,,oeuvres ,,compl,,tes ,,de ,,fr,d,,ric ,,bastiat ,,la ,m,,me ,,dition ,,est ,,publi,e ,,en ,,six ,,beaux ,,volumes ,,in-#h ,prix des #f volumes3 #cj fr4 ,,corbeil4--typ4 et str4 de ,,cr,t4 ,,oeuvres ,,compl,,tes ,,de ,,fr,d,,ric ,,bastiat ,,mises ,,en ,,ordre ,,revues ,,et ,,annot,,es ,d',,apr,s ,,les ,,manuscrits ,,de ,l',,auteur #b;e ,,dition4 ,,tome ,,cinqui,,me ,,sophismes ,,conomiques ,,petits ,,pamphlets ,,ii ,,paris ,,guillaumin ,,et ,cie1 ,,libraires diteurs du ,journal des conomistes1 de la ,collection des principaux conomistes1 du ,dictionnaire de l'conomie politique1 du ,dictionnaire universel du ,commerce et de la ,navigation1 etc4 #ad1 ,,rue ,,richelieu #ahfc ,,spoliation ,,et ,,loi#a4 ,note #a3 ,le #bg avril #ahej1 la suite d'une discussion trs-curieuse1 que le ,moniteur a reproduite1 le ,conseil gnral de l'agriculture1 des manufactures et du commerce mit le voeu suivant3 ,que l'conomie politique soit enseigne1 par les professeurs rtribus par le gouvernement1 non plus seulement au point de vue thorique du libre-change1 mais aussi et surtout au point de vue des faits et de la lgislation qui rgit l'industrie franaise4 ,c'est ce voeu que rpondit ,bastiat par le pamphlet ,spoliation et ,loi1 publi d'abord dans le ,journal des conomistes1 le #ae mai #ahej4 7,note de l'diteur47 ,messieurs les ,protectionistes du ,conseil gnral des ,manufactures4 ,messieurs les protectionistes1 causons un moment avec modration et de bonne amiti4 ,vous ne voulez pas que l'conomie politique croie et enseigne le libre-change4 ,c'est comme si vous disiez3 ,nous ne voulons pas que l'conomie politique s'occupe de ,socit1 d'change1 de ,valeur1 de ,droit1 de ,justice1 de ,proprit4 ,nous ne reconnaissons que deux principes1 l',oppression et la ,spoliation4 ,vous est-il possible de concevoir l'conomie politique sans socit8 la socit sans changes8 l'change sans un rapport d'apprciation entre les deux objets ou les deux services changs8 ,vous est-il possible de concevoir ce rapport1 nomm valeur1 autrement que comme rsultant du libre consentement des changistes8 ,pouvez-vous concevoir qu'un produit en vaut un autre si1 dans le troc1 une des parties n'est pas libre#b8 ,vous est-il possible de concevoir le libre consentement des deux parties sans libert8 ,vous est-il possible de concevoir que l'un des contractants soit priv de libert1 moins qu'il ne soit opprim par l'autre8 ,vous est-il possible de concevoir l'change entre un oppresseur et un opprim1 sans que l'quivalence des services en soit altre1 sans que1 par consquent1 une atteinte soit porte au droit1 la justice1 la proprit8 ,note #b3 ,voir la thorie de la valeur1 au chap4 ,v du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,que voulez-vous donc8 dites-le franchement4 ,vous ne voulez pas que l'change soit libre6 ,vous voulez donc qu'il ne soit pas libre8 ,vous voulez donc qu'il se fasse sous l'influence de l'oppression8 car s'il ne se faisait pas sous l'influence de l'oppression1 il se ferait sous celle de la libert1 et c'est ce que vous ne voulez pas4 ,convenez-en1 ce qui vous gne1 c'est le droit1 c'est la justice2 ce qui vous gne1 c'est la proprit1 non la vtre1 bien entendu1 mais celle d'autrui4 ,vous souffrez difficilement que les autres disposent librement de leur proprit 7seule manire d'tre propritaire72 vous entendez disposer de la vtre444 et de la leur4 ,et puis vous demandez aux conomistes d'arranger en corps de doctrine cet amas d'absurdits et de monstruosits2 de faire1 votre usage1 la thorie de la ,spoliation4 ,mais c'est ce qu'ils ne feront jamais2 car1 leurs yeux1 la ,spoliation est un principe de haine et de dsordre1 et si elle revt une forme plus particulirement odieuse1 c'est surtout la forme lgale#c4 ,note #c3 ,l'auteur avait exprim cette opinion1 trois ans auparavant1 dans le numro du #bh novembre #ahdg du journal le ,libre-change4 ,rpondant au ,moniteur industriel1 il avait dit3 ,que le lecteur nous pardonne si nous nous faisons casuiste pour un instant4 ,notre adversaire nous force mettre le bonnet de docteur4 ,aussi bien c'est sous le nom de docteur qu'il lui plat souvent de nous dsigner4 ,un acte illgal est toujours immoral par cela seul qu'il est une dsobissance la loi2 mais il ne s'ensuit pas qu'il soit immoral en lui-mme4 ,quand un maon 7nous demandons pardon notre confrre d'appeler son attention sur si peu de chose71 aprs une rude journe de labeur1 change son salaire contre un coupon de drap belge1 il ne fait pas une action intrinsquement immorale4 ,ce n'est pas l'action en elle-mme qui est immorale1 c'est la violation de la loi4 ,et la preuve1 c'est que si la loi vient changer1 nul ne trouvera reprendre cet change4 ,il n'a rien d'immoral en ,suisse4 ,or ce qui est immoral de soi l'est partout et toujours4 ,le ,moniteur industriel soutiendra-t-il que la moralit des actes dpend des temps et des lieux8 ,s'il y a des actes illgaux sans tre immoraux1 il y en a qui sont immoraux sans tre illgaux4 ,quand notre confrre altre nos paroles en s'efforant d'y trouver un sens qui n'y est pas2 quand certains personnages1 aprs avoir dclar dans l'intimit qu'ils sont pour la libert1 crivent et votent contre2 quand un matre fait travailler son esclave coups de bton1 le ,code peut ne pas tre viol1 mais la conscience de tous les honntes gens est rvolte4 ,c'est dans la catgorie de ces actes et au premier rang que nous plaons les restrictions4 ,qu'un ,franais dise un autre ,franais1 son gal ou qui devrait l'tre3--,je t'interdis d'acheter du drap belge1 parce que je veux que tu sois forc de venir ma boutique4 ,si cela te drange1 cela m'arrange2 tu perdras quatre1 mais je gagnerai deux1 et cela suffit4--,nous disons que c'est une action immorale4 ,que celui qui se la permet l'excute par ses propres forces ou l'aide de la loi1 cela ne change rien au caractre de l'acte4 ,il est immoral par nature1 par essence2 il l'et t il y a dix mille ans1 il le serait aux antipodes1 il le serait dans la lune1 parce que1 quoi qu'en dise le ,moniteur industriel1 la loi1 qui peut beaucoup1 ne peut cependant pas faire que ce qui est mal soit bien4 ,nous ne craignons pas mme de dire que le concours de la loi aggrave l'immoralit du fait4 ,si elle ne s'en mlait pas1 si1 par exemple1 le fabricant faisait excuter sa volont restrictive par des gens ses gages1 l'immoralit crverait les yeux du ,moniteur industriel lui-mme4 ,eh quoi6 parce que ce fabricant a su s'pargner ce souci1 parce qu'il a su faire mettre son service la force publique et rejeter sur l'opprim une partie des frais de l'oppression1 ce qui tait immoral est devenu mritoire6 ,il peut arriver1 il est vrai1 que les gens ainsi fouls s'imaginent que c'est pour leur plus grand bien1 et que l'oppression rsulte d'une erreur commune aux oppresseurs et aux opprims4 ,cela suffit pour justifier les intentions et ter l'acte ce qu'il aurait d'odieux sans cela4 ,en ce cas1 la majorit sanctionne la loi4 ,il faut s'y soumettre2 nous ne dirons jamais le contraire4 ,mais rien ne nous empchera de dire la majorit que1 selon nous1 elle se trompe4 7,note de l'diteur47 ,ici1 monsieur ,benot d',azy1 je vous prends partie4 ,vous tes un homme modr1 impartial1 gnreux4 ,vous ne tenez ni vos intrts1 ni votre fortune2 c'est ce que vous proclamez sans cesse4 ,dernirement1 au ,conseil gnral1 vous disiez3 ,s'il suffisait que les riches abandonnassent ce qu'ils ont pour que le peuple ft riche1 nous serions tous prts le faire4 7,oui6 oui6 c'est vrai67 ,et hier1 l',assemble nationale3 ,si je croyais qu'il dpendt de moi de donner tous les ouvriers le travail dont ils ont besoin1 je donnerais tout ce que je possde pour raliser ce bienfait4441 malheureusement impossible4 ,encore que l'inutilit du sacrifice vous donne le vif chagrin de ne le point faire1 et de dire1 comme ,basile3 ,l'argent6 l'argent6 je le mprise4441 mais je le garde1 assurment1 nul ne doutera d'une gnrosit si retentissante1 quoique si strile4 ,c'est une vertu qui aime s'envelopper d'un voile de pudeur1 surtout quand elle est purement latente et ngative4 ,pour vous1 vous ne perdez pas une occasion de l'afficher1 en vue de toute la ,france1 sur le pidestal de la tribune1 au ,luxembourg et au ,palais lgislatif4 ,c'est une preuve que vous ne pouvez en contenir les lans1 bien que vous en conteniez regret les effets4 ,mais enfin1 cet abandon de votre fortune1 personne ne vous le demande1 et je conviens qu'il ne rsoudrait pas le problme social4 ,vous voudriez tre gnreux1 et vous ne le pouvez avec fruit2 ce que j'ose vous demander1 c'est d'tre juste4 ,gardez votre fortune1 mais permettez-moi de garder la mienne4 ,respectez ma proprit comme je respecte la vtre4 ,est-ce de ma part une requte trop hardie8 ,supposons que nous soyons dans un pays o rgne la libert d'changer1 o chacun puisse disposer de son travail et de sa proprit4--,vos cheveux se hrissent8 ,rassurez-vous1 ce n'est qu'une hypothse4 ,nous sommes donc aussi libres l'un que l'autre4 ,il y a bien une ,loi dans le ,code1 mais cette ,loi1 toute impartialit et justice1 loin de nuire notre libert1 la garantit4 ,elle n'entrera en action qu'autant que nous essayerions d'exercer l'oppression1 vous sur moi ou moi sur vous4 ,il y a une force publique1 il y a des magistrats1 des gendarmes2 mais ils ne font qu'excuter la ,loi4 ,les choses tant ainsi1 vous tes matre de forges et je suis chapelier4 ,j'ai besoin de fer1 pour mon usage ou pour mon industrie4 ,naturellement1 je me pose ce problme3 ,quel est pour moi le moyen de me procurer le fer1 qui m'est ncessaire1 avec la moindre somme possible de travail8 ,en tenant compte de ma situation1 de mes connaissances1 je dcouvre que le mieux pour moi est de faire des chapeaux et de les livrer un ,belge1 qui me donnera du fer en retour4 ,mais vous tes matre de forges1 et vous vous dites3 ,je saurai bien forcer ce coquin-l 7c'est de moi qu'il s'agit7 de venir ma boutique4 ,en consquence1 vous garnissez votre ceinture de sabres et de pistolets1 vous armez vos nombreux domestiques1 vous vous rendez sur la frontire1 et l1 au moment o je vais excuter mon troc1 vous me criez3--,arrte6 ou je te brle la cervelle4--,mais1 seigneur1 j'ai besoin de fer4--,j'en ai vendre4--,mais1 seigneur1 vous le tenez fort cher4--,j'ai mes raisons pour cela4--,mais1 seigneur1 j'ai mes raisons aussi pour prfrer le fer bon march4--,eh bien6 entre tes raisons et les miennes1 voici qui va dcider4 ,valets1 en joue6 ,bref1 vous empchez le fer belge d'entrer1 et1 du mme coup1 vous empchez mes chapeaux de sortir4 ,dans l'hypothse o nous sommes1 c'est--dire sous le rgime de la libert1 vous ne pouvez contester que ce ne soit l1 de votre part1 un acte manifeste d',oppression et de ,spoliation4 ,aussi1 je m'empresse d'invoquer la ,loi1 le magistrat1 la force publique4 ,ils interviennent2 vous tes jug1 condamn et justement chti4 ,mais tout ceci vous suggre une ide lumineuse4 ,vous vous dites3 ,j'ai t bien simple de me donner tant de peine2 quoi6 m'exposer tuer ou tre tu6 me dplacer6 mettre en mouvement mes domestiques6 encourir des frais normes6 me donner le caractre d'un spoliateur6 mriter d'tre frapp par la justice du pays6 et tout cela1 pour forcer un misrable chapelier venir ma boutique acheter du fer mon prix6 ,si je mettais dans mes intrts la ,loi1 le magistrat et la force publique6 si je leur faisais faire1 sur la frontire1 cet acte odieux que j'y allais faire moi-mme6 chauff par cette sduisante perspective1 vous vous faites nommer lgislateur et votez un dcret conu en ces termes3 ,,art4 #a;er4 ,il sera prlev une taxe sur tout le monde 7et notamment sur mon maudit chapelier74 ,,art4 #b4 ,avec le produit de cette taxe on paiera des hommes qui feront bonne garde la frontire1 dans l'intrt des matres de forges4 ,,art4 #c4 ,ils veilleront ce que nul ne puisse changer avec des ,belges les chapeaux ou autres marchandises contre du fer4 ,,art4 #d4 ,les ministres1 procureurs de la ,rpublique1 douaniers1 percepteurs et geliers sont chargs1 chacun en ce qui le concerne1 de l'excution de la prsente loi4 ,je conviens1 ,monsieur1 que1 sous cette forme1 la ,spoliation vous serait infiniment plus douce1 plus lucrative1 moins prilleuse que sous celle dont vous vous tiez d'abord avis4 ,je conviens qu'elle aurait pour vous un ct fort plaisant4 ,certes1 vous en pourriez rire dans votre barbe1 car vous en auriez fait passer tous les frais sur mes paules4 ,mais j'affirme que vous auriez introduit dans la socit un principe de ruine1 d'immoralit1 de dsordre1 de haines et de rvolutions incessantes2 que vous auriez ouvert la porte tous les essais du socialisme et du communisme#d4 ,note #d3 ,voy41 au tome ,,iv1 ,protectionisme et ,communisme4 7,note de l'diteur47 ,vous trouvez1 sans doute1 mon hypothse trs-hardie4 ,eh bien6 retournons-la contre moi4 ,j'y consens pour l'amour de la dmonstration4 ,me voici ouvrier2 vous tes toujours matre de forges4 ,il me serait avantageux d'avoir bon march1 et mme pour rien1 des instruments de travail4 ,or1 je sais qu'il y a dans votre magasin des haches et des scies4 ,donc1 sans plus de faons1 je pntre chez vous et fais main basse sur tout ce qui me convient4 ,mais vous1 usant du droit de lgitime dfense1 vous repoussez d'abord la force par la force2 ensuite1 appelant votre aide la ,loi1 le magistrat1 la force publique1 vous me faites jeter en prison1 et bien vous faites4 ,oh6 oh6 me dis-je2 j'ai t gauche en tout ceci4 ,quand on veut jouir du bien d'autrui1 ce n'est pas en dpit1 c'est en vertu de la ,loi qu'il faut agir1 si l'on n'est pas un sot4 ,en consquence1 comme vous vous tes fait protectioniste1 je me fais socialiste4 ,comme vous vous tes arrog le ,,droit ,,au ,,profit1 j'invoque le ,,droit ,,au ,,travail ou aux instruments de travail4 ,d'ailleurs1 en prison1 j'ai lu mon ,louis ,blanc1 et je sais par coeur cette doctrine3 ,ce qui manque aux proltaires pour s'affranchir1 ce sont les instruments de travail2 la fonction du gouvernement est de les leur fournir4 ,et encore3 ,ds qu'on admet qu'il faut l'homme1 pour tre vraiment libre1 le pouvoir d'exercer et de dvelopper ses facults1 il en rsulte que la socit doit chacun de ses membres1 et l'instruction1 sans laquelle l'esprit humain ne peut se dployer1 et les instruments de travail1 sans lesquels l'activit humaine ne peut se donner carrire4 ,or1 par l'intervention de qui la socit donnera-t-elle chacun de ses membres l'instruction convenable et les instruments de travail ncessaires1 si ce n'est par l'intervention de l'tat#e8 ,note #e3 ,organisation du travail1 pages #ag et #bd de l'introduction4 ,donc1 moi aussi1 fallt-il pour cela rvolutionner mon pays1 je force les portes du ,palais lgislatif4 ,je pervertis la ,loi et lui fais accomplir1 mon profit et vos dpens1 l'acte mme pour lequel elle m'avait jusqu'ici chti4 ,mon dcret est calqu sur le vtre4 ,,art4 #a;er4 ,il sera prlev une taxe sur tous les citoyens1 et spcialement sur les matres de forges4 ,,art4 #b4 ,avec le produit de cette taxe1 l'tat soldera un corps arm1 lequel prendra le titre de gendarmerie fraternelle4 ,,art4 #c4 ,les gendarmes fraternels entreront dans les magasins de haches1 scies1 etc41 s'empareront de ces instruments et les distribueront aux ouvriers qui en dsirent4 ,grce cette combinaison habile1 vous voyez bien1 ,monsieur1 que je n'aurai plus les risques1 ni les frais1 ni l'odieux1 ni les scrupules de la ,spoliation4 ,l'tat volera pour moi1 comme il fait pour vous4 ,nous serons deux de jeu4 ,reste savoir comment se trouverait la socit franaise de la ralisation de ma seconde hypothse1 ou1 tout au moins1 comment elle se trouve de la ralisation peu prs complte de la premire4 ,je ne veux pas traiter ici le point de vue conomique de la question4 ,on croit que1 lorsque nous rclamons le libre-change1 nous sommes mus uniquement par le dsir de laisser au travail et aux capitaux la facult de prendre leur direction la plus avantageuse4 ,on se trompe3 cette considration n'est pour nous que secondaire2 ce qui nous blesse1 ce qui nous afflige1 ce qui nous pouvante dans le rgime protecteur1 c'est qu'il est la ngation du droit1 de la justice1 de la proprit2 c'est qu'il tourne1 contre la proprit et la justice1 la ,loi qui devait les garantir2 c'est qu'il bouleverse ainsi et pervertit les conditions d'existence de la socit4--,et c'est sur ce ct de la question que j'appelle vos mditations les plus srieuses4 ,qu'est-ce donc que la ,loi1 ou du moins que devrait-elle tre8 quelle est sa mission rationnelle et morale8 n'est-ce point de tenir la balance exacte entre tous les droits1 toutes les liberts1 toutes les proprits8 n'est-ce pas de faire rgner entre tous la justice8 n'est-ce pas de prvenir et de rprimer l',oppression et la ,spoliation1 de quelque part qu'elles viennent8 ,et n'tes-vous pas effray de l'immense1 radicale et dplorable innovation qui s'introduit dans le monde1 le jour o la ,loi est charge d'accomplir elle-mme le crime que sa mission tait de chtier8 le jour o elle se tourne1 en principe et en fait1 contre la libert et la proprit8 ,vous dplorez les symptmes que prsente la socit moderne2 vous gmissez sur le dsordre qui rgne dans les institutions et dans les ides4 ,mais n'est-ce pas votre principe qui a tout perverti1 ides et institutions8 ,quoi6 la ,loi n'est plus le refuge de l'opprim1 mais l'arme de l'oppresseur6 ,la ,loi n'est plus une gide1 mais une pe6 ,la ,loi ne tient plus dans ses mains augustes une balance1 mais de faux poids et de fausses clefs6 ,et vous voulez que la socit soit bien ordonne6 ,votre principe a crit sur le fronton du ,palais lgislatif ces mots3 ,quiconque acquiert ici quelque influence peut y obtenir sa part de ,spoliation lgale4 ,et qu'est-il arriv8 ,toutes les classes se sont rues sur les portes de ce palais1 criant3 moi1 moi une part de ,spoliation6 ,aprs la rvolution de ,fvrier1 quand le suffrage universel a t proclam1 j'ai espr un moment que sa grande voix allait se faire entendre pour dire3 ,plus de ,spoliation pour personne1 justice pour tous4--,et c'est l qu'tait la vraie solution du problme social4 ,il n'en a pas t ainsi2 la propagande protectioniste avait trop profondment altr1 depuis des sicles1 les sentiments et les ides4 ,non1 en faisant irruption dans l',assemble nationale1 chaque classe est venue pour s'y faire1 en vertu de votre principe1 de la ,loi un instrument de rapine4 ,on a demand l'impt progressif1 le crdit gratuit1 le droit au travail1 le droit l'assistance1 la garantie de l'intrt1 d'un minimum de salaire1 l'instruction gratuite1 les avances l'industrie1 etc41 etc42 bref1 chacun a voulu vivre et se dvelopper aux dpens d'autrui4 ,et sous quelle autorit a-t-on plac ces prtentions8 ,sous l'autorit de vos prcdents4 ,quels sophismes a-t-on invoqus8 ,ceux que vous propagez depuis des sicles4 ,ainsi que vous1 on a parl de niveler les conditions du travail4 ,ainsi que vous1 on a dclam contre la concurrence anarchique4 ,ainsi que vous1 on a bafou le laissez faire1 c'est--dire la libert4 ,ainsi que vous1 on a dit que la ,loi ne devait pas se borner tre juste1 mais qu'elle devait venir en aide aux industries chancelantes1 protger le faible contre le fort1 assurer des profits aux individus aux dpens de la communaut1 etc41 etc4 ,bref1 le socialisme est venu faire1 selon l'expression de ,m4 ,ch4 ,dupin1 la thorie de la ,spoliation4 ,il a fait ce que vous faites1 ce que vous voulez que fassent avec vous et pour vous les professeurs d'conomie politique4 ,vous avez beau tre habiles1 messieurs les restrictionistes1 vous avez beau radoucir le ton1 vanter votre gnrosit latente1 prendre vos adversaires par les sentiments1 vous n'empcherez pas la logique d'tre la logique4 ,vous n'empcherez pas ,m4 ,billault de dire au lgislateur3 ,vous accordez des faveurs aux uns1 il faut en accorder tous4 ,vous n'empcherez pas ,m4 ,crmieux de dire au lgislateur3 ,vous enrichissez les manufacturiers1 il faut enrichir les proltaires4 ,vous n'empcherez pas ,m4 ,nadeau de dire au lgislateur3 ,vous ne pouvez refuser de faire pour les classes souffrantes ce que vous faites pour les classes privilgies4 ,vous n'empcherez pas mme votre coryphe1 ,m4 ,mimerel1 de dire au lgislateur3 ,je demande #be1jjj primes pour les caisses de retraite d'ouvriers1 et de dvelopper ainsi sa motion3 ,est-ce le premier exemple de cette nature qu'offre notre lgislation8 tablirez-vous en systme que l'tat peut tout encourager1 ouvrir ses frais des cours de sciences1 subventionner les beaux-arts1 pensionner les thtres1 donner aux classes dj favorises de la fortune la haute instruction1 les dlassements les plus varis1 les jouissances des arts1 le repos de la vieillesse1 donner tout cela ceux qui ne connaissent pas de privations1 faire payer leur part de ces sacrifices ceux qui n'ont rien1 et leur refuser tout1 mme pour les indispensabilits de la vie8444 4444 ,messieurs1 notre socit franaise1 nos moeurs1 nos lois sont ainsi faites1 que l'intervention de l'tat1 si regrettable qu'on la suppose1 se rencontre partout1 et que rien ne parat stable1 rien ne parat durable si l'tat n'y montre sa main4 ,c'est l'tat qui fait les porcelaines de ,svres1 les tapisseries des ,gobelins2 c'est l'tat qui expose priodiquement1 et ses frais1 les produits de nos artistes1 ceux de nos manufactures2 c'est l'tat qui rcompense nos leveurs de bestiaux et nos armateurs de pche4 ,il en cote beaucoup pour tout cela2 c'est l encore un impt que tout le monde paye2 tout le monde1 entendez-vous bien6 ,et quel bien direct en retire le peuple8 ,quel bien direct lui font vos porcelaines1 vos tapisseries1 vos expositions8 ,ce principe de rsister ce que vous appelez un tat d'entranement1 on peut le comprendre1 quoique hier encore vous ayez vot des primes pour le lin2 on peut le comprendre1 mais condition de consulter le temps2 la condition surtout de faire preuve d'impartialit4 ,s'il est vrai que1 par tous les moyens que je viens d'indiquer1 l'tat ait eu jusqu'ici l'apparence de venir plus directement au-devant des besoins des classes aises que de celles moins favorises1 il faut que cette apparence disparaisse4 ,sera-ce en fermant nos manufactures des ,gobelins1 en proscrivant nos expositions8 assurment non3 mais en faisant la part directe du pauvre dans cette distribution de bienfaits#f4 ,note #f3 ,moniteur du #bh avril #ahej4 ,dans cette longue numration de faveurs accordes quelques-uns aux dpens de tous1 on remarque l'extrme prudence avec laquelle ,m4 ,mimerel a laiss dans l'ombre les faveurs douanires1 encore qu'elles soient la manifestation la plus explicite de la spoliation lgale4 ,tous les orateurs qui l'ont appuy ou contredit se sont impos la mme rserve4 ,c'est fort habile6 ,peut-tre esprent-ils1 en faisant la part du pauvre1 dans cette distribution de bienfaits1 sauver la grande iniquit dont ils profitent1 mais dont ils ne parlent pas4 ,ils se font illusion4 ,croient-ils qu'aprs avoir ralis la spoliation partielle par l'institution des douanes1 d'autres classes ne voudront pas1 par d'autres institutions1 raliser la ,spoliation universelle8 ,je sais bien que vous avez un sophisme toujours prt2 vous dites3 ,les faveurs que la loi nous accorde ne s'adressent pas l'industriel1 mais l'industrie4 ,les profits qu'elle nous permet de prlever1 aux dpens des consommateurs1 ne sont qu'un dpt entre nos mains#g4 ,note #g3 ,moniteur du #bh avril4 ,voir l'opinion de ,m4 ,devinck4 ,ils nous enrichissent1 c'est vrai1 mais notre richesse1 nous mettant mme de dpenser davantage1 d'agrandir nos entreprises1 retombe comme une rose fconde sur la classe ouvrire4 ,tel est votre langage2 et ce que je dplore1 c'est que vos misrables sophismes ont assez perverti l'esprit public pour qu'on les invoque aujourd'hui l'appui de tous les procds de ,spoliation lgale4 ,les classes souffrantes disent aussi3 ,laissez-nous prendre lgislativement le bien d'autrui4 ,nous aurons plus d'aisance2 nous achterons plus de bl1 plus de viande1 plus de draps1 plus de fer1 et ce que nous aurons reu par l'impt reviendra en pluie bienfaisante aux capitalistes et aux propritaires4 ,mais1 je l'ai dj dit1 je ne discute pas aujourd'hui les consquences conomiques de la ,spoliation lgale4 ,quand ,,mm4 les protectionistes le voudront1 ils me trouveront prt examiner le sophisme des ricochets#h1 qui du reste peut tre invoqu pour tous les genres de vols et de fraudes4 ,note #h3 ,il se trouve implicitement rfut aux chap4 ,,xii de la premire srie1 ,,iv et ,,xiii de la seconde srie des ,sophismes4 ,voy41 tome ,,iv1 pages #gd1 #afj et #bbi4 7,note de l'diteur47 ,bornons-nous aux effets politiques et moraux de l'change lgislativement priv de libert4 ,je dis3 le temps est venu de savoir enfin ce qu'est la ,loi1 ce qu'elle doit tre4 ,si vous faites de la ,loi1 pour tous les citoyens1 le palladium de la libert et de la proprit1 si elle n'est que l'organisation du droit individuel de lgitime dfense1 vous fonderez sur la ,justice un gouvernement rationnel1 simple1 conomique1 compris de tous1 aim de tous1 utile tous1 soutenu par tous1 charg d'une responsabilit parfaitement dfinie et fort restreinte1 dou d'une solidit inbranlable4 ,si1 au contraire1 vous faites de la ,loi1 dans l'intrt des individus ou des classes1 un instrument de ,spoliation1 chacun d'abord voudra faire la ,loi1 chacun ensuite voudra la faire son profit4 ,il y aura cohue la porte du ,palais lgislatif1 il y aura lutte acharne au dedans1 anarchie dans les esprits1 naufrage de toute moralit1 violence dans les organes des intrts1 ardentes luttes lectorales1 accusations1 rcriminations1 jalousies1 haines inextinguibles1 force publique mise au service des rapacits injustes au lieu de les contenir1 notion du vrai et du faux efface de tous les esprits1 comme notion du juste et de l'injuste efface de toutes les consciences1 gouvernement responsable de toutes les existences et pliant sous le poids d'une telle responsabilit1 convulsions politiques1 rvolutions sans issue1 ruines sur lesquelles viendront s'essayer toutes les formes du socialisme et du communisme3 tels sont les flaux que ne peut manquer de dchaner la perversion de la ,loi4 ,tels sont1 par consquent1 messieurs les prohibitionistes1 les flaux auxquels vous avez ouvert la porte1 en vous servant de la ,loi pour touffer la libert dans l'change1 c'est--dire pour touffer le droit de proprit4 ,ne dclamez pas contre le socialisme1 vous en faites4 ,ne dclamez pas contre le communisme1 vous en faites4 ,et maintenant vous nous demandez1 nous conomistes1 de vous faire une thorie qui vous donne raison et vous justifie6 ,morbleu6 faites-la vous-mmes#i4 ,note #i3 ,dans cette rponse aux protectionistes1 qu'il leur adressait au moment de son dpart pour les ,landes1 l'auteur1 oblig d'indiquer rapidement ses vues sur le domaine rationnel de la lgislation1 sentit le besoin de les exposer avec plus d'tendue4 ,c'est ce qu'il fit1 peu de jours aprs1 pendant un court sjour ,mugron1 en crivant ,la ,loi1 pamphlet compris dans le prcdent volume4 7,note de l'diteur47 ,,guerre ,,aux ,,chaires ,d',,conomie ,,politique#aj4 ,note #aj3 ,trois ans avant la manifestation qui provoqua le pamphlet prcdent1 la destitution des professeurs1 la suppression des chaires d'conomie politique avaient t formellement demandes par les membres du comit ,mimerel1 qui bientt se radoucirent et se bornrent prtendre que la thorie de la ,protection devait tre enseigne en mme temps que celle de la ,libert4 ,ce fut avec l'arme de l'ironie que ,bastiat1 dans le n du #ac juin #ahdg du journal le ,libre-change1 combattit cette prtention qui se produisait alors pour la premire fois4 7,note de l'diteur47 ,on sait avec quelle amertume les hommes qui1 pour leur propre avantage1 restreignent les changes d'autrui1 se plaignent de ce que l'conomie politique s'obstine ne point exalter le mrite de ces restrictions4 ,s'ils n'esprent pas obtenir la suppression de la science1 ils poursuivent du moins la destitution de ceux qui la professent1 tenant de l'inquisition cette sage maxime3 ,voulez-vous avoir raison de vos adversaires8 fermez-leur la bouche4 ,nous n'avons donc point t surpris d'apprendre qu' l'occasion du projet de loi sur l'organisation des facults ils ont adress ,m4 le ministre de l'instruction publique un mmoire fort tendu1 dont nous reproduisons quelques extraits4 ,y pensez-vous1 monsieur le ministre8 ,vous voulez introduire dans les facults l'enseignement de l'conomie politique6 ,c'est donc un parti pris de dconsidrer nos privilges8 ,s'il est une maxime vnrable1 c'est assurment celle-ci3 ,en tous pays1 l'enseignement doit tre en harmonie avec le principe du gouvernement4 ,croyez-vous qu' ,sparte ou ,rome le trsor public aurait pay des professeurs pour dclamer contre le butin fait la guerre ou contre l'esclavage8 ,et vous voulez qu'en ,france il soit permis de discrditer la restriction#aa6 ,note #aa3 ,ici se montre le germe de ,baccalaurat et ,socialisme1 qu'on verra plus apparent encore dans les pages qui suivent4 ,voy4 ce pamphlet au tome ,,iv4 7,note de l'diteur47 ,la nature1 monsieur le ministre1 a voulu que les socits ne puissent exister que sur les produits du travail1 et1 en mme temps1 elle a rendu le travail pnible4 ,voil pourquoi1 toutes les poques et dans tous les pays1 on remarque parmi les hommes une incurable disposition s'entre-dpouiller4 ,il est si doux de mettre la peine la charge de son voisin et de garder la rmunration pour soi6 ,la guerre est le premier moyen dont on se soit avis4 ,pour s'emparer du bien d'autrui1 il n'y en a pas de plus court et de plus simple4 ,l'esclavage est venu ensuite4 ,c'est un moyen plus raffin1 et il est prouv que ce fut un grand pas vers la civilisation que de rduire le prisonnier en servitude au lieu de le tuer4 ,enfin1 ces deux modes grossiers de ,spoliation1 le progrs des temps en a substitu un autre beaucoup plus subtil1 et qui1 par cela mme1 a bien plus de chances de dure1 d'autant que son nom mme1 protection1 est admirablement trouv pour en dissimuler l'odieux4 ,vous n'ignorez pas combien les noms font quelquefois prendre le change sur les choses4 ,vous le voyez1 monsieur le ministre1 prcher contre la protection1 dans les temps modernes1 ou contre la guerre et l'esclavage1 dans l'antiquit1 c'est tout un4 ,c'est toujours branler l'ordre social et troubler la quitude d'une classe trs-respectable de citoyens4 ,et si la ,rome paenne montra une grande sagesse1 un prvoyant esprit de conservation en perscutant cette secte nouvelle qui venait dans son sein faire retentir les mots dangereux3 paix et fraternit2 pourquoi aurions-nous plus de piti aujourd'hui pour les professeurs d'conomie politique8 ,pourtant1 nos moeurs sont si douces1 notre modration est si grande1 que nous n'exigeons pas que vous les livriez aux btes4 ,dfendez-leur de parler1 et nous serons satisfaits4 ,ou du moins1 si tant ils ont la rage de discourir1 ne peuvent-ils le faire avec quelque impartialit8 ,ne peuvent-ils accommoder un peu la science nos souhaits8 ,par quelle fatalit les professeurs d'conomie politique de tous les pays se sont-ils donn le mot pour tourner contre le rgime restrictif l'arme du raisonnement8 ,si ce rgime a quelques inconvnients1 certes1 il a aussi des avantages1 puisqu'il nous convient4 ,messieurs les professeurs ne pourraient-ils pas mettre un peu plus les inconvnients dans l'ombre et les avantages en saillie8 ,d'ailleurs1 quoi servent les savants1 sinon faire la science8 ,qui les empche d'inventer une conomie politique exprs pour nous8 videmment1 il y a de leur part mauvaise volont4 ,quand la sainte inquisition de ,rome trouva mauvais que ,galile fit tourner la terre1 ce grand homme n'hsita pas la rendre immobile4 ,il en fit mme la dclaration genoux4 ,il est vrai qu'en se relevant1 il murmurait1 dit-on3 ,e pur si muove4 ,que nos professeurs aussi dclarent publiquement1 et genoux1 que la libert ne vaut rien1 et nous leur pardonnerons1 s'ils marmottent1 pourvu que ce soit entre les dents3 ,e pur buona4 ,mais nous voulons subsidiairement pousser la modration plus loin encore4 ,vous ne disconviendrez pas1 monsieur le ministre1 qu'il faut tre impartial avant tout4 ,eh bien6 puisqu'il y a dans le monde deux doctrines qui se heurtent1 l'une ayant pour devise3 laissez changer1 et l'autre3 empchez d'changer1 de grce1 tenez la balance gale1 et faites professer l'une comme l'autre4 ,ordonnez que notre conomie politique soit aussi enseigne4 ,n'est-il pas bien dcourageant de voir la science se mettre toujours du ct de la libert1 et ne devrait-elle pas partager un peu ses faveurs8 ,mais non1 une chaire n'est pas plutt rige1 qu'on y voit apparatre1 comme une tte de ,mduse1 la figure d'un libre-changiste4 ,c'est ainsi que ,j4 ,b4 ,say a donn un exemple que se sont empresss de suivre ,,mm4 ,blanqui1 ,rossi1 ,michel ,chevalier1 ,joseph ,garnier4 ,que serions-nous devenus si vos prdcesseurs n'avaient eu grand soin de borner cet enseignement funeste8 ,qui sait8 ,cette anne mme nous aurions subir le bon march du pain4 ,en ,angleterre1 ,ad4 ,smith1 ,senior et mille autres ont donn le mme scandale4 ,bien plus1 l'universit d',oxford cre une chaire d'conomie politique et y place444 qui8 un futur archevque#ab2 et voil que1 ,m4 l'archevque se met enseigner que la religion s'accorde avec la science pour condamner cette partie de nos profits qui sort du rgime restrictif4 ,aussi qu'est-il advenu8 ,c'est que peu peu l'opinion publique s'est laiss sduire1 et1 avant qu'il soit deux ans1 les ,anglais auront le malheur d'tre libres dans leurs ventes et leurs achats4 ,puissent-ils tre ruins comme ils le mritent6 ,note #ab3 ,m4 ,whateley1 archevque de ,dublin1 qui a fond dans cette ville une chaire d'conomie politique1 a exerc le professorat ,oxford4 7,note de l'diteur47 ,mmes faits en ,italie4 ,rois1 princes et ducs1 grands et petits1 ont eu l'imprudence d'y tolrer l'enseignement conomique1 sans imposer aux professeurs l'obligation de faire sortir de la science des vues favorables aux restrictions4 ,des professeurs innombrables1 les ,genovesi1 les ,beccaria1 et de nos jours1 ,m4 ,scialoja1 comme il fallait s'y attendre1 se sont mis prcher la libert1 et voil la ,toscane libre dans ses changes1 et voil ,naples qui sabre ses tarifs4 ,vous savez quels rsultats a eus en ,suisse le mouvement intellectuel qui y a toujours dirig les esprits vers les connaissances conomiques4 ,la ,suisse est libre1 et semble place au milieu de l',europe1 comme la lumire sur le chandelier1 tout exprs pour nous embarrasser4 ,car1 quand nous disons3 ,la libert a pour consquence de ruiner l'agriculture1 le commerce et l'industrie1 on ne manque pas de nous montrer la ,suisse4 ,un moment1 nous ne savions que rpondre4 ,grce au ciel1 la ,presse nous a tirs de peine en nous fournissant cet argument prcieux3 ,la ,suisse n'est pas inonde parce qu'elle est petite4 ,la science1 la science maudite1 menace de faire dborder sur l',espagne le mme flau4 ,l',espagne est la terre classique de la protection4 ,aussi voyez-vous comme elle a prospr6 ,et1 sans tenir compte des trsors qu'elle a puiss dans le ,nouveau-,monde1 de la richesse de son sol1 le rgime prohibitif suffit bien pour expliquer le degr de splendeur auquel elle est parvenue4 ,mais l',espagne a des professeurs d'conomie politique1 des ,la ,sagra1 des ,florez ,estrada1 et voici que le ministre des finances1 ,m4 ,salamanca1 prtend relever le crdit de l',espagne et gonfler son budget par la seule puissance de la libert commerciale4 ,enfin1 monsieur le ministre1 que voulez-vous de plus8 ,en ,russie1 il n'y a qu'un conomiste1 et il est pour le libre-change4 ,vous le voyez1 la conspiration de tous les savants du monde contre les entraves commerciales est flagrante4 ,et quel intrt les presse8 ,aucun4 ,ils prcheraient la restriction qu'ils n'en seraient pas plus maigres4 ,c'est donc de leur part mchancet pure4 ,cette unanimit a les plus grands dangers4 ,savez-vous ce qu'on dira8 les voir si bien d'accord1 on finira par croire que ce qui les unit dans la mme foi1 c'est la mme cause qui fait que tous les gomtres du monde pensent de mme1 depuis ,archimde1 sur le carr de l'hypotnuse4 ,lors donc1 monsieur le ministre1 que nous vous supplions de faire enseigner impartialement deux doctrines contradictoires1 ce ne peut tre de notre part qu'une demande subsidiaire1 car nous pressentons ce qui adviendrait2 et tel que vous chargeriez de professer la restriction pourrait bien1 par ses tudes1 tre conduit vers la libert4 ,le mieux est de proscrire1 une bonne fois pour toutes1 la science et les savants et de revenir aux sages traditions de l'empire4 ,au lieu de crer de nouvelles chaires d'conomie politique1 renversez celles1 heureusement en petit nombre1 qui sont encore debout4 ,savez-vous comment on a dfini l'conomie politique8 ,la science qui enseigne aux travailleurs garder ce qui leur appartient4 videmment un bon quart de l'espce humaine serait perdu1 si cette science funeste venait se rpandre4 ,tenons-nous-en la bonne et inoffensive ducation classique4 ,bourrons nos jeunes gens de grec et de latin4 ,quand ils scanderaient sur le bout de leurs doigts1 du matin au soir1 les hexamtres des ,bucoliques1 quel mal cela peut-il nous faire8 ,laissons-les vivre avec la socit romaine1 avec les ,gracques et ,brutus1 au sein d'un snat o l'on parle toujours de guerre1 et au ,forum o il est toujours question de butin2 laissons-les s'imprgner de la douce philosophie d',horace3 ,tra la la la1 notre jeunesse1 ,tra la la la1 se forme l4 ,qu'est-il besoin de leur apprendre les lois du travail et de l'change8 ,rome leur enseigne mpriser le travail1 servile opus1 et ne reconnatre comme lgitime d'autre change que le v victis du guerrier possesseur d'esclaves4 ,c'est ainsi que nous aurons une jeunesse bien prpare pour la vie de notre moderne socit4--,il y a bien quelques petits dangers4 ,elle sera quelque peu rpublicaine2 aura d'tranges ides sur la libert et la proprit2 dans son admiration aveugle pour la force brutale1 on la trouvera peut-tre un peu dispose chercher noise toute l',europe et traiter les questions de politique1 dans la rue1 coups de pavs4 ,c'est invitable1 et1 franchement1 monsieur le ministre1 grce ,tite-,live1 nous avons tous plus ou moins barbot dans cette ornire4 ,aprs tout1 ce sont l des dangers dont vous aurez facilement raison avec quelques bons gendarmes4 ,mais quelle gendarmerie pouvez-vous opposer aux ides subversives des conomistes1 de ces audacieux qui ont crit1 en tte de leur programme1 cette atroce dfinition de la proprit3 ,quand un homme a produit une chose la sueur de son front1 puisqu'il a le droit de la consommer1 il a celui de la troquer#ac8 ,note #ac3 ,voy41 au tome ,,ii1 la dclaration de principes de la socit du ,libre-change4 7,note de l'diteur47 ,non1 non1 avec de telles gens1 c'est peine perdue que de recourir la rfutation4 ,vite un billon1 deux billons1 trois billons6 ,,capital ,,et ,,rente#ad4 ,note #ad3 ,cet opuscule fut publi en fvrier #ahdi4 7,note de l'diteur47 ,,introduction4 ,dans cet crit1 j'essaie du pntrer la nature intime de ce qu'on nomme l',intrt des capitaux1 afin d'en prouver la lgitimit et d'en expliquer la perptuit4 ,ceci paratra bizarre2 mais il est certain que ce que je redoute1 ce n'est pas d'tre obscur1 mais d'tre trop clair4 ,je crains que le lecteur ne se laisse rebuter par une srie de vritables ,truismes4 ,comment viter un tel cueil quand on n'a s'occuper que de faits connus de chacun par une exprience personnelle1 familire1 quotidienne8 ,alors1 me dira-t-on1 quoi bon cet crit8 ,que sert d'expliquer ce que tout le monde sait8 ,distinguons1 s'il vous plat4 ,une fois l'explication donne1 plus elle est claire et simple1 plus elle semble superflue4 ,chacun est port s'crier3 ,je n'avais pas besoin qu'on rsolt pour moi le problme4 ,c'est l'oeuf de ,colomb4 ,mais ce problme si simple le paratrait peut-tre beaucoup moins1 si on se bornait le poser4 ,je l'tablis en ces termes3 ,mondor prte aujourd'hui un instrument de travail qui sera ananti dans quelques jours4 ,le capital n'en produira pas moins intrt ,mondor ou ses hritiers pendant l'ternit tout entire4 ,lecteur1 la main sur la conscience1 sentez-vous la solution au bord de vos lvres8 ,je n'ai pas le temps de recourir aux conomistes4 ,autant que je puis le savoir1 ils ne se sont gure occups de scruter l',intrt jusque dans sa raison d'tre4 ,on ne peut les en blmer4 l'poque o ils crivaient1 l',intrt n'tait pas mis en question4 ,il n'en est plus ainsi4 ,les hommes qui se disent et se croient beaucoup plus avancs que leur sicle ont organis une propagande active contre le ,capital et la ,rente4 ,ils attaquent1 non pas dans quelques applications abusives1 mais en principe1 la ,productivit des capitaux4 ,un journal a t fond pour servir de vhicule cette propagande4 ,il est dirig par ,m4 ,proudhon1 et a1 dit-on1 une immense publicit4 ,le premier numro de cette feuille contenait le ,manifeste lectoral du ,peuple4 ,on y lit3 ,la ,productivit du capital1 ce que le ,christianisme a condamn sous le nom d'usure1 telle est la vraie cause de la misre1 le vrai principe du proltariat1 l'ternel obstacle l'tablissement de la ,rpublique4 ,un autre journal1 la ,ruche populaire1 aprs avoir dit d'excellentes choses sur le travail1 ajoute3 ,mais1 avant tout1 il faut que l'exercice du travail soit libre1 c'est--dire que le travail soit organis de telle sorte1 qu'il ne faille pas payer aux argentiers et aux patrons ou matres cette libert du travail1 ce droit du travail que mettent si haut prix les exploiteurs d'hommes4 ,la seule pense que je relve ici1 c'est celle exprime dans les mots souligns comme impliquant la ngation de l',intrt4 ,elle est1 du reste1 commente par la suite de l'article4 ,voici comment s'exprime le clbre dmocrate socialiste ,thor2 ,la ,rvolution sera toujours recommencer tant qu'on s'attaquera seulement aux consquences1 sans avoir la logique et le courage d'abolir le principe lui-mme4 ,ce principe c'est le capital1 la fausse proprit1 le revenu1 la rente1 l'usure que l'ancien rgime fait peser sur le travail4 ,le jour1--il y a bien longtemps1--o les aristocrates ont invent cette incroyable fiction3 ,que le capital avait la vertu de se reproduire tout seul1--les travailleurs ont t la merci des oisifs4 ,est-ce qu'au bout d'un an vous trouverez un cu de cent sous de plus dans un sac de cent francs8 ,est-ce qu'au bout de quatorze ans vos cus ont doubl dans le sac8 ,est-ce qu'une oeuvre d'art ou d'industrie en produit une autre au bout de quatorze ans8 ,commenons donc par l'anantissement de cette fiction funeste4 ,ici je ne discute ni ne rfute2 je cite1 pour tablir que la productivit du capital est considre1 par un grand nombre de personnes1 comme un principe faux1 funeste et inique4 ,mais qu'ai-je besoin de citations8 ,n'est-ce pas un fait bien connu que le peuple attribue ses souffrances ce qu'il appelle l'exploitation de l'homme par l'homme8 et cette locution3--,tyrannie du capital1--n'est-elle pas devenue proverbiale8 ,il ne peut pas exister un homme au monde1 ce me semble1 qui ne comprenne toute la gravit de cette question3 ,l'intrt du capital est-il naturel1 juste1 lgitime et aussi utile celui qui le paye1 qu' celui qui le peroit8 ,on rpond3 non1 mais je dis3 oui4 ,nous diffrons du tout au tout sur la solution1 mais il est une chose sur laquelle nous ne pouvons diffrer1 c'est le danger de faire accepter par l'opinion la fausse solution quelle qu'elle soit4 ,encore1 si l'erreur est de mon ct1 le mal n'est pas trs-grand4 ,il en faudra conclure que je ne comprends rien aux vrais intrts des masses1 la marche du progrs humain1 et que tous mes raisonnements sont autant de grains de sable1 qui n'arrteront certes pas le char de la ,rvolution4 ,mais si ,,mm4 ,proudhon et ,thor se trompent1 il s'ensuit qu'ils garent le peuple1 qu'ils lui montrent le mal l o il n'est pas1 qu'ils donnent une fausse direction ses ides1 ses antipathies1 ses haines et ses coups2 il s'ensuit que le peuple gar se prcipite dans une lutte horrible et absurde1 o la victoire lui serait plus funeste que la dfaite1 puisque1 dans cette hypothse1 ce qu'il poursuit1 c'est la ralisation du mal universel1 la destruction de tous ses moyens d'affranchissement1 la consommation de sa propre misre4 ,c'est ce que reconnaissait ,m4 ,proudhon avec une entire bonne foi4 ,la pierre fondamentale de mon systme1 me disait-il1 c'est la gratuit du crdit4 ,si je me trompe l-dessus1 le socialisme est un vrai rve4 ,j'ajoute3 c'est un rve pendant lequel le peuple se dchire lui-mme2 faudra-t-il s'tonner s'il se trouveront meurtri et tout sanglant au rveil8 ,en voil assez pour ma justification1 si1 dans le cours du dbat1 je me suis laiss entraner quelques trivialits et quelques longueurs#ae4 ,note #ae3 ,le but de l'auteur n'a pas t d'analyser ici l'intrt et d'en exposer tous les lments1 dont quelques-uns ne soulvent aucune objection de la part des socialistes eux-mmes4 ,telle est1 par exemple1 la prime d'assurance ou la compensation relative au risque couru par le prteur de ne pas recouvrer le montant de sa crance4--,il s'est born dfendre ce qui tait attaqu1 la productivit du capital1 et s'est efforc de rendre cette vrit accessible toute les intelligences4 7,note de l'diteur47 ,,capital ,,et ,,rente4 ,j'adresse cet crit aux ouvriers de ,paris1 particulirement ceux qui se sont rangs sous la bannire de la dmocratie socialiste4 ,j'y traite ces deux questions3 #a ,est-il conforme la nature des choses et la justice que le capital produise une ,rente8 #b ,est-il conforme la nature des choses et la justice que la ,rente du capital soit perptuelle8 ,les ouvriers de ,paris voudront bien reconnatre qu'on ne saurait agiter un sujet plus important4 ,depuis le commencement du monde1 il avait t reconnu1 du moins en fait1 que le capital devait produire un ,intrt4 ,dans ces derniers temps1 on affirme que c'est prcisment l l'erreur sociale qui est la cause du pauprisme et de l'ingalit4 ,il est donc bien essentiel de savoir quoi s'en tenir4 ,car si le prlvement d'un ,intrt au profit du ,capital est une iniquit1 c'est bon droit que les travailleurs se soulvent contre l'ordre social actuel2 et on a beau leur dire qu'ils ne doivent avoir recours qu'aux moyens lgaux et pacifiques1 c'est l une recommandation hypocrite4 ,quand il y a d'un ct un homme fort1 pauvre et vol1 et de l'autre un homme faible1 riche et voleur1 il est assez singulier qu'on dise au premier1 avec l'espoir de le persuader3 ,attends que ton oppresseur renonce volontairement l'oppression ou qu'elle cesse d'elle-mme4 ,cela ne peut pas tre1 et ceux qui enseignent que le ,capital est strile par nature doivent savoir qu'ils provoquent une lutte terrible et immdiate4 ,si1 au contraire1 l',intrt du ,capital est naturel1 lgitime1 conforme au bien gnral1 aussi favorable l'emprunteur qu'au prteur1 les publicistes qui le nient1 les tribuns qui exploitent cette prtendue plaie sociale1 conduisent les ouvriers une lutte insense1 injuste1 qui ne peut avoir d'autre issue que le malheur de tous4 ,en dfinitive1 on arme le ,travail contre le ,capital4 ,tant mieux si ces deux puissances sont antagoniques6 et que la lutte soit bientt finie6 ,mais si elles sont harmoniques1 la lutte est le plus grand des maux qu'on puisse infliger la socit4 ,vous voyez donc bien1 ouvriers1 qu'il n'y a pas de question plus importante que celle-ci3 la rente du capital est-elle ou non lgitime8 ,dans le premier cas1 vous devez renoncer immdiatement la lutte vers laquelle on vous pousse2 dans le second1 vous devez la mener vivement et jusqu'au bout4 ,productivit du capital2 ,perptuit de la rente4 ,ces questions sont difficiles traiter4 ,je m'efforcerai d'tre clair4 ,pour cela1 j'aurai recours l'exemple plus qu' la dmonstration1 ou plutt je mettrai la dmonstration dans l'exemple4 ,je commence par convenir qu' la premire vue1 il doit vous paratre singulier que le capital prtende une rmunration1 et surtout une rmunration perptuelle4 ,vous devez vous dire3 ,voil deux hommes4 ,l'un travaille soir et matin1 d'un bout d'anne l'autre et1 s'il a consomm tout ce qu'il a gagn1 ft-ce par force majeure1 il reste pauvre4 ,quand vient la ,saint-,sylvestre1 il ne se trouve pas plus avanc qu'au ,premier de l'an et sa seule perspective est de recommencer4 ,l'autre ne fait rien de ses bras ni de son intelligence1 du moins1 s'il s'en sert1 c'est pour son plaisir2 il lui est loisible de n'en rien faire1 car il a une rente4 ,il ne travaille pas2 et cependant il vit bien1 tout lui arrive en abondance1 mets dlicats1 meubles somptueux1 lgants quipages2 c'est--dire qu'il dtruit chaque jour des choses que les travailleurs ont d produire la sueur de leur front1 car ces choses ne se sont pas faites d'elles-mmes1 et1 quant lui1 il n'y a pas mis les mains4 ,c'est nous1 travailleurs1 qui avons fait germer ce bl1 verni ces meubles1 tiss ces tapis2 ce sont nos femmes et nos filles qui ont fil1 dcoup1 cousu1 brod ces toffes4 ,nous travaillons donc pour lui et pour nous2 pour lui d'abord1 et pour nous s'il en reste4 ,mais voici quelque chose de plus fort3 si le premier de ces deux hommes1 le travailleur1 consomme dans l'anne ce qu'on lui a laiss de profit dans l'anne1 il en est toujours au point de dpart1 et sa destine le condamne tourner sans cesse dans un cercle ternel et monotone de fatigues4 ,le travail n'est donc rmunr qu'une fois4 ,mais si le second1 le rentier1 consomme dans l'anne sa rente de l'anne1 il a1 l'anne d'aprs1 et les annes suivantes1 et pendant l'ternit entire1 une rente toujours gale1 intarissable1 perptuelle4 ,le capital est donc rmunr non pas une fois ou deux fois1 mais un nombre indfini de fois6 ,en sorte qu'au bout de cent ans1 la famille qui a plac vingt mille francs #e pour #ajj aura touch cent mille francs1 ce qui ne l'empchera pas d'en toucher encore cent mille dans le sicle suivant4 ,en d'autres termes1 pour vingt mille francs qui reprsentent son travail1 elle aura prlev1 en deux sicles1 une valeur dcuple sur le travail d'autrui4 ,n'y a-t-il pas dans cet ordre social un vice monstrueux rformer8 ,ce n'est pas tout encore4 ,s'il plat cette famille de restreindre quelque peu ses jouissances1 de ne dpenser1 par exemple1 que neuf cents francs au lieu de mille1 sans aucun travail1 sans autre peine que celle de placer cent francs par an1 elle peut accrotre son ,capital et sa ,rente dans une progression si rapide qu'elle sera bientt en mesure de consommer autant que cent familles d'ouvriers laborieux4 ,tout cela ne dnote-t-il pas que la socit actuelle porte dans son sein un cancer hideux1 qu'il faut extirper1 au risque de quelques souffrances passagres8 ,voil1 ce me semble1 les tristes et irritantes rflexions que doit susciter dans votre esprit l'active et trop facile propagande qui se fait contre le capital et la rente4 ,d'un autre ct1 j'en suis bien convaincu1 il y a des moments o votre intelligence conoit des doutes et votre conscience des scrupules4 ,vous devez vous dire quelquefois3 ,mais proclamer que le capital ne doit pas produire d'intrts1 c'est proclamer que le prt doit tre gratuit1 c'est dire que celui qui a cr des ,instruments de travail1 ou des ,matriaux1 ou des ,provisions de toute espce1 doit les cder sans compensation4 ,cela est-il juste8 et puis1 s'il en est ainsi1 qui voudra prter ces instruments1 ces matriaux1 ces provisions8 qui voudra les mettre en rserve8 qui voudra mme les crer8 ,chacun les consommera mesure1 et l'humanit ne fera jamais un pas en avant4 ,le capital ne se formera plus1 puisqu'il n'y aura plus intrt le former4 ,il sera d'une raret excessive4 ,singulier acheminement vers le prt gratuit6 singulier moyen d'amliorer le sort des emprunteurs que de les mettre dans l'impossibilit d'emprunter aucun prix6 ,que deviendra le travail lui-mme8 car il n'y aura plus d'avances dans la socit1 et l'on ne saurait citer un seul genre de travail1 pas mme la chasse1 qui se puisse excuter sans avances4 ,et nous-mmes1 que deviendrons-nous8 ,quoi6 il ne nous sera plus permis d'emprunter1 pour travailler1 dans l'ge de la force1 et de prter1 pour nous reposer1 dans nos vieux jours8 ,la loi nous ravira la perspective d'amasser un peu de bien1 puisqu'elle nous interdira d'en tirer aucun parti8 ,elle dtruira en nous et le stimulant de l'pargne dans le prsent1 et l'esprance du repos dans l'avenir8 ,nous aurons beau nous extnuer de fatigue1 il faut renoncer transmettre nos fils et nos filles un petit pcule1 puisque la science moderne le frappe de strilit1 puisque nous deviendrions des exploiteurs d'hommes si nous le prtions intrt6 ,ah6 ce monde1 qu'on ouvre devant nous comme un idal1 est encore plus triste et plus aride que celui que l'on condamne1 car de celui-ci1 au moins1 l'esprance n'est pas bannie6 ,ainsi1 sous tous les rapports1 tous les points de vue1 la question est grave4 ,htons-nous d'en chercher la solution4 ,le ,code civil a un chapitre intitul3 ,de la manire dont se transmet la proprit4 ,je ne crois pas qu'il donne cet gard une nomenclature bien complte4 ,quand un homme a fait par son travail1 une chose utile1 en d'autres termes1 quand il a cr une valeur1 elle ne peut passer entre les mains d'un autre homme que par un de ces cinq modes3 le don1 l'hrdit1 l'change1 le prt ou le vol4 ,un mot sur chacun d'eux1 except sur le dernier1 quoiqu'il joue dans le monde un plus grand rle qu'on ne croit#af4 ,note #af3 ,voy41 au tome ,,iv1 le chap4 ,i de la seconde srie des ,sophismes et1 au tome ,,vi1 les chap4 ,,xviii1 ,,xix et ,,xxiii4 7,note de l'diteur47 ,le ,don n'a pas besoin d'tre dfini4 ,il est essentiellement volontaire et spontan4 ,il dpend exclusivement du donateur et l'on ne peut pas dire que le donataire y a droit4 ,sans doute la morale et la religion font souvent un devoir aux hommes1 surtout aux riches1 de se dfaire gratuitement de ce qui est leur proprit1 en faveur de leurs frres malheureux4 ,mais c'est l une obligation toute morale4 ,s'il tait proclam en principe1 s'il tait admis en pratique1 s'il tait consacr par la loi que chacun a droit la proprit d'autrui1 le don n'aurait plus de mrite1 la charit et la reconnaissance ne seraient plus des vertus4 ,en outre1 une telle doctrine arrterait tout coup et universellement le travail et la production1 comme un froid rigoureux ptrifie l'eau et suspend la vie2 car qui travaillerait quand il n'y aurait plus aucune connexit entre notre travail et la satisfaction de nos besoins8 ,l'conomie politique ne s'est pas occupe du don4 ,on en a conclu qu'elle le repoussait1 que c'tait une science sans entrailles4 ,c'est l une accusation ridicule4 ,cette science1 tudiant les lois qui rsultent de la mutualit des services1 n'avait pas rechercher les consquences de la gnrosit l'gard de celui qui reoit1 ni ses effets1 peut-tre plus prcieux encore1 l'gard de celui qui donne2 de telles considrations appartiennent videmment la morale4 ,il faut bien permettre aux sciences de se restreindre2 il ne faut pas surtout les accuser de nier ou de fltrir ce qu'elles se bornent juger tranger leur domaine4 ,l',hrdit1 contre laquelle1 dans ces derniers temps1 on s'est beaucoup lev1 est une des formes du ,don et assurment la plus naturelle4 ,ce que l'homme a produit1 il le peut consommer1 changer1 donner2 quoi de plus naturel qu'il le donne ses enfants8 ,c'est cette facult1 plus que toute autre1 qui lui inspire le courage de travailler et d'pargner4 ,savez-vous pourquoi on conteste le principe de l',hrdit8 parce qu'on s'imagine que les biens ainsi transmis sont drobs la masse4 ,c'est l une erreur funeste2 l'conomie politique dmontre de la manire la plus premptoire que toute valeur produite est une cration qui ne fait tort qui que ce soit#ag4 ,voil pourquoi on peut la consommer et1 plus forte raison1 la transmettre1 sans nuire personne2 mais je n'insisterai pas sur ces rflexions qui ne sont pas de mon sujet4 ,note #ag3 ,voy41 pour la thorie de la valeur1 le chap4 ,v du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,l'change1 c'est le domaine principal de l'conomie politique1 parce que c'est1 de beaucoup1 le mode le plus frquent de la transmission des proprits1 selon des conventions libres et volontaires1 dont cette science tudie les lois et les effets4 proprement parler1 l'change c'est la mutualit des services4 ,les parties se disent entre elles3 ,donne-moi ceci1 et je te donnerai cela2 ou bien3 ,fais ceci pour moi1 et je ferai cela pour toi4 ,il est bon de remarquer 7car cela jettera un jour nouveau sur la notion de valeur7 que la seconde formule est toujours implique dans la premire4 ,quand on dit3 ,fais ceci pour moi1 et je ferai cela pour toi1 on propose d'changer service contre service4 ,de mme quand on dit3 ,donne-moi ceci1 et je te donnerai cela1 c'est comme si l'on disait3 ,je te cde ceci que j'ai fait1 cde-moi cela que tu as fait4 ,le travail est pass au lieu d'tre actuel2 mais l'change n'en est pas moins gouvern par l'apprciation compare des deux services1 en sorte qu'il est trs-vrai de dire que le principe de la valeur est dans les services rendus et reus l'occasion des produits changs1 plutt que dans les produits eux-mmes4 ,en ralit1 les services ne s'changent presque jamais directement4 ,il y a un intermdiaire qu'on appelle monnaie4 ,paul a confectionn un habit1 contre lequel il veut recevoir un peu de pain1 un peu de vin1 un peu d'huile1 une visite du mdecin1 une place au parterre1 etc4 ,l'change ne se peut accomplir en nature2 que fait ,paul8 ,il change d'abord son habit contre de l'argent1 ce qui s'appelle vente2 puis il change encore cet argent contre les objets qu'il dsire1 ce qui se nomme achat2 ce n'est qu'alors que la mutualit des services a fini son volution2 ce n'est qu'alors que le travail et la satisfaction se balancent dans le mme individu2 ce n'est qu'alors qu'il peut dire3 ,j'ai fait ceci pour la socit1 elle a fait cela pour moi4 ,en un mot1 ce n'est qu'alors que l'change est rellement accompli4 ,rien n'est donc plus exact que cette observation de ,j4 ,b4 ,say3 ,depuis l'introduction de la monnaie1 chaque change se dcompose en deux facteurs1 la vente et l'achat4 ,c'est la runion de ces deux facteurs qui constitue l'change complet4 ,il faut dire aussi que la constante apparition de l'argent dans chaque change a boulevers et gar toutes les ides2 les hommes ont fini par croire que l'argent tait la vraie richesse1 et que le multiplier c'tait multiplier les services et les produits4 ,de l le rgime prohibitif1 de l le papier-monnaie1 de l le clbre aphorisme3 ,ce que l'un gagne1 l'autre le perd1 et autres erreurs qui ont ruin et ensanglant la terre#ah4 ,note #ah3 ,cette erreur est combattue dans le pamphlet intitul3 ,maudit argent6--,il vient immdiatement aprs celui-ci4 7,note de l'diteur47 ,aprs avoir beaucoup cherch1 on a trouv que pour que deux services changs eussent une valeur quivalente1 pour que l'change ft quitable1 le meilleur moyen c'tait qu'il ft libre4 ,quelque sduisante que soit au premier coup d'oeil l'intervention de l'tat1 on s'aperoit bientt qu'elle est toujours oppressive pour l'une ou l'autre des parties contractantes4 ,quand on scrute ces matires1 on est forc de raisonner toujours sur cette donne que l'quivalence rsulte de la libert4 ,nous n'avons en effet aucun autre moyen de savoir si1 dans un moment dtermin1 deux services se valent1 que d'examiner s'ils s'changent couramment et librement entre eux4 ,faites intervenir l'tat1 qui est la force1 d'un ct ou de l'autre1 l'instant tout moyen d'apprciation se complique et s'embrouille1 au lieu de s'claircir4 ,le rle de l'tat semble tre de prvenir et surtout de rprimer le dol et la fraude1 c'est--dire de garantir la libert et non de la violer4 ,je me suis un peu tendu sur l'change1 quoique j'aie m'occuper principalement du ,prt4 ,mon excuse est que1 selon moi1 il y a dans le prt un vritable change1 un vritable service rendu par le prteur et qui met un service quivalent la charge de l'emprunteur1--deux services dont la valeur compare ne peut tre apprcie1 comme celle de tous les services possibles1 que par la libert4 ,or1 s'il en est ainsi1 la parfaite lgitimit de ce qu'on nomme loyer1 fermage1 intrt1 sera explique et justifie4 ,considrons donc le ,prt4 ,supposons que deux hommes changent deux services ou deux choses dont l'quivalence soit l'abri de toute contestation4 ,supposons par exemple que ,pierre dise ,paul3 ,donne-moi dix pices de dix sous contre une pice de cinq francs4 ,il n'est pas possible d'imaginer une quivalence plus incontestable4 ,quand ce troc est fait1 aucune des parties n'a rien rclamer l'autre4 ,les services changs se valent4 ,il rsulte de l que si l'une des parties veut introduire dans le march une clause additionnelle1 qui lui soit avantageuse et qui soit dfavorable l'autre partie1 il faudra qu'elle consente une seconde clause qui rtablisse l'quilibre et la loi de justice4 ,voir l'injustice dans cette seconde clause de compensation1 voil certainement qui serait absurde4 ,cela pos1 supposons que ,pierre1 aprs avoir dit ,paul3 ,donne-moi dix pices de dix sous1 je te donnerai une pice de cent sous1 ajoute3 ,tu me donneras les dix pices de dix sous actuellement1 et moi je ne te donnerai la pice de cent sous que dans un an2 il est bien vident que cette nouvelle proposition change les charges et les avantages du march1 qu'elle altre la proportion des deux services4 ,ne saute-t-il pas aux yeux1 en effet1 que ,pierre demande ,paul un service nouveau1 supplmentaire et d'une autre espce8 ,n'est-ce pas comme s'il disait3 ,rends-moi le service de me laisser utiliser mon profit pendant un an cinq francs qui t'appartiennent et que tu pourrais utiliser pour toi-mme4 ,et quelle bonne raison peut-on avoir de soutenir que ,paul est tenu de rendre gratuitement ce service spcial2 qu'il ne doit rien demander de plus en vue de cette exigence2 que l'tat doit intervenir pour le forcer de la subir8 ,comment comprendre que le publiciste qui prche au peuple une telle doctrine la concilie avec son principe3 la mutualit des services8 ,j'ai introduit ici le numraire4 ,j'y ai t conduit par le dsir de mettre en prsence deux objets d'change d'une galit de valeur parfaite et incontestable4 ,je voulais prvenir des objections2 mais1 un autre point de vue1 ma dmonstration et t plus frappante encore1 si j'avais fait porter la convention sur les services ou les produits eux-mmes4 ,supposez1 par exemple1 une ,maison et un ,navire de valeurs si parfaitement gales que leurs propritaires soient disposs les changer troc pour troc1 sans soulte ni remise4 ,en effet1 le march se conclut par-devant notaire4 ,au moment de se mettre rciproquement en possession1 l'armateur dit au citadin3 ,fort bien1 la transaction est faite1 et rien ne prouve mieux sa parfaite quit que notre libre et volontaire consentement4 ,nos conditions ainsi fixes1 je viens vous proposer une petite modification pratique4 ,c'est que vous me livrerez bien votre ,maison aujourd'hui1 mais moi1 je ne vous mettrai en possession de mon ,navire que dans un an1 et la raison qui me dtermine vous faire cette demande c'est que1 pendant cette anne de terme1 je puis utiliser le navire4 ,pour ne pas nous embarrasser dans les considrations relatives la dtrioration de l'objet prt je supposerai que l'armateur ajoute3 ,je m'obligerai vous remettre au bout de l'an le navire dans l'tat o il est aujourd'hui4 ,je le demande tout homme de bonne foi1 je le demande ,m4 ,proudhon lui-mme1 le citadin ne sera-t-il pas en droit de rpondre3 ,la nouvelle clause que vous me proposez change entirement la proportion ou l'quivalence des services changs4 ,par elle1 je serai priv1 pendant un an1 tout la fois1 de ma maison et de votre navire4 ,par elle1 vous utiliserez l'un et l'autre4 ,si1 en l'absence de cette clause1 le troc pour troc tait juste1 par cette raison mme1 la clause m'est onreuse4 ,elle stipule un dsavantage pour moi et un avantage pour vous4 ,c'est un service nouveau que vous me demandez2 j'ai donc le droit de vous le refuser1 ou de vous demander1 en compensation1 un service quivalent4 ,si les parties tombent d'accord sur cette compensation1 dont le principe est incontestable1 on pourra distinguer aisment deux transactions dans une1 deux changes de services dans un4 ,il y a d'abord le troc de la maison contre le navire2 il y a ensuite le dlai accord par l'une des parties1 et la compensation corrlative ce dlai concde par l'autre4 ,ces deux nouveaux services prennent les noms gnriques et abstraits de ,,cr,,dit et ,,int,r,t2 mais les noms ne changent pas la nature des choses1 et je dfie qu'on ose soutenir qu'il n'y a pas l1 au fond1 service contre service ou mutualit de services4 ,dire que l'un de ces services ne provoque pas l'autre1 dire que le premier doit tre rendu gratuitement1 moins d'injustice1 c'est dire que l'injustice consiste dans la rciprocit des services1 que la justice consiste ce que l'une des parties donne et ne reoive pas1 ce qui est contradictoire dans les termes4 ,pour donner une ide de l'intrt et de son mcanisme1 qu'il me soit permis de recourir deux ou trois anecdotes4 ,mais1 avant1 je dois dire quelques mots du capital4 ,il y a des personnes qui se figurent que le capital c'est de l'argent1 et c'est prcisment pourquoi on nie sa productivit2 car1 comme dit ,m4 ,thor1 les cus ne sont pas dous de la facult de se reproduire4 ,mais il n'est pas vrai que ,capital soit synonyme d'argent4 ,avant la dcouverte des mtaux prcieux1 il y avait des capitalistes dans le monde1 et j'ose mme dire qu'alors1 comme aujourd'hui1 chacun l'tait quelque degr4 ,qu'est-ce donc que le capital8 ,il se compose de trois choses3 #a ,des ,matriaux sur lesquels les hommes travaillent1 quand ces matriaux ont dj une valeur communique par un effort humain quelconque1 qui ait mis en eux le principe de la rmunration2 laine1 lin1 cuir1 soie1 bois1 etc42 #b ,des ,instruments dont ils se servent pour travailler3 outils1 machines1 navires1 voitures1 etc41 etc42 #c ,des ,provisions qu'ils consomment pendant la dure du travail3 vivres1 toffes1 maisons1 etc4 ,sans ces choses1 le travail de l'homme serait ingrat et peu prs nul1 et cependant ces choses ont elles-mmes exig un long travail1 surtout l'origine4 ,voil pourquoi on attache un grand prix les possder1 et c'est aussi la raison pour laquelle il est parfaitement lgitime de les changer et vendre1 d'en tirer avantage si on les met en oeuvre1 d'en tirer une rmunration si on les prte#ai4 ,note #ai3 ,voy41 sur la notion du capital1 le chap4 ,,vii du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,j'arrive mes anecdotes4 ,le sac de bl4 ,mathurin1 d'ailleurs pauvre comme ,job1 et rduit gagner sa vie au jour le jour1 tait cependant propritaire1 par je ne sais quel hritage1 d'un beau lopin de terre inculte4 ,il souhaitait ardemment le dfricher4 ,hlas1 se disait-il1 creuser des fosss1 lever des cltures1 dfoncer le sol1 le dbarrasser de ronces et de pierres1 l'ameublir1 l'ensemencer1 tout cela pourrait bien me donner manger dans un an ou deux1 mais non certes aujourd'hui et demain4 ,il m'est impossible de me livrer la culture avant d'avoir pralablement accumul quelques ,provisions qui me fassent subsister jusqu' la rcolte1 et j'apprends par exprience que le travail antrieur est indispensable pour rendre vraiment productif le travail actuel4 ,le bon ,mathurin ne se borna pas faire ces rflexions4 ,il prit aussi la rsolution de travailler la journe et de faire des pargnes sur son salaire1 pour acheter une bche et un sac de bl1 choses sans lesquelles il faut renoncer aux plus beaux projets agricoles4 ,il fit si bien1 il fut si actif et si sobre1 qu'enfin il se vit en possession du bienheureux sac de bl4 ,je le porterai au moulin1 dit-il1 et j'aurai l de quoi vivre jusqu' ce que mon champ se couvre d'une riche moisson4 ,comme il allait partir1 ,jrme vint lui emprunter son trsor4 ,si tu veux me prter ce sac de bl1 disait ,jrme1 tu me rendras un grand service1 car j'ai en vue un travail trs-lucratif1 qu'il m'est impossible d'entreprendre faute de ,provisions pour vivre jusqu' ce qu'il soit termin4--,j'tais dans le mme cas1 rpondit ,mathurin1 et si maintenant j'ai du pain assur pour quelques mois1 je l'ai gagn aux dpens de mes bras et de mon estomac4 ,sur quel principe de justice serait-il maintenant consacr la ralisation de ton entreprise et non de la mienne8 ,on peut penser que le march fut long4 ,il se termina cependant1 et voici sur quelles bases3 ,premirement1 ,jrme promit de rendre au bout de l'an un sac de bl de mme qualit1 de mme poids1 sans qu'il y manqut un seul grain4 ,cette premire clause est de toute justice1 disait-il1 sans elle ,mathurin ne prterait pas1 il donnerait4 ,secondement1 il s'obligea livrer cinq litres de bl en sus de l'hectolitre4 ,cette clause n'est pas moins juste que l'autre1 pensait-il2 sans elle1 ,mathurin me rendrait un service sans compensation1 il s'infligerait une privation1 il renoncerait sa chre entreprise1 il me mettrait mme d'accomplir la mienne1 il me ferait jouir1 pendant un an1 du fruit de ses pargnes1 et tout cela gratuitement4 ,puisqu'il ajourne son dfrichement1 puisqu'il me met mme de raliser un travail lucratif1 il est bien naturel que je le fasse participer1 dans une mesure quelconque1 des profits que je ne devrai qu' son sacrifice4 ,de son ct1 ,mathurin1 qui tait quelque peu clerc1 faisait ce raisonnement4 ,puisqu'en vertu de la premire clause1 le sac de bl me rentrera au bout de l'an1 se disait-il1 je pourrai le prter de nouveau2 il me reviendra1 la seconde anne2 je le prterai encore1 et ainsi de suite pendant l'ternit4 ,cependant1 je ne puis nier qu'il aura t mang depuis longtemps4 ,voil qui est bizarre que je sois ternellement propritaire d'un sac de bl1 bien que celui que j'ai prt ait t dtruit jamais4 ,mais ceci s'explique3 il sera dtruit au service de ,jrme4 ,il mettra ,jrme en mesure de produire une valeur suprieure1 et par consquent ,jrme pourra me rendre un sac de bl ou la valeur sans prouver aucun dommage2 au contraire4 ,et quant moi1 cette valeur doit tre ma proprit tant que je ne la dtruirai pas mon usage2 si je m'en tais servi pour dfricher ma terre1 je l'aurais bien retrouve sous forme de belle moisson4 ,au lieu de cela1 je la prte1 je dois la retrouver sous forme de restitution4 ,je tire de la seconde clause un autre enseignement4 ,au bout de l'an1 il me rentrera cinq litres de bl en sus des cent litres que je viens de prter4 ,si donc je continuais travailler la journe1 et pargner sur mon salaire1 comme j'ai fait1 dans quelque temps1 je pourrais prter deux sacs de bl1 puis trois1 puis quatre1 et lorsque j'en aurais plac un assez grand nombre pour pouvoir vivre sur la somme de ces rtributions de cinq litres1 affrentes chacun d'eux1 il me serait permis de prendre1 sur mes vieux jours1 un peu de repos4 ,mais quoi6 en ce cas1 ne vivrais-je pas aux dpens d'autrui8 ,non certes1 puisqu'il vient d'tre reconnu qu'en prtant je rends service1 je perfectionne le travail de mes emprunteurs1 et ne prlve qu'une faible partie de cet excdant de production d mon prt et mes pargnes4 ,c'est une chose merveilleuse que l'homme puisse ainsi raliser un loisir qui ne nuit personne et ne saurait tre jalous sans injustice4 ,la maison4 ,mondor avait une maison4 ,pour la construire1 il n'avait rien extorqu qui que ce soit4 ,il la devait son travail personnel1 ou1 ce qui est identique1 du travail quitablement rtribu4 ,son premier soin fut de passer un march avec un architecte1 en vertu duquel1 moyennant cent cus par an1 celui-ci s'obligea entretenir la maison toujours en bon tat4 ,mondor se flicitait dj des jours heureux qu'il allait couler dans cet asile1 dclar sacr par notre ,constitution4 ,mais ,valre prtendit en faire sa demeure4 ,y pensez-vous8 dit ,mondor1 c'est moi qui l'ai construite1 elle m'a cot dix ans de pnibles travaux1 et c'est vous qui en jouiriez6 ,on convint de s'en rapporter des juges4 ,on ne fut pas chercher de profonds conomistes1 il n'y en avait pas dans le pays4 ,mais on choisit des hommes justes et de bon sens2 cela revient au mme3 conomie1 politique1 justice1 bon sens1 c'est tout un4 ,or voici ce que les juges dcidrent4 ,si ,valre veut occuper pendant un an la maison de ,mondor1 il sera tenu de se soumettre trois conditions4 ,la premire1 de dguerpir au bout de l'an et de rendre la maison en bon tat1 sauf les dgradations invitables qui rsultent de la seule dure4 ,la seconde1 de rembourser ,mondor les #cjj francs que celui-ci paie annuellement l'architecte pour rparer les outrages du temps2 car ces outrages survenant pendant que la maison est au service de ,valre1 il est de toute justice qu'il en supporte les consquences4 ,la troisime1 c'est de rendre ,mondor un service quivalent celui qu'il en reoit4 ,quant cette quivalence de services1 elle devra tre librement dbattue entre ,mondor et ,valre4 ,le rabot4 ,il y a bien longtemps1 bien longtemps vivait1 dans un pauvre village1 un menuisier philosophe1 car mes personnages le sont tous quelque peu4 ,jacques travaillait matin et soir de ses deux bras robustes1 mais son intelligence n'tait pas pour cela oisive4 ,il aimait se rendre compte de ses actions1 de leurs causes et de leurs suites4 ,il se disait quelquefois3 ,avec ma hache1 ma scie et mon marteau1 je ne puis faire que des meubles grossiers1 et on me les paie comme tels4 ,si j'avais un rabot1 je contenterais mieux ma clientle1 et elle me contenterait mieux aussi4 ,c'est trop juste2 je n'en puis attendre que des services proportionns ceux que je lui rends moi-mme4 ,oui1 ma rsolution est prise1 et je me fabriquerai un ,rabot4 ,cependant1 au moment de mettre la main l'oeuvre1 ,jacques fit encore cette rflexion3 ,je travaille pour ma clientle #cjj jours dans l'anne4 ,si j'en mets #aj faire mon rabot1 supposer qu'il me dure un an1 il ne me restera plus que #bij jours1 pour confectionner des meubles4 ,il faut donc1 pour que je ne sois pas dupe en tout ceci1 qu'aid du rabot1 je gagne dsormais autant en #bij jours que je fais maintenant en #cjj jours4 ,il faut mme que je gagne davantage1 car sans cela il ne vaudrait pas la peine que je me lanasse dans les innovations4 ,jacques se mit donc calculer4 ,il s'assura qu'il vendrait ses meubles perfectionns un prix qui le rcompenserait amplement des dix jours consacrs faire le ,rabot4 ,et quand il eut toute certitude cet gard1 il se mit l'ouvrage4 ,je prie le lecteur de remarquer que cette puissance1 qui est dans l'outil1 d'augmenter la productivit du travail1 est la base de la solution qui va suivre4 ,au bout de dix jours1 ,jacques eut en sa possession un admirable ,rabot1 d'autant plus prcieux qu'il l'avait fait lui-mme4 ,il en sauta de joie1 car1 comme la bonne ,perrette1 il supputait tout le profit qu'il allait tirer de l'ingnieux instrument2 mais plus heureux qu'elle1 il ne se vit pas rduit dire3 ,adieu veau1 vache1 cochon1 couve6 ,il en tait difier ses beaux chteaux en ,espagne1 quand il fut interrompu par son confrre ,guillaume1 menuisier au village voisin4 ,guillaume1 ayant admir le ,rabot1 fut frapp des avantages qu'on en pouvait retirer4 ,il dit ,jacques3 --,il faut que tu me rendes un service4 --,lequel8 --,prte-moi ce rabot pour un an4 ,comme on pense bien1 cette proposition1 ,jacques ne manqua pas de se rcrier3 --,y penses-tu1 ,guillaume8 ,et si je te rends ce service1 quel service me rendras-tu de ton ct8 --,aucun4 ,ne sais-tu pas que le prt doit tre gratuit8 ne sais-tu pas que le capital est naturellement improductif8 ne sais-tu pas que l'on a proclam la ,fraternit8 ,si tu ne me rendais un service que pour en recevoir un de moi1 quel serait ton mrite8 --,guillaume mon ami1 la ,fraternit ne veut pas dire que tous les sacrifices seront d'un ct1 sans cela1 je ne vois pas pourquoi ils ne seraient pas du tien4 ,je ne sais si le prt doit tre gratuit2 mais je sais que si je te prtais gratuitement mon rabot pour un an1 ce serait te le donner4 te dire vrai1 je ne l'ai pas fait pour cela4 --,et bien6 passons un peu par-dessus les modernes axiomes fraternitaires dcouverts par messieurs les socialistes4 ,je rclame de toi un service2 quel service me demandes-tu en change8 --,d'abord1 dans un an1 il faudra mettre le rabot au rebut il ne sera plus bon rien4 ,il est donc juste que tu m'en rendes un autre exactement semblable1 ou que tu me donnes assez d'argent pour le faire rparer1 ou que tu me remplaces les dix journes que je devrai consacrer le refaire4 ,de manire ou d'autre1 il faut que le ,rabot me revienne en bon tat comme je te le livre4 --,c'est trop juste1 je me soumets cette condition4 ,je m'engage te rendre ou un rabot semblable ou la valeur4 ,je pense que te voil satisfait et que tu n'as plus rien me demander4 --,je pense le contraire4 ,j'ai fait ce rabot pour moi et non pour toi4 ,j'en attendais un avantage1 un travail plus achev et mieux rtribu1 une amlioration dans mon sort4 ,je ne puis te cder tout cela gratuitement4 ,quelle raison y a-t-il pour que ce soit moi qui aie fait le ,rabot et que ce soit toi qui en tires le profit8 ,autant vaudrait que je te demandasse ta scie et ta hache4 ,quelle confusion6 et n'est-il pas plus naturel que chacun garde ce qu'il a fait de ses propres mains1 comme il garde ses mains elles-mmes8 ,se servir1 sans rtribution1 des mains d'autrui1 cela s'appelle esclavage2 se servir1 sans rtribution1 du rabot d'autrui1 cela peut-il s'appeler fraternit8 --,mais puisqu'il est convenu que je te le rendrai au bout de l'an1 aussi poli et aussi affil qu'il l'est maintenant4 --,il ne s'agit plus de l'anne prochaine2 il s'agit de cette anne-ci4 ,j'ai fait ce ,rabot pour amliorer mon travail et mon sort2 si tu te bornes me le rendre dans un an1 c'est toi qui en auras le profit pendant toute une anne2 je ne suis pas tenu de te rendre un tel service sans en recevoir aucun de toi3 si donc tu veux mon ,rabot1 indpendamment de la restitution intgrale dj stipule1 il faut que tu me rendes un service que nous allons dbattre2 il faut que tu m'accordes une rtribution4 ,et cela fut fait ainsi2 ,guillaume accorda une rtribution calcule de telle sorte1 que ,jacques eut la fin de l'anne un rabot tout neuf et1 de plus1 une compensation1 consistant en une planche1 pour les avantages dont il s'tait priv et qu'il avait cds son confrre4 ,et il fut impossible quiconque eut connaissance de cette transaction d'y dcouvrir la moindre trace d'oppression et d'injustice4 ,ce qu'il y a de singulier1 c'est que1 au bout de l'an1 le ,rabot rentra en la possession de ,jacques qui le prta derechef1 le recouvra et le prta une troisime et une quatrime fois4 ,il a pass dans les mains de son fils1 qui le loue encore4 ,pauvre ,rabot6 combien de fois n'a-t-il pas vu changer tantt sa lame1 tantt son manche6 ,ce n'est plus le mme ,rabot1 mais c'est toujours la mme ,valeur1 du moins pour la postrit de ,jacques4 ,ouvriers1 dissertons maintenant sur ces historiettes4 ,j'affirme d'abord que le ,sac de bl et le ,rabot sont ici le type1 le modle1 la reprsentation fidle1 le symbole de tout ,capital1 comme les cinq litres de bl et la planche sont le type1 le modle1 la reprsentation1 le symbole de tout ,intrt4 ,cela pos1 voici1 ce me semble1 une srie de consquences dont il est impossible de contester la justesse3 #a ,si l'abandon d'une planche par l'emprunteur au prteur est une rtribution naturelle1 quitable1 lgitime1 juste prix d'un service rel1 nous pouvons en conclure1 en gnralisant1 qu'il est dans la nature du ,capital de produire un ,intrt4 ,quand ce capital1 comme dans les exemples prcdents1 revt la forme d'un ,instrument de travail1 il est bien clair qu'il doit procurer un avantage son possesseur1 celui qui l'a fait1 qui y a consacr son temps1 son intelligence et ses forces2 sans cela1 pourquoi l'et-il fait8 on ne satisfait immdiatement aucun besoin avec des instruments de travail2 on ne mange pas des rabots1 on ne boit pas des scies1 si ce n'est chez ,fagotin4 ,pour qu'un homme se soit dcid dtourner son temps vers de telles productions1 il faut bien qu'il y ait t dtermin par la considration de la puissance que ces instruments ajoutent sa puissance1 du temps qu'ils lui pargnent1 de la perfection et de la rapidit qu'ils donnent son travail1 en un mot1 des avantages qu'ils procurent4 ,or1 ces avantages qu'on s'tait prpars par le labeur1 par le sacrifice d'un temps qu'on et pu utiliser d'une manire plus immdiate1 alors qu'on est enfin mme de les recueillir1 est-on tenu de les confrer gratuitement autrui8 ,serait-ce un progrs1 dans l'ordre social1 que la ,loi en dcidt ainsi1 et que les citoyens payassent des fonctionnaires pour faire excuter par la force une telle ,loi8 ,j'ose dire qu'il n'y en a pas un seul parmi vous qui le soutienne4 ,ce serait lgaliser1 organiser1 systmatiser l'injustice elle-mme1 car ce serait proclamer qu'il y a des hommes ns pour rendre et d'autres ns pour recevoir des services gratuits4 ,posons donc en fait que l'intrt est juste1 naturel et lgitime4 #b ,une seconde consquence1 non moins remarquable que la premire1 et1 s'il se peut1 plus satisfaisante encore1 sur laquelle j'appelle votre attention1 c'est celle-ci3 ,l'intrt ne nuit pas l'emprunteur2 je veux dire3 ,l'obligation o se trouve l'emprunteur de payer une rtribution pour avoir la jouissance d'un capital ne peut empirer sa condition#bj4 ,note #bj3 ,voy4 la #h;e lettre du pamphlet ,gratuit du crdit1 au prsent volume4 7,note de l'diteur47 ,remarquez1 en effet1 que ,jacques et ,guillaume sont parfaitement libres relativement la transaction laquelle le ,rabot peut donner lieu4 ,cette transaction ne peut s'accomplir qu'autant qu'elle convienne l'un comme l'autre4 ,le pis qui puisse arriver1 c'est que ,jacques soit trop exigeant1 et1 en ce cas1 ,guillaume1 refusant le prt1 restera comme il tait avant4 ,par cela mme qu'il souscrit l'emprunt1 il constate qu'il le considre comme avantageux2 il constate que1 tout calcul fait1 et en tenant compte de la rtribution1 quelle qu'elle soit1 mise sa charge1 il trouve encore plus profitable d'emprunter que de n'emprunter pas4 ,il ne se dtermine que parce qu'il a compar les inconvnients aux avantages4 ,il a calcul que le jour o il restituera le ,rabot1 accompagn de la rtribution convenue1 il aura encore fait plus d'ouvrage travail gal1 grce cet outil4 ,il lui restera un profit2 sans quoi1 il n'emprunterait pas4 ,les deux services dont il est ici question s'changent selon la ,loi qui gouverne tous les changes3 la loi de l'offre et de la demande4 ,les prtentions de ,jacques ont une limite naturelle et infranchissable4 ,c'est le point o la rtribution par lui demande absorberait tout l'avantage que ,guillaume peut trouver se servir d'un ,rabot4 ,en ce cas1 l'emprunt ne se raliserait pas4 ,guillaume serait tenu ou de se fabriquer lui-mme un ,rabot ou de s'en passer1 ce qui le laisserait dans sa situation primitive4 ,il emprunte1 donc il gagne emprunter4 ,je sais bien ce qu'on me dira4 ,on me dira3 ,guillaume peut se tromper1 ou bien il peut tre matris par la ncessit et subir une dure loi4 ,j'en conviens2 mais je rponds3 ,quant aux erreurs de calcul1 elles tiennent l'infirmit de notre nature1 et en arguer contre la transaction dont s'agit1 c'est opposer une fin de non-recevoir toutes les transactions imaginables1 toutes les actions humaines4 ,l'erreur est un fait accidentel que l'exprience redresse sans cesse4 ,en dfinitive1 c'est chacun d'y veiller4--,en ce qui concerne les dures ncessits qui rduisent des emprunts onreux1 il est clair que ces ncessits existent antrieurement l'emprunt4 ,si ,guillaume est dans une situation telle qu'il ne peut absolument pas se passer d'un ,rabot1 et qu'il soit forc d'en emprunter un tout prix1 cette situation provient-elle de ce que ,jacques s'est donn la peine de fabriquer cet outil8 n'existe-t-elle pas indpendamment de cette circonstance8 quelque dur1 quelque pre que soit ,jacques1 jamais il ne parviendra empirer la position suppose de ,guillaume4 ,certes1 moralement1 le prteur pourra tre blmable2 mais au point de vue conomique1 jamais le prt lui-mme ne saurait tre considr comme responsable de ncessits antrieures1 qu'il n'a pas cres et qu'il adoucit toujours dans une mesure quelconque4 ,mais ceci prouve une chose sur laquelle je reviendrai1 c'est que l'intrt vident de ,guillaume1 personnifiant ici les emprunteurs1 est qu'il y ait beaucoup de ,jacques et de ,rabots1 autrement dit1 de prteurs et de capitaux4 ,il est bien clair que si ,guillaume peut dire ,jacques3 ,vos prtentions sont exorbitantes1 je vais m'adresser d'autres1 il ne manque pas de ,rabots dans le monde2--il sera dans une situation meilleure que si le ,rabot de ,jacques est le seul qui se puisse prter4 ,assurment1 il n'y a pas d'aphorisme plus vrai que celui-ci3 service pour service4 ,mais n'oublions jamais qu'aucun service n'a1 comparativement aux autres1 une valeur fixe et absolue4 ,les parties contractantes sont libres4 ,chacune d'elles porte ses exigences au point le plus lev possible1 et la circonstance la plus favorable ces exigences1 c'est l'absence de rivalit4 ,il suit de l que s'il y a une classe d'hommes plus intresse que toute autre la formation1 la multiplication1 l'abondance des capitaux1 c'est surtout la classe emprunteuse4 ,or1 puisque les capitaux ne se forment et s'accumulent que sous le stimulant et par la perspective d'une juste rmunration1 qu'elle comprenne donc le dommage qu'elle s'inflige elle-mme1 quand elle nie la lgitimit de l'intrt1 quand elle proclame la gratuit du crdit1 quand elle dclame contre la prtendue tyrannie du capital1 quand elle dcourage l'pargne1 et pousse ainsi la raret des capitaux et1 par suite1 l'lvation de la rente4 #c ,l'anecdote que je vous ai raconte vous met aussi sur la voie d'expliquer ce phnomne1 en apparence bizarre1 qu'on appelle la prennit ou la perptuit de l'intrt4 ,puisque1 en prtant son rabot1 ,jacques a pu trs-lgitimement stipuler cette condition qu'il lui serait rendu au bout de l'an dans l'tat mme o il l'a cd2 n'est-il pas bien clair qu'il peut1 partir de cette chance1 soit l'employer son usage1 soit le prter de nouveau1 sous la mme condition8 ,s'il prend ce dernier parti1 le rabot lui reviendra au bout de chaque anne et cela indfiniment4 ,jacques sera donc en mesure de le prter aussi indfiniment1 c'est--dire d'en tirer une rente perptuelle4 ,on dira que le rabot s'use4 ,cela est vrai1 mais il s'use par la main et au profit de l'emprunteur4 ,celui-ci a fait entrer cette dperdition graduelle en ligne de compte et en a assum sur lui1 comme il le devait1 les consquences4 ,il a calcul qu'il tirerait de cet outil un avantage suffisant pour consentir le rendre dans son tat intgral1 aprs avoir ralis encore un bnfice4 ,aussi longtemps que ,jacques n'usera pas ce capital par lui-mme et pour son propre avantage1 aussi longtemps qu'il renoncera ces avantages1 qui permettent de le rtablir dans son intgrit1 il aura un droit incontestable la restitution1 et cela1 indpendamment de l'intrt4 ,remarquez1 en outre1 que si1 comme je crois l'avoir dmontr1 ,jacques1 bien loin de faire tort ,guillaume1 lui a rendu service en lui prtant son rabot pour un an1 par la mme raison1 il ne fera pas tort1 mais1 au contraire1 il rendra service un second1 un troisime1 un quatrime emprunteur dans les priodes subsquentes4 ,par o vous pouvez comprendre que l'intrt d'un capital est aussi naturel1 aussi lgitime1 aussi utile la millime anne que la premire4 ,allons plus loin encore4 ,il se peut que ,jacques ne prte pas qu'un seul rabot4 ,il est possible qu' force de travail1 d'pargnes1 de privations1 d'ordre1 d'activit1 il parvienne prter une multitude de rabots et de scies1 c'est--dire rendre une multitude de services4 ,j'insiste sur ce point que si le premier prt a t un bien social1 il en sera de mme de tous les autres1 car ils sont tous homognes et fonds sur le mme principe4 ,il pourra donc arriver que la somme de toutes les rtributions reues par notre honnte artisan1 en change des services par lui rendus1 suffise pour le faire subsister4 ,en ce cas1 il y aura un homme1 dans le monde1 qui aura le droit de vivre sans travailler4 ,je ne dis pas qu'il fera bien de se livrer au repos2 je dis qu'il en aura le droit1 et s'il en use1 ce ne sera aux dpens de qui que ce soit1 bien au contraire4 ,que si la socit comprend un peu la nature des choses1 elle reconnatra que cet homme subsiste sur des services qu'il reoit sans doute 7ainsi faisons-nous tous71 mais qu'il reoit trs-lgitimement en change d'autres services qu'il a lui-mme rendus1 qu'il continue rendre et qui sont trs-rels1 puisqu'ils sont librement et volontairement accepts4 ,et ici on peut entrevoir une des plus belles harmonies du monde social4 ,je veux parler du ,loisir1 non de ce loisir que s'arrangent les castes guerrires et dominatrices par la spoliation des travailleurs1 mais du loisir1 fruit lgitime et innocent de l'activit passe et de l'pargne4 ,en m'exprimant ainsi1 je sais que je choque bien des ides reues4 ,mais voyez6 le loisir n'est-il pas un ressort essentiel dans la mcanique sociale8 sans lui1 il n'y aurait jamais eu dans le monde ni de ,newton1 ni de ,pascal1 ni de ,fnelon2 l'humanit ne connatrait ni les arts1 ni les sciences1 ni ces merveilleuses inventions prpares1 l'origine1 par des investigations de pure curiosit2 la pense serait inerte1 l'homme ne serait pas perfectible4 ,d'un autre ct1 si le loisir ne se pouvait expliquer que par la spoliation et l'oppression1 s'il tait un bien dont on ne peut jouir qu'injustement et aux dpens d'autrui1 il n'y aurait pas de milieu entre ces deux maux3 ou l'humanit serait rduite croupir dans la vie vgtative et stationnaire1 dans l'ignorance ternelle1 par l'absence d'un des rouages de son mcanisme2 ou bien1 elle devrait conqurir ce rouage au prix d'une invitable injustice et offrir de toute ncessit le triste spectacle1 sous une forme ou une autre1 de l'antique classification des tres humains en ,matres et en ,esclaves4 ,je dfie qu'on me signale1 dans cette hypothse1 une autre alternative4 ,nous serions rduits contempler le plan providentiel qui gouverne la socit avec le regret de penser qu'il prsente une dplorable lacune4 ,le mobile du progrs y serait oubli1 ou1 ce qui est pis1 ce mobile ne serait autre que l'injustice elle-mme4--,mais non1 ,dieu n'a pas laiss une telle lacune dans son oeuvre de prdilection4 ,gardons-nous de mconnatre sa sagesse et sa puissance2 que ceux dont les mditations incompltes ne peuvent expliquer la lgitimit du loisir1 imitent du moins cet astronome qui disait3 tel point du ciel1 il doit exister une plante qu'on finira par dcouvrir1 car sans elle le monde cleste n'est pas harmonie1 mais discordance4 ,eh bien6 je dis que1 bien comprise1 l'histoire de mon humble ,rabot1 quoique bien modeste1 suffit pour nous lever jusqu' la contemplation d'une des harmonies sociales les plus consolantes et les plus mconnues4 ,il n'est pas vrai qu'il faille opter entre la ngation ou l'illgitimit du loisir2 grce la rente et sa naturelle prennit1 le loisir peut surgir du travail et de l'pargne4 ,c'est une douce perspective que chacun peut avoir en vue2 c'est une noble rcompense laquelle chacun peut aspirer4 ,il fait son apparition dans le monde1 il s'y tend1 il s'y distribue proportionnellement l'exercice de certaines vertus2 il ouvre toutes les voies de l'intelligence1 il ennoblit1 il moralise1 il spiritualise l'me de l'humanit1 non-seulement sans peser d'un poids quelconque sur ceux de nos frres que les conditions de la vie vouent encore de rudes labeurs1 mais de plus en les soulageant progressivement de ce que ce labeur a de plus lourd et de plus rpugnant4 ,il suffit que les capitaux se forment1 s'accumulent1 se multiplient1 se prtent des conditions de moins en moins onreuses1 qu'ils descendent1 qu'ils pntrent dans toutes les couches sociales et que1 par une progression admirable1 aprs avoir affranchi les prteurs1 ils htent l'affranchissement des emprunteurs eux-mmes4 ,pour cela1 il faut que les lois et les moeurs soient toutes favorables l'pargne1 source du capital4 ,c'est assez dire que la premire de toutes les conditions c'est de ne pas effrayer1 attaquer1 combattre1 nier ce qui est le stimulant de l'pargne et sa raison d'tre3 la rente4 ,tant que nous ne voyons passer de main en main1 titre de prt1 que des provisions1 des matriaux et des instruments1 choses indispensables la productivit du travail lui-mme1 les ides exposes jusqu'ici ne trouveront pas beaucoup de contradicteurs4 ,qui sait mme si l'on ne me reprochera pas d'avoir fait un grand effort pour enfoncer1 comme on dit1 une porte ouverte4 ,mais sitt que c'est le numraire qui se montre1 comme matire de la transaction 7et c'est lui qui se montre presque toujours71 aussitt les objections renaissent en foule4 ,l'argent1 dira-t-on1 ne se reproduit pas de lui-mme ainsi que votre sac de bl2 il n'aide pas le travail comme votre rabot2 il ne donne pas directement une satisfaction comme votre maison4 ,il est donc impuissant1 par sa nature1 produire un intrt1 se multiplier1 et la rmunration qu'il exige est une vritable extorsion4 ,qui ne voit o est le sophisme8 ,qui ne voit que le numraire n'est qu'une forme transitoire que les hommes donnent un moment d'autres valeurs1 des utilits relles1 dans le seul but de faciliter leurs arrangements8 ,au milieu des complications sociales1 l'homme qui est en mesure de prter n'a presque jamais la chose mme1 dont l'emprunteur a besoin4 ,jacques a bien un rabot2 mais peut-tre que ,guillaume dsire une scie4 ,ils ne pourraient pas s'entendre2 la transaction favorable tous les deux ne pourrait avoir lieu1 et alors qu'arrive-t-il8 ,il arrive que ,jacques change d'abord son rabot contre de l'argent2 il prt l'argent ,guillaume1 et ,guillaume change l'argent contre une scie4 ,la transaction s'est complique1 elle s'est dcompose en deux facteurs1 ainsi que je l'ai expos plus haut en parlant de l'change4 ,mais elle n'a pas pour cela chang de nature4 ,elle ne contient pas moins tous les lments du prt direct4 ,jacques ne s'en est pas moins dfait d'un outil qui lui tait utile2 ,guillaume n'en a pas moins reu un instrument qui perfectionne son travail et augmente ses profits2 il n'y a pas moins service rendu de la part du prteur1 lui donnant droit recevoir un service quivalent de la part de l'emprunteur2 cette juste quivalence ne s'tablit pas moins par le dbat libre et contradictoire2 l'obligation bien naturelle de restituer l'chance la valeur intgrale n'en constitue pas moins le principe de la prennit de l'intrt4 ,est-ce qu'au bout d'un an1 dit ,m4 ,thor1 vous trouverez un cu de plus dans un sac de cent francs8 ,non certes1 si 'emprunteur jette le sac de cent francs dans un coin4 cette condition1 le rabot non plus1 ni le sac de bl1 ne se reproduisent d'eux-mmes4 ,mais ce n'est pas pour laisser l'argent dans le sac ou le rabot au crochet qu'on les emprunte4 ,on emprunte le rabot pour s'en servir1 ou l'argent pour se procurer un rabot4 ,et s'il est bien dmontr que cet outil met l'emprunteur mme de faire des profits qu'il n'et pas faits sans lui1 s'il est dmontr que le prteur a renonc crer pour lui-mme cet excdant de profits1 on comprend que la stipulation d'une part de cet excdant de profits en faveur du prteur est quitable et lgitime4 ,l'ignorance du vrai rle que joue le numraire dans les transactions humaines est la source des plus funestes erreurs4 ,je me propose de lui consacrer un pamphlet tout entier#ba4 ,note #ba3 ,celui qui suit1 sous le titre de ,maudit argent6 7,note de l'diteur47 ,d'aprs ce qu'on peut induire des crits de ,m4 ,proudhon1 ce qui l'a amen penser que la gratuit du crdit tait une consquence logique et dfinitive du progrs social1 c'est l'observation de ce phnomne qui nous montre l'intrt dcroissant peu prs en raison directe de la civilisation4 des poques de barbarie1 on le voit en effet #ajj pour #ajj1 et au del4 ,plus tard1 il descend #hj1 #fj1 #ej1 #dj1 #bj1 #aj1 #h1 #e1 #d1 #c pour #ajj4 ,ou l'a mme vu en ,hollande #b pour #ajj4 ,on en tire cette conclusion3 ,puisque l'intrt se rapproche de zro mesure que la socit se perfectionne1 il atteindra zro quand la socit sera parfaite4 ,en d'autres termes1 ce qui caractrise la perfection sociale c'est la gratuit du crdit4 ,abolissons donc l'intrt1 et nous aurons atteint le dernier terme du progrs#bb4 ,ceci n'est que spcieux1 et puisque cette fausse argumentation peut contribuer populariser le dogme injuste1 dangereux1 subversif de la gratuit du crdit1 en le reprsentant comme concidant avec la perfection sociale1 le lecteur me permettra d'examiner en peu de mots ce nouveau point de vue de la question4 ,note #bb3 ,voy4 la #aj;e lettre du pamphlet ,gratuit du crdit4 7,note de l'diteur47 ,qu'est-ce que l'intrt8 c'est le service rendu1 aprs libre dbat1 par l'emprunteur au prteur1 en rmunration du service qu'il en a reu par le prt4 ,d'aprs quelle loi s'tablit le taux de ces services rmunratoires du prt8 ,d'aprs la loi gnrale qui rgle l'quivalence de tous les services1 c'est--dire d'aprs la loi de l'offre et de la demande4 ,plus une chose est facile se procurer1 moins on rend service en la cdant ou prtant4 ,l'homme qui me donne un verre d'eau1 dans les ,pyrnes1 ne me rend pas un aussi grand service que celui qui me cderait un verre d'eau1 dans le dsert de ,sahara4 ,s'il y a beaucoup de rabots1 de sacs de bl1 de maisons dans un pays1 on en obtient l'usage 7coeteris paribus7 des conditions plus favorables que s'il y en a peu1 par la simple raison que le prteur rend en ce cas un moindre service relatif4 ,il n'est donc pas surprenant que plus les capitaux abondent1 plus l'intrt baisse4 ,est-ce dire qu'il arrivera jamais zro8 ,non1 parce que1 je le rpte1 le principe d'une rmunration est invinciblement dans le prt4 ,dire que l'intrt s'anantira1 c'est dire qu'il n'y aura plus aucun motif d'pargner1 de se priver1 de former de nouveaux capitaux1 ni mme de conserver les anciens4 ,en ce cas1 la dissipation ferait immdiatement le vide1 et l'intrt reparatrait aussitt#bc4 ,note #bc3 ,pour la distinction entre les divers lments de l'intrt1 voy41 au pamphlet ,gratuit du crdit1 les dernires pages de la #ab;e lettre4 7,note de l'diteur47 ,en cela1 le genre de services dont nous nous occupons ne diffre d'aucun autre4 ,grce au progrs industriel1 une paire de bas qui valait #f fr41 n'a plus valu successivement que #d fr41 #c fr41 #b fr4 ,nul ne peut dire jusqu' quel point cette valeur descendra1 mais ce qu'on peut affirmer c'est qu'elle ne descendra jamais zro1 moins que les bas ne finissent par se produire spontanment4 ,pourquoi8 ,parce que le principe de la rmunration est dans le travail2 parce que celui qui travaille pour autrui rend un service et doit recevoir un service3 si l'on ne payait plus les bas1 on cesserait d'en faire et1 avec la raret1 le prix ne manquerait pas de reparatre4 ,le sophisme que je combats ici a sa racine dans la divisibilit l'infini1 qui s'applique la valeur comme la matire4 ,il parat d'abord paradoxal1 mais il est bien su de tous les mathmaticiens qu'on peut de minute en minute1 pendant l'ternit entire1 ter des fractions un poids1 sans jamais parvenir anantir le poids lui-mme4 ,il suffit que chaque fraction successive soit moindre que la prcdente1 dans une proportion dtermine et rgulire4 ,il est des pays o l'on s'attache accrotre la taille des chevaux ou diminuer1 dans la race ovine1 le volume de la tte4 ,il est impossible de prciser jusqu'o on arrivera dans cette voie4 ,nul ne peut dire qu'il a vu le plus grand cheval ou la plus petite tte de mouton qui paratra jamais dans le monde4 ,mais l'on peut dire que la taille des chevaux n'atteindra jamais l',infini1 non plus que les ttes de moutons le ,nant4 ,de mme1 nul ne peut dire jusqu'o descendra le prix des bas ou l'intrt des capitaux1 mais on peut affirmer1 quand on connat la nature des choses1 que ni l'un ni l'autre n'arriveront jamais zro1 car le travail et le capital ne peuvent pas plus vivre sans rcompense que le mouton sans tte4 ,l'argumentation de ,m4 ,proudhon se rduit donc ceci3 ,puisque les plus habiles agriculteurs sont ceux qui ont le plus rduit la tte des moutons1 nous serons arrivs la perfection agricole quand les moutons seront acphales4 ,donc1 pour raliser nous-mmes cette perfection1 coupons-leur le cou4 ,me voici au terme de cette ennuyeuse dissertation4 ,pourquoi faut-il que le vent des mauvaises doctrines ait rendu ncessaire de pntrer ainsi jusque dans la nature intime de la rente8 ,je ne terminerai pas sans faire remarquer une belle moralit que l'on peut tirer de cette loi3 ,la baisse de l'intrt est proportionnelle l'abondance des capitaux4 ,cette loi tant donne1 s'il y a une classe d'hommes plus particulirement intresse que toute autre ce que les capitaux se forment1 s'accumulent1 se multiplient1 abondent et surabondent1 c'est certainement la classe qui les emprunte1 directement ou indirectement2 ce sont les hommes qui mettent en oeuvre des matriaux1 qui se font aider par des instruments1 qui vivent sur des provisions1 produits et conomiss par d'autres hommes4 ,imaginez1 dans une vaste et fertile contre1 une peuplade de mille habitants1 dnus de tout ,capital ainsi dfini4 ,elle prira infailliblement dans les tortures de la faim4--,passons une hypothse peine moins cruelle4 ,supposons que dix de ces sauvages soient pourvus d',instruments et de ,provisions en quantit suffisante pour travailler et vivre eux-mmes jusqu' la rcolte1 ainsi que pour rmunrer les services de quatre-vingt-dix travailleurs4 ,le rsultat forc sera la mort de neuf cents tres humains4 ,il est clair encore que puisque #iij hommes1 pousss par le besoin1 se presseront sur des subsistances qui n'en peuvent maintenir que cent1 les dix capitalistes seront matres du march4 ,ils obtiendront le travail aux conditions les plus dures1 car ils le mettront aux enchres4 ,et remarquez ceci3 ,si ces capitalistes portent au coeur des sentiments dvous1 qui les induisent s'imposer des privations personnelles afin de diminuer les souffrances de quelques-uns de leurs frres1 cette gnrosit1 qui se rattache la morale1 sera aussi noble dans son principe qu'utile dans ses effets4 ,mais si1 dupes de cette fausse philanthropie qu'on veut si inconsidrment mler aux lois conomiques1 ils ont la prtention de rmunrer largement le travail1 loin de faire du bien1 ils feront du mal4 ,ils donneront double salaire1 soit4 ,mais alors quarante-cinq hommes seront mieux pourvus1 tandis que quarante-cinq autres viendront augmenter le nombre de ceux que la tombe va dvorer4 ,l'hypothse tant donne1 ce n'est pas l'abaissement du salaire qui est le vrai flau1 mais la raret du capital4 ,l'abaissement du salaire n'est pas la cause1 mais l'effet du mal4 ,j'ajoute qu'il en est1 dans une certaine mesure1 le remde4 ,il agit dans ce sens qu'il distribue le fardeau de la souffrance autant qu'il peut l'tre et sauve autant de vies qu'une quantit dtermine de subsistances permet d'en sauver4 ,supposez maintenant qu'au lieu de dix capitalistes1 il y en ait cent1 deux cents1 cinq cents1 n'est-il pas vident que la condition de toute la peuplade1 et surtout celle des proltaires1 sera de plus en plus amliore8 ,n'est-il pas vident que1 toute considration de gnrosit part1 ils obtiendront plus de travail et un meilleur prix de leur travail8 qu'eux-mmes seront plus en mesure de former des capitaux1 sans qu'on puisse assigner de limite cette facilit toujours croissante de raliser l'galit et le bien-tre8 ,combien ne seraient-ils donc pas insenss1 s'ils admettaient des doctrines et se livraient des actes de nature tarir la source des salaires1 paralyser le mobile et le stimulant de l'pargne6 ,qu'ils apprennent donc cette leon3 sans doute les capitaux sont bons pour ceux qui les ont1 qui le nie8 mais ils sont utiles aussi ceux qui n'ont pu encore en former1 et il importe ceux qui n'en ont pas que d'autres en aient4 ,oui1 si les proltaires connaissaient leurs vrais intrts1 ils rechercheraient avec le plus grand soin quelles sont les circonstances favorables ou dfavorables l'pargne1 afin de favoriser les premires et de dcourager les secondes4 ,ils accueilleraient avec sympathie toute mesure qui tend la prompte formation des capitaux4 ,ils s'enthousiasmeraient pour la paix1 la libert1 l'ordre1 la scurit1 l'union des classes et des peuples1 l'conomie1 la modration des dpenses publiques1 et la simplicit du mcanisme gouvernemental2 car c'est sous l'empire de toutes ces circonstances que l'pargne fait son oeuvre1 met l'abondance la porte des masses1 appelle former des capitaux ceux mme qui1 autrefois1 taient rduits les empruntera de dures conditions4 ,ils repousseraient avec nergie l'esprit guerrier qui dtourne de sa vritable fin une si grande part du travail humain1 l'esprit de monopole qui drange l'quitable distribution des richesses telle que la libert seule peut la raliser1 la multiplicit des services publics qui n'entreprennent sur notre bourse que pour gner notre libert1 et enfin ces doctrines subversives1 haineuses1 irrflchies1 qui effrayent le capital1 l'empchent de se former1 le forcent fuir1 et en dfinitive le renchrissent1 au dtriment surtout des travailleurs qui le mettent en oeuvre4 ,eh quoi6 cet gard1 la ,rvolution de ,fvrier n'est-elle pas une dure leon8 n'est-il pas vident que l'inscurit qu'elle a jete dans le monde des affaires d'une part1 et1 de l'autre1 l'avnement des thories funestes auxquelles je fais allusion et qui1 des clubs1 ont failli pntrer dans les rgions lgislatives1 ont lev partout le taux de l'intrt8 ,n'est-il pas vident que ds lors il a t plus difficile aux proltaires de se procurer ces matriaux1 instruments et provisions sans lesquels le travail est impossible8 n'est-ce pas l ce qui amne le chmage1 et le chmage n'amne-t-il pas son tour la baisse des salaires8 ,ainsi le travail manque aux proltaires prcisment par la mme cause qui grve d'un surcrot de prix1 en raison de la hausse de l'intrt1 les objets qu'ils consomment4 ,hausse d'intrts1 baisse des salaires1 cela veut dire1 en d'autres termes1 que le mme objet conserve son prix1 mais que la part du capitaliste a envahi1 sans profit pour lui1 celle de l'ouvrier4 ,un de mes amis1 charg de faire une enqute sur l'industrie parisienne1 m'a assur que les fabricants lui ont rvl un fait bien saisissant et qui prouve mieux que tous les raisonnements combien l'inscurit et l'incertitude nuisent la formation des capitaux4 ,on avait remarqu que1 pendant la priode la plus fcheuse1 les dpenses populaires de pure fantaisie n'avaient pas diminu4 ,les petits thtres1 les barrires1 les cabarets1 les dbits de tabac taient aussi frquents qu'aux jours de prosprit4 ,dans l'enqute1 les travailleurs eux-mmes ont ainsi expliqu ce phnomne4 quoi bon pargner8 qui sait le sort qui nous attend8 qui sait si l'intrt ne va pas tre aboli8 qui sait si l'tat1 devenu prteur universel titre gratuit1 ne voudra pas faire avorter tous les fruits1 que nous pourrions attendre de nos conomies8 ,eh bien6 je dis que si de telles ides pouvaient prvaloir pendant deux annes seulement1 c'en serait assez pour faire de notre belle ,france une ,turquie4 ,la misre y deviendrait gnrale et endmique2 et1 coup sr1 les premiers frapps seraient les plus pauvres4 ,ouvriers1 on vous parle beaucoup d'organisation artificielle du travail2 savez-vous pourquoi8 ,parce qu'on ignore les lois de son organisation naturelle2 c'est--dire de cette organisation merveilleuse qui rsulte de la libert4 ,on vous dit que la libert fait saillir ce qu'on nomme l'antagonisme radical des classes2 qu'elle cre et met aux prises deux intrts opposs1 l'intrt des capitalistes et ceux des proltaires4 ,mais il faudrait commencer par prouver que cet antagonisme existe par le voeu de la nature2 et ensuite1 il resterait dmontrer comment les arrangements de la contrainte valent mieux que ceux de la libert1 car entre ,libert et ,contrainte je ne vois pas de milieu4 ,il resterait dmontrer encore que la contrainte s'exercera toujours votre avantage et au prjudice des riches4--,mais non1 cet antagonisme radical1 cette opposition naturelle d'intrts n'existent pas4 ,ce n'est qu'un mauvais rve d'imaginations perverties et en dlire4 ,non1 un plan si dfectueux n'est pas sorti de la ,pense ,divine4 ,pour l'affirmer1 il faut commencer par nier ,dieu4 ,et voyez comme1 en vertu des lois sociales et par cela seul que les hommes changent librement entre eux leurs travaux et leurs produits1 voyez quel lien harmonique rattache les classes les unes aux autres6 ,voil des propritaires de terre3 quel est leur intrt8 que le sol soit fcond et le soleil bienfaisant2 mais qu'en rsulte-t-il8 que le bl abonde1 qu'il baisse de prix1 et l'avantage tourne au profit de ceux qui n'ont pas eu de patrimoine4 ,voil des fabricants3 quelle est leur constante pense8 de perfectionner leur travail1 d'augmenter la puissance de leurs machines1 de se procurer1 aux meilleures conditions1 les matires premires4 ,et quoi tout cela aboutit-il8 l'abondance et au bas prix des produits1 c'est--dire que tous les efforts des fabricants1 et sans qu'ils s'en doutent1 se rsolvent en un profit pour le public consommateur1 dont vous faites partie4 ,cela est ainsi pour toutes les professions4 ,eh bien6 les capitalistes n'chappent pas cette loi4 ,les voil fort occups de faire valoir1 d'conomiser1 de tirer bon parti de leurs avances4 ,c'est fort bien1 mais mieux ils russissent1 plus ils favorisent l'abondance des capitaux1 et1 par une suite ncessaire1 la baisse de l'intrt4 ,or1 qui profite la baisse de l'intrt8 n'est-ce pas l'emprunteur d'abord1 et1 en dfinitive1 aux consommateurs des choses que les capitaux concourent produire#bd8 ,note #bd3 ,voy4 les pages #cj #de du tome ,,iv4--,voy4 aussi le chap4 ,,viii du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,il est donc certain que le rsultat final des efforts de chaque classe1 c'est le bien commun de toutes4 ,on vous dit que le capital tyrannise le travail4 ,je ne disconviens pas que chacun ne cherche tirer le meilleur parti possible de sa situation1 mais1 dans ce sens1 on ne ralise que ce qui est possible4 ,or1 jamais il n'est possible aux capitaux de tyranniser le travail que lorsqu'ils sont rares1 car alors ils font la loi1 ils mettent la main-d'oeuvre aux enchres4 ,jamais cette tyrannie ne leur est plus impossible que lorsqu'ils sont abondants1 car1 en ce cas1 c'est le travail qui commande4 ,arrire donc les jalousies de classes1 les malveillances1 les haines sans fondement1 les dfiances injustes4 ,ces passions dpraves nuisent ceux qui les nourrissent dans leur coeur4 ,ce n'est pas l de la morale dclamatoire2 c'est un enchanement de causes et d'effets susceptible d'tre rigoureusement1 mathmatiquement dmontr2 et il n'en est pas moins sublime parce qu'il satisfait autant l'intelligence que le sentiment4 ,je rsume toute cette dissertation par ces mots3 ,ouvriers1 travailleurs1 proltaires1 classes dnues et souffrantes1 voulez-vous amliorer votre sort8 ,vous n'y russirez pas par la lutte1 l'insurrection1 la haine et l'erreur4 ,mais il y a trois choses qui ne peuvent perfectionner la communaut tout entire sans tendre sur vous leurs bienfaits1 ces trois choses sont3 ,,paix1 ,,libert et ,s,,curit4 ,,maudit ,,argent#be4 ,note #be3 ,publi dans le numro d'avril #ahdi du ,journal des conomistes4 7,note de l'diteur47 --,maudit argent6 maudit argent6 s'criait d'un air dsol ,f99 l'conomiste1 au sortir du ,comit des finances o l'on venait de discuter un projet de papier-monnaie4 --,qu'avez-vous8 lui dis-je4 ,d'o vient ce dgot subit pour la plus encense des divinits de ce monde8 --,maudit argent6 maudit argent6 --,vous m'alarmez4 ,il n'est rien qu'une fois ou autre je n'aie entendu blasphmer1 la paix1 la libert1 la vie1 et ,brutus a t jusqu' dire3 ,vertu6 tu n'es qu'un nom6 ,mais si quelque chose a chapp jusqu'ici444 --,maudit argent6 maudit argent6 --,allons1 un peu de philosophie4 ,que vous est-il arriv8 ,crsus vient-il de vous clabousser8 ,mondor vous a-t-il ravi l'amour de votre mie8 ou bien ,zole a-t-il achet contre vous une diatribe au gazetier8 --,je n'envie pas le char de ,crsus2 ma renomme1 par son nant1 chappe la langue de ,zole2 et quant ma mie1 jamais1 jamais l'ombre mme de la tache la plus lgre444 --,ah6 j'y suis4 ,o avais-je la tte8 ,vous tes1 vous aussi1 inventeur d'une rorganisation sociale1 systme ,f994 ,votre socit1 vous la voulez plus parfaite que celle de ,sparte1 et pour cela toute monnaie doit en tre svrement bannie4 ,ce qui vous embarrasse1 c'est de dcider vos adeptes vider leur escarcelle4 ,que voulez-vous8 c'est l'cueil de tous les rorganisateurs4 ,il n'en est pas un qui ne ft merveille s'il parvenait vaincre toutes les rsistances1 et si l'humanit tout entire consentait devenir entre ses doigts cire molle2 mais elle s'entte n'tre pas cire molle4 ,elle coute1 applaudit ou ddaigne1 et44444 va comme devant4 --,grce au ,ciel1 je rsiste encore cette manie du jour4 ,au lieu d'inventer des lois sociales1 j'tudie celles qu'il a plu ,dieu d'inventer1 ayant d'ailleurs le bonheur de les trouver admirables dans leur dveloppement progressif4 ,et c'est pour cela que je rpte3 ,maudit argent6 maudit argent6 --,vous tes donc proudhonien ou proudhoniste8 ,eh1 morbleu6 vous avez un moyen simple de vous satisfaire4 ,jetez votre bourse dans la ,seine1 ne vous rservant que cent sous pour prendre une action de la ,banque d'change4 --,puisque je maudis l'argent1 jugez si j'en dois maudire le signe trompeur6 --,alors1 il ne me reste plus qu'une hypothse4 ,vous tes un nouveau ,diogne1 et vous allez m'affadir d'une tirade la ,snque1 sur le mpris des richesses4 --,le ,ciel m'en prserve6 ,car la richesse1 voyez-vous1 ce n'est pas un peu plus ou un peu moins d'argent4 ,c'est du pain pour ceux qui ont faim1 des vtements pour ceux qui sont nus1 du bois qui rchauffe1 de l'huile qui allonge le jour1 une carrire1 ouverte votre fils1 une dot assure votre fille1 un jour de repos pour la fatigue1 un cordial pour la dfaillance1 un secours gliss dans la main du pauvre honteux1 un toit contre l'orage1 des ailes aux amis qui se rapprochent1 une diversion pour la tte que la pense fait plier1 l'incomparable joie de rendre heureux ceux qui nous sont chers4 ,la richesse1 c'est l'instruction1 l'indpendance1 la dignit1 la confiance1 la charit1 tout ce que le dveloppement de nos facults peut livrer aux besoins du corps et de l'esprit2 c'est le progrs1 c'est la civilisation4 ,la richesse1 c'est l'admirable rsultat civilisateur de deux admirables agents1 plus civilisateurs encore qu'elle-mme3 le travail et l'change#bf4 ,note #bf3 ,voy4 le chap4 ,,vi du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 --,bon6 n'allez-vous pas maintenant entonner un dithyrambe la richesse1 quand1 il n'y a qu'un instant1 vous accabliez l'or de vos imprcations8 --,eh6 ne comprenez-vous pas que c'tait tout simplement une boutade d'conomiste6 ,je maudis l'argent prcisment parce qu'on le confond1 comme vous venez de faire1 avec la richesse1 et que de cette confusion sortent des erreurs et des calamits sans nombre4 ,je le maudis1 parce que sa fonction dans la socit est mal comprise et trs-difficile faire comprendre4 ,je le maudis1 parce qu'il brouille toutes les ides1 fait prendre le moyen pour le but1 l'obstacle pour la cause1 alpha pour omga2 parce que sa prsence dans le monde1 bienfaisante par elle-mme1 y a cependant introduit une notion funeste1 une ptition de principes1 une thorie rebours1 qui1 dans ses formes multiples1 a appauvri les hommes et ensanglant la terre4 ,je le maudis1 parce que je me sens incapable de lutter contre l'erreur laquelle il a donn naissance autrement que par une longue et fastidieuse dissertation que personne n'coutera4 ,ah6 si je tenais au moins sous ma main un auditeur patient et bnvole6 --,morbleu6 il ne sera pas dit que faute d'une victime vous resterez dans l'tat d'irritation o je vous vois4 ,j'coute2 parlez1 dissertez1 ne vous gnez en aucune faon4 --,vous me promettez de prendre intrt444 --,je vous promets de prendre patience4 --,c'est bien peu4 --,c'est tout ce dont je puis disposer4 ,commencez1 et expliquez-moi d'abord comment une mprise sur le numraire1 si mprise il y a1 se trouve au fond de toutes les erreurs conomiques4 --,l1 franchement1 la main sur la conscience1 ne vous est-il jamais arriv de confondre la richesse avec l'argent8 --,je ne sais2 je ne me suis jamais morfondu sur l'conomie politique4 ,mais1 aprs tout1 qu'en rsulterait-il8 --,pas grand'chose4 ,une erreur dans votre cervelle sans influence sur vos actes2 car1 voyez-vous1 en matire de travail et d'change1 quoiqu'il y ait autant d'opinions que de ttes1 nous agissons tous de la mme manire4 -- peu prs comme nous marchons d'aprs les mmes principes2 encore que nous ne soyons pas d'accord sur la thorie de l'quilibre et de la gravitation4 --,justement4 ,quelqu'un qui serait conduit par ses inductions croire que1 pendant la nuit1 nous avons la tte en bas et les pieds en haut1 pourrait faire l-dessus de beaux livres1 mais il se tiendrait comme tout le monde4 --,je le crois bien4 ,si non1 il serait vite puni d'tre trop bon logicien4 --,de mme1 cet homme mourrait bientt de faim qui1 s'tant persuad que l'argent est la richesse relle1 serait consquent jusqu'au bout4 ,voil pourquoi cette thorie est fausse1 car il n'y a de thorie vraie que celle qui rsulte des faits mmes1 tels qu'ils se manifestent en tous temps ou en tous lieux4 --,je comprends que1 dans la pratique et sous l'influence de l'intrt personnel1 la consquence funeste de l'acte erron tend incessamment redresser l'erreur4 ,mais si celle dont vous parlez a si peu d'influence1 pourquoi vous donne-t-elle tant d'humeur8 --,c'est que1 quand un homme1 au lieu d'agir pour lui-mme1 dcide pour autrui1 l'intrt personnel1 cette sentinelle si vigilante et si sensible1 n'est plus l pour crier3 ,ae6 ,la responsabilit est dplace4 ,c'est ,pierre qui se trompe1 et c'est ,jean qui souffre2 le faux systme du lgislateur devient forcment la rgle d'action de populations entires4 ,et voyez la diffrence4 ,quand vous avez de l'argent et grand'faim1 quelle que soit votre thorie du numraire1 que faites-vous8 --,j'entre chez un boulanger et j'achte du pain4 --,vous n'hsitez pas vous dfaire de votre argent8 --,je ne l'ai que pour cela4 --,et si1 son tour1 ce boulanger a soif1 que fait-il8 --,il va chez le marchand de vin et boit un canon avec l'argent que je lui ai donn4 --,quoi6 il ne craint pas de se ruiner8 --,la vritable ruine serait de ne manger ni boire4 --,et tous les hommes qui sont sur la terre1 s'ils sont libres1 agissent de mme8 --,sans aucun doute4 ,voulez-vous qu'ils meurent de faim pour entasser des sous8 --,loin de l1 je trouve qu'ils agissent sagement1 et je voudrais que la thorie ne ft autre chose que la fidle image de cette universelle pratique4 ,mais supposons maintenant que vous tes le lgislateur1 le roi absolu d'un vaste empire o il n'y a pas de mines d'or4 --,la fiction me plat assez4 --,supposons encore que vous tes parfaitement convaincu de ceci3 ,la richesse consiste uniquement et exclusivement dans le numraire2 qu'en concluriez-vous8 --,j'en conclurais qu'il n'y a pas d'autre moyen pour moi d'enrichir mon peuple1 ou pour lui de s'enrichir lui-mme1 que de soutirer le numraire des autres peuples4 --,c'est--dire de les appauvrir4 ,la premire consquence laquelle vous arriveriez serait donc celle-ci3 ,une nation ne peut gagner que ce qu'une autre perd4 --,cet axiome a pour lui l'autorit de ,bacon et de ,montaigne4 --,il n'en est pas moins triste1 car enfin il revient dire3 ,le progrs est impossible4 ,deux peuples1 pas plus que deux hommes1 ne peuvent prosprer cte cte4 --,il semble bien que cela rsulte du principe4 --,et comme tous les hommes aspirent s'enrichir1 il faut dire que tous aspirent1 en vertu d'une loi providentielle1 ruiner leurs semblables4 --,ce n'est pas du christianisme1 mais c'est de l'conomie politique4 --,dtestable4 ,mais poursuivons4 ,je vous ai fait roi absolu4 ,ce n'est pas pour raisonner1 mais pour agir4 ,rien ne limite votre puissance4 ,qu'allez-vous faire en vertu de cette doctrine3 la richesse1 c'est l'argent8 --,mes vues se porteront accrotre sans cesse1 au sein de mon peuple1 la masse du numraire4 --,mais il n'y a pas de mines dans votre royaume4 ,comment vous y prendrez-vous8 ,qu'ordonnerez-vous8 --,je n'ordonnerai rien2 je dfendrai4 ,je dfendrai1 sous peine de mort1 de faire sortir un cu du pays4 --,et si votre peuple1 ayant de l'argent1 a faim aussi8 --,n'importe4 ,dans le systme o nous raisonnons1 lui permettre d'exporter des cus1 ce serait lui permettre de s'appauvrir4 --,en sorte que1 de votre aveu1 vous le forceriez se conduire sur un principe oppos celui qui vous guide vous-mme dans des circonstances semblables4 ,pourquoi cela8 --,c'est sans doute parce que ma propre faim me pique1 et que la faim des peuples ne pique pas les lgislateurs4 --,eh bien6 je puis vous dire que votre plan chouerait1 et qu'il n'y a pas de surveillance assez vigilante pour empcher1 quand le peuple a faim1 les cus de sortir1 si le bl a la libert d'entrer4 --,en ce cas1 ce plan1 erron ou non1 est inefficace pour le bien comme pour le mal1 et nous n'avons plus nous en occuper4 --,vous oubliez que vous tes lgislateur4 ,est-ce qu'un lgislateur se rebute pour si peu1 quand il fait ses expriences sur autrui8 ,le premier dcret ayant chou1 ne chercheriez-vous pas un autre moyen d'atteindre votre but8 --,quel but8 --,vous avez la mmoire courte2 celui d'accrotre1 au sein de votre peuple1 la masse du numraire suppos tre la seule et vraie richesse4 --,ah6 vous m'y remettez2 pardon4 ,mais c'est que1 voyez-vous1 on a dit de la musique3 ,pas trop n'en faut2 je crois que c'est encore plus vrai de l'conomie politique4 ,m'y revoil4 ,mais je ne sais vraiment qu'imaginer444 --,cherchez bien4 ,d'abord1 je vous ferai remarquer que votre premier dcret ne rsolvait le problme que ngativement4 ,empcher les cus de sortir1 c'est bien empcher la richesse de diminuer1 mais ce n'est pas l'accrotre4 --,ah6 je suis sur la voie444 ce bl libre d'entrer444 ,il me vient une ide lumineuse444 ,oui1 le dtour est ingnieux1 le moyen infaillible1 je touche au but4 -- mon tour1 je vous demanderai3 quel but8 --,eh6 morbleu1 d'accrotre la masse du numraire4 --,comment vous y prendrez-vous1 s'il vous plat8 --,n'est-il pas vrai que pour que la pile d'argent s'lve toujours1 la premire condition est qu'on ne l'entame jamais8 --,bien4 --,et la seconde qu'on y ajoute toujours8 --,trs-bien4 --,donc le problme sera rsolu1 en ngatif et positif1 comme disent les socialistes1 si d'un ct j'empche l'tranger d'y puiser1 et si1 de l'autre1 je le force y verser4 --,de mieux en mieux4 --,et pour cela deux simples dcrets o le numraire ne sera pas mme mentionn4 ,par l'un1 il sera dfendu mes sujets de rien acheter au dehors2 par l'autre1 il leur sera ordonn d'y beaucoup vendre4 --,c'est un plan fort bien conu4 --,est-il nouveau8 ,je vais aller me pourvoir d'un brevet d'invention4 --,ne vous donnez pas cette peine2 la priorit vous serait conteste4 ,mais prenez garde une chose4 --,laquelle8 --,je vous ai fait roi tout-puissant4 ,je comprends que vous empcherez vos sujets d'acheter des produits trangers4 ,il suffira d'en prohiber l'entre4 ,trente ou quarante mille douaniers feront l'affaire4 --,c'est un peu cher4 ,qu'importe8 ,l'argent qu'on leur donne ne sort pas du pays4 --,sans doute2 et dans notre systme1 c'est l'essentiel4 ,mais pour forcer la vente au dehors1 comment procderez-vous8 --,je l'encouragerai par des primes1 au moyen de quelques bons impts frapps sur mon peuple4 --,en ce cas1 les exportateurs1 contraints par leur propre rivalit1 baisseront leurs prix d'autant1 et c'est comme si vous faisiez cadeau l'tranger de ces primes ou de ces impts4 --,toujours est-il que l'argent ne sortira pas du pays4 --,c'est juste4 ,cela rpond tout2 mais si votre systme est si avantageux1 les rois vos voisins l'adopteront4 ,ils reproduiront vos dcrets2 ils auront des douaniers et repousseront vos produits1 afin que chez eux non plus la pile d'argent ne diminue pas4 --,j'aurai une arme et je forcerai leurs barrires4 --,ils auront une arme et forceront les vtres4 --,j'armerai des navires1 je ferai des conqutes1 j'acquerrai des colonies1 et crerai mon peuple des consommateurs qui seront bien obligs de manger notre bl et boire notre vin#bg4 ,note #bg3 ,voy41 au tome ,,ii1 l'introduction de ,cobden et la ,ligue4 7,note de l'diteur47 --,les autres rois en feront autant4 ,ils vous disputeront vos conqutes1 vos colonies et vos consommateurs4 ,voil la guerre partout et le monde en feu4 --,j'augmenterai mes impts1 mes douaniers1 ma marine et mon arme4 --,les autres vous imiteront4 --,je redoublerai d'efforts4 --,ils feront de mme4 ,en attendant1 rien ne prouve que vous aurez russi beaucoup vendre4 --,il n'est que trop vrai4 ,bienheureux si les efforts commerciaux se neutralisent4 --,ainsi que les efforts militaires4 ,et dites-moi1 ces douaniers1 ces soldats1 ces vaisseaux1 ces contributions crasantes1 cette tension perptuelle vers un rsultat impossible1 cet tat permanent de guerre ouverte ou secrte avec le monde entier1 ne sont-ils pas la consquence logique1 ncessaire de ce que le lgislateur s'est coiff de cette ide 7qui n'est1 vous en tes convenu1 l'usage d'aucun homme agissant pour lui-mme73 ,la richesse1 c'est le numraire2 accrotre le numraire1 c'est accrotre la richesse8 --,j'en conviens4 ,ou l'axiome est vrai1 et alors le lgislateur doit agir dans le sens que j'ai dit1 bien que ce soit la guerre universelle4 ,ou il est faux et1 en ce cas1 c'est pour se ruiner que les hommes se dchirent4 --,et souvenez-vous qu'avant d'tre roi1 ce mme axiome vous avait conduit par la logique ces maximes3 ,ce que l'un gagne1 l'autre le perd4 ,le profit de l'un est le dommage de l'autre2 lesquelles impliquent un antagonisme irrmdiable entre tous les hommes4 --,il n'est que trop certain4 ,philosophe ou lgislateur1 soit que je raisonne ou que j'agisse1 partant de ce principe3 l'argent1 c'est la richesse1--j'arrive toujours cette conclusion ou ce rsultat3 la guerre universelle4 ,avant de le discuter1 vous avez bien fait de m'en signaler les consquences2 sans cela1 je n'aurais jamais eu le courage de vous suivre jusqu'au bout dans votre dissertation conomique2 car1 vous parler net1 cela n'est pas divertissant4 -- qui le dites-vous8 ,c'est quoi je pensais quand vous m'entendiez murmurer3 ,maudit argent6 ,je gmissais de ce que mes compatriotes n'ont pas le courage d'tudier ce qu'il leur importe tant de savoir4 --,et pourtant1 les consquences sont effrayantes4 --,les consquences6 ,je ne vous en ai signal qu'une4 ,j'aurais pu vous en montrer de plus funestes encore4 --,vous me faites dresser les cheveux sur la tte6 ,quels autres maux a pu infliger l'humanit cette confusion entre l',argent et la ,richesse8 --,il me faudra longtemps pour les numrer4 ,c'est une doctrine qui a une nombreuse ligne4 ,son fils an1 nous venons de faire sa connaissance1 s'appelle rgime prohibitif2 le cadet1 systme colonial2 le troisime1 haine au capital2 le ,benjamin1 papier-monnaie4 --,quoi6 le papier-monnaie procde de la mme erreur8 --,directement4 ,quand les lgislateurs1 aprs avoir ruin les hommes par la guerre et l'impt1 persvrent dans leur ide1 ils se disent3 ,si le peuple souffre1 c'est qu'il n'a pas assez d'argent4 ,il en faut faire4 ,et comme il n'est pas ais de multiplier les mtaux prcieux1 surtout quand on a puis les prtendues ressources de la prohibition1 nous ferons du numraire fictif1 ajoutent-ils1 rien n'est plus ais1 et chaque citoyen en aura plein son portefeuille6 ils seront tous riches4 --,en effet1 ce procd est plus expditif que l'autre1 et puis il n'aboutit pas la guerre trangre4 --,non1 mais la guerre civile4 --,vous tes bien pessimiste4 ,htez-vous donc de traiter la question au fond4 ,je suis tout surpris de dsirer1 pour la premire fois1 savoir si l'argent 7ou son signe7 est la richesse4 --,vous m'accorderez bien que les hommes ne satisfont immdiatement aucun de leurs besoins avec des cus4 ,s'ils ont faim1 c'est du pain qu'il leur faut2 s'ils sont nus1 des vtements2 s'ils sont malades1 des remdes2 s'ils ont froid1 un abri1 du combustible2 s'ils aspirent apprendre1 des livres2 s'ils dsirent se dplacer1 des vhicules1 et ainsi de suite4 ,la richesse d'un pays se reconnat l'abondance et la bonne distribution de toutes ces choses4 ,par o vous devez reconnatre avec bonheur combien est fausse cette triste maxime de ,bacon3 ,ce qu'un peuple gagne1 l'autre le perd ncessairement2 maxime exprime d'une manire plus dsolante encore par ,montaigne1 en ces termes3 ,le profit de l'un est le dommage de l'autre4 ,lorsque ,sem1 ,cham et ,japhet se partagrent les vastes solitudes de cette terre1 assurment chacun d'eux put btir1 desscher1 semer1 rcolter1 se mieux loger1 se mieux nourrir1 se mieux vtir1 se mieux instruire1 se perfectionner1 s'enrichir1 en un mot1 et accrotre ses jouissances1 sans qu'il en rsultt une dpression ncessaire dans les jouissances analogues de ses frres4 ,il en est de mme de deux peuples4 --,sans doute1 deux peuples1 comme deux hommes1 sans relations entre eux1 peuvent1 en travaillant plus1 en travaillant mieux1 prosprer cte cte sans se nuire4 ,ce n'est pas l ce qui est ni par les axiomes de ,montaigne et de ,bacon4 ,ils signifient seulement que1 dans le commerce qui se fait entre deux peuples ou deux hommes1 si l'un gagne1 il faut que l'autre perde4 ,et cela est vident de soi2 l'change n'ajoutant rien par lui-mme la masse de ces choses utiles dont vous parliez1 si aprs l'change une des parties se trouve en avoir plus1 il faut bien que l'autre partie se trouve en avoir moins4 --,vous vous faites de l'change une ide bien incomplte1 incomplte au point d'en devenir fausse4 ,si ,sem est sur une plaine fertile en bl1 ,japhet sur un coteau propre produire du vin1 ,cham sur de gras pturages1 il se peut que la sparation des occupations1 loin de nuire l'un d'eux1 les fasse prosprer tous les trois4 ,cela doit mme arriver1 car la distribution du travail1 introduite par l'change1 aura pour effet d'accrotre la masse du bl1 du vin et de la viande partager4 ,comment en serait-il autrement1 si vous admettez la libert de ces transactions8 ,ds l'instant que l'un des trois frres s'apercevrait que le travail1 pour ainsi dire socitaire1 le constitue en perte permanente1 comparativement au travail solitaire1 il renoncerait changer4 ,l'change porte avec lui-mme son titre notre reconnaissance4 ,il s'accomplit1 donc il est bon#bh4 ,note #bh3 ,voy4 le chap4 ,,iv du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 --,mais l'axiome de ,bacon est vrai quand il s'agit d'or et d'argent4 ,si l'on admet qu' un moment dtermin il en existe dans le monde une quantit donne1 il est bien clair qu'une bourse ne se peut emplir qu'une autre bourse ne se vide4 --,et si l'on professe que l'or est la richesse1 la conclusion est qu'il y a parmi les hommes des dplacements de fortune et jamais de progrs gnral4 ,c'est justement ce que je disais en commenant4 ,que si1 au contraire1 vous voyez la vraie richesse dans l'abondance des choses utiles propres satisfaire nos besoins et nos gots1 vous comprendrez comme possible la prosprit simultane4 ,le numraire ne sert qu' faciliter la transmission d'une main l'autre de ces choses utiles1 ce qui s'accomplit aussi bien avec une once de mtal rare1 comme l'or1 qu'avec une livre de mtal plus abondant1 comme l'argent1 ou avec un demi-quintal de mtal plus abondant encore1 comme le cuivre4 ,d'aprs cela1 s'il y avait la disposition de tous les ,franais une fois plus de toutes ces choses utiles1 la ,france serait le double plus riche1 bien que la quantit de numraire restt la mme2 mais il n'en serait pas ainsi s'il y avait le double de numraire1 la masse des choses utiles n'augmentant pas4 --,la question est de savoir si la prsence d'un plus grand nombre d'cus n'a pas prcisment pour effet d'augmenter la masse des choses utiles4 --,quel rapport peut-il y avoir entre ces deux termes8 ,les aliments1 les vtements1 les maisons1 le combustible1 tout cela vient de la nature et du travail1 d'un travail plus ou moins habile s'exerant sur une nature plus ou moins librale4 --,vous oubliez une grande force1 qui est l'change4 ,si vous avouez que c'est une force1 comme vous tes convenu que les cus le facilitent1 vous devez convenir qu'ils ont une puissance indirecte de production4 --,mais j'ai ajout qu'un peu de mtal rare facilite autant de transactions que beaucoup de mtal abondant1 d'o il suit qu'on n'enrichit pas un peuple en le forant de donner des choses utiles pour avoir plus d'argent4 --,ainsi1 selon vous1 les trsors qu'on trouve en ,californie n'accrotront pas la richesse du monde8 --,je ne crois pas qu'ils ajoutent beaucoup aux jouissances1 aux satisfactions relles de l'humanit prise dans son ensemble4 ,si l'or de la ,californie ne fait que remplacer dans le monde celui qui se perd et se dtruit1 cela peut avoir son utilit4 ,s'il en augmente la masse1 il la dprciera4 ,les chercheurs d'or seront plus riches qu'ils n'eussent t sans cela4 ,mais ceux entre les mains de qui se trouvera l'or actuel au moment de la dprciation1 se procureront moins de satisfactions somme gale4 ,je ne puis voir l un accroissement1 mais un dplacement de la vraie richesse1 telle que je l'ai dfinie4 --,tout cela est fort subtil4 ,mais vous aurez bien de la peine me faire comprendre que je ne suis pas plus riche1 toutes choses gales d'ailleurs1 si j'ai deux cus1 que si je n'en ai qu'un4 --,aussi n'est-ce pas ce que je dis4 --,et ce qui est vrai de moi l'est de mon voisin1 et du voisin de mon voisin1 et ainsi de suite1 de proche en proche1 en faisant le tour du pays4 ,donc1 si chaque ,franais a plus d'cus1 la ,france est plus riche4 --,et voil votre erreur1 l'erreur commune1 consistant conclure de un tous et du particulier au gnral4 --,quoi6 n'est-ce pas de toutes les conclusions la plus concluante8 ,ce qui est vrai de chacun ne l'est-il pas de tous8 ,qu'est-ce que tous1 sinon les chacuns nomms en une seule fois8 ,autant vaudrait me dire que chaque ,franais pourrait tout coup grandir d'un pouce1 sans que la taille moyenne de tous les ,franais ft plus leve4 --,le raisonnement est spcieux1 j'en conviens1 et voil justement pourquoi l'illusion qu'il recle est si commune4 ,examinons pourtant4 ,dix joueurs se runissaient dans un salon4 ,pour plus de facilit1 ils avaient coutume de prendre chacun dix jetons contre lesquels ils dposaient cent francs sous le chandelier1 de manire ce que chaque jeton correspondit dix francs4 ,aprs la partie on rglait les comptes1 et les joueurs retiraient du chandelier autant de fois dix francs qu'ils pouvaient reprsenter de jetons4 ,ce que voyant1 l'un d'eux1 grand arithmticien peut-tre1 mais pauvre raisonneur1 dit3 ,messieurs1 une exprience invariable m'apprend qu' la fin de la partie je me trouve d'autant plus riche que j'ai plus de jetons4 ,n'avez-vous pas fait la mme observation sur vous-mmes8 ,ainsi ce qui est vrai de moi est successivement vrai de chacun de vous1 et ce qui est vrai de chacun l'est de tous4 ,donc nous serions tous plus riches1 en fin de jeu1 si tous nous avions plus de jetons4 ,or1 rien n'est plus ais2 il suffit d'en distribuer le double4 ,c'est ce qui fut fait4 ,mais quand la partie termine1 on en vint au rglement1 on s'aperut que les mille francs du chandelier ne s'taient pas miraculeusement multiplis1 suivant l'attente gnrale4 ,il fallut les partager1 comme on dit1 au prorata1 et le seul rsultat 7bien chimrique67 obtenu1 fut celui-ci3 chacun avait bien le double de jetons1 mais chaque jeton1 au lieu de correspondre dix francs1 n'en reprsentait plus que cinq4 ,il fut alors parfaitement constat que ce qui est vrai de chacun ne l'est pas toujours de tous4 --,je le crois bien3 vous supposez un accroissement gnral de jetons1 sans un accroissement correspondant de la mise sous le chandelier4 --,et vous1 vous supposez un accroissement gnral d'cus sans un accroissement correspondant des choses dont ces cus facilitent l'change4 --,est-ce que vous assimilez les cus des jetons8 --,non certes1 d'autres gards2 oui1 au point de vue du raisonnement que vous m'opposiez et que j'avais combattre4 ,remarquez une chose4 ,pour qu'il y ait accroissement gnral d'cus dans un pays1 il faut1 ou que ce pays ait des mines1 ou que son commerce se fasse de telle faon qu'il donne des choses utiles pour recevoir du numraire4 ,hors de ces deux hypothses1 un accroissement universel est impossible1 les cus ne faisant que changer de mains1 et1 dans ce cas1 encore qu'il soit bien vrai que chacun pris individuellement soit d'autant plus riche qu'il a plus d'cus1 on n'en peut pas dduire la gnralisation que vous faisiez tout l'heure1 puisqu'un cu de plus dans une bourse implique de toute ncessit un cu de moins dans une autre4 ,c'est comme dans votre comparaison avec la taille moyenne4 ,si chacun de nous ne grandissait qu'aux dpens d'autrui1 il serait bien vrai de chacun pris individuellement qu'il sera plus bel homme1 s'il a la bonne chance1 mais cela ne sera jamais vrai de tous pris collectivement4 --,soit4 ,mais dans les deux hypothses que vous avez signales1 l'accroissement est rel1 et vous conviendrez que j'ai raison4 --,jusqu' un certain point4 ,l'or et l'argent ont une valeur4 ,pour en obtenir1 les hommes consentent donner des choses utiles qui ont une valeur aussi4 ,lors donc qu'il y a des mines dans un pays1 si ce pays en extrait assez d'or pour acheter au dehors une chose utile1 par exemple1 une locomotive1 il s'enrichit de toutes les jouissances que peut procurer une locomotive1 exactement comme s'il l'avait faite4 ,la question pour lui est de savoir s'il dpense plus d'efforts dans le premier procd que dans le second4 ,que s'il n'exportait pas cet or1 il se dprcierait et il arriverait quelque chose de pis que ce que vous voyez en ,californie1 car l du moins on se sert des mtaux prcieux pour acheter des choses utiles faites ailleurs4 ,malgr cela1 on y court risque de mourir de faim sur des monceaux d'or4 ,que serait-ce1 si la loi en dfendait l'exportation8 ,quant la seconde hypothse1 celle de l'or qui nous arrive par le commerce1 c'est un avantage ou un inconvnient1 selon que le pays en a plus ou moins besoin1 comparativement au besoin qu'il a aussi des choses utiles dont il faut se dfaire pour l'acqurir4 ,c'est aux intresss en juger1 et non la loi2 car si la loi part de ce principe1 que l'or est prfrable aux choses utiles1 n'importe la valeur1 et si elle parvient agir efficacement dans ce sens1 elle tend faire de la ,france une ,californie retourne1 o il y aura beaucoup de numraire pour acheter1 et rien acheter4 ,c'est toujours le systme dont ,midas est le symbole4 --,l'or qui entre implique une chose utile qui sort1 j'en conviens1 et1 sous ce rapport1 il y a une satisfaction soustraite au pays4 ,mais n'est-elle pas remplace avec avantage8 et de combien de satisfactions nouvelles cet or ne sera-t-il pas la source1 en circulant de main en main1 en provoquant le travail et l'industrie1 jusqu' ce qu'enfin il sorte son tour1 et implique l'entre d'une chose utile8 --,vous voil au coeur de la question4 ,est-il vrai qu'un cu soit le principe qui fait produire tous les objets dont il facilite l'change8 ,on convient bien qu'un cu de cinq francs ne vaut que cinq francs2 mais on est port croire que cette valeur a un caractre particulier2 qu'elle ne se dtruit pas comme les autres1 ou ne se dtruit que trs la longue2 qu'elle se renouvelle1 pour ainsi dire1 chaque transmission2 et qu'en dfinitive cet cu a valu autant de fois cinq francs qu'il a fait accomplir de transactions1 qu'il vaut lui seul autant que toutes les choses contre lesquelles il s'est successivement chang2 et on croit cela1 parce qu'on suppose que1 sans cet cu1 ces choses ne se seraient pas mme produites4 ,on dit3 ,sans lui1 le cordonnier aurait vendu une paire de souliers de moins2 par consquent1 il aurait achet moins de boucherie2 le boucher aurait t moins souvent chez l'picier1 l'picier chez le mdecin1 le mdecin chez l'avocat1 et ainsi de suite4 --,cela me parat incontestable4 --,c'est bien le moment d'analyser la vraie fonction du numraire1 abstraction faite des mines et de l'importation4 ,vous avez un cu4 ,que signifie-t-il en vos mains8 ,il y est comme le tmoin et la preuve que vous avez1 une poque quelconque1 excut un travail1 dont1 au lieu d'en profiter1 vous avez fait jouir la socit1 en la personne de votre client4 ,cet cu tmoigne que vous avez rendu un service la socit1 et1 de plus1 il en constate la valeur4 ,il tmoigne1 en outre1 que vous n'avez pas encore retir de la socit un service rel quivalent1 comme c'tait votre droit4 ,pour vous mettre mme de l'exercer1 quand et comme il vous plaira1 la socit1 par les mains de votre client1 vous a donn une reconnaissance1 un titre1 un bon de la ,rpublique1 un jeton1 un cu enfin1 qui ne diffre des titres fiduciaires qu'en ce qu'il porte sa valeur en lui-mme1 et si vous savez lire1 avec les yeux de l'esprit1 les inscriptions dont il est charg1 vous dchiffrerez distinctement ces mots3 ,rendez au porteur un service quivalent celui qu'il a rendu la socit1 valeur reue constate1 prouve et mesure par celle qui est en moi-mme#bi4 ,note #bi3 ,mutualit des services4 ,d'aprs tout ce qui prcde1 la socit peut tre considre comme un immense bazar o chacun va d'abord dposer ses produits1 en faire reconnatre et fixer la valeur4 ,aprs cela1 il est autoris prlever1 sur l'ensemble de tous ces dpts1 des produits son choix pour une valeur gale4 ,or1 comment s'apprcie cette valeur8 par le service reu et rendu4 ,nous avons donc exactement ce que demandait ,m4 ,proudhon4 ,nous avons ce bazar d'change1 dont on a tant ri2 et la socit1 plus ingnieuse que ,m4 ,proudhon1 nous le donne en nous pargnant le drangement matriel d'y transporter nos marchandises4 ,pour cela1 elle a invent la monnaie1 moyennant quoi elle ralise l'entrept domicile4 7bauche indite de l'auteur47 ,maintenant1 vous me cdez votre cu4 ,ou c'est titre gratuit1 ou c'est titre onreux4 ,si vous me le donnez comme prix d'un service1 voici ce qui en rsulte3 votre compte de satisfactions relles avec la socit se trouve rgl1 balanc et ferm4 ,vous lui aviez rendu un service contre un cu1 vous lui restituez maintenant l'cu contre un service2 partant quitte quant vous4 ,pour moi je suis justement dans la position o vous tiez tout l'heure4 ,c'est moi qui maintenant suis en avance envers la socit du service que je viens de lui rendre en votre personne4 ,c'est moi qui deviens son crancier de la valeur du travail que je vous ai livr1 et que je pouvais me consacrer moi-mme4 ,c'est donc entre mes mains que doit passer le titre de cette crance1 le tmoin et la preuve de la dette sociale4 ,vous ne pouvez pas dire que je suis plus riche1 car si j'ai recevoir1 c'est parce que j'ai donn4 ,vous ne pouvez pas dire surtout que la socit est plus riche d'un cu1 parce qu'un de ses membres a un cu de plus1 puisqu'un autre l'a de moins4 ,que si vous me cdez cet cu gratuitement1 en ce cas1 il est certain que j'en serai d'autant plus riche1 mais vous en serez d'autant plus pauvre1 et la fortune sociale1 prise en masse1 ne sera pas change2 car cette fortune1 je l'ai dj dit1 consiste en services rels1 en satisfactions effectives1 en choses utiles4 ,vous tiez crancier de la socit1 vous m'avez substitu vos droits1 et il importe peu la socit1 qui est redevable d'un service1 de le rendre vous ou moi4 ,elle s'acquitte en le rendant au porteur du litre4 --,mais si nous avions tous beaucoup d'cus1 nous retirerions tous de la socit beaucoup de services4 ,cela ne serait-il pas bien agrable8 --,vous oubliez que dans l'ordre que je viens de dcrire1 et qui est l'image de la ralit1 on ne retire du milieu social des services que parce qu'on y en a vers4 ,qui dit service1 dit la fois service reu et rendu1 car ces deux termes s'impliquent1 en sorte qu'il doit toujours y avoir balance4 ,vous ne pouvez songer ce que la socit rende plus de services qu'elle n'en reoit1 et c'est pourtant l la chimre qu'on poursuit au moyen de la multiplication des cus1 de l'altration des monnaies1 du papier-monnaie1 etc4 --,tout cela parat assez raisonnable en thorie1 mais1 dans la pratique1 je ne puis me tirer de la tte1 quand je vois comment les choses se passent1 que si1 par un heureux miracle1 le nombre des cus venait se multiplier1 de telle sorte que chacun de nous en vt doubler sa petite provision1 nous serions tous plus l'aise2 nous ferions tous plus d'achats1 et l'industrie en recevrait un puissant encouragement4 --,plus d'achats6 ,mais acheter quoi8 ,sans doute des objets utiles1 des choses propres procurer des satisfactions efficaces1 des vivres1 des toffes1 des maisons1 des livres1 des tableaux4 ,vous devriez donc commencer par prouver que toutes ces choses s'engendrent d'elles-mmes1 par cela seul qu'on fond l'htel des ,monnaies des lingots tombs de la lune1 ou qu'on met en mouvement l',imprimerie nationale la planche aux assignats2 car vous ne pouvez raisonnablement penser que si la quantit de bl1 de draps1 de navires1 de chapeaux1 de souliers reste la mme1 la part de chacun puisse tre plus grande1 parce que nous nous prsenterons tous sur le march avec une plus grande quantit de francs mtalliques ou fictifs4 ,rappelez-vous nos joueurs4 ,dans l'ordre social1 les choses utiles sont ce que les travailleurs eux-mmes mettent sous le chandelier1 et les cus qui circulent de main en main1 ce sont les jetons4 ,si vous multipliez les francs1 sans multiplier les choses utiles1 il en rsultera seulement qu'il faudra plus de francs pour chaque change1 comme il fallut aux joueurs plus de jetons pour chaque mise4 ,vous en avez la preuve dans ce qui se passe pour l'or1 l'argent et le cuivre4 ,pourquoi le mme troc exige-t-il plus de cuivre que d'argent1 plus d'argent que d'or8 ,n'est-ce pas parce que ces mtaux sont rpandus dans le monde en proportions diverses8 ,quelle raison avez-vous de croire que si l'or devenait tout coup aussi abondant que l'argent1 il ne faudrait pas autant de l'un que de l'autre pour acheter une maison8 --,vous pouvez avoir raison1 mais je dsire que vous ayez tort4 ,au milieu des souffrances qui nous environnent1 si cruelles en elles mmes1 si dangereuses par leurs consquences1 je trouvais quelque consolation penser qu'il y avait un moyen facile de rendre heureux tous les membres de la socit4 --,l'or et l'argent fussent-ils la richesse1 il n'est dj pas si facile d'en augmenter la masse dans un pays priv de mines4 --,non1 mais il est ais d'y substituer autre chose4 ,je suis d'accord avec vous que l'or et l'argent ne rendent gure de services que comme instruments d'changes4 ,autant en fait le papier-monnaie1 le billet de banque1 etc4 ,si donc nous avions tous beaucoup de cette monnaie-l1 si facile crer1 nous pourrions tous beaucoup acheter1 nous ne manquerions de rien4 ,votre cruelle thorie dissipe des esprances1 des illusions1 si vous voulez1 dont le principe est assurment bien philanthropique4 --,oui1 comme tous les voeux striles que l'on peut former pour la flicit universelle4 ,l'extrme facilit du moyen que vous invoquez suffit pour en dmontrer l'inanit4 ,croyez-vous que s'il suffisait d'imprimer des billets de banque pour que nous pussions tous satisfaire nos besoins1 nos gots1 nos dsirs1 l'humanit serait arrive jusqu'ici sans recourir ce moyen8 ,je conviens avec vous que la dcouverte est sduisante4 ,elle bannirait immdiatement du monde1 non-seulement la spoliation sous ses formes si dplorables1 mais le travail lui-mme1 sauf celui de la planche aux assignats4 ,reste comprendre comment les assignats achteraient des maisons que nul n'aurait bties1 du bl que nul n'aurait cultiv1 des toffes que nul n'aurait pris la peine de tisser#cj4 ,note #cj3 ,voy4 la #ab;e lettre du pamphlet ,gratuit du crdit4 7,note de l'diteur47 --,une chose me frappe dans votre argumentation4 ,d'aprs vous-mme1 s'il n'y a pas gain1 il n'y a pas perte non plus multiplier l'instrument de l'change1 ainsi qu'on le voit par l'exemple de vos joueurs1 qui en furent quittes pour une dception fort bnigne4 ,alors pourquoi repousser la pierre philosophale1 qui nous apprendrait enfin le secret de changer les cailloux en or1 et1 en attendant1 le papier-monnaie8 tes-vous si entt de votre logique1 que vous refusiez une exprience sans risques8 ,si vous vous trompez1 vous privez la nation1 au dire de vos nombreux adversaires1 d'un bienfait immense4 ,si l'erreur est de leur ct1 il ne s'agit pour le peuple1 d'aprs vous-mme1 que d'une esprance due4 ,la mesure1 excellente selon eux1 est neutre selon vous4 ,laissez donc essayer1 puisque le pis qui puisse arriver1 ce n'est pas la ralisation d'un mal1 mais la non-ralisation d'un bien4 --,d'abord1 c'est dj un grand mal1 pour un peuple1 qu'une esprance due4 ,c'en est un autre que le gouvernement annonce la remise de plusieurs impts sur la foi d'une ressource qui doit infailliblement s'vanouir4 ,nanmoins votre remarque aurait de la force1 si1 aprs l'mission du papier-monnaie et sa dprciation1 l'quilibre des valeurs se faisait instantanment1 avec une parfaite simultanit1 en toutes choses et sur tous les points du territoire4 ,la mesure aboutirait1 ainsi que dans mon salon de jeu1 une mystification universelle1 dont le mieux serait de rire en nous regardant les uns les autres4 ,mais ce n'est pas ainsi que les choses se passent4 ,l'exprience en a t faite1 et chaque fois que les despotes ont altr la monnaie444 --,qui propose d'altrer les monnaies8 --,eh1 mon ,dieu6 forcer les gens prendre en paiement des chiffons de papier qu'on a officiellement baptiss francs1 ou les forcer de recevoir comme pesant cinq grammes une pice d'argent qui n'en pse que deux et demi1 mais qu'on a aussi officiellement appele franc1 c'est tout un1 si ce n'est pis2 et tous les raisonnements qu'on peut faire en faveur des assignats ont t faits en faveur de la fausse monnaie lgale4 ,certes1 en se plaant au point de vue o vous tiez tout l'heure1 et o vous paraissez tre encore1 lorsqu'on croyait que multiplier l'instrument des changes c'tait multiplier les changes eux-mmes1 ainsi que les choses changes1 on devait penser de trs-bonne foi que le moyen le plus simple tait de ddoubler les cus et de donner lgislativement aux moitis la dnomination et la valeur du tout4 ,eh bien6 dans un cas comme dans l'autre1 la dprciation est infaillible4 ,je crois vous en avoir dit la cause4 ,ce qu'il me reste vous dmontrer1 c'est que cette dprciation1 qui1 pour le papier1 peut aller jusqu' zro1 s'opre en faisant successivement des dupes parmi lesquelles les pauvres1 les gens simples1 les ouvriers1 les campagnards occupent le premier rang4 --,j'coute2 mais abrgez4 ,la dose d'conomie politique est un peu forte pour une fois4 --,soit4 ,nous sommes donc bien fixs sur ce point1 que la richesse c'est l'ensemble des choses utiles que nous produisons par le travail1 ou mieux encore1 les rsultats de tous les efforts que nous faisons pour la satisfaction de nos besoins et de nos gots4 ,ces choses utiles s'changent les unes contre les autres1 selon les convenances de ceux qui elles appartiennent4 ,il y a deux formes ces transactions3 l'une s'appelle troc2 c'est celle o l'on rend un service pour recevoir immdiatement un service quivalent4 ,sous cette forme1 les transactions seraient extrmement limites4 ,pour qu'elles pussent se multiplier1 s'accomplir travers le temps et l'espace1 entre personnes inconnues et par fractions infinies1 il a fallu l'intervention d'un agent intermdiaire3 c'est la monnaie4 ,elle donne lieu l'change1 qui n'est autre chose qu'un troc complexe4 ,c'est l ce qu'il faut remarquer et comprendre4 ,l'change se dcompose en deux trocs1 en deux facteurs1 la vente et l'achat1 dont la runion est ncessaire pour le constituer4 ,vous vendez un service contre un cu1 puis1 avec cet cu1 vous achetez un service4 ,ce n'est qu'alors que le troc est complet2 ce n'est qu'alors que votre effort a t suivi d'une satisfaction relle4 videmment vous ne travaillez satisfaire les besoins d'autrui que pour qu'autrui travaille satisfaire les vtres4 ,tant que vous n'avez en vos mains que l'cu qui vous a t donn contre votre travail1 vous tes seulement en mesure de rclamer le travail d'une autre personne4 ,et c'est quand vous l'aurez fait1 que l'volution conomique sera accomplie quant vous1 puisqu'alors seulement vous aurez obtenu1 par une satisfaction relle1 la vraie rcompense de votre peine4 ,l'ide de troc implique service rendu et service reu4 ,pourquoi n'en serait-il pas de mme de celle d'change1 qui n'est qu'un troc en partie double8 ,et ici1 il y a deux remarques faire3 d'abord1 c'est une circonstance assez insignifiante qu'il y ait beaucoup ou peu de numraire dans le monde4 ,s'il y en a beaucoup il en faut beaucoup2 s'il y en a peu1 il en faut peu pour chaque transaction2 voil tout4 ,la seconde observation1 c'est celle-ci3 comme on voit toujours reparatre la monnaie chaque change1 on a fini par la regarder comme le signe et la mesure des choses changes4 --,nierez-vous encore que le numraire ne soit le signe des choses utiles dont vous parlez8 --,un louis n'est pas plus le signe d'un sac de bl qu'un sac de bl n'est le signe d'un louis4 --,quel mal y a-t-il ce que l'on considre la monnaie comme le signe de la richesse8 --,il y a cet inconvnient1 qu'on croit qu'il suffit d'augmenter le signe pour augmenter les choses signifies1 et l'on tombe dans toutes les fausses mesures que vous preniez vous-mme quand je vous avais fait roi absolu4 ,on va plus loin4 ,de mme qu'on voit dans l'argent le signe de la richesse1 on voit aussi dans le papier-monnaie le signe de l'argent1 et l'on en conclut qu'il y a un moyen trs-facile et trs-simple de procurer tout le monde les douceurs de la fortune4 --,mais vous n'irez certes pas jusqu' contester que la monnaie ne soit la mesure des valeurs8 --,si fait certes1 j'irai jusque-l1 car c'est l justement que rside l'illusion4 ,il est pass dans l'usage de rapporter la valeur de toutes choses celle du numraire4 ,on dit3 ceci vaut #e1 #aj1 #bj1 fr41 comme on dit3 ceci pse #e1 #aj1 #bj grammes1 ceci mesure #e1 #aj1 #bj mtres1 cette terre contient #e1 #aj1 #bj ares1 etc41 et de l on a conclu que la monnaie tait la mesure des valeurs4 --,morbleu1 c'est que l'apparence y est4 --,oui1 l'apparence1 et c'est ce dont je me plains1 mais non la ralit4 ,une mesure de longueur1 de capacit1 de pesanteur1 de superficie est une quantit convenue et immuable4 ,il n'en est pas de mme de la valeur de l'or et de l'argent4 ,elle varie tout aussi bien que celle du bl1 du vin1 du drap1 du travail1 et par les mmes causes1 car elle a la mme source et subit les mmes lois4 ,l'or est mis notre porte absolument comme le fer1 par le travail des mineurs1 les avances des capitalistes1 le concours des marins et des ngociants4 ,il vaut plus ou moins selon qu'il cote plus ou moins produire1 qu'il y en a plus ou moins sur le march1 qu'il y est plus ou moins recherch2 en un mot1 il subit1 quant ses fluctuations1 la destine de toutes les productions humaines4 ,mais voici quelque chose d'trange et qui cause beaucoup d'illusions4 ,quand la valeur du numraire varie1 c'est aux autres produits contre lesquels il s'change que le langage attribue la variation4 ,ainsi1 je suppose que toutes les circonstances relatives l'or restent les mmes1 et que la rcolte du bl soit emporte4 ,le bl haussera2 on dira3 ,l'hectolitre de bl qui valait #bj fr4 en vaut #cj1 et on aura raison1 car c'est bien la valeur du bl qui a vari1 et le langage ici est d'accord avec le fait4 ,mais faisons la supposition inverse3 supposons que toutes les circonstances relatives au bl restent les mmes1 et que la moiti de tout l'or existant dans le monde soit engloutie2 cette fois1 c'est la valeur de l'or qui haussera4 ,il semble qu'on devrait dire3 ,ce napolon qui valait #bj fr4 en vaut #dj4 ,or1 savez-vous comment on s'exprime8 ,comme si c'tait l'autre terme de comparaison qui et baiss1 et l'on dit3 ,le bl qui valait #bj fr4 n'en vaut que dix4 --,cela revient parfaitement au mme1 quant au rsultat4 --,sans doute2 mais figurez-vous toutes les perturbations1 toutes les duperies qui doivent se produire dans les changes1 quand la valeur de l'intermdiaire varie1 sans qu'on en soit averti par un changement de dnomination4 ,on met des pices altres ou des billets qui portent le nom de vingt francs1 et conserveront ce nom travers toutes les dprciations ultrieures4 ,la valeur sera rduite d'un quart1 de moiti1 qu'ils ne s'en appelleront pas moins des pices ou billets de vingt francs4 ,les gens habiles auront soin de ne livrer leurs produits que contre un nombre de billets plus grand4 ,en d'autres termes1 ils demanderont quarante francs de ce qu'ils vendaient autrefois pour vingt4 ,mais les simples s'y laisseront prendre4 ,il se passera bien des annes avant que l'volution soit accomplie pour toutes les valeurs4 ,sous l'influence de l'ignorance et de la coutume1 la journe du manoeuvre de nos campagnes restera longtemps un franc1 quand le prix vnal de tous les objets de consommation se sera lev autour de lui4 ,il tombera dans une affreuse misre1 sans en pouvoir discerner la cause4 ,enfin1 ,monsieur1 puisque vous dsirez que je finisse1 je vous prie1 en terminant1 de porter toute votre attention sur ce point essentiel4 ,une fois la fausse monnaie1 quelque forme qu'elle prenne1 mise en circulation1 il faut que la dprciation survienne1 et se manifeste par la hausse universelle de tout ce qui est susceptible de se vendre4 ,mais cette hausse n'est pas instantane et gale pour toutes choses4 ,les habiles1 les brocanteurs1 les gens d'affaires s'en tirent assez bien2 car c'est leur mtier d'observer les fluctuations des prix1 d'en reconnatre la cause1 et mme de spculer dessus4 ,mais les petits marchands1 les campagnards1 les ouvriers1 reoivent tout le choc4 ,le riche n'en est pas plus riche1 le pauvre en devient plus pauvre4 ,les expdients de cette espce ont donc pour effet d'augmenter la distance qui spare l'opulence de la misre1 de paralyser les tendances sociales qui rapprochent incessamment les hommes d'un mme niveau1 et il faut ensuite des sicles aux classes souffrantes pour regagner le terrain qu'elles ont perdu dans leur marche vers l'galit des conditions4 --,adieu1 ,monsieur2 je vous quitte pour aller mditer sur la dissertation laquelle vous venez de vous livrer avec tant de complaisance4 --tes-vous dj bout de la vtre8 ,c'est peine si j'ai commenc4 ,je ne vous ai pas encore parl de la haine du capital1 de la gratuit du crdit2 sentiment funeste1 erreur dplorable1 qui s'alimente la mme source6 --,quoi6 ce soulvement effrayant des ,proltaires contre les ,capitalistes provient aussi de ce qu'on confond l',argent avec la ,richesse8 --,il est le fruit de causes diverses4 ,malheureusement1 certains capitalistes se sont arrog des monopoles1 des privilges1 qui suffiraient pour expliquer ce sentiment4 ,mais1 lorsque les thoriciens de la dmagogie ont voulu le justifier1 le systmatiser1 lui donner l'apparence d'une opinion raisonne1 et le tourner contre la nature mme du capital1 ils ont eu recours cette fausse conomie politique au fond de laquelle se retrouve toujours la mme confusion4 ,ils ont dit au peuple3 ,prends un cu1 mets-le sous verre2 oublie-le l pendant un an2 va regarder ensuite1 et tu te convaincras qu'il n'a engendr ni dix sous1 ni cinq sous1 ni aucune fraction de sou4 ,donc l'argent ne produit pas d'intrts4 ,puis1 substituant au mot argent son prtendu synonyme1 capital1 ils ont fait subir leur ergo cette modification3 ,donc le capital ne produit pas d'intrts#ca4 ,ensuite est venue la srie des consquences3 ,donc celui qui prte un capital n'en doit rien retirer2 donc celui qui te prte un capital1 s'il en retire quelque chose1 te vole2 donc tous les capitalistes sont des voleurs2 donc les richesses1 devant servir gratuitement ceux qui les empruntent1 appartiennent en ralit ceux qui elles n'appartiennent pas2 donc il n'y a pas de proprit2 donc1 tout est tous2 donc4444 ,note #ca3 ,voy4 l'introduction de ,capital et ,rente1 page #be4 7,note de l'diteur47 --,ceci est grave1 d'autant plus grave que le syllogisme1 je vous l'avoue1 me semble admirablement enchan4 ,je voudrais bien claircir la question4 ,mais1 hlas6 je ne suis plus matre de mon attention4 ,je sens dans ma tte un bourdonnement confus des mots numraire1 argent1 services1 capital1 intrts2 c'est au point que1 vraiment1 je ne m'y reconnais plus4 ,remettons1 s'il vous plat1 l'entretien un autre jour4 --,en attendant voici un petit volume intitul ,capital et ,rente4 ,il dissipera peut-tre quelques-uns de vos doutes4 ,jetez-y un coup d'oeil quand vous vous ennuierez4 --,pour me dsennuyer8 --,qui sait6 ,un clou chasse l'autre2 un ennui chasse un autre ennui2 similia similibus444 --,je ne dcide pas si vous voyez sous leur vrai jour les fonctions du numraire et l'conomie politique en gnral4 ,mais1 de votre conversation1 il me reste ceci3 c'est que ces questions sont de la plus haute importance2 car1 la paix ou la guerre1 l'ordre ou l'anarchie1 l'union ou l'antagonisme des citoyens sont au bout de la solution4 ,comment se fait-il qu'en ,france on sache si peu une science qui nous touche tous de si prs1 et dont la diffusion aurait une influence si dcisive sur le sort de l'humanit8 ,serait-ce que l'tat ne la fait pas assez enseigner8 --,pas prcisment4 ,cela tient ce que1 sans le savoir1 il s'applique avec un soin infini saturer tous les cerveaux de prjugs et tous les coeurs de sentiments favorables l'esprit d'anarchie1 de guerre et de haine4 ,en sorte que1 lorsqu'une doctrine d'ordre1 de paix et d'union se prsente1 elle a beau avoir pour elle la clart et la vrit1 elle trouve la place prise4 --,dcidment1 vous tes un affreux pessimiste4 ,quel intrt l'tat peut-il avoir fausser les intelligences au profit des rvolutions1 des guerres civiles et trangres8 ,il y a certainement de l'exagration dans ce que vous dites4 --,jugez-en4 l'poque o nos facults intellectuelles commencent se dvelopper1 l'ge o les impressions sont si vives1 o les habitudes de l'esprit se contractent avec une si grande facilit2 quand nous pourrions jeter un regard sur notre socit et la comprendre1 en un mot1 quand nous arrivons sept ou huit ans1 que fait l'tat8 ,il nous met un bandeau sur les yeux1 nous fait sortir tout doucement du milieu social qui nous environne1 pour nous plonger1 avec notre esprit si prompt1 notre coeur si impressionnable1 dans le sein de la socit romaine4 ,il nous retient l une dizaine d'annes1 tout le temps ncessaire pour donner notre cerveau un empreinte ineffaable4 ,or1 remarquez que la socit romaine est directement l'oppos de ce qu'est ou devrait tre notre socit4 ,l1 on vivait de guerre2 ici1 nous devrions har la guerre4 ,l1 on hassait le travail2 ici1 nous devons vivre du travail4 ,l1 on fondait les moyens de subsistance sur l'esclavage et la rapine2 ici1 sur l'industrie libre4 ,la socit romaine s'tait organise en consquence de son principe4 ,elle devait admirer ce qui la faisait prosprer4 ,on y devait appeler vertus ce qu'ici nous appelons vices4 ,ses potes1 ses historiens devaient exalter ce qu'ici nous devons mpriser4 ,les mots mmes3 libert1 ordre1 justice1 peuple1 honneur1 influence1 etc41 ne pouvaient avoir la mme signification ,rome qu'ils ont1 ou devraient avoir ,paris4 ,comment voulez-vous que toute cette jeunesse1 qui sort des coles universitaires ou monacales1 qui a eu pour catchisme ,tite-,live et ,quinte-,curce1 ne comprenne pas la libert comme les ,gracques1 la vertu comme ,caton1 le patriotisme comme ,csar8 ,comment voulez-vous qu'elle ne soit pas factieuse et guerrire8 ,comment voulez-vous surtout qu'elle prenne le moindre intrt au mcanisme de notre ordre social8 ,croyez-vous que son esprit est bien prpar le comprendre8 ,ne voyez-vous pas qu'elle devrait1 pour cela1 se dfaire de ses impressions pour en recevoir de tout opposes8 --,que concluez-vous de l8 --,le voici2 le plus press1 ce n'est pas que l'tat enseigne1 mais qu'il laisse enseigner4 ,tous les monopoles sont dtestables1 mais le pire de tous1 c'est le monopole de l'enseignement#cb4 ,note #cb3 ,voy41 au tome ,,iv1 ,baccalaurat et ,socialisme4 7,note de l'diteur47 ,,gratuit ,,du ,,cr,,dit4 ,,premi,,re ,,lettre#cc4 ,note #cc3 ,la brochure ,capital et ,rente avait fait une certaine impression sur les classes ouvrires1 qui l'auteur s'adressait1 et produit une scission dans certaine portion du socialisme4 ,la ,voix du ,peuple jugea donc ncessaire de combattre cet crit4--,au premier article de ,m4 ,chev1 ,bastiat fit demander la rdaction la permission de rpondre et l'obtint4 ,mais il fut prvenu que1 pour la continuation de la discussion1 ,m4 ,proudhon se substituait ,m4 ,chev4 ,les rpliques se succdrent peu prs de semaine en semaine jusqu' la treizime lettre1 dans laquelle ,m4 ,proudhon dclara le dbat clos4 ,il fit de la collection des treize lettres un volume sous ce titre3 ,intrt et ,principal4 ,bastiat1 usant de son droit1 publia de son ct la mme collection1 augmente d'une quatorzime lettre1 et lui donna pour titre3 ,gratuit du crdit4 7,note de l'diteur47 ,f4 ,c4 ,,chev4 ,l'un des rdacteurs de la ,voix du ,peuple1 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,adhsion la formule3 le prt est un service qui doit s'changer contre un service4--,distinction sur la nature des services4--,le service qui consiste cder l'usage temporaire d'une proprit ne doit pas tre rmunr par la cession dfinitive d'une proprit4--,consquences funestes de l'intrt pour l'emprunteur1 pour le prteur lui-mme et pour la socit tout entire4 #bb octobre #ahdi4 ,tous les principes d'conomie sociale que vous avez propags avec un talent si remarquable concluent forcment1 invitablement1 l'abolition de l'intrt ou de la rente4 ,curieux de savoir par quelle trange contradiction votre logique1 toujours si vive et si sre1 reculait devant cette conclusion dfinitive1 j'interrogeai votre pamphlet intitul3 ,capital et ,rente1 et je m'aperus1 avec une surprise mle de joie1 qu'il n'y avait plus entre vous et nous que l'paisseur d'une simple quivoque4 --,cette quivoque porte tout entire sur la confusion de deux choses cependant bien distinctes1 l'usage et la proprit4 ,comme nous1 vous partez de ce principe fondamental et incontest3 rciprocit1 mutualit1 quivalence des services4 ,seulement1 en confondant l'usage et la proprit1 et en identifiant ces deux ordres de nature diverse et sans quivalence possible1 vous dtruisez toute mutualit1 toute rciprocit1 toute quivalence vritable1 renversant ainsi1 de vos propres mains1 le principe que vous avez pos4 ,c'est ce principe qui vient se rclamer de vous-mme contre vous-mme4 ,comment rcuseriez-vous1 en faveur de l'abolition de la rente1 ce juge que vous avez invoqu contre elle8 ,vous ne nous accuserez pas1 ,monsieur1 de manquer de courtoisie4 ,nous1 les premiers attaqus1 nous vous laissons le choix du lieu1 de l'heure et des armes1 et1 sans nous plaindre des dsavantages du terrain1 nous acceptons la discussion dans les termes o vous l'avez pose4 ,bien plus1 nous contentant de suivre un un tous les exemples1 toutes les dmonstrations de votre crit ,capital et ,rente1 nous ne ferons que rectifier le malentendu1 la malheureuse quivoque qui seule vous a empch de conclure contre la rente4 ,les clauses de ce dbat vous semblent-elles1 ou non1 loyales8 ,entrons donc en matire4 ,paul change avec ,pierre dix pices de #ej centimes contre #ajj sous3 voil le troc pour troc1 l'change de proprit contre proprit4--,mais ,pierre dit ,paul3 ,tu me donneras les dix pices de #aj sous actuellement1 et moi je te donnerai la pice de #ajj sous dans un an4 ,voil un service nouveau et d'une autre espce que ,pierre demande ,paul4 --,mais quelle est la nature de ce service8 ,pierre demande-t-il ,paul de lui cder la proprit d'une nouvelle somme quelle qu'elle soit8 non1 mais simplement de lui laisser l'usage de celle-ci pendant un an4 ,or1 puisque tout service doit tre pay par un service quivalent1 un service d'usage doit donc tre chang contre un service d'usage3 rien de moins1 rien de plus4--,pierre dira ,paul3 ,tu me donnes l'usage de dix pices de #aj sous pendant un an1 je te devrai donc en retour le mme service1 c'est--dire l'usage de dix pices de #aj sous pendant un an aussi4 ,est-ce juste1 oui ou non8 ,un homme change un navire contre une maison3 voil le troc pour troc1 l'change de proprit contre proprit4--,mais l'armateur veut1 en outre1 avoir l'usage de la maison pendant un an1 avant de livrer son navire4 ,le propritaire lui dit3 ,c'est un service nouveau que vous me demandez1 j'ai droit de vous refuser ou de vous demander en compensation un service quivalent4--videmment1 rpond l'armateur1 vous me donnez1 une anne durant1 l'usage d'une valeur de #bj1jjj fr41 je suppose1 je vous devrais donc en change l'usage d'une gale valeur de #bj1jjj4 ,rien de plus juste4 ,mais comme je paie votre proprit par celle de mon navire1 ce n'est pas une proprit nouvelle1 mais un simple usage que vous me concdez1 je ne dois donc vous concder aussi que l'usage d'une mme valeur1 et pour un temps gal4 ,les services changs se valent4 ,exiger plus serait un vol4 ,mathurin prte un sac de bl ,jrme qui promet de rendre1 au bout de l'an1 un sac de bl de mme qualit1 de mme poids1 sans qu'il en manque un seul grain4--,mathurin voudrait1 en outre1 cinq litres de bl en sus de l'hectolitre1 pour le service qu'il rend ,jrme4--,non1 reprend celui-ci1 ce serait une injustice et une spoliation1 tu ne me donnes la proprit de rien1 car1 au bout de l'an1 je dois te remettre la valeur exacte de ce que tu me livres aujourd'hui4 ,ce que tu me concdes1 c'est l'usage pendant un an de ton sac de bl1 tu as donc droit l'usage de la mme valeur pendant une anne aussi4 ,rien au del2 sinon il n'y aurait plus mutualit1 rciprocit1 quivalence des services4 ,de son ct1 ,mathurin1 qui est quelque peu clerc1 fait ce raisonnement3 ,ce que m'objecte ,jrme est incontestable2 et1 en effet1 si au bout de l'an1 il me rentre cinq litres de bl en sus des cent litres que je viens de prter1 et que dans quelque temps je puisse prter deux sacs de bl1 puis trois1 puis quatre1 lorsque j'en aurai plac un assez grand nombre pour vivre sur la somme de ces rtributions1 je pourrai manger en ne faisant rien1 et sans jamais dpenser mon avoir4 ,or1 ce que je mangerai1 ce sera pourtant quelqu'un qui l'aura produit4 ,ce quelqu'un n'tant pas moi1 mais autrui1 je vivrai donc aux dpens d'autrui1 ce qui est un vol4 ,et cela se comprend1 car le service que j'aurai rendu n'est qu'un prt ou l'usage d'une valeur1 tandis que le service qu'on m'aurait remis en change serait un don ou la proprit d'une chose4 ,il n'y a donc justice1 galit1 quivalence de services que dans le sens o l'entend ,jrme4 ,valre veut occuper1 un an durant1 la maison de ,mondor4 ,il sera tenu de se soumettre trois conditions4 ,la premire1 de dguerpir au bout de l'an1 et de rendre la maison en bon tat1 sauf les dgradations invitables qui rsultent de la seule dure4 ,la seconde1 de rembourser ,mondor les #cjj francs que celui-ci paie annuellement l'architecte pour rparer les outrages du temps2 car ces outrages survenant pendant que la maison est au service de ,valre1 il est de toute justice qu'il en supporte les consquences4 ,la troisime c'est de rendre ,mondor un service quivalent celui qu'il en reoit4 ,or1 ce service est l'usage d'une maison pendant un an4 ,valre devra donc ,mondor l'usage de la mme valeur pendant le mme laps de temps4 ,cette valeur devra tre librement dbattue entre les deux contractants4 ,jacques vient d'achever la confection d'un rabot4 ,guillaume dit ,jacques3 --,il faut que tu me rendes un service4 --,lequel8 --,prte-moi ce rabot pour un an4 --,y penses-tu1 ,guillaume6 ,et1 si je te rends ce service1 quel service me rendras-tu de ton ct8 --,le mme1 bien entendu2 et si tu me prtes une valeur de #bj francs pour un an1 je devrai te prter1 mon tour1 la mme valeur pendant une gale dure4 --,d'abord1 dans un an1 il faudra mettre le rabot au rebut3 il ne sera plus bon rien4 ,il est donc juste que tu m'en rendes un autre exactement semblable1 ou que tu me donnes assez d'argent pour le faire rparer1 ou que tu me remplaces les deux journes que je devrai consacrer le refaire4 ,de manire ou d'autre1 il faut que le rabot me revienne en bon tat1 comme je te le livre4 --,c'est trop juste1 je me soumets cette condition2 je m'engage te rendre1 ou un rabot semblable1 ou la valeur4 --,indpendamment de la restitution intgrale dj stipule1 il faut que tu me rendes un service que nous allons dbattre4 --,le service est bien simple4 ,de mme que pour ton rabot cd1 je dois te rendre un rabot pareil1 ou gale valeur en argent2 de mme pour l'usage de cette valeur pendant un an1 je te dois l'usage de pareille somme pendant un an aussi4 ,dans l'un comme dans l'autre cas les services changs se valent4 ,cela pos1 voici1 ce me semble1 une srie de consquences dont il est impossible de contester la justesse3 #a ,si l'usage paie l'usage1 et si la cession purement temporaire par l'emprunteur de l'usage d'une valeur gale est une rtribution naturelle1 quitable1 juste prix d'un service d'usage1 nous pouvons en conclure1 en gnralisant1 qu'il est ,,contraire la nature du capital de produire un intrt4 ,en effet1 il est bien clair qu'aprs l'usage rciproque des deux services changs1 chaque propritaire n'tant rentr que dans la valeur exacte de ce qu'il possdait auparavant1 il n'y a intrt ou productivit du capital ni pour l'un ni pour l'autre4 ,et il n'en saurait tre autrement1 puisque le prteur ne pourrait tirer un intrt de la valeur prte qu'autant que l'emprunteur ne tirerait lui-mme aucun intrt de la valeur rendue2 qu'ainsi1 l'intrt du capital est la ngation de lui-mme et qu'il n'existe pour ,paul1 ,mathurin1 ,mondor et ,jacques qu' la condition d'tre supprim pour ,pierre1 ,jrme1 ,valre et ,guillaume4 ,toutes choses tant1 en ralit1 instruments de production au mme titre1 les premiers ne peuvent prlever l'intrt de la valeur prte qu'autant que les seconds prlvent en retour l'intrt de la valeur remise en change1 ce qui dtruit l'intrt du capital par lui mme et le rduit un simple droit d'usage contre l'usage4 ,vouloir changer l'usage contre la proprit1 c'est dpouiller1 spolier l'un au profit de l'autre1 c'est lgaliser1 organiser1 systmatiser l'injustice elle-mme4 ,posons donc en fait que l'intrt est illgitime1 inique et spoliateur4 #b ,une seconde consquence1 non moins remarquable que la premire1 c'est que l'intrt nuit l'emprunteur1 au prteur lui-mme1 et la socit tout entire4 ,il nuit l'emprunteur et le spolie1 car il est vident que si ,pierre1 ,jrme1 ,valre et ,guillaume doivent rendre une valeur plus grande que celle qu'ils ont reue1 il n'y a pas quivalence de services1 et que la valeur qu'ils rendent en plus tant produite par eux et prleve par d'autres1 ils sont spolis d'autant4 ,il nuit au prteur1 parce que1 quand celui-ci a recours l'emprunt1 il est victime de la mme spoliation4 ,il nuit l'un et l'autre et la socit tout entire1 parce que l'intrt ou la rente1 augmentant considrablement le prix de revient de tous les produits1 chaque consommateur se trouve spoli d'autant sur tout ce qu'il achte2 que les travailleurs1 ne pouvant plus racheter leurs produits au prix de leur salaire1 sont forcs de rduire leur consommation2 que cette rduction de consommation amne le chmage2 que ce chmage entrane une rduction nouvelle de consommation1 et qu'il exige le don improductif de sommes normes englouties par l'assistance publique ou prive1 et la rpression des crimes toujours croissants enfants par le manque de travail et la misre4 ,d'o une perturbation effroyable dans la loi de l'offre et de la demande1 et dans tous les rapports d'conomie sociale2 un obstacle infranchissable la formation1 la multiplication1 l'abondance des capitaux2 l'autocratie absolue du capital1 la servitude radicale des travailleurs1 l'oppression partout1 la libert nulle part4 ,que la socit comprenne donc le dommage qu'elle s'inflige quand elle proclame la lgitimit de l'intrt4 #c ,les anecdotes que nous avons racontes mettent aussi sur la voie d'expliquer tout ce qu'a de monstrueux ce phnomne qu'on appelle la prennit ou la perptuit de l'intrt4 ,ds qu'infidles au principe de l'quivalence des services1 ,paul1 ,mathurin1 ,mondor et ,jacques veulent changer1 non plus l'usage contre l'usage1 mais l'usage contre la proprit1 il arrive qu'en quatorze ans environ1 ils ont reu la valeur de leur bien1 en un sicle dix fois cette valeur1 et que1 le prtant ainsi indfiniment1 ils en recevront mille1 cent mille1 un million de fois la valeur1 sans jamais cesser d'en tre propritaires4 ,de sorte que le simple usage du sac de bl1 de la maison1 du rabot1 quivaudra la proprit1 non pas d'un1 mais d'un million1 d'un milliard1 et ainsi de suite1 de sacs de bl1 de maisons1 de rabots4 ,c'est la facult de vendre toujours de nouveau le mme objet et d'en recevoir toujours de nouveau le prix1 sans jamais cder la proprit de ce qu'on vend4 ,les valeurs changes sont-elles gales8 ,les services rciproques se valent-ils8 ,car remarquez bien ceci3 les instruments de production sont un service pour les prteurs comme pour les emprunteurs1 et si ,pierre1 ,jrme1 ,valre et ,guillaume ont reu un service qui consiste dans l'usage d'une pice de cent sous1 d'un sac de bl1 d'une maison1 d'un rabot1 ils ont rendu1 en change1 un service qui consiste dans la proprit d'un milliard de pices de cent sous1 de sacs de bl1 de maisons1 de rabots4 ,or1 moins de dmontrer que l'usage de #e francs gale la proprit de #e milliards1 il faut reconnatre que l'intrt du capital est un vol4 ,ds que1 par l'intrt ou la rente1 un individu ou une succession d'individus peuvent changer #e francs1 un sac de bl1 une maison1 un rabot contre un milliard et plus de pices de #e francs1 de sacs de bl1 de maisons1 de rabots1 il y a un homme dans le monde qui reoit un milliard de plus qu'il n'a produit4--,or1 ce milliard1 c'est la subsistance de cent1 de mille autres2 et en supposant que le salaire qui reste ces mille spolis suffise encore les nourrir1 en travaillant jusqu' leur dernire heure1 c'est le loisir de mille individus qu'un seul engloutit1 c'est--dire leur vie morale et intellectuelle4--,ces hommes auxquels on enlve ainsi1 au profit d'un seul1 toute vie de l'me et de la pense fussent peut-tre devenus des ,newtons1 des ,fnelons1 des ,pascals1 ralisant de merveilleuses dcouvertes dans les sciences et dans les arts1 et avanant d'un sicle les progrs de l'humanit4--,mais non1 grce la rente et sa monstrueuse prennit1 le loisir est interdit prcisment tous ceux qui travaillent du berceau jusqu' la tombe1 et devient le privilge exclusif des quelques oisifs qui1 par l'intrt du capital1 s'approprient1 sans rien faire1 le fruit du labeur accablant des travailleurs4--,la presque totalit de l'humanit est rduite croupir dans la vie vgtative et stationnaire1 dans l'ignorance ternelle1 par suite de cette spoliation de la rente1 qui lui enlve la subsistance d'abord et le loisir ensuite4--,sans la rente1 au contraire1 personne ne recevant exactement que ce qu'il a produit1 un nombre immense d'hommes1 maintenant oisifs ou livrs un travail improductif et souvent destructeur1 seraient contraints de travailler1 ce qui augmenterait d'autant la somme de la richesse gnrale ou du loisir possible1 et ce loisir appartiendrait toujours ceux qui l'ont rellement acquis par leur propre travail ou par celui de leurs pres4 ,mais1 dit-on3 ,si le capital ne doit plus produire d'intrt1 qui voudra crer les instruments de travail1 les matriaux et les provisions de toute espce dont il se compose8 ,chacun les consommera mesure1 et l'humanit ne fera jamais un pas en avant4 ,le capital ne se formera plus puisqu'il n'y aura plus intrt le former4 ,singulire quivoque en vrit6 ,est-ce que le laboureur n'a pas avantage produire le plus possible1 bien qu'il n'change sa rcolte au march que contre une valeur gale une fois paye1 sans aucune rente ou intrt du capital8 ,est-ce que l'industriel n'a pas avantage doubler et tripler ses produits1 bien qu'il ne les vende que pour une somme quivalente une seule fois donne1 sans aucun intrt du capital8 ,est-ce que #ajj1jjj francs cus cesseront de valoir #ajj1jjj francs1 parce qu'ils ne produiront plus intrt8 ,est-ce que #ejj1jjj francs en terres1 en maisons1 en machines ou autrement cesseront d'tre #ejj1jjj francs parce que l'on n'en tirera plus la rente8 ,en un mot1 la richesse acquise1 sous quelque forme et de quelque manire qu'elle le soit1 ne sera-t-elle plus une richesse parce que je ne pourrai m'en servir pour spolier autrui8--,qui voudra crer la richesse8 ,mais tous ceux qui dsireront tre riches4--,qui pargnera8 ,mais tous ceux qui voudront vivre le lendemain sur le travail de la veille4--,quel intrt y aura-t-il former le capital8 ,l'intrt de possder #aj1jjj francs quand on aura produit #aj1jjj francs1 d'en possder #ajj1jjj1 quand on en aura produit #ajj1jjj1 et ainsi de suite4 ,la loi1 dites-vous1 nous ravira la perspective d'amasser un peu de bien1 puisqu'elle nous interdira d'en tirer aucun parti4 ,tout au contraire1 la loi assurera tous la perspective d'amasser autant de richesses qu'ils ont produit de travail1 en interdisant chacun de spolier son voisin du fruit de ses labeurs1 et en voulant que les services changs se vaillent3 usage contre usage et proprit contre proprit4 ,elle dtruira en nous1 ajoutez-vous1 et le stimulant de l'pargne dans le prsent1 et l'esprance du repos dans l'avenir4 ,nous aurons beau nous extnuer de fatigues1 il faut renoncer transmettre nos fils et nos filles un petit pcule1 puisque la science moderne le frappe de strilit1 puisque nous deviendrions des exploiteurs d'hommes si nous prtions intrt4 ,tout au contraire1 l'abolition de l'intrt du capital ravive en vous le stimulant de l'pargne dans le prsent et vous assure l'esprance du repos dans l'avenir1 puisqu'elle vous empche1 vous1 travailleurs1 d'tre dpouills1 par la rente1 de la plus grande part du fruit de votre travail1 et qu'en vous obligeant ne pouvoir dpenser que la somme exacte de ce que vous avez gagn1 elle rend l'pargne plus indispensable encore tous1 riches ou pauvres4 ,non-seulement vous pourrez transmettre vos fils et vos filles un petit pcule1 sans devenir exploiteurs d'hommes1 mais ce pcule1 vous l'obtiendrez avec bien moins de fatigues qu'aujourd'hui2 car1 si gagnant #aj fr4 par jour et en dpensant #e1 les #e autres vous sont actuellement enlevs par toutes les formes de la rente et de l'intrt du capital1 vous n'avez1 aprs quarante annes des plus rudes travaux1 pas une obole laisser vos enfants2 tandis que1 la rente abolie1 vous aurez plus de #fj1jjj francs leur lguer4 ,tous les sophismes conomiques1 l'endroit de l'intrt du capital1 tiennent uniquement ce qu'on se borne toujours prendre la question par un seul ct1 au lieu de l'envisager sous ses deux faces rciproques4 ,on dmontre merveille que la valeur prte est un service1 un moyen de travail et de production pour l'emprunteur2 mais on oublie que la valeur rendue est galement un service1 un moyen de travail et de production1 au mme titre pour le prteur1 et qu'ainsi1 l'usage du mme service se balanant dans le mme temps donn1 l'intrt du capital est une absurdit non moins qu'une spoliation4 ,on numre avec pompe les bnfices d'une pargne qui1 en se multipliant indfiniment par la rente1 produit l'opulence scandaleuse de quelques oisifs2 mais on oublie que ces bnfices1 prlevs par celui qui ne fait rien sur celui qui travaille1 produisent la misre effroyable des masses1 auxquelles ils enlvent souvent la subsistance1 toujours au moins l'pargne1 le loisir et la possibilit de laisser quelque chose leurs fils4 ,on proclame grands frais la ncessit de la formation des capitaux1 et l'on ne voit pas que l'intrt restreint cette formation en un nombre presque imperceptible de mains1 tandis que l'abolition de la rente y appellerait tout le monde sans exception1 et que les capitaux se multiplieraient dans une proportion d'autant plus grande que chacun devrait compenser par le chiffre de la valeur du fonds l'intrt supprim4 ,dire que l'intrt s'anantira1 c'est donc dire qu'il y aura un motif de plus d'pargner1 de se priver1 de former de nouveaux capitaux et de conserver les anciens1 puisque d'abord toute richesse acquise restera toujours une richesse2 qu'ensuite chacun pouvant toujours s'enrichir en proportion exacte de son travail et de son pargne1 nul ne sera conduit par l'opulence et la misre excessives la dissipation et l'imprvoyance2 qu'enfin tous vivant1 non plus sur l'intrt1 mais sur le fonds1 il faudra ncessairement que l'importance du capital compense le chiffre de la rente abolie4 ,tout le monde sait que le zro1 bien que n'ayant par lui-mme aucune valeur intrinsque et absolue1 a cependant une valeur de service et d'usage dans la numration ou la multiplication des valeurs1 puisque chaque nombre s'accrot d'une dizaine1 selon les zros qui le suivent4 ,dire que le taux naturel et vrai de l'intrt est zro1 c'est donc dire simplement que l'usage ne peut s'changer que contre l'usage et jamais contre la proprit4 ,de mme qu'une paire de bas se paie sa valeur1 soit #b fr41 par exemple1 de mme l'usage d'une valeur ne doit se payer que par l'usage pendant le mme temps d'une valeur gale4 ,c'est l sans doute empcher la spoliation de la proprit par la proprit1 mais1 coup sr1 ce n'est pas la rendre acphale4 ,vous voulez l'pargne qui constitue la formation des capitaux4 ,supprimez donc la rente qui enlve l'pargne des travailleurs1 rend l'pargne superflue au riche qui retrouve toujours dans le revenu la richesse qu'il dpens toujours1 et1 impossible au pauvre dont le salaire ne dpasse jamais1 s'il les gale1 les besoins de sa subsistance4 ,vous voulez l'abondance des capitaux4 ,supprimez donc la rente qui empche les quatre-vingt-dix-neuf centimes des travailleurs de pouvoir jamais acqurir et conserver le capital ou la richesse4 ,vous voulez la conciliation du capital et du travail4 ,supprimez donc la rente qui ternise l'antagonisme de ces deux choses1 en dtruisant l'quivalence et la rciprocit des services1 et en amenant une exploitation du travail par le capital telle1 qu'en un temps donn1 le premier paie au second #e milliards pour l'usage d'une seule pice de cent sous1 comme nous l'avons montr plus haut4 ,vous voulez l'harmonie des classes4 ,supprimez donc la rente1 afin que1 les services s'changeant sans cesse contre des services gaux et de mme nature1 chacun reste toujours possesseur de la somme exacte de son travail1 et qu'ainsi il ne puisse plus y avoir ni exploitants ni exploits1 ni matres ni esclaves4 ,alors la scurit sera partout1 parce que l'injustice ne sera nulle part4 ,alors les travailleurs seront les premiers se porter les gardiens naturels de cette socit1 dont ils ne conspirent aujourd'hui la ruine que parce qu'elle ralise la leur4 ,alors on ne parlera plus d'organisation artificielle du travail1 parce qu'on aura l'organisation naturelle et vraie4 ,alors on repoussera les arrangements de la contrainte1 parce qu'on possdera ceux de la libert4 ,alors tomberont1 comme d'elles-mmes1 les jalousies de classe1 les malveillances1 les haines sans fondement1 les dfiances injustes2 car la parfaite galit de l'change1 l'incontestable quivalence des services sera susceptible d'tre rigoureusement1 mathmatiquement dmontre1 et la justice absolue qu'elle consacrera n'en sera pas moins sublime1 parce qu'elle satisfera autant l'intelligence que le sentiment4 ,vous le voyez1 ,monsieur1 j'ai suivi pas pas1 et je pourrais dire lettre lettre1 chacun des exemples1 chacune des dmonstrations contenues dans votre crit ,capital et ,rente1 et il m'a suffi de rtablir la distinction entre l'usage et la proprit1 et d'viter ainsi l'quivoque qui nous spare1 pour conclure de vos propres penses et de vos propres paroles l'abolition de la rente4 ,ce n'est pas ma lettre1 c'est votre ouvrage lui-mme qui contient cette conclusion depuis la premire ligne jusqu' la dernire4 ,aussi n'ai-je fait que le reproduire1 souvent littralement et en n'en changeant que les termes qui ont donn lieu cette malheureuse quivoque4 ,cette rfutation n'est pas de moi1 mais de vous4 ,comment donc pourriez-vous rcuser votre propre tmoignage8 ,c'est le principe mme de la rente que vous avez voulu justifier4 ,l se bornait votre tche4 ,c'est le principe mme de l'abolition de la rente que j'ai1 ce me semble1 mathmatiquement dmontr par vos propres aphorismes4 ,l doit se borner aussi mon oeuvre4 ,je me suis arrt o vous avez jug ncessaire de vous arrter vous-mme4 ,la question de principe une fois vide1 s'il arrivait1 ce que ,dieu veuille1 que vous reconnaissiez en droit l'injustice et l'illgitimit de l'intrt1 il resterait sans doute traiter la question d'application4 ,je ne veux point la prjuger ici1 puisqu'elle sort videmment du cercle que vous-mme avez trac4 ,cependant1 quelques mots seront utiles peut-tre pour dmontrer1 non pas seulement la possibilit1 mais la facilit pratique de raliser l'abolition de la rente par la libert seule1 et mme avant que la loi la sanctionne4 ,au fond1 tout le problme se rduit ceci3 ,donner aux travailleurs le moyen d'acqurir1 soit par -compte1 soit de toute autre manire1 la proprit de toutes les choses dont l'intrt1 le louage1 fermage ou loyer leur fait ternellement payer la valeur pour n'en avoir que le simple usage4 ,or1 ce moyen est possible4 ,en effet1 supposez1--et ce fait n'est plus une supposition1 mais une oeuvre maintenant en plein cours d'excution2--supposez qu'une sorte de banque prive se forme afin d'mettre des billets que les associations ouvrires de toutes les professions indispensables s'engagent recevoir pour le montant d'un cinquime1 par exemple1 de tous les achats qui leur seront faits4 ,supposez que ces billets1 changs contre de l'argent par tous les hommes qui veulent l'abolition de l'intrt1 et qui en trouvent l'coulement immdiat dans les associations1 produisent une somme ncessaire pour construire des maisons o la rente sera abolie1 et o le prix de loyer donnera toujours droit une valeur gale sur le montant de la proprit elle-mme qu'on acquerra ainsi1 en vingt-cinq ans1 par le seul payement des termes4 ,supposez que l'opration se continue ainsi indfiniment par l'mission1 soit des anciens1 soit de nouveaux billets1 et qu'elle embrasse1 non-seulement les maisons1 mais tous les instruments de production et les terres1 o le prix de louage et de fermage rembourserait de la mme manire la valeur de la proprit elle-mme4 ,voici la rente abolie sous toutes ses formes1 non-seulement pour les capitaux sur lesquels opre cette banque1 et qui arriveront ncessairement un chiffre colossal1 mais bientt pour tous les autres1 qui1 par la loi inexorable de la concurrence1 tomberont au mme taux1 c'est--dire au simple change de valeurs gales contre valeurs gales1 sans aucun intrt ou rente de part ni d'autre4 ,j'limine tous dtails pour tre bref1 et je me contente de rsumer en deux mots le principe sommaire de l'opration4 ,toutes les ides conomiques vous sont trop familires1 ,monsieur1 pour que vous ne saisissiez pas de suite le rsultat de ce mcanisme1 d'ailleurs si simple4 ,c'est assez pour que vous puissiez voir d'un regard comment il est possible1 sinon mme facile1 de tuer la rente par l'abolition de la rente1 l'intrt du capital par la suppression de cet intrt1 et d'amener librement1 pacifiquement1 sans secousse1 le jour o le prt1 le louage1 le fermage ou loyer ne seront plus qu'une des formes de l'change dont ils constituent aujourd'hui une dviation monstrueuse1 et o se raliseront dans toute la plnitude de leur vrit vos propres principes3 mutualit1 rciprocit1 quivalence des services4 ,le principe du moyen d'application pos1 variez-en les formes1 les lments1 les conditions1 le mcanisme2 simplifiez1 perfectionnez-en la base2 tendez1 universalisez-en l'action2 substituez librement1 partout1 au signe montaire1 un signe d'change qui ne puisse permettre l'intrt2 frappez dans toute circulation le capital du caractre d'improductivit2 solidarisez volontairement le travail2 en un mot1 reproduisez cette combinaison de l'abolition de la rente sous tous les modes du possible3 c'est l le domaine de la libert4 ,il suffit de montrer que le moyen pratique existe2 laissez le gnie de l'homme agir1 et vous verrez s'il ne sait pas s'en servir4 ,quoi qu'il en soit1 et indpendamment de toute opinion sur les moyens pratiques1 l'galit1 la justice n'en restent pas moins toujours ce qu'elles sont1 la vrit n'en est pas moins la vrit1 et l'intrt du capital1 illgitime en droit1 absurde et monstrueux en principe1 spoliateur en fait1 commande l'anathme de tous les hommes de bien1 la maldiction des races opprimes1 et la juste indignation de quiconque porte une me gnreuse et pleine de sympathie pour tout ce qui souffre et pleure4 ,c'est ce titre1 ,monsieur1 que je le dnonce vos coups1 persuad qu'aprs l'avoir envisag de nouveau1 et dans sa hideuse iniquit1 vous ne trouverez point de plus noble tche que de consacrer votre talent si remarquable de verve1 de lucidit1 de pittoresque et d'incisif1 combattre ce flau1 source de toutes ces indescriptibles misres auxquelles le monde est en proie4 ,permettez-moi donc de terminer cette trop longue ptre par les paroles suivantes de votre crit1 qui sont comme la pierre d'attente et le prambule de cette grande oeuvre de rhabilitation laquelle l'galit1 la justice et l'amour du peuple vous convient3 ,voil deux hommes4 ,l'un travaille soir et matin1 d'un bout de l'anne l'autre1 et s'il a consomm tout ce qu'il a gagn1 ft-ce par force majeure1 il reste pauvre4 ,quand vient la ,saint-,sylvestre1 il ne se trouve pas plus avanc qu'au premier de l'an1 et sa seule perspective est de recommencer4 ,l'autre ne fait rien de ses bras ni de son intelligence1 du moins1 s'il s'en sert1 c'est pour son plaisir2 il lui est loisible de n'en rien faire1 car il a une rente4 ,il ne travaille pas2 et cependant il vit bien1 tout lui arrive en abondance1 mets dlicats1 meubles somptueux1 lgants quipages1 c'est--dire qu'il dtruit chaque jour des choses que les travailleurs ont d produire la sueur de leur front2 car ces choses ne se sont pas faites d'elles-mmes1 et1 quant lui1 il n'y a pas mis les mains4 ,c'est nous1 travailleurs1 qui avons fait germer ce bl1 verni ces meubles1 tiss ces tapis2 ce sont nos femmes et nos filles qui ont fil1 dcoup1 cousu1 brod ces toffes4 ,nous travaillons donc pour lui et pour nous2 pour lui d'abord1 et pour nous s'il en reste4 ,mais voici quelque chose de plus fort3 si le premier de ces deux hommes1 le travailleur1 consomme dans l'anne ce qu'on lui a laiss de profit dans l'anne1 il en est toujours au point de dpart1 et sa destine le condamne tourner sans cesse dans un cercle ternel et monotone de fatigues4 ,le travail n'est donc rmunr qu'une fois4 ,mais si le second1 le rentier1 consomme dans l'anne sa rente de l'anne1 il a1 l'anne d'aprs1 et les annes suivantes1 et pendant l'ternit entire1 une rente toujours gale1 intarissable1 perptuelle4 ,le capital est donc rmunr non pas une fois ou deux fois1 mais un nombre indfini de fois6 ,en sorte qu'au bout de cent ans1 la famille qui a plac #bj1jjj fr4 #e pour #ajj aura touch #ajj1jjj fr41 ce qui ne l'empchera pas d'en toucher encore #ajj1jjj dans le sicle suivant4 ,en d'autres termes1 pour #bj1jjj fr4 qui reprsentent son travail1 elle aura prlev1 en deux sicles1 une valeur dcuple sur le travail d'autrui4 ,n'y a-t-il pas dans cet ordre social un vice monstrueux rformer8 ,ce n'est pas tout encore4 ,s'il plat cette famille de restreindre quelque peu ses jouissances1 de ne dpenser1 par exemple1 que #ijj fr4 au lieu de #a1jjj1--sans aucun travail1 sans autre peine que celle de placer #ajj francs par an1 elle peut accrotre son capital et sa rente dans une progression si rapide1 qu'elle sera bientt en mesure de consommer autant que cent familles d'ouvriers laborieux4 ,tout cela ne dnote-t-il pas que la socit actuelle porte dans son sein un cancer hideux qu'il faut extirper1 au risque de quelques souffrances passagres8 ,c'est ce cancer hideux que vous nous aiderez1 ,monsieur1 extirper4 ,vous voulez pour l'change la libert1 veuillez donc aussi l',,galit1 afin que la fraternit1 en les couronnant toutes deux1 amne sur le monde le rgne de la justice1 de la paix et de la conciliation universelle4 ,f4 ,,chev4 ,,deuxi,,me ,,lettre4 ,f4 ,,bastiat1 ,au rdacteur de la ,voix du ,peuple4 ,l'usage d'une proprit est une valeur4--,toute valeur peut s'changer contre une autre4--,fcondit du ,,capital4--,sa coopration n'est pas rmunre aux dpens du ,,travail4--,cette rmunration n'est pas exclusivement attache la circonstance du ,,pr,t4 #ab novembre #ahdi4 ,l'ardeur extrme avec laquelle le peuple1 en ,france1 s'est mis creuser les problmes conomiques1 et l'inconcevable indiffrence des classes aises l'gard de ces problmes1 forment un des traits les plus caractristiques de notre poque4 ,pendant que les anciens journaux1 organes et miroirs de la bonne socit1 s'en tiennent la guerroyante et strile politique de parti1 les feuilles destines aux classes ouvrires agitent incessamment ce qu'on peut appeler les questions de fond1 les questions sociales4 ,malheureusement1 je le crains bien1 elles s'garent ds leurs premiers pas dans cette voie4 ,mais en pouvait-il tre autrement8 ,elles ont du moins le mrite de chercher la vrit4 ,tt ou tard la possession de la vrit sera leur rcompense4 ,puisque vous voulez bien1 ,monsieur1 m'ouvrir les colonnes de la ,voix du ,peuple1 je poserai devant vos lecteurs1 et m'efforcerai de rsoudre ces deux questions3 #a ,l'intrt des capitaux est-il lgitime8 #b ,est-il prlev aux dpens du travail et des travailleurs8 ,nous diffrons sur la solution2 mais il est un point sur lequel nous sommes certainement d'accord3 c'est que l'esprit humain ne peut s'attaquer 7sauf les problmes religieux7 des questions plus graves4 ,si c'est moi qui me trompe1 si l'intrt est une taxe abusive1 prleve par le capital sur tous les objets de consommation1 j'aurai me reprocher d'avoir1 mon insu1 tanonn par mes arguments le plus ancien1 le plus effroyable et le plus universel abus que le gnie de la spoliation ait jamais imagin2 abus auquel ne se peuvent comparer1 quant la gnralit des rsultats1 ni le pillage systmatique des peuples guerriers1 ni l'esclavage1 ni le despotisme sacerdotal4 ,une dplorable erreur conomique aurait tourn contre la dmocratie cette flamme dmocratique que je sens brler dans mon coeur4 ,mais si l'erreur est de votre ct1 si l'intrt est non-seulement naturel1 juste et lgitime1 mais encore utile et profitable1 mme ceux qui le paient1 vous conviendrez que votre propagande ne peut que faire1 malgr vos bonnes intentions1 un mal immense4 ,elle induit les travailleurs se croire victimes d'une injustice qui n'existe pas2 prendre pour un mal ce qui est un bien4 ,elle sme l'irritation dans une classe et la frayeur dans l'autre4 ,elle dtourne ceux qui souffrent de dcouvrir la vraie cause de leurs souffrances en les mettant sur une fausse piste4 ,elle leur montre une prtendue spoliation qui les empche de voir et de combattre les spoliations relles4 ,elle familiarise les esprits avec cette pense funeste que l'ordre1 la justice et l'union ne peuvent renatre que par une transformation universelle 7aussi dtestable qu'impossible dans l'hypothse7 de tout le systme selon lequel s'accomplissent1 depuis le commencement du monde1 le ,travail et les changes4 ,il n'est donc pas de question plus grave4 ,je la reprendrai au point o la discussion l'a amene4 ,oui1 ,monsieur1 vous avez raison4 ,comme vous dites1 nous ne sommes spars que par l'paisseur d'une quivoque portant sur les mots ,usage et ,proprit4 ,mais cette quivoque suffit pour que vous croyiez devoir marcher1 plein de confiance1 vers l',occident1 tandis que ma foi me pousse vers l',orient4 ,entre nous1 au point de dpart1 la distance est imperceptible1 mais elle ne tarde pas devenir un abme incommensurable4 ,la premire chose faire1 c'est de revenir sur nos pas1 jusqu' ce que nous ayons retrouv le point de dpart sur lequel nous sommes d'accord4 ,ce terrain qui nous est commun1 c'est la mutualit des services4 ,j'avais dit3 ,celui qui prte une maison1 un sac de bl1 un rabot1 une pice de monnaie1 un navire1 en un mot une ,,valeur1 pour un temps dtermin1 rend un service4 ,il doit donc recevoir1 outre la restitution de cette valeur l'chance1 un service quivalent4--,vous convenez qu'il doit1 en effet1 recevoir quelque chose4 ,c'est un grand pas vers la solution1 car c'est ce quelque chose que j'appelle ,,int,r,t4 ,voyons1 ,monsieur1 nous accordons-nous sur ce point de dpart8 ,vous me prtez1 pour toute l'anne #ahdi1 #a1jjj fr4 en cus1 ou un instrument de travail estim #a1jjj fr41--ou un approvisionnement valant #a1jjj fr41--ou une maison valant #a1jjj fr4 ,c'est en #ahdi que je recueillerai tous les avantages que peut procurer cette valeur cre par votre travail et non par le mien4 ,c'est en #ahdi que vous vous priverez volontairement1 en ma faveur1 de ces avantages que vous pourriez trs-lgitimement vous rserver4 ,suffira-t-il1 pour que nous soyons quittes1 pour que les services aient t quivalents et rciproques1 pour que la justice soit satisfaite1 suffira-t-il qu'au premier de l'an #ahej1 je vous restitue intgralement1 mais uniquement1 vos cus1 votre machine1 votre bl1 votre maison8 ,prenez garde1 s'il en doit tre ainsi1 je vous avertis que le rle que je me rserverai toujours1 dans ces sortes de transactions1 sera celui d'emprunteur3 ce rle est commode1 il est tout profit2 il me met mme d'tre log et pourvu toute ma vie aux dpens d'autrui2-- la condition toutefois de trouver un prteur1 ce qui1 dans ce systme1 ne sera pas facile2 car qui btira des maisons pour les louer gratis et se contenter1 de terme en terme1 de la pure restitution8 ,aussi n'est-ce pas l ce que vous prtendez4 ,vous reconnaissez 7et c'est ce que je tiens bien constater7 que celui qui a prt une maison ou une valeur quelconque1 a rendu un service dont il n'est pas rmunr par la simple remise des clefs au terme1 ou le simple remboursement l'chance4 ,il y a donc1 d'aprs vous comme d'aprs moi1 quelque chose stipuler en sus de la restitution4 ,nous pouvons ne pas nous accorder sur la nature et le nom de ce quelque chose2 mais quelque chose est d par l'emprunteur4 ,et puisque vous admettez1 d'une part1 la mutualit des services1 puisque1 d'autre part1 vous avouez que le prteur a rendu service1 permettez-moi d'appeler provisoirement cette chose due par l'emprunteur un service4 ,eh bien6 ,monsieur1 il me semble que la question a fait un pas1 et mme un grand pas1 car voici o nous en sommes3 ,selon votre thorie1 tout aussi bien que selon la mienne1 entre le prteur et l'emprunteur1 cette convention est parfaitement lgitime qui stipule3 #a ,la restitution intgrale1 l'chance1 de l'objet prt2 #b ,un service rendre par l'emprunteur au prteur1 en compensation du service qu'il en a reu4 ,maintenant1 quels seront la nature et le nom de ce service d par l'emprunteur8 ,je n'attache pas ces questions l'importance scientifique que vous y mettez4 ,elles peuvent tre abandonnes aux contractants eux-mmes1 dans chaque cas particulier4 ,c'est vritablement leur affaire de dbattre la nature et l'quivalence des services changer1 aussi bien que leur appellation spciale4 ,la science a fini quand elle en a montr la cause1 l'origine et la lgitimit4 ,l'emprunteur s'acquittera en bl1 en vin1 en souliers1 en main-d'oeuvre1 selon son tat4 ,dans la plupart des circonstances1 et seulement pour plus de commodit1 il paiera en argent2 et comme on ne se procure l'argent qu'avec du travail1 on pourra dire qu'il paie avec du travail4 ,ce paiement1 juste et lgitime d'aprs vous-mme1 pourquoi me dfendriez-vous de le baptiser loyer1 fermage1 escompte1 rente1 prt1 intrt1 selon l'occurrence8 ,mais venons-en l'quivoque qui nous spare1 la prtendue confusion que je fais1 dites-vous1 entre l'usage et la proprit1 entre le prt de la chose et une cession absolue4 ,vous dites3 ,celui qui emprunte une proprit1 une valeur1 tant tenu de la rendre intgralement l'chance1 n'a reu1 au fond1 qu'un usage4 ,ce qu'il doit1 ce n'est pas une proprit1 une valeur1 mais l'usage d'une proprit1 d'une valeur quivalente4 ,identifier ces deux ordres de nature diverse sans quivalence possible1 c'est dtruire la mutualit des services4 ,pour aller la racine de l'objection1 il faudrait remuer tous les fondements de l'conomie sociale4 ,vous n'attendez pas de moi un tel travail1 mais je vous demanderai si1 selon vous1 l'usage d'une valeur n'a pas lui-mme une valeur8 s'il n'est pas susceptible d'tre valu8 ,d'aprs quelle rgle1 sur quel principe1 empcherez-vous deux contractants de comparer un usage une somme d'argent1 une quantit de main-d'oeuvre1 et d'changer sur ces bases1 si cela les arrange8 ,vous me prtez une maison de #bj1jjj francs2 par l vous me rendez un service4 ,entendez-vous dire que1 malgr mon consentement et le vtre1 je ne puis m'acquitter1 au nom de la science1 qu'en vous prtant aussi une maison de mme valeur8 ,mais cela est absurde1 car si nous avions tous des maisons1 nous resterions chacun dans la ntre1 et quelle serait la raison d'tre du prt8 ,si vous allez jusqu' prtendre que mutualit de services implique que les deux services changs doivent tre non-seulement gaux en valeur1 mais identiques en nature1 vous supprimez l'change aussi bien que le prt4 ,un chapelier devra dire son client3 ,ce que je vous cde1 ce n'est pas de l'argent1 mais un chapeau2 ce que vous me devez1 c'est un chapeau1 et non de l'argent4 ,que si vous reconnaissez que les services s'valuent et s'changent1 prcisment parce qu'ils diffrent de nature1 vous devez convenir que la cession d'un usage qui est un service1 peut trs-lgitimement s'valuer en bl1 en argent1 en main d'oeuvre4 ,prenez-y garde1 votre thorie1 tout en laissant parfaitement subsister le principe de l'intrt1 ne tend rien moins qu' frapper d'inertie toutes les transactions4 ,vous ne rformez pas1 vous paralysez4 ,je suis cordonnier4 ,mon mtier doit me faire vivre2 mais pour l'exercer1 il faut que je sois log1 et je n'ai pas de maison4 ,d'un autre ct1 vous avez consacr votre travail en btir une2 mais vous ne savez pas faire vos souliers ni ne voulez aller pieds nus4 ,nous pouvons nous arranger3 vous me logerez1 je vous chausserai4 ,je profiterai de votre travail comme vous du mien3 nous nous rendrons rciproquement service4 ,le tout est d'arriver une juste valuation1 une parfaite quivalence1 et je n'y vois d'autre moyen que le libre dbat4 ,et1 sous prtexte qu'il y a cession d'un objet matriel1 d'un ct1 et que1 de l'autre1 il n'y a cession que d'un usage1 la thorie viendrait nous dire3 ,cette transaction ne se fera pas1 elle est illgitime1 abusive et spoliatrice2 il s'agit de deux services qui n'ont pas d'quivalence possible1 et que vous n'avez ni la facult d'valuer1 ni le droit d'changer6 ,ne voyez-vous pas1 ,monsieur1 qu'une telle thorie tue la fois et l'change et la libert8 ,quelle est donc l'autorit qui viendra anantir ainsi notre commun et libre consentement8 ,sera-ce la loi8 sera-ce l'tat8 ,mais je croyais1 moi1 que nous faisions la loi1 que nous payions l'tat pour protger nos droits et non pour les supprimer4 ,ainsi1 nous tions d'accord tout l'heure sur ce point1 que l'emprunteur doit quelque chose en sus de la simple restitution4 ,accordons-nous maintenant sur cet autre point1 que ce quelque chose est susceptible d'tre valu1 et par consquent d'tre acquitt1 selon la convenance des contractants1 sous une des formes quelconques que peut affecter la valeur4 ,la consquence qui s'ensuit1 c'est que1 l'chance1 le prteur doit recouvrer3 #a ,la valeur intgrale prte2 #b ,la valeur du service rendu par le prt4 ,je n'ai pas besoin de rpter ici comment la restitution intgrale de l'objet prt implique ncessairement la prennit de l'intrt4 ,examinons maintenant1 en peu de mots1 cette seconde question3 ,l'intrt du capital est-il prlev aux dpens du travail8 ,vous le savez aussi bien que moi1 ,monsieur1 on se ferait une ide bien circonscrite de l'intrt1 si l'on supposait qu'il n'apparat qu' l'occasion du prt4--,quiconque fait concourir un capital la cration d'un produit entend tre rmunr non-seulement pour son travail1 mais pour son capital2 de telle sorte que l'intrt entre comme lment dans le prix de tous les objets de consommation4 ,il ne suffit peut-tre pas de dmontrer la lgitimit de l'intrt aux hommes qui n'ont pas de capitaux4 ,ils seraient sans doute tents de dire3 puisque l'intrt est lgitime1 il faut bien que nous le subissions2 mais c'est un grand malheur1 car sans cela nous obtiendrions toutes choses meilleur march4 ,ce grief est compltement erron2 ce qui fait que les jouissances humaines se rapprochent de plus en plus de la gratuit et de la communaut1 c'est l'intervention du capital4 ,le capital c'est la puissance dmocratique1 philanthropique et galitaire par excellence4 ,aussi1 celui qui en fera comprendre l'action rendra le plus signal service la socit1 car il fera cesser cet antagonisme de classes qui n'est fond que sur une erreur4 ,il m'est de toute impossibilit de faire entrer dans un article de journal la thorie des capitaux#cd4 ,je dois me borner indiquer ma pense par un exemple1 une anecdote1 une hypothse qui est l'image de toutes les transactions humaines4 ,note #cd3 ,voy41 sur la ,thorie du capital1 le chap4 ,,vii du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,plaons-nous au point de dpart de l'humanit1 cette poque o nous pouvons supposer qu'il n'existait aucun capital4 ,quelle tait alors la valeur1 mesure au travail1 d'un objet quelconque1 d'une paire de bas1 d'un sac de bl1 d'un meuble1 d'un livre1 etc42 en d'autres termes1 au prix de quel travail ces objets auraient-ils t achets8 ,je ne crains pas de dire que la rponse est contenue dans ce mot3 l',infini4 ,de tels objets taient alors tout fait inaccessibles l'humanit4 ,qu'il s'agisse d'une paire du bas de coton4 ,aucun homme ne serait parvenu la produire avec cent ni avec mille journes de travail4 ,d'o vient qu'aujourd'hui1 en ,france1 il n'y a pas un ouvrier si malheureux qu'il ne puisse obtenir une paire de bas de coton avec son travail d'une journe8--,c'est justement parce que du capital concourt la cration de ce produit4 ,le genre humain a invent des instruments qui forcent la nature une collaboration gratuite4 ,il est bien vrai qu'en dcomposant le prix de cette paire de bas1 vous trouvez qu'une partie assez considrable de ce prix se rapporte au capital4 ,il faut bien payer le squatter qui a dfrich la terre de la ,caroline2 il faut bien payer la voile qui pousse le navire de ,new-,york au ,havre2 il faut bien payer la machine qui fait tourner dix mille broches4 ,mais c'est justement parce que nous payons ces instruments qu'ils font concourir la nature et qu'ils substituent son action gratuite l'action onreuse du travail4 ,si nous supprimions successivement cette srie d'intrts payer1 nous supprimerions par cela mme les instruments et la collaboration naturelle qu'ils mettent en oeuvre2 en un mot1 nous reviendrions au point de dpart1 l'poque o mille journes de travail n'auraient pas suffi pour se procurer une paire de bas4 ,il en est ainsi de toutes choses4 ,vous pensez que l'intrt est prlev par celui qui ne fait rien sur celui qui travaille4 ,ah6 ,monsieur1 avant de laisser tomber une seconde fois dans le public cette triste et irritante assertion1 scrutez-la jusque dans la racine4 ,demandez-lui ce qu'elle contient1 et vous vous assurerez qu'elle ne porte en elle que des erreurs et des temptes4 ,vous invoquez mon apologue du ,rabot1 permettez-moi d'y revenir4 ,voil un homme qui veut faire des planches4 ,il n'en fera pas une dans l'anne1 car il n'a que ses dix doigts4 ,je lui prte une scie et un rabot1--deux instruments1 ne le perdez pas de vue1 qui sont le fruit de mon travail et dont je pourrais tirer parti pour moi-mme4 ,au lieu d'une planche1 il en fait cent et m'en donne cinq4 ,je l'ai donc mis mme1 en me privant de ma chose1 d'avoir quatre-vingt-quinze planches au lieu d'une1--et vous venez dire que je l'opprime et le vole6 ,quoi6 grce une scie et un rabot que j'ai fabriqus la sueur de mon front1 une production centuple est1 pour ainsi dire1 sortie du nant1 la socit entre en possession d'une jouissance centuple1 un ouvrier qui ne pouvait pas faire une planche en a fait cent2 et parce qu'il me cde librement et volontairement1 un vingtime de cet excdant1 vous me reprsentez comme un tyran et un voleur6 ,l'ouvrier verra fructifier son travail1 l'humanit verra s'largir le cercle de ses jouissances2 et je suis le seul au monde1 moi1 l'auteur de ces rsultats1 qui il sera dfendu d'y participer1 mme du consentement universel6 ,non1 non2 il ne peut en tre ainsi4 ,votre thorie est aussi contraire la justice1 l'utilit gnrale1 l'intrt mme des ouvriers1 qu' la pratique de tous les temps et de tous les lieux4 ,permettez-moi d'ajouter qu'elle n'est pas moins contraire au rapprochement des classes1 l'union des coeurs1 la ralisation de la fraternit humaine1 qui est plus que la justice1 mais ne peut se passer de la justice4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,,troisi,,me ,,lettre4 ,p4 ,j4 ,,proudhon ,f4 ,,bastiat4 ,dsaveu de la distinction introduite par ,m4 ,chev4--,adhsion la formule3 le prt est un service2 un service est une valeur4--,antinomie4--,le prteur ne se prive pas4--,ncessit d'organiser le crdit gratuit4--,interrogations catgoriques4 #ai novembre #ahdi4 ,la rvolution de ,fvrier a pour but1 dans l'ordre politique et dans l'ordre conomique1 de fonder la libert absolue de l'homme et du citoyen4 ,la formule de cette ,rvolution est1 dans l'ordre politique1 l'organisation du suffrage universel1 soit l'absorption du pouvoir dans la socit2--dans l'ordre conomique1 l'organisation de la circulation et du crdit1 soit encore l'absorption de la qualit de capitaliste dans celle de travailleur4 ,sans doute1 cette formule ne donne pas1 elle seule1 l'intelligence complte du systme3 elle n'en est que le point de dpart1 l'aphorisme4 ,mais elle suffit pour expliquer la ,rvolution dans son actualit et son immdiatet2 elle nous autorise1 par consquent1 dire que la ,rvolution n'est et ne peut tre autre chose que cela4 ,tout ce qui tend dvelopper la ,rvolution ainsi conue1 tout ce qui en favorise l'essor1 de quelque part qu'il vienne1 est essentiellement rvolutionnaire3 nous le classons dans la catgorie du mouvement4 ,tout ce qui s'oppose l'application de cette ide1 tout ce qui la nie ou qui l'entrave1 qu'il soit le produit de la dmagogie ou de l'absolutisme1 nous l'appelons rsistance4--,si cette rsistance a pour auteur le gouvernement1 ou qu'elle agisse de connivence avec le gouvernement1 elle devient raction4 ,la rsistance est lgitime quand elle est de bonne foi et qu'elle s'accomplit dans les limites de la libert rpublicaine3 elle n'est alors que la conscration du libre examen1 la sanction du suffrage universel4 ,la raction1 au contraire1 tendant1 au nom de l'autorit publique et dans l'intrt d'un parti1 supprimer violemment la manifestation des ides1 est une atteinte la libert2 se traduit-elle en loi d'exil1 de dportation1 de transportation1 etc41 elle est alors un crime contre la souverainet du peuple4 ,l'ostracisme est le suicide des rpubliques4 ,en rendant compte1 dans la ,voix du ,peuple1 du projet d'impt sur le capital prsent par ,m4 de ,girardin1 nous n'avons point hsit y reconnatre l'une des manifestations les plus hardies de l'ide rvolutionnaire2 et bien que l'auteur de ce projet ait t1 et soit peut-tre encore attach la dynastie d',orlans2 bien que ses tendances personnelles fassent de lui un homme minemment gouvernemental2 bien qu'enfin il se soit constamment rang dans le parti de la ,conservation contre celui de la ,rvolution1 nous n'en pensons pas moins que son ide appartient au mouvement2 ce titre1 nous l'avons revendique comme ntre2 et si ,m4 de ,girardin tait capable de renier sa propre pense1 nous la reprendrions en sous-oeuvre1 et nous nous en ferions un argument de plus contre les adversaires de la ,rvolution4 ,c'est d'aprs cette rgle de critique leve1 et pour ainsi dire impersonnelle1 que nous allons rpondre ,m4 ,bastiat4 ,m4 ,bastiat1 au rebours de ,m4 de ,girardin1 est un crivain tout pntr de l'esprit dmocratique3 si l'on ne peut encore dire de lui qu'il est socialiste1 coup sr c'est dj plus qu'un philanthrope4 ,la manire dont il entend et expose l'conomie politique le place1 ainsi que ,m4 ,blanqui1 sinon fort au-dessus1 du moins fort en avant des autres conomistes1 fidles et immuables disciples de ,j4 ,b4 ,say4 ,m4 ,bastiat1 en un mot1 est dvou corps et me la ,rpublique1 la libert1 l'galit1 au progrs3 il l'a prouv mainte fois avec clat par ses votes l',assemble nationale4 ,malgr cela1 nous rangeons ,m4 ,bastiat parmi les hommes de la rsistance3 sa thorie du capital et de l'intrt1 diamtralement oppose aux tendances les plus authentiques1 aux besoins les plus irrsistibles de la ,rvolution1 nous en fait une loi4 ,puissent nos lecteurs1 notre exemple1 sparer toujours ainsi les questions de personnes d'avec les questions de principes6 la discussion et la charit y gagneront4 ,m4 ,bastiat commence sa rponse par une observation d'une justesse frappante1 que nous croyons d'autant plus utile de rappeler1 qu'elle tombe d'aplomb sur lui3 ,l'ardeur extrme1 dit ,m4 ,bastiat1 avec laquelle le peuple1 en ,france1 s'est mis creuser les problmes conomiques1 et l'inconcevable indiffrence des classes aises l'gard de ces problmes1 forment un des traits les plus caractristiques de notre poque4 ,pendant que les anciens journaux1 organes et miroirs de la bonne socit1 s'en tiennent la guerroyante et strile politique de parti1 les feuilles destines aux classes ouvrires agitent incessamment ce qu'ont peut appeler les questions de fond1 les questions sociales4 ,eh bien6 nous dirons ,m4 ,bastiat3 ,vous tes vous-mme1 sans vous en douter1 un exemple de cette indiffrence inconcevable avec laquelle les hommes de la classe aise tudient les problmes sociaux2 et tout conomiste de premier ordre que vous puissiez vous dire1 vous ignorez compltement o en est cette question du capital et de l'intrt1 que vous vous tes charg de dfendre4 ,aussi en arrire des ides que des faits1 vous nous parlez exactement comme ferait un rentier d'avant #hi4 ,le socialisme1 qui1 depuis dix ans1 proteste contre le capital et l'intrt1 est totalement inconnu de vous2 vous n'en avez pas lu les mmoires2 car si vous les avez lus1 comment se fait-il que1 vous prparant le rfuter1 vous passiez sous silence toutes ses preuves8 ,vraiment1 vous voir raisonner contre le socialisme de notre ge1 on vous prendrait pour un pimnide se rveillant en sursaut1 aprs quatre-vingts ans de sommeil4 ,est-ce bien nous que vous adressez vos dissertations patriarcales8 ,est-ce le proltaire de #ahdi que vous voulez convaincre8 ,commencez donc par tudier ses ides2 placez-vous1 avec lui1 dans l'actualit des doctrines3 rpondez aux raisons1 vraies ou fausses1 qui le dterminent1 et ne lui apportez pas les vtres1 qu'il sait depuis un temps immmorial4 ,cela vous surprendra sans doute d'entendre dire que vous1 membre de l',acadmie des sciences morales et politiques#ce1 lorsque vous parlez de capital et d'intrt1 vous n'tes plus la question6 ,c'est pourtant ce que nous nous chargeons1 pour aujourd'hui1 de vous prouver4 ,aprs1 nous reprendrons la question elle-mme1 si vous en avez le dsir4 ,note #ce3 ,bastiat n'tait pas prcisment membre de l',institut1 mais seulement membre correspondant4 7,note de l'diteur47 ,nous nions d'abord1 ceci vous le savez de reste1 nous nions avec le christianisme et l'vangile1 la lgitimit en soi du prt intrt2 nous la nions avec le judasme et le paganisme2 avec tous les philosophes et lgislateurs de l'antiquit4 ,car vous remarquerez ce premier fait1 qui a bien aussi sa valeur2 l'usure n'a pas plutt paru dans le monde1 qu'elle a t nie4 ,les lgislateurs et les moralistes n'ont cess de la combattre1 et s'ils ne sont parvenus l'teindre1 du moins ont-ils russi jusqu' certain point lui rogner les ongles1 en fixant une limite1 un taux lgal l'intrt4 ,telle est donc notre premire proposition1 la seule dont1 ce qu'il semble1 vous ayez entendu parler3 ,tout ce qui1 dans le remboursement du prt1 est donn en sus du prt1 est usure1 spoliation3 ,quodcumque sorti accedit1 usura est4 ,mais ce que vous ne savez point1 et qui vous merveillera peut-tre1 c'est que cette ngation fondamentale de l'intrt ne dtruit point1 nos yeux1 le principe1 le droit1 si vous voulez1 qui donne naissance l'intrt1 et qui1 malgr les condamnations de l'autorit sculire et ecclsiastique1 l'a fait perdurer jusqu' nos jours2 en sorte que le vritable problme pour nous n'est pas de savoir si l'usure1 en soi1 est illicite1 nous sommes cet gard de l'avis de l'glise1--ou si elle a une raison d'existence1 nous sommes1 sous ce rapport1 de l'opinion des conomistes4 ,le problme est de savoir comment on parviendra supprimer l'abus sans endommager le droit2 comment1 en un mot1 on sortira de cette contradiction4 ,expliquons mieux cela1 s'il est possible4 ,d'un ct1 il est trs-vrai1 ainsi que vous l'tablissez vous-mme premptoirement1 que le prt est un service4 ,et comme tout service est une valeur1 consquemment comme il est de la nature de tout service d'tre rmunr1 il s'ensuit que le prt doit avoir son prix1 ou1 pour employer le mot technique1 qu'il doit porter intrt4 ,mais il est vrai aussi1 et cette vrit subsiste ct de la prcdente1 que celui qui prte1 dans les conditions ordinaires du mtier de prteur1 ne se prive pas1 comme vous le dites1 du capital qu'il prte4 ,il le prte1 au contraire1 prcisment parce que ce prt ne constitue pas pour lui une privation2 il le prte1 parce qu'il n'en a que faire pour lui-mme1 tant suffisamment d'ailleurs pourvu de capitaux2 il le prte1 enfin1 parce qu'il n'est ni dans son intention1 ni dans sa puissance de le faire personnellement valoir2 parce qu'en le gardant entre ses mains1 ce capital1 strile de sa nature1 resterait strile1 tandis que par le prt et par l'intrt qui en rsulte1 il produit un bnfice qui permet au capitaliste de vivre sans travailler4 ,or1 vivre sans travailler1 c'est1 en conomie politique aussi bien qu'en morale1 une proposition contradictoire1 une chose impossible4 ,le propritaire qui possde deux domaines1 l'un ,tours1 l'autre ,orlans1 et qui est forc de fixer sa rsidence dans l'un qu'il exploite1 par consquent d'abandonner l'autre2 ce propritaire-l peut-il dire qu'il se prive de sa chose1 parce qu'il n'a pas1 comme ,dieu1 l'ubiquit d'action et de domicile8 ,autant vaudrait dire que nous sommes privs du sjour de ,new-,york parce que nous habitons ,paris4 ,convenez donc que la privation du capitaliste est comme la privation du matre qui a perdu son esclave1 comme la privation du prince chass par ses sujets1 comme la privation du voleur qui1 voulant escalader une maison1 trouve les chiens aux aguets et les habitants aux fentres4 ,or1 en prsence de cette affirmation et de cette ngation diamtralement opposes1 appuyes l'une et l'autre de raisons gales1 mais qui1 ne se rpondant pas1 ne peuvent s'entre-dtruire1 quel parti prendre8 ,vous persistez dans votre affirmation1 et vous dites3 ,vous ne voulez pas me payer d'intrt8 ,soit6 je ne veux pas vous prter mon capital4 ,tchez de travailler sans capitaux6 ,de notre ct1 nous persistons dans notre ngation1 et nous disons3 ,nous ne vous paierons pas d'intrt1 parce que l'intrt1 dans l'conomie sociale1 est le prix de l'oisivet2 la cause premire de l'ingalit des fortunes et de la misre4 ,aucun de nous ne voulant cder1 nous arrivons l'immobilisme4 ,tel est donc le point auquel le socialisme saisit la question4 ,d'un ct1 la justice commutative de l'intrt2 de l'autre1 l'impossibilit organique1 l'immoralit de ce mme intrt4 ,et1 pour vous le dire tout d'abord1 le socialisme n'a la prtention de convertir personne1 ni l'glise1 qui nie l'intrt1 ni l'conomie politique1 qui l'affirme2 d'autant moins qu'il est convaincu qu'elles ont raison toutes deux4 ,voici seulement comment il analyse le problme1 et ce qu'il propose son tour1 par-dessus les arguments des vieux prteurs1 trop intresss pour qu'on les croie sur parole1 et les dclamations des ,pres de l'glise1 restes sans effet4 ,puisque la thorie de l'usure a fini par prvaloir dans les habitudes chrtiennes1 comme dans l'usage des paens2 puisque l'hypothse ou la fiction de la productivit du capital est entre dans la pratique des peuples1 acceptons cette fiction conomique comme nous avons accept pendant trente-trois ans la fiction constitutionnelle2 et voyons ce que cette fiction peut produire1 dveloppe dans toutes ses consquences4 ,au lieu de repousser purement et simplement l'ide1 comme a fait l'glise1 ce qui ne pouvait mener rien1 faisons-en la dduction historique et philosophique2 et puisque le mot est plus que jamais la mode1 dcrivons-en la rvolution4 ,aussi bien1 faut-il que cette ide rponde quelque chose de rel1 qu'elle indique un besoin quelconque de l'esprit mercantile1 pour que les peuples n'aient jamais hsit lui faire le sacrifice de leurs croyances les plus vives et les plus sacres4 ,voici donc comment le socialisme1 parfaitement convaincu de l'insuffisance de la thorie conomique1 aussi bien que de la doctrine ecclsiastique1 traite son tour la question de l'usure4 ,d'abord il observe que le principe de la productivit du capital ne fait aucune acception de personnes1 ne constitue pas un privilge3 ce principe est vrai de tout capitaliste1 sans distinction de titre ou de dignit4 ,ce qui est lgitime pour ,pierre est lgitime pour ,paul3 tous deux ont le mme droit l'usure1 ainsi qu'au travail4 ,lors donc1--je reprends ici l'exemple dont vous vous tes servi1--que vous me prtez1 moyennant intrt1 le rabot que vous avez fabriqu pour polir vos planches1 si1 de mon ct1 je vous prte la scie que j'ai monte pour dbiter mes souches1 j'aurai droit pareillement un intrt4 ,le droit du capital est le mme pour tous3 tous1 dans la mesure de leurs prestations et de leurs emprunts1 doivent percevoir et acquitter l'intrt4 ,telle est la premire consquence de votre thorie1 qui ne serait pas une thorie sans la gnralit1 sans la rciprocit du droit qu'elle cre3 cela est d'une vidence intuitive et immdiate4 ,supposons donc que de tout le capital que j'emploie1 soit sous la forme d'instrument de travail1 soit sous celle de matire premire1 la moiti me soit prte par vous2 supposons en mme temps que de tout le capital que vous mettez en oeuvre1 la moiti vous soit prte par moi1 il est clair que les intrts que nous devrons nous payer mutuellement se compenseront2 et si1 de part et d'autre1 les capitaux avancs sont gaux1 les intrts se balanant1 le solde ou la redevance sera nul4 ,dans la socit1 les choses ne se passent pas tout fait ainsi1 sans doute4 ,les prestations que se font rciproquement les producteurs sont loin d'tre gales2 partant1 les intrts qu'ils ont se payer ne le sont pas non plus3 de l1 l'ingalit des conditions et des fortunes4 ,mais la question est de savoir si cet quilibre de la prestation en capital1 travail et talent2 si1 par consquent1 l'galit du revenu pour tous les citoyens1 parfaitement admissible en thorie1 peut se raliser dans la pratique2 si cette ralisation est dans les tendances de la socit2 si1 enfin1 et contre toute attente1 elle n'est pas la conclusion fatale de la thorie de l'usure elle-mme8 ,or1 c'est ce qu'affirme le socialisme quand il est parvenu se comprendre lui-mme1 socialisme qui ne se distingue plus alors de la science conomique1 tudie la fois dans son exprience acquise et dans la puissance de ses dductions4 ,en effet1 que nous dit1 sur cette grande question de l'intrt1 l'histoire de la civilisation1 l'histoire de l'conomie politique8 ,c'est que la prestation mutuelle des capitaux1 matriels et immatriels1 tend s'quilibrer de plus en plus1 et cela par diverses causes que nous allons numrer1 et que les conomistes les plus rtrogrades ne peuvent mconnatre3 #a ,la division du travail1 ou sparation des industries1 qui1 multipliant l'infini les instruments de travail et les matires premires1 multiplie dans la mme proportion le prt des capitaux2 #b ,l'accumulation des capitaux1 accumulation qui rsulte de la varit des industries1 et dont l'effet est de produire entre les capitalistes une concurrence analogue celle des marchands1 par consquent d'oprer insensiblement la baisse du loyer des capitaux et la rduction du taux de l'intrt2 #c ,la facult toujours plus grande de circulation qu'acquirent les capitaux1 par le numraire et la lettre de change2 #d ,enfin1 la scurit publique4 ,telles sont les causes gnrales qui1 depuis des sicles1 ont amen entre les producteurs une rciprocit de prestations de plus en plus quilibre1 par suite1 une compensation de plus en plus gale des intrts1 une baisse continue du prix des capitaux4 ,ces faits ne peuvent tre nis3 vous les avouez vous-mme2 seulement1 vous en mconnaissez le principe et la signification1 quand vous attribuez au capital le mrite du progrs opr dans le domaine de l'industrie et de la richesse2 tandis que ce progrs a pour cause1 non le capital1 mais la ,,circulation du capital4 ,les faits tant de la sorte analyss et classs1 le socialisme se demande si1 pour provoquer cet quilibre du crdit et du revenu1 il ne serait pas possible d'agir directement1 non sur les capitaux1 remarquez-le bien1 mais sur la circulation2 s'il ne serait pas possible d'organiser cette circulation1 de manire produire tout d'un coup entre les capitalistes et les producteurs1 deux termes actuellement en opposition1 mais que la thorie dmontre devoir tre synonymes1 l'quivalence des prestations1 en d'autres termes1 l'galit des fortunes4 cette question1 le socialisme rpond encore3 ,oui1 cela est possible1 et de plusieurs manires4 ,supposons d'abord1 pour nous renfermer dans les conditions du crdit actuel1 lequel s'effectue surtout par l'entremise du numraire2 supposons que tous les producteurs de la ,rpublique1 au nombre de plus de dix millions1 se cotisent chacun pour une somme reprsentant #a pour #ajj seulement de leur capital4 ,cette cotisation de #a pour #ajj sur la totalit du capital mobilier et immobilier du pays1 formerait une somme de ,,un ,,milliard4 ,supposons qu' l'aide de cette cotisation une banque soit fonde1 en concurrence de la ,banque mal nomme de ,france1 et faisant l'escompte et le crdit sur hypothque1 #a_/b pour #ajj4 ,il est vident1 en premier lieu1 que l'escompte des valeurs de commerce se faisant #a_/b pour #ajj1 le prt sur hypothque #a_/b pour #ajj1 la commandite1 etc41 #a_/b pour #ajj1 le capital monnaie serait immdiatement frapp1 entre les mains de tous les usuriers et prteurs d'argent1 d'improductivit absolue2 l'intrt serait nul1 le crdit gratuit4 ,si le crdit commercial et hypothcaire1 en autres termes1 si le capital argent1 le capital dont la fonction est exclusivement de circuler tait gratuit1 le capital maison le deviendrait lui-mme bientt2 les maisons ne seraient plus en ralit capital1 elles seraient marchandise1 cote la ,bourse comme les eaux-de-vie et les fromages1 et loue ou vendue1 deux termes devenus alors synonymes1 ,,prix ,,de ,,revient4 ,si le capital maison1 de mme que le capital argent1 tait gratuit1 ce qui revient dire1 si l'usage en tait pay titre d'change1 non de prt1 le capital terre ne tarderait pas devenir gratuit son tour2 c'est--dire que le fermage1 au lieu d'tre la redevance paye au propritaire non exploitant1 serait la compensation du produit entre les terres de qualit suprieure et les terres de qualit infrieure2 ou1 pour mieux dire1 il n'y aurait plus1 en ralit1 ni fermiers1 ni propritaires1 il y aurait seulement des laboureurs et des vignerons1 comme il y a des menuisiers et des mcaniciens4 ,voulez-vous une autre preuve de la possibilit de ramener1 par le dveloppement des institutions conomiques1 tous les capitaux la gratuit4 ,supposons qu'au lieu de ce systme d'impts1 si compliqu1 si onreux1 si vexatoire1 que nous a lgu la fodalit nobiliaire1 un seul impt soit tabli1 non plus sur la production1 la circulation1 la consommation1 l'habitation1 etc42 mais1 comme la justice l'exige et comme le veut la science conomique1 sur le capital net affrent chaque individu4 ,le capitaliste perdant par l'impt autant ou plus qu'il ne gagne par la rente et l'intrt1 serait oblig ou de faire valoir par lui-mme1 ou de vendre3 l'quilibre conomique1 par cette intervention si simple1 et d'ailleurs invitable1 du fisc1 se rtablirait encore4 ,telle est1 en somme1 la thorie du socialisme sur le capital et l'intrt4 ,non-seulement nous affirmons1 d'aprs cette thorie qui1 d'ailleurs1 nous est commune avec les conomistes1 et sur la foi du dveloppement industriel1 que telles sont la tendance et la porte du prt intrt2 nous prouvons encore1 par les rsultats subversifs de l'conomie actuelle1 et par la dmonstration des causes de la misre1 que cette tendance est ncessaire1 et l'extinction de l'usure invitable4 ,en effet1 le prix du prt1 loyer de capitaux1 intrt d'argent1 usure1 en un mot1 faisant1 comme il a t dit1 partie intgrante du prix des produits1 et cette usure n'tant pas gale pour tous1 il s'ensuit que le prix des produits1 compos qu'il est de salaire et d'intrts1 ne peut pas tre acquitt par ceux qui n'ont pour le payer que leur salaire et point d'intrt2 en sorte que1 par le fait de l'usure1 le travail est condamn au chmage et le capital la banqueroute4 ,cette dmonstration1 dans le genre de celles que les mathmaticiens appellent rduction l'absurde1 de l'impossibilit organique du prt intrt1 a t reproduite cent fois dans le socialisme3 pourquoi les conomistes n'en parlent-ils pas8 ,voulez-vous donc srieusement rfuter les ides socialistes sur le prt intrt8 ,voici les questions auxquelles vous avez rpondre3 #a ,est-il vrai que si1 au for extrieur1 la prestation du capital est un service qui a sa valeur1 qui par consquent doit tre pay2--au for intrieur1 cette prestation n'entrane point pour le capitaliste une privation relle2 consquemment qu'elle ne suppose pas le droit de rien exiger pour prix du prt8 #b ,est-il vrai que l'usure1 pour tre irrprochable1 doit tre gale2 que la tendance de la socit conduit cette galisation1 en sorte que l'usure n'est irrprochable que lorsqu'elle est devenue gale pour tous1 c'est--dire nulle8 #c ,est-il vrai qu'une banque nationale1 faisant le crdit et l'escompte gratis1 soit chose possible8 #d ,est-il vrai que par l'effet de cette gratuit du crdit et de l'escompte1 comme par l'action de l'impt simplifi et ramen sa vritable forme1 la rente immobilire disparat1 ainsi que l'intrt de l'argent8 #e ,est-il vrai qu'il y ait contradiction et impossibilit mathmatique dans l'ancien systme8 #f ,est-il vrai que l'conomie politique1 aprs avoir1 sur la question de l'usure1 contredit pendant plusieurs milliers d'annes la thologie1 la philosophie1 la lgislation1 arrive1 par sa propre thorie1 au mme rsultat8 #g ,est-il vrai1 enfin1 que l'usure n'a t1 dans son institution providentielle1 qu'un instrument d'galit et de progrs1 absolument comme1 dans l'ordre politique1 la monarchie absolue a t un instrument de libert et de progrs2 comme1 dans l'ordre judiciaire1 l'preuve de l'eau bouillante1 le duel et la question ont t1 leur tour1 des instruments de conviction et de progrs8 ,voil ce que nos adversaires sont tenus d'examiner1 avant de nous accuser d'infirmit scientifique et intellectuelle2 voil1 monsieur ,bastiat1 sur quels points devra porter l'avenir votre controverse1 si vous voulez qu'elle aboutisse4 ,la question est clairement et catgoriquement pose3 permettez-nous de croire qu'aprs en avoir pris lecture1 vous reconnatrez qu'il y a dans le socialisme du dix-neuvime sicle quelque chose qui dpasse la porte de votre vieille conomie politique4 ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,,quatri,,me ,,lettre4 ,f4 ,,bastiat ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,circonscription logique du dbat4--,dire oui et non n'est pas rpondre4--,futilit de l'objection fonde sur ce que le capitaliste ne se prive pas4--,productivit naturelle et ncessaire du ,,capital dmontre par des exemples4--,considrations sur le loisir4 #bf novembre #ahdi4 ,monsieur1 vous me posez sept questions4 ,veuillez vous rappeler qu'entre nous il ne s'agit en ce moment que d'une seule3 ,l'intrt du capital est-il lgitime8 ,cette question est grosse de temptes4 ,il faut la vider4 ,en acceptant la loyale hospitalit de vos colonnes1 je n'ai pas eu en vue d'analyser toutes les combinaisons possibles de crdit que le fertile gnie des socialistes peut enfanter4 ,je me suis demand si l'intrt1 qui entre dans le prix de toutes choses1 est une spoliation2 si1 par consquent1 le monde se partage entre des capitalistes voleurs et des travailleurs vols4 ,je ne le crois pas1 mais d'autres le croient4 ,selon que la vrit est de mon ct ou du leur1 l'avenir rserv notre chre patrie est la concorde1 ou une lutte sanglante et invitable4 ,la question vaut donc la peine d'tre srieusement tudie4 ,que ne sommes-nous d'accord sur ce point de dpart6 ,notre oeuvre se bornerait dtruire1 dans l'esprit des masses1 des erreurs funestes et des prventions dangereuses4 ,nous montrerions au peuple le capital1 non comme un parasite avide1 mais comme une puissance amie et fconde4 ,nous le lui montrerions1--et ici je reproduis presque vos expressions1--s'accumulant par l'activit1 l'ordre1 l'pargne1 la prvoyance1 la sparation des travaux1 la paix et la scurit publique2 se distribuant1 en vertu de la libert1 entre toutes les classes2 se mettant de plus en plus la porte de tous1 par la modicit croissante de sa rmunration2 rachetant l'humanit enfin du poids de la fatigue et du joug des besoins4 ,mais comment nous lever d'autres vues du problme social1 lorsque1 cette premire question3 ,l'intrt du capital est-il lgitime8 vous rpondez3 ,,oui et ,,non4 ,,oui3 car--il est trs-vrai que le prt est un service1 et comme tout service est une valeur1 consquemment1 comme il est de sa nature d'tre rmunr1 il s'ensuit que le prt doit avoir son prix1 qu'il doit porter intrt4 ,,non3 car--le prt1 par l'intrt qui en rsulte1 produit un bnfice qui permet au capitaliste de vivre sans travailler4 ,or1 vivre sans travailler1 c'est1 en conomie politique aussi bien qu'en morale1 une proposition contradictoire1 une chose impossible4 ,,oui3 car--la ngation fondamentale de l'intrt ne dtruit pas nos yeux le principe1 le droit qui donne naissance l'intrt4 ,le vritable problme1 pour nous1 n'est pas de savoir si l'usure a une raison d'existence2 nous sommes1 sous ce rapport1 de l'opinion des conomistes4 ,,non3 car--nous nions1 avec le christianisme et l'vangile1 la lgitimit en soi du prt intrt4 ,,oui3 car--l'usure n'a t1 dans son institution providentielle1 qu'un instrument d'utilit et de progrs4 ,,non3 car--tout ce qui1 en remboursement du prt1 est donn en sus du prt est usure1 spoliation4 ,,oui et ,,non1 enfin3 car--le socialisme n'a la prtention de convertir personne1 ni l'glise1 qui nie l'intrt1 ni l'conomie politique1 qui l'affirme1 d'autant moins qu'il est convaincu qu'elles ont raison toutes deux4 ,il y en a qui disent3 ces solutions contradictoires sont un amusement que ,m4 ,proudhon donne son esprit4 ,d'autres3 ,il ne faut voir l que des coups de pistolet que ,m4 ,proudhon tire dans la rue1 pour faire mettre le public aux fentres4 ,pour moi1 qui sais que vous les appliquez tous les sujets3 libert1 proprit1 concurrence1 machines1 religion1 je les tiens pour une conception sincre et srieuse de votre intelligence4 ,mais1 ,monsieur1 pensez-vous que le peuple puisse vous suivre longtemps dans le ddale de vos ,antinomies8 ,son gnie ne s'est pas faonn sur les bancs vermoulus de la ,sorbonne4 ,les fameux3 ,quidquid dixeris1 argumentabor1--,ego ver contr--ne vont pas ses franches allures2 il veut voir le fond des choses1 et il sent instinctivement qu'au fond des choses il y a un ,oui ou un ,non1 mais qu'il ne peut y avoir un ,oui et un ,non fondus ensemble4 ,pour ne pas sortir du sujet qui nous occupe1 il vous dira3 ,il faut pourtant bien que l'intrt soit lgitime ou illgitime1 juste ou injuste1 providentiel ou satanique1 proprit ou spoliation4 ,la contradiction1 soyez-en sr1 est ce qu'il y a de plus difficile faire accepter1 mme aux esprits subtils1 plus forte raison au peuple4 ,si je m'arrte la premire moiti1 j'ose dire la bonne moiti de votre thse1 en quoi diffrez-vous des conomistes8 ,vous convenez qu'avancer un capital1 c'est rendre un service1 qui donne droit un service quivalent1 lequel est susceptible d'valuation et s'appelle intrt4 ,vous convenez que le seul moyen de dgager l'quivalence de ces deux services1 c'est de les laisser s'changer librement1 puisque vous repoussez l'intervention de l'tat1 et proclamez1 ds le dbut de votre article1 la libert de l'homme et du citoyen4 ,vous convenez que l'intrt a t1 dans son institution providentielle1 un instrument d'galit et de progrs4 ,vous convenez que1 par l'accumulation des capitaux 7qui certes ne s'accumuleraient pas si toute rmunration leur tait dnie71 l',intrt tend baisser1 mettre l'instrument du travail1 la matire premire et l'approvisionnement1 toujours la porte plus facile de classes plus nombreuses4 ,vous convenez que les obstacles1 qui arrtent cette dsirable diffusion du capital1 sont artificiels et se nomment privilges1 restrictions1 monopoles2 qu'ils ne peuvent tre la consquence fatale de la libert1 puisque vous invoquez la libert4 ,voil une doctrine qui1 par sa simplicit1 sa grandeur1 sa concordance1 le parfum de justice qui s'en exhale1 s'impose aux convictions1 entrane les coeurs1 et fait pntrer1 dans tous les replis de l'intelligence1 le sentiment de la certitude4 ,que reprochez-vous donc l'conomie politique8 ,est-ce d'avoir repouss les formules diverses--et par suite refus de prendre le nom--du socialisme8 ,oui1 elle a combattu le saint-simonisme et le fouririsme2 vous les avez combattus comme elle4 ,oui1 elle a rprouv les thories du ,luxembourg2 vous les avez rprouves comme elle4 ,oui1 elle a lutt contre le communisme2 vous avez fait plus1 vous l'avez cras4 ,d'accord avec l'conomie politique sur le capital1 son origine1 sa mission1 son droit1 ses tendances2--d'accord avec elle sur le principe promouvoir1 la libert2--d'accord avec elle sur l'ennemi combattre1 l'intervention abusive de l'tat dans les transactions honntes2--d'accord avec elle dans ses luttes contre les manifestations passes du socialisme2--d'o vient que vous vous retournez contre elle8 ,c'est que vous avez trouv au socialisme une nouvelle formule3 la contradiction1 ou1 si vous aimez mieux1 l'antinomie4 ,c'est pourquoi vous apostrophez l'conomie politique et lui dites3 ,tu es vieille d'un sicle4 ,tu n'es plus au courant des questions du jour4 ,tu n'envisages la question que sous une face4 ,tu te fondes sur la lgitimit et l'utilit de l'intrt1 et tu as raison1 car il est utile et lgitime2 mais ce que tu ne comprends pas1 c'est qu'en mme temps il est nuisible et illgitime4 ,cette contradiction t'merveille2 la gloire du no-socialisme est de l'avoir dcouverte1 et c'est par l qu'il dpasse ta porte4 ,avant de chercher1 ainsi que vous m'y invitez1 faire sortir une solution de ces prmisses contradictoires1 il faut savoir si la contradiction existe1 et nous sommes ramens par l creuser de plus en plus ce problme3 ,l'intrt du capital est-il lgitime8 ,mais que puis-je dire8 ,mon oeil se fixe sur l'pe de ,damocls que vous tenez suspendue sur ma tte4 ,plus concluantes seront mes raisons1 plus vous vous frotterez les mains1 disant3 ,on ne saurait mieux prouver ma thse4 ,que si1 des bas-fonds du communisme1 il s'lve contre mes arguments une rfutation spcieuse1 vous vous frotterez les mains encore1 disant3 ,voici du secours qui arrive mon antithse4 antinomie6 tu es vraiment une citadelle imprenable2 tu ressembles1 trait pour trait1 au scepticisme4 ,comment convaincre ,pyrrhon1 qui vous dit3 ,je doute si tu me parles ou si je te parle2 je doute si tu es et si je suis2 je doute si tu affirmes2 je doute si je doute8 ,voyons nanmoins sur quelle base vous faites reposer la seconde moiti de l'antinomie4 ,vous invoquez d'abord les ,pres de l'glise1 le judasme et le paganisme4 ,permettez-moi de les rcuser en matire conomique4 ,vous l'avouez vous-mme1 ,juifs et gentils ont parl dans un sens et agi dans un autre4 ,quand il s'agit d'tudier les lois gnrales auxquelles obit la socit1 la manire dont les hommes agissent universellement a plus de poids que quelques sentences4 ,vous dites3 ,celui qui prte ne se prive pas du capital qu'il prte4 ,il le prte1 au contraire1 parce que ce prt ne constitue pas pour lui une privation2 il le prte1 parce qu'il n'en a que faire pour lui-mme1 tant suffisamment pourvu1 d'ailleurs1 de capitaux4 ,il le prte1 enfin1 parce qu'il n'est ni dans son intention ni dans sa puissance de le faire personnellement valoir#cf4 ,note #cf3 ,l'argument tir de ce que le capitaliste ne se prive pas1 n'est pas exclusivement l'usage des socialistes3 ,considrer comme un lment important de la lgitimit de l'intrt la privation prouve par le prteur1 est une opinion qui fut soutenue1 le #ae juin #ahdi1 dans le ,journal des conomistes1 l'occasion du pamphlet ,capital et ,rente1 rcemment publi4 7,note de l'diteur47 ,et qu'importe1 s'il l'a cr par son travail1 prcisment pour le prter8 ,il n'y a l qu'une quivoque sur l'effet ncessaire de la sparation des occupations4 ,votre argument attaque la vente aussi bien que le prt4 ,en voulez-vous la preuve8 ,je vais reproduire votre phrase1 en substituant ,vente ,prt et ,chapelier ,capitaliste4 ,celui qui vend1 dirai-je1 ne se prive pas du chapeau qu'il vend4 ,il le vend1 au contraire1 parce que cette vente ne constitue pas pour lui une privation4 ,il le vend parce qu'il n'en a que faire pour lui-mme1 tant d'ailleurs suffisamment pourvu de chapeaux4 ,il le vend enfin parce qu'il n'est ni dans son intention1 ni dans sa puissance de le faire personnellement servir4 ,en faveur de votre antithse1 vous allguez encore la compensation4 ,vous me prtez1 moyennant intrt1 le rabot que vous avez fabriqu pour polir vos planches4 ,si1 de mon ct1 je vous prte la scie que j'ai monte pour dbiter mes souches1 j'aurai droit pareillement un intrt44444 ,si1 de part et d'autre1 les capitaux avancs sont gaux1 les intrts se balanant1 le solde sera nul4 ,sans doute2 et si les capitaux avancs sont ingaux1 un solde lgitime apparatra4 ,c'est prcisment ainsi que les choses se passent4 ,encore ici1 ce que vous dites du prt1 on peut le dire de l'change et mme du travail2 parce que des travaux changs se compensent1 en concluez-vous que le travail a t ananti8 ,le socialisme moderne aspire1 dites-vous1 raliser cette prestation mutuelle des capitaux1 afin que l'intrt1 partie intgrante du prix de toutes choses1 se compense pour tous et1 par consquent1 s'annule4--,qu'il se compense1 ce n'est pas idalement impossible1 et je ne demande pas mieux4 ,mais il y faut d'autres faons qu'une ,banque d'invention nouvelle4 ,que le socialisme galise chez tous les hommes l'activit1 l'habilet1 la probit1 l'conomie1 la prvoyance1 les besoins1 les gots1 les vertus1 les vices et mme les chances1 et alors il aura russi4 ,mais alors aussi il importera peu que l'intrt se cote demi pour cent ou cinquante pour cent4 ,vous nous reprochez de mconnatre la signification du socialisme1 parce que nous ne fondons pas de grandes esprances sur ses rves de crdit gratuit4 ,vous nous dites3 ,vous attribuez au capital le mrite et le progrs opr dans le domaine de l'industrie et de la richesse1 tandis que le progrs a pour cause non le capital1 mais la ,,circulation du capital4 ,je crois que c'est vous qui prenez ici l'effet pour la cause4 ,pour que le capital circule1 il faut d'abord qu'il existe2 et1 pour qu'il existe1 il faut qu'il soit provoqu natre par la perspective des rcompenses attaches aux vertus qui l'engendrent4 ,ce n'est pas parce qu'il circule que le capital est utile2 c'est parce qu'il est utile qu'il circule4 ,son utilit intrinsque fait que les uns le demandent1 que les autres l'offrent2 de l la circulation qui n'a besoin que d'une chose3 ,,tre ,,libre4 ,mais ce que je dplore surtout1 c'est de voir sparer en deux classes antagoniques les capitalistes et les travailleurs1 comme s'il y avait un seul travailleur au monde qui ne ft1 quelque degr1 capitaliste1 comme si capital et travail n'taient pas une mme chose2 comme si rmunrer l'un ce n'tait pas rmunrer l'autre4 ,ce n'est certes pas vous qu'il faut dmontrer cette proposition4 ,permettez-moi1 cependant1 de l'lucider par un exemple2 car1 vous le savez bien1 nous n'crivons pas l'un pour l'autre1 mais pour le public4 ,deux ouvriers se prsentent1 gaux d'activit1 de force1 d'adresse4 ,l'un n'a que ses bras2 l'autre a une hache1 une scie1 une herminette4 ,je paie au premier #c fr4 par jour1 au second #c fr4 #ge c4 ,il semble que le salaire soit ingal2 creusons la matire1 et nous nous convaincrons que cette ingalit apparente est de l'galit relle4 ,d'abord1 il faut bien que je rembourse au charpentier l'usure des outils qu'il use mon service et mon profit4 ,il faut bien qu'il trouve1 dans un accroissement de salaire1 de quoi entretenir cet outillage et maintenir sa position4 ,de ce chef1 je lui donne #e sous de plus par jour qu'au simple manoeuvre1 sans que l'galit soit le moins du monde blesse4 ,ensuite1--et j'invoque ici l'attention du lecteur1 car nous sommes au vif de la question2--pourquoi le charpentier a-t-il des outils8 ,apparemment parce qu'il les a faits avec du travail ou pays par du travail1 ce qui est tout un4 ,supposons qu'il les ait faits en consacrant cette cration tout le premier mois de l'anne4 ,le manoeuvre1 qui n'a pas pris cette peine1 pourra me louer ses services pendant #cjj jours1 tandis que le charpentier-capitaliste n'aura plus que #bgj journes disponibles ou rmunrables4 ,il faut donc que #bgj journes1 avec outils1 lui produisent autant que #cjj journes sans outils2 en d'autres termes1 que les premires se paient #e sous de plus4 ,ce n'est pas tout encore4 ,quand le charpentier s'est dcid faire ses outils1 il a eu un but1 assurment fort lgitime1 celui d'amliorer sa condition4 ,on ne peut lui mettre dans la bouche ce raisonnement3 ,je vais accumuler des approvisionnements1 m'imposer des privations1 afin de pouvoir travailler tout un mois sans rien gagner4 ,ce mois1 je le consacrerai fabriquer des outils qui me mettront mme de dbiter beaucoup plus d'ouvrage au profit de mon client2 ensuite1 je lui demanderai de rgler mon salaire pour les onze mois suivants1 de manire gagner juste autant1 tout compris1 que si j'tais rest manoeuvre4 ,non1 cela ne peut tre ainsi4 ,il est vident que ce qui a stimul1 dans cet artisan1 la sagacit1 l'habilet1 la prvoyance1 la privation1 c'est l'espoir1 le trs-juste espoir d'obtenir pour son travail une meilleure rcompense4 ,ainsi nous arrivons ce que la rtribution du charpentier se dcompose comme il suit3 #a #c fr4 c1 salaire brut4 #b #be usure des outils4 #c #be compensation du temps consacr faire les outils4 #d #be juste rmunration de l'habilet1 de la prvoyance1 de la privation4 --------------- #c fr4 #ge c4 ,o peut-on voir l injustice1 iniquit1 spoliation8 ,que signifient toutes ces clameurs si absurdement leves contre notre charpentier devenu capitaliste8 ,et remarquez bien que l'excdant de salaire qu'il reoit n'est obtenu aux dpens de personne2 moi qui le paie1 j'ai moins que personne m'en plaindre4 ,grce aux outils1 une production supplmentaire a t pour ainsi dire tire du nant4 ,cet excdant d'utilit se partage entre le capitaliste et moi qui1 comme consommateur1 reprsente ici la communaut1 l'humanit tout entire4 ,autre exemple1--car il me semble que ces analyses directes des faits instruisent plus que la controverse4 ,le laboureur a un champ rendu presque improductif par la surabondance d'humidit4 ,en homme primitif1 il prend un vase et va puiser l'eau qui noie ses sillons4 ,voil un travail excessif2 qui doit le payer8 videmment l'acqureur de la rcolte4 ,si l'homme n'avait jamais imagin d'autre procd de desschement1 le bl serait si cher1 quoiqu'il n'y et pas de capital rmunrer 7ou plutt parce que71 que l'on n'en produirait pas2 et tel a t le sort de l'humanit pendant des sicles4 ,mais notre laboureur s'avise de faire une rigole4 ,voil le capital qui parat4 ,qui doit payer les frais de cet ouvrage8 ,ce n'est pas l'acqureur de la premire rcolte4 ,cela serait injuste1 puisque la rigole doit favoriser un nombre indtermin de rcoltes successives4 ,comment donc se rglera la rpartition8 ,par la loi de l'intrt et de l'amortissement4 ,il faut que le laboureur1 comme le charpentier1 retrouve les quatre lments de rmunration que j'numrais tout l'heure1 ou il ne fera pas la rigole4 ,et1 encore que le prix du bl se trouve ici grev d'un intrt1 ce serait tomber dans une hrsie conomique que de dire3 cet intrt est une perte pour le consommateur4 ,bien au contraire2 c'est parce que le consommateur paie l'intrt de ce capital1 sous forme de rigole1 qu'il ne paie pas l'puisement1 beaucoup plus dispendieux1 force de bras4--,et1 si vous observez la chose de prs1 vous verrez que c'est toujours du travail qu'il paie2 seulement1 dans le second cas1 il intervient une coopration de la nature1 trs-utile1 trs-productive1 mais qui ne se paie pas4 ,votre plus grand grief contre l'intrt est qu'il permet aux capitalistes de vivre sans travailler4 ,or1 dites-vous1 vivre sans travailler1 c'est1 en conomie politique comme en morale1 une proposition contradictoire1 une chose impossible4 ,sans doute1 vivre sans travailler1 pour l'homme tel qu'il a plu ,dieu de le faire1 est1 d'une manire absolue1 chose impossible4 ,mais ce qui n'est pas impossible l'homme1 c'est de vivre deux jours sur le travail d'un seul4 ,ce qui n'est pas impossible l'humanit1 ce qui est mme une consquence providentielle de sa nature perfectible1 c'est d'accrotre incessamment la proportion des rsultats obtenus aux efforts employs4 ,si un artisan a pu amliorer son sort en fabriquant de grossiers outils1 pourquoi ne l'amliorerait-il pas davantage encore en crant des machines plus compliques1 en dployant plus d'activit1 plus de gnie1 plus de prvoyance2 en se soumettant de plus longues privations8 ,que si le talent1 la persvrance1 l'ordre1 l'conomie1 l'exercice de toutes les vertus1 se perptuent dans la famille2 pourquoi ne parviendrait-elle pas1 la longue1 au loisir relatif1 ou1 pour mieux dire1 s'initier des travaux d'un ordre plus lev8 ,pour que ce loisir provoqut avec justice1 chez ceux qui n'y sont pas encore parvenus1 l'irritation et l'envie1 il faudrait qu'il ft acquis aux dpens d'autrui1 et j'ai prouv qu'il n'en tait pas ainsi4 ,il faudrait1 de plus1 qu'il ne ft pas l'ternelle aspiration de tous les hommes4 ,je terminerai cette lettre1 dj trop longue1 par une considration sur le loisir4 ,quelle que soit mon admiration sincre pour les admirables lois de l'conomie sociale1 quelque temps de ma vie que j'aie consacr tudier cette science1 quelque confiance que m'inspirent ses solutions1 je ne suis pas de ceux qui croient qu'elle embrasse toute la destine humaine4 ,production1 distribution1 circulation1 consommation des richesses1 ce n'est pas tout pour l'homme4 ,il n'est rien1 dans la nature1 qui n'ait sa cause finale2 et l'homme aussi doit avoir une autre fin que celle de pourvoir son existence matrielle4 ,tout nous le dit4 ,d'o lui viennent et la dlicatesse de ses sentiments1 et l'ardeur de ses aspirations2 sa puissance d'admirer et de s'extasier8 ,d'o vient qu'il trouve dans la moindre fleur un sujet de contemplation8 que ses organes saisissent avec tant de vivacit et rapportent l'me1 comme les abeilles la ruche1 tous les trsors de beaut et d'harmonie que la nature et l'art ont rpandus autour de lui8 ,d'o vient que des larmes mouillent ses yeux au moindre trait de dvouement qu'il entend raconter8 ,d'o viennent ces flux et ces reflux d'affection que son coeur labore comme il labore le sang et la vie8 ,d'o lui viennent son amour de l'humanit et ses lans vers l'infini8 ,ce sont l les indices d'une noble destination qui n'est pas circonscrite dans l'troit domaine de la production industrielle4 ,l'homme a donc une fin4 ,quelle est-elle8 ,ce n'est pas ici le lieu de soulever cette question4 ,mais quelle qu'elle soit1 ce qu'on peut dire1 c'est qu'il ne la peut atteindre si1 courb sous le joug d'un travail inexorable et incessant1 il ne lui reste aucun loisir pour dvelopper ses organes1 ses affections1 son intelligence1 le sens du beau1 ce qu'il y a de plus pur et de plus lev dans sa nature2 ce qui est en germe chez tous les hommes1 mais latent et inerte1 faute de loisir1 chez un trop grand nombre d'entre eux#cg4 ,note #cg3 ,voy41 au tome ,,vi1 la fin du chap4 ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,quelle est la puissance qui allgera pour tous1 dans une certaine mesure1 le fardeau de la peine8 ,qui abrgera les heures de travail8 ,qui desserrera les liens de ce joug pesant qui courbe aujourd'hui vers la matire1 non-seulement les hommes1 mais les femmes et les enfants qui n'y semblaient pas destins8--,c'est le capital2 le capital qui1 sous la forme de roue1 d'engrenage1 de rail1 de chute d'eau1 de poids1 de voile1 de rame1 de charrue1 prend sa charge une si grande partie de l'oeuvre primitivement accomplie aux dpens de nos nerfs et de nos muscles2 le capital qui fait concourir1 de plus en plus1 au profit de tous1 les forces gratuites de la nature4 ,le capital est donc l'ami1 le bienfaiteur de tous les hommes1 et particulirement des classes souffrantes4 ,ce qu'elles doivent dsirer1 c'est qu'il s'accumule1 se multiplie1 se rpande sans compte ni mesure4--,et s'il y a un triste spectacle au monde1--spectacle qu'on ne pourrait dfinir que par ces mots3 suicide matriel1 moral et collectif1--c'est de voir ces classes1 dans leur garement1 faire au capital une guerre acharne4--,il ne serait ni plus absurde1 ni plus triste1 si nous voyions tous les capitalistes du monde se concerter pour paralyser les bras et tuer le travail4 ,en me rsumant1 monsieur ,proudhon1 je vous dirai ceci3 ,le jour o nous serons d'accord sur cette premire donne1 l'intrt du capital1 dtermin par le libre dbat1 est lgitime2--je me ferai un plaisir et un devoir de discuter loyalement avec vous les autres questions que vous me posez4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,,cinqui,,me ,,lettre4 ,p4 ,j4 ,,proudhon ,f4 ,,bastiat4 ,rclamation sur les limites du dbat4--,l'intrt a t mais n'est plus lgitime4--,inductions tires de l'histoire4--,l'illgitimit succde la lgitimit4--,impritie et mauvais vouloir de la socit4--,c'est de la circulation du ,,capital1 et non du ,,capital mme1 que nat le progrs de la richesse sociale4 #c dcembre #ahdi4 ,monsieur1 votre dernire lettre se termine par ces paroles3 ,le jour o nous serons d'accord sur cette premire donne3 l'intrt du capital est lgitime2--je me ferai un plaisir et un devoir de discuter loyalement avec vous les autres questions que vous me posez4 ,je vais1 ,monsieur1 tcher de vous donner satisfaction4 ,mais permettez-moi d'abord de vous adresser cette question1 que je voudrais pouvoir rendre moins brusque3 ,qu'tes-vous venu faire la ,voix du ,peuple8--,rfuter la thorie du crdit gratuit1 la thorie de l'abolition de tout intrt des capitaux1 de toute rente de la proprit4 ,pourquoi donc refusez-vous de vous placer tout de suite sur le terrain de cette thorie8 de la suivre dans son principe1 sa mthode1 son dveloppement8 d'examiner ce qui la constitue1 les preuves de vrit qu'elle apporte1 le sens des faits qu'elle cite1 et qui contredisent1 abrogent1 d'une manire clatante1 le fait1 ou plutt la fiction que vous vous efforcez de soutenir de la productivit du capital8 ,cela est-il d'une discussion srieuse et loyale8 ,depuis quand a-t-on vu les philosophes rpondre un systme de philosophie par cette fin de non-recevoir3 ,mettons-nous premirement d'accord sur le systme en vogue1 aprs quoi nous examinerons le nouveau8 ,depuis quand est-il reu dans les sciences que l'on doit repousser impitoyablement1 par la question pralable1 tout fait1 toute ide1 toute thorie qui contredit la thorie gnralement admise8 ,quoi6 vous entreprenez de me rfuter et de me convaincre2 et puis1 au lieu de saisir mon systme corps corps1 vous me prsentez le vtre6 ,pour me rpondre1 vous commencez par exiger que je tombe d'accord avec vous de ce que je nie positivement6 ,en vrit1 n'aurais-je pas1 ds ce moment1 le droit de vous dire3 ,gardez votre thorie du prt intrt1 puisqu'elle vous agre1 et laissez-moi ma thorie du prt gratuit1 que je trouve plus avantageuse1 plus morale1 plus utile et beaucoup plus pratique8 ,au lieu de discuter1 comme nous l'avions espr1 nous en serons quittes pour mdire l'un de l'autre1 et nous dcrier rciproquement4 l'avantage6444 ,voil1 ,monsieur1 comment se terminerait la discussion1 si1 par malheur pour votre thorie1 elle n'tait force1 afin de se maintenir1 de renverser la mienne4 ,c'est ce que je vais avoir l'honneur de vous dmontrer1 en suivant votre lettre de point en point4 ,vous commencez par plaisanter1 fort spirituellement sans doute1 sur la loi de contradiction dont je me suis servi pour tracer la marche de la thorie socialiste4 ,croyez-moi1 ,monsieur1 il y a toujours peu de gloire acqurir1 pour un homme d'intelligence1 rire des choses qu'il n'entend pas1 surtout quand elles reposent sur des autorits aussi respectables que la loi de contradiction4 ,la dialectique1 fonde par ,kant et ses successeurs1 est aujourd'hui comprise et employe par une moiti de l',europe1 et ce n'est pas un titre d'honneur pour notre pays assurment1 quand nos voisins ont port si loin la spculation philosophique1 d'en tre rest ,proclus et saint ,thomas4 force d'clectisme et de matrialisme1 nous avons perdu jusqu' l'intelligence de nos traditions2 nous n'entendons pas mme ,descartes2 car1 si nous entendions ,descartes1 il nous conduirait ,kant1 ,fichte1 ,hegel1 et au del4 ,quittons1 toutefois1 la contradiction1 puisqu'elle vous est importune1 et revenons l'ancienne mthode4 ,vous savez ce que l'on entend1 dans la logique ordinaire1 par distinction4 dfaut de professeur de philosophie1 ,diafoirus le jeune vous l'aurait appris4 ,c'est le procd qui vous est le plus familier1 et qui tmoigne le mieux de la subtilit de votre esprit4 ,je vais donc1 pour rpondre votre question1 faire usage du distinguo3 peut-tre alors ne vous sera-t-il plus possible de dire que vous ne me comprenez pas4 ,vous demandez3 l'intrt du capital est-il lgitime1 oui ou non8 ,rpondez cela1 sans antinomie et sans antithse4 ,je rponds3 ,,distinguons1 s'il vous plat4 ,oui1 l'intrt du capital a pu tre considr comme lgitime dans un temps2 non1 il ne peut plus l'tre dans un autre4 ,cela vous offre-t-il quelque ambage1 quelque quivoque8 ,je vais tcher de dissiper toutes les ombres4 ,la monarchie absolue a t lgitime dans un temps3 ce fut une des conditions du dveloppement politique4 ,elle a cess d'tre lgitime une autre poque1 parce qu'elle tait devenue un obstacle au progrs4--,il en a t de mme de la monarchie constitutionnelle3 c'tait1 en #hi et jusqu'en #ahcj1 la seule forme politique qui convnt notre pays2 ce serait aujourd'hui une cause de perturbation et de dcadence4 ,la polygamie a t lgitime une poque3 c'tait le premier pas fait hors de la promiscuit communautaire4 ,elle est condamne de nos jours comme contraire la dignit de la femme3 nous la punissons des galres4 ,le combat judiciaire1 l'preuve de l'eau bouillante1 la torture elle-mme1 lisez ,m4 ,rossi1 eurent galement leur lgitimit4 ,c'tait la premire forme donne la justice4 ,nous y rpugnons maintenant1 et tout magistrat qui y aurait recours se rendrait coupable d'un attentat4 ,sous saint ,louis1 les arts et mtiers taient fodaliss1 organiss corporativement et hrisss de privilges4 ,cette rglementation tait alors utile et lgitime2 elle avait pour but de faire surgir1 en face de la fodalit terrienne et nobiliaire1 la fodalit du travail4 ,elle a t abandonne depuis1 et avec raison3 depuis #hi1 l'industrie est libre4 ,je vous rpte donc1 et1 en conscience1 je crois parler clair3 ,oui1 le prt intrt a t1 dans un temps1 lgitime1 lorsque toute centralisation dmocratique du crdit et de la circulation tait impossible3 il ne l'est plus1 maintenant que cette centralisation est devenue une ncessit de l'poque1 partant un devoir de la socit1 un droit du citoyen4 ,c'est pour cela que je m'lve contre l'usure2 je dis que la socit me doit le crdit et l'escompte sans intrt3 l'intrt je l'appelle ,,vol4 ,bon gr1 mal gr1 il faut donc que vous descendiez sur le terrain o je vous appelle3 car1 si vous refusez de le faire1 si vous vous renfermez dans la bonne foi de votre ancienne possession1 alors j'accuserai votre mauvais vouloir2 je crierai partout1 comme le ,mascarille de ,molire3 ,au voleur6 au voleur6 au voleur6 ,pour en finir tout fait avec l'antinomie1 je vais maintenant1 l'aide des exemples prcdemment cits1 vous dire en peu de mots ce qu'elle ajoute la distinction4 ,cela ne sera pas inutile notre controverse4 ,vous concevez donc qu'une chose peut tre vraie1 juste1 lgitime1 dans un temps1 et fausse1 inique1 criminelle1 dans un autre4 ,vous ne pouvez pas ne pas le concevoir1 puisque cela est4 ,or1 se demande le philosophe1 comment une chose1 vraie un jour1 ne l'est-elle pas un autre jour8 ,la vrit peut-elle changer ainsi8 ,la vrit n'est-elle pas la vrit8 ,faut-il croire qu'elle n'est qu'une fantaisie1 une apparence1 un prjug8 ,y a-t-il1 enfin1 ou n'y a-t-il pas une cause ce changement8 ,au-dessus de la vrit qui change1 existerait-il1 par hasard1 une vrit qui ne change point1 une vrit absolue1 immuable8 ,en deux mots1 la philosophie ne s'arrte point au fait tel que le lui rvlent l'exprience et l'histoire2 elle cherche l'expliquer4 ,eh bien6 la philosophie a trouv1 ou1 si vous aimez mieux1 elle a cru voir que cette altration des institutions sociales1 ce revirement qu'elles prouvent aprs un certain nombre de sicles1 provient de ce que les ides dont elles sont l'expression1 possdent en elles-mmes une sorte de facult volutive1 un principe de mobilit perptuelle1 provenant de leur essence contradictoire4 ,c'est ainsi que l'intrt du capital1 lgitime alors que le prt est un service rendu de citoyen citoyen1 mais qui cesse de l'tre quand la socit a conquis le pouvoir d'organiser le crdit gratuitement pour tout le monde1 cet intrt1 dis-je1 est contradictoire dans son essence1 en ce que1 d'une part1 le service rendu par le prteur a droit une rmunration2 et que1 d'un autre ct1 tout salaire suppose produit ou privation1 ce qui n'a pas lieu dans le prt4 ,la rvolution qui s'opre dans la lgitimit du prt vient de l4 ,voici comment le socialisme pose la question2 voil aussi sur quel terrain les dfenseurs de l'ancien rgime doivent se placer4 ,se renfermer dans la tradition1 se borner dire3 ,le prt est un service rendu1 donc il doit tre pay2 sans vouloir entrer dans les considrations qui tendent abroger l'intrt1 ce n'est pas rpondre4 ,le socialisme1 redoublant d'nergie1 proteste et vous dit3 ,je n'ai que faire de votre service1 service pour vous1 spoliation pour moi1 tandis qu'il est loisible la socit de me faire jouir des mmes avantages que vous m'offrez1 et cela sans rtribution4 ,m'imposer un tel service1 malgr moi1 en refusant d'organiser la circulation des capitaux1 c'est me faire supporter un prlvement injuste1 c'est me voler4 ,ainsi1 toute votre argumentation en faveur de l'intrt1 consiste confondre les poques1 je veux dire confondre ce qui1 dans le prt1 est lgitime avec ce qui ne l'est pas1 tandis que moi1 au contraire1 je les distingue soigneusement4 ,c'est ce que je vais achever de vous rendre intelligible par l'analyse de votre lettre4 ,je prends un un tous vos arguments4 ,dans ma premire rponse1 je vous avais fait observer que celui qui prte ne se prive1 pas de son capital4--,vous me rpondez3 ,qu'importe1 s'il a cr son capital tout exprs pour le prter8 ,en disant cela1 vous trahissez votre propre cause4 ,vous acquiescez1 par ces paroles1 mon antithse1 qui consiste dire3 ,la cause secrte pour laquelle le prt intrt1 lgitime hier1 ne l'est plus aujourd'hui1 c'est ce que le prt1 en lui-mme1 n'entrane pas privation4 ,je prends acte de cet aveu4 ,mais vous vous accrochez l'intention3 ,qu'importe1 dites vous1 si le prteur a cr ce capital tout exprs pour le prter8 quoi je rplique3 ,et que me fait mon tour votre intention1 si je n'ai pas rellement besoin de votre service1 si le prtendu service que vous voulez me rendre ne me devient ncessaire que par le mauvais vouloir et l'impritie de la socit8 ,votre crdit ressemble celui que fait le corsaire l'esclave1 quand il lui donne la libert contre ranon4 ,je proteste contre votre crdit #e pour #ajj1 parce que la socit a le pouvoir et le devoir de me le faire #j pour #ajj2 et1 si elle me refuse1 je l'accuse1 ainsi que vous1 de vol2 je dis qu'elle est complice1 fautrice1 organisatrice du vol4 ,assimilant le prt la vente1 vous dites3 votre argument s'attaque celle-ci aussi bien qu' celui-l4 ,en effet1 le chapelier qui vend des chapeaux ne s'en prive pas4 ,non1 car il reoit de ses chapeaux1 il est cens du moins en recevoir immdiatement la valeur1 ni plus ni moins4 ,mais le capitaliste prteur1 non-seulement n'est pas priv1 puisqu'il rentre intgralement dans son capital2 il reoit plus que le capital1 plus que ce qu'il apporte l'change2 il reoit1 en sus du capital1 un intrt qu'aucun produit positif de sa part ne reprsente4 ,or1 un service qui ne cote pas de travail celui qui le rend1 est un service susceptible de devenir gratuit3 c'est ce que vous-mme vous nous apprendrez tout l'heure4 ,aprs avoir reconnu la non-privation qui accompagne le prt1 vous convenez cependant qu'il n'est pas idalement impossible que l'intrt1 qui1 aujourd'hui1 fait partie intgrante du prix des choses1 se compense pour tout le monde1 et1 par consquent1 s'annule4--,mais1 ajoutez-vous1 il y faut d'autres faons qu'une banque nouvelle4 ,que le socialisme galise2 chez tous les hommes1 l'activit1 l'habilet1 la probit1 l'conomie1 la prvoyance1 les besoins1 les gots1 les vertus1 les vices1 et mme les chances1 et alors il aura russi4 ,en sorte que vous n'entrez dans la question que pour l'luder aussitt4 ,le socialisme1 au point o il est parvenu1 prtend justement que c'est l'aide d'une rforme de la banque et de l'impt que l'on peut arriver cette compensation4 ,au lieu de passer1 comme vous faites1 sur cette prtention du socialisme1 arrtez-vous-y1 et rfutez-la3 vous en aurez fini avec toutes les utopies du monde4 ,car1 le socialisme affirme1--et sans cela le socialisme n'existerait pas1 il ne serait rien1--que ce n'est point en galisant chez tous les hommes l'activit1 l'habilet1 la probit1 l'conomie1 la prvoyance1 les besoins1 les gots1 les vertus1 les vices et mme les chances1 qu'on parviendra compenser l'intrt et galiser le revenu net2 il soutient qu'il faut1 au contraire1 commencer par centraliser le crdit et annuler l'intrt1 pour galiser les facults1 les besoins et les chances4 ,qu'il n'y ait plus parmi nous de voleurs1 et nous serons tous vertueux1 tous heureux6 ,voil la profession de foi du socialisme6 ,j'prouve le plus vif regret vous le dire3 mais vous connaissez si peu le socialisme1 que vous vous heurtez contre lui sans le voir4 ,vous persistez attribuer au capital tous les progrs de la richesse sociale1 que j'attribue1 moi1 la circulation2 et vous me dites1 ce propos1 que je prends l'effet pour la cause4 ,mais1 en soutenant une pareille proposition1 vous ruinez1 sans vous en apercevoir1 votre propre thse4 ,j4 ,b4 ,say a dmontr1 et vous ne l'ignorez pas1 que le transport d'une valeur1 que cette valeur s'appelle argent ou marchandise1 constitue lui-mme une valeur2 que c'est un produit aussi rel que le bl et le vin2 qu'en consquence1 le service du commerant et du banquier mrite d'tre rmunr tout comme le service du laboureur et du vigneron4 ,c'est sur ce principe que vous vous appuyez vous-mme quand vous rclamez un salaire pour le capitaliste1 qui1 par la prestation de son capital1 dont on lui garantit la rentre1 fait office de transport1 de circulation4 ,par cela seul que je prte1 disiez-vous dans votre premire lettre1 je rends un service1 je cre une valeur4 ,telles taient vos paroles1 que nous avons admises3 en cela1 nous tions l'un et l'autre d'accord avec le matre4 ,je suis donc fond dire que ce n'est pas le capital lui-mme1 mais la circulation du capital3 c'est cette nature de service1 produit1 marchandise1 valeur1 ralit1 qu'on appelle en conomie politique mouvement ou circulation1 et qui1 au fond1 constitue toute la matire de la science conomique1 qui est la cause de la richesse4 ,ce service1 nous le payons tous ceux qui le rendent2 mais nous affirmons qu'en ce qui concerne les capitaux proprement dits1 ou l'argent1 il dpend de la socit de nous en faire jouir elle-mme1 et gratuitement2 que si elle ne le fait pas1 il y a fraude et spoliation4--,comprenez-vous maintenant o est le vritable point de la question sociale8444 ,aprs avoir dplor de voir les capitalistes et les travailleurs spars en deux classes antagoniques1 ce qui n'est pas la faute du socialisme assurment1--vous prenez la peine1 fort inutile1 de me dmontrer par des exemples que tout travailleur est1 quelque degr1 capitaliste1 et fait oeuvre de capitalisation1 c'est--dire d'usure4 ,qui donc a jamais song le nier8 ,qui vous a dit que ce que nous reconnaissons comme lgitim1 en un temps1 chez le capitaliste1 nous le rprouvons1 dans le mme temps1 chez l'ouvrier8 ,oui1 nous savons que le prix de toute marchandise et service se dcompose actuellement de la manire suivante3 #a ,matire premire2 #b ,amortissement des instruments de travail et frais2 #c ,salaire du travail2 #d ,intrt du capital4 ,il en est ainsi dans toutes les professions1 agriculture1 industrie1 commerce1 transports4 ,ce sont les ,fourches ,caudines de tout ce qui n'est point parasite1 capitaliste ou manoeuvre4 ,vous n'avez que faire de nous donner ce sujet de longs dtails1 trs-intressants du reste1 et o l'on voit que se complat votre imagination4 ,je vous le rpte3 la question1 pour le socialisme1 est de faire que ce quatrime lment qui entre dans la composition du prix des choses1 savoir1 l'intrt du capital1 se compense entre tous les producteurs1 et par consquent1 s'annule4 ,nous soutenons que cela est possible2 que si cela est possible1 c'est un devoir la socit de procurer la gratuit du crdit tous2 qu'autrement1 ce ne serait pas une socit1 mais une conspiration des capitalistes contre les travailleurs1 un pacte de rapine et d'assassinat4 ,concevez donc1 une fois1 qu'il ne s'agit point pour vous de nous expliquer comment les capitaux se forment1 comment ils se multiplient par l'intrt1 comment l'intrt entre dans la composition du prix des produits1 comment tous les travailleurs sont eux-mmes coupables du pch d'usure3 nous savons ds longtemps toutes ces choses1 autant que nous sommes convaincus de la bonne foi des rentiers et des propritaires4 ,nous disons3 ,le systme conomique fond sur la fiction de la productivit du capital1 justifiable une autre poque1 est dsormais illgitime4 ,son impuissance1 sa malfaisance sont dmontres3 c'est lui qui est la cause de toutes les misres actuelles1 lui qui soutient encore cette vieille fiction du gouvernement reprsentatif1 dernire formule de la tyrannie parmi les hommes4 ,je ne vous suivrai point dans les considrations1 toutes religieuses1 par lesquelles vous terminez votre lettre4 ,la religion1 permettez-moi de vous le dire1 n'a rien faire avec l'conomie politique4 ,une vritable science se suffit elle-mme2 hors de cette condition1 elle n'est pas4 ,s'il faut l'conomie politique une sanction religieuse pour suppler l'impuissance de ses thories1 et si1 de son ct1 la religion1 pour excuser la strilit de son dogme1 allgue les exigences de l'conomie politique1 il arrivera que l'conomie politique et la religion1 au lieu de se soutenir mutuellement1 s'accuseront l'une l'autre2 elles priront toutes deux4 ,commenons par faire justice1 et nous aurons de surcrot la libert1 la fraternit1 la richesse2 le bonheur mme de l'autre vie n'en sera que plus assur4 ,l'ingalit du revenu capitaliste est-elle1 oui ou non1 la cause premire de la misre physique1 morale et intellectuelle qui afflige aujourd'hui la socit8 ,faut-il compenser le revenu entre tous les hommes1 rendre gratuite la circulation des capitaux1 en l'assimilant l'change des produits1 et annuler l'intrt8 ,voil ce que demande le socialisme1 et quoi il faut rpondre4 ,le socialisme1 dans ses conclusions les plus positives1 vous fournit la solution dans la centralisation dmocratique et gratuite du crdit1 combine avec un systme d'impt unique1 remplaant tous les autres impts1 et assis sur le capital4 ,qu'on vrifie cette solution2 qu'on essaie de l'appliquer4 ,c'est la seule manire de rfuter le socialisme2 hors de l1 nous ferons retentir plus fort que jamais notre cri de guerre3 ,la proprit c'est le vol6 ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,,sixi,,me ,,lettre4 ,f4 ,,bastiat ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,est-il vrai que prter n'est plus aujourd'hui rendre un service8--,la socit est-elle un capitaliste tenu de prter gratuitement8--,explication sur la circulation des capitaux4--,chimres appeles par leur nom4--,ce qui est vrai1 c'est que l'intrt dispense d'une rmunration plus onreuse4 #aj dcembre #ahdi4 ,je veux rester sur mon terrain2 vous voulez m'attirer sur le vtre1 et vous me dites3 ,qu'tes-vous venu faire la ,voix du ,peuple1 si ce n'est rfuter la thorie du crdit gratuit1 etc48 ,il y a l un malentendu4 ,je n'ai point t la ,voix du ,peuple2 la ,voix du ,peuple est venue moi4 ,de tous cts1 on parlait du crdit gratuit1 et chaque jour voyait clore un plan nouveau pour la ralisation de cette ide4 ,alors je me dis3 ,il est inutile de combattre ces plans l'un aprs l'autre4 ,prouver que le capital a un droit lgitime et indestructible tre rmunr1 c'est les ruiner tous la fois1 c'est renverser leur base commune4 ,et je publiai la brochure ,capital et ,rente4 ,la ,voix du ,peuple1 ne trouvant pas ma dmonstration concluante1 l'a rfute4 ,j'ai demand la maintenir1 vous y avez consenti loyalement3 c'est donc sur mon terrain que doit se continuer la discussion4 ,d'ailleurs1 la socit s'est dveloppe perptuellement et universellement sur le principe que j'invoque4 ,c'est ceux qui veulent que1 partir d'aujourd'hui1 elle se dveloppe sur le principe oppos1 prouver qu'elle a eu tort4 ,l'onus probandi leur incombe4 ,et aprs tout1 de quelle importance relle est ce dbat pralable8 ,prouver que l'intrt est lgitime1 juste1 utile1 bienfaisant1 indestructible1 n'est-ce pas prouver que la gratuit du crdit est une chimre8 ,permettez-moi donc1 ,monsieur1 de m'en tenir cette question dominante3 ,l'intrt est-il lgitime et utile8 ,par piti pour l'ignorance o vous me voyez 7ainsi que bon nombre de nos lecteurs7 de la philosophie germanique1 vous voulez bien1 mtamorphosant ,kant en ,diafoirus1 substituer la loi de la contradiction celle de la distinction4 ,je vous remercie de cette condescendance4 ,elle me met l'aise4 ,mon esprit se refuse invinciblement1 je l'avoue1 admettre que deux assertions contradictoires puissent tre vraies en mme temps4 ,je respecte1 comme je le dois1 quoique de confiance1 ,kant1 ,fichte et ,hegel4 ,mais si leurs livres entranent l'esprit du lecteur admettre des propositions comme celles-ci3 ,le ,vol1 c'est la proprit2 la ,proprit1 c'est le vol2 le jour1 c'est la nuit2 je bnirai le ,ciel1 tous les jours de ma vie1 de n'avoir pas fait tomber ces livres sous mes yeux4 ces sublimes subtilits1 votre intelligence s'est aiguise2 la mienne y et infailliblement succomb1 et1 bien loin de me faire comprendre des autres1 je ne pourrais plus me comprendre moi-mme4 ,enfin1 cette question3 ,l'intrt est-il lgitime8 vous rpondez1 non plus en allemand3 ,oui et non1 mais en latin3 ,distinguo4 ,distinguons2 oui1 l'intrt du capital a pu tre considr comme lgitime dans un temps2 non1 il ne peut plus l'tre dans un autre4 ,eh bien6 votre condescendance hte1 ce me semble1 la conclusion de ce dbat4 ,elle prouve surtout que j'avais bien choisi le terrain2 car1 que prtendez-vous8 ,vous dites qu' un moment donn1 la rmunration du capital passe de la lgitimit l'illgitimit2 c'est--dire que le capital lui-mme se dpouille de sa nature pour revtir une nature oppose4 ,certes1 la prsomption n'est pas pour vous1 et c'est celui qui veut bouleverser la pratique universelle sur la foi d'une affirmation si trange1 la prouver4 ,j'avais fait rsulter la lgitimit de l'intrt de ce que le prt est un service1 lequel est susceptible d'tre valu1 a1 par consquent1 une valeur et peut s'changer contre toute autre valeur gale4 ,je croyais mme que vous tiez convenu de la vrit de cette doctrine1 en ces termes3 ,il est trs-vrai1 comme vous l'tablissez vous-mme premptoirement1 que le prt est un service4 ,et comme tout service est une valeur1 comme il est de la nature de tout service d'tre rmunr1 il s'ensuit que le prt doit avoir son prix1 ou1 pour employer le mot technique1 qu'il doit porter intrt4 ,voil ce que vous disiez1 il y a quinze jours4 ,aujourd'hui vous dites3 ,distinguons1 prter c'tait rendre service autrefois1 ce n'est plus rendre service maintenant4 ,or1 si prter n'est pas rendre service1 il va sans dire que l'intrt est1 je ne dis pas illgitime1 mais impossible4 ,votre argumentation nouvelle implique ce dialogue3 ,l',,emprunteur4 ,monsieur1 je voudrais monter un magasin1 j'ai besoin de dix mille francs1 veuillez me les prter4 ,,le ,,pr,,teur4 ,volontiers1 nous allons dbattre les conditions4 ,l',,emprunteur4 ,monsieur1 je n'accepte pas de conditions4 ,je garderai votre argent un an1 deux ans1 vingt ans1 aprs quoi je vous le rendrai purement et simplement1 attendu que tout ce qui1 dans le remboursement du prt1 est donn en sus du prt1 est usure1 spoliation4 ,,le ,,pr,,teur4 ,mais puisque vous venez me demander un service1 il est bien naturel que je vous en demande un autre4 ,l',,emprunteur4 ,monsieur1 je n'ai que faire de votre service4 ,,le ,,pr,,teur4 ,en ce cas1 je garderai mon capital1 duss-je le manger4 ,l',,emprunteur4 ,monsieur1 je suis socialiste1 et le socialisme1 redoublant d'nergie1 proteste et vous dit par ma bouche3 je n'ai que faire de votre service1 service pour vous et spoliation pour moi1 tandis qu'il est loisible la socit de me faire jouir des mmes avantages que vous m'offrez1 et cela sans rtribution4 ,m'imposer un tel service1 malgr moi1 en refusant d'organiser la circulation des capitaux1 c'est me faire supporter un prlvement injuste1 c'est me voler4 ,,le ,,pr,,teur4 ,je ne vous impose rien malgr vous4 ,ds que vous ne voyez pas1 dans le prt1 un service1 abstenez-vous d'emprunter1 comme moi de prter4 ,que si la socit vous offre des avantages sans rtribution1 adressez-vous elle1 c'est bien plus commode2 et1 quant organiser la circulation des capitaux1 ainsi que vous me sommez de le faire1 si vous entendez par l que les miens vous arrivent gratis1 par l'intermdiaire de la socit1 j'ai contre ce procd indirect tout juste les mmes objections qui m'ont fait vous refuser le prt direct et gratuit4 ,la ,socit6 ,j'ai t surpris1 je l'avoue1 de voir apparatre dans un crit man de vous1 ce personnage nouveau1 ce capitaliste accommodant4 ,eh quoi6 ,monsieur1 vous qui1 dans la mme feuille o vous m'adressez votre lettre1 avez combattu avec une si rude nergie les systmes de ,louis ,blanc et de ,pierre ,leroux1 n'avez-vous dissip la fiction de l'tat que pour y substituer la fiction de la ,socit8 ,qu'est-ce donc que la ,socit1 en dehors de quiconque prte ou emprunte1 peroit ou paie l'intrt inhrent au prix de toutes choses8 ,quel est ce ,deus ex machin que vous faites intervenir d'une manire si inattendue pour donner le mot du problme8 ,y a-t-il1 d'un ct1 la masse entire des travailleurs1 marchands1 artisans1 capitalistes1 et1 de l'autre1 la ,socit1 personnalit distincte1 possdant des capitaux en telle abondance qu'elle en peut prter chacun sans compte ni mesure1 et cela sans rtribution8 ,ce n'est pas ainsi que vous l'entendez2 je n'en veux pour preuve que votre article sur l'tat4 ,vous savez bien que la socit n'a d'autres capitaux que ceux qui sont entre les mains des capitalistes grands et petits4 ,serait-ce que la ,socit doit s'emparer de ces capitaux et les faire circuler gratuitement1 sous prtexte de les organiser8 ,en vrit1 je m'y perds1 et il me semble que1 sous votre plume1 cette limite s'efface sans cesse1 qui spare1 aux yeux de la conscience publique1 la proprit du vol4 ,en cherchant pntrer jusqu' la racine de l'erreur que je combats ici1 je crois la trouver dans la confusion que vous faites entre les frais de circulation des capitaux et les intrts des capitaux4 ,vous croyez qu'on peut arriver la circulation gratuite1 et vous en concluez que le prt sera gratuit4 ,c'est comme si l'on disait que lorsque les frais de transport de ,bordeaux ,paris seront anantis1 les vins de ,bordeaux se donneront pour rien ,paris4 ,vous n'tes pas le premier qui se soit fait cette illusion4 ,law disait3 ,la loi de la circulation est la seule qui puisse sauver les empires4 ,il agit sur ce principe1 et1 au lieu de sauver la ,france1 il la perdit4 ,je dis3 une chose est la circulation des capitaux et les frais qu'elle entrane2 autre chose est l'intrt des capitaux4 ,les capitaux d'une nation consistent en matriaux de toutes sortes1 approvisionnements1 outils1 marchandises1 espces1 et ces choses-l ne se prtent pas pour rien4 ,selon que la socit est plus ou moins avance1 il y a plus ou moins de facilit faire passer un capital donn1 ou sa valeur1 d'un lieu un autre lieu1 d'une main une autre main2 mais cela n'a rien de commun avec l'abolition de l'intrt4 ,un ,parisien dsire prter1 un ,bayonnais dsire emprunter4 ,mais le premier n'a pas la chose qui convient au second4 ,d'ailleurs1 ils ne connaissent pas rciproquement leurs intentions2 ils ne peuvent s'aboucher1 s'accorder1 conclure4 ,voil les obstacles la circulation4 ,ces obstacles vont diminuant sans cesse1 d'abord par l'intervention du numraire1 puis par celle de la lettre de change1 successivement par celle du banquier1 de la ,banque nationale1 des banques libres4 ,c'est une circonstance heureuse pour les consommateurs des capitaux1 comme il est heureux pour les consommateurs de vin1 que les moyens de transport se perfectionnent4 ,mais1 d'une part1 jamais les frais de circulation ne peuvent descendre zro1 puisqu'il y a toujours l un intermdiaire qui rend service2 et1 d'autre part1 ces frais fussent-ils compltement anantis1 l',intrt subsisterait encore1 et n'en serait mme pas sensiblement affect4 ,il y a des banques libres aux tats-,unis2 elles sont sous l'influence des ouvriers eux-mmes1 qui en sont les actionnaires2 et1 de plus1 elles sont1 vu leur nombre1 toujours leur porte2 chaque jour1 les uns y dposent leurs conomies1 les autres y reoivent les avances qui leur sont ncessaires2 la circulation est aussi facile1 aussi rapide que possible4 ,est-ce dire que le crdit y soit gratuit1 que les capitaux ne produisent pas d'intrt ceux qui prtent1 et n'en cotent pas ceux qui empruntent8 ,non1 cela signifie seulement que prteurs et emprunteurs s'y rencontrent plus facilement qu'ailleurs4 ,ainsi1 gratuit absolue de la circulation1--chimre4 ,gratuit du crdit1--chimre4 ,imaginer que la premire de ces gratuits1 si elle tait possible1 impliquerait la seconde1--troisime chimre4 ,vous voyez que je me suis laiss entraner sur votre terrain1 et1 puisque j'y ai fait trois pas1 j'en ferai deux autres4 ,vous voulez organiser la circulation de telle sorte que chacun peroive autant d'intrt qu'il en paie1 et c'est l ce qui ralisera1 dites-vous1 l'galit des fortunes4 ,or1 je dis3 ,compensation universelle des intrts1--chimre4 galit absolue des fortunes1 comme consquence de cette chimre1--autre chimre4 ,toute valeur se compose de deux lments3 la rmunration du travail et la rmunration du capital4 ,pour que ces deux lments entrassent1 en proportion identique1 dans toutes valeurs gales1 il faudrait que toute oeuvre humaine admt le mme emploi de machines1 la mme consommation d'approvisionnements1 le mme contingent de travail actuel et de travail accumul4 ,vtre banque fera-t-elle jamais que le commissionnaire du coin1 dont toute l'industrie consiste louer son temps et ses jambes1 fasse intervenir autant de capital dans ses services que l'imprimeur ou le fabricant de bas8 ,remarquez que1 pour qu'une paire de bas de coton arrive ce commissionnaire1 il a fallu l'intervention d'une terre1 qui est un capital2 d'un navire1 qui est un capital2 d'une filature1 qui est un capital4 ,direz-vous que lorsque le commissionnaire change son service1 estim #c francs1 contre un livre estim #c francs1 il est dupe en ce que l'lment travail actuel domine dans le service1 et l'lment travail accumul dans le livre8 ,qu'importe1 si les deux objets de l'change se valent1 si leur quivalence est dtermine par le libre dbat8 ,pourvu que ce qui vaut cent s'change contre ce qui vaut cent1 qu'importe la proportion des deux lments qui constituent chacune de ces valeurs gales8 ,nierez-vous la lgitimit de la rmunration affrente au capital8 ,ce serait revenir sur un point dj acquis la discussion4 ,d'ailleurs1 sur quel fondement le travail ancien serait-il1 plus que le travail actuel1 exclu de toute rtribution8 ,le travail se divise en deux catgories bien distinctes3 ,ou il est exclusivement consacr la production d'un objet1 comme lorsque l'agriculteur sme1 sarcle1 moissonne et grne son bl1 lorsque le tailleur coupe et coud un habit1 etc42 ,ou il sert la production d'une srie indtermine d'objets semblables1 comme quand l'agriculteur clt1 amende1 dessche son champ1 ou que le tailleur meuble son atelier4 ,dans le premier cas1 tout le travail doit tre pay par l'acqureur de la rcolte ou de l'habit2 dans le second1 il doit tre pay sur un nombre indtermin de rcoltes ou d'habits4 ,et certes1 il serait absurde de dire que le travail de cette seconde catgorie ne doit pas tre pay du tout1 parce qu'il prend le nom de capital4 ,or1 comment parvient-il rpartir la rmunration qui lui est due sur un nombre indfini d'acheteurs successifs8 par les combinaisons de l'amortissement et de l'intrt1 combinaisons que l'humanit a inventes ds l'origine1 combinaisons ingnieuses1 que les socialistes seraient bien embarrasss de remplacer4 ,aussi tout leur gnie se borne les supprimer1 et ils ne s'aperoivent pas que c'est tout simplement supprimer l'humanit4 ,mais quand on accorderait comme ralisable tout ce qui vient d'tre dmontr chimrique3 gratuit de circulation1 gratuit de prt1 compensation d'intrts1 je dis qu'on n'arriverait pas encore l'galit absolue des fortunes4 ,et la raison en est simple4 ,est-ce que la ,banque du ,peuple aurait la prtention de changer le coeur humain8 ,fera-t-elle que tous les hommes soient galement forts1 actifs1 intelligents1 ordonns1 conomes1 prvoyants8 fera-t-elle que les gots1 les penchants1 les aptitudes1 les ides ne varient l'infini8 que les uns ne prfrent dormir au soleil1 pendant que les autres s'puisent au travail8 qu'il n'y ait des prodigues et des avares1 des gens ardents poursuivre les biens de ce monde1 et d'autres plus proccups de la vie future8 ,il est clair que l'galit absolue des fortunes ne pourrait tre que la rsultante de toutes ces galits impossibles et de bien d'autres4 ,mais si l'galit absolue des fortunes est chimrique1 ce qui ne l'est pas1 c'est l'approximation constante de tous les hommes vers un mme niveau physique1 intellectuel et moral1 sous le rgime de la libert4 ,parmi toutes les nergies qui concourent ce grand nivellement1 une des plus puissantes1 c'est celle du capital4 ,et puisque vous m'avez offert vos colonnes1 permettez-moi d'appeler un moment l'attention de vos lecteurs sur ce sujet4 ,ce n'est pas tout de dmontrer que l'intrt est lgitime1 il faut encore prouver qu'il est utile1 mme ceux qui le supportent4 ,vous avez dit que l'intrt a t autrefois un instrument d'galit et de progrs4 ,ce qu'il a t1 il l'est encore et le sera toujours1 parce qu'en se dveloppant il ne change pas de nature4 ,les travailleurs seront peut-tre tonns de m'entendre affirmer ceci3 ,de tous les lments qui entrent dans le prix des choses1 celui qu'ils doivent payer avec le plus de joie1 c'est prcisment l'intrt ou la rmunration du capital1 parce que ce paiement leur en pargne toujours un plus grand4 ,pierre est un artisan parisien4 ,il a besoin qu'un fardeau soit transport ,lille2 c'est un prsent qu'il veut faire sa mre4 ,s'il n'y avait pas de capital au monde 7et il n'y en aurait pas si toute rmunration lui tait dnie71 ce transport coterait ,pierre au moins deux mois de fatigues1 soit qu'il le ft lui-mme1 soit qu'il se ft rendre ce service par un autre2 car il ne pourrait l'excuter lui-mme qu'en charriant le fardeau par monts et par vaux1 sur ses paules1 et nul ne pourrait l'excuter pour lui que de la mme manire4 ,pourquoi se rencontre-t-il des entrepreneurs qui ne demandent ,pierre qu'une journe de son travail pour lui en pargner soixante8 ,parce que le capital est intervenu sous forme de char1 de chevaux1 de rails1 de wagons1 de locomotives4 ,sans doute1 ,pierre doit payer tribut ce capital2 mais c'est justement pour cela qu'il fait ou fait faire en un jour ce qui lui aurait demand deux mois4 ,jean est marchal ferrant1 fort honnte homme1 mais qu'on entend souvent dclamer contre la proprit4 ,il gagne #c francs par jour2 c'est peu1 c'est trop peu2 mais enfin1 comme le bl vaut environ #ah francs l'hectolitre1 ,jean peut dire qu'il fait jaillir de son enclume un hectolitre de bl par semaine ou la valeur1 soit #eb hectolitres par an4 ,je suppose maintenant qu'il n'y et pas de capital1 et que1 mettant notre marchal en face de #a1jjj hectares de terre1 on lui dt3 ,disposez de ce sol1 qui est dou d'une grande fertilit2 tout le bl que vous ferez crotre est vous4 ,jean rpondrait sans doute3 ,sans chevaux1 sans charrue1 sans hache1 sans instruments d'aucune sorte1 comment voulez-vous que je dbarrasse le sol des arbres1 des racines1 des herbes1 des pierres1 des eaux stagnantes qui l'obstruent8 je n'y ferai pas pousser une gerbe de bl en dix ans4 ,donc1 que ,jean fasse enfin cette rflexion3 ,ce que je ne pourrais faire en dix ans1 d'autres le font pour moi1 et ne me demandent qu'une semaine de travail4 ,il est clair que c'est un avantage pour moi de rmunrer le capital1 car si je ne le rmunrais pas1 il n'y en aurait pas1 et les autres seraient aussi embarrasss devant ce sol que je le suis moi-mme4 ,jacques achte tous les matins1 pour un sou1 la ,voix du ,peuple4 ,comme il gagne #ajj sous par jour1 ou #ej centimes par heure1 c'est six minutes de travail qu'il change contre le prix d'un numro1 prix dans lequel se trouvent comprises deux rmunrations1 celle du travail et celle du capital4 ,comment ,jacques ne se dit-il pas quelquefois3 ,si aucun capital n'intervenait dans l'impression de la ,voix du ,peuple1 je ne l'obtiendrais ni un sou ni #ajj francs8 ,je pourrais passer en revue tous les objets qui satisfont les besoins des travailleurs1 et la mme rflexion reviendrait sans cesse4 ,donc le capital n'est pas le tyran que l'on dit4 ,il rend des services1 de grands services2 il est de toute justice qu'il en soit rmunr4 ,cette rmunration diminue de plus en plus mesure que le capital abonde4 ,pour qu'il abonde1 il faut qu'on soit intress le former1 et pour qu'on soit intress le former1 il faut tre soutenu par l'espoir d'une rmunration4 ,quel est l'artisan1 quel est l'ouvrier qui portera ses conomies la ,caisse d'pargne1 ou mme qui fera des conomies1 si l'on commence par dclarer que l'intrt est un vol et qu'il faut le supprimer8 ,non1 non1 c'est l une propagande insense2 elle heurte la raison1 la morale1 la science conomique1 les intrts du pauvre1 les croyances unanimes du genre humain manifestes par la pratique universelle4 ,vous ne prchez pas1 il est vrai1 la tyrannie du capital1 mais vous prchez la gratuit du crdit1 ce qui est tout un4 ,dire que toute rmunration accorde au capital est un vol1 c'est dire que le capital doit disparatre de la surface du globe1 c'est dire que ,pierre1 ,jean1 ,jacques1 doivent excuter les transports1 se procurer le bl1 les livres1 avec autant de travail qu'il leur en faudrait pour produire ces choses directement et sans autre ressource que leurs mains4 ,marche1 marche1 capital6 poursuis ta carrire1 ralisant du bien pour l'humanit6 ,c'est toi qui as affranchi les esclaves2 c'est toi qui as renvers les chteaux forts de la fodalit6 ,grandis encore2 asservis la nature2 fais concourir aux jouissances humaines la gravitation1 la chaleur1 la lumire1 l'lectricit2 prends ta charge ce qu'il y a de rpugnant et d'abrutissant dans le travail mcanique2 lve la dmocratie1 transforme les machines humaines en hommes1 en hommes dous de loisirs1 d'ides1 de sentiment et d'esprances6 ,permettez-moi1 ,monsieur1 en finissant1 de vous adresser un reproche4 ,au dbut de votre lettre1 vous m'aviez promis de renoncer pour aujourd'hui l'antinomie2 vous la terminez cependant par cette antinomie que vous appelez votre cri de guerre3 ,la proprit1 c'est le vol4 ,oui1 vous l'avez bien caractrise2 c'est1 en effet1 un lugubre tocsin1 un sinistre cri de guerre4 ,mais j'ai l'espoir que1 sous ce rapport1 elle a perdu quelque chose de sa puissance4 ,il y a dans l'esprit des masses un fond de bon sens qui ne perd pas ses droits1 et se rvolte enfin contre ces paradoxes tranges donns pour de sublimes dcouvertes4 ,oh6 que n'ayez-vous tabli votre active propagande sur cet autre axiome1 assurment plus imprissable que le vtre3 ,le vol1 c'est le contraire de la proprit6 ,alors1 avec votre indomptable nergie1 votre style populaire1 votre dialectique invincible1 je ne puis mesurer le bien qu'il vous et t donn de rpandre sur notre chre patrie et sur l'humanit4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,,septi,,me ,,lettre4 ,p4 ,j4 ,,proudhon ,f4 ,,bastiat4 ,reproches4--,les commissionnaires de roulage et les chemins de fer4--,excursion rtrospective chez les ,hbreux1 les ,grecs et les ,romains4--,nescheck1 ,tokos1 ,foenus1 ,interesse4--,l'intrt issu du contrat de pacotille4--,intervention des monnaies et consquences4--,mose1 ,solon1 ,lycurgue4--,la force seule maintient l'intrt4--,deux apologues4 #ag dcembre #ahdi4 ,notre discussion n'avance pas1 et la faute en est vous seul4 ,par votre refus systmatique de vous placer sur le terrain o je vous appelle1 et votre obstination m'attirer sur le vtre1 vous mconnaissez en ma personne le droit qu'a tout novateur l'examen2 vous manquez au devoir qu'impose tout conomiste1 dfenseur naturel de la tradition et des usages tablis1 l'apparition des ides nouvelles2 vous compromettez1 enfin1 la charit publique1 en m'obligeant attaquer ce que je reconnaissais1 dans une certaine mesure1 comme irrprochable et lgitime4 ,vous l'avez voulu3 que votre dsir soit accompli6 ,permettez-moi d'abord de rsumer notre controverse4 ,dans une premire lettre1 vous avez essay de montrer1 par la thorie et par de nombreux exemples1 que le prt tait un service1 et que1 tout service ayant une valeur1 il avait le droit de se faire payer3 d'o vous dduisiez immdiatement1 contre moi1 cette conclusion1 que la gratuit du crdit tait une chimre1 partant1 le socialisme une protestation sans principes comme sans motifs4 ,ainsi peu importe de savoir si c'est vous qui avez sollicit l'entre de la ,voix du ,peuple1 ou si c'est moi qui vous ai offert la publicit de ses colonnes3 en fait1 et chacune de vos lettres en tmoigne1 vous n'avez eu d'autre but que de renverser1 par une fin de non-recevoir1 la thorie du crdit gratuit4 ,je vous ai donc rpondu1 et j'ai d vous rpondre1 sans entrer dans l'examen de votre thorie de l'intrt1 que si vous vouliez combattre utilement et srieusement le socialisme1 il fallait l'attaquer en lui-mme et dans ses propres doctrines2 que le socialisme1 sans nier d'une manire absolue la lgitimit de l'intrt considr un certain point de vue et une certaine poque de l'histoire1 affirmait la possibilit1 dans l'tat actuel de l'conomie sociale1 d'organiser1 par le concours des travailleurs1 un systme de prt sans rtribution1 et1 par suite1 de donner tous la garantie du crdit et du travail4 ,j'ai dit1 enfin1 que c'tait l ce que vous aviez examiner1 si vous vouliez que la discussion aboutt4 ,dans votre seconde lettre1 vous avez premptoirement refus de suivre cette marche1 allguant que pour vous1 et d'aprs mon aveu1 l'intrt ne constituant dans son principe ni crime1 ni dlit1 il tait impossible d'admettre que le prt pt s'effectuer sans intrt2 qu'il tait inconcevable qu'une chose pt tre vraie et fausse tout la fois2 bref1 que tant que la criminalit de l'intrt ne vous serait pas dmontre1 vous tiendriez la thorie du crdit gratuit comme non avenue4 ,tout cela assaisonn de force plaisanteries sur la loi de contradiction1 que vous ne comprenez point1 et flanqu d'exemples trs-propres1 je l'avoue1 faire comprendre le mcanisme de l'intrt1 mais qui ne prouvent absolument rien contre la gratuit4 ,dans ma rplique1 je crois vous avoir prouv1 en me servant de votre propre mthode1 que rien n'est moins rare1 dans la socit1 que de voir une institution1 un usage1 d'abord libral et lgitime1 devenir1 avec le temps1 une entrave la libert et une atteinte la justice2 qu'il en tait ainsi du prt intrt le jour o il tait dmontr que le crdit peut tre donn tous sans rtribution2 que d'ores et dj1 refuser d'examiner cette possibilit du crdit gratuit constituait un dni de justice1 une offense la foi publique1 un dfi au proltariat4 ,je renouvelai donc auprs de vous mes instances1 et je vous dis3 ,ou vous examinerez les diverses propositions du socialisme1 ou je dclare que l'intrt de l'argent1 la rente de la terre1 le loyer des maisons et des capitaux1 est une spoliation1 et que la proprit1 ainsi constitue1 est un vol4 ,chemin faisant1 j'indiquais sommairement les causs qui1 selon moi1 altrent la moralit de l'intrt1 et les moyens de le supprimer4 ,certes1 il semblait que1 pour justifier votre thorie dsormais accuse de vol et de larcin1 vous ne pouviez plus vous dispenser d'aborder enfin la doctrine nouvelle1 qui prtend donner l'exclusion l'intrt4 ,c'tait1 j'ose le dire1 ce quoi s'attendaient tous nos lecteurs4 ,en vitant de faire la critique de l'intrt1 je faisais preuve de conciliation et d'amour de la paix4 ,il me rpugnait d'incriminer la bonne foi des capitalistes1 et de jeter la suspicion sur les propritaires4 ,je dsirais surtout abrger une dispute fatigante1 et hter la conclusion dfinitive4 ,vraie ou fausse1 vous disais-je1 lgitime ou illgitime1 morale ou immorale2 j'accepte l'usure1 je l'approuve1 je la loue mme2 je renonce toutes les illusions du socialisme1 et me refais chrtien1 si vous me dmontrez que la prestation des capitaux1 de mme que la circulation des valeurs1 ne saurait1 dans aucun cas1 tre gratuite4 ,c'tait1 comme l'on dit1 faire fondement les choses1 et couper court bien des discussions tout fait oiseuses dans un journal1 et1 permettez-moi de le dire1 fort prilleuses en ce moment4 ,est-il1 oui ou non1 possible d'abolir l'intrt de l'argent1 par suite1 la rente de la terre1 le loyer des maisons1 le produit des capitaux1 d'une part1 en simplifiant l'impt1 et de l'autre1 en organisant une banque de circulation et de crdit1 au nom et pour le compte du ,peuple8 ,c'est ainsi1 selon moi1 que la question devait tre pose entre nous4 ,l'amour de l'humanit1 de la vrit1 de la concorde1 nous en faisait tous deux une loi4 ,que fait le ,peuple depuis ,fvrier8 ,qu'a fait l',assemble constituante8 ,que fait aujourd'hui la ,lgislative1 si ce n'est de rechercher les moyens d'amliorer le sort du travailleur1 sans alarmer les intrts lgitimes1 sans infirmer le droit du propritaire8 ,cherchons donc si la gratuit du crdit ne serait point1 par hasard1 un de ces moyens4 ,telles taient mes paroles4 ,j'osai croire qu'elles seraient entendues4 ,au lieu d'y rpondre1 comme je l'esprais1 vous vous retranchez dans votre fin de non-recevoir4 cette interrogation de ma part3 ,prouver que la gratuit du crdit est chose possible1 facile1 pratique1 n'est-ce pas prouver que l'intrt du crdit est dsormais chose nuisible et illgitime8--vous rpondez1 en retournant la phrase3 ,prouver que l'intrt est 7ou a t7 lgitime1 juste1 utile1 bienfaisant1 indestructible1 n'est-ce pas prouver que la gratuit du crdit est une chimre8 ,vous raisonnez juste comme les entrepreneurs de roulage l'gard des chemins de fer4 ,voyez-les1 en effet1 adresser leurs dolances au public qui les dlaisse1 et qui court la concurrence3--,est-ce que le chariot et la malbrouck ne sont pas des institutions utiles1 lgitimes1 bienfaisantes1 indestructibles8 ,est-ce qu'en transportant vos personnes1 et vos produits1 nous ne vous rendons pas un service8 ,est-ce que ce service n'est pas une valeur8 ,est-ce que toute valeur ne doit pas tre paye8 ,est-ce qu'en faisant le transport #be c4 par tonne et kilomtre1 tandis que la locomotive le fait1 il est vrai1 #aj c41 nous sommes des voleurs8 ,est-ce que le commerce ne s'est pas dvelopp perptuellement et universellement par le roulage1 la bte de somme1 la navigation voiles ou rames8 ,que nous importent donc et la vapeur1 et la pression atmosphrique1 et l'lectricit8 ,prouver la ralit et la lgitimit de la voiture quatre roues1 n'est-ce pas prouver que l'invention des chemins de fer est une chimre8 ,voil1 ,monsieur1 o vous conduit votre argumentation4 ,votre dernire lettre n'a1 comme les prcdentes1 et du commencement la fin1 pas d'autre sens4 ,peur conserver au capital l'intrt que je lui refuse1 vous me rpondez par la question pralable1 vous opposez mon ide novatrice votre routine2 vous protestez contre le rail et la machine vapeur4 ,je serais dsol de vous dire rien de blessant2 mais1 en vrit1 ,monsieur1 il me semble que j'aurais le droit1 ds ce moment1 de briser l et de vous tourner le dos4 ,je ne le ferai point3 je veux vous donner satisfaction jusqu' la fin1 en vous montrant comment1 pour me servir de vos paroles1 la rmunration du capital passe de la lgitimit l'illgitimit1 et comment la gratuit du crdit est la conclusion finale de la pratique de l'intrt4 ,cette discussion1 par elle-mme1 ne manque pas d'importance2 je m'efforcerai surtout de la rendre pacifique4 ,ce qui fait que l'intrt du capital1 excusable1 juste mme1 au point de dpart de l'conomie des socits1 devient1 avec le dveloppement des institutions industrielles1 une vraie spoliation1 un vol1 c'est que cet intrt n'a pas d'autre principe1 d'autre raison d'tre1 que la ncessit et la force4 ,la ncessit1 voil ce qui explique l'exigence du prteur2 la force1 voil ce qui fait la rsignation de l'emprunteur4 ,mais1 mesure que1 dans les relations humaines1 la ncessit fait place la libert1 et qu' la force succde le droit1 le capitaliste perd son excuse1 et la revendication s'ouvre pour le travailleur contre le propritaire4 ,au commencement1 la terre est indivise2 chaque famille vit de sa chasse1 pche1 cueillette1 ou pturage2 l'industrie est toute domestique2 l'agriculture1 pour ainsi dire1 nomade4 ,il n'y a ni commerce1 ni proprit4 ,plus tard1 les tribus s'agglomrant1 les nations commencent se former2 la caste apparat ne de la guerre et du patriarcat4 ,la proprit s'tablit peu peu2 mais1 selon le droit hroque1 le matre1 quand il ne cultive pas de ses propres mains1 exploite par ses esclaves1 comme plus tard le seigneur par ses serfs4 ,le fermage n'existe point encore2 la rente1 qui indique ce rapport1 est inconnue4 cette poque1 le commerce se fait surtout en changes4 ,si l'or et l'argent apparaissent dans les transactions1 c'est plutt comme marchandise que comme agent de circulation et unit de valeur3 on les pse1 on ne les compte pas4 ,le change1 l'agio qui en est la consquence1 le prt intrt1 la commandite1 toutes ces oprations d'un commerce dvelopp1 auxquelles donne lieu la monnaie1 sont inconnues4 ,longtemps ces moeurs primitives se sont conserves parmi les populations agricoles4 ,ma mre1 simple paysanne1 nous racontait qu'avant #hi1 elle se louait l'hiver pour filer le chanvre1 recevant1 pour salaire de six semaines de travail1 avec sa nourriture1 une paire de sabots et un pain de seigle4 ,c'est dans le commerce de mer qu'il faut rechercher l'origine du prt intrt4 ,le contrat la grosse1 varit ou plutt dmembrement du contrat de pacotille1 fut sa premire forme2 de mme que le bail ferme ou cheptel fut l'analogue de la commandite4 ,qu'est-ce que le contrat de pacotille8 ,un trait par lequel un industriel et un patron de navire conviennent de mettre en commun1 pour le commerce tranger1 le premier1 une certaine quantit de marchandises qu'il se charge de procurer2 le second1 son travail de navigateur3 le bnfice rsultant de la vente devant tre partag par portions gales1 ou suivant une proportion convenue2 les risques et avaries mis la charge de la socit4 ,le bnfice ainsi prvu1 quelque considrable1 qu'il puisse tre1 est-il lgitime8 ,on ne saurait le rvoquer en doute4 ,le bnfice1 cette premire poque des relations commerciales1 n'est pas autre chose que l'incertitude qui rgne1 entre les changistes1 sur la valeur de leurs produits respectifs3 c'est un avantage qui existe plutt dans l'opinion que dans la ralit1 et qu'il n'est pas rare de voir les deux parties1 avec une gale raison1 s'attribuer l'une et l'autre4 ,combien une once d'or vaut-elle de livres d'tain8 ,quel rapport de prix entre la pourpre de ,tyr et la peau de zibeline8 ,nul ne le sait1 nul ne le peut dire4 ,le ,phnicien1 qui1 pour un ballot de fourrures1 livre dix palmes de son toffe1 s'applaudit de son march3 autant en pense1 de son ct1 le chasseur hyperboren1 fier de sa casaque rouge4 ,et telle est encore la pratique des ,europens avec les sauvages de l',australie1 heureux de donner un porc pour une hache1 une poule pour un clou ou un grain de verre4 ,l'incommensurabilit des valeurs3 telle est1 l'origine1 la source des bnfices du commerce4 ,l'or et l'argent entrent donc dans le trafic1 d'abord comme marchandises2 puis bientt en vertu de leur minente changeabilit1 comme termes de comparaison1 comme monnaies4 ,dans l'un et l'autre cas1 l'or et l'argent portent bnfice l'change1 en premier lieu1 par le fait mme de l'change2 ensuite1 pour le risque couru4 ,le contrat d'assurance apparat ici comme le frre jumeau du contrat la grosse2 la prime stipule dans le premier est corrlative1 identique1 la part de bnfice convenue dans le second4 ,cette part de bnfice1 par laquelle s'exprime la participation du capitaliste ou industriel1 qui engage ses produits ou ses fonds1 c'est tout un dans le commerce1 a reu le nom latin d'interesse1 c'est--dire participation1 intrt4 ce moment donc1 et dans les conditions que je viens de dfinir1 qui pourrait accuser de dol la pratique de l'intrt8 ,l'intrt1 c'est l'alea1 le gain obtenu contre la fortune2 c'est le bnfice alatoire du commerce1 bnfice irrprochable tant que la comparaison des valeurs n'a pas fourni les ides corrlatives de chert1 de bon march1 de proportion2 de ,,prix4 ,la mme analogie2 la mme identit1 que l'conomie politique a signale de tout temps et avec raison1 entre l'intrt de l'argent et la rente de la terre1 existe1 au dbut des relations commerciales1 entre ce mme intrt et le bnfice du commerce3 au fond1 l'change est la forme commune1 le point de dpart de toutes ces transactions4 ,vous voyez1 ,monsieur1 que l'opposition nergique que je fais au capital1 ne m'empche point de rendre justice la bonne foi originelle de ses oprations4 ,ce n'est pas moi qui marchanderai jamais avec la vrit4 ,je vous ai dit qu'il existait dans le prt intrt un ct vrai1 honnte1 lgitime2 je viens de l'tablir d'une faon qui1 ce me semble1 vaut encore mieux que la vtre1 en ce qu'elle ne sacrifie rien l'gosme1 n'te rien la charit4 ,c'est l'impossibilit d'valuer les objets avec exactitude1 qui fonde1 au commencement1 la lgitimit de l'intrt1 comme1 plus tard1 c'est la recherche des mtaux prcieux qui la soutient4 ,il faut bien que le prt intrt ait eu sa raison positive et ncessitante pour qu'il se soit dvelopp et gnralis comme on l'a vu2 il le faut1 dis-je1 peine de damner1 avec les thologiens1 l'humanit tout entire1 que je fais profession1 quant moi1 de considrer comme infaillible et sainte4 ,mais qui ne voit dj que le bnfice du commerant doit diminuer progressivement avec le risque couru et avec l'arbitraire des valeurs1 pour n'tre plus la fin que le juste prix du service rendu par lui1 le salaire de son travail8 ,qui ne voit pareillement que l'intrt doit s'attnuer avec les chances que court le capital1 et la privation qu'prouve le capitaliste2 en sorte que s'il y a garantie de remboursement de la part du dbiteur1 et si la peine du crancier est zro1 l'intrt doit devenir zro8 ,une autre cause1 qu'il importe ici de ne point omettre1 parce qu'elle marque le point de transition ou de sparation entre la part de bnfice1 interesse1 affrente au capitaliste dans le contrat la grosse1 et l'usure proprement dite2 une autre cause1 dis-je1 tout fait accidentelle1 contribua singulirement vulgariser la fiction de la productivit du capital1 et par suite la pratique de l'intrt4 ,ce furent1 chez les gens de commerce1 les exigences de la comptabilit1 la ncessit de presser les rentres ou remboursements4 ,quel stimulant plus nergique1 je vous le demande1 pouvait-on imaginer l'gard du dbiteur indolent et retardataire1 que cette aggravation1 foenus1 cet enfantement1 tokos1 incessant du principal8 ,quel huissier plus inflexible que ce serpent de l'usure1 comme dit l'hbreu8 ,l'usure1 disent les vieux rabbins1 est appele serpent1 neschek1 parce que le crancier ,,mord le dbiteur1 lorsqu'il lui rclame plus qu'il ne lui a donn4 ,et c'est cet instrument de police1 cette espce de garde du commerce lanc par le crancier la gorge de son dbiteur1 dont on a voulu faire un principe de justice commutative1 une loi de l'conomie sociale6 ,il faut n'avoir jamais mis le pied dans une maison de ngoce1 pour mconnatre ce point l'esprit et le but de cette invention vraiment diabolique du gnie mercantile4 ,suivons maintenant le progrs de l'institution1 car nous touchons au moment o le neschek1 le tokos1 le foenus1 l'usure1 enfin1 se distinguant du bnfice alatoire1 ou interesse1 de l'expditeur1 va devenir une institution3 et voyons d'abord comment s'en est gnralise la pratique4 ,nous tcherons1 aprs1 de dterminer les causes qui doivent en amener l'abolition4 ,nous venons de voir que ce fut chez les peuples navigateurs1 faisant pour les autres le courtage et l'entrept1 et oprant surtout sur les marchandises prcieuses et les mtaux1 que se dveloppa d'abord la spculation mercantile2 et du mme coup la spculation de l'interesse1 ou contrat la grosse4 ,c'est de l que l'usure1 comme une peste1 s'est propage1 sous toutes les formes1 chez les nations agricoles4 ,l'opration1 irrprochable en soi1 de l'interesse1 avait cr un prcdent justificatif2 la mthode1 qu'on pourrait appeler de coercition et sret1 du foenus2 aggravation progressive du capital2 donnait le moyen2 la prpondrance acquise1 par l'or et l'argent sur les autres marchandises1 le privilge qu'ils reurent1 du consentement universel1 de reprsenter la richesse et de servir d'valuateur commun tous les produits1 fournit l'occasion4 ,quand l'or fut devenu le roi de l'change1 le symbole de la puissance1 l'instrument de toute flicit1 chacun voulut avoir de l'or2 et comme il tait impossible qu'il y en et pour tout le monde1 il ne se donna plus qu'avec prime2 son usage fut mis prix4 ,il se loua au jour1 la semaine et l'an1 comme le joueur de flte et la prostitue4 ,c'tait une consquence de l'invention de la monnaie1 de faire estimer vil prix1 en comparaison de l'or1 tous les autres biens1 et de faire consister la richesse relle1 comme l'pargne1 dans les cus4 ,l'exploitation capitaliste1 honnie de toute l'antiquit1 mieux renseigne que nous assurment1 sur cette matire1 car elle touchait aux origines1 fut ainsi fonde3 il tait rserv notre sicle de lui fournir des docteurs et des avocats4 ,tant que1 se confondant avec la prime de l'assurance ou la part de bnfice du contrat la grosse1 l'usure s'tait renferme dans la spculation maritime1 et n'avait eu d'action que sur l'tranger1 elle avait paru inoffensive aux lgislateurs4 ,ce n'est que lorsqu'elle commena de s'exercer entre concitoyens et compatriotes1 que les lois divines et humaines fulminrent contre elle l'interdit4 ,tu ne placeras point ton argent intrt sur ton frre1 dit la loi de ,mose1 mais oui bien sur l'tranger3 ,non foenerabis proximo tuo1 sed alieno4 ,comme si le lgislateur avait dit3 de peuple peuple1 le bnfice du commerce et le crot des capitaux n'expriment qu'un rapport entre valeurs d'opinion1 valeurs qui1 par consquent1 s'quilibrent2 de citoyen citoyen1 le produit devant s'changer contre le produit1 le travail contre le travail1 et le prt d'argent n'tant qu'une anticipation de cet change1 l'intrt constitue une diffrence qui rompt l'galit commerciale1 enrichit l'un au dtriment de l'autre1 et entrane1 la longue1 la subversion de la socit4 ,aussi fut-ce d'aprs ce principe que le mme ,mose voulut que toute dette ft prime et cesst d'tre exigible chaque cinquantime anne3 ce qui voulait dire que cinquante annes d'intrt ou cinquante annuits1 en supposant que le prt et t fait la premire anne aprs le jubil1 remboursaient le capital4 ,c'est pour cela que ,solon1 appel la prsidence de la rpublique par ses concitoyens1 et charg d'apaiser les troubles qui agitaient la cit1 commena par abolir les dettes1 c'est--dire par liquider toutes les usures4 ,la gratuit du crdit fut pour lui la seule solution du problme rvolutionnaire pos de son temps1 la condition sine qu non d'une rpublique dmocratique et sociale4 ,c'est pour cela1 enfin1 que ,lycurgue1 esprit peu vers dans les questions de crdit et de finance1 poussant l'extrme ses apprhensions1 avait banni de ,lacdmone le commerce et la monnaie3 ne trouvant pas1 contre la subalternisation des citoyens et l'exploitation de l'homme par l'homme1 d'autre remde que cette solution ,icarienne4 ,mais tous ces efforts1 mal concerts1 plus mal encore seconds1 des anciens moralistes et lgislateurs1 devaient rester impuissants4 ,le mouvement usuraire les dbordait1 sans cesse activ par le luxe et la guerre1 et bientt par l'analogie tire de la proprit elle-mme4 ,d'un ct1 l'tat antagonique des peuples1 entretenant les prils de la circulation1 fournissait sans cesse de nouveaux prtextes l'usure3 de l'autre1 l'gosme des castes rgnantes devait touffer les principes d'organisation galitaire4 ,tyr1 ,carthage1 ,athnes1 ,rome1 partout dans l'antiquit comme de nos jours1 ce furent les hommes libres1 les patriciens1 les bourgeois1 qui prirent l'usure sous leur protection1 et exploitrent1 par le capital1 la plbe et les affranchis4 ,le christianisme parut alors1 et aprs quatre sicles de combat1 commena l'abolition de l'esclavage4 ,c'est cette poque qu'il faut placer la grande gnralisation du prt intrt sous la forme du bail ferme et loyer4 ,j'ai dit plus haut que1 dans l'antiquit1 le propritaire foncier1 lorsqu'il ne faisait pas valoir par lui-mme et par sa famille1 comme cela avait lieu chez les ,romains1 dans les premiers temps de la rpublique1 exploitait par ses esclaves3 telle fut gnralement la pratique des maisons patriciennes4 ,alors le sol et l'esclave taient enchans l'un l'autre2 le colon tait dit3 adscriptus gleb1 attach la glbe3 la proprit de l'homme et de la chose tait indivise4 ,le prix d'une mtairie tait la fois en raison1 #a de la superficie et de la qualit du sol1 #b de la quantit du btail1 #c du nombre des esclaves4 ,quand l'mancipation de l'esclave fut proclame1 le propritaire perdit l'homme et garda la terre2 absolument1 comme aujourd'hui1 en affranchissant les noirs1 nous rservons au matre la proprit du sol et du matriel4 ,pourtant1 au point de vue de l'antique jurisprudence1 comme du droit naturel et chrtien1 l'homme1 n pour le travail1 ne peut se passer d'instruments de travail2 le principe de l'mancipation impliquait une loi agraire qui en ft la garantie et la sanction2 sans cela1 cette prtendue mancipation n'tait qu'un acte d'odieuse cruaut1 une infme hypocrisie4 ,et si1 d'aprs ,mose1 l'intrt ou l'annuit du capital rembourse le capital1 ne pouvait-on pas dire que le servage rembourse la proprit8 ,les thologiens et les lgistes du temps ne le comprirent pas4 ,par une contradiction inexplicable1 et qui dure encore1 ils continurent dblatrer contre l'usure1 mais ils donnrent l'absolution au fermage et au loyer4 ,il rsulta de l que l'esclave mancip1 et quelques sicles plus tard1 le serf affranchi1 sans moyens d'existence1 dut se faire fermier et payer tribut4 ,le matre ne s'en trouva que plus riche4 ,je te fournirai1 dit-il1 la terre2 tu fourniras le travail et nous partagerons4 ,c'tait une imitation rurale des us et coutumes du ngoce3 je te prterai dix talents1 disait au travailleur l'homme aux cus2 tu les feras valoir3 et puis1 ou nous partagerons le bnfice2 ou bien1 tant que tu garderas mon argent1 tu me paieras un #bj;e2 ou bien1 enfin1 si tu l'aimes mieux1 l'chance tu me rendras le double4 ,de l naquit la rente foncire1 inconnue des ,russes et des ,arabes4 ,l'exploitation de l'homme par l'homme1 grce cette mtamorphose1 passa en force de loi3 l'usure1 condamne dans le prt intrt1 tolre dans le contrat la grosse1 fut canonise dans le fermage4 ,ds lors les progrs du commerce et de l'industrie ne servirent qu' la faire entrer de plus en plus dans les moeurs4 ,il fallait qu'il en ft ainsi pour mettre en lumire toutes les varits de la servitude et du vol1 et poser la vraie formule de la libert humaine4 ,une fois engage dans cette pratique de l'interesse1 si trangement compris1 si abusivement appliqu1 la socit commena de tourner dans le cercle de ses misres4 ,c'est alors que l'ingalit des conditions parut une loi de la civilisation1 et le mal une ncessit de notre nature4 ,deux issues1 cependant1 semblaient ouvertes aux travailleurs1 pour s'affranchir de l'exploitation du capitaliste3 c'taient d'une part1 comme nous l'avons dit plus haut1 l'quilibration progressive des valeurs1 et1 par suite1 la baisse de prix des capitaux2 de l'autre1 la rciprocit de l'intrt4 ,mais il est vident que le revenu du capital1 reprsent surtout par l'argent1 ne peut totalement s'annihiler par la baisse2 car1 comme vous le dites trs-bien1 ,monsieur1 si mon capital ne doit me rapporter plus rien1 au lieu de le prter1 je le garde1 et1 pour avoir voulu refuser la dme1 le travailleur chmera4 ,quant la rciprocit des usures1 on conoit1 toute force1 qu'elle puisse exister d'entrepreneur entrepreneur1 de capitaliste capitaliste1 de propritaire propritaire2 mais de propritaire1 capitaliste ou entrepreneur1 celui qui n'est qu'ouvrier1 cette rciprocit est impossible4 ,il est impossible1 dis-je1 que1 l'intrt du capital s'ajoutant1 dans le commerce1 au salaire de l'ouvrier pour composer le prix de la marchandise1 l'ouvrier puisse racheter ce qu'il a lui-mme produit4 ,vivre en travaillant est un principe qui1 sous le rgime de l'intrt1 implique contradiction4 ,la socit une fois accule dans cette impasse1 l'absurdit de la thorie capitaliste est dmontre par l'absurdit de ses consquences2 l'iniquit1 en soi1 de l'intrt rsulte de ses effets homicides2 et1 tant que la proprit aura pour corollaire et postulatum la rente et l'usure1 son affinit avec le vol sera tablie4 ,peut-elle exister dans d'autres conditions8 ,quant moi1 je le nie2 mais cette recherche est trangre la question qui nous occupe en ce moment1 et je ne m'y engagerai point4 ,considrez1 maintenant1 dans quelle situation se trouvent la fois1--par suite de l'invention de la monnaie1 de la prpondrance du numraire1 et de l'assimilation faite entre le prt d'argent et la location de la terre et des immeubles1--et le capitaliste et le travailleur4 ,le premier1--car je tiens le justifier1 mme vos yeux1--oblig par le prjug montaire1 ne peut se dessaisir gratuitement de son capital en faveur de l'ouvrier4 ,non que ce dessaisissement lui cause une privation1 puisque1 dans ses mains1 le capital est strile2 non qu'il coure risque de le perdre1 puisque1 par les prcautions de l'hypothque1 il est assur du remboursement2 non que cette prestation lui cote la moindre peine1 moins que vous ne considriez comme peine le compte des cus et la vrification du gage2 mais c'est qu'en se dessaisissant1 pour un temps quelconque1 de son argent1 de cet argent qui1 par sa prrogative1 est1 comme on l'a si justement dit1 du pouvoir1 le capitaliste diminue sa puissance et sa scurit4 ,ce serait tout autre chose1 si l'or et l'argent n'taient qu'une marchandise ordinaire1 si l'on ne tenait pas plus la possession des cus qu' celle du bl1 du vin1 de l'huile ou du cuir2 si la simple facult de travailler donnait l'homme la mme scurit que la possession de l'argent4 ,sous ce monopole de la circulation et de l'change1 l'usure devient1 pour le capitaliste1 une ncessit4 ,son intention1 devant la justice1 n'est point incriminable3 ds que son argent est sorti de son coffre1 il n'est plus en sret4 ,or1 cette ncessit qui1 par le fait d'un prjug involontaire et universellement rpandu1 incombe au capitaliste1 constitue pour le travailleur la plus indigne spoliation1 comme la plus odieuse des tyrannies1 la tyrannie de la force4 ,quelles sont1 en effet1 pour la classe travailleuse1 pour cette partie vivante1 productrice1 morale1 des socits1 les consquences thoriques et pratiques du prt intrt et de son analogue1 le fermage8 ,je me borne1 pour aujourd'hui1 vous en numrer quelques-unes1 sur lesquelles j'appelle votre attention1 et qui pourront1 si vous y tenez1 devenir l'objet ultrieur de notre dbat4 ,c'est qu'en vertu du principe de l'intrt1 ou du produit net1 un individu peut rellement et lgitimement vivre sans travailler3 c'est la conclusion de votre avant-dernire lettre1 et telle est1 en effet1 la condition laquelle aujourd'hui tout le monde aspire4 ,c'est que1 si le principe du produit net est vrai de l'individu1 il doit l'tre aussi de la nation2 qu'ainsi1 le capital mobilier et immobilier de la ,france1 par exemple1 tant valu #acb milliards1 ce qui donne1 #e pour #ajj par an d'intrt1 #f milliards #fjj millions1 la moiti au moins du peuple franais pourrait1 si elle voulait1 vivre sans rien faire2 qu'en ,angleterre1 o le capital accumul est beaucoup plus considrable qu'en ,france1 et la population beaucoup moindre1 il ne tiendrait qu' la nation toute entire1 depuis la reine ,victoria jusqu'au dernier rattacheur de fils de ,liverpool1 de vivre en rentire1 se promenant la canne la main1 ou grognant dans les meetings4 ,ce qui conduit cette proposition1 videmment absurde1 que1 grce son capital1 une nation a plus de revenu que son travail n'en produit4 ,c'est que la totalit des salaires en ,france1 tant annuellement d'environ #f milliards1 et la somme des revenus du capital aussi de #f milliards1 ce qui porte #ab milliards la valeur marchande de la production annuelle1 le peuple producteur1 qui est en mme temps le peuple consommateur1 peut et doit acheter1 avec #f milliards de salaires qui lui sont allous1 les #ab milliards que le commerce lui demande pour prix de ses marchandises1 sans quoi le capitaliste se trouverait sans revenu4 ,c'est que l'intrt tant de sa nature perptuel1 et ne pouvant1 en aucun cas1 ainsi que le voulait ,mose1 tre port en remboursement du capital2 de plus1 chaque anne d'intrt pouvant tre replace usure1 et former un nouveau prt1 et engendrer1 par consquent1 un nouvel intrt1 le plus petit capital peut1 avec le temps1 produire des sommes prodigieuses1 que ne reprsenterait pas mme une masse d'or aussi grosse que le globe que nous habitons4 ,price l'a dmontr dans sa thorie de l'amortissement4 ,c'est que la productivit du capital tant la cause immdiate1 unique1 de l'ingalit des fortunes et de l'accumulation incessante des capitaux dans un petit nombre de mains1 il faut admettre1 malgr le progrs des lumires1 malgr la rvlation chrtienne et l'extension des liberts publiques1 que la socit est naturellement et ncessairement divise en deux castes1 une caste de capitalistes exploiteurs1 et une caste de travailleurs exploits4 ,c'est que ladite caste de capitalistes1 disposant souverainement1 par la prestation intresse de ses capitaux1 des instruments de production et des produits1 a le droit1 selon son bon plaisir1 d'arrter le travail et la circulation1 comme nous la voyons faire depuis deux ans1 au risque de faire mourir le peuple2--de changer la direction naturelle des choses1 comme cela se voit dans les tats du ,pape1 o la terre cultivable est1 depuis un temps immmorial1 livre1 pour la convenance des propritaires1 la vaine pture1 et o le peuple ne vit que des aumnes et de la curiosit des trangers2--de dire une masse de citoyens3 ,vous tes de trop sur la terre2 au banquet de la vie1 il n'y a pas de place pour vous1 comme fit la comtesse de ,strafford1 lorsqu'elle expulsa de ses domaines1 en une seule fois1 #ag1jjj paysans2 et comme fit1 l'anne dernire1 le gouvernement franais1 quand il transporta en ,algrie1 #d1jjj familles de bouches inutiles4 ,je vous le demande prsent3 si le prjug de l'or1 si la fatalit de l'institution montaire excuse1 justifie le capitaliste1 n'est-il pas vrai qu'elle cre pour le travailleur ce rgime de force brutale1 qui ne se distingue de l'esclavage antique que par une plus profonde et une plus sclrate hypocrisie6 ,,la ,,force1 ,monsieur1 voil le premier et le dernier mot d'une socit organise sur le principe de l'intrt1 et qui1 depuis #c1jjj ans1 fait effort contre l'intrt4 ,vous le constatez vous-mme1 sans retenue comme sans scrupule1 quand vous reconnaissez avec moi que le capitaliste ne se prive point2 avec ,j4 ,b4 ,say1 que sa fonction est de ne rien faire2 quand vous lui faites tenir ce langage effront que rprouve toute conscience humaine3 ,je ne vous impose rien malgr vous4 ,ds que vous ne voyez pas dans le prt un service1 abstenez-vous d'emprunter1 comme moi de prter4 ,que si la socit vous offre des avantages sans rtribution1 adressez-vous elle1 c'est bien plus commode4 ,et quant organiser la circulation des capitaux1 ainsi que vous me sommez de le faire1 si vous entendez par l que les miens vous arrivent gratis par l'intermdiaire de la socit1 j'ai contre ce procd indirect tout juste les mmes objections qui m'ont fait vous refuser le prt direct et gratuit4 ,prenez-y garde1 ,monsieur2 le peuple n'est que trop dispos croire que c'est uniquement par amour de ses privilges que la caste capitaliste1 en ce moment dominante1 repousse l'organisation du crdit qu'il rclame2 et le jour o le mauvais vouloir de cette caste lui serait dmontr1 toute excuse disparaissant ses yeux1 sa vengeance ne connatrait plus de bornes4 ,voulez-vous savoir quelle dmoralisation pouvantable vous crez parmi les travailleurs1 avec votre thorie du capital1 qui n'est autre1 comme je viens de vous le dire1 que la thorie du droit de la ,,force8 ,il me suffira de reproduire vos propres arguments4 ,vous aimez les apologues3 je vais1 pour concrter ma pense1 vous en proposer quelques-uns4 ,un millionnaire se laisse tomber dans la rivire4 ,un proltaire vient passer2 le capitaliste lui fait signe3 le dialogue suivant s'tablit3 ,,le ,,millionnaire4 ,sauvez-moi1 ou je pris4 ,,le ,,prol,,taire4 ,je suis vous1 mais je veux pour ma peine un million4 ,,le ,,millionnaire4 ,un million pour tendre la main ton frre qui se noie6 ,qu'est-ce que cela te cote8 ,une heure de retard6 ,je te rembourserai1 je suis gnreux1 un quart de journe4 ,,le ,,prol,,taire4 ,dites-moi1 n'est-il pas vrai que je vous rends un service en vous tirant de l8 ,,le ,,millionnaire4 ,oui4 ,,le ,,prol,,taire4 ,tout service a-t-il droit une rcompense8 ,,le ,,millionnaire4 ,oui4 ,,le ,,prol,,taire4 ,ne suis-je pas libre8 ,,le ,,millionnaire4 ,oui4 ,,le ,,prol,,taire4 ,alors1 je veux un million3 c'est mon dernier prix4 ,je ne vous force pas1 je ne vous impose rien malgr vous2 je ne vous empche point de crier3 la barque6 et d'appeler quelqu'un4 ,si le pcheur1 que j'aperois l-bas1 une lieue d'ici1 veut vous faire cet avantage sans rtribution1 adressez-vous lui3 c'est plus commode4 ,,le ,,millionnaire4 ,malheureux6 tu abuses de ma position4 ,la religion1 la morale6 l'humanit6444 ,,le ,,prol,,taire4 ,ceci regarde ma conscience4 ,au reste1 l'heure m'appelle1 finissons en4 ,vivre proltaire1 ou mourir millionnaire3 lequel voulez-vous8 ,sans doute1 ,monsieur1 vous me direz que la religion1 la morale1 l'humanit1 qui nous commandent de secourir notre semblable dans la dtresse1 n'ont rien de commun avec l'intrt4 ,je le pense comme vous3 mais que trouvez-vous redire l'exemple suivant8 ,un missionnaire anglais1 allant la conversion des infidles1 fait naufrage en route1 et aborde dans un canot1 avec sa femme et quatre enfants1 l'le de444--,robinson1 propritaire de cette le par droit de premire occupation1 par droit de conqute1 par droit de travail1 ajustant le naufrag avec son fusil1 lui dfend de porter atteinte sa proprit4 ,mais comme ,robinson est humain1 qu'il a l'me chrtienne1 il veut bien indiquer cette famille infortune un rocher voisin1 isol au milieu des eaux1 o elle pourra se scher et reposer1 sans crainte1 de l',ocan4 ,le rocher ne produisant rien1 le naufrag prie ,robinson de lui prter sa bche et un petit sac de semences4 ,j'y consens1 dit ,robinson2 mais une condition3 c'est que tu me rendras #ii boisseaux de bl sur #ajj que tu rcolteras4 ,,le ,,naufrag4 ,c'est une avanie6 ,je vous rendrai ce que vous m'aurez prt1 et charge de revanche4 ,,robinson4 ,as-tu trouv un grain de bl sur ton rocher8 ,,le ,,naufrag4 ,non4 ,,robinson4 ,est-ce que je te rends service en te donnant les moyens de cultiver ton le1 et de vivre en travaillant8 ,,le ,,naufrag4 ,oui4 ,,robinson4 ,tout service mrite-t-il rmunration8 ,,le ,,naufrag4 ,oui4 ,,robinson4 ,eh bien6 la rmunration que je demande1 c'est #ii pour #ajj4 ,voil mon prix4 ,,le ,,naufrag4 ,transigeons3 je rendrai le sac de bl et la bche1 avec #e pour #ajj d'intrt4 ,c'est le taux lgal4 ,,robinson4 ,oui1 taux lgal1 lorsqu'il y a concurrence1 et que la marchandise abonde1 comme le prix lgal du pain est de #cj centimes le kilogramme1 quand il n'y a pas disette4 ,,le ,,naufrag4 #ii pour #ajj de ma rcolte6 mais c'est un vol1 un brigandage6 ,,robinson4 ,est-ce que je te fais violence8 est-ce que je t'oblige prendre ma bche et mon bl8 ,ne sommes-nous pas libres l'un et l'autre8 ,,le ,,naufrag4 ,il le faut4 ,je prirai la tche2 mais ma femme1 mes enfants6444 ,je consens tout2 je signe4 ,prtez-moi1 par-dessus le march1 votre scie et votre hache1 pour que je me fasse une cabane4 ,,robinson4 ,oui-d6 ,j'ai besoin de ma hache et de ma scie4 ,il m'en a cot huit jours de peine pour les fabriquer4 ,je te les prterai cependant1 mais la condition que tu me donneras #ii planches sur #ajj que tu fabriqueras4 ,,le ,,naufrag4 ,eh parbleu6 je vous rendrai votre hache et votre scie1 et vous ferai cadeau de cinq de mes planches en reconnaissance de votre peine4 ,,robinson4 ,alors1 je garde ma scie et ma hache4 ,je ne t'oblige point4 ,je suis libre4 ,,le ,,naufrag4 ,mais vous ne croyez donc point en ,dieu6 ,vous tes un exploiteur de l'humanit1 un malthusien1 un juif6 ,,robinson4 ,la religion1 mon pre1 nous enseigne que l'homme a une noble destination1 qui n'est point circonscrite dans l'troit domaine de la production industrielle4 ,quelle est cette fin8 ,ce n'est pas en ce moment le lieu de soulever cette question4 ,mais1 quelle qu'elle soit1 ce que je puis te dire1 c'est que nous ne pouvons l'atteindre1 si1 courbs sous le joug d'un travail inexorable et incessant1 il ne nous reste aucun loisir pour dvelopper nos organes1 nos affections1 notre intelligence1 notre sens du beau1 ce qu'il y a de plus pur et de plus lev dans notre nature444 ,quelle est donc la puissance qui nous donnera ce loisir bienfaisant1 image et avant-got de l'ternelle flicit8 ,c'est le capital4 ,j'ai travaill jadis2 j'ai pargn1 prcisment en vue de te prter3 tu feras un jour comme moi4 ,,le ,,naufrag4 ,hypocrite6 ,,robinson4 ,tu m'injuries3 adieu6 ,tu n'as qu' couper les arbres avec tes dents1 et scier tes planches avec tes ongles4 ,,le ,,naufrag4 ,je cde la force4 ,mais1 du moins1 faites-moi l'aumne de quelques mdicaments pour ma pauvre fille qui est malade4 ,cela ne vous cotera aucune peine2 j'irai les cueillir moi-mme dans votre proprit4 ,,robinson4 ,halte-l6 ma proprit est sacre4 ,je te dfends d'y mettre le pied3 sinon tu auras affaire avec ma carabine4 ,cependant1 je suis bon homme2 je te permets de venir cueillir tes herbes3 mais tu m'amneras ton autre fille1 qui me parat jolie444 ,,le ,,naufrag4 ,infme6 tu oses tenir un pre un pareil langage6 ,,robinson4 ,est-ce un service que je vous rends tous1 toi et tes filles1 en vous sauvant la vie par mes remdes8 ,oui ou non8 ,,le ,,naufrag4 ,assurment2 mais le prix que tu y mets8 ,,robinson4 ,est-ce que je la prends de force1 ta fille8--,n'est-elle pas libre8 ne l'es-tu pas toi-mme8444 ,et puis1 ne sera-t-elle pas heureuse de partager mes loisirs8 ,ne prendra-t-elle pas sa part du revenu que tu me paies8 ,en faisant d'elle ma fille de compagnie1 ne deviens-je pas votre bienfaiteur8 ,va1 tu n'es qu'un ingrat6 ,,le ,,naufrag4 ,arrte1 propritaire6 ,j'aimerais mieux voir ma fille morte que dshonore4 ,mais je la sacrifie pour sauver l'autre4 ,je ne te demande plus qu'une chose3 c'est de me prter tes outils de pche2 car avec le bl que tu nous laisses1 il nous est impossible de vivre4 ,un de mes fils1 en pchant1 nous procurera quelque supplment4 ,,robinson4 ,soit3 je te rendrai encore ce service4 ,je ferai plus3 je te dbarrasserai de ton autre fils1 et me chargerai de sa nourriture et de son ducation4 ,il faut que je lui apprenne tirer le fusil1 manier le sabre1 et vivre comme moi1 sans rien faire4 ,car1 comme je me dfie de vous tous1 et que vous pourriez fort bien ne me pas payer1 je suis bien aise1 l'occasion1 d'avoir main-forte4 ,coquins de pauvres1 qui prtendez qu'on vous prte sans intrt6 ,impies1 qui ne voulez pas de l'exploitation de l'homme par l'homme6 ,un jour1 ,robinson1 s'chauffant la chasse1 prend un refroidissement1 et tombe malade4 ,sa concubine1 dgote de lui1 et qui entretenait1 avec son jeune compagnon1 des relations intimes1 lui dit3 ,je vous soignerai et vous gurirai1 mais une condition3 c'est que vous me ferez donation de tous vos biens4 ,autrement1 je vous laisse4 ,,robinson4 toi que j'ai tant aime1 qui j'ai sacrifi honneur1 conscience1 humanit1 voudrais-tu me laisser sur le lit de douleur8 ,,la ,,servante4 ,et moi1 je ne vous aimais pas1 c'est pour cela que je ne vous dois rien4 ,si vous m'avez entretenue1 je vous ai livr ma personne3 nous sommes quittes4 ,ne suis-je pas libre8 ,et suis-je oblige aprs vous avoir servi de matresse1 de vous servir encore de garde-malade8 ,,robinson4 ,mon enfant1 ma chre enfant1 je te prie1 calme-toi4 ,sois bonne1 sois douce1 sois gentille2 je vais1 en ta faveur1 faire mon testament4 ,,la ,,servante4 ,je veux une donation1 ou je pars4 ,,robinson4 ,tu m'assassines6 ,dieu et les hommes m'abandonnent4 ,maldiction sur l'univers6 ,que le tonnerre m'crase1 et que l'enfer m'engloutisse6 ,il meurt dsespr4 ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,,huiti,,me ,,lettre4 ,f4 ,,bastiat ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,la preuve de l'impossibilit dispense d'examiner la possibilit4--,protestation contre le fatalisme4--,vrits immuables4--,jugement sur les prgrinations travers les champs de l'histoire4--,apologues retourns contre leur auteur4--,lois des capitaux rsumes en cinq propositions4 #bd dcembre #ahdi4 ,la gratuit du crdit est-elle possible8 ,la gratuit du crdit est-elle impossible8 ,il est clair que1 rsoudre une de ces questions1 c'est rsoudre l'autre4 ,vous me reprochez de manquer la charit parce que je maintiens le dbat sur la seconde4 ,voici mon motif3 ,rechercher si la gratuit du crdit est possible1 c'et t me laisser entraner discuter la ,banque du ,peuple1 l'impt sur le capital1 les ateliers nationaux1 l'organisation du travail1 en un mot1 les mille moyens par lesquels chaque cole prtend raliser cette gratuit4 ,tandis que1 pour s'assurer qu'elle est impossible1 il suffisait d'analyser la nature intime du capital2 ce qui atteint mon but1 et1 ce qu'il me semble1 le vtre4 ,on pose ,galile cinquante arguments contre la rotation de la terre4 ,faut-il qu'il les rfute tous8 ,non3 il prouve qu'elle tourne1 et tout est dit3 ,e pur si muove4 ,comme novateur1 dites-vous1 j'ai droit l'examen4--,sans doute2 mais1 avant tout1 la socit1 comme dfenderesse1 a droit qu'on lui prouve son tort4 ,vous traduisez le capital et l'intrt au tribunal de l'opinion1 les accusant d'injustice1 de spoliation4 vous prouver leur culpabilit2 eux prouver leur innocence4--,vous avez1 dites-vous1 plusieurs moyens de les faire rentrer dans le droit4 ,il faut d'abord savoir s'ils en sont sortis4 ,l'examen de vos inventions ne peut venir qu'aprs1 puisqu'il suppose l'accusation fonde1 ce qu'ils nient4 ,cette marche est tellement logique1 que vous y acquiescez en ces termes3 ,vraie ou fausse1 lgitime ou illgitime1 morale ou immorale1 j'accepte l'usure1 je l'approuve1 je la loue mme2 je renonce toutes les illusions du socialisme1 et me refais chrtien1 si vous me dmontrez que la prestation des capitaux1 de mme que la circulation des valeurs1 ne saurait1 en aucun cas1 tre gratuite4 ,or1 que fais-je autre chose8 ,c'est bien l mon terrain3 prouver que le capital porte en lui-mme l'indestructible principe de la rmunrabilit4 ,cette doctrine1 vous l'avez d'abord combattue par la thorie des contradictions1 ensuite par celle des distinctions4 ,l'intrt1 avez-vous dit1 a eu sa raison d'existence autrefois1 il ne l'a plus aujourd'hui4 ,il fut un instrument d'galit et de progrs1 il n'est plus que vol et oppression4--,et1 l-dessus1 vous citez plusieurs institutions et usages d'abord lgitimes et libraux1 devenus plus tard injustes et funestes la libert1 entre autres1 la torture1 le jugement par l'eau bouillante1 l'esclavage1 etc4 ,je repousse1 quant moi1 ce fatalisme cruel qui consiste justifier tous les excs comme ayant servi la cause de la civilisation4 ,l'esclavage1 la torture1 les preuves judiciaires1 n'ont pas avanc1 mais retard la marche de l'humanit4 ,il en et t de mme de l'intrt1 s'il n'avait t1 comme vous le dites1 qu'un abus de la force4 ,en outre1 s'il y a des choses qui changent1 il y en a qui ne changent pas4 ,depuis la cration1 il a t vrai que les trois angles d'un triangle sont gaux deux angles droits1 et cela sera vrai jusqu'au jugement dernier et au del4 ,de mme1 il a toujours t vrai1 il le sera toujours1 que le travail accumul1 ou le capital1 mrite rcompense4 ,vous comparez ma logique celle d'un entrepreneur qui dirait3 ,que m'importent la vapeur1 la pression atmosphrique1 l'lectricit8 ,prouver la lgitimit du char quatre roues1 n'est-ce pas prouver que l'invention des chemins de fer est une chimre8 ,j'accepte la similitude2 mais voici comment3 ,je reconnais que le chemin de fer est un progrs4 ,je me rjouis de ce qu'il fait baisser le prix des transports2 mais si l'on en voulait conclure la gratuit des transports1 si l'on disait3 un prix quelconque pour les transports a pu tre lgitime autrefois1 mais le temps est venu o ils doivent s'excuter gratuitement1 je rpondrais3 la conclusion est fausse4 ,de progrs en progrs1 ce prix peut diminuer sans cesse1 mais il ne peut arriver zro1 parce qu'il y aura toujours l une intervention de travail humain1 un service humain1 qui porte en lui-mme le principe de la rmunrabilit4 ,de mme1 je reconnais que le loyer des capitaux va baissant en raison de leur abondance4 ,je le reconnais et m'en rjouis1 car ils pntrent ainsi de plus en plus dans toutes les classes1 et les soulagent1 pour chaque satisfaction donne1 du poids du travail4 ,mais1 de cette baisse constante de l'intrt1 je ne puis conclure son anantissement absolu1 parce que jamais les capitaux ne natront spontanment1 qu'ils seront toujours un service plus ou moins grand1 et que ds lors ils portent en eux-mmes1 ainsi que les transports1 le principe de la rmunrabilit4 ,ainsi1 ,monsieur1 je ne vois aucun motif de dplacer ce dbat au moment de le clore2 et il me semble qu'il n'est pas un de nos lecteurs qui ne considrt ma tche comme remplie1 si je prouvais ces propositions3 ,tout capital 7quelle que soit sa forme1 moissons1 outils1 machines1 maisons1 etc471 tout capital rsulte d'un travail antrieur1 et fconde un travail ultrieur4 ,parce qu'il rsulte d'un travail antrieur1 celui qui le cde reoit une rmunration4 ,parce qu'il fconde un travail ultrieur1 celui qui l'emprunte doit une rmunration4 ,et vous le dites vous-mme3 ,si la peine du crancier est zro1 l'intrt doit devenir zro4 ,donc1 qu'avons-nous rechercher8 ,ceci3 ,est-il possible qu'un capital se forme sans peine8 ,si c'est possible1 j'ai tort2 le crdit doit tre gratuit4 ,si c'est impossible1 c'est vous qui avez tort1 le capital doit tre rmunr4 ,vous avez beau faire2 la question se rduit ces termes3 ,le temps est-il arriv1 arrivera-t-il jamais o les capitaux cloront spontanment sans la participation d'aucun effort humain8 ,mais1 dans une revue rtrospective pleine de verve1 vous lanant vers la ,palestine1 vers ,athnes1 ,sparte1 ,tyr1 ,rome1 ,carthage1 vous m'entranez par la tangente hors du cercle o je ne puis vous retenir4 ,eh bien6 avant d'y rentrer1 j'essaierai1 sinon de vous suivre1 du moins de faire quelques pas avec vous4 ,vous dbutez ainsi3 ,ce qui fait que l'intrt du capital1 excusable1 juste mme au point de dpart de l'conomie des socits1 devient1 avec le dveloppement des institutions industrielles1 une vraie spoliation1 un vol1 c'est que cet intrt n'a pas d'autre principe1 d'autre raison d'tre1 que la ncessit et la force4 ,la ncessit1 voil ce qui explique l'exigence du prteur2 la force1 voil ce qui fait la rsignation de l'emprunteur4 ,mais mesure que1 dans les relations humaines1 la ncessit fait place la vrit1 et qu' la force succde le droit1 le capitaliste perd son excuse4 ,il perd plus que cela2 il perd le seul titre que vous lui reconnaissez4 ,si1 sous l'empire de la libert et du droit1 l'intrt persiste1 c'est sans doute qu'il a1 quoi que vous en disiez1 une autre raison d'tre que la force4 ,en vrit1 je ne comprends plus votre distinguo4 ,vous disiez3 ,l'intrt a t juste autrefois1 il ne l'est plus aujourd'hui4 ,et quelle raison en donnez-vous8 ,celle-ci3 ,jadis la force rgnait1 aujourd'hui c'est le droit4 ,loin de conclure de l que l'intrt a pass de la lgitimit l'illgitimit1 n'est-ce pas le contraire qui se dduit de vos prmisses8 ,et certes1 le fait confirmerait cette dduction2 car l'usure a pu tre odieuse quand on devenait capitaliste par la rapine1 et l'intrt est justifi depuis qu'on le devient par le travail4 ,c'est dans le commerce de mer qu'il faut chercher l'origine de l'intrt4 ,le contrat la grosse1 varit ou plutt dmembrement du contrat de pacotille1 fut sa premire forme4 ,je crois que le capital a une nature qui lui est propre1 parfaitement indpendante de l'lment par lequel les hommes excutent leurs transports4 ,qu'ils voyagent et fassent voyager leurs marchandises par terre1 par eau ou par l'air1 en char1 en barque ou en ballon1 cela ne confre ni ne retire aucun droit au capital4 ,il est d'ailleurs permis de penser que la pratique de l'intrt a t antrieure celle du commerce maritime4 ,trs-probablement le patriarche ,abraham ne prtait pas des troupeaux sans se rserver une part quelconque dans le crot1 et ceux qui1 aprs le dluge1 btirent ,babylone les premires maisons1 n'en cdaient sans doute pas l'usage sans rtribution4 ,eh quoi6 ,monsieur1 ces transactions1 qui ont prvalu et s'accomplissent volontairement depuis le commencement du monde1 sous les noms de location1 intrt1 fermage1 baux1 loyer1 ne seraient pas sorties des entrailles mmes de l'humanit6 ,elles seraient nes du ,contrat de pacotille6 ,ensuite1 propos du contrat la grosse1 vous faites une thorie du bnfice qu'en vrit je crois inadmissible4--,mais la discuter ici1 ce serait nous carter du sujet4 ,enfin vous arrivez cette tige de toutes les erreurs conomiques1 savoir3 la confusion entre les capitaux et le numraire2 confusion l'aide de laquelle il est ais d'embrouiller la question4 ,mais vous n'y croyez pas vous-mme1 et je n'en veux pour preuve que ce que vous disiez nagure ,m4 ,louis ,blanc3 ,l'argent n'est pas une richesse pour la socit3 c'est tout simplement un moyen de circulation qui pourrait trs-avantageusement tre remplac par du papier1 par une substance de nulle valeur4 ,veuillez donc croire que lorsque je parle de la productivit du capital 7outils1 instruments1 etc47 mis en oeuvre par le travail1 je n'entends pas attribuer une merveilleuse vertu prolifique l'argent4 ,vous suivrai-je1 ,monsieur1 en ,palestine1 ,athnes et ,lacdmone8 ,vraiment1 cela n'est pas ncessaire4 ,un mot seulement sur le ,non foenerabis de ,mose4 ,j'admire la dvotion qui a saisi certains socialistes 7avec lesquels je ne vous confonds pas71 depuis qu'ils ont dcouvert1 l'appui de leur thse1 quelques textes dans l',ancien et le ,nouveau ,testament1 les conciles et les ,pres de l'glise4 ,je me permettrai de leur adresser cette question3 ,entendent-ils nous donner ces autorits comme infaillibles en matire de sciences et d'conomie sociale8 ,certes1 ils n'iront pas jusqu' me rpondre3 ,nous tenons pour infaillibles les textes qui nous conviennent1 et pour faillibles ceux qui ne nous conviennent pas4--,quand on invoque les livres sacrs1 ce titre et comme dpositaires de la volont indiscutable de ,dieu1 il faut tout prendre1 sous peine de jouer une purile comdie4 ,eh bien6 sans parler d'une multitude de sentences de l',ancien ,testament1 qui ne peuvent1 sans danger1 tre prises au pied de la lettre1 il y a1 dans l'vangile1 d'autres textes que le fameux ,mutuum date1 dont ils veulent dduire la gratuit du crdit1 entre autres ceux-ci3 ,heureux ceux qui pleurent4 ,heureux ceux qui souffrent4 ,il y aura toujours des pauvres parmi vous4 ,rendez ,csar ce qui appartient ,csar4 ,obissez aux puissances4 ,ne vous proccupez pas du lendemain4 ,faites comme le lis1 qui ne file ni ne tisse4 ,faites comme l'oiseau1 qui ne laboure ni ne sme4 ,si on vous frappe sur la joue gauche1 tendez encore la joue droite4 ,si on vous vole votre manteau1 donnez encore votre robe4 ,que diraient messieurs les socialistes1 si nous fondions sur un de ces textes la politique et l'conomie sociale8 ,il est permis de croire que lorsque le fondateur du christianisme a dit ses disciples3 ,mutuum date1 il a entendu leur donner un conseil de charit et non faire un cours d'conomie politique4 ,jsus tait charpentier1 il travaillait pour vivre4 ,ds lors1 il ne pouvait faire du don une prescription absolue4 ,je crois pouvoir ajouter1 sans irrvrence1 qu'il se faisait payer trs lgitimement1 non-seulement pour le travail consacr faire des planches1 mais aussi pour le travail consacr faire des scies et des rabots1 c'est--dire pour le capital4 ,enfin1 je ne dois pas laisser passer les deux apologues par lesquels vous terminez voire lettre1 sans vous faire observer que1 loin d'infirmer ma doctrine1 ils condamnent la vtre2 car on n'en peut dduire la gratuit du crdit qu' la condition d'en dduire aussi la gratuit du travail4 ,votre second drame me porte un grand coup d'pe2 mais1 par le premier1 vous m'avez charitablement muni d'une cuirasse toute preuve4 ,en effet1 par quel artifice voulez-vous m'amener reconnatre qu'il est des circonstances o on est tenu en conscience de prter gratuitement8 ,vous imaginez une de ces situations extraordinaires qui font taire tous les instincts personnels et mettent en jeu le principe sympathique1 la piti1 la commisration1 le dvouement1 le sacrifice4--,un insulaire est bien pourvu de toutes choses4 ,il rencontre des naufrags que la mer a jets nus sur la plage4 ,vous me demandez s'il est permis cet insulaire de tirer1 dans son intrt1 tout le parti possible de sa position1 de pousser ses exigences jusqu'aux dernires limites1 de demander mille pour cent de ses capitaux1 et mme de les louer au prix de l'honneur4 ,je vois le pige4 ,si je rponds3 ,oh6 dans ce cas1 il faut voler1 sans conditions1 au secours de son frre1 partager avec lui jusqu' la dernire bouche de pain4 ,vous triompherez1 disant3 ,enfin mon adversaire a avou qu'il est des occasions o le crdit doit tre gratuit4 ,heureusement1 vous m'avez fourni vous-mme la rponse dans le premier apologue1 que j'aurais invent1 si vous ne m'aviez prvenu4 ,un homme passe sur le bord d'un fleuve4 ,il aperoit un de ses frres qui se noie1 et1 pour le sauver1 n'a qu' lui tendre la main4 ,pourra-t-il1 en conscience1 profiter de l'occasion pour stipuler les conditions les plus extrmes1 pour dire au malheureux qui se dbat dans le torrent3 ,je suis libre1 je dispose de mon travail4 ,meurs1 ou donne-moi toute ta fortune6 ,je me figure1 ,monsieur1 que si un brave ouvrier se rencontre dans ces circonstances1 il se jettera dans l'eau sans hsiter1 sans calculer1 sans spculer sur son salaire et mme sans y songer4 ,mais ici1 veuillez le remarquer1 il n'est pas question de capital2 il s'agit de travail4 ,c'est du travail qui1 en conscience1 doit tre sacrifi4 ,est-ce que vous dduirez de l1 comme rgle normale des transactions humaines1 comme loi de l'conomie politique1 la gratuit du travail8 ,et parce que1 dans un cas extrme1 le service doit tre gratuit1 renoncerez-vous thoriquement votre axiome3 mutualit des services8 ,et cependant1 si de votre second apologue vous concluez qu'on est toujours tenu de prter pour rien1 du premier vous devez conclure qu'on est toujours oblig de travailler gratis4 ,la vrit est que1 pour lucider une question d'conomie politique1 vous avez imagin deux cas o toutes les lois de l'conomie politique sont suspendues4 ,qui jamais a song nier que1 dans certaines circonstances1 nous ne soyons tenus de sacrifier capital1 intrt1 travail1 vie1 rputation1 affections1 sant1 etc48 ,mais est-ce l la loi des transactions ordinaires8 ,et recourir de tels exemples pour faire prvaloir la gratuit du crdit1 ou la gratuit du travail1 n'est-ce pas avouer son impuissance faire rsulter cette gratuit de la marche ordinaire des choses8 ,vous recherchez1 ,monsieur1 quelles sont1 pour la classe travailleuse1 les consquences du prt intrt1 et vous en numrez quelques-unes1 m'invitant en faire l'objet ultrieur de ce dbat4 ,je ne disconviens pas que1 parmi vos objections1 il n'y en ait de trs-spcieuses et mme de trs-srieuses4 ,il est mme impossible1 dans une lettre1 de les relever une une2 j'essaierai de les rfuter toutes la fois1 par la simple exposition de la loi selon laquelle se rpartissent1 suivant moi1 entre le capital et le travail1 les produits de leur coopration2 et c'est par l que je rentrerai dans ma modeste circonfrence conomique4 ,permettez-moi d'tablir cinq propositions qui me semblent susceptibles d'tre mathmatiquement dmontres4 #a ,le capital fconde le travail4 ,il est bien clair qu'on obtient de plus grands rsultats avec une charrue que sans charrue2 avec une scie que sans scie2 avec une route que sans route2 avec des approvisionnements que sans approvisionnements1 etc41 d'o nous pouvons conclure que l'intervention du capital accrot la masse des produits partager4 #b ,le capital est du travail4 ,charrues1 scies1 routes1 approvisionnements1 ne se font pas tout seuls1 et le travail qui on les doit a droit tre rmunr4 ,je suis oblig de rappeler ici ce que j'ai dit dans ma dernire lettre sur la diffrence dans le mode de rtribution quand elle s'applique au capital ou au travail4 ,la peine que prend chaque jour le porteur d'eau doit lui tre paye par ceux qui profitent de cette peine quotidienne4 ,mais la peine qu'il a prise pour fabriquer sa brouette et son tonneau doit lui tre paye par un nombre indtermin de consommateurs4 ,de mme l'ensemencement1 le labourage1 le sarclage1 la moisson1 ne regardent que la rcolte actuelle4 ,mais les cltures1 les dfrichements1 les desschements1 les btisses entrent dans le prix de revient d'une srie indfinie de rcoltes successives4 ,autre chose est le travail actuel du cordonnier qui fait des souliers1 du tailleur qui fait des habits1 du charpentier qui fait des madriers1 de l'avocat qui fait des mmoires2 autre chose est le travail accumul qu'ont exig la forme1 l'tabli1 la scie1 l'tude du droit4 ,c'est pourquoi le travail de la premire catgorie se rmunre par le salaire1 celui de la seconde catgorie par les combinaisons de l'intrt et de l'amortissement1 qui ne sont autre chose qu'un salaire ingnieusement rparti sur une multitude de consommateurs4 #c mesure que le capital s'accrot l'intrt baisse1 mais de telle sorte que le revenu total du capitaliste augmente4 ,ce qui a lieu sans injustice et sans prjudice pour le travail1 parce que1 ainsi que nous allons le voir1 l'excdant de revenu du capitaliste est pris sur l'excdant de produit d au capital4 ,ce que j'affirme ici1 c'est que1 quoique l'intrt baisse1 le revenu total du capitaliste augmente de toute ncessit1 et voici comment3 ,soit #ajj le capital1 et le taux de l'intrt #e4 ,je dis que l'intrt ne peut descendre #d sans que le capital s'accumule au moins au-dessus de #abj4 ,en effet1 on ne serait pas stimul accrotre le capital1 s'il en devait rsulter diminution1 ou mme stationnement du revenu4 ,il est absurde de dire que le capital tant #ajj et le revenu #e1 le capital peut tre port #bjj et le taux descendre #b2 car1 dans le premier cas1 on aurait #e francs de rente1 et dans le second on n'aurait que #d francs4 ,le moyen serait trop simple et trop commode3 on mangerait la moiti du capital pour faire reparatre le revenu4 ,ainsi1 quand l'intrt baisse de #e #d1 de #d #c1 de #c #b1 cela veut dire que le capital s'est accru de #ajj #bjj1 de #bjj #djj1 de #djj #hjj1 et que le capitaliste touche successivement pour revenu #e1 #h et #ab4 ,et le travail n'y perd rien1 bien au contraire3 car il n'avait sa disposition qu'une force gale #ajj1 puis il a eu une force gale #bjj1 et enfin une force gale #hjj1 avec cette circonstance qu'il paie de moins en moins cher une quantit donne de cette force4 ,il suit de l que ces calculateurs sont bien malhabiles qui vont disant3 ,l'intrt baisse1 donc il doit cesser4 ,eh morbleu6 il baisse1 relativement chaque #ajj fr42 mais c'est justement parce que le nombre de #ajj fr4 augmente que l'intrt baisse4 ,oui1 le multiplicateur s'amoindrit1 mais ce n'est que par la raison mme qui fait grossir le multiplicande1 et je dfie le dieu de l'arithmtique lui-mme d'en conclure que le produit arrivera ainsi zro#ch4 ,note #ch3 ,cette loi1 d'une dcroissance qui1 quoique indfinie1 n'arrive jamais zro1 loi bien connue des mathmaticiens1 gouverne une foule de phnomnes conomiques et n'a pas t assez observe4 ,citons-en un exemple familier4 ,tout le monde sait que dans une grande ville1 dans un quartier riche et populeux1 on peut gagner davantage tout en rduisant les prix de vente4 ,c'est ce qu'on exprime familirement par cette locution3 ,se retrouver sur la quantit3 ,supposons quatre marchands de couteaux1 l'un au village1 l'autre ,bayonne1 le troisime ,bordeaux1 le quatrime ,paris4 ,nous pourrons avoir le tableau suivant3 ,nombre ,bnfice des couteaux par ,bnfice total4 vendus4 couteau4 ,village #ajj #a fr4 #ajj fr4 ,bayonne #bjj #ge #aej ,bordeaux #djj #ej #bjj ,paris #a1jjj #be #bej ,on voit ici un multiplicateur 7deuxime colonne7 dcrotre sans cesse1 parce que le multiplicande 7premire colonne7 s'accrot toujours2 la progression constante du produit total 7troisime colonne7 exclut l'ide que le multiplicateur arrive jamais zro1 alors mme qu'on passerait de ,paris ,londres1 et des villes de plus en plus grandes et riches4 ,ce qu'il faut bien observer ici1 c'est que l'acheteur n'a pas se plaindre de l'accroissement progressif du bnfice total ralis par le marchand1 car ce qui l'intresse1 lui acheteur1 c'est le profit proportionnel prlev sur lui comme rmunrateur du service rendu1 et ce profit diminue sans cesse4 ,ainsi1 des points de vue divers1 le vendeur et l'acheteur progressent en mme temps4 ,c'est la loi des capitaux4 ,bien connue1 elle rvle aussi l'harmonie des intrts entre le capitaliste et le proltaire1 et leur progrs simultan4 #d mesure que les capitaux augmentent 7et avec eux les produits71 la ,,part ,,absolue qui revient au capital augmente1 et sa ,,part ,,proportionelle diminue4 ,cela n'a plus besoin de dmonstration4 ,le capital retire successivement #e1 #d1 #c pour chaque #ajj fr4 qu'il met dans l'association2 donc son prlvement relatif diminue4 ,mais comme il met successivement dans l'association #ajj fr41 #bjj fr41 #djj fr41 il se trouve qu'il retire1 pour sa part totale1 d'abord #e1 puis #h1 ensuite #ab1 et ainsi de suite2 donc son prlvement absolu augmente4 #e mesure que les capitaux augmentent 7et avec eux les produits71 la part proportionnelle et la part absolue du travail augmentent4 ,comment pourrait-il en tre autrement8 puisque le capital voit grossir sa part absolue1 encore qu'il ne prlve successivement que #a_/b1 #a_/c1 #a_/d1 #a_/e du produit total1 le travail1 qui successivement il revient #a_/b1 #b_/c1 #c_/d1 #d_/e1 entre videmment dans le partage pour une part progressive1 dans le sens proportionnel comme dans le sens absolu4 ,la loi de cette rpartition peut tre figure aux yeux par les chiffres suivants1 qui n'ont pas la prtention d'tre prcis1 mais que je produis pour lucider ma pense4 ,produit ,part ,part total4 du capital4 du travail4 #are priode4 #ajjj #a_/b ou #ejj #a_/b ou #ejj #b;e -- #ahjj #a_/c ou #fjj #b_/c ou #abjj #c;e -- #bhjj #a_/d ou #gjj #c_/d ou #bajj #d;e -- #djjj #a_/e ou #hjj #d_/e ou #cbjj ,on voit par l comment l'accroissement successif des produits1 correspondant l'accumulation progressive des capitaux1 explique ce double phnomne1 savoir1 que la part absolue du capital augmente1 encore que sa part proportionnelle diminue1 tandis que la part du travail augmente la fois dans les deux sens4 ,de tout ce qui prcde1 il rsulte ceci3 ,pour que le sort des masses s'amliore1 il faut que le loyer des capitaux baisse4 ,pour que l'intrt baisse1 il faut que les capitaux se multiplient4 ,pour que les capitaux se multiplient1 il faut cinq choses3 activit1 conomie1 libert1 paix et scurit4 ,et ces biens1 qui importent tout le monde1 importent encore plus la classe ouvrire4 ,ce n'est pas que je nie les souffrances des travailleurs1 mais je dis qu'ils sont sur une fausse piste quand ils les attribuent l'infme capital4 ,telle est ma doctrine4 ,je la livre avec confiance la bonne foi des lecteurs4 ,on a dit que je m'tais constitu l'avocat du privilge capitaliste4 ,ce n'est pas moi1 c'est elle de rpondre4 ,cette doctrine1 j'ose le dire1 est consolante et concordante4 ,elle tend l'union des classes2 elle montre l'accord des principes2 elle dtruit l'antagonisme des personnes et des ides2 elle satisfait l'intelligence et le coeur4 ,en est-il de mme de celle qui sert de nouveau pivot au socialisme8 qui dnie au capital tout droit une rcompense8 qui ne voit partout que contradiction1 antagonisme et spoliation8 qui irrite les classes les unes contre les autres8 qui reprsente l'iniquit comme un flau universel1 dont tout homme1 quelque degr1 est coupable et victime8 ,que si nanmoins le principe de la gratuit du crdit est vrai1 il faut bien l'admettre3 ,fiat justitia1 ruat coelum4 ,mais s'il est faux66 ,quant moi1 je le tiens pour faux1 et1 en terminant1 je vous remercie de m'avoir loyalement fourni l'occasion de le combattre4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,,neuvi,,me ,,lettre4 ,p4 ,j4 ,,proudhon ,f4 ,,bastiat4 ,grave imputation4--,ngation de cinq propositions4--,arguments tirs des oprations de la ,banque de ,france4--,mfaits de cette ,banque4 #ca dcembre #ahdi4 ,vous m'avez tromp4 ,j'attendais de vous une controverse srieuse3 vos lettres ne sont qu'une perptuelle et insipide mystification4 ,quand vous auriez fait un pacte avec l'usure1 pour embrouiller la question et empcher notre dbat d'aboutir1 en l'embarrassant d'incidents1 de hors-d'oeuvre1 de vtilles et de chicanes1 vous n'eussiez pu vous y prendre autrement4 ,de quoi s'agit-il entre nous1 s'il vous plat8 de savoir si l'intrt de l'argent doit ou non tre aboli4 ,je vous l'ai dit moi-mme3 c'est l le pivot du socialisme1 la cheville ouvrire de la ,rvolution4 ,une question prjudicielle s'lve donc tout d'abord1 celle de savoir si1 en fait1 il y a possibilit d'abolir cet intrt4 ,vous le niez2 je l'affirme3 lequel croire de nous deux8 videmment1 ni l'un ni l'autre4 ,il faut examiner la chose3 voil ce que dicte le sens commun1 ce que la plus simple notion d'quit prescrit4 ,vous1 au contraire1 vous repoussez cet examen4 ,depuis deux mois que nous avons ouvert1 dans la ,voix du ,peuple1 cette assise solennelle o le capital devait tre jug1 et l'usure condamne ou absoute1 vous ne cessez de me rpter sur tous les tons cette ritournelle3 ,le capital1 tel que je le comprends1 tel qu'il m'apparat dans sa nature intime1 est productif4 ,cette conviction me suffit3 je ne veux pas en savoir davantage4 ,d'ailleurs1 vous reconnaissez qu'en prtant intrt1 je rends service et ne suis point voleur2 qu'ai-je donc besoin de vous entendre8 ,quand j'ai prouv1 dans mon systme1 que la gratuit du crdit est impossible1 et que vous accordez qu'un honnte homme peut1 en toute sret de conscience1 tirer de son fonds un revenu1 vous devez tenir cette mme gratuit pour impossible4 ,ce qui est dmontr vrai1 dans un systme1 ne peut devenir faux dans un autre3 autrement1 il faudrait dire qu'une mme chose peut tre vraie et fausse tout la fois1 ce que mon esprit se refuse absolument comprendre4 ,je ne sors pas de l4 ,o donc1 monsieur1 avez-vous appris1 je ne dis pas raisonner1 car il appert ds le commencement de cette polmique que le raisonnement en vous se rduit affirmer et confirmer toujours votre proposition1 sans infirmer celle de votre adversaire1 mais discuter8 ,le dernier clerc de procureur vous dirait qu'en tout dbat1 il faut examiner successivement et contradictoirement le dire de chaque partie2 et1 puisque nous avons pris le public pour juge1 il est vident qu'une fois votre systme expos et dbattu1 il faut aborder le mien4 ,avec vous les choses ne se passent point ainsi4 ,satisfait de la concession que je vous ai faite1 savoir1 que dans l'tat actuel des choses le prt intrt ne peut tre considr comme un acte illicite1 vous tenez la ncessit de l'intrt pour dmontre2 et l-dessus1 sous prtexte que vous n'entendez rien l'antinomie1 me fermant la bouche1 vous faites dfaut au dbat4 ,est-ce discuter1 je vous le demande8 ,forc par une conduite si trange1 je fais alors un pas vers vous4 ,ma mthode de dmonstration avait paru vous faire quelque peine3 je quitte cette mthode1 et vous montre1 en employant la forme ordinaire de raisonnement1 que tout change dans la socit2 que ce qui une poque fut un progrs1 une autre devient une entrave2 qu'ainsi1 en faisant abstraction du temps1 la mme ide1 le mme fait1 change compltement de caractre1 selon l'aspect sous lequel on le considre2 que rien n'empche de croire que l'intrt soit prcisment dans ce cas2 qu'en consquence votre fin de non-recevoir ne peut tre admise1 et qu'il faut dcidment examiner avec moi l'hypothse de la gratuit du crdit1 de l'abolition de l'intrt4 cela que rpondez-vous8 c'est peine si j'ose vous le rappeler4 ,parce que1 par gard pour vous1 j'avais cru devoir changer de mthode1 vous m'accusez1 d'abord de tergiversation1 ensuite de fatalisme6 ,j'ai fait avec vous1 permettez-moi cette comparaison1 ce que le professeur de mathmatiques fait avec ses lves1 lorsqu' une dmonstration difficile1 il en substitue une autre plus saisissable leur intelligence4 ,car1 sachez-le bien1 monsieur1 la dialectique hglienne1 qui cependant n'est pas toute la logique1 est au syllogisme et l'induction ce que le calcul diffrentiel est la gomtrie ordinaire4 ,il vous est permis d'en rire2 c'est le droit de l'esprit humain de rire de tout ce qu'il a une fois compris et devin2 mais il faut comprendre1 sans quoi le rire n'est que la grimace de l'insens4 ,et vous1 pour prix de ma complaisance1 vous me dcernez le sarcasme3 je ne suis1 vous entendre1 qu'un sophiste4 ,est-ce srieux8 ,je fais plus encore4 ,vous aviez dit1--je cite vos propres paroles3--,montrez-moi comment l'intrt1 de lgitime devient illgitime1 et je consens discuter la thorie du crdit gratuit4 ,pour satisfaire ce dsir1 d'ailleurs trs lgitime1 je fais l'historique de l'intrt1 j'cris la biographie de l'usure4 ,je montre que cette pratique a sa cause dans un concours de circonstances politiques et conomiques1 indpendant de la volont des contractants1 et invitable l'origine des socits1 savoir3 #a ,l'incommensurabilit des valeurs1 rsultant de la non-sparation des industries1 et de l'absence des termes de comparaison2 #b les risques du commerce2 #c l'habitude1 introduite de bonne heure parmi les ngociants et devenue peu peu constante et gnrale1 de compter un excdant proportionnel titre d'amende ou indemnit 7dommage-intrt71 tout dbiteur retardataire2 #d la prpondrance des mtaux prcieux et monnays sur les autres marchandises2 #e la pratique combine des contrats de pacotille1 d'assurance1 et la grosse2 #f enfin1 l'tablissement de la rente foncire1 imite de l'intrt de l'argent1 et qui1 admise sans contestation par les casuistes1 devait servir plus tard la justification de ce mme intrt4 ,pour rendre la dmonstration complte1 je prouve ensuite1 par un simple rapport arithmtique1 que l'intrt1 excusable comme accident1 dans les conditions o il a pris naissance1 et o il s'est ensuite dvelopp1 devient absurde et spoliateur1 ds qu'on prtend le gnraliser et en faire une ,r,,gle d'conomie publique2 qu'il est en contradiction formelle avec le principe conomique1 que dans la socit le produit net est identique au produit brut1 en sorte que tout prlvement exerc par le capital sur le travail constitue1 dans la balance sociale1 une erreur de compte et une impossibilit4 ,je prouve1 enfin1 que si1 une autre poque1 l'intrt a servi de mobile la circulation des capitaux1 il n'est plus aujourd'hui pour cette circulation1 de mme que l'impt sur le sel1 le vin1 le sucre1 la viande1 de mme que la douane elle-mme1 qu'une entrave2 que c'est lui qu'il faut rapporter la stagnation des affaires1 le chmage de l'industrie1 la dtresse de l'agriculture1 et l'imminence toujours grandissante d'une banqueroute universelle4 ,tout cela tait d'histoire1 de thorie et de pratique1 comme de calcul3 vous avez remarqu vous-mme que je n'avais pas une seule fois fait appel1 contre l'intrt1 la fraternit1 la philanthropie1 l'autorit de l'vangile et des ,pres de l'glise4 ,j'ai peu de foi la philanthropie2 quant l'glise1 elle n'a jamais rien entendu cette matire1 et sa casuistique1 depuis le ,christ jusqu' ,pie ,,ix1 est tout simplement absurde4 ,absurde1 dis-je1 soit quand elle condamne l'intrt1 sans aucune considration des circonstances qui l'excusent1 qui l'exigent2 soit quand elle restreint ses anathmes l'usure d'argent1 et fait1 pour ainsi dire1 acception de l'usure terrienne4 cette exposition1 dont vous avez vous-mme apprci l'intrt1 que rpondez-vous1 dans votre quatrime lettre8--,rien4 ,niez-vous l'histoire8--,point4 ,contestez-vous mes calculs8--,non4 ,que dites-vous donc8--,vous rebattez votre ternel refrain3 ,celui qui prte rend service2 ds lors il est prouv que le capital porte en soi l'indestructible principe de la rmunration4 ,sur quoi1 vous me donnez1 comme expression de la sagesse des sicles1 cinq ou six aphorismes1 excellents pour endormir les mauvaises consciences1 mais qui1 je vous le prouverai tout l'heure1 sont tout ce que la routine la plus brute a fait jamais dire de plus absurde4 ,puis1 faisant votre signe de croix1 vous dclarez la discussion close4 ,amen6 ,vous tes conomiste1 monsieur ,bastiat1 membre de l',acadmie des sciences morales et politiques1 membre du comit des finances1 membre du congrs de la ,paix1 membre de la ligue anglo-franaise pour le libre-change1 et1 ce qui vaut mieux que tout cela1 honnte homme et homme d'esprit4 ,eh bien6 je suis forc1 pour mettre couvert votre intelligence et votre loyaut1 de vous prouver1 par ,a plus ,b1 que vous ne savez pas le premier mot des choses dont vous avez entrepris de parler1 ni du capital1 ni de l'intrt1 ni du prix1 ni de la valeur1 ni de la circulation1 ni de la finance1 ni de toute l'conomie politique1 pas plus que de la mtaphysique allemande4 ,avez-vous1 dans votre vie1 entendu parler de la ,banque de ,france8 ,faites-moi le plaisir1 quelque jour1 d'y jeter le pied2 ce n'est pas loin de l',institut4 ,vous trouverez l ,m4 d',argout1 qui1 en fait de capital et d'intrt1 en sait plus que vous et que tous les conomistes de ,guillaumin4 ,la ,banque de ,france est une compagnie de capitalistes1 forme1 il y a une cinquantaine d'annes1 la sollicitation de l'tat1 et par privilge de l'tat1 pour exercer l'usure sur tout le territoire de ,france4 ,depuis sa fondation1 elle n'a cess de prendre de continuels accroissements3 la rvolution de ,fvrier en a fait1 par l'adjonction des banques dpartementales1 le premier pouvoir de la ,rpublique4 ,le principe sur lequel cette compagnie s'est forme est exactement le vtre4 ,ils ont dit3 ,nous avons acquis nos capitaux par notre travail1 ou par le travail de nos pres4 ,pourquoi donc1 en les faisant servir la circulation gnrale1 en les mettant au service de notre pays1 n'en tirerions-nous pas un salaire lgitime1 quand le propritaire foncier tire un revenu de sa terre2 quand le constructeur de maisons tire loyer de ses maisons2 quand l'entrepreneur tire de sa marchandise un bnfice suprieur aux frais de sa gestion2 quand l'ouvrier qui assemble nos parquets fait entrer dans le prix de sa journe un quantum pour l'usure de ses outils1 lequel quantum dpasse assurment ce qui serait ncessaire pour amortir la somme qu'ils lui ont cote8 ,cette argumentation1 vous le voyez1 est on ne peut plus plausible4 ,c'est celle qu'on a oppose de tout temps1 et avec juste raison1 l'glise1 quand elle a voulu condamner l'intrt exclusivement la rente2 c'est le thme qui revient dans chacune de vos lettres4 ,or1 savez-vous o ce beau raisonnement a conduit les actionnaires1 que je tiens tous1 ainsi que ,m4 d',argout1 pour trs-honntes gens1 de la ,banque de ,france8--,au vol1 oui1 monsieur1 au vol le plus manifeste1 le plus hont1 le plus dtestable2 car c'est ce vol qui1 lui seul1 depuis ,fvrier1 arrte le travail1 empche les affaires1 fait prir le peuple du cholra1 de la faim et du froid1 et qui1 dans le but secret d'une restauration monarchique1 souffle le dsespoir parmi les classes travailleuses4 ,c'est ici surtout que je me propose de vous faire voir comment l'intrt1 de lgitime devient illgitime2 et1 ce qui vous surprendra bien davantage encore1 comment le crdit pay1 ds l'instant qu'il ne se fait pas voleur1 qu'il ne rclame que le prix qui lui est lgitimement d1 devient crdit gratuit4 ,quel est le capital de la ,banque de ,france8 ,d'aprs le dernier inventaire1 #ij millions4 ,quel est le taux lgal1 convenu entre la ,banque et l'tat1 pour les escomptes8--#d p4 #ajj l'an4 ,donc le produit annuel1 lgal et lgitime de la ,banque de ,france1 le juste prix de ses services1 c'est1 pour un capital de #ij millions #d p4 #ajj l'an1 #c millions #fjj mille francs de revenu4 #c1fjj1jjj francs1 voil suivant la fiction de la productivit du capital1 ce que le commerce franais doit chaque anne la ,banque de ,france en rmunration de son capital1 qui est de #ij millions4 ,dans ces conditions1 les actions de la ,banque de ,france sont comme des immeubles qui rendraient rgulirement #dj francs de revenu3 mises #a1jjj francs1 elles valent #a1jjj francs4 ,or1 savez-vous ce qui arrive8 ,consultez le mme inventaire3 vous y verrez que lesdites actions1 au lieu d'tre cotes #a1jjj fr41 le sont #b1djj4--;,elles taient1 la semaine dernire1 #b1dde2 et1 pour peu que le portefeuille se remplt1 elles monteraient #b1ejj et #c1jjj fr4--,ce qui veut dire que le capital de la ,banque1 au lieu de lui rapporter #d pour #ajj1 taux lgal et convenu1 produit #h1 #aj et #ab pour #ajj4 ,le capital de la ,banque s'est donc doubl1 tripl8--,c'est1 en effet1 ce qui devrait avoir lieu d'aprs la thorie nonce dans vos troisime et quatrime propositions1 savoir1 que l'intrt baisse mesure que le capital s'accrot1 mais de telle sorte que le revenu total du capitaliste augmente4 ,eh bien1 il n'en est rien4 ,le capital de la ,banque est rest le mme1 #ij millions4 ,seulement1 la ,compagnie1 en vertu de son privilge1 et l'aide de son mcanisme financier1 a trouv moyen d'oprer avec le commerce comme si son capital tait1 non plus seulement de #ij millions1 mais de #dej1 c'est--dire cinq fois plus grand4 ,est-il possible1 direz-vous8--,voici le procd2 il est fort simple1 et j'en puis parler3 c'est prcisment un de ceux que se proposait d'employer la ,banque du ,peuple1 pour arriver l'annihilation de l'intrt4 ,pour viter les ports d'espces1 et la manipulation encombrante des cus1 la ,banque de ,france fait usage de bons de crdit1 reprsentatifs de l'argent qu'elle a dans ses caves1 et qu'on appelle ,billets de ,banque4 ,ce sont ces billets qu'elle remet d'ordinaire ses clients1 contre les lettres de change et billets ordre qu'ils lui portent1 et dont elle se charge d'oprer1 sous garantie toutefois des tireurs comme des tirs1 le recouvrement4 ,le papier de la ,banque a1 de la sorte1 un double gage3 le gage des cus qui sont dans la caisse1 et le gage des valeurs de commerce qui sont dans le portefeuille4 ,la scurit donne par ce double gage est si grande1 qu'il est reu dans le commerce de prfrer le papier aux espces1 que chacun aime autant savoir la ,banque que dans le tiroir de sa commode4 ,on conoit mme1 en thse absolue1 qu' l'aide de ce procd1 la ,banque de ,france puisse se passer entirement de capital et faire l'escompte sans numraire3 en effet1 les valeurs de commerce qu'elle reoit l'escompte1 et contre lesquelles elle donne ses billets1 devant lui tre rembourses1 l'chance1 par pareille somme1 soit en argent1 soit en billets1 il suffirait que les porteurs de billets n'eussent jamais la fantaisie de les convertir en cus1 pour que le roulement s'effectut tout en papier4 ,alors1 la circulation aurait pour base1 non plus le crdit de la ,banque1 dont le capital serait ainsi hors de service1 mais le crdit public1 par l'acceptation gnrale des billets4 ,dans la pratique1 les faits ne se passent pas tout fait comme l'indique la thorie4 ,jamais on n'a vu le papier de ,banque se substituer entirement au numraire2 il y a seulement tendance cette substitution4 ,or1 voici ce qui rsulte de cette tendance4 ,la ,banque spculant1 et avec pleine scurit1 sur le crdit public1 sre d'ailleurs de ses recouvrements1 ne limite pas ses escomptes au montant de son encaisse2 elle met toujours plus de billets qu'elle n'a d'argent3 ce qui signifie que pour une partie de ses crdits1 au lieu de remettre une valeur relle et d'oprer un vritable change1 elle ne fait qu'un transport d'critures1 ou virement de parties1 sans aucun emploi de capital4 ,ce qui tient ici lieu de capital la ,banque1 c'est1 je le rpte1 l'usage tabli1 la confiance du commerce1 en un mot1 le crdit public4 ,il semble donc qu'alors le taux de l'escompte doive baisser dans la proportion de la surmission des billets2 que si1 par exemple1 le capital de la ,banque est #ij millions1 et la somme des billets #aab millions1 le capital fictif tant le quart du capital rel1 l'intrt de #d pour #ajj devra se rduire1 pour les escomptes1 #c4 ,quoi de plus juste1 en effet8 ,le crdit public n'est-il pas une proprit publique8 ,les billets surmis par la ,banque n'ont-ils pas pour gage unique les obligations rciproques des citoyens8 ,l'acceptation de ce papier1 sans gage mtallique1 ne repose-t-elle pas exclusivement sur leur confiance mutuelle8 ,n'est-ce pas cette confiance qui cre seule toute la probabilit du signe8 ,en quoi le capital de la ,banque y est-il intervenu8 ,en quoi la garantie y parat-elle8 ,vous pouvez dj1 par ce simple aperu1 juger combien est fausse votre proposition n #c1 suivant laquelle3 baisse d'intrt suppose augmentation corrlative de capitaux4 ,rien n'est plus faux que cette proposition3 il est dmontr1 au contraire1 par la thorie et par la pratique de toutes les banques1 qu'une banque peut trs-bien tirer un intrt de #d pour #ajj de ses capitaux en mettant #c pour #ajj le taux de ses escomptes3 nous verrons tout l'heure qu'elle peut descendre beaucoup plus bas4 ,pourquoi donc la ,banque1 qui1 avec #ij millions de capital1 met1 par hypothse1 pour #aab millions de billets3 qui1 par consquent1 opre1 l'aide du crdit public1 comme si son capital s'tait accru de #ij millions #aab2 pourquoi1 dis-je1 ne rduit-elle pas ses escomptes dans la mme proportion8 ,pourquoi cet intrt de #d pour #ajj1 encaiss par la ,banque1 pour loyer d'un capital qui n'est pas le sien8 ,me donnerez-vous une raison qui justifie ce trop peru de #a pour #ajj sur #aab millions8 ,quant moi1 monsieur1 ,j'appelle un chat un chat1 et ,rollet un fripon4 et je dis tout uniment que la ,banque ,,vole4 ,mais ceci n'est rien4 ,tandis que la ,banque de ,france met1 en place d'cus1 des billets1 une partie de ses recouvrements continue s'oprer en numraire3 en sorte que1 le capital de fondation restant toujours le mme1 #ij millions1 l'encaisse1 soit le montant des espces prsentes la ,banque1 s'lve progressivement #ajj1 #bjj1 #cjj millions3 il est aujourd'hui de #dca millions6 ,cette accumulation d'espces1 dont certaines gens ont la manie de s'affliger1 est le fait dcisif qui anantit la thorie de l'intrt1 et qui dmontre de la manire la plus palpable la ncessit du crdit gratuit4 ,il est facile de s'en rendre compte4 ,c'est un point admis en thorie1 que l'change des produits peut trs-bien s'oprer sans monnaie3 vous le reconnaissez vous-mme1 et tous les conomistes le savent4 ,or1 ce que dmontre la thorie est justement ce que la pratique ralise sous nos yeux4 ,la circulation fiduciaire remplaant peu peu la circulation mtallique1 le papier tant prfr l'cu1 le public aimant mieux s'acquitter avec le numraire qu'avec les billets1 et la ,banque tant toujours provoque1 soit par les besoins de l'tat qui lui emprunte1 soit par ceux du commerce qui vient en masse l'escompte1 soit par toute autre cause1 faire sans cesse des missions nouvelles2 il en rsulte que l'or et l'argent sortent de la circulation et vont s'engouffrer la ,banque1 et que l1 s'ajoutant sans cesse l'encaisse1 la facult de multiplier les billets devient littralement illimite4 ,c'est par cette conversion que l'encaisse de la ,banque est arriv la somme norme de #dca millions4 ,de ce fait1 il rsulte que la compagnie de la ,banque1 malgr le renouvellement de son privilge1 n'est plus seule en titre3 elle a acquis1 par le fait de l'augmentation de son encaisse1 un associ plus puissant qu'elle3 cet associ1 c'est le pays1 le pays1 qui figure chaque semaine1 dans le bilan de la ,banque de ,france1 pour un capital variable de #cdj #cej millions4 ,et1 comme les intrts sont conjoints et indivisibles1 on peut dire1 en toute vrit1 que ce n'est plus la compagnie privilgie de #ahjc1 qui est banquire2 ce n'est pas non plus l'tat qui lui a donn son brevet3 c'est le commerce1 c'est l'industrie1 ce sont les producteurs1 c'est toute la nation1 qui1 en acceptant le papier de la ,banque1 de prfrence aux cus1 l'a vritablement gage1 et fonde1 la place de l'ancienne ,banque de ,france1 au capital de #ij millions1 une ,banque nationale au capital de #dca4 ,un dcret de l',assemble nationale1 qui aurait pour objet de rembourser les actions de la ,banque de ,france1 et de la convertir en une ,banque centrale1 commandite par tous les citoyens franais1 ne serait qu'une dclaration de ce fait1 maintenant accompli1 de l'absorption de la compagnie dans la nation4 ,ceci pos1 je reprends mon raisonnement de tout l'heure4 ,l'intrt1 convenu entre la ,compagnie et l'tat1 est #d pour #ajj l'an de son capital4 ,ce capital est de #ij millions4 ,l'encaisse est aujourd'hui1 #ca dcembre #ahdi1 de #dca millions4 ,le montant des billets mis1 de #dcf millions4 ,le capital1 rel ou fictif1 sur lequel la ,banque opre1 ayant presque quintupl1 le taux de l'escompte devrait tre rduit au cinquime de l'intrt stipul dans le contrat d'institution de la ,banque1 quelque chose comme #c_/d pour #ajj4 ,vous devez vous apercevoir1 monsieur1 qu'il s'en faut que vos propositions soient aussi sres que celles d',euclide4 ,il n'est pas vrai1 et les faits que je viens de vous citer le prouvent sans rplique1 que l'intrt ne baisse qu'au fur et mesure de l'augmentation des capitaux4 ,entre le prix de la marchandise et l'intrt du capital1 il n'y a point la moindre analogie2 la loi de leurs oscillations n'est pas la mme2 et tout ce que vous avez ressass depuis six semaines1 propos du capital et de l'intrt1 est entirement dpourvu de raison4 ,la pratique universelle des banques et la raison spontane du peuple vous donnent1 sur tous ces points1 le plus humiliant dmenti4 ,croiriez-vous maintenant1 monsieur1 car1 en vrit1 vous ne me paraissez au courant de rien1 que la ,banque de ,france1 compagnie d'honntes gens1 de philanthropes1 d'hommes craignant ,dieu1 incapables de transiger avec leur conscience1 continue prendre #d p4 #ajj sur tous ses escomptes1 sans faire jouir le public de la plus lgre bonification8 ,croiriez-vous que c'est sur ce pied de #d p4 #ajj sur un capital de #dca millions1 dont elle n'est pas propritaire1 qu'elle rgle les dividendes de ses actionnaires1 et qu'elle fait coter ses actions la ,bourse8 ,est-ce du vol1 cela1 oui ou non8 ,nous ne sommes pas au bout4 ,je ne vous ai dit que la moindre partie des mfaits de cette socit d'agioteurs1 institue par ,napolon tout exprs dans le but de faire fleurir le parasitisme gouvernemental et propritaire1 et de sucer le sang du peuple4 ,ce ne sont pas quelques millions de plus ou de moins qui peuvent atteindre d'une manire dangereuse un peuple de #cf millions d'hommes4 ,ce que je vous ai rvl des larcins de la ,banque de ,france n'est que bagatelle3 ce sont les consquences qu'il faut surtout considrer4 ,la ,banque de ,france tient aujourd'hui dans ses mains la fortune et la destine du pays4 ,si elle faisait remise l'industrie et au commerce d'une diffrence sur le taux de ses escomptes1 proportionnelle l'augmentation de son encaisse2 si1 en autres termes1 le prix de son crdit tait rduit #c_/d p4 #ajj1 ce qu'elle devrait faire pour s'exempter de tout vol1 cette rduction produirait instantanment1 sur toute la face de la ,rpublique1 et en ,europe1 des consquences incalculables4 ,un livre ne suffirait pas les numrer3 je me bornerai vous en signaler quelques-unes4 ,si donc le crdit de la ,banque de ,france1 devenue ,banque nationale1 tait de #c_/d p4 #ajj au lieu de #d1 les banquiers ordinaires1 les notaires1 les capitalistes1 et jusqu'aux actionnaires de la ,banque mme1 seraient bientt forcs1 par la concurrence1 de rduire leurs intrts1 escomptes et dividendes au maximum de #a p4 #ajj1 frais d'acte et commission compris4 ,quel mal1 pensez-vous1 ferait cette rduction aux dbiteurs chirographaires1 ainsi qu'au commerce et l'industrie1 dont la charge annuelle1 de ce seul fait1 est d'au moins deux milliards8 ,si la circulation financire s'oprait un taux d'escompte reprsentant seulement les frais d'administration et de rdaction1 enregistrement1 etc41 l'intrt compt dans les achats et ventes qui se font terme1 tomberait son tour de #f p4 #ajj zro1 ce qui veut dire qu'alors les affaires se feraient au comptant3 il n'y aurait plus de dettes4 ,de combien pensez-vous encore que s'en trouverait diminu le chiffre honteux des suspensions de payements1 faillites et banqueroutes8 ,mais1 de mme que dans la socit le produit net ne se distingue pas du produit brut2 de mme1 dans l'ensemble des fait conomiques1 le capital ne se distingue pas du produit4 ,ces deux termes ne dsignent point en ralit deux choses distinctes2 ils ne dsignent que des relations4 ,produit1 c'est capital2 capital1 c'est produit3 il n'y a de diffrence entre eux que dans l'conomie domestique2 elle est nulle dans l'conomie publique4 ,si donc l'intrt1 aprs tre tomb1 pour le numraire1 #c_/d p4 #ajj1 c'est--dire zro1 puisque #c_/d p4 #ajj ne reprsentent plus que le service de la ,banque1 tombait encore zro pour les marchandises2 par l'analogie des principes et des faits1 il tomberait encore zro pour les immeubles3 le fermage et le loyer finiraient par se confondre dans l'amortissement4--,croyez-vous1 monsieur1 que cela empcht d'habiter les maisons et de cultiver la terre8444 ,si1 grce cette rforme essentielle de l'appareil circulatoire1 le travail n'avait plus payer au capital qu'un intrt reprsentant le juste prix du service que rend le capitaliste1 l'argent et les immeubles n'ayant plus aucune valeur reproductive1 n'tant plus estims que comme produits1 comme choses consommables et fongibles1 la faveur qui s'attache l'argent et aux capitaux se porterait tout entire sur les produits2 chacun1 au lieu de resserrer sa consommation1 ne songerait qu' l'tendre4 ,tandis qu'aujourd'hui1 grce l'interdiction mise sur les objets de consommation par l'intrt1 le dbouch reste toujours1 et de beaucoup1 insuffisant2 ce serait la production qui1 son tour1 ne suffirait pas3 le travail serait donc de fait1 comme de droit1 garanti4 ,la classe travailleuse gagnant d'un seul coup #c milliards environ d'intrt1 qu'on lui prend sur les #aj qu'elle produit1 plus #e milliards que le mme intrt lui fait perdre en chmage1 plus #e milliards que la classe parasite1 coupe aux vivres1 serait alors force de produire3 la production nationale se trouverait double1 et le bien-tre du travailleur quadruplerait4--,et vous1 monsieur1 que le culte de l'intrt n'empche point d'lever votre pense vers un autre monde1 que dites-vous de cet amendement aux choses d'ici-bas8 ,est-il clair1 prsent1 que ce n'est pas la multiplication des capitaux qui fait baisser l'intrt1 mais bien1 au contraire1 la baisse de l'intrt qui multiplie les capitaux8 ,mais tout cela dplat ,,mm4 les capitalistes1 et n'est point du got de la ,banque4 ,la ,banque tient la main la corne d'abondance que lui a confie le peuple3 ce sont ces #cda millions de numraire accumul dans ses caves1 et qui tmoignent si haut de la puissance du crdit public4 ,pour ranimer le travail et rpandre partout la richesse1 la ,banque n'aurait faire qu'une chose3 ce serait de rduire le taux de ses escomptes au chiffre voulu pour la production d'un intrt #d pour #ajj sur #ij millions4 ,elle ne le veut pas4 ,pour quelques millions de plus distribuer ses actionnaires1 et qu'elle vole1 elle prfre faire perdre au pays1 sur la production de chaque anne1 #aj milliards4 ,afin de payer le parasitisme1 de solder les vices1 d'assouvir la crapule de deux millions de fonctionnaires1 d'agioteurs1 d'usuriers1 de prostitues1 de mouchards1 et d'entretenir cette lpre du gouvernement1 elle fera pourrir1 s'il le faut1 dans la misre1 trente-quatre millions d'hommes4--,encore une fois1 est-ce du vol1 cela8 ,est-ce de la rapine1 du brigandage1 de l'assassinat avec prmditation et guet-apens8 ,ai-je tout dit8--,non2 j'en aurais pour dix volumes2 mais il faut en finir4 ,je terminerai par un trait qui me parat1 moi1 le chef-d'oeuvre du genre1 et sur lequel j'appelle toute votre attention4 ,avocat du capital1 vous ne connaissez pas toutes les roueries du capital4 ,la somme de numraire1 je ne dirai pas existant1 mais circulant en ,france1 y compris l'encaisse de la ,banque1 ne dpasse pas1 suivant l'valuation la plus commune1 #a milliard4 #d pour #ajj d'intrt1--je raisonne toujours dans l'hypothse du crdit pay1--c'est donc une somme de #dj millions que le peuple travailleur doit chaque anne pour le service de ce capital4 ,sauriez-vous1 monsieur1 me dire pourquoi1 au lieu de #dj millions1 nous payons #a1fjj millions1--je dis seize cents millions1--le louage dudit capital8 #a1fjj millions1 #afj pour #ajj6 dites-vous3 ,impossible6444--,quand je vous dis1 monsieur1 que vous n'entendez rien l'conomie politique4 ,voici le fait qui1 pour vous1 j'en suis sr1 est encore une nigme4 ,la somme des crances hypothcaires1 d'aprs les auteurs les mieux informs1 est de #ab milliards1 quelques-uns la portent #af milliards1 ci3 #ab milliards4 ,celle des crances chirographaires1 au moins #f ,la commandite1 environ #b quoi il convient d'ajouter la dette publique1 #h -- ,total4 #bh milliards1 que l'agriculture1 l'industrie1 le commerce1 en un mot1 le travail1 qui produit tout1 et l'tat1 qui ne produit rien1 et pour qui le travail paye1 doivent au capital4 ,toutes ces dettes1 notez ce point1 proviennent d'argent prt1 ou cens l'avoir t1 qui #d pour #ajj1 qui #e1 qui #f1 qui #h1 qui #ab1 et jusqu' #ae4 ,je prends pour moyenne de l'intrt1 en ce qui concerne les trois premires catgories1 #f pour #ajj3 soit donc1 sur #bj milliards1 #a1bjj millions4--,ajoutez l'intrt de la dette publique1 environ #djj millions3 en tout #a1fjj millions d'intrt annuel1 pour un capital de #a milliard4 ,or 1 dites-moi1 est-ce aussi la raret de l'argent qui est cause de la multiplication exorbitante de ces usures8 ,non1 puisque toutes ces sommes ont t prtes1 comme nous venons de le dire1 un taux moyen de #f pour #ajj4 ,comment donc un intrt1 stipul #f pour #ajj1 est-il devenu un intrt de #afj pour #ajj8 ,je m'en vais vous le dire4 ,vous saurez1 monsieur1 vous qui croyez que tout capital est naturellement et ncessairement productif1 que cette productivit n'a pas lieu galement pour tous2 qu'elle ne s'exerce d'habitude que sous deux espces1 l'espce dite immeubles 7terre et maison71 quand on en trouve le placement1 ce qui n'est ni toujours facile1 ni toujours sr2 et l'espce argent4 ,l'argent1 l'argent surtout6 ,voil le capital par excellence1 le capital qui se prte1 c'est--dire qui se loue1 qui se fait payer1 qui produit toutes ces merveilles financires1 que nous voyons s'laborer la ,banque1 la ,bourse1 dans tous les ateliers de l'usure et de l'intrt4 ,mais l'argent n'est point chose qui s'exploite comme la terre1 ni qui se consomme par l'usage comme une maison ou un habit4 ,ce n'est pas autre chose qu'un bon d'change1 ayant crance chez tous les ngociants et producteurs1 et avec lequel1 vous qui faites des sabots1 vous pouvez vous procurer une casquette4 ,en vain1 par le ministre de la ,banque1 le papier se substitue peu peu1 et du consentement de tous1 au numraire3 le prjug tient bon1 et si le papier de banque est reu l'gal de l'argent1 c'est qu'on se flatte de pouvoir1 volont1 l'changer contre de l'argent4 ,on ne veut que de l'argent4 ,lorsque je loue de l'argent1 c'est donc1 au fond1 la facult d'changer mon produit1 prsent ou futur1 mais non encore vendu1 que je loue3 l'argent1 en lui-mme1 m'est inutile4 ,je ne le prends que pour le dpenser2 je ne le consomme ni ne le cultive4 ,l'change conclu1 l'argent redevient disponible1 capable1 par consquent1 de donner lieu une nouvelle location4 ,c'est aussi ce qui a lieu2 et comme1 par l'accumulation des intrts1 le capital argent1 d'change en change1 revient toujours sa source1 il s'ensuit que la relocation1 toujours faite par la mme main1 profite toujours au mme personnage4 ,direz-vous que1 l'argent servant l'change des capitaux et des produits1 l'intrt qu'on lui paye s'adresse moins lui qu'aux capitaux changs2 et qu'ainsi #a1fjj millions d'intrts pays pour #a milliard de numraire1 reprsentent en ralit le loyer de #be #cj milliards de capitaux8 ,cela a t dit ou crit quelque part par un conomiste de votre cole#ci4 ,note #ci3 ,que ,m4 ,proudhon se soit fait illusion sur la valeur trs-douteuse des chiffres et des arguments employs dans cette lettre1 cela se conoit la rigueur4 ,mais il est bien difficile de regarder comme une erreur involontaire l'incroyable confusion qu'il fait ici entre le numraire et le capital de la nation4 7,note de l'diteur47 ,une pareille allgation ne peut se soutenir un instant4 ,d'o vient1 je vous prie1 que les maisons se louent1 que les terres s'afferment1 que les marchandises vendues terme portent intrt8 ,cela vient prcisment de l'usage de l'argent2 de l'argent1 qui intervient1 comme un agent fiscal1 dans toutes les transactions2 de l'argent1 qui empche les maisons et les terres1 au lieu de se louer1 de s'changer1 et les marchandises de se placer au comptant4 ,l'argent donc1 intervenant partout comme capital supplmentaire1 agent de circulation1 instrument de garantie1 c'est bien lui qu'il s'agit de payer1 c'est bien le service qu'il rend qu'il est question de rmunrer4 ,et1 puisque d'un autre ct nous avons vu1 d'aprs l'expos du mcanisme de la ,banque de ,france et les consquences de l'accumulation de son encaisse1 qu'un capital de #ij millions espces1 devant produire un intrt de #d p4 #ajj l'an1 ne comporte1 selon la masse d'affaires traites par la ,banque1 qu'un escompte de #c1 de #b1 de #a1 de #c_/d p4 #ajj1 il est bien vident que les #a1fjj millions d'intrts que le peuple paye ses usuriers1 banquiers1 rentiers1 notaires et commanditaires ont uniquement pour objet d'acquitter le loyer d'un milliard1 or et argent1 moins que vous ne prfriez reconnatre1 avec moi1 que ces #a1fjj millions sont le produit du vol444 ,je vous l'ai dit1 monsieur1 ds le commencement de cette dispute1 et je le rpte1 il n'est jamais entr dans ma pense d'accuser les hommes4 ,ce que j'incrimine1 ce sont les ides et les institutions4 ,sous ce rapport1 j'ai t1 dans toute cette discussion1 plus juste que l'glise1 plus charitable que l'vangile mme4 ,vous avez vu avec quel soin j'ai spar1 dans la question du prt intrt1 l'homme de l'institution1 la conscience de la thorie4 ,jamais je n'accuserai la socit3 en dpit de tous les crimes de mes semblables1 et des vices de mon propre coeur1 je crois la saintet du genre humain4 ,cependant1 quand je rflchis que c'est contre des folies pareilles que la ,rvolution se dbat aujourd'hui2 quand je vois des millions d'hommes sacrifis de si excrables utopies1 je suis prs de cder ma misanthropie1 et je ne me sens plus le courage de la rfutation4 ,alors1 j'essaye d'lever et d'ennoblir1 par la sublimit de la dialectique1 les misres de mon sujet3 votre impitoyable routine me ramne sans cesse la hideuse ralit4 ,la production doubler1 ,le bien-tre du travailleur quadrupler3 ,voil ce qu'en vingt-quatre heures1 par une simple rforme de banque1 nous pourrions1 si nous le voulions1 raliser1 sans dictature1 sans communisme1 sans phalanstre1 sans ,icarie et sans ,triade4 ,un dcret1 en douze articles1 de l',assemble nationale2 une simple dclaration de ce fait1 que la ,banque de ,france1 par l'augmentation de son numraire1 est devenue ,banque nationale2 qu'en consquence elle doit fonctionner au nom et pour le compte de la nation1 et le taux des escomptes tre rduit #c_/d p4 #ajj1--;et la ,rvolution est aux trois quarts faite4 ,mais c'est ce que nous ne voulons pas1 ce que nous refusons de comprendre1 tant nos bavardages politiques et nos hbleries parlementaires ont touff en nous la fois le sens moral et le sens pratique2 ,c'est ce que ne veut pas la ,banque de ,france1 citadelle du parasitisme2 ,ce que ne veut pas le gouvernement1 cr tout exprs pour soutenir1 protger1 encourager le parasitisme2 ,ce que ne veut pas la majorit de l',assemble nationale1 compose de parasites et de fauteurs de parasites2 ,ce que ne veut pas la minorit1 entte de gouvernement1 et qui se demande ce que deviendra la socit quand elle n'aura plus de parasites2 ,ce que ne veulent pas les socialistes eux-mmes1 prtendus rvolutionnaires1 qui la libert1 l'galit1 la richesse1 le travail1 ne sont rien1 s'il leur faut abandonner ou seulement ajourner leurs chimres1 et renoncer l'espoir du gouvernement2 ,ce que ne sait pas demander le proltariat1 ahuri de thories sociales1 de toasts l'amour et d'homlies fraternelles4 ,va donc1 capital2 va1 continue d'exploiter ce misrable peuple6 ,consume cette bourgeoisie hbte1 pressure l'ouvrier1 ranonne le paysan1 dvore l'enfance1 prostitue la femme1 et garde tes faveurs pour le lche qui dnonce1 pour le juge qui condamne1 pour le soldat qui fusille1 pour l'esclave qui applaudit4 ,la morale des marchands de cochons est devenue celle des honntes gens4 ,maldiction sur mes contemporains6 ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,,dixi,,me ,,lettre4 ,f4 ,,bastiat ,p4 ,j4 ,,proudhon4 qui le droit de se plaindre d'avoir t tromp8 ,dialogue4--,les inductions tires d'un tablissement privilgi1 la ,banque de ,france1 ne prouvent rien dans le dbat4--,ouvertures conciliantes4--,prendre la libert du crdit pour juge en dernier ressort de la question de gratuit4--,souvenir l'antinomie4 #f janvier #ahej4 ,je vous ai tromp1 dites-vous2 non1 je me suis tromp4 ,admis sous votre tente1 votre foyer1 pour discuter1 au milieu de vos propres amis1 une question grave1 si mes arguments tombaient sous votre critique1 je devais croire1 du moins1 que ma personne vous serait sacre4 ,vous ngligez mes arguments et qualifiez ma personne4 ,je me suis tromp4 ,en crivant dans votre journal1 m'adressant vos lecteurs1 mon devoir tait de me renfermer svrement dans le sujet en discussion4 ,j'ai cru que1 comprenant la gne de ma position1 vous vous croiriez tenu de vous imposer1 chez vous1 sous votre toit1 la mme gne4--,je me suis tromp4 ,je me disais3 ,m4 ,proudhon a un esprit indpendant4 ,rien au monde ne l'entranera manquer aux devoirs de l'hospitalit4 ,mais ,m4 ,louis ,blanc vous ayant fait honte de votre urbanit envers un conomiste1 vous en avez eu honte1 en effet4--,je me suis tromp4 ,je me disais encore3 la discussion sera loyale4 ,le droit une rmunration est-il inhrent au capital comme au travail lui-mme8 ,telle tait la question rsoudre1 afin d'en conclure pour ou contre la gratuit du crdit4 ,sans esprer tomber d'accord avec vous sur la solution1 je croyais du moins que nous nous accorderions sur la question4 ,mais voici1 chose trange1 que ce que vous me reprochez sans cesse avec amertume1 presque avec colre1 c'est de l'approfondir et de m'y renfermer4 ,nous avions avant tout vrifier un ,,principe d'o dpend1 selon vous1 la valeur du socialisme1 et vous redoutez la lumire que je cherche concentrer sur ce principe4 ,vous tes mal l'aise sur le terrain du dbat2 vous le fuyez sans cesse4--,je me suis tromp4 ,quel singulier spectacle ne donnons-nous pas nos lecteurs1 et sans qu'il y ait de ma faute1 par ce dbat qui peut se rsumer ainsi3 --,il fait jour4 --,il fait nuit4 --,voyez3 le soleil brille au-dessus de l'horizon4 ,tous les hommes1 sur la surface entire du pays1 vont1 viennent1 marchent1 se conduisent de manire rendre tmoignage la lumire4 --,cela prouve qu'il fait jour4 ,mais j'affirme qu'en mme temps il fait nuit4 --,comment cela se peut-il8 --,en vertu de la belle loi des ,contradictions4 ,n'avez-vous pas lu ,kant1 et ne savez-vous pas qu'il n'y a de vrai au monde que les propositions qui se contredisent8 --,alors1 cessons de discuter2 car1 avec cette logique1 nous ne saurions nous entendre4 --,eh bien6 puisque vous ne comprenez pas la sublime clart des contradictions1 je vais condescendre votre ignorance et vous prouver ma thse par la mthode des distinctions4 ,il y a du jour qui claire et du jour qui n'claire pas4 --,je ne suis pas plus avanc4 --,il me reste encore pour ressource le systme des digressions4 ,suivez-moi1 et je vous ferai faire du chemin4 --,je n'ai pas vous suivre4 ,j'ai prouv qu'il fait jour2 vous en convenez1 tout est dit4 --,vous ressassez toujours mme assertion et mmes preuves3 vous avez prouv qu'il fait jour1 soit2 maintenant1 prouvez-moi qu'il ne fait pas nuit4 --,cela est-il srieux8 ,quand un homme se lve1 et1 s'adressant au peuple1 lui dit3 ,le moment est venu o la socit te doit le capital gratis1 o tu dois avoir des maisons1 des outils1 des instruments1 des matriaux1 des approvisionnements pour rien2 quand un homme1 dis-je1 tient ce langage1 il doit s'attendre rencontrer un adversaire qui lui demande quelle est la nature intime du capital4 ,vous aurez beau invoquer la contradiction1 la distinction et la digression1 je vous ramnerai au sujet principal et essentiel4 ,c'est mon rle2 et peut-tre1 est-ce le vtre de dire que je suis un ignorant opinitre1 et que je ne sais pas raisonner4 ,car enfin1 pour qu'il y ait entre nous une divergence si profonde1 il faut bien que nous ne nous entendions pas sur la signification de ce mot3 ,capital4 ,dans votre lettre du #ag dcembre vous disiez3 ,si la peine du crancier est zro1 l'intrt du crancier doit devenir zro4 ,soit4 ,mais il en rsulte ceci3 ,si la peine du crancier est quelque chose1 l'intrt doit tre quelque chose4 ,prouvez donc que le temps est venu o les maisons1 les outils1 les provisions naissent spontanment4 ,hors de l1 vous n'tes pas fond dire que la peine du capitaliste est zro1 et que1 par ce motif1 sa rmunration doit tre zro4 ,en vrit1 je ne sais pas ce que vous entendez par ce mot3 ,capital2 car vous en donnez1 dans votre lettre1 deux dfinitions toutes diffrentes4 ,d'un ct1 le capital d'une nation1 ce serait le numraire qu'elle possde4 ,c'est de cette donne que vous partez pour prouver que le taux de l'intrt1 en ,france1 est de #afj pour #ajj4 ,vous calculez ainsi3 ,la somme du numraire est de un milliard4 ,on paye pour les intrts de toutes les dettes hypothcaires1 chirographaires1 commanditaires et publiques #a1fjj millions4 ,donc le capital se fait payer au taux de #ajj pour #ajj4 ,il rsulte de l qu' vos yeux capital et numraire c'est une seule et mme chose4 ,partant de cette donne1 je trouve votre valuation de l'intrt bien modre4 ,vous eussiez d dire que le capital prlve encore quelque chose sur le prix de tout produit1 et vous seriez arriv ainsi estimer l'intrt #d ou #ejj pour #ajj4 ,mais voici qu'aprs avoir raisonn de la sorte sur cette singulire dfinition du capital1 vous la renversez vous-mme en ces termes3 ,le capital ne se distingue pas du produit4 ,ces deux termes ne dsignent point1 en ralit1 deux choses distinctes2 ils ne dsignent que des relations4 ,produit1 c'est capital2 capital1 c'est produit4 ,voici une base autrement large que celle du numraire4 ,si le ,capital est le produit ou l'ensemble des produits 7terres1 maisons1 marchandises1 argent1 etc471 assurment le capital national est de plus d'un milliard1 et votre valuation du taux de l'intrt est un non-sens4 ,convaincu que tout ce dbat repose sur la notion du capital1 souffrez que1 au risque de vous ennuyer1 je dise ce que j'en pense1 non par voie de dfinition1 mais par voie de description4 ,un menuisier travaille pendant trois cents jours1 gagne et dpense #e fr4 par jour4 ,cela veut dire qu'il rend des services la socit et que la socit lui rend des services quivalents1 les uns et les autres estims #a1ejj fr41 les pices de cent sous n'tant ici qu'un moyen de faciliter les changes4 ,supposons que cet artisan conomise #a franc par jour4 ,qu'est-ce que cela signifie8 ,cela signifie qu'il rend la socit des services pour #a1ejj francs1 et qu'il n'en retire actuellement des services que pour #a1bjj4 ,il acquiert le droit de puiser dans le milieu social1 o1 quand et sous la forme qu'il lui plaira1 des services1 bien et dment gagns1 jusqu' concurrence de #cjj fr4 ,les soixante pices de cent sous qu'il a conserves sont la fois le titre et le moyen d'excution de son droit4 ,au bout de l'an1 notre menuisier peut donc1 s'il le juge propos1 revendiquer son droit acquis sur la socit4 ,il peut lui demander des satisfactions4 ,il peut choisir entre le cabaret1 le spectacle1 la boutique2 il peut encore augmenter son outillage1 acqurir des instruments plus parfaits1 se mettre mme de rendre son travail ultrieur plus productif4 ,c'est ce droit acquis que j'appelle capital4 ,les choses en sont l1 quand le forgeron1 son voisin1 vient dire au menuisier3 ,tu as acquis1 par ton travail1 tes conomies1 tes avances1 le droit de retirer du milieu social des services jusqu' concurrence de #cjj fr42 substitue-moi ton droit pour un an2 car j'en userai de manire avoir plus de marteaux1 plus de fer1 plus de houille1 en un mot1 amliorer ma condition et mon industrie4 --,je suis dans le mme cas1 dit le menuisier2 cependant je veux bien te cder mes droits et m'en priver pour un an1 si tu veux me faire participer pour quelque chose l'excdant des profits que tu vas faire4 ,si ce march1 profitable aux deux parties1 est librement conclu1 qui osera le dclarer illgitime8 ,voil donc l'intrt dfini1 et1 comme vous l'avez dit1 il a d se prsenter1 l'origine1 sous forme d'un partage de bnfices1 d'une part accorde au capital sur l'excdant des profits qu'il a aid raliser4 ,c'est cette part affrente au capital que je dis tre d'autant plus grande ou plus petite1 que le capital lui-mme est plus rare ou plus abondant4 ,plus tard1 les parties contractantes1 pour leur commodit1 pour n'avoir pas se surveiller rciproquement1 dbattre des comptes1 etc41 ont trait forfait sur cette part4 ,comme le mtayage s'est transform en fermage1 la prime incertaine de l'assurance en prime fixe2 de mme l'intrt1 au lieu d'tre une participation variable aux bnfices1 est devenu une rmunration dtermine4 ,il a un taux1 et ce taux1 grce au ciel1 tend baisser en proportion de l'ordre1 de l'activit1 de l'conomie1 de la scurit qui rgnent dans la socit6 ,et certes1 si vous voulez la gratuit du crdit1 vous tes tenu de prouver que le capital n'est pas n du travail de celui qui le prte et qu'il ne fconde pas le travail de celui qui l'emprunte4 ,qu'on dise donc qui perd cet arrangement4 ,est-ce le menuisier qui en tire un profit8 ,est-ce le forgeron qui y trouve un moyen d'accrotre la production et ne cde qu'une partie de l'excdant8 ,est-ce un tiers quelconque dans la socit8 ,est-ce la socit elle-mme qui obtient de la forge plus de produits et des produits moins chers8 ,il est vrai que les transactions relatives au capital peuvent donner lieu des tromperies1 des abus de force ou de ruse1 des escroqueries1 des extorsions4 ,l'ai-je jamais ni et est-ce l l'objet de notre dbat8 ,n'y a-t-il pas beaucoup de transactions relatives au travail1 o le capital n'est pour rien1 et auxquelles on peut adresser le mme reproche8 ,et serait-il plus logique de conclure de ces abus1 dans le premier cas1 la gratuit du crdit1 que dans le second la gratuit du travail8 ,ceci m'amne dire quelques mots de la nouvelle srie d'arguments que vous cherchez dans les procds de la ,banque de ,france4 ,si mme je me dcide revenir sur la rsolution que j'avais prise de clore cette discussion1 c'est que je suis bien aise de saisir cette occasion de protester nergiquement contre une imputation qui a t mal propos dirige contre moi4 ,on a dit que je m'tais constitu le dfenseur du privilge capitaliste4 ,non2 je ne dfends aucun privilge2 je ne dfends autre chose que les droits du capital considr en lui-mme4 ,vous serez assez juste1 monsieur1 pour reconnatre qu'il ne s'agissait pas entre nous de questions de faits particuliers1 mais d'une question de science4 ,ce que je dfends1 c'est la libert des transactions4 ,par votre thorie des contradictions1 vous rendez contradictoire ce qui est identique1 est-ce que vous voudriez aussi1 par une thorie de conciliation non moins trange1 rendre identique ce qui est contradictoire2 par exemple1 la libert et le privilge8 ,qu'avait donc faire le privilge de la ,banque de ,france dans notre dbat8 ,quand1 o ai-je justifi ce privilge et le mal qu'il engendre8 ,ce mal a-t-il t contest par aucun de mes amis8 ,lisez plutt le livre de ,m4 ,ch4 ,coquelin4 ,mais quand1 pour atteindre la lgitime rmunration du capital1 vous frappez les illgitimes extorsions du privilge1 cet artifice ne renferme-t-il pas l'aveu que vous tes impuissant contre les droits du ,capital exercs sous l'empire de la libert8 ,l'mission d'une chose que le public recherche1-- savoir1 les ,bons au porteur1--est interdite tous les ,franais1 hors un4 ,ce privilge met celui qui en est investi en situation de faire de gros profits4 ,quel rapport cela a-t-il avec la question de savoir si le capital a droit de recevoir une rcompense librement consentie8 ,remarquez ceci3 le capital1 qui1 comme vous dites1 ne se distingue pas du produit1 reprsente du travail1 tellement que1 depuis le dbut de cette discussion1 vous ne portez jamais un coup l'un qui ne retombe sur l'autre2 c'est ce que je vous ai montr1 dans ma dernire lettre1 propos de deux apologues3 ,pour prouver qu'il est des cas o on est tenu1 en conscience1 de prter gratis1 vous supposez un riche capitaliste en face d'un pauvre naufrag4--,et vous-mme1 un instant avant1 vous aviez plac un ouvrier en prsence d'un capitaliste prs d'tre englouti dans les flots4 ,que s'ensuit-il8 qu'il est des circonstances o le capital1 comme le travail1 doivent se donner4 ,mais on n'en peut pas plus conclure la gratuit normale de l'un1 qu' la gratuit normale de l'autre4 ,maintenant1 vous me parlez des mfaits du capital1 et me citez en exemple un capital privilgi4 ,je vous rpondrai1 en vous citant du travail privilgi4 ,je suppose qu'un rformateur1 plus radical que vous1 se lve au milieu du peuple et lui dise3 ,le travail doit tre gratuit2 le salaire est un vol4 ,mutuum date1 nil ind sperantes4 ,et1 pour vous prouver que les produits du travail sont illgitimes1 je vous signale cet agent de change qui exploite le privilge exclusif de faire des courtages1 ce boucher qui a le droit exclusif d'alimenter la ville1 ce fabricant qui a fait fermer toutes les boutiques1 except la sienne3 vous voyez bien que le travail ne porte pas en lui-mme le principe de la rmunration1 qu'il vole tout ce qu'on lui paye1 et que le salaire doit tre aboli4 ,assurment1 en entendant le rformateur assimiler les rtributions forces aux rtributions libres1 vous seriez fond lui adresser cette question3 ,o avez-vous appris raisonner8 ,eh bien6 monsieur1 si vous concluez du privilge de la ,banque la gratuit du crdit1 je crois pouvoir retourner contre vous cette question que vous m'adressez dans votre dernire lettre3 ,o avez-vous appris raisonner8 ,dans ,hegel1 direz-vous4 ,il m'a fourni une logique infaillible4 ,malebranche aussi avait imagin une mthode de raisonnement1 au moyen de laquelle il ne devait jamais se tromper444 et il s'est tromp toute sa vie1 au point qu'on a pu dire de ce philosophe3 ,lui qui voit tout en ,dieu1 n'y voit pas qu'il est fou4 ,laissons donc l la ,banque de ,france4 ,que vous apprciiez bien ou mal ses torts1 que vous exagriez ou non son action funeste1 elle a un privilge1 cela suffit pour qu'elle ne puisse en rien clairer ce dbat4 ,peut-tre1 nanmoins1 pourrions-nous trouver l un terrain de conciliation4 ,n'y a-t-il pas un point sur lequel nous sommes d'accord8 ,c'est de rclamer et poursuivre avec nergie la libert des transactions1 aussi bien celles qui sont relatives aux capitaux1 au numraire1 aux billets de banque1 que toutes les autres4 ,je voudrais qu'on pt librement ouvrir partout des boutiques d'argent1 des bureaux de prt et d'emprunt1 comme on ouvre boutique de souliers ou de comestibles4 ,vous croyez la gratuit du crdit2 je n'y crois pas4 ,mais enfin1 quoi bon disputer1 si nous sommes d'accord sur ce fait que les transactions de crdit doivent tre libres8 ,assurment1 s'il est dans la nature du capital de se prter gratuitement1 ce sera sous le rgime de la libert1 et sans doute vous ne demandez pas cette rvolution la contrainte4 ,attaquons donc le privilge de la ,banque de ,france1 ainsi que tous les privilges4 ,ralisons la libert et laissons-la agir4 ,si vous avez raison1 s'il est dans la nature du crdit d'tre gratuit1 la libert dveloppera cette nature1--et soyez bien convaincu que je serai1 si je vis encore1 le premier m'en rjouir4 ,j'emprunterai gratis1 et pour le reste de mes jours1 une belle maison sur le boulevard1 avec un mobilier assorti et un million au bout4 ,mon exemple sera sans doute contagieux1 et il y aura force emprunteurs dans le monde4 ,pourvu que les prteurs ne fassent pas dfaut1 nous mnerons tous joyeuse vie4 ,et puisque le sujet m'y entrane1 voulez-vous1 tout profane que je suis1 que je dise un mot1 en terminant1 de la mtaphysique des antinomies8 ,je n'ai pas tudi ,hegel1 mais je vous ai lu1 et voici l'ide que je m'en suis forme4 ,oui1 il est une multitude de choses dont on peut dire avec vrit qu'elles sont un bien et un mal1 selon qu'on les considre dans leur rapport avec l'infirmit humaine ou au point de vue de la perfection absolue4 ,nos jambes sont un bien1 car elles nous permettent de nous transporter d'un lieu un autre4 ,elles sont un mal aussi1 car elles attestent que nous n'avons pas le don de l'ubiquit4 ,il en est ainsi de tout remde douloureux et efficace2 il est un bien et un mal3 un bien parce qu'il est efficace2 un mal parce qu'il est douloureux4 ,il est donc vrai que l'on peut voir des antinomies dans chacune de ces ides3 ,capital1 intrt1 proprit1 concurrence1 machines1 tat1 travail1 etc4 ,oui1 si l'homme tait absolument parfait1 il n'aurait pas payer d'intrts1 car les capitaux natraient pour lui spontanment et sans mesure1 ou plutt il n'aurait pas besoin de capitaux4 ,oui1 si l'homme tait absolument parfait1 il n'aurait pas travailler3 un fiat suffirait satisfaire ses dsirs4 ,oui1 si l'homme tait absolument parfait1 nous n'aurions que faire de gouvernement ni d'tat4 ,comme il n'y aurait pas de procs1 il ne faudrait pas de juges4 ,comme il n'y aurait ni crimes ni dlits1 il ne faudrait pas de police4 ,comme il n'y aurait pas de guerres1 il ne faudrait pas d'armes4 ,oui1 si l'homme tait absolument parfait1 il n'y aurait pas de proprit1 car chacun ayant1 comme ,dieu1 la plnitude des satisfactions1 on ne pourrait imaginer la distinction du tien et du mien4 ,les choses tant ainsi1 on conoit qu'une mtaphysique subtile1 abusant du dogme incontestable de la perfectibilit humaine1 vienne dire3 ,nous marchons vers un temps o le crdit sera gratuit1 o l'tat sera ananti4 ,ce n'est mme qu'alors que la socit sera parfaite1 car les ides intrt1 tat1 sont exclusives de l'ide3 ,perfection4 ,autant elle en pourrait dire des ides3 travail1 bras1 jambes1 yeux1 estomac1 intelligence1 vertu1 etc4 ,et certes1 cette mtaphysique tomberait dans le plus grossier sophisme1 si elle ajoutait3 ,puisque la socit ne sera arrive la perfection que lorsqu'elle ne connatra plus l'intrt et l'tat1 supprimons l'tat et l'intrt1 et nous aurons l socit parfaite4 ,c'est comme si elle disait3 ,puisque l'homme n'aura plus que faire de ses jambes quand il aura le don de l'ubiquit1 pour le rendre ubiquiste1 coupons-lui les jambes4 ,le sophisme consiste dissimuler que ce qu'on nomme ici un mal est un remde2 que ce n'est pas la suppression du remde qui fait la perfection1 que c'est1 au contraire1 la perfection qui rend le remde inutile#dj4 ,note #dj3 ,l'auteur avait dj prsent1 sous une autre forme1 la rfutation de ce sophisme4 ,voy4 page #eg4 7,note de l'diteur47 ,mais on conoit combien la mtaphysique dont je parle peut troubler et garer les esprits1 si elle est habilement manie par un vigoureux publiciste4 ,il lui sera ais1 en effet1 de montrer1 tour tour1 comme un bien et comme un mal1 la proprit1 la libert1 le travail1 les machines1 le capital1 l'intrt1 la magistrature1 l'tat4 ,il pourra intituler son livre3 ,contradictions conomiques4 ,tout y sera alternativement attaqu et dfendu4 ,le faux y revtira toujours les couleurs du vrai4 ,si l'auteur est un grand crivain1 il couvrira les principes du bouclier le plus solide1 en mme temps qu'il tournera contre eux les armes les plus dangereuses4 ,son livre sera un inpuisable arsenal pour et contre toutes les causes4 ,le lecteur arrivera au bout sans savoir o est la vrit1 o est l'erreur4 ,effray de se sentir envahi par le scepticisme1 il implorera le matre et lui dira ce qu'on disait ,kant3 ,de grce1 dgagez l'inconnue4 ,mais l'inconnue ne se dgagera pas4 ,que si1 jouteur tmraire1 vous entrez dans la lice1 vous ne saurez par o prendre le terrible athlte1 car celui-ci s'est mnag1 par son systme1 un monde de refuges4 ,lui direz-vous3 ,je viens dfendre la proprit8 ,il vous rpondra3 ,je l'ai dfendue mieux que vous4--,et cela est vrai4 ,lui direz-vous3 ,je viens attaquer la proprit8 ,il vous rpondra3 ,je l'ai attaque avant vous4--,et c'est encore vrai4 ,soyez pour ou contre le crdit1 l'tat1 le travail1 la religion1 vous le trouverez toujours prt approuver ou contredire1 son livre la main4 ,et tout cela1 pour avoir faussement conclu de la perfectibilit indfinie la perfection absolue1 ce qui n'est1 certes jamais permis1 quand on traite de l'homme4 ,mais ce que vous pouvez dire1 monsieur ,proudhon1 et ce que ma faible voix rptera avec vous1 c'est ceci3 ,approchons de la perfection1 pour rendre de plus en plus inutiles l'intrt1 l'tat1 le travail1 tous les remdes onreux et douloureux4 ,crons autour de nous l'ordre1 la scurit1 les habitudes d'conomie et de temprance1 afin que les capitaux se multiplient et que l',,int,r,t baisse4 ,crons parmi nous l'esprit de justice1 de paix et de concorde1 afin de rendre de plus en plus inutiles l'arme1 la marine1 la police1 la magistrature1 la rpression1 en un mot l',,tat4 ,et surtout1 ralisons la ,,libert1 par qui s'engendrent toutes les puissances civilisatrices4 ,aujourd'hui mme1 #f janvier #ahej1 la ,voix du ,peuple interpelle la ,patrie en ces termes3 ,la ,patrie veut-elle demander avec nous la suppression du privilge des banques1 la suppression des monopoles des notaires1 des agents de change1 des avous1 des huissiers1 des imprimeurs1 des boulangers2 la libert du transport des lettres1 de la fabrication des sels1 des poudres et des tabacs2 l'abolition de la loi sur les coalitions1 l'abolition de la douane1 de l'octroi1 de l'impt sur les boissons1 de l'impt sur les sucres8 ,la ,patrie veut-elle appuyer l'impt sur le capital1 le seul proportionnel2 le licenciement de l'arme et son remplacement par la garde nationale2 la substitution du jury la magistrature1 la libert de l'enseignement tous les degrs8 ,c'est mon programme2 je n'en eus jamais d'autre4 ,qu'en rsulte-t-il8 ,c'est que le capital doit se prter non gratuitement1 mais librement4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,,onzi,,me ,,lettre4 ,p4 ,j4 ,,proudhon ,f4 ,,bastiat4 ,maintien de l'imputation d'ignorance4--,dfinition du ,,capital substitue aux dfinitions inexactes des conomistes4--,appel l'autorit de la tenue des livres en partie double4--,comptabilit des classes sociales4--,preuve qui en drive4--,concession conciliante sur le risque des capitaux4--,rvolution politique1 conomique et scientifique4 #ba janvier #ahej4 ,vous ne m'avez pas tromp3 le ton de bonne foi et d'extrme sincrit1 qui clate chaque ligne de votre dernire lettre1 m'en est une preuve4 ,aussi est-ce avec une joie bien franche que je rtracte mes paroles4 ,je ne vous ai pas tromp non plus2 je n'ai pas manqu1 comme vous dites1 au devoir de l'hospitalit4 ,toutes vos lettres ont t1 comme je l'avais promis1 religieusement insres dans la ,voix du ,peuple1 sans rserves1 sans rflexions1 sans commentaires4 ,de mon ct1 j'ai fait les plus grands efforts pour donner la discussion une marche rgulire1 me plaant1 pour cela1 tantt dans la mtaphysique1 tantt dans l'histoire1 tantt1 enfin1 dans la pratique1 dans la routine mme4 ,vous seul1 et nos lecteurs en sont tmoins1 avez rsist toute espce de mthode4 ,enfin1 quant au ton gnral de notre polmique1 vous reconnaissez que la manire dont j'en ai us avec vous dfenseur du capital1 a fait envie ceux de mes coreligionnaires qui soutiennent en ce moment contre moi une cause plus malheureuse encore que celle de l'intrt1 et qui1 par malheur1 ont dfendre1 dans cette cause1 quelque chose de plus que leur opinion1 qui ont venger leur amour-propre4 ,si1 dans ma dernire rplique1 mon style s'est empreint de quelque amertume1 vous ne devez l'attribuer qu' l'impatience1 certes bien naturelle1 o j'tais de voir mes efforts se briser sans cesse contre cette obstination1 cette force d'inertie intellectuelle qui1 ne faisant compte ni de la philosophie1 ni du progrs1 ni de la finance1 se borne reproduire ternellement cette question purile3 ,quand j'ai pargn cent cus1 et que pouvant les utiliser dans mon industrie1 je les prte moyennant intrt ou part de bnfice1 est-ce que je vole8444 ,je rends donc pleine justice votre loyaut2 j'ose dire que ma courtoisie vis--vis de vous ne s'est pas dmentie un instant4 ,mais1 aujourd'hui plus que jamais1 je suis forc d'insister sur mon dernier jugement3 ,non1 monsieur ,bastiat1 vous ne savez pas l'conomie politique4 ,laissons de ct1 je vous prie1 la loi de contradiction1 laquelle1 dcidment1 votre esprit rpugne2 laissons l'histoire1 ou plutt le progrs1 dont vous mconnaissez la tendance1 dont vous rcusez l'autorit2 laissons la ,banque1 au moyen de laquelle je vous prouve que l'on peut1 sans y rien changer1 rduire instantanment l'intrt des capitaux #a_/b pour #ajj4 ,je vais1 puisque tel est votre dsir1 me renfermer dans la notion pure du capital4 ,j'analyserai cette notion2 j'en ferai1 au point de vue de l'intrt1 la dduction thorique et mathmatique2 aprs avoir tabli ma thse par la mtaphysique1 par l'histoire et par la ,banque1 je l'tablirai une quatrime fois2 je justifierai chacune de mes assertions1 par la comptabilit1 cette science modeste et trop ddaigne1 qui est l'conomie sociale ce que l'algbre est la gomtrie4 ,peut-tre1 cette fois1 mon esprit parviendra-t-il saisir le vtre3 mais qui me garantit que vous n'allez pas me reprocher encore de changer1 pour la quatrime fois1 de mthode8 ,qu'est-ce que le capital8 ,les auteurs ne sont point d'accord de l dfinition3 peine s'ils s'entendent mme sur la chose4 ,j4 ,b4 ,say dfinit le capital3 ,la simple accumulation des produits4 ,rossi3 ,un produit pargn1 et destin la reproduction4 ,j4 ,garnier1 qui les cite3 ,du travail accumul2 ce qui rentre dans la dfinition de ,j4 ,b4 ,say1 accumulation des produits4 ,ce dernier1 toutefois1 s'exprime ailleurs d'une faon plus explicite3 ,on entend1 dit-il1 par capital1 une somme de valeurs consacres faire des avances la production4 ,suivant vous enfin1 le capital est un excdant ou reste de produit non consomm1 et destin la reproduction4--,c'est ce qui rsulte de votre apologue de l'ouvrier qui gagne #a1ejj fr4 par an1 en consomme #a1bjj1 et rserve les #cjj fr4 restants1 soit pour les mettre dans son fonds d'exploitation1 soit1 ce qui revient1 selon vous1 au mme1 pour les prter intrt4 ,il est visible1 d'aprs cette incertitude des dfinitions1 que la notion de capital conserve quelque chose de louche1 et la grande majorit de nos lecteurs ne sera pas peu surprise d'apprendre que l'conomie politique1 science1 suivant ceux qui font profession de l'enseigner1 et vous tes du nombre1 positive1 relle1 exacte1 en est encore trouver ses dfinitions6 ,j4 ,garnier dsesprant1 par la parole1 de donner l'ide de la chose1 essaye1 comme vous1 de la montrer3 ,ce sont produits1 dit-il1 tels que marchandises1 outils1 btiments1 bestiaux1 sommes de monnaie1 etc41 fruits d'une industrie antrieure1 et qui servent la reproduction4 ,plus loin il fait observer1 tant il y a d'hsitation en son esprit1 que dans la notion de capital entre celle d'avance4 ,or1 qu'est-ce qu'une avance8--,une avance est une valeur employe de telle sorte qu'elle se trouvera rtablie plus tard4 ,ainsi dit ,m4 ,garnier2 et je pense que le lecteur1 aprs cette explication1 n'en sera lui-mme gure plus avanc4 ,essayons de venir au secours des conomistes4 ,ce qui rsulte jusqu'ici des dfinitions des auteurs1 c'est qu'ils ont tous le sentiment d'un quelque chose qui a nom ,,capital2 mais ce quelque chose1 ils sont impuissants le dterminer1 ils ne le savent pas4 travers le fatras de leurs explications1 on entrevoit l'ide qui leur est commune1 mais cette ide1 faute de philosophie1 ils ne savent point la dgager1 ils n'en trouvent pas le mot1 la formule4 ,eh bien1 ,monsieur1 vous allez voir que la dialectique1 mme hglienne1 peut tre bonne quelque chose4 ,vous remarquerez d'abord que l'ide de produit se trouve implicitement ou explicitement dans toutes les dfinitions qu'on a essay de donner du capital4 ,c'est dj un premier pas4 ,mais quelle condition1 comment et quand le produit peut-il se dire ,,capital8 ,voil ce qu'il s'agit de dterminer4 ,reprenons nos auteurs1 et1 corrigeant leurs dfinitions les unes par les autres1 nous viendrons peut-tre bout de leur faire nommer ce que tous ont dans la conscience1 mais que l'esprit d'aucun d'eux ne peroit4 ,ce qui fait le capital1 suivant ,j4 ,b4 ,say1 c'est la simple ,,accumulation des produits4 ,l'ide d'accumulation1 comme celle de produit1 entre donc dans la notion de capital4 ,voil un second pas4 ,or1 tous les produits sont susceptibles d'accumulation2 donc tous les produits peuvent devenir capitaux2 donc l'numration que ,m4 ,joseph ,garnier a faite des diffrentes formes que prend le capital1 est incomplte1 partant inexacte1 en ce qu'elle exclut de la notion les produits servant la subsistance des travailleurs1 tels que bl1 vin1 huile1 provisions de bouche1 etc4 ,ces produits peuvent tre rputs capitaux aussi bien que les btiments1 les outils1 les bestiaux1 l'argent1 et tout ce que l'on considre comme instrument ou matire premire4 ,,rossi3 ,le capital est un produit pargn1 destin la ,,reproduction4 ,la reproduction1 c'est--dire la destination du produit1 voil une troisime ide contenue dans la notion de capital4 ,produit1 accumulation1 reproduction3 trois ides qui entrent dj dans la notion de capital4 ,or1 de mme que tous les produits peuvent tre accumuls1 de mme ils peuvent servir1 et servent effectivement1 quand c'est le travailleur qui les consomme1 la reproduction4 ,le pain qui sustente l'ouvrier1 le fourrage qui alimente les animaux1 la houille qui produit la vapeur1 aussi bien que la terre1 les chariots et les machines1 tout cela sert la reproduction1 tout cela1 au moment o il se consomme1 est du capital4 ,tout ce qui se consomme1 en effet1 se consomme1 du moins est cens se consommer reproductivement4 ,ce qui sert entretenir ou faire mouvoir l'instrument1 aussi bien que l'instrument mme2 ce qui nourrit le travailleur1 aussi bien que la matire mme du travail4 ,tout produit devient donc un moment donn1 capital3 la thorie qui distingue entre consommation productive et improductive1 et qui entend par celle-ci la consommation quotidienne du bl1 du vin1 de la viande1 des vtements1 etc41 est fausse4 ,nous verrons plus bas qu'il n'y a de consommation improductive que celle du capitaliste mme4 ,ainsi le capital n'est point chose spcifique et dtermine1 ayant une existence ou ralit propre1 comme la terre1 qui est une chose2 le travail1 qui en est une autre2 et le produit1 qui est la faon donne par le travail aux choses de la nature1 lesquelles deviennent par l une troisime chose4 ,le capital ne forme point1 comme l'enseignent les conomistes1 une quatrime catgorie avec la terre1 le travail et le produit3 il indique simplement1 comme j'ai dit1 un tat1 un rapport2 c'est1 de l'aveu de tous les auteurs1 du produit accumul et destin la reproduction4 ,un pas de plus1 et nous tenons notre dfinition4 ,comment le produit devient-il capital8 ,car il ne suffit pas1 il s'en faut bien1 que le produit ait t accumul1 emmagasin1 pour tre cens capital4 ,il ne suffit pas mme qu'il soit destin la reproduction3 tous les produits ont cette destination4 ,n'entendez-vous pas dire tous les jours que l'industrie regorge de produits1 tandis qu'elle manque de capitaux8 ,or1 c'est ce qui n'aurait pas lieu si la simple accumulation de produits1 comme dit ,say1 ou la destination reproductive de ces produits1 comme le veut ,rossi1 suffisait les faire rputer capitaux4 ,chaque producteur n'aurait alors qu' reprendre son propre produit1 et se crditer lui-mme de ce que ce produit lui cote1 pour tre en mesure de produire encore1 sans fin et sans limite4 ,je ritre donc ma question3 ,qu'est-ce qui fait que la notion de produit se transforme tout coup en celle de capital8 ,voil ce que les conomistes ne disent pas1 ce qu'ils ne savent point1 je dirai mme1 ce qu'aucun d'eux ne se demande4 ,c'est ici que se place une ide intermdiaire dont la vertu particulire est de convertir le produit en capital1 comme1 au souffle du vent d'ouest1 la neige1 tombe ,paris ces jours derniers1 est passe l'tat de liquide3 cette ide est l'ide de ,,valeur4 ,voil ce qu'entrevoyait ,garnier1 quand il dfinissait le capital une somme de ,,valeurs consacres faire des avances la production2--ce que vous sentiez vous-mme1 quand vous cherchiez la notion de capital1 non pas simplement1 avec ,j4 ,b4 ,say1 dans l'accumulation des produits1 ni1 avec ,rossi1 dans l'pargne destine la reproduction1 mais dans la partie non consomme du salaire de l'ouvrier1 c'est--dire1 videmment1 dans la valeur de son travail ou produit4 ,cela veut dire que le produit1 pour devenir capital1 doit avoir pass par une valuation authentique1 avoir t achet1 vendu1 apprci2 son prix dbattu et fix par une sorte de convention lgale4 ,en sorte que l'ide de capital indique un rapport essentiellement social1 un acte synallagmatique1 hors duquel le produit reste produit4 ,ainsi le cuir1 sortant de la boucherie1 est le produit du boucher3 quand vous en empliriez une halle1 ce ne serait jamais que du cuir1 ce ne serait point une valeur1 je veux dire une valeur faite2 ce ne serait point capital1 ce serait toujours produit4--,ce cuir est-il achet par le tanneur1 aussitt celui-ci le porte1 ou1 pour parler plus exactement1 en porte la valeur son fonds d'exploitation1 dans son avance1 consquemment la rpute capital4 ,par le travail du tanneur1 ce capital redevient produit2 lequel produit1 acquis son tour1 prix convenu1 par le bottier1 passe de nouveau l'tat de capital1 pour redevenir encore1 par le travail du bottier1 produit4 ,ce dernier produit n'tant plus susceptible de recevoir une faon nouvelle1 sa consommation est dite1 par les conomistes1 improductive1 ce qui est une aberration de la thorie4 ,la chaussure faite par le bottier1 et acquise par le travailleur1 devient1 par le fait de cette acquisition1 comme le cuir passant du boucher au tanneur1 et du tanneur au bottier1 de simple produit valeur3 cette valeur entre dans l'avance de l'acheteur1 et lui sert1 comme les autres objets de sa consommation1 comme le logement qu'il habite1 comme les outils dont il se sert1 mais d'une autre manire1 crer de nouveaux produits4 ,la consommation est donc toujours production2 il suffit1 pour cela1 que le consommateur travaille4 ,ce mouvement1 une fois commenc1 se perptue l'infini4 ,tel est le capital4 ,ce n'est pas simplement une accumulation de produits1 comme dit ,say3--ce n'est pas mme encore une accumulation de produits faite en vue d'une reproduction ultrieure1 comme le veut ,rossi3 tout cela ne rpond point la notion du capital4 ,pour que le capital existe1 il faut que le produit ait t1 si j'ose ainsi dire1 authentiqu par l'change4 ,c'est ce que savent parfaitement tous les comptables1 lorsque1 par exemple1 ils portent dans leurs critures1 les cuirs verts achets par le tanneur1 son dbit1 ce qui veut dire son capital2 et les cuirs tanns ou corroys son crdit ou avoir1 ce qui veut dire son produit2 ce que comprennent encore mieux le commerant et l'industriel1 quand1 la moindre motion de la politique1 ils se voient prir ct des marchandises accumules dans leurs magasins1 sans qu'ils puissent les employer aucune reproduction3 situation douloureuse1 que l'on exprime en disant que le capital engag ne se dgage plus4 ,tout ce qui est capital est ncessairement produit2 mais tout ce qui est produit1 mme accumul1 mme destin la reproduction1 comme les instruments de travail qui sont dans les magasins des constructeurs1 n'est pas pour cela capital4 ,le capital1 encore une fois1 suppose une valuation pralable1 opration de change1 ou mise en circulation1 hors de laquelle pas de capital4 ,s'il n'existait au monde qu'un seul homme1 un travailleur unique1 produisant tout pour lui seul1 les produits qui sortiraient de ses mains resteraient produits3 ils ne deviendraient pas capitaux4 ,son esprit ne distinguerait point entre ces termes3 produit1 valeur1 capital1 avance1 reproduction1 fonds de consommation1 fonds de roulement1 etc4 ,de telles notions ne natraient jamais dans l'esprit d'un solitaire4 ,mais1 dans la socit1 le mouvement d'change une fois tabli1 la valeur contradictoirement fixe1 le produit de l'un devient incessamment le capital de l'autre2 puis1 son tour1 ce capital1 soit comme matire premire1 soit comme instrument de travail1 soit comme subsistance1 se transforme de nouveau en produit4 ,en deux mots1 la notion de capital1 oppose celle de produit1 indique la situation des changistes les uns l'gard des autres4 ,quant la socit1 l'homme collectif1 qui est justement ce travailleur solitaire1 dont je parlais tout l'heure1 la distinction n'existe plus2 il y a identit entre le capital et le produit1 de mme qu'entre le produit net et le produit brut4 ,j'ai donc eu raison de dire1 et je m'tonne qu'aprs l'exgse que vous avez faite vous-mme du capital1 vous n'ayez su comprendre mes paroles3 ,le capital ne se distingue pas du produit4 ,ces deux termes ne dsignent point1 en ralit1 deux choses distinctes2 ils ne dsignent que des relations4 ,produit1 c'est capital2 capital1 c'est produit4 ,et mon ami ,duchne1 soutenant la mme thse comme ,louis ,blanc1 a eu bien plus raison encore de dire3 ,les distinctions de capital et de produit1 retenez-le bien une fois pour toutes1 n'indiquent que des relations d'individu individu3 dans la socit1 il y a simplement production1 consommation1 change4 ,on peut dire de toutes les industries qu'elles crent des capitaux ou des produits1 indistinctement4 ,le mcanicien est fabricant de capitaux pour les chemins de fer1 les usines1 les manufactures2 le drapier est fabricant de capitaux pour les tailleurs2 le taillandier est fabricant de capitaux pour la menuiserie1 la charpente1 la maonnerie2 une charrue est produit pour le charron qui la vend1 et capital pour le cultivateur qui l'achte4 ,toutes les professions ont besoin de produits pour produire1 ou1 ce qui revient au mme1 de capitaux pour confectionner des capitaux4 ,cela vous semblerait-il donc inintelligible8 ,il n'y a pas d'antinomie1 cependant4 ,au point de vue des intrts privs1 le capital indique un rapport d'change1 prcd d'une valuation synallagmatique4 ,c'est le produit apprci1 pour ainsi dire1 juridiquement1 par deux arbitres responsables1 qui sont le vendeur et l'acheteur1 et dclar1 la suite de cette apprciation1 instrument ou matire de reproduction4--,au point de vue social1 capital et produit ne se distinguent plus4 ,les produits s'changent contre des produits1 ou bien3 ,les capitaux s'changent contre les capitaux1 sont deux propositions parfaitement synonymes4 ,quoi de plus simple1 de plus clair1 de plus positif1 de plus scientifique1 enfin1 que tout cela4 ,j'appelle donc capital1 toute valeur faite1 en terres1 instruments de travail1 marchandises1 subsistances1 ou monnaies1 et servant ou tant susceptible de servir la production4 ,la langue usuelle confirme cette dfinition4 ,le capital est dit libre1 quand le produit1 quel qu'il soit1 ayant t seulement valu entre les parties1 peut tre considr comme ralis1 ou immdiatement ralisable1 c'est--dire converti en tel autre produit qu'on voudra3 dans ce cas1 la forme que le capital affecte le plus volontiers1 est celle de monnaie4 ,le capital est dit engag1 au contraire1 quand la valeur qui le constitue est entre dfinitivement dans la production3 dans ce cas1 il prend toutes les formes possibles4 ,la pratique est aussi d'accord avec moi4 ,dans toute entreprise qui se fonde1 l'entrepreneur qui1 au lieu d'argent1 engage dans son industrie des instruments ou des matires premires1 commence par en faire l'estimation vis--vis de lui-mme1 ses risques et prils2 et cette estimation pour ainsi dire unilatrale1 constitue son capital1 ou sa mise de fonds3 c'est la premire chose dont il soit pass criture4 ,nous savons ce qu'est le capital3 il s'agit maintenant de tirer les consquences de cette notion1 en ce qui concerne l'intrt4 ,ce sera peut-tre un peu long1 quant l'expos graphique1 mais trs-simple de raisonnement4 ,les produits s'changent contre les produits1 a dit ,j4 ,b4 ,say2 ou bien1 les capitaux s'changent contre des capitaux2 ou bien encore1 les capitaux s'changent contre des produits1 et vice vers3 voil le fait brut4 ,la condition absolue1 sine qu non1 de cet change2 ce qui en fait l'essence et la rgle1 est l'valuation contradictoire et rciproque des produits4 tez de l'change l'ide de prix1 et l'change disparat4 ,il y a transposition2 il n'y a pas transaction1 il n'y a pas change4 ,le produit1 sans le prix1 est comme s'il n'existait pas3 tant qu'il n'a pas reu1 par le contrat de vente et d'achat1 sa valeur authentique1 il est cens non avenu1 il est nul4 ,voil le fait intelligible4 ,chacun donne et reoit1 d'aprs la formule de ,j4 ,b4 ,say1 nonciative du fait matriel2--mais1 d'aprs la notion du capital1 telle que nous la fournit l'analyse1 chacun doit donner et recevoir une valeur gale4 ,un change ingal est une ide contradictoire3 le consentement universel l'a appel fraude et vol4 ,or1 de ce fait primitif que les producteurs sont entre eux en rapport perptuel d'change1 qu'ils sont les uns pour les autres1 tour tour et tout la fois producteurs et consommateurs1 travailleurs et capitalistes1 et de l'apprciation numriquement galitaire qui constitue l'change1 il rsulte que les comptes de tous les producteurs et consommateurs doivent se balancer les uns les autres2 que la socit1 considre au point de vue de la science conomique1 n'est autre chose que cet quilibre gnral des produits1 services1 salaires1 consommations et fortunes2 que1 hors de cet quilibre1 l'conomie politique n'est qu'un mot1 et l'ordre public1 le bien-tre des travailleurs1 la scurit des capitalistes et propritaires1 une utopie4 ,or1 cet quilibre1 duquel doivent natre l'accord des intrts et l'harmonie dans la socit1 aujourd'hui n'existe pas3 il est rompu par diverses causes1 selon moi1 faciles dtruire1 et au nombre desquelles je signale1 en premire ligne1 l'usure1 l'intrt1 la rente4 ,il y a1 comme je l'ai dit tant de fois1 erreur et malversation dans les comptes1 falsification dans les critures de la socit3 de l le luxe mal acquis des uns1 la misre croissante des autres2 de l1 dans les socits modernes1 l'ingalit des fortunes et toutes les agitations rvolutionnaires4 ,je vais1 ,monsieur1 vous en donner1 par criture de commerce1 la preuve et la contre-preuve4 ,constatons d'abord les faits4 ,les produits s'changent contre des produits1 ou1 pour parler plus juste1 les valeurs s'changent contre les valeurs3 telle est la loi4 ,mais cet change ne se fait pas toujours1 comme l'on dit1 donnant donnant2 la tradition des objets changs n'a pas toujours lieu simultanment de part et d'autre2 souvent1 et c'est le cas le plus ordinaire1 il y a entre les deux livraisons1 un intervalle4 ,or1 il se passe dans cet intervalle des choses curieuses1 des choses qui drangent l'quilibre1 et faussent la balance4 ,vous allez voir4 ,tantt l'un des changistes n'a pas le produit qui convient l'autre1 ou1 ce qui revient au mme1 celui-ci1 qui consent bien vendre1 veut se rserver d'acheter4 ,il veut bien recevoir le prix de sa chose1 mais il ne veut1 pour le moment du moins1 rien accepter en change4 ,dans l'un et l'autre cas1 les changistes ont recours une marchandise intermdiaire1 faisant dans le commerce l'office de proxnte1 toujours acceptable et toujours accepte3 c'est la monnaie4 ,et comme la monnaie1 recherche de tout le monde1 manque pour tout le monde1 l'acheteur s'en procure1 contre son obligation1 auprs du banquier1 moyennant une prime plus ou moins considrable1 appele escompte4--,l'escompte se compose de deux parties3 la commission1 qui est le salaire du service rendu par le banquier1 et l'intrt4 ,nous dirons tout l'heure ce que c'est que l'intrt4 ,tantt l'acheteur n'a ni produit1 ni argent donner en change du produit ou du capital dont il a besoin1 mais il offre de payer dans un certain laps de temps1 en un ou plusieurs termes4 ,dans les deux cas sus-mentionns la vente tait faite au comptant2 dans celui-ci1 elle a lieu crdit4 ,ici donc1 la condition du vendeur tait moins avantageuse que celle de l'acheteur1 on compense l'ingalit en faisant porter au produit vendu1 et jusqu' parfait paiement1 un intrt4 ,c'est cet intrt compensatoire1 origine premire de l'usure1 que j'ai signal dans une de mes prcdentes lettres comme l'agent coercitif du remboursement4 ,il dure autant que le crdit2 il est la rmunration du crdit3 mais il a surtout pour objet1 notez ce point1 d'abrger la dure du crdit4 ,tel est le sens1 la signification lgitime de l'intrt4 ,souvent il arrive1 et c'est l'extrmit o se trouvent gnralement les travailleurs1 que le capital est absolument indispensable au producteur1 et que cependant celui-ci n'espre pouvoir de longtemps1 ni par son travail1 ni par son pargne1 bien moins encore par les sommes de monnaie dont il dispose1 en recomposer l'quivalent1 en un mot1 le rembourser4 ,il lui faudrait #bj ans1 #cj ans1 #ej ans1 un sicle quelquefois2 et le capitaliste ou propritaire ne veut point accorder un si long terme4 ,comment sortir de cette difficult8 ,ici commence la spculation usuraire4 ,tout l'heure nous avons vu l'intrt impos au dbiteur comme indemnit du crdit1 et moyen de hter le remboursement3 prsent nous allons voir l'intrt cherch pour lui-mme1 l'usure pour l'usure1 comme la guerre pour la guerre1 ou l'art pour l'art4 ,par convention expresse1 lgale1 authentique1 consacre par toutes les jurisprudences1 toutes les lgislations1 toutes les religions1 le demandeur s'engage envers le bailleur lui payer-- perptuit1 l'intrt de son capital1 terre1 meuble ou argent2 il s'infode1 corps et me1 lui et les siens1 au capitaliste1 et devient son tributaire ad vitam ternam4 ,c'est ce qu'on appelle ,constitution de rente1 et1 dans certains cas1 emphytose4 ,par cette espce de contrat1 l'objet passe en la possession du demandeur1 qui n'en peut plus tre dpossd2 qui en jouit comme acqureur et propritaire2 mais qui en doit1 tout jamais1 payer le revenu1 comme un amortissement sans fin4 ,telle est l'origine conomique du systme fodal4 ,mais voici qui est mieux4 ,la constitution de rente et l'emphytose sont aujourd'hui1 presque partout1 hors d'usage4 ,on a trouv qu'un produit ou capital chang contre un intrt perptuel tait encore trop de la part du capitaliste3 le besoin d'un perfectionnement se faisait sentir dans le systme4 ,de nos jours1 les capitaux et immeubles ne se placent plus en rente perptuelle1 si ce n'est sur l'tat3 ils se ,,louent1 c'est--dire se prtent1 toujours contre intrt1 mais courte chance4 ,cette nouvelle espce d'usure a nom loyer ou fermage4 ,concevez-vous1 ,monsieur1 ce que c'est que le prt intrt 7loyer ou fermage7 courte chance8 ,dans l'emphytose et la constitution de rente1 dont je parlais tout l'heure1 si la rente tait perptuelle1 la cession du capital l'tait aussi3 entre le paiement et la jouissance1 il y avait encore une sorte de parit4 ,ici1 le capital ne cesse jamais d'appartenir celui qui le loue et qui peut en exiger1 volont1 la restitution4 ,en sorte que le capitaliste n'change point capital contre capital1 produit contre produit3 il ne donne rien1 il garde tout1 ne travaille pas1 et vit de ses loyers1 intrts et usures1 comme #a1jjj1 #aj1jjj et #ajj1jjj travailleurs runis ne vivent pas de leur production4 ,par le prt intrt1--fermage ou loyer1--avec facult d'exiger1 volont1 le remboursement de la somme prte1 et d'liminer le fermier ou locataire1 le capitaliste a imagin quelque chose de plus grand que l'espace1 de plus durable que le temps4 ,il n'y a pas d'infini qui gale l'infini de l'usure locative1 de cette usure qui dpasse autant la perptuit de la rente1 que la perptuit de la rente elle-mme dpass le remboursement terme et au comptant4 ,l'emprunteur intrt et courte chance paie1 paie encore1 paie toujours2 et il ne jouit point de ce qu'il paie2 il n'en a que la vue1 il n'en possde que l'ombre4 ,n'est-ce pas cette image de l'usurier1 que le thologien a imagin son ,dieu1 ce ,dieu atroce1 qui fait ternellement payer le pcheur1 et qui jamais ne lui fait remise de sa dette6 ,toujours6 ,jamais6 ,voil le ,dieu du catholicisme1 voil l'usurier6444 ,eh bien1 je dis que tout change de produits et de capitaux peut s'effectuer au comptant2 ,qu'en consquence1 l'escompte du banquier doit se rduire aux frais de bureaux et l'indemnit du mtal improductivement engag dans la monnaie4 ,partant1 que tout intrt1 loyer1 fermage ou rente1 n'est qu'un dni de remboursement1 un vol l'gard de l'emprunteur ou locataire1 la cause premire de toutes les misres et subversions de la socit4 ,je vous ai prouv1 en dernier lieu1 par l'exemple de la ,banque de ,france1 que c'tait chose facile et pratique d'organiser l'galit dans l'change1 soit la circulation gratuite des capitaux et des produits4 ,vous n'avez voulu voir1 dans ce fait catgorique et dcisif1 qu'un cas particulier de monopole1 tranger la thorie de l'intrt4 ,que me fait1 rpondez-vous avec nonchalance1 la ,banque de ,france et son privilge8 ,je vous parle de l'intrt des capitaux4--,comme si le crdit foncier et commercial tant organis partout sur le pied de #a_/b pour #ajj1 il pouvait exister quelque part encore un intrt6444 ,je vais vous montrer prsent1 la faon des teneurs de livres1 que ce solde particulier1 qui vient se placer constamment entre les deux termes de l'change1 ce page impos la circulation1 ce droit tabli sur la conversion des produits en valeurs1 et des valeurs en capitaux1 cet intrt1 enfin1 ou pour l'appeler par son nom1 cet entremetteur 7interesse7 du commerce1 dont vous vous obstinez prendre la dfense1 est prcisment le grand faussaire qui1 pour s'approprier1 frauduleusement et sans travail1 des produits qu'il ne cre pas1 des services qu'il ne rend jamais1 falsifie les comptes1 fait des surcharges et des suppositions dans les critures1 dtruit l'quilibre des transactions1 met le dsordre dans les affaires1 et produit fatalement dans les nations le dsespoir et la misre4 ,vous trouverez1 dans ce qui va suivre1 la reprsentation graphique des oprations de la socit1 exposes tour tour dans les deux systmes1 le systme de l'intrt1 actuellement rgnant1 et le systme de la gratuit1 qui est celui que je propose4 ,tout raisonnement1 toute dialectique1 toute controverse tombe devant cette image intelligible du mouvement conomique4 ,i4--,,syst,,me ,,de ,l',,int,r,t4 ,dans ce systme1 la production1 la circulation et la consommation des richesses s'oprent par le concours de deux classes de citoyens1 distinctes et spares3 les propritaires1 capitalistes et entrepreneurs d'une part1 et les travailleurs salaris d'autre part4 ,ces deux classes1 quoique en tat flagrant d'antagonisme1 constituent ensemble un organisme clos1 qui agit en lui-mme1 sur lui-mme1 et par lui-mme4 ,il suit de l que toutes les oprations d'agriculture1 de commerce1 d'industrie1 qui peuvent se traiter dans un pays1 tous les comptes de chaque manufacture1 fabrique1 banque1 etc41 peuvent se rsumer et tre reprsents par un seul compte1 dont je vais donner les parties4 ,je dsigne par ,a la classe entire des propritaires1 capitalistes et entrepreneurs que je considre comme une personne unique1 et par ,b1 ,c1 ,d1 ,e1 ,f1 ,g1 ,h1 ,i1 ,k1 ,l1 la classe des travailleurs salaris4 ,,comptes entre ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur1 et ,b1 ,c1 ,d1 ,e1 ,f1 ,g1 ,h1 ,i1 ,k1 ,l1 travailleurs salaris4 ,,chapitre ,,premier4 ,compte et rsum des oprations personnelles ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur4 l'ouverture du compte1 ,a commence sa spculation avec un capital que je suppose de #aj1jjj fr4 ,cette somme forme sa mise de fonds2 c'est avec cela qu'il va travailler et entamer des oprations de commerce4 ,cet acte d'installation de ,a s'exprime de la manire suivante3 #a4 ,caisse doit ,a4 #a;er janvier1 compte de capital #aj1jjj fr4 ,le capital form1 que va faire ,a8 ,il louera des ouvriers1 dont il payera les produits et services avec ses #aj1jjj fr42 c'est--dire qu'il convertira ces #aj1jjj fr4 en marchandises1 ce que le comptable exprime comme suit3 #b4 ,marchandises gnrales1 ,caisse4 ,achat au comptant1 ou par anticipation1 des produits de l'anne courante1 des travailleurs ci-aprs dnomms3 ,de ,b1 x 7journes de travail ou produit73 ensemble4 #a1jjj fr4 ,de ,c1 -- -- #a1jjj ,de ,d1 -- -- #a1jjj ,de ,e1 -- -- #a1jjj ,de ,f1 -- -- #a1jjj ,de ,g1 -- -- #a1jjj ,de ,h1 -- -- #a1jjj ,de ,i -- -- #a1jjj ,de ,k1 -- -- #a1jjj ,de ,l1 -- -- #a1jjj --------- ,total #aj1jjj fr4 ,l'argent converti en marchandises1 il s'agit1 pour le propritaire-capitaliste-entrepreneur ,a1 de faire l'opration inverse1 et de convertir ses marchandises en argent4 ,cette conversion suppose un bnfice 7agio1 intrt1 etc471 puisque1 par l'hypothse et d'aprs la thorie de l'intrt1 la terre et les maisons ne se prtent pas pour rien1 les capitaux pour rien1 la garantie et la considration de l'entrepreneur pour rien4 ,admettons1 suivant les rgles ordinaires du commerce1 que le bnfice soit #aj pour #ajj4 qui se fera la vente des produits de ,a8 ,ncessairement ,b1 ,c1 ,d1 etc41 travailleurs3 puisque la socit tout entire se compose de ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur1 et de ,b1 ,c1 ,d1 etc41 travailleurs salaris1 hors desquels il n'y a personne4 ,voici comment s'tablit le compte3 #c4 ,les ,suivants1 ,marchandises gnrales3 ,b1 mes ventes lui faites dans le courant de l'anne1 #a1ajj fr4 ,c1 -- -- #a1ajj ,d1 -- -- #a1ajj ,e1 -- -- #a1ajj ,f1 -- -- #a1ajj ,g1 -- -- #a1ajj ,h1 -- -- #a1ajj ,i1 -- -- #a1ajj ,k1 -- -- #a1ajj ,l1 -- -- #a1ajj ---------- ,total #aa1jjj fr4 ,la vente termine1 reste faire l'encaissement des sommes dues par les acheteurs4 ,nouvelle opration que le comptable couche sur son livre1 en la faon ci-aprs3 #d4 ,doit ,caisse aux ,suivants3 ,b1 son versement en espces pour solde de son compte au #ca dcembre #a1ajj fr4 ,c1 -- -- #a1ajj a ,d1 -- -- #a1ajj ,e1 -- -- #a1ajj ,f1 -- -- #a1ajj ,g1 -- -- #a1ajj ,h1 -- -- #a1ajj ,i1 -- -- #a1ajj ,k1 -- -- #a1ajj ,l1 -- -- #a1ajj ---------- ,somme gale #aa1jjj fr4 ,ainsi1 le capital avanc par ,a1--aprs conversion de ce capital en produits1 puis vente de ces produits aux travailleurs-consommateurs ,b1 ,c1 ,d1 etc41 et1 enfin1 payement de la vente1--lui rentre augment d'un dixime1 ce qui s'exprime l'inventaire par la balance ci-dessous3 #e4 ,rsum des oprations de ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur1 pour son inventaire au #ca dcembre4 ,doivent4 ,,marchandises ,g,n,,rales4 ,avoir4 #aj1jjj fr4 ,dbit de ce compte ,crdit de ce compte au #ca dcembre4 au #ca dcembre4 #aa1jjj fr4 #a1jjj ,bnfice sur ce compte porter au crdit du compte du capital ,a4 ---------- ---------- #aa1jjj fr4 ,balance #aa1jjj fr4 ,on voit ici1 pour le dire en passant1 comment et quelle condition les produits deviennent capitaux4 ,ce ne sont pas les marchandises en magasin qui1 l'inventaire1 sont portes au crdit du compte de capital1 c'est le bnfice4 ,le bnfice1 c'est--dire le produit vendu1 livr1 dont le prix a t encaiss ou doit l'tre prochainement3 en deux mots1 c'est le produit fait valeur4 ,passons la contre-partie de ce compte1 au compte des travailleurs4 ,,chapitre ,,deuxi,,me4 ,compte des oprations de ,b1 travailleur1 avec ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur4 ,b1 travailleur1 sans proprit1 sans capital1 sans ouvrage1 est embauch par ,a1 qui lui donne de l'occupation et acquiert son produit4 ,premire opration1 que l'on fait figurer au compte de ,b1 ainsi3 #a4 ,doit ,caisse1 #a;er janvier1 ,b4--,compte de ,capital4 ,vente au comptant ou par anticipation de tout le produit de son travail de l'anne1 ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur1 ci #a1jjj fr4 ,en change de son produit1 le travailleur reoit donc #a1jjj fr41 somme gale celle que nous avons vue figurer au chapitre prcdent1 art4 #b1 ,compte de marchandises gnrales4 ,mais ,b vit de son salaire1 c'est--dire qu'avec l'argent que lui donne ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur1 il se pourvoit chez ledit ,a de tous les objets ncessaires la consommation de lui ,b1 objets qui lui sont facturs1 comme nous l'avons vu plus haut1 chap4 #a;er1 art4 #c1 #aj pour #ajj de bnfice en sus du prix de revient4 ,l'opration a donc pour ,b le rsultat que voici3 #b4 ,doit ,b1 compte de ,capital1 ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur3 ,montant des fournitures de toute espce de ce dernier dans le cours de l'anne #a1ajj fr4 #c4 ,rsum des oprations de ,b1 pour son inventaire3 ,doit4 ,,compte ,,de ,,capital4 ,avoir4 #a1ajj fr4 ,dbit de ce compte au #ca dcembre4 ,crdit de ce compte au #ca dcembre #a1jjj fr4 ,perte sur ce compte1 que ,b ne peut payer qu'au moyen d'un emprunt #ajj --------- ---------- #a1ajj fr4 #a1ajj fr4 ,tous les autres travailleurs se trouvant dans les mmes conditions que ,b1 leurs comptes prsentent individuellement le mme rsultat4 ,pour l'intelligence du fait que j'ai voulu faire ressortir1 savoir3 le dfaut d'quilibre dans la circulation gnrale1 par suite des prlvements du capital1 il est donc inutile de reproduire chacun de ces comptes4 ,le tableau qui prcde1 bien autrement instructif et dmonstratif que celui de ,quesnay1 est l'image fidle1 prsente algbriquement1 de l'conomie actuelle de la socit4 ,c'est l qu'on peut se convaincre que le proltariat et la misre sont l'effet1 non pas seulement de causes accidentelles1 telles qu'inondation1 guerre1 pidmie2 mais qu'ils rsultent aussi d'une cause organique1 inhrente la constitution de la socit4 ,par la fiction de la productivit du capital et par les prrogatives sans nombre que s'arroge le monopoleur1 il arrive toujours et ncessairement l'une de ces deux choses3 ,ou bien c'est le monopoleur qui enlve au salari partie de son capital social4 ,b1 ,c1 ,d1 ,e1 ,f1 ,g1 ,h1 ,i1 ,k1 ,l1 ont produit dans l'anne comme #aj1 et ils n'ont consomm que comme #i4 ,en autres termes1 le capitaliste a mang un travailleur4--,en outre1 par la capitalisation de l'intrt1 la position des travailleurs s'aggrave chaque anne de plus en plus2 de telle sorte qu'en poussant la dmonstration jusqu'au bout1 on arrive1 vers la septime anne1 trouver que tout l'apport primitif des travailleurs est pass1 titre d'intrts et de bnfices1 entre les mains du propritaire-capitaliste-entrepreneur1 ce qui signifie que les travailleurs salaris1 s'ils voulaient payer leurs dettes1 devraient travailler chaque septime anne pour rien4 ,ou bien1 c'est le travailleur qui1 ne pouvant donner de son produit que le prix qu'il en a lui-mme reu1 pousse le monopoleur la baisse1 et par consquent le met dcouvert de tout le montant des intrts1 loyers et bnfices dont l'exercice de la proprit lui faisait un droit et une ncessit4 ,on est donc amen reconnatre que le crdit1 dans le systme de l'intrt1 a pour rsultat invitable la spoliation du travailleur1 et1 pour correctif non moins invitable1 la banqueroute de l'entrepreneur1 la ruine du capitaliste propritaire4 ,l'intrt est comme une pe deux tranchants3 de quelque ct qu'il frappe1 il tue4 ,je viens de vous montrer comment les choses se passent dans le rgime de l'intrt4 ,voyons maintenant comment elles se passeraient sous le rgime de la gratuit4 ,,ii4--,systme de gratuit4 ,d'aprs la thorie du crdit gratuit1 la qualit de travailleur salari et celle de propritaire-capitaliste-entrepreneur sont identiques l'une l'autre et adquates3 elles se confondent sous celle de producteur-consommateur4 ,l'effet de ce changement est de ramener toutes les oprations du crdit actuel1 prt1 vente terme1 agio1 loyer1 fermage1 etc41 la simple forme de l'change2 comme toutes les oprations de banque un simple virement de parties4 ,admettons donc que la ,banque de ,france1 organe principal de ce systme1 ait t rorganise suivant les ides du crdit gratuit1 et le taux de ses escomptes rduit #a pour #ajj1 taux que nous regarderons provisoirement comme le juste salaire du service particulier de la ,banque1 et1 consquemment1 comme reprsentant un intrt gal zro4 ,et voyons les changements qui en rsultent pour la comptabilit gnrale4 ,c'est par l'entremise de la ,banque et de ses succursales1 remplaant toutes les varits du crdit usuraire1 que s'effectuent dsormais les transactions3 c'est donc avec la ,banque que ,b1 ,c1 ,d1 etc41 travailleurs1 associs1 groups ou libres1 entrent d'abord1 et directement1 en compte4 ,,chapitre ,,premier4 #a4 ,compte des oprations de ,b1 travailleur1 avec x1 ,banque nationale4 ,doit ,caisse1 #a;er janvier1 x1 ,banque nationale1 ,avance de celle-ci sur tous les produits de mon travail de l'anne1 lui rembourser au fur et mesure de mes ventes1 #a1jjj fr42 escompte #a pour #ajj dduit1 ci4 #iij fr4 ,ainsi qu'on l'a vu plus haut1 ,b vit exclusivement de son travail3 c'est--dire que1 sur la garantie de son produit1 il obtient de x1 ,banque nationale1 soit des billets1 soit des espces1 avec lesquels il achte chez ,a1--travailleur comme lui1 mais qui1 dans les oprations de vente ou change dont nous parlerons tout l'heure1 remplit le rle de propritaire-capitaliste-entrepreneur1--t ous les objets ncessaires son industrie et sa consommation4 ,par le fait1 ,b achte tous ces objets au comptant3 il peut donc1 et d'autant plus rigoureusement1 en dbattre le prix4 ,cet achat1 fait avec les billets ou espces de la ,banque1 donne ouverture au compte suivant sur les livres de ,b3 #b4 ,doivent ,marchandises gnrales ,caisse1 ,achat au comptant1 chez ,a1 de toute ma consommation de l'anne #iij fr4 ,au fur et mesure de sa fabrication1 ,b vend ses produits4 ,mais la production se rgle sur la consommation3 or1 celle-ci n'tant plus entrave1 comme sous le rgime de l'intrt1 par l'usure1 c'est--dire par la vente terme1 par le loyer des instruments de travail et les charges qui en rsultent1 surtout par le prjug de la monnaie1 devenue improductive1 et mme inutile2 il s'ensuit que ,b1 comme tous les autres travailleurs1 peut non-seulement racheter1 une fraction minime prs1 son propre produit1 mais donner carrire son nergie1 sa puissance productive1 sans crainte de crer des non-valeurs ou d'amener l'avilissement des prix1 avec l'espoir lgitimement fond1 au contraire1 de se compenser1 par ce surcrot de production et d'change1 de la faible rtribution qu'il paye la ,banque1 pour la ngociation de ses valeurs4 ,c'est ce qui va paratre dans l'article suivant du compte de ,b4 ,tout travail doit laisser un excdant2 cet aphorisme est un des premiers de l'conomie politique4 ,il est fond sur ce principe que1 dans l'ordre conomique1 quel que soit le capital mis en oeuvre1 toute valeur est cre1 par le travail1 de rien2 de mme que1 selon la thologie chrtienne1 toutes choses dans la nature ont t cres de ,dieu1 galement de rien4 ,en effet1 le produit tant dfini3 l'utilit ajoute par le travail aux objets que fournit la nature 7,j4 ,b4 ,say et tous les conomistes71 il est clair que le produit tout entier est le fait des travailleurs2 et si l'objet auquel s'ajoute l'utilit nouvelle est dj lui-mme un produit1 la valeur reproduite est ncessairement plus grande que la valeur consomme4 ,admettons que1 par son travail1 ,b ait augment de #aj pour #ajj la valeur qu'il consomme1 et constatons1 par ses critures1 le rsultat3 #c4 ,doit ,caisse ,marchandises gnrales1 ,mes ventes au comptant divers1 courant de l'anne1 #a1jhi fr4 ,il appert de ce compte que l'usure est une cause de misre1 en ce qu'elle empche la consommation et la reproduction1 d'abord en levant le prix de vente des produits d'une quantit plus forte que l'excdant obtenu par le travail reproducteur3 la somme des usures1 en ,france1 sur un produit total de #aj milliards1 est de #f milliards1 #fj pour #ajj2--puis1 en entravant la circulation par toutes les formalits de l'escompte1 de l'intrt1 du loyer1 du fermage1 etc43--toutes difficults qui disparaissent sous le rgime du crdit gratuit4 ,nous voici au moment o ,b a ralis tout le produit de son travail de l'anne4 ,il faut qu'il se liquide avec x1 ,banque nationale1 ce qui donne lieu l'opration que voici3 #d4 ,doit x1 ,banque nationale1 ,caisse1 ,mon versement pour solde #a1jjj fr4 ,maintenant ,b doit se rendre compte3 il le fait de la manire suivante3 #e4 ,rsum des oprations de ,b pour son inventaire4 ,doit4 ,,compte ,,de ,,marchandises ,g,n,,rales4 ,avoir4 #iij fr4 ,dbit de ce compte ,crdit de ce compte au #ca dcembre4 au #ca dcembre4 #a1jhi fr4 #ii ,bnfice sur ce compte4 --------- --------- #a1jhi fr4 ,somme gale4 #a1jhi fr4 ,l'anne suivante1 ,b1 au lieu d'oprer sur un produit de #a1jjj1 oprera sur un produit de #a1jhi1 ce qui lui donnera un nouveau surcrot de bnfice2 puis le mme mouvement se renouvelant la #c;e1 la #d;e1 la #e;e1 etc41 anne1 le progrs de sa richesse suivra le progrs de son industrie2 il ira l'infini4 ,les autres travailleurs1 ,c1 ,d1 ,e1 ,f1 etc41 tant dans les mmes conditions que ,b1 leurs comptes prsentent individuellement le mme rsultat2 il est inutile de les reproduire4 ,je passe la contre-partie des comptes ouverts chez ,b1 et tout d'abord celui de la ,banque4 ,,chapitre ,,ii4 ,on a vu plus haut que x1 ,banque nationale1 a fait ,b une avance sur son travail ou produit2 qu'elle en a us de mme avec tous les autres travailleurs2 et qu'ensuite elle s'est couverte et rmunre1 par le remboursement des valeurs qu'ils lui avaient remises1 et par la dduction1 faite son profil1 de #a pour #ajj d'escompte4 ,voici comment se traduiraient ces diverses oprations sur les livres de la ,banque4 ,doivent les ,suivants ,caisse3 ,b1 mes avances sur le produit de son travail de l'anne1 contre son engagement de #a1jjj fr42 escompte dduit #iij fr4 ,c1 -- -- #iij ,d1 -- -- #iij ,e1 -- -- #iij ,f1 -- -- #iij ,g1 -- -- #iij ,h1 -- -- #iij ,i1 -- -- #iij ,k1 -- -- #iij ,l1 -- -- #iij --------- #i1ijj fr4 ,lors du remboursement par les dbiteurs1 nouvelle opration que le comptable coucherait sur les livres comme suit3 ,doit ,caisse aux ,suivants3 ,b1 son versement pour solde #iij fr4 ,c1 -- -- #iij ,d1 -- -- #iij ,e1 -- -- #iij ,f1 -- -- #iij ,g1 -- -- #iij ,h1 -- -- #iij ,i1 -- -- #iij ,k1 -- -- #iij ,l1 -- -- #iij ,profits et pertes1 reu desdits pour escompte #a pour #ajj #ajj ---------- ,total #aj1jjj fr4 ,le crdit donn par x1 ,banque nationale1--aprs conversion de la somme crdite1 en produits1 puis vente de ces produits tous les membres de la socit1 producteurs-consommateurs1 depuis ,a jusqu' ,l1 et enfin payement de la vente au moyen de la mme somme fournie par la ,banque2--ce crdit1 disons-nous1 lui rentre1 sous forme de billets ou espces1 augment de l'escompte de #a pour #ajj1 avec lequel la ,banque paye ses employs et acquitte ses frais4 ,si mme1 aprs avoir couvert ses dpenses1 il restait la ,banque un bnfice net tant soit peu considrable1 elle rduirait proportionnellement le taux de son escompte1 de manire ce qu'il lui restt toujours1 pour intrt du capital1 zro4 ,rsum des oprations de x1 ,banque nationale1 pour son inventaire au #ca dcembre4 ,doit4 ,,profits ,,et ,,pertes4 ,avoir4 #ajj fr4 ,bnfice sur ce ,produit des escomptes de compte4 l'anne4 #ajj fr4 ,en se reportant au compte de ,caisse de x1 ,banque nationale1 on voit tout d'abord que l'excdant du dbit de ce compte sur le crdit est de fr4 #ajj1 somme gale celle du bnfice d'escompte constate par le compte de ,profits et pertes4 ,,chapitre ,,iii4 ,venons enfin au compte de ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur1 lequel ne se distingue plus1 comme nous l'avons dit1 de ,b1 ,c1 ,d1 etc41 travailleurs salaris1 et ne prend ce titre que fictivement1 par suite de ses oprations avec ces derniers4 ,dans le rgime du crdit gratuit1 ,a ne prte plus les matires premires1 l'instrument du travail1 le capital1 en un mot2 il ne le donne pas non plus pour rien2 il le vend4 ,ds qu'il en a reu le prix1 il est dchu de ses droits sur son capital2 il ne peut plus s'en faire payer ternellement1 et au del de l'ternit mme1 l'intrt4 ,voyons donc comment se comportera le compte de ,a1 dans ce nouveau systme4 ,d'abord1 la monnaie n'tant qu'un instrument de circulation1 devenu1 par son accumulation la ,banque et la substitution presque gnrale du papier au numraire1 une proprit commune1 dont l'usage1 partout ddaign1 est gratuit1 les producteurs-consommateurs ,b1 ,c1 ,d1 etc41 n'ont plus que faire des cus de ,a4 ,ce qu'il leur faut1 ce sont les matires premires1 instruments de travail et subsistances dont ,a est dtenteur4 ,a commence donc ses oprations avec son capital1 marchandises1 que par hypothse nous fixerons #aj1jjj fr4 ,cette ouverture d'oprations de ,a s'exprime sur ses livres de la manire suivante3 #a4 ,doit ,marchandises gnrales ,a1 compte de ,capital3 ,marchandises en magasin1 au #a;er janvier dernier1 suivant inventaire #aj1jjj fr4 ,que fera ,a de cette marchandise8 ,il la vend aux travailleurs ,b1 ,c1 ,d1 etc41 c'est--dire la socit consommatrice et reproductrice qu'ici ils reprsentent1 de mme que lui1 ,a1 reprsente1 pour le moment1 la socit capitaliste et propritaire4 ,c'est ce que le comptable de ,a constatera comme suit3 #b4 ,vente au comptant ,b #iij -- ,c #iij -- ,d #iij -- ,e #iij -- ,f #iij -- ,g #iij -- ,h #iij -- ,i #iij -- ,k #iij -- ,l #iij --------- ,total #i1ijj fr4 ,mais si les travailleurs ,b1 ,c1 ,d1 etc41 consomment les articles de ,a1 son tour le propritaire-capitaliste-entrepreneur ,a consomme les produits des travailleurs ,b1 ,c1 ,d1 etc41 de qui il doit les acheter1 comme ils achtent eux-mmes les siens4 ,or1 nous avons vu1 chapitre #a;er1 article #c1 que la mieux-value donne aux valeurs consommes par ,b1 ,c1 ,d1 etc41 tant1 par hypothse1 dans un rgime exempt de tout chmage1 stagnation1 avilissement de prix1 de #aj pour #ajj1 le capital de #iij fr4 que ,b a obtenu1 par crdit1 de la ,banque1 reproductivement consomm1 se transforme en un autre de #a1jhi fr43 c'est donc d'aprs ce prix que ,a fait ses achats auprs de ,b1 et en acquitte les factures4 ,ce qui se traduit dans les critures comme suit3 #c4 ,doit ,marchandise gnrale ,caisse3 ,achat au comptant1 aux travailleurs ci-aprs3 ,b1 ses livraisons de divers articles pour ma consommation #a1jhi fr4 ,c1 -- -- -- #a1jhi ,d1 -- -- -- #a1jhi ,e1 -- -- -- #a1jhi ,f1 -- -- -- #a1jhi ,g1 -- -- -- #a1jhi ,h1 -- -- -- #a1jhi ,i1 -- -- -- #a1jhi ,k1 -- -- -- #a1jhi ,l1 -- -- -- #a1jhi ---------- ,total #aj1hij fr4 ,pour achever la dmonstration1 nous n'avons plus qu' dresser l'inventaire de ,a4 ,rsum des oprations de ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur pour son inventaire au #ca dcembre4 ,doit4 ,,marchandises ,g,n,,rales4 ,avoir4 #aj1hij fr4 ,dbit de ce compte ,crdit de ce compte au #ca dcembre au #ca dcembre #i1ijj fr4 ,restant en magasin des marchandises inventories au #a;er janvier dernier #ajj ,perte sur ce compte #hij ---------- ---------- #aj1hij fr4 ,somme gale4 #aj1hij fr4 ,maintenant que nous avons tabli notre double comptabilit1 rapprochons les comptes1 et notons les diffrences3 #a ,sous le rgime de l'usure1 le compte de chaque travailleur se solde par une perte de #ajj fr41 soit pour les #aj3 #a1jjj fr4 ,en mme temps1 celui de ,a1 propritaire-capitaliste-entrepreneur1 se solde par un bnfice de #a1jjj fr42 ce qui prouve que dans la socit capitaliste le dficit1 soit la misre1 est en raison de l'agio4 #b ,sous le rgime du crdit gratuit1 au contraire1 le compte de chaque travailleur se solde par un boni de #ii fr41 soit pour les dix1 #iij fr42 et celui de ,a1 propritaire-capitaliste1 par un dficit de #hij fr41 qui1 avec les #ajj fr4 de marchandises restant en magasin et venant en couverture du dficit de l'anne1 font bien les #iij fr4 dont la fortune des dix travailleurs s'est augmente4 ,ce qui prouve que1 dans la socit mutuelliste1 c'est--dire de l'gal change1 la fortune de l'ouvrier augmente en raison directe de son travail1 tandis que celle du capitaliste diminue aussi en raison directe de sa consommation improductive1 et qui dtruit le reproche que m'adressait ,pierre ,leroux1 qu'il n'a cess depuis deux mois de reproduire dans sa polmique1 savoir1 que le crdit gratuit1 la ,banque du peuple1 la mutualit ne sont aussi que du propritarisme1 du bourgeoisisme1 de l'exploitation1 enfin1 comme le rgime que la ,banque du peuple avait la prtention d'abolir4 ,dans le rgime mutuelliste1 la fortune de l'ouvrier augmente en raison directe de son travail1 tandis que celle du propritaire-capitaliste diminue en raison directe de sa consommation improductive3--cette proposition1 mathmatiquement dmontre1 rpond toutes les divagations de ,pierre ,leroux et de ,louis ,blanc1 sur la communaut1 la fraternit et la solidarit4 ,renversons maintenant la formule3 ,sous le rgime de l'usure1 la fortune de l'ouvrier dcrot en raison directe de son travail1 tandis que celle du propritaire-capitaliste augmente en raison directe de sa consommation improductive3--cette proposition1 dmontre comme la prcdente1 mathmatiquement1 rpond toutes les divagations des jsuites1 malthusiens et philanthropes1 sur l'ingalit des talents1 les compensations de l'autre vie1 etc41 etc4 ,comme corollaire ce qui prcde1 et en nous basant toujours sur la logique des chiffres1 nous disons encore3 ,dans la socit capitaliste1 l'ouvrier ne pouvant jamais racheter son produit pour le prix qu'il l'a vendu1 est constamment en dficit4 ,d'o1 ncessit pour lui de rduire indfiniment sa consommation1 et1 par suite1 ncessit pour la socit entire de rduire indfiniment la production2 partant1 interdiction de la vie1 obstacle la formation des capitaux comme des subsistances4 ,dans la socit mutuelliste1 au contraire1 l'ouvrier changeant1 sans retenue1 produit contre produit1 valeur contre valeur1 ne supportant qu'un droit lger d'escompte largement compens par l'excdant que lui laisse1 au bout de l'anne son travail1 l'ouvrier profite exclusivement de son produit4 ,d'o1 facult pour lui de produire indfiniment1 et1 pour la socit1 accroissement indfini de la vie et de la richesse4 ,diriez-vous qu'une pareille rvolution dans les rapports conomiques ne ferait1 aprs tout1 que dplacer la misre2 qu'au lieu de la misre du travailleur salari1 qui ne peut racheter son propre produit1 et qui devient d'autant plus pauvre qu'il travaille davantage1 nous aurions la misre du propritaire-capitaliste-entrepreneur1 qui se verrait forc d'entamer son capital1 et1 partant1 de dtruire incessamment1 avec la matire du produit1 l'instrument du travail mme8 ,mais qui ne voit que si1 comme cela est invitable dans le rgime de la gratuit1 les deux qualits de travailleur salari d'une part1 et de propritaire-capitaliste-entrepreneur1 de l'autre1 deviennent gales et insparables dans la personne de chaque ouvrier1 le dficit qu'prouve ,a dans les oprations qu'il fait comme capitaliste1 il le couvre immdiatement par le bnfice qu'il obtient son tour comme travailleur3 de sorte que1 tandis que1 d'un ct1 par l'annihilation de l'intrt1 la somme des produits du travail s'accrot indfiniment2 de l'autre1 par les facilits de la circulation1 ces produits se convertissent incessamment en ,,valeur1 et les valeurs en ,,capitaux8 ,que chacun1 au lieu de crier la spoliation contre le socialisme1 fasse donc son propre compte2 que chacun dresse l'inventaire de sa fortune et de son industrie1 de ce qu'il gagne comme capitaliste-propritaire1 et de ce qu'il peut obtenir comme travailleur2 et1 je me trompe fort1 ou1 sur les #aj millions de citoyens inscrits sur les listes lectorales1 il ne s'en trouvera pas #bjj1jjj1 #a sur #ej1 qui aient intrt conserver le rgime usuraire et repousser le crdit gratuit4 ,quiconque1 encore une fois1 gagne plus par son travail1 par son talent1 par son industrie1 par sa science1 que par son capital1 est directement et surabondamment intress l'abolition la plus immdiate et la plus complte de l'usure2 celui-l1 dis-je1 qu'il le sache ou qu'il l'ignore1 est1 au premier chef1 partisan de la ,rpublique dmocratique et sociale2 il est1 dans l'acception la plus large1 la plus conservatrice1 ,r,,volutionnaire4 ,quoi donc6 ,serait-il vrai1 parce qu'ainsi l'a dit ,malthus et qu'ainsi le veut1 sa suite1 une poigne de pdants1 que #aj millions de travailleurs1 avec leurs enfants et leurs femmes1 doivent servir ternellement de pture #bjj1jjj parasites1 et que c'est afin de protger cette exploitation de l'homme par l'homme1 que l'tat existe1 qu'il dispose d'une force arme de #ejj1jjj soldats1 d'un million de fonctionnaires et que nous lui payons deux milliards d'impts8444 ,mais qu'ai-je besoin1 aprs tout ce qui a t dit dans le cours de cette polmique1 d'entretenir plus longtemps l'opposition purement factice de travailleurs-salaris et capitalistes-propritaires8 ,le moment est venu de faire cesser tout antagonisme entre les classes1 et d'intresser l'abolition de la rente et de l'intrt1 jusqu'aux propritaires et aux capitalistes eux-mmes4 ,la ,rvolution1 ayant assur son triomphe par la justice1 peut1 sans manquer sa dignit1 s'adresser aux intrts4 ,n'avons-nous pas vu que l'intrt est n des risques de l'industrie et du commerce1 qu'il s'est manifest d'abord dans les contrats plus ou moins alatoires de pacotille et la grosse8 ,or1 ce qui fut au commencement l'effet invitable de l'tat de guerre1 ce qui devait1 de toute ncessit1 apparatre dans une socit antagoniste1 se reproduira encore et toujours1 dans la socit harmonique et pacifie4 ,le progrs1 dans l'industrie comme dans la science1 est sans fin2 le travail ne connat pas de bornes ses aventureuses entreprises4 ,mais qui dit entreprise1 dit toujours chose plus ou moins alatoire1 par consquent1 risque plus ou moins grand du capital engag1 partant ncessit d'un intrt compensateur4 ,au loyer1 au fermage1 la rente1 au prt sur hypothque1 l'agio mercantile1 aux spculations de bourse1 la spoliation bancocratique1 doit succder pour le capital1 dans des conditions de plus en plus heureuses1 la ,commandite4 ,alors le capital1 divis par actions et fourni par les masses ouvrires1 au lieu de spolier le travail1 produira pour le travail2 alors le dividende ne sera qu'une manire de faire participer la socit tout entire aux bnfices des spculations prives3 ce sera le gain lgitim du gnie contre la fortune4 ,que les capitalistes actuels1 au lieu de s'entasser la ,bourse1 de comprimer la rvolution et de mettre l'embargo sur les bras1 osent donc se faire nos chefs de file2 qu'ils deviennent1 comme en #ib1 nos gnraux dans cette nouvelle guerre du travail contre la misre1 dans cette grande croisade de l'industrie contre la nature4 ,n'y a-t-il donc plus rien dcouvrir1 plus rien oser1 plus rien faire pour le dveloppement de notre nationalit1 pour l'augmentation de notre richesse et de notre gloire8444 ,je m'arrte3 il est temps4 ,malgr moi1 ,monsieur1 vous m'avez pouss cette dduction abstraite1 fatigante pour le public et peu facile pour les colonnes d'un journal populaire4 ,fallait-il donc m'entraner cette dissertation pineuse1 quand il tait si facile1 si simple de nous renfermer dans cette question premptoire autant que positive3 ,le crdit peut-il ou ne peut-il pas tre gratuit8 ,au risque de rebuter les lecteurs de la ,voix du ,peuple1 j'ai voulu satisfaire votre dsir3 vous me direz1 si vous le jugez convenable1 ce que vous trouvez reprendre1 d'abord l'analyse que j'ai faite de la notion de capital2 puis la dfinition que j'en ai fait sortir2 enfin aux thormes et aux corollaires qui en ont fait le dveloppement4 ,dans ce que vous venez de lire il y a1 vous ne le nierez pas1 toute une rvolution non-seulement politique et conomique1 mais encore1 ce qui doit vous tre1 ainsi qu' moi-mme1 beaucoup plus sensible1 scientifique4 vous de voir si vous acceptez1 pour votre compte et pour celui de vos coreligionnaires1 la conclusion qui ressort avec clat de toute cette discussion1 savoir1 que ni vous1 monsieur ,bastiat1 ni personne de votre cole1 n'entendez rien l'conomie politique4 ,je suis1 etc4 ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,,douzi,,me ,,lettre4 ,f4 ,,bastiat ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,le systme de la gratuit du crdit se rduit au papier-monnaie4--,quelles consquences tirer de la comptabilit tablie par ,m4 ,proudhon8--,des billets de banque4--,des profits qu'ils procurent4--,pntration de ,j4 ,b4 ,say4--,le vrai moyen de faire profiter du crdit le public1 qui lui-mme l'accorde1 c'est la libert4--,analyse du crdit et de l'intrt4--,exhortation ,m4 ,proudhon de changer sa bannire4 #d fvrier #ahej4 ,vous venez de rendre la socit un signal service4 ,jusqu'ici la gratuit du crdit tait demeure enveloppe de nuages philosophiques1 mtaphysiques1 conomiques1 antinomiques1 historiques4 ,en la soumettant la simple preuve de la comptabilit1 vous la faites descendre de ces vagues rgions2 vous l'exposez nue tous les regards2 chacun pourra la reconnatre3 c'est la monnaie de papier4 ,multiplier et galiser les richesses sur la terre en y jetant une pluie de papier-monnaie1 voil tout le mystre4 ,voil le conclusum1 l'ultimatum et le desideratum du socialisme4 ,la gratuit du crdit1 c'est son dernier mot1 sa dernire formule1 son dernier effort4 ,vous l'avez dit cent fois avec raison4 ,d'autres1 il est vrai1 donnent ce mot un autre sens4 ,est socialiste1 disait1 ces jours-ci1 la ,dmocratie pacifique1 quiconque aspire raliser un peu de bien4--,certes1 si la dfinition est vague1 elle est du moins comprhensive et surtout prudente4 ,ainsi dfini1 le socialisme est imprissable4 ,mais un dsir1 non plus que vingt aspirations qui s'entre-dtruisent1 ne constituent pas une science4 ,qu'est devenue l',icarie8 ,ou en sont le phalanstre1 l'atelier national1 la triade8 ,ces formules sont mortes1 et vous n'avez pas peu contribu les tuer4 ,si quelques autres ont fait rcemment leur entre dans le monde1 sous des noms sanscrits 7que j'ai oublis71 il est permis de croire qu'elles ne sont pas nes viables4 ,une seule survivait encore3 gratuit du crdit4 ,il m'a sembl qu'elle puisait sa vie dans le mystre4 ,vous l'exposez au grand jour3 survivra-t-elle longtemps8 ,l'altration des monnaies1 pouvant aller jusqu' la monnaie fictive1 c'est une invention qui n'est ni neuve1 ni d'origine trs-dmocratique4 ,jusqu'ici cependant1 on avait pris la peine de donner ou de supposer au papier-monnaie quelques garanties1 les futures richesses du ,mississipi1 le sol national1 les forts de l'tat1 les biens des migrs1 etc4 ,on comprenait bien que le papier n'a pas de valeur intrinsque1 qu'il ne vaut que comme promesse1 et qu'il faut que cette promesse inspire quelque confiance pour que le papier qui la constate soit volontairement reu en change de ralits4 ,de l le mot crdit 7credere1 croire1 avoir foi74 ,vous ne paraissez pas vous tre proccup de ces ncessits4 ,une fabrique inpuisable de papier-monnaie1 voil votre solution4 ,permettez-moi d'intervertir l'ordre de la discussion que vous m'indiquez1 et d'examiner d'abord votre mcanisme social1 expos sous ce titre3 ,gratuit du crdit4 ,il est bon de constater que vous dfinissez ainsi le capital3 ,toute valeur faite1 en terres1 instruments de travail1 marchandises1 subsistances ou monnaies1 et servant ou pouvant servir la production4 ,cette dfinition1 je l'accepte4 ,elle suffit la discussion actuelle4 ,ceci pos1 ,a1 ,b1 ,c1 ,d1 ,e1 ,f1 ,g1 ,h1 ,i1 ,k1 ,l1 etc41 sont tout la fois capitalistes et travailleurs4 ,vous faites le compte de l'un d'eux1 ,a1 pris en sa qualit de capitaliste2 puis celui de ,b1 reprsentant tous les travailleurs2 enfin vous dressez la comptabilit de la ,banque4 ,a est dtenteur de capitaux1 de valeurs faites1 en terres1 instruments1 subsistances1 etc42 ,b dsire se les approprier1 mais il n'a rien donner en change et ne doit pas les emprunter sous peine de payer un intrt4 ,il se prsente la ,banque et lui dit3 ,livrez-moi pour mille francs de billets1 je vous rembourserai sur le produit de mon travail futur au fur et mesure de mes ventes4 ,la ,banque s'excute et donne des billets pour #iij fr4#da4 ,muni de ces prcieux talismans1 ,b se prsente ,a et lui dit3 ,vous espriez peut-tre me prter vos capitaux1 mais vous voil rduit me les vendre1 car je suis en mesure de les payer4 ,a s'empresse de livrer ses capitaux 7terres1 marchandises1 subsistances7 ,b contre les billets4 ,b entreprend son travail4 ,en vertu de l'aphorisme3 ,tout travail doit laisser un excdant1 il ajoute #aj pour #ajj la valeur qu'il vient d'acheter1 court la ,banque payer 7en billets sans doute7 les #iij fr4 qu'il lui doit1 et se trouve avoir ralis #ii fr4 de profits4 ,ainsi de ,c1 ,d1 ,e1 ,f1 etc41 en un mot de tous les hommes4 ,note #da3 ,cette retenue de #aj fr41 n'ayant pour objet que les frais de bureau1 est improprement nomme escompte4 ,elle pourrait tre rduite quelques centimes4 ,peut-tre mme et-il mieux valu1 dans la thorie et la comptabilit1 ne point s'en proccuper4 ,ayant imagin ces donnes1 vous dressez la comptabilit de ,a1 de ,b et celle de la ,banque4 ,certes1 cette comptabilit1 les donnes tant admises1 est irrprochable4 ,mais peut-on admettre vos donnes8 ,sont-elles conformes la nature des hommes et des choses8 ,c'est ce qu'il s'agit d'examiner4 ,les billets de la ,banque offriront-ils quelques garanties8 en d'autres termes1 inspireront-ils ou non de la confiance8 ,en d'autres termes encore1 la ,banque aura-t-elle ou n'aura-t-elle pas un capital primitif et des valeurs faites suffisantes pour rpondre de toutes ses missions8 ,comment runira-t-elle le capital en valeurs faites8 ,si elle a des actionnaires1 dans l'ordre de choses actuel1 qui est notre point de dpart1 ils voudront toucher un intrt1 et comment la ,banque prtera-t-elle titre gratuit ce qu'elle emprunte titre onreux8 ,on s'emparera du capital de la ,banque de ,france1 dites-vous1 et on remboursera les actionnaires en rentes sur l'tat4 ,ceci recule la difficult sans la rsoudre4 ,c'est la masse1 la nation qui empruntera le capital #e pour #ajj pour le prter gratis4 ,l'intrt ne sera pas ananti1 mais mis sur le dos du contribuable4 ,mais enfin1 admettons que ce capital de #aj1jjj fr41 sur lequel vous oprez fictivement1 soit runi1 et mettons de ct ce cercle vicieux qui consiste supposer la gratuit pour la raliser4 ,puisque vous l'avez cru ncessaire1 vous jugez sans doute indispensable qu'il se conserve4 ,pour cela vous raisonnez sur cette hypothse que ,b1 ,c1 ,d1 ,e1 etc41 rembourseront chaque anne la ,banque les billets qu'ils lui auront pris4 ,mais si cette hypothse fait dfaut8 ,si ,b est un dbauch qui va dpenser ses #a1jjj fr4 au cabaret8 ,si ,c les donne sa matresse8 ,si ,d les jette dans une entreprise ridicule8 ,si ,e fait une fugue en ,belgique8 etc41 etc41 que deviendra la ,banque8 qui ,a s'adressera-t-il pour avoir la contre-valeur des capitaux dont il se sera dfait8 ,car enfin votre ,banque n'aura pas la vertu de changer notre nature1 de rformer nos mauvaises inclinations4 ,bien au contraire1 et il faut reconnatre que l'extrme facilit de se procurer du papier-monnaie1 sur la simple promesse de travailler le rembourser ultrieurement1 serait un puissant encouragement au jeu1 aux entreprises folles1 aux oprations hasardeuses1 aux spculations tmraires1 aux dpenses immorales ou inconsidres4 ,c'est une chose grave que de placer tous les hommes en situation de se dire3 ,tentons la fortune avec le bien d'autrui2 si je russis1 tant mieux pour moi2 si j'choue1 tant pis pour les autres4 ,je ne puis concevoir1 quant moi1 le jeu rgulier des transactions humaines en dehors de la loi de responsabilit4 ,mais1 sans rechercher ici les effets moraux de votre invention1 toujours est-il qu'elle te la ,banque nationale toute condition de crdit et de dure4 ,vous me direz peut-tre qu'avant de livrer ses billets la ,banque s'enquerra avec soin du degr de confiance que mritent les demandeurs4 ,proprit1 moralit1 activit1 intelligence1 prudence1 tout sera scrut et pes avec soin4 ,mais prenez garde2 si1 d'un ct1 vous exigez que la ,banque ait un capital primitif de garantie1 si1 de l'autre1 elle ne prte qu'en toute scurit1 que fera-t-elle de plus que ne font aux tats-,unis les ,banques libres8 ,et celui qui est pauvre diable aujourd'hui ne sera-t-il pas pauvre diable sous votre rgime8 ,je ne crois pas que vous puissiez sortir de ces alternatives3 ,ou la ,banque aura un capital dont elle payera l'intrt1 et alors elle ne pourra1 sans se ruiner1 prter sans intrt2 ,ou elle disposera d'un capital gratuit1 et1 en ce cas1 expliquez-nous d'o elle le tirera1 en dehors de ,a1 ,b1 ,c1 ,d1 etc41 qui forment toute la nation8 ,dans l'une et l'autre hypothse1 ou elle prtera avec mesure et discernement1 et alors vous n'aurez pas le crdit universel2 ou elle prtera sans garantie1 et en ce cas elle fera faillite avant deux mois4 ,mais passons sur ces premires difficults4 ,a1 que vous mettez en scne1 est capitaliste1 partant avis1 prudent1 timor1 peureux mme4 ,ce n'est pas vous qui le nierez4 ,aprs tout1 cela lui est bien permis4 ,tout ce qu'il a1 il l'a acquis au prix de ses sueurs1 et ne veut pas s'exposer le perdre4 ,ce sentiment1 au point de vue social1 est minemment conservateur4 ,avant donc de livrer ses capitaux contre des billets1 ,a tournera et retournera bien souvent ces billets dans ses mains4 ,peut-tre finira-t-il par les refuser1 et voil votre systme en fume4 ,que ferez-vous8 ,dcrterez-vous le cours forc8 ,que devient alors la libert1 dont vous tes le champion8 ,aprs avoir fait de la ,banque une inquisition1 en ferez-vous une gendarmerie8 ,ce n'tait pas la peine de supprimer l'tat4 ,mais je vous concde1 pour la discussion seulement1 le cours forc4 ,vous n'empcherez pas ,a de calculer ses risques4 ,il est vrai qu'il n'y a gure de risques qu'un vendeur n'affronte1 pourvu qu'il trouve dans l'lvation du prix une prime d'assurance satisfaisante4 ,a1 capitaliste1 c'est--dire menuisier1 cordonnier1 forgeron1 tailleur1 etc41 etc41 dira donc ,b1 ,c1 ,d3 ,messieurs1 si vous voulez mes meubles1 mes souliers1 mes clous1 mes habits1 qui sont des valeurs faites1 donnez-moi une valeur faite1 c'est--dire #bj fr4 en argent4--,voil #bj fr4 en billets1 rpond ,b4--,ce n'est qu'une promesse1 rpond ,a1 et je n'y ai pas confiance4--,le cours forc est dcrt1 rplique ,b3--,soit1 riposte ,a1 mais je veux #ajj fr4 de ma marchandise4 ,comment arrterez-vous cette hausse de prix1 videmment destructive de tous les bienfaits que vous attendez de la ,banque8 ,que ferez-vous8 ,dcrterez-vous le maximum8 ,l'universelle chert se manifestera encore par une autre cause4 ,certes1 vous ne doutez pas que la ,banque1 ds qu'elle aura fait battre le rappel par tous les organes de la publicit1 ds qu'elle aura annonc qu'elle prte pour rien1 n'attire elle de nombreux clients4 ,tous ceux qui ont des dettes1 dont ils payent l'intrt1 voudront profiter de cette belle occasion de se librer4 ,en voil pour une vingtaine de milliards4 ,l'tat voudra s'acquitter aussi des #e milliards qu'il doit4 ,la ,banque sera encore assaillie de tout ngociant qui a conu une opration1 de tout manufacturier qui veut fonder ou agrandir une fabrique1 de tout monomane qui a fait une dcouverte merveilleuse1 de tout ouvrier1 compagnon1 ou apprenti qui veut devenir matre4 ,je ne crains pas de trop m'avancer en disant que l'mission des billets1 si elle a la prtention de satisfaire tous les apptits1 toutes les cupidits1 toutes les rveries1 dpassera #ej milliards ds les six premiers mois4 ,voil de quel poids la demande des capitaux psera sur le march4 ,mais o en sera l'offre8 ,dans six mois1 la ,france n'aura pas cr assez de valeurs faites 7terres1 instruments1 marchandises1 subsistances71 pour satisfaire ce prodigieux accroissement de prtentions2 car les valeurs faites1 les ralits1 ne tombent pas aussi facilement dans le tablier de dame ,offre1 que les valeurs fictives dans celui de dame ,demande4 ,cependant vendre et acheter sont des termes corrlatifs2 ils expriment deux actes qui s'impliquent1 et1 vrai dire1 ne font qu'un4 ,quel sera le rsultat8 ,une hausse exorbitante de tous les prix1 ou1 pour mieux dire1 une dsorganisation sociale telle que le monde n'en a jamais vu4--,et1 soyez-en sr1 si quelqu'un en rchappe1 ce ne sera pas le moins fripon1 ce ne sera pas surtout le pauvre diable qui la ,banque a refus crdit4 ,ainsi1 mesures arbitraires pour fonder la ,banque1 inquisition si elle veut mesurer la confiance1 cours forc1 maximum1 et1 en dfinitive1 banqueroute et dsorganisation1 dont les plus pauvres et les moins rous seront les premires victimes2 voil les consquences logiques du papier-monnaie4 ,ce n'est pas tout4 ,vous pourriez me dire3 ,votre critique porte sur les moyens d'excution4 ,on y avisera4 ,il ne s'agit que du principe4 ,or1 vous ne pouvez nier que ma ,banque1 sauf les moyens d'excution1 dtruit l'intrt4 ,donc la gratuit du crdit est au moins possible4 ,je pourrais rpondre3 ,non1 si les moyens d'excution ne le sont pas4 ,mais je vais droit au fond1 et je dis3 ,votre invention n'et-elle pas tous les dangers que j'ai signals1 n'atteint pas votre but4 ,elle ne ralise pas la gratuit du crdit4 ,vous savez aussi bien que moi1 ,monsieur1 que cette rmunration du capital1 qu'on nomme intrt1 ne s'attache pas seulement au prt4 ,elle est aussi comprise dans le prix de revient des produits4 ,et puisque vous invoquez la comptabilit1 je l'invoque mon tour4 ,ouvrons les livres du premier entrepreneur venu4 ,nous y verrons qu'il n'opre jamais sans s'tre assur non-seulement le salaire de son travail1 mais encore la rentre1 l'amortissement et l'intrt de son capital4 ,cet intrt se trouve confondu dans le prix de vente4 ,en rduisant toutes les transactions des achats et des ventes1 votre ,banque ne rsout donc pas1 ne touche mme pas le problme de la suppression de l'intrt4 ,eh quoi6 ,monsieur1 vous prtendez arriver des arrangements tels1 que celui qui travaille sur son propre capital ne gagne pas plus que celui qui travaille sur le capital d'autrui emprunt pour rien6 ,vous poursuivez une impossibilit et une injustice4 ,je vais plus loin1 et je dis qu'eussiez-vous raison sur tout le reste1 vous auriez encore tort de prendre pour devise ces mots3 gratuit du crdit4 ,prenez-y garde en effet1 vous n'aspirez pas rendre le crdit gratuit1 mais le tuer4 ,vous voulez tout rduire des achats et des ventes1 des virements de parties4 ,vous croyez que1 grce votre papier-monnaie1 il n'y aura plus occasion de prter ni d'emprunter2 que tout crdit sera inutile1 nul1 aboli1 teint faute d'occasion4 ,mais peut-on dire d'une chose qui n'existe pas1 ou qui a cess d'exister1 qu'elle est gratuite8 ,et ceci n'est point une querelle de mots4 ,aprs tout1 d'ailleurs1 les mots sont les vhicules des ides4 ,en annonant la gratuit du crdit1 vous donnez certainement entendre1 que ce soit ou non votre intention1 que chacun pourra jouir1 pendant un temps indtermin1 de la proprit d'autrui sans rien payer4 ,les malheureux1 qui n'ont pas le temps d'approfondir les choses et de discerner en quoi vos expressions manquent d'exactitude1 ouvrent de grands yeux4 ,ils sentent se remuer en eux les plus dplorables apptits4 ,mettre la main sur le bien d'autrui1 et cela sans injustice1 quelle attrayante perspective6 ,aussi vous avez eu et vous deviez avoir d'abord beaucoup d'adeptes4 ,mais si votre mot d'ordre et t anantissement du crdit1 qui exprime votre pense relle1 on aurait compris que1 sous votre rgime1 on n'aura rien pour rien4 ,la cupidit1 ce grand organe de la crance1 comme dit ,pascal1 et t neutre4 ,on se serait born examiner froidement1 d'abord1 si votre systme est un progrs sur ce qui est1 ensuite1 s'il est praticable4 ,le mot gratuit est toujours fort sduisant2 mais je ne crains pas de dire que1 s'il a t un leurre pour beaucoup de vos adeptes1 il a t un pige pour votre esprit4 ,il explique les hsitations qu'on a pu remarquer dans votre polmique4 ,quand je m'attachais circonscrire le dbat dans cette question de la gratuit1 vous tiez mal l'aise4 ,vous sentiez bien1 au fond de votre conscience et de votre science1 que le crdit1 tant qu'il existe1 ne peut tre gratuit2 que le remboursement d'une valeur emprunte ne peut tre identique1 soit qu'on l'opre immdiatement1 soit qu'on l'ajourne indfiniment4 ,vous faisiez cet gard des concessions loyales qui vous ont t reproches dans votre glise4 ,d'un autre ct1 entran1 engag par votre devise3 gratuit du crdit1 vous faisiez des efforts incroyables pour vous tirer de ce mauvais pas4 ,vous invoquiez l'antinomie1 vous alliez jusqu' dire que le oui et le non peuvent tre vrais de la mme chose et en mme temps4 ,aprs la dialectique1 venait la rhtorique4 ,vous apostrophiez l'intrt1 le qualifiant de vol1 etc41 etc4 ,et tout cela pour avoir revtu votre pense d'une expression fausse4 ,notre dbat et t bien abrg1 si vous m'aviez dit3 ,tant que le crdit existe1 il ne peut tre gratuit2 mais j'ai trouv le moyen de faire qu'il n'existe pas1 et dornavant j'crirai sur mon drapeau1 au lieu de ces mots3 ,gratuit du crdit1 ceux-ci3 ,anantissement du crdit4 ,la question ainsi pose1 je n'aurais eu qu' examiner vos moyens d'excution4 ,c'est ce que1 par votre dernire lettre1 vous m'avez mis mme de faire4 ,j'ai prouv que ces moyens d'excution se rsument en un mot3 papier-monnaie4 ,j'ai prouv1 en outre3 ,que1 pour que les billets d'une ,banque soient reus1 il faut qu'ils inspirent confiance2 ,que1 pour qu'ils inspirent confiance1 il faut que la ,banque ait des capitaux2 ,que1 pour que la ,banque ait des capitaux1 il faut qu'elle les emprunte prcisment ,a1 ,b1 ,c1 ,d1 qui sont le peuple1 et en paye l'intrt au cours2 ,que si elle en paye l'intrt1 elle ne peut les prter sans intrt2 ,que1 si elle les prte ,a1 ,b1 ,c1 ,d1 gratis1 aprs les leur avoir pris de force sous forme de contribution1 il n'y a rien de chang dans le monde1 si ce n'est une oppression de plus2 ,et enfin que1 dans aucune hypothse1 mme en rduisant toutes les transactions des ventes1 vous ne dtruisez pas cette rmunration du capital1 toujours confondue avec le prix de vente4 ,il rsulte de l1 que si votre ,banque n'est qu'une fabrique de papier-monnaie1 elle amnera la dsorganisation sociale4 ,que si1 au contraire1 elle est tablie sur les bases de la justice1 de la prudence et de la raison1 elle ne fera rien que ne puisse faire mieux qu'elle la libert des ,banques4 ,est-ce dire1 ,monsieur1 qu'il n'y ait rien de vrai1 selon moi1 dans les ides que vous soutenez8 ,en m'expliquant cet gard1 je vais faire un mouvement vers vous4 ,puisse-t-il vous dterminer en faire un vers moi1 ou plutt vers la vraie solution3 la libert des ,banques6 ,mais1 pour tre compris1 j'ai besoin1 au risque de me rpter1 d'tablir quelques notions fondamentales sur le crdit4 ,le ,temps est prcieux4 ,time is money1 disent les ,anglais4 ,le temps1 c'est l'toffe dont la vie est faite1 dit le ,bonhomme ,richard4 ,c'est de cette vrit incontestable que se dduit la notion et la pratique de l'intrt4 ,car faire crdit1 c'est accorder du temps4 ,sacrifier du temps autrui1 c'est lui sacrifier une chose prcieuse1 et il n'est pas possible de soutenir qu'en affaires un tel sacrifice doive tre gratuit4 ,a dit ,b3 ,consacrez cette semaine faire pour moi un chapeau2 je l'emploierai faire pour vous des souliers4--,souliers et chapeau se valent1 rpond ,b1 j'accepte4 ,un instant aprs1 ,b s'tant ravis dit ,a3 ,j'ai rflchi que le temps m'est prcieux2 je dsire me consacrer moi-mme cette semaine et les suivantes2 ainsi1 faites-moi les souliers tout de suite2 je vous ferai le chapeau dans un an4--,j'y consens1 rpond ,a1 mais1 dans un an1 vous me donnerez une semaine et deux heures4 ,je le demande tout homme de bonne foi1 ,a fait-il acte de piraterie en plaant une nouvelle condition son profit ct d'une nouvelle condition sa charge8 ,ce fait primitif contient en germe toute la thorie du crdit4 ,je sais que1 dans la socit1 les transactions ne sont pas aussi simples que celle que je viens de dcrire1 mais elles sont identiques par leur essence4 ,ainsi1 il est possible que ,a vende les souliers un tiers pour #aj fr4 et remette cette somme ,b en lui disant3 ,donnez-moi le chapeau immdiatement1 ou1 si vous voulez un dlai d'un an1 vous me restituerez une semaine de travail1 plus deux heures1 ou bien #aj fr41 plus un vingtime en sus4 ,nous rentrons tout fait dans l'hypothse prcdente4 ,d'accord1 je l'espre du moins1 sur la lgitimit du crdit1 voyons maintenant quels arrangements il peut donner lieu4 ,b peut n'avoir pris qu'un engagement verbal1 et cependant1 il n'est pas impossible que ,a ne le transmette et ne l'escompte4 ,il peut dire ,c3 ,je vous dois #aj fr4 ,b m'a donn sa parole qu'il me donnerait #aj fr4 et #aj sous dans un an4 ,voulez-vous accepter en payement mes droits sur ,b8--,si ,c a confiance1 s'il croit1 l'opration pourra se faire4 ,mais qui oserait dire que1 pour multiplier les souliers et les chapeaux1 il suffit de multiplier les promesses de ce genre1 indpendamment de la confiance qui s'y attache8 ,b peut livrer un titre crit4 ,le titre1 sous cette forme1 vitera les contestations et dngations2 il inspirera plus de confiance et circulera plus facilement que la promesse verbale4 ,mais ni la nature ni les effets du crdit n'auront chang4 ,enfin un tiers1 une ,banque1 peut garantir ,b1 se charger de son titre et mettre la place son propre billet4 ,ce sera une nouvelle facilit la circulation4 ,mais pourquoi8 prcisment parce que la signature de la ,banque inspire au public plus de confiance que celle de ,b4 ,comment donc peut-on penser qu'une ,banque soit bonne quelque chose1 si elle n'a pas pour base la confiance1 et comment l'aurait-elle1 si ses billets offrent moins de garantie que ceux de ,b8 ,il ne faut donc pas que ces titres divers nous fassent illusion4 ,il ne faut pas y voir une valeur propre1 mais la simple promesse de livrer une valeur1 promesse souscrite par quelqu'un qui est en mesure de la tenir4 ,mais ce que je veux faire remarquer1 car c'est ici que s'opre le rapprochement que j'ai annonc entre votre opinion et la mienne1 c'est un singulier dplacement du droit l'intrt1 qui s'opre par l'intervention des ,banques4 ,dans le cas d'un billet ordre ou d'une lettre de change1 qui paye l'intrt8 videmment l'emprunteur1 celui qui d'autres ont sacrifi du temps4 ,et qui profite de cet intrt8 ,ceux qui ont fait ce sacrifice4 ,ainsi1 si ,b a emprunt1 pour un an1 #a1jjj fr4 ,a1 et lui a souscrit un billet de #a1jdj fr41 c'est ,a qui profite des #dj fr4 ,s'il ngocie immdiatement ce billet1 #d pour #ajj d'escompte1 c'est le preneur qui gagne l'intrt1 comme il est juste1 puisque c'est lui qui fait l'avance ou le sacrifice du temps4 ,si ,a ngocie son billet au bout de six mois ,c1 celui-ci ne lui en donne que #a1jbj fr41 et l'intrt se partage entre ,a et ,c1 parce que chacun a sacrifi six mois4 ,mais quand la ,banque intervient1 les choses se passent diffremment4 ,c'est toujours ,b1 l'emprunteur1 qui paye l'intrt4 ,mais ce n'est plus ,a et ,c qui en profitent1 c'est la ,banque4 ,en effet1 ,a vient de recevoir son titre4 ,s'il le gardait1 quelque poque qu'il le ngocit1 il toucherait toujours l'intrt pour tout le temps o il aurait t priv de son capital4 ,mais il le porte la ,banque4 ,il remet celle-ci un titre de #a1jdj fr41 et elle lui donne en change un billet de #a1jjj fr4 ,c'est donc elle qui gagne les #dj fr4 ,quelle est la raison de ce phnomne8 ,il s'explique par la disposition o sont les hommes de faire des sacrifices la commodit4 ,le billet de banque est un titre trs-commode4 ,quand on le prend1 on ne se propose pas de le garder4 ,on se dit3 ,il ne restera pas en mes mains plus de huit dix jours1 et je puis bien sacrifier l'intrt de #a1jjj fr4 pendant une semaine en vue des avantages que le billet me procure4 ,au reste1 les billets ont cela de commun avec l'argent2 celui qu'on a dans sa bourse ou dans sa caisse ne rapporte pas d'intrt1 ce qui montre1 pour le dire en passant1 l'absurdit des personnes qui dclament sans cesse contre la productivit de l'argent1 rien au monde n'tant plus improductif d'intrts que la monnaie4 ,ainsi1 si un billet de banque reste un an dans la circulation1 et passe par quarante mains1 sjournant neuf jours dans chacune1 c'est quarante personnes qui ont renonc1 en faveur de la ,banque1 aux droits qu'elles avaient sur les #dj fr4 d'intrts dus et pays par ,b4 ,chacune d'elles a fait un sacrifice de #a fr4 ,ds lors on a pu se demander si cet arrangement tait juste1 s'il n'y aurait pas moyen d'organiser une ,banque nationale1 commune1 qui fit profiter le public du sacrifice support par le public1 en un mot1 qui ne pert pas d'intrts4 ,si je ne me trompe1 ,monsieur1 c'est sur l'observation de ce phnomne que se fonde votre invention4 ,elle n'est pas nouvelle4 ,ricardo avait conu un plan moins radical1 mais analogue#db1 et je trouve dans ,say 7,commentaires sur ,storch7 ces lignes remarquables3 ,cette ide ingnieuse ne laisse qu'une question non rsolue4 ,qui devra jouir de l'intrt de cette somme considrable mise dans la circulation8 ,serait-ce le ,gouvernement8 ,ce ne serait pour lui qu'un moyen d'augmenter les abus1 tels que les sincures1 la corruption parlementaire1 le nombre des dlateurs de la police et les armes permanentes4 ,serait-ce une compagnie financire1 comme la ,banque d',angleterre1 la ,banque de ,france8 ,mais quoi bon faire une compagnie financire dj riche le cadeau des intrts pays en dtail par le public8444 ,telles sont les questions qui naissent ce sujet4 ,peut-tre ne sont-elles pas insolubles4 ,peut-tre y a-t-il des moyens de rendre hautement profitable au public l'conomie qui en rsulterait2 mais je ne suis pas appel dvelopper ici ce nouvel ordre d'ides4 ,note #db3 ,proposals for an economical and secure currency4 ,puisque c'est le public qui paye en dtail ces intrts1 c'est au public d'en profiter4 ,certes1 il n'y avait qu'un pas de ces prmisses la conclusion4 ,quant au moyen1 je le crois tout trouv2 ce n'est pas la ,banque nationale1 mais la libert des banques4 ,remarquons d'abord que la ,banque ne bnficie pas de la totalit de l'intrt4 ,outre les frais1 elle a un capital4 ,et puis elle est dans la ncessit de tenir toujours prte dans ses caisses1 une somme d'argent improductive4 ,les billets d'une banque1 on ne saurait trop le rpter1 sont des titres de confiance4 ,le jour o elle les met1 la ,banque proclame hautement qu'elle est prte les rembourser bureau ouvert et toute heure4 ,rigoureusement1 elle devrait donc tenir toujours en disponibilit une valeur faite gale la valeur reprsentative lance dans la circulation1 et alors l'intrt pay par ,b serait perdu pour tout le monde4 ,mais l'exprience ayant appris la ,banque que ses billets courent le monde pendant un temps dtermin1 elle ne prend ses prcautions qu'en consquence4 ,au lieu de garder #a1jjj fr4 elle n'en garde que #djj 7par hypothse71 et fait valoir #fjj fr4 ,c'est l'intrt de ces #fjj fr4 qui est support par le public1 par les dtenteurs successifs du billet1 et gagn par la ,banque4 ,or1 cela ne devrait pas tre4 ,elle ne devrait gagner que ses frais1 l'intrt de tout capital de fondation1 et les justes profits de tout travail1 de toute spculation4 ,c'est ce qui arriverait avec la libert des banques2 car la concurrence1 tendant rendre uniforme le taux de l'intrt1 ne permettrait pas aux actionnaires d'une banque d'tre mieux traits que les actionnaires de toute autre entreprise analogue4 ,en d'autres termes1 les banques rivales seraient forces de rduire le taux des escomptes ce qui est ncessaire pour placer leurs capitaux dans la condition commune1 et ce phnomne trange que j'ai signal1 je veux dire l'abandon volontaire des intrts1 auxquels se soumettent les dtenteurs successifs de ces billets1 profiterait au public sous forme de rduction dans le taux des escomptes4 ,pour tre plus prcis1 je dirai que l'intrt d'un billet de #a1jjj fr4 mis en circulation1 se partagerait4 ,une partie irait la ,banque pour couvrir la somme qu'elle est oblige de tenir en rserve1 les frais1 et la rente de son capital primitif2--l'autre partie serait force1 par la concurrence1 se convertir en diminution d'escompte4 ,et cela1 prenez-y garde1 ne veut pas dire que l'intrt tendra devenir gratuit ou s'anantir4 ,cela veut dire seulement qu'il tendrait tre peru par celui qui y a droit4 ,mais le privilge est intervenu qui en a dispos autrement1 et la ,banque de ,france1 n'ayant pas de concurrents1 au lieu de retenir la partie1 empoche le tout4 ,je voudrais1 ,monsieur1 montrer la libert des banques sous un autre aspect2 mais cette lettre est dj trop longue4 ,je me bornerai indiquer ma pense4 ,ce qu'on nomme vulgairement l'intrt#dc comprend trois lments qu'on a trop l'habitude de confondre3 #a ,l'intrt proprement dit1 qui est la rmunration du dlai1 le prix du temps2 #b ,les frais de circulation2 #c ,la prime d'assurance4 ,note #dc3 ,quant la rmunration du capital indpendante de la circonstance du prt1 voyez1 la quatrime lettre1 les pages #adj et suiv4 7,note de l'diteur47 ,la libert des banques agirait la fois d'une manire favorable1 et dans le sens de la rduction1 sur ces trois lments4 ,elle maintiendrait au taux le plus bas1 par les raisons que j'ai dites1 l'intrt proprement dit1 sans jamais l'anantir4 ,elle ferait tomber les frais de circulation un chiffre qui1 dans la pratique1 se confondrait avec zro4 ,enfin elle tendrait diminuer et surtout galiser la prime d'assurance1 qui est de beaucoup l'lment le plus onreux1--principalement pour les classes laborieuses1--dont se compose l'intrt total4 ,si1 en effet1 les hommes qui jouissent de la plnitude du crdit en ,france1 comme les ,mallet1 les ,hottinger1 les ,rothschild1 trouvent des capitaux #c pour #ajj1 on peut dire que c'est l l'lment intrt1 et que tout ce que les autres payent en sus reprsente l'lment frais1 et surtout l'lment prime d'assurance2 ce n'est plus le prix du temps1 c'est le prix du risque1 ou de la difficult et de l'incertitude du recouvrement4 ,comment la libert des banques amliorerait-elle et galiserait-elle la condition des emprunteurs sous ces rapports8 ,que le lecteur veuille bien rsoudre la question4 ,j'aime mieux lui laisser cette fatigue que de la lui donner4 ,en cette matire1 comme en toutes1 la vritable solution est donc la libert4 ,la libert fera surgir des banques partout o il y a un centre d'activit1 et associera ces banques entre elles2 elle mettra porte de chaque marchand1 de chaque artisan1 ces deux grands leviers du progrs1 l'pargne et le crdit4 ,elle restreindra l'intrt au taux le plus bas o il puisse descendre4 ,elle rpandra les habitudes les plus favorables la formation des capitaux4 ,elle fera disparatre toute ligne de dmarcation entre les classes et ralisera la mutualit des services1 sans anantir ce prix du temps1 qui est un des clments lgitimes et ncessaires des transactions humaines4 ,libert des banques6 ,libert du crdit6 ,oh6 pourquoi1 monsieur ,proudhon1 votre brlante propagande n'a-t-elle pas pris cette direction8 ,est-ce qu' tous autres gards1 vous ne rclamez pas ce qui est pour tous les hommes un droit1 un attribut1 un enseignement1 la libert8 ,est-ce que vous ne demandez pas la libert des achats et des ventes8 ,et qu'est-ce1 aprs tout1 que le prt1 si ce n'est la vente d'un usage2 la vente du temps8 ,pourquoi faut-il que cette transaction seule soit rglemente par l'tat ou renferme dans le cercle de vos conceptions8 ,avez-vous foi dans l'humanit8 ,travaillez faire tomber ses chanes et non lui en forger de nouvelles4 ,admettez que le mobile qui la pousse vers son perfectionnement indfini rside en elle-mme et non dans le cerveau du lgislateur4 ,ralisons la libert1 et l'humanit saura bien en faire sortir tout le progrs que sa nature comporte4 ,s'il est possible et bon que le crdit soit jamais gratuit ou ananti1 comme vous le croyez1 l'humanit libre accomplira cette oeuvre plus srement que votre banque4 ,si cela n'est ni bon ni possible1 comme j'en suis convaincu1 l'humanit libre vitera les abmes o votre banque la pousse4 ,au nom du droit1 au nom de la justice1 au nom de votre foi dans les destines humaines1 au nom de cette concordance qu'il est toujours dsirable de mettre entre toutes les parties d'une propagande1 je vous adjure donc de substituer sur votre drapeau ces mots3 ,gratuit du crdit1 ceux de ,libert du crdit4--,mais j'oublie qu'il ne m'appartient pas de donner des conseils4 ,d'ailleurs quoi serviraient-ils8 ,a-t-on jamais vu un chef d'cole revenir sur ses pas et braver ce mot injuste1 mais terrible3 ,apostasie8--,il y en a qui ont fait dans leur vie bien des tmrits2 ils ne feront pas celle-l1 encore qu'elle soit plus digne que toutes les autres de flatter l'orgueil d'un noble coeur4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,,treizi,,me ,,lettre4 ,p4 ,j4 ,,proudhon ,f4 ,,bastiat4 ,consultation psychologique4--,rcapitulation4--,la comptabilit est une mthode infaillible4--,clture de la discussion4 #aa fvrier #ahej4 ,,monsieur ,,bastiat1 ,votre dernire lettre justifie toutes mes prvisions4 ,j'tais si sr de ce qui m'arrive1 qu'avant mme d'avoir reu la ,voix du ,peuple du #d fvrier1 j'avais crit les trois quarts de la rponse que vous allez lire1 et laquelle je n'ai plus qu' mettre une fin4 ,vous tes de bonne foi1 monsieur ,bastiat1 vous ne souffrez pas qu'on en doute2 je l'ai d'ailleurs reconnu et ne prtends point me rtracter4 ,mais il faut bien que je vous le dise1 votre intelligence sommeille1 ou plutt elle n'a jamais vu le jour3 c'est ce que je vais avoir l'honneur de vous dmontrer vous-mme1 en faisant le rsum de notre dbat4 ,je souhaite que l'espce de consultation psychologique laquelle vous allez assister1 et dont le sujet sera votre propre esprit1 commence pour vous cette ducation intellectuelle1 sans laquelle un homme1 quelque dignit de caractre qui le distingue1 quelque talent qu'il dploie1 n'est et ne sera jamais autre chose qu'un animal parlant1 comme dit ,aristote4 ,ce qui constitue dans l'homme l'intelligence1 c'est l'exercice complet1 harmonique1 suivi1 des quatre facults suivantes3 ,attention1 ,comparaison1 ,mmoire1 ,jugement4--,voil du moins ce qu'on m'a appris au collge1 et que vous trouverez dans toutes les philosophies4 ,deux ou plusieurs jugements enchans l'un l'autre1 et formant un tout systmatique sont une opration4--,les oprations de l'entendement sont de plusieurs espces1 syllogisme1 induction1 sorite1 dilemme1 etc4 ,on leur donne toutes le nom commun de raisonnement4 ,l'art de raisonner s'appelle la logique3 c'est1 proprement parler1 la mcanique intellectuelle4--,l'ensemble des facults est la ,,raison4 ,l'induction de ,platon1 le syllogisme d',aristote1 la contradiction des sophistes1 l'identit de ,condillac1 l'antinomie de ,kant et ,hegel1 ne sont que des formes varies du raisonnement1 des applications particulires de la logique3 c'est ainsi que l'emploi de la vapeur comme force motrice a fait inventer des machines de toute espce1 locomotives1 bateaux vapeur1 machines fixes1 machines haute ou basse pression1 etc42 mais qui toutes dcoulent du mme principe1 la vapeur4 ,toutes les sciences1 sans exception1 sont fondes sur la logique1 c'est--dire sur l'exercice des quatre facults primordiales3 attention1 comparaison1 mmoire1 jugement4 ,c'est pourquoi la science est essentiellement dmonstrative3 la spontanit1 l'intuition1 l'imagination1 ne sont d'aucune autorit scientifique4 ,c'est pour cela1 aussi1 c'est en vertu de leurs facults rationnelles1 que les hommes deviennent capables de se communiquer leurs penses et de converser entre eux3 tez-leur l'attention1 la comparaison1 la mmoire et le jugement2 ils parlent l'un aprs l'autre ou tous la fois1 ils ne se rpondent pas1 ils ne s'entendent plus4 ,appliquons ces rgles de la raison humaine1 notre commun criterium4 ,ds le commencement de cette dispute1 rpondant catgoriquement la question que vous m'avez pose1 savoir1 si l'intrt du prt est lgitime1 je vous ai dit que1 dans les conditions conomiques actuelles1 et tant que le crdit ne serait pas dmocratiquement organis1 l'affirmative me paraissait indubitable2 qu'ainsi les dmonstrations que vous preniez la peine de me faire taient inutiles2 que je les acceptais d'avance2 que toute la question1 pour moi1 tait de savoir si le milieu conomique pouvait tre chang1 et que le socialisme1 au nom duquel je prenais la parole1 affirmait cette possibilit4 ,j'ajoutais que le changement des conditions du crdit tait une ncessit de la tradition elle-mme1 le dernier terme de cette routine que vous dfendez avec tant d'obstination et si peu de philosophie4 ,ainsi donc1 la question que vous m'adressiez1 l'intrt du capital est-il lgitime8 j'ai rpondu sans hsiter3--,oui1 dans l'ordre actuel des choses1 l'intrt est lgitime4 ,mais j'affirme que cet ordre peut et doit tre modifi1 et qu'invitablement1 de gr ou de force1 il le sera4 tait-ce donc une rponse obscure8 ,et n'avais-je pas le droit d'esprer qu'aprs avoir rpondu si nettement votre question1 vous rpondriez votre tour la mienne8 ,mais j'avais affaire un homme dont l'intelligence est hermtiquement ferme1 et pour qui la logique n'existe pas4 ,c'est en vain que je vous crie3 ,oui1 l'intrt est lgitime dans certaines conditions indpendantes de la volont du capitaliste2 non1 il ne l'est pas dans telles autres1 qu'il dpend aujourd'hui de la socit de faire natre2 et c'est pour cela que l'intrt1 excusable dans le prteur1 est1 au point de vue de la socit et de l'histoire1 une spoliation6 ,vous n'entendez rien1 vous ne comprenez pas1 vous n'coutez seulement pas ma rponse4 ,vous manquez de la premire facult de l'intelligence1 l'attention4 ,c'est ce qui rsulte1 au surplus1 de votre seconde lettre1 dont voici le dbut3 ,monsieur1 vous me posez sept questions4 ,rappelez-vous qu'il ne s'agit en ce moment que d'une seule3 ,l'intrt du capital est-il lgitime8 ,tout le reste de votre ptre n'est qu'une reproduction des arguments de la premire2 arguments auxquels je n'avais pas rpondu1 parce que je n'avais que faire d'y rpondre4 ,changez le milieu1 vous disais je1 et vous changez le principe1 vous changez la pratique4--,vous n'avez pas tenu compte de mes paroles4 ,vous avez cru plus utile de plaisanter sur la contradiction et l'antinomie1 sur la thse1 l'antithse et la synthse1 mettant de votre ct1 si peu de frais1 les usuriers et les sots1 heureux de rire de ce qu'ils tremblent de concevoir4 ,que fais-je alors8 ,pour exciter en vous cette attention rebelle1 je prends divers termes de comparaison4 ,je vous montre1 par l'exemple de la monarchie1 de la polygamie1 du combat judiciaire1 des corporations industrielles1 qu'une mme chose peut trs-bien avoir t bonne1 utile1 lgitime1 respectable1 puis aprs devenir mauvaise1 illicite et funeste1 tout cela suivant les circonstances qui l'environnent2 que le progrs1 la grande loi de l'humanit1 n'est pas autre chose que cette transformation incessante du bien en mal1 et du mal en bien2 qu'il en est ainsi1 entre autres1 de l'intrt2 que l'heure est venue pour lui de disparatre1 ainsi qu'il est facile d'en juger aux signes politiques1 historiques et conomiques1 que je me contente de vous indiquer en les rsumant4 ,c'tait faire appel la plus prcieuse de vos facults4 ,c'tait vous dire3 ,quand j'affirme que les conditions qui rendent le prt excusable et licite ont disparu1 je n'affirme point une chose extraordinaire1 je ne fais qu'noncer un cas particulier du progrs social4 ,observez1 comparez2 et1 la comparaison faite1 l'analogie reconnue1 revenons la question pose par moi la suite de la vtre4 ,les formes du crdit peuvent-elles1 doivent-elles tre modifies1 de manire amener la suppression de l'intrt8 ,voil1 sans prjudice de l'absolution que la science doit tous prteurs1 spculateurs1 capitalistes et usuriers ce que nous avons examiner4 ,mais1 bah6 est-ce que ,m4 ,bastiat compare1 lui8 ,est-ce que seulement il est capable de comparaison1 plus que d'attention8 ,les analogies de l'histoire1 vous ne les saisissez point2 le mouvement des institutions et la loi gnrale qui en ressort1 vous l'appelez du fatalisme4--,je veux1 dites-vous dans votre troisime lettre1 rester sur mon terrain6 ,et l-dessus1 faisant tourner votre crcelle1 vous accrochant tous les mots qui peuvent vous fournir un prtexte1 vous reproduisez1 comme arguments nouveaux1 quelques faits dont je n'attaque point la lgitimit dans la routine tablie1 mais dont je conteste la ncessit1 dont1 par consquent1 je demande la rvision1 la rforme4 ,quand un homme1 qui se dit conomiste1 qui a la prtention de raisonner1 de dmontrer1 de soutenir une discussion scientifique1 en est l1 j'ose dire1 ,monsieur1 que c'est un homme dsespr4 ,ni attention1 ni comparaison2 incapacit absolue d'couter et de rpondre6 ,que puis-je dsormais tirer de vous8 ,vous tes hors de la philosophie1 hors de la science1 hors de l'humanit4 ,cependant je ne me rebute pas4 ,peut-tre1 me dis-je1 l'attention et la comparaison s'veilleront-elles en ,m4 ,bastiat1 l'aide d'une autre facult4 ,observer avec attention une ide1 comparer ensuite cette ide avec une autre1 c'est chose trop subtile1 trop abstraite4 ,essayons de l'histoire3 l'histoire est la srie des observations et des expriences du genre humain4 ,montrons ,m4 ,bastiat le progrs3 pour saisir le progrs dans son unit1 et consquemment dans sa loi1 il ne faut que de la mmoire4 ,quand je parle de la mmoire1 comme facult de l'entendement humain1 je la distingue essentiellement du souvenir4 ,les animaux se souviennent1 ils n'ont pas la mmoire4 ,la mmoire est la facult d'enchaner et de classer les souvenirs2 de considrer plusieurs faits conscutifs comme un seul et mme fait2 d'y mettre de la srie et de l'unit4 ,c'est l'attention applique une suite de choses accomplies dans le temps et gnralises4 ,j'cris donc la monographie de l'usure4 ,je vous montre l'usure dans son origine1 ses causes1 ses prtextes1 ses analogies1 son dveloppement1 ses effets1 ses consquences4 ,je prouve que les rsultats du principe de l'usure sont tout l'impossible et l'absurde1 qu'ils engendrent fatalement l'immoralit et la misre4 ,cela fait1 je vous dis3 ,vous voyez que l'ordre et la conservation de la socit sont dsormais incompatibles avec l'usure2 que les conditions du crdit ne peuvent plus rester les mmes2 que l'intrt1 licite au commencement1 excusable encore aujourd'hui dans le prteur1 dont il ne dpend pas de s'en priver1 est devenu1 au point de vue de la conscience sociale1 une loi spoliatrice1 une institution monstrueuse1 qui appelle invinciblement une rforme4 ,c'tait le cas1 si je ne me trompe1 d'tudier enfin l'histoire1 les conditions nouvelles du crdit1 la possibilit1 atteste par moi1 de le rendre gratuit4 ,et rappelez-vous qu'cartant avec le plus grand soin la question de personnes1 je vous disais sans cesse3 ,je n'accuse point les capitalistes2 je ne me plains pas des propritaires2 je n'ai garde de condamner1 comme a fait l'glise1 les banquiers et les usuriers3 je reconnais la bonne foi de tous ceux qui profitent de l'intrt4 ,je dnonce une erreur exclusivement collective1 une utopie antisociale et pleine d'iniquit4 ,eh bien6 m'avez-vous seulement compris8 ,car pour ce qui est de me rfuter1 vous n'y songez seulement pas4 ,j'ai sous les yeux votre quatrime lettre3 y a-t-il ombre de cette aperception historique1 qui est1 comme je vous le dis1 la mmoire8 ,non4 ,les faits accomplis existent pour vous uniquement comme souvenirs3 c'est--dire qu'ils ne sont rien4 ,vous ne les niez point3 mais comme il vous est impossible d'en suivre la filire et de les gnraliser1 vous n'en dgagez pas le contenu2 leur intelligence vous chappe4 ,votre facult mnmonique1 comme votre facult d'attention et de comparaison1 est nulle4 ,vous ne savez que rpter toujours la mme chose3 ,celui qui prte intrt n'est point un voleur2 et nul ne peut tre contraint de prter4 ,que sert1 aprs cela1 de savoir si le crdit peut tre organis sur d'autres bases1 ou d'examiner ce qui rsulte pour les classes travailleuses de la pratique de l'intrt8--,votre thme est fait3 vous ne vous en dpartez point4 ,et sur cela1 aprs avoir expos la routine usuraire1 sous forme d'exemples1 vous la reproduisez sous forme de propositions1 et vous dites3 ,voil la science6 ,je vous l'avoue1 ,monsieur1 j'ai dout un instant qu'il y et sur la terre un homme aussi disgraci de la nature sous le rapport de l'intellect1 et j'ai accus votre volont4 ,pour ma part1 je prfrerais mille fois tre suspect dans ma franchise1 que de me voir dpouill du plus bel apanage de l'homme1 de ce qui fait sa force et son essence#dd4 ,c'est sous cette impression pnible qu'a t crite ma lettre du #ca dcembre1 dont il vous est facile prsent d'apprcier la signification4 ,note #dd3 ,quelques mois aprs la clture de cette discussion1 ,m4 ,proudhon1 au nom d'une compagnie industrielle1 demandait au gouvernement une garantie de #e pour d'intrt1 pour certaine entreprise de transports1 entre ,chlons et ,avignon4 ,choqu d'une telle demande de la part de l'aptre du crdit gratuit et de l'anarchie1 ,bastiat manifesta son impression par une lettre reste indite1 dont nous reproduisons les dernires lignes4 ,m4 ,proudhon1 dplorant la faiblesse de mes facults intellectuelles1 disait3--,pour ma part1 je prfrerais mille fois tre suspect dans ma franchise que de me voir dpouill du plus bel apanage de l'homme1 de ce qui fait sa force et son essence4--,que ,m4 ,proudhon le sache bien3 j'accepte le partage4 moi l'humble intelligence qu'il a plu ,dieu de me dpartir2 lui1 puisqu'il le prfre1 d'tre suspect dans sa franchise4 7,note de l'diteur47 ,je me suis dit3 ,puisque ,m4 ,bastiat ne daigne ni honorer de son attention ma rponse1 ni comparer les faits qui la motivent1 ni faire tat du mouvement historique qui met nant sa thorie2 puisqu'il est incapable d'entrer avec moi en dialogue et d'entendre les raisons de son contradicteur1 il faut croire qu'il y a en lui excs de personnalit4 ,c'est un homme1 comme l'on dit1 qui abonde dans son propre jugement1 et qui1 force de n'couter que soi1 s'est squestr de toute conversation avec ses semblables4 ,attaquons-le donc dans son jugement1 c'est--dire dans sa conscience1 dans sa personnalit1 dans son moi4 ,voil comment1 ,monsieur1 j'ai t conduit m'en prendre1 non plus vos raisonnements1 radicalement nuls dans la question1 mais votre volont4 ,j'ai accus votre bonne foi3 c'tait une exprience1 je vous en demande pardon1 que je me permettais sur votre individu4 ,pour donner corps et figure mon accusation1 j'ai concentr toute notre discussion sur un fait contemporain1 palpable1 dcisif1 avec lequel j'ai identifi1 non-seulement votre thorie1 mais vous-mme1 sur la ,banque de ,france4 ,la ,banque de ,france1 vous ai-je fait observer1 est la preuve vivante de ce que je ne cesse de vous rpter depuis six semaines1 savoir1 que si l'intrt fut un jour ncessaire et licite1 il y a aujourd'hui1 pour la socit1 devoir et possibilit de l'abolir4 ,il est prouv1 en effet1 par la comparaison du capital de la ,banque avec son encaisse1 que tout en servant ses actionnaires l'intrt dudit capital #d pour #ajj1 elle peut faire le crdit et l'escompte #a pour #ajj1 et raliser encore de beaux bnfices4 ,elle le peut1 elle le doit3 en ne le faisant pas1 elle vole4 ,elle est cause1 par son refus1 que le taux des intrts1 loyers et fermages1 qui devrait descendre partout #a pour #ajj1 en maximum1 reste lev #c1 #d1 #e1 #f1 #g1 #h1 #aj1 #ab et #ae pour #ajj4 ,elle est cause que le peuple paie chaque anne aux classes improductives plus de six milliards de gratifications et pots-de-vin1 et que1 tandis qu'il pourrait produire chaque anne vingt milliards de valeurs1 il n'en produit que dix4 ,donc1 ou vous justifierez la ,banque de ,france1 ou1 si vous ne le pouvez pas1 si vous ne l'osez pas1 vous reconnatrez que la pratique de l'intrt n'est qu'une pratique de transition1 qui doit disparatre dans une socit suprieure4 ,voil1 monsieur1 ce que je vous ai dit1 et en termes assez vifs pour provoquer de votre part1 dfaut d'attention1 de comparaison1 de mmoire1 sur la question tout historique que je vous avais jusqu'alors soumise1 cet acte simple et tout intuitif de la pense1 lorsqu'elle se trouve en prsence d'un fait1 et interroge par oui ou par non1 je veux dire1 un jugement4 ,vous n'aviez qu' rpondre1 en deux mots1 cela est1 ou cela n'est pas1 et le procs tait fini4 ,cela est1 c'est--dire1 oui1 la ,banque de ,france peut1 sans faire tort ses actionnaires et se nuire elle-mme1 faire l'escompte #a pour #ajj2 elle peut donc en vertu de la concurrence qu'elle crerait par cette diminution1 faire baisser le loyer de tous les capitaux1 et du sien propre1 au-dessous de #a pour #ajj4 ,et puisque le mouvement de dcroissance1 une fois commenc1 ne s'arrterait plus1 elle peut1 si elle veut1 faire disparatre tout fait l'intrt4 ,donc le crdit pay1 quand il ne prend que ce qui lui est d1 mne droit au crdit gratuit2 donc l'intrt n'est qu'un fait d'ignorance et de barbarie2 donc l'usure et la rente1 dans une dmocratie organise1 sont illicites4 ,cela n'est pas1 c'est--dire1 non1 il n'est pas vrai1 quoi qu'en dise le bilan publi chaque semaine par la ,banque de ,france1 qu'elle ait un capital de #ij millions et un encaisse de #dfj millions2 il n'est pas vrai que cet encaisse norme vienne de la substitution du papier de banque au numraire dans la circulation commerciale1 etc4 etc4 ,dans ce cas1 je vous renvoyais ,m4 d',argout1 qui revenait le dbat4 ,l'et-on jamais cru1 si vous ne nous l'aviez fait voir8 ce fait si catgorique1 si palpitant de la ,banque de ,france1 vous ne rpondez ni oui ni non4 ,vous ne vous doutez seulement pas de l'identit qui existe entre le fait soumis votre jugement et votre thorie de l'intrt4 ,vous n'apercevez point la synonymie de ces deux propositions3 ,oui1 la ,banque de ,france peut faire crdit #a pour #ajj1 donc ma thorie est fausse2--,non1 la ,banque de ,france ne peut pas faire crdit #a pour #ajj1 donc ma thorie est vraie4 ,votre rponse1 monument irrcusable d'une intelligence que le ,verbe divin n'illumina jamais1 c'est3 qu'il ne s'agit pas pour vous de la ,banque de ,france1 mais du capital2 que vous ne dfendez point le privilge de la ,banque1 mais seulement la lgitimit de l'intrt2 que vous tes pour la libert des banques1 comme pour la libert du prt2 que1 s'il est possible la ,banque de ,france de faire le crdit et l'escompte pour rien1 vous ne l'empchez point2 que vous vous bornez affirmer une chose1 savoir que la notion du capital suppose et implique ncessairement celle de l'intrt2 que le premier ne va pas sans le second1 bien que le second existe quelquefois sans le premier1 etc4 ,ainsi1 vous tes aussi impuissant juger qu' observer1 comparer et vous remmorer4 ,il vous manque cette conscience juridique qui1 en prsence de deux faits identiques ou contraires1 prononce3 ,oui1 l'identit existe2 non1 l'identit n'existe pas4 ,sans doute1 puisque vous tes un tre pensant1 vous avez des intuitions1 des illuminations1 des rvlations2 je ne me charge pas1 quant moi1 de dire ce qui se passe dans votre cerveau4 ,mais1 coup sr1 vous ne raisonnez pas1 vous ne rflchissez pas4 ,quelle espce d'homme tes-vous1 monsieur ,bastiat8 tes-vous seulement un homme8444 ,comment6 aprs m'avoir abandonn successivement la mtaphysique1 laquelle vous n'entendez rien2 la philosophie de l'histoire1 que vous traitez de fatalisme2 le progrs conomique1 dont le dernier terme est la rduction l'absurde de l'intrt2 vous m'abandonnez encore la pratique financire1 dont le plus magnifique corollaire est prcisment la conversion du crdit pay en crdit gratuit2 et vous n'en persistez pas moins soutenir la vrit absolue de votre thorie1 que vous avez ainsi dtruite de vos propres mains6 ,vous lchez pied partout2 la mtaphysique1 l'histoire1 l'conomie sociale1 la banque1 font successivement dfaut votre thse1 comme l'attention1 la comparaison1 la mmoire et le jugement votre intelligence8 encore une fois1 quelle dialectique est la vtre1 et comment voulez-vous qu'on vous prenne8 ,et cependant1 je ne me suis point dcourag4 ,j'ai voulu aller jusqu'au bout et tenter un dernier effort4 ,j'ai cru que cette inertie des facults intellectuelles pouvait provenir de l'absence de notions1 et je me suis flatt de l'esprance de faire jaillir enfin l'tincelle dans votre me4 ,vous-mme paraissiez m'indiquer cette marche1 quand vous me disiez3 ,convaincu que tout ce dbat repose sur la ,,notion du capital2 et1 qu'en consquence1 vous essayiez de m'expliquer ce que vous entendez par capital2 puis donc qu'il est inabordable par la logique1 me dis-je1 attaquons-le par les notions4 ,il serait honteux qu'une pareille discussion finit sans que les deux adversaires pussent se rendre le tmoignage1 que s'ils n'ont pu s'accorder1 au moins ils se sont compris6 ,j'analyse donc1 pour vous exprs1 la notion du capital4 ,cette analyse termine1 je donne la dfinition2 j'en dduis les corollaires2 puis1 afin de ne laisser aucune ambigut dans les termes1 j'appelle moi la science du comptable4 ,je reprsente par critures de commerce1 sur deux tableaux comparatifs1 d'un ct la thorie du capital d'aprs vos ides2 de l'autre1 cette mme thorie d'aprs les miennes4 ,je consacre treize colonnes de la ,voix du ,peuple cette exposition1 toute de complaisance1 mais de laquelle1 selon moi1 doit sortir une rvolution conomique1 mieux que cela1 une science nouvelle4 ,c'tait une dernire fois vous dire3 ,prenez garde6 les temps sont changs4 ,le principe de l'intrt a puis toutes ses consquences2 elles sont aujourd'hui reconnues immorales1 destructives de la flicit publique1 mathmatiquement fausses2 la tenue des livres les dment1 et1 ce qui ne vous laisse aucune ressource1 avec la tenue des livres1 la notion mme du capital4 ,pour ,dieu1 soyez donc attentif aux faits que je vous signale2 observez1 comparez1 synthtisez1 jugez1 remontez aux notions3 alors seulement vous aurez le droit d'exprimer une opinion4 ,vous persisterez dans votre erreur1 sans doute1 mais du moins votre erreur sera raisonne2 vous vous tromperez en connaissance de cause4 ,comment tes-vous sorti de cette preuve8 ,c'est ce que je vais examiner1 en rpondant votre dernire4 ,je laisse de ct votre exorde1 magnifique et pompeux dans lequel vous flicitez la socit du service que je lui ai rendu en dvoilant le dernier mot du socialisme1 et clbrez votre victoire4 ,je ne relverai pas davantage certaines plaisanteries sur les hsitations et oscillations de ma polmique3 nos lecteurs sont cet gard suffisamment instruits4 ,ils savent que ce que vous appelez en moi hsitation1 n'est autre que la distinction fondamentale que j'ai faite1 ds le premier jour1 sur le pass et le prsent de l'conomie des socits1 distinction que j'ai appuye successivement de toutes les preuves que me fournissaient la mtaphysique1 l'histoire1 le progrs1 la routine mme1 et sur laquelle je m'efforce1 mais inutilement1 depuis deux mois1 d'appeler votre attention4 ,je nglige1 en un mot1 tout ce qui1 dans votre ptre1 n'a point directement trait la question1 et ne m'attache qu' l'essentiel4 ,j'avais dfini le capital3 ,,toute ,,valeur ,,faite1 en terres1 instruments de travail1 marchandises1 subsistances1 ou monnaies1 et servant1 ou pouvant servir la production4 ,chose singulire6 cette dfinition vous agre2 vous l'acceptez1 vous vous en emparez4 ,hlas6 mieux et valu pour vous cent fois la rejeter1 avec l'antinomie et la philosophie de l'histoire1 que d'encombrer d'une pareille formule votre entendement6 ,il faut voir quel affreux ravage cette terrible dfinition a fait sur votre esprit6 ,d'abord1 vous ne l'avez point du tout comprise4 ,malgr la peine que je me suis donne de vous l'expliquer1 vous ignorez ce que c'est qu'une valeur faite3 sans cela1 eussiez-vous fait tenir1 l'un des personnages que vous mettez en scne1 le discours suivant3 ,messieurs1 si vous voulez mes meubles1 mes souliers1 mes clous1 mes habits1 qui sont des valeurs faites1 donnez-moi une valeur faite1 c'est--dire vingt francs d'argent8 ,on appelle valeur faite1 dans le commerce1 une lettre de change1 par exemple1 ayant une cause relle1 revtue des formes lgales1 mane d'une source connue et solvable1 accepte1 et au besoin endosse par des personnes galement solvables et connues1 offrant ainsi triple1 quadruple1 etc41 garantie1 et susceptible1 par le nombre et la solidit des cautions1 de circuler comme numraire4 ,plus il y a de cautions et d'acceptations1 mieux la valeur est faite3 elle serait parfaite1 si elle avait pour garants et pour accepteurs tous les citoyens4 ,telle est la monnaie1 la mieux faite de toutes les valeurs3 car1 outre qu'elle porte son gage en elle-mme1 elle est revtue de la signature de l'tat1 qui la lance dans la circulation comme une lettre de change1 et assure de l'acceptation du public4 ,par analogie1 je dis que des meubles1 des souliers1 et tous autres produits1 sont reconnus valeurs faites1 non pas lorsque la confection en est acheve et qu'ils sont exposs la vente1 comme vous le dites2 mais aprs qu'ils ont t apprcis contradictoirement1 que la valeur en a t fixe1 la livraison effectue2 et cela encore1 seulement1 pour celui qui les achte1 ou qui consent les reprendre au mme prix4 ,c'est ainsi1 vous ai-je dit1 que le produit devient capital2 et il n'est capital que pour l'acqureur1 qui s'en fait soit un instrument1 soit un lment de reproduction4 ,pour celui-l1 dis-je1 et pour lui seul1 le produit devient valeur faite1 en un mot1 capital4 ,ici1 ,monsieur1 j'ai du moins l'avantage que vous ne me contredirez point4 ,je suis l'auteur de la dfinition2 je sais ce que j'ai voulu dire2 vos paroles dposent de ce que vous avez entendu4 ,vous ne me comprenez pas4 ,quoi qu'il en soit1 et sans y regarder de si prs1 vous prenez ma dfinition du capital pour bonne2 vous dites qu'elle suffit la discussion4 ,vous reconnaissez donc1 implicitement1 que capital et produit sont1 dans la socit1 termes synonymes2 consquemment1 que toute opration de crdit se rsout1 peine de fraude1 dans un change3 deux choses que vous aviez d'abord nies1 et que je vous fliciterais d'avoir enfin comprises1 s'il m'tait possible de croire que vous donnez mes paroles le sens que je leur applique4 ,quoi de plus fcond1 en effet1 que cette analyse3 ,puisque la valeur n'est autre chose qu'une proportion1 et que tous les produits sont ncessairement proportionnels entre eux1 il s'ensuit qu'au point de vue social les produits sont toujours valeurs et valeurs faites3 la diffrence1 pour la socit1 entre capital et produit1 n'existe pas4 ,cette diffrence est toute subjective aux individus3 elle vient de l'impuissance o ils se trouvent d'exprimer la proportionnalit des produits en nombre exact et de leurs efforts pour arriver une approximation4 ,car1 ne l'oublions pas1 la loi secrte de l'change1 la rgle absolue des transactions1 loi non crite mais intuitive1 rgle non de convention mais de nature1 c'est de conformer1 le plus possible1 les actes de la vie prive aux formules de la vie sociale4 ,or1 et c'est ce qui fait natre mes doutes1 cette dfinition1 si profonde et si nette1 du capital1 que vous trouvez bon d'accepter2 cette identit du capital et du produit1 du crdit et de l'change1 tout cela1 ,monsieur1 est la ngation de votre thorie de l'intrt2 et certes1 vous ne vous en doutiez pas8 ,ds lors1 en effet1 que la formule de ,j4 ,b4 ,say1 les produits s'changent contre les produits1 est synonyme de cette autre1 les capitaux s'changent contre les capitaux2 que la dfinition du capital1 par vous accepte1 n'est autre chose que cette synonymie2 que tout concourt1 dans la socit1 rendre les faits de commerce de plus en plus conformes cette loi2 il est vident1 priori1 qu'un jour doit venir o les relations de prt1 loyer1 fermage1 intrt1 et autres analogues1 seront abolies et converties en rapports d'change2 et qu'ainsi la prestation des capitaux1 devenant simplement change de capitaux1 et toutes les affaires se rglant au comptant1 l'intrt devra disparatre4 ,l'ide d'usure1 dans cette dfinition du capital1 implique contradiction4 ,c'est ce que vous eussiez infailliblement compris1 si1 tout en adoptant ma dfinition du capital1 vous lui aviez accord une seule minute de rflexion4 ,mais croire que vous allez rflchir sur vos propres notions2 s'imaginer qu'aprs avoir admis un principe1 vous en adopterez les consquences1 le mouvement et les lois2 c'est1 j'en ai fait la triste exprience1 se tromper trangement4 ,raisonner1 pour vous1 c'est contredire tort et travers1 sans suite et sans mthode4 ,la notion glisse sur votre esprit sans le pntrer4 ,vous prenez le mot1 que vous appliquez ensuite votre guise1 et suivant les proccupations de votre esprit3 vous laissez l'ide1 le germe1 qui seul fconde l'intelligence et dnoue les difficults4 ,je n'avais rien pargn1 cependant1 pour vous clairer sur le sens et la porte de ma dfinition1 et vous mettre en garde contre elle4 ,dsesprant de vous la faire concevoir par la seule mtaphysique du langage1 je l'avais rduite en quations1 pour ainsi dire1 algbriques4 ,car1 qu'est-ce que la science du comptable1 dont j'ai fait usage cette occasion1 sinon une sorte d'algbre8 ,mais voici bien une autre affaire4 ,vous raisonnez de la tenue des livres absolument comme de la valeur faite3 il vous tait rserv1 aprs avoir accept une dfinition sans en comprendre les termes1 sans en apercevoir les consquences1 d'en nier encore la dmonstration4 ,mais1 ,monsieur1 la dmonstration1 c'est la dfinition3 o donc en tes-vous8 ,je lis dans votre lettre du #c fvrier3 ,ayant imagin ces donnes1 vous dressez la comptabilit de ,a1 de ,b1 et celle de la ,banque4 ,certes cette comptabilit1 les donnes tant admises1 est irrprochable4 ,mais peut-on admettre vos donnes8 sont-elles conformes la nature des hommes et des choses8 ,ceci1 j'ose vous le dire1 est le renversement de l'arithmtique et du sens commun4 ,mais1 ,monsieur1 si vous aviez eu la plus lgre teinture de comptabilit1 vous n'eussiez pas crit de pareilles lignes4 ,vous auriez su que si1 comme vous tes forc de l'avouer1 ma comptabilit est irrprochable1 les donnes conomiques sur lesquelles je l'ai tablie sont1 dans le premier systme1 qui est le vtre1 ncessairement fausses2 dans le second1 qui est le mien1 ncessairement vraies4 ,telle est l'essence de la comptabilit1 qu'elle ne dpend pas de la certitude de ses donnes2 elle ne souffre pas de donnes fausses2 elle est1 par elle-mme1 et malgr la volont du comptable1 la dmonstration de la vrit ou de la fausset de ses propres donnes4 ,c'est en vertu de cette proprit que les livres du ngociant font foi en justice1 non-seulement pour lui1 mais contre lui2 l'erreur1 la fraude1 le mensonge1 les fausses donnes1 enfin1 sont incompatibles avec la tenue des livres4 ,le banqueroutier est condamn sur le tmoignage de ses critures beaucoup plus que sur la dnonciation du ministre public4 ,telle est1 vous dis-je1 l'incorruptibilit de cette science1 que j'ai signale1 dans mon ,systme des contradictions conomiques1 comme la plus belle application de la mtaphysique moderne4 ,vous parlez de fausses donnes4 ,mais la donne sur laquelle j'ai tabli ma comptabilit est prcisment la vtre1 la donne du capital productif d'intrt4 ,cette donne tant pour vous rpute vraie1 je la soumets l'preuve de la comptabilit4 ,j'en fais autant pour la donne contraire1 qui est celle que je dfends4 ,l'opration faite1 vous la proclamez irrprochable2 mais comme elle conclut contre vous1 vous vous rcriez que les donnes sont fausses4 ,je vous demande1 monsieur ,bastiat1 ce que vous avez voulu dire8 ,certes1 je ne m'tonne plus1 prsent1 qu' force de ne pas voir dans une dfinition ce qui y est1 vous ayez fini par dcouvrir ce qui n'y est point1 et que1 de bvue en bvue1 vous soyez tomb dans la plus inconcevable hallucination4 ,o donc avez-vous vu1 dans cette comptabilit irrprochable1 bien que1 selon vous1 la donne en soit fausse1 que le systme de crdit que je dfends1 c'est le papier-monnaie8 ,je vous dfie de citer un seul mot de moi1 dans cette longue controverse1 qui vous autorise dire1 comme vous le faites1 et1 je crois1 pour vous tirer d'embarras1 que la thorie du crdit gratuit1 c'est la thorie des assignats4 ,je n'ai pas dit un mot du systme que je voudrais voir substitu celui qui nous gouverne et dans lequel je persiste voir la cause de tous les malheurs de la socit4 ,vous n'avez pas voulu qu'il ft mis en discussion1 ce systme2 vous tes rest sur votre terrain2 tout ce que j'ai pu faire1 'a t de vous prouver1 sans toutefois me faire comprendre1 que la pratique de l'intrt mne droit la pratique de la gratuit1 et que l'heure est sonne d'accomplir cette rvolution4 ,de mon systme1 moi1 il n'en a jamais t question4 ,j'ai raisonn constamment sur vos donnes2 je me suis tenu1 avec vous1 dans les us et coutumes du capital4 ,relisez ma lettre du #ca dcembre2 il ne s'agit point l de la ,banque du ,peuple1 mais bien de la ,,banque ,,de ,,france1 de cette ,banque privilgie1 gouverne par ,m4 d',argout1 que vous ne souponnez point1 sans doute1 d'tre partisan du papier-monnaie1 ni de la monnaie de papier1 ni des assignats2 de cette ,banque1 enfin1 qui1 depuis la runion des ,banques dpartementales1 et l'mission des billets #ajj francs1 a vu continuellement augmenter son encaisse2 qui possde aujourd'hui #dfj millions de lingots et d'espces2 qui finira par engloutir dans ses caves un milliard de numraire1 pour peu que l'administration rduise encore la coupure des billets1 tablisse d'autres succursales1 et que les affaires reprennent2 c'est de cette ,banque-l que je vous ai entretenu3 l'auriez-vous prise1 par hasard1 pour une hypothse1 et ses #dfj millions d'espces pour une utopie8 ,voici ce que je vous ai dit3 ,le capital de la ,banque de ,france est de #ij millions2 son encaisse de #dfj millions2 ses missions de #dgb3 soit donc un capital1 ralis ou garanti1 de #chb millions1 appartenant au peuple franais1 et sur lequel la ,banque ne doit percevoir aucun intrt4 ,or1 les intrts dus par la ,banque ses actionnaires tant de #d pour #ajj sur un capital de #ij millions2 les frais d'administration1 risques compris1 #a_/b pour #ajj2 l'accumulation des espces se faisant d'une manire progressive1 et la somme des missions pouvant1 sans danger1 tre d'un tiers suprieure celle de l'encaisse3 je dis que la ,banque de ,france peut1 que si elle peut elle doit1 peine de concussion et de vol1 rduire le taux de ses escomptes #a pour #ajj1 et organiser le crdit foncier1 en mme temps que le crdit commercial4 ,que me parlez-vous donc de papier-monnaie1 d'assignats1 de cours forc1 de maximum1 de dbiteurs insolvables1 d'emprunteurs sans bonne foi1 de travailleurs dbauchs1 et autres balivernes8 ,que la ,banque de ,france fasse son mtier avec prudence et svrit1 comme elle a fait jusqu' prsent2 ce n'est pas mon affaire4 ,je dis qu'elle a le pouvoir et le devoir de faire le crdit et l'escompte1 ceux qui elle a coutume de le faire1 #a pour #ajj l'an1 commission comprise4 ,m4 ,bastiat me fera-t-il une fois l'honneur de m'entendre8 ,m4 ,,bastiat4 ,pour que les billets d'une ,banque soient reus1 il faut qu'ils inspirent confiance2 ,pour qu'ils inspirent confiance1 il faut que la ,banque ait des capitaux2 ,pour que la ,banque ait des capitaux1 il faut qu'elles les emprunte1 et consquemment qu'elle en paie l'intrt2 ,si elle en paie l'intrt1 elle ne peut les prter sans intrt4 ,,moi4 ,eh bien6 ,monsieur1 la ,banque de ,france a trouv des capitaux sans intrts2 elle possde1 en ce moment1 #chb millions qui ne lui appartiennent pas2 elle en aura1 quand elle voudra1 le double pareille condition4--,doit-elle faire payer un intrt8 ,m4 ,,bastiat4 ,le temps est prcieux4 ,le temps1 c'est de l'argent1 disent les ,anglais4 ,le temps1 c'est l'toffe dont la vie est faite1 dit le ,bonhomme ,richard4 ,faire crdit1 c'est accorder du temps4 ,sacrifier du temps autrui1 c'est lui sacrifier une chose prcieuse2 un pareil sacrifice ne peut tre gratuit4 ,,moi4 ,vous n'y arriverez donc jamais6 ,je vous ai dit1 et je vous rpte1 qu'en matire de crdit1 ce qui fait qu'on a besoin de temps1 c'est la difficult de se procurer de l'argent2 que cette difficult tient surtout l'intrt exig par les dtenteurs d'argent2 en sorte que si l'intrt tait zro1 le temps du crdit serait aussi zro4 ,or1 la ,banque de ,france1 dans les conditions que lui fait le public depuis la rvolution de ,fvrier1 peut rduire son intrt presque zro2 qui de vous ou de moi tourne dans le cercle8 ,m4 ,,bastiat4 ,ah6 oui444 il me semble444 je crois comprendre enfin ce que vous voulez dire4 ,le public a renonc1 en faveur de la ,banque1 l'intrt de #chb millions de billets qui circulent sous sa seule garantie4 ,vous demandez s'il n'y aurait pas moyen de faire profiter le public de cet intrt1 ou1 ce qui revient au mme1 d'organiser une ,banque nationale qui ne pert pas d'intrts4 ,si je ne me trompe pas1 c'est sur l'observation de ce phnomne que se fonde votre invention4 ,ricardo avait conu un plan moins radical1 mais analogue1 et je trouve dans ,say ces lignes remarquables3 ,cette ide ingnieuse ne laisse qu'une question non rsolue4 ,qui devra jouir de l'intrt de cette somme considrable1 mise dans la circulation8 ,serait-ce le gouvernement8 ,ce ne serait pour lui qu'un moyen d'augmenter les abus1 tels que les sincures1 la corruption parlementaire1 le nombre des dlateurs de la police1 et les armes permanentes4 ,serait-ce une compagnie financire1 comme la ,banque d',angleterre1 la ,banque de ,france8 ,mais quoi bon faire une compagnie financire le cadeau des intrts pays en dtail par le public8444 ,telles sont les questions qui naissent ce sujet3 peut-tre ne sont-elles pas insolubles4 ,peut-tre y a-t-il des moyens de rendre hautement profitable au public l'conomie qui en rsulterait2 mais je ne suis pas appel dvelopper ici ce nouvel ordre d'ides4 ,,moi4 ,eh6 ,monsieur1 votre ,j4 ,b4 ,say1 avec tout son gnie1 est un imbcile4 ,la question est toute rsolue2 c'est que le peuple1 qui fait les fonds1 le peuple1 qui est ici le seul capitaliste1 le seul commanditaire1 le vrai propritaire2 le peuple1 qui seul doit profiter de l'intrt1 le peuple1 dis-je1 ne doit pas payer d'intrts4 ,est-il au monde quelque chose de plus simple et de plus juste8 ,ainsi1 vous convenez1 sur la foi de ,ricardo et de ,j4 ,b4 ,say1 qu'il existe un moyen de faire profiter le public1 je cite vos propres expressions1 des intrts qu'il paie la ,banque1 et que ce moyen1 c'est d'organiser une ,banque nationale1 faisant crdit zro d'intrt8 ,m4 ,,bastiat4 ,non pas cela1 ,dieu m'en prserve6 ,je reconnais1 il est vrai1 que la ,banque ne doit pas profiter des intrts pays par le public pour un capital appartenant au public2 je conviens de plus qu'il existe un moyen de faire profiter desdits intrts le public4 ,mais je nie que ce moyen soit celui que vous indiquez2 savoir1 l'organisation d'une ,banque nationale2 je dis et j'affirme que ce moyen1 c'est la libert des ,banques6 ,libert des banques6 ,libert du crdit6 ,oh6 pourquoi1 monsieur ,proudhon1 votre brlante propagande n'a-t-elle pas pris cette direction8 ,je fais grce au lecteur de votre proraison1 dans laquelle vous dplorez mon endurcissement1 et m'adjurez1 avec un srieux comique1 de substituer ma formule3 ,gratuit du crdit1 la vtre3 ,libert du crdit1 comme si le crdit pouvait tre plus libre que lorsqu'il ne cote rien6 ,je n'ai veine au corps1 sachez-le bien1 qui rsiste la libert du crdit3 en fait de banque1 comme en fait d'enseignement1 l libert est ma loi suprme4 ,mais je dis que1 jusqu' ce que la libert des banques et la concurrence des banquiers fassent jouir le public des intrts qu'il leur paie1 il serait bon1 utile1 constitutionnel1 et d'une conomie tout fait rpublicaine1 de crer1 au milieu des autres banques1 et en concurrence avec elles1 une ,banque nationale faisant provisoirement crdit #a ou #a_/b pour #ajj1 au risque de ce qui en arriverait4 ,vous rpugne-t-il de faire de la ,banque de ,france par le remboursement de ses actionnaires1 cette ,banque nationale que je propose8 ,alors que la ,banque de ,france restitue les #chb millions d'espces qui appartiennent au public1 et dont elle n'est que la dtentrice4 ,avec #chb millions on peut trs-bien organiser une banque2 qu'en pensez-vous8 ,et la plus grosse de l'univers4 ,en quoi donc cette banque1 forme par la commandite de tout le peuple1 ne serait elle pas libre8 ,faites cela seulement1 et quand vous aurez attach ce grelot rvolutionnaire1 quand vous aurez de la sorte dict le premier acte de la ,rpublique dmocratique et sociale1 je me charge de vous dduire les consquences de cette grande innovation4 ,vous saurez alors quel est mon systme4 ,quant vous1 monsieur ,bastiat1 qui1 conomiste1 vous moquez de la mtaphysique1 dont l'conomie politique n'est que l'expression concrte2 qui1 membre de l',institut1 ne savez pas mme o en est la philosophie de votre sicle2 qui1 auteur d'un livre intitul ,harmonies conomiques1 probablement par opposition aux ,contradictions conomiques#de1 ne concevez rien aux harmonies de l'histoire1 et ne voyez dans le progrs qu'un dsolant fatalisme2 qui1 champion du capital et de l'intrt1 ignorez jusqu'aux principes de la comptabilit commerciale2 qui1 concevant enfin1 travers les ambages d'une imagination effare1 et sur la foi de vos auteurs beaucoup plus que d'aprs votre intime conviction1 qu'il est possible d'organiser1 avec les fonds du public1 une banque faisant crdit sans intrt1 continuez cependant protester1 au nom de la ,libert du ,crdit1 contre la ,,gratuit ,,du ,,cr,,dit3 vous tes sans doute un bon et digne citoyen1 un conomiste honnte1 un crivain consciencieux1 un reprsentant loyal1 un rpublicain fidle1 un vritable ami du peuple3 mais vos dernires paroles me donnent le droit de vous le dire1 scientifiquement1 monsieur ,bastiat1 vous tes un homme mort4 ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,note #de3 ,m4 ,proudhon s'est tromp dans sa conjecture4 ,bastiat n'a pas crit les ,harmonies par opposition aux ,contradictions conomiques1 car1 le #e juin #ahde1 c'est--dire antrieurement l'apparition des ,contradictions1 il communiquait par lettre un ami le projet d'crire les ,harmonies sociales4 ,rappelons aussi que ,bastiat tait seulement membre correspondant de l',institut4 7,note de l'diteur47 ,,quatorzi,,me ,,lettre4 ,f4 ,,bastiat ,p4 ,j4 ,,proudhon4 ,droit lgitime de la dfense4--,origine et rsum d'une discussion1 dont le public est le seul juge4 #g mars #ahej4 ,la cause est entendue et le dbat est clos1 dit ,m4 ,proudhon1 de partie se faisant juge4 ,m4 ,bastiat est condamn444 mort4 ,je le condamne dans son intelligence2 je le condamne dans son attention1 dans ses comparaisons1 dans sa mmoire et dans son jugement2 je le condamne dans sa raison2 je le condamne dans sa logique2 je le condamne par induction1 par syllogisme1 par contradiction1 par identit et par antinomie4 ,oh6 monsieur ,proudhon1 vous deviez tre bien en colre quand vous avez jet sur moi ce cruel anathme6 ,il me rappelle la formule de l'excommunication3 ,maledictus sit vivendo1 moriendo1 manducando1 bibendo4 ,maledictus sit intus et exterius4 ,maledictus sit in capillis et in cerebro4 ,maledictus sit in vertice1 in oculis1 in auriculis1 in brachiis1 etc41 etc42 maledictus sit in pectore et in corde1 in renibus1 in genubus1 in cruribus1 in pedibus1 et in unguibus4 ,hlas6 toutes les glises se ressemblent1 quand elles ont tort1 elles se fchent4 ,cependant je rcuse l'arrt1 et je proteste contre la clture du dbat4 ,je rcuse l'arrt1 parce qu'il n'appartient pas mon adversaire de le prononcer4 ,je ne reconnais pour juge que le public4 ,je proteste contre la clture du dbat1 parce que1 dfendeur1 je dois avoir le dernier mot4 ,m4 ,chev m'a crit1 j'ai rpondu2--,m4 ,proudhon m'a crit1 j'ai rpondu2--il m'a crit de nouveau1 j'ai rpondu derechef2--il lui plat de m'adresser une quatrime1 une cinquime1 une sixime lettre4 ,il me convient de lui faire autant de rponses2 et il a beau dire1 moins que la justice et les convenances ne soient aussi des antinomies1 je suis dans mon droit4 ,au reste1 je me bornerai me rsumer4 ,outre que je ne puis continuer discuter avec ,m4 ,proudhon1 malgr lui1 et moins encore quand les personnalits commencent remplacer les arguments1 je serais aujourd'hui dans une situation trop dfavorable4 ,m4 ,proudhon est perscut2 partant toutes les prventions1 toutes les sympathies publiques passeraient de son ct4 ,il avait compromis la cause du crdit gratuit1 voici que le pouvoir la relve en la plaant sur le pidestal de la perscution4 ,je n'avais qu'un adversaire1 j'en aurais trois3 ,m4 ,proudhon1 la police et la popularit4 ,m4 ,proudhon me reproche deux choses3 d'abord1 de m'en tenir toujours dfendre mon assertion1 la lgitimit de l'intrt2 ensuite1 de ne pas discuter son systme1 la gratuit du crdit4 ,oui1 dans chacune de mes lettres1 je me suis attach pntrer1 sous des points de vue divers1 la nature intime du capital pour en dduire la lgitimit de l'intrt4 ,pour tout esprit logique1 cette manire de procder tait dcisive3 car il est bien clair que la chimre du crdit gratuit s'vapore1 si une fois il est dmontr que l'intrt est lgitime1 utile1 indestructible1 de mme essence que toute autre rmunration1 profit ou salaire2--la juste rcompense d'un sacrifice de temps et de travail1 volontairement alloue celui qui fait le sacrifice par celui qui en profite2--en d'autres termes que le prt est une des varits de la vente4 ,d'ailleurs1 ne devais-je pas m'efforcer de donner cette polmique une porte utile8 ,et quand les classes laborieuses gares attribuent leurs souffrances au ,capital1 quand les flatteurs du peuple1 abondant lchement dans le sens de ses prjugs1 ne cessent de l'irriter contre l'infme capital1 l'infernal capital1 que pouvais-je faire de mieux que d'exposer tous les yeux l'origine et les effets de cette puissance si mal comprise1 puisque aussi bien j'atteignais du mme coup l'objet prcis de notre polmique8 ,en procdant ainsi1 j'ai fait quelque preuve de patriotisme et d'abngation4 ,si je n'avais cout que l'amour-propre de l'crivain1 je me serais born discuter et rfuter les arguties de ,m4 ,proudhon4 ,critiquer est un rle facile et brillant2 exposer une doctrine sans y tre oblig1 c'est abandonner ce beau rle pour le cder son adversaire4 ,je l'ai fait1 cependant1 parce que je me proccupais plus de la polmique que du polmiste1 et des lecteurs que de moi-mme#df4 ,note #df3 ,quelques personnes ont trouv excessive la patience de ,bastiat pendant le cours de cette discussion4 ,ce paragraphe et le prcdent motivent parfaitement son attitude4 ,il attachait un grand prix faire pntrer1 parmi les ouvriers1 quelques vrits salutaires1 l'aide mme de la ,voix du ,peuple4 ,ce rsultat1 il fut encourag bientt s'applaudir de l'avoir poursuivi4 ,un matin1 peu de jours avant la clture du dbat1 il reut la visite de trois ouvriers1 dlgus d'un certain nombre de leurs camarades qui s'taient rangs sous la bannire du ,crdit gratuit4 ,ces ouvriers venaient le remercier de ses bonnes intentions1 de ses efforts pour les clairer sur une question importante4 ,ils n'taient point convertis la lgitimit et l'utilit de l'intrt2 mais leur foi dans le principe contraire tait fort branle et ne tenait plus qu' leurs vives sympathies pour ,m4 ,proudhon4 ,il nous veut beaucoup de bien1 ,m4 ,proudhon1 disaient-ils1 et nous lui devons une grande reconnaissance4 ,c'est dommage qu'il aille souvent chercher des mots et des phrases si difficiles comprendre4 ,finalement1 ils mirent le voeu que ,,mm ,bastiat et ,proudhon pussent se mettre d'accord1 et se dclarrent prts accepter les yeux ferms une solution quelconque1 si elle tait propose de concert par l'un et l'autre4 7,note de l'diteur47 ,est-ce dire que j'aie nglig les arguments de ,m4 ,proudhon8 ,je montrerai que j'ai rpondu tous1 et d'une manire si catgorique1 qu'il les a tous successivement abandonns4 ,je n'en veux que cette preuve3 ,m4 ,proudhon a fini par o on finit quand on a tort2 il s'est fch4 ,je reprends donc la mme marche1 et aprs avoir de nouveau appel l'attention du lecteur sur la nature du capital1 je passerai en revue les arguments de ,m4 ,proudhon4 ,qu'on me permette de remonter un peu haut1 seulement444 au ,dluge4 ,les eaux s'tant retires1 ,deucalion jeta derrire lui des pierres1 et il en naquit des hommes4 ,et ces hommes taient bien plaindre1 car ils n'avaient pas de capital4 ,ils taient dpourvus d'armes1 de filets1 d'instruments1 et ils ne pouvaient en fabriquer1 parce que1 pour cela1 il aurait fallu qu'ils eussent quelques provisions4 ,or1 c'est peine s'ils russissaient prendre chaque jour assez de gibier pour satisfaire la faim de chaque jour4 ,ils se sentaient dans un cercle difficile franchir1 et ils comprenaient qu'ils n'en auraient t tirs1 ni par tout l'or de la ,californie1 ni par autant de billets que la ,banque du peuple en pourrait imprimer dans un an1 et ils se disaient entre eux3 le capital n'est pas ce qu'on dit4 ,cependant1 un de ces infortuns1 nomm ,hellen1 plus nergique que les autres1 se dit3 je me lverai plus matin1 je me coucherai plus tard2 je ne reculerai devant aucune fatigue2 je souffrirai la faim et ferai tant que j'aurai une avance de trois jours de vivres4 ,ces trois jours1 je les consacrerai fabriquer un arc et des flches4 ,et il russit4 ,a force de travailler et d'pargner1 il eut une provision de gibier4 ,c'est le premier capital qui ait paru dans le monde depuis le dluge4 ,c'est le point de dpart de tous les progrs4 ,et plusieurs se prsentrent pour l'emprunter4 ,prtez-nous ces provisions1 disaient-ils ,hellen1 nous vous en rendrons tout juste autant dans un an4--,mais ,hellen rpondit3 ,si je vous prtais mes provisions1 je demanderais partager les avantages que vous en retireriez2 mais j'ai un dessein1 j'ai pris assez de peine pour me mettre en mesure de l'accomplir1 et je l'accomplirai4 ,et1 en effet1 il vcut trois jours sur son travail accumul1 et1 pendant ces trois jours1 il fit un arc et des flches4 ,un de ses compagnons se prsenta de nouveau1 et lui dit3 ,prte-moi tes armes1 je te les rendrai dans un an4 quoi ,hellen rpondit3 ,mon capital est prcieux4 ,nous sommes mille2 un seul peut en jouir1 et il est naturel que ce soit moi1 puisque je l'ai cr4 ,mais1 grce son arc et ses flches1 ,hellen put beaucoup plus facilement que la premire fois accumuler d'autres provisions et fabriquer d'autres armes4 ,c'est pourquoi il prtait les unes ou les autres ses compagnons1 stipulant chaque fois une part pour lui dans l'excdant de gibier qu'il les mettait mme de prendre4 ,et malgr ce partage1 les emprunteurs voyaient leur travail facilit4 ,ils accumulaient aussi des provisions1 ils fabriquaient aussi des flches1 des filets et d'autres instruments1 en sorte que le capital1 devenant de plus en plus abondant1 se louait des conditions de moins en moins onreuses4 ,le premier mouvement avait t imprim la roue du progrs1 elle tournait avec une rapidit toujours croissante4 ,cependant1 et bien que la facilit d'emprunter s'accrt sans cesse1 les retardataires se mirent murmurer1 disant3 ,pourquoi ceux qui ont des provisions1 des flches1 des filets1 des haches1 des scies1 stipulent-ils une part pour eux quand ils nous prtent ces choses8 ,n'avons-nous pas aussi le droit de vivre et de bien vivre8 ,la socit ne doit-elle pas nous donner tout ce qui est ncessaire au dveloppement de nos facults physiques1 intellectuelles et morales8 videmment1 nous serions plus heureux si nous empruntions pour rien4 ,c'est donc l'infme capital qui cause notre misre4 ,et ,hellen les ayant assembls leur dit3 ,examinez attentivement ma conduite et celle de tous ceux qui1 comme moi1 ont russi se crer des ressources2 vous resterez convaincus que1 non-seulement elle ne vous fait aucun tort1 mais qu'elle vous est utile1 alors mme que nous aurions assez mauvais coeur pour ne pas le vouloir4 ,quand nous chassons ou pchons1 nous attaquons une classe d'animaux que vous ne pouvez atteindre1 de telle sorte que nous vous avons dlivr de notre rivalit4 ,il est vrai que1 quand vous venez nous emprunter nos instruments1 nous nous rservons une part dans le produit de votre travail4 ,mais d'abord cela est juste1 car il faut bien que le ntre ait aussi sa rcompense4 ,ensuite1 cela est ncessaire1 car si vous dcidez que dsormais on prtera les armes et les filets pour rien1 qui fera des armes et des filets8 ,enfin1 et c'est ici ce qui vous intresse surtout1 malgr la rmunration convenue1 l'emprunt1 quand vous le faites1 vous est toujours profitable1 sans quoi vous ne le feriez pas4 ,il peut amliorer votre condition1 il ne peut jamais l'empirer2 car1 considrez que la part que vous cdez n'est qu'une portion de l'excdant que vous obtenez du fait de notre capital4 ,ainsi1 aprs cette part paye1 il vous reste plus1 grce l'emprunt1 que si vous ne l'aviez pas fait1 et cet excdant vous facilite les moyens de faire vous-mmes des provisions et des instruments1 c'est--dire du capital4 ,d'o il suit que les conditions du prt deviennent tous les jours plus avantageuses aux emprunteurs1 et que vos fils seront1 cet gard1 mieux partags que vous4 ,ces hommes primitifs se mirent rflchir sur ce discours1 et ils le trouvrent sens4 ,depuis1 les relations sociales se sont bien compliques4 ,le capital a pris mille formes diverses3 les transactions ont t facilites par l'introduction de la monnaie1 des promesses crites1 etc41 etc42 mais travers toutes ces complications1 il est deux faits qui sont rests et resteront ternellement vrais1 savoir3 #a ,chaque fois qu'un travail antrieur et un travail actuel s'associent dans l'oeuvre de la production1 le produit se partage entre eux1 selon certaines proportions4 #b ,plus le capital est abondant1 plus sa part proportionnelle dans le produit est rduite4 ,et comme les capitaux1 en augmentant1 augmentent la facilit d'en crer d'autres1 il s'ensuit que la condition de l'emprunteur s'amliore sans cesse4 ,j'entends qu'on me dit3 ,qu'avons-nous faire de vos dmonstrations8 ,qui vous conteste l'utilit du capital8 ,aussi1 ce sur quoi j'appelle la rflexion du lecteur1 ce n'est pas sur l'utilit absolue et non conteste du capital1 ni mme sur son utilit relativement celui qui le possde1 mais bien sur l'utilit dont il est ceux qui ne le possdent pas4 ,c'est l qu'est la science conomique1 c'est l que se montre l'harmonie des intrts4 ,si la science est impassible1 le savant porte dans sa poitrine un coeur d'homme2 toutes ses sympathies sont pour les dshrits de la fortune1 pour ceux de ses frres qui succombent sous le triple joug des ncessits physiques1 intellectuelles et morales non satisfaites4 ,ce n'est pas au point de vue de ceux qui regorgent de richesses que la science des richesses offre de l'intrt4 ,ce que nous dsirons1 c'est l'approximation constante de tous les hommes vers un niveau qui s'lve toujours4 ,la question est de savoir si cette volution humanitaire s'accomplit par la libert ou par la contrainte4 ,si donc je n'apercevais pas distinctement comment le capital profite ceux mme qui ne le possdent pas1 comment1 sous un rgime libre1 il s'accrot1 s'universalise et se nivelle sans cesse2 si j'avais le malheur de ne voir dans le capital que l'avantage des capitalistes1 et de ne saisir ainsi qu'un ct1 et1 assurment1 le ct le plus troit et le moins consolant de la science conomique1 je me ferais ,socialiste2 car1 de manire ou d'autre1 il faut que l'ingalit s'efface progressivement1 et si la libert ne renfermait pas cette solution1 comme les socialistes je la demanderais la loi1 l'tat1 la contrainte1 l'art1 l'utopie4 ,mais c'est ma joie de reconnatre que les arrangements artificiels sont superflus l o la libert suffit1 que la pense de ,dieu est suprieure celle du lgislateur1 que la vraie science consiste comprendre l'oeuvre divine1 non en imaginer une autre la place2 car c'est bien ,dieu qui a cr les merveilles du monde social comme celles du monde matriel1 et sans doute il n'a pas moins souri un de ces ouvrages qu' l'autre3 ,et vidit ,deus quod esset bonum4 ,il ne s'agit donc pas de changer les lois naturelles1 mais de les connatre pour nous y conformer4 ,le capital est comme la lumire4 ,dans un hospice1 il y avait des aveugles et des clairvoyants4 ,ceux-l taient sans doute plus malheureux1 mais leur malheur ne provenait pas de ce que d'autres avaient la facult de voir4 ,bien au contraire1 dans les arrangements journaliers1 ceux qui voyaient rendaient ceux qui ne voyaient pas des services que ceux-ci n'auraient jamais pu se rendre eux-mmes1 et que l'habitude les empchait d'assez apprcier4 ,or1 la haine1 la jalousie1 la dfiance vinrent clater entre les deux classes4 ,les clairvoyants disaient3 ,gardons-nous de dchirer le voile qui couvre les yeux de nos frres4 ,si la vue leur tait rendue1 ils se livreraient aux mmes travaux que nous2 ils nous feraient concurrence1 ils paieraient moins cher nos services1 et que deviendrions-nous8 ,de leur ct1 les aveugles s'criaient3 ,le plus grand des biens1 c'est l'galit2 et1 si comme nos frres1 nous ne pouvons voir1 il faut que1 comme nous1 ils perdent la vue4 ,mais un homme1 qui avait tudi la nature et les effets des transactions qui s'accomplissaient dans cet hospice1 leur dit3 ,la passion vous gare4 ,vous qui voyez1 vous souffrez de la ccit de vos frres1 et la communaut atteindrait une somme de jouissances matrielles et morales bien suprieure1 bien moins chrement achete1 si le don de voir avait t fait tous4 ,vous qui ne voyez pas1 rendez grces au ,ciel de ce que d'autres voient4 ,ils peuvent excuter1 et vous aider excuter une multitude de choses dont vous profitez et dont vous seriez ternellement privs4 ,la comparaison cependant pche par un point essentiel4 ,la solidarit entre les aveugles et les clairvoyants est loin d'tre aussi intime que celle qui lie les proltaires aux capitalistes2 car si ceux qui voient rendent des services ceux qui ne voient pas1 ces services ne vont pas jusqu' leur rendre la vue1 et l'galit est jamais impossible4 ,mais les capitaux de ceux qui possdent1 outre qu'ils sont actuellement utiles ceux qui ne possdent pas1 facilitent ces derniers les moyens d'en acqurir4 ,il serait donc plus juste de comparer le capital au langage4 ,quelle folie ne serait-ce pas aux enfants#dg de jalouser1 dans les adultes1 la facult de parler1 et de voir l un principe d'ingalit irrmdiable2 puisque c'est prcisment parce que les adultes parlent aujourd'hui que les enfants parleront demain6 ,note #dg3 ,enfant1 in fans1 non parlant4 ,supprimez la parole chez les adultes1 et vous aurez l'galit dans l'abrutissement4 ,laissez la parole libre1 et vous ouvrez des chances l'galit dans le progrs intellectuel4 ,de mme1 supprimez le capital 7et ce serait certes le supprimer que d'en supprimer la rcompense71 et vous aurez l'galit dans la misre4 ,laissez le capital libre1 et vous aurez la plus grande somme possible de chances d'galit dans le bien-tre4 ,voil l'ide que je me suis efforc de faire sortir de cette polmique4 ,m4 ,proudhon me le reproche4 ,si j'ai un regret1 c'est de n'avoir pas donn cette ide assez de place4 ,j'en ai t empch par la ncessit de rpondre aux arguments de mon adversaire qui me reproche maintenant de n'y avoir rien rpondu4 ,c'est ce qui nous reste voir4 ,la premire objection qui m'a t adresse 7elle est de ,m4 ,chev7 consiste dire que je confonds la proprit avec l'usage4 ,celui qui prte1 disait-il1 ne cde que l'usage d'une proprit et ne peut recevoir1 en retour1 une proprit dfinitive4 ,j'ai rpondu que l'change est lgitime quand il se fait librement et volontairement entre deux valeurs gales1 que l'une de ces valeurs ft attache ou non un objet matriel4 ,or1 l'usage d'une proprit utile a une valeur4 ,si je prte1 pour un an1 le champ que j'ai clos1 dfrich1 dessch2 j'ai droit une rmunration susceptible d'tre value4 ,pourvu qu'elle soit value librement1 encore qu'on me la paie en objets matriels1 comme du froment et de la monnaie1 qu'avez-vous dire8 ,voulez-vous donc prohiber les trois quarts des transactions que les hommes font volontairement entre eux et probablement parce que cela leur convient8 ,vous nous parlez toujours de nous affranchir1 et ne nous prsentez jamais que de nouvelles entraves4 ,ici1 ,m4 ,proudhon intervenant1 a abandonn la thorie de ,m4 ,chev et m'a oppos l'antinomie4 ,l'intrt est la fois lgitime et illgitime1 a-t-il dit4 ,il implique une contradiction1 comme la proprit1 comme la libert1 comme tout2 car la contradiction est l'essence mme des phnomnes4 ,j'ai rpondu que1 sur ce principe1 ni lui1 ni moi1 ni aucun homme1 ne pouvait jamais avoir ni tort ni raison1 sur ce sujet2 qu'adopter ce point de dpart1 c'tait s'interdire d'arriver jamais aucune solution1 puisque c'tait proclamer d'avance que toute proposition est la fois vraie et fausse4 ,une telle thorie ne discrdite pas seulement tout raisonnement1 mais elle rcuse jusqu' la facult de raisonner4 ,quel est1 dans une discussion1 le signe auquel on peut reconnatre qu'un des deux adversaires a tort8 ,c'est d'tre forc d'avouer que ses propres arguments se contredisent4 ,or1 c'est justement quand ,m4 ,proudhon en est rduit l qu'il triomphe4 ,je me contredis1 donc je suis dans le vrai1 car la contradiction est l'essence des phnomnes4 ,certes1 je pouvais refuser le combat1 si ,m4 ,proudhon et insist m'imposer pour arme une telle logique4 ,j'ai t plus loin1 cependant1 et je me suis donn la peine de rechercher comment ,m4 ,proudhon avait succomb la thorie des contradictions4 ,je l'attribue ce qu'il conclut de la perfectibilit la perfection absolue4 ,or1 il est trs-vrai que la perfection absolue est pour nous contradictoire et incomprhensible2 et c'est pourquoi nous croyons en ,dieu1 mais nous ne pouvons l'expliquer4 ,nous ne pouvons rien concevoir sans limites1 et toute limite est une imperfection4 ,oui1 l'intrt atteste une imperfection sociale4 ,il en est de mme du travail4 ,nos membres1 nos organes1 nos yeux1 nos oreilles1 notre cerveau1 nos nerfs attestent de mme une imperfection humaine4 ,l'tre parfait n'est pas emprisonn dans de tels appareils4 ,mais il n'y a pas de raisonnement plus vicieux que celui qui consisterait dire3 ,puisque l'intrt atteste une imperfection sociale1 pour raliser la perfection sociale2 supprimons l'intrt4 ,c'est justement supprimer le remde au mal4 ,autant vaudrait dire1 puisque nos nerfs1 nos organes1 notre cerveau attestent une limite1 et par suite1 une imperfection humaine1 supprimons toutes ces choses1 et l'homme sera parfait4 ,voil ce que j'ai rpondu1 et ,m4 ,proudhon1 que je sache1 n'a pas rpliqu4 ,il n'a pas rpliqu1 mais il a invoqu la thorie des compensations4 ,nous ne demandons pas1 dit-il1 qu'on prte pour rien1 mais qu'il n'y ait plus occasion de prter4 ,ce quoi nous aspirons1 ce n'est pas prcisment l'abolition1 mais la compensation des intrts4 ,nous voulons arriver ce que1 dans tout change1 la mise en capital et travail soit la mme de toutes parts4 ,chimre et despotisme1 ai-je rpondu4 ,vous ne ferez jamais qu'un facteur de ,m4 ,bidault fasse entrer dans ses services du travail accumul et du travail actuel en mmes proportions que le fabricant de bas4 ,pourvu que les valeurs changes soient gales1 que vous importe le reste8 ,vous voulez la compensation8 mais vous l'avez sous le rgime de l'change libre4 valuer1 c'est comparer du travail actuel du travail actuel1 du travail antrieur1 du travail antrieur1 ou bien enfin1 du travail actuel du travail antrieur4 ,de quel droit voulez-vous supprimer cette dernire nature d'valuation2 et en quoi les hommes seront-ils plus heureux quand ils seront moins libres8 ,voil ce que j'ai rpondu1 et ,m4 ,proudhon1 que je sache1 n'a rien rpliqu4 ,il n'a rien rpliqu1 mais se fendant fond contre le capitaliste1 il lui a port cette botte terrible et bien connue3 ,le capitaliste n'a pas droit une rmunration1 parce qu'il ne se prive pas4 ,il ne se prive pas de la chose qu'il cde1 puisqu'il ne pourrait l'utiliser personnellement4 ,j'ai rpondu que c'tait l une misrable quivoque1 qui incrimine la vente aussi bien que le prt4 ,si l'homme n'tait pas un tre sociable1 il serait oblig de produire directement tous les objets ncessaires la satisfaction de ses besoins4 ,mais il est sociable3 il change4 ,de l la division du travail1 et la sparation des occupations4 ,c'est pourquoi chacun ne fait qu'une chose1 et en fait beaucoup plus qu'il n'en peut personnellement consommer4 ,cet excdant1 il le troque contre d'autres choses qu'il ne fait pas1 et qui lui sont indispensables4 ,il travaille pour les autres et les autres travaillent pour lui4 ,sans doute1 celui qui a fait deux maisons et n'en habite qu'une ne se prive pas personnellement1 en louant l'autre4 ,il ne s'en priverait pas davantage en la vendant2 et si1 par ce motif1 le prix de location est un vol1 il en est de mme du prix de vente4 ,le chapelier1 qui a cent chapeaux dans sa boutique1 quand il en vend un1 ne se prive pas personnellement1 dans ce sens qu'il ne se rduit pas aller tte nue4 ,l'diteur des livres de ,m4 ,proudhon1 qui en a mille exemplaires dans ses magasins1 ne se prive pas personnellement1 mesure de ses ventes1 car un seul exemplaire suffirait son instruction2 l'avocat et le mdecin qui donnent des conseils1 ne se privent pas4 ,ainsi votre objection attaque non-seulement l'intrt1 mais le principe mme des transactions et de la socit4 ,c'est certainement une chose dplorable d'en tre rduit1 au dix-neuvime sicle1 rfuter srieusement de telles quivoques1 de telles purilits4 ,voil ce que j'ai rpondu1 et ,m4 ,proudhon1 que je sache1 n'a rien rpliqu4 ,il n'a rien rpliqu2 mais il s'est mis invoquer ce qu'on pourrait appeler la doctrine des mtamorphoses3 ,l'intrt tait lgitime autrefois1 du temps o la violence entachait toutes les transactions4 ,il est illgitime aujourd'hui sous le rgime du droit4 ,combien n'y a-t-il pas d'institutions qui ont t bonnes1 justes1 utiles l'humanit1 et seraient maintenant abusives8 ,tels sont l'esclavage1 la torture1 la polygamie1 le combat judiciaire1 etc4 ,le progrs1 la grande loi de l'humanit1 n'est pas autre chose que cette transformation du bien en mal et du mal en bien4 ,j'ai rpondu que c'tait l un fatalisme aussi pernicieux en morale que l'antinomie est funeste en logique4 ,quoi6 selon le caprice des circonstances1 ce qui tait respectable devient odieux1 et ce qui tait inique devient juste6 ,je repousse de toutes mes forces cette indiffrence au bien et au mal4 ,les actes sont bons ou mauvais1 moraux ou immoraux1 lgitimes ou illgitimes par eux-mmes1 par les mobiles qui les dterminent1 par les consquences qu'ils entranent1 et non par des considrations de temps et de lieux4 ,jamais je ne conviendrai que l'esclavage ait t autrefois lgitime et bon2 qu'il a t utile que des hommes en rduisissent d'autres en servitude4 ,jamais je ne conviendrai que soumettre un accus d'inexprimables tourments1 ait t un moyen lgitime et bon de lui faire dire la vrit4 ,que l'humanit n'ait pu chapper ces horreurs1 soit4 ,la perfectibilit tant son essence1 le mal doit se trouver ses commencements2 mais il n'en est pas moins le mal1 et au lieu de seconder la civilisation1 il la retarde4 ,la rmunration volontairement attribue au travail antrieur1 la rcompense librement accorde un sacrifice de temps1 en un mot1 l'intrt est-il une atrocit comme l'esclavage1 une absurdit comme la torture8 ,il ne suffit pas de l'affirmer1 il faut le prouver4 ,de ce qu'il y avait dans l'antiquit des abus qui ont cess1 il ne s'ensuit pas que tous les usages de ces poques taient des abus et doivent cesser4 ,voil ce que j'ai rpondu ,m4 ,proudhon1 qui n'a pas insist4 ,il n'a pas insist2 mais il a fait une nouvelle et non moins trange fugue dans l'histoire4 ,l'intrt1 a-t-il dit1 est n du contrat de pacotille4 ,quand1 pour une expdition maritime1 un homme donnait ,navire et ,marchandises1 et un autre ,talent et ,travail1 le profit se partageait entre eux dans des proportions convenues4 ,rien de plus naturel et de plus juste1 ai-je rpondu1 qu'un tel partage4 ,seulement1 il n'est pas ncessairement attach aux oprations qui se font par mer4 ,il embrasse la totalit des transactions humaines4 ,vous faites ici une exception de ce qui est la rgle universelle2 et par l vous sapez l'intrt1 parce que l'exception est toujours prvenue d'tre illgitime1 tandis que rien ne prouve mieux la lgitimit d'une rgle que son universalit4 ,le jour o un sauvage a prt ses armes sous condition d'avoir une part dans le gibier1 le jour o un pasteur a prt son troupeau la condition d'avoir une part dans le crot2 ce jour-l1 et il remonte sans doute l'origine des socits1 le principe de l'intrt est n2 car l'intrt n'est que cet arrangement fait entre le travail antrieur et le travail actuel1 qu'il s'agisse d'exploiter la terre1 la mer ou l'air4 ,depuis1 et quand l'exprience a permis ce progrs1 la part du capital1 d'alatoire qu'elle tait1 est devenue fixe1 comme le mtayage s'est transform en fermage2 l'intrt s'est rgularis sans changer de nature4 ,voil ce que j'ai rpondu1 et ,m4 ,proudhon n'a pas rpliqu4 ,il n'a pas rpliqu2 mais il s'est jet1 contr son habitude1 dans l'argument sentimentaliste4 ,il fallait qu'il ft bien bout de ressources pour recourir celle-l4 ,donc1 il m'a propos des cas extrmes1 o un homme ne pourrait1 sans faire horreur1 exiger du prt une rmunration4 ,par exemple1 un riche propritaire habitant la cte1 qui recueillerait un naufrag et lui prterait des vtements1 pourrait-il pousser ses exigences jusqu' l'extrme limite8 ,j'ai rpondu ,m4 ,proudhon4444 ou plutt ,m4 ,proudhon s'tait rpondu lui-mme par un autre exemple1 d'o il rsulte que dans certains cas extrmes1 la rmunration de la vente1 ou mme celle du travail1 serait tout aussi abominable que celle du prt4 ,il en serait ainsi de l'homme qui1 pour tendre la main son frre prs d'tre englouti dans les flots1 exigerait le plus grand prix qu'on puisse obtenir dans ces circonstances4 ,ainsi cet argument de ,m4 ,proudhon n'attaque pas seulement l'intrt1 mais toute rmunration3 moyen certain d'tablir la gratuit universelle4 ,de plus1 il ouvre la porte toutes ces thories sentimentalistes 7que ,m4 ,proudhon combat avec tant de force et de raison7 qui veulent toute force faire reposer les affaires de ce monde sur le principe de l'abngation4 ,enfin1 comme le ,prote de la ,fable1 dont on disait3 ,pour le vaincre1 il faut l'puiser1 ,m4 ,proudhon1 chass de la contradiction la compensation1 de la compensation la privation1 de la privation la transformation1 de la transformation l'abngation1 a quitt tout coup la controverse et est venu l'excution4 ,le moyen d'excution qu'il propos pour raliser la gratuit du crdit1 c'est le papier-monnaie4--,je ne l'ai pas nomm1 dit-il4--,c'est vrai4 ,mais qu'est-ce donc qu'une banque nationale prtant qui en dsire1 et gratuitement1 de prtendus capitaux sous forme de billets8 videmment nous retrouvons ici cette erreur funeste et si invtre qui fait confondre l'instrument de l'change avec les objets changs1 erreur dont ,m4 ,proudhon1 dans ses prcdentes lettres1 laissait apercevoir le germe1 quand il disait3 ,ce ne sont pas les choses qui font la richesse1 mais la circulation4--,et encore1 quand il calculait que l'intrt en ,france tait #afj pour #ajj1 parce qu'il comparait toutes les rentes payes au capital en numraire4 ,j'avais pos ,m4 ,proudhon ce dilemme3 ou votre ,banque nationale prtera indistinctement des billets tous ceux qui se prsenteront2 et en ce cas1 la circulation en sera tellement sature1 qu'ils seront dprcis1--ou bien elle ne les livrera qu'avec discernement2 et alors votre but n'est pas atteint4 ,il est clair1 en effet1 que si chacun peut aller se pourvoir gratis de monnaie fictive la ,banque1 et si cette monnaie est reue sa valeur normale1 les missions n'auront pas de limite et s'lveront plus de cinquante milliards1 ds la premire anne4 ,l'effet sera le mme que si l'or et l'argent devenaient aussi communs que la boue4--,l'illusion qui consiste croire que la richesse se multiplie1 ou mme que la circulation s'active mesure qu'on accrot l'instrument de l'change1 ne devrait pas entrer dans la tte d'un publiciste qui1 de nos jours1 discute des questions conomiques4 ,nous savons tous1 par notre propre exprience1 que le numraire1 non plus que les billets de banque1 ne portant pas intrt1 chacun n'en garde dans son coffre ou son portefeuille que le moins possible2 et par consquent la quantit que le public en demande est limite4 ,on ne peut l'accrotre sans la dprcier1 et tout ce qui rsulte de cet accroissement1 c'est que1 pour chaque change1 il faut deux cus ou deux billets au lieu d'un4 ,ce qui se passe la ,banque de ,france est une leon qui ne peut tre perdue4 ,elle a mis depuis deux ans beaucoup de billets4 ,mais le nombre des transactions ne s'en est pas accru4 ,il dpend d'autres causes1 et ces causes ont agi dans le sens d'une diminution d'affaires4 ,aussi1 qu'est-il arriv8 ,c'est qu' mesure que la ,banque mettait des billets1 le numraire affluait dans ses caves1 de telle sorte qu'un instrument d'change s'est substitu un autre4 ,voil tout4 ,je vais plus loin1 il se peut que les transactions augmentent sans que l'instrument des changes s'accroisse4 ,il se fait plus d'affaires en ,angleterre qu'en ,france1 et cependant la somme runie des billets et des espces y est moindre4 ,pourquoi8 ,parce que les ,anglais1 par l'intermdiaire des banquiers1 font beaucoup de compensations1 de virements de parties4 ,dans les ides de ,m4 ,proudhon1 sa banque a pour objet de rduire les payements des virements de parties4 ,c'est prcisment ce que font les cus1 d'une manire1 la vrit1 assez dispendieuse4 ,les billets de banque sont un appareil qui arrive au mme rsultat moins de frais2 et le ,clearing-,house des ,anglais est moins coteux encore4 ,mais de quelque manire qu'on s'y prenne pour compenser les payements1 qu'ont de commun ces procds divers1 plus ou moins perfectionns1 avec le principe de l'intrt8 ,y en a-t-il un seul qui fasse que le travail antrieur ne doive pas tre rmunr et que le temps n'ait pas son prix8 ,gorger la circulation de billets n'est donc le moyen ni d'accrotre la richesse1 ni de dtruire la rente4 ,de plus1 livrer des billets tout venant1 c'est mettre la banque en faillite avant six mois4 ,aussi ,m4 ,proudhon fuit le premier membre de mon dilemme et se rfugie dans le second4 ,que la ,banque fasse son mtier avec prudence et svrit dit-il1 comme elle a fait jusqu' prsent3 ,cela ne me regarde pas4 ,cela ne vous regarde pas6 ,quoi6 vous imaginez une banque nouvelle qui doit raliser le crdit gratuit pour tout le monde1 et quand je vous demande si elle prtera tout le monde1 vous me rpondez1 pour chapper la conclusion dont je vous menace1 cela ne me regarde pas6 ,mais tout en disant que cela ne vous regarde pas1 vous ajoutez que la nouvelle banque fera son mtier avec prudence et svrit4 ,cela ne signifie rien1 ou cela veut dire qu'elle prtera ceux qui peuvent rpondre du remboursement4 ,mais alors que devient l'galit qui est votre idole8 et ne voyez-vous pas qu'au lieu de rendre les hommes gaux devant le crdit1 vous constituez une ingalit plus choquante que celle que vous prtendez dtruire8 ,en effet1 dans votre systme1 les riches emprunteront gratis1 et les pauvres ne pourront emprunter aucun prix4 ,quand un riche se prsentera la banque1 on lui dira3 ,vous tes solvable1 voil des capitaux1 nous vous les prtons pour rien4 ,mais qu'un ouvrier ose se montrer4 ,on lui dira3 ,o sont vos garanties1 vos terres1 vos maisons1 vos marchandises8--,je n'ai que mes bras et ma probit4--,cela ne nous rassure pas1 nous devons agir avec prudence et svrit1 nous ne pouvons vous prter gratis4--,eh bien6 prtez-nous1 mes compagnons et moi1 aux taux de #d1 #e et #f pour cent1 ce sera une prime d'assurance dont le produit couvrira vos risques4--,y pensez-vous8 notre loi est de prter gratis ou de ne prter pas du tout4 ,nous sommes trop bons philanthropes pour rien faire payer qui que ce soit1 pas plus au pauvre qu'au riche4 ,voil pourquoi le riche obtient chez nous du crdit gratuit1 et pourquoi vous n'en aurez ni en payant ni sans payer4 ,pour nous faire comprendre les merveilles de son invention1 ,m4 ,proudhon la soumet une preuve dcisive1 celle de la comptabilit commerciale4 ,il compare deux systmes4 ,dans l'un1 le travailleur emprunte gratis 7nous venons de voir comment71 puis1 en vertu de l'axiome1 tout travail laisse un excdant1 il ralise #aj pour cent de profit4 ,dans l'autre1 le travailleur emprunte #aj pour cent4 ,l'axiome conomique ne reparat pas1 et il s'ensuit une perte4 ,appliquant la comptabilit ces hypothses1 ,m4 ,proudhon nous prouve1 par des chiffres1 que le travailleur est beaucoup plus heureux dans un cas que dans l'autre4 ,je n'avais pas besoin de la partie double pour en tre convaincu4 ,mais je fais observer ,m4 ,proudhon que ses comptes dcident la question par la question4 ,je n'ai jamais mis en doute qu'il ne ft trs-agrable d'avoir1 sans rien payer1 l'usage de maisons1 bien meubles1 de terres bien prpares1 d'outils et de machines bien puissantes4 ,il serait plus agrable encore que les alouettes nous tombassent toutes rties dans la bouche1 et quand ,m4 ,proudhon voudra1 je le lui prouverai par doit et avoir4--,la question est prcisment de savoir si tous ces miracles sont possibles4 ,je me suis donc permis de faire observer ,m4 ,proudhon que je ne contestais pas l'exactitude de sa comptabilit1 mais bien la ralit des donnes sur lesquelles elle repose4 ,sa rponse est curieuse3 ,telle est l'essence de la comptabilit qu'elle ne dpend pas de la certitude de ses donnes4 ,elle ne souffre pas de donnes fausses4 ,elle est par elle-mme1 et malgr la volont du comptable1 la dmonstration de la vrit ou de la fausset de ses propres donnes3 ,c'est en vertu de cette proprit que les livres du ngociant font foi en justice4 ,j'en demande pardon ,m4 ,proudhon1 mais je suis forc de lui dire que la justice ne se borne pas1 comme la ,cour des comptes1 examiner si la tenue des livres est rgulire et si les comptes se balancent4 ,elle recherche de plus si l'on n'y a pas introduit des donnes fausses4 ,mais1 vraiment1 ,m4 ,proudhon a une imagination sans pareille pour inventer des moyens commodes de s'enrichir1 et1 sa place1 je me hterais d'abandonner le crdit gratuit1 comme un appareil surann1 compliqu et contestable4 ,il est distanc1 et de bien loin1 par la comptabilit1 qui est par elle-mme la dmonstration de la vrit de ses propres donnes4 ,ayez deux sous dans la poche1 c'est tout ce qu'il faut4 ,achetez une feuille de papier4 crivez dessus un compte simul1 le plus californien que vous puissiez trouver dans votre cervelle4 ,supposez1 par exemple1 que vous achetez bon march et crdit un navire1 que vous le chargez de sable et de galets ramasss sur le rivage1 que vous expdiez le tout en ,angleterre1 qu'on vous donne en change un poids gal en or1 argent1 dentelles1 pierres prcieuses1 cochenille1 vanille1 parfums1 etc42 que de retour en ,france les acheteurs se disputent votre opulente cargaison4 ,mettez tout cela des chiffres4 ,dressez votre comptabilit en parties doubles4 ,ayez soin qu'elle soit exacte1--et vous voil mme de dire de ,crsus ce que ,m4 ,rothschild disait d',aguado3 ,il a laiss trente millions1 je le croyais plus l'aise44--,car votre comptabilit1 si elle est conforme aux lois de ,m4 ,juvigny1 impliquera la vrit de vos donnes4 ,il n'est encore parvenu ma connaissance aucun moyen de s'enrichir plus commode que celui-l2 si ce n'est pourtant celui du fils d',eole4 ,je le recommande ,m4 ,proudhon4 ,il s'avisa d'aller dans tous les carrefours1 o il criait sans cesse1 d'une voix rauque3 ,peuples de ,btique1 voulez-vous tre riches8 ,imaginez-vous que je le suis beaucoup et que vous l'tes beaucoup aussi4 ,mettez-vous tous les matins dans l'esprit que votre fortune a doubl pendant la nuit4 ,levez-vous ensuite1 et si vous avez des cranciers1 allez les payer avec ce que vous aurez imagin1 et dites-leur d'imaginer leur tour#dh4 ,note #dh3 ,c,x,l,i,ie lettre persane4 ,mais je laisse l ,m4 ,proudhon1 et1 en terminant cette polmique1 je m'adresse aux socialistes1 et les adjure d'examiner impartialement1 non au point de vue des capitalistes1 mais dans l'intrt des travailleurs1 les questions suivantes3 ,la rmunration lgitime d'un homme doit-elle tre identique1 soit qu'il consacre la production sa journe actuelle1 soit qu'il y consacre1 en outre1 des instruments1 fruit d'un travail antrieur8 ,personne n'osera le soutenir4 ,il y a l deux lments de rmunration1 et qui peut s'en plaindre8 ,sera-ce l'acheteur du produit8 ,mais qui n'aime mieux payer #c fr4 par jour un menuisier pourvu d'une scie1 que #b f4 #ej c4 au mme menuisier1 faisant des planches avec ses dix doigts8 ,ici les deux lments de travail et de rmunration sont dans les mmes mains4 ,mais s'ils sont spars et s'associent1 n'est-il pas juste1 utile1 invitable que le produit se partage entre eux selon certaines proportions8 ,quand c'est le capitaliste qui fait l'entreprise ses risques1 la rmunration du travail se fixe souvent et se nomme salaire4 ,quand le travailleur entreprend et court les chances1 c'est la rmunration du capital qui se fixe1 et elle se nomme intrt#di4 ,note #di3 ,voir le chap4 ,,salaires4--,harmonies con41 tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,on peut croire des arrangements plus perfectionns1 une association de risques et de rcompenses plus troite4 ,c'tait nagure la voie qu'explorait le socialisme4 ,cette fixit de l'un des deux termes lui paraissait rtrograde4 ,je pourrais dmontrer qu'elle est un progrs2 mais non est hic locus4 ,voici une cole--et elle se dit le socialisme tout entier1--qui va bien plus loin4 ,elle affirme que toute rcompense doit tre dnie l'un des lments de la production1 au capital4 ,et cette cole a crit sur son drapeau3 ,crdit gratuit la place de son ancienne devise3 ,la proprit1 c'est le vol6 ,socialistes1 j'en appelle votre bonne foi1 n'est-ce pas un mme sens sous d'autres mots8 ,il n'est pas possible de contester1 en principe1 la justice et l'utilit d'une rpartition entre le capital et le travail4 ,reste savoir quelle est la loi de cette rpartition4 ,et vous ne tarderez pas la trouver dans cette formule3 plus l'un des deux lments abonde relativement l'autre1 plus sa part proportionnelle se rduit1 et rciproquement4 ,et s'il en est ainsi1 la propagande du crdit gratuit est une calamit pour la classe ouvrire4 ,car1 de mme que les capitalistes se feraient tort eux-mmes si1 aprs avoir proclam l'illgitimit du salaire1 ils rduisaient les travailleurs mourir ou s'expatrier2 de mme1 les travailleurs se suicident quand1 aprs avoir proclam l'illgitimit de l'intrt1 ils forcent le capital disparatre4 ,si cette doctrine funeste se rpand1 si la voix du suffrage universel peut faire supposer qu'elle ne tardera pas invoquer le secours de la loi1 c'est--dire de la force organise1 n'est-il pas vident que le capital effray1 menac de perdre son droit toute rcompense1 sera contraint de fuir1 de se cacher1 de se dissiper8 ,il y aura moins d'entreprises de tout genre pour un nombre de travailleurs rest le mme4 ,le rsultat peut s'exprimer en deux mots3 hausse de l'intrt et baisse des salaires4 ,il y a des pessimistes qui affirment que c'est l ce que veulent les socialistes3 que l'ouvrier souffre2 que l'ordre ne puisse renatre2 que le pays soit toujours sur le bord d'un abme4--,s'il existe des tres assez pervers pour former de tels voeux1 que la socit les fltrisse et que ,dieu les juge6 ,quant moi1 je n'ai pas me prononcer sur des intentions auxquelles1 d'ailleurs1 je ne puis croire4 ,mais je dis3 ,la gratuit du crdit1 c'est l'absurdit scientifique1 l'antagonisme des intrts1 la haine des classes1 la barbarie4 ,la libert du crdit1 c'est l'harmonie sociale1 c'est le droit1 c'est le respect de l'indpendance et de la dignit humaine1 c'est la foi dans le progrs et les destines de la socit4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,,ce ,,qu',,on ,,voit ,,et ,,ce ,,qu',,on ,,ne ,,voit ,,pas#ej4 ,note #ej3 ,ce pamphlet1 publi en juillet #ahej1 est le dernier que ,bastiat ait crit4 ,depuis plus d'un an1 il tait promis au public4 ,voici comment son apparition fut retarde4 ,l'auteur en perdit le manuscrit lorsqu'il transporta son domicile de la rue de ,choiseul la rue d',alger4 ,aprs de longues et inutiles recherches1 il se dcida recommencer entirement son oeuvre1 et choisit pour base principale de ses dmonstrations des discours rcemment prononcs l',assemble nationale4 ,cette tche finie1 il se reprocha d'avoir t trop srieux1 jeta au feu le second manuscrit et crivit celui que nous rimprimons4 7,note de l'diteur47 ,dans la sphre conomique1 un acte1 une habitude1 une institution1 une loi n'engendrent pas seulement un effet1 mais une srie d'effets4 ,de ces effets1 le premier seul est immdiat2 il se manifeste simultanment avec sa cause1 on le voit4 ,les autres ne se droulent que successivement1 on ne les voit pas2 heureux si on les prvoit4 ,entre un mauvais et un bon conomiste1 voici toute la diffrence3 l'un s'en tient l'effet visible2 l'autre tient compte et de l'effet qu'on voit et de ceux qu'il faut prvoir4 ,mais cette diffrence est norme1 car il arrive presque toujours que1 lorsque la consquence immdiate est favorable1 les consquences ultrieures sont funestes1 et vice vers4--,d'o il suit que le mauvais conomiste poursuit un petit bien actuel qui sera suivi d'un grand mal venir1 tandis que le vrai conomiste poursuit un grand bien venir1 au risque d'un petit mal actuel4 ,du reste1 il en est ainsi en hygine1 en morale4 ,souvent1 plus le premier fruit d'une habitude est doux1 plus les autres sont amers4 ,tmoin3 la dbauche1 la paresse1 la prodigalit4 ,lors donc qu'un homme1 frapp de l'effet qu'on voit1 n'a pas encore appris discerner ceux qu'on ne voit pas1 il s'abandonne des habitudes funestes1 non-seulement par penchant1 mais par calcul4 ,ceci explique l'volution fatalement douloureuse de l'humanit4 ,l'ignorance entoure son berceau2 donc elle se dtermine dans ses actes par leurs premires consquences1 les seules1 son origine1 qu'elle puisse voir4 ,ce n'est qu' la longue qu'elle apprend tenir compte des autres#ea4 ,deux matres1 bien divers1 lui enseignent cette leon3 l',exprience et la ,prvoyance4 ,l'exprience rgente efficacement mais brutalement4 ,elle nous instruit de tous les effets d'un acte en nous les faisant ressentir1 et nous ne pouvons manquer de finir par savoir que le feu brle1 force de nous brler4 ce rude docteur1 j'en voudrais1 autant que possible1 substituer un plus doux3 la ,prvoyance4 ,c'est pourquoi je rechercherai les consquences de quelques phnomnes conomiques1 opposant celles qu'on voit1 celles qu'on ne voit pas4 ,note #ea3 ,v4 le chap4 ,,xx du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,i4 ,la ,vitre casse4 ,avez-vous jamais t tmoin de la fureur du bon bourgeois ,jacques ,bonhomme1 quand son fils terrible est parvenu casser un carreau de vitre8 ,si vous avez assist ce spectacle1 coup sr vous aurez aussi constat que tous les assistants1 fussent-ils trente1 semblent s'tre donn le mot pour offrir au propritaire infortun cette consolation uniforme3 quelque chose malheur est bon4 ,de tels accidents font aller l'industrie4 ,il faut que tout le monde vive4 ,que deviendraient les vitriers1 si l'on ne cassait jamais de vitres8 ,or1 il y a dans cette formule de condolance toute une thorie1 qu'il est bon de surprendre flagrante delicto1 dans ce cas trs simple1 attendu que c'est exactement la mme que celle qui1 par malheur1 rgit la plupart de nos institutions conomiques4 supposer qu'il faille dpenser six francs pour rparer le dommage1 si l'on veut dire que l'accident fait arriver six francs l'industrie vitrire1 qu'il l'encourage dans la mesure de six francs la susdite industrie2 je l'accorde1 je ne conteste en aucune faon1 on raisonne juste4 ,le vitrier va venir1 il fera sa besogne1 touchera six francs1 se frottera les mains et bnira dans son coeur l'enfant terrible4 ,c'est ce qu'on voit4 ,mais si1 par voie de dduction1 on arrive conclure1 comme on le fait trop souvent1 qu'il est bon qu'on casse les vitres1 que cela fait circuler l'argent1 qu'il en rsulte un encouragement pour l'industrie en gnral2 je suis oblig de m'crier3 halte-l6 ,votre thorie s'arrte ce qu'on voit1 elle ne tient pas compte de ce qu'on ne voit pas4 ,on ne voit pas que1 puisque notre bourgeois a dpens six francs une chose1 il ne pourra plus les dpenser une autre4 ,on ne voit pas que s'il n'et pas eu de vitre remplacer1 il et remplac1 par exemple1 ses souliers culs ou mis un livre de plus dans sa bibliothque4 ,bref1 il aurait fait de ses six francs un emploi quelconque qu'il ne fera pas4 ,faisons donc le compte de l'industrie en gnral4 ,la vitre tant casse1 l'industrie vitrire est encourage dans la mesure de six francs2 c'est ce qu'on voit4 ,si la vitre n'et pas t casse1 l'industrie cordonnire 7ou toute autre7 et t encourage dans la mesure de six francs2 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,et si l'on prenait en considration ce qu'on ne voit pas1 parce que c'est un fait ngatif1 aussi bien que ce que l'on voit1 parce que c'est un fait positif1 on comprendrait qu'il n'y a aucun intrt pour l'industrie en gnral1 ou pour l'ensemble du travail national1 ce que des vitres se cassent ou ne se cassent pas4 ,faisons maintenant le compte de ,jacques ,bonhomme4 ,dans la premire hypothse1 celle de la vitre casse1 il dpense six francs1 et a1 ni plus ni moins que devant1 la jouissance d'une vitre4 ,dans la seconde1 celle o l'accident ne ft pas arriv1 il aurait dpens six francs en chaussure et aurait eu tout la fois la jouissance d'une paire de souliers et celle d'une vitre4 ,or1 comme ,jacques ,bonhomme fait partie de la socit1 il faut conclure de l que1 considre dans son ensemble et toute balance faite de ses travaux et de ses jouissances1 elle a perdu la valeur de la vitre casse4 ,par o1 en gnralisant1 nous arrivons cette conclusion inattendue3 la socit perd la valeur des objets inutilement dtruits1--et cet aphorisme qui fera dresser les cheveux sur la tte des protectionistes3 ,casser1 briser1 dissiper1 ce n'est pas encourager le travail national1 ou plus brivement3 destruction n'est pas profit4 ,que direz-vous1 ,moniteur industriel1 que direz-vous1 adeptes de ce bon ,m4 de ,saint-,chamans1 qui a calcul avec tant de prcision ce que l'industrie gagnerait l'incendie de ,paris1 raison des maisons qu'il faudrait reconstruire8 ,je suis fch de dranger ses ingnieux calculs1 d'autant qu'il en a fait passer l'esprit dans notre lgislation4 ,mais je le prie de les recommencer1 en faisant entrer en ligne de compte ce qu'on ne voit pas ct de ce qu'on voit4 ,il faut que le lecteur s'attache bien constater qu'il n'y a pas seulement deux personnages1 mais trois dans le petit drame que j'ai soumis son attention4 ,l'un1 ,jacques ,bonhomme1 reprsente le ,consommateur1 rduit par la destruction une jouissance au lieu de deux4 ,l'autre1 sous la figure du ,vitrier1 nous montre le ,producteur dont l'accident encourage l'industrie4 ,le troisime est le ,cordonnier 7ou tout autre industriel7 dont le travail est dcourag d'autant par la mme cause4 ,c'est ce troisime personnage qu'on tient toujours dans l'ombre et qui1 personnifiant ce qu'on ne voit pas1 est un lment ncessaire du problme4 ,c'est lui qui nous fait comprendre combien il est absurde de voir un profit dans une destruction4 ,c'est lui qui bientt nous enseignera qu'il n'est pas moins absurde de voir un profit dans une restriction1 laquelle n'est aprs tout qu'une destruction partielle4--,aussi1 allez au fond de tous les arguments qu'on fait valoir en sa faveur1 vous n'y trouverez que la paraphrase de ce dicton vulgaire3 ,que deviendraient les vitriers1 si l'on ne cassait jamais de vitres#eb8 ,note #eb3 ,v41 au tome ,,iv1 le chap4 ,,xx de la #are srie des ,sophismes1 p4 #ajj et suiv4 7,note de l'diteur47 ,,ii4 ,le licenciement4 ,il en est d'un peuple comme d'un homme4 ,quand il veut se donner une satisfaction1 c'est lui de voir si elle vaut ce qu'elle cote4 ,pour une nation1 la ,scurit est le plus grand des biens4 ,si1 pour l'acqurir1 il faut mettre sur pied cent mille hommes et dpenser cent millions1 je n'ai rien dire4 ,c'est une jouissance achete au prix d'un sacrifice4 ,qu'on ne se mprenne donc pas sur la porte de ma thse4 ,un reprsentant propose de licencier cent mille hommes pour soulager les contribuables de cent millions4 ,si l'on se borne lui rpondre3 ,ces cent mille hommes et ces cent millions sont indispensables la scurit nationale3 c'est un sacrifice2 mais1 sans ce sacrifice1 la ,france serait dchire par les factions ou envahie par l'tranger4--,je n'ai rien opposer ici cet argument1 qui peut tre vrai ou faux en fait1 mais qui ne renferme pas thoriquement d'hrsie conomique4 ,l'hrsie commence quand on veut reprsenter le sacrifice lui-mme comme un avantage1 parce qu'il profite quelqu'un4 ,or1 je suis bien tromp1 ou l'auteur de la proposition ne sera pas plus tt descendu de la tribune qu'un orateur s'y prcipitera pour dire3 ,licencier cent mille hommes6 y pensez-vous8 ,que vont-ils devenir8 de quoi vivront-ils8 sera-ce de travail8 mais ne savez-vous pas que le travail manque partout8 que toutes les carrires sont encombres8 ,voulez-vous les jeter sur la place pour y augmenter la concurrence et peser sur le taux des salaires8 ,au moment o il est si difficile de gagner sa pauvre vie1 n'est-il pas heureux que l'tat donne du pain cent mille individus8 ,considrez1 de plus1 que l'arme consomme du vin1 des vtements1 des armes1 qu'elle rpand ainsi l'activit dans les fabriques1 dans les villes de garnison1 et qu'elle est1 en dfinitive1 la ,providence de ses innombrables fournisseurs4 ,ne frmissez-vous pas l'ide d'anantir cet immense mouvement industriel8 ,ce discours1 on le voit1 conclut au maintien des cent mille soldats1 abstraction faite des ncessits du service1 et par des considrations conomiques4 ,ce sont ces considrations seules que j'ai rfuter4 ,cent mille hommes1 cotant aux contribuables cent millions1 vivent et font vivre leurs fournisseurs autant que cent millions peuvent s'tendre3 c'est ce qu'on voit4 ,mais cent millions1 sortis de la poche des contribuables1 cessent de faire vivre ces contribuables et leurs fournisseurs1 autant que cent millions peuvent s'tendre3 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,calculez1 chiffrez1 et dites-moi o est le profit pour la masse8 ,quant moi1 je vous dirai o est la perte1 et1 pour simplifier1 au lieu de parler de cent mille hommes et de cent millions1 raisonnons sur un homme et mille francs4 ,nous voici dans le village de ,a4 ,les recruteurs font la tourne et y enlvent un homme4 ,les percepteurs font leur tourne aussi et y enlvent mille francs4 ,l'homme et la somme sont transports ,metz1 l'une destine faire vivre l'autre1 pendant un an1 sans rien faire4 ,si vous ne regardez que ,metz1 oh6 vous avez cent fois raison1 la mesure est trs avantageuse2 mais si vos yeux se portent sur le village de ,a1 vous jugerez autrement1 car1 moins d'tre aveugle1 vous verrez que ce village a perdu un travailleur et les mille francs qui rmunraient son travail1 et l'activit que1 par la dpense de ces mille francs1 il rpandait autour de lui4 ,au premier coup d'oeil1 il semble qu'il y ait compensation4 ,le phnomne qui se passait au village se passe ,metz1 et voil tout4 ,mais voici o est la perte4 ,au village1 un homme bchait et labourait3 c'tait un travailleur2 ,metz1 il fait des tte droite et des tte gauche3 c'est un soldat4 ,l'argent et la circulation sont les mmes dans les deux cas2 mais1 dans l'un1 il y avait trois cents journes de travail productif2 dans l'autre1 il y a trois cents journes de travail improductif1 toujours dans la supposition qu'une partie de l'arme n'est pas indispensable la scurit publique4 ,maintenant1 vienne le licenciement4 ,vous me signalez un surcrot de cent mille travailleurs1 la concurrence stimule et la pression qu'elle exerce sur le taux des salaires4 ,c'est ce que vous voyez4 ,mais voici ce que vous ne voyez pas4 ,vous ne voyez pas que renvoyer cent mille soldats1 ce n'est pas anantir cent millions1 c'est les remettre aux contribuables4 ,vous ne voyez pas que jeter ainsi cent mille travailleurs sur le march1 c'est y jeter1 du mme coup1 les cent millions destins payer leur travail2 que1 par consquent1 la mme mesure qui augmente l'offre des bras en augmente aussi la demande2 d'o il suit que votre baisse des salaires est illusoire4 ,vous ne voyez pas qu'avant1 comme aprs le licenciement1 il y a dans le pays cent millions correspondant cent mille hommes2 que toute la diffrence consiste en ceci3 avant1 le pays livre les cent millions aux cent mille hommes pour ne rien faire2 aprs1 il les leur livre pour travailler4 ,vous ne voyez pas1 enfin1 que lorsqu'un contribuable donne son argent1 soit un soldat en change de rien1 soit un travailleur en change de quelque chose1 toutes les consquences ultrieures de la circulation de cet argent sont les mmes dans les deux cas2 seulement1 dans le second cas1 le contribuable reoit quelque chose1 dans le premier1 il ne reoit rien4--,rsultat3 une perte sche pour la nation4 ,le sophisme que je combats ici ne rsiste pas l'preuve de la progression1 qui est la pierre de touche des principes4 ,si1 tout compens1 tous intrts examins1 il y a profit national augmenter l'arme1 pourquoi ne pas enrler sous les drapeaux toute la population virile du pays8 ,,iii4 ,l',impt4 ,ne vous est-il jamais arriv d'entendre dire3 ,l'impt1 c'est le meilleur placement2 c'est une rose fcondante8 ,voyez combien de familles il fait vivre1 et suivez1 par la pense1 ses ricochets sur l'industrie3 c'est l'infini1 c'est la vie4 ,pour combattre cette doctrine1 je suis oblig de reproduire la rfutation prcdente4 ,l'conomie politique sait bien que ses arguments ne sont pas assez divertissants pour qu'on en puisse dire3 ,repetita placent4 ,aussi1 comme ,basile1 elle a arrang le proverbe son usage1 bien convaincue que dans sa bouche1 ,repetita docent4 ,les avantages que les fonctionnaires trouvent marger1 c'est ce qu'on voit4 ,le bien qui en rsulte pour leurs fournisseurs1 c'est ce qu'on voit encore4 ,cela crve les yeux du corps4 ,mais le dsavantage que les contribuables prouvent se librer1 c'est ce qu'on ne voit pas1 et le dommage qui en rsulte pour leurs fournisseurs1 c'est ce qu'on ne voit pas davantage1 bien que cela dt sauter aux yeux de l'esprit4 ,quand un fonctionnaire dpense son profit cent sous de plus1 cela implique qu'un contribuable dpense son profit cent sous de moins4 ,mais la dpense du fonctionnaire se voit1 parce qu'elle se fait2 tandis que celle du contribuable ne se voit pas1 parce que1 hlas6 on l'empche de se faire4 ,vous comparez la nation une terre dessche et l'impt une pluie fconde4 ,soit4 ,mais vous devriez vous demander aussi o sont les sources de cette pluie1 et si ce n'est pas prcisment l'impt qui pompe l'humidit du sol et le dessche4 ,vous devriez vous demander encore s'il est possible que le sol reoive autant de cette eau prcieuse par la pluie qu'il en perd par l'vaporation8 ,ce qu'il y a de trs-positif1 c'est que1 quand ,jacques ,bonhomme compte cent sous au percepteur1 il ne reoit rien en retour4 ,quand1 ensuite1 un fonctionnaire dpensant ces cent sous1 les rend ,jacques ,bonhomme1 c'est contre une valeur gale en bl ou en travail4 ,le rsultat dfinitif est pour ,jacques ,bonhomme une perte de cinq francs4 ,il est trs-vrai que souvent1 le plus souvent si l'on veut1 le fonctionnaire rend ,jacques ,bonhomme un service quivalent4 ,en ce cas1 il n'y a pas perte de part ni d'autre1 il n'y a qu'change4 ,aussi1 mon argumentation ne s'adresse-t-elle nullement aux fonctions utiles4 ,je dis ceci3 si vous voulez crer une fonction1 prouvez son utilit4 ,dmontrez qu'elle vaut ,jacques ,bonhomme1 par les services qu'elle lui rend1 l'quivalent de ce qu'elle lui cote4 ,mais1 abstraction faite de cette utilit intrinsque1 n'invoquez pas comme argument l'avantage qu'elle confre au fonctionnaire1 sa famille et ses fournisseurs2 n'allguez pas qu'elle favorise le travail4 ,quand ,jacques ,bonhomme donne cent sous un fonctionnaire contre un service rellement utile1 c'est exactement comme quand il donne cent sous un cordonnier contre une paire de souliers4 ,donnant donnant1 partant quittes4 ,mais1 quand ,jacques ,bonhomme livre cent sous un fonctionnaire1 pour n'en recevoir aucun service ou mme pour en recevoir des vexations1 c'est comme s'il les livrait un voleur4 ,il ne sert de rien de dire que le fonctionnaire dpensera ces cent sous au grand profit du travail national2 autant en et fait le voleur2 autant en ferait ,jacques ,bonhomme s'il n'et rencontr sur son chemin ni le parasite extralgal ni le parasite lgal4 ,habituons-nous donc ne pas juger des choses seulement par ce qu'on voit1 mais encore par ce qu'on ne voit pas4 ,l'an pass1 j'tais du ,comit des finances1 car1 sous la ,constituante1 les membres de l'opposition n'taient pas systmatiquement exclus de toutes les ,commissions2 en cela1 la ,constituante agissait sagement4 ,nous avons entendu ,m4 ,thiers dire3 ,j'ai pass ma vie combattre les hommes du parti lgitimiste et du parti prtre4 ,depuis que le danger commun nous a rapprochs1 depuis que je les frquente1 que je les connais1 que nous nous parlons coeur coeur1 je me suis aperu que ce ne sont pas les monstres que je m'tais figurs4 ,oui1 les dfiances s'exagrent1 les haines s'exaltent entre les partis qui ne se mlent pas2 et si la majorit laissait pntrer dans le sein des ,commissions quelques membres de la minorit1 peut-tre reconnatrait-on1 de part et d'autre1 que les ides ne sont pas aussi loignes et surtout les intentions aussi perverses qu'on le suppose4 ,quoi qu'il en soit1 l'an pass1 j'tais du ,comit des finances4 ,chaque fois qu'un de nos collgues parlait de fixer un chiffre modr le traitement du ,prsident de la ,rpublique1 des ministres1 des ambassadeurs1 on lui rpondait3 ,pour le bien mme du service1 il faut entourer certaines fonctions d'clat et de dignit4 ,c'est le moyen d'y appeler les hommes de mrite4 ,d'innombrables infortunes s'adressent au ,prsident de la ,rpublique1 et ce serait le placer dans une position pnible que de le forcer toujours refuser4 ,une certaine reprsentation dans les salons ministriels et diplomatiques est un des rouages des gouvernements constitutionnels1 etc41 etc4 ,quoique de tels arguments puissent tre controverss1 ils mritent certainement un srieux examen4 ,ils sont fonds sur l'intrt public1 bien ou mal apprci2 et1 quant moi1 j'en fais plus de cas que beaucoup de nos ,catons1 mus par un esprit troit de lsinerie ou de jalousie4 ,mais ce qui rvolte ma conscience d'conomiste1 ce qui me fait rougir pour la renomme intellectuelle de mon pays1 c'est quand on en vient 7ce quoi on ne manque jamais7 cette banalit1 absurde1 et toujours favorablement accueillie3 ,d'ailleurs1 le luxe des grands fonctionnaires encourage les arts1 l'industrie1 le travail4 ,le chef de l'tat et ses ministres ne peuvent donner des festins et des soires sans faire circuler la vie dans toutes les veines du corps social4 ,rduire leurs traitements1 c'est affamer l'industrie parisienne et1 par contre-coup1 l'industrie nationale4 ,de grce1 ,messieurs1 respectez au moins l'arithmtique et ne venez pas dire devant l',assemble nationale de ,france1 de peur qu' sa honte elle ne vous approuve1 qu'une addition donne une somme diffrente1 selon qu'on la fait de haut en bas ou de bas en haut4 ,quoi6 je vais m'arranger avec un terrassier pour qu'il fasse une rigole dans mon champ1 moyennant cent sous4 ,au moment de conclure le percepteur me prend mes cent sous et les fait passer au ministre de l'intrieur2 mon march est rompu1 mais ,m4 le ministre ajoutera un plat de plus son dner4 ,sur quoi1 vous osez affirmer que cette dpense officielle est un surcrot ajout l'industrie nationale6 ,ne comprenez-vous pas qu'il n'y a l qu'un simple dplacement de satisfaction et de travail8 ,un ministre a sa table mieux garnie1 c'est vrai2 mais un agriculteur a un champ moins bien dessch1 et c'est tout aussi vrai4 ,un traiteur parisien a gagn cent sous1 je vous l'accorde2 mais accordez-moi qu'un terrassier provincial a manqu de gagner cinq francs4 ,tout ce qu'on peut dire1 c'est que le plat officiel et le traiteur satisfait1 c'est ce qu'on voit2 le champ noy et le terrassier dsoeuvr1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,bon ,dieu6 que de peine prouver1 en conomie politique1 que deux et deux font quatre2 et1 si vous y parvenez1 on s'crie3 c'est si clair que c'en est ennuyeux4--,puis on vote comme si vous n'aviez rien prouv du tout4 ,,iv4 ,thtres1 ,beaux-arts4 ,l'tat doit-il subventionner les arts8 ,il y a certes beaucoup dire ,pour et ,contre4 ,en faveur du systme des subventions1 on peut dire que les arts largissent1 lvent et potisent l'me d'une nation1 qu'ils l'arrachent des proccupations matrielles1 lui donnent le sentiment du beau1 et ragissent ainsi favorablement sur ses manires1 ses coutumes1 ses moeurs et mme sur son industrie4 ,on peut se demander o en serait la musique en ,france1 sans le ,thtre-,italien et le ,conservatoire2 l'art dramatique1 sans le ,thtre-,franais2 la peinture et la sculpture1 sans nos collections et nos muses4 ,on peut aller plus loin et se demander si1 sans la centralisation et par consquent la subvention des beaux-arts1 ce got exquis se serait dvelopp1 qui est le noble apanage du travail franais et impose ses produits l'univers entier4 ,en prsence de tels rsultats1 ne serait-ce pas une haute imprudence que de renoncer cette modique cotisation de tous les citoyens qui1 en dfinitive1 ralise1 au milieu de l',europe1 leur supriorit et leur gloire8 ces raisons et bien d'autres1 dont je ne conteste pas la force1 on peut en opposer de non moins puissantes4 ,il y a d'abord1 pourrait-on dire1 une question de justice distributive4 ,le droit du lgislateur va-t-il jusqu' brcher le salaire de l'artisan pour constituer un supplment de profits l'artiste8 ,m4 ,lamartine disait3 ,si vous supprimez la subvention d'un thtre1 o vous arrterez-vous dans cette voie1 et ne serez-vous pas logiquement entrans supprimer vos ,facults1 vos ,muses1 vos ,instituts1 vos ,bibliothques8 ,on pourrait rpondre3 ,si vous voulez subventionner tout ce qui est bon et utile1 o vous arrterez-vous dans cette voie1 et ne serez-vous pas entrans logiquement constituer une liste civile l'agriculture1 l'industrie1 au commerce1 la bienfaisance1 l'instruction8 ,ensuite1 est-il certain que les subventions favorisent le progrs de l'art8 ,c'est une question qui est loin d'tre rsolue1 et nous voyons de nos yeux que les thtres qui prosprent sont ceux qui vivent de leur propre vie4 ,enfin1 s'levant des considrations plus hautes1 on peut faire observer que les besoins et les dsirs naissent les uns des autres et s'lvent dans des rgions de plus en plus pures#ec1 mesure que la richesse publique permet de les satisfaire2 que le gouvernement n'a point se mler de cette correspondance1 puisque1 dans un tat donn de la fortune actuelle1 il ne saurait stimuler1 par l'impt1 les industries de luxe sans froisser les industries de ncessit1 intervertissant ainsi la marche naturelle de la civilisation4 ,on peut faire observer que ces dplacements artificiels des besoins1 des gots1 du travail et de la population1 placent les peuples dans une situation prcaire et dangereuse1 qui n'a plus de base solide4 ,note #ec3 ,v4 le chap4 ,,iii du tome ,,vi4 7,note de l'diteur47 ,voil quelques-unes des raisons qu'allguent les adversaires de l'intervention de l'tat1 en ce qui concerne l'ordre dans lequel les citoyens croient devoir satisfaire leurs besoins et leurs dsirs1 et par consquent diriger leur activit4 ,je suis de ceux1 je l'avoue1 qui pensent que le choix1 l'impulsion doit venir d'en bas1 non d'en haut1 des citoyens1 non du lgislateur2 et la doctrine contraire me semble conduire l'anantissement de la libert et de la dignit humaines4 ,mais1 par une dduction aussi fausse qu'injuste1 sait-on de quoi on accuse les conomistes8 c'est1 quand nous repoussons la subvention1 de repousser la chose mme qu'il s'agit de subventionner1 et d'tre les ennemis de tous les genres d'activit1 parce que nous voulons que ces activits1 d'une part soient libres1 et de l'autre cherchent en elles-mmes leur propre rcompense4 ,ainsi1 demandons-nous que l'tat n'intervienne pas1 par l'impt1 dans les matires religieuses8 nous sommes des athes4 ,demandons-nous que l'tat n'intervienne pas1 par l'impt1 dans l'ducation8 nous hassons les lumires4 ,disons-nous que l'tat ne doit pas donner1 par l'impt1 une valeur factice au sol1 tel ordre d'industrie8 nous sommes les ennemis de la proprit et du travail4 ,pensons-nous que l'tat ne doit pas subventionner les artistes8 nous sommes des barbares qui jugeons les arts inutiles4 ,je proteste ici de toutes mes forces contre ces dductions4 ,loin que nous entretenions l'absurde pense d'anantir la religion1 l'ducation1 la proprit1 le travail et les arts quand nous demandons que l'tat protge le libre dveloppement de tous ces ordres d'activit humaine1 sans les soudoyer aux dpens les uns des autres1 nous croyons au contraire que toutes ces forces vives de la socit se dvelopperaient harmonieusement sous l'influence de la libert1 qu'aucune d'elles ne deviendrait1 comme nous le voyons aujourd'hui1 une source de troubles1 d'abus1 de tyrannie et de dsordre4 ,nos adversaires croient qu'une activit qui n'est ni soudoye ni rglemente est une activit anantie4 ,nous croyons le contraire4 ,leur foi est dans le lgislateur1 non dans l'humanit4 ,la ntre est dans l'humanit1 non dans le lgislateur4 ,ainsi1 ,m4 ,lamartine disait3 ,au nom de ce principe1 il faut abolir les expositions publiques qui font l'honneur et la richesse de ce pays4 ,je rponds ,m4 ,lamartine3 votre point de vue1 ne pas subventionner c'est abolir1 parce que1 partant de cette donne que rien n'existe que par la volont de l'tat1 vous en concluez que rien ne vit que ce que l'impt fait vivre4 ,mais je retourne contre vous l'exemple que vous avez choisi1 et je vous fais observer que la plus grande1 la plus noble des expositions1 celle qui est conue dans la pense la plus librale1 la plus universelle1 et je puis mme me servir du mot humanitaire1 qui n'est pas ici exagr1 c'est l'exposition qui se prpare ,londres1 la seule dont aucun gouvernement ne se mle et qu'aucun impt ne soudoie4 ,revenant aux beaux-arts1 on peut1 je le rpte1 allguer pour et contre le systme des subventions des raisons puissantes4 ,le lecteur comprend que1 d'aprs l'objet spcial de cet crit1 je n'ai ni exposer ces raisons1 ni dcider entre elles4 ,mais ,m4 ,lamartine a mis en avant un argument que je ne puis passer sous silence1 car il rentre dans le cercle trs-prcis de cette tude conomique4 ,il a dit3 ,la question conomique1 en matire de thtres1 se rsume en un seul mot3 c'est du travail4 ,peu importe la nature de ce travail1 c'est un travail aussi fcond1 aussi productif que toute autre nature de travaux dans une nation4 ,les thtres1 vous le savez1 ne nourrissent pas moins1 ne salarient pas moins1 en ,france1 de quatre-vingt mille ouvriers de toute nature1 peintres1 maons1 dcorateurs1 costumiers1 architectes1 etc41 qui sont la vie mme et le mouvement de plusieurs quartiers de cette capitale1 et1 ce titre1 ils doivent obtenir vos sympathies6 ,vos sympathies6--traduisez3 vos subventions4 ,et plus loin3 ,les plaisirs de ,paris sont le travail et la consommation des dpartements1 et les luxes du riche sont le salaire et le pain de deux cent mille ouvriers de toute espce1 vivant de l'industrie si multiple des thtres sur la surface de la ,rpublique1 et recevant de ces plaisirs nobles1 qui illustrent la ,france1 l'aliment de leur vie et le ncessaire de leurs familles et de leurs enfants4 ,c'est eux que vous donnerez ces #fj1jjj fr4 7,trs-bien6 trs-bien6 marques nombreuses d'approbation47 ,pour moi1 je suis forc de dire3 trs-mal6 trs-mal6 en restreignant1 bien entendu1 la porte de ce jugement l'argument conomique dont il est ici question4 ,oui1 c'est aux ouvriers des thtres qu'iront1 du moins en partie1 les #fj1jjj fr4 dont il s'agit4 ,quelques bribes pourront bien s'garer en chemin4 ,mme1 si l'on scrutait la chose de prs1 peut-tre dcouvrirait-on que le gteau prendra une autre route2 heureux les ouvriers s'il leur reste quelques miettes6 ,mais je veux bien admettre que la subvention entire ira aux peintres1 dcorateurs1 costumiers1 coiffeurs1 etc4 ,c'est ce qu'on voit4 ,mais d'o vient-elle8 ,voil le revers de la question1 tout aussi important examiner que la face4 ,o est la source de ces #fj1jjj fr48 ,et o iraient-ils1 si un vote lgislatif ne les dirigeait d'abord vers la rue ,rivoli et de l vers la rue ,grenelie8 ,c'est ce qu'on ne voit pas4 ,assurment nul n'osera soutenir que le vote lgislatif a fait clore cette somme dans l'urne du scrutin2 qu'elle est une pure addition faite la richesse nationale2 que1 sans ce vote miraculeux1 ces soixante mille francs eussent t jamais invisibles et impalpables4 ,il faut bien admettre que tout ce qu'a pu faire la majorit1 c'est de dcider qu'ils seraient pris quelque part pour tre envoys quelque part1 et qu'ils ne recevraient une destination que parce qu'ils seraient dtourns d'une autre4 ,la chose tant ainsi1 il est clair que le contribuable qui aura t tax un franc1 n'aura plus ce franc sa disposition4 ,il est clair qu'il sera priv d'une satisfaction dans la mesure d'un franc1 et que l'ouvrier1 quel qu'il soit1 qui la lui aurait procure1 sera priv de salaire dans la mme mesure4 ,ne nous faisons donc pas cette purile illusion de croire que le vote du #af mai ajoute quoi que ce soit au bien-tre et au travail national4 ,il dplace les jouissances1 il dplace les salaires1 voil tout4 ,dira-t-on qu' un genre de satisfaction et un genre de travail1 il substitue des satisfactions et des travaux plus urgents1 plus moraux1 plus raisonnables8 ,je pourrais lutter sur ce terrain4 ,je pourrais dire3 ,en arrachant #fj1jjj fr4 aux contribuables1 vous diminuez les salaires des laboureurs1 terrassiers1 charpentiers1 forgerons1 et vous augmentez d'autant les salaires des chanteurs1 coiffeurs1 dcorateurs et costumiers4 ,rien ne prouve que cette dernire classe soit plus intressante que l'autre4 ,m4 ,lamartine ne l'allgue pas4 ,il dit lui-mme que le travail des thtres est aussi fcond1 aussi productif et non plus que tout autre1 ce qui pourrait encore tre contest2 car la meilleure preuve que le second n'est pas aussi fcond que le premier1 c'est que celui-ci est appel soudoyer celui-l4 ,mais cette comparaison entre la valeur et le mrite intrinsque des diverses natures de travaux n'entre pas dans mon sujet actuel4 ,tout ce que j'ai faire ici1 c'est de montrer que si ,m4 ,lamartine et les personnes qui ont applaudi son argumentation ont vu1 de l'oeil gauche1 les salaires gagns par les fournisseurs des comdiens1 ils auraient d voir1 de l'oeil droit1 les salaires perdus pour les fournisseurs des contribuables2 faute de quoi1 ils se sont exposs au ridicule de prendre un dplacement pour un gain4 ,s'ils taient consquents leur doctrine1 ils demanderaient des subventions l'infini2 car ce qui est vrai d'un franc et de #fj1jjj fr41 est vrai1 dans des circonstances identiques1 d'un milliard de francs4 ,quand il s'agit d'impts1 messieurs1 prouvez-en l'utilit par des raisons tires du fond1 mais non point par cette malencontreuse assertion3 ,les dpenses publiques font vivre la classe ouvrire4 ,elle a le tort de dissimuler un fait essentiel1 savoir1 que les dpenses publiques se substituent toujours des dpenses prives1 et que1 par consquent1 elles font bien vivre un ouvrier au lieu d'un autre1 mais n'ajoutent rien au lot de la classe ouvrire prise en masse4 ,votre argumentation est fort de mode1 mais elle est trop absurde pour que la raison n'en ait pas raison4 ,v4 ,travaux publics4 ,qu'une nation1 aprs s'tre assure qu'une grande entreprise doit profiter la communaut1 la fasse excuter sur le produit d'une cotisation commune1 rien de plus naturel4 ,mais la patience m'chappe1 je l'avoue1 quand j'entends allguer l'appui d'une telle rsolution cette bvue conomique3 ,c'est d'ailleurs le moyen de crer du travail pour les ouvriers4 ,l'tat ouvre un chemin1 btit un palais1 redresse une rue1 perce un canal2 par l1 il donne du travail certains ouvriers1 c'est ce qu'on voit2 mais il prive de travail certains autres ouvriers1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,voil la route en cours d'excution4 ,mille ouvriers arrivent tous les matins1 se retirent tous les soirs1 emportent leur salaire1 cela est certain4 ,si la route n'et pas t dcrte1 si les fonds n'eussent pas t vots1 ces braves gens n'eussent rencontr l ni ce travail ni ce salaire2 cela est certain encore4 ,mais est-ce tout8 ,l'opration1 dans son ensemble1 n'embrasse-t-elle pas autre chose8 ,au moment o ,m4 ,dupin prononce les paroles sacramentelles3 ,l',assemble a adopt1 les millions descendent-ils miraculeusement sur un rayon de la lune dans les coffres de ,,mm4 ,fould et ,bineau8 ,pour que l'volution1 comme on dit1 soit complte1 ne faut-il pas que l'tat organise la recette aussi bien que la dpense8 qu'il mette ses percepteurs en campagne et ses contribuables contribution8 tudiez donc la question dans ses deux lments4 ,tout en constatant la destination que l'tat donne aux millions vots1 ne ngligez pas de constater aussi la destination que les contribuables auraient donne--et ne peuvent plus donner-- ces mmes millions4 ,alors1 vous comprendrez qu'une entreprise publique est une mdaille deux revers4 ,sur l'une figure un ouvrier occup1 avec cette devise3 ,ce qu'on voit2 sur l'autre1 un ouvrier inoccup1 avec cette devise ,ce qu'on ne voit pas4 ,le sophisme que je combats dans cet crit est d'autant plus dangereux1 appliqu aux travaux publics1 qu'il sert justifier les entreprises et les prodigalits les plus folles4 ,quand un chemin de fer ou un pont ont une utilit relle1 il suffit d'invoquer cette utilit4 ,mais si on ne le peut1 que fait-on8 ,on a recours cette mystification3 ,il faut procurer de l'ouvrage aux ouvriers4 ,cela dit1 on ordonne de faire et de dfaire les terrasses du ,champ de ,mars4 ,le grand ,napolon1 on le sait1 croyait faire oeuvre philanthropique en faisant creuser et combler des fosss4 ,il disait aussi3 ,qu'importe le rsultat8 ,il ne faut voir que la richesse rpandue parmi les classes laborieuses4 ,allons au fond des choses4 ,l'argent nous fait illusion4 ,demander le concours1 sous forme d'argent1 de tous les citoyens une oeuvre commune1 c'est en ralit leur demander un concours en nature2 car chacun d'eux se procure1 par le travail1 la somme laquelle il est tax4 ,or1 que l'on runisse tous les citoyens pour leur faire excuter1 par prestation1 une oeuvre utile tous1 cela pourrait se comprendre2 leur rcompense serait dans les rsultats de l'oeuvre elle-mme4 ,mais qu'aprs les avoir convoqus1 on les assujettisse faire des routes o nul ne passera1 des palais que nul n'habitera1 et cela1 sous prtexte de leur procurer du travail3 voil qui serait absurde et ils seraient1 certes1 fonds objecter3 ,de ce travail-l nous n'avons que faire1 nous aimons mieux travailler pour notre propre compte4 ,le procd qui consiste faire concourir les citoyens en argent et non en travail ne change rien ces rsultats gnraux4 ,seulement1 par ce dernier procd1 la perte se rpartirait sur tout le monde4 ,par le premier1 ceux que l'tat occupe chappent leur part de perte1 en rajoutant celle que leurs compatriotes ont dj subir4 ,il y a un article de la ,constitution qui porte3 ,la socit favorise et encourage le dveloppement du travail444 par l'tablissement par l'tat1 les dpartements et les communes1 de travaux publics propres employer les bras inoccups4 ,comme mesure temporaire1 dans un temps de crise1 pendant un hiver rigoureux1 cette intervention du contribuable peut avoir de bons effets4 ,elle agit dans le mme sens que les assurances4 ,elle n'ajoute rien au travail ni au salaire1 mais elle prend du travail et des salaires sur les temps ordinaires pour en doter1 avec perte il est vrai1 des poques difficiles4 ,comme mesure permanente1 gnrale1 systmatique1 ce n'est autre chose qu'une mystification ruineuse1 une impossibilit1 une contradiction qui montre un peu de travail stimul qu'on voit1 et cache beaucoup de travail empch qu'on ne voit pas4 ,,vi4 ,les intermdiaires4 ,la socit est l'ensemble des services que les hommes se rendent forcment ou volontairement les uns aux autres1 c'est--dire des services publics et des services privs4 ,les premiers1 imposs et rglements par la loi1 qu'il n'est pas toujours ais de changer quand il le faudrait1 peuvent survivre longtemps1 avec elle1 leur propre utilit1 et conserver encore le nom de services publics1 mme quand ils ne sont plus des services du tout1 mme quand ils ne sont plus que de publiques vexations4 ,les seconds sont du domaine de la volont1 de la responsabilit individuelle4 ,chacun en rend et en reoit ce qu'il veut1 ce qu'il peut1 aprs dbat contradictoire4 ,ils ont toujours pour eux la prsomption d'utilit relle1 exactement mesure par leur valeur comparative4 ,c'est pourquoi ceux-l sont si souvent frapps d'immobilisme1 tandis que ceux-ci obissent la loi du progrs4 ,pendant que le dveloppement exagr des services publics1 par la dperdition de forces qu'il entrane1 tend constituer au sein de la socit un funeste parasitisme1 il est assez singulier que plusieurs sectes modernes1 attribuant ce caractre aux services libres et privs1 cherchent transformer les professions en fonctions4 ,ces sectes s'lvent avec force contre ce qu'elles nomment les intermdiaires4 ,elles supprimeraient volontiers le capitaliste1 le banquier1 le spculateur1 l'entrepreneur1 le marchand et le ngociant1 les accusant de s'interposer entre la production et la consommation pour les ranonner toutes deux1 sans leur rendre aucune valeur4--,ou plutt elles voudraient transfrer l'tat l'oeuvre qu'ils accomplissent1 car cette oeuvre ne saurait tre supprime4 ,le sophisme des socialistes sur ce point consiste montrer au public ce qu'il paye aux intermdiaires en change de leurs services1 et lui cacher ce qu'il faudrait payer l'tat4 ,c'est toujours la lutte entre ce qui frappe les yeux et ce qui ne se montre qu' l'esprit1 entre ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas4 ,ce fut surtout en #ahdg et l'occasion de la disette que les coles socialistes cherchrent et russirent populariser leur funeste thorie4 ,elles savaient bien que la plus absurde propagande a toujours quelques chances auprs des hommes qui souffrent2 malesuada fames4 ,donc1 l'aide des grands mots3 ,exploitation de l'homme par l'homme1 spculation sur la faim1 accaparement1 elles se mirent dnigrer le commerce et jeter un voile sur ses bienfaits4 ,pourquoi1 disaient-elles1 laisser aux ngociants le soin de faire venir des subsistances des tats-,unis et de la ,crime8 ,pourquoi l'tat1 les dpartements1 les communes n'organisent-ils pas un service d'approvisionnement et des magasins de rserve8 ,ils vendraient au prix de revient1 et le peuple1 le pauvre peuple serait affranchi du tribut qu'il paye au commerce libre1 c'est--dire goste1 individualiste et anarchique4 ,le tribut que le peuple paye au commerce1 c'est ce qu'on voit4 ,le tribut que le peuple payerait l'tat ou ses agents1 dans le systme socialiste1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,en quoi consiste ce prtendu tribut que le peuple paye au commerce8 ,en ceci3 que deux hommes se rendent rciproquement service1 en toute libert1 sous la pression de la concurrence et prix dbattu4 ,quand l'estomac qui a faim est ,paris et que le bl qui peut le satisfaire est ,odessa1 la souffrance ne peut cesser que le bl ne se rapproche de l'estomac4 ,il y a trois moyens pour que ce rapprochement s'opre3 #a ,les hommes affams peuvent aller eux-mmes chercher le bl2 #b ils peuvent s'en remettre ceux qui font ce mtier2 #c ils peuvent se cotiser et charger des fonctionnaires publics de l'opration4 ,de ces trois moyens1 quel est le plus avantageux8 ,en tout temps1 en tout pays1 et d'autant plus qu'ils sont plus libres1 plus clairs1 plus expriments1 les hommes ayant volontairement choisi le second1 j'avoue que cela suffit pour mettre1 mes yeux1 la prsomption de ce ct4 ,mon esprit se refuse admettre que l'humanit en masse se trompe sur un point qui la touche de si prs#ed4 ,note #ed3 ,l'auteur a souvent invoqu la prsomption de vrit qui s'attache au consentement universel manifest par la pratique de tous les hommes4 ,v4 notamment au tome ,,iv1 page #gi1 le chap4 ,,xiii des ,sophismes1 puis la page #dda2 et1 au tome ,,vi1 l'appendice au chap4 ,,vi1 intitul1 ,moralit de la richesse4 7,note de l'diteur47 ,examinons cependant4 ,que trente-six millions de citoyens partent pour aller chercher ,odessa le bl dont ils ont besoin1 cela est videmment inexcutable4 ,le premier moyen ne vaut rien4 ,les consommateurs ne peuvent agir par eux-mmes1 force leur est d'avoir recours des intermdiaires1 fonctionnaires ou ngociants4 ,remarquons cependant que ce premier moyen serait le plus naturel4 ,au fond1 c'est celui qui a faim d'aller chercher son bl4 ,c'est une peine qui le regarde2 c'est un service qu'il se doit lui-mme4 ,si un autre1 quelque titre que ce soit1 lui rend ce service et prend cette peine pour lui1 cet autre a droit une compensation4 ,ce que je dis ici1 c'est pour constater que les services des intermdiaires portent en eux le principe de la rmunration4 ,quoi qu'il en soit1 puisqu'il faut recourir ce que les socialistes nomment un parasite1 quel est1 du ngociant ou du fonctionnaire1 le parasite le moins exigeant8 ,le commerce 7je le suppose libre1 sans quoi comment pourrais-je raisonner871 le commerce1 dis-je1 est port1 par intrt1 tudier les saisons1 constater jour par jour l'tat des rcoltes1 recevoir des informations de tous les points du globe1 prvoir les besoins1 se prcautionner d'avance4 ,il a des navires tout prts1 des correspondants partout1 et son intrt immdiat est d'acheter au meilleur march possible1 d'conomiser sur tous les dtails de l'opration1 et d'atteindre les plus grands rsultats avec les moindres efforts4 ,ce ne sont pas seulement les ngociants franais1 mais les ngociants du monde entier qui s'occupent de l'approvisionnement de la ,france pour le jour du besoin2 et si l'intrt les porte invinciblement remplir leur tche aux moindres frais1 la concurrence qu'ils se font entre eux les porte non moins invinciblement faire profiter les consommateurs de toutes les conomies ralises4 ,le bl arriv1 le commerce a intrt le vendre au plus tt pour teindre ses risques1 raliser ses fonds et recommencer s'il y a lieu4 ,dirig par la comparaison des prix1 il distribue les aliments sur toute la surface du pays1 en commenant toujours par le point le plus cher1 c'est--dire o le besoin se fait le plus sentir4 ,il n'est donc pas possible d'imaginer une organisation mieux calcule dans l'intrt de ceux qui ont faim1 et la beaut de cette organisation1 inaperue des socialistes1 rsulte prcisment de ce qu'elle est libre4-- la vrit1 le consommateur est oblig de rembourser au commerce ses frais de transports1 de transbordements1 de magasinage1 de commission1 etc42 mais dans quel systme ne faut-il pas que celui qui mange le bl rembourse les frais qu'il faut faire pour qu'il soit sa porte8 ,il y a de plus payer la rmunration du service rendu3 mais1 quant sa quotit1 elle est rduite au minimum possible par la concurrence2 et1 quant sa justice1 il serait trange que les artisans de ,paris ne travaillassent pas pour les ngociants de ,marseille1 quand les ngociants de ,marseille travaillent pour les artisans de ,paris4 ,que1 selon l'invention socialiste1 l'tat se substitue au commerce1 qu'arrivera-t-il8 ,je prie qu'on me signale o sera1 pour le public1 l'conomie4 ,sera-t-elle dans le prix d'achat8 ,mais qu'on se figure les dlgus de quarante mille communes arrivant ,odessa un jour donn et au jour du besoin2 qu'on se figure l'effet sur les prix4 ,sera-t-elle dans les frais8 ,mais faudra-t-il moins de navires1 moins de marins1 moins de transbordements1 moins de magasinages1 ou sera-t-on dispens de payer toutes ces choses8 ,sera-t-elle dans le profit des ngociants8 ,mais est-ce que vos dlgus et vos fonctionnaires iront pour rien ,odessa8 ,est-ce qu'ils voyageront et travailleront sur le principe de la fraternit8 ,ne faudra-t-il pas qu'ils vivent8 ne faudra-t-il pas que leur temps soit pay8 ,et croyez-vous que cela ne dpassera pas mille fois les deux ou trois pour cent que gagne le ngociant1 taux auquel il est prt souscrire8 ,et puis1 songez la difficult de lever tant d'impts1 de rpartir tant d'aliments4 ,songez aux injustices1 aux abus insparables d'une telle entreprise4 ,songez la responsabilit qui pserait sur le gouvernement4 ,les socialistes qui ont invent ces folies1 et qui1 aux jours de malheur1 les soufflent dans l'esprit des masses1 se dcernent libralement le titre d'hommes avancs1 et ce n'est pas sans quelque danger que l'usage1 ce tyran des langues1 ratifie le mot et le jugement qu'il implique4 ,avancs6 ceci suppose que ces messieurs ont la vue plus longue que le vulgaire2 que leur seul tort est d'tre trop en avant du sicle2 et que si le temps n'est pas encore venu de supprimer certains services libres1 prtendus parasites1 la faute en est au public qui est en arrire du socialisme4 ,en mon me et conscience1 c'est le contraire qui est vrai1 et je ne sais quel sicle barbare il faudrait remonter pour trouver1 sur ce point1 le niveau des connaissances socialistes4 ,les sectaires modernes opposent sans cesse l'association la socit actuelle4 ,ils ne prennent pas garde que la socit1 sous un rgime libre1 est une association vritable1 bien suprieure toutes celles qui sortent de leur fconde imagination4 lucidons ceci par un exemple3 ,pour qu'un homme puisse1 en se levant1 revtir un habit1 il faut qu'une terre ait t close1 dfriche1 dessche1 laboure1 ensemence d'une certaine sorte de vgtaux2 il faut que des troupeaux s'en soient nourris1 qu'ils aient donn leur laine1 que cette laine ait t file1 tisse1 teinte et convertie en drap2 que ce drap ait t coup1 cousu1 faonn en vtement4 ,et cette srie d'oprations en implique une foule d'autres2 car elle suppose l'emploi d'instruments aratoires1 de bergeries1 d'usines1 de houille1 de machines1 de voitures1 etc4 ,si la socit n'tait pas une association trs-relle1 celui qui veut un habit serait rduit travailler dans l'isolement1 c'est--dire accomplir lui-mme les actes innombrables de cette srie1 depuis le premier coup de pioche qui le commence jusqu'au dernier coup d'aiguille qui le termine4 ,mais1 grce la sociabilit qui est le caractre distinctif de notre espce1 ces oprations se sont distribues entre une multitude de travailleurs1 et elles se subdivisent de plus en plus pour le bien commun1 mesure que1 la consommation devenant plus active1 un acte spcial peut alimenter une industrie nouvelle4 ,vient ensuite la rpartition du produit1 qui s'opre suivant le contingent de valeur que chacun a apport l'oeuvre totale4 ,si ce n'est pas l de l'association1 je demande ce que c'est4 ,remarquez qu'aucun des travailleurs n'ayant tir du nant la moindre particule de matire1 ils se sont borns se rendre des services rciproques1 s'entr'aider dans un but commun1 et que tous peuvent tre considrs1 les uns l'gard des autres1 comme des intermdiaires4 ,si1 par exemple1 dans le cours de l'opration1 le transport devient assez important pour occuper une personne1 le filage une seconde1 le tissage une troisime1 pourquoi la premire serait-elle regarde comme plus parasite que les deux autres8 ,ne faut-il pas que le transport se fasse8 ,celui qui le fait n'y consacre-t-il pas du temps et de la peine8 n'en pargne-t-il pas ses associs8 ,ceux-ci font-ils plus ou autre chose que lui8 ,ne sont-ils pas tous galement soumis pour la rmunration1 c'est--dire pour le partage du produit1 la loi du prix dbattu8 ,n'est-ce pas1 en toute libert1 pour le bien commun1 que cette sparation de travaux s'opre et que ces arrangements sont pris8 ,qu'avons-nous donc besoin qu'un socialiste1 sous prtexte d'organisation1 vienne despotiquement dtruire nos arrangements volontaires1 arrter la division du travail1 substituer les efforts isols aux efforts associs et faire reculer la civilisation8 ,l'association1 telle que je la dcris ici1 en est-elle moins association1 parce que chacun y entre et sort librement1 y choisit sa place1 juge et stipule pour lui-mme sous sa responsabilit1 et y apporte le ressort et la garantie de l'intrt personnel8 ,pour qu'elle mrite ce nom1 est-il ncessaire qu'un prtendu rformateur vienne nous imposer sa formule et sa volont et concentrer1 pour ainsi dire1 l'humanit en lui-mme8 ,plus on examine ces coles avances1 plus on reste convaincu qu'il n'y a qu'une chose au fond3 l'ignorance se proclamant infaillible et rclamant le despotisme au nom de cette infaillibilit4 ,que le lecteur veuille bien excuser cette digression4 ,elle n'est peut-tre pas inutile au moment o1 chappes des livres saint-simoniens1 phalanstriens et icariens1 les dclamations contre les ,intermdiaires envahissent le journalisme et la tribune1 et menacent srieusement la libert du travail et des transactions4 ,,vii4 ,restriction4 ,m4 ,prohibant 7ce n'est pas moi qui l'ai nomm1 c'est ,m4 ,charles ,dupin1 qui depuis444 mais alors44471 ,m4 ,prohibant consacrait son temps et ses capitaux convertir en fer le minerai de ses terres4 ,comme la nature avait t plus prodigue envers les ,belges1 ils donnaient le fer aux ,franais meilleur march que ,m4 ,prohibant1 ce qui signifie que tous les ,franais1 ou la ,france1 pouvaient obtenir une quantit donne de fer avec moins de travail1 en l'achetant aux honntes ,flamands4 ,aussi1 guids par leur intrt1 ils n'y faisaient faute1 et tous les jours on voyait une multitude de cloutiers1 forgerons1 charrons1 mcaniciens1 marchaux-ferrants et laboureurs1 aller par eux-mmes1 ou par des intermdiaires1 se pourvoir en ,belgique4 ,cela dplut fort ,m4 ,prohibant4 ,d'abord l'ide lui vint d'arrter cet abus par ses propres forces4 ,c'tait bien le moins1 puisque lui seul en souffrait4 ,je prendrai ma carabine1 se dit-il1 je mettrai quatre pistolets ma ceinture1 je garnirai ma giberne1 je ceindrai ma flamberge1 et je me porterai1 ainsi quip1 la frontire4 ,l1 le premier forgeron1 cloutier1 marchal1 mcanicien ou serrurier qui se prsente pour faire ses affaires et non les miennes1 je le tue pour lui apprendre vivre4 ,au moment de partir1 ,m4 ,prohibant fit quelques rflexions qui temprrent un peu son ardeur belliqueuse4 ,il se dit3 ,d'abord1 il n'est pas absolument impossible que les acheteurs de fer1 mes compatriotes et ennemis1 ne prennent mal la chose1 et qu'au lieu de se laisser tuer1 ils ne me tuent moi-mme4 ,ensuite1 mme en faisant marcher tous mes domestiques1 nous ne pourrons garder tous les passages4 ,enfin le procd me cotera fort cher1 plus cher que ne vaut le rsultat4 ,m4 ,prohibant allait tristement se rsigner n'tre que libre comme tout le monde1 quand un trait de lumire vint illuminer son cerveau4 ,il se rappela qu'il y a ,paris une grande fabrique de lois4 ,qu'est-ce qu'une loi8 se dit-il4 ,c'est une mesure laquelle1 une fois dcrte1 bonne ou mauvaise1 chacun est tenu de se conformer4 ,pour l'excution d'icelle1 on organise une force publique1 et1 pour constituer ladite force publique1 on puise dans la nation des hommes et de l'argent4 ,si donc j'obtenais qu'il sortit de la grande fabrique parisienne une toute petite loi portant3 ,le fer belge est prohib1 j'atteindrais les rsultats suivants3 le gouvernement ferait remplacer les quelques valets que je voulais envoyer la frontire par vingt mille fils de mes forgerons1 serruriers1 cloutiers1 marchaux1 artisans1 mcaniciens et laboureurs rcalcitrants4 ,puis1 pour tenir en bonne disposition de joie et de sant ces vingt mille douaniers1 il leur distribuerait vingt-cinq millions de francs pris ces mmes forgerons1 cloutiers1 artisans et laboureurs4 ,la garde en serait mieux faite2 elle ne me coterait rien1 je ne serais pas expos la brutalit des brocanteurs1 je vendrais le fer mon prix1 et je jouirais de la douce rcration de voir notre grand peuple honteusement mystifi4 ,cela lui apprendrait se proclamer sans cesse le prcurseur et le promoteur de tout progrs en ,europe4 ,oh6 le trait serait piquant et vaut la peine d'tre tent4 ,donc1 ,m4 ,prohibant se rendit la fabrique de lois4--,une autre fois peut-tre je raconterai l'histoire de ses sourdes menes2 aujourd'hui je ne veux parler que de ses dmarches ostensibles4--,il fit valoir auprs de ,,mm4 les lgislateurs cette considration3 ,le fer belge se vend en ,france dix francs1 ce qui me force de vendre le mien au mme prix4 ,j'aimerais mieux le vendre quinze et ne le puis1 cause de ce fer belge1 que ,dieu maudisse4 ,fabriquez une loi qui dise3--,le fer belge n'entrera plus en ,france4--,aussitt j'lve mon prix de cinq francs1 et voici les consquences3 ,pour chaque quintal de fer que je livrerai au public1 au lieu de recevoir dix francs1 j'en toucherai quinze1 je m'enrichirai plus vite1 je donnerai plus d'tendue mon exploitation1 j'occuperai plus d'ouvriers4 ,mes ouvriers et moi ferons plus de dpense1 au grand avantage de nos fournisseurs plusieurs lieues la ronde4 ,ceux-ci1 ayant plus de dbouchs1 feront plus de commandes l'industrie et1 de proche en proche1 l'activit gagnera tout le pays4 ,cette bienheureuse pice de cent sous1 que vous ferez tomber dans mon coffre-fort1 comme une pierre qu'on jette dans un lac1 fera rayonner au loin un nombre infini de cercles concentriques4 ,charms de ce discours1 enchants d'apprendre qu'il est si ais d'augmenter lgislativement la fortune d'un peuple1 les fabricants de lois votrent la ,restriction4 ,que parle-t-on de travail et d'conomie8 disaient-ils4 quoi bon ces pnibles moyens d'augmenter la richesse nationale1 puisqu'un ,dcret y suffit8 ,et en effet1 la loi eut toutes les consquences annonces par ,m4 ,prohibant2 seulement elle en eut d'autres aussi1 car1 rendons-lui justice1 il n'avait pas fait un raisonnement faux1 mais un raisonnement incomplet4 ,en rclamant un privilge1 il en avait signal les effets qu'on voit1 laissant dans l'ombre ceux qu'on ne voit pas4 ,il n'avait montr que deux personnages1 quand il y en a trois en scne4 ,c'est nous de rparer cet oubli involontaire ou prmdit4 ,oui1 l'cu dtourn ainsi lgislativement vers le coffre-fort de ,m4 ,prohibant1 constitue un avantage pour lui et pour ceux dont il doit encourager le travail4--,et si le dcret avait fait descendre cet cu de la lune1 ces bons effets ne seraient contre-balancs par aucuns mauvais effets compensateurs4 ,malheureusement ce n'est pas de la lune que sort la mystrieuse pice de cent sous1 mais bien de la poche d'un forgeron1 cloutier1 charron1 marchal1 laboureur1 constructeur1 en un mot1 de ,jacques ,bonhomme1 qui la donne aujourd'hui1 sans recevoir un milligramme de fer de plus que du temps o il payait dix francs4 ,au premier coup d'oeil1 on doit s'apercevoir que ceci change bien la question1 car1 bien videmment1 le ,profit de ,m4 ,prohibant est compens par la ,perte de ,jacques ,bonhomme1 et tout ce que ,m4 ,prohibant pourra faire de cet cu pour l'encouragement du travail national1 ,jacques ,bonhomme l'et fait de mme4 ,la pierre n'est jete sur un point du lac que parce qu'elle a t lgislativement empche d'tre jete sur un autre4 ,donc1 ce qu'on ne voit pas compense ce qu'on voit1 et jusqu'ici il reste1 pour rsidu de l'opration1 une injustice1 et1 chose dplorable6 une injustice perptre par la loi4 ,ce n'est pas tout4 ,j'ai dit qu'on laissait toujours dans l'ombre un troisime personnage4 ,il faut que je le fasse ici paratre1 afin qu'il nous rvle une seconde perte de cinq francs4 ,alors nous aurons le rsultat de l'volution tout entire4 ,jacques ,bonhomme est possesseur de #ae fr41 fruit de ses sueurs4 ,nous sommes encore au temps o il est libre4 ,que fait-il de ses #ae fr48 ,il achte un article de modes pour #aj fr41 et c'est avec cet article de modes qu'il paye 7ou que l',intermdiaire paye pour lui7 le quintal de fer belge4 ,il reste encore ,jacques ,bonhomme #e fr4 ,il ne les jette pas dans la rivire1 mais 7et c'est ce qu'on ne voit pas7 il les donne un industriel quelconque en change d'une jouissance quelconque1 par exemple un libraire contre le discours sur l',histoire universelle de ,bossuet4 ,ainsi1 en ce qui concerne le travail national1 il est encourag dans la mesure de #ae fr41 savoir3 #aj fr4 qui vont l'article ,paris2 #e fr4 qui vont la librairie4 ,et quant ,jacques ,bonhomme1 il obtient pour ses #ae fr41 deux objets de satisfaction1 savoir3 #a ,un quintal de fer2 #b ,un livre4 ,survient le dcret4 ,que devient la condition de ,jacques ,bonhomme8 ,que devient celle du travail national8 ,jacques ,bonhomme livrant ses #ae fr4 jusqu'au dernier centime ,m4 ,prohibant1 contre un quintal de fer1 n'a plus que la jouissance de ce quintal de fer4 ,il perd la jouissance d'un livre ou de tout autre objet quivalent4 ,il perd #e francs4 ,on en convient2 on ne peut pas ne pas en convenir2 on ne peut pas ne pas convenir que1 lorsque la restriction hausse le prix des choses1 le consommateur perd la diffrence4 ,mais1 dit-on1 le travail national la gagne4 ,non1 il ne la gagne pas2 car1 depuis le dcret1 il n'est encourag que comme il l'tait avant1 dans la mesure de #ae fr4 ,seulement1 depuis le dcret1 les #ae fr4 de ,jacques ,bonhomme vont la mtallurgie1 tandis qu'avant le dcret ils se partageaient entre l'article de modes et la librairie4 ,la violence qu'exerce par lui-mme ,m4 ,prohibant la frontire ou celle qu'il y fait exercer par la loi peuvent tre juges fort diffremment1 au point de vue moral4 ,il y a des gens qui pensent que la spoliation perd toute son immoralit pourvu qu'elle soit lgale4 ,quant moi1 je ne saurais imaginer une circonstance plus aggravante4 ,quoi qu'il en soit1 ce qui est certain1 c'est que les rsultats conomiques sont les mmes4 ,tournez la chose comme vous voudrez1 mais ayez l'oeil sagace et vous verrez qu'il ne sort rien de bon de la spoliation lgale ou illgale4 ,nous ne nions pas qu'il n'en sorte pour ,m4 ,prohibant ou son industrie1 ou si l'on veut pour le travail national1 un profit de #e fr4 ,mais nous affirmons qu'il en sort aussi deux pertes1 l'une pour ,jacques ,bonhomme qui paye #ae fr4 ce qu'il avait pour #aj2 l'autre pour le travail national qui ne reoit plus la diffrence4 ,choisissez celle de ces deux pertes avec laquelle il vous plaise de compenser le profit que nous avouons4 ,l'autre n'en constituera pas moins une perte sche4 ,moralit3 ,violenter n'est pas produire1 c'est dtruire4 ,oh6 si violenter c'tait produire1 notre ,france serait plus riche qu'elle n'est4 ,,viii4 ,les ,machines4 ,maldiction sur les machines6 chaque anne leur puissance progressive voue au ,pauprisme des millions d'ouvriers1 en leur enlevant le travail1 avec le travail le salaire1 avec le salaire le ,pain6 ,maldiction sur les machines6 ,voil le cri qui s'lve du ,prjug vulgaire et dont l'cho retentit dans les journaux4 ,mais maudire les machines1 c'est maudire l'esprit humain6 ,ce qui me confond1 c'est qu'il puisse se rencontrer un homme qui se sente l'aise dans une telle doctrine#ee4 ,note #ee3 ,v4 au tome ,,iv1 pages #hf et #ia1 les chap4 ,,xiv et ,,xviii de la #are srie des ,sophismes1 et1 page #ech1 les rflexions adresses ,m4 ,thiers sur le mme sujet2 puis1 au prsent volume1 le chap4 ,,xi ci-aprs4 7,note de l'diteur47 ,car enfin1 si elle est vraie1 quelle en est la consquence rigoureuse8 ,c'est qu'il n'y a d'activit1 de bien-tre1 de richesses1 de bonheur possibles que pour les peuples stupides1 frapps d'immobilisme mental1 qui ,dieu n'a pas fait le don funeste de penser1 d'observer1 de combiner1 d'inventer1 d'obtenir de plus grands rsultats avec de moindres moyens4 ,au contraire1 les haillons1 les huttes ignobles1 la pauvret1 l'inanition sont l'invitable partage de toute nation qui cherche et trouve dans le fer1 le feu1 le vent1 l'lectricit1 le magntisme1 les lois de la chimie et de la mcanique1 en un mot dans les forces de la nature1 un supplment ses propres forces1 et c'est bien le cas de dire avec ,rousseau3 ,tout homme qui pense est un animal dprav4 ,ce n'est pas tout3 si cette doctrine est vraie1 comme tous les hommes pensent et inventent1 comme tous1 en fait1 depuis le premier jusqu'au dernier1 et chaque minute de leur existence1 cherchent faire cooprer les forces naturelles1 faire plus avec moins1 rduire ou leur main-d'oeuvre ou celle qu'ils payent1 atteindre la plus grande somme possible de satisfactions avec la moindre somme possible de travail1 il faut bien en conclure que l'humanit tout entire est entrane vers sa dcadence1 prcisment par cette aspiration intelligente vers le progrs qui tourmente chacun de ses membres4 ,ds lors il doit tre constat1 par la statistique1 que les habitants du ,lancastre1 fuyant cette patrie des machines1 vont chercher du travail en ,irlande1 o elles sont inconnues1 et1 par l'histoire1 que la barbarie assombrit les poques de civilisation1 et que la civilisation brille dans les temps d'ignorance et de barbarie4 videmment1 il y a1 dans cet amas de contradictions1 quelque chose qui choque et nous avertit que le problme cache un lment de solution qui n'a pas t suffisamment dgag4 ,voici tout le mystre3 derrire ce qu'on voit gt ce qu'on ne voit pas4 ,je vais essayer de le mettre en lumire4 ,ma dmonstration ne pourra tre qu'une rptition de la prcdente1 car il s'agit d'un problme identique4 ,c'est un penchant naturel aux hommes1 d'aller1 s'ils n'en sont empchs par la violence1 vers le bon march1--c'est--dire1 vers ce qui1 satisfaction gale1 leur pargne du travail1--que ce bon march leur vienne d'un habile ,producteur tranger ou d'un habile ,producteur mcanique4 ,l'objection thorique qu'on adresse ce penchant est la mme dans les deux cas4 ,dans l'un comme dans l'autre1 on lui reproche le travail qu'en apparence il frappe d'inertie4 ,or1 du travail rendu non inerte1 mais disponible1 c'est prcisment ce qui le dtermine4 ,et c'est pourquoi on lui oppose aussi1 dans les deux cas1 le mme obstacle pratique1 la violence4 ,le lgislateur prohibe la concurrence trangre et interdit la concurrence mcanique4--,car quel autre moyen peut-il exister d'arrter un penchant naturel tous les hommes que de leur ter la libert8 ,dans beaucoup de pays1 il est vrai1 le lgislateur ne frappe qu'une de ces deux concurrences et se borne gmir sur l'autre4 ,cela ne prouve qu'une chose1 c'est que1 dans ces pays1 le lgislateur est inconsquent4 ,cela ne doit pas nous surprendre4 ,dans une fausse voie1 on est toujours inconsquent1 sans quoi on tuerait l'humanit4 ,jamais on n'a vu ni on ne verra un principe faux pouss jusqu'au bout4 ,j'ai dit ailleurs3 l'inconsquence est la limite de l'absurdit4 ,j'aurais pu ajouter3 elle en est en mme temps la preuve4 ,venons notre dmonstration2 elle ne sera pas longue4 ,jacques ,bonhomme avait deux francs qu'il faisait gagner deux ouvriers4 ,mais voici qu'il imagine un arrangement de cordes et de poids qui abrge le travail de moiti4 ,donc il obtient la mme satisfaction1 pargne un franc et congdie un ouvrier4 ,il congdie un ouvrier2 c'est ce qu'on voit4 ,et1 ne voyant que cela1 on dit3 ,voil comment la misre suit la civilisation1 voil comment la libert est fatale l'galit4 ,l'esprit humain a fait une conqute1 et aussitt un ouvrier est jamais tomb dans le gouffre du pauprisme4 ,il se peut cependant que ,jacques ,bonhomme continue faire travailler les deux ouvriers1 mais il ne leur donnera plus que dix sous chacun1 car ils se feront concurrence entre eux et s'offriront au rabais4 ,c'est ainsi que les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres4 ,il faut refaire la socit4 ,belle conclusion1 et digne de l'exorde6 ,heureusement1 exorde et conclusion1 tout cela est faux1 parce que1 derrire la moiti du phnomne qu'on voit1 il y a l'autre moiti qu'on ne voit pas4 ,on ne voit pas le franc pargn par ,jacques ,bonhomme et les effets ncessaires de cette pargne4 ,puisque1 par suite de son invention1 ,jacques ,bonhomme ne dpense plus qu'un franc en main-d'oeuvre1 la poursuite d'une satisfaction dtermine1 il lui reste un autre franc4 ,si donc il y a dans le monde un ouvrier qui offre ses bras inoccups1 il y a aussi dans le monde un capitaliste qui offre son franc inoccup4 ,ces deux lments se rencontrent et se combinent4 ,et il est clair comme le jour qu'entre l'offre et la demande du travail1 entre l'offre et la demande du salaire1 le rapport n'est nullement chang4 ,l'invention et un ouvrier1 pay avec le premier franc1 font maintenant l'oeuvre qu'accomplissaient auparavant deux ouvriers4 ,le second ouvrier1 pay avec le second franc1 ralise une oeuvre nouvelle4 ,qu'y a-t-il donc de chang dans le monde8 ,il y a une satisfaction nationale de plus1 en d'autres termes1 l'invention est une conqute gratuite1 un profit gratuit pour l'humanit4 ,de la forme que j'ai donne ma dmonstration1 on pourra tirer cette consquence3 ,c'est le capitaliste qui recueille tout le fruit des machines4 ,la classe salarie1 si elle n'en souffre que momentanment1 n'en profite jamais1 puisque1 d'aprs vous-mme1 elles dplacent une portion du travail national sans le diminuer1 il est vrai1 mais aussi sans l'augmenter4 ,il n'entre pas dans le plan de cet opuscule de rsoudre toutes les objections4 ,son seul but est de combattre un prjug vulgaire1 trs-dangereux et trs-rpandu4 ,je voulais prouver qu'une machine nouvelle ne met en disponibilit un certain nombre de bras qu'en mettant aussi1 et forcment1 en disponibilit la rmunration qui les salarie4 ,ces bras et cette rmunration se combinent pour produire ce qu'il tait impossible de produire avant l'invention2 d'o il suit qu'elle donne pour rsultat dfinitif un accroissement de satisfactions1 travail gal4 ,qui recueille cet excdant de satisfactions8 ,qui8 c'est d'abord le capitaliste1 l'inventeur1 le premier qui se sert avec succs de la machine1 et c'est l la rcompense de son gnie et de son audace4 ,dans ce cas1 ainsi que nous venons de le voir1 il ralise sur les frais de production une conomie1 laquelle1 de quelque manire qu'elle soit dpense 7et elle l'est toujours71 occupe juste autant de bras que la machine en a fait renvoyer4 ,mais bientt la concurrence le force baisser son prix de vente dans la mesure de cette conomie elle-mme4 ,et alors ce n'est plus l'inventeur qui recueille le bnfice de l'invention2 c'est l'acheteur du produit1 le consommateur1 le public1 y compris les ouvriers1 en un mot1 c'est l'humanit4 ,et ce qu'on ne voit pas1 c'est que l'pargne1 ainsi procure tous les consommateurs1 forme un fonds o le salaire puise un aliment1 qui remplace celui que la machine a tari4 ,ainsi1 en reprenant l'exemple ci-dessus1 ,jacques ,bonhomme obtient un produit en dpensant deux francs en salaires4 ,grce son invention1 la main-d'oeuvre ne lui cote plus qu'un franc4 ,tant qu'il vend le produit au mme prix1 il y a un ouvrier de moins occup faire ce produit spcial1 c'est ce qu'on voit2 mais il y a un ouvrier de plus occup par le franc que ,jacques ,bonhomme a pargn2 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,lorsque1 par la marche naturelle des choses1 ,jacques ,bonhomme est rduit baisser d'un franc le prix du produit1 alors il ne ralise plus une pargne2 alors il ne dispose plus d'un franc pour commander au travail national une production nouvelle4 ,mais1 cet gard1 son acqureur est mis sa place1 et cet acqureur1 c'est l'humanit4 ,quiconque achte le produit le paye un franc de moins1 pargne un franc1 et tient ncessairement cette pargne au service du fonds des salaires3 c'est encore ce qu'on ne voit pas4 ,on a donn1 de ce problme des machines1 une autre solution1 fonde sur les faits4 ,on a dit3 la machine rduit les frais de production1 et fait baisser le prix du produit4 ,la baisse du produit provoque un accroissement de consommation1 laquelle ncessite un accroissement de production1 et1 en dfinitive1 l'intervention d'autant d'ouvriers ou plus1 aprs l'invention1 qu'il en fallait avant4 ,on cite1 l'appui1 l'imprimerie1 la filature1 la presse1 etc4 ,cette dmonstration n'est pas scientifique4 ,il faudrait en conclure que1 si la consommation du produit spcial dont il s'agit reste stationnaire ou peu prs1 la machine nuirait au travail4--,ce qui n'est pas4 ,supposons que dans un pays tous les hommes portent des chapeaux4 ,si1 par une machine1 on parvient en rduire le prix de moiti1 il ne s'ensuit pas ncessairement qu'on en consommera le double4 ,dira-t-on1 dans ce cas1 qu'une portion du travail national a t frappe d'inertie8 ,oui1 d'aprs la dmonstration vulgaire4 ,non1 selon la mienne2 car1 alors que dans ce pays on n'achterait pas un seul chapeau de plus1 le fonds entier des salaires n'en demeurerait pas moins sauf2 ce qui irait de moins l'industrie chapelire se retrouverait dans l'conomie ralise par tous les consommateurs1 et irait de l salarier tout le travail que la machine a rendu inutile1 et provoquer un dveloppement nouveau de toutes les industries4 ,et c'est ainsi que les choses se passent4 ,j'ai vu les journaux #hj fr41 ils sont maintenant #dh4 ,c'est une conomie de #cb fr4 pour les abonns4 ,il n'est pas certain2 il n'est pas1 du moins1 ncessaire que les #cb fr4 continuent prendre la direction de l'industrie du journaliste2 mais ce qui est certain1 ce qui est ncessaire1 c'est que1 s'ils ne prennent cette direction1 ils en prennent une autre4 ,l'un s'en sert pour recevoir plus de journaux1 l'autre pour se mieux nourrir1 un troisime pour se mieux vtir1 un quatrime pour se mieux meubler4 ,ainsi les industries sont solidaires4 ,elles forment un vaste ensemble dont toutes les parties communiquent par des canaux secrets4 ,ce qui est conomis sur l'une profite toutes4 ,ce qui importe1 c'est de bien comprendre que jamais1 au grand jamais1 les conomies n'ont lieu aux dpens du travail et des salaires#ef4 ,note #ef3 ,v4 au tome ,,vi1 les chap4 ,,iii et ,,viii4 7,note de l'diteur47 ,,ix4 ,crdit4 ,de tous les temps1 mais surtout dans les dernires annes1 on a song universaliser la richesse en universalisant le crdit4 ,je ne crois pas exagrer en disant que1 depuis la rvolution de ,fvrier1 les presses parisiennes ont vomi plus de dix mille brochures prconisant cette solution du ,problme social4 ,cette solution1 hlas6 a pour base une pure illusion d'optique1 si tant est qu'une illusion soit une base4 ,on commence par confondre le numraire avec les produits1 puis on confond le papier-monnaie avec le numraire1 et c'est de ces deux confusions qu'on prtend dgager une ralit4 ,il faut absolument1 dans cette question1 oublier l'argent1 la monnaie1 les billets et les autres instruments au moyen desquels les produits passent de main en main1 pour ne voir que les produits eux-mmes1 qui sont la vritable matire du prt4 ,car1 quand un laboureur emprunte cinquante francs pour acheter une charrue1 ce n'est pas en ralit cinquante francs qu'on lui prte1 c'est la charrue4 ,et quand un marchand emprunte vingt mille francs pour acheter une maison1 ce n'est pas vingt mille francs qu'il doit1 c'est la maison4 ,l'argent n'apparat l que pour faciliter l'arrangement entre plusieurs parties4 ,pierre peut n'tre pas dispos prter sa charrue1 et ,jacques peut l'tre prter son argent4 ,que fait alors ,guillaume8 ,il emprunte l'argent de ,jacques et1 avec cet argent1 il achte la charrue de ,pierre4 ,mais1 en fait1 nul n'emprunte de l'argent pour l'argent lui-mme4 ,on emprunte l'argent pour arriver aux produits4 ,or1 dans aucun pays1 il ne peut se transmettre d'une main l'autre plus de produits qu'il n'y en a4 ,quelle que soit la somme de numraire et de papier qui circule1 l'ensemble des emprunteurs ne peut recevoir plus de charrues1 de maisons1 d'outils1 d'approvisionnements1 de matires premires1 que l'ensemble des prteurs n'en peut fournir4 ,car mettons-nous bien dans la tte que tout emprunteur suppose un prteur1 et que tout emprunt implique un prt4 ,cela pos1 quel bien peuvent faire les institutions de crdit8 c'est de faciliter1 entre les emprunteurs et les prteurs1 le moyen de se trouver et de s'entendre4 ,mais1 ce qu'elles ne peuvent faire1 c'est d'augmenter instantanment la masse des objets emprunts et prts4 ,il le faudrait cependant pour que le but des ,rformateurs ft atteint1 puisqu'ils n'aspirent rien moins qu' mettre des charrues1 des maisons1 des outils1 des approvisionnements1 des matires premires entre les mains de tous ceux qui en dsirent4 ,et pour cela qu'imaginent-ils8 ,donner au prt la garantie de l'tat4 ,approfondissons la matire1 car il y a l quelque chose qu'on voit et quelque chose qu'on ne voit pas4 ,tchons de voir les deux choses4 ,supposez qu'il n'y ait qu'une charrue dans le monde et que deux laboureurs y prtendent4 ,pierre est possesseur de la seule charrue qui soit disponible en ,france4 ,jean et ,jacques dsirent l'emprunter4 ,jean1 par sa probit1 par ses proprits1 par sa bonne renomme1 offre des garanties4 ,on croit en lui2 il a du crdit4 ,jacques n'inspire pas de confiance ou en inspire moins4 ,naturellement il arrive que ,pierre prte sa charrue ,jean4 ,mais voici que1 sous l'inspiration socialiste1 l'tat intervient et dit ,pierre3 ,prtez votre charrue ,jacques1 je vous garantis le remboursement1 et cette garantie vaut mieux que celle de ,jean1 car il n'a que lui pour rpondre de lui-mme1 et moi1 je n'ai rien1 il est vrai1 mais je dispose de la fortune de tous les contribuables2 c'est avec leurs deniers qu'au besoin je vous payerai le principal et l'intrt4 ,en consquence1 ,pierre prte sa charrue ,jacques3 c'est ce qu'on voit4 ,et les socialistes se frottent les mains1 disant3 ,voyez comme notre plan a russi4 ,grce l'intervention de l'tat1 le pauvre ,jacques a une charrue4 ,il ne sera plus oblig bcher la terre2 le voil sur la route de la fortune4 ,c'est un bien pour lui et un profit pour la nation prise en masse4 ,eh non6 messieurs1 ce n'est pas un profit pour la nation1 car voici ce qu'on ne voit pas4 ,on ne voit pas que la charrue n'a t ,jacques que parce qu'elle n'a pas t ,jean4 ,on ne voit pas que1 si ,jacques laboure au lieu de bcher1 ,jean sera rduit bcher au lieu de labourer4 ,que1 par consquent1 ce qu'on considrait comme un accroissement de prt n'est qu'un dplacement de prt4 ,en outre1 on ne voit pas que ce dplacement implique deux profondes injustices4 ,injustice envers ,jean qui1 aprs avoir mrit et conquis le crdit par sa probit et son activit1 s'en voit dpouill4 ,injustice envers les contribuables1 exposs payer une dette qui ne les regarde pas4 ,dira-t-on que le gouvernement offre ,jean les mmes facilits qu' ,jacques8 ,mais puisqu'il n'y a qu'une charrue disponible1 deux ne peuvent tre prtes4 ,l'argument revient toujours dire que1 grce l'intervention de l'tat1 il se fera plus d'emprunts qu'il ne peut se faire de prts1 car la charrue reprsente ici la masse des capitaux disponibles4 ,j'ai rduit1 il est vrai1 l'opration son expression la plus simple3 mais1 prouvez la mme pierre de touche les institutions gouvernementales de crdit les plus compliques1 vous vous convaincrez qu'elles ne peuvent avoir que ce rsultat3 dplacer le crdit1 non l'accrotre4 ,dans un pays et dans un temps donn1 il n'y a qu'une certaine somme de capitaux en disponibilit et tous se placent4 ,en garantissant des insolvables1 l'tat peut bien augmenter le nombre des emprunteurs1 faire hausser ainsi le taux de l'intrt 7toujours au prjudice du contribuable71 mais1 ce qu'il ne peut faire1 c'est augmenter le nombre des prteurs et l'importance du total des prts4 ,qu'on ne m'impute point1 cependant1 une conclusion dont ,dieu me prserve4 ,je dis que la ,loi ne doit point favoriser artificiellement les emprunts2 mais je ne dis pas qu'elle doit artificiellement les entraver4 ,s'il se trouve1 dans notre rgime hypothcaire ou ailleurs1 des obstacles la diffusion et l'application du crdit1 qu'on les fasse disparatre2 rien de mieux1 rien de plus juste4 ,mais c'est l1 avec la libert1 tout ce que doivent demander la ,loi des ,rformateurs dignes de ce nom#eg4 ,note #eg3 ,v4 la fin de la #ab;e lettre de ,gratuit du crdit1 page #bhb et suiv4 du prsent volume4 7,note de l'diteur47 ,x4 ,l',algrie4 ,mais voici quatre orateurs qui se disputent la tribune4 ,ils parlent d'abord tous la fois1 puis l'un aprs l'autre4 ,qu'ont-ils dit8 de fort belles choses assurment sur la puissance et la grandeur de la ,france1 sur la ncessit de semer pour rcolter1 sur le brillant avenir de notre gigantesque colonie1 sur l'avantage de dverser au loin le trop-plein de notre population1 etc41 etc42 magnifiques pices d'loquence1 toujours ornes de cette proraison3 ,votez cinquante millions 7plus ou moins7 pour faire en ,algrie des ports et des routes1 pour y transporter des colons1 leur btir des maisons1 leur dfricher des champs4 ,par l vous aurez soulag le travailleur franais1 encourag le travail africain1 et fait fructifier le commerce marseillais4 ,c'est tout profit4 ,oui1 cela est vrai1 si l'on ne considre lesdits cinquante millions qu' partir du moment o l'tat les dpense1 si l'on regarde o ils vont1 non d'o ils viennent2 si l'on tient compte seulement du bien qu'ils feront en sortant du coffre des percepteurs1 et non du mal qu'on a produit1 non plus que du bien qu'on a empch1 en les y faisant entrer2 oui1 ce point de vue born1 tout est profit4 ,la maison btie en ,barbarie1 c'est ce qu'on voit2 le port creus en ,barbarie1 c'est ce qu'on voit2 le travail provoqu en ,barbarie1 c'est ce qu'on voit2 quelques bras de moins en ,france1 c'est ce qu'on voit2 un grand mouvement de marchandises ,marseille1 c'est toujours ce qu'on voit4 ,mais il y a autre chose qu'on me voit pas4 ,c'est que les cinquante millions dpenss par l'tat ne peuvent plus l'tre1 comme ils l'auraient t1 par le contribuable4 ,de tout le bien attribu la dpense publique excute1 il faut donc dduire tout le mal de la dpense prive empche2-- moins qu'on n'aille jusqu' dire que ,jacques ,bonhomme n'aurait rien fait des pices de cent sous qu'il avait bien gagnes et que l'impt lui ravit2 assertion absurde1 car s'il s'est donn la peine de les gagner1 c'est qu'il esprait avoir la satisfaction de s'en servir4 ,il aurait fait relever la clture de son jardin1 et ne le peut plus1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,il aurait fait marner son champ et ne le peut plus1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,il aurait ajout un tage sa chaumire et ne le peut plus1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,il aurait augment son outillage et ne le peut plus1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,il se serait mieux nourri1 mieux vtu1 il aurait mieux fait instruire ses fils1 il aurait arrondi la dot de sa fille et ne le peut plus1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,il se serait mis dans l'association des secours mutuels et ne le peut plus1 c'est ce qu'on ne voit pas4 ,d'une part1 les jouissances qui lui sont tes1 et les moyens d'action qu'on a dtruits dans ses mains1 de l'autre1 le travail du terrassier1 du charpentier1 du forgeron1 du tailleur1 du matre d'cole de son village1 qu'il et encourag et qui se trouve ananti1 c'est toujours ce qu'on ne voit pas4 ,on compte beaucoup sur la prosprit future de l',algrie2 soit4 ,mais qu'on compte aussi pour quelque chose le marasme dont1 en attendant1 on frappe invitablement la ,france4 ,on me montre le commerce marseillais2 mais s'il se fait avec le produit de l'impt1 je montrerai toujours un commerce gal ananti dans le reste du pays4 ,on dit3 ,voil un colon transport en ,barbarie2 c'est un soulagement pour la population qui reste dans le pays4 ,je rponds3 ,comment cela se peut-il1 si en transportant ce colon ,alger1 on y a transport aussi deux ou trois fois le capital qui l'aurait fait vivre en ,france#eh8 ,note #eh3 ,m4 le ministre de la guerre a affirm dernirement que chaque individu transport en ,algrie a cot l'tat #h1jjj fr4 ,or1 il est positif que les malheureux dont il s'agit auraient trs-bien vcu en ,france sur un capital de #d1jjj fr4 ,je demande en quoi l'on soulage la population franaise1 quand on lui te un homme et les moyens d'existence de deux8 ,le seul but que j'ai en vue1 c'est de faire comprendre au lecteur que1 dans toute dpense publique1 derrire le bien apparent1 il y a un mal plus difficile discerner4 ,autant qu'il est en moi1 je voudrais lui faire prendre l'habitude de voir l'un et l'autre et de tenir compte de tous deux4 ,quand une dpense publique est propose1 il faut l'examiner en elle-mme1 abstraction faite du prtendu encouragement qui en rsulte pour le travail1 car cet encouragement est une chimre4 ,ce que fait cet gard la dpense publique1 la dpense prive l'et fait de mme4 ,donc l'intrt du travail est toujours hors de cause4 ,il n'entre pas dans l'objet de cet crit d'apprcier le mrite intrinsque des dpenses publiques appliques l',algrie4 ,mais je ne puis retenir une observation gnrale4 ,c'est que la prsomption est toujours dfavorable aux dpenses collectives par voie d'impt4 ,pourquoi8 ,le voici3 ,d'abord la justice en souffre toujours quelque peu4 ,puisque ,jacques ,bonhomme avait su pour gagner sa pice de cent sous1 en vue d'une satisfaction1 il est au moins fcheux que le fisc intervienne pour enlever ,jacques ,bonhomme cette satisfaction et la confrer un autre4 ,certes1 c'est alors au fisc ou ceux qui le font agir donner de bonnes raisons4 ,nous avons vu que l'tat en donne une dtestable quand il dit3 avec ces cent sous1 je ferai travailler des ouvriers1 car ,jacques ,bonhomme 7sitt qu'il n'aura plus la cataracte7 ne manquera pas de rpondre3 ,morbleu6 avec cent sous1 je les ferai bien travailler moi-mme4 ,cette raison mise de ct1 les autres se prsentent dans toute leur nudit1 et le dbat entre le fisc et le pauvre ,jacques s'en trouve fort simplifi4 ,que l'tat lui dise3 ,je te prends cent sous pour payer le gendarme qui te dispense de veiller ta propre sret2--pour paver la rue que tu traverses tous les jours2--pour indemniser le magistrat qui fait respecter ta proprit et ta libert2--pour nourrir le soldat qui dfend nos frontires1 ,jacques ,bonhomme paiera sans mot dire ou je me trompe fort4 ,mais si l'tat lui dit3 ,je te prends ces cent sous pour te donner un sou de prime1 dans le cas o tu auras bien cultiv ton champ2--ou pour faire apprendre ton fils ce que tu ne veux pas qu'il apprenne2--ou pour que ,m4 le ministre ajoute un cent unime plat son dner2--je te les prends pour btir une chaumire en ,algrie1 sauf te prendre cent sous de plus tous les ans pour y entretenir un colon2 et autres cent sous pour entretenir un soldat qui garde le colon2 et autres cent sous pour entretenir un gnral qui garde le soldat1 etc41 etc41 il me semble entendre le pauvre ,jacques s'crier3 ,ce rgime lgal ressemble fort au rgime de la fort de ,bondy6 ,et comme l'tat prvoit l'objection1 que fait-il8 ,il brouille toutes choses2 il fait apparatre justement cette raison dtestable qui devrait tre sans influence sur la question2 il parle de l'effet des cent sous sur le travail2 il montre le cuisinier et le fournisseur du ministre2 il montre un colon1 un soldat1 un gnral1 vivant sur les cinq francs2 il montre enfin1 ce qu'on voit1 et tant que ,jacques ,bonhomme n'aura pas appris mettre en regard ce qu'on ne voit pas1 ,jacques ,bonhomme sera dupe4 ,c'est pourquoi je m'efforce de le lui enseigner grands coups de rptitions4 ,de ce que les dpenses publiques dplacent le travail sans l'accrotre1 il en rsulte contre elles une seconde et grave prsomption4 ,dplacer le travail1 c'est dplacer les travailleurs1 c'est troubler les lois naturelles qui prsident la distribution de la population sur le territoire4 ,quand #ej millions sont laisss au contribuable1 comme le contribuable est partout1 ils alimentent du travail dans les quarante mille communes de ,france2 ils agissent dans le sens d'un lien qui retient chacun sur sa terre natale2 ils se rpartissent sur tous les travailleurs possibles et sur toutes les industries imaginables4 ,que si l'tat1 soutirant ces #ej millions aux citoyens1 les accumule et les dpense sur un point donn1 il attire sur ce point une quantit proportionnelle de travail dplac1 un nombre correspondant de travailleurs dpayss1 population flottante1 dclasse1 et j'ose dire dangereuse quand le fonds est puis6--,mais il arrive ceci 7et je rentre par l dans mon sujet73 cette activit fivreuse1 et pour ainsi dire souffle sur un troit espace1 frappe tous les regards1 c'est ce qu'on voit2 le peuple applaudit1 s'merveille sur la beaut et la facilit du procd1 en rclame le renouvellement et l'extension4 ,ce qu'il ne voit pas1 c'est qu'une quantit gale de travail1 probablement plus judicieux1 a t frappe d'inertie dans tout le reste de la ,france4 ,,xi4 pargne et ,luxe4 ,ce n'est pas seulement en matire de dpenses publiques que ce qu'on voit clipse ce qu'on ne voit pas4 ,en laissant dans l'ombre la moiti de l'conomie politique1 ce phnomne induit une fausse morale4 ,il porte les nations considrer comme antagoniques leurs intrts moraux et leurs intrts matriels4 ,quoi de plus dcourageant et de plus triste6 ,voyez3 ,il n'y a pas de pre de famille qui ne se fasse un devoir d'enseigner ses enfants l'ordre1 l'arrangement1 l'esprit de conservation1 l'conomie1 la modration dans les dpenses4 ,il n'y a pas de religion1 qui ne tonne contre le faste et le luxe4 ,c'est fort bien2 mais1 d'un autre ct1 quoi de plus populaire que ces sentences3 ,thsauriser1 c'est desscher les veines du peuple4 ,le ,luxe des grands fait l'aisance des petits4 ,les prodigues se ruinent1 mais ils enrichissent l'tat4 ,c'est sur le superflu du riche que germe le pain du pauvre4 ,voil1 certes1 entre l'ide morale et l'ide sociale1 une flagrante contradiction4 ,que d'esprits minents1 aprs avoir constat le conflit1 reposent en paix6 ,c'est ce que je n'ai jamais pu comprendre2 car il me semble qu'on ne peut rien prouver de plus douloureux que d'apercevoir deux tendances opposes dans l'humanit4 ,quoi6 elle arrive la dgradation par l'une comme par l'autre extrmit6 conome1 elle tombe dans la misre2 prodigue1 elle s'abme dans la dchance morale6 ,heureusement que les maximes vulgaires montrent sous un faux jour l'pargne et le ,luxe1 ne tenant compte que de ces consquences immdiates qu'on voit1 et non des effets ultrieurs qu'on ne voit pas4 ,essayons de rectifier cette vue incomplte4 ,mondor et son frre ,ariste1 ayant partag l'hritage paternel1 ont chacun cinquante mille francs de rente4 ,mondor pratique la philanthropie la mode4 ,c'est ce qu'on nomme un bourreau d'argent4 ,il renouvelle son mobilier plusieurs fois par an1 change ses quipages tous les mois2 on cite les ingnieux procds auxquels il a recours pour en avoir plus tt fini3 bref1 il fait plir les viveurs de ,balzac et d',alexandre ,dumas4 ,aussi1 il faut entendre le concert d'loges qui toujours l'environne6 ,parlez-nous de ,mondor6 vive ,mondor6 ,c'est le bienfaiteur de l'ouvrier2 c'est la providence du peuple4 la vrit1 il se vautre dans l'orgie1 il clabousse les passants2 sa dignit et la dignit humaine en souffrent quelque peu444 ,mais1 bah6 s'il ne se rend pas utile par lui-mme1 il se rend utile par sa fortune4 ,il fait circuler l'argent2 sa cour ne dsemplit pas de fournisseurs qui se retirent toujours satisfaits4 ,ne dit-on pas que si l'or est rond1 c'est pour qu'il roule6 ,ariste a adopt un plan de vie bien diffrent4 ,s'il n'est pas un goste1 il est au moins un individualiste1 car il raisonne ses dpenses1 ne recherche que des jouissances modres et raisonnables1 songe l'avenir de ses enfants1 et1 pour lcher le mot1 il conomise4 ,et il faut entendre ce que dit de lui le vulgaire6 quoi est bon ce mauvais riche1 ce fesse-matthieu8 ,sans doute il y a quelque chose d'imposant et de touchant dans la simplicit de sa vie2 il est d'ailleurs humain1 bienfaisant1 gnreux1 mais il calcule4 ,il ne mange pas tous ses revenus4 ,son htel n'est pas sans cesse resplendissant et tourbillonnant4 ,quelle reconnaissance s'acquiert-il parmi les tapissiers1 les carrossiers1 les maquignons et les confiseurs8 ,ces jugements1 funestes la morale1 sont fonds sur ce qu'il y a une chose qui frappe les yeux3 la dpense du prodigue2 et une autre qui s'y drobe3 la dpense gale et mme suprieure de l'conome4 ,mais les choses ont t si admirablement arranges par le divin inventeur de l'ordre social1 qu'en ceci1 comme en tout1 l'conomie politique et la ,morale1 loin de se heurter1 concordent1 et que la sagesse d',ariste est1 non-seulement plus digne1 mais encore plus profitable que la folie de ,mondor4 ,et quand je dis plus profitable1 je n'entends pas dire seulement profitable ,ariste1 ou mme la socit en gnral1 mais plus profitable aux ouvriers actuels1 l'industrie du jour4 ,pour le prouver1 il suffit de mettre sous l'oeil de l'esprit ces consquences caches des actions humaines que l'oeil du corps ne voit pas4 ,oui1 la prodigalit de ,mondor a des effets visibles tous les regards3 chacun peut voir ses berlines1 ses landaws1 ses phatons1 les mignardes peintures de ses plafonds1 ses riches tapis1 l'clat qui jaillit de son htel4 ,chacun sait que ses purs-sangs courent sur le turf4 ,les dners qu'il donne l'htel de ,paris arrtent la foule sur le boulevard1 et l'on se dit3 ,voil un brave homme1 qui1 loin de rien rserver de ses revenus1 brche probablement son capital4--,c'est ce qu'on voit4 ,il n'est pas aussi ais de voir1 au point de vue de l'intrt des travailleurs1 ce que deviennent les revenus d',ariste4 ,suivons-les la trace1 cependant1 et nous nous assurerons que tous1 jusqu' la dernire obole1 vont faire travailler des ouvriers1 aussi certainement que les revenus de ,mondor4 ,il n'y a que cette diffrence3 ,la folle dpense de ,mondor est condamne dcrotre sans cesse et rencontrer un terme ncessaire2 la sage dpense d',ariste ira grossissant d'anne en anne4 ,et s'il en est ainsi1 certes1 l'intrt public se trouve d'accord avec la morale4 ,ariste dpense1 pour lui et sa maison1 vingt mille francs par an4 ,si cela ne suffisait pas son bonheur1 il ne mriterait pas le nom de sage4--,il est touch des maux qui psent sur les classes pauvres2 il se croit1 en conscience1 tenu d'y apporter quelque soulagement et consacre dix mille francs des actes de bienfaisance4--,parmi les ngociants1 les fabricants1 les agriculteurs1 il a des amis momentanment gns4 ,il s'informe de leur situation1 afin de leur venir en aide avec prudence et efficacit1 et destine cette oeuvre encore dix mille francs4--,enfin1 il n'oublie pas qu'il a des filles doter1 des fils auxquels il doit assurer un avenir1 et1 en consquence1 il s'impose le devoir d'pargner et placer tous les ans dix mille francs4 ,voici donc l'emploi de ses revenus4 #a ,dpenses personnelles4 #bj1jjj fr4 #b ,bienfaisance4 #aj1jjj #c ,services d'amiti4 #aj1jjj #d pargne4 #aj1jjj ,reprenons chacun de ces chapitres1 et nous verrons qu'une seule obole n'chappe pas au travail national4 #a ,dpense personnelle4 ,celle-ci1 quant aux ouvriers et fournisseurs1 a des effets absolument identiques une dpense gale faite par ,mondor4 ,cela est vident de soi2 n'en parlons plus4 #b ,bienfaisance4 ,les dix mille francs consacrs cette destination vont galement alimenter l'industrie2 ils parviennent au boulanger1 au boucher1 au marchand d'habits et de meubles4 ,seulement le pain1 la viande1 les vtements ne servent pas directement ,ariste1 mais ceux qu'il s'est substitus4 ,or1 cette simple substitution d'un consommateur un autre n'affecte en rien l'industrie gnrale4 ,qu',ariste dpense cent sous ou qu'il prie un malheureux de les dpenser sa place1 c'est tout un4 #c ,services d'amiti4 ,l'ami qui ,ariste prte ou donne dix mille francs ne les reoit pas pour les enfouir2 cela rpugne l'hypothse4 ,il s'en sert pour payer des marchandises ou des dettes4 ,dans le premier cas1 l'industrie est encourage4 ,osera-t-on dire qu'elle ait plus gagner l'achat par ,mondor d'un pur-sang de dix mille francs qu' l'achat par ,ariste ou son ami de dix mille francs d'toffes8 ,que si cette somme sert payer une dette1 tout ce qui en rsulte1 c'est qu'il apparat un troisime personnage1 le crancier1 qui touchera les dix mille francs1 mais qui certes les emploiera quelque chose dans son commerce1 son usine ou son exploitation4 ,c'est un intermdiaire de plus entre ,ariste et les ouvriers4 ,les noms propres changent1 la dpense reste1 et l'encouragement l'industrie aussi4 #d pargne4 ,restent les dix mille francs pargns2--et c'est ici qu'au point de vue de l'encouragement aux arts1 l'industrie1 au travail1 aux ouvriers1 ,mondor parat trs-suprieur ,ariste1 encore que1 sous le rapport moral1 ,ariste se montre quelque peu suprieur ,mondor4 ,ce n'est jamais sans un malaise physique1 qui va jusqu' la souffrance1 que je vois l'apparence de telles contradictions entre les grandes lois de la nature4 ,si l'humanit tait rduite opter entre deux partis1 dont l'un blesse ses intrts et l'autre sa conscience1 il ne nous resterait qu' dsesprer de son avenir4 ,heureusement il n'en est pas ainsi#ei4--;,et1 pour voir ,ariste reprendre sa supriorit conomique1 aussi bien que sa supriorit morale1 il suffit de comprendre ce consolant axiome1 qui n'en est pas moins vrai1 pour avoir une physionomie paradoxale3 pargner1 c'est dpenser4 ,note #ei3 ,v4 la note de la page #cfi4 7,note de l'diteur47 ,quel est le but d',ariste1 en conomisant dix mille francs8 ,est-ce d'enfouir deux mille pices de cent sous dans une cachette de son jardin8 ,non certes1 il entend grossir son capital et son revenu4 ,en consquence1 cet argent qu'il n'emploie pas acheter des satisfactions personnelles1 il s'en sert pour acheter des terres1 une maison1 des rentes sur l'tat1 des actions industrielles1 ou bien il le place chez un ngociant ou un banquier4 ,suivez les cus dans toutes ces hypothses1 et vous vous convaincrez que1 par l'intermdiaire des vendeurs ou emprunteurs1 ils vont alimenter du travail tout aussi srement que si ,ariste1 l'exemple de son frre1 les et changs contre des meubles1 des bijoux1 et des chevaux4 ,car1 lorsque ,ariste achte pour #aj1jjj fr4 de terres ou de rentes1 il est dtermin par la considration qu'il n'a pas besoin de dpenser cette somme1 puisque c'est ce dont vous lui faites un grief4 ,mais1 de mme1 celui qui lui vend la terre ou la rente est dtermin par cette considration qu'il a besoin de dpenser les dix mille francs d'une manire quelconque4 ,de telle sorte que la dpense se fait1 dans tous les cas1 ou par ,ariste ou par ceux qui se substituent lui4 ,au point de vue de la classe ouvrire1 de l'encouragement au travail1 il n'y a donc1 entre la conduite d',ariste et celle de ,mondor1 qu'une diffrence4 ,la dpense de ,mondor tant directement accomplie par lui1 et autour de lui1 on la voit4 ,celle d',ariste s'excutant en partie par des intermdiaires et au loin1 on ne la voit pas4 ,mais1 au fait1 et pour qui sait rattacher les effets aux causes1 celle qu'on ne voit pas est aussi certaine que celle qu'on voit4 ,ce qui le prouve1 c'est que dans les deux cas les cus circulent1 et qu'il n'en reste pas plus dans le coffre-fort du sage que dans celui du dissipateur4 ,il est donc faux de dire que l'pargne fait un tort actuel l'industrie4 ,sous ce rapport1 elle est tout aussi bienfaisante que le ,luxe4 ,mais combien ne lui est-elle pas suprieure1 si la pense1 au lieu de se renfermer dans l'heure qui fuit1 embrasse une longue priode6 ,dix ans se sont couls4 ,que sont devenus ,mondor et sa fortune1 et sa grande popularit8 ,tout cela est vanoui1 ,mondor est ruin2 loin de rpandre soixante mille francs1 tous les ans1 dans le corps social1 il lui est peut-tre charge4 ,en tout cas1 il ne fait plus la joie de ses fournisseurs1 il ne compte plus comme promoteur des arts et de l'industrie1 il n'est plus bon rien pour les ouvriers1 non plus que sa race1 qu'il laisse dans la dtresse4 ,au bout des mmes dix ans1 non-seulement ,ariste continue jeter tous ses revenus dans la circulation1 mais il y jette des revenus croissants d'anne en anne4 ,il grossit le capital national1 c'est--dire le fonds qui alimente le salaire1 et comme c'est de l'importance de ce fonds que dpend la demande des bras1 il contribue accrotre progressivement la rmunration de la classe ouvrire4 ,vient-il mourir1 il laisse des enfants qu'il a mis mme de le remplacer dans cette oeuvre de progrs et de civilisation4 ,sous le rapport moral1 la ,supriorit de l'pargne sur le ,luxe est incontestable4 ,il est consolant de penser qu'il en est de mme1 sous le rapport conomique1 pour quiconque1 ne s'arrtant pas aux effets immdiats des phnomnes1 sait pousser ses investigations jusqu' leurs effets dfinitifs4 ,,xii4 ,droit au ,travail1 ,droit au ,profit4 ,frres1 cotisez-vous pour me fournir de l'ouvrage votre prix4 ,c'est le ,droit au travail1 le ,socialisme lmentaire ou de premier degr4 ,frres1 cotisez-vous pour me fournir de l'ouvrage mon prix4 ,c'est le ,droit au profit2 le ,socialisme raffin ou de second degr4 ,l'un et l'autre vivent par ceux de leurs effets qu'on voit4 ,ils mourront par ceux de leurs effets qu'on ne voit pas4 ,ce qu'on voit1 c'est le travail et le profit excits par la cotisation sociale4 ,ce qu'on ne voit pas1 ce sont les travaux et les profits auxquels donnerait lieu cette mme cotisation si on la laissait aux contribuables4 ,en #ahdh1 le ,droit au travail se montra un moment sous deux faces4 ,cela suffit pour le ruiner dans l'opinion publique4 ,l'une de ces faces s'appelait3 ,atelier national4 ,l'autre3 ,quarante-cinq centimes4 ,des millions allaient tous les jours de la rue de ,rivoli aux ateliers nationaux4 ,c'est le beau ct de la mdaille4 ,mais en voici le revers4 ,pour que des millions sortent d'une caisse1 il faut qu'ils y soient entrs4 ,c'est pourquoi les organisateurs du ,droit au travail s'adressrent aux contribuables4 ,or1 les paysans disaient3 ,il faut que je paie #de centimes4 ,donc1 je me priverai d'un vtement1 je ne marnerai pas mon champ1 je ne rparerai pas ma maison4 ,et les ouvriers des campagnes disaient3 ,puisque notre bourgeois se prive d'un vtement1 il y aura moins de travail pour le tailleur2 puisqu'il ne marne pas son champ1 il y aura moins de travail pour le terrassier2 puisqu'il ne fait pas rparer sa maison1 il y aura moins de travail pour le charpentier et le maon4 ,il fut alors prouv qu'on ne tire pas d'un sac deux moutures1 et que le travail sold par le gouvernement se fait aux dpens du travail pay par le contribuable4 ,ce fut l la mort du ,droit au travail1 qui apparut comme une chimre1 autant que comme une injustice4 ,et cependant1 le droit au profit1 qui n'est que l'exagration du ,droit au travail1 vit encore et se porte merveille4 ,n'y a-t-il pas quelque chose de honteux dans le rle que le protectioniste fait jouer la socit8 ,il lui dit3 ,il faut que tu me donnes du travail1 et1 qui plus est1 du travail lucratif4 ,j'ai sottement choisi une industrie qui me laisse dix pour cent de perte4 ,si tu frappes une contribution de vingt francs sur mes compatriotes et si tu me la livres1 ma perte se convertira en profit4 ,or1 le profit est un ,droit2 tu me le dois4 ,la socit qui coute ce sophiste1 qui se charge d'impts pour le satisfaire1 qui ne s'aperoit pas que la perte essuye par une industrie n'en est pas moins une perte1 parce qu'on force les autres la combler1 cette socit1 dis-je1 mrite le fardeau qu'on lui inflige4 ,ainsi1 on le voit par les nombreux sujets que j'ai parcourus3 ,ne pas savoir l'conomie politique1 c'est se laisser blouir par l'effet immdiat d'un phnomne2 la savoir1 c'est embrasser dans sa pense et dans sa prvision l'ensemble des effets#fj4 ,note #fj3 ,si toutes les consquences d'une action retombaient sur son auteur1 notre ducation serait prompte4 ,mais il n'en est pas ainsi4 ,quelquefois les bonnes consquences visibles sont pour nous1 et les mauvaises consquences invisibles sont pour autrui1 ce qui nous les rend plus invisibles encore4 ,il faut alors attendre que la raction vienne de ceux qui ont supporter les mauvaises consquences de l'acte4 ,c'est quelquefois fort long1 et voici ce qui prolonge le rgne de l'erreur4 ,un homme fait un acte qui produit de bonnes consquences gales #aj1 son profit1 et de mauvaises consquences gales #ae1 rparties sur #cj de ses semblables1 de manire qu'il n'en retombe sur chacun d'eux que #a_/b4--;,au total1 il y a perte et la raction doit ncessairement arriver4 ,on conoit cependant qu'elle se fasse d'autant plus attendre que le mal sera plus dissmin dans la masse et le bien plus concentr sur un point4 7bauche indite de l'auteur47 ,je pourrais soumettre ici une foule d'autres questions la mme preuve4 ,mais je recule devant la monotonie d'une dmonstration toujours uniforme1 et je termine1 en appliquant l'conomie politique ce que ,chateaubriand dit de l',histoire4 ,il y a1 dit-il1 deux consquences en histoire3 l'une immdiate et qui est l'instant connue1 l'autre loigne et qu'on n'aperoit pas d'abord4 ,ces consquences souvent se contredisent2 les unes viennent de notre courte sagesse1 les autres de la sagesse perdurable4 ,l'vnement providentiel apparat aprs l'vnement humain4 ,dieu se lve derrire les hommes4 ,niez tant qu'il vous plaira le suprme conseil1 ne consentez pas son action1 disputez sur les mots1 appelez force des choses ou raison ce que le vulgaire appelle ,providence2 mais regardez la fin d'un fait accompli1 et vous verrez qu'il a toujours produit le contraire de ce qu'on en attendait1 quand il n'a point t tabli d'abord sur la morale et la justice4 7,,chateaubriand4 ,mmoires d'outre tombe47 ,,abondance#fa4 ,note #fa3 ,article destin au ,dictionnaire de l'conomie politique4 ,il fut crit peu de jours avant le dpart de l'auteur pour l',italie1--d'o il ne devait pas revenir6444 7,note de l'diteur47 ,c'est une vaste et noble science1 en tant qu'exposition1 que l'conomie politique4 ,elle scrute les ressorts du mcanisme social et les fonctions de chacun des organes qui constituent ces corps vivants et merveilleux1 qu'on nomme des socits humaines4 ,elle tudie les lois gnrales selon lesquelles le genre humain est appel crotre en nombre1 en richesse1 en intelligence1 en moralit4 ,et nanmoins1 reconnaissant un libre arbitre social comme un libre arbitre personnel1 elle dit comment les lois providentielles peuvent tre mconnues ou violes2 quelle responsabilit terrible nat de ces exprimentations fatales1 et comment la civilisation peut se trouver ainsi arrte1 retarde1 refoule et pour longtemps touffe4 ,qui le croirait8 ,cette science si vaste et si leve1 comme exposition1 en est presque rduite1 en tant que controverse1 et dans sa partie polmique1 l'ingrate tche de dmontrer cette proposition1 qui semble purile force d'tre claire3 ,l'abondance vaut mieux que la disette4 ,car1 qu'on y regarde de prs1 et l'on se convaincra que la plupart des objections et des doutes qu'on oppose l'conomie politique impliquent ce principe3 ,la disette vaut mieux que l'abondance4 ,c'est ce qu'expriment ces locutions si populaires3 ,la production surabonde4 ,nous prissons de plthore4 ,tous les marchs sont engorgs et toutes les carrires encombres4 ,la facult de consommer ne peut plus suivre la facult de produire4 ,voici un dtracteur des machines4 ,il dplore que les miracles du gnie de l'homme tendent indfiniment sa puissance de produire4 ,que redoute-t-il8 ,l'abondance4 ,voici un protectioniste4 ,il gmit de la libralit de la nature envers d'autres climats4 ,il craint que la ,france n'y participe par l'change et ne veut pas qu'elle soit libre1 parce que1 si elle l'tait1 elle ne manquerait pas d'attirer sur elle-mme le flau de l'invasion et de l'inondation444 ,que redoute-t-il8 ,l'abondance4 ,voici un homme d'tat4 ,il s'effraie de tous les moyens de satisfaction que le travail accumule dans le pays1 et croyant apercevoir1 dans les profondeurs de l'avenir1 le fantme d'un bien-tre rvolutionnaire et d'une galit sditieuse1 il imagine de lourds impts1 de vastes armes1 des dissipations de produits sur une grande chelle1 de grandes existences1 une puissante aristocratie artificielle charge de remdier1 par son luxe et son faste1 l'insolent excs de fcondit de l'industrie humaine4 ,que redoute-t-il8 ,l'abondance4 ,enfin1 voici un logicien qui1 ddaignant les voies tortueuses et allant droit au but1 conseille de brler priodiquement ,paris1 pour offrir au travail l'occasion et l'avantage de le reconstruire4 ,que redoute-t-il8 ,l'abondance4 ,comment de telles ides ont-elles pu se former1 et1 il faut bien le dire1 prvaloir quelquefois1 non point sans doute dans la pratique personnelle des hommes1 mais dans leurs thories et leurs lgislations8 ,car s'il est une assertion qui semble porter sa preuve en elle-mme1 c'est bien celle-ci3 ,en fait de choses utiles1 il vaut mieux avoir que manquer4 ,et s'il est incontestable que l'abondance est un flau1 quand elle porte sur des objets malfaisants1 destructifs1 importuns comme les sauterelles1 les chenilles1 la vermine1 les vices1 les miasmes dltres1 il ne peut pas tre moins vrai qu'elle est un bienfait1 quand il s'agit de ces choses qui apaisent des besoins1 procurent des satisfactions1--de ces objets que l'homme recherche1 poursuit au prix de ses sueurs1 qu'il consent acheter par le travail ou par l'change1 qui ont de la valeur1 tels que les aliments1 les vtements1 les logements1 les oeuvres d'art1 les moyens de locomotion1 de communication1 d'instruction1 de diversion1 en un mot tout ce dont s'occupe l'conomie politique4 ,si l'on veut comparer la civilisation de deux peuples ou de deux sicles1 est-ce qu'on ne demande pas la statistique lequel des deux prsente1 proportionnellement la population1 plus de moyens d'existence1 plus de productions agricoles1 industrielles ou artistiques1 plus de routes1 de canaux1 de bibliothques et de muses8 ,est-ce qu'on ne dcide pas1 si je puis m'exprimer ainsi1 par l'activit compare des consommations1 c'est--dire par l'abondance8 ,on dira peut-tre qu'il ne suffit pas que les produits abondent2 qu'il faut encore qu'ils soient quitablement rpartis4 ,rien n'est plus vrai4 ,mais ne confondons pas les questions4 ,quand nous dfendons l'abondance1 quand nos adversaires la dcrient1 les uns et les autres nous sous-entendons ces mots3 cteris paribus1 toutes choses gales d'ailleurs1 l'quit dans la rpartition tant suppose la mme4 ,et puis remarquez que l'abondance est par elle-mme une cause de bonne rpartition4 ,plus une chose abonde1 moins elle a de valeur2 moins elle a de valeur1 plus elle est la porte de tous1 plus les hommes sont gaux devant elle4 ,nous sommes tous gaux devant l'air1 parce qu'il est1 relativement nos besoins et nos dsirs1 d'une abondance inpuisable4 ,nous sommes un peu moins gaux devant l'eau1 parce qu'tant moins abondante elle commence coter2 moins encore devant le bl1 devant les fruits dlicats1 devant les primeurs1 devant les rarets1 l'exclusion se faisant toujours en raison inverse de l',,abondance4 ,nous ajouterons1 pour rpondre aux scrupules sentimentalistes de notre poque1 que l'abondance n'est pas seulement un bien matriel4 ,les besoins se dveloppent1 au sein de l'humanit1 dans un certain ordre2 ils ne sont pas tous galement imprieux1 et l'on peut mme remarquer que leur ordre de priorit n'est pas leur ordre de dignit4 ,les besoins les plus grossiers veulent tre satisfaits les premiers1 parce qu' cette satisfaction tient la vie1 et que1 quoi qu'en disent les dclamateurs1 avant de vivre dignement1 il faut vivre4 ,prim vivere1 deind philosophare4 ,il suit de l que c'est l'abondance des choses propres rpondre aux ncessits les plus vulgaires1 qui permet l'humanit de spiritualiser de plus en plus ses jouissances1 de s'lever dans la rgion du ,vrai et du ,beau4 ,elle ne peut consacrer au perfectionnement de la forme1 au culte de l'art1 aux investigations de la pense que le temps et les forces qui1 en vertu du progrs1 cessent d'tre absorbs par les exigences de la vie animale4 ,l'abondance1 fruit de longs travaux et de patientes conomies1 ne peut tre instantanment universelle1 ds l'origine des socits4 ,elle ne peut se faire en mme temps sur toute la ligne des productions possibles4 ,elle suit un ordre successif1 passant du matriel au spirituel4 ,malheureux les peuples1 quand des impulsions extrieures1 comme celles des gouvernements1 s'efforcent d'intervertir cet ordre1 substituent des dsirs grossiers mais imprieux d'autres dsirs plus levs mais prmaturs1 changent la direction naturelle du travail et rompent cet quilibre des besoins et des satisfactions1 d'o naissent les garanties de la stabilit sociale4 ,au reste1 si l'abondance tait un flau1 cela serait aussi malheureux qu'trange1 car1 quelque facile que soit le remde 7s'abstenir de produire et dtruire1 quoi de plus ais871 jamais on n'y dterminera l'individualit4 ,on a beau dclamer contre l'abondance1 la surabondance1 la plthore1 l'encombrement1 on a beau faire la thorie de la disette1 lui donner l'appui des lois1 proscrire les machines1 gner1 entraver1 contrarier les changes1 cela n'empche personne1 pas mme les coryphes de ces systmes1 de travailler raliser l'abondance4 ,sur toute la surface du globe1 on ne rencontrerait pas un seul homme dont la pratique ne proteste contre ces vaines thories4 ,on n'en rencontrerait pas un qui ne cherche tirer le meilleur parti possible de ses forces1 les mnager1 les conomiser1 en augmenter le rsultat par la coopration des forces naturelles2 on n'en trouverait pas un1 mme parmi ceux qui dclament le plus contre la libert des transactions qui ne se conduise sur ce principe 7tout en voulant l'interdire aux autres73 vendre le plus cher et acheter au meilleur march possible2--de telle sorte que la thorie de la disette qui prvaut dans les livres1 dans les journaux1 dans les conversations1 dans les parlements1 et1 par l1 dans les lois1 est rfute et dmentie par la manire d'agir de toutes les individualits1 sans aucune exception1 qui composent le genre humain1 ce qui est certes la plus premptoire rfutation qu'il soit possible d'imaginer4 ,mais en face de ce problme3 l'abondance vaut-elle mieux que la disette1 d'o vient que tous les hommes1 aprs s'tre virtuellement prononcs pour l'abondance1 par leur manire d'agir1 de travailler et d'changer1 se constituent thoriquement les dfenseurs de la disette1 jusque-l qu'ils forment dans ce sens l'opinion publique et en font jaillir toutes sortes de lois restrictives et compressives8 ,c'est ce qu'il nous reste expliquer4 ,au fond1 ce quoi nous aspirons tous1 c'est que chacun de nos efforts ralise pour nous la plus grande somme possible de bien-tre4 ,si nous n'tions pas sociables1 si nous vivions dans isolement1 nous ne connatrions1 pour atteindre ce but1 qu'une rgle3 travailler plus et mieux1 rgle qui implique l'abondance progressive4 ,mais1 cause de l'change et de la sparation des occupations1 qui en est la suite1 ce n'est pas immdiatement nous-mmes1 c'est autrui que nous consacrons notre travail1 nos efforts1 nos produits1 nos services4 ,ds lors1 sans perdre de vue la rgle3 produire plus1 nous en avons une autre toujours plus actuellement prsente notre esprit3 produire plus de valeur4 ,car c'est de l que dpend la quantit de services que nous avons recevoir en retour des ntres4 ,or1 crer plus de produits1 ou crer plus de valeur1 ce n'est pas la mme chose4 ,il est bien clair que si1 par force ou par ruse1 nous parvenions rarfier beaucoup le service spcial ou le produit qui font l'objet de notre profession1 nous nous enrichirions sans augmenter ni perfectionner notre travail4 ,si un cordonnier1 par exemple1 pouvait1 par un acte de sa volont1 faire vaporer tous les souliers du monde1 except ceux de sa boutique1 ou frapper de paralysie quiconque sait manoeuvrer le tranchet et le tire-pied1 il deviendrait un ,crsus2 son sort s'amliorerait1 non point avec le sort gnral de l'humanit1 mais en raison inverse de la destine universelle4 ,voil tout le sacre6--et tout l'odieux--de la thorie de la disette1 telle qu'elle se manifeste dans les restrictions1 les monopoles et les privilges4 ,elle ne fait que traduire et voiler1 par un commentaire scientifique1 ce sentiment goste que nous portons tous au fond du coeur3 les concurrents m'importunent4 ,quand nous apportons un produit sur le march1 deux circonstances sont galement de nature en surhausser la valeur3 la premire1 c'est qu'il y rencontre une trs-grande abondance des choses contre lesquelles il peut s'changer1 c'est--dire de tout2 la seconde1 c'est qu'il y rencontre une trs-grande raret de ses similaires4 ,or1 ni par nous-mmes1 ni par l'intermdiaire des lois et de la force publique1 nous ne pouvons rien sur la premire de ces circonstances4 ,l'abondance universelle ne se dcrte malheureusement pas2 il y faut d'autres faons2 les lgislateurs1 les douaniers et les entraves n'y peuvent rien4 ,si donc nous voulons lever artificiellement la valeur du produit1 force nous est d'agir sur l'autre lment de cette valeur4 ,en ceci1 la volont individuelle n'est pas aussi impuissante4 ,avec des lois ad hoc1 avec de l'arbitraire1 avec des baonnettes1 avec des chanes1 avec des entraves1 avec des chtiments et des perscutions1 il n'est pas impossible de chasser les concurrents1 de crer la raret et cette hausse artificielle qui est l'objet de nos dsirs4 ,les choses tant ainsi1 il est ais de comprendre ce qui peut et doit arriver dans un temps d'ignorance1 de barbarie et de cupidit effrne4 ,chacun s'adresse la lgislature1 et par cet intermdiaire la force publique1 pour lui demander de crer artificiellement1 par tous les moyens en son pouvoir1 la raret de la chose qu'il produit4 ,l'agriculteur demande la raret du bl2 l'leveur1 la raret du btail2 le matre de forges1 la raret du fer2 le colon1 la raret du sucre2 le tisseur1 la raret du drap1 etc41 etc4 ,chacun donne les mmes raisons1 ce qui finit par faire un corps de doctrine qu'on peut bien appeler la thorie de la disette2 et la force publique emploie le fer et le feu au triomphe de cette thorie4 ,mais1 sans parler des masses1 ainsi soumises au rgime de la privation universelle1 il est ais de voir quelle mystification viennent se heurter les inventeurs de ce rgime1 et quel terrible chtiment attend leur rapacit sans scrupule4 ,nous avons vu que1 relativement chaque produit spcial1 la valeur avait deux lments3 #a la raret de ce qui lui est similaire2 #b l'abondance de tout ce qui ne lui est pas similaire4 ,or1 qu'on veuille bien remarquer ceci3 par cela mme que la lgislature1 esclave de l'gosme individuel1 travaille raliser le premier de ces deux lments de la valeur1 elle dtruit le second1 sans pouvoir l'viter1 puisque c'est une seule et mme chose4 ,elle a successivement satisfait les voeux de l'agriculteur1 de l'leveur1 du matre de forges1 du fabricant1 du colon1 en produisant artificiellement la raret du bl1 de la viande1 du fer1 du drap1 du sucre1 etc42 mais cela qu'est-ce autre chose que dtruire cette abondance gnrale1 qui est la seconde condition de la valeur de chaque produit particulier8 ,ainsi1 aprs avoir soumis la communaut des privations effectives1 impliques dans la disette1 dans le but d'exhausser la valeur des produits1 il se trouve qu'on n'a pas mme russi atteindre cette ombre1 treindre ce fantme1 exhausser cette valeur nominale1 parce que prcisment ce que la raret du produit spcial opre en sa faveur1 dans ce sens1 la raret des autres produits le neutralise4 ,est-il donc si difficile de comprendre que le cordonnier dont nous parlions tout l'heure1 parvnt-il dtruire1 par un seul acte de sa volont1 tous les souliers du monde1 except ceux de sa faon1 ne serait pas plus avanc1 mme au point de vue puril de la valeur nominale1 si du mme coup tous les objets1 contre lesquels les souliers s'changent1 se rarfiaient dans la mme proportion8 ,il n'y aurait que ceci de chang3 tous les hommes1 y compris notre cordonnier1 seraient plus mal chausss1 vtus1 nourris1 logs1 encore que les produits conservassent entre eux la mme valeur relative4 ,et il faut bien qu'il en soit ainsi4 ,o en serait la socit1 si l'injustice1 l'oppression1 l'gosme1 la cupidit et l'ignorance n'entranaient aucun chtiment8 ,heureusement il n'est pas possible que quelques hommes puissent1 sans inconvnient pour eux-mmes1 faire tourner la force publique et l'appareil gouvernemental au profit de la disette1 et comprimer l'universel lan de l'humanit vers l'abondance#fb4 ,note #fb3 ,v41 tome ,,iv1 pages #e et #afc1 les chap4 ,abondance1 ,disette1 ,chert1 ,bon march4 7,note de l'diteur47 ,,balance ,,du ,,commerce#fc4 ,note #fc3 ,lors de la discussion du budget gnral des dpenses pour l'exercice de #ahej1 ,m4 ,mauguin exposa navement la tribune la vieille et fausse thorie de la balance du commerce4 7,moniteur du #bg mars47 ,bastiat1 qui l'avait dj rfute dans ses ,sophismes1 crut devoir l'attaquer de nouveau2 et comme sa sant ne lui permettait plus de monter la tribune1 il adressa1 le #bi mars #ahej1 une feuille quotidienne1 les rflexions que nous reproduisons4 ,il est remarquer qu'il simplifie les calculs hypothtiques1 au moyen desquels il lucide sa thse1 en excluant quelques-uns des lments qu'il avait employs en #ahde4 7,v4 tome ,,iv1 page #eb47 7,note de l'diteur47 ,la balance du commerce est un article de foi4 ,on sait en quoi elle consiste3 un pays importe-t-il plus qu'il n'exporte2 il perd la diffrence4 ,rciproquement1 ses exportations dpassent-elles ses importations2 l'excdant forme son bnfice4 ,cela est tenu pour un axiome et on lgifre en consquence4 ,sur cette donne1 ,m4 ,mauguin nous a avertis avant-hier1 chiffres en main1 que la ,france fait au dehors un commerce dans lequel elle a trouv le moyen de perdre bnvolement1 et sans que rien l'y oblige1 #bjj millions tous les ans4 ,vous avez perdu sur votre commerce1 dans onze annes1 #b milliards1 entendez-vous6 ,puis1 appliquant son infaillible rgle aux dtails1 il nous a dit3 ,en objets fabriqus1 vous avez vendu1 en #ahdg1 pour #fje millions1 et vous n'avez achet que pour #aeb millions4 ,vous avez donc gagn #dej millions4 ,en objets naturels1 vous avez achet pour #hjd millions1 et vous n'avez vendu que pour #aad millions2 vous avez donc perdu #fij millions4 ,ce que c'est que de tirer1 avec une navet intrpide1 toutes les consquences d'un principe absurde6 ,m4 ,mauguin a trouv le secret de faire rire1 aux dpens de la balance du commerce1 jusqu' ,,mm4 ,darblay et ,lebeuf4 ,c'est un beau succs2 et il m'est permis d'en tre jaloux4 ,permettez-moi d'apprcier le mrite de la rgle selon laquelle ,m4 ,mauguin et tous les prohibitionistes calculent les profits et les pertes4 ,je le ferai en racontant deux oprations commerciales que j'ai eu l'occasion de faire4 ,j'tais ,bordeaux4 ,j'avais une pice de vin qui valait #ej fr42 je l'envoyai ,liverpool1 et la douane constata sur ses registres une ,,exportation ,,de #ej ,,francs4 ,arriv ,liverpool1 le vin se vendit #gj fr4 ,mon correspondant convertit les #gj fr4 en houille1 laquelle se trouva valoir1 sur la place de ,bordeaux1 #ij fr4 ,la douane se hta d'enregistrer une ,,importation ,,de #ij ,,francs4 ,balance du commerce en excdant de l'importation1 #dj fr4 ,ces #dj fr41 j'ai toujours cru1 sur la foi de mes livres1 que je les avais gagns4 ,m4 ,mauguin m'apprend que je les ai perdus1 et que la ,france les a perdus en ma personne4 ,et pourquoi ,m4 ,mauguin voit-il l une perte8 ,parce qu'il suppose que tout excdant de l'importation sur l'exportation implique ncessairement un solde qu'il faut payer en cus4 ,mais o est1 dans l'opration que je raconte1 et qui est l'image de toutes les oprations commerciales lucratives1 le solde payer8 ,est-il donc si difficile de comprendre qu'un ngociant compare les prix courants des diverses places et ne se dcide oprer que lorsqu'il a la certitude1 ou du moins la chance1 de voir la valeur exporte lui revenir grossie8 ,donc ce que ,m4 ,mauguin appelle perte doit s'appeler profit4 ,peu de jours aprs mon opration1 j'eus la bonhomie d'prouver un regret2 je fus fch de ne l'avoir pas retarde4 ,en effet1 le vin baissa ,bordeaux et haussa ,liverpool2 de sorte que si je ne m'tais pas autant press1 j'aurais achet #dj fr4 et vendu #ajj fr4 ,en vrit1 je croyais que sur ces bases mon profit et t plus grand4 ,j'apprends par ,m4 ,mauguin que c'est la perte qui et t plus crasante4 ,ma seconde opration1 monsieur le rdacteur1 eut une issue bien diffrente4 ,j'avais fait venir du ,prigord des truffes qui me cotaient #ajj francs2 elles taient destines deux clbres ministriels anglais1 pour un trs-haut prix1 que je me proposais de convertir en livres4 ,hlas6 j'aurais mieux fait de les dvorer moi-mme 7je parle des truffes1 non des livres ni des torys74 ,tout n'et pas t perdu1 comme il arriva1 car le navire qui les emportait prit la sortie du port4 ,la douane1 qui avait constat cette occasion une sortie de #ajj fr41 n'a jamais eu aucune rentre inscrire en regard4 ,donc1 dira ,m4 ,mauguin1 la ,france a gagn #ajj fr42 car c'est bien de cette somme que1 grce au naufrage1 l'exportation surpasse l'importation4 ,si l'affaire et autrement tourn1 s'il m'tait arriv pour #b ou #cjj fr4 de livres1 c'est alors que la balance du commerce et t dfavorable et que la ,france et t en perte4 ,au point de vue de la science1 il est triste de penser que toutes les entreprises commerciales qui laissent de la perte selon les ngociants1 donnent du profit suivant cette classe de thoriciens qui dclament toujours contre la thorie4 ,mais au point de vue de la pratique1 cela est bien plus triste encore1 car qu'en rsulte-t-il8 ,supposons que ,m4 ,mauguin et le pouvoir 7et1 dans une certaine mesure1 il l'a par ses votes7 de substituer ses calculs et sa volont aux calculs et la volont des ngociants1 et de donner1 selon ses expressions1 une bonne organisation commerciale et industrielle au pays1 une bonne impulsion au travail national1 que fera-t-il8 ,toutes les oprations qui consisteraient acheter bon march au dedans pour vendre cher au dehors1 et convenir le produit en denres trs-recherches chez nous1 ,m4 ,mauguin les supprimera lgislativement1 car ce sont justement celles o la valeur importe surpasse la valeur exporte4 ,en compensation1 il tolrera1 il favorisera au besoin par des primes 7des taxes sur le public7 toutes les entreprises qui seront bases sur cette donne3 ,acheter cher en ,france pour vendre bon march l'tranger1 en d'autres termes1 exporter ce qui nous est utile pour rapporter ce qui ne nous est bon rien4 ,ainsi1 il nous laissera parfaitement libres1 par exemple1 d'envoyer des fromages de ,paris ,amsterdam pour rapporter des articles de modes d',amsterdam ,paris1 car on peut affirmer que1 dans ce trafic1 la balance du commerce serait toute en notre faveur4 ,oui1 c'est une chose triste1 et j'ose ajouter dgradante1 que le lgislateur ne veuille pas laisser les intresss dcider et agir pour eux-mmes en ces matires1 leurs prils et risques4 ,au moins alors chacun a la responsabilit de ses actes2 celui qui se trompe est puni et se redresse4 ,mais quand le lgislateur impose et prohibe1 s'il a une erreur monstrueuse dans la cervelle1 il faut que cette erreur devienne la rgle de conduite de toute une grande nation4 ,en ,france1 nous aimons beaucoup la libert1 mais nous ne la comprenons gure4 ,oh6 tchons de la mieux comprendre1 nous ne l'en aimerons pas moins4 ,m4 ,mauguin a affirm avec un aplomb imperturbable qu'il n'y a pas en ,angleterre un homme d'tat qui ne professe la doctrine de la balance du commerce4 ,aprs avoir calcul la perte qui1 selon lui1 rsulte de l'excdant de nos importations1 il s'est cri3 ,si l'on faisait l',angleterre un semblable tableau1 elle en frmirait1 et il n'y a pas un membre de la ,chambre des ,communes qui ne se crt menac sur son banc4 ,et moi j'affirme que si l'on venait dire la ,chambre des ,communes3 ,la valeur totale de ce qui sort du pays surpasse la valeur totale de ce qui y entre1 c'est alors qu'on se croirait menac1 et je doute qu'il se trouvt un seul orateur qui ost ajouter3 ,la diffrence est un profit4 ,en ,angleterre1 on est convaincu qu'il importe la nation de recevoir plus qu'elle ne donne4 ,de plus1 on s'est aperu que c'est la tendance de tous les ngociants1 et c'est pourquoi on y a pris le parti de les laisser faire1 et de rendre aux changes la ,libert4 ,,paix ,,et ,,libert1 ,,ou ,,le ,,budget ,r,,publicain#fd4 ,note #fd3 ,pamphlet publi en fvrier #ahdi4--,l'auteur avait crit1 un mois avant1 dans le ,journal des ,dbats1 un article qu' raison de l'identit du sujet nous reproduisons la fin de ,paix et ,libert4 7,note de l'diteur47 ,un programme6 un programme6 voil le cri qui s'lve de toutes parts vers le cabinet4 ,comment comprenez-vous l'administration intrieure8 ,quelle sera votre politique au dehors8 ,par quelles grandes mesures entendez-vous lever les recettes8 ,vous faites-vous fort d'loigner de nous ce triple flau qui semble planer sur nos ttes3 la guerre1 les rvolutions1 la banqueroute8 ,pouvons-nous enfin nous livrer avec quelque scurit au travail1 l'industrie1 aux grandes entreprises8 ,qu'avez-vous imagin pour nous assurer ce lendemain que vous promtes tous les citoyens1 le jour o vous prtes la direction des affaires8 ,voil ce que chacun demande2 mais1 hlas6 le ministre ne rpond rien4 ,qui pis est1 il semble systmatiquement rsolu ne rien rpondre4 ,que faut-il en conclure8 ,ou le cabinet n'a pas de plan1 ou s'il en a un1 il le cache4 ,eh bien6 je dis que1 dans l'une ou l'autre hypothse1 il manque son devoir4 ,s'il cache son plan1 il fait une chose qu'il n'a pas le droit de faire2 car un plan gouvernemental n'appartient pas au gouvernement1 mais au public4 ,c'est nous qu'il intresse1 puisque notre bien-tre et notre scurit en dpendent4 ,nous devons tre gouverns non selon la volont cache du ministre1 mais selon sa volont connue et approuve4 ,au cabinet1 l'exposition1 la proposition1 l'initiative2 nous1 le jugement2 nous1 l'acceptation ou le refus4 ,mais pour juger1 il faut connatre4 ,celui qui monte sur le sige et s'empare des guides1 dclare1 par cela mme1 qu'il sait ou croit savoir le but qu'il faut atteindre et la route qu'il faut prendre4 ,c'est bien le moins qu'il n'en fasse pas mystre aux voyageurs1 quand ces voyageurs forment une grande nation tout entire4 ,que s'il n'a pas de plan1 qu'il juge lui-mme ce qu'il a faire4 toutes les poques1 pour gouverner il faut une pense2 mais cela est vrai1 surtout aujourd'hui4 ,il est bien certain qu'on ne peut plus suivre les vieilles ornires1 ces ornires qui dj trois fois ont vers le char dans la boue4 ,le statu quo est impossible1 la tradition insuffisante4 ,il faut des rformes2 et1 quoique le mot soit malsonnant1 je dirai3 ,il faut du nouveau2 non point du nouveau qui branle1 renverse1 effraie1 mais du nouveau qui maintienne1 consolide1 rassure et rallie4 ,donc1 dans mon ardent dsir de voir apparatre le vrai ,budget rpublicain1 dcourag par le silence ministriel1 je me suis rappel le vieux proverbe3 ,veux-tu tre bien servi1 sers-toi toi-mme2 et pour tre sr d'avoir un programme1 j'en ai fait un4 ,je le livre au bon sens public4 ,et d'abord1 je dois dire dans quel esprit il est conu4 ,j'aime la ,rpublique1--et j'ajoute1 pour faire ici un aveu dont quelques-uns pourront tre surpris#fe1--;je l'aime beaucoup plus qu'au #bd fvrier4 ,voici mes raisons4 ,note #fe3 ,sur les opinions politiques de l'auteur1 ,v4 au tome ,ier1 ses crits et professions de foi publis l'occasion des lections4 7,note de l'diteur47 ,comme tous les publicistes1 mme ceux de l'cole monarchique1 entre autres ,chateaubriand1 je crois que la ,rpublique est la forme naturelle d'un gouvernement normal4 ,peuple1 ,roi1 ,aristocratie1 ce sont trois puissances qui ne peuvent coexister que pendant leur lutte4 ,cette lutte a des armistices qu'on appelle des chartes4 ,chaque pouvoir stipule dans ces chartes une part relative ses victoires4 ,c'est en vain que les thoriciens sont intervenus et ont dit3 ,le comble de l'art1 c'est de rgler les attributions des trois jouteurs1 de telle sorte qu'ils s'empchent rciproquement4 ,la nature des choses veut que1 pendant et par la trve1 l'une des trois puissances se fortifie et grandisse4 ,la lutte recommence1 et aboutit1 de lassitude1 une charte nouvelle un peu plus dmocratique1 et ainsi de suite1 jusqu' ce que le rgime rpublicain ait triomph4 ,mais il peut arriver que le peuple1 parvenu se gouverner lui-mme1 se gouverne mal4 ,il souffre et soupire aprs un changement4 ,le prtendant exil met profit l'occasion1 il remonte sur le trne4 ,alors la lutte1 les trves et le rgne des chartes recommencent1 pour aboutir de nouveau la ,rpublique4 ,combien de fois peut se renouveler l'exprience8 ,c'est ce que j'ignore4 ,mais ce qui est certain1 c'est qu'elle ne sera dfinitive que lorsque le peuple aura appris se gouverner4 ,or1 au #bd fvrier1 j'ai pu craindre1 comme bien d'autres1 que la nation ne ft pas prpare se gouverner elle-mme4 ,je redoutais1 je l'avoue1 l'influence des ides grecques et romaines qui nous sont imposes tous par le monopole universitaire1 ides radicalement exclusives de toute justice1 de tout ordre1 de toute libert1 ides devenues plus fausses encore dans les thories prpondrantes de ,montesquieu et de ,rousseau4 ,je redoutais aussi la terreur maladive des uns et l'admiration aveugle des autres1 inspires par le souvenir de la premire ,rpublique4 ,je me disais3 ,tant que dureront ces tristes associations d'ides1 le rgne paisible de la ,dmocratie sur elle-mme n'est pas assur4 ,mais les vnements ne se sont pas rgls sur ces prvisions4 ,la ,rpublique a t proclame2 pour revenir la ,monarchie1 il faudrait une rvolution1 peut-tre deux ou trois1 puisqu'il y a plusieurs ,prtendants4 ,en outre1 ces rvolutions ne seraient que le prlude d'une rvolution nouvelle1 puisque le triomphe dfinitif de la forme rpublicaine est la loi ncessaire et fatale du progrs social4 ,que le ciel nous prserve de telles calamits6 ,nous sommes en ,rpublique1 restons-y2 restons-y1 puisqu'elle reviendrait tt ou tard2 restons-y1 puisqu'en sortir ce serait rouvrir l're des bouleversements et des guerres civiles4 ,mais pour que la ,rpublique se maintienne1 il faut que le peuple l'aime4 ,il faut qu'elle jette d'innombrables et profondes racines dans l'universelle sympathie des masses4 ,il faut que la confiance renaisse1 que le travail fructifie1 que les capitaux se forment1 que les salaires haussent1 que la vie soit plus facile1 que la nation soit fire de son oeuvre1 en la montrant l',europe toute resplendissante de vraie grandeur1 de justice et de dignit morale4 ,donc1 inaugurons la politique de la ,paix et de la ,libert4 ,paix et ,libert6 ,il n'est certes pas possible d'aspirer vers deux objets plus levs dans l'ordre social4 ,mais que peuvent-ils avoir de commun avec les chiffres glacs d'un vulgaire budget8 ,ah6 la liaison est aussi intime qu'elle puisse l'tre4 ,une guerre1 une menace de guerre1 une ngociation pouvant aboutir la guerre1 rien de tout cela n'arrive l'existence que par la vertu d'un petit article inscrit sur ce gros volume1 effroi du contribuable4 ,et1 de mme1 je vous dfie d'imaginer une oppression1 une limitation la libert des citoyens1 une chane leur bras ou leur cou1 qui ne soit ne du budget des recettes et n'en subsiste4 ,montrez-moi un peuple se nourrissant d'injustes ides de domination extrieure1 d'influence abusive1 de prpondrance1 de prpotence2 s'immisant dans les affaires des nations voisines1 sans cesse menaant ou menac2 et je vous montrerai un peuple accabl de taxes4 ,montrez-moi un peuple qui s'est donn des institutions d'une telle nature que les citoyens ne peuvent penser1 crire1 imprimer1 enseigner1 travailler1 changer1 s'assembler sans qu'une tourbe de fonctionnaires vienne entraver leurs mouvements2 et je vous montrerai un peuple accabl de taxes4 ,car je vois bien comment il ne m'en cote rien pour vivre en paix avec tout le monde4 ,mais je ne puis concevoir comment je devrais m'y prendre pour m'exposer des querelles continuelles1 sans m'assujettir des frais normes1 soit pour attaquer soit pour me dfendre4 ,et je vois bien aussi comment il ne m'en cote rien pour tre libre2 mais je ne puis comprendre comment l'tat pourrait agir sur moi d'une manire funeste ma libert1 si je n'ai commenc par remettre en ses mains1 et mes frais1 de coteux instruments d'oppression4 ,cherchons donc l'conomie4 ,cherchons-la1 parce qu'elle est le seul moyen de satisfaire le peuple1 de lui faire aimer la ,rpublique1 de tenir en chec1 par la sympathie des masses1 l'esprit de turbulence et de rvolution4 ,cherchons l'conomie1--,paix et ,libert nous seront donnes par surcrot4 ,l'conomie est comme l',intrt personnel4 ,ce sont deux mobiles vulgaires mais ils dveloppent des principes plus nobles qu'eux-mmes4 ,le but spcial et actuel d'une rforme financire est de rtablir l'quilibre entre la recette et la dpense4 ,son but ultrieur1 ou plutt son effet1 est de restaurer le ,crdit public4 ,enfin1 un autre but plus important qu'elle doit atteindre pour mriter ce beau nom de rforme1 c'est de soulager le peuple1 de faire aimer les institutions et d'pargner ainsi au pays de nouvelles commotions politique4 ,si j'apprcie ces divers points de vue les systmes qui se sont produits1 je ne puis m'empcher de les juger ou bien incomplets ou illusoires4 ,un mot sur deux de ces systmes3 celui des praticiens et celui des utopistes4 ,je commence par dclarer que j'ai le plus profond respect pour la science et l'exprience des financiers4 ,ils ont pass leur vie tudier le mcanisme de nos finances1 ils en connaissent tous les ressorts2 et s'il ne s'agissait que d'atteindre cet quilibre1 qui est peu prs l'objet exclusif de leur poursuite1 peut-tre n'y aurait-il rien de mieux faire que de leur confier cette tche dj bien difficile4 ,en rognant quelque peu nos dpenses1 en levant quelque peu nos recettes1 je veux croire qu'au bout de trois ou quatre ans1 ils nous mneraient ce port si dsir qu'ils nomment le budget normal4 ,mais il est clair que la pense fondamentale1 qui gouverne notre mcanisme financier1 resterait la mme1 sauf quelques amliorations dans les dtails4 ,or1 la question que je pose est celle-ci3 en restant sous l'empire de cette pense fondamentale1 en repltrant notre systme contributif1 si profondment branl par la rvolution de ,fvrier1 avons-nous devant nous les trois ou quatre ans qui nous sparent du fameux quilibre8 ,en d'autres termes1 notre systme financier1 mme dgag de quelques abus1 porte-t-il en lui-mme des conditions de dure et de vie8 ,n'est-il pas l'outre d',eole1 et ne renferme-t-il pas dans ses flancs les vents et les temptes8 ,si c'est prcisment de ce systme que sont sortis les bouleversements1 que devons-nous attendre de sa simple restauration8 ,les hommes de la finance1 je parle de ceux pour qui le beau idal est de rtablir les choses1 sauf quelques dtails1 comme elles taient avant ,fvrier1 ces hommes1 qu'ils me permettent de le dire1 veulent btir sur le sable et avancer dans un cercle vicieux4 ,ils ne s'aperoivent pas que le vieux systme qu'ils prconisent1 bien loin de fonder l'abondance des recettes publiques sur la prosprit des classes travailleuses1 aspire gonfler le budget force de tarir la source qui l'alimente4 ,indpendamment de ce que c'est l un vice radical au point de vue financier1 c'est encore un effroyable danger politique4 ,quoi6 vous venez de voir quelle atteinte1 presque mortelle1 une rvolution a porte nos finances2 vous ne pouvez pas douter qu'une des causes1 sinon la seule1 de cette commotion1 c'est la dsaffection ne dans le coeur du peuple du poids des taxes1 et la chose laquelle vous aspirez1 c'est de nous remettre au point de dpart1 et de remonter pniblement le char justement au sommet de la dclivit fatale6 ,alors mme qu'une rvolution ne se serait pas accomplie1 alors mme qu'elle n'aurait pas veill au sein des masses des esprances et des exigences nouvelles1 je crois vraiment que votre entreprise serait irralisable4 ,mais ce qui et t prudence1 avant ,fvrier1 n'est-il pas devenu ncessit8 ,est-ce que vous croyez que vos trois ou quatre annes d'efforts la poursuite exclusive de l'quilibre peuvent s'couler paisiblement1 si le peuple ne voit rien venir que des taxes nouvelles8 si la ,rpublique ne se montre lui que par la plus grande pret des percepteurs8 si1 sur le fruit de son travail1 de moins en moins rmunr1 il faut qu'il fasse l'tat et ses agents une part toujours plus grande8 ,non1 ne l'esprez pas4 ,un bouleversement nouveau viendra interrompre vos froides lucubrations1 et alors1 je vous le demande vous-mmes1 qu'adviendra-t-il de cet quilibre et de ce crdit qui sont1 vos yeux1 le sublime de l'art et le terme de tout effort intelligent8 ,je crois donc que les hommes pratiques perdent compltement de vue le troisime but 7et le premier en importance7 que j'ai assign la rform financire1 savoir3 soulager le contribuable1 faire aimer la ,rpublique4 ,nous en avons eu une preuve rcente4 ,l',assemble nationale a rduit l'impt du sel et la taxe des lettres4 ,eh bien6 non-seulement les financiers dsapprouvent ces mesures1 mais encore ils ne peuvent pas se mettre dans la tte que l',assemble ait agi conformment sa propre volont4 ,ils supposent toujours1 et de trs-bonne foi1 qu'elle a t victime d'une surprise et qu'elle la dplore2 tant toute ide de rforme leur rpugne4 ,dieu ne plaise que je veuille insinuer par l que la coopration des financiers est repousser6 ,quelle que soit l'ide nouvelle qui surgisse1 elle ne peut gure tre mise en oeuvre que par le concours de leur utile exprience4 ,mais il est probable qu'elle ne surgira pas dans leur cerveau4 ,ils ont trop vcu pour cela dans les errements du pass4 ,si1 avant les campagnes d',italie1 ,napolon avait us trente annes de sa vie tudier et appliquer toutes les combinaisons de l'ancienne stratgie1 croit-on qu'il et t frapp de cette inspiration qui a rvolutionn l'art de la guerre et jet un si grand clat sur les armes franaises8 ct de cette cole pleine de jours et d'exprience1 qui offrira l'excution des ressources prcieuses1 mais d'o ne jaillira pas1 je le crains1 l'ide fconde que la ,france attend pour son salut1 sa gloire et sa scurit1 il y a une autre cole ou plutt un nombre peu prs infini d'autres coles1 aux ides desquelles1 si l'on peut reprocher quelque chose1 ce n'est pas du moins de manquer de nouveaut4 ,je n'ai pas l'intention d'examiner tous les systmes qu'elles ont mis au jour4 ,je me bornerai dire quelques mots sur la pense qui m'a paru dominer dans le manifeste des rpublicains dits avancs4 ,ce manifeste me semble reposer sur un cercle vicieux beaucoup plus caractris encore que celui des financiers4 vrai dire1 il n'est qu'une perptuelle et purile contradiction4 ,dire au peuple3 ,la rpublique va faire pour toi un miracle4 ,elle va te dgager de toute cette lourde responsabilit qui pse sur la condition humaine4 ,elle te prendra au berceau1 et aprs l'avoir conduit1 ses frais1 de la crche la salle d'asile1 de la salle d'asile l'cole primaire1 de l'cole primaire aux coles secondaires et spciales1 de l l'atelier de travail1 et de l'atelier de travail aux maisons de refuge1 elle te rendra la tombe1 sans que tu aies eu besoin1 pour ainsi dire1 de prendre soin de toi-mme4 ,as-tu besoin de crdit8 te manque-t-il des instruments de travail1 ou du travail8 dsires-tu de l'instruction8 quelque sinistre est-il venu visiter ton champ ou ton atelier8 l'tat est l1 comme un pre opulent et gnreux1 pour pourvoir tout1 pour tout rparer4 ,bien plus1 il tendra sa sollicitude sur toute la surface du globe1 en vertu du dogme de la ,solidarit2 et1 au cas qu'il te prenne fantaisie d'aller semer au loin tes ides et tes vues politiques1 il tiendra toujours une grande arme prte entrer en campagne4 ,voil sa mission1 elle est vaste1 et pour l'accomplir il ne te demande rien4 ,sel1 boissons1 postes1 octrois1 contributions de toutes sortes1 il va renoncer tout4 ,un bon pre donne ses enfants1 mais ne leur demande pas4 ,que si l'tat ne suit pas cet exemple1 s'il ne remplit pas envers toi le double et contradictoire devoir que nous signalons1 il aura trahi sa mission1 il ne te restera qu' le renverser4 ,je le demande1 se peut-il rien imaginer de plus chimrique en mme temps que de plus dangereux8 ,il est vrai que pour masquer ces grossires impossibilits1 on ajoute3 ,l'impt sera transform2 on le prendra sur le superflu des riches4 ,mais il faut bien que le peuple le sache4 ,ce n'est l qu'une chimre de plus4 ,imposer l'tat des attributions exorbitantes1 et persuader qu'il pourra y faire face avec l'argent prlev sur le superflu des riches1 c'est donner au public une vaine esprance4 ,combien y a-t-il de riches en ,france8 ,quand il fallait payer #bjj francs pour avoir droit de suffrage1 le nombre des lecteurs tait de deux cent mille1 et sur ce nombre1 la moiti peut-tre n'avait pas de superflu4 ,et l'on voudrait affirmer aujourd'hui que l'tat peut remplir l'immense mission qu'on lui donne en se bornant imposer les riches6 ,il suffira que deux cent mille familles livrent au gouvernement le superflu de leurs richesses pour que celui-ci prodigue toute sorte de bienfaits aux huit millions de familles moins aises4 ,mais on ne voit donc pas une chose3 c'est qu'un systme d'impt ainsi conu donnerait peine de quoi pourvoir sa propre perception4 ,la vrit est1 et le peuple ne devrait jamais le perdre de vue1 que la contribution publique s'adressera toujours et ncessairement aux objets de la consommation la plus gnrale1 c'est--dire la plus populaire4 ,c'est prcisment l le motif qui doit pousser le peuple1 s'il est prudent1 restreindre les dpenses publiques1 c'est--dire l'action1 les attributions et la responsabilit du gouvernement4 ,il ne faut pas qu'il s'attende ce que l'tat le fasse vivre1 puisque c'est lui qui fait vivre l'tat#ff4 ,note #ff3 ,v4 le pamphlet l'tat1 tome ,,iv1 page #cbg4 ,d'autres esprent beaucoup dans la dcouverte de quelque nouvelle matire imposable4 ,je suis loin de prtendre qu'il n'y a rien essayer dans cette voie1 mais je soumets au lecteur ces trois observations3 #a ,tous les gouvernements antrieurs ont aim avec passion prendre beaucoup au public pour pouvoir beaucoup dpenser4 ,il n'est gure probable qu'en fait d'impts1 aucune mine prcieuse et d'une exploitation facile et chapp au gnie de l fiscalit4 ,s'il a t arrt par quelque chose1 ce n'a pu tre que par la crainte des rpugnances nationales4 #b ,si de nouvelles sources d'impts ne peuvent s'ouvrir sans heurter les habitudes et exciter le mcontentement1 le moment serait-il bien choisi1 aprs une rvolution1 de tenter une telle exprience8 ,ne serait-ce pas compromettre la ,rpublique8 ,figurons-nous l'effet produit sur les contribuables par cette nouvelle3 l',assemble nationale vient de vous assujettir des taxes1 de vous jusqu'ici inconnues et devant lesquelles la monarchie avait recul6 #c ,au point de vue actuel et pratique1 chercher et dcouvrir de nouveaux impts1 c'est un sr moyen de ne rien faire et de ngliger le corps pour l'ombre4 ,l',assemble nationale n'a que deux ou trois mois vivre4 ,d'ici l1 il faut qu'elle ait fait le budget4 ,je laisse au lecteur le soin de tirer la conclusion4 ,aprs avoir rappel les systmes qui sont les plus en vogue1 et les plus inadmissibles1 il me reste signaler celui que je voudrais voir prvaloir4 tablissons d'abord la situation financire laquelle il faut faire face4 ,nous sommes en dficit 7car le mot insuffisance est devenu insuffisant74 ,ce dficit1 je n'en chercherai pas le chiffre exact4 ,j'ignore comment notre comptabilit est tenue2 ce que je sais1 c'est que jamais1 au grand jamais1 deux chiffres officiels1 pour le mme fait1 ne se ressemblent4 ,quoiqu'il en soit1 la plaie est norme4 ,le dernier budget 7vol4 ,i1 p4 #fb7 contient ce renseignement3 ,anciens dcouverts 7autre joli mot71 annes #ahdf et antrieures #ahd1aef1jjj fr4 ,budget de #ahdg #dc1agi1jjj ,indemnit aux caisses d'pargne #ch1jjj1jjj ,budget de #ahdh #ga1afg1jjj ,budget de #ahdi #bac1iff1ecd --------------- ,total des dcouverts #eej1dfb1ecd fr4 ,voil le rsultat des budgets passs4 ,donc le mal ira toujours croissant l'avenir1 si nous ne parvenons1 soit augmenter les recettes1 soit diminuer les dpenses1 non seulement de manire les aligner1 mais encore trouver un excdant de recettes qui absorbe peu peu les dcouverts antrieurs4 ,il ne sert de rien de se le dissimuler1 hors de l1 c'est la banqueroute et ses suites4 ,et1 ce qui rend la situation plus difficile1 c'est cette considration que j'ai dj indique et sur laquelle j'insiste de toutes mes forces1 savoir que1 si l'on cherche le remde ou partie du remde dans une aggravation d'impts1 ainsi que cela se prsente naturellement l'esprit1 on provoquera des rvolutions4 ,or1 l'effet financier des rvolutions1 ne parler que de celui-l1 tant d'accrotre les dpenses et de tarir les sources du revenu 7je m'abstiens de dmonstration71 le procd1 au lieu de dtourner la catastrophe1 n'est propre qu' la prcipiter4 ,je vais plus loin4 ,la difficult est bien plus grande encore1 car j'affirme 7telle est du moins ma conviction profonde7 que l'on ne peut pas mme maintenir tous les impts existants sans mettre contre soi les chances les plus terribles4 ,une rvolution s'est faite2 elle s'est proclame dmocratique1 la dmocratie en veut sentir les bienfaits4 ,elle a tort ou elle a raison1 mais c'est ainsi4 ,malheur aux gouvernements1 malheur au pays1 si cette pense n'est pas toujours prsente l'esprit des ,reprsentants du peuple6 ,la question ainsi pose1 que faut-il faire8 ,car1 d'un autre ct1 si l'on peut diminuer les dpenses1 il y a des bornes ces retranchements4 ,il ne faut pas aller jusqu' dsorganiser les services1 ce serait encore faire arriver les rvolutions par l'autre extrmit de l'horizon financier4 ,que faut-il donc faire8 ,voici ma pense4 ,je la formule dans toute sa navet1 au risque de faire dresser les cheveux sur la tte tous les financiers et praticiens4 ,,diminuer ,,les ,,imp,,ts4--,,diminuer ,,les ,d,,penses ,,dans ,,une ,,proportion ,,plus ,,forte ,,encore4 ,et1 pour revtir cette pense financire de sa formule politique1 j'ajoute3 ,,libert ,,au ,,dedans4--,,paix ,,au ,,dehors4 ,voil tout le programme4 ,vous vous rcriez6 ,il est aussi contradictoire1 dites-vous1 que le manifeste montagnard2 il renferme un cercle vicieux au moins aussi vident que ceux que vous avez prcdemment signals dans les autres systmes4 ,je le nie1 j'accorde seulement que la tentative est hardie4 ,mais si la gravit de la situation est bien tablie1 d'une part2 si1 de l'autre1 il est prouv que les moyens traditionnels ne nous en feront pas sortir1 il me semble que ma pense a quelque droit au moins l'attention de mes collgues4 ,qu'il me soit donc permis d'examiner mes deux propositions1 et que le lecteur1 se rappelant qu'elles forment un tout indivisible1 veuille bien suspendre son jugement1 et peut-tre son arrt4 ,il y a d'abord une vrit qu'il faut rappeler1 parce qu'on n'en tient pas assez compte3 c'est que1 par la nature de notre systme contributif1 qui repose en trs-grande partie sur une perception indirecte1 c'est--dire demande la consommation1 il y a une connexit troite1 une relation intime entre la prosprit gnrale et la prosprit des finances publiques4 ,ceci nous mne cette conclusion3 il n'est pas rigoureusement exact de dire que soulager le contribuable c'est infailliblement porter atteinte au revenu4 ,si1 par exemple1 dans un pays comme le ntre1 le gouvernement1 pouss par une exagration d'ardeur fiscale1 levait les taxes jusqu'au point de ruiner les facults du consommateur2 s'il doublait et triplait le prix vnal des choses les plus ncessaires1 s'il renchrissait encore les matriaux et les instruments de travail2 si1 par suite1 une partie considrable de la population tait rduite se priver de tout1 vivre de chtaignes1 de pommes de terre1 de sarrasin1 de mas1 il est clair que la strilit du budget des recettes pourrait tre attribue1 avec quelque fondement1 l'exagration mme des taxes4 ,et1 dans cette hypothse1 il est clair encore que le vrai moyen1 le moyen rationnel de faire fleurir les finances publiques1 ce ne serait pas de porter de nouveaux coups la richesse gnrale1 mais au contraire de la laisser s'accrotre2 ce ne serait pas de tendre l'impt mais de le dtendre4 ,thoriquement1 je ne crois pas que ceci puisse tre contest3 l'impt1 dans son dveloppement successif1 peut arriver ce point que ce que l'on ajoute son chiffre on le retranche son produit4 ,quand les choses en sont l1 il est aussi vain1 il est aussi fou1 il est aussi contradictoire de chercher une addition aux recettes1 dans une addition aux impts1 qu'il le serait de vouloir lever le liquide1 dans le manomtre1 par des moyens qui auraient pour effet de diminuer la chaleur dans la chaudire4 ,ceci pos1 il faut savoir si1 en fait1 notre pays n'en est pas l4 ,si j'examine les principaux objets de consommation universelle1 auxquels l'tat demande son revenu1 je les trouve chargs de taxes tellement exorbitantes qu'on ne peut expliquer que par la puissance de l'habitude la soumission du contribuable4 ,dire que quelques-unes de ces taxes quivalent la confiscation1 ce serait employer une expression bien insuffisante4 ,viennent d'abord le sucre et le caf4 ,nous pourrions les avoir bas prix1 si nous avions la libert d'aller les chercher sur les marchs vers lesquels notre intrt nous pousse4 ,mais1 dans le but bien arrt de nous fermer le commerce du monde1 le fisc nous soumet une grosse amende quand nous commettons le dlit d'change avec l',inde1 la ,havane ou le ,brsil4 ,que si1 dociles sa volont1 nous limitons notre commerce celui que peuvent alimenter trois petits rochers perdus au milieu des ocans2 alors nous payons1 il est vrai1 le sucre et le caf beaucoup plus cher1 mais le fisc radouci ne nous prend1 sous forme de taxe1 que cent pour cent de la valeur1 environ4 ,on appelle cela de l'conomie politique profonde4 ,notez que1 pour acqurir les petits rochers1 il nous en a cot des torrents de sang et des tonnes d'or1 dont la rente nous grvera pendant toute l'ternit4 ,par voie de compensation1 nous payons en outre des tonnes d'or pour les conserver4 ,il existe1 en ,france1 un produit qui est national s'il en fut et dont l'usage est insparable des habitudes populaires4 ,pour rparer les forces des travailleurs1 la nature a donn la viande aux ,anglais et le vin aux ,franais2 ce vin1 on peut se le procurer partout #h ou #aj fr4 l'hectolitre1 mais le fisc intervient et vous taxe #ae fr4 ,je ne dirai rien de l'impt des tabacs1 qui est assez bien accept par l'opinion4 ,il n'en est pas moins vrai que cette substance est taxe plusieurs fois sa valeur4 ,l'tat dpense #e c41 #aj c4 au plus pour transporter une lettre d'un point l'autre du territoire4 ,jusqu' ces derniers temps1 il vous forait d'abord de vous adresser lui2 ensuite1 quand il vous tenait1 il vous faisait payer #hj c41 #a fr4 et #a fr4 #bj c4 ce qui lui cotait un sou4 ,parlerai-je du sel8 ,il a t bien constat1 dans une discussion rcente1 qu'on peut faire du sel en quantit indfinie1 dans le midi de la ,france1 #ej c4 ,le fisc le frappait d'un droit de #cj fr4 ,soixante fois la valeur de la chose6 et on appelle cela une contribution6 ,je contribue pour soixante1 parce que je possde un6 ,je gagnerais #f1jjj pour cent abandonner ma proprit au gouvernement6 ,ce serait bien pis1 si je parlais de la douane4 ,ici le gouvernement a deux buts bien-arrts3 le premier1 d'lever le prix des choses1 de soustraire au travail ses matriaux1 d'augmenter les difficults de la vie2 le second1 de combiner et grossir les taxes1 de telle sorte que le fisc n'en peroive rien1 rappelant ce mot d'un petit matre son tailleur1 propos d'un haut-de-chausses3 ,si j'y entre1 je ne le prends pas4 ,enfin l'exorbitante exagration de ces taxes ne peut manquer de stimuler l'esprit de fraude4 ,ds lors le gouvernement est oblig de s'entourer de plusieurs armes de fonctionnaires1 de mettre toute la nation en suspicion1 d'imaginer toutes sortes d'entraves1 de formalits1 toutes choses qui paralysent le travail et s'alimentent au budget4 ,tel est notre systme contributif4 ,nous n'avons aucun moyen d'exprimer en chiffres ses consquences4 ,mais quand1 d'un ct1 on tudie ce mcanisme1 et que1 de l'autre1 on constate dans une grande partie de notre population l'impuissance de consommer1 n'est-il pas permis de se demander si ces deux faits ne sont pas entre eux dans les rapports de cause effet8 ,n'est-il pas permis de se demander si nous relverons ce pays-ci et ses finances en persvrant dans la mme voie1 supposer mme que la dsaffection publique nous en laisse le temps8 ,vraiment1 il me semble que nous ressemblons un peu un homme qui1 tant sorti pniblement d'un abme1 o son imprudence l'a plusieurs fois jet1 n'imaginerait rien de mieux que de se placer au mme point de dpart1 et de suivre1 seulement avec un peu plus de prcipitation1 la mme ornire4 ,en thorie1 tout le monde conviendra que les taxes peuvent tre portes un tel degr d'exagration qu'il est impossible d'y rien ajouter1 sans ptrifier la richesse gnrale1 de manire compromettre le trsor public lui-mme4 ,cette ventualit thorique s'est manifeste en fait d'une faon si clatante dans un pays voisin1 que je demande m'tayer de cet exemple1 puisque aussi bien1 si le phnomne n'tait pas reconnu possible1 toute ma dissertation1 aussi bien que toutes mes conclusions subsquentes1 serait sans valeur et sans porte4 ,je sais qu'on n'est pas trs-bien venu1 en ,france1 quand on cherche un enseignement dans l'exprience britannique2 nous aimons mieux faire les expriences nos propres dpens4 ,mais je prie le lecteur de vouloir bien admettre pour un instant que1 d'un ct de la ,manche comme de l'autre1 deux et deux font quatre4 ,il y a quelques annes1 l',angleterre se trouva1 financirement parlant1 dans une situation fort analogue celle o nous sommes4 ,pendant plusieurs annes conscutives chaque budget se rglait en dficit1 si bien qu'il fallut songer des moyens hroques4 ,le premier qui se prsenta l'esprit des financiers1 on le devine1 ce fut d'augmenter les taxes4 ,le cabinet whig ne se mit pas en frais d'invention4 ,il se borna purement et simplement dcider qu'une surtaxe de #e pour cent serait ajoute aux impts4 ,il raisonnait ainsi3 ,si #ajj schellings de taxes nous donnent #ajj schellings de recettes1 #aje schellings de taxes nous donneront #aje schellings de recettes2 ou du moins1 car il faut prvoir une lgre dpression de consommation1 #ajd-a_/b ou #ajd schellings4 ,rien ne paraissait plus mathmatiquement assur4 ,cependant1 au bout de l'an1 on fut tout bahi de n'avoir recouvr ni #ajc ni #ajd1 ni mme #ajj1 mais seulement #if ou #ig4 ,c'est alors que s'chappa des poitrines aristocratiques ce cri de douleur3 ,c'en est fait1 nous ne pouvons plus ajouter une obole notre liste civile4 ,nous sommes arrivs la dernire limite de taxation profitable#fg4 ,il n'y a plus de ressource pour nous1 puisque imposer plus1 c'est recevoir moins4 ,note #fg3 ,we have got the bounds of profitable taxation4 7,,peel47 ,le cabinet whig fut renvers du coup4 ,il fallut bien prouver d'autres habilets4 ,sir ,robert ,peel se prsenta4 ,c'tait certainement un financier pratique4 ,cela ne l'empcha pas de faire ce raisonnement qui1 sorti de mes lvres novices1 a paru subtil et peut-tre absurde3 ,puisque l'impt a cr la misre des masses1 et puisqu' son tour la misre des masses a limit la productivit de l'impt1 c'est une consquence rigoureuse1 quoiqu' physionomie paradoxale1 que pour faire prosprer les taxes il les faut diminuer4 ,essayons donc si le fisc1 qui a perdu tre trop avide1 ne gagnera pas se faire gnreux4 ,la gnrosit dans le fisc6 certes1 voil une exprience toute nouvelle4 ,elle vaut bien la peine d'tre tudie4 ,messieurs les financiers ne seraient-ils pas bien heureux1 s'ils venaient dcouvrir que la gnrosit mme peut tre quelquefois lucrative8 ,il est vrai qu'alors elle devrait s'appeler3 intrt bien entendu4 ,soit4 ,ne disputons pas sur les mots4 ,donc1 sir ,robert ,peel se mit dgrver1 dgrver1 dgrver4 ,il laissa entrer le bl1 le btail1 la laine1 le beurre1 malgr les clameurs des landlords1 pensant1 avec quelque apparence de raison1 que le peuple n'est jamais mieux nourri que lorsqu'il y a beaucoup d'aliments dans le pays1 proposition regarde ailleurs comme sditieuse4 ,savon1 papier1 drche1 sucre1 caf1 colon1 teintures1 sel1 poste1 verre1 acier1 tout ce que le travailleur emploie ou consomme passa par la rforme4 ,cependant1 sir ,robert1 qui n'est pas un cerveau brl1 savait bien que si un tel systme1 en provoquant la prosprit publique1 doit ragir favorablement sur l'chiquier1 ce ne peut tre qu' la longue4 ,or1 les dficits1 insuffisances1 dcouverts1 comme on voudra les appeler1 taient actuels et pressants4 ,abandonner1 mme provisoirement1 une partie du revenu1 c'et t aggraver la situation1 branler le crdit4 ,il y avait traverser une priode difficile1 rendue plus difficile par l'entreprise elle-mme4 ,aussi1 ,,diminuer ,l',,imp,t1 ce n'tait que la moiti du systme de sir ,robert1 comme ce n'est que la moiti de celui que je propose en toute humilit4 ,on a vu que le complment ncessaire du mien#fh1 consiste ,,diminuer ,,les ,d,,penses ,,dans ,,une ,,proportion ,,sup,,rieure4 ,le complment du systme ,peel se rapprochait plus des traditions financires et fiscales4 ,il songea chercher une autre source de revenu1 et l'income-tax fut dcrt4 ,note #fh3 ,je dis mien pour abrger2 mais je ne dois pas me poser en inventeur4 ,le directeur de la ,presse a plusieurs fois mis l'ide fondamentale que je reproduis ici4 ,qui plus est1 il en a fait1 avec succs1 l'application4 ,suum cuique4 ,ainsi1 en face des dficits1 la premire pense avait t d'aggraver l'impt2 la seconde1 de le transformer1 de le demander qui peut le payer4 ,c'tait un progrs4 ,pourquoi ne me ferais-je pas la douce ide que diminuer les dpenses serait un progrs plus dcisif encore8 ,je suis forc1 malgr la lenteur que cela m'impose1 d'examiner brivement cette question3 ,l'exprience britannique a-t-elle russi8 ,j'y suis forc1 car quoi servirait un exemple qui aurait chou1 si ce n'est en viter l'imitation8 ,ce n'est certes pas la conclusion o j'ai voulu amener le lecteur4 ,or1 beaucoup de personnes affirment que l'entreprise de sir ,robert ,peel a t dsastreuse2 et leur affirmation est d'autant plus spcieuse que1 prcisment partir du jour o la rforme contributive a t inaugure1 une longue et terrible crise commerciale et financire est venue dsoler la ,grande-,bretagne4 ,mais d'abord1 je dois faire observer qu'alors mme qu'on pourrait attribuer1 en partie1 les rcents dsastres industriels de l',angleterre la rforme de sir ,robert ,peel1 on ne devrait pas en arguer contre celle que je propose1 puisque ces deux rformes diffrent par le point le plus capital4 ,ce qu'elles ont de commun1 c'est ceci3 chercher l'accroissement ultrieur des recettes dans la prosprit des masses1 c'est--dire dans l'adoucissement de l'impt quant son chiffre4 ,ce qu'elles ont de diffrent1 c'est ceci3 ,sir ,robert ,peel s'est mnag les moyens de traverser les difficults de la transition1 par l'tablissement d'un nouvel impt4 ,ces moyens1 je les demande une profonde rduction de dpenses4 ,sir ,robert fut si loin de diriger ses ides de ce ct que1 dans le mme document o il exposa devant l',angleterre attentive son plan financier1 il rclamait1 pour le dveloppement des forces militaires et navales1 une augmentation considrable de subsides4 ,or1 puisque les deux systmes1 dans la premire partie1 se confondent en ce qu'ils aspirent fonder la longue la prosprit du trsor public sur le soulagement des classes travailleuses1 n'est-il pas vident que la rduction des dpenses ou le dgrvement pur et simple est plus en harmonie avec cette pense que le dplacement de la taxe8 ,je ne puis m'empcher de croire que le second membre du systme de ,peel tait de nature contrarier le premier4 ,c'est sans doute un bien immense que de mieux rpartir les taxes4 ,mais enfin1 quand on connat un peu ces matires1 quand on a tudi le mcanisme naturel des impts1 leurs ricochets1 leurs contre-coups1 on sait bien que ce que le fisc demande une classe est pay en grande partie par une autre4 ,il n'est pas possible que les travailleurs anglais n'aient t atteints1 directement ou indirectement1 par l'income-tax4 ,ainsi1 en les soulageant d'un ct1 on les a1 dans une mesure quelconque1 frapps de l'autre4 ,mais laissons de ct ces considrations1 et examinons s'il est possible1 en prsence des faits clatants qui expliquent d'une manire si naturelle la crise anglaise1 de l'attribuer la rforme4 ,l'ternel sophisme des gens dcids incriminer une chose1 c'est de lui attribuer tous les maux qui surviennent dans le monde4 ,post hoc1 ergo propter hoc4 ,l'ide prconue est et sera toujours le flau du raisonnement1 car1 par sa nature1 elle fuit la vrit quand elle a la douleur de l'entrevoir4 ,l',angleterre a eu d'autres crises commerciales que celle qu'elle vient de traverser4 ,toutes s'expliquent par des causes palpables4 ,une fois elle fut saisie d'une fivre de spculations mal conues4 ,d'immenses capitaux1 dsertant la production1 prirent la route des emprunts amricains et des mines de mtaux prcieux4 ,il en rsulta une grande perturbation dans l'industrie et les finances4--,une autre fois1 c'est la rcolte qui est emporte1 et il est facile d'apprcier les consquences4 ,quand une portion considrable du travail de tout un peuple a t dirige vers la cration de sa propre subsistance1 quand on a labour1 hers1 sem et arros1 pendant un an1 la terre de sueurs pour faire germer les moissons1 si1 au moment d'tre recueillies1 elles sont dtruites par un flau1 le peuple est dans l'alternative ou de mourir de faim1 ou de faire venir inopinment1 rapidement des masses normes de substances alimentaires4 ,il faut que toutes les oprations ordinaires de l'industrie soient interrompues1 pour que les capitaux qu'elles occupaient fassent tte cette opration gigantesque1 inattendue et irrmissible4 ,que de forces perdues6 que de valeurs dtruites6 et comment n'en rsulterait-il pas une crise8--,elle se manifeste encore quand la rcolte du coton vient manquer aux tats-,unis1 par la simple raison que les fabriques ne peuvent tre aussi activement occupes quand elles manquent de coton que lorsqu'elles n'en manquent pas2 et ce n'est jamais impunment que la stagnation s'tend sur les districts manufacturiers de la ,grande-,bretagne4--,des insurrections en ,irlande1 des troubles sur le continent1 qui viennent interrompre le commerce britannique et diminuer dans sa clientle la puissance de consommation1 ce sont encore des causes videntes de gne1 d'embarras et de perturbations financires4 ,l'histoire industrielle de l',angleterre nous apprend qu'une seule de ces causes a toujours suffi pour dterminer une crise dans ce pays4 ,or1 il est arriv que1 juste au moment o sir ,robert ,peel a introduit la ,rforme1 tous ces flaux la fois1 et un degr d'intensit jusqu'alors inconnu1 sont venus fondre sur l',angleterre4 ,il en est rsult1 pour le peuple1 de grandes souffrances1 et aussitt l',ide prconue de s'crier3 ,vous le voyez1 c'est la ,rforme qui crase le peuple6 ,mais1 je le demande3 ,est-ce donc la ,rforme financire et commerciale qui a amen deux pertes successives de rcolte en #ahde et #ahdf1 et forc l',angleterre dpenser deux milliards pour remplacer le bl perdu8 ,est-ce la ,rforme financire et commerciale qui a caus la destruction de la pomme de terre en ,irlande1 pendant quatre annes1 et forc l',angleterre de nourrir1 ses frais1 tout un peuple affam8 ,est-ce la ,rforme financire et commerciale qui a fait avorter le coton deux annes de suite en ,amrique1 et croit-on que le maintien de la taxe l'entre et t un remde efficace8 ,est-ce la ,rforme financire et commerciale qui a fait natre et dvelopp le ,railway-mania1 et soustrait brusquement deux ou trois milliards au travail productif et accoutum1 pour les jeter dans des entreprises qu'on ne peut terminer2 folie1 qui d'aprs tous les observateurs1 a fait plus de mal actuel que tous les autres flaux runis8 ,est-ce la ,rforme financire et commerciale qui a allum sur le continent le feu des rvolutions1 et diminu l'absorption de tous les produits britanniques8 ,ah6 quand je songe cette combinaison inoue d'agents destructeurs cooprant dans le mme sens2 ce tissu serr de calamits de toutes sortes accumules1 par une fatalit sans prcdents1 sur une poque dtermine1 je ne puis m'empcher de conclure juste au rebours de l',ide prconue1 et je me demande3 ,que serait-il advenu de l',angleterre1 de sa puissance1 de sa grandeur1 de sa richesse1 si la ,providence n'avait suscit un homme au moment prcis et solennel8 ,tout n'et-il pas t emport dans une effroyable convulsion8 ,oui1 je le crois sincrement1 la ,rforme1 qu'on accuse des maux de l',angleterre1 les a neutraliss en partie4 ,et le peuple anglais le comprend1 car1 bien que la partie la plus dlicate de cette rforme1 le ,libre-change1 ait t soumis1 ds son avnement1 aux preuves les plus rudes et les plus inattendues1 la foi populaire n'en a pas t branle et1 au moment o j'cris1 l'oeuvre commence se poursuit et marche vers son glorieux accomplissement4 ,repassons donc le ,dtroit1 et que la confiance nous accompagne2 il n'y a pas lieu de la laisser de l'autre ct de la ,manche4 ,nous sommes au budget des ,recettes4 ,l',assemble a dj dgrv le sel et le port des lettres4 ,dans mon opinion1 elle doit agir de mme pour les boissons4 ,sur cet article1 je pense que l'tat devrait consentir perdre cinquante millions4 ,il faudrait1 autant que possible1 distribuer la taxe restante sur la totalit des vins consomms4 ,on comprend que trente quarante millions1 rpartis sur quarante-cinq millions d'hectolitres1 seraient beaucoup plus faciles payer que cent millions accumuls sur une quantit trois fois moindre4 ,il faudrait aussi diminuer les frais et surtout les entraves qu'entrane le mode actuel de perception4 ,l'tat devra consentir encore baisser considrablement les droits sur le sucre et le caf4 ,l'accroissement de consommation rsoudra la fois la question fiscale et la question coloniale4 ,une autre grande et populaire mesure serait l'abolition de l'octroi4 ce sujet1 j'ai t frapp du parti que l'on pourrait tirer d'un avis ouvert par ,m4 ,guichard4 ,tout le monde reconnat qu'une taxe sur le revenu serait juste et conforme aux vrais principes4 ,si l'on recule1 c'est devant les difficults d'excution4 ,on redoute pour l'tat1 et je crois avec raison1 la lourde responsabilit que feraient peser sur lui les investigations importunes dont cet impt parat insparable4 ,il n'est pas bon que le gouvernement rpublicain se montre au contribuable sous la figure d'un avide inquisiteur4 ,dans la ,commune1 les fortunes se connaissent4 ,elles s'y peuvent apprcier en famille1 et si on lui donnait la facult d'tablir l'impt du revenu dans le but prcis de remplacer l'octroi1 il est vraisemblable que cette transformation1 fonde sur la justice1 serait favorablement accueillie4 la longue1 la ,france se prparerait ainsi le cadastre des fortunes mobilires et les moyens de faire entrer dans la voie de la vrit son systme contributif4 ,je ne pense pas qu'une telle mesure1 qui aurait encore l'avantage de commencer la dcentralisation1 soit au-dessus d'un homme d'tat habile4 ,elle n'et certes pas fait reculer ,napolon4 ,je suis forc de dire un mot de la douane2 et1 pour me mettre l'abri des prventions que je vois d'ici s'veiller1 je ne la considrerai qu'au point de vue fiscal1 puisque aussi bien il ne s'agit que du budget4 ,ce n'est pas que je ne sois fortement tent de faire une pointe dans le ,libre-change2 mais ne me comparera-t-on pas ce brave gnral1 clbre par sa prdilection pour l'hippiatrique8 quelque point de l'horizon intellectuel que vous placiez le point de dpart de la conversation1 chimie1 physique1 astronomie1 musique ou marine1 vous le verrez bientt enfourcher le cheval de selle1 et vous serez bien forc de monter en croupe aprs lui4 ,nous avons tous une ide chrie1 un dada1 en style shandyen4 ,mon ide chrie1 pourquoi ne l'avouerais-je pas8 c'est la ,,libert2 et s'il m'arrive de dfendre plus particulirement la libert d'changer1 c'est qu'elle est1 de toutes1 la plus mconnue et la plus compromise4 ,examinons donc la douane1 au point de vue fiscal1 et que le lecteur me pardonne si1 m'chappant par la tangente1 j'effleure quelque peu la question de droit1 de proprit1 de libert4 ,un des plus sincres et des plus habiles protectionistes de ce pays1 ,m4 ,ferrier1 avouait que1 si l'on voulait conserver la douane le caractre fiscal1 on en pourrait tirer le double de revenu pour le ,trsor4 ,elle donne environ cent millions2 donc1 indpendamment de la charge que la protection nous impose comme consommateurs1 elle nous fait perdre cent millions comme contribuables4 ,car il est bien clair que ce que le fisc refuse de recouvrer par la douane1 il faut qu'il le demande d'autres impts4 ,ce mcanisme vaut la peine d'tre scrut4 ,supposons que le ,trsor a besoin de #ajj4 ,supposons encore que1 si le fer tranger pouvait entrer moyennant un droit raisonnable1 il fournit #e au revenu4 ,mais une classe d'industriels reprsente qu'elle a avantage ce que le fer tranger n'entre pas4 ,la loi1 prenant son parti1 dcrte la prohibition1 ou1 ce qui revient au mme1 un droit prohibitif4 ,en consquence1 toute occasion de perception est volontairement sacrifie4 ,les #e ne rentrent pas2 et le ,trsor n'a que #ie4 ,mais comme nous avons admis qu'il a besoin de #ajj1 nous devons bien consentir ce qu'il nous prenne #e de quelque autre manire1 par le sel1 par la poste ou par le tabac4 ,et ce qui se passe pour le fer se reproduit propos de tous les objets de consommation imaginables4 ,quelle est donc1 en prsence de ce bizarre rgime1 la condition du consommateur-contribuable8 ,la voici4 #a ,il paie un impt considrable destin entretenir une vaste arme la frontire1 arme qui est place l1 l'instigation1 pour compte1 et au profit du matre de forges ou tout autre privilgi dont elle fait les affaires4 #b ,il paie le fer au-dessus de son prix naturel4 #c ,il lui est dfendu de faire la chose contre laquelle l'tranger lui aurait livr son fer2 car empcher une valeur d'entrer1 c'est empcher1 du mme coup1 une autre valeur de sortir4 #d ,il paie un impt pour combler le vide du ,trsor2 car prvenir une importation1 c'est prvenir une perception1 et1 les besoins du fisc tant donns1 si une perception manque1 il faut bien la remplacer par une autre4 ,voil1 certes1 pour le consommateur-contribuable1 une position singulire4 ,est-elle plus malheureuse que ridicule ou plus ridicule que malheureuse8 ,on pourrait tre embarrass pour rpondre4 ,et tout cela pourquoi8 ,pour qu'un matre de forges ne tire de son travail et de son capital aucun profit extraordinaire1 mais seulement pour qu'il soit en mesure de s'attaquer de plus grandes difficults de production6 ,quand donc se dcidera-t-on1 en ces matires1 par la considration du grand nombre et non du petit nombre8 ,l'intrt du grand nombre1 voil la rgle conomique qui n'gare jamais1 car elle se confond avec la justice4 ,il faut bien convenir d'une chose3 c'est que1 pour que la protection ft juste1 sans cesser d'tre dsastreuse1 il faudrait au moins qu'elle ft gale pour tous4 ,or1 cela est-il mme abstractivement possible8 ,les hommes changent entre eux ou des produits contre des produits1 ou des produits contre des services1 ou des services contre des services4 ,mme1 comme les produits n'ont de valeur qu' cause des services dont ils sont l'occasion1 on peut affirmer que tout se rduit une mutualit de services4 ,or1 la douane ne peut videmment protger que ce genre de services dont la valeur s'est incorpore dans un produit matriel2 susceptible d'tre arrt ou saisi la frontire4 ,elle est radicalement impuissante protger1 en en levant la valeur1 les services directs rendus par le mdecin1 l'avocat1 le prtre1 le magistrat1 le militaire1 le ngociant1 l'homme de lettres1 l'artiste1 l'artisan1 ce qui constitue dj une partie notable de la population4 ,elle est galement impuissante protger l'homme qui loue son travail1 car celui-ci ne vend pas des produits1 mais rend des services4 ,voil donc encore tous les ouvriers et journaliers exclus des prtendus avantages de la protection4 ,mais si la protection ne leur profite pas1 elle leur nuit2 et1 ici1 il faut bien dcouvrir le contre-coup dont doivent se ressentir les protgs eux-mmes4 ,les deux seules classes protges1 et cela dans une mesure fort ingale1 ce sont les manufacturiers et les agriculteurs4 ,ces deux classes voient une ,providence dans la douane1 et cependant nous sommes tmoins qu'elles ne cessent de gmir sur leur dtresse4 ,il faut bien que la protection n'ait pas eu leur gard toute l'efficacit qu'elles en attendaient4 ,qui osera dire que l'agriculture et les manufactures sont plus prospres dans les pays les plus protgs1 comme la ,france1 l',espagne1 les tats ,romains1 que chez les peuples qui ont fait moins bon march de leur libert1 comme les ,suisses1 les ,anglais1 les ,belges1 les ,hollandais1 les ,toscans8 ,c'est qu'il se passe1 relativement la protection1 quelque chose d'analogue ou plutt d'identique ce que nous avons constat tout l'heure pour l'impt4 ,comme il y a une limite la taxation profitable1 il y en a une la protection profitable4 ,cette limite1 c'est l'anantissement de la facult de consommer1 anantissement que tend amener la protection de mme que l'impt4 ,le fisc prospre par la prosprit des contribuables4 ,de mme1 une industrie ne vaut que par la richesse de sa clientle4 ,il suit de l que1 lorsque le fisc ou le monopole cherchent leur dveloppement dans des moyens qui ont pour effet ncessaire de ruiner le consommateur1 l'un et l'autre entrent dans le mme cercle vicieux4 ,il arrive un moment o plus ils renforcent le chiffre de la taxe1 plus ils affaiblissent celui de la recette4 ,les protgs ne peuvent se rendre compte de l'tat de dpression qui pse sur leur industrie1 malgr les faveurs du rgime prohibitif4 ,comme le fisc1 ils cherchent le remde dans l'exagration de ce rgime4 ,qu'ils se demandent donc enfin si ce ne sont pas ces faveurs mmes qui les oppriment4 ,qu'ils contemplent la moiti1 les deux tiers de notre population1 rduite1 par l'effet de ces injustes faveurs1 se priver de fer1 de viande1 de drap1 de bl1 construire des charrues avec des branches de saule1 se vtir de bure1 se nourrir de millet1 comme les oiseaux1 ou de chtaignes1 comme des cratures moins potiques#fi6 ,note #fi3 ,v4 au tome ,,iv1 page #afc1 le chapitre intitul ,chert1 ,bon march4 7,note de l'diteur47 ,puisque je me suis laiss entraner cette dissertation1 qu'il me soit permis de la terminer par une espce d'apologue4 ,il y avait1 dans un parc royal1 une multitude de petites pices d'eau1 toutes mises en communication les unes avec les autres par des conduits souterrains1 de telle sorte que l'eau avait une tendance invincible s'y tablir dans un parfait niveau4 ,ces rservoirs taient aliments par un grand canal4 ,l'un d'eux1 quelque peu ambitieux1 voult attirer vers lui une grande partie de l'approvisionnement destin tous4 ,il n'y aurait pas eu grand mal1 cause de l'invitable nivellement qui devait suivre la tentative1 si le moyen imagin par l'avide et imprudent rservoir n'avait entran une dperdition ncessaire de liquide1 dans le canal d'alimentation4 ,on devine ce qui arriva4 ,le niveau baissa partout1 mme dans le rservoir favoris4 ,il se disait1 car dans les apologues il n'y a rien qui ne parle1 mme les rservoirs3 ,c'est singulier1 j'attire moi plus d'eau qu'autrefois2 je russis pendant un moment imperceptible me tenir au-dessus du niveau de mes frres1 et cependant1 je vois avec douleur que nous marchons tous1 moi comme les autres1 vers la complte siccit4 ,ce rservoir-l1 aussi ignorant sans doute en hydraulique qu'en morale1 fermait les yeux deux circonstances3 l'une1 c'est la communication souterraine de tous les rservoirs entre eux1 obstacle invincible ce qu'il profitt d'une manire exclusive et permanente de son injustice2 l'autre la dperdition gnrale de liquide inhrente au moyen imagin par lui1 et qui devait amener fatalement une dpression gnrale et continue du niveau4 ,or1 je dis que l'ordre social prsente aussi ces deux circonstances et qu'on raisonne mal1 si l'on n'en tient compte4 ,il y a d'abord entre toutes les industries des communications caches1 des transmissions de travail et de capital1 qui ne permettent pas l'une d'elles d'lever son niveau normal au-dessus des autres d'une manire permanente4 ,il y a ensuite1 dans le moyen imagin pour raliser l'injustice1 c'est--dire dans la protection1 ce vice radical qu'elle implique une perte dfinitive de richesse totale2 et1 de ces deux circonstances1 il suit que le niveau du bien-tre baisse partout1 mme au sein des industries protges1 comme celui de l'eau1 mme au sein de l'avide et stupide rservoir4 ,je savais bien que le ,libre-change m'entranerait hors de ma voie4 ,passion6 passion6 ton empire est irrsistible6 ,mais revenons au fisc4 ,je dirai aux protectionistes3 ,ne consentirez-vous pas1 en vue des ncessits imprieuses de la ,rpublique1 mettre quelque borne votre avidit8 ,quoi6 quand le ,trsor est aux abois1 quand la banqueroute menace d'engloutir votre fortune et votre scurit1 quand la douane nous offre une planche de salut vraiment providentielle1 quand elle peut remplir les caisses publiques sans nuire aux masses1 mais au contraire en les soulageant du poids qui les opprime1 serez-vous inflexibles dans votre gosme8 ,vous devriez1 de vous-mmes1 dans ce moment solennel et dcisif1 faire sur l'autel de la patrie le sacrifice1--ce que vous appelez et ce que trs-sincrement vous croyez tre--le sacrifice d'une partie de vos privilges4 ,vous en seriez rcompenss par l'estime publique1 et1 j'ose le prdire1 la prosprit matrielle vous serait donne par surcrot4 ,est-ce donc trop exiger que de vous demander de substituer aux prohibitions1 devenues incompatibles avec notre loi constitutionnelle1 des droits de #bj #cj pour cent8 une rduction de moiti au tarif du fer et de l'acier1 ces muscles du travail2 de la houille1 ce pain de l'industrie2 de la laine1 du lin1 du coton1 ces matriaux de la main-d'oeuvre2 du bl et de la viande1 ces principes de force et de vie8 ,mais je vois que vous devenez raisonnables#gj2 vous accueillez mon humble requte1 et nous pouvons maintenant jeter un coup d'oeil1 tant moral que financier1 sur notre budget vraiment rectifi4 ,note #gj3 ,dans le pamphlet ,spoliation et ,loi1 qui commence ce volume1 on a pu voir que l'auteur n'avait pas tard reconnatre combien il s'tait tromp1 en s'imaginant que les protectionistes taient devenus raisonnables4 ,mais il est vrai qu'au commencement de #ahdi ils se montraient beaucoup plus traitables qu'ils ne le furent un an plus tard4 7,note de l'diteur47 ,voil d'abord bien des choses devenues enfin accessibles aux mains ou aux lvres du peuple3 le sel1 le port des lettres1 les boissons1 le sucre1 le caf1 le fer1 l'acier1 le combustible1 la laine1 le lin1 le coton1 la viande et le pain6 ,si l'on ajoute cela l'abolition de l'octroi1 la profonde modification1 sinon l'abolition complte de cette terrible loi du recrutement1 terreur et flau de nos campagnes2 je le demande1 la ,rpublique n'aura-t-elle pas enfonc ses racines dans toutes les fibres des sympathies populaires8 ,sera-t-il facile de l'branler8 ,faudra-t-il cinq cent mille baonnettes pour tre l'effroi des partis444 ou leur esprance8 ,ne serons-nous pas l'abri de ces commotions effroyables1 dont il semble que l'air mme soit maintenant charg8 ,ne pourrons-nous pas concevoir l'espoir fond que le sentiment du bien-tre1 et la conscience que le pouvoir est enfin entr rsolment dans la voie de la justice1 fasse renatre le travail1 la confiance1 la scurit et le crdit8 ,est-il chimrique de penser que ces causes bienfaisantes ragiront sur nos finances plus srement que ne pourrait le faire un surcrot de taxes et d'entraves8 ,et quant notre situation financire actuelle et immdiate1 voyons comment elle sera affecte4 ,voici les rductions rsultant du systme propos3 #b millions1 poste4 #de millions1 sel4 #ej millions1 boissons4 #cc millions1 sucre et caf1 ci #acj1jjj1jjj ,ce n'est pas trop se flatter que d'attendre #cj millions de plus par l'accroissement de la consommation gnrale et par le caractre fiscal rendu la douane1 dduire ci #cj1jjj1jjj fr4 --------------- ,total de la perte de revenu provenant de la rforme #ajj1jjj1jjj fr4 --,perte qui doit diminuer1 par sa nature1 d'anne en anne4 ,diminuer les impts 7ce qui ne veut pas toujours dire diminuer les recettes71 voil donc la premire moiti du programme financier rpublicain4--,vous dites3 ,en face du dficit1 cela est bien hardi4 ,et moi1 je rponds3 ,non1 ce n'est pas hardiesse1 c'est prudence4 ,ce qui est hardi1 ce qui est tmraire1 ce qui est insens1 c'est de persvrer dans la voie qui nous a rapprochs de l'abme4 ,et voyez o vous en tes6 ,vous ne l'avez pas cach3 l'impt indirect vous donne des inquitudes1 et quant l'impt direct lui-mme1 vous ne comptez sur son recouvrement qu' la condition d'y employer des colonnes mobiles4 ,sommes-nous donc sur la terre des miri et des razzias8 ,comment les choses n'en seraient-elles pas arrives l8--,voil cent hommes2 ils se soumettent une cotisation afin de constituer1 pour leur sret1 une force commune4 ,peu peu1 on dtourne cette force commune de sa destination et on met sa charge une foule d'attributions irrationnelles4 ,par ce fait1 le nombre des hommes qui vivent sur la cotisation s'accrot1 la cotisation elle-mme grossit et le nombre des cotiss diminue4 ,le mcontentement1 la dsaffection s'en mlent1 et que va-t-on faire8 rendre la force commune sa destination8 ,ce serait trop vulgaire1 et1 dit-on1 trop hardi4 ,nos hommes d'tat sont plus aviss2 ils imaginent de diminuer encore le nombre des payants pour augmenter celui des pays2 il nous faut de nouvelles taxes1 disent-ils1 pour entretenir des colonnes mobiles1 et des colonnes mobiles pour recouvrer les nouvelles taxes6--,et l'on ne veut pas voir l un cercle vicieux6--,nous arriverons ainsi ce beau rsultat1 que la moiti des citoyens sera occupe comprimer et ranonner l'autre moiti4 ,voil ce qu'on appelle de la politique sage et pratique4 ,tout le reste n'est qu'utopie4 ,donnez-nous encore quelques annes1 disent les financiers1 laissez-nous pousser bout le systme1 et vous verrez que nous arriverons enfin ce fameux quilibre1 que nous poursuivons depuis si longtemps1 et qu'ont drang prcisment ces procds que1 depuis vingt ans1 nous mettons en oeuvre4 ,il n'est donc pas si paradoxal qu'il le semble1 au premier coup d'oeil1 de prendre la marche inverse2 et de chercher l'quilibre dans l'allgement des taxes4 ,est-ce que l'quilibre mritera moins ce nom1 parce qu'au lieu de le chercher #aejj millions on le rencontrera #abjj8 ,mais cette premire partie du programme rpublicain appelle imprieusement son complment ncessaire3 la diminution des dpenses4 ,sans ce complment1 le systme est une utopie1 j'en conviens4 ,avec ce complment1 je dfie qui que ce soit1 sauf les intresss1 d'oser dire qu'il ne va pas droit au but1 et par le chemin le moins prilleux4 ,j'ajoute que la diminution des dpenses doit tre suprieure celle des recettes2 sans cela on courrait en vain aprs le nivellement4 ,enfin1 il faut bien le dire1 un ensemble de mesures ainsi compris ne peut donner1 dans un seul exercice1 tous les rsultats qu'on a droit d'en attendre4 ,on a vu1 quant aux recettes1 que1 pour mettre en elles cette force de croissance qui a son principe dans la prosprit gnrale1 il fallait commencer par les faire reculer4 ,c'est dire que le temps est ncessaire au dveloppement de cette force4 ,il en est ainsi des dpenses2 leur rduction ne peut tre que progressive4 ,en voici une raison1 entre autres4 ,quand un gouvernement a port ses frais un chiffre exagr et accablant1 cela signifie1 en d'autres termes1 que beaucoup d'existences sont attaches ses prodigalits et s'en nourrissent4 ,l'ide de raliser des conomies sans froisser personne implique contradiction4 ,arguer de ces souffrances contre la rforme qui les implique ncessairement1 c'est opposer une fin de non-recevoir radicale tout acte rparateur1 c'est dire3 ,par cela mme qu'une injustice s'est introduite dans le monde1 il est bon qu'elle s'y perptue jamais4--ternel sophisme des adorateurs des abus4 ,mais de ce que des souffrances individuelles sont la consquence force de toute rforme1 il ne s'ensuit pas qu'il ne soit du devoir du lgislateur de les adoucir autant qu'il est en lui4 ,je ne suis pas1 quant moi1 de ceux qui admettent que quand un membre de la socit a t par elle attir vers une carrire1 quand il y a vieilli1 quand il s'en est fait une spcialit1 quand il est incapable de demander toute autre occupation des moyens d'existence1 elle le puisse jeter1 sans feu ni lieu1 sur la place publique4 ,toute suppression d'emploi grve donc la socit d'une charge temporaire commande par l'humanit et1 selon moi1 par la stricte justice4 ,il suit de l que les modifications apportes au budget des dpenses1 non plus que celles introduites au budget des recettes1 ne peuvent produire immdiatement leurs rsultats2 ce sont des germes dont la nature est de se dvelopper1 et le systme complet implique que les dpenses dcrotront d'anne en anne avec les extinctions1 que les recettes grossiront d'anne en anne paralllement la prosprit gnrale1 de telle sorte que le rsultat final doit tre l'quilibre ou quelque chose de mieux4 ,quant la prtendue dsaffection qui pourrait se manifester1 dans la classe si nombreuse des fonctionnaires1 j'avoue qu'avec les tempraments auxquels je viens de faire allusion1 je ne la crains pas4 ,le scrupule est d'ailleurs singulier4 ,il n'a jamais arrt1 que je sache1 les destitutions en masse aprs chaque rvolution4 ,et pourtant1 quelle diffrence6 chasser un employ pour donner sa place un autre1 c'est plus que froisser ses intrts1 c'est blesser en lui la dignit et le sentiment nergique du droit4 ,mais quand une rvocation1 d'ailleurs quitablement mnage1 rsulte d'une suppression d'emploi1 elle peut nuire encore1 elle n'irrite pas4 ,la blessure est moins vive1 et celui qu'elle atteint se console par la considration d'un avantage public4 ,j'avais besoin de soumettre ces rflexions au lecteur au moment de parler de rformes profondes1 qui entranent de toute ncessit la mise en disponibilit de beaucoup de nos concitoyens4 ,je renonce passer en revue tous les articles de dpenses sur lesquels il me paratrait utile et politique de faire des retranchements4 ,le budget c'est toute la politique4 ,il s'enfle ou diminue selon que l',opinion publique exige plus ou moins de l'tat4 quoi servirait de montrer que la suppression de tel service gouvernemental entrane telle conomie importante1 si le contribuable lui-mme prfre le service l'conomie8 ,il y a des rformes qui doivent tre prcdes de longs dbats1 d'une lente laboration de l'opinion publique2 et je ne vois pas pourquoi je m'engagerais dans une voie o il est certain qu'elle ne me suivrait pas4 ,aujourd'hui mme1 l',assemble nationale a dcid qu'elle ferait le premier budget rpublicain4 ,elle n'a plus pour cette oeuvre qu'un temps limit et fort court4 ,en vue de signaler une rforme immdiatement praticable1 je dois me dtourner des considrations gnrales et philosophiques qu'il tait d'abord dans ma pense de soumettre au lecteur4 ,je me bornerai les indiquer4 ,ce qui rejette dans un avenir loign toute rforme financire radicale1 c'est qu'en ,france on n'aime pas la ,libert2 on n'aime pas se sentir responsable de soi-mme1 on n'a pas confiance en sa propre nergie1 on n'est un peu rassur que lorsqu'on sent de toutes parts l'impression des lisires gouvernementales2--et ce sont justement ces lisires qui cotent cher4 ,si1 par exemple1 on avait foi dans la libert de l'enseignement1 qu'y aurait-il faire1 sinon supprimer le budget de l'instruction publique8 ,si l'on tenait vritablement la libert de conscience1 comment la raliserait-on autrement qu'en supprimant le budget des cultes#ga8 ,note #ga3 ,le trait pass entre nos pres et le clerg est un obstacle cette rforme si dsirable4 ,justice avant tout4 ,si l'on comprenait que l'agriculture se perfectionne par les agriculteurs1 et le commerce par les commerants1 on arriverait cette conclusion3 le budget de l'agriculture et du commerce est une superftation1 que les peuples les plus avancs ont soin de ne pas s'infliger4 ,que si1 sur quelques points1 comme pour la surveillance1 l'tat a ncessairement intervenir en matire d'instruction1 de cultes1 de commerce1 une ,division de plus au ministre de l',intrieur y suffirait2 il ne faut pas trois ,ministres pour cela4 ,ainsi1 la ,,libert1 voil la premire et la plus fconde source des conomies4 ,mais cette source n'est pas faite pour nos lvres4 ,pourquoi8 ,uniquement parce que l',opinion la repousse#gb4 ,note #gb3 ,cet aveuglement de l'opinion publique attristait l'auteur depuis longtemps1 et ds qu'une tentative pour consolider le bandeau plac sur les yeux de nos concitoyens lui tait connue1 il sentait le besoin de la combattre4 ,mais1 dans sa retraite de ,mugron1 les moyens de publicit lui manquaient4 ,aussi la lettre suivante1 crite par lui depuis nombre d'annes1 est-elle jusqu' prsent reste indite4 ,m4 ,,saulnier diteur de la ,revue britannique4 ,,monsieur1 ,vous avez transport de joie tous ceux qui trouvent le mot conomie absurde1 ridicule1 insupportable1 bourgeois1 mesquin4 ,le ,journal des ,dbats vous prne1 le prsident du conseil vous cite et les faveurs du pouvoir vous attendent4 ,qu'avez-vous fait cependant1 ,monsieur1 pour mriter tant d'applaudissements8 ,vous avez tabli par des chiffres 7et l'on sait que les chiffres ne trompent jamais71 qu'il en cote plus aux citoyens des tats-,unis qu'aux sujets franais pour tre gouverns4 ,d'o la consquence rigoureuse 7rigoureuse pour le peuple en effet71 qu'il est absurde de vouloir en ,france mettre des bornes aux profusions du pouvoir4 ,mais1 ,monsieur1 j'en demand pardon vous1 aux centres et la statistique1 vos chiffres1 en les supposant exacts1 ne me semblent pas dfavorables au gouvernement amricain3 ,en premier lieu1 tablir qu'un gouvernement dpense plus qu'un autre1 ce n'est rien apprendre sur leur bont relative4 ,si l'un d'eux1 par exemple1 administre une nation naissante1 qui a toutes ses routes percer1 tous ses canaux creuser1 toutes ses villes paver1 tous ses tablissements publics crer1 il est naturel qu'il dpense plus que celui qui n'a gure qu' entretenir des tablissements existants4 ,or1 vous le savez comme moi1 ,monsieur1 dpenser ainsi c'est pargner1 c'est capitaliser4 ,s'il s'agissait d'un agriculteur1 confondriez-vous les mises de fonds qu'exige un premier tablissement avec ses dpenses annuelles8 ,cependant cette diffrence de situation trs-importante n'entrane1 d'aprs vos chiffres1 qu'un surcrot de dpense de trois francs pour chaque citoyen de l',union4 ,cet excdant est-il rel8 ,non1 d'aprs vos propres donnes4--,cela vous surprend1 car vous avez fix #cf fr4 la contribution de chaque ,amricain1 et #cc fr4 celle de chaque ,franais2 or #cf #cc #c1 en bonne arithmtique4--,oui1 mais1 en conomie politique1 #cc valent souvent plus que #cf4 ,vous allez en juger4 ,l'argent1 relativement la main-d'oeuvre et aux marchandises1 n'a pas autant de valeur aux tats-,unis qu'en ,france4 ,vous fixez vous-mme le prix de la journe #d fr4 #ej c4 aux tats-,unis et #a fr4 #ej c4 en ,france4 ,il en rsulte1 je crois1 qu'un ,amricain paye #cf fr4 avec huit journes1 tandis qu'il faut un ,franais vingt-deux journes de travail pour payer #cc fr4--,il est vrai que vous dites aussi qu'on se rachte des corves aux tats-,unis avec #c fr4 et que1 par consquent1 le prix de la journe y doit tre tabli #c fr4-- cela1 deux rponses4 ,on se rachte de la corve1 en ,france1 avec #a fr4 7car nous avons aussi nos corves dont vous ne parlez pas72 et ensuite1 si la journe aux tats-,unis ne vaut que #c fr41 les ,amricains ne payent plus #cf fr41 puisque1 pour arriver ce chiffre1 vous avez port #d fr4 #ej c4 toutes les journes que ces citoyens emploient remplir leurs devoirs de miliciens1 de corvables1 de jurs1 etc4 ,ce n'est pas la seule subtilit dont vous avez us pour lever #cf fr4 la contribution annuelle de chaque ,amricain4 ,vous imputez au gouvernement des tats-,unis des dpenses dont il ne se mle en aucune faon4 ,pour justifier cette trange manire de procder1 vous dites que ces dpenses n'en sont pas moins supportes par les citoyens4 ,mais s'agit-il de rechercher quelles sont les dpenses volontaires des citoyens ou quelles sont les dpenses du gouvernement8 ,un gouvernement est institu pour remplir certaines fonctions4 ,quand il sort de son attribution1 il faut qu'il fasse un appel la bourse des citoyens et qu'il diminue ainsi cette portion de revenus dont ils avaient la libre disposition4 ,il devient la fois spoliateur et oppresseur4 ,une nation qui est assez sage pour forcer son gouvernement se borner garantir chacun sa sret1 et qui ne paye que ce qui est rigoureusement indispensable pour cela1 consomme le reste de ses revenus selon son gnie1 ses besoins et ses gots4 ,mais une nation1 chez laquelle le gouvernement se mle de tout1 ne dpense rien par elle et pour elle1 mais par le pouvoir et pour le pouvoir2 et si le public franais pense comme vous1 ,monsieur1 qu'il est indiffrent que sa richesse passe par les mains des fonctionnaires1 je ne dsespre pas que nous ne soyons tous un jour logs1 nourris et vtus aux frais de l'tat4 ,ce sont choses qui nous cotent1 et d'aprs vous1 il importe peu que nous nous les procurions par voie de contribution ou par des achats directs4 ,le cas que nos ministres font de cette opinion me persuade que nous aurons bientt des habits de leur faon1 comme nous avons des prtres1 des avocats1 des professeurs1 des mdecins1 des chevaux et du tabac de leur faon4 ,j'ai l'honneur1 etc4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 7,note de l'diteur47 ,nos enfants continueront donc1 sous le monopole universitaire1 s'abreuver de fausses ides grecques et romaines1 s'imprgner de l'esprit guerrier et rvolutionnaire des auteurs latins1 scander les vers licencieux d',horace1 se rendre impropres la vie des socits modernes2 nous continuerons n'tre pas libres1 et par consquent payer notre servitude1 car les peuples ne peuvent tre tenus dans la servitude qu' gros frais4 ,nous continuerons voir l'agriculture et le commerce languir et succomber sous l'treinte de nos lois restrictives2 et1 de plus1 payer la dpense de cette torpeur1 car les entraves1 les rglementations1 les formalits inutiles1 tout cela ne peut tre mis en oeuvre que par des agents de la force publique1 et les agents de la force publique ne peuvent vivre que sur le budget4 ,et le mal1 il faut bien le rpter1 est sans remde actuellement applicable1 puisque l'opinion attribue l'oppression tout le dveloppement intellectuel et industriel que cette oppression ne parvient pas touffer4 ,une ide aussi bizarre que funeste s'est empare des esprits4 ,quand il s'agit de politique1 on suppose que le moteur social1 si je puis m'exprimer ainsi1 est dans les intrts et les opinions individuelles4 ,on s'attache l'axiome de ,rousseau3 ,la volont gnrale ne peut errer4 ,et1 sur ce principe1 on dcrte avec enthousiasme le suffrage universel4 ,mais1 tous les autres points de vue1 on adopte justement l'hypothse contraire4 ,on n'admet pas que le mobile du progrs soit dans l'individualit1 dans son aspiration naturelle vers le bien-tre1 aspiration de plus en plus claire par l'intelligence et guide par l'exprience4 ,non4 ,on part de cette donne que l'humanit est partage en deux3 ,d'un ct1 il y a les individus inertes1 privs de tout ressort1 de tout principe progressif1 ou obissant des impulsions dpraves qui1 abandonnes elles-mmes1 tendent invinciblement vers le mal absolu2 de l'autre1 il y a l'tre collectif1 la force commune1 le gouvernement1 en un mot1 auquel on attribue la science infuse1 la naturelle passion du bien1 et la mission de changer la direction des tendances individuelles4 ,on suppose que1 s'ils taient libres1 les hommes s'abstiendraient de toute instruction1 de toute religion1 de toute industrie1 ou1 qui pis est1 qu'ils rechercheraient l'instruction pour arriver l'erreur1 la religion pour aboutir l'athisme1 et le travail pour consommer leur ruine4 ,cela pos1 il faut que les individualits se soumettent l'action rglementaire de l'tre collectif1 qui n'est pourtant autre chose que la runion de ces individualits elles-mmes4 ,or1 je le demande1 si les penchants naturels de toutes les fractions tendent au mal1 comment les penchants naturels de l'entier tendent-ils au bien8 ,si toutes les forces natives de l'homme se dirigent vers le nant1--o le gouvernement1 qui est compos d'hommes1 prendra-t-il son point d'appui pour changer cette direction#gc8 ,note #gc3 ,v4 au tome ,,iv1 le pamphlet la ,loi1 page #cdb1 et notamment le passage compris dans les pages #cha #chf4 7,note de l'diteur47 ,quoi qu'il en soit1 tant que cette bizarre thorie prvaudra1 il faudra renoncer la libert et aux conomies qui en dcoulent4 ,il faut bien payer ses chanes quand on les aime1 car l'tat ne nous donne jamais rien gratis1 pas mme des fers4 ,le budget n'est pas seulement toute la ,politique1 il est encore1 bien des gards1 la ,morale du peuple4 ,c'est le miroir o1 comme ,renaud1 nous pourrions voir l'image et le chtiment de nos prjugs1 de nos vices et de nos folles prtentions4 ,ici encore1 il y a des torrents de mauvaises dpenses que nous sommes rduits laisser couler1 car elles ont pour cause des penchants auxquels nous ne sommes pas prts renoncer2 et quoi de plus vain que de vouloir neutraliser l'effet tant que la cause subsiste8 ,je citerai1 entre autres1 ce que je ne crains pas d'appeler1 quoique le mot soit dur1 l'esprit de mendicit1 qui a envahi toutes les classes1 celle des riches comme celle des pauvres#gd4 ,note #gd3 ,nous trouvons dans les manuscrits de l'auteur la pense suivante1 qui se rapporte au sujet spcial dont il s'occupe ici3 ,pourquoi nos finances sont-elles dranges8--,parce que1 pour les ,reprsentants1 il n'y a rien de plus facile que de voter une ,dpense1 et rien de plus difficile que de voter une ,recette4 ,si vous l'aimez mieux1 ,parce que les ,traitements sont fort doux et les ,impts fort durs4 ,j'en sais encore une raison4 ,tout le monde veut vivre aux dpens de l'tat1 et on oublie que l'tat vit aux dpens de tout le monde4 7,note de l'diteur47 ,assurment1 dans le cercle des relations prives1 le caractre franais n'a pas de comparaison redouter1 en ce qui concerne l'indpendance et la fiert4 ,dieu ne plaise que je diffame mon pays1 encore moins que je le calomnie6 ,mais je ne sais comment il s'est fait que les mmes hommes qui1 mme presss par la dtresse1 rougiraient de tendre la main vers leurs semblables1 perdent tout scrupule1 pourvu que l'tat intervienne et voile aux yeux de la conscience la bassesse d'un tel acte4 ,ds que la requte ne s'adresse pas la libralit individuelle1 ds que l'tat se fait l'intermdiaire de l'oeuvre1 il semble que la dignit du solliciteur soit couvert1 que la mendicit ne soit plus une honte ni la spoliation une injustice4 ,agriculteurs1 manufacturiers1 ngociants1 armateurs1 artistes1 chanteurs1 danseurs1 hommes de lettres1 fonctionnaires de tout ordre1 entrepreneurs1 fournisseurs1 banquiers1 tout le monde ,,demande1 en ,france1 et tout le monde s'adresse au budget4 ,et voici que le peuple1 en masse1 s'est mis de la partie4 ,l'un veut des places1 l'autre des pensions1 celui-ci des primes1 celui-l des subventions1 ce cinquime des encouragements1 ce sixime des restrictions1 ce septime du crdit1 ce huitime du travail4 ,la socit tout entire se soulve pour arracher1 sous une forme ou sous une autre1 une part au budget2 et1 dans sa fivre californienne1 elle oublie que le budget n'est pas un ,sacramento o la nature a dpos de l'or1 mais qu'il n'en contient que ce que cette socit quteuse elle-mme y a vers4 ,elle oublie que la gnrosit du pouvoir ne peut jamais galer son avidit1 puisque1 sur ce fonds de largesses1 il faut bien qu'il retienne de quoi payer le double service de la perception et de la distribution4 ,afin de donner ces dispositions1 quelque peu abjectes1 l'autorit et le vernis d'un ,systme1 on les a rattaches ce qu'on nomme le principe de la ,solidarit1 mot qui1 ainsi entendu1 ne signifie autre chose que l'effort de tous les citoyens pour se dpouiller les uns les autres1 par l'intervention coteuse de l'tat4 ,or1 on comprend qu'une fois que l'esprit de mendicit devient systme et presque science1 en fait d'institutions ruineuses1 l'imagination n'a plus de bornes4 ,mais1 j'en conviens1 il n'y a rien faire en ce moment de ce ct1 et je termine par cette question3 ,pense-t-on que l'esprit de mendicit1 quand il est port au point de pousser toute la nation au pillage du budget1 ne compromette pas plus encore la scurit que la fortune publique8 ,par la mme cause1 une autre conomie considrable nous est encore invinciblement interdite4 ,je veux parler de l',algrie4 ,il faut s'incliner et payer1 jusqu' ce que la nation ait compris que transporter cent hommes dans une colonie1 et y transporter du mme coup dix fois le capital qui les ferait vivre en ,france1 ce n'est soulager personne mais grever tout le monde4 ,cherchons donc ailleurs les moyens de salut4 ,le lecteur voudra bien reconnatre que1 pour un utopiste1 je suis de bonne composition en fait de retranchements4 ,j'en passe1 et des meilleurs4 ,restrictions toutes nos plus prcieuses liberts1 manie des sollicitations1 infatuation d'une funeste conqute1 j'ai tout concd l',opinion4 ,qu'elle me permette de prendre ma revanche et d'tre quelque peu radical1 en fait de politique extrieure4 ,car enfin1 si elle prtend fermer l'accs toute rforme1 si elle est dcide d'avance maintenir tout ce qui est1 n'admettre aucun changement sur quoi que ce soit qui concerne nos dpenses1 alors tout mon systme croule1 tous les plans financiers sont impuissants2 il ne nous reste autre chose faire que de laisser le peuple flchir sous le poids des taxes1 et marcher tte baisse vers la banqueroute1 les rvolutions1 la dsorganisation et la guerre sociale4 ,en abordant notre politique extrieure1 je commencerai par tablir nettement ces deux propositions1 hors desquelles1 j'ose le dire1 il n'y a pas de salut4 #a ,le dveloppement de la force brutale n'est pas ncessaire et est nuisible l'influence de la ,france4 #b ,le dveloppement de la force brutale n'est pas ncessaire et est nuisible notre scurit extrieure ou intrieure4 ,de ces deux propositions1 il en sort1 comme consquence1 une troisime1 et c'est celle-ci3 ,il faut dsarmer sur terre et sur mer1 et cela au plus tt4 ,faux patriotes6 donnez-vous-en coeur joie4 ,un jour vous m'appeltes tratre1 parce que je demandais la ,libert2 que sera-ce aujourd'hui que j'invoque la ,paix#ge8 ,note #ge3 ,allusion l'inepte accusation porte contre les libre-changistes d'tre vendus l',angleterre4 7,note de l'diteur47 ,ici encore1 on rencontre1 comme obstacle au premier chef1 l'opinion publique4 ,elle a t sature de ces mots3 grandeur nationale1 puissance1 influence1 prpondrance1 prpotence2 on lui rpte sans cesse qu'elle ne doit pas dchoir du rang qu'elle occupe parmi les nations2 aprs avoir parl son orgueil1 on s'adresse son intrt4 ,on lui dit qu'il faut manifester les signes de la force pour appuyer d'utiles ngociations2 qu'il faut promener sur toutes les mers le pavillon franais pour protger notre commerce et commander les marchs lointains4 ,qu'est-ce que tout cela8 ,ballon gonfl1 qu'un coup d'pingle suffit dtendre4 ,o est aujourd'hui l'influence8 ,est-elle la gueule des canons1 ou la pointe des baonnettes8 ,non1 elle est dans les ides1 dans les institutions et dans le spectacle de leur succs4 ,les peuples agissent les uns sur les autres par les arts1 par la littrature1 par la philosophie1 par le journalisme1 par les transactions commerciales1 par l'exemple surtout2 et s'ils agissent aussi quelquefois par la contrainte et la menace1 je ne puis croire que ce genre d'influence soit de nature dvelopper les principes favorables aux progrs de l'humanit4 ,la renaissance de la littrature et des arts en ,italie1 la rvolution de #afhh1 en ,angleterre1 l'acte d'indpendance des tats-,unis1 ont sans doute concouru cet lan gnreux qui1 en #hi1 fit accomplir de si grandes choses nos pres4 ,en tout cela1 o voyons-nous la main de la force brutale8 ,on dit3 ,le triomphe des armes franaises1 au commencement de ce sicle1 a sem partout nos ides et laiss sur toute la surface de l',europe l'empreinte de notre politique4 ,mais savons-nous1 pouvons-nous savoir ce qui serait arriv dans une autre hypothse8 ,si la ,france n'et pas t attaque1 si la rvolution pousse bout par la rsistance n'et pas gliss dans le sang1 si elle n'et pas abouti au despotisme militaire1 si1 au lieu de contrister1 effrayer1 et soulever l',europe1 elle lui et montr le sublime spectacle d'un grand peuple accomplissant paisiblement ses destines1 d'institutions rationnelles et bienfaisantes1 ralisant le bonheur des citoyens2 y a-t-il personne qui puisse affirmer qu'un tel exemple n'et pas excit1 autour de nous1 l'ardeur des opprims et affaibli les rpugnances des oppresseurs8 ,y a-t-il personne qui puisse dire que le triomphe de la dmocratie1 en ,europe1 ne serait pas1 l'heure qu'il est1 plus avanc8 ,qu'on calcule donc toute la dperdition de temps1 d'ides justes1 de richesses1 de force relle que ces grandes guerres ont cote la dmocratie1 qu'on tienne compte des doutes qu'elles ont jets1 pendant un quart de sicle1 sur le droit populaire et sur la vrit politique6 ,et puis1 comment se fait-il qu'il n'y ait pas assez d'impartialit1 au fond de notre conscience nationale1 pour comprendre combien nos prtentions imposer une ide1 par la force1 blessent au coeur nos frres du dehors8 ,quoi6 nous1 le peuple le plus susceptible de l',europe2 nous1 qui1 avec raison1 ne souffririons pas l'intervention d'un rgiment anglais1 ft-ce pour venir riger sur le sol de la patrie la statue de la libert1 et nous enseigner la perfection sociale elle-mme2 quand tous1 jusqu'aux vieux dbris de ,coblentz1 nous sommes d'accord sur ce point qu'il faudrait nous unir pour briser la main trangre qui viendrait1 arme1 s'immiscer dans nos tristes dbats1 c'est nous qui avons toujours sur les lvres ce mot irritant3 prpondrance2 et nous ne savons montrer la libert nos frres1 qu'une pe au poing tourne vers leur poitrine6 ,comment en sommes-nous venus nous imaginer que le coeur humain n'est pas partout le mme2 qu'il n'a pas partout la mme fiert1 la mme horreur de la dpendance8 ,mais enfin1 cette ,prpondrance illibrale que nous poursuivons avec tant d'aveuglement et1 selon moi1 avec tant d'injustice1 o est-elle1 et l'avons-nous jamais saisie8 ,je vois bien les efforts1 mais je ne vois pas les rsultats4 ,je vois bien que nous avons1 depuis longtemps1 une immense arme1 une puissante marine1 qui crasent le peuple1 ruinent le travailleur1 engendrent la dsaffection1 nous poussent vers la banqueroute1 nous menacent de calamits effroyables sur lesquelles les yeux mme de l'imagination tremblent de se fixer2 je vois tout cela1 mais la prpondrance1 je ne la vois nulle part1 et si nous pesons dans les destines de l',europe1 ce n'est pas par la force brutale1 mais en dpit d'elle4 ,fiers de notre prodigieux tat militaire1 nous avons eu un diffrend avec les tats-,unis1 et nous avons cd2 nous avons eu des contestations au sujet de l'gypte1 et nous avons cd2 nous avons1 d'anne en anne1 prodigu des promesses la ,pologne1 l',italie1 et l'on n'en a pas tenu compte4 ,pourquoi8 parce que le dploiement de nos forces a provoqu un dploiement semblable sur toute l',europe2 ds lors1 nous n'avons plus pu douter que la moindre lutte1 propos de la cause la plus futile1 ne menat de prendre les proportions d'une guerre universelle1 et l'humanit autant que la prudence ont fait une loi aux hommes d'tat de dcliner une telle responsabilit4 ,ce qu'il y a de remarquable et de bien instructif1 c'est que le peuple qui a pouss le plus loin cette politique prtentieuse et tracassire1 qui nous y a entrans par son exemple1 et nous en a fait peut-tre une dure ncessit1 le peuple anglais1 en a recueilli les mmes dceptions4 ,nul plus que lui n'a manifest la prtention de se faire le rgulateur exclusif de l'quilibre europen1 et cet quilibre a t dix fois compromis sans qu'il ait boug4--,il s'tait arrog le monopole des colonies2 et nous avons pris ,alger et les ,marquises1 sans qu'il ait boug4 ,il est vrai qu'en ceci il pourrait tre souponn de nous avoir vus1 avec une mauvaise humeur apparente et une joie secrte1 nous attacher aux pieds deux boulets4--,il se disait propritaire de l',orgon1 patron du ,texas2 et les tats-,unis ont pris l',orgon1 le ,texas1 et une partie du ,mexique par-dessus le march1 sans qu'il ait boug4--,tout cela nous prouve que1 si l'esprit des gouvernants est la guerre1 l'esprit des gouverns est la paix2 et1 quant moi1 je ne vois pas pourquoi nous aurions fait une rvolution dmocratique1 si ce n'est pour faire triompher l'esprit de la dmocratie1 de cette dmocratie laborieuse qui paye bien les frais d'un appareil militaire1 mais qui n'en peut jamais rien retirer que ruine1 dangers et oppression4 ,je crois donc que le moment est venu o tout le gnie de la rvolution franaise doit se rsumer1 se manifester et se glorifier solennellement1 par un de ces actes de grandeur1 de loyaut1 de progrs1 de foi en lui-mme et de confiance en sa force1 tel que le soleil n'en a jamais clair4 ,je crois que le moment est venu o la ,france doit dclarer rsolment qu'elle voit la ,solidarit des peuples dans l'enchanement de leurs intrts et la communication de leurs ides1 et non dans l'interposition de la force brutale4 ,et pour donner cette dclaration un poids irrsistible1--car qu'est-ce qu'un manifeste1 quelque loquent qu'il soit8--je crois que le moment est venu pour elle de dissoudre cette force brutale elle-mme4 ,si notre chre et glorieuse patrie prenait en ,europe l'initiative de cette rvolution1 quelles en seraient les consquences8 ,d'abord1 pour rentrer dans mon sujet1 voil1 d'un seul coup1 nos finances alignes4 ,voil la premire partie de ma rforme devenue immdiatement excutoire3 voil les impts adoucis2 voil le travail1 la confiance1 le bien-tre1 le crdit1 la consommation pntrant dans les masses2 voil la ,rpublique aime1 admire1 consolide de tout ce que donnent de forces aux institutions les sympathies populaires2 voil le fantme menaant de la banqueroute effac des imaginations2 voil les commotions politiques relgues dans l'histoire du pass2 voil enfin la ,france heureuse et glorieuse entre toutes les nations1 faisant rayonner autour d'elle l'irrsistible empire de l'exemple4 ,non-seulement la ralisation de l'oeuvre dmocratique enflammerait les coeurs1 au dehors1 la vue de ce spectacle1 mais il la rendrait certainement plus facile4 ,ailleurs1 comme chez nous1 on prouve la difficult de faire aimer des rvolutions qui se traduisent en taxes nouvelles4 ,ailleurs1 comme chez nous1 on prouve le besoin de sortir de ce cercle4 ,notre attitude menaante est1 pour les gouvernements trangers1 une raison ou un prtexte toujours debout pour extraire du sein du peuple de l'argent et des soldats4 ,combien l'oeuvre de la rgnration ne serait-elle pas facilite sur toute l',europe1 si elle s'y pouvait accomplir sous l'influence de ces rformes contributives1 qui1 au fond1 sont des questions de sympathie et d'antipathie1 des questions de vie o de mort pour les institutions nouvelles6 cela1 qu'objecte-t-on8 ,la dignit nationale4 ,j'ai dj indiqu la rponse4 ,est-ce au profit de leur dignit que la ,france et l',angleterre1 aprs s'tre crases de taxes pour dvelopper de grandes forces1 ont toujours refus de faire ce qu'elles avaient annonc8 ,il y a1 dans cette manire de comprendre la dignit nationale1 une trace de notre ducation romaine4 l'poque o les peuples vivaient de pillage1 il leur importait d'inspirer au loin de la terreur par l'aspect d'un grand appareil militaire4 ,en est-il de mme pour ceux qui fondent leurs progrs sur le travail8--,on reproche au peuple amricain de manquer de dignit4 ,si cela est1 ce n'est pas au moins dans sa politique extrieure1 laquelle une pense traditionnelle de paix et de non-intervention donne un caractre si imposant de justice et de grandeur4 ,chacun chez soi1 chacun pour soi1 c'est la politique de l'gosme2 voil ce qu'on dira4--,terrible objection1 si elle avait le sens commun4--,oui1 chacun chez soi1 en fait de force brutale2 mais que les rayons de la force morale1 intellectuelle et industrielle1 mans de chaque centre national1 se croisent librement et dgagent1 par leur contact1 la lumire et la fraternit au profit de la race humaine4 ,il est bien trange qu'on nous accuse d'gosme1 nous qui prenons toujours parti pour l',expansion1 contre la ,restriction4 ,notre principe est celui-ci3 ,le moins de contact possible entre les gouvernements2 le plus de contact possible entre les peuples4 ,pourquoi8 ,parce que le contact des gouvernements compromet la ,paix1 tandis que le contact des peuples la garantit4 ,scurit extrieure4 ,oui1 il y a l1 j'en conviens1 une question prjudicielle rsoudre4 ,sommes-nous ou ne sommes-nous pas menacs d'invasion8 ,il y en a qui croient sincrement au danger4 ,les rois1 disent-ils1 sont trop intresss teindre en ,france le foyer rvolutionnaire1 pour ne pas l'inonder de leurs soldats1 si elle dsarmait4 ,ceux qui pensent ainsi ont raison de demander le maintien de nos forces4 ,mais qu'ils acceptent les consquences4 ,si nous maintenons nos forces1 nous ne pouvons diminuer srieusement nos dpenses1 nous ne devons pas adoucir les impts1 c'est mme notre devoir de les aggraver1 puisque les budgets se rglent chaque anne en dficit4 ,si nous aggravons nos impts1 il est une chose dont nous ne sommes pas srs1 c'est d'accrotre nos recettes2 mais il en est une autre sur laquelle il n'y a pas de doute possible1 c'est que nous engendrerons dans ce pays-ci la dsaffection1 la haine1 la rsistance1 et nous n'aurons acquis la scurit au dehors qu'aux dpens de la scurit au dedans4 ,pour moi1 je n'hsiterai pas voter le dsarmement1 parce que je ne crois pas aux invasions4 ,d'o nous viendraient-elles8 ,de l',espagne8 de l',italie8 de la ,prusse8 de l',autriche8 c'est impossible4 ,restent l',angleterre et la ,russie4 ,l',angleterre6 elle a dj fait cette exprience1 et vingt-deux milliards de dettes1 dont les travailleurs payent encore l'intrt1 sont une leon qui ne peut tre perdue4 ,la ,russie6 ,mais c'est une chimre4 ,le contact avec la ,france n'est pas ce qu'elle cherche1 mais ce qu'elle vite4 ,et si l'empereur ,nicolas s'avisait de nous envoyer deux cent mille ,moscovites1 je crois sincrement que ce que nous aurions de mieux faire1 ce serait de les bien accueillir1 de leur faire goter la douceur de nos vins1 de leur montrer nos rues1 nos magasins1 nos muses1 le bonheur du peuple1 la douceur et l'galit de nos lois pnales1 aprs quoi nous leur dirions3 ,reprenez1 le plus tt possible1 le chemin de vos steppes et allez dire vos frres ce que vous avez vu4 ,protection au commerce4 ,ne faut-il pas1 dit-on1 une puissante marine pour ouvrir des voies nouvelles notre commerce et commander les marchs lointains8--,vraiment les faons du gouvernement envers le commerce sont tranges4 ,il commence par l'entraver1 le gner1 le restreindre1 l'touffer1 et cela1 gros frais4 ,puis1 s'il en chappe quelque parcelle1 le voil qui s'prend d'une tendre sollicitude pour ces bribes qui ont russi passer au travers des mailles de la douane4 ,je veux protger les ngociants1 dit-il1 et pour cela j'arracherai #aej millions au public1 afin de couvrir les mers de vaisseaux et de canons4--,mais1 d'abord1 les quatre-vingt-dix-neuf centimes du commerce franais se font avec des pays o notre pavillon n'a jamais paru ni ne paratra4 ,est-ce que nous avons des stations en ,angleterre1 aux tats-,unis1 en ,belgique1 en ,espagne1 dans le ,zollverein1 en ,russie8 ,c'est donc de ,mayotte et de ,nossib qu'il s'agit2 c'est--dire qu'on nous prend1 par l'impt1 plus de francs qu'il ne nous rentrera de centimes par ce commerce4 ,et puis1 qu'est-ce qui commande les dbouchs8 ,une seule chose3 le bon march4 ,envoyez o vous voudrez des produits qui cotent cinq sous de plus que les similaires anglais ou suisses1 les vaisseaux et les canons ne vous les feront pas vendre4 ,envoyez-y des produits qui cotent cinq sous de moins1 vous n'aurez pas besoin pour les vendre de canons et de vaisseaux4 ,ne sait-on pas que la ,suisse1 qui n'a pas une barque1 si ce n'est sur ses lacs1 a chass de ,gibraltar mme certains tissus anglais1 malgr la garde qui veille la porte8 ,si donc c'est le bon march qui est le vrai protecteur du commerce1 comment notre gouvernement s'y prend-il pour le raliser8 ,d'abord1 il hausse par ses tarifs le prix des matires premires1 de tous les instruments de travail1 de tous les objets de consommation2 ensuite1 par voie de compensation1 il nous accable d'impts sous prtexte d'envoyer sa marine la qute des dbouchs4 ,c'est de la barbarie1 de la barbarie la plus barbare1 et le temps n'est pas loin o l'on dira3 ,ces ,franais du ,x,i,xe sicle avaient de singuliers systmes commerciaux1 mais ils auraient d au moins s'abstenir de se croire au sicle des lumires4 quilibre europen4 ,il nous faut une arme pour veiller l'quilibre europen4--,autant en disent les ,anglais--et l'quilibre devient ce que le fait le vent des rvolutions4 ,le sujet est trop vaste pour que je l'aborde ici4 ,je ne dirai qu'un mot4 ,mfions-nous de la mtaphore1 disait ,paul-,louis1 et il avait bien raison4 ,la voil qui se prsente nous1 par trois fois1 sous forme de balances4 ,nous avons d'abord la ,balance des puissances europennes--ensuite la ,balance des pouvoirs--puis enfin la ,balance du commerce4 ,pour numrer les maux qui sont sortis de ces prtendues balances1 il faudrait des volumes et je ne fais qu'une brochure4 ,scurit intrieure4 ,le pire ennemi de la logique1 aprs la mtaphore1 c'est le cercle vicieux4 ,or1 ici nous en rencontrons un vicieux au superlatif4 crasons le contribuable pour avoir une grande arme1 puis ayons une grande arme pour contenir le contribuable4 ,n'est-ce pas l que nous en sommes8 ,quelle scurit intrieure peut on attendre d'un systme financier qui a pour effet la dsaffection gnrale1 et pour rsultat la banqueroute et ses suites politiques8 ,je crois1 moi1 que si on laissait respirer les travailleurs1 s'ils avaient la conscience qu'on fait pour eux tout ce qu'on peut faire1 les perturbateurs du repos public n'auraient leur disposition que bien peu d'lments de trouble4 ,certes1 la garde nationale1 la police et la gendarmerie suffiraient les contenir4 ,mais enfin il faut tenir compte des frayeurs particulires l'poque o nous vivons4 ,elles sont bien naturelles et bien justifies4 ,transigeons avec elles et accordons-leur deux cent mille hommes1 jusqu' des temps meilleurs4 ,on voit que l'esprit de systme ne me rend ni absolu ni entt4 ,rcapitulons maintenant4 ,nous avons ainsi formul notre programme4 ,,diminuer ,,les ,,imp,,ts4--,,diminuer ,,les ,d,,penses ,,dans ,,une ,,plus ,,forte ,,proportion4 ,programme qui aboutit forcment l'quilibre1 non par le chemin de la dtresse1 mais par celui de la prosprit gnrale4 ,nous avons propos1 dans la premire partie de cet crit1 un dgrvement de taxes diverses impliquant une perte de revenu de cent millions1 comparativement au budget prsent par le cabinet4 ,notre programme sera donc rempli1 si nous faisons rsulter des considrations prcdentes une diminution de dpenses suprieure cent millions4 ,or1 indpendamment des retranchements qu'il serait possible d'oprer sur plusieurs services1 si seulement on avait un peu de foi dans la libert1 retranchements que je ne demanderas par respect pour l'opinion publique gare1 nous avons les item suivants3 #a ,frais de perception4 ,ds l'instant que les impts indirects sont adoucis1 le stimulant la fraude est mouss4 ,il faut moins d'entraves1 moins de formalits gnantes1 moins de surveillance inquisitoriale1 en un mot1 moins d'employs4 ,ce qu'on peut faire1 cet gard1 dans le seul service de la douane est norme4--,posons #aj millions4 #b ,frais de justice criminelle4 ,il n'y a pas1 dans tout l'univers matriel1 deux faits qui soient entre eux dans une connexit plus intime que la misre et le crime4 ,si donc1 la mise excution de notre plan a pour effet ncessaire d'accrotre le bien-tre et le travail du peuple1 il n'est pas possible que les frais de poursuite1 de rpression et de chtiment n'en soient diminus4--,mmoire4 #c ,assistance4 ,il en faut dire autant de l'assistance1 qui doit dcrotre en raison de l'accroissement du bien-tre4--,mmoire4 #d ,affaires trangres4--,la politique de non-intervention1 celle que nos pres avaient acclame en #hi1 celle que ,lamartine et inaugure sans la pression de circonstances plus fortes que lui1 celle que ,cavaignac et t fier de raliser1 cette politique entrane la suppression de toutes les ambassades4 ,c'est peu au point de vue financier4 ,c'est beaucoup au point de vue politique et moral4--,mmoire4 #e ,arme4 ,nous avons concd #bjj1jjj hommes aux exigences du moment4 ,c'est #bjj millions4 ,ajoutons-en #ej pour cas imprvus1 retraites1 traitements de disponibilit1 etc4 ,comparativement au budget officiel1 l'conomie est de #ajj millions4 #f ,marine4 ,on demande #acj millions4 ,accordons-en #hj et rendons-en #ej aux contribuables4 ,le commerce ne s'en portera que mieux4 #g ,travaux publics4 ,je ne suis pas grand partisan1 je l'avoue1 d'conomies qui ont pour rsultat le sommeil ou la mort de capitaux engags4 ,cependant1 il faut s'incliner devant la ncessit4 ,on nous demande #aid millions4 ,retranchons-en #cj4 ,nous obtenons ainsi1 sans trop d'efforts1 en chiffres ronds1 #bjj millions d'conomies sur les dpenses1--contre cent millions sur les recettes4 ,donc nous sommes sur le chemin de l'quilibre1 et ma tche est remplie4 ,mais celle du cabinet et de l',assemble nationale commence4 ,et ici je dirai1 en terminant1 ma pense tout entire4 ,je crois que le plan propos1 ou tout autre fond sur les mmes principes1 peut seul sauver la ,rpublique1 le pays1 la socit4 ,ce plan est li dans toutes ses parties4 ,si vous n'en prenez que la premire1--diminuer l'impt1--vous allez aux rvolutions par la banqueroute2 si vous n'en prenez que la seconde1--diminuer la dpense1--vous allez aux rvolutions par la misre4 ,en l'adoptant dans son ensemble1 vous vitez tout la fois la banqueroute1 la misre1 les rvolutions1 et vous faites1 par-dessus le march1 le bien du peuple4 ,il forme donc un systme complet1 qui doit triompher ou succomber tout entier4 ,or1 je crains qu'un plan unitaire et mthodique ne puisse jaillir de neuf cents cervelles4 ,il en peut bien sortir neuf cents projets qui se heurtent1 mais non un qui triomphe4 ,malgr le bon vouloir de l',assemble nationale1 l'occasion est donc manque et le pays perdu1 si le cabinet ne s'empare vigoureusement de l'initiative4 ,mais cette initiative1 le cabinet la repousse4 ,il a prsent son budget1 qui ne fait rien pour le contribuable et aboutit un dficit effrayant4 ,puis il a dit3 ,je n'ai pas mettre des vues d'ensemble1 je discuterai les dtails quand le moment sera venu4 ,en d'autres termes3 je livre au hasard1 ou plutt des chances aussi effroyables que certaines1 les destines de la ,france4 ,et cela1 pourquoi8 ,le cabinet est compos pourtant d'hommes capables1 patriotes1 financiers4 ,il est douteux qu'aucun autre ministre et pu mieux accomplir l'oeuvre du salut commun4 ,il ne l'essaye mme pas4 ,et pourquoi8 ,parce qu'il est entr aux affaires avec une ,ide prconue4 ,ide prconue6 que j'aurais d le placer1 comme flau de tout raisonnement et de toute conduite1 par del la mtaphore et le cercle vicieux6 ,le ministre s'est dit3 ,il n'y a rien faire avec cette ,assemble1 je n'y aurais pas la majorit6 ,je n'examine pas ici toutes les funestes consquences de cette ide prconue4 ,quand on croit qu'une assemble est un obstacle1 on est bien prs de vouloir la dissoudre4 ,quand on veut la dissoudre1 on est bien prs de travailler1 sinon de manoeuvrer dans ce sens4 ,ainsi de grands efforts se sont faits pour raliser le mal1 au moment o il tait si urgent de les consacrer faire du bien4 ,le temps et les forces se sont uss dans un conflit dplorable4 ,et1 je le dis la main sur la conscience1 dans ce conflit1 je crois que le cabinet avait tort4 ,car enfin1 pour rgler son action ou plutt son inertie sur cette donne3 ,je n'aurai pas la majorit2 il fallait du moins proposer quelque chose d'utile1 et attendre un refus de concours4 ,le prsident de la ,rpublique avait trac une voie plus sage quand il avait dit1 le jour de son installation3 ,je n'ai aucune raison de croire que je ne serai pas d'accord avec l',assemble nationale4 ,sur quoi donc s'est fond le cabinet pour poser d'avance1 dans l'ide contraire1 le point de dpart de sa politique8 ,sur ce que l',assemble nationale avait montr de la sympathie pour la candidature du gnral ,cavaignac4 ,mais le cabinet n'a donc pas compris qu'il y a une chose que l',assemble met cent fois et mille fois au-dessus du gnral ,cavaignac6 ,c'est la volont du peuple1 exprime par le suffrage universel1 en vertu d'une constitution qu'elle-mme avait formule4 ,et moi1 je dis que1 pour tmoigner de son respect pour la volont du peuple et la constitution1 nos deux ancres de salut1 elle et t peut-tre plus facile avec ,bonaparte qu'avec ,cavaignac lui-mme4 ,oui1 si le ministre1 au lieu de dbuter par lever le conflit1 ft venu dire l',assemble3 ,l'lection du #bj dcembre ferme la priode agite de notre rvolution4 ,maintenant1 occupons-nous de concert du bien du peuple1 de rformes administratives et financires4 ,je le dis avec certitude1 l',assemble l'aurait suivi avec passion1 car elle a la passion du bien et ne peut en avoir d'autre4 ,maintenant l'occasion est perdue1 et si nous ne la faisons renatre1 malheur nos finances1 malheur au pays1 pendant des sicles4 ,eh bien6 je crois que1 si chacun oublie ses griefs et comprime ses rancunes1 la ,france peut encore tre sauve4 ,ministres de la ,rpublique1 ne dites pas3 ,nous agirons plus tard4 ,nous chercherons des rformes avec une autre ,assemble4--,ne dites pas cela1 car la ,france est sur le bord d'un gouffre4 ,elle n'a pas le temps de vous attendre4 ,un ministre inerte par systme6 ,mais cela ne s'est jamais vu4 ,et quel temps choisissez-vous pour nous donner ce spectacle8 ,il est vrai que le pays ruin1 bless1 meurtri1 ne s'en prend pas vous de ses souffrances4 ,toutes ses prventions sont tournes contre l',assemble nationale2 c'est assurment une circonstance aussi commode que rare pour un cabinet4 ,mais ne savez-vous pas que toute prvention fausse est phmre8 ,si1 par une initiative vigoureuse1 vous aviez mis l',assemble en demeure et qu'elle et refus de vous suivre1 vous seriez justifis et le pays aurait raison4 ,mais vous ne l'avez pas fait4 ,il ne se peut pas que1 tt ou tard1 il n'ouvre les yeux1 et si vous persistez ne rien proposer1 ne rien essayer1 ne rien diriger2 si1 par suite1 la situation de nos finances devient irrparable1 la ,prvention du moment pourra bien vous absoudre1 l',histoire ne vous absoudra pas4 ,il est maintenant dcid que l',assemble nationale fera le budget4 ,mais est-ce qu'une assemble de neuf cents membres1 abandonne elle-mme1 peut accomplir une oeuvre si complique et qui exige tant de concordance entre toutes ses parties8 ,du tumulte parlementaire il peut bien sortir des ttonnements1 des vellits1 des aspirations3 il ne peut sortir un plan de finances4 ,telle est du moins ma conviction4 ,s'il entre dans les vues du cabinet de laisser flotter au hasard les rnes1 qui ne lui ont pas t sans doute confies cette fin2 s'il est rsolu rester spectateur impassible et indiffrent des vains efforts de l',assemble1 qu'elle se garde d'entreprendre une oeuvre qu'elle ne peut accomplir seule2 qu'elle dcline la responsabilit d'une situation qu'elle n'a pas faite4 ,mais il n'en sera pas ainsi4 ,non1 la ,france n'aura pas encore cette calamit traverser4 ,le cabinet prendra nergiquement1 sans arrire-pense1 avec dvouement1 l'initiative qui lui appartient4 ,il prsentera un plan de rforme financire fonde sur ce double principe3 ,,diminuer ,,les ,,imp,,ts4--,,diminuer ,,les ,d,,penses ,,dans ,,une ,,plus ,,forte ,,proportion4 ,et l',assemble votera d'enthousiasme1 sans s'terniser et se perdre dans les dtails4 ,soulager le ,peuple1 faire aimer la ,rpublique1 fonder la ,scurit sur la sympathie populaire1 combler le ,dficit1 relever la ,confiance1 ranimer le ,travail1 rtablir le ,crdit1 faire reculer la ,misre1 rassurer l',europe1 raliser la ,justice1 la ,libert1 la ,paix1 offrir au monde le spectacle d'un grand peuple qui n'a jamais t mieux gouvern que lorsqu'il s'est gouvern lui-mme2 n'y a-t-il pas l de quoi veiller la noble ambition d'un ministre et chauffer l'me de celui qui porte l'hritage de ce nom3 ,,napol,,on6--,hritage1 quelle que soit la gloire qui l'environne1 o deux fleurons brillent par leur absence3 ,,paix ,,et ,,libert6 ,consquences de la rduction sur l'impt du sel4 7,journal des ,dbats1 #a;er janvier #ahdi47 ,la rduction immdiate de l'impt du sel a dsorient le cabinet sous un rapport2 il y a de quoi4 ,on est1 dit-on1 la recherche d'impts nouveaux pour combler le vide4 ,est-ce bien l ce que l',assemble a voulu8 ,dgrver1 ce ne serait qu'un jeu1 et un de ces tristes jeux o tout le monde perd4 ,quelle est donc la signification de son vote8 ,la voici3 ,les dpenses vont toujours croissant2 il n'y a qu'un moyen de forcer l'tat les rduire1 c'est de le mettre dans l'impossibilit absolue de faire autrement4 ,le moyen qu'elle a pris est hroque1 il faut en convenir4 ,ce qu'il y a de plus grave encore1 c'est que la rforme du sel avait t prcde de la rforme des postes1 et sera suivie probablement de la rforme des boissons4 ,le ministre est dsorient4 ,eh bien6 moi je dis que l',assemble ne pouvait lui faire une plus belle position4 ,voil1 pour lui1 une occasion admirable1 et pour ainsi dire providentielle1 d'entrer dans une voie nouvelle1 d'en finir avec la fausse philanthropie et les passions belliqueuses2 et1 convertissant son chec en triomphe1 de faire sortir la scurit1 la confiance1 le crdit1 la prosprit1 d'un vote qui semblait les compromettre1 et de fonder enfin la politique rpublicaine sur ces deux grands principes3 ,paix et libert4 ,aprs la rsolution de l',assemble1 je m'attendais1 je l'avoue1 ce que le prsident du conseil montt la tribune1 et y tnt peu prs ce langage3 ,citoyens reprsentants1 ,votre vote d'hier nous montre une nouvelle voie2 bien plus1 il nous force d'y entrer4 ,vous savez combien la rvolution de ,fvrier avait veill d'esprances chimriques et de systmes dangereux4 ,ces esprances1 ces systmes1 revtus des fausses couleurs de la philanthropie1 et pntrant dans cette enceinte sous forme de projets de loi1 n'allaient rien moins qu' ruiner la libert et engloutir la fortune publique4 ,nous ne savions quel parti prendre4 ,repousser tous ces projets1 c'tait heurter l'opinion populaire momentanment exalte2 les admettre1 c'tait compromettre l'avenir1 violer tous les droits1 et fausser les attributions de l'tat4 ,que pouvions-nous faire8 ,atermoyer1 transiger1 composer avec l'erreur1 donner une demi-satisfaction aux utopistes1 clairer le peuple par la dure leon de l'exprience1 crer des administrations avec l'arrire-pense de les anantir plus tard1 ce qui n'est pas facile4 ,maintenant1 grce a l',assemble1 nous voici l'aise4 ,ne venez plus nous demander de monopoliser l'instruction1 de monopoliser le crdit1 de commanditer l'agriculture1 de privilgier certaines industries1 de systmatiser l'aumne4 ,nous en avons fini avec la mauvaise queue du socialisme4 ,votre vote a port le coup mortel ses rveries4 ,nous n'avons plus mme les discuter2 car quoi mnerait la discussion1 puisque vous nous avez t les moyens de faire ces dangereuses expriences8 ,si quelqu'un sait le secret de faire de la philanthropie officielle sans argent1 qu'il se prsente2 voici nos portefeuilles1 nous les lui cderons avec joie4 ,tant qu'ils resteront en nos mains1 dans la nouvelle position qui nous est faite1 il ne nous reste qu' proclamer1 comme principe de notre politique intrieure1 ,,la ,,libert1 la libert des arts1 des sciences1 de l'agriculture1 de l'industrie1 du travail1 de l'change1 de la presse1 de l'enseignement2 car la libert est le seul systme compatible avec un budget rduit4 ,il faut de l'argent l'tat pour rglementer et opprimer4 ,point d'argent1 point de rglementation4 ,notre rle1 fort peu dispendieux1 se bornera dsormais rprimer les abus1 c'est--dire empcher que la libert d'un citoyen ne s'exerce aux dpens de celle d'un autre4 ,notre politique extrieure n'est pas moins indique et force4 ,nous tergiversions1 nous ttonnions encore2 maintenant nous sommes irrvocablement fixs1 non par choix seulement1 mais par ncessit4 ,heureux1 mille fois heureux que cette ncessit nous impose justement la politique que nous aurions adopte par choix6 ,nous sommes rsolus rduire notre tat militaire4 ,remarquez bien qu'il n'y a pas raisonner l-dessus1 il faut agir2 car nous sommes placs entre le dsarmement et la banqueroute4 ,de deux maux1 dit-on1 il faut choisir le moindre4 ,ici1 il n'y a choisir1 selon nous1 qu'entre un bien immense et un mal effroyable2 et cependant1 hier encore ce choix ne nous tait pas facile3 la fausse philanthropie1 les passions belliqueuses nous faisaient obstacle2 il fallait compter avec elles4 ,aujourd'hui elles sont forcment rduites au silence2 car1 quoiqu'on dise que la passion ne raisonne pas1 nanmoins elle ne peut draisonner au point d'exiger que nous fassions la guerre sans argent4 ,nous venons donc proclamer cette tribune le fait du dsarmement1 et comme consquence1 comme principe de notre politique extrieure1 la non-intervention4 ,que l'on ne nous parle plus de prpondrance1 de prpotence2 qu'on ne nous montre plus comme champ de gloire et de carnage la ,hongrie1 l',italie1 la ,pologne4 ,nous savons ce qu'on peut dire pour ou contre la propagande arme1 quand on a le choix4 ,mais vous ne disconviendrez pas que1 quand on ne l'a plus1 la controverse est superflue4 ,l'arme va tre rduite ce qui est ncessaire pour garantir l'indpendance du pays1 et du mme coup1 toutes les nations pourront compter dsormais1 en ce qui nous concerne1 sur leur indpendance4 ,qu'elles ralisent leurs rformes comme elles l'entendront2 qu'elles n'entreprennent que ce qu'elles peuvent accomplir4 ,nous leur faisons savoir hautement et dfinitivement1 qu'aucun des partis qui les divisent n'ont plus compter sur le concours de nos baonnettes4 ,que dis-je8 ils n'a pas mme besoin de nos protestations1 car ces baonnettes vont rentrer dans le fourreau1 ou plutt1 pour plus de sret1 se convertir en charrues4 ,j'entends des interruptions descendre de ces bancs1 vous dites3 ,c'est la politique du chacun chez soi1 chacun pour soi4 ,hier encore nous aurions pu discuter la valeur de cette politique1 puisque nous tions libres d'en adopter une autre4 ,hier1 j'aurais invoqu des raisons4 ,j'aurais dit3 ,oui1 chacun chez soi1 chacun pour soi1 autant qu'il s'agit de force brutale4 ,ce n'est pas dire que les liens des peuples seront briss4 ,ayons avec tous des relations philosophiques1 scientifiques1 artistiques1 littraires1 commerciales4 ,c'est par l que l'humanit s'claire et progresse4 ,mais des rapports coups de sabre et de fusil1 je n'en veux pas4 ,parce que des familles parfaitement unies ne vont pas les unes chez les autres main arme1 dire qu'elles se conduisent sur la maxime chacun chez soi1 c'est un trange abus de mots4 ,d'ailleurs1 que dirions-nous si1 pour terminer nos dissensions1 lord ,palmerston nous envoyait des rgiments anglais8 ,le rouge de l'indignation ne nous monterait-il pas au front8 ,comment donc refusons-nous de croire que les autres peuples chrissent aussi leur dignit et leur indpendance8 ,voil ce que j'aurais dit hier1 car quand on a le choix entre deux politiques1 il faut justifier par des raisons celle qu'on prfre4 ,aujourd'hui je n'invoque que la ncessit1 parce que l'option ne nous appartient plus4 ,la majorit1 qui nous a refus les recettes pour nous forcer diminuer les dpenses1 ne sera pas assez inconsquente pour nous imposer une politique ruineuse4 ,si quelqu'un1 sachant que l'impt des postes1 du sel et des boissons va tre considrablement rduit2 sachant que nous sommes en prsence d'un dficit de #ejj millions1 a encore l'audace de proclamer le principe de la propagande arme1 qui1 menaant l',europe1 nous force1 mme en temps de paix1 des efforts ruineux1 qu'il se lve et prenne ce portefeuille4 ,quant nous1 nous n'assumerons pas la honte d'une telle purilit4 ,donc ds aujourd'hui la politique de la non-intervention est proclame4 ,ds aujourd'hui des mesures sont prises pour licencier une partie de l'arme4 ,ds aujourd'hui des ordres partent pour supprimer d'inutiles ambassades4 ,paix et libert6 voil la politique que nous eussions adopte par conviction4 ,nous remercions l',assemble de nous en avoir fait une ncessit absolue et vidente4 ,elle fera le salut1 la gloire et la prosprit de la ,rpublique2 elle marquera nos noms dans l'histoire4 ,voil1 ce me semble1 ce qu'et d dire le cabinet actuel4 ,sa parole et rencontr l'universel assentiment de l',assemble1 de la ,france et de l',europe4 ,,discours ,,sur ,l',,imp,t ,,des ,,boissons#gf4 ,note #gf3 ,cette improvisation fut prononce l',assemble lgislative le #ab dcembre #ahdi4 7,note de l'diteur47 ,,citoyens ,,repr,,sentants1 ,je voulais aborder la question de l'impt des boissons telle qu'elle me paraissait se poser dans toutes vos consciences1 c'est--dire au point de vue de la ncessit financire et politique4 ,je croyais1 en effet1 que la ncessit tait le seul motif invoqu l'appui du maintien de cet impt2 je croyais qu' vos yeux il runissait tous les caractres auxquels la science enseigne reconnatre les mauvais impts2 je croyais qu'il tait admis que cet impt est injuste1 ingal1 d'une perception accompagne de formalits vexatoires4 ,mais1 puisque ces reproches dirigs contre l'impt1 depuis son tablissement1 par tous les hommes d'tat1 sont aujourd'hui contests1 j'en dirai seulement quelques mots1 trs-rapidement4 ,d'abord1 nous prtendons que l'impt est injuste1 et nous nous fondons sur ceci3 ,voil des terres qui sont ct les unes des autres1 et qui sont assujetties un impt foncier1 un impt direct2 ces terres sont classes1 compares entre elles et taxes selon leur valeur2 ensuite chacun peut y faire crotre ce qu'il veut2 les uns du bl1 les autres1 des herbages1 les autres1 des oeillets et des roses1 d'autres1 du vin4 ,eh bien1 de tous ces produits1 il y en a un1 il y en a un seul qui1 une fois entr dans la circulation1 est grev d'un impt qui rend au ,trsor #ajf millions4 ,tous les autres produits agricoles sont affranchis de cette taxe4 ,on peut dire que l'impt est utile1 ncessaire1 ce n'est pas la question que j'aborde2 mais on ne peut pas dire qu'il ne soit injuste1 au point de vue du propritaire4 ,il est vrai qu'on dit que l'impt ne retombe pas sur le producteur4 ,c'est ce que j'examinerai tout l'heure4 ,nous disons ensuite que l'impt est mal rparti4 ,en vrit1 j'ai t fort surpris que cela ait t contest1 car enfin444 7,interruption47 ,un membre droite4 ,parlez un peu plus haut6 ,m4 ,,le ,,pr,,sident4 ,j'invite l',assemble au silence4 ,m4 ,f4 ,,bastiat4 ,je veux mme abandonner cet argument pour aller plus vite4 ,voix diverses4 ,parlez6 parlez6 ,m4 ,f4 ,,bastiat4 ,il me semble que la chose est tellement claire1 qu'il est tellement vident que l'impt est mal rparti1 que vritablement on est embarrass de le dmontrer4 ,quand on voit1 par exemple1 qu'un homme qui1 dans une orgie1 boit pour #f francs de vin de ,champagne1 paye le mme impt que l'ouvrier1 qui a besoin de rparer ses forces pour le travail1 et boit pour #f sous de vin commun1 il est impossible de dire qu'il n'y a pas une ingalit1 une monstruosit dans la rpartition de l'impt sur les boissons4 7,trs-bien67 ,on a presque fait un calcul infinitsimal pour tablir que l'impt est peu de chose1 que ce sont des fractions de centime1 et qu'on ne devrait pas en tenir compte4 ,c'est ainsi qu'on met sur le dos d'une classe de citoyens1 #ajf millions d'un impt inique1 en leur disant3 ,ce n'est rien2 vous devez vous estimer fort heureux6 ,les hommes qui invoquent cet argument devraient vous dire ceci3 ,nous exerons telle industrie1 et nous sommes tellement convaincus que l'impt1 en se divisant1 est insensible pour le consommateur sur lequel il retombe1 que nous nous assujettissons nous-mmes l'impt indirect et l'exercice1 relativement l'industrie que nous professons4 ,le jour o ces hommes viendraient dclarer cela cette tribune1 je dirais3 ,ils sont sincres dans leur dfense de l'impt sur les boissons4 ,mais enfin voici des chiffres4 ,dans le dpartement de l',ain1 le prix moyen des vins en gros est de #aa fr42 le prix moyen de la vente1 au dtail1 est de #da fr4 ,voil un cart considrable2 il est vident que celui qui peut acheter du vin en gros paye #aa fr41 et que celui qui est oblig d'aller l'acheter au dtail paye #da fr4 ,entre #aa et #da fr41 la diffrence est de #cj fr4 7,interruption47 ,un membre droite4 ,ce n'est pas l'impt qui fait cette diffrence2 il en est de mme pour toutes les marchandises4 ,m4 ,,le ,,pr,,sident4 ,m4 de ,charancey a fait ses calculs1 laissez l'orateur faire les siens4 ,m4 ,f4 ,,bastiat4 ,je pourrais citer d'autres dpartements2 j'ai pris le premier sur la liste4 ,sans doute1 il y a le bnfice du dbitant2 mais l'impt entre pour une proportion considrable dans un tel cart4 ,on a cherch prouver des choses si extraordinaires1 depuis deux jours1 que vraiment je ne serais pas tonn que l'on chercht prouver celle-ci1 que l'impt ne nuit personne1 ni au producteur1 ni au consommateur4 ,mais alors imposons tout1 non-seulement les vins1 mais tous les produits6 ,je dis ensuite que l'impt est d'une perception trs-dispendieuse4 ,je n'invoquerai pas de chiffres pour le prouver2 par les chiffres on prouve beaucoup de choses4 ,quand on avance des chiffrs cette tribune1 on croit leur donner une autorit trs-grande en disant3 ce sont des chiffres officiels4 ,mais les chiffres officiels trompent comme les autres2 cela dpend de l'emploi qu'on en fait4 ,le fait est que1 lorsque nous voyons le territoire de la ,france tout entire couvert d'agents2 et d'agents bien rtribus1 pour la perception de cet impt1 il est bien permis de croire que cette perception cot fort cher4 ,enfin1 nous disons que cet impt est accompagn1 dans sa perception1 de formalits vexatoires4 ,c'est un point que les orateurs qui m'ont prcd cette tribune n'ont pas abord4 ,cela ne m'tonne pas1 car ils appartiennent tous ou presque tous des dpartements qui ne cultivent pas la vigne4 ,s'ils habitaient nos dpartements1 ils sauraient que les griefs des propritaires de vignes contre l'impt des boissons sont moins dirigs contre l'impt lui-mme1 contre son chiffre1 que contre ces formalits gnantes1 vexatoires et dangereuses1 contre les piges chaque instant tendus sous leurs pas4 7,approbation gauche47 ,tout le monde comprend que1 lorsque l'on conut cette pense si extraordinaire1 cette immense utopie1 car c'en tait une grande alors1 d'tablir un droit sur la circulation des vins1 sans qu'un inventaire pralable et t fait2 tout le monde1 dis-je1 comprend qu'il a fallu1 pour assurer la perception de ce droit1 imaginer le code le plus prventif1 le plus vexatoire mme1 car autrement1 comment aurait-on fait8 ,il faut que1 chaque fois qu'une pice de vin circule sur la surface du territoire1 il y ait l un employ pour savoir si elle est en rgle ou non4 ,cela ne peut se faire sans une arme d'employs et une foule de vexations1 contre lesquelles1 je le rpte1 les contribuables protestent plus encore que contre la taxe elle-mme4 ,l'impt des boissons a une autre consquence trs-grave que je n'ai pas entendu signaler cette tribune4 ,l'impt des boissons a jet la perturbation dans ce grand phnomne conomique que l'on appelle la division du travail4 ,autrefois on cultivait les vins dans les terres qui sont propres cette culture1 sur les coteaux1 sur les graviers2 on cultivait le bl sur les plateaux1 dans les plaines1 sur les terrains d'alluvion4 ,au commencement1 on avait imagin l'inventaire2 mais ce mode de perception d'impt souleva tous les propritaires4 ,ils invoqurent le droit de proprit2 et1 comme ils taient trois millions1 ils furent couts4 ,alors on rejeta le fardeau sur les cabaretiers2 et1 comme ils n'taient que trois cent mille1 il fut dclar1 en principe1 que la proprit de #cjj1jjj hommes n'tait pas aussi bien une proprit que celle de trois millions d'hommes1 quoique cependant la proprit n'ait1 selon moi1 qu'un seul principe4 ,mais quel fut le rsultat pour les propritaires8 je crois que les propritaires portent eux-mmes le poids de la faute et de l'injustice qu'ils commirent alors4 ,comme ils avaient la faveur de consommer leurs produits sans payer de taxe1 il arriva que1 soit pour se soustraire la taxe1 soit pour se soustraire surtout et avant tout aux formalits et aux risques que cette perception fait courir1 les propritaires des plaines1 des alluvions1 voulurent tous avoir du vin chez eux pour leur consommation4 ,dans le dpartement que je reprsente ici1 ou du moins dans une grande partie de ce dpartement1 je puis affirmer qu'il n'y a pas une mtairie o l'on ne plante assez de vignes pour la consommation de la famille3 ces vignes produisent du vin trs-mauvais1 mais cela offre l'immense avantage d'tre dlivr de l'intervention des contributions indirectes et de tous les risques qui s'attachent ses visites4 ,ce fait explique1 jusqu' un certain point1 l'accroissement que l'on a signal dans la plantation des vignes4 ,on retourne beaucoup cet accroissement contre les plaintes des propritaires1 qui se prtendent victimes d'une injustice2 on a l'air de leur dire3 ,cette injustice ne compte pas1 elle n'est rien1 puisqu'on plante des vignes en ,france4 ,d'abord1 je voudrais bien qu'on me citt une industrie qui1 depuis #aghh jusqu' #ahej1 dans l'espace de soixante-deux ans1 ne se soit pas dveloppe dans cette proportion4 ,je voudrais savoir1 par exemple1 si l'industrie de la houille1 si l'industrie du fer1 si l'industrie du drap ne se sont pas dveloppes dans cette proportion4 ,je voudrais savoir s'il y a aucune industrie dont on puisse dire qu'elle ne s'est pas accrue d'un quart dans l'espace de soixante ans4 ,serait-il donc bien tonnant qu'en suivant sa marche naturelle1 l'industrie la plus enracine de notre sol1 l'industrie qui pourrait fournir de ses produits l'univers entier1 se ft augmente dans cette proportion8 ,mais cet accroissement1 messieurs1 est provoqu par la loi elle-mme4 ,c'est la loi qui fait que l'on arrache la vigne sur les coteaux et qu'on en plante dans les plaines1 pour se soustraire aux vexations des contributions indirectes4 ,c'est l une perturbation norme1 manifeste4 ,je vous prie de me permettre d'appeler toute votre attention sur un fait presque local1 puisqu'il ne concerne qu'un seul arrondissement1 mais qui a une grande importance1 au moins mes yeux1 parce qu'il se rattache une loi gnrale4 ,ce fait1 messieurs1 servira aussi rpondre cet argument qu'on a port cette tribune1 quand1 invoquant l'autorit d',adam ,smith1 on a dit que l'impt retombe toujours sur le consommateur2 d'o il rsulte que1 depuis quarante ans1 tous les propritaires de vignobles de ,france ont tort de se plaindre et ne savent ce qu'ils disent4 ,oui1 je suis de ceux qui croient que l'impt retombe sur le consommateur2 j'ajoute cependant cette parenthse3 c'est la longue1 avec beaucoup de temps1 quand toutes les proprits ont chang de mains1 la suite d'arrangements conomiques qui sont longs se faire1 que ce grand rsultat est atteint2 et1 pendant tout le temps que dure cette rvolution1 les souffrances peuvent tre trs-grandes1 normes4 ,je vais en citer un exemple4 ,dans mon arrondissement1 qui est vinicole1 il y avait autrefois une trs-grande prosprit2 l'aisance tait gnrale2 on cultivait la vigne2 le vin tait consomm soit sur les lieux1 soit dans les plaines environnantes1 o l'on ne cultivait pas la vigne1 soit l'tranger1 dans le nord de l',europe4 ,tout coup1 la guerre des douanes1 d'un ct1 la guerre des octrois1 de l'autre1 et les droits runis sont venus et ont dprci la valeur de ce vin4 ,le pays dont je parle tait cultiv tout entier1 surtout en ce qui concerne la vigne1 par des mtayers4 ,le mtayer avait la moiti1 le propritaire1 l'autre moiti du produit4 ,la superficie des mtairies tait cultive de telle sorte qu'un mtayer et sa famille pouvaient vivre du produit de la moiti du vin qui leur revenait2 mais la valeur du vin se trouvant dprcie1 il est arriv que le mtayer n'a plus pu vivre avec sa portion4 ,alors il s'est adress son propritaire et il lui a dit3 ,je ne puis plus cultiver votre vigne si vous ne me nourrissez pas4 ,le propritaire lui a donn du mas pour vivre1 et puis1 au bout de l'anne1 il a pris toute la rcolte pour se rembourser de ses avances4 ,la rcolte n'ayant pas suffi au recouvrement de ses avances1 le contrat s'est modifi non pas devant le notaire1 mais de fait2 le propritaire a eu des ouvriers auxquels il n'a donn1 pour tout prix de leur travail1 que leur nourriture en mas4 ,mais il a fallu sortir de cet tat de choses1 et voici comment la rvolution s'est opre4 ,on a agrandi les mtairies1 c'est--dire que de trois on en a fait deux1 ou de deux une2 puis1 en arrachant quelques champs de vigne1 et en mettant du mas la place1 on a dit3 ,avec ce mas le mtayer pourra vivre1 et le propritaire ne sera plus oblig de lui donner de quoi suffire sa subsistance4 ,sur tout le territoire1 on a donc vu abattre des maisons et dtruire des mtairies4 ,la consquence1 c'est qu'on a dtruit autant de familles que de mtairies2 la dpopulation a t norme1 et1 depuis vingt-cinq ans1 le nombre des dcs a dpass celui des naissances4 ,sans doute1 quand la rvolution se sera compltement faite1 quand les propritaires auront achet pour #aj1jjj fr41 ce qu'ils payaient autrefois #cj1jjj fr41 quand le nombre des mtayers sera rduit au niveau des moyens de subsistance que le pays peut fournir1 alors je crois que la population ne pourra plus s'en prendre l'impt des boissons2 la rvolution se sera faite1 l'impt retombera sur le consommateur2 mais cette rvolution se sera faite au prix de souffrances qui auront dur un sicle ou deux4 ,je demande si c'est pour cela que nous faisons des lois4 ,je demande si nous prlevons des impts pour tourmenter les populations1 pour les forcer de transporter le travail du coteau la plaine et de la plaine au coteau4 ,je demande si c'est l le but de la lgislation4 ,quant moi1 je ne le crois pas4 ,mais1 messieurs1 nous avons beau attaquer l'impt1 dire qu'il est ingal1 vexatoire1 dispendieux1 injuste1 il y a une raison devant laquelle tout le monde courbe la tte3 c'est la ncessit4 ,c'est la ncessit qu'on invoque2 c'est la ncessit qui vous engage porter cette tribune des paroles pour justifier l'impt2 c'est la ncessit1 rien que la ncessit qui vous dtermine4 ,on craint les embarras financiers1 on craint les rsultats d'une rforme 7car je puis bien l'appeler une rforme7 qui aurait pour consquence immdiate de soustraire #ajj millions au ,trsor public3 c'est donc de la ncessit que je veux parler4 ,messieurs1 la ncessit1 j'en conviens1 elle existe1 elle est trs-pressante4 ,oui1 le bilan1 non pas de la ,france1 mais du gouvernement franais1 peut se faire en bien peu de mots4 ,depuis vingt ou vingt-cinq ans1 les contribuables fournissent au ,trsor une somme qui1 je crois1 a doubl dans cet espace de temps4 ,les gouvernements qui se sont succd ont trouv le moyen de dvorer la somme premire1 l'excdant fourni par les contribuables2 d'ajouter une dette publique de #a milliard ou de #b milliards2 d'arriver1 l'entre de l'anne1 avec un dficit de #e #fjj millions2 enfin de commencer l'anne prochaine avec un dcouvert assur de #cjj millions4 ,voil o nous en sommes4 ,je crois que cela vaut bien la peine de se demander quelle est la cause de cet tat de choses1 et s'il est bien prudent1 en face de cette situation1 de venir nous dire que1 ce qu'il y a de mieux faire1 c'est de rtablir tout juste les choses comme elles taient avant2 c'est de ne rien changer ou presque rien1 ou d'une manire imperceptible1 notre systme financier1 soit du ct des recettes1 soit du ct des dpenses4 ,il me semble voir un ingnieur1 qui a lanc une locomotive et qui est arriv une catastrophe1 dcouvrir ensuite o est le vice1 o est le dfaut1 et1 sans s'en proccuper davantage1 la remettre sur les mmes rails1 et courir une seconde fois le mme danger4 7,approbation gauche47 ,oui1 la ncessit existe2 mais elle est double4 ,il y a deux ncessits4 ,vous ne parlez que d'une ncessit1 monsieur le ministre des finances2 mais je vous en signalerai une autre1 et elle est trs-grave2 je la crois mme plus grave que celle dont vous parlez4 ,cette ncessit est renferme dans un seul mot3 la rvolution de ,fvrier4 ,il est intervenu1 par suite des abus 7car je puis appeler abus tout ce qui a conduit nos finances l'tat o elles son maintenant71 il est intervenu un fait2 ce fait1 on l'a caractris quelquefois en disant que c'tait une surprise4 ,je ne crois pas que ce ft une surprise4 ,il est possible que le fait extrieur soit le rsultat d'un accident qui aurait t arrt44444 ,m4 ,,barth,,lemy ,,saint-,,hilaire4 ,retard6 ,plusieurs autres membres gauche4 ,oui6 oui6 retard4 ,m4 ,,bastiat4 ,mais les causes gnrales ne sont pas du tout fortuites4 ,c'est absolument comme si vous me disiez1--alors qu'une brise1 en passant1 a fait tomber un fruit de son arbre1--que1 si on avait pu empcher la brise de passer1 le fruit ne serait pas tomb4 ,oui1 mais une condition1 c'est que le fruit n'et pas t pourri et rong4 7,approbation gauche47 ,ce fait est arriv1 ce fait a donn une puissance politique la masse entire de la population2 c'est un fait grave4 ,m4 ,,fould1 ministre des finances4 ,pourquoi le gouvernement provisoire n'a-t-il pas supprim l'impt des boissons8 ,m4 ,,bastiat4 ,il ne m'a pas consult1 il ne m'a pas soumis de projet de loi1 je n'ai pas t appel lui donner des conseils2 mais nous avons ici un projet1 et en repoussant votre projet1 il m'est bien permis de vous dire sur quels motifs je me fonde4 ,je me fonde sur celui-ci3 il pse sur votre tte1 non pas une ncessit1 mais deux2 la seconde ncessit1 aussi imprieuse que la premire1 c'est de faire justice tous les citoyens4 7,assentiment gauche47 ,eh bien6 je dis qu'aprs la rvolution qui s'est faite1 vous devez vous proccuper de l'tat politique o est la ,france1 et que cet tat politique est dplorable1 permettez-moi le mot2 je n'attribue pas cela aux hommes qui gouvernent aujourd'hui1 cela remonte haut4 ,est-ce qu'en ,france vous ne voyez pas une bureaucratie devenue aristocratie dvorer le pays8 ,l'industrie prit1 le peuple souffre4 ,je sais bien qu'il cherche le remde dans des utopies folles2 mais ce n'est pas une raison pour leur ouvrir la perte en laissant subsister des injustices criantes1 comme celles que je signale cette tribune4 ,je crois qu'on ne se proccupe pas assez de l'tat de souffrance dans lequel se trouve ce pays et des causes qui ont amen cet tat de souffrance4 ,ces causes sont dans ces #a1ejj millions prlevs sur un pays qui ne peut les payer4 ,je vous supplie du faire une rflexion bien triviale1 mais enfin je la fais souvent4 ,je me demande ce que sont devenus mes amis d'enfance et mes camarades de collge4 ,et savez-vous quelle est la rponse8 ,sur vingt1 il y en a quinze qui sont fonctionnaires2 et je suis persuad que si vous faites le calcul1 vous arriverez au mme rsultat4 7,rires approbatifs gauche47 ,m4 ,b,,rard4 ,c'est l la cause des rvolutions4 ,m4 ,,bastiat4 ,je me fais encore une autre question1 c'est celle-ci3 ,en les prenant un un1 en bonne conscience1 rendent-ils au pays des services rels quivalant ce que le pays leur paye8 ,et presque toujours je suis forc de rpondre3 ,il n'en est pas ainsi4 ,n'est-il pas dplorable que cette masse norme de travail1 d'intelligence1 soit soustraite la production relle du pays pour alimenter des fonctionnaires inutiles et presque toujours nuisibles8 ,car1 en fait de fonctionnaires publics1 il n'y a pas de neutralit3 s'ils ne sont pas trs-utiles1 ils sont nuisibles2 s'ils ne maintiennent pas la libert des citoyens1 ils l'oppriment4 7,approbation gauche47 ,je dis que cela cre au gouvernement une ncessit1 une ncessit immense4 ,quel est le plan qu'on nous propose8 ,je le dis franchement1 si le ministre tait venu dire3 ,il faut maintenir l'impt pendant quelque temps2 mais voici une rforme financire que je propose2 la voici dans son ensemble2 seulement il faut une certaine priode pour qu'elle puisse aboutir1 il faut quatre ou cinq ans1 nous ne pouvons pas tout faire la fois2 j'aurais compris cette ncessit1 et j'aurais pu y cder4 ,mais il n'y a rien de cela2 on nous dit3 ,rtablissons l'impt des boissons4 ,je ne sais mme pas si l'on ne nous fait pas pressentir qu'on rtablira l'impt du sel et celui de la poste4 ,quant vos diminutions de dpenses1 elles sont drisoires3 c'est #c ou #d1jjj soldats de plus ou de moins2 mais c'est le mme systme financier1 qui me semble ne pouvoir plus tenir dans ce pays sans le perdre4 7,nouvelle approbation gauche47 ,messieurs1 il est impossible de traiter ce sujet sans le traiter ce point de vue4 ,la ,france sera-t-elle perdue1 dans un trs-court espace du temps8 car j'oserai demander ,m4 le ministre des finances combien de temps il croit pouvoir prolonger ce systme4 ,ce n'est pas tout que d'aboutir la fin de l'anne1 en quilibrant tant bien que mal les recettes et les dpenses2 il faut savoir si cela peut continuer4 ,mais1 ce point de vue1 je suis oblig de traiter la question de l'impt en gnral4 7,marques d'impatience droite47 ,voix nombreuses4 ,parlez6 parlez6 ,m4 ,,le ,,pr,,sident4 ,vous tes dans la question4 ,m4 ,,bastiat4 ,je crois1 messieurs1 que j'ai le droit de venir ici1 sous ma responsabilit1 exprimer mme des ides absurdes4 ,d'autres orateurs sont venus apporter ici leurs ides1 et j'ose croire que leurs ides n'taient pas plus claires que les miennes4 ,vous les avez couts avec patience2 vous n'avez pas accueilli le plan de liquidation gnrale de ,m4 ,proudhon1 non plus que le phalanstre de ,m4 ,considrant2 mais vous les avez couts2 vous avez t plus loin3 par l'organe de ,m4 ,thiers1 vous avez dit que quiconque croyait avoir une pense utile tait oblig de l'apporter cette tribune4 ,eh bien6 lorsqu'on dit3 ,parlez6 lorsqu'on jette une espce de dfi1 il faut au moins couter4 7,trs-bien6 trs-bien67 ,messieurs1 dans ces derniers temps1 on s'est beaucoup proccup de la question de l'impt4 ,l'impt doit-il tre direct ou indirect8 ,tout l'heure nous avons entendu faire l'loge de l'impt indirect4 ,eh bien6 moi1 c'est contre l'impt indirect en gnral que je viens m'lever4 ,je crois qu'il y a une loi de l'impt qui domine toute la question1 et que je renferme dans cette formule3 ,l'ingalit de l'impt est en raison de sa masse4 ,je veux dire par l que plus un impt est lger1 plus il est facile de le rpartir quitablement2 que plus1 au contraire1 il est lourd1 plus1 malgr toute la bonne volont du lgislateur1 il tend se rpartir ingalement1 plus1 comme on pourrait le dire1 il tend devenir progressif au rebours1 c'est--dire frapper les citoyens en raison inverse de leurs facults4 ,je crois que c'est une loi grave1 invitable2 et ses consquences sont tellement importantes1 que je vous demande la permission de l'claircir4 ,je suppose que la ,france ft gouverne depuis longtemps par un systme qui est le mien1 qui consisterait ce que le gouvernement maintnt chaque citoyen dans la limite de ses droits et de la justice1 et qu'il abandonnt le reste la responsabilit de chacun4 ,je suppose cela4 ,il est ais de voir qu'alors la ,france pourrait tre gouverne avec #bjj ou #cjj millions4 ,il est clair que si la ,france tait gouverne avec #bjj millions1 il serait facile d'tablir une taxe unique et proportionnelle4 7,bruit47 ,cette hypothse que je fais1 elle aura sa ralit2 seulement1 la question est de savoir si elle l'aura en vertu de la prvoyance du lgislateur ou en vertu d'ternelles convulsions politiques4 7,approbation gauche47 ,l'ide ne m'appartient pas2 si elle m'appartenait1 je m'en dfierais2 mais nous voyons que tous les peuples du monde sont plus ou moins heureux selon qu'ils se rapprochent ou s'cartent de la ralisation de cette ide4 ,elle est ralise d'une manire peu prs complte aux tats-,unis4 ,dans le ,massachusets1 on ne connat d'autre impt que l'impt direct1 unique et proportionnel2 par consquent1 s'il en tait ainsi1 et il est ais de le comprendre1 car je n'lucide que le principe1 rien ne serait plus facile que de demander aux citoyens une part proportionnelle leurs valeurs ralises2 ce serait si peu de chose que nul ne serait intress cacher1 dans une grande proportion au moins1 sa fortune pour y chapper4 ,voil la premire partie de mon axiome4 ,mais si vous demandez aux citoyens1 non pas #bjj millions1 mais #ejj1 #fjj1 #hjj millions2 alors1 mesure que vous augmentez l'impt1 l'impt direct vous chappe1 et il est vident que vous arrivez un moment o un citoyen prendrait plutt le fusil que de payer l'tat1 par exemple1 la moiti de sa fortune4 ,un membre4 ,comme dans l',ardche4 ,m4 ,,bastiat4 ,alors on ne vous payera pas4 ,que faut-il donc faire8 ,il faut avoir recours aux impts indirects2 c'est ce qui a lieu partout o l'on a voulu faire de grandes dpenses4 ,partout1 ds que l'tat veut donner aux citoyens toutes sortes de bienfaits1 l'instruction1 la religion1 la moralit1 on est oblig de donner cet tat des taxes indirectes considrables4 ,eh bien6 je dis que lorsqu'on est dans cette voie l'on tombe dans l'ingalit des impts4 ,l'ingalit provient toujours des taxes indirectes elles-mmes4 ,la raison en est simple4 ,si la dpense tait restreinte dans certaines limites1 on pourrait trs-certainement trouver certains impts indirects qui blesseraient l'galit1 mais qui ne blesseraient pas le sentiment de la justice1 parce que ce seraient des impts somptuaires2 mais lorsqu'on veut prlever beaucoup d'argent1 alors on met un principe vrai1 dans l'hypothse o je me place1 en disant que le meilleur impt est celui qui frappe les objets de la consommation la plus gnrale4 ,c'est un principe que tous nos financiers et tous nos hommes d'tat avouent4 ,et1 en effet1 il est trs-consquent dans les gouvernements o il s'agit de prendre le plus d'argent au peuple2 mais alors vous arrivez l'ingalit la plus choquante4 ,qu'est-ce que c'est qu'un objet dont la consommation est trs-gnrale8 ,c'est un objet que le pauvre consomme dans la mme proportion que le riche2 c'est un objet sur lequel l'ouvrier dpense tout son salaire4 ,ainsi1 un agent de change gagne #ejj fr4 par jour1 un ouvrier gagne #ejj fr4 par an2 et la justice voudrait que les #ejj fr4 de l'agent de change fournissent autant au ,trsor que les #ejj fr4 de l'ouvrier4 ,mais il n'en est pas ainsi2 car l'agent de change achtera des tentures1 des bronzes1 des objets de luxe avec son argent1 c'est--dire des objets de consommation restreinte qui ne payent pas de taxe1 tandis que l'ouvrier achte du vin1 du sel1 du tabac1 c'est--dire des objets de consommation gnrale1 qui en sont accabls4 7,bruit et interruptions diverses47 ,m4 ,,lacaze4 ,si l'agent de change n'achetait pas ces objets1 il ne ferait pas vivre l'ouvrier4 ,m4 ,,bastiat4 ,est-ce que la suppression de l'impt des boissons empcherait l'agent de change d'acheter des bronzes et des tentures8 ,aucun financier ne me dmentira4 ,dans le systme des impts indirects1 il n'y a de raisonnable1 de vraiment raisonnable1 dans ce systme que je n'approuve pas1 que les impts qui s'adressent aux objets de la consommation la plus gnrale4 ,ainsi1 vous commencez frapper l'air respirable par l'impt des portes et fentres1 puis le sel1 puis les boissons1 puis le tabac1 enfin ce qui est la porte de tout le monde4 ,je dis que ce systme ne peut tenir en prsence du suffrage universel4 ,j'ajoute3 bien aveugle1 bien imprudent qui ne voit pas aussi la ncessit de ce ct1 et ne voit que la ncessit laquelle je faisais allusion tout l'heure4 7,vive approbation gauche47 ,je fais un autre reproche l'impt indirect1 c'est celui de crer prcisment ces ncessits dont on vous parle1 ces ncessits financires4 ,croyez-vous que1 si l'on demandait la part contributive de chaque citoyen sous la forme directe2 si on lui envoyait un bulletin de contribution portant1 non-seulement le chiffre de ce qu'il doit pour l'anne1 mais le dtail de ses contributions2 car c'est facile dcomposer3 tant pour la justice1 tant pour la police1 tant pour l',algrie1 tant pour l'expdition de ,rome1 etc42 croyez-vous pour cela que le pays ne serait pas bien gouvern#gg8 ,m4 ,charencey nous disait tout l'heure qu'avec l'impt indirect le pays tait sr d'tre bien gouvern4 ,eh bien1 moi1 je dis le contraire4 ,avec tous ces impts dtourns1 dus la ruse1 le peuple souffre1 murmure et s'en prend tout3 au capital1 la proprit1 la monarchie1 la rpublique1 et c'est l'impt qui est le coupable4 7,c'est vrai6 c'est vrai67 ,note #gg3 ,on peut dire que c'est instinctivement que les contribuables se rcrient sur la pesanteur des impts1 car il en est peu qui sachent au juste ce qu'il leur en cote pour tre gouverns4 ,nous connaissons bien notre quote-part dans la contribution foncire1 mais non ce que nous enlvent les impts de consommation4--,j'ai toujours pens que rien ne serait plus favorable l'avancement de nos connaissances et de nos moeurs constitutionnelles qu'un systme de comptabilit individuelle1 au moyen duquel chacun serait fix sur sa cotisation1 sous le double rapport du quantum et du quar4 ,en attendant que ,m4 le ministre des finances fasse distribuer tous les ans chacun de nous1 avec le bulletin des contributions directes1 notre compte courant au ,trsor1 j'ai essay d'en dresser la formule1 le budget de #ahdb la main4 ,voici le compte de ,m4 ,n4441 propritaire payant #ejj fr4 de contributions directes1 ce qui suppose un revenu de #b1djj #b1fjj fr4 au plus4 ,,doit4 ,le ,trsor public1 son compte courant avec ,m4 ,n4 ,sommes reues de ,m4 ,n4 en #ahdc3 ,par contribution directe #ejj fr4 c4 ,enregistrement1 timbre1 domaine #ejd #ag ,douanes et sels #aeh ,forts et ,pches #cj #aj ,contributions indirectes #bjf #fg ,postes #ci ,produits universitaires #b #ej ,produits divers #ba #hg ---------------- #a1afb fr4 #ca c4 ,,avoir4 ,sommes acquittes dans l'intrt de ,m4 ,n43 ,pour intrts de la dette publique #cec fr4 c4 ,liste civile #ad ,distribution de la ,justice #bj ,religion #cf ,diplomatie #h ,instruction publique #af ,dpenses secrtes #a ,tlgraphes #a ,encouragements aux musiciens et danseuses #c ,indigents1 malades1 infirmes #a #aj ,secours aux rfugis #b #ae ,encouragements l'agriculture #hj -- aux pches maritimes #d -- aux manufactures #bc ,haras #b ,bergeries #fc ,secours aux colons #hg -- aux inonds et incendis #a #ij ,services dpartementaux #gb ,prfets et sous-prfets #g #bj ,routes1 canaux1 ponts et ports #eb #fj ,arme #cfd ,marine #aad ,colonies #bf ,recouvrement de l'impt et administration #aej ---------------- #a1bea fr4 #dh c4 ,entre le doit #a1afb fr4 #ca c4 et l'avoir #a1bea fr4 #dh c41 la diffrence est #hi1 #ag4--;,ce solde signifie que le ,trsor a dpens pour compte de ,m4 ,n41 #hi fr4 #ag c4 de plus qu'il n'a reu de lui4 ,mais que ,m4 ,n4 se rassure4 ,,mm4 ,rothschild et consorts ont bien voulu faire l'avance de cette somme1 et il suffira ,m4 ,n4 d'en servir l'intrt perptuit2 c'est--dire de payer dornavant #d #e fr4 de plus par an4 7bauche indite date de #ahdc47 ,voil pourquoi le gouvernement1 trouvant toujours des facilits1 a tant augment les dpenses4 ,quand s'est-il arrt8 quand a-t-il dit3 ,nous avons un excdant de recettes1 nous allons dgrver8 ,jamais il n'a fait cela4 ,quand on a de trop1 on trouve l'employer2 c'est ainsi que le nombre des fonctionnaires est mont un chiffre norme4 ,on nous accuse d'tre malthusiens2 oui1 je suis malthusien en ce qui concerne les fonctionnaires publics4 ,je sais bien qu'ils ont suivi parfaitement cette grande loi1 que les populations se mettent au niveau des moyens de subsistance4 ,vous avez donn #hjj millions1 les fonctionnaires publics ont dvor #hjj millions2 vous leur donneriez #b milliards1 il y aurait des fonctionnaires pour dvorer ces #b milliards4 7,approbation sur plusieurs bancs47 ,un changement dans un systme financier en entrane ncessairement un correspondant dans le systme politique2 car un pays ne peut pas suivre la mme politique1 lorsque la population lui donne #b milliards1 que lorsqu'elle ne lui donne que #bjj ou #cjj millions4 ,et ici1 vous me trouverez peut-tre profondment en dsaccord avec un grand nombre de membres qui sigent de ce ct 7la gauche74 ,la consquence force1 pour tout homme srieux1 de la thorie financire que je dveloppe ici1 est videmment celle-ci3 que1 puisqu'on ne veut pas donner beaucoup l'tat1 il faut savoir ne pas lui demander beaucoup4 7,assentiment47 ,il est vident que si vous vous mettez dans la tte1 ce qui est une profonde illusion1 que la socit a deux facteurs3 d'un ct1 les hommes qui la composent1 et1 de l'autre1 un tre fictif qu'on appelle l'tat1 le gouvernement1 auquel vous supposez une moralit toute preuve1 une religion1 un crdit1 la facilit de rpandre des bienfaits1 de faire de l'assistance2 il est bien vident qu'alors vous vous placez dans la position ridicule d'hommes qui disent3 ,donnez-nous sans nous rien prendre1--ou qui disent3 ,restez dans le systme funeste o nous sommes prsent engags4 ,il faut savoir renoncer ces ides2 il faut savoir tre hommes1 et se dire3 ,nous avons la responsabilit de notre existence1 et nous la supporterons4 7,trs-bien6 trs-bien67 ,encore aujourd'hui1 je reois une ptition d'habitants de mon pays1 o des vignerons disent3 ,nous ne demandons rien de tout cela au gouvernement2 qu'il nous laisse libres1 qu'il nous laisse agir1 travailler2 voil tout ce que nous lui demandons2 qu'il protge notre libert et notre scurit4 ,eh bien1 je crois que c'est l une leon1 mane de pauvres vignerons1 qui devrait tre coute dans les plus grandes villes4 7,trs-bien67 ,le systme de politique intrieure dans lequel ce systme financier nous forcerait d'entrer1 c'est videmment le systme de la libert1 car1 remarquez-le1 la libert est incompatible avec les grands impts1 quoi qu'on en dise4 ,j'ai lu un mot d'un homme d'tat trs-clbre1 ,m4 ,guizot1 le voici3 ,la libert est un bien trop prcieux pour qu'un peuple la marchande4 ,eh bien1 quand j'ai lu cette sentence il y a longtemps1 je me suis dit3 ,si jamais cet homme gouverne le pays1 il perdra non-seulement les finances1 mais la libert de la ,france4 ,et1 en effet1 je vous prie de remarquer1 comme je le disais tout l'heure1 que les fonctions publiques ne sont jamais neutres2 si elles ne sont pas indispensables1 elles sont nuisibles4 ,je dis qu'il y a incompatibilit radicale entre un impt exagr et la libert4 ,le maximum de l'impt1 c'est la servitude2 car l'esclave est l'homme qui l'on prend tout1 mme la libert de ses bras et de ses facults4 7,trs-bien67 ,eh bien1 est-ce que si l'tat ne payait pas nos dpens un culte1 par exemple1 nous n'aurions pas la libert des cultes8 ,est-ce que si l'tat ne payait pas nos dpens l'universit1 nous n'aurions pas la libert de l'instruction publique8 ,est-ce que si l'tat ne payait pas nos dpens une bureaucratie trs-nombreuse1 nous n'aurions pas la libert communale et dpartementale8 ,est-ce que si l'tat ne payait pas nos dpens des douaniers1 nous n'aurions pas la libert du commerce8 7,trs-bien6 trs-bien6--,mouvement prolong47 ,car qu'est-ce qui manque le plus aux hommes de ce pays-ci8 ,un peu de confiance en eux-mmes1 le sentiment de leur responsabilit4 ,il n'est pas bien tonnant qu'ils l'aient perdu1 on les a habitus le perdre force de les gouverner4 ,ce pays est trop gouvern1 voil le mal4 ,le remde est qu'il apprenne se gouverner lui-mme1 qu'il apprenne faire la distinction entre les attributions essentielles de l'tat et celles qu'il a usurpes1 nos frais1 sur l'activit prive4 ,tout le problme est l4 ,quant moi1 je dis3 ,le nombre des choses qui rentrent dans les attributions essentielles du gouvernement est trs-limit3 faire rgner l'ordre1 la scurit1 maintenir chacun dans la justice1 c'est--dire rprimer les dlits et les crimes1 et excuter quelques grands travaux d'utilit publique1 d'utilit nationale1 voil1 je crois1 quelles sont ses attributions essentielles2 et nous n'aurons de repos1 nous n'aurons de finances1 nous n'aurons abattu l'hydre des rvolutions que lorsque nous serons rentrs1 par des voies progressives1 si vous voulez1 dans ce systme vers lequel nous devons nous diriger4 7,trs-bien67 ,la seconde condition de ce systme1 c'est qu'il faut vouloir sincrement la paix2 car il est vident que non-seulement la guerre1 mais mme l'esprit de guerre1 les tendances belliqueuses sont incompatibles avec un pareil systme4 ,je sais bien que le mot paix fait quelquefois circuler le sourire de l'ironie sur ces bancs2 mais1 vritablement1 je ne crois pas que des hommes srieux puissent accueillir ce mot avec ironie4 ,comment6 l'exprience ne nous apprendra-t-elle jamais rien8 ,depuis #ahae1 par exemple1 nous entretenons des armes nombreuses1 des armes normes2 et je puis dire que ce sont prcisment ces grandes forces militaires qui nous ont entrans malgr nous dans des affaires1 dans des guerres dont nous ne nous serions pas mls assurment1 si nous n'avions pas eu ces grandes forces derrire nous4 ,nous n'aurions pas eu la guerre d',espagne1 en #ahbc2 nous n'aurions pas eu1 l'anne dernire1 l'expdition de ,rome2 nous aurions laiss le pape et les ,romains s'arranger entre eux1 si notre appareil militaire et t restreint des proportions plus modestes4 7,mouvements divers47 ,une voix droite4 ,et en juin1 vous n'avez pas t fch d'avoir l'arme6 ,m4 ,,bastiat4 ,vous me rpondez par le mois de juin4 ,moi1 je vous dis que si vous n'aviez pas eu ces grosses armes1 vous n'auriez pas eu le mois de juin4 7,hilarit prolonge droite4--,longue agitation47 ,une voix droite4 ,c'est comme si vous disiez qu'il n'y aurait pas de voleurs s'il n'y avait pas de gendarmes4 ,m4 ,b,,rard4 ,mais ce sont les fonctionnaires publics des ateliers nationaux qui ont fait le mois de juin4 ,m4 ,,bastiat4 ,je raisonne dans l'hypothse o la ,france aurait t bien gouverne1 presque idalement gouverne1 et alors il m'est bien permis de croire que nous n'aurions pas eu les funestes journes de juin1 comme nous n'aurions pas eu le #bd fvrier #ahdh1 #ahcj1 ni peut-tre #ahad4 ,quoi qu'il en soit1 la libert et la paix1 voil les deux colonnes du systme que je dveloppe ici4 ,et remarquez bien que je ne le prsente pas seulement comme bon en lui-mme1 mais comme command par la ncessit la plus imprieuse4 ,maintenant il y a des personnes qui se proccupent1 et avec raison1 de la scurit4 ,je m'en proccupe aussi et autant que qui que ce soit2 c'est un bien aussi prcieux que les deux autres2 mais nous sommes dans un pays habitu tre tellement gouvern qu'on ne peut s'imaginer qu'il puisse y avoir un peu d'ordre et de scurit avec moins de rglementation4 ,je crois que c'est prcisment dans cette surabondance de gouvernement que se trouve la cause de presque tous les troubles1 les agitations1 les rvolutions dont nous sommes les tristes tmoins et quelquefois les victimes4 ,voyons ce que cela implique4 ,la socit se divise alors en deux parties3 les exploitants et les exploits4 7,allons donc6--,longue interruption47 ,une voix droite4 ,ce n'est pas une telle distinction qui peut ramener la paix4 ,m4 ,,bastiat4 ,messieurs1 il ne faut pas qu'il y ait d'quivoque2 je ne fais aucune espce d'allusion1 ni la proprit1 ni au capital2 je parle seulement de #a1hjj millions qui sont pays d'un ct et qui sont reus de l'autre4 ,j'ai peut-tre eu tort de dire exploits1 car1 dans ces #a1hjj millions1 il y en a une partie considrable qui va des hommes qui rendent des services trs-rels4 ,je retire donc l'expression4 7,rumeurs au pied de la tribune47 ,m4 ,,le ,,pr,,sident4 ,messieurs1 gardez donc le silence2 vous n'tes l qu' la condition de garder le silence plus que tous les autres4 ,m4 ,,bastiat4 ,je veux faire observer que cet tat de choses1 cette manire d'tre1 ces immenses dpenses du gouvernement doivent toujours tre justifies ou expliques de quelque faon2 par consquent1 cette prtention du gouvernement de tout faire1 de tout diriger1 de tout gouverner1 a d faire natre naturellement une pense dangereuse dans le pays3 cette population qui est au-dessous attend tout du gouvernement1 elle attend l'impossible de ce gouvernement4 7,trs-bien6 trs-bien67 ,nous parlons des vignerons3 j'ai vu des vignerons les jours de grle1 les jours o ils sont ruins2 ils pleurent1 mais ils ne se plaignent pas du gouvernement2 ils savent qu'entre la grle et lui n'existe aucune connexit4 ,mais lorsque vous induisez la population croire que tous les maux qui n'ont pas un caractre aussi abrupt que la grle1 que tous les autres maux viennent du gouvernement1 que le gouvernement le laisse croire lui-mme1 puisqu'il ne reoit cette norme contribution qu' la condition de faire quelque bien au peuple2 il est vident que1 lorsque les choses en sont l1 vous avez des rvolutions perptuelles dans le pays1 parce qu' raison du systme financier dont je parlais tout l'heure1 le bien que peut faire le gouvernement n'est rien en comparaison du mal qu'il fait lui-mme par les contributions qu'il soutire4 ,alors le peuple1 au lieu d'tre mieux1 est plus mal1 il souffre1 il s'en prend au gouvernement2 et il ne manque pas d'hommes dans l'opposition qui viennent et qui lui disent3 ,voyez-vous ce gouvernement qui vous a promis ceci1 promis cela4441 qui devait diminuer tous les impts1 vous combler de bienfaits2 voyez-vous ce gouvernement comme il tient ses promesses6 ,mettez-nous sa place1 et vous verrez comme nous ferons autre chose6 7,hilarit gnrale4--,marques d'approbation47 ,alors on renverse le gouvernement4 ,et cependant les hommes qui arrivent au pouvoir se trouvent prcisment dans la mme situation que ceux qui les ont prcds2 ils sont obligs de retirer peu peu toutes leurs promesses2 ils disent ceux qui les pressent de les raliser3 ,le temps n'est pas venu1 mais comptez sur l'amlioration de la situation1 comptez sur les exportations1 comptez sur une prosprit future4 ,mais1 comme1 en ralit1 ils ne font pas plus que leurs prdcesseurs1 on a plus de griefs contre eux1 on finit par les renverser1 et l'on marche de rvolution en rvolution4 ,je ne crois pas qu'une rvolution soit possible l o le gouvernement n'a d'autres relations avec les citoyens que de garantir chacun sa scurit1 sa libert4 7,trs-bien6 trs-bien67 ,pourquoi se rvolte-t-on contre un gouvernement8 ,c'est parce qu'il manque sa promesse4 ,avez-vous jamais vu le peuple se rvolter contre la magistrature1 par exemple8 ,elle a mission de rendre la justice et la rend2 nul ne songe lui demander plus4 7,trs-bien67 ,persuadez-vous bien d'une chose1 c'est que l'amour de l'ordre1 l'amour de la scurit1 l'amour de la tranquillit n'est un monopole pour personne4 ,il existe1 il est inhrent la nature humaine4 ,interrogez tous ces hommes mcontents1 parmi lesquels il y a bien quelques perturbateurs sans doute444 ,eh6 mon ,dieu1 il y a toujours des exceptions4 ,mais interrogez les hommes de toutes les classes1 ils vous diront tous combien1 dans ce temps-ci1 ils sont effrays de voir l'ordre compromis2 ils aiment l'ordre1 ils l'aiment au point de lui faire de grands sacrifices1 des sacrifices d'opinion et des sacrifices de libert2 nous le voyons tous les jours4 ,eh bien6 ce sentiment serait assez fort pour maintenir la scurit1 surtout si les opinions contraires n'taient pas sans cesse alimentes par la mauvaise constitution du gouvernement4 ,je n'ajouterai qu'un mot relativement la scurit4 ,je ne suis pas un profond jurisconsulte1 mais je crois vritablement que si le gouvernement tait renferm dans les limites dont je parle1 et que toute la force de son intelligence1 de sa capacit ft dirige sur ce point-l3 amliorer les conditions de scurit des hommes1 je crois qu'on pourrait faire dans cette carrire des progrs immenses4 ,je ne crois pas que l'art de rprimer les dlits et les vices1 de moraliser et de rformer les prisonniers1 ait fait encore tous les progrs qu'il peut faire4 ,je dis et je rpte que si le gouvernement excitait moins de jalousies1 d'un ct1 moins de prjugs1 d'un autre ct1 et que toutes ses forces pussent tre diriges vers l'amlioration civile et pnale1 la socit aurait tout y gagner4 ,je m'arrte4 ,j'ai une conviction si profonde que les ides que j'apporte cette tribune remplissent toutes les conditions d'un programme gouvernemental1 qu'elles concilient tellement la libert1 la justice1 les ncessits financires et le besoin de l'ordre et tous les grands principes qui soutiennent les peuples et l'humanit2 j'ai cette conviction si bien arrte1 que j'ai peine croire qu'on puisse taxer ce projet d'utopie4 ,et1 au contraire1 il me semble vritablement que si ,napolon1 par exemple1 revenait dans ce monde 7,exclamations droite7 et qu'on lui dt3 ,voil deux systmes2 dans l'un1 il s'agit de restreindre1 de limiter les attributions gouvernementales et par consquent les impts2 dans l'autre1 il s'agit d'tendre indfiniment les attributions gouvernementales et par consquent les impts1 et par suite il faut faire accepter la ,france les droits runis1--j'ai la conviction et j'affirme que ,napolon dirait que la vritable utopie est de ce dernier ct1 car il a t bien plus difficile d'tablir les droits runis1 qu'il ne le serait d'entrer dans le systme que je viens de proclamer cette tribune4 ,maintenant on me demandera pourquoi je refuse aujourd'hui et sur-le-champ l'impt1 des boissons2 je le dirai4 ,je viens d'exposer le systme1 la thorie dans laquelle je voudrais que le gouvernement entrt4 ,mais comme je n'ai jamais vu un gouvernement qui voult excuter sur lui ce qu'il regarde comme une sorte de demi-suicide1 retrancher toutes les attributions qui ne lui sont pas essentielles1 je me vois oblig de le forcer1 et je ne le puis qu'en lui refusant les moyens de persvrer dans une voie funeste4 ,c'est pour cela que j'ai vot pour la rduction de l'impt du sel2 c'est pour cela que j'ai vot pour la rforme postale2 c'est pour cela que je voterai contre l'impt des boissons4 7,assentiment gauche47 ,c'est ma conviction intime que la ,france1 si elle a foi1 si elle a confiance en elle-mme1 si elle a la certitude qu'on ne viendra pas l'attaquer1 du moment qu'elle est dcide ne pas attaquer les autres1 c'est ma conviction intime qu'il est facile de diminuer les dpenses publiques dans une proportion norme1 et que1 mme avec la suppression de l'impt sur les boissons1 il restera suffisamment1 non-seulement pour aligner les recettes avec les dpenses1 mais encore pour diminuer la dette publique4 7,marques nombreuses d'approbation47 ,,discours ,,sur ,,la ,r,,pression ,,des ,,coalitions ,,industrielles#gh4 ,note #gh3 ,les articles #dac1 #dae et #daf du ,code pnal punissent1 mais d'une manire bien ingale1 les coalitions des patrons et celles des ouvriers4 ,une proposition d'abroger ces trois articles avait t renvoye par l',assemble lgislative l'examen d'une commission1 qui ne la jugea pas admissible et pensa qu'il tait indispensable de maintenir les dispositions rpressives1 en les modifiant1 toutefois1 pour les rendre impartiales4 ,ce but1 il est permis de le dire1 ne fut pas atteint par les modifications formules4 ,m4 ,morin1 manufacturier et reprsentant de la ,drme1 persuad que la seule base sur laquelle puisse s'tablir le bon accord entre les ouvriers et les patrons1 c'est l'galit devant la loi1 voulut amender les conclusions de la commission conformment ce principe4 ,l'amendement qu'il prsenta fut appuy par ,bastiat1 dans la sance du #ag novembre #ahdi4 7,note de l'diteur47 ,,citoyens ,,repr,,sentants1 ,je viens appuyer l'amendement de mon honorable ami ,m4 ,morin2 je ne puis pas l'appuyer sans examiner aussi le projet de la commission4 ,il est impossible de discuter l'amendement de ,m4 ,morin1 sans entrer1 pour ainsi dire involontairement1 dans la discussion gnrale1 car cela oblige discuter aussi la proposition de la commission4 ,en effet1 l'amendement de ,m4 ,morin n'est pas seulement une modification la proposition principale2 il oppose un systme un autre systme1 et pour se dcider il faut bien comparer4 ,citoyens1 je n'apporte dans cette discussion aucun esprit de parti1 aucun prjug de classe1 je ne parlerai pas aux passions2 mais l',assemble voit que mes poumons ne peuvent lutter contre des orages parlementaires2 j'ai besoin de sa plus bienveillante attention4 ,pour apprcier le systme de la commission1 permettez-moi de rappeler quelques paroles de l'honorable rapporteur1 ,m4 de ,vatimesnil4 ,il disait3 ,il y a un principe gnral dans les articles #dd et suivants du ,code pnal2 ce principe gnral est celui-ci3 ,la coalition1 soit entre patrons1 soit entre ouvriers1 constitue un dlit1 une condition1 c'est qu'il y ait eu tentative ou commencement d'excution4 ,cela est crit dans la loi1 et c'est ce qui rpond tout de suite une observation prsente par l'honorable ,m4 ,morin4 ,il vous a dit3 ,les ouvriers ne pourront donc pas se runir1 venir chez leur patron dbattre honorablement avec lui 7c'est l'expression dont il s'est servi71 dbattre honorablement avec lui leurs salaires6 ,pardonnez-moi1 ils pourront se runir1 ajoute ,m4 de ,vatimesnil1 ils le pourront parfaitement1 ils le pourront soit en venant tous1 soit en nommant des commissions1 pour traiter avec leurs patrons2 pas de difficult quant cela2 le dlit1 aux termes du ,code1 ne commence que quand il y a eu tentative ou commencement d'excution de coalition1 c'est--dire lorsque1 aprs avoir dbattu les conditions1 et malgr l'esprit de conciliation que les patrons1 dans leur propre intrt1 apportent toujours dans ces sortes d'affaires1 on leur dit3 ,mais1 aprs tout1 comme vous ne nous donnez pas tout ce que nous vous demandons1 nous allons nous retirer1 et nous allons1 par notre influence1 par des influences qui sont bien connues et qui tiennent l'identit d'intrt et la camaraderie1 nous allons dterminer tous les autres ouvriers des autres ateliers se mettre en chmage4 ,aprs cette lecture1 je me demande o est le dlit2--car dans cette ,assemble1 il ne peut y avoir1 ce me semble1 sur une pareille question1 ce qu'on appelle majorit ou minorit systmatique4 ,ce que nous voulons tous1 c'est rprimer des dlits2 ce que nous cherchons tous1 c'est de ne pas introduire dans le ,code pnal des dlits fictifs1 imaginaires1 pour avoir le plaisir de les punir4 ,je me demande o est le dlit4 ,est-il dans la coalition1--dans le chmage1--dans l'influence laquelle on fait allusion8 ,on dit3 ,c'est la coalition elle-mme qui constitue le dlit4 ,j'avoue que je ne puis admettre cette doctrine1 parce que le mot coalition est synonyme d'association2 c'est la mme tymologie1 le mme sens4 ,la coalition1 abstraction faite du but qu'elle se propose1 des moyens qu'elle emploie1 ne peut tre considre comme un dlit1 et ,m4 le rapporteur le sent lui-mme2 car rpondant ,m4 ,morin1 qui demandait si les ouvriers pouvaient dbattre avec les patrons les salaires1 l'honorable ,m4 de ,vatimesnil disait3 ,ils le pourront certainement2 ils pourront se prsenter isolment ou tous ensemble1 nommer des commissions4 ,or1 pour nommer des commissions1 il faut certainement s'entendre1 se concerter1 s'associer2 il faut faire une coalition4 strictement parler1 ce n'est donc pas dans le fait mme de la coalition qu'est le dlit4 ,cependant on voudrait l'y mettre1 et l'on dit3 ,il faut qu'il y ait un commencement d'excution4 ,mais le commencement d'excution d'une action innocente peut-il rendre cette action coupable8 ,je ne le crois pas4 ,si une action est mauvaise en elle-mme1 il est certain que la loi ne peut l'atteindre qu'autant qu'il y a un commencement d'excution4 ,je dirai mme3 ,c'est le commencement d'excution qui fait l'existence de l'action4 ,votre langage1 au contraire1 revient celui-ci3 ,le regard est un dlit1 mais il ne devient un dlit que lorsqu'on commence regarder4 ,m4 de ,vatimesnil reconnat lui-mme qu'on ne peut pas aller rechercher la pense d'une action coupable4 ,or1 quand l'action est innocente en elle-mme1 et qu'elle se manifeste par des faits innocents1 il est vident que cela n'incrimine pas et ne peut jamais changer sa nature4 ,maintenant1 qu'est-ce que l'on entend par ces mots commencement d'excution8 ,une coalition peut se manifester1 peut commencer tre excute de mille manires diffrentes4 ,mais non1 on ne s'occupe pas de ces mille manires1 on se concentre sur le chmage4 ,en ce cas1 si c'est le chmage qui est ncessairement le commencement d'excution de la coalition1 dites donc que le chmage est1 par lui-mme1 un dlit2 punissez donc le chmage2 dites que le chmage sera puni2 que quiconque aura refus de travailler au taux qui ne lui convient pas sera puni4 ,alors votre loi sera sincre4 ,mais y a-t-il une conscience qui puisse admettre que le chmage1 en lui-mme1 indpendamment des moyens qu'on emploie1 est un dlit8 ,est-ce qu'un homme n'a pas le droit de refuser de vendre son travail un taux qui ne lui convient pas8 ,on me rpondra3 ,tout cela est vrai quand il s'agit d'un homme isol1 mais cela n'est pas vrai quand il s'agit d'hommes qui sont associs entre eux4 ,mais1 messieurs1 une action qui est innocente en soi n'est pas criminelle parce qu'elle se multiplie par un certain nombre d'hommes4 ,lorsqu'une action est mauvaise en elle-mme1 je conois que1 si cette action est faite par un certain nombre d'individus1 on puisse dire qu'il y a aggravation2 mais quand elle est innocente en elle-mme1 elle ne peut pas devenir coupable parce qu'elle est le fait d'un grand nombre d'individus4 ,je ne conois donc pas comment on peut dire que le chmage est coupable4 ,si un homme a le droit de dire un autre3 ,je ne veux pas travailler telle ou telle condition1 deux ou trois mille hommes ont le mme droit2 ils ont le droit de se retirer4 ,c'est l un droit naturel1 qui doit tre aussi un droit lgal4 ,cependant on a besoin de jeter un vernis de culpabilit sur le chmage1 et alors comment s'y prend-on8 ,on glisse entre parenthse ces mots3 ,comme vous ne nous donnez pas ce que nous vous demandons1 nous allons nous retirer2 nous allons1 par des influences qui sont bien connues et qui tiennent l'identit d'intrt1 la camaraderie444 ,voil donc le dlit2 ce sont les influences bien connues1 ce sont les violences2 les intimidations2 c'est l qu'est le dlit2 c'est l que vous devez frapper4 ,eh bien1 c'est l que frappe l'amendement de l'honorable ,m4 ,morin4 ,comment lui refuseriez-vous vos suffrages8 ,mais on nous rapporte une autre suite de raisonnements et on dit ceci3 ,la coalition porte les deux caractres qui peuvent la faire classer dans le nombre des dlits2 la coalition est blmable en elle1 et ensuite elle produit des consquences funestes1 funestes pour l'ouvrier1 funestes pour le patron1 funestes pour la socit tout entire4 ,d'abord1 que la coalition soit blmable1 c'est prcisment le point sur lequel on n'est pas d'accord1 quod erat demonstrandum1 c'est ce qu'il faut prouver2 elle est blmable selon le but qu'elle se propose et surtout selon les moyens qu'elle emploie4 ,si la coalition se borne la force d'inertie1 la passivet1 si les ouvriers se sont concerts1 se sont entendus et qu'ils disent3 ,nous ne voulons pas vendre notre marchandise1 qui est du travail1 tel prix1 nous en voulons tel autre1 et si vous refusez1 nous allons rentrer dans nos foyers ou chercher de l'ouvrage ailleurs1--il me semble qu'il est impossible de dire que ce soit l une action blmable4 ,mais vous prtendez qu'elle est funeste4 ,ici1 malgr tout le respect que je professe pour le talent de ,m4 le rapporteur1 je crois qu'il est entr dans un ordre de raisonnements au moins fort confus4 ,il dit3 ,le chmage est nuisible au patron1 car c'est une chose fcheuse pour le patron qu'un ou plusieurs ouvriers se retirent4 ,cela nuit son industrie1 de manire que l'ouvrier porte atteinte la libert du patron1 et par suite l'art4 #ac de la ,constitution4 ,en vrit1 c'est l un renversement complet d'ides4 ,quoi6 je suis en face d'un patron1 nous dbattons le prix1 celui qu'il m'offre ne me convient pas1 je ne commets aucune violence1 je me retire1--et vous dites que c'est moi qui porte atteinte la libert du patron1 parce que je nuis son industrie6 ,faites attention que ce que vous proclamez n'est pas autre chose que l'esclavage4 ,car qu'est-ce qu'un esclave1 si ce n'est l'homme forc1 par la loi1 de travailler des conditions qu'il repousse8 7 gauche4 ,trs-bien67 ,vous demandez que la loi intervienne parce que c'est moi qui viole la proprit du patron2 ne voyez-vous pas1 au contraire1 que c'est le patron qui viole la mienne8 ,s'il fait intervenir la loi pour que sa volont me soit impose1 o est la libert1 o est l'galit8 7 gauche4 ,trs-bien67 ,ne dites pas que je tronque votre raisonnement1 car il est tout entier dans le rapport et dans votre discours4 ,vous dites ensuite que les ouvriers1 quand ils se coalisent1 se font du tort eux-mmes1 et vous partez de l pour dire que la loi doit empcher le chmage4 ,je suis d'accord avec vous que1 dans la plupart des cas1 les ouvriers se nuisent eux-mmes4 ,mais c'est prcisment pour cela que je voudrais qu'ils fussent libres1 parce que la libert leur apprendrait qu'ils se nuisent eux-mmes2 et vous1 vous en tirez cette consquence1 qu'il faut que la loi intervienne et les attache l'atelier4 ,mais vous faites entrer la loi dans une voie bien large et bien dangereuse4 ,tous les jours1 vous accusez les socialistes de vouloir faire intervenir la loi en toutes choses1 de vouloir effacer la responsabilit personnelle4 ,tous les jours1 vous vous plaignez de ce que1 partout o il y a un mal1 une souffrance1 une douleur1 l'homme invoque sans cesse la loi et l'tat4 ,quant moi1 je ne veux pas que1 parce qu'un homme chme et que par cela mme il dvore une partie de ses conomies1 la loi puisse lui dire3 ,tu travailleras dans cet atelier1 quoiqu'on ne t'accorde pas le prix que tu demandes4 ,je n'admets pas cette thorie4 ,enfin vous dites qu'il nuit la socit tout entire4 ,il n'y a pas de doute qu'il nuit la socit2 mais c'est le mme raisonnement2 un homme juge qu'en cessant de travailler il obtiendra un meilleur taux de salaire dans huit ou dix jours2 sans doute c'est une dperdition de travail pour la socit1 mais que voulez-vous faire8 ,voulez-vous que la loi remdie tout8 ,c'est impossible2 il faudrait alors dire qu'un marchand qui attend1 pour vendre son caf1 son sucre1 de meilleurs temps1 nuit la socit2 il faudrait donc invoquer toujours la loi1 toujours l'tat6 ,on avait fait contre le projet de la commission une objection qu'il me semble qu'on a traite bien lgrement1 trop lgrement1 car elle est fort-srieuse4 ,on avait dit3 ,de quoi s'agit-il8 ,il y a des patrons d'un ct1 des ouvriers de l'autre2 il s'agit de rglement de salaires4 videmment1 ce qu'il faut dsirer1 le salaire se rglant par le jeu naturel de l'offre et de la demande1 c'est que la demande et l'offre soient aussi libres1 ou1 si vous voulez1 aussi contraintes l'une que l'autre4 ,pour cela1 il n'y a que deux moyens3 il faut1 ou laisser les coalitions parfaitement libres1 ou les supprimer tout fait4 ,on vous objecte1--et vous avouez--qu'il est tout fait impossible votre loi de tenir la balance quitable2 que les coalitions d'ouvriers1 se faisant toujours sur une trs grande chelle et en plein jour1 sont bien plus faciles saisir que les coalitions de patrons4 ,vous avouez la difficult2 mais vous ajoutez aussitt3 ,la loi ne s'arrte pas ces dtails4--,je rponds qu'elle doit s'y arrter4 ,si la loi ne peut rprimer un prtendu dlit qu'en commettant envers toute une classe de citoyens la plus criante et la plus norme des injustices1 elle doit s'arrter4 ,il y a mille cas analogues o la loi s'arrte4 ,vous avouez vous-mme que1 sous l'empire de votre lgislation1 l'offre et la demande ne sont plus deux de jeu1 puisque la coalition des patrons ne peut pas tre saisie2 et c'est vident3 deux1 trois patrons1 djeunent ensemble1 font une coalition1 personne n'en sait rien4 ,celle des ouvriers sera toujours saisie puisqu'elle se fait au grand jour4 ,puisque les uns chappent votre loi1 et que les autres n'y chappent pas1 elle a pour rsultat ncessaire de peser sur l'offre et de ne pas peser sur la demande1 d'altrer1 au moins en tant qu'elle agit1 le taux naturel des salaires1 et cela d'une manire systmatique et permanente4 ,c'est ce que je ne puis pas approuver4 ,je dis que1 puisque vous ne pouvez pas faire une loi galement applicable tous les intrts qui sont en prsence1 puisque vous ne pouvez leur donner l'galit1 laissez-leur la libert1 qui comprend en mme temps l'galit4 ,mais si l'galit n'a pas pu tre atteinte comme rsultat dans le projet de la commission1 l'est-elle au moins sur le papier8 ,oui1 je crois que la commission1 et j'en suis certain1 a fait de grands efforts pour atteindre au moins l'galit apparente4 ,cependant elle n'y a pas encore russi1 et1 pour s'en convaincre1 il suffit de comparer l'art4 #dad l'art4 #dae1 celui qui concerne les patrons celui qui concerne les ouvriers4 ,le premier est excessivement simple2 on ne peut s'y tromper2 la justice quand elle poursuivra1--le dlinquant quand il se dfendra1--sauront parfaitement quoi s'en tenir4 ,sera punie444 #a toute coalition entre ceux qui font travailler les ouvriers1 tendant forcer l'abaissement des salaires1 s'il y a eu tentative ou commencement d'excution4 ,j'appelle votre attention sur le mot forcer1 qui ouvre une grande latitude la dfense des patrons3 il est vrai1 diront-ils1 que nous nous sommes runis deux ou trois2 nous avons pris des mesures pour produire la baisse des salaires mais nous n'avons pas essay de forcer4--,c'est un mot trs-important qui ne se trouve pas dans l'article suivant4 ,en effet1 l'article suivant est extrmement lastique2 il ne comprend pas un seul fait1 il en comprend un trs-grand nombre4 ,toute coalition d'ouvriers pour faire cesser en mme temps les travaux1 pour interdire le travail dans les ateliers1 pour empcher de s'y rendre avant ou aprs certaines heures1 et1 en gnral1 pour suspendre1 empcher1 enchrir les travaux 7il n'y a pas forcer71 s'il y a tentative ou commencement d'excution1 etc4 ,et si l'on disait que j'pilogue sur le mot forcer1 j'appellerais l'attention de la commission sur l'importance qu'elle a donne elle-mme ce mot4 7,bruit47 ,un membre gauche4 ,la droite n'accorde pas le silence4 ,quand on dit de bonnes choses1 on interrompt toujours4 ,racontez une histoire1 on vous coutera4 ,m4 ,,fr,d,,ric ,,bastiat4 ,dans le dsir d'arriver1 au moins sur le papier1 puisque c'est impossible en fait1 une certaine galit1 la commission avait deux voies prendre relativement aux expressions injustement et abusivement que contient l'art4 #dad4 ,il fallait videmment ou supprimer1 dans l'art4 #dad1 ces mots qui ouvraient une voie trs-large la dfense des patrons1 ou l'introduire dans l'art4 #dae pour ouvrir la mme porte aux ouvriers4 ,la commission a prfr la suppression des mots injustement et abusivement4 ,sur quoi s'est-elle fonde8 ,elle s'est fonde prcisment sur ce que1 immdiatement aprs ces mots1 venait le mot forcer1 et ce mot1 soulign cinq fois dans une seule page de son rapport1 prouve qu'elle y attache une grande importance4 ,mais elle s'en est exprime trs-catgoriquement2 elle a dit3 ,quand un concert de mesures contraires aux lois a t tabli pour forcer l'abaissement des salaires1 il est impossible de le justifier4 ,un tel fait est ncessairement injuste et abusif2 car forcer l'abaissement des salaires1 c'est produire1 par un pacte aussi illicite que contraire l'humanit1 un abaissement de salaires qui ne serait pas rsult des circonstances industrielles et de la libre concurrence2 d'o il suit que l'emploi de ces mots injustement et abusivement choque le bon sens4 ,ainsi1 comment a-t-on justifi l'limination qu'on a faite des mots injustement et abusivement8 ,on a dit3 ,c'est un plonasme2 le mot forcer remplace tout cela4 ,mais1 messieurs1 quand il s'est agi des ouvriers1 on n'a plus mis le mot forcer1 et ds lors les ouvriers n'ont plus la mme chance de dfense2 on a mis seulement qu'ils ne pourraient enchrir les salaires1 non plus en forcer injustement ou abusivement l'lvation1 mais les enchrir seulement4 ,il y a encore l1 au moins dans la rdaction1 un vice1 une ingalit qui vient s'enter sur l'ingalit bien plus grave dont j'ai parl tout l'heure4 ,tel est1 messieurs1 le systme de la commission1 systme qui1 selon moi1 est vicieux de tout point1 vicieux thoriquement1 et vicieux pratiquement1 systme qui nous laisse dans une incertitude complte sur ce que c'est que le dlit4 ,est-ce la coalition1 est-ce le chmage1 est-ce l'abus1 est-ce la force8 ,on n'en sait rien4 ,je dfie qui que ce soit1 l'esprit le plus logique1 de voir o commence et o finit l'impunit4 ,vous me dites3 ,la coalition est un dlit4 ,cependant vous pouvez nommer une commission4--,mais je ne suis pas sr de pouvoir nommer une commission et envoyer des dlgus1 quand votre rapport est plein de considrations1 desquelles il rsulte que la coalition est l'essence mme du dlit4 ,je dis ensuite que1 pratiquement1 votre loi est pleine d'ingalits2 elle ne s'applique pas exactement et proportionnellement aux deux partis dont vous voulez faire cesser l'antagonisme4 ,singulire manire de faire cesser l'antagonisme entre deux partis1 que de les traiter d'une manire ingale6 ,quant au systme de ,m4 ,morin1 je ne m'y arrterai pas longtemps2 il est parfaitement clair1 parfaitement lucide2 il repose sur un principe inbranlable et admis par tout le monde3 libert dans l'usage et rpression dans l'abus4 ,il n'y a pas d'intelligence quelconque qui ne donne son adhsion un pareil principe4 ,demandez au premier venu1 qui vous voudrez1 si la loi est injuste1 partiale lorsqu'elle se contente de rprimer l'intimidation1 la violence8 ,tout le monde vous dira3 ,ce sont l de vrais dlits4 ,d'ailleurs1 les lois sont faites pour les ignorants comme pour les savants4 ,il faut que la dfinition d'un dlit saisisse les intelligences1 il faut que la conscience y donne son assentiment2 il faut qu'en lisant la loi on dise3 ,en effet1 c'est un dlit4 ,vous parlez du respect des lois2 c'est l une partie constitutive du respect des lois4 ,comment voulez-vous qu'on respecte une loi inintelligente et inintelligible8 ,cela est impossible4 7,approbation gauche47 ,ce qui se passe ici1 messieurs1 me semble tirer quelque importance de l'analogie parfaite avec ce qui s'est pass dans un autre pays1 dont a parl hier ,m4 de ,vatimesnil1 l',angleterre1 qui a une si grande exprience en matire de coalitions1 de luttes1 de difficults de cette nature4 ,je crois que cette exprience vaut la peine d'tre consulte et apporte cette tribune4 ,on vous a parl des nombreuses et formidables coalitions qui s'y sont manifestes depuis l'abrogation de la loi ou des lois2 mais on ne vous a rien dit de celles qui avaient eu lieu auparavant4 ,c'est ce dont il fallait parler aussi2 car1 pour juger les deux systmes1 il faut les comparer4 ,avant #ahbd1 l',angleterre avait t dsole par des coalitions si nombreuses1 si terribles1 si nergiques1 qu'on avait oppos ce flau trente-sept statuts dans un pays o1 comme vous le savez1 l'antiquit fait1 pour ainsi dire1 partie de la loi1 o l'on respecte des lois mme absurdes1 uniquement parce qu'elles sont anciennes4 ,il faut que ce pays ait t bien travaill1 bien tourment par le mal pour qu'il se soit dcid faire1 coup sur coup1 et dans un court espace de temps1 trente-sept statuts1 tous plus nergiques les uns que les autres4 ,eh bien6 qu'est-il arriv8 ,on n'en est pas venu bout2 le mal allait toujours s'aggravant4 ,un beau jour on s'est dit3 ,nous avons essay bien des systmes1 trente-sept statuts ont t faits2 essayons si nous pourrons russir par un moyen bien simple1 la justice et la libert4--,je voudrais que l'on appliqut ce raisonnement dans bien des questions1 et l'on trouverait que leur solution n'est pas si difficile qu'on le pense2 mais enfin1 cette fois1 on a fait et appliqu ce raisonnement en ,angleterre4 ,donc1 en #ahbd1 une loi intervint sur la proposition de ,m4 ,hume1 proposition qui ressemblait tout fait celle de ,,mm4 ,doutre1 ,greppo1 ,benot et ,fond3 c'tait l'abrogation complte1 totale1 de ce qui avait exist jusqu'alors4 ,la justice1 en ,angleterre1 se trouva alors dsarme en face des coalitions1 mme contre la violence1 l'intimidation et les menaces1 faits qui cependant viennent aggraver la coalition4 ces faits-l on ne pouvait appliquer que les lois relatives aux menaces1 aux rixes accidentelles qui ont lieu dans les rues2 de sorte que1 l'anne d'aprs1 en #ahbe1 le ministre de la justice vint demander une loi spciale qui laisserait la libert complte aux coalitions1 mais qui aggraverait la peine applique aux violences ordinaires2 le systme de la loi de #ahbe est l tout entier4 ,l'art4 #c porte3 ,sera puni d'un emprisonnement et d'une amende1 etc4441 quiconque par intimidation1 menaces ou violences1 aura4441 etc4 ,les mots intimidation1 menaces et violences reviennent chaque phrase4 ,le mot coalition n'est pas mme mentionn4 ,et puis viennent deux autres articles extrmement remarquables1 que l'on n'admettrait pas probablement en ,france1 parce qu'ils sont virtuellement renferms dans cette maxime3 ,ce que la loi ne dfend pas est permis4 ,il y est dit3 ,ne seront pas passibles de cette peine ceux qui se seront runis1 ceux qui se seront coaliss et auront cherch influer sur le taux des salaires1 ceux qui seront entrs dans des conventions verbales ou crites1 etc444 ,enfin1 la libert la plus large et la plus complte y est expressment accorde4 ,je dis qu'il y a de l'analogie dans la situation1 car ce que vous propose la commission1 c'est l'ancien systme anglais1 celui des statuts4 ,la proposition de ,m4 ,doutre et de ses collgues1 c'est la proposition de ,m4 ,hume qui abolit tout1 et qui ne laissait aucune aggravation pour les violences qui taient concertes1 quoique l'on ne puisse mconnatre que les violences mdites par un certain nombre d'hommes offrent plus de dangers que la violence individuelle commise dans la rue4 ,enfin la proposition de l'honorable ,m4 ,morin rpond parfaitement celle qui a amen en ,angleterre la loi dfinitive de #ahbe4 ,maintenant on vous dit3 ,depuis #ahbe1 l',angleterre ne se trouve pas bien de ce systme4--,elle ne s'en trouve pas bien6 ,mais je trouve1 moi1 que vous vous prononcez sur cette question sans l'avoir assez approfondie4 ,j'ai parcouru l',angleterre plusieurs fois1 j'ai interrog sur cette question un grand nombre de manufacturiers4 ,eh bien1 je puis affirmer que jamais je n'ai rencontr une personne qui ne s'en applaudt et qui ne ft trs-satisfaite de ce que l',angleterre1 en cette circonstance1 a os regarder la libert en face4 ,et c'est peut-tre cause de cela que1 plus tard1 dans beaucoup d'autres questions1 elle a os encore regarder la libert en face4 ,vous citez la coalition de #ahcb1 qui1 en effet1 fut une coalition formidable2 mais il faut bien prendre garde et ne pas prsenter les faits isolment4 ,cette anne-l1 il y avait disette1 le bl valait #ie schellings le quarter2 il y avait famine1 et cette famine a dur plusieurs annes444 ,m4 ,,de ,,vatimesnil1 rapporteur4 ,j'ai cit la coalition de #ahdb4 ,m4 ,,bastiat4 ,il y a eu une famine en #ahcb et une autre plus forte en #ahdb4 ,m4 ,,le ,,rapporteur4 ,j'ai parl de la coalition de #ahdb4 ,m4 ,,bastiat4 ,mon argumentation s'applique avec plus de force encore l'anne #ahdb4 ,dans ces temps de disette1 qu'arrive-t-il8 ,c'est que les revenus de presque toute la population servent acheter les objets ncessaires leur subsistance4 ,on n'achte pas d'objets manufacturs1 les ateliers chment1 on est oblig de renvoyer beaucoup d'ouvriers2 il y a concurrence de bras1 et les salaires baissent4 ,eh bien1 lorsque1 dans les salaires1 une grande baisse se manifeste1 et que cela se combine avec une famine pouvantable1 il n'est pas tonnant que1 dans un pays de libert complte1 des coalitions se forment4 ,c'est ce qui a lieu en ,angleterre4 ,est-ce qu'on a chang de loi pour cela8 ,pas du tout4 ,on a vu les causes de ces coalitions1 mais on les a braves4 ,on a puni les menaces1 les violences1 partout o elles se manifestaient1 mais on n'a pas fait autre chose4 ,on vous a prsent un tableau effrayant de ces associations1 et on a dit qu'elles tendaient devenir politiques4 ,messieurs1 l'poque dont je parle1 il s'agitait une grande question en ,angleterre1 et cette question tait envenime encore par les circonstances1 par la disette2 il y avait lutte entre la population industrielle et les propritaires1 c'est--dire l'aristocratie qui voulait vendre le bl le plus cher possible1 et qui1 pour cela1 prohibait les bls trangers4 ,qu'est-il arriv8 ,ces unions1 qu'on appelait hier plaisamment trade-unions1 ces unions1 qui jouissaient de la libert de coalition1 voyant que tous les efforts faits par leur coalition n'taient pas parvenus faire lever le taux des salaires444 ,une voix4 ,c'est ce qui est mauvais4 ,m4 ,,bastiat4 ,vous dites que c'est un mal2 je dis1 au contraire1 que c'est un grand bien4 ,les ouvriers se sont aperus que le taux des salaires ne dpendait pas des patrons1 mais d'autres lois sociales1 et ils se dirent3 ,pourquoi nos salaires ne se sont-ils pas levs8 ,la raison en est simple3 c'est parce qu'il nous est dfendu de travailler pour l'tranger1 ou du moins de recevoir en payement du bl tranger4 ,c'est donc tort que nous nous en prenons nos patrons2 il faut nous en prendre cette classe aristocratique qui non-seulement possde le sol1 mais encore qui fait la loi1 et nous n'aurons d'influence sur les salaires que lorsque nous aurons reconquis nos droits politiques4 gauche4 ,trs-bien6 trs-bien6 ,m4 ,,bastiat4 ,en vrit1 messieurs1 trouver quelque chose d'extraordinaire dans cette conduite si simple et si naturelle des ouvriers anglais1 c'est presque apporter cette tribune une protestation contre le suffrage universel en ,france4 7,nouvel assentiment gauche47 ,il rsulte de l que les ouvriers anglais ont appris une grande leon par la libert2 ils ont appris qu'il ne dpendait pas de leurs patrons d'lever ou d'abaisser le taux des salaires2 et aujourd'hui l',angleterre vient de traverser deux ou trois annes trs-difficiles par suite de la pourriture des pommes de terre1 du manque de rcolte1 de la manie des chemins de fer1 et par suite aussi des rvolutions qui ont dsol l',europe et ferm les dbouchs ses produits industriels2 jamais elle n'avait pass par des crises semblables4 ,cependant il n'y a pas eu un fait de coalition rprhensible et pas un seul fait de violence2 les ouvriers y ont renonc par suite de leur exprience2 c'est l un exemple apporter et mditer dans notre pays4 7,approbation gauche47 ,enfin il y a une considration qui me frappe et qui est plus importante que tout cela4 ,vous voulez le respect des lois1 et vous avez bien raison2 mais il ne faut pas oblitrer le sens de la justice chez les hommes4 ,voil deux systmes en prsence1 celui de la commission et celui de ,m4 ,morin4 ,figurez-vous qu'alternativement1 en vertu de l'un et de l'autre systme1 on traduise des ouvriers en justice4 ,eh bien6 voil des ouvriers traduits en justice en vertu de la loi actuelle sur les coalitions2 ils ne savent mme pas ce qu'on leur demande2 ils ont cru qu'ils avaient le droit1 jusqu' un certain point1 de se coaliser1 de se concerter1 et vous le reconnaissez vous-mmes dans une certaine mesure4 ,ils disent3 ,nous avons mang notre pcule1 nous sommes ruins2 ce n'est pas notre faute1 c'est celle de la socit qui nous tourmente1 de patrons qui nous vexent1 de la justice qui nous poursuit4 ,ils se prsentent devant les tribunaux l'irritation dans le coeur1 ils se posent en victimes1 et non-seulement ils rsistent1 mais ceux qui ne sont pas poursuivis sympathisent avec eux2 la jeunesse1 toujours si ardente1 les publicistes se mettent de leur ct4 ,croyez-vous que ce soit l une position bien belle1 bien favorable pour la justice du pays8 ,au contraire1 poursuivez des ouvriers en vertu du systme de ,m4 ,morin2 qu'ils soient traduits devant la justice2 que le procureur de la ,rpublique dise3 ,nous ne vous poursuivons pas parce que vous vous tes coaliss1 vous tiez parfaitement libres4 ,vous avez demand une augmentation de salaires1 nous n'avons rien dit2 vous vous tes concerts1 nous n'avons rien dit2 vous avez voulu le chmage1 nous n'avons rien dit2 vous avez cherch agir par la persuasion sur vos camarades1 nous n'avons rien dit4 ,mais vous avez employ les armes1 la violence1 la menace2 nous vous avons traduits devant les tribunaux4 ,l'ouvrier que vous poursuivrez ainsi courbera la tte1 parce qu'il aura le sentiment de son tort1 et qu'il reconnatra que la justice de son pays a t impartiale et juste4 7,trs-bien67 ,je terminerai1 messieurs1 par une autre considration1 et c'est celle-ci3 ,selon moi1 il y a une foule de questions agites maintenant parmi les classes ouvrires1 et au sujet desquelles1 dans mon opinion trs-intime et trs-profonde1 les ouvriers s'garent2 et j'appelle votre attention sur ce point3 toujours lorsqu'une rvolution clate dans un pays o il y a plusieurs classes chelonnes1 superposes et o la premire classe s'tait attribu certains privilges1 c'est la seconde qui arrive2 elle avait invoqu naturellement le sentiment du droit et de la justice pour se faire aider par les autres4 ,la rvolution se fait2 la seconde classe arrive4 ,elle ne tarde pas le plus souvent se constituer aussi des privilges4 ,ainsi de la troisime1 ainsi de la quatrime4 ,tout cela est odieux1 mais c'est toujours possible1 tant qu'il y a en bas une classe qui peut faire les frais de ces privilges qu'on se dispute4 ,mais il est arriv ceci1 qu' la rvolution de ,fvrier1 c'est la nation tout entire1 le peuple tout entier1 dans toutes les profondeurs de ses masses1 qui est arriv1 ou qui peut arriver1 par l'lection1 par le suffrage universel1 se gouverner lui-mme4 ,et alors1 par un esprit d'imitation que je dplore1 mais qui me semble assez naturel1 il a pens qu'il pourrait gurir ses souffrances en se constituant aussi des privilges1 car je regarde le droit au crdit1 le droit au travail et bien d'autres prtentions1 comme de vritables privilges4 7,mouvement47 ,et en effet1 messieurs1 ils pourraient lui tre accords1 si au-dessous de lui1 ou sa porte1 il y avait une autre classe encore plus nombreuse1 trois cents millions de ,chinois1 par exemple1 qui pussent en faire les frais4 7,rires d'assentiment47 ,or cela n'existe pas2 c'est pourquoi chacun des privilges1 les hommes du peuple se les payeraient les uns aux autres1 sans profit possible pour eux1 au moyen d'un appareil compliqu et en subissant1 au contraire1 toute la dperdition cause par l'appareil4 ,eh bien6 l',assemble lgislative pourra tre appele lutter contre ces prtentions1 qu'il ne faut pas traiter trop lgrement1 parce que1 malgr tout1 elles sont sincres4 ,vous serez obligs de lutter4 ,comment lutteriez-vous avec avantage si vous refoulez la classe ouvrire lorsqu'elle ne demande rien que de raisonnable2 lorsqu'elle demande purement et simplement justice et libert8 ,je crois que vous acquerrez une grande force en donnant ici une preuve d'impartialit2 vous serez mieux couts1 vous serez regards comme le tuteur de toutes les classes et particulirement de cette classe1 si vous vous montrez compltement impartial et juste envers elle4 7,vive approbation gauche47 ,en rsum1 je repousse le projet de la commission1 parce qu'il n'est qu'un ,expdient1 et que le caractre de tout expdient1 c'est la faiblesse et l'injustice4 ,j'appuie la proposition de ,m4 ,morin1 parce qu'elle se fonde sur un ,principe2 et il n'y a que les principes qui aient la puissance de satisfaire les esprits1 d'entraner les coeurs1 et de se mettre l'unisson des consciences4 ,on nous a dit3 ,voulez-vous donc proclamer la libert par un amour platonique de la libert8 ,pour ce qui me regarde1 je rponds3 ,oui4 ,la libert peut rserver aux nations quelques preuves1 mais elle seule les claire1 les lve et les moralise4 ,hors de la libert1 il n'y a qu',oppression1 et1 sachez-le bien1 amis de l'ordre1 le temps n'est plus1 s'il a jamais exist1 o l'on puisse fonder sur l',oppression l'union des classes1 le respect des lois1 la scurit des intrts et la tranquillit des peuples4 ,r,,flexions ,,sur ,l',,amendement ,,de ,m4 ,,mortimer-,,ternaux#gi4 ,note #gi3 l',assemble lgislative1 dans la sance du #a;er avril #ahej1 pendant la discussion du budget de l'instruction publique1 ,m4 ,mortimer-,ternaux1 reprsentant du peuple1 proposa1 par voie d'amendement1 une diminution de #cjj1jjj francs sur la dpense des lyces et des collges1 tablissements frquents par les enfants de la classe moyenne4 ,sur cette question1 les reprsentants de l'extrme gauche votrent avec l'extrme droite4 ,l'amendement mis aux voix fut rejet par une faible majorit4 ,ds le lendemain1 ,bastiat publia1 sur ce vote1 dans une feuille quotidienne1 l'opinion que nous reproduisons4 7,note de l'diteur47 ,aux ,dmocrates4 ,non1 je ne me trompe pas2 je sens battre dans ma poitrine un coeur dmocratique4 ,comment donc se fait-il que je me trouve si souvent en opposition avec ces hommes qui se proclament les reprsentants exclusifs de la ,dmocratie8 ,il faut pourtant s'entendre4 ,ce mot a-t-il deux significations opposes8 ,il me semble1 moi1 qu'il y a un enchanement entre cette aspiration qui pousse tous les hommes vers leur perfectionnement matriel1 intellectuel et moral1 et les facults dont ils ont t dous pouf raliser cette aspiration4 ,ds lors1 je voudrais que chaque homme et1 sous sa responsabilit1 la libre disposition1 administration et contrle de sa propre personne1 de ses actes1 de sa famille1 de ses transactions1 de ses associations1 de son intelligence1 de ses facults1 de son travail1 de son capital et de sa proprit4 ,c'est de cette manire qu'aux tats-,unis on entend la libert1 la dmocratie4 ,chaque citoyen veille avec un soin jaloux rester matre de lui-mme4 ,c'est par l que le pauvre espre sortir de la pauvret2 c'est par l que le riche espre conserver la richesse4 ,et1 en effet1 nous voyons qu'en trs-peu de temps ce rgime a fait parvenir les ,amricains un degr d'nergie1 de scurit1 de richesse et d'galit dont les annales du genre humain n'offrent aucun autre exemple4 ,cependant1 l1 comme partout1 il y a des hommes qui ne se feraient pas scrupule de porter atteinte1 pour leur avantage personnel1 la libert et la proprit de leurs concitoyens4 ,c'est pourquoi la ,,loi intervient1 sous la sanction de la ,force commune1 pour prvenir et rprimer ce penchant dsordonn4 ,chacun concourt1 en proportion de sa fortune1 au maintien de cette ,force4 ,ce n'est pas l1 comme on l'a dit1 sacrifier une partie de sa libert pour conserver l'autre4 ,c'est1 au contraire1 le moyen le plus simple1 le plus juste1 le plus efficace et le plus conomique de garantir la libert de tous4 ,et un des problmes les plus difficiles de la politique1 c'est de mettre les dpositaires de cette ,force commune hors d'tat de faire eux-mmes ce qu'ils sont chargs d'empcher4 ,les ,dmocrates franais1 ce qu'il parat1 voient les choses sous un jour tout diffrent4 ,sans doute1 comme les ,dmocrates amricains1 ils condamnent1 repoussent et fltrissent la ,spoliation que les citoyens seraient tents d'exercer de leur chef1 les uns l'gard des autres1--toute atteinte porte la proprit1 au travail1 la libert par un individu au prjudice d'un autre individu4 ,mais cette ,spoliation1 qu'ils repoussent entre individus1 ils la regardent comme un moyen d'galisation2 et en consquence ils la confient la ,loi1 la ,force commune1 que je croyais institues pour l'empcher4 ,ainsi1 pendant que les ,dmocrates amricains1 aprs avoir charg la ,force commune de chtier la ,spoliation individuelle1 sont trs-proccups de la crainte que cette ,force ne devienne elle-mme spoliatrice1 faire de cette ,force un instrument de ,spoliation1 parat tre le fond mme et l'me du systme des ,dmocrates franais4 ce systme1 ils donnent les grands noms d'organisation1 association1 fraternit1 solidarit4 ,par l1 ils tent tout scrupule aux apptits les plus brutaux4 ,pierre est pauvre1 ,mondor est riche2 ne sont-ils pas frres8 ne sont-ils pas solidaires8 ne faut-il pas les associer1 les organiser8 ,donc1 qu'ils partagent1 et tout sera pour le mieux4 ,il est vrai que ,pierre ne doit pas prendre ,mondor1 ce serait inique4 ,mais nous ferons des ,lois1 nous crerons des ,forces qui se chargeront de l'opration4 ,ainsi la rsistance de ,mondor deviendra factieuse1 et la conscience de ,pierre pourra tre tranquille4 ,dans le cours de cette lgislature1 il s'est prsent des occasions o la ,spoliation se montre sous un aspect spcialement hideux4 ,c'est celle que la ,loi met en oeuvre au profit du riche et au dtriment du pauvre4 ,eh bien6 mme dans ce cas1 on voit la ,montagne battre des mains4 ,ne serait-ce pas qu'elle veut1 avant tout1 s'assurer le principe8 ,une fois qu'avec l'appui de la majorit1 la ,spoliation lgale du pauvre au profit du riche sera systmatise1 comment repousser la ,spoliation lgale du riche au profit du pauvre8 ,malheureux pays1 o les ,forces sacres qui devaient tre institues pour maintenir chacun dans son droit sont dtournes accomplir elles-mmes la violation des droits6 ,nous avons vu hier l',assemble lgislative une scne de cette abominable et funeste comdie1 qu'on pourrait bien appeler1 la comdie des dupes4 ,voici de quoi il s'agissait3 ,tous les ans1 #cjj1jjj enfants arrivent l'ge de #ab ans4 ,sur ces #cjj1jjj enfants1 #aj1jjj peut-tre entrent dans les collges et lyces de l'tat4 ,leurs parents sont-ils tous riches8 ,je n'en sais rien4 ,mais ce qu'on peut affirmer de la manire la plus certaine1 c'est qu'ils sont les plus riches de la nation4 ,naturellement1 ils devraient payer les frais de nourriture1 d'instruction et d'entretien de leurs enfants4 ,mais ils trouvent que c'est fort cher4 ,en consquence1 ils ont demand et obtenu que la ,loi1 par l'impt des boissons et du sel1 prt de l'argent aux millions de parents pauvres1 pour ledit argent leur tre distribu1 eux parents riches1 titre de gratification1 encouragement1 indemnit1 subvention1 etc41 etc4 ,m4 ,mortimer-,ternaux a demand la cessation d'une pareille monstruosit1 mais il a chou dans ses efforts4 ,l'extrme droite trouve trs-doux de faire payer par les pauvres l'ducation des enfants riches1 et l'extrme gauche trouve trs-politique de saisir une telle occasion de faire passer et sanctionner le systme de la ,spoliation lgale4 ,sur quoi je me demande3 ,o allons-nous8 ,il faut que l',assemble se dirige par quelque principe2 il faut qu'elle s'attache la justice partout et pour tous1 ou bien qu'elle se jette dans le systme de la ,spoliation lgale et rciproque1 jusqu' parfaite galisation de toutes les conditions1 c'est--dire dans le communisme4 ,hier1 elle a dclar que les pauvres payeraient des impts pour soulager les riches4 ,de quel front repoussera-t-elle les impts qu'on lui proposera bientt de frapper sur les riches pour soulager les pauvres8 ,pour moi1 je ne puis oublier que1 lorsque je me suis prsent devant les lecteurs1 je leur ai dit3 ,approuveriez-vous un systme de gouvernement qui consisterait en ceci3 ,vous auriez la responsabilit de votre propre existence4 ,vous demanderiez votre travail1 vos efforts1 votre nergie1 les moyens de vous nourrir1 de vous vtir1 de vous loger1 de vous clairer1 d'arriver l'aisance1 au bien-tre1 peut-tre la fortune4 ,le gouvernement ne s'occuperait de vous que pour vous garantir contre tout trouble1 contre toute agression injuste4 ,d'un autre ct1 il ne vous demanderait que le trs-modique impt indispensable pour accomplir cette tche4 ,et tous de s'crier3 ,nous ne lui demandons pas autre chose4 ,et maintenant1 quelle serait ma position si j'avais me prsenter de nouveau devant ces pauvres laboureurs1 ces honntes artisans1 ces braves ouvriers1 pour leur dire3 ,vous payez plus d'impts que vous ne vous y attendiez4 ,vous avez moins de libert que vous ne l'espriez4 ,c'est un peu de ma faute1 car je me suis cart du systme de gouvernement en vue duquel vous m'aviez nomm1 et1 le #a;er avril1 j'ai vot un surcrot d'impt sur le sel et les boissons1 afin de venir en aide au petit nombre de nos compatriotes qui envoient leurs enfants dans les collges de l'tat4 ,quoi qu'il arrive1 j'espre ne me mettre jamais dans la triste et ridicule ncessit de tenir aux hommes qui m'ont investi de leur confiance un semblable langage4 ,,incompatibilit,s ,,parlementaires#hj4 ,note #hj3 ,cet opuscule1 publi en mars #ahdi1 fut rimprim1 en #ahej1 peu de mois avant la mort de l'auteur4 ,l'opinion qu'il y dveloppe avait dans son esprit des racines profondes1 ainsi qu'on peut le voir1 au tome ,ier1 par sa ,lettre ,m4 ,larnac1 qui date de #ahdf1 et de plus1 par l'crit de #ahcj1 intitul3 ,aux lecteurs du dpartement des ,landes4 7,note de l'diteur47 ,,citoyens ,,repr,,sentants1 ,je vous conjure de donner quelque attention cet crit4 --,est-il bon d'exclure de l',assemble nationale des catgories de citoyens8 --,est-il bon de faire briller aux yeux des reprsentants les hautes situations politiques8 ,voil les deux questions que j'y traite4 ,la constitution elle-mme n'en a pas soulev de plus importantes4 ,cependant1 chose trange1 l'une d'elles1--la seconde1--a t dcide sans discussion4 ,le ministre doit-il se recruter dans la ,chambre8--,l',angleterre dit3 ,oui1 et s'en trouve mal4 ,l',amrique dit3 ,non1 et s'en trouve bien4--#hi adopta la pense amricaine2 #ahad prfra l'ide anglaise4--,entre de telles autorits1 il y a1 ce semble1 de quoi balancer4 ,cependant l',assemble nationale s'est prononce pour le systme de la ,restauration1 import d',angleterre2 et cela1 sans dbat4 ,l'auteur de cet crit avait propos un amendement4 ,pendant qu'il montait les degrs de la tribune444 la question tait tranche4 ,je propose1 dit-il444--,la ,chambre a vot1 s'crie ,m4 le prsident4--,quoi6 sans m'admettre 444--,la ,chambre a vot4--,mais personne ne s'en est aperu6--,consultez le bureau1 la ,chambre a vot4 ,certes1 cette fois1 on ne reprochera pas l',assemble une lenteur systmatique6 ,que faire8 ,saisir l',assemble avant le vote dfinitif4 ,je le fais par crit1 dans l'espoir que quelque voix plus exerce me viendra en aide4 ,d'ailleurs1 pour l'preuve d'une discussion orale1 il faut des poumons de ,stentor s'adressant des oreilles attentives4 ,dcidment1 le plus sr est d'crire4 ,citoyens reprsentants1 en mon me et conscience1 je crois que le titre ,,iv de la ,loi lectorale est refaire4 ,tel qu'il est1 il organise l'anarchie4 ,il en est temps encore1 ne lguons pas ce flau au pays4 ,les ,incompatibilits parlementaires soulvent deux questions profondment distinctes1 quoiqu'on les ait souvent confondues4 --,la reprsentation nationale sera-t-elle ouverte ou ferme ceux qui suivent la carrire des fonctions publiques8 --,la carrire des fonctions publiques sera-t-elle ouverte ou ferme aux reprsentants8 ,ce sont l certainement deux questions diffrentes et qui n'ont mme entre elles aucun rapport1 si bien que la solution de l'une ne prjuge rien quant la solution de l'autre4 ,la dputation peut tre accessible aux fonctionnaires1 sans que les fonctions soient accessibles aux dputs1 et rciproquement4 ,la loi que nous discutons est trs-svre quant l'admission des fonctionnaires la ,chambre1 trs-tolrante en ce qui concerne l'admission des reprsentants aux hautes situations politiques4 ,dans le premier cas1 elle me semble s'tre laisse entraner un radicalisme de mauvais aloi4 ,en revanche1 dans le second1 elle n'est pas mme prudente4 ,je ne dissimule pas que j'arrive1 dans cet crit1 des conclusions tout opposes4 ,pour passer des places la ,chambre1 pas d'exclusion1 mais prcautions suffisantes4 ,pour passer de la ,chambre aux places1 exclusion absolue4 ,respect au suffrage universel6 ,ceux qu'il fait reprsentants doivent tre reprsentants1 et rester reprsentants4 ,pas d'exclusion l'entre1 exclusion absolue la sortie4 ,voil le principe4 ,nous allons voir qu'il est d'accord avec l'utilit gnrale4 ,i4 ,les lecteurs peuvent-ils se faire reprsenter par des fonctionnaires8 ,je rponds3 ,oui1 sauf la socit s'entourer de prcautions suffisantes4 ,ici je rencontre une premire difficult1 qui semble opposer d'avance tout ce que je pourrai dire une fin de non-recevoir insurmontable4 ,la constitution elle-mme proclame le principe de l'incompatibilit entre toute fonction publique rtribue et le mandat de reprsentant du peuple4 ,or1 comme dit le rapport1 il ne s'agit pas d'luder mais d'appliquer ce principe1 dsormais fondamental4 ,je demande s'il y a excs de subtilit se prvaloir du mot fonction dont se sert la constitution1 pour dire3 ,ce qu'elle a entendu exclure1 ce n'est pas l'homme1 ce n'est pas mme le fonctionnaire1 c'est la fonction1 c'est le danger qu'elle pourrait introduire au sein de l',assemble lgislative4 ,pourvu donc que la fonction n'entre pas et reste la porte1 dt-elle tre reprise la fin de la lgislature1 par le titulaire1 le voeu de la constitution est satisfait4 ,l',assemble nationale a interprt ainsi l'article #bh de la constitution1 l'occasion de l'arme1 et1 comme je n'arrive autre chose qu' tendre cette interprtation tous les fonctionnaires1 j'ai lieu de croire qu'il me sera permis de ne pas m'arrter la fin de non-recevoir que le rapport met sur mon chemin4 ,ce que je demande en effet1 c'est ceci3 ,que tout lecteur soit ligible4 ,que les collges lectoraux puissent se faire reprsenter par quiconque a mrit leur confiance4 ,mais1 si le choix des lecteurs tombe sur un fonctionnaire public1 c'est l'homme et non la fonction qui entre la ,chambre4 ,le fonctionnaire ne perdra pas pour cela ses droits antrieurs et ses titres4 ,on n'exigera pas de lui le sacrifice d'une vritable proprit acquise par de longs et utiles travaux4 ,la socit n'a que faire d'exigences superflues et doit se contenter de prcautions suffisantes4 ,ainsi1 le fonctionnaire sera soustrait l'influence du pouvoir excutif2 il ne pourra tre promu ou destitu4 ,il sera mis l'abri des suggestions de l'esprance et de la crainte4 ,il ne pourra exercer ses fonctions ou en percevoir les moluments4 ,en un mot1 il sera reprsentant1 ne sera que reprsentant1 pendant toute la dure de son mandat4 ,sa vie administrative sera1 pour ainsi dire1 suspendue et comme absorbe par sa vie parlementaire4 ,c'est bien l ce qu'on a fait pour les militaires1 grce la distinction entre le grade et l'emploi4 ,par quel motif ne le ferait-on pas pour les magistrats8 ,qu'on veuille bien le remarquer3 l'incompatibilit1 prise dans le sens de l'exclusion1 est une ide qui dut naturellement se prsenter et se populariser sous le rgime dchu4 cette poque1 aucune indemnit n'tait accorde aux dputs non fonctionnaires1 mais ils pouvaient se faire de la dputation un marchepied vers les places lucratives4 ,au contraire1 les fonctionnaires publics nomms dputs continuaient recevoir leurs traitements4 vrai dire1 ils taient pays1 non comme fonctionnaires1 mais comme dputs1 puisqu'ils ne remplissaient pas leurs fonctions1 et que1 si le ministre tait mcontent de leurs votes1 il pouvait1 en les destituant1 leur retirer tout salaire4 ,les rsultats d'une telle combinaison devaient tre et furent1 en effet1 dplorables4 ,d'un ct1 les candidats non fonctionnaires taient fort rares dans la plupart des arrondissements4 ,les lecteurs taient libres de choisir2 oui1 mais le cercle du choix ne s'tendait pas au del de cinq six personnes4 ,la premire condition de l'ligibilit tait une fortune considrable4 ,que si un homme1 seulement dans l'aisance1 se prsentait1 il tait repouss avec quelque raison1 car on le souponnait d'avoir de ces vues ultrieures que la charte n'interdisait pas4 ,d'un autre ct1 les candidats fonctionnaires pullulaient4 ,c'tait tout simple4 ,d'abord une indemnit leur tait alloue4 ,ensuite la dputation tait pour eux un moyen assur de rapide avancement4 ,lorsque l'on considre que la guerre aux portefeuilles1 consquence ncessaire de l'accessibilit des ministres aux dputs 7vaste sujet que je traiterai dans le paragraphe suivant71 quand on considre1 dis-je1 que la guerre aux portefeuilles suscitait1 au sein du parlement1 des coalitions systmatiquement organises pour renverser le cabinet1 que celui-ci ne pouvait rsister qu' l'aide d'une majorit galement systmatique1 compacte1 dvoue2 il est ais de comprendre quoi devait aboutir cette double facilit donne aux hommes places1 pour devenir dputs1 et aux dputs1 pour devenir hommes places4 ,le rsultat devait tre et a t3 les services publics convertis en exploitation2 le gouvernement absorbant le domaine de l'activit prive2 la perte de nos liberts1 la ruine de nos finances3 la corruption descendant de proche en proche des hautes rgions parlementaires jusqu'aux dernires couches lectorales4 ,dans ces circonstances1 il ne faut pas s'tonner si la nation s'attacha au principe de l'incompatibilit comme une ancre de salut4 ,tout le monde se souvient que le cri de ralliement des lecteurs honntes tait3 ,plus de fonctionnaires la ,chambre6 ,et le programme des candidats3 ,je promets de n'accepter ni places1 ni faveurs4 ,cependant1 la rvolution de ,fvrier n'a-t-elle rien chang cet ordre de choses1 qui expliquait et justifiait le courant de l'opinion publique8 ,d'abord1 nous avons le suffrage universel1 et videmment l'influence du gouvernement sur les lections sera bien affaiblie1 si mme il en reste quelque vestige4 ,ensuite1 il n'aura aucun intrt faire nommer de prfrence des fonctionnaires compltement soustraits son action4 ,en outre1 nous avons l'indemnit gale accorde tous les reprsentants1 circonstance qui1 elle seule1 change compltement la situation4 ,en effet1 nous n'avons plus redouter1 comme autrefois1 que les candidats fassent dfaut aux lections4 ,il est plus craindre que la difficult vienne de l'embarras du choix4 ,il sera donc impossible que les fonctionnaires envahissent la ,chambre4 ,j'ajoute qu'ils n'y auront aucun intrt1 puisque la dputation ne sera plus pour eux un moyen de parvenir4 ,autrefois1 le fonctionnaire accueillait une candidature comme une bonne fortune4 ,aujourd'hui1 il ne pourra l'accepter que comme un vritable sacrifice1 au moins au point de vue de sa carrire4 ,des changements aussi profonds dans la situation respective des deux classes sont de nature1 ce me semble1 modifier les ides que nous nous tions faites de l'incompatibilit1 sous l'empire de circonstances toutes diffrentes4 ,je crois qu'il y a lieu d'envisager le vrai principe et l'utilit commune1 non au flambeau de l'ancienne charte1 mais celui de la nouvelle constitution4 ,l',incompatibilit1 en tant que synonyme d',exclusion1 prsente trois grands inconvnients3 #a ,c'en est un norme que de restreindre les choix du suffrage universel4 ,le suffrage universel est un principe aussi jaloux qu'absolu4 ,quand une population tout entire aura environn d'estime1 de respect1 de confiance1 d'admiration1 un conseiller de ,cour d'appel1 par exemple1 quand elle aura foi dans ses lumires et ses vertus2 croyez-vous qu'il sera facile de lui faire comprendre qu'elle peut confier qui bon lui semble le soin de corriger sa lgislation1 except ce digne magistrat8 #b ,ce n'est pas une tentative moins exorbitante que celle de dpouiller du plus beau droit politique1 de la plus noble rcompense de longs et loyaux services1 rcompense dcerne par le libre choix des lecteurs1 toute une catgorie de citoyens4 ,on pourrait presque se demander jusqu' quel point l',assemble nationale a ce droit4 #c ,au point de vue de l'utilit pratique1 il saute aux yeux que le niveau de l'exprience et des lumires doit se trouver bien abaiss dans une ,chambre1 renouvelable tous les trois ans1 et d'o sont exclus tous les hommes rompus aux affaires publiques4 ,quoi6 voil une assemble qui doit s'occuper de marine1 et il n'y aura pas un marin6 d'arme1 et il n'y aura pas de militaire6 de lgislation civile et criminelle1 et il n'y aura pas de magistrat6 ,il est vrai que les militaires et les marins sont admis1 grce une loi trangre la matire et par des motifs qui ne sont pas pris du fond de la question4 ,mais cela mme est un quatrime et grave inconvnient ajout aux trois autres4 ,le peuple ne comprendra pas que1 dans l'enceinte o se font les lois1 l'pe soit prsente et la robe absente1 parce qu'en #ahcb ou #ahcd une organisation particulire fut introduite dans l'arme4 ,une ingalit si choquante1 dira-t-il1 ne devait pas rsulter d'une loi ancienne et tout fait contingente4 ,vous tiez charg de faire une loi lectorale complte1 il en valait bien la peine1 et vous ne deviez pas y introduire une inconsquence monstrueuse1 la faveur d'un article perdu du ,code militaire4 ,mieux et valu l',incompatibilit absolue4 ,elle et eu au moins le prestige d'un principe4 ,quelques mots maintenant sur les prcautions que la socit me semble avoir le droit de prendre l'gard des fonctionnaires nomms reprsentants4 ,on pourra essayer de me faire tomber dans l'inconsquence et me dire3 ,puisque vous n'admettez pas de limites au choix du suffrage universel1 puisque vous ne croyez pas qu'on puisse priver une catgorie de citoyens de leurs droits politiques1 comment admettez-vous que l'on prenne1 l'gard des uns1 des prcautions plus ou moins restrictives1 dont les autres sont affranchis8 ,ces prcautions1 remarquez-le bien1 se bornent une chose3 assurer1 dans l'intrt public1 l'indpendance1 l'impartialit du reprsentant2 mettre le dput fonctionnaire1 l'gard du pouvoir excutif1 sur le pied de l'galit la plus complte avec le dput non fonctionnaire4 ,quand un magistrat accepte le mandat lgislatif1 que la loi du pays lui dise3 ,votre vie parlementaire commence2 tant qu'elle durera1 votre vie judiciaire sera suspendue4--,qu'y a-t-il l d'exorbitant et de contraire aux principes8 ,quand la fonction est interrompue de fait1 pourquoi ne le serait-elle pas aussi de droit1 puisque aussi bien c'est l ce qui soustrait le fonctionnaire toute pernicieuse influence8 ,je ne veux pas qu'il puisse tre promu ou destitu par le pouvoir excutif1 parce que1 s'il l'tait1 ce ne serait pas pour des actes relatifs la fonction1 qui n'est plus remplie1 mais pour des votes4 ,or1 qui admet que le pouvoir excutif puisse rcompenser ou punir des votes8--,ces prcautions ne sont pas arbitraires4 ,elles n'ont pas pour but de restreindre le choix du suffrage universel ou les droits politiques d'une classe de citoyens1 mais1 au contraire1 de les universaliser1 puisque1 sans elles1 il en faudrait venir l'incompatibilit absolue4 ,l'homme qui1 quelque degr que ce soit1 fait partie de la hirarchie gouvernementale1 ne doit pas se dissimuler qu'il est1 vis--vis de la socit1 et sur un point capital relativement au sujet qui nous occupe1 dans une position fort diffrente de celle des autres citoyens4 ,entre les fonctions publiques et les industries prives1 il y a quelque chose de commun1 et quelque chose de diffrent4 ,ce qu'il y a de commun1 c'est que les unes et les autres satisfont des besoins sociaux4 ,celles-ci nous prservent de la faim1 du froid1 des maladies1 de l'ignorance2 celle-l de la guerre1 du dsordre1 de l'injustice1 de la violence4 ,c'est toujours des services rendus contre une rmunration4 ,mais voici ce qu'il y a de diffrent4 ,chacun est libre d'accepter ou de refuser les services privs1 de les recevoir dans la mesure qui lui convient et d'en dbattre le prix4 ,je ne puis forcer qui que ce soit acheter mes pamphlets1 les lire1 les payer au taux auquel l'diteur les mettrait1 s'il en avait la puissance4 ,mais tout ce qui concerne les services publics est rgl d'avance par la loi4 ,ce n'est pas moi qui juge ce que j'achterai de scurit et combien je la payerai4 ,le fonctionnaire m'en donne tout autant que la loi lui prescrit de m'en donner1 et je le paye pour cela tout autant que la loi me prescrit de le payer4 ,mon libre arbitre n'y est pour rien4 ,il est donc bien essentiel de savoir qui fera cette loi4 ,comme il est dans la nature de l'homme de vendre le plus possible1 la plus mauvaise marchandise possible1 au plus haut prix possible1 il est croire que nous serions horriblement et chrement administrs1 si ceux qui ont le privilge de vendre les produits gouvernementaux avaient aussi celui d'en dterminer la quantit1 la qualit et le prix#ha4 ,note #ha3 ,v4 au tome ,,iv1 les pages #aj et #aa2 au tome ,,vi1 le chap4 ,,xvii2 et1 au prsent tome1 la page #ddc et suiv4 7,note de l'diteur47 ,c'est pourquoi1 en prsence de cette vaste organisation qu'on appelle le gouvernement1 et qui1 comme tous les corps organiss1 aspire incessamment s'accrotre1 la nation1 reprsente par ses dputs1 dcide elle-mme sur quels points1 dans quelle mesure1 quel prix elle entend tre gouverne et administre4 ,que si1 pour rgler ces choses1 elle choisit les gouvernants eux-mmes1 il est fort croire qu'elle sera bientt administre merci et misricorde1 jusqu' puisement de sa bourse4 ,aussi je comprends que les hommes ports vers les moyens extrmes aient song dire la nation3 ,je te dfends de te faire reprsenter par des fonctionnaires4 ,c'est l'incompatibilit absolue4 ,pour moi1 je suis trs-port tenir la nation le mme langage1 mais seulement titre de conseil4 ,je ne suis pas bien sr d'avoir le droit de convertir ce conseil en prohibition4 ,assurment1 si le suffrage universel est laiss libre1 cela veut dire qu'il pourra se tromper4 ,s'ensuit-il que1 pour prvenir ses erreurs1 nous devions le dpouiller de sa libert8 ,mais ce que nous avons le droit de faire1 comme chargs de formuler une loi lectorale1 c'est d'assurer l'indpendance du fonctionnaire lu reprsentant1 de le mettre sur le pied de l'galit avec ses collgues1 de le soustraire aux caprices de ses chefs1 et de rgler sa position1 pendant la dure du mandat1 en ce qu'elle pourrait avoir d'antagonique au bien public4 ,c'est le but de la premire partie de mon amendement4 ,il me semble tout concilier4 ,il respecte le droit des lecteurs4 ,il respecte1 dans le fonctionnaire1 le droit du citoyen4 ,il dtruit cet intrt spcial qui1 autrefois1 poussait les fonctionnaires vers la dputation4 ,il restreint le nombre de ceux par qui elle sera recherche4 ,il assure l'indpendance de ceux par qui elle sera obtenue4 ,il laisse entier le droit1 tout en anantissant l'abus4 ,il lve le niveau de l'exprience et des lumires dans la ,chambre4 ,en un mot1 il concilie les principes avec l'utilit4 ,mais1 si ce n'est pas avant l'lection qu'il faut placer l'incompatibilit1 il faut certainement la placer aprs4 ,les deux parties de mon amendement se tiennent1 et j'aimerais mieux cent fois le voir repouss tout entier qu'accueilli moiti4 ,,ii4--,les reprsentants peuvent-ils devenir fonctionnaires8 toutes les poques1 lorsqu'il a t question de rforme parlementaire1 on a senti la ncessit de fermer aux dputs la carrire des fonctions publiques4 ,on se fondait sur ce raisonnement1 qui est en effet trs-concluant3 ,les gouverns nomment des mandataires pour surveiller1 contrler1 limiter et1 au besoin1 accuser les gouvernants4 ,pour remplir cette mission1 il faut qu'ils conservent1 l'gard du pouvoir1 toute leur indpendance4 ,que si celui-ci enrle les reprsentants dans ses cadres1 le but de l'institution est manqu4--,voil l'objection constitutionnelle4 ,l'objection morale n'est pas moins forte4 ,quoi de plus triste que de voir les mandataires du peuple1 trahissant l'un aprs l'autre la confiance dont ils avaient t investis1 vendre1 pour une place1 et leurs votes et les intrts de leurs commettants8 ,on avait d'abord espr tout concilier par la rlection4 ,l'exprience a dmontr l'inefficacit de ce palliatif4 ,l'opinion publique s'attacha donc fortement ce second aspect de l'incompatibilit1 et l'article #bh de la constitution n'est autre chose que la manifestation de son triomphe4 ,mais1 toutes les poques aussi1 l'opinion publique a pens que l',incompatibilit devait souffrir une exception1 et que1 s'il tait sage d'interdire les emplois subalternes aux dputs1 il n'en devait pas tre de mme des ministres1 des ambassades1 et de ce qu'on nomme les hautes situations politiques4 ,aussi1 dans tous les plans de rforme parlementaire qui se sont produits avant ,fvrier1 dans celui de ,m4 ,gauguier1 comme dans celui de ,m4 de ,rumilly1 comme dans celui de ,m4 ,thiers1 si l'article #a;er posait toujours hardiment le principe1 l'article #b reproduisait invariablement l'exception4 vrai dire1 je crois qu'il ne venait la pense de personne qu'il en pt tre autrement4 ,et1 comme l'opinion publique1 qu'elle ait tort ou raison1 finit toujours par l'emporter1 l'art4 #gi du projet de la ,loi lectorale n'est encore qu'une seconde manifestation de son triomphe4 ,cet article dispose ainsi3 ,art4 #gi4 ,les fonctions publiques rtribues auxquelles1 par exception l'article #bh de la ,constitution1 les membres de l',assemble nationale peuvent tre appels1 pendant la dure de la lgislature1 par le choix du pouvoir excutif1 sont celles de3 ,,ministre2 ,sous-secrtaire d'tat2 ,commandant suprieur des gardes nationales de la ,seine2 ,procureur gnral la ,cour de cassation2 ,procureur gnral la ,cour d'appel de ,paris2 ,prfet de la ,seine4 ,l'opinion publique ne se modifie pas en un jour4 ,c'est donc sans aucune esprance dans le succs actuel que je m'adresse l',assemble nationale4 ,elle n'effacera pas cet article de la loi4 ,mais j'accomplis un devoir1 car je prvois 7et puiss-je me tromper67 que cet article couvrira notre malheureuse patrie de ruines et de dbris4 ,certes1 je n'ai pas une foi telle dans ma propre infaillibilit que je ne sache me dfier de ma pense1 quand je la trouve en opposition avec la pense publique4 ,qu'il me soit donc permis de me mettre l'abri derrire des autorits qui ne sont pas ddaigner4 ,des dputs-ministres6 c'est bien l une importation anglaise4 ,c'est de l',angleterre1 ce berceau du gouvernement reprsentatif1 que nous est venue cette irrationnelle et monstrueuse alliance4 ,mais il faut remarquer qu'en ,angleterre le rgime reprsentatif tout entier n'est qu'un moyen ingnieux de mettre et maintenir la puissance aux mains de quelques familles parlementaires4 ,dans l'esprit de la constitution britannique1 il et t absurde de fermer aux dputs l'accs du pouvoir1 puisque cette constitution a prcisment pour but de le leur livrer4--,et nous verrons bientt cependant quelles consquences hideuses et terribles a eues1 pour l',angleterre mme1 cette dviation aux plus simples indications du bon sens4 ,mais1 d'un autre ct1 les fondateurs de la rpublique amricaine ont sagement repouss cet lment de troubles et de convulsions politiques4 ,nos pres1 en #hi1 avaient fait de mme4 ,je ne viens donc pas soutenir une pense purement personnelle1 une innovation sans prcdents et sans autorit4 ,comme ,washington1 comme ,franklin1 comme les auteurs de la constitution de #ia1 je ne puis m'empcher de voir dans l'admissibilit des dputs au ministre une cause toujours agissante de trouble et d'instabilit4 ,je ne pense pas qu'il soit possible d'imaginer une combinaison plus destructive de toute force1 de toute suite dans l'action du gouvernement1 un oreiller plus anguleux pour la tte des rois ou des prsidents de rpubliques4 ,rien au monde ne me semble plus propre veiller l'esprit de parti1 alimenter les luttes factieuses1 corrompre toutes les sources d'information et de publicit1 dnaturer l'action de la ,tribune et de la ,presse1 garer l',opinion aprs l'avoir passionne1 dpopulariser le vrai pour populariser le faux1 entraver l'administration1 fomenter les haines nationales1 provoquer les guerres extrieures1 ruiner les finances publiques1 user et dconsidrer les gouvernements1 dcourager et pervertir les gouverns1 fausser1 en un mot1 tous les ressorts du rgime reprsentatif4 ,je ne connais aucune plaie sociale qui se puisse comparer celle-l1 et je crois que si ,dieu lui-mme nous et envoy1 par un de ses anges1 une constitution1 il suffirait que l',assemble nationale y intercalt cet article #gi1 pour que l'oeuvre divine devnt le flau de notre patrie4 ,c'est ce que je me propose de dmontrer4 ,j'avertis que mon argumentation est un long syllogisme reposant sur cette prmisse1 tenue pour accorde3 ,,les ,,hommes ,,aiment ,,la ,,puissance4 ,ils l'adorent avec tant de fureur1 que1 pour la conqurir ou la conserver1 il n'est rien qu'ils ne sacrifient1 mme le repos et le bonheur de leur pays4 ,on ne contestera pas d'avance cette vrit d'observation universelle4 ,mais quand1 de consquence en consquence1 j'aurai conduit le lecteur ma conclusion1 savoir3 ,le ministre doit tre ferm aux reprsentants2--il se peut que1 ne trouvant rompre aucune maille de mon raisonnement1 il revienne sur le point de dpart et me dise3 ,nego majorem1 vous n'avez pas prouv l'attrait de la puissance4 ,eh bien6 je m'obstine maintenir ma proposition dnue de preuves6 ,des preuves6 ,mais ouvrez donc au hasard les annales de l'humanit6 ,consultez l'histoire ancienne ou moderne1 sacre ou profane1 demandez-vous d'o sont venues toutes ces guerres de races1 de classes1 de nations1 de familles6 ,vous obtiendrez toujours cette rponse invariable3 ,de la soif du pouvoir4 ,cela pos1 la loi n'agit-elle pas avec une bien aveugle imprudence1 quand elle offre la candidature du pouvoir aux hommes mmes qu'elle charge de contrler1 critiquer1 accuser et juger ceux qui le dtiennent8 ,je ne me dfie pas plus qu'un autre du coeur de tel ou tel homme2 mais je me dfie du coeur humain1 quand il est plac1 par une loi tmraire1 entre le devoir et l'intrt4 ,malgr les plus loquentes dclamations du monde sur la puret et le dsintressement de la magistrature1 je n'aimerais pas avoir mon petit pcule dans un pays o le juge pourrait prononcer la confiscation son profit4 ,de mme1 je plains le ministre qui a se dire3 ,la nation m'oblige rendre compte des hommes qui ont bonne envie de me remplacer1 et qui le peuvent pourvu qu'ils me trouvent en faute4 ,allez donc prouver votre innocence de tels juges6 ,mais ce n'est pas le ministre seulement qu'il faut plaindre2 c'est surtout la nation4 ,une lutte terrible va s'ouvrir1 c'est elle qui fera l'enjeu2 et cet enjeu1 c'est son repos1 son bien-tre1 sa moralit et jusqu' la justesse de ses ides4 ,les fonctions salaries auxquelles1 par exception l'article #bh de la constitution1 les membres de l',assemble nationale peuvent tre appels pendant la dure de la lgislature1 par le choix du pouvoir excutif1 sont celles de ,,ministre4 ,oh6 il y a l un pril si grand1 si palpable1 que1 si nous n'avions cet gard aucune exprience1 si nous tions rduits juger par un priori1 par le simple bon sens1 nous n'hsiterions pas une minute4 ,je suppose que vous n'avez aucune notion du rgime reprsentatif4 ,l'on vous transporte1 nouvel ,astolphe1 dans la lune et l'on vous dit3 ,parmi les nations qui peuplent ce monde1 en voici une qui ne sait ce que c'est que repos1 calme1 scurit1 paix1 stabilit4--,n'est-elle pas gouverne8 demandez-vous4--,oh6 il n'en est pas de plus gouverne dans l'univers1 vous est-il rpondu2 et1 pour en trouver une autre aussi gouverne que celle-l1 vous parcourriez inutilement toutes les plantes1 except peut-tre la terre4 ,le pouvoir y est immense1 horriblement lourd et dispendieux4 ,les cinq siximes des gens qui reoivent quelque ducation y sont fonctionnaires publics4 ,mais enfin les gouverns y ont conquis un droit prcieux4 ,ils nomment priodiquement des reprsentants qui font toutes les lois1 tiennent les cordons de la bourse et forcent le pouvoir1 soit dans son action1 soit dans sa dpense1 se conformer leur dcision4--,oh6 quel bel ordre1 quelle sage conomie1 doivent rsulter de ce simple mcanisme6 dites-vous4 ,certainement ce peuple a d trouver ou trouvera1 force de ttonner1 le point prcis o le gouvernement ralisera le plus de bienfaits1 aux moindres frais4 ,comment donc m'annoncez-vous que tout est trouble et confusion sous un si merveilleux rgime8--,il faut que vous sachiez1 rpond votre cicerone1 que si les habitants de la lune1 ou les ,lunatiques1 aiment prodigieusement tre gouverns1 il y a une chose qu'ils aiment plus prodigieusement encore1 c'est de gouverner4 ,or1 ils ont introduit dans leur admirable constitution un petit article1 perdu au milieu de beaucoup d'autres1 et dont voici le sens3 ,les reprsentants joignent la facult de renverser les ministres celle de les remplacer4 ,en consquence1 s'il se forme1--au sein du parlement1--des partis1 des oppositions systmatiques1 des coalitions1 qui force de bruit et de clameurs1 force de grossir et de fausser toutes les questions1 parviennent dpopulariser et faire succomber le ministre1 sous les coups d'une majorit convenablement prpare cet effet1 les meneurs de ces partis1 oppositions et coalitions seront ,,ministres ipso facto2 et1 pendant que ces lments htrognes se disputeront le pouvoir1 les ministres dchus1 redevenus simples reprsentants1 iront fomenter des intrigues1 des alliances1 des oppositions et des coalitions nouvelles4--,par le grand ,dieu du ciel6 vous criez-vous1 puisqu'il en est ainsi1 je ne suis pas surpris que l'histoire de ce peuple ne soit que l'histoire d'une affreuse et permanente convulsion6 ,mais revenons de la lune1 heureux si1 comme ,astolphe1 nous en rapportons une petite fiole de bon sens4 ,nous en ferons hommage qui de droit1 lors de la troisime lecture de notre ,loi lectorale4 ,je demande insister encore sur mon priori4 ,seulement nous l'appliquerons des faits existants qui se passent sous nos yeux4 ,il y a en ,france quatre-vingts et quelques parlements au petit pied4 ,on les appelle conseils gnraux4 ,les rapports de prfet conseil gnral ressemblent1 beaucoup d'gards1 aux rapports de ministre ,assemble nationale4 ,d'un ct1 des mandataires du public qui dcident1 en son nom1 comment1 dans quelle mesure1 quel prix il entend tre administr4 ,de l'autre1 un agent du pouvoir excutif qui tudie les mesures prendre1 les fait admettre1 s'il peut1 et1 une fois admises1 pourvoit leur excution4 ,voil une exprience qui se renouvelle prs de cent fois par an sous nos yeux1 et que nous apprend-elle8 ,certes1 le coeur des conseillers gnraux est ptri du mme limon que celui des reprsentants du peuple4 ,il en est peu parmi eux qui ne dsirassent autant devenir prfets qu'un dput peut souhaiter de devenir ministre4 ,mais cette ide ne leur vient pas mme l'esprit1 et la raison en est simple3 la loi n'a pas fait du titre de conseiller un marchepied vers les prfectures4 ,les hommes1 quelque ambitieux qu'il soient 7et ils le sont presque tous71 ne poursuivent cependant1 per fas et nefas1 que ce qu'il est possible de saisir4 ,devant l'impossibilit radicale1 le dsir s'teint faute d'aliment4 ,on voit des enfants pleurer pour avoir la lune1 mais1 quand la raison survient1 ils n'y pensent plus4 ,ceci s'adresse ceux qui me disent3 ,croyez-vous donc extirper l'ambition du coeur de l'homme8--,non certes1 et je ne le dsire mme pas4 ,mais ce qui est trs-possible1 c'est de dtourner l'ambition d'une voie donne en anantissant l'appt qu'on y avait imprudemment plac4 ,vous aurez beau lever des mts de cocagne1 personne n'y montera s'il n'y a pas une proie au bout4 ,il est certain que1 si une opposition systmatique1 une coalition mi-blanche et mi-rouge se formait au sein du conseil gnral1 elle pourrait fort bien faire sauter le prfet1 mais non mettre les meneurs sa place4 ,ce qui est certain aussi1 l'exprience le dmontre1 c'est qu'en consquence de cette impossibilit1 de telles coalitions ne s'y forment pas4 ,le prfet propose ses plans1 le conseil les discute1 les examine en eux-mmes1 en apprcie la valeur propre au point de vue du bien gnral4 ,je veux bien que l'un se laisse influencer par l'esprit de localit1 un autre par son intrt personnel4 ,la loi ne peut refaire le coeur humain1 c'est aux lecteurs y pourvoir4 ,mais il est bien positif qu'on ne repousse pas systmatiquement les propositions du prfet1 uniquement pour lui faire pice1 pour l'entraver1 pour le faire tomber1 s'emparer de sa place4 ,cette guerre insense1 dont en dfinitive le pays ferait les frais1 cette guerre1 si frquente dans nos assembles lgislatives qu'elle en est l'histoire et la vie1 ne s'est jamais vue dans les assembles dpartementales2 mais voulez-vous l'y voir8 ,il y a un moyen bien simple4 ,constituez ces petits parlements sur le patron du grand2 introduisez dans la loi de l'organisation des conseils gnraux un petit article ainsi conu3 ,si une mesure bonne ou mauvaise1 propose par le prfet1 est repousse1 il sera destitu4 ,celui des membres du conseil qui aura dirig l'opposition sera nomm sa place1 et distribuera ses compagnons de fortune toutes les grandes fonctions du dpartement1 recette gnrale1 direction des contributions directes et indirectes1 etc4 ,je le demande1 parmi mes neuf cents collgues1 y en a-t-il un seul qui ost voter une pareille disposition8 ,ne croirait-il pas faire au pays le prsent le plus funeste8 ,pourrait-on mieux choisir1 si l'on tait dcid le voir agoniser sous l'treinte des factions8 ,n'est-il pas certain que ce seul article bouleverserait compltement l'esprit des conseils gnraux8 ,n'est-il pas certain que ces cent enceintes1 o rgnent aujourd'hui le calme1 l'indpendance et l'impartialit1 seraient converties en autant d'arnes de luttes et de brigues8 ,n'est-il pas clair que chaque proposition prfectorale1 au lieu d'tre envisage en elle-mme et dans ses rapports avec le bien public1 deviendrait le champ de bataille d'un conflit de personnes8 que chacun n'y chercherait autre chose que des chances pour son parti8 ,maintenant1 admettons qu'il y a des journaux dans le dpartement2 les parties belligrantes ne feront-elles pas tous leurs efforts pour les attacher leur fortune8 ,la polmique de ces journaux ne s'empreindra-t-elle pas des passions qui agitent le conseil8 ,toutes les questions n'arriveront-elles pas altres et fausses devant le public8 ,viennent les lections2 comment ce public gar ou circonvenu pourra-t-il tre bon juge8 ,ne voyez-vous pas1 d'ailleurs1 que la corruption et l'intrigue1 surexcites par l'ardeur du combat1 ne connatront plus de bornes8 ,ces prils vous frappent2 ils vous effrayent4 ,reprsentants du peuple1 vous vous laisseriez brler la main droite plutt que de voter1 pour les conseils gnraux1 une organisation aussi absurde et aussi anarchique4 ,et cependant1 qu'allez-vous faire8 ,vous allez dposer1 dans la constitution de l',assemble nationale1 ce flau destructeur1 cet effroyable dissolvant1 que vous repoussez avec horreur des assembles dpartementales4 ,par l'article #gi1 vous allez proclamer bien haut que ce poison1 dont vous prservez les veines1 vous en saturez le coeur du corps social4 ,vous dites3 ,c'est bien diffrent4 ,les attributions des conseils gnraux sont trs-limites4 ,leurs discussions n'ont pas une grande importance2 la politique en est bannie2 ils ne donnent pas des lois au pays1 et puis la prfecture n'est pas un objet de convoitise bien sduisant4 ,est-ce que vous ne comprenez pas que chacune de vos prtendues objections met ma porte autant d' fortiori aussi clairs que le jour8 ,quoi6 la lutte sera-t-elle moins acharne1 infligera-t-elle au pays de moindres maux1 parce que l'arne est plus vaste1 le thtre plus lev1 le champ de bataille plus tendu1 l'aliment des passions plus excitant1 le prix du combat plus convoit1 les questions qui servent de machines de guerre plus brlantes1 plus difficiles1 et partant plus propres garer le sentiment et le jugement de la multitude8 ,s'il est fcheux que l'esprit public se trompe quand il s'agit d'un chemin vicinal1 n'est-il pas mille fois plus malheureux qu'il s'gare quand il est question de paix ou de guerre1 d'quilibre ou de banqueroute1 d'ordre public ou d'anarchie8 ,je dis que l'article #gi1 qu'il s'applique aux conseils gnraux ou aux assembles nationales1 c'est le dsordre savamment organis sur le mme modle2 dans le premier cas sur une petite chelle1 dans le second sur une chelle immense4 ,mais coupons un peu1 par un appel l'exprience1 la monotonie des raisonnements4 ,en ,angleterre1 c'est toujours parmi les membres du parlement que le roi choisit ses ministres4 ,je ne sais si1 dans ce pays1 le principe de la sparation des fonctions est stipul au moins sur le papier4 ,ce qu'il y a de certain1 c'est que l'ombre mme de ce principe ne se rvle pas dans les faits4 ,toute la puissance excutive1 lgislative1 judiciaire et spirituelle rside dans une classe son profit1 la classe oligarchique4 ,si elle rencontre un frein1 c'est dans l'opinion1 et ce frein est bien rcent4 ,aussi le peuple anglais n'a pas t jusqu'ici gouvern1 mais exploit2 ainsi que l'attestent deux milliards de taxes et vingt-deux milliards de dettes4 ,si depuis quelque temps ses finances sont mieux administres1 l',angleterre n'en doit pas rendre grces la confusion des pouvoirs1 mais l'opinion qui1 mme prive de moyens constitutionnels1 exerce une grande influence1 et cette prudence vulgaire des exploiteurs1 qui les a dcids s'arrter au moment o ils allaient s'engloutir1 avec la nation tout entire1 dans le gouffre ouvert par leur rapacit4 ,dans un pays o toutes les branches du gouvernement ne sont que les parties d'une mme exploitation1 au profit des familles parlementaires1 il n'est pas surprenant que les ministres soient ouverts aux membres du parlement4 ,ce qui serait surprenant1 c'est qu'il n'en ft pas ainsi1 et ce qui l'est bien davantage encore1 c'est que cette bizarre organisation soit imite par un peuple qui a la prtention de se gouverner lui-mme1 et1 qui plus est1 de se bien gouverner4 ,quoi qu'il en soit1 qu'a-t-elle produit en ,angleterre mme8 ,on n'attend pas sans doute que je fasse ici l'histoire des coalitions qui ont agit l',angleterre4 ,ce serait entreprendre son histoire constitutionnelle tout entire4 ,mais je ne puis me dispenser d'en rappeler quelques traits4 ,walpole est ministre3 une coalition se forme4 ,elle est dirige par ,pulteney et ,carteret pour les wighs dissidents 7ceux que ,walpole n'a pu placer71 par ,windham pour les torys qui1 souponns de jacobitisme1 sont condamns au strile honneur de servir d'auxiliaires toutes les oppositions4 ,c'est dans cette coalition que le premier des ,pitt 7depuis lors ,chatham7 commence sa brillante carrire4 ,l'esprit jacobite1 encore vivace1 pouvant fournir la ,france l'occasion d'une puissante diversion en cas d'hostilit1 la politique de ,walpole est la paix4 ,donc1 la coalition sera la guerre4 ,mettre fin au systme de corruption qui asservit le parlement aux volonts du ministre1 remplacer dans les rapports extrieurs1 par une politique plus fire1 plus digne1 la politique timide et exclusivement pacifique de ,walpole1 tel est le double but que se propose la coalition4 ,je laisse penser ce qu'on y dit de la ,france4 ,on ne joue pas impunment avec le sentiment patriotique d'un peuple qui sent sa force4 ,la coalition parle tant et si haut aux ,anglais de leur humiliation1 qu'ils finissent par y croire4 ,ils appellent la guerre grands cris4 ,elle clate l'occasion d'un droit de visite4 ,autant que ses adversaires ,walpole aimait le pouvoir4 ,plutt que de s'en dessaisir1 il prtend conduire les oprations4 ,il prsente un bill de subsides1 la coalition le repousse4 ,elle a voulu la guerre1 et refuse les moyens de la faire4 ,voici son calcul3 la guerre faite sans ressources suffisantes sera dsastreuse2 alors nous dirons3 ,c'est la faute du ministre qui l'a faite contre-coeur4--,quand une coalition met dans un des plateaux de la balance l'honneur du pays1 et dans l'autre son propre succs1 ce n'est pas l'honneur du pays qui l'emporte4 ,cette combinaison russit4 ,la guerre fut malheureuse et ,walpole tomba4 ,l'opposition1 moins ,pitt1 entre aux affaires2 mais1 compose d'lments htrognes1 elle ne peut s'entendre4 ,pendant cette lutte intestine1 l',angleterre est toujours battue4 ,une nouvelle coalition se forme4 ,pitt en est l'me4 ,il se tourne contre ,carteret4 ,avec lui1 il voulait la guerre2 contre lui1 il veut la paix4 ,il le traite de ministre excrable1 tratre1 lui reprochant un subside aux troupes hanovriennes4 ,quelques annes aprs1 on retrouve ces deux hommes fort bons amis1 assis cte cte dans le mme conseil4 ,pitt dit de ,carteret3 ,je m'enorgueillis de dclarer que je dois son patronage1 son amiti1 ses leons tout ce que je suis4 ,cependant la nouvelle coalition amne une crise ministrielle4 ,les frres ,pelham sont ministres4 ,quatrime coalition forme par ,pulteney et ,carteret4 ,ils renversent les ,pelham4 ,mais ils sont renverss eux-mmes au bout de trois jours4 ,pendant que le parlement est en proie ces intrigues1 la guerre continue1 et le ,prtendant1 qui a mis l'occasion profit1 fait des progrs en cosse4 ,mais cette considration n'arrte pas les ambitions personnelles4 ,pitt conquiert enfin une position officielle assez modeste4 ,il se fait gouvernemental pendant quelques jours4 ,il approuve tout ce qu'il a blm1 entre autres le subside aux ,hanovriens4 ,il blme tout ce qu'il a approuv1 entre autres la rsistance au droit de visite1 invoqu par les ,espagnols1 et qui lui a servi de prtexte pour fomenter la guerre1 guerre qui n'avait t elle-mme qu'un prtexte pour renverser ,walpole4 ,l'exprience m'a mri1 dit-il2 j'ai maintenant acquis la conviction que l',espagne est dans son droit4--,enfin1 la paix se conclut par le trait d',aix-la-,chapelle1 qui replace toutes choses comme elle taient avant et ne mentionne mme pas le droit de visite1 qui a mis l',europe en feu4 ,survient une cinquime coalition contre ,pitt4 ,elle n'aboutit pas4 ,puis une sixime qui prsente un caractre particulier2 elle est dirige par une moiti du cabinet contre l'autre4 ,pitt et ,fox sont bien ministres1 mais l'un et l'autre veut tre premier ministre4 ,ils s'unissent1 sauf se combattre bientt4 ,en effet1 ,fox s'lve1 ,pitt tombe1 et il n'a rien de plus press que d'aller fomenter une septime coalition4 ,enfin1 les circonstances aidant 7ces circonstances sont la ruine et l'abaissement de l',angleterre71 ,pitt arrive au but de ses efforts4 ,il est premier ministre de fait4 ,il aura quatre ans devant lui pour s'immortaliser1 car ,john ,bull commence tre rvolt de toutes ces luttes4 ,au bout de quatre ans1 ,pitt tombe victime d'intrigues parlementaires4 ,ses adversaires ont d'autant plus facilement raison de lui1 qu'ils lui jettent sans cesse la face ses anciens discours4 ,ici commence une interminable srie de crises ministrielles4 ,c'est au point que ,pitt1 ayant ressaisi un moment le pouvoir au milieu de ces pripties et croyant faire trop d'honneur au grand ,frdric1 en lui proposant une alliance1 celui-ci lui fit cette rponse accablante3 ,il est bien difficile d'entrer dans un concert de quelque porte avec un pays qui1 par l'effet de changements continuels d'administration1 n'offre aucune garantie de persistance et de stabilit4 ,mais laissons le vieux ,chatham user ses derniers jours dans ces tristes combats4 ,voici une gnration nouvelle1 d'autres hommes portant les mmes noms1 un autre ,pitt1 un autre ,fox1 qui1 pour l'loquence et le gnie1 ne le cdent en rien leurs devanciers4 ,mais la loi est reste la mme4 ,les dputs peuvent devenir ministres4 ,aussi nous allons retrouver les mmes coalitions1 les mmes dsastres1 la mme immoralit4 ,lord ,north est chef du cabinet4 ,l'opposition prsente un faisceau de noms illustres3 ,burke1 ,fox1 ,pitt1 ,sheridan1 ,erskine1 etc4 ,chatham avait rencontr1 son dbut1 un ministre pacifique1 et naturellement il demandait la guerre4 ,le second ,pitt entre au parlement pendant la guerre2 son rle est de rclamer la paix4 ,north rsistait au fils1 comme ,walpole avait rsist au pre4 ,l'opposition arriva la plus extrme violence4 ,fox alla jusqu' demander la tte de ,north4 ,celui-ci tombe1 un nouveau ministre est compos4 ,burke1 ,fox1 ,sheridan y entrent2 ,pitt n'y est pas compris4 ,quatre mois aprs1 nouveau remaniement1 qui fit entrer ,pitt dans l'administration et en fit sortir ,sheridan1 ,fox et ,burke4 ,avec qui pense-t-on que ,fox va se coaliser8 avec ce mme ,north6 trange spectacle6 ,fox voulut d'abord la paix parce que le ministre tait belliqueux4 ,maintenant il veut la guerre parce que le ministre est pacifique4 ,on le voit1 guerre ou paix sont de la pure stratgie parlementaire4 ,tout absurde et odieuse qu'est cette coalition1 elle russit4 ,pitt succombe1 ,north est mand au palais4 ,mais les ambitions individuelles sont arrives ce point1 qu'il est impossible de mettre un terme la crise ministrielle4 ,elle dure deux mois4 ,message des ,chambres1 ptitions des citoyens1 embarras du roi1 rien n'y fait4 ,les dputs candidats-ministres ne dmordent pas de leurs exigences4 ,georges ,,iii songe jeter au vent une couronne si lourde1 et je crois qu'on peut faire remonter cette poque l'origine de la cruelle maladie dont il fut plus tard afflig4 ,en vrit1 il y avait bien de quoi perdre la tte4 ,enfin on s'accorde4 ,voil ,fox ministre1 laissant ,north et ,pitt dans l'opposition4 ,nouvelle crise2 nouvelles difficults4 ,pitt triomphe et1 malgr la fureur de ,fox1 devenu chef d'une autre coalition1 parvient se maintenir4 ,fox ne se contient plus et se rpand en grossires injures4 ,compatissant comme je fais1 lui rpond ,pitt1 la situation de l'honorable propinant1 aux tortures de ses esprances trompes1 de ses illusions dtruites1 de son ambition due1 je dclare que je me croirais inexcusable1 si les emportements d'un esprit1 succombant sous le poids de regrets dvorants1 pouvaient exciter en moi une autre motion que celle de la piti4 ,je proteste qu'ils n'ont pas la puissance de provoquer mon courroux1 pas mme mon mpris4 ,je m'arrte4 ,en vrit1 cette histoire n'aurait pas de fin4 ,si j'ai cit des noms illustres1 ce n'est certes pas pour le vain plaisir de dnigrer de grandes renommes4 ,j'ai pens que ma dmonstration en aurait d'autant plus de force4 ,si une loi imprudente a pu abaisser ce point des hommes tels que les ,pitt et les ,fox1 qu'a-t-elle produit sur des mes plus vulgaires1--des ,walpole1 des ,burke1 des ,north8 ,ce qu'il faut remarquer surtout1 c'est que l',angleterre a t le jouet et la victime de ces coalitions4 ,l'une aboutit une guerre ruineuse2 l'autre une paix humiliante4 ,une troisime fait chouer le plan de justice et de rparation conu par ,pitt en faveur de l',irlande4 ,que de souffrances et de honte ce plan n'et-il pas pargnes l',angleterre et l'humanit6 ,triste spectacle que celui de ces hommes d'tat livrs la honte de contradictions perptuelles6 ,chatham1 dans l'opposition1 enseigne que le moindre symptme de prosprit commerciale1 en ,france1 est une calamit pour la ,grande-,bretagne4 ,chatham1 ministre1 conclut l paix avec la ,france1 et professe que la prosprit d'un peuple est un bienfait pour tous les autres4 ,nous sommes habitus voir dans ,fox le dfenseur des ides franaises4 ,il le fut sans doute1 quant ,pitt nous faisait la guerre4 ,mais quand ,pitt ngociait le trait de #aghf1 ,fox disait3 en propres termes que l'hostilit tait l'tat naturel1 la condition normale des relations des deux peuples4 ,malheureusement ces variations1 qui ne sont pour les coalitions que des manoeuvres stratgiques1 sont prises au srieux par les peuples4 ,c'est ainsi qu'on les voit implorer tour tour la paix ou la guerre1 au gr des chef momentanment populaires4 ,c'est l le danger srieux des coalitions4 ,on pourra dire avec raison que1 depuis quelques annes1 ces sortes de manoeuvres sont si dcries en ,angleterre1 que les hommes d'tat n'osent plus s'y livrer4 ,qu'est-ce que cela prouve1 si ce n'est que1 par leurs effets dsastreux1 elles ont enfin ouvert les yeux du peuple et form son exprience8 ,je sais bien que l'homme est naturellement progressif1 qu'il finit toujours par tre clair1 sinon par la prvoyance1 du moins par l'exprience1 et qu'une institution vicieuse perd la longue son efficacit pour le mal1 force d'en faire4 ,est-ce une raison pour l'adopter8 ,il ne faut pas croire1 d'ailleurs1 que l',angleterre ait chapp depuis bien longtemps ce flau4 ,nous l'avons vue de nos jours en prouver les cruels effets4 ,en #ahbd1 l'tat des finances tant dsespr1 un habile ministre1 ,huskisson1 songea aune grande rforme1 qui alors tait fort impopulaire4 ,huskisson dut se contenter de faire quelques expriences pour prparer et clairer l'opinion4 ,il y avait alors dans le parlement un jeune homme1 profond conomiste1 et qui comprit toute la grandeur1 toute la porte de cette rforme4 ,si1 en sa qualit de dput1 l'accs du ministre lui et t interdit1 il n'aurait eu rien de mieux faire qu' aider ,huskisson dans sa difficile entreprise4 ,mais1 il y a aussi dans la constitution anglaise un fatal article #gi4 ,et sir ,robert ,peel1 car c'tait lui1 se dit3 ,cette rforme est belle1 c'est moi1 moi seul qui l'accomplirai4 ,mais pour cela1 il fallait tre ministre4 ,pour tre ministre1 il fallait renverser ,huskisson2 pour le renverser1 il fallait le dpopulariser2 pour le dpopulariser1 il fallait dcrier l'oeuvre qu'on admirait au fond du coeur4 ,c'est quoi sir ,robert s'attacha4 ,huskisson mourut sans raliser sa pense4 ,les finances taient aux abois4 ,il fallut songer un moyen hroque4 ,russel proposa un bill qui commenait et impliquait la rforme4 ,sir ,robert ne manqua pas d'y faire une opposition furieuse4 ,le bill choua4 ,lord ,john ,russell conseilla au roi1 tant la situation tait grave1 de dissoudre le parlement et d'en appeler aux lecteurs4 ,sir ,robert remplit l',angleterre d'arguments protectionistes1 contraires ses convictions1 mais ncessaires ses vues4 ,les vieux prjugs l'emportrent4 ,la nouvelle chambre renversa ,russell1 et ,peel entra au ministre avec la mission expresse de s'opposer toute rforme4 ,vous voyez qu'il ne redoutait pas de prendre le chemin le plus long4 ,mais sir ,robert avait compt sur un auxiliaire qui ne tarda pas paratre3 la dtresse publique4 ,la rforme ayant t retarde par ses soins1 les finances allaient naturellement de mal en pis4 ,tous les budgets aboutissaient des dficits effrayants4 ,les aliments ne pouvant pntrer dans la ,grande-,bretagne1 elle fut en proie la famine escorte1 comme toujours1 du crime1 de la dbauche1 de la maladie de la mortalit4 ,la dtresse6 rien n'est plus propre rendre les peuples changeants4 ,l'opinion1 seconde par une ligue puissante1 rclama la libert4 ,les choses taient arrives au point o sir ,robert les voulait2 et alors2 trahissant son pass1 trahissant ses commettants1 trahissant son parti parlementaire1 un beau jour1 il se proclame converti l'conomie politique et ralise lui-mme cette rforme1 que1 pour le malheur de l',angleterre1 il a retarde de dix ans1 dans le seul but d'en ravir la gloire d'autres4 ,cette gloire1 il l'a conquise2 mais l'abandon de tous ses amis et les reproches de sa conscience la lui font payer chrement4 ,nous avons aussi notre histoire constitutionnelle1 autrement dit3 l'histoire de la guerre aux portefeuilles1 guerre qui agite et souvent pervertit le pays tout entier4 ,je ne m'y arrterai pas longtemps2 aussi bien1 ce ne serait que la reproduction de ce qu'on vient de lire1 sauf le nom des personnages et quelques dtails de mise en scne4 ,le point sur lequel je voudrais surtout attirer l'attention du lecteur1 ce n'est pas autant sur ce qu'il y a de dplorable dans les manoeuvres des coalitions parlementaires que sur ce qu'il y a de plus dangereux dans un de leurs effets1 qui est celui-ci3 populariser1 pour un temps1 l'injustice et l'absurdit2 dpopulariser la vrit mme4 ,un jour1 ,m4 de ,villle s'aperut que l'tat avait du crdit et qu'il pouvait emprunter #d-a_/b pour cent4 ,nous avions alors une lourde dette1 dont l'intrt nous cotait #e pour cent4 ,m4 de ,villle songea faire aux cranciers de l'tat cette proposition3 ,soumettez-vous ne toucher dsormais que l'intrt tel qu'il prvaut aujourd'hui dans toutes les transactions1 ou bien reprenez votre capital2 je suis prt vous le rendre4 ,quoi de plus raisonnable1 quoi de plus juste1 et combien de fois la ,france a-t-elle vainement rclam depuis cette mesure si simple8 ,mais il y avait1 la ,chambre1 des dputs qui voulaient tre ministres4 ,leur rle naturel1 en consquence de ce dsir1 tait de trouver ,m4 de ,villle en faute en tout et sur tout4 ,ils dcrirent donc la conversion avec tant de bruit et d'acharnement1 que la ,france n'en voulut aucun prix4 ,il semblait que restituer quelques millions aux contribuables1 c'tait leur arracher les entrailles4 ,ce bon ,m4 ,laffite1 domin par son exprience financire au point d'oublier son rle de coalis1 s'tant avis de dire3 ,aprs tout1 la conversion a du bon1 fut l'instant considr comme rengat1 et ,paris n'en voulut plus pour dput4 ,rendre impopulaire une juste diminution des intrts pays aux rentiers6 ,puisque les coalitions ont fait ce tour de force1 elles en feront bien d'autres4--,tant y a1 qu' l'heure qu'il est1 nous payons encore cette leon1 et1 qui pis est1 nous ne paraissons pas disposs en profiter4 ,mais voici ,m4 ,mol au pouvoir4 ,deux hommes de talent sont entrs la ,chambre sous l'empire de la charte nouvelle1 qui a aussi son article #gi4 ,cet article a souffl dans l'oreille de nos deux dputs ces mots sducteurs3 ,si vous parvenez faire prir ,m4 ,mol force d'impopularit1 un de vous prendra sa place4 ,et nos deux champions1 qui n'ont jamais pu s'entendre sur rien1 s'entendent parfaitement pour amasser sur la tte de ,m4 ,mol des flots d'impopularit4 ,quel terrain vont-il choisir8 ,ce sera celui des questions extrieures4 ,c'est peu prs le seul o deux hommes d'opinions politiques opposes puissent momentanment se rencontrer4 ,d'ailleurs1 il est merveilleusement propre au but qu'on a en vue4 ,le ministre est lche1 tratre1 il humilie le drapeau franais2 nous sommes1 nous1 les vrais patriotes1 les dfenseurs de l'honneur national4 ,quoi de mieux calcul pour abaisser son adversaire et s'lever soi-mme aux yeux d'une opinion publique qu'on sait tre si chatouilleuse en fait de point d'honneur8 ,il est vrai que si on pousse trop loin1 dans les masses1 cette exaltation de patriotisme1 il en pourra rsulter d'abord une chauffoure1 ensuite une conflagration universelle4 ,mais ce n'est l qu'une ventualit secondaire aux yeux d'une coalition1 l'essentiel est de saisir le pouvoir4 l'poque dont nous parlons1 ,m4 ,mol avait trouv la ,france engage par un trait qui portait textuellement1 si je ne me trompe1 cette clause3 ,quand les ,autrichiens quitteront les ,lgations1 les ,franais quitteront ,ancne4 ,or1 les ,autrichiens ayant vacu les ,lgations1 les ,franais vacurent ,ancne4 ,rien au monde de plus naturel et de plus juste4 moins de prtendre que la gloire de la ,france consiste violer les traits1 et que la parole lui a t donne pour tromper ceux avec qui elle traite1 ,m4 ,mol avait mille fois raison4 ,c'est pourtant sur cette question que ,,mm4 ,thiers et ,guizot1 seconds par l'opinion gare1 parvinrent le renverser4 ,et ce fut cette occasion que ,m4 ,thiers professa1 sur la valeur des engagements internationaux1 cette fameuse doctrine qui en a fait un homme impossible1 car elle ne tendait rien moins qu' faire de la ,france elle-mme une nation impossible1 au moins parmi les peuples civiliss4 ,mais le propre des coalitions est de crer ceux qui y entrent des embarras et des obstacles futurs4 ,la raison en est simple4 ,pendant qu'on est de l'opposition systmatique1 on affiche des principes sublimes1 on tale un patriotisme farouche1 on se revt d'un rigorisme outr4 ,quand vient l'heure du succs1 on entre au ministre2 mais on est bien forc de laisser tout ce bagage dclamatoire la porte1 et l'on suit humblement la politique de son prdcesseur4 ,c'est ainsi que toute foi s'teint dans la conscience publique4 ,le peuple voit se perptuer une politique qu'on lui a enseign trouver pitoyable4 ,il se dit tristement3 ,les hommes qui avaient gagn ma confiance par leurs beaux discours d'opposition ne manquent jamais de la trahir quand ils sont ministres4--,heureux s'il n'ajoute pas3 ,je m'adresserai dornavant1 non des discoureurs1 mais des hommes d'action4 ,nous venons de voir ,,mm4 ,thiers et ,guizot diriger1 au sein du parlement1 contre ,m4 ,mol1 les batteries d',ancne4 ,je pourrais montrer maintenant d'autres coalitions battre ,m4 ,guizot en brche avec les batteries de ,tati1 du ,maroc1 de ,syrie4 ,mais vraiment l'histoire en deviendrait fastidieuse4 ,c'est toujours la mme chose4 ,deux ou trois dputs1 appartenant des partis divers1 souvent opposs1 quelquefois irrconciliables1 se mettent en tte qu'ils doivent tre ministres1 quoi qu'il puisse arriver4 ,ils calculent que tous ces partis runis peuvent faire une majorit ou en approcher4 ,donc1 ils se coalisent4 ,ils ne s'occupent pas de rformes administratives ou financires srieuses1 pouvant raliser le bien public4 ,non1 ils ne seraient pas d'accord l-dessus4 ,d'ailleurs1 le rle d'une coalition est d'attaquer violemment les hommes et mollement les abus6 ,dtruire les abus6 mais ce serait amoindrir l'hritage auquel elle aspire6 ,nos deux ou trois meneurs se campent sur les questions extrieures4 ,ils se remplissent la bouche des mots3 ,honneur national1 patriotisme1 grandeur de la ,france1 prpondrance4 ,ils entranent les journaux1 puis l'opinion2 ils l'exaltent1 la passionnent1 la surexcitent1 tantt au sujet du pacha d'gypte1 tantt l'occasion du droit de visite1 une autre fois propos d'un ,pritchard4 ,ils nous conduisent jusqu' la limite de la guerre4 ,l',europe est dans l'anxit4 ,de toute part les armes grossissent et les budgets avec elles4 ,encore un effort6 dit la coalition1 il faut que le ministre tombe ou que l',europe soit en feu4 ,le ministre tombe en effet2 mais les armes restent et les budgets aussi4 ,un des heureux vainqueurs entre au pouvoir1 les deux autres restent en route1 et s'en vont former1 avec les ministres dchus1 une coalition nouvelle1 qui passe par les mmes intrigues pour aboutir aux mmes rsultats4 ,que si l'on s'avise de dire au ministre de frache date3 ,maintenant diminuez donc l'arme et le budget1 il rpond3 ,eh quoi6 ne voyez-vous pas combien les dangers de guerre renaissent frquemment en ,europe8--,et le peuple dit3 ,il a raison4--,et la charge s'accrot1 chaque crise ministrielle1 jusqu' ce que1 devenue insupportable1 les prils factices du dehors sont remplacs par des prils rels au dedans4--,et le ministre dit3 ,il faut bien armer la moiti de la nation pour tenir l'autre moiti couche en joue4--,et le peupl1 ou du moins cette partie du peuple qui il reste quelque chose perdre1 dit3 ,il a raison4 ,tel est le triste spectacle qu'offrent au monde la ,france et l',angleterre2 si bien que beaucoup de gens senss en sont venus se demander si le rgime reprsentatif1 quelque logique que la thorie le montre1 n'tait pas par sa nature1 une cruelle mystification4 ,cela dpend4 ,sans l'article #gi1 il rpond aux esprances qu'il avait fait natre1 comme le prouve l'exemple des tats-,unis4 ,avec l'article #gi1 il n'est pour les peuples qu'un enchanement d'illusions et de dceptions4 ,et comment en serait-il autrement8 ,les hommes ont rv de grandeur1 d'influence1 de fortune et de gloire4 ,qui n'y rve quelquefois8 ,tout coup le vent de l'lection les jette dans l'enceinte lgislative4 ,si la constitution du pays leur disait3 ,tu y entres reprsentant et tu y resteras reprsentant1 quel intrt auraient-ils1 je le demande1 tourmenter1 entraver1 dconsidrer et renverser le pouvoir8 ,mais1 loin de leur tenir ce langage1 elle dit l'un3 ,le ministre a besoin de grossir ses phalanges1 et il dispose de hautes positions politiques que je ne t'interdis pas2 l'autre3 ,tu as de l'audace et du talent1 voil le banc des ministres2 si tu parviens les en chasser1 ta place y est marque4 ,alors1 et cela est infaillible1 alors commencent ces tumultes d'accusations furieuses1 ces efforts inous pour mettre de son ct la force d'une popularit phmre1 cet talage fastueux de principes irralisables1 quand on attaque1 et de concessions abjectes1 quand on se dfend4 ,ce n'est que piges et contre-piges1 feintes et contre-feintes1 mines et contre-mines4 ,la politique devient une stratgie4 ,les oprations se poursuivent au dehors1 dans les bureaux1 dans les commissions1 dans les comits4 ,le moindre petit accident parlementaire1 une lection de questeur est un symptme qui fait palpiter les coeurs de crainte ou d'esprance2 s'il s'agissait du ,code civil lui-mme1 on n'y prendrait pas tant d'intrt4 ,on voit se liguer les lments les plus htrognes1 et se dissoudre les plus naturelles alliances4 ,ici1 l'esprit de parti forme une coalition4 ,l1 la souterraine habilet ministrielle en fait chouer une autre4 ,s'agit-il d'une loi d'o dpend le bien-tre du peuple1 mais qui n'implique pas la question de confiance1 la salle est dserte4 ,en revanche1 tout vnement que le temps amne1 portt-il dans ses flancs une conflagration gnrale1 est toujours le bienvenu1 s'il prsente un terrain o se puissent appuyer les chelles d'assaut4 ,ancne1 ,tati1 ,maroc1 ,syrie1 ,pritchard1 droit de visite1 fortifications1 tout est bon1 pourvu que la coalition y trouve la force qui renversera le cabinet4 ,alors1 nous sommes saturs de ces lamentations dont la forme est strotype3 ,au dedans la ,france est souffrante1 etc41 etc42 au dehors la ,france est humilie1 etc41 etc4 ,est-ce vrai8 est-ce faux8 ,on ne s'en met pas en peine4 ,cette mesure nous brouillera-t-elle avec l',europe8 ,nous forcera-t-elle tenir ternellement cinq cent mille hommes sur pied8 ,arrtera-t-elle la marche de la civilisation8 ,crera-t-elle des obstacles toute administration future8 ,ce n'est pas ce dont il s'agit4 ,au fond1 une seule chose intresse3 la chute ou le triomphe d'un nom propre4 ,et ne croyez pas que cette perversit politique n'envahisse au sein du parlement que les mes vulgaires1 les coeurs dvors d'une ambition de bas tage1 les prosaques amants de places bien rmunres4 ,non1 elle s'attaque encore et surtout aux mes d'lite1 aux nobles coeurs1 aux intelligences puissantes4 ,pour dompter de tels hommes1 il suffit que l'art4 #gi veille au fond de leur conscience1 au lieu de cette pense triviale3 ,tu raliseras tes rves de fortune1 cette autre pense bien autrement dominatrice3 ,tu raliseras tes rves de bien public4 ,lord ,chatham avait donn des preuves d'un grand dsintressement2 ,m4 ,guizot n'a jamais t accus d'adorer le veau d'or4 ,on a vu ces deux hommes dans les coalitions1 et qu'y faisaient-ils8 ,tout ce que peut suggrer la soif du pouvoir et pis peut-tre que ne pourrait suggrer la soif des richesses4 ,afficher des sentiments qu'ils n'avaient pas2 se parer d'un patriotisme farouche qu'ils n'approuvaient pas2 susciter des embarras au gouvernement de leur pays1 faire chouer les ngociations les plus importantes1 pousser le journalisme et l'esprit public dans les voies les plus prilleuses1 crer leur propre ministre futur les difficults de tels prcdents1 se prparer d'avance de honteuses palinodies3 voil ce qu'ils faisaient4 ,et pourquoi8 ,parce que le dmon tentateur1 cach sous la forme d'un article #gi1 avait murmur leur oreille ces mots dont1 depuis l'origine1 il sait la sduction3 ,eritis sicut dii2 renversez tout sur votre passage1 mais arrivez au pouvoir et vous serez la providence des peuples4 ,et le dput1 succombant1 prononce des discours1 expose des doctrines1 se livre des actes que sa conscience rprouve4 ,il se dit3 ,il le faut bien pour me frayer la route4 ,que je parvienne enfin au ministre1 je saurai bien reprendre ma pense relle et mes vrais principes4 ,il est donc bien peu de dputs que la perspective du ministre ne fasse dvier de cette ligne de rectitude1 o leurs commettants avaient le droit de les voir marcher4 ,encore1 si la guerre des portefeuilles1 ce flau que le fabuliste aurait pu faire entrer dans sa triste numration entre la peste et la famine1 si1 dis-je1 la guerre aux portefeuilles se renfermait dans l'enceinte du palais national6 ,mais le champ de bataille s'largit peu peu jusqu'aux frontires1 et par del les frontires du pays4 ,les masses belligrantes sont partout2 les chefs seuls sont dans la ,chambre4 ,ils savent que1 pour arriver au corps de la place1 il faut commencer par emporter les ouvrages extrieurs1 le journalisme1 la popularit1 l'opinion1 les majorits lectorales4 ,il est donc fatal que toutes ces forces1 mesure qu'elles s'enrlent pour ou contre la coalition1 s'imprgnent et s'imbibent des passions qui s'agitent dans le parlement4 ,le journalisme1 d'un bout l'autre de la ,france1 ne discute plus1 il plaide4 ,il plaide chaque loi1 chaque mesure1 non point en ce qu'elles ont de bon ou de mauvais1 mais au seul point de vue de l'assistance qu'elles peuvent prter momentanment tel ou tel champion4 ,la presse ministrielle n'a plus qu'une devise3 ,e sempre bene2 et la presse opposante1 comme la vieille femme de la satire1 laisse lire sur son jupon ce mot3 ,argumentabor4 ,quand le journalisme est ainsi dcid tromper le public et se tromper lui-mme1 il peut accomplir en ce genre des miracles surprenants4 ,rappelons-nous le droit de visite4 ,pendant je ne sais combien d'annes ce trait s'excutait sans que personne en prt souci4 ,mais une coalition ayant eu besoin d'un expdient stratgique1 elle dterra ce malencontreux trait1 et en fit la base de ses oprations4 ,bientt1 aide du journalisme1 elle parvint faire croire tous les ,franais qu'il ne renfermait qu'une clause ainsi conue3 ,les navires de guerre anglais auront le droit de visiter les navires du commerce franais4 ,il n'est pas besoin de dire l'explosion de patriotisme que devait faire clater une telle hypothse4 ,ce fut au point qu'on ne comprend pas encore comment une guerre universelle put tre vite4 ,je me rappelle m'tre trouv cette poque dans un cercle nombreux o l'on fulminait contre l'odieux trait4 ,quelqu'un s'avisa de dire3 ,qui de vous l'a lu8 ,il fut heureux pour lui que les auditeurs ne trouvassent pas de pierres sous leur main1 il aurait t infailliblement lapid4 ,au reste1 l'enrlement des journaux dans la guerre de portefeuilles et le rle qu'ils y jouent ont t dvoils par l'un d'eux en termes qui mritent d'tre reproduits ici 7,presse du #ag novembre #ahde73 ,m4 ,petetin dcrit la presse telle qu'il la comprend1 comme il se plat la rver4 ,de bonne foi1 croit-il que lorsque le ,constitutionnel1 le ,sicle1 etc41 s'attaquent ,m4 ,guizot1 que lorsqu' son tour le ,journal des ,dbats s'en prend ,m4 ,thiers1 ces feuilles combattent uniquement pour l'ide pure1 pour la vrit1 provoques par le besoin intrieur de la conscience8 ,dfinir ainsi la presse1 c'est la peindre telle qu'on l'imagine1 ce n'est pas la peindre telle qu'elle est4 ,il ne nous en cote aucunement de le dclarer1 car si nous sommes journaliste1 nous le sommes moins par vocation que par circonstance4 ,nous voyons tous les jours la presse au service des passions humaines1 des ambitions rivales1 des combinaisons ministrielles1 des intrigues parlementaires1 des calculs politiques les plus divers1 les plus opposs1 les moins nobles2 nous la voyons s'y associer troitement4 ,mais nous la voyons rarement au service des ides2 et quand1 par hasard1 il arrive un journal de s'emparer d'une ide1 ce n'est jamais pour elle-mme1 c'est toujours comme instrument de dfense ou d'attaque ,,minist,,rielle4 ,celui qui crit ces lignes parle ici avec exprience4 ,toutes les fois qu'il a essay de faire sortir le journalisme de l'ornire des partis pour le faire entrer dans le champ des ides et des rformes1 dans la voie des saines applications de la science conomique l'administration publique1 il s'est trouv tout seul1 et il a d reconnatre qu'en dehors du cercle troit trac par les lettres assembles de quatre ou cinq noms propres1 il n'y avait pas de discussion possible1 il n'y avait pas de politique4 ,en vrit1 je ne sais plus quelle dmonstration recourir si le lecteur n'est pas scandalis1 pouvant d'un si effroyable aveu6 ,enfin1 comme le mal1 parti du parlement1 envahit le journalisme2 par le journalisme il envahit l'opinion publique tout entire4 ,comment le public ne serait-il pas gar1 quand1 jour aprs jour1 la ,,tribune et la ,,presse s'appliquent ne laisse arriver jusqu' lui que de fausses lueurs1 de faux jugements1 de fausses citations et de fausses assertions8 ,nous avons vu que le terrain sur lequel se livre ordinairement la bataille ministrielle1 c'est la question extrieure d'abord1 ensuite la corruption parlementaire et lectorale4 ,quant la question extrieure1 tout le monde comprend le danger de ce travail incessant auquel se livrent les coalitions pour attiser les haines nationales1 irriter l'orgueil patriotique1 persuader au pays que l'tranger ne songe qu' l'humilier et le pouvoir excutif qu' le trahir4 ,qu'il me soit permis de dire que ce danger est peut-tre plus grand en ,france que partout ailleurs4 ,notre civilisation nous fait une ncessit du travail4 ,c'est notre moyen d'existence et de progrs4 ,le travail se dveloppe par la scurit1 la libert1 l'ordre et la paix4 ,malheureusement l'ducation universitaire est en contradiction flagrante avec ces besoins de notre temps4 ,en nous faisant vivre pendant toute notre jeunesse de la vie des ,spartiates et des ,romains1 elle entretient dans nos mes ce sentiment commun aux enfants et aux barbares3 l'admiration de la force brutale4 ,la vue d'un beau rgiment1 le bruit des fanfares1 l'aspect de ces machines que les hommes ont inventes pour se casser rciproquement les bras et les jambes1 les poses d'un tambour-major1 tout cela nous met en extase4 ,comme les barbares1 nous croyons que patriotisme signifie haine de l'tranger4 ,ds que notre intelligence commence poindre1 on ne l'entretient que des vertus militaires1 de la grande politique des ,romains1 de leur profonde diplomatie1 de la force de leurs lgions4 ,nous apprenons la morale dans ,tite-,live4 ,notre catchisme1 c'est ,quinte-,curce1 et on offre notre enthousiasme1 comme l'idal de la civilisation1 un peuple qui avait fond ses moyens d'existence sur le pillage mthodique du monde entier4 ,il est ais de comprendre combien les efforts des coalitions parlementaires1 toujours dirigs dans le sens de la guerre1 nous trouvent bien disposs les seconder4 ,elles ne sauraient semer sur un champ mieux prpar4 ,aussi il a tenu bien peu de chose que1 dans l'espace de quelques annes1 elles ne nous aient mis aux prises avec l',espagne1 avec le ,maroc1 avec la ,turquie1 avec la ,russie1 avec l',autriche1 et trois fois avec l',angleterre4 ,o en serait la ,france si de telles calamits n'eussent pas t dtournes1 grand'peine et presque malgr elle8 ,louis-,philippe est tomb1 mais rien ne m'empchera de dire qu'il a rendu au monde l'immense service de maintenir la paix4 ,que de sueurs lui a cotes ce succs digne des bndictions des peuples8 ,et pourquoi 7c'est ici le coeur de ma thse78 ,parce qu' un moment donn la paix n'avait plus pour elle l'opinion publique4 ,et pourquoi n'avait-elle pas pour elle l'opinion8 ,parce qu'elle ne convenait pas aux journaux4 ,et pourquoi ne convenait-elle pas aux journaux8 ,parce qu'elle tait importune tel dput1 candidat-ministre4 ,et pourquoi enfin tait-elle importune ce dput8 ,parce que les accusations de faiblesse1 de trahison1 ont t1 sont et seront toujours l'arme favorite des dputs qui1 aspirant aux portefeuilles1 ont besoin de renverser ceux qui les tiennent4 ,l'autre point sur lequel les coalitions attaquent ordinairement le ministre1 c'est la corruption4 cet gard1 pendant le dernier rgime1 elles avaient beau jeu4 ,mais cette corruption mme1 les coalitions n'en font-elles pas1 pour ainsi dire1 une fatalit8 ,le pouvoir qu'on attaque sur un sujet o il a raison1 comme1 par exemple1 quand on veut le pousser une guerre injuste1 se dfend d'abord par la raison4 ,mais bientt il s'aperoit qu'elle est impuissante et qu'elle vient se briser contre une opposition systmatique4 ,alors1 quelle ressource lui reste8 ,c'est de se crer tout prix une majorit compacte et d'opposer parti pris parti pris4 ,ce fut l'arme dfensive de ,walpole1 'a t celle de ,m4 ,guizot4 ,on ne m'accusera pas1 j'espre de prsenter ici l'apologie ou la justification de la corruption4 ,mais je dis ceci3 le coeur humain tant donn1 les coalitions la rendent fatale4 ,le contraire implique contradiction1 car si le ministre tait honnte1 il tomberait4 ,il existe1 donc il corrompt4 ,il n'y a jamais eu de cabinets un peu stables que ceux qui se sont cr ainsi une majorit quand mme3 ,walpole1 ,north1 ,villle1 ,guizot4 ,et maintenant que le lecteur veuille bien se reprsenter un pays o les grandes runions politiques1 les ,chambres1 les corps lectoraux sont incessamment travaills1 d'un ct1 par les manoeuvres de l'opposition systmatique1 aide du journalisme1 semant la haine1 le mensonge et les ides belliqueuses2 de l'autre1 par les manoeuvres ministrielles infiltrant la vnalit et la corruption jusqu'aux dernires fibres du corps social6 ,et cela dure des sicles4 ,et cela devient l'tat permanent du rgime reprsentatif4 ,faut-il s'tonner si les honntes gens finissent par en dsesprer8 ,il est vrai que l'on voit de temps en temps les meneurs changer de rle4 ,mais cette circonstance ne fait que substituer aux derniers vestiges de la foi un scepticisme universel et indlbile4 ,il faut finir4 ,je terminerai par une considration de la plus haute importance4 ,l',assemble nationale a fait une constitution4 ,nous devons la respecter profondment4 ,c'est l'ancre de salut de nos destines4 ,ce n'est pourtant pas une raison pour fermer les yeux aux dangers qu' titre d'oeuvre humaine elle peut prsenter1 si surtout nous nous proposons pour but1 dans cet examen consciencieux1 d'loigner de toutes les institutions accessoires ce qui serait de nature dvelopper un germe funeste4 ,tout le monde est d'accord1 je crois1 sur ce point que le danger de notre constitution est de mettre en prsence deux pouvoirs qui sont ou peuvent se croire rivaux et gaux1 parce qu'ils se prvalent tous deux du suffrage universel d'o ils manent4 ,dj la possibilit d'un conflit insoluble alarme beaucoup d'esprits et a donn naissance deux thories bien tranches4 ,les uns prtendent que la rvolution de ,fvrier1 dirige contre l'ancien pouvoir excutif1 n'a pu vouloir amoindrir la prpondrance du pouvoir lgislatif4 ,le prsident du conseil a soutenu1 au contraire1 que si autrefois le ministre devait reculer devant les majorits1 il n'en tait pas de mme aujourd'hui4 ,quoi qu'il en soit1 tous les amis sincres de la scurit1 de la stabilit1 doivent dsirer ardemment que l'occasion mme de ce conflit de pouvoirs ne naisse pas1 et que le danger1 s'il existe1 reste l'tat latent4 ,s'il en est ainsi1 irons-nous dposer de gaiet de coeur1 dans la loi lectorale1 une cause vidente de crises ministrielles factices8 ,en prsence de l'norme difficult constitutionnelle qui nous frappe et nous pouvante1 organiserons-nous1 avant de nous sparer1 les luttes parlementaires1 comme pour multiplier plaisir les chances du conflit8 ,qu'on songe donc ceci3 ce qu'on appelait autrefois crises ministrielles s'appellera dsormais conflit de pouvoirs1 et en prendra les gigantesques proportions4 ,nous l'avons dj vu1 quoique la constitution ait peine deux mois d'existence1 et sans l'admirable modration de l',assemble nationale1 nous serions maintenant en pleine tempte rvolutionnaire4 ,certes1 voil un motif puissant pour que nous vitions de crer des causes factices de crises ministrielles4 ,sous la monarchie reprsentative1 elles ont fait beaucoup de mal2 mais enfin1 il y avait une solution4 ,le roi pouvait dissoudre la ,chambre et en appeler au pays4 ,si le pays condamnait l'opposition1 cela rsultait de la majorit nouvelle1 et l'harmonie des pouvoirs tait rtablie4 ,s'il condamnait le ministre1 cela rsultait encore de la majorit1 et le roi ne pouvait se refuser cder4 ,maintenant la question ne se pose plus entre l'opposition et le ministre4 ,elle se pose entre le pouvoir lgislatif et le pouvoir excutif1 tous deux ayant un mandat d'une dure dtermine1 c'est--dire qu'elle se pose entre deux manifestations du suffrage universel4 ,encore une fois1 je ne recherche pas ici qui doit cder1 je me borne dire3 ,acceptons l'preuve1 si elle nous arrive naturellement2 mais ne commettons pas l'imprudence de la faire natre artificiellement plusieurs fois par anne4 ,or1 je le demande1 en m'appuyant sur les leons du pass1 dclarer que les reprsentants peuvent aspirer aux portefeuilles1 n'est-ce pas fomenter les coalitions1 multiplier les crises ministrielles1 ou1 pour mieux dire1 les conflits de pouvoirs8 ,je livre cette rflexion mes collgues4 ,maintenant j'aborde deux objections4 ,on dit3 ,vous voyez bien des choses dans l'admissibilit des dputs au ministre4 vous entendre1 il semble que1 sans elle1 la rpublique serait un paradis4 ,en leur fermant la porte du pouvoir1 croyez-vous donc teindre toutes les passions6 ,n'avez-vous pas dclar vous-mme qu'en ,angleterre les coalitions deviennent impossibles force d'tre impopulaires1 et n'a-t-on pas vu ,peel et ,russell se prter rciproquement un loyal concours4 ,cet argument revient ceci3 ,de ce qu'il y aura toujours de mauvaises passions concluons qu'il faut mettre dans la loi un aliment la plus mauvaise de toutes4--,qu'avec le temps et force de faire du mal les coalitions s'usent1 je le crois4 ,il n'y a pas de flau dont on n'en puisse dire autant1 et c'est un singulier motif pour en mettre le germe dans nos lois4 ,des guerres inutiles1 des impts accablants1 fruit des coalitions1 ont appris l',angleterre les mpriser4 ,je ne dis pas qu'au bout de deux ou trois sicles1 au prix des mmes calamits1 nous ne puissions apprendre la mme leon4 ,la question est de savoir s'il vaut mieux repousser une mauvaise loi1 ou l'adopter sur ce fondement que l'excs du mal qui en sortira provoquera1 dans cent ans1 une raction vers le bien4 ,on dit encore3 ,interdire le ministre aux dputs1 c'est priver le pays de tous les grands talents qui se rvlent dans l',assemble nationale4 ,je dis1 moi1 que c'est au contraire retenir les grands talents au service du bien gnral4 ,montrer un homme de gnie qui est reprsentant la perspective du pouvoir1 c'est l'entraner faire cent fois plus de mal1 comme membre d'une coalition1 qu'il ne fera jamais de bien comme membre d'un cabinet4 ,c'est tourner son gnie mme contre le repos public4 ,ne nous faisons-nous pas d'ailleurs illusion1 quand nous nous imaginons que tous les grands talents sont la ,chambre8 ,croit-on qu'il n'y a pas1 dans toute l'arme1 de quoi faire un bon ministre de la ,guerre2 dans toute la magistrature1 de quoi fournir un bon ministre de la ,justice8 ,s'il y a des hommes de gnie la ,chambre1 qu'ils y restent4 ,ils exerceront une bonne influence sur les majorits et sur les ministres1 d'autant qu'ils n'auront plus intrt en exercer une mauvaise4 ,au reste1 l'objection1 et-elle quelque valeur1 elle s'efface devant les dangers incommensurablement suprieurs des coalitions1 consquences fatales de l'article que je combats4 ,esprons-nous trouver une solution qui n'ait aucun inconvnient8 ,de deux maux1 sachons choisir le moindre4 ,c'est une singulire logique1 l'usage de tous les sophistes1 que celle-ci3 ,votre proposition a un petit inconvnient2 la mienne en a d'normes4 ,donc1 il faut repousser la vtre1 cause du petit inconvnient qui y est attach4 ,rsumons cette trop longue et en mme temps trop courte dissertation4 ,la question des incompatibilits parlementaires1 c'est le coeur mme de la ,constitution4 ,nous n'en avons remu aucune1 depuis un an1 qu'il importe autant de bien rsoudre4 ,la solution conforme la justice1 l'utilit gnrale me semble rsider dans deux principes clairs1 simples1 incontestables4 #a ,pour arriver l',assemble nationale1 pas d'exclusion1 mais seulement des prcautions l'gard des fonctionnaires publics4 #b ,pour passer de la reprsentation aux places1 exclusion absolue4 ,en d'autres termes3 ,tout lecteur est ligible4 ,tout reprsentant doit rester reprsentant4 ,tout cela se trouve dans l'amendement que j'ai formul en ces termes3 #a4 ,le fonctionnaire public1 nomm reprsentant1 sans perdre ses droits et ses titres1 ne pourra tre promu ni destitu2 il ne pourra exercer ses fonctions ni en percevoir le traitement pendant toute la dure de son mandat4 #b4 ,un reprsentant ne peut accepter aucune fonction publique1 et notamment celle de ,,ministre4 ,,fin ,,du ,,cinqui,,me ,,volume4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,du ,,cinqui,,me ,,volume4 ,,spoliation ,,et ,,loi4 #a ,,guerre ,,aux ,,chaires ,d',,conomie ,,politique4 #af ,,capital ,,et ,,rente4 #bc ,,maudit ,,argent4 #fd ,,gratuit ,,du ,,cr,,dit4--,,premi,,re ,,lettre4--,f4 ,c4 ,chev1 l'un des rdacteurs de la ,voix du ,peuple1 ,frdric ,bastiat4 #id ,,deuxi,,me ,,lettre4--,f4 ,bastiat au rdacteur de la ,voix du ,peuple4 #aaa ,,troisi,,me ,,lettre4--,p4 ,j4 ,proudhon ,f4 ,bastiat4 #abj ,,quatri,,me ,,lettre4--,f4 ,bastiat ,p4 ,j4 ,proudhon4 #acc ,,cinqui,,me ,,lettre4--,p4 ,j4 ,proudhon ,f4 ,bastiat4 #adf ,,sixi,,me ,,lettre4--,f4 ,bastiat ,p4 ,j4 ,proudhon4 #aef ,,septi,,me ,,lettre4--,p4 ,j4 ,proudhon ,f4 ,bastiat4 #afh ,,huiti,,me ,,lettre4--,f4 ,bastiat ,p4 ,j4 ,proudhon4 #aia ,,neuvi,,me ,,lettre4--,p4 ,j4 ,proudhon ,f4 ,bastiat4 #bje ,,dixi,,me ,,lettre4--,f4 ,bastiat ,p4 ,j4 ,proudhon4 #bbe ,,onzi,,me ,,lettre4--,p4 ,j4 ,proudhon ,f4 ,bastiat4 #bch ,,douzi,,me ,,lettre4--,f4 ,bastiat ,p4 ,j4 ,proudhon4 #bgb ,,treizi,,me ,,lettre4--,p4 ,j4 ,proudhon ,f4 ,bastiat4 #bij ,,quatorzi,,me ,,lettre4--,f4 ,bastiat ,p4 ,j4 ,proudhon4 #cab ,,ce ,,qu',,on ,,voit ,,et ,,ce ,,qu',,on ,,ne ,,voit ,,pas4 #ccf ,i4 ,la vitre casse4 #ccg ,,ii4 ,le licenciement4 #cdj ,,iii4 ,l'impt4 #cdc ,,iv4 ,thtres4 ,beaux-arts4 #cdg ,v4 ,travaux publics4 #cec ,,vi4 ,les intermdiaires4 #cef ,,vii4 ,restriction4 #cfc ,,viii4 ,les machines4 #cfh ,,ix4 ,crdit4 #cge ,x4 ,l',algrie4 #cgi ,,xi4 pargne et ,luxe4 #chc ,,xii4 ,droit au travail1 droit au profit4 #cij ,,abondance4 #cic ,,balance ,,du ,,commerce4 #djb ,,paix ,,et ,,libert ,,ou ,,le ,,budget ,r,,publicain4 #djg ,,discours ,,sur ,l',,imp,t ,,des ,,boissons4 #dfh ,,discours ,,sur ,,la ,r,,pression ,,des ,,coalitions ,,industrielles4 #did ,r,,flexions ,,sur ,l',,amendement ,,de ,m4 ,,mortimer-,,ternaux4--,aux ,dmocrates4 #eac ,,incompatibilit,s ,,parlementaires4 #eah ,,fin ,,de ,,la ,,table4 ,,corbeil1 ,,typ4 ,,et ,,st,r4 ,,de ,,cr,t4