,,tableau ,,du ,,climat ,,et ,,du ,,sol ,,des ,,tats-,,unis ,d',,am,,rique2 ,,suivi ,d',,claircissements ,,sur ,,la ,,floride1 ,,sur ,,la ,,colonie ,,fran,,aise ,a ,,scioto1 ,,sur ,,quelques ,,colonies ,,canadiennes ,,et ,,sur ,,les ,,sauvages4 ,,par ,c4 ,f4 ,,volney1 ,,comte ,,et ,,pair ,,de ,,france1 ,,membre ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise1 ,,honoraire ,,de ,,la ,,soci,t ,s,,ante ,a ,,calcuta4 colophon ,,paris1 ,,parmantier1 ,,libraire1 ,,rue ,,dauphine4 ,,froment1 ,,libraire1 ,,quai ,,des ,,augustins4 ,m ,,dccc ,,xxv4 ,,oeuvres ,,de ,c4 ,f4 ,,volney4 ,,deuxi,,me ,,dition ,,compl,,te4 ,,tome ,,iv4 ,,imprimerie ,,de ,,firmin ,,didot1 ,,rue ,,jacob1 ,n #bd4 ,,pr,,face4 ,le nouvel ,ouvrage que je prsente au ,public est le fruit de trois ans de voyages et de rsidence aux tats-,unis1 dans des circonstances de temps et dans une situation d'esprit bien diffrentes de celles de mon voyage en ,turquie4 ,lorsqu'on #aghc1 je partais de ,marseille1 c'tait de plein gr1 avec cette alacrit1 cette confiance en autrui et en soi1 qu'inspire la jeunesse3 je quittais gaiement un pays d'abondance et de paix1 pour aller vivre dans un pays de barbarie et de misre1 sans autre motif que d'employer le temps d'une jeunesse inquite et active me procurer des connaissances d'un genre neuf1 et embellir1 par elles1 le reste de ma vie1 d'une aurole de considration et d'estime4 ,dans l'an ,,iii1 au contraire 7en #agie71 lorsque je m'embarquais au ,havre1 c'tait avec le dgot et l'indiffrence que donnent le spectacle et l'exprience#a de l'injustice et de la perscution4 ,triste du pass1 soucieux de l'avenir1 j'allais avec dfiance chez un peuple libre1 voir si un ami sincre de cette libert profane trouverait pour sa vieillesse un asile de paix dont l',europe ne lui offrait plus l'esprance4 ,ce fut dans ces dispositions que je visitai successivement presque toutes les parties des tats-,unis1 tudiant le climat1 les lois1 les habitants et leurs murs1 principalement sous le rapport de la vie sociale et du bonheur domestique444 et tel fut le rsultat de mes observations et de mes rflexions1 que considrant d'une part la perspective orageuse et sombre de la ,france et de l',europe entire2 les probabilits de guerres longues et opinitres1 raison de la lutte leve entre des prjugs au dclin et des lumires croissantes2 entre des despotismes vieillis et de jeunes liberts insurgentes2444 d'autre part1 l'avenir pacifique et riant des tats-,unis1 de la facilit devenir propritaire raison de l'immense tendue des terres peupler2 de la ncessit et des profits du travail2 de la libert des personnes et de l'industrie2 de la douceur du ,gouvernement1 fonde sur sa faiblesse mme2 par tous ces motifs1 j'avais pris la rsolution de rester aux tats-,unis1 lorsqu'au printemps de #agih1 une pidmie d'animosit contre les ,franais1 et la menace d'une rupture immdiate1 m'imposrent la loi de me retirer4 ,ce serait peut-tre ici l'occasion de me plaindre des violentes attaques publiques diriges contre moi dans les derniers temps de mon sjour1 sous l'influence d'un personnage tout-puissant2 mais l'lection de #ahja1 en faisant justice de celle de #agig1 m'a rendu une indemnit suffisante#b4 ,de retour en ,france 7prairial an #f71 il me sembla utile de faire1 pour mes concitoyens1 un travail dont j'avais senti le besoin pour moi-mme2 je conus le projet de rassembler dans un cadre resserr1 outre mes propres notions1 celles qui taient parses en divers livres1 en rectifiant quelques prjugs tablis une poque d'enthousiasme4 ,dans le plan que je traai1 je posais d'abord pour base le climat et le sol2 puis suivant la mthode que je crois la plus riche en rsultats 7celle par ordre de matires71 je considrais la quantit de la population2 sa rpartition sur le territoire2 sa distribution en genres de travail et d'occupation3 les habitudes1 c'est--dire les murs1 rsultant de ces occupations2 la combinaison de ces habitudes avec les ides et les prjugs de l'origine premire4 ,remontant cette origine par l'histoire1 le langage1 les lois1 les usages1 je faisais sentir l'erreur romanesque des crivains qui appellent peuple neuf et vierge1 une runion d'habitants de la vieille ,europe1 ,allemands1 ,hollandais1 et surtout ,anglais des trois royaumes4 ,l'organisation de ces lments anciens et divers en corps politiques me conduisait rappeler succinctement la formation de chaque colonie2 montrer dans le caractre de ses premiers auteurs1 le levain d'esprit qui a servi de moteur presque tout le systme de conduite de leurs successeurs1 selon cette vrit morale trop peu remarque1 que dans les corporations comme dans les individus1 les premires habitudes exercent une influence prdominante sur tout le reste de l'existence4--,l'on et vu dans ce levain une des principales causes de la diffrence de caractre et d'inclination1 qui se fait de plus en plus remarquer entre diverses parties de l',union4--,la crise de l'indpendance1 en m'obligeant de retracer sommairement ses causes et ses vnements1 m'et fourni des remarques nouvelles sur ses suites moins connues1 moins observes3 une foule de faits omis ou dfigurs et tabli entre la rvolution d',amrique et la ntre1 une ressemblance bien plus grande qu'on ne la suppose vulgairement1 et dans les motifs1 et dans les moyens d'excution1 et dans la conduite des partis1 et dans les fluctuations1 mme rtrogrades1 de l'esprit public2 enfin jusque dans le caractre des trois assembles principales1 dont la premire1 chez les deux peuples1 passe galement pour avoir devanc d'une gnration les connaissances rgnantes1 et la dernire1 pour avoir t en arrire des principes acquis 7#agie73 en sorte que ces grands mouvements politiques1 appels rvolutions1 semblent avoir quelque chose d'automatique1 qui dpendrait moins des combinaisons de la prudence1 que d'une marche et d'une srie mcanique de passions4 ,en traitant de la priode trop peu connue depuis la paix de l'indpendance1 jusqu' la cration du gouvernement fdral1 j'eusse dmontr l'influence de cette poque d'anarchie sur le caractre national2 l'altration de l'esprit public et de ses principes1 par la rentre des mcontents ,loyalistes1 et l'immigration d'une foule de marchands anglais ,torys3 l'altration de la bonne foi et de la simplicit primitives1 d'abord par le papier-monnaie et le dfaut de lois et de justice1 puis par la richesse temporaire et le luxe permanent que la guerre d',europe a introduit dans ce pays neutre3 j'eusse fait sentir les avantages que toute guerre d',europe procure aux tats-,unis2 l'accroissement sensible qu'ils ont retir de la dernire1 malgr la politique faible et vacillante de leur gouvernement2 la direction naturelle et progressive de leur ambition vers l'archipel des ,antilles et le continent environnant2 la probabilit de leur extension1 malgr les divisions de parti et les germes d'un schisme intrieur2 j'eusse dvelopp les diffrences d'opinion et mme d'intrt qui partagent l'union en tats de l',est 7,new ,england71 et en tats du ,sud2 en pays atlantiques et en pays de ,mississipi3 la prpondrance de l'intrt mercantile dans les uns2 celle de l'intrt agricole dans les autres3 la faiblesse de ceux-ci1 cause par les esclaves2 la force de ceux-l1 cause par leur population libre et industrieuse3 j'eusse indiqu une cause de schisme encore plus active dans le choc de deux opinions contraires1 dites rpublicaine et fdraliste2 l'une soutenant la prminence du gouvernement monarchique ou plutt despotique sur toute autre forme de gouvernement2 la ncessit du pouvoir arbitraire et absolu dans toute espce de rgime1 motive sur l'ignorance1 les passions1 l'indocilit de la multitude1 et autorise par l'exprience et l'exemple de la plupart des gouvernements et des peuples anciens et modernes2 en un mot1 toute l'ancienne doctrine politico-religieuse1 de la prrogative royale des ,stuart et des ultramontains3 l'autre opinion soutenant1 au contraire1 que le pouvoir absolu est un principe radical de destruction et de dsordre1 en ce qu'il n'exempte les gouvernants ni des passions1 ni des erreurs1 ni de l'ignorance communes aux autres hommes3 qu'il tend au contraire les produire en eux1 les exalter3 que la facilit de pouvoir tout1 menant vouloir tout1 a une tendance immdiate et directe l'extravagance1 la tyrannie3 que si la multitude est ignorante et mchante1 c'est parce qu'elle reoit une telle ducation de tels gouvernements3 qu'en supposant que les hommes naissent vicieux1 l'on ne peut les redresser que par un rgime de raison et de justice3 que cette raison et cette justice ne peuvent s'obtenir que par des connaissances qui veulent tude1 travail1 dbat contradictoire1 toutes choses qui supposent une indpendance d'esprit1 une libert d'opinion dont les hommes tiennent le droit de la nature mme1 etc41 etc4 ,en un mot1 toute la doctrine moderne de la dclaration des droits1 sur laquelle s'est leve l'indpendance des tats-,unis4--,j'eusse discut1 d'aprs ce que j'ai ou des hommes les plus impartiaux1 quelles consquences peuvent avoir ces dissensions3 s'il est vrai qu'une scission en deux ou trois corps de puissance1 une poque plus ou moins recule1 serait aussi orageuse1 aussi fcheuse qu'on le croit vulgairement2 si1 au contraire1 trop d'unit et de concentration dans le gouvernement n'aurait pas des effets pernicieux la libert1 dnue d'asile et de choix2 et si trop de scurit1 trop de prosprit ne corrompraient pas radicalement un jeune peuple#c qui1 en affectant de se donner ce nom1 avoue bien moins sa faiblesse actuelle1 que ses projets de grandeur future2 peuple qui mrite surtout ce nom de jeune1 par l'inexprience et l'emportement avec lesquels il se livre aux jouissances de la fortune1 et aux sductions de la flatterie4 ,j'eusse alors considr1 sous un point de vue moral1 la conduite de ce peuple et de son gouvernement1 depuis l'poque de #aghc1 jusqu'en #agih2 et j'eusse prouv par des faits incontestables1 qu'il n'a rgn aux tats-,unis1 proportionnellement la population1 la masse des affaires1 la multiplicit des combinaisons1 ni plus d'conomie dans les finances#d1 ni plus de bonne foi dans les transactions#e1 ni plus de dcence dans la morale publique#f1 ni plus de modration dans l'esprit de parti1 ni plus de soin dans l'ducation et l'instruction#g1 que dans la plupart des tats de la vieille ,europe3 que ce qui s'y est fait de bon et d'utile1 que ce qui y a exist de libert civile1 de sret de personne et de proprit1 a plutt dpendu des habitudes populaires et individuelles1 de la ncessit du travail1 du haut prix de toute main-d'uvre1 que d'aucune habile mesure1 d'aucune sage police du gouvernement3 que sur presque tous ces chefs1 la nation a rtrograd des principes de sa formation3 qu' l'poque de #agih1 il n'a manqu un parti que d'autres circonstances pour dployer une usurpation de pouvoir1 et une violence de caractre tout--fait contre-rvolutionnaires3 en un mot1 que les tats-,unis ont d leur prosprit publique1 leur aisance civile et particulire1 bien plus leur position insulaire1 leur loignement de tout voisin puissant1 de tout thtre de guerre1 enfin la facilit gnrale de leurs circonstances1 qu' la bont essentielle de leurs lois1 ou la sagesse de leur administration4 ,sans doute1 aprs tous les loges prodigus par des crivains d',europe1 et amplifis par les nationaux1 aprs la proposition faite en congrs de se dclarer la nation la plus claire et la plus sage du globe1 c'et t l d'audacieuses censures2 mais parce qu'une censure quelconque n'est pas une preuve certaine de malveillance2 parce qu'une censure mme injuste a moins d'inconvnients que la flatterie2 et parce qu'aujourd'hui je ne serai pas souponn de ressentiment1 je me fusse permis des observations dont la vrit1 mme svre1 et t utile et avoue des bons esprits3 et en rendant ce service d'un ami dsintress1 j'eusse cru rendre un hommage d'admiration l'institution qui1 en ce moment1 honore le plus les tats-,unis1 la libert de la presse et des opinions#h4 ,enfin1 considrant ce pays relativement aux immigrants franais1 j'eusse examin1 d'aprs mes propres sensations et l'exprience de beaucoup de mes concitoyens1 quel genre de ressources et quels agrments de socit peuvent trouver dans les villes nos rentiers et nos commerants2 de quelle espce de bonheur ils pourraient jouir dans les campagnes2 j'avoue qu' cet gard mes rsultats eussent pu paratre bizarres2 car1 aprs avoir t sur le point de me fixer aux tats-,unis1 je n'eusse pas nanmoins encourag beaucoup de nos ,franais suivre mon exemple4 ,la raison en est1 qu'autant ce pays offre de facilit aux ,anglais1 aux cossais1 aux ,allemands1 mme aux ,hollandais1 par l'analogie du systme civil et moral de ces peuples1 autant il oppose d'obstacles aux ,franais par la diffrence du langage1 des lois1 des usages1 des manires1 et mme des inclinations2 je le dirai avec regret3 mes recherches ne m'ont pas conduit trouver dans les ,anglo-,amricains ces dispositions fraternelles et bienveillantes dont nous ont flatts quelques crivains2 j'ai cru au contraire m'apercevoir qu'ils conservent envers nous une forte teinte des prjugs nationaux de leur mtropole originelle3 prjugs foments par les guerres du ,canada2 faiblement altrs par notre alliance dans l'insurrection2 trs-fortement ravivs dans ces derniers temps par les dclamations en congrs1 par les adresses des villes et corporations au prsident ,m4 ,j4 ,a9999991 l'occasion des pillages de nos corsaires2 enfin encourags jusque dans les collges par des prix d'amplifications et de thses diffamatoires contre#i les ,franais4 ,l'on ne peut d'ailleurs nier qu'il existe entre les deux peuples un contraste d'habitudes et de formes sociales peu propres les unir troitement3 les ,anglo-,amricains taxant les ,franais de lgret1 d'indiscrtion1 de babil2 et les ,franais leur reprochant une roideur1 une scheresse de manires et une taciturnit qui portent les apparences de la morgue et de la hauteur2 enfin une telle ngligence de ces attentions1 de ces gards auxquels nous attachons du prix1 que sans cesse l'on croit y voir l'intention de l'impolitesse1 ou le caractre de la grossiret4 ,il faut qu'en effet ces plaintes ne soient pas sans fondement1 puisque je les ai galement recueillies de la part des ,allemands et des ,anglais4 ,pour moi1 qui les ,turks ont de bonne heure fait une ducation peu exigeante sur les formes1 je me suis plutt attach rechercher la cause qu' sentir les effets de celles-ci1 et il m'a sembl que cette incivilit nationale tenait moins un systme d'intentions1 qu' l'indpendance mutuelle1 l'isolement1 au dfaut de besoins rciproques o les circonstances gnrales placent tous les individus aux tats-,unis4 ,tel tait le plan dont j'avais trac l'esquisse1 et dont quelques parties dja taient assez avances2 mais entrav par les affaires tantt prives et tantt publiques1 arrir surtout depuis un an par de graves incommodits1 j'ai senti que le temps et les forces me manquaient pour porter le travail son terme1 et je me suis dcid ne publier que le ,tableau du climat et du sol1 qui1 sans nuire au reste1 peut en tre spar4 ,en mettant au jour ce nouvel ,essai1 je suis loin d'avoir la confiance que plus d'un lecteur pourrait me supposer2 car le brillant succs de mon ,voyage en ,egypte1 loin de me donner la certitude d'en obtenir un semblable1 me donne au contraire la prsomption de la dfaveur1 soit parce que le sujet de l'ouvrage actuel est effectivement moins vari1 plus srieux1 plus scientifique2 soit parce que trop d'loges accumuls sur un livre1 finissent par lasser la bienveillance sur l'auteur1 et qu'en tout temps il existe de ces ,athniens qui donnent la coquille noire1 uniquement par l'ennui d'entendre toujours dire du bien de ce pauvre ,aristide4 ,j'ai mme pens quelquefois qu'il et t plus prudent1 plus habile mon amour-propre d'crivain1 de ne plus crire du tout2 mais il m'a sembl qu'avoir bien fait un jour1 n'tait pas une raison de ne plus rien faire le reste de la vie2 et comme j'ai d la plupart des consolations de l'adversit au travail et l'tude1 comme je dois les avantages de ma situation prsente aux lettres et la considration des bons esprits1 j'ai dsir de leur rendre un dernier tribut de gratitude1 un dernier tmoignage de zle4 ,d'autre part je dois m'attendre de scrupuleuses critiques de la part des intresss directs1 les ,amricains1 dont la plupart des crivains semblent prendre tche de rfuter les ,europens2 comme si1 par une fiction bizarre1 ils s'tablissaient les reprsentants et les vengeurs des indignes1 leurs prdcesseurs2 sans compter le zle presque fanatique que les loyaux anti-,gallicans mettent dcrier tout ce qui vient d'une nation de jacobins et d'athes2 mais le temps qui nivelle tout1 fera justice de la dtractation comme de la flatterie2 et parce que je n'ai pas eu la prtention d'tre exempt d'erreur1 il me restera du moins le mrite d'avoir attir l'attention et provoqu de nouvelles lumires sur divers sujets auxquels l'on n'et peut-tre pas sitt song4 ,la table des matires va indiquer l'ordre que j'ai suivi1 et les sujets que j'ai traits4 ,je n'ai point adopt pour l'orthographe des noms anglais la mthode de la plupart des traducteurs1 qui se contentent d'crire les mots tels qu'ils les trouvent3 les ,anglais n'attribuant pas aux lettres les mmes valeurs que nous1 il en rsulte une grande diffrence dans la prononciation d'un mme mot trac1 ainsi le nom respectable de ,washington1 est prononc par eux presque ,oua-chinn-tonn3 et ils ne nous comprennent pas quand nous le dfigurons en ,vazingueton#aj4 ,j'ai donc trouv commode pour mes lecteurs de leur prsenter la vraie prononciation francise1 sauf renvoyer en note la manire d'crire en anglais2 ainsi j'ai dit ,soskouna1 au lieu de ,susque-hanna3 grne 7vert71 au lieu de green2 strt 7rue71 au lieu de street2 ,ouait 7blanc71 au lieu de white1 etc4--,c'tait la mthode de nos crivains au commencement du sicle dernier2 et je n'ai pas d'aversion pour les anciens us1 quand il leur arrive d'tre raisonnables4 ,les cartes que j'ai jointes ne portent pas de grands dtails sur l'tat politique1 parce que ce n'est pas de lui que j'ai trait2 mais ils sont nombreux1 soigns1 et la plupart nouveaux sur l'tat physique dont je me suis spcialement occup4 ,,tableau ,,du ,,climat ,,et ,,du ,,sol ,,des ,,tats-,,unis4 ,,chapitre ,,premier4 ,situation gographique des ,etats-,unis1 et superficie de leur territoire4 ,pour donner l'ide la plus simple de la situation gographique des tats-,unis1 je devrais dire que leur territoire occupe cette partie de l',amrique du nord1 qui a pour bornes1 l'orient1 l'ocan d',afrique et d',europe2 au midi1 la mer des ,antilles et le golfe du ,mexique2 au couchant1 le grand fleuve de la ,louisiane#aa2 au nord enfin1 celui du ,canada1 et les cinq grands lacs dont il tire ses eaux4 ,dans un temps o l'on reconnat si bien l'avantage des limites naturelles1 celles-ci sont tellement caractrises1 qu'il est difficile de croire qu'elles ne se ralisent pas tt ou tard2 mais la prcision de l'tat politique actuel veut que l'on en retranche1 au midi1 la presqu'le et le littoral des ,florides2 et au nord1 le cours infrieur du ,saint-,laurent depuis le lac ,saint-,franois1 ainsi que l',acadie et le nouveau ,brunswick1 c'est--dire1 presque toutes les anciennes possessions des ,franais dans le ,canada infrieur4 ,mesur du nord au sud1 ce vaste territoire comprend plus de #af degrs de latitude1 savoir3 depuis le #ca;e prcis1 jusque vers le #dg;e latitude nord4 ,de l'est l'ouest1 il a plus de #be degrs de longitude1 ce qui semble produire une surface immense2 mais parce que la cte atlantique fuit diagonalement du nord-est au sud-ouest1 et parce que les cinq lacs du ,canada rentrent par une grande courbe1 jusqu'au #dj;e degr de latitude1 la superficie relle se trouve diminue de plus d'un tiers4 ,le gographe ,hutchins qui1 le premier aprs la paix de l'indpendance 7#aghc71 essaya de calculer cette surface1 l'estima un million de milles anglais carrs 7environ #aab1jjj anciennes lieues carres de ,france73 en sorte que le territoire des tats-,unis galerait prs de quatre fois l'tendue de la ,france1 l'poque de #aghi2 presque autant de fois l'tendue de l',espagne et du ,portugal runis1 et prs de sept fois celle de la ,grande-,bretagne1 y compris l',irlande4 ,les anglo-amricains citent ces comparaisons avec complaisance1 et leur amour-propre1 qui aime anticiper sur l'avenir1 mesure dja les trangers sur cette chelle de proportion3 cependant1 si l'on observe que sur ce vaste pays1 il n'existe1 en #ahjaab1 que #e1bad1hja habitants1 dont environ #hhj1jjj esclaves noirs1 c'est--dire1 un sixime du tout2 et que ces habitants y sont en grande partie dissmins1 l'on sentira que cette tendue est1 dans le temps prsent1 une vritable cause de faiblesse1 et ne promet pas dans le temps venir1 d'tre un moyen d'union2 d'ailleurs ,hutchins1 qui n'a point connu les sources du ,mississipi1 et pas trs-bien le nord de l',ohio1#ac a amplifi beaucoup de terrains1 et les calculs de ce gographe1 quoique homme estimable1 et quoique suffisants mon objet1 n'ont point l'autorit premptoire que ses successeurs lui attribuent par cho4 ,maintenant1 si nous comparons les tats-,unis notre hmisphre1 sous le rapport des latitudes1 nous trouvons que leurs parties mridionales1 telles que la ,gorgie et la ,caroline1 correspondent aux pays de ,maroc et de la cte barbaresque1 presque au rivage d'gypte2 et il est remarquable que l'embouchure du ,mississipi concide en sens inverse celle du ,nil1 l'une par les #bi1 l'autre par les #ca degrs de latitude1 le ,nil venant du sud1 le ,mississipi du nord1 tous les deux avec des phnomnes de dbordement1 de richesse et de bont presque semblables4 ,l'analogie des pays amricains se continue sur la ,syrie1 le centre de la ,perse1 le ,tibet et le centre de la ,chine4 ,savanah1 ,tripoli1 ,alexandrie1 ,gaza1 ,basra1 ,ispahan1 ,lahor1 ,nankin1 sont un degr prs sous le mme parallle4 ,les parties du nord au contraire1 telles que le ,massachusets et le ,newhampshire1 correspondent au sud de la ,france1 au centre de l',italie1 la ,turkie d',europe1 la mer ,noire1 au centre de la ,caspienne1 aux dserts tartares et au nord de la ,chine3 ,boston et ,barcelone1 ,ajaccio1 ,rome1 presque ,constantinople et ,derbend1 ont aussi1 un degr prs1 la mme latitude3 de tels rapports indiquent de grandes diversits de climats2 et en effet1 les tats-,unis cumulent les extrmes de tous les pays que je viens de citer2 seulement l'on y observe une gradation relative aux latitudes1 et plus encore au niveau des terrains1 dans laquelle certains caractres particuliers me font distinguer quatre nuances principales4 ,la premire1 celle du climat le plus froid1 comprend les tats dits de ,nord-,est1 ou ,nouvelle-,angleterre1 dont la limite physique est trace par la cte mridionale de ,rhode-,island et de ,connecticut sur l',ocan2 et dans l'intrieur du pays1 par la chane montueuse qui verse les eaux de la ,delaware et de la ,susquehannah4 ,la seconde nuance1 que j'appelle climat moyen1 s'applique aux tats du milieu1 c'est--dire1 au sud de ,new-,york1#ad la ,pensylvanie1 au ,maryland1 jusqu'au fleuve ,potomac1 ou plus prcisment1 jusqu' la rivire ,patapsco4 ,la troisime1 celle du climat chaud1 comprend les tats au sud1 c'est--dire1 le plat pays de la ,virginie1 des deux ,carolines1 de la ,gorgie jusqu' la ,floride1 o les geles cessent d'tre connues par le #bi;e de latitude4 ,la quatrime enfin1 est le climat des pays d',ouest1 tels que le ,tennessee1 le ,kentucky1 le ,nord-d',ohio1 ou ,north-west-territory1 placs derrire la chane des montagnes ,alleghany1 et au couchant des tats prcdents2 ce climat a pour caractre distinctif d'tre plus chaud de prs de trois degrs de latitude que les pays qui lui correspondent sur la cte ,atlantique1 avec la seule sparation des montagnes ,alleghany1 ainsi que je l'exposerai par la suite4 ,,chapitre ,,ii4 ,aspect du pays4 ,pour un voyageur europen1 et surtout pour un voyageur habitu1 comme moi1 aux contres nues de l'gypte1 de l',asie et des bords de la ,mditerrane1 le trait saillant du sol amricain est un aspect sauvage de fort presque universelle qui se prsente ds le rivage de l',ocan et qui se continue de plus en plus paisse dans l'intrieur des terres4 ,pendant le long voyage que je fis en #agif1 depuis l'embouchure de la ,delaware par la ,pensylvanie1 le ,maryland1 la ,virginie et le ,kentucky1 jusqu' la rivire ,wabash2 de l au nord1 travers le ,north-west-territory1 jusqu'au ,fort-,dtroit2 puis par le lac ri ,niagra1 ,albany1 et l'anne suivante1 de ,boston jusqu' ,richmond en ,virginie1 peine ai-je march trois milles de suite en terrain nu et dbois3#ae sans cesse j'ai trouv les chemins1 ou plutt les sentiers bords et ombrags de bois-taillis ou de futaies1 dont le silence1 la monotonie1 le sol tantt aride1 tantt marcageux2 et surtout dont les arbres renverss par vtust ou par tempte1 gisants et pourrissants1 sur la terre2 dont enfin les essaims perscuteurs de taons1 de mosquites et de gnats1#af n'ont pas les effets charmants que rvent au sein de nos cits d',europe1 des crivains romanciers4 ,il est vrai que sur la cte atlantique1 cette fort continentale offre dja d'assez grands vides1 raison des marais saumtres et des champs cultivs qui s'tendent chaque jour davantage autour du foyer absorbant des villes3 elle a galement des lacunes considrables dans le pays d',ouest1 surtout depuis la ,wabash jusqu'au ,mississipi1 et vers les bords du lac ,eri1 du ,saint-,laurent1 dans le ,kentucky et le ,tennesse1 o la nature du sol1 et plus encore les incendies anciens et annuels des ,sauvages ont occasion de vastes dserts1 appels ,savanas par les ,espagnols1 et ,prairies par les ,canadiens et par les ,amricains qui adoptent ce mot2 je ne compare point ces dserts ceux que j'ai vus en ,syrie et en ,arabie1 mais plutt ce que l'on nous dit des steps ou dserts de la ,tartarie1 les prairies tant comme les steps couvertes de plantes ligneuses1 paisses et hautes de trois et quatre pieds1 et formant pendant l't et l'automne1 un brillant tapis de fleurs et de verdure que l'on trouve bien rarement dans les dserts chauves et pels de l',arabie4 ,dans le reste des tats-,unis1 et surtout dans la partie montueuse de l'intrieur1 d'o les fleuves se versent en sens opposs l',ocan atlantique et au ,mississipi1 l'empire des arbres n'a reu que de faibles atteintes1 et l'on peut dire1 par comparaison notre ,france1 que le pays n'est qu'une vaste fort4 ,si l'on pouvait rassembler sous un seul coup d'il l'ensemble de ce pays1 l'on verrait que cette fort est divise en trois grands cantons distincts1 raison des genres1 des espces1 et de l'aspect des arbres qui la composent3 les espces de ces arbres1 selon la remarque des ,amricains1 sont indicatives de la nature et des qualits du sol qui les produit4 ,le premier de ces cantons1 que j'appelle fort du sud1 embrasse la partie maritime de la ,virginie1 des deux ,carolines1 de la ,gorgie1 des ,florides1 et s'tend gnralement depuis la baie de ,chesapeak jusqu' la rivire de ,sainte-,marie1 sur un terrain de gravier et de sable1 large depuis #cj jusqu' #ej lieues3 tout cet espace1 peupl de pins1 de sapins1 de mlses1 de cdres1 de cyprs et autres arbres rsineux1 offre l'il une verdure constante1 mais qui n'en serait pas moins strile1 si les banquettes des fleuves et les terres d'alluvion et de marcages n'y traaient des veines que l'agriculture rend trs-productives4 ,le second canton1 ou fort du milieu1 comprend la partie montueuse des ,carolines et de la ,virginie1 toute la ,pensylvanie1 le sud du ,new-,york1 tout le ,kentucky et le nord de l',ohio1 jusqu' la rivire ,wabash4 ,toute cette tendue est peuple de diverses espces de chnes1 de htres1 d'rables1 de noyers1 sycomores1 acacias1 mriers1 pruniers1 frnes1 bouleaux1 sassafras et de peupliers1 sur la cte atlantique2 et1 en outre1 dans le pays d'ouest1 de cerisiers1 de marroniers d',inde1 de paps1 d'arbres concombres1 de sumacs1 etc41 toutes espces qui indiquent un sol productif1 base vritable de la richesse prsente et future de cette partie des tats-,unis3 cependant ces espces forestires n'excluent jamais entirement les rsineux qui se montrent pars dans toutes les campagnes1 et par massifs sur les montagnes1 mme d'un ordre infrieur1 tel que le chanon de ,virginie appel ,sud-ouest1 o par un cas singulier ils drogent leur signe habituel de strilit2 car le sol rouge fonc et gras de ce chanon est trs-fertile4 ,le troisime canton ou fort du nord1 encore compos de pins1 sapins1 mlses1 cdres1 cyprs1 etc41 part des confins du prcdent1 couvre le nord du ,new-,york1 l'intrieur du ,connecticut et de ,massachusets1 donne son nom l'tat de ,vermont#ag1 et ne laissant aux arbres forestiers que les rives des fleuves et leurs alluvions1 il s'avance par le ,canada vers le nord1 o il fait bientt place au genvrier1 et aux maigres arbustes clair-sems dans les dserts du cercle polaire4 ,telle est en rsum la physionomie gnrale du territoire des tats-,unis3 une fort continentale presque universelle2 cinq grands lacs au nord2 l'ouest1 de vastes prairies2 dans le centre1 une chane de montagnes dont les sillons courent paralllement au rivage de la mer1 une distance de #bj #ej lieues1 versant l'est et l'ouest des fleuves d'un cours plus long1 d'un lit plus large1 d'un volume d'eau plus considrable que dans notre ,europe2 la plupart de ces fleuves ayant des cascades ou chutes depuis #bj jusqu' #adj pieds de hauteur2 des embouchures spacieuses comme des golfes2 dans les plages du sud1 des marcages continus pendant plus de #ajj lieues2 dans les parties du nord1 des neiges pendant #d et #e mois de l'anne2 sur une cte de #cjj lieues1 #aj #ab villes toutes construites en briques ou en planches peintes de diverses couleurs1 contenant depuis #aj jusqu' #fj1jjj ames2 autour de ces villes1 des fermes bties de troncs d'arbres 7log houses71 environnes de quelques champs de bl1 de tabac ou de mas1 couverts encore la plupart des troncs d'arbres debout brls ou corcs3 ces champs debout1 c'est--dire non gisants1 spars par des barrires de branches d'arbres 7fences71 au lieu de haies2 ces maisons et ces champs encaisss1 pour ainsi dire1 dans les massifs de la fort1 qui les englobe2 diminuant de nombre et d'tendue mesure qu'ils s'y avancent1 et finissant par n'y paratre du haut de quelques sommets que de petits carrs d'chiquier bruns ou jauntres1 inscrits dans un fond de verdure3 ajoutez un ciel capricieux et bourru1 un air tour--tour trs-humide ou trs-sec1 trs-brumeux ou trs-serein1 trs-chaud ou trs-froid1 si variable1 qu'un mme jour offrira les frimas de ,norwge1 le soleil d',afrique1 les quatre saisons de l'anne1 et vous aurez le tableau physique et sommaire des tats-,unis4 ,,chapitre ,,iii4 ,configuration gnrale4 ,pour bien concevoir la construction gnrale de ce vaste pays1 il faut prendre une connaissance plus dtaille de la chane des montagnes qui en est le trait dominant4 ,cette chane part du ,canada infrieur et de l'embouchure du ,saint-,laurent sur sa rive mridionale1 o ses caps sont appels par les marins monts de ,notre-,dame et de la ,magdeleine3 en remontant le fleuve1 elle s'en carte peu peu1 et sparant les eaux de son bassin vers nord-ouest1 d'avec les eaux du ,nouveau-,brunswick1 de ,nova-,scotia et du district de ,maine#ah vers sud-est1 elle trac de ce ct la frontire des tats-,unis1 jusqu'au ,newhampshire3 l elle pntre par une ligne presque sud dans l'intrieur du ,vermont1 sous le nom de ,green-mountains1 divisant le bassin de la rivire ,connecticut d'avec celui des lacs ,champlain et ,georges2 et aprs avoir jet de ce ct des rameaux qui repoussent l'ouest et au nord-ouest les sources de l',hudson1 elle vient traverser ce fleuve ,west-point1 par un chanon trs scabreux1 qui a mrit le nom de ,high-lands 7,terres-hautes73 ici l'on peut dire que la chane subit une double interruption1 soit parce qu'elle est coupe par des eaux1 soit parce qu'ayant jusque-l t de granit1 son prolongement ultrieur va tre de grs4 ,la tte de ce prolongement remonte plus haut sur la rive ouest de l',hudson1 au groupe de ,cats-,kill1 et dans une masse de montagnes qui donnent les sources de la ,delaware4 ,de ce local part un faisceau de sillons montueux qui1 aprs s'tre incorpor la chane prcdente1 s'avance du nord-est au sud-ouest1 travers les tats de ,new-,york1 de ,pensylvanie1 de ,maryland et de ,virginie1 s'cartant de la mer mesure qu'il marche au midi3 par un cas singulier en gographie1 plusieurs de ces sillons coupent l'angle droit le cours des plus grands fleuves de ces tats sur la cte atlantique1 et ils ne leur laissent de passage que par des brches1 qui attestent que la violence seule des eaux a pu rompre l'obstacle de leur digue3 arrivs la frontire de la ,virginie et de la ,caroline-nord1 ces sillons1 jusqu'alors parallles1 se runissent en un nud que j'appelle l'arc de l',alleghany1 parce que ce chanon principal y enveloppe par une courbe tous ses collatraux de l'est3 un peu plus loin au sud1 encore dans la ,caroline-nord1 un second nud runit l',alleghany tous ses collatraux de l'ouest#ai1 et forme un point culminant de ttes de fleuves1 d'o partent1 vers le nord1 le grand ,kanhawa2 vers l'ouest1 le ,holstein1 branche nord de la ,tennessee2 et vers l'est1 les rivires ,pdee et ,santee1 et toutes les autres des deux ,carolines4 ,de ce nud part encore vers l'ouest une branche de montagnes qui1 par une premire bifurcation au nord-ouest1 fournit les nombreux rameaux de ,kentucky1 et par une seconde1 droit l'ouest1 s'avance sous le nom de montagnes ,cumberland1 travers l'tat de ,tennessee1 o elle divise nord et sud1 le bassin des rivires ,cumberland et ,tennessee1 jusqu' leur embouchure dans l',ohio2 tandis que la chane propre d',alleghany1 reste presque seule1 continue sa route au sud-ouest1 et achve de limiter les deux ,carolines et la ,gorgie1 o elle reoit les noms divers de montagne du ,chne-,blanc#bj1 du ,grand-,fer1 de montagne ,chauve1 et mme de montagne ,bleue4 ,parvenue l'angle de la ,gorgie1 elle change de direction et encore de noms1 et sous ceux d',apalaches et de ,cherokees1 se portant droit l'ouest jusqu'au ,mississipi1 elle devient la ligne de partage entre le bassin de la ,tennessee au nord1 et les nombreuses rivires qui versent au sud dans le golfe du ,mexique1 par les ,florides4 ,la longue continuit de cette chane l'avait fait appeler par les sauvages du nord montagne sans fin3 les ,espagnols et les ,franais1 qui la connurent d'abord par la ,floride1 appliqurent toute son tendue le nom d',apalache1 qui tait celui d'une tribu sauvage conserv encore dans une rivire considrable du pays#ba2 mais les gographes anglais et anglo-amricains1 qui l'ont connue par le nord1 l'ont constamment dsigne sous celui d',alleghany1 que je crois tre sa dnomination sauvage1 traduite dans le mot ,endless1 ou sans fin1 par le gographe vans1 qui semble mettre ces deux mots en comparaison synonyme4 ,quoique moins sonore qu',apalache1 le nom d',alleghany a obtenu dans l'usage une prfrence que je ne lui disputerai point2 mais1 pour plus de clart1 j'appellerai ,apalache le rameau qui1 comme je l'ai dit1 se dtourne l'angle de la ,gorgie1 et qui1 moins lev et moins rapide1 se divise en une foule de monticules et de sillons dont est couvert le pays jusqu'au ,mississipi3 l ils se terminent brusquement en escarpements scabreux1 appels ,cliffs1 rgnant depuis le coteau de ,natchez jusque vers l'embouchure de l',ohio3 ils ne traversent point le ,mississipi1 dont l'autre rive1 basse et plate1 est un marcage de #bj lieues de largeur moyenne1 depuis son embouchure jusqu' celle d',ohio1 distante de #g degrs 7#adj lieues72 l finit la fort continentale1 et commencent les immenses steps ou savanes qui se prolongent vers l'ouest1 jusqu'aux montagnes nord du ,mexique et aux ,stony-mountains1 que j'appellerai dans le cours de cet ouvrage chane ,chipwane1 du nom gnrique de la race des sauvages qui l'habitent4 ,il rsulte de cette disposition de terrain que je viens de dcrire une sorte de partage physique des tats-,unis en #c longues contres parallles1 prises dans le sens de la cte1 c'est--dire du nord-est au sud-ouest1 savoir3 ,une #are contre orientale situe entre l',ocan et les montagnes 7vulgairement cte atlantique74 ,une #b;e contre occidentale situe entre le ,mississipi et les montagnes 7pays d'ouest ou ,back-country74 ,une #c;e enfin1 celle de ces montagnes elles-mmes1 qui est intermdiaire aux deux autres3 et parce que chacune de ces contres a des caractres particuliers de climat1 de sol1 de configuration et de structure intrieure1 il me parat convenable d'entrer dans quelques dtails relatifs chacune4 ,i4 ,cte ,atlantique4 ,la cte atlantique1 ainsi nomme de l',ocan qui la baigne1 et o elle verse toutes ses eaux1 s'tend depuis le ,canada jusqu' la ,floride1 sur une largeur croissante du nord au sud1 qui varie depuis #bj jusqu' #gj lieues4 ,elle est le sige originel et principal des tats de l',union1 qui y sont rangs dans l'ordre suivant4 ,georgie1 ,caroline-sud1 ,caroline-nord1 ,virginie1 ,maryland1 ,delaware1 ,pensylvanie1 ,new-,jersey1 ,new-,york1 ,connecticut1 ,rhode-island1 ,massachusets1 ,newhampshire1 ,vermont et ,maine4 ,dans toute sa longueur1 le pays est d'un niveau peu lev1 plus plat dans les tats du sud jusqu'au ,maryland1 mme jusqu'en ,new-,jersey3 plus ingal et presque montueux dans les tats du nord1 surtout en ,connecticut1 ,massachusets et ,rhode-island4 ,l'on peut considrer ,long-island 7,ile longue7 comme un point de partage assez prcis entre ces deux caractres de terrain3 car de cette le allant au nord jusqu' la rivire ,sainte-,croix#bb1 et mme jusqu' l'embouchure du ,saint-,laurent1 le rivage est lev1 rocailleux1 parsem de rcifs qui tiennent au noyau du continent adjacent3 au contraire1 allant de ,long-island vers le sud1 la cte est continuellement une plage basse presque fleur d'eau et de pur sable3 ce sable1 qui s'annonce pour un dlaissement de la mer1 se retrouve fort avant dans les terres4 ,il y sert de lit la fort de pins1 sapins1 et autres rsineux dont j'ai parl3 l'approche des montagnes1 il se mle avec une portion d'argile ou de gravier que les eaux ont amene des hauteurs voisines3 il en rsulte un terrain jauntre1 maigre1 et meuble1 qui domine dans la lisire moyenne des tats du sud1 dans le ,maryland1 la ,pensylvanie1 et le haut ,new-,jersey1 tel point que l'on peut considrer ces trois derniers tats comme de grandes alluvions des fleuves ,potmac1 ,susquehannah1 ,delaware et ,hudson4 ,plus au nord1 spcialement en ,connecticut1 ,rhode-island et ,massachusets1 le pays est sillonn de monticules et de chanons qui rendent pre et raboteuse toute la ,nouvelle-,angleterre proprement dite3 l'on serait mme tent de croire cette contre un prolongement de la lisire montueuse1 si la nature granitique de ses pierres et la confusion de ses sillons ne la distinguaient des ,alleghanys1 essentiellement forms de grs1 et qui concourent sur une ligne plus intrieure et plus occidentale4 ,,ii4 ,pays d',ouest1 on bassin de ,mississipi4 ,la seconde contre qui est situe l'est des ,alleghanys1 mrite le nom de ,bassin de ,mississipi1 en ce que la presque totalit des rivires qui l'arrosent1 versent mdiatement ou immdiatement dans ce fleuve4 ,ce bassin a pour limites1 l'est1 les ,alleghanys2 l'ouest1 le ,mississipi2 au nord1 les lacs ,michigan1 ri et ,ontario2 au sud enfin les ,florides3 l'on remarquera que vers le sud1 dans la ,gorgie occidentale1 la majeure partie des eaux se rend au golfe du ,mexique1 et semble former une contre distincte2 mais le peu d'tendue qu'aurait cette contre1 relativement aux autres1 et l'analogie de son climat1 de ses productions1 mme de ses relations futures1 m'engagent comprendre dans le pays d'ouest ou de ,mississipi1 tout ce qui est situ au couchant de la rivire ,apalache1 que je regarde comme la limite naturelle de la cte atlantique1 dans l'intrieur et vers sud-ouest4 ,les tats contenus dans le bassin de ,mississipi sont1 la ,gorgie occidentale1 le ,tennessee1 le ,kentucki1 le grand district ,nord-d',ohio1 appel ,northwest-territory1 et quelques portions occidentales des tats de ,virginie1 de ,pensylvanie et de ,new-,york4 ,les habitants de la cte atlantique donnent toute cette partie le nom de ,back-,country 7,pays de derrire71 indiquant par-l leur attitude morale1 constamment tourne vers l',europe1 berceau et foyer de leurs intrts et de leurs penses3 par un cas singulier et cependant naturel1 peine eus-je travers les ,alleghanys1 que j'entendis les riverains du grand ,kanhawa#bc et de l',ohio1 appeler aussi la cte atlantique ,back-,country 7,pays de derrire72 ce qui prouve que dja leur situation gographique a donn leurs regards et leurs intrts une direction nouvelle1 conforme celle des eaux qui leur servent de routes et de portes vers le golfe mexicain1 foyer principal de l'ambition spculative de tous les ,amricains4 ,si l'on examine avec plus de dtail cette grande contre1 l'on trouvera que la nature du sol et certaines limites naturelles de fleuves et de montagnes y forment une subdivision de #c grands districts bien distincts4 ,le premier est le pays situ au sud de la rivire ,tennessee et du chanon de l',apalache qui l'enveloppe1 d'o les rivires se versent au golfe du ,mexique et au bas du ,mississipi4 ,dans sa partie maritime1 qui est la ,floride1 le sol est absolument plat1 sablonneux et strile au bord de la mer2 marcageux1 formant des prairies naturelles1 quand on avance dans les terres1 et alors gras et fcond principalement sur les banquettes des fleuves1 o le riz et le mas croissent de la plus grande taille4 ,a peine trouverait-on une pierre de #b ou #c livres la distance de #ab #ae lieues du rivage4 ,a mesure que l'on remonte vers l'intrieur1 le pays devient plus collineux1 le sol plus rocailleux1 et aussi moins fertile1 comme l'attestent les arbres de sa fort1 l'ilex1 le pin1 le sapin1 les chnes rouge et noir1 le magnolia1 les cdres rouge et blanc1 le cyprs1 et une foule d'arbustes indignes des pays chauds4 ,un voyageur botaniste anglais#bd en a fait un vrai paradis terrestre2 mais en renvoyant ses descriptions potiques aux romans sentimentaux1 ce sera traiter raisonnablement ce pays1 que de le comparer au ,portugal ou la cte de ,barbarie1 et assurment ce lot est beau4 ,le second district a pour limites1 au sud1 la rivire de ,tennessee2 au nord1 celle d',ohio2 l'est1 les ,alleghanys2 et l'ouest1 le ,mississipi4 ,il comprend l'tat de ,kentucki et celui de ,tennessee1 que j'ai vu se constituer en #agif4 ,tout cet espace est prodigieusement bris de monticules et de sillons rapides1 et cependant la plupart bois4 ,il est surtout travers de l'est l'ouest par le chanon dit ,cumberland qui a jusqu' #cj milles de largeur1 et qui court entre la rivire du mme nom et celle de ,tennessee4 ,dans les vallons et dans ce qu'il y a de plaines1 le sol est gnralement d'une qualit excellente1 tant une espce de terreau noir1 gras1 meuble1 et profond depuis #c jusqu' #ae pieds1 par consquent d'une extrme fertilit4 ,les arbres forestiers qu'il produit1 bien suprieurs par leur diamtre et leur grandeur aux arbres effils et maigres de la cte atlantique1 sont3 les chnes rouge1 noir1 blanc1 les noyers hickorys1 de #d ou #e espces1 les peupliers-tulipiers1 les vignes sauvages1 grimpant #bj et #cj pieds1 les frnes1 les rables sucre1 les acacias1 les sycomores1 marronniers d',inde1 arbres--gomme1 pins1 cdres1 sumacs1 pruniers sauvages1 pruniers-persimons1 et cerisiers sauvages1 dont quelques-uns ont jusqu' un mtre #b tiers de diamtre4 ,cette nature meuble et permable du terrain y occasione aux ruisseaux et aux rivires une particularit que j'ai vue en quelques lieux de la ,syrie1 mme de la ,france1 mais nulle part dans une proportion aussi tendue2 car1 dans tout le ,kentucky et le ,tennessee1 l'on ne cesse de rencontrer des entonnoirs du diamtre depuis #ej jusqu' #ejj pas sur une profondeur de #ae #ej1 ayant dans leur fond un ou plusieurs trous ou crevasses dans lesquels s'engouffrent1 non-seulement les eaux pluviales voisines1 mais encore des ruisseaux et des rivires dja considrables4 ,ils disparaissent tout coup au sein des broussailles1 devant le voyageur stupfait1 et achvent leur cours dans des lits souterrains4 ,en gnral1 les ruisseaux et les rivires1 dans leur cours visible1 y dchirent et y creusent la terre perpendiculairement jusqu' un lit de pierres calcaires qui lui sert de noyau1 ou plutt de plancher presque horizontal4 ,de ce mcanisme il rsulte1 #a ,que presque tous les ruisseaux et rivires du ,kentucky et du ,tennessee sont encaisss comme dans des fosss1 entre deux rives pic1 hautes depuis #ej pieds1 comme celle de l',ohio1 jusqu' #djj pieds1 comme l'core de la rivire ,kentucki ,dixon's-point2 #b ,que le pays se trouve raboteux et sillonn de ravines profondes2 d'ailleurs1 travers des chanons latraux des ,alleghanys1 aussi brusques dans leur pente1 qu'ils sont troits sur leurs sommets#be2 #c ,que le terrain ne pouvant tre arros par irrigation1 les habitants de ,kentucky et un peu ceux du ,tennessee se plaignent dja d'une aridit qui s'accrot mesure que le pays se dboise1 et qui dissipe1 d'une manire fcheuse1 les illusions des spculateurs de terre et les promesses des voyageurs romanciers4 ,je dois citer ici un fait physique singulier1 bien constat en ,kentucky1 savoir1 que beaucoup de sources y sont devenues plus abondantes depuis que les bois des environs ont t coups2 j'ai discut sur les lieux avec des tmoins dignes de foi1 les causes de ce phnomne3 il nous a paru que jadis les feuilles de la fort accumules sur la terre1 y formaient un lit pais et compacte1 comme on le voit encore l o cette fort subsiste2 et que ce lit retenant les eaux pluviales sa surface1 leur donnait1 surtout en t1 le temps de s'vaporer avant qu'elles pussent pntrer dans l'intrieur3 aujourd'hui que ce lit de feuilles n'existe plus1 et que le sein de la terre est ouvert par la culture1 les pluies qui ont la facult de l'imbiber y tablissent des rservoirs plus durables et plus abondants2 mais ce cas particulier ne dtruit point la doctrine plus gnrale et plus importante que la coupe des forts1 particulirement sur les hauteurs1 diminue gnralement la masse des pluies et des fontaines qui en rsultent1 en empchant que les nuages ne se fixent et ne se distillent sur les forts3 le ,kentucky lui-mme en offre la preuve ainsi que tous les autres tats de l',amrique1 puisque l'on y cite dja une multitude de ruisseaux qui ne tarissaient pas il y a #ae ans1 et qui maintenant manquent d'eau chaque t4 ,d'autres ont totalement disparu2 et plusieurs moulins1 dans le ,new-,jersey1 ont t abandonns par cette cause#bf4 ,un autre phnomne remarqu en ,amrique1 trouve peut-tre son explication dans le fait que je viens de citer4 ,l'on ne traverse point de fort dans ce continent sans rencontrer des arbres renverss2 et l'on observe que la racine n'est qu'un chevelu superficiel1 en forme de champignon1 peine de #ah pouces de profondeur pour des arbres de #gj pieds4 ,si ces racines ne pivotent point1 n'est-ce pas afin de profiter de l'humidit superficielle qui les couvre et du terreau gras rsultant des feuilles pourries dans lequel elles trouvent une substance bien prfrable aux couches de l'intrieur restes sches1 et par suite1 plus dures pntrer8 ,et maintenant1 que par le laps des sicles ces vgtaux ont contract cette habitude1 il faudra des sicles pour la changer4 ,le troisime district a pour limites1 au sud1 le cours de l',ohio2 au nord1 les lacs du ,saint-,laurent1 et toujours l'est et l'ouest l',alleghany et le ,mississipi4 ,cet espace1 appel par les ,amricains ,north-west-territory1 ne compte encore aucun tat constitu1 faute de population suffisante3#bg sa surface est presque plane ou commodment ondule3 peine y citerait-on une montagne ou un sillon de #ajj toises d'lvation1 et dans tout son ouest1 depuis la rivire ,wabash jusqu'au ,mississipi1 ce ne sont que vastes et plates prairies4 ,nanmoins c'est d'un tel local que coulent en sens opposs une foule de rivires considrables qui1 les unes vont au golfe du ,mexique par le ,mississipi1 les autres la mer du ,nord par le ,saint-,laurent1 et d'autres encore l',atlantique par le ,mohawk1 l',hudson et la ,susquehannah3 d'o il rsulte que les monts ,alleghanys1 de qui ces derniers fleuves tirent leurs sources1 ne sont en quelque sorte que la rampe de ce plateau qui les gale presque en niveau4 ,sur ce vaste espace les pentes opposes sont si douces1 que les rivires1 hsitant dans leurs cours1 s'y garent en sinuosits et en marcages2 et que dans les crues de l'hiver il y a jonction d'eaux navigables en canot1 entre les sources de la ,wabash qui va l',ohio1 du ,miami1 qui va au lac ,eri1 de la rivire ,huron1 qui tombe l'entre de ce mme lac1 de la grande-rivire qui tombe dans le lac ,michigan1 et ainsi de plusieurs autres4 ,par contraste avec le ,kentucky1 les rivires de ,north-west-territory1 coulent fleur de terre1 raison non-seulement de ce niveau plat1 mais encore de la qualit argileuse du sol1 qui empche l'eau d'y pntrer3 circonstance heureuse pour le commerce et l'agriculture de cette contre3 aussi l'opinion commence-t-elle prfrer ce pays au ,kentucky2 je prsume qu'un jour il sera la ,flandre des tats-,unis pour le bl et les pturages3 j'ai vu1 en #agih1 au bord du grand ,sioto1 un champ de mas1 la vrit en premire anne de culture1 o cette plante avait gnralement #d mtres de hauteur1 et des pis en proportion3 cette mme poque1 l'exception de quelques habitations parses1 ce n'tait au-dessus du ,moskingom qu'un dsert de forts1 de marais1 et de fivres3 j'ai travers #dj lieues de cette fort depuis ,louisville1 prs des rapides de l',ohio1 jusqu'au poste ,vincennes sur la ,wabash1 sans rencontrer une cabane1 et1 ce qui m'a tonn1 sans entendre le chant d'un oiseau 7quoiqu'en juillet74 ,elle finit un peu avant la ,wabash2 et de l au ,mississipi1 pendant #hj milles1 l'on ne trouve que les prairies1 dont j'ai dja parl comme de steps tartares2 et l rellement commence une ,tartarie amricaine1 qui a tous les caractres de la ,tartarie asiatique2 d'abord chaude dans sa partie mridionale1 elle devient de plus en plus froide et strile vers le nord3 ds le #dh;e de latitude1 elle est glace dix mois de l'anne1 dpourvue de hauts bois1 noye de marcages1 traverse de fleuves qui1 dans une espace de #ajjj lieues1 n'ont pas #ae lieues d'interruptions ou de portages3 elle offre tous ces titres les caractres de la ,tartarie2 il ne manquait que d'en voir les indignes devenir cavaliers2 et cette circonstance vient d'avoir lieu1 depuis #be #cj ans1 par les vols que les sauvages ,nihiaou ou ,nadouessis#bh1 jusqu'alors pitons1 ont fait des chevaux espagnols errants dans les savanes du nord du ,mexique4 ,avant #ej ans ces nouveaux ,tartares pourront devenir des voisins incommodes la frontire des tats-,unis3 et le systme colonial des bords du ,missouri et du ,mississipi prouvera des difficults que n'ont pas connues les pays de l'intrieur de la confdration4 ,,iii4 ,contre des montagnes4 ,la troisime grande lisire parallle est cette ligne de terrain montueux1 dont j'ai dja parl1 laquelle s'tend de l'embouchure de ,saint-,laurent aux confins de la ,gorgie1 partage les eaux de l'est et de l'ouest1 et forme comme une haute terrasse ou rempart entre les deux contres ,atlantique et ,mississipi4 ,on peut estimer environ #djj lieues la longueur de cette bande1 sur une largeur trs-variable1 mais assez gnralement de #cj #ej lieues4 ,cette contre1 quoique trs-troite comparativement1 exerce nanmoins une grande influence de temprature sur les deux adjacentes dont elle diffre par le climat1 le sol1 et mme par les productions4 ,vers le ,sud1 l'air y est plus pur1 plus sec1 plus lastique1 plus sain3 vers le nord1 et ds le ,potmac1 les brumes et les pluies y sont plus communes1 les animaux plus grands et plus vifs2 et les arbres forestiers1 sans tre aussi gros que ceux de l'ouest1 le sont plus que ceux de l'est1 et surpassent les uns et les autres en lasticit4 ,cette chane de montagnes diffre de celles de notre ,europe1 en ce que plus longue et plus rgulire dans ses sillons1 que les ,alpes et les ,pyrnes1 elle est cependant bien moins haute qu'elles4 ,des mesures prises en divers points avec prcision1 vont en fournir des preuves instructives et satisfaisantes4 ,en ,virginie1 le pic ,otter1 point dominant de tout le pays1 n'a de hauteur que #abah mtres 7#djjj pieds anglais7#bi4 ,dans le mme canton1 ,m4 ,jonathan ,williams#cj1 parti du lieu o finit la mare1 au-dessous de ,richmond1 et mesurant sa route jusque sur la premire chane de ,blue-ridge1 a trouv au col 7cap7 de ,rockfish1 #cej mtres d'lvation 7#aaej pieds anglais74 ,prs de l1 un pic dominant lui a donn #eed mtres 7#ahbb pieds anglais72 plus loin1 aprs la ville de ,staunton1 montant un chanon de l',alleghany1 il a trouv #egg mtres 7#ahih pieds anglais72 un second chanon1 celui de ,calf-pasture1 lui a donn #fhc mtres 7#bbdg pieds anglais72 enfin1 un troisime chanon1 celui qui partage les eaux1 et qui n'est coup par aucune1 mesur #f milles sud-ouest de ,red-spring lui a donn #hbb mtres 7#bgjf pieds anglais74 ,en ,maryland1 ,georges ,guilpin et ,james ,smith ont lev1 en #aghi1 les niveaux suivants3 ,sur le fleuve ,potmac1 partir du terme de la mare1 c'est--dire1 des rapides de ,george-town1 jusqu' l'embouchure de ,savage-river1 dans une tendue de #bah milles anglais 7environ #gc lieues71 le niveau est de #ceb mtres 7#aafj pieds anglais72 dans ce compte1 les rapides de ,georgetown sont ports pour #aa mtres 7#cg pieds anglais71 et la grande chute de ,matilda pour #bc mtres #a_/aj 7#gf pieds anglais71 y compris ses rapides qui se prolongent #c milles au-dessus d'elle4 ,depuis l'embouchure de ,savage-river jusqu'au lieu dit ,moses-williams1 sur le sommet de l',alleghany1 dans un espace de #h milles1 le niveau est de #fcg mtres 7#bjig pieds anglais71 total #iij mtres 7#cbeg pieds anglais74 ,en sorte que l',alleghany1 que j'ai moi-mme travers dans cette partie1 et qui m'a paru y tre le plus lev1 n'a pas1 au-dessus de l'ocan1 plus de #hbb mtres1 ou #dje toises4 ,blue-ridge1 la brche de ,harper's-ferry1 sous l'embouchure de la rivire ,chenando1 m'a paru avoir peu prs la mme hauteur qu' ,rock-fish-gap2 ainsi son terme moyen peut tre valu #cej mtres1 c'est--dire1 moins de la moiti de l',alleghany 7dans la ,virginie74 ,en ,pensylvanie1 la hauteur de l',alleghany1 au-dessus du plat pays1 n'est1 selon le docteur ,rush1 que de #cie mtres 7#acjj pieds anglais72 et en effet1 les voyageurs remarquent que l'on y arrive par une suite de pentes douces et graduelles1 sans beaucoup s'en apercevoir4 ,dans l'tat de ,new-,york1 aux montagnes appeles ,catskill1 le plus haut pic mesur en #agih par ,peter de la ,bigarre#ca1 a donn de hauteur #ajgi mtres 7#cedi pieds anglais7 au-dessus des eaux de l',hudson1 qui prouve la mare jusqu' #aj milles au-dessus d',albany4 ,en ,vermont1 le pic de ,killington mesur par ,samuel ,williams1 comme le plus lev de toute la chane1 n'a que #ajdi mtres 7#cded pieds anglais7#cb4 ,enfin1 les montagnes ,blanches 7,white-hills7 dans le ,new-,hampshire1 qui sont vues de trente lieues en mer1 et que ,m4 ,belknap value#cc1 d'aprs des voyageurs1 #cjdj mtres 7#aj1jjj pieds d'lvation71 ne sont portes1 par ,m4 ,s4 ,williams1 qui en donne des raisons motives1 qu' #bcfa mtres 7#ghjj pieds anglais74 ,la chane de l',alleghany ne doit donc tre considre que comme un rempart d'une hauteur moyenne de #gjj #hjj mtres 7environ #cej #djj toises71 ce qui diffre absolument des grandes chanes du globe1 telles que par exemple les ,alpes values #cjjj mtres ,les ,pyrnes #bgjj ,les ,andes #ejjj ,le ,liban #bije et l'on conoit que cette circonstance doit beaucoup influer sur la mtorologie des tats-,unis et de tout leur continent1 ainsi que je le dvelopperai par la suite4 ,les voyageurs europens remarquent tous avec surprise1 que les montagnes amricaines ont dans leur direction plus de rgularit1 dans leurs sillons plus de continuit1 dans la ligne de leurs sommets plus d'galit que les montagnes de notre continent4 ,ce caractre est surtout frappant en ,virginie et en ,maryland dans le sillon de ,blue-ridge4 ,ce sillon1 que j'ai travers ou suivi depuis la frontire de ,pensylvanie jusqu'au fleuve ,james1 m'a toujours prsent l'aspect d'une terrasse de #ajjj #abjj pieds d'lvation sur la plaine avec une pente trs-roide et un sommet si gal1 qu' peine y voit-on des ondulations et quelques brches ou gap qui servent de passage4 ,la base de cette masse n'excde pas quatre six milles 7deux trois lieues74 ,en venant au nord1 cette chane s'abaisse ainsi que ses parallles2 et parce que quelques bifurcations ont caus en ,pensylvanie une confusion de noms qui embarrasse mme les gographes1 je tenterai d'abord de les claircir4 ,en ,virginie1 l'on distingue nettement trois sillons principaux bien caractriss1 qui sont3 #a ,le sillon ,blue-ridge1 situ le plus l'est1 qui tire ce nom1 signifiant ,chane-bleue1 de son apparence bleutre lointaine quand on vient du pays plat maritime3 il porte le nom de ,south-mountain1 ou ,montagne du ,sud dans les cartes d',evans et d'autres gographes1 sans que l'on en puisse donner une bonne raison4 ,en gnral1 les montagnes des tats-,unis1 nommes au hasard par les colons de chaque canton1 n'ont qu'une nomenclature insignifiante et souvent bizarre4 ,quoi qu'il en soit de ,blue-ridge1 ce sillon part du grand arc ou nud de l',alleghany2 il est mme le prolongement le plus direct de cette chane en venant du sud3 il traverse le fleuve ,james au-dessous de la jonction de ses deux branches suprieures2 le ,potmac au-dessous de la ,shenandoa2 la ,susquehannah au-dessous de ,harrisburg2 et les voyageurs observent que le lit de cette rivire1 jusque-l navigable sur un fond calcaire1 devient intraitable cause des rocs et des grs de ,blue-ridge4 ,en ,pensylvanie1 ce sillon1 moins continu et moins lev1 prend1 selon les cantons1 les noms divers de ,trent1 de ,flying1 de ,holy-hills2 mais il n'en est pas moins le mme rameau qui traverse le ,schoolkill sous ,reading2 la ,delaware au-dessous de sa branche ouest et de la ville d',easton2 d'o il va se perdre au groupe de ,catskill1 vers les bords de l',hudson4 ,la seconde chane1 appele ,north-mountain1 montagne du ,nord1 sans plus de raison que la prcdente1 part aussi du grand arc de l',alleghany1 et se tenant parallle1 mais occidentale ,blue-ridge1 elle traverse les hautes branches du ,james1 douze quatorze milles au-dessus de leur jonction2 le ,potmac vingt-quatre milles au-dessus de la ,shenandoa2 mais lorsqu'elle atteint les branches ouest de la rivire grande ,conegochigue1 elle se divise en plusieurs rameaux1 qui jettent de l'incertitude sur sa suite4 ,quelques gographes veulent voir son prolongement dans le chanon de ,tuscarora1 quoique divergent1 lequel1 aprs avoir travers la rivire ,juniata1 va se perdre dans les dserts rocailleux et marcageux du nord-est de la ,susquehannah3 d'autres suivent ,north-mountain dans le chanon de ,kittatiny1 lequel1 plus direct1 court paralllement ,blue-ridge1 jusqu' la ,delaware1 qu'il passe au-dessus de sa branche ouest et de ,nazareth3 aprs quoi il ctoie la rive orientale de ce fleuve1 et va se terminer1 avec les sillons de ,blue-ridge1 au groupe de ,catskill et aux montagnes qui sparent les sources de la ,delaware du cours de l',hudson4 ,en ,pensylvanie1 l'on confond assez gnralement ,blue-ridge avec ,north-mountain1 parce que les caractres de l'un et de l'autre tant moins marqus1 chaque canton a donn l'pithte de bleue sa chane la plus leve1 et des noms particuliers chaque rameau diffrent2 mais la continuit gographique de ,north-mountain par ,kittatiny1 et de ,blue-ridge par les ,flying et ,holy-hills1 telle que je l'ai trace1 me parat la mieux tablie par la direction gnrale de ces chanes1 par la nature de leurs pierres et par leurs concours former une valle calcaire qui se prolonge entre elles sans interruption depuis la ,delaware et les territoires d',easton et de ,nazareth1 jusqu'aux sources de la ,shenandoa1 par-del ,staunton#cd4 ,la troisime chane principale1 l',alleghany proprement dit1 est le sillon le plus lev l'ouest qui1 partageant toutes les eaux1 sans tre travers d'aucune1 a mrit le nom d',endless ou ,sillon sans fin4 ,celui-l pris son extrmit sud1 vient de l'angle de la ,gorgie et de la ,caroline1 o il reoit les noms divers de montagnes du ,chne-blanc1 du ,grand-fer1 de montagne ,chauve1 et mme de montagne ,bleue#ce4 ,l il verse l'ouest quelques branches de la rivire ,tennessee2 l'est les fleuves des deux ,carolines1 auxquelles il sert de limite occidentale3 arriv en ,virginie1 il forme l'arc dont j'ai parl1 en se courbant vers le nord-ouest1 et enveloppant les sillons prcdents2 puis il reprend sa route nord nord-est1 envoie l',ohio les eaux du grand ,kanhawa et de la ,monongahla2 l'ocan ,atlantique1 celles des fleuves ,james1 ,potmac1 ,susquehannah1 etc43 mais vers les sources de la branche ouest de ce dernier1 il se divise en rameaux divers1 dont les plus considrables se dirigent l'est1 et vont travers toutes les eaux de la ,susquehannah1 se terminer au ,catskill et aux sources de la ,delaware sur l',hudson2 tandis que d'autres rameaux l'est enveloppent les sources mmes de la ,susquehannah1 et par ,tyoga1 vont fournir celles des lacs ,iroquois ou du ,gnessee3 moins que l'on ne veuille attribuer ces rameaux un sillon plus occidental qui1 sous les noms de ,gauley1 de ,laurel et de ,chesnut-ridge1 vient aussi se terminer dans cette contre4 ,outre les trois chanes principales de la ,virginie que je viens de dcrire1 il est encore plusieurs sillons intermdiaires1 qui souvent les galent en hauteur1 en roideur1 en continuit3 tels sont ceux de ,calf-pasture1 de ,cow-pasture#cf et de ,jackson1 que j'ai traverss en me rendant de ,staunton ,greenbrar4 ,c'est dans ces dernires montagnes que sont situes les eaux thermales de diverses qualits1 clbres en ,virginie pour leurs cures1 et dsignes sous les noms de ,warm-spring1 source chaude tempre2 ,hot-spring1 source trs-chaude2 ,red-spring1 source rouge1 etc42 ,warm-spring que j'ai vu1 est une source sulfureuse ammoniacale d'environ #bj degrs de chaleur3 elle est situe au fond d'un profond vallon en forme d'entonnoir1 que tout indique avoir t le cratre d'un volcan teint4 ,a l'ouest de l',alleghany1 vers le bassin d',ohio1 il est aussi plusieurs sillons remarquables2 j'en ai travers un premier sous le nom de ,reynick#cg et ,high-ballantines1 #h milles l'ouest du town ou village de ,green-brar1 et il m'a paru aussi lev1 mais bien plus large que ,blue-ridge4 ,de son plateau j'en vis une foule d'autres vers sud-ouest et nord-est4 ,quinze milles plus loin1 par une route tortueuse1 j'entrai dans une srie d'autres chanons que je ne cessai de traverser1 pendant #ch milles1 au nombre de #h ou #aj jusqu' celui de ,gauley1 le plus lev1 le plus rapide de tous1 et le plus troit sur sa crte4 ,je regarde tout l'espace de ces #ch milles1 comme une seule et mme plate-forme assez leve4 ,par-del le ,gauley l'on ne traverse plus de haut chanon qu'avec le cours des eaux dont on suit la direction1 et souvent le lit2 mais j'ai remarqu que le lit du grand ,kanhawa se fait souvent jour travers l'un des pays les plus scabreux que j'y aie rencontr4 ,beaucoup de ces sillons se dirigent sur l',ohio1 et nous verrons que quelques-uns doivent l'avoir travers3 ce ,gauley-ridge prend son origine aux sources du grand ,kanhawa1 au sud-ouest de l'arc d',alleghany2 et sous le nom de ,laurel-hill1 de ,chesnut-ridge1 il va dans le nord se terminer aux ttes de la ,susquehannah3 au sud1 les colons de ,kentucky et de ,tennessee ont tendu le nom de grand ,laurel au rameau principal qui spare le ,kentucky de la ,virginie2 et ils ont communiqu le nom de ,cumberland sa continuation1 qui ctoie et limite la rivire de ,cumberland jusqu' son embouchure4 ,je n'ai pas de renseignements suffisants sur cette partie4 ,le gouvernement des tats-,unis a en main un moyen trs-simple de s'en procurer un corps complet2 ce serait de soumettre tous les arpenteurs par une ordonnance du collge de ,william et ,mary de ,williamsburg1 o ils subissent leur examen et reoivent leur patente1 ajouter des dtails de topographie aux striles procs verbaux de leurs alignements4 ,en peu d'annes1 l'on aurait sans frais un systme complet des montagnes et des eaux4 ,il me reste donner sur la structure intrieure de ces montagnes1 c'est--dire sur la disposition et la nature des bancs et couches de pierre qui leur servent de noyau1 les renseignements que j'ai pu me procurer2 quelque incomplets qu'ils puissent tre1 j'ai lieu de croire qu'ils seront de quelque intrt1 ne ft-ce que par leur nouveaut2 leur ensemble et le soin que j'y ai donn pour satisfaire les lecteurs qui attachent la gographie physique l'importance que mrite cette science4 ,pour qui sait observer des faits et en tirer de sages inductions1 la structure de notre globe est un livre bien autrement instructif et authentique sur ses rvolutions et sur leur histoire1 que les traditions1 vagues d'abord et sans autorit1 des peuples ignorants et sauvages1 riges ensuite en systmes dogmatiques chez les peuples civiliss4 ,,chapitre ,,iv4 ,structure intrieure du sol4 ,pendant le cours de mes divers voyages dans les tats-,unis1 j'ai attach un intrt et un soin particuliers recueillir des chantillons des bancs et couches de pierres que j'ai trouvs les plus dominants et les plus rpandus3 me trouvant quelquefois pied plusieurs jours de suite1 je n'ai pu me charger que de petits volumes2 mais ils ont suffi mon objet2 et tous ces morceaux runis ou compars ceux que des voyageurs trangers m'ont communiqus ou donns ,philadelphie1 m'ont servi dterminer ,paris1 avec les secours de quelques minralogistes1 le genre et les dnominations de leurs couches-mres1 et mettre en ordre une espce de gographie physique des tats-,unis#ch4 ,en jugeant d'aprs ces moyens d'instruction1 je crois pouvoir tablir avec assez d'exactitude que le grand pays compris entre l',atlantique et le ,mississipi est divis en #e rgions ou natures diffrentes de sol classes comme il suit4 ,i4 ,rgion granitique4 ,la premire rgion1 qui est celle des granits1 a pour limite la mer ,atlantique1 prendre depuis ,long-,island jusqu' l'embouchure du ,saint-,laurent2 de l une ligne remontant ce fleuve jusqu'au lac ,ontario1 ou plutt jusqu' ,kingston 7alias ,frontenac71 et au lieu appel ,mille-les2 se portant1 par les sources et le cours du ,mohawk jusqu'au fleuve ,hudson1 le long duquel elle revient son point de dpart1 ,long-,island4 ,dans tout cet espace1 le sol est assis sur des bancs granitiques qui forment la charpente des montagnes1 et qui n'admettent1 que par exception1 des bancs d'autre nature4 ,le granit se montre nu dans tous les environs de la ville de ,new-,york3 il est le noyau de ,long-,island 7,ile longue71 autour de laquelle des sables ont t entasss et mouls par la mer3 on le suit sans interruption sur toute la cte de ,connecticut1 de ,rhode-,island1 de ,massachusets1 en exceptant le cap ,cod1 qui est form de sables apports par le grand courant du golfe du ,mexique et de ,bahama#ci1 dont j'aurai occasion de parler4 ,le granit se prolonge encore sur le rivage de ,new-,hamsphire et de ,maine1 o il est ml de quelques grs1 et aussi de pierres chaux1 dont ce dernier pays approvisionne ,boston4 ,il compose les nombreux cueils de la cte d',acadie et le noyau des montagnes dites de ,notre-,dame et de la ,madeleine1 situes droite de l'embouchure du ,saint-,laurent4 ,les rives de ce fleuve sont gnralement schisteuses1 cela n'empche pas le granit de s'y montrer frquemment en blocs dtachs1 et en cueils adhrents au lit4 ,on le retrouve dans tous les environs de ,qubec2 dans la masse du roc qui porte la citadelle2 dans les montagnes assez hautes1 qui sont au nord-ouest de cette ville2 enfin1 sous la cascade dite de ,montmorency1 o une petite rivire1 qui vient du nord1 se jette dans le ,saint-,laurent1 d'une hauteur de #ahj pieds3 le lit immdiat de cette chute est un banc calcaire horizontal1 gris-noir1 de l'espce appele primitive ou cristallise3 mais il est port sur des bancs de granit gris-brun1 d'un grain trs-serr1 qui est presque perpendiculaire l'horizon3 partout o ces bancs se montrent le long du ,saint-,laurent1 ils sont plus ou moins inclins1 et jamais parallles l'horizon3 sur la rive droite de ce fleuve1 en face de ,qubec1 abonde un granit color de rouge1 de noir et de gris1 le mme que j'ai trouv au palais de la lgislature 7state-house7 ,boston1 dont les environs le fournissent2 et tous deux semblables au bloc-pidestal qui porte la statue du tsar ,pierre ,ier ,saint-,ptersbourg2 ce bloc1 venu du lac ,ladoga4 ,l'le o est situe la ville de ,montral1 est calcaire2 mais tout le rivage qui l'entoure offre des blocs de granit rouls1 venus sans doute des hauteurs adjacentes4 ,le sommet de la montagne de ,bel-il est de granit1 ainsi que le chanon des montagnes ,blanches de ,new-,hampshire1 auquel on peut dire qu'il appartient4 ,les rameaux de la ,nouvelle-,angleterre sont aussi de granit1 except les environs de ,middleton et de ,worcester1 qui sont de grs4 ,l'on m'assure que le rameau occidental de ,green-mountains1 et la majeure partie du lac ,champlain qu'il limite1 sont calcaires1 quoique les rocs de ,ticonderoga soient de grs2 et que le rameau oriental1 qui traverse l'tat de ,vermont1 est de granit3 alors il parat que le granit traverse le lac ,saint-,georges1 ou l'isthme qui le spare du fleuve ,hudson pour remonter aux sources de ce fleuve et de ,black-river2 de l il se porte jusqu'au ,saint-,laurent1 ,mille-les et ,frontenac1 o on le trouve toujours rougetre1 form en gros cristaux1 et surcharg de feld-spath4 ,m4 ,alexandre ,mackenzie1 dans son voyage rcemment publi#dj1 fournit les moyens d'en suivre les prolongements bien plus loin dans le nord de ce continent4 ,cet estimable voyageur1 dont j'ai eu occasion de connatre ,philadelphie la personne et le mrite1 observe 7tome ,,iii1 page #cce71 qu'un granit de couleur grise obscure1 se trouve dans tout le pays qui s'tend depuis le lac ,winipik jusqu' la baie de ,hudson2 que mme on lui a dit qu'il y en avait galement depuis la baie de ,hudson jusqu' la cte du ,labrador4 ,par consquent tout le nord de l',amrique1 jusqu' ,long-,island1 est une contre granitique4 ,quelques lignes auparavant1 ,m4 ,mackenzie avait dit que des rochers de la nature de la pierre chaux1 disposs par couches minces1 et presque horizontales1 d'une pte assez molle1 se voyaient sur la rive ,est du lac ,dauphin1 sur les bords des lacs du ,castor1 du ,cdre1 du lac ,winipik et du lac ,suprieur1 ainsi que dans les lits des rivires qui traversent la longue ligne de toutes ces eaux4 ,il ajoute3 ,ce qui est aussi bien remarquable1 c'est que dans la partie la plus troite du lac ,winipik1 large de deux milles au plus1 la rive ouest est borde de cette mme qualit de rochers calcaires2 escarps de #cj pieds d'lvation2 tandis que sur la rive oppose1 celle d'est1 des rochers encore plus hauts1 sont du granit mentionn ci-dessus4 ,de l'ensemble de ses descriptions que j'abrge1 il rsulte que la rgion des mmes pierres calcaires que nous verrons rgner dans tout l'ouest des ,alleghanys1 s'tend1 par une ligne nord-ouest1 au del du lac ,michigan1 jusqu'aux sources du ,mississipi2 et de l celles de la rivire ,saskatchiwayne1 rejoignant ainsi la grande chane des monts ,stony ou ,chipawas1 qui elle-mme est un prolongement de la ,cordillre des ,andes2 et il faut remarquer1 dit encore ,m4 ,mackenzie1 que c'est dans la ligne de contact de ces immenses chanes de granit et de pierres chaux1 que sont placs tous les grands lacs de l',amrique du nord4 ,fait physique1 vraiment digne de l'attention des naturalistes gologues4 ,revenant au sud du fleuve ,saint-,laurent1 le granit tapisse le comt de ,steuben jusqu'aux sources de la rivire ,mohawk#da1 dont il accompagne le cours1 sans que je puisse assurer qu'il la traverse1 except sa petite chute au-dessus de ,schenectady4 ,on ne le voit point sa grande chute appele ,cohos1 dont le lit est de pierre serpentine de la mme espce que j'ai trouve ,monticello#db en ,virginie1 espce trs-rpandue dans tout le chanon dit ,sud-,ouest2 mais il reparat ds au-dessous d',albany1 sur la rive orientale de l',hudson1 qui coule constamment entre deux ctes raboteuses et couvertes de maigres taillis de chnes et de sapins3 #bj milles au-dessous de ,poughkeepsie commencent des sillons transverses1 rocailleux et striles qui m'ont retrac la ,corse et le ,vivarais2 ils brisent la route pendant #be milles1 et de toutes parts ils montrent des blocs de granit gristres1 disposs par bancs inclins l'horizon de #de #ej degrs1 et couverts de mousses1 de sapins et autres arbres verts rabougris4 ,le fleuve coule au milieu de bancs semblables1 jusqu' ,west-point1 o il a forc la barrire des rocs que lui opposait le dernier de ces sillons transverses1 au pied duquel finissent les ,high-lands 7,terres-hautes71 et commencent les ,terres-basses ou maritimes4 ,dans ce dernier pays1 qui rgne en plaine jusqu' ,new-,york1 la rive gauche du fleuve ne cesse de montrer des bancs de granit rougetre ou gristre sortant de terre1 de manire faire penser qu'ils y pntrent fort avant4 ,des recherches minralogiques1 entreprises par une socit de mdecins de ,new-,york#dc1 constatent que le granit traverse le territoire de cette ville1 le fleuve ,hudson1 la rivire de ,harlem1 et qu'il s'tend dans tout le premier rang des collines de ,new-,jersey4 ,la direction de ces bancs1 surtout depuis la frontire de ,connecticut1 est du nord-est au sud-ouest1 c'est--dire paralllement la cte2 leur inclinaison est presque verticale l'horizon1 et leur chane est juge se prolonger jusque dans le ,vermont4 ,le docteur ,mitchill1 voyageur pour cette socit1 observe1 dans le compte qu'il lui a rendu de ces faits 7en #agig71 que depuis la mer jusqu' ,west-point1 c'est--dire dans les terres basses et d'alluvion maritime1 le granit est ml de quartz1 feld-spath1 schorl1 mica et grenat1 tantt par grumeaux1 tantt par feuillets2 que la rgion granitique finit brusquement sur la rive de l',hudson1 l'le ,pollepell1 en face d'un gros roc de ,fish-kill1 7#bj milles au-dessous de ,poughkeepsee71 et qu' la distance de #dj rod 7#bjj mtres7 plus loin commence une rgion schisteuse1 qui sort de terre sur la rive du fleuve1 comme si elle y servait de lit au granit3 il conjecture que ce schiste s'tend jusqu' ,albany1 et qu'il sert d'appui la chute de ,cohos2 ce qui ne peut s'admettre qu'autant qu'il appellerait schiste la serpentine dont on m'a remis l'chantillon1 et qui elle-mme est le lit immdiat de la chute4 ,ce schiste1 ajoute ,m4 ,mitchill1 sert aussi de lit des bancs calcaires pars dans le pays3 il cite un bloc de ce genre un mille de ,claverac1 et #d milles du fleuve ,hudson et du village du mme nom1 lequel prsente une masse prominente de #hjj acres de surface1 remplie de coquillages1 sans analogues dans la mer voisine distante de #adj milles1 c'est--dire de plus de #df lieues4 ,m4 ,mitchill cite d'autres bancs calcaires prs de ,new-,york1 l'endroit o les eaux se partagent et versent1 les unes dans l',hudson1 et les autres dans le ,sound1 ou bras de mer en face de ,long-,island2 il pense qu' une poque inconnue de l'histoire l',ocan a sjourn sur ce terrain1 et son opinion s'taie de tous les faits qu'il cite sur les montagnes de ,catskill4 ,il a trouv ces montagnes de ,catskill composes du mme grs que ,blue-ridge dont il les juge tre un prolongement2 ce fait fixe de ce ct la limite rciproque des granits et des grs qui composent1 comme nous l'allons voir1 une seconde rgion trs-tendue4 ,ces grs ,catskill sont ports sur un lit d'ardoise friable qui1 au feu1 rend une forte odeur de bitume1 et qui prsente ses bancs tantt bouleverss en dsordre1 et tantt inclins l'horizon1 depuis #ej jusqu' #hj degrs4 ,m4 ,mitchill crut d'abord ce terrain primitif1 parce que les granits et les grs ne contenaient pas de fossiles2 mais bientt plusieurs indications contraires1 telles que1 #a l'aspect des rocs forms de gravier1 de cailloux1 de quartz rouge et blanc1 de jaspe roux et de grs1 tous videmment rouls et triturs par les eaux2 #b les couches horizontales et trs-rgulires de ces rocs2 #c les coquilles fossiles1 inconnues dans ces mers 7except le clam et le scolop71 et trouves sur leurs cimes dans un terrain d'argile et de cailloux2 tous ces faits l'ont dtermin voir1 dans cette disposition de terrain1 trois grandes poques de formation3 la #are poque1 celle qui plaa les sables2 la #b;e1 celle des eaux qui les roulrent et les triturrent2 la #c;e1 celle de l'existence des coquillages vivants4 ,enfin1 il remarque que le ct escarp de ces montagnes verse l'ouest1 tandis que la pente d'est est aise et sans correspondance opposite4 ,hors de la rgion des granits que je viens de dcrire1 il existe quelques cas d'exception1 dont les plus remarquables sont1 #a les montagnes entre ,harrisburg et ,sunbury sur le ,susquehannah1 composes en majeure partie de ce genre de pierre#dd2 #b une veine de granit-talkeux ou isinglass1 dont je parlerai ,,iv2 #c des blocs multiplis au pied de la chane sud-ouest en ,virginie1 principalement prs de ,milton sur ,fluvannah4 ,,ii4 ,rgion des grs4 ,ces grs de ,catskill forment le caractre distinctif de la #b;e rgion ou nature de sol1 laquelle comprend tout le pays montueux de ,blue-ridge1 d',alleghany1 de ,laurel-hill2 les sources du grand ,kanhawa2 le nud ou arc de l',alleghany1 et en gnral toute sa chane au sud jusqu' l'angle de la ,gorgie et l',apalache3 je perds sa trace l'ouest dans l'tat de ,tennessee et dans le chanon de ,cumberland2 et je ne puis assigner sa contiguit la rgion calcaire avec prcision3 dans le nord et le nord-est1 ses limites paraissent tre les sources de la ,susquehannah1 mme celles des lacs de ,gnsee1 et gnralement la rive droite de la ,mohawk et de l',hudson4 ,m4 le docteur ,smith-,barton1 de ,philadelphie1 qui1 au retour d'un voyage ,niagara1 en #agig1 traversa toute la ,haute-,pensylvanie1 ne cessa de voir les grs depuis ,tyuga jusqu' #i milles avant ,nazareth4 ,m4 ,guillemard1 dans sa route de ,philadelphie ,pittsburg par ,sunbury1 ne les a quitts qu' l'ouest de l',alleghany 7qui dans le canton est appel ,blue-hill71 en exceptant nanmoins quelques valles calcaires1 dont je parlerai#de3 enfin1 dans la ,virginie1 depuis ,charlotte-ville jusqu' la rivire ,gauley1 je les ai moi-mme trouvs abondants sur les #aj ou #ab chanons successifs que j'ai traverss1 en exceptant aussi les valles calcaires de ,staunton et de ,greenbrar4 ,quelquefois ces grs admettent le mlange du quartz blanc laiteux1 appel pierre flche1 que j'ai trouv abondant sur ,blue-ridge1 en allant de ,frederick-town ,harper's-ferry2 et quelquefois aussi du quartz gris qui est le noyau de ,blue-ridge1 l brche que lui a faite le ,potmac sous ,harper's-ferry2 quelques-uns des rocs de cette brche se trouvent tre de granit2 mais ils sont en petit nombre4 ,ces montagnes de grs ne sont pas aussi nues que cette nature de pierre pourrait le faire penser4 ,j'ai trouv leurs plus hautes cimes en ,virginie1 entre les rivires de ,greenbrar et de ,gauley1 couvertes de beaux arbres et d'herbes hautes et vivaces1 vgtant dans l'excellent terreau noir kentuckois1 qui est le caractre distinctif du pays d',ouest4 ,la rgion leve qui s'tend au-dessus du fort ,cumberland par-del les sources du ,potmac jusqu' celles de l',yohogany1 et qui est connue sous le nom de ,greenglades1 est une vritable ,suisse trs-riche en pturages1 dont la vigueur est entretenue pendant tout l't par des nuages1 des brouillards et des pluies fines qui1 cette poque1 manquent dans la plaine4 ,ce bienfait est d l'lvation d'environ #gjj mtres1 que nous avons ci-devant reconnue ce local3 il faut nanmoins ne pas tendre ces avantages aux chanons de ,gauley et ,laurel-hill1 qui sont rocailleux et secs4 ,le gographe vans n'value leurs parties cultivables qu' un #aj;e du tout2 et ses nombreux arpentages donnent son opinion une autorit prpondrante4 ,ces portions cultivables ne se trouvent que dans les valles qui1 l comme ailleurs1 enrichies des terres roules des montagnes1 sont gnralement les plus productives4 ,du ct du nord-ouest1 c'est--dire du ct des lacs de ,gnsee1 d',ontario et d'ri1 les grs se terminent une rgion de schistes ardoisins et de marne bleue trs-considrable1 puisqu'elle parat former le lit de ces lacs1 ainsi que l'attestent les sondes et les pierres du fond et des rives2 elle s'tend mme jusque sur les lits de charbon de la ,pensylvanie occidentale4 ,cette marne est pleine de coquilles fossiles4 ,on retrouve les bancs de ces schistes ,niagara1 et1 comme je l'ai dit1 tout le long du ,saint-,laurent jusqu' ,qubec4 ,nous avons vu qu'ils pavent aussi en grande partie le lit suprieur de l',hudson2 ce sont l leurs plus grands domaines connus3 on ne les aperoit ailleurs que par petits espaces4 ,hors de cette vaste rgion des grs que je viens de dcrire1 l'on peut citer quelques cantons de la mme nature pars dans les contres granitiques et calcaires2 mais ils y sont leur tour dans des cas d'exception2 tel est celui du canton de ,worcester en ,massachusets1 le plus considrable de cette espce qui me soit connu4 ,l'on ne peut l'assigner l',alleghany1 moins que l'on ne prouve sa continuit travers les rivires et les pays de ,hudson et de ,connecticut4 ,,iii4 ,rgion calcaire4 ,la troisime rgion1 celle des terres calcaires1 embrasse la totalit des pays d',ouest ou ,back-country1 situs au couchant des ,alleghanys1 et se prolonge1 selon la remarque de ,m4 ,mackenzie 7cite page #de71 dans le nord-ouest1 travers les rivires et les lacs jusqu'aux sources de la ,saskatchawine et la chane des monts ,chipawas4 ,tout ce qui m'est connu de ce pays1 depuis le ,tennessee jusqu'au ,saint-,laurent1 entre les montagnes et le ,mississipi1 a pour noyau un immense banc de pierres calcaires1 dispos presque horizontalement1 par lames ou feuillets d'un ou plusieurs pouces d'paisseur1 d'un grain uni1 serr1 gnralement gris2 dans le nord1 cette pierre calcaire est de l'espce cristallise1 dite calcaire primitif4 ,ce banc porte immdiatement une couche tantt d'argile1 tantt de gravier1 et par-dessus elle1 surface de terre1 une couche d'excellent terreau noir1 laquelle est plus paisse dans les bas-fonds o elle a jusqu' #ae pieds1 et plus mince sur les ondulations et hauteurs o elle n'a quelquefois que #f #h pouces4 ,cette circonstance1 de mme que le feuilletage du banc1 attestent videmment un travail antrieur des eaux de l',ocan4 ,dans le pays de ,pittsburg1 sur l',ohio1 dans le canton de ,greenbrar1 sur le ,kanhawa1 et dans tout le ,kentucky1 la sonde manifeste ce banc fondamental3 je l'ai vu nu dans le lit de toutes les rivires et de tous les ruisseaux du ,kentucky1 depuis le ,kanhawa jusqu'aux ,falls ou ,rapides d',ohio1 prs ,louisville4 ,sur la route de ,cincinnati jusqu'au lac ri1 je l'ai trouv servant de plancher tout le lit de la ,rivire-aux-glaises et du ,miami du lac ri2 il parat que ce lac est assis sur un fond de schiste noirtre1 mais parmi ses chantillons1 l'on trouve beaucoup de calcaire4 ,c'est encore un banc calcaire qui porte le ,saint-,laurent la chute de ,niagara1 et qui de l se prolongeant dans le ,gnsee1 semble accompagner le lit du ,saint-,laurent jusqu' ,qubec4 ,il est vrai que dans toute cette partie du nord1 le calcaire est de l'espce dite calcaire primitif et cristallis1 comme me l'ont indiqu des chantillons que les colons de ,gnsee tirent en perant leurs puits4 ,ce sont les dislocations et les fractures de ces bancs qui causent les entonnoirs et gouffres dont j'ai parl 7chap4 ,,iii1 ,ier71 o se perdent les eaux des pluies et mme des rivires4 ,j'en ai vu des exemples curieux ,greenbrar1 en ,virginie1 et ,sinking-spring en ,gnsee1 o une source se montre au fond d'un entonnoir1 et immdiatement six pieds de l se replonge sous terre3 ce sont aussi ces cours d'eaux souterraines qui produisent les vents de quelques cavernes1 telle que celle cite par ,m4 ,jefferson1 dans le chanon de ,calf-pasture#df4 ,depuis ,louisville jusqu' la rivire#dg blanche1 o il finit brusquement1 j'ai encore trouv tous les ruisseaux et rivires coulant nu sur le banc calcaire kentuckois4 ,quelques voyageurs amricains1 en voyant mes chantillons1 m'ont assur que le ,holstein1 branche nord de la ,tennessee1 coulait sur un fond semblable3 je regrette de n'avoir pu obtenir de bons renseignements sur le sol qui s'tend au del1 dans la ,georgie et dans la ,floride4 ,a ,louisville1 la premire couche superficielle sur la haute banquette du fleuve est un terreau noir de #c pieds d'paisseur2 sous ce terreau est une couche de sable maigre de #ad #ae pieds d'paisseur sans coquillages1 puis une autre couche de sable de #f #aj pouces avec coquillages2 puis un gravier assez gros jusqu'au fond du fleuve1 dont l'core #be pieds de hauteur totale4 ,a quatre milles de ,louisville1 vers l',est#dh1 en rentrant dans l'intrieur des terres1 la premire couche superficielle de terreau n'a plus que #bj pouces d'paisseur2 et plus loin1 #d milles de ,francfort#di1 elle n'a plus que #ae pouces3 dans ces deux endroits elle a sous elle une couche d'argile de #bd #cf pouces1 qui ne se trouve point auprs du fleuve4 ,sous cette argile est le banc calcaire1 qu'il faut percer avec beaucoup de peine pour arriver un lit de gravier et d'argile o reposent les eaux non tarissantes des puits4 ,a l'endroit que j'ai cit prs de ,louisville1 le banc a #c pieds d'paisseur1 et l'on trouve ces eaux non tarissantes #ah pieds de profondeur totale1 depuis la surface du sol2 en d'autres endroits l'paisseur du banc parat plus considrable3 les roches qui forment les ,falls ou rapides de l',ohio1 sous ,louisville1 appartiennent ce grand banc calcaire4 ,dans les basses eaux1 l'on a recueilli beaucoup de ptrifications sa surface1 mais elles y taient importes et non incrustes4 ,je n'ai jamais vu de fossiles incrusts dans la pte du grand banc souterrain4 ,ce fait m'a d'autant plus tonn1 que1 prs de ,francfort1 l'habitation de ,m4 ,ins1 juge1 me promenant avec lui sur la cime d'un chanon lev d'environ #ajj pieds au-dessus du ruisseau ,elk-horn1 qui le perce1 nous trouvmes dans le bois une multitude de grosses pierres totalement ptries de coquilles fossiles4 ,a ,cincinnati1 sur la seconde banquette de l',ohio1 j'ai retrouv les mmes pierres ptries de coquilles2 enfin le docteur ,barton en a recueilli de semblables sur les hauteurs d',onondago1 dans l'tat de ,new-,york1 une distance de plus de #aij lieues1 avec la seule diffrence que ses chantillons sont bleu-ardoise1 et les miens de couleur rose-violet#ej4 ,hors du pays d',ouest et de la rgion que je viens de dcrire1 il n'existe que deux cantons calcaires1 dignes de faire exception par leur tendue3 l'un situ dans la longue valle que forment entre eux les sillons de ,blue-ridge et de ,north-mountain1 depuis la ,delaware1 au-dessus d',easton et ,bethlem1 jusqu'aux sources de la rivire ,shenandoa1 et mme par-del le fleuve ,james1 au grand arc de l',alleghany2 car le comt de ,botetourt qui occupe cette dernire partie1 est appel le comt de la ,chaux1 attendu qu'il en fournit tout le pays l'est de ,blue-ridge o l'on n'en a pas4 ,rockbridge est aussi en grande partie calcaire1 ainsi que tout le pays de ,shenandoa jusqu'au ,potmac4 ,une seconde partie de la valle1 celle qui s'tend du ,potmac la ,susquehannah1 comprend le bassin des rivires ,grand-,connegocheague et ,connedogwinit1 o sont situs les territoires de ,chamber's-burg1 de ,shipen's-burg1 et de ,carlisle1 clbres par leur fertilit4 ,la troisime partie1 qui s'tend de la ,susquehannah la ,delaware1 occupe le bassin de la rivire ,swetara2 traverse avec quelques lacunes les branches du ,schuylkill1 et se termine vers ,easton et ,nazareth1 dont les terrains ont aussi de la rputation4 ,sa limite montueuse1 au nord-est1 est le sillon ,kittatini1 prolongement de ,north-mountain2 et au sud-est1 le sillon connu dans le pays sous les divers noms de ,south-mountain1 ,flying-hills1 ,holy-hille2 mais qui1 comme je l'ai dit1 n'est que le prolongement direct de ,blue-ridge4 ,cette circonscription d'une mme valle calcaire1 depuis l'arc d',alleghany jusqu' ,easton1 par #b chanes latrales1 devient elle-mme une preuve de l'identit que j'attribue leurs prolongements4 ,l'autre canton calcaire1 contigu celui-ci1 s'tend au revers oriental de ,blue-ridge1 depuis la brche du ,potmac jusqu'aux approches du ,schuylkill dans le comt de ,lancastre4 ,il a pour limites prcises au sud-ouest et au sud1 le ,potmac et le lit du ,grand-,monocacy1 qu'il ne traverse pas l'est3 il comprend le territoire de ,frederick-town1 la majeure partie du cours du ,pataspco1 et les pays d',york et de ,lancastre1 qui sont considrs juste titre comme les greniers de la ,pensylvanie2 enfin il parat se perdre entre ,noristown et ,rocksbury sur le ,schuylkill3 le reste de sa frontire1 depuis le ,monocacy jusqu'au ,schuylkill1 n'est point trac par des hauteurs1 quoique ce soit un point de partage de plusieurs eaux1 et il ne donne point ce canton le caractre de valle que l'on observe dans les autres districts calcaires4 ,il y a1 entre le calcaire de l',ouest et celui de ces deux cantons de l',est1 deux diffrences remarquables3 la premire est que la pte des bancs calcaires de l',est est gnralement de couleur bleue assez fonce1 et trs mle de veines blanches de quartz1 tandis que la pte de la grande couche calcaire de l',ouest1 surtout en ,kentucky1 est de couleur grise1 d'un grain homogne et feuillet4 ,la seconde diffrence est que le banc de l',ouest est1 ainsi que je l'ai dit1 presque horizontal1 et formant comme une table universelle sous le pays4 ,dans l',est1 au contraire1 c'est--dire dans les comts de ,botetourt1 de ,rockbridge1 de ,staunton1 de ,frederick-town1 d',york1 de ,lancastre1 et jusqu' ,nazareth1 le calcaire est gnralement confus et comme boulevers3 lorsque ses bancs observent des inclinaisons rgulires l'horizon1 on remarque que c'est le plus communment de #dj #ej degrs2 avec cette nuance singulire1 que dans la valle entre ,north-mountain et de ,blue-ridge1 l'angle est toujours moins considrable1 c'est--dire au-dessous de #de1 tandis que dans les pays de ,lancastre1 ,york et ,frederick-town 7hors des montagnes71 l'angle est plus habituellement au-dessus de #de2 et ce cas a lieu pour tous les autres bancs1 soit de granit1 soit de grs1 qui sont moins inclins dans les montagnes1 et plus inclins en s'approchant de la mer4 ,a la cascade du ,schuylkill1 prs ,philadelphie1 les bancs d'isinglass sont inclins #gj3 sur l',hudson1 ils vont jusqu' #ij4 ,de ces derniers faits1 l'on a droit de conclure que toute la cte atlantique a t bouleverse par des tremblements de terre auxquels nous verrons ci-aprs qu'elle est trs-sujette1 tandis que le pays l'ouest des ,alleghanys n'en a pas t tourment4 ,aussi le docteur ,barton assure-t-il que les mots tremblements de terre et volcan manquent aux langues des indignes de l'ouest1 tandis qu'ils sont usits et familiers dans les dialectes de l'est4 ,aux tremblements de terres1 s'associent ordinairement les volcans1 et l'on trouve en effet beaucoup de basaltes dans l',alleghany et dans ses valles2 il faudrait des recherches expresses pour mieux dsigner les anciens cratres4 ,je ne puis dire s'il y a ou s'il n'y a pas de coquillages fossiles dans les bancs de l'est dont je viens de parler2 seulement je sais que l'on en a observ dans le calcaire primitif des environs du lac ,ontario et de ,niagara#ea4 ,l'on pourrait encore citer des veines et rameaux calcaires hors de ces rgions principales2 il y en a dans le district de ,maine qui fournissent la chaux ,boston4 ,la ,pointe-aux-roches1 sur le lac ,champlain1 est calcaire1 et sans doute d'autres parties de ce lac2 plusieurs cantons le sont aussi aux environs de ,new-,york2 mais l'exemple le plus singulier que je connaisse dans les tats du sud1 est celui d'un sillon qui n'a pas plus de #ae yards ou #ad mtres de largeur moyenne1 et quelquefois seulement #c mtres1 et qui cependant s'tend plus de soixante-six lieues1 continues depuis le ,potmac jusqu'au ,roanoke3 comme cette veine est habituellement la surface du sol1 on suit sa trace avec d'autant plus de certitude qu'elle est la seule fournir de chaux tout le plat pays4 ,elle ne s'carte pas de plus de #c #e milles du sillon rouge ou south-west-mountain auquel elle est parallle4 ,,iv4 ,rgions de sables marins4 ,la quatrime rgion1 forme de sables marins1 comprend toute la plage depuis ,sandy ,hook1 en face de l',ile-,longue jusqu' la ,floride3 sa limite dans l'intrieur des terres est un banc ou sillon de granit talqueux1 dit roche feuillete#eb ou isinglass1 qui court constamment dans le sens de la cte1 c'est--dire de nord-est sud-ouest2 ce sillon ou banc part de l'extrmit des chanes granitiques de la rive droite de l',hudson1 peut-tre mme du rivage en face de l',ile-,longue1 d'o je prsume que les rocs se continuent sous la mer1 et il s'tend jusqu' la ,caroline du nord par-del le fleuve ,roanoke1 sous la forme d'un mince sillon1 large au plus de #b #f milles1 sur une longueur de prs de #ejj4 ,dans toute cette ligne1 ce sillon1 comme l'a trs-bien observ ,evans1 marque sa route par les cascades qu'il fait subir tous les fleuves avant leur arrive la mer2 ces cascades elles-mmes sont la limite extrme du flux et du reflux des mares4 ,ainsi le sillon d',isinglass coupe la ,delaware ,trenton1 le ,schuylkill #b milles au-dessous de ,philadelphie1 la ,susquehannah au-dessus du ,creek ou ruisseau ,octarora2 le ,gunpowder au-dessus de ,joppa2 le ,patapsco au-dessus de ,elk-ridge2 le ,potmac ,george-town2 le ,rappahannock1 au-dessus de ,fredericksburg2 le ,pamunky1 au-dessous de ses #b branches 7#ej milles au-dessus de ,hanover72 le ,james ,richmond2 l',appamatox au-dessus de ,petersburg1 et le ,reanoke au-dessus d',halifax4 ,l'on n'a point observ de fossiles dans tout ce banc4 ,entre lui et la mer1 le sol dans une largeur variable de #cj #ajj milles1 est un sable videmment apport par l',ocan1 qui jadis eut pour rivage la ligne du sillon lui-mme4 ,aux embouchures et sur les bords des rivires1 quelques terres argileuses venues des montagnes par des dbordements1 forment avec ce sable un mlange fertile3 le gographe ,evans a mme reconnu un banc souterrain d'argile jaune1 de #c #d milles de largeur1 plac longitudinalement entre le sillon et le rivage1 et qui1 donnant du corps aux sables adjacents1 les rend propres faire de bonnes briques1 ainsi qu'on le voit ,philadelphie3 hors ces deux cas1 ce sable est le mme que celui de la mer voisine1 c'est--dire blanc1 fin et profond jusqu' #bj pieds4 ,peter ,kalm1 voyageur sudois1 en #agdb1 a observ qu'en ,pensylvanie et en ,new-,jersey1 les couches sont comme il suit3 #a ,terre vgtale1 #aj #ab pouces1 ci #apd4 #b ,sable ml d'argile1 #f #g pieds1 ci #g #c ,graviers et cailloux rouls tenant des hutres et des clams1 tels qu'ils vivent encore sur la cte1 de #c #e pieds1 ci #e #d ,une couche de vase noire1 ftide1 remplie de roseaux et de troncs d'arbres1 dont il ne donne pas l'paisseur4 ,cette couche qui gte toutes les eaux des puits1 se trouve ,philadelphie entre #ad et #ah pieds de profondeur3 ,raccoon en ,new-,jersey1 entre #cj #dj pieds2 ,washington1 je l'ai vue moi-mme #ah pieds dans la maison de ,m4 ,law1 dont elle corrompt le puits4 #e ,sous tous ces bancs1 une couche d'argile o s'arrtent les eaux3 l'on me demandera peut-tre sur quoi porte cette couche d'argile1 mais je ne connais point de sondes infrieures1 et puis il faut bien s'arrter quelque part1 sous peine d'arriver1 comme les ,indiens1 la tortue qui porte le monde4 ,lorsque l'on considre que le noyau de l'le ,longue est un granit talcqueux2 que les pointes de roche et les rcifs qui se montrent d'espace en espace jusqu' la baie ,chesapeak1 et mme par-del ,norfolk1 sont de ce mme granit2 que toutes les roches du cap ,hatteras en sont encore1 on est tent de le regarder comme le noyau fondamental de la cte2 mais l'inclinaison des bancs dans la ligne des cascades1 qui est de #gj degrs celle du ,schuylkill1 et jamais de moins de #ej degrs de l'est l'ouest1 en offrant une direction contraire1 tend plutt prouver que ces bancs servent de soutien la rgion intrieure sous laquelle leurs tables s'enfoncent#ec4 ,v4 ,rgions d'alluvions fluviales4 ,la cinquime et dernire rgion est le pays qui1 depuis le sillon des cascades1 s'lve en ondulation jusqu'au pied des montagnes de grs ou de granit4 ,sa limite est moins facile tracer dans la ,gorgie occidentale o le sillon d'isinglass ne se montre pas4 ,ce terrain a pour caractre d'tre ondul1 tantt par mamelons isols1 tantt par sillons de petites collines3 d'tre compos de diverses espces de terres et de pierres1 tantt confuses1 tantt ranges par couches1 qui s'interrompent ou se succdent plusieurs fois depuis les montagnes jusqu' la plage maritime1 en offrant toujours les caractres de matriaux rouls par les eaux des pentes suprieures3 et telle est en effet l'origine de toute cette contre4 ,lorsque l'on calcule le volume1 la rapidit1 le nombre de tous ses fleuves2 de la ,delaware1 du ,schuylkill1 de la ,susquehannah1 du ,potmac1 du ,rapahannock1 de l',york1 du ,james1 etc43 lorsqu'on observe que la plupart d'entre eux1 long-temps avant leurs embouchures1 ont des lits larges depuis #fjj jusqu' #b1jjj toises1 sur une profondeur de #bj #ej pieds3 que dans leurs dbordements annuels ils noient quelquefois le plat pays #bj pieds de hauteur1 l'on conoit que de telles masses d'eaux ont d oprer des mouvements prodigieux de terrain1 alors surtout que dans les sicles reculs les montagnes plus leves donnaient plus d'imptuosit leur cours2 que les arbres des forts entrans par milliers donnaient plus de force et d'aliments leurs ravages2 que des glaces amonceles pendant des hivers de #e #f mois produisaient des dbcles normes1 telles qu'en #aghd la ,susquehannah en montra en exemple effrayant1 lorsqu'elle amoncela1 au dtroit de ,mac ,calls' ,ferry sous ,colombia1 une digue de plus de #cj pieds de glaces1 dont l'obstacle faillit de noyer toute la valle4 ,a ces poques de la nature o l',ocan baignait immdiatement le pied des montagnes1 comme le prouvent les dlaissements que l'on y rencontre de toutes parts1 ces montagnes plus leves1 en ce qu'elles n'avaient encore rien perdu de ce que leur ont enlev depuis les sicles et la chute continue des eaux1 donnaient1 par leur hauteur et par la roideur de leurs pentes1 une action bien plus puissante ces eaux2 leurs sommets plus froids taient couverts plus long-temps de neiges plus abondantes1 de glaciers plus considrables3 et lorsque la chaleur des ts plus courts sans doute1 mais non moins intenses1 fondait ces neiges et ces glaces1 les torrents qui en rsultaient dchiraient les pentes plus garnies de terres1 creusaient des ravins plus profonds1 y faisaient tomber les arbres mins par leurs racines1 et entranaient d'immenses dbris qui s'entassaient sur les dernires rampes des montagnes3 dans les annes suivantes1 d'autres dbris venaient embarrasser les routes des annes antrieures2 les torrents arrts par leurs propres digues acquraient de nouvelles forces en croissant de volume1 et1 les attaquant sur plusieurs points1 il les renversaient par les parois les plus faibles3 alors ils se frayaient des routes nouvelles et variables travers des vases plus molles1 parce que les matriaux les plus pesants restaient toujours en arrire1 faute de pente et d'impulsion2 par ce mcanisme continu pendant des sicles1 d'anciens lits de torrents devinrent des vallons2 d'anciens rivages et terrains d'alluvion devinrent des ctes et des plaines2 et les fleuves descendant de niveaux en niveaux1 abandonnant de pente en pente leurs plus lourds fardeaux1 dposant successivement les plus lgers et les plus solubles1 empitrent sans cesse sur le domaine de l',ocan par des comblements de sables1 de vases1 de cailloux rouls et d'arbres qui lirent tous ces matriaux4 ,le ,mississipi encore aujourd'hui nous offre le spectacle instructif de toutes ces grandes oprations4 ,l'on calcule que depuis #agbj jusqu'en l'anne #ahjj1 c'est--dire en #hj ans#ed1 il a pouss son comblement d'environ #ae milles dans la mer1 c'est--dire environ #bf1jjj mtres3 ainsi1 sous les yeux de trois gnrations1 il a cr son embouchure un pays nouveau qu'il accrot chaque jour1 et dans lequel il entasse des mines de charbon pour les sicles futurs4 ,telle est la clrit de son comblement qu' la ,nouvelle-,orlans1 #ajj lieues au-dessus de l'embouchure actuelle1 un canal creus dernirement par le gouverneur baron de ,carondelet1 depuis le fleuve jusqu'au lac ,pontchartrain1 a mis dcouvert un terrain intrieur totalement form de vases noires1 et de troncs d'arbres entasss plusieurs pieds de profondeur1 qui n'ont encore eu le temps ni de se pourrir1 ni de se convertir en charbon4 ,les deux rives ou banquettes du fleuve tout entires sont formes de troncs d'arbres ainsi enfoncs et maonns de vase1 dans une tendue de plus de #cjj lieues1 et il les a tellement exhausses1 qu'elles lui forment une digue latrale de #ab #af pieds d'lvation au-dessus du sol adjacent1 gnralement plus bas1 et que dans les crues de chaque anne1 qui sont d'environ #h mtres1 les eaux exubrantes ne peuvent plus rentrer dans le fleuve1 et forment des marais vastes et nombreux1 qui un jour deviendront des moyens de richesses1 mais qui prsentement sont des obstacles la culture et la population4 ,,chapitre ,v4 ,des lacs anciens qui ont disparu4 ,il existe encore dans la construction des montagnes des tats-,unis une autre circonstance plus caractrise que partout ailleurs1 qui a d singulirement augmenter l'action et varier les mouvements des eaux3 lorsqu'on examine avec attention le terrain et mme les cartes qui le reprsentent1 l'on remarque que les chanes principales ou sillons d',alleghany1 de ,blue-ridge1 etc41 se trouvent tous dirigs en sens transverse au cours des grands fleuves1 et que pour se faire jour du sein des valles vers la mer1 ces fleuves ont t contraints de percer les sillons et d'en renverser la barrire4 ,ce travail se montre avec vidence dans la ,james1 le ,potmac1 la ,susquehannah1 la ,delaware1 etc41 lorsque ces fleuves sortent de l'enceinte des montagnes pour entrer dans le pays infrieur2 mais l'exemple qui m'a le plus frapp sur les lieux est celui du ,potmac1 #c milles au-dessous de l'embouchure de la ,shenandoa4 ,je venais de ,frederick-town1 distant d'environ #bj milles1 et je marchais du sud-est vers le sud-ouest par un pays bois et ondul2 aprs avoir travers un premier sillon assez bien marqu1 quoique de pente aise1 je commenai voir devant moi1 #aa ou #ab milles vers l'ouest1 le chanon de ,blue-ridge1 semblable un haut rempart couvert de forts et perc d'une brche du haut en bas4 ,je redescendis dans un pays ondul et bois qui m'en sparait encore1 et enfin m'tant rapproch1 je me trouvai au pied de ce rempart qu'il fallait franchir1 et qui me parut haut d'environ #cej mtres#ee4 ,en me dgageant des bois1 je vis dans son entier une large brche que bientt je jugeai tre de #ab #ac cents mtres de largeur4 ,au fond de cette brche coulait le ,potmac1 laissant de mon ct sur sa gauche une rive ou pente praticable1 large comme lui-mme1 et sur sa droite serrant immdiatement le pied de la brche3 sur les deux parois de cette brche1 et du haut en bas1 beaucoup d'arbres sont implants parmi les rocs1 et masquent en partie le local du dchirement2 mais vers les deux tiers de la hauteur du flanc droit du fleuve1 un grand espace pic qui a refus de les recevoir1 montre nu les traces et les caricatures de l'ancienne attache ou muraille naturelle1 forme de quartz gris1 que le fleuve vainqueur a renverse1 en roulant ses dbris plus loin dans son cours2 quelques blocs considrables qui lui ont rsist demeurent encore comme tmoins peu de distance4 ,le fond de son lit l'endroit mme est hriss de roches fixes qu'il ne brise que peu peu4 ,ses eaux rapides tournoient et bouillonnent travers ces obstacles1 qui dans un espace de #b milles forment des falls ou rapides trs-dangereux4 ,je les vis couverts des dbris de bateaux naufrags peu de jours auparavant#ef1 qui avaient perdu #fj barils de farine4 ,a mesure que l'on s'avance dans ce dfil1 il se resserre au point que le fleuve ne laisse plus libre qu'une voie de charrette1 qui mme est inonde dans ses hautes crues4 ,les flancs de la montagne donnent jour une foule de sources qui dgradent encore cette voie en plusieurs endroits2 et comme sa majeure partie est de pur roc1 de quartz gris et de grs1 et mme de granit1 je tiens pour impossible le canal que l'on y projette3 au bout de #c milles on arrive au confluent de la rivire ,shenandoa3 elle sort brusquement main gauche du revers escarp de ,blue-ridge1 qu'elle serre et ronge dans son cours4 ,j'estime sa largeur1 cet endroit1 environ le tiers de celle du ,potmac1 qui m'a paru avoir #bjj mtres4 ,un peu plus haut1 on traverse ce dernier fleuve au bac de ,harper 7,harper's ,ferry71 et par un coteau rapide on monte l'auberge du lieu4 ,de ce point saillant1 le dfil se prsente comme un grand tuyau o la vue resserre ne rencontre que des rocs et la verdure des arbres1 sans pouvoir pntrer jusqu' l'extrmit1 vers la brche4 ,quand on vient de ,frederick-town1 l'on ne voit pas non plus la riche perspective dont les notes de ,m4 ,jefferson font mention2 sur l'observation que je lui en fis peu de jours aprs1 il m'expliqua qu'il tenait sa description d'un ingnieur franais qui1 pendant la guerre de l'indpendance1 s'tait port sur le haut de la montagne2 et je conois qu' cette lvation la perspective doit tre aussi imposante que le comporte un pays sauvage dont l'horizon n'a pas d'obstacles4 ,plus j'ai considr ce local et ses circonstances1 plus je me suis persuad que jadis le sillon de ,blue-ridge1 dans son intgrit1 fermait absolument tout passage au ,potmac1 et qu'alors toutes les eaux du cours suprieur de ce fleuve prives d'issue1 et accumules au sein des montagnes1 formaient plusieurs lacs considrables4 ,les nombreuses chanes transverses qui se succdent depuis le fort ,cumberland n'ont pu manquer d'en tablir l'ouest de ,north-mountain4 ,d'autre part1 toute la valle de ,shenandoa et de ,conegocheague dut n'en former qu'un seul depuis ,staunton jusqu' ,chambersburg2 et parce que le niveau des collines1 mme d'o ces deux rivires tirent leurs sources1 est de beaucoup infrieur aux chanes ,blue-ridge et ,north-mountain1 il est vident que ce lac dut n'avoir d'abord pour limites que la ligne gnrale du sommet de ces deux grands sillons2 en sorte qu'aux premires poques il dut s'tendre et s'appuyer comme eux jusqu'au grand arc de l',alleghany vers le sud4 ,alors les deux branches suprieures du fleuve ,james1 galement barres par ,blue-ridge1 devaient l'augmenter de toutes leurs eaux2 tandis que1 vers le nord1 le niveau gnral du lac ne trouvant point d'obstacles1 dut se prolonger entre ,blue-ridge et le sillon de ,kittatini1 non-seulement jusqu' la ,susquehannah et au ,schuylkill1 mais encore par-del le ,schuylkill et mme la ,delaware4 ,alors tout le pays infrieur1 celui qui spare ,blue-ridge de la mer1 n'avait que de moindres rivires fournies par les pentes orientales de ,blue-ridge1 et par le trop plein du grand lac1 vers du haut de ses sommets4 ,par suite de cet tat les rivires devaient y tre moindres1 le sol gnralement plus plat2 le sillon de granit talkeux ou isinglass1 devait arrter les eaux et former des lagunes marcageuses4 ,la mer devait venir jusqu' son voisinage1 et y occasioner d'autres marais de l'espce de ,dismal ,swamp1 prs de ,norfolk2 et si le lecteur se rappelle la couche de vase noire mle de roseaux et d'arbres que la sonde trouve partout enfouie sous la cte1 il y verra la preuve de toute cette hypothse4 ,avec le secours des tremblements de terre trs-frquents sur toute la cte atlantique1 ainsi que je l'expliquerai1 les eaux1 qui ne cessrent d'attaquer et de miner les sommets qui leur servaient de digues1 s'y formrent des issues2 du moment que des volumes plus considrables purent s'chapper1 les brches s'accrurent davantage et plus rapidement2 et l'action puissante des cascades1 dmolissant le sillon du haut en bas1 finit par livrer passage la plus forte masse du lac3 cette opration a d tre d'autant plus facile1 que ,blue-ridge1 en gnral1 n'est pas une masse homogne cristallise par de vastes bancs1 mais un amas de blocs spars1 plus ou moins gros1 entremls d'une terre vgtale qui se dlaie facilement3 c'est une vritable digue maonne de terre grasse2 et1 comme ses pentes sont trs-escarpes1 il arrive frquemment que les dgels et les grandes pluies1 enlevant cette terre1 privent les blocs de leur appui1 et alors la chute d'une ou de plusieurs masses y cause des boulements et des espces d'avalanches de pierres trs-considrables1 et qui durent pendant plusieurs heures2 par cette circonstance les cascades du lac drent exercer cette action d'autant plus rapide et plus efficace4 ,leurs premires tentatives ont laiss des traces dans ces gaps ou cols qui1 d'espace en espace1 font des dentelures la ligne des sommets2 l'on voit clairement sur les lieux que ce furent de premiers versoirs du trop-plein1 abandonns ensuite pour d'autres versoirs qui se dmolirent plus aisment4 ,l'on conoit que l'coulement des lacs dut changer tout le systme du pays infrieur3 alors furent roules toutes ces terres de seconde formation qui composent la plaine actuelle4 ,le banc d',isinglass1 forc par des dbordements plus frquents et plus volumineux1 creva sur plusieurs points1 et ses marcages1 mis sec1 coulrent leurs vases et les joignirent ces vases noires du littoral1 qu'aujourd'hui nous trouvons enfouies sous les terres d'alluvions1 apportes depuis par les fleuves agrandis4 ,dans la valle entre ,blue-ridge et ,north-mountain1 les changements furent relatifs la manire dont se fit l'coulement4 ,plusieurs brches1 ayant la fois ou successivement livr passage aux cours d'eaux appels maintenant ,james1 ,potmac1 ,susquehannah1 ,schuylkill1 ,delaware1 leur lac gnral et commun se partagea en autant de lacs particuliers spars par les ondulations de terrain qui excdrent leurs niveaux2 chacun de ces lacs eut son versoir particulier1 jusqu' ce qu'enfin ce versoir se trouvant min au plus bas niveau1 les terres furent totalement dcouvertes4 ,cet vnement a d tre plus ancien pour les rivires ,james1 ,susquehannah et ,delaware1 parce que leurs bassins sont plus levs4 ,il a d arriver plus rcemment au fleuve ,potmac1 par la raison inverse que son bassin est le plus profond de tous3 il serait dsirer que quelque jour le gouvernement des tats-,unis1 ou quelque socit savante du pays voult charger d'habiles ingnieurs de faire des recherches sur cet intressant sujet2 il en rsulterait infailliblement1 l'appui de ce que je viens de dire1 des preuves de dtail et des vues nouvelles du plus grand avantage pour la connaissance des rvolutions qu'a subies notre globe4 ,je ne puis dterminer jusqu'o la ,delaware tendit alors1 vers l'orient1 le reflux de ses eaux4 ,il parat que son bassin fut born par le sillon qui ctoie sa rive gauche1 et qui est le prolongement apparent de ,blue-ridge et de ,north-mountain4 ,il est probable que son bassin a toujours t spar de celui de l',hudson1 comme il est certain que l',hudson en a eu un particulier dont la limite et la digue furent au-dessus de ,west-,point1 l'endroit appel ,highs-lands 7,terres-hautes74 ,pour tout spectateur de ce local1 il semble incontestable que le chanon transverse qui porte ce nom a autrefois barr le fleuve et contenu ses eaux une hauteur considrable2 et lorsque j'observe que la mare remonte jusqu' #aj milles au-del d',albany1 ce niveau si bas dans une si grande tendue1 compar l'lvation des montagnes qui enveloppent ce bassin1 me fait penser que le lac dut se prolonger jusqu'aux rapides du fort douard1 peut-tre mme communiquer avec les lacs ,george et ,champlain1 et dans cet tat rendre insensible la chute de la ,mohawk 7le ,cohoes7 dont il dpassait le niveau3 cette chute ne put se former qu'aprs l'coulement du lac par la brche de ,west-point3 et l'existence de ce lac1 en expliquant les traces d'alluvions1 de coquilles ptrifies1 de bancs de schistes et d'argiles cits par le docteur ,mitchill1 prouve la justesse des inductions de cet observateur judicieux sur la prsence stationnaire d'anciennes eaux4 ,ce sont aussi ces lacs anciens1 maintenant sec par la rupture de leurs digues1 qui expliquent les banquettes correspondantes #a ou #b tages1 que l'on observe sur les rives de la plupart des rivires d',amriques2 elles sont surtout remarquables dans celles du pays d',ouest1 telles que la ,tennessee1 la ,kentucky1 le ,mississipi1 le ,kanhawa et l',ohio3 je vais dvelopper ce fait par la figure du lit de ce dernier fleuve1 l'endroit appel ,cincinnati1 ou fort ,washington1 quartier-gnral de ,northwest-territory4 aa est le du lit fleuve dans les plus basses eaux1 tel que je l'ai vu au mois d'aot #agif4 bb est son core1 presque verticale1 forme de couches de gravier1 de sable et de terreau1 et mine par les grandes eaux de chaque printemps2 cette core a presque #ej pieds de hauteur4 cc est une premire banquette large de #djj pas ou #ijj pieds1 aussi forme de gravier et de cailloux rouls3 les hautes crues arrivent sur cette banquette1 et lavent de plus en plus le gravier et les cailloux#eg4 dd est un talus rampe douce d'environ #cj pieds de hauteur1 compos de diverses couches de gravier et de terreau pleins de coquilles fossiles et de substances fluviatiles que l'on observe galement dans l'core3 les hautes eaux ne dpassent jamais ce talus4 ee est une seconde banquette qui s'tend jusqu'au pied des collines latrales1 et sur laquelle est assise la ville rcente de ,cincinnati#eh3 telle est la rive droite du fleuve4 ,sa rive gauche rpte l'opposite les mmes banquettes1 les mmes talus1 par niveaux correspondants3 en d'autres endroits ces banquettes ne se montrent que d'un ct2 mais alors la rive oppose est tantt une cte escarpe sur laquelle le fleuve n'a pu marquer de traces fixes1 tantt une plaine si large1 que l'il ne va pas chercher au pied des collines lointaines les traces qu'il y trouverait4 ,lorsque l'on examine la disposition de ces banquettes1 de leurs couches1 de leurs talus1 et la nature de leurs substances1 l'on demeure convaincu que mme la partie la plus leve de la plaine1 celle qui s'tend de la ville aux collines1 a t le sige des eaux1 et mme le lit primitif du fleuve1 qui parat en avoir eu #c des poques diffrentes4 ,la premire de ces poques fut le temps o les sillons transverses des collines1 encore entiers1 comme je l'ai expliqu plus haut1 barrrent le fleuve1 et1 lui servant de digues1 tinrent ses eaux au niveau de leurs sommets4 ,alors tout le pays soumis ce niveau tait un grand lac ou marcage d'eaux stagnantes4 ,par le laps des temps1 et par l'effet annuel et priodique des fontes de neiges et de leurs dbordements1 les eaux rongrent quelques endroits faibles de la digue3 l'une des brches ayant cd au courant1 tout l'effort des eaux s'y rassembla1 la creusa plus profondment1 et abaissa ainsi le niveau du lac de plusieurs mtres4 ,cette premire opration dgagea la plaine ou banquette suprieure ee1 et les eaux du fleuve1 encore lac1 eurent pour lit la banquette cc1 et pour rivage le talus dd4 ,le temps o les eaux demeurrent dans ce lit fut la seconde poque4 ,la troisime eut lieu lorsque la cascade ayant encore t surbaisse par le courant plus concentr et plus actif1 le fleuve se creusa un lit plus troit et plus profond1 qui est l'actuel1 et laissa la banquette cc habituellement sec4 ,il est probable que l',ohio a t barr en plus d'un endroit1 depuis ,pittsburg jusqu'aux rapides de ,louisville3 lorsque je le descendis depuis le ,kanhawa1 n'tant pas prvenu de ces ides qu'un ensemble postrieur de faits m'a suggres1 je ne dirigeai pas une attention spciale sur les chanons transverses que je rencontrai2 mais je me suis rappel en avoir remarqu plusieurs assez considrables1 particulirement vers ,gallipolis et jusqu'au ,sciotah1 trs-capables de remplir cet objet2 ce ne fut qu' mon retour de ,poste-,vincennes sur ,wabash1 que je fus frapp de la disposition d'un chanon situ au-dessous de ,silver-creek#ei1 environ #e milles des rapides d',ohio3 ce sillon1 dsign vaguement par les voyageurs canadiens1 sous le nom des ctes1 traverse du nord au sud le bassin de l',ohio3 il a forc le fleuve de changer sa direction d'est vers ouest1 pour aller chercher une issue qu'en effet il trouve au confluent de ,salt-river2 et mme l'on dirait qu'il a eu besoin des eaux abondantes et rapides de cette rivire1 et de ses nombreux affluents pour percer la digue qui le barrait4 ,la pente assez rapide de ces ctes1 quoique par un sentier commode1 exige environ un quart d'heure pour tre descendue2 et par comparaison d'autres lvations1 elle m'a paru donner une lvation perpendiculaire d'environ #djj pieds4 ,le sommet est trop couvert de bois pour que l'on puisse voir le cours latral de la chane2 mais l'on aperoit qu'elle se prolonge fort loin au nord et au sud1 et qu'elle ferme le bassin d',ohio dans toute sa largeur4 ,vu du sommet1 ce bassin prsente tellement l'aspect et les apparences d'un lac que l'ide de son ancienne existence1 dja prpare par tous les faits que j'ai exposs1 prit pour moi tous les caractres de la probabilit et de la vraisemblance3 d'autres circonstances locales viennent l'appui de cette vraisemblance2 car j'ai remarqu que depuis ce chanon jusqu'au del de ,white-river 7la rivire blanche71 huit milles de ,poste-,vincennes1 le pays est entrecoup d'une foule de sillons souvent levs et rapides1 qui rendent la route pre et pnible3 ils sont tels1 surtout aprs ,blue-river et sur les deux rives de ,white-river2 ils tiennent partout une direction qui les fait tomber sur l',ohio en sens transverse4 ,d'autre part1 j'ai su ,louisville que la rive ,kentukoise ou mridionale de ce fleuve qui leur correspond1 avait des sillons semblables2 en sorte que dans cette partie1 il existe un faisceau de chanons propres opposer aux eaux de puissants obstacles4 ,ce n'est que plus bas sur le fleuve1 que le pays devient plat1 et que commencent les immenses savanes de ,wabash et de ,green-river1 qui s'tendant jusqu'au ,mississipi1 excluent de ce ct l'ide de toute autre digue#fj4 ,un autre fait gnral favorise encore mon hypothse4 ,l'on remarque en ,kentucky comme une bizarrerie1 que toutes les rivires de ce pays coulent plus lentement prs de leurs sources1 et plus rapidement prs de leur embouchure2 ce qui en effet est l'inverse de la plupart des rivires des autres pays2 d'o il faut conclure que le lit suprieur des rivires de ,kentucky est un pays plat1 et que leur lit infrieur aux approches de la valle d',ohio est une rampe dclive4 ,or1 ceci concide parfaitement mon ide d'un ancien lac2 car1 l'poque o ce lac occupa jusqu'au pied des ,alleghany1 son fond1 surtout vers ses bords1 dut tre assez uni et plane1 aucun travail des eaux n'en dchirant la superficie2 mais lorsque la digue qui retenait cette masse d'eaux paisibles se fut abaisse1 le sol dcouvert commena d'tre sillonn par les coulements2 et lorsqu'enfin le courant concentr dans la valle d',ohio dmolit plus rapidement sa chausse1 alors les terres de cette valle1 brusquement enleves1 laissrent comme un vaste foss1 dont les escarpements sollicitrent toutes les eaux de la plaine d'arriver plus vite1 et de l ce cours1 qui malgr leurs travaux subsquents1 s'est conserv plus rapide jusqu' ce jour4 ,admettant donc que l',ohio ait t barr1 soit par le chanon de ,silver-creek1 soit par tout autre contigu1 il dut en rsulter un lac d'une trs-vaste tendue3 car depuis ,pittsburg1 la pente du terrain est si douce que le fleuve en eaux basses ne court pas #b milles l'heure3 ce que l'on estime donner une pente d'environ #ab pouces par lieue2 or la distance de ,pittsburg aux rapides de ,louisville1 en suivant les dtours du fleuve1 ne s'value pas actuellement #eij milles1 que l'on peut rduire environ #ahj lieues#fa4 ,il en rsulte par aperu une diffrence de niveau d'environ #ahj1 ou si l'on veut1 #bjj pieds3 dfaut de mesures prcises pour la hauteur du sillon des ctes1 supposons-lui-en #bjj3 il sera encore vrai qu'une telle digue a pu contenir les eaux1 et les refouler jusque vers ,pittsburg3 et le lecteur trouvera une telle hypothse encore plus probable1 quand il se rappellera ce que j'ai dja dit 7pag4 #bf71 que tout l'espace compris entre l',ohio et le lac ri1 est un grand plateau d'un niveau presque insensible3 assertion qui se dmontre par plusieurs faits hydrauliques incontestables4 #a ,l',ohio dans ses dbordements annuels1 mme avant de sortir de son lit sur la premire banquette1 c'est--dire avant d'atteindre #ej pieds de son fond1 refoule le grand ,miami jusqu' ,grenville1 lieu situ #gb milles au nord dans les terres2 il y a caus stagnation1 et mme inondation1 ainsi que me l'assurrent les officiers que je trouvai ce poste1 quartier-gnral de l'expdition du gnral ,wayne en #agid4 #b ,dans les inondations du printemps1 la branche nord du grand ,miami se confond avec la branche sud du ,miami du lac ri 7ou rivire ,sainte-,marie7#fb3 alors le portage#fc d'une lieue qui spare leurs ttes1 disparat sous l'eau1 et l'on passe en canot du fort ,loremier ,guertys-town1 c'est--dire1 d'un affluent d',ohio dans un affluent d'ri1 comme je l'ai vu sur les lieux1 en #agif4 #c ,a ce mme lieu de ,loremier1 vient aboutir une branche orientale de la ,wabash1 qu'un simple foss joindrait aux deux rivires prcdentes2 et cette mme ,wabash par une branche nord1 communique au-dessus du fort ,wayne1 toujours dans la saison des grandes eaux1 au ,miami du lac ri4 #d ,pendant l'hiver de #agib #agic1 deux pirogues furent expdies du fort ,dtroit sur le ,saint-,laurent1 par une maison de commerce1 de qui je tiens le fait1 et elles passrent immdiatement et sans portage de la rivire ,huron1 qui verse au lac ri1 dans la rivire ,grande1 qui verse au lac ,michigan1 par les eaux dbordes des ttes de ces deux rivires4 #e ,la rivire ,moskingom1 qui coule dans l',ohio1 communique galement par ses sources et par de petits lacs aux eaux de la rivire ,cayahoga1 qui verse dans l'ri4 ,de tous ces faits1 il rsulte que le sol dominant du plateau entre l'ri et l',ohio1 ne saurait excder de plus de #ajj pieds le niveau de la premire banquette de ce fleuve1 ni de plus de #gj celui de la seconde1 qui est la surface gnrale du pays3 par consquent une digue de #bjj pieds seulement1 place ,silver-creek1 a suffit non-seulement refouler les eaux jusqu'au lac ri1 mais encore les tendre depuis les dernires rampes de l',alleghany jusqu'au nord du lac suprieur4 ,au reste1 quelque lvation que l'on admette cette digue naturelle1 soit mme que l'on suppose en divers lieux plusieurs digues qui auraient vers successivement les unes sur les autres1 l'existence d'eaux sdentaires dans cette contre de l',ouest1 et de lacs anciens tels que je les ai dmontrs entre ,blue-ridge et ,north-mountain1 n'en est pas moins un fait incontestable pour tout observateur du terrain2 et ce fait explique1 d'une manire satisfaisante et simple1 une foule d'accidents locaux qui1 par contre-coup1 lui servent de preuve3 par exemple1 ces anciens lacs expliquent pourquoi dans la totalit du bassin d',ohio1 les terres sont toujours niveles par couches horizontales2 pourquoi ces couches descendent par ordre graduel de pesanteur spcifique2 pourquoi l'on trouve en divers lieux des dbris d'arbres1 de roseaux1 de plantes et mme d'animaux1 tels que les ossements des mmouts entasss entre autres au lieu appel ,bigbones1 #cf milles au-dessus de l'embouchure de la rivire ,kentucky1 et qui n'ont pu tre ainsi rassembls que par l'action des eaux3 enfin ils donnent une solution aussi heureuse que naturelle de la formation des couches de charbon fossile qui se trouvent de prfrence dans certains cantons et dans certaines situations du pays4 ,en effet1 d'aprs les fouilles que l'industrie des habitants multiplie depuis #bj ans1 il parat que c'est spcialement au-dessus de ,pittsburg1 dans l'espace compris entre le chanon de ,laurel et les hautes branches des rivires ,alleghany et ,monongahla1 qu'il existe une couche presque universelle de charbon de terre la profondeur moyenne de #ab #af pieds3 cette couche est appuye sur le banc horizontal de pierres calcaires1 et recouverte de couches de schistes et d'ardoises2 elle ondule avec le banc et avec ces couches sur les coteaux et dans les vallons2 elle est plus paisse dans ceux-ci1 plus mince sur ceux-l1 et en gnral elle a #f #g pieds d'paisseur3 par sa situation topographique1 l'on voit qu'elle affecte le bassin infrieur des #b rivires dont j'ai parl1 et de leurs affluentes1 ,yohogany et ,kiskmnitas1 qui versent toutes par un terrain assez plane dans l',ohio sous ,pittsbourg3 or1 dans l'hypothse du grand lac dont j'ai parl1 cette partie se serait trouve primitivement tre la queue de ce lac1 et le point des eaux mortes causes par son refoulement3 il est reconnu par les naturalistes que les charbons fossiles ne sont que des amas d'arbres entrans1 puis recouverts de terres par les rivires et les torrents3 ces amas ne se font point dans le courant1 mais dans les lieux de remous o ils sont abandonns leur propre poids3 ce mcanisme se montre encore aujourd'hui dans beaucoup de rivires des tats-,unis1 mais surtout dans le ,mississipi qui1 comme je l'ai dit1 entrane annuellement une immense quantit d'arbres3 quelques portions de ces arbres se dposent dans les anses ou baies de ses rivages o les eaux tournoient et reposent2 mais la plus grande masse arrive aux bords de la mer2 et parce que l il y a quilibre entre le cours du fleuve et les mares de l'ocan1 les arbres1 s'y fixent par un mouvement stationnaire1 et ils y sont enfouis par la double action du reflux de la mer et du courant du fleuve1 sous les vases et les sables4 ,de mme1 dans les temps anciens1 les rivires qui versent des ,alleghanys et du chanon de ,laurel dans le bassin d',ohio1 trouvant vers ,pittsburg les eaux mortes et la queue du grand lac1 y dposrent les arbres que chaque anne elles entranent encore par milliers dans les fontes de neiges et les grands dgels du printemps2 ces arbres y furent entasss par couches niveles comme le liquide qui les portait3 et parce que la digue du lac se surbaissa successivement1 ainsi que je l'ai expliqu1 sa queue descendit aussi de proche en proche2 et par ce mcanisme le local des dpts se prolongeant sa suite1 forma cette vaste nappe qui1 par le laps des temps postrieurs1 s'est recouverte de terre1 de graviers1 et a pris l'tat que nous lui voyons4 ,si nous pouvions connatre la dure ncessaire convertir en charbon fossile les arbres enfouis avec de telles circonstances1 ces oprations de la nature deviendraient pour nous des chelles chronologiques d'une autorit bien diffrente de celle des chronologies rves par des visionnaires chez des peuples barbares et superstitieux4 ,les charbons fossiles se retrouvent en plusieurs autres lieux des tats-,unis1 et toujours dans des circonstances1 analogues celles que je viens d'exposer4 vans parle d'une mine situe prs du ,moskingom1 vis--vis de l'embouchure du ruisseau ,laminski-cola1 laquelle prit feu en #agdh1 et brla pendant une anne entire4 ,cette mine appartient au mme systme dont je viens de parler1 et les grandes rivires qui versent dans l',ohio1 doivent presque toutes avoir des dpts de ce genre dans leurs parties plates et dans leurs cantons de remous4 ,la branche suprieure du ,potmac1 au-dessus et la gauche du fort ,cumberland1 est devenue clbre depuis quelques annes pour des couches de charbon fossile disposes en dunes sur ses rives1 de telle manire que les bateaux se mettent au pied de la berge et font un chargement immdiat3 or ce local porte toutes les apparences d'un lac qui aurait t form par un ou plusieurs des nombreux sillons transverses qui barrent le ,potmac au-dessus et au-dessous du fort ,cumberland4 ,en ,virginie1 le lit du fleuve ,james1 dix milles au-dessus des rapides de ,richmond1 s'appuie sur une couche de charbon fossile trs-considrable3 aux deux ou trois endroits o on l'a fouill sur sa rive gauche1 l'on a trouv1 sous environ #abj pieds anglais d'argile rouge1 un banc de charbon d'environ #bd pieds d'paisseur assis sur un banc de granit inclin3 il est vident que les rapides qui se trouvent plus bas et qui font encore obstacle au fleuve1 l'ont autrefois totalement barr2 alors il y eut dans ce local une eau stagnante1 et trs-probablement un lac2 le lecteur observera que partout o il y a rapide1 il y a stagnation dans la nappe d'eau qui le prcde1 comme il arrive aux vannes des moulins3 les arbres durent donc s'entasser dans ce lieu3 lorsque le fleuve eut creus sa brche et abaiss son niveau1 les crues de chaque anne y vinrent dposer cette argile rouge que l'on y trouve2 et elle y dcle avec vidence une origine trangre1 en ce que cette qualit de terre appartient au cours suprieur du fleuve1 et spcialement au sillon dit de sud-ouest4 ,il serait nanmoins possible que l'on citt ou que l'on dcouvrt sur la cte atlantique des veines ou des mines de charbon fossile qui se refusassent cette thorie2 mais un ou plusieurs exemples ne suffiraient pas la renverser1 parce que toute la cte atlantique1 c'est--dire tout le pays situ entre l',ocan et l',alleghany1 depuis l'embouchure du ,saint-,laurent jusqu'aux ,antilles1 a t boulevers par des tremblements de terre dont les traces se rencontrent partout1 et ces tremblements ont altr et presque dtruit1 dans toute cette tendue1 l'ordre horizontal rgulier des couches de terres et des bancs de pierres qui les supportaient4 ,dsormais j'ai assez dvelopp l'tat et les circonstances du sol des tats-,unis3 il me reste dire un mot sur l'une des singularits physiques les plus remarquables de cette contre1 celle-mme qui la caractrise le plus particulirement1 puisque le reste du globe n'a pas encore offert son pendant2 je veux parler de la chute du fleuve ,saint-,laurent ,niagara4 ,,chapitre ,,vi4 ,de la chute de ,niagara et de quelques autres chutes remarquables4 ,quelques voyages publis rcemment#fd ont dja donn sur la chute de ,niagara des dtails propres faire connatre ce phnomne gigantesque2 mais parce qu'ils me paraissent s'tre attachs en dcrire plutt l'imposant spectacle que les circonstances topographiques1 dont nanmoins il n'est que l'effet1 je crois devoir m'occuper spcialement de cette dernire partie1 qui a son genre d'intrt4 ,c'est un incident rellement trange en gographie1 qu'un fleuve de #gjj mtres de largeur 7c'est--dire la longueur du jardin des ,tuileries71 sur une profondeur moyenne de #ae pieds de courant1 qui tout--coup manque le sol de la plaine o il serpente1 et qui1 d'un seul jet1 prcipite toute sa masse de #add pieds de hauteur1 dans un terrain infrieur ou il poursuit son cours1 sans que d'ailleurs l'il du spectateur aperoive aucune montagne qui ait gn ou barr sa route4 ,l'on n'imagine point par quelle localit singulire la nature a dispos et ncessit cette scne prodigieuse2 et quand on l'a reconnu1 l'on demeure presque aussi surpris de la simplicit des moyens1 que de la grandeur du rsultat4 ,pour que le lecteur saisisse facilement l'ensemble de ce tableau1 il doit d'abord se rappeler que tout le pays compris entre le lac d'ri et l',ohio1 est un vaste plateau d'un niveau suprieur presque tout ce continent1 comme il est prouv par les sources des diffrents fleuves qui en dcoulent1 les uns au golfe du ,mexique1 les autres la mer du ,nord et l'ocan ,atlantique4 ,du ct de l'ouest et du nord-ouest1 ce plateau vient sans interruption des ,savanes situes par-del le ,mississipi et les lacs auxquels il sert d'appui2 du ct du sud et de l'est1 il se joint aux rampes des ,alleghanys2 mais du ct du nord1 lorsqu'il a dpass le lac ri1 environ #f #g milles avant le lac ,ontario1 le terrain subit tout--coup une forte dpression1 et1 par une pente brusque1 il verse dans une autre plaine d'un niveau infrieur de plus de #bcj pieds1 dans laquelle s'assied le lac ,ontario4 ,lorsqu'on vient du ct de ce lac1 on saisit facilement cette disposition de terrain2 de trs-loin sur la nappe d'eau douce1 l'on aperoit devant soi comme un haut rempart1 dont l'escarpement garni de forts1 semble devoir interdire tout passage ultrieur3 l'on entre dans le ,saint-,laurent1 que l'on remonte jusqu'au village de ,queens-town1 et bientt l'on aperoit sur la gauche une gorge troite et profonde1 d'o sort le fleuve assez rapide1 mais calme3 la cascade reste encore une nigme3 cet escarpement vient de ,toronto1 ou mme de plus loin1 et ctoyant la rive nord du lac ,ontario la distance variable d'un et deux milles1 il tourne par une courbe l'est1 sur la rive mridionale du lac1 traverse le ,saint-,laurent #g milles de son embouchure1 la rivire ,gnsee huit de la sienne1 puis se recourbe encore vers le sud1 et par une ligne distante de #e #f milles ouest du lac ,seneca1 o je reconnus sa rampe#fe1 il va se rejoindre1 presque de plain-pied1 aux rameaux des ,alleghanys1 d'o ce lac tire ses principales eaux4 ,l'on peut mme dire1 que presque de niveau dans cette partie avec ces montagnes1 le plateau se prolonge avec elles jusqu'au fleuve ,hudson1 o il se termine comme ,niagara par une rampe galement haute et rapide2 ce qui prsente un autre incident galement remarquable en gographie1 d'un terrain o la mare pntre plus de #aff milles prcisment au pied d'un autre o viennent prendre leurs sources des rivires1 telles que la ,delaware1 dont le cours en a plus de quatre cents4 ,l'artifice du local de ,niagara est plus difficile saisir pour ceux qui viennent du ct du lac ri1 ainsi qu'il m'arriva le #bd octobre #agif4 ,depuis ce lac1 et mme voguant sur ses eaux1 l'on n'a en vue aucune montagne1 except par le travers de ,presqu'le1 o l'on dcouvre quelques ttes basses et lointaines dans le nord-ouest de la ,pensylvanie4 ,le pays o coule le ,saint-,laurent ne prsente qu'une vaste plaine couverte de forts2 et le cours du fleuve1 qui file peine #c milles l'heure1 n'indique point encore l'accident qui l'attend plus bas4 ,ce n'est que vers l'embouchure du ruisseau ,chipwas1 six lieues au-dessous du lac ri1 que l'eau devenant plus rapide1 avertit les rameurs de serrer le rivage et de prendre port au village situ cet endroit3 l1 le fleuve dploie une nappe d'eau d'environ #cej toises de large1 de toutes parts borde de futaies4 ,l'on n'est plus qu' #bjjj toises 7#b milles et demi7 de la cascade3 l'on entend un bruit sourd et lointain1 comme des vagues de la mer2 et ce bruit est plus ou moins grand1 selon le vent rgnant2 mais l'il n'aperoit encore rien4 ,l'on suit pied une route sauvage trace par des charrettes1 sur la rive gauche du fleuve1 que les arbres empchent de voir en avant4 ,au bout d'un mille l'on aperoit le fleuve tournant sur sa gauche1 et s'engageant un mille encore plus bas parmi les cueils qu'il couvre d'cume4444 ,par-del ces brisants1 l'on voit sortir d'un enfoncement dans la fort un nuage de vapeurs4444 et plus aucune trace de fleuve3 le bruit est bien plus violent1 mais l'on ne voit point encore la chute3 l'on continue de marcher sur le rivage1 qui d'abord n'excdait que de #aj #ab pieds la surface de l'eau1 mais qui bientt s'approfondit #bj1 #cj et #ej1 et indique1 par cette pente1 l'acclration du courant4 ,alors quelques ravins obligent de faire encore sur la gauche un dtour qui carte du fleuve3 pour y revenir1 il faut traverser les terrains d'une ferme dja tablie1 et enfin1 se dgageant des arbres et des broussailles1 l'on arrive sur le flanc de la cataracte#ff3 c'est l qu'on voit le fleuve se prcipiter tout entier dans un ravin ou canal creus par lui-mme1 d'environ #ff mtres 7#bjj pieds7 perpendiculaires de profondeur sur une largeur d'environ #djj mtres 7#abjj pieds74 ,il y est encaiss comme entre deux murailles de rochers dont les parois sont tapisses de cdres1 de sapins1 de htres1 de chnes1 de bouleaux1 etc4 ,ordinairement les voyageurs contemplent la chute de ce local1 o un roc prominent domine sur l'abme3 quelques voyageurs de la socit dont je faisais partie lui donnrent en effet la prfrence2 d'autres1 auxquels je me joignis1 informs que l'on pouvait descendre #e #fjj toises plus bas1 au fond du ravin1 par les chelles du gouverneur ,simcoe1 pensrent que l'on y jouirait mieux de toute la grandeur du spectacle1 les objets de ce genre produisant plus d'effet lorsqu'ils sont vus de bas en haut4 ,nous descendmes1 non sans difficult1 par ces chelles qui ne sont que des troncs d'arbres entaills et fixs contre la paroi du prcipice3 parvenus au fond1 nous pmes remonter vers la chute par une rive de roches croules et de sables dposs1 o nous trouvmes des cadavres de daims et de sangliers que la cataracte avait entrans lorsqu'ils voulaient passer la nage au-dessus d'elle4 ,le courant prs de nous tait trs-rapide sur un lit de rocs1 mais il n'offrait aucun danger4 ,sur notre gauche1 en avant1 tait une portion de la chute d'environ #bjj pieds de large3 une petite le la spare de la grande cataracte4 ,au del1 en avant et en face du spectateur1 celle-ci forme un fer--cheval d'environ #abjj pieds de dveloppement1 masqu sur la droite par les rocs saillants du flanc du ravin4 ,a plus de #cjj toises de distance1 la pluie cause par les rejaillissements de l'eau qui se prcipite et se relve en colonnes tait dja si forte1 que nous en tions pntrs4 ,convalescent d'une fivre maligne que j'avais essuye au fort ,dtroit1 je n'eus ni la force ni le dsir d'aller plus avant3 quelques-uns de mes compagnons entreprirent de pntrer jusqu' la cascade2 mais ils furent bientt rebuts par des obstacles suprieurs l'ide qu'ils s'en taient faite3 un voyageur anglais1 avec qui je traversai le lac ri1 avait t plus-heureux que nous deux mois auparavant4 ,dirig par d'excellents guides1 et disposant de moyens et de temps que nous n'avions pas1 il pntra aussi loin qu'il est possible sans y prir2 et pour satisfaire la juste curiosit du lecteur1 je vais extraire la description qu'il en a faite dans l'ouvrage intitul3 ,voyage au ,canada1 et qui a t traduit en franais#fg4 ,en arrivant au pied des chelles de ,simcoe au fond du ravin1 l'on se trouve au milieu d'un amas de rochers et de terres dtaches du flanc du coteau4 ,on voit ce flanc garni de sapins et de cdres suspendus sur la tte du voyageur1 et comme menaant de l'craser3 plusieurs de ces arbres ont la tte en bas et ne tiennent au coteau que par leurs racines4 ,la rivire1 en cet endroit1 n'a qu'un quart de mille de largeur 7un peu plus de #bjj toises7 et sur la rive oppose#fh l'on a une trs-belle vue de la petite cataracte4 ,celle du fer--cheval est moiti cache par le coteau4 ,nous suivmes la rivire jusqu' la grande cataracte3 nous marchmes une bonne partie du chemin sur une couche horizontale de pierres chaux couverte de sable1 except en quelques endroits o il fallut gravir des amas de rochers dtachs du coteau4444 ,ici1 l'on trouve beaucoup de poissons1 d'cureuils1 de renards et d'autres animaux qui1 surpris au-dessus des cataractes par le courant qu'ils voulaient passer la nage1 ont t prcipits dans le gouffre et jets sur cette rive2 l'on voit galement des arbres et des planches que le courant a dtachs des moulins scier3 le bois ainsi que les carcasses des animaux1 et particulirement les gros poissons1 paraissent avoir beaucoup soufferts par les chocs violents qu'ils ont prouvs dans le gouffre4 ,l'odeur putride de ces corps rpandus sur le rivage1 attire une foule d'oiseaux de proie qui planent habituellement sur ces lieux444 ,plus on approche de la chute1 plus la route devient difficile et raboteuse3 en quelques endroits o des parties du coteau se sont croules1 d'normes amas de terre1 d'arbres et de rochers qui s'tendent jusqu'au bord de l'eau s'opposent la marche1 prsentent une barrire qui parat impntrable1 et qui le serait en effet1 si l'on n'avait un bon guide pour les franchir4 ,il faut1 aprs tre parvenu avec beaucoup de peine jusqu' leur sommet1 traverser en rampant sur les mains et sur les genoux1 de longs passages obscurs forms par des vides entre les crevasses des rochers et des arbres2 et lorsque l'on a franchi ces amas de terres et d'arbres1 il faut encore gravir les uns aprs les autres les rochers qui sont le long du coteau2 car ici la rivire ne laisse qu'un trs-petit espace libre1 et ces rochers sont si glissants1 cause de l'humidit qu'y entretiennent les vapeurs ou plutt la pluie de la cataracte1 que ce n'est qu'en prenant les plus grandes prcautions que l'on peut se prserver de la plus terrible de toutes les chutes4 ,nous avions encore un quart de mille faire pour arriver au pied de la chute1 et nous tions aussi mouills par ses vapeurs que si nous avions t tremps dans la rivire4 ,arriv l1 aucun obstacle n'empche d'approcher jusqu'au pied de la chute4 ,on peut mme avancer derrire cette prodigieuse nappe d'eau1 parce que1 outre que le rocher du haut duquel elle se prcipite a une forte saillie1 la chaleur#fi occasione par le violent bouillonnement des eaux1 a caus1 dans la partie infrieure du roc1 des cavernes profondes qui s'tendent au loin sous le lit de la cataracte4 ,en entendant le bruit sourd et mugissant qu'elles occasionent1 ,charlevoix a eu le mrite de deviner l'existence de ces cavernes#gj4 ,je m'avanai de #e ou #f pas derrire la nappe d'eau1 afin de jeter un coup-d'il dans l'intrieur de ces cavernes2 mais je faillis d'tre suffoqu par un tourbillon de vent qui rgne constamment et avec furie au pied de la chute1 et qui est caus par les chocs violents de cette prodigieuse masse d'eau contre les rochers4 ,j'avoue que je ne fus pas tent d'aller plus avant1 et aucun de mes compagnons n'essaya plus que moi de pntrer dans ces antres terribles1 sjour menaant d'une mort certaine4 ,aucune expression ne peut donner une juste ide des sensations qu'imprime un spectacle si imposant3 tous les sens sont saisis d'effroi2 le bruit effrayant de l'eau inspire une terreur religieuse qui s'augmente encore1 lorsque l'on rflchit qu'un souffle de ce tourbillon peut subitement enlever de dessus le rocher glissant le faible mortel qui s'y place1 et le faire disparatre dans le gouffre affreux qu'il a sous ses pieds1 et dont aucune force humaine ne pourrait le sauver4 ,tel est le rcit de ,m4 ,weld4 ,il me restait savoir comment le fleuve se dgageait du ravin o il tait captif4 ,je continuai ma route pied travers les bois1 par un sentier toujours en pente1 l'espace de #f milles3 je cherchais deviner quelle en serait l'issue1 lorsqu'enfin j'arrivai au bord de l'escarpement dont j'ai parl3 les ,canadiens appellent cet endroit le ,platon1 au lieu du ,plateau1 et l'on dirait encore mieux la ,plate-forme4 ,ma vue1 alors dgage des arbres1 dcouvrit tout coup un horizon immense2 en avant1 au nord1 le lac ,ontario semblable une mer2 plus prs de moi1 une longue prairie par laquelle le ,saint-,laurent s'y rend1 en formant #c coudes2 sous mes pieds1 et comme au fond d'une valle1 le petit village de ,queenstown assis sur sa rive ouest1 tandis que vers ma droite1 le fleuve sortait enfin comme d'une caverne1 par l'issue du ravin dont le bois me masquait le bord et l'ouverture4 ,pour quiconque examine avec attention toutes les circonstances de ce local1 il devient vident que c'est ici que la chute a d'abord commenc1 et que c'est en sciant1 pour ainsi dire1 les bancs du rocher1 que le fleuve a creus le ravin1 et recul d'ge en ge sa brche jusqu'au lieu o est maintenant la cascade4 ,il y continue son travail sculaire avec une lente mais infatigable activit3 les plus vieux habitants du pays1 comme l'observe ,m4 ,weld1 se rappellent avoir vu la cataracte plus avance de plusieurs pas3 un officier anglais1 stationn depuis #cj ans au fort ri1 lui cita des faits positifs1 prouvant que des rochers alors existants avaient t mins et engloutis3 dans l'hiver qui suivit mon passage 7#agig71 les dgels et le dbordement dtachrent des blocs considrables qui gnaient l'lan de l'eau3 et si1 depuis que les ,europens y ont abord la premire fois1 il y a plus d'un sicle et demi1 ils eussent tenu des notes prcises de l'tat de la chute1 nous aurions dja quelques ides de ses progrs1 attests d'ailleurs par le raisonnement et par une foule d'indications locales que l'on rencontre chaque pas#ga4 ,pendant #e jours que je passai chez ,m4 ,powel1 juge1 qui a form son tablissement #d milles du ,platon1 j'eus le loisir d'aller visiter le ravin un endroit o se trouve une espce de grande baie dans l'un de ses flancs3 cette baie a cela de remarquable1 que les eaux y forment un grand remous ou tournoiement dans lequel s'engagent la plupart des corps flottants qui n'en peuvent plus sortir4 ,l'on voit cet endroit que le fleuve arrt par la duret du rocher1 a port sa chute sur plusieurs points1 et que ce n'est qu'en les ttant qu'il en a trouv un plus faible par lequel il a continu sa route4 ,a cet endroit le banc du rocher fleur de terre1 est calcaire ainsi qu' la brche du ,platon2 et l'on a droit de le croire tel dans tout le cours du ravin1 puisque la table sur laquelle s'appuie la cataracte l'est aussi1 et de l'espce appele calcaire primitif ou cristallis4 ,m4 le docteur ,barton1 qui l'a examin avec plus de loisir que je n'ai pu le faire1 value son paisseur #af pieds anglais2 il croit ce banc calcaire assis sur des bancs de schiste bleu qui contiennent une forte dose de soufre#gb4 ,j'ai trouv beaucoup1 de ces schistes sur les bords du lac ri1 et il est probable que ce mme banc tapisse son fond et le lit du ,saint-,laurent3 avec les sicles1 si le fleuve poursuivant son travail1 cesse de trouver la roche calcaire qui l'arrte1 et s'il rencontre des couches plus molles1 il finira par arriver au lac ri1 et alors s'oprera dans l'avenir l'un de ces grands desschements dont les valles du ,potmac1 de l',hudson et de l',ohio nous ont offert des exemples dans le pass4 ,ce grand incident pourrait tre aid et ht par des causes qui paraissent avoir jou un grand rle dans toute la structure de ce pays1 je veux dire les volcans et les tremblements de terre dont les traces physiques et les souvenirs historiques se retrouvent en grand nombre sur toute la cte atlantique1 ainsi que je l'exposerai dans un instant4 ,la chute de ,niagara est sans contredit la plus prodigieuse de toute cette contre2 mais l'on y en compte beaucoup d'autres dignes de l'attention des naturalistes1 les unes par leur volume1 les autres par leur lvation4 ,sur le prolongement du mme coteau1 d'o tombe le ,saint-,laurent1 et aussi sur la rive mridionale du lac ,ontario1 la rivire ,gnsee subit #b ou #c chutes dont la somme additionne gale celle de ,niagara1 et prouve que l'escarpement conserve son niveau avec une rgularit remarquable3 j'ai dit #b ou #c chutes1 parce que les voyageurs diffrent entre eux sur ces nombres1 et que n'tant pas tmoin1 je ne puis rsoudre la question4 ,m4 ,arrow-,smith n'en compte que #b1 dont la plus voisine du lac a #ge pieds anglais de hauteur1 ci #ge et la seconde1 au-dessus d'elle1 #if pieds1 ci #if --- ce qui fait #aga pieds anglais4 ,total #aga --- et revient environ #aeg pieds de ,france1 ci #aeg ,m4 ,pouchot1 officier franais en ,canada1 dans la guerre de #agef1 compte #c chutes#gc2 la premire large de #b arpents et haute de #fj pieds1 ci #fj ,la seconde peu considrable ,la troisime large de #c arp4 et haute de #ajj pieds #ajj --- ,,total #afj --- ,cette somme de #afj pieds concide trs-bien1 comme l'on voit1 avec les #aeg de ,m4 ,arrow-,smith1 dont les auteurs paraissent avoir nglig la seconde cascade4 ,bougainville1 le clbre navigateur autour du monde1 qui fit aussi la guerre en #agef au ,canada1 value1 dans son journal manuscrit qu'il m'a communiqu1 cette seconde chute #bj pieds3 ce serait donc une hauteur totale d'environ #ahj pieds1 ci #ahj ,or ,niagara compte pour sa chute #add pieds1 ci #add ,plus1 pour la pente des rapides qui la prcdent1 environ #ej pieds anglais1 peu prs #df de ,france1 ci #df ---- ,,total #aij,p#gd ---- ,la diffrence se rduit #aj pieds1 et si l'on considre que ces lvations varient selon les poques des eaux basses et ds dbordements1 l'on conviendra que des mesures prises en temps divers1 par diverses personnes1 peuvent difficilement mieux cadrer4 ,au-dessous de ,qubec1 sur la rive nord du ,saint-,laurent1 une rivire mdiocre forme une chute clbre sous le nom de ,montmorency3 elle a #bbj pieds de hauteur sur une nappe de #df #ej de large1 et elle prsente des effets trs-pittoresques1 par l'apparence blanche et neigeuse qu'elle prend dans cette norme chute4 ,au-dessus de la mme ville1 sur la rive sud1 est la chute d'une autre rivire appele la ,chaudire2 elle est moins haute de moiti que les prcdentes2 mais sa largeur est de #bbe #bcj pieds#ge4 ,une troisime chute1 nomme le ,cohoes1 est celle de la ,mohawk1 #c milles avant son embouchure dans le fleuve ,hudson3 ce nom de ,cohoes me parat un mot imitatif conserv des sauvages1 et par un cas singulier1 je l'ai retrouv dans le pays de ,lige1 appliqu une petite cascade1 trois lieues de ,spa3 le ,cohoes de la ,mohawk est valu par les uns #fe pieds1 par d'autres #ej seulement3 la nappe d'eau a environ #hjj pieds de large3 elle est brise par beaucoup de roches4 ,une quatrime chute est celle du ,potmac1 ,matilda1 #f milles au-dessus de ,george-town3 elle a environ #gb pieds de hauteur1 sur #h #ijj de large4 ,le fleuve qui jusqu'alors avait coul dans une valle borde de coteaux1 sauvages comme ceux du ,rhne en ,vivarais1 tombe tout coup comme le ,saint-,laurent1 dans un profond ravin de pur roc1 granit micac1 taill pic sur les deux rives3 il s'en dgage quelques milles plus bas par un vasement de la valle dans le pays infrieur4 ,l'on compte encore plusieurs autres chutes remarquables plutt par leur hauteur que par leur volume3 telle est celle de ,falling-spring1 sur l'une des hautes branches de la rivire ,james1 venant de ,warm-spring3 ,m4 ,jefferson1 qui la cite dans ses notes sur la ,virginie#gf1 l'value #bjj pieds anglais de hauteur1 mais sa nappe n'a que #ae pieds de largeur4 ,telle encore celle de ,paissaik1 dans le ,new-,jersey1 haute de #ff #gj pieds1 large d'environ #aaj2 quant celle appele ,saint-,antoine1 sur le ,mississipi1 au-dessus de la rivire ,saint-,pierre1 je dirai seulement1 d'aprs ,m4 ,arrow-,smith1 qu'elle a #bi pieds anglais1 c'est--dire #h mtres 4 ,a tous ces grands accidents de la nature1 notre ,europe n'offre de comparable que la chute de ,terni en ,italie1 et celle de ,lauffen1 sous ,schaffouse1 o le ,rhin se prcipite1 selon ,m4 ,coxe1 de #gj #hj pieds3 ce voyageur observe que la nappe d'eau est brise par de grandes masss de rochers1 et c'est1 avec sa hauteur1 un second motif de la comparer celle du ,potmac4 ,quant la chute de ,terni1 elle est la plus haute de toutes1 puisqu'elle a #gjj pieds de hauteur2 mais le volume d'eau n'est pas trs-considrable4 ,ce que l'on pourrait citer des autres cascades des ,alpes et des ,pyrnes1 ne mrite pas de mention aprs de si grands objets2 et maintenant que nous connaissons avec prcision les cataractes du ,nil1 jadis si vantes1 et que nous savons qu'elles ne sont rellement que des rapides depuis #d pouces jusqu' un pied par chaque banc de granit1 en eaux basses1 nous avons une preuve nouvelle de l'esprit exagrateur des ,grecs1 et de leur faible instruction en gographie et en histoire naturelle4 ,,chapitre ,,vii4 ,des tremblements de terre et des volcans4 ,quoique l',amrique du nord ne nous soit connue que depuis moins de deux sicles1 cet intervalle1 si court dans les annales de la nature1 a dja suffi nous prouver1 par de nombreux exemples1 que les tremblements de terre ont d y tre frquents et violents dans les temps passs2 et qu'ils y ont t l'agent principal des bouleversements dont la cte atlantique offre des traces gnrales et frappantes4 ,en remontant seulement l'an #afbh 7poque de l'arrive des premiers colons anglais71 et terminant #aghb1 dans une priode de #aed ans1 ,m4 ,williams1 qui nous devons des recherches curieuses sur ce sujet1 a trouv mention authentique de plus de #de tremblements de terre3 les dtails qu'il en a consigns dans plusieurs mmoires#gg1 tablissent en faits gnraux3 ,que les tremblements de terre s'annonaient par un bruit semblable celui d'un vent violent1 ou d'un feu qui prend dans le tuyau d'une chemine3 qu'ils abattaient les ttes des chemines1 quelquefois mme les maisons3 qu'ils ouvraient les portes1 les fentres1 schaient les puits et mme plusieurs rivires3 qu'ils donnaient aux eaux une couleur trouble1 et l'odeur ftide du foie de soufre 7sulfure ammoniacal71 et qu'ils jetaient par de grandes crevasses du sable ayant la mme odeur3 que leurs secousses semblaient partir d'un foyer intrieur qui soulevait la terre de dessous en dessus1 et dont la ligne principale courant nord-ouest et sud-est1 suivait la rivire ,merrimac1 s'tendait au sud jusqu'au ,potmac et au nord par-del le ,saint-,laurent1 affectant surtout la direction du lac ,ontario4 ,quelques phrases de ce texte sont remarquables par leur analogie avec des faits locaux que j'ai prsents4 ,cette odeur de foie de soufre 7ou sulfure ammoniacal7 donne aux eaux et aux sables1 vomis du sein de la terre par de grandes crevasses1 n'aurait-elle pas t fournie par la couche de schistes que nous avons vue ,niagara sous la couche calcaire1 et qui lorsqu'on la sommet au feu1 exhale fortement le soufre2 il n'est1 la vrit1 que l'un des lments du produit cit1 mais une analyse exacte pourrait y dcouvrir l'autre3 cette couche de schistes se retrouve sous le lit de l',hudson et reparat dans beaucoup de lieux de l'tat de ,new-,york et de la ,pensylvanie parmi les grs et les granits3 l'on a droit de supposer qu'elle rgne autour de l',ontario1 et sous le lac ri1 par consquent qu'elle forme l'un des planchers du pays o les tremblements ont leur principal foyer4 ,la ligne de ce foyer courant nord-ouest et sud-est1 affecte surtout la direction de l',atlantique au lac ,ontario4 ,cette prdilection est remarquable raison de la structure singulire de ce lac3 les autres lacs1 malgr leur tendue1 n'ont point une grande profondeur2 l'ri n'a jamais plus de #ajj #abj pieds3 l'on voit en nombre d'endroits le fond du lac ,suprieur3 l',ontario1 au contraire1 est en gnral trs-profond1 c'est--dire1 passant #de et #ej brasses 7#bej pieds72 et dans une tendue considrable l'on a essay des sondes de #aaj brasses armes de boulets1 sans rien toucher ni rapporter4 ,cet tat a lieu quelquefois prs de ses bords3 d'o il rsulte une indication presque vidente que le bassin de ce lac est un cratre de volcan teint3 cette induction se confirme1 #a par les produits volcaniques dja trouvs sur ses bords3 et sans doute des yeux exercs en trouveront beaucoup d'autres2 #b par la forme du grand talus ou escarpement qui entoure presque circulairement le lac1 et qui annonce de toutes parts l'il et au raisonnement1 que jadis le plateau de ,niagara s'tendait jusque vers le milieu du lac ,ontario1 et qu'il s'y est affaiss et englouti par l'action d'un volcan alors en vigueur4 ,l'existence de ce fourneau se lie parfaitement avec les tremblements de terre cits3 et ces deux agents que nous trouvons ici runis1 en nous confirmant d'une part celle d'un grand foyer souterrain1 une profondeur inconnue1 mais considrable1 donne de l'autre une explication heureuse et plausible de la confusion de toutes les couches de pierres et de terres qui a lieu sur toute la cte atlantique3 elle explique aussi pourquoi les bancs calcaires et mme granitiques1 y sont inclins depuis #de jusqu' #hj degrs l'horizon1 leurs tables fractures ayant d rester dans le dplacement occasion par les grandes explosions4 ,c'est cette fracture du banc d',isinglass que sont dues ses petites cascades2 et ce fait indiquerait que jadis le foyer s'tendit au del du ,potmac dans le sud1 comme ce banc lui-mme4 ,sans doute il avait des communications avec celui des ,antilles4 ,j'ai dit ailleurs que ces tremblements de terre n'ont point de traces dans le pays de l',ouest3 que les sauvages mme n'en connaissent point le nom3 j'ajoute que1 selon le docteur ,barton1 ils ne connaissent pas non plus celui de volcan dont en effet l'on n'aperoit aucun vestige au midi des lacs1 mais dont le ,alleghanys en offrent plusieurs4 ,l'on m'a dit au fort ,dtroit que les sauvages du nord du ,canada font mention d'un volcan qui fume encore quelquefois dans l'intrieur du pays2 mais ce fait a besoin de rapports plus authentiques4 ,il est dsirer1 et l'on a droit d'esprer1 que par la suite du temps des socits savantes formes aux tats-,unis1 pourront appliquer ce genre de recherches gologiques des soins et des dpenses qui passent les moyens des voyageurs trangers et isols4 ,l'on peut assurer d'avance qu'elles en obtiendront des rsultats trs-nouveaux et trs-prcieux pour l'histoire du globe1 et qu'elles porteront jusqu' l'vidence une conjecture dja forme par plusieurs physiciens1 et dont je demeure convaincu2 savoir1 que le continent de l',amrique du nord n'a t dgag que postrieurement la majeure partie de l'ancien hmisphre et de l',amrique du sud1 des eaux soit ocaniques1 soit douces et fluviatiles1 qui ont jadis couvert la totalit de notre plante1 une hauteur suprieure aux plus hautes montagnes1 et pendant une dure si longue qu'elle a suffi la dissolution des matriaux qui se sont cristalliss depuis leur vaporation ou depuis leur retraite44444 mais j'ai dsormais assez parl de l'tat du sol2 il est temps d'occuper le lecteur de celui du climat4 ,,chapitre ,,viii4 ,du climat4 ,par climat#gh1 on devrait1 selon le sens littral du mot1 n'entendre que le degr de latitude d'un pays2 mais parce qu'en thse gnrale les pays se sont montrs froids ou chauds1 selon leurs degrs de latitude1 l'ide accessoire s'est tellement associe l'ide principale1 que le terme climat est devenu synonyme de temprature habituelle de l'air2 et nanmoins il n'est pas vrai que la temprature soit essentiellement dtermine par la latitude3 une foule de faits prouvent au contraire qu'elle est modifie et mme dnature par diverses circonstances du sol1 telles que sa surface aride ou aqueuse1 nue ou boise1 son lvation ou son abaissement au niveau de la mer1 son exposition tel ou tel aspect du ciel1 enfin et par-dessus tout1 par l'espce et la qualit des courants de l'air1 c'est--dire des vents qui parcourent cette surface2 d'o il suit que le sol devient un lment constituant de la temprature1 et par consquent du climat tel qu'on l'entend2 et ce que je vais exposer des divers phnomnes de celui des tats-,unis1 ajoutera de nouvelles preuves cette vrit4 ,i4 ,le climat de la cte atlantique est plus froid en hiver et plus chaud en t que ses parallles d',europe4 ,depuis long-temps les historiens de l',amrique et les physiciens ont remarqu avec surprise que le climat sur la cte atlantique tait de plusieurs degrs plus froid en hiver que ses parallles d',europe1 et mme d',asie et d',afrique sur le bassin de la ,mditerrane2 mais ils me paraissent n'avoir pas donn assez d'attention une seconde circonstance galement remarquable2 savoir1 que la temprature y est aussi gnralement plus chaude en t de plusieurs degrs4 ,je vais dvelopper l'un et l'autre cas par des exemples dtaills4 ,dans les parties nord de la ,nouvelle-,angleterre1 par une latitude moyenne de #db #dc1 des observations faites ,salem prs ,boston1 pendant sept ans1 par ,m4 ,edouard ,holyhoke#gi1 et compares #bj autres annes d'observations recueillies ,manheim#hj constatent que le climat de ,salem est la fois plus froid en hiver et plus chaud en t que celui d'un nombre de villes donnes en ,europe1 ainsi qu'on le voit dans le tableau suivant3 ,latitude4 ,max4 de froid4 ,max4 de chaud4 ch4 de variat4 ,rome4 #da #ec #j #bd #bd ,marseille4 #dc #ag #d #be #bi ,padoue4 #de #bb #aj #bi #ci ,salem4 #db #ce #ai #ca #ea ,l'on remarquera1 dans ce tableau1 qu' ,salem la diffrence du froid au chaud est de #ea1 tandis qu' ,rome elle n'est que de #bd1 ,marseille de #bi1 et ,padoue de #ci4 ,en gnral1 dans les tats de ,maine1 ,vermont1 ,new-,hampshire et mme ,massachusets1 pays situs entre les #db et #de1 c'est--dire1 correspondants au midi de la ,france et au nord de l',espagne1 la terre demeure chaque hiver assez couverte de neiges pendant trois et quatre mois1 pour rendre habituel et gnral l'usage des traneaux4 ,le thermomtre1 qui varie alors depuis la glace jusqu' #h et #aj au-dessous1 descend quelquefois #ab1 #ad et jusqu' #ah sous zro4 ,l'historien de ,new-,hampshire1 ,m4 ,belknap1 l'a vu #ah ,portsmouth1 sur la cte au nord de ,salem2 et l'historien de ,vermont1 ,m4 ,s4 ,williams1 l'a vu #bf sous zro ,rutland1 au pied des ,montagnes-,vertes4 ,un peu plus avant dans le nord1 c'est--dire en ,canada1 par les #df et #dg de latitude1 ce qui correspond au milieu de la ,france1 la neige s'tablit ds le mois de novembre et dure jusque vers la fin d'avril1 c'est--dire pendant six mois1 paisse de #d #f pieds1 par un ciel trs-clair et un air trs-sec3 elle est telle surtout vers ,qubec1 o le thermomtre descend ordinairement #bj et #bd sous glace2 l'on y a mme vu en #agij1 geler le mercure1 ce qui suppose #ch #djha2 or1 un tel cas n'arrive en ,europe que sous les parallles de ,stockholm et de ,ptersbourg#hb1 par les #fj de latitude4 ,ces froids ont donn lieu quelques expriences curieuses sur la force expansive de l'eau l'instant de sa conglation4 ,m4 le major douard ,williams se trouvant ,qubec1 a rempli d'eau des bombes de fer2 il en a bouch l'orifice avec des tampons de bois frapps fortement1 et il les a exposes la gele4 ,lorsque les bombes ont eu des flures ou d'autres vices1 elles ont clat l'instant de la conglation1 et il en a sailli subitement des prominences en formes d'ailes ou de nageoires3 mais ordinairement le tampon de bois a t lanc avec dtonation1 des distances depuis #fj jusqu' #dae pieds1 quoiqu'il pest #b livres 7poids anglais71 et l'on a toujours trouv sa place une mche ou fuse de glace saillante de #f #g pouces3 l'on a dduit de ces expriences que l'eau en se congelant se dilate entre #a_/ag et #a_/ah de son volume4 ,je remarquerai par la suite qu' ,montral1 au-dessus de ,qubec1 les neiges durent moins long-temps de prs de deux mois1 qu'au bas du fleuve2 et qu' ,niagara1 bien au-dessus de ,montral1 elles sont de deux mois encore plus courtes que dans cette ville2 ce qui est prcisment le contraire de la rgle gnrale des niveaux1 observe sur le reste de la cte2 je me borne en ce moment prendre note de cette singularit1 qui viendra par la suite l'appui d'une thorie que j'exposerai4 ,dans ces mmes tats de ,maine1 ,vermont1 ,new-,hampshire1 etc41 les chaleurs1 dater du solstice d't1 sont d'une intensit aussi excessive3 pendant #dj ou #ej jours1 l'on voit souvent le mercure monter #ba et #bb1 et quelquefois #bd1 mme #bf3 il se passe peu d'annes ,salem sans qu'il monte #cj et #ca1 ce qui est la temprature du golfe ,persique et des ctes arabes4 ,cet tat a lieu dans beaucoup d'autres endroits de la ,nouvelle-,angleterre o l'on n'a pas fait d'observations3 ,rutland1 dja cit1 ,m4 ,williams a vu le mercure #bg4 ,mais ce qui surprendra davantage1 c'est qu' ,qubec1 et jusque sur la baie de ,hudson1 aux forts d',york et de ,wales1 par le #ei de latitude1 l'on prouve pendant #bj ou #cj jours des chaleurs de #bh #ca1 d'autant plus accablantes que les corps n'y sont point accoutums1 et qu'elles sont accompagnes d'un calme plat1 ou d'une brise de sud chaude et humide qui suffoque3 or1 comme en hiver le froid en ces contres descend jusqu' #cj et #cb sous glace1 et mme #cg au fort ,wales1 il en rsulte une chelle de variation de #fj #ff de ,raumur du froid au chaud4 ,dans les tats dits du ,milieu1 tels que la partie sud de ,new-,york1 la totalit de la ,pensylvanie1 de ,new-,jersey et du ,maryland1 les hivers sont moins longs1 les neiges moins abondantes1 moins durables2 rarement persistent-elles plus de #ae #bj jours2 mais les froids ne sont gure moins piquants ni moins rigoureux4 ,ils s'tablissent ordinairement vers le solstice1 et durent #f #g semaines en pleine vigueur2 mais on commence sentir leurs atteintes ds la fin d'octobre4 ,par exemple1 ,philadelphie1 par les #dj moins #e1 ce qui rpond aux latitudes de ,madrid1 de ,valence1 de ,naples1 etc41 le thermomtre descend chaque hiver pendant plusieurs jours #h et #aj sous zro1 et pendant quelques-uns #ab et #ad3 en deux hivers de suite1 #agif-ig et #agig-ih1 je l'ai vu tomber #ag et #ah plusieurs jours de suite4 ,le froid alors est si vif1 que malgr le mouvement d'une mare de #f pieds1 la ,delaware1 large de #hjj toises1 se trouve gele en #bd heures3 elle reste ainsi ferme chaque hiver pendant #bj1 #cj et quelquefois #dj jours1 en une ou deux reprises2 car il y a chaque hiver deux ou trois dgels1 surtout entre le #cj;e et #dj;e jours aprs le solstice3 en #aghh1 du #d au #e fvrier1 le thermomtre1 en une nuit1 tomba depuis #b degrs sous zro jusqu' #af et la rivire fut gele ferme le lendemain au soir4 ,en #agfd1 le #ca dcembre1 entre dix heures du soir et huit heures du matin1 elle gela de mme au point de porter les passants4 ,dans cette conversion presque subite du liquide au solide1 l'on voyait1 dit le docteur ,rush1 une vapeur fumeuse s'lever de sa surface avec tant d'abondance1 que le peuple tonn s'assemblait pour considrer ce phnomne4 ,cependant1 partir du solstice d't1 et mme une vingtaine de jours auparavant1 ,philadelphie prouve des chaleurs si accablantes1 que les rues sont dsertes depuis midi jusqu' #e heures1 et que la plupart des habitants se couchent aprs leur dner4 ,le thermomtre atteint assez souvent #be2 l'on cite un ou deux exemples de #bh et de #cj3 du jour la nuit1 il varie depuis #ae et #af jusque vers #bb et #bc1 c'est--dire de #h4 ,mais ce qui rend la chaleur plus insupportable1 c'est le dfaut presque absolu de vent1 surtout depuis trois heures aprs midi1 et l'humidit dont l'air est charg sur toute cette cte4 ,il rsulte de ces termes extrmes une chelle de variation pour les tats du milieu1 d'environ #df #dh4 ,le docteur ,rush a t l'un des premiers observer que le climat de ,pkin offrait la plus grande analogie2 et en tendant cette comparaison1 l'on trouve en effet que l',amrique-nord a les rapports les plus marqus de climat et mme de sol1 avec le nord de la ,chine et avec la ,tartarie adjacente4 ,dans les tats du sud1 tels que la ,virginie1 les ,carolines et la ,gorgie1 la dure et l'intensit du froid diminuent assez rgulirement comme les latitudes3 la ligne du ,potmac1 et plus exactement celle du ,patapsco1 forme cet gard une dmarcation tranchante4 ,l'empire des neiges s'arrte l1 et le voyageur venant du ,nord1 qui jusqu'alors avait vu des traneaux la porte ou dans la cour de chaque ferme1 n'en aperoit plus sitt qu'il a descendu le coteau rapide au pied duquel coule le ,patapsco3 mais dans l'intrieur des terres1 vers ,blue-ridge1 les neiges prolongent un peu leur limite raison de l'lvation du sol44444 ,cette cte nanmoins prouve des attaques de geles assez vives dans les quarante jours qui suivent le solstice d'hiver4 ,a ,norfolk1 le #ad fvrier #agih1 il tomba dans une nuit #d pieds de neige2 et ,charlestown mme1 par le #cb de latitude1 c'est--dire1 par le parallle de ,maroc1 le mercure tombe jusqu' #d degrs sous zro 7selon ,liancourt71 et la terre gle ferme jusqu' #b pouces d'paisseur dans une seule nuit#hc4 ,par inverse1 sur toute la cte1 depuis le ,potmac1 les chaleurs1 ds un mois avant le solstice d't1 sont si fortes que pendant #d mois le mercure s'lve communment aprs midi1 entre #bb et #bd1 malgr une petite brise de mer3 il va mme jusqu' #cb et #cc ,savanah1 ce qui est bien plus que l'gypte1 o #be est le terme ordinaire l'ombre1 sans compter qu'un vent vif et constant et un air trs-sec rendent ce degr trs-supportable3 le #ag juillet #aghh1 ,henri ,ellis observait ,savanah le mercure #ca2 il se plaignait que depuis plusieurs nuits il ne baissait pas au-dessus de #bi4 ,dans sa cave il restait #bahd1 et sous son aisselle #bi4 ,le docteur ,ramsay1 qui a fait des observations suivies ,charlestown1 ne l'y a vu monter #bh 1 qu'une seule fois en #e ans3 mais ,charlestown1 situ l'embouchure d'une petite rivire qu'agite la mare1 jouit des brises littorales1 et passe tellement pour un lieu frais relativement au reste du pays1 que tous les planteurs aiss viennent s'y rfugier en t1 et qu'il ne reste que les noirs sur les habitations4 ,il rsulte de ces faits pour les tats du sud1 une chelle de #cb #cd de variation2 et sans doute le lecteur observe que cette chelle va toujours dcroissant du nord au midi3 elle tait de #ff la baie de ,hudson2 de #ea dans le ,massachusets1 de #dh en ,pensylvanie2 elle se rduit #ce ou #cf en ,caroline2 et si l'on s'avanait encore plus vers les tropiques1 on ne trouverait en beaucoup d'endroits que #ah et #bj de variation annuelle3 la ,martinique1 par exemple1 ,porto-,rico et autres les du ,vent1 le thermomtre1 grce aux brises rgnantes1 ne s'lve pas au-dessus de #bh1 ne tombe pas au-dessous de #aj au-dessus de zro1 diffrence #ah4 ,sur la chane des montagnes de ,caracas1 par les #aj de latitude nord1 une lvation de plus de #a1bjj toises au-dessus de l'ocan1 le mercure se balance entre #aj et #ba sur zro2 ,surinam1 prs du rivage de la mer1 il joue entre #ae et #bg2 aussi les voyageurs venant de ces parages en t1 trouvent-ils que la chaleur devient plus insupportable mesure qu'ils s'avancent au nord2 et moi-mme je prfre1 sans aucune comparaison1 celle du ,kaire celle de ,philadelphie4 ,il est vrai qu'en s'approchant des ,alleghanys1 et mieux encore en s'levant sur leurs sommets1 l'air plus vif1 plus lastique1 rend la chaleur plus agrable1 quoiqu'elle y soit souvent aussi piquante2 mais en gnral1 dans nos zones dites temperes1 et surtout dans les lieux bas et humides1 elle est plus dsagrable que dans ce qu'on appelle les pays chauds1 et il est encore vrai que dans la zone dite torride1 le climat est plus gal que dans nos zones moyennes1 et qu'il y serait plus favorable la sant1 la force vitale1 si l'air n'y tait souvent gt par les exhalaisons des eaux croupissantes et des corps organiss en putrfaction1 et si les trangers1 surtout les ,europens1 n'y portaient leur voracit de viande et l'abus des liqueurs spiritueuses qui la chaleur ne pardonne pas4 ,les mtorologistes anglais et amricains qui1 selon le gnie national1 ramnent tout des calculs positifs ou systmatiques1 en mentionnant ces extrmes1 le chaud et le froid1 ont coutume d'en dduire un terme moyen auquel je ne puis souscrire3 par exemple1 tant donns pour termes extrmes de temprature ,salem1 #ai sous glace et #ca par-dessus glace1 ils en font une somme de #ej1 et prenant pour terme moyen la moiti1 #be1 qui donne #f au-dessus de glace1 ils supposent ces #f tre la temprature fondamentale et habituelle du pays3 ils appliquent galement cette mthode aux variations d'une mme journe2 et si1 comme il arrive souvent aux tats-,unis1 il y a #h1 #aj et #ab de variation dans les #bd heures1 ils en prennent pareillement le terme moyen comme la temprature du jour2 mais dans la ralit1 cette temprature fictive n'a point lieu1 parce que dans le cours d'un mme jour1 l'air varie si brusquement1 qu'il passe aux termes extrmes sans station au terme moyen1 et que dans le cours de l'anne1 ce prtendu terme moyen n'a peut-tre pas lieu pendant #ajj heures4 ,cette rgle d'arithmtique est un peu moins vicieuse dans les additions sommaires1 qu'ils font du nombre d'heures et de jours o a rgn un mme vent2 mais quand de pareils tableaux ne sont point accompagns de la correspondance du thermomtre avec le vent rgnant1 la majeure partie de leur instruction est perdue1 en ce que l'on ne peut plus connatre la nature et les effets de chaque vent1 ni les causes de variation dans la temprature dont nous verrons bientt qu'ils sont les principaux1 pour ne pas dire les seuls agens4 ,un moyen plus convenable d'valuer la temprature fondamentale d'un pays1 serait celui propos par ,m4 ,williams qui1 pour base de cette temprature1 prend la chaleur naturelle et constante dont est imprgn le terrain1 et en cherche la mesure dans l'air et l'eau1 soit des puits1 soit des cavernes les plus profondes1 et il cite cette occasion des faits1 qui mritent d'tre rapports4 #he;,a ,rutland1 en ,vermont1 il a trouv la temprature des puits #de pieds de profondeur de 7#e ,raumur7 ci #e ,en divers lieux de ,massachusets #g1 ci #g ,a ,philadelphie #i1 ci #i ,en ,virginie 7selon ,m4 ,jefferson7#hf elle est de #aa1 ci #aa ,a ,charlestown 7selon le docteur ,ramsay71 elle est de #ad1 ci #adhg ,l'on voit1 dans ce tableau1 une gradation proportionnelle aux latitudes1 qui s'accorde avec les expriences de ,m4 de ,saussure pour rfuter la vieille doctrine d'une temprature moyenne de #aj partout le globe1 et pour prouver que la chaleur de chaque lieu est en raison de la latitude1 ou plus exactement1 de l'action du soleil sur le sol que ses rayons imprgnent de chaleur4 ,,ii4 ,les variations journalires sont plus grandes et plus brusques sur la cte atlantique qu'en ,europe4 ,les variations excessives dont je viens de parler ne se bornent pas aux saisons sur la cte atlantique2 elles y ont encore lieu d'un jour l'autre1 ou1 pour mieux dire1 trs-frquemment dans l'espace d'un seul jour4 ,on les remarque surtout dans les tats du milieu1 tels que le sud du ,new-,york1 la totalit de la ,pensylvanie et du ,maryland2 et dans le pays plat1 plutt que sur les montagnes2 par la raison sans doute que ces tats du ,milieu1 placs entre deux atmosphres opposes1 celle du ple et celle du tropique1 sont le thtre o se passe la lutte perptuelle des grandes masses d'air froid et d'air chaud4 ,notre climat de ,pensylvanie1 dit le docteur ,kush#hh1 est un compos de tous les climats2 l'humidit de l',angleterre au printemps1 la chaleur de l',afrique en t1 le ciel de l',egypte en automne1 le froid de la ,norwge en hiver2 et ce qui est bien plus fcheux1 quelquefois la runion de toutes dans un jour444 ,dans le cours de nos hivers1 surtout en janvier et fvrier1 il arrive souvent1 en moins de #ah heures1 des variations de #f1 #h et mme de #ab 7,r7#hi du froid au chaud et du chaud au froid1 qui ont les plus fcheux effets pour la sant4 ,du #d au #e fvrier #aghh1 le mercure tomba1 en moins de #aj heures1 par un vent de nord-ouest1 depuis #b sous glace #af1 diffrence #ad 7,r74 ,d'autres fois les vents de sud et sud-est amenant un air chaud de #aj et #ab1 occasionent des dgels subits1 et l'on a vu cette temprature1 persistant quelques jours1 tromper la vgtation1 et faire clore les fleurs des pchers en janvier2 mais parce que le rgne des froids ne finit rellement qu'en avril1 il ne manque jamais d'arriver de nouvelles geles par les vents de nord-est et nord-ouest1 qui reproduisent les alternatives que j'ai cites4 ,les mmes variations ont lieu en t1 continue le docteur ,rush1 et de vives fracheurs remplacent presque chaque nuit les violentes chaleurs du jour4 ,l'on observe mme que plus le mercure monte dans l'aprs-midi1 plus bas il tombe le matin au point du jour1 car ce sont l les poques extrmes du froid et du chaud4 ,si #b heures aprs midi1 il a mont #bb1 la pointe du jour suivant1 il sera vers #ae ou #af2 s'il n'a mont qu' #af ou #ag1 il tombera vers #aa ou #ab3 ces chutes arrivent surtout aprs une pluie d'orage2 dans l't de #agge1 on a vu1 en pareil cas1 dans l'espace d'une heure et demie1 une chute de #h 7,r7444 ,en gnral1 except en juillet et aot1 il se passe peu de soires sans qu'on trouve le feu agrable4 ,ces variations ne sont point aussi marques dans la haute ,pensylvanie vers les sources de la ,susquehannah et sur les plateaux de l',alleghany3 les froids en hiver y sont plus fixes2 en t les chaleurs y sont moins intenses2 et sans doute la qualit de l'air les rend aussi plus supportables que dans notre pays infrieur o l'atmosphre est dense et humide4 ,ce que nous venons de voir de la ,pensylvanie1 et qui convient galement au sud du ,new-,york1 au ,new-,jersey1 au ,maryland1 s'applique encore avec assez peu de diffrence la cte de ,virginie et des ,carolines3 dans la ville de ,charlestown1 l'on prouve frquemment dans un jour d't ou d'hiver les variations de #h et #aj 7,r74 ,l'on a des exemples de #ab et de #ae1 et le docteur ,ramsay en cite un de #bb 7,r7 en moins de quinze heures4 ,le #bh octobre #agic1 le mercure tomba de #ah sur zro #c sur zro1 diffrence #ae en dix douze heures#ij4 ,a ,savanah1 ,henry ,ellis1 aprs s'tre plaint des chaleurs d't1 ajoute3 ,j'ai vu la baie de ,hudson tous les climats en un an2 ici je les prouve en douze heures4 ,le #aj octobre #ageg1 le mercure tait au soir #bd 7,r72 le lendemain #aa1 il fut #b 2 diffrence #ba #ia4 ,les pays du nord ne sont pas moins exposs ces vicissitudes2 mais il y a cette diffrence entre eux et ceux du midi1 que dans les tats du ,sud1 les variations se font plutt du chaud au froid1 tandis que dans les tats du ,nord1 elles ont plus souvent lieu du froid au chaud2 en sorte que dans ces derniers1 l'effet produit sur les corps arrive plus souvent par dilatation1 tandis que dans les premiers il arrive plutt par constriction4 ,je trouve dans le journal manuscrit de ,bougainville1 des faits de ce genre qui mritent d'tre cits4 #aa dcembre #agef1 ,qubec3 depuis trois jours1 le thermomtre a mont de #ai sous glace zro de glace4 ,aujourd'hui il pleut et dgle par vent de sud1 et le temps est aussi vain qu'au printemps4 #ad dcembre aprs midi3 le vent vient de tourner nord-ouest2 la gele reprend ferme3 dja #c sous glace3 le lendemain #ae1 le mercure est #ba1 le vent a pass du nord-ouest au sud-ouest1 ciel clair-fin4 ,le #ah janvier par vent de nord-ouest1 #bg sous glace2 temps clair1 prodigieusement froid3 les voyageurs arrivent avec le nez et les doigts des mains et des pieds gels3 le froid est toujours moindre la basse ville qu' la citadelle3 l'lvation de celle-ci l'expose au vent de nord-ouest dont la ville est garantie4 ,a la baie de ,hudson1 ,umfreville et ,robson1 observateurs galement exacts et judicieux1 citent des faits semblables3 ils remarquent que pendant les vingt trente jours que durent les chaleurs d't1 les nuits se tiennent souvent assez chaudes2 mais pendant l'hiver1 il arrive par les vents de sud de ces transitions d'un froid de #ah et #bj zro de glace1 qui occasionent cette sensation d'un temps vain1 dont parle ,bougainville2 sensation trs-bizarre pour nous1 qui ce terme de zro1 nous plaignons du froid2 mais qui est rellement la mme chose que lorsque nous passons de zro #ae sur glace1 et que lorsqu'un ,africain passe de #bj #cj degrs1 toujours effet de comparaison4 ,c'est encore par l'effet de cette habitude des organes1 qu' ,charlestown on se plaint du froid quand le thermomtre est #aj ou #ab sur glace1 et que l'on y brle1 selon la remarque de ,liancourt1 autant de bois qu' ,philadelphie1 o le mercure tombe #ae plus bas4 ,en comparant les tables thermomtriques des divers lieux dont je viens de parler1 et en faisant moi-mme des observations journalires sur les variations de l'air1 je n'ai pu manquer d'apercevoir une harmonie constante entre ces variations1 et certains rumbs de vents qui leur sont toujours associs3 toujours j'ai vu les transitions du froid au chaud se faire par le changement et le passage des vents de nord-est et nord-ouest1 aux rumbs de sud-est et de sud3 et par inverse les transitions du chaud au froid1 se faire par le changement des vents de sud et sud-est en vents de nord-est et nord-ouest1 et cela depuis la ,floride jusqu'au ,canada et la baie de ,hudson3 de l un premier lment de thorie applicable tous les problmes de ce climat2 mais parce que les bonne thories ne sont que la srie mthodique et la runion de tous les faits d'un mme genre1 je ne veux point me hter de rsoudre ces problmes par des faits isols1 et je continue d'y procder par l'exposition de plusieurs singularits1 qui au premier coup d'il sembleraient y faire exception4 ,,iii4 ,le climat du bassin d',ohio et de ,mississipi est moins froid de trois degrs de latitude que celui de la ,cte atlantique4 ,voici une de ces singularits qui mrite d'autant plus d'attention que je ne sache pas qu'on l'ait dcrite jusqu' ce jour avec toutes ses circonstances4 ,pour le fait principal j'emprunterai les paroles de ,m4 ,jefferson dans ses notes sur la ,virginie 7p4 #g74 ,c'est une chose remarquable1 dit-il1 qu'en allant de l'est l'ouest1 sous le mme parallle1 notre climat devient plus froid mesure qu'on avance vers l'ouest1 comme si l'on se rapprochait du nord4 ,cette observation a lieu pour celui qui vient des parties du continent situes l'est des ,alleghanys1 jusqu' ce qu'il ait atteint le sommet de ces montagnes1 qui sont les terres les plus hautes1 entre l',ocan et le ,mississipi4 ,de l1 en se tenant toujours sous la mme latitude1 et allant l'ouest jusqu'au ,mississipi1 la progression se renverse2 et si nous en croyons les voyageurs1 le climat devient plus chaud qu'il ne l'est sur les ctes aux mmes latitudes4 ,leur tmoignage sur ce point est confirm par les espces de vgtaux et d'animaux qui subsistent et se multiplient naturellement dans ces pays1 et qui ne russissent point sur les ctes4 ,ainsi l'on trouve les catalpas sur le ,mississipi jusqu'au #cg de latitude1 et les roseaux jusqu'au #ch3 on voit les perroquets1 mme l'hiver1 sur le ,scioto au #ci4 ,dans l't de #aggi1 lorsque le thermomtre tait #ij ,fahrenheit1 7#be ,r47 ,monticello1 et #if ,f4 7#bh ,r47 ,williamsburg1 il tait #aaj ,f4 ,kaskaskia 7#cd ,r471 etc4 ,comme voyageur je puis confirmer et dvelopper l'assertion de ,m4 ,jefferson3 dans le trajet que je fis pendant l't de #agif1 depuis ,washington sur ,potmac1 jusqu'au poste ,vincennes1 sur la ,wabash1 je recueillis des notes dont voici les principaux rsultats2 #e mai #agif1 premires fraises ,annapolis sur le rivage et au niveau de l',ocan2 #ab mai1 les mmes ,washington1 sol dja plus lev2 #cj mai1 les mmes ,frdrick-,town1 au pied de ,blue-ridge1 environ #ahj pieds au-dessus de l',ocan 7ici les cerises ne mrissent pas mieux qu' ,albany1 #ej lieues plus nord2 mais situ au niveau de la mare72 #f juin1 premires fraises dans la valle de ,shenandoa l'ouest de ,blue-ridge1 et peut-tre #aej toises au-dessus de l',ocan2 #a;er juillet ,monticello1 chez ,m4 ,jefferson1 la moisson de froment a commenc sur les basses pentes de ,south ,west mountain1 l'exposition de sud et sud-est1 tandis que sur les revers exposs au nord-ouest1 vers ,charlotteville1 elle n'a commenc que du #ab au #ad2 #aj juillet2 moisson ,rock-fish-gap1 au sommet de ,blue-ridge1 #aaej pieds anglais d'lvation1 #cej mtres3 deux jours plus tt elle a lieu dans le vallon de ,staunton1 situ environ #gj mtres plus bas4 #ab juillet1 moisson sur les montagnes de ,jackson1 lvation de plus de #b1bjj pieds anglais 7#fhc mtres74 #bj juillet1 moisson sur l',alleghany1 lev de plus de #hjj mtres4 ,l'on voit que dans cette ligne ascendante1 elle a constamment tard en proportion des niveaux4 ,en descendant l'autre pente de l',alleghany1 celle de l'ouest1 je trouvai qu' ,green-,briar1 situ en plaine basse1 elle avait eu lieu #e jours plus tt 7#ae juillet74 ,dans le vallon du grand ,kanhawa1 l'embouchure de l',elk1 elle avait eu lieu le #f4 ,le #aa1 ,gallipolis2 colonie des ,franais1 au ,scioto#ib4 ,le #ae1 ,cincinnati1 situ plus au nord4 ,je ne trouvai point de froment ,poste-,vincennes1 sur la ,wabash2 on y prfre le mas1 le tabac et le coton1 produits qui caractrisent un climat chaud4 ,le #a;er juillet1 on avait moissonn ,kaskaskia1 sur le ,mississipi1 comme ,monticello4 ,cette seconde ligne1 depuis l',alleghany1 ne prsente pas en apparence la mme rgularit que la prcdente1 sans doute par une raison combine de la diversit des niveaux1 des expositions1 et mme des latitudes qui y sont plus varies2 par exemple1 si ,cincinnati est plus tardif que ,gallipolis1 ce doit tre parce qu'il est un peu plus nord1 et surtout moins abrit des vents de cette partie1 et moins ouvert au midi4 ,si le vallon de ,kanhawa est encore plus prcoce1 quoique plus lev1 ce peut tre raison de son encaissement dont l'effet concentre la chaleur que j'y trouvai rellement bien plus vive qu'ailleurs2 et1 dans nos propres jardins1 nous avons la preuve de cette action des divers aspects1 puisque nos espaliers mrissent les mmes espces de fruits des poques diffrentes de huit et dix jours1 selon qu'ils sont exposs au midi1 au levant ou au couchant1 et encore1 selon qu'ils sont abrits des vents et frapps de la rverbration d'autres murs4 ,il n'en est pas moins vrai que la rgle des niveaux se trouve en gnral observe dans la ligne dcrite1 et qu'il y a une identit remarquable d'poque de moisson 7#a;er juillet7 entre ,kaskaskia et ,monticello1 situs sous le mme parallle1 et une lvation que je prsume trs-ressemblante4 ,nanmoins je suis loin de disconvenir qu'il existe dans le pays d',ouest plusieurs phnomnes de temprature et de vgtation1 auxquels ne peuvent satisfaire ni les niveaux1 ni les expositions3 au premier rang de ces phnomnes1 est celui que depuis quelques annes les botanistes observent et constatent davantage de jour en jour3 ayant compar les lieux o croissent spontanment certains arbres et certaines plantes l'est et l'ouest des ,alleghanys1 ils ont dcouvert qu'il y avait une diffrence uniforme gnrale d'environ #c de latitude plus chaude1 en faveur du bassin d',ohio et de ,mississipi2 c'est--dire1 que les arbres et les plantes qui veulent un climat chaud1 et des hivers moins longs et moins froids1 se trouvent #c plus nord dans l'ouest des ,alleghanys1 qu' l'est sur la cte atlantique2 ainsi1 le coton1 qui russit ,cincinnati1 ,poste-,vincennes1 par les #ci de latitude1 n'a encore pu se cultiver plus nord que #ce et #cf dans les ,carolines4 ,il en est de mme des catalpas1 des sassafras1 des pps1 des pacanes ou noix illinoises#ic1 et de beaucoup d'autres arbres et plantes dont le dtail exigerait des connaissances que je n'ai point en cette partie#id4 ,ce genre de preuves qui est irrcusable se trouve d'ailleurs appuy par les phnomnes particuliers chaque saison4 ,dans toute ma route sur l',ohio1 et dans mes diverses stations en ,kentucky1 ,gallipolis1 ,lime-stone1 ,washington de ,kentucky1 ,lexington1 ,louisville1 ,cincinnati1 au ,poste-,vincennes1 les renseignements que j'ai recueillis ont t unanimement les faits suivants4 ,l'hiver ne commence que vers son solstice1 et les froids ne se montrent que dans les quarante cinquante jours qui le suivent4 ,ils n'y sont pas mme fixes et constants2 mais il y a des relches de jours temprs et chauds4 ,le thermomtre ne descend ordinairement pas au-dessous de #e et #f 7,r7 sous zro2 les geles qui d'abord se montrent dans quelques jours d'octobre pour disparatre1 puis revenir vers la fin de novembre1 et cesser encore1 les geles1 dis-je1 ne s'tablissent que vers janvier3 les ruisseaux1 les petites rivires et les eaux dormantes glent alors1 mais restent rarement gels plus de #c #ae jours4 ,l'on a regard comme un cas sans exemple celui de l'hiver #agif-ig1 o le mercure a tomb #ae sous zro1 et o les rivires ,alleghany1 ,monongahlah et ,ohio1 ont t scelles de glace1 depuis le #bh novembre jusqu'au #cj janvier1 c'est--dire soixante-cinq jours3 la ,wabash gle presque chaque hiver1 mais seulement de #c #ae jours4 ,dans tout le ,kentucky et le bassin d',ohio1 les neiges ne durent ordinairement que de #c #h ou #aj jours2 et dans le cours mme de janvier1 l'on a des jours vraiment chauds1 #ae et #ah par des vents de sud-ouest et de sud1 et par un ciel brillant et pur4 ,le printemps amne des pluies et des giboules par des vents de nord-est et de nord-ouest2 mais ds quarante jours aprs l'quinoxe1 les chaleurs commencent s'tablir4 ,elles sont dans toute leur force pendant les #fj #gj jours qui suivent le solstice d't3 le thermomtre se tient alors entre #bf et #bg 7,r74 ,on le remarqua en #agig ,cincinnati et ,lexington1 #bi 7,r7444 ,pendant tout ce temps1 les orages sont presque journaliers sur l',ohio2 ils y produisent une chaleur pesante que la pluie ne tempre pas2 tantt ils arrivent par les vents de sud et de sud-ouest1 tantt ils sont le produit de l'vaporation du fleuve et de la vaste fort qui couvre la contre4 ,la pluie qu'ils versent par torrents ne rafrachit qu'un instant le sol embras1 et la chaleur du lendemain l'levant en vapeurs forme au matin d'pais brouillards qui se convertissent ensuite en nuages1 et recommencent le jeu lectrique de la veille3 l'eau du fleuve est chaude #ad et #ae sur zro3 les nuits sont calmes1 et ce n'est qu'entre #h et #aj heures du matin que s'lve une lgre brise d'ouest ou de sud-ouest1 qui cesse vers #d heures du soir4 ,dans la totalit des saisons le vent le plus dominant est le sud-ouest1 c'est--dire1 le courant d'air qui remonte dans la ligne du fleuve ,ohio1 et qui vient par le ,mississipi 7o il rgne sud7 du golfe du ,mexique4 ,je trouvai ce vent chaud et orageux ds mon entre dans le vallon de ,kanhawa1 dont sans doute il lve la temprature en s'y arrtant au pied des montagnes3 il change de ligne selon les courbures de l',ohio1 et on le croirait quelquefois ouest et sud2 mais toujours identique1 il rgne #aj parties de temps sur #ab1 et n'en laisse que #b tous les autres vents runis3 il domine galement dans tout le ,kentucky2 mais il n'y produit pas les mmes effets2 car tandis que la valle d',ohio1 dans une largeur de #e #f lieues1 prouve une humidit et des pluies abondantes1 le reste du pays est tourment de scheresses qui durent quelquefois trois mois3 et les cultivateurs ont le chagrin de voir de leurs coteaux un fleuve arien de brouillards1 de pluies et d'orages1 qui serpente comme le fleuve terrestre1 et qui ne sort pas de son bassin4 ,a l'quinoxe d'automne arrivent les pluies par les vents de nord-est1 de sud-est1 et mme de nord-ouest3 la fracheur qu'elles tablissent prpare les geles3 l'automne entire est sereine1 tempre1 et est la plus belle des trois saisons de l'anne3 car dans tout le continent de l',amrique nord il n'y a pas de printemps4 ,tel est le climat de ,kentucky et de tout le bassin d',ohio4 ,il faut remonter bien avant dans le nord pour lui trouver des changements remarquables1 et surtout pour le retrouver en harmonie avec ses parallles de la cte atlantique4444 ,a la hauteur de ,niagara mme1 il est encore si tempr1 que les froids ne durent pas plus de #b mois avec quelque pret2 et cependant l'on est au point le plus lev du plateau2 ce qui dconcerte totalement la rgle de niveaux4 ,dans tout le ,genesee1 les descriptions que l'on m'a faites de l'hiver ne correspondent point avec les froids de cette saison sous les parallles de ,vermont ni de ,new-,hampshire1 mais plutt avec le climat de ,philadelphie #c plus sud4 ,l'on a remarqu dans cette dernire ville1 comme chose singulire1 qu'il y gle dans tous les mois de l'anne1 except en juillet2 et pour retrouver la mme circonstance1 il faut s'lever jusqu'au village d',onida en ,genesee1 par les #dc de latitude2 tandis qu' l'est des monts1 ,albany1 il gle dans tous les mois1 et il n'y peut mrir ni pches ni cerises4 ,enfin1 ,montral1 par les #de #bj de latitude1 les froids sont moins rigoureux et moins longs que dans la partie de ,maine et d',acadie l'est des montagnes2 et les neiges ce mme ,montral durent deux mois de moins qu' ,qubec1 quoique cette dernire ville soit situe plus bas sur le fleuve2 ce qui contrarie encore la loi des niveaux et indique une autre cause qui reste trouver4 ,avant d'y procder1 j'ajouterai encore quelques observations et quelques faits qui en prpareront d'autant mieux le dveloppement4 #a ,il rsulte des comparaisons que je viens de prsenter1 que pour mesurer les divers degrs de temprature des tats-,unis1 il faut appliquer1 sur la totalit de ce pays1 deux grandes chelles thermomtriques se croisant en sens oppos3 l'une place dans le sens naturel des latitudes ayant son maximum de froid vers le ple1 par exemple1 au ,saint-,laurent2 et l'autre son maximum de chaud vers le tropique1 par exemple1 en ,floride3 entre ces deux points extrmes1 la chaleur1 circonstances gales de niveaux et d'expositions1 dcrot ou augmente rgulirement selon les latitudes4 ,l'autre chelle1 place transversalement de l'est l'ouest dans le sens des longitudes1 est un thermomtre deux branches renverses1 ayant une boule commune ou maximum de froid qui pose sur l',alleghany1 tandis que l'extrmit de chacune des branches va chercher l'est et l'ouest son maximum de chaleur sur le rivage de l',atlantique et au ,mississipi2 et les degrs de chaleur se mesurent sur chacune en raison combine des niveaux et des expositions4 ,ce n'est qu'en ayant gard ces rgles compliques que l'on pourrait dresser un bon tableau gnral de temprature et de vgtation pour les tats-,unis3 l'ide que l'on en trouve jete dans un mmoire de la socit de ,new-,york1 est une ide ingnieuse1 et qui peut devenir utile2 mais pour remplir son objet avec exactitude1 elle a besoin de l'application et de l'emploi des principes que je viens d'exposer4 #b ,la diffrence de climat entre l'est et l'ouest des ,alleghanys1 est d'ailleurs accompagne de deux circonstances majeures que je crois n'avoir pas t remarques4 ,la premire est que par-del les #ce et #cf latitude allant au sud1 cette diffrence cesse d'avoir lieu1 et la temprature des ,florides et de la ,gorgie occidentale1 depuis le ,mississipi jusqu' la rivire ,savanah et l',ocan1 est soumise des rgles identiques et communes2 en sorte que la chane des ,alleghanys et le retour des ,apalaches1 forment rellement de ce ct la limite de cette diffrence1 et par cela mme se dclent pour tre une de ces causes efficientes4 ,la seconde circonstance est que cet excs relatif de temprature cesse encore presque subitement entre le #dc et #de latitude nord1 vers les grands lacs de ,saint-,laurent3 peine a-t-on pass la rive mridionale du lac ri1 que le climat se refroidit de minute en minute dans une proportion tonnante3 au fort ,dtroit1 il ressemble encore celui de ,niagara son parallle2 mais ds le lac ,saint-,clair1 les colons trouvent les froids beaucoup plus longs et plus rigoureux qu' ,dtroit4 ,ce petit lac reste gel tous les ans1 depuis novembre jusqu'en fvrier3 les vents de sud et de sud-ouest1 qui temprent l'ri1 deviennent plus rares ici1 et l'on ne peut y mrir d'autres fruits que des pommes et des poires d'hiver4 ,au fort de ,michillimakinac1 #b plus nord1 des observations faites en #agig1 sous la direction du gnral amricain ,wilkinson#ie1 constatent que du #d aot au #d septembre1 le thermomtre en diverses stations depuis le lac ,saint-,clair1 ne marqua jamais plus de #af ,r4 midi2 et qu'au soir et au matin1 il descendit souvent jusqu' #e ,r4 7sur glace72 ce qui est plus froid que ,montral sous le mme parallle4 ,ces faits s'accordent parfaitement avec les rsultats gnraux que ,m4 ,alexandre ,mackensie a rcemment publis dans la relation de ses intressants voyages l'ouest et au nord-ouest de l',amrique3 j'avais dja eu occasion dans mon sjour ,philadelphie1 de connatre cet estimable voyageur et d'en obtenir divers renseignements sur ces objets3 l'un de ses associs1 ,m4 ,shaw1 avec qui j'eus aussi l'avantage de me rencontrer en #agig1 et qui arrivait d'un sjour de treize ans dans les postes les plus reculs de la traite des pelleteries1 eut galement la complaisance de satisfaire mes questions1 et il rsulte de ces informations runies3 ,qu' partir du lac ,suprieur1 allant l'ouest1 jusqu'aux montagnes ,stony ou ,chipewans1 et remontant au nord jusqu'au #gb1 le pays maintenant bien connu par les traitants canadiens1 offre un climat d'une rudesse et d'une pret de froid qui ne peut se comparer qu' la ,sibrie3 que le sol gnralement plane1 dnu d'arbres1 ou n'en ayant que de rares et de rabougris1 parsem de lacs1 de marais1 et d'une prodigieuse quantit de cours d'eaux1 est sans cesse battu de vents furieux et glacs1 venant des parties de nord et surtout de nord-ouest3 que ds le #df la terre est gele pendant toute l'anne3 que dans plusieurs fortins de la traite1 entre les #ej et #ef1 l'on n'avait pu par ce motif tablir des puits1 cependant trs-ncessaires3 que ,m4 ,shaw lui-mme en avait creus un au poste ,saint-,augustin1 environ seize lieues des montagnes2 et quoiqu'il l'et entrepris en juillet1 il avait1 ds le troisime pied1 rencontr le sol gel2 et le trouvant de plus en plus ferme1 il avait t contraint d'abandonner le travail une profondeur de vingt pieds4 ,l'on ne peut douter de ces faits1 tant raison du caractre des tmoins1 que de l'appui qu'ils trouvent dans d'autres semblables3 ,robson1 ingnieur anglais qui1 en #agde1 construisit le fort de ,galles1 sur la baie de ,hudson1 par les #ei1 raconte avec surprise et candeur3 ,qu'ayant voulu creuser un puits au mois de septembre1 il trouva d'abord trente-six pouces anglais de terre dgele par les chaleurs antrieures2 puis une couche de huit pouces gele ferme comme roc3 sous cette couche1 un terrain sableux et friable1 glacial et trs-sec1 dans lequel ses sondes ne purent trouver d'eau1 parce que1 dit-il1 le froid continuel gelant les eaux superficielles1 les empche de pntrer au-dessous du point o les chaleurs de l't parviennent les dgeler#if4 douard ,umfreville1 facteur de la compagnie de ,hudson1 depuis #agga jusqu' #aghb1 observateur plein de sens et d'exactitude1 atteste galement que3 ,la terre dans ces contres1 mme au cur de l't1 o les chaleurs sont vives pendant quatre cinq semaines1 ne dgle qu'environ quatre pieds anglais1 l o le sol est dbois et soumis l'action du soleil2 et deux pieds seulement l o il est ombrag des chtifs genvriers et pins qui composent toute la vgtation du pays#ig4 ,il est donc vident qu'au del d'une certaine latitude1 le climat l'ouest des ,alleghanys n'est pas moins froid que ses parallles l'est2 et cette latitude1 dont le terme moyen parat tre vers les #dd ou #de1 en prenant pour limite les grands lacs1 et surtout la chane des montagnes ,canadiennes ou ,algonkines1 circonscrit par cela mme le climat chaud du pays d',ouest un espace d'environ #i #aj degrs qui se trouve enceint sur trois de ses cts par des montagnes4 ,sans doute la prsence de ces montagnes contribue pour quelque partie cette diffrence2 mais quelle en est la cause majeure et fondamentale8 d'o provient ce phnomne gographique rellement singulier8 ,voil le problme rsoudre2 et parce que la comparaison de beaucoup de faits et de circonstances m'a fait reconnatre pour agent principal un courant d'air ou vent dominant habituellement dans le bassin de ,mississipi1 dont les vents diffrent de ceux de la cte atlantique1 je crois devoir fournir au lecteur les moyens d'asseoir son jugement1 en lui dveloppant le systme entier des courans de l'air qui rgnent pendant l'anne aux tats-,unis4 ,,chapitre ,,ix4 ,systme des vents aux tats-,unis4 ,en ,europe1 surtout en ,france et en ,angleterre1 nous nous plaignons de l'inconstance des vents et des variations qu'elle produit dans la temprature de l'air2 mais cette inconstance n'est en rien comparable celle de l'atmosphre des tats-,unis2 j'oserais affirmer que dans une rsidence de prs de trois ans#ih1 je n'ai pas vu un mme vent rgner trente heures de suite1 un mme degr de thermomtre se maintenir pendant dix heures2 sans cesse les courants de l'air varient1 non de quelques degrs de compas1 mais d'un point de l'horizon son oppos2 du nord-ouest au sud et au sud-est2 du sud et du sud-ouest au nord-est3 ces variations attirent d'autant plus l'attention1 que les changements de temprature sont aussi contrastants que subits2 et dans un mme jour1 en hiver mme1 on aura eu au matin de la neige1 et zro de glace par vents de nord-est et d'est2 vers midi1 #f et #g degrs par vents de sud-est et de sud2 et dans le soir #a et #b sous glace par vent de nord-ouest3 en t1 vers deux heures aprs midi1 on peut avoir #bd et #be de chaleur par calme2 un orage arrive par vent de sud-ouest2 il pleut vers quatre ou cinq heures2 six ou sept1 le vent de nord-ouest se dclare frais et imptueux son ordinaire1 et avant minuit le mercure sera #ag et mme #af4 ,l'automne seule1 depuis le milieu d'octobre jusque vers la mi-dcembre1 montre quelques jours continus de vent d'ouest1 et d'un ciel clair et serein2 genre de temps que sa raret rend d'autant plus remarquable4 ,cette mobilit de l'air l'est elle-mme d'autant plus qu'elle a lieu sur une tendue de pays trs-vaste1 et que les mmes vents se font sentir presque la fois sur toute l'tendue de la cte atlantique1 depuis ,charlestown1 jusqu' ,newport1 et mme ,halifax1 et depuis le rivage de l',ocan jusqu' l',alleghany4 ,ce n'est pas qu'il n'y ait de ces brises partielles qui1 dans tous les pays maritimes1 affectent certaines localits et certaines positions du soleil sur l'horizon3 je veux dire seulement qu' l'ordinaire1 les courants de l'air aux tats-,unis parcourent de trs-vastes surfaces1 et que les vents y sont gnraux beaucoup plus qu'ils ne le sont en ,europe4 ,tel est surtout le caractre de trois vents principaux1 le nord-ouest1 le sud-ouest et le nord-est1 qui semblent se partager l'empire de l'air aux tats-,unis4 ,si l'on supposait l'anne divise en #cf parties1 l'on pourrait dire qu' eux trois ils en prennent #cj ou #cb2 savoir1 #ab pour le nord-ouest2 #ab pour le sud-ouest1 et #f ou #h pour le nord-est et l'est3 le surplus est distribu entre le sud-est1 le sud et l'ouest4 ,le nord pur n'a presque rien4 ,chacun de ces vents tant accompagn de circonstances particulires1 et devenant successivement dans l'atmosphre effet et cause de phnomnes considrables et diffrents1 je vais entrer dans les dtails ncessaires faire connatre leur marche respective4 ,i4 ,des vents de nord1 de nord-est et d'est4 ,le vent du nord direct est le plus rare des courants de l'air aux tats-,unis3 d'aprs les tables mtorologiques que j'ai pu consulter ,boston1 ,philadelphie1 ,monticello1 il ne souffle pas dans le cours d'une anne huit jours par ces latitudes4 ,il semble tre plus frquent dans les plages du sud1 d'aprs des observations faites ,williamsburg1 et cites par ,m4 ,jefferson#ii2 mais outre que ces observations trop sommaires sont vagues1 il est probable que la direction de nord ,williamsburg est locale et cause par la position de cette ville sur un cours d'eau qui va droit au sud dans le fleuve ,james3 il existe beaucoup de ces cas o un vent gnral sur un pays se trouve en certains cantons dvi de #cj #hj par des bassins de rivire1 par des sillons de montagnes1 par des massifs de forts1 etc42 il y a du moins ceci de certain1 que d'aprs tous les renseignements que j'ai recueillis1 tant l'est qu' l'ouest des ,alleghanys1 le vent de nord direct est le moins frquent des vents aux tats-,unis#ajj4 ,lorsqu'il se montre1 il est plutt humide que sec1 plutt nuageux que clair1 et toujours froid4 ,cette raret du vent de nord semble au premier coup d'il contrarier la thorie gnrale des vents1 qui explique tout leur mcanisme par l'action du soleil sur l'atmosphre terrestre2 par la dilatation ingale que ses rayons causent en diverses parties2 par la lutte qui s'tablit entre les masses d'air froid plus pesant1 et les masses d'air chaud plus lger1 pour rtablir l'quilibre et le niveau qui est la loi imprieuse et constante des fluides3 d'o il rsulte que l'ocan arien prouve une agitation continuelle de courants qui se meuvent en divers sens2 et que l'atmosphre dense et froide du nord doit exercer une pression habituelle et avoir une tendance constante s'pancher et se porter vers l'atmosphre chaude et dilate des tropiques2 mais outre que ce mcanisme gnral est soumis certaines circonstances gographiques1 nous aurons occasion de voir dans le cours de ce chapitre1 que le cas actuel n'est pas mme une exception au principe1 et que la dette du vent de nord est amplement acquitte par deux de ses collatraux1 les vents de nord-ouest et de nord-est1 qui s'alimentent du mme fonds1 et qui puisent aux mmes sources que lui#aja4 ,vent de nord-est4 ,ainsi que la plupart des vents1 le vent de nord-est1 en changeant de pays1 change de caractre ou du moins de qualits4 ,en gypte1 sous le nom de gregale1 je l'avais trouv froid1 nuageux1 pesant la tte3 sur la ,mditerrane je l'prouvais pluvieux1 bourru1 sujet aux rafales3 en ,france1 surtout au nord des ,cvennes1 nous nous en plaignons comme du plus sec de tous les vents3 aux tats-,unis1 au contraire1 j'ai vu qu'avec autant de raison l'on s'en plaint comme du plus humide et de l'un des plus froids4 ,le problme de ces diversits ou de ces contrastes se rsout avec assez de facilit par l'inspection des cartes gographiques4 ,en effet1 en gypte le vent nord-est arrive du nord de la ,syrie et de la chane du mont ,taurus1 qui1 par l',armnie1 va se joindre au ,caucase1 et qui1 pendant plusieurs mois de l'anne1 est couverte de neiges3 le courant de l'air qui en provient n'a pas le temps de s'humecter dans son court trajet sur l'extrmit de la ,mditerrane2 et il conserve sa froideur et presque sa scheresse originelles3 mesure que l'on navigue vers l'ouest1 ce mme courant d'air1 qui successivement dcline de l',asie mineure sur l',archipel et sur la pninsule grecque1 devient plus tempr2 et parce qu'il traverse ensuite la ,mditerrane obliquement1 sur une plus grande largeur1 il y acquiert plus d'humidit et de moiteur1 et finit par tre pluvieux1 particulirement sur la cte d',espagne4 ,en ,france1 au midi des ,cvennes1 le nord-est venant des ,alpes1 ne peut tre que sec et froid2 mais il y est rare1 parce qu'un autre courant collatral1 le mistral des ,provenaux usurpe sa place3 au nord des ,cvennes le nord-est ne nous arrive qu'aprs avoir travers une des plus longues lignes du continent1 travers les parties nord de l',allemagne1 puis la ,pologne et la ,russie2 et certes dans ce vaste trajet il acquiert bien des raisons d'tre sec1 froid et de longue dure1 tel que nous l'prouvons444 ,si l'on s'carte un peu au nord de cette ligne1 il prend un caractre diffrent pour la cte de ,sude1 et il y devient grand pluvieux1 non-seulement parce qu'il traverse de biais la mer ,baltique et le golfe de ,bothnie1 mais encore parce qu'il vient de la mer d',archangel1 et que la ,finlande marcageuse l'abreuve au lieu de le scher4 ,par un nouveau contraste1 la cte de ,norwge1 adosse immdiatement celle de ,sude1 en l'prouvant encore froid1 ne l'prouve cependant plus humide1 et cela parce que le chanon du ,dofre1 qui court presque nord et sud entre les deux pays1 arrte les nuages1 et purge de leur pluie le courant d'air qui les transportait#ajb4 ,aux tats-,unis1 le vent de nord-est vient d'une tendue de mers dont la surface1 prolonge jusqu'au ple1 le sature sans interruption d'humidit et de froid3 aussi dploye-t-il minemment ces deux qualits sur toute la cte atlantique3 il n'est pas besoin de regarder le ciel pour savoir s'il souffle3 ds avant qu'il se dclare1 on peut le pronostiquer au sein des maisons1 l'tat dliquescent que prennent le sel1 le savon1 le sucre1 etc4 ,bientt l'air se trouble2 et les nuages1 s'il en existait1 n'en forment plus qu'un seul1 sombre et universel4 ,dans les saisons froides1 ou seulement fraches1 ce vaste nuage tombe en neige2 et si l'air est chaud1 il se rsout en pluie opinitre4444 ,depuis le cap ,cod1 jusqu'au banc de ,terre-,neuve1 le vent de nord-est pousse sur la cte les brouillards les plus froids1 les plus transissans que j'aie jamais prouvs2 il appartient aux physiologistes d'expliquer pourquoi ,philadelphie comme au ,kaire1 ce vent affecte la tte d'un sentiment douloureux de pesanteur et de compression3 ce qu'il y a de certain1 c'est que dans ces deux villes1 j'ai senti galement bien mon rveil1 avant de voir le ciel1 si le nord-est rgnait4 ,or1 si une telle disposition de corps ou toute autre de ce genre est la consquence ncessaire d'un tat donn de l'atmosphre2 s'il en rsulte aussi ncessairement une disposition analogue d'esprit et de facult pensante1 ne s'ensuit-il pas que l'air exerce une influence majeure sur nos facults physiques et morales1 comme l'a si bien observ le plus grand des mdecins dans son trait des airs1 des eaux et des sites8 et ne serait-ce pas des causes de ce genre qu'il faudrait attribuer la diffrence frappante qui existe entre certains peuples1 dont les uns ont gnralement l'esprit vif1 la conception aise et rapide1 tandis que d'autres ont l'esprit pesant et la perception obtuse et lente#ajc8 ,les qualits de vent de nord-est diminuent naturellement d'intensit sur la cte atlantique1 mesure que l'on s'avance plus au sud2 mais elles demeurent reconnaissables jusqu'en ,gorgie1 et nommer ce vent depuis ,qubec jusqu' ,savanah1 c'est dsigner un vent humide1 froid et dsagrable4 ,ce langage change lorsqu'on passe l'ouest des ,alleghanys3 l1 au grand tonnement des migrants de ,connecticut et de ,massachusets1 le nord-est et l'est sont des vents plutt secs qu'humides1 plutt lgers et agrables que pesants et fcheux4 ,la raison en est que l comme en ,norwge1 ces courants d'air n'arrivent qu'aprs avoir franchi un rempart de montagnes1 o ils se dpouillent dans une rgion leve des vapeurs dont ils taient gorgs4 ,aussi n'est-ce que par des cas accidentels et rares1 surtout en t1 qu'ils transportent sur l',ohio et le ,kentucky les pluies que l'on y dsire2 et alors elles y durent au moins vingt-quatre heures1 et quelquefois trois jours conscutifs1 parce qu'il a fallu un vide considrable dans l'atmosphre du bassin de ,mississipi1 pour dterminer l'irruption de l'atmosphre atlantique1 et qu'il faut un ou plusieurs retours du soleil sur l'horizon1 pour que la chaleur de ses rayons rtablisse le niveau entre ces deux grands lacs ariens3 ces ruptures d'quilibre sont plus frquentes pendant l'hiver1 raison de l'tat temptueux de l'atmosphre sur la mer et le continent2 alors il n'est pas rare que le nord-est et l'est traversent les ,alleghanys1 et jettent sur le pays d',ouest des ondes de neige ou de pluie2 mais bientt leur antagoniste perptuel1 le sud-ouest1 qui rgne dans cette contre dix mois sur douze1 les chasse de son domaine et les force de se replier sur les monts4 ,l1 s'tablit entre eux une lutte habituelle1 dont les efforts ingaux et varis sont l'une des causes de l'agitation de l'atmosphre pendant cette saison4 ,si par hasard ils se balancent l'un l'autre1 leur double courant n'a d'issue qu'en s'levant verticalement dans la rgion suprieure o ils se replient l'un et l'autre1 glissent horizontalement ou se renversent dans les couches infrieures2 mais tantt le sud-ouest l'emporte1 et il se rpand jusqu' l',ocan2 et tantt le nord-est est vainqueur1 et il envahit jusqu'au ,mississipi et au golfe du ,mexique4 ,c'est surtout aux quinoxes que le choc est violent et l'irruption imptueuse3 alors que le passage du soleil l'quateur1 en refroidissant l'un des ples qu'il quitte1 et rchauffant l'autre qu'il claire1 occasione un balancement gnral dans l'ocan arien2 il arrive entre les masses opposes et les courants antagonistes1 des ruptures d'quilibre dont les consquences sont plus violentes et plus tendues4 ,aussi est-ce de prfrence cette poque1 et dans les mois d'avril et d'octobre que se montrent les ouragans dont le vent de nord-est est l'agent le plus habituel aux tats-,unis4 ,ces ouragans ont cela de particulier1 que leur furie se dploie ordinairement sur une courte ligne d'un quart de lieue1 quelquefois de trois cents toises de largeur1 et seulement d'une ou deux lieues de longueur4 ,dans cet espace1 ils arrachent et renversent les arbres des forts1 et ils y font des clairires1 comme si la faux d'un moissonneur avait pass sur quelques sillons d'un champ de bl4 ,en d'autres occasions plus rares1 ils traversent le continent dans toute sa longueur1 et cela par un mcanisme que j'aurai occasion d'expliquer l'article du vent de sud-ouest4 ,la frquence des vents de nord-est sur la cte atlantique peut s'attribuer en partie la direction du rivage1 et des montagnes de cette contre1 laquelle favorise le cours du fluide arien4 ,des observations faites ,monticello1 ,frederick-town1 ,bethlem1 prouvent que souvent tout autre rumb souffle dans l'intrieur des terres2 quant ,new-,port1 ,new-,york1 ,philadelphie1 ,norfolk1 des observations du mme jour attestent le nord-est4 ,quelquefois ce vent lui-mme en porte des preuves notoires sur sa trace1 en versant sur le littoral des ondes de neige qui ne pntrent pas dix milles dans l'intrieur4 ,ce cas arriva ,norfolk1 le #ad fvrier #agih1 lorsque dans une seule nuit il tomba sur cette ville et ses environs plus de #dj pouces de neige1 par un vent de nord-est1 tandis qu' dix lieues1 au sein des terres1 il n'avait pas mme plu1 et qu'il rgnait plutt un vent de nord-ouest1 ainsi que l'observrent plusieurs papiers publics4 ,si le vent du nord-est varie ou dvie1 c'est ordinairement pour passer l'est1 et ce dernier vent peut se considrer comme son supplant et son alternatif naturel4 ,moins frquent que lui1 il participe ses qualits pluvieuses et froides1 surtout au nord des #dj et #da3 mesure que l'on s'avance au sud1 il devient plus tempr1 sans cesser d'tre humide2 ce qui s'explique de soi-mme1 raison de la temprature des mers de ces latitudes4 ,il ne faut pas les confondre avec le vent d'est aliz des tropiques4 ,celui-ci ne s'lve jamais au del des #cj ou #cb de latitude1 et seulement lorsque le soleil1 au solstice d't1 entrane de ce ct la zone d'air qu'il gouverne1 en tablissant un foyer d'aspiration dans les parties nord de ce continent4 ,en hiver l'aliz d'est se replie jusque vers le #bb et #bc1 tant d'une part repouss par l'atmosphre refroidie de l',amrique nord1 et de l'autre attir par un nouveau foyer tabli dans l',amrique sud par le soleil perpendiculaire au ,paraguay4 ,dans les deux cas1 lors mme que les vents irrguliers de nord-est et d'est rgnent sur l',atlantique1 leur empire est presque toujours spar de celui de l'aliz par une frontire1 ou de calme ou de contre-courants que cause leur ingalit en temprature1 en densit1 en vitesse4 ,il y a d'ailleurs entre eux ce cachet distinctif que les vents continentaux de nord-est et d'est1 malgr l'irrgularit de tout le systme de leur zone1 affectent de paratre aux deux quinoxes pendant les #dj ou #ej jours qui suivent le passage du soleil l'quateur3 aussi est-ce la saison la plus favorable pour se rendre d',europe en ,amrique2 celle dont profitent les vaisseaux de commerce1 qui plus tard ou plus tt sont exposs de longs passages1 raison des vents de sud-ouest et de nord-ouest qui dominent l',ocan atlantique1 l'un en hiver et l'autre en t1 et qui dans toutes les saisons ne permettent que des apparitions courtes et interrompues aux vents de sud-est et de sud dont je vais parler4 ,,ii4 ,vents de sud-est et de sud4 ,le vent du sud-est aux tats-,unis a plusieurs traits de ressemblance avec le scirocco de la ,mditerrane1 qui est aussi un sud-est3 comme lui1 il est chaud1 humide1 lger1 rapide2 comme lui1 il affecte la tte d'un sentiment pnible de pesanteur et de compression2 mais un degr infiniment moins fcheux que le scirocco4 ,si l'on remarque que le kamsinn1 ou vent du sud1 produit en gypte la mme sensation2 que dans d'autres pays tels que ,bagdad1 ,basra1 c'est le vent du sud-ouest2 et que dans tous1 c'est toujours un courant d'air qui a balay des surfaces terrestres brlantes et sches1 l'on conclura que cet effet physiologique est d l'action sur nos nerfs d'une qualit ou d'une combinaison particulire du calorique ou fluide ign4 ,la diffrence d'intensit qui existe entre ces divers vents favorise elle-mme cette induction2 car si1 comme il est de fait1 le sud-est amricain est moins pnible que le sud-est italien1 l'on peut l'attribuer au long trajet du premier sur l',atlantique dont l'humidit a neutralis les exhalaisons du continent africain1 tandis que le scirocco n'a pas eu le temps d'acqurir cet avantage sur le bassin troit de la ,mditerrane2 et cependant il le possde plus que le kamsinn et que le sud-ouest de ,bagdad1 qui ne parcourent que des continens4 ,or1 si tels sont les effets physiologiques de certains airs1 qu'ils rendent le corps paresseux1 la tte lourde1 et l'esprit inapte#ajd penser1 serait-il tonnant que dans certaines parties de l',afrique o un tel air est habituel1 les indignes eussent rellement contract les habitudes paresseuses de corps et d'esprit que l'on remarque quelques peuples noirs1 et que par le cours des gnrations elles se fussent tournes en nature1 qui par cela mme pourrait son tour tre change par une habitude des circonstances contraires4 ,revenant aux tats-,unis1 lorsque le sud-est se montre en hiver sur la cte atlantique1 ce qui arrive surtout aux approches de l'quinoxe1 il produit parfois1 jusqu'au ,canada1 des dgels passagers qui ont le fcheux effet de gter les provisions de viandes que l'on fait dans les pays froids1 ds le mois d'octobre1 pour cinq ou six mois4 ,plus au sud1 ces dgels trompent perfidement la vgtation1 en provoquant1 ds janvier et fvrier1 des fleurs qui ne devraient paratre qu'aprs l'quinoxe1 et que le retour infaillible des geles ne manque pas de dtruire4 ,vers l'quinoxe1 surtout vers celui de printemps1 le sud-est produit1 particulirement dans les embouchures de l',hudson1 de la ,delaware1 et dans la baie de ,chezapeak1 des temptes courtes mais violentes2 leur dure est assez ordinairement de #ab heures2 elles ont ceci de singulier1 que leur furie s'exerce comme un ouragan1 sur un espace limit de #aj ou #bj lieues de longueur et de #d ou #e de large1 sans que hors de cet espace l'on s'aperoive du moindre mouvement4 ,j'ai connu deux exemples de ce phnomne ,new-,york et un ,philadelphie1 o pendant #ab heures l'on avait essuy une si violente tempte1 que l'on croyait apprendre la perte de tous les vaisseaux voisins de la cte2 cependant1 #ab heures aprs1 les vaisseaux arrivrent sans avoir remu une voile1 et sans avoir senti le moindre vent extraordinaire4 ,cette irruption violente d'un vent lger et chaud ne peut s'expliquer par la thorie ordinaire des pesanteurs spcifiques1 puisque tout autre vent est plus froid et plus dense que le sud-est3 il faut donc admettre l'expansion d'une masse considrable de cet air chaud qui repousse et chasse l'air plus froid dont il est environn4 ,la forme de cne ou d'entonnoir des baies et embouchures des fleuves1 o ce phnomne a lieu de prfrence1 prte cette explication1 en ce qu'un grand volume d'air pouss dans ces entonnoirs est oblig de s'chapper par un canal de plus en plus resserr3 il y agit presque la manire des eaux d'un tang contenu par de hautes digues1 auxquelles on ouvre d'troites issues3 l o la rsistance le tient en quilibre1 le liquide demeure calme3 mais il s'lance avec imptuosit l o elle vient manquer2 et cette imptuosit a pour double cause la pression qu'il prouve d'une part1 et l'espace plus grand o il se dveloppe de l'autre1 en sortant de ses conduits resserrs4 ,dans le cas dont il s'agit1 cet espace vide est ncessairement dans la rgion moyenne de l'air1 une lvation peut-tre de moins de #ajjj mtres2 et le torrent du sud-est s'y chappe en montant comme tous les airs chauds3 il y est ou condens par la couche suprieure qui s'y trouve au terme de glace2 ou bien1 glissant sous elle1 il s'chappe horizontalement1 et peut-tre se replie sur lui-mme1 et forme un tourbillon dont le centre ou l'axe est en l'air une hauteur de #e ou #fjj mtres1 et dont la circonfrence balaye et rase la terre4 ,mais quelle est la cause premire de ce vide sans tonnerre et sans mtores pralables1 du moins sans qu'on en ait vu8 ,il faudrait pour rsoudre ce problme1 avoir rassembl toutes les circonstances du phnomne2 avoir connu sa manire d'agir1 du moins1 en divers points de sa sphre d'action et de sa circonfrence2 connatre enfin l'tat de l'air et ses directions1 avant et aprs la crise2 or1 comme ces donnes positives m'ont manqu1 je ne sait pas y suppler par de pures hypothses4 ,du vent de sud4 ,le vent de sud direct1 que l'on croirait plus chaud que le sud-est1 est nanmoins plus tempr aux tats-,unis4 ,pendant l't1 saison o il se montre plus frquemment1 on le regarde comme une brise agrable1 et presque rafrachissante1 raison de la vapeur humide dont elle abreuve l'air3 j'ai trouv que cette vapeur1 tant ,new-,york et ,philadelphie qu' ,washington1 avait une odeur frappante de marcage de mer1 telle que celle des hutres1 laquelle dcle sa source d'une manire moins agrable qu'on ne veut le dire4 ,l'on ne peut cependant lui refuser le mrite de temprer l'excessive ardeur du soleil et la rverbration encore plus brlante de la terre dans les mois de juin1 juillet et aot3 c'est pour jouir de cette brise de sud1 que dans tout le continent amricain l'on prfre l'exposition des maisons au midi1 comme en ,france nous prfrons celle l'est et au sud-est3 dans les tats-,unis1 elle a cet avantage qu'en t le soleil est assez lev sur l'horizon pour ne point s'introduire dans les appartements protgs par les porticos ou piatzas1 dont l'usage est gnral4 ,en hiver1 l'astre abaiss introduit dans les maisons ses rayons que l'on dsire1 et il y fait sentir sa chaleur1 en dpit du nord-ouest1 qui trop souvent accompagne sa clart4 ,dans cette mme saison1 si le vent de sud est quelquefois assez froid1 c'est qu'il a pass sur quelques neiges dont la terre se couvre momentanment1 mme en ,caroline4 ,et si d'autres fois il en apporte lui-mme au lieu de pluies1 c'est parce que dans sa route arienne il a rencontr des nuages du nord-est et de l'est1 qui n'ont pas eu le temps de se replier4 ,mais de telles neiges fondent de suite1 ou deviennent de la pluie en tombant4 ,six heures de dure suffisent rendre au vent de sud le caractre de chaleur moite qu'il tire des mers tropicales o il prend naissance3 je lui ai vu donner ,philadelphie1 le #aj mars #agih1 une vritable temprature de ,floride4 ,en t1 lorsqu'il est plus rapide qu' son ordinaire1 il ne tarde pas d'amener des orages1 et l'on remarque ,louisville et en d'autres lieux situs sur l',ohio1 que s'il dure #ab heures continues1 il ne manque pas d'amener du tonnerre2 or1 en calculant sa marche un terme moyen de #af ou #ag lieues l'heure1 selon une estimation que des expriences sur la vitesse des vents rendent plausible1 c'est prcisment le temps qu'il lui a fallu pour apporter les nuages du centre du golfe mexicain1 distant de #aj #ab4 ,la frquence du vent de sud en cette saison prouve qu'il existe alors un foyer d'aspiration dans le nord du continent3 mais il reste savoir si ce foyer est au-del ou en de de la chane algonkine1 qui borde les lacs leur nord4 ,ce fait ne peut tre constat que par des observations tablies simultanment sur une ligne1 depuis le rivage de ,floride par le ,kentucky1 les lacs ri1 ,huron et la chane algonkine jusqu'aux bords de la baie de ,hudson2 elles jetteraient un grand jour sur le jeu correspondant de l'atmosphre du ple et de l'atmosphre du tropique1 ainsi que sur la lutte et sur le balancement des courants du nord-ouest et du sud-ouest1 qui sont les principaux vents des tats-,unis4 ,,iii4 ,du vent de sud-ouest4 ,le vent de sud-ouest1 l'un des trois grands dominants aux tats-,unis1 y est plus frquent pendant l't que pendant l'hiver1 et plus habituel dans le pays de l',ouest que sur la cte atlantique2 en hiver1 l'on dirait qu'il a de la peine franchir les ,alleghanys2 et rellement il parat que les vents de nord-ouest1 de nord-est et d'est1 plus puissants dans cette saison1 lui interdisent le passage des monts4 ,quelquefois nanmoins il profite de leurs dviations1 ou surmonte leur obstacle1 et il se montre sur la cte atlantique plus imptueux1 et surtout plus froid qu'il n'appartient son habitude et son origine3 l'on eu sent aisment la raison1 quand on considre qu'il a travers la rgion leve des ,alleghanys1 souvent couverts de neiges pendant l'hiver1 et qu'il a trouv dans l',ouest une terre abreuve de pluie1 dont l'vaporation ne peut que le refroidir4 ,au printemps1 devenu plus frquent1 il apporte lui-mme des neiges passagres1 des ondes de pluie et mme de grle1 qui cependant paraissent plutt dues aux vents de nord-est et de nord-ouest1 dont il replie et chasse les nuages amoncels sur les ,alleghanys3 ces monts deviennent eux-mmes le champ clos visible des combats de ces courants d'air opposs3 souvent l'on peut de la plaine observer les nuages marchant vers ,blue-ridge1 par les vents d'est ou de nord-est3 bientt s'y arrtant1 y demeurant stationnaires1 puis tantt s'y fondant en pluie1 tantt revenant sur leurs pas1 chasss par le sud-ouest1 qui son tour s'tablit pour quelques heures4 ,je fus tmoin de ce spectacle dans la soire que je passai ,rock-fish-gap1 sur ,blue-ridge2 et mon hte1 sans tre physicien1 m'en donna des raisons trs satisfaisantes4 ,ce n'est que vers le solstice d't que le sud-ouest rgne sur la cte atlantique d'une manire plus constante qu'aucun autre vent4 ,il y devient l'agent principal des orages qui se multiplient dans les mois de juillet et d'aot1 et qui sont infiniment plus violents que les ntres en ,france4 ,souvent la brise du sud1 qui a coutume de s'lever vers #aj ou #aa heures1 fait place au sud-ouest1 qui dans l'aprs-midi remplit le ciel de nuages orageux3 deux ou trois heures se passent en clats de tonnerre1 d'un bruit prodigieux1 et en clairs1 d'un volume vraiment norme2 la crise se termine avant le coucher du soleil1 par des ondes1 tantt plus et tantt moins abondantes4 ,l'quinoxe d'automne apporte un changement cette direction du courant de l'air1 et c'est alors son oppos diamtral1 le nord-est1 qui pendant #dj #ej jours a la prpondrance sans nanmoins rgner seul3 aprs cette priode1 le sud-ouest1 qui n'avait pas t entirement teint1 se ranime et partage le reste de la saison avec le nord-ouest qui s'veille1 et avec l'ouest direct qui est le plus gal1 le plus serein et le plus agrable des vents de ce continent4 ,la marche du sud-ouest dans le bassin du ,mississipi et d',ohio1 jusque sur le fleuve ,saint-,laurent1 est plus rgulire et plus simple2 l'on peut dire en deux mots que ce vent domine depuis la ,floride jusqu'aux lacs1 et ,montral pendant dix mois de l'anne4 ,les deux mois o il est le plus silencieux1 sont ceux du solstice d'hiver1 pendant lesquels le nord-ouest et le nord-est occupent l'atmosphre4 ,aprs cette poque1 il se ranime en proportion de l'lvation du soleil au znith1 et il acquiert de telles forces qu'en juillet et en aot1 il est presque aliz en ,louisiane1 en ,kentucky1 et jusque sur le lac ,champlain1 pendant #dj #ej jours2 il domine presque galement sur le ,saint-,laurent2 et pour remonter ce fleuve la voile1 l'on attend quelquefois un mois de suite des vents d'est ou de nord-est1 qui alors mme sont peu durables4 ,c'est encore le sud-ouest qui1 vers le #bj avril1 fond les glaces du ,saint-,laurent1 comme c'est le nord-ouest qui les tablit la fin de dcembre4 ,le sud-ouest est1 avec le sud1 le vent chaud du ,canada1 du ,vermont1 du ,genesee2 mais il n'a ce caractre bien marqu que pendant l't3 il se rafrachit dans les autres saisons1 en proportion de l'abaissement du soleil l'horizon1 et du rapprochement des terres vers le ple4 ,il se montre au contraire plus chaud1 mesure que l'on revient vers le ,kentucky1 le ,tennessee et le golfe du ,mexique1 qui est son foyer originel4 ,a raison de ce voisinage1 il procure la ,basse-,louisiane une temprature si leve1 pendant les quatre mois d'hiver1 que malgr l'apparition assez frquente des vents de nord-nord-ouest et d'est1 l'on peut s'y permettre la culture de la canne sucre1 surtout celle d',otahiti3 mais il fait racheter cette faveur pendant les quatre mois d't1 par des chaleurs accablantes et des orages extrmement violents et presque journaliers1 de l'espce de ceux qu'aux ,antilles l'on appelle grains blancs4 ,la mousson de ces orages commenc aprs le solstice1 et suit une marche progressive digne d'attention4 ,d'abord c'est vers les cinq heures du soir1 lorsque la chaleur touffante et humide est parvenue son comble1 que les nues orageuses s'lvent et accourent du bas du fleuve et de la partie sud-ouest du golfe3 chaque jour l'apparition de ces nues anticipe de quelques minutes2 en sorte que vers le milieu du mois d'aot1 les tonnerres se dclarent vers deux heures aprs midi2 de violentes ondes prcdent et suivent leurs clats effrayants2 au coucher du soleil tout se pacifie2 le ciel redevient calme1 tantt serein1 tantt voil de brouillards qu'exhalent d'immenses marcages et un sol fumant2 la nuit se passe tranquille1 mais fatigante par sa chaleur calme1 et surtout par les maringouins4 ,le lendemain matin1 la chaleur se ranime mesure de l'lvation du soleil l'horizon et de l'tat calme de l'air2 dans l'aprs-midi la crise de la veille recommence#aje3 le vent du sud-ouest pousse ces nues orageuses dans l'intrieur du pays1 sur le ,tennessee et le ,kentucky1 o elles en rencontrent d'autres fournies par les rivires1 les swamps et les lacs2 par ce moyen1 la srie des orages s'tend et se prolonge avec des forces renaissantes jusqu'au ,canada4 ,maintenant1 pour bien apprcier les effets et l'action de ce grand courant d'air sur la surface du sol qu'il parcourt1 et qui lui sert en quelque sorte de lit2 pour bien calculer le caractre et la puissance du foyer dont il mane1 c'est--dire l'atmosphre du golfe mexicain1 il faut se retracer plusieurs circonstances gographiques et nautiques de ces parages3 il faut remarquer que le centre du golfe est immdiatement situ sous le tropique2 que pendant les six mois d't1 toute la surface de ses eaux est frappe d'un soleil vertical et brlant1 qui provoque une vaporation norme4 ,que pendant les six mois d'hiver1 l'action de cet astre y est encore si vive1 que les geles n'approchent point de cette mer3 que les plages d',youcatan1 de ,campche1 de la ,vera-cruz1 des ,florides et de ,cuba1 sont connues pour tre d'une chaleur insupportable2 qu'en effet la chaleur doit y tre d'autant plus intense1 que le bassin presque circulaire du golfe1 enclos d'les et de terres1 n'admet pas une libre ventilation2 qu'enfin les marins citent cette mer pour tre la plus fconde de toutes celles de la zone torride en orages1 en tonnerres1 en trombes1 en tornados ou tourbillons1 en calmes touffants et en ouragans1 tous accessoires naturels d'un air embras et pourtant humide4 ,ces circonstances rendent dja raison des qualits que nous avons reconnues au vent de sud-ouest sur le continent amricain2 mais l'observateur ne doit point borner l ses regards2 il doit encore rechercher quelle source inpuisable et premire fournit la dperdition journalire et immense de ce rservoir arien3 or1 s'il porte sur la carte un il attentif#ajf1 il remarquera que les deux seules embouchures ou issues du golfe sont situes entre ,cuba et les presqu'les d',youcatan et de ,floride2 que par celle d',youcatan1 la plus considrable des deux1 le golfe reoit les courants d'eau et d'air de la mer de ,honduras1 qui elle-mme les reoit son tour de la mer des ,antilles1 ouvertes dans l',ocan atlantique2 que par le canal de ,floride et de ,bahama1 le golfe perd et vide continuellement ses eaux dans le mme ,ocan1 et que l'accs de l'air y est obstru par une triple chane d'les2 il remarquera que ces deux issues sont places entre les #bj et #bd latitude nord1 et que mme celle d',youcatan1 par sa communication mdiate avec la mer des ,antilles1 ouvre et dilate rellement son embouchure jusqu'au #aj;e degr2 or1 il sait que c'est prcisment sous les latitudes de #aj #bd que les vents alizs du tropique soufflent toute l'anne des parties d'est sur l',ocan atlantique3 il apprend des marins que ces vents alizs naissent #hj ou #ajj lieues des ctes d',afrique2 qu'ils traversent l',ocan avec un vitesse d'environ #cb1djj mtres#ajg 7 peu prs #h lieues7 l'heure2 qu'ils arrivent la chane des ,antilles1 sur un front d'environ #aj ou #bjj lieues marines3 il conoit que cet norme fleuve d'air doit franchir les les1 comme un fleuve d'eau franchit des rocs sems dans son lit2 qu'il entre dans la mer des ,antilles1 et que l1 emprisonn droite par les terres de ,saint-,domingue et de la ,jamaque1 gauche par celle du continent mridional1 il est forc de poursuivre son cours dans la mer de ,honduras1 et finalement d'entrer dans le golfe du ,mexique44444 et ds lors le problme est clairci et rsolu4 ,en effet1 c'est rellement le vent aliz de l',atlantique qui1 par la marche que je viens de dcrire1 alimente l'atmosphre du golfe1 et y produit la plupart des phnomnes dont il est le thtre4 ,il y arrive d'autant plus puissant1 que1 depuis la chane des ,antilles1 il resserre de plus en plus son courant1 et accumule ses forces sur un moindre espace3 sans doute cette chane a d'abord bris et morcel son courant1 comme les rocs et les rcifs divisent un torrent d'eau1 ou mme comme les piles d'un pont divisent le courant d'une rivire4 ,comme les courants d'eau1 le torrent arien a prouv un mouvement de remous et de tourbillons aux avant-becs de ces les qu'il heurte2 il s'est partag et comprim pour s'chapper par leurs dtroits4 ,cette compression l'y rend plus rapide3 il se dploie avec plus de force leur issue1 et il forme des tournoiements leurs arrire-becs1 dont chaque courant se dispute le vide2 la navigation locale des les rend sensibles tous ces accidents1 par les directions diverses que prend le vent plus prs ou plus loin1 au-dessus ou au-dessous de leurs masses mergentes3 c'est absolument le mme mcanisme que celui d'un courant d'eau1 la lgret prs du fluide2 et l'tude attentive de tous les tourbillonnements qui ont lieu sous un pont ou travers les rocs d'un torrent1 donne en petit une ide exacte de ce qui arrive dans le cas actuel1 et en gnral tous les courants ariens4 ,l'aliz de l',atlantique1 parvenu l'isthme de ,mosquitos1 semblerait devoir ou pouvoir franchir cette digue2 mais malgr sa lgret1 il agit encore plus qu'on ne l'imagine la manire de l'eau1 et il ne sort qu'avec difficult des canaux et des lits dans lesquels il coule ou seulement repose3 plusieurs faits ici prouvent que les montagnes de l'isthme de ,mosquitos1 qui sont le prolongement de la chane des ,andes1 lui opposent un obstacle efficace et l'empchent d'entrer dans l'ocan ,pacifique4 ,pour bien apprcier la distribution d'air qui se fait ce lieu2 nous aurions besoin de deux donnes1 savoir1 la hauteur prcise de ces montagnes1 et l'paisseur de la couche ou courant d'air3 il est possible que cette couche soit moins paisse qu'on ne serait port le croire1 les arostats nous ayant appris que souvent les couches de l'atmosphre n'excdent pas #bjj mtres1 et qu'elles glissent et coulent les unes sur les autres en sens quelquefois diamtralement oppos1 de manire que dans une ascension de #hjj #abjj mtres1 l'on trouve ou l'on peut trouver deux ou trois vents divers2 de nouvelles applications des arostats ce genre d'observation dans le cas dont je parle et dans d'autres semblables1 pourraient rendre la science arologique des services que sous d'autres rapports ils ont jusqu'ici assez vainement promis4 ,quant la chane transverse de ,mosquitos1 supposons-la seulement de #cjj toises 7#fjj mtres7 d'lvation2 elle sera dja capable de barrer le courant aliz dans une tendue plus que suffisante lui conserver toute sa puissance3 la portion suprieure qui s'en chapperait ne serait qu'un trop-plein inutile2 et l'on a droit de croire que ce trop-plein n'existe pas2 car on ne trouve point sa trace au revers occidental de ces montagnes1 sur la cte de la mer ,pacifique3 les vents sur cette cte suivent une marche tout--fait diffrente2 l'on y a des brises locales de terre et de mer qui s'tendent plusieurs lieues du rivage d'une manire indpendante de tout autre systme que le leur3 ce n'est qu' environ #dj lieues au large que soufflent des vents gnraux1 qui surtout en t sont de la partie d'ouest1 par consquent diamtralement opposs l'aliz2 ces vents rgnent depuis le #aj;e degr de latitude jusqu'au #ba;e1 c'est--dire sur toute la cte de ,mexique1 entre le ,cap-corientes et le ,cap-blanc de ,costarica4 ,l'on ne saurait dire que l'aliz s'chappe latralement par l'isthme de ,panama1 puisque dans ces parages1 les vents de la mer ,pacifique viennent en t des parties de sud et sud-ouest opposes l'est4 ,ainsi1 il est constant que l'isthme de ,mosquitos et sa chane1 quelle que soit sa hauteur1 sont une frontire de sparation entre deux systmes de vents diffrents4 ,l'aliz atlantique1 ainsi barr1 doit cependant trouver une issue3 celle du canal de la ,jamaque1 large et libre1 s'offre de prfrence toute autre4 ,il y porte donc son courant1 et il entre dans la mer de ,hondouras4 ,quelques portions latrales de ce vent effleures par les terres1 paraissent se dtacher de son courant3 car les marins observent que depuis le cap ,vela1 pointe de ,maracabo1 les vents varient et diffrent dans une ligne parallle au courant principal1 et en fermant au sud les golfes de ,sainte-,marthe1 de ,cartagne1 du ,darien et de ,porto-,bello2 quelques-uns sont aspirs par les bassins des grandes rivires et par les hautes montagnes de terre ferme1 et soufflent de nord-est nord-ouest4 ,d'autres soufflant ouest1 sont de vritables contre-courants semblables ceux qu'on observe dans toutes les rivires rapides1 et dont le ,mississipi offre des exemples si frappants qu'ils aident en partie remonter ce fleuve2 tandis qu' la droite du grand courant arien1 une autre portion dtache forme les vents de sud qui soufflent en t de juin en aot1 sur la cte mridionale de ,cuba et de la ,jamaque4 ,ainsi1 par un dernier trait de ressemblance avec l'eau1 le courant arien ne jouit de toute sa force que dans la ligne libre et droite de son canal4 ,a son entre dans la baie de ,hondouras1 il dcline un peu1 et devient sud-est3 et comme il ne rencontr plus d'obstacles1 il entre sous cette ligne dans le golfe du ,mexique3 je dis qu'il ne rencontre plus d'obstacles1 parce que la presqu'le d',youcatan est une terre de sables1 si basse qu'elle ne lui en oppose aucun3 aussi don ,bernard de ,orta1 qui l'on doit une instructive dissertation#ajh sur les vents de la ,vera-cruz1 observe-t-il que le sud-est est le dominant de tous ces parages4 ,maintenant1 reprsentons-nous un volume d'air d'environ #ij #ajj lieues de largeur1 sur #bjj ou #cjj toises de hauteur1 affluant comme un torrent qui court au moins #djj toises ou #hjj mtres la minute1 et imaginons ce que peut devenir cette immense quantit de fluide accumul dans l'espce de cul-de-sac que forme le bassin circulaire du golfe4 ,il est vident que par un effet compos et de la courbe des terres qui lui servent de rivage1 et de la diminution graduelle de sa force d'impulsion1 ce torrent arien1 d'abord vu en masse1 prend un mouvement de tournoiement dont l'axe ou vortex1 variable1 selon certaines circonstances1 s'tablit principalement vers le nord du golfe1 d'o le trop-plein se verse sur les terres adjacentes2 de l une cause fondamentale de tous les phnomnes que nous prsentent et l'atmosphre de ce local1 et le sud-ouest continental qui en drive4 ,ensuite analys dans ses dtails1 ce vaste courant se subdivise en plusieurs branches qui suivent des lois qui lui sont propres et des directions que les localits leur imposent4 ,la premire et la plus latrale de ces branches1 celle qui1 aprs avoir travers l',youcatan1 prolonge les terres de la ,vera-cruz et de ,panuco1 obissant sa direction propre et celle des montagnes de ,tlascala1 se porte vers l'intrieur du ,mexique et remonte par les bassins des rivires de ,panuco1 de ,las-naas1 ,del-norte ou ,bravo1 et de toutes leurs affluentes jusqu'aux montagnes de la ,nouvelle-,biscaye1 du ,nouveau-,mexique et de ,santa-,f3 j'oserais dire sans connatre les vents de l'intrieur de ces pays1 que les dominans y sont du sud l'est1 dans toute la partie qu'arrosent les rivires dont j'ai cit le nom4 ,ce doit tre cette mme branche de vent qui1 parvenue sur les montagnes du ,nouveau-,mexique1 prend un autre caractre1 et qui se versant sur la cte de nord-ouest1 si bien explore par ,vancouver1 domine pendant l't sur les parages de ,noutk3 le capitaine ,meares qui1 ds #agia1 y avait fait plusieurs bonnes observations1 nous y reprsente ce vent de sud-est comme un vent violent1 temptueux1 pluvieux1 brumeux1 et d'un froid piquant2 ce qui est un cas nouveau pour le sud-est1 dans tout l'hmisphre boral2 mais ce vent acquiert cette qualit en passant sur les neiges et sur les glaces qui couvrent les montagnes du ,nouveau-,mexique1 glaces qui ont mrit leur chane1 parmi plusieurs noms1 ceux de ,icy1 ou ,monts de glace et de ,shining ou ,brillants4 ,il parat que ces montagnes ont une lvation digne de la ,cordillire des ,andes dont elles sont le prolongement1 et que le sud-est ,noutkan doit sa force leur hauteur3 car le mme navigateur ,meares observe que1 plus loin au sud1 le vent dominant sur cette mer1 faussement appele ,pacifique1 est pendant l't le vent d'ouest1 qui rgne jusqu'au #cj1 o commence1 ajoute-t-il1 la zone des vents alizs d'est#aji2 c'est--dire que ce parallle 7le #cj7 est la frontire de deux vents diamtralement opposs3 cas singulier en apparence et pourtant naturel et commun3 ce vent d'ouest1 doux1 serein1 clair et beau1 tant le contre-courant de l'aliz d'est1 torrent principal1 rapide et presque imptueux2 c'est de leur frottement que naissent ces tourbillons1 ces vents variables1 ces remous1 ces calmes1 qui ont t si funestes aux vaisseaux qui1 les premiers1 firent leur retour en ,chine1 en suivant ce mme parallle4 ,retournant au golfe du ,mexique1 une seconde branche de l'aliz atlantique1 intrieure la prcdente1 et formant la majeure partie de ce courant1 se dirige vers les plages de la ,louisiane et des ,florides3 sa ligne1 comme l'on voit1 devient sud-ouest3 cependant1 sur le ,mississipi mme1 elle est plutt sud direct1 car les navigateurs de ce fleuve observent que sur son lit il ne rgne proprement que deux vents1 le sud et le nord3 la raison en est1 comme pour toutes les rivires1 que la direction du vtt y est matrise et dcide par celle du lit et de sa valle4 ,il est d'ailleurs naturel qu'avant de tourner totalement sud-ouest1 une portion se soit dtache sud2 et cette portion ou rumb doit dominer sur les parages de la baie ,saint-,bernard4 ,une troisime branche en retour vers la presqu'le de ,floride1 essaie de la franchir et de s'chapper sur l',ocan atlantique2 mais elle est force de se replier dans le golfe1 parce qu'elle rencontre1 surtout en t1 le vent alis d'est1 dont la zone s'tend alors sur l'atlantique jusqu'aux #cj et #cb4 ,le reversement de cette branche et son addition la prcdente1 deviennent l'une des raisons pour lesquelles1 cette poque1 c'est--dire en juillet et aot1 le sud-ouest redouble de force sur le continent des tats-,unis4 ,enfin la portion centrale du grand tourbillon1 maintenue en une sorte d'quilibre par des mouvements opposs1 est l'agent et le sige des vents variables1 des calmes touffants1 des orages qui en sont la suite1 et de tous les incidents propres ce golfe4 ,ces donnes du raisonnement sont confirmes par les rcits positifs des navigateurs4 ,don ,bernard de ,orta1 capitaine du port de la ,vera-cruz1 tablit#aaj que dans la partie sud du golfe1 les vents dominants1 surtout en t1 sont le sud-est et l'est2 qu'en hiver ils inclinent jusqu'au nord-est avec des rafales de nord1 courtes dans leur dure1 mais terribles dans leur action4 ,bernard ,romans1 voyageur anglais qui en #aggf publia sur les ,florides un ouvrage plein d'instruction et de sens1 observe#aaa que dans la courbe qui attache la presqu'le de ,floride au continent1 les vents dominants1 surtout en automne1 sont le nord-ouest et l'ouest2 et ces deux directions sont prcisment la ligne du courant d'air en retour dans son tournoiement4 ,enfin ces deux crivains insistent1 avec tous les navigateurs1 sur la frquence des trombes1 des tourbillons1 des grains orageux1 des calmes et des ouragans de cette mer4 ,quelques physiciens ont dja aperu qu'entre les ouragans des golfes de ,mexique et ceux du continent1 mme en des lieux trs-reculs dans le nord1 il existait une correspondance singulire d'action et de temps4 ,en #ageg1 ,franklin1 comparant les heures o s'tait fait sentir en divers lieux un ouragan qui au mois d'octobre traversa le continent1 depuis ,boston jusqu' la ,floride occidentale1 trouva que le dplacement de l'air n'avait commenc ,boston que plusieurs heures aprs avoir commenc sur la cte du golfe1 et que de proche en proche1 l'avance ou le retard avait t proportionnel aux espaces3 c'est--dire que l'ouragan s'tait fait sentir d'abord au lieu o le vent allait1 et qu'il avait fini vers le lieu d'o le vent venait2 ce qui cette poque o ce sujet tait neuf1 ne parut qu'une bizarrerie de physique2 mais ,franklin en conut avec sa sagacit ordinaire1 que le foyer du mouvement tait plac sur le golfe1 et que c'tait par l'effet d'un vide subit dans l'atmosphre de ce golfe1 que l'air du continent1 aspir de proche en proche1 s'tait prcipit pour remplir le dficit4 ,des faits postrieurs ont confirm ce premier aperu1 et ils lui ajoutent de temps autre quelques preuves nouvelles3 presque tous les ans1 du #aj au #bj octobre1 l'on prouve dans le nord des tats-,unis1 et particulirement sur le lac ri1 un ouragan de douze quinze heures1 du quart de nord-est nord-ouest2 et prcisment la mme poque1 les gazettes font presque toujours mention de quelque ouragan dans les parages de la ,louisiane et des ,florides1 par des vents du quart de nord4 ,l'attraction1 ou plutt l'aspiration1 est bien indique2 mais il reste expliquer comment se fait le vide1 et pourquoi1 dans la contre des ,alleghanys1 c'est le courant de nord-est qui est spcialement attir2 car c'est lui qui est l'agent le plus habituel des ouragans intrieurs1 soit gnraux1 soit partiels4 ,en m'occupant de l'histoire des vents1 et combinant les diverses ides que ce sujet m'a fournies sur le mcanisme des orages1 il m'a sembl que ce problme1 assez curieux en physique1 ne m'tait pas entirement insoluble4 ,la chimie1 il est vrai1 n'a point encore analys les nuages orageux1 ni leur manire d'agir les uns sur les autres2 elle n'a point dcompos leurs parties constituantes1 au point de faire connatre tous les agents et tous les effets des dtonations1 des dissolutions subites qui en sont la suite1 et des condensations aussi subites qui rduisent un volume trs-considrable d'eau vaporise en un petit volume de pluie et d'air refroidi3 mais les faits matriels et plusieurs faits subsquents sont connus1 et d'induction en induction1 ils conduisent des rsultats satisfaisants4 ,l'on sait qu'il n'y a pas de nuages sans surfaces humides2 que les nuages sont le produit de l'vaporation des eaux et des principes volatils qu'elles contiennent2 que cette vaporation est abondante en raison de la chaleur1 de la scheresse et du renouvellement de l'air2 que par consquent les vapeurs nuageuses sont une combinaison des molcules de l'eau avec les molcules du calorique ou fluide ign1 ou lectrique2 car tous ces mots ne reprsentent mon esprit qu'un mme principe1 soit pur1 soit modifi4 ,ce principe lger et centrifuge de sa nature1 enlve l'eau essentiellement pesante1 et il en forme1 si j'ose le dire1 de petits ballons1 capables de flotter1 ou voguer dans l'air1 et pareillement lectriques en plus ou moins grande proportion3 ainsi l'on peut dire que les nuages sont des espces de sels neutres volatils composs de calorique1 d'air et d'eau1 dont les lmens constituants redeviennent sensibles l'instant de leur rduction ou dtonation3 savoir1 l'eau par la pluie qui tombe1 le calorique par l'clair qui brille et s'chappe1 et l'air d'une manire quelconque moins sensible aux yeux3 cependant tous les nuages ne sont pas orageux ou tonnerriques3 pour tre tels1 il parat qu'ils ont besoin d'une quantit plus forte de calorique1 et qu'ils sont susceptibles de s'en charger des doses diverses3 il parat encore que sur la mer1 l'abondance du fluide aqueux1 et la temprature1 toujours plus modre que sur terre galit d'atmosphre1 ne leur permettent pas de se charger d'autant de calorique1 ni d'tre aussi orageux ou dtonnants2 et en effet1 les marins remarquent qu'il y a moins d'orages sur la pleine mer2 qu'ils y sont moins violents1 et que c'est l'approche des terres qu'on les trouve plus frquents et plus forts3 par consquent l'intensit de la chaleur1 ou l'abondance du calorique1 occasione par la rverbration des terres1 est une cause dterminante1 un principe constituant d'orage2 il faut y ajouter une foule d'autres matriaux abondants sur la terre1 et rares ou nuls sur l'eau1 tels que les substances minrales volatiles1 le soufre1 les gaz de diverses espces qui se dgagent en quantits trs-considrables des corps animaux et vgtaux1 en putrfaction ou en simple macration3 cet tat a lieu surtout dans les terrains marcageux et fangeux1 dont la pte est susceptible d'un degr de chaleur bien plus lev que l'eau pure3 or1 cette circonstance se trouve jointe1 de la manire la plus remarquable1 toutes les autres dans le local dont nous traitons2 car tout le ,delta du ,mississipi est un terrain demi submerg d'eaux1 partie douces1 partie saumtres4 ,toute la rive droite ou occidentale de ce fleuve1 sur une longueur de plus de cent cinquante lieues et une largeur moyenne de vingt1 est un terrain noy chaque anne par les dbordements3 toute la cte nord du golfe1 depuis la baie de ,mobile jusqu' la baie ,saint-,bernard1 et mme la rivire del ,norte1 sur un dveloppement de deux cents lieues1 n'est forme que de marcages4 ,enfin1 les plages d',youcatan1 de ,cuba1 de ,campche et de la presqu'le de ,floride1 en sont abondamment parsemes2 et l'on conoit que toutes ces surfaces qui composent plusieurs centaines de lieues carres1 doivent fournir une norme quantit de gaz inflammable et d'autres matriaux d'orages444 ,il est encore assez bien dmontr que lorsque des nuages diversement chargs s'approchent et se touchent1 il se produit entre eux une action tendante mettre en quilibre le fluide lectrique ou ign et tout autre gaz2 que dans cette action le fluide lectrique ne se conduit pas aussi lentement que l'air ou l'eau2 qu' raison de son excessive tnuit toutes ses parties se mlent la fois1 et que leur dgagement de toute autre combinaison est subit et simultan3 l'effet de ce dgagement sur l'eau qui est combine1 est de l'abandonner sa pesanteur naturelle2 de l ces gouttes de pluie plus ou moins grosses qui suivent la fois1 et l'clair dont la lumire montre le pur fluide ign au moment o il se dgage1 et le coup de tonnerre dont le bruit est le choc de l'air qui se prcipite dans le vide form par la condensation ou rduction de la vapeur en eau4 ,or1 si l'on considre que l'eau bouillante dveloppe en vapeurs est estime occuper dix-huit cents fois son premier volume1 et qu' de moindres degrs elle l'occupe encore plus de mille fois2 que par consquent un nuage de #ajjj toises cubes peut subitement se rduire une seule1 ou si l'on veut compter au plus bas1 seulement #aj toises2 si l'on ajoute que la vitesse de l'air qui rentre dans le vide est gale celle du boulet de canon1 c'est--dire1 qu'elle parcourt #dbb mtres par seconde1 l'on ne sera plus tonn de la force prodigieuse de ces coups de vent qui1 sous le nom de grains1 de rafales1 de trombes et d'ouragans1 arrachent les arbres1 renversent les difices1 soulvent les eaux1 et jettent du haut de leurs remparts des canons de vingt-quatre avec leurs affts1 comme on en a vu plusieurs exemples aux ,antilles1 et l'on concevra que ce sont rellement des vides pneumatiques subitement forms qui sont la cause habituelle et puissante de tous les mouvements violents de l'atmosphre4 ,ils expliquent trs-bien1 ces vides1 le cas particulier des ouragans par vent de nord-est ou de nord-ouest qui ont lieu aux tats-,unis2 car si l'on suppose1 comme il est de fait1 qu'il y a continuit d'atmosphre depuis les ,alleghanys et le lac ri jusqu' la chane de l'isthme du ,mexique1 il est vident que lorsque les orages du golfe condensent subitement une partie considrable de l'air de son atmosphre1 celle du bassin de ,mississipi s'branle immdiatement1 et s'lance pour remplir le vide3 si1 dans ces cas1 la colonne de nord-est est le plus souvent affecte et mue1 c'est parce que son antagoniste diamtrale1 la colonne de sud-ouest1 est celle-l mme qui manque et qui se retire2 en sorte que dans cette circonstance l'on peut dire que le vent de nord-est est le repli du vent de sud-ouest4 ,l'on doit d'ailleurs considrer comme un lac ou ocan d'air tout l'espace que je viens de dsigner1 ayant pour rivages et pour digues les chanes des montagnes et les terres des ,antilles3 l',alleghany qui forme une de ces digues sur tout le ct oriental1 y sert d'appui en mme temps un autre lac arien qui est l'atmosphre de la cte atlantique3 or1 ce dernier lac contigu l'atmosphre du nord et nord-est qui l'alimente1 est compos d'un air froid et dense1 tandis que celui du pays d'ouest est compos d'un air chaud et dilat2 par consquent le lac atlantique pse sans cesse sa frontire sur le lac d'ouest1 et par les lois de l'quilibre il tend sans cesse s'y verser3 du moment donc que l'effort habituel de l'air chaud dilat cesse de soutenir et de repousser le poids qu'il soutient1 ce poids se dtend et se verse par un effort aussi puissant que naturel1 et le vent de nord-est s'tablit4 ,cependant je conviens que le retour constant de l'un de ces ouragans l'poque du #aj au #bj octobre1 tient quelque circonstance particulire et dtermine4 ,je crois la voir dans le changement gnral que le passage du soleil l'quateur opre alors dans la totalit de l'atmosphre4 ,tandis que cet astre s'tait tenu au nord de la ligne1 et surtout dans le voisinage du tropique du cancer1 ses rayons appliqus sur le continent septentrional1 en y excitant de vives chaleurs1 y tablissaient un foyer d'aspiration vers lequel se dirigeaient tous les courants de l'air2 en sorte que l'atmosphre de la zone mme du tropique se reversait jusque vers le cercle polaire1 et y restreignait l'empire et les limites des vents froids du nord444 ,lorsqu'au contraire le soleil a repass la ligne1 prcisment vingt vingt-cinq jours aprs vers la mi-octobre1 il se trouve perpendiculaire au plus grand diamtre de l',amrique mridionale3 dans cette situation1 chauffant ce vaste continent sur sa plus large surface1 il y tablit un autre foyer d'aspiration qui attire vers lui un volume immense d'air dont il a besoin1 et qui dtourne ainsi une grande distance1 les courants de l'air1 ou vents1 de leur direction antrieure3 alors l'atmosphre borale a la facult de se reverser jusqu'au tropique du cancer2 et de l le repli et la retraite des vents aliss d'est1 qui se rapprochent de l'quateur jusqu'au #bj et mme jusqu'au #ah;e degr2 de l ces vents priodiques de nord-est1 qui de l'atlantique affluent sur la ,guyane depuis dcembre jusqu'en mars et avril1 quand le soleil est sur le ,paraguay1 et qui1 aprs avoir vers leur excessive humidit sur cette ,guyane1 continuent leur route par-dessus le continent vers les ,andes2 de l ces vents de la partie de nord qui1 dater d'octobre1 se montrent plus frquents sur le golfe de ,mexique1 et arrivent jusqu' l'isthme de la mer ,pacifique4 ,le passage du soleil au sud de l'quateur est donc un moment de secousse qui branle la fois l'atmosphre de l'une et de l'autre zone polaire4 ,au premier instant o se fait l'un de ces reversements1 l'air du golfe mexicain venant tout coup se porter vers le sud1 il en rsulte un vide immense dans lequel se reverse son tour l'atmosphre du bassin de ,mississipi2 et si l'on considre que la dure d'environ douze heures qu'affectent les ouragans du lac ri1 et en gnral de ces contres1 est peu prs un temps proportionnel l'espace qui doit tre parcouru et combl1 l'on regardera comme d'autant plus probable la cause que je leur attribue4 ,les vides par dtonation me paraissent aussi le seul moyen d'expliquer ces grles incomprhensibles1 o1 contre toutes les lois de la pesanteur1 l'on voit descendre du haut de l'air des glaons de plusieurs livres#aab4 ,l'explosion lectrique ayant subitement purg de calorique et condens un volume immense de vapeurs1 l'air glacial de la haute rgion fond tout coup dans le vide1 comprime l'eau qu'il gle en mme temps1 et par cette mme force d'lan qui arrache les arbres et renverse les difices1 il saisit et transporte les masses glaces dans la rgion de l'air2 aussi ne voit-on jamais de grle sans vent plus ou moins violent1 et l'on peut mme dire que la force du vent est toujours proportionne leur grosseur4 ,un mcanisme semblable peut encore expliquer les trombes1 qui sont des tourbillons de vent et d'eau que l'on voit ordinairement en temps orageux et calmes1 et toujours nuageux1 se promener ou plutt courir sur la mer1 quelquefois sur la terre1 en forme de cne renvers1 ayant sa base dans les nuages1 tandis que sa pointe1 en forme de spirale1 verse en bas un torrent d'eau qui a quelquefois submerg des vaisseaux4 ,l'on a cru d'abord1 par comparaison aux jets d'eau1 que les trombes taient un effet des volcans sous-marins qui les lanaient1 pour ainsi dire1 comme les baleines lancent des fuses d'eau par leurs vents4 ,sans doute il est possible que de tels cas soient arrivs2 et alors le jet d'eau a d tre stationnaire et trs-considrable3 mais les trombes dont il s'agit1 tant mobiles1 errantes1 et mme rapides dans leur course comme dans leur tournoiement1 il faut leur reconnatre une cause toute diffrente3 il parat que par suite de l'tat orageux de l'air1 et de quelques dtonations imparfaites1 il se fait dans la rgion moyenne de l'atmosphre des vides moins tendus ou moins subits1 dans lesquels les nuages sont nanmoins entrans par l'air qui y afflue2 quelque couche d'air plus froide que les autres condensant ces nuages1 comme fait la goutte d'eau froide dans la pompe feu1 il s'y tablit un mouvement de dissolution1 et de rsolution en pluie2 mais1 soit parce que la couche infrieure rsiste par sa densit ou par sa chaleur1 soit parce que le tourbillonnement de l'air matrise et tient demi suspendue l'eau qui veut tomber1 les divers filets de cette pluie finissent par se rassembler infrieurement en un mme faisceau1 et cette masse prend la forme d'un entonnoir qui a sa bouche dans la nue en dissolution1 et sa pointe sur la mer o se fait le versement de l'eau rendue son poids naturel4 ,cette forme de cne ou d'entonnoir a exactement la mme cause mcanique1 quoiqu'en sens inverse1 que les flammes des grands incendies dont les dfrichements offrent de frquents exemples aux tats-,unis3 lorsqu'on y dboise un terrain pour le cultiver1 on rassemble les arbres abattus en un seul monceau au milieu du champ devenu libre1 afin de les mieux brler1 et de ne pas communiquer le feu aux arbres qui entourent encore de toutes parts3 l'on allume l'norme bcher1 qui couvre quelquefois un arpent entier1 et quand les flammes l'ont saisi de tous cts1 l'on remarque qu'elles ne montent pas perpendiculairement chacune elle mme1 mais que toutes se courbent et vont se rassembler en un faisceau au centre du bcher1 o elles s'lvent en cne droit ou en entonnoir renvers dont la pointe s'lance dans l'air1 toujours avec ce mouvement de tourbillon et de spirale qui a lieu en sens inverse dans le cne de la trombe3 de tous les points de la circonfrence1 l'air afflue et se porte galement au centre du brasier1 auquel il porte l'aliment3 la seule diffrence entre ces deux oprations1 est que dans la trombe c'est un liquide pesant qui gravite1 tandis que dans l'incendie1 c'est un fluide essentiellement lger qui s'lve2 tous les deux runissant leurs parties pour percer plus facilement l'obstacle qui les presse1 et dont la pression cause la forme spirale1 et tous les deux se versant leur manire1 l'un en bas et l'autre en l'air4 ,il serait possible aussi que la trombe ft occasione par le frottement de deux courants d'air en sens opposs1 puisque ce frottement serait une cause efficace du mouvement tourbillonnaire2 il suffirait que l'un des deux ft plus frais que l'autre pour faire entrer ses nuages en dissolution3 mais tous les autres effets et termes de comparaison n'en restent pas moins les mmes4 ,rsumant les faits noncs dans le cours de ce long article1 je pense avoir clairement dmontr que le vent de sud-ouest aux tats-,unis1 n'est autre chose que le vent alis des tropiques dvi et modifi1 et que par consquent l'atmosphre du pays d'ouest n'est autre chose que l'atmosphre du golfe de ,mexique1 et primitivement de la mer des ,antilles1 transporte sur le ,kentucky3 de cette donne dcoule une solution simple et naturelle du problme1 qui au premier aspect a pu paratre embarrassant1 savoir3 pourquoi la temprature du pays d'ouest est plus chaude de #c degrs de latitude que celle de la cte atlantique1 avec la seule sparation de la chane des ,alleghanys3 les raisons en sont si palpables1 que ce seroit fatiguer le lecteur que d'y insister3 une autre consquence de cette donne est que le vent de sud-ouest tant la cause d'une temprature plus leve1 il en tendra d'autant plus la sphre qu'il aura plus de facilit pntrer dans le pays2 et de l un prsage favorable aux contres situes sur son passage et sous son influence1 c'est--dire aux pays voisins des lacs ri et ,ontario1 et mme tout le bassin du fleuve ,saint-,laurent1 dans lequel le sud-ouest pntre4 ,l'on peut esprer de ce ct une amlioration de climat plus prompte1 plus sensible que dans des parties beaucoup plus mridionales de l'autre ct des monts3 or1 cette amlioration arrivera mesure que l'on abattra les forts qui ferment le passage au fleuve arien4--,et dja cette cause a commenc de produire ses effets1 puisque depuis les premiers temps de la colonie du ,canada1 les poques de la clture du fleuve par les glaces ont retard de prs d'un mois1 et qu'au lieu d'assurer les vaisseaux sous la condition d'tre sortis la fin de novembre1 comme il toit spcifi au commencement du sicle dernier1 la clause actuelle d'assurance n'a plus lieu que pour le vingt-cinq dcembre1 ou jour de ,nol3 malheureusement de plus grandes esprances cet gard sont fortement contraries par le vent de nord-ouest dont il me reste tracer l'histoire4 ,mais avant d'examiner le pour et le contre de cette question d'amlioration1 je ne puis me dispenser de dire un mot d'un phnomne intimement li au sujet que je quitte1 et qui dans nos tudes gographiques ordinaires1 n'occupe pas la place qu'il mrite3 je veux parler du courant du golfe mexicain1 trs-bien connu des ,anglais et des ,amricains sous le nom de ,gulph-stream4 ,,iv4 ,du courant du golfe de ,mexique4 ,les effets de l'alis du tropique ne se bornent pas entasser l'air dans le golfe du ,mexique3 force de souffler depuis les ctes d',afrique vers celles d',amrique1 et de pousser les flots dans un mme sens sur une ligne de douze cents lieues de longueur1 le vent d'est finit par amonceler les eaux dans le cul-de-sac form par les rivages du ,mexique et de la ,louisiane2 il est fcheux que nous n'ayons pas cet gard des donnes prcises de hauteur1 et que le gouvernement espagnol1 qui s'est quelquefois occup de la communication des deux mers par l'isthme de ,panama1 n'ait pas fait mesurer leurs niveaux respectifs2 mais je n'en assurerai pas moins avec confiance que les eaux du golfe de ,mexique sont effectivement leves de plusieurs pieds au-dessus de l'espace qu'elles laissent derrire elles1 mme partir des ,antilles1 et davantage encore au-dessus de l'ocan ,pacifique qui est de l'autre ct4 ,je me fonde sur l'analogie de ce qui arrive dans la ,mditerrane et dans les lacs et les tangs d'une certaine tendue1 o les vents qui soufflent deux ou trois jours du mme point occasionent l'extrmit oppose une espce de reflux de deux ou trois pieds de hauteur perpendiculaire3 cet effet est sensible dans le port de ,marseille1 dont j'ai vu les eaux monter jusqu' #bh pouces par les vents d'est2 et il a lieu en inverse par les vents d'ouest et de sud-ouest sur les ctes de ,syrie et d'gypte1 o les ingnieurs franais ont trouv jusqu' #ca pouces de variation4 ,j'oserais assurer que dans le cas prsent leur lvation est beaucoup plus considrable raison de la puissance et de la continuit de la cause efficiente2 et lorsque je considre que ces mmes ingnieurs franais ont constat que la mer ,rouge ,suez est leve d'environ #bh pieds au-dessus de la ,mditerrane ,peluse#aac1 je suis port croire que quelque chose de semblable a lieu dans le golfe de ,mexique relativement la cte de l'ocan ,pacifique1 et celle des tats-,unis4 ,mais1 me dira-t-on1 admettant un excdant quelconque de niveau1 il faut bien nanmoins que l'quilibre du liquide se rtablisse de quelque ct4--,oui1 sans doute1 il le faut2 or1 cela ne se peut par le canal entre ,youcatan et ,cuba1 attendu que le double courant de l'air et de la mer arrive de ce ct dans toute sa force4 ,la surabondance des eaux n'a donc de ressource et d'issue que par le canal de ,bahama3 et en effet1 c'est de cet autre ct que les eaux1 aprs avoir tournoy sur les rivages du ,mexique1 de la ,louisiane et de la ,floride1 s'chappent la pointe de la presqu'le1 sous la prcaution et l'abri de la terre de ,cuba et des nombreux cueils et les ,lucayes1 qui de ce ct rompent les efforts de l',ocan et le cours du vent alis4 ,la rapidit du courant de ces eaux dans le canal de ,bahama1 en mme temps qu'elle est un fait trop connu pour y insister1 devient une preuve de l'lvation de leur source dans le golfe4 ,au sortir du canal1 elles conservent dans l',ocan un caractre trs-distinct1 non-seulement par la vitesse de leur courant qui est de #d et #e milles l'heure1 c'est--dire plus vif que la ,seine2 mais encore par leur couleur et par leur temprature1 plus chaude de cinq dix degrs 7,r47 que celle de l',ocan qu'elles traversent2 cette espce singulire de fleuve prolonge ainsi toute la cte des tats-,unis avec une largeur variable que l'on estime1 terme moyen1 #ae ou #af lieues2 et il ne perd sa force et ses caractres que vers le grand banc de ,terre-,neuve1 o il se dilate comme dans son embouchure alors dirige vers le nord-est3 il parat que l'habile navigateur ,franois ,drake est le premier qui1 ds la fin du #af;e sicle1 remarqua ses effets et devina sa cause2 mais l'une des plus curieuses circonstances1 celle de la temprature1 lui chappa3 ce ne fut que vers #aggf que le docteur ,blagden1 faisant des expriences sur la temprature de l',ocan diverses profondeurs1 trouva que vers le #ca de latitude nord la hauteur du cap ,fear1 le thermomtre plong dans l'eau1 aprs avoir marqu #gb ,fahrenheit 7#ag ,r471 vint tout coup marquer #gh 7#bj ,r471 continua tel pendant plusieurs milles1 et ensuite baissa graduellement #af1 puis #ad ,r41 en s'approchant1 de la cte1 quand la sonde prit fond et que l'eau devint olivtre4 ,ce phnomne1 alors nouveau1 fit sensation en ,angleterre1 et ,franklin1 qui1 dans la mme anne1 venait en ,europe et faisait les mmes observations1 lui donna encore plus de clbrit4 ,son neveu et compagnon de voyage1 ,m4 ,jonathan ,williams1 a continu et multipli les recherches sur ce sujet2 et maintenant l'on peut tablir comme thorie complte les faits suivants3 #a ,le courant du golfe marque sa route depuis le canal de ,bahama jusqu'au banc de ,terre-,neuve4 #b ,il ctoie les rivages des tats-,unis une distance que les vents rendent variable1 mais qui1 en terme moyen1 s'estime un degr ou vingt lieues4 #c ,a mesure qu'il s'loigne de son origine1 il dilate son volume et diminue sa vitesse4 #d ,il parat qu'au fond de l',ocan il s'est creus un lit particulier trs-profond2 car les sondes y perdent terre ou deviennent tout coup trs-longues4 #e ,il ronge la cte sud des tats-,unis1 malgr la rsistance des cueils ,hatteras qui le dtournent vers l'est d'une pointe et demie de compas#aad1 et il menace de les dtruire eux-mmes tt ou tard4 ,les les sableuses de ,bahama1 les atterrissements de mme nature sur la cte du continent1 les bas-fonds de ,nantoket1 paroissent n'tre que des dpts forms par lui2 et je suis tent de dire que les bancs de ,terre-,neuve ne sont que la barre de l'embouchure de cet norme fleuve marin4 #f ,sur chacun de ses cts il forme un eddy ou contre-courant qui1 aid du ct de terre par les fleuves du continent1 arrte les dpts vaseux qu'on nomme les sondes4 #g ,de longs vents de sud-ouest le rendent moins sensible1 parce qu'ils poussent les flots dans son sens2 mais les vents de nord-est1 en le heurtant de front1 le rendent plus saillant1 et comme disent les marins1 creusent tellement sa vague1 que les navires un seul pont et haut bordage courent risque de sombrer sous les fortes lames qu'ils embarquent4 #h ,on entre sur son domaine quand on voit la couleur de l'eau devenir bleue-indigo au lieu de bleue-ciel qu'elle est en plein ,ocan1 et de verdtre ou olivtre qu'elle est du ct de terre1 sur les sondes de la cte4 ,cette eau vue dans un verre est sans couleur comme sous les tropiques1 et d'une salure plus forte que l'eau de l',atlantique qu'elle traverse4 #i ,beaucoup d'herbes sur l'eau n'assurent pas de la prsence du courant3 elles en sont seulement l'indice4 #aj ,l'on sent son atmosphre plus tide que celle de l',ocan3 en hiver1 la gele fond sur le pont du vaisseau qui y entre3 l'on se trouve assoupi1 et l'on touffe de chaleur dans les entreponts4 ,quelques expriences donneront des ides fixes de cette diffrence de temprature4 ,au mois de dcembre #aghi1 ,m4 ,jonathan ,williams parti de la baie de ,chesapeak1 observa que le mercure marquait dans l'eau de l',ocan1 ,fahrenheit4 ,raum4 #a ,sur les sondes ou bas-fonds de la cte #dg #f #b ,un peu avant d'entrer dans le courant #fj #ab #c ,dans le courant #gj #ag #d ,avant ,terre-,neuve1 dans le courant mme #ff #ae #e ,sur ,terre-,neuve hors du courant #ed #aj #f ,au del du banc en pleine mer #fj #ab #g ,puis en approchant des ctes d',angleterre1 il baissa graduellement #dh #g ,en juin #agia1 le capitaine ,billing allant en ,portugal1 observa son dpart1 sur la cte d',amrique1 et dans les eaux des sondes #fa #ac ,puis dans l'eau du courant #gg #bj ,c'est--dire1 une diffrence de #g ,raumur1 ou #af ,fahrenheit4 ,en hiver1 ,m4 ,williams avait trouv #dg et #gj2 diffrence #bc ,f4 ou #aj de ,r42 donc en t la diffrence est moindre qu'en hiver2 et cela devait tre4 ,ces recherches ont conduit une autre dcouverte qui peut devenir utile aux navigateurs3 force d'essayer la temprature de l',ocan en des lieux divers1 l'on s'est aperu qu'elle tait d'autant plus froide que l'eau avait moins de profondeur1 et l'on en a tir un double indice1 tantt de l'approche des terres et des rivages1 tantt du voisinage des cueils sous-marins4 ,en juillet #agia1 le mme capitaine ,billing observa que1 trois jours avant de voir la cte de ,portugal1 le thermomtre avait baiss en peu d'heures de #fe ,f4 7#ae ,r47 #fj 7#ab ,r471 et cette diffrence arriva prcisment sur la frontire de l',ocan sans fond1 et de la mer sondable qui borde notre continent4 ,m4 ,williams observa galement au mois de novembre1 dans un autre voyage1 qu' l'approche des ctes d',angleterre le thermomtre tomba de #ec 7#i7 #dh 7#g72 et il remarque avec le capitaine ,billing1 que1 si en mer le thermomtre baisse subitement1 c'est l'indication d'un cueil sous l'eau2 soit parce que sous mer la terre serait plus froide que l'eau#aae1 soit parce que l'effet refroidissant de l'vaporation se fait plus sentir dans les eaux minces que dans les eaux profondes4 ,ce que je viens d'exposer de la marche du courant du golfe mexicain1 devient un moyen satisfaisant d'expliquer deux incidents d'histoire naturelle1 dignes de remarque1 sur la cte des tats-,unis4 #a ,admettant1 comme je l'ai avanc1 que le courant est la cause des atterrissements qui bordent son lit1 par l'abandon que son remous y fait des matires charries1 l'on trouve une raison naturelle et simple de la prsence des produits fossiles du tropique des latitudes trs-avances vers le nord4 ,il est trs-probable que les bancs de coquilles ptrifies1 dcouvertes en fouillant et sondant les rivages d',irlande#aaf1 et qui n'ont leurs analogues que vers les ,antilles1 doivent leur origine cette cause ou toute autre semblable2 du moins son action jusqu'au del du banc de ,terre-,neuve est incontestable4 #b ,en considrant la dilatation du courant sur ce mme banc de ,terre-,neuve1 comme l'embouchure de cette espce de fleuve marin1 l'on obtient encore une raison plausible de l'affluence des poissons-morues cet endroit1 et de leur prdilection pour ses eaux3 car1 en prolongeant toute la cte du continent depuis la ,floride1 le courant devient le vhicule de toutes les substances vgtales et animales charries et jetes en mer par les fleuves nombreux et volumineux des tats-,unis2 et ces matires lgres1 telles que poissons1 insectes1 vermisseaux1 etc41 ne cessant de flotter que l o l'eau amortit son cours1 il est trs-naturel que les morues qui s'en nourrissent se rassemblent au lieu de la subsidence ou du dpt4 #c ,enfin j'y vois l'explication des ternels brouillards qui affectent ce parage1 et qui l'on ne connat pas de cause spciale4 ,en effet1 le courant dposant l continuellement un volume d'eaux tropicales1 dont la temprature est plus chaude de #d de ,r4 ou #i de ,f4 que celle de la mer environnante1 il en doit rsulter le double effet d'une vaporation plus abondante1 provoque par la tideur de ces eaux exotiques1 et d'une condensation plus tendue1 raison de la froideur des eaux indignes et de leur atmosphre1 qui prcisment se trouve dans la direction et sous l'influence des vents du nord-est1 et de ceux de la baie glaciale de ,hudson444 ,mais il est temps de revenir mon sujet dont je ne me suis cependant pas cart1 puisque parlant de courants en gnral1 ceux des eaux ne sont pas une digression trangre ceux de l'air1 qui en sont habituellement la cause motrice#aag4 ,v4 ,du vent de nord-ouest4 ,le vent de nord-ouest1 le troisime et presque le principal dominant aux tats-,unis1 diffre du sud-ouest sous tous les rapports2 il est essentiellement froid1 sec1 lastique1 imptueux et mme temptueux2 il est plus frquent l'hiver que l't1 et plus habituel sur la cte atlantique qu' l'ouest des ,alleghanys1 c'est--dire dans les bassins du ,saint-,laurent1 de l',ohio et du ,mississipi3 l'on ne peut mieux le comparer qu'au mistral provenal1 qui est aussi un vent de nord-ouest1 mais d'une origine trs-diffrente2 car le mistral1 inconnu au nord des ,alpes1 des montagnes du ,vivarais et de l',auvergne1 ne va point chercher sa source par-del notre ,ocan tempr2 il la tire videmment de la rgion suprieure des montagnes qui environnent les bassins du ,rhne et de la ,durance1 thtre spcial de sa furie2 et il me parat venir principalement des sommets des ,alpes1 dont la couche d'air refroidie par les neiges et par les glaciers1 se verse dans les valles pendantes au midi1 et surtout dans celle du ,rhne o son cours rflchi et dvi par les chanes vivaraises1 prend la direction de nord-ouest pour toute la ,provence2 il s'y prcipite avec d'autant plus de violence qu'outre sa pesanteur spcifique et la pression de l'atmosphre leve d'o il se verse1 il trouve encore sur la ,mditerrane un vide habituel occasion par l'aspiration des ctes et du continent brlant de l',afrique4 ,aussi se fait-il toujours sentir d'abord sur la mer1 et il ne s'tablit que successivement et en remontant dans l'intrieur des terres2 peut-tre ce torrent arien qui tombe des ,alpes1 se mle-t-il des courants du haut des chanes du ,vivarais et de l',auvergne2 mais ils n'y sont qu'accessoires1 et le foyer ou rservoir principal est videmment le haut pays alpin1 sans lequel il serait impossible d'expliquer et de concevoir les apparitions du mistral1 subites comme un coup de canon aprs chaque pluie1 surtout dans la saison chaude4 ,le nord-ouest amricain a bien quelque chose de cette vivacit2 et j'aurai occasion de montrer que dans plusieurs cas il drive aussi de la couche suprieure de l'atmosphre2 mais l'ordinaire et dans ses longues tenues1 il vient jusque des mers glaces du ple1 et des dserts galement glacs qui sont au nord-ouest du lac ,suprieur4 ,dans les premiers temps1 l'on a cru que ce lac et les quatre autres qui lui sont contigus1 taient la cause principale et mme premire du froid que le vent de nord-ouest apporte sur la cte atlantique4 ,aujourd'hui que tout le continent est mieux connu1 cette opinion ne conserve de partisans que dans le vulgaire2 de bons observateurs avaient dja remarqu que dans les cantons du ,vermont et du ,new-,york1 qui ne sont point sous le vent des lacs1 le froid n'tait pas moins violent qu'ailleurs2 les rcits des ,canadiens qui vont la traite des fourrures bien au del des lacs1 ont achev de dissiper tout doute3 ces traitants attestent unanimement que plus ils s'avancent dans le grand-nord#aah1 plus le vent de nord-ouest est violent et glacial1 et qu'il est leur principal tourment dans les plaines dboises et marcageuses de cette ,sibrie1 et mme en remontant le ,missouri jusqu'aux monts ,chipewans2 il faut donc reconnatre que primitivement le nord-ouest amricain tire sa source1 et de ces dserts qui depuis les #dh et #ej sont glacs pendant neuf et dix mois de l'anne1 et de la mer ,glaciale qui commence vers le #gb;e degr1 et enfin de la partie nord des monts ,stony ou ,chipewans qui parat tre couverte de neige pendant toute l'anne2 il est remarquer que par-del ces monts1 sur la cte de ,vancouver1 le nord-ouest qui vient de l',ocan et du bassin de ,baring1 est dja plus humide et moins froid2 et comme il souffle bien moins habituellement1 il appartient un autre systme#aai4 ,sur la cte atlantique1 le vent de nord-ouest qui a parcouru le continent1 amne aussi quelquefois des ondes de neige ou de pluie1 ou mme de grle2 mais ces nuages appartiennent plutt d'autres courants d'air1 tels que le nord-est et le sud-ouest qu'il force de se replier1 et qu'il dpouille en les chassant2 d'autres fois ils sont le produit des surfaces humides qu'il trouve sur sa route2 tels les cinq grands lacs du ,saint-,laurent1 les marcages1 et mme les fleuves pris dans les longues lignes de leur cours2 c'est par cette raison que sous le vent de ces lacs et des longues lignes du ,mississipi et de l',ohio1 le vent de nord-ouest prend un caractre humide en hiver1 et orageux en t qu'on ne lui trouve point en d'autres cantons4 ,car depuis ,charleston jusqu' ,halifax1 parler du nord-ouest1 c'est dsigner un vent violent1 froid1 incommode1 mais sain1 lastique et ranimant les forces abattues4 ,seulement il a cela de perfide en hiver1 que tandis qu'un ciel pur et un soleil clatant rjouissent la vue et invitent respirer l'air1 si en effet l'on sort des appartements1 l'on est saisi d'une bise glaciale dont les pointes taillent la figure et arrachent des larmes1 et dont les rafales imptueuses1 massives1 font chanceler sur un verglas glissant4 ,moins rude en t1 on le dsire pour calmer la violence des chaleurs2 et en effet1 il lui arrive alors assez souvent de se montrer aprs une onde de pluie d'orage2 et comme il est impossible que le laps d'une demi-heure lui ait suffi venir de loin1 il est vident qu'il tombe de la rgion suprieure qui1 ces latitudes1 n'est pas distante de plus de #b1hjj #c1jjj mtres3 le vide tant form prs de terre par la condensation des nuages en pluie1 la couche suprieure s'y abaisse pour le remplir2 sa direction de nord-ouest vers sud-est lui est imprime1 parce que l'atmosphre du ct de l',ocan jusqu'au tropique1 est compose d'un air lger et chaud qui ne peut soutenir l'quilibre contre ce courant froid et lourd2 et cette direction n'est pas du nord vers le sud1 parce que de ce ct elle serait repousse par le reflux du vent de sud-ouest et de l'alis tropical1 dont le contre-courant vient remplir les latitudes moyennes4 ,il parat que tous ces courants se joignent ensemble pour former sur l',ocan atlantique depuis les #ce jusqu'aux #dh et #ej degrs de latitude1 ce vent d'ouest que nous voyons tre le dominant presque perptuel des ctes d',angleterre1 de ,france et d',espagne4 ,cette attraction ou aspiration de l'atmosphre atlantique est constate par l'observation de ,m4 ,williams3 ,on remarque1 dit-il1 que nos vents de nord-ouest et d'ouest commencent toujours du ct de la mer2 c'est--dire que si plusieurs voiles se trouvent la file1 c'est la plus avance en mer qui s'enfle la premire1 et successivement les autres jusqu' la plus voisine du rivage qui s'enfle la dernire#abj4 ,les marins font journellement la mme observation sur les brises littorales1 dont celle de jour1 appele brise de mer1 commence toujours dans l'intrieur des terres au sommet des montagnes et des collines1 qui vers midi deviennent le foyer de chaleur1 je dirais presque la chemine d'aspiration3 en sorte que le vent y est senti un quart d'heure ou une demi-heure avant de l'tre au rivage1 et cela proportionnellement la distance entre les deux points1 ainsi que je l'ai souvent remarqu en ,syrie et en ,corse2 la brise dite de terre commence aussi sur ces mmes sommets1 parce que l se fait le premier refroidissement1 et que l'air se verse par son poids du haut des montagnes en bas vers la mer1 comme un courant d'eau4 ,cette diffrence dans la manire d'agir de certains vents ou courants d'air1 mrite d'tre tudie1 comme servant caractriser la nature de l'air qui les compose2 mais elle n'est pas moins dans tous les cas l'effet des vides relatifs1 et des densits alternatives que cause l'absence ou la prsence du soleil1 tantt sur la terre1 tantt sur la mer2 effet qui est une sorte de diastole et de systole qu'prouve l'air tour tour chauff1 dilat1 grimpant1 ou refroidi1 condens et retombant#aba4 ,une objection me reste lever contre un fait qui n'a pu manquer de frapper le lecteur4--,j'ai dit que le vent de nord-ouest tait beaucoup plus frquent l'est qu' l'ouest des ,alleghanys3 l'on demandera comment il est possible qu'il arrive au second pays sans avoir pass sur le premier qui est sur sa route3 comme le fait est avr1 il faut bien qu'il ait un moyen de solution1 et ce moyen est de l'espce du prcdent que je viens de citer 7 la note72 c'est--dire1 que les ,alleghanys sont la digue d'un lac arien dont le fond1 nivel par cette digue1 est1 sous sa protection1 dans un tat de repos ou de fluctuation indpendant de la couche au-dessus du trop-plein2 en sorte que tandis que le vent de sud-ouest traverse le bassin de ,mississipi et le pays de ,kentucky1 d',ohio1 etc41 jusqu'au bassin du ,saint-,laurent1 par lequel il s'coule1 le courant de nord-ouest glisse par-dessus lui diagonalement1 et va par-dessus les ,alleghanys et au niveau de leur cime1 se verser sur la cte atlantique1 o il acquiert trois motifs d'acclration2 savoir3 #a le poids de son fluide2 #b la pente du terrain2 #c le vide de l',ocan dans la direction de sud-est4 ,le mme cas a lieu pour le ,saint-,laurent et le ,bas-,canada1 o les voyageurs s'accordent dire que le vent le plus habituel est le sud-ouest1 et aprs lui le nord-est2 trs-souvent le nord-ouest n'est point senti ,qubec1 tandis qu'il l'est dans le ,maine et dans l',acadie4 ,il est vident qu'il a gliss par-dessus le lit concave du fleuve ,saint-,laurent1 sans dplacer l'air qui y est stagnant2 et si l'on fait attention que dans un appartement o deux fentres sont ouvertes en face l'une de l'autre1 il passe un vent trs-vif sans teindre et sans mme agiter une chandelle place dans les coins ou dans les cts1 hors du courant1 l'on concevra que l'air a quelque chose de tenace et d'huileux qui le rend plus difficile dplacer que ne le supposent les ides que l'on en a vulgairement4 ,enfin1 un dernier fait curieux citer sur le vent de nord-ouest1 c'est qu'aux tats-,unis le ciment et le mortier des murs exposs son action directe1 sont toujours plus durs1 plus difficiles dmolir qu' aucune des autres expositions2 sans doute raison du hle extrme qui l'accompagne3 pareillement dans les forts1 l'corce des arbres est plus paisse et plus dure de son ct que de tout autre3 et cette remarque est l'une de celles qui guident les sauvages dans leurs courses travers les bois1 par le ciel le plus brumeux4--,c'est des faits1 des observations de cet ordre1 aussi simples et aussi naturels1 que cette espce d'hommes doit la sagacit que nous admirons en elle2 et lorsque des voyageurs romanciers ou des crivains qui jamais n'ont quitt le coin de leur chemine1 s'extasient sur la finesse des sauvages1 et en prennent occasion d'attribuer leur homme de la nature une supriorit absolue sur l'homme civilis1 ils nous prouvent seulement leur ignorance en fait de chasse1 et du perfectionnement des sens de l'odorat et de la vue par l'habitude et la pratique d'un exercice quelconque4 ,aujourd'hui que l'on a aux tats-,unis des exemples innombrables de colons de frontire1 irlandais1 cossais1 kentokais1 qui sont devenus en peu d'annes des hommes-de-bois aussi habiles et aussi russ1 des guerriers plus vigoureux et plus infatigables que les hommes-rouges#abb1 l'on ne croit plus la prtendue excellence ni du corps1 ni de l'esprit1 ni du genre de vie de l'homme sauvage2 et ce que j'aurai occasion d'en exposer ailleurs avec plus de dtail et avec un esprit impartial1 excitera sans doute bien moins les sentiments de l'admiration ou de la jalousie1 que ceux de l'effroi et de la piti4 ,,chapitre ,x4 ,comparaison du climat des tats-,unis avec celui de l',europe quant aux vents1 la quantit de pluie1 l'vaporation et l'lectricit4 ,d'aprs tout ce que j'ai dit des vents1 de leurs lits1 de leur marche1 de leurs qualits propres ou respectives aux tats-,unis1 il devient de plus en plus facile de se faire une ide nette et gnrale du climat de ce vaste pays4 ,de ce que l'on sait que les vents les plus habituels y viennent presque immdiatement1 les uns de la zone du tropique1 les autres de la zone polaire1 l'on conoit pourquoi ils ont des qualits de froid et de chaud si contractantes1 et pourquoi le climat est si variable et si bourru3 de ce que l'on sait que l'un des dominants 7le sud-ouest7 vient d'une mer chaude1 l'autre 7le nord-est7 d'une mer trs-froide1 le troisime 7le nord-ouest7 de dserts glacs1 l'on sent pourquoi chacun d'eux est sec et clair1 pluvieux ou brumeux4--,l'on devine mme les cas d'exception que quelques localits peuvent et doivent apporter ces rgles gnrales1 et l'on infre naturellement qu'un vent sec peut devenir pluvieux s'il rencontre sur sa route des surfaces humides1 telles que des lacs1 des marais1 et des lignes prolonges de rivires1 ainsi qu'il arriv au pays de ,genesee1 o il pleut par vent de nord-ouest cause des lacs ,ontario et ,huron2 par vent du sud-ouest cause du lac ri3 tandis que le nord-est et l'est1 si pluvieux la cte1 y sont secs#abc3 par inverse un vent pluvieux peut devenir sec en se dpouillant sur les montagnes de l'humidit qu'il transporte3 enfin1 dans les violentes agitations de l'atmosphre1 les courants venant se mler1 ils peuvent momentanment changer et confondre leurs attributs et leurs proprits4 ,d'autre part1 en considrant que le territoire des tats-,unis n'est travers que par des montagnes d'un ordre infrieur1 et qui n'offrent pas un obstacle suffisant rompre la marche des courants1 l'on aperoit pourquoi les vents y sont et y doivent tre presque toujours gnraux1 c'est--dire balayer1 selon l'expression anglaise1 toute la surface du pays en long et en large4 ,et en effet1 cette rgle gnrale1 il n'y a d'exception remarquable que les brises littorales qui ont lieu pendant les six mois d't1 et qui se modifient selon le gisement soit de la cte1 soit des lits de rivires1 et raison de la distance1 de la pente et de la direction des chanes et sillons de montagnes4 ,par exemple1 depuis la ,floride jusqu'au ,new-,jersey1 la brise incline au sud-est1 et l'on voit que le terrain verse1 et que la cte tourne de ce ct4 ,au contraire1 depuis le ,new-,york jusqu'au cap ,cod1 la brise est de sud direct2 et du cap ,cod jusqu' l',acadie1 elle vient de l'est et du nord-ouest1 toujours par l'application du mme principe des cas divers3 de mme encore elle est plus lente ou plus vive1 plus forte ou plus faible1 plus en avance ou plus en retard1 selon le degr plus ou moins intense de la chaleur1 selon la pente plus ou moins incline des terres1 et l'loignement plus ou moins grand des hauteurs o se trouve le foyer d'aspiration#abd1 ainsi que l'on en a l'exprience trs-connue en marine4 ,de ces faits drivent deux vrits lumineuses en gographie physique2 ,l'une1 que ce sont les courants habituels de l'air1 les vents1 qui dterminent la temprature1 ou le climat d'un pays4 ,l'autre1 que la configuration du sol exerce sur ces courants une influence de direction ordinairement dcisive1 et qu'elle devient par l un agent constitutif1 une partie intgrante du climat4 ,notre ,europe offre l'exemple et l'application de ces deux principes dans un sens inverse de l',amrique-nord4 ,dans l',europe occidentale1 les vents d'ouest sont les grands pluvieux1 parce qu'ils viennent de l',ocan atlantique2 et ils se montrent plus frais en ,angleterre1 plus chauds en ,france et en ,espagne1 raison des latitudes d'o ils viennent sur ce mme ,ocan3 aux tats-,unis1 les vents d'ouest sont les plus secs1 parce qu'ils y viennent de la partie la plus large du continent3 en ,france1 ils sont les plus gnraux1 les plus habituels1 parce que la haute chane des ,alpes1 est un foyer d'aspiration et de condensation1 qui sans cesse les appelle vers elle3 aux tats-,unis1 ils sont les plus rares1 parce qu'il n'y existe pas de point dominant d'aspiration4 ,en ,europe1 les vents ne sont presque jamais gnraux1 mais plutt diviss en systmes indpendants1 parce que les hautes chanes des montagnes1 telles que les ,pyrnes et les ,alpes1 forment des enceintes et comme de grands lacs d'atmosphre spars et distincts2 et parce qu'ensuite une foule de chanes secondaires1 telles que les ,asturies et les autres sillons de l',espagne#abe1 les ,cvennes1 les ,vosges1 les ,ardennes1 les ,apennins1 les ,krapatz1 le ,dofre de ,norwge et les montagnes d'cosse1 presque toutes suprieures aux ,alleghanys forment d'autres subdivisions galement caractrises4 ,dans la ,france seule nous avons autant de systmes de vents que de bassins de rivires principales1 telles que le ,rhne1 la ,garonne1 la ,loire et la ,seine4 ,la ,belgique a son systme distinct du ntre par les ,ardennes2 elle tire du canal de la ,manche un courant d'air1 qui primitivement ouest1 puis dvi dans la direction de sud-ouest1 y est la cause de cette humidit qui la rend si fertile et si pturagre4 ,d'autre part1 si notre ,europe occidentale est plus tempre que l'orientale1 ce peut tre1 comme l'a dit ,pallas1 parce qu'elle est abrite par les montagnes d'cosse et de ,norwge2 mais c'est encore plus parce que les vents les plus gnraux et les plus rgnants sont de l'ouest et du sud-ouest1 et qu'ils y arrivent par la mer1 toujours plus tempre que la terre4 ,c'est par cette raison que la cte de ,norwge diffre totalement de celle de ,sude1 et que la temprature de ,berghen ne ressemble pas plus celle de ,stokholm1 que la temprature de ,londres ne ressemble celle de ,saint-,ptersbourg3 c'est aux vents d'est et de nord-est1 originaires de la ,sibrie1 que l'orient de l',europe doit son climat froid1 sec et salubre2 et si de hautes montagnes eussent ferm la ,russie sur sa frontire orientale2 si quelques remparts eussent abrit la ,sibrie vers la mer du ple1 cette contre1 ainsi que la ,pologne et le pays de ,moscou1 ne seraient pas plus froids que le ,danemarck et la ,saxe4 ,cette diffrence de configuration entre l',europe et l',amrique-nord1 me parat tre la cause principale1 et peut-tre unique1 de plusieurs diffrences mtorologiques que l'on remarque dans les atmosphres de ces deux continents4 ,l'on y trouve une explication satisfaisante de deux ou trois phnomnes et problmes singuliers1 savoir3 par exemple1 pourquoi la quantit de pluie annuelle et moyenne est plus grande aux tats-,unis qu'en ,france1 en ,angleterre1 en ,allemagne3--,pourquoi la chute de ces pluies est gnralement plus brusque et leur vaporation ensuite plus vive en ,amrique qu'en ,europe3--,pourquoi enfin les vents sont habituellement plus forts1 les temptes et les ouragans plus frquents dans le premier de ces pays que dans le second3 quelques dtails deviennent ncessaires pour rendre ces faits plus prcis1 et leur solution plus probable et plus persuasive4 ,i4 ,de la quantit de pluie qui tombe aux tats-,unis4 ,des observations exactes et multiplies1 faites par divers savants amricains1 en diffrents lieux de la cte atlantique1 ont dsormais constat que la quantit annuelle et moyenne de pluie qui tombe aux tats-,unis est beaucoup plus considrable que dans la plupart de nos pays d',europe1 en exceptant toutefois certaines localits des pays de montagnes#abf ou des fonds de golfe4 ,le tableau suivant en fournit la preuve4 ,aucun lieu du pays d',ouest n'y est mentionn1 parce que ce genre d'observation n'y a pas encore t pratiqu1 du moins ma connaissance4 pouc4 angl4 ,a ,charlestown 7selon ,ramsay71 en #agie #ga ,par terme moyen1 de #agej-- #ageiabg #da ,a ,williamsburg#abh #dg ,cambridge1 prs ,boston#abi #dg ,andover 7en ,massachusets7 #ea ,salem#acj #ce ,rutland en ,vermont#aca #da ,philadelphie#acb #cj ,en ,europe1 au contraire1 il ne tombe que les quantits suivantes1 savoir3 pouc4 fran4 ,a ,saint-,ptersbourg #ab ,upsal #ad ,abo #bd ,londres #ba ,paris #bj ,utrecht #bg ,brest1 aucune observation#acc4 ,marseille #bj ,rome #bh ,naples #ce ,alger #bg ,padoue #cc ,bologne #bd ,vienne #db ,d'o il rsulte qu'en ,europe1 par terme moyen1 il tombe un tiers moins de pluie que dans l',amrique-nord3 nanmoins1 dans son ,mmoire dja cit1 ,m4 ,holyhoke cite vingt villes d',europe1 qui1 par terme moyen de #bj ans1 ont eu #abb jours de pluie tandis que ,cambridge n'en a eu que #hh et ,salem #ie ,ainsi plus de pluies en moins de jours indique videmment que les pluies ont tomb par ondes plus vives et plus fortes en ,amrique1 par arrosements plus doux1 en ,europe2 et nous avons vu que les faits sont conformes ce raisonnement4 ,,ii4 ,de l'vaporation et de la scheresse de l'air4 ,d'autre part1 des observations galement exactes et nombreuses attestent que l'vaporation de ces mmes pluies se fait beaucoup plus vite aux tats-,unis qu'en ,europe1 et que par consquent l'air y est habituellement plus sec et plus agit3 ,franklin avait dja fait et publi cette remarque1 si contraire aux assertions du docteur ,paw#acd1 en citant l'anecdote d'une bote d'acajou tiroirs1 excute avec le plus grand soin par le clbre ,nairne3 les tiroirs de cette bote1 justes et mme serrs ,londres1 s'taient trouvs trop lches ,philadelphie1 et lorsqu'elle eut t renvoye ,londres1 ils redevinrent justes et serrs comme auparavant4 ,franklin en avait induit avec raison une plus grande scheresse ,philadelphie qu' ,londres3 mais le cas de ces deux villes tait trop particulier pour en faire une rgle gnrale3 ,m4 ,j4 ,williams#ace l'a mieux tablie et dveloppe par les faits suivans4 ,il a trouv1 par des expriences et des recherches suivies1 que la quantit moyenne d'vaporation pendant #g annes ,cambridge prs de ,boston pouc4 angl4 avait t de #ef tandis qu'en sept villes d',allemagne et d',italie1 par terme moyen de #bj pouc4 fran4 ans1 elle n'a t que de #df il est vrai que les #ef pouces anglais se rduisent #ed pouces des ntres1 moins environ 4 ,diffrence #g ,et cependant les villes d',italie sont sous une latitude bien plus favorable l'vaporation que le voisinage de ,boston adjacent l',ocan4 ,jours clairs4 ,dans un an1 l'on a eu ,salem #agc ,dans vingt villes d',europe1 l'on en a eu #fd ,dans ces mmes vingt villes1 en ,jours nuageux4 #aghe1 l'on a eu #aac ,a ,cambridge prs de ,boston #fi ,a ,salem1 par terme moyen de #g ans1 #ijacf ,ainsi1 en termes gnraux1 il tombe aux tats-,unis plus de pluie en moins de jours qu'en ,europe1 et l'on y compte moins de jours nuageux1 plus de jours clairs1 plus d'vaporation qu'en ,europe3 or1 la cause de ces faits divers me parot absolument univoque et simple2 elle existe dans l'tat particulier de l'atmosphre de chacun des deux continents1 selon la modification que leur configuration respective y apporte4 ,si donc aux tats-,unis il pleut davantage qu'en ,europe1 c'est parce qu' l'exception du nord-ouest1 tous les autres rumbs1 surtout les plus frquents1 y viennent de quelque mer1 et par consquent arrivent chargs de vapeurs4 ,si les pluies y sont plus vives et plus brusques1 c'est parce que les qualits des vents y sont trs-contrastantes en chaud et en froid1 ce qui est un premier moyen de dissolution2 et le mlange de ces courants froids et chauds1 y est frquent1 ce qui est une seconde cause d'abondance et de vivacit de pluie3 nos pluies fines et douces y sont tellement trangres1 qu'on les appelle des pluies anglaises1 un temps anglais2 et lorsque l'on en voit1 ce qui arrive quelquefois aprs l'quinoxe1 il est du bon ton de sortir sans parapluie pour s'en faire mouiller comme des oiseaux d'eau4 ,or1 ce mlange frquent1 qui constitue l'air variable1 arrive parce que le pays est presque plat1 et que les vents n'y trouvent aucun obstacle qui les arrte4--,ainsi1 la configuration du sol influe radicalement sur l'abondance et la vivacit des pluies4 ,en ,europe1 au contraire1 de hautes montagnes rompant les courants de l'air1 l'atmosphre est plus calme1 plus stationnaire2 les mlanges de courants froids et de courants chauds sont moins faciles1 moins frquents2 par suite1 les dissolutions sont moins vives2 les pluies sont plus lentes1 plus douces2 l'air reste plus charg de vapeurs et d'humidit2 il y a plus de brouillards et de jours nuageux1 etc41 et l'vaporation est plus lente4 ,si aux tats-,unis l'vaporation est rapide1 c'est encore parce que les courants sont libres1 raison de la planimtrie gnrale1 et parce que l'un de ces courants1 le nord-ouest1 vent d'une scheresse extrme1 domine pendant les deux cinquimes de l'anne4 ,en ,europe1 au contraire1 le grand dominant est le vent d'ouest1 et il est aussi le grand humide4 ,enfin1 c'est encore cette forte vaporation de l'air aux tats-,unis qui y cause des roses normes1 inconnues dans nos climats temprs4 ,elles y sont si fortes en t1 que les premires nuits o je couchai dans les forts dsertes de l',ohio et de la ,wabash1 je crus mon rveil qu'il pleuvait verse2 et cependant1 en considrant le ciel1 je le trouvai clair et serein2 bientt je m'aperus que les grosses gouttes qui tombaient avec bruit de feuille en feuille sur les arbres1 n'taient que la rose du matin1 c'est--dire1 l'vaporation du jour prcdent1 dissoute et prcipite par la fracheur de l'aube du jour4 ,enfin1 si les vents y sont plus rapides1 et les ouragans plus frquents que dans notre ,europe1 l'on peut dire que ce n'est pas seulement parce que le tropique est plus voisin1 mais parce que les courants de l'air ne trouvent sur le continent aucun point d'appui qui les arrte et les fixe2 et si le chanon de l',apalache avait #h #ijj toises d'lvation1 le systme atmosphrique de tout le bassin d'ouest serait chang4 ,,iii4 ,de l'lectricit de l'air4 ,un dernier point mtorologique sur lequel l'air du continent amricain diffre encore de celui de l',europe1 est la quantit de fluide lectrique dont l'air du premier est imprgn dans une proportion beaucoup plus forte3 l'on n'a pas besoin des appareils mcaniques et artificiels pour rendre ce fait sensible2 il suffit de passer vivement un ruban de soie sur une toffe de laine pour le voir se contracter avec une vivacit que je n'ai jamais remarque en ,france3 les orages d'ailleurs en fournissent des preuves effrayantes par la violence des coups de tonnerre1 et par l'intensit prodigieuse des clairs4 ,dans les premires occasions o j'eus ce spectacle ,philadelphie1 je remarquai que la matire lectrique tait si abondante1 que tout l'air semblait en feu par la succession continue des clairs2 leurs zig-zags et leurs flches taient d'une largeur et d'une tendue dont je n'avais pas d'ide1 et les battements du fluide lectrique taient si forts qu'ils semblaient mon oreille et mon visage tre le vent lger que produit le vol d'un oiseau de nuit4 ,leurs effets ne se bornent point la dmonstration1 ni au bruit2 les accidents qu'ils occasionent sont frquents et graves4 ,dans l't de #agig1 depuis le mois de juin jusqu'au #bh aot1 je comptai1 dans les papiers publics1 dix-sept personnes tues par le tonnerre2 et feu ,m4 ,bache1 petit-fils de ,franklin1 auteur du journal ,aurora1 qui je fis part de ma remarque1 me dit qu'il avait compt quatre-vingts graves accidents4 ,ils sont frquents en rase campagne1 surtout sous les arbres2 et l'on n'y connat pas assez l'efficacit des toiles et des taffetas cirs ou vernisss1 qui en pareil cas sont le meilleur prservatif1 en mme temps qu'ils garantissent de la pluie4 ,cette abondance du fluide lectrique est une nouvelle preuve de la scheresse de l'air1 de mme que sa moindre quantit en ,france et en ,europe est une preuve d'humidit3 il parat constant que le calorique est absorb et neutralis par l'eau rduite en vapeur1 et qu'alors il ne dveloppe plus ses proprits naturelles2 lorsqu'au contraire l'air est trs-sec1 ft-il d'ailleurs froid1 la matire igne qui ne trouve pas se combiner surabonde et manifeste sa prsence partout o le lui permettent ses lois4 ,ce doit tre l'une des raisons pour lesquelles la vgtation une fois dveloppe est bien plus active aux tats-,unis qu'en ,france2 et l'on ne peut pas dire que la chaleur de la saison ou du tropique soit une cause ncessaire de l'abondance du fluide lectrique ou ign1 puisqu'il n'est jamais plus abondant que par le froid vent de nord-ouest1 et que d'aprs les observations des savants russes ,gmelin1 ,pallas1 ,muller et ,georgi1 etc41 l'lectricit est d'une abondance excessive dans l'air glacial et sec de la ,sibrie#acg44444 ,ainsi la configuration plane de l',amrique1 en occasionant la rapidit des courants de l'air1 la clrit de l'vaporation de l'eau et la scheresse de l'atmosphre1 devient une cause primordiale de l'abondance de l'lectricit4 ,j'ajoute une remarque qui peut avoir son importance en physiologie4 ,il est connu que les brouillards et l'humidit sont une cause constante et fconde de maladies2 qu'ils occasionent spcialement les catarrhes1 les rhumes1 les rhumatismes1 c'est--dire1 l'obstruction et l'atonie de tout le systme vasculaire2 qu'ils produisent des fivres d'espces varies1 mais toutes avec le symptme commun de frisson1 auquel succde une vive chaleur4 ,or1 si l'effet de l'humidit1 soit en gouttes d'eau1 soit en vapeurs1 est d'attirer et de s'approprier le fluide lectrique ou ign1 de le soutirer des corps dans lesquels il est engag2 si ce fluide lectrique ou ign dans notre organisation est un des principes de la vie1 un des agents de la circulation du sang et des autres humeurs2 s'il est surtout l'un des principes constituants1 peut-tre le principe radical du fluide nerveux1 ne peut-on pas conclure que c'est en nous soustrayant ce principe de la vie1 que l'eau en gouttes ou en vapeurs nous devient si nuisible8 ,que c'est en l'aspirant de notre tissu cellulaire et de nos nerfs qu'elle les paralyse1 les rduit l'atonie1 l'obstruction passagre ou durable1 selon la force et la dure de l'action2 et alors1 outre l'indication du prservatif1 celle du remde ne serait-elle pas de trouver le moyen de restituer ce feu par un procd inverse1 de la mme espce3 les fomentations1 les frottements de corps chauds1 mme des fers de tailleurs1 ont un effet confirmatif de cette ide2 mais il reste dcouvrir une opration plus radicale1 plus chimique1 qui appelle les talents et les expriences des gens de l'art#ach4 ,,chapitre ,,xi4 ,conclusion3 la lune influe-t-elle sur les vents8 ,action du soleil sur tout leur systme1 et sur le cours des saisons4 ,changements oprs dans le climat par les dfrichements4 ,je n'ai fait aucune mention jusqu'ici des influences que quelques physiciens attribuent la lune sur l'atmosphre et sur le cours des vents4 ,cette opinion1 jadis trs-accrdite1 mais qui chez les anciens appartint plus l'astrologie qu' l'astronomie et la physique1 s'est renouvele dans ces derniers temps avec des moyens plus capables de lui acqurir des partisans3 raisonnant par analogie aux mares1 l'on a dit que puisque la lune tait la cause du flux et du reflux de l',ocan1 puisqu'elle exerait sur la surface liquide du globe une pression qui la refoulait1 cette pression ne pouvait avoir lieu sans l'intermdiaire de l'atmosphre1 qui par consquent devait avoir aussi son flux et reflux1 et de l toute une thorie des vents2 mais parce que toute thorie1 quelque plausible qu'elle soit1 finit par n'tre qu'un roman si les faits ne viennent son secours1 il a fallu produire des faits en preuve1 et c'est la tche qu'a entreprise l'un de nos plus habiles naturalistes1 ,m4 ,lamarck2 quelle sera l'issue de ses recherches n'est pas ce que j'entends prjuger2 je remarquerai seulement que l'on ne peut refuser de l'estime la mthode qu'il a adopte3 en publiant un annuaire mtorologique1 et prdisant une anne d'avance les vents et la temprature que les constitutions borales ou australes de la lune doivent dterminer1 ,m4 ,lamarck a soumis son systme l'preuve la plus loyale comme la plus dlicate3 chaque mois1 chaque quartier1 tout observateur peut comparer les rsultats au pronostic nonc2 cette comparaison devient mme un complment ncessaire joindre au travail de ,m4 ,lamarck1 et l'on a droit d'attendre que l'historique d'une anne coule soit insr au calendrier de l'anne suivante2 je le rpte1 quelle que soit l'issue de ce travail1 il n'en aura pas moins le mrite d'avoir dmontr une vrit2 car lors mme qu'il en rsulterait contre son but1 que le systme gnral1 ou que certains systmes particuliers de vent sont indpendants de la lune1 cette vrit ngative n'en serait pas moins un rsultat trs-prcieux1 et n'en aurait pas moins toute l'utilit que comporte son sujet2 j'en appelle au lecteur lui-mme1 dans les diverses branches de nos connaissances1 ou plutt de nos opinions1 combien d'erreurs seraient dissipes1 si nous acqurions beaucoup de vrits ngatives8 ,dans le cas prsent1 mon opinion s'tait dja nourrie de trop de faits antrieurs pour demeurer indcise2 mais et-elle d ne se former que d'aprs les rsultats de l'exprience dont je parle1 il me serait impossible de reconnatre la lune aucune action immdiate ou sensible sur le systme gnral des vents4 ,je ne prtends point nier que cette plante soit la cause du flux et du reflux de l',ocan2 mais en admettant comme prouve toute hypothse de pression de sa part1 rien n'est encore prouv pour les vents2 car l'ocan arien peut subir une pression qui roule sur sa masse1 sans que ses mouvements intestins en soient drangs ni affects2 de mme que l'ocan aqueux subit son balancement sans que les courants intrieurs en soient troubls ni changs4 ,l'effet des mares ne se marque1 ne se sent bien que sur les rivages1 c'est--dire l'interruption du liquide homogne1 et son choc contre des masses et des niveaux trangers3 or l'ocan arien1 rond comme le globe1 n'a rien de semblable3 l'ondulation1 s'il y en a1 roule sur sa surface1 et la vaste lame atmosphrique qui ne rencontre ni cueils1 ni rivages1 court mollement sans prouver de ressac4 ,si les vents1 ces courants d'air si variables1 si divers1 dpendaient de la lune1 ils devraient1 comme les mares1 tre corrlatifs ses phases2 ils devraient avoir une marche priodique soumise la rgularit ou aux anomalies de cette plante1 et l'on n'aperoit rien de tel2 dans ces changements de temps journellement annoncs par les almanachs et attendus par le vulgaire pour chaque quartier1 sur vingt exemples1 quinze sont en dfaut2 et il ne serait pas tonnant1 vu le petit nombre des chances1 qu'il en russt davantage sans produire rien de plus concluant4 ,sur la mer mme1 o l'on prtend que les rgles sont plus fixes1 les marins impartiaux conviennent que les changements de temps n'ont rien de fixe1 rien de rgulier2 que c'est bien plutt l'approche des terres1 au voisinage des caps1 l'entre ou la sortie de certains parages1 qu'il faut rapporter leurs causes2 enfin1 les astronomes reconnaissent que la priode mme de #ai ans1 qui ramne les mmes positions lunaires1 ne ramne pas la moindre ressemblance dans le cours ni dans la succession des vents3 de manire que rien n'tablit1 rien ne prouve une action immdiate et sensible de la lune sur ces courants de l'air4 ,il n'en est pas ainsi de l'action du soleil qui se manifeste1 et dans leur formation premire1 et dans leurs mouvements gnraux ou partiels1 enfin jusque dans leurs irrgularits toujours occasiones par les degrs divers et variables de chaleur que sa prsence ou son loignement excite sur les mers et sur les continents1 et par les circonstances topographiques des montagnes plus ou moins leves1 des terrains plus ou moins nus ou boiss qui empchent ou permettent le passage des vents4 ,c'est le soleil qui1 plac l'quateur1 y tablit d'abord le grand courant du vent alis qui influence tous les autres1 et qui comme le cours de l'astre1 est dirig de l'est vers l'ouest1 non par l'effet mcanique de la rotation du globe qui laisserait en arrire son enveloppe arienne1 mais parce que le soleil tablit sous sa perpendiculaire un foyer de chaleur qui sans cesse anticipe avec lui de l'est sur l'ouest1 et qui est immdiatement remplac par la colonne d'air frais laisse en arrire1 aspire et courant aprs lui3 de l cette particularit du vent alis toujours plus vif midi1 c'est--dire au moment de la plus grande chaleur1 et se relchant vers minuit3 le soleil passe-t-il au tropique du sud1 la zone alise s'y porte avec lui1 et dlaisse d'un nombre gal de degrs le nord de la ligne quinoxiale4 ,le soleil revient-il au tropique du nord1 l'alis y revient sa suite et resserre son lit austral dans la mme proportion4 ,sur l'ocan ,pacifique1 ce courant suit des lois plus rgulires que partout ailleurs1 parce que l'action du soleil est plus gale1 plus uniforme1 sur l'immense surface de cette mer2 mais parce que les terres sont susceptibles d'un degr de chaleur plus lev que les eaux1 cette action change l'approche des continents1 et avec elle1 le courant de l'air se modifie prs des ctes de l',inde1 de l',afrique et de l',amrique mridionale1 selon leur gisement1 leur configuration1 et selon la manire dont y agit le soleil2 ainsi1 parce qu'en t ses rayons frappent verticalement tout le bassin du ,gange1 il s'tablit l'orient de la chane des ,gtes1 sparant le ,malabar du ,coromandel1 un foyer de chaleur et d'aspiration qui occasione le courant appel mousson d't3 ce courant est sud-ouest pluvieux1 orageux1 et chaud sur le pays de ,malabar1 parce qu'il vient de la mer arabico-africaine2 tandis que sur le pays de ,coromandel il est nord-ouest1 sec et frais1 parce qu'il a pass par-dessus la rgion leve des ,gtes o il s'est purg de pluie et de chaleur#aci4 ,en hiver au contraire1 lorsque l'atmosphre indienne est rafrachie par l'loignement du soleil1 une autre mousson a lieu dans la direction de nord-est1 parce qu'alors les montagnes neigeuses du ,tibet versent leur couche d'air froid sur le plat pays et sur le golfe du ,bengale1 dont l'air moite et lger ne leur offre qu'un vide relatif sans rsistance4 ,d'autre part sur l',atlantique1 entre l',afrique et le ,brsil1 un mcanisme semblable produit des effets diffrents1 parce que les circonstances gographiques diffrent3 le continent africain n'ayant aucunes hautes montagnes sous l'quateur1 n'appelle imprieusement aucun grand courant d'air sur sa surface2 seulement ses rivages aspirent jusqu' la distance de #hj ou #ajj lieues1 l'air qui est ncessaire au foyer dont ils sont le sige1 et le vent alis ne prend son cours que hors de cette sphre littorale4 ,l',amrique1 au contraire1 prouve et cause des incidents diffrents et divers3 #a ,par la configuration singulire de ses deux continents qui forment comme deux grandes les2 #b ,par le grand vide ou cul-de-sac qui se trouve entre ces deux les-continents2 #c ,par l'isthme montueux de ,panama qui fait le fond de ce cul-de-sac1 et lie les deux ,amriques2 #d ,enfin par la chane de ses montagnes1 les plus hautes du globe1 qui courant au bord de l'ocan ,pacifique par le ,chili1 le ,prou1 l'isthme de ,panama1 le ,mexique1 etc41 laissent l'est un immense pays plat1 tandis qu' l'ouest elles n'ont pour rivage qu'une pente aussi haute qu'elle est rapide4 ,de cette constitution topographique1 il rsulte relativement l',amrique mridionale1 que le soleil1 frappant verticalement pendant #f mois#adj ce continent sur sa plus grande largeur1 tablit sur tout le pays l'orient des ,andes1 c'est--dire sur le ,brsil1 l',amazone1 etc41 un foyer d'aspiration qui redouble de ce ct l'activit du vent alis venant de la mer4 ,ce foyer tend mme son action par-del et au nord de l'quateur1 et il y fait dvier et incliner1 sous une direction de nord-est1 l'alis qui alors apporte sur la ,guyane toute l'humidit de l',atlantique4 ,la chane des ,andes est le point commun o viennent aboutir tous ces vents3 et parce que son extrme lvation leur ferme tout passage sur l'ocan ,pacifique1 ils accumulent leurs nuages sur son flanc oriental2 aussi les provinces de ,cuyo1 de ,tucuman1 d',arequipa1 sont-elles alors un thtre renomm de pluies1 de tonnerres et de chaleurs excessives2 tandis que le revers occidental des ,andes1 le ,chili1 jouit d'un ciel clair et tempr sous l'influence des vents que nous appelons sud-ouest1 mais qui sont le vritable nord-ouest des pays situs par-del l'quateur#ada4 ,ces vents qui grimpent aussi sur les ,andes1 contribuent obstruer le passage de ceux de la partie d'est2 aussi l'historien rcent du ,chili#adb observe-t-il que les vents d'est passent si rarement jusqu' ce pays1 que l'on ne cite d'ouragan de ce rumb qu'en l'anne #afcc4 ,par consquent il faut que les deux courants d'air opposs se heurtent l'un l'autre1 s'lvent ensemble dans la rgion suprieure o ils sont condenss1 et sans doute replis en d'autres courants qui glissent ou se reversent dans les rgions moyennes et infrieures4 ,par inverse1 lorsque le soleil repasse l'quateur1 et s'avance son nord jusqu'au znith de la ,havane et du centre du golfe de ,mexique1 sa proximit excite sur le continent septentrional d',amrique un foyer de chaleur et d'aspiration qui dtourne et attire de ce ct le courant alis1 et cela avec d'autant plus de puissance1 que le foyer de l',amrique mridionale s'teint ou languit par l'loignement de l'astre3 de l l'empitement des vents d'est aprs le solstice1 jusque vers les #cj et #cb nord1 par les parallles de la ,gorgie et presque de la ,caroline-sud3 et de l la suite de leur courant dominateur1 l'afflux des vents de la zone tempre1 qui se portent vers la zone polaire avec les circonstances dveloppes plus haut3 ainsi le soleil se montre sans cesse le rgulateur suprme1 s'il n'est pas l'unique1 de tout le systme des vents1 soit dans leur cration1 soit dans leurs mouvements2 et sa puissance se manifeste ou s'indique jusque dans l'irrgularit apparente ou vraie de leur rotation annuelle1 et dans la marche singulire que suivent les saisons aux tats-,unis1 marche qui drive uniquement de celle des vents4 ,en effet1 il est remarquable que1 dans un pays o les froids sont si rigoureux1 l'hiver soit cependant plus tardif1 plus lent s'tablir qu'en ,europe3 chez nous1 par les #de et mme par les #db de latitude1 peine la mi-octobre est-elle arrive1 que les brouillards1 les pluies1 et des geles presque journalires bannissent pour quatre et cinq mois les beaux jours3 en ,amrique1 au contraire1 la mauvaise saison ne commence rellement1 le ciel ne se gte demeure1 mme dans les tats du ,nord1 que peu de temps avant le solstice d'hiver 7mi-dcembre71 et il faut trois ou quatre tentatives1 trois ou quatre grandes crises dans l'air pour que les vents boraux parviennent changer la temprature gnrale1 en chassant les vents mridionaux qui la protgent et l'entretiennent4 ,la premire de ces crises arrive rgulirement l'quinoxe d'automne dans les #aj jours qui prcdent ou dans les #aj qui suivent le passage du soleil l'quateur4 ,a cette poque1 il y a toujours un coup de vent gnral de la partie de nord-est nord-ouest3 et cela1 comme je l'ai dit1 parce que l'atmosphre borale se reverse dans l'espace que le soleil abandonne et cesse de dilater3 ce coup de vent est pour ainsi dire le premier flot de la grande mare smestrale de l'ocan arien3 il est accompagn de pluies qu'apportent les flots de cet ocan1 lesquels dans leurs ondulations et leurs tournoiements ont balay la surface des mers4 ,ces pluies1 par leur vaporation1 causent dans l'atmosphre un premier refroidissement qui commence calmer les chaleurs de l't1 et qui1 partir de la ligne du ,patapsco sur la cte atlantique1 et de la ligne de l',ohio dans le pays d'ouest1 occasione les premires geles de la saison4 ,ces geles ne se font pas sentir dans le plat pays du sud1 par-del les lignes du ,potomac et de l',ohio2 dans le nord et dans les montagnes elles htent la maturit du mas en dpouillant de leurs graines paisses ses pis1 qui se trouvent exposs toute l'action du soleil4 ,l'quilibre de l'air ne tarde pas de se rtablir3 les vents de sud-ouest et d'ouest reprennent leur cours1 et ramnent des chaleurs quelquefois aussi fortes qu'en t1 auxquelles il faut attribuer l'apparition priodique1 et la force accidentelle des fivres automnales4 ,une seconde crise arrive du #ae au #bj octobre1 c'est--dire quand le soleil s'est dja avanc de #bj #be degrs au sud de l'quateur4 ,alors se fait un second coup de vent1 encore de nord-est nord-ouest1 comme si le soleil1 par quelque position particulire1 causait une nouvelle rupture d'quilibre dans l'atmosphre1 et comme si en effet1 devenu vertical au grand cap oriental de l',amrique mridionale1 compris entre ,san-,roquo et ,san-,augustino1 il dterminait tout coup le courant alis doubler ce cap1 et se jeter sur la cte du ,brsil qui1 par sa retraite1 favorise un plus vif panchement4 ,avec ce coup de vent1 nouvelles pluies1 nouvelle vaporation1 nouveau refroidissement1 nouvelle poque de geles1 qui pour cette fois s'tendent jusqu'en ,caroline et en ,gorgie3 ds lors l'hiver s'annonce sur tout le continent4 ,ces geles fltrissent les feuilles dans les forts1 et de ce moment la verdure prend des nuances de violet1 de rouge mat1 de jaune ple1 de brun mordor1 qui au dclin de l'automne donne aux paysages d',amrique un clat et un agrment que les ntres n'ont pas4 ,les vents de nord-est et de nord-ouest deviennent plus frquents2 le sud-ouest perd de sa vigueur et dcline vers l'ouest2 l'air devient plus frais1 mais le ciel reste clair2 le soleil est toujours chaud au milieu du jour1 et vers novembre1 reparat une srie de beaux jours1 appels l't sauvage 7,indian-summer73 c'est ce que nous appelons en ,france l't de la ,saint-,martin2 mais il est devenu si rare et si court1 que nous n'en parlons plus que par tradition4 ,une troisime crise plus longue1 plus opinitre1 a lieu vers la fin de novembre2 les pluies et les geles se multiplient1 les feuilles tombent1 les nuits deviennent plus longues1 la terre plus froide2 les vents de nord-ouest prennent pied1 comme disent les marins2 mais les brouillards n'existent pas comme chez nous2 il n'y a pas l de hanging-month 7mois de pendaison71 comme en ,angleterre2 le ciel est serein1 surtout dans le nord3 novembre et une partie de dcembre se passent en gels et en dgels4 ,vers la mi-dcembre1 la glace et la neige s'tablissent en ,vermont1 en ,maine1 en ,new-,hampshire1 et s'tendent successivement comme un voile jusqu'aux terres hautes de ,new-,york2 janvier amne souvent un dgel1 mais il est suivi d'un froid plus violent4 ,en fvrier1 arrivent les plus grandes neiges1 et les froids les plus piquants2 l'intensit prs1 la marche de tous ces phnomnes est la mme en ,pensylvanie1 en ,maryland et en ,virginie3 ,ramsay observe que mme en ,caroline1 fvrier est le tueur d'orangers1 et cela1 parce qu'aprs quelques jours chauds-moites1 par vents de sud-est et de sud1 revient subitement le nord-ouest1 plus violent4 ,mars1 c'est--dire le temps qui approche de l'quinoxe du printemps1 est temptueux et froid1 avec des ondes ou giboules de neiges qu'amnent les vents de nord-est et de nord-ouest4 ,il semblerait que le retour du soleil en de de l'quateur dt ramener promptement les chaleurs2 mais la prdominance des vents de nord-est cette poque1 la continuation du nord-ouest devenu plus temptueux1 le refroidissement de la terre par les neiges et les fortes geles1 retardent tellement la vgtation1 qu'avril tout entier s'coule dans la mme nudit de sol que mars3 ce n'est que dans les premiers jours de mai1 mme en ,virginie1 par les #cf;e et #cg;e degrs1 que les forts se revtent de feuilles3 cas d'autant plus tonnant1 que les rayons du soleil dans le milieu du jour y sont d'une ardeur insupportable ds la mi-avril3 et que la diffrence de saison avec le ,canada n'est pas de dix jours2 la feuillaison ayant lieu1 mme ,qubec1 avant le #ae mai1 #be jours seulement aprs la dbcle des glaces et des neiges#adc1 en sorte que le changement de saison se fait la manire d'une dcoration de verdure ou de frimas qui s'tend ou se replie sur une scne de #cjj lieues d'tendue4 ,d'o il rsulte que1 selon une remarque ds long-temps faite par les ,europens1 il n'y a point de printemps aux tats-,unis1 et que l'on y passe brusquement d'un froid rigoureux des chaleurs violentes avec les circonstances bizarres d'un vent glacial1 d'un soleil brlant1 d'un paysage d'hiver et d'un ciel d't3 lorsque enfin la vgtation a clat1 elle suit la marche la plus rapide2 les fruits succdent promptement aux fleurs#add1 et mrissent plus vite que chez nous4 ,alors que le soleil au plus haut de l'horizon chauffe tout le continent1 les vents du quart de nord sont comprims par les vents de sud et de sud-ouest2 juin amne les chaleurs les plus vives3 juillet les chaleurs les plus longues avec les orages les plus frquents3 aot et septembre les chaleurs les plus accablantes1 cause des calmes qui les accompagnent3 et si dans aucun de ces mois il y a trois semaines de scheresse2 l'ardeur est si forte que ,belknap1 ,rush et d'autres crivains1 assurent que le feu prend spontanment dans les marais et dans les forts#ade3 comme je ne conois pas cette ignition spontane1 je ne puis ni l'admettre ni la rejeter1 et en attendant qu'elle me soit dmontre par le raisonnement ou par les faits1 je l'attribue aux tonnerres ou la ngligence des voyageurs qui n'teignent point ou qui teignent mal les feux que chaque nuit ils allument l'endroit de leur bivouac dans les bois4 ,l'quinoxe arrive enfin1 et la srie des phnomnes que j'ai dcrits recommence1 toujours varie dans ses dtails1 mais assez uniforme dans la gnralit du systme1 lequel consiste ramener en hiver les vents de nord-est et de nord-ouest1 qui sont la cause majeure du refroidissement de l'air2 reproduire en t les vents de sud et de sud-ouest1 qui sont la cause radicale des chaleurs1 des calmes1 des orages3 passer des chaleurs aux froids par les vents du couchant pendant l'automne1 qui est le soir et le couchant de l'anne2 et par les vents de la partie d'orient pendant le printemps1 qui est le matin ou l'orient de l'anne3 distribuant ainsi ce pays1 dans le cours d'une rvolution complte du soleil1 quatre mois de chaleur1 cinq mois et presque six de froid et de temptes2 et seulement deux ou trois mois de temps modr4 ,depuis quelques annes on a gnralement fait la remarque1 aux tats-,unis1 qu'il s'oproit dans le climat1 des changements partiels trs-sensibles et qui se manifestaient en proportion des dfrichements1 c'est--dire du dboisement des lieux4 ,dans tout le ,canada1 dit ,liancourt1 l'on observe que les chaleurs de l't deviennent plus fortes et plus longues1 et les froids de l'hiver plus modres4--,ds #agdi1 le docteur ,peter ,kalm avait recueilli le mme fait4 ,en #afij1 ,lahontan crivait3 ,je partis de ,qubec1 et je fis voile le #bj novembre2 ce qui ne s'tait jamais vu auparavant4 ,et en effet1 les registres du commerce constatent1 comme je l'ai dja dit1 que vers #agjj1 les assurances pour la sortie des eaux du ,saint-,laurent1 taient closes au #aa novembre1 et maintenant elles ne le sont qu'au #be dcembre4 ,l'historien de ,vermont1 ,m4 ,s4 ,williams1 cite une foule de faits l'appui de ce-phnomne3 ,lorsque nos anctres1 dit-il#adf1 vinrent en ,new-,england1 les saisons et le temps taient uniformes et rguliers3 l'hiver s'tablissait vers la fin de novembre et continuait jusqu' la mi-fvrier4 ,pendant cette dure1 il rgnait un froid clair et sec1 sans beaucoup de variation4 ,l'hiver finissoit avec fvrier2 et lorsque le printemps arrivait1 il venait tout coup et sans nos variations brusques et ritres du froid au chaud et du chaud au froid4 ,l't tait trs-chaud1 touffant2 mais il tait born six semaines3 l'automne commenait avec septembre3 toutes les rcoltes taient closes la fin du mois4 ,aujourd'hui cet tat de choses est trs-diffrent dans la partie de la ,nouvelle-,angleterre1 habite depuis lors3 les saisons sont totalement changes2 le temps est infiniment plus variable2 l'hiver est devenu plus court1 et interrompu par des dgels subits et forts4 ,le printemps nous donne une fluctuation perptuelle du froid au chaud1 du chaud au froid1 extrmement fcheuse toute la vgtation3 l't a des chaleurs moins violentes1 mais elles sont plus prolonges2 l'automne commence et finit plus tard2 et les moissons ne sont acheves que dans la premire semaine de novembre3 enfin1 l'hiver ne dploie sa rigueur qu' la fin de dcembre4 ,tel est le tableau curieux de la partie nord4 ,pour les tats du milieu1 le docteur ,rush prsente en ,pensylvanie des faits parfaitement semblables#adg4 ,selon nos vieillards1 dit-il1 le climat a chang4 ,les printemps sont plus froids2 les automnes plus longues1 plus chaudes2 les bestiaux paissent un mois plus tard3 les rivires glent plus tard1 et restent moins long-temps scelles1 etc4 ,dans la ,virginie1 ,m4 ,jefferson 7p4 #ag7 dit galement3 ,il parat qu'il se fait un changement trs-sensible dans notre climat4 ,les chaleurs ainsi que les froids sont moindres qu'autrefois1 au rapport de personnes qui ne sont pas encore fort ges3 les neiges sont frquentes1 moins abondantes4 ,enfin moi-mme1 dans tout le cours de mon voyage1 tant sur la cte atlantique que dans le pays d'ouest1 j'ai recueilli les mmes tmoignages3 sur l',ohio1 ,gallipolis1 ,washington de ,kentucky1 ,francfort1 ,lexington1 ,cincinnati1 ,louisville1 ,niagara1 ,albany1 partout l'on m'a rpt ces mmes circonstances2 des ts plus longs1 des automnes plus tardives1 et les rcoltes aussi retardes2 des hivers plus courts1 des neiges moins hautes1 moins durables1 mais non pas des froids moins violens2 et dans tous les nouveaux tablissements l'on m'a dpeint ces changements non comme graduels et progressifs1 mais comme rapides et presque subits1 proportionns l'tendue des dboisements4 ,un mouvement sensible dans le climat des tats-,unis est donc un fait hors de contestation2 et lorsqu'aprs en avoir fourni les preuves1 le docteur ,rush1 frapp de la rigueur de plusieurs hivers depuis huit ans1 lve des doutes sur les rcits des anciens1 sur la prcision de leurs observations1 faute de thermomtres1 ces doutes disparaissent devant la multitude des tmoignages et des faits positifs4 ,la cause de ce changement1 sans avoir un gal degr d'vidence et de certitude1 en a cependant un de vraisemblance capable d'obtenir l'assentiment4 ,l'opinion de ,m4 ,williams1 qui l'attribue au dboisement du sol et aux grandes clairires que les dfrichements ont ouvertes dans les forts1 me parat d'autant plus raisonnable qu'elle explique le fait par l'analyse de ses circonstances4 ,dans tout canton1 dit-il#adh1 o l'on abat les bois pour tablir la culture1 l'air et la terre subissent en deux et trois ans des changements considrables de temprature3 peine le colon a-t-il clairci quelques arpents de la fort1 que la terre expose toute l'ardeur des rayons solaires s'imprgne dix pouces de profondeur1 d'une chaleur plus forte de #aj #aa de ,fahrenheit 7#e de ,raumur7 que le terrain qui est couvert de bois4 ,m4 ,williams a dduit cette valuation de quelques expriences qu'il a pratiques en cette vue4 ,ayant plong le #bc mai #aghi deux thermomtres1 l'un dans le sol d'un champ cultiv et nu1 l'autre dans le sol de la fort ou bois environnant1 mme avant que les feuilles fussent closes1 tous les deux dix pouces de profondeur1 il trouva3 poq4 de l'obs4 ,chal4 dans le ch4,chal4 dans la for4 ,diffrence4 ,fah4 ,r4 ,fah4 ,r4 ,fah4 ,r4 ,mai4 #bc #ej #i #df #f #d #b #bh #eg #aa #dh #g #i #d ,juin4 #ae #fd #ad #ea #h #ac #f #bg #fb #ac #ea #h #aa #e ,juillet4 #af #fb #ac #ea #h #aa #e #cj #fe #ae #ee #aj #aj #e ,aot4 #ae #fh #af #eh #aa #aj #d #ca #ei #ab #ee #aj #d #b ,sept4 #ae #ei #ab #ee #aj #d #b ,octob4 #a #ei #ab #ee #aj #d #b #ae #di #g #di #g #j #j ,novemb4 #a #dc #e #dc #e #j #j #af #dc #e #dc #e #j #j ,d'o il rsulte qu'en hiver la temprature du sol couvert et celle du sol dcouvert1 se trouvent au mme degr de froid2 mais en t la diffrence devient d'autant plus grande que la chaleur de l'air est plus forte2 ce qui concide trs-bien1 #a avec la remarque d',umfreville1 qui dit qu' la baie de ,hudson1 la terre1 aux endroits dcouverts1 dgle de #d pieds1 et seulement de #b pieds sous les bois2 #b avec celle de ,belknap1 qui rapporte que dans le ,new-,hampshire1 la neige disparat des champs cultivs ds le mois d'avril1 parce que le soleil a dja assez de force vers midi pour la fondre2 mais qu'elle persiste jusqu'en mai dans les lieux boiss1 quoique sans feuilles1 o elle est protge par l'ombre des branches1 des troncs1 et la fracheur gnrale de l'air4 ,cela rend encore trs-bien raison de l'ancien tat des choses expos par ,m4 ,williams1 c'est--dire1 de la dure des hivers1 alors plus gale et plus longue1 et des neiges plus abondantes et plus hautes qu'aujourd'hui4 ,or1 continue cet observateur1 les #aj 7#d ,r47 de chaleur ajouts au sol dcouvert1 se communiquent l'air qui est en contact4--,et j'ajoute que par cela mme1 cet air chauff se lve de suite1 et fait place un autre latral venant des bois1 ce qui augmente considrablement la masse d'air chaud4 #b ,le dboisement cause l'vaporation des eaux et le desschement du terrain1 ainsi que l'on en fait journellement la remarque dans toutes les parties des tats-,unis o des ruisseaux se tarissent1 et o des marais et swamps sont mis sec4--,raison nouvelle de diminution de fracheur et d'accroissement de chaleur dans l'atmosphre4 #c ,le dboisement caus la diminution trs-sensible de la dure et de l'abondance des neiges1 qui couvraient1 il y a moins d'un sicle1 toute la ,nouvelle-,angleterre1 pendant trois mois non interrompus1 c'est--dire1 depuis les premiers jours de dcembre jusqu'aux premiers jours de mars2 et tel est encore le cas de la partie boise1 tandis que maintenant1 dans la partie cultive1 elles ne sont ni aussi durables1 ni aussi hautes1 ni aussi continues4 #d ,enfin1 il y a dans les vents1 continue ,m4 ,williams1 un changement trs-marqu3 l'ancienne prdominance des vents d'ouest parat diminuer chaque jour1 et les vents d'est gagnent en frquence et en tendue de domaine4 ,il y a cinquante ans1 peine pntraient-ils trente ou quarante milles du rivage de la mer 7dix treize lieues72 maintenant ils se font sentir trs-souvent au printemps1 soixante milles1 et mme jusqu' nos montagnes distantes de soixante-dix et quatre-vingts milles 7vingt-sept lieues7 de l',ocan4 ,l'on s'aperoit fort bien qu'ils avancent exactement mesure que le pays se dfriche et se dboise4--,ce qui vient encore de ce que le sol dcouvert1 tant plus chauff1 attire mieux ou admet plus facilement l'air de la cte atlantique4 ,m4 ,jefferson cite un fait parfaitement semblable en ,virginie3 ,les brises de l'est et du sud-ouest#adi1 dit-il1 page #aj1 paraissent pntrer par degrs plus avant dans le pays4444 ,nous avons des habitants qui se souviennent du temps o elles ne passaient pas ,williams-burg2--maintenant elles sont frquentes ,richmond 7soixante milles plus loin71 et elles se font sentir de temps en temps jusqu'aux montagnes4 ,a mesure que les terres se dfricheront1 il est probable qu'elles s'tendront plus loin dans l'ouest4 ,il faut donc attribuer le changement qui s'opre dans le climat des tats-,unis deux circonstances majeures1 #a au dboisement du sol1 et aux clairires perces dans la fort continentale1 lesquels produisent une masse d'air chaud qui s'augmente chaque jour4 #b ,a l'introduction des vents chauds par ces clairires2 ce qui dessche plus rapidement le pays et chauffe davantage l'atmosphre3 par consquent il se passe en ,amrique ce qui a lieu dans notre ,europe1 et sans doute dans l',asie et dans tout l'ancien continent1 o l'histoire nous reprsente le climat comme beaucoup plus froid jadis qu'il n'est aujourd'hui4 ,horace et ,juvnal nous parlent des glaces annuelles du ,tibre1 qui maintenant ne gle jamais4 ,ovide nous peint le ,bosphore de ,thrace sous des traits que l'on ne reconnat plus2 la ,dacie1 la ,pannonie1 la ,crime1 la ,macdoine mme1 nous sont reprsentes comme des pays de frimas gaux ceux de ,moscow1 et ces pays nourrissent maintenant des oliviers et produisent d'excellents vins3 enfin notre ,gaule1 du temps de ,csar et de ,julien1 voyait chaque hiver tous ses fleuves glacs de manire servir de ponts et de chemins pendant plusieurs mois2 et ces cas sont devenus rares et de bien courte dure#aej4 ,nanmoins1 je ne puis partager l'opinion de ,m4 ,williams sur la diminution qu'il suppose tre arrive dans l'intensit du froid depuis le sicle dernier4 ,quelque plausible que soit son raisonnement pour prouver que le froid de #afcc1 avec les mmes accidents1 fut plus fort que celui de #aghb1 et qu'ils furent tous deux le maximum connu1 ce raisonnement n'est qu'une hypothse qui ne peut suppler au dfaut d'observation thermomtrique en l'anne #afcc4 7,les thermomtres n'ont t usits en ,amrique que vers #agdj47 ,l'on a surtout le droit de rcuser son hypothse1 si1 comme je crois l'avoir prouv1 le vent de nord-ouest est l'agent radical du froid sur ce continent3 rien n'indique que le caractre de cet agent ait d changer2 l'on est de plus autoris nier cette diminution d'intensit du froid raison de l'analogie d'une exprience prcise du docteur ,ramsay4 ,ce mdecin ayant compar les observations du docteur ,chalmers1 continues de #agej #agei avec les siennes propres1 faites de #agij #agid1 n'a trouv qu'un demi-degr de diffrence dans l'intensit du chaud3 or1 un demi-degr de ,fahrenheit1 valant moins d'un quart de ,raumur1 est une si petite quantit que l'on ne peut l'attribuer qu' la diffrence des instruments2 et si la chaleur qui devrait crotre n'a pas vari1 il est naturel de penser que le froid reste le mme3 il me semble donc que les seules circonstances dmontres quant prsent sont1 les hivers plus courts1 les ts plus longs1 les automnes plus tardives1 sans que les froids aient perdu de leur vivacit2 et c'est ce que les dix dernires annes ont assez bien prouv4 ,m4 ,mackenzie#aea1 qui confirme les changements dont j'ai parl1 leur cherche une cause secrte et inhrente au globe1 parce qu'il a vu ces changements se montrer en des lieux o le dfrichement n'a pas encore eu lieu2 mais si ces lieux1 qu'il ne dsigne pas1 se trouvent en ,canada1 ils viendraient eux-mmes l'appui de la thorie que je propose1 puisqu'il suffirait que certains rideaux de bois situs sur des crtes de montagnes et de sillons eussent t coups en certains cantons de ,kentucky et de ,genesee1 pour que des courants considrables du vent de sud-ouest se fussent introduits dans l'intrieur du haut et bas ,canada4 ,l'on n'a point jusqu' nos jours donn assez d'attention cette marche des courants ariens qui vont rasant la terre1 ni aux effets qui en rsultent2 mais l'exprience et l'observation finiront par prouver qu'ils jouent dans les tempratures locales comme dans les tempratures gnrales1 un rle bien plus influent qu'on ne l'a pens#aeb4 ,d'ailleurs1 je ne conteste point la possibilit de toute autre cause qui1 comme ,m4 ,mackenzie1 me serait inconnue4 ,une question d'un intrt plus grand1 est de savoir si le climat des tats-,unis s'est amlior par ces changements2 et cette question se trouve presque rsolue par la comparaison que ,m4 ,williams a prsente de l'tat actuel l'tat ancien1 ce qui n'est pas le ct le plus favorable4 ,malheureusement les observations des mdecins confirment ce rsultat3 le docteur ,rush1 dont les recherches sur le climat de ,pensylvanie sont le fruit d'une correspondance tendue avec ses confrres1 ne peut s'empcher de dclarer que les fivres bilieuses suivent partout l'abatis des bois1 le dfrichement des terrains1 le desschement des marcages 7swamps72 qu'il faut plusieurs annes de culture pour les faire disparatre ou les attnuer2--que les pleursies et autres maladies purement inflammatoires1 qui jadis taient presque les seules1 sont maintenant bien moins communes2 ce qui prouve une altration vidente dans la puret de l'air alors plus oxygn1 etc4 ,ce sont l des effets si naturels des thories connues sur les manations des bois1 et sur celles des terres nouvellement remues1 qu'il est inutile d'y insister2 mais parce qu'un expos dtaill des inconvnients attachs ce climat peut avoir le mrite d'indiquer leurs prservatifs1 en montrant leurs causes1 je vais en faire le sujet particulier de mes recherches dans le chapitre suivant et dernier4 ,,chapitre ,,xii4 ,des maladies dominantes aux tats-,unis4 ,laissant part les maladies communes tous les pays1 il m'a paru qu'il en existait aux tats-,unis quatre principales1 que leur frquence et leur universalit donnent le droit de regarder comme le produit spcial du climat et du sol4 ,au premier rang de ces maladies se placent les rhumes1 les catarrhes1 et tout ce qui dpend des transpirations supprimes1 dont les symptmes et les accidents se diversifient1 comme l'on sait1 raison des organes affects4 ,l'on peut dire que les rhumes sont la maladie endmique des tats-,unis3 ils rgnent dans toutes les saisons1 et naturellement davantage en hiver et l'quinoxe de printemps2 ils ont pour cause vidente ces brusques variations de temprature1 qui sont le trait caractristique du climat2 ils affectent les femmes plus que les hommes1 soit raison de leur peau plus fine1 de leur vie plus sdentaire et plus renferme1 soit raison des vtements lgers et dcouverts1 dont les modes franaises ont dja pass jusqu'en ,amrique3 il est vrai que pour s'y introduire1 au fort mme de la rvolution1 il leur a fallu prendre des lettres de naturalisation en ,angleterre2 car je dois dire1 pour l'instruction des amateurs et pour l'histoire importante des modes1 que j'ai vu arriver en #agie ,philadelphie1 celle qui rgnait ,paris en #agic2 puis celle de #agid1 arriver en #agif2 et lorsque je m'inquitai de ce qu'elle devenait dans l'anne intermdiaire1 l'on m'expliqua qu'elle la passait ,londres1 o elle recevait les formes anglaises pour lesquelles les ,anglo-amricains ont conserv un got et un respect filial4 ,dans les villes de la cte1 o l'on s'empresse d'imiter l',europe1 ces rhumes ont aussi pour causes les appartements trop chauds1 les bals1 les parties de th1 et les lits de plume1 quelquefois l'allemande1 c'est--dire1 plume dessous et plume dessus le corps4 ,les secousses de la toux1 dja si fatigantes pour le poumon1 lui deviennent surtout pernicieuses par la rptition des rhumes3 pendant deux hivers j'en ai remarqu jusqu' quatre et cinq rcidives chez un grand nombre de personnes de la bonne socit1 car les riches y sont sujets de prfrence3 il en rsulte qu'en peu d'annes le poumon s'affaiblit1 s'excorie1 s'ulcre1 et que devenant le sige et presque le cautre des humeurs vicies de tout le corps1 le mal se termine par l'incurable consomption pulmonaire4 ,tous les voyageurs aux tats-,unis ont parl de la frquence de cette funeste maladie qui y moissonne principalement les jeunes femmes et filles dans la fleur de l'ge et de la beaut3 elle est plus commune dans la ,nouvelle-,angleterre et dans les tats du ,milieu1 que dans les tats du sud et de l'ouest4 ,le docteur ,currie1 de ,liverpool1 me parat en expliquer trs-bien la raison1 lorsqu'il dit#aec que dans les ,carolines et la ,virginie1 l'air chaud attire vers la peau1 et dissipe par la transpiration abondante les humeurs morbifiques et les matires crues des mauvaises digestions 7qui elles-mmes sont effets et causes des rhumes72 tandis que dans les tats du ,milieu et du ,nord-est1 l'air humide et froid1 fermant l'exutoire puissant de la peau1 concentre au dedans du corps les humeurs qui1 pour se faire issue1 attaquent chaque organe et se fixent sur celui qui offre le moins de rsistance#aed4 ,j'ai lieu de croire que le th trs-chaud1 dont les ,anglo-amricains chrissent l'usage1 contribue encore multiplier les rhumes2 car j'ai souvent remarqu sur eux comme sur moi1 que la moiteur qu'il occasione rend la peau plus sensible au froid1 et que trs-souvent j'ai pris un rhume aprs un djeuner de th1 en sortant par un temps frais4 ,l'on m'a dit que de ma part c'tait faute d'habitude2 mais si tel est sur un corps neuf l'effet de cette boisson1 pour tre moins vif1 il n'est pas moins rel sur un corps habitu4 ,j'aurai d'ailleurs bientt occasion de remarquer que tout le rgime alimentaire des ,amricains est calcul pour dtruire la meilleure sant1 et qu'ils vivent dans un tat habituel d'indigestion extrmement favorable aux rhumes4 ,en ce moment je me rsume dire1 que puisque les phthisies et les consomptions drivent des rhumes habituels2 les rhumes drivant eux-mmes de l'tat habituel de l'air et de ses trop brusques variations1 l'on a droit de regarder ces maladies comme un effet spcial du climat4 #b ,les voyageurs sont galement d'accord sur les frquences des fluxions aux gencives1 de la carie des dents et de la perte prcoce de ces prcieux instruments de la mastication4 ,l'on peut dire que sur cent individus au-dessous de #cj ans1 il n'y en a pas dix qui soient intacts cet gard3 l'on est surtout afflig de voir presque gnralement de jeunes et jolies personnes qui1 ds l'ge de #ae #bj ans1 ont le dentier perdu de taches noires1 et souvent dtruit en majeure partie4 ,les opinions1 celles des mdecins mme1 diffrent sur la cause d'un mal si universel3 les uns veulent que ce soit l'usage effectivement habituel et universel des viandes sales2 d'autres prtendent qu'il faut l'attribuer au th et l'abus des sucreries4 ,le mdecin sudois ,peter ,kalm1 en comparant les rgimes de diverses nations et de diverses classes de la socit1 me parat avoir dmontr que ce n'est point comme boisson sucre1 ni comme plante acrimonieuse que le th nuit aux dents1 mais comme boisson trop chaude2 et en effet1 il est d'exprience ancienne et connue1 que toute boisson trop chaude1 mme du bouillon1 donne aux dents une sensibilit douloureuse1 qui se manifeste lorsque ensuite on leur fait toucher des corps froids3 il s'tablit rellement dans leur partie osseuse un ramollissement qui les rend1 comme l'on dit1 gelives1 et les prpare la dissolution3 voil sans doute pourquoi les dents gtes sont un mal universel dans tout le nord de l',europe1 parce que dans les pays froids1 boire chaud est une sensation agrable au palais1 l'estomac et tout le corps2 de mme que1 par inverse1 boire frais est la sensation desire dans les pays chauds1 et il est remarquable que dans ces derniers pays les dents sont en effet trs-gnralement saines et belles1 comme nous le voyons chez les ,ngres1 chez les ,arabes1 chez les ,indiens1 etc4 ,a l'appui de cette thorie1 vient un fait remarqu depuis #bj ans aux tats-,unis3 jusqu'alors l'on n'avait jamais vu de sauvages ayant le dentier gt2 et les sauvages mangent ordinairement froid4 ,quelques individus1 et particulirement des femmes des tribus ,onidas1 ,senecas et ,tuscaroras1 qui vivent dans l'enceinte des tats-,unis1 ayant pris l'usage du th1 leurs dents en moins de trois ans sont devenues semblables celles des blancs1 taches de points noirs et de carie4 ,un autre fait cit par le navigateur ,bougainville1 y est encore parfaitement analogue1 lorsqu'il dit que les misrables ichthyophages de la terre de feu 7les ,pechers71 ont tous les dents gtes2 et ils vivent1 ajoute-t-il1 presque uniquement de coquillages1 non pas crus1 mais qu'ils font griller et qu'ils mangent brlants4 ,cependant je ne crois pas que l'on puisse exclure comme raison auxiliaire1 l'usage des viandes sales1 puisqu'il est constant que le scorbut1 ennemi spcial du dentier1 affecte le sang de tous les peuples qui usent de cet aliment4 ,si mme l'on remarque que l'un des symptmes de cette maladie est l'odeur putride de l'haleine1 et que cette odeur a lieu plus ou moins dans ceux qui ont les dents gtes1 l'on conclura que ce sont les viandes sales1 dont la digestion et mme le chyle alkalin et demi putrescent portent au poumon ce genre d'exhalaisons1 qui sont rellement la cause radicale et premire des caries2 et les boissons trop chaudes en y disposant immdiatement le dentier1 et par elles-mmes et par le contraste subsquent de l'air froid1 y concourront encore par la proprit qu'elles ont de dbiliter l'estomac1 et de vicier les digestions4 ,l'on ne saurait faire les mmes reproches aux viandes fraches1 puisque les ,tartares1 les sauvages de l',amrique du nord1 les ,patagons1 et tous les animaux carnassiers1 lions1 loups1 chiens1 etc41 ont des dents parfaitement belles et saines3 l'on ne peut non plus inculper le sucre ni les sucreries1 puisque les ,africains1 les ,indiens1 et tous les peuples qui usent et abusent de la canne sucre et de fruits sucrs1 ont des dents admirables1 et que les sucs acides mme des digestions 7cas habituel des pays chauds7 ne sont propres qu' les nettoyer4 ,d'aprs ces remarques1 il seroit digne de la tendresse des parents et de la sagesse des mdecins en tous pays1 et surtout aux tats-,unis1 de dcrditer l'usage des boissons chaudes1 des viandes sales1 et de les proscrire du rgime1 surtout de celui de l'enfance et de la jeunesse4 ,alors les fluxions1 dues aux variations de l'air1 et qui ne sont qu'un agent secondaire de la perte des dents1 n'exerceraient qu'une trs-petite portion d'influence4 #c ,les fivres d'automne avec frisson1 appeles fever1 an ague1 les intermittentes1 les tierces1 les quartes1 etc41 sont un autre mal rgnant aux tats-,unis1 un point dont on ne se fait pas d'ide2 elles sont surtout endmiques dans les lieux nouvellement dfrichs et dboiss1 dans les valles1 sur le bord des eaux soit courantes1 soit stagnantes1 prs des tangs1 des lacs1 des chausses de moulins1 des marais1 etc4 ,dans l'automne de #agif1 sur une route de plus de #cjj lieues1 je n'ai pas trouv1 j'ose le dire1 #bj maisons qui en fussent parfaitement exemptes2 tout le cours de l',ohio1 une grande partie du ,kentucky1 tous les environs du lac ri1 et principalement le ,genesee1 et ses cinq ou six lacs1 le cours de la ,mohawk1 etc41 en sont annuellement infects4 tant parti du poste de ,cincinnati le #h septembre avec le convoi du payeur-gnral de l'arme1 major ,swan1 pour nous rendre au fort ,dtroit1 distance de plus de #ajj lieues1 sur #be ttes que nous tions1 nous ne campmes pas une seule nuit sans acqurir un nouveau fivreux4 ,a ,grenville1 dpt et quartier-gnral de l'arme qui venait de conqurir le pays1 sur environ #cgj personnes1 #cjj taient attaques3 quand nous arrivmes ,dtroit1 j'tais le troisime rest sain1 et le lendemain le major ,swan et moi1 nous tombmes dangereusement frapps de fivre maligne4 ,cette fivre maligne visite chaque anne la garnison du fort ,mimi1 et elle y a pris dja plus d'une fois le caractre de la fivre jaune4 ,ces fivres automnales ne sont pas mortelles1 mais elles minent peu peu les forces1 et abrgent trs-sensiblement la vie4 ,d'autres voyageurs ont remarqu avant moi1 que par exemple1 dans la ,caroline du ,sud1 qui y est trs-sujette1 l'on est vieux #ej ans1 comme on l'est en ,europe #fe et #gj2 et j'ai ou dire tous les ,anglais que j'ai connus aux tats-,unis1 que leurs amis tablis depuis peu d'annes dans la partie mridionale et mme moyenne1 leur paraissaient vieillis du double de ce qu'ils eussent t en ,angleterre et en cosse4 ,ces fivres une fois tablies chez un sujet la fin d'octobre1 ne le quittent plus de tout l'hiver1 et le jettent dans une langueur et dans une faiblesse dplorable4 ,le bas ,canada et les pays froids adjacents n'y sont presque pas sujets4 ,elles sont plus communes dans le plat pays tempr1 et surtout au bord de la mer que dans les montagnes3 par cette raison1 il semblerait que les cultivateurs dussent prfrer les pays levs2 mais comme le sol en est maigre et moins productif1 ils prfrent la plaine4 ,instruit par les ,amricains rduire tout en calcul1 je leur ai quelquefois fait ce raisonnement3 ,la plaine1 dites-vous1 et les bas-fonds1 vous rendent par an #dj boisseaux de mas ou #bj de froment3 les terrains de cte ou de montagne en ,kentucky et en ,virginie ne vous en rendent pas la moiti3 fort bien2 mais en plaine vous tes malade six mois1 et en montagne l'on travaille pendant les douze2 donc tout est gal1 except qu'en montagne on est gai et alerte3 or1 gaiet vaut mieux que richesse1 dit le bon homme ,richard2 et en plaine on est triste1 et souffrant une moiti de l'anne2 et l'on passe l'autre moiti se rtablir et se prparer retomber encore4--,fort bien1 monsieur1 me rpondit un jour un ministre 7cur72 mais dans votre quation1 vous oubliez un terme trs-puissant1 plus puissant peut-tre ici qu'en ,europe2 l'avantage d'tre six mois sans rien faire4 ,et ce ministre avait raison2 car j'ai frquemment entendu assurer en ,virginie que les habitants de la cte de ,norfolk prfrent leur sjour fivreux1 mais abondant en poisson et en hutres1 qui ne cotent presque rien1 la vie salubre des pays montueux1 o l'on ne garnit sa table qu' force de travail4 ,par suite de ces raisonnements1 le remde qui plat le plus ces malades1 est celui qu'ils appellent bitters1 les amers1 dont l'eau-de-vie1 le rhum ou le vin de ,madre sont la base3 et ce qui pourra tonner mon lecteur1 c'est que rellement ce remde est l'un des plus efficaces3 j'ai recueilli plusieurs exemples en ,virginie et en ,pensylvanie de familles cultivatrices1 dont tous les membres ne buvant que de la bierre ou de l'eau taient sujets la fivre1 tandis que le mari qui usait et mme abusait des boissons spiritueuses en tait constamment exempt3 il parat mme qu'en ,hollande on a gnralement cette opinion1 et que l'on y regarde la fume de tabac et les boissons fortes comme des prservatifs de la fivre et de l'humidit4 ,j'ai aussi connu deux cas o le desschement d'un petit tang et du canal d'un moulin ont radicalement dlivr deux familles des visites annuelles des fivres d'automne4 ,quelques observations que j'ai recueillies en ,corse pendant ma rsidence en #agib1 se lient si bien ce sujet important1 que je ne puis les passer sous silence4 ,des fivres de la mme espce infestent rgulirement chaque anne plusieurs postes militaires en cette le et entre autres le petit port de ,saint-,florent1 qu'avoisine un pernicieux marais de #gb arpents3 elles y prennent sur la fin de l't1 et dans les six premires semaines de l'automne1 le caractre putride et malin1 raison de l'intensit de la chaleur et des exhalaisons2 il faut alors tous les #ae ou #bj jours en renouveler les garnisons franaises en tout ou en parti1 sous peine de voir les soldats en subir les suites graves et finalement mortelles2 nos mdecins1 aprs l'essai de beaucoup de remdes1 remarqurent que deux seuls postes dans toute l'le taient absolument privilgis1 et que jamais aucune fivre n'approchait des forts de ,vivario et de ,vitzavona sur ,bogognano4 ,le hazard1 comme il arrive toujours1 rendit encore plus saillante la vertu salubre et mme curative de ces deux situations3 un officier suisse-grison tomba dangereusement malade de la fivre ,saint-,florent1 et ayant dsir d'tre transport au fort de ,vivario1 dont la garnison tait de son rgiment1 il y recouvra en moins de #ae jours et la vie et la sant3 le mdecin rpta cette exprience sur les soldats franais de son hpital3 et elle russit si bien1 que l'usage s'est tabli d'y envoyer des fivreux presque dsesprs2 et sans autre remde1 jamais la fivre n'a persist au del du onzime jour4 ,or1 ces deux postes diffrent de tous les autres1 en ce que non seulement ils sont loigns de tout marais1 de toute eau stagnante1 mais qu'en outre ils sont placs comme deux nids d'aigles sur la chane des monts qui partagent l'le par son centre et dans sa longueur4 ,l'lvation des forts au-dessus de la mer est d'environ #aajj toises3 leur temprature ressemble celle de la ,norwge ou des ,alpes moyennes1 bien plus qu' celle de l'le4 ,les plus vives chaleurs n'y excdent jamais #af #ag degrs1 et ne sont telles que dans les trois mois d't2 les neiges les environnent pendant #c ou #d mois1 et quelquefois interrompent toute communication pendant huit ou dix semaines4 ,la ventilation y est constante et souvent trs-violente1 parce qu'ils sont situs aux deux extrmits d'une gorge ou dtroit1 qui ce lieu spare la ligne des sommets forms de rocs gnralement impraticables4 ,l'on a remarqu que le fort de ,vitzavona au revers occidental des montagnes1 tait plus humide que celui de ,vivario1 et un peu moins sain3 jusqu'en #agic la garnison de ces deux forts1 consistant en quinze vingt soldats pour chacun1 avait t compose de ,grisons1 parce que ces montagnards y trouvant un climat analogue au leur1 s'y plaisaient1 quoiqu'en y menant une vie propre ennuyer4 ,leur rgime consistait1 surtout en hiver1 en viandes sales1 en saur-craout ou choux ferments1 en bire et vin de basse qualit1 et trs-souvent en biscuit au lieu de pain4 ,a peine avaient-ils autour du fort et parmi les rocs quelque espace libre pour se promener2 pendant les six mois de la mauvaise saison1 il leur arrivait frquemment d'tre enferms huit et quinze jours de suite1 huis clos1 par les temptes furieuses1 les pluies1 les neiges1 les brouillards1 dont cette rgion des nuages est alors le thtre2 en un mot1 leur vie tait celle d'une garnison de vaisseau4 ,je parle de ces faits comme tmoin1 ayant visit l'intrieur de ces deux singulires habitations1 o la maladie la plus dominante est la pleursie4 ,un tel rgime ne peut tre la cause de tant de salubrit1 puisque dans le pays infrieur il et certainement donn la fivre et le scorbut4 ,le principe de la sant ne peut donc s'attribuer qu' la qualit de l'air1 qui1 cette lvation de onze cents toises1 est pur1 subtil1 frais1 tandis qu' la plage il est chaud1 humide1 et charg d'exhalaisons de tout genre4 ,de l1 une premire indication curative trs-simple1 qui consiste changer d'atmosphre1 et choisir un air reconnu pour lastique et pur1 tel qu'il se trouve assez ordinairement dans nos climats1 sur les lieux levs3 je ne fais pas une rgle gnrale ni absolue de cette condition des lieux levs1 parce que mme en ,france1 nous avons des lieux levs qui sont malsains et fivreux#aee1 et cela parce qu'ils sont au voisinage ou sous le vent de terrains humides et marcageux3 le cas est beaucoup plus commun dans les pays chauds2 et une foule de coteaux et de hauteurs en ,corse et en ,italie sont tout--fait inhabitables1 parce qu'encore qu'ils soient quelquefois trs-distants des marais1 ils ont l'inconvnient grave d'tre placs dans la ligne et dans le lit du vent le plus habituel qui leur en apporte les exhalaisons4 ,la mme chose a lieu dans le ,bengale o les troupes anglaises ont trouv sur des hauteurs boises1 de l'aspect le plus sduisant dans un pays chaud1 la fivre dcrite par leurs mdecins sous le nom de fivre de colline 7hilly fever74 ,l'on n'imaginerait pas qu'avec ce nom elle ft la mme que celle des lieux bas et marcageux1 et nanmoins elle est rellement telle1 ayant pour causes non-seulement une humidit locale excessive1 tablie par les pluies normes des moussons1 mais encore l'vaporation de toute la plaine du ,bengale1 dont les nuages sont arrts et fixs par les bois qui couvrent ces monts ou chanons4 ,l'on ne doit donc dsigner les lieux levs comme salubres qu'autant qu'ils joignent les conditions de scheresse locale1 d'abri des courants d'air infects et de ventilation frache et libre4 ,une seconde indication plus complique1 est de procurer par art cette espce ou qualit d'air que la nature produit en certaines circonstances sur les hauteurs1 et de neutraliser les gaz morbifiques des lieux infects4 ,la chimie a fait depuis #bj ans d'heureuses et savantes dcouvertes en ce genre1 et la sagacit que semble inspirer cette science donne le droit d'en attendre d'autres des esprits distingus qui la cultivent4 ,ils ont prouv que dans l'air atmosphrique1 le principe favorable la respiration et la vie tait le gaz appel oxygne3 que de sa dose plus ou moins grande dpendait cette plus ou moins grande puret ou salubrit dont on parlait sans la bien connatre4 ,les expriences de ,lavoisier ont port la dose de ce gaz oxygne #bg parties sur #ajj d'air ordinaire1 les #gc restantes tant de l'azote ou air fixe3 plus rcemment celles de ,berthollet l'ont rduite #bb et demie2 et peut-tre cette diffrence n'implique-t-elle pas erreur ou contradiction1 puisqu'il est probable que la dose varie selon les vents rgnants4 ,elle doit galement varier selon les contres2 il serait intressant d'appliquer ces recherches des pays de temprature trs-diverse1 et de comparer l'air sec et froid de la ,sibrie un air tantt chaud et humide comme celui des ,antilles#aef1 tantt chaud et sec comme celui d'gypte et d',arabie1 et aussi de comparer l'air des couches terrestres l'air des couches moyennes et suprieures4 ,les ballons peuvent rendre d'utiles services pour cet objet3 quant prsent il parat certain que dans nos zones tempres1 l'air n'est plus pur sur les hauteurs que parce qu'il contient plus d'oxygne1 et moins de gaz exhals2 et dans le cas cit de ,vitzavona et de ,vivario1 le poids spcifique de l'oxygne1 qui est un peu plus fort que celui de l'air atmosphrique1 n'est pas une circonstance contradictoire1 puisque la fracheur du local doit l'y retenir et l'y fixer de prfrence la plage brlante dont il serait chass4 ,d'autre part1 des expriences rcentes ont constat que l'acide muriatique oxygn possde un degr minent la qualit de dsinfecter l'air atmosphrique1 c'est--dire de neutraliser et dtruire les gaz morbifiques qu'il contient3 ce moyen ne ft-il que prservatif1 il serait encore un nouveau bienfait prcieux par sa simplicit et son nergie4 ,mais il nous reste beaucoup connatre sur les diverses espces des gaz pernicieux qui flottent dans l'air1 et sur leur manire d'attaquer la sant et la vie2 je dis diverses espces1 parce qu'en effet il en est de si subtiles1 que jusqu' ce jour les instruments n'ont pu les saisir4 ,a juger ce gaz par leurs effets1 l'on peut les considrer comme des poisons dont les particules agissent sur les humeurs1 du systme tantt sanguin et tantt nerveux1 la manire des levains de fermentation1 qui1 appliqus une masse1 y dveloppent un mouvement intestin d'un progrs croissant rapidement4 ,l'action de divers gaz1 et particulirement du muriatique oxygn1 qui sans secousse et sans avertissement anantit la vie1 non-seulement par la respiration1 mais encore par l'absorption de la peau1 est un exemple de l'activit que d'autres peuvent avoir4 ,c'est de telles causes qu'il faut attribuer ces pidmies dont l'invasion est si brusque en certaines constitutions de l'atmosphre et en certains pays3 et quant aux affectations fbriles1 spcialement celles avec frisson et avec retours priodiques1 si l'on remarque que dans ces retours rguliers de #ab1 de #bd1 de #cf heures1 etc41 elles suivent une marche semblable celle de plusieurs fonctions essentielles de la vie1 telles que le sommeil1 la faim1 etc41 l'on sera port croire que le foyer de perturbation n'est ni dans les premires voies1 ni dans le sang1 mais dans l'organe immdiat de la vitalit1 dans le systme nerveux3 c'est par une action quelconque sur le fluide qui abreuve la pulpe des nerfs1 que la fivre en gnral se dclare si subitement1 qu'elle n'a besoin que d'un coup de soleil1 d'un coup de vent frais1 d'une onde de pluie1 d'une transition brusque du chaud au froid1 et mme du froid au chaud4 ,si l'on ajoute qu'elle se dclare de prfrence dans les saisons et dans les lieux sujets aux vicissitudes de froid et de chaud2 qu'elle-mme n'est qu'une sensation alternative de chaud et de froid2 que la sueur qui suit le paroxysme est un symptme spcial de toute crispation des nerfs3 le foyer que j'indique acquerra une nouvelle vraisemblance2 et alors le mcanisme des contagions deviendra vident1 simple1 puisque le poumon et les parois du nez mettent d'immenses faisceaux de nerfs en contact immdiat avec les miasmes flottants dans l'air respir1 et l'on concevra pourquoi les drogues et les remdes bus et mangs pendant plusieurs mois1 ont moins d'efficacit gurir les fivres1 surtout automnales1 que le changement d'atmosphre et la respiration de l'air oxygn de ,vitzavona et de ,vivario4 ,de la fivre jaune4 ,une maladie qui devient de plus en plus frquente aux tats-,unis est la fivre trop connue sous le nom de fivre jaune4 ,j'en parlerai avec quelque dtail cause de l'importance du sujet1 et parce que1 profitant de quelques anciennes tudes en mdecine1 tat auquel je m'tais destin1 j'ai pu raisonner de cette maladie avec des personnes de l'art et discuter des opinions diverses1 avec la rserve toutefois qui convient celui qui n'a fait qu'apercevoir l'tendue de la carrire4 ,sans cette sorte de comptence je me garderais de m'en mler2 car parler mdecine sans l'avoir tudie1 c'est vouloir parler astronomie1 mcanique1 ou art militaire sans instruction pralable2 encore serait-il possible de mieux raisonner de ces sciences1 attendu que leurs principes sont simples et fixes2 au contraire1 ceux de la mdecine1 quoiqu'ils aient une sphre de rgularit1 sont soumis des circonstances compliques et variables1 qui exigent une finesse de tact1 une justesse de coup d'il1 une prestesse d'application dont la difficult constitue le mrite3 dire1 comme on l'entend tous les jours1 qu'en mdecine tout est hasard et conjecture1 cela est un travers d'autant plus bizarre1 que l'on commence par dclarer qu'on n'y entend rien3 or1 comment juger de ce que l'on ignore8 ,aussi la moindre gratignure1 ces ,hippocrates inns font-ils courir chez le mdecin1 heureux1 en l'attendant1 de trouver une garde-malade qui elle-mme est une premire bauche de science mdicale1 raison des faits et des observations dont elle a acquis la pratique4 ,revenons la fivre jaune4 ,elle a tir ce nom d'un de ses symptmes distinctifs1 la couleur de citron fonc1 que dans la dissolution des humeurs1 prennent les yeux1 puis la peau de tout le corps4 ,les ,franais l'appellent fivre ou mal de ,siam1 soit parce qu'elle vint d'abord de ce pays1 soit parce que la couleur de ces ,asiatiques est assez semblable4 ,chez les ,espagnols elle a le nom de vomito preto1 vomissement noir1 autre accident grave qui la caractrise4 ,les symptmes les plus ordinaires et les plus gnraux sont les suivants qui se succdent rapidement dans le court espace que met cette maladie se juger pour la mort ou la convalescence 7ordinairement trois jours74 ,dans les jours qui prcdent l'attaque1 il y a sensation de lassitude gnrale1 rouement de membres1 assoupissement1 quelquefois stupeur444 ,la fivre se dclare par un violent mal de tte1 surtout au-dessus des yeux et derrire les orbites2 l'on se plaint de douleurs le long de l'pine dorsale1 dans les bras et dans les jambes3 des chaleurs vives et des frissons se succdent alternativement444 ,la peau est sche1 brlante et souvent parseme de taches rougetres1 puis violettes2 le blanc des yeux est inject de sang et humide d'une rose brillante3 la respiration est oppresse1 les soupirs frquents2 l'air exhal du poumon est brlant3 le pouls varie selon les tempraments et selon certaines circonstances3 en gnral1 il est dur1 frquent1 irrgulier1 mme intermittent2 s'il ressemble l'tat naturel1 le danger est plus grand3 les vanouissements et la surdit au dbut du mal sont aussi un signe fcheux2 la soif est ardente2 la langue d'abord rouge1 se couvre d'un limon noirtre qui devient ftide4 ,le malade se plaint d'une violente chaleur l'estomac2 les vomissements passent du glaireux l'acide le plus corrosif1 quelquefois sans bile1 plus souvent avec de la bile verte et jaune1 puis une matire noirtre1 comme de la lie d'encre ou du marc de caf1 avec odeur d'ufs pourris1 et tellement cre1 que la gorge en est excorie3 la constipation a souvent lieu1 d'autres fois c'est une diarrhe noirtre444 ,alors le mal a dja parcouru la priode d'inflammation1 par suite de laquelle les humeurs se trouvent dcomposes2 la fivre semble s'abattre1 mais c'est raison de la chute mme des forces vitales2 le pouls devient petit1 convulsif1 dprim3 le malade est agit1 mal l'aise1 quelquefois dlirant3 les djections colliquatives et ftides1 le vomissement noir comme de grains de caf1 l'affaiblissent de plus en plus par leur frquence et leur abondance3 il affecte la position sinistre d'tre couch sur le dos1 levant ses genoux et glissant vers le pied du lit2 les yeux deviennent jaunes1 et de suite la peau de tout le corps3 alors la dissolution des humeurs est complte4 ,s'il a t saign au commencement de la maladie1 les cicatrices se relchent et s'ouvrent2 la macration et la gangrne gagnent les solides1 et se manifestent de toutes parts avec l'odeur infecte qui annonce une mort prochaine4 ,depuis long-temps la fivre jaune tait connue dans les parties chaudes et marcageuses de l',amrique mridionale et dans l',archipel des ,antilles2 ses exemples taient frquents ,carthagne1 ,porto-,bello1 la ,vera-,cruz1 la ,jamaque1 ,sainte-,lucie1 ,saint-,domingue1 la ,martinique2 la ,louisiane mme1 et le littoral des ,florides1 de la ,gorgie1 des ,carolines et de la ,virginie1 y participaient par les mmes motifs de chaleur et d'humidit2 la ,nouvelle-,orlans1 ,pensacola1 ,savanah1 ,charlestown1 ,norfolk1 comptaient rarement #d ou #e annes sans en recevoir quelque atteinte4 ,il semblait que le ,potmac dt lui servir de limite1 puisque vers la fin du sicle qui vient de finir l'on ne citait que les annes #agdj et #agfb1 o elle se ft montre au nord de ce fleuve1 d'abord ,new-,york1 puis ,philadelphie2 mais depuis #agij1 ses apparitions ont t si rptes et si funestes1 qu'elle semble s'y tre naturalise comme dans le sud4 ,quelques cas individuels l'avaient annonce ,new-,york en #agij2 elle y devint un flau pidmique en #agia1 et y laissa des traces mme en #agib4 ,l'anne suivante1 #agic1 elle ravagea ,philadelphie comme une peste2 et ses germes dposs ou ranims se dvelopprent encore dans les ts de #agid et #agie4 ,elle attaqua ,new-,york derechef en #agid et #agif4444 ,philadelphie en #agig4444 ,a la mme poque elle dsolait ,baltimore1 ,norfolk1 ,charlestown1 ,newburyport4 ,ses avant-coureurs s'taient montrs ,sheffields1 et mme ,boston4 ,enfin1 l'on en citait encore d'autres exemples1 l'un ,harrisburg en #agic1 un autre ,baltimore1 un ,oneida en ,genesee1 quoi je puis ajouter des cas nombreux au fort anglais sur le ,mimi du lac ri4 ,les mdecins anglo-amricains pour qui cette maladie a t une nouveaut1 ont eu se crer une mthode curative adapte leur climat et la constitution de ses habitants4 ,malheureusement1 j'ose le dire1 la plupart se sont trop presss de croire l'avoir trouve dans les principes thoriques de ,brown1 dont la doctrine a t accueillie aux tats-,unis avec un engouement scolastique3 ce systme qui explique tout par deux tats simples de dbilit directe ou indirecte1 et par la soustraction ou l'application de stimulants aussi directs et indirects1 a fait d'autant plus de proslytes qu'il a ce caractre tranchant et positif qu'aime la jeunesse1 et qu'il dispense des lenteurs de l'exprience que redoute la paresse de tous les ges4 ,raisonnant donc avec cette dangereuse confiance de certitude qui exclut le doute et l'observation1 ils ont le plus souvent administr les cordiaux et les toniques les plus actifs1 au dbut de la maladie1 prtendant qu'il fallait relever les forces accables1 quand il fallait relcher les fibres trop tendues2 ils y ont joint les purgatifs drastiques les plus stimulants pour chasser les humeurs morbifiques1 quand ces humeurs n'taient pas encore l'tat de coction4 ,ce traitement fut surtout mis en usage ,philadelphie dans la funeste anne de #agic4 ,la pratique la plus gnrale des mdecins de cette ville1 fut de donner le jalap #bj et #be grains2 la prparation mercurielle1 dite calomel1 #aj et #ae2 la gomme-gutte mme1 le tout par doses rptes4 ,pour boissons1 on ordonnait les eaux de camomille1 de menthe1 de cannelle1 et le vin de ,madre1 jusqu' plus d'une pinte par jour4 ,or1 l'on sait qu'il entre une portion d'eau-de-vie dans la fabrication primitive du meilleur ,madre4 ,en outre1 dans les mois d'aot et de septembre1 et dans un pays chaud #be de ,r4 par temps calme et touffant1 l'on tenait les malades hermtiquement clos dans leurs chambres2 on surchargeait de deux et trois couvertures de laine leurs lits de plumes1 et quelquefois l'on faisait du feu dans la chemine2 l'objet tait de provoquer imprieusement une sueur1 que l'tat inflammatoire et crisp de tout le systme refusait encore plus opinitrment4 ,les effets de ce traitement furent ce qu'ils devaient tre2 une mortalit effrayante par le nombre et par la rapidit2 peu de malades passaient trois jours1 et l'on peut dire que sur #ej il ne s'en sauvait pas deux4 ,tous portaient des signes de suffocation gangrneuse1 suite naturelle d'une inflammation fomente4 ,la terreur s'empara des esprits2 le mal fut regard comme contagieux et pestilentiel1 son atteinte comme incurable4 ,quelques mdecins1 influents par leur esprit et leur activit1 accrditrent cette rumeur pernicieuse1 mme dans les papiers publics4 ,tout malade fut abandonn3 le mari par sa femme1 les parents par leurs enfants1 les enfants mme par les parents4 ,les maisons dsertes restrent infectes par les cadavres4 ,le gouvernement intervint1 d'abord pour faire enlever les corps1 puis pour faire transporter de force les malades l'hpital4 ,les maisons furent marques la craie comme en temps de proscription1 et les habitants perdus s'enfuirent dans les villages voisins1 ou camprent en rase campagne1 comme si l'ennemi et pris leur ville4 ,le hasard voulut que dans ces circonstances quelques mdecins et chirurgiens franais1 fugitifs du ,cap incendi1 vinssent chercher un asile sur le continent2 l'un d'eux1 conduit ,philadelphie#aeg1 eut occasion d'tre appel1 et appliquant au mal dont il avait vu les analogues ,saint-,domingue1 le traitement de l'cole franaise1 il obtint des succs qui attirrent l'attention du gouvernement1 et qui le firent placer la tte de l'hpital de ,bushhill4 ,le compte qu'il rendit l'hiver suivant de sa mthode curative#aeh1 ne fait pas moins d'honneur son cur qu' son esprit1 puisque ce compte rpandit des ides neuves et salutaires dans tout le pays4 ,l'on voit par cet crit1 qu'il considre la maladie comme divise en trois priodes1 que l'on ne doit pas confondre2 mais qui quelquefois marchent si rapidement1 qu' peine le mdecin a-t-il le temps de les saisir4 ,la premire est un tat d'inflammation violente1 complique d'engorgement au cerveau et de spasme nerveux1 qui demande non les toniques1 mais les calmants et les relchants4 ,la seconde est un tat de dissolution et de sgrgation des fluides1 dont la chaleur inflammatoire a rompu la combinaison1 tat qui ne peut se terminer que par l'vacuation des humeurs devenues inaptes et nuisibles au mouvement vital2 l'art doit s'y borner aider la crise1 en suivant la nature1 plutt qu'en la prvenant4 ,enfin la troisime est un tat de recomposition et de recombinaison1 qui n'a besoin du mdecin que pour diriger le rgime du convalescent4 ,en consquence1 au dbut du mal1 il fit de lgres saignes lorsque le sujet tait trop plein de sang2 il administra les dlayants1 les acidules aromatiss1 et il obtint d'heureux effets de l'acide carbonique en boisson4 ,il essayait quelle espce de boisson plaisait le plus l'estomac1 cet organe si capricieux2 il rassurait les esprits contre l'ide de contagion1 de laquelle il nie entirement l'existence pendant toute l'pidmie4 ,il procurait un air frais1 et il ne provoquait point les sueurs1 dont il remarque que presque jamais la nature ne fit son moyen de crise4 ,lorsque ce premier traitement avait modr la fivre1 il piait dans la seconde priode les tentatives de la nature pour oprer la crise1 et choisir un organe qui en devnt le foyer4 ,ordinairement ce furent des suppurations abondantes2 il les favorisa1 et tcha de les diriger par des vsicatoires1 par des cataplasmes appliqus au-dehors1 tandis qu'au dedans il aidait le travail puratif par des boissons aromatiques de cannelle1 de menthe1 mme de vin de ,bordeaux1 tremp d'eau et ml de sucre2 par quelques purgatifs doux et petites doses1 et enfin par le kina4 ,l'opium1 si vant par les mdecins du pays1 ne lui montra jamais de bons effets4 ,l'on conoit que par un cas commun tous les pays1 ce ne fut pas sans lutte et sans contradiction qu'un tranger isol obtint tant de confiance et de succs2 mais enfin par une marche galement naturelle1 la raison et la vrit se firent jour force de preuves et de faits4 ,les malades appelrent de prfrence le mdecin qui gurissait le plus1 et plusieurs mdecins finirent par l'imiter4 ,soit que l'crit et les cures de ,m4 de ,vze et des autres ,franais aient eu une heureuse influence sur les esprits2 soit que par leur propre raisonnement et leurs expriences1 ils aient modifi leurs ides et dissip d'anciens prjugs3 il est du moins vrai qu' dater de cette poque1 il a commenc de s'introduire dans la pratique et la thorie des changements heureux4 ,ds l'anne suivante 7#agid71 dans l'pidmie de ,new-,york1 plusieurs mdecins de cette ville substiturent aux purgatifs violents divers sels1 et entre autres le sel de ,glauber1 qui russit dans les dlayants4 ,ils ne prodigurent plus les toniques ni le vin de ,madre2 ils usrent de la saigne avec discrtion3 s'ils provoqurent encore les sueurs1 ce fut par des bains et des fomentations de vinaigre qui quelquefois soulagrent2 et de ce moment il s'est form dans les divers collges un schisme salutaire qui a branl les vieilles habitudes et ouvert les routes nouvelles la science et l'esprit d'observation4 ,ce schisme a surtout clat sur la question de l'origine de la fivre jaune4 ,les uns ont prtendu qu'elle tait toujours apporte du dehors1 spcialement des ,antilles1 et qu'elle n'tait et ne pouvait en aucun cas tre le produit du sol des tats-,unis4 ,en preuve de leur opinion1 ils ont cit la non-existence1 ou l'extrme raret des pidmies avant la paix de #aghc1 et ils ont attribu leur frquence depuis cette poque aux relations de commerce plus actives et plus directes avec les les et avec la terre-ferme espagnole3 ils ont mme inculp nominativement certains vaisseaux comme auteurs et importateurs de la contagion dont ils ont suppos l'existence un degr peu infrieur la peste4 ,d'autres mdecins1 au contraire1 ont soutenu que par sa nature mme1 la fivre jaune pouvait natre dans les tats-,unis1 toutes les fois que ses causes disposantes et occasionelles de temps et de lieu se trouvaient runies2 et d'abord remontant la source des prtendus faits d'importation1 ils ont dmontr par les tmoignages les plus positifs1 que non-seulement les vaisseaux accuss n'avaient point apport avec eux la maladie ou son germe1 mais encore qu'elle ne s'tait dclare leur bord que depuis leur ancrage aux quais1 et dans le voisinage des lieux nots ,new-,york et ,philadelphie comme foyers du mal2 avec cette particularit additionnelle que mme elle avait commenc par les gens du bord qui avaient eu le contact le plus immdiat avec le lieu infect#aei3 puis1 rassemblant toutes les circonstances de la maladie1 quant aux lieux1 aux saisons1 et aux tempraments affects1 ils-ont dmontr3 #a qu'elle attaquait les villes populeuses plutt que les villages et les campagnes4 #b ,que dans les villes populeuses1 telles que ,new-,york1 ,philadelphie1 ,baltimore1 elle affectait constamment et presque exclusivement les quartiers bas1 remplis d'immondices1 d'eaux croupies1 les rues non ares1 non paves1 boueuses1 et surtout les quais1 et leur voisinage1 couverts d'ordures un point inimaginable2 o chaque jour mare basse1 les banquettes fangeuses sont exposes un soleil brlant4 ,par exemple1 ,new-,york1 ,m4 ,richard ,bayley a calcul que pour combler l'gout et le bassin de ,white-hall1 les propritaires y avaient fait verser dans un an #bd1jjj tombereaux de toutes les ordures de la ville et mme de charognes de chevaux1 de chiens1 etc42 d'o il rsulta qu'en juillet l'infection devint si exalte et si forte1 qu'elle excitait le soir1 dans le voisinage1 des nauses et des vomissements qui furent le dbut de l'pidmie4 #c ,que dans le cours des saisons1 elle n'apparaissait qu'en juillet1 aot et septembre1 c'est--dire1 l'poque o les chaleurs opinitres et intenses1 de #bd et #be degrs ,r4 excitent une fermentation vidente dans ces amas de matires vgtales et animales1 et en dgagent des miasmes que tout indique tre les corrupteurs de la sant4 ,ces mdecins ont remarqu que l'pidmie redoublait par les temps seulement humides1 par les vents de sud-est1 et mme de nord-est2 qu'elle diminuait par le froid et la scheresse du nord-ouest1 et mme par les pluies abondantes du vent de sud-ouest2 que dans la diversit des annes1 la fivre choisissait celles o les chaleurs de l't taient accompagnes de plus de scheresse1 et de calme dans l'air2 sans doute parce qu'alors les miasmes accumuls exercent une action plus puissante sur le poumon1 et par son intermde1 sur tout le systme de la circulation4 ,enfin1 ils ont constat que dans le choix des sujets1 elle attaque de prfrence les habitants mal nourris et sales des faubourgs et des quartiers pleins d'ordures et de marcages3 les ouvriers exposs au feu1 tels que les forgerons1 les bijoutiers1 ceux qui abusent des liqueurs fortes2 observant que trs-souvent la fivre jaune a immdiatement suivi l'ivresse3 qu'elle attaque encore de prfrence les gens replets1 sanguins1 robustes1 les adultes ardents1 les trangers des pays du nord1 les noirs1 les gens puiss de la dbauche des femmes3 qu'elle mnage les trangers des pays chauds1 les gens sobres dans le boire et surtout dans le manger2 les personnes aises1 propres1 vivant plutt de vgtaux que de viande1 et habitant des rues paves1 ares1 et des quartiers levs4 ,enfin1 poursuivant le mal jusque dans les lieux dsigns pour tre le berceau et le foyer de son origine1 ils ont dmontr qu'aux ,antilles mme1 aux les de la ,grenade1 de la ,martinique1 de ,saint-,domingue1 de la ,jamaque1 la fivre jaune ne naissait que l o se runissent les mmes circonstances2 qu'elle ne s'y montre qu'en certains lieux1 en certaines annes prcisment semblables aux cas cits dans les tats-,unis2 que l o il n'y a ni marcages1 ni ordures1 comme ,saint-,kits1 ,saint-,vincent1 ,tabago1 la ,barbade1 la sant est constamment excellente2 que si la fivre s'est montre ,saint-,georges 7,grenade7 et ,fort-,royal 7,martinique71 c'est dans le local du carnage1 voisin de marais infects1 et dans un moment o la surabondance des vaisseaux1 la scheresse excessive de la saison avaient contribu dvelopper les ferments2 que si elle n'et d son apparition dans les villes de ,new-,york1 ,baltimore1 ,philadelphie1 qu' l'importation1 elle aurait d y tre importe habituellement des villes de ,norfolk et de ,charlestown1 avec lesquelles l'on avait des relations multiplies et o la runion de toutes les causes cites les rendait presque endmiques chaque t4 ,les faits qui tablissent ces rsultats se trouvent rpandus en divers crits1 publis depuis #agid jusqu' l'anne #agih1 poque laquelle je quittai les tats-,unis#afj4 ,l'on ne peut les lire avec attention1 sans tre frapp de la corrlation et de l'harmonie constante qui existe partout entre les causes premires et secondes1 mdiates ou immdiates1 les circonstances accessoires et les effets1 soit isols1 soit runis en srie4 ,partout l'on voit la fivre natre et s'augmenter en raison compose de la temprature chaude de l'air1 de sa scheresse opinitre ou de son humidit temporaire1 du calme de l'atmosphre1 du voisinage des marais1 de leur tendue1 et surtout en raison des masses entasses de matires animales formant un foyer de putrfaction et d'manations dltres4 ,l'on voit mme les fivres se graduer selon l'intensit de toutes ces causes2 n'y a-t-il qu'excs de chaleur1 sans amas putrides et sans marcages1 elles sont du genre simplement inflammatoire1 c'est--dire1 scarlatines et bilieuses1 sans complication de malignit2 y a-t-il des marais boueux et fangeux1 mais non infects de matires animales1 les miasmes causent dja des esquinancies gangrneuses1 des vomissements bilieux atroces1 appels cholera-morbus1 des dyssenteries pernicieuses2 s'y joint-il des amas de matires animales en putrfaction alors le mal se complique d'accidents et de symptmes qui toujours dnotent l'affection du genre nerveux par une sorte de poison2 quand le mal est son maximum1 tous les autres degrs tendent s'y assimiler4 ,d'o il rsulte que l'on pourrait graduer et mesurer les fivres par les degrs du thermomtre2 et par l'intensit des miasmes putrides1 et suivre dans le cours d'une mme saison d't et d'automne leur progrs et leur affinit1 depuis la simple synoque jusqu' la peste1 qui n'est que le dernier chelon et le maximum des causes runies4 ,dans un tel tat de choses1 il est vident que tout pays qui runira chaleur et foyers putrides un degr suffisant1 sera capable d'engendrer toutes ces maladies4 ,j'avais dja cru remarquer en gypte et en ,syrie1 que #bd degrs de ,raumur taient un terme auquel s'tablissent dans le sang une disposition et un mouvement fbrile d'un genre pernicieux et dsign par le nom de fivres malignes2 j'ai vu avec plaisir et surprise que la mme opinion avait t inspire par les mmes faits au docteur ,g4 ,davidson1 la ,martinique1 et qu'il pense1 comme moi1 qu' partir de ce degr 7#hf de ,f47 en montant1 le caractre de malignit et de contagion s'exalte jusqu' former la peste4 ,par tous les crits et faits que j'ai cits1 ces principes ont acquis aux tats-,unis un tel degr d'vidence1 que la trs-grande majorit des mdecins de ,new-,york1 ,boston1 ,baltimore1 ,norfolk et ,charlestown1 s'est runie dclarer que la fivre jaune pouvait natre et naissait aux tats-,unis4 ,le seul collge de ,philadelphie a persist dans l'affirmative de l'importation1 et cette opinion qui a en sa faveur l'avantage de la primaut dans l'esprit du peuple1 conservera long-temps des partisans dans toutes les classes1 par plusieurs motifs trs-puissants4 #a ,parce qu'elle flatte la vanit nationale1 et que beaucoup de gens ne demandent qu'un prtexte pour autoriser la leur4 #b ,parce qu'elle caresse l'intrt mercantile de la vente des terres1 et de l'migration des trangers dans un pays qui aurait le privilge de ne pas engendrer la fivre4 ,il est vrai que se l'inoculer aussi aisment ne serait gure moins fcheux2 mais les partisans de l'importation n'entendent pas raillerie2 et j'ai trouv beaucoup d',amricains qui la contradiction sur ce point devenait un sujet srieux de mauvaise humeur4 #c ,parce que les mdecins1 qui les premiers ont tabli cette croyance1 ont pris de tels engagements avec leur amour-propre ou avec leur persuasion#afa1 qu'ils se sont presque interdit toute modification2 et parce qu'ils ont fait prendre au gouvernement des mesures si tranchantes et si gnantes pour le commerce1 que si aujourd'hui elles se trouvaient sans motif1 ils encourraient une vritable dfaveur4 ,et cependant je regarde comme une sage institution celle des bureaux de sant ou lazarets dans les ports des tats-,unis1 surtout quand on y veut faire le commerce avec la ,mditerrane et les chelles turques4 #d ,enfin1 parce que le caractre contagieux presque pestilentiel que l'on joint au prjug de l'importation1 excuse trs-heureusement les non-succs de ceux qui ne gurissent pas souvent4 ,en me rangeant l'opinion des mdecins qui regardent la fivre jaune comme un produit indigne des tats-,unis1 je suis loin d'attaquer les intentions de ceux qui soutiennent la thse contraire2 mais je tiens pour dangereuse et imprudente la doctrine de l'importation1 #a cause du ton dogmatique et intolrant qu'elle a dploy1 jusqu' attaquer la sret et la libert domestiques1 et compromettre le gouvernement2 #b parce qu'en provoquant des mesures exagres au-dehors1 elle a endormi sur les mesures bien plus ncessaires prendre au-dedans1 et qui dcoulent immdiatement de l'opinion contraire4 ,quant la question du caractre contagieux1 je ne puis admettre ni la ngative absolue que soutiennent quelques mdecins1 ni le cas gnral et constant que supposent plusieurs autres3 cette dernire alternative est exclue par trop de faits incontestables2 et la premire1 c'est--dire1 la ngative1 me semble contradictoire avec l'origine mme du mal2 car ds que les miasmes des marais et des matires putrides ont la proprit de l'exciter1 plus forte raison les miasmes du corps humain infect auront cette vertu1 eux qui ont bien plus d'affinit avec les humeurs vivantes4 ,aussi a-t-on remarqu en #agig1 ,philadelphie1 que plusieurs familles au retour de la campagne1 rentrant dans leurs maisons1 o il y avait eu mort ou maladie1 sans avoir pris soin de dsinfecter1 furent immdiatement saisies du mal1 quoique la saison ft froide et qu'il et cess4 ,a ,norfolk1 on a fait la remarque encore plus gnrale1 que ceux qui s'absentent de la ville y deviennent plus exposs que ceux qui restent constamment dans son atmosphre2 et ce cas correspond avec celui des trangers1 surtout ceux du nord1 que l'on a remarqu ,philadelphie et ,new-,york1 etc41 tre spcialement attaqus4 ,des thoriciens veulent expliquer cette singularit1 en disant que c'est par une surabondance de gaz oxygne1 infus dans le sang1 par l'air plus pur de l',europe et de la campagne1 que les trangers sont plus susceptibles de la fivre2 mais outre que cette surabondance est hypothtique1 les notions que l'on a du gaz oxygne1 essentiellement salubre1 y sont si contraires1 que l'on a droit d'exiger de plus fortes preuves2 et prtendre1 comme ils le font1 que l'oxygne est plus abondant dans les lieux bas que dans les lieux levs1 est une supposition nouvelle en chimie1 d'autant plus inadmissible que les plus savants chimistes de l',europe regardent le contraire comme prouv2 ce n'est pas l'oxygne que leurs expriences trouvent se dgager des marais et des matires putrides1 mais le carbone1 l'hydrogne et l'azote2 il parat mme que la combinaison des deux premiers de ces gaz a la proprit spcifique d'engendrer les fivres intermittentes et rmittentes1 et qu'elles ne deviennent putrides malignes que par l'addition de l'azote cette combinaison4 ,de nouvelles tudes dvelopperont sans doute l'action de tous les gaz morbifiques3 pour le prsent1 les meilleurs moyens curatifs paraissent tre1 de combattre l'inflammation1 premier degr du mal1 par les dlayants et les temprants2 peut-tre les bains la temprature du lger frisson#afb seraient-ils un des plus efficaces1 administrs ds le premier soupon1 et prolongs huit et dix heures4 ,c'est aux matres de l'art prononcer sur les bains trs-froids1 et presque la glace1 dont quelques mdecins d',amrique prtendent avoir retir de bons effets3 il est certain que dans des cas de frnsie1 ils ont quelquefois opr des cures tonnantes2 l'poque de leur application a une influence dcisive1 puisque leur effet1 dans la priode d'inflammation1 est trs-diffrent de ce qu'il sera dans la priode de dcomposition4 ,les antiasphyxiques peuvent aussi avoir leur utilit1 puisque des gaz pernicieux paraissent jouer un rle4 ,l'objet essentiel est d'empcher l'inflammation de s'lever jusqu'au point de dcomposer les humeurs1 car alors rien ne peut empcher le mal de parcourir ses trois phases2 par cette raison1 les premires heures sont dcisives et demandent toute la clrit possible2 la saigne petites doses peut y tre trs-utile4 ,un prservatif tout-puissant est la dite la plus absolue#afc1 avec les boissons aqueuses1 sitt que l'on a la sensation de pesanteur1 de lassitude et de perte d'apptit2 et il faut la continuer deux ou trois jours rigoureusement1 jusqu'au retour de la faim et de l'alacrit de corps et d'esprit4 ,a l'gard des prservatifs gnraux1 applicables aux villes des tats-,unis1 ils dpendent du gouvernement central1 et ils consistent3 #a ,a mesurer la svrit des lazarets tablis1 sur l'exigeance bien constate des cas de maladies importes par les vaisseaux4 ,les vaisseaux de la ,mditerrane mritent le plus d'attention4 #b ,a interdire les abus de prtendu droit de proprit et de libert des particuliers qui se permettent au voisinage et au sein des grandes villes des comblements de terrains bas force d'immondices1 et mme de charognes4 ,les ,amricains vantent leur propret1 mais je puis attester que les quais de ,new-,york et de ,philadelphie1 avec certaines parties des faubourgs1 surpassent en salet publique et prive1 tout ce que j'ai vu en ,turkie1 o l'air a l'avantage d'tre d'une scheresse salutaire4 #c ,a tablir des rglements de police jusqu' ce jour inusits ou mpriss pour le pavage des rues1 des faubourgs1 et mme du centre des villes4 ,on a remarqu en ,europe que les grandes pidmies de ,paris1 de ,lyon1 de ,londres1 et autres villes trs-peuples ont cess depuis l'tablissement du pavage gnral et rgulier4 #d ,a empcher toute eau croupissante1 et tout amas de matires putrides2 carter du sein des villes les vastes cimetires1 dont l'usage pestilentiel est gnralement conserv avec un respect superstitieux4 ,philadelphie a dans ses plus beaux quartiers quatre normes cimetires1 dont j'ai trs-bien senti l'odeur en t1 et n'a pas une seule promenade ni alle plante de salutaire verdure4 #e ,a obliger les citoyens murer et paver les fosses d'aisance qui1 dans l'tat actuel1 communiquent si immdiatement par un sol sableux1 avec les puits et les pompes aussi non murs1 que1 dans les fontes de neiges en hiver1 et dans les scheresses en t1 l'on voit les eaux des uns et des autres se niveler3 il est si vrai que les eaux bues dans les parties basses de la ville reoivent les filtrations des cimetires et des fosses1 que j'ai remarqu en ,front-,street1 l'eau de mes carafes devenir filante le troisime jour en mai1 et finir par une infection cadavreuse#afd4 ,enfin1 le gouvernement1 en dirigeant sur ces objets de police domestique l'attention des habitants des tats-,unis1 devrait provoquer leur instruction sur l'une des causes les plus essentielles et les plus radicales de toutes leurs maladies1 je veux dire sur le rgime alimentaire qu' raison de leur origine ils ont conserv des ,anglais et des ,allemands4 ,j'ose dire que si l'on proposait au concours le plan du rgime le plus capable de gter l'estomac1 les dents et la sant1 l'on ne pourrait en imaginer un plus convenable que celui des ,anglo-,amricains4 ,ds le matin djeuner1 ils noient leur estomac d'une pinte d'eau chaude charge de th ou de caf si lger1 que ce n'est que de l'eau brune2 et ils avalent presque sans mcher du pain chaud peine cuit1 des rties imbibes de beurre1 du fromage le plus gras1 des tranches de buf ou de jambon sal1 fum1 etc41 toutes choses presque indissolubles4 ,a dner1 ce sont des ptes bouillies1 sous le nom de pouding2 les plus graisseuses sont les plus friandes2 toutes les sauces1 mme pour le buf rti1 sont le beurre fondu2 les turneps et les pommes de terre sont noys de saindoux1 de lard1 de beurre ou de graisse3 sous le nom de pye 7pae71 de pumkine1 leurs ptisseries ne sont que de vraies ptes graisseuses1 jamais cuites3 pour faire passer ces masses glaireuses1 on reprend le th presque l'issue du dner1 et on le charge tellement qu'il est amer au gosier3 dans cet tat1 il attaque si efficacement les nerfs1 qu'il procure1 mme des ,anglais1 des insomnies plus opinitres que le caf4 ,le souper amne encore quelques salaisons ou des hutres1 et comme le dit ,chastelux1 la journe entire se passe entasser des indigestions l'une sur l'autre2 pour donner du ton au pauvre estomac fatigu et relch1 l'on boit le madre1 le rum1 l'eau-de-vie de ,france ou celle de genivre et de grain1 qui achvent d'attaquer le genre nerveux4 ,un tel rgime put convenir aux ,tartares1 souche primitive des ,germains et des ,anglo-,saxons1 qui n'usaient d'aucun de ces stimulants dangereux3 leur vie questre et nomade les rendait et les rend encore capables de tout digrer2 mais quand les nations changent de climat1 ou que se poliant elles deviennent oiseuses et riches1 elles prouvent en masse les altrations des particuliers4 ,les paysans ou les manuvres d',allemagne et d',angleterre peuvent encore sans inconvnient se nourrir comme leurs anctres3 il n'en est pas de mme des citadins2 et moins encore de ceux qui1 migrant de leur humide et froid climat1 vont s'tablir dans des pays chauds1 tels que la ,gorgie1 les ,carolines1 la ,virginie1 etc4 ,la puissance mme de l'habitude natale ne parviendra point y naturaliser un systme essentiellement contraire au climat4 ,aussi de tous les peuples d',europe1 voyons-nous que les ,anglais sont ceux qui rsistent le moins aux climats du tropique2 et si leurs enfants1 les ,anglo-,amricains ne modifient pas leurs vieilles habitudes cet gard1 ils en prouveront les mmes inconvnients4--,il est tellement vrai que leur rgime est une des grandes causes prdisposantes aux maladies et la fivre jaune1 que dans le plus fort des pidmies1 jamais un seul accident ne s'est montr dans l'enceinte de la prison de ,philadelphie1 et cela videmment parce que le systme alimentaire y est calcul sur une chelle de temprance qui ne laisse prise aucune surcharge d'estomac1 ni par consquent aucune dpravation des sucs4 ,l'abus des boissons spiritueuses est surtout banni totalement de cet tablissement admirable2 et cet abus est si gnral dans le peuple des tats-,unis1 que l'ivrognerie y est un vice aussi dominant que chez les sauvages3 croire que l'on puisse aisment et promptement changer sur tous ces chefs les murs et les gots d'une nation1 n'est point mon erreur2 j'ai trop bien appris connatre l'automatisme de l'espce humaine1 et la puissance machinale de ce qu'on appelle habitude2 mais je pense qu'un gouvernement qui emploierait clairer le peuple1 diriger sa raison1 la moiti des soins employs si souvent l'garer1 obtiendrait des succs dont n'ont point d'ide ceux qui le mprisent3 s'il est ignorant et sot1 ce peuple1 c'est parce que l'on met beaucoup d'esprit cultiver son ignorance et sa sottise2 et en supposant qu'une gnration vieillie dans de mauvais usages n'et pas la force de s'en corriger1 elle serait nanmoins capable1 par tendresse pour ses enfants1 d'tablir un systme d'ducation qui leur procurerait un bonheur dont elle sentirait avoir t prive4 ,je termine cet article1 qu'un tel vu m'a fait prolonger1 par une remarque sur la cause qui a suscit la fivre jaune depuis l'poque si prcise de #agij4 ,cette cause me parat tre l'accroissement subit que les villes maritimes des tats-,unis1 et ,new-,york entre autres1 ont retir des effets de la guerre franaise1 et de la convulsion des colonies des ,antilles4 ,les richesses mobiliaires1 les capitaux1 les migrants fugitifs1 en affluant tout coup dans ces villes1 ont occasion une multitude de constructions htives1 et l'emploi de terrains non prpars qui ont caus une sorte de rvolution4 ,le commerce y a vers dans le peuple une aisance auparavant inconnue1 et l'ouvrier qui a gagn un dollar et demi et deux dollars par jour 7#g #aj l471 l'agriculteur qui a vendu depuis #h jusqu' #ad piastres le baril de farine qui ne se vendait que quatre et cinq1 se sont livrs des jouissances dont la plus dsire1 la plus pratique a t l'usage du vin et de l'eau-de-vie2 ainsi1 en mme temps que des ferments de putridit et d'inflammation se sont tablis1 les corps se sont trouvs plus disposs en recevoir l'impression1 et intemprance1 l'imprvoyance et la salet ont produit leurs effets constants et accoutums4 ,tels sont les caractres principaux du climat et du sol des tats-,unis dont j'ai trac un tableau aussi exact que le permet un modle si divers dans son tendue1 si sujet exceptions de localits4 ,maintenant c'est au lecteur d'asseoir son jugement sur les avantages et les inconvnients d'un pays devenu si clbre1 et que sa situation gographique comme son gnie politique1 destinent jouer un rle si important sur la scne du monde4 ,je prtends d'autant moins influencer l'opinion cet gard1 par l'expression de la mienne1 que j'ai souvent prouv que sur ce sujet plus que sur aucun autre1 les gots diffrent selon les sensations et les prjugs de l'habitude4 ,souvent aux tats-,unis1 dans des runions de voyageurs de toutes les parties de l',europe1 j'ai vu exprimer des avis tout--fait contrastants4 ,l',anglais et le ,danois trouvaient trop chaude la temprature que l',espagnol et le ,vnitien trouvaient modre2 le ,polonais et le ,provenal se plaignaient de l'humidit l o le ,hollandais trouvait l'air et le sol un peu secs2 tous jugements produits1 comme l'on voit1 par la comparaison du climat originaire et habituel de chaque opinant4 ,il est cependant vrai que nous tous ,europens1 nous accordions reprocher ce climat son excessive variabilit du froid au chaud et du chaud au froid2 mais les ,anglo-,amricains qui se tiennent presque offenss de ce reproche1 dfendent dja leur climat comme une proprit1 et ils y portent trois motifs puissants de partialit2 #a ,l'amour-propre individuel1 commun tous les hommes1 et la vanit nationale qui chaque jour s'exalte davantage3 #b ,une habitude dja contracte par la naissance1 et qui se convertit en nature2 #c ,un intrt pcuniaire aussi cher l'tat qu'aux particuliers1 l'intrt de vendre des terres et d'attirer des hommes et des capitaux trangers4 ,avec de tels motifs1 il serait difficile de leur persuader que les tats-,unis ne sont pas le meilleur pays du monde2 nanmoins1 si l'migrant qui veut se fixer1 recueille les avis d'tat tat1 l'habitant du sud le dgotera de s'tablir dans le nord raison des trop longs hivers1 des froids pnibles et rigoureux1 des besoins dispendieux de tout genre qui en rsultent pour se loger1 se vtir1 se chauffer1 etc41 de la ncessit d'entretenir pendant six mois les bestiaux clos l'table1 et par suite1 de faire des provisions et des cultures de fourrages1 des constructions de granges1 etc42 enfin1 raison de la modicit des produits du sol444 ,de son ct1 l'habitant du nord vantant sa sant1 son activit1 effets du froid de son climat1 de la maigreur de son sol1 et de la ncessit du travail1 dcriera les tats du sud cause de l'insalubrit de leurs marais et de leurs cultures de riz1 de l'incommodit de leurs insectes1 mosquites et mouches1 de la frquence de leurs fivres1 de la violence de leurs chaleurs1 de l'indolence et de la faiblesse de constitution qui en rsultent et qui produisent les habitudes oiseuses1 la vie dissipe1 l'abus des liqueurs1 l'amour du jeu1 etc41 tout cela favoris encore par l'abondance mme du sol et la richesse des produits2 de plus1 l'habitant de la ,caroline s'accordera avec celui du ,maine pour dcrditer les tats du ,centre comme ayant les inconvnients des extrmes sans en avoir les avantages2 ainsi1 j'ai entendu moi-mme ,philadelphie les ,caroliniens se plaindre de la chaleur1 et les ,canadiens du froid1 parce que l'on ne sait y prendre de prcaution ni contre l'un1 ni contre l'autre2 enfin1 si dans un mme canton reconnu pour insalubre1 l'migrant veut prendre des informations prcises1 chaque habitant l'assure que ce n'est pas sur sa ferme1 mais sur celle de son voisin qu'est le foyer d'insalubrit1 et que c'est d'un sol tranger que lui vient la fivre444 ,en rsultat1 le fait est que chaque individu1 chaque nation1 tout en se plaignant de leur sol1 de leur situation1 prfrent nanmoins leur pays1 leur ville1 leur ferme1 par gosme1 par intrt1 et par-dessus tout1 par un motif moins senti1 mais bien plus puissant1 le motif de l'habitude4 ,l'gyptien prfre son fleuve1 l',arabe ses sables brlants1 le ,tartare ses prairies dcouvertes1 le ,huron ses immenses forts1 l',indien ses plaines fertiles1 le ,samode et l',eskimau1 les rivages striles et glacs de leurs mers borales2 aucun d'eux ne voudrait changer1 abjurer son sol natal2 et cela uniquement par la puissance de cette habitude dont on parle si souvent1 mais dont on ne connat toute la magie que quand on est sorti de son cercle pour prouver les effets des habitudes trangres4 ,l'habitude est une atmosphre physique et morale que l'on respire sans s'en apercevoir1 et dont l'on ne peut connatre les qualits propres et distinctives qu'en respirant un air diffrent4 ,aussi les gens qui ont le plus d'esprit1 lorsqu'ils ne sont pas sortis de leurs habitudes1 et qu'ils veulent parler de celles d'autrui1 c'est--dire1 de sensations qu'ils n'ont pas prouves1 sont-ils de vritables aveugles qui veulent parler des couleurs3 et parce que la sobrit porter de tels jugements1 constitue l'esprit raisonnable si dcri par les aveugles ou les hypocrites1 sous le nom d'esprit philosophique1 je me bornerai dire que1 comparativement aux pays que j'ai vus1 et sans renoncer aux prjugs de mes sensations et de ma constitution natale1 le climat de l'gypte1 de la ,syrie1 de la ,france et de tout ce qui entoure la ,mditerrane1 me parat trs-suprieur en bont1 salubrit et agrment aux tats-,unis2 que dans l'enceinte mme des tats-,unis1 si j'avais faire un choix sur la cte atlantique1 ce serait la pointe de ,rhode-,island1 ou le chanon de ,sud-ouest en ,virginie1 entre le ,rappahannok1 et le ,rnoake2 dans le pays d',ouest1 ce serait les bords du lac ri en cent ans d'ici1 lorsqu'ils n'auront plus de fivres2 mais pour le prsent1 ce serait1 sur la foi des voyageurs1 les coteaux de la ,gorgie et de la ,floride lorsqu'ils ne sont pas sous le vent des marais4 ,,appendice 7,voyez page #aei74 ,les dbordements excessifs qui1 pendant l't de #ahjj1 eurent lieu en ,sude1 sans que l'on pt en rendre raison par les pluies tombes dans le pays1 m'ayant fait souponner que ces dbordements taient dus aux nuages accumuls sur des montagnes limitrophes par un courant d'air ou vent dominant1 je m'adressai pour claircir ce fait un ami zl des sciences et des arts1 le ,c4 ,bourgoing1 ministre de la rpublique ,copenhague1 et je le priai de me procurer des rponses exactes diverses questions que je lui envoyai4 ,il communiqua ces questions plusieurs savants1 tels que ,,mm4 ,melanderhielm1 ,svanberg1 ,loevener1 ,schoenhenter1 ,wibbe1 ,grove1 ,buch2 et les notes spares qu'ils eurent la complaisance de lui fournir1 m'ayant prsent dans leur comparaison un ensemble de faits corrlatifs1 je crus devoir en envoyer le rsum au ministre1 titre de remercments4 ,comme ce rsum se lie au sujet que j'ai trait dans cet ouvrage1 je l'insre ici avec l'intention ultrieure et additionnelle1 d'attirer l'attention des mtorologistes sur la totalit du systme des vents de la zone polaire1 et de parvenir connatre le jeu correspondant du nord-ouest et du nord-est d',amrique1 avec les vents de la ,russie et de la ,sude4 ,lettre au citoyen ,bourgoing1 ministre de la rpublique franaise prs le roi de ,danemarck4 ,paris1 #a;er ventse an #i 7#aj fvrier #ahja74 ,vos obligeantes notes1 citoyen ministre1 me sont parvenues prcisment dans l'ordre inverse de leurs dates4444 et par cette raison j'ai d attendre la dernire pour vous faire tous mes remercments2 j'ai d'ailleurs dsir de vous envoyer un rsultat de travail qui me disculpt prs de vous et prs de quelques-uns de vos consults1 de l'emploi de votre temps en systmes et en thories sans fondement comme sans utilit4 ,quel que soit le rsultat de mon travail1 il ne serait pas sans utilit s'il prouvait qu'il y a1 ou mme qu'il n'y a pas de marche fixe dans les courants de l'air2 et que l'on peut ou que l'on ne peut pas juger du vent qui rgne dans un lieu par le vent qui a rgn ou qui rgne dans un autre4 ,la navigation1 l'agriculture1 sont intresses ce problme1 puisque sa solution influerait beaucoup sur les spculations de commerce1 d'achats ou de ventes de grains4--,quant au reproche d'esprit systmatique1 j'en suis peu affect1 parce que je ne me sens point du tout atteint de l'engouement qui en fait le vice et le ridicule4--,a vingt ans j'avais des systmes dont j'tais trs-persuad4--,nos matres1 vous le savez1 citoyen ministre1 nous enseignaient ne point douter1 tout prouver par atqui et ergo1 tout expliquer sans demeurer quia2 mais mesure que l'exprience a refait mon ducation1 j'ai vu qu'il fallait renoncer l'esprit doctoral1 et s'il m'est rest une doctrine suivre et prcher1 c'est celle de douter beaucoup2 de ne pas tre press d'assurer1 et d'tre toujours prt revoir la question et couter d'autres faits4 ,aprs cela1 je n'ai pas nanmoins la duperie d'accorder mes adverses plus d'infaillibilit qu' moi2 et quel que soit d'ailleurs leur mrite1 s'ils n'ont pas fait une tude particulire de la question en dbat1 s'ils prtendent en juger par aperu et analogie1 je leur rtorque mon tour l'esprit de systme1 et j'invoque le jury des faits2 car je suis1 selon l'expression de ,s9999991 de la faction des faits4 ,or1 voici mon dire dans le cas prsent4 ,il rsulte des diverses notes que vous m'avez envoyes1 et entre autres de l'expos court1 clair et mthodique de ,m4 ,schoenhenter 7vque de ,drontheim73 #a ,que la ,norwge est traverse de l'est l'ouest1 par un chanon appel ,dovrefield ou ,dofre1 qui la partage en sud et en nord4 #b ,que ce chanon1 l'un des plus levs de ce royaume1 a environ trois mille pieds rhinlandais d'lvation 7--#bija pieds de ,paris--#ida mtres--#dhc toises74 #c ,qu'il forme dans le systme de l'air1 une ligne de dmarcation tellement positive1 que le nord et le sud n'ont presque jamais les mmes vents en mme temps4 ,s'il pleut dans le pays d',agherrhous1 ,christiansandt1 etc41 il fait sec dans le ,drontheim1 dans le ,nordland1 etc43 ,m4 ,buch dit les mmes choses4 #d ,ce dernier cas a t surtout remarquable dans l't de #ahjj1 o le pays de ,drontheim1 nord du ,dofre1 a prouv des pluies continuelles1 au point de perdre toute la rcolte2 tandis que les gouvernements d',agherrhous et de ,berghen1 sud du ,dofre1 ont prouv une scheresse excessive4--,dans le ,drontheim1 les vents1 depuis juin jusqu'au vingt aot1 furent si constamment nord-ouest1 qu' peine y eut-il vingt jours d'exception2 et le thermomtre variant de six huit1 ne passa point #aa de ,raumur4--,dans l',agherrhous et le ,berghen1 les vents furent habituellement sud1 sud-est1 mme sud-ouest1 le mercure variant de #ad #ah2 peine y eut-il sept jours pluvieux1 avec cette diffrence remarquable1 que les tables mtorologiques de ,drontheim et de ,christiansandt1 compares l'une l'autre1 offrent plus de vingt exemples1 o il pleuvait dans le ,drontheim par le vent nord-ouest1 tandis qu'il faisait beau et sec dans l',agherrhous par le vent sud-est2 c'est--dire1 qu'il rgnait la fois deux vents diamtralement opposs4 ,m4 ,schoenhenter observe que le ,iempterland en ,sude1 l'est du ,drontheim1 essuya les mmes pluies1 mais il ignore si le vent y fut le mme4-- ,d'accord avec ,,mm4 ,wibbe1 ,grove et ,buch1 il dit que sur la cte de ,norwge les vents dominants sont du quart de l'ouest2 qu'ils y sont les vents pluvieux 7 raison de l'ocan71 tandis que le nord-est1 le sud-est et l'est1 y sont les vents secs3 qu'au nord du ,dofre1 le nord-ouest domine avec le sud-ouest2 que l'ouest pur et l'est pur sont rares3 que sur la cte de ,berghen et dans le bassin de ,louken1 les dominants sont le sud-ouest et l'ouest1 tous deux pluvieux3 et que dans le bassin du ,glomen et tout le golfe d',agherrhous1 ce sont le sud-ouest grand pluvieux1 et le sud-est tantt sec et tantt pluvieux3 voil pour la ,norwge4 ,a ,stockholm1 ,,mm4 ,svanberg et ,melanderhielm1 disent que les vents dominants sont l'ouest et le sud-ouest qui sont secs3 que les vents pluvieux1 plus rares1 sont l'est1 le nord-est1 et en t le sud-est2 mais que la pninsule de ,scanie et le ,smaland1 participent au climat du golfe d',agherrhous3 ils observent que juin et juillet1 dans l't de #ahjj1 furent trs-pluvieux ,stockholm2 mais ils n'ont point joint les tables des vents 7qui durent souffler de l'est72 alors le nord-ouest rgnait ,drontheim1 le sud et le sud-est dans l',agherrhous1 et l'est sur le golfe ,bothnique2 de manire que le ,dofre tait le point de rencontre et de choc de trois courants opposs4 ,expliquer ce qui se passait dans l'air en ce lieu1 me menerait trop loin2 je me borne vous observer3 #a ,que les inondations de la ,sude n'ont pu provenir de la fonte des neiges1 comme le pense ,m9999992 en juin et juillet les neiges d'hiver sont fondues3 #b qu'il est vident que le ,dofre1 encore qu'il ne soit pas une chane pleine comme muraille1 a cependant exerc sur les courants de l'air une action incontestable3 si ,m999999 le nie1 ce sera de sa part une thorie plus que hasarde4 ,quoique des groupes de montagnes ne soient pas immdiatement joints1 surtout quand leurs vallons marchent en sens divers1 il n'en rsulte pas moins un obstacle capable de ralentir le fleuve arien1 de la mme manire que des files de rocs dans les lits des rivires1 barrent et ralentissent le courant des eaux4 ,au reste1 j'aurai l'occasion de dvelopper plus amplement ma thorie cet gard4--,agrez mes remercments de l'exemplaire de la ,thorie des vents de la ,coudraye1 qui se trouve tre exactement ce que j'attendais d'un marin instruit et observateur4 ,,claircissements ,,sur ,,divers ,,articles ,,indiqu,s ,,dans ,,cet ,,ouvrage4 ,,article ,,premier4 ,,sur ,,la ,,floride4 ,et sur le livre de ,,bernard ,,romans1 intitul ,a concise natural and moral ,history of east and west ,florida2 ,new-,york1 #aggf1 sold by ,aitken1 in-#ab4 ,courte ,histoire naturelle et morale de la ,floride orientale et occidentale4 ,l'auteur1 qui a pass plusieurs annes dans le pays en observateur et en mdecin clair1 distingue deux climats en ,floride2 l'un qu'il appelle climat de nord1 lequel s'tend du #ca au #bg #dj latitude2 l'autre1 le climat de sud1 qui s'tend du #bg #dj au #be3 il fonde cette distinction sur ce que dans l'un les geles sont habituelles pendant l'hiver1 tandis que dans l'autre elles sont extraordinairement rares3 il et t simple et plus clair de dire qu'il gle dans tout le parallle du continent1 et qu'il ne gle point dans la presqu'le propre4 ,dans ce pays l'air est pur et clair4 ,l'on ne voit de brouillards que sur la rivire ,saint-,john2 mais les roses sont excessives4 ,le printemps et l'automne sont extraordinairement secs2 l'automne trs-variable du chaud au frais4 ,le commencement de l'hiver1 c'est--dire janvier1 est humide et temptueux2 fvrier et mars sont secs et sereins2 de la fin de septembre la fin de juin1 il n'y a peut-tre pas au monde de climat plus doux2 mais juillet1 aot et septembre sont excessivement chauds2 et cependant les variations du froid au chaud sont bien moindres qu'en ,caroline1 et la gele bien plus rare4 ,en toute saison1 midi1 le soleil est cuisant2 jamais le froid n'affecte mme l'oranger chinois1 dont le fruit est exquis4 ,saint-,augustin est sur la frontire des deux climats4 ,sur la cte est ou atlantique1 rgne le vent alis d'est4 ,sur la cte ouest ou du golfe mexicain1 les brises de mer venant de l'ouest au nord-ouest rafrachissent en t toute la presqu'le4 ,tous les genres de fruits y prosprent sans y tre desschs de chaleur ou de froid4 ,dans toute la presqu'le la pluie s'annonce #bd et #dh heures d'avance1 par l'excs de la rose ou par son manque total4 ,les vents y sont galement moins variables qu'un peu plus au nord en remontant vers le continent4 ,pendant une grande partie du printemps1 de mme que pendant l't et le dbut de l'automne et dans la premire partie de l'hiver1 ils sont au quart de nord-est2 la fin de l'hiver et dans le commencement du printemps1 ils sont ouest et nord-ouest4 ,les quinze vingt jours qui prcdent l'quinoxe d'automne et les deux ou trois mois qui le suivent1 sont redoutables en ,floride et dans la mer adjacente2 c'est--dire1 que du commencement de septembre jusqu'au solstice d'hiver1 il arrive frquemment de violentes temptes4 ,b4 ,romans n'a jamais ou parler de grands accidents l'quinoxe de printemps4 ,les terribles ouragans de #agfi arrivrent le #bi octobre et jours suivants2 celui de #aggb fut les #cj1 #ca aot1 #a;er1 #b et #c septembre3 il souffla d'abord sud-est et est ,mobile2 en allant plus ouest il tait nord-nord-est4 ,notez que depuis ,pensacola il ne fut pas sensible dans l'est4 ,le vent fit gonfler toutes les rivires2 et1 par un cas trange1 il fit pousser une seconde moisson de feuilles et de fruits aux mriers4 ,les vents sud et sud-ouest donnent un air pais et fcheux aux poumons3 il en est de mme de cet air touff dont on se plaint si fort en juillet et aot4--,les vents1 depuis le sud-est jusqu'au nord-est1 sont humides et frais et donnent de frquentes ondes qui rendent le sable mme fertile4 ,de l'est au nord les vents sont frais et agrables2 du nord au nord-ouest ils sont presque froids4 ,le thermomtre est habituellement entre #hd et #hh ,fah4 7#bb #be ,r47 l'ombre1 l o l'air circule4 ,pendant juillet et aot il est #id 7#bg ,r472 mais au soleil1 il est promptement #aad 7#cf ,r474 ,il ne tombe jamais de plus de deux degrs au-dessous du point de la gele4 ,il est impossible de se figurer combien l'air est charmant depuis la fin de septembre jusqu' la fin de juin4 ,la cte orientale de la presqu'le est plus chaude que l'occidentale1 et que tout le climat nord dont le rivage est expos aux piquants vents de l'hiver4 ,la pointe de ,floride1 sa partie d'ouest1 est trs-sujette aux rafales et aux tornados1 depuis mai jusqu'en aot2 ils viennent chaque jour du sud-sud-ouest et du sud-ouest2 mais ils passent vite4 7,voyez la carte des vents1 o la thorie des courants de l'air s'accorde prcisment placer les tournoiements cet endroit47 ,le docteur ,mackensie1 mdecin 7diffrent du voyageur7 a beaucoup parl de la moisissure1 de la rouillure et de la liqufaction du sel1 du sucre1 etc4 ,tout cela1 il est vrai1 se voit plus ,saint-,augustin qu'ailleurs2 et cependant il n'est pas de lieu plus sain dans tous ces parages4 ,l'on y vit trs-vieux et trs-sain4 ,les ,havanais y viennent comme leur ,montpellier4 ,le climat nord1 c'est--dire la partie ouest et continentale de ,floride1 a les mmes caractres que la partie nord de la pninsule2 mais il y fait des vents plus froids4 ,l'on a beaucoup parl de l'pidmie de la ,mobile en #agfe3 la vraie cause fut l'excessive intemprance des soldats4 ,les ,anglais1 mme les mdecins1 conseillent dans tous ces climats de boire le verre de vin2 mais on fait ce verre trop large et trop frquent4 ,le plus dangereux de tous les inconvnients en ,amrique1 n'est ni le chaud1 ni l'humide1 ni le froid1 c'est le terrible et subit changement des extrmes qui vous donne #cj 7#ad ,r47 de diffrence en #ab heures1 et cela est pire au nord qu'au sud4 ,le sol de ,floride est gnralement un sable blanc qui a par-dessous lui une couche d'argile blanche4 ,le rivage de la mer est sans arbres2 l'intrieur est plein de pins4 ,oldmixon1 dans son ouvrage du ,british empire1 est le seul qui ait dit des choses raisonnables sur le caractre des sauvages4 ,tous les ,europens1 avec leurs rves de la belle nature1 n'ont dit que d'absurdes folies4 ,bernard ,romans1 dans les pages #ch et suivantes1 peint les sauvages tels que je les ai vus2 sales1 ivrognes1 fainants1 voleurs1 d'un orgueil excessif1 d'une vanit facile blesser1 et alors cruels1 altrs de sang1 implacables dans leur haine1 atroces dans leur vengeance1 etc41 etc4 ,il reprsente les ,chicasaws pires que les autres4 ,les ,chactas valent mieux2 ils ont de la bonne foi1 quelque ide de proprit mobilire et personnelle4 ,ils sont plus laborieux que tous les autres4 ,ils vendent tout aux passants2 mais ils sont adonns au jeu4 7,l'auteur dduit de cela mme l'ide qu'ils ont du mien et du tien47 ,le suicide n'est pas rare chez eux ni chez les autres4 ,ils sont aussi pdrastes que les ,chicasaws1 et les ,chicasaws le sont autant que les ,grecs4 7,ces honntes gens-l auraient bien besoin du missionnaire ,atala47 ,les ,chicasaws comptaient en #agga #bej guerriers ,les ,chactas #bfjj ,les ,creeks confdrs #cejj ,tous ces sauvages s'arrachent la barbe avec des petites pincettes ou avec des coquilles4 ,les enfants lancent #bj et #cj yards 7mtres7 des flches longues d'un pied1 qui sont garnies de coton sur les #d pouces du gros bout4 ,ils usent pour cet effet de sarbacanes de #h pieds1 et ils tuent des oiseaux et des cureuils4 ,au reste1 le pays des ,creeks est de la plus excellente terre et du plus agrable paysage1 susceptible de toute production4 ,celui des ,chactas est trs-bon aussi2 mais celui des ,chicasaws est une haute plaine sche1 ayant peu d'eau et mauvaise4 ,leur nord jusqu' l',ohio est trs-montueux4 ,l'auteur a joint trois gravures1 reprsentant les traits physionomiques de ces trois peuples2 et quoiqu'elles paraissent avoir t excutes sur bois ou sur tain1 le caractre n'est pas mal saisi4 ,tout le livre de ,bernard ,romans est d'un dtail intressant sur leurs murs1 leurs manires1 et sur les productions du sol4 ,il traite avec intelligence des maladies du pays1 rfute les assertions du docteur ,lind1 en ce qu'elles ont d'exagr2 il convient de l'excessive humidit rouillante et moisissante ,saint-,john et ,saint-,augustin1 et pourtant ,saint-,augustin est trs-sain1 parce qu'il n'a pas les marais de ,saint-,john4 ,les grandes variations subites du chaud au froid1 avec de fortes roses1 sitt aprs le coucher du soleil1 sont le cas de ,saint-,john1 de la rivire ,nassau1 de ,mobile et de ,campbelton2 mais ,pensacola et son est1 ,new-,orlans et sur le ,mississipi1 il ne les a point vues1 et l'on ne s'en plaint pas4 ,ces variations d'ailleurs1 et cette humidit1 ne sont pas comparables celles de la ,gorgie1 et surtout des ,carolines4 ,l'on s'en prserve avec du feu dans la maison1 et un vtement de laine le soir4 ,il n'y a de marais saumaches qu' ,saint-,john1 tandis que la ,gorgie et les ,carolines en sont infectes1 ainsi que de mosquites et de puantes exhalaisons4 ,les mouches et les mosquites n'abondent qu'aux rizires et aux indigoteries4 ,il faut convenir que le ,mississipi en est couvert au del de toute ide4 ,l'on n'y vit que sous la mosquetire4 ,ils disparaissent mesure que l'on cultive4 ,en rsultat1 ,b4 ,romans conseille aux gens replets1 aux biberons1 aux gloutons d',europe et aux plthoriques1 de ne pas venir ici sans changer entirement de rgime4 ,les fivres sont trs-rpandues depuis la fin de juin jusqu'au milieu d'octobre1 c'est--dire prcisment aprs les grandes pluies1 combines avec les violentes chaleurs4 ,elles sont plus tenaces prs des rizires et des indigoteries4 ,il entre dans de trs-bons dtails sur cet article1 dans les pages #aca et suivantes4 ,les marais doux ou saumaches sont malsains1 mais non pas les marais d'eaux sales4 ,au reste1 la figure et le teint des habitants suffisent indiquer leurs maladies4 ,les mosquites ne sont pas si abondants sur les eaux fraches et sur le courant du ,mississipi1 qu'au bas de la rivire et sur toute la plage maritime1 o ils sont intolrables2 7mais ils le sont tellement dans les bois le long du fleuve depuis l',ohio1 que le soir quand on allume le feu il faut les carter de l'homme qui prend ce soin1 car ils l'aveugleraient74 ,le ttanos est terrible en ,floride1 et il est commun aux gens qui abusent des liqueurs et qui couchent au frais4 ,enfin l'auteur parle du naufrage de ,m4 ,viaud et de madame ,lacouture1 comme d'un fait rel et positif qui eut lieu sur le rivage d',apalachicola2 mais ils en ont fait un roman4 ,les ufs qu'ils trouvrent ne furent pas des ufs de dinde1 mais de tortue4 ,il cite des personnes qui ont secouru ces deux naufrags4 ,il est fcheux pour la science que ce ne soit pas le livre de ,bernard ,romans qui ait t traduit la place de celui de ,bartram4 ,,article ,,ii4 ,,sur ,l',,histoire ,,de ,,newhampsphire4 ,par ,j,r,,mie ,,belknap1 ,membre de la ,socit philosophique de ,philadelphie2 ,et sur l',histoire du ,vermont1 par ,samuel ,williams1 membre de la ,socit mtorologique d',allemagne1 et de la ,socit philosophique de ,philadelphie4 ,i4 ,l'ouvrage de ,m4 ,belknap1 intitul ,the ,history of ,newhampshire que j'ai plusieurs fois cit1 et qui n'est point traduit en franais1 est compos de trois volume in-#h1 imprims ,boston4 ,dans les deux premiers1 l'auteur n'a eu pour but que de faire connatre les vnements historiques de la colonie de cet tat1 depuis son premier tablissement2 le tableau qu'il en prsente est d'autant plus curieux1 que l'on y trouve l'origine d'une foule d'usages qui1 alors tablis par des lois coactives et trs-svrement excutes1 ont tourn en habitudes1 et composent aujourd'hui plusieurs parties du caractre des ,anglo-amricains4--,l'on y voit l'esprit intolrant des premiers colons1 prescrire par des rglements rigoureux les formules de communication1 soit entre hommes1 soit entre les deux sexes2 la manire de faire l'amour avant de se marier1 le maintien et la contenance1 soit dehors1 soit dedans la maison1 comment on doit porter la tte1 les bras1 les yeux1 causer1 marcher1 etc41 etc4 7d'o sont venus le ton crmonieux1 l'air grave et silencieux1 et toute l'tiquette guinde qui rgne encore dans la socit des femmes des tats-,unis74 ,il tait dfendu aux femmes de montrer les bras et le cou2 les manches devaient tre fermes aux poignets1 le corset clos jusqu'au menton2 les hommes devaient avoir les cheveux coups courts1 pour ne pas ressembler aux femmes2 il leur tait dfendu de porter des sants1 comme tant un acte de libation paenne2 dfendu mme de faire de la bire dans le jour du samedi1 de peur qu'elle ne travaillt le dimanche3 tous ces dlits taient susceptibles de dnonciation1 et la dnonciation emportait peine2 ainsi rgnait une vritable inquisition terroriste1 et les esprits durent contracter toutes les habitudes que donne la perscution2 habitudes de silence1 de rserve dans le discours1 de dissimulation1 de combinaisons d'ides et de plans1 d'nergie dans la volont1 et de rsistance lorsqu'enfin la patience est bout4 ,comme ouvrage moral1 ces deux premiers volumes sont intressants consulter1 vu le soin qu' pris l'crivain de recueillir des faits constats4 ,mais la quantit d'autres dtails en rendrait peut-tre la traduction trop longue pour nous autres ,franais1 auxquels ils sont trangers4 ,il n'en est pas ainsi du troisime volume1 qui est une description mthodique du climat1 du sol1 de ses produits naturels et artificiels1 de la navigation1 du commerce1 de l'agriculture1 et de tout l'tat du pays4 ,l'on peut comparer ce volume celui de ,m4 ,jefferson sur la ,virginie3 l'un et l'autre sont des statistiques aussi exactes1 aussi instructives qu'il est permis aux forces et aux moyens de simples particuliers d'en produire4 ,m4 ,jefferson1 en publiant ds #aghb1 a eu le mrite de surmonter les principales difficults1 en traant le premier plan d'un travail alors inusit4 ,m4 ,belknap1 en publiant le sien en #agib1 aprs #bb ans d'observation1 a celui d'avoir profit de ce que les progrs de la science ont accumul de faits et de mthode3 son livre 7volume troisime71 compos de #dhj pages1 gros caractre1 y compris l'appendice1 serait susceptible de quelques rductions1 raison de divers dtails qui nous sont superflus2 et quoique l'auteur y paie un double tribut son caractre d',amricain et de ministre du saint vangile1 en dclamant quelquefois contre les philosophes et contre les voyageurs europens1 cet ouvrage n'en est pas moins l'un des plus philosophiquement instructifs1 dont on puisse faire prsent notre langue sur les tats-,unis4 ,,ii4 ,j'en dirai autant de l',histoire du ,vermont1 par ,m4 ,samuel ,williams2 elle forme un volume in-#h d'environ #djj pages1 d'un caractre plus fin 7petit-romain71 y compris aussi un appendice sur divers sujets4--,l'ouvrage est partag en #ag chapitres d'une division mthodique4--,situation1 limites1 superficie1 sol1 aspect du pays1 montagnes1 leurs hauteurs1 leurs directions1 les cavernes1 sources1 etc41 rivires et lacs1 climat et saisons1 productions vgtales et animales1 sont les sujets des six premiers chapitres4 ,le septime et le huitime traitent des sauvages1 de leur caractre1 de leur ducation1 de leur tat moral et politique4 ,les neuf1 dix et onze dtaillent tous les incidents de la formation de l'tat de ,vermont et de l'origine de ses premiers colons4 ,les six autres1 sous le titre d'tat de la ,socit1 font connatre1 #a l'emploi du temps en arts et en commerce2 #b les coutumes et usages1 comprenant l'ducation1 le mariage1 la vie civile1 etc42 #c la religion et l'importance du principe de la parfaite galit des cultes 7l'auteur est ministre du saint vangile72 #d le gouvernement du pays2 #e la population2 #f la libert1 qu'il dit tre bien moins le produit du gouvernement amricain que de la condition et situation du peuple4 ,l'on pourrait quelquefois trouver que l'auteur entre dans trop de dtails1 d'explications et de digressions2 mais il en rsulte tant de faits et d'observations utiles et instructifs1 que je regarde ce livre comme l'un de ceux qui ont le plus rpandu de connaissances physiques dans le peuple des tats-,unis4 ,j'en avais fait excuter la traduction littrale1 ainsi que du troisime volume de ,belknap1 dans l'intention de la franciser#afe mon premier loisir1 et de la publier3 mais outre que ce travail excderait maintenant mes forces1 j'apprends qu'il est entrepris par une personne qui ne doit pas tarder d'en enrichir le public4 ,,article ,,iii4 ,,gallipolis1 ,,ou ,,colonie ,,des ,,fran,,ais ,,sur ,l',,ohio4 ,l'on ne doit pas encore avoir oubli ,paris une certaine compagnie du ,sioto qui1 en #agij1 ouvrit avec beaucoup d'clat une vente de terres dans le plus beau canton des tats-,unis1 six livres l'acre4 ,son programme1 distribu avec profusion1 promettait tout ce que l'on a coutume de promettre en pareil cas3 un climat dlicieux et sain2 peine des geles en hiver2--une rivire1 nomme par excellence la belle ,rivire#aff1 riche en poissons excellents et monstrueux2 des forts superbes1 d'un arbre qui distille le sucre 7l'rable sucre71 et d'un arbuste qui donne de la chandelle 7myrica cerifera72--du gros gibier en abondance1 sans loups1 renards1 lions1 ni tigres2 une extrme facilit de nourrir dans les bois des bestiaux de toute espce2 les porcs seuls devaient1 d'un couple unique1 produire sans soins en trois ans #cjj individus2 et dans un tel pays l'on ne serait sujet ni la taille1 ni la capitation1 ni la milice1 ni aux logements de guerre1 etc41 etc41 etc4 ,il est vrai que les distributeurs de tant de bienfaits ne disaient pas que ces belles forts taient un obstacle prliminaire tout genre de culture2 qu'il fallait abattre les arbres un un1 les brler1 nettoyer le terrain avec des peines et des frais considrables2 que pendant au moins une anne il fallait tirer de loin toute espce de vivres2 que la chasse et la pche1 qui sont un plaisir quand on a bien djeun1 sont de trs-dures corves dans un pays dsert et sauvage2 ils ne disaient pas surtout que ces terres excellentes taient dans le voisinage d'une espce d'animaux froces1 pires que les loups et les tigres1 les hommes appels sauvages alors en guerre avec les tats-,unis4--,en un mot1 qu'au cours actuel des marchs d',amrique1 ces terres ne valaient effectivement que six sept sous l'acre2 et qu'aucun acheteur du pays n'en et offert davantage3--mais en ,france1 mais ,paris1 alors surtout1 qu'une sorte de contagion d'enthousiasme et de crdulit s'tait empare des esprits1 le tableau tait trop brillant1 les inconvnients taient trop distants1 pour que la sduction n'et pas son effet2 les conseils1 l'exemple mme de personnes riches et supposes instruites1 ajoutrent la persuasion2 l'on ne parla dans les cercles de ,paris que de la vie champtre et libre que l'on pouvait mener aux bords du ,sioto3 enfin1 la publication du ,voyage de ,m4 ,brissot1 qui prcisment cette poque revenait des tats-,unis1 acheva de consolider l'opinion3 les acqureurs se multiplirent1 principalement dans les classes moyennes et honntes o les murs sont toujours les meilleures4--,des individus1 des familles entires vendirent leurs fonds1 et crurent faire un march excellent d'acheter des terres six francs l'arpent1 parce qu'autour de ,paris le moindre prix des bonnes tait de cinq ou six cents4 ,muni de ces titres1 chaque propritaire partit son gr1 s'embarqua dans le cours de #agia1 l'un au ,havre1 l'autre ,bordeaux1 d'autres ,nantes1 la ,rochelle1 et le public parisien1 toujours occup ou distrait1 n'a plus entendu parler de cette affaire4 ,ds mon arrive ,philadelphie1 en octobre #agie1 j'en demandai des nouvelles2 mais je n'en pus obtenir de suffisantes4--,l'on me dit seulement d'une manire vague1 que cette colonie devait tre sur l',ohio en terres sauvages1 et qu'elle n'avait pas prospr4 ,l't suivant je dirigeai ma route par la ,virginie1 et aprs avoir fait plus de #abj lieues de ,philadelphie ,blue-,ridge prs ,staunton2 aprs avoir travers plus de #hj lieues de pays montueux et presque dsert1 depuis ,blue-,ridge jusqu'au del du chanon de ,gauley ou ,great ,laurel2 puis encore avoir descendu #bb lieues en canot la rivire du ,grand-,kanhawa1 encore plus dserte depuis l',elk jusqu' son embouchure dans l',ohio1 je me trouvai le #i juillet #agif1 au village de ,pointe-,plaisante1 distant d'une lieue et demie de ,gallipolis3 l1 j'eus des nouvelles positives de cette ville des ,franais1 puisque tel est le sens du nom grec qu'il leur a plu de se donner2 l'empressement de voir des compatriotes1 d'entendre parler ma langue1 que dja je dsapprenais dans un pays tout anglais1 me fit dsirer de m'y rendre sur-le-champ3 et le colonel ,lewis1 parent du gnral ,washington1 m'en facilita les moyens2 mais pendant ma route1 au dclin du jour1 songeant que j'allais voir des ,franais dus de leurs esprances1 mcontents de leur sort1 blesss dans leur amour-propre1 et peut-tre humilis de leur situation devant un ex-constituant1 qui pouvait l'avoir pronostique quelques-uns1 je trouvai des raisons de calmer mon impatience4 ,la nuit commenait lorsque j'atteignis le village de ,gallipolis2 je pus reconnatre seulement deux rangs de petites maisons blanches1 places sur la banquette de l',ohio1 qui en cet endroit est encaiss de #ej pieds pic3 les eaux tant trs-basses1 je grimpai cette banquette par un talus rapide1 pratiqu dans l'core4 ,l'on me conduisit une hutte de troncs d'arbres 7log-house71 qui a le nom d'auberge4--,les ,franais que j'y trouvai me firent quelques questions1 mais bien moins que je n'en attendais1 et je pus m'apercevoir de la justesse de ma rflexion antrieure4 ,le lendemain mon premier soin fut de visiter le local3 je fus frapp de son aspect sauvage1 du teint hve1 de la figure maigre1 de l'air malade et souffrant de tous ses habitants4--,ils ne recherchaient point ma conversation4 ,leurs maisons1 quoique blanchies1 n'taient que des huttes de troncs 7log-houses71 mastiques de terre grasse1 couvertes de bardeaux1 et par consquent mal abrites et humides4 ,le village forme un carr long1 compos de deux rangs de maisons bties en file contigu1 sans doute afin de brler toutes par un seul accident frquent aux tats-,unis3 c'est la compagnie qui a commis cette faute grossire parmi une foule d'autres4 ,quelques jardins clos d'pines et nus d'arbres1 mais passablement fournis de lgumes1 adossent le village au nord-ouest2 derrire ces jardins1 et au-del de quelques taillis1 est un gros ruisseau qui coule presque paralllement au fleuve o il se verse1 et forme une presqu'le de tout le sol du village4 ,ce ruisseau1 en eaux basses1 est plein de boues noirtres1 et quand l',ohio dborde1 il reflue et nourrit de fcheux marcages4 ,du ct du sud-est1 l'on a sous les yeux le vaste lit de l',ohio2 mais les coteaux en face et au nord1 les valles l'est et l'ouest1 ne prsentent la vue que l'universelle fort4 ,au-dessus du village1 le sol d'argile retient opinitrement les eaux1 et forme encore des marcages malsains en automne4--,chaque anne les fivres intermittentes s'tablissent ds la fin de juillet1 et durent jusqu'en novembre4--,je ne trouvai personne dans cette colonie qui m'et t prcdemment connu2 mais comme les ,franais refusent rarement leur confiance qui leur tmoigne de l'intrt1 j'obtins de trois ou quatre ,parisiens qui m'en inspirrent1 des renseignements dont la substance est3 qu'environ cinq cents colons1 tous artistes ou artisans1 ou bourgeois aiss et de bonnes murs1 arrivrent dans le cours de #agia et #agib aux ports de ,new-,york1 ,philadelphie et ,baltimore2 ils avaient pay chacun cinq six cents livres de passage1 et leurs voyages par terre1 tant en ,france que dans les tats-,unis1 leur en avaient cot pour le moins autant2 ainsi pars sans direction centrale1 sans rassemblement combin1 ils s'acheminrent sur des renseignements presque vagues vers ,pittsburg et le cours infrieur de l',ohio o le terrain tait dsign2 aprs bien du temps et des frais perdus en fausses routes1 ils parvinrent un point gographique1 o la compagnie de ,sioto faisait construire des baraques3 bientt aprs1 cette compagnie de ,sioto faillit envers la compagnie d',ohio1 vendeur et propritaire primitif1 qui ne se tint point lie par les actes de son dbiteur1 et refusa aux ,franais la terre que dja ils avaient paye3 il s'ensuivit un grave procs d'autant plus fcheux pour les colons1 que leur argent tait dja dvor4 ,pour comble de malheur1 les tats-,unis taient en guerre avec les sauvages1 qui contestaient cette partie du pays1 et qui1 fiers d'avoir dissip l'arme du gnral ,saint-,clair sur le grand ,mimi 7#d novembre #agia71 bloqurent les colons de ,gallipolis pendant #agib et #agic1 en enlevrent quatre et en scalprent un cinquime1 qui a survcu cette horrible opration2 le dcouragement s'empara des esprits4--,le plus grand nombre abandonna l'entreprise et se dispersa1 partie dans le pays peupl1 partie en ,louisiane2 enfin1 aprs quatre ans de vexations et de litiges de toute espce1 ceux qui demeurrent obtinrent de la compagnie d',ohio un terrain de neuf cent douze acres pour une nouvelle somme de onze cents piastres4--,cette faveur fut due surtout la bienveillance de l'un des membres de la compagnie1 le fils du gnral ,putnam1 qui y ajouta un service encore plus important pour la communaut1 celui de refuser l'offre de douze cents piastres que firent deux des colons1 dans le dessein d'accaparer le tout1 et de ranonner ensuite leur gr leurs infortuns compagnons4--7,quel nom donner cette lche avarice1 qui ne sait se faire de richesse que de la misre d'autrui44487--,par un autre bonheur1 la mme poque1 le congrs de #agie1 m d'un sentiment de compassion et d'quit1 dcrta un don de vingt mille acres1 prendre en face de ,sandy-,creek1 pour ces pauvres ,franais dpouills3 et cet acte est d'autant plus digne d'une respectueuse gratitude1 que dja prvalaient dans ce corps les sentiments d'animosit qui clatrent l'anne suivante contre le gouvernement et le peuple franais4 ,de ces vingt mille acres1 quatre mille appartiennent celui ou ceux dont les soins avaient promu le don1 et le reste dut se rpartir entre quatre-vingt-deux quatre-vingt-quatre ttes subsistantes du nombre premier4 ,il n'y avait qu'un an lors de mon passage que tous ces arrangements venaient d'tre conclus1 et dja l'industrie s'tait ranime de manire faire sentir et regretter tout ce qu'elle et opr1 sans des contre-temps si longs et si cruels2 nanmoins1 l'existence des colons tait loin d'tre agrable2 chaque famille tait oblige de vaquer tous les travaux pnibles d'un tablissement nouveau2 l'on n'y trouvait qu' des prix grvants ces bras mercenaires dont l'utilit n'est bien sentie que l o ils manquent4 ,il tait dur des gens levs dans la vie aise de ,paris1 d'tre obligs de semer1 de sarcler1 de scier le bl1 de faire les gerbes1 de les porter au logis1 de cultiver le mas1 l'avoine1 le tabac1 les melons d'eau ou pastques1 par des chaleurs de #bd #bh degrs2 il est vrai que toute culture russissait souhait1 mme le coton2 pendant l'automne et l'hiver1 la livre de daim cotait un sou ou six liards2 le pain1 de deux quatre sous2 mais l'argent tait d'une excessive raret4 ,l'rable sucre exploit en fvrier1 donnait quelques familles qui couraient les bois1 jusqu' cent livres de grosse cassonade noire1 souvent brle1 toujours mlasseuse4 ,l'on trouve dans les les du fleuve une espce de vigne basse grain rond1 rouge et assez doux1 que l'on suppose venue des plants que les ,franais avaient faits au fort ,duquesne1 et dont les semences ont t rpandues par la friandise des ours2 mais son vin1 que l'on m'a qualifi de mchant surne1 diffre peu de celui des vignes indignes qui croissent dans les bois jusqu' soixante pieds de hauteur1 et qui ne produisent qu'un raisin noir1 petit1 dur et sec4 ,les porcs ont t d'une bonne ressource1 et ces colons ont appris des ,amricains les prparer si parfaitement1 que dans ma route ultrieure je consommai un jambon entier1 que je crus avoir t cuit1 et qui se trouva tre cru et seulement fum2 quelquefois on les prfre tels1 et on a toute raison2 car la partie maigre de leur viande1 lorsqu'on ne la sale pas trop1 ou qu'on la fait dessaler point1 est reconnue pour tre plus lgre et moins maladive en pays chaud que la viande de buf4 ,telle est la situation de la colonie projete au ,sioto2 il y a un peu loin de l au bonheur potique chant par le cultivateur amricain1 et aux dlices de la capitale future de l'empire d',ohio prophtis par un autre crivain4 ,si les faiseurs de pareils romans pouvaient s'entendre pangyriser sur place1 srement ils se dgoteraient de ce banal talent de rhtorique1 qui dans le cas prsent a dtruit l'aisance de cinq cents familles4 ,partout aux tats-,unis1 j'ai entendu1 de la part des ,franais1 des plaintes amres ce sujet4 ,cependant1 pour tre entirement juste1 il faut avouer que tous les torts ne sont pas d'un seul ct2 car si l'on observe que plusieurs expriences notoires auraient d mettre en garde contre la sduction2 qu'en promettant des avantages exagrs1 les auteurs n'avaient cependant pas prtendu une extravagante crdulit1 ni exclu les prcautions de la prudence2 et si j'ajoute que malgr cet exemple1 et depuis mon retour ,paris1 il s'est encore trouv des spculateurs de ce genre qui n'ont pas dsir1 qui ont mme vit d'tre clairs1 l'on sera oblig de convenir que ce sont les dupes1 qui force d'engouement et de niaise crdulit1 provoquent et crent l'art des charlatans4 ,j'aurais voulu emporter l'ide que cette colonie pourrait s'affermir et prosprer2 mais outre le vice radical de sa situation trop mal choisie1 il m'a paru que les impressions de dcouragement avaient encore trop de motifs subsistants pour pouvoir s'effacer2 d'ailleurs j'ai cru m'apercevoir dans mes voyages aux tats-,unis1 que les ,franais n'ont pas la mme aptitude y former des tablissements agricoles1 que les immigrants d',angleterre1 d',irlande et d',allemagne4--,de quatorze quinze exemples de farmers ou cultivateurs franais que j'ai ou citer sur le continent1 deux ou trois seulement promettaient de russir2 et quant aux tablissements en masse de villages1 tels que ,gallipolis1 tous ceux que les ,franais avaient ci-devant entrepris ou forms sur les frontires de ,canada ou de ,louisiane1 et qui ont t abandonns leurs seules forces1 ont langui et fini par se dtruire1 tandis que de simples individus irlandais1 cossais1 ou allemands1 s'enfonant seuls avec leur femme dans les forts1 et jusque sur le sol des sauvages1 ont gnralement russi fonder des fermes et des villages solides4 ,a l'appui de mon opinion ou plutt des faits1 je vais citer l'exemple de la colonie franaise du ,poste-,vincennes sur la ,wabash1 que je visitai aprs ,gallipolis2--et dans cette visite je portai des dispositions d'autant plus propres bien observer1 qu'outre l'intrt de la question gnrale1 j'avois l'intrt particulier et personnel de savoir quel genre d'asile le sol si vant du ,mississipi et de la ,haute-,louisiane pouvait1 dans un besoin ventuel1 offrir des ,franais d',europe amis d'une sage libert4 ,,article ,,iv4 ,,de ,,la ,,colonie ,,du ,,poste-,,vincennes ,,sur ,,la ,,wabash2 ,et des colonies franaises sur le ,mississipi et le lac ri4 ,ayant descendu l',ohio par ,preston1 ,washington#afg1 ,charleston 7de ,kentucky71 et par ,cincinnati1 chef-lieu de ,north-,west ,territory1 j'arrivai ,louisville1 distant d'environ trois cent cinquante milles 7cent seize lieues7 de ,gallipolis4 ,tout cet espace est encore si peu habit1 qu' peine put-on me montrer cinq villages et huit fermes en embryon4 ,louisville est un lieu de ,kentucky d'environ cent maisons1 situ deux milles au-dessus des falls ou chutes d',ohio1 qui sont seulement des rapides que l'on me fit franchir en canot4 ,pendant huit jours j'y attendis la formation d'une caravane de quatre cinq cavaliers1 ncessaire pour traverser trente-six quarante lieues de forts et de prairies1 si parfaitement dsertes1 qu'on n'y trouve pas une cabane pour gter4 ,aprs trois jours de marche force1 nous arrivmes le #b aot #agif au village louisianais1 nomm ,poste-,vincennes1 sur la rivire ,wabash2 l'aspect du local est une prairie irrgulire d'environ trois lieues de long sur une de large1 borde de tous cts de l'ternelle fort1 parseme de quelques arbres et d'une grande quantit de plantes ombelle1 hautes de trois quatre pieds2 des champs de mas1 de tabac1 de bl1 d'orge1 de pastques1 mme de coton1 entourent le village1 compos d'une cinquantaine de maisons1 dont la blancheur gaie la vue aprs la longue monotonie des bois4 ,ces maisons sont ranges sur la rive gauche de la ,wabash1 qui est large d'environ cent toises1 et qui en basses eaux est infrieure de vingt pieds au sol du village4 ,ici il n'y a pas de banquettes comme sur l',ohio2 au contraire1 la berge forme une espce de digue avec talus1 dominant de plusieurs pieds le niveau de la prairie4 ,ce talus est l'ouvrage des dbordements successifs de la ,wabash4 ,chaque maison1 selon la bonne coutume canadienne1 est isole de toute autre1 et environne de sa cour et de son jardin1 clos de palissades4 ,mon il fut rjoui de la vue des pchers chargs de fruits1 mais attrist de celle de l'odieux stramonium1 qui foisonne universellement aux lieux habits depuis ,gallipolis et plus haut4 ,attenant au village et la rivire1 est un enclos ferm de pieux pointus de six pieds de hauteur2 un foss de huit pieds de large au plus rgne tout autour3 cela s'appelle un fort2 et en effet1 c'en est assez pour se dfendre d'un coup de main des sauvages4 ,j'tais adress l'un des principaux propritaires n hollandais1 parlant bien franais2 je reus chez lui pendant dix jours1 tous les bons offices d'une hospitalit aise1 simple et franche4 ,le lendemain de mon arrive1 il y avoit audience des juges du canton2 je m'y rendis pour faire mes observations sur le physique et le moral des habitants rassembls4 ,ds mon entre1 je fus frapp de voir l'auditoire partag en deux races d'hommes totalement divers de visage et d'habitude de corps2 les uns ayant les cheveux blonds ou chtains1 le teint fleuri1 la figure pleine1 et le corps d'un embonpoint qui annonait la sant et l'aisance2 les autres ayant le visage trs-maigre1 la peau hve et tanne1 et tout le corps comme extnu de jene1 sans parler des vtemens qui annonaient la pauvret4 ,je reconnus bientt que ces derniers taient les colons franais tablis depuis environ soixante ans dans ce lieu1 tandis que les premiers taient des colons amricains qui depuis quatre six ans seulement y avaient achet des terres qu'ils cultivaient4 ,les ,franais1 la rserve de trois ou quatre1 ne savaient point l'anglais2 ,les ,amricains1 presqu'en totalit1 ne savaient gure plus de franais2 comme j'avais appris1 depuis un an1 assez d'anglais pour converser avec eux1 j'eus l'avantage1 pendant mon sjour1 d'entendre les rcits et les rapports des deux parts4 7,extrait de mon ,journal47 ,les ,franais1 lamentant leur dtresse1 me racontrent que depuis quelques annes1 et particulirement depuis la dernire guerre des sauvages 7#aghh71 la fortune avait pris tche de les accabler de pertes et de privations2 auparavant1 et depuis la paix de #agfc1 poque de la cession du ,canada l',angleterre1 et de la ,louisiane l',espagne1 ils avaient joui sous la protection de cette dernire puissance d'un degr et d'un genre singulier de bien-tre4 ,presque abandonns eux-mmes1 au sein des dserts1 loigns de soixante lieues du plus prochain poste sur le ,mississipi1 sans charge d'impts1 en paix avec les sauvages1 ils passaient la vie chasser1 pcher1 faire la traite des pelleteries1 cultiver quelques grains et quelques lgumes pour le besoin de leurs familles4 ,plusieurs d'entr'eux avaient pous des filles de sauvages1 et ces alliances avaient consolid l'amiti des tribus environnantes4 ,le ,poste avait compt jusqu' trois cents habitants4 ,pendant la guerre de l'indpendance1 l'heureux loignement o ils taient de son thtre les prserva long-temps d'y tre compromis2 mais vers #aghb1 sur des motifs bien ou mal fonds1 un officier kentokois ayant dirig contre eux un petit corps1 ils furent pills1 et leurs bestiaux1 richesse principale1 dvors et enlevs4 ,le trait de #aghc annexa leur colonie aux tats-,unis1 et sous ce rgime ils commencrent de rparer leurs pertes4 ,malheureusement1 vers #aghh1 des hostilits se dclarrent entre les sauvages et les ,amricains4 ,il fut dur d'opter entre deux amis2 mais le devoir comme la prudence les ayant joints aux ,amricains1 les sauvages commencrent contre eux une guerre d'autant plus cruelle1 qu'elle fut celle d'une amiti due et irrite4 ,les bestiaux furent tus1 le village bloqu1 et pendant plusieurs annes1 peine les habitants purent-ils cultiver la porte du fusil2 des rquisitions militaires vinrent se joindre ces calamits2 cependant en #agib1 le congrs1 mu de piti1 donna quatre cents arpents chaque tte contribuable1 et cent arpents de plus chaque homme de milice4 ,c'et t la fortune de familles amricaines2 ce ne fut pour ces colons1 plutt chasseurs que cultivateurs1 qu'un don passager que sans prudence1 sans lumires1 ils vendirent chacun moins de deux cents livres des ,amricains2 encore ceux-ci les payrent-ils en toiles et autres marchandises leur rapportant vingt et vingt-cinq pour cent de bnfice4 ,ces terres1 de qualit excellente1 se vendaient dja en #agif1 deux dollars l'arpent 7total1 #bjjj livres au lieu de #bjj livres71 et j'oserais assurer qu'aujourd'hui elles en valent dix4 ,ainsi rduits la plupart leurs jardins ou au terrain le plus indispensable1 les habitants du ,poste n'ont plus eu pour vivre que le secours de leurs fruits1 de leurs lgumes1 des pommes de terre1 du mas1 et trs-rarement quelque viande de chasse4 ,il n'est donc pas tonnant qu'ils soient devenus maigres comme des ,arabes4--,ils crient la supplantation1 la spoliation1 et surtout ils se plaignent qu'en tout procs et contestation1 tant jugs par des lois amricaines qu'ils n'entendent pas1 et par cinq juges1 dont deux franais n'entendent que mdiocrement les lois et la langue1 il leur est impossible de soutenir la concurrence4 ,les ,amricains repoussent ces reproches par ceux de l'ignorance1 du dfaut de toute industrie et d'une indolence indienne4 ,il est vrai que cette ignorance est extrme en tout genre2 jamais dans ce village il n'avait exist d'cole avant que la rvolution franaise y eut pouss ,m4 l'abb ,r4444 que j'y trouvai missionnaire1 et missionnaire poli1 instruit1 bien lev1 et1 chose admirable6 tolrant4 ,sur quatre-vingt-dix ttes franaises1 peine en pouvait-on citer six qui sussent lire et crire2 tandis que parmi les ,amricains1 sur cent individus1 hommes ou femmes1 quatre-vingt-dix au moins savent l'un et l'autre4 ,le langage de ces ,franais n'est pas un patois comme on me l'avait dit1 mais un franais passable1 ml de beaucoup de termes et de locutions de soldat4 ,cela devait tre ainsi1 tous ces postes ayant t primitivement fonds ou habits en majeure partie par des troupes2 le rgiment de ,carignan a servi de souche au ,canada4 ,je voulus savoir l'poque de fondation et l'histoire premire du ,poste-,vincennes2 mais en dpit de l'autorit et du crdit que quelques savants attribuent aux traditions1 peine pus-je tirer quelques notions prcises sur la guerre de #ageg1 quoiqu'il y ait l des vieillards de temps antrieur4 ,ce n'est que par aperu que je suppose l'origine premire vers #agce4 ,de leur ct1 les colons amricains me confirmrent la plupart de ces rcits2 mais envisageant les faits sous un autre point de vue ,si les ,canadiens#afh1 me dirent-ils1 se trouvent dans une fcheuse situation1 ce n'est pas nous1 c'est eux mmes ou leur gouvernement qu'ils en doivent adresser le reproche4 ,ce sont1 il est vrai1 de bonnes gens1 hospitaliers et sociables2 mais il sont d'une ignorance1 d'une paresse demi-sauvages2 ils n'entendent rien en affaires ni domestiques1 ni civiles1 ni politiques2 leurs femmes ne savent ni coudre1 ni filer1 ni faire du beurre3 elles perdent tout leur temps voisiner1 babiller1 et la maison reste sale et en dsordre4 ,les maris n'ont de got que pour la chasse1 la pche1 les voyages de long cours1 et une vie toute dissipe4 ,ils ne font jamais comme nous des provisions d'une saison l'autre2 ils ne savent ni saler1 ni fumer le porc1 le daim1 ni faire la bire1 le saour-crout1 ni distiller le bl ou les pches1 toutes choses capitales pour un cultivateur4 ,s'ils ont quelques denres ou marchandises1 ils veulent1 pour s'indemniser de la petite quantit1 les vendre quinze et vingt pour cent plus cher que nous qui avons abondance2 et tout leur argent s'en va en achats de babioles1 de futilits1 et en amourettes de sauvagesses1 espce de filles aussi coquettes et bien plus gaspilleuses que les blanches3 de mme tout leur temps se consume en causeries1 en narrations interminables d'aventures insignifiantes1 et en courses la ville#afi pour voir leurs amis4 ,lorsque la paix de #aghc rendit ces habitans citoyens des tats-,unis1 au lieu de sujets du roi d',espagne qu'ils taient1 leur premire demande fut celle d'un officier commandant2 et ils eurent toute la peine possible comprendre ce que c'tait qu'une administration municipale1 choisie par eux et dans leur sein4 ,aujourd'hui mme ils n'ont pas de sujets capables de la former4 ,ils ne veulent pas apprendre notre langue2 et nous1 qui sommes les matres du pays1 nous ne sommes pas faits pour apprendre celle d'une peuplade de quatre-vingts quatre-vingt-dix personnes qui demain se dgoteront et s'en iront en ,louisiane1 et qui feront bien2 car avec leur peu d'industrie1 ils sont incapables de soutenir notre concurrence1 etc4 ,d'aprs les rcits des ,amricains et des ,canadiens1 pareil tat de choses a lieu dans les tablissements illinois et de la ,haute-,louisiane2 le dcouragement1 l'apathie1 la misre1 rgnent galement chez les colons franais de ,kaskaskias1 de ,cahokias1 de la ,prairie du ,rocher1 de ,saint-,louis1 etc42 la nature du gouvernement y a contribu d'une part1 en ce que le rgime1 d'abord franais1 puis espagnol1 tant purement militaire1 l'officier commandant est un vritable aga ou pacha1 qui donne1 vend1 te son gr les privilges d'entre1 de sortie1 d'achat et d'accaparement de denres2 en sorte qu'il n'existe aucune libert1 ni de commerce1 ni de proprit1 et que pour deux ou trois maisons riches1 la totalit des habitans est dnue et pauvre4 ,c'est absolument le rgime turk1 au sabre prs2 car j'aime rendre cette justice aux ,espagnols de nos jours1 que leur gouvernement n'est pas sanguinaire comme ci-devant4 ,d'autre part1 les murs et les habitudes des premiers colons ont t une cause originelle et fondamentale de non-succs et de ruine3 soldats dans le principe1 ou contraints de le devenir par leurs guerres avec les voisins1 ces colons ont t conduits par la nature des choses prfrer une vie tour--tour agite et dissipe1 indolente et oiseuse1 comme celle des sauvages1 la vie sdentaire1 active et patiente des laboureurs ,anglo-,amricains4 ,aussi1 lorsque dans ces dernires annes1 ceux-ci ont pu s'introduire dans les tablissemens illinois sur la rive gauche du ,mississipi1 qui dpendent d'eux1 leur industrie y a pris un tel ascendant1 qu'en cinq ou six ans ils sont devenus les acqureurs et les possesseurs de la majeure partie des villages4 ,les anciens colons en dtresse leur ont vendu vil prix1 comme au ,poste-,vincennes1 leurs inutiles possessions2 et tel a t le progrs de leur supplantation1 qu'en #agif1 le village de ,kaskaskias1 presque en son entier1 appartenait la seule maison ,e44441 et que la maison ,v444444 possdait ailleurs #fj1jjj acres d'excellentes terres4 ,sur la rive droite du ,mississipi1 terrain espagnol1 quelques ,amricains se sont lis avec les plus riches maisons du pays1 et dja1 par ce moyen1 ils sont devenus ngociants et propritaires principaux4 ,d'autre part1 le gouvernement espagnol1 pour donner de la valeur ses terres1 ayant adopt la mesure de les concder des ,amricains qui se naturalisent1 ces ,amricains supplantent en commerce1 en agriculture1 en industrie1 en activit1 les colons franais qui se retirent peu peu devant eux1 et passent en ,canada ou en ,basse-,louisiane4 ,deux de mes quatre compagnons de voyage ,kentockois se rendaient ainsi au ,missouri pour s'y tablir2 ils me dirent que dja plus de huit cents ,amricains taient fixs dans le pays1 et que si l'on continuait d'affager des terres1 il y passerait sous trois ans quatre ou cinq mille familles du ,kentucky1 o les terres sont devenues trop chres1 et o les titres de proprit ont t de tout temps trop sujets procs4 ,j'avais eu l'intention de passer avec eux jusqu' ,saint-,louis1 distant de soixante-dix lieues du ,poste-,vincennes2 mais plusieurs inconvnients m'en dtournrent4 ,je me contentai de prendre note des faits que m'attestrent plusieurs tmoins oculaires qui1 cette anne mme1 et dans les quatre prcdentes1 avaient visit les lieux2 d'aprs ces informations1 il y a du ,poste-,vincennes au ,kas 7c'est--dire ,kaskaskias71 quarante-trois heures de marche#agj1 estimes par ,m4 ,arrow ,smith environ cent soixante milles4 ,le pays1 partir du ruisseau ,ombra1 trois lieues du ,poste1 n'est plus une fort continue1 mais une prairie tartare1 clair-seme en quelques endroits de petits bouquets de bois1 plate1 nue1 venteuse et froide en hiver3 elle est garnie en t de plantes hautes et fortes qui froissent tellement les jambes du cavalier dans l'troit sentier o l'on marche1 que l'aller et le venir usent une paire de bottes4 ,les eaux y sont rares1 et l'on peut s'y garer1 comme l'avait fait un de mes compagnons qui1 lui troisime1 y avait err dix-sept jours trois ans auparavant4 ,les orages1 les pluies1 les mouches1 les taons y sont excessivement incommodes en t4 ,il y a cinq ans1 l'on ne traversait point ces prairies sans voir des troupes de quatre cinq cents buffles2 aujourd'hui il n'en reste plus3 ils ont pass le ,mississipi la nage1 importuns par les chasseurs1 et surtout par les sonnettes des vaches amricaines4 ,a l'extrmit de ces prairies1 prs du ,mississipi1 est le village de ,kas1 situ en valle excessivement chaude2 il est tellement ruin qu'il n'y reste pas douze familles canadiennes1 et cependant en #agfd1 le colonel ,bouquet y comptait quatre cents ttes3 en face1 l'autre bord du fleuve1 tait ci-devant ,sainte-,genevive1 assez gros village cit pour sa saline3 le ,mississipi1 dans ses dbordements1 l'a totalement balay3 les habitants se sont retirs deux milles de l1 sur des hauteurs1 o ils vivent dans des maisons pans de bois1 chacun sur sa terre4 ,cinq lieues au-dessus du ,kas et du mme ct1 tait le fort de ,chartres1 construit en murailles1 avec une magnificence extraordinaire3 le terrible fleuve l'a pareillement renvers2 il attaque dja un bastion de la ,nouvelle-,madrid1 tablissement form en #agia1 en face de l'embouchure d',ohio1 cent toises du ,mississipi qui en a min le pied de manire qu'aux premires pluies1 une forte partie s'boulera4 ,ce grand1 ce magnifique ,mississipi1 vant comme une terre promise par ,m4 ,b44441 est un trs-mauvais voisin2 fort d'une masse d'eaux boueuses et jauntres1 large de mille quinze cents toises1 que chaque anne il fait dborder de vingt-cinq pieds perpendiculaires1 il va poussant cette masse travers un terrain meuble de sable et d'argile2 il forme des les et les dtruit2 charrie des arbres qu'ensuite il bouleverse2 varie sa route travers les obstacles qu'il se donne1 finit par vous atteindre des distances o vous ne l'auriez jamais souponn3 semblable en ceci la plupart des grands agens de la nature1 volcans1 orages1 etc41 qui sans doute sont admirables1 mais que la prudence conseille de n'admirer qu' distance3 ajoutez que ses rives chaudes et humides sont trs-fivreuses pendant l't et l'automne4 ,tel est le cas du village de la ,prairie du ,rocher1 o l'on compte dix familles2 et tel celui de ,cahokias ou ,caho1 qui n'a pas plus de quarante feux1 au lieu de quatre-vingts qu'il avait en #agij3 en face de ,caho 7rive droite71 est ,saint-,louis ou ,pancore1 ville ou bourg de soixante-dix maisons rassembles1 ayant un beau et utile fort en pierre1 de deux acres de superficie1 avec seulement cinq ou six familles riches1 sur cinq cents ttes blanches d'un peuple pauvre1 indolent et fivreux4 ,ces cinq ou six familles possdent le peu qu'il y a d'esclaves noirs1 et elles les traitent avec douceur2 les lois espagnoles sur les noirs dans la ,louisiane1 sont les plus douces de tous les codes europens4 ,cela n'empcha pas qu'il n'y et1 de la part de ces ,africains1 en #agia1 une insurrection en ,basse-,louisiane2 et cette insurrection fut cause qu'ayant fait armer dans la ,haute tous les blancs enregistrs1 l'on connut que leur nombre prcis tait de cinq cents4 ,m4 le colonel ,sargent1 secrtaire-gnral du ,north-,west-,territory1 homme d'un esprit distingu1 qui1 dans l'anne #agij1 inspecta les tablissements de la rive gauche1 dits illinois1 m'a attest que la totalit des familles franaises n'excdait pas cent cinquante2 ainsi toute la ci-devant ,haute-,louisiane ne peut s'estimer sept cents hommes de milice1 c'est--dire plus de deux mille cinq cents ttes franaises4 ,ces rcits1 je l'avoue1 sont trs-diffrents de ceux que l'on a faits ,paris dans ces derniers temps1 o l'on reprsentait ce pays comme un empire bientt florissant4 ,mais je les tiens de plusieurs tmoins oculaires sans intrt de spculation de terres ou d'emplois1 et je les raconte impartialement1 comme j'ai fait de l'gypte et de la ,syrie1 sans prtendre empcher qu'on aille les vrifier4 ,je me trouve trop bien de mon systme pour le changer4 ,ce dprissement gnral des tablissements franais sur les frontires de la ,louisiane et mme du ,canada#aga1 compar l'accroissement non moins gnral de ceux des ,anglo-,amricains1 a t pour moi un sujet frquent de mditation1 afin de connatre les causes d'une issue si diverse dans des circonstances semblables de sol et de climat4 ,croire avec quelques personnes que les ,franais ne supportent pas bien ce climat1 est un moyen d'explication que je ne puis admettre2 car l'exprience a convaincu tous les officiers et mdecins de l'arme ,rochambeau1 que le temprament franais rsiste mieux au froid1 au chaud1 aux variations et aux fatigues que le temprament anglo-amricain4 ,il parat que notre fibre a plus d'lasticit et de vie que la leur2 et la balance penche encore en notre faveur par le vice de leur rgime dittique que j'ai expos1 et par l'abus des spiritueux auxquels ils sont presque aussi adonns que les sauvages4 ,on a remarqu1 dans l'expdition du gnral ,wayne et dans d'autres1 que les buveurs d'eau-de-vie rsistent moins que les buveurs d'eau3 et quant aux sauvages1 l'on sait que l'eau-de-vie va extirpant leur race bien plus activement que la guerre et la petite-vrole4 ,en analysant ce sujet trs-digne d'intrt1 il m'a paru que les vritables raisons de la diffrence d'issue se trouvaient dans la diffrence des moyens d'excution et de l'emploi du temps2 c'est--dire1 de ce qu'on nomme habitudes et caractre national2 or1 ces habitudes et ce caractre ont pour causes principales le systme d'ducation domestique et la nature du gouvernement1 l'un et l'autre plus puissans que le fond mme du temprament physique4 ,quelques traits compars de la vie journalire des colons des deux peuples1 rendront sensible la vrit de cette opinion4 ,le colon amricain de sang anglais ou allemand1 naturellement froid et flegmatique1 calcule tte repose un plan de ferme2 il s'occupe sans vivacit1 mais sans relche1 de tout ce qui tend sa cration ou son perfectionnement4 ,si1 comme quelques voyageurs lui en font le reproche1 il devient paresseux1 ce n'est qu'aprs avoir acquis ce qu'il a projet1 ce qu'il considre comme ncessaire ou suffisant4 ,le ,franais1 au contraire1 avec son activit ptulante et inquite1 entreprend par passion1 par engouement1 un projet dont il n'a calcul ni les frais1 ni les obstacles2 plus ingnieux peut-tre1 il raille son rival allemand ou anglais1 sur sa lenteur1 qu'il compare celle des bufs2 mais l',anglais et l',allemand lui rpondent avec leur froid bon sens1 que1 pour le labourage1 la patience des bufs convient mieux que la fougue de coursiers fringants et piaffants2 et en effet1 il arrive souvent qu'aprs avoir commenc et dfait1 corrig et chang1 aprs s'tre tourment l'esprit de dsirs et de craintes1 le ,franais finit par se dgoter et par tout abandonner4 ,le colon amricain1 lent et taciturne1 ne se lve pas de trs-grand matin2 mais une fois lev1 il passe la journe entire une suite non interrompue de travaux utiles3 ds le djeuner1 il donne froidement des ordres sa femme1 qui les reoit avec timidit et froideur1 et qui les excute sans contrle4 ,si le temps est beau1 il sort et laboure1 coupe des arbres1 fait des cltures1 etc42 si le temps est mauvais1 il inventorie la maison1 la grange1 les tables1 raccommode les portes1 les fentres1 les serrures1 pose des clous1 construit des tables ou des chaises1 et s'occupe sans cesse rendre son habitation sre1 commode et propre4--,avec ces dispositions se suffisant lui-mme1 s'il trouve une occasion1 il vendra sa ferme pour aller dans les bois1 dix et vingt lieues de la frontire1 se faire un nouvel tablissement2 il y passera des annes abattre des arbres1 se construire d'abord une hutte1 puis une table1 puis une grange2 dfricher le sol1 le semer1 etc42 sa femme1 patiente et srieuse comme lui1 le secondera de son ct1 et ils resteront quelquefois six mois sans voir un visage tranger2 mais au bout de quatre ou cinq ans1 ils auront conquis un terrain qui assure l'existence de leur famille4 ,le colon franais1 au contraire1 se lve matin1 ne ft-ce que pour s'en vanter2 il dlibre avec sa femme sur ce qu'il fera1 il prend ses avis2 ce serait miracle qu'ils fussent toujours d'accord3 la femme commente1 contrle1 conteste2 le mari insiste ou cde1 se fche ou se dcourage3 tantt la maison lui devient charge1 et il prend son fusil1 va la chasse ou en voyage1 ou causer avec ses voisins4 ,tantt il reste chez lui1 et passe le temps causer de bonne humeur1 ou quereller et gronder4 ,les voisins font des visites ou en rendent2 voisiner et causer sont1 pour des ,franais1 un besoin d'habitude si imprieux1 que sur toute la frontire de la ,louisiane et du ,canada l'on ne saurait citer un colon de cette nation1 tabli hors de la porte et de la vue d'un autre3 en plusieurs endroits1 ayant demand quelle distance tait le colon le plus cart3 ,il est dans le dsert1 me rpondait-on1 avec les ours1 une lieue de toute habitation1 sans avoir personne avec qui causer4 ,ce trait1 lui seul1 est l'un des plus caractristiques et des plus distinctifs des deux nations2 aussi1 plus j'y ai rflchi1 plus je me suis persuad que le silence domestique des ,amricains1 ce qui s'entend aussi des ,anglais1 des ,hollandais et des autres peuples du nord dont ils drivent1 est l'une des causes les plus radicales de leur industrie1 de leur activit1 de leur russite en agriculture1 en commerce1 en arts2 avec le silence ils concentrent leurs ides et se donnent le loisir de les combiner1 de faire des calculs exacts de leurs dpenses et de leurs rentres2 ils acquirent plus de nettet dans la pense1 et par suite1 dans l'expression2 d'o rsulte plus de prcision et d'aplomb dans tout leur systme de conduite publique ou prive4 ,par inverse1 avec la causerie et le perptuel caquet domestique1 le ,franais vapore ses ides1 les soumet la contradiction1 suscite autour de lui des tracasseries fminines1 des mdisances et des querelles de voisins1 et finit par avoir gaspill son temps sans rsultats utiles lui et sa famille4 ,l'on croit que ces dtails sont des bagatelles2 mais ils sont l'emploi du temps2 et le temps1 comme l'a dit ,franklin1 est l'toffe dont nous fabriquons la vie4 ,il faut que cette dissipation morale et physique ait une efficacit particulire rendre l'esprit superficiel2 car1 ayant plusieurs fois questionn des ,canadiens de frontire sur des distances de lieux et de temps1 sur des mesures de grandeur ou de capacit1 j'ai trouv qu'en gnral ils n'avaient pas d'ides nettes et prcises2 qu'ils recevaient les sensations sans les rflchir2 enfin1 qu'ils ne savaient faire aucun calcul un peu compliqu4 ,il y a1 me disaient-ils1 d'ici tel endroit1 la distance d'une ou de deux fumes de pipe2 l'on peut ou l'on ne peut pas y arriver entre deux soleils1 etc4 ,tandis qu'il n'est pas de colon amricain qui ne rponde avec prcision sur le nombre des milles1 des heures2 sur les grandeurs en pieds et yards1 sur les poids en livres ou gallons1 et qui ne fasse trs-bien un calcul compos de plusieurs lments actuels ou contingents3 or1 ce genre de science pratique a des consquences trs-importantes et trs-tendues sur toutes les oprations de la vie2 et ce qui pourra surprendre1 il est bien moins rpandu chez le peuple franais1 mme d',europe1 qu'on ne serait port le penser4 ,l'on pourra dire1 comme je l'ai ou assez souvent1 que ce besoin de conversation ou de causerie1 est un effet de la vivacit du sang1 et d'une gaiet expansive de temprament et d'esprit2 mais si j'en juge par ma propre exprience1 il est bien plutt un produit factice de l'habitude et de l'opinion2 tant all en ,turkie1 causeur comme un ,franais1 j'en revins aprs trois ans de rsidence1 silencieux comme un musulman2 de retour en ,france1 je repris aisment mes habitudes natives2 mais peine eus-je vcu quelques mois aux tats-,unis1 que je contractai de nouveau la taciturnit amricaine qui a encore disparu depuis que je suis revenu en ,france2 et je remarque que l'empire de ces habitudes nationales est d'autant plus puissant et plus subjuguant1 qu'il est fond sur des prjugs d'amour-propre et de bon ton social2 chez les ,turks et chez les ,amricains1 parler beaucoup est un attribut de basse classe1 un signe de peu d'ducation2 tandis que chez les ,franais1 se taire est une affectation de morgue et de hauteur2 entretenir est un tmoignage d'esprit et de politesse2 et l'on manque de l'un ou de l'autre si on laisse tomber la conversation4 ,c'est encore par un prjug de ce genre1 n de l'ducation et de l'opinion1 que souvent les ,franais taxent d'immoralit la facilit avec laquelle les ,amricains vendent et abandonnent leur sol natal ou acquis et amlior par leurs soins1 pour aller s'tablir dans un autre2 car l'on ne voit pas quel genre de moralit il peut y avoir rester dans un lieu o l'on ne se trouve pas bien2 mais quand on remonte l'origine de cette ide1 l'on dcouvre qu'elle a t invente par les lois et entretenue par les gouvernants d'un peuple primitivement serf4 ,enchaner les hommes leur glbe par des prjugs d'affection1 fut de tout temps le but secret ou dcouvert d'une politique oppressive1 et craintive de perdre sa proie4 ,or1 comme ce fut pour rompre de telles chanes religieuses et civiles1 que les ,amricains migrrent d'abord1 il ne serait pas tonnant que l'migration1 en devenant pour eux un besoin d'habitude1 ne runt encore leurs yeux le charme d'user de leur libert4 ,au reste1 les effets en sont et en seront bien autrement utiles la civilisation du monde que l'esprit vgtatif des peuples sdentaires1 qui prfrent de se consumer chez eux d'oisivet et de guerres1 s'en aller former au loin de brillantes et utiles colonies4 ,ce serait peut-tre ici le lieu de rechercher l'origine des habitudes taciturnes ou causeuses des deux nations dont je m'occupe2 d'examiner quelle analogie existe entre un ciel habituellement brumeux1 sombre1 et un temprament mlancolique et srieux2 si un temps froid et humide porte au spleen1 par quelque action physique sur les nerfs et sur les entrailles3 si1 par inverse1 un ciel clair1 un soleil brillant1 portent la gaiet1 par un effet stimulant du fluide lumineux sur le fluide nerveux1 lectrique comme lui2 mais parce qu'une telle question1 traite sous tous ses aspects1 se compliquerait d'une foule d'lments divers2 qu'il faudrait discuter pourquoi des peuples mridionaux1 tels que les ,indous1 les ,turks1 les ,espagnols1 sont aussi taciturnes que des peuples septentrionaux2 pourquoi en ,angleterre mme les habitans des villes trs-actives1 telles que ,londres1 ne sont pas moins causeurs que des ,franais2 pourquoi dans ces derniers temps nous-mmes avions cess de l'tre1 selon la remarque des trangers2 pourquoi dans tous les pays les femmes le sont plus que les hommes1 et les esclaves plus que les libres2 parce qu'enfin il faudrait analyser ce qu'on entend par nation2 voir si chaque classe1 chaque profession n'a pas un caractre moral propre1 et si le caractre gnral politique est autre chose que celui de la classe ou des individus qui gouvernent2 je me bornerai dire que les prtendus principes gnraux1 htivement poss par quelques crivains politiques1 sont en grande partie dmentis par une analyse exacte des faits2 et que le climat et le temprament1 alors mme qu'ils sont une cause physique primordiale du caractre d'un peuple1 sont soumis une cause postrieure et secondaire encore plus nergique1 l'action des gouvernements et des lois qui ont la facult de violenter nos actions1 de crer des habitudes nouvelles et contraires aux anciennes1 et par l de changer le caractre des nations1 ainsi que l'histoire en fournit de nombreux exemples4 ,le sujet que j'ai trait dans les deux articles prcdents m'en fournirait un lui-mme2 car en tudiant les murs des colons de ,gallipolis et du ,poste-,vincennes1 j'ai trouv des diffrences remarquables beaucoup d'gards1 et je me suis clairement aperu que les ,franais de ,louis ,,xiv et de ,louis ,,xv1 avec leurs ides fodales et chevaleresques1 taient de beaucoup infrieurs en industrie1 en ides de police1 la gnration qui1 depuis #agga1 a reu l'impression de tant d'ides librales en organisation sociale4 ,j'ai vivement regrett que cette colonie de ,sioto1 prcieuse par la moralit et l'industrie de ses membres1 n'ait pas t dirige ds le principe vers la ,wabash ou vers le ,mississipi3 l'addition de ses moyens ceux des anciens colons y et form une masse capable de se dfendre de l'invasion des ,sauvages et des agioteurs amricains1 et et pu devenir un noyau de ralliement pour d'autres ,franais prvoyants1 et dsireux de laisser leurs enfants un hritage de libert et de paix4 ,,article ,v4 ,,observations ,g,n,,rales ,,sur ,,les ,,indiens#agb ,,ou ,,sauvages ,,de ,l',,am,,rique-,,nord1 ,suivies d'un vocabulaire de la langue des ,mimis1 tribu tablie sur la ,wabash4 ,mon sjour au ,poste-,vincennes me fournit l'occasion d'observer les ,sauvages1 que j'y trouvai rassembls pour vendre le produit de leur chasse rouge#agc2 on portait leur nombre quatre ou cinq cents ttes de tout ge1 de tout sexe1 et de diverses nations ou tribus1 telles que les ,ouyas1 les ,pouryas1 les ,sakis1 les ,piankichas1 les ,mimis1 etc41 tous vivant sur la haute ,wabash4 ,c'tait la premire fois que je voyais loisir cette espce d'hommes dja devenue rare l'est des ,alleghanys3 leur aspect fut pour moi un spectacle nouveau et bizarre4 ,imaginez des corps presque nus1 bronzs par le soleil et le grand air1 reluisants de graisse et de fume2 la tte nue1 de gros cheveux noirs1 lisses1 droits et plats2 le visage masqu de noir1 de bleu et de rouge1 par compartimens ronds1 carrs1 losanges2 une narine perce pour porter un gros anneau de cuivre ou d'argent2 des pendeloques trois tages tombant des oreilles sur les paules1 par des trous passer le doigt2 un petit tablier carr couvrant le pubis1 un autre couvrant le coccyx1 tous deux attachs par une ceinture de ruban ou de corde2 les cuisses et les jambes tantt nues1 tantt garnies d'une longue gutre d'toffe#agd2 un chausson de peau fume aux pieds2 dans certains cas1 une chemise manches larges et courtes1 bariole ou chine de bleu1 de blanc1 flottante sur les cuisses2 par dessus elle une couverture de laine ou un morceau de drap carr jet sur une paule1 et nou sous le menton ou sous l'autre aisselle3 s'il y a prtention de parure pour guerre ou pour fte1 les cheveux sont tresss1 et les tresses garnies de plumes1 d'herbes1 de fleurs1 mme d'osselets3 les guerriers portent autour de l'avant-bras de larges colliers de cuivre ou d'argent1 ressemblants aux colliers de nos chiens1 et autour de la tte des diadmes forms de boucles d'argent et de verroterie3 la main1 la pipe ou le couteau1 ou le casse-tte1 et le petit miroir de toilette dont tout sauvage use avec plus de coquetterie pour admirer tant de charmes1 que la plus coquette petite-matresse de ,paris4 ,les femmes1 un peu plus couvertes sur les hanches1 diffrent encore des hommes1 en ce qu'elles portent1 presque sans cesse1 un ou deux enfants sur le dos1 dans une espce de sac1 dont les bouts se nouent sur leur front4 ,qui a vu des bohmiennes et des bohmiens a des ides trs-rapproches de cet attirail4 ,telle est l'esquisse du tableau1 et je le montre du beau ct4 ,car si l'on veut le voir tout entier1 il faut que j'ajoute que1 ds le matin1 hommes et femmes vaguaient dans les rues avec le but unique de se procurer de l'eau-de-vie2 que vendant d'abord les peaux de leur chasse1 puis leurs bijoux1 puis leurs vtements1 ils qutaient ensuite comme des mendiants1 ne cessant de boire jusqu' perte absolue de facults4 ,tantt c'taient des scnes burlesques1 comme de tenir la tasse deux mains pour y boire la manire des singes2 puis de relever la tte avec des clats de joie1 et de se gargariser de la liqueur dlicieuse et funeste2 de se passer le vase de l'un l'autre avec de bruyantes invitations2 de s'appeler tue tte1 quoiqu' trois pas seulement de distance2 de prendre leurs femmes par la tte et de leur verser de l'eau-de-vie dans la gorge avec de grossires caresses1 et tous les gestes ridicules de nos ivrognes de place4 ,tantt succdaient des scnes affligeantes1 comme de perdre finalement tout sens1 toute raison2 de devenir furieux et stupides1 de tomber ivres-morts dans la poussire ou dans la boue1 pour y dormir jusqu'au lendemain4 ,je ne sortais pas le matin sans les trouver par douzaines dans les rues et chemins autour du village1 vautrs littralement avec les porcs4 ,heureux si1 chaque jour1 il n'arrivait pas des querelles et des batteries coups de couteaux ou de casse-ttes qui1 anne commune1 produisent dix meurtres4 ,le #i aot1 quatre heures du soir1 vingt pas de moi1 un sauvage poignarda sa femme de quatre coups de couteau4 ,quinze jours auparavant1 mme accident tait arriv1 et cinq semblables l'anne prcdente4 ,de l des vengeances immdiates ou dissimules des parents et de la famille1 causes renaissantes d'assassinats et de guet-apens4 ,j'avais d'abord eu l'intention d'aller vivre quelques mois avec eux et chez eux pour les tudier1 comme je l'ai pratiqu envers les ,arabes bedouins2 mais lorsque j'eus vu ces chantillons de leurs murs domestiques2 lorsque divers habitants du ,poste1 qui leur servent d'aubergistes1 et vont traiter parmi eux1 m'eurent attest que le droit d'hospitalit n'existait point chez eux comme chez les ,arabes2 qu'ils n'avaient ni subordination ni gouvernement2 que le plus grand chef de guerre ne pouvait1 mme en campagne1 frapper ni punir un guerrier1 et qu'au village il n'tait pas obi par un autre enfant que le sien2 que dans ces villages ils vivaient isols1 pleins de mfiances1 de jalousies1 d'embches secrtes1 de vindettes implacables2 qu'en un mot leur tat social tait celui de l'anarchie et d'une nature froce et brute1 o le besoin et la force constituent le droit et la loi2 que d'ailleurs1 ne faisant point de provisions1 un tranger tait expos manquer de tout ncessaire1 de toute ressource2 je sentis la ncessit de renoncer mon projet4 ,mon plus vif regret fut de ne pas acqurir quelques notions sur leur langage1 et de n'en pouvoir obtenir un vocabulaire2 livre dont j'ai indiqu ailleurs#age l'importance chez les peuples qui n'ont pas d'autres monumens4 ,le missionnaire dont j'ai parl1 ,m4 l'abb ,r44441 ne me laissa aucun espoir cet gard4 ,lui-mme avait fait des tentatives et avait rencontr des obstacles insurmontables3 encore que plusieurs habitants du ,poste entendissent la langue de quelques tribus1 leur prononciation tait si dfectueuse1 ils avaient si peu d'ides d'aucune rgle de grammaire1 qu'il lui fut impossible d'en tirer parti4 ,il m'en convainquit dans une confrence que voulut avoir avec moi un chef des ,ouyas1 ancien et constant ami des ,franais4 ,nous ne pmes jamais astreindre l'interprte canadien traduire littralement1 et phrase phrase4--,il rsulta1 de toutes mes informations sur cette matire1 que la personne la plus capable et presque la seule capable de remplir mes vues tait un ,amricain nomm ,m4 ,wels1 qui1 enlev par les sauvages l'ge de treize ans1 et adopt par eux1 avait appris plusieurs de leurs dialectes avec les moyens que lui donnait une bonne ducation assez avance4 ,depuis que les sauvages avaient t battus et soumis par le gnral ,wayne 7aot #agid71 ,m4 ,wels avait eu la facult de rentrer dans son pays natal3 il servait dans ce moment d'interprte au gnral ,wayne1 qui concluait1 au fort ,dtroit1 un trait dfinitif avec plus de sept cents sauvages runis en grand conseil4 ,tout cela s'accordait fort bien avec mon projet de me rendre par le lac ri ,niagara3 je retournai donc sur mes pas ,louisville1 traversai le ,kentucky par ,francfort1 sa capitale1 par ,lexington1 qui n'avait pas une maison en #aghb1 et qui en a prs de cinq cents1 la plupart en briques1 bien bties2 de l je me rendis ,cincinnati1 o1 profitant d'un convoi d'argent qui se rendait ,dtroit1 je pus commodment1 grce au major ,swan1 suivre la route militaire que venait de tracer l'arme du gnral ,wayne travers une fort de cent lieues1 o nous ne trouvmes de gtes que cinq forts palissads nouvellement construits4 ,l'accueil que me fit ce gnral me donna lieu de croire que j'avais atteint mon but au del de mon espoir2 mais le tribut que je payai aux fivres du pays et de la saison me priva de tous mes avantages4 ,il fallut me rsoudre profiter d'un vaisseau unique pour passer le lac avant l'hiver1 et revenir ,philadelphie4 ,la fortune capricieuse m'y attendait pour m'y satisfaire moins de frais3 elle y amena1 l'hiver suivant 7#agig-ih71 ,m4 ,wels1 accompagnant un chef de guerre des ,mimis1 clbre chez les sauvages sous son nom de ,michikinakoua1 et chez les ,anglo-,amricains sous celui de ,petite-,tortue1 qui en est la traduction4 ,il fut l'un de ceux qui contriburent le plus la dfaite du gnral ,saint-,clair en #agia2 et si l'on et suivi son plan de ne combattre le gnral ,wayne qu'en interceptant ses convois1 il et galement dtruit cette arme1 ainsi que je l'ai entendu exprimer des officiers d'un mrite et d'un grade distingus4 ,aprs avoir t un ennemi redoutable aux tats-,unis1 ,petite-,tortue1 convaincu de l'impuissance finale de leur rsister1 a eu le bon esprit de porter sa tribu une capitulation raisonnable3 par un degr d'intelligence plus remarquable1 il a senti la ncessit de la faire vivre d'agriculture au lieu de chasse et de pche comme vivent les sauvages4 ,c'tait dans ce dessein qu'il venait ,philadelphie solliciter le congrs et la bienfaisante socit des ,amis#agf1 de lui procurer les moyens d'excuter cette louable entreprise4 ,il avait d'ailleurs t inocul de la petite-vrole ds son arrive1 et il demandait la mdecine1 contre la goutte et les rhumatismes dont il tait attaqu1 des secours que le gouvernement s'empressa de lui procurer4 ,cet incident me prsenta une occasion plus heureuse que je ne l'avais espre1 en m'offrant non-seulement une bouche interprte pour communiquer mes ides1 mais encore une bouche indigne pour me fournir les sons dans toute leur puret4 ,je me fis donc introduire auprs de ,m4 ,wels et du chef sauvage2 je leur expliquai mon plan avec ses motifs2 et ayant obtenu leur agrment1 j'employai neuf dix sances1 dont je pus jouir dans les mois de janvier et de fvrier #agih1 dresser le vocabulaire que je publie3 il fut la base de mon travail2 mais par pisodes de conversation1 il s'y mla beaucoup de notes curieuses que je recueillis avec d'autant plus de soin1 que les faits1 venant sans prparation1 taient par cela mme moins suspects d'altration1 et que l'habitude de me voir1 jointe ma qualit de ,franais1 diminua dans ,petite-,tortue cet esprit de mfiance et de soupon que portent les sauvages dans tous leurs discours4 ,chaque jour1 aprs notre sance1 j'crivis ce qui m'avait paru le plus intressant2 et ce sont ces observations qui1 runies celles que dans mes voyages j'avais recueillies des tmoins les plus judicieux1 forment aujourd'hui le texte que j'ai mis en ordre4 ,mon dessein n'est pas et n'a pu tre de traiter gnralement des sauvages3 un tel plan serait d'une trop vaste tendue1 puisqu'il existe une trs-grande diffrence de genre de vie1 d'habitudes et de murs1 entre les sauvages de divers climats1 des pays chauds ou des pays froids1 boiss ou dcouverts1 fconds ou striles1 arides ou baigns d'eau4 ,je me borne uniquement aux sauvages de l',amrique du nord1 avec l'intention de fournir1 dans cette question obscurcie par des paradoxes1 le contingent de mon tmoignage sur ce que j'y ai vu et reconnu de plus certain et de mieux prouv en faits4 ,je suppose mme que mon lecteur n'est point novice en cette matire1 et qu'il a lu les relations des voyageurs qui1 depuis quarante ans1 ont visit et dcrit ces contres#agg4 ,notre premier entretien dbuta par des renseignements sur le climat et le sol des ,mimis4 ,m4 ,wels me dit que cette tribu vivait sur les branches nord de la ,wabash1 que son langage se parlait chez toutes les peuplades rpandues le long de cette rivire jusque vers le lac de ,michigan2 telles que les ,ouyas1 ,pouryas1 ,piankichas1 ,poteouatamis1 ,kaskaskias1 et les ,indiens de la longue le2 qu'il a beaucoup d'affinit avec celui des ,chipwas1 des ,outaouas1 des ,chanis1 qui ne diffrent que comme dialectes2 mais il est tout--fait distinct du ,delaouaise2 le son nasal est frquent dans le ,mimi1 et je crus la premire fois entendre du turc4 ,m4 ,wels m'ajouta que leur pays tait partie bois1 partie en prairies1 et sensiblement plus froid que le ,poste-,vincennes4 ,ayant quitt ce dernier lieu aprs un dgel complet1 il avait retrouv la mme neige #ej lieues plus nord1 sans avoir remarqu d'lvation montueuse dans le terrain4 ,l'air ,philadelphie lui semblait moins piquant4 ,les vents rgnants aux ,mimis sont presque les mmes qu' la cte atlantique2 en hiver nord-ouest rapide1 clair et tranchant2 rare et doux en t4 ,alors domine le sud-ouest chaud1 nuageux1 quelquefois orageux4 ,le sud est le grand pluvieux2 le nord1 le grand neigeux en hiver1 mais en t clair et doux4 ,le sud est rare2 le nord encore plus4 ,le sol est fertile1 le mas plus beau1 la chasse plus abondante que sur toute la cte atlantique4 ,aussi les naturels1 surtout les ,poteouatamis1 sont-ils une race grande et belle 7et moi-mme j'en puis dire autant des ,chanis du fort ,mimi1 dont les femmes m'ont tonn par leur taille1 mais nullement par leur beaut74 ,pendant ce temps j'avais observ ,petite-,tortue1 qui faute d'entendre l'anglais ne prenait point part l'entretien2 il se promenait en s'pilant les poils de la barbe1 et mme des sourcils2 il tait vtu l'amricaine1 en habit bleu1 pantalon1 et chapeau rond4 ,je lui fis demander comment il se trouvait de cet habillement si diffrent au sien3 ,l'on est d'abord gn1 dit-il2 puis l'habitude vient1 et comme cela garantit du froid et du chaud1 on le trouve bon4 ,il avait retrouss ses manches2 je fus frapp de la blancheur de sa peau entre le pli du coude et le poignet4 ,j'y comparai la mienne2 elle n'en diffrait point4 ,le hle avait bruni le dessus de mes mains autant que les siennes1 et nous paraissions tous deux avoir une paire de gants4 ,je trouvai sa peau trs-douce au toucher2 en tout1 la peau d'un ,parisien4 ,alors s'engagea entre nous une longue discussion sur la couleur des sauvages2 cette couleur dite de cuivre rouge1 que l'on prtend leur tre inne comme le noir aux ,africains1 et les constituer une race distincte4 ,les faits rsultants de cette discussion furent que les sauvages se dsignent eux-mmes par le nom d'hommes rouges2 qu'ils estiment1 comme de raison1 leur couleur plus que le blanc2 que cependant ils naissent blancs comme nous#agh2 que dans l'enfance ils sont tels#agi jusqu' ce qu'ils aient t brunis par le soleil et par les graisses et les sucs d'herbes dont ils s'oignent2 que les femmes mme ont toujours blanche la portion de la ceinture1 des hanches et des cuisses qui ne cesse pas d'tre couverte de vtements2 en un mot1 qu'il est radicalement faux que cette couleur1 prtendue cuivre1 soit inne1 ni qu'elle soit la mme pour tous les indignes de l',amrique du nord2 qu'au contraire elle varie de nation nation1 et qu'elle est un de leurs moyens de se reconnatre4 ,j'observai que ,m4 ,wels1 qui vit depuis quinze annes chez eux et comme eux1 avait leur teint et non celui des ,amricains2 et quant la vraie nuance de ce teint1 elle m'a paru couleur de suie ou de jambon fum1 nettoy et luisant1 parfaitement semblable au teint de nos paysans de la ,loire et du ,bas-,poitou1 qui1 comme les sauvages1 vivent d'un air chaud et un peu marcageux2 semblable encore au teint des ,espagnols andalous4 ,sur cette remarque que je communiquai1 ,petite-,tortue rpondit3 ,j'ai vu des ,espagnols de ,louisiane1 et n'ai trouv entre eux et moi aucune diffrence de couleur2 pourquoi y en aurait-il8 ,chez eux comme chez nous1 elle est l'ouvrage du pre des couleurs1 le soleil qui nous brle4 ,vous mmes1 blancs1 comparez la peau de votre visage celle de votre corps4 ,et cela me rappela qu'au retour de ,turkie1 quand je quittai le turban1 une moiti de mon front au-dessus des sourcils tait presque bronze1 tandis que l'autre prs des cheveux tait blanche comme le papier4 ,si1 comme la physique le dmontre1 il n'y a de couleur que par la lumire1 il est vident que les diverses couleurs des peuples ne sont dues qu' diverses modifications de ce fluide avec d'autres lments qui agissent sur notre peau1 et qui mme la composent4 ,tt ou tard il sera dmontr que le noir des ,africains n'a pas d'autre origine#ahj4 ,les traits de ,petite-,tortue me frapprent par leur ressemblance avec ceux de cinq ,tartares chinois qui taient venus ,philadelphie1 la suite de l'ex-ambassadeur hollandais ,vanbraam4 ,cette ressemblance des ,tartares avec les sauvages de l',amrique du nord a frapp tous ceux qui ont vu les uns et les autres2 mais peut-tre s'est-on trop press d'en induire que ceux-ci sont originaires d',asie4 ,comme les sauvages ont des ides de gographie1 je communiquai ,petite-,tortue nos systmes sur cette question2 et pour les lui faire mieux entendre1 je lui portai une mappemonde comprenant la partie orientale d',asie et le nord-ouest d',amrique4 ,il reconnut fort bien les lacs du ,canada1 ,michigan1 suprieur1 et les fleuves ,ohio1 ,wabash1 ,mississipi1 etc42 il examina le reste avec une curiosit qui me prouva la nouveaut du sujet pour lui4 ,mais l'astuce d'un sauvage est de ne jamais marquer de surprise4 ,quand je lui eus expliqu les moyens de communication par le dtroit de ,baring et par les les ,alutiennes1 ,pourquoi1 me dit-il1 ces ,tartares qui nous ressemblent ne seraient-ils pas venus d',amrique8 y a-t-il des preuves du contraire8 ou bien pourquoi ne serions-nous pas ns chacun chez nous8 ,et en effet1 ils se donnent une pithte qui signifie n du sol#aha 7,metoktheniak74 ,je n'y vois pas d'objection1 lui dis-je2 mais nos robes noires ne veulent-pas le permettre#ahb4 ,il y a seulement la difficult d'imaginer comment les races quelconques ont commenc4 ,il me semble1 dit-il en souriant1 que c'est tout aussi obscur pour les robes noires que pour nous4 ,j'ai dit que ces sauvages d',amrique ressemblent aux ,tartares2 mais pour que cette assertion ait toute sa prcision1 il est ncessaire d'y faire une exception2 car les ,eskimaux qui habitent le nord vers la mer ,glaciale1 ne sont point ,tartares2 et la race d'hommes aux yeux gris qui peuplent l'archipel de ,noutka-,sund et tous les rivages adjacents1 sont galement une race distincte4 ,c'est celle qui habite le reste du continent et qui forme l'immense majorit1 qu'appartient le caractre tartare2 et ici je mets encore les ,kalmouks part1 car les sauvages n'ont pas1 comme eux1 le nez cras1 ni toute la face aplatie4 ,en gnral1 leurs traits sont1 un visage triangulaire par le bas et presque carr par le haut2 le front bien pris2 les yeux trs-noirs1 enfoncs1 vifs1 plutt petits que grands2 les pommes des joues un peu saillantes2 le nez droit2 les lvres plutt fines qu'paisses2 les cheveux noirs-jais1 lisses1 plats1 sans aucun exemple d'un blond2 le regard souponneux et dcelant un fonds de frocit4 ,telle est en gnral leur physionomie1 qui se modifie ensuite selon les peuplades et les individus4 ,au ,poste-,vincennes et au ,dtroit1 je remarquai beaucoup de leurs figures1 qui me rappelrent celles des ,fellahs d'gypte1 et mme de plusieurs ,bedouins3 outre la couleur de la peau1 la qualit des cheveux et plusieurs autres traits1 ils ont cela de commun avec les uns et les autres1 que la bouche est taille en requin1 c'est--dire1 les cts plus abaisss que le devant1 et que les dents1 petites1 blanches1 et trs-bien ranges1 sont aigus et tranchantes comme celles des chats et des tigres#ahc4 ,la raison naturelle de ces formes ne serait-elle pas leur habitude de mordre plein morceau1 sans jamais user de couteau8 ,cette habitude donne videmment aux muscles une attitude qu'ils finissent par retenir1 et cette attitude finit aussi par modifier les solides4 ,en partant de cette ide1 la ressemblance des traits entre des peuples1 surtout sauvages1 trs-distants1 n'est pas une preuve d'origine ou de parent1 aussi certaine qu'on veut le dire2 car il pourrait trs-bien arriver que ce ft l'analogie des influences du climat1 du sol1 des aliments1 des habitudes1 en un mot1 de tout le rgime qui ft la cause de la ressemblance des corps et des physionomies4 ,je ne dis rien de leurs femmes1 parce que leurs traits ne m'ont point paru diffrents4 ,je ne m'oppose point d'ailleurs ce qu'il y en ait de jolies1 comme le prtendent quelques voyageurs4 ,en voyage1 l'apptit donne souvent du got des mets que l'on trouverait insipides ailleurs4 ,je dirai trs-peu de chose aussi de l'usage qu'a la tribu des ,chacts1 de donner au crne des enfants nouvellement ns la forme d'une pyramide tronque1 en pressant leur tte encore molle avec un moule fait de petites planchettes3 cette bizarre pratique est si efficace1 que la nation entire est reconnue sa tte plate1 qui est devenue son pithte4 ,quelques crivains mme de mrite ont prtendu que tous les sauvages se ressemblaient si fort1 que l'on avait peine les distinguer les uns des autres4 ,srement ces crivains diraient aussi que tous les ngres et tous les moutons se ressemblent2 mais cela prouve seulement qu'ils n'y ont pas regard de si prs que le berger et le marchand d'esclaves4 ,de nation nation1 me dit ,petite-,tortue1 nous nous reconnaissons au premier coup-d'il3 le visage1 la couleur1 la taille1 les genoux1 les jambes1 les pieds sont pour nous des indices certains2 la piste distingue non-seulement les hommes1 les femmes et les enfants1 mais encore les peuplades4 ,vous autres blancs1 vous tes frappants avec vos pieds en dehors3 nous les portons tout droits pour trouver moins d'obstacles dans les broussailles4 ,quelques peuples les portent plus en dedans1 ont le pied plus large1 plus court1 appuient plus du talon1 ou de l'orteil1 etc4 ,ce sont sans doute les mmes crivains1 ou de semblables1 qui ont accrdit dans le monde l'erreur que les sauvages n'ont point de barbe3 il est vrai qu'ils n'en montrent point2 mais c'est parce qu'ils prennent un soin particulier1 continuel1 presque superstitieux1 de se l'arracher et de s'piler tout le corps4 ,c'est le tmoignage unanime de tous les voyageurs qui les ont bien observs1 tels que ,bernard ,romans1 ,carver1 ,jean ,long1 ,umfreville1 etc43 l'auteur du ,british-,empire qui1 en #agjg1 crivait sur la foi des meilleurs tmoignages1 ,oldmixon dit1 tom4 ,i1 pag4 #bhf3 ,les ,indiens n'ont point de barbe1 parce que pour l'extirper ils usent de certaines recettes qu'ils ne veulent pas communiquer4 ,l'exprience a fait connatre que ces recettes taient de petites coquilles avec lesquelles ils la pincent3 depuis qu'ils ont connu les mtaux1 ils ont imagin de rouler un fil de laiton sur un bois rond1 de la grosseur du doigt1 et d'en faire une spirale ou boudin ressort1 qui saisit entre ses plis et arrache une quantit de poils la fois4 ,il est inconcevable que le baron ,lahontan chez nous1 et lord ,kaims chez les ,anglais1 aient ignor ou ni un fait si gnral2 mais il est tout simple que le paradoxal docteur ,paw se soit empar de cette anomalie pour en tayer l'difice de ses rveries4 ,petite-,tortue et ,m4 ,wels ne me laissrent aucun doute sur cette question3 le premier s'amusait sans cesse s'arracher mme les poils des sourcils1 comme les ,turks s'amusent rouler leur barbe4 ,il ne serait pas tonnant que cet exercice1 continu sur plusieurs gnrations1 affaiblt les racines de la barbe4 ,quant aux poils du corps1 j'ai vu moi-mme plusieurs sauvages1 ceux des aisselles longs et droits m'tonner4 ,serait-ce parce qu'tant exposs l'air1 ils croissent plus en libert8 cette ide d'arracher la barbe a-t-elle eu pour cause premire l'intention d'ter l'ennemi une prise dangereuse sur la figure8 ,cela me semble probable4 ,l'on vante1 avec raison1 la taille des sauvages3 elle est1 en gnral1 svelte et bien prise1 plus grande1 plus forte chez ceux qui ont un sol arros et fertile comme ceux de la ,wabash2 plus mince1 plus courte chez ceux qui ont un mauvais sol1 comme tous ceux du ,nord1 pass le #de4 ,mais si l'on ne voit jamais parmi eux ni boiteux1 ni manchot1 ni bossu1 ni aveugle1 avant d'en tirer des inductions trop favorables pour leur genre de vie1 il est bon d'observer que tout sujet n faible prit ncessairement de bonne heure par l'effet des fatigues il arrive mme que les parents dlaissent ou dtruisent l'enfant mal conform qui leur serait charge4 ,ainsi1 la loi de ,lycurgue ,sparte se trouve en activit chez les sauvages1 non par transmission ou communication1 mais par identit de circonstances2 parce que chez les peuples pauvres1 faibles et toujours en guerre1 il n'y a pas de superflu pour nourrir des bras inutiles4 ,c'est par la suite de cette pauvret que chez beaucoup de sauvages1 particulirement au nord du ,lac suprieur1 quand les vieillards deviennent charge1 on les envoie vivre dans l'autre climat2 c'est--dire qu'on les tue1 comme il se pratiquait chez des sauvages de la mer ,caspienne et de la ,scythie1 selon le rcit d',hrodote4 ,et pour prouver combien est misrable la vie sauvage1 c'est eux-mmes ordinairement qui demandent cesser d'exister4 ,si par accident de maladie ou de guerre un sauvage est mutil1 c'est un homme perdu4 ,comment un invalide pourrait-il rsister un ennemi muni de tous ses membres8 comment pourrait-il chasser1 pcher1 se procurer une subsistance quelconque1 que personne1 dfaut de lui-mme1 ne lui donnera8 ,car chez eux personne n'a et ne peut avoir de rserves1 et dans ce genre de vie1 chacun est rduit ses propres moyens casuels et variables4 ,par ces mmes motifs1 l'on ne voit chez eux ni hernies1 ni maladies chroniques2 ,sois fort ou meurs1 semble leur dire la nature sauvage qui les environne1 et qui dans sa duret ne laisse pas mme l'galit du choix1 puisqu'elle-mme souvent rend les obstacles plus grands que la force4 ,l'on a aussi vant la sant robuste des sauvages3 sans doute l'habitude de toute intemprie donne leur constitution une vigueur que l'on n'attend pas de la vie effmine des cits2 mais pour apprcier leurs avantages cet gard1 il faut observer que leur manire de vivre les soumet des irrgularits et des excs incompatibles avec une sant constante et un temprament vraiment robuste4 ,hassant la vie agricole1 sdentaire et captive1 prfrant la vie vagabonde et aventurire de la chasse et de la pche1 ils n'ont et ne peuvent avoir de magasins ni de provisions durables3 par consquent ils sont exposs de dures alternatives de famine et de satit3 quand le gibier abonde1 quand ils peuvent chasser sans crainte de surprise1 c'est un temps de jouissance et de gloutonnerie2 mais lorsque le gibier manque plusieurs jours de suite1 comme il arrive chaque hiver1 ou qu'ils n'osent s'carter de crainte de l'ennemi1 alors ils sont souvent rduits vivre comme des loups1 d'corces d'arbres ou de bulbes terrestres4 ,ils ont bien imagin1 et je crois depuis peu de temps1 de scher les viandes et de les rduire en poudre trs-fine2 mais jamais ces secours ne sont capables de durer toute une saison4 ,qu'aprs de violents jenes1 il leur tombe une proie1 un daim1 un ours1 un bison1 ils s'asseyent dessus comme des vautours1 et ne cessent de dpicer et de dvorer le cadavre1 jusqu' ce qu'ils tombent suffoqus d'aliments4 ,cet usage en fait des guides intraitables dans tout voyage rgulier4 ,ce qu'en de telles occasions leur estomac engloutit1 serait une chose incroyable1 si des tmoignages authentiques et nombreux n'excluaient tout doute3 il est notoire sur toutes les frontires que deux sauvages affams feront aisment1 en un seul repas1 disparatre un daim tout entier1 et ne seront pas encore rassasis4 ,cela rappelle ces hros de la guerre de ,troie1 qui dvoraient des agneaux et des moitis de veaux2 et cela nous prouve que ces hros n'taient que des sauvages vivant dans des circonstances semblables4 ,or1 de tels excs ne peuvent manquer de produire des dsordres de sant3 aussi est-il maintenant constat que les sauvages sont sujets aux maux d'estomac1 aux fivres bilieuses1 aux intermittentes1 aux phthisies et aux pleursies4 ,les fractures et les luxations ne sont pas rares chez eux1 mais ils les remettent assez bien4 ,les rhumatismes les fatigueraient davantage s'ils n'avaient pas l'usage des fumigations1 au moyen des cailloux ardents4 ,l'on sait les ravages qu'exerce la petite vrole1 sans doute par l'obstacle qu'oppose l'ruption une peau endurcie4 ,m4 ,jefferson leur procurera un bienfait immense en leur faisant enseigner l'art de la vaccine1 ainsi que l'ont publi les journaux4 ,depuis quelques annes1 des missionnaires quakers et moraves1 qui ont succd aux jsuites1 nous ont appris que les tribus converties par ceux-ci taient devenues plus robustes1 portaient de plus lourds fardeaux1 taient moins souvent malades2 et ils ont trs-bien vu que la raison en tait le rgime plus rgulier1 la nourriture plus gale1 auxquels on les avait assujettis4 ,un autre fait galement notoire1 est que tout ,europen qui s'est adonn la vie sauvage est devenu plus fort1 en a mieux support tous les excs que les sauvages mmes4 ,la supriorit des ,virginiens et des ,kentockois sur eux1 a t constate1 non-seulement de troupe troupe1 mais d'homme homme dans toutes les guerres4 ,je ne citerai pas1 en preuve de faiblesse1 le battement du pouls que ,m4 le docteur ,rush prtend tre plus lent chez les sauvages3 car dans le mme temps et sur les mmes individus1 ,m4 le docteur ,barton n'observait rien de semblable1 et le pouls de ,petite-,tortue m'a paru tout--fait semblable au mien4 ,je ne citerai pas non plus la faiblesse de leurs apptits vnriens1 parce qu'elle tient une cause tout--fait diffrente4 ,c'est par principe1 par ncessit de conservation1 que le sauvage est continent et presque chaste3 la moindre perte de ses forces par la dbauche1 pourrait lui coter la vie ds le lendemain1 en diminuant ses moyens de dfense ou de rsistance dans une attaque de la part des hommes ou de la nature4 ,en traitant des inconvnients de la vie sauvage1 je demandai ,m4 ,wels s'il tait vrai que beaucoup de blancs la prfrassent1 et pourquoi ils la prfraient la vie que nous appelons civilise4 ,sa rponse1 qui fut longue et dtaille1 s'accorda avec tout ce que j'ai appris en ,kentucky1 au ,poste-,vincennes et ,dtroit1 de personnes senses et exprimentes4 ,le rsultat unanime des faits est que les ,canadiens1 c'est--dire le sang franais1 fournissent plus de ces sujets que les ,amricains1 c'est--dire que le sang allemand et anglais4 ,ces derniers ont pour les sauvages une antipathie naturelle1 que les cruauts des ,indiens sur les prisonniers ont encore exalte4 ,les ,anglo-,amricains rpugnent mler leur sang avec les ,sauvagesses1 tandis que pour les ,canadiens c'est une friandise de libertinage4 ,nanmoins1 le got de la vie sauvage a moins lieu chez les hommes faits que chez les jeunes gens au-dessous de #ah ans3 parmi les ,amricains1 ceux-l seulement s'y attachent1 qui ont t enlevs prisonniers en bas ge2 parce que l'excessive libert qu'elle leur procure pour s'amuser1 jouer et courir1 plat bien plus aux enfants que la contrainte des coles dans les bourgs1 et que les punitions que l'on y inflige leur paresse4 ,l'enfance1 comme l'on sait1 ne respire que dissipation et dsuvrement4 ,il faut des annes pour lui faire contracter l'habitude du travail et de l'tude2 il ne faut que quelques jours de cong pour lui donner celle de l'indpendance et de l'oisivet4 ,il parat que ce sont l les deux penchants naturels de l'homme auxquels il revient machinalement4 ,quant aux adultes1 surtout ,amricains1 pris et adopts par les sauvages1 presque aucun ne peut s'habituer leur vie3 moi-mme1 dit ,m4 ,wels1 quoique emmen l'ge de #ac ans 7il m'a paru en avoir #cb71 puis adopt1 bien trait1 jamais je n'ai pu perdre le souvenir des jouissances sociales que j'avais dja gotes4 ,a l'gard de ceux qui de plein gr passent chez les sauvages1 et la plupart sont des ,canadiens1 ce sont en gnral de mauvais sujets1 libertins1 paresseux1 de temprament violent ou de peu d'intelligence4 ,l'espce de crdit qu'ils acquirent chez les sauvages1 flatte leur amour-propre1 en mme temps qu'une vie licencieuse avec les sqaws ou sauvagesses sduit la passion dominante de leur fougueuse jeunesse2 mais lorsqu'ils vieillissent1 rduits l'extrme misre1 ils ne manquent presque jamais de se rapatrier1 dplorant trop tard leurs carts4 ,parmi nous1 dit ,m4 ,wels1 pour peu que l'on ait d'industrie1 l'on se procure au prsent une vie commode1 et l'on se prpare pour l'avenir1 des douceurs dont la vieillesse fait sentir tout le prix4 ,on cre une ferme1 on lve des enfants qui1 lorsqu'on est impotent1 vous closent doucement les yeux4 ,dans l'tat sauvage1 au contraire1 toute jouissance se borne boire1 manger 7encore pas toujours71 chasser2 toute carrire d'ambition se rduit tre un grand guerrier1 clbre chez cinq ou six cents hommes4 ,l'ge vient1 les forces baissent1 la considration dcline1 et l'on finit par les infirmits1 le mpris1 l'extrme misre1 et la ncessit ou le besoin de se faire tuer4 ,l',indien n'en peut jamais employer un autre son service3 chez eux1 obir et servir1 mme de bon gr1 est une sorte d'opprobre rserv aux femmes4 ,un grand guerrier ne doit rien faire que combattre et chasser4 ,les femmes portent tout le fardeau du mnage1 du labourage1 s'il y en a1 et en voyage du transport des enfants et des ustensiles4 ,ce sont littralement des btes de somme4 ,elles n'hritent pas mme des maris3 que demain ,petite-,tortue retourne chez lui et meure2 tous les prsents qu'il a reus1 habits1 chapeaux1 colliers1 seront partags1 presque pills2 rien ne passera ses enfants4 ,c'est un usage de sa tribu1 commun bien d'autres3 vivants1 ils ont la proprit de leurs meubles1 armes et bijoux2 mais comme leur mort leurs couteaux1 leurs pipes mme ne passent point aux enfants1 l'on peut dire qu'ils n'en ont que l'usufruit4 ,encore moins connaissent-ils de proprit foncire en maisons et en terres3 ainsi1 toute l'ambition du sauvage est concentre dans un petit cercle de besoins1 plutt dfensifs qu'extenseurs de son existence4 ,cette existence sans cesse menace1 est elle-mme concentre au prsent4 ,la possibilit de prir tout instant est la plus constante1 la plus radicale des penses du sauvage2 il use de la vie comme d'un meuble prt se briser toute heure par la foule des accidents qui l'entourent4 ,familiaris ds l'enfance avec cette ide1 il n'en est point affect3 c'est la ncessit1 il s'y rsigne ou il la brave4 ,mais par une consquence naturelle1 il n'est attach rien au monde qu' ses armes1 et peut-tre un compagnon ou ami1 qui est pour lui un moyen additionnel de dfense et de conservation4 ,il caresse ses enfants1 comme tout animal caresse ses petits4 ,quand il les a ballotts1 embrasss1 il les quitte pour aller la chasse ou la guerre sans y plus penser2 il s'expose au pril sans s'inquiter de ce qu'ils deviendront3 ils lutteront contre le sort1 contre la nature2 ils mourront jeunes ou vieux1 peu importe1 puisqu'il faut qu'ils meurent4 ,aussi le suicide n'est-il point rare parmi eux2 ils se tuent par dgot de la vie1 quelquefois par dpit amoureux1 par colre contre un grand affront qu'ils ne peuvent repousser4 ,ils vivent tout en sensations1 peu en souvenirs1 point en esprances4 ,s'ils sont bien portants1 ils foltrent1 dansent et chantent3 s'ils sont malades ou fatigus1 ils se couchent1 fument et dorment2 mais comme trs-souvent leur repos et leurs aliments ne sont point leur disposition1 il est difficile de voir l de la libert et du bonheur4 ,telle fut ce jour-l la substance de notre entretien1 qui me frappa d'autant plus1 qu'il tait le rsultat d'une exprience de #ab #ae ans4 ,je voulais1 par contre-partie1 m'informer des motifs qui empchent les sauvages de s'tablir chez les blancs1 et qui ont dtermin en plusieurs rencontres ceux que l'on y avait levs prfrer le retour leurs habitudes natives2 le temps et la convenance me manqurent2 mais peu de jours aprs1 je fus plus heureux1 et ce fut ,petite-,tortue lui-mme qui m'en dveloppa les raisons4 ,des quakers taient venus lui faire visite1 et entre diverses offres de service1 ils lui proposrent de rester aussi long-temps qu'il voudrait1 mme pour toujours1 l'assurant qu'il ne manquerait de rien4 ,quand ils furent partis1 je fis dire ,petite-,tortue3 ,vous connaissez ces gens-l2 ils offrent peu et rarement1 mais quand ils offrent1 on y peut compter4 ,qui vous empcherait de rester chez les blancs8 ,n'tes-vous pas mieux ici que sur la ,wabash8 ,il ne se pressa point de me rpondre1 selon le caractre froid et rserv des sauvages4 ,quand il eut un peu rv en se promenant et s'pilant1 voici ce qu'il me dit3 ,oui1 je me suis assez bien habitu tout ceci2 ces habits sont chauds et bons ma goutte2 ces maisons garantissent bien de la pluie1 des vents1 du soleil2 on y a sous la main tout ce qui est commode2 ce march 7celui de la rue ,seconde tait sous les fentres7 fournit tout ce qu'on dsire1 et l'on n'est pas oblig de courir aprs le daim dans les bois4 ,au total1 cela vaut mieux que chez nous2 mais ici1 moi1 je me trouve sourd et muet4 ,je ne parle pas comme vous2 je n'entends et ne puis me faire entendre4--,quand je vais dans les rues1 je regarde chacun dans sa boutique occup un travail4 ,l'un fait des souliers1 l'autre des chapeaux1 l'autre vend de la toile1 et chacun vit de ce travail4 ,je me demande1 que sais-tu faire de tout cela8 ,rien du tout4 ,je sais faire un arc1 une flche1 prendre du poisson1 tuer du gibier1 aller la guerre2 mais de toutes ces choses aucune ne sert ici4 ,apprendre celles que l'on y fait serait long1 difficile1 incertain4 ,l'ge vient2 si je restais avec les blancs1 je serais un meuble inutile aux miens1 inutile aux blancs et moi4 ,que fait-on d'un meuble inutile8 ,il faut retourner chez moi4 ,ce peu de mots bien analys1 contient la solution du problme4 ,pour toute transplantation1 la langue est un obstacle majeur2 car vivre dans un pays sans y pouvoir converser1 est un tat insupportable2 apprendre cette langue est un travail d'esprit long et pnible4 ,long-temps aprs qu'on la parle1 s'noncer avec correction et volont est encore une difficult sentie chaque instant1 et qui chaque instant dcourage4 ,cet obstacle vaincu1 et il ne l'est jamais bien que par la jeunesse1 il en reste trois autres puissants3 #a l'impression des habitudes premires de l'enfance1 dont l'effet est tel1 qu'aprs bien des observations1 il me parat certain que ds l'ge de cinq ans le systme moral d'un homme a pris la direction et le pli qu'il conservera toute sa vie4 ,il y a dveloppement selon les circonstances1 mais il ne se produit rien de neuf dans le caractre2 tout part d'un mme fond2 #b la privation des parents et des amis1 dont la frquentation est un lien physique et moral2 #c l'chafaudage de travaux et de peines qu'exige notre tat social de la part d'un sauvage1 sans compter la difficult physique de se soumettre la vie contrainte et captive de nos cits1 et de renoncer ses habitudes insouciantes et vagabondes4 ,ces hommes sont rellement dans l'tat des oiseaux et des animaux farouches que l'on n'apprivoise jamais quand on les prend adultes4 ,les missionnaires ont fort bien senti cette vrit1 et ils conviennent tous qu'on ne civilisera les sauvages qu'en commenant leur ducation ds l'enfance1 ds la naissance1 et en les prenant pour ainsi dire dans le nid1 comme les petits oiseaux que l'on appelle ,niais4 ,ce penchant vers l'indpendance1 qui est celui de la paresse et de l'oisivet1 est si naturel1 que l'on a fait aux tats-,unis l'observation suivante1 savoir3 que1 parmi les artisans migrants de l',europe1 tous ceux qui n'ont pas assez de moyens intellectuels pour se procurer de bons tablissements dans les villes1 se htent1 sitt qu'il ont gagn une petite somme1 d'acheter des terres dans l'intrieur o elles sont un demi-dollar ou un quart de dollar l'acre1 pour s'y tablir propritaires libres2 et parce que bientt ils trouvent fort dure la vie d'abatteurs de bois1 ils y mlent la vie de chasseur et de pcheur1 c'est--dire1 qu'ils deviennent demi-sauvages2 mais de quel prix paie-t-on cette libert sauvage8 ,nous en avons dja quelques chantillons2 continuons d'en examiner les dtails4 ,petite-,tortue1 me dit ,m4 ,wels1 a toute raison de penser comme il fait2 s'il tardait de retourner chez lui1 il perdrait son crdit parmi ses compatriotes4 ,dja ce n'est qu'avec bien des mnagements qu'il peut le conserver4 ,en arrivant1 il faudra qu'il reprenne d'abord le costume et les usages indiens1 qu'il ne dise pas trop de bien des ntres1 de peur de choquer leur orgueil1 qui est extrme4 ,dans ces villages1 la jalousie de chaque guerrier1 de chaque sauvage1 rend la situation des chefs aussi dlicate que celle d'un chef de parti dans l'tat le plus dmocratique2 et le leur est en effet une dmocratie extrme et terrible4 ,cet homme a chez lui de bons vtements1 du th1 du caf2 il a mme une vache2 sa femme fait du beurre2 mais il se garde d'user de ces douceurs1 il les rserve pour la rception des trangers blancs4 ,dans les premiers temps o il eut une vache1 elle lui fut tue de nuit1 mchamment1 et il dut feindre de ne pas connatre l'auteur1 et de la croire malade4 ,quoi6 repris-je avec l'air de l'tonnement1 est-ce que ces hommes de la nature connaissent l'envie1 la haine1 les basses vengeances8 ,nous avons chez nous de brillants esprits qui assurent que ces passions ne naissent que dans nos socits civilises4--,eh bien6 rpondit ,m4 ,wels1 qu'ils viennent passer trois mois chez les sauvages1 et ils s'en retourneront convertis4 ,alors il me confirma tout ce que j'avais appris au ,poste-,vincennes et en ,kentucky1 de la vie anarchique et tracassire des peuplades1 soit errantes1 soit sdentaires4 ,il m'observa que les vieillards assembls n'avaient aucun pouvoir corcitif sur les jeunes2 que le premier jeune guerrier mutin ou superstitieux1 pouvait en un matin ameuter une jeunesse toujours turbulente1 parce qu'elle est oiseuse1 et dterminer une guerre qui compromettait toute la peuplade2 que de tels accidents n'avaient pas seulement pour cause l'ivresse1 et par consquent le commerce avec les blancs1 mais des ides superstitieuses communes tous les sauvages1 et une certaine inquitude d'esprit et de corps1 une soif particulire de sang tenant de la nature des tigres et des btes froces4 ,il me donna des dtails curieux sur toutes les petites tracasseries de village et de voisinage1 sur les grandes et fortes animosits qui en rsultaient1 ainsi que sur les haines implacables pour le moindre affront et sur les vindettes ou vengeances de talion1 pour toute mort ou mutilation4 ,j'en avais eu un exemple saillant sous les yeux au ,fort ,mimi1 dans la personne du chef clbre ,blue-,jockey2 ce sauvage s'tant enivr1 en rencontra un autre qui il gardait haine depuis #bb ans4 ,se voyant seul1 il profita de l'occasion1 et le tua4 ,le lendemain1 toute la famille en armes de demander sa mort4 ,il vint au fort ,mimi trouver le capitaine ,marshal1 commandant1 de qui je tiens le fait1 et il lui dit3 ,qu'ils veuillent me tuer1 cela est juste2 mon cur a vent son secret2 la liqueur m'a rendu fou1 mais tuer mon fils1 comme ils en menacent1 cela n'est pas juste4 ,pre1 voyez si cela peut s'arranger4 ,je leur donnerai tout ce que je possde3 deux chevaux1 mes bijoux d'or et d'argent3 mes plus belles armes1 except une paire4 ,s'ils ne veulent pas accepter1 qu'ils prennent jour et lieu2 je me rendrai seul1 et ils me tueront4 ,cette loi du talion se trouve chez tous les peuples barbares1 c'est--dire1 sans gouvernement rgulier1 parce qu' dfaut de l'autorit publique1 elle est le seul prservatif des individus et des familles4 ,imaginer que ce soit une transmission ou une communication des ,hbreux ou des ,arabes1 est une rverie qu'il faut laisser aux visionnaires qui btissent toute l'histoire des nations sur un ftu4 ,ce peut bien tre les ,arabes qui l'ont tablie en ,italie1 en ,espagne1 en ,corse1 etc4#ahd2 mais il serait trs-possible que la barbarie l'y et tablie avant eux et sans eux4 ,cependant1 ajoute ,m4 ,wels1 les ,indiens de la ,wabash1 les ,mimis1 les ,potuottamis1 etc41 valent mieux qu'il y a #fj ou #hj ans4 ,la paix que l'abaissement de la ligue iroquoise leur a procure1 leur a permis de cultiver avec la houe1 le mas1 les pommes de terre1 mme nos choux et nos turneps2 nos prisonniers ont lev des pchers1 des pommiers2 enseign nourrir de la volaille1 des porcs1 depuis peu des vaches2 en un mot1 les ,chacts et les ,creeks de ,floride ne sont pas plus avancs4 ,maintenant1 lorsque je remarque que les premiers voyageurs et historiens de la ,virginie et de la ,nouvelle-,angleterre nous peignent ces sauvages dans un tat encore plus avanc2 qu'ils nous disent qu' l'arrive des premiers colons1 chaque peuplade avait un ,stchm ou ,sdjemore1 exerant une sorte d'autorit monarchique2 qu'il existait des familles privilgies1 presque nobles1 la manire des ,arabes2 et que ces peuplades assez populeuses taient renfermes dans des limites de peu d'tendue3 je me crois autoris en conclure qu'alors leur civilisation tait plus avance2 qu'ils auraient fini eux-mmes par l'lever au degr des peuples de l'autre continent2 que leurs guerres avec les ,europens1 en dtruisant leurs gouvernements1 les ont plongs dans l'anarchie2 en sorte que chez les sauvages il faut1 comme chez les civiliss1 distinguer diffrentes poques d'histoire1 et que leurs tats ont aussi leurs rvolutions d'autant plus faciles1 qu'ils sont plus petits et plus faibles4 ,avant la guerre 7la dernire anne de #aghh #id71 me disait le chef ,ouya1 qui me harangua au ,poste-,vincennes1 nous tions unis et tranquilles2 nous commencions cultiver le mas comme les blancs4 ,aujourd'hui nous ressemblons une bande de daims poursuivie par des chasseurs2 nous n'avons plus ni feu ni lieu3 chacun de nous se disperse1 et bientt nous ne laisserons plus de traces si quelqu'un ne vient notre aide4 ,pendant ces claircissements1 ,petite-,tortue me paraissait fort occup regarder travers le vitrage de l'une des fentres1 ce qui se passait dans le march de ,second-,street4 ,pour le ramener la conversation1 je lui fis dire que j'avais voyag chez un peuple trangement diffrent du sien2 que l1 une poigne d'hommes1 peut-tre de #e #f1jjj cavaliers1 avait trouv le moyen inconcevable d'emprisonner1 pour ainsi dire1 sur une tendue de pays presque gale l',ohio1 une nation entire de deux millions et demi d'ames2 en sorte qu'environ #cgj individus se laissaient piller1 emprisonner1 btonner1 vexer de toute manire par un seul homme1 qui n'tait pas plus fort que chacun d'eux4 ,je m'attendais1 vu les ides d'indpendance et de fiert que portent les sauvages1 qu'il allait beaucoup se rcrier2 mais en se frottant le menton d'un air rveur3 ,sans doute1 me rpondit-il2 avec tout cela1 ils ont aussi leur manire de se trouver bien4 ,j'avoue que ce fut moi qui fus tonn de cette rponse1 qui dmontre un esprit dgag des prjugs de sa nation1 de son ducation1 et qui a su apprcier le pouvoir prodigieux de l'habitude4 ,pour terminer notre sance1 je lui demandai ce qui l'occupait si fort dans la rue et dans le march1 et qu'est-ce qui le surprenait davantage dans la ville de ,philadelphie4 ,en regardant tout ce monde1 me dit-il 7c'tait jour de march71 je suis toujours tonn de deux choses3 l'extrme diffrence des visages et la nombreuse population des blancs3 nous autres hommes rouges1 nous ne ressemblons pas l'un l'autre1 chacun a sa figure1 mais encore y a-t-il un air de famille4 ,ici c'est une confusion o je n'entends rien4 ,il y a dix couleurs du blanc au noir2 et les traits1 le front1 le nez1 la bouche1 le menton1 les cheveux noirs1 bruns1 blonds1 les yeux bleus1 gris1 roux1 offrent tant de diversit1 que l'on ne sait comment l'expliquer4--,alors je lui fis sentir que ,philadelphie tant l'abord des nations de toutes les parties du globe1 et ces nations se mlant ensuite par le mariage1 il en rsultait que les diversits des climats produisaient des sous-diversits d'alliage1 et des combinaisons l'infini2 mais1 ajoutai-je1 si vous veniez dans l'intrieur de nos pays1 soit en ,france1 soit en ,angleterre1 vous verriez que les habitants des villages1 qui se marient entre eux depuis plusieurs gnrations1 ont une ressemblance gnrale dans la physionomie4 7,et c'est en effet ce que j'ai souvent remarqu dans les paroisses du fond des campagnes1 particulirement dans les pays forestiers de ,rennes1 ,laval1 ,chteaubriant1 etc42 en me plaant la porte de l'glise1 au moment o le peuple sortait1 j'observais des caractres gnraux frappants par leur ressemblance dans chaque lieu1 et par leur particularit d'un lieu un autre47 ,quant la population1 me dit ,petite-,tortue1 c'est une chose inconcevable que la multiplication des blancs4 ,il ne s'est pas coul la vie de plus de deux hommes 7suppose de #hj ans pour chaque7 que les blancs ont mis le pied sur cette terre1 et dja il la couvrent comme des essaims de mouches et de taons2 tandis que nous autres qui l'habitons on ne sait depuis quand1 sommes encore clair-sems comme des daims4--,le voyant sur la route d'une intressante question3 ,et pourquoi1 lui dis-je1 ne multipliez-vous pas autant8--,ah6 me dit-il1 notre cas est bien diffrent4 ,vous autres blancs1 vous avez trouv le moyen de rassembler sous votre main en un petit espace1 une nourriture sre et abondante2 avec un terrain grand comme #ae ou #bj fois cette chambre1 un homme cueille de quoi vivre toute l'anne2 s'il y ajoute un pice de terre seme d'herbes1 il lve des btes qui lui donnent de la viande et du vtement2 et voil qu'il a tout son temps de reste pour faire ce qu'il lui plat4 ,nous autres1 au contraire1 il nous faut pour vivre un terrain immense1 parce que le daim que nous tuons1 et qui ne peut nous nourrir que deux jours1 a eu besoin d'un terrain considrable pour crotre et grandir4 ,en en mangeant1 ou en en tuant #b ou #cjj dans l'anne1 c'est comme si nous mangions le bois et l'herbe de tout le terrain sur lequel ils vivaient1 et il leur en faut beaucoup4 ,avec un tel tat de choses1 il n'est pas tonnant que les blancs nous aient1 d'anne en anne1 repousss des bords de la mer jusqu'au ,mississipi4 ,ils s'tendent comme l'huile sur une couverture2 nous nous fondons comme la neige devant le soleil du printemps2 si nous ne changeons de marche1 il est impossible que la race des hommes rouges subsiste4 ,cette seconde rponse me prouva1 et prouvera sans doute tout lecteur1 que ce n'est pas sans raison que cet homme a acquis dans sa nation et dans les tats-,unis1 la rputation d'un homme d'un sens suprieur la plupart des sauvages4 ,ainsi1 c'est un sauvage qui1 contre les prjugs de sa naissance1 de ses habitudes1 de son amour-propre1 contre d'anciennes opinions encore dominantes chez ses compatriotes1 s'est trouv conduit par la nature des choses1 regarder comme base essentielle de l'tat social1 la culture de la terre1 et par une consquence immdiate1 la proprit foncire2 car il n'y a point de culture active et stable sans la possession exclusive et illimite qui constitue la proprit4 ,j'ai dit1 contre d'anciennes opinions encore dominantes chez ses compatriotes1 parce que chez toutes ces peuplades il existe encore une gnration de vieux guerriers qui1 en voyant manier la houe1 ne cessent de crier la dgradation des murs antiques1 et qui prtendent que les sauvages ne doivent leur dcadence qu' ces innovations1 et que pour recouvrer leur gloire et leur puissance1 il leur suffirait de revenir leur murs primitives#ahe4 ,maintenant1 que l'on compare cette doctrine celle du citoyen de ,genve1 qui prtend que la dpravation de l'tat social drive de l'introduction du droit de proprit1 et qui regrette que la horde sauvage chez laquelle furent poses les premires bornes d'un champ1 ne les ait pas arraches comme des entraves sacrilges mises la libert naturelle#ahf2 que l'on pse lequel des deux opinants a le plus de droit et d'autorit prononcer dans cette question1 ou de l'homme public qui1 comme ,petite-,tortue1 a t porte de connatre les avantages et les inconvnients de l'un et l'autre genre de vie1 en passant #ej ans de sa vie manier des affaires difficiles1 des esprits turbulents et ombrageux1 et cela avec un succs qui lui a valu une rputation non conteste d'habilet et de prudence2 ou de l'homme priv qui1 comme ,rousseau1 ne mania jamais une affaire publique1 ne sut pas mme grer les siennes propres2 qui1 s'tant cr un monde d'abstractions1 vcut presque aussi tranger la socit o il naquit qu' celle des sauvages1 qu'il ne connut que par des comparaisons tires de la fort de ,montmorenci2 qui mme ne traita d'abord cette question sous son point de vue paradoxal1 que par jeu d'esprit et par escrime d'loquence2 et ne la soutint en thse de vrit1 que par le dpit d'une humeur contrarie et d'un amour-propre offens#ahg4 ,il est d'autant plus fcheux que cet crivain ait embrass une si mauvaise cause1 que la question vue dans son vrai jour lui et fourni encore plus de moyens de dvelopper son talent et de fronder la dpravation et les vices de la socit2 car s'il et d'abord tabli ou admis les faits tels qu'ils sont2 si traant le tableau vrai de la vie sauvage1 il et montr qu'elle est un tat de non-convention et d'anarchie dans lequel les hommes vagabonds1 incohrents1 sont mus par des besoins violents1 par des passions analogues ces besoins1 et ragissent sans cesse les uns sur les autres avec des forces abusives1 dont l'ingalit empche l'quilibre que l'on nomme justice2 si ensuite dfinissant la civilisation1 il et puis le sens de la chose dans celui mme du mot radical 7civitas71 il et montr que par civilisation l'on doit entendre la runion de ces mmes hommes en cit1 c'est--dire1 en un enclos d'habitations munies d'une dfense commune1 pour se garantir du pillage tranger et du dsordre intrieur2 il et fait voir que cette runion emporte avec elle les ides de consentement volontaire des membres1 de conservation de leurs droits naturels de sret de personne et de proprit2 de supposition ou d'existence d'un contrat rciproque1 rgularisant l'usage des forces1 circonscrivant la libert des actions1 en un mot1 tablissant un rgime d'quit2 ainsi1 il et dmontr que la civilisation n'est autre chose qu'un tat social conservateur et protecteur des personnes et des proprits2 qu'il n'y a de vritablement civiliss que les peuples qui ont des lois justes et des gouvernements rguliers2 que ceux1 au contraire1 chez qui n'existe point un tel ordre de choses1 quelle que soit la nature et la dnomination de leur gouvernement1 sont dans une condition barbare et sauvage1 et ne mritent point le nom de peuples polics2 il et soutenu avec l'avantage que donne la vrit1 que si ces peuples sont vicieux et dpravs1 ce n'est point parce que la runion en socit y a fait natre des penchants vicieux1 mais parce qu'ils y ont t transmis de l'tat sauvage1 souche originelle de tout corps de nation1 de toute formation de gouvernement2 et cela par un mcanisme semblable celui qui fait qu'un individu lev dans de pernicieuses habitudes1 en conserve les impressions pendant toute sa vie4 ,d'autre part1 examinant le rle que jouent les sciences et les beaux-arts dans le systme des corps politiques1 il et pu contester que1 particulirement les beaux-arts1 posie1 peinture et architecture1 soient des parties intgrantes de la civilisation1 des indices certains du bonheur et de la prosprit des peuples2 il et pu prouver1 par les exemples tirs de l',italie et de la ,grce1 qu'ils peuvent fleurir dans des pays soumis un despotisme militaire ou une dmocratie effrne1 l'un et l'autre galement de nature sauvage2 que pour faire fleurir1 il suffit qu'un gouvernement momentanment fort1 quel qu'il soit1 les encourage et les salarie2 mais que la consquence ordinaire de ces encouragements ports au-del de leurs bornes1 est la ruine mme de ces gouvernements2 par la mme marche qui fait que tous les jours des particuliers1 amateurs imprudents1 renversent les plus belles fortunes par leurs fantaisies en tableaux1 en meubles1 en luxe de tout genre1 et par-dessus tout1 en constructions de btiments2 en sorte que les beaux-arts foments aux dpens des tributs des peuples1 et au dtriment des arts d'utilit grossire et premire1 peuvent trs-souvent devenir un moyen subversif des finances publiques1 et par suite1 de l'tat social et de la civilisation2 et il et pu appuyer sa thse sur les exemples d',athnes1 de ,rome1 de ,palmyre1 etc42 et nous rendre l'important service de donner aux esprits une direction mesure et juste1 qui et empch ou contrebalanc la direction fausse et exagre dont ces derniers temps nous ont montr les tristes consquences2 mais revenons aux sauvages de l',amrique et leur genre de vie4 ,nous ayons vu le principal motif qui la rend incompatible avec une nombreuse population3 il serait intressant de comparer1 sous ce rapport1 ses rsultats ceux de la vie civilise1 soit commerciale1 soit agricole1 et de connatre en gnral et par terme moyen1 combien il existe de ttes sauvages par lieue carre de terrain4 ,malheureusement nous manquons de donnes exactes pour la solution de ce problme2 nanmoins1 comme nous en avons quelques unes approximatives1 essayons de nous en faire un aperu4 ,le voyageur ,carver qui1 en #agfh1 vcut plusieurs mois chez les ,nadouessis des plaines du ,missouri1 tablit comme un fait certain que les huit tribus qui forment cette nation ne comptent pas plus de #b1jjj guerriers3 ce nombre ne comporte pas plus de #d1jjj enfants1 vieillards et femmes2 ainsi c'est un total de #f1jjj4 ,or1 l'immense pays que ces huit tribus occupent parat surpasser quatre ou cinq fois l'tendue de la ,pensylvanie2 supposons #d fois3 la ,pensylvanie contient #dd1hac milles carrs qui1 quadrupls1 donnent #agi1bdb milles carrs2 pour les rduire en lieues1 prenons le neuvime1 et nous avons #ai1iah lieues carres2 c'est--dire1 qu'il n'existe pas tout--fait une tte de sauvage par trois lieues carres4 ,dans son voyage au ple1 ,maupertuis estime la population de la ,laponie trois ttes par lieue carre1 et les ,lapons vivent en paix sous un gouvernement civilis3 cette donne1 quoique inverse1 prouve nanmoins que l'autre n'est pas une pure supposition4 ,tous les traitants canadiens s'accordent dire que1 pass le #de degr allant au nord vers le ple1 les sauvages sont si clair-sems1 le pays est si strile1 que l'on ne peut gure admettre une valuation plus forte que pour les ,nadouessis2 mais parce que venant au sud le sol est meilleur1 et que les bords de la mer ,pacifique paraissent plus peupls1 admettons pour toute l',amrique du nord une tte par deux lieues carres2 l'on peut estimer la superficie de ce continent1 non compris le ,mexique et les tats-,unis1 six fois celle des tats-,unis1 c'est--dire1 six fois #aab1jjj lieues carres2 gal #fgb1jjj lieues carres3 ce serait #ccf1jjj ttes sauvages#ahh2 mais par impossible1 admettons #fgb1jjj ttes2 il n'en rsulte pas moins que chez des peuples civiliss1 ce ne serait la population que d'une mdiocre province de #g #hjj lieues carres4 ,et ce fait seul rsout de quel ct est l'avantage du genre de vie2 il rsout aussi1 sans doute1 la question de savoir si des sauvages ont le droit raisonnable de refuser du terrain des peuples cultivateurs qui n'en auraient pas suffisamment pour subsister4 ,sous ce double rapport de la population1 et de la manire d'occuper le territoire1 il y a de l'analogie entre les sauvages amricains et les ,arabes-,bedouins d',afrique et d',asie2 mais il existe entre eux cette diffrence essentielle1 que le ,bedouin vivant sur un sol pauvre d'herbage1 a t forc de rassembler prs de lui1 et d'apprivoiser des animaux doux et patients1 de les traiter avec conomie et douceur1 et de vivre de leur produit1 lait et fromage1 plutt que de leur chair2 comme aussi de se vtir de leur poil plutt que de leur peau2 en sorte que1 par la nature de ces circonstances topographiques1 il a t conduit se faire pasteur et vivre frugalement sous peine de prir tout--fait3 tandis que le sauvage amricain1 plac sur un sol luxuriant d'herbes et de bocages1 trouvant difficile de captiver des animaux toujours prts fuir dans la fort1 trouvant mme plus attrayant de les y poursuivre1 et plus commode de les tuer que de les nourrir1 a t conduit par la nature de sa position tre chasseur1 verseur de sang1 et mangeur de chair4 ,or1 de cette diffrence dans la manire de subsister1 en a driv une proportionnelle dans les inclinations et les murs4 ,d'une part1 l',arabe pasteur soumis la ncessit habituelle de la parcimonie1 n'osant se livrer gratuitement au meurtre de ses bestiaux1 s'accoutumant mme les aimer par esprit de proprit1 a naturellement contract des murs moins farouches2 a t plus propre se runir en socit1 prendre l'esprit de famille1 connatre1 tablir des droits de proprit1 d'hritage1 et recevoir tous les sentiments qui en dcoulent3 et en effet1 il existe chez les ,bedouins un tat social bien plus avanc1 un vritable gouvernement tantt patriarcal1 c'est--dire1 un gouvernement de chef de famille tendu sur la parent et sur les serviteurs3 tantt aristocratique1 c'est--dire1 le gouvernement de plusieurs chefs de famille associs2 et comme les murs prives ont influenc et mme compos les murs des tribus entires1 ces tribus n'prouvant que des besoins lents et graduels d'tendre leur domaine pturager1 n'ont point dploy au dehors un caractre si guerrier1 c'est--dire1 si querelleur et si sanguinaire3 ayant plus d'objets de proprit1 plus de dsirs et de besoins de conservation1 elles ont eu plus d'ides d'quilibre mutuel et de justice1 des droits plus srs1 des pactes plus prcis de possession territoriale1 d'asile1 de refuge hospitalier1 en un mot une civilisation plus avance4 ,au contraire1 le sauvage amricain1 chasseur et boucher1 qui a eu le besoin journalier d'gorger et de tuer1 qui dans tout animal n'a vu qu'une proie fugitive qu'il fallait se hter de saisir1 a contract un caractre vagabond1 dissipateur et froce1 est devenu un animal de l'espce des loups et des tigres2 il s'est runi en bandes et en troupes1 mais point en corps organiques de socit2 ne connaissant point l'esprit de proprit ni de conservation1 il n'a pas connu l'esprit de famille1 ni par consquent les sentiments conservateurs qu'il inspire2 born ses seules forces1 il a t contraint de les tenir sans cesse tendues au maximum de leur nergie2 et de l1 une humeur indpendante1 inquite1 insociable2 un esprit altier1 indomptable1 hostile envers tous2 une exaltation habituelle raison d'un danger permanent2 une dtermination dsespre de risquer chaque instant une vie sans cesse menace2 une insouciance absolue d'un pass pnible1 comme d'un avenir incertain2 enfin une existence toute borne au prsent3 et ces murs individuelles formant les murs publiques des peuplades1 les ont rendues galement dissipatrices1 avides et sans cesse ncessiteuses1 leur ont donn le besoin habituel et croissant d'tendre leur fief de chasse1 leurs frontires de territoire1 et d'envahir le domaine de l'tranger3 de l au dehors des habitudes plus hostiles1 un tat plus constant de guerre1 d'irritation et de cruaut2 tandis qu'au dedans l'excessive indpendance de chaque membre1 et la privation de tout lien social par l'absence de toute subordination et de toute autorit1 ont constitu une dmocratie si turbulente et si terroriste1 que l'on peut bien l'appeler une vritable et effrayante anarchie4 ,j'ai dit que chez les sauvages il n'existait point de droit de proprit2 ce fait1 quoique vrai en gnral1 demande cependant quelques distinctions plus prcises4 ,en effet1 les voyageurs s'accordent dire que le sauvage1 mme le plus vagabond et le plus froce1 possde exclusivement ses armes1 ses vtements1 ses bijoux1 ses meubles2 et il est remarquable que tous ces objets sont le produit de son travail et de son industrie propre2 en sorte que le droit de ce genre de proprit1 qui entre eux est sacr1 drive videmment de la proprit que chaque homme a de son corps et de sa personne1 par consquent est une proprit naturelle4 ,ces voyageurs ajoutent que la proprit foncire ou territoriale est absolument inconnue2 cela est vrai gnralement1 surtout chez les peuplades constamment errantes2 mais il existe des cas d'exception chez celles que la bont de leur sol1 ou quelque autre raison1 a rendues sdentaires4 ,chez de telles peuplades qui vivent dans des villages1 les maisons construites soit de troncs d'arbres1 soit de terre mastique1 soit mme de pierre1 appartiennent sans contestation l'homme qui les a bties4 ,il y a proprit relle de la maison1 du fonds qu'elle couvre1 mme du jardin1 qui quelquefois lui est annex4 ,de tels cas ont des exemples chez les ,creeks1 chez les ,poteouttamis1 et en ont eu ds le commencement du sicle1 chez les ,hurons1 chez les ,iroquois et ailleurs4 ,il parat encore que chez certaines nations1 o la culture avait fait quelques progrs1 les enfants et parents hritaient de ces objets2 par consquent il y avait proprit plnire4 ,mais chez d'autres1 la mort du possesseur1 tout tait confus1 et devenait un objet de partage par sort ou par choix4 ,alors il n'y avait qu'usufruit4 ,si la tribu migre pendant quelque temps et laisse l'abandon son village1 l'homme ne conserve pas de droits positifs au sol ni la hutte dgrade1 mais il a ceux de premier occupant et de travail man de ses mains4 ,hors cette lgre portion1 le reste du terrain1 chez toutes ces nations1 est indivis et en tat de commune1 comme nous le voyons encore se pratiquer pour certaines portions de territoire dans quelques cantons de la ,france1 surtout dans les pays de la ,loire-,infrieure1 et de la presqu'le ,bretonne1 mais bien plus gnralement en ,espagne1 en ,italie1 et dans tous les pays riverains de la ,mditerrane4 ,ce que j'ai vu en ,corse1 cet gard1 m'a frapp par son extrme analogie4 ,l comme chez les sauvages1 la majeure partie des terres de la plupart des villages sont en communes2 chaque habitant a le droit d'y faire patre ses bestiaux1 d'y prendre du bois1 etc4 ,mais parce qu'en ,corse la culture est un peu plus avance1 une portion de quart ou de cinquime de ces terres est ensemence l'une aprs l'autre d'anne en anne2 pour cet effet1 cette portion est divise en autant de lots qu'il y a de familles ou de ttes ayant droit4 ,chacune ensemence le lot qui lui est chu au sort1 et possde1 pendant cette anne1 le terrain qu'elle a labour2 mais sitt le grain enlev1 ce lot redevient proprit publique1 ou pour mieux dire1 rapine et dvastation publique1 car tout le monde a droit d'y prendre et d'en ter1 et personne n'a le droit d'y rien mettre2 on ne peut y placer ni maison1 ni arbre1 et c'est un vrai dsert sauvage livr au parcours et au vagabondage des troupeaux1 qui sont en grande partie des chvres2 or1 comme ces ruineux animaux1 ainsi que leurs guides1 ne demandent qu' tendre leurs ravages1 il en rsulte pour les proprits particulires un besoin renaissant de clture qui en rend finalement la possession presque plus onreuse qu'utile2 aussi ayant souvent recherch et analys les causes de l'tat de barbarie et de demi-sauvagerie o la ,corse persiste depuis tant de sicles1 quoique environne de pays polics1 j'ai trouv que l'une des plus radicales et des plus fcondes1 tait l'tat indivis et commun de la majeure partie de son territoire1 et le nombre petit et restreint des proprits particulires#aij4 ,il existe cette autre analogie entre les sauvages de l',amrique et les montagnards de la ,corse1 que les villages des uns et des autres sont ordinairement forms de maisons parses et distantes1 en sorte qu'un village de cinquante maisons occupera quelquefois un quart de lieue carr4 ,en recherchant les motifs de cette coutume totalement contraire celle des pays d',orient1 j'ai trouv que pour le sauvage amricain ils sont l'aversion d'tre observ et gn par ses voisins1 et surtout la dfiance des embches dont il pourrait tre investi par suite de haines connues ou dissimules1 et d'offenses mme involontaires envers des hommes aussi irritables et aussi ombrageux1 qu'il se connat lui-mme4 ,une exprience journalire leur donne une si mauvaise opinion les uns des autres1 les rend si souponneux1 si dfiants1 qu'ils se rencontrent le moins possible1 et ne sortent jamais qu'en armes4 ,le terrible usage des vindettes ou vengeances de talion1 qui est commun tous les sauvages1 ajoute encore ces motifs de prcaution et de cautle4 ,ceux qui connaissent la ,corse savent si les mmes usages1 les mmes habitudes1 y ont des causes diffrentes2 et si cette comparaison1 qui pourrait se continuer sur bien d'autres objets1 semblait fcheuse et mortifiante1 je demanderai si c'est au peuple1 victime de son ignorance et de ses passions1 que s'adresse le reproche de ses maux1 ou ce gouvernement gnois qui les maintint ou les causa par l'un des rgimes les plus pervers que prsente l'histoire4 ,pour moi1 que la douceur du climat et la fcondit du sol1 en certaines parties1 avaient attir dans cette le avec l'intention d'y former un tablissement agricole d'un genre singulier#aia1 je me suis convaincu pendant un an d'tude et de sjour1 qu'il ne manquait ce peuple1 digne d'un meilleur sort1 que cinq ou six institutions fondamentales1 calcules sur sa situation1 pour en faire un peuple aussi industrieux1 aussi polic qu'aucun autre1 puisqu'il a des moyens intellectuels aussi parfaits que j'en aie rencontr dans aucun pays1 et que son sol est beaucoup plus productif que l'on n'en a communment l'opinion2 mais trouver en trois sicles #cj annes continues d'un gouvernement pacifique et lgislateur1 voil le bienfait dont les dieux furent toujours avares4 ,ce que j'ai expos des motifs de guerres entre peuples sauvages1 fait assez sentir qu'elles doivent tre frquentes et presque habituelles2 et dja c'est une raison de les rendre cruelles1 puisque l'habitude de verser le sang1 ou seulement de le voir verser1 corrompt tout sentiment d'humanit2 mais cette raison s'en joignent plusieurs autres trs-actives1 drives du fond et des accessoires du sujet4 #a ,l'gosme ou esprit de personnalit que chaque sauvage porte dans ces guerres2 gosme fond sur ce que chaque membre de la peuplade1 vu l'tat indivis du territoire1 considre le gibier en gnral comme le moyen fondamental de sa propre subsistance1 et par consquent se regarde comme attaqu ou menac dans son existence par tout ce qui tend dtruire ce moyen4 ,chez les nations polices et riches en proprits particulires1 la guerre est un mal qui n'attaque immdiatement qu'une fraction souvent assez faible de la masse totale1 et qui n'enlve la majorit1 sous le nom de tributs1 qu'une partie de biens et de jouissances dont elle peut rigoureusement se passer4 ,il est donc naturel qu'un tel genre de guerre n'excite que des passions faibles dans ses moteurs et dans ses instruments qui se battent et se font tuer1 moins par ncessit que par vanit1 et par une sorte de commerce qui leur donne de l'honneur et de l'argent4--,au contraire chez les peuples sauvages1 pauvres et peu nombreux1 la guerre met directement en pril l'existence de toute la socit et de chacun de ses membres4 ,son premier effet est d'affamer la tribu2 son second est de l'exterminer4 ,il est donc galement naturel que chaque membre s'identifie troitement au tout1 et qu'il dploie une nergie porte son degr extrme1 puisqu'elle est stimule par l'extrme besoin de la dfense et de la conservation4 #b ,une seconde raison de l'animosit de ces guerres1 est la violence des passions1 telles que le point d'honneur1 le ressentiment1 la vengeance dont chaque guerrier se trouve anim4 ,le nombre des combattants tant born1 chacun est expos aux regards de ses amis et de ses ennemis2 toute lchet y est punie d'une infamie dont la suite prochaine est la mort4 ,le courage y est stimul par la rivalit des compagnons d'armes1 par le dsir de venger la mort de quelque ami ou parent1 par tous les motifs personnels de haine et d'orgueil1 souvent plus actifs que ceux de la conservation4 #c ,la nature des dangers de ces guerres1 o l'on n'attend1 ne reoit1 ne donne aucun quartier2 le moindre des prils est de perdre la vie2 car si le sauvage n'est que bless ou fait prisonnier1 sa perspective est d'tre scalp immdiatement1 ou brl vif et mang sous quelques jours4 ,veut-on savoir en quoi consiste le scalpe ou arrachement de la chevelure1 coutons un facteur anglais1 ,jean ,long1 tmoin oculaire1 qui a aim la vie des sauvages et habit #bj ans parmi eux4 ,lors1 dit-il1 que le sauvage a abattu son ennemi1 il lui saisit l'instant une poigne de cheveux1 la tortille fortement autour de son poing pour dtacher la peau du crne2 puis lui appuyant le genou sur la poitrine1 il tire le fatal couteau de sa gane1 incise et cerne la peau tout autour de la tte1 et avec les dents il arrache la chevelure mesure que le couteau la dtache2 comme ils sont fort adroits1 dit ,jean ,long1 l'opration ne dure que deux minutes1 et elle n'est pas toujours mortelle4 ,l'on a vu1 aux tats-,unis1 plusieurs personnes de l'un et de l'autre sexe qui y ont survcu1 et qui seulement sont obliges de porter une calotte d'argent ou d'tain pour se prserver des atteintes du froid4 ,cette chevelure ou perruque est ensuite tendue sur trois cerceaux1 puis lorsqu'elle est sche1 on la peint de vermillon1 et c'est un trophe de gloire2 l'honneur consiste en avoir beaucoup4 ,je puis ajouter que la colonie de ,gallipolis en a fourni un exemple dans la personne d'un ,allemand4 ,quant tre brl vif et mang1 il ne faut qu'avoir ouvert une relation quelconque des guerres des sauvages1 pour savoir que le sort ordinaire des prisonniers de guerre est d'tre attach un poteau prs d'un bcher enflamm1 pour y tre1 pendant plusieurs heures1 tourment par tout ce que la rage peut imaginer de plus froce et de plus raffin4 ,ce que racontent de ces affreuses scnes les voyageurs1 tmoins de la joie cannibale des assistants1 et surtout de la fureur des femmes et des enfants1 de leur plaisir atroce rivaliser de cruaut#aib2 ce qu'ils ajoutent de la fermet hroque1 du sang-froid inaltrable des patients1 qui non-seulement ne donnent aucun signe de douleur1 mais qui bravent et dfient leurs bourreaux par tout ce que l'orgueil a de plus hautain1 l'ironie de plus amer1 le sarcasme de plus insultant2 chantant leurs propres exploits2 numrant les parents1 les amis des spectateurs qu'ils ont tus1 dtaillant les supplices qu'ils leur ont fait souffrir1 et les accusant tous de lchet1 de pusillanimit1 d'ignorance savoir tourmenter1 jusqu' ce que tombant en lambeaux1 et dvors vivants sous leurs propres yeux par leurs ennemis enivrs de fureur1 ils perdent le dernier souffle de la voix avec celui de la vie3 tout cela1 dis-je1 serait incroyable chez les nations civilises1 et serait un jour trait de fable par la postrit lorsqu'il n'existera plus de sauvages1 si la vrit n'en tait pas tablie par des tmoignages incontestables4 ,chaque jour des exemples se passent encore dans l',amrique au-del du ,mississipi1 ont lieu d'anne en anne chez les sauvages de la ,wabash1 quelquefois mme chez ceux de la ,floride4 ,qu'aprs cela des rveurs sentimentalistes viennent nous vanter la bont de l'homme de la nature6 ,une erreur presque gale est celle des crivains qui1 comme ,paw1 supposent que ce peut tre faute de sensibilit physique1 que les sauvages supportent si patiemment de si effroyables tourments4 ,certes1 il faudrait qu'ils fussent plus insensibles que des hutres et des arbres6 ,la vrit est que ce phnomne physiologique tient un tat particulier de l'ame1 violemment exalte par des passions2 tat dont nous voyons des exemples nombreux dans les martyrs religieux et politiques de toutes les nations et de tous les pays4 ,le sauvage1 ainsi que ces martyrs1 est dans la disposition d'ame que l'on appelle fanatisme1 qui est une violente persuasion1 une certitude aveugle d'avoir tout droit1 toute vrit dans sa cause2 de voir1 du ct de ses ennemis1 toute erreur et toute mchancet2 de n'admettre ni doute1 ni raisonnement3 par ces motifs1 d'tre profondment imprgn1 ainsi que les martyrs1 d'un sentiment d'orgueil qui1 ses yeux1 l'lve infiniment au-dessus de ses bourreaux2 qui tablit entre lui seul et eux tous1 une lutte d'amour-propre1 une gageure de vanit qui ne cdera pas2 et nous voyons dans la socit que ce genre de lutte produit journellement les effets les plus exalts1 tels que ceux de la fureur du jeu1 de la fureur de la guerre1 des combats1 des conqutes1 etc4--,le fanatisme des martyrs religieux a communment pour mobile l'espoir d'une autre vie3 celui du sauvage manque de cet appui1 et par cela mme son courage est plus tonnant1 a en quelque sorte plus de mrite2 mais il a pour stimulant son dsespoir et l'impossibilit de se sauver par une rtractation ou par une faiblesse2 il ressemble ces animaux qui1 attaqus dans leur dernier point de retraite1 se dfendent sans aucun espoir d'chapper2 et l'on sait quels prodigieux efforts la nature sait alors dployer chez les plus timides et chez les plus faibles4 ,chez le sauvage1 c'est l'action cumule du fanatisme et de la ncessit1 et c'est sur cette double base que le ,tartare ,odin a pu lever sa religion forcene2 mais il n'en reste pas moins un problme physiologique trs-intressant rsoudre1 savoir3 quel est cet tat singulier de nerfs1 quel est ce mouvement du fluide lectrique par lequel la sensibilit s'mousse ou s'exalte au point d'annuler la douleur4 ,cette question mriterait d'tre un sujet de prix dans les coles de mdecine#aic2 de mme que c'en serait un autre digne des socits savantes qui s'occupent de morale1 que de rechercher en quoi consiste la situation d'esprit appele fanatisme3 quelles sont ses causes disposantes et prparatoires1 tant dans l'ducation que dans le temprament8 quels sont les moyens d'y remdier8 comme aussi d'examiner si les effets du fanatisme appliqus n'importe quelle opinion1 sont plus pernicieux l'individu et la socit1 que l'esprit de doute1 d'incertitude et de non crdulit8 #d ,enfin1 un dernier motif de frocit1 dans les guerres des sauvages et dans tout leur caractre1 est le systme entier de leur ducation et la direction que1 ds le plus bas ge1 les parents s'efforcent de donner leurs penchants4 ,ds le berceau1 dit ,jean ,long 7chap4 ,,viii71 les mres s'attachent inculquer leurs enfants des sentiments d'indpendance4 ,elles ne les frappent ni ne les grondent1 de peur d'affaiblir les inclinations fires et martiales qui doivent faire l'ornement de leur vie et de leur caractre4 ,elles vitent mme de les contrarier en rien1 afin qu'ils s'accoutument penser et agir avec la plus grande libert4--,j'ajoute qu'ici1 comme dans tout le systme de la vie sauvage1 c'est encore le mobile de la conservation qui agit1 car c'est pour se donner des dfenseurs plus intrpides que ces mres gtent ainsi leurs enfants1 qui1 un jour1 selon la pratique gnrale de ces peuples1 les mpriseront1 les asserviront1 et mme les battront4--,tantt elles emploient le temps des veilles raconter les hauts faits1 les traits de courage des parents1 des hros de la tribu2 comment ils turent1 scalprent1 brlrent1 pendant leur vie1 tel nombre d'ennemis2 ou comment ayant eu le malheur d'tre pris1 ils endurrent avec un sublime courage les tourments les plus affreux2 tantt elles les entretiennent des querelles domestiques de la tribu2 des griefs contre quelques voisins1 des mnagements garder pour s'en venger en temps opportun2 et ainsi elles leur donnent la fois des leons de dissimulation1 de cruaut1 de haine1 de discrtion1 de vengeance et de soif de sang4 ,elles ne manquent pas de saisir les premires occasions d'un prisonnier de guerre pour faire assister leurs enfants au supplice1 pour les styler l'art de tourmenter1 et pour leur faire partager le festin cannibale qui termine ces scnes4 ,l'on sent quelle profonde impression doivent faire sur de jeunes cerveaux de telles leons4 ,aussi leur effet constant est-il de donner aux jeunes sauvages un caractre indocile1 imprieux1 mutin1 ennemi de toute contradiction1 de toute contrainte1 et cependant dissimul1 fourbe1 et mme poli2 car les sauvages ont une tiquette de politesse aussi compose que celle d'un corps diplomatique2 en un mot1 elles parviennent leur faire runir toutes les qualits ncessaires atteindre le but de leur passion dominante1 la passion de la vengeance et du meurtre4 ,leur frnsie sur ce dernier article est un sujet d'tonnement et d'effroi pour tous les blancs qui ont vcu avec eux4 ,l'on ne peut1 dit encore ,jean ,long 7chap4 ,,viii71 refuser aux sauvages une connaissance parfaite de la vie des bois3 ils se dirigent sans soleil1 sans toiles1 par l'aspect des arbres dont les branches sont toujours plus fortes du ct sud que du ct nord1 et par la mousse qui s'attache au ct nord l'exclusion de tout autre4 ,le sentiment de ce genre de supriorit leur donne l'opinion la plus orgueilleuse de leur intelligence3 ils se regardent comme les plus fins et les plus sages de l'espce humaine2 ils ont un grand mpris pour nous autres blancs1 et cependant les ,virginiens1 depuis vingt ans1 les ont surpasss dans toutes leurs pratiques chasseresses et guerrires4 ,quand ils viennent en guerre avec nous1 ils sont trs-choqus si on ne suit pas leurs avis2 le grand ,washington lui-mme a1 par ce motif1 encouru leur censure4 ,ils se moquent d'ailleurs de notre subordination1 et trouvent ridicule que l'on puisse obir des chefs et des rois4 ,toute dpendance leur est odieuse2 ils s'offensent de toute contradiction2 ils sont jaloux et envieux de toute prfrence1 souponneux de toute parole1 de toute action2 et une fois prvenus1 ils ne se dsabusent plus1 et couvent une rancune implacable4 ,l'on peut admirer leur courage intrpide1 leur patience et leur fermet2 mais leurs meilleurs amis redoutent leur humeur exigeante1 ombrageuse1 facile heurter1 qui s'aigrit sans motif1 sans bornes3 flattez-les1 ils sont insolents2 rprimez-les1 ils s'irritent2 leur accordez-vous ce qu'ils veulent1 ils demandent davantage2 ils se font un droit de la moindre promesse2 enfin les refuse-t-on une seule fois1 tous les bienfaits sont oublis1 et ils deviennent de cruels ennemis4 ,leur soif du sang est surtout une rage inconcevable2 elle les porte traverser des espaces immenses1 souffrir des fatigues excessives1 des famines cruelles pour avoir le plaisir infernal de tuer et de scalper2 et ce qui n'est pas moins trange1 c'est le plaisir diabolique 7voyez ,carver1 chap4 ,,ix et ,,xvi1 et le voyage de ,hearne7 qu' leur tour ils trouvent raconter les incidents de leur route et les tourments qu'ils ont fait endurer4 ,les plus terribles excs de maniaques n'galent pas une telle frocit4 ,ainsi1 en rsultat1 l'on peut dire que les vertus des sauvages se rduisent un courage intrpide dans le danger1 une fermet inbranlable dans les tourments1 au mpris de la douleur et de la mort1 et la patience dans toutes les anxits et dtresses de la vie4 ,sans doute ce sont l d'utiles qualits1 mais elles sont toutes restreintes l'individu1 toutes gostes et sans aucun fruit pour la socit2 et de plus1 elles sont la preuve d'une existence rellement misrable1 et d'un tat social si dprav ou si nul1 que l'homme n'y trouvant1 n'y esprant aucun secours1 aucune assistance1 est oblig de s'envelopper dans le manteau du dsespoir1 et de tcher de s'endurcir contre les coups de la fatalit4 ,cependant1 pourrait-on me dire1 ces hommes dans leurs loisirs rient1 chantent1 jouent1 vivent sans souci du pass comme de l'avenir2 leur refuserez-vous plus de bonheur qu' nous8--,a ceci je rpondrai comme ,petite-,tortue3 ,sans doute ils ont aussi leur manire de se trouver bien4 ,l'homme est un tre si souple1 si divers1 les habitudes exercent sur lui un empire si puissant que1 dans les situations les plus fcheuses1 il trouve toujours quelque attitude qui le repose1 qui le console1 et qui1 par comparaison aux souffrances antrieures1 lui parat bien-tre et bonheur2 mais si rire1 jouer et chanter constituent le bonheur1 il faut que l'on m'accorde aussi que les soldats sont des tre parfaitement heureux1 puisqu'il n'est pas d'hommes plus insouciants et plus gais dans les dangers et la veille des batailles2 il faut que l'on m'accorde encore que dans ces derniers temps1 dans la plus fatale de nos prisons1 la ,conciergerie1 les prisonniers taient trs-heureux1 puis-qu'ils taient gnralement plus insouciants et plus gais que ceux qui les gardaient1 que ceux qui craignaient le mme sort3 hors des prisons l'on avait des soucis1 nombreux comme les jouissances que l'on dsirait conserver4 ,dans les prisons1 les soucis se rduisaient un seul1 celui de conserver la vie4 ,a la ,conciergerie1 o l'on tait condamn en attente ou en ralit1 l'on n'avait plus de soucis pour rien2 chaque instant de la vie devenait au contraire une acquisition1 une conqute sur un bien que l'on regardait comme perdu4 ,telle est peu prs la situation du soldat en guerre1 et telle est rellement celle du sauvage dans le cours de toute sa vie4 ,si c'est l le bonheur1 malheur aux pays o l'on peut l'envier4 ,en suivant mon analyse1 je ne me vois pas conduit des ides plus avantageuses de la libert du sauvage2 je ne vois au contraire en lui qu'un esclave de ses besoins et des caprices d'une nature strile et avare4 ,les aliments ne sont point sous sa main1 son repos n'est point sa volont2 il faut qu'il coure1 qu'il se fatigu1 qu'il endure la soif1 la faim1 le chaud1 le froid1 toutes les intempries de l'air1 selon les variations des saisons et des lments2 et parce que l'ignorance dans laquelle il nat1 dans laquelle il est lev1 lui donne ou lui laisse une foule d'ides fausses et draisonnables1 de prjugs superstitieux1 il est encore l'esclave d'une foule d'erreurs et de passions dont l'homme civilis s'est affranchi par les sciences et par les connaissances de tout genre qu'a produites l'tat social perfectionn4 ,les limites de mon travail ne me permettant pas tous les dveloppements que comporte cet intressant sujet1 je me bornerai dire que plus on approfondit le genre de vie et l'histoire des sauvages1 plus l'on y puise d'ides propres clairer sur la nature de l'homme en gnral1 sur la formation graduelle des socits1 sur le caractre et les murs des nations de l'antiquit4 ,je suis surtout frapp de l'analogie que je remarque chaque jour entre les sauvages de l',amrique du nord et les anciens peuples si vants de la ,grce et de l',italie4 ,je retrouve dans les ,grecs d',homre1 surtout dans ceux de son ,iliade1 les usages1 les discours1 les murs des ,iroquois1 des ,delawares1 des ,mimis4 ,les tragdies de ,sophocle et d',euripide me peignent presque littralement les opinions des hommes rouges1 sur la ncessit1 sur la fatalit1 sur la misre de la condition humaine1 et sur la duret du destin aveugle4 ,mais le morceau le plus remarquable par la varit et la runion des traits de ressemblance1 est le dbut de l'histoire de ,thucydide1 dans lequel il rappelle et trace sommairement les habitudes et la manire de vivre des ,grecs1 avant et depuis la guerre de ,troie jusqu'au sicle o il crivait4 ,ce fragment me semble si bien adapt mon sujet1 que je crois faire une chose agrable au lecteur en le lui soumettant ici1 afin qu'il fasse lui-mme la comparaison4 ,extrait de l'histoire de ,thucydide1 traduction de ,levque1 tom4 #a1 pag4 #b1 art4 #b1 ,jusque vers le temps de la guerre du ,ploponse1 le pays qui porte aujourd'hui le nom de ,grce1 ne fut point habit d'une manire constante2 mais il tait sujet de frquentes migrations1 et ceux qui s'arrtaient dans une contre1 l'abandonnaient sans peine1 repousss par de nouveaux occupants qui se succdaient toujours en plus grand nombre4 ,comme il n'y avait point de commerce1 que les hommes ne pouvaient sans crainte communiquer entre eux1 ni par terre1 ni par mer2 que chacun ne cultivait que ce qui suffisait sa subsistance1 sans connatre les richesses2 qu'ils ne faisaient point de plantations1 parce que1 n'tant pas dfendus par des murailles1 ils ne savaient pas quand on viendrait leur enlever le fruit de leur labeur2 comme chacun enfin croyait pouvoir trouver partout sa subsistance journalire1 il ne leur tait pas difficile de changer de place4 ,avec ce genre de vie1 ils n'taient puissants ni par la grandeur des villes1 ni par aucun autre moyen de dfense4 ,le pays le plus fertile tait celui qui prouvait les plus frquentes migrations3 telles taient les contres qu'on nomme prsent ,thessalie1 la ,botie1 la plus grande partie du ,ploponse1 dont il faut excepter l',arcadie1 et les autres enfin1 en proportion de leur fcondit3 car ds que1 par la bont de la terre1 quelques peuplades avaient augment leur force1 cette force donnait lieu des sditions qui en causaient la ruine1 et elles se trouvaient d'ailleurs plus exposes aux entreprises du dehors4 ,l',attique1 qui1 par l'infertilit de la plus grande partie de son sol1 n'a point t sujette aux sditions1 a toujours eu les mmes habitants2 et ce qui n'est pas une faible preuve de l'opinion que j'tablis1 c'est qu'on ne voit pas que des migrations aient contribu de mme l'accroissement des autres contres4 ,c'tait ,athnes que choisissaient pour refuge les hommes les plus puissants de toutes les autres parties de la ,grce1 quand ils avaient le dessous la guerre1 ou dans des meutes3 ils n'en connaissaient point de plus sr2 et devenus citoyens1 on les vit1 mme d'anciennes poques1 augmenter la population de la rpublique3 on envoya mme dans la suite des colonies en ,ionie1 parce que l',attique ne suffisait plus ses habitants4 7,p4 #g1 art4 ,,vi47 ,sans dfense dans leurs demeures1 sans sret dans leurs voyages1 les ,grecs ne quittaient point les armes2 ils s'acquittaient arms des fonctions de la vie commune1 la manire des barbares4 ,les endroits de la ,grce o ces coutumes sont encore en vigueur prouvent qu'il fut un temps o des coutumes semblables y rgnaient partout4 ,les ,athniens les premiers dposrent les armes1 prirent des murs plus douces et passrent un genre de vie plus sensuel4 7,p4 #ac1 art4 ,x47 ,sparte n'est pas compose de btiments contigus1 mais la population y est distribue par bourgades1 suivant l'ancien usage de la ,grce4 7,p4 #bd1 art4 ,,xx47 ,tel j'ai trouv l'ancien tat de la ,grce2 il est difficile d'en dmontrer l'exactitude par une suite de preuves lies entre elles3 car les hommes reoivent indiffremment les uns des autres1 sans examen1 ce qu'ils entendent dire sur les choses passes1 mme lorsqu'elles appartiennent leur pays4444 ,ainsi on croit que les rois de ,lacdmone donnent chacun deux suffrages au lieu d'un1 et que les ,lacdmoniens ont un corps de troupes nomm ,pitanate1 bien qu'il n'ait jamais exist3 tant la plupart des hommes sont indolents rechercher la vrit1 et aiment se tourner vers la premire opinion qui se prsente4 7,p4 #bf1 art4 ,,xxii47 ,quant aux vnements1 je ne me suis pas content de les crire sur la foi du premier qui m'en faisait le rcit1 ni comme il me semblait qu'ils s'taient passs3 mais j'ai pris des informations aussi exactes qu'il m'a t possible1 mme sur ceux auxquels j'avais t prsent4 ,ces recherches ont t pnibles1 car les tmoins d'un vnement ne disent pas tous les mmes choses sur les mmes faits2 ils les rapportent au gr de leur mmoire ou de leur partialit4 ,comme j'ai rejet ce qu'ils disaient de fabuleux1 je serai peut-tre cout avec moins de plaisir2 mais il me suffira que mon travail soit regard comme utile par ceux qui voudront connatre la vrit de ce qui s'est pass1 et en tirer des consquences pour les vnements semblables ou peu diffrents qui1 par la nature des choses humaines1 se renouvelleront un jour4 7,p4 #cf1 art4 ,,xxx47 ,aprs le combat naval1 les ,corcyrens dressrent un trophe ,leucymne1 promontoire de ,corcyre1 et firent mourir tous leurs prisonniers1 except les ,corinthiens qu'ils tinrent en captivit4 ,en lisant tous ces articles1 il n'est pas une ligne dont on ne puisse faire l'application aux sauvages de l',amrique1 l'exception de ce qui concerne l',attique1 dont les causes occasionelles de civilisation sont trop remarquables pour que je les aie cartes4 ,l'on ferait un ouvrage extrmement instructif1 si l'on considrait et si l'on reprsentait sous ce point de vue de comparaison l'histoire de l'ancienne ,grce et de l'ancienne ,italie4 ,l'on y apprendrait valuer leur juste prix une foule d'illusions et de prjugs dont on gare1 dont on fausse nos jugements dans l'enfance et l'ducation4 ,l'on y verrait ce qu'il faut penser de ce prtendu ge d'or1 o les hommes erraient nus dans les forts de l',hellas et de la ,thessalie1 vivant d'herbes et de glands3 l'on sentirait que les anciens ,grecs furent de vrais sauvages1 de la mme espce que ceux d',amrique1 et placs presque dans les mmes circonstances de climat et de sol1 puisque alors la ,grce1 couverte de forts1 tait beaucoup plus froide qu'aujourd'hui4 ,l'on en induirait que ces ,pelasges1 crus un seul et mme peuple1 errant ou rpandu depuis la ,crime jusqu'aux ,alpes1 n'ont t probablement que le nom gnrique des hordes sauvages des premiers indignes1 vagabonds la manire des ,hurons et des ,algonkins1 des anciens ,germains et des ,celtes2 et l'on supposerait avec raison que des colonies d'trangers plus avancs en police1 venues des ctes d',asie1 de ,phnicie1 et mme d'gypte1 en s'tablissant sur celles de la ,grce et du ,latium1 ont eu avec ces indignes des rapports1 tantt hostiles et tantt conciliants1 de la nature de ceux des premiers colons anglais dans la ,virginie et dans la ,nouvelle-,angleterre4 ,par ces comparaisons1 l'on expliquerait et les mlanges et les disparitions de quelques-uns de ces peuples2 les murs et les coutumes de ces temps inhospitaliers o tout tranger tait un ennemi1 o tout brigand tait un hros1 o il n'existait de loi que la force1 de vertu que le courage guerrier2 o toute tribu tait une nation1 toute runion de baraques une mtropole2 l'on verrait dans cette poque d'anarchie et de dsordre de la vie sauvage1 l'origine de ce caractre d'orgueil et de jactance1 de perfidie et de cruaut1 de dissimulation et d'injustice1 de sdition et de tyrannie1 que montrent les ,grecs dans le cours entier de leur histoire3 l'on y verrait la source de ces fausses ides de gloire et de vertu1 accrdites par les potes et les rhteurs de ces temps farouches1 qui ont fait de la guerre et de ses lugubres trophes le but le plus lev de l'ambition humaine1 le moyen le plus brillant de la renomme1 l'objet le plus imposant de l'admiration de la multitude ignorante et trompe3 et parce que1 dans ces derniers temps surtout1 nous avons pris tche d'imiter ces peuples1 et que nous regardons leur politique et leur morale1 l'gal de leurs arts et de leur posie1 comme le type de toute perfection2 il se trouve en dernier rsultat que c'est aux murs et l'esprit des temps sauvages et barbares que notre culte et nos hommages sont adresss6 ,les bases de la comparaison que j'tablis sont si vraies1 que l'analogie se continue jusque dans les opinions philosophiques et religieuses2 car les principes de l'cole ,stocienne des ,grecs se retrouvent tous dans la pratique des sauvages amricains3 et si l'on s'en prvalait pour donner ceux-ci le mrite d'tre des philosophes1 rtorquant le raisonnement1 je dirai qu'il en faut conclure par inverse que l'tat social dans lequel furent invents des prceptes si contraires la nature humaine1 avec l'intention de faire supporter la vie1 fut un ordre de choses et de gouvernement aussi misrable que l'tat sauvage2 et j'aurais pour soutiens de mon opinion l'histoire entire de ces peuplades grecques1 mme dans leurs plus belles poques1 et la srie non interrompue de leurs sditions1 de leurs massacres dmocratiques1 de leurs proscriptions oligarchiques et tyranniques1 etc4 jusqu' la conqute de ces autres sauvages de l',italie1 appels les ,romains1 qui1 par leur caractre1 leur politique et leur agrandissement1 ont une analogie frappante avec les cinq nations iroquoises4 ,a l'gard des ides religieuses1 elles ne forment pas un systme rgulier chez les sauvages1 parce que chaque individu1 dans son indpendance1 se fait une croyance sa manire4 ,il semble mme que l'introduction des missionnaires europens parmi eux a modifi leurs opinions anciennes et propres nanmoins1 juger par les rcits des historiens des premiers colons1 et par ceux des voyageurs actuels dans le nord-ouest1 il me parat que les sauvages composent assez gnralement leur thologie de la manire suivante3 ,un grand ,manitou ou ,gnie suprieur1 qui gouverne la terre et les mtores ariens dont l'ensemble visible compose tout l'univers pour un sauvage4--,ce grand ,manitou1 plac en haut1 sans qu'on sache trop o1 rgit le monde sans prendre beaucoup de peine1 donne la pluie1 le beau temps1 le vent1 selon sa fantaisie1 fait quelquefois du bruit 7du tonnerre7 pour se dsennuyer1 ne s'inquite pas plus des affaires des hommes que de celles des autres tres vivants qui peuplent la terre2 il fait le bien sans y attacher d'importance1 laisse faire le mal sans en troubler son repos1 et1 au demeurant1 livre le monde une destine ou fatalit dont les lois sont antrieures et suprieures tout4 ,la plupart de ces peuples lui donnent le nom ou l'pithte de ,matre de la vie ou de celui qui nous a faits3 mais cette dnomination pourrait bien venir des missionnaires4 ,sous son commandement sont d'innombrables ,manitous ou ,gnies subalternes qui peuplent l'air et la terre1 prsident tout ce qui arrive1 et ont chacun leur emploi distinct4 ,de ces gnies les uns sont bons1 et ceux-l font tout ce qui se passe de bien dans la nature2 les autres sont mchants1 et ceux-ci causent tout le mal qui arrive aux tres vivants4 ,c'est ces derniers ,gnies de prfrence et presque exclusivement1 que les sauvages adressent leurs prires1 leurs offrandes propitiatoires et ce qu'ils ont de culte religieux3 leur but est d'apaiser la malice de ces ,manitous1 comme l'on apaise la mauvaise humeur des gens hargneux et envieux2 ils n'offrent rien1 ou que trs-peu de chose1 aux bons gnies1 parce qu'ils n'en feront ni plus ni moins de bien2 ce qui prouve combien ,lucrce a eu raison de dire3 ,primus in orbe deos fecit timor4 ,c'est la peur qui d'abord peupla de dieux le monde4 ,cette peur des mauvais gnies est une de leurs penses les plus habituelles1 et qui les tourmentent le plus3 leurs plus intrpides guerriers sont1 cet gard1 comme les femmes et les enfants2 un songe1 un fantme vu la nuit dans les bois1 un cri sinistre1 alarment galement leur esprit crdule et superstitieux2 mais comme partout o il y a des dupes1 il crot des fripons1 l'on trouve dans chaque tribu sauvage quelque jongleur ou prtendu magicien qui fait le mtier d'expliquer les songes1 et de ngocier avec les ,manitous les demandes et les affaires de chaque croyant4 ,il joue exactement le rle de ces anciens valets de comdie1 porteurs de paroles entre les amants qui ne peuvent se voir3 et l'on imagine bien que ce courtage n'est pas sans profit pour son auteur4 ,les missionnaires ont une aversion particulire pour ces jongleurs1 qu'ils traitent de charlatans1 d'imposteurs1 de fripons2 et les jongleurs1 qui les appellent supplanteurs envieux1 leur rendent les mmes sentiments3 malgr leurs entretiens avec les gnies1 ils sont fort embarrasss en expliquer la nature1 la forme1 la figure4--,n'ayant pas nos ides sur les purs esprits1 ils les supposent des tres corporels1 et pourtant lgers1 volatiles1 de vraies ombres et mnes la manire des anciens4--,quelquefois1 eux et les sauvages en choisissent quelqu'un en particulier qu'ils imaginent rsider dans un arbre1 un serpent1 un rocher1 une cataracte1 et ils en font leur ftiche1 la manire des ngres d',afrique4 ,l'ide d'une autre vie est aussi une croyance assez gnrale chez les sauvages2 ils se figurent qu'aprs la mort ils passeront dans un autre climat et pays o abonderont le gibier1 le poisson1 o ils pourront chasser sans fatigue1 se promener sans crainte d'ennemis1 manger des viandes bien grasses#aid1 vivre sans peines et sans soucis1 en un mot1 tre heureux de tout ce qui fait le bonheur dans la vie actuelle4 ,ceux du nord placent ce climat vers le sud-ouest1 parce que c'est de l que vient le vent de la belle saison1 et de la temprature la plus agrable et la plus fcondante4--,les missionnaires ajoutent qu'ils mlent ces tableaux des ides de rcompense et de chtiments1 une sorte d'lyse et de ,tartare2 mais ceci aurait besoin d'observateurs sans partialit4 ,au reste1 l'esquisse que je viens de tracer suffit pour prouver qu'il y a une analogie relle entre les ides thologiques des sauvages de l',amrique-nord et celles des ,tartares d',asie1 telles que nous les ont dpeintes les savants russes1 qui les ont visits depuis #cj ans4 ,cette analogie est galement vidente avec les ides des ,grecs2 on reconnat le grand ,manitou dans le ,jupiter des temps hroques1 c'est--dire sauvages1 avec cette diffrence1 que le ,manitou des ,amricains est triste1 pauvre et ennuy comme eux2 tandis que le ,jupiter d',homre et d',hsiode dploie toute la magnificence de la cour d'thiopie1 c'est--dire de ,thbes ,hcatompyle1 dont l'ge prsent nous a rvl les tonnants secrets#aie4 ,on reconnat galement bien dans les ,manitous1 les dieux subalternes des ,grecs1 les gnies des bois1 des fontaines1 les daimones1 honors d'un mme culte superstitieux4 ,prtendre que les sauvages amricains ont tir leurs ides de la ,grce ou de la ,scythie1 n'est point ma conclusion2 il est possible que d'un mme foyer primitif1 le ,chamanisme ou systme ,lamique de ,beddou se soit rpandu chez tous les sauvages de l'ancien monde o on le retrouve jusqu'aux extrmits de l',espagne1 de l'cosse et de la ,cimbrique3 mais il me parat galement possible qu'il soit la production naturelle de l'esprit humain1 parce que son analyse le montre tout entier form de comparaisons1 tires de la condition et des affections des hommes et des peuples chez qui il existe2 j'ai dvelopp ailleurs cette ide de manire n'avoir pas besoin de la reproduire ici#aif4 ,une transmission de ces ides religieuses qui supposerait une trop longue srie de gnrations me parat surtout difficile1 en ce qu'il n'existe chez les sauvages ni livres1 ni criture1 ni aucun moyen monumental3 tout s'y rduit la tradition orale1 c'est--dire ces rcits qui1 en passant d'une bouche l'autre1 s'altrent tellement1 que mme des faits voisins deviennent mconnaissables en peu de temps3 je crois avoir raisonnablement dmontr en traitant des ,arabes#aig1 combien les traditions sont nulles chez les ,orientaux1 malgr le prjug contraire de quelques savants1 et principalement des thologiens1 qui ont besoin de ce moyen pour appuyer diverses opinions3 j'ai prouv que chez ces peuples les individus conservent peine le souvenir des annes de leur ge et des vnements de leur enfance2 que ce caractre oublieux ou ngligent1 leur est commun avec notre propre peuple1 celui surtout des campagnes1 qui leur ressemble le mieux par son ignorance2 et qu'enfin ce caractre est inhrent la nature humaine en gnral3 les sauvages d',amrique sont un nouvel exemple l'appui de mon opinion1 car tous les tmoins que j'ai eu occasion de consulter et de citer si souvent1 se sont accords me dire qu'il n'existe chez eux aucun souvenir rgulier1 aucune tradition exacte d'un fait qui ait cent ans de date2 et leur vie errante1 vagabonde1 leurs dispersions par la guerre1 leurs distractions par les malheurs et les calamits1 enfin leur insouciance foncire1 seront1 pour quiconque en calculera les effets1 autant de preuves videntes que cela doit tre ainsi4--,un seul moyen de souvenir a lieu dans leur situation1 c'est celui des phrases syllabes comptes et rimes1 ce que plus noblement on appelle des vers1 soit dclams1 soit chants3 en effet1 par les mesures comptes de ces vers et par leurs rimes1 les mots et les ides sont fixs d'une manire prcise et certaine dans le discours et dans la mmoire1 et l'on peut toujours s'assurer que le discours est entier et non tronqu3 aussi est-ce rellement cette ide simple et rustique que l'art divin de la posie doit son origine2 et c'est par cette raison que ses premiers essais1 ses plus anciens monuments sont des contes extravagants de mythologie1 de dieux1 de gnies1 de revenants1 de loups-garoux1 ou de sombres et fanatiques tableaux de combats1 de haines et de vengeances2 tels que les chants des ,bardes d',ossian et d',odin1 j'ose dire mme du chantre de la colre d',achille1 quoiqu'il ait eu plus de connaissances et de talent2 tous contes et tableaux analogues l'esprit ignorant1 l'imagination drgle et aux murs farouches des peuples chez qui ils se produisent4 ,l'on pourra me dire que les sauvages ont des espces d'hiroglyphes avec lesquels ils se communiquent des ides2 comme de dessiner un homme la main appuye sur la hanche1 pour signifier un ,franais2 un autre les bras lis1 pour signifier un prisonnier2 mais l'on sent combien une telle mthode est imparfaite1 quivoque et borne4 ,la vrit est en rsultat1 qu'ils n'ont ni moyens de transmission1 ni monuments1 pas mme des vestiges d'une antiquit quelconque4 ,jusqu' ce jour1 l'on ne cite dans toute l',amrique du nord 7le ,mexique except71 ni un difice1 ni un mur en pierre taille ou sculpte qui atteste des arts anciens4 ,tout se borne des buttes de terre ou tumulus servant de tombeaux des guerriers2 et des dignes de circonvallation qui embrassent depuis un jusqu' trente arpents de surface4 ,j'ai vu trois de ces lignes1 l'une ,cincinnati1 et deux autres en ,kentucky1 sur la route de ce mme lieu ,lexington par ,georgetown2 ce sont tout simplement des crtes de fosss1 ayant au plus quatre ou cinq pieds d'lvation et huit dix de base2 la forme de leur enceinte est irrgulire1 tantt ovale1 tantt ronde1 etc41 et elle ne donne aucune ide d'art militaire ou autre4 ,le plus grand de ces ouvrages1 celui de ,moskingum1 est la vrit carr1 et de plus grandes dimensions2 mais d'aprs le dessin et la description qu'en a donn ,m4 le docteur ,barton dans ses ,observations d'histoire naturelle#aih1 l'on voit qu'il n'a ni bastions1 ni tours1 comme on l'avait dit1 et qu'il a d tre un simple retranchement de dfense1 tel que ,oldmixon et ses autorits attestent que les sauvages les pratiquaient l'arrive des ,europens1 lorsqu'ils avaient des demeures plus fixes1 et un quilibre plus gal de forces4--,tous ces retranchements ont eu la mme cause1 et tous ont pu tre faits avec des houes et des paniers4 ,quant aux tumulus1 j'ai vu celui de ,cincinnati1 six ou sept cents pas du fort vers l'ouest2 c'est un monceau de terre1 en pain de sucre1 qui peut avoir quarante pieds de saillie au-dessus du sol2 il est recouvert d'arbres qui ont cr spontanment4--,il m'a rappel les buttes du dsert de ,syrie et de sa frontire2 mais elles sont infiniment plus fortes1 ayant eu pour objet de poser des tours4 ,il parat que dans la ,tartarie russe et chinoise l'on en rencontre beaucoup dont la taille a plus d'analogie4 ,l'on a fouill quelques-uns de ces tumulus amricains1 et l'on n'y a trouv que des os1 des arcs1 des haches1 des flches de guerriers sauvages4--,le gnral ,sinclair ayant fait scier l'un des plus gros arbres implants sur leur pain de sucre1 y a compt plus de quatre cent trente-deux cercles de vgtation2 et comme il parat qu'il se forme un de ces cercles par anne1 cela reporterait la date du tombeau de #acjj #acej4 ,au reste1 il faut laisser de plus amples recherches et de plus solides conjectures aux savants amricains qui sont sur les lieux1 et qui chaque jour peuvent faire de nouvelles dcouvertes4 ,je me rsume dire que le plus certain1 le plus instructif de tous les monuments que prsentent les sauvages1 c'est leur langage4--,m4 le docteur ,barton a publi sur ce sujet un essai curieux#aii1 dans lequel il compare plusieurs mots de leurs langues et dialectes4 ,il a mme tendu ses confrontations aux langues de quelques tribus tartares1 l'aide du recueil que le docteur ,pallas en a fait et publi sur prs de trois cents nations asiatiques par ordre de l'impratrice ,catherine ,,ii#bjj4 ,les confrontations du docteur ,barton l'on conduit plusieurs conclusions intressantes pour la science2 mais malgr les vux d'estime et d'amiti que je forme pour ses succs1 je ne trouve pas toutes ses conclusions galement fondes2 je ne puis admettre1 par exemple1 l'affinit qu'il tablit entre les dialectes carabes1 brsiliens1 pruviens1 etc41 et les langues ou dialectes des ,potouattamis1 des ,delawares1 des ,iroquois1 fonde sur la ressemblance de deux ou trois mots4 ,il me semble tre plus heureux dans quelques rapports qu'il dcouvre avec les langues du nord-est de l',asie2 l'on ne peut d'ailleurs que lui savoir gr d'avoir ouvert une mine curieuse et riche en nouveaut2 mais cette mine a besoin d'tre exploite fond et en grand1 et ce travail veut les forces combines de plusieurs savants4 ,il serait dsirer que le congrs1 sentant l'importance du sujet1 formt1 ne ft-ce que temporairement1 une cole de cinq ou six interprtes uniquement occups recueillir des vocabulaires et des grammaires sauvages4--,dans cent ans1 dans deux cents ans1 il n'existera peut-tre plus un seul de ces peuples4--,depuis deux sicles1 dja un grand nombre a disparu2 si l'on ne profite pas du moment1 l'occasion se perdra sans ressource de saisir le seul fil d'analogie et de filiation de ces nations avec celles du nord-est de l',asie2 la dpense d'un tel tablissement est un bien mince objet pour un pays conome et riche2 d'ailleurs1 ce genre de dpense a des rsultats avantageux1 et mme lucratifs1 ne ft-ce que sous le rapport des facilits de commerce qu'il donne1 et des produits de librairie4--,en soumettant cette ide aux membres du congrs1 amis des sciences et des lettres1 j'ose la recommander leur attention avec d'autant plus d'instance1 que j'ai vu rgner dans les tats-,unis un prjug pernicieux2 savoir qu'il ne faut pas que le gouvernement encourage la culture des lettres et des sciences1 mais qu'il les abandonne comme les autres arts l'industrie des particuliers2 cette comparaison aux arts est totalement errone1 en ce que pour bien cultiver les sciences et les lettres1 il faut renoncer toute ambition d'emploi1 de place1 mme de fortune2 il faut avoir l'esprit libre des soucis de la richesse et de la pauvret2 il faut n'aimer que le travail et la gloire1 ou1 si l'on veut1 la clbrit2 or1 pour bien remplir cette vocation1 il faut tre au-dessus du besoin1 possder le ncessaire1 mme l'utile1 et avoir une douce mdiocrit tout acquise4--,c'est ce qu'effectuent les dotations et les traitements allous par les gouvernements1 et les fonds consacrs l'tablissement des corporations savantes4 ,si la ,france a acquis en ,europe une sorte de prminence en ce genre1 qui ne lui est pas conteste1 c'est un tel rgime qu'elle le doit2 et les avantages mme pcuniaires1 commerciaux1 financiers1 etc41 qu'elle en a constamment retirs sont si vidents1 qu'aucune de ses diverses formes de gouvernement n'a voulu changer de systme4 ,il dpend du gouvernement des tats-,unis d'acqurir la mme influence1 la mme prpondrance sur tout le ,nouveau-,monde1 o leur peuple a pris l'initiative de la libert4 ,un fonds annuel de cent mille dollars serait une dpense bien mdiocre pour un tel peuple1 et pourtant elle suffirait dja y crer une acadmie ou institut amricain1 qui rendrait en peu de temps d'importants services1 ne ft-ce que d'empcher de dire1 comme je l'ai ou1 non-seulement aux trangers1 mais aux hommes les plus clairs du pays1 que le got et la culture des sciences1 loin d'avoir fait des progrs1 se sont au contraire trs-sensiblement refroidis aux tats-,unis1 depuis leur indpendance1 et que l'instruction et l'ducation de la jeunesse y sont tombes dans un dsordre et un abandon effrayant4 ,il me reste joindre le ,vocabulaire mimi que j'ai annonc au commencement de cet article3 ce dialecte parat appartenir la langue des nombreuses peuplades chipwanes qui1 selon ,m4 ,mackensie1 se disent venues du nord-est de l',asie4 ,quelque imparfait que soit mon travail1 il a nanmoins assez d'tendue pour fournir des moyens de comparaison aux savants russes et allemands qui connaissent les langues de ces contres2 j'aurai rempli mon but1 s'il sert procurer de ce ct quelques dcouvertes1 et provoquer aux tats-,unis un plan de recherches plus vastes et plus approfondies4 ,,vocabulaire ,,de ,,la ,,langue ,,des ,,miamis4 ,,avis4 ,le lecteur est prvenu que l'x a toujours la valeur du jota espagnol1 et grec4 ,l',h1 celle de la forte aspiration arabe4 ,le th1 la valeur anglaise4 ,en reprsentant avec tout le soin possible la prononciation des mots mimis en franais1 j'ai joint quelques exemples de la manire dont les ,anglais la reprsentent aussi1 afin de faire sentir la confusion qui rsulte de la valeur diffrente des lettres chez eux et chez nous1 et de la ncessit d'un alphabet unique4 ,dans la colonne de l'orthographe anglaise1 les mots marqus ,b4 sont tirs du livre de ,m4 ,barton2 les autres appartiennent ,m4 ,wels4 ,,vocabulaire ,,de ,,la ,,langue ,,des ,,miamis4 ,franais4 ,mimi4 ,orthogr4 anglaise4 --------- ------ ------------------ ,je et moi ,nlah#bja ,nalaugh4 ,toi et vous ,on se sert du vous4 ,lui1 elle ,voyez ,eux1 elles4 ,awaleaugh4 ,nous ,klnah ,calonough4 ,vous ,klah ,calaugh4 ,eux et elles ,aouloa 7oua1 bref7 ,awalewaugh4 ,mon1 mien ,nlh-nnh ,nalaugh-nenigh4 ,ton ,ki4 ,voyez ,votre ,voyez ,votre4 ,son1 sien ,aoula-nnh ,awalelah-nennegh4 ,notre ,klnah ,calonaugh4 ,votre ,klla-nnh ,kalelaug-nennagh4 ,leur ,voyez ,son1 sien4 ,pre 7mon7 ,noxsh ,nosh saugh4 ,noch san4 ,b4 ,pres 7les7 ,oxsema4 ,mre 7votre7 ,kekiah ,kakecaugh4 ,mres 7les7 ,akmmah ,aukeemeemauh4 ,b4 ,fils ,akouissim4 ,fils 7son7 ,akouisslh ,augwissaulay4 ,fille 7sa7 ,atanlh4 ,frre 7mon7 ,oueds-miln ,sheemah1 pris pour sur4 ,frre 7notre7 ,ouedsa monkou4 ,sur 7ma7 ,ningo chema4 ,sur 7leur7 ,agoz-chimoul ,augosshimwauley4 ,mari 7mon7 ,nna pma4 ,littral4 ,matre de la faiblesse ,femme 7ma7 ,niououah ,neeweewah4 ,b4 ,femme une ,mtamsah4 ,homme 7un7 ,helaniah#bjb ,hellanniare4 ,petit garon 7un7 ,apilossah ,apeelotsaugh4 ,vieillard 7un7 ,kocha ,kaowshaw4 ,un 7nombre7 ,ingt ,ingtay4 ,deux ,nchou ,neshsway4 ,trois ,nexsou ,nessweh4 ,quatre ,nou ,neeway4 ,cinq ,ylanou ,yallawnwee4 ,six ,kakotsou ,cau cutsweh4 ,sept ,souaxtetsou ,swattessweh4 ,huit ,polln ,pullawneh4 ,neuf ,ingt-mnk ,ingotim maneeka4 ,dix ,matatsou ,mautotsweh4 ,tte ,indpkn4 ,o,eil ,kchkou4 ,nez ,kioun4 ,nez 7mon7 ,nin-kioun4 ,nez 7votre7 ,ki-kioun4 ,oreille ,taouk4 ,front ,mayaouinguil4 ,cheveux et poil ,nlissah4 ,bouche ,tonnh4 ,langue ,ouln ,dent ,ouipth4 ,barbe ,messetoningu4 ,main ,onexk4 ,pied ,ktah4 ,peau ,lkai4 ,chair ,ouioxs4 ,sang 7,v4 rouge7 ,nixpknou4 ,cur ,th4 ,ventre ,mogu ou ,motcz1 ,prononc la russe4 ,vie 7la7 ,mahtsanouingu4 ,mort 7la7 ,nahpingu ,nipou 7il est mort74 ,sommeil 7le7 ,nipangu ,nipahanou 7le froid7#bjc ,tuer ,anguchouingu4 ,jour 7le7 ,ifpt4 ,soleil 7le7 ,ifpt-kilixsoua1 7lumire de jour74 ,nuit 7la7 ,pekontou4 ,lune 7la7 ,pekontou kili xsoua1 7lumire de nuit74 ,matin 7le7 ,chepaou4 ,soir 7le7 ,elakoukx4 toile ,alangou4 ,firmament ,kechekou4 ,vent ,alamthenou4 ,tonnerre ,tchingouia4 ,pluie ,petilenou4 ,neige ,mon toua 7gnie74 ,glace ,achoukonh4 ,chaud ,chilitou4 ,froid ,niphanou4 t 7l'7 ,nihpnou4 ,hiver 7l'7 ,piponou4 ,terre 7la7 ,aki,hkeou4 ,ile ,menhanou4 ,eau 7l'7 ,np4 ,feu 7le7 ,kohteou4 ,flamme ,pa,hkouleou4 ,rivire ,sipiou4 ,lac ,nipi,hsi4 ,ruisseau ,maxtchkomek4 ,mer ,kitchi-km4 ,montagne ,atchiou4 ,colline ,ifpothkik4 ,arbre 7un7 ,methkou4 ,arbres 7des7 ,methkouah4 ,bois 7du7 ,taoun4 ,fort ,mt,hkok4 ,piste 7une7 ,pamehkaouangu4 ,chasser ,donama,houa4 ,chasse 7la7 ,na,htonamaouingu4 ,arc 7un7 ,mthkouapa4 ,flche ,touanthalou4 ,feuilles 7les7 ,mechipakoua ---- qui tombent ,papintingu4 ,homme 7un7 tombe ,mejechenou4 ,gibier ,aoussh4 ,poisson ,kikonassah4 ,guerrier ,atthi4 ,guerre ,mejkatou4 ---- 7aller en7 ,dopalouah4 ,casse-tte ,taka-kan4 ,peindre 7se7 la face ,ouchihouingu4 ,couteau 7un7 ,mals4 ,couteaux 7des7 ,malsa4 ,scalper ,laniok-kou4 ,kou 7chevelure74 ,prisonnier 7un7 ,kikiouna4 ,sentier 7un7 ,miou4 ,calumet ,pokn4 ,fume ,axkoleou4 ,maison ,ouikm4 ,canot ,missl1 plur4 ,missola4 ,filet ,sp1 plur4 ,sapak4 ,viande sche ,pohtekia4 ---- fume ,oxkol ,samingui4 ,tombeau ,eouissi-kn4 ,paix 7la7 ,phkokia 7bon1 abondance74 ,bien 7le7 ,phkok4 ,mal 7le7 ,mloxk4 ,bon 7homme7 ,tipoua4 ,mchant 7,fort7 ,matchi#bjd4 ,doux#bje ,oukapank4 ,amer ,oussakangu4 ,long ,kenouak4 ,court ,ixkouak4 ,colline 7haute7 ,ifpatingu4 ,haut dans le ciel ,ifpamingu4 ,bas ,mataxk4 ,lent1 ais ,ouhkeou4 ,prompt ,rinsehkaou4 ,nuage 7rapide7 ,kintche seou4 ,rivire 7profonde7,kenonou4 ,uni ,ttipaxkeou4 ,grand ,ma,hchk1 ,kitchi4 ,petit ,apilk4 ,large ,metchahkeou4 troit ,apassianoue4 ,pesant ,ktchokoun4 ,lger ,nangutchou4 ,fer ,kepiktou4 ,cuivre ,naxpekachek4 ,or ,honzaouchoul4 ,argent ,chol1 ou ,tsoul4 ,plomb ,lontsh4 ,pierre ,sn4 ,blanc ,oupekingu4 ,noir ,ma,hkateouekingu4 ,rouge ,n,hpkkingu4 ,bleu ,ixkepakingu4 ,jaune ,honzaoukingu4 ,vert ,anzanzkingu4 ,bison ou ,buffle ,alanantsoua4 ,castor1 v4 p4 ,daim ,mo,hsok4 ,ours ,moxkoua1 plur4 ,maxkk4 ,chien ,alamo1 plur4 ,alamk4 ,mas ,mintchep4 ,oiseau ,ahouhsensa4 ,ami ,aoui,hkanemah4 ,ennemi ,kita,hkianouna4 ,amour 7l'7 ,tpaletingu4 ,rire 7le7 ,koulingu4 ,rire ,koueleouh4 ,pleurer ,shkouingu4 ,larme 7une7 ,shpingouah4 ,parler ,kilkilxkouingu4 ,discours ,atchimouna4 ,marcher ,pampelingu4 ,courir ,mahmikouingu4 ,respirer ,nssingu4 ,souffler ,alamsenou4 ,soupir ,kouneoua4 ,craindre ,kouahtamingu4 ,esprit 7l'7 ou ,ame 7l'7 ,atchipaa1 c'est--dire1 fantme volant4 ,dieu ,kitchi ,man-toua 7le grand esprit71 ou ,kajehelangou 7celui qui nous a faits74 ,gnies ou ,esprits4 ,mantou1 analogue manes1 mani-um des ,latins4 ,diable ,matchi ,manitou4 ,beau ,p,hkesina4 ,laid ,molousina4 ,bon homme ,tipoua-heleniah4 ,bonne femme ,tipoua-metams4 ,sauvages 7les7 ,metoxthniak 7ns du sol74 ,europens 7les7 ,oubkilokta 7peau blanche74 ,franais 7les7 ,mhtikcha 7,oumistergch1 btisseur de vaisseaux1 en langue ,chipewa74 ,anglais 7un7 ,axlchima 7,anglichman74 ,amricain 7un7 ,mitchi-,mals 7grand couteau74 ,oui ,i-y4 ,non ,moxtch4 ,avec ,mmou1 en arabe ,m4 ,ils n'ont point le verbe tre4 ,les adjectifs sont de commun genre1 comme en anglais4 ,voyez les exemples bon homme1 bonne femme4 ,en gnral1 le pluriel des substantifs se forme en ajoutant au singulier la finale k3 ,mtamsa1 une femme2 ,mtamsake1 les femmes4 ,franais4 ,mimi4 --------- ------ ,verbe ,manger4 ,je mange ,nioussini4 ,tu manges ,kiouissini4 ,il ou elle mange ,ouissinioua4 ,nous mangeons ,niouissini mina4 ,vous mangez ,kiouissini moua4 ,ils ou elles mangent ,ouissiniouk4 ,j'ai mang ,chaani ouissin4 ,tu as mang ,chaaki ouissin4 ,il ou elle a mang ,chaa ouissinoua4 ,nous avons mang ,chaa kiouissini mina4 ,vous avez mang ,chaa kiouissini moua4 ,ils ou elles ont mang ,chaa ouissiniouak4 ,je mangerai ,nouissini-kt4 ,tu mangeras ,kioussini-kt4 ,il ou elle mangera ,ouissinioua-kt4 ,nous mangerons ,kiouissini-mina-kt4 ,vous mangerez ,kiouissini-mo-kt4 ,ils ou elles mangeront ,ouissiniouak-kt4 ,le manger ,ouessiningu4 ,la faim ,axouingu4 ,j'ai faim ,indexkoui4 ,verbe ,boire4 ,je bois ,nmn4 ,tu bois ,kimn4 ,il ou elle boit ,mnou4 ,nous buvons ,kimn mena4 ,vous buvez ,kimn moua4 ,ils ou elles boivent ,mn-k4 ,le boire ,mningu4 ,verbe ,battre4 ,je bats ,indn hou4 ,tu bats ,kidn hou4 ,il ou elle bat ,an hou4 ,nous battons ,kidn houemena4 ,vous battez ,kidn kiou ou hiou4 ,ils ou elles battent ,anh houak4 ,verbe ,passif4 ,je suis battu ,indn ekoua4 ,tu es battu ,kidn ekoua4 ,il ou elle est battu ,an haou4 ,nous sommes battus ,kidn ekona4 ,vous tes battus ,kidn ekoha4 ,ils ou elles sont battus ,an haouak4 ,j'ai t battu ,indn nehkoua4 ,tu as t battu ,kidn nehkoua4 ,il ou elle a t battu ,ann haoua4 ,nous avons t battus ,kidn nehekomena4 ,vous avez t battus ,kidn nehekou4 ,ils ou elles ont t battus ,ann haouak4 ,je serai battu ,indn heko-kt4 ,tu seras battu ,kedn heko-kt4 ,il ou elle sera battu ,an haoua-kt4 ,nous serons battus ,kidn hekomena-kt4 ,vous serez battus ,kedn hekomo-kt4 ,ils ou elles seront battus ,an haouak-kt4 ,,fin ,,du ,,vocabulaire4 ,,table ,,des ,,mati,,res4 ,page4 ,,chapitre ,,premier4--,situation gographique des tats-,unis1 et superficie de leur territoire4--,comparaison de quelques unes de leurs parties avec celles de l'ancien continent #a ,,chap4 ,,ii4--,aspect du pays4 ,fort presque universelle divise en trois grandes rgions #f ,,chap4 ,,iii4--,configuration gnrale4 ,division naturelle du pays par les chanes des montagnes4 lvation extrme et moyenne de ces chanes #aa ,,chap4 ,,iv4--,structure intrieure du sol4 ,pierres et roches fondamentales occupant diverses rgions #dj ,,chap4 ,v4--,des lacs anciens qui ont disparu4 ,conjectures sur l'ancien tat du pays #ga ,,chap4 ,,vi4--,de la chute de ,niagara et de quelques autres chutes remarquables #id ,,chap4 ,,vii4--,des tremblements de terre et des volcans #aac ,,chap4 ,,viii4--,du climat4 ,sa comparaison avec celui d',europe aux mmes latitudes4 ,diffrence singulire de temprature entre l'est et l'ouest des ,alleghanys #aah ,,chap4 ,,ix4--,systme des vents aux tats-,unis4 ,cause du courant du golfe de ,mexique #aeb ,,chap4 ,x4--,comparaison du climat des tats-,unis avec celui de l',europe quant aux vents1 la quantit de pluie1 l'vaporation et l'lectricit #bbb ,,chap4 ,,xi4--,conclusion3 la lune influe-t-elle sur les vents8 ,action du soleil sur tout leur systme1 et sur le cours des saisons4 ,changements oprs dans le climat par les dfrichements #bci ,,chap4 ,,xii4--,des maladies dominantes aux tats-,unis #bff ,,appendice #cag ,,lettre sur les vents de la ,sude et de la ,norwge ibid4 ,,claircissements4 ,,article ,ier--,sur la ,floride et sur le livre de ,bernard ,romans1 intitul3 ,courte ,histoire ,naturelle et morale de la ,floride ,orientale et ,occidentale #cba ,,art4 ,,ii4--,sur l'histoire de ,newhampshire1 par ,belknapp1 et sur l',histoire de ,vermont1 par ,samuel ,williams #ccj ,,art4 ,,iii4--,sur ,gallipolis1 ou la ,colonie des ,franais au ,scioto1 en #aghi #cce ,,art4 ,,iv4--,sur diverses ,colonies ,franco-,canadiennes #cdf ,,art4 ,v4--,observations gnrales sur les ,indiens ou sauvages de l',amrique-,nord #cga ,,vocabulaire de la langue des ,mimis1 tribu tablie sur la rivire ,wabash #dfg ,,fin ,,de ,,la ,,table4 ,,notes3 #a ,j'avais t dix mois dans les prisons1 jusqu'aprs le #i thermidor4 #b ,je ferai nanmoins remarquer aux ,amricains toute l'absurdit du principal grief par lequel on me rendit suspect 7car cette poque le langage et le rgime devinrent un vrai terrorisme74 ,l'on me supposa l'agent secret d'un gouvernement dont la hache n'avait cess de frapper mes semblables3 l'on imagina une conspiration par laquelle j'aurais 7moi seul ,franais7 tram en ,kentucky1 de livrer la ,louisiane au ,directoire 7qui naissait peine71 et cela quand des tmoins nombreux et respectables dans ce ,kentucky1 comme en ,virginie et ,philadelphie1 pouvaient attester que mon opinion1 manifeste l'occasion du ministre ,g999999991 tait que l'invasion de la ,louisiane serait un faux calcul politique3 qu'elle nous brouillerait avec les ,amricains1 et fortifierait leur penchant pour l',angleterre2 que la ,louisiane ne convenait sous aucun rapport la ,france3 que son colonisement serait trop dispendieux1 trop casuel2 sa conservation trop difficile1 faute de marine et de stabilit dans notre gouvernement1 lointain1 variable1 embarrass1 etc41 etc42 qu'en un mot1 par la nature des choses1 elle ne convenait et finalement n'appartiendrait qu' la puissance voisine1 qui avait tous les moyens d'occuper1 de dfendre et de conserver4--,cette opinion1 contraire celle de la plupart de nos diplomates1 m'a attir leur improbation1 presque leur animadversion en ,amrique et en ,france4 ,j'ai nanmoins continu de la dfendre dans le temps o il y avait quelque courage la manifester4 ,aujourd'hui qu'elle a reu la plus haute des approbations1 il doit m'tre permis de m'en faire quelque mrite4 ,l'on serait bien tonn si l'on savait que la colre de ,m4 ,john ,a9999 l'poque mme o le grand ,washington me donnait des tmoignages publics d'estime et de confiance1 n'avait pour motif qu'une rancune d'auteur1 cause de mes opinions sur son livre de la ,dfense des ,constitutions des tats-,unis4 ,comme homme de lettres1 et comme tranger1 souvent questionn dans un pays de toute libert1 j'avais t dans le cas de manifester mes opinions1 quand leur auteur n'tait pas encore au premier poste de l'tat4 ,malheureusement j'avais adhr au jugement de l'un des meilleurs reviseurs anglais1 qui traitant ce livre de compilation sans mthode1 sans exactitude de faits et d'ides1 ajoute qu'il la croirait mme sans but1 s'il n'en souponnait un secret1 et relatif au pays apologis1 que le temps seul pourra dvoiler4 ,or1 en interprtant mon auteur1 je prtendais que ce but tait de capter1 par une flatterie nationale1 la faveur populaire et les suffrages des lecteurs2 quand le fait eut vrifi la prophtie1 le prophte ne fut pas oubli4 #c ,toutes les fois que l'on fait remarquer aux ,amricains quelque imperfection ou quelque faiblesse dans leur tat social1 dans leurs arts et leur gouvernement1 leur rponse est3 ,nous sommes un jeune peuple3 ils sous-entendent laissez-nous crotre4 #d ,affaire d',alger1 et construction des frgates #a1gjj1jjj fr4 la pice4 #e ,trait ,jay compar celui de ,paris4 #f ,affaire de ,m4 ,lyons en plein congrs4 #g ,scandaleux dsordres du collge de ,princetown1 et nullit des autres4 #h ,depuis l'avnement de ,m4 ,jefferson la prsidence1 les fdralistes n'ont cess de l'assaillir d'invectives dans les papiers publics2 et telle est la solidit des principes sur lesquels il opre1 qu'il a tout laiss dire sans que son caractre en ft branl dans l'opinion publique3 peut-tre mme s'y est-il affermi4 #i ,voyez la notice des prix de ,princetown1 en #agig et #agih4 #aj ,on a suivi en effet cette mthode dans la premire dition4 ,mais1 soit que l'auteur n'ait pu se charger de revoir les preuves1 soit que l'excution ait prsent des difficults auxquelles on ne s'tait pas attendu1 le travail s'est trouv trs-dfectueux4 ,ce systme d'imitation1 suivi pour quelques mots1 ne l'tait pas pour quelques autres2 de sorte que1 loin de se trouver diminue1 la confusion s'est augmente4 ,il fallait1 ou mettre plus d'unit dans l'excution ou rtablir l'orthographe anglaise4 ,nous avons cru devoir prendre ce dernier parti4 ,l'tendue d'une note ne nous permet pas d'exposer les raisons qui nous y ont dcid1 nous les exposerons dans le second tirage de la notice sur les crits de ,volney4 7,note des diteurs74 #aa ,le ,mississipi1 mot altr de ,metchin-sipi1 qui signifie grande rivire dans la langue des ,mimis1 tribu de sauvages qui habite aux sources des rivires ,mimi et ,wabash4 ,il est remarquable que les premires notions que l'on eut en ,canada sur le ,mississipi1 vinrent de ce ct1 et de la part de ces sauvages1 qui tous les ans font une excursion guerrire d'ancienne haine contre les ,chacts et les ,chikasaws1 situs vers le bas du grand fleuve4 #ab ,recensement publi ,philadelphie le #ba septembre #ahja 7,general ,advertiser74 #ac ,j'ai vu dans les mains de ,m4 ,jefferson une lettre lui crite par ,hutchins1 en date du #aa fvrier #aghd1 dans laquelle il reconnat avoir commis de trs-fortes erreurs dans le calcul du ,north-west territory4 #ad ,j'appellerai toujours l'tat de ,new-,york le ,new-,york1 et n'appliquerai point l'article la ville de ce nom4 #ae ,j'emploierai ce mot pour rpondre au mot anglais cleared1 clairci1 c'est--dire1 nettoy de tous bois4 #af ,petit moucheron noir1 pire que les cousins4 #ag ,altration du mot franais ,vert-,mont1 que les habitants ont adopt par penchant pour les ,franais de ,canada1 et qui est la traduction de l'appellation anglaise1 ,green-,mountain4 #ah ,maine n'est encore qu'un district de ,massachusets2 mais il ne peut tarder d'tre constitu en tat4 #ai ,les sillons du ,kentucky4 #bj ,white-oak1 ,great-iron1 ,bald-mountain1 ,blue-mountain4 #ba ,apalachi-cola1 mot double dans lequel cola signifie rivire chez les sauvages ,creeks4 #bb ,frontire des tats-,unis vers les possessions anglaises du ,canada4 #bc ,rivire considrable de la ,virginie occidentale qui verse dans l',ohio4 #bd ,bartram4 #be ,c'est nanmoins sur ces sommets que les sauvages1 imits en cela par les ,amricains1 avaient tabli leurs sentiers ou routes3 l'exemple le plus pittoresque que j'en aie trouv1 est la route trace sur la crte du ,gauley 7,gauley-ridge7 dans les montagnes du ,kanhawa2 cette crte n'a pas #ae pieds de large en plusieurs endroits de sa longueur1 qui est de plus d'un quart de lieue2 et l'on a droite et gauche une pente rapide de plus de #f #gjj pas de profondeur4 #bf ,il faut aussi remarquer que jadis les lits encombrs d'arbres renverss1 et de roseaux1 gardaient mieux les eaux1 et qu'aujourd'hui nettoys1 ils les laissent couler trop vite4 #bg ,il faut #fj1jjj ames4 #bh ,ces ,nihiaou forment #aj #ab tribus tablies entre le lac du ,cdre et le ,missouri1 d'o ils paraissent venir originairement4 #bi ,voyez les notes de ,m4 ,jefferson1 page #di1 dition de ,paris1 #aghe4 ,je prviens le lecteur1 que j'ai valu le pied anglais raison de #cjd millimtres1 et que j'ai nglig les petites fractions4 #cj ,neveu du docteur ,franklin1 auteur de plusieurs mmoires de physique1 insrs dans l',american ,musum1 et dans les ,transactions de la socit philosophique de ,philadelphie4 #ca ,transactions of the society of ,new-,york1 part4 #b1 page #abh4 #cb ,voyez ,history of ,vermont by ,samuel ,williams1 pag4 #bc1 #a vol4 in-#h1 imprim ,walpole1 ,new-,hampshire1 #agid4 ,l'auteur observe qu' ces latitudes la rgion de la conglation constante est #bdeb mtres 7#hjff pieds anglais73 ,m4 ,samuel ,williams1 qu'il faut distinguer de ,m4 ,jonathan ,williams1 a t professeur de mathmatiques ,cambridge prs ,boston1 et est un ecclsiastique retir dans le pays de ,vermont4 #cc ,history of ,new-,hampshire by ,belknap1 page #di1 tome ,,iii4 ,voyez aussi ,samuel ,williams1 page #bc4 #cd ,ce n'est pas sans avoir examin cette question avec soin1 que je m'carte de la projection de ,m4 ,arrow-,smith1 qui1 ngligeant totalement le sillon d',holy-hill et de ,flying-hill1 dtourne au-dessous de ,harrisbourg le chanon de ,blue-ridge dans ,kittatiny3 ce gographe peut avoir eu des notes de voyageurs qui1 influencs par l'opinion vulgaire des colons de ,pensylvanie1 et par le nom de ,blue-ridge qu'ils donnent en quelques cantons au ,kittatiny1 ont adopt ce systme4 ,mais outre que l'autorit d'vans1 de ,fry et de ,m4 ,jefferson1 m'a paru d'un poids suprieur1 j'ai moi-mme vu1 en traversant la ,susquehannah sur la route d',york ,lancastre1 un chanon situ un mille au-dessus du bac de ,colombia1 lequel prolonge videmment ,blue-ridge1 que l'on voit long-temps l'ouest de cette route plus ou moins distant4 ,ce chanon1 gal en hauteur sur les deux rives1 ne laisse la rivire qu'un troit passage1 sur un rapide2 et tout atteste qu'il a t forc comme le ,potmac sous ,harper's-ferry4--,il continue sa route nord-nord-est4--,le lit de la rivire est calcaire au bac de ,colombia4 #ce ,white-oak1 ,great-iron1 ,bald1 ,blue-mountain4 #cf ,pture du veau et de la vache4 #cg ,nom du colon primitif ou principal sur la route3 presque tous les noms de lieu aux tats-,unis ont pareille origine4 #ch ,on peut voir ces chantillons chez ,m4 la ,mtherie1 rdacteur du ,journal de physique4 #ci ,les ,anglais le dsignent sous le nom de ,gulph-stream4 #dj ,voyages d',alexandre ,mackenzie dans l'intrieur de l',amrique du nord1 traduits par ,gastera1 #c vol4 in-#h4 #da ,il parat que le lit de la ,mohawk spare la contre granitique de la contre des grs4 #db ,habitation de ,m4 ,jefferson en ,virginie1 sur le chanon appel ,south-west-mountain1 que l'on devrait plutt appeler le ,sillon rouge1 cause de sa terre argileuse de cette couleur1 absolument semblable au sol d',alep en ,syrie4 #dc ,voyez ,medical repository1 tome #a;er1 n #c1 imprim ,new-,york1 #agig4 #dd ,voyage de ,liancourt1 tome #a;er1 page #aj4 #de ,le sol de toute la ,haute-,susquehannah est ml de schistes1 de pierres1 de geiss1 de schorl1 de feld-spath1 coup d'une foule de sillons peu levs1 qui montent par gradins jusqu' l',alleghany2 l domine le grs4 ,il y a aussi des veines basaltiques1 produits et tmoins d'anciens volcans4 ,partout les arbres sont rabougris et de faible vgtation4 7,note de ,m4 ,guillemard47 #df ,voyez notes de ,m4 ,jefferson1 sur la ,virginie1 page #fc4 #dg ,white river4 #dh ,a l'habitation de ,m4 ,thompson4 #di ,a l'habitation de ,m4 ,ins1 juge4 #ej ,de retour ,paris1 j'ai soumis ces coquillages l'examen de l'un de nos plus habiles naturalistes dans cette branche de science 7,m4 ,lamark71 et je ne puis mieux satisfaire la curiosit de mes lecteurs1 qu'en leur communiquant le jugement qu'il en a port4 ,monsieur1 j'ai examin1 avec le plus grand soin1 les trois morceaux de fossiles que vous m'avez confis1 et que vous avez recueillis dans l',amrique septentrionale4 ,j'ai vu trs-clairement1 dans chacun d'eux1 des trbratules fossiles99 entasses et sans ordre4 ,ces trbratules sont presque toutes de la division de celles qui sont canneles longitudinalement en-dessus et en dessous1 comme la trbratule que ,linne a dsigne sous le nom d',anomiadorsata4 99 ,nouveau genre tabli dans mon ,systme des animaux sans vertbres1 page #ach1 avec un dmembrement du genre anomia de ,linne4 ,on ne voit1 de la part de ces coquilles fossiles1 que le moule intrieur1 c'est--dire que la matire pierreuse1 dont leur intrieur s'est rempli pendant le long sjour de ces coquilles dans le sein de la terre4 ,cependant1 sur plusieurs d'entre elles1 on retrouve encore des portions minces et blanchtres de la coquille mme4 --,dans le morceau qui vient de ,cincinnati1 on voit distinctement trois sortes de coquilles fossiles3 savoir1 une espce de trbratule grosses cannelures1 et qui approche de celle figure dans la nouvelle ,encyclopdie1 pl4 #bda1 fol4 #c2 une autre espce de trbratule non cannele1 mais pointille1 nacre et oreillettes2 enfin1 une coquille bivalve pines rares1 dont je ne puis reconnatre le genre1 n'en pouvant examiner la charnire4 --,dans le morceau pris dans le ,kentucky1 cents pieds au-dessus du lit des eaux1 je remarque des individus de diffrents ges1 d'une espce de trbratule cannele1 qui parat se rapprocher de celle figure dans la nouvelle ,encyclopdie1 pl4 #bdb1 fol4 #a1 ayant ses cannelures plus fines et plus nombreuses que dans la trbratule cannele du morceau prcdent1 et sa valve suprieure ou la plus petite1 aplatie4 ,ce mme morceau contient un fragment de belemnite4 --,enfin1 dans le troisime morceau1 pris sur les hauteurs ouest d',onondago1 je vois de nombreux dbris de deux trbratules canneles1 diffrentes encore de celles des deux morceaux prcdents2 l'une d'elles1 un peu trigone1 offre une gouttire sur le dos de la grande valve1 et s'approche beaucoup de celle qui est reprsente dans la pl4 #bdd1 fol4 #g1 de la nouvelle ,encyclopdie4 ,l'autre trbratule du mme morceau est grande1 aplatie presque comme un peigne2 mais elle prsente des fragments trop incomplets1 pour qu'il soit possible de la caractriser1 et d'en dterminer les rapports avec d'autres espces4 ,nota4 ,d'aprs la considration de ces trois morceaux1 il me parat vident que les rgions de l',amrique septentrionale1 o ces morceaux ont t recueillis1 ont fait autrefois partie du fond des mers991 ou du moins qu'elles montrent actuellement dcouvert la portion de leur sol qui a fait partie du fond des mers et non de ses rives2 car les fossiles qu'on y trouve maintenant sont des coquillages plagiens 7voyez mon ,hydrogologie1 pages #fd1 #gj et #ga71 qui1 comme les gryphytes1 les ammonites 7les cornes d',ammon71 les orthocratistes1 les blemnites1 les encrinites 7les palmiers marins71 etc41 vivent constamment dans les grandes profondeurs des mers1 et jamais sur les rivages4 ,aussi la plupart de ces coquillages et de ces polypiers ne sont-ils connus que dans l'tat fossile4 99 ,a l'appui de cette opinion1 viennent encore les nombreuses salines1 dont est rempli tout le pays d'ouest4 ,on les y dsigne sous le nom de licks1 que l'on voit chaque instant sur les cartes du ,kentucky4 ,la source la plus riche est prs du lac ,oneda2 elle contient un dix-huitime de sel de son poids4 ,les mers du ,nord n'en contiennent que #a_/cb1 et celles des tropiques #a_/ab environ2 il est remarquable que ces sources sales sont rares sur la cte ,atlantique4 7,note de l',auteur74 ,vos observations1 monsieur1 dterminent la nature des fossiles que l'intrieur d',amrique septentrionale laisse maintenant dcouvert1 et il y a apparence que parmi ces fossiles l'on y chercherait vainement des coquilles littorales4 ,,lamarck4 #ea ,voyage de ,liancourt1 tome ,,ii4 #eb ,le voyageur sudois ,peter ,kalm l'appelle glimmer4 #ec ,on remarque que cet isinglass contient plus de parties de mica dans les pays du sud1 et plus de schorl dans les pays du nord de cette cte4 #ed ,voyage de ,liancourt1 tome ,,iv1 page #ahi4 #ee ,faute d'instruments et de temps1 mon moyen de mesurage fut de choisir1 vers le pied du sillon1 plusieurs arbres d'une hauteur peu prs connue de #be mtres1 et d'en rpter1 d'chelon en chelon1 la mesure comparative1 ayant gard la rduction de perspective4 #ef ,la tmrit des navigateurs amricains rend ces accidents frquents dans leurs fleuves comme sur l',ocan4 #eg ,cette banquette et les talus sur tout le cours de l',ohio1 sont couverts de l'odieuse plante stramonium1 que l'on m'a dit y avoir t importe de ,virginie1 mle par accident d'autres graines2 elle s'est tellement multiplie1 que l'on ne peut se promener sur les banquettes sans tre infect de son odeur narcotique et nausabonde4 #eh ,elle est compose d'environ #djj maisons de bois1 en planches et en troncs1 que l'on a commence d'y construire l'poque de la guerre des ,sauvages1 vers #agia3 ce n'tait qu'un camp de rserve et parc d'artillerie4 #ei ,ruisseau d'argent4 #fj ,un colon du ,tennessee m'a fait observer que toutes les rivires de ce pays1 qui versent immdiatement dans le ,mississipi1 ont galement des banquettes2 ce qu'on attribue1 a-t-il ajout1 ce que chaque anne1 dans le cours du mois de mai1 le ,mississipi a une crue d'environ #be pieds anglais1 laquelle force tous ses affluens de dborder et de se faire un plus large lit4 ,mais cette crue fait pour ces rivires office de digue temporaire1 et confirme1 en ce point1 la thorie que j'ai prsente pour d'autres cas4 ,au reste1 je ferai observer mon tour1 que sur sa rive gauche1 du ct d'est1 le ,mississipi est constamment restreint par une chane de hauteurs qui lui laissent rarement quatre ou cinq milles de terrain plat pour se dployer1 tandis que sur la rive droite1 du ct d'ouest1 lorsqu'il a franchi sa berge1 il perd ses eaux sur un sol plat de plus de #bj lieues de largeur4 #fa ,hutchins suppose prs de #gjj milles2 mais il faut remarquer que ce gographe n'eut aucun moyen exact et gomtrique de mesurer l',ohio3 il le descendit en bateau1 dans un temps de guerre avec les sauvages1 calculant sa marche par le courant1 sans faire de relev terre1 dans la crainte de surprises toujours menaantes3 depuis quelques annes1 la navigation plus libre du fleuve a tabli des calculs plus justes1 et prouv que ceux de ,hutchins pchent tous par excs2 ainsi1 du petit ,miami aux rapides1 l'on compte #ade milles1 au lieu de #ahd qu'il portait4 ,du grand ,kanhawa au petit ,miami1 #bjg1 au lieu de #bca2 en gnral1 on le rduit d'un septime4 #fb ,il y a trois ,miamis1 le petit1 au-dessus de ,cincinnati2 le second ou grand ,miami1 au-dessous de ce mme poste1 tous deux versant dans l',ohio1 et le troisime versant dans le lac ri4 #fc ,portage est l'espace de terre qui se trouve entre deux eaux navigables1 parce que l'on est oblig de porter le canot pour passer de l'une l'autre2 c'est ce que les anglais appellent carrying place4 #fd ,voyage dans les tats-,unis d',amrique1 par ,larochefoucauld-,liancourt1 tome ,,ii4 ,voyage dans le ,haut-,canada1 par ,isaac ,weld1 tome ,,ii4 ,ces deux livres peuvent passer pour une bibliothque portative des tats-,unis4 #fe ,a un mille et demi de ,new-,geneva1 venant de ,canandark1 je me trouvai au bord d'un amphithtre d'une pente plus douce et plus longue que celle dont je parlerai bientt2 mais d'une vue encore plus magnifique1 car l'on y dcouvre1 sans obstacle et d'un seul coup d'il1 un immense bassin parfaitement plane1 compos1 au nord-est1 du lac ,ontario1 et l'est1 d'une vritable mer de forts1 parseme de quelques fermes et villages1 et des nappes d'eaux des lacs iroquois4 #ff ,dja des colons ont profit de cette pente pour construire des moulins scie et farine4 #fg ,voyez le voyage de ,m4 ,weld1 tome ,,ii1 p4 #bih1 traduit par ,m4 ,castera4 #fh ,la traduction franaise1 dit1 un peu sur la droite3 oui1 quant au fleuve2 mais quant au spectateur1 c'est incontestablement sur la gauche4 #fi ,cette chaleur a rellement lieu dans le dgagement de l'eau des grandes meules de moulins1 comme je l'ai prouv ,richmond1 et elle est assez forte2 mais c'est au rejaillissement des eaux1 et non elle1 que l'on peut attribuer les cavernes4 #gj ,voyez page #cjd4 ,je ne pense point d'ailleurs que ,m4 ,weld veuille dire1 avec quelques voyageurs1 qu'il y ait un vide capable de donner passage4 ,en considrant la petite cascade1 nous avons remarqu que les nappes suprieures pressent sur les infrieures1 et les forcent de s'couler le long de la paroi du rocher2 le raisonnement lui seul indique ce mcanisme1 et le passage est totalement impraticable4 #ga ,il serait dsirer que le gouvernement des tats-,unis1 prsid en ce moment par un ami des sciences et des arts1 fit dresser le procs verbal le plus prcis de l'tat de la cataracte4 ,cet acte deviendrait un monument prcieux1 auquel1 d'ge en ge1 on pourrait comparer ses progrs1 et apprcier avec certitude les changements qui surviendraient4 #gb ,il reste savoir si les cavernes se trouvent dans cette nature de pierre2 l'examen attentif des parois du ravin donnera1 cet gard1 des lumires que je n'ai pas eu le temps d'acqurir4 #gc ,voyez troisime volume1 p4 #aei1 des ,mmoires de ,m4 ,pouchot1 publis ,yverdun1 #agha4 ,il appelle cette rivire ,casconchiagon1 ce qui est son nom canadien4 #gd ,voyez ,american ,musum1 tome ,,viii1 p4 #bae3 un anonyme1 qui parat avoir eu des notes prcises sur ,niagara1 value ainsi toutes les pentes3 mtres4 pied4 ang4 #a la pente des rapides #ag #eh #b la hauteur de la chute #dg #aeg #c et la pente du ravin jusqu'au ,platon1 pendant sept milles1 #bj #fg ------ --- ,total #he #bhb #ge ,voyez la description dtaille de ces deux chutes dans le ,voyage de ,m4 ,weld1 tome ,,ii1 p4 #hf4 #gf ,page #fj1 de l'dition franaise4 #gg ,voyez ,american ,musum1 tomes ,,iii et ,v4 #gh ,le mot grec klima ne signifie que degr1 chelon4 #gi ,voyez ,transactions of the philosophical society of ,philadelphia1 tome ,ier1 in-#d4 #hj ,voyez ,ephemerides ,meteorologic ,palatin1 ,manheim4 #ha ,voyage de ,liancourt1 tome ,,ii1 p4 #bjg4 #hb ,le froid moyen de ,ptersbourg1 depuis #aggb jusqu'en #agib1 selon l'acadmie des sciences de cette capitale1 a t de #bd 2 mais cela ne nous dit pas quel a t le maximum2 les geles ont commenc le #bg septembre1 et fini le #be avril 7comme ,qubec74 #hc ,cette circonstance empche d'y lever l'oranger en pleine terre2 mais elle n'empchera pas d'y cultiver l'olivier1 dont ,m4 ,jefferson a fait le prsent prcieux ce pays2 surtout si c'tait l'olivier corse2 car j'ai vu en #agib1 dans les montagnes de cette le1 ,cort1 qui est lev de cinq cents toises au-dessus de la mer1 j'ai vu1 dis-je1 les oliviers prosprer1 malgr trois et quatre degrs sous zro4 ,les ,corses mme prtendent que huit jours de neige au pied1 dtruisent les insectes et assurent la rcolte4 #hd ,voyez ,american ,musum4 #he ,history of ,vermont1 page #db4 #hf ,voyez notes sur la ,virginie1 page #fc4 #hg ,humboldt a trouve le mme degr dans l',amrique mridionale4 #hh ,voyez les trois ,mmoires d'observations de ce savant mdecin1 sur le climat de ,pensylvanie1 dans les tomes ,,vi et ,,vii de l',american ,musum4 #hi ,je traduis en degrs de ,raumur les degrs de ,fahrenheit1 usits en ,amrique comme en ,angleterre4 #ij ,voyage de ,liancourt1 tome ,,iv4 #ia ,american ,musum1 tome ,,viii4 #ib ,fonde par suite des oprations de la compagnie de ,scioto qui1 en #aghi1 fit tant de bruit ,paris pour vendre des terres qu'elle n'avait pas1 mais dont elle se faisait bien payer4 ,j'aurai l'occasion d'en reparler4 #ic ,noix trs-oblongues1 d'une coquille fine et fragile1 et en tout infiniment suprieures aux noix ligneuses 7hickorys7 de la cte atlantique4 #id ,m4 le docteur ,barton m'a dit qu'il prparait sur ce sujet un mmoire qui ne pourra manquer d'tre trs-intressant4 #ie ,voyez ,medical ,repository of ,new-,york1 tome ,ier1 page #ecj1 o se trouve un tableau mtorologique dress par le major ,swan4 #if ,an account of six years residence in ,hudson's bay1 #a vol4 in-#h1 ,london1 #ageb4 #ig ,present state of ,hudson's bay1 #a vol4 in-#h1 ,london1 #agij4 ,les mmes faits se rptent dans le continent asiatique1 et confirment l'analogie de climat et de sol que j'ai indique4 ,les savants russes1 ,gmelin1 ,pallas1 ,georgi1 attestent que pass le #fe1 et mme ds le #fj de latitude1 en ,sibrie1 l'on trouve des marais ternellement gels au fond1 dont la glace conserve1 depuis une antiquit inconnue1 des ossements1 et mme des peaux d'lphants1 de rhinocros1 de mammouts4 7,voyez le ,nord littraire1 n ,ier1 page #chj47 ,le clbre voyageur amricain ,ledyard atteste galement qu' ,yakoutsk1 par moins de #fb de latitude1 l'on n'a pu tablir de puits1 attendu que les fouilles faites jusqu' #fj pieds de profondeur ont appris que la terre tait gele de plus en plus ferme4 7,voyez ,american ,musum1 tome ,,viii1 lettre de ,ledyard1 aot #agij47 ,le capitaine ,phips dit galement que le #bj juin #aggh1 par #ff #ed1 l'eau de la mer1 puise #ghj brasses de profondeur1 marqua #b sous glace 7,r74 ,parmi nous1 ,m4 ,patrin1 naturaliste instruit1 qui a voyag plusieurs annes en ,sibrie1 rapporte que mme1 par les #ed1 tant descendu1 en juin #aghe1 dans un puits rcent de la mine d',ildikan en ,daourie1 il remarqua1 la hauteur de #dj pieds1 des gerures remplies de glaons 7et cependant c'tait une mine mtallique72 ce qui prouve1 ajoute-t-il1 que le feu central n'a pas beaucoup d'activit en ,daourie 7,journal de physique1 mars1 #agia1 page #bcf74 ,mais1 comme dsormais la saine physique1 aide de tous ces faits et des expriences ingnieuses de ,m4 de ,saussure1 a relgu au rang des vieux contes mythologiques cette vieille rverie d'un foyer central1 et mme la thorie hasarde sans preuves suffisantes1 d'une temprature moyenne de #aj1 l'on a droit d'en conclure contre les hypothses de ,buffon et de divers autres physiciens1 que le globe est une masse cristallise essentiellement froide1 dont la superficie seule est chauffe par les rayons du soleil1 en raison de la force et de la continuit de leur action4 ,de l vient que sous la zone torride l'on trouve1 pour terme moyen1 le sol impregn d'environ #ad de ,raumur1 une profondeur qui probablement ne pntre pas plus de trois ou quatre mille toises3 mesure que l'on s'loigne de ce grand et principal foyer1 vers le nord1 la chaleur diminue par proportion inverse des latitudes #aa en ,virginie1 #i ,philadelphie1 #g en ,massachusets1 #e en ,vermont1 #d en ,canada1 et finalement zro et moins de zro sous le ple3 en sorte que si jamais le soleil abandonnait notre pauvre plante1 elle finirait par n'tre qu'un amas de glaons1 et par n'avoir1 pour derniers habitants1 que des ours blancs et des ,esquimaux4 #ih ,depuis octobre #agie1 jusqu'en juin #agih4 #ii ,voyez notes sur la ,virginie1 page #g4 #ajj ,les tables du docteur ,ramsay ,charlestown confirment pleinement cette assertion2 car sur quatre annes1 depuis #agia jusqu'en #agid1 elles n'offrent que huit jours o le nord ait souffl3 il ne souffla pas un seul jour en #agib1 et la mme raret a lieu ,qubec4 #aja ,le lecteur peut avoir dja vu1 ou peut consulter une esquisse de cette thorie1 dans le chapitre ,,xx de mon ,voyage en ,syrie 7publi en #aghg74 ,novice alors dans cette branche de science1 j'ignorais que de grands matres1 tels que ,halley et d',alembert1 s'en fussent occups4 ,a mon retour d',amrique1 lorsque j'ai voulu reprendre le cours de mes ides et leur donner un dveloppement conforme aux nouveaux faits que j'avais rassembls1 j'ai d me mettre au niveau des connaissances acquises1 et j'ai trouv qu'un mmoire intitul3 ,thorie des ,vents1 par le chevalier la ,coudraye1 avait rempli la tche que je me proposais4 ,ce mmoire1 couronn ds #aghe par l'acadmie de ,dijon1 est un trait complet sur cette matire1 et je ne puis mieux faire que d'en conseiller la lecture ceux qui veulent se former un tableau sommaire du jeu des courants de l'air3 ce n'est pas qu'il ne reste encore beaucoup dire sur le systme gnral des vents par tout le globe1 et qu'il n'y ait beaucoup d'expriences et de calculs tablir sur le foyer1 le lit1 la vitesse de chaque courant d'air3 sur les directions diverses et souvent contraires qu'ils suivent dans l'ocan arien2 sur l'paisseur de leurs couches2 sur la formation1 la composition1 la dissolution des nuages2 sur les causes et les effets des dilatations et des condensations plus ou moins subites qui accompagnent les orages1 etc4 ,mais1 parce qu'un tel travail veut la runion des connaissances combines d'un navigateur1 d'un physicien et d'un chimiste1 et qu'elle exigerait des recherches longues et mme dispendieuses1 diriges sur un plan mthodique1 ma tche se trouve naturellement rduite fournir mon contingent de matriaux pour cette opration2 et c'est ce que je vais faire1 en jetant dans les chapitres suivants les faits qui m'ont paru les plus importants et les plus certains4 #ajb ,voyez l'appendice une lettre sur le systme des vents de ces deux contres4 #ajc ,boeotium crasso jurares aere natum1 a dit un pote philosophe4 #ajd ,les ,italiens disent d'un plat ouvrage1 c'est une composition de scirocco4 #aje ,je tiens ces notes de ,m4 ,power1 amricain naturalis sujet d',espagne1 la ,nouvelle-,madrid1 qui a observ le pays en homme clair4 #ajf ,voyez la carte gnrale4 #ajg ,voyez ,annuaire de la rpublique1 an #f1 p4 #ei4 #ajh ,insre dans le supplment de la gazette de ,mexico1 #bi octobre #agie4 #aji ,l'amiral ,anson observe galement que par les #cj et #cb1 le dominant est l'ouest1 doux et agrable2 mais que vers les #dj et #de1 il devient plus vif et plus constant4 #aaj ,dissertation dja cite4 #aaa ,histoire naturelle et civile des ,florides1 #a vol4 in-#ab1 imprim ,new-,york1 dja trs-rare trouver4 #aab ,j'ai long-temps refus de croire l'existence de ces grlons pesans des onces et des livres1 dont parlent trop souvent les gazettes et les voyageurs2 mais l'orage du #ac juillet #aghh m'a convaincu par mes propres sens4 ,j'tais au chteau de ,pontchartrain1 quatre lieues de ,versailles4 ,a six heures du matin1 tant all visiter un parc de moutons1 je trouvai les rayons du soleil d'une chaleur insupportable2 l'air tait calme et touffant1 c'est--dire1 trs-rarfi3 le ciel tait sans nuage1 et cependant je distinguai quatre cinq coups de tonnerre3 vers sept heures et un quart parut un nuage au sud-ouest1 puis un vent trs-vif4 ,en quelques minutes le nuage remplit l'horizon1 et accourut vers notre znith avec un redoublement de vent alors frais1 et tout coup commena une grle1 non pas verticale1 mais lance obliquement comme par #de1 d'une telle grosseur1 que l'on et dit des pltres jets d'un toit que l'on dmolit4 ,je n'en pouvais croire mes yeux2 nombre de grains taient plus gros que le poing d'un homme1 et je voyais qu'encore plusieurs d'entre eux n'taient que les clats de morceaux plus gros2 lorsque je pus avancer la main en sret hors de la porte de la maison1 o fort temps je m'tais rfugi1 j'en pris un1 et les balances qui servaient peser les denres1 m'indiqurent le poids de plus de cinq onces3 sa forme tait trs-irrgulire2 trois cornes principales1 grosses comme le pouce et presque aussi longues1 prominaient du noyau qui les rassemblait4 ,des tmoins dignes de foi m'assurrent qu' ,saint-,germain l'on avait pes un grlon de plus de trois livres1 et je ne sais plus quel poids l'on peut refuser de croire4 #aac ,voyez le ,voyage en ,syrie1 tome ,ier1 page #agi1 troisime dition2 en rapportant l'opinion des anciens cet gard1 j'ai insist sur sa probabilit1 motive par la pente gnrale du sol et du cours du fleuve1 et par l'action que les vents exercent sur les surfaces aqueuses4 ,le fait a constat mon aperu4 #aad ,les marins disent3 ,quand on est hors des cueils en mer1 fond de quinze brasses1 et que du haut du mt d'un sloup1 l'on voit juste le cap ,hatteras1 l'on va entrer dans le ,gulph-stream1 et de suite l'on perd les sondes4 #aae ,le savant voyageur ,humboldt1 qui nous devrons tant d'observations neuves et importantes1 a aussi trouv que sur les bas-fonds1 son thermomtre a baiss de #c de ,r44444 ,m4 ,lalande1 qui a publi ce fait comme une dcouverte1 n'a pas sans doute connu ceux dont je parle4 #aaf ,voyez ,transactions philadelphiques1 tome ,x1 page #cif1 tome ,,xix1 page #bih4 #aag ,au moment o cette feuille s'imprime1 je reois des tats-,unis le cinquime volume des ,transactions de la socit de ,philadelphie1 et j'y trouve1 page #ij1 un ,mmoire de ,m4 ,strickland qui1 par une srie d'observations faites en #agid1 allant et revenant d',europe1 confirme tout ce que j'ai expos sur les indications du thermomtre4 ,l'auteur ajoute qu'il a reconnu une branche du ,gulf-stream dans la direction de l'le ,jaquet1 et il insiste sur la probabilit du transport des fossiles tropicaux de la cte d',irlande1 par les eaux de ce mme courant3 ses observations me confirment dans l'opinion que le banc de ,terre-,neuve est la barre de l'embouchure de ce grand fleuve marin qui1 avant de l'avoir cre1 marchait droit au nord-est sur l',irlande1 et qui ne s'est dvi vers l'est que par suite de l'obstacle de cette barre grossie et accumule de sicle en sicle4 ,il faudrait comparer ses graviers ceux de la cte atlantique4 #aah ,c'est l'expression canadienne pour dsigner tout le pays4 #aai ,selon le capitaine ,meares1 c'est le vent de nord qui est le dominant de ces parages4444 ,pour donner une ide du refroidissement que les surfaces glaces occasionent dans l'air1 il me suffira de citer une observation de ,charlevoix4 ,ce missionnaire rapporte que1 traversant le banc de ,terre-,neuve1 par un temps d'ailleurs doux1 son vaisseau fut tout coup assailli d'une brise si glaciale1 que tous les passagers furent contraints de se rfugier dans l'entre-pont2 bientt l'on aperut une de ces les de glaces qui1 chaque printemps1 viennent du nord flotter dans l',atlantique1 et tant que l'on resta sous le vent de cette le1 longue d'un quart de lieue1 l'air resta insupportable4 ,cette exprience se renouvelle presque chaque anne pour les navigateurs de ,terre-,neuve4 #abj ,history of ,vermont1 page #dh4 #aba ,ces versements d'air froid de la rgion1 soit moyenne1 soit suprieure1 sont attests par ,belknap1 qui cite1 dans le ,new-,hampshire1 un lieu o le vent semble toujours tomber d'en haut comme l'eau d'un moulin3 moi-mme je pourrais en citer en ,france un exemple remarquable sur le chanon du ,forez qui spare le bassin du ,rhne de celui de la ,loire3 en plusieurs endroits1 mais surtout au local du chteau de la ,farge1 entre ,belleville et ,roanne1 six sept lieues au-dessus de ,tarare1 l'on prouve habituellement1 que tandis que l'on monte ou descend du ct du ,rhne la pente rapide de ce chanon1 l'on ne sent aucun vent2 mais peine a-t-on atteint la crte du sillon1 et surtout peine commence-t-on de descendre le revers du ct de la ,loire1 que l'on sent un vent d'une vivacit extrme1 versant de l'est l'ouest1 c'est--dire du bassin de ,rhne1 dans celui de la ,loire2 et si de suite l'on revient sur ses pas1 et que l'on redescende la pente d'est vers le ,rhne1 l'on ne trouve plus de vent3 la raison en est1 que le bassin de ,rhne est un grand lac d'air frais et dense1 qui communique avec l'atmosphre des ,alpes1 tandis que le bassin de la ,loire est un lac d'air plus lger et plus chaud1 qui vient de l',ocan par les vents rgnans d'ouest3 le chanon de ,forez est une digue qui les spare1 et qui les tient l'un et l'autre calmes jusqu' sa hauteur2 mais par-dessus cette digue1 le trop-plein du bassin de ,rhne se verse comme de l'eau1 et se montre d'autant plus froid et plus rapide1 qu'il est l'coulement de la rgion moyenne d'air qui vient des ,alpes et tombe en glissant sur le lac4 #abb ,nom que se donnent les sauvages4 #abc ,de mme aux sources de la ,wabash et des deux grands ,mimis1 il pleut par tous les vents2 ,gallipolis1 sur l',ohio1 il pleut surtout par ouest sud-ouest1 tandis que plus bas1 ,cincinnati1 l'ouest est sec1 et il pleut par nord-ouest4 #abd ,en ,massachusets la brise commence ds huit et demi ou neuf heures du matin au mois de juin1 tandis qu'en ,caroline elle ne commence qu' dix et onze2 comparez les distances respectives des sillons la cte1 et vous en voyez de suite la raison4 #abe ,le chanon qui spare ,saint-,ildephonse de l',escurial1 spare tellement l'atmosphre de ces deux lieux1 que quoique rapprochs six ou sept lieues1 ce sont deux climats diffrents4 #abf ,par exemple1 ,udine o il tombe #fb pouces1 et ,garfagnana1 #ib pouces3 aux ,antilles1 il tombe plus de #ajj pouces par an4 #abg ,selon ,chalmers1 cit par ,ramsay1 ibid4 #abh ,jefferson1 page #f4 #abi ,s4 ,williams1 ,history of ,vermont1 page #ea4 #acj ,idem4 #aca ,idem4 #acb ,docteur ,rush1 observations sur la ,pensylvanie1 ,american ,musum1 tome ,,vii4 #acc ,mais en rcompense j'ai vu un journal mtorologique manuscrit1 o le nombre des jours pluvieux ,brest est de #cdi jours par an1 tandis qu' ,marseille le nombre des jours clairs est de #ceb4 #acd ,c'est un trange livre que les ,recherches de ,m4 ,paw sur les ,amricains4 ,a mon retour d',amrique1 j'ai voulu le lire pour profiter de tant de lumires dont on lui fait honneur2 mais lorsque j'ai vu avec quelle confiance il adopte des faits faux2 avec quelle hardiesse il en tire des consquences chimriques1 tablit et soutient des paradoxes divergents1 et avec quelle acrimonie il attaque d'autres crivains1 j'avoue que le livre m'est tomb des mains4 ,je ne conois pas comment du fond d'un cabinet on ose crire avec assertion sur des faits qu'on n'a pas vus1 sur des tmoignages insuffisants ou contradictoires2 pour moi1 plus j'ai vu le monde et multipli mes observations1 plus je suis convaincu que rien n'est plus dlicat et plus rare que de saisir les objets1 surtout compliqus1 sous leurs vritables faces et sous leurs vrais rapports3 qu'il est presque impossible de parler raisonnablement du systme gnral d'un pays ou d'une nation sans y avoir vcu3 qu'il en est de mme1 et encore pis1 pour les temps passs2 et que le plus grand obstacle aux progrs des lumires est l'esprit de certitude1 qui jusqu'ici a fait la base de l'ducation chez presque tous les peuples4 #ace ,transactions of the ,american philosoph4 society4 #acf ,on a observ que l'eau mise une fois par ,pouc4 ,lig4 mois dans les vases1 vaporait #d #aj ,et que mise une fois par semaine elle vaporait #f #ce ,sans doute parce que dans le premier cas le vent n'atteint pas bien au fond du vase2 #b ,sur une rivire1 un vase a vapor #a #ae ,en local sec il a perdu #a #ej #c ,quatre plantes pesant #aah grains1 mises en caisse de pur sable et bien arroses1 ont vapor #aj1idd grains1 qui sont plus que n'et donn une surface de dix pouces carrs dans le mme espace de temps4 #acg ,ils remarquent en mme temps que les habitants1 et surtout les femmes1 y sont d'une extrme irritabilit4 #ach ,dans plusieurs pays chauds1 entre autres dans l'le de ,cuba1 lorsqu'il pleut1 les paysans qui travaillent en plein air tent leurs vtements1 les tiennent l'abri et ne les reprennent que quand le corps est sec2 alors ils ne prennent pas la fivre2 si au contraire ils laissent mouiller et scher leurs vtements sur leurs corps1 jamais ils ne manquent d'en tre saisis4 #aci ,plusieurs physiciens gographes croient que le vent nord-ouest au ,bengale vient des montagnes situes au vrai nord-ouest du pays3 mais1 outre qu'elles sont trop loignes1 le jeu des deux cts des ,gtes est tellement correspondant1 que l'on ne peut lui admettre d'autre source3 c'est l'inclinaison de la pente orientale1 caractrise nord-ouest et sud-est par le cours des fleuves1 qui dtermine le reversement du vent2 de mme que c'est raison de cette inclinaison1 que le soleil chauffant cette pente avant d'avoir chauff le revers des ,gtes1 y cause un mouvement premier et antrieur par lequel l'air des ,gtes est attir1 et sa suite l'air du ,malabar4 #adj ,depuis l'quinoxe d'automne jusqu' celui du printemps1 saison d't pour l'hmisphre austral4 #ada ,ils viennent du quart entre l'ouest et le ple3 la qualit sche et froide de ces vents sur la cte du ,chili1 jointe leur frquence1 est un indice de la non-existence d'aucune grande terre vers le ple austral1 et de la quantit des glaces qui y sont amonceles4 #adb ,molina1 ,italien1 auteur d'une bonne ,histoire gographique1 naturelle et civile du ,chili1 traduite en espagnol1 par ,mendoza4 ,madrid1 #aghh1 grand in-#h1 belle impression4 #adc ,a ,paris j'ai remarqu pendant nombre d'annes1 que les premires feuilles des marronniers-d',inde se montraient entre le #bd mars et le #e avril1 aux ,tuileries1 et que celles des chnes se dployaient presqu'un mois plus tard dans les forts4 #add ,en #agih1 je gotai ,philadelphie et ,new-,castle1 les premires cerises avant le #f juin1 et je gotai ,bordeaux les dernires le #f juillet3 je pus constater l'opinion de tous les ,franais1 qui trouvent aux cerises amricaines un acide mordant que les ntres n'ont pas1 et qui se manifeste habituellement par des coliques4 ,l'on en peut dire autant des fraises4 #ade ,quelques matires1 telles que le charbon broy fin avec de la limaille et du soufre1 de l'huile de chenevis avec du noir de fume et autres semblables1 sont susceptibles d'inflammation spontane certains degrs d'humidit et de chaleur si de tels mlanges se trouvent dans les marais1 il est rellement possible que l'inflammation ait lieu4 #adf ,history of ,vermont1 pag4 #fd et suiv4 #adg ,voyez plusieurs ,mmoires de ce mdecin1 dans l',american ,musum1 tome ,,vi et ,,vii4 ,dans ce mme tome ,,vii1 un ,mmoire sur le climat de ,new-,york1 confirme pour ce pays les mmes rsultats4 #adh ,history of ,vermont1 pag4 #fa1 #fb1 #fc4 #adi ,je pense qu'il y a erreur d'impression ou de traduction3 ce doivent tre les brises de l'est et de sud-est4 #aej ,si depuis #agie l'on prouve en ,france une nouvelle altration dans la temprature des saisons et dans la nature des vents qui la produisent1 j'oserais dire que c'est parce que les immenses abattis et dgts de forts1 causs par l'anarchie de la rvolution1 ont troubl l'quilibre de l'air et la direction des courants8 #aea ,tome ,,iii1 page #cci4 #aeb ,par exemple1 c'est eux qui font que certains cantons sont constamment affects de grles ou de tonnerres1 tandis qu' une demi-lieue de l1 le pays en est habituellement exempt4 #aec ,voyez ,american ,museum1 tome ,v4 #aed ,j'ai prouv sur moi-mme la justesse de cette thorie mon retour d'gypte4 ,au ,kaire1 je prenais sans inconvnient cinq ou six tasses de caf par jour4 ,lorsque je fus sdentaire ,paris1 il me devint impossible1 ds le mois d'octobre1 d'en supporter mme une tasse jeun sans ressentir un mouvement fbrile et nerveux4 ,j'ajoute que pendant les trois ans que j'ai passs en ,syrie et en gypte1 je n'ai eu de toute maladie que l'influenza de #aghc2 tandis qu'aux tats-,unis1 en trois ans aussi1 j'ai eu deux fivres malignes trs-graves1 cinq ou six gros rhumes1 et des affections rhumatiques devenues incurables2 et cela en me conformant en chacun de ces pays au rgime suivi par les habitants4 #aee ,par exemple1 la plaine de ,trappes1 prs ,versailles1 quoique leve et dcouverte1 est infeste de fivres par les tangs de ,saint-,cyr4 #aef ,un mdecin amricain1 en prsence de quatre mdecins anglais a fait la ,martinique1 en #agif1 des expriences dont il a conclu que l'air atmosphrique contenait en cette le soixante-sept parties d'oxygne sur cent4 ,j'ai communiqu cette exprience ,m4 ,fourcroy1 qui pense que quelque erreur s'est introduite dans l'exprience2 et que la vie ne pourrait se soutenir long-temps cette proportion4 ,les expriences de ,humboldt1 dans l',amrique mridionale confirment celles d',europe4 #aeg ,m4 ,jean de ,vze1 ancien chirurgien distingu et accrdit au ,cap-,franais4 #aeh ,voyez ,recherches et ,observations sur la maladie pidmique qui a dsol ,philadelphie1 depuis aot jusqu'en dcembre #agic1 en anglais et en franais1 in-#h1 #ade pag4 ,philadelphie1 #agid4 #aei ,c'est ainsi que toute la ville de ,philadelphie a t persuade que l'pidmie de #agic vint de l'le de la ,grenade1 o elle avait t1 disait-on1 apporte de ,boulam 7cte d',afrique71 par le vaisseau le ,hankey4 ,un mdecin anglais1 qui se trouvait dans cette le1 avait donn cette seconde portion de l'histoire un caractre imposant d'authenticit dans un crit qu'il publia3 et cependant trois ans aprs1 ,m4 ,noah ,webster et le docteur ,e4 ,h4 ,smith1 ont publi ,new-,york un journal de toute la navigation du ,hankey1 dress par l'un des plus respectables tmoins oculaires1 lequel rassemble une si grande masse de preuves1 et porte un cachet si particulier de candeur et de vracit1 que l'on demeure convaincu avec ,,mm4 ,webster et ,smith1 que le mdecin ,c4 s'est compltement tromp4 ,de mme ,m4 ,richard ,bayley1 dans son excellent ,rapport au gouverneur de ,new-,york1 prouve que les inculpations des vaisseaux l',antoinette et le ,patty1 taient des rumeurs de peuple absolument dnues de fondement1 etc4 ,voyez ,new-,york repository1 tom4 #a;er1 pag4 #dgj et #abg4 #afj ,voyez le ,rapport des mdecins de ,philadelphie au gouverneur de ,pensylvanie3 celui de ,m4 ,richard ,bayley au gouverneur de ,new-,york2 le ,mmoire du docteur ,valentine ,seaman de ,new-,york1 sur les causes de la fivre jaune ,new-,york4--,les ,recherches du docteur ,benjamin ,rush sur la mme maladie1 ,philadelphie1 en #agic et #agid4 ,lettre de ,g4 ,davidson1 sur le retour de la fivre jaune la ,martinique en #agif4 ,origine de la fivre pestilentielle qui ravagea la ,grenade en #agic1 #agid1 par ,e4 ,h4 ,smith4 ,thse sur la fivre maligne ,boston1 par ,brown4 ,rcit des fivres bilieuses avec dyssenterie ,sheffield1 par ,w4 ,buel3 enfin la collection trs-intressante de ,lettres sur les fivres de divers lieux1 par ,noah ,webster de ,new-,york4 #afa ,l'on en pourra juger par la doctrine de l'un des professeurs les plus influents de ,philadelphie1 dans un discours de clture1 dont quelques auditeurs me firent immdiatement le rcit4 ,aprs avoir rcapitul les mthodes enseignes pendant l'hiver de #agig-agih1 et entre autres celle de la saigne cent onces de sang1 en divers cas de la fivre jaune3 ,messieurs1 dit-il ses lves1 nous allons nous sparer1 et vous allez vous disperser sur la vaste surface des tats-,unis3 rpandez-y de toutes parts les vrits que vous avez entendues ici2 vous trouverez des contradicteurs1 des ennemis6 rsistez-leur avec courage1 et soyez persuads qu'avec de la fermet et de la constance1 vous ferez triompher la vritable doctrine4 ,ite et evangelizate4 ,certes1 s'il est une doctrine dangereuse1 surtout en mdecine1 c'est celle qui exclut le doute philosophique1 sans lequel l'esprit demeure ferm toute instruction1 tout redressement2 et cette doctrine est surtout pernicieuse pour les jeunes gens1 en qui le dsir de savoir et le besoin de croire s'associent au besoin d'aimer1 et qui s'attachent aux opinions par suite d'attachement pour les matres4 ,aussi l'une des plus fcondes sources d'erreur1 de fanatisme et de calamits1 a t et est encore ce funeste principe d'ducation musulmanique1 adopt dans tous les genres d'ducation4 #afb ,de #aj #ae degrs1 selon la sensation du malade4 #afc ,voyez ce sujet un trs-bon ,mmoire de ,m4 ,edouard ,miller1 ,new-,york repository1 tom4 #a;er1 pag4 #aie4 #afd ,graces aux talents de l'ingnieur ,latrobe-,bonneval1 ,philadelphie1 depuis mon dpart1 jouit d'une pompe feu qui lui procure les eaux du ,schuylkill2 pareille entreprise a t faite ,new-,york1 et il est dsirer que les habitants des autres ports imitent un si salutaire exemple4 #afe ,je fais cette remarque1 parce que la seule bonne mthode que je connaisse1 consiste traduire d'abord le plus littralement et le plus prs possible du sens et de la valeur des mots4--,or1 comme dans cette opration il arrive ordinairement que les expressions et les constructions de la langue trangre cartent celles qui sont propres notre langue naturelle1 il faut laisser reposer ce premier jet1 et ne le reprendre que lorsque l'on a presque oubli l'original2 alors relisant ce mauvais franais1 les formes naturelles du style viennent se prsenter d'elles mmes1 et l'on peut faire un excellent travail4 ,ce serait dja beaucoup d'en faire un bon1 car il est bien peu de traductions qui mritent cette pithte4 #aff ,c'est le nom que les ,canadiens et les gographes franais donnent l',ohio4 ,l'on y pche entre autres poissons du ,cat-fish1 qui pse quatre-vingts et quatre-vingt-dix livres4 #afg ,il y a plus de soixante endroits divers du nom de ,washington aux tats-,unis4 ,il y a aussi une douzaine de ,charleston2 en gnral la nomenclature gographique de ce pays est pleine de rptitions de ses propres noms ou de noms d',europe1 par la raison que chaque colon1 anglais1 irlandais ou cossais1 donne son nouveau sjour le nom de son lieu natal3 et l'on peut dire1 sous plus d'un rapport1 que les tats-,unis sont une seconde dition de l',angleterre2 mais cette copie est tire sur un bien plus grand format que l'original4 ,on en jugera dans un sicle4 #afh ,c'est le nom que les ,amricains donnent tous les habitants franais des postes de leur frontire l'ouest et au nord4 #afi ,c'est--dire la ,nouvelle-,orlans1 distante de prs de cinq cents lieues par le fleuve4 ,au ,poste-,vincennes on dit d'un homme qui va la ,nouvelle-,orlans1 il va en ville1 comme si l'on tait dans le faubourg4 #agj ,je joins l'itinraire qui m'a t communiqu comme chose trs-connue4 ,l'on y remarquera le peu d'accord qu'il y a entre les lieues et les heures1 et la trivialit des dnominations canadiennes1 indice du caractre et des murs des gens qui les ont imposes4 ,itinraire du ,poste-,vincennes ,kaskaskias4 lieues ou heures ,jusqu'au ruisseau ,ombra #c #b ,de l l',orme au milieu d'une prairie #d #c ,de l la rivire du ,chat #d #c ,de l au ,joug #e #c ,a la ,saline #b #a ,au poteau de l',esclave #e #c ,a la grosse ,pointe #e #b ,a la ,cafetire #d #b ,a l'corce jaune #e #c ,a la ,pointe au ,noyer 7un joli ruisseau7 #e #b ,aprs ce ruisseau est une chausse dtruite de castors3 on prend un carrefour le sentier gauche qui abrge2 mais l'on est sans eau pendant cinq lieues2 on rejoint la pointe aux ,fesses4 ,de la ,pointe au ,noyer la ,chausse #a #a ,au ,fevier #d #b ,a la ,pointe aux ,fesses #e #c ,a la prairie du ,trou #e #c ,a la ,grande ,cte #e #c ,a l'pronier #d #b ,au ,kas #f #d --- --- #gc #dc #aga ,par exemple1 au ,fort ,dtroit1 le caractre ne diffre pas de celui que je viens de citer2 et lorsque j'y passai en septembre suivant1 le plus grand nombre des ,franais parlait de se retirer sur le terrain du ,roi 7,georges71 plutt que de se former au rgime municipal et laborieux des ,amricains4 #agb ,les ,amricains1 d'aprs les ,anglais1 dsignent les ,sauvages par le nom d',indian1 qu'ils prononcent presque indigne3 et ils feraient mieux de s'en tenir ce dernier terme2 car il est bizarre d'avoir donn le nom des habitants de l',indus d'abord ceux de l',amazone1 puis de toute l',amrique2 et cela par suite de la mprise de l'un des premiers navigateurs portugais1 qui1 voulant se rendre dans l',inde1 s'carta si fort l'ouest1 qu'il se trouva au ,brsil1 qui1 pour se consoler1 il donna le nom d',inde occidentale4 #agc ,les ,sauvages appellent peau rouge celle de daim1 dont la chasse tombe en juillet et aot4 #agd ,en ,anglais1 leguins 7jambires73 les chaussons s'appellent mocassons4 #age ,voyez la cinquime sance de mes leons d'histoire professes l'cole normale1 imprimes sparment in-#h #ahba1 chez ,bossange frres4 #agf ,vulgairement appels les ,quakers1 socit dont on a peut-tre trop dit de bien en ,europe1 et trop de mal aux tats-,unis 7 cause des ,ngres71 mais qui1 tout bien considr1 me parat la secte religieuse dont la morale thorique et pratique est la plus favorable l'amlioration de la socit et de la condition humaine en gnral4 ,l'on peut dire que tout ce qu'il y a de bons tablissements de bienfaisance1 de bons rglements administratifs en ,pensylvanie1 est son ouvrage2 et il ne lui manque que d'introduire dans son plan d'ducation plus de connaissances physiques1 pour mriter d'tre l'glise de tous les hommes raisonnables4 ,comment des dvts peuvent-ils appeler profane l'tude des ouvrages de ,dieu8 #agg ,tel est le capitaine ,carver1 voyageur en #agfh1 dont nous avons une bonne traduction en #aghd1 un vol4 in-#h4 ,l'auteur parat avoir t un peu crdule et trs-vaniteux2 mais malgr son penchant pour les sauvages1 qui avaient flatt sa vanit1 on voit dans ses rcits de la droiture et de la bonne foi4 ,les aveux qu'il fait de son peu d'instruction1 et de son incapacit rdiger une grammaire et un dictionnaire sauvage1 me font beaucoup douter qu'il soit le rdacteur de son ouvrage1 et je pense que ce service lui a t rendu par son diteur1 comme il est arriv chez nous un autre voyageur connu4 ,un second voyageur est ,jean ,long1 ,anglais1 commis et facteur pendant vingt ans dans la traite des pelleteries du ,canada3 il a publi ses voyages in-#d en #agia3 ils ont t traduits et publis in-#h en #agic4 ,il est fcheux que le traducteur se soit permis de supprimer les vocabulaires pour quelque conomie de librairie4 ,cet ouvrage mrite rimpression avec corrections1 car il est le plus fidle tableau que je connaisse de la vie et des murs des sauvages et des trafiquants canadiens4 ,un troisime est ,bernard ,romans1 dont j'ai assez parl4 ,un quatrime est ,umfreville que j'ai fait connatre4 ,je ne parle point du livre d',adair sur les ,creeks et les ,chrokis1 parce que1 quelques faits vrais1 il a ml une foule de faits altrs ou faux1 dans l'intention de prouver que les sauvages descendent des juifs4 ,cette extravagante ide1 qui d'ailleurs1 lui est commune avec plusieurs missionnaires1 ne l'a conduit qu' faire envisager sous un faux jour tout ce qui appartient aux sauvages4 ,ce n'est qu'avec de saines notions sur la nature de l'entendement humain1 sur sa marche1 et sur tous les principes qui gouvernent et modifient l'homme de la nature1 que l'on peut bien tudier et suivre l'histoire des nations4 #agh ,le ngre aussi2 mais il noircit dans les #bd heures4 #agi ,c'est ce que dit ,oldmixon1 tom4 ,i1 pag4 #bhf4 #ahj ,chaque jour de nouveaux faits1 en apparence bizarres1 viennent fournir de nouveaux moyens de solution2 l'un des plus remarquables est le cas du ,ngre virginien1 appel ,henry ,moss originaire du ,congo1 troisime gnration2 lequel1 dans l'espace de six sept ans1 est devenu homme blanc1 cheveux longs1 lisses et chtains1 comme un ,europen3 c'est lui dont ,liancourt parle tome ,v1 page #abd4 ,j'ai vu un procs verbal authentique de sa transmutation de peau4 #aha ,le k est jota2 et le th a la valeur anglaise4 #ahb ,c'est ainsi qu'ils dsignent les missionnaires4 #ahc ,aussi percent-elles si facilement aux enfants1 qu'ils n'prouvent jamais de maux de dents4 #ahd ,pendant treize mois que j'ai passs en ,corse1 j'eus la note certaine de cent onze assassinats de guet-apens par effet de ces vindettes1 ou vengeances de talion3 sous le gouvernement gnois1 il y en a eu jusqu' neuf cents par an4 ,quel gouvernement6 et quel peuple6 #ahe ,il est curieux d'observer que ces vieillards raisonnent prcisment comme le coryphe des politiques italiens4 7,machiavelli71 qui1 dans ses ,commentaires sur les dcades de ,tite-,live1 lib4 #c1 chap4 #a;er1 prescrit galement pour restaurer les tats1 de ramener leurs institutions civiles et religieuses leur origine4 ,le paradoxe est palpable dans le cas prsent4 ,aujourd'hui1 que je relis cet crivain1 je trouve que la plupart de ses principes1 s'ils taient bien analyss1 le laisseraient beaucoup au-dessous de sa rputation de savoir et d'habilet4 #ahf ,voyez le ,discours sur l'origine de l'ingalit des conditions4 #ahg ,ce que j'avance ici se fonde sur des petits faits trs-intressants dans l'histoire des grandes choses2 je les tiens de deux tmoins dignes de confiance1 feu ,m4 le baron d',holbach et ,m4 ,naigeon1 membre actuel de l',institut4 ,dans le temps o l'acadmie de ,dijon proposa son prix trop clbre1 ,diderot tait dtenu au chteau de ,vincennes pour sa lettre sur les ,aveugles4 ,rousseau allait le voir quelquefois3 dans l'une de ses visites1 il lui montre l'annonce du prix4 ,ce sujet1 dit-il1 est piquant1 j'ai envie de concourir4--,fort bien1 reprit ,diderot2 mais dans quel sens prendrez-vous la question8 ,dans son sens1 reprit ,rousseau2 est-ce qu'elle peut en avoir deux8 ,les sciences et les arts peuvent-ils avoir d'autre effet que de concourir la prosprit des tats8--,eh bien6 reprit ,diderot1 vous serez un enfonceur de portes ouvertes4 7,ce furent ses propres termes74 ,il serait bien plus piquant de soutenir l'inverse4 ,rousseau part frapp de cette ide1 compose dans ce sens1 et est couronn par l'acadmie de province4 ,quelque temps aprs d',holbach et ,diderot se promenant au ,cours-la-,reine1 rencontrent ,rousseau1 l'abordent1 le complimentent sur son tour de force1 et ,rousseau plaisante avec eux du succs de son paradoxe et de la bonhomie des acadmiciens4 ,les critiques et les contradictions survinrent3 ,rousseau en fut irrit3 d',holbach et ,diderot1 compagnons habituels de promenade1 le rencontrent encore aux ,tuileries3 la question revient sur le tapis1 et ils sont tonns de trouver ,rousseau tellement aigri et chang d'opinion1 qu'il soutient srieusement avec la vhmence de son caractre1 comme vrit1 ce qu'il avait d'abord trait lui-mme de plaisanterie4 ,d',holbach en fut frapp1 et dit ,diderot3 ,mon ami1 cet homme1 dans son premier ouvrage1 fera marcher l'homme quatre pattes2 et la prophtie ne fut que trop vraie4--,ainsi voil le point de dpart du systme de l'homme qui a affich pour devise3 ,vitam impendere vero2 et cet homme aujourd'hui trouve des sectateurs tellement voisins du fanatisme1 qu'ils enverraient volontiers ,vincennes ceux qui n'admirent pas les ,confessions4 #ahh ,ceci nous mne valuer d'une manire probable la population de tout ce continent4 ,les tats-,unis sont connus pour une quotit de #e1bae1jjj ,les ,espagnols admettent le ,mexique pour une population totale de #c1jjj1jjj ,le ,canada1 en #agih1 comptait #aig1jjj1 supposons #bjj1jjj ,la ,louisiane haute et basse ne peut s'admettre pour plus de #dj1jjj ,les deux ,florides1 peu prs mme nombre1 ci #dj1jjj ,les ,creeks1 ,chactas1 ,chicasaws1 qui ont #h1jjj guerriers1 total #bd1jjj ,tous les sauvages de la ,wabash et de ,michigan1 au plus #ae1jjj ,la masse de tous les autres sauvages de tout le continent jusqu' la mer glaciale et la mer de ,nouthka-,sund #fjj1jjj ---------- ,total #i1acd1jjj ,ainsi l',amrique-nord n'excde que trs-peu neuf millions1 et l'on peut compter que le dernier article des sauvages est forc peut-tre de moiti4 ,l',amrique-sud ne parat pas atteindre mme ce nombre4 ,les ,espagnols instruits n'valuent toutes leurs possessions dans cette partie1 savoir3 ,prou1 ,chili1 ,paraguay1 ,plata1 mme ,caracas1 qu' une population de quatre millions d'ames #d1jjj1jjj ,les ,indiens non soumis n'y sont pas compris4 ,le ,brsil compte #ejj1jjj ,portugais et #fjj1jjj ,ngres #a1ajj1jjj --------- ,total #e1ajj1jjj ,les ,indiens non soumis ne peuvent gure s'valuer avec prcision2 mais raison de leur territoire1 ils ne sauraient galer la moiti des blancs2 je ne les compte que pour #a1jjj1jjj ,les colonies des ,antilles et de l'isthme de ,panama1 ne passent pas #a1hjj1jjj ,la ,guyanne hollandaise et franaise ne comportent pas plus de #ge1jjj --------- ,total #g1ige1jjj ,voil environ #h1jjj1jjj3 supposons-en #aj1 il n'en est pas moins vrai que les deux ,amriques runies ne sauraient arriver plus de #bj1jjj1jjj4 ,ce calcul diffre beaucoup de ceux de mon honorable confrre de l',institut ,m4 ,lalande1 astronome1 qui1 dans l'annuaire des annes ,,viii et ,,ix1 comptait #ahj1jjj1jjj d'habitants dans le nouveau monde3 il est vrai que dans les annes ,,ix et ,x il s'est subitement rduit #ij1jjj1jjj1 c'est--dire la moiti4 ,enfin1 cette anne 7,,xii7 je le trouve rang l'valuation que j'tablis1 et que lui ont communique des amis intermdiaires1 membres du bureau des longitudes4 ,il devra faire une opration semblable sur les #ehj1jjj1jjj qu'il donne l',asie3 sans doute il compte la ,chine pour deux ou trois cents millions1 comme on nous l'a dit depuis quelques annes4 ,mais dans le dnombrement que publirent les ,anglais l'an dernier1 la population des campagnes ne s'lve qu' #ee millions4 ,en supposant que celle des villes soit gale1 ce qui est beaucoup supposer1 ce serait #aaj millions1 et par comparaison l',europe1 cet empire ne saurait excder ttes4 #abj1jjj1jjj ,la ,perse1 selon ,olivier1 n'a que #c1jjj1jjj ,en dtaillant toute la ,turquie d',asie1 je ne puis trouver plus de #aa1jjj1jjj ,et je ne crois pas que l',asie entire en contienne plus de #bdj1jjj1jjj ,l',europe est bien connue pour #adj #adb millions1 ci #adb1jjj1jjj ,l',afrique1 y compris l',egypte1 ne peut gure excder l',amrique2 mais supposons #cj1jjj1jjj ,enfin pour les les de la mer du ,sud1 la ,nouvelle-,guine1 etc41 admettons 7et c'est trop7 #e1jjj1jjj ,nous avons pour tout le globe un total de #dcg1jjj1jjj et l'on ne saurait arriver #ejj1jjj1jjj4 ,il n'est pas tonnant que l'on se trompe beaucoup en calculs de population dans les pays non civiliss1 puisque chez nous-mmes1 nous avons des exemples d'erreurs inconcevables2 par exemple3 jusqu'en #agib la ,corse ne comptait que #aeh1jjj habitants1 comme je l'ai vu port sur les tats du directoire ,cort3 aujourd'hui la ,corse figure dans tous nos tableaux officiels pour #bcj1jjj4 ,on demandera comment cela se trouve possible2 le voici3 en #agic1 des ,patriotes corses trouvrent utile d'avoir deux dpartements au lieu d'un1 afin d'avoir doubles salaires de toute espce1 le tout pay par la ,france4 ,l'on donna au dpartement de ,golo l'ancien nombre total de #aeh1jjj2 et l'on ajouta au dpartement de ,liamn les #gb1jjj ttes qu'il pouvait avoir1 quoique dja comprises dans le nombre premier2 et la ,corse1 en un matin1 acquit un tiers de plus d'habitants1 quoique bien certainement ils soient diminus depuis #agij2 et voil pourtant un compte officiel sans rclamation4 #aij ,c'est la mme cause qu'il faut attribuer la pauvret et la grossiret du peuple de nos landes de ,bretagne4 ,en ,angleterre et en cosse1 ,m4 le chevalier ,sinclair en a si bien dvelopp les nombreux inconvnients1 qu'il me suffit d'indiquer au lecteur ses ,mmoires sur les biens communaux2 mais j'ajouterai1 quant aux ,corses1 que de cette mme source drive chez eux la frquence des assassinats de guet-apens1 attendu que les campagnes tant dsertes1 les assassins sont encourags par l'absence de tout tmoin4--,en mditant sur les moyens de civiliser cette le et les autres pays de la ,mditerrane1 qui sont dans un cas analogue ou semblable1 je me suis convaincu que la premire loi doit tre partout l'abolition de ces communaux4 ,une seconde loi non moins indispensable1 quoique moins vidente1 devrait tre une loi1 qui1 pour empcher la concentration des terres dans quelques familles1 fixerait1 comme ,sparte1 un nombre d'hritages indivisibles et non cumulables dans une mme main2 en sorte qu'il y aurait autant de propritaires1 cultivateurs aiss1 qu'il y aurait de ces hritages4 ,les petits pays ne peuvent pas se gouverner comme les grands2 l'quilibre y est trop variable4 ,notre coutume de ,bretagne avait un usement semblable dans les domaines congables des pays de ,cornouailles et de ,rohan2 ces domaines passaient toujours au plus jeune des fils2 les enfants ans recevaient seulement quelque lgitime1 comme tant plus en tat de se faire un autre tablissement2 et les cantons o cette loi avait lieu ont t les mieux cultivs4 ,la ,corse pourrait nourrir #cj1jjj semblables familles1 aises et industrieuses2 elle n'en a pas davantage qui sont presque toutes pauvres et indolentes4 ,or1 sans aisance1 point de lumires1 point d'agriculture1 point d'industrie1 point de caractre individuel ni national4--,peut-tre est-ce pour tout cela que ,pascal ,paoli1 l'imitation des ,gnois1 n'a jamais rien chang aux anciens usages4 #aia ,ds #agij ayant pressenti les consquences qu'auraient sur nos colonies les principes et surtout la conduite de quelques amis des noirs1 je conus que ce pourrait tre une entreprise d'un grand avantage public et priv d'tablir dans la ,mditerrane la culture des productions du ,tropique2 et parce que plusieurs plages de ,corse sont assez chaudes pour nourrir en pleine terre des orangers de #bj pieds de hauteur1 des bananiers1 des dattiers2 et que des chantillons de coton1 de canne sucre et de caf1 y avaient dja russi1 je conus le projet d'y cultiver ces denres1 et de susciter par mon exemple ce genre d'industrie4 ,pour cet effet1 j'achetai en #agib un local trs-favorable1 appel le domaine de la ,confina1 prs d',ajaccio4 ,je comptais que ,pascal ,paoli1 trait avec tant de confiance et de gnrosit1 n'emploierait sa vieillesse qu' maintenir la paix du pays et le garantir des secousses du reste de la ,france4 ,malheureusement les hommes sont des machines d'habitude1 qui1 dans leur vieillesse1 rptent comme des automates les premiers mouvements qui les ont animes4 ,paoli revint tous ses anciens projets de domination personnelle1 de principaut de famille1 et sa manie de s'asseoir dans un trne qu'il avait fait dresser ds #agfh1 et dont on m'a montr ,cort des restes de crpines attachs des embrasures de plancher4 ,d'aprs ce systme1 chassant les ,franais par les ,anglais1 pour chasser ensuite les ,anglais par les ,corses1 puis soumettre les ,corses par son parti et sa parent1 il me mit dans la ncessit de tout quitter2 et par cette amiti 7d'homme d'tat71 dont il m'avait tant de fois donn l'assurance1 il mit l'encan le domaine de mes ,petites-,indes4444 ,mais le sort a t plus juste3 son tour1 ce grand politique italien se trouva du et chass comme un crdule ,franais1 et son exemple a confirm l'axiome de ces moralistes1 aujourd'hui vainement dcris1 qui disent que les machiavlistes1 force de tromper les autres1 se trompent eux-mmes1 et qu'il ne manque aux fripons que de vieillir pour tre toujours dupes de leur friponnerie4 ,j'ai1 depuis1 revendu mon domaine avec peu de perte 7il est aux mains du cardinal ,fesch71 et je doute fort que ,paoli trouvt aucun homme d'honneur en ,france ou en ,angleterre qui voult acheter pour aucun prix le seul bien qui lui reste1 aprs la pension du roi d',angleterre1 la place de son nom dans l'histoire4 #aib ,voyez ,carver1 chap4 ,,ix2 ,jean ,long1 fin du chap4 ,,viii et chap4 ,,ix2 ,lahontan1 ,adair1 etc4 #aic ,les mdecins et les chirurgiens des hpitaux militaires ont souvent occasion d'observer que des patients qui1 dans un tat calme d'esprit et de sens1 auraient jet des cris de douleur dans les amputations et autres oprations1 montrent au contraire de la fermet s'ils sont prpars d'une certaine manire3 cette manire consiste les piquer1 comme l'on dit1 d'amour-propre et d'honneur2 prtendre d'abord avec mnagement1 puis avec contradiction irritante1 qu'ils ne sont pas en tat de supporter l'opration sans crier3 il arrive presque toujours que cette irritation morale et physique tablit un tat d'orgasme par lequel ils supportent la douleur avec une fermet qui autrement leur et manqu4 ,dire ce qui se passe alors dans le systme nerveux et dans la circulation sanguine1 est un des lments du problme4 #aid ,tous ceux qui mnent la vie des bois finissent par n'aimer que la graisse des viandes4--,la partie maigre passe trop vite dans l'estomac3 par cette raison1 les traitants canadiens l'appellent viande-pain4 ,j'ai moi-mme fait l'exprience de ce got1 et comme eux j'en tais au point de prfrer un morceau d'ours une aile de dinde4 #aie ,voyez dans le bel ouvrage de ,m4 ,denon le haut degr de got1 de luxe1 de perfection1 o taient parvenus les arts de cette ,thbes1 dja ensevelie dans la nuit de l'histoire quand il n'tait pas encore question de la ,grce ni de l',italie4 #aif ,voyez les ,ruines4 ,gnalogie des ides religieuses3 les missionnaires chrtiens1 catholiques1 protestants1 moraves1 se sont donn beaucoup de soins pour convertir les sauvages3 la socit des ,jsuites1 par ses manires insinuantes1 avait mieux russi les soumettre des pratiques extrieures2 mais le bon sens grossier de ces hommes n'a jamais pu se plier ou s'ouvrir la croyance des dogmes incomprhensibles2 ils allaient office et disaient le chapelet uniquement afin d'avoir le verre d'eau-de-vie et le pain qu'on leur distribuait1 et dont le don favorisait leur paresse4 ,je n'ai jamais ou citer aux tats-,unis l'exemple d'un seul sauvage rellement chrtien2 aussi lorsque chez nous un auteur prconis a fond l'intrt d'un roman rcent sur la dvotion presque monacale d'une ,sqwa ou fille sauvagesse1 il a manqu la rgle des vraisemblances1 de laquelle nat cet intrt3 mais s'il n'a eu en vue que de plaire un parti et d'arriver un but1 il a parfaitement russi2 et c'est particulirement le cas de dire3 ,tout chemin mne ,rome4 #aig ,voyage en ,syrie4 #aih ,premire ,partie1 in-#h1 #gf pages1 ,philadelphie1 #aghg ,voyez la page #cj4 #aii ,voyez ,new ,views on the origin of the tribes and nations of ,america1 #a vol4 in-#h1 ,philadelphia1 #agih4 #bjj ,ce travail1 dont l'ide vraiment philosophique a pour but d'claircir et de diminuer la confusion ,babelique des langues1 a t imprim en caractres russes3 me serait-il permis d'observer que ce moyen d'excution est contradictoire l'intention8 ,les caractres russes sont borns une nation peu riche en livres1 peu avance en science3 les caractres dit ,romains1 sont devenus ceux de toute l',europe2 ils sont prts devenir les seuls en ,allemagne1 et le seront dans toute l',amrique2 les ,russes ne prtendent srement pas les supplanter4 ,n'et-il pas t1 ne serait-il pas encore plus convenable aujourd'hui que les ,russes les adoptassent1 et se runissent la grande masse1 en faisant pour les prononciations qui leur sont particulires1 une opration semblable celle que le gouvernement franais vient de faire pour les alphabets arabe1 turk et persan2 c'est--dire1 en leur adaptant des lettres galement particulires8 ils s'pargneraient bien des frais et des difficults4 #bja vaut notre 1 c'est--dire1 e long4 #bjb ,en ,delaware1 ,lenno4 ,en ,chipw1 ,lenuis4 ,en ,chaoni1 ,linni4 ,pourquoi les anciens sauvages de la ,grce s'appelaient-ils ,hellnes8 et une tribu tartare ,alani8 #bjc ,il n'appartient qu' des habitants du ,nord de classer dans une mme famille les ides de sommeil1 mort et froid4 #bjd ,le p commence en gnral tous les mots qui dsignent beau et bon1 l'm au contraire1 tous les mots qui dsignent mauvais et laid4 #bje ,ils appellent l'abeille1 la mouche qui fait le doux2 ils disent qu'elle est trangre1 et qu'elle a prcd d'un an les colons4444 ,amohouia se dit de tout le genre2 ,houzou-amohouia1 mouche jaune1 veut dire un frelon4