,note sur la ,transcription4 ,l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve et n'a pas t h>monise4 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,une li/e d'autres corrections faites se tr\ve la f9 du livre4 ,m>quage3 mots en gras ,,consid,,rations ,,inactuelles ,,deuxi,,me ,s,,rie ,,ouvrages ,,du ,m,,me ,,auteur3 ,,pages ,,*oisies1 publies p> ,,h5ri ,,alb]t1 avec une prface4 ,portrait de ,frdric ,nietzs*e grav sur bois p> ,,juli5 ,,t9ayre #a vol4 ,l',,orig9e ,,de ,,la ,,trag,,die1 ou ,hellnisme et ,pessimisme1 traduit p> ,,jean ,,m>nold et ,,jacques ,,morl& #a vol4 ,,consid,,rations ,,inactuelles 7,david ,/rauss4 ,les ,etudes hi/oriques71 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,huma91 ,,trop ,,huma9 7,ire p>tie71 traduit p> ,a4-,m4 ,,desr\sseaux #b vol4 ,,le ,,voyageur ,,et ,,son ,,ombre1 ,op9ions et ,s5t5ces mles 7,huma91 trop huma91 ,i,ie p>tie71 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,aurore 7,rflexions sur les ,prjugs moraux72 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,le ,,gai ,,savoir 7,la ,gaya ,sci5za71 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,a9si ,,p>lait ,,z>a?\/ra1 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,p> ,,dela ,,le ,,bi5 ,,et ,,le ,,mal1 ,prlude d'une philosophie de l',av5ir1 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,la ,g,n,,alogie ,,de ,,la ,,morale1 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,le ,,cr,,puscule ,,des ,,idoles1 ,,le ,,cas ,,wagn]1 ,,nietzs*e ,,contre ,,wagn]1 ,l',,ant,,*ri/1 traduits p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,la ,,volont ,,de ,,puissance1 ,essai d'une transmutation de t\tes les valeurs1 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #b vol4 ,,ecce ,,homo1 suivi des ,,po,,sies1 traduit p> ,,h5ri ,,alb]t #a vol4 ,,uvres ,,compl,,tes ,,de ,,fr,d,,ric ,,nietzs*e ,,publi,,es ,,s\s ,,la ,,direction ,,de ,,h5ri ,,alb]t ,,fr,d,,ric ,,nietzs*e ,considrations inactuelles ,,deuxi,,me ,s,,rie ,s*op5hau] ducateur ,ri*>d ,wagn] ,bayreu? ,,traduit ,,p> ,,h5ri ,,alb]t ,illu/ration ,,p>is ,,m]cvre ,,de ,,france ,,xxvi1 ,,rve ,,de ,,cond1 ,,xxvi ,,mcmxxii ,,il ,a ,t ,,tir3 #ab exemplaires sur ,holl&e van ,geld] numrots la presse de #a #ab4 ,,ju/ification ,,du ,,tirage3 #ffj ,t\s droits de reproduction et d'adaptation rs]vs p\r t\s pays4 ,i ,,s*op5hau] ,,ducateur 7#ahgd7 #a4 ,ce voyageur1 qui avait vu beauc\p de pays et de peuples1 et visit plusieurs p>ties du monde1 et qui l'on dem&ait quel tait le c>actre gnral qu'il avait retr\v *ez t\s les hommes1 rpondait que c'tait leur p5*ant la p>esse4 ,c]ta9es g5s p5s]ont qu'il et pu rpondre avec plus de ju/esse3 ils sont t\s cra9tifs4 ,au fond1 t\t homme sait =t bi5 qu'il n'e/ sur la t]re qu'une seule fois1 en un exemplaire unique1 et qu'aucun has>d1 si s+uli] qu'il soit1 ne runira1 p\r la seconde fois1 en une seule unit1 quelque *ose d'aussi multiple et d'aussi curieusem5t ml que lui4 ,il le sait1 mais il s'en ca*e1 comme s'il avait mauvaise consci5ce4 ,p\rquoi8 ,p> cra9te du vois91 qui exige la conv5tion et s'en enveloppe lui-mme4 ,mais qu'e/-ce qui =ce l'individu cra9dre le vois91 p5s]1 agir selon le mode du tr\peau1 et ne pas tre cont5t de lui-mme8 ,la pudeur peut-tre *ez c]ta9s1 mais ils sont r>es4 ,*ez le plus gr& nombre1 c'e/ le gt des aises1 la non*alance1 bref ce p5*ant la p>esse dont p>le le voyageur4 ,il a raison3 les hommes sont encore plus p>esseux que cra9tifs1 et ce qu'ils craign5t le plus ce sont les emb>ras que leur occasionn]ai5t la s9crit et la loyaut absolues4 ,les arti/es seuls dte/5t cette attitude rel*e1 faite de conv5tion et d'op9ions empruntes1 et ils dvoil5t le my/re1 ils montr5t la mauvaise consci5ce de *acun1 affirmant que t\t homme e/ un my/re unique4 ,ils os5t n\s montr] l'homme tel qu'il e/ lui-mme et lui seul1 jusque dans t\s ses m\vem5ts musculaires2 et mieux encore1 que1 dans la /ricte consqu5ce de son individualit1 il e/ beau et digne d'tre contempl1 qu'il e/ n\veau et incroyable comme t\te uvre de la nature1 et nullem5t ennuyeux4 ,qu& le gr& p5seur mprise les hommes1 il mprise leur p>esse1 c> c'e/ cause d'elle qu'ils ressembl5t une m>*&ise fabrique1 qu'ils p>aiss5t sans intrt1 indignes qu'on s'occupe d'eux et qu'on les duque4 ,l'homme qui ne veut pas faire p>tie de la masse n'a qu' cess] de s'accommod] de celle-ci2 qu'il obisse sa consci5ce qui lui dit3 ,sois toi-mme6 ,t\t ce que tu fais ma9t5ant1 t\t ce que tu p5ses et t\t ce que tu dsires1 ce n'e/ pas toi qui le fais1 le p5ses et le dsires4 ,t\te jeune me ent5d cet appel de j\r et de nuit1 et il la fait frmir1 c> elle dev9e la mesure de bonheur qui lui e/ dp>tie de t\te t]nit qu& elle songe sa vritable dlivrance4 ,mais ce bonheur elle ne saurait l'atte9dre d'aucune faon1 tant qu'elle demeure prisonnire dans les *anes des op9ions et de la cra9te4 ,et combi51 sans cette dlivrance1 la vie peut tre dsesprante et dp\rvue de signification6 ,il n'y a pas1 dans la nature1 de crature plus morne et plus rpugnante que l'homme qui a *app son gnie1 et qui ma9t5ant l\*e droite et gau*e1 d]rire lui et p>t\t4 ,en f9 de compte1 on ne peut plus mme attaqu] un p>eil homme1 c> il e/ t\t de surface1 sans noyau vritable2 il e/ comme un vtem5t dfra*i1 mis neuf et que l'on fait b\ff]1 comme un fantme galonn qui ne peut plus inspir] la cra9te et c]ta9em5t pas la piti4 ,si l'on dit ju/e titre du p>esseux qu'il tue le temps1 il faut veill] srieusem5t ce qu'une poque qui place son salut dans l'op9ion publique1 c'e/--dire dans la p>esse prive1 soit vritablem5t une fois mise mort2 je veux dire p> l qu'elle doit tre raye de l'hi/oire de la dlivrance vritable de la vie4 ,combi5 gr&e devra tre la rpugnance des gnrations futures1 lorsqu'elles auront s'occup] de l'hritage de cette priode au c\rs de laquelle ce ne fur5t pas des hommes vivants qui g\v]nr5t1 mais des app>5ces d'hommes p5sant publiquem5t4 ,a cause de cela notre poque pass]a peut-tre1 aux yeux de quelque lo9ta9e po/rit1 p\r la tran*e la plus obscure et la plus imm5se de l'hi/oire1 p>ce que la plus inhuma9e4 ,je p>c\rs les n\velles rues de nos villes et j'imag9e que de t\tes ces affreuses maisons con/ruites p> la gnration de ceux qui p5s5t publiquem5t il ne re/]a plus ri5 dans un sicle et qu'alors les op9ions de ces con/ructeurs de maisons se s]ont probablem5t cr\les elles aussi4 ,combi51 au contraire1 ceux qui n'ont pas le s5tim5t qu'ils sont les citoy5s de ce temps ont le droit d'tre ple9s d'esprance4 ,s'ils tai5t de ce temps ils contribu]ai5t sa de/ruction et prirai5t avec lui1 t&is qu'au contraire ils veul5t veill] le temps une vie n\velle1 p\r se p]ptu] dans cette vie mme4 ,mais1 lors mme que l'av5ir ne n\s laiss]ait ri5 espr]1 la s+ulire exi/5ce que n\s m5ons1 prcism5t dans cet auj\rd'hui1 n\s enc\rage le plus =tem5t vivre selon notre propre mesure1 con=mm5t nos propres lois4 ,n'e/-il pas inexplicable que n\s vivions en ce mom5t1 alors qu'un temps inf9i n\s a =ms1 que n\s ne disposions que de notre brve exi/5ce actuelle1 au c\rs de laquelle n\s devons montr] p\rquoi et dans quel desse9 n\s sommes ns prcism5t auj\rd'hui8 ,n\s avons rpondre de notre exi/5ce devant n\s-mmes2 c'e/ p\rquoi n\s v\lons tre aussi les vritables pilotes de cette exi/5ce et ne pas p]mettre que notre vie ressemble un has>d sans ides directrices4 ,il faut la trait] avec quelque peu d'audace et l'envisag] dang]eusem5t1 d'autant plus qu'au meilleur comme au pire des cas1 il ne peut n\s arriv] que de la p]dre4 ,p\rquoi s'atta*] cette glbe1 p\rquoi t5ir tel mti]1 p\rquoi t5dre l'oreille p\r c\t] ce que dit le vois98 ,c'e/ bi5 petite ville que de s'engag] des op9ions qui ne compt5t plus des c5ta9es de lieux de di/ance4 ,l'ori5t et l'occid5t n'ont d'autre valeur que celle de quelques traits la craie que quelqu'un dess9e devant nos yeux p\r se moqu] de notre poltronn]ie4 ,je veux faire l'essai de p>v5ir la lib]t1 se dit la jeune me2 et elle devrait en tre emp*e p>ce que le has>d veut que deux nations se hass5t et se combatt5t1 ou qu'il y ait une m] entre deux p>ties du monde1 ou qu'aut\r d'elle on enseigne une religion qui p\rtant1 il y a quelques milli]s d'annes1 n'exi/ait pas encore4 ,t\t cela1 ce n'e/ pas toi1 se dit-elle4 ,p]sonne ne peut te con/ruire le pont sur lequel toi tu devras fran*ir le pont de la vie1 p]sonne hormis toi seul4 ,il e/ vrai qu'il exi/e d'innombrables s5ti]s et d'innombrables ponts et d'innombrables demi-dieux qui veul5t te conduire trav]s le fleuve2 mais le prix qu'ils te dem&]ont ce s]a le sacrifice de toi-mme2 il faut que tu te donnes en gage et que tu te p]des4 ,il y a dans le monde un seul *em9 que p]sonne ne peut suivre en dehors de toi4 ,o conduit-il8 ,ne le dem&e pas4 ,suis-le4 ,qui donc a prononc ces p>oles3 un homme ne s'lve jamais plus haut que lorsqu'il ne sait pas o son *em9 peut le conduire8 ,mais comm5t p\vons-n\s n\s retr\v] n\s-mmes8 ,comm5t l'homme peut-il se connatre8 ,ce sont l des que/ions difficiles rs\dre4 ,si le livre a sept peaux1 l'homme peut s'en enlev] sept fois septante sans qu'il puisse dire ensuite3 ,cela e/ ma9t5ant vritablem5t toi1 ce n'e/ plus seulem5t une enveloppe4 ,de plus1 c'e/ l un ge/e cruel et dang]eux que de f\ill] a9si soi-mme sa *air p\r desc5dre brutalem5t1 p> le plus c\rt *em91 dans le fond de son tre4 ,comme il arrive facilem5t qu'on se blesse1 sans qu'aucun mdec9 puisse n\s gurir6 ,a quoi cela s]virait-il1 en outre1 si t\t tmoigne de notre tre1 nos amitis et nos inimitis1 notre reg>d et nos s]rem5ts de ma9s1 notre mmoire et ce que n\s oublions1 nos livres et les traits de notre plume8 ,mais il y a un moy5 p\r faire cette enqute importante4 ,que la jeune me jette un c\p d'il sur sa vie passe et qu'elle se pose cette "q3 ,qui z-tu vritablem5t aim jusqu' prs5t8 ,qu'e/-ce qui t'a attir et1 t\t la fois1 dom9 et r5du heureux8 ,fais dfil] devant tes yeux la srie des objets que tu z vnrs4 ,peut-tre leur ess5ce et leur succession te rvl]ont-elles une loi1 la loi fondam5tale1 de ton tre vritable4 ,comp>e ces objets1 r5ds-toi compte qu'ils se complt5t1 s'l>giss5t1 se surpass5t et se transfigur5t les uns les autres1 qu'ils =m5t une *elle dont tu t'es s]vi jusqu' prs5t p\r grimp] jusqu' toi4 ,c> ton ess5ce vritable n'e/ pas pr(ondm5t ca*e au fond de toi-mme2 elle e/ place au-dessus de toi une hauteur incomm5surable1 ou du mo9s au-dessus de ce que tu considres gnralem5t comme ton moi4 ,tes vrais ducateurs1 tes vrais =mateurs te rvl5t ce qui e/ la vritable ess5ce1 le vritable noyau de ton tre1 quelque *ose qui ne peut s'obt5ir ni p> ducation1 ni p> discipl9e1 quelque *ose qui e/1 en t\s les cas1 d'un accs difficile1 dissimul et p>alys4 ,tes ducateurs ne saurai5t tre autre *ose p\r toi que tes librateurs4 ,c'e/ le secret de t\te culture1 elle ne procure pas de membres artificiels1 un nez en cire ou des yeux lunettes2 p> ces adjonctions on n'obti5t qu'une c>icature de l'ducation4 ,mais la culture e/ une dlivrance2 elle arra*e l'ivraie1 dblaye les dcombres1 loigne le v] qui blesse le t5dre g]me de la plante2 elle projette des rayons de lumire et de *aleur2 elle e/ p>eille la *ute bi5faisante d'une pluie nocturne4 ,imitant et adorant la nature1 lorsque celle ci e/ mat]nelle et compatissante1 elle accomplit l'uvre de la nature lorsqu'elle prvi5t ses c\ps impitoyables et cruels1 p\r les faire t\rn] au bi51 lorsqu'elle jette un voile sur ses impulsions de m>tre et ses tri/es draisons4 ,c]tes1 il exi/e d'autres moy5s de se retr\v]1 de rev5ir soi-mme de l'eng\rdissem5t o l'on vit gnralem5t comme envelopp d'un sombre nuage1 mais je n'en connais po9t de meilleur que de rev5ir son ducateur1 celui qui n\s a =ms4 ,et c'e/ p\rquoi je veux me s\v5ir auj\rd'hui de ce matre et de ce c5seur dont je puis me glorifi]1 d',ar?ur ,s*op5hau]1 quitte r5dre plus t>d hommage d'autres encore4 #b4 ,si je veux dcrire quel vnem5t ce fut p\r moi lorsque je jetai un premi] c\p d'il sur les crits de ,s*op5hau]1 il faut que je m'arrte un peu cette image qui1 dans ma jeunesse1 se prs5tait mon esprit1 frqu5te et imprieuse1 comme nulle autre4 ,lorsque je me laissais all] jadis vagabond] plaisir p\r =mul] des s\haits1 je me disais que le t]rible ef=t et l'imprieux devoir de m'duqu] moi-mme p\rrai5t m'tre enlevs p> le de/9 s'il m'arrivait de tr\v] temps un philosophe qui s]ait mon ducateur1 un vrai philosophe qui l'on p\rrait obir sans hsitation p>ce qu'on aurait plus confiance en lui qu'en soi-mme4 ,il m'arrivait alors de me dem&] quels s]ai5t les pr9cipes en v]tu desquels il m'duqu]ait1 et je rfl*issais ce qu'il p5s]ait des deux pr9cipes d'ducation en usage auj\rd'hui4 ,l'un exige de l'ducateur qu'il reconnaisse immdiatem5t les dons p>ticuli]s de ses lves et qu'il dirige ensuite t\tes les =ces et t\tes les facults v]s cette unique v]tu p\r l'am5] la maturit vritable et la fcondit4 ,l'autre maxime veut1 p> contre1 que l'ducateur disc]ne et cultive t\tes les =ces p\r tablir entre elles un rapport h>monieux4 ,mais faudrait-il contra9dre celui qui a un p5*ant dcid v]s l'orfvr]ie cultiv]1 cause de cela1 la musique8 ,devrait-on donn] raison au pre de ,b5v5uto ,cell9i1 qui obligea son fils ret\rn] t\j\rs au d\x cornet1 alors que celui-ci ne p>lait de son in/rum5t qu'en l'appelant ce maudit sifflet8 ,on n'appr\v]a pas un p>eil procd en face de dons qui s'affirm5t avec tant de prcision4 ,cette maxime du dveloppem5t h>monieux ne devrait donc tre applique que sur des natures plus faibles1 qui sont peut-tre un repaire de beso9s et de p5*ants1 mais si on les pr5d isolm5t1 ou en bloc1 ne signifi5t pas gr&'*ose4 ,or1 o donc tr\vons-n\s l'ensemble h>monieux et la consonance de plusieurs voix en une seule nature1 o donc admirons-n\s davantage l'h>monie1 si ce n'e/ prcism5t *ez des hommes tels que ,cell9i en tait un1 des hommes *ez qui t\t1 la connaissance1 le dsir1 l'am\r1 la ha9e t5dai5t v]s un noyau1 v]s une =ce orig9elle et o nat prcism5t1 p> la prpondrance imprieuse et s\v]a9e de ce c5tre vivant1 un sy/me h>monieux de m\vem5ts8 ,il se peut donc que les deux maximes ne soi5t pas du t\t en contradiction4 ,peut-tre l'une affirme-t-elle seulem5t que l'homme doit avoir un c5tre et l'autre qu'il doit avoir aussi une priphrie4 ,ce philosophe ducateur1 dont je rvais "p moi1 ne se cont5t]ait probablem5t pas de dc\vrir la =ce c5trale1 mais il saurait vit] aussi qu'elle ex]ce une action de/ructive sur les autres =ces3 la t*e de son uvre ducatrice devrait tre1 mon s5s1 de trans=m] l'homme t\t enti] en un sy/me solaire et plantaire1 vivant et m\vant1 et de reconnatre la loi de sa mcanique suprieure4 ,t\j\rs e/-il que ce philosophe me manquait et je cont9uai ttonn] et l4 ,je me r5dis compte quel po9t n\s sommes d'aspect misrable1 n\s autres hommes mod]nes1 si on n\s comp>e aux ,grecs et aux ,roma9s1 ne ft-ce que p> rapport la comprh5sion svre et srieuse des t*es ducatrices4 ,on peut p>c\rir t\te l',allemagne avec le cur anim d'un p>eil beso91 on peut all] d'une ,univ]sit l'autre sans tr\v] ce que l'on *]*e2 des dsirs inf9im5t mo9dres et beauc\p plus simples n'y tr\v5t pas leur ralisation4 ,celui qui1 p>mi les ,allem&s1 v\drait p> exemple faire srieusem5t son ducation d'orateur1 celui qui aurait l'int5tion de se mettre l'cole de l'criva91 ne tr\v]ait nulle "p ni matre1 ni cole4 ,on ne p>at pas encore avoir song ici que p>l] et crire sont des arts qui ne peuv5t tre acquis sans la direction la plus att5tive et l'appr5tissage le plus laborieux4 ,mais ri5 ne dmontre1 d'une faon plus m>que et plus humiliante1 le s5tim5t de satisfaction prt5tieuse que les contempora9s pr\v5t l'g>d d'eux-mmes1 si ce n'e/ la mdiocrit1 moiti p>cimonieuse1 moiti t\rdie1 des prt5tions qu'ils impos5t aux ducateurs et aux matres4 ,de quoi se cont5te-t-on1 mme p>mi les g5s les plus di/+us et les mieux duqus1 s\s le nom de prcepteur6 ,quel ramassis de c]veaux confus et d'organisations dmodes e/ s\v5t dsign s\s le nom de gymnase et tr\v bon8 ,qu'e/-ce qui n\s suffit t\s comme tablissem5t suprieur d'in/ruction publique1 comme ,univ]sit1 quels conducteurs1 quelles in/itutions1 qu& on songe la difficult de la t*e qui consi/e duqu] un homme p\r qu'il devi5ne un homme8 ,mme la faon tant admire dont les savants allem&s se jett5t sur leur t*e montre avant t\t que ceux-ci p5s5t plus la sci5ce qu' l'humanit1 qu'on leur inculque le dsir de se sacrifi] la sci5ce comme une tr\pe p]due1 p\r dress] ensuite de n\velles gnrations ce sacrifice4 ,la frqu5tation de la sci5ce1 si elle n'e/ dirige et endigue p> les maximes les plus leves de l'ducation1 mais si on la d*ane t\j\rs davantage1 d'aprs le pr9cipe que plus il y en a1 mieux cela vaudra1 cette frqu5tation e/ c]ta9em5t aussi dang]euse p\r les savants que le pr9cipe conomique du laiss] faire p\r la moralit des peuples t\t enti]s4 ,qui donc se s\vi5t encore que l'ducation des savants1 *ez qui l'humanit ne doit tre ni ab&onne ni dess*e1 e/ un des problmes les plus difficiles6 ,et p\rtant on peut en ap]cevoir la difficult si l'on fait att5tion aux nombreux exemplaires qui ont t d=ms p> un ab&on trop prcoce la sci5ce et qui ont cons]v de cette occupation mme une gibbosit4 ,mais il exi/e encore une preuve plus importante1 qui tmoigne de l'abs5ce de t\te ducation suprieure1 une preuve plus imposante1 plus dang]euse et1 avant t\t1 plus gnrale1 s'il app>at1 ds l'abord1 clairem5t p\rquoi un orateur1 un criva91 ne peuv5t tre duqus auj\rd'hui1--p>ce qu'il n'y a p\r eux po9t d'ducateurs--2 s'il app>at presque t\t aussi clairem5t p\rquoi un savant s'altre et se tortille ma9t5ant =cm5t l'esprit--p>ce que c'e/ la sci5ce1 c'e/--dire une ab/raction inhuma9e qui doit l'duqu]1--on peut se dem&] un j\r o se tr\v5t au fond1 p\r n\s t\s1 savants et ignorants1 nobles et vila9s1 les modles moraux1 les clbrits p>mi nos contempora9s qui s]ai5t l'inc>nation visible de t\te morale cratrice de ce temps8 ,o donc a pass t\te rflexion au sujet des que/ions morales dont se sont proccupes de t\s temps les socits les plus volues8 ,il n'exi/e plus d'hommes illu/res qui cultiv5t ces que/ions2 p]sonne ne se livre plus des mditations qui s'y ratta*5t2 de fait1 on se n\rrit sur le capital de moralit que nos anctres ont amass et que n\s ne n\s ent5dons pas augm5t] au lieu de le gaspill]2 dans notre socit1 ou bi5 on ne p>le pas de p>eilles *oses1 ou bi5 on en p>le avec une maladresse et une inexpri5ce naturali/es qui provoqu5t =cm5t la rpugnance4 ,c'e/ au po9t que nos coles et nos matres font ma9t5ant ab/raction de t\te ducation morale ou qu'ils se tir5t d'affaire avec des =mules3 et le mot v]tu e/ un mot qui ne dit plus ri5 ni au matre ni l'lve1 un mot de l'anci5 temps dont on s\rit2 et c'e/ pis encore lorsqu'on ne s\rit pas1 c> alors on fait l'hypocrite4 ,l'explication de cette mollesse et de l'tiage infrieur de t\tes les =ces morales e/ difficile et complique4 ,mais nul ne peut considr] l'influ5ce du *ri/ianisme victorieux sur la moralit du monde anci51 sans t5ir compte aussi de la rp]cussion qu'ex]ce la dfaite du *ri/ianisme1 c'e/--dire le sort qui l'att5d notre poque avec une c]titude de plus en plus gr&e4 ,le *ri/ianisme1 p> l'lvation de son idal1 a tellem5t r5*ri sur les anci5s sy/mes de morale et sur le naturel qui rgnait galem5t dans t\s ces sy/mes1 qu'en face de ce naturel les s5s se sont m\sss jusqu' l'curem5t2 ensuite1 t\t en admettant encore cette qualit suprieure sans tre capable de la ralis]1 on n'tait capable1 quoi qu'on en et1 de rev5ir au bi5 et la gr&eur1 c'e/--dire cette v]tu antique4 ,dans ce va-et-vi5t entre le *ri/ianisme et l'antiquit1 entre un timide et m5song] *ri/ianisme de murs et un gt de l'antiquit t\t aussi dc\rag et t\t aussi emb>rass1 vit l'homme mod]ne et il s'en tr\ve =t mal2 la cra9te hrditaire du naturel et encore le *>me r5\vel de ce naturel1 le dsir de tr\v] un appui quel qu'il soit1 la faiblesse de la connaissance qui vacille entre le bi5 et le meilleur1 t\t cela eng5dre dans l'me mod]ne une inquitude et un dsordre qui la condamn5t tre /rile et sans joie4 ,jamais on n'avait davantage beso9 d'ducateurs moraux et jamais il ne fut plus improbable qu'on les tr\v]ait4 ,a des poques o les mdec9s sont le plus ncessaires1 dans les cas de gr&es pidmies1 ils sont aussi le plus exposs au dang]4 ,c> o sont les mdec9s de l'humanit mod]ne1 assez bi5 portants et assez solides sur leurs jambes p\r p\voir s\t5ir quelqu'un d'autre et le conduire p> la ma98 ,il y a un c]ta9 assombrissem5t1 une sorte d'apa?ie qui pse sur les meilleures p]sonnalits de notre temps1 un t]nel mcont5tem5t provoqu p> la lutte entre la simulation et la loyaut qui se livre au fond de leur tre1 une inquitude qui leur enlve la confiance en eux-mmes1 et c'e/ celle qui les r5d t\t fait incapables d'tre la fois les conducteurs et les c5seurs des autres4 ,c'e/ donc vraim5t s'c>t] du b de ses dsirs que de s'imag9] tr\v] comme ducateur un vrai philosophe qui p\rrait n\s sortir de l'insuffisance conditionne p> la misre de notre poque1 p\r n\s enseign] tre de n\veau simples et honntes aussi bi5 dans notre p5se que dans notre vie1 c'e/--dire inactuels1 le mot pris dans son s5s le plus pr(ond2 c> les hommes sont ma9t5ant dev5us si multiples et si compliqus1 qu'il leur faut dev5ir dloyaux ds qu'ils veul5t p>l]1 pos] des affirmations et agir d'aprs celles-ci4 ,etant a9si agit p> des aspirations1 des beso9s et des dsirs1 j'appris connatre ,s*op5hau]4 ,j'app>ti5s ces lecteurs de ,s*op5hau] qui1 aprs qu'ils ont lu de lui la premire page1 sav5t avec c]titude qu'ils liront l'uvre entire et qu'ils c\t]ont *acune des p>oles qu'il a crites4 ,ma confiance en lui fut s\da9e et auj\rd'hui elle e/ encore la mme que celle qu'elle tait il y a neuf ans4 ,je le compris comme s'il avait crit mon int5tion2 ceci p\r m'exprim] d'une faon intelligible bi5 qu'immode/e et sotte4 ,de l v9t que je n'ai jamais tr\v *ez lui un p>adoxe1 bi5 que j'aie relev a et l de petites erreurs1 c> que sont les p>adoxes s9on des affirmations qui n'inspir5t pas confiance1 p>ce que l'auteur les lana sans y croire vraim5t1 v\lant seulem5t brill] et sduire p> leur moy51 simplem5t se donn] une attitude8 ,s*op5hau] ne pr5d jamais d'attitude1 c> il crit p\r lui-mme et p]sonne n'aime tre dup1 le philosophe mo9s que quiconque1 lui qui a mme rig en rgle3 ne trompe p]sonne1 pas mme toi-mme6 ,ne trompe mme pas avec la complaisante dup]ie sociale que comporte presque *aque entreti5 et que les criva9s imit5t presque inconsciemm5t2 mo9s encore au moy5 de la dup]ie plus consci5te qui "p de la tribune de l'orateur et qui se s]t des moy5s artificiels de la rhtorique4 ,s*op5hau]1 t\t au contraire1 se p>le lui-mme1 et si l'on veut1 t\t prix1 s'imag9] un auditeur1 qu'on songe au fils que son pre in/ruit4 ,c'e/ un pan*em5t loyal1 rude et cordial1 devant un auditeur qui c\te avec am\r4 ,des criva9s de ce g5re n\s font dfaut4 ,un s5tim5t de bi5-tre vig\reux s'emp>e de n\s ds que n\s ent5dons le son de sa voix2 il en e/ de n\s comme si n\s pntrions dans une haute futaie3 n\s respirons s\da9 plus librem5t et n\s n\s s5tons r5atre4 ,il y a ici un air =tifiant1 t\j\rs p>eil1 n\s disons-n\s2 il y a ici un calme et un naturel inimitables1 tels que l'pr\v5t des hommes qui se s5t5t matres dans leur propre maison1 dans une trs ri*e maison1 et cela en opposition avec les criva9s qui1 qu& ils ont une fois t spirituels1 s'en tonn5t le plus eux-mmes1 leur dbit pr5ant de ce fait quelque *ose d'inquiet et d'ant9aturel4 ,de mme1 qu& ,s*op5hau] p>le1 n\s ne n\s rappelons pas le savant que la nature a d\ de membres eng\rdis et inhabiles1 le savant la poitr9e troite1 au ge/e anguleux et emb>rass ou la dm>*e arrogante4 ,t\t au contraire1 l'me rude et un peu sauvage de ,s*op5hau] appr5d1 non tant regrett] qu' mpris] la s\plesse et la grce de c\rtisans des bons criva9s franais1 et p]sonne ne dc\vrirait *ez lui cette imitation app>5te1 en quelque sorte plaque des ,franais1 dont c]ta9s criva9s allem&s tir5t vanit4 ,l'expression de ,s*op5hau] me fait s\v5ir et l quelque peu de ,g!1 mais autrem5t elle ne me rappelle aucun modle allem&4 ,c> ,s*op5hau] s'ent5d dire simplem5t ce qui e/ pr(ond et ce qui e/ m\vant sans rhtorique1 ce qui e/ svrem5t sci5tifique sans pdant]ie4 ,de quel matre allem& aurait-il pu appr5dre cela8 ,aussi se ti5t-il loign de la manire po9tilleuse et mobile l'excs de ,less+1 cette manire trs peu allem&e1 s'il m'e/ p]mis de la qualifi] a9si2 et ceci con/itue un mrite1 vu que ,less+1 p\r ce qui e/ de l'expression en prose1 e/ l'auteur allem& le plus sduisant4 ,et p\r dire ds ma9t5ant le suprme de ce que je puis dire de son procd d'exposition1 je veux rapport] lui-mme cette phrase qu'il a crite3 ,il faut qu'un philosophe soit trs loyal p\r ne se s]vir d'aucun accessoire potique ou rhtorique4 ,que la probit soit quelque *ose1 que ce soit mme une v]tu1 c'e/ l1 vrai dire1 notre poque d'op9ion publique1 une de ces op9ions prives dont l'affirmation e/ int]dite4 ,et c'e/ p\rquoi je n'aurai pas l\ ,s*op5hau]1 mais je l'aurai seulem5t c>actris lorsque j'aurai rpt3 il e/ loyal1 mme en tant qu'criva92 si peu d'criva9s le sont que l'on devrait en somme se mfi] de t\s les hommes qui criv5t4 ,il n'y a qu'un seul criva9 que je place au mme rang que ,s*op5hau] p\r ce qui e/ de la probit1 et je le place mme plus haut1 c'e/ ,montaigne4 ,qu'un p>eil homme ait crit1 vritablem5t la joie de vivre sur t]re s'en tr\ve augm5te4 ,p\r ma "p1 du mo9s1 depuis que j'ai connu cette me1 la plus libre et la plus vig\reuse qui soit1 il me faut dire ce que ,montaigne disait de ,plut>que3 ,a pe9e ai-je jet un c\p d'il sur lui qu'une cuisse ou une aile m'ont p\ss#a4 ,c'e/ avec lui que je ti5drais1 si la t*e m'tait impose de m'acclimat] sur la t]re4 ,en dehors de la probit1 il y a encore une autre qualit que ,s*op5hau] a en commun avec ,montaigne1 c'e/ une vritable srnit rassrnante1 aliis ltus1 sibi sapi5s4 ,c> il exi/e deux faons trs diffr5tes de srnit4 ,le p5seur vritable rassrne et rcon=te t\j\rs quoi qu'il exprime1 sa gravit ou sa plaisant]ie1 son ent5dem5t huma9 ou son indulg5ce div9e2 il le fait sans ge/es moroses1 ma9s tremblantes ou yeux m\ills1 mais avec assurance et simplicit1 avec =ce et c\rage1 peut-tre d'une faon *eval]esque et dure1 en t\s les cas comme quelqu'un qui e/ victorieux4 ,or1 c'e/ cela prcism5t qui rassrne le plus pr(ondm5t et le plus cordialem5t de voir le dieu victorieux ct de t\s les mon/res qu'il a combattus4 ,songez1 p> contre1 la srnit telle qu'on la r5contre de-ci de-l *ez les criva9s mdiocres et *ez les p5seurs a c\rte vue2 la lecture seule suffit p\r n\s autres n\s plong] dans la misre3 c'e/ le s5tim5t que j'ai pr\v1 p> exemple1 devant la srnit de ,/rauss4 ,on a vritablem5t honte d'avoir des contempora9s aussi s]e9s1 p>ce qu'ils compromett5t votre poque et n\s autres hommes auprs de la po/rit4 ,ces joyeux compagnons ne voi5t pas les s\ffrances et les calamits qu'ils prt5d5t ap]cevoir et combattre en leur qualit de p5seurs2 leur srnit *agr9e1 c> elle e/ une dup]ie1 p>ce qu'elle veut faire croire qu'il y a l une victoire4 ,la srnit cep5dant n'exi/e en somme que lorsqu'elle e/ le rsultat d'une victoire2 il en e/ a9si dans les uvres des vrais p5seurs1 aussi bi5 que dans t\te uvre d'art4 ,que la mat9e soit t]rible et srieuse1 autant que peut l'tre le problme de l'exi/5ce1 l'uvre ne p>atra accablante et obsdante que lorsque le demi-p5seur ou le demi-arti/e l'aura t\ffe s\s les exhalaisons de sa mdiocrit2 t&is que l'homme ne peut ri5 recevoir en p>tage de plus joyeux et de meilleur que de s'appro*] d'un de ces victorieux qui1 p>ce qu'ils ont imag9 ce qu'il y a de plus pr(ond1 devront prcism5t aim] ce qu'il y a de plus vivant et qui1 en sages1 devront f9ir p> s'incl9] v]s le beau4 ,ils p>l5t vritablem5t1 ils ne se cont5t5t pas de rpt] en bgayant2 ils se meuv5t et viv5t vritablem5t1 non pas en se dissimulant d'une faon inquitante s\s un masque1 comme font gnralem5t les hommes1 c'e/ p\rquoi n\s pr\vons dans leur vois9age quelque *ose de vraim5t huma9 et de naturel et que n\s aim]ions n\s cri] comme ,g!3 ,combi5 une *ose vivante e/ magnifique et dlicieuse2 avec quelle mesure elle remplit ses conditions2 elle e/ vraie1 elle exi/e6 ,je ne fais que dcrire la premire impression1 en quelque sorte physiologique1 que ,s*op5hau] a produite en moi3 ce rayonnem5t my/rieux de la puissance intime1 qu'un produit de la nature ex]ce sur un autre ds la premire et la plus lgre appro*e2 et qu& je dcompose aprs c\p cette impression1 j'y tr\ve trois lm5ts1 c> j'ai tr\v *ez ,s*op5hau] de la loyaut1 de la srnit et de la con/ance4 ,il e/ honnte p>ce qu'il se p>le et s'crit lui-mme et p\r lui-mme1 rassrn p>ce qu'il a va9cu p> la rflexion ce qu'il y a de plus difficile1 et con/ant p>ce qu'il convi5t qu'il soit a9si4 ,sa =ce s'lve comme une flamme p> un temps calme1 droite et lgre1 indiffr5te1 sans tremblem5t et sans inquitude4 ,il tr\ve son *em9 dans t\s les cas1 sans que n\s rem>quions mme qu'il l'a *]*2 comme s'il y tait contra9t p> la loi de la pesanteur1 il m>*e devant lui1 sr et agile1 p\ss p> une ncessit4 ,celui qui a jamais s5ti ce que cela veut dire1 notre poque d'humanit niaise1 de tr\v] une fois un tre naturel1 d'un seul jet1 susp5du dans ses propres gonds1 un tre sans entraves et sans prjugs1 celui-ci compr5dra le bonheur et l'tonnem5t qui s'emp>r5t de moi lorsque j'eus tr\v ,s*op5hau]4 ,je me d\tais que j'avais dc\v]t en lui cet ducateur et ce philosophe que j'avais si longtemps *]*s4 ,hlas6 je n'en possdais que l'expression trav]s les livres et c'tait l une vritable pnurie4 ,je m'ef=ais d'autant plus voir trav]s le livre et me figur] l'homme vivant dont je p\vais lire le gr& te/am5t et qui promettait de n'in/itu] ses hriti]s que ceux qui v\lai5t et p\vai5t tre plus que simplem5t ses lecteurs3 ses fils et ses lves4 #c4 ,je ne me s\cie d'un philosophe qu'autant qu'il e/ capable de donn] un exemple4 ,que p> l'exemple il puisse tir] aprs lui des peuples t\t enti]s1 il n'y a cela aucun d\te2 l'hi/oire de l',inde1 qui e/ presque l'hi/oire de la philosophie h9d\e1 le dmontre4 ,mais l'exemple doit tre donn p> la vie app>5te et non po9t seulem5t p> les livres1 c'e/--dire de la faon dont enseignai5t les philosophes de la ,grce1 p> la m9e1 l'attitude1 le co/ume1 la n\rriture1 les murs1 plus que p> la p>ole ou mme les crits4 ,combi5 de *oses n\s font encore dfaut en ,allemagne p\r arriv] cette c\rageuse visibilit d'une vie philosophique8 ,c'e/ peu peu seulem5t que *ez n\s les corps se dlivr5t1 qu& les esprits p>aiss5t dj dlivrs depuis longtemps2 et p\rtant c'e/ une illusion de croire qu'un esprit e/ libre et indp5dant1 cette indp5dance sans limites une fois ralise--et qui n'e/ au fond que la limitation volontaire du crateur--n'e/ pas dmontre n\veau p> *aque reg>d1 *aque pas1 du mat9 au soir4 ,kant s'accro*a l',univ]sit1 se s\mit au ,g\v]nem5t1 cons]va l'app>5ce d'une foi religieuse1 supporta de vivre p>mi des collgues et des tudiants4 ,il e/ donc naturel que son exemple eng5dra surt\t des pr(esseurs d',univ]sit et une philosophie de pr(esseurs4 ,s*op5hau] ne s'emb>rasse pas des ca/es savantes1 il se sp>e et aspire tre indp5dant de l',etat et de la ,socit4 ,c'e/ l un exemple qu'il n\s donne1 un modle qu'il n\s propose d'imit]1 si n\s v\lons pr5dre ici1 comme po9t de d"p1 des circon/ances extrieures4 ,mais beauc\p de degrs dans la libration de la vie philosophique sont encore inconnus p>mi les ,allem&s et ne p\rront pas le re/] t\j\rs4 ,nos arti/es viv5t plus audacieusem5t et plus honntem5t2 le plus puissant exemple que n\s ayons devant nos yeux1 celui de ,ri*>d ,wagn]1 n\s montre comm5t le gnie ne doit pas cra9dre de se mettre en opposition rig\reuse avec les =mes et les prescriptions tablies1 qu& il veut lev] la lumire l'ordre et la vrit suprieurs qui viv5t en lui4 ,la vrit1 cep5dant1 que nos pr(esseurs ont sans cesse la b\*e1 app>at1 vrai dire1 comme un tre beauc\p mo9s exigeant1 dont il ne faut cra9dre ni dsordre ni infraction l'ordre tabli2 elle app>at comme une crature bonasse et aimant ses aises1 qui donne sans cesse1 t\s les p\voirs tablis1 l'assurance qu'elle ne caus]a jamais p]sonne le mo9dre emb>ras1 c> elle n'e/1 aprs t\t1 que la sci5ce pure4 ,or je v\lais affirm] que la philosophie en ,allemagne doit dsappr5dre de plus en plus d'tre une sci5ce pure et l'homme qu'e/ ,s*op5hau] devrait n\s s]vir d'exemple4 ,mais c'e/ vritablem5t un miracle et ce n'e/ ri5 mo9s que le fait qu'il ait pu s'lev] dev5ir cet exemple huma91 c> du dehors et du d$ans il tait assailli en quelque sorte p> les dang]s les plus =midables qui euss5t t\ff ou p>pill t\te crature plus faible4 ,il y avait1 ce qu'il-me semble1 une =te probabilit que ,s*op5hau] disp>atrait en tant qu'homme1 p\r laiss] au mo9s comme rsidu de la sci5ce pure2 mais cela encore seulem5t dans le cas le plus favorable1 c> il semblait =t probable qu'il dt sombr] aussi bi5 comme homme que comme sci5ce4 ,un ,anglais mod]ne dcrit de la faon suivante le dang] que c\r5t le plus s\v5t les hommes extraord9aires qui viv5t dans une socit mdiocre3 ,ces c>actres exceptionnels comm5c5t p> tre humilis1 puis ils devi5n5t mlancoliques1 p\r tomb] malades ensuite et m\rir enf94 ,un ,%elley n'aurait pas pu vivre en ,anglet]re et t\te une race de ,%elley et t impossible4 ,nos ,hld]l9 et nos ,klei/1 d'autres encore1 prir5t p>ce qu'ils tai5t extraord9aires et qu'ils ne p>v5ai5t pas support] le climat de ce qu'on appelle la culture allem&e4 ,seules des natures de bronze1 comme ,bee?ov51 ,g!1 ,s*op5hau] et ,wagn]1 p>vi5n5t support] l'preuve4 ,mais *ez eux aussi app>at1 dans beauc\p de traits et beauc\p de rides1 l'effet de cette lutte et de cette angoisse dprimante entre t\tes3 leur respiration devi5t plus pnible et le ton qu'ils pr5n5t e/ s\v5t =c4 ,ce diplomate sagace qui n'avait vu ,g! et ne lui avait p>l que sup]ficiellem5t dcl>a ses amis3 ,voil un homme qui a de gr&s *agr9s6 ,g! int]prta ces p>oles en traduisant3 ,en voil un qui ne s'e/ p>gn aucune pe9e6 ,et il aj\tait3 ,si sur les traits de notre visage les traces de s\ffrances surmontes1 d'actions accomplies ne peuv5t s'effac]1 il n'e/ pas tonnant que ce qui re/e de n\s et de nos ef=ts porte aussi ces traces4 ,c'e/ l ce ,g! que nos phili/9s de la culture dsign5t comme le plus heureux des ,allem&s1 p\r dmontr] leur affirmation que1 quoi qu'on dise1 il doit tre possible de tr\v] le bonheur p>mi eux4 ,ce disant ils ont l'arrire-p5se qu'il ne faut p>donn] p]sonne qui1 au milieu d'eux1 s]ait malheureux et solitaire4 ,c'e/ p\rquoi1 avec une gr&e cruaut1 ils ont pos et expliqu pratiquem5t le pr9cipe que son isolem5t e/ la consqu5ce d'une faute secrte4 ,or1 ce pauvre ,s*op5hau] avait1 lui aussi1 sur le cur1 une faute secrte1 celle de mettre plus de prix sa philosophie qu' ses contempora9s2 de plus1 il avait le malheur de savoir prcism5t p> ,g! qu'il lui fallait t\t prix df5dre sa philosophie dans son exi/5ce mme contre l'indiffr5ce de ses contempora9s4 ,c> il exi/e une sorte de c5sure inquisitoriale que les ,allem&s1 selon le jugem5t de ,g!1 ont p\sse son extrme limite1 c'e/ le sil5ce inviolable4 ,p> ce sil5ce ils avai5t dj atte9t une *ose1 c'e/ que la plus gr&e p>tie des exemplaires de la premire dition de l'uvre pr9cipale de ,s*op5hau] fut mise au pilon4 ,devant le dang] qui le m5aait de voir sa gr&e action rduite nant p> l'indiffr5ce il fut pris d'une inquitude t]rible et difficile matris]2 aucun adepte de quelque importance ne se montrait4 ,n\s sommes attri/s de le voir enqute de la mo9dre trace de notorit et son triomphe t>dif1 triomphe ret5tissant1 trop ret5tissant1 l'ide de se voir enf9 vritablem5t lu 7legor et leg>7 a p\r n\s quelque *ose de saisissant et de d\l\reux4 ,t\s les traits1 o il ne laissa pas voir la dignit du philosophe1 montr5t prcism5t l'homme qui s\ffre1 inquiet de ses bi5s les plus sacrs4 ,c'e/ a9si qu'il tait t\rm5t p> le s\ci de p]dre sa petite =tune et de ne plus p\voir cons]v] son attitude vritablem5t antique vis--vis de la philosophie2 c'e/ a9si que1 dans son dsir de r5contr] des hommes absolum5t confiants et compatissants1 il fit s\v5t fausse r\te1 rev5ant t\j\rs avec un reg>d mlancolique son *i5 fidle4 ,ermite1 il l'tait absolum5t2 aucun ami p>tageant ses ides ne le consolait4 ,entre un seul et aucun1 comme entre le moi et le nant il y a ici un inf9i4 ,quiconque a de vritables amis sait ce que c'e/ que la vraie solitude1 lors mme qu'il aurait aut\r de lui le monde enti] comme adv]saire4 ,je vois bi5 que v\s ne savez pas ce que c'e/ que l'esseulem5t4 ,p>t\t o il y a eu des socits1 des g\v]nem5ts puissants1 des religions1 des op9ions publiques dom9antes1 bref1 p>t\t o il y eut jamais de la tyrannie1 les philosophes solitaires ont t dte/s2 c> la philosophie ouvre aux hommes un asile o aucune tyrannie ne peut pntr]1 les cav]nes de l'tre intime1 le labyr9! de la poitr9e1 et c'e/ ce qui exaspre les tyrans4 ,voil le refuge des solitaires1 mais l aussi un gr& dang] les guette4 ,ces hommes1 dont la lib]t s'e/ rfugie au fond d'eux mmes1 sont aussi condamns vivre extrieurem5t1 tre visibles1 se faire voir2 ils ont d'innombrables relations huma9es p> leur naissance1 leur milieu1 leur ducation1 leur patrie1 p> les circon/ances du has>d et p> l'importunit des autres2 de mme on leur suppose d'innombrables op9ions1 p>ce que ces op9ions sont les op9ions dom9antes2 t\te mimique qui n'e/ pas une dngation p>at tre de l'approbation2 t\t ge/e qui n'e/ pas un ge/e de/ructeur e/ int]prt comme un cons5tem5t4 ,ils sav5t1 ces solitaires et ces libres d'esprit1 que sans cesse ils p>atront1 en une circon/ance quelconque1 diffr5ts de ce qu'ils sont2 t&is qu'ils ne veul5t que la vrit et la loyaut1 ils sont pris dans les mailles d'un rseau de mal5t5dus1 et leur dsir ard5t ne peut emp*] que leur mo9dre action s'enveloppe d'une nue d'op9ions fausses1 d'adaptation1 de demi-aveux1 de sil5ces discrets1 d'int]prtations errones4 ,un voile de mlancolie enveloppe alors leur front1 c> l'ide que la simulation e/ une ncessit p>at de semblables natures plus dte/able que le v5t2 si leur am]tume p]si/e ils accumul5t au fond d'eux-mmes des p5ses qui m5ac5t de produire une explosion volcanique4 ,de temps en temps1 ils se v5g5t de cette obligation de se ca*]1 de leur rs]ve =ce4 ,ils sort5t de leur cav]ne avec des airs t]ribles2 leurs p>oles et leurs actes sont alors des explosions et il e/ possible que leur nature mme les fasse prir4 ,c'e/ a9si que ,s*op5hau] vivait dang]eusem5t4 ,de p>eils solitaires ont beso9 d'aim]1 ils ont beso9 de compagnons devant lesquels il leur e/ p]mis d'tre ouv]ts et simples comme devant eux-mmes1 en prs5ce desquels cess5t les convulsions des rtic5ces et de la dissimulation4 ,enlevez ces compagnons et v\s eng5drez un dang] croissant4 ,cette dsaffection a fait prir ,h5ri de ,klei/ et c'e/ le plus t]rible antidote contre des hommes extraord9aires de les replong] a9si pr(ondm5t en eux-mmes1 de telle sorte que leur ret\r la surface e/ *aque fois semblable une explosion volcanique4 ,p\rtant il exi/e encore des demi-dieux qui sont capables de vivre dans des conditions aussi abom9ables1 de vivre mme victorieusem5t2 si v\s v\lez ent5dre les *ants solitaires d'un de ces demi-dieux1 c\tez la musique de ,bee?ov54 ,demeur] solitaire1 tel fut donc le premi] dang] dont l'ombre environna ,s*op5hau]4 ,mais il tait expos encore un autre dang]1 celui de dsespr] de la vrit4 ,ce dang] accompagne t\t p5seur qui pr5d comme po9t de d"p la philosophie kanti5ne1 en admettant qu'il soit un homme vig\reux et complet1 aussi bi5 dans ses s\ffrances que dans ses passions et non po9t seulem5t une bruyante ma*9e p5s] et calcul]4 ,or1 n\s savons t\s =t bi5 ce qu'il y a d'humiliant dans cette condition pralable que n\s posons4 ,il me semble mme que c'e/ seulem5t *ez un petit nombre d'hommes que l'influ5ce de ,kant s'e/ fait s5tir d'une faon vivante1 pntrant le sang et la sve4 ,on affirme p>t\t1 vrai dire1 a9si qu'on l'crit1 que depuis l'acte de ce mode/e savant une rvolution a clat dans t\s les doma9es intellectuels1 mais je ne puis y croire4 ,c> je n'ap]ois po9t d'une faon prcise les traces de cette rvolution *ez les hommes qui devrai5t p\rtant tre atte9ts avant que des doma9es enti]s ai5t t rvolutionns4 ,mais1 ds que n\s ap]cevons l'influ5ce populaire de ,kant1 celle-ci app>atra devant nos yeux s\s la =me d'un scepticisme et d'un relativisme qui rong5t et qui miett5t2 et c'e/ seulem5t *ez les esprits les plus actifs et les plus nobles1 n'ayant jamais tolr de vivre dans l'inc]titude que se prs5t]ait1 au lieu de cet esprit1 le s5tim5t de d\t] et dsespr] de t\te vrit1 tel que n\s le retr\vons p> exemple *ez ,h5ri de ,klei/1 comme un effet de la philosophie kanti5ne4 ,rcemm5t1 crit-il une fois sur le ton saisissant qui lui tait c\tumi]1 rcemm5t j'ai pris contact avec la philosophie kanti5ne et il faut que je te communique mes ides son sujet1 sans devoir cra9dre qu'elle ne t'branle aussi pr(ondm5t1 aussi d\l\reusem5t que moi444 ,n\s ne p\vons pas dcid] si ce que n\s appelons vrit e/ vritablem5t la vrit ou si elle n\s p>at seulem5t telle4 ,dans le d]ni] cas1 la vrit que n\s *]*ons ici-bas n'e/ plus ri5 aprs la mort et t\t ef=t e/ va9 d'acqurir un bi5 qui n\s suit dans la tombe444 ,si la po9te de cette ide ne t\*e pas ton cur1 ne s\ris pas d'un autre qu'elle a bless pr(ondm5t1 jusqu'en son trfonds le plus sacr4 ,mon seul b1 mon b le plus sacr1 s'e/ van\i et je n'en ai plus d'autre4 ,qu& donc les hommes pr\v]ont-ils de n\veau de la sorte des s5tim5ts naturels comme ceux qu'pr\va ,klei/1 qu& sauront-ils mesur] de n\veau le s5s d'une philosophie l'tiage de leur trfonds le plus sacr8 ,et p\rtant il devrait en tre a9si1 p\r que n\s puissions apprci] ce que1 aprs ,kant1 ,s*op5hau] peut tre p\r n\s1 savoir le *ef qui1 des cimes du dc\ragem5t sceptique ou du r5oncem5t critique mne plus haut1 jusqu'au sommet de la contemplation tragique1 t&is que l'inf9i de la vote nocturne con/elle d'toiles se dploie au-dessus de n\s4 ,ce *ef a lui-mme t le premi] suivre cette voie4 ,il considra l'image de la vie comme un ensemble et l'int]prta comme un ensemble4 ,c'e/ en cela qu'il fut gr&1 t&is que les esprits les plus sagaces ne peuv5t se dlivr] de l'erreur qui consi/e croire que l'on s]re de plus prs cette int]prtation1 qu& on exam9e m9utieusem5t les c\leurs qui ont s]vi pe9dre cette image1 la toile sur laquelle elle e/ fixe et que l'on e/ peut-tre arriv ce rsultat que c'e/ une toile dont la trame e/ embr\ille et que les c\leurs ne peuv5t s'analys] *imiquem5t4 ,il faut dev9] le pe9tre p\r compr5dre l'image1 c'e/ ce que savait ,s*op5hau]4 ,or t\te la tribu des g5s de sci5ce s'applique compr5dre cette toile et ces c\leurs1 sans compr5dre l'image4 ,on peut mme dire que celui-l seul qui a fix ses reg>ds sur l'ensemble du tableau de la vie et de l'tre p\rra se s]vir des sci5ces spciales sans en pr\v] de dommages c>1 sans ces vues et ces rgles gnrales1 les sci5ces spciales ne sont que des traqu5>ds1 et n\s n\s s5tons alors pris dans les mailles d'un filet int]m9able1 o notre exi/5ce s'embr\ille dans un labyr9! sans f94 ,c'e/ en cela1 je le rpte1 que ,s*op5hau] e/ gr&1 qu'il p\rsuit cette image1 comme ,hamlet p\rsuivit le spectre1 sans se laiss] dt\rn] la manire des savants1 ou sans s'ab&onn] la scola/ique ab/raite1 comme c'e/ le sort des dialectici5s indompts4 ,l'tude des demi-philosophes n'a d'attrait que p>ce que l'on se r5d compte que ceux-ci tomb5t t\j\rs1 dans les con/ructions difies p> les gr&es philosophies1 sur les endroits o il e/ possible d'ex]c] la critique savante1 o la rflexion1 le d\te1 la contradiction sont p]mis4 ,de la sorte1 ils *app5t aux exig5ces de la gr&e philosophie qui1 dans son ensemble1 affirme t\j\rs qu'elle e/ l'*ange de la vie et que p> elle on peut appr5dre le s5s de sa propre vie4 ,et1 inv]sem5t1 il te suffira de savoir lire dans ta propre vie p\r y dev9] les hiroglyphes de la vie univ]selle4 ,voil aussi l'int]prtation qu'il faudra t\j\rs donn] en premi] lieu la philosophie de ,s*op5hau]2 elle devra tre individuelle1 comme un ret\r de l'individu lui-mme1 p\r qu'il compr5ne sa propre misre et ses propres beso9s1 sa propre limitation1 et qu'il connaisse les antidotes et les consolations qui ne peuv5t tre que le sacrifice de son propre moi1 la s\mission aux int5tions les plus nobles1 avant t\t la ju/ice et la misricorde4 ,s*op5hau] n\s appr5d di/+u] entre l'augm5tation relle et app>5te du bonheur huma92 il n\s montre comm5t ni le fait de s'enri*ir ni le fait d'acqurir des honneurs et des connaissances ne peuv5t tir] l'individu du mcont5tem5t que lui cause la non-valeur de sa vie et comm5t l'aspiration ces bi5s n'a de s5s que qu& on l'claire p> un b suprieur et univ]sel3 acqurir de la puissance p\r aid] la nature et corrig] quelque peu ses folies et ses maladresses4 ,il s'agit t\t d'abord d'agir p\r soi-mme1 mais p> soi-mme1 enf91 p\r la collectivit4 ,c'e/ l1 vrai dire1 une t5dance qui ne peut ab\tir qu' une pr(onde rsignation1 c> que peut-on amlior] encore dans l'individu et dans la gnralit8 ,si n\s appliquons ces p>oles ,s*op5hau]1 n\s t\*ons au troisime dang]1 le plus p>ticuli] celui-l1 au milieu duquel il vivait et qui se t5ait ca* dans l'difice mme de son tre4 ,t\t homme tr\ve en lui-mme une limitation1 aussi bi5 de ses dons que de sa volont morale1 qui le remplit de dsirs et de mlancolie2 de mme que le s5tim5t de son p* le fait aspir] la sa9tet3 en tant qu'tre intellectuel il porte en lui l'apptit pr(ond du gnie4 ,c'e/ ici que n\s t\*ons la rac9e vritable de t\te culture et si j'ent5ds p> l le dsir de l'homme de r5atre gnie ou sa9t1 je sais qu'on n'a pas beso9 d'tre b\ddhi/e p\r compr5dre ce my!4 ,p>t\t o n\s tr\vons ces dons intellectuels sans ce dsir1 dans les milieux savants aussi bi5 que p>mi les g5s qui se prt5d5t cultivs1 ils n'veill5t *ez n\s que de la rpugnance ou du dgt2 c> n\s n\s d\tons que de p>eils hommes1 avec t\t leur esprit1 ne dvelopp5t po9t1 mais entrav5t t\t au contraire t\te culture qui s]ait en tra9 de natre1 de mme que la cration du gnie qui e/ le b de t\te culture4 ,il y a l un tat d'endurcissem5t qui quivaut1 p> sa valeur1 cette v]tu fire d'elle-mme1 habituelle et froide1 qui e/ ce qu'il y a de plus loign et qui loigne le plus de la sa9tet vritable4 ,la nature de ,s*op5hau] tait d\ble4 ,condition s+ulire et p>ticulirem5t dang]euse6 ,peu de p5seurs ont ress5ti1 dans une p>eille mesure et avec une c]titude incomp>able1 que le gnie habitait en eux4 ,le gnie de ,s*op5hau] lui p]mettait ce qu'il y a de plus haut et qu'il n'y aurait pas de sillon plus pr(ond que celui que le soc de sa *>rue grav]ait dans le sol de la n\velle humanit4 ,c'e/ a9si qu'une moiti de son tre1 rassasie et ple9e1 re/ait sans dsirs1 c]ta9e de sa =ce2 c'e/ a9si qu'il accomplissait sa t*e avec gr&eur et dignit1 dans sa p]fection victorieuse4 ,dans l'autre moiti de son tre s'agitait un dsir imptueux2 n\s compr5ons son dsir en appr5ant qu'il se dt\rna avec un reg>d d\l\reux du gr& fondateur de la ,trappe1 ,ranc1 en s'criant3 ,c'e/ affaire de la grce4 ,c> le gnie aspire pr(ondm5t la sa9tet1 p>ce que du haut de son obs]vatoire il a vu plus lo9 et plus clairem5t que t\t autre homme2 plus pr(ondm5t1 jusqu' la rconciliation de l',etre et du ,connatre2 plus lo9 jusqu'au royaume de la paix et de la ngation du v\loir1 au del1 jusqu' l'autre rive dont p>l5t les ,h9d\s4 ,mais c'e/ l prcism5t ce qu'il y a de m]veilleux3 combi5 la nature de ,s*op5hau] a d tre incomprh5sible et inde/ructible1 si ce dsir mme n'a pas pu la dtruire1 mais ne l'a pas non plus endurcie6 ,ce que cela signifie1 *acun le compr5dra dans la mesure o il peut se jug] lui-mme2 mais dans t\te sa gravit p]sonne ne s]a en mesure de le compr5dre4 ,plus on rfl*it aux trois dang]s que je vi5s de dcrire1 plus il sembl]a trange que ,s*op5hau] ait pu s'en df5dre avec une telle vigueur et qu'il ait pu sortir de la lutte dans un tel tat de sant4 ,a vrai dire1 il cons]va des cicatrices et des blessures ouv]tes et un tat d'esprit qui p>atra un peu trop rude et p>fois trop belliqueux4 ,le plus gr& homme mme voit s'lev] au-dessus de lui son propre idal4 ,que ,s*op5hau] puisse tre donn en exemple1 cela e/ c]ta91 malgr t\tes ces cicatrices et t\tes ces t>es4 ,on p\rrait mme dire que ce que son tre avait d'imp>fait et de trop huma9 n\s rappro*e prcism5t de lui dans le s5s le plus huma91 c> n\s voyons en lui quelqu'un qui s\ffre et un compagnon d'in=tune1 sans n\s arrt] seulem5t l'altire rs]ve du gnie4 ,ces trois dang]s con/itutionnels qui m5ac5t ,s*op5hau] n\s m5ac5t t\s4 ,*acun porte en lui une orig9alit productive qui e/ le noyau mme de son tre2 et s'il e/ consci5t de cette orig9alit une trange aurole se dess9e aut\r de lui1 celle de l'extraord9aire4 ,p\r la plup>t des g5s1 c'e/ l quelque *ose d'insupportable1 p>ce qu'ils sont p>esseux et que t\te orig9alit e/ *>ge de *anes pnibles et l\rdes port]4 ,il n'en faut po9t d\t]1 p\r l'tre extraord9aire qui se *>ge de ces *anes1 la vie s]a prive de t\t ce que l'on dsire durant sa jeunesse1 la svrit1 la sret d'une c>rire facile1 l'honneur2 son sort1 que lui (friront en cadeau ses pro*a9s1 s]a l'isolem5t2 o qu'il vive ce s]a p\r lui le ds]t et la cav]ne4 ,qu'il pr5ne alors g>de ne pas se laiss] ass]vir1 ne pas tre afflig et mlancolique6 ,c'e/ p\rquoi il devra s'ent\r] des images de bons et braves lutteurs tels que ,s*op5hau] en fut un4 ,mais le second dang] qui m5aa ,s*op5hau] n'e/ pas r>e non plus4 ,de-ci de-l quelqu'un e/ d\ p> la nature de p]spicacit1 ses p5ses suiv5t volonti]s la d\ble voie de la dialectique2 il lui arrive alors facilem5t de l*] t\rdim5t la bride ses tal5ts1 au po9t qu'il se laisse prir en tant qu'homme et qu'il ne vit mme p\r a9si dire plus qu'une vie de fantme dans la sci5ce pure1 habitu re*]*] dans les *oses le p\r et le contre1 il ne compr5d plus ri5 la vrit et qu'il lui faille vivre sans c\rage et sans confiance1 dans la ngation1 le d\te1 la corrosion1 le mcont5tem5t1 ab&onn aux d]ni]s espoirs1 att5dant les dceptions et affirmant qu' un *i5 mme ne v\drait plus vivre a9si6 ,le troisime dang] c'e/ l'endurcissem5t1 tant au po9t de vue moral qu'au po9t de vue intellectuel2 l'homme d*ire le li5 qui le ratta*ait son idal2 il cesse d'tre fcond sur tel ou tel doma9e1 il r5once se dvelopp] et1 au s5s de la culture1 il devi5t nuisible ou inutile4 ,l'orig9alit de son tre s'e/ rsolue en un atome indivisible et isol1 en une masse refroidie4 ,a9si l'orig9alit aussi bi5 que la cra9te de l'orig9alit peuv5t faire prir quelqu'un2 il tr\v]a sa p]te dans son moi1 aussi bi5 que dans le r5oncem5t au moi1 dans le dsir comme dans l'endurcissem5t4 ,vivre1 n'e/-ce pas d'une faon gnrale tre en dang]8 ,en dehors de ces dang]s de t\te sa con/itution1 auxquels ,s*op5hau] aurait pu tre expos--quel que soit le sicle au c\rs duquel il ait vcu--il y a encore les dang]s que son poque lui faisait c\rir4 ,cette di/9ction entre les dang]s con/itutionnels et les dang]s de l'poque e/ ess5tielle p\r compr5dre ce qu'il y a de symbolique et d'ducatif dans la nature de ,s*op5hau]4 ,imag9ons l'il du philosophe pos sur l'exi/5ce3 il veut en fix] n\veau la valeur4 ,c> ce fut t\j\rs le travail p>ticuli] de t\s les gr&s p5seurs d'tre les lgislateurs p\r la mesure1 la monnaie et le poids des *oses4 ,que d'ob/acles se dress5t en face de lui1 qu& l'humanit qu'il ap]oit devant ses yeux e/ un fruit fltri et rong des v]s6 ,combi5 il lui faut aj\t] la valeur mdiocre du temps prs5t1 p\r p\voir r5dre ju/ice l'exi/5ce dans sa totalit6 ,s'il e/ utile d'tudi] l'hi/oire des peuples anci5s et trang]s1 cette tude e/ p>ticulirem5t prcieuse p\r le philosophe qui veut =mul] un jugem5t quitable sur l'ensemble des de/9es huma9es sans se cont5t] de l'humanit moy5ne1 v\lant connatre les plus hautes de/9es rs]ves aux individus et aux peuples t\t enti]s4 ,or1 t\t ce qui app>ti5t au prs5t e/ indiscret1 l'il s'en voit influ5c et dt]m91 lors mme que le philosophe ne le veut po9t2 involontairem5t1 sans une apprciation d'ensemble1 on le taxe trop haut4 ,c'e/ p\rquoi le philosophe doit valu] son temps1 en le diffr5ciant exactem5t des autres poques1 surmontant "p lui le prs5t mme dans l'image que celui-ci donne de la vie2 et1 dans ce cas1 surmont] le prs5t c'e/ le r5dre imp]ceptible1 le masqu] en quelque sorte s\s d'autres c\leurs4 ,c'e/ l une t*e difficile1 presque impossible rs\dre4 ,le jugem5t des anci5s philosophes grecs sur la valeur de l'exi/5ce a une t\te autre signification qu'un jugem5t mod]ne1 p>ce que ces philosophes voyai5t devant et aut\r d'eux la vie elle-mme dans sa ple9e p]fection1 et p>ce que *ez eux le s5tim5t du p5seur n'tait pas tr\bl comme *ez n\s p> l'ant9omie entre le dsir de lib]t1 de beaut1 de maje/ de la vie et l'in/9ct de vrit qui se pose cette "q3 ,que vaut au ju/e la vie8 ,p\r t\s les temps1 il importe de savoir ce qu',empdocle a affirm au sujet de la vie1 alors que la joie de vivre1 vig\reuse et exubrante1 animait la culture grecque4 ,son jugem5t e/ d'un poids d'autant plus considrable qu'il n'e/ contr$it p> aucun jugem5t contraire d'aucun gr& philosophe de la mme gr&e poque4 ,c'e/ lui qui p>le avec le plus de prcision1 mais1 au fond1 si l'on sait ouvrir les oreilles1 ils dis5t t\s la mme *ose4 ,un p5seur mod]ne1 je l'ai dj dit1 s\ffrira t\j\rs d'un dsir non ralis1 il exig]a qu'on lui montre de n\veau de la vie1 de la vie vraie1 r\ge et sa9e1 p\r qu'il =mule ensuite son jugem5t sur elle4 ,p\r lui1 du mo9s1 il e/im]a qu'il e/ ncessaire qu'il soit un homme vivant avant d'avoir le droit de croire qu'il peut tre un juge quitable4 ,voil p\rquoi ce sont prcism5t les n\veaux philosophes qui font p>tie des plus puissants acclrateurs de la vie2 voil p\rquoi ils aspir5t s'vad] de leur propre poque affaiblie1 v]s une n\velle culture1 v]s une nature transfigure4 ,mais *ez eux cette aspiration e/ aussi un dang]4 ,en eux combat le r=mateur de la vie et le philosophe1 c'e/--dire le juge de la vie4 ,de quelque ct que p5*e la victoire ce s]a t\j\rs une victoire accompagne de p]tes4 ,comm5t donc ,s*op5hau] a-t-il *app ce d]ni] dang]8 ,si t\t gr& homme doit avant t\t tre considr comme l'enfant au!ntique de son temps et s\ffre c]ta9em5t de t\tes ses infirmits d'une faon plus int5se et plus s5sible que t\s les hommes mo9dres1 la lutte d'un p>eil gr& homme contre son temps n'e/ en app>5ce qu'une lutte ins5se et de/ructive contre lui-mme4 ,en app>5ce seulem5t1 c> en combattant son temps il combat ce qui l'emp*e d'tre gr&1 c'e/--dire libre et compltem5t lui-mme1 il s'ensuit que son inimiti e/ au fond dirige prcism5t contre ce qui n'e/ pas lui-mme1 bi5 qu'il en soit lui-mme afflig1 c'e/--dire contre l'impur mlange et l'impur cte--cte de *oses qui ne saurai5t se ml] et se confondre1 contre la s\dure artificielle de l'actuel et de l'inactuel4 ,en f9 de compte1 le prt5du enfant de l'poque app>at seulem5t comme un enfant utr9 de celle-ci4 ,a9si ,s*op5hau]1 ds sa plus t5dre jeunesse1 s'leva contre cette mre indigne1 fausse et vaniteuse qu'e/ notre poque1 et1 en l'expulsant en quelque sorte de lui-mme1 il purifia et gurit son tre et se retr\va lui-mme dans t\te la sant et la puret qui lui app>t5ai5t4 ,c'e/ p\rquoi les crits de ,s*op5hau] doiv5t tre utiliss comme des miroirs du temps et cela ne ti5t c]ta9em5t pas un dfaut du miroir si t\t ce qui e/ actuel y app>at comme d=m p> la maladie1 amaigri et ple1 avec les yeux caves et la m9e fatigue1 expression visible des s\ffrances de cette hrdit mauvaise4 ,*ez ,s*op5hau]1 le dsir d'une nature vig\reuse1 d'une humanit sa9e et simple n'tait que le dsir de se retr\v] lui-mme2 et sitt qu'il eut va9cu en lui l'esprit du temps1 il dc\vrit ncessairem5t aussi le gnie qui cuvait en son me4 ,le secret de son tre lui fut alors rvl1 le desse9 de lui ca*] ce gnie qu'avait cette m>tre1 notre temps1 fut mis nant4 ,l'empire de la nature transfigure tait dc\v]t6 ,ds lors1 qu& il t\rnait son reg>d intrpide v]s la "q3 ,que vaut la vie8 il n'avait plus condamn] une poque confuse et affadie1 une exi/5ce obscure et hypocrite4 ,il savait bi5 qu'on peut tr\v] et atte9dre sur cette t]re quelque *ose de plus alti] et de plus pur qu'une exi/5ce aussi actuelle et que ce s]ait p\r *acun faire inju/ice la vie que de ne la connatre et valu] que d'aprs la laideur de cet aspect4 ,non1 le gnie seul e/ invoqu ma9t5ant1 af9 de savoir s'il peut ju/ifi] le fruit suprme de la vie1 peut-tre la vie elle-mme4 ,l'homme magnifique et crateur doit rpondre ces que/ions3 ,peux-tu ju/ifi] du fond du cur cette exi/5ce8 ,te suffit-elle8 ,veux-tu tre son avocat1 son sauveur8 ,une seule affirmation vridique de ta b\*e libr]a la vie sur laquelle pse une si l\rde accusation4 ,que rpondras-tu8--,tu donn]as la rponse d',empdocle4 #d4 ,que cette d]nire indication demeure provisoirem5t incomprise1 cela e/ de peu d'importance4 ,p\r moi1 il s'agit ma9t5ant de quelque *ose de trs simple1 d'expliqu] comm5t n\s t\s n\s sommes mme de taire notre ducation1 contre ce temps1 en n\s s]vant de l'int]mdiaire de ,s*op5hau]1 p>ce que n\s avons l'avantage de connatre vritablem5t notre temps p> son entremise4 ,e/-ce l vritablem5t un avantage8 ce qui e/ c]ta91 c'e/ que1 dans quelques sicles1 cette connaissance ne s]a plus possible4 ,je me div]tis l'ide que bi5tt l'humanit s]a dgte de la lecture aussi bi5 que des criva9s1 qu'un j\r le savant se mettra rfl*ir1 f]a son te/am5t et ordonn]a que son corps soit brl au milieu de ses livres1 surt\t des si5s4 ,et si les =ts dev5ai5t de plus en plus r>es1 ne s]ait-il pas temps de trait] les biblio?ques comme des matires combu/ibles1 comme du bois1 de la paille ou de la br\ssaille4 ,la plup>t des livres ne sont-ils pas ns des vapeurs et des fumes qui sort5t du c]veau1 qu'ils r$evi5n5t donc vapeurs et fumes4 ,et1 s'il n'y avait pas de feu en eux1 que le feu les punisse6 ,il s]ait1 p> consqu5t1 possible que1 p\r un sicle v5ir1 notre poque soit prcism5t considre comme sculum obscurum1 p>ce que ses produits ont s]vi avec le plus d'empressem5t et le plus longtemps se *auff]4 ,comme n\s sommes donc heureux de p\voir connatre encore ce temps6 ,c>1 s'il y a un intrt quelconque s'occup] de son temps1 il e/ heureux qu'on puisse le faire d'une faon aussi consci5cieuse que possible1 de telle sorte qu'on ne cons]v]a aucun d\te son sujet4 ,et c'e/ prcism5t le cas de ,s*op5hau]4 ,c]tes1 le bonheur s]ait inf9im5t plus gr& si cet exam5 p\vait ab\tir la con/atation qu'il n'a jamais ri5 exi/ de plus f9 et de plus ri*e en esprance que notre poque4 ,or1 il y a actuellem5t1 dans un co9 quelconque du monde1 p> exemple en ,allemagne1 des g5s nafs qui se prp>5t croire quelque *ose de semblable1 qui vont mme jusqu' affirm] srieusem5t que1 depuis quelques annes1 le monde a t amlior et que celui qui lve1 au sujet de l'exi/5ce1 de srieuses et sombres objections se voit dm5ti p> les faits4 ,c> il en e/ a9si selon eux3 la fondation du n\vel empire allem& e/ le c\p le plus dcisif et le plus crasant contre t\te philosophie pessimi/e4 ,ils l'affirm5t et n'en veul5t po9t dmordre4 ,or1 celui qui se pose la "q de savoir quel e/1 dans notre temps1 le rle du philosophe en tant qu'ducateur1 doit s'expliqu] au sujet de cette op9ion trs rp&ue1 en p>ticuli] dans les univ]sits1 et il le f]a de la faon suivante4 ,c'e/ une honte de voir qu'une flatt]ie aussi rpugnante et aussi s]vile puisse tre exprime et rpte p> des hommes qui se prt5d5t intellig5ts et honorables4 ,et c'e/ en outre une preuve que l'on ne se d\te mme plus combi5 le srieux de la philosophie e/ loign du srieux d'un j\rnal4 ,de p>eils hommes ont p]du non seulem5t ce qui leur re/ait de s5tim5ts philosophiques1 mais encore de s5tim5ts religieux4 ,ils ont remplac t\t cela1 non peut-tre p> l'optimisme1 mais p> le j\rnalisme1 p> l'esprit du j\r et le manque d'esprit des feuilles quotidi5nes4 ,t\te philosophie qui croit qu'un vnem5t politique peut dplac] ou mme rs\dre le problme de l'exi/5ce e/ une philosophie de plaisant]ies1 une philosophie de mauvais aloi4 ,depuis que le monde exi/e on a s\v5t fond des ,etats2 c'e/ l une vieille hi/oire6 ,comm5t une innovation politique devrait-elle suffire p\r faire1 une fois p\r t\tes1 des hommes de joyeux habitants de la t]re8 ,si quelqu'un croit1 cep5dant1 de t\t son cur que cela e/ possible1 qu'il se prs5te1 c> il mrite vraim5t d'tre nomm pr(esseur de philosophie une univ]sit allem&e1 comme ,h>ms ,b]l91 ,jrg5 ,mey] ,bonn et ,c>rire ,muni*4 ,mais ici n\s ap]cevons la consqu5ce de cette doctr9e1 pr*e rcemm5t encore sur les toits1 et qui consi/e affirm] que l',etat e/ le b suprme de l'humanit et que1 p\r l'homme1 il n'e/ pas de b suprieur celui de s]vir l',etat2 ce en quoi je ne reconnais pas un ret\r au paganisme1 mais la sottise4 ,il se peut qu'un p>eil homme1 qui voit dans le s]vice de l',etat son devoir suprme1 ne sa*e vritablem5t pas quels sont les devoirs suprmes4 ,cela n'emp*e pas qu'il y ait encore de l'autre ct des hommes et des devoirs1 et l'un de ces devoirs qui1 p\r moi du mo9s1 app>at comme suprieur au s]vice de l',etat1 incite dtruire la sottise s\s t\tes ses =mes1 mme s\s la =me qu'elle pr5d ici4 ,c'e/ p\rquoi je m'occupe l'heure prs5te d'une espce d'homme dont la tlologie conduit un peu plus haut que le bi5 d'un ,etat1 avec les philosophes et avec ceux-l seulem5t p> rapport un doma9e assez indp5dant du bi5 de l',etat1 celui de la culture4 ,p>mi les nombreux anneaux qui1 passs les uns trav]s les autres1 =m5t l'huma9e *ose publique1 les uns sont en or1 les autres en tombac4 ,or1 comm5t le philosophe reg>de-t-il la culture de notre temps8 ,a vrai dire1 s\s un t\t autre aspect que ces pr(esseurs de philosophie qui se rj\iss5t de leur tat4 ,il lui semble presque ap]cevoir une de/ruction et un arra*em5t complet de la culture1 qu& il songe la hte gnrale1 l'acclration de ce m\vem5t de *ute1 l'impossibilit de t\te vie contemplative et de t\te simplicit4 ,les eaux de la religion s'c\l5t et laiss5t d]rire elles des m>cages ou des tangs2 les nations se sp>5t de n\veau1 se combatt5t les unes les autres et dem&5t s'entre-d*ir]4 ,les sci5ces1 pratiques sans aucune mesure et dans le plus aveugle laiss]-faire s'p>pill5t et dissolv5t t\te conviction solide2 les classes et les socits cultives sont entranes dans une gr&iose et mprisante exploitation f9ancire4 ,jamais le monde n'a t davantage le monde1 jamais il n'a t plus pauvre en am\r et en dons prcieux4 ,les pr(essions savantes ne sont plus que des ph>es et des asiles1 au milieu de t\te cette inquitude frivole2 leurs reprs5tants devi5n5t eux-mmes *aque j\r plus inquiets1 ayant *aque j\r mo9s de p5ses1 mo9s d'am\r4 ,t\t se met au s]vice de la b>b>ie qui vi5t1 l'art actuel et la sci5ce actuelle ne font pas exception6 ,l'homme cultiv e/ dgnr au po9t qu'il e/ dev5u le pire ennemi de la culture1 c> il veut ni] la maladie gnrale et il e/ un ob/acle p\r les mdec9s4 ,ils se mett5t en colre1 les pauvres b\gres affaiblis1 lorsque l'on p>le de leurs faiblesses et que l'on combat leur dang]eux esprit m5song]4 ,ils v\drai5t faire croire qu'ils ont remport le prix sur t\s les sicles et leurs dm>*es sont animes d'une joie factice4 ,leurs faons de simul] le bonheur a p>fois quelque *ose de saisissant1 p>ce que leur bonheur e/ t\t fait incomprh5sible4 ,on ne v\drait pas mme leur dem&]1 comme fit ,tannhus] en s'adressant ,bit]olf3 ,qu'z-tu donc absorb1 malheureux8 ,c> hlas6 n\s le savons mieux que p]sonne4 ,il y a sur n\s l'oppression d'un j\r d'hiv]1 n\s habitons le vois9age d'une haute montagne1 notre vie e/ ple9e de dang]s et de privations4 ,t\te joie e/ brve et ple t\t rayon de soleil qui glisse sur n\s du sommet glac4 ,s\da9 une musique ret5tit4 ,c'e/ un vieill>d qui j\e de l'orgue de b>b>ie et les danseurs t\rn5t en rond444 ,le voyageur e/ mu de ce spectacle3 t\t e/ si sauvage1 si f]m1 si incolore1 si dsespr et c'e/ l d$ans que ret5tit un air joyeux1 d'une joie bruyante et irrfl*ie6 ,mais dj les brumes du soir prmatur jett5t leur ombre2 les sons se p]d5t1 les pas du voyageur criss5t sur la r\te2 si lo9 qu'il peut voir1 il n'ap]oit ri5 que la face ds]te et cruelle de la nature4 ,p\rtant1 si l'on risque d'tre accus de p>tialit qu& on ne relve que la faiblesse du dess9 et le manque de coloris dans l'image de la vie mod]ne1 le second aspect n'a cep5dant ri5 de plus rj\issant et n'app>at que s\s une =me d'autant plus inquitante4 ,il exi/e c]ta9es =ces1 des =ces =midables1 mais sauvages et primesautires1 des =ces t\t fait impitoyables4 ,on les obs]ve avec une att5te inquite1 du mme il qu'on eut reg>d] la *audire d'une cuis9e inf]nale3 t\t mom5t des b\illonnem5ts et des explosions peuv5t se produire1 annonant de t]ribles cataclysmes4 ,depuis un sicle n\s sommes prp>s des commotions fondam5tales4 ,si1 dans ces d]ni]s temps1 on t5te d'oppos]1 ce p5*ant pr(ondm5t mod]ne de r5v]s] ou de faire saut] la =ce con/itutive de ce que l'on appelle l',etat national1 celui-ci n'en con/itue pas mo9s1 et p\r longtemps1 une augm5tation du pril univ]sel et de la m5ace qui pse sur nos ttes4 ,n\s ne n\s laissons pas induire en erreur p> le fait que les individus se comport5t comme s'ils ne savai5t ri5 de t\tes ces proccupations4 ,leur inquitude montre combi5 ils sont bi5 in=ms2 ils p5s5t eux-mmes avec une hte et un exclusivisme qui ne se sont jamais r5contrs jusqu' prs5t2 ils con/ruis5t et ils plant5t p\r eux seuls et p\r un seul j\r2 la *asse au bonheur n'e/ jamais si gr&e que qu& elle doit tre faite auj\rd'hui et dema92 c> aprs-dema9 dj la *asse s]a peut-tre f]me4 ,n\s vivons l'poque des atomes et du *aos atomique4 ,au moy5 ge les =ces adv]ses tai5t peu prs cont5ues p> l',eglise et elles s'assimilai5t en une c]ta9e mesure les unes aux autres p> la =te pression qu'ex]ait l',eglise4 ,lorsque le li5 se d*ire et que la pression dim9ue1 les unes se dress5t contre les autres4 ,la ,r=me dcrta que c]ta9es *oses tai5t adiaphora1 app>t5ant des doma9es qui ne devai5t pas tre dt]m9s p> la p5se religieuse2 c'e/ ce prix qu'elles eur5t le droit de vivre elles-mmes4 ,de mme le *ri/ianisme1 oppos l'antiquit beauc\p plus religieuse1 ma9ti5t son exi/5ce un prix semblable4 ,depuis cette poque la sp>ation s'acc5tua t\j\rs davantage4 ,auj\rd'hui presque t\t ce qui exi/e sur t]re n'e/ dt]m9 que p> les =ces les plus grossires et les plus malignes1 p> l'gsme de ceux qui acquir5t et p> la tyrannie militaire4 ,l',etat1 entre les ma9s de cette tyrannie1 de mme que l'gsme de ceux qui possd5t1 fait un ef=t p\r t\t organis] n\veau1 p> ses propres moy5s1 de faon s]vir de li5 et de contra9te p\r t\tes les =ces adv]ses4 ,ce qui quivaut dire que l',etat s\haite que les hommes pr(ess5t p\r lui le mme culte idoltre qu'ils avai5t v\ l',eglise4 ,avec quel succs8 ,n\s f9irons p> n\s en ap]cevoir4 ,en t\s les cas1 n\s n\s tr\vons encore auj\rd'hui dans le fleuve du moy5 ge1 un fleuve qui *>rie des glaces4 ,le dgel l'a mis en m\vem5t et sa puissance ravage t\t sur son passage4 ,les glaons s'entre-*oqu5t et s'accumul5t2 t\s les rivages sont inonds et d'un accs dang]eux4 ,il e/ t\t fait impossible d'vit] la rvolution1 la rvolution des atomes4 ,mais quels sont les lm5ts indivisibles les plus petits de la socit huma9e8 ,sans aucun d\te1 l'appro*e de semblables priodes1 l'humanit se tr\ve plus encore en dang] qu'au mom5t o se produit l'effondrem5t et le t\rbillon *aotique2 et l'att5te angoisse et l'exploitation avide de *aque m9ute suscit5t t\tes les l*ets et t\s les in/9cts g/es de l'me1 t&is que la dtresse vritable et1 en p>ticuli]1 la gnralit d'une gr&e dtresse r5d5t les hommes meilleurs et leur prt5t une me plus gnreuse4 ,a ces poques de pril1 qui donc prt]a la nature huma9e1 au trsor sacr et intangible que les gnrations successives ont peu peu amass1 qui donc prt]a ses (fices de g>di5 et de *evali] s]vant8 ,qui donc dress]a l'image de l'homme1 t&is que t\s ne s5t5t au fond d'eux-mmes que le v] de l'gsme et la peur cynique1 s'tant dt\rns de cette image p\r retomb] dans l'animalit ou dans un rigide mcanisme8 ,il y a trois images de l'homme que notre temps mod]ne a dresses successivem5t et dont le spectacle enlv]a encore longtemps aux mortels t\te vellx de glorifi] leur propre vie3 celle de l'homme de ,r\sseau1 celle de l'homme de ,g! et enf9 celle de l'homme de ,s*op5hau]4 ,de ces trois images la premire a le plus de feu et elle e/ c]ta9e de l'effet le plus populaire4 ,la seconde n'e/ faite que p\r le petit nombre1 p\r ceux qui sont des natures contemplatives de gr& /yle2 la f\le mconnat gnralem5t cette image4 ,la troisime exige que ce soi5t les hommes les plus actifs qui la contempl5t4 ,eux seuls le f]ont sans dommage1 c> elle dc\rage les natures contemplatives et eff>\*e la f\le4 ,de la premire1 une =ce e/ p>tie qui p\ssa aux rvolutions imptueuses et y p\sse encore2 c> dans t\s les frmissem5ts sociali/es et t\s les tremblem5ts de t]re1 c'e/ t\j\rs l'homme de ,r\sseau qui se remue comme le vieux ,typhon s\s l',etna4 ,opprim et moiti cras p> des ca/es orgueilleuses et p> des =tunes sans piti1 corrompu p> des prtres et une mauvaise ducation1 ayant t\t devant soi-mme cause de ses murs ridicules1 l'homme1 dans sa misre1 en appelle la sa9te nature et il s'ap]oit s\da9 qu'elle e/ aussi loigne de lui que n'importe quel dieu4 ,ses prires ne l'atteign5t pas1 tant il e/ enfonc dans le *aos de l'anti-naturel4 ,il rejette avec mpris les p>ures multicolores qui1 il y a peu de temps encore1 lui p>aissai5t prcism5t tre son humanit1 ses arts et ses sci5ces1 les avantages d'une vie raff9e2 il frappe des po+s contre les murs1 l'ombre desquels il a ce po9t dgnr2 il en appelle la lumire1 au soleil1 la =t1 au ro*]4 ,et lorsqu'il s'crie3 ,la nature seule e/ bonne1 seul l'homme naturel e/ huma91 c'e/ qu'il se mprise lui-mme et qu'il aspire se dpass]4 ,dans de semblables conditions1 l'me e/ prte aux dcisions les plus t]ribles1 mais aussi appel] de ses propres pr(ondeurs ce qu'il y a de plus noble et de plus r>e4 ,l'homme de ,g! n'e/ pas une puissance aussi m5aante2 il e/ mme1 dans une c]ta9e mesure1 un correctif et un calmant p\r cette dang]euse excitation laquelle se tr\ve ab&onn l'homme de ,r\sseau4 ,g! lui-mme1 avec t\t son cur aimant1 avait t atta* durant sa jeunesse l'vangile de la nature bi5faisante4 ,son ,fau/ tait l'image la plus leve et la plus audacieuse de l'homme la ,r\sseau1 du mo9s dans la mesure o l'avidit de vivre1 l'inquitude et le dsir de cet homme1 son comm]ce avec les dmons du cur p\vai5t tre reprs5ts potiquem5t4 ,mais que l'on obs]ve donc ce qui peut sortir de t\s ces nuages accumuls6 ,ce ne s]a c]ta9em5t pas l'clair de la f\dre6 ,et ici se rvle prcism5t la n\velle image de l'homme1 de l'homme selon la =mule de ,g!4 ,on p\rrait croire que ,fau/1 trav]s une vie p>t\t m5ace1 s]ait conduit1 en rvolt insatiable et en librateur1 =ce ngatrice p> bont1 gnie le plus ess5tiel du b\lev]sem5t religieux et dmoniaque1 en quelque sorte l'oppos de son compagnon si pr(ondm5t anti-dmoniaque1 bi5 qu'il ne pt se db>rass] de ce compagnon et qu'il dt la fois utilis] et mpris] sa m*ancet sceptique et sa ngation--c> tel e/ le sort tragique de t\t rvolt et de t\t librateur4 ,mais on se trompe si l'on s'att5d quelque *ose de semblable4 ,l'homme de ,g! vite ici la r5contre de l'homme de ,r\sseau1 c> il dte/e t\t ce qui e/ viol5t1 t\t ce qui fait des bonds1 mais cela veut dire qu'il dte/e t\te action4 ,et a9si1 ,fau/1 rdempteur du monde1 devi5t en quelque sorte seulem5t un voyageur trav]s le monde4 ,t\s les doma9es de la vie et de la nature1 t\s les passs1 t\s les arts1 t\tes les my?ologies1 t\tes les sci5ces voi5t pass] devant eux en hte l'insatiable contemplateur2 les dsirs les plus pr(onds sont veills et calms aussitt2 ,hlne elle-mme ne le reti5t pas plus longtemps2 et alors le mom5t arrive immanquablem5t que guette son ironique compagnon4 ,en un po9t quelconque de la t]re1 le vol s'arrte1 les ailes s'abaiss5t et ,mphi/ophls e/ l prt int]v5ir4 ,qu& l',allem& cesse d'tre ,fau/ il n'y a pas de dang] plus pro*e que de le voir dev5ir phili/9 et de s'ab&onn] au diable4 ,seules des puissances div9es peuv5t le sauv] de cette v5tualit4 ,l'homme de ,g! e/1 comme je l'ai dit1 l'homme contemplatif de gr& /yle1 qui ne se consume pas sur la t]re seulem5t p>ce qu'il amasse t\t ce qui a jamais t gr& et mmorable1 t\t ce qui a jamais t et qui e/ encore p\r en faire sa n\rriture et qui vit a9si1 bi5 que ce ne soit l qu'une vie qui va de dsir en dsir4 ,il n'e/ po9t l'homme actif4 ,t\t au contraire3 qu&1 en un po9t ou en un autre1 il s'introduit dans l'activit gnrale1 on peut tre conva9cu qu'il n'en sortira ri5 de bi5 et avant t\t qu'aucun ordre tabli ne s]a r5v]s4 ,ce fut p> exemple le cas qu& ,g! fit preuve d'une si vive ardeur p\r les *oses du ?tre4 ,l'homme la manire de ,g! e/ une =ce cons]vatrice et conciliante1 mais il c\rt le dang] de dgnr] au po9t de tomb] au phili/91 de mme que l'homme de ,r\sseau peut facilem5t dev5ir un an>*i/e4 ,un peu plus de =ce musculaire et de sauvag]ie naturelle *ez le premi] et t\tes ses v]tus aurai5t plus d'ampleur4 ,il semble bi5 que ,g! n'ignorait pas en quoi consi/e le dang] et la faiblesse de l'homme qu'il prconisait4 ,du mo9s l'indique-t-il dans les p>oles que ,j>no adresse ,wilhelm ,mei/]3 ,v\s tes mcont5t et d'humeur *agr9e2 c'e/ =t bi5 a9si4 ,qu& v\s v\s f*]ez une fois srieusem5t1 ce s]a mieux encore4 ,donc1 p>l] franc1 il e/ ncessaire que n\s n\s f*ions une fois p\r de bon1 p\r que les *oses t\rn5t mieux4 ,et cela l'image de l'homme de ,s*op5hau] doit n\s enc\rag]4 ,l'homme de ,s*op5hau] pr5d sur lui la s\ffrance volontaire de la vracit1 et cette s\ffrance lui s]t tu] sa volont p]sonnelle et prp>] cette complte trans=mation1 ce r5v]sem5t de son tre1 dont la ralisation e/ le s5s vritable de la vie4 ,cette expression de la vrit app>at aux autres hommes comme une explosion de la m*ancet1 c> ils considr5t que la cons]vation de leurs imp]fections et de leurs faiblesses e/ un devoir d'humanit et ils e/im5t qu'il faut tre m*ant p\r leur gt] a9si leur jeu4 ,ils sont t5ts de s'cri]1 comme fit ,fau/1 en s'adressant ,mphi/ophls3 ,c'e/ a9si que tu opposes la =ce t\j\rs en m\vem5t1 la =ce cratrice et bi5faisante1 la froide ma9 du diable4 ,et celui qui v\drait vivre la faon de ,s*op5hau] ressembl]ait probablem5t plutt un ,mphi/ophls qu' un ,fau/1 mais seulem5t aux yeux des tres faibles et mod]nes qui voi5t t\j\rs dans la ngation le signe du mal4 ,mais il y a une faon de ni] et de dtruire qui e/ prcism5t l'expression de ce puissant dsir de sanctification et de dlivrance1 dont le premi] imitateur philosophique1 ,s*op5hau]1 se prs5ta p>mi n\s autres hommes pr(anateurs et vritablem5t frivoles4 ,t\te exi/5ce qui peut tre nie mrite aussi de l'tre2 tre vridique1 cela quivaut croire en une exi/5ce qui ne saurait absolum5t tre nie et qui e/ elle-mme vraie et sans m5songe4 ,c'e/ p\rquoi l'homme vridique prte son activit un s5s mtaphysique1 un s5s qui peut tre expliqu p> les lois d'une autre vie suprieure1 pr(ondm5t affirmatif1 quoi qu'il fasse p\r app>atre comme le de/ructeur et le briseur des lois de cette exi/5ce4 ,t\t ce qu'il f]a devi5dra ncessairem5t une longue s\ffrance1 mais il sait ce que savait dj ,matre ,eckh>d3 ,l'animal le plus rapide qui v\s porte la p]fection1 e/ la s\ffrance4 ,il me semble que *acun de ceux qui s'imag95t une p>eille direction de vie doit s5tir son me s'l>gir et qu'en lui doit natre un dsir ard5t de dev5ir un homme comme l'a conu ,s*op5hau]1 un homme qui1 p\r lui et son bi5 p]sonnel1 s]ait pur et d'une s+ulire rsignation1 dont la connaissance s]ait pntre d'un feu ard5t et de/ructeur1 lo9 de la neutralit mprisable de de ce que l'on appelle l'homme sci5tifique1 qui se s5tirait plan] bi5 au-dessus du dnigrem5t *agr9 et morose1 s'(frant t\j\rs le premi] en sacrifice la vrit reconnue1 mais re/ant conva9cu1 au fond de sa consci5ce1 du s5tim5t que des s\ffrances seules p\rront natre de sa vracit4 ,c]tes1 p> sa brav\re1 il anantit son bonheur sur cette t]re2 il lui faut s'oppos] mme aux hommes qu'il aime1 aux in/itutions dont il e/ sorti2 il lui faut tre en tat de gu]re1 ne mnag] ni les hommes ni les *oses1 bi5 qu'il s\ffre lui aussi des blessures qui leur sont faites2 il s]a mconnu et pass]a longtemps p\r l'alli des puissances qu'il excre2 malgr sa soif de ju/ice et quoiqu'il mette son jugem5t une mesure huma9e1 il devra tre inju/e4 ,mais il p\rra s'enc\rag] et se consol] avec les p>oles dont se s]vit un j\r ,s*op5hau]1 son gr& ducateur3 ,une vie heureuse e/ impossible4 ,le b suprme que l'homme peut atte9dre e/ une c>rire hroque4 ,celui-l l'accomplit qui1 de n'importe quelle faon et dans n'importe quelle circon/ance1 lutte avec les plus gr&es difficults p\r ce qui peut1 de quelque faon que ce soit1 pr(it] t\s et qui f9alem5t remporte la victoire1 sans tre autrem5t rcomp5s1 ou en l'tant mal4 ,alors il f9ira p> demeur] ptrifi1 mais comme le pr9ce dans le ,re corvo de ,gozzi1 en une attitude noble et avec des ge/es hroques4 ,son s\v5ir demeure et s]a clbr comme celui d'un hros2 sa volont1 mortifie durant t\te sa vie p> la pe9e et le travail1 la mauvaise =tune et l'+ratitude du monde1 s'te9t dans le nirvana4 ,une p>eille c>rire hroque1 sans oubli] les mortifications qu'elle comporte1 ne correspond pas1 vrai dire1 aux conceptions mdiocres de ceux qui lui consacr5t le plus d'loqu5ce1 qui clbr5t des ftes en mmoire des gr&s hommes et qui s'imag95t que le gr& homme e/ gr& comme ils sont petits1 p> grce spciale1 p\r leur propre plaisir1 ou p> le moy5 d'un mcanisme spcial dans une obissance aveugle une contra9te intrieure1 de telle sorte que celui qui n'a pas reu le don ou qui ne s5t pas la contra9te possde le mme droit tre petit que l'autre tre gr&4 ,mais tre gratifi ou contra9t1 voil des p>oles mprisables p> quoi l'on s'ef=ce d'*app] un av]tissem5t intrieur1 voil des injures l'adresse de *acun de ceux qui ont c\t ces av]tissem5ts1 donc l'adresse du gr& homme4 ,le gr& homme e/ prcism5t de ceux qui se laiss5t le mo9s gratifi] et contra9dre4 ,il sait aussi bi5 que le petit homme comm5t on peut pr5dre la vie p> son ct facile et combi5 e/ molle la c\*e o il p\rrait s't5dre1 s'il s'avisait de trait] son pro*a9 avec g5tillesse et banalit4 ,t\tes les rgles de l'humanit ne sont-elles pas faites de telle sorte que les atte9tes de la vie1 p> une p]ptuelle di/raction des p5ses1 ne puiss5t tre s5ties8 ,p\rquoi veut-il exactem5t le contraire1 avec une telle =ce de sa volont1 veut-il prcism5t s5tir la vie1 ce qui quivaut s\ffrir de la vie8 ,p>ce qu'il s'ap]oit qu'on veut le dup] au sujet de lui-mme et qu'il exi/e une sorte d'ent5te qui consi/e le faire sortir de sa propre cav]ne4 ,alors il se rebiffe1 il dresse l'oreille et il dcide3 ,je veux cont9u] m'app>t5ir moi-mme6 ,c'e/ l une dcision t]rible et il ne s'en r5d compte que peu peu4 ,c> ma9t5ant il lui faut plong] dans les pr(ondeurs de l'exi/5ce1 ayant sur les lvres une srie de que/ions insolites3 ,p\rquoi e/-ce que je vis8 ,quelle leon doit me donn] la vie8 ,comm5t suis-je dev5u ce que je suis et p\rquoi cette condition me fait-elle s\ffrir8 ,il se t\rm5te et il s'ap]oit que p]sonne ne se t\rm5te a9si1 qu'au contraire les ma9s de ses semblables se t5d5t passionnm5t v]s les fantasmagories qui se j\5t sur le ?tre politique1 que ses semblables se pavan5t s\s c5t masques diffr5ts1 jeunes g5s1 hommes ou vieill>ds1 pres1 citoy5s1 prtres1 fonctionnaires1 comm]ants1 t\s occups avec ardeur j\] leur propre comdie et ne songeant nullem5t s'obs]v] eux-mmes4 ,si on leur posait la "q3 ,p\rquoi vis-tu8 t\s rpondrai5t avec fi]t3 ,p\r dev5ir un bon citoy51 un savant ou un homme d',etat4 ,et p\rtant ils sont quelque *ose qui jamais ne p\rrait dev5ir quelque *ose de diffr5t4 ,p\rquoi sont-ils prcism5t cela8 ,p\rquoi cela et non po9t quelque *ose de meilleur8 ,celui qui ne compr5d sa vie que comme un po9t dans l'volution d'une race1 d'un ,etat ou d'une sci5ce et qui p> consqu5t veut entirem5t se subordonn] au dveloppem5t d'une matire dt]m9e1 l'hi/oire dont il fait p>tie1 n'a pas compris la t*e que lui impose l'exi/5ce et il lui faudra l'appr5dre une autre fois4 ,cet t]nel dev5ir e/ un guignol m5song] qui fait que l'homme s'oublie lui-mme1 c'e/ le div]tissem5t qui disp]se l'individu t\s les v5ts1 c'e/ la joie sans f9 de la badaud]ie que ce gr& enfant qu'e/ notre temps j\e devant n\s et avec n\s4 ,l'hrosme de la vracit consi/e prcism5t en ceci que l'on cesse un j\r d'tre son j\et4 ,dans le dev5ir t\t e/ creux1 trompeur et plat1 t\t e/ digne de notre mpris4 ,l'nigme que doit dev9] l'homme1 il ne peut la dev9] que dans l'tre1 dans le conditionn1 dans l'imprissable4 ,ds lors1 il comm5c]a exam9] combi5 pr(ondm5t il se ratta*e au dev5ir1 combi5 pr(ondm5t il se ratta*e l'tre4 ,une t*e =midable se dress]a devant son me3 dtruire t\t ce qui e/ dans son dev5ir1 mettre au j\r t\t ce qu'il y a d'erron dans les *oses4 ,lui aussi veut t\t connatre1 mais il le veut autrem5t que l'homme de ,g!1 non pas en faveur d'une noble mollesse1 p\r se cons]v] et se div]tir de la multiplicit des *oses4 ,au contraire1 il s]a lui-mme le premi] sacrifice qu'il apport]a4 ,l'homme hroque mprise son bi5-tre et son mal-tre1 ses v]tus et ses vices1 il ddaigne de mesur] les *oses sa propre mesure2 il n'espre plus ri5 de lui-mme et de t\tes *oses1 il veut voir le fond sans esprance4 ,sa =ce rside en l'oubli de soi et1 s'il p5se lui-mme1 il mesure l'espace qui le sp>e de son b lev et il lui semble voir d]rire lui et aut\r de lui un amas *tif de scories4 ,les p5seurs anci5s *]*ai5t de t\te leur =ce le bonheur et la vrit2 et jamais p]sonne ne doit tr\v] ce qu'il doit *]*]1 dit un mauvais pr9cipe de la nature4 ,mais celui qui *]*e le m5songe en t\tes *oses et qui volontairem5t se jo9t au malheur1 celui-l se prp>e peut-tre un autre miracle de dception3 quelque *ose d'inexprimable s'appro*e de lui1 quelque *ose dont le bonheur et la vrit ne sont que des copies idoltres1 la t]re p]d sa pesanteur1 les vnem5ts et les puissances du monde pr5n5t l'aspect d'un songe1 il y a aut\r de lui comme la transfiguration d'un soir d't4 ,celui qui sait voir e/ dans la situation d'un homme qui s'veille et qui voit encore flott] aut\r de lui les nues d'un rve4 ,celles-l aussi f9iront p> se disp]s]4 ,alors ce s]a le j\r4 #e4 ,mais j'ai promis de montr]1 d'aprs les expri5ces que j'ai faites1 ,s*op5hau] ducateur1 il ne suffit donc pas qu'avec des expressions imp>faites1 je peigne cet homme idal qui agit en ,s*op5hau] et aut\r de lui1 en quelque sorte comme son ide platonici5ne4 ,il me re/e dire ce qu'il y a de plus difficile1 comm5t1 en p>tant de cet idal1 on peut conqurir un n\veau c]cle de devoirs1 et comm5t on peut se mettre en communication avec un b aussi transc5dant p> une activit rgulire1 bref dmontr] encore que cet idal e/ ducateur4 ,autrem5t on p\rrait croire qu'il n'e/ pas autre *ose qu'une conception du bonheur1 une conception mme enivrante1 rsultat de quelques r>es mom5ts1 mais qui n\s ab&onne aussitt p\r n\s livr] un dplaisir d'autant plus pr(ond4 ,ce qu'il y a de c]ta9 c'e/ que c'e/ a9si que comm5c5t nos rapports avec cet idal1 avec des contra/es s\da9s de lumire et d'obscurit1 d'ivresse et de dgt et qu'une expri5ce se r5\velle p\r n\s qui e/ vieille comme l'idal lui-mme4 ,mais n\s ne devons pas longtemps re/] la porte1 c> bi5tt n\s en fran*irons le seuil4 ,il importe donc de pos] une "q srieuse et prcise4 ,e/-il possible de rappro*] ce b si inf9im5t lev1 de faon ce qu'il n\s duque p5dant qu'il n\s lve8 ,il ne faut pas que la gr&e p>ole de ,g! s'accomplisse nos dp5s4 ,g! a dit3 ,l'homme e/ n p\r une condition limite2 il e/ capable de compr5dre des desse9s simples1 pro*es et dt]m9s2 mais1 ds qu'il tr\ve de l'espace en face de lui1 il ne sait plus ce qu'il veut et ce qu'il doit et il e/ t\t fait indiffr5t qu'il soit di/rait p> la quantit des objets ou qu'il soit mis hors de lui p> l'lvation et la dignit de ceux-ci4 ,c'e/ t\j\rs un malheur p\r lui d'tre p\ss aspir] quelque *ose qui e/ incompatible avec une activit p]sonnelle et rgulire4 ,on peut employ] ces argum5ts avec une c]ta9e app>5ce de ju/esse1 prcism5t contre l'homme de ,s*op5hau]4 ,sa dignit et son lvation ne peuv5t que n\s mettre hors de n\s-mmes et p> l n\s loign5t de n\veau de t\te communaut avec ceux qui agiss5t4 ,le li5 qui unit les devoirs1 le c\rant de la vie disp>aiss5t4 ,peut-tre l'un ou l'autre s'habitu]a-t-il s'loign] de mauvaise grce et vivre suivant une d\ble direction1 ce qui veut dire qu'il s]a en contradiction avec lui-mme1 qu'il hsit]a a et l1 ce qui le r5dra t\s les j\rs plus faible et plus /rile4 ,un autre r5onc]a peut-tre p> pr9cipe agir encore et pe9e v\dra-t-il encore tre spectateur1 qu& d'autres agiss5t4 ,il y a t\j\rs dang]1 lorsque l'on r5d la t*e trop difficile p\r l'homme et lorsqu'il n'e/ pas capable de remplir des devoirs2 les natures les plus =tes peuv5t tre a9si dtruites1 les plus faibles1 qui sont les plus nombreuses1 tomb5t dans une p>esse contemplative et leur p>esse f9it p> leur faire p]dre le gt de la contemplation4 ,en face de p>eilles objections je ne veux concd] qu'une seule *ose4 ,notre t*e ne fait que comm5c] ici et d'aprs ma propre expri5ce je ne vois et ne sais qu'une seule *ose1 qu'il e/ possible1 en p>tant de cette image idale1 de n\s *>g] d'une *ane de devoirs qui sont notre porte1 et quelques uns d'entre n\s s5t5t dj le poids de cette *ane4 ,mais1 p\r p\voir exprim] dlibrm5t la =mule1 p> quoi je v\drais rsum] ce n\vel ordre de devoirs1 il faut que je prs5te t\t d'abord les considrations pralables qui vont suivre4 ,les hommes d'esprit plus pr(ond ont1 de t\s temps1 eu piti des animaux1 prcism5t p>ce qu'ils s\ffr5t de la vie et p>ce qu'ils n'ont pas la =ce de t\rn] contre eux-mmes l'aiguillon de la vie et de donn] leur exi/5ce une signification mtaphysique2 on e/ t\j\rs pr(ondm5t rvolt de voir s\ffrir sans raison4 ,c'e/ p\rquoi1 en un endroit de la t]re1 naquit la supposition que les mes des hommes *>gs de fautes s]ai5t passes sur les corps de ces animaux et que la s\ffrance sans raison1 rvoltante premire vue1 pr5drait1 devant la ju/ice t]nelle1 le s5s1 la signification de punition et d'expiation4 ,c'e/1 vrai dire1 une l\rde punition de vivre a9si s\s une =me animale1 avec la faim et les dsirs1 et de ne p\voir se r5dre compte de ce que signifie cette vie4 ,l'on ne saurait imag9] sort plus d\l\reux que celui de la bte fauve1 *asse trav]s le ds]t p> le supplice qui la ronge1 r>em5t satisfaite1 alors que l'ass\vissem5t devi5t une s\ffrance dans la lutte meurtrire avec d'autres animaux1 ou dans l'ass]vissem5t et les envies rpugnantes4 ,t5ir la vie aveuglm5t et follem5t1 sans att5dre une rcomp5se1 sans savoir que l'on e/ puni et p\rquoi l'on e/ a9si puni1 mais aspir] prcism5t cette punition comme un bonheur1 avec t\te la btise d'un p\vantable dsir1--c'e/ l ce qui s'appelle tre animal1 et si t\te la nature se presse aut\r de l'homme1 elle donne p> l ent5dre qu'il lui e/ ncessaire p\r qu'elle puisse se ra*et] de la maldiction qu'e/ la vie animale et qu'enf91 p> l'homme1 l'exi/5ce se met en face d'un miroir au fond duquel la vie n'app>at plus sans signification1 mais pr5d t\te son importance mtaphysique4 ,mais qu'on y rfl*isse bi53 o cesse l'animal1 o comm5ce l'homme8 ,o comm5ce cet homme qui seul importe la nature8 ,aussi longtemps que quelqu'un aspire la vie comme il aspire un bonheur1 il n'a pas encore lev le reg>d au-dessus de l'horizon animal1 si ce n'e/ qu'il veut avec plus de consci5ce ce que l'animal *]*e aveuglm5t4 ,mais il en e/ a9si de n\s1 durant la plus gr&e p>tie de la vie3 n\s ne sortons gnralem5t pas de l'animalit1 n\s sommes n\s-mmes les animaux dont la s\ffrance semble tre sans signification4 ,il y a cep5dant des mom5ts o n\s compr5ons t\t cela4 ,alors les images se d*ir5t et n\s n\s ap]cevons qu'avec t\te la nature n\s n\s pressons aut\r de l'homme comme aut\r de quelque *ose qui s'lve bi5 au-dessus de n\s4 ,dans cette cl>t s\da9e1 n\s reg>dons en frissonnant aut\r de n\s et d]rire n\s et n\s voyons c\rir les fauves raff9s et n\s sommes au milieu d'eux4 ,la prodigieuse mobilit des hommes sur le va/e ds]t de la t]re2 leur hte fond] des villes et des ,etats1 faire la gu]re1 se runir sans cesse p\r de n\veau se sp>]2 leur t5dance s'imit] les uns les autres1 se dup] et se f\l] aux pi$s2 leurs cris dans la dtresse et leurs hurlem5ts de joie dans la victoire--t\t cela n'e/ qu'une cont9uation de l'animalit4 ,il en e/ comme si l'homme tait s\mis int5tionnellem5t un phnomne de rgression et fru/r de ses dispositions mtaphysiques1 comme si la nature1 aprs avoir longtemps aspir crer l'homme1 s'tait s\da9 recule de lui avec effroi et qu'elle ait prfr ret\rn] l'inconsci5t de l'in/9ct4 ,elle avait beso9 de suivre la vie de la connaissance et elle a peur de la connaissance qu'il lui et fallu4 ,c'e/ p\rquoi la flamme vacille1 inquite1 comme si elle tait effraye devant elle-mme et elle saisit mille *oses avant de saisir ce p\r quoi la nature a prcism5t beso9 de la connaissance4 ,n\s n\s en ap]cevons t\s dans c]ta9s mom5ts1 o n\s ne faisons les plus longs prp>atifs de notre vie que p\r f9ir nos t*es vritables2 o n\s v\drions ca*] notre tte n'importe o1 p\rvu que notre consci5ce aux c5t yeux ne puisse n\s saisir2 o n\s ab&onnons notre cur en hte l',etat1 au ga9 lucratif1 la socit1 la sci5ce1 simplem5t p\r que ce cur ne soit plus en notre possession2 o n\s n\s ab&onnons n\s-mmes aveuglm5t la dure t*e quotidi5ne plus qu'il ne s]ait ncessaire p\r n\s--et t\t cela p>ce qu'il n\s semble plus indisp5sable encore de ne pas repr5dre consci5ce de n\s-mmes4 ,la hte e/ gnrale1 p>ce que *acun e/ en fuite devant lui-mme1 gnrale aussi la f>\*e pudeur que l'on met ca*] cette hte1 p>ce que l'on v\drait p>atre satisfait et drob] sa misre au spectateur p]spicace1 et gnral enf9 le beso9 de n\veaux mots sonores dont il convi5t d'affubl] la vie p\r lui prt] un air de bruit et de fte4 ,*acun connat l'tat d'me s+uli] qui s'emp>e de n\s qu& s\da9 des s\v5irs dsagrables s'impos5t n\s et que n\s n\s ef=ons1 p> des ge/es viol5ts et des p>oles bruyantes les agit]4 ,mais les ge/es et les p>oles de la vie quotidi5ne laiss5t dev9] que n\s n\s tr\vons t\s et t\j\rs dans une condition semblable1 p> cra9te du s\v5ir et des p5ses intimes4 ,qu'e/-ce donc qui s'emp>e si s\v5t de n\s1 quelle m\*e n\s a piqus et n\s emp*e de dormir8 ,des fantmes s'agit5t aut\r de n\s1 *aque in/ant de la vie veut n\s dire quelque *ose1 mais n\s ne v\lons pas c\t] cette voix surnaturelle4 ,qu& n\s sommes seuls et sil5cieux1 n\s craignons qu'on n\s murmure quelque *ose l'oreille et c'e/ p\rquoi n\s dte/ons le sil5ce1 p\rquoi n\s n\s t\rdissons en socit4 ,t\t cela1 n\s le compr5ons seulem5t de-ci de-l et n\s n\s tonnons gr&em5t de la peur et de la hte v]tig9euse1 et de l'tat de songe o se dr\le notre vie et qui1 semblant cra9dre de s'veill]1 rve avec d'autant plus de vivacit et d'inquitude que l'veil e/ pro*e4 ,mais n\s s5tons en mme temps que n\s sommes trop faibles p\r support] longtemps ces mom5ts de pr(ond recueillem5t1 et n\s s5tons que ce n'e/ pas n\s qui sommes les tres v]s lesquels t\te la nature se s5t presse p\r obt5ir sa dlivrance4 ,c'e/ beauc\p dj que n\s puissions n\s hauss] un peu et r$ress] la tte p\r n\s r5dre compte que n\s sommes pr(ondm5t enfoncs dans le fleuve4 ,et1 p\r cela encore1 notre propre =ce ne suffit pas4 ,si n\s m]geons la surface1 si n\s n\s veillons p\r un c\rt mom5t1 c'e/ p>ce que n\s avons t s\t5us et levs4 ,quels sont ceux qui n\s lv5t8 ,ce sont ces hommes vridiques1 ces hommes qui se sp>5t du rgne animal1 les philosophes1 les arti/es1 les sa9ts4 ,a leur app>ition1 et p> leur app>ition1 la nature1 qui ne saute jamais1 fait son bond unique1 et c'e/ un bond de joie1 c> elle s5t que p\r la premire fois elle e/ arrive au b1 c'e/--dire l o elle compr5d qu'il lui faut dsappr5dre d'avoir des buts et qu'en j\ant avec la vie et le dev5ir elle avait eu affaire trop =te p>tie4 ,cette connaissance la fait s'illum9] et une d\ce lassitude du soir--ce que les hommes appell5t beaut--repose sur son visage4 ,ma9t5ant1 p> son air transfigur1 elle veut exprim] le gr& claircissem5t sur le s5s de l'univ]s2 et ce que les hommes peuv5t dsir] de plus haut1 c'e/ de p>ticip] sans cesse1 en ayant l'oreille aux aguets1 cet claircissem5t4 ,si quelqu'un songe ce que ,s*op5hau]1 p> exemple1 a d ent5dre au c\rs de sa vie1 il se dira probablem5t aprs c\p3 ,mes oreilles qui n'ent5d5t pas1 mon c]veau vide1 ma raison hsitante1 mon cur rtrci1 t\t ce qui e/ moi1 hlas1 comme je mprise t\t cela6 ,ne pas savoir vol]1 mais seulem5t volet]6 ,voir plus haut que soi-mme et ne pas p\voir mont] jusque-l6 ,connatre le *em9 qui mne cet imm5se po9t de vue du philosophe1 s'y tre dj engag1 et ret\rn] en arrire aprs quelques pas6 ,et si le plus ard5t de t\s les vux ne se ralisait qu'un seul j\r1 combi5 volonti]s on donn]ait en *ange t\t le re/e de sa vie6 ,mont] aussi haut que jamais p]sonne n'e/ mont1 dans l'air pur des ,alpes et des glaces1 l o il n'y a plus ni br\ill>ds ni nuages1 o l'ess5ce mme des *oses s'exprime d'une faon dure et rigide1 mais avec une prcision 9vitable6 ,il suffit de song] t\t cela p\r que l'me devi5ne solitaire et inf9ie6 ,si son dsir s'accomplissait1 si le reg>d tombait sur les *oses1 droit et lum9eux1 si la honte1 la cra9te et le dsir s'van\issai5t1 quels t]mes faudrait-il tr\v] p\r dnomm] un p>eil tat d'me1 p\r qualifi] cette motion1 n\velle et nigmatique1 sans agitation1 cette motion qui r5drait son me p>eille celle de ,s*op5hau]1 t5due sur les prodigieux hiroglyphes de l'exi/5ce1 sur la doctr9e ptrifie du dev5ir1 non po9t comme la nuit e/ t5due1 mais p>eille la lumire r\ge et ard5te qui rayonne sur la vie8 ,et quel s]ait1 en outre1 le sort de celui qui irait assez avant dans la div9ation de la de/9e p>ticulire et du bonheur s+uli] du philosophe1 p\r pr\v] t\te l'inc]titude et t\t le malheur1 t\t le dsir sans espoir de celui qui n'e/ pas philosophe6 ,savoir que l'on e/ le fruit de l'arbre qui1 p>ce qu'il re/e dans l'ombre1 ne mrira jamais1 et voir devant soi1 t\t pro*e1 le rayon de soleil qui v\s fait dfaut6 ,ces rflexions p\rrai5t tre une telle s\rce de s\ffrances que celui qui s'y livr]ait devi5drait aussitt envieux et m*ant1 s'il lui tait possible de le dev5ir1 mais il e/ =t probable qu'il f9ira p> ret\rn] son me p\r qu'elle ne se consume pas en va9s dsirs4 ,ce s]a alors1 p\r lui1 le mom5t de dc\vrir un n\veau c]cle de devoirs4 ,j'en arrive ici rpondre cette "q3 ,e/-il possible d'entr] en communication avec l'idal suprieur de l'homme tel que l'a conu ,s*op5hau] p> une activit p]sonnelle et rgulire8 ,mais1 avant t\t1 ceci e/ tabli3 les devoirs n\veaux ne sont pas les devoirs d'un solitaire2 en les accomplissant on app>ti5t1 bi5 au contraire1 une puissante communaut dont les membres1 bi5 qu'ils ne soi5t pas lis p> des =mes et des lois extrieures1 se retr\v5t cep5dant dans une mme ide fondam5tale4 ,cette ide fondam5tale e/ la culture1 en tant qu'elle place *acun de n\s devant une seule t*e3 acclr] la v5ue du philosophe1 de l'arti/e et du sa9t1 en n\s-mmes et en dehors de n\s1 de faon travaill] de la sorte l'accomplissem5t de la nature4 ,c>1 de mme que la nature a beso9 du philosophe1 l'arti/e lui e/ ncessaire1 et ceci dans un b mtaphysique1 p\r l'clair] sur elle-mme1 p\r que lui soit enf9 oppos1 s\s une =me pure et df9itive1 ce que1 dans le dsordre de son dev5ir1 elle ne voit jamais clairem5t--donc p\r que la nature pr5ne consci5ce d'elle-mme4 ,c'e/ ,g! qui1 dans une p>ole orgueilleuse et pr(onde1 fit ent5dre que t\tes les t5tations de la nature ne val5t qu'en tant que l'arti/e dev9e ses balbutiem5ts1 qu'il va au-devant de la nature et exprime le s5s de ces t5tatives4 ,je l'ai s\v5t dit1 s'crie-t-il une fois1 et le rpt]ai s\v5t encore1 la cause f9ale des luttes du monde et des hommes1 c'e/ l'uvre dramatique4 ,c> autrem5t ces *oses ne p\rrai5t absolum5t s]vir ri54--,et enf9 la nature a beso9 du sa9t1 du sa9t dont le moi s'e/ entirem5t fondu1 dont la vie de s\ffrance a presque p]du1 ou mme t\t fait p]du son s5s individuel1 p\r se confondre1 dans un mme s5tim5t1 avec t\t ce qui e/ vivant2 du sa9t qui subit ce miracle de trans=mation1 qui n'e/ jamais le j\et des has>ds du dev5ir1 cette d]nire et df9itive humanisation1 o p\sse sans cesse la nature p\r se dlivr] d'elle-mme4 ,il e/ c]ta9 que n\s t\s n\s avons des li5s et des aff9its qui n\s atta*5t au sa9t1 t\t comme une p>5t d'esprit n\s unit l'arti/e et au philosophe4 ,il y a des mom5ts et en quelque sorte des t9celles du feu le plus vif et le plus aimant la cl>t desquels n\s ne compr5ons plus le mot moi2 il y a au del de notre tre quelque *ose qui1 en de p>eils mom5ts1 passe de notre ct1 et c'e/ p\rquoi1 du fond de notre cur1 n\s dsirons qu'il soit con/ruit des ponts entre ici et l-bas4 ,il e/ vrai que1 dans notre tat d'esprit habituel1 n\s ne p\vons contribu] en ri5 la cration de l'homme rdempteur1 c'e/ p\rquoi n\s n\s hassons n\s-mmes lorsque n\s sommes dans cet tat d'une ha9e qui e/ la s\rce de ce pessimisme que ,s*op5hau] dut enseign] de n\veau notre poque1 mais qui exi/e depuis qu'il exi/e un dsir de culture4 ,la s\rce de ce pessimisme1 mais non po9t son pan\issem5t2 son assise infrieure en quelque sorte1 non pas son fate2 son po9t de d"p1 non po9t son ab\tissem5t1 c>1 un j\r1 il n\s faudra appr5dre dte/] quelque *ose d'autre et de plus gnral1 non po9t seulem5t notre individu et sa misrable limitation1 ses vicissitudes et son me inquite1 le j\r o n\s n\s tr\v]ons dans cette condition suprieure o n\s aim]ons aussi autre *ose que ce que n\s p\vons aim] ma9t5ant4 ,c'e/ seulem5t qu&1 l'ge actuel ou dans un ge futur1 n\s avons admis dans cette communaut suprieure des philosophes1 des arti/es et des sa9ts1 que notre am\r et notre ha9e se v]ront galem5t assign] un b n\veau4 ,d'ici l n\s avons notre t*e et notre c]cle de devoirs1 notre ha9e et notre am\r4 ,c> n\s savons ce que c'e/ que la culture4 ,elle exige1 p\r appliqu] le pr9cipe de l'homme conu p> ,s*op5hau]1 que n\s prp>ions1 que n\s acclrions la cration d'hommes semblables1 en appr5ant connatre et en faisant disp>atre ce qui e/ une entrave la v5ue de ces hommes1 bref1 que n\s luttions infatigablem5t contre t\t ce qui n\s a emp*s de ralis] la =me suprieure de notre exi/5ce en ne n\s p]mettant pas de dev5ir n\s-mmes ces hommes tels que les avait conu ,s*op5hau]4 #f4 ,il e/ p>fois plus facile de conv5ir d'une *ose que de la compr5dre4 ,la plup>t de ceux qui rfl*iront la p>ole suivante s]ont dans ce cas3 ,l'humanit doit travaill] sans cesse eng5dr] quelques gr&s hommes 444 cela et nulle autre *ose doit tre sa t*e4 ,combi5 volonti]s v\drait-on appliqu] la socit et son b un enseignem5t que l'on peut tir] de l'tude de t\tes les espces du monde animal et vgtal4 ,on con/at]a alors que seuls import5t quelques exemplaires suprieurs1 o seul ce qui e/ extraord9aire1 puissant1 compliqu et t]rible j\e un rle2 on le f]ait volonti]s1 si les prjugs que l'on ti5t de l'ducation n'y opposai5t la plus vive rsi/ance4 ,il e/ en somme facile de compr5dre que le b de l'volution se tr\ve ralis qu& une espce a atte9t sa limite extrme et qu'elle a ralis le type int]mdiaire qui conduit une espce suprieure1 et non po9t lorsque l'espce prs5te un nombre considrable d'exemplaires p>eils et que ces exemplaires j\iss5t du plus gr& bi5-tre ou mme qu'ils sont les d]ni]s v5us dans la mme catgorie4 ,ce b semble tre ralis t\t au contraire p> les exi/5ces qui p>aiss5t disp]ses au has>d et qui r5contr5t a et l des conditions favorables leur dveloppem5t4 ,on devrait compr5dre t\t aussi aism5t que l'humanit1 tant capable d'arriv] la consci5ce de son b1 a le devoir de re*]*] et d'tablir ces conditions favorables1 ncessaires la cration de gr&s hommes rdempteurs4 ,mais voil que l'on s\lve je ne sais trop quelles objections3 on prt5d que le b f9al doit tre dans le bonheur de t\s ou du plus gr& nombre1 qu'il faut le *]*] dans l'pan\issem5t des gr&es communauts1 et si quelqu'un se dcide en hte sacrifi] sa vie au s]vice d'un ,etat1 il y mettrait beauc\p plus de faons et il y rfl*irait deux fois si ce sacrifice tait rclam non pas p> un ,etat1 mais p> un individu4 ,il p>at absurde qu'un homme puisse exi/] cause d'un autre homme4 ,qu'il exi/e au contraire p\r t\s les autres1 ou du mo9s p\r le plus gr& nombre possible6 ,voil ce que l'on exige6 ,mais1 brave homme que tu es1 s]ait-il donc mo9s absurde de laiss] dcid] le nombre qu& il s'agit de mrite et de valeur8 ,c> la "q se pose a9si3 ,comm5t ta vie1 la vie de l'individu1 atte9t-elle sa valeur la plus haute1 sa signification la plus pr(onde8 ,comm5t faire p\r la gaspill] le mo9s possible8 ,cela ne peut tre qu'en vivant au pr(it des exemplaires les plus r>es et les plus prcieux1 non po9t au pr(it du plus gr& nombre1 c'e/--dire1 individuellem5t1 des exemplaires les plus prcieux4 ,il faut prcism5t implant] et cultiv] dans l'me du jeune homme ce s5tim5t qu'il e/ lui-mme en quelque sorte une uvre manque de la nature1 mais qu'il e/ en mme temps le tmoignage des int5tions les plus hautes et les plus m]veilleuses de cette arti/e4 ,elle n'a pas atte9t son b1 devra-t-il se dire1 mais je veux honor] sa haute int5tion en me mettant son s]vice1 de faon ce que1 un j\r1 elle russisse mieux4 ,avec ce desse9 il se place dans le doma9e de la culture1 c> celle-ci e/1 p\r *acun1 l'enfant de la connaissance de soi et du s5tim5t de l'insuffisance individuelle4 ,*acun de ceux qui se dcl>5t son p>tisan dcl>e p> l3 ,je vois au-dessus de moi quelque *ose de suprieur et de plus huma9 que moi-mme2 aidez-moi t\s p\r que je p>vi5ne l'atte9dre1 de mme que je veux aid] t\s ceux qui tmoign5t comme moi et qui s\ffr5t du mme mal que moi1 p\r qu'enf9 puisse natre de n\veau l'homme qui se s5t complet et inf9i1 dans la connaissance et dans l'am\r1 dans la contemplation et dans le p\voir1 l'homme qui1 dans sa totalit1 ti5t la nature1 juge et valuateur des *oses4 ,il e/ difficile de plac] quelqu'un dans cette condition d'intrpide connaissance de soi-mme1 p>ce qu'il e/ impossible d'enseign] l'am\r4 ,l'am\r seul p]met l'me de se jug] elle-mme avec un reg>d lucide1 analyseur et mprisant et l'anime du dsir de voir plus lo9 qu'elle-mme1 p\r s'enqurir1 de t\tes ses =ces1 d'un moi suprieur1 qui se ti5t encore ca* quelque "p4 ,donc1 celui-l seul qui s'e/ atta* de t\t cur un gr& homme1 quel qu'il soit1 reoit p> l la premire conscration de la culture4 ,les signes qui la font reconnatre sont l'humilit sans dpit1 la ha9e que l'on a de sa propre troitesse et de son manque d'lan1 la compassion avec le gnie qui sut s'arra*] t\j\rs n\veau de notre atmosphre l\rde et s*e1 la div9ation de t\s ceux qui se dvelopp5t et qui lutt5t et1 enf91 la conviction de r5contr] presque p>t\t la nature dans sa dtresse1 la nature qui t5te de s'appro*] de l'homme1 qui s'ap]oit avec d\leur que l'uvre e/ encore manque1 bi5 qu'elle puisse enregi/r] des russites p>tielles1 des traits1 des esquisses de l'uvre p>faite4 ,il en e/ alors des hommes au milieu desquels n\s vivons comme d'une accumulation d'bau*es arti/iques et prcieuses1 o t\t n\s invite mettre la ma9 la pte1 t]m9]1 assembl] ce qui doit tre runi1 complt] ce qui aspire la p]fection4 ,j' ai appel la premire conscration de la culture cette somme de conditions intrieures4 ,il me faut ma9t5ant pe9dre l'effet de la seconde conscration et je sais =t bi5 qu'ici ma t*e e/ plus difficile1 c> il convi5t de faire le passage entre le fait intime et l'apprciation du fait extrieur2 le reg>d doit se port] au lo9 p\r retr\v]1 dans l'agitation du va/e monde1 ce dsir de culture tel qu'il le connat d'aprs ces premires expri5ces4 ,l'individu doit utilis] ses dsirs et ses aspirations comme un *iffre qui lui p]met de lire ds lors les aspirations des hommes4 ,mais1 l encore1 il ne faut pas qu'il s'arrte4 ,de ce degr il devra s'lev] au degr suprieur4 ,la culture n'exige pas seulem5t de lui ces expri5ces p]sonnelles1 non seulem5t l'apprciation du monde extrieur qui l'ent\re1 mais encore et pr9cipalem5t un acte dt]m91 savoir1 la lutte p\r la culture et la gu]re t\tes les influ5ces1 t\tes les habitudes1 t\tes les lois1 t\tes les in/itutions dans les quelles il ne reconnat pas son b1 la production du gnie4 ,celui l donc qui e/ capable de se plac] sur le second degr e/ frapp t\t d'abord de voir combi5 ce b *appe gnralem5t la sphre de la connaissance1 combi51 p> contre1 la proccupation de la culture e/ univ]selle et combi5 sont normes les =ces que l'on emploie son s]vice4 ,on se dem&e avec tonnem5t si une p>eille connaissance e/ indisp5sable4 ,la nature n'atte9drait-elle pas son b1 lors mme que le plus gr& nombre saurait mal dt]m9] la raison de ses propres proccupations8 ,celui qui s'e/ habitu croire beauc\p en la f9alit inconsci5te de la nature n'aura pas de pe9e rpondre3 ,il en e/ a9si6 ,laissez les hommes dire et p5s] ce qu'ils veul5t de leur b f9al1 ils ont consci5ce qu'une obscure p\sse les mne sur le droit *em94 ,p\r p\voir s\lev] ici des objections1 il faut avoir vcu quelque peu2 mais celui qui e/ vritablem5t conva9cu que c'e/ le b de la culture d'acclr] la v5ue des gr&s hommes et que la culture ne saurait avoir d'autre b1 et qui comp>e ma9t5ant1 celui-l s'ap]cevra que la =mation d'un p>eil homme1 malgr t\t l'talage et la pompe de la culture1 ne se di/+ue pas beauc\p d'une cruaut p]si/ante1 telle qu'on l'inflige aux animaux4 ,il jug]a alors qu'il e/ ncessaire que l'obscure p\sse soit enf9 remplace p> une volont con/ante4 ,un autre argum5t se prs5t]a encore son esprit3 il ne faut plus qu'il soit possible que cet in/9ct1 inconsci5t de son b1 cette obscure p\sse tant vante1 soi5t utiliss des f9s t\tes diffr5tes et conduits sur des *em9s o ce b suprieur1 la cration du gnie1 ne p\rra jamais tre atte9t4 ,il exi/e1 hlas6 une sorte de culture pr(ane et ass]vie6 ,p\r s'en ap]cevoir1 il suffit de reg>d] aut\r de soi4 ,ce sont prcism5t les =ces qui prt5d5t auj\rd'hui acclr] la culture de la faon la plus active qui sont animes d'arrire-p5ses et dont l'activit en faveur de la culture n'e/ ni pure ni ds9tresse4 ,voici t\t d'abord l'gsme des acqureurs1 qui a beso9 de se s]vir de la culture et qui1 p> gratitude1 lui vi5t en aide1 mais qui v\drait galem5t lui prescrire son b et ses limites4 ,c'e/ de ce ct-l que vi5t le ?orme et le sorite qui dis5t peu prs ceci3 ,autant de connaissance et de culture que possible1 p\r cela autant de beso9s que possible1 p\r cela autant de production que possible1 p\r cela autant de ga9 et de bonheur que possible4 ,telle e/ la =mule sductrice4 ,les adhr5ts de la culture df9irai5t celle-ci3 l'intellig5ce que l'on mettrait accommod] ses beso9s et leur satisfaction l'poque actuelle1 en disposant1 en mme temps1 des meilleurs moy5s p\r gagn] de l'arg5t aussi facilem5t que possible4 ,=m] autant d'hommes que possible qui circul]ai5t peu prs comme une monnaie a c\rs1 c'e/ cela qu'ils vis]ai5t1 et1 d'aprs cette conception1 un peuple s]ait d'autant plus heureux qu'il possd]ait beauc\p de ces hommes qui circul]ai5t comme arg5t c\rant4 ,c'e/ p\rquoi les tablissem5ts pdagogiques mod]nes se propos]ai5t de dvelopp] *acun de leurs lves selon sa valeur1 dev5ir c\rant1 l'duqu] de telle sorte qu'il puisse bnfici]1 selon la mesure de sa compt5ce et de son savoir1 de la plus gr&e somme de bonheur et d'avantages4 ,on exige ici que l'individu1 appuy sur une p>eille culture gnrale1 soit capable de se tax] exactem5t lui-mme de faon savoir ce qu'il doit exig] de la vie4 ,et1 en f9 de compte1 on affirme qu'il exi/e une union naturelle et ncessaire de l'intellig5ce et de la proprit1 de la ri*esse et de la culture1 mieux encore1 que cette union e/ une ncessit morale4 ,t\te culture p>at rprh5sible qui r5d solitaire1 qui impose des buts plus levs que l'arg5t et le pr(it1 qui use de beauc\p de temps4 ,on a l'habitude de calomni] ces faons plus srieuses de cultiv] l'esprit en le traitant d'gsme raff9 ou d'picurisme immoral4 ,il e/ vrai que p\r se con=m] ici la mode c\rante1 on prise prcism5t le contraire1 savoir une culture rapide qui mne dev5ir bi5tt un tre qui gagne de l'arg5t et que cette culture soit ju/e assez pr(onde p\r que cet tre puisse gagn] beauc\p d'arg5t4 ,on ne p]met l'homme qu'autant de culture qu'il en e/ beso9 dans l'intrt du pr(it gnral et des usages du monde1 mais on l'exige aussi de lui4 ,on dit1 en rsum1 que l'homme a un droit indisp5sable au bonheur sur la t]re1 c'e/ p\rquoi la culture lui e/ ncessaire1 mais cause de cela seulem5t6 ,voici1 en second lieu1 l'gsme de l',etat1 c> l',etat exige galem5t une gnralisation et un dveloppem5t aussi considrables que possible de la culture et il ti5t entre les ma9s les in/rum5ts les plus efficaces p\r satisfaire ses dsirs4 ,en admettant qu'il se sa*e assez =t p\r p\voir non seulem5t enlev] les entraves mais encore p\r impos] son j\g temps1 en admettant que son fondem5t soit assez l>ge p\r p\voir support] t\t l'difice de la culture1 c'e/ lui qui1 dans la lutte avec les autres ,etats1 bnfici]a t\j\rs lui-mme de la vulg>isation de la culture p>mi ses citoy5s4 ,p>t\t o l'on p>le ma9t5ant d',etats civiliss on impose la t*e de dvelopp] les facults intellectuelles d'une gnration1 au po9t que ces facults s]v5t et soi5t utiles aux in/itutions tablies1 mais on n'admet pas que ce dveloppem5t aille plus lo94 ,il en e/ comme d'un ruisseau de montagne1 dt\rn p>tiellem5t de son c\rs p> des digues et des b>rages1 p\r que sa =ce motrice s]ve faire t\rn] un m\l91 t&is que si son c\rant imptueux tait utilis t\t enti]1 il devi5drait plutt dang]eux qu'utile p\r le m\l94 ,le d*anem5t app>5t des =ces se prs5te a9si plutt comme une contra9te4 ,qu'on se rappelle plutt ce qu'e/ dev5u le *ri/ianisme au c\rs des temps et s\s la dom9ation g/e de l',etat4 ,le *ri/ianisme e/ c]ta9em5t la rvlation la plus pure de ce beso9 de culture et de la cration t\j\rs r5\vele des sa9ts4 ,mais1 comme il a t utilis de c5t faons p\r faire t\rn] les m\l9s des p\voirs publics1 il s'e/ peu peu corrompu jusqu' la moelle1 il e/ dev5u hypocrite et m5song] et il a dgnr jusqu' tre en contradiction avec son b primitif4 ,sa d]nire av5ture1 la ,r=me allem&e1 n'aurait eu que la dure d'un feu de paille1 si elle n'avait puis une n\velle =ce et de n\velles ardeurs dans la lutte et les inc5dies des ,etats4 ,voici1 en troisime lieu1 la culture qu'enc\rag5t t\s ceux qui se sav5t laids ou ennuyeux et qui v\drai5t se tromp] sur eux-mmes p> ce qu'ils appell5t les belles =mes4 ,avec un v]nis extrieur1 avec des p>oles1 des attitudes1 des ornem5ts1 de l'app>at1 des bonnes manires1 le spectateur doit tre dup sur le cont5u1 c> il e/ admis que l'on juge gnralem5t l'intrieur d'aprs l'extrieur4 ,il me semble p>fois que les hommes mod]nes s'inspir5t rciproquem5t un ennui dmesur et qu'ils f9iss5t p> jug] ncessaire de se r5dre intressants au moy5 de t\s les arts4 ,les voil qui se font s]vir1 eux-mmes1 p> leurs arti/es comme des mets succul5ts et pics2 les voil qui v]s5t sur leur propre p]sonne t\s les aromes d',ori5t et d',occid5t1 et c]tes6 ils pr5n5t alors une odeur trs intressante1 ils s5t5t t\t l',ori5t et t\t l',occid5t4 ,les voil qui s'arrang5t satisfaire t\s les gts et *acun doit tre s]vi1 soit qu'il ait envie de bonnes ou de mauvaises odeurs1 qu'il gte l'alambiqu ou les grossirets paysannes1 le grec ou le *9ois1 les tragdies ou les malproprets dramatiques4 ,les plus clbres cuis9i]s de ces hommes mod]nes qui veul5t tre t\t prix intresss et intressants se tr\v5t1 comme on sait1 p>mi les ,franais1 les plus mauvais p>mi les ,allem&s4 ,ceci e/ en somme plus consolant p\r les premi]s que p\r les d]ni]s1 et n\s n'en v\drons nullem5t aux ,franais s'ils se moqu5t de n\s prcism5t cause de notre manque d'intrt et d'lgance et si1 *ez c]ta9s ,allem&s1 le beso9 de di/9ction et de manires leur rappelle les ,indi5s1 qui dem&5t qu'on leur mette un anneau dans le nez et qui p\ss5t des cris p\r tre tat\s4 ,et ici ri5 ne me reti5t de me laiss] all] une digression4 ,depuis la d]nire gu]re avec la ,france bi5 des *oses ont *ang et se sont dplaces en ,allemagne et il app>at clairem5t que l'on a aussi rapport de l-bas quelques n\veaux vux qui conc]n5t la culture allem&e4 ,cette gu]re fut p\r bi5 des g5s le premi] voyage dans la p>tie lgante du monde4 ,de quel magnifique ds9tressem5t f]ait preuve le va9queur s'il ne ddaignait pas d'appr5dre un peu de culture *ez le va9cu6 ,c'e/ en p>ticuli] sur le doma9e de l'art appliqu que l'on v\drait sans cesse rivalis] avec le vois9 cultiv4 ,l'in/allation de la maison allem&e doit ressembl] celle de la maison franaise4 ,la langue allem&e elle-mme1 p> l'entre-mise d'une acadmie fonde sur le modle franais1 doit s'attribu] le bon gt et se db>rass] de l'influ5ce nfa/e que ,g! a ex]ce sur elle4 ,c'e/ du mo9s ce qu'a affirm rcemm5t l'acadmici5 b]l9ois ,dubois-,reymond4 ,nos ?tres ont depuis longtemps aspir1 tranquillem5t et honntem5t1 au mme b4 ,on a mme inv5t le savant allem& qui s]ait lgant6 ,il fallait donc s'att5dre voir c>t t\t ce qui jusqu' prs5t ne semblait pas se s\mettre cette loi de l'lgance1 la musique1 la tragdie et la philosophie allem&es4 ,mais1 vraim5t1 il n'y aurait pas de quoi remu] le petit doigt en faveur de la culture allem&e1 si l',allem&1 s\s le nom de culture1 qui lui fait encore dfaut et qu'il devrait acqurir ma9t5ant1 n'ent5dait que les artifices et les agrm5ts qui enjoliv5t la vie1 y compris l'+niosit des matres de danse et des tapissi]s1 s'il ne devait s'appliqu]1 dans son langage1 qu'aux rgles acadmiques et une c]ta9e civilit gnrale4 ,la d]nire gu]re et le contact p]sonnel avec les ,franais ne sembl5t p\rtant pas avoir suscit d'aspirations plus hautes et je s\ponne s\v5t l',allem& de v\loir se drob] au devoir anci5 que lui impos5t ses dons m]veilleux et la s+ulire pr(ondeur1 le srieux de sa nature4 ,il aim]ait beauc\p mieux s'amus] faire le s+e1 appr5dre des manires et des t\rs qui r5drai5t sa vie plus div]tissante4 ,on ne saurait faire une injure plus grave l'esprit allem& qu'en le traitant comme s'il tait de cire1 mallable au po9t que l'on p\rrait un j\r1 p> un simple modelage1 lui donn] de l'lgance4 ,et s'il tait malheureusem5t vrai qu'un gr& nombre d',allem&s se s5tirai5t disposs se laiss] a9si model] et r$ress]1 il faudrait rpt] sans cesse1 jusqu' ce que l'on f9isse p> l'ent5dre3 ,elle n'habite plus du t\t en v\s1 cette vieille faon allem&e1 qui1 bi5 qu'elle soit dure1 pre et ple9e de rsi/ance1 e/ p\rtant la matire la plus prcieuse1 celle que seuls les gr&s sculpteurs peuv5t utilis]1 p>ce que seule elle e/ digne d'eux4 ,ce que v\s avez en v\s e/1 p> contre1 une matire molle et pteuse4 ,faites-en ce que v\s v\lez1 ptrissez d'lgantes p\pes et des idoles intressantes1 le mot de ,ri*>d ,wagn] demeur]a t\j\rs vrai3 ,l',allem& e/ anguleux et gau*e lorsqu'il veut affect] de bonnes manires1 mais il app>at sublime et suprieur t\s qu& on le met au feu4 ,les lgants ont t\tes les raisons de se mettre en g>de contre ce feu allem&1 c> il p\rrait les dlivr] un j\r1 eux1 leurs p\pes et leurs idoles de cire4 ,on p\rrait1 vrai dire1 tr\v] encore une autre orig9e1 une orig9e plus pr(onde1 ce p5*ant v]s les belles =mes qui prvaut en ,allemagne4 ,il ti5t la hte1 cet empressem5t ess\ffl saisir le mom5t1 la prcipitation qui fait cueillir le fruit qu& il e/ encore v]t1 cette c\rse et cette *asse qui met sur le visage de t\s l'empre9te de la peur et qui maquille en quelque sorte t\t ce qu'il peut4 ,comme s'ils agissai5t s\s l'empire d'une boisson qui ne les laisse plus respir] librem5t1 ils cont9u5t1 dans leur *oquante ins\ciance1 tre les esclaves t\rm5ts des trois ,m1 le mom5t1 le milieu et la mode4 ,leur manque de dignit et de pudeur saute alors aux yeux1 tel po9t qu'une lgance m5songre devi5t ncessaire p\r p\voir masqu] la maladie de la hte sans dignit4 ,c>1 *ez l'homme mod]ne1 la mode avide des belles =mes correspond la laideur du cont5u3 celle-l doit ca*]1 celle-ci doit tre ca*e4 ,etre cultiv1 cela veut dire ma9t5ant ne pas laiss] voir combi5 on e/ misrable et mauvais1 combi5 l'avidit de p>v5ir pr5d les allures de la bte fauve1 combi5 on e/ insatiable dans le dsir de collectionn]1 g/e et sans pudeur dans le beso9 de la j\issance4 ,s\v5t1 lorsque je montrais quelqu'un l'abs5ce de t\te culture allem&e1 je m'ent5dais object]3 ,mais cette abs5ce e/ t\te naturelle1 c> les ,allem&s ont t jusqu' prs5t trop pauvres et trop mode/es4 ,att5dez que nos compatriotes soi5t dev5us ri*es et consci5ts d'eux-mmes1 alors ils auront aussi une culture6 ,il se peut que la foi sauve1 en t\s les cas cette faon de foi ne me sauve po9t1 p>ce que je s5s que la culture allem&e laquelle on aj\te foi ici--celle de la ri*esse1 du v]nis et de la simulation manire--e/ prcism5t l'antipode ho/ile de la culture allem&e laquelle moi j'aj\te foi4 ,c]tes1 celui qui doit vivre p>mi les ,allem&s s\ffre beauc\p de la grisaille si dcrie de leur vie et de leurs s5s1 de l'abs5ce complte du gt de la =me qui se manife/e *ez eux1 de leur esprit /upide et apa?ique1 de la c&eur qu'ils mett5t dans les rapports dlicats avec leurs semblables1 plus encore de ce qu'ils ont de l\*e1 de quelque peu dissimul et de malpropre dans le c>actre4 ,il e/ d\l\reusem5t affect p> le plaisir indrac9able qu'ils pr5n5t t\t ce qui e/ faux et contrefait1 l'imitation grossire1 la traduction de ce qu'il y a de bon l'trang] en quelque *ose de national qui e/ mauvais4 ,ma9t5ant que s'aj\te encore t\t cela comme le pire des maux l'inquitude fivreuse1 cette fureur du succs et du ga91 cette e/imation trop haute des *oses du mom5t1 il e/ rvoltant de devoir p5s] que t\tes ces maladies et t\tes ces faiblesses ne doiv5t p> pr9cipe jamais tre guries1 mais seulem5t et sans cesse c\v]tes d'un f>d au moy5 de cette culture des =mes intressantes6 ,et il en e/ a9si *ez un peuple qui a produit ,s*op5hau] et ,wagn]1 *ez un peuple qui doit encore s\v5t produire des individualits du mme g5re4 ,ou bi5 n\s tromp]ions-n\s peut-tre de la faon la plus dsolante8 ,t\s deux ne devrai5t-ils pas n\s g>antir que des =ces semblables aux leurs exi/5t encore dans l'esprit allem&1 dans l'me allem&e8 ,s]ai5t-ils eux-mmes des exceptions1 les d]ni]s ab\tissants et les d]nires mascottes1 si je puis dire1 de qualits que l'on t5ait autrefois p\r allem&es8 ,je ne sais trop que rpondre ici et je revi5s mon sujet1 p\r repr5dre mes considrations gnrales1 dont j'ai t dt\rn p> des d\tes ple9s d'inquitudes4 ,je suis lo9 d'avoir numr t\tes les puissances qui enc\rag5t peut-tre la culture1 sans que l'on puisse cep5dant disc]n] le b que celle-ci doit atte9dre3 la production du gnie4 ,trois de ces puissances ont t nommes3 l'gsme de ceux qui veul5t acqurir des bi5s2 l'gsme de l'tat2 l'gsme de t\s ceux qui ont des raisons de dissimul] et de se ca*] s\s une app>5ce diffr5te de ce qu'ils sont4 ,je m5tionne en troisime lieu l'gsme de la sci5ce et la s+ulire attitude de ses s]viteurs1 les savants4 ,la sci5ce e/ la sagesse ce que la v]tu e/ la sa9tet2 elle e/ froide et s*e1 elle e/ sans am\r et ne sait ri5 d'un s5tim5t pr(ond d'imp]fection et d'une aspiration plus haute4 ,elle e/ t\t aussi utile elle-mme qu'elle e/ nuisible ses s]viteurs1 en ce s5s qu'elle transporte sur ses s]viteurs son propre c>actre et que p> l elle dess*e ce qu'ils peuv5t avoir d'huma9 en eux4 ,tant que l'on ent5d p> culture l'enc\ragem5t de la sci5ce1 elle passe avec une froideur implacable ct des gr&s hommes passionns1 c> la sci5ce ne voit p>t\t que des problmes de la connaissance et1 dans le doma9e qu'elle s'e/ rs]v1 la s\ffrance app>at comme quelque *ose d'insolite et d'incomprh5sible et devi5t1 p> consqu5t1 elle aussi1 un problme4 ,qu'on s'habitue trans=m] t\te expri5ce en un jeu1 de que/ions et de rponses dialectiques1 en une simple affaire de raisonnem5t et l'on s'ap]cevra qu'au b\t de =t peu de temps1 avec une activit p>eille1 l'homme en e/ rduit agit] ses os comme un squelette4 ,*acun sait et voit cela4 ,mais comm5t e/-il alors possible que la jeunesse ne s'effraye pas du spectacle qu'(fr5t ces squelettes et qu'elle ne cesse de s'ab&onn] la sci5ce1 aveuglm5t1 sans *oix et sans mesure4 ,le prt5du in/9ct de vrit ne j\e ici aucun rle1 c> comm5t un in/9ct p\rrait-il p\ss] re*]*] la connaissance pure1 froide et sans suite8 ,ce que sont1 au contraire1 les vritables =ces actives dont sont anims les s]viteurs de la sci5ce1 l'esprit dp\rvu de prv5tions ne le compr5d que trop bi54 ,il convi5drait donc d'exam9] et de dissqu] une fois les savants1 aprs qu'ils se sont eux-mmes habitus tt] et dcompos] audacieusem5t t\t au monde1 sans except] ce qu'il y a de plus vnrable4 ,si je dois dire ce que je p5se1 j'affirm]ai que le savant se compose d'un mlange compliqu d'impulsions et de ractions trs dissemblables1 il e/ t\s les po9ts de vue un mtal impur4 ,on tr\ve *ez lui1 t\t d'abord1 une =te curiosit1 qui s'accrot t\j\rs davantage1 l'aspiration aux av5tures de la connaissance1 la sugge/ion cont9uelle et t\j\rs plus puissante de ce qui e/ n\veau et r>e1 une opposition ce qui e/ vieux et ennuyeux4 ,il faut y aj\t] un c]ta9 in/9ct de jeux et de re*]*es dialectiques1 la joie du *asseur qui1 dans le doma9e de la p5se1 dpi/e les ruses du r5>d1 de telle sorte que ce n'e/ pas la vrit que l'on *]*e1 mais que la re*]*e l'intresse p> elle-mme et que le plaisir ess5tiel consi/e c\vrir les pi/es1 c]n]1 rduire habilem5t m]ci4 ,en outre1 l'in/9ct de la contradiction se plat se manife/]2 la p]sonnalit veut s'affirm] et se faire s5tir env]s et contre t\s2 le combat devi5t un plaisir1 la victoire individuelle un b1 t&is que la lutte p\r la vrit n'e/ plus qu'un prtexte4 ,on r5contre encore *ez le savant1 p\r une bonne "p1 la volont de dc\vrir c]ta9es vrits1 et cela p> s\mission l'g>d de c]ta9es p]sonnalits puissantes1 de c]ta9es ca/es1 op9ions1 glises1 p> s\mission l'g>d de c]ta9s g\v]nem5ts1 p>ce qu'il s5t qu'il se r5d utile lui-mme en mettant la vrit de leur ct4 ,le savant se di/+ue aussi1 mo9s rgulirem5t mais encore assez s\v5t1 p> les qualits suivantes3 ,en premi] lieu1 l'honntet et le s5s de la simplicit1 v]tus trs apprciables qu& elles sont autre *ose que de la maladresse et le manque d'habitude dans la dissimulation1 ce p\rquoi il faut encore un c]ta9 esprit4 ,en effet1 p>t\t o l'esprit et la s\plesse frapp5t premire vue1 il faut tre quelque peu sur ses g>des et d\t] de la droiture de c>actre4 ,d'autre "p cette honntet ne vaut s\v5t pas gr&'*ose et sur le doma9e de la sci5ce elle e/ r>em5t fconde1 vu qu'elle e/ affaire d'habitude et qu'elle ne dit gnralem5t la vrit que qu& il s'agit de *oses simples ou indiffr5tes1 c> il y a l une c]ta9e p>esse v\loir dire plutt la vrit qu' la taire4 ,t\t ce qui e/ n\veau exigeant un *angem5t de po9t de vue1 l'honntet vnre1 autant que cela e/ possible1 l'op9ion anci5ne et elle repro*e1 celui qui df5d la n\veaut1 son manque de jugem5t4 ,la doctr9e de ,cop]nic a c]ta9em5t r5contr de l'opposition p>ce qu'elle avait l'vid5ce et l'habitude contre elle4 ,la ha9e de la philosophie1 qui se r5contre s\v5t *ez les savants1 e/ avant t\t une ha9e des syllogismes et des dmon/rations artificielles4 ,on peut mme dire qu'au fond *aque gnration de savants possde sans le v\loir une mesure dt]m9e de p]spicacit p]mise2 t\t ce qui dpasse cette mesure e/ mis en d\te et presque considr comme un argum5t invoqu] contre l'honntet4 ,en deuxime lieu1 un reg>d pntrant p\r t\t ce qui se tr\ve dans le pro*e vois9age1 alli la plus gr&e myopie qu& il s'agit de jug] ce qui e/ lo9ta9 et d'ordre gnral4 ,le *amp visuel du savant e/ gnralem5t trs troit et p\r ap]cevoir les objets il faut qu'il s'en appro*e de trs prs4 ,s'il veut pass] d'un po9t qu'il vi5t d'tudi] un autre1 il e/ oblig de dplac] t\t son app>eil visuel v]s ce po9t4 ,il dc\pe l'image en une srie de ta*es1 comme quelqu'un qui1 au ?tre1 se s]t d'une lorgnette p\r voir la scne et dont le reg>d embrasse t\r t\r une tte1 le morceau d'un vtem5t1 mais sans p>v5ir reg>d] l'ensemble4 ,ces ta*es diffr5tes1 il ne les voit jamais runies et il se voit dans l'obligation d'infr] au li5 qui les ratta*e1 c'e/ p\rquoi il n'a jamais de =te impression d'ensemble4 ,il jug]a1 p> exemple1 un crit dont il n'e/ pas en tat de voir l'ensemble d'aprs quelques morceaux1 quelques phrases1 quelque fautes2 il s]ait prmatur de prt5dre que p\r lui un tableau l'huile n'e/ qu'un sauvage amas de pts4 ,en troisime lieu l'insipidit et la vulg>it de sa nature1 qu'il montre dans ses sympa?ies et ses antipa?ies4 ,d\ de ces qualits1 il russit surt\t dans les travaux hi/oriques1 qu& il con=me les mobiles qu'il prte aux hommes du pass aux mobiles qui lui sont connus4 ,c'e/ dans une taup9ire qu'une taupe se retr\ve le plus facilem5t4 ,il e/ g>d contre t\tes les hypo?ses d'ordre arti/ique et contre t\tes les lic5ces4 ,s'il a de la p]svrance1 il f\ille dans les motifs du pass1 c> il en tr\ve en lui-mme qui sont du mme ordre4 ,a vrai dire1 p\r cette raison1 il e/ gnralem5t incapable de compr5dre et d'apprci] ce qui e/ r>e1 sublime1 exceptionnel1 p> consqu5t ce qui e/ seul important et ess5tiel4 ,en quatrime lieu1 la pauvret de s5tim5t et la s*]esse4 ,ces qualits prdispos5t le savant la vivisection4 ,il ne se d\te pas des s\ffrances que l'ent5dem5t apporte s\v5t avec soi1 c'e/ p\rquoi il ne cra9t pas de s'av5tur] sur les doma9es o d'autres s5t5t leur cur frmir4 ,il e/ froid1 de sorte que volonti]s on le ti5drait p\r cruel4 ,on p\rrait aussi le croire audacieux1 mais il ne l'e/ po9t1 p>eil au mulet qui ctoie l'abme sans connatre le v]tige4 ,en c9quime lieu1 l'ide mdiocre qu'il a de lui-mme1 sa mode/ie4 ,les savants1 bi5 qu'ils soi5t relgus p>fois dans un co9 misrable1 n'ont pas le s5tim5t du sacrifice1 de l'ab&on4 ,ils sembl5t p>fois se r5dre compte1 dans leur = intrieur1 qu'ils n'app>ti5n5t pas la g5t aile1 mais la g5t rampante4 ,cette qualit les r5d presque t\*ants4 ,en sixime lieu1 la fidlit qu'ils v\5t leurs matres et leurs conducteurs4 ,a ceux-l ils v\drai5t aid] de t\t cur et ils sav5t bi5 que c'e/ avec la vrit qu'ils leur aid]ai5t le mieux4 ,c> ils sont d\s de reconnaissance1 p>ce que c'e/ p> la reconnaissance seule qu'ils ont pu pntr] dans le vnrable portique de la sci5ce1 o jamais leur propre ef=t n'et pu leur donn] accs4 ,celui qui sait auj\rd'hui s'rig] en matre dans un doma9e accessible aux esprits mdiocres qui peuv5t y travaill] avec succs1 celui-l devi5t un homme clbre dans le temps le plus bref1 tant e/ considrable le nombre de ceux qui veul5t se press] aut\r de lui4 ,il e/ vrai que *acun de ces fidles et de ces obligs devi5t aussi p\r le matre une calamit1 p>ce que1 t\s1 ils veul5t l'imit] et qu'alors ses infirmits sembl5t comme dmesures et exagres1 qu& on les ap]oit sur des tres aussi mdiocres1 alors qu'au contraire les v]tus du matre sont dim9ues dans la mme proportion ds qu'on les retr\ve *ez les disciples4 ,en septime lieu1 la r\t9e pr(essionnelle qui p\sse le savant suivre t\j\rs la mme voie o il a t p\ss1 la vracit p> inadv]tance1 con=mm5t une habitude prise4 ,de p>eilles natures devi5n5t des collectionneurs1 des comm5tateurs1 des confectionneurs d'index et d'h]bi]s2 ils s'in/ruis5t et font des re*]*es sur le mme doma9e1 simplem5t p>ce qu'ils ne song5t jamais qu'il exi/e d'autres doma9es encore4 ,leur assiduit a quelque *ose de la =midable btise inhr5te la pesanteur1 c'e/ p\rquoi ils arriv5t s\v5t abattre beauc\p de besogne4 ,en huitime lieu1 la fuite devant l'ennui4 ,t&is que le vritable p5seur ne dsire ri5 autant que les loisirs1 le savant ord9aire les fuit1 p>ce qu'il ne sait qu'en faire4 ,sa consolation1 ce sont les livres1 c'e/--dire qu'il c\te comm5t les autres p5s5t et qu'il passe a9si t\t le long du j\r s'occup] agrablem5t4 ,il *oisit en p>ticuli] les livres auxquels il pr5d d'une faon quelconque une "p p]sonnelle1 dont la lecture peut veill] quelque peu ses sympa?ies et ses antipa?ies4 ,ces ouvrages auront trait sa propre activit1 celle de sa ca/e1 ils t\*]ont ses op9ions politiques et e/htiques ou seulem5t ses ides grammaticales2 s'il possde lui-mme une spcialit sci5tifique1 il ne manqu]a pas de moy5s p\r tu] les m\*es et dissip] son ennui4 ,en neuvime lieu1 le mobile du gagne-pa91 qui quivaut en somme aux fameux borborygmes d'un e/omac dlabr4 ,on s]t la vrit1 lorsqu'elle e/ capable de n\s conduire directem5t des traitem5ts ou des situations plus leves1 o du mo9s de n\s faire acqurir les bonnes grces de ceux qui ont disp5s] les places et les honneurs4 ,mais c'e/ cette vrit seule qu'on e/ prt a s]vir1 c'e/ p\rquoi on peut trac] une limite rig\reuse entre les vrits avantageuses1 s]vies p> un gr& nombre1 et les vrits dsavantageuses1 auxquelles ne s'adonn5t que quelques-uns1 dont on ne peut pas dire3 +5ii l>gitor v5t]4 ,en dixime lieu1 l'e/ime des confrres1 la cra9te de leur mpris4 ,mobile plus r>e1 mais suprieur au prcd5t1 que l'on r5contre encore assez frquemm5t4 ,t\s les membres de la confrrie se surveill5t les uns les autres de la manire la plus jal\se1 de telle faon que la vrit dont tant de *oses dp5d5t1 le pa91 la position1 l'honneur1 soit au!ntiquem5t baptise au nom de son inv5teur4 ,on r5d rig\reusem5t hommage l'autre p\r la vrit qu'il a tr\ve1 af9 qu'il v\s r5de la p>eille si l'on se tr\vait dans le cas de tr\v] un j\r1 son t\r1 une vrit4 ,la contre-vrit1 l'erreur1 sont dvoiles avec fracas1 p\r que le nombre des comptiteurs ne devi5ne pas trop gr&4 ,mais p>fois aussi on fait crev] la vrit vritable1 de faon faire de la place p\r un temps l'erreur op9itre et audacieuse4 ,ici1 pas plus qu'ailleurs1 les idiotismes moraux1 que l'on appelle gnralem5t t\rs de fripons1 ne font dfaut4 ,en onzime lieu1 le savant p> vanit1 espce dj beauc\p plus r>e4 ,il veut1 autant que possible1 possd] un doma9e lui t\t seul et dans ce b il t\rne son att5tion v]s les curiosits1 surt\t si ces curiosits lui occasionn5t des frais extraord9aires1 des voyages1 des f\illes1 des relations nombreuses dans t\s les pays4 ,il se cont5te gnralem5t d'tre1 lui aussi1 l'objet d'une curiosit tonne et ne songe pas gagn] son pa9 p> le moy5 de ses savantes re*]*es4 ,en d\zime lieu1 le savant p> passion du jeu4 ,son amusem5t consi/e tr\v] des dev9ettes dans les sci5ces et les rs\dre2 il le f]a sans gr& ef=t p\r ne pas p]dre le s5tim5t qu'il agit en j\eur4 ,c'e/ p\rquoi il vit]a aussi de pntr] dans les pr(ondeurs1 mais il lui arriv]a p>fois de p]cevoir quelque *ose que le savant qui fait de la sci5ce son gagne-pa91 avec son reg>d rampant1 n'ap]cevra jamais4 ,si1 en f9 de compte1 j'indiquais encore1 en treizime lieu1 comme modle de savant1 l'in/9ct de ju/ice1 on p\rrait m'object] que cet in/9ct noble jusqu' tre mtaphysique e/ p>ticulirem5t difficile di/+u] des autres et qu'il p>at tre1 p\r l'il huma91 insaisissable et indf9issable4 ,c'e/ p\rquoi j'aj\te cette d]nire catgorie1 en s\haitant que1 p>mi les savants1 l'in/9ct de ju/ice soit plus frqu5t et plus agissant qu'il n'e/ visible4 ,c> il suffit qu'une t9celle du foy] de ju/ice tombe dans l'me d'un savant p\r que sa vie et son activit en soi5t embrases et purifies1 de telle sorte qu'il ne tr\ve plus de repos et qu'il s'*appe t\t jamais de cet tat d'esprit tide ou glac dans lequel les savants ord9aires accompliss5t leur t*e quotidi5ne4 ,qu'on imag9e ma9t5ant t\s ces lm5ts pr(ondm5t mls les uns aux autres1 ou quelques-uns d'entre eux seulem5t runis en un alliage1 et l'on saura comm5t se =m5t les s]viteurs de la vrit4 ,il e/ extrmem5t curieux de con/at] comm5t1 au bnfice d'une affaire1 qui e/1 en somme1 extrahuma9e et surhuma9e1 la connaissance pure e/ dta*e de t\te causalit1 p> consqu5t dp\rvue de passion1 de con/at] comm5t une quantit de petites passions de t\t ordre se tr\v5t fondues eu une comb9aison *imique et comm5t la rsultante du savant p>vi5t se transfigur] la lumire de cette affaire sublime et suprieure et absolum5t ds9tresse1 au po9t que l'on oublie compltem5t les mlanges et les comb9aisons qui ont t ncessaires sa protection4 ,il y a cep5dant des mom5ts o il faut y p5s] et en faire s\v5ir1 c'e/ qu& l'importance du savant p> rapport la culture e/ mise en "q4 ,c> celui qui sait obs]v] s'ap]cevra que le savant1 con=mm5t sa nature1 e/ infcond1 ce qui e/ une consqu5ce de sa =mation1 et qu'il e/ anim d'une sorte de ha9e naturelle contre les hommes fconds4 ,ceci explique p\rquoi1 de t\s temps1 les gnies et les savants se sont combattus4 ,les uns veul5t tu] la nature1 la dcompos] et la compr5dre1 les autres ent5d5t l'augm5t] p> une n\velle nature vivante4 ,il en rsulte1 p> consqu5t1 une opposition de s5tim5ts et d'activits4 ,les poques compltem5t heureuses n'avai5t pas beso9 du savant et l'ignorai5t1 les poques malades et re*ignes le considrai5t comme l'homme le plus lev et le plus digne et le plaai5t au premi] rang4 ,qui donc s]ait assez mdec9 p\r p\voir dire o en e/ notre temps quant l'tat de sant et quant aux maladies8 ,ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que1 ma9t5ant encore1 sur bi5 des doma9es1 le savant e/ e/im trop haut2 voil p\rquoi son influ5ce e/ nfa/e1 surt\t p\r ce qui conc]ne le gnie naissant4 ,le savant n'a pas de cur p\r la misre de celui-ci2 il p>le de lui avec une voix svre et froide1 et trop vite il hausse les paules lorsqu'il se tr\ve en prs5ce de quelque *ose d'trange et d'absurde dont il n'a ni le temps ni l'envie de s'occup]4 ,lui aussi ne sait pas quel e/ le b de la culture4 ,mais1 p\r p>l] d'une faon plus gnrale1 quel rsultat sommes-n\s arrivs p> t\tes ces considrations8 ,n\s avons acquis la conviction que1 p>t\t o la culture p>at auj\rd'hui le plus =tem5t enc\rage1 on ne sait ri5 de ce b4 ,que l',etat fasse valoir hautem5t le zle qu'il a dp5s en faveur de la culture1 il ne la favorise que p\r se favoris] lui-mme et ne conoit pas qu'il y ait un b qui soit suprieur son bi5 et son exi/5ce4 ,ce que veul5t les pr(iteurs en dem&ant sans cesse l'in/ruction et l'ducation1 ce n'e/1 en f9 de compte1 que le pr(it4 ,qu& ceux qui se rclam5t de la =me s'attribu5t le vritable travail en faveur de la culture et s'imag95t p> exemple que t\t art leur app>ti5t et se tr\ve au s]vice de leurs beso9s1 il n'app>at qu'une *ose avec c]titude1 c'e/ qu'ils veul5t s'affirm] eux-mmes en affirmant la culture et que p> consqu5t1 eux aussi1 n'ont pas pu s'lev] au-dessus du mal5t5du qui exi/e au sujet de ce problme4 ,je vi5s de p>l] satit du savant4 ,quel que soit donc le zle que mett5t les quatre puissances runies se proccup] de la manire dont elles p\rrai5t utilis] la culture leur pr(it1 elles n'en app>aiss5t pas mo9s dbiles et dp\rvues d'esprit ds que leur intrt n'e/ pas en jeu4 ,voil p\rquoi les conditions ncessaires la cration du gnie ne se sont pas amliores en ces temps d]ni]s4 ,la rpugnance qu'inspir5t les hommes orig9aux a1 t\t au contraire1 augm5t au po9t que ,socrate n'aurait pas pu vivre p>mi n\s et qu'en t\t cas1 il n'aurait pas atte9t l'ge de soixante-dix ans4 ,je rappelle ici ce que j'ai dj expos dans mon troisime *apitre4 ,notre monde mod]ne n'a pas un aspect df9itif et durable au po9t que l'on p\rrait prophtis] que l'ide de culture possde1 elle aussi1 un c>actre p]man5t4 ,on peut mme considr] comme probable que le millnaire qui va v5ir v]ra natre quelques n\velles inv5tions1 dont1 p\r le mom5t1 l'nonc f]ait dress] les *eveux sur la tte de nos contempora9s4 ,la croyance en la signification mtaphysique de la culture n'app>atrait pas1 en f9 de compte1 si effrayante1 mais il n'en s]ait pas a9si de quelques dductions que l'on p\rrait en tir] p\r l'ducation et l'enseignem5t public4 ,a vrai dire1 une dose t\t fait inusite de rflexion s]ait auj\rd'hui ncessaire p\r s'ab/raire des tablissem5ts pdagogiques actuels1 en vue d'envisag] des in/itutions absolum5t diffr5tes et autrem5t organises1 alors que la seconde ou la troisime gnration qui suivra la ntre en ap]cevra dj la ncessit1 t&is que les ef=ts de nos ducateurs de l'enseignem5t suprieur actuel ab\tiss5t ce rsultat qu'ils produis5t des savants1 des fonctionnaires de l',etat1 des ngociants ou des phili/9s de la culture ou encore un produit compos de t\s ces lm5ts1 ces tablissem5ts dont l'inv5tion re/e encore faire1 aurai5t1 t\t au contraire1 une t*e beauc\p plus difficile que d'agir contre la nature en dressant un jeune homme p\r en faire un savant4 ,la difficult rside cep5dant p\r l'homme en ceci qu'il lui faut dsappr5dre ce qu'il sait en vue de se fix] un b n\veau et il s]a extrmem5t difficile d'*ang] contre des ides n\velles des pr9cipes fondam5taux de notre ducation actuelle1 lesquels ont leurs rac9es dans le moy5-ge et vis5t imit] le savant mdival comme type de l'in/ruction p>faite4 ,ma9t5ant dj1 il p>at opportun d'envisag] ces contradictions1 c> il faut qu'une gnration comm5ce la lutte au c\rs de laquelle la gnration suivante remport]a la victoire4 ,ma9t5ant dj l'individu qui a compris ces n\velles ides fondam5tales de la culture se tr\ve devant un c>ref\r4 ,s'il suit l'une des r\tes qu'il ap]oit1 son poque le considr]a comme le bi5v5u1 elle lui prodigu]a des c\ronnes et des rcomp5ses1 de puissants p>tis le s\ti5dront1 il aura d]rire lui1 aussi bi5 que devant lui1 des hommes qui s]ont anims du mme s5tim5t1 et qu& le premi] p>l]a1 son mot d'ordre tr\v]a des *os jusqu'au d]ni] rang4 ,le premi] devoir s]a ici de lutt] dans le rang1 le second de trait] en ennemis t\s ceux qui sortiront du rang4 ,l'autre r\te lui rs]v]a la socit de s+uli]s compagnons2 elle e/ plus difficile1 plus tortueuse et plus aride2 ceux qui suiv5t la premire se moqu5t de lui1 p>ce qu'il ne progresse que pniblem5t et qu'il c\rt s\v5t des dang]s2 ils essay5t mme de l'attir] de leur ct4 ,qu& p> has>d les deux r\tes se crois5t1 il se voit maltrait1 jet l'c>t ou isol p> le vide que l'on fait aut\r de lui4 ,or1 que signifie l'in/itution de la culture p\r ces voyageurs si diffr5ts qui suiv5t deux r\tes8 ,la f\le norme de ceux qui1 sur la premire r\te1 se press5t v]s le b ne voit dans cette in/itution que des rgles et des lois au moy5 desquelles l'ordre s'introduit dans ses rangs1 en vue d'une p\sse en avant des rgles et des lois qui exclu5t de cette f\le t\s les rcalcitrants et t\s les solitaires1 t\s ceux qui vis5t des buts encore plus levs et plus lo9ta9s4 ,p\r l'autre f\le1 plus petite1 qui suit la seconde r\te1 l'in/itution aurait un t\t autre b remplir2 appuye au remp>t d'une organisation solide elle veut vit]1 p\r son compte1 d'tre balaye et disp]se p> d'autres flots1 vit] que les individus qui la compos5t se fltriss5t dans un prcoce puisem5t ou qu'ils soi5t mme dt\rns de la gr&e t*e qu'ils se sont impose4 ,ces individus doiv5t a*ev] leur uvre4 ,voil le s5s de leur runion1 et t\s ceux qui pr5n5t "p a l'in/itution doiv5t s'ef=c] de prp>]1 p> une puration cont9uelle et une sollicitude mutuelle1 en eux et aut\r d'eux1 la naissance du gnie et l'ab\tissem5t de son uvre4 ,le nombre e/ assez considrable de ceux qui1 bi5 que d\s mdiocrem5t1 sont appels cette collaboration4 ,c'e/ seulem5t en se s\mettant une p>eille dt]m9ation qu'ils pr\v5t le s5tim5t d'accomplir un devoir et de vivre avec un b une vie ple9e d'importance4 ,mais ce sont prcism5t ces tal5ts que la voix sductrice de la culture la mode dt\rne de leur *em9 et r5d trang]s leur in/9ct1 et cette t5tation s'adresse leurs p5*ants g/es1 leur faiblesse et leur vanit2 l'esprit du temps leur murmure l'oreille avec un zle ins9uant3 ,suivez-moi et n'allez pas l-bas6 ,c> l-bas v\s n'tes que des s]viteurs1 des aides1 des in/rum5ts1 clipss p> des natures suprieures1 sans jamais p\voir v\s rj\ir de votre orig9alit2 on v\s tire p> des fils1 on v\s met dans des *anes1 on v\s traite en esclaves et en automates4 ,avec moi v\s j\issez en matres de votre libre p]sonnalit2 vos dons peuv5t s'pan\ir sans entrave2 v\s-mmes1 v\s devez tre placs au premi] rang1 v\s s]ez c\rtiss p> une suite norme et les acclamations de l'op9ion publique v\s rj\iront c]ta9em5t plus que cette approbation froide et condesc5dante qui v\s s]ait accorde du haut des sommets impassibles du gnie4 ,les meilleurs succomb]ont c]ta9em5t de p>eilles sductions4 ,en f9 de compte1 ce qui dcide ici ce n'e/ pas la r>et et la puissance des dons1 mais l'influ5ce d'une c]ta9e disposition hroque et le degr de p>5t intime et de communion avec le gnie4 ,c> il y a des hommes qui considr5t que c'e/ p\r eux une calamit p]sonnelle1 qu& ils voi5t le gnie lutt] pniblem5t1 expos au pril de se dtruire lui-mme1 ou qu& l'uvre de celui-ci e/ c>te avec indiffr5ce p> l'gsme c\rte vue de l',etat1 la platitude des acqureurs et la s*e frugalit des savants4 ,j'espre donc qu'il y en aura quelques-uns qui compr5dront ce que je veux dire1 lorsque je prs5te les de/9es de ,s*op5hau] et en vue de quoi1 selon mon ide1 ,s*op5hau] ducateur doit duqu]4 #g4 ,mais1 p\r c>t]1 une fois p\r t\tes1 t\tes les rflexions qui conc]n5t un av5ir lo9ta9 et un b\lev]sem5t possible du sy/me d'ducation1 que devrait-on s\hait] actuellem5t et1 le cas *ant1 procur] un philosophe en voie de dveloppem5t1 p\r lui p]mettre du mo9s de respir] et1 au meilleur cas1 de p>v5ir l'exi/5ce c]ta9em5t difficile et t\t au mo9s possible que m5a ,s*op5hau]8 ,que faudrait-il inv5t]1 en outre1 p\r donn] plus d'efficacit son influ5ce sur ses contempora9s8 ,et quels ob/acles convi5drait-t-il d'enlev] p\r que1 avant t\t1 son exemple puisse avoir son ple9 effet1 p\r que le philosophe duque son t\r des philosophes8 ,c'e/ ici que notre ,considration passe dans le doma9e pratique et scabreux4 ,la nature veut t\j\rs tre d'une utilit pratique1 mais1 p\r remplir ce b1 elle ne s'ent5d pas t\j\rs tr\v] les voies et moy5s les plus adroits4 ,c'e/ l son gr& *agr9 et c'e/ ce qui la r5d mlancolique4 ,que p\r l'homme elle veuille donn] l'exi/5ce une signification et une importance1 en crant le philosophe et l'arti/e1 c'e/ ce qui app>at comme c]ta91 tant donn son aspiration la dlivrance4 ,mais combi5 inc]ta91 combi5 faible et pauvre e/ l'effet qu'elle atte9t le plus s\v5t avec les philosophes et les arti/es6 ,combi5 r>em5t elle p>vi5t mme obt5ir un effet quelconque6 ,surt\t en ce qui conc]ne le philosophe1 son emb>ras e/ gr& lorsqu'elle veut donn] celui-ci une utilisation gnrale4 ,ses moy5s ne sembl5t tre que ttonnem5ts1 ides subtiles inspires p> le has>d1 de telle sorte que ses inv5tions se tr\v5t le plus s\v5t en dfaut et que la plup>t des philosophes ne peuv5t tre d'aucune utilit gnrale4 ,les procds de la nature pr5n5t l'aspect de gaspillages1 mais ce n'e/ pas l le gaspillage d'une crim9elle exubrance1 c'e/ celui de l'inexpri5ce4 ,il faut admettre que1 si la nature tait un homme1 elle ne p>vi5drait pas se tir] du dpit qu'elle s'occasionn]ait elle-mme et des malheurs qui en rsult5t p\r elle4 ,la nature envoie le philosophe dans l'humanit comme une fl*e2 elle ne vise pas1 mais elle espre que la fl*e re/]a accro*e quelque "p4 ,mais1 ce faisant1 elle se trompe une inf9it de fois et elle en a du dpit4 ,dans le doma9e de la culture1 elle e/ aussi prodigue que qu& elle plante ou qu& elle sme4 ,elle accomplit ses desse9s d'une faon grossire et l\rde1 ce qui l'oblige sacrifi] beauc\p trop de =ces4 ,l'arti/e1 d'une "p1 et1 d'autre "p1 les connaisseurs et les amateurs de son art sont entre eux dans le rapport de la grosse artill]ie et d'une nue de mo9eaux4 ,seuls les simples d'esprit f]ont r\l] une avalan*e p\r enlev] un peu de neige ou assomm]ont un homme p\r t\*] la m\*e qui e/ pose sur son nez4 ,les arti/es et les philosophes sont un argum5t contre la f9alit de la nature dans ses moy5s1 bi5 qu'ils con/itu5t une excell5te preuve p\r la sagesse de ses f9s4 ,ils ne t\*5t jamais que le petit nombre1 alors qu'ils devrai5t t\*] t\t le monde1 et la faon dont le petit nombre e/ t\* ne rpond pas la =ce que mett5t les philosophes et les arti/es tir] leur grosse artill]ie4 ,il e/ dsolant de devoir valu] si diffremm5t l'art en tant qu'uvre et l'art en tant qu'effet3 sa cause app>at =midable1 son effet a quelque *ose de p>alys1 comme s'il n'tait qu'un *o affaibli4 ,sans d\te l'arti/e accomplit son uvre selon la volont de la nature1 p\r le bi5 des autres hommes4 ,p\rtant il sait que p]sonne1 p>mi ces autres hommes1 ne compr5dra et n'aim]a son uvre comme il la compr5d et l'aime lui-mme4 ,ce degr suprieur et unique dans l'am\r et la comprh5sion e/ donc ncessaire1 con=mm5t une disposition maladive de la nature1 p\r qu'un degr infrieur soit cr4 ,le plus gr& et le plus noble s]v5t de moy5s p\r donn] naissance ce qui e/ mdiocre et vulgaire4 ,c'e/ que la nature e/ mauvaise mnagre1 ses dp5ses tant inf9im5t suprieures au bnfice qu'elle en tire1 de sorte que1 malgr t\tes ses ri*esses1 elle f9ira un j\r p> se ru9]4 ,elle se s]ait arrange d'une faon bi5 plus raisonnable si elle s'tait impos comme rgle de faire mo9s de dp5ses et de s'assur] des rev5us c5tuples1 s'il exi/ait p> exemple mo9s d'arti/es et que ceux-ci fuss5t de capacits mo9dres1 mais1 p> contre1 plus d'hommes rceptifs1 d\s d'une plus gr&e =ce d'absorption et d'une espce plus vig\reuse que les arti/es eux-mmes4 ,de la sorte l'effet de l'uvre d'art1 p> rapport sa cause1 app>atrait comme un c5tuple ret5tissem5t4 ,ou bi5 ne devrait-on pas au mo9s s'att5dre ce que la cause et l'effet fuss5t de =ce gale8 ,mais combi5 la nature rpond peu cette att5te6 ,il semble p>fois que l'arti/e1 et en p>ticuli] le philosophe1 ne soit qu'un has>d dans son poque1 qu'il n'y soit entr que comme un ermite1 comme un voyageur g> et re/ en arrire4 ,qu'on se r5de donc une fois bi5 compte combi5 ,s*op5hau] e/ gr&1 p>t\t et en t\tes *oses1 et combi5 l'effet produit p> son uvre e/ mdiocre et absurde4 ,ri5 ne peut sembl] plus humiliant p\r un honnte homme de ce temps que de se r5dre compte quel po9t ,s*op5hau] y e/ une app>ition =tuite et de quelles puissances1 de quelles impuissances a dp5du l'*ec de son action4 ,t\t d'abord et longtemps il s\ffrit de l'abs5ce de lecteurs2 et c'e/ l une honte durable p\r notre poque littraire2 ensuite1 lorsque v9r5t les lecteurs1 ce fut le manque de con=mit de ses premi]s tmo9s publics2 plus encore1 ce qu'il me semble1 l'incomprh5sion de t\s les hommes mod]nes vis--vis de t\s les livres1 c> p]sonne l'heure qu'il e/ ne veut plus pr5dre les livres au srieux4 ,peu peu1 un n\veau dang] s'e/ aj\t aux autres1 n des t5tatives multiples qui ont t faites p\r adapt] ,s*op5hau] la dbilit du temps ou p\r l'aj\t] comme un lm5t trang]1 une sorte de condim5t agrable que l'on ml]ait aux mets quotidi5s en guise de pim5t mtaphysique4 ,c'e/ de cette faon qu'il a t connu peu peu et qu'il e/ dev5u clbre et je crois qu'il y a ma9t5ant plus de g5s qui connaiss5t son nom que celui d',hegel4 ,et1 malgr cela1 il e/ encore un solitaire1 malgr cela1 jusqu' prs5t1 il n'a pas encore ex]c d'influ5ce4 ,ses vritables adv]saires littraires et les aboyeurs peuv5t1 mo9s que p]sonne1 rev5diqu] l'honneur d'avoir entrav cette r5omme1 d'une "p1 p>ce qu'il y a peu d'hommes qui ai5t la pati5ce de le lire et1 d'autre "p1 p>ce que ceux qui ont cette pati5ce se tr\v5t directem5t am5s ,s*op5hau]4 ,qui donc se laiss]ait emp*] p> un ni] de mont] un beau *eval1 quel que soit l'loge que celui-ci fasse de son ne aux dp5s du *eval8 ,celui donc qui a connu la draison de la nature dans notre temps devra rfl*ir aux moy5s de donn] ici un c\p d'paule4 ,la t*e qu'il aura remplir s]a de faire connatre ,s*op5hau] aux esprits libres et ceux qui s\ffr5t pr(ondm5t de notre poque1 de les runir et de crer p> leur moy5 un c\rant qui soit assez =t p\r surmont] la maladresse dont la nature fait preuve gnralem5t et dont elle tmoigne de n\veau auj\rd'hui1 qu& il s'agit d'utilis] les philosophes4 ,de p>eils hommes se r5dront compte que ce sont les mmes rsi/ances qui emp*5t une gr&e philosophie d'ex]c] son influ5ce et qui s'oppos5t la cration du gr& philosophe2 c'e/ p\rquoi ils peuv5t se fix] le b de prp>] la recration de ,s*op5hau]1 c'e/--dire du gnie philosophique4 ,mais ce qui veut enf9 r5dre va91 p> t\s les moy5s1 la rgnresc5ce du philosophe1 c'e/1 p\r le dire brivem5t1 la confusion d'esprit qui rgne auj\rd'hui dans la nature huma9e4 ,c'e/ p\rquoi t\s les gr&s hommes en voie de dveloppem5t doiv5t dp5s] une incroyable quantit de =ces p\r s'*app] de cette confusion4 ,le monde o ils entr5t ma9t5ant e/ sem d'absurdes emb*es4 ,il ne suffit vraim5t pas de p>l] de dogmes religieux1 mais encore d'ides b>oques1 telles que le progrs1 la culture gnrale1 le s5tim5t national1 l',etat mod]ne1 la lutte p\r la culture 7,kulturkampf74 ,on peut mme all] jusqu' affirm] que t\s les t]mes gnraux port5t ma9t5ant un apprt artificiel et ant9aturel2 c'e/ p\rquoi une po/rit plus clairvoyante f]a notre poque le grave repro*e d'avoir quelque *ose de cont\rn et de dif=me1 quelle que soit la vanit bruyante que n\s tirons de notre sant4 ,les vases antiques1 dcl>e ,s*op5hau]1 tir5t leur beaut de ceci qu'ils exprim5t d'une faon nave leur de/9ation et leur emploi4 ,il en e/ de mme de t\s les u/5siles des anci5s3 on s5t que si la nature produisait des vases1 des amphores1 des lampes1 des tables1 des *aises1 des casques1 des b\cli]s1 des armures1 elle les f]ait exactem5t comme ils ont t faits4 ,t\t au contraire1 celui qui obs]ve ma9t5ant comm5t presque t\t le monde s'occupe d'art1 d',etat1 de religion1 de culture--p\r ne ri5 dire avec raison de nos vases--s'ap]cevra que les hommes sont en proie une sorte d'arbitraire b>b>e1 une exagration de l'expression1 dont s\ffre prcism5t le gnie en =mation lorsqu'il voit la vogue dont j\iss5t son poque des notions aussi biz>res et des beso9s aussi b>oques4 ,de l vi5t la l\rdeur de plomb qui si s\v5t arrte sa ma91 d'une faon invisible et inexplicable1 lorsqu'il veut conduire la *>rue1 tel po9t que1 mme ses uvres les plus hautes1 p>ce qu'elles se sont leves avec viol5ce1 port5t =cm5t1 jusqu' un c]ta9 po9t1 l'expression de cette viol5ce4 ,si ma9t5ant je m'applique rassembl] les conditions a l'aide desquelles1 dans le cas le plus heureux1 un philosophe de naissance *appe au dang] d'tre cras p> les trav]s des esprits actuels que je vi5s de dcrire1 j'en arrive faire une rem>que s+ulire4 ,ces conditions sont prcism5t en p>tie celles qui1 d'une faon gnrale1 accompagnr5t le dveloppem5t de ,s*op5hau]4 ,a vrai dire1 il fut aussi s\mis des conditions opposes4 ,sa mre1 vaniteuse et bel esprit1 lui fit appro*] de prs et d'une faon t]rible ce trav]s de l'poque4 ,mais le c>actre fi] et librem5t rpublica9 de son pre le sauva en quelque sorte de sa mre et lui procura ce dont un philosophe a beso9 en premi] lieu3 une virilit inflexible et rude4 ,ce pre n'tait ni fonctionnaire ni savant4 ,il fit s\v5t avec le jeune homme des voyages dans des pays trang]s4 ,autant d'avantages p\r celui qui doit appr5dre connatre1 non po9t des livres1 mais des hommes1 vnr]1 non po9t des g\v]nem5ts1 mais la vrit4 ,il apprit temps ne pas tre assez ou trop s5sible l'troitesse nationale4 ,en ,anglet]re1 en ,france1 en ,italie1 il ne vivait pas autrem5t que dans sa propre patrie et l'esprit espagnol lui inspirait une vive sympa?ie4 ,en somme1 il ne considrait pas que c'e/ un honneur d'tre n p>mi les ,allem&s et je ne crois pas que les n\velles conditions politiques euss5t modifi son op9ion4 ,il e/imait1 comme on sait1 que l'unique t*e de l',etat consi/e (frir la protection au dehors1 la protection l'intrieur et la protection contre les protecteurs1 et que1 lorsque l'on imag9e p\r l',etat d'autres buts que ceux de protg]1 ce b vritable peut facilem5t se tr\v] compromis4 ,c'e/ p\rquoi1 au gr& sc&ale de ceux qui se nomm5t libraux1 il lgua sa =tune aux desc5dants de ces soldats prussi5s qui1 en #ahdh1 tai5t tombs dans la lutte p\r l'ordre4 ,il e/ probable que1 dornavant1 le fait que quelqu'un considre simplem5t l',etat et les devoirs de celui-ci1 con/itu]a de plus en plus une preuve de supriorit intellectuelle4 ,celui qui a en lui le furor philosophicus n'aura mme plus le temps1 de s'adonn] au furor politicus et il se g>d]a sagem5t de lire t\s les j\rs des j\rnaux1 ou encore de se mettre au s]vice d'un p>ti4 ,qu& la patrie e/ vritablem5t en dang]1 il ne faudra nanmo9s pas hsit] un in/ant faire son devoir4 ,t\s les ,etats sont mal organiss1 qu& ce ne sont pas exclusivem5t les hommes d',etat qui s'occup5t de politique et la pl?ore des politici5s mrite de faire prir ces ,etats4 ,s*op5hau] a j\i d'un autre gr& avantage du fait qu'il n'tait pas de/9 et qu'il n'a pas t lev ds le db en vue de la c>rire de savant4 ,de fait1 il travailla p5dant un c]ta9 temps1 bi5 qu'avec rpugnance1 dans un comptoir comm]cial et il put en t\s les cas respir]1 durant t\te sa jeunesse1 la libre atmosphre d'une gr&e maison de comm]ce4 ,un savant ne peut jamais se trans=m] en philosophe4 ,kant lui-mme n'en fut po9t capable et re/a jusqu' sa f91 malgr la p\sse naturelle de son gnie1 en quelque sorte l'tat de *rysalide4 ,celui qui p\rrait croire que p> cette affirmation je fais injure ,kant ne sait pas ce que c'e/ qu'un philosophe4 ,un philosophe e/ la fois un gr& p5seur et un homme vritable1 et qu& a-t-on jamais pu faire d'un savant un homme vritable8 ,celui qui p]met aux notions1 aux op9ions1 aux *oses du pass1 aux livres de se plac] entre lui et les objets1 celui qui1 au s5s le plus l>ge1 e/ n p\r l'hi/oire1 ne v]ra jamais les objets p\r la premire fois et ne s]a jamais lui-mme un tel objet vu p\r la premire fois4 ,mais ces deux conditions sont insp>ables *ez le philosophe1 p>ce qu'il doit tir] de lui-mme la plup>t des enseignem5ts et p>ce qu'il doit s'utilis] lui-mme comme l'image et l'abrg du monde enti]4 ,si quelqu'un s'analyse au moy5 d'op9ions trangres1 quoi d'tonnant s'il n'obs]ve sur lui ri5 autre *ose que prcism5t des op9ions trangres4 ,et c'e/ a9si que sont1 viv5t et reg>d5t les savants4 ,s*op5hau]1 p> contre1 a eu le bonheur indescriptible non seulem5t de voir en lui-mme de prs le gnie1 mais encore de le voir en dehors de lui1 dans ,g!4 ,p> la vision de ce d\ble reflet il s'e/ tr\v pr(ondm5t r5seign et r5du sage au sujet de t\tes les f9s et de t\tes les cultures savantes4 ,p> le moy5 de cette expri5ce il savait comm5t l'homme libre et =t doit tre fait1 l'homme libre et =t auquel aspire t\te culture arti/ique4 ,p\vait-il1 aprs ce reg>d1 g>d] l'envie de s'occup] de ce que l'on appelle l'art1 la manire savante et hypocrite de l'homme mod]ne8 ,n'avait-il pas vu quelque *ose de plus sublime encore8 ,une scne t]rible et supra-t]re/re du tribunal1 o t\te vie1 mme la vie suprieure et complte1 avait t pese et tr\ve trop lgre2 il avait vu le ,sa9t comme juge de l'exi/5ce4 ,on ne saurait dt]m9] quel mom5t le prcoce ,s*op5hau] a d contempl] cette image de la vie1 qu'il t5ta de retrac] plus t>d dans t\s ses crits4 ,on peut dmontr] que l'adolesc5t1 je suis presque t5t de dire l'enfant1 avait dj eu cette vision =midable4 ,t\t ce qu'il emprunta plus t>d la vie1 aux livres1 t\tes les bran*es de la sci5ce n'a t p\r lui1 presque t\j\rs1 que c\leur et moy5 d'expression4 ,la philosophie kanti5ne elle-mme a t mise contribution p> lui avant t\t comme un extraord9aire in/rum5t rhtorique1 au moy5 duquel il croyait exprim] avec plus de prcision cette image1 de mme qu'il s'e/ s]vi l'occasion1 p\r remplir le mme b1 des my?ologies b\ddhi/es et *rti5nes4 ,p\r lui1 il n'y avait qu'une seule t*e et c5t mille moy5s de la remplir2 une seule signification et d'innombrables hiroglyphes p\r l'exprim]4 ,ce fut une des conditions magnifiques de son exi/5ce qu'il put vritablem5t vivre p\r une seule t*e1 con=mm5t sa devise vitam imp5d]e v]o et qu'aucune ncessit vulgaire de la vie ne lui imposa sa contra9te4 ,on sait de quelle faon gr&iose il en rem]cia son pre4 ,en ,allemagne1 t\t au contraire1 l'homme ?orique ralise le plus s\v5t sa de/9e sci5tifique en sacrifiant la puret de son c>actre1 tel un gr$9 ple9 d'g>ds1 avide de places et d'honneurs1 prud5t et s\ple1 flattant les hommes influ5ts et les suprieurs hir>*iques4 ,s*op5hau] n'a malheureusem5t (f5s d'innombrables savants p> ri5 de plus qu'en ne leur ressemblant pas4 #h4 ,p> l1 j'ai nomm quelques-unes des modifications ncessaires la =mation du gnie philosophique1 malgr les p]nicieuses influ5ces contraires1 lorsqu'il nat notre poque4 ,ce sont la virilit du c>actre1 la connaissance prcoce de l'homme1 l'abs5ce d'ducation savante et d'troitesse patriotique1 la libration de t\te contra9te en vue de gagn] son pa9 et de t\t rapport avec l',etat1 bref1 la lib]t et t\j\rs la lib]t4 ,les philosophes grecs pur5t gr&ir dans ce mme lm5t m]veilleux et dang]eux4 ,que celui qui veut repro*] au philosophe ce que ,niebuhr repro*a ,platon1 d'avoir t un mauvais citoy51 le fasse tranquillem5t et se cont5te d'tre lui-mme un bon citoy54 ,a9si il suivra sa vie et ,platon f]a de mme4 ,un autre int]prt]a cette gr&e lib]t comme de la prsomption4 ,lui aussi a raison1 p>ce qu'il lui s]ait impossible de faire quoi que ce soit de cette lib]t et que ce s]ait en effet1 de sa "p1 une gr&e preuve de prsomption s'il la rclamait p\r lui-mme4 ,cette lib]t e/ vritablem5t une l\rde faute qui ne peut se ra*et] que p> des actes hroques4 ,en vrit1 le commun des mortels a le droit de jet] un reg>d de colre sur ceux qui sont a9si favoriss1 mais que les dieux les protg5t de j\ir eux aussi de p>eilles faveurs1 c'e/--dire d'avoir d'aussi t]ribles devoirs4 ,leur lib]t et leur solitude les f]ai5t prir1 l'ennui f]ait d'eux des f\s1 des f\s m*ants4 ,de ce qui a t dit jusqu' prs5t un pre de famille p\rrait peut-tre appr5dre quelque *ose et faire p\r l'ducation p>ticulire de son fils une utile application1 bi5 qu'il ne faille vraim5t pas s'att5dre ce que les pres ne dsir5t p\r fils que des philosophes4 ,il e/ plus probable que les pres auront rsi/ de t\t temps1 plus que contre t\t autre *ose1 contre la vocation philosophique de leurs fils1 considrant celle-ci comme la plus gr&e toquade4 ,on sait que ,socrate fut victime de la colre des pres contre la subornation de la jeunesse et1 p\r la mme raison1 ,platon crut qu'il tait ncessaire de crer un ,etat t\t n\veau1 p\r ne pas faire dp5dre la cration des philosophes de la draison des pres4 ,ds lors1 il semble presque que ,platon ait vritablem5t atte9t quelque *ose1 c> l',etat mod]ne considre ma9t5ant que c'e/ sa t*e d'enc\rag] les philosophes et il *]*e ma9t5ant sans cesse r5dre heureux un c]ta9 nombre d'hommes au moy5 de cette lib]t1 p> quoi n\s ent5dons les conditions ess5tielles p\r la g5se des philosophes4 ,or1 ,platon a r5contr dans l'hi/oire un s+uli] malheur3 *aque fois que naissait une in/itution qui correspondait peu prs ses propositions1 c'tait t\j\rs1 y reg>d] de plus prs1 l'enfant suppos d'un lut91 un vila9 petit dmon4 ,il en fut a9si de l',etat sac]dotal du moy5 ge qu& on le comp>ait au rgne des fils des dieux qu'il avait rv4 ,a vrai dire1 l',etat mod]ne e/ aussi loign que possible du rgne des philosophes4 ,grce ,dieu6 dira le *rti54 ,mais l'enc\ragem5t des philosophes1 tel que l'ent5d l',etat mod]ne1 devrait tre exam9 une fois de telle sorte que l'on puisse se r5dre compte si cet enc\ragem5t doit tre ent5du au s5s platonici54 ,je veux dire qu'il faudrait savoir si l',etat pr5d sa t*e tellem5t au srieux que c'e/ son desse9 de faire natre de n\veaux ,platon4 ,si1 gnralem5t1 la prs5ce du philosophe dans son temps app>at comme =tuite1 l',etat s'impose-t-il auj\rd'hui vritablem5t le devoir de trans=m] consciemm5t ce c>actre =tuit en une ncessit et d'aid] ici aussi la nature8 ,l'expri5ce1 malheureusem5t1 n\s a ouv]t les yeux et n\s a fait voir qu'il en e/ t\t autrem5t4 ,elle n\s appr5d que1 p\r ce qui e/ des gr&s philosophes auxquels la nature a accord ses dons1 ri5 ne s'oppose plus leur cration et leur dveloppem5t que les mauvais philosophes qui sont philosophes p> grce d',etat4 ,sujet pnible1 vrai dire4 ,c'e/1 comme on sait1 le mme que celui dont ,s*op5hau] aborda d'abord l'tude dans son clbre trait consacr la philosophie des univ]sits4 ,je revi5s ce sujet1 c> il faut contra9dre les hommes le pr5dre au srieux1 c'e/--dire se laiss] p> lui p\ss] un acte2 et je considr]ais t\te p>ole crite inutilem5t qui ne conti5drait pas une p>eille incitation l'action4 ,en t\s les cas1 il n'e/ pas mauvais de dmontr] encore une fois les affirmations t\j\rs valables de ,s*op5hau]1 en les rapportant directem5t nos contempora9s les plus pro*es1 c> des p]sonnes trop bi5 disposes p\rrai5t croire que depuis sa svre accusation t\t en ,allemagne e/ entr dans une meilleure voie4 ,l'uvre qu'il a entreprise1 mme sur ce po9t1 si mdiocre fut-il1 n'a pas encore donn de rsultat4 ,a y reg>d] de plus prs1 cette lib]t1 dont l',etat a gratifi c]ta9s hommes au bnfice de la philosophie1 n'e/ pas du t\t une lib]t1 mais seulem5t un mti] qui n\rrit son homme4 ,l'enc\ragem5t la philosophie consi/e donc simplem5t en ceci qu'il exi/e du mo9s un c]ta9 nombre d'hommes qui1 p> le moy5 de l',etat1 sont mis en mesure de vivre de leur philosophie en faisant de celle-ci leur gagne-pa94 ,les sages anci5s de la ,grce1 p> contre1 n'tai5t pas appo9ts p> l',etat4 ,t\t au plus leur r5dait-on p>fois honneur1 comme ,znon1 p> l'attribution d'une c\ronne d'or et d'un tombeau en cramique4 ,je ne saurais dire1 d'une faon gnrale1 si l'on s]t la vrit en montrant la r\te qu'il faut suivre p\r vivre ses dp5s1 c> t\t dp5d de l'espce et de la qualit de l'individu que l'on invite s'engag] sur cette r\te4 ,je p\rrais p>faitem5t imag9] un degr de fi]t et d'e/ime de soi qui p\ss]ait un homme dire ses pro*a9s3 pr5ez so9 de moi2 p\r ma "p1 j'ai mieux faire1 c> j'ai pr5dre so9 de v\s4 ,*ez ,platon et *ez ,s*op5hau] une p>eille gnrosit de s5tim5t et l'expression de cette gnrosit n'tonn]ai5t pas1 c'e/ p\rquoi1 eux1 du mo9s1 p\rrai5t tre philosophes d',univ]sit1 comme ,platon fut l'occasion philosophe de c\r1 sans p\r cela abaiss] la dignit de la philosophie4 ,mais ,kant fut dj1 comme n\s autres savants avons c\tume d'tre1 ple9 d'g>ds et de s\mission dans ses rapports avec l',etat4 ,la gr&eur lui faisait dfaut4 ,a telle enseigne que si la philosophie d',univ]sit tait une fois attaque1 il ne saurait la ju/ifi]4 ,s'il exi/ait des natures qui1 elles1 soi5t capables de la ju/ifi]--des natures telles que ,platon et ,s*op5hau]1--je cra9drais p\rtant une *ose1 c'e/ qu'elles n'en euss5t jamais l'occasion1 p>ce que jamais un ,etat n'os]ait favoris] de p>eils hommes et les plac] dans de telles situations4 ,p\rquoi donc8 ,p>ce que t\s les ,etats les craign5t et qu'ils ne favoris]ont jamais que les philosophes dont ils n'ont pas beso9 d'avoir peur4 ,c> il arrive p>fois que l',etat ait peur des philosophes d'une faon gnrale et c'e/ prcism5t lorsqu'il en e/ a9si qu'il *]*e attir] lui d'autant plus de philosophes qui peuv5t faire croire qu'il a la philosophie de son ct4 ,c> alors il aura de son ct ces hommes qui port5t le nom de la philosophie et qui p\rtant n'inspir5t nullem5t la peur4 ,si p\rtant il se prs5tait quelqu'un qui fasse m9e de mettre la gorge de t\t le monde1 mme de l',etat1 le c\teau de la vrit1 l',etat1 qui ti5t avant t\t affirm] son exi/5ce1 s]ait en droit de l'exclure et de le trait] en ennemi1 de mme qu'il exclut et combat une religion qui se place au-dessus de lui et veut tre juge de ses actes4 ,qu& quelqu'un supporte donc d'tre philosophe p> grce d',etat1 il lui faudra tolr] aussi d'tre considr p> l',etat comme quelqu'un qui a r5onc p\rsuivre la vrit dans t\s les reco9s4 ,du mo9s jusqu'au mom5t o il se tr\v]a favoris et df9itivem5t cas devra-t-il reconnatre qu'au-dessus de la vrit il y a encore autre *ose1 je veux dire l'tat4 ,et non seulem5t l',etat1 mais t\t l'ensemble de ce que l',etat exige p\r son bi5-tre3 p> exemple une =me dt]m9e de la religion1 l'ordre social1 la con/itution de l'arme1 t\tes *oses au-dessus desquelles se tr\ve crit un ,noli me tang]e4 ,un philosophe d',univ]sit s'e/-il jamais r5du compte de t\te l't5due de ses obligations et des re/rictions qu'il doit s'impos]8 ,je n'en sais ri54 ,si quelqu'un l'a fait et s'il e/ nanmo9s re/ fonctionnaire de l',etat1 il a c]ta9em5t t un mauvais ami de la vrit2 s'il ne l'a pas fait1 eh bi56 alors il me semble qu'il n'a pas non plus t un ami de la vrit4 ,ce sont l des scrupules de l'ordre le plus gnral4 ,p\r les hommes tels qu'ils sont ma9t5ant1 vrai dire1 ces scrupules s]ont de peu de poids et p>atront assez indiffr5ts4 ,la plup>t d'entre eux se cont5t]ont de hauss] les paules et de dire3 ,comme si jamais quelque *ose de gr& et de pur avait pu sj\rn] et se ma9t5ir sur cette t]re sans faire de concessions la bassesse huma9e6 ,v\lez-v\s donc que l',etat p]scute le philosophe plutt que de le pr5dre son s]vice en le rtribuant8 ,sans rpondre ds prs5t cette d]nire "q1 j'aj\te seulem5t que ces concessions de la philosophie l',etat vont actuellem5t dj trs lo94 ,premirem5t1 l',etat *oisit des s]viteurs philosophiques selon le nombre qui lui e/ ncessaire p\r ses tablissem5ts2 il se donne donc l'app>5ce d'tre capable de di/+u] entre les bons et les mauvais philosophes2 mieux encore1 il admet que les bons sont en nombre suffisant p\r occup] les *aires dont il dispose4 ,il devi5t ds lors l'autorit compt5te p\r jug] non seulem5t la qualit1 mais encore p\r fix] le *iffre ncessaire de ceux qui sont bons philosophes4 ,deuximem5t1 il oblige ceux qu'il a *oisis au sj\r dans un lieu dt]m91 p>mi des hommes dt]m9s2 il les =ce une activit dt]m9e2 il leur faut in/ruire t\t jeune tudiant qui en manife/e le gt1 et cela quotidi5nem5t1 une heure fixe d'avance4 ,me voil am5 pos] les que/ions suivantes3 ,un philosophe peut-il donc s'engag]1 en bonne consci5ce1 avoir t\s les j\rs quelque *ose enseign]8 ,a l'enseign] devant t\s ceux qui veul5t l'c\t]8 ,ne doit-il pas faire semblant d'en savoir plus qu'il n'en sait8 ,n'e/-il pas =c de p>l] devant un public d'inconnus de *oses dont il ne devrait s'entret5ir sans dang] qu'avec ses amis les plus pro*es8 ,et1 d'une faon gnrale1 ne se prive-t-il pas de la magnifique lib]t qui lui p]met de suivre son gnie qu& son gnie l'appelle et o il l'appelle1 qu& il se voit a/re9t p5s] publiquem5t1 une heure dt]m9e1 en *oisissant des sujets dt]m9s d'avance8 ,et1 cela1 devant des jeunes g5s6 ,un p>eil envol de p5s]s n'e/-il pas1 de prime abord1 en quelque sorte mutil d'avance8 ,que s]ait-ce si1 un j\r1 il se disait qu'il n'e/ capable de ri5 p5s]1 qu'il ne lui vi5t ri5 d'intellig5t et qu'il s]ait nanmo9s =c de se plac] devant son public et de faire semblant de p5s]8 ,mais1 object]a-t-on1 ce philosophe ne doit pas du t\t tre un p5seur1 il doit se cont5t] t\t au plus de rfl*ir et d'expos]2 avant t\t il s]a un connaisseur savant de t\s les p5seurs des temps c\ls2 de ceux-l il p\rra t\j\rs racont] quelque *ose que ses lves ne sav5t pas4 ,c'e/ l prcism5t la troisime concession extrmem5t dang]euse que la philosophie fait l',etat1 qu& elle s'engage vis--vis de celui-ci tre avant t\t et pr9cipalem5t de l'rudition4 ,elle e/ alors1 avant t\t1 la connaissance de l'hi/oire de la philosophie1 t&is que1 p\r le gnie qui1 semblable au pote1 reg>de les *oses naturellem5t et avec am\r et ne sait jamais s'id5tifi] elles1 le f>f\illage dans d'innombrables op9ions trangres et plus ou mo9s absurdes app>at peut-tre comme la t*e la plus +rate et la plus f*euse4 ,l'tude de l'hi/oire du pass ne fut jamais l'affaire du vritable philosophe1 ni aux ,indes1 ni en ,grce4 ,un pr(esseur de philosophie qui s'occupe de semblables travaux doit accept] que l'on dise de lui1 au meilleur cas1 c'e/ un bon philologue1 un bon antiquaire1 un bon polyglotte1 un bon hi/ori51 mais jamais3 c'e/ un philosophe4 ,d'ailleurs1 comme je vi5s de le dire1 au meilleur cas seulem5t1 c> devant la plup>t des travaux savants faits p> des philosophes d',univ]sit1 le philologue a l'impression qu'ils sont mal faits1 que la rigueur sci5tifique leur fait dfaut et qu'il s'en dgage le plus s\v5t un dte/able ennui4 ,qui donc1 p\r ne pr5dre qu'un exemple1 db>rass]a de n\veau l'hi/oire des philosophes grecs de la brume endormante qu'y ont rp&u les travaux savants1 mais pe9e sci5tifiques et malheureusem5t =t ennuyeux de ,ritt]1 de ,br&is et de ,zell]8 ,p\r mon compte1 je prfre lire ,diogne ,larce que ,zell]1 p>ce qu'en celui-l revit du mo9s l'esprit des philosophes anci5s1 t&is qu'en celui-ci on ne s5t ri51 ni cet esprit1 ni aucun autre4 ,et1 en f9 de compte1 qu'importe nos jeunes g5s l'hi/oire de la philosophie8 ,la confession des op9ions doit-elle les dc\rag] d'avoir1 eux aussi1 des op9ions8 ,doiv5t-ils tre in/ruits pr5dre "p aux jubilations provoques p> le *em9 magnifique que n\s avons p>c\ru8 ,doiv5t-ils peut-tre mme appr5dre har et mpris] les philosophes8 ,on s]ait presque t5t de croire qu'il en e/ a9si1 lorsque l'on sait quels supplices sont p\r les tudiants les exam5s de philosophie en vue desquels ils leur faut introduire dans leur malheureux c]veau t\tes les inv5tions folles et absurdes de l'esprit huma91 ct des ides gr&ioses et difficiles saisir4 ,la seule critique d'une philosophie qui soit possible et qui dmontre quelque *ose1 celle qui consi/e essay] si l'on peut vivre con=mm5t cette philosophie1 n'a jamais t enseigne dans les univ]sits1 o l'on se cont5te de faire une critique des p>oles en p>oles4 ,qu'on s'imag9e donc un jeune c]veau1 sans gr&e expri5ce de la vie1 qui devra emmagas9] ple-mle c9quante sy/mes rduits un c]ta9 nombre de mots et c9quante critiques de ces sy/mes4 ,quel ds]t6 quel *aos6 quelle insulte l'ducation en vue de la philosophie6 de fait1 l'on av\e que l'on n'ent5d nullem5t duqu] en vue de la philosophie1 mais simplem5t en vue d'un exam5 sur des matires philosophiques4 ,le rsultat de cet exam51 c'e/ gnralem5t1 comme on le sait1 l'aveu du c&idat s\mis l'preuve--et quelle preuve6--qui1 qu& il e/ au b\t de ses pe9es1 s'crie3 ,dieu soit l\ que je ne sois pas philosophe1 mais *rti5 et citoy5 de mon pays6 ,qu'e/-ce dire8 ,ce s\pir de s\lagem5t ne s]ait-il pas v\lu p> l',etat1 et l'ducation philosophique n'aurait-elle d'autre b que de dt\rn] de la philosophie8 ,qu'on se dem&e donc s'il n'en e/ pas a9si4 ,si c'tait le cas1 il n'y aurait qu'une *ose cra9dre1 c'e/ que la jeunesse s'ap]oive un j\r du mauvais usage que l'on fait de la philosophie4 ,le b lev que l'on prt5d p\rsuivre1 la cration du gnie philosophique1 ne s]ait-il qu'un prtexte8 ,le b vritable ne s]ait-il pas1 au contraire1 d'emp*] cette cration8 ,le s5s de l'tude t\rn]ait en son contre-s5s8 ,alors1 malheur l'*afaudage dress p> la sagesse de l',etat et la sagesse des pr(esseurs6 ,t\t cela aurait-il dj f9i p> s'bruit]8 ,je n'en sais ri51 mais1 ce qui e/ c]ta91 c'e/ que la philosophie d',univ]sit e/ tombe dans un discrdit gnral4 ,cela ti5t en p>tie ce fait qu'actuellem5t les *aires univ]sitaires sont occupes p> une gnration dbile1 et ,s*op5hau]1 s'il avait crire auj\rd'hui son trait sur la ,philosophie univ]sitaire1 n'aurait pas eu beso9 d'une massue1 mais1 p\r va9cre1 une baguette lui et suffi4 ,cette gnration e/ compose des hriti]s et des desc5dants de ces faux-p5seurs dont les ttes l'env]s reur5t ses c\ps4 ,ils ont assez l'air de n\rrissons et de na9s p\r faire p5s] ce v]set de l',inde3 ,c'e/ d'aprs leurs actes que naiss5t les hommes1 sots1 muets1 s\rds1 dif=mes4 ,ces pres mrit5t une p>eille desc5dance1 con=mm5t leurs actes1 comme dit le v]set4 ,il faut donc croire que la jeunesse acadmique se tir]a c]ta9em5t bi5tt d'affaire sans la philosophie que l'on enseigne ses univ]sits et que les g5s qui n'app>ti5n5t pas aux milieux univ]sitaires s'en pass5t dj aism5t4 ,que *acun songe donc ses propres annes d'tudiant4 ,p\r moi1 p> exemple1 les philosophes acadmiques tai5t des hommes p>faitem5t indiffr5ts1 je les t5ais p\r des g5s qui accommodai5t leur usage les rsultats des autres sci5ces1 qui1 durant leurs heures de loisirs1 lisai5t les j\rnaux et frqu5tai5t les conc]ts et que leurs collgues acadmiques traitai5t du re/e avec un mpris agrablem5t masqu4 ,on les supposait trs ignorants1 t\j\rs prts se tir] d'emb>ras p> une t\rnure de phrase qui obscurcissait leur p5se1 de faon faire illusion sur leur savoir4 ,ils se t5ai5t donc de prfr5ce dans ces endroits crpusculaires1 o un homme au reg>d limpide ne saurait sj\rn] longtemps4 ,l'un s\lve contre les sci5ces naturelles l'objection qu'aucune n'e/ capable d'expliqu] compltem5t le problme lm5taire de la vie et en conclut qu'elles lui sont t\tes indiffr5tes4 ,un autre prt5d que l'hi/oire n'apporte ri5 de n\veau celui qui a des ides4 ,bref1 ils tr\v5t t\j\rs des raisons qui leur font e/im] qu'il e/ plus philosophique de ne ri5 savoir que d'appr5dre quelque *ose4 ,mais1 qu& ils se rsgn5t appr5dre1 ils ont t\j\rs la t5dance secrte d'*app] aux sci5ces p\r fond] un doma9e obscur dans une de ses lacunes ou de ses rgions inexplores4 ,c'e/ a9si qu'ils prcd5t la sci5ce seulem5t la faon du gibi] qui e/ t\j\rs devant le *asseur qui c\rt aprs lui4 ,dans ces d]ni]s temps1 ils se plais5t affirm] qu'ils ne sont en somme que les g>de-frontires et les guetteurs de la sci5ce4 ,ils s'appui5t en p>ticuli] sur la doctr9e de ,kant1 dont ils s'appliqu5t faire un oiseux scepticisme qui n'intress]a bi5tt plus p]sonne4 et l1 l'un d'entre eux s'lve encore jusqu' un petit sy/me mtaphysique1 mais le seul rsultat qu'il en tire c'e/ qu'il e/ pris de v]tige1 de maux de tte et de saignem5ts de nez4 ,aprs avoir si s\v5t manqu le voyage dans la brume et les nuages1 aprs avoir t *aque in/ant pris p> les *eveux et ram5 aux ralits p> un rude disciple tte dure de la vraie sci5ce1 il ne re/e plus sur son visage que l'expression habituelle de l'homme timor et du *i5 battu4 ,ils ont compltem5t p]du la joyeuse esprance1 au po9t qu'aucun d'eux ne fait plus un pas p\r complaire sa philosophie4 ,autrefois1 quelques-uns p5sai5t p\voir inv5t] de n\velles religions ou remplac] des sy/mes anci5s p> le leur4 ,ma9t5ant une p>eille prsomption s'e/ loigne d'eux2 ils sont gnralem5t g5s pieux1 timides et obscurs1 on ne les tr\ve jamais braves comme ,lucrce1 ni indigns de l'oppression qui a pes sur les hommes4 ,on n'appr5d plus non plus *ez eux p5s] logiquem5t et1 dans une ju/e apprciation de leurs =ces1 ils ont cess leurs habituelles disputations4 ,sans d\te1 du ct des sci5ces spciales e/-on ma9t5ant plus logique1 plus prud5t1 plus mode/e et plus inv5tif2 bref1 t\t s'y passe d'une faon plus philosophique que *ez les prt5dus philosophes4 ,t\t le monde appr\v]a donc ,bagehot1 cet ,anglais sans prjugs1 qu& il dit des con/ructeurs actuels de sy/mes3 ,qui donc n'e/ pas conva9cu d'avance que leurs prmisses conti5n5t un s+uli] mlange de vrit et d'erreur et que cela ne vaut pas la pe9e de rfl*ir aux consqu5ces qu'ils prs5t5t8 ,ce que ces sy/mes ont de complet attir]a peut-tre la jeunesse et impressionn]a les g5s sans expri5ce1 mais les hommes faits ne s'en laiss]ont po9t bl\ir4 ,ceux-ci sont t\j\rs prts accueillir favorablem5t les indications et les conjectures et la plus petite vrit tr\ve *ez eux bon accueil4 ,mais un gros livre rempli de philosophie dductive appelle la mfiance4 ,d'innombrables pr9cipes ab/raits1 et dont la dmon/ration fait dfaut1 sont htivem5t rassembls p> des g5s l'imag9ation vive et mobile et soigneusem5t tirs en longueur dans des livres et des ?ories qui doiv5t s]vir expliqu] le monde enti]4 ,mais le monde ne se proccupe pas de ces ab/ractions1 ce qui n'e/ pas tonnant1 vu qu'elles se contr$is5t les unes les autres4 ,si1 autrefois1 les philosophes1 surt\t en ,allemagne1 tai5t plongs dans une si pr(onde mditation qu'ils c\rai5t sans cesse le dang] de donn] de la tte contre une p\tre1 il n'en e/ plus de mme auj\rd'hui4 ,on les fait accompagn]1 comme ,swift le raconte des ,liliputi5s1 d'une b&e de j\eurs de crcelle1 capable de leur assn] de temps en temps un c\p lg] sur les yeux ou ailleurs4 ,il se peut que ces c\ps soi5t p>fois trop rudes2 alors les extatiques s'oubli5t jusqu' les r5dre1 ce qui f9it t\j\rs leur plus gr&e honte4 ,ne vois-tu donc pas la p\tre1 imbcile6 s'crie le j\eur de crcelle4 ,et1 de fait1 le philosophe s'ap]oit du dang] qui le m5ace et1 aussitt1 il s'ad\cit4 ,ces j\eurs de crcelle1 ce sont les sci5ces naturelles et les tudes hi/oriques4 ,ils ont peu peu intimid la rvass]ie allem&e et les p]sonnes du mti] que l'on a si s\v5t confondus avec la philosophie1 au po9t que ces rvasseurs ne dem&]ai5t pas mieux ma9t5ant que d'ab&onn] la t5tation de m>*] t\t seuls4 ,mais1 qu& ils se jett5t l'improvi/e dans les bras des j\eurs de crcelle ou qu'ils essay5t une mise en tutelle qui consi/e se mettre eux-mmes la remorque1 ceux-ci font aussitt autant de bruit que possible1 comme s'ils v\lai5t dire3 ,il ne manqu]ait plus que cela6 ,un p>eil rvasseur veut n\s salir les sci5ces naturelles et les tudes hi/oriques4 ,enlevez-le6 ,alors ils s'en vont de n\veau1 trbu*ant en arrire1 v]s leur propre p]plexit et leur propre inc]titude4 ,a t\t prix ils veul5t avoir entre les ma9s un peu de sci5ce naturelle1 un peu de psy*ologie empirique1 comme les p>tisans d',h]b>t1 t\t prix aussi un peu d'hi/oire4 ,alors ils peuv5t au mo9s faire semblant publiquem5t de s'occup] d'une faon sci5tifique1 bi5 que dans leur = intrieur ils envoi5t au diable t\te philosophie et t\te sci5ce4 ,mais1 en admettant que cette nue de mauvais philosophes soit ridicule--et qui donc ne l'admettra pas8--dans quelle mesure peuv5t-ils aussi tre considrs comme dang]eux8 ,p\r le dire en deux mots3 p> le fait qu'ils font de la philosophie une *ose ridicule4 ,tant que subsi/]a la ca/e des faux p5seurs reconnus p> l',etat1 t\te action en gr& d'une philosophie vritable s]a r5due va9e ou du mo9s entrave1 et cela simplem5t p> la maldiction du ridicule que se sont attir les reprs5tants de cette gr&e cause1 et qui t\*e la cause elle-mme4 ,une des rev5dications de la culture consi/e prcism5t s\/raire la philosophie t\t contrle de l',etat et de l',univ]sit et d'vit] ceux-ci la t*e insoluble de di/+u] entre la philosophie vraie et la philosophie app>5te4 ,laissez donc les philosophes p5s] en lib]t1 refusez-leur t\te p]spective d'une situation1 t\t espoir de pr5dre rang dans une position sociale1 ne les /imulez pas p> un traitem5t2 mieux encore3 p]scutez-les1 reg>dez-les avec dfaveur et v\s assi/]ez des *oses miraculeuses6 ,alors ils se disput]ont p\r tr\v] asile et l1 les pauvres philosophes app>5ts6 ,l'un tr\v]a une cure pa/orale1 l'autre un po/e d'in/ituteur2 celui-l ira se f\rr] dans la rdaction d'un j\rnal1 un autre crira des livres classiques p\r p5sionnats de jeunes filles4 ,le plus raisonnable s'attelle la *>rue1 le plus vaniteux ira la c\r4 ,la place s'e/ a9si vide comme p> en*antem5t1 les oiseaux ont quitt leur nid1 c> il e/ facile de se db>rass] des mauvais philosophes1 il suffit de ne pas leur accord] de faveurs4 ,en t\s les cas1 il vaut mieux suivre cette vie-l que de patronn] une philosophie quelconque1 quelle qu'elle soit1 en lui donnant publiquem5t le patronage de l',etat4 ,l',etat s'e/ t\j\rs peu s\ci de la vrit1 ce qui lui importe1 c'e/ la vrit utile1 plus exactem5t t\te espce d'utilit1 que ce soit la vrit1 la demi-vrit ou l'erreur4 ,une alliance entre l',etat et la philosophie n'a donc un s5s que lorsque la philosophie peut promettre qu'elle s]a directem5t utile l',etat1 c'e/--dire qu'elle place la raison d',etat plus haut que la vrit4 ,il e/ vrai que si l',etat p\vait galem5t mettre a son s]vice et sa solde la vrit1 ce s]ait p\r lui *ose m]veilleuse4 ,mais il sait =t bi5 que c'e/ l'ess5ce mme de la vrit de ne jamais r5dre de s]vice1 de ne jamais accept] de solde4 ,dans ce qu'il possde1 il ne possde donc que la fausse vrit1 une p]sonne affuble d'un masque1 et celle-ci ne peut malheureusem5t pas lui r5dre le s]vice qu'il att5drait de la vrit vraie1 savoir une sanction et une sanctification4 ,qu& un pr9ce du moy5-ge v\lait tre nomm p> le pape et qu'il n'y russissait pas1 il nommait un anti-pape1 qui lui r5dait alors ce s]vice4 ,cela p\vait russir jusqu' un c]ta9 po9t2 mais p\r l',etat mod]ne1 il n'y a pas moy5 d'in/itu] une anti-philosophie qui le lgitim]ait2 c>1 avant comme aprs1 il aurait contre lui la vraie philosophie et il l'aurait ma9t5ant plus que jamais4 ,je crois srieusem5t qu'il vaut mieux p\r l',etat ne pas s'occup] du t\t de philosophie1 ne ri5 lui dem&] et1 tant qu'il e/ possible1 la laiss] tranquille1 comme s'il s'agissait de quelque *ose que lui e/ indiffr5t4 ,tant que les rapports n'en re/5t pas cette indiffr5ce1 si la philosophie devi5t p\r l',etat dang]euse et agressive1 qu'il la p]scute444 ,le seul intrt que puisse avoir l',etat au ma9ti5 de l',univ]sit1 c'e/ de dress]1 p> son canal1 des citoy5s dv\s et utiles4 ,ils devrai5t donc y rfl*ir deux fois avant de mettre en "q ce dv\em5t et cette utilit p> ce fait qu'il exige des jeunes g5s un exam5 de philosophie4 ,p\r les c]veaux p>esseux et incapables c'e/ peut-tre le vritable moy5 de rebut] ceux-ci de leurs tudes que de faire de la philosophie la t]reur des exam5s4 ,mais cet avantage ne saurait comp5s] le prjudice qu'occasionne une jeunesse tmraire et turbul5te une p>eille occupation =ce4 ,les lves appr5n5t connatre des livres df5dus1 ils comm5c5t critiqu] leurs matres et f9iss5t p> s'ap]cevoir du b que p\rsuit la philosophie d'univ]sit a9si que les exam5s qu'elle ncessite1 p\r ne po9t p>l] des scrupules qui peuv5t natre cette occasion *ez les jeunes ?ologi5s1 et dont le rsultat e/ de faire disp>atre peu peu ceux-ci en ,allemagne1 comme dans le ,tyrol les b\quet9s4 ,je connais =t bi5 les objections que l',etat aurait pu faire t\tes ces considrations tant que la va/e philosophie hgli5ne croissait encore dans t\tes les campagnes4 ,mais ma9t5ant que la grle a dtruit cette moisson et que de t\tes les promesses que l'on s'en faisait nagure il ne re/e plus ri5 que des gr5i]s vides1 on prfre ne plus ri5 object] et l'on se dt\rne de la philosophie4 ,on ti5t ma9t5ant la puissance4 ,du temps de ,hegel on se cont5tait d'aspir] l'avoir4 ,c'e/ l une gr&e diffr5ce4 ,l',etat n'a plus beso9 de la sanction p> la philosophie1 c'e/ p\rquoi celle-ci e/ dev5ue p\r lui inutile4 ,lorsqu'il n'entreti5dra plus des *aires aux ,univ]sits1 ou lorsqu'il se cont5t]a1 ce que je prvois p\r les temps pro*a9s1 de les entret5ir seulem5t en app>5ce et avec mollesse1 il ne p\rra qu'en tir] pr(it4 ,mais ce qui me p>at plus important1 c'e/ que l',univ]sit1 elle aussi1 y v]ra un avantage4 ,j'e/ime du mo9s qu'un sanctuaire de sci5ce vritable doit tr\v] avantage tre libr de t\te communaut avec la demi-sci5ce et les qu>ts de sci5ce4 ,au re/e1 l'e/ime o l'on ti5t les ,univ]sits e/ trop s+ulire p\r que l'on ne doive pas s\hait] p> pr9cipe l'lim9ation de discipl9es que les univ]sitaires eux-mmes e/im5t peu4 ,ceux qui n'app>ti5n5t pas aux milieux acadmiques ont des raisons suffisantes p\r t5ir les ,univ]sits en assez mdiocre e/ime4 ,ils leur repro*5t leur l*et et con/at5t que les petites ,univ]sits ont peur des gr&es et que les gr&es craign5t l'op9ion publique4 ,ils les blm5t encore de ne pas tre au premi] rang dans t\tes les que/ions de haute culture1 mais de suivre seulem5t pniblem5t et d'une faon t>dive4 ,elles n'obs]v5t pas les vritables c\rants fondam5taux des sci5ces notoires4 ,c'e/ a9si qu'on se livre p> exemple aux tudes l+ui/iques avec plus d'ardeur que jamais1 sans e/im] ncessaire p\r soi-mme une discipl9e rig\reuse du /yle et du disc\rs4 ,l'antiquit indi5ne ouvre ses portes et les spciali/es qui l'ont tudie possd5t pe9e p\r l'uvre incomp>able des ,h9d\s1 p\r leur philosophie1 une comprh5sion suprieure celle que peut avoir un animal en face d'une lyre4 ,et p\rtant ,s*op5hau] affirme que la connaissance de la philosophie h9d\e e/ le plus gr& avantage que notre sicle ait sur les prcd5ts4 ,l'antiquit classique e/ dev5ue une antiquit quelconque et n'a plus ri5 de classique et de digne de s]vir d'exemple4 ,ses disciples le dmontr5t4 ,ils ne peuv5t vraim5t pas pass] p\r des hommes dont l'exemple doit tre suivi4 ,o donc a pass l'esprit de ,frdric-,augu/e ,wolf1 dont ,franz ,pass[ p\vait dire qu'il app>aissait comme un esprit vraim5t patriotique1 vraim5t huma91 qui aurait au beso9 la =ce de mettre en eff]vesc5ce et d'inc5di] t\te une p>tie du monde8 ,o un p>eil esprit a-t-il pass8 ,p> contre l'esprit des j\rnali/es s'introduit de plus en plus dans les ,univ]sits et il n'e/ pas r>e qu'il pr5ne le masque de la philosophie4 ,un dbit plat et f>d2 ,fau/ et ,na?an le ,sage sans cesse sur les lvres2 le langage et les op9ions de nos rpugnantes gazettes littraires2 aj\tez cela1 dans ces temps d]ni]s1 des bav>dages sur notre sa9te musique allem&e et la rev5dication de *aires magi/rales p\r ,s*ill] et ,g!3 de p>eils indices suffis5t faire p5s] que l'esprit univ]sitaire comm5ce se confondre avec l'esprit du temps4 ,dans ces conditions1 il me p>at extrmem5t important qu'en dehors des ,univ]sits il se cre un tribunal suprieur qui surveille et juge aussi ces in/itutions p> rapport la culture qu'elles prt5d5t rp&re4 ,aussitt que la philosophie s]a lim9e des ,univ]sits et que de la sorte elle se purifi]a de t\s les g>ds et de t\s les mal5t5dus indignes d'elle1 elle ne p\rra pas tre autre *ose qu'un p>eil tribunal4 ,sans p\voirs confrs p> l',etat1 sans rtributions et honneurs1 elle saura faire son s]vice1 libre de l'esprit du temps aussi bi5 que de la cra9te inspire p> le temps1 en un mot1 vivre comme a vcu ,s*op5hau]1 en juge de la prt5due culture qui l'ent\re4 ,de cette faon le philosophe e/ capable d'tre galem5t utile l',univ]sit1 condition qu'il ne s'amalgame pas avec elle1 mais qu'il la considre en se t5ant firem5t di/ance4 ,mais1 en f9 de compte1 que n\s importe l'exi/5ce d'un ,etat1 l'enc\ragem5t des ,univ]sits1 qu& il s'agit avant t\t de l'exi/5ce de la philosophie sur la t]re6 ,ou bi5 encore1 p\r ne laiss] aucun d\te sur mon s5tim5t1 qu& il importe inf9im5t plus qu'un philosophe naisse sur la t]re1 que si un ,etat ou une ,univ]sit cont9uai5t subsi/]6 ,dans la mesure o la s]vilit devant l'op9ion publique et les dang]s que c\rt la lib]t augm5t5t1 la dignit de la philosophie peut se relev]4 ,elle tait son niveau le plus lev1 qu& la ,rpublique roma9e sombrait dans des cataclysmes1 et l'poque impriale1 o le nom de la philosophie et celui de l'hi/oire dev5ai5t +rata pr9cipibus nom9a4 ,brutus (fre une meilleure preuve de sa noblesse que ,platon2 c'tait l'poque o l'?ique cessait d'avoir des lieux communs4 ,si l'on con/ate que la philosophie n'e/ plus trs e/ime auj\rd'hui1 il suffit de se dem&] p\rquoi il n'y a plus de gr&s capita9es1 de gr&s hommes d',etat qui s'en dis5t les disciples4 ,c'e/ p>ce que1 au mom5t o ceux-ci *]*ai5t une philosophie1 ils ne r5contrai5t s\s son nom qu'un faible fantme1 une sagesse de pr(esseur1 l'allure savante1 une circonspection de pr(esseur1 en un mot1 p>ce que la philosophie a vite fait de dev5ir p\r eux une *ose ridicule4 ,et p\rtant1 elle devrait tre p\r eux une *ose t]rible et les hommes qui sont appels *]*] la puissance devrai5t savoir quelle s\rce d'hrosme c\le en elle4 ,qu'un ,amrica9 leur dise quelle e/ l'importance d'un gr& p5seur qui vi5t sur cette t]re comme un c5tre n\veau de =ces =midables4 ,pr5ez vos prcautions1 dit ,em]son1 qu& le gr& ,dieu fait v5ir un p5seur sur notre plante1 t\t e/ alors en dang]4 ,c'e/ comme si un inc5die clate dans une gr&e ville et que t\t le monde ignore ce qui se tr\ve encore en scurit et o le cataclysme pr5dra f94 ,il n'y a ri5 alors1 dans les sci5ces1 qui le l5dema9 ne p\rrait tre t\rn en son contraire2 il n'y a plus ni rputation littraire ni clbrit bi5 assise2 t\tes les *oses qui1 cette heure1 sont *res et prcieuses p\r l'homme ne le sont qu'au bnfice de l'ide qui s'e/ leve leur horizon intellectuel et qui sont conditionnes dans l'ordre des *oses actuel1 comme l'arbre porte son fruit4 ,un n\veau degr de culture s\mettrait in/antanm5t un b\lev]sem5t t\t le sy/me des aspirations huma9es4 ,or1 si de p>eils p5seurs sont dang]eux1 il app>at clairem5t p\rquoi nos p5seurs acadmiques ne le sont pas1 c> leurs ides se dvelopp5t paisiblem5t dans la r\t9e1 de la mme faon que jamais arbre porta ses fruits4 ,ils n'effray5t po9t1 ils ne font ri5 sortir de ses gonds et1 de t\te leur activit on p\rrait dire ce qu'objecta ,diogne lorsqu'on l\a un philosophe devant lui3 ,qu'a-t-il donc montr] de gr&1 lui qui s'e/ si longtemps adonn la philosophie sans jamais attri/] p]sonne8 ,en effet1 il faudrait mettre en pitaphe sur la tombe de la philosophie d',univ]sit3 ,elle n'a attri/ p]sonne4 ,mais c'e/ l plutt la l\ange d'une vieille femme que d'une desse de la sagesse et il ne faut pas s'tonn] si ceux qui ne connaiss5t cette desse que s\s les traits d'une vieille femme sont trs peu hommes eux-mmes et si1 comme de ju/e1 les hommes puissants ne ti5n5t plus compte d'eux4 ,s'il en e/ cep5dant a9si de nos j\rs1 la v]tu de la philosophie e/ f\le aux pi$s4 ,il semble bi5 qu'elle soit elle-mme dev5ue quelque *ose de ridicule et d'indiffr5t1 de sorte que t\s ses vrais amis ont le devoir de tmoign] contre une p>eille mprise et de montr] du mo9s que ce sont seulem5t ces faux s]viteurs et ces indignes dignitaires de la philosophie qui sont ridicules et indiffr5ts4 ,mieux encore1 qu'ils fass5t eux-mmes la preuve p> l'action que l'am\r de la vrit e/ quelque *ose de t]rible et de =midable4 ,ceci et cela ,s*op5hau] l'a dmontr et il le dmontr]a mieux de j\r en j\r4 ,,notes3 #a ,nietzs*e cite d'aprs une traduction4 ,voici le passage exact de ,montaigne3 ,il me fait dfaut d'tre si =t expos au pillage de ceux qui le hant5t ,plut>que2 je ne le puis si peu racco9t]1 que je ne tire cuisse ou aile4 ,voir les ,essais1 livre ,,iii1 *apitre ,v 7,sur des v]s de ,virgile74 ,edition ,*>p5ti]1 tome ,,iii1 page #ddf4 ,,ri*>d ,,wagn] ,a ,,bayreu? #a4 ,p\r qu'un vnem5t ait un c>actre de gr&eur1 deux conditions doiv5t se tr\v] runies3 l'lvation du s5tim5t *ez ceux qui l'accompliss5t et l'lvation du s5tim5t *ez ceux qui en sont les tmo9s4 ,p> lui-mme aucun vnem5t n'e/ gr&4 ,lors mme que des con/ellations entires disp>atrai5t1 que des gu]res dva/atrices absorb]ai5t des =ces imm5ses1 t\j\rs le v5t de l'hi/oire pass]ait l-dessus1 p\r t\t disp]s] comme de lg]s flocons4 ,mais il arrive aussi qu'un homme puissant frappe un c\p qui tombe sur une ro*e sans y laiss] de trace4 ,on p]oit un *o bref et sonore1 puis plus ri54 ,aussi l'hi/oire ne sait-elle presque ri5 dire au sujet de p>eils vnem5ts1 dont l'ef=t a t p\r a9si dire bris4 ,celui qui e/ capable de prv5ir un vnem5t se dem&e donc avec inquitude si ceux qui vont y assi/] en s]ont vritablem5t dignes4 ,ds que l'on agit1 aussi bi5 dans les gr&es que dans les petites *oses1 on compte t\j\rs que la rceptivit correspondra l'action4 ,que celui qui veut donn] veille tr\v] des pr5eurs qui soi5t capables de compr5dre quel e/ le s5s de ses dons4 ,l'acte isol1 fut-il mme celui d'un gr& homme1 e/ dp\rvu de gr&eur1 lorsqu'il e/ bref1 m\ss et /rile2 c>1 au mom5t mme o cet homme l'a accompli1 il ne possdait c]ta9em5t pas la conviction pr(onde qu'il tait ncessaire4 ,il n'avait pas vis avec assez de ju/esse2 il n'avait pas assez reconnu ni *oisi son heure4 ,le has>d s'tait r5du matre de lui1 alors qu'au contraire1 tre gr& et savoir di/+u] ce qui e/ ncessaire sont deux qualits insp>ables4 ,or1 ce qui se dr\le actuellem5t ,bayreu? e/-il opportun et ncessaire8 ,n\s laissons volonti]s le so9 de rs\dre cette "q ceux qui s'avis]ai5t de mettre en d\te1 *ez ,wagn]1 l'in/9ct de l'opportunit4 ,p\r n\s1 qui sommes anims d'une plus gr&e confiance1 il p>at vid5t que ,wagn] a foi en la gr&eur de son uvre1 autant qu'il croit l'lvation de s5tim5t de ceux qui vont y assi/]4 ,il faut se s5tir fi] d'tre l'objet de cette foi1 c> ,wagn] ne s'adresse pas t\s1 il ne place pas son espoir dans t\te la gnration actuelle1 dans t\t le peuple allem& d'auj\rd'hui4 ,il l'a dit lui-mme dans son disc\rs d'inauguration du #bb mai #ahgb et il n'y a p]sonne p>mi n\s qui ait pu s\lev] une objection1 dans un s5s plus optimi/e4 ,je n'avais que v\s1 disait alors ,wagn]1 v\s les amis de mon art p>ticuli]1 de mon travail et de mon activit les plus p]sonnels4 ,a v\s seuls je p\vais m'adress] p\r que mon uvre ft accueillie avec sympa?ie4 ,je p\vais v\s dem&] de m'aid] dans mon entreprise1 af9 de p\voir prs5t] celle-ci pure et s\s son aspect vritable ceux qui faisai5t preuve d'un p5*ant srieux p\r mon art1 bi5 que cet art ne pt leur tre prs5t jusqu' prs5t que s\s une =me impure et dfigure4 ,sans d\te qu' ,bayreu? le spectateur lui-mme e/ un spectacle digne d'tre contempl4 ,un esprit obs]vateur et sage qui pass]ait d'un sicle dans un autre p\r comp>] entre elles les manife/ations notoires de la civilisation y tr\v]ait ma9t sujet d'obs]vation4 ,il se s5tirait ncessairem5t transport s\da9 dans un c\rant plus *aud1 tel un nageur qui s'bat dans un lac et qui entre dans le jaillissem5t d'une s\rce d'eau *aude4 ,il se dit qu'elle a son orig9e dans les bas-fonds4 ,l'lm5t qui l'environne ne suffit pas en expliqu] l'orig9e1 c> il e/ t\t de surface4 ,de mme1 t\s ceux qui pr5n5t "p aux ftes de ,bayreu? s]ont considrs comme n'app>t5ant pas une poque4 ,ils se sont cr une patrie ailleurs que dans le temps et ils tr\v5t ailleurs leur raison d'tre et leur ju/ification4 ,p\r ma "p1 j'ai t\j\rs mieux compris que l'homme cultiv1 p\r autant qu'il e/ en t\tes *oses le produit des temps prs5ts1 ne peut s'appro*] que p> la p>odie de t\t ce que ,wagn] fait et p5se--et t\t ceci a t en effet p>odi--et que1 de mme p\r t\t ce qui t\*e l'vnem5t de ,bayreu?1 ils ne vont le reg>d] qu' la lueur de la lant]ne =t peu magique de nos mauvais railleurs du j\rnalisme4 ,encore faut-il s'e/im] heureux qu& ils s'en ti5n5t la p>odie4 ,celle-ci dgage un esprit d'loignem5t et d'animosit1 qui s]ait capable d'avoir rec\rs des faons et des voies bi5 autrem5t dang]euses et qui s'en e/ dj s]vi l'occasion4 ,cette acc5tuation et cette t5sion extraord9aire des contra/es n'*app]ai5t pas non plus cet obs]vateur de la culture dont n\s p>lons plus haut4 ,qu'un individu isol au c\rs d'une vie ord9aire puisse crer quelque *ose d'absolum5t n\veau1 ce fait p\rrait bi5 rvolt] t\s ceux qui tabl5t1 comme sur une espce de loi morale1 sur la ncessit rgulire de t\te volution4 ,ils sont l5ts eux-mmes et exig5t la l5teur *ez les autres4 ,or1 ici1 ils se tr\v5t en prs5ce d'un homme qui progresse trs rapidem5t2 ils ne sav5t pas comm5t il s'y pr5d et ils lui en veul5t cause de cela4 ,p\r une entreprise comme celle de ,bayreu? il n'y eut jamais ni signes prcurseurs1 ni transitions1 ni int]mdiaires2 ,wagn] seul connaissait le b et le long *em9 qui p\vait y conduire4 ,cette entreprise e/ comme le premi] voyage aut\r du monde dans le royaume de l'art et il semble bi5 que non seulem5t un art n\veau fut dc\v]t1 mais l'art lui-mme4 ,p> l t\s les arts mod]nes connus jusqu' ce j\r app>aiss5t comme tiols dans leur solitude1 ou comme des arts de luxe moiti dmontiss4 ,mme les s\v5irs inc]ta9s et dc\sus d'un art vritable que n\s autres mod]nes n\s t5ions des ,grecs peuv5t s'effac] ma9t5ant1 dans la mesure o ils ne sont pas mme de rayonn] s\s l'empire d'une n\velle int]prtation4 ,p\r un gr& nombre de *oses le mom5t e/ v5u de m\rir1 c> cet art n\veau e/ un art visionnaire1 qui prvoit une ru9e dont les arts seuls ne s]ont pas atte9ts4 ,son ge/e av]tisseur doit tr\bl] pr(ondm5t t\te notre civilisation actuelle1 ds l'in/ant que se tais5t les rires ironiques qu'il avait s\levs p> ses p>odies4 ,laissons-le donc j\ir du peu de temps qui lui re/e encore p\r le rire et la joie4 ,quant n\s1 disciples de l'art ressuscit1 n\s aurons le temps et la volont d'tre srieux1 pr(ondm5t srieux6 ,t\t le bav>dage et t\t le bruit que la civilisation a fait ent5dre jusqu' prs5t au sujet de l'art doiv5t n\s faire ma9t5ant l'effet d'un empressem5t impud5t4 ,n\s devons n\s faire un devoir du sil5ce1 du sil5ce dont les ,py?agorici5s faisai5t vu p\r c9q ans4 ,qui de n\s n'aurait pas s\ill ses ma9s et son cur au contact de l'idoltrie honteuse de la culture mod]ne4 ,qui n'aurait beso9 des eaux lu/rales8 ,qui p\rrait ne pas ent5dre la voix qui lui crie3 tais-toi et sois pur6 ,se taire et tre pur6 ,ce n'e/ qu'en tant que n\s sommes de ceux qui ent5d5t cette voix que n\s s]a accord le reg>d s\v]a9 dont n\s avons beso9 p\r contempl] l'vnem5t de ,bayreu?4 ,et c'e/ de ce reg>d seul que dp5d le gr& av5ir de cet vnem5t4 ,lorsqu'en ce j\r de mai de l'anne #ahgb la premire pi]re eut t pose sur la coll9e de ,bayreu?1 alors que le ciel tait sombre et que la pluie tombait torr5ts1 ,wagn] monta en voiture avec quelques-uns d'entre n\s1 p\r regagn] la ville2 il se taisait et le long reg>d qui semblait plong] en lui-mme lui donnait une expression que les p>oles ne saurai5t r5dre4 ,ce j\r-l il entrait dans sa soixantime anne4 ,t\t ce qui lui tait arriv jusque-l n'tait que la prp>ation de ce mom5t4 ,on sait qu'en face d'un gr& dang] ou d'une dcision importante p\r leur exi/5ce1 c]ta9s hommes peuv5t1 au moy5 d'une vision intrieure inf9im5t acclre1 faire repass] devant leurs yeux leur exi/5ce t\t entire1 et en reconnatre1 avec une r>e prcision1 les dtails les plus loigns1 comme les plus rappro*s4 ,qui p\rra n\s dire ce qui se dr\la dans l'imag9ation d',alex&re lorsqu'il fit boire l',europe et l',asie dans la mme c\pe8 ,mais ce que ,wagn] contempla ce j\r-l de son reg>d intrieur--comm5t il *oisit1 ce qu'il e/ et ce qu'il s]a1--n\s1 ses plus pro*es1 n\s p\vons en une c]ta9e mesure le revoir une seconde fois2 et ce n'e/ qu'en voyant avec l'il de ,wagn] que n\s p\rrons compr5dre n\s-mmes sa gr&e action1 p\r n\s port] g>ants de sa fcondit1 l'aide de cette comprh5sion4 #b4 ,si ce que quelqu'un sait le mieux et fait le plus volonti]s ne laissait une empre9te visible sur t\te l'ori5tation de sa vie1 ce s]ait l un phnomne bi5 s+uli]4 ,t\t au contraire1 *ez les hommes rem>quablem5t d\s1 la vie ne prs5t]a pas seulem5t l'image du c>actre1 comme c'e/ le cas *ez t\t le monde1 mais avant t\t l'image de l'intellig5ce et de ses aptitudes les plus p]sonnelles4 ,l'exi/5ce du pote pique ti5dra de l'pope1 comme c'e/ le cas de ,g!1--soit dit en passant de ,g!1 *ez qui les ,allem&s se sont habitus1 bi5 tort1 voir surt\t le pote lyrique2--l'exi/5ce du pote dramatique ti5dra du drame4 ,l'lm5t dramatique ne peut tre mconnu dans le dveloppem5t de ,wagn]1 ds le mom5t o sa passion dom9ante pr5d consci5ce d'elle-mme et s'emp>e de son tre t\t enti]4 ,a p>tir de l il se db>rasse des ttonnem5ts1 des errem5ts1 il t\ffe l'exubrance p>asitaire des rejetons2 et p>t\t1 dans ses voies et ses volutions les plus compliques1 dans les c\rbes les plus av5tureuses de ses projets1 rgne une loi1 une volont unique et intime1 qui suffit les expliqu]1 quelque s+ulires que sembl]ont ses explications4 ,cep5dant1 il y eut dans l'exi/5ce de ,wagn] une priode que l'on peut appel] prdramatique3 son enfance1 sa jeunesse1 dont on ne peut p>l] sans r5contr] de nombreux problmes4 ,ri5 ne fait encore prsag] qu'il se tr\v]a un j\r lui-mme2 et t\t ce que l'on p\rrait int]prt] auj\rd'hui rtrospectivem5t comme un prsage app>at premire vue comme une coexi/5ce de qualits qui sont de nature inspir] plutt la cra9te que l'esprance2 un esprit d'inquitude1 d'irritation1 une hte n]veuse saisir mille *oses1 un plaisir passionn suscit p> des tats d'me presque maladifs et t5dus l'excs1 un ret\r subit1 aprs des mom5ts de srnit et de calme absolu1 v]s ce qui e/ brutal et tapageur4 ,il n'tait limit p> aucune discipl9e rig\reuse dans l'art qu'il et pu t5ir de famille3 la pe9ture1 la posie1 l'art du comdi51 la musique le t\*ai5t d'aussi prs que les tudes et la c>rire d'un savant2 t\t tait sa porte2 n'y reg>d] qu' la surface on et pu croire qu'il tait n p\r le dilettantisme4 ,le monde re/re9t dans les limites duquel il gr&it n'tait pas compos de telle sorte qu'on et pu s\hait] un arti/e de vivre s\s un p>eil horizon4 ,il lui fut difficile d'*app] au plaisir dang]eux qu'pr\ve un esprit qui veut gt] de t\tes *oses1 d'*app] la prsomption qui nat du savoir multiple1 telle qu'on la r5contre dans les villes de savants4 ,*ez lui la s5sibilit n'tait veille que lgrem5t et imp>faitem5t satisfaite4 ,aussi lo9 que s't5dai5t les reg>ds du jeune homme1 il se voyait ent\r d'esprits s+ulirem5t vieillots1 mais sans cesse en activit1 =mant un contra/e ridicule avec l'clat du ?tre et avec l'allure entranante de la musique1 un contra/e incomprh5sible4 ,or1 celui qui sait comp>] s'tonne t\j\rs qu'il soit si r>e que l'homme mod]ne1 lorsqu'il e/ d\ de tal5ts rem>quables1 possde1 durant son enfance et sa jeunesse1 des qualits de navet1 d'orig9alit sans apprt1 et combi5 il lui e/ difficile de les possd]4 ,t\t au contraire1 des hommes r>es1 tels que ,g! et ,wagn]1 qui s'lv5t la navet1 la possd5t ma9t5ant plutt l'ge mr que lorsqu'ils sont enfants et adolesc5ts4 ,l'arti/e surt\t1 d\ en naissant d'une =te mesure de puissance d'imitation1 s]a =c de subir l'm\vante div]sit de la vie mod]ne1 comme on subit de viol5tes maladies infantiles4 ,comme enfant et comme adolesc5t1 il ressembl]a plutt un vieill>d qu' lui-mme4 ,le type si m]veilleusem5t fidle du jeune homme1 tel qu'il e/ ralis dans le p]sonnage de ,siegfri$ de l',anneau du ,niebelung1 ne p\vait tre ap]u que p> un homme et mme seulem5t p> un homme qui n'a vu s'pan\ir que t>divem5t sa propre jeunesse4 ,l'ge mr de ,wagn] fut t>dif comme sa jeunesse1 de sorte que1 en ceci du mo9s1 il e/ le contraire d'une nature qui a t\t anticip4 ,avec l'app>ition de sa virilit intellectuelle et morale comm5ce aussi le drame de sa vie4 ,et comme le spectacle n\s en semble *ang6 ,sa nature p>at simplifie d'une faon effrayante1 d*ire en deux in/9cts contraires1 deux sphres dissemblables4 ,en bas b\illonne une volont ard5te1 avide de dom9ation1 faite de brusques jaillissem5ts1 qui *]*e se faire j\r p> t\tes les voies1 t\tes les crevasses1 t\tes les cavits4 ,seule une =ce absolum5t pure et libre tait capable de dsign] cette volont la voie qui mne t\t ce qui e/ bon et bi5faisant4 ,associs un esprit troit1 les dsirs tyranniques et illimits d'une telle volont aurai5t pu dev5ir nfa/es2 il tait ncessaire1 en t\s cas1 qu'une issue libre ft promptem5t tr\ve1 que l'air clair et le soleil v9ss5t la baign]4 ,une puissante aspiration qui *aque j\r se r5d compte de son impuissance t\rne la m*ancet4 ,l'insuffisance des ef=ts peut p>fois t5ir aux circon/ances1 l'inflexibilit du sort1 et non au manque de =ce2 mais celui qui ne peut r5onc] son aspiration1 malgr l'insuffisance de ces ef=ts1 s'ulcre en quelque sorte et devi5t p> consqu5t irritable et inju/e4 ,il lui arriv]a peut-tre de *]*] *ez les autres les causes de son insuccs ou mme1 dans un accs de ha9e passionne1 d'accabl] de repro*es le monde t\t enti]2 peut-tre aussi sa fi]t blesse *oisira-t-elle des *em9s isols ou s'adonn]a-t-elle la viol5ce4 ,et c'e/ a9si que des natures animes de bonnes int5tion peuv5t se corrompre sur le *em9 mme du bi54 ,p>mi ceux-l mmes qui ne re*]*ai5t que leur propre purification morale1 p>mi les ermites et les mo9es1 on tr\ve de ces malheureux qui1 p\r avoir *\ dans leurs ef=ts1 sont dev5us des tres corrompus1 pr(ondm5t malades1 m9s et rongs p> l'insuccs4 ,c'tait un esprit ple9 d'am\r1 dbordant de bont et de d\ceur1 ennemi de t\te viol5ce1 de t\te immolation de soi1 avide de lib]t1 que celui qui p>la ,wagn]4 ,cet esprit desc5dit sur lui et l'enveloppa de ses ailes tutlaires1 lui montra le *em94 ,n\s voici prts jet] un reg>d sur l'autre sphre de la nature de ,wagn]4 ,mais comm5t la dcrire8 ,les crations d'un arti/e ne sont pas sa propre image1 mais l'ordre1 dans lequel se succd5t les crations qu'il fit vivre avec t\t son ard5t am\r1 donne p>t\t quelques indications sur l'arti/e lui-mme4 ,qu'on se reprs5te en esprit ,ri5zi1 le ,holl&ais volant et ,s5ta1 ,tannhus] et ,elisabe?1 ,loh5gr9 et ,elsa1 ,tri/an et le roi ,m>ke1 ,hans ,sa*s1 ,wotan et ,brunhilde2 t\tes ces figures sont relies entre elles p> un mme c\rant s\t]ra9 de p]fectionnem5t et d'accroissem5t moral1 dont les eaux s'pur5t t\j\rs davantage en avanant2 c'e/ ici que n\s n\s tr\vons1 ple9s d'une rs]ve respectueuse1 en prs5ce de l'me mme de ,wagn]1 alors qu'elle accomplit un de ses plus my/rieux dveloppem5ts4 ,*ez quel arti/e p]cevons-n\s quelque *ose de semblable1 dans des proportions aussi va/es8 ,les crations de ,s*ill]1 depuis les ,brig&s jusqu' ,wall5/e9 et ,guillaume ,tell1 suiv5t une voie semblable de p]fectionnem5t successif et n\s clair5t galem5t1 en une c]ta9e mesure1 sur le dveloppem5t de leur auteur2 mais *ez ,wagn]1 la proportion e/ plus gr&iose1 la c>rire p>c\rue plus t5due4 ,t\t p>ticipe cette puration et s]t l'exprim]1 le my! aussi bi5 que la musique2 dans l',anneau du ,niebelung je tr\ve la musique la plus morale que je connaisse1 p> exemple la scne o ,brunhilde e/ rveille p> ,siegfri$4 ,l1 ,wagn] s'lve une hauteur et une sa9tet d'aspiration telles qu'il n\s faut p5s] au reflet ard5t du soleil c\*ant sur la neige immacule des cimes alpe/res1 tant la nature qui s'y rvle e/ pure1 solitaire1 inaccessible1 exempte de passion1 inonde d'am\r2 les nues et les orages1 le sublime mme sont au-dess\s d'elle4 ,si de cette hauteur n\s reg>dons en arrire1 v]s le po9t de d"p1 ,tannhus] et le ,holl&ais n\s compr5ons comm5t1 dans ,wagn]1 se dveloppa l'homme2 comm5t ses comm5cem5ts fur5t obscurs et inquiets1 avec quelle imptuosit il re*]*a la satisfaction de ses gts1 la puissance1 l'ivresse du plaisir et comm5t il les fuyait s\v5t avec dgt1 comm5t il aspirait jet] lo9 de lui son f>deau1 v\lant oubli]1 ni]1 r5onc]--le fleuve de son activit se prcipitait tantt dans une valle1 tantt dans une autre1 et s'enfonait dans les plus sombres rav9s4 ,dans la nuit de cette agitation s\t]ra9e app>ut alors1 bi5 au-dessus de lui1 une toile l'clat mlancolique2 ds qu'il la reconnut il la nomma3 ,fidlit1 oubli de soi p> fidlit4 ,p\rquoi sa lumire lui p>ut-elle plus claire et plus pure que t\t au monde8 ,quel s5s my/rieux uni=me p\r son tre t\t enti] r5f]me le mot fidlit8 ,c>1 sur t\t ce qu'il a imag9 et compos1 il a grav le symbole et le problme de la fidlit2 il y a dans son uvre une srie presque complte de ses manife/ations les plus belles et les plus r>es3 la fidlit du frre p\r la sur1 de l'ami p\r l'ami1 du s]viteur p\r son matre1 d',elisabe? p\r ,tannhus]1 de ,s5ta p\r le ,holl&ais1 d',elsa p\r ,loh5gr91 d',isolde1 de ,kurv5al et de ,m>ke p\r ,tri/an1 de ,brunhilde p\r les vux les plus secrets de ,wotan--p\r ne donn] que quelques exemples de la srie4 ,c'e/ l'expri5ce la plus primitive1 la plus p]sonnelle que ,wagn] revit en lui-mme et qu'il vnre comme un sa9t my/re2 c'e/ elle qu'il *]*e exprim] p> le mot fidlit1 elle qu'il ne se lasse po9t de p]sonnifi]1 de vivifi] de c5t manires1 lui consacrant1 dans la plnitude de sa reconnaissance1 ses meilleurs trsors et la plus pure ess5ce de son art2 c'e/ enf9 cette m]veilleuse conviction que l'une des sphres de sa nature e/ re/e fidle l'autre1 que la sphre cratrice1 innoc5te1 lum9euse1 a cons]v la foi d'un am\r libre des plus ds9tresss celle qui tait obscure1 indomptable et tyrannique4 #c4 ,dans l'quilibre entre les deux =ces con/ituantes1 dans l'ab&on de l'une l'autre rsidait l'imprieuse ncessit qui seule r5dait ,wagn] capable de re/] ple9em5t lui-mme4 ,c'tait en mme temps la seule *ose qui ne ft po9t en son p\voir1 qu'il devait se cont5t] d'obs]v] et d'accept]1 t&is que les sollicitations l'infidlit et les t]ribles dang]s dont elle le m5aait l'environnai5t d'une manire de plus en plus pressante4 ,et l'inc]titude e/ une s\rce abondante de s\ffrances p\r celui qui e/ en voie de dveloppem5t8 ,*acun de ses in/9cts t5dait outre-pass] t\tes les bornes2 *acune de ses aptitudes j\ir de l'exi/5ce v\lait se satisfaire sp>m5t2 plus elles tai5t nombreuses et plus le tumulte tait gr&1 plus leur r5contre tait ho/ile4 ,le has>d et la vie contribuai5t1 leur t\r1 l'irritation2 de mme1 le gt du p\voir et des fa/es1 le dsir ard5t du ga92 plus s\v5t encore c'tait la cruelle ncessit qui l'oppressait1 la ncessit de vivre d'une manire ou d'une autre2 p>t\t des entraves et des piges4 ,comm5t s]ait-il possible1 dans de p>eilles circon/ances1 de re/] fidle soi-mme1 de se cons]v] t\t enti]8 ,ce d\te l'accablait s\v5t et il l'exprimait alors comme un arti/e exprime ses d\tes1 p> des crations arti/iques4 ,elisabe? ne peut que s\ffrir1 pri] et m\rir p\r ,tannhus]2 elle sauve l'incon/ant vagabond p> sa fidlit1 mais sa t*e n'e/ pas de ce monde4 ,les dang]s et les dsespoirs abond5t dans la c>rire de t\t arti/e vritable jet dans l'arne des temps mod]nes4 ,il peut arriv] aux honneurs et au p\voir de mille manires diffr5tes1 le repos et le cont5tem5t sont s\v5t sa porte1 mais leur =me e/ t\j\rs celle que connat l'homme mod]ne et qui1 p\r l'arti/e s9cre1 se trans=m]a en une l\rde contra9te4 ,dans la t5tation de s'ab&onn] et dans la rsi/ance cette t5tation il y a aussi des prils p\r lui3 pril dans la rpugnance qu'il pr\ve p\r les moy5s mod]nes de se procur] la fois des j\issances et de la considration2 pril dans la colre qui se t\rne contre les satisfactions g/es qui sont le propre des hommes d'auj\rd'hui4 ,qu'on s'imag9e ,wagn] remplissant un emploi1--tel celui de *ef d'or*e/re1 qu'il ex]a diffr5ts ?tres de ville et de c\r4 ,qu'on essaie de compr5dre ce qu'pr\ve l'arti/e le plus conva9cu1 qui s'ef=ce d'introduire la conviction1 l o les in/itutions mod]nes s'lv5t sur des pr9cipes de lgret et exig5t de la lgret4 ,qu'on essaie de compr5dre ce qu'il pr\ve lorsqu'il russit en p>tie1 t\t en *\ant t\j\rs dans l'ensemble1 lorsque le dgt s'emp>e de lui et qu'il *]*e fuir1 lorsqu'il ne tr\ve po9t de refuge et se voit t\j\rs contra9t ret\rn]1 comme s'il tait l'un des leurs1 v]s les bohmes et les bannis de votre socit civilise4 ,lorsqu'il brise les li5s qui le ret5ai5t une condition sociale1 il en tr\ve r>em5t une meilleure2 quelquefois mme il tombe dans la plus pr(onde dtresse4 ,c'e/ a9si que ,wagn] *angea de villes1 de compagnons1 de pays1 et l'on peut pe9e imag9] quels fur5t les sollicitations et les milieux qu'il eut support] temporairem5t ,la plus longue moiti de sa vie fut oppresse s\s le poids d'une atmosphre pesante2 il semble qu'il dt r5onc] t\te esprance p\r ne plus vivre et espr] qu'au j\r le j\r1 de telle sorte que1 s'il ne dsespra po9t1 il n'eut cep5dant plus la foi4 ,wagn] dut s\v5t s'app>atre lui-mme tel un voyageur qui m>*e trav]s la nuit1 *>g d'un l\rd f>deau1 bris de fatigue et qui nanmo9s se s\ti5t p> la fivre2 l'ide d'une mort subite n'tait plus alors ses yeux quelque *ose d'p\vantable1 mais miroitait devant lui comme un fantme sduisant1 dsirable4 ,voir disp>atre la fois le f>deau1 le *em9 et la nuit6 ,quelle puissante sduction6 ,ma9tes fois il se jeta dans la vie avec cette esprance brve et trompeuse1 laissant d]rire lui t\s les fantmes4 ,mais la manire dont il le faisait dpassait presque t\j\rs les bornes1 ce qui laisse suppos] que sa foi en cette esprance n'tait ni f]me ni pr(onde1 mais qu'elle n'tait p\r lui qu'un moy5 de s't\rdir4 ,la disproportion entre ses aspirations et son impuissance p>tielle ou complte les satisfaire se *angeait p\r lui en un aiguillon d\l\reux2 n]ve p> des privations cont9uelles1 son imag9ation s'g>ait dans des excs1 aussitt que dim9uait l'tat d'indig5ce4 ,sa vie dev5ait de plus en plus complique1 mais les moy5s et les dt\rs qu'il dc\vrait dans son art1 lui l'auteur dramatique1 semblai5t aussi de plus en plus h>dis et f]tiles en inv5tions1 t\t en n'tant au fond que des pis-all] scniques1 des motifs mis en avant1 qui tromp5t un mom5t et ne sont inv5ts que p\r un mom5t4 ,il les met brusquem5t en jeu1 mais ils sont t\t aussi vite us4 ,envisage de prs et sans affectation1 la vie de ,wagn]1 p\r rappel] une p5se de ,s*op5hau]1 ti5t beauc\p de la comdie et mme d'une comdie s+ulirem5t grotesque4 ,comm5t le s5tim5t de t\t cela1 comm5t la consci5ce d'un grotesque manque de dignit1 qui s'e/ affirme durant plusieurs priodes de sa vie1 devai5t agir sur la p]sonnalit d'un arti/e qui1 plus que t\t autre1 ne p\vait respir] librem5t que dans le sublime et l'ultra-sublime1--c'e/ ce qui donne beauc\p p5s] celui qui sait p5s]4 ,au milieu de cette activit p\r laquelle seule une description dtaille p\rrait inspir] le degr de piti1 de frayeur et d'admiration qu'elle mrite1 se dveloppe une aptitude appr5dre telle qu'elle p>at t\t fait extraord9aire1 mme p>mi les ,allem&s1 qui sont p> excell5ce le peuple qui veut s'in/ruire2 et de ce don devait natre encore un n\veau dang]1 plus gr& mme que celui d'une exi/5ce qui semblait drac9e et errante1 jete au has>d p> une folie inquite4 ,d'un novice qui s'essayait encore1 ,wagn] dev9t un matre univ]sel de la musique et du ?tre1 un inv5teur fcond dans les prp>ations te*niques4 ,p]sonne ne lui conte/]a plus la gloire d'avoir f\rni le modle le plus p>fait p\r l'art de la gr&e dclamation4 ,mais il dev9t davantage encore et p\r dev5ir ceci et cela il ne put1 pas plus que d'autres1 se disp5s] de s'assimil] p> l'tude le plus haut degr de la culture4 ,et comme il le fit bi56 ,c'e/ une j\issance de l'obs]v]4 ,de t\s cts les matriaux s'amoncell5t aut\r de lui et il les fait si5s2 plus l'difice devi5t imposant1 plus s'l>git et s'lve la vote de sa p5se dom9ante et rgulatrice4 ,peu d'hommes cep5dant eur5t lutt] contre tant de difficults p\r p>v5ir jusqu'aux av5ues des sci5ces et des arts spciaux2 s\v5t mme il fut =c d'improvis] ces av5ues4 ,le rnovateur du drame simple1 l'inv5teur du rang que doiv5t occup] les arts dans la vraie socit huma9e1 l'int]prte inspir des conceptions du pass1 le philosophe1 l'hi/ori51 l'e/htici5 et le critique ,wagn]1 le matre de la langue1 le my?ologi/e et le pote my/ique1 qui le premi] fondit en un seul anneau1 sur lequel il grava les runes de sa p5se1 les magnifiques figures1 primitives et =midables--quelle abondance de savoir ne dut-il pas rassembl] et embrass] d'une seule tre9te p\r dev5ir t\t cela6 ,et p\rtant cet ensemble t\ffa aussi peu sa volont d'action que les dtails les plus attrayants ne russir5t l'en di/raire4 ,p\r mesur] l'orig9alit d'une p>eille attitude pr5ons ,g! comme po9t de comp>aison1 ,g!1 ce gr& antipode de ,wagn]1 qui1 au d\ble po9t de vue de l'tudiant et du savant1 peut tre comp> un fleuve ri*e en afflu5ts qui ne porte po9t t\tes ses eaux la m]1 mais en p]d au mo9s la moiti dans les m&res de son c\rs4 ,il e/ vrai qu'une nature comme celle de ,g! recueille plus de satisfaction et en procure davantage2 il y a aut\r d'elle de la d\ceur et une noble prodigalit1 t&is que le c\rs puissant du fleuve inc>n p> ,wagn] p\rrait bi5 effray] et rebut]4 ,mais que d'autres s'effray5t s'ils veul5t6 ,quant n\s1 n\s s]ons d'autant plus c\rageux qu'il n\s a t donn de voir de nos yeux un hros qui1 mme p\r ce qui e/ de la culture mod]ne1 n'a pas appris la peur4 ,il n'a pas davantage appris tr\v] le repos dans des tudes hi/oriques et philosophiques et s'appropri] ce que les effets de ces sci5ces ont de m]veilleusem5t calmant et de contraire t\te action4 ,l'tude et la culture ne dt\rnr5t l'arti/e ni du travail ni de la lutte4 ,ds que la =ce cratrice s'emp>e de lui1 l'hi/oire se trans=me p\r lui en une argile mobile4 ,sa position vis--vis d'elle devi5t alors t\te diffr5te de celle des autres savants1 et ressemble bi5 plutt l'attitude qu'occupai5t les ,grecs vis--vis de leurs my!s1 ceux-ci tant dev5us des objets que l'on faonne et ralise avec am\r1 saisi d'une sorte de cra9te pieuse1 mais p\rtant consci5t du droit s\v]a9 que possde le crateur4 ,et prcism5t p>ce que l'hi/oire e/ p\r lui plus simple et plus *angeante qu'un rve1 il lui e/ possible de conc5tr] potiquem5t1 dans un vnem5t p>ticuli]1 le type c>actri/ique d'une poque entire et d'atte9dre a9si un degr de vrit dans l'exposition auquel l'hi/ori5 ne peut jamais atte9dre4 ,o le moy5 ge *eval]esque a-t-il pass si compltem5t dans une composition qui l'inc>nait en *air et en esprit1 que le fit ,wagn] dans ,loh5gr98 ,et les ,matres *anteurs ne p>l]ont-ils pas encore de l'esprit allem& dans les temps les plus loigns1 ne f]ont-ils pas plus que d'en p>l]1 ne s]ont-ils pas bi5 plutt un des fruits les plus mrs de cet esprit qui veut t\j\rs r=m]1 et non pas rvolutionn]1 et qui n'a pas oubli1 au se9 des faciles j\issances1 de pratiqu] ce noble mcont5tem5t1 s\rce de t\te action rgnratrice8 ,c'e/ prcism5t v]s cette espce de mcont5tem5t que ,wagn] se s5tit t\j\rs davantage port p> ses tudes hi/oriques et philosophiques4 ,il sut non seulem5t y tr\v] des armes et une armure1 mais il y p]ut avant t\t le s\ffle inspirateur qui plane sur le tombeau des gr&s lutteurs1 des gr&s p5seurs et des gr&s affligs4 ,on ne peut mieux se diffr5ci] de t\te notre poque que p> l'usage que l'on fait de l'hi/oire et de la philosophie4 ,telle qu'on la conoit auj\rd'hui le plus s\v5t1 l'hi/oire semble avoir reu la mission de laiss] respir] l'homme mod]ne1 lequel c\rt son b haletant et avec pe9e1 de telle sorte qu'il se s5te en quelque sorte1 mais seulem5t p\r un mom5t1 db>rass de son h>nais4 ,ce que signifie ,montaigne1 considr individuellem5t1 dans la fluctuante agitation de l'esprit de ,r=me1 un repos provoqu p> le reploiem5t sur soi-mme1 une paisible retraite en soi-mme1 un temps de rpit p\r repr5dre hale9e--et c'e/ bi5 a9si que le comprit c]ta9em5t ,%akespe>e1 son meilleur lecteur1--voil ce que signifi5t ma9t5ant les tudes hi/oriques p\r l'esprit mod]ne4 ,si1 depuis un sicle1 les ,allem&s se sont p>ticulirem5t occups des tudes hi/oriques1 cela pr\ve que1 dans le m\vem5t du monde mod]ne1 ils sont la puissance ret>datrice1 ral5tissante1 calmante4 ,ce fait s]a peut tre int]prt p> quelques-uns comme une l\ange en leur faveur4 ,mais c'e/1 en somme1 un indice dang]eux1 qu& on voit les ef=ts intellectuels d'un peuple se t\rn] de prfr5ce v]s le pass1 c'e/ un signe d'amollissem5t1 de rgression et d'infirmit1 de telle sorte que ce peuple se voit expos de la faon la plus dang]euse t\tes les fivres contagieuses1 comme p> exemple la fivre politique4 ,dans l'hi/oire de l'esprit mod]ne1 nos savants sont les reprs5tants d'un p>eil tat de faiblesse1 p> opposition t\s les m\vem5ts r=mateurs et rvolutionnaires2 ils ne se sont pas impos la plus noble des missions1 mais ils se sont assur une espce p>ticulire de paisible bonheur4 ,a vrai dire1 *aque dm>*e plus indp5dante et plus virile passe ct d'eux1 bi5 ent5du sans pass] ct de l'hi/oire proprem5t dite4 ,celle-ci ti5t en rs]ve1 au fond d'elle-mme1 bi5 d'autres =ces1 a9si que l'ont dev9 des natures telles que ,wagn]2 mais elle a beso9 d'tre crite une fois dans un s5s beauc\p plus srieux et plus svre p> une me vraim5t puissante et non plus d'une manire optimi/e1 comme p> le pass1 t\t autrem5t donc que les savants allem&s l'ont traite jusqu' prs5t4 ,il y a dans t\s leurs travaux quelque *ose de palliateur1 de s\mis1 de satisfait et le c\rs des *oses a leur ple9e approbation4 ,c'e/ beauc\p dj qu& l'un d'eux donne ent5dre qu'il e/ satisfait p>ce que les *oses aurai5t pu t\rn] plus mal2 la plup>t d'entre eux voi5t involontairem5t que t\t s'e/ pass p\r le mieux dans le meilleur des mondes4 ,si l'tude de l'hi/oire n'tait pas t\j\rs une ?odice *rti5ne dguise1 si l'hi/oire tait crite avec plus de ju/ice et plus d'ardeur sympa?ique1 elle s]ait vraim5t apte r5dre les s]vices auxquels on l'emploie ma9t5ant3 comme n>cotique contre t\tes les t5dances rvolutionnaires et novatrices4 ,il en e/ de mme de la philosophie1 dont la plup>t des g5s ne veul5t se s]vir que p\r appr5dre concevoir les *oses peu prs--trs peu prs--p\r en pr5dre ensuite leur p>ti4 ,ses reprs5tants les plus nobles mett5t si bi5 en relief son influ5ce calmante et consolante que les p>esseux et ceux qui sont avides de repos peuv5t se b]c] de l'illusion qu'ils re*]*5t la mme *ose que les philosophes4 ,p\r moi1 p> contre1 la "q ess5tielle de t\te philosophie me p>at tre celle de savoir jusqu' quel po9t les *oses ont une =me et un c>actre immuable1 p\r p\voir ensuite1 lorsque cette "q aura t rsolue1 p\rsuivre avec une brav\re t\te preuve l'amlioration de ce qui dans ce monde s]a reconnu susceptible de *angem5t4 ,c'e/ ce qu'enseign5t aussi les vrais philosophes p> leurs propres actions1 en travaillant amlior] les ides *angeantes des hommes et en ne g>dant pas p\r eux seuls la sagesse qu'ils ont acquise4 ,c'e/ ce qu'enseign5t aussi les vrais disciples des vraies philosophies qui1 comme ,wagn]1 sav5t extraire de ces philosophies non po9t des n>cotiques1 mais une dcision r5=ce et une volont inflexible4 ,wagn] e/ le plus philosophe l o son activit e/ la plus puissante et la plus hroque4 ,et c'e/ prcism5t en qualit de philosophe qu'il tr\va sans peur non seulem5t la f\rnaise ard5te de diffr5ts sy/mes philosophiques1 mais encore les vapeurs de la sci5ce et de l'rudition2 il re/a fidle la plus noble moiti de lui-mme1 qui exigeait de sa nature multiple des action d'ensemble et qui lui enseignait s\ffrir et s'in/ruire1 p\r p\voir accomplir ces actions4 #d4 ,l'hi/oire du dveloppem5t de la culture depuis l'poque des ,grecs e/ assez c\rte1 si l'on considre la longueur relle des *em9s qu'elle a p>c\rus1 et qu'on ne ti5t pas compte de ses arrts1 de ses reculs1 de ses hsitations1 de ses dt\rs4 ,l'hellnisation du monde1 et1 p\r r5dre celle-ci possible1 l'ori5talisation de l'hellnisme--cette d\ble mission du gr& ,alex&re--con/itue t\j\rs encore le d]ni] vnem5t d'importance2 et la vieille "q de savoir si une civilisation trangre e/ rellem5t transmissible con/itue t\j\rs encore le problme que les mod]nes s'ef=c5t en va9 de rs\dre4 ,l'action alt]native et comb9e de ces deux facteurs a p>ticulirem5t influ5c le c\rs de l'hi/oire4 ,a9si le *ri/ianisme se prs5te p> exemple comme un fragm5t d'antiquit ori5tale que l'humanit a complt p> la p5se et ralis dans ses actes jusqu'aux dtails les plus m9utieux4 ,lorsque son influ5ce fut en tra9 de dim9u]1 la puissance de la culture hellnique se mit de n\veau augm5t]4 ,n\s assi/ons des vnem5ts si tranges qu'ils s]ai5t inexplicables et rsolum5t dp\rvus de fondem5ts si l'on ne p\vait les ratta*]1 en fran*issant un imm5se espace de temps1 des phnomnes similaires qui ont eu la ,grce p\r ?tre4 ,c'e/ a9si qu'il y a entre ,kant et les ,elates1 entre ,s*op5hau] et ,empdocle1 entre ,es*yle et ,ri*>d ,wagn]1 de telles similitudes1 de telles p>5ts1 qu'on y et presque t\* du doigt le c>actre relatif de t\tes les notions de temps2 il semble presque que c]ta9es *oses sont de mme ordre et que le temps qui les sp>e en app>5ce n'e/ au fond qu'un nuage qui n\s emp*e de di/+u] les lois de ce rapport4 ,l'hi/oire des sci5ces exactes surt\t veille en n\s le s5tim5t que n\s p\rrions bi5 n\s tr\v]1 prcism5t auj\rd'hui1 aussi rappro*s que possible du monde alex&r9 grec1 et que le p5dule de l'hi/oire p\rrait bi5 oscill] de n\veau v]s le po9t d'o il prit autrefois son lan v]s des espaces my/rieux et inf9is4 ,l'image de notre monde actuel n'(fre ri5 de n\veau3 celui qui connat l'hi/oire a l'impression qu'il y retr\ve t\j\rs n\veau les traits famili]s d'un visage connu4 ,l'esprit de la culture hellnique se retr\ve en une disp]sion inf9ie dans notre poque2 t&is que des =ces v>ies se press5t cte cte et que les rsultats des sci5ces et des aptitudes mod]nes devi5n5t des matires d'*ange1 on voit rep>atre1 comme une ple vision dans un crpuscule lo9ta91 la noble image de l'hellnisme4 ,le monde qui1 jusqu' prs5t1 a t suffisamm5t satur d'ori5talisme1 aspire de n\veau tre hellnis2 celui qui v\drait l'y aid] devrait1 vrai dire1 se ht]1 d'un pi$ ail1 p\r runir les fragm5ts si div]s et si disp]ss des sci5ces1 les doma9es loigns des tal5ts1 p\r p>c\rir et dom9] le *amp dmesur qui s'(fre son activit4 ,il e/ donc beso9 ma9t5ant d'une srie d'anti-,alex&re1 lesquels devront tre d\s d'une puissance suprme de conc5tration1 p\r reli] et attir] soi les fils isols du tissu1 af9 d'emp*] qu'ils soi5t disp]ss t\s les v5ts4 ,il ne s'agit plus ma9t5ant de tran*] le nud gordi5 de la culture grecque1 comme le fit ,alex&re1 de telle sorte que les fragm5ts en fuss5t disp]ss dans t\tes les directions2 il s'agit de r5\] ce qui a t tran*4 ,je reconnais dans la p]sonne de ,wagn] un de ces anti-,alex&re4 ,il possde le don de savoir runir ce qui tait isol1 dbile et inactif2 on peut dire qu'il possde1 si je puis employ] une expression mdicale1 le p\voir a/r+5t3 s\s ce rapport il fait p>tie des plus gr&es puissances civilisatrices de son temps4 ,il dom9e les arts1 les religions1 les diffr5tes bran*es de l'hi/oire univ]selle1 et il n'en e/ pas mo9s t\t l'oppos d'un polyma!1 d'un esprit qui ne sait que rassembl] et class] des matriaux3 c> il e/ l'arti/e puissant qui les trans=me et leur donne la vie2 il e/ un simplificateur du monde4 ,on ne se laiss]a pas dt\rn] de cette ide en comp>ant cette mission gnrale que lui a dicte son gnie avec l'autre t*e plus rappro*e et plus limite laquelle on songe ma9t5ant avant t\t lorsque l'on prononce le nom de ,wagn]4 ,on att5d de lui une r=me du ?tre2 mais1 en admettant qu'il russisse dans cette voie1 quel en s]ait le rsultat p\r sa t*e plus haute et plus lo9ta9e8 ,p> l l'homme mod]ne s]ait modifi et r=m2 tant il e/ vrai que1 dans notre monde mod]ne1 les *oses se ti5n5t au po9t que1 si l'on vi5t en enlev] une pi]re1 t\t l'difice s'branle et s'cr\le4 ,et ce que n\s nonons ici avec une app>5ce d'exagration de la r=me de ,wagn]1 on p\rrait l'att5dre galem5t de t\te autre r=me vritable4 ,il n'e/ pas possible de rtablir l'art ?tral dans son effet le plus noble et le plus pur1 sans rnov] en mme temps sur t\s les doma9es1 dans les murs et dans l',etat1 dans l'ducation et dans les rapports sociaux4 ,l'am\r et la ju/ice1 dev5us puissants sur un po9t qui s]ait ici le royaume de l'art1 doiv5t se dvelopp] selon une loi intrieure et ne peuv5t rev5ir l'immobilit de leur prcd5t tat de *rysalide4 ,ne ft-ce que p\r compr5dre jusqu' quel po9t le rapport de nos arts avec la vie e/ un symbole de la dgnresc5ce de cette vie mme1 jusqu' quel po9t nos ?tres sont une honte p\r ceux qui les con/ruis5t et s'y r5d5t1 il faudrait dj modifi] compltem5t son jugem5t et p\voir reg>d] ce qui e/ habituel et c\tumi] comme quelque *ose de trs exceptionnel et de trs compliqu4 ,un s+uli] manque de lucidit dans le jugem5t1 un beso9 mal dguis d'amusem5t et de di/raction t\t prix1 des scrupules d'app>5ce savante1 une affectation du ct des excutants1 qui *]*5t faire croire qu'ils pr5n5t l'art au srieux1 une soif brutale du ga9 *ez les entrepr5eurs1 platitude et lgret dans une socit qui ne p5se au peuple que tant qu'il e/ p\r elle utile et r$\table1 qui re*]*e les spectacles et les conc]ts sans que ceux-ci veill5t jamais en elle la p5se d'un devoir--tels sont auj\rd'hui les lm5ts de l'atmosphre l\rde et p]nicieuse de nos in/itutions arti/iques4 ,ds que l'on a f9i p> s'y habitu] 7c'e/ le cas de notre socit bi5 leve71 on peut facilem5t se figur] que cette atmosphre e/ indisp5sable la sant1 et se tr\v] ensuite mal son aise lorsqu'une contra9te quelconque n\s en prive p\r un c]ta9 temps4 ,il n'exi/e vritablem5t qu'un seul moy5 p\r arriv] la conviction que nos in/itutions ?trales sont vulgaires1 et vulgaires au po9t de p>atre tranges et biz>res4 ,qu'on y oppose seulem5t la ralit passe de l'anci5 ?tre grec6 ,en admettant que n\s ne sa*ions ri5 des ,grecs1 n\s s]ions probablem5t incapables de n\s en pr5dre aux conditions actuelles1 et les critiques1 telles qu'elles ont t =mules p\r la premire fois p> ,wagn] avec la l>geur d'esprit qui lui tait propre1 s]ai5t t5ues p\r des *imres1 dont seules sont capables des g5s qui viv5t dans les nuages4 ,on dira peut-tre que1 p\r les hommes tels qu'ils sont1 un art semblable e/ suffisant et conv5able1 et1 vrai dire1 les hommes n'ont jamais t faits autrem5t4 ,mais1 bi5 au contraire1 il e/ c]ta9 qu'autrefois les hommes tai5t diffr5ts et1 ma9t5ant encore1 il y en a auxquels les in/itutions actuelles ne suffis5t pas4 ,c'e/ prcism5t ce que dmontre l'in/itution de ,bayreu?4 ,v\s tr\vez l des spectateurs prp>s et ple9s de recueillem5t1 l encore l'motion d'hommes qui se s5t5t transports de joie et qui conc5tr5t dans ce bonheur leur nature t\t entire p\r y puis] la =ce de s'lev] v]s une impulsion plus va/e4 ,enf91 v\s y v]rez *ez les arti/es l'ab&on le plus ds9tress1 le spectacle de t\s les spectacles1 le crateur victorieux d'une uvre qui e/ elle-mme la syn?se de t\s les triomphes arti/iques4 ,ne v\s semble-t-il pas assi/] une opration magique1 qu& v\s avez le bonheur de p\voir assi/] de nos j\rs une p>eille manife/ation8 ,ceux qui sont appels y conc\rir1 arti/es et spectateurs1 ne doiv5t-ils pas dj tre trans=ms et r5\vels1 af9 de p\voir1 l'av5ir et dans d'autres sphres1 trans=m] et r5\vel] leur t\r8 ,ne semble-t-il pas que l'on ap]oit un port1 aprs l'imm5se ds]t de l',ocan8 ,n'e/-ce pas ici le calme qui s't5d sur la nappe des eaux8 ,celui qui1 p\r ret\rn] aux pla9es et aux bas-fonds de la vie1 d'aspect si diffr5t1 ab&onne cet tat d'me ple9 de pr(ondeur et de solitude qui rgne ici1 ne doit-il pas se dem&] sans cesse comme ,iseult3 ,comm5t ai-je pu le support]8 ,comm5t puis-je le support] encore8 ,et s'il ne peut plus support] de ca*] g/em5t au fond de lui-mme son bonheur et son malheur1 il pr(it]a ds lors de *aque occasion p\r en r5dre tmoignage p> ses actes4 ,o sont ceux que les in/itutions actuelles font s\ffrir8 se dem&]a-t-il4 ,o sont nos allis naturels1 ceux aux cts desquels n\s p\vons lutt] contre l'ext5sion et les empitem5ts dprimants de l'actuelle prt5tion la culture8 ,c> jusqu' prs5t--jusqu' prs5t au mo9s6--n\s n'avons qu'un seul ennemi1 ces esprits soi-disant cultivs1 p\r lesquels le nom de ,bayreu? signifie une des dfaites les plus s5sibles4 ,ils n'ont po9t conc\ru cette uvre1 ils la combattai5t avec fureur ou faisai5t preuve de cette surdit plus efficace qui e/ dev5ue ma9t5ant l'arme habituelle des adv]saires les plus rfl*is4 ,mais ceci n\s pr\ve que leur malice et leur animosit fur5t impuissantes dtruire l'esprit mme de ,wagn] et entrav] l'accomplissem5t de son uvre4 ,mieux encore1 ils ont trahi leur propre faiblesse et dmontr que la puissance des dom9ateurs actuels ne rsi/]a plus ses attaques rptes4 ,le mom5t e/ v5u p\r ceux qui veul5t va9cre et conqurir2 les royaumes les plus va/es leur sont ouv]ts2 si lo9 qu'il y a des doma9es df5dre1 un po9t d'int]rogation fatal s'atta*e comme une m5ace au nom des possesseurs4 ,t\t l'difice de l'ducation1 entre autres1 e/ notoirem5t v]m\lu et p>t\t n\s r5controns des individus qui ont quitt en sil5ce l'difice m5aant4 ,que ne peut-on p\ss] ceux qui sont dj pr(ondm5t mcont5ts de l'difice se dcl>] ouv]tem5t en rvolte6 ,que ne peut-on les dlivr] de la timidit qu'ils g>d5t dans leur mcont5tem5t6 ,je suis sr que si l'on dduisait de l'ensemble de notre corps enseignant le cont+5t de ces natures sil5cieusem5t dsapprobatrices1 ce s]ait1 c]tes1 la p]te la plus s5sible que l'on p\rrait lui faire pr\v]4 ,p>mi les savants1 p> exemple1 ceux-l seuls re/]ai5t fidles l'anci5 tat de *oses qui ont dj respir la contagion de la draison politique et t\s les hommes enta*s de littrature4 ,l'engeance dsagrable qui ne se s\ti5t qu'en s'appuyant sur la viol5ce et sur l'inju/ice1 sur l',etat et la ,socit1 et qui tr\ve un avantage les r5dre t\j\rs plus m*ants et plus brutaux1 cette engeance1 prive de cet appui1 n'e/ que faiblesse et lassitude3 on n'a qu' la bi5 mpris] p\r la voir s'van\ir aussitt4 ,celui qui combat p\r l'avancem5t de la ju/ice et de l'am\r p>mi les hommes n'a pas beso9 de s'effray] devant elle1 c> il ne se v]ra en face de ses vritables ennemis que le j\r o il aura m5 bonne f9 le combat engag contre leur avant-g>de1 la culture d'auj\rd'hui4 ,p\r n\s1 ,bayreu? signifie la conscration au mat9 du combat4 ,jamais on ne p\rrait n\s faire plus de tort qu'en supposant que1 dans t\te cette affaire1 l'art seul n\s intresse2 comme si l'art p\vait pass] p\r un remde ou un /upfiant au moy5 desquels on se db>rass]ait de t\s les maux de l'exi/5ce4 ,dans l'image que n\s prs5te le tragique *ef-d'uvre qu'e/ ,bayreu? n\s voyons au contraire la lutte des individus contre t\t ce qui s'oppose eux s\s la =me d'une inv9cible ncessit4 ,la lutte contre la puissance1 la loi1 la c\tume1 la conv5tion1 contre des sries entires qui con/itu5t l'ordre des *oses4 ,p\r les individus il ne saurait y avoir d'exi/5ce plus belle que de mrir p\r m\rir au combat1 en vue du sacrifice p\r la ju/ice et l'am\r4 ,le reg>d *>g de my/re que la tragdie n\s jette n'e/ pas un en*antem5t qui n]ve et qui p>alyse4 ,cep5dant1 tant qu'elle n\s reg>de1 elle exige de notre "p le calme4 ,c> l'art ne n\s e/ pas donn p\r le mom5t mme du combat1 mais p\r les mom5ts de repos qui prcd5t ou int]romp5t le combat1 p\r ces in/ants fugitifs o1 voquant le pass1 press5tant l'av5ir1 n\s compr5ons ce qui e/ symbolique1 o1 s\s l'impression d'une lgre fatigue1 un rve rafra*issant s'abaisse sur n\s4 ,le j\r se lve et la lutte va comm5c]1 les ombres sacres s'van\iss5t et l'art e/ de n\veau lo9 de n\s1 mais la consolation qu'il a apporte e/ re/e rp&ue sur l'homme comme une rose du mat94 ,p>t\t ailleurs l'individu se tr\ve en prs5ce de son insuffisance p]sonnelle1 de sa mdiocrit et de son impuissance2 comm5t tr\v]ait-il le c\rage de combattre1 s'il n'avait t d'abord sanctifi p> quelque *ose d'imp]sonnel6 ,les plus gr&es s\ffrances que l'individu peut pr\v]--le manque d'accord sur la vrit p>mi les hommes1 l'inc]titude conc]nant les d]ni]s rsultats de la sci5ce1 l'9galit des facults--t\t cela fait qu'il a beso9 de l'art4 ,n\s ne saurions tre heureux tant qu'aut\r de n\s t\t s\ffre et se cre des s\ffrances2 n\s ne saurions tre v]tueux1 tant que le c\rs des *oses huma9es e/ dt]m9 p> la viol5ce1 le m5songe et l'inju/ice2 n\s ne saurions mme tre sages tant que l'humanit t\t entire n'a pas rivalis d'ardeur p\r acqurir la sagesse et n'a pas introduit l'individu1 de la faon la plus sage1 dans la vie et dans les sci5ces4 ,comm5t s]ait-il donc possible de support] ce s5tim5t de triple insuffisance1 si l'on n'tait pas capable de disc]n] ce qu'il y a de sublime et d'important dans la ncessit qui s'impose d'aspir]1 de combattre et de succomb]1 si l'on n'appr5ait p> la tragdie pr5dre plaisir au ry?me de la gr&e passion et au sacrifice qu'occasionne cette passion4 ,l'art1 vrai dire1 ne saurait n\s s]vir de guide et d'ducateur dans l'action immdiate2 dans cet ordre d'ides l'arti/e n'e/ jamais un m5tor et un conseill]4 ,les objets auxquels aspir5t les hros tragiques ne sont pas indi/9ctem5t et p> excell5ce les buts les plus dignes d'aspiration4 ,tant que l'art n\s ti5t s\s son *>me1 notre valuation des *oses app>at d=me comme dans un rve4 ,ce que n\s tr\vons dsirable1 tant que dure ce *>me1 au po9t que n\s applaudissons au hros qui *oisit la mort plutt que d'y r5onc]1 possde r>em5t1 dans la vie relle1 la mme valeur et n\s p>at r>em5t digne des mmes ef=ts4 ,cette disproportion ti5t prcism5t ceci que l'art e/ l'activit de l'homme qui se repose4 ,les luttes figures p> l'art app>aiss5t comme des simplifications des luttes relles de la vie2 les problmes voqus p> l'art sont des racc\rcis du problme inf9im5t compliqu de l'action et de la volont huma9e4 ,mais c'e/ prcism5t en ceci que rside la gr&eur et la ncessit absolue de l'art1 qu'il fait natre l'app>5ce d'un monde simplifi1 le mirage d'une solution plus rapide du problme de la vie4 ,aucun de ceux que la vie fait s\ffrir ne peut se pass] de cette app>5ce1 comme p]sonne ne peut se pass] de sommeil4 ,plus la sci5ce des lois qui rgiss5t la vie devi5t difficile1 plus n\s aspirons l'app>5ce de cette simplification1 ne dt-elle dur] que quelques in/ants2 plus =te devi5t aussi la t5sion entre la connaissance gnrale des *oses et les facults morales de l'individu4 ,c'e/ p\r emp*] que l'arc ne se brise que l'art exi/e4 ,l'individu doit tre trans=m en un tre imp]sonnel1 suprieur la p]sonne4 ,voil ce que se propose la tragdie4 ,p> elle1 il doit dsappr5dre l'p\vante qu'inspire *acun la mort et le temps4 ,c> dj dans le mom5t le plus fugitif de son exi/5ce il peut r5contr] quelque *ose de sacr qui l'emporte surabondamm5t sur t\tes les luttes et t\tes les misres qu'il a eu subir4 ,c'e/ l ce qui s'appelle avoir des s5tim5ts tragiques4 ,et si l'humanit t\t entire devait m\rir un j\r--qui donc v\drait d\t] de cette mort8--sa mission suprme p\r les temps v5ir consi/]ait s'unir1 se fondre dans la ,totalit1 de telle sorte qu'elle p\rrait m>*] au devant de sa ru9e imm95te1 comme si elle ne =mait qu'une seule me anime de s5tim5ts tragiques4 ,dans cette mission suprme e/ incluse t\te aspiration l'anoblissem5t de l'homme2 sa rpudiation df9itive app>atrait1 p\r l'ami de l'humanit1 comme une des images les plus fune/es qu'il puisse voir4 ,tel e/ du mo9s mon s5tim5t6 ,il n'y a qu'un seul espoir et une seule g>antie p\r l'av5ir de ce qui e/ huma91 c'e/ que le s5tim5t tragique ne meure pas4 ,si les hommes devai5t un j\r p]dre compltem5t ce s5tim5t1 il faudrait faire ret5tir sur la t]re des lam5tations comme on n'en a jamais ent5du2 et1 d'autre "p1 il n'exi/e pas de joie plus enivrante que celle de savoir ce que n\s savons1 de savoir que la p5se tragique a de n\veau fait son app>ition dans le monde4 ,c> cette joie e/ bi5 une joie entirem5t supra-p]sonnelle et gnrale1 une jubilation de l'humanit en prs5ce du li5 qui relie t\t jamais t\t ce qui e/ huma94 #e4 ,wagn] plaa la vie prs5te et passe s\s le rayon lum9eux d'une connaissance assez puissante p\r atte9dre des di/ances considrables4 ,c'e/ p\rquoi il app>at comme un simplificateur du monde4 ,la simplification du monde consi/e t\j\rs en ceci1 que le reg>d de celui qui possde la connaissance dom9e de n\veau la masse imm5se et inculte d'un *aos app>5t et runit p> des li5s puissants ce qui p>aissait aup>avant disp]s d'une manire irrconciliable4 ,wagn] atteignit ce b en dc\vrant un rapport entre deux objets qui semblai5t m5] une exi/5ce sp>e1 *acun re/ant dans sa sphre3 entre la musique et la vie1 a9si qu'entre la musique et le drame4 ,non po9t qu'il ait inv5t ces rapports ou qu'il les ait crs2 ils exi/5t et se tr\v5t p\r a9si dire s\s les pas de *acun2 c> t\t gr& problme e/ semblable la pi]re prcieuse que f\l5t en passant des milli]s d'indiffr5ts avant que quelqu'un se baisse p\r la ramass]4 ,comm5t se fait-il1 se dem&e ,wagn]1 que dans la vie des hommes mod]nes un art comme la musique se soit dvelopp avec une puissance si incomp>able8 ,po9t n'e/ beso9 d'avoir mdiocre op9ion de cette vie mod]ne1 p\r s'ap]cevoir qu'il y a ici un problme4 ,au contraire1 lorsque l'on considre t\tes les =ces qui sont le propre de celle-ci1 lorsque l'on se reprs5te une exi/5ce aux aspirations puissantes luttant p\r la consci5ce de la lib]t et p\r l'indp5dance de la p5se1 la prs5ce de la musique n'en p>at que plus nigmatique4 ,n'e/-on pas =c d'av\] qu'il tait impossible que la musique naqut d'une p>eille poque8 ,a quoi doit-elle alors son exi/5ce8 ,peut-tre un has>d8 ,c]tes l'app>ition d'un gr& arti/e isol p\rrait tre le rsultat d'un has>d1 mais celle d'une srie de gr&s arti/es1 telle que n\s la rvle l'hi/oire de la musique mod]ne et tel qu'il ne s'en produit de semblable qu'une seule fois1 l'poque des ,grecs1 l'app>ition de cette srie donne p5s] qu'ici ce n'e/ pas le has>d1 mais bi5 une ncessit absolue qui impose sa loi4 ,cette ncessit con/itue prcism5t le problme dont ,wagn] (fre la solution4 ,t\t d'abord il sut reconnatre un tat de crise qui s't5d auj\rd'hui aussi lo9 que va la civilisation1 ce li5 des peuples4 ,p>t\t ici le langage se tr\ve en dfaut1 et l'oppression de cette effroyable maladie se fait s5tir sur t\t le dveloppem5t huma94 ,s'loignant t\j\rs davantage des =tes manife/ations du s5tim5t qu'il avait exprimes l'orig9e dans t\te leur simplicit1 le langage fut sans cesse contra9t de gravir le d]ni] degr qu'il ft capable d'atte9dre1 af9 d'embrass] le monde de la p5se1 c'e/--dire t\t ce qu'il y a de plus oppos au s5tim5t4 ,cette ext5sion dmesure eut p\r rsultat d'puis] ses =ces1 au c\rs de la priode relativem5t brve qu'occupe la civilisation n\velle1 de sorte que le langage n'e/ plus capable de remplir la t*e en vue de laquelle il s'e/ =m3 p]mettre ceux qui s\ffr5t de se communiqu] les uns aux autres les sujets de tri/esse les plus ord9aires de la vie4 ,dans sa misre1 l'homme ne peut plus se faire compr5dre au moy5 du langage2 il ne peut donc plus vritablem5t se communiqu]4 ,cette condition obscurm5t s5tie a fait p>t\t du langage un p\voir indp5dant1 qui ma9t5ant tre9t les hommes de ses bras de fantme et les presse all] o ils ne veul5t pas4 ,ds qu'ils *]*5t s'expliqu] entre eux et s'associ] en vue d'une uvre commune1 la folie des ides gnrales1 le v]tige des mots sonores s'emp>e d'eux4 ,incapables de se compr5dre vritablem5t1 ils excut5t en commun ces uvres qui t\tes port5t l'empre9te de ce manque d'ent5te1 en ce s5s qu'elles ne sont pas l'expression des vritables beso9s qui les ont fait natre1 mais ne correspond5t qu' un imprieux et creux v]balisme4 ,a9si1 t\tes ses s\ffrances l'humanit aj\te encore la s\ffrance de la conv5tion1 c'e/--dire de la con=mit dans les p>oles et les actions sans la con=mit du s5tim5t4 ,de mme que1 dans la priode dcroissante de *aque art1 il arrive un mom5t o l'exubrance maladive des moy5s et des =mes acqui]t une influ5ce tyrannique sur l'me des jeunes arti/es et fait d'eux ses esclaves1 de mme on se tr\ve tre auj\rd'hui1 alors que le langage e/ en dcad5ce1 l'esclave du v]be4 ,cette contra9te ne p]met plus p]sonne de se montr] tel qu'il e/1 de p>l] navem5t2 et il en e/ peu qui1 d'une faon gnrale1 russiss5t cons]v] leur individualit dans la lutte avec une culture qui croit p\voir dmontr] son succs1 non po9t en ex]ant son action bi5faisante sur des s5tim5ts et des aspirations nettem5t affirms1 mais en saisissant l'individu dans un rseau d'ides bi5 df9ies1 p\r lui appr5dre bi5 p5s]4 ,comme s'il y avait un intrt quelconque faire d'un individu un tre qui p5se bi5 et qui sait conclure logiquem5t1 si l'on n'e/ p>v5u1 au pralable1 faire de lui un tre qui sait s5tir ju/e4 ,si donc la musique de nos matres allem&s rsonne1 au milieu d'une humanit tel po9t malade1 qu'ent5d-on rsonn] au ju/e8 ,ri5 autre *ose qu'un s5tim5t exact1 l'ennemi de t\te conv5tion1 de t\te alination factice1 de t\te incomprh5sion d'homme homme4 ,cette musique quivaut la fois un ret\r la nature1 une purification et une trans=mation de la nature2 c> c'e/ dans l'me des hommes les plus aimants qu'e/ n le beso9 de ce ret\r et c'e/ dans leur art que rsonne la nature trans=me en am\r4 ,pr5ons cet expos comme une rponse de ,wagn] la "q de savoir ce que signifie la musique de notre temps4 ,mais il ti5t encore en rs]ve une seconde rponse4 ,le rapport entre la musique et la vie n'e/ pas seulem5t le rapport d'une espce de langage une autre espce2 c'e/ aussi le rapport du monde p>fait de l'audition au monde complet de la vision4 ,considre comme un phnomne visuel et comp>e aux phnomnes antrieurs de la vie1 l'exi/5ce des hommes actuels (fre cep5dant le spectacle d'une pauvret et d'un puisem5t indicibles1 malgr son ineffable v>it1 dont seul le reg>d sup]ficiel peut se satisfaire4 ,qu'on aille donc y reg>d] de plus prs p\r analys] l'impression que produit cette multiple big>rure4 ,ne croirait-on pas voir le sc9tillem5t d'une mosaque dont les innombrables p>celles m\vantes sont t\tes empruntes des civilisations passes8 ,ici t\t n'e/-il pas fa/es dplacs1 agitation simule1 dehors trompeurs8 ,un vtem5t drisoire fait de loques b>ioles p\r celui qui s\ffre d'tre nu et d'avoir froid8 ,une m5songre danse de joie impose celui qui pleure8 ,l'expression d'une fi]t exubrante affi*e p> quelqu'un qui e/ bless au cur8 ,puis1 au milieu de t\t cela1 masques et dissimules seulem5t p> la hte du t\rbillon incessant1 une grise impuissance1 une discorde qui ronge1 une morne dsolation1 une honteuse misre6 ,l'aspect s\s lequel se manife/e l'homme mod]ne n'e/ plus qu'app>5ce2 ce que l'homme mod]ne reprs5te s]t bi5 plutt le dissimul] qu' le r5dre visible et le re/e d'inv5tion et d'activit arti/ique qui s'e/ cons]v *ez quelques peuples1 comme *ez les ,franais et les ,itali5s1 n'e/ plus employ qu' l'art de ce jeu de ca*e-ca*e4 ,p>t\t o l'on dem&e ma9t5ant la =me1 dans la socit et dans la conv]sation1 dans l'expression littraire et dans les rapports entre nations1 p>t\t on ent5d involontairem5t p> l une app>5ce plaisante1 c'e/--dire le contraire de l'ide vritable de la =me1 la =me tant l'expression adquate et ncessaire1 laquelle n'a pas s'occup] de ce qui e/ plaisant et dplaisant1 prcism5t p>ce qu'elle e/ le rsultat d'une ncessit et non pas du bon plaisir4 ,mais1 lors mme que1 p>mi les peuples civiliss1 on n'exige pas catgoriquem5t la =me1 on ne possde pas davantage cette figuration expressive2 t\t en tant aussi zl dans la re*]*e de l'app>5ce agrable1 on e/ seulem5t mo9s heureux dans les rsultats4 ,a quel po9t l'app>5ce e/ agrable1 ici et l1 et p\rquoi *acun doit tr\v] son agrm5t ce que l'homme mod]ne s'ef=ce au mo9s de p>atre1 c'e/ ce que *acun compr5d dans la mesure o il e/ lui-mme un homme mod]ne4 ,les galri5s seuls se connaiss5t1 dit le ,tasse2 quant n\s1 n\s mconnaissons les autres p> politesse1 af9 qu'ils n\s mconnaiss5t leur t\r4 ,et voil que dans ce monde1 o rgn5t les =mes et le dsir de se voir mconnu1 app>aiss5t les mes animes p> la musique4 ,dans quel b8 ,ces mes se meuv5t en h>monie avec le ry?me s\v]a9 et libre1 animes d'une noble loyaut1 vivifies p> la passion suprieure t\te p]sonnalit1 elles brl5t de l'ardeur la fois puissante et paisible de la musique1 de cette ardeur qui des pr(ondeurs 9puisables jaillit la lumire4 ,et t\t ceci1 encore une fois1 dans quel b8 ,p> l'entremise de ces mes la musique exprime la volont de s'associ] sa sur lgitime1 la gymna/ique1 laquelle app>at comme son expression ncessaire dans le monde visible4 ,en *]*ant satisfaire cette volont la musique s'rige en juge du monde des app>5ces t\t enti]1 telle que l'a fait la ralit trompeuse du prs5t4 ,l'affirmation de ce phnomne e/ la seconde rponse de ,wagn] ceux qui dem&5t ce que la musique signifie de nos j\rs4 ,aidez-moi1 dit-il1 en s'adressant t\s ceux qui sav5t ent5dre1 aidez-moi dc\vrir la culture dont ma musique--expression retr\ve du s5tim5t ju/e--e/ le prsage4 ,rfl*issez ceci que l'me de la musique veut ma9t5ant se crer un corps2 qu'elle *]*e sa voie1 de telle sorte qu'elle devi5ne visible p> l'entremise de v\s t\s1 dans vos m\vem5ts1 vos actions1 vos in/itutions et vos murs4 ,il exi/e dj des hommes qui compr5n5t cet appel et leur nombre devi5dra de plus en plus gr&4 ,ils compr5n5t aussi1 p\r la premire fois dans notre re1 ce que cela signifie de pr5dre la musique p\r base de l',etat4 ,les anci5s ,hellnes l'avai5t non seulem5t compris mais ils s'en tai5t fait une loi p\r eux-mmes1 et ces mmes esprits clairvoyants hsit5t aussi peu condamn] l',etat dans sa =me actuelle que la plup>t des hommes le font ds auj\rd'hui l'g>d de l',eglise4 ,en n\s dirigeant v]s ce b s+ulirem5t n\veau1 mais qui n'a pas t\j\rs pass p\r quelque *ose d'in\1 n\s sommes am5s compr5dre en quoi consi/e la lacune la plus humiliante de notre ducation et n\s r5dre compte de la vraie cause de son impuissance n\s faire sortir de la b>b>ie4 ,il manque notre ducation l'me de la musique1 inspiratrice du m\vem5t et de la =me1 t&is que ses exig5ces et son organisation sont l'uvre d'une poque o n'tait pas encore ne cette musique1 laquelle n\s accordons ici une confiance si p>ticulire4 ,notre pdagogie e/ l'in/itution la plus arrire dans le temps o n\s vivons2 elle e/ rtrograde prcism5t p> rapport au seul n\vel lm5t ducateur qui donne aux hommes d'auj\rd'hui un avantage sur ceux du sicle pass1 ou qui du mo9s le leur donn]ait s'ils cons5tai5t ne plus vivre aveuglm5t dans leur temps1 en proie la fivre du mom5t4 ,comme jusqu' prs5t l'me de la musique n'e/ pas encore entre en eux1 ils n'ont pas encore su dev9] l'ide de la gymna/ique dans le s5s que les ,grecs et ,wagn] atta*5t ce mot4 ,c'e/ p\rquoi leurs arti/es sont condamns tre privs d'esprance1 tant qu'ils ne pr5dront pas la musique p\r guide1 qu& ils v\dront pntr] dans un n\veau monde des p]spectives visibles4 ,le tal5t p\rra se dvelopp] son gr1 t\j\rs il arriv]a trop t>d ou trop tt1 et en t\s les cas mal propos1 c> il e/ sup]flu et impuissant1 ce que le pass n\s a lgu de plus p>fait et de plus sublime1 la =me1 modle de nos arti/es1 tant dev5ue sup]flue et presque impuissante aj\t] une pi]re n\velle l'difice4 ,si leur imag9ation e/ incapable de leur faire di/+u] les =mes n\velles qu'ils ont devant eux1 s'ils ne voi5t sans cesse1 d]rire eux1 que les =mes anci5nes1 ils sont morts avant d'avoir cess de vivre4 ,mais celui qui s5t en lui-mme une vie vritable et fconde1 cette vie qui ne saurait tre auj\rd'hui autre *ose que de la musique1 p\rrait-il un seul in/ant cd] l'illusion de fond] des esprances durables sur quelque *ose qui s'puise produire des figures1 des =mes et des /yles4 ,il e/ suprieur t\tes les vanits de ce g5re1 et ne p5se pas plus r5contr] des *efs-d'uvre pla/iques en dehors de son imag9ation idale1 qu'il n'espre voir nos langues sniles et dcolores produire encore de gr&s criva9s4 ,plutt que de prt] l'oreille quelques consolations *imriques1 il support]a de jet] un reg>d pr(ondm5t dc\rag sur notre tat de *oses mod]ne4 ,qu'il laisse l'am]tume et la ha9e remplir son cur1 si ce cur n'e/ pas assez t5dre p\r la piti4 ,la m*ancet mme et l'ironie val5t mieux que de s'ab&onn] une satisfaction trompeuse et une paisible ivresse1 comme font nos amateurs d'art6 ,mais1 lors mme qu'il s]ait capable de faire plus que de ni] et de mpris]1 s'il e/ capable d'aim]1 de s\ffrir et de travaill] avec ses semblables1 il s]a cep5dant contra9t d'obs]v] t\t d'abord une attitude ngative1 p\r ouvrir la voie son me gnreuse4 ,si la musique doit un j\r dispos] au recueillem5t les curs de beauc\p d'hommes et faire d'eux les confid5ts de ses gr&s desse9s1 il faudra t\t d'abord mettre un t]me aux rapports de j\issance purem5t passive avec un art tel po9t sacr4 ,il faudra prcism5t jet] l'ana?me cet amateur d'art1 qui e/ le pr9cipal s\ti5 de nos entreprises arti/iques1 les ?tres1 les muses et les conc]ts2 l'empressem5t que met le g\v]nem5t combl] les vux de l'amateur devra cess]4 ,l'op9ion publique met un empressem5t t\t p>ticuli] inculqu] au citoy5 le gt t\t spcial de l'art2 elle devra tre remplace p> un jugem5t plus sa94 ,en att5dant n\s devrons considr] comme un alli vritable et utile l'ennemi dcl> de l'art1 c> son inimiti ne s'adresse qu' l'art tel que le conoit l'ami de l'art et il n'en connat pas d'autre4 ,qu'il soit donc libre de repro*] cet ami les sommes follem5t dp5ses p\r la con/ruction de nos ?tres et de nos monum5ts publics1 l'engagem5t des *anteurs et des comdi5s clbres1 l'entreti5 des coles et des muses des beaux-arts1 si compltem5t inutiles1 sans compt] les sommes importantes que *aque famille dp5se en n]gie1 en temps et en arg5t1 p\r le dveloppem5t des intrts soi-disant arti/iques4 ,il n'y a l ni faim1 ni satit1 mais seulem5t un jeu languissant1 avec l'app>5ce de l'une et de l'autre1 un jeu imag9 p> le va9 dsir de faire de l'effet et de dr\t] le jugem5t des autres4 ,mais c'e/ pire encore lorsque l'on pr5d l'art plus ou mo9s au srieux1 que l'on exige de lui qu'il suscite une espce de faim et de dsir et que l'on s'imag9e que c'e/ sa mission de produire cette excitation factice4 ,comme si l'on craignait de prir du dgt que l'on a devant soi-mme et de sa propre in]tie1 on conjure t\s les mauvais dmons1 p\r se laiss] traqu] p> eux comme un gibi] aux abois2 on a soif de s\ffrance1 de colre1 de ha9e1 d'excitation1 de frayeur subite1 d'anxit sans trve et l'on fait appel l'arti/e p\r voqu] cette *asse d'esprits inf]naux4 ,dans l'conomie spirituelle de nos hommes cultivs1 l'art e/ dev5u un beso9 t\t fait m5song]1 mprisable1 avilissant2 si ce n'e/ pas simplem5t ri51 c'e/ du mo9s quelque *ose de =t mauvais4 ,l'arti/e1 le meilleur et le plus r>e1 ne voit ri5 de t\t cela1 c> il semble tre en proie une sorte de rve /upfiant2 il rpte en hsitant1 d'une voix mal assure1 des mots magnifiques et tranges qu'il croit p]cevoir dans le lo9ta91 mais dont il ne di/+ue pas clairem5t le s5s4 ,qu&1 au contraire1 il pr(esse des t5dances t\t fait mod]nes1 l'arti/e mprise *ez ses nobles compagnons les ttonnem5ts et les disc\rs ivres de rve2 il ti5t en laisse t\te la meute glapissante des passions et des horreurs acc\ples1 p\r les l*] au beso9 sur ses contempora9s4 ,c> ceux-ci prfr5t se voir p\rsuivis1 blesss et d*irs1 plutt que d'tre contra9ts vivre paisiblem5t1 seuls avec eux-mmes4 ,seuls avec eux-mmes6 ,l'ide de cet isolem5t suffit plong] les mes mod]nes dans la peur et1 la t]reur des spectres4 ,lorsque je contemple1 dans les villes populeuses1 des milli]s d'individus qui pass5t devant moi avec un air press et hbt1 je ne cesse de me rpt] que ces g5s doiv5t tre mal l'aise4 ,p\r eux1 cep5dant1 l'art n'exi/e qu' condition qu'il les r5de encore plus mal l'aise1 qu'ils ai5t l'air encore plus hbts et plus ins5ss1 ou bi5 encore plus presss et plus avides4 ,c> le s5tim5t faux les possde et les t\rm5te sans rel*e et ne p]met pas qu'ils s'av\5t leur misre eux-mmes4 ,s'ils veul5t p>l]1 la conv5tion leur s\ffle quelque *ose l'oreille qui leur fait oubli] ce qu'ils avai5t v\lu dire2 veul5t-ils se conc]t] entre eux1 leur esprit se tr\ve p>alys comme p> en*antem5t1 de telle sorte qu'ils nomm5t bonheur ce qui e/ leur malheur et que c'e/ p\r leur propre malheur qu'ils s'appliqu5t s'unir les uns avec les autres4 ,c'e/ a9si qu'ils sont compltem5t dt\rns d'eux-mmes et rduits au rle d'esclaves aveugles d'un s5tim5t fauss4 #f4 ,je ne veux montr] que p> deux exemples quel po9t le s5tim5t a t p]v]ti de nos j\rs et combi5 notre temps se r5d peu compte de cette p]v]sion4 ,autrefois on reg>dait de haut1 avec une honnte rs]ve1 les g5s qui font comm]ce d'arg5t1 lors mme que l'on p\vait avoir beso9 d'eux2 on se r5dait compte que1 dans t\te socit organise1 c]ta9s organes devai5t remplir des fonctions mo9s nobles4 ,ma9t5ant ces g5s =m5t la puissance dom9ante dans l'me de l'humanit mod]ne1 c> ils en sont la p>tie la plus avide4 ,autrefois1 ce contre quoi on mettait le plus en g>de1 c'tait de pr5dre trop au srieux le j\r ou l'in/ant fugitif2 on recomm&ait le nil admir>i et le s\ci des *oses t]nelles4 ,ma9t5ant il ne re/e plus1 dans l'me mod]ne1 qu'une seule espce de srieux2 ce srieux s'applique aux n\velles qu'apporte le j\rnal ou le tlgraphe4 ,pr(it] du mom5t et le jug] aussi vite que possible p\r p\voir en tir] p>ti6 ,on p\rrait presque croire que les hommes d'auj\rd'hui n'ont cons]v qu'une seule v]tu1 la prs5ce d'esprit4 ,malheureusem5t cette prs5ce d'esprit e/ bi5 plutt la prs5ce p]ptuelle d'une insatiable avidit et d'une curiosit sans bornes que l'on retr\ve *ez t\t le monde4 ,quant savoir si l'esprit e/ prs5t auj\rd'hui1 n\s laiss]ons aux juges de l'av5ir1 qui f]ont pass] les hommes mod]nes p> leur crible1 le so9 d'appr(ondir cette "q4 ,p\rtant cette poque-ci e/ vile1 on peut s'en r5dre compte ds prs5t1 c> elle honore ce que mprisai5t les nobles poques antrieures4 ,ma9t5ant qu'elle s'e/ appropri t\t le trsor de sagesse et d'art que n\s a lgu le pass et qu'elle se p>e de ce vtem5t somptueux1 elle fait preuve1 dans sa prsomption1 d'une inquitante vanit en n'utilisant pas ce manteau simplem5t p\r se r*auff]1 mais p\r donn] le *ange sur elle-mme4 ,le beso9 de fe9dre et de dissimul] lui semble plus pressant que celui de se protg] du froid4 ,c'e/ a9si que les savants et les philosophes d'auj\rd'hui ne font pas s]vir la sagesse des ,h9d\s et des ,grecs la conqute de la sagesse et de la paix intime2 leurs travaux doiv5t seulem5t contribu] procur] notre poque un r5om trompeur de sagesse4 ,ceux qui tudi5t l'hi/oire naturelle s'ef=c5t de dmontr] que les accs de viol5ce be/iale1 de ruse et la v5geance brutale auxquels s'ab&onn5t les ,etats et les individus dans leurs rapports rciproques ne sont que d'immuables lois naturelles4 ,les hi/ori5s font des ef=ts cra9tifs p\r dmontr] que *aque poque a son droit p>ticuli] et des conditions d'exi/5ce qui lui sont propres2 ils se prp>5t a9si df5dre l'ide fondam5tale de la procdure judiciaire qui devra tre octroye notre poque4 ,qu'elle traite de l',etat1 du peuple1 de l'conomie1 du comm]ce ou du droit1 la sci5ce1 s\s t\tes ses =mes1 assume ds prs5t ce c>actre prp>atoire et apologtique2 il semble mme que la "p d'esprit re/e vivace1 sans avoir p]du son action dans le mcanisme compliqu des rapports de ga9 et de puissance1 s'impose p\r t*e unique de df5dre et d'excus] le temps prs5t4 ,devant quel accusateur8 ,telle e/ la "q qu'on se pose avec /upeur4 ,devant sa propre mauvaise consci5ce4 ,et ici n\s di/+u]ons t\t c\p la t*e que se propose l'art mod]ne3 plong] dans l'apa?ie ou dans l'ivresse6 ,endormir ou t\rdir6 ,p\ss] la consci5ce l'ignorance de quelque manire que ce soit6 ,aid] l'me mod]ne se drob] au s5tim5t de la f\le sans la ram5] son innoc5ce6 ,que cela soit possible au mo9s p\r quelques in/ants6 ,df5dre l'homme contre lui-mme en l'am5ant impos] sil5ce sa consci5ce1 ne pas c\t] les voix intrieures6--,les r>es natures qui auront compris une seule fois t\t ce qu'il y a d'humiliant dans cette t*e et dans cette affreuse dgradation de l'art auront s5ti leur cur non seulem5t dbord] de d\leur et de piti1 mais aussi de n\veaux et d'irrsi/ibles dsirs4 ,celui qui v\drait dlivr] l'art et lui r5dre sa sa9tet pr(ane devrait d'abord se dlivr] lui-mme de l'me mod]ne2 ce n'e/ qu'aprs avoir retr\v son innoc5ce qu'il p\rra dc\vrir l'innoc5ce de l'art2 il lui re/]a se s\mettre deux gr&es purifications et une d\ble conscration4 ,s'il sortait va9queur de l'preuve1 si1 du fond de son me dlivre1 il p>lait aux hommes le langage de son art dlivr1 il se v]rait plus que jamais expos au plus gr& dang]1 =c au plus rude combat2 c> les hommes le rduirai5t en morceaux1 lui et son art1 plutt que d'av\] quel po9t ils sont saisis de honte leur aspect4 ,il ne s]ait pas impossible que le seul rayon de lumire que pt espr] notre poque1 que la dlivrance de l'art re/t un vnem5t rs]v quelques mes solitaires1 t&is que le gr& nombre support]ait indf9im5t la contemplation de la lueur vacillante et enfume d'un art leur usage4 ,ils ne veul5t pas la lumire1 mais l'bl\issem5t2 ils dte/5t la lumire1 lorsque c'e/ sur eux qu'elle jette ses rayons4 ,c'e/ p\r cela qu'ils vit5t le n\veau messag] de lumire2 mais ce messag] les suit1 p\ss p> l'am\r qui l'a fait natre et il veut les s\mettre4 ,il v\s faut tre initi mes my/res1 leur dit-il1 v\s avez beso9 de leurs purifications et de leurs motions4 ,faites-en l'essai p\r votre salut1 ab&onnez les sombres p>ages de la nature et de la vie que v\s semblez seuls connatre6 ,je v\s conduirai dans un monde qui1 lui aussi1 e/ rel4 ,v\s direz v\s-mmes1 lorsque v\s quitt]ez ma cav]ne p\r ret\rn] au gr& j\r qui e/ le vtre1 laquelle des deux exi/5ces e/ la plus relle1 o e/ en ralit le j\r et o e/ la cav]ne4 ,la nature1 vue de l'intrieur1 e/ bi5 plus ri*e1 plus puissante1 plus dlicieuse1 plus fconde2 tel que v\s vivez d'ord9aire v\s ne p\vez la connatre4 ,appr5ez r$ev5ir v\s-mme p>tie intgrante de la nature et laissez-v\s ensuite trans=m] avec elle et p> elle s\s l'empire de mon incantation d'am\r et de mon incantation du feu4 ,c'e/ l'art de ,wagn] dont la voix p>le a9si aux hommes4 ,si n\s autres1 enfants d'une poque misrable1 n\s sommes les premi]s ent5dre cette voix1 n\s voyons en cela prcism5t une preuve que cette poque e/ digne d'une pr(onde piti et que d'une faon gnrale la musique vritable p>ticipe du de/9 et a son orig9e dans une loi primordiale2 c> il n'e/ pas possible d'expliqu] p> un absurde has>d qu'on l'ent5de prcism5t auj\rd'hui4 ,un ,wagn] app>aissant p> has>d et t cras p> la prdom9ance de l'lm5t contraire o il a t jet4 ,mais sur la g5se du vrai ,wagn] plane une ncessit qui en e/ la ju/ification et la glorification4 ,l'art de ,wagn]1 considr son orig9e1 e/ le plus beau des spectacles1 quelque d\l\reux que pt tre cette g5se1 c> la raison1 l'ordre1 le b y sont p>t\t visibles4 ,sans la joie d'un p>eil spectacle1 l'obs]vateur e/im]a bi5heureuses les d\leurs mmes de cette ge/ation et il se r5dra compte avec joie que t\tes *oses contribu5t ncessairem5t au bonheur et au pr(it d'une nature prde/9e1 quelle que soit la dure cole qu'elle ait trav]s]2 il v]ra quel po9t *aque victoire augm5te sa prud5ce1 qu'elle peut se n\rrir de poison et de malheur t\t en cons]vant sa =ce et sa sant4 ,la raill]ie et la contradiction du monde qui l'ent\re lui s]v5t de /imulant et d'aiguillon2 si elle s'g>e1 elle revi5t de cet g>em5t et de ces errem5ts *>ge du plus magnifique but92 si elle dort1 son sommeil rassemble p\r elle de n\velles =ces4 ,elle retrempe le corps lui-mme et le r5d plus vig\reux2 elle ne consume pas la vie1 plus elle avance dans la vie2 elle rgit l'homme comme une passion aile et ne le laisse vol] que qu& son pi$ s'e/ fatigu dans le sable et qu'il s'e/ meurtri aux pi]res du *em94 ,elle ne peut rsi/] au dsir de p>tag]2 *acun doit contribu] son uvre2 elle n'e/ pas av>e de ses dons4 ,rep\sse1 elle donne plus l>gem5t2 abuse p> les donataires1 elle (fre encore1 p> surcrot1 le plus prcieux trsor qui lui re/e et1 si l'on en croit l'expri5ce la plus anci5ne1 comme aussi la plus rc5te1 jamais ceux qui les ont reu n'ont t absolum5t dignes de ses dons4 ,c'e/ p> l qu'elle se rvle comme la nature prde/9e p> laquelle la musique p>le au monde des app>5ces1 la musique qui e/ la *ose la plus my/rieuse qui soit s\s le soleil1 un abme o repos5t jo9tes la =ce et la bont1 un pont jet entre le moi et le non-moi4 ,qui donc saurait dsign] clairem5t le b auquel elle doit s]vir1 lors mme qu'il v]rait quelque opportunit dans la manire dont elle se dveloppe4 ,mais le plus dlicieux des press5tim5ts n\s enc\rage dem&]3 s]ait-il donc vrai que ce qu'il y a de plus gr& exi/t cause de ce qu'il y a de plus petit2 le don le plus magnifique en faveur du tal5t mo9dre1 la v]tu la plus haute et la plus sacre p\r l'am\r des faibles8 ,la vraie musique dut-elle se faire ent5dre p>ce que les hommes la mritai5t le mo9s1 mais en avai5t le plus beso98 ,qu'on se plonge donc en esprit dans le miracle ineffable de cette possibilit4 ,si l'on reg>de ensuite en arrire1 la vie app>at respl5dissante1 quelque sombre et brumeuse qu'elle p>t aup>avant4 #g4 ,il e/ impossible qu'il en soit autrem5t3 l'obs]vateur qui a devant les yeux une nature telle que celle de ,wagn] doit faire involontairem5t1 de temps en temps1 un ret\r =c sur lui-mme1 sur sa petitesse et sa fragilit1 p\r se dem&] ce que cette nature a faire avec lui4 ,il se dira alors3 ,p\rquoi1 dans quel desse9 te tr\ves-tu l8 ,sans d\te la rponse lui f]a-t-elle dfaut1 et se s5tira-t-il comme emb>rass et surpris en face de sa propre nature4 ,qu'il lui suffise alors d'avoir pr\v ces s5tim5ts2 puisse-t-il1 en outre1 dans le fait qu'il e/ dev5u trang] sa propre nature1 tr\v] une rponse la "q qu'il se posait4 ,c> c'e/ prcism5t p> ce s5tim5t qu'il p>ticipe la puissante manife/ation vitale *ez ,wagn]1 qu'il communie avec le c5tre de sa =ce1 cette m]veilleuse transmissibilit1 cette abdication de sa propre nature1 qui peut aussi bi5 se communiqu] d'autres qu'elle absorbe elle-mme d'autres natures et re/e gr&e1 aussi bi5 en donnant qu'en acceptant4 ,t\t en p>aissant va9cu p> la nature expansive et dbordante de ,wagn]1 l'obs]vateur a pris lui-mme sa "p de cette =ce jaillissante et1 p> elle1 il e/ en quelque sorte dev5u puissant contre lui-mme4 ,celui qui s'exam9e jusqu'au fond du cur sait que1 mme p\r contempl] simplem5t un my/rieux antagonisme1 e/ ncessaire un antagonisme qui consi/e reg>d] en face4 ,si l'art de ,wagn] n\s fait pass] p> t\t ce qu'pr\ve une me qui entrepr5d un voyage1 qui sympa?ise avec d'autres mes et compatit leur sort1 qui appr5d reg>d] le monde trav]s beauc\p d'yeux1 alors la di/ance et l'loignem5t n\s r5d5t capables de voir ,wagn] lui-mme1 aprs que n\s l'avons n\s-mme vcu4 ,n\s saisissons alors avec prcision qu'en ,wagn] le monde visible veut se spiritualis]1 se r5dre plus intime et se retr\v] lui-mme dans le royaume des sons2 de mme1 en ,wagn]1 t\t ce qui e/ p]ceptible p> les sons veut pr5dre corps en se manife/ant en quelque sorte comme phnomne visuel4 ,son art le conduit t\j\rs1 p> deux voies diffr5tes1 du monde o dom95t les sons dans un monde de spectacle visuel1 quoi le ratta*5t des aff9its my/rieuses--et vice v]sa4 ,il se voit sans cesse contra9t 7et l'obs]vateur avec lui7 de retraduire le m\vem5t visible en le transportant sur le doma9e de l'me et de la vie in/9ctive2 de p]cevoir1 en mme temps1 comme phnomne visible1 l'impulsion la plus ca*e de l'tre intime1 p\r lui prt] un corps app>5t4 ,t\t cela app>ti5t en propre au dramaturge di?yrambique1 si l'on donne ce t]me son acception la plus va/e1 qui embrasse la fois le comdi51 le pote et le musici51 notion qui se dduit ncessairem5t d',es*yle et des arti/es grecs ses contempora9s1 lesquels (frir5t le seul exemple p>fait du dramaturge di?yrambique avant ,wagn]4 ,si l'on a essay de ram5] des dons p>ticulirem5t gr&ioses de c]ta9es natures des entraves intrieures ou des lacunes du gnie1 si1 p\r ,g!1 p> exemple1 la posie ne fut qu'une sorte de palliatif p\r une vocation de pe9tre manque1 si l'on peut dire des drames de ,s*ill] qu'ils sont de l'loqu5ce populaire transpose1 si ,wagn] lui-mme *]*e expliqu] l'enc\ragem5t de la musique p> les ,allem&s1 entre autres circon/ances1 p> le fait que ceux-ci1 privs du don sducteur d'une voix naturellem5t mlodieuse1 fur5t obligs de concevoir la musique avec le mme srieux pr(ond que leurs r=mateurs obs]vr5t la face du *ri/ianisme4 ,si l'on v\lait mme tablir un rapport semblable entre le dveloppem5t de ,wagn] et cette sorte d'entrave intrieure1 il s]ait p]mis d'admettre *ez lui un don inn p\r les plan*es1 vocation naturelle qu'il dut ab&onn] sans p\voir la satisfaire sur un doma9e vulgaire1 mais qu'il p>v9t ralis]1 malgr les ob/acles1 en faisant conc\rir t\s les arts une gr&e ralisation ?trale4 ,mais alors il s]ait galem5t p]mis d'affirm] que la plus puissante nature de musici51 dans son dsespoir d'avoir s'adress] des p]sonnes qui ne sont musici5nes qu' moiti ou qui ne le sont pas du t\t1 s'ouvrit de =ce un accs v]s les autres arts1 p\r p\voir enf9 se communiqu] avec une prcision c5tuple et contra9dre les masses le compr5dre4 ,quelque ide qu'on se fasse du dveloppem5t de l'arti/e dramatique idal1 l'poque de sa maturit1 au mom5t o il donne t\te sa mesure1 il prs5te lui-mme un ensemble exempt de t\te lacune et de t\te entrave2 il e/ le vritable arti/e libre1 qui ne saurait faire autrem5t que de crer la fois1 dans t\s les doma9es de l'art1 l'int]prte et le mdiateur de l'unit et de l'univ]salit du p\voir crateur1 unit et univ]salit qui ne peuv5t tre ni dev9es1 ni rvles1 mais que l'action seule e/ en mesure de dmontr]4 ,cep5dant1 celui en prs5ce duquel cette action se produira d'une faon s\da9e en s]a subjugu comme p> un malfice t\t la fois attrayant et inquitant4 ,il se tr\v]a s\da9 en face d'une puissance qui annule la rsi/ance de la raison et qui fait mme p>atre draisonnable et incomprh5sible t\t ce qui jusque l faisait p>tie de notre exi/5ce4 ,transports hors de n\s-mmes1 n\s nageons dans un lm5t my/rieux et ard5t1 n\s ne n\s compr5ons plus n\s-mmes1 n\s ne connaissons plus ce que n\s connaissions le mieux2 la mesure *appe de nos ma9s2 t\t ce qui e/ lgitime1 t\t ce qui e/ immobile comm5ce s'branl]2 t\te *ose revt de n\velles c\leurs et n\s p>le un n\veau langage4 ,il faut tre ,platon lui-mme p\r p\voir1 en prs5ce de ce mlange d'extase viol5te et de frayeur1 se dcid] qu& mme et s'adress]1 a9si qu'il fit1 au pote dramatique p\r lui dire3 ,n\s v\lons un homme qui1 p> le moy5 de sa sagesse1 puisse se trans=m] en t\tes sortes de *oses et imit] t\tes *oses4 ,s'il vi5t au milieu de n\s1 il s]a l'objet de notre vnration1 comme s'il tait un sa9t et un prodige1 n\s v]s]ons de l'huile sur sa tte1 n\s le ce9drons du b&eau sacr1 mais n\s *]*]ons le dcid] se retir] dans une autre communaut4 ,il se peut que quelqu'un qui vit dans une communaut platonici5ne puisse et doive s'impos] quelque *ose de semblable4 ,mais n\s autres1 n\s qui vivons dans une communaut t\te diffr5te et qui sommes rgis selon d'autres rgles1 n\s s\haitons et n\s dem&ons ardemm5t que l'en*anteur vi5ne n\s1 bi5 que n\s ayons peur de lui4 ,cela n\s p>at ncessaire1 p\r que notre communaut1 la puissance et la raison malfaisante1 dont elle e/ l'expression1 se tr\v5t une fois au mo9s contr$ites4 ,une condition de l'humanit1 de la vie sociale1 des murs et de l'organisation de celle-ci1 qui p\rrait se pass] des arti/es imitateurs1 n'e/ peut-tre pas compltem5t une impossibilit1 mais ce peut-tre e/ p>mi les plus audacieux qu'on puisse exprim]1 il quivaut une pr(onde inquitude4 ,le droit d'en p>l] ne devrait app>t5ir qu' celui qui1 anticipant le mom5t suprme de t\t ce qui e/ v5ir1 s]ait mme de le crer et d'en j\ir1 et qui s]ait alors1 comme ,fau/1 contra9t de dev5ir aveugle immdiatem5t1 mo9s qu'il n'implore la ccit comme une faveur4 ,c> n\s autres1 n\s n'avons pas droit mme cette ccit2 t&is que ,platon1 p> exemple1 p\vait bon droit tre aveugle en face de t\te la ralit hellnique1 aprs qu'il et jet un reg>d1 un seul1 sur l'idal hellnique4 ,p\r ce qui e/ de n\s1 t\t au contraire1 n\s avons beso9 de l'art prcism5t p>ce que l'aspect de la ralit n\s a ouv]t les yeux2 il n\s faut le dramaturge univ]sel p\r qu'il n\s dlivre1 ne ft-ce que p\r quelques heures1 de la t]rible t5sion dont s\ffre l'homme clairvoyant1 plac entre sa propre faiblesse et la t*e qui lui e/ impose4 ,avec le dramaturge n\s gravissons les degrs les plus levs du s5tim5t et c'e/ l seulem5t que n\s avons l'illusion de n\s voir ram5s au se9 de la nature illimite1 dans le royaume de la lib]t4 ,l seulem5t1 comme dans un =midable mirage1 n\s n\s ap]cevons1 n\s et nos semblables1 en ple9 dans la lutte1 la victoire et la disp>ition1 comme si n\s tions1 n\s aussi1 quelque *ose de sublime et d'important2 n\s faisons nos dlices du ry?me de la passion et du sacrifice que comporte la passion2 *acun des pas =midables que fait le hros1 n\s ent5dons le s\rd ret5tissem5t de la mort et dans le vois9age de la mort n\s saisissons l'attrait suprme de la vie4 ,trans=ms de la sorte en hommes tragiques1 n\s rev5ons la vie s+ulirem5t consols1 avec le s5tim5t d'une scurit n\velle1 semblable celle que n\s pr\v]ions si1 aprs avoir c\ru les plus gr&s dang]s1 aprs des c>ts et des extases multiples1 n\s avions retr\v le *em9 qui n\s ramne dans un monde limit et famili]4 ,un *em9 qui n\s ramne des s5tim5ts d'une c\rtoisie suprieure et bi5veillante dans nos relations et qui n\s confre plus de noblesse qu'aup>avant4 ,c> t\t ce qui p>at ici srieux et ncessaire1 p>ce qu'il s'agit d'atte9dre un b dt]m91 ne ressemble1 lorsque n\s le comp>ons la voie que n\s avons n\s-mmes p>c\rue 7bi5 que seulem5t en rve71 qu' des fragm5ts s+ulirem5t isols de ces vnem5ts cosmiques dont n\s ne pr5ons consci5ce qu'avec t]reur4 ,n\s s]ons mme exposs un dang]eux cueil1 t5ts comme n\s le s]ons de pr5dre la vie trop la lgre1 prcism5t p>ce que1 dans l'art1 n\s l'avons considre avec un si r>e srieux4 ,n\s rappelons ici une expression dont ,wagn] s'e/ s]vi lorsqu'il a p>l des vnem5ts de sa propre vie4 ,c>1 alors qu' n\s autres1 qui pr5ons seulem5t "p1 sans le crer1 un p>eil art du drame di?yrambique1 le rve p>at presque plus vrai que la veille et la ralit1 quel effet ce contra/e ne doit-il pas produire sur l'arti/e crateur6 ,le voici plac au milieu des appels bruyants et des ncessits du j\r1 en proie aux exig5ces de la vie1 de la ,socit1 de l',etat4 ,o e/-il lui-mme en face de t\t cela8 ,peut-tre e/-il ju/em5t le seul dont les s5tim5ts soi5t vrais et rels1 au milieu des dormeurs tr\bls et t\rm5ts1 au milieu des malheureux en proie aux illusions et aux d\leurs4 ,peut-tre s5t-il p>fois qu'une insomnie p]si/ante s'emp>e de lui1 comme s'il devait pass] dornavant son exi/5ce si lucide et si consci5te au milieu de somnambules et d'tres qui j\5t srieusem5t au fantme2 si bi5 que t\t ceci1 qui p>at p\r d'autres si naturel1 le remplit d'un tr\ble inusit1 et qu'il n'e/ t5t de n'oppos] ce phnomne qu'un orgueilleux dda94 ,mais quel *oc trange ce s5tim5t ne subit-il pas qu&1 la clairvoyance de son orgueil frmissant1 vi5t se jo9dre un t\t autre p5*ant3 l'aspiration quitt] les hauteurs p\r les pr(ondeurs1 le t5dre dsir des *oses t]re/res1 du bonheur en commun444 ,puis1 lorsqu'il p5se t\t ce dont il e/ priv dans sa solitude de crateur1 il pr\ve l'obligation pressante de rassembl]1 tel un dieu desc5du sur la t]re1 t\t ce qui e/ faible1 huma91 g>1 et de le s\lev] dans ses bras ard5ts v]s les cieux1 p\r tr\v] enf9 l'am\r au lieu de l'adoration1 et faire abngation complte de soi-mme dans l'am\r6 ,t\tefois1 le *oc que n\s admettons ici app>at comme le miracle positif qui se produit dans l'me du dramaturge di?yrambique et1 s'il tait possible de se faire quelque "p une ide claire de la nature de celui-ci1 ce devrait tre l4 ,c> les mom5ts de gnration de son art sont ceux durant lesquels il e/ subjugu p> le *oc des s5tim5ts contraires1 lorsque le tr\ble et l'tonnem5t orgueilleux qu'il pr\ve en face du monde s'unit en lui au dsir ard5t d'embrass] ce mme monde avec am\r4 ,ds lors les reg>ds qu'il t\rn]a v]s la t]re et la vie s]ont t\j\rs p>eils des rayons de soleil qui attir5t les vapeurs1 cond5s5t les br\ill>ds et rassembl5t les nues orageuses4 ,discret et pntrant la fois1 exempt d'gsme et ri*e d'am\r1 son reg>d s'abaisse sur t\tes *oses et p>t\t o il dirige la lumire de ce d\ble rayonnem5t il excite la nature1 avec une r$\table promptitude1 au dgagem5t de t\tes ses =ces1 la rvlation de ses my/res les plus pr(onds1 et il l'y contra9t au moy5 de la pudeur4 ,on peut dire sans mtaphore qu'avec ce reg>d il a surpris la nature1 qu'il l'a entrevue dans sa nudit4 ,elle *]*e alors se voil] pudiquem5t de ses contra/es4 ,ce qui1 jusque l1 tait invisible1 intime1 se rfugie dans la sphre des phnomnes et devi5t visible2 ce qui jusque l n'tait que visible se plonge dans l'ocan my/rieux de la mlodie4 ,c'e/ a9si que la nature1 t\t en v\lant se drob] aux reg>ds1 rvle l'ess5ce de ses ant9omies4 ,p> une danse au ry?me imptueux1 mais lg]1 p> des m\vem5ts extatiques1 le dramaturge primitif exprime alors ce qui se passe en lui et dans la nature4 ,le di?yrambe de ses m\vem5ts quivaut aussi bi5 une comprh5sion frmissante1 une triomphante ju/esse de vue qu' un rappro*em5t ple9 d'am\r1 un joyeux ab&on de soi4 ,la p>ole enivre cde l'entranem5t de ce ry?me1 la mlodie rsonne1 unie la p>ole2 et de n\veau la mlodie jette au lo9 dans le monde des images et des ides ses notes t9celantes4 ,une vision de rve1 semblable l'image de la nature et de l'amant de la nature--semblable et p\rtant dissemblable--s'appro*e l5tem5t2 elle se cond5se p\r pr5dre =me huma9e2 elle s'l>git p\r donn] c\rs une volont hroquem5t triomphante2 l'ivresse de la *ute et de l'anantissem5t1 l'ivresse du non-v\loir4 ,a9si nat la tragdie2 a9si la vie reoit en hommage sa plus magnifique sagesse1 celle de la p5se tragique2 a9si nat1 enf91 le plus gr& en*anteur1 bi5faiteur p>mi les mortels1 le dramaturge di?yrambique4 #h4 ,la vie vritable de ,wagn]1 c'e/--dire la l5te rvlation du dramaturge di?yrambique1 fut en mme temps p\r lui une lutte cont9uelle avec lui-mme1 en tant que ce dramaturge di?yrambique ne con/ituait pas l'unique lm5t de sa nature4 ,la lutte contre le monde qui s'opposait lui ne fut si viol5te et si lugubre que p>ce qu'il p]cevait au fond de son me la voix pr5ante de ce monde ennemi et qu'en mme temps il possdait un puissant esprit de rsi/ance4 ,lorsque l'ide dom9ante de sa vie comm5a pr5dre corps *ez lui1 l'ide que c'e/ p> le ?tre que l'art peut ex]c] une influ5ce incomp>able1 la plus gr&e influ5ce que l'art puisse ex]c]1 elle produisit dans t\t son tre une f]m5tation viol5te4 ,ses dsirs et ses actions n'en fur5t pas aussitt illum9s d'une vision nette et claire4 ,cette ide prit t\t d'abord la =me d'un mirage t5tateur1 comme si elle n'tait que l'expression d'une volont g/e1 t\j\rs avide de puissance et d'clat4 ,produire un effet1 un effet incomp>able6 ,mais p> quoi et sur qui8 ,ce fut1 ds lors1 la "q que se posa ,wagn]2 son c]veau et son cur s'appliqur5t infatigablem5t la rs\dre4 ,il v\lait va9cre et conqurir mieux qu'aucun arti/e l'avait fait avant lui1 arriv]1 si possible1 d'un seul c\p cette t\te-puissance tyrannique v]s laquelle il se s5tait obscurm5t p\ss4 ,il mesurait d'un reg>d jal\x et inquisiteur t\t ce qui obt5ait quelque succs1 il obs]vait plus att5tivem5t encore celui sur qui devait s'ex]c] cette influ5ce4 ,l'il magique du dramaturge1 qui lit dans les mes comme dans un livre famili]1 lui s]vit tudi] soigneusem5t le spectateur et l'auditeur2 bi5 que les obs]vations qu'il faisait le rempliss5t s\v5t d'inquitude1 il ne s'emp>a pas mo9s1 sur-le-*amp1 des moy5s qui lui s]vir5t les dom9]4 ,ces moy5s tai5t sa disposition2 t\t ce qui agissait =tem5t sur lui-mme1 il tait capable de le v\loir et de l'excut]2 ses modles1 il les compr5ait t\s les degrs1 dans la mesure o il tait capable de les recrer lui-mme2 jamais il ne d\tait de p\voir excut] ce qui tait mme de lui plaire4 ,sur ce *apitre sa nature e/ peut-tre encore plus prsomptueuse que celle de ,g!1 lequel disait de lui-mme3 ,de t\tes *oses je me croyais dj matre2 on aurait pu plac] sur ma tte la c\ronne d'un roi que j'aurais tr\v cela t\t naturel4 ,le p\voir d'excution de ,wagn]1 son gt aussi bi5 que ses int5tions s'adapt5t de t\t temps l'un l'autre1 aussi exactem5t que la clef la s]rure2 ils gr&ir5t et s'affran*ir5t en mme temps4 ,mais l'poque dont n\s v\lons p>l] cette volution ne s'tait pas encore accomplie4 ,qu'importait ,wagn] le s5tim5t faible bi5 qu'inf9im5t noble et p\rtant g/em5t solitaire1 qu'entret5ait lo9 de la f\le quelque dilettante lev dans le culte de l'art et des lettres6 ,mais ces viol5tes temptes de l'me qu'eng5dre la f\le en prs5ce de c]ta9s lans viol5ts du *ant dramatique1 cette ivresse des esprits qui se propage rapidem5t et qui re/e si compltem5t s9cre et ds9tresse1 voil quel fut l'*o de ce qu'il pr\vait1 de ce qu'il s5tait lui-mme et il en fut anim d'un ard5t espoir de puissance suprme et d'influ5ce dcisive6 ,c'e/ a9si qu'il comprit le gr& opra1 moy5 qui lui p]mit d'exprim] son ide dom9ante2 c'e/ v]s le gr& opra qu'il t5dit t\te sa volont et son reg>d se t\rna du ct d'o v5ait le gr& opra4 ,une longue priode de sa vie1 de mme que les *angem5ts les plus tmraires1 dans ses projets et ses tudes1 dans ses lieux d'habitation et relations1 ne peuv5t s'expliqu] que p> ce dsir et p> les rsi/ances extrieures que devait infailliblem5t r5contr] l'arti/e allem&1 indig5t et inquiet comme il l'tait1 et si passionnm5t naf4 ,comm5t on russit pass] matre sur ce t]ra91 un autre arti/e le savait mieux que lui4 ,ma9t5ant qu'on n'ignore plus p> quelles +nieuses comb9aisons d'influ5ces de t\tes espces ,mey]be] savait prp>] et assur] *acune de ses gr&es victoires1 qu'on sait avec quelle gradation mticuleuse les effets dans l'opra mme tai5t calculs1 on compr5dra aussi quel po9t ,wagn] se s5tit irrit et mortifi1 lorsqu'il fut oblig de reconnatre que1 p\r obt5ir un succs auprs du public1 ces procds sont presque t\j\rs indisp5sables4 ,je d\te que l'hi/oire puisse m5tionn] un seul gr& arti/e qui ait db p> une si prodigieuse erreur et qui se soit engag dans un des g5res les plus rvoltants de l'art avec aussi peu de prud5ce et autant de s9crit2 et p\rtant la faon dont il le fit n'tait pas dp\rvue d'une c]ta9e gr&eur et fut1 p\r cette raison1 d'une s+ulire fcondit4 ,c> lorsque ,wagn] eut reconnu son erreur1 le dsespoir lui fit compr5dre de quoi e/ fait le succs mod]ne1 le public mod]ne et t\t le sy/me m5song] de l'art mod]ne4 ,et1 t\t en se faisant le critique des procds effet1 il fut saisi d'un press5tim5t1 celui de sa propre puration4 ,ce fut comme si l'esprit de la musique lui et p>l ds lors avec un n\veau *>me intime4 ,de mme que s'il rev5ait au gr& j\r1 aprs une longue maladie1 il hsitait se fi] sa propre ma91 son propre c\p d'il4 ,il *]*ait sa r\te d'un pas mal assur1 de sorte que ce fut p\r lui comme une m]veilleuse dc\v]te de se s5tir encore musici51 encore arti/e1 de s5tir mme qu'il v5ait seulem5t de le dev5ir rellem5t4 ,*acune des priodes successives dans le dveloppem5t de ,wagn] e/ c>actrise p> le fait que les deux =ces fondam5tales de sa nature s'uniss5t t\j\rs plus troitem5t4 ,la rpulsion qui loignait l'une de l'autre ces =ces comm5ce dim9u]2 p>tir de ce mom5t le moi suprieur ne croit plus faire une grce son frre plus viol5t et plus t]re/re en se mettant son s]vice1 c> il l'aime et ne peut plus se refus] le s]vir4 ,lorsqu'elles ont acquis leur ple9 dveloppem5t1 la dlicatesse et la puret les plus p>faites se retr\v5t aussi dans les manife/ations de la =ce2 l'imptueux in/9ct suit son c\rs comme aup>avant1 mais dans d'autres rgions1 celles du moi suprieur et celui-ci1 son t\r1 s'abaisse v]s la t]re et reconnat sa propre image dans t\t ce qui e/ t]re/re4 ,s'il tait possible de p>l] de la mme manire du b f9al et de l'issue de ce dveloppem5t1 t\t en re/ant comprh5sible1 on p\rrait espr] tr\v] aussi l'expression image qui s]virait dsign] une longue priode int]mdiaire dans le dveloppem5t2 mais1 comme je d\te de la premire possibilit1 je r5once aussi m'av5tur] dans la seconde4 ,au po9t de vue hi/orique1 cette priode int]mdiaire peut tre isole p> deux mots de la priode qui la prcde et de celle qui la suit3 ,wagn] se trans=ma en rvolutionnaire de la socit2 il reconnat dans le peuple pote le seul arti/e vritable qu'il y ait eu jusqu' prs5t4 ,l'ide matresse qui s'imposa lui1 s\s une =me n\velle et plus imprieuse que jamais1 aprs le pr(ond dsespoir et le rep5tir p> lequel il avait pass1 le conduisit ces deux conceptions3 ,ex]c] de l'influ5ce1 faire de l'effet6 ,faire de l'effet1 ex]c] une influ5ce incomp>able p> le ?tre6444 ,mais sur qui8 ,il frmissait en songeant au public sur lequel il avait v\lu port] jusqu' prs5t4 ,il se rappelait sa propre av5ture p\r compr5dre t\te l'indignit de la position o se tr\v5t l'art et les arti/es2 p\r compr5dre comm5t une socit sans me ou dont l'me e/ endurcie1 une socit qui v\drait pass] p\r la bonne et qui n'e/ au fond que la mauvaise1 trane la suite l'art et les arti/es1 p\r les faire s]vir ses beso9s factices4 ,l'art mod]ne e/ un luxe4 ,il le comprit et il comprit de mme que le sort de l'art e/ indissolublem5t li l'exi/5ce d'une socit luxueuse4 ,de mme que cette socit1 usant de son p\voir avec une prud5ce impitoyable1 p\r abaiss] et assujettir t\j\rs davantage le peuple1 p\r le dp\ill] t\j\rs plus de ses attributs et en faire le mod]ne travailleur1 de mme elle a su drob] au peuple t\t ce qu'un pr(ond beso9 avait cr de plus pur et de plus gr&1 t\t ce qui p]mettait cet arti/e1 le seul arti/e vritable1 d'pan*] au dehors son me gnreuse3 son my!1 son *ant1 sa danse1 son langage1 et cela p\r en di/ill] un remde voluptueux contre l'puisem5t et l'ennui dont s'enveloppe son exi/5ce4 ,ce remde1 ce sont les arts mod]nes4 ,comm5t se =ma cette socit2 comm5t elle sut puis] des =ces n\velles dans des sphres d'influ5ces contradictoires en app>5ce2 comm5t1 p> exemple1 le *ri/ianisme1 discrdit p> l'hypocrisie et les demi-mesures1 s]vait arbitrairem5t consolid] et protg] contre le peuple cette socit et t\t ce qu'elle possde2 comm5t la sci5ce et ses savants se plir5t habilem5t ce s]vage1 ,wagn] sut obs]v] t\t cela en en suivant la trace trav]s les sicles2 et le rsultat de ses obs]vations fut une expression de rage et de dgt4 ,p> piti p\r le peuple il tait dev5u rvolutionnaire6 ,a p>tir de ce mom5t-l il aima le peuple2 il se s5tit attir v]s lui autant qu'il tait attir v]s son art2 c> c'e/ seulem5t dans le peuple1 hlas6 ce peuple loign1 presque impossible dev9]1 artificiellem5t mis l'c>t1 que ,wagn] vit dornavant le spectateur1 l'auditeur qui seul s]ait digne et capable de compr5dre la puissance de l'uvre d'art qu'il rvait4 ,ses rflexions se conc5trr5t donc sur t\te la "q3 ,comm5t le peuple pr5d-il naissance8 ,comm5t le faire natre encore une fois8 ,il ne tr\vait t\j\rs qu'une seule rponse4 ,il se dit que1 si une collectivit s\ffrait du mme mal que lui1 cette collectivit s]ait le peuple4 ,et l o une s\ffrance semblable produisait une aspiration et des dsirs id5tiques1 on *]*]ait les satisfaire de la mme manire et l'on tr\v]ait le mme bonheur dans cette satisfaction4 ,lorsqu'il se dem&ait alors quelle tait p\r lui la meilleure consolation et le plus solide appui dans la misre1 et ce qui vi5drait au-devant de sa s\ffrance avec le plus de sympa?ie1 il se r5dit compte avec un bonheur inf9i que cela ne p\vait tre que le my! et la musique--le my! qu'il savait tre le produit et le langage de la s\ffrance du peuple2 la musique1 d'orig9e semblable1 quoique plus my/rieuse encore4 ,c'e/ dans ces deux lm5ts qu'il plonge1 ds lors1 son me et qu'il la gurit2 c'e/ v]s eux qu'il aspire avec le plus d'ardeur4 ,en p>tant de ces lm5ts il peut se r5dre compte combi5 sa s\ffrance a d'aff9its avec celles que devait pr\v] le peuple son orig9e et dans quelles conditions se tr\v]a un j\r un peuple qui devra compt] au milieu de lui beauc\p d'hommes comme ,wagn] lui-mme4 ,or1 comm5t vivai5t le my! et la musique dans notre socit mod]ne1 p\r autant qu'ils n'avai5t pas t victimes de cette socit8 ,un mme sort leur tait *u en p>tage1 preuve de leur troite et my/rieuse aff9it3 pr(ondm5t abaiss et d=m1 trans=m en conte1 dp\ill de son admirable et sa9te vrit1 le my! tait dev5u l'amusem5t et le j\et des femmes et des enfants d'un peuple dgnr2 la musique s'tait cons]ve au milieu des pauvres et des simples1 au foy] des solitaires4 ,le musici5 allem& n'avait po9t russi pr5dre un rang favorable dans la pratique lgante des arts1 il tait dev5u lui-mme un de ces contes ple9s de mon/res et de my/res1 ri*e d'acc5ts s9cres et de t\*antes promesses1 que/ionneur maladroit1 il tait dev5u quelque *ose d'en*ant1 qui avait beso9 d'tre dlivr du *>me qui le ret5ait prisonni]4 ,c'e/ l que l'arti/e ent5dit clairem5t l'ordre qui lui tait donn lui seul1 l'ordre de re/itu] au my! sa nature virile1 de dlivr] la musique de son sortilge p\r lui r5dre la p>ole2 il s5tit s\da9 que la =ce qui devait produire le ,drame tait d*ane en lui1 que sa dom9ation tait assure sur un royaume encore dc\vrir1 qui ti5drait le milieu entre le my! et la musique4 ,c'e/ alors qu'il prs5ta aux hommes sa n\velle uvre d'art1 l'uvre o il avait conc5tr t\t ce qu'il savait tre puissant1 saisissant1 ri*e en flicit1 et1 en mme temps1 il leur posait sa "q gr&iose et d\l\reusem5t incisive3 ,o tes-v\s1 v\s qui s\ffrez comme moi et dont les beso9s sont les mi5s8 ,o e/ la collectivit que j'aspire voir un j\r s\s l'aspect du peuple8 ,je v\s reconnatrai ceci que votre bonheur1 votre consolation s]ont les mmes que les mi5s4 ,votre joie me rvl]a votre s\ffrance6 ,c'e/ p> la voix de ,tannhus] et de ,loh5gr9 qu'il int]rogeait a9si1 qu'il se mettait en qute de ses semblables4 ,le solitaire avait soif de collectivit4 ,mais quel fut alors le s5tim5t qu'il pr\va8 ,p]sonne ne lui rpondit2 p]sonne n'avait compris la "q4 ,ce ne fut pas que l'on g>dt le sil5ce2 t\t au contraire1 on rpondit c5t que/ions qu'il n'avait po9t poses2 on diss]tait sur les n\velles productions1 comme si elles avai5t t faites p\r tre mises en pices p> des p>oles4 ,ce fut comme si la manie crivassire et jacassante1 en matire d'e/htique1 s'tait emp>e des ,allem&s1 qui1 pris de fivre1 se jetr5t indiscrtem5t sur ces uvres d'art et sur la p]sonne de leur auteur1 avec ce manque de discrtion et de dlicatesse qui di/+ue le savant aussi bi5 que le j\rnali/e allem&4 ,wagn] essaya p> des crits de facilit] la comprh5sion de son problme2 ces crits ne provoqur5t qu'une n\velle confusion et de n\veaux murmures3 un musici5 qui crit et qui p5se tait alors un non-s5s p\r t\t le monde4 ,on s'cria alors qu'il n'tait qu'un ?orici5 qui veut trans=m] l'art au moy5 d'ides subtiles et on le conspua444 ,wagn] en fut comme t\rdi4 ,le problme qu'il posait n'tait pas compris2 sa d\leur laissait ins5sible2 son uvre s'adressait des s\rds et des aveugles1 le peuple qu'il avait espr app>aissait comme une *imre6 ,il eut un v]tige et se s5tit vacill]4 ,la possibilit d'un complet r5v]sem5t de t\tes *oses app>ut ses yeux et il ne s'effraya plus de cette possibilit4 ,il se r5dit compte qu'au del de ce b\lev]sem5t et de cette de/ruction il y aurait peut-tre une n\velle esprance dress]1 mais que cette esprance mme ne s]ait peut-tre pas fonde et qu'alors le nant s]ait en t\s les cas prfrable quelque *ose qui inspire de la rpugnance6 ,en =t peu de temps il dut subir l'exil politique et la misre4 ,mais c'e/ ma9t5ant seulem5t1 avec ce t]rible revirem5t dans ses de/9es extrieures et intimes1 que s'ouvre le *apitre de la vie du gr& homme sur lequel s't5d1 comme d'une c\le d'or fondu1 l'clat d'une p]fection suprme4 ,ma9t5ant seulem5t le gnie du drame di?yrambique laisse tomb] ses d]ni]s voiles6 ,il e/ compltem5t isol1 le prs5t lui p>at mprisable1 il n'espre plus4 ,c'e/ alors que son va/e reg>d univ]sel mesure encore une fois l'abme1 cette fois-ci jusqu'au fond4 ,il y voit la s\ffrance dans l'ess5ce mme des *oses1 et dev5u ds lors en quelque sorte imp]sonnel1 il accepte sa "p de s\ffrance avec une plus gr&e tranquillit4 ,son aspiration la plus haute puissance1 hritage d'tats d'me antrieurs1 se t\rne exclusivem5t v]s la production arti/ique4 ,p> son art1 il ne p>le plus un public ou un peuple1 mais seulem5t lui-mme1 et il s'ef=ce de donn] cet art t\te la cl>t et t\tes les qualits ncessaires un dialogue aussi gr&iose4 ,durant la priode prcd5te1 il avait encore conu l'uvre d'art d'une faon diffr5te2 l aussi1 quoique avec une noble rs]ve1 il avait t5u compte de l'effet immdiat4 ,l'uvre1 dans son esprit1 ne devait tre qu'une "q pose et elle devait provoqu] une rponse immdiate4 ,que de fois ,wagn] v\lut v5ir en aide ceux auxquels il s'adressait1 p\r qu'ils compriss5t ce qu'il leur dem&ait1 de telle sorte que1 p\r guid] leur inexpri5ce et tre mieux compris1 il se ratta*ait des =mes1 des expressions d'art dj connues4 ,qu& il devait cra9dre de ne pas tre compris et de ne pas conva9cre lorsqu'il p>lait son propre langage1 il avait t5t de conva9cre et de pos] son problme dans une langue qui lui tait presque trangre1 mais qui1 p\r ses auditeurs1 semblait plus familire4 ,ds lors1 cep5dant1 il ne re/ait plus ri5 qui pt l'engag] de p>eilles considrations4 ,ma9t5ant il ne v\lait plus qu'une seule *ose3 se mettre d'accord avec lui-mme1 traduire en action sa p5se sur l'ess5ce du monde1 exprim] sa philosophie p> le moy5 des sons2 t\t ce qui re/ait en lui de prmditation se t\rnait v]s le d]ni] t]me de l'ent5dem5t4 ,que celui qui e/ digne de savoir ce qui se passait alors au fond de lui-mme1 sur quoi il confrait avec lui-mme dans les sa9tes pr(ondeurs de son me--et ils ne sont pas nombreux ceux qui en sont dignes--qu'il c\te1 qu'il contemple et qu'il revive ,tri/an et ,iseult1 le vritable opus metaphysicum de t\t art1 uvre sur quoi repose le reg>d bris d'un m\rant1 le reg>d *>g des dsirs dlicieusem5t inapaiss1 attirs v]s les secrets de la nuit et de la mort1 si loign de la vie qui respl5dit dans une cl>t effrayante et fanta/ique1 comme quelque *ose de mauvais qui trompe et qui sp>e6 ,tri/an et ,iseult app>at en outre comme un drame rempli de la plus au/re rigueur dans la =me1 subjuguant p> la simple gr&eur et con=me p> l au my/re dont p>le le drame3 tre mort au se9 de la vie1 tre uni dans la dualit4 ,et cep5dant1 il y a quelque *ose de plus admirable encore que cette uvre1 c'e/ l'arti/e lui-mme1 qui a pu produire ensuite1 et dans un espace de temps =t c\rt1 un tableau de la socit d'une nuance t\te diffr5te1 les ,matres ,*anteurs de ,nuremb]g2 l'arti/e qui1 dans ces deux compositions1 semble n'avoir v\lu que se repos] et se rafra*ir1 p\r t]m9] loisir le gigantesque difice quatre degrs1 bau* et comm5c bi5 plus tt1 le b de t\tes ses p5ses p5dant v+t ans1 son uvre de ,bayreu?1 l',anneau du ,niebelung6 ,ceux qui peuv5t s'tonn] du vois9age de ,tri/an et des ,matres ,*anteurs n'ont pas compris un po9t ess5tiel dans la vie et la nature de t\s les ,allem&s vritablem5t gr&s2 ils ne connaiss5t pas le t]ra9 sur lequel seul peut se dvelopp] cette gaiet si ess5tiellem5t allem&e1 celle de ,lu!r1 de ,bee?ov51 de ,wagn]1 qui n'e/ pas comprise des autres peuples et que les ,allem&s d'auj\rd'hui sembl5t avoir dsapprise2 ce p>fait mlange de simplicit1 de comprh5sion aimante1 d'esprit contemplatif et de f9e malice que ,wagn] v]se comme un breuvage dlicieux t\s ceux qui ont pr(ondm5t s\ff]t de la vie et qui se t\rn5t v]s lui avec le s\rire ple9 de gratitude des convalesc5ts4 ,et1 t&is que lui-mme reg>dait le monde d'un reg>d plus apais1 t&is que la colre et le dgt s'emp>ai5t de lui plus r>em5t1 et qu'il r5onait la puissance avec tri/esse et am\r plutt qu'avec effroi1 t&is que sa gr&e uvre se dveloppait dans le sil5ce et qu'il aj\tait *aque j\r les p>titions aux p>titions1 il se passa enf9 quelque *ose qui lui fit prt] l'oreille3 les amis v9r5t lui1 lui annonant un m\vem5t s\t]ra9 qui remuait de nombreux esprits4 ,ce n'tait pas encore le peuple en m\vem5t qui annonait sa v5ue1 c'en tait peut-tre le g]me1 la premire t9celle de vie d'une socit vraim5t huma9e de/9e la p]fection dans un av5ir lo9ta94 ,il n'y avait l encore qu'une g>antie que son uvre magi/rale p\rrait tre confie un j\r des ma9s fidles qui saurai5t y veill] et qui s]ai5t dignes de transmettre la po/rit ce glorieux hritage4 ,transfigurs p> l'amiti1 ses j\rs se colorr5t ds lors d'une lumire plus vive et plus *aude4 ,il ne fut plus seul n\rrir son plus noble espoir1 celui d'arriv] au b avant la f9 du j\r et de tr\v] p\r son uvre un refuge hospitali]4 ,c'e/ alors qu'eut lieu un vnem5t qu'il ne p\vait int]prt] que dans un s5s symbolique et qui fut p\r lui une n\velle consolation1 un prsage favorable4 ,une gr&e gu]re faite p> les ,allem&s le =a lev] les yeux2 une gu]re faite p> ces mmes ,allem&s qu'il savait si dgnrs1 si d*us de l'anci5 esprit suprieur allem&1 tel qu'il l'avait obs]v et reconnu consci5cieusem5t aussi bi5 sur lui-mme que *ez d'autres gr&s ,allem&s clbres dans l'hi/oire4 ,il vit ces ,allem&s faire preuve1 dans des situations exceptionnelles1 de deux v]tus relles1 la prud5ce et la simple brav\re2 il comm5a ds lors croire qu'il n'tait peut-tre pas le d]ni] ,allem& et qu'un j\r il v]rait peut-tre se rang] aut\r de son uvre une puissance plus efficace que le dv\em5t s9cre1 mais limit de ses quelques r>es amis1 une puissance capable de protg] son uvre jusqu'au mom5t o1 dans un lo9ta9 av5ir1 celle-ci s]ait vritablem5t considre comme l'uvre d'art de cet av5ir4 ,peut-tre que cette conviction ne sut pas t\j\rs le prs]v] du d\te1 surt\t lorsqu'il *]*a ralis] des esprances immdiates4 ,quoi qu'il en soit1 il reut une impulsion assez puissante p\r qu'il songet imprieusem5t un devoir s\v]a9 qui lui re/ait accomplir4 ,son uvre n'et pas t t]m9e1 il ne l'et pas accomplie jusqu'au b\t1 si elle tait re/e une p>tition muette confie la po/rit2 il lui fallut dmontr] et enseign] publiquem5t ce que p]sonne ne p\vait dev9]1 ce qui lui tait exclusivem5t rs]v1 le n\veau /yle dans l'excution et la reprs5tation1 af9 de donn] un exemple qu'aucun autre ne p\vait donn]1 et de fond] une tradition du /yle qui ne ft pas inscrite simplem5t p> des signes sur un fragile papi]1 mais qui et produit des impressions sur des mes huma9es4 ,ce fut p\r lui un devoir d'autant plus urg5t que ses autres compositions avai5t subi1 prcism5t en ce qui conc]ne le /yle dans l'excution1 le sort le plus absurde et le plus intolrable4 ,elles tai5t clbres et admires1 elles tai5t 444 maltraites et p]sonne n'en p>aissait indign4 ,le fait peut p>atre trange3 t&is qu'il r5onait p\rtant t\j\rs davantage1 p> pr9cipe et p> une intellig5te apprciation de ses compositions1 t\te espce de succs auprs de ses contempora9s1 a9si qu' t\te ide d'influ5ce1 le succs et l'influ5ce v9r5t lui4 ,c'e/ du mo9s ce qu'on lui assurait de t\s cts4 ,va9em5t essaya-t-il de montr] de la faon la plus premptoire ce qu'il y avait p\r lui d'quivoque et mme d'humiliant p\r lui dans ce succs2 on tait si peu habitu voir un arti/e di/+u] entre la nature de ces diffr5tes influ5ces1 qu'on n'aj\tait pas foi mme ses prote/ations les plus sol5nelles4 ,ds qu'il eut compris le rapport qui exi/e actuellem5t entre le monde des ?tres1 le succs scnique et le c>actre de l'homme d'auj\rd'hui1 son me ne v\lut plus ri5 avoir de commun avec ce g5re de ?tre4 ,il n'atta*ait plus aucun prix l'en?\siasme e/htique et aux acclamations des f\les agites1 il ne p\vait mme faire autrem5t que de s'indign] en voyant son art engl\ti sans disc]nem5t p> le g\ffre bant de l'insatiable ennui et de la *asse aux di/ractions4 ,combi5 *aque effet obt5u devrait ncessairem5t tre sans pr(ondeur et sans ides1 quel po9t il s'agissait plutt de satisfaire l'avidit d'un insatiable que de n\rrir un affam1 il p\vait s'en r5dre compte d'aprs un phnomne qui se rptait rgulirem5t3 p>t\t1 mme p>mi les excutants et les virtuoses1 ses compositions tai5t traites comme t\te musique de scne1 con=mm5t aux =mules vulgaires et traditionnelles du /yle d'opra4 ,grce la complaisance de *efs d'or*e/re /yls1 l'aide de c\pures et de suppressions arbitraires1 on tailla les uvres wagnri5nes la mesure de l'opra1 tel que le *anteur croyait p\voir l'abord]1 aprs en avoir soigneusem5t extirp l'ess5ce4 ,alors mme que l'on v\lait agir p\r le mieux1 on suivait les in/ructions de ,wagn] avec tant de maladresse et de pusillanimit qu'on aurait t\t aussi bi5 fait de remplac] p> une figuration de ballet l'meute nocturne dans les rues de ,nuremb]g1 telle qu'elle e/ indique au deuxime acte des ,matres *anteurs4 ,et dans t\t ceci on semblait agir de bonne foi1 sans aucune int5tion malhonnte4 ,les t5tatives gnreuses de ,wagn] p\r donn] au mo9s l'exemple d'une excution simplem5t correcte et intgre et p\r initi] individuellem5t c]ta9s *anteurs au /yle t\t n\veau de la diction musicale avai5t t\j\rs t t\ffes p> le limon de la traditionnelle t\rd]ie et des mauvaises habitudes4 ,ces t5tatives l'avai5t1 en outre1 t\j\rs oblig de s'occup] de ces que/ions de ?tre dont l'ensemble lui inspirait le plus pr(ond dgt4 ,g! lui-mme n'avait-il pas p]du t\te envie d'assi/] aux reprs5tations de son ,iphignie6 ,je s\ffre normm5t1 avait-il dit1 lorsque je suis oblig de me dbattre avec des fantmes que je ne russis pas faire app>atre comme ils le devrai5t4 ,avec cela le succs allait t\j\rs en augm5tant ce ?tre qui tait dev5u p\r lui un vritable supplice2 il augm5tait mme au po9t que les gr&es scnes elles-mmes f9ir5t p> vivre presque exclusivem5t des copieuses recettes que leur procurait l'art de ,wagn] trave/i en art d'opra4 ,la confusion ne de l'eng\em5t croissant dans le public tr\va mme accs auprs de c]ta9s amis de ,wagn]1 et lui1 qui avait t\t s\ff]t1 dut s\ffrir de voir ses amis enivrs de succs et de victoire1 prcism5t alors qu'il voyait sa suprme p5se dfigure et r5ie4 ,on et pu croire qu'un peuple1 srieux beauc\p d'g>ds1 un peuple l\rd1 v\lt g>d] vis--vis de son arti/e le plus srieux le privilge d'une lgret sy/matique1 qu'il v\lt d*>g] sur lui t\t ce qu'il y a de vulgaire et d'irrfl*i1 de maladroit et de m*ant dans la nature allem&e4 ,qu& enf91 p5dant la gu]re allem&e1 un c\rant d'ides plus l>ges et plus librales sembla s'emp>] des esprits1 ,wagn] se rappela son devoir de fidlit1 qui lui comm&ait de sauv] au mo9s son ouvrage capital des outrages que lui infligeai5t ces succs faux et de re/itu] cet ouvrage dans les ry?mes qui lui sont propres1 comme un exemple p\r t\s les temps4 ,c'e/ a9si que naquit l'ide de ,bayreu?4 ,comme consqu5ce de ce n\veau m\vem5t des esprits1 il crut aussi p\voir disc]n]1 p>mi ceux auxquels il v\lait confi] son trsor1 le rveil du s5tim5t plus vif du devoir4 ,de l'association de ces espces de devoirs naquit l'vnem5t qui rp& une trange cl>t sur les annes qui vi5n5t de s'c\l] comme sur les annes v5ir4 ,imag9 p\r le bi5 d'un av5ir lo9ta91 le seul av5ir possible1 mais encore inc]ta91 ce n'e/ gure qu'une nigme et un sc&ale p\r le prs5t2 p\r le petit nombre de ceux qui peuv5t y pr5dre "p1 c'e/ l'anticipation d'une j\issance1 une prvision de l'ordre le plus lev1 au moy5 de quoi1 bi5 au del d'un prs5t fugitif1 ce petit nombre s5t qu'il e/ bi5heureux et fcond et qu'il r5d bi5heureux2 mais p\r ,wagn] lui-mme c'e/ un nuage de plus1 un nuage ple9 de difficults1 de s\cis1 de mditations1 de *agr9s1 un n\vel assaut des lm5ts ho/iles1 t\t cela cep5dant illum9 p> le rayonnem5t de la fidlit altrui/e1 trans=m p> la lumire en un bonheur ineffable6 ,il e/ pe9e beso9 de le dire3 le s\ffle tragique a pass sur cette exi/5ce4 ,et celui dont l'me peut en dev9] quelque *ose1 celui p\r qui l'illusion tragique sur le b de la vie1 la dviation et l'arrt des aspirations1 le r5oncem5t et la purification p> l'am\r1 ne sont pas des notions t\t fait trangres1 s5tira ncessairem5t1 dans ce que ,wagn] affirme p> son uvre d'art1 revivre le s\v5ir effac de sa propre exi/5ce hroque1 celle du gr& homme qu'il et pu tre4 ,n\s croirons ent5dre dans un lo9ta9 my/rieux ,siegfri$ racontant ses exploits3 le deuil pr(ond de l'automne se mle la joie du plus t\*ant s\v5ir et t\te la nature se repose paisiblem5t dans un crpuscule dor4 #i4 ,rfl*ir ce qu'e/ ,wagn] en tant qu'arti/e et considr] le spectacle qu'(fr5t *ez lui des facults et des ncessits vritablem5t libres1 *acun de ceux qui ont s\ff]t en exam9ant comm5t s'e/ =m l'homme dans ,wagn] devra s'y a/re9dre p\r retr\v] l'quilibre et la sant4 ,si l'art n'e/1 d'une faon gnrale1 que le p\voir de communiqu] d'autres ce que l'on a soi-mme s5ti1 si l'uvre d'art e/ en contradiction avec elle-mme lorsqu'elle ne peut se faire compr5dre1 la gr&eur de ,wagn]1 en tant qu'arti/e1 doit consi/] prcism5t en ceci que son gnie e/ d\ d'une communicabilit surhuma9e et p>le un langage accessible t\s qu& il rvle avec une suprme cl>t ses s5sations les plus intimes et les plus p]sonnelles4 ,son app>ition dans l'hi/oire des arts ressemble l'ruption volcanique de l'ensemble des facults arti/iques dont la nature elle-mme e/ d\e1 alors que l'humanit avait t habitue jusqu' prs5t1 comme une rgle1 ne voir les actes qu'isolm5t4 ,on ne peut donc hsit] lui donn] un nom et se dem&] s'il faut l'appel] pote1 musici5 ou /atuaire1 en donnant *acun de ces t]mes son s5s le plus l>ge1 ou bi5 s'il vaut mieux crer p\r lui une dnom9ation n\velle4 ,la facult potique de ,wagn] s'affirme en ceci qu'il imag9e des phnomnes visibles et s5sibles et non pas des ides ab/raites1 ce qui quivaut dire qu'il p5se d'une faon my?ique1 comme le peuple a p5s de t\s temps4 ,le my! n'a pas p\r base une ide1 a9si que se l'imag95t les enfants d'une civilisation raff9e2 le my! c'e/ l'ide mme1 il communique une notion du monde1 en voquant une succession de phnomnes1 d'actions et de s\ffrances4 ,l',anneau du ,niebelung e/ un imm5se sy/me de p5ses1 mais sans la =me spculative de la p5se4--,un philosophe p\rrait peut-tre mettre en p>allle une uvre correspondante qui s]ait compltem5t dp\rvue d'images et d'action et ne s'adress]ait n\s que p> des ides ab/raites4 ,on aurait alors reprs5t le mme sujet dans deux sphres diffr5tes1 une fois p\r le peuple et une fois p\r l'antipode du peuple1 l'homme ?orique4 ,wagn] ne s'adresse donc pas celui-ci1 c> l'homme ?orique ent5d ce qui e/ ess5tiellem5t potique1 le my!1 peu prs comme le s\rd ent5d la musique2 ils voi5t t\s deux des m\vem5ts dsordonns qui leur p>aiss5t dp\rvus de s5s4 ,de l'une de ces sphres disp>ates il n'e/ pas possible de voir ce qui se passe dans l'autre4 ,tant qu'on se tr\ve dans le doma9e du pote on p5se avec lui1 comme si l'on n'tait qu'un tre qui s5t1 qui voit et qui ent5d2 les conclusions que l'on tire sont des en*anem5ts des phnomnes que l'on p]oit1 p> consqu5t1 des causalits de faits et non des causalits de p>oles4 ,lorsque les hros et les dieux de ces drames my?iques tels que ,wagn] les cre doiv5t se r5dre intelligibles p> des p>oles1 il y a t\t cra9dre que ce langage p>l n'veille en n\s l'homme ?orique et ne n\s fasse pass] dans une autre sphre1 qui n'a ri5 de my?ique2 si bi5 qu'en f9 de compte la p>ole n'aurait pas s]vi n\s faire mieux compr5dre ce qui se passait devant n\s1 mais que n\s n'aurions ri5 compris du t\t4 ,c'e/ p\rquoi ,wagn] fit rtrograd] le langage jusqu' un tat primitif1 o il ne s]t pas encore exprim] des ides1 mais o il n'e/ encore lui-mme que posie1 image et s5tim5t4 ,l'intrpidit que ,wagn] mit entrepr5dre cette t*e effrayante dmontre avec quelle =ce il tait p\ss p> l'inspiration potique1 quel po9t il se voyait contra9t de suivre la voie que lui prescrivait son guide fanta/ique4 ,*acune des p>oles de ces drames devait p\voir tre *ante1 p\voir pass] p> la b\*e des dieux et des hros3 telle tait la t*e =midable que s'imposait l'imag9ation l+ui/ique de ,wagn]6 ,t\t autre que lui se ft dc\rag1 c> notre langue p>at presque trop vieille et trop ue p\r que l'on puisse exig] d'elle ce que ,wagn] lui dem&a4 ,et cep5dant la v]ge dont il frappa les ro*]s en fit jaillir une s\rce abondante4 ,p>ce que ,wagn] aimait cette langue1 plus qu'aucun autre ,allem& et qu'il exigeait d'elle plus que t\t autre1 il s\ffrit davantage de sa dgnresc5ce et de son affaiblissem5t1 c'e/--dire des nombreuses dp]ditions et mutilations que ses =mes avai5t subies au c\rs des temps1 des emb>rassantes p>ticules de notre syntaxe et de nos v]bes auxiliaires in*antables4 ,mais t\t cela n'avait pu s'introduire dans notre langue qu' la suite d'une srie d'abus et de nglig5ces4 ,d'autre "p1 ,wagn] tait fi] bon droit de ce qui re/e cette langue de primesauti] et d'9puisable1 de puissance sonore dans les rac9es des mots4 ,cette puissance p>at prde/9] la langue allem&e1 au contraire des langues drives et d'une rhtorique artificielle en usage *ez les nations romanes1 se prt] m]veilleusem5t la vraie musique4 ,la posie de ,wagn] e/ remplie d'un am\r p\r la langue allem&e1 d'une cordialit et d'une s9crit dans les rapports qu'il a avec elle1 qu'on ne retr\ve1 except *ez ,g!1 dans l'uvre d'aucun ,allem&4 ,volume de l'expression1 concision h>die2 vigueur et div]sit du ry?me2 ri*esse s+ulire d'expressions =tes et prcises2 simplification dans l'en*anem5t des priodes2 f]tilit presque unique dans les tr\vailles d'expressions propres exprim] la fluctuation des s5tim5ts et des press5tim5ts2 s\rce abondante et p>fois trs pure de locutions populaires et prov]biales3 si l'on se cont5tait d'numr] t\tes ces qualits1 on ne manqu]ait pas d'oubli] t\j\rs les plus puissantes et les plus admirables4 ,celui qui lit successivem5t deux pomes1 tels que ,tri/an et les ,matres ,*anteurs1 e/ pris du mme d\te1 du mme tonnem5t devant la langue p>le que devant la musique et il se dem&e comm5t il a t possible de dom9] dans la cration deux doma9es aussi diffr5ts dans leur =me1 leur c\leur1 leur ag5cem5t1 que dans leur c>actre4 ,c'e/ l ce qu'il y a de plus puissant dans le gnie de ,wagn] et le gr& matre e/ seul p\voir l'accomplir4 ,p\r *aque uvre il improvise une langue n\velle1 *aque s5tim5t n\veau il donne une =me n\velle et un n\vel acc5t4 ,en face des manife/ations d'une facult aussi r>e1 le blme re/]a t\j\rs mesqu9 et impuissant1 ds qu'il ne s'attaqu]a qu' quelques dtails extravagants et orig9aux1 ou qu'il ne t\*]a qu' de frqu5tes obscurits dans l'expression1 c]ta9s voiles enveloppant la p5se4 ,au re/e1 ce qui *oquait le plus ceux qui ont manife/ leur blme le plus bruyamm5t1 ce qui leur p>aissait le plus in\1 ce n'tait pas tant le langage de ,wagn] que l'me du musici5 et t\te sa faon de s5tir et de s\ffrir4 ,att5dons que ces dnigreurs ai5t eux-mmes une autre me2 ils p>l]ont alors une autre langue et1 t\t pr5dre1 les *oses n'en iront que mieux p\r la langue allem&e4 ,mais1 avant t\t1 qu& on v\dra mdit] sur ,wagn] pote et r=mateur de la langue1 il ne faudra pas oubli] qu'aucun des drames de ,wagn] n'e/ de/9 tre lu et qu'on ne peut1 en consqu5ce1 exig] ce que l'on s]ait en droit d'att5dre d'une uvre purem5t littraire4 ,celle-ci n'ent5d agir sur le s5tim5t que p> le seul moy5 des ides et des mots2 cette de/9ation la s\met aux lois de la rhtorique4 ,mais1 dans la vie relle1 la passion e/ r>em5t loqu5te2 dans le drame littraire1 il faut qu'elle le soit1 c> elle ne dispose pas d'autres moy5s p\r se manife/]4 ,qu& le langage d'un peuple e/ dj tomb l'tat de dcad5ce et d'usure1 l'auteur dramatique pr\ve le beso9 de color] et de faonn] la langue p> des procds extraord9aires2 il veut relev] la langue1 p\r qu' son t\r elle fasse ressortir l'lvation du s5tim5t1 et il s'expose a9si ne pas tre compris du t\t4 ,il *]*e de mme rehauss] la passion p> des s5t5ces et des inv5tions sublimes1 et tombe p> l dans un autre trav]s1 il p>at invraisemblable et artificiel4 ,c> dans la vie relle la passion vritable ne s'exprime pas p> des s5t5ces et1 qu& la passion s'tale dans la posie1 on d\te de sa s9crit1 ds qu'elle s'loigne de la ralit4 ,p> contre1 ,wagn]1 qui fut le premi] reconnatre les dfauts du drame p>l1 r5d *aque action dramatique intelligible de trois manires diffr5tes3 p> la p>ole1 le ge/e et la musique2 de telle sorte que la musique fait pass] immdiatem5t les s5tim5ts qui anim5t les acteurs du drame dans l'me des auditeurs1 lesquels voi5t alors dans les ge/es de ces comdi5s la premire manife/ation visible de ces phnomnes intrieurs4 ,dans les p>oles ils en p]oiv5t en outre une seconde image plus affaiblie1 traduite en une volont rfl*ie4 ,t\s ces effets se produis5t simultanm5t et sans se nuire rciproquem5t4 ,ils =c5t celui devant lequel un p>eil drame e/ reprs5t une comprh5sion t\te n\velle1 une vivante sympa?ie1 de telle sorte que ses s5s app>aiss5t spiritualiss et que son esprit devi5t plus s5sible1 comme si t\t ce qui *]*e s'pan*] au dehors de l'homme1 t\t ce qui e/ avide de la connaissance se s5tait ma9t5ant heureux et libre dans une allgresse de p]ception4 ,*aque priptie d'un drame de ,wagn] se communiquant au spectateur avec une cl>t p>faite1 illum9e et transfigure p> la musique comme p> un feu intrieur1 l'auteur put se pass] de t\s les expdi5ts dont le pote qui ne se s]t que de moy5s v]baux a beso9 p\r prt] ses pisodes la *aleur et l'clat ncessaires4 ,t\te l'conomie du drame put de n\veau affirm] son gt p\r la mesure dans les proportions gr&ioses de l'difice1 c> il ne lui re/ait plus aucun prtexte p\r rec\rir ces complications prmdites1 cette multiplicit dr\tante dans le /yle de l'difice1 au moy5 desquels le pote dramatique *]*e s\lev] en faveur de son uvre un vif s5tim5t d'intrt et d'tonnem5t1 s5tim5t qui se hausse ensuite jusqu' une /upfaction bi5heureuse4 ,l'impression de lo9ta9 et d'lvation idale ne devait pas tre obt5ue l'aide des procds artificiels4 ,la langue1 se dp\illant de l'ampleur rhtorique1 rev5ait la concision expressive du s5tim5t4 ,bi5 que l'int]prte p>lt beauc\p mo9s qu'autrefois de t\t ce qu'il faisait et pr\vait p5dant les pripties du drame1 des circon/ances intimes1 que le pote dramatique avait jusqu'alors exclues de la scne comme peu dramatiques1 =cr5t ma9t5ant le spectateur une p>ticipation passionne1 alors que le langage des ge/es peut tre rduit aux plus dlicates modulations4 ,or1 la passion *ante a gnralem5t beso9 de plus de temps p\r s'exprim] que la passion p>le2 la musique produit1 si l'on peut a9si p>l]1 une ext5sion du s5tim5t2 il s'en suit gnralem5t que l'int]prte qui e/ en mme temps *anteur se voit contra9t de matris] l'animation trop peu pla/ique des m\vem5ts1 laquelle con/itue une des difficults du drame p>l4 ,l'arti/e se s5t d'autant plus entran donn] plus de noblesse t\s ses ge/es que la musique a plong son motion dans une atmosphre plus pure et plus ?re1 et l'a de la sorte rappro*e de l'idal de la beaut4 ,la t*e peu commune que ,wagn] a impose aux comdi5s et aux *anteurs ne manqu]a pas de suscit] p>mi eux1 et cela p\r des gnrations entires1 une noble mulation1 de telle sorte qu'ils devront arriv] enf9 p]sonnifi] l'image du hros wagnri5 avec une vivante p]fection1 la musique du drame (frant dj le prototype de cette inc>nation p>faite4 ,guid p> un tel matre1 l'il de l'arti/e pla/ique f9ira p> p]cevoir les m]veilles d'un n\veau monde des phnomnes1 telles qu'avant lui seul le crateur d'uvres comme l',anneau du ,niebelung aura pu les contempl] p\r la premire fois1 c> il e/ un =mateur de la plus haute espce1 qui1 p>eil ,es*yle1 montre la voie un art futur4 ,l'mulation ne f]a-t-elle pas =cm5t natre de gr&s tal5ts si l'arti/e pla/ique comp>e l'effet produit p> son art avec celui d'une musique semblable celle de ,wagn]8 ,c'e/ une musique qui provoque un bonheur lum9eux et sans mlange1 si bi5 qu'il semble celui qui l'c\te que presque t\te la musique prcd5te n'ait p>l qu'un langage emb>rass1 contra9t et t\t extrieur1 comme si jusqu'alors elle n'avait s]vi qu' j\] devant ceux qui n'tai5t pas dignes du srieux1 ou encore d'enseignem5t et de dmon/ration p\r ceux qui ne sont pas mme dignes du jeu4 ,cette musique antrieure ne v\s pntre que p5dant quelques heures fugitives de ce bonheur que n\s pr\vons t\j\rs qu& n\s c\tons la musique wagnri5ne2 on la dirait s\s l'influ5ce de quelques r>es mom5ts d'oubli1 durant lesquels elle se p>le elle-mme et1 comme la ,sa9te-,ccile de ,raphal1 t\rne son reg>d v]s le ciel1 lo9 de ceux qui c\t5t et qui lui dem&5t de les di/raire1 de les amus] ou de les in/ruire4 ,de ,wagn]1 le musici51 on p\rrait dire d'une faon gnrale qu'il a prt des acc5ts t\t ce qui jusqu' prs5t ne savait s'exprim] dans la nature2 il ne croit pas qu'il doive exi/] ncessairem5t quelque *ose de muet4 ,son gnie pntre l'aurore1 la =t1 la brume1 l'abme aussi bi5 que le sommet1 l'horreur obscure1 aussi bi5 que la srnit lunaire de la nuit1 et p>t\t il pntre leur dsir secret3 eux aussi veul5t faire ent5dre leur voix dans le conc]t univ]sel4 ,qu& le philosophe dit qu'il exi/e une ,volont qui1 dans la nature anime1 comme dans la nature inanime1 a soif de l'tre1 le musici5 aj\te que cette ,volont veut1 t\s les degrs1 une exi/5ce dans le doma9e des sons4 ,avant ,wagn]1 la musique se m\vait dans des limites gnralem5t troites4 ,elle s'appliquait des tats p]man5ts de l'homme1 ce que les ,grecs appelai5t ?os2 ce n'e/ qu'avec ,bee?ov5 qu'elle avait comm5c essay] le langage du pa?os1 c'e/--dire de la volont passionne1 des phnomnes dramatiques qui se succd5t dans le cur de l'homme4 ,prcdemm5t1 c'tait un tat d'me1 une disposition p>ticulire1 soit au calme1 soit la gat1 soit au recueillem5t1 soit au rep5tir qui devai5t tre exprims p> les sons2 l'aide d'un c]ta9 accord dans la =me et de la dure de cet accord1 on v\lait frapp] l'auditeur1 le contra9dre int]prt] la signification de cette musique1 et enf9 le plac] dans un tat d'me semblable4 ,p\r reprs5t] t\tes ces dispositions et ces tats d'me1 c]ta9es =mes p>ticulires tai5t ncessaires2 d'autres fur5t introduites p> la conv5tion4 ,quant la longueur des compositions1 elle fut fixe p> la prud5ce du musici51 qui v\lait bi5 faire natre c]ta9s s5tim5ts *ez son auditeur1 mais non le fatigu] p> la dure prolonge de cette s5sation4 ,on fit un pas de plus lorsqu'on esquissa successivem5t les images de s5tim5ts opposs et qu'on dc\vrit le *>me des contra/es2 on fit un autre pas en avant en runissant dans le mme morceau le contraire de l'?os1 opposant1 p> exemple1 l'un l'autre un ?me mascul9 et un ?me fm994 ,mais ce ne sont l que des /ades encore grossi]s et primitifs de la musique4 ,la peur de la passion dictait une p>tie de ces rgles1 la peur de l'ennui faisait natre les autres4 ,t\te re*]*e dans le s5tim5t1 t\s les excs tai5t considrs comme contraires aux rgles de l'?ique4 ,mais1 aprs que l'art de l'?os eut reprs5t ces dispositions et ces tats d'me habituels dans des rpliques innombrables et t\j\rs p>eilles1 il tomba dans une sorte d'puisem5t1 malgr la m]veilleuse imag9ation de ses matres4 ,bee?ov51 le premi]1 fit p>l] la musique un langage n\veau1 int]dit jusque-l1 le langage de la passion4 ,mais son art tant sorti des lois et des conv5tions de l'art tel que l'avait cr l'?os1 il fut en quelque sorte oblig de t5t] une ju/ification vis--vis de celui-ci4 ,c'e/ p\rquoi son dveloppem5t arti/ique cons]va des traces des difficults p>ticulires qu'il r5contra et il rsulta de ce fait une s+ulire confusion4 ,une action dramatique intime--et t\te passion se dveloppe s\s une =me dramatique--*]*ait pniblem5t revtir un aspect n\veau1 mais le plan rationnel de la musique de s5tim5t s'y opposait et pr5ait presque l'air et le ton de la moralit (f5se vis--vis d'une innovation immorale4 ,il semble p>fois que ,bee?ov5 se soit impos la t*e si ple9e de contradictions de faire p>l] le pa?os avec les seules ress\rces de l'?os4 ,mais cette supposition ne suffirait pas expliqu] les d]nires uvres de ,bee?ov51 les plus considrables4 ,et vritablem5t1 p\r dcrire la gr&e c\rbe de la passion1 il tr\va un moy5 n\veau2 il *oisit sur l'ensemble du trac c]ta9s po9ts dt]m9s qu'il acc5tua avec une m9utieuse prcision1 de telle sorte qu'ils puiss5t s]vir de po9ts de repre l'auditeur1 p\r dev9] la direction gnrale de la ligne4 ,a premire vue1 cette n\velle =me faisait l'effet d'un assemblage de plusieurs pices de musique1 dont *acune1 prise isolm5t1 reprs5tait1 en app>5ce1 un tat d'me con/ant1 mais qui n'tait1 en ralit1 qu'un mom5t passag] dans le c\rs dramatique de la passion4 ,l'auditeur p\vait s'imag9] qu'il n'ent5dait que d'anci5ne musique1 exprimant des tats d'me1 avec la seule diffr5ce que le rapport entre les div]ses p>ties con/ituantes tait dev5u p\r lui incomprh5sible1 et ne p\vait plus s'exprim] que p> la loi des contra/es4 ,les musici5s de second ordre eux-mmes comm5cr5t mpris] l'obligation de faire de t\te composition arti/ique un difice complet2 dans leurs uvres1 la succession des diffr5tes p>ties prit un c>actre arbitraire4 ,l'inv5tion d'une expression l>ge de la passion fut si mal comprise qu'elle ram5a le compositeur l'anci5ne phrase musicale dta*e de l'ensemble et voquant un sujet quelconque1 et la t5sion rciproque des diffr5tes p>ties disp>ut compltem5t4 ,voil p\rquoi la symphonie ne fut plus1 aprs ,bee?ov51 qu'une cration si s+ulirem5t confuse1 surt\t lorsqu'elle s'ef=ait encore p> mom5ts de bgay] le langage pa?tique de ,bee?ov54 ,les moy5s ne sont pas en rapport avec l'int5tion1 et l'int5tion1 t\t pr5dre1 n'e/ pas claire p\r l'auditeur1 p>ce qu'elle a t\j\rs t dp\rvue de cl>t p\r le c]veau mme o elle a pris naissance4 ,cep5dant1 plus un g5re de composition e/ lev1 difficile et ple9 d'exig5ces1 plus il e/ indisp5sable que l'on ait dire quelque *ose de bi5 dt]m9 et qu'on l'exprime de la faon la plus claire4 ,c'e/ p\r cette raison que les ef=ts con/ants de ,wagn] t5dai5t dc\vrir t\s les moy5s capables de favoris] la cl>t4 ,il lui fallait avant t\t se dta*] des contra9tes et des prt5tions de l'anci5ne musique des tats d'me et faire p>l] sa musique1 processus mlodieux du s5tim5t et de la passion1 un langage qui ne pt donn] lieu aucune quivoque4 ,si n\s considrons ce qu'il e/ p>v5u accomplir1 il n\s semble que ce qu'il a ralis dans le doma9e de la musique correspond ce qu'a fait dans le doma9e de l'art pla/ique l'inv5teur du gr\pe dta*4 ,comp>e celle de ,wagn]1 t\te la musique antrieure p>at contra9te et timide1 comme si elle ne p\vait se montr] s\s t\tes ses faces et qu'elle ft prise d'une sorte de honte4 ,wagn] saisit *aque degr et *aque nuance du s5tim5t avec la plus sre prcision4 ,sans cra9te qu'elle lui *appe1 il pr5d en ma9 l'motion la plus dlicate1 la plus lo9ta9e et la plus subtile et il sait la ret5ir1 comme si elle avait pris corps1 t&is que t\t autre que lui n'y v]rait qu'un phmre papillon que fltrit le mo9dre att\*em5t4 ,sa musique n'e/ jamais indt]m9e1 jamais fugace2 t\t ce qui p>le p> sa voix1 que ce soit l'homme ou la nature1 e/ anim d'une passion rig\reusem5t individualise2 la tempte et la flamme elles-mmes revt5t *ez lui la =ce irrsi/ible d'une volont p]sonnelle4 ,au-dessus de ces tres qui font ent5dre leur voix1 au-dessus de la lutte des passions qui les agit5t1 au-dessus du t\rbillon des contradictions1 plane une puissante intellig5ce symphonique1 inspire p> une raison suprieure1 qui1 du se9 de la gu]re1 fait natre sans cesse la concorde4 ,la musique de ,wagn]1 dans son ensemble1 e/ une image du monde tel que le concevait le gr& philosophe d',ephse1 h>monie eng5dre p> la lutte1 union de la ju/ice et de l'inimiti4 ,j'admire la facult de calcul] la ligne majeure de passions individuelles qui t\tes suiv5t une c\rbe diffr5te2 et je vois la preuve de cette facult dans *aque acte des drames de ,wagn]1 qui raconte cte cte l'hi/oire p>ticulire d'individus diffr5ts et celle qui leur e/ commune t\s4 ,ds le db n\s s5tons que n\s sommes en prs5ce de c\rants opposs1 mais aussi d'un fleuve puissant qui les dom9e t\s4 ,ce fleuve c\le t\t d'abord irrgulirem5t sur des cueils invisibles2 p>fois ses ondes sembl5t v\loir se sp>] violemm5t et suivre des directions diffr5tes4 ,peu peu n\s voyons leur m\vem5t dev5ir plus =t et plus rapide2 l'agitation tumultueuse a pass au calme imposant d'un l>ge m\vem5t v]s un b encore inconnu2 et s\da91 lorsque le dn\em5t e/ pro*e1 le flot se prcipite de t\te sa masse v]s l'abme1 avec un dsir fatal du g\ffre et de ses fureurs4 ,jamais ,wagn] n'e/ davantage lui-mme que lorsque les difficults s'accumul5t et qu'il peut agir dans des conditions t\t fait gr&ioses avec l'allgresse du lgislateur4 ,trans=m] en ry?mes d'une gr&e simplicit des lm5ts drgls et rebelles1 ralis] une volont unique au milieu d'une multiplicit dr\tante de prt5tions et d'exig5ces--tels sont les devoirs p\r lesquels il se s5t n1 dans l'ex]cice desquels il a la consci5ce de sa lib]t4 ,p\r ces devoirs jamais les =ces ne lui manqu5t1 jamais il ne p]d le s\ffle avant d'arriv] son b4 ,il s'e/ ef=c de s'impos] les rgles les plus rig\reuses avec la mme p]svrance que d'autres mett5t allg] leur f>deau4 ,la vie et l'art lui ps5t1 lorsqu'il ne peut pas j\] loisir avec leurs problmes les plus ardus4 ,qu'on considre seulem5t le rapport de la mlodie *ante avec la mlodie de la langue p>le et comme ,wagn] considre l'lvation1 la =ce et la mesure du langage huma91 lorsque l'homme p>le avec passion1 comme le modle naturel qu'il s'applique trans=m] en art4 ,qu'on considre ensuite l'adaptation d'une telle passion mlodieuse l'ensemble symphonique de la musique et l'on p\rra se r5dre compte des difficults extraord9aires que ,wagn] a d va9cre4 ,sa f]tilit d'inv5tion dans les gr&es et les petites *oses1 l'omniprs5ce de son intellig5ce et de son application sont telles que l'on p\rrait croire1 en p>c\rant une p>tition de ,wagn]1 qu'il n'y avait jamais eu1 avant lui1 de vrai travail et de vritable ef=t4 ,il semble que1 p\r le dramaturge1 la v]tu p> excell5ce e/ le r5oncem5t soi-mme4 ,mais il p\rra probablem5t object] que ceux-l seuls sont affligs de pe9es qui ne sont pas encore librs4 ,la v]tu et le bi5 sont faciles4 ,considr dans son ensemble comme arti/e1 ,wagn]1 si l'on veut le rappro*] d'un type connu1 a quelque *ose de ,dmo/hne4 ,le t]rible srieux qu'il met au s]vice de sa cause1 la sret avec laquelle il s'emp>e *aque fois de cette cause1 alors que sa ma9 s'en saisit et la reti5t comme si elle tait de f]1 voil des qualits de ,dmo/hne6 ,et comme ,dmo/hne encore1 ,wagn] ca*e son art ou le fait oubli]1 en n\s contraignant p5s] la cause qu'il df5d2 et p\rtant il e/1 lui aussi1 la d]nire et la plus haute manife/ation mettant f9 t\te une srie de puissants gnies arti/iques et il aurait p> consqu5t plus ca*] que ceux qui sont v5us les premi]s dans la srie4 ,son art agit comme la nature1 comme s'il tait la nature re/aure et retr\ve4 ,il n'y a *ez lui ri5 de pompeux1 alors que t\s les musici5s qui l'ont prcd aimai5t l'occasion j\] de leur art et faire p>ade de leur virtuosit4 ,en face de l'uvre wagnri5ne1 on ne songe ni ce qui e/ intressant1 ni ce qui e/ div]tissant1 ni ,wagn] lui-mme1 ni l'art en gnral2 on s5t seulem5t ce que cet art a de ncessaire4 ,p]sonne ne p\rra jamais calcul] de quelle abngation1 de quelle rigueur1 de quelle unit de volont l'arti/e eut beso9 au mom5t o son gnie tait encore en ple9 dveloppem5t1 p\r tre mme de faire ensuite1 l'poque de sa ple9e maturit1 ce qui tait ncessaire qu'il ft1 et de le faire avec une joyeuse lib]t1 *aque mom5t de son inspiration4 ,il suffit que n\s s5tions1 dans c]ta9s cas p>ticuli]s1 combi5 sa musique se s\met1 avec une rsolution presque impitoyable1 aux pripties du drame1 qui app>aiss5t elles-mmes inflexibles comme le de/91 t&is que l'me ard5te qui remplit ce drame brle du dsir d'err] p>fois sans entrave dans le *aos et dans le libre espace4 #aj4 ,un arti/e qui possde un tel empire sur lui-mme se s\met1 sans le v\loir1 t\s les autres arti/es4 ,p\r lui seul aussi ceux qu'il a s\mis1 ses amis et ses p>tisans1 ne con/itu5t ni un dang]1 ni un ob/acle1 t&is que des c>actres plus faibles p]d5t gnralem5t leur indp5dance en *]*ant s'appuy] sur leurs amis4 ,il e/ s+uli] de p\voir con/at] quel po9t1 durant t\te sa vie1 ,wagn] s'e/ t5u l'c>t de t\te organisation de p>ti1 mais *aque phase n\velle de son art lui con/ituait un c]cle de p>tisans1 qui semblait n'avoir d'autre b que de le ret5ir dans cette phase4 ,mais il passa t\j\rs au milieu de ses p>tisans sans se laiss] ret5ir2 de plus1 sa c>rire fut trop longue p\r que quelqu'un d'autre que lui ait pu la suivre ds le db1 elle fut aussi trop extraord9aire et trop hrisse d'ob/acles p\r que1 mme le plus fidle1 p]dant le s\ffle1 ne re/t en r\te4 ,presque t\tes les poques de sa vie1 ,wagn] se tr\va en prs5ce d'amis qui l'euss5t volonti]s rig en dogme2 il en fut de mme1 p\r d'autres raisons1 de ses ennemis4 ,p\r peu que la puret de son c>actre arti/ique et t mo9s prononce1 ri5 n'et t plus facile p\r lui que de dev5ir plus tt l'arbitre des que/ions littraires et arti/iques de notre poque--ce qu'il a f9i p> dev5ir auj\rd'hui1 mais dans un s5s beauc\p plus lev1 au po9t que t\t ce qui se passe1 dans un doma9e quelconque de l'art1 se voit involontairem5t traduit devant le tribunal de ses conceptions arti/iques et de sa probit intellectuelle4 ,il a subjugu les volonts les plus antipa?iques2 il n'y a plus un seul musici5 de tal5t qui ne lui prte l'oreille dans son = intrieur et qui ne le juge plus digne d'tre c\t que lui-mme et t\t le re/e de ce qui s'appelle musique4 ,quelques-uns de ceux qui veul5t t\t prix signifi] quelque *ose p> eux-mmes lutt5t vraim5t contre ce *>me intrieur qui les subjugue2 ils se retran*5t avec une application anxieuse dans le camp des anci5s matres et prfr5t appuy] leur indp5dance sur ,s*ub]t ou sur ,hndel que sur ,wagn]4 ,va9 ef=t6 ,en s'levant contre leurs s5tim5ts les plus =ts ils s'amo9driss5t et se rapetiss5t en tant qu'arti/es2 contra9ts d'accept] de mauvais allis et de mauvais amis1 ils altr5t leur propre c>actre4 ,qu& ils sont au b\t de t\s ces sacrifices1 il leur arrive malgr t\t1 peut-tre dans un rve1 de t\rn] leur oreille v]s ,wagn]4 ,ces adv]saires sont pla9dre2 ils s'imag95t qu'ils p]d5t beauc\p qu& ils r5onc5t eux-mmes et ils sont dans l'erreur4 ,or1 il e/ c]ta9 que ,wagn] se s\cie peu de savoir si les musici5s vont se mettre compos] dans sa manire1 ou s'ils compos5t en gnral3 il fait mme t\t ce qu'il peut p\r dtruire la f*euse op9ion qu'une n\velle cole de compositeurs devrait se ratta*] lui4 ,p\r autant qu'il ex]ce une influ5ce directe sur les musici5s1 il *]*e les in/ruire dans la sci5ce de la gr&e dclamation2 il e/ime que1 dans l'volution de l'art1 le mom5t e/ v5u o le dsir s9cre de pass] matre dans l'excution e/ beauc\p plus e/imable que le dsir de produire soi-mme t\t prix4 ,c>1 au po9t o en e/ l'art auj\rd'hui1 la consqu5ce fatale de cette production e/ d'aplatir les effets de ce qui e/ vritablem5t gr&1 en produisant tant bi5 que mal1 le plus possible et en m\ssant p> un usage j\rnali] les moy5s et les procds du gnie4 ,mme ce qui e/ simplem5t bi5 en art e/ sup]flu et nuisible1 qu& ce n'e/ que le rsultat de l'imitation de ce qu'il y a de meilleur4 ,les buts et les moy5s de ,wagn] ne font qu'un2 p\r s'en r5dre compte1 il ne faut que de la loyaut arti/ique2 et c'e/ tre dloyal que de s'appropri] ses moy5s et de les faire s]vir des buts dim9us et diffr5ts4 ,si ,wagn] se refuse donc tre confondu avec une f\le de musici5s qui compos5t en s'inspirant de sa manire1 il impose avec d'autant plus d'insi/ance t\s les tal5ts la t*e n\velle de dc\vrir1 d'un commun accord avec lui1 les lois du /yle p\r la diction dramatique4 ,il e/ p\ss p> la ncessit pressante de fond]1 p\r son art1 la tradition d'un /yle1 une tradition au moy5 de laquelle son uvre p\rrait pass]1 d'une poque l'autre1 sans que sa =me en soit altre1 jusqu' ce qu'elle ait atte9t cet av5ir en vue duquel son crateur l'avait imag9e4 ,wagn] e/ anim d'une ardeur infatigable p\r communiqu] aut\r de lui t\t ce qui se rapporte cette fondation du /yle et1 p> consqu5t1 la pr5nit de son art4 ,faire de son uvre1 vritable dpt sacr--p\r p>l] avec ,s*op5hau]1--fruit ess5tiel de son exi/5ce1 une proprit commune de t\te l'humanit1 la mettre "p p\r une po/rit qui la jug]a mieux1 tel fut p\r lui le b qui passe avant t\s les autres buts1 et p\r lequel il porte la c\ronne d'p9es qui rev]dira plus t>d en c\ronne de lauri]s4 ,il v\lut aussi pr5dre des dispositions efficaces p\r assur] la scurit future de son uvre1 imitant a9si la prvoyance de l'insecte sa d]nire mtamorphose1 qui met l'abri ses ufs p\r se prp>] une progniture qu'il ne v]ra jamais natre4 ,l'insecte dpose ses ufs en un endroit o ils tr\v]ont1 un j\r1 vie et subsi/ance1 et il meurt rassur sur l'av5ir4 ,ce b1 qui passe avant t\s les autres1 le p\sse des innovations t\j\rs n\velles2 il en puise d'autant plus la s\rce de sa communicativit surhuma9e1 qu'il se s5t en lutte avec le sicle qui se dt\rne de lui1 faisant preuve de tant de mauvaise volont son g>d4 ,cep5dant1 peu peu1 ce sicle lui-mme comm5ce cd] ses infatigables t5tatives1 ses s\ples assauts1 et il prte l'oreille4 ,*aque fois que se montrait de lo9 une occasion plus ou mo9s importante d'expliqu] ses ides p> un exemple1 ,wagn] tait prt le faire2 il remaniait ses ides en les adaptant aux circon/ances et il tr\vait moy5 de les faire ent5dre trav]s l'int]prtation la plus insuffisante4 ,*aque fois qu'une me demi capable de le compr5dre s'ouvrait lui1 il y laissait tomb] la sem5ce de sa p5se4 ,il ratta*e des esprances l o l'obs]vateur de sang-froid ne fait que hauss] les paules2 il se trompe c5t fois p\r l'emport] une seule fois sur cet obs]vateur4 ,de mme que le sage n'a c\tume de frqu5t] les hommes vivants qu'autant qu'il croit p\voir augm5t] p> eux le trsor de son expri5ce1 de mme il semble que l'arti/e ne puisse plus avoir de rapports avec les hommes de son temps1 lorsqu'ils ne conc\r5t pas immortalis] son uvre4 ,on ne peut l'aim] lui-mme qu'en aimant cette immortalisation1 de mme que1 p>mi les ha9es qu'on lui tmoigne1 il n'en ress5t qu'une seule espce3 la ha9e1 qui v\drait rompre les ponts m5ant cet av5ir de son art4 ,les disciples que ,wagn] a duqus1 les musici5s et les int]prtes auxquels il fit une seule obs]vation1 auxquels il enseigna un seul ge/e1 les or*e/res petits et gr&s qu'il dirigea1 les villes qui le vir5t dans t\te l'ardeur de son activit1 les pr9ces et les femmes qui prir5t "p ses projets1 moiti avec cra9te1 moiti avec am\r1 les diffr5ts pays de l',europe auxquels il app>t9t temporairem5t et o il fut p\r les arts un juge et une consci5ce3 t\t cela se trans=ma peu peu en un *o de sa p5se et de ses ef=ts incessants v]s une production future4 ,et quoique cet *ec lui revnt s\v5t s\s une =me confuse et dnature1 la =ce prpondrante de la voix =midable qu'il fit rsonn] tant de fois dans le monde doit p\rtant f9ir p> provoqu] un ret5tissem5t d'une puissance gale1 de telle sorte qu'il ne s]a bi5tt plus possible de ne pas l'ent5dre ou de le mal compr5dre4 ,ma9t5ant dj ce ret5tissem5t branle les fondem5ts des in/itutions arti/iques de la socit mod]ne2 *aque fois que le s\ffle de son esprit passait sur ces plantations1 t\t tait branl de ce qui tait dess* et ne p\vait rsi/] au v5t4 ,mais il y a quelque *ose qui p>le un langage encore plus loqu5t que cette inquitude1 c'e/ le d\te qui comm5ce natre p>t\t3 p]sonne ne saurait dire ni o ni qu& l'influ5ce de ,wagn] p\rra inop9m5t se faire j\r4 ,wagn] e/ t\t fait incapable de considr] le salut de l'art en le dta*ant de t\te autre circon/ance1 en bi5 ou en mal2 p>t\t o l'esprit mod]ne recle un dang] quelconque1 sa clairvoyante mfiance y dc\vre aussi un dang] p\r l'art4 ,son imag9ation dcompose pice p> pice l'difice de notre civilisation et ri5 ne lui *appe de ce qui e/ v]m\lu ou con/ruit la lgre2 si1 ce faisant1 il dc\vre des murs solides ou s'il tombe sur des fondations durables1 il songe aussitt en tir] p>ti p\r son art1 les utilisant comme ba/ions ou comme abris protecteurs4 ,p>eil un rfugi1 il *]*e prs]v]1 non pas lui-mme1 mais un secret prcieux1 comme une femme malheureuse qui veut sauv] la vie de l'enfant qu'elle porte dans son se9 et non pas la si5ne propre2 semblable ,siegl9de1 il vit p\r l'am\r de l',am\r4 ,c> c'e/ bi5 une vie de t\rm5ts et de honte que d'tre errant et trang] dans un monde comme le ntre et p\rtant oblig de lui adress] la p>ole et de lui dem&] quelque *ose1 de le mpris] et de ne p\voir se pass] de ce que l'on mprise4 ,c'e/ la misre p>ticulire de l'arti/e de l'av5ir1 de celui qui ne peut pas1 comme le philosophe1 s'adonn] seul1 dans une sombre retraite1 la re*]*e de la connaissance1 c> il a beso9 d'mes huma9es comme mdiatrices entre lui et l'av5ir1 il a beso9 d'in/itutions publiques comme g>anties de cet av5ir1 comme ponts entre ma9t5ant et plus t>d4 ,son art ne peut pas tre confi1 comme celui des philosophes1 au vhicule de l'annotation crite2 l'art veut tre transmis p> des facults vivantes et non p> des signes et des notes4 ,p5dant des priodes entires de la vie de ,wagn] ret5tit cette cra9te de ne p\voir s'emp>] des facults vivantes1 de se voir =cm5t rduit aux indications crites1 dfaut de l'exemple qu'il aurait v\lu donn]1 rduit montr] le ple reflet de l'action ceux qui lis5t les livres1 ce qui quivaut en somme dire3 ceux qui ne sont pas des arti/es4 ,wagn]1 en tant qu'criva91 subit la contra9te d'un homme c\rageux auquel on aurait c\p la ma9 droite et qui cont9ue se battre de la ma9 gau*e2 il s\ffre t\j\rs lorsqu'il crit1 c> il e/ priv1 p> une ncessit temporairem5t inv9cible1 de son vritable moy5 de communication1 qu'il tr\v]ait dans un exemple clatant et s\v]a94 ,ses crits n'ont ri5 de canonique1 ri5 de svre2 le canon1 il l'a dpos dans ses uvres d'art4 ,ils sont le rsultat de l'ef=t qu'il fait p\r compr5dre l'in/9ct qui l'a p\ss compos] les uvres1 des t5tatives qu'il fait p\r se reg>d] soi-mme en face4 ,ds qu'il e/ p>v5u trans=m] son in/9ct en connaissance1 il espre que l'opration inv]se se f]a dans l'me de ses lecteurs4 ,c'e/ avec cette int5tion qu'il crit4 ,si p> has>d le rsultat obt5u devait dmontr] qu'il a entrepris l quelque *ose d'impossible1 ,wagn] ne f]ait que p>tag] le sort de t\s ceux qui ont rfl*i sur l'art2 et il a sur la plup>t d'entre eux l'avantage qu'en lui rside le puissant in/9ct de l'art total4 ,je ne connais pas d'crits e/htiques qui prodigu5t plus de lumire que ceux de ,wagn]2 t\t ce qu'il e/ possible d'appr5dre sur l'orig9e des uvres d'art c'e/ l qu'on le tr\ve4 ,c'e/ un gnie de premi] ordre qui se dresse ici comme tmo9 et qui1 trav]s une longue srie d'annes1 s'ef=ce de r5dre son tmoignage t\j\rs meilleur1 t\j\rs plus clair1 plus indp5dant1 plus dgag de l'imprcision2 mme lorsqu'un homme qui *]*e la connaissance fait un faux pas1 l't9celle jaillit du sol4 ,c]ta9s de ses crits1 comme ,bee?ov51 ,de l',art de dirig]1 ,comdi5s et ,*anteurs1 ,etat et ,religion1 font taire t\tes les vellxs de contradiction et impos5t au lecteur une mditation sil5cieuse1 pr(onde et recueillie1 comme il convi5t en prs5ce d'un prcieux reliquaire4 ,d'autres uvres1 p>ticulirem5t celles de la premire priode1 sans en except] ,opra et ,drame1 inquit5t et agit5t l'esprit4 ,il y rgne une irrgul>it dans le ry?me qui1 qu& il s'agit de prose1 a quelque *ose d'inquitant4 ,la dialectique y e/ s\v5t brise1 l'exposition e/ plutt entrave qu'acclre p> des c>ts de s5tim5ts2 une sorte de rpugnance crire pse sur ces pages comme une ombre1 tel po9t que l'on p\rrait croire que la dmon/ration spculative rpugne l'arti/e4 ,ce qui gne peut-tre le plus celui qui n'e/ pas t\t fait initi1 c'e/ un ton de dignit autoritaire difficile df9ir et qui n'app>ti5t qu' ,wagn]4 ,j'ai l'impression que1 qu& ,wagn] crit1 il croit p>l] devant des ennemis--c> t\s ses crits sont rdigs dans une langue p>le et non pas dans une langue crite1 de sorte qu'ils p>atront beauc\p plus clairs ds qu'on les ent5dra lire haute voix--devant des ennemis avec lesquels il ne va pas *ang] des famili>its1 en raison de quoi il les ti5t di/ance et se montre rs]v4 ,or1 s\v5t1 l'ardeur entranante de ses s5tim5ts n'en p]ce pas mo9s trav]s les plis de ce dguisem5t2 alors la priode artificielle1 l\rde1 sur*>ge d'pi?tes accessoires disp>at et sa plume laisse *app] des phrases1 des pages entires qui peuv5t tre comptes p>mi les plus belles de la prose allem&e4 ,cep5dant1 en admettant mme que dans ces passages de ses crits il s'adresse des amis et que le spectre de son adv]saire ne surgit plus ses cts1 il faut av\] que les amis et les ennemis avec lesquels ,wagn] s'explique en tant qu'criva9 ont c]ta9s traits qui leur sont communs et qui les sp>5t ess5tiellem5t de ce peuple p\r lequel ,wagn] travaille en tant qu'arti/e4 ,p> le raff9em5t et la /rilit de leur culture ils sont t\s les po9ts de vue l'oppos du peuple1 et celui qui veut tre compris p> eux e/ =c de p>l] d'une manire impopulaire1 a9si que l'ont fait nos meilleurs prosateurs1 a9si que le fait ,wagn] lui-mme4 ,on peut dev9] quel po9t il a d se faire viol5ce4 ,mais la =ce de cet in/9ct de prvoyance presque mat]nel1 p\r lequel aucun sacrifice ne lui cote1 le fait r5tr] dans cette atmosphre de savants et d'hommes cultivs que sa qualit de gnie crateur l'avait fait ab&onn] jamais4 ,il se s\met au langage de la culture et t\tes les rgles de ses moy5s de communication1 bi5 qu'il et t le premi] s5tir la pr(onde insuffisance de ces moy5s4 ,c>1 s'il y a quelque *ose qui di/+ue son art de l'art des temps mod]nes1 c'e/ bi5 ceci qu'il ne p>le plus le langage cultiv d'une ca/e p>ticulire et qu'en gnral il ne connat plus de contra/e entre les lettrs et les illettrs4 ,p> l1 il se place en opposition directe avec t\te la civilisation de la ,r5aissance1 laquelle n\s a envelopps jusqu' prs5t1 n\s autres hommes mod]nes1 de ses lumires et de ses ombres4 ,l'art de ,wagn]1 en n\s transportant p> mom5ts en dehors de cette civilisation1 n\s p]met de jet] un c\p d'il d'ensemble sur son c>actre uni=me4 ,alors n\s voyons en ,g! et en ,leop>di les d]ni]s gr&s reprs5tants att>ds des potes-philologues itali5s1 en ,fau/ l'exposition du problme le plus antipopulaire que se soi5t pos les temps mod]nes1 s\s la =me de l'homme ?orique avide de connatre la vie4 ,le li$ mme de ,g! e/ imit de la *anson populaire et il ne saurait s]vir de modle celle-ci4 ,c'e/ donc avec le plus gr& srieux que le pote p\vait (frir cette b\tade aux mditations d'un de ses admirateurs3 ,mes compositions ne peuv5t pas dev5ir populaires2 celui qui v\drait y song] et s'y appliqu] s]ait dans l'erreur4 ,que1 d'une faon gnrale1 il puisse exi/] un art assez lum9eux p\r clair] les petits et les pauvres d'esprit1 en mme temps que ses rayons s]ai5t assez *auds p\r faire fondre l'orgueil des savants1 cela1 on ne p\vait pas le dev9]1 il fallait en faire l'expri5ce4 ,mais dans l'esprit de t\s ceux qui s'en r5d5t compte auj\rd'hui1 t\tes les notions d'ducation et de culture doiv5t tre b\lev]ses2 ils croiront voir s'c>t] le rideau qui leur ca*ait un av5ir o il n'y aura plus de bi5s et de flicits suprmes qui ne soi5t communs t\s4 ,et alors la honte qui s'atta*e au mot commun lui s]a te4 ,si l'esprit se has>de a9si dev9] le lo9ta9 av5ir1 le reg>d clairvoyant se t\rn]a v]s l'inquitante inc]titude sociale du prs5t1 et ne se f]a pas illusion sur les dang]s que c\rt un art qui semble n'avoir de rac9es que dans ce lo9ta9 av5ir et qui n\s laisse ap]cevoir plutt ses rameaux *>gs de fleurs que le sol d'o il jaillit4 ,comm5t f]ons-n\s donc p\r sauveg>d] cet art sans patrie et p\r le transmettre intact jusqu' cet av5ir8 ,quelle digue oppos]ons-n\s au flot de la rvolution1 qui semble p>t\t 9vitable1 af9 que la bi5heureuse anticipation et la g>antie d'un av5ir meilleur1 d'une humanit plus libre1 ne soi5t pas entranes avec la masse de ce qui e/ de/9 prir et qui mrite de prir8 ,celui qui se pose cette "q et qui e/ agit p> ce s\ci a pris "p aux inquitudes de ,wagn]2 il se s5tira p\ss comme ,wagn] re*]*]1 p>mi les puissances tablies1 celles qui sont animes de la bonne volont d'tre1 aux poques de b\lev]sem5ts et de rvolutions1 les gnies protecteurs des plus nobles possessions de l'humanit4 ,c'e/ uniquem5t dans ce s5s que ,wagn]1 p> ses crits1 s'adressa aux hommes cultivs p\r leur dem&] de mettre en sret1 p>mi les trsors qu'ils ent5d5t g>d]1 le prcieux ,anneau de son art4 ,la gr&e confiance dont ,wagn] a fait preuve jusque dans ses desse9s politiques vis--vis de l'esprit allem& semble mme prov5ir mes yeux de ceci qu'il croit le peuple de la ,r=me capable de la =ce1 de la d\ceur1 de la brav\re qui sont ncessaires p\r endigu] la m] de la rvolution dans le lit du fleuve paisible de l'humanit4 ,je s]ais mme t5t de croire que c'e/ cela et non po9t autre *ose qu'il a v\lu exprim] p> le symbolisme de sa ,m>*e ,impriale4 ,cep5dant1 l'aspiration gnreuse de l'arti/e crateur e/ gnralem5t trop ard5te1 l'horizon de sa philan?ropie trop va/e p\r que son reg>d puisse tre arrt p> les b>rires des nationalits4 ,comme celles de *aque bon1 de *aque gr& ,allem&1 ses ides sont suprmem5t allem&es1 et le langage que p>le son art ne s'adresse pas des nations1 mais des hommes4 ,ces hommes sont les hommes de l'av5ir4 ,c'e/ l la foi qui lui e/ propre1 c'e/ l sa s\ffrance et son honneur4 ,a quelque tradition qu'il app>tnt1 aucun arti/e ne reut jamais de son gnie un don si extraord9aire en p>tage2 p]sonne1 si ce n'e/ lui1 n'eut ml] un breuvage d'une telle am]tume au nect> div9 que lui v]sait l'en?\siasme4 ,ce n'e/ pas1 comme on p\rrait le croire1 l'arti/e mconnu1 maltrait1 errant en quelque sorte au milieu de son poque qui sut adopt] cette foi p\r s'en revtir comme d'une armure p\r sa df5se2 ni le succs1 ni l'insuccs auprs de ses contempora9s ne p>v9r5t soit branl]1 soit affirm] cette foi dans son me4 ,qu'elle l'exalte ou le rejette1 il n'app>ti5t pas cette gnration4 ,il en juge lui-mme a9si con=mm5t son in/9ct2 et quant savoir s'il se tr\v]a jamais une gnration qui soit la si5ne1 c'e/ quelque *ose dont on ne saurait p]suad] celui qui ne veut pas y croire4 ,mais il se p\rrait bi5 que ce mme incrdule se dem&t de quelle nature devrait tre une gnration dans laquelle ,wagn] reconnatrait son peuple1 une gnration qui inc>n]ait t\s ceux qui pr\v5t une s\ffrance commune et qui veul5t s'en dlivr] p> un art commun t\s4 ,s*ill]1 vrai dire1 tait anim de plus de foi et avait plus d'esprance4 ,il n'a pas dem& quel p\rrait tre l'aspect d'un av5ir1 si l'in/9ct de l'arti/e qui prdit cet av5ir v5ait vrifi] sa prdiction1 mais il a exig des arti/es3 ,elevez-v\s d'un vol h>di ,bi5 au-dessus de votre temps6 ,que vos crits soi5t un reflet ,de l'av5ir dans le prs5t6 #aa4 ,que la sa9e raison n\s prs]ve de croire que l'humanit puisse tr\v] un j\r un ordre de *oses idal et df9itif1 et qu'alors1 semblable au soleil des rgions tropicales1 le bonheur vi5dra faire tomb] ses rayons d'un clat uni=me sur t\s ceux qui vivrai5t a9si s\s l'ordre n\veau4 ,wagn] n'a ri5 de commun avec de p>eilles ides2 il n'e/ pas utopi/e4 ,s'il ne peut pas se pass] de sa foi en l'av5ir1 cela signifie simplem5t qu'il disc]ne *ez les hommes d'auj\rd'hui c]ta9es proprits qui n'app>ti5n5t pas au c>actre et a l'ossature immuable de l'espce huma9e1 mais qui se montr5t v>iables et mme prissables2 or1 c'e/ prcism5t cause de ces proprits que l'art e/ auj\rd'hui sans patrie et que ,wagn] lui-mme doit tre le prcurseur et l'annonciateur d'une autre poque4 ,ce ne s]a ni l'ge d'or1 ni un ciel sans nuages que tr\v]ont ces gnrations v5ir que son in/9ct fait espr] ,wagn] et dont les l9am5ts approximatifs peuv5t tre dduits du langage my/rieux de l'art wagnri52 p\r autant qu'il e/ possible de dduire d'un mode de satisfaction un g5re de s\ffrance4 ,la bont surhuma9e et la ju/ice p>faite ne s't5dront pas non plus comme un arc-en-ciel immobile au-dessus des pla9es de cet av5ir4 ,il se p\rrait mme que cette gnration v5ir p>t plus mauvaise que la ntre1 c>1 dans le bi5 comme dans le mal1 elle s]a plus ouv]te4 ,peut-tre encore que l'me de cette gnration1 si elle s'exprimait une fois p> des accords complets et libres1 branl]ait et effray]ait nos mes1 comme si la voix d'un esprit mal91 jusque l invisible1 v5ait se faire ent5dre4 ,ec\tons plutt des propositions comme celle-ci3 la passion vaut mieux que le /ocisme et l'hypocrisie2 tre honnte1 mme dans le mal1 vaut mieux que de se p]dre soi-mme p> g>d p\r la moralit reue2 l'homme libre peut aussi bi5 tre bon que m*ant1 mais l'homme non affran*i e/ une honte de la nature et ne saurait avoir "p ni la consolation cle/e1 ni la consolation t]re/re2 enf91 celui qui veut tre libre doit le dev5ir p> lui-mme1 c> la lib]t n'e/ p\r p]sonne un don miraculeux qui tombe sans ef=t de la ma9 des dieux4 ,quelque tran*ants et peu rassurants que puiss5t p>atre ces axiomes1 ils n'en sont pas mo9s des *os de ce monde futur qui aura vraim5t beso9 de l'art et qui p\rra aussi en att5dre de vritables satisfactions4 ,c'e/ le langage de la nature rintgre dans ses droits1 mme p\r ce qui e/ de l'homme1 et c'e/ exactem5t ce que j'ai appel plus haut le s5tim5t vrai1 p> opposition avec le s5tim5t fauss qui rgne auj\rd'hui4 ,or1 p\r la nature seule1 et non pas p\r le s5tim5t faux et la nature dnature1 il e/ des satisfactions et des dlivrances vritables4 ,lorsque la nature dnature a f9i p> pr5dre consci5ce d'elle-mme1 il ne lui re/e plus qu' dsir] le nant1 t&is que la nature vraie aspire la trans=mation p> l'am\r3 celle-l ne veut plus tre1 celle-ci veut dev5ir diffr5te d'elle-mme4 ,que celui qui a pris consci5ce de cela fasse pass] devant lui1 dans le sil5ce de son me1 les simples motifs de l'art wagnri5 et qu'il se dem&e "p lui si c'e/ la vraie nature dnature qui se s]t de ces motifs p\r atte9dre les f9s que n\s v5ons de dcrire4 ,l'errant dsespr tr\ve la dlivrance de son t\rm5t dans l'am\r compatissant d'une femme qui prfre m\rir que de lui tre infidle3 c'e/ le motif du ,vaisseau fantme4--,la femme am\reuse1 r5onant t\t bonheur p]sonnel1 devi5t une sa9te p> la div9e trans=mation de l',am\r en ,*>it1 et sauve a9si l'me de l'aim3 c'e/ le motif de ,tannhus]4 ,ce qu'il y a de plus magnifique et de plus sublime desc5d ple9 de sympa?ie p>mi les hommes et ne veut pas qu'on lui dem&e son orig9e2 et lorsque la "q fatale lui e/ pose1 il ret\rne avec un d\l\reux ef=t son exi/5ce suprieure2 c'e/ le motif de ,loh5gr94--,l'me aimante de la femme1 de mme que le peuple accueill5t avec joie le gnie bi5faisant et novateur1 quoique les g>di5s de la tradition et de la r\t9e le rep\ss5t et le calomni5t3 c'e/ le motif des ,matres ,*anteurs4--,deux tres aimants1 sans connatre leur am\r rciproque1 se croyant au contraire pr(ondm5t blesss et mpriss1 exig5t l'un de l'autre un philtre mortel1 soi-disant p\r expi] l'(f5se1 en ralit p> une impulsion dont ils ne se r5d5t pas compte2 ils veul5t1 p> la mort1 tre dlivrs de t\te sp>ation1 de t\te dissimulation4 ,l'appro*e de la mort1 laquelle ils croi5t1 libre leur me et les entrane une flicit brve et ple9e d'effroi1 comme s'ils avai5t rellem5t *app la cl>t du j\r1 l'illusion1 la vie elle-mme3 c'e/ le motif de ,tri/an et ,yseult4 ,dans l',anneau du ,niebelung le hros tragique e/ un dieu dont l'esprit e/ altr de puissance et qui1 en suivant t\tes les voies qui y conduis5t1 se lie p> des contrats1 p]d la lib]t et se tr\ve envelopp p> la maldiction qui pse sur la puissance4 ,la p]te de sa lib]t lui e/ dmontre prcism5t p> ceci qu'il ne lui re/e plus aucun moy5 de s'emp>] de l',anneau d'or1 symbole de la t\te-puissance t]re/re et1 la fois1 inc>nation des plus gr&s dang]s p\r lui-mme1 tant que cet anneau e/ entre les ma9s de ses ennemis4 ,la cra9te de la f9 et du crpuscule de t\s les dieux s'emp>e de lui1 et aussi le dsespoir de devoir att5dre cette f9 sans p\voir s'y oppos]4 ,il a beso9 de l'homme libre et sans cra9te1 de l'homme qui puisse1 sans son conseil et son assi/ance1 en se rvoltant mme contre l'ordre div91 accomplir de son propre m\vem5t l'action hroque int]dite au dieu2 il ne le voit po9t p>atre et il se tr\ve =c de se s\mettre aux consqu5ces de l'engagem5t qu'il a pris1 au mom5t mme o vi5t de jo9dre une n\velle esprance4 ,c'e/ p> sa ma9 que doit prir ce qu'il a de plus *]2 la piti la plus pure doit tre punie p> sa s\ffrance4 ,c'e/ alors qu'il a enf9 horreur de la puissance qui n'enfante que le mal et l'esclavage2 sa volont brise se s\met et il dsire lui-mme cette f9 qui le m5ace de lo94 ,mais c'e/ ma9t5ant seulem5t que se ralise ce qu'il avait le plus dsir prcdemm5t3 l'homme libre et sans peur app>at2 sa naissance fut un dfi t\tes les c\tumes tablies2 ses p>5ts port5t la pe9e d'avoir t unis p> un li5 contraire l'ordre de la nature et la c\tume4 ,ils priss5t1 mais ,siegfri$ vit4 ,a la vue de son magnifique dveloppem5t et de son spl5dide pan\issem5t le flot de dgt se retire peu peu de l'me de ,wotan4 ,il suit des yeux les de/9es du hros1 avec un am\r et une sollicitude pat]nels4 ,comm5t ,siegfri$ =ge son pe1 tue le dragon1 s'emp>e de l',anneau1 *appe la ruse la plus raff9e et rveille ,brunehilde2 comm5t la maldiction qui pse sur l',anneau ne le mnage pas plus que les autres1 et l'ens]re de plus en plus prs2 comm5t1 fidle dans l'infidlit1 blessant p> am\r ce qu'il aime le plus1 il e/ envahi p> les ombres et les brumes du crime1 mais f9it p> s'en dgag]1 respl5dissant1 tel le soleil1 p\r disp>atre et m\rir1 en allumant dans le ciel un imm5se et radieux inc5die qui purifie le monde de la maldiction 444 le dieu voit t\t cela1 lui dont la lance s\v]a9e s'e/ brise dans la lutte avec le plus libre des hommes et qui s'e/ vu ravir sa puissance2 il le voit et son cur se remplit de joie cause de sa propre dfaite1 de sympa?ie p\r le triomphe et la s\ffrance de son va9queur4 ,son reg>d embrasse les d]ni]s vnem5ts avec un bonheur d\l\reux1 il e/ dev5u libre p> am\r et il s'e/ dlivr de lui-mme4 ,et ma9t5ant1 int]rogez votre consci5ce1 homme d'auj\rd'hui6 ,ce pome a-t-il t compos p\r v\s8 ,v\s s5tez-v\s le c\rage d't5dre la ma9 v]s les toiles de ce firmam5t de beaut et de bont p\r v\s cri]3 ,c'e/ notre vie que ,wagn] a a9si transporte dans les cieux6 ,o sont1 p>mi v\s1 les hommes qui sont capables d'int]prt] d'aprs leur propre vie l'image de ,wotan et qui gr&iss5t t\j\rs davantage eux-mmes plus ils s'effac5t comme lui8 ,qui d'entre v\s1 sa*ant et se r5dant compte que la puissance e/ mauvaise1 s]ait prt r5onc] la puissance8 ,o sont ceux qui1 comme ,brunehilde1 sacrifi]ai5t leur sci5ce leur am\r1 p\r f9ir cep5dant p> puis] dans leur vie la sci5ce suprme8 ,le deuil pr(ond de l'am\r afflig m'ouvrit les yeux4 ,et ceux qui sont libres et sans cra9te1 croissant et s'pan\issant en eux-mmes dans une innoc5te spontanx1 o sont les ,siegfri$ p>mi v\s8 ,celui qui pose cette "q et la pose en va9 s]a =c de t\rn] ses reg>ds v]s l'av5ir2 et s'il devait dc\vrir dans un lo9ta9 quelconque ce peuple qui s]ait en droit de lire sa propre hi/oire dans les traits c>actri/iques de l'art wagnri51 il f9irait p> compr5dre aussi ce que ,wagn] s]a p\r ce peuple 444 quelque *ose qu'il ne peut tre p\r aucun de n\s1 non po9t prophte d'un lo9ta9 av5ir1 comme n\s p\rrions tre t5ts de le croire1 mais l'int]prte et le glorificateur d'un pass4 ,,app5dice ,r,,flexions ,,sur ,,ri*>d ,,wagn] 7,,janvi] #ahgd7 ,a quel mom5t de sa vie ,nietzs*e a-t-il cess d'tre l'admirateur et le disciple de ,ri*>d ,wagn]8 ,on sait que l'auteur de ,z>a?\/ra1 d\ze ans aprs avoir publi ,ri*>d ,wagn] ,bayreu?1 opuscule laudatif qui fut salu en #ahgf p> les adeptes du matre comme l'vangile de la philosophie wagnri5ne1 lana dans le monde ce pamphlet ironique et svre1 dont le titre seul suffit indiqu] les t5dances4 ,le ,cas ,wagn] suscita la colre du cnacle de ,bayreu?4 ,mais du mo9s rappela-t-il aux wagnri5s que ,nietzs*e exi/ait encore et que son uvre tait mo9s ngligeable qu'ils avai5t prt5du l'affirm] qu& p>ut ,huma91 trop ,huma94 ,froissem5t de vanit1 folie des gr&eurs1 dcl>r5t-ils premptoirem5t1 sans pr5dre la pe9e de s'enqurir des orig9es d'un s5tim5t qui1 *ez ,nietzs*e1 tait antrieur au triomphe de ,wagn]4 ,disciple du musici5-pote1 vrai dire1 ,nietzs*e ne le fut jamais et son admiration se tempra t\j\rs d'importantes rs]ves que lui dictait sa clairvoyance4 ,mais1 faisant taire ses scrupules1 il se donna sans rs]ve l'uvre wagnri5ne1 p>ce qu'il y tr\vait la possibilit de ralis] ce qui1 aux environs de #ahgj1 lui importait plus que t\te autre *ose1 la rgnration de la culture allem&e4 ,et enf91 p>-dessus t\t1 il aimait ,wagn] et ne cessa jamais de l'aim]4 ,le jeune pr(esseur de philologie classique l',univ]sit de ,ble avait tr\v1 l'ermitage de ,trebs*51 prs de ,zuri*1 un accueil *aleureux et une cordialit qu'il avait ignors jusqu' ce j\r4 ,p\r la premire fois1 il entrait en contact intime avec un milieu vritablem5t suprieur et les ides de ,wagn]1 dveloppes au c\rs de longues conv]sations1 ouvrai5t sa juvnile intellig5ce des horizons pe9e entrevus jusque l4 ,d'autre "p1 ,mme ,cosima ,wagn]1 la premire femme de gr& /yle qu'il et r5contre1 rvlait au savant1 conf9 dans ses tudes1--il avait v+t-quatre ans lorsqu'il fut nomm ,ble en #ahfi--;de n\velles faons de s5tir et lui faisait connatre ces morali/es franais dont il devait s'inspir] plus t>d p\r ralis] une uvre si contraire aux doctr9es wagnri5nes4 ,entre #ahfi et #ahgc1 ,nietzs*e fut s\v5t l'hte assidu et *oy de ,trebs*54 ,de nombreux tmoignages datant de cette poque font preuve1 de "p et d'autre1 d'un atta*em5t s9cre4 ,qu& l'uvre de ,bayreu? comm5a pr5dre =me1 ,nietzs*e s'y dv\a corps et me4 ,il fut de t\tes les runions prp>atoires1 de t\s les comits d'organisation et peu s'en fallut qu'il n'ab&onnt la c>rire univ]sitaire p\r s'improvis] confr5ci] et collecteur1 p>c\rant les pays allem&s p\r recueillir des fonds de/9s ralis] le ?tre de l'av5ir4 ,mais la propag&e n'excluait pas la clairvoyance4 ,dj ,nietzs*e jugeait froidem5t l'homme qu'il vnrait plus que t\t autre4 ,l'intimit de t\s les j\rs lui avait rvl les petitesses dont le gnie mme le plus pur e/ r>em5t exempt4 ,d\tait-il dj de la gr&eur de l'uvre8 ,le c]ta9 e/ que1 dans les mom5ts o il se livrait un svre exam5 de consci5ce1 il se dem&ait si l'art wagnri51 dont il connaissait ma9t5ant t\s les dt\rs1 p>vi5drait jamais ralis] les hautes esprances qu'il avait places en lui4 ,et la mission de ,wagn]1 laquelle il croyait encore avec f]veur1 lui semblait p>fois s'g>] v]s des considrations s+ulirem5t t]re t]re4 ,au comm5cem5t de #ahgd1 l'uvre de ,bayreu? p>ut s\da9 irrmdiablem5t compromise4 ,wagn] s'tait in/all avec t\te sa famille dans la petite ville bav>oise4 ,le ?tre-modle tait presque t]m91 mais l'arg5t manquait p\r p>a*ev] son amnagem5t intrieur et mettre en place la ma*9]ie complique de la scne4 ,ce fut p>mi les amis du compositeur une vritable con/]nation4 ,j'ai contract une alliance avec ,wagn]1 avait crit ,nietzs*e4 ,mais que dev5ait cette alliance si le rve commun de tant d'annes allait ne pas se ralis]8 ,nietzs*e se pose brusquem5t la "q et1 au fond de lui-mme1 il tr\ve aussitt la rponse3 ,qu'importe ,bayreu?6 ,s\ffrit-il1 qu& cette exclamation lui v9t sur les lvres8 ,sans d\te1 mais son in/9ct de vracit tait plus =t que son s5tim5t d'atta*em5t p\r ,wagn]4 ,c'e/ alors qu'il note sur son calep91 rapidem5t et d'un seul jet1 les rflexions dont n\s publions plus lo9 la traduction4 ,avec une cruelle lucidit il juge l'uvre du matre vnr et1 en mme temps1 il apprcie leur ju/e valeur les hsitations du public1 rb>batif la musique de l'av5ir4 ,t\tes les rs]ves qu'il avait faites1 "p lui1 lui revi5n5t la mmoire et il les note avec une hte fbrile4 ,c'e/1 malgr c]ta9s flottem5ts dans l'expression1 malgr c]ta9es obscurits1 une analyse rig\reuse de la maladie wagnri5ne1 o n\s sont rvles1 en quelque sorte avant la lettre1 t\tes les qualits qui prt]ont plus t>d un acc5t orig9al au mo9dre aphorisme du philosophe de ,p> del le bi5 et le mal4 ,nietzs*e1 p\r la premire fois1 pr5d consci5ce de ce qui le sp>e de ,wagn] et son opposition avec l'art wagnri5 s'affirme s\s une =me concrte4 ,quelques sema9es plus t>d1 on appr5d s\da9 que l'inquitude des amis de ,bayreu? n'avait pas t ju/ifie4 ,l\is ,,ii de ,bavire v5ait1 en effet1 de mettre #cjj4jjj ?al]s 7#cge4jjj francs7 la disposition de ,wagn] et le ?tre de l'av5ir p\vait enf9 s'a*ev]4 ,la joie e/ gr&e p>mi les p>tisans du matre et ,nietzs*e p>tage cette joie6 ,les ,rflexions sur ,wagn]1 re/es l'tat de notes intimes1 sont enf\ies au fond d'un tiroir et le jeune disciple s'apprte faire son premi] pl]9age ,bayreu?444 ,de n\veau la lg5de de ,wagn] repr5d le dessus dans les proccupations de ,nietzs*e et le vrai ,wagn]1 dont il vi5t d'esquiss] les traits1 s'efface dans sa mmoire4 ,peut-tre e/ima-t-il aussi que la cause du musici5 tait d'importance plus haute que la p]sonne du musici54 ,la possibilit d'une culture allem&e1 qu'il ratta*e directem5t l'horizon de ,bayreu?1 revi5t au premi] plan de ses proccupations1 et qu&1 enf91 deux ans plus t>d1 en #ahgf1 le ,fe/spielhaus allait enf9 tre ouv]t au public1 il fait taire t\tes les objections1 p\r p\voir (frir aux pl]9s de la n\velle ,jrusalem l'loqu5t brviaire de ,ri*>d ,wagn] ,bayreu?4 ,en crivant a9si l'apologie du musici51 ,nietzs*e pr5d cong du matre de sa jeunesse4 ,p> un suprme ef=t de sa volont 7les br\illons qui ont t cons]vs dmontr5t son po9t de vue ngatif71 il dresse un monum5t de pit et d'admiration celui qu'il a dj cess d'e/im]4 ,ce dcompte avec le pass e/ une vritable uvre de libration4 ,l'arti/e1 qu& il idalise sa s\ffrance1 se db>rasse des li5s d'une passion malheureuse4 ,a9si ,nietzs*e idalisa ,wagn]1 p\r oubli] que l'homme qui avait t le plus gr& bonheur de sa vie fut aussi celui qui le dut le plus cruellem5t4 ,oubli]1 le put-il jamais compltem5t8 ,il devait au contraire p5s] sans cesse cette amiti qui lui avait procur les =tes motions de sa vie4 ,et qu&1 plus t>d1 dix ans aprs la br\ille df9itive1 il crivit le ,cas ,wagn]1 le mot amiti revi5t encore et sans cesse s\s sa plume4 ,j'ai aim et vnr ,wagn] plus qu'il ne le fut jamais1 crit le philosophe en #ahhh4 ,faut-il un autre comm5taire ces quelques notes de svre critique que l'on va lire1 au c\rs desquelles ,nietzs*e1 p> am\r de la vrit1 dmolit l'idal de sa jeunesse8--,h4 ,a4 #a4 ,wagn] t5te de r5\vel] l'art en s'appuyant sur la seule base qui exi/e encore1 sur le ?tre3 l les masses sont encore vritablem5t mues et ne s'en font pas accroire comme dans les muses et les conc]ts4 ,a vrai dire1 il s'agit de masses grossires1 et t\te t5tative de dom9] de n\veau la ?trocratie e/ app>ue jusqu' prs5t comme va9e4 ,problme3 l'art doit-il cont9u] tre l'apanage d'une secte et vivre dans l'isolem5t8 ,e/-il possible de l'am5] la dom9ation8 ,c'e/ l qu'il faut *]*] la signification de ,wagn]2 il essaie de se procur] la tyrannie l'aide des masses ?trales4 ,sans d\te1 si ,wagn] avait t ,itali51 s]ait-il p>v5u atte9dre son b4 ,l',allem& n'a aucune e/ime p\r l'opra1 qu'il considre t\j\rs comme quelque *ose d'import1 comme quelque *ose qui n'e/ pas de *ez lui4 ,on peut mme dire qu'il ne pr5d pas au srieux t\t ce qui t\*e le ?tre4 #b4 ,il y a quelque *ose de comique dans ceci3 ,wagn] ne p>vi5t pas conva9cre les ,allem&s qu'il faut pr5dre le ?tre au srieux4 ,en face de ses t5tatives1 ils demeur5t froids et bonasses2 alors ,wagn] s'*auffe1 comme si le salut de l',allemagne dp5dait de lui4 ,ma9t5ant surt\t1 les ,allem&s s'imag95t avoir des occupations plus srieuses et cela leur app>at comme une joyeuse fantaisie que quelqu'un se t\rne v]s l'art d'une faon si sol5nelle4 ,r=mateur1 ,wagn] ne l'e/ pas1 c>1 jusqu' prs5t1 t\t e/ re/ dans le mme tat que p> le pass4 ,en ,allemagne t\t le monde pr5d ses affaires au srieux2 alors on rit de celui qui a la prt5tion d'accap>] p\r son compte t\te l'att5tion que l'on porte aux *oses srieuses4 ,il faut considr]3 l'influ5ce de la crise f9ancire2 l'inc]titude gnrale de la situation politique2 les d\tes qui s'lv5t sur la direction rfl*ie des de/9es allem&es4 ,le temps o l'on se passionnait p\r les *oses de l'art 7,liszt1 etc47 e/ pass4 ,une nation srieuse ne veut pas que les quelques r>es *oses qu'elle pr5d la lgre dgnr5t2 il en e/ a9si p\r les ,allem&s des arts du ?tre4 ,cause dt]m9ante3 l'importance de l'art1 telle que le conoit ,wagn]1 ne cadre pas avec nos conditions sociales et le dveloppem5t qu'a pris le travail4 ,de l la rpulsion in/9ctive contre ce qui app>at comme mal appropri4 #c4 ,l'importance que ,wagn] prte l'art n'a ri5 d'allem&4 ,ici n\s manquons mme d'un art dcoratif4 ,t\t intrt public p\r l'art fait dfaut4 ,ou bi5 il e/ savant1 ou bi5 t\t fait vulgaire4 ,de-ci de-l1 on r5contre l'aspiration isole v]s le beau4 ,la musique occupe une situation spciale1 mais la musique elle-mme n'e/ pas p>v5ue crer une organisation1 emp*] l'importation de la musique ?trale4 --,celui qui auj\rd'hui applaudit au ?tre r\git le l5dema9 de son ge/e3 n\s avons nos autels du foy] dome/ique3 ,bee?ov51 ,ba*--alors le s\v5ir se pr5d plir4 #d4 ,wagn] s'e/ tr\v en face d'un public d'ducation trs v>ie2 la rceptivit n'tait pas la mme p\r l'uvre et p\r la musique4 ,il a pris le public p\r une unit et a cru que les accs de sympa?ie jaillissai5t du mme fond1 c'e/--dire qu'il considrait comme c]ta9 que l'effet d'ensemble n'tait qu'une addition des effets de dtail uni=mm5t di/ribus4 ,il y avait1 selon lui1 une somme dt]m9e de plaisir produite p> la musique1 une somme gale produite p> l'excution ?trale et enf9 la mme somme p> le plaisir que suscite le drame4 ,ma9t5ant il a appris ses dp5s qu'une gr&e comdi5ne e/ dans le cas de lui br\ill] son calcul4 ,mais alors son idal s'int5sifie4 ,combi5 suprieur s]a l'effet produit si la musique1 l'excution1 etc41 allai5t de pair avec le tal5t de la comdi5ne6 #e4 ,le premi] problme que se pose ,wagn] e/ le suivant3 ,p\rquoi ne p>vi5s-je pas ralis] un effet au dehors1 du mom5t que moi je ress5s cet effet8 ,cette "q le p\sse une critique du public1 de l',etat1 de la socit4 ,il tablit entre l'arti/e et le public le rapport du sujet l'objet 444 et il le fait navem5t4 #f4 ,wagn] e/ une nature de lgislateur3 il nglige beauc\p de relations et ne s'emptre pas dans les petites *oses2 il coordonne t\t en gr& et ne peut tre jug p> les dtails pris isolm5t3 la ,musique1 le ,drame1 la ,posie1 l',etat1 l',art1 etc4 ,la musique ne vaut pas gr&'*ose1 la posie non plus1 le drame non plus1 l'art ?tral n'e/ s\v5t que de la rhtorique--mais t\t cela1 qu& on voit gr&1 a son unit et se tr\ve au mme niveau4 #g4 ,le gnie de ,wagn] e/ une =t qui se dveloppe2 on ne saurait le comp>] un arbre4 #h4 ,la srnit de ,wagn] e/ p>eille au s5tim5t de scurit qu'pr\ve celui qui sort des plus gr&s dang]s1 des excs les plus graves1 p\r r5tr] dans ce qui e/ limit et intime2 t\s les hommes avec qui il e/ en relations app>aiss5t comme des priodes dt]m9es de sa propre c>rire 7du mo9s ne compt5t-ils pas autrem5t p\r lui71 c'e/ p\rquoi il peut ma9t5ant tre gai et suprieur1 c> il peut se j\] de t\tes les difficults1 de t\tes les objections4 #i4 ,l'une des qualits de ,wagn]1 c'e/ qu'il ne connat ni fre9 ni mesure1 il monte jusqu'au d]ni] degr de sa =ce1 de son s5tim5t4 ,l'autre qualit1 c'e/ son suprme don de comdi51 transpos dans un autre doma9e et qui ab&onne la voie la plus pro*e p\r pr5dre possession d'un t]ra9 n\veau4 ,p\r se ralis] directem5t il lui manque la taille1 la voix1 et la modration qu'il faudrait4 #aj4 ,wagn] e/ un comdi5 n1 mais il se tr\ve1 en quelque sorte1 dans la situation de ,g!1 qui tait pe9tre sans avoir les ma9s d'un pe9tre4 ,son tal5t *]*e des *appatoires et il les tr\ve4 ,or il faut imag9] ce que peuv5t dev5ir t\s ces in/9cts en dfaut lorsqu'ils agiss5t d'un commun accord4 #aa4 ,si ,g! e/ un pe9tre dvoy1 ,s*ill] un orateur dvoy1 ,wagn] e/ un comdi5 dvoy4 ,il aj\te ses tal5ts la musique4 #ab4 ,wagn] se tr\ve en face de la musique dans la situation d'un comdi53 c'e/ p\rquoi il e/ capable de faire p>l] l'me de musici5s dissemblables et de plac] cte cte des univ]s diffr5ts 7,tri/an1 les ,matres *anteurs74 #ac4 ,la simplicit dans la conception des drames e/ l'indice du comdi54 --,wagn] apprcie ce qui e/ simple dans la con/ruction dramatique1 p>ce que c'e/ ce qui fait le plus d'effet4 ,il rassemble t\s les lm5ts effet1 une poque qui a beso9 de moy5s trs vulgaires et trs viol5ts1 cause de l'tat d'hbtem5t o elle se tr\ve4 ,ce qui e/ magnifique1 enivrant1 dr\tant1 gr&iose1 t]rible1 bruyant1 laid1 extasiant1 n]veux1--t\t cela a droit de cit4 ,dim5sions normes1 moy5s normes4 ,l'irrgul>it1 la spl5deur sur*>ge et l'abondance des ornem5ts produit l'impression de la ri*esse et de l'abondance4 ,il sait ce qui agit encore sur nos hommes2 nos hommes6 il les idalise encore et il les place trs haut4 #ad4 ,en tant que comdi51 il t5dait n'imit] l'homme qu'agissant et vritable1 agit p> les passions les plus hautes4 ,c> sa nature extrme voyait1 dans t\tes les autres conditions1 faiblesse et dfaut de vrit4 ,lorsque l'arti/e dpe9t des passions1 il s'expose aux dang]s les plus extraord9aires4 ,se proccup] de ce qui enivre1 de ce qui e/ s5suel1 extatique1 s\da91 de ce qui veut tre en m\vem5t t\t prix--abom9ables t5dances6 #ae4 ,son ret\r la nature1 c'e/--dire la passion1 e/ suspect1 p>ce que c'e/ de la passion que l'on p>vi5t tir] le plus d'effets4 ,on ne saurait imag9] la possibilit d'un art qui s]ait de pure improvisation2 vis--vis de la musique allem&e ce po9t de vue e/ des plus nafs4 ,l'unit organique de ,wagn] e/ dans le drame1 mais c'e/ p\r cela qu'elle ne p>vi5t pas 7s\v5t pas7 pntr] la musique1 pas plus qu'elle ne pntre le texte4 ,celui-ci laisse l'impression de l'improvisation4 7,l'improvisation n'e/ bonne que *ez les arti/es p>faits1 et non pas *ez ceux qui sont dans leur dev5ir2 mais elle trompe t\j\rs et produit une impression factice de ri*esse47 #af4 ,l'intemprance et l'imag9ation sans bornes tai5t sans d\te *ez lui une seconde nature4 #ag4 ,il ne veut pas tre inju/e et dem&] un arti/e la puret et le ds9tressem5t1 tels que les possdai5t1 p> exemple1 ,lu!r1 etc4 ,mais en ,ba* et en ,bee?ov5 n\s app>at une nature plus pure4 ,l'extase *ez ,wagn] e/ s\v5t =ce et pas assez nave2 de plus1 p> des contra/es trop viol5ts1 il en acc5tue les effets4 #ah4 ,le dsir du repos1 de la fidlit--aprs que les passions ont t d*anes sans mesure--dans le ,holl&ais volant4--,dans ,tannhus] il *]*e motiv] une srie d'tats extatiques *ez un mme individu2 il semble croire que c'e/ seulem5t dans ces tats que s'affirme l'homme naturel4 ,dans les ,matres *anteurs et dans c]ta9es p>ties de ses ,niebelung5 il revi5t la dom9ation de soi2 il y e/ plus gr& que dans les ab&ons extatiques4 ,la limitation lui si$ bi54 ,il app>at comme un homme discipl9 p> ses in/9cts arti/iques4 #ai4 ,dang]s de la musique dramatique1 p\r la musique4 ,dang]s du drame musical p\r le pote dramatique4 ,dang]s p\r le *anteur4 #bj4 ,entre la musique et les p>oles il y a la possibilit d'un li5 vritablem5t organique3 dans le li$4 ,s\v5t aussi dans des scnes t\t entires4 ,il exi/e un idal qui consi/e amalgam] le drame et la musique dans un semblable rapport2 le modle se tr\ve dans la danse du *ur antique4 ,mais aussitt le b app>at comme plac trop haut1 c> n\s ne possdons pas encore le /yle du m\vem5t2 pas encore de dveloppem5t aussi savant dans l'or*e/ration que l'e/ celui de notre musique4 ,or1 contra9dre la musique se plac] au s]vice d'une viol5ce naturali/e1 c'e/ la dim9u] et y mettre de la confusion1 p\r la r5dre ensuite incapable d'accomplir la t*e commune4 ,qu'un art comme celui de ,wagn] n\s plaise inf9im5t1 qu'il (fre un horizon inf9i de dveloppem5t arti/ique1 il n'y a cela aucun d\te4 ,mais le s5s des pomes6 ,p\rvu que la musique ne devi5ne pas mauvaise et que la =me ne fasse pas dfaut6 ,au s]vice des ge/iculations dans ,hans ,sa*s 7,beckmess]7 la =me dgnre 9vitablem5t4 --,la musique p\r le p]sonnage de ,beckmess] atte9t le sup]latif2 elle ne saurait exprim] quelqu'un qui e/ battu davantage et davantage maltrait4 ,on a vritablem5t piti1 comme qu& on voit qu'un bossu e/ raill4 #ba4 ,on ne peut saut] le degr qui mne de la danse la symphonie4 ,que re/e-il1 s9on la contre-p>tie naturali/e de la passion vritable et sans ry?me8 ,mais l'art ne peut v5ir b\t de la nature sans /yle4 ,il y a des excs de l'espce la plus d\teuse dans ,tri/an1 p> exemple les explosions la f9 du second acte4 ,le drglem5t dans la scne du pugilat des ,matres *anteurs1 ,wagn] s5t que1 p\r ce qui t\*e la =me1 il a t\te la rudesse des ,allem&s et prfre s'enrl] s\s la bannire de ,hans ,sa*s que s\s celle des ,franais ou des ,grecs4 ,p\rtant1 notre musique allem&e 7,moz>t1 ,bee?ov57 s'e/ assimil la =me itali5ne1 comme c'e/ le cas de notre *anson populaire1 et c'e/ p\rquoi1 avec la ri*esse nuance de ces lignes1 elle ne correspond plus la grossiret paysanne et b\rgeoise4 #bb4 ,la langue se hausse jusqu' l'expression la plus =te--l'allitration4 ,l'or*e/re aussi4 ,la ju/esse d'expression n'app>at pas comme ce qu'il y a de plus important1 mais la =ce enivrante du press5tim5t4 #bc4 ,dans le sublime1 ,wagn] se con=me la rgle et au ry?me2 dans les dtails1 il e/ s\v5t viol5t et sans ry?me4 #bd4 ,l'int]ruption des gr&es priodes ry?miques1 le p]ptuel enjambem5t de la phrase sur la mesure produit1 en effet1 l'impression de l'inf9i1 de la m]2 mais c'e/ l un procd d'art et non pas une loi rgulire1 malgr l'ef=t que fait ,wagn] p\r lui en donn] l'e/ampille4 ,n\s n\s y prcipitons d'abord littralem5t1 n\s *]*ons des priodes1 p\r tre dsillusionns1 et f9alem5t n\s n\s noyons dans les flots4 #be4 ,dans c]ta9es h>monies1 il a quelque *ose d'agrable et de rsi/ant t\t la fois1 comme qu& on fait j\] une clef dans une s]rure complique4 #bf4 ,p\rrait-on p>l] *ez ,wagn] de sup]be musique t\te nue8 ,il a devant l'esprit l'image de l'tre intime dev5u visible1 d'un processus de s5tim5t qui pr5d aspect de m\vem5t--c'e/ cela qu'il s'applique r5dre et c'e/ du suprme ,s*op5hau] de v\loir saisir directem5t la volont4 ,la musique comme image d'une exi/5ce1 p> la succession4 #bg4 ,il y a dang] en ceci que dans le m\vem5t et l'action du drame rsid5t les motifs p\r le m\vem5t de la musique1 de telle sorte que la musique se tr\ve dirige p> ces m\vem5ts4 ,il n'e/ pas ncessaire que l'un des deux pr5ne la direction de l'autre4 ,dans l'uvre d'art complte1 n\s avons le s5tim5t de la simultanx conditionne4 #bh4 ,wagn] considre comme une erreur d'envisag]1 dans l'uvre d'art de l',opra1 un moy5 d'expression--la musique--comme b1 le b de l'expression tant considr comme moy54 ,p> consqu5t1 c'e/ la musique qui e/ considre p> lui comme moy5 d'expression--ce qui e/ c>actri/ique p\r le comdi54 ,p\r une symphonie1 il y a donc lieu de dem&] ds lors3 si c'e/ la musique qui e/ ici le moy5 d'expression1 qu'e/-ce qui en e/ le b8 ,le b ne saurait donc rsid] dans la musique2 ce qui p> ess5ce e/ moy5 d'expression doit avoir quelque *ose exprim]4 ,wagn] e/ime que c'e/ le drame4 ,sans le drame1 il considre la musique seule comme un non-s5s4 ,alors on peut se pos] cette "q3 p\rquoi tant de bruit8 ,en v]tu de ce pr9cipe ,wagn] considrait la ,neuvime ,symphonie comme l'uvre p> excell5ce de ,bee?ov51 p>ce que1 p> l'adjonction de la p>ole1 le compositeur donnait la musique sa signification1 faisant d'elle un simple moy5 d'expression4 ,moy5 et b--,musique et ,drame--doctr9e anci5ne4 ,gnralit et exemple--,musique et ,drame--doctr9e n\velle4 ,si cette d]nire doctr9e e/ la vraie1 la gnralit ne peut1 en aucune faon1 tre dp5dante de l'exemple1 en d'autres t]mes3 la musique absolue e/ dans son droit et la musique du drame doit tre1 elle aussi1 une musique absolue4 ,p\rtant il ne faut envisag] t\t cela que comme symbole et image--il n'e/ pas rig\reusem5t exact que le drame n'e/ qu'un exemple p\r la gnralit de la musique4 ,en quoi y a-t-il espce et exemple8 ,dans les m\vem5ts des attitudes 7p\r ne p>l] ici que du drame mimique74 ,or1 les m\vem5ts d'une figure peuv5t signifi]1 eux aussi1 la gnralit1 c> ils exprim5t des tats d'me intimes qui sont beauc\p plus abondants et plus nuancs que leur rsultante s\s =me de m\vem5ts excuts p> l'homme intrieur4 ,c'e/ p\rquoi une attitude e/ s\v5t mal int]prte4 ,de plus1 il y a quelque *ose d'inf9im5t conv5tionnel dans t\s les ge/es3 l'homme absolum5t libre e/ une image trompeuse4 ,mais1 si l'on ab&onne le m\vem5t de la figure p\r ne plus p>l] que de l'motion qui l'agite1 la musique devrait tre la gnralit1 l'motion de telle ou telle p]sonne1 le p>ticuli]4 ,or1 la musique e/ prcism5t l'motion du musici5 exprime en sons1 donc en t\s les cas celle d'un individu4 ,et il en a t\j\rs t a9si 7si l'on fait ab/raction de la doctr9e purem5t =mali/e de l'arabesque des sons74 ,on se tr\vait donc en prs5ce d'une contradiction absolue3 une expression t\t fait dt]m9e du s5tim5t jaillissant s\s =me de musique 7absolum5t prcis7--et1 ct1 le drame1 cte cte d'expressions de s5tim5ts t\t fait dt]m9s p> des p>oles et des ge/es4 ,comm5t ceux-ci peuv5t-ils s'id5tifi]8 ,le musici5 peut1 vrai dire1 ress5tir1 dans son = intrieur1 t\tes les pripties du drame et les r5dre s\s =me de musique pure 7l'ouv]ture de ,coriolan74 ,cette reproduction pr5d alors1 en face du drame lui-mme1 le s5s d'une gnralisation2 les motifs politiques1 les argum5ts sont ngligs et seule p>le l'absurde volont4 ,dans t\te autre acception1 la musique dramatique e/ une mauvaise musique4 ,que devi5n5t cep5dant la prt5due simultanx et le p>alllisme absolu1 dans l'ensemble de l'action1 *ez le musici5 et dans le drame8 ,la musique ne fait que drang] l'auteur dramatique1 c> p\r exprim] quelque *ose il lui faut du temps1 s\v5t p\r une seule motion du drame t\te une symphonie4 ,que devi5t1 p5dant ce temps1 le drame8 ,wagn] utilise1 p\r remplir ces int]valles1 le dialogue1 d'une faon gnrale les p>oles4 ,il faut alors aj\t] une n\velle puissance et une n\velle difficult3 la langue4 ,celle-ci s'exprime en conceptions ab/raites4 ,les conceptions ab/raites sont s\mises1 elles aussi1 des rgles du temps qui leur sont propres4 ,la mimique1 le monde des conceptions ab/raites1 la musique1 *acun de ces lm5ts exprime dans une *ronomtrie diffr5te le s5tim5t qui e/ sa base4 ,dans le drame p>l rgne une puissance qui1 p\r s'affirm]1 a beso9 du temps le plus considrable1 la conception ab/raite4 ,c'e/ p\rquoi l'action e/ s\v5t un repos qui pr5d des =mes pla/iques et se manife/e p> des gr\pes4 ,surt\t dans l'antiquit3 l'art pla/ique au repos exprime un tat d'me dt]m94 ,la mimique se tr\ve donc dans une dp5dance directe avec le drame p>l4 ,or1 le musici5 a beso9 de temps t\t fait diffr5ts1 et1 au fond1 on ne saurait lui impos] aucune loi3 un s5tim5t entam peut se prolong] longtemps *ez un musici5 et tre bref *ez un autre4 ,quelle exig5ce1 donc1 de v\loir que le langage des ides et le langage des sons aill5t de pair6 ,p\rtant1 la p>ole elle-mme s\ti5t un lm5t musical4 ,la phrase violemm5t s5tie possde une mlodie qui e/ aussi l'image d'une =te motion de la volont4 ,cette mlodie peut tre utilise au po9t de vue arti/ique et on peut l'int]prt] l'inf9i4 ,l'assemblage de t\s ces facteurs p>at irralisable2 tel musici5 r5dra c]ta9es motions que suscit5t *ez lui le drame et ne saura ri5 faire de la plus gr&e p>tie de ce drame1 de l probablem5t le rcitatif et la rhtorique4 ,le pote ne p>vi5dra pas v5ir en aide au musici5 et1 p> le fait1 ne p\rra lui-mme se tir] d'affaire2 il s\haite de ne v]sifi] qu'autant de texte qu'on peut en *ant]4 ,mais de cela il ne possde que la consci5ce ?orique et non pas la consci5ce intime4 ,l'acteur1 d'autre "p1 en tant que *anteur1 devra faire une f\le de *oses qui ne sont pas dramatiques1 ouvrir p> exemple la b\*e1 etc42 il lui faut adopt] des manires conv5tionnelles4 ,or1 t\t cela s]ait *ang1 s'il arrivait une fois au comdi5 d'tre la fois musici5 et pote4 ,wagn] utilise le ge/e1 le langage1 la mlodie de la p>ole et1 en outre1 les symboles reconnus de l'expression musicale4 ,il suppose1 comme condition1 une musique trs dveloppe qui a dj conquis l'expression dt]m9e1 reconnaissable et rev5ant t\j\rs n\veau1 p\r reproduire une inf9it d'motions4 ,p> ces citations musicales il rappelle l'auditeur un tat d'me p>ticuli]1 o l'int]prte veut qu'on le situe4 ,ds lors1 la musique e/ dev5ue vritablem5t un moy5 d'expression1 et c'e/ p\rquoi1 au po9t de vue arti/ique1 elle se tr\ve un degr infrieur1 c> elle n'e/ plus organique p> elle-mme4 ,ma9t5ant le matre musici5 p>vi5dra encore comb9] les symboles de la faon la plus +nieuse2 mais la connexion et le plan se tr\vant au del et en dehors de la musique1 celle-ci ne saurait tre organique4 ,p\rtant1 il s]ait inju/e de repro*] cela l'auteur dramatique4 ,il a le droit d'utilis] la musique comme moy5 en vue du drame1 de mme qu'il utilise la pe9ture comme un moy54 ,une p>eille musique1 si on la pr5d telle qu'elle e/1 peut tre comp>e l'allgorie pe9te2 le s5s propre ne se tr\ve pas dans l'image que l'on voit1 c'e/ p\rquoi cette image peut tre trs belle4 #bi4 ,t\t ce qui e/ gr&1 surt\t qu& cela e/ n\veau1 e/ dang]eux2 la plup>t du temps on le voit s'impos] comme s'il n'y avait ri5 d'autre qui ft ju/ifi4 #cj4 ,g! ne d\tait pas non plus qu'il ft capable de faire ce qui lui plaisait4 ,son gt et sa facult de ralisation m>*ai5t de pair4 ,la prsomption4 ,t\t ce qui agissait =tem5t sur ,wagn]1 il prt5dait le ralis]4 ,il ne compr5ait *ez ses modles que ce qu'il p\vait imit]4 ,nature la ,s*op5hau]4 #ca4 ,wagn] e/ une nature dom9ante4 ,il ne se tr\ve dans son lm5t que lorsqu'il peut dom9]1 alors seulem5t il e/ modr et solide4 ,l'entrave mise son in/9ct de dom9ation le r5d excessif1 exc5trique et rb>batif4 #ca bis4 ,wagn] e/ trop immode/e p\r un ,allem&2 que l'on songe donc ,lu!r1 notre *ef de file4 #cb4 ,l'homme qui se s5t capable de ces extases dmesures1 de ces =midables alinations de soi cons]ve r>em5t sa mode/ie1 c> seul celui qui sait se s5t p\ss la mode/ie2 l'en?\sia/e qui ignore e/ sans limites4 ,il faut aj\t] cela le culte du gnie n\rri p> ,s*op5hau]4 #cc4 ,wagn] e/ homme mod]ne et ne sait pas se donn] du c\rage et s'aff]mir p> la foi en ,dieu4 ,il ne croit pas tre dans la ma9 d'un tre de bont1 mais il croit en lui-mme4 ,p]sonne n'e/ plus t\t fait honnte vis--vis de soi-mme qu& il n'a foi qu'en soi4 ,wagn] met de ct t\tes ses faiblesses p> le fait qu'il les met au compte de notre poque et de ses adv]saires4 #cd4 ,il se d*>ge de ses faiblesses p> le fait qu'il les met au compte des temps mod]nes4 ,il a une foi naturelle en la bont de la nature lorsque celle-ci agit librem5t4 ,il value t\t1 l',etat1 la socit1 la v]tu la mesure de son art1 et1 se tr\vant dans un tat de mcont5tem5t1 il s\haite que le monde soit ananti4 ,se db>rassant des remords et des torts1 p>ce qu'il se s5t gr&ir1 sans cesse1 il oublie vite l'inju/ice2 lev sur un degr n\veau1 celle-ci lui app>at dj de m9ce importance1 comme si elle tait cicatrise4 ,il sait se consol] de t\t1 comme ,s*op5hau]4 #ce4 ,la facult arti/ique ennoblit l'in/9ct effrn et lui impose des limites1 le conc5tre 7v]s le dsir de r5dre l'uvre aussi p>faite74 ,c'e/ ce p\voir qui ennoblit t\te la nature de ,wagn]4 ,t\j\rs il se dresse v]s des buts plus levs1 aussi levs qu'il peut les ap]cevoir2 ces buts devi5n5t t\j\rs meilleurs et enf9 ils app>aiss5t de plus en plus dt]m9s et p> cela mme plus prs4 ,c'e/ a9si que le ,wagn] actuel ne semble plus correspondre au ,wagn] d',opra et ,drame1 sociali/e2 le b d'autrefois p>at plus noble1 mais il e/ seulem5t plus lo9ta9 et plus indt]m94 ,sa conception actuelle de l'univ]s1 de l',allemagne1 etc41 e/ plus pr(onde1 bi5 qu'elle soit d'ess5ce plus cons]vatrice4 #cf4 ,il e/ heureux que ,wagn] ne soit pas n dans une classe plus leve de l'*elle sociale1 qu'il ne soit pas n noble et que son activit ne se soit pas ex]ce dans une sphre politique4 ,il ne s'e/ pas ab/5u de rfl*ir des possibilits politiques2 p\r son malheur il ne l'a pas fait en prs5ce du roi de ,bavire1 lequel1 t\t d'abord1 ne lui a pas reprs5t son uvre2 en second lieu1 l'a moiti sacrifi p> des reprs5tations provisoires et1 enf91 qui lui a fait une rputation trs impopulaire1 p>ce que c'e/ l'influ5ce de ,wagn] que l'on attribuait les exc5tricits de ce pr9ce4 ,il s'e/ t\t aussi malheureusem5t compromis avec la rvolution2 il p]dit les protecteurs =tuns1 veilla la cra9te et app>ut f9alem5t aux p>tis sociali/es comme r5gat2 t\t cela sans aucun avantage p\r son art et sans aucune ncessit suprieure4 ,c'e/ enf9 un indice de sa maladresse1 c> il ne sut nullem5t dev9] la situation de #ahdh4 ,en d]ni] lieu1 il (f5sa les ,juifs1 qui ont ma9t5ant le plus d'arg5t en ,allemagne et qui dti5n5t la presse4 ,lorsqu'il le fit1 ce ne fut pas p>ce qu'une vocation l'y pressait1 plus t>d ce fut de la v5geance4 ,s'il a eu raison avec la confiance extrme qu'il place en ,bism>ck1 un av5ir qui n'e/ pas trs loign n\s l'appr5dra4 #cg4 ,la jeunesse de ,wagn] e/ celle d'un dilettante avec des tal5ts multiples qui n'arrive ri54 #ch4 ,il se sauva de son emploi p>ce qu'il ne v\lait plus s]vir4 #ci4 ,j'ai s\v5t absurdem5t d\t du don musical *ez ,wagn]4 #dj4 ,aucun de nos gr&s musici5s n'a t un aussi mauvais musici5 que ,wagn] l'tait encore dans sa v+t-huitime anne4 #da4 ,sa nature se divise peu peu3 ct de ,siegfri$-,wal!r-,tannhus] se place ,hans ,sa*s-,wotan4 ,il appr5d trs t>d compr5dre l'homme4 ,tannhus] et ,loh5gr9 sont les *imres d'un adolesc5t4 #db4 ,wagn] s'e/ tellem5t habitu s5tir en mme temps dans des arts diffr5ts qu'il e/ dev5u compltem5t ins5sible la musique n\velle1 cela au po9t qu'il la rejette ?oriquem5t4 ,il en e/ de mme p\r les uvres potiques4 ,de l ses nombreux diffr5ds avec des contempora9s4 #dc4 ,aucune pit ne vi5t au-devant de lui1 le musici5 le considre comme un intrus1 comme illgitime4 #dd4 ,la fausse t\te-puissance dveloppe *ez ,wagn] quelque *ose de tyrannique4 ,il a le s5tim5t qu'il e/ sans hriti]s--c'e/ p\rquoi il *]*e donn] ses ides r=matrices une base aussi l>ge que possible p\r les transmettre en quelque sorte p> adoption4 ,l'aspiration la lgitimit4 ,le tyran ne p]met aucune individualit de subsi/] ct de la si5ne et celle de ses confid5ts4 ,le dang] p\r ,wagn] e/ gr& s'il n'accorde pas leur place ,brahms1 etc42 ou bi5 aux ,juifs4 #de4 ,ses dons de comdi5 s'affirm5t en ceci qu'il n'e/ jamais comdi5 dans sa propre vie4 ,en tant qu'criva9 il e/ rhteur1 sans la =ce de p]suad]4 #df4 ,dans son valuation des gr&s musici5s1 il emploie des expressions trop =tes1 c'e/ a9si qu'il appelle p> exemple ,bee?ov5 un sa9t4 ,prs5t] l'adjonction des p>oles dans la ,neuvime ,symphonie comme une action capitale1 il faut av\] que c'e/ un peu =t6 ,il veille la mfiance p> ses loges aussi bi5 que p> ses critiques4 ,le gracieux et l'agrable aussi bi5 que la beaut pure1 le reflet d'une me p>faitem5t quilibre lui *app5t1 aussi *]*e-t-il les dprci]4 #dg4 ,plac] ,%akespe>e et ,bee?ov5 cte cte1 c'e/ l l'ide la plus audacieuse1 la plus folle que l'on puisse imag9]4 #dh4 ,wagn]1 en tant qu'criva91 ne reproduit pas l'image fidle de ce qu'il e/ vritablem5t4 ,il ne sait pas compos]3 l'ensemble ne pr5d pas de relief1 dans les dtails il fait des digressions1 il e/ obscur1 il n'e/ pas ins\ciant et suprieur4 ,il e/ dp\rvu d'une s]e9e arrogance4 ,t\t ce qui e/ agrable et gracieux lui fait dfaut et aussi la prcision dialectique4 #di4 ,une =me p>ticulire de l'orgueil de ,wagn] ce fut de se comp>] aux gr&s hommes du pass3 ,s*ill]1 ,g!1 ,bee?ov51 ,lu!r1 la tragdie grecque1 ,%akespe>e1 ,bism>ck4 ,c'e/ seulem5t avec l'poque de la ,r5aissance qu'il n'a pas tr\v de t]me de comp>aison2 mais il a inv5t l'esprit allem& p> opposition avec l'esprit lat94 ,il y aurait une intressante c>actri/ique de l'esprit allem& faire d'aprs son modle4 #ej4 ,wagn] e/ c]ta9em5t l'homme qui gte actuellem5t avec le mo9s de prv5tions les petites v]tus allem&es et l'troitesse d'esprit1 c> il les voit succomb] et il conspire avec elles contre ce qui triomphe ma9t5ant4 #ea4 ,comm5t ,wagn] a-t-il recrut ses adhr5ts8 ,des *anteurs qui1 en tant qu'acteurs du drame1 dev5ai5t intressants et auxquels il (frait une n\velle possibilit d'agir1 peut-tre avec une voix mdiocre4 ,des musici5s qui se faisai5t in/ruire p> le matre de la diction musicale2 la diction musicale doit tre si gniale que l'on ne saurait arriv] la consci5ce de l'uvre elle-mme4 ,des musici5s d'or*e/re qui autrefois s'ennuyai5t au ?tre4 ,des musici5s qui s'appliquai5t enivr] et fasc9] le public p> des moy5s directs et qui apprir5t les effets du coloris de l'or*e/ration wagnri5ne4 ,t\tes les catgories de mcont5ts1 qui de n'importe quel b\lev]sem5t esprai5t gagn] quelque *ose p\r eux-mmes4 ,des hommes qui pr5n5t feu et flamme p\r t\te espce de progrs4 ,ceux qui s'ennuyai5t en c\tant la musique que l'on faisait jusqu' prs5t et qui tr\vai5t ma9t5ant que leurs n]fs tai5t plus vig\reusem5t sec\s4 ,des hommes qui se laiss5t entran] p> t\t ce qui e/ tmraire et audacieux4--,il eut bi5tt p\r lui les virtuoses1 bi5tt une p>tie des compositeurs2 pe9e si l'un ou l'autre peut se pass] de lui4 ,des littrateurs avec t\s les obscurs beso9s de r=me4 ,des arti/es qui admir5t sa faon de vivre indp5dant4 #eb4 ,wagn]1 en tant que p5seur1 e/ au mme niveau que ,wagn] en tant que musici5 et pote4 #ec4 ,l'art rassemble une fois t\tes les qualits excitantes qu'il possde encore p\r agir sur les ,allem&s mod]nes444 ,le c>actre1 le savoir1 t\t e/ runi4 ,un =midable ef=t p\r se ma9t5ir et dom9]1 et cela dans une poque qui e/ rb>bative l'art4 ,poison contre poison4 ,t\tes les exaltations se t\rn5t1 en utilisant la polmique1 contre des =ces considrables rb>batives l'art4 ,on attire soi des lm5ts religieux et philosophiques1 l'aspiration v]s l'idylle1 t\t1 t\t6 #ed4 ,il faut song] quelle e/ l'poque qui ici se cre un art3 une poque d*ane1 haletante1 sans piti1 avide de ga91 in=me1 inc]ta9e dans ses fondem5ts1 presque dsespre1 dp\rvue de navet1 consci5te de "p en "p1 sans noblesse1 viol5te1 l*e4 #ee4 ,p> l'*ec il ne faudrait pas irrit] ,wagn] davantage1 on f9irait p> le r5dre trop furibond4 #ef4 ,une sorte de contre-r=mation2 la contemplation transc5dantale a t affaiblie l'extrme2 la beaut1 l'art1 l'am\r de la vie ont t =tem5t vulg>iss1 s\s le contre-c\p de l'esprit prote/ant4 ,*ri/ianisme idalis d'ess5ce ca?olique4 #eg4 ,l'art de ,wagn] plane au-dessus des sommets1 il e/ transc5dantal2 que doit en faire notre pauvre bassesse allem&e8 ,il v\s a un aspect de fuite hors de ce monde2 il e/ la ngation de ce monde1 il ne transfigure pas4 ,c'e/ p\rquoi il n'agit pas directem5t comme moralisateur1 indirectem5t d'une faon quiti/e4 ,n\s ne voyons ,wagn] proccup que d'une *ose1 procur] son art un asile en ce monde2 mais que n\s importe un ,tannhus]1 un ,loh5gr91 un ,tri/an1 un ,siegfri$6 ,il semble p\rtant que ce soit la de/9e de l'art1 une poque comme la ntre1 d'enlev] la religion agonisante une p>tie de sa =ce4 ,de l l'alliance de ,wagn] avec ,s*op5hau]4 ,on dev9e que peut-tre bi5tt la civilisation n'exi/]a plus que s\s =me de sectes1 m5ant une exi/5ce clau/rale et se sp>ant du monde qui les ent\re4 ,le v\loir-vivre de ,s*op5hau] tr\ve ici son expression arti/ique3 quelle s\rde agitation sans b6 quelles extases6 quels dsespoirs6 quels acc5ts de s\ffrance et de dsir6 quels cris d'am\r et d'ardeur6 ,r>em5t un gai rayon de soleil mais beauc\p de fantasmagories dans les clairages6 ,dans une semblable position rside p\r l'art sa =ce et sa faiblesse2 il e/ bi5 difficile de rev5ir de l-bas v]s la vie simple4 ,ce n'e/ plus de r5dre la ralit meilleure qui e/ le b1 mais de l'anantir1 de la faire s'van\ir s\s le *>me4 ,la =ce rside dans le c>actre sectaire3 cet art e/ extrme et exige de l'homme une acceptation absolue4--,un homme e/-il capable de dev5ir meilleur s\s l'influ5ce de cet art et de la philosophie de ,s*op5hau]8 ,c]ta9em5t1 p\r ce qui e/ de la vracit4 ,si1 du mo9s1 une poque o le m5songe et les conv5tions sont si ennuyeux et si dp\rvus d'intrt1 la vracit n'tait pas si intressante6 ,si div]tissante6 ,si ple9e de *>me e/htique6 #eh4 ,ne pas oubli] que c'e/ une langue de ?tre que p>le l'art wagnri52 il n'a pas sa place au foy] familial1 dans la cam]a4 ,cette langue ressemble celle d'un disc\rs populaire qu'on ne saurait imag9] sans une =te exagration mme de ses passages les plus nobles4 ,elle doit ex]c] son action dans le lo9ta9 et donn] une =me au *aos populaire1 p> exemple le ,kais]m>s*4 ,beauc\p d'erreurs naiss5t du fait que celui qui juge pr5d p\r po9t de d"p un art p>tiel 7l'art du foy]74 #ei4 ,il e/ trs possible que ,wagn] fasse p]dre aux ,allem&s le gt de s'occup] des arts di/9cts4 ,peut-tre mme p\rrait-on tir] de l'influ5ce qu'il ex]c]a plus t>d l'image d'une culture unitaire qu'on ne saurait ralis] en additionnant des aptitudes et des connaissances spciales4 #fj4 ,il possde le s5tim5t de l'utilit dans la div]sit1 c'e/ p\rquoi je le ti5s p\r un reprs5tant de la culture4 ,,notes ,,p\r ,,le ,,cas ,,wagn] 7#ahhe-ahhh7 ,le problme ,wagn] ne cessa d'intress] ,nietzs*e p5dant les d]nires annes de sa vie intellectuelle4 ,il le confondait avec le problme de la mod]nit1 un de ceux auxquels il a le plus rfl*i1 et comme son amiti p\r le gnial compositeur re/a1 malgr la sp>ation1 l'vnem5t important de t\te son exi/5ce1 ce fut sur la p]sonne de l'uvre et sur ,wagn] qu'il ex]a le plus volonti]s ses facults critiques4 ,n\s l'avons vu jug] svrem5t le musici51 avant mme que d'crire son apologie4 ,sp> de ,wagn]1 qu& la publication d',huma91 trop huma9 eut r5du t\te communion impossible1 il n'en re/a pas mo9s proccup sans cesse de ce qui t\*ait aux ides du matre4 ,n'app>t5ai5t-ils pas t\s deux la mme sphre intellectuelle1 n'avai5t-ils pas les mmes amis1 les mmes disciples8 ,ce fut1 entre les deux hommes1 p5dant quelques annes1 une vritable lutte d'influ5ces1 o celle de ,wagn] devait f9ir p> triomph]4 ,p> t\tes les fibres de son cur1 nonob/ant les rs]ves que lui comm&ait son intellig5ce1 ,nietzs*e t5ait ,bayreu?4 ,il avait trop sacrifi au culte qu'il p\rsuivait ma9t5ant de sa ha9e p\r n'en pas cons]v] une pr(onde1 une +urissable blessure4 ,le romantisme1 le *ri/ianisme1 ces deux maladies dont s\ffre l'homme mod]ne1 il avait pu en faire le diagno/ic en s'tudiant lui-mme1 avant d'tudi] ,wagn]4 ,dans la fureur qu'il mit les combattre1 on dev9e une secrte aff9it dont sa ngation mme affirme la puissance4 ,nietzs*e avait pu r5i] ,wagn]1 mais le problme ,wagn] re/a p\r lui le plus intressant des problmes4 ,z>a?\/ra f\rmille de passages o le philosophe *ante sa libration1 et dans t\s les volumes d'aphorismes on retr\v]a des allusions ,wagn]4 ,qu& ,p>sifal fut excut p\r la premire fois ,bayreu? en #ahhb1 ,nietzs*e sj\rnait non lo9 de l1 ,traut5burg4 ,fut-il t5t de refaire le pl]9age qui en #ahgf lui avait procur une si amre dsillusion8 ,en t\s les cas1 il s'intressa la reprs5tation et tr\va t\t naturel que sa sur v\lt y assi/]4 ,le #be juillet il crivait son ami le musici5 ,pet] ,ga/3 ,diman*e j'ai t ,nau5b\rg p\r prp>] un peu ma sur l'audition de ,p>sifal4444 ,et1 t&is qu'il travaille la p>tition1 des rm9isc5ces lui vi5n5t4 ,j'av\e qu'avec une vritable t]reur je me suis de n\veau r5du compte quel po9t je suis p>5t de ,wagn]444 ,v\s ent5dez bi51 *] ami1 que1 p> l je ne veux pas l\] ,p>sifal6 ,quelle s\da9e dcad5ce6 ,quels t\rs la ,caglio/ro6 99 99 99 99 99 ,mais ,nietzs*e ne p\vait se drob] compltem5t au *>me de la musique wagnri5ne4 ,adv]saire p> pr9cipe des ides de ,wagn]1 il re/e l'admirateur du gr& arti/e qu'il avait aim4 ,il *appe aux sductions de ,kundry1 mais le magici5 ,wagn] captive encore ses s5s4 ,une curieuse lettre crite de ,nice1 en date du #ba janvi] #ahhg1 au mme ,pet] ,ga/1 enregi/re cette impression3 ,d]nirem5t j'ai ent5du p\r la premire fois 7 ,monte-,c>lo7 le prlude de ,p>sifal4 ,qu& je v\s rev]rai je veux v\s dire exactem5t ce que j'ai compris4 ,en faisant ab/raction de t\tes les que/ions dplaces 7 quoi peut s]vir une p>eille musique1 quoi elle doit s]vir71 et si l'on se place un po9t de vue purem5t e/htique1 on ne peut se dem&] si ,wagn] a jamais fait quelque *ose de meilleur4 ,la plus haute consci5ce psy*ologique1 p> rapport ce qui doit tre dit1 se tr\ve exprime et communique ici2 la =me la plus brve et la plus directe de cette conception2 *aque nuance du s5tim5t p\sse jusqu' l'pigramme2 une prcision de la musique1 en tant qu'art descriptif1 qui fait song] un cusson travaill en relief2 et1 en f9 de compte1 un s5tim5t sublime et extraord9aire1 un vnem5t de l'me plac au fond de la musique dont ,wagn] peut tir] le plus gr& honneur2 une syn?se d'motions qui p\r beauc\p d'hommes1 mme d'hommes suprieurs1 p\rrai5t sembl] incompatibles2 une svrit ju/iciaire1 une lvation au s5s effrayant du mot1 une comprh5sion et une pntration qui sectionne l'me comme avec un c\teau--et encore3 de la compassion avec ce que l'arti/e ap]oit et juge4 ,il y a des *oses semblables *ez le ,dante et nulle "p ailleurs4 ,un pe9tre a-t-il jamais pe9t un reg>d d'am\r aussi mlancolique que ,wagn]1 avec les d]ni]s acc5ts de son prlude#b8 ,les deux fragm5ts dont n\s donnons plus lo9 la traduction sont des notes prp>atoires p\r le ,cas ,wagn]1 mais leur texte n'a pas t utilis p\r la rdaction df9itive de cet opuscule4 ,ils s]viront en t\s cas prcis] davantage les relations entre deux hommes dont les univ]s intellectuels se confond5t si s\v5t p\r ab\tir des voies diffr5tes4 ,en condamnant ,wagn]1 ,nietzs*e lui a r5du le plus magnifique hommage4 ,il a t5u prcis] cet hommage dans un *apitre d',ecce homo3 ,je crois que je sais mieux que n'importe qui de quels prodiges ,wagn] e/ capable3 l'vocation de c9quante univ]s de ravissem5ts tranges que p]sonne d'autre que lui ne peut atte9dre tire d'ailes4 ,et1 tel que je suis1 assez =t p\r faire t\rn] mon avantage ce qu'il y a de plus problmatique et de plus dang]eux af9 de dev5ir plus =t encore1 j'appelle ,wagn] le plus gr& bi5fait de ma vie4 ,ce qui n\s nuit1 c'e/ que n\s avons pr(ondm5t s\ff]t1 aussi l'un p> l'autre1 plus que les hommes de ce sicle s]ai5t capables de s\ffrir4 ,cette alliance associe t]nellem5t nos noms dans l'av5ir4--,h4 ,a4 ,i #a4 ,auj\rd'hui1 en ,allemagne1 le mal5t5du au sujet de ,ri*>d ,wagn] e/ norme1 et comme j'ai contribu l'augm5t]1 je veux pay] ma dette en essayant de l'amo9drir444 #b4 ,ce que j'ai crit moi-mme1 autrefois1 dans mes jeunes annes1 au sujet de ,s*op5hau] et de ,wagn]--et1 plutt que de l'crire1 je l'ai pe9t1 peut-tre en fresques trop audacieuses1 exubrantes1 trop juvniles1--je ne veux du mo9s pas l'exam9] ici1 dans ses dtails1 p\r dt]m9] jusqu' quel po9t ce fut vrai ou faux4 ,en admettant cep5dant que je me fusse alors tromp1 mon erreur ne con/itu]ait un d%onneur ni p\r ceux que j'ai nomms1 ni p\r moi-mme4 ,c'e/ quelque *ose de se tromp] a9si2 c'e/ quelque *ose aussi d'induire ce po9t en erreur quelqu'un de mon espce2 ce fut1 de t\te faon1 p\r moi un inapprciable bi5fait1 lorsque je dcidai de pe9dre le philosophe et l'arti/e1 qui sont en quelque sorte mon propre impratif catgorique1 de ne pas utilis] mes c\leurs n\velles p\r quelque *ose d'imag9aire1 mais de p\voir pos] mes t\*es en quelque sorte sur un dess9 prp> d'avance4 ,sans le savoir1 je ne p>lai que p\r moi et au fond seulem5t de moi-mme4 ,cep5dant1 t\t ce que j'ai alors vcu1 j'y vis p\r une catgorie p>ticulire d'hommes des expri5ces typiques qu'il me p>ut tre mon devoir d'exprim]4 ,et celui qui lit ces crits1 d'une me jeune et f\gueuse1 dev9]a peut-tre les vux difficiles p> lesquels je m'engageai alors p\r la vie1 p> lesquels je me dcidai vivre ma vie2 puisse-t-il tre du petit nombre de ceux qui ont le droit de s'engag] dans une voie semblable et de faire des vux id5tiques6 #c4 ,il y eut une poque o1 secrtem5t1 je comm5ai rire de ,ri*>d ,wagn]2 ce fut au mom5t o il se prp>ait j\] son d]ni] rle p\r se prs5t] devant ces bons ,allem&s avec les attitudes d'un faiseur de miracles1 d'un sauveur1 d'un prophte et mme d'un philosophe4 ,et comme je n'avais pas encore cess de l'aim]1 mon propre rire me mordit au cur1 a9si qu'il arrive *acun de ceux qui se sp>5t de leur matre p\r tr\v] enf91 leur propre *em94 ,c'e/ v]s cette poque que fut crite l'tude un peu vive qu'on lira plus lo9 et dont il me semble que bi5 des jeunes ,allem&s p\rront encore tir] pr(it4 ,moi-mme1 tel que je suis dispos auj\rd'hui1 je s\hait]ais que t\t cela ft dit d'une faon plus pati5te et aussi plus cordiale et plus dlicate4 ,dans l'int]valle1 j'ai trop dev9 la d\l\reuse et p\vantable tragdie ca*e d]rire la vie de l'homme qu'tait ,ri*>d ,wagn]4 #d4 ,ngligeons mom5tanm5t la "q de savoir quelle valeur ,ri*>d ,wagn] peut avoir et aura encore p\r celui qui n'e/ pas musici54 ,inconte/ablem5t ,wagn] a donn aux ,allem&s de cette poque l'ide la plus l>ge de ce que p\rrait tre un arti/e3 le respect que l'on doit l'arti/e a gr&i s\da9 jusqu' des proportions dmesures2 p>t\t il a s\lev de n\velles valuations1 de n\veaux dsirs1 de n\veaux espoirs2 le c>actre mme de son uvre d'art1 seulem5t promis1 incomplte et imp>faite1 n'y eut peut-tre pas la mo9dre "p4 ,qui donc n'a pas appris son cole8 ,non pas directem5t1 a9si qu'ont fait les excutants et les hommes attitudes1 de t\tes espces1 mais indirectem5t1 l'occasion de ,ri*>d ,wagn]1 comme on p\rrait dire4 ,mme les problmes de la connaissance philosophique ont t puissamm5t influ5cs p> son uvre1 il n'y a cela aucun d\te4 ,il y a auj\rd'hui une f\le de que/ions e/htiques dont avant ,wagn] mme les g5s les plus subtils n'avai5t pas le flair--avant t\t le problme du comdi5 et des rapports de celui-ci avec les diffr5ts arts1 p\r ne po9t p>l] des problmes psy*ologiques1 tels que le c>actre et l'art de ,wagn] les font natre en quantit4 ,il faut concd] cep5dant que1 p\r autant qu'il s'av5ture lui-mme sur le t]ra9 de la connaissance1 lo9 de mrit] des loges1 il e/ digne de la rprobation la plus absolue2 c'e/ en intrus aussi immode/e et maladroit qu'il pntre dans les j>d9s de la sci5ce1 et la faon dont ,wagn] se met philosoph] app>at comme du dilettantisme de l'ordre le plus rprh5sible2 qu'on n'ait mme pas su en rire1 cela peut p>atre foncirem5t allem& et fait p>tie du vieil et trs g]manique culte de l'obscurit4 ,mais si l'on veut t\t prix lui r5dre aussi des honneurs et lui lev] des /atues comme un ,p5seur--la bonne volont1 la s\mission de ses p>tisans ne saurai5t y manqu]--eh bi51 je prconis]ais de le reprs5t] comme le gnie de l'obscurit allem&e en p]sonne1 t5ant un flambeau d'o se dgag]ait une paisse fume1 en?\siasm et trbu*ant p>-dessus une pi]re4 ,qu& ,wagn] p5se1 il trbu*e6444 #e4 ,mais le musici5 ,ri*>d ,wagn]8--,wagn] et encore ,wagn]1 c'e/ auj\rd'hui la devise444 #f4 ,avec t\t cela1 n\s autres amis de la musique1 n\s sommes b\t de pati5ce4 ,n\s avons si longtemps fait la meilleure m9e au mauvais jeu de la wagnrie6 ,a l'aide de t\tes les v]tus et de t\tes les e/htiques n\s n\s sommes conva9cus et p]suads1 durant un int]m9able j\r de pluie1 que le plus mauvais temps peut tre du beau temps4 ,combi5 de *>me1 n\s sommes-n\s dit1 se tr\ve ca* dans l'orage et dans les noirs nuages m5aants6 ,comme la pluie s'ent5d tomb] sur la mlodie inf9ie6 ,quel incomp>able spectacle e/ celui d'un c\p de f\dre au milieu de l'int]m9able et grise tri/esse6 ,et le tonn]re donc6 ,mais1 enf91 n\s v\lons voir de n\veau le ciel se dgag] et1 p\r le mo9s1 le beau soir que n\s avons bi5 mrit1 aprs une j\rne si v]tueuse1 mais si mauvaise6--,vraim5t8 ,e/-ce le soir8 ,dj le soir tombe-t-il8 ,votre meilleur art1 la musique1 e/-il1 lui aussi1 son dcl98444 ,mes amis1 voici quelqu'un qui n'y croit plus4 ,n\s sommes encore bi5 loigns du dcl91 et l'art de ,wagn] ne correspond ni au midi ni au c\*ant de notre art2 il n'e/ qu'un dang]eux accid5t1 une exception et un problme p> quoi t\tes les svres consci5ces d'arti/es ont t mises l'preuve6 ,n\s avons appris dire non au bon mom5t2 t\t musici5 s9cre et pr(ond dit auj\rd'hui non en face de ,wagn] et de lui-mme1 dans la mesure o il wagnrise encore1--et il le f]a avec d'autant plus d'n]gie qu'il aura t l'cole de ,wagn] et que ,wagn] lui aura appris quelque *ose4 #g4 ,il se peut que les musici5s mal d\s1 avides d'arg5t et d'honneur1 soi5t auj\rd'hui en mauvaise po/ure2 prcism5t p\r eux il y a1 dans la faon dont ,wagn] fait de la musique1 un attrait raff94 ,c> il e/ facile de compos] avec les procds et les artifices de ,wagn]2 il se peut aussi1 tant donn le beso9 dmagogique d'excit] les masses1 qui e/ propre nos arti/es d'auj\rd'hui1 que cela soit rmunrateur1 c'e/--dire d'un effet plus considrable1 plus crasant1 plus frappant1 plus saisissant et quelles que soi5t les pi?tes favorites et tratresses de la populace ?trale et des dilettantes en?\siasms4 ,mais1 que signifi5t1 en f9 de compte1 en matire d'art1 le bruit et l'en?\siasme des masses8 ,la bonne musique n'a jamais de public2 elle n'e/ et ne saurait tre ouv]te t\s1 elle app>ti5t aux tres de *oix1 elle doit exi/]1 t\j\rs et exclusivem5t--p\r p>l] en image--p\r la cam]a4 ,les masses dev95t celui qui s'ent5d le mieux les flatt]2 elles tmoign5t1 leur faon1 de la reconnaissance t\s les tal5ts dmagogiques et elles leur r5d5t la p>eille aussi bi5 qu'elles peuv5t4 7,comm5t les masses s'ent5d5t tmoign] de la reconnaissance1 et avec quel esprit1 quel gt1 la mort de ,victor ,hugo en a f\rni un tmoignage in/ructif47 ,au c\rs de t\s les sicles franais1 a-t-on jamais imprim et dit en ,france tant de sottises qui d%onor5t qu' cette occasion8 ,mais aux obsques de ,ri*>d ,wagn] les flatt]ies de la reconnaissance s'g>r5t jusqu' pr(r] le pieux s\hait3 le salut p\r le sauveur6 #h4 ,il e/ inconte/able que l'art wagnri5 agit auj\rd'hui sur les masses4 ,ne tr\vons-n\s pas l une indication prcism5t p\r ce qui conc]ne cet art8 ,il y a trois bonnes *oses dans l'art1 trois *oses dont les masses n'ont jamais eu le s5s3 la noblesse1 la logique et la beaut--pul*rum e/ paucorum hom9um--p\r ne po9t p>l] d'une *ose meilleure encore1 le gr& /yle4 ,c'e/ du gr& /yle que ,wagn] se tr\ve le plus loign2 ce que ses procds ont de dmesur et d'hroquem5t fanf>on e/ l'oppos mme de ce qu'il y a dans son art de t5dre sduction1 de *>mes multiples1 d'inquiet1 d'inc]ta91 de captivant1 de mom5tan1 de secrte exaltation1 de t\te cette masc>ade supra-s5sible des s5s malades et quel que puisse tre le nom que l'on donne t\t ce qui e/ typiquem5t wagnri54 ,d'abord et avant t\t l'attitude saisissante6 ,quelque *ose qui r5v]se et fait frissonn]6 ,qu'importe la raison suffisante6 ,une sorte d'ambigut1 mme dans le ry?me de la phrase1 fait p>tie de ses procds favoris1 une sorte d'ivresse et de somnambulisme qui ne sait plus dduire logiquem5t et qui p\sse une volont dang]euse obir et cd] aveuglm5t4 ,il y a quelque *ose de trs sduisant dans l'illogique1 dans le demi-logique--,wagn] s'en e/ r5du compte fond1--surt\t p\r les ,allem&s qui pr5n5t le manque de cl>t p\r de la pr(ondeur4 ,la virilit et la svrit d'un dveloppem5t logique lui sont re/es f]mes1 mais il tr\va quelque *ose qui p\rrait faire plus d'effet4 ,la musique1 a-t-il crit1 n'e/ t\j\rs qu'un moy51 le b c'e/ le drame4 ,le drame8 ,au fond1 ce n'tait autre *ose que l'attitude6 ,c'e/ a9si du mo9s que ,wagn] le comprit p\r lui-mme4 #i4 ,que l'on obs]ve donc nos femmes1 qu& elles sont wagnrises3 quelle abs5ce de libre-arbitre6 ,quel fatalisme dans le reg>d m\rant6 ,quelle s\mission6 ,quelle rsignation6 ,peut-tre se d\t5t-elles mme que1 dans cet tat de volont susp5due1 elles ont un *>me et un attrait de plus p\r c]ta9es espces d'hommes6 ,quelle autre raison leur faudrait-il encore p\r ador] leur ,caglio/ro1 leur faiseur de miracles8 ,*ez les vritables mnades de l'adoration wagnri5ne on peut mme conclure sans hsitation de l'hy/rie1 de la maladie4 ,il y a quelque *ose qui n'e/ pas normal dans leur sexualit2 ou bi5 ce sont les enfants qui manqu5t1 ou bi51 au meilleur cas1 les hommes4 #aj4 ,il se peut qu'il en soit autrem5t des jeunes g5s wagnri5s4 ,c'e/ peut-tre prcism5t le libre arbitre1 la lib]t de la volont *ez ,wagn] que ces jeunes g5s dc\vr5t dans son art insidieux4 ,d'une faon gnrale1 ce fut c]ta9em5t la mme *ose que1 v]s #ahbh1 les disciples passionns de ,victor ,hugo vnrr5t *ez leur idole4 ,ces jeunes g5s wagnri5s1 dont le lu/re et les v]tus juvniles reflt5t encore p\r le mom5t l'image de ,ri*>d ,wagn]1 vnr5t en lui le ,matre des gr&s mots et des gr&es attitudes--la musique de ,wagn] e/ t\j\rs attitude1--l'avocat de t\s les s5tim5ts enfls1 de t\s les dsirs sublimes2 ensuite le novateur et le briseur d'entraves dans la lutte contre la discipl9e arti/ique anci5ne1 plus svre et peut-tre plus limite1 le pionni] de n\veaux accs1 de n\veaux po9ts de vue1 de n\veaux lo9ta9s1 de n\velles pr(ondeurs1 de n\velles altitudes de l'art2 enf91 et ce n'e/ pas l l'argum5t le mo9s ngligeable1 ces jeunes ,allem&s vnr5t en ,wagn] un *ef1 quelqu'un qui e/ capable de comm&]1 de se repos] sur lui seul1 de r5voy] t\j\rs lui-mme1 de s'affirm] avec op9itret et t\j\rs au nom du peuple lu1 des ,allem&s6 ,bref1 ce qui sduit c'e/ le c>actre de tribun populaire et de dmagogue de cet arti/e1 c> ,wagn] lui aussi fait p>tie des dmagogues de l'art qui sav5t agir sur l'in/9ct des masses et qui1 p> l mme1 subordonn5t les in/9cts de ces jeunes g5s dont les dsirs vont la puissance4 ,de quel gt abom9able e/1 *ez ,wagn]1 cette mise en scne de soi-mme1 ces jeunes g5s en?\sia/es ne s'en sont pas encore ap]u4 ,la jeunesse a droit au mauvais gt1 c'e/ son droit elle4 ,mais si l'on veut savoir o un vieux pr5eur de rats r\ peut m5] l'innoc5ce et l'empressem5t inconsidr des jeunes g5s1 jusqu'o va sa sduction1 qu'on jette un reg>d sur ces m>cages littraires du fond desquels1 dans ces d]nires annes1 le matre vieilli1 en compagnie de ces jeunes1 aimait *ant] 7*ant] e/-ce bi5 l le vrai mot87--je veux p>l] des ,feuilles de ,bayreu? si mal fames6 ,c'e/ l vritablem5t un m>cage3 de l'arrogance1 du g]manisme1 et de la confusion dans les ides1 en un tri/e ple-mle1 un intolrable sirop1 sucr de compassion1 c\l p> l-dessus2 ml t\t cela un p5*ant purem5t ?orique p\r les lgumes v]ts et une l>moyante sympa?ie p\r les btes2 t\t ct une ha9e sans f>d de la sci5ce1 une ha9e vritable et foncire qui n'a ri5 de ?orique et1 en gnral1 le p]siflage et la calomnie de t\t ce qui b\*ait et b\*e encore la r\te de ,wagn] 7combi5 le gnai5t la nature noble de ,m5delssohn et la nature pure de ,s*umann672 avec cela une habile re*]*e des tr\pes d'appui1 des avances faites aux p>tis puissants1 p> exemple le jeu malpropre des reg>ds t\rns v]s les symboles *rti5s 7,wagn]1 le vieil a?e1 l'ant9omi/e et l'immorali/e1 ple9 d'onction1 fait mme une fois appel au sang du ,sauveur672 dans l'ensemble l'immode/ie d'un pontif enc5s l\rdem5t qui pr(re1 comme des rvlations1 ses s5tim5ts obscurs au sujet de t\s les doma9es imag9ables1 de p5ses qui lui *app5t compltem5t et lui sont int]dites2 et t\t cela enf9 dans un langage qui e/ vritablem5t1 p> son obscurit et son exagration1 un allem& de m>cage1 tel que mme les disciples les plus anti-allem&s de ,hegel n'aurai5t pu l'crire4 ,mais1 p\r ce qui e/ de la musique qu'il faut p\r cette langue1 la musique de ,wagn] d]nire manire1 quelques rimes rvl]ont ce qu'il y a de dang]eux dans cette musique de ,p>sifal4 --,e/ ce encore allem&8-- ,c'e/ des curs allem&s qu'e/ v5u ce l\rd hurlem5t8 ,et ce sont les corps allem&s qui se mortifi5t a9si8 ,allem&es sont ces ma9s t5dues de prtres bnissants1 ,ces excitations des s5s l'odeur d'enc5s6 ,et allem&s ces heurts1 ces *utes et ces vacillem5ts1 ,ces inc]ta9s b\rdonnem5ts8 ,ces illades de nonnes1 ces ,ave1 ces bim-bams6 ,ces extases cle/es1 ces faux ravissem5ts1 --,e/-ce encore allem&8-- ,songez-y6 v\s tes encore la porte3 ,c> ce que v\s ent5dez1 c'e/ ,rome1 ,la foi de ,rome sans p>oles#c6 #aa4 --,ce ,wagn]1 d]nire manire1 e/ au fond un homme bris et va9cu1 mais qui p\ssa sa d]nire limite son gr& art de comdi54 ,ce ,wagn] qui f9it mme encore p> p>l] des ravissem5ts qu'il tirait de sa sa9te communion prote/ante1 t&is que1 dans le mme temps1 avec sa musique de ,p>sifal1 il t5dait les bras t\t ce qui e/ roma91 ce flatteur de t\tes les vanits1 de t\tes les obscurits1 de t\tes les prt5tions allem&es qui allait s'(frir p>t\t1--ce ,wagn] d]nire manire s]ait-il le d]ni] et le plus haut sommet de notre musique et l'expression de la syn?se enf9 ralise de l'me allem&e1 l',allem& p> excell5ce8--,ce fut au c\rs de l't #ahgf qu' "p moi j'ai abjur cette croyance2 et c'e/ ce mom5t que comm5a ce m\vem5t de la consci5ce allem&e dont on dc\vre auj\rd'hui des signes t\j\rs plus srieux1 t\j\rs plus prcis1 ce mom5t que comm5a la dcad5ce de la wagnrie4 #ab4 ,,p\r ,,la ,,hi,,r>*ie4--,peut-tre e/-il possible de rvl] auj\rd'hui dj quelle place doit tre mis ,wagn]2 je veux dire qu'il n'app>ti5t pas la gr&e ligne des esprits orig9aux et vritables du plus haut rang1 non ce sanctuaire des sanctuaires olympi51 d'o l'on voit1 avec tonnem5t et avec une froideur s]e9e1 livr] assaut de p>eils plbi5s ambitieux et suants1 lesquels sembl5t croire que la bonne volont et cette sueur devant la v]tu1 dont a p>l avec un mauvais gt rural le paysan et pote grec ,hsiode1 suffis5t r5v]s] l't]nelle et immuable hir>*ie des mes1 ou bi5 qu'il n'e/ mme beso9 que de l'esprit mcont5t qui vise sans cesse du n\veau1 dont ,wagn] a v\lu faire son propre dmon4 ,p> contre1 ,wagn] app>ti5t un t\t autre rang et un t\t autre honneur et1 de fait1 ce n'e/ ni un rang infrieur ni un m9ce honneur4 ,wagn] e/ un des trois gnies de comdi5s1 en art p> qui la f\le1 au c\rs de ce sicle 7et ne sommes-n\s pas au sicle des masses87 apprit connatre l'ide de l'arti/e4 ,je veux p>l] de ces trois hommes s+uli]s et dang]eux3 ,pagan9i1 ,liszt et ,wagn]4 ,celui-ci tait prde/9 autant l'imitation qu' l'inv5tion1 prde/9 crer dans l'art mme de la contrefaon2 son in/9ct a dev9 t\t ce qui peut tre exploit et utilis en vue de la diction musicale1 de l'expression1 de l'effet1 de la fasc9ation1 de la sduction4 ,mdiateurs dmoniaques et int]prtes arti/iques1 t\s trois dev9r5t et sont encore auj\rd'hui les matres de t\s les arti/es excutants4 ,t\s ces arti/es sont alls leur cole1 c'e/ donc *ez les comdi5s et les musici5s de t\te espce qu'il faudra *]*] le foy] et aussi l'orig9e du vritable culte wagnri54 ,si l'on fait cep5dant ab/raction de ces milieux qui l'on peut concd] un droit leur croyance et leur sup]/ition1 et si l'on envisage l'aspect gnral de ces trois gnies de comdi5s et leur signification la plus secrte1 je ne puis m'emp*] de s\lev] t\j\rs la mme "q3 ,ce qui1 *ez t\s trois1 semble s'exprim] s\s une =me n\velle1 n'e/-ce pas peut-tre simplem5t le vieil et t]nel ,caglio/ro1 s\s un dguisem5t n\veau1 mis en scne encore une fois1 mis en musique1 mis en religion1--con=mm5t au gt du n\veau sicle 7du sicle de la f\le1 comme je l'ai dit78 ,ce n'e/ donc plus le ,caglio/ro du sicle pass1 sducteur d'une civilisation noble et fatigue1 c'e/ le ,caglio/ro dmagogique4 ,et notre musique1 au moy5 de laquelle on fait ici des t\rs de magie1 que signifie1 je v\s prie de me le dire1 cette musique8 ,,ii #a4 --,donc1 mon ami1 il faut conv5ir1 d'aprs son jugem5t1 lors mme qu'on ne l'appr\v]ait pas1 qu'il a beauc\p aim ,wagn]1 c> un adv]saire ne va jamais aussi pr(ondm5t au fond de son sujet4 ,il n'y a aucun d\te1 t&is que ,wagn] le fait s\ffrir1 il s\ffre aussi avec ,wagn]4 #b4 ,je me suis longtemps ef=c de mon mieux p\r voir en ,ri*>d ,wagn] une sorte de ,caglio/ro4 ,qu'on me p>donne cette ide has>deuse qui a du mo9s l'avantage de ne pas tre inspire p> la ha9e et l'av]sion1 mais p> la magie que cet homme incomp>able a ex]ce sur moi1 comme sur les autres1 sans oubli] que1 d'aprs mes obs]vations1 les gnies vritables1 ceux du plus haut rang1 quels qu'ils soi5t1 ne fasc95t pas au mme titre1 de sorte que l'ide du gnie1 elle seule1 ne me semble pas suffire expliqu] cette influ5ce my/rieuse4 #c4 ,qu'on veuille donc bi5 av\] combi5 de traits wagnri5s il y a dans le romantisme franais6 ,ces t5dances l'hy/rie rotique *ez la femme que ,wagn] aimait p>ticulirem5t et a mise en musique se retr\v5t surt\t ,p>is4 ,qu'on que/ionne donc ce sujet les alini/es6 ,nulle "p les passes magntiques et les manuvres hypnotiques1 au moy5 desquelles notre mage musical1 notre ,caglio/ro p\sse et incite ses petites femmes au somnambulisme avec les yeux ouv]ts et l'esprit f]m1 ne sont aussi bi5 comprises que p>mi les ,p>isi5nes4 ,le vois9age des dsirs maladifs1 l'ardeur des s5s exasprs1 qu& le reg>d e/ dang]eusem5t voil p> des manations du supra-s5sible1 o donc faut-il plac] t\t cela si ce n'e/ dans le romantisme de l'me franaise8 ,un *>me agit ici qui1 9vitablem5t1 conv]tira un j\r les ,p>isi5s la religion de ,wagn]4 ,or1 il faut que ,wagn] soit t\t prix l'arti/e allem& p> excell5ce4 ,c'e/ ce que l'on dcrte auj\rd'hui en ,allemagne1 c'e/ a9si que l'on vnre ,wagn] en un temps qui porte de n\veau au p9acle la vant>dise g]manique4 ,ce ,wagn] ess5tiellem5t allem& n'excite pas du t\t4 ,je suppose qu'il e/ la *imre de trs obscurs jeunes g5s et jeunes filles d',allemagne qui1 p> ce dcret1 v\drai5t se glorifi] eux-mmes4 ,qu'il y ait quelque *ose d'allem& en ,wagn]1 c'e/ probable2 mais quoi8 ,peut-tre seulem5t le degr et non la qualit de ses dons8 ,peut-tre seulem5t ceci que1 dans son uvre1 t\t e/ plus =t1 plus abondant1 plus audacieux1 plus dur que n'aurait pu le faire un ,franais du dix-neuvime sicle8 ,qu'il ait t plus svre p\r lui-mme et que durant une gr&e p>tie de sa vie1 il ait vcu sa manire1 en a?e ant9omi/e et immorali/e8 ,qu'il ait inv5t le p]sonnage d'un homme trs libre1 ,siegfri$1 lequel peut sans d\te p>atre trop libre1 trop dur1 trop joyeux1 trop anti-*rti5 p\r le gt lat98--,il e/ vrai qu'il a su rp>] en f9 de compte ce p* contre le romantisme franais4 ,le ,wagn] de la d]nire manire1 dans ses vieux j\rs1 avec sa c>icature de ,siegfri$1 je veux dire son ,p>sifal1 e/ v5u au devant non seulem5t du gt lat91 mais encore1 littralem5t1 du gt ca?olique-roma91 jusqu' ce qu'il ait f9i p> pr5dre cong en pliant le g5\ devant la croix1 affirmant1 non sans loqu5ce1 la soif qu'il avait du sang du ,sauveur4 ,il a pris cong de lui-mme aussi6 ,c> c'e/ *ez lus romantiques vieillis une rgle fune/e de t]m9] leur vie en se r5iant et en se mconnaissant eux-mmes de faon effac] leur vie6 #d4 ,la dduction de l'uvre son crateur2 la t]rible "q de savoir si c'e/ l'abondance ou les privations1 la folie de la privation qui p\sse crer2 la comprh5sion s\da9e que t\t idal romantique e/ une fuite devant soi-mme1 la condamnation de soi et le mpris de soi *ez celui qui l'a inv5t444 ,c'e/1 en f9 de compte1 une "q de =ce3 cet art romantique t\t enti] p\rrait tre trans=m1 p> un arti/e abondant et matre de sa volont1 en son contraire1 en un art anti-romantique1 ou bi5--p\r employ] ma =mule--en un art dionysi52 de mme que t\te espce de pessimisme et de nihilisme1 dans la ma9 du plus =t1 ne devi5t qu'un m>teau et un in/rum5t de plus1 au moy5 desquels s'difie un n\veau degr v]s le bonheur4 ,je reconnais d'un seul reg>d que ,wagn]1 s'il a atte9t son b1 l'a fait de la mme faon que ,napolon a atte9t ,mosc\4 ,a *aque tape il avait p]du tant de *oses qui n'tai5t pas remplaables qu' la f9 de la m>*e et au mom5t de la victoire app>5te le sort tait dj dcid4 ,les d]ni]s v]s de ,brunehilde 7deuxime v>iante7 sont dsa/reux#d4 ,c'e/ a9si que ,napolon p>v9t ,mosc\1 ,ri*>d ,wagn] ,bayreu?4 ,il ne faut jamais s'alli] une puissance maladive qui e/ va9cue d'avance6 ,que n'ai-je eu davantage confiance en moi-mme6 ,l'incapacit de ,wagn] m>*] m'a t\j\rs fait de la pe9e 7plus encore son incapacit dans]--et sans la danse il n'y a p\r moi ni lvation1 ni flicit74 ,la rev5dication des passions compltes e/ rvlatrice3 celui qui en e/ capable appelle le *>me du contraire1 je veux dire du scepticisme4 #e4 ,j'ai aim et vnr ,ri*>d ,wagn] plus qu'il ne le fut jamais4 ,s'il n'avait pas f9i p> avoir le mauvais gt 7ou la tri/e obligation7 de faire cause commune avec des esprits d'une qualit impossible1 avec ses adhr5ts1 les wagnri5s1 je n'aurais eu aucune raison de pr5dre dj cong de lui de son vivant1 de lui1 le plus pr(ond et le plus audacieux et aussi le plus mconnu p>mi ceux qui sont auj\rd'hui difficiles connatre1 p>mi ceux dont la r5contre a contribu1 plus que t\te autre1 dvelopp] *ez moi la ,connaissance1 en faisant cep5dant la rs]ve que sa cause et ma cause ne v\lai5t pas tre confondues et qu'il a fallu une bonne dose de matrise de soi avant que j'apprisse sp>] le si5 et le mi5 p> le sectionnem5t qui conv5ait4 ,que j'aie pris consci5ce des problmes du comdi5 7un problme qui e/ peut-tre plus lo9 de moi que t\t autre1 et cela p\r une raison difficile exprim]71 que j'aie dc\v]t et reconnu le comdi5 au fond de *aque arti/e1 le type spcifiquem5t arti/ique1 c'e/ au contact avec cet homme que j'en suis r$evable4 ,il me semble que j'ai des arti/es et des comdi5s une ide pire que celle que se faisai5t les philosophes qui m'ont prcd4 ,l'amlioration du ?tre m'importe peu1 encore mo9s sa clricalisation2 la vritable musique wagnri5ne ne m'app>ti5t pas assez2 p\r mon bonheur et p\r ma sant je p\rrais mme m'en pass] 7quod erat demon/r&um et demon/ratum74 #f4 ,une poque de dmocratie fait mont] le comdi5 au p9acle1 ,a?nes comme auj\rd'hui *ez n\s4 ,en cela ,wagn] a dpass jusqu' prs5t t\t ce que l'on peut imag9] et il a fait natre une conception suprieure du comdi5 qui peut faire frmir4 ,musique1 posie1 religion1 culture1 littrature1 famille1 patrie1 relations--t\t cela cde le pas l'art1 je veux dire aux attitudes de ?tre4 #g4 ,la pe9ture en lieu et place de la logique1 l'obs]vation de dtail1 le canevas1 la prdom9ance du premi] plan et de mille dtails--t\t cela rpond aux beso9s des hommes n]veux1 *ez ,wagn] comme *ez les ,gonc\rt4 ,ri*>d ,wagn] app>ti5t au m\vem5t franais3 des hros et des mon/res1 des passions p\sses l'extrme et1 avec cela1 ri5 que des dtails1 un frisson mom5tan4 #h4 ,voici les deux =mules qui me font compr5dre le phnomne ,wagn]4 ,l'une d'elles e/ la suivante3 ,les pr9cipes et les pratiques de ,wagn]1 dans leur ensemble1 se rduis5t des calamits physiologiques dont ils sont l'expression 7l'hy/risme s\s =me de musique74 ,l'autre se prs5te a9si3 ,l'effet nocif de l'art wagnri5 e/ la preuve de sa corruption4 ,ce qui e/ p>fait gurit1 ce qui e/ morbide r5d malade4 ,les calamits physiologiques que ,wagn] provoque *ez ses auditeurs 7respiration irrgulire1 tr\bles de la circulation1 irritabilit extrme avec brusque coma7 sont la rfutation de son art4 ,avec ces deux =mules je ne fais que tir] la consqu5ce de ce pr9cipe gnral qui m'app>at comme le fondem5t de t\te e/htique3 savoir que les valeurs e/htiques repos5t sur des valeurs biologiques1 que les s5sations de bi5-tre e/htique sont des s5sations de bi5-tre biologique4 #i4 ,wagn]1 s\s la contra9te d'une incroyable sexualit maladive1 ne savait que trop bi5 ce que p]d un arti/e en p]dant la lib]t et l'e/ime de soi-mme4 ,il e/ condamn a tre comdi54 ,son art lui-mme devi5t p\r lui une p]ptuelle t5tation de fuite1 un moy5 de s'oubli]1 de se /upfi]4 ,ce moy5 trans=me et dt]m9e1 en f9 de compte1 le c>actre de son art4 ,celui qui1 ce po9t1 n'e/ pas libre a beso9 d'un monde de has*i*1 de vapeurs tranges1 l\rdes et enveloppantes1 de t\te espce d'exotisme et de symbolisme de l'idal1 ne ft-ce que p\r se db>rass] une fois de sa ralit444 ,il a beso9 de la musique wagnri5ne444 ,une c]ta9e ca?olicit de l'idal e/1 avant t\t1 *ez un arti/e1 presque la preuve c]ta9e du mpris de soi1 du m>cage3 le cas de ,baudelaire en ,france1 le cas d',edg> ,allan ,po en ,amrique1 le cas de ,wagn] en ,allemagne4--,me faut-il encore dire que ,wagn] doit aussi son succs sa s5sualit8 que la musique conv]tit soi1 ,wagn]1 les in/9cts les plus bas8 que cette atmosphre d'idal sacr1 de ca?olicisme aux trois huitimes1 e/ un art de sduction de plus8 7,il p]met d'une faon ignorante1 innoc5te1 *rti5ne de laiss] agir l'en*antem5t sur soi4447 ,qui donc has>d]a le t]me1 le t]me vritable1 p\r les ardeurs#e de la musique de ,tri/an8 ,je mets des gants qu& je lis la p>tition de ,tri/an444 ,la wagnrie qui t5d ses ravages e/ une lgre pidmie de s5sualit qui s'ignore2 l'g>d de la musique de ,wagn]1 t\tes les prcautions s'impos5t4 #aj4 ,la femme hy/rico-hroque que ,ri*>d ,wagn] a inv5te et mise en musique e/ une hybride d'un gt d\teux4 ,que ce type n'ait pas compltem5t dgt1 mme en ,allemagne1 cela ti5t ceci 7et nullem5t bon droit7 qu'un pote inf9im5t plus gr& que ,wagn]1 le noble ,h5ri de ,klei/1 a fait en sa faveur le plaidoy] du gnie4 ,je suis bi5 loign de croire que ,wagn] s'e/ inspir de ,klei/4 ,elsa1 ,s5ta1 ,isolde1 ,brunehilde1 ,kundry sont1 au contraire1 les enfants du romantisme franais4 #aa4 ,les hros de ,wagn] sont les types t\t fait mod]nes de la dgnresc5ce3 ses hrones sont des phnomnes hy/ro-hypnotiques4 ,wagn] pe9t ici sur le vif1 il se con=me la nature jusqu' la m9utie4 ,la musique e/ avant t\t l'analyse psy*o-physiologique d'tats morbides et1 p\r les psy*ologues de l'av5ir1 elle peut tre plus intressante au po9t de vue cl9ique qu'au po9t de vue musical4 ,que ces braves ,allem&s1 en l'c\tant1 se plais5t divagu] sur les s5tim5ts primitifs de la v]tu et de la =ce g]manique1 c'e/ l un des indices les plus d\l\reux de l'tat infrieur de la culture psy*ologique en ,allemagne4 ,n\s autres1 qu& n\s ent5dons de la musique de ,wagn]1 n\s sommes l'hpital1 et1 p\r le dire encore une fois1 cela n\s intresse beauc\p4 #ab4 ,de cette musique1 qui e/ la plus mauvaise de t\tes les mauvaises musiques1 avec son inquitude et son *aos qui s'avance l'av5ture1 de mesure en mesure1 de cette musique qui veut signifi] la passion et qui e/ en vrit au degr le plus bas de la dpravation e/htique1 je n'ai nulle piti4 ,ici il faut faire une f94 #ac4 ,,entre ,,musici5s4--,n\s sommes des musici5s t>difs4 ,un norme pass n\s e/ *u en hritage4 ,notre mmoire ne fait que cit] p]ptuellem5t4 ,entre n\s1 n\s p\vons faire des allusions presque savantes3 n\s n\s compr5ons dj4 ,nos auditeurs1 eux aussi1 aim5t n\s ent5dre faire des allusions2 ils sont flatts et ont l'impression d'tre1 eux aussi1 des savants4 #ad4 ,,le ,,manque ,,de ,,c>act,,re ,,intellectuel4--,lorsque ,ri*>d ,wagn] se mit me p>l] de la j\issance que lui procurait la communion *rti5ne 7la sa9te ,cne prote/ante71 c'en fut f9i de ma pati5ce4 ,il tait un gr& comdi51 mais sans aucun s\ti51 et son me tait la proie de t\s les /upfiants viol5ts4 ,il a trav]s t\tes les volutions p> lesquelles ont pass ces bons ,allem&s1 depuis les j\rs du ,romantisme3 ,gorge aux ,l\ps et ,euryan!1 frisson la ,h(fmann1 puis mancipation de la *air et soif de ,p>is2 ensuite le gt du gr& opra1 la musique de ,mey]be] et de ,bell9i1 le tribun populaire1 plus t>d ,feu]ba* et ,hegel 7la musique devait sortir de l'inconsci5t71 puis la ,rvolution1 puis la dception et ,s*op5hau]1 et le rappro*em5t avec les pr9ces allem&s2 puis les hommages r5dus l'emp]eur1 l'empire et l'arme et aussi au *ri/ianisme 7lequel1 depuis la d]nire gu]re et ses nombreux sacrifices huma9s1 fait de n\veau p>tie du bon gt en ,allemagne71 avec des maldictions pr(res contre la sci5ce4 #ae4 ,v]s la f9 de sa vie1 ,wagn] s'e/ effac2 involontairem5t il av\a qu'il dsesprait et qu'il s'affaissait devant le *ri/ianisme4 ,c'e/ un va9cu1 et il e/ heureux qu'il en soit a9si1 c> autrem5t quelle confusion aurait encore eng5dr son idal6 ,sa position vis--vis du *ri/ianisme me dcida1 en mme temps que je me dcidai au sujet du s*op5haurisme et du *ri/ianisme4 ,wagn] a t\t fait raison de pli] le g5\ devant t\s les *rti5s pr(onds1 mais qu'il ne s'avise pas d'abaiss] ses attitudes les natures plus leves qui lui sont suprieures4 ,son intellect1 sans svrit et sans discipl9e1 tait li s]vilem5t ,s*op5hau]4 ,tant mieux6 #af4 ,p\r ce qui e/ de ,wagn]1 il y a un mom5t dans ma vie o je le rep\ssai avec viol5ce4 ,eloigne-toi de moi6 me suis-je mis cri]4 ,cette sorte d'arti/es e/ peu sre1 prcism5t l o je n'admets pas la plaisant]ie4 ,il essaya de s'arrang] avec le *ri/ianisme exi/ant1 en t5dant sa ma9 gau*e v]s la ,communion prote/ante 7--il m'a p>l des ravissem5ts que lui a procurs ce repas--7 et la ma9 droite v]s l',eglise ca?olique4 ,il (frit son ,p>sifal et se fit reconnatre1 p> t\s ceux qui ont des oreilles p\r ent5dre1 comme un roma9 9 p>tibus infidelium4 #ag4 ,ce que les crits des esprits obscurs1 mal discipl9s et dp\rvus de philologie ont de plus dsagrable1 ce n'e/ pas leur argum5tation vicieuse et la m>*e inc]ta9e et vacillante de leur logique1 a9si qu'on en tr\ve1 p> exemple1 les traces *ez ,ri*>d ,wagn]1 *ez ,victor ,hugo1 ou *ez ,george ,s&4 ,c'e/ le vague des ides mmes qu'ils exprim5t p> des mots4 ,cette sorte de g5s n'a dans le c]veau que d'in=mes pts de notions confuses4--,le bon auteur se di/+ue non seulem5t p> la =ce et la brivet de sa phrase2 on dev9e1 on flaire encore *ez lui1 si l'on e/ d\ de n>9es subtiles1 qu'il se matrise et qu'il s'ex]ce sans cesse fix] et aff]mir ses ides de la manire la plus svre 7c'e/--dire de r5dre p> ses expressions des ides claires et dt]m9es7 et qu'avant qu'il ne l'ait fait il ne se rs\t pas crire4--,au re/e1 il y a ma9t *>me aussi dans l'inc]ta91 dans le crpusculaire1 dans les demi-te9tes4 ,c'e/ a9si que ,hegel agissait peut-tre surt\t l'trang] p> son art de p>l] des *oses les plus raisonnables et les plus froides la faon d'un homme ivre4 ,dans le va/e royaume de la contemplation1 ce fut l une des manires les plus tranges qui ai5t jamais t inv5tes2 on peut la considr] comme l'affaire propre de la gnralit allem&e4 ,c>1 p>t\t o ont pntr les ,allem&s et les v]tus allem&es1 n\s avons apport aussi le gt des alcools subtils et grossi]s4 ,peut-tre faut-il tr\v]1 l aussi1 la cause de la puissance fasc9atrice de notre musique allem&e4 #ah4 ,le /yle de ,wagn] a contam9 aussi ses disciples4 ,la langue allem&e des wagnri5s e/ l'absurdit la plus fleurie que l'on ait crite depuis l'poque de ,s*ell+4 ,wagn]1 en tant que /yli/e1 app>ti5t encore cette cole contre laquelle ,s*op5hau] a dv]s sa colre1 et l'hum\r arrive son comble qu&1 sauveur de la langue allem&e1 il s'lve contre les ,juifs4--,p\r c>actris] le gt de ces jeunes g5s1 je pr5ds la lib]t de donn] un seul exemple4 ,le roi de ,bavire disait un j\r ,wagn]3 ,donc1 v\s n'aimez pas non plus les femmes8--,elles sont si ennuyeuses6 ,nohl 7l'auteur d'une ,vie de ,wagn] traduite en six langues7 tr\ve dans cette op9ion l'expression d'un juvnile emb>ras4 #ai4 ,f4-,a4 ,lange crit3 ,la comprh5sibilit des *oses se tr\ve-t-elle peut-tre en ceci que l'en ne fait de son intellig5ce qu'un emploi mdiocre8 7,contre les g5s de ,bayreu?47 #bj4 ,si l'on enlve de la musique la musique dramatique il re/e encore assez de *oses p\r la bonne musique4 #ba4 ,il faut faire avant t\t des c\pures n]giques dans l'uvre de ,wagn]1 de sorte qu'il n'en re/e plus que les trois qu>ts3 d'abord son rcitatif1 qui met les plus pati5ts au dsespoir444 ,ce n'e/ *ez ,wagn] qu'un effet de sa vanit s'il veut cons]v] jusque dans ses plus petits dtails l'enseignem5t de son uvre444 ,le contraire s]ait plus ju/e6444 ,il lui manque la facilit de prs5t] ce qui e/ ncessaire1 comm5t saurait-il n\s impos] la ncessit8 #bb4 ,qu'e/-ce qui p\rra seul n\s rtablir8--,l'aspect de la p]fection6 ,,notes3 #b ,le prlude de ,p>sifal n'a pas de conclusion4 ,au conc]t l'excution se t]m9e p> un rappel du motif de la foi emprunte au premi] acte4--,h4 ,a4 #c ,ces v]s ont t placs plus t>d p> ,nietzs*e la f9 de l'aphorisme #bef de ,p> del le ,bi5 et le ,mal4 #d ,nietzs*e cite ces v]s des ,nibelung5 qui lui semblai5t p>ticulirem5t c>actri/iques dans un aphorisme sur la religion qui porte le n #gdc1 au ,x,i,ie volume de ses uvres compltes 7uvres po/humes contempora9es de la ,volont de ,puissance47 #e ,ardeurs1 en franais dans le texte4 ,,notes ,la troisime ,considration inactuelle fut compose ,ble de m>s juillet #ahgd1 puis ,b]gn 7,grisons7 de la mi-juillet au db d'aot de la mme anne2 elle fut a*eve ,ble en septembre et entirem5t imprime dans le mme mois 7*ez ,c4 ,g4 ,naumann1 ,leipzig74 ,la publication eut lieu en octobre1 ,*emnitz1 *ez ,e4 ,s*meitzn]1 qui avait en mme temps acquis de ,e4 ,w4 ,frits* l'dition des deux premires ,inactuelles4 ,a dat] de #ahhf la premire dition des trois premires p>ties ret\rna *ez ,e4 ,w4 ,frits* ,leipzig 7sans date74 ,la seconde dition p>ut en octobre #ahib *ez ,c4 ,g4 ,naumann ,leipzig 7,unzeitgemsse ,betra*tung51 ,i,iter ,b&1 #ahic74 ,la prs5te traduction de ,s*op5hau] ducateur a t faite sur le premi] volume des uvres compltes de ,frdric ,nietzs*e1 7p4 #che-did71 publi en #ahie p> le ,nietzs*e-,ar*iv41 *ez ,c4 ,g4 ,naumann ,leipzig4 ,la quatrime ,considration inactuelle fut comm5ce ,ble en fvri] #ahge et la rdaction en fut cont9ue jusqu'en mai1 reprise en septembre et p\sse1 en octobre1 jusqu'au *apitre ,,ix4 ,en mai #ahgf ,nietzs*e se dcida publi] les huit premi]s *apitres l'occasion des ftes de ,bayreu?4 ,au c\rs de l'impression il crivit encore trois *apitres1 le #ag et le #ah ju91 ,bad5weil] 7,bade7 et les publia avec les huit premi]s la mi-juillet1 immdiatem5t avant les reprs5tations de l',anneau du ,niebelung1 *ez ,e4 ,s*meitzn]1 ,*emnitz4 ,une seconde dition p>ut en juillet #ahhf 7sans date7 *ez ,e4 ,w4 ,frits*1 ,leipzig4 ,l'uvre fut rimprime p> ,c4 ,g4 ,naumann et incorpore au tome ,,ii des ,considrations inactuelles1 publi en #ahic4 ,la prs5te traduction de ,ri*>d ,wagn] ,bayreu? a t faite sur le premi] volume des uvres compltes de ,frdric ,nietzs*e 7p4 #die-ehi71 publi en #ahie p> le ,nietzs*e-,ar*iv1 *ez ,c4 ,g4 ,naumann ,leipzig4 ,les ,rflexions sur ,ri*>d ,wagn] 7janvi] #ahgd7 ont t traduites sur le dixime volume des uvres compltes 7uvres po/humes1 tome ,x7 de ,frdric ,nietzs*e 7p4 #dbg-dej71 publi en deuxime dition en #aijc p> le ,nietzs*e-,ar*iv41 *ez ,c4 ,g4 ,naumann ,leipzig4 ,les ,notes p\r le ,cas ,wagn] 7#ahhe-ahhh7 ont t traduites sur le quatorzime volume des uvres compltes 7uvres po/humes1 tome ,,vi7 de ,frdric ,nietzs*e 7p4 #adi-aga71 publi en #aijd p> le ,nietzs*e-,ar*iv1 *ez ,c4 ,g4 ,naumann ,leipzig4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,s*op5hau] ,,ducateur 7#ahgd7 #e ,,ri*>d ,,wagn] ,a ,,bayreu? 7#ahgf7 #abi ,,app5dice ,r,,flexions ,,sur ,,ri*>d ,,wagn] 7janvi] #ahgd7 #bcg ,,notes ,,p\r ,,le ,,cas ,,wagn] 7#ahhe-ahhh7 #bfb ,,notes #bhe ,,a*ev ,d',,imprim] le v+t deux ju9 mil neuf c5t v+t-deux ,,p> ,,m>c ,,texi] ,a ,,poiti]s p\r le ,,m]cvre ,,de ,,france ,corrections4 ,la premire ligne indique l'orig9al1 la seconde la correction3 p4 #cd3 inv]seem5t1 il te suffira inv]sem5t1 il te suffira p4 #dh3 qui ne se sont jamais recontrs qui ne se sont jamais r5contrs p4 #di3 donc prt]a la nature human9e1 donc prt]a la nature huma9e1 p4 #eg3 v]s les fan/amagories qui se j\5t v]s les fantasmagories qui se j\5t p4 #ia3 ce qui e/ une consqu5se de sa =mation1 ce qui e/ une consqu5ce de sa =mation1 p4 #abc3 ,l'antiquit indi5ne ouvre ses porte ,l'antiquit indi5ne ouvre ses portes p4 #acf3 ,a p>tir de l ils se db>rasse ,a p>tir de l il se db>rasse p4 #adg3 celle de ,g! receuille celle de ,g! recueille p4 #aha3 *]*]ons le dicd] *]*]ons le dcid] p4 #ahd3 ,puis1 lorqu'il ,puis1 lorsqu'il p4 #bjh3 il p>at invraisemblabe et artificiel il p>at invraisemblable et artificiel p4 #baf3 au milieu d'une mutiplicit au milieu d'une multiplicit p4 #bah3 une rsolution presque impitoyale une rsolution presque impitoyable p4 #bbg3 d'une ca/e paticulire d'une ca/e p>ticulire p4 #bcd3 cette f9 sons p\voir cette f9 sans p\voir p'engagem5t l'engagem5t p4 #bda3 froids et bonnasses2 froids et bonasses2 p4 #bed3 ,c'e/ ce p\voir qui ennoblit t\t la nature ,c'e/ ce p\voir qui ennoblit t\te la nature p4 #bga3 de s'affirm] avec op9tret de s'affirm] avec op9itret p4 #bgb3 d'un pontif enc5s d'un pontife enc5s