,,comte ,l,,on ,,tol/oi ,,ma ,,confession ,,traduit ,,du ,,russe ,,p> ,,zoria ,,p>is ,,n\velle ,,librairie ,,p>isi5ne ,,alb]t ,,sav9e1 ,,diteur #ah1 ,,rue ,,dr\ot1 #ah #ahhg ,,pr,,face ,la vive admiration que l'on manife/e ,p>is p\r les ouvrages de ,tol/o1 la sympa?ie avec laquelle on accueille *aque n\veau volume de ses uvres1 et l'intrt qu'on porte son individualit1 m'ont donn l'ide de traduire ce petit volume intitul ,ma ,confession4 ,ce livre n'a jamais t publi en ,russie4 ,confession trop fran*e p\r tre tolre dans un pays o la p5se mme e/ svrem5t contrle1 il n'a circul ds l'anne #ahhb qu'en nombreux manuscrits p>mi la socit intellig5te de t\te la ,russie4 ,ensuite1 ,g5ve1 il a eu deux ditions1 dont la d]nire date de #ahhf4 ,je regrette de ne l'avoir pas traduit plus tt2 il aurait d prcd] ,que faire81 ,ma ,religion1 et leur s]vir d'introduction1 puisque c'e/ ju/em5t le rcit de l'volution p> laquelle ,tol/o a t am5 ses d]nires ides4 ,or1 p\r t\s ceux qui s'intress5t notre illu/re criva91 cette volution doit prs5t] un vif intrt4 ,le psy*ologue1 le morali/e1 le mdec9 mme y tr\v]ont des matriaux p\r leurs obs]vations et leurs re*]*es1 c>1 envisage s\s t\s ces po9ts de vue1 la confession d'un gr& criva91 faite avec une entire fran*ise1 ne peut pas tre /rile4 ,y lira-t-on l'explication de l'tat o se tr\ve actuellem5t ,tol/o8 ,p\rra-t-on en tir] une explication p\r les ides biz>res qui se sont emp>es de lui dans ces d]nires annes8 ,je l'espre1 et j'espre surt\t qu'on p\rra annonc] une raction dans son esprit et une gurison complte1 si c'e/ une maladie4 ,qu'on me compr5ne bi52 je suis lo9 de class] ,tol/o p>mi les alins4 ,admiratrice passionne de mon *] compatriote1 j'aurais pr\v trop de pe9e en p>l]1 si jamais je l'avais p5s4 ,mais si j'ose exprim] mon humble op9ion1 je le crois fatigu moralem5t1 comme du re/e il le dit lui-mme3 ,je tombai malade1 plutt moralem5t que physiquem5t1 etc4#a1 ou3 ,il arriva ce qui se produit qu& une maladie intrieure e/ sur le po9t de se dcl>]1 etc4#b4 ,or1 on ne saurait expliqu] autrem5t ce manque de logique dans ses raisonnem5ts qu'on rem>que aprs une critique srieuse et suivie4 ,je dis une critique suivie1 c> ,tol/o possde au plus haut po9t ce don de captiv] le lecteur ds le premi] abord et de le r5dre esclave s\v5t contre sa propre volont1 tant le *oix des exemples e/ heureux1 le /yle irrsi/ible et la s9crit de l'auteur conva9cante4 ,hlas6 c'e/ une tri/e influ5ce que celle-ci en ,russie6444 ,son pessimisme ne p\sse pas l'action1 il ne t5d pas lev] les malheureux jusqu' n\s1 il veut que n\s n\s abaissions jusqu' eux4444 ,mais comme le disait ,m4 ,s>cey dans sa confr5ce sur ,que faire8#c1 les ides ne sont pas dang]euses en ,france4 ,effectivem5t1 "p le *>me du /yle bi5 affaibli p> une traduction1 le c>actre franais1 l'tat politique de la nation et bi5 d'autres raisons l'emp*5t de tomb] s\s l'influ5ce des d]nires ides de ,tol/o qu'il reg>d]a plutt comme une simple curiosit4 ,,zoria4 #a 7,page #ci47 ,*]*ez p\r 444 consi/ait t\j\rs dans la mme *ose 7jusqu'7 ress\rces pcuni>es4 #b 7,page #dc47 ,*]*ez p\r 444 plus impratives 7jusqu'7 444 le plus4 #c ,traduction ,m>9a ,polonsky et ,g4 ,debesse1 ,alb]t ,sav9e1 diteur1 #ah1 rue ,dr\ot4 ,,ma ,,confession ,i ,j'ai t baptis et lev selon les pr9cipes de l'glise *rti5ne or?odoxe4 ,on me les enseigna ds mon enfance1 p5dant t\te mon adolesc5ce et ma jeunesse4 ,mais1 dix-huit ans1 aprs une seconde anne d',univ]sit1 je ne croyais dj plus ri5 de ce qu'on m'avait appris4 ,c]ta9s s\v5irs me donn5t mme p5s] que jamais je n'ai cru srieusem5t et que ce que je pr5ais p\r la foi n'tait que confiance en ce que pr(essai5t les gr&s4 ,cette confiance elle-mme tait trs *ancelante4 ,je me rappelle que1 lorsque j'avais onze ans peu prs1 n\s emes1 un diman*e1 la visite de ,volod9ka#a ,m41 un lve du gymnase mort depuis1 qui n\s annona comme une gr&e n\velle une t\te rc5te dc\v]te faite au gymnase4 ,cette dc\v]te consi/ait en ce que ,dieu n'exi/ait pas et que t\t ce qu'on n\s enseignait n'tait que va9e inv5tion4 ,c'tait en #ahch4 ,je me rappelle combi5 mes frres ans s'intressr5t cette n\veaut1 en m'engageant me jo9dre eux4 ,n\s n\s animmes t\s extrmem5t et remes cette n\velle comme quelque *ose de trs amusant et de t\t fait possible4 ,je me rappelle encore que1 p5dant son sj\r l',univ]sit1 mon frre an1 ,dimitri1 s'adonna t\t c\p la religion avec la passion qui lui tait propre4 ,lorsqu'il comm5a assi/] t\s les s]vices1 jen]1 am5] une vie pure et morale1 n\s t\s1 les plus gs mme1 n\s n\s moqumes de lui en le gratifiant1 ,dieu sait p\rquoi1 du surnom de ,no4 ,je me s\vi5s encore que ,m4 ,mauss9-,p\*k9e1 alors recteur de l',univ]sit de ,kazan1 n\s invitait p>fois dans] et comme mon frre refusait son invitation1 il v\lut le dcid] en lui disant ironiquem5t que ,david avait aussi dans devant l',ar*e4 ,je faisais *orus alors ces plaisant]ies des ans et j'en tirais la conclusion qu'il fallait appr5dre le cat*isme et all] l'glise1 mais qu'il ne fallait pas pr5dre t\t cela trop au srieux4 ,je me s\vi5s aussi que1 trs jeune encore1 je lus ,voltaire1 et que ses moqu]ies1 lo9 de me rvolt]1 m'amusai5t beauc\p4 ,mon ab&on de la foi se fit comme cela arrivait et arrive encore aux p]sonnes de notre monde4 ,il me p>at que cela se passe dans la plup>t des cas a9si3 ,les hommes viv5t comme vit t\t le monde1 et t\t le monde base sa vie sur des pr9cipes qui non seulem5t n'ont ri5 de commun avec la religion1 mais qui1 le plus s\v5t1 lui sont compltem5t opposs4 ,l'enseignem5t de la ,religion n'a pas d'action sur la vie4 ,il ne rgle1 en aucune faon1 nos rapports avec les autres hommes1 et dans notre propre exi/5ce1 jamais il ne n\s arrive de le consult]4 ,cet enseignem5t tr\ve son application l1 quelque "p1 lo9 de la vie1 et indp5damm5t d'elle4 ,si l'on se tr\ve en contact avec lui1 c'e/ comme avec un phnomne t\t extrieur1 qui n'e/ pas du t\t li la vie4 ,p> la vie de l'homme1 p> ses actions1 alors comme auj\rd'hui1 il e/ impossible de savoir s'il croit ou non4 ,s'il y a une diffr5ce entre celui qui pr(esse publiquem5t l'or?odoxie et celui qui la nie1 ce n'e/ pas en faveur du premi]4 ,alors comme prs5t1 l'aveu et la pratique o/5sible de l'or?odoxie se r5contr5t1 dans la plup>t des cas1 *ez des p]sonnes bornes1 cruelles1 immorales et se croyant une gr&e importance1 t&is que l'intellig5ce1 l'honntet1 la fran*ise1 la bi5veillance et la morale se tr\v5t gnralem5t p>mi les hommes qui se dis5t incrdules4 ,on enseigne le cat*isme dans les coles et on envoie les coli]s l'glise2 on exige des employs du g\v]nem5t des c]tificats de communion4 ,mais l'homme de notre socit1 qui n'appr5d plus et qui n'e/ pas au s]vice du g\v]nem5t1 ma9t5ant et autrefois encore plus1 peut vivre des annes et des annes sans se rappel] une seule fois qu'il vit p>mi des *rti5s et que lui-mme e/ considr comme pratiquant la religion *rti5ne or?odoxe4 ,alors1 de mme que ma9t5ant1 ce qui a t admis sans exam5 et ma9t5u p> la pression1 fond s\s l'influ5ce du savoir et de l'expri5ce de la vie1 qui sont contraires la ,religion4 ,et cep5dant l'homme vit1 s\v5t trs longtemps1 en s'imag9ant que la foi1 dans laquelle il a t in/ruit dans son enfance1 vit ple9em5t en lui1 t&is qu'il n'y en a plus de traces depuis longtemps4 ,s4441 un homme franc et spirituel1 m'a racont comm5t il cessa de croire4 ,il avait v+t-six ans1 lorsqu'un j\r la *asse1 p5dant l'heure du repos1 il se mit pri] suivant une habitude d'enfance4 ,son frre1 qui *assait avec lui1 tait c\* sur le fo9 et le reg>dait4 ,qu& ,s444 eut f9i sa prire et se disposa se c\*]1 son frre lui dit3 --,et tu fais cela encore prs5t8 ,et ils ne se dir5t ri5 de plus4 ,mais ,s444 ne pria plus depuis ce j\r1 et voici tr5te ans qu'il ne prie pas1 ne communie pas et ne va pas l'glise4 ,et cela1 non p>ce qu'il connat les convictions de son frre et qu'il les a adoptes2 non p>ce qu'il a dcid quelque *ose dans son me1 mais seulem5t p>ce que la p>ole prononce p> son frre a t comme la lgre p\sse du doigt sur un mur prs de tomb]1 entran qu'il e/ p> son propre poids4 ,cette p>ole ne fit que lui montr] que l'endroit o il supposait que la ,religion rsidait1 tait une place vide depuis longtemps et qu'a9si les p>oles qu'il disait1 les croix et les saluts qu'il faisait p5dant sa prire1 n'tai5t que des actions sans le mo9dre s5s4 ,ayant saisi leur absurdit1 il ne put les cont9u]4 ,c'e/ a9si que cela arrive et que cela e/ arriv1 je crois1 p\r la majorit des hommes de notre ducation4 ,je p>le des hommes s9cres env]s eux-mmes et non de ceux qui font de la ,religion un moy5 d'atte9dre n'importe quel b phmre4 ,ces g5s-l sont les a?es les plus au!ntiques1 p>ce que1 si la ,religion n'e/ p\r eux qu'un moy5 d'arriv] quelque b monda91 ce n'e/ bi5 sr pas la conviction qui les mne4 ,c'e/ comme si ces hommes avai5t s5ti la lumire du savoir et de la vie fondre cet difice artificiel2 ils s'en sont dj ap]u ou bi5 n'ont pas encore ouv]t les yeux4 ,l'in/ruction religieuse que j'avais reue depuis mon enfance disp>ut en moi de la mme manire que *ez les autres1 avec la seule diffr5ce que1 comme j'avais comm5c lire des ouvrages de philosophie depuis l'ge de qu9ze ans1 c'e/ avec disc]nem5t et de trs bonne heure que j'abjurai ma foi premire4 ,ds l'ge de seize ans1 je ne priai plus et je n'allai plus l'glise et ne fis plus mes dvotions1 et en cela je suivais ma propre impulsion4 ,je ne croyais pas ce qu'on m'avait enseign depuis mon enfance1 mais je croyais quelque *ose4 ,a quoi8 ,je ne p\vais pas le dire d'une manire prcise4 ,je croyais en ,dieu1 ou plutt je ne niais pas ,dieu1 mais quel ,dieu8 ,je ne niais pas le ,*ri/ non plus1 ni son enseignem5t1 mais en quoi cet enseignem5t consi/ait-il8444 ,auj\rd'hui1 en me rappelant ce temps1 je vois clairem5t que ma ,religion tait ce quelque *ose qui1 en dehors de l'in/9ct purem5t animal1 guidait ma vie4 ,ma seule1 ma vritable croyance en ce temps-l1 tait ma foi dans le p]fectionnem5t4 ,mais en quoi consi/ait le p]fectionnem5t et quel tait son b8 ,je n'aurais pu le dire4 ,je t*ais de me p]fectionn] spirituellem5t4 ,j'appr5ais t\t ce que je p\vais sur les horizons que m'ouvrait la vie4 ,j'essayais de dvelopp] ma volont4 ,je composais des rgles que je m'ef=ais de suivre2 je me p]fectionnais physiquem5t p> t\tes sortes d'ex]cices1 cultivant ma =ce et mon adresse et m'habituant la fatigue et la pati5ce p> t\te espce de privations4 ,t\tes ces r=mes1 je les pr5ais p\r du p]fectionnem5t4 ,le comm5cem5t de t\t tait c]ta9em5t le p]fectionnem5t moral2 mais bi5tt cela se *angea en p]fectionnem5t gnral1 c'e/--dire en dsir d'tre meilleur1 non pas mes propres yeux ou ceux de ,dieu1 mais en dsir d'tre meilleur aux yeux des autres hommes4 ,et bi5tt cette t5dance se modifia en dsir d'tre plus =t que les autres hommes1 c'e/--dire plus clbre et plus ri*e que les autres4 #a ,dim9utif c>essant p\r ,voldm>4 ,,ii ,je racont]ai un j\r l'hi/oire de ma vie qui fut t\*ante et in/ructive1 p5dant ces dix annes de ma jeunesse4 ,je v\lais de t\te mon me tre bon2 mais j'tais jeune1 j'avais des passions et j'tais seul1 t\t fait seul1 qu& je *]*ais le bi54 ,*aque fois que j'essayais de me prononc] sur cet ard5t dsir que j'avais d'tre bon moralem5t1 je ne r5contrais que mpris et moqu]ies2 mais qu& je m'adonnais aux vila9es passions1 on me l\ait1 on m'enc\rageait4 ,l'ambition1 la passion du p\voir1 la cupidit1 la volupt1 l'orgueil1 la colre1 la v5geance--t\t cela tait e/im4 ,me livrant ces passions1 je comm5ais ressembl] un homme et je s5tais qu'on tait cont5t de moi4 ,ma bonne tante1 *ez qui je vivais et qui tait bi5 l'tre le plus pur du monde1 me disait t\j\rs qu'elle ne dsirait ri5 tant p\r moi qu'une liaison avec une femme m>ie3 --,ri5 ne =me un jeune homme comme une liaison avec une femme comme il faut1 disait-elle4 ,elle s\haitait encore un autre bonheur p\r moi1 celui d'tre aide de camp1 et surt\t aide de camp de l',emp]eur2 et1 comme comble de la flicit--que je me m>iasse une jeune fille trs ri*e1 et que j'eusse1 p> suite de ce m>iage1 le plus de s]fs possible4 ,je ne puis sans effroi1 sans dgt et sans s\ffrance de l'me1 me rappel] ces annes4 ,je tuai des hommes la gu]re2 je les dfiai en duel p\r les tu]2 je p]dis au jeu2 je dissipai le produit des travaux des paysans2 je les punissais1 je faisais des folies1 je trompais4 ,le m5songe1 le vol1 les volupts de t\tes sortes1 l'ivresse1 la viol5ce1 le meurtre4444 ,il n'y a pas de crime que je n'aie commis1 et p\r t\t cela1 on me l\ait1 on me comptait et on me compte au nombre des hommes relativem5t moraux4 ,je vcus a9si dix ans4 ,cep5dant1 je comm5ais crire p> vanit1 p> cupidit et p> orgueil4 ,je con=mais mes crits ma vie4 ,p\r obt5ir la gloire et l'arg5t p\r lesquels j'crivais1 il fallait ca*] le bi5 et montr] le mal4 ,c'e/ ce que je fis4 ,combi5 de fois me suis-je +ni ca*] dans mes crits1 s\s les dehors de l'indiffr5ce et d'une lgre moqu]ie1 mme ces aspirations au bi5 qui tai5t le b de ma vie6 ,j'y p>v5ais et on me l\ait4 ,a v+t-six ans1 j'arrivai ,pt]sb\rg1 aprs la gu]re1 et je me liai avec les criva9s qui me reur5t comme un des leurs4 ,on me flatta1 et je n'eus pas le temps d'y p5s] que les op9ions sur la vie1 op9ions t\tes spciales la ca/e des g5s avec lequel je me liai1 s'emp>r5t de moi et effacr5t bi5tt compltem5t t\s mes prcd5ts ef=ts p\r dev5ir meilleur4 ,ces op9ions se basai5t sur une ?orie qui excusait t\t le lib]t9age de ma vie4 ,le jugem5t que mes compagnons de lettres portai5t sur la vie consi/ait en ce que la vie1 en gnral1 m>*e en progressant et que1 dans ce dveloppem5t1 n\s pr5ons la "p pr9cipale1 n\s--les hommes de la p5se4 ,l'influ5ce prpondrante n\s app>ti5t1 n\s1 arti/es et potes4 ,notre vocation e/ d'in/ruire les hommes4 ,et1 p\r que cette "q naturelle3 que suis-je et que dois-je enseign]1 ne se prs5tt pas de soi-mme1 on expliquait1 dans cette ?orie1 qu'il tait inutile de savoir cela et que l'arti/e ou le pote enseign5t sans connaissance de cause4 ,moi1 j'tais considr comme un magnifique arti/e1 un gr& pote et1 p> consqu5t1 il me fut trs naturel de m'appropri] cette ?orie4 ,moi1 l'arti/e1 le pote--j'crivais1 j'enseignais1 je ne savais pas quoi1 moi-mme4 ,on me payait p\r cela2 j'avais t\t3 table magnifique1 logem5t1 femmes1 socit1 j'avais la gloire4 ,et1 p> consqu5t1 ce que j'enseignais tait trs bon4 ,cette foi dans l'importance de la posie et du dveloppem5t de la vie tait une religion1 et moi j'tais un de ses prtres4 tre un de ses prtres tait trs agrable et trs avantageux4 ,et je vcus assez longtemps dans cette croyance1 ne d\tant pas de sa vrit4 ,mais la seconde et surt\t la troisime anne d'une p>eille vie1 je comm5ai d\t] de l'infaillibilit de cette croyance et je me mis l'tudi]4 ,le premi] motif de d\te fut le suivant3 ,je comm5ais rem>qu] que les prtres de notre culte n'tai5t pas t\s d'accord entre eux4 ,les uns disai5t3 --,n\s1 n\s enseignons ce qu'il faut1 et les autres n'enseign5t pas le vrai4 ,et ils discutai5t1 se qu]ellai5t1 se grondai5t1 se trompai5t1 s'abusai5t les uns les autres4 ,il y avait1 en outre1 beauc\p d'hommes p>mi n\s qui ne se s\ciai5t mme pas de savoir qui avait raison et qui avait tort1 ne p\rsuivant qu'un b1 celui de pr(it] de notre activit4 ,=ce me fut de d\t] de la vrit de notre croyance4 ,or1 ayant d\t de la vrit de cette religion littraire1 je comm5ai obs]v] plus att5tivem5t ses prtres1 et je me conva9quis que presque t\s tai5t des hommes immoraux et1 p\r la plup>t1 des hommes mauvais1 insignifiants1 d'un c>actre beauc\p plus bas que celui des hommes que j'avais r5contrs dans ma vie militaire et dbau*e4 ,c'tai5t des hommes cont5ts d'eux-mmes1 comme ne peuv5t l'tre que les sa9ts ou ceux qui ne sav5t mme pas ce que c'e/ que la sa9tet4 ,je me dgtai des hommes1 je me dgtai de moi-mme et je compris que cette croyance tait une sup]*]ie4 ,mais l'trange1 c'e/ qu'ayant compris t\t ce m5songe bi5 vite et l'ayant r5i1 je ne r5onai pas au titre que me donnr5t ces hommes1 celui d'arti/e1 de pote et de matre4 ,je m'imag9ais navem5t que moi du mo9s j'tais pote1 arti/e1 et que je p\vais enseign] t\s1 ne sa*ant pas ce que j'enseignais4 ,et c'e/ ce que je cont9uai de faire4 ,de ma liaison avec ces hommes1 j'emportai un n\veau vice1 un orgueil qui se dveloppa jusqu' la maladie1 une folle assurance de me croire v\ enseign] aux hommes ne sa*ant pas quoi moi-mme4 ,ma9t5ant1 qu& je me rappelle ce temps1 mon humeur d'alors et le c>actre de ces g5s1--du re/e il y en a des millions qui leur ressembl5t auj\rd'hui1--je les pla9s1 j'ai honte et j'ai envie de rire la fois2 j'pr\ve ce s5tim5t qui s'emp>e de n\s dans la maison des f\s4 ,n\s tions t\s conva9cus alors qu'il n\s fallait p>l] et p>l] sans cesse1 crire1 imprim] aussi vite que possible et autant que possible2 que t\t cela tait ncessaire p\r le bi5-tre de l'humanit4 ,et des milli]s d'entre n\s1 t\t en se grondant et se *icanant1 imprimai5t1 crivai5t et prt5dai5t in/ruire les autres4 ,et1 ne rem>quant pas que n\s ne savions ri51 qu' la "q de la vie la plus simple3 ,qu'e/-ce qui e/ bon et qu'e/-ce qui e/ mauvais8 n\s ne savions que rpondre1 n\s p>lions t\s ensemble1 n'c\tant ri5 ni p]sonne1 quelquefois admirant et l\ant l'un ou l'autre1 la condition d'en tre l\ et admir aussi2 d'autres fois n\s irritant l'un contre l'autre t\t fait comme des f\s dans un asile4 ,des milli]s d'ouvri]s travaillai5t nuit et j\r1 et de t\tes leurs =ces1 composai5t1 imprimai5t des milli]s de mots que la po/e rp&ait dans t\te la ,russie2 et puis n\s enseignions plus longuem5t encore sans tr\v] le temps d'enseign] t\t1 et n\s n\s f*ions t\j\rs de ce qu'on ne n\s c\tait pas assez4 ,ce n'e/ que ma9t5ant que je compr5ds ce temps bi5 trange4 ,notre dsir le plus vrai et le plus intime tait de recevoir le plus d'arg5t et de l\anges possible4 ,p\r atte9dre ce b1 n\s ne p\vions ri5 qu'crire des livres et des j\rnaux4 ,c'e/ ce que n\s faisions4 ,mais p\r accomplir un travail aussi inutile1 il n\s fallait avoir la conviction que n\s tions des hommes trs importants2 n\s avions encore beso9 d'un raisonnem5t qui pt ju/ifi] notre activit4 ,et n\s avions inv5t le suivant3 ,t\t ce qui exi/e e/ raisonnable4 ,t\t ce qui exi/e se dveloppe l'aide de l'in/ruction4 ,l'in/ruction se mesure d'aprs la propagation des livres et des j\rnaux1 et n\s1 on n\s paye et on n\s e/ime p>ce que n\s crivons des livres et des j\rnaux4 ,p> consqu5t1 n\s sommes les hommes les meilleurs et les plus utiles4 ,ce raisonnem5t aurait t trs bon si n\s eussions t t\s d'accord2 mais1 comme *aque p5se mise p> l'un s'opposait t\j\rs une autre diamtralem5t oppose1 n\s fmes obligs de n\s ravis]4 ,mais n\s ne rem>quions pas cela2 on n\s payait1 et les hommes de notre p>ti n\s l\ai5t4 ,aussi *acun de n\s s'e/imait-il dans le vrai4 ,je vois ma9t5ant qu'il n'y avait aucune diffr5ce avec la maison des f\s2 mais alors je ne s\ponnais ceci que vaguem5t1 et encore1 comme font t\s les f\s1 j'appelais *acun f\1 except moi-mme4 ,,iii ,je vcus a9si1 m'adonnant cette folie jusqu' mon m>iage4 ,je p>tis d'abord p\r l'trang]4 ,la vie en ,europe et mes rapports avec les hommes du progrs et les savants europens m'aff]mir5t de plus en plus dans ma foi au p]fectionnem5t en gnral1 puisque cette-mme croyance je la tr\vais *ez eux aussi4 ,cette croyance prit en moi la =me habituelle1 celle qu'elle a *ez la majorit des hommes in/ruits de notre temps4 ,elle s'exprimait p> le mot progrs4 ,il me semblait alors que ce mot exprimait quelque *ose4 ,je ne compr5ais pas encore que1 t\rm5t comme t\t homme vivant p> cette "q3 ,comm5t faire p\r mieux vivre en accord avec le progrs8 je rpondais ju/em5t ce que l'homme dont la b>que e/ entrane p> les vagues et le v5t rpondrait l'unique "q qui exi/e encore p\r lui3 ,quelle e/ la r\te du salut8 ,comme lui1 en effet1 je disais3 ,o la =tune n\s porte4 ,alors je ne rem>quais pas cela4 ,de temps autre1 p\rtant1 mon s5tim5t--je ne dis pas mon esprit--se rvoltait contre ce prjug gnral de notre temps1 d]rire lequel les hommes se retran*5t qu& ils ne peuv5t pas donn] d'explication la vie4 ,a9si1 p5dant mon sj\r ,p>is1 la vue d'une excution capitale suffit me montr] la fragilit de ma confiance dans le progrs4 ,qu& je vis la tte se dta*] du corps et tomb] avec un bruit lugubre dans le fond du pani]1 je compris1 non pas p> l'esprit1 mais p> t\t mon tre1 qu'aucune ?orie de la raison du progrs ne p\vait ju/ifi] cette action4 ,qu& mme l'humanit1 s'appuyant sur n'importe quelle ?orie1 aurait tr\v depuis le comm5cem5t du monde et tr\v]ait encore ce *tim5t ncessaire1 moi1 je sais qu'il ne l'e/ pas et que mme c'e/ une action mauvaise4 ,et qu& mme les hommes et le progrs v\drai5t me dmontr] que ce *tim5t e/ salutaire et ncessaire1 mon cur moi en e/ le juge et le ni]a t\j\rs4 ,une autre circon/ance v9t me pr\v] la nullit de la foi dans le progrs3 ce fut la mort de mon frre4 ,spirituel1 bon1 srieux1 il tomba malade1 tant t\t jeune encore4 ,il s\ffrit plus d'un an et m\rut d\l\reusem5t sans avoir compris p\rquoi il avait vcu et encore mo9s p\rquoi il m\rait4 ,aucune ?orie ne put v5ir l'aide ni ses que/ions ni aux mi5nes p5dant sa l5te et cruelle agonie4 ,mais ceci n'tait que de r>es occasions de d\te4 ,en ralit je cont9uais vivre1 pratiquant seulem5t la foi dans le progrs4 --,t\t se dveloppe et je me dveloppe2 mais p\rquoi je me dveloppe avec t\s les autres1 n\s le v]rons plus t>d4 ,c'e/ a9si que j'aurais d alors =mul] ma croyance4 ,rev5u de l'trang]1 je m'tablis la campagne et v\lus m'occup] des coles de paysans4 ,cette occupation m'tait surt\t agrable1 puisqu'il n'y avait pas en elle ce m5songe vid5t qui m'avait saut aux yeux dans le c\rs de mon enseignem5t littraire2 ici aussi j'agissais au nom du progrs1 mais je me comportais dj en critique env]s ce progrs4 ,je me disais que c]ta9s phnomnes du progrs ont une m>*e biz>re1 irrgulire1 et qu'il fallait se comport] avec une gr&e libralit env]s des g5s primitifs1 comme tai5t les enfants des paysans1 et que mme il fallait leur laiss] *oisir la voie qu'ils v\drai5t p\r all] v]s le progrs4 ,en ralit1 je t\rnais t\j\rs aut\r de ce mme et insoluble problme qui consi/ait enseign] sans savoir quoi4 ,dans les hautes sphres du travail littraire1 je compr5ais qu'on ne p\vait in/ruire1 c> je voyais que t\s enseignai5t diffremm5t et seulem5t p> des discussions et t\t en se ca*ant mutuellem5t leur ignorance2 mais ici1 avec les enfants des paysans1 je croyais qu'on p\vait t\rn] cette difficult en laissant les enfants appr5dre ce qu'ils v\lai5t4 ,je ris de moi-mme ma9t5ant en me rappelant comm5t je biaisais p\r accomplir mon dsir--enseign]1--quoique je susse trs bi5 au fond de mon me que je ne p\vais ri5 enseign] de ce qui p\vait tre ncessaire1 ne sa*ant pas moi-mme ce qu'il fallait ent5dre p> l4 ,aprs un an pass dans ces organisations d'coles1 je p>tis encore une fois p\r l'trang]1 af9 d'appr5dre comm5t faire p\r savoir enseign] aux autres1 ne sa*ant ri5 soi-mme4 ,et il me p>ut que j'avais appris cela l'trang]1 c>1 arm de t\te cette gr&e sagesse1 l'anne de l'mancipation des s]fs1 je r5trai en ,russie o1 ayant occup le po/e de juge de paix1 je comm5ai enseign]1 au peuple ignorant dans les coles1 et au peuple in/ruit dans le j\rnal que je me mis dit]4 ,t\t p>aissait bi5 m>*]1 mais je s5tais que je n'tais pas t\t fait sa9 d'esprit et que cela ne p\rrait pas se prolong] longtemps4 ,j'en s]ais v5u peut-tre alors dj ce dsespoir auquel j'arrivai qu9ze ans plus t>d1 si je n'avais pas envisag un autre ct de la vie que je n'avais pas encore pr\v et qui me promettait le bonheur3 c'tait la vie de famille4 ,p5dant une anne1 je r5dis la ju/ice1 je m'occupai d'coles et de j\rnalisme1 et je fus bi5tt accabl de fatigue4 ,si insupportable dev9t la lutte p\r la conciliation1 si vaguem5t se manife/a mon activit dans les coles1 si rpugnant m'tait dev5u mon *appatoire dans le j\rnal1 laquelle consi/ait t\j\rs dans la mme *ose1 dans le dsir d'in/ruire et de ca*] que je ne savais ri51 que je tombai malade1 plutt moralem5t que physiquem5t4 ,alors j'ab&onnai t\t et je p>tis p\r le ds]t1 *ez les ,ba%kirs1 respir] l'air1 boire le k\myss et vivre de la vie animale4444 ,qu& je rev9s1 je me m>iai4 ,l'influ5ce d'une vie de famille heureuse me dt\rna de t\te re*]*e du s5s gnral de la vie4 ,t\te ma vie en ce temps-l se conc5tra sur ma famille1 sur ma femme1 sur mes enfants4 ,a9si1 p> consqu5ce1 gr&it aussi le s\ci d'augm5t] nos ress\rces pcuniaires4 ,ma premire aspiration1 celle de me r5dre moi-mme meilleur1 avait fait place dj aup>avant celle de conc\rir au progrs gnral2 et ma9t5ant je ne p5sais plus qu' ce qui s]ait le meilleur p\r moi et ma famille4 ,a9si passr5t qu9ze ans encore4 ,bi5 que je me r5disse compte du vide de la littrature actuelle1 je cont9uais nanmo9s crire p5dant ces qu9ze ans4 ,je connaissais dj l'attraction qu'ex]c5t les lettres2 j'avais gt au plaisir de voir un m9ce travail si l>gem5t rcomp5s p> l'arg5t et les applaudissem5ts2 de n\veau je subis la t5tation et je m'y adonnai comme un moy5 d'amlior] ma position matrielle et d'ass\pir dans mon me t\tes les que/ions sur le s5s de ma vie moi et de la vie en gnral4 ,j'crivais1 enseignant ce qui tait p\r moi la seule vrit3 qu'il fallait vivre de manire se r5dre soi-mme et sa famille le plus heureux possible4 ,a9si je vcus1 mais il y a c9q ans que quelque *ose d'trange se manife/a en moi4 ,d'abord ce fur5t des mom5ts de p]plexit1 d'arrt de la vie1 comme si je ne savais pas comm5t vivre1 quoi faire1 et je me s5tis p]du et je tombai dans l'abattem5t4 ,mais cela passait et je cont9uais vivre comme aup>avant4 ,ensuite ces mom5ts de p]plexit se r5\velr5t t\j\rs plus frquemm5t s\s la mme =me4 ,ces arrts de vie se manife/ai5t t\j\rs p> les mmes que/ions3 --,p\rquoi8 --,et quoi aprs8 ,il me sembla t\t d'abord que ces que/ions v5ai5t sans b et sans -propos4 ,il me p>ut qu'elles tai5t dj connues et que1 si je v\lais un j\r m'occup] de leur solution1 cela me s]ait trs facile1 que le temps seul me manquait p\r le faire et qu'aussitt que je le v\drais j'tais sr de tr\v] les rponses4 ,mais les que/ions comm5cr5t se rpt] t\j\rs plus s\v5t2 elles fur5t de plus en plus impratives4 ,les rponses tai5t exiges et ces que/ions sans rponses tombant comme des po9ts t\j\rs sur la mme place1 s'accumulr5t en une gr&e ta*e noire4 ,il arriva ce qui se produit qu& une maladie intrieure e/ sur le po9t de se dcl>]4 ,d'abord p>aiss5t des symptmes insignifiants1 des malaises auxquels le malade ne pas fait att5tion2 ensuite ces symptmes se rpt5t de plus en plus s\v5t et f9alem5t se rsum5t en une s\ffrance unique et cont9ue4 ,la s\ffrance crot1 et avant que le malade ait le temps de se reconnatre1 il compr5d que ce qu'il pr5ait p\r un malaise e/ ce qui p\r lui a le plus d'importance au monde1 la ,mort4 ,la mme *ose m'arriva4 ,je compris que ce n'tait pas un malaise accid5tel1 mais quelque *ose de trs grave et que1 si les mmes que/ions se rptai5t t\j\rs1 c'tait qu'il fallait y rpondre4 ,et j'essayais de le faire4 ,les que/ions p>aissai5t d'abord si absurdes1 si simples1 si enfant9es4 ,mais du mom5t que j'y t\*ai et que j'essayai de les rs\dre1 je fus in/antanm5t conva9cu que1 premirem5t ce n'tai5t pas des que/ions enfant9es ou imbciles1 mais que c'tai5t les que/ions les plus graves et les plus pr(ondes de la vie2 et1 secondem5t1 que je ne p\vais1 que j'aurais beau y p5s]1 qu'il me s]ait impossible de les rs\dre4 ,avant de m'occup] de ma t]re de ,sam>a1 de l'in/ruction de mon fils1 de la rdaction d'un livre1 il fallait que je susse p\rquoi je le f]ais4 ,tant que je ne saurais pas p\rquoi1 je ne p\vais ri5 faire1 je ne p\vais pas vivre4 ,au milieu de mes p5ses dome/iques qui m'intressai5t beauc\p alors1 t\t c\p il me v5ait dans la tte la "q3 --,c'e/ bi51 tu auras six mille deciat9es dans le g\v]nem5t de ,sam>a1--trois c5ts ttes de *evaux4444 ,et aprs8 ,et j'tais compltem5t dconc]t et ne savais plus que p5s]4 ,ou bi51 rfl*issant la manire dont j'lv]ais mes enfants1 je me disais3 --,p\rquoi8 ,ou bi51 supputant les moy5s p> lesquels le peuple p\vait arriv] au bi5-tre1 je me disais brusquem5t3 --,et qu'e/-ce que cela me fait8 ,ou bi51 p5sant la gloire que mes ouvrages me procur]ont1 je me disais3 --,c'e/ bi53 tu s]as plus clbre que ,gogol1 ,p\*k9e1 ,%akespe>e1 ,molire et que t\s les auteurs du monde4444 ,et aprs8444 ,et je ne p\vais ri5 et ri5 rpondre4 ,ces que/ions n'att5d5t pas3 il faut y rpondre t\t de suite2 si on ne rpond pas1 on ne peut pas vivre4 ,et il n'y a pas de rponse4 ,je s5tis que ce quelque *ose sur quoi la vie repose se brisait1 qu'il n'y avait plus ri5 o je pusse me ret5ir2 que ce dont je vivais n'tait dj plus2 que moralem5t je ne p\vais plus vivre4 ,,iv ,ma vie s'arrta4 ,je p\vais respir]1 mang]1 boire1 dormir1 c> je ne p\vais pas ne pas mang]1 ne pas boire1 ne pas dormir2 mais la vie ne se manife/ait pas en moi1 puisque je ne s5tais pas la raison de mes dsirs ni la satisfaction de les voir accomplis4 ,si je v\lais quelque *ose1 je savais d'avance que1 mon dsir ft-il ralis ou non1 ri5 n'en rsult]ait4 ,si une fe tait v5ue et m'avait propos d'accomplir mes vux1 je n'aurais su que dire4 ,si p>fois1 dans un mom5t d'ivresse de la p5se1 il me v5ait comme une rm9isc5ce de mes anci5nes aspirations1 je savais que ce n'tait que sup]*]ie1 que je ne devais ri5 en att5dre4 ,je ne p\vais mme pas s\hait] de connatre la vrit1 puisque je dev9ais dj en quoi elle consi/ait4 ,la vrit e/ que la vie e/ un non-s5s4 ,j'avais vcu1 travaill1 m>* en avant et j'tais arriv un abme1 et il n'y avait ri5 devant moi except la ru9e4 ,et cep5dant je ne p\vais ni m'arrt]1 ni rev5ir sur mes pas1 ni f]m] les yeux p\r ne pas voir qu'en dehors des s\ffrances et de la mort absolue1 c'tait le vide1 l'anantissem5t complet4 ,il arriva que moi1 homme bi5 portant et heureux1 je s5tis que je ne p\vais plus vivre4 ,une inv9cible =ce m'entranait me db>rass] de la vie d'une manire ou d'une autre4 ,on ne peut pas dire que je v\lusse me tu]4 ,la =ce qui m'entranait hors de la vie tait plus puissante1 plus ple9e1 plus gnrale que le dsir que j'en p\vais avoir4 ,c'tait une =ce semblable celle de mon anci5ne aspiration la vie2 seulem5t elle se produisait en s5s inv]se4 ,j'aspirais de t\tes mes =ces me dfaire de la vie4 ,l'ide du suicide me v9t t\t aussi naturellem5t que prcdemm5t les ides de l'amlioration de la vie4 ,cette ide tait si t5tante que je devais us] de ruse env]s moi-mme p\r ne pas l'accomplir trop prcipitamm5t4 ,je ne v\lais pas me ht]1 uniquem5t p>ce que je v\lais voir clair en moi2 si j'y p>v5ais1 il s]ait t\j\rs temps4 ,et voil que moi1 homme heureux1 je me ca*ais la corde p\r ne pas me p5dre la solive1 entre les armoires de la *ambre1 o *aque soir j'tais seul en me c\*ant1 et je n'allai plus la *asse avec mon fusil1 p\r ne pas tre t5t p> ce moy5 trop facile de me dfaire de la vie4 ,je ne savais pas moi-mme ce que je v\lais3 j'avais peur de la vie1 je t5dais en sortir1 et malgr cela j'esprais d'elle encore quelque *ose4 ,cela se passait dans un mom5t o t\tes *oses tai5t p\r moi ce qui peut tre considr comme le bonheur complet2 je n'avais pas encore c9quante ans2 j'avais une p\se1 bonne1 aimante et aime2 de bons enfants1 un gr& bi5 qui s'accroissait sans aucune pe9e de ma "p4 ,j'tais respect de mes pro*es et de mes connaissances plus que jamais je ne l'avais t2 j'tais combl d'loges p> les trang]s et je p\vais croire sans exagration mon nom clbre4 ,avec cela je n'tais pas f\1 ou malade psy*iquem5t4 ,au contraire1 je j\issais d'une =ce morale et physique1 que j'ai r>em5t r5contre p>mi les p]sonnes de mon ge4 ,physiquem5t je p\vais fau*] t\t aussi bi5 que les paysans4 ,intellectuellem5t je p\vais travaill] huit heures de suite sans pr\v] aucune consqu5ce f*euse d'un p>eil ef=t4 ,et c'e/ dans cet tat que j'arrivai ne p\voir pas vivre2 et1 ayant peur de la mort1 je devais employ] des ruses p\r ne pas me tu]4 ,cet tat de mon me se traduisait a9si3 --,ma vie e/ quelque m*ante et /upide plaisant]ie qui m'e/ j\e p> quelqu'un4 ,bi5 que je ne reconnusse aucun quelqu'un qui m'et cr1 cette ide que quelqu'un s'tait moqu de moi sottem5t et m*amm5t en me produisant au monde1 tait la =me la plus ord9aire s\s laquelle mes inquitudes se manife/ai5t4 ,il me semblait involontairem5t que l1 quelque "p1 il y avait ce quelqu'un1 qui s'amusait ma9t5ant me reg>d]6 ,j'avais vcu tr5te ou qu>ante ans en appr5ant1 en me dveloppant1 en gr&issant de corps et d'esprit1 et ma9t5ant que je m'tais t\t fait =tifi l'esprit1 que j'tais arriv au sommet de la vie1 ce po9t1 o elle s'ouvre entirem5t1 je me t5ais comme un crt9 sur ce sommet1 compr5ant clairem5t qu'il n'y avait ri5 dans la vie1 qu'il n'y a jamais eu et qu'il n'y aura jamais ri54 --,et lui de se moqu] de moi6 ,mais s'il e/ ou s'il n'e/ pas ce quelqu'un qui se moque de moi1 cela ne me s\lage pas4 ,je ne p\vais donn] aucun s5s raisonnable aucune action de ma vie4 ,je m'tonnais seulem5t comm5t j'avais pu ne pas compr5dre cela ds le comm5cem5t4 ,t\t cela1 me disais-je1 e/ depuis si longtemps connu de t\t le monde6 ,si ce n'e/ auj\rd'hui1 ce s]a dema9 que vi5dront les maladies1 la mort1--et elles sont dj v5ues1--p\r les p]sonnes aimes1 p\r moi1 et il ne re/]a ri51 except la p\rriture et les v]s4 ,mes actions1 quelles qu'elles soi5t1 s]ont oublies tt ou t>d et moi je ne s]ai plus4 ,p\rquoi donc pr5dre du s\ci8 ,comm5t l'homme peut-il ne pas voir cela et vivre1 voil ce qui e/ tonnant4 ,on peut vivre seulem5t p5dant qu'on e/ ivre de la vie2 mais lorsqu'on se dgrise1 on ne peut pas ne pas voir que t\t cela n'e/ qu'une sup]*]ie et une sup]*]ie /upide4 ,ce qui e/ dj bi5 vrai1 c'e/ qu'il n'y a mme ri5 de risible ou d'+nieux en cela2 ce n'e/ que cruel et /upide1 t\t simplem5t4 ,la fable ori5tale du voyageur surpris dans le ds]t p> un animal furieux1 e/ bi5 vieille4 ,se sauvant d'une bte froce1 le voyageur saute dans un puits sans eau2 mais au fond de ce puits1 il voit un dragon1 la gueule ouv]te p\r le dvor]4 ,et le malheureux1 n'osant sortir de peur d'tre la proie de la bte froce1 n'osant pas saut] au fond p\r ne pas tre dvor p> le dragon1 s'atta*e aux bran*es d'un buisson sauvage qui crot dans la f5te du puits4 ,ses ma9s faibliss5t et il s5t que bi5tt il devra s'ab&onn] une p]te c]ta9e2 mais il se cramponne t\j\rs et voit que deux s\ris1 l'une noire1 l'autre blan*e1 faisant galem5t le t\r du buisson auquel il e/ susp5du1 le rong5t p> dess\s4 ,le voyageur voit cela et sait qu'il prira 9vitablem5t2 mais1 p5dant qu'il e/ a9si susp5du1 il *]*e aut\r de lui et il tr\ve sur les feuilles du buisson quelques g\ttes de miel2 il les atte9t avec la langue et les suce avec volupt4 ,c'e/ a9si que je me ti5s sur les bran*es de la vie1 sa*ant que le dragon de la mort m'att5d 9vitablem5t1 prt me d*ir]1 et je ne puis compr5dre p\rquoi je suis m>tyris de la sorte4 ,j'essaye de suc] ce miel qui me consolait autrefois2 mais ce miel ne me rj\it plus et la s\ris blan*e a9si que la s\ris noire rong5t j\r et nuit la bran*e laquelle je me ti5s4 ,je ne vois qu'une seule *ose3 l'9vitable dragon et les s\ris--et je ne puis dt\rn] d'eux mon reg>d4 ,ceci ce n'e/ pas une fable1 mais c'e/ la pure1 l'inconte/able vrit1 comprh5sible p\r t\s4 ,la sup]*]ie des j\issances de la vie passe1 qui t\ffai5t l'horreur du dragon1 ne m'abuse plus4 ,on a beau me dire3 --,tu ne peux pas compr5dre le s5s de la vie2 ne p5se pas1 vis6 ,je ne puis pas faire cela1 p>ce que je l'ai fait trop longtemps dj4 ,je ne puis pas ne pas voir ma9t5ant le j\r et la nuit qui c\r5t et me mn5t la mort4 ,je ne vois que cela puisque c'e/ la seule vrit4 ,t\t le re/e e/ m5songe4 ,ces deux g\ttes de miel qui1 plus longtemps que les autres1 me dt\rnai5t les yeux de la cruelle vrit1--l'am\r p\r ma famille et p\r les lettres1 que je nommais art1--n'avai5t plus de d\ceur p\r moi4 --,la famille 444 me disais-je2--mais la famille--p\se1 enfants1 ils sont donc aussi des hommes4 ,ils se tr\v5t dans les mmes conditions que moi3 ils doiv5t ou vivre dans le m5songe1 ou bi5 voir l'affreuse vrit4444 ,p\rquoi donc doiv5t-ils vivre8 ,p\rquoi les aim]ais-je1 les protg]ais-je1 veill]ais-je sur eux8 ,p\r qu'ils connaiss5t le mme dsespoir qui e/ en moi ou p\r qu'ils viv5t en tres /upides8 ,les aimant1 je ne puis leur ca*] la vrit2 *aque pas dans le savoir mne v]s cette vrit4 ,et la vrit1 c'e/ la mort4 ,l'art1 la posie4444 ,longtemps s\s l'influ5ce du succs et des l\anges des hommes1 je me p]suadais que c'tait l un travail qu'on p\vait faire malgr la mort qui dtruira t\t3 mes actions et jusqu' leur s\v5ir4 ,je voyais clairem5t que l'art e/ un ornem5t de la vie1 un attrait de la vie4 ,mais la vie ayant p]du p\r moi son attrait1 comm5t p\vais-je y attir] les autres8 ,tant que j'ai vcu1 sans me r5dre compte de ma propre vie1 influ5c que j'tais p> la vie des autres1 tant que j'ai p5s que la vie avait un s5s1 bi5 que je ne pusse pas le df9ir1 le reflet de la vie dans la posie et dans les arts me faisait plaisir et je m'amusais la reg>d] dans ce petit miroir de l'art4 ,mais lorsque je m'ef=ai de tr\v] le s5s de la vie1 lorsque je s5tis la ncessit de vivre moi-mme1--ce petit miroir me dev9t inutile1 sup]flu1 la fois-drle et pnible4 ,il m'tait dj impossible de me consol] en voyant dans ce miroir que ma situation tait /upide et dsesprante4 ,c'tait bi5 de m'en rj\ir qu& je croyais au fond de mon me que ma vie avait du s5s4 ,alors ce jeu des lumires de la vie--comique1 tragique1 t\*ante1 belle1 affreuse--m'amusait4 ,mais lorsque je sus que la vie e/ horrible et n'e/ qu'un non-s5s1 le jeu du petit miroir ne p\vait plus me div]tir4 ,le miel avait p]du p\r moi t\te d\ceur1 c> je voyais le dragon et les s\ris rong] mon appui4 ,mais ce n'e/ pas t\t encore4 ,si j'eusse simplem5t compris que la vie n'a pas de s5s1 j'aurais pu le savoir tranquillem5t1 j'aurais pu savoir que tel e/ mon sort4 ,mais je ne p\vais pas me tranquillis] p> l4 ,si j'avais t comme un homme dans une =t qu'il sait sans issue1 j'aurais pu vivre2 mais j'tais comme un homme g> dans la =t et qui c\rt de t\s cts p\r tr\v] la sortie3 il sait que *aque pas l'g>e davantage et p\rtant il ne peut se df5dre de se jet] de t\s cts4 ,voil ce qui tait affreux6 ,et p\r me db>rass] de cet effroi je v\lais me tu]3 j'pr\vais l'horreur de ce qui m'att5dait1 je savais que cette horreur e/ encore plus t]rible que la situation mme1 mais je ne p\vais pas att5dre la f9 patiemm5t4 ,malgr t\te la =ce de cet argum5t3 quelque vaisseau se rompra dans le cur ou quelque *ose clat]a et t\t s]a f9i1 je ne p\vais pas att5dre la f9 avec pati5ce4 ,la t]reur de l'obscurit tait trop =te1 et je v\lais plus vite1 plus vite1 m'en db>rass] l'aide d'une corde ou d'une balle4 ,v ,c'e/ surt\t ce s5tim5t qui m'attirait au suicide4 ,mais1 peut-tre1 n'ai-je pas rem>qu ou n'ai-je pas compris quelque *ose8--me disais-je s\v5t4 ,il n'e/ pas possible que cet tat de dsespoir soit naturel aux hommes4 ,et je *]*ais une explication t\tes ces que/ions dans t\tes ces connaissances acquises p> les hommes4 ,et je *]*ais d\l\reusem5t et longtemps1 et non p> curiosit oisive2 je ne *]*ais pas avec indol5ce1 mais je *]*ais pniblem5t1 ob/9m5t1 des j\rnes et des nuits entires2 je *]*ais comme un homme qui se p]d et *]*e se sauv]2 et je ne tr\vais ri54 ,je *]*ais dans t\tes les sci5ces et non seulem5t je ne tr\vais pas1 mais je fus conva9cu que t\s ceux qui ont *]* comme moi dans la sci5ce n'ont ri5 tr\v non plus4 ,et non seulem5t ils n'ont ri5 tr\v1 mais ils ont reconnu clairem5t que la mme *ose1 qui me m5ait au dsespoir--l'absurdit de la vie--e/ le seul1 l'inconte/able savoir accessible l'homme4 ,je *]*ais p>t\t et1 grce ma vie passe dans l'tude et aussi cause de mes relations avec le monde des savants1 les savants de t\tes sci5ces m'accueillir5t et ne refusr5t pas de m'ouvrir t\tes leurs connaissances1 non pas p> les livres seulem5t1 mais p> des conv]sations2 et a9si je compris t\t ce que la sci5ce rpond la "q de la vie4 ,longtemps je ne pus croire que la sci5ce ne rponde ri5 de plus que ce qu'elle rpond4 ,p5dant bi5 longtemps1 en considrant le ton grave et srieux des sci5ces exactes1 qui ne s'occup5t gure du problme de la vie huma9e1 il me p>aissait qu'elles r5f]mai5t quelque *ose que je ne compr5ais pas4 ,p5dant longtemps je m'incl9ais devant le savoir et je p5sais que si les rponses n'tai5t pas con=mes mes que/ions1 ce n'tait pas la faute de la sci5ce1 mais celle de mon ignorance4 ,ce n'tait pas une affaire de plaisant]ie p\r moi1 mais la *ose srieuse de t\te ma vie et1 que je le v\lusse ou non1 je fus am5 la conviction que mes que/ions ne sont que des que/ions lgitimes1 qui s]v5t de base t\t savoir et que ce ne sont pas elles1 non plus que moi1 qui sont fautifs1 mais la sci5ce1 si elle a la prt5tion d'y rpondre4 ,ma "q1 celle qui1 c9quante ans1 me conduisait au suicide1 tait des plus simples3 elle e/ dans l'me de t\t homme1 depuis l'enfant /upide jusqu'au plus sage vieill>d2 sans elle1 la vie e/ impossible1 comme je l'ai pr\v moi-mme4 ,voici en quoi elle consi/ait3 --,qu'e/-ce qui sortira de ce que je fais auj\rd'hui8 de ce que je f]ai dema98 ,qu'e/-ce qui sortira de t\te ma vie8 ,on peut encore la =mul] a9si3 --,p\rquoi dois-je vivre8 p\rquoi dois-je faire quelque *ose8 ,ou encore autrem5t3 --,y a-t-il dans la vie un b qui ne se dtruise pas p> la mort 9vitable qui m'att5d8 ,a cette mme "q div]sem5t exprime1 je *]*ai une rponse dans le savoir de l'homme4 ,et j'ai tr\v que1 relativem5t cette "q1 t\tes les sci5ces de l'humanit se divis5t1 p\r a9si dire1 en deux hmisphres aux deux extrmits opposes desquelles se tr\v5t deux ples3 l'un ngatif1 l'autre positif2 mais que ni l'un1 ni l'autre ple1 il n'y a de rponse aux que/ions de la vie4 ,t\te une srie de sci5ces sembl5t mme ne pas admettre cette "q1 bi5 qu'elles rpond5t clairem5t et prcism5t leurs propres objections3 ce sont une srie de connaissances exprim5tes1 et au po9t culm9ant se tr\v5t les ma?matiques4 ,une autre srie de connaissances admett5t la "q1 mais n'y rpond5t pas3 ce sont une srie de sci5ces ?oriques1 et leur po9t culm9ant se ti5t la mtaphysique4 ,depuis ma premire jeunesse1 les sci5ces mtaphysiques m'intressai5t beauc\p4 ,dans la suite1 les sci5ces ma?matiques et naturelles m'attirr5t aussi1 et jusqu'au mom5t o cette "q se posa clairem5t devant moi1 gr&issant t\j\rs et exigeant imprieusem5t une solution1 jusqu' ce temps je me cont5tais de ce semblant de rponse que la sci5ce peut donn]4 ,ou bi5 dans le doma9e des sci5ces positives1 je me disais3 --,t\t se dveloppe1 se diffr5cie1 m>*e v]s la complication et l'amlioration1 et il y a des lois qui guid5t cette m>*e4 ,toi1 tu es une p>tie de l'enti]4 ,ayant compris l'enti] autant que possible et ayant compris la loi du dveloppem5t1 tu compr5dras aussi ta place dans cet enti]1 tu te compr5dras toi-mme4 ,malgr t\te la honte que me cote cet aveu1 il y a eu un temps o j'avais l'air de me cont5t] de cela4 ,mes muscles gr&issai5t et se =tifiai5t4 ,ma mmoire s'enri*issait4 ,la capacit de la p5se et de la comprh5sion s'augm5tait4 ,je croissais et me dveloppais1 et1 s5tant cette croissance en moi-mme1 il tait t\t naturel p\r moi de croire que c'tait ju/em5t dans la loi de t\t l'univ]s que je tr\v]ais la solution de ce problme de ma vie4 ,mais le temps e/ v5u o ma croissance s'e/ arrte4 ,je s5s que je ne me dveloppe plus et mme que je me rtrcis4 ,mes muscles s'affaibliss5t4 ,mes d5ts tomb5t1 et je s5s que cette loi1 non seulem5t ne m'explique ri51 mais qu'il n'y a jamais eu et qu'il n'a pu exi/] p>eille loi1 et que j'avais pris p\r une loi ce que j'avais tr\v en moi-mme p5dant un c]ta9 temps de ma vie4 ,je me reportai alors plus svrem5t la df9ition de cette loi1 et je compris clairem5t que des lois du dveloppem5t en gnral ne p\vai5t pas exi/]4 ,je compris clairem5t que dire ,dans l'espace et le temps inf9i1 t\t se dveloppe1 s'amliore1 se complique1 se diffr5cie1 c'tait ne ri5 dire4 ,t\t cela ne sont que des mots sans porte1 puisque1 dans l'inf9i1 il n'y a ni complication1 ni simplicit1 ni avant1 ni aprs1 ni pire1 ni mieux4 ,mais le pr9cipal e/ que la "q qui m'tait p]sonnelle3 que suis-je avec mes dsirs8 re/ait t\j\rs et absolum5t sans rponse4 ,et je compris que ces connaissances sont trs intressantes1 trs attrayantes1 mais qu'elles sont prcises et claires en proportions inv]ses de leur application aux problmes de la vie4 ,mo9s elles sont applicables aux que/ions de la vie1 plus elles sont prcises et claires4 ,plus elles t5d5t donn] des solutions aux que/ions de la vie1 mo9s elles sont claires ou attrayantes4 ,si l'on se t\rne v]s les sci5ces qui t5d5t conclure sur les gr&es que/ions de la vie1--v]s la physiologie1 la psy*ologie1 la biologie1 la sociologie1--on y tr\ve une pauvret d'esprit /upfiante1 une prt5tion non ju/ifie rs\dre des que/ions sur lesquelles elles ne sont pas compt5tes4 ,elles n'ab\tiss5t qu' mettre le p5seur en contradiction p]ptuelle avec les autres p5seurs et s\v5t avec lui-mme4 ,si l'on s'adresse aux sci5ces qui ne s'occup5t pas de la solution des que/ions de la vie1 mais qui rpond5t ses que/ions sci5tifiques et spciales1 alors1 on s'm]veille de la =ce de l'esprit huma91 t\t en sa*ant d'avance qu'il n'a ri5 rpondre aux que/ions de la vie4 ,ces sci5ces ignor5t ouv]tem5t la "q de la vie4 ,elles dis5t3 --,a ce que tu es1 et p\rquoi tu vis1 n\s n'avons pas de rponses et n\s ne n\s en occupons pas2 mais si tu z beso9 de connatre les lois de la lumire et des compositions *imiques1 les lois du dveloppem5t des organismes1 si tu z beso9 de connatre les lois des corps1 leur =me et la relation des *iffres et des gr&eurs1 si tu z beso9 de connatre les lois de ton esprit1 alors1 p\r t\t cela1 n\s avons des rponses claires1 prcises et inconte/ables4 ,en gnral1 le rapport des sci5ces exprim5tales la "q de la vie peut tre exprime a9si3 ,,"q3 ,p\rquoi e/-ce que je vis8 ,r,,ponse3 ,dans l'espace inf9im5t gr&1 dans le temps inf9im5t long1 les portions inf9im5t petites *ang5t de pbases dans la complication inf9ie1 et lorsque tu compr5dras les lois de ces *angem5ts tu compr5dras p\rquoi tu vis4 ,ou bi5 dans le doma9e ?orique1 je me disais3 --,t\te l'humanit vit et se dveloppe d'aprs les pr9cipes spirituels de l'idal qui la guid5t4 ,l'idal s'exprime dans la religion1 dans la sci5ce1 dans l'art1 dans la =me du g\v]nem5t4 ,cet idal devi5t plus beau et plus lev2 l'humanit m>*e v]s les rgions suprieures4 ,moi1 je suis une p>tie de l'humanit et1 p> consqu5t1 ma vocation consi/e coopr] la connaissance et la ralisation de ce qui e/ l'idal p\r l'humanit4 ,et tant que dura l'affaiblissem5t de mon esprit1 je me cont5tai de cette rponse2 mais1 ds que la "q de la vie s'leva clairem5t en moi1 t\te cette ?orie s'cr\la du c\p4 ,sans t5ir compte du manque de prcision inconsci5te1 grce auquel les rsultats obt5us p> l'tude sur une petite p>tie de l'humanit pass5t p\r des pr9cipes gnraux1 sans t5ir compte des contradictions flagrantes entre les p>tisans d'op9ions diffr5tes sur l'idal de l'humanit1 la biz>r]ie1 p\r ne pas dire la sottise de cette op9ion1 consi/e en ce que1 p\r rpondre la "q qui se pose devant *aque homme3 ,que suis-je8--ou3 ,p\rquoi e/-ce que je vis8--ou3 ,que dois-je faire8--l'homme doit avant t\t rpondre cette "q3 ,qu'e/-ce que la vie de t\te l'humanit8 ,or1 cette humanit lui e/ inconnue4 ,il n'en connat qu'une t\te petite p>tie1 limite une t\te petite priode de temps4 ,p\r p\voir compr5dre ce qu'il e/1 l'homme doit compr5dre avant t\t ce qu'e/ cette my/rieuse humanit faite d'individus t\t p>eils lui1 quoique ne se compr5ant pas eux-mmes4 ,je dois av\] qu'il y eut un temps o je croyais ce pr9cipe4 ,c'tait le temps o je p\rsuivais un idal favori qui ju/ifit mes caprices4 ,a cet effet1 je m'ef=ais d'inv5t] une ?orie telle que je pusse envisag] ces caprices comme une loi de l'humanit4 ,mais1 du mom5t o la "q de la vie se s\leva en moi1 dans t\te sa cl>t1 la vrit de cette rponse se dissipa comme une vapeur dans les airs4 ,et je compris que1 de mme que dans les sci5ces positives1 il y a des sci5ces vraies et des demi-sci5ces1 qui t5d5t f\rnir des rponses aux que/ions qui ne leur sont pas proposes2--je compris aussi que dans ce doma9e il y a t\t une srie de connaissances plus dtailles qui t*5t de rpondre aux que/ions qui ne relv5t pas d'elles4 ,les demi-sci5ces de ce doma9e1 les sci5ces juridiques1 hi/oriques1 sociales1 qui t5d5t rs\dre la "q de l'humanit1 le font de pure imag9ation1 d'une faon fantaisi/e et *acune sa manire4 ,mais1 de mme que dans le doma9e des sci5ces positives l'homme qui dem&e s9crem5t3 ,comm5t dois-je vivre8 ne peut pas se cont5t] de la rponse3 ,etudie dans l'espace inf9i les *angem5ts inf9is d'aprs le temps et la complication des p>ties inf9im5t petites1 et alors tu compr5dras ta vie2 de mme un homme s9cre ne peut non plus se cont5t] de la rponse3 ,etudie la vie de t\te l'humanit1 dont n\s ne p\vons connatre ni le comm5cem5t ni la f9 et dont la plus gr&e p>tie e/ inconnue2 alors tu compr5dras ta vie4 ,il en e/ de mme dans les demi-sci5ces exprim5tales4 ,et plus ces demi-sci5ces s'loign5t de leur enseignem5t propre1 plus elles sont ple9es d'obscurit et d'indcision1 de sottise et de contradiction4 ,le problme d'une sci5ce positive e/ une succession de causes1 de phnomnes matriels4 ,la sci5ce exprim5tale n'a qu' introduire la "q de la cause f9ale et il en sort--une absurdit4 ,le problme de la sci5ce ?orique e/ d'essay] de compr5dre l'ess5ce de la vie sans en envisag] les causes4 ,mais il n'y a qu' p\ss] l'inve/igation jusqu'aux phnomnes de cause considrs comme phnomnes sociaux1 hi/oriques1 et on n'obti5t qu'une absurdit4 ,la sci5ce exprim5tale ne donne une signification positive et ne montre la gr&eur de l'esprit huma9 que lorsqu'elle n'introduit pas dans ses inve/igations la cause f9ale4 ,et1 au reb\rs1 la sci5ce ?orique n'e/ une sci5ce et ne montre la gr&eur de l'esprit huma9 que lorsqu'elle c>te compltem5t les que/ions du rituel des phnomnes de causes et lorsqu'elle n'envisage l'homme que p> rapport la cause f9ale4 ,cette sci5ce dans ce doma9e dont elle e/ le ple--e/ la mtaphysique ou philosophie4 ,cette sci5ce pose nettem5t la "q3 --,que suis-je1 et qu'e/ l'univ]s8 ,et p\rquoi suis-je et p\rquoi e/ t\t l'univ]s8 ,et1 depuis qu'elle exi/e1 elle rpond t\j\rs de la mme manire4 ,que ce soit l'ide1 la sub/ance1 l'esprit1 ou la volont que la philosophie dsigne p> le nom ess5ce--ess5ce de la vie qui e/ en moi et dans t\t ce qui exi/e1--le philosophe rpte t\j\rs que l'ess5ce e/1--et que moi--je suis ju/em5t cette ess5ce2 mais p\rquoi elle e/1 il ne le sait pas et ne rpond pas s'il e/ un p5seur s9cre4 ,je dem&e3 --,p\rquoi cette ess5ce e/8 ,que sortira-t-il de ce qu'elle e/ ou de ce qu'elle s]a8444 ,et la philosophie1 non seulem5t ne rpond pas1 mais c'e/ ju/em5t cela qu'elle-mme dem&e4 ,si elle e/ la vraie philosophie1 t\t son travail ne consi/e qu' pos] clairem5t cette "q4 ,et si elle ti5t f]mem5t son problme1 elle ne peut rpondre autrem5t qu' la "q3 que suis-je et qu'e/ t\t le monde8--t\t et ri5--et la "q3 p\rquoi8--je ne sais pas4 ,a9si j'aurai beau t\rn] et ret\rn] les que/ions ?oriques de la philosophie1 je ne recevrai pas mme un semblant de rponse1 non pas que1 dans une sphre nette et exprim5te comme l'e/ la si5ne1 la rponse ne puisse se rapport] ma "q4 ,au contraire1 le travail spirituel qui e/ son objet la porte ju/em5t v]s ma "q2 mais il n'y a pas de rponse1 si ce n'e/ la mme "q prs5te s\s une =me beauc\p plus complique4 ,,vi ,p5dant que je *]*ais la rponse la "q de la vie1 j'pr\vais t\t fait le mme s5tim5t qu'pr\ve l'homme qui s'e/ g> dans la =t4 ,ayant db\* sur une clairire1 il grimpa sur un arbre et vit clairem5t des espaces illimits1 mais pas une seule maison2 et il comprit qu'il ne p\vait s'en tr\v]4 ,il alla alors dans l'paisseur du bois1 dans les tnbres2 mais1 l encore1 nulle trace de refuge6 ,j'errais a9si dans la =t des connaissances huma9es1 p>mi les lueurs des sci5ces ma?matiques et exprim5tales1 qui1 t\t en me dc\vrant des horizons lum9eux1 ne p\vai5t me f\rnir aucun abri4 ,je vaguais au milieu de l'obscurit des connaissances ?oriques1 t\j\rs plus sombres mesure que je m'y enfonais1 jusqu' ce que je fusse enf9 p]suad qu'il n'y avait et qu'il ne p\vait pas y avoir d'issue4 ,en tudiant les cts positifs de la sci5ce1 j'avais compris que je ne faisais que dt\rn] mes yeux de la "q4 ,malgr t\t l'attrait et la cl>t des horizons qui s'ouvrai5t devant moi1 malgr t\t le *>me qu'il y a se plong] dans l'inf9i de ces connaissances1 je compris dsormais que ces connaissances m'tai5t d'autant plus claires qu'elles m'tai5t mo9s ncessaires et utiles la solution du problme que je p\rsuivais4 --,eh bi51--me disais-je1--je sais t\t ce que la sci5ce veut savoir si ob/9m5t2 mais sur ce *em9 il n'y a pas de rponse la "q du s5s de ma vie4 ,d'autre "p1 dans le doma9e ?orique1--malgr1 ou ju/em5t p>ce que son objet e/ /rictem5t dirig v]s la rponse ma "q1--il n'y a pas d'autre rponse que celle que je me donnais moi-mme3 --,quel e/ le s5s de ma vie8--,nul2 ou3 --,qu'e/-ce qui sortira de ma vie8--,ri51 ou3 --,p\rquoi exi/e t\t ce qui exi/e et p\rquoi e/-ce que j'exi/e8--,p>ce que tu exi/es4 ,m'adressant un ct des connaissances huma9es1 je recevais une quantit inf9ie de rponses prcises sur ce que je ne dem&ais pas3 sur la composition *imique des toiles1 sur le m\vem5t du soleil v]s la con/ellation d',h]cule1 sur l'volution des espces et de l'homme1 sur les =mes inf9im5t petites1 impondrables p>ties de l'!r2 mais ma "q3 ,quel e/ le s5s de la vie8 je recevais p\r t\te rponse dans ce doma9e de la sci5ce3 ,tu es ce qui s'appelle la vie2 tu es une agrgation accid5telle de molcules4 ,la trans=mation de ces p>ties et leur influ5ce mutuelle s'appelle la vie4 ,cette agrgation ti5dra quelque temps1 puis l'action rciproque de ces p>ties cess]a3 et ce que tu appelles vie cess]a galem5t1 comme aussi t\tes les que/ions que tu te poses--tu es une petite b\le de quelque *ose qui s'e/ accid5tellem5t amass4 ,la petite b\le se consume en f]m5tant1 et cette f]m5tation de petites b\les s'appelle la vie4 ,la b\le clat]a--et la f]m5tation f9ira de mme que t\tes les que/ions4 ,c'e/ a9si que rpond5t les sci5ces positives et elles ne peuv5t rpondre autrem5t si elles re/5t logiques avec leur po9t de d"p4 ,il e/ vid5t qu'une telle rponse n'en e/ pas une1 eu g>d ma "q4 ,j'ai beso9 de savoir le s5s de ma vie4 ,m'expliqu] qu'elle e/ une petite p>tie de l'inf9i1 au lieu de lui donn] un s5s1 c'e/ en dtruire t\t s5s possible4 ,ce compromis entre le savoir exprim5tal et la ?orie pure1 d'aprs lequel le s5s de la vie consi/]ait dans le dveloppem5t et la coopration ce dveloppem5t1 ce compromis ne peut1 p\r cause d'inexactitude et d'obscurit1 tre compt comme une rponse4 ,l'autre ct du savoir1 le ct ?orique1 lorsqu'il s]re de prs sa propre logique1 donne et a t\j\rs donn p\r rponse directe ma "q3 --,le monde e/ quelque *ose d'inf9i et d'incomprh5sible4 ,la vie huma9e e/ une p>tie incomprh5sible de cet incomprh5sible t\t4 ,je ne veux pas p>l] de t\s ces accommodem5ts entre les sci5ces ?oriques et les sci5ces exprim5tales1 lesquels =m5t t\t le bagage des demi-sci5ces qu'on nomme juridiques1 politiques1 hi/oriques4 ,dans ces sci5ces galem5t1 on introduit irrgulirem5t des ides1 des dveloppem5ts1 des p]fectionnem5ts1 avec cette diffr5ce que t\t l'heure il tait "q du dveloppem5t du t\t en gnral1 et qu'ici il ne s'agit que de la vie huma9e4 ,l'irrgul>it e/ la mme3 le dveloppem5t1 la p]fection dans l'inf9i ne peut avoir ni b1 ni direction1 et ne rpond ri5 ma "q4 ,l o la sci5ce ?orique e/ prcise1 dans la vraie philosophie--et non pas dans la philosophie que ,s*op5hau] nomme la philosophie de pr(ession1 laquelle ne s]t qu' classifi] t\s les phnomnes exi/ants d'aprs de n\velles bases philosophiques et les nomm] p> de n\veaux noms1--l o le philosophe ne p]d pas de vue la "q ess5tielle1 la rponse e/ t\j\rs la mme1--rponse donne p> ,socrate1 ,s*op5hau]1 ,salomon1 ,b\ddha4 ,n\s ne n\s rappro*]ons de la vrit qu'autant que n\s n\s loign]ons de la vie1 dit ,socrate se prp>ant m\rir4 ,p\rquoi n\s1 qui aimons la vrit1 n\s prcipitons-n\s v]s la vie8--,p\r n\s db>rass] du corps et de t\t le mal qui sort de la vie du corps4 ,si c'e/ a9si1 comm5t donc ne pas n\s rj\ir qu& la mort vi5t n\s8 ,le sage *]*e la mort t\te sa vie4 ,c'e/ p\rquoi la mort ne l'effraye pas4 ,et voici ce que dit ,s*op5hau]3 ,ayant compris l'ess5ce intime du monde comme une volont et n'ayant reu que l'abjection de cette volont depuis l'inconte/able prcipitation des =ces obscures de la nature jusqu' l'activit ple9e de la consci5ce de l'homme1 n\s ne p\rrons absolum5t pas vit] la consqu5ce suivante4 ,avec la libre ngation de sa propre volont1 disp>atront aussi t\s ces phnomnes1 cette prcipitation cont9uelle et cette traction sans b ni repos p> t\s les degrs de l'abjection1 dans laquelle et l'aide de laquelle exi/e l'univ]s4 ,la v>iation des =mes successives disp>atra4 ,disp>atront aussi avec la =me t\s ces phnomnes avec leurs =mes gnrales1 l'espace et le temps1 et f9alem5t la d]nire =me fondam5tale--le sujet et l'objet4 ,s'il n'y a pas de volont1 s'il n'y a pas de figuration1 il n'y a pas d'univ]s non plus4 ,c]ta9em5t il ne re/e devant n\s que le nant4 ,mais ce qui s'oppose cette transition au nant--notre nature--n'e/ donc que cette mme volont de l'exi/5ce 7,wille zum ,leb571 de laquelle n\s consi/ons a9si que notre monde4 ,notre horreur du nant ou bi5 cette volont que n\s avons t\s de vivre veut dire seulem5t que n\s-mme n\s ne sommes que ce dsir de vivre et ne connaissons ri5 d'autre que ce dsir4 ,c'e/ p\rquoi p\r n\s1 qui sommes ple9s de volont1 aprs la de/ruction complte de la volont1 il ne re/e que le nant2 mais1 au reb\rs aussi1 p\r c5t *ez qui la volont s'e/ *ange et s'e/ nie elle-mme1 p\r ceux-l notre monde1 si rel avec t\s ses soleils et ses voies lactes1 n'e/ aussi que le nant4 ,vanit des vanits1--dit ,salomon1--vanit des vanits1 t\t e/ vanit6 ,quel avantage l'homme tire-t-il de t\t le travail qu'il fait s\s le soleil8 ,une gnration passe et une autre gnration vi5t2 mais la t]re demeure t\j\rs f]me et ce qui a t e/ ce qui s]a2 ce qui a t fait e/ ce qui se f]a1 et il n'y a ri5 de n\veau s\s le soleil4 ,y a-t-il quelque *ose dont on puisse dire3 ,reg>de1 cela e/ n\veau8 ,cela a dj t dans les sicles qui ont t avant n\s4 ,on ne se s\vi5t plus des *oses qui ont prcd2 de mme1 p>mi ceux qui vi5dront l'av5ir1 on ne se s\vi5dra po9t des *oses qui s]ont ci-aprs4 ,moi1 l',ecclsia/e1 j'ai t roi sur ,isral1 ,jrusalem1 et j'ai appliqu mon cur re*]*] et sond] avec sagesse t\t ce qui se faisait s\s les cieux1 ce qui e/ une occupation f*euse que ,dieu a donne aux hommes af9 qu'ils s'y occup5t4 ,j'ai reg>d t\t ce qui se fait s\s le soleil1 et voil3 t\t e/ vanit et t\rm5t d'esprit4 ,j'ai p>l en mon cur1 et j'ai dit3 ,voici1 j'ai gr&i et cr en sagesse p>-dessus t\s ceux qui ont t avant moi sur ,jrusalem et mon cur a vu beauc\p de sagesse et de sci5ce2 et j'ai appliqu mon cur connatre la sagesse et connatre les erreurs et la folie2 mais j'ai connu que cela tait aussi un t\rm5t d'esprit2 c> o il y a abondance de sci5ce1 il y a abondance de *agr92 et celui qui s'accrot de la sci5ce s'accrot de la d\leur4 ,j'ai dit en mon cur3--,allons1 que je t'pr\ve ma9t5ant p> la joie et j\is du bi52 mais voil1 cela aussi e/ vanit4 ,j'ai dit t\*ant le ris3--,il e/ ins5s1 et t\*ant la joie3--,de quoi s]t-elle8 ,j'ai re*]* en mon cur le moy5 de me trait] dlicatem5t1 et que cep5dant mon cur s'appliqut la sagesse et comprt ce que c'e/ que la folie1 jusqu' ce que je visse ce qu'il e/ bon aux hommes de faire s\s les cieux p5dant les j\rs de leur vie4 ,je me suis fait des *oses magnifiques4 ,je me suis bti des maisons2 je me suis plant des vignes2 je me suis fait des j>d9s et des v]g]s1 et j'y ai plant t\tes sortes d'arbres fruiti]s2 je me suis fait des rs]voirs d'eau p\r en arros] le p>c plant d'arbres4 ,j'ai acquis des s]viteurs et des s]vantes1 et j'ai eu des s]viteurs ns en ma maison1 et j'ai eu plus de gros et de m5u btail que t\s ceux qui ont t avant moi ,jrusalem4 ,je me suis amass de l'arg5t et de l'or et les plus prcieux joyaux des rois et des prov9ces4 ,je me suis acquis des *anteurs et des *anteuses1 et les dlices des hommes1 une h>monie d'in/rum5ts de musique1 mme plusieurs h>monies de t\tes sortes d'in/rum5ts4 ,je me suis agr&i et je me suis accru plus que t\s ceux qui ont t avant moi ,jrusalem1 et avec cela ma sagesse e/ demeure avec moi4 ,enf91 je n'ai ri5 refus mes yeux de t\t ce qu'ils ont dem&1 et je n'ai p>gn aucune joie mon cur2 c> mon cur s'e/ rj\i de t\t mon travail1 et 'a t t\t ce que j'ai eu de t\t mon travail4 ,mais ayant considr t\s les ouvrages que mes ma9s avai5t faits et t\t le travail auquel je m'tais occup p\r le faire1 voil3 t\t tait vanit et t\rm5t d'esprit2 de sorte que l'homme n'a aucun avantage de ce qui e/ s\s le soleil4 ,puis je me suis mis considr] aussi bi5 la sagesse que les sottises et la folie1 c> quel e/ l'homme qui p\rrait suivre un roi en ce qui a dj t fait8 ,je reconnus qu'elles t\tes ont le mme sort4 ,c'e/ p\rquoi j'ai dit en mon cur4 ,il m'arriv]a comme l'ins5s4 ,p\rquoi donc ai-je t plus sage alors8 ,c'e/ p\rquoi j'ai dit en mon cur que cela aussi tait une vanit4 ,la mmoire du sage ne s]a po9t t]nelle1 non plus que celle de l'ins5s1 p>ce que dans les j\rs v5ir t\t s]a dj oubli4 ,et p\rquoi le sage meurt-il de mme que l'ins5s8 ,c'e/ p\rquoi j'ai ha cette vie1 p>ce que les *oses qui se sont faites s\s le soleil m'ont dplu1 p>ce que t\t e/ vanit et t\rm5t d'esprit4 ,j'ai aussi ha t\t mon travail qui a t fait s\s le soleil1 p>ce que je le laiss]ai l'homme qui s]a aprs moi4 ,c> qu'e/-ce que l'homme a de t\t son travail et du t\rm5t de son cur dont il se fatigue s\s le soleil8 ,c> t\s ses j\rs ne sont que d\leurs1 et son occupation n'e/ que *agr92 mme la nuit son cur ne repose pas4 ,cela aussi e/ une vanit4 ,n'e/-ce donc pas le bi5 de l'homme qu'il mange et qu'il boive1 et qu'il fasse que son me j\isse du fruit de son travail8 ,j'ai vu aussi que cela vi5t de la ma9 de ,dieu4 ,p\r t\t et p\r t\s la mme *ose2 le mme sort au ju/e et l'impie1 au bon et au m*ant1 l'homme honnte et l'homme malhonnte1 celui qui fait des sacrifices et celui qui n'en fait pas4 ,comme au bi5faiteur1 a9si au p*eur2 comme celui qui jure1 a9si celui qui a peur de la maldiction4 ,ce qui e/ mauvais en t\t ce qui se fait s\s le soleil1 c'e/ qu'il n'y a qu'un sort p\r t\s et le cur des fils des hommes e/ ple9 de m*ancet4 ,la folie e/ au fond de leur cur1 de leur vie4 ,aprs quoi ils s'en vont *ez les morts4 ,p\r celui qui se tr\ve p>mi les vivants il y a encore de l'espoir2 de mme qu'un *i5 vivant e/ plus heureux qu'un lion mort4 ,les vivants sav5t qu'ils m\rront et les morts ne sav5t ri54 ,il n'y a plus de rmunration p\r eux1 p>ce que leur s\v5ir e/ livr l'oubli2 et leur am\r1 et leur ha9e1 et leur jal\sie sont dj disp>us et il n'y a plus d'honneur p\r eux en ri5 de ce qui se fait s\s le soleil4 ,c'e/ a9si que p>le ,salomon ou celui qui a crit ces p>oles4 ,et voici ce que dit la ,sagesse indi5ne3 akia-,m\ni1 un jeune pr9ce heureux qui on avait ca* les maladies1 la vieillesse et la mort1 va la prom5ade et voit un vieill>d affreux1 d5t1 l'aspect rep\ssant4 ,le pr9ce1 qui ne connaissait pas la vieillesse1 s'tonne et dem&e ce que c'e/ et p\rquoi cet homme e/ arriv une situation si pitoyable1 si dgtante et si hideuse4 ,et lorsqu'il ent5d que c'e/ le sort de t\s1 que lui1 jeune pr9ce1 e/ 9vitablem5t m5ac de la mme dcrpitude1 il ne peut plus all] se prom5] et ret\rne son palais p\r rfl*ir sur ce sujet4 ,et le voil enf]m t\t seul et songeant6 ,probablem5t il se cre quelque consolation1 puisque gai et heureux il sort de n\veau4 ,mais1 cette fois-ci1 il r5contre un malade4 ,il voit un homme puis1 dev5u bleutre1 tremblant1 ayant des yeux tr\bles4 ,le pr9ce1 qui on avait ca* la maladie1 s'arrte et dem&e ce que c'e/4 ,et lorsqu'il appr5d que c'e/ la maladie1 laquelle sont sujets t\s les hommes et que lui-mme1 pr9ce bi5 portant et heureux1 peut1 ds dema91 tomb] malade de la mme manire1 il s5t sa disposition se div]tir lui manqu] de n\veau4 ,il ordonne de rev5ir et *]*e la tranquillit4 ,il la tr\ve probablem5t1 puisqu'il va se prom5] p\r la troisime fois4 ,mais1 cette fois-ci1 un n\veau spectacle s'(fre encore lui3 il voit qu'on porte quelque *ose4 --,qu'e/-ce8 --,un homme mort4 -,que veut dire mort8 dem&e le pr9ce4 ,on lui dit que m\rir veut dire tre ce qu'e/ dev5u cet homme4 ,le pr9ce s'appro*e du mort1 ouvre le c]cueil et le reg>de4 --,qu'e/-ce qu'il en sortira aprs8 dem&e le pr9ce4 ,on lui dit qu'on le dpos]a dans la t]re4 --,p\rquoi8 --,p>ce qu'il s]a sr qu'il ne s]a plus jamais vivant et il ne sortira de lui que v]s et puanteur4 --,et c'e/ le p>tage de t\s les hommes8 ,s]a-ce la mme *ose avec moi8 ,m'ent]r]a-t-on et n'y aura-t-il de moi que la puanteur et des v]s qui me mang]ont6 --,oui4 --,arrire6 je ne vais pas me prom5] et je n'irai plus jamais4 ,et akia ,m\ni ne peut tr\v] de consolation dans la vie et il dcide que la vie e/ un norme mal4 ,il emploie t\tes les =ces de son me s'en libr] et en libr] les autres1 de telle sorte qu'aprs la mort la vie ne se r5\velt pas de quelque manire que ce ft1 p\r ext]m9] la vie dans sa rac9e mme4 ,voil ce que proclame la sagesse indi5ne t\t entire4 ,voici ce que dit encore la sagesse huma9e lorsqu'elle rpond sans dt\r la "q de la vie4 ,la vie du corps e/ un mal et un m5songe4 ,c'e/ p\rquoi l'abolition de cette vie du corps e/ un bi5 et p\r cela n\s devons le dsir]1 dit ,socrate4 ,la vie e/ ce qui ne doit pas tre1 c'e/ un mal2 et le passage au nant e/ le seul bi5 de la vie1 dit ,s*op5hau]4 ,t\t au monde3 sottise1 sagesse1 ri*esse1 misre1 gaiet1 *agr91 t\t e/ vanit et sottise4 ,l'homme m\rra et il n'en re/]a ri54 ,et cela e/ sot1 dit ,salomon4 ,vivre avec la consci5ce de l'9vitabilit des s\ffrances1 de l'affaiblissem5t et de la mort e/ impossible4444 ,il faut se dlivr] de la vie1 de t\te possibilit de la vie1 dit ,b\ddha4 ,ce qu'ont dit ces esprits =ts1 des millions d'hommes semblables eux l'ont dit1 l'ont p5s1 l'ont s5ti4 ,et c'e/ ce que je p5se et ce que je s5s moi-mme4 ,c'e/ a9si que mes incursions dans le doma9e des sci5ces1 non seulem5t ne me db>rassr5t pas de mon dsespoir1 mais l'augm5tr5t encore4 ,l'une ne rpondait pas aux que/ions de la vie4 ,l'autre rpondait directem5t1 confirmant mon dsespoir et montrant que la situation laquelle j'tais arriv n'tait pas le fruit de mon erreur1 de l'tat maladif de mon esprit4 ,au contraire1 elle me dmontrait que je p5sais correctem5t et que je tombais d'accord avec les plus =ts esprits de l'humanit4 ,il n'y a pas s'y tromp]3 t\t e/ vanit6 ,heureux celui qui ne fut jamais n4 ,la mort vaut mieux que la vie1 dont il faut se dfaire4 ,,vii ,n'ayant pas tr\v d'explication dans la sci5ce1 je comm5ai *]*] cette explication dans la vie1 esprant la tr\v] *ez les hommes qui m'ent\rai5t2 je comm5ai obs]v] mes semblables1 tudi] leur vie et leur manire d'envisag] cette "q qui m'avait am5 ce dsespoir4 ,et voici ce que j'ai tr\v *ez les hommes qui sont mes gaux p> leur in/ruction et leur faon de vivre4 ,j'ai tr\v que p\r les hommes de mon monde il y a quatre issues cette affreuse situation dans laquelle n\s n\s tr\vons t\s4 ,la premire e/ celle de l'ignorance4 ,elle consi/e ne pas savoir1 ne pas compr5dre que la vie e/ un mal et un non-s5s4 ,les p]sonnes qui app>ti5n5t cette catgorie1--des femmes p\r la plup>t ou bi5 des hommes trs jeunes ou peu intellig5ts1--n'ont pas encore compris cette "q de la vie qui se prs5ta ,s*op5hau]1 ,salomon1 ,b\ddha4 ,ils ne voi5t ni le dragon qui les att5d1 ni les s\ris qui rong5t les buissons auxquels ils se ti5n5t1 et ils cont9u5t de suc] les g\ttes de miel4 ,mais leur quitude ne dur]a que jusqu'au mom5t o quelque *ose dirig]a leur att5tion v]s le dragon et les s\ris et ce s]a la f9 de leur plaisir4 ,je n'ai ri5 appr5dre d'eux et ne puis cess] de savoir ce que je sais dj4 ,la seconde issue1 c'e/ l'issue picuri5ne4 ,elle consi/e pr(it] des bi5s qui s'(fr5t n\s2 et1 sa*ant que la vie e/ sans espoir1 ne reg>d] ni le dragon1 ni les s\ris1 mais suc] le miel de la faon la plus agrable possible1 surt\t s'il y en a beauc\p4 ,salomon exprime a9si cette ide3 ,et je l\ai la gaiet1 puisqu'il n'y a ri5 de meilleur p\r l'homme1 que de mang]2 de boire et de se div]tir2 cela la rcre dans les travaux j\rnali]s que lui donne ,dieu ici-bas4 ,et a9si1 va1 mange ton pa9 avec gaiet et bois ton v9 dans la joie4444 ,j\is de la vie avec la femme que tu aimes1 dans t\s les j\rs de ta vie vaniteuse1 dans t\s tes j\rs vaniteux1 puisque c'e/ ta "p dans la vie et les travaux que tu fais s\s le soleil4444 ,t\t ce qui e/ de la =ce de ta ma91 fais-le1 puisque1 dans le tombeau qui t'att5d1 il n'y a ni travail1 ni rflexion1 ni savoir1 ni sagesse4 ,c'e/ p> de telles rflexions que la majorit des p]sonnes de notre monde ent5d la possibilit de vivre4 ,les conditions dans lesquelles elles se tr\v5t font qu'elles ont plus de bi5s que de maux1 et la /upidit morale leur donne la possibilit d'oubli] que le pr(it de leur situation e/ occasionnel1 que t\t le monde ne peut pas avoir mille femmes et des palais1 comme ,salomon2 que p\r *aque homme ayant mille femmes il y a mille hommes sans femmes et que p\r *aque palais il y a mille hommes qui le btiss5t la sueur de leur front et que cet accid5t qui m'a fait ,salomon auj\rd'hui peut me faire le s]f de ,salomon dema94 ,la /upidit de l'imag9ation de ces g5s leur donne la possibilit d'oubli] ce qui ne laisse pas de repos ,b\ddha3 l'imm95ce de la maladie1 de la vieillesse et de la mort1 qui1 si ce n'e/ auj\rd'hui1 f]a cr\l] dema9 t\s ces plaisirs4 ,c'e/ a9si que p5s5t et que s5t5t la plup>t des hommes de notre temps et de notre monde4 ,quoique quelques-uns de ces g5s affirm5t que la /upidit de leur imag9ation e/ de la philosophie1 qu'ils nomm5t positive1 ils ne se di/+u5t pas1 mon avis1 de la catgorie de ceux qui suc5t le miel p\r ne pas voir4 ,je ne p\vais pas imit] ces g5s-l3 n'ayant pas leur /upidit d'imag9ation1 je ne p\vais pas la produire en moi artificiellem5t4 ,je ne p\vais1 pas plus qu'aucun autre homme vivant1 arra*] les yeux des s\ris et du dragon aprs les avoir vus une fois4 ,la troisime issue e/ celle de la =ce et de l'n]gie4 ,elle consi/e dtruire la vie1 aprs avoir compris qu'elle e/ un mal et un non-s5s4 ,c'e/ a9si qu'agiss5t les r>es hommes =ts et logiques4 ,ayant compris t\te la sottise de la plaisant]ie qui n\s e/ j\e1 ayant compris aussi que le bi5 des morts e/ suprieur aux bi5s des vivants et que le mieux e/ de ne pas tre1 ils agiss5t en consqu5ce et t]m95t d'un seul c\p cette /upide plaisant]ie p> les div]s moy5s leur porte3 une corde au c\1 l'eau1 le c\teau p\r se l'enfonc] dans le cur1 les r\es d'une locomotive4 ,le nombre des p]sonnes de notre socit qui agiss5t de la sorte devi5t de plus en plus gr&1 et c'e/ surt\t la meilleure priode de leur vie qu'elles s'y dcid5t1 lorsque les =ces de l'me sont dans t\t leur pan\issem5t et qu'elles ne se sont pas encore famili>ises avec les habitudes dgradantes4 ,il me semblait que cette f9 tait la plus digne et je v\lais agir de la sorte4 ,la quatrime issue e/ la faiblesse4 ,elle consi/e cont9u] tran] la vie t\t en en compr5ant le mal et le non-s5s et en sa*ant d'avance que ri5 n'en peut rsult]4 ,les hommes de cette espce sav5t que la mort e/ meilleure que la vie2 mais n'ayant pas la =ce d'agir raisonnablem5t1 de mettre f9 au plus vite cette sup]*]ie et de se tu]1 ils ont l'air d'att5dre quelque *ose4 ,c'e/ l l'issue de la faiblesse2 c>1 connaissant le mieux et le p\vant1 p\rquoi ne pas s'y ab&onn]8444 ,je me tranais dans cette catgorie4 ,c'e/ a9si que les hommes de ma qualit se sauv5t p> quatre *em9s de l'horrible contradiction4 ,j'ai eu beau ex]c] t\te la =ce de mon esprit1 je n'ai pas tr\v d'autres issues que ces quatre4 ,l'une e/ de ne pas compr5dre que la vie e/ un non-s5s1 une vanit et un mal1 et qu'il vaut mieux ne pas vivre4 ,je ne p\vais pas ne pas savoir cela1 et le sa*ant1 je ne p\vais plus f]m] les yeux sur la vrit4 ,la deuxime consi/e pr(it] de la vie telle qu'elle e/1 sans p5s] l'av5ir4 ,et je ne p\vais faire cela4 ,moi1 comme akia-,m\ni1 je ne p\vais pas all] la *asse qu& je savais que j'entranais sur mes pas la vieillesse1 les s\ffrances et la mort4 ,mon imag9ation tait trop vive4 ,en outre1 je ne p\vais pas gt] les j\issances qui s'(frai5t moi accid5tellem5t et p\r un mom5t4 ,la troisime issue e/ celle-ci3 aprs avoir compris que la vie e/ un mal et une sottise1 en f9ir1 se tu]4 ,or je compr5ais bi5 la vie comme cela1 mais p\r c]ta9es raisons1 je ne me tuai pas4 ,la quatrime issue--vivre comme ,salomon ou ,s*op5hau]1--savoir que la vie e/ une sotte plaisant]ie qui m'a t j\e et vivre malgr cela1 s'habill]1 crire1 p>l] et mme crire des livres4 ,cela m'tait pnible1 me rpugnait mme et cep5dant je re/ais dans cette situation4 ,voici exactem5t quel tait l'tat de mon me4 ,mon intellig5ce m'avait fait reconnatre que la vie n'e/ pas raisonnable4 ,s'il n'y a pas de raison suprme1--et il n'y en a pas1 ri5 ne peut pr\v] qu'elle e/1--alors la raison e/ la cratrice de la vie p\r moi4 ,s'il n'y avait pas de raison1 il n'y aurait donc pas de vie4 ,comm5t donc cette raison nie-t-elle la vie1 tant son auteur4 ,mais1 d'un autre ct1 s'il n'y avait pas de vie1 ma raison n'exi/]ait pas non plus2 p> consqu5t la raison e/ fille de la vie4 ,la vie e/ t\t4 ,la raison e/ le fruit de la vie et cette raison nie la vie mme4 ,je s5tais que dans t\t cela quelque *ose n'tait pas ju/e4 ,la vie e/ un mal dp\rvu de s5s1 c'e/ c]ta91 me disais-je4 ,mais je vivais1 je vis encore et t\te l'humanit a vcu et vit t\j\rs4 ,comm5t cela8 ,p\rquoi vit-elle donc1 qu& elle p\rrait ne pas vivre8 ,suis-je donc1 t\t seul avec ,s*op5hau]1 assez intellig5t p\r compr5dre l'absurdit et le mal de la vie8 ,les considrations sur la vanit de la vie ne sont pas si +nieuses et elles ont t faites depuis bi5 longtemps p> les hommes les plus simples4 ,malgr t\t cela on a vcu et on vit encore4 ,p\rquoi donc les autres viv5t-ils et ne p5s5t-ils mme jamais au s5s de la vie8 ,mon savoir1 confirm p> la sagesse des sages1 m'a montr que t\t au monde--d'ordre organique et inorganique--t\t e/ arrang avec une intellig5ce extraord9aire1 et que ma situation seule e/ bte4 ,et ces masses /upides et normes de g5s simples qui ne sav5t ri5 de ce qui e/ monde organis ou non1 elles viv5t t\j\rs et croi5t que leur vie e/ trs raisonnable6444 ,et il me passait p> la tte3 ,peut-tre y a-t-il encore quelque *ose que je ne sais pas8 ,l'ignorance agit bi5 t\j\rs de la sorte4 ,lorsqu'elle se bute quelque *ose1 elle prt5d que ce qu'elle ignore e/ /upide4 ,la ralit e/ qu'une humanit entire a vcu et vit1 ayant l'air d'avoir saisi le s5s de son exi/5ce1 p>ce que1 sans le compr5dre1 elle n'aurait pas pu vivre4 ,moi1 je dis que t\te cette vie e/ un non-s5s et je ne puis vivre4 ,p]sonne ne n\s emp*e de ni] la vie p> le suicide4 ,mais alors tue-toi et tu ne raisonn]as plus4 ,la vie ne te plat pas1 tue-toi4 ,et si tu vis et ne peux pas compr5dre le s5s de ta vie1 alors f9is-la et ne t\rne pas dans cette vie en dcrivant et en racontant que tu ne la compr5ds pas4 ,tu es v5u au milieu d'une compagnie joyeuse1 t\s s'y tr\v5t trs bi51 t\s sav5t ce qu'ils font et toi tu t'ennuies1 ce spectacle te rpugne1 eh bi51 alors1 va-t'en6 ,n\s qui sommes p]suads de la ncessit absolue du suicide et ne n\s dcidons pas l'accomplir1 ne sommes-n\s pas vritablem5t des esprits faibles1 sans suite1--tran*ons le mot1--des sots qui n\s enorgueillissons de notre sottise comme un crt9 de sa musette8 ,notre sagesse1 malgr son inconte/able ju/esse1 ne n\s a pas donn le savoir du s5s de notre vie2 t&is que t\te l'humanit qui fait la vie ne d\te pas de son s5s4 ,vraim5t depuis ce long1 long temps que la vie1 dont je sais quelque petite *ose1 exi/e1 les hommes ont vcu1 t\t en connaissant le raisonnem5t de l'inutilit de la vie1 raisonnem5t qui fit conclure son non-s5s1 et ils ont vcu t\t de mme1 lui attribuant un s5s quelconque4 ,ds que la vie se fut manife/e *ez les hommes1 ils lui ont compris ce s5s1 et cep5dant ils l'ont supporte1 et elle e/ arrive jusqu' moi4 ,t\t ce qu'il y a en moi et prs de moi1 matriel ou immatriel1 t\t e/ le fruit de leur savoir4 ,les in/rum5ts mmes de la p5se l'aide desquels je dlibre sur cette vie et la blme1--t\t cela e/ fait p> eux et non p> moi4 ,moi-mme je suis n1 j'ai t lev1 j'ai gr&i grce eux4 ,ce sont eux qui ont extrait le f] de la t]re1 qui ont comm5c c\p] la =t et ensem5c] la t]re1 qui ont apprivois les bufs1 les *evaux1 qui n\s ont enseign vivre ensemble1 qui ont organis notre vie2 ce sont eux qui m'ont appris p5s]1 p>l]4 ,et moi1 leur uvre1 n\rri et abreuv p> eux1 in/ruit p> eux1 je leur ai pr\v p> leurs propres mots et leurs propres p5ses qu'ils sont un non-s5s4 --,dans t\t cela quelque *ose n'e/ pas ju/e1 me disais-je4 ,je me suis tromp quelque "p4 ,mais cette faute1 je ne p\vais absolum5t pas la tr\v]4 ,,viii ,t\s ces d\tes1 que je suis plus ou mo9s en tat de rpt] auj\rd'hui1 je n'aurais pu les =mul] alors4 ,je s5tais seulem5t que1 malgr t\te la logique de mes conclusions1 confirmes p> les plus gr&s p5seurs1 sur l'inutilit de la vie1 quelque *ose de faux s'y tait gliss4 tait-ce dans le raisonnem5t mme1 dans la =me de la "q8 ,je ne le savais pas2 je s5tais seulem5t que ma conviction intellig5te tait complte1 mais qu'elle ne suffisait pas4 ,t\s ces rsultats ne pur5t me conva9cre assez p\r me faire faire ce qui ressortait de mes mditations1 c'e/--dire p\r me tu]4 ,je ne dirais pas t\te la vrit en affirmant que la somme entire du travail de mon intellig5ce m'ait am5 cette conclusion4 ,mon intellig5ce travaillait1 mais autre *ose aussi--que je ne puis dsign] que p> les mots3 consci5ce de la vie4 ,c'tait comme une =ce qui obligeait mon intellig5ce se fix] dans une t\t autre direction et me tir] de ma situation dsespre4 ,cette =ce m'obligeait considr] ce fait que1 moi et quelques c5ta9es de mes p>eils1 n\s ne composions pas t\te l'humanit et que la vie de l'humanit ne m'tait pas encore connue4 ,en jetant les yeux sur le c]cle trs re/re9t des hommes de mon ge1 j'en voyais que la "q de la vie n'intressait pas4 ,d'autres compr5ai5t comme moi cette "q1 mais l't\ffai5t dans l'ivresse de la vie2 quelques-uns1 ple9em5t conva9cus1 y mettai5t un t]me4 ,d'autres enf9 l'avai5t comprise1 mais p> faiblesse cont9uai5t cette exi/5ce dsespre4 ,et mes reg>ds n'allai5t pas au del4 ,il me p>aissait que ce petit nombre d'hommes savants1 ri*es et oisifs1 dont j'tais1 composai5t t\te l'humanit1 et que ces milli>ds d'hommes qui avai5t vcu et vivai5t encore1 n'tai5t pas en ralit des hommes4 ,malgr t\te la s+ul>it1 t\te l'incomprh5sibilit de ce fait qui me frappe auj\rd'hui1--d'avoir pu dlibr] sur la vie sans voir la vie qui m'ent\rait de t\s cts1 la vie de l'humanit1--la p5se que j'aie pu tre tel po9t dans l'erreur et croire que ma vie1 celle des ,salomon et des ,s*op5hau]1 tai5t la vie vritable et normale1 t&is que la vie des masses n'tait qu'une circon/ance d'aucune importance--t\t trange que cela me p>at ma9t5ant1 il en a p\rtant t a9si4 ,dans l'orgueil de mon esprit1 il me semblait inconte/able que moi1 avec ,salomon et ,s*op5hau]1 j'avais pos la "q avec une si gr&e vrit et une telle prcision qu'on ne p\vait mieux la =mul]4 ,si inconte/able me p>aissait l'ide que t\s ces milli>ds de cratures n'tai5t pas encore arrivs concevoir t\te la pr(ondeur de la "q1 que je *]*ais le s5s de ma vie sans p5s] une seule fois3 --,mais quel s5s donc lui donn5t et donnai5t t\s les milli>ds d'tres qui viv5t et ont vcu sur la t]re8 ,je me dbattis longtemps dans cette folie qui n\s e/ surt\t propre n\s hommes libraux et in/ruits4 ,c'e/ peut-tre grce cet trange am\r que j'ai p\r le vrai peuple des travailleurs1 que je fus oblig compr5dre et voir que ce peuple n'e/ pas si bte que n\s le p5sons2 ou bi5 c'e/ grce la s9crit de ma conviction que la meilleure *ose que je pusse faire tait de me p5dre1 que je s5tis que1 si je v\lais vivre et compr5dre le s5s de la vie1 il fallait *]*] ce s5s1 non pas *ez ceux qui l'avai5t dj p]du et qui v\lai5t se tu]1 mais *ez ces millions d'hommes qui ont vcu et viv5t1 en organisant leur vie et la ntre et en en subissant les consqu5ces4 ,et alors je considrais l'norme masse d'hommes simples1 ignorants et peu =tuns1 qui viv5t et ont vcu--et je con/atai t\t autre *ose4 ,je vis que t\s ces milli>ds d'hommes qui ont f9i de vivre ou qui viv5t encore1 je vis que t\s1 de r>es exceptions prs1 ne p\vai5t tre rangs p>mi ceux dont je vi5s dp>i]2 il m'tait impossible de les considr] comme ne compr5ant pas la "q1 puisqu'ils la pos5t et y rpond5t avec une cl>t tonnante4 ,je ne p\vais non plus les class] p>mi les picuri5s1 p>ce que leur vie se compose de privations et de s\ffrances bi5 plus que de j\issances4 ,encore mo9s p\vais-je les considr] comme vivant /upidem5t jusqu' la f9 de leurs j\rs1 puisqu'ils s'expliqu5t *aque action de leur vie et la mort elle-mme4 ,ils ti5n5t le suicide p\r un norme mal4 ,il s'ensuivait1 dans mon esprit1 que t\te l'humanit avait une connaissance quelconque du s5s de la vie que je n'admettais pas et que je mprisais4444 ,il s'ensuivait que1 puisque la sci5ce raisonne non seulem5t ne me donnait pas le s5s de la vie1 mais l'excluait1 t&is que des milli>ds d'hommes lui en attribuai5t un1 il s'ensuivait que t\te l'humanit tait fonde sur quelque savoir faux et mprisable4 --,a9si1 me disais-je1 le raisonnem5t1 en la p]sonne des savants et des sages1 nie le s5s de la vie2 t&is que les normes masses d'hommes1--t\te l'humanit--lui reconnaiss5t ce s5s dans un savoir absurde4 ,et ce savoir absurde repose sur cette mme croyance que je ne puis pas ne pas rejet]3 ,dieu un et trois1 la cration en six j\rs1 les dmons et les anges et t\t ce que je ne peux pas reconnatre mo9s d'tre f\6 ,ma position tait affreuse4 ,je savais que je ne tr\v]ais ri5 sur le *em9 de la sci5ce raisonne1 except la ngation de la vie2 ri5 non plus dans la croyance1 except la ngation de la raison1 mo9s possible encore que celle de la vie4 ,du savoir intellig5t il ressortait que la vie e/ un mal3 --,les hommes le sav5t donc1 il dp5d d'eux de ne pas vivre1 et cep5dant ils ont vcu1 ils viv5t et je vis moi-mme1 bi5 que je sa*e depuis longtemps que la vie e/ un non-s5s1 qu'elle e/ un mal4 ,or1 la foi me dit que p\r compr5dre le s5s de la vie1 je dois r5onc] la raison1 cette mme raison1 p\r laquelle le s5s e/ ncessaire4 ,,ix ,de t\t cela il naissait une contradiction laquelle il n'y avait que deux issues3 ou ce que j'appelais raisonnable ne l'tait pas autant que je le p5sais1 ou ce qui me p>aissait draisonnable ne l'tait pas autant que je le croyais4 ,et je comm5ai raisonn] l'en*anem5t de mes rflexions que je tr\vai t\t fait correct4 ,la conclusion que la vie n'e/ ri5 tait 9vitable2 mais bi5tt je m'ap]u d'une erreur3 elle consi/ait en ce que j'avais raisonn sans me con=m] la "q que j'avais pose4 --,p\rquoi dois-je vivre1 c'e/--dire quel s]a le rsultat vrai1 inde/ructible de ma vie phmre et de/ructible8 ,quel s5s a mon exi/5ce limite dans cet univ]s inf9i8 ,et p\r rpondre cette "q j'tudiais la vie4 videmm5t1 les solutions de t\tes les que/ions possibles de la vie ne p\vai5t pas me cont5t]1 p>ce que ma "q1 malgr t\te sa simplicit au premi] abord1 exige l'explication de l'inf9i p> le f9i1 et au reb\rs4 ,en effet1 lorsque ma "q tait3 --,quel e/ le s5s de ma vie temporaire1 en dehors de t\te cause extrat]re/re8 ,je rpondais comme si la "q avait t3 --,quel e/ le s5s de ma vie temporaire1 envisage au po9t de vue de la cause et de son exi/5ce t]re/re8444 ,et aprs un long travail de mon esprit1 je rpondis3 ,nul4 ,dans mes raisonnem5ts j'associais con/amm5t--ne p\vant agir autrem5t--le f9i au f9i et l'inf9i l'inf9i4 ,t\t cela ab\tissait ceci3 la =ce e/ la =ce1 la sub/ance e/ la sub/ance1 la volont e/ la volont1 l'inf9i e/ l'inf9i1 le nant e/ le nant et--c'tait t\t4 ,c'tait quelque *ose d'analogue ce qui arrive en ma?matiques1 lorsque1 croyant rs\dre l'quation1 on tr\ve l'id5tit4 ,le c\rs de la rflexion e/ correct1 mais le rsultat se =mule p>3 ,a ,a ou ,x ,x1 ou ,o ,o4 ,il en adv9t de mme de mes rflexions sur la signification de ma vie4 ,les rponses donnes p> t\tes les sci5ces cette "q ne sont que des id5tits4 ,et1 vraim5t1 le savoir /rictem5t intellectuel qui1 comme l'a fait ,desc>tes1 comm5ce p> le d\te total sur t\t1 qui rejette t\t savoir bas sur la foi et btit neuf sur les lois de la raison et de l'expri5ce1 ce savoir ne peut donn] d'autre rponse la "q de la vie que celle que j'ai reue4 ,si t\t d'abord il m'avait sembl que le savoir donnait une rponse positive1--la rponse de ,s*op5hau]1 la vie n'a pas de s5s1 elle e/ un mal1 je compris ma9t5ant1 aprs avoir mieux exam9 l'affaire1 que la rponse n'tait pas positive1 que ce n'tait que le s5tim5t qui la f\rnissait4 ,la rponse nettem5t exprime1 comme elle l'e/ p> les ,bram9es1 p> ,salomon et p> ,s*op5hau]1 n'e/ qu'une rponse vague ou une id5tit3 ,o ,o1 la vie e/ une nullit4 ,a9si la sci5ce philosophique ne nie ri5 et rpond seulem5t qu'elle ne peut pas dcid] cette "q qui p\r elle re/e un inf9i4 ,ayant compris cela1 je compris aussi qu'on ne p\vait pas *]*] dans le raisonnem5t intellectuel une rponse ma "q et que la rponse donne p> ce raisonnem5t n'e/ que l'indication que la rponse ne peut tre obt5ue qu' l'aide d'une autre donne de la "q1 c'e/--dire alors seulem5t que la relation du f9i l'inf9i s]a introduite dans la "q4 ,je compris enf9 que1 malgr t\te l'absurdit et la mon/ruosit des rponses f\rnies p> la foi1 elles ont le privilge d'introduire dans *aque rponse la relation du f9i l'inf9i1 sans laquelle la rponse ne peut exi/]4 ,de quelque manire que je me pose la "q3 ,comm5t dois-je vivre8 la rponse e/3 p> la loi de ,dieu4--,que sortira-t-il de vrai de ma vie8--,des s\ffrances t]nelles ou la batitude t]nelle4444--,quel s5s n'e/ pas dtruit p> la mort8--,l'union avec le ,dieu inf9i1 le p>adis4 ,a9si1 j'tais 9vitablem5t am5 reconnatre que1 indp5damm5t du savoir intellig5t qui autrefois me p>aissait unique1 t\te l'humanit possdait encore une autre connaissance1 irraisonne celle-l3 la foi1 qui donne la possibilit de vivre4 ,t\te la sottise de la foi re/ait p\r moi la mme qu'aup>avant1 mais je ne p\vais pas ne pas reconnatre qu'elle seule f\rnissait l'humanit les rponses aux que/ions de la vie et1 p> consqu5t1 la possibilit de vivre4 ,le raisonnem5t m'avait am5 l'aveu du non-s5s de la vie qui1 ds lors1 n'avait plus de raison d'tre1 et je v\lais me dtruire4 ,ayant considr t\te l'humanit1 je vis que les hommes vivai5t en affirmant qu'ils connaissai5t le s5s de la vie4 ,je r5trai alors en moi-mme4 ,moi aussi1 j'avais vcu jusqu'au mom5t o je m'tais inquit du s5s de la vie4 ,a9si qu'aux autres hommes1 la vie et la possibilit de la vie m'tai5t (f]tes p> la foi4 ,ayant jet les yeux plus lo91 sur les hommes des autres pays1 sur mes contempora9s et sur ceux qui avai5t vcu1 je vis t\j\rs la mme *ose4 ,l o e/ la vie1 l1 depuis que l'humanit exi/e1 e/ la foi qui donne la possibilit de vivre1 et les c>actres pr9cipaux de la foi sont les mmes p>t\t et t\j\rs4 ,quelle qu'elle soit1 la foi rpond t\s que la vie1 quoique mortelle1 e/ inf9ie1 et que1 ni les s\ffrances1 ni les privations1 ni la mort ne peuv5t la dtruire4 ,cela veut dire que ce n'e/ que dans la foi qu'on peut tr\v] le s5s et la possibilit de la vie4 ,qu'e/-ce donc que la foi8 ,et je compris que la foi n'e/ pas seulem5t la conviction l'exi/5ce des *oses invisibles1 etc41 n'en e/ pas la rvlation 7ce n'e/ l que la description d'un des indices de la foi72 elle n'e/ pas la relation de l'homme ,dieu1--il faut df9ir la foi et puis ,dieu1 et non pas df9ir la foi p> ,dieu2--elle n'e/ pas non plus le simple cons5tem5t de l'homme croire ce qu'on lui a dit1 a9si que la foi e/ le plus s\v5t comprise4 ,la foi e/ la connaissance du s5s de la vie huma9e1 connaissance qui fait que l'homme ne se dtruit pas1 mais vit4 ,la foi e/ la =ce de la vie4 ,si l'homme vit1 c'e/ qu'il croit en quelque *ose4 ,s'il ne croyait pas qu'il faut vivre p\r quelque *ose1 il ne vivrait pas4 ,puisqu'il ne voit et ne compr5d pas le fantme du f9i1 il faut qu'il croie l'inf9i4 ,sans foi on ne peut pas vivre4 ,et je me rappelai t\t le travail intrieur auquel je m'tais livr1 et je fus t]rifi4 ,il tait clair p\r moi ma9t5ant que p\r que l'homme puisse vivre1 il doit ou ne pas voir l'inf9i ou avoir une telle explication du s5s de la vie1 que le f9i soit gal l'inf9i4 ,je connaissais cette explication1 mais je n'en avais pas eu beso9 tant que j'avais cru la possibilit de la ju/ifi] p> mon intellig5ce4 ,mais1 en lui opposant la lumire de la raison1 t\te l'explication prcd5te s'cr\le4 ,un temps v9t o je ne crus plus au f9i4 ,et alors je comm5ai btir sur les bases de la raison une explication qui me donnt le s5s de vie1 mais je ne pus ri5 con/ruire de solide4 ,avec les meilleurs esprits de l'humanit1 je s5tis que ,o gale ,o1 et je fus trs tonn d'avoir reu une p>eille solution1 alors p\rtant qu'il n'en p\vait rsult] aucune autre4 ,que faisais-je lorsque je *]*ais une rponse dans les sci5ces exprim5tales8 ,je v\lais arriv] savoir p\rquoi je vivais et p\r cela j'tudiais t\t ce qui tait hors de ma vie4 ,il e/ clair que j'ai pu appr5dre beauc\p de *oses1 mais ri5 de ce qui m'tait ncessaire4 ,que faisais-je1 qu& je *]*ais une rponse dans les sci5ces philosophiques8 ,j'tudiais les ides des tres qui s'tai5t tr\vs dans la mme situation que moi1 qui n'avai5t pas tr\v de rponse la "q3 ,p\rquoi e/-ce que je vis8 ,il e/ clair que je ne p\vais appr5dre autre *ose que ce que je savais dj3 qu'on ne p\vait ri5 savoir4 ,que suis-je8 ,une p>tie de l'inf9i4 ,mais c'e/ encore dans ces deux mots qu'e/ t\t le problme4 ,e/-il possible que l'humanit ne se soit pos cette "q que d'hi]8 ,e/-il possible que1 jusqu' moi1 p]sonne ne se soit fait cette "q1--"q si simple qu'elle vi5t aux lvres de t\t enfant intellig5t8 ,cette "q a donc d tre pose depuis qu'il y a des hommes et il e/ clair aussi que1 depuis qu'il y a des hommes1 il n'a pas suffi1 p\r la rs\dre1 de mettre le mortel en face du mortel et l'inf9i en face de l'inf9i4 ,mais c'e/ aussi depuis que l'humanit exi/e que les rapports du mortel l'inf9i ont t tr\vs et exprims4 ,t\s ces pr9cipes qui f\rniss5t un s5s la vie et des ides sur ,dieu1 la lib]t et le bi51 n\s les s\mettons une analyse base sur la logique1 t&is qu'ils ne support5t pas la critique de la raison4 ,si ce n'tait pas si affreux1 ce s]ait ridicule4 ,l'orgueil1 le cont5tem5t de soi-mme n\s r5d5t semblables des enfants4 ,n\s dmontons1 n\s dtraquons la montre1 n\s en enlevons le m\vem5t2 n\s en faisons un j\j\ et n\s n\s tonnons ensuite que la montre ne m>*e plus4 ,lev] la contradiction qui exi/e entre le f9i et l'inf9i e/ ncessaire et prcieux4 ,cela e/ aussi ncessaire que la rponse la "q du s5s de la vie qui f\rnit la possibilit de vivre4 ,et cette seule solution que n\s tr\vons p>t\t1 t\j\rs et *ez t\s les peuples--solution qui vi5t du temps o p\r n\s se p]d mme la vie des hommes1 solution si difficile que n\s ne p\vons ri5 tr\v] de p>eil1 cette mme solution e/ dtruite p> n\s la lgre1 p\r faire place cette mme "q propre *acun et laquelle n\s n'avons pas de rponse4 ,l'ide d'un ,dieu inf9i1 de la div9it de l'me1 de l'union des actions des hommes avec ,dieu1 de l'unit de l'ess5ce de l'me1 de l'ide huma9e du bi5 et du mal moral--sont des ides labores dans l'inf9i de la p5se huma9e qui se ca*e4 ,ce sont des ides sans lesquelles il n'y aurait pas de vie1 et moi-mme je ne s]ais pas4 ,rejetant ce travail de t\te l'humanit1 je v\lais faire t\t moi-mme1 d'aprs une n\velle manire et d'aprs moi seul4 ,alors je ne p5sais pas a9si2 mais les g]mes de ces ides tai5t dj en moi4 ,je compr5ais3 #a ,que ma position1 celle de ,s*op5hau] et de ,salomon1 tait /upide malgr t\te notre sagesse4 ,n\s compr5ons que la vie e/ un mal et n\s vivons qu& mme4 ,c'e/ videmm5t absurde1 p>ce que1 si la vie e/ une /upidit 7et j'aime p>-dessus t\t ce qui e/ intellig5t7 il faut dtruire la vie1 p]sonne ne le ni]a4 #b ,je compr5ais que t\tes nos rflexions t\rnai5t dans un c]cle magique1 comme une r\e qui ne s'engrne pas aux autres r\ages4 ,n\s avions beau raisonn] et mdit]1 n\s ne p\vions pas recevoir de rponse la "q1 c> t\j\rs #j gale #j2 c'e/ l probablem5t la raison p\r laquelle notre *em9 n'tait pas le bon4 #c ,je comm5ais compr5dre que1 dans les rponses donnes p> la foi1 gisait une pr(onde sagesse huma9e1 que je n'avais pas le droit de ni] ces rponses1 en me basant sur la raison1 et qu'enf9 ces rponses capitales tai5t les seules qui rpondiss5t la "q de la vie4 ,x ,je compr5ais cela1 mais cela ne me s\lageait pas4 ,j'tais prt recevoir ma9t5ant t\te croyance1 la condition qu'elle n'exig]ait pas de moi la ngation directe de la raison1 ce qui aurait t un m5songe4 ,et j'tudiai le b\ddhisme et le mahomtisme1 d'aprs leurs livres1 et surt\t le *ri/ianisme p> les livres aussi bi5 que p> les hommes vivants qui m'ent\rai5t4 ,je m'adressai naturellem5t aux hommes croyants de mon ent\rage et surt\t aux p]sonnes in/ruites1 aux ?ologi5s grecs du n\veau mode et mme aux n\veaux *rti5s1 ceux qui confess5t le salut p> la croyance la ,rdemption4 ,et je m'atta*ai ces croyants et je leur dem&ai comm5t ils croyai5t et en quoi ils voyai5t le s5s de la vie4 ,malgr t\tes les concessions possibles que je faisais1 t\tes les discussions que j'vitais1 je ne pus p>tag] la foi de ces g5s1--je voyais que ce qu'ils faisai5t pass] p\r la foi1 n'tait pas l'explication1 mais l'obscurcissem5t du s5s de la vie1 et qu'eux-mmes n'affirmai5t pas la foi p\r rpondre cette "q de la vie qui m'avait am5 la foi2 s'ils croyai5t1 c'tait dans un b qui m'tait trang]4 ,je me rappelle le d\l\reux s5tim5t de t]reur que j'pr\vai la suite de mes rapports avec ces p]sonnes1 la t]reur de ret\rn] au dsespoir aprs l'esprance que j'avais eue4 ,plus ils m'exposai5t en dtail leur enseignem5t de la foi1 plus clairem5t je voyais leur erreur et plus je s5tais se p]dre mon espoir de tr\v] dans leur foi une explication au s5s de la vie4 ,ce n'e/ pas que dans l'exposition de leur enseignem5t ils ai5t aj\t beauc\p de *oses inutiles aux vrits *rti5nes qui m'ont t\j\rs t *res4 ,ce n'tait pas cela qui me rep\ssait2 mais c'tait la vie de ces hommes1 laquelle tait semblable la mi5ne1 avec cette diffr5ce qu'elle ne correspondait pas ces mmes pr9cipes qu'ils dveloppai5t dans leur enseignem5t4 ,je s5tais clairem5t qu'ils se trompai5t eux-mmes et qu'eux1 comme moi1 ne voyai5t pas d'autre s5s la vie que celui de vivre tant que plus et d'en j\ir aussi bi5 que possible4 ,je voyais cela1 p>ce que1 s'ils avai5t donn une autre signification la vie1 signification qui dtruit la peur des privations1 des s\ffrances et de la mort1 ils n'aurai5t pas eu prcism5t si gr&e peur de ces accid5ts4 ,c> ces croyants de notre monde1 qui vivai5t1 comme moi1 dans l'aisance et le sup]flu en s'ef=ant de l'augm5t] et de le cons]v]1 avai5t peur des privations1 des s\ffrances1 de la mort1 t&is que1 comme moi et comme n\s t\s1 ils vivai5t dans l'incrdulit1 satisfaisai5t leurs dsirs1 bref vivai5t t\t aussi mal1 s9on plus mal encore que les incrdules4 ,aucun raisonnem5t ne put me conva9cre de la vrit de leur foi4 ,si p> leurs actions ils m'avai5t dmontr qu'ils possdai5t le s5s de la vie sans que la misre1 la maladie et la mort1 dont j'avais peur1 les effrayass5t1 ils aurai5t pu me conva9cre4 ,mais je ne vis pas d'actions con=mes cette supposition dans la v>it des croyants de notre monde4 ,au contraire1 je voyais ces actions-l *ez les hommes de notre monde les plus incrdules1 jamais p>mi ceux qu'on nommait les croyants4 ,je compris que la foi de ces g5s n'tait pas la foi que je *]*ais2 que leur foi n'tait pas une foi1 mais ri5 qu'une des consolations picuri5nes de la vie4 ,je compris que cette foi tait bonne peut-tre1 s9on comme consolation1 du mo9s comme di/raction p\r un ,salomon se rep5tant sur son lit de mort2 mais elle ne saurait conv5ir l'norme majorit des hommes qui ne sont pas de/9s s'amus] et pr(it] des travaux des autres1 mais qui sont v\s contribu] leur vie4 ,p\r que t\te l'humanit puisse vivre1 p\r qu'elle cont9ue la vie1 en lui donnant un s5s--eux1 ces milli>ds d'huma9s doiv5t connatre une autre et relle signification de la foi4 ,ce n'e/ pas p>ce que ni moi1 ni ,salomon1 ni ,s*op5hau] n\s ne n\s tuons pas1 ce n'e/ pas cela qui peut me conva9cre de l'exi/5ce de la foi2 niais c'e/ que ces milli>ds de cratures vivai5t et viv5t1 et qu'ils n\s avai5t entrans avec les ,salomons sur l'ocan de la vie4 ,je comm5ai alors me rappro*] des croyants p>mi le peuple1 hommes simples et ignorants1 pauvres pl]9s1 mo9es1 sectaires1 paysans4 ,la foi de ces g5s tait aussi la foi *rti5ne1 c'tait le mme enseignem5t que celui des croyants imag9aires de notre c]cle4 ,bi5 des sup]/itions tai5t aussi mles aux vrits *rti5nes1 mais avec cette diffr5ce que les sup]/itions des croyants de notre monde ne leur tai5t pas du t\t ncessaires1 ne rpondai5t pas leur vie1 qu'ils n'tai5t en un mot que des amusem5ts picuri5s d'un c]ta9 g5re1 t&is que les sup]/itions *ez les croyants du peuple des travailleurs tai5t jusqu' un c]ta9 po9t si troitem5t unies leur vie1 qu'on ne p\vait pas s'imag9] leur vie sans ces sup]/itions4 ,elles tai5t une condition indisp5sable de cette vie4 ,t\te la vie des croyants de notre monde tait en contradiction avec leur foi1 et t\te la vie des hommes croyants et travailleurs tait une confirmation de ce s5s de la vie que donnait la connaissance de la foi4 ,je me mis donc exam9] la vie de ces g5s1 et plus je l'exam9ai1 plus je me conva9quis qu'ils avai5t une vritable foi1 que leur foi leur tait ncessaire1 et que c'tait elle seule qui leur donnait le s5s et la possibilit de la vie4 ,p> opposition ce que je voyais dans notre c]cle1 o la vie sans foi e/ possible et o je d\te que sur mille un seul s'av\e croyant1 je p5se que dans le peuple il n'y a pas un seul incrdule sur plusieurs milli]s de croyants4 ,au reb\rs de ce que je voyais dans notre c]cle o t\te la vie s'c\le dans l'oisivet1 dans les amusem5ts et dans le mcont5tem5t de la vie1 je voyais que t\te la vie de ces hommes se passait dans un dur labeur et ils tai5t cont5ts de la vie4 ,contrairem5t aux hommes de notre monde qui prote/ai5t contre le de/9 et s'indignai5t de ces rigueurs1 ces g5s recevai5t les maladies et les *agr9s1 sans aucune rvolte1 sans opposition1 mais avec une confiance f]me et tranquille en ce que t\t cela devait tre a9si1 ne p\vait tre autrem5t et que t\t cela tait bi54 ,plus n\s vivons p> l'esprit1 mo9s n\s compr5ons le s5s de la vie2 n\s ne voyons qu'une m*ante plaisant]ie dans les s\ffrances et la mort1 t&is que ces g5s viv5t1 s\ffr5t et appro*5t de la mort avec tranquillit et le plus s\v5t avec joie4 ,si une mort tranquille1 sans t]reur ni dsespoir1 e/ une exception des plus r>es dans notre monde1 la mort avec rvolte ou dsolation e/ une exception =t r>e dans le peuple4 ,et il y a des masses normes d'hommes qui sont heureux du plus gr& bonheur1 bi5 qu'ils soi5t privs de t\t ce qui p\r n\s1 selon ,salomon1 e/ le seul bi5 de la vie4 ,je reg>dai aut\r de moi dans un rayon plus t5du4 ,j'exam9ai la vie des masses d'hommes passs et celle de mes contempora9s4 ,et je vis que ceux qui avai5t compris le s5s de la vie et qui savai5t vivre et m\rir n'tai5t pas au nombre de deux1 trois1 dix1 mais qu'ils tai5t des c5ta9es1 de milli]s1 des millions4 ,et t\s1 inf9im5t div]s p> leur c>actre1 leur intellig5ce1 leur ducation1 leur position1 t\s connaissai5t le s5s de la vie et de la mort de la mme manire1 manire t\t oppose mon ignorance4 ,ils travaillai5t tranquillem5t1 endurai5t les privations et les s\ffrances1 vivai5t et m\rai5t1 et dans t\t cela voyai5t le bi51 sans voir la vanit4 ,et j'aimai ces g5s4 ,plus j'appr(ondissais leur vie1 aussi bi5 celle des vivants que celle des morts1 soit que je la connusse p> ce que je lisais ou p> ce que j'en ent5dais dire1 plus je les aimais et plus il me dev5ait possible de vivre aussi4 ,je vcus a9si deux annes peu prs p5dant lesquelles il se fit en moi un *angem5t1 qui se prp>ait depuis longtemps et p\r lequel j'avais t\j\rs eu des dispositions4 ,il m'arriva1 que non seulem5t la vie de notre monde--des savants1 des ri*es1 me dgta1 mais aussi qu'elle p]dit t\t s5s mes yeux4 ,t\tes nos actions1 nos dlibrations1 nos sci5ces1 nos arts1 t\t m'app>ut avec une n\velle signification4 ,je compris que t\tes ces *oses tai5t de *>mants passe-temps1 mais qu'on ne p\vait y *]*] du s5s pr(ond1 t&is que la vie de t\t le peuple qui travaille1 la vie de t\te l'humanit qui contribue l'exi/5ce1 m'app>ut dans sa vritable acception4 ,je compris que c'e/ l vritablem5t la vie1 que le s5s qu'on donne cette vie e/ la vrit et je l'acceptai4 ,,xi ,je me rappelais combi5 ces mmes croyances m'avai5t rep\ss et m'avai5t p>u absurdes1 lorsqu'elles tai5t confesses p> des g5s qui vivai5t contrairem5t ces croyances1 et comme elles m'attirr5t et me p>ur5t raisonnables lorsque je vis que les hommes tablissai5t leur vie sur elles4 ,je compris p\rquoi j'avais rejet alors ces croyances et p\rquoi je les avais tr\ves absurdes1 t&is que ma9t5ant elles me semblai5t ple9es de raison4 ,je compris mon g>em5t et la manire dont il s'tait produit4 ,je m'tais g>1 non pas p\r avoir jug faussem5t1 mais p\r avoir mal vcu4 ,je compris que la vrit m'avait t ca*e1 non pas tant p> l'erreur de mes p5ses que p> celle de ma propre vie qui s'tait c\le satisfaire mes dsirs1 suivre mon p5*ant picuri54 ,je compris que la "q de ce qu'tait ma vie et la rponse3 le mal1--tai5t p>faitem5t correctes4 ,ce qui n'tait pas correct1 c'tait que la rponse qui ne s'adressait qu' moi1 je l'avais attribue la vie en gnral4 ,je me dem&ais ce qu'tait ma vie et je recevais p\r rponse3 un mal et un non-s5s4 ,et vraim5t ma vie--vie d'hypocrisie1 de concupisc5ce1 tait absurde et m*ante et c'e/ p\rquoi la rponse3 la vie e/ m*ante et absurde1--ne se rapportait qu' ma vie seule et non pas la vie huma9e en gnral4 ,je compris cette vrit1 tr\ve plus t>d dans l',evangile1 que les hommes prfrr5t l'obscurit la lumire qu& leurs actions fur5t mauvaises4 ,celui qui fait de mauvaises actions dte/e la lumire et ne m>*e pas dans la lumire p\r ne pas dnonc] ses actions4 ,je compris que1 p\r saisir le s5s de la vie1 il fallait avant t\t que la vie ne ft pas absurde1 ni m*ante1 et que l'intellig5ce ne devait v5ir qu'aprs4 ,je compris p\rquoi j'avais t\rn si longtemps aut\r d'une vrit si vid5te1 et que1 si je v\lais p5s] et p>l] de la vie de l'humanit1 je devais envisag] l'humanit en gnral et non quelques p>asites de la vie4 ,cette vrit a t\j\rs t aussi inconte/able que #b et #b font #d2 mais je ne la reconnaissais pas1 puisqu'en reconnaissant que #b et #b font #d1 j'aurais d reconnatre aussi que j'tais un m*ant4 ,or il tait d'une ncessit plus absolue p\r moi de me tr\v] bon1 que de reconnatre que #b et #b font #d1 c> j'aimais les hommes bons4 ,je me dte/ai donc et je reconnus la vrit4 ,a p>tir de ce mom5t t\t dev9t clair p\r moi4 ,eh quoi6 si le b\rreau qui passe sa vie m>tyris] et c\p] les ttes1 si un ivrogne1 si un f\ conf9 p\r t\te sa vie dans un sombre et tri/e cabanon dont il s'imag9e ne p\voir sortir que p> la mort1 si de telles g5s se dem&5t ce qu'e/ la vie1 ils ne p\rront videmm5t pas se faire d'autre rponse que celle-ci3 la vie e/ un imm5se mal et cette rponse du f\ ou du b\rreau s]ait p>faitem5t correcte1 mais ri5 que p\r eux4 ,suis-je donc semblable ce f\8 ,et n\s t\s1 hommes ri*es et oisifs1 sommes-n\s donc des f\s aussi8444 ,et je compris que n\s sommes vraim5t des f\s3 moi1 srem5t1 j'en tais un4 ,l'oiseau exi/e p\r vol]1 amass] sa n\rriture1 btir son nid2 et1 lorsque je le vois occup de ces so9s1 je me rj\is avec lui4 ,la *vre1 le livre1 le l\p exi/5t p\r se n\rrir1 se multipli]1 lev] leur famille1 et lorsqu'ils font cela1 je suis sr qu'ils sont heureux et que leur vie e/ raisonnable4 ,que doit donc faire l'homme8 ,il doit1 comme les animaux1 se proccup] des beso9s matriels de la vie1 avec cette diffr5ce qu'il ne doit pas travaill] p\r lui seul1 mais t5dre l'influ5ce de son travail sur ses semblables4 ,et lorsqu'il fait cela1 je crois f]mem5t qu'il e/ heureux et que sa vie e/ raisonnable4 ,qu'avais-je donc fait p5dant t\te ma vie--p5dant tr5te ans8 ,non seulem5t je n'avais ri5 fait p\r les autres1 mais je n'avais ri5 produit p\r moi-mme4 ,je vivais en p>asite1 et m'tant dem& p\rquoi je vivais1 je recevais en rponse3 p\r ri54 ,si le s5s de la vie huma9e e/ dans la p>ticipation la vie commune1 comm5t donc moi1 qui m'tais occup p5dant tr5te ans la dtruire en moi et *ez les autres1 comm5t p\vais-je recevoir une autre rponse que celle que ma vie tait un non-s5s et un mal8 ,c'e/ qu'elle tait rellem5t absurde et m*ante4 ,dans l'univ]s t\t arrive p> la volont de quelqu'un1 qui fait s]vir nos vies la ralisation d'un b qui n\s e/ inconnu4 ,p\r avoir l'espoir de compr5dre le s5s de cette volont1 il faut avant t\t l'excut]1 faire ce qu'on exige de n\s4 ,si je me refuse ce qu'on att5d de moi1 je ne compr5drai jamais ce qu'on me dem&e1 et encore mo9s ce qu'on veut obt5ir de t\s et de t\t le monde4 ,je suppose que l'on pr5ne un m5diant nu et affam1 qu'on l'amne une place o s'lve un magnifique btim5t4 ,aprs l'avoir n\rri et vtu1 on lui fait m\voir de haut en bas une tige de bois qu'on lui dsigne4 ,avant de *]*] p\rquoi on l'a recueilli1 n\rri1 vtu2 avant d'exam9] si le btim5t e/ beau et bi5 con/ruit1 le m5diant devra agit] ce bton4 ,il compr5dra alors que ce m\vem5t fait mont] dans la pompe l'eau qui se rp&ra ensuite dans les j>d9s et rafra*ira les p>t]res4 ,une autre occupation suivra celle-ci3 il s]a *>g de rcolt] les fruits et pr5dra sa "p de la joie de son matre si la rcolte e/ bonne4 ,passant a9si d'un travail bas un autre plus lev1 il compr5dra de mieux en mieux t\t l'arrangem5t de l'tablissem5t et1 en y pr5ant "p1 il ne p5s]a plus dem&] p\rquoi il e/ l2 jamais aussi l'ide ne lui vi5dra d'adress] un repro*e son matre4 ,c'e/ a9si que ceux qui font la volont de leur matre ne lui repro*5t ri51 et ceux-l sont les hommes simples1 travailleurs1 ignorants1 ce sont ceux-l enf9 que n\s e/imons l'gal des be/iaux4 ,n\s1 les savants1 n\s mangeons t\t ce qui app>ti5t au matre2 mais1 quant sa volont1 lo9 de faire ce qu'il att5d de n\s et d'agir1 n\s n\s asseyons en rond et n\s dlibrons sur cette proposition3 --,p\rquoi donc agit] le bras de la pompe8 --,c'e/ /upide4 ,et voil t\t ce que notre raisonnem5t a tr\v4 ,n\s avons f9i p> dcid] que le matre e/ dp\rvu de raison ou qu'il n'exi/e pas et que n\s seuls possdons l'intellig5ce4 ,seulem5t1 n\s s5tons que n\s ne sommes bons ri5 et qu'il faut d'une manire ou d'une autre n\s db>rass] de n\s-mmes4 ,,xii ,la consci5ce que j'acquis de l'erreur dans laquelle tait tombe ma raison m'aida me dlivr] de la t5tation des mditations creuses4 ,la conviction que la sci5ce de la vrit ne p\vait tre tr\ve que dans la vie m'avait port d\t] si ma manire de vivre tait la bonne2 mais je fus sauv p>ce que j'eus le temps de m'arra*] cette situation exclusive o je me tr\vais1 p>ce que je pus voir la vritable vie du peuple travailleur et compr5dre que l seulem5t tait la vritable vie4 ,je s5tis que si je v\lais compr5dre la vie1 je devais vivre1 non pas de la vie du p>asite1 mais de la vie vritable4 ,aprs avoir a9si accept le s5s donn la vie p> la vraie humanit1 dans laquelle je me confondais dsormais1 je devais aussi vrifi] ce s5s p> moi-mme4 ,en ce mme temps1 il m'arriva ce qui suit4 ,p5dant t\te la dure de cette anne1 lorsque je me dem&ais presque sans cesse comm5t f9ir1 p> une corde ou p> une balle1 p5dant t\t ce temps1 ct de ces m\vem5ts d'ides et d'obs]vations dont je vi5s de p>l]1 mon cur languissait d'un d\l\reux s5tim5t4 ,je ne puis appel] ce s5tim5t autrem5t que la re*]*e de ,dieu4 ,je dis que cette re*]*e de ,dieu n'tait pas un raisonnem5t1 mais un s5tim5t1 p>ce que cette re*]*e ne prov5ait pas du m\vem5t de mes ides1--elle leur tait mme directem5t contraire1--mais elle sortait du cur4 ,c'tait comme un s5tim5t de cra9te qui me faisait semblable un orphel9 et comme isol au milieu de *oses qui m'tai5t trangres2 t\tefois ce s5tim5t de cra9te tait mitig p> l'espoir de tr\v] l'assi/ance de quelqu'un4 ,cep5dant1 j'tais ple9em5t conva9cu de l'impossibilit de pr\v] l'exi/5ce de ,dieu4 ,j'avais compris avec ,kant qu'on ne le peut4 ,je *]*ais ,dieu qu& mme4 ,j'esprais le tr\v] et1 p> une vieille habitude1 j'adressais p\r m'y aid] une prire celui que je *]*ais et ne tr\vais pas4 ,tantt je rptais dans mon esprit les argum5ts de ,kant et de ,s*op5hau] sur l'impossibilit de pr\v] l'exi/5ce de ,dieu1 tantt je mditais ces argum5ts et les rfutais4 ,je me disais3 --,si je suis1 la cause de ce que je suis exi/e aussi1 a9si que la cause de t\tes les causes4 ,et cette cause orig9ale e/ ce qu'on appelle ,dieu4 ,je m'arrtais sur cette p5se1 et m'ef=ais de concevoir la prs5ce de cette cause4 ,du mom5t que je concevais qu'il y avait une =ce au p\voir de laquelle je me tr\vais1 je s5tais immdiatem5t la possibilit de vivre4 ,mais je me dem&ais3 --,qu'e/-ce donc que cette cause1 cette =ce8 ,que dois-je p5s] d'elle1 comm5t me comport] vis--vis de ce qu'on appelle ,dieu8 ,et ce n'tait que des rponses connues qui me v5ai5t dans la tte4 --,il e/ le ,crateur1 le disp5sateur de t\s les bi5s4 ,ces rponses ne me cont5tai5t pas et je s5tais que ce dont j'avais beso9 p\r la vie1 se p]dait en moi4 ,je tombais dans la t]reur et je comm5ais pri] celui que je *]*ais1 l'implorant de m'aid]4 ,plus je le priais1 plus il m'tait vid5t qu'il ne m'ent5dait pas et qu'il n'y avait p]sonne qui l'on pt s'adress]4 ,et1 le dsespoir au cur de ce qu'il n'y et pas de ,dieu1 je disais3 --,seigneur1 p>donne-moi et sauve-moi6 ,seigneur1 enseigne-moi1 mon ,dieu4 ,mais p]sonne ne me faisait cette grce et je s5tais que ma vie morale s'arrtait4 ,mais rev5ant sans cesse ce problme1 ma consci5ce me disait que je ne p\vais tre au monde sans une raison1 un s5s ou une cause2 que je ne p\vais tre comme le pauvre oiseau tomb du nid1 auquel cep5dant je me comp>ais4 ,il e/ l c\* sur le dos et criant dans les hautes h]bes1 appelant sa mre p>ce qu'il sait que sa mre l'a port en elle1 l'a c\v1 l'a *auff1 l'a n\rri1 l'a aim4 ,o e/-elle donc1 cette mre8 ,et1 si comme l'oiseau1 je suis ab&onn1 qui donc m'a ab&onn8 ,je ne puis me dissimul] que quelqu'un m'a fait natre en m'aimant8 ,qui e/ donc ce quelqu'un8 ,dieu encore4 ,il sait et il voit ma p]plexit1 mon dsespoir1 ma lutte4 --,il e/1 me disais-je4 ,et je n'avais qu' reconnatre cela p\r un mom5t et immdiatem5t la vie s'levait en moi et je s5tais la possibilit de vivre et la joie de l'exi/5ce4 ,mais de n\veau je passais de l'aveu de l'exi/5ce de ,dieu la relation qui devait exi/] entre lui et moi4 ,alors de n\veau ce ,dieu se prs5tait moi s\s la =me de trois p]sonnes2 lui1 le ,crateur1 il a envoy son fils--le ,rdempteur4 ,et ce ,dieu en dehors du monde et de moi se fondait comme une glace1 s'van\issait mes yeux et ri5 ne subsi/ait et1 de n\veau1 la s\rce de ma vie se s*ait2 je retombais dans le dsespoir et je s5tais que je ne p\vais faire autre *ose que me tu]4 ,ce qui tait le pire de t\t1 c'e/ que je s5tais que je ne p\vais pas mme faire cela4 ,bi5 des fois je passais a9si d'un accs de joie et d'animation au dsespoir et au s5tim5t de ne p\voir vivre4 ,je me rappelle qu'un j\r de pr9temps prcoce1 j'tais seul dans la =t1 prtant l'oreille ses bruits my/rieux4 ,j'c\tais et ma p5se se reportait comme t\j\rs ce qui l'occupait sans cesse depuis ces trois d]nires annes3 la re*]*e de ,dieu4 --,c'e/ bi51 il n'y a aucun ,dieu qui ne soit une ab/raction1 au lieu d'tre une ralit comme l'e/ t\te ma vie4 ,et ri51 aucun miracle ne peut me pr\v] qu'il en exi/e un semblable1 p>ce que les miracles ne s]ont que dans mon imag9ation4 --,mais l'ide du ,dieu dont je suis en qute8 me dem&ais-je4 ,d'o e/ donc ne cette ide8 ,et de n\veau s'levr5t en moi1 avec cette p5se1 des aspirations joyeuses v]s la vie4 ,t\t en moi s'veilla1 reut un s5s4 ,mais ma joie ne se s\t9t pas longtemps4 ,l'esprit cont9uait son travail4 --,l'ide de ,dieu n'e/ pas ,dieu1 me disais-je4 ,l'ide e/ ce qui se passe en moi1 l'ide de ,dieu e/ un s5tim5t que je puis rveill] ou non en moi4 ,ce n'e/ pas ce que je *]*e4 ,je *]*e ce sans quoi la vie n'aurait pu tre4 ,et de n\veau t\t comm5a m\rir aut\r de moi et en moi et je v\lus de n\veau me tu]4 ,mais ici je r5trai en moi-mme1 rfl*issant ce qui se passait en moi1 et je me rappelai ces lans et ces dc\ragem5ts qui s'tai5t succd tant de fois en moi4 ,alors1 comme ma9t5ant1 ds que je concevais ,dieu1 t\t s'animait en moi2 et si je l'oubliais1 si je me refusais croire en lui1 la vie de mon me s'arrtait4 ,qu'e/-ce donc que ces s5tim5ts si opposs8 ,je ne vis donc pas lorsque je p]ds la foi en l'exi/5ce de ,dieu2 je me s]ais donc tu depuis longtemps1 si je n'avais pas un vague espoir de le tr\v]4 ,je ne vis donc vritablem5t que lorsque je le *]*e et le s5s4 --,qu'e/-ce que je *]*e donc encore8--s'criait une voix en moi4 ,le voil donc3 ,lui--c'e/ ce sans quoi on ne peut pas vivre4 ,or1 connatre ,dieu et vivre1 c'e/ la mme *ose4 ,dieu e/ donc la vie4 --,eh bi56 ,vis1 *]*e ,dieu1 et il n'y aura pas de vie sans ,dieu4 ,ds lors1 mieux que jamais1 t\t s'claira en moi et aut\r de moi1 et cette lumire ne m'ab&onne plus4 ,j'tais sauv du suicide4 ,qu& et comm5t se passa en moi ce *angem5t8 ,je n'aurais pu le dire4 ,aussi ins5siblem5t et graduellem5t que s'tait dtruite en moi la =ce de la vie et que j'tais arriv l'impossibilit de vivre1 la ncessit du suicide1 l'agonie morale1 t\t aussi graduellem5t et imp]ceptiblem5t me rev9t cette =ce de la vie4 ,et1 ce qu'il y a d'trange1 c'e/ que cette =ce de la vie qui me rev5ait1 n'tait pas n\velle4 ,elle tait cette =ce anci5ne1 qui m'avait entran autrefois et c'e/ avec un s5tim5t t\t juvnile que je rev5ais la foi1 cette volont qui m'avait produit et qui v\lait quelque *ose de moi2 je rev5ais la croyance que le b pr9cipal et unique de ma vie tait d'tre meilleur1 c'e/--dire de vivre plus en accord avec cette volont2 je rev5ais la consci5ce que l'expression de cette volont1 je p\vais la tr\v] dans le =mulaire que l'humanit s'e/ cr en dehors de moi2 c'e/--dire je rev5ais la croyance en ,dieu1 l'amlioration morale et la tradition qui transmet le s5s de la vie4 ,la seule diffr5ce tait qu'alors t\t cela avait t reu sans connaissance de cause1 t&is que ma9t5ant je savais que je ne p\vais pas vivre sans cela4 ,il me semblait qu'un j\r1 je ne me rappelais pas qu&1 on avait d me faire asseoir dans une b>que2 on m'avait rep\ss de quelque rivage inconnu1 en me dsignant la direction suivre p\r arriv] l'autre bord2 on avait mis les rames dans mes ma9s inexprim5tes et on m'avait laiss seul4 ,je ramais comme je p\vais et je voguais4 ,mais plus je flottais v]s le milieu1 plus s'acc5tuait le c\rant qui me portait hors de ma r\te et plus je r5contrais de navigateurs emports comme moi p> ce c\rant4 ,les uns tai5t seuls et cont9uai5t de ram] t\j\rs2 d'autres avai5t jet les rames2 il y avait de gr&es b>ques1 d'normes vaisseaux remplis de monde2 les uns luttai5t contre le c\rant1 les autres s'y ab&onnai5t4 ,plus je flottais1 en reg>dant au lo91 dans la direction du torr5t et en suivant de l'il t\s les navigateurs1 plus je p]dais la direction qui m'avait t donne4 ,lorsque je fus ju/e au milieu du torr5t1 dans la passe troite que laissai5t les canots et les vaisseaux qui se prcipitai5t en bas1 je p]dis la direction si compltem5t1 que moi aussi je jetai les rames4 ,de t\tes p>ts1 avec joie et allgresse1 se prcipitai5t aut\r de moi des navigateurs dans des bateaux voiles et rames et t\s m'assurai5t et assurai5t aux autres qu'il ne p\vait y avoir d'autre direction4 ,je les crus et je naviguai avec eux4 ,mais voil que je fus emport lo91 si lo9 que j'ent5dis le bruit de la cat>acte dans laquelle je devais all] me bris]1 et je vis des *al\pes qui y disp>aissai5t4 ,longtemps je ne pus compr5dre ce qui m'tait arriv4 ,je voyais la ru9e devant moi1 je la r$\tais et j'y c\rais4 ,je ne voyais nulle "p de sec\rs et je ne savais que faire2 mais en me ret\rnant en arrire1 je vis une innombrable quantit de *al\pes qui luttai5t contre le c\rant sans s'arrt]1 sans p]dre c\rage4 ,je me s\v9s de la rive qu'on m'avait montre1 de la direction qu'on m'avait indique et des rames qu'on m'avait mises entre les ma9s et je fis t\s mes ef=ts p\r sortir d'o j'tais en ramant en arrire1 contre le c\rant et v]s le rivage dsign4 ,ce rivage c'tait ,dieu2 la direction c'tait la tradition2 ces rames m'tai5t donnes p\r vogu] librem5t v]s le bord1 p\r m'unir ,dieu4 ,,xiii ,c'e/ a9si que la =ce de la vie se r5\vela en moi et que je recomm5ai vivre4 ,je r5onai la vie du monde ayant reconnu que ce n'tait pas la vie1 mais seulem5t une p>odie de la vie et que les conditions de sup]flu dans lesquelles n\s vivons n\s emp*5t de compr5dre la vie4 ,en effet1 je dois ne pas m'atta*] aux exceptions1 aux p>asites de la vie1 mais la vie du peuple travailleur1 de ceux qui produis5t la vie et lui donn5t un s5s4 ,le simple peuple1 les travailleurs qui m'ent\rai5t1 c'tait le peuple russe et je m'adressai lui4 ,le s5s qu'il me donna de la vie1 s'il peut tre exprim1 e/ le suivant3 --,*aque homme vi5t en ce monde p> la volont de ,dieu4 ,dieu cra l'homme de telle sorte1 que *aque homme peut p]dre son me ou bi5 la sauv]4 ,le b de l'homme dans la vie e/ de faire son salut2 p\r cela il faut vivre en ,dieu et p\r vivre en ,dieu il faut r5onc] t\tes les j\issances de la vie1 travaill]1 s'humili]1 s\ffrir et tre *>itable4 ,ce s5s-l1 le peuple le puise dans la foi1 qui lui a t et qui lui e/ transmise p> les prtres et la tradition4 ,ce s5s m'tait clair et il tait *] mon cur4 ,mais avec lui1 et indissolublem5t li lui *ez notre peuple or?odoxe1 au milieu duquel je vivais1 se tr\vai5t bi5 des *oses qui me rep\ssai5t1 me p>aissai5t inexplicables3 les sacrem5ts1 les s]vices de l'glise1 les c>mes1 l'adoration des reliques et des images4 ,le peuple ne peut pas sp>] l'une de l'autre t\tes ces *oses et je ne le p\vais non plus4 ,t\t tranges qu'elles me semblai5t1 je les acceptai t\tes1 j'allai aux s]vices1 je fis mat9 et soir ma prire1 je jenai1 j'accomplis mes dvotions et t\t d'abord mon intellig5ce ne s'y opposa pas4 ,ce qui m'avait p>u impossible n'excitait ma9t5ant en moi aucune opposition4 ,ce que la foi m'avait inspir jadis tait bi5 diffr5t de ce qu'elle m'inspirait ma9t5ant4 ,autrefois la vie mme me p>aissait ple9e de s5s et la foi me semblait tre une confirmation arbitraire de quelques argum5ts t\t fait inutiles1 draisonnables et indp5dants de la vie4 ,je m'tais dem& alors quel s5s avai5t ces argum5ts1 et1 m'tant conva9cu qu'ils n'en avai5t pas1 je les avais rejets4 ,ma9t5ant1 au contraire1 je savais que ma vie n'avait pas et ne p\vait pas avoir de s5s4 ,les argum5ts de la foi non seulem5t ne me p>aissai5t plus inutiles1 mais encore j'tais am51 p> l'indubitable expri5ce1 la conviction que ces argum5ts de la foi donnai5t seuls le s5s de la vie4 ,je les reg>dais aup>avant comme des dcrets compltem5t inutiles et ind*iffrables1 t&is que ma9t5ant1 si mme je ne les compr5ais pas1 je savais qu'ils cont5ai5t un s5s et je me disais qu'il fallait appr5dre les compr5dre4 ,je faisais le raisonnem5t suivant3 ,la connaissance de la foi pr5d sa s\rce1 a9si que t\te l'intellig5ce huma9e1 dans une orig9e my/rieuse4 ,cette orig9e e/ ,dieu1 orig9e du corps huma9 aussi bi5 que de son intellig5ce4 ,de mme que le corps que j'habite e/ v5u p> hritages successifs jusqu' moi1 de mme m'arrivr5t mon intellig5ce et ma comprh5sion de la vie2 et c'e/ p\r cela que t\tes les gradations du dveloppem5t de cette comprh5sion de la vie ne peuv5t tre fausses1 t\t ce en quoi les hommes croi5t vritablem5t doit tre la vrit4 ,elle peut tre div]sem5t exprime1 mais elle ne peut tre un m5songe1 et si elle me p>ait tre un m5songe1 cela veut dire seulem5t que je ne la compr5ds pas4 ,je me disais encore3 ,la sub/ance de *aque croyance consi/e en ce qu'elle donne tel s5s de la vie qui n'e/ pas dtruit p> la mort4 ,il e/ naturel que1 p\r que la foi puisse rpondre la "q d'un roi m\rant dans le luxe1 d'un vieux s]f puis p> un travail sans repos1 d'un enfant inconsci5t1 d'un sage vieill>d1 d'une vieille demi prive de raison1 d'une femme jeune et heureuse1 d'un adolesc5t s'ab&onnant aux passions1 de t\s les g5s de conditions et d'ducations div]ses1 il e/ naturel que s'il y a une rponse cette t]nelle "q de la vie3 --,p\rquoi e/-ce que je vis8--,qu'e/-ce qui rsult]a de ma vie8 cette rponse1 malgr son unit comme sub/ance1 doit tre inf9im5t v>ie dans ses manife/ations4 ,plus elle e/ vraie1 unique et pr(onde1 plus trange et mon/rueuse elle doit p>atre en *]*ant s'exprim] con=mm5t l'ducation et la position de *acun4 ,mais ces raisonnem5ts qui ju/ifiai5t p\r moi l'tranget de la p>tie (ficielle de la foi tai5t qu& mme insuffisants p\r me p]mettre d'accomplir avec la foi1 qui tait l'unique affaire de ma vie1 des actions dont je d\tais4 ,je dsirais de t\tes les =ces de mon me tre en tat de m'unir au peuple p\r les crmonies de sa foi1 mais je ne p\vais pas faire cela4 ,je s5tais que je m5tirais moi-mme1 que je me moqu]ais de ce qui m'tait sacr1 si je le faisais4 ,c'e/ ici que me v9r5t en aide nos rc5ts ouvrages ?ologiques russes4 ,suivant ces ?ologi5s1 le dogme fondam5tal de la foi e/ l'infaillibilit de l'glise4 ,la vrit de t\t ce que confesse l'glise e/ la consqu5ce 9vitable de la reconnaissance de ce dogme4 ,l'glise1 comme l'ensemble des croyants runis p> l'am\r1 et p\r cela mme possdant la sci5ce vritable1 cette glise dev9t la base de ma foi4 ,je me disais que la vrit div9e ne p\vait pas tre accessible un homme3 elle ne s'ouvre qu' l'ensemble des hommes unis p> l'am\r4 ,p\r concevoir la vrit1 il faut ne pas se sp>]2 et p\r ne pas se sp>]1 il faut aim] ceux-l mme avec lesquels on n'e/ pas d'accord et se rconcili] avec eux4 ,la vrit s'ouvrira l'am\r et1 p\r cela1 si tu ne te s\mets pas aux crmonies de l'glise1 tu violes l'am\r et1 violant l'am\r1 tu te prives de la possibilit de connatre la vrit4 ,je ne voyais pas alors le sophisme qui se tr\ve dans ce raisonnem5t4 ,je ne voyais pas alors que l'unit dans l'am\r peut donn] la plus gr&e somme d'am\r2 mais d'aucune manire la vrit div9e exprime p> des mots exacts dans le symbole de ,nice4 ,je ne voyais pas non plus que l'am\r ne peut nullem5t r5dre une c]ta9e expression de la vrit obligatoire p\r l'union4 ,je ne voyais pas alors le dfaut de ce raisonnem5t1 et grce lui je pus p>ticip] t\tes les crmonies de l'glise grecque1 sans en compr5dre la plus gr&e p>tie4 ,je t*ais alors de t\te mon me d'vit] t\t raisonnem5t contradictoire et j'essayais d'expliqu] aussi s5sm5t que possible ces ?ses de l'glise avec lesquelles je me tr\vais en contact4 ,en accomplissant les crmonies de l'glise1 je domptais mon intellig5ce et je me s\mettais la tradition laquelle t5ait t\te l'humanit2 je m'unissais mes anctres1 ceux que j'aimais1 mon pre1 ma mre4 ,eux et t\s ceux qui avai5t vcu aup>avant croyai5t et vivai5t1 et m'avai5t eng5dr4 ,je me runissais aussi t\s ces millions d'hommes du peuple que je respectais4 ,et puis ces actions n'avai5t ri5 de mauvais en elles-mmes4 ,ce que je tr\vais mauvais1 c'tai5t les mauvais p5*ants de se laiss] all] t\s les dsirs4 ,me levant de gr& mat9 p\r les s]vices de l'glise1 je savais que je faisais bi5 p> cela seul que1 p\r humili] l'orgueil de mon esprit1 p\r me rappro*] de mes anctres1 de mes contempora9s1 je sacrifiais ma tranquillit physique4 ,je m'appr\vais de mme en faisant mes dvotions1 en m'a/reignant la lecture quotidi5ne des prires avec les saluts et en obs]vant t\s les c>mes4 ,t\t insignifiants qu'tai5t ces sacrifices1 ils tai5t faits au nom du bi54 ,je faisais mes dvotions1 je jenais1 j'obs]vais les prires indiques selon le temps1 la maison et l'glise4 ,p5dant le s]vice de l'glise1 j'applaudissais *aque mot et lui donnais un s5s lorsque je le p\vais4 ,a la messe1 les p>oles les plus graves tai5t p\r moi3 ,aimons-n\s les uns les autres et soyons unis dans une mme foi4 ,mais plus lo91 les mots et confessons uniquem5t le ,pre et le ,fils et le ,sa9t-,esprit1 je les omettais1 c> je ne p\vais pas les compr5dre4 ,,xiv ,il m'tait dev5u si indisp5sable de croire p\r vivre que1 sans m'en r5dre compte1 je me ca*ais moi-mme les contradictions et les obscurits de l'enseignem5t de la foi4 ,mais ma bonne volont tr\v] un s5s aux crmonies de l'glise avait une limite4 ,si la prire liturgique dev5ait de plus en plus claire p\r moi dans ses p>oles pr9cipales1 si je m'expliquais tant bi5 que mal les mots3 ,et ,notre ,dame la ,trs ,sa9te ,vi]ge ,m>ie1 ne l'oublions pas dans nos prires1 a9si que t\s les ,sa9ts2 si je m'expliquais la rptition p]ptuelle des prires p\r le ,tz> et ses p>5ts p>ce qu'ils sont plus sujets la t5tation que les autres et a9si ont beso9 de plus de prires2 si je m'expliquais les prires p\r obt5ir la s\mission de l'ennemi p>ce que l'ennemi e/ un mal1 si je m'expliquais ces prires et d'autres comme celles des *rub9s et de t\t l'(f]toire1 etc41 p> contre presque les deux ti]s de t\s les (fices1 ou ne m'(frai5t pas d'explication du t\t1 ou si j'y introduisais des explications1 je m5tais et p> l je dtruisais compltem5t mon union avec ,dieu1 en p]dant t\te possibilit de la foi4 ,j'pr\vais la mme *ose p5dant la clbration des pr9cipales ftes4 ,se rappel] le j\r du sabbat1 c'e/--dire consacr] un j\r s'adress] ,dieu1 m'tait comprh5sible4 ,mais la gr&e fte en s\v5ir de la ,rsurrection1 dont je ne p\vais pas me reprs5t] l'au!nticit1 je ne p\vais pas la compr5dre4 ,or1 c'e/ p> ce mot de rsurrection prcism5t que les ,russes dsign5t le j\r consacr de *aque sema9e4 ,et ces j\rs-l les fidles pr5ai5t "p au sacrem5t de l',eu*>i/ie qui m'tait t\t fait incomprh5sible4 ,t\tes les autres d\ze ftes1 ,nol except1 tai5t comme les s\v5irs des miracles auxquels je t*ais de ne pas p5s] p\r ne pas ni]3 l',asc5sion1 la ,p5tecte1 l',epiphanie1 l',int]cession de la ,sa9te ,vi]ge1 etc4 ,a la clbration de ces ftes1 s5tant qu'on attribuait de l'importance ce qui ju/em5t p\r moi n'en avait pas du t\t1 j'inv5tais des explications qui me tranquillisai5t1 ou je f]mais les yeux p\r ne pas voir ce qui me sc&alisait4 ,je ress5tais cela d'une faon plus s5sible encore1 lorsque j'assi/ais aux sacrem5ts les plus ord9aires et qui tai5t e/ims comme les plus importants3 le baptme et la communion4 ,ici je me tr\vais en prs5ce d'actions non seulem5t totalem5t incomprh5sibles1 mais absolum5t sc&aleuses mes yeux2 j'tais am5 au dilemme--ou de m5tir ou de les rejet]4 ,je n'oubli]ai jamais le s5tim5t d\l\reux que j'pr\vai le j\r o je communiai p\r la premire fois depuis bi5 des annes4 ,les s]vices1 la confession1 les rglem5ts1 t\t cela m'tait comprh5sible et produisait en moi la consci5ce joyeuse que le s5s de la vie s'entr'ouvrait p\r moi4 ,j'expliquais mme la communion comme une action accomplie en s\v5ir du ,*ri/ et indiquant la purification de t\t p* et l'acceptation complte de l'enseignem5t du ,*ri/4 ,que cette explication ft artificieuse1 je ne le rem>quais pas4 ,j'tais si joyeux de m'humili] et de m'abaiss] devant mon confesseur1 prtre simple et timide2 de dp\ill] mon me de t\tes ses impurets1 en me rep5tant de mes vices2 j'tais si heureux de m'ex]c] d'une faon idale l'humilit des pres qui avai5t crit les prires du canon2 j'tais si joyeux de l'union avec t\s ceux qui croi5t ou qui avai5t cru que je ne s5tais nullem5t l'artifice de mon explication4 ,mais lorsque je m'appro*ai des z>sky vorota#a et que le prtre m'obligea de rpt] que je croyais que ce que j'allais aval] tait le vrai ,corps et le vrai ,sang du ,*ri/1 quelque *ose me frappa au cur2 c'e/ peu de dire que je voyais l une note fausse4 ,c'tait une exig5ce cruelle1 impose p> quelqu'un qui n'avait videmm5t jamais su lui-mme ce que c'tait que la foi4 ,j'ose dire ma9t5ant que c'tait une exig5ce cruelle2 mais alors je n'y p5sai mme pas1 je ne s5tis qu'une inexprimable d\leur4 ,je ne me tr\vais plus dans la mme position que dans ma jeunesse1 qu& je ne voyais que la cl>t de la vie2 j'tais v5u la foi p>ce que1 en dehors d'elle1 je n'avais ri5 tr\v dans la vie1 ri5 absolum5t1 except la ru9e2 c'e/ p\rquoi aussi il m'tait impossible de rejet] cette foi4 ,et je me s\mis4 ,je tr\vais un s5tim5t dans mon me1 qui m'aida support] cela2 c'tait l'humiliation de moi-mme4 ,je me suis donc humili1 j'ai aval ce ,sang et ce ,corps sans aucun s5tim5t de raill]ie1 avec le dsir de croire4 ,mais le c\p tait port2 et1 sa*ant d'avance ce qui m'att5dait1 je ne p\vais plus une seconde fois me prs5t] la communion4 ,je cont9uais p>ticip] aux crmonies de l'glise comme aup>avant1 c> je croyais t\j\rs que dans cette foi que je suivais tait la vrit4 ,or1 il m'arriva quelque *ose qui m'e/ clair ma9t5ant1 mais qui alors me p>aissait trange4 ,j'c\tais la conv]sation du paysan ignorant1 du pl]91 leur discussion sur ,dieu1 sur la foi1 sur la vie1 sur le salut1 et p5dant qu'ils p>lai5t1 la connaissance de la foi s'entr'ouvrait p\r moi4 ,je me rappro*ais du peuple1 c\tant ses raisonnem5ts sur la vie et la foi1 et de plus en plus je compr5ais la vrit4 ,la mme *ose m'arrivait p5dant la lecture des ,t*ti ,m9ei#b et des ,prologues1 cela dev9t ma lecture favorite4 ,excluant les miracles1 les envisageant comme un apologue qui exprime une p5se1 cette lecture m'ouvrait le s5s de la vie4 ,il y avait les vies de ,macaire le ,gr&1 de ,josaphat le ,pr9ce 7l'hi/oire de ,b\ddha72 il y avait encore les p>aboles de ,jean ,*ryso/ome1 celles des voyageurs tombant dans le puits1 du mo9e qui avait tr\v de l'or1 de ,pi]re le ,pl]91 et p>t\t les hi/oires des m>tyrs1 qui proclamai5t t\s la mme *ose--que la mort n'excepte pas la vie2 plus lo9 les hi/oires des ignorants sauvs1 des simples d'esprit et de ceux qui ne sav5t ri5 de l'enseignem5t de l'glise4 ,mais je n'avais qu' me jo9dre aux sages croyants et pr5dre leurs livres1 qu'aussitt quelque d\te sur moi-mme1 quelque mcont5tem5t1 quelque discussion irritante s'levai5t en moi2 et je s5tais que1 plus j'appr(ondissais leurs disc\rs1 plus je m'loignais de la vrit et plus vite j'allais v]s l'abme4 #a ,le gr& portail m5ant au sanctuaire de l'glise grecque4 #b ,m>tyrologes4 ,,xv ,combi5 de fois j'enviais aux paysans leur ignorance et leur simplicit6 ,dans ces ?ses qui ne m'(frai5t que des non-s5s vid5ts1 il n'y avait ri5 de faux p\r eux2 ils p\vai5t les admettre et croire leur vrit1 cette vrit laquelle je croyais aussi4 ,seulem5t moi1 malheureux1 il tait clair que la vrit tait entremle des fils les plus f9s du m5songe et que je ne p\vais accept] la vrit s\s une telle =me4 ,a9si1 je vcus trois ans peu prs4 ,d'abord1 qu& comme un cat*umne je pntrais peu peu la vrit1 guid seulem5t p> l'in/9ct et m>*ant v]s ce qui me p>aissait tre le plus clair1 ce mlange de vrai et de faux ne m'tonnait pas autant4 ,si je ne compr5ais pas quelque *ose1 je me disais3 --,je suis fautif1 je suis mauvais4 ,mais plus je me pntrais de ces vrits que j'appr5ais et plus elles me p>aissai5t la base de la vie2 plus pnibles aussi et plus frappantes dev9r5t p\r moi ces arrts1 ces *ocs2 plus il tait difficile p\r moi de trac] cette dm>cation qui se tr\ve entre ce que je ne compr5ais pas1 p>ce que je ne savais pas compr5dre1 et entre ce qu'on ne p\vait compr5dre autrem5t qu'en se m5tant soi-mme4 ,malgr ces d\tes et ces s\ffrances je t5ais encore l'or?odoxie4 ,mais les problmes de la vie se prs5tr5t alors t\t vivaces mon esprit1 et il fallait les rs\dre4 ,la solution que donne l'glise tant contraire aux bases mmes de la foi dans laquelle je vivais1 je fus oblig de r5onc] t\t fait la possibilit de la communion des ides avec l'or?odoxie4 ,ces problmes tai5t3 premirem5t le rapport de l'glise or?odoxe avec les autres glises1 avec le ca?olicisme et les autres1 que l'or?odoxie appelle s*ismatiques4 ,entre temps l'intrt que je portais la foi me rappro*ait des croyants de div]ses religions3 des ca?oliques1 des prote/ants1 des vieux croyants1 des molokanes et autres4 ,je r5contrais p>mi eux beauc\p de g5s moralem5t levs et vritablem5t croyants4 ,je dsirais tre leur frre4 ,eh quoi6 ,cet enseignem5t or?odoxe qui me promettait de n\s unir t\s p> la foi unique et dans un seul am\r1 ce mme enseignem5t1 p> la b\*e de ses meilleurs reprs5tants1 me dcl>ait que t\s ces autres hommes se tr\vai5t dans le m5songe1 que ce qui leur donnait la =ce de la vie n'tait que la t5tation du diable et il n'y avait que n\s qui fussions en possession de la seule vrit possible4 ,et je vis que les or?odoxes comptai5t p\r hrtiques t\s ceux qui ne confessai5t pas la foi de la mme manire qu'eux4 ,il en e/ de mme1 du re/e1 des ca?oliques qui considr5t l'or?odoxie comme une hrsie4 ,je vis aussi que l'or?odoxie se conduisait vis--vis de ceux qui ne confess5t pas la foi de la mme faon qu'elle1--en symboles extrieurs et en p>oles1--avec un emportem5t qu'elle s'ef=ce de ca*]1 mais qui n'e/ que trop naturel1 premirem5t1 p>ce que1 affirm] que tu es dans le m5songe t&is que je suis dans la vrit1 e/ le mot le plus cruel qu'un homme puisse dire un autre1 et secondem5t p>ce que l'homme qui aime ses enfants et ses frres ne peut pas ne pas s'emport] contre les g5s qui ne veul5t conv]tir ses enfants et ses frres une foi errone4 ,et cette ho/ilit augm5te mesure qu'on pntre plus avant dans la sci5ce de la foi4 ,et moi1 qui croyais voir la vrit dans l'unit de l'am\r1 je fus frapp de voir que l'enseignem5t de la foi lui-mme dtruit ce qu'il aurait d faire natre4 ,ce fait e/ surt\t bi5 vid5t p\r n\s autres hommes in/ruits qui avons vcu dans des pays o l'on confesse tant de religions diffr5tes et qui avons vu cette ngation ddaigneuse jo9te cette confiance 9branlable en soi-mme1 avec laquelle le ca?olique se comporte vis--vis de l'or?odoxe et du prote/ant1 l'or?odoxe vis--vis du ca?olique et du prote/ant1 et le prote/ant vis--vis des deux autres2 ces rapports sont encore les mmes qu& il s'agit du vieux croyant pa%konetz1 du %ek] et de t\tes les religions4 ,on se dit3 ,il n'e/ pas possible que1 malgr t\te leur simplicit1 les hommes ne voi5t pas que1 si deux in/itutions se ni5t l'une l'autre1 c'e/ qu'il n'y a ni dans l'une1 ni dans l'autre1 cette vrit unique1 qui doit con/itu] la foi4 ,il y a donc l quelque *ose1 quelque explication tr\v]2 je le croyais1 du mo9s1 et je *]*ais cette explication4 ,je lisais t\t ce que je p\vais sur ce sujet et je consultais t\s ceux que je p\vais4 ,mais je ne reu aucune explication1 si ce n'e/ celle des huss>ds de ,s\mma qui croi5t que le premi] rgim5t du monde e/ le rgim5t des huss>ds de ,s\mma1 t\t comme les lanci]s jaunes croi5t que le premi] rgim5t du monde e/ celui des lanci]s jaunes4 ,les prtres des div]ses confessions1 leurs meilleurs reprs5tants1 ne pur5t me dire qu'une *ose1 c'e/ qu'ils croyai5t tre dans la vrit1 et que les autres tai5t dans l'erreur2 t\t ce qu'ils p\vai5t tait de pri] p\r eux4 ,j'allais *ez les ar*im&rites1 *ez les ar*irs1 *ez les vieill>ds1 *ez les asctes1 et je les que/ionnais2 mais aucun d'eux ne se donnait la mo9dre pe9e p\r m'expliqu] cette situation4 ,un seul m'expliqua t\t1 mais d'une telle manire que je ne dem&ai plus ri5 p]sonne4 ,je leur p>lais de ce qu' t\t incrdule qui s'adresse la foi 7et t\te notre jeune gnration en e/ l71 cette "q se prs5te la premire3 p\rquoi la vrit n'e/-elle pas dans le lu?ranisme1 dans le ca?olicisme1 mais seulem5t dans l'or?odoxie8 ,on lui appr5d au gymnase1 c> il ne peut pas l'ignor] comme le paysan1 que le prote/ant et le ca?olique affirm5t de la mme manire la vrit unique de leur foi4 ,les preuves hi/oriques que *acune de ces confessions voque p\r s'attribu] la suprmatie1 sont insuffisantes4 ,ne peut-on pas1 disais-je plus haut1--compr5dre l'enseignem5t de faon dgag] la doctr9e fondam5tale des div]g5ces d'op9ions1 de mme que ces div]g5ces disp>aiss5t p\r le vrai croyant8 ,ne peut-on pas all] plus lo9 dans la voie qui n\s a rconcilis avec les vieux croyants8 ,ils affirmai5t que la croix1 les alleluias et la faon de m>*] aut\r de l'autel sont autres *ez n\s4 ,n\s leur avons dit3 ,v\s croyez au symbole de ,nice1 aux sept sacrem5ts et n\s y croyons aussi4 ,t5ons-n\s donc cela et p\r le re/e1 faites comme v\s v\drez4 ,n\s n\s sommes runis eux p>ce que n\s avons plac ce qu'il y a d'ess5tiel dans la foi plus haut que t\t le re/e4 ,ne peut-on pas dire de mme aux ca?oliques3 n\s croyons comme v\s ceci et cela1 au pr9cipal2 quant au ,filioque et au pape1 faites comme v\s v\drez4 ,ne peut-on donc plus s'adress] de mme aux prote/ants8 ,mon int]locuteur fut d'accord avec moi quant au fond2 mais il aj\ta que de telles concessions donn]ai5t lieu des repro*es env]s l'autorit ecclsia/ique qu'on ne manqu]ait pas d'accus] de s'c>t] de la religion de ses anctres1 qu'il y aurait s*isme1 t&is que le devoir de l'autorit ecclsia/ique tait de cons]v] dans t\te sa puret la religion or?odoxe grco-russe1 qui lui a t transmise p> ses anctres4 ,et je compris t\t4 ,je *]*e la foi1 la =ce de la vie1 et eux1 ils *]*5t le meilleur moy5 d'accomplir devant les hommes c]ta9es obligations huma9es4 ,ces actions huma9es1 ils les accompliss5t avec t\tes les faiblesses de leur nature huma9e4 ,ils ont beau p>l] de leur piti p\r les frres g>s1 des prires qu'ils adress5t p\r eux au trne du ,t\t-,puissant1--il faut t\j\rs us] de viol5ce p\r accomplir des actions huma9es et dans ces conjonctures la viol5ce a t\j\rs t1 e/ encore et s]a t\j\rs applique4 ,si deux religions se croi5t dans le vrai et se ti5n5t rciproquem5t p\r fausses1 ils v\dront attir] leurs frres v]s la vrit en pr*ant leur doctr9e4 ,et1 si la doctr9e fausse e/ pr*e aux fils inexprim5ts de l'glise qui se croit dans la vrit1 alors1 cette glise ne peut pas ne pas loign] l'homme qui t5te ses fils4 ,que faut-il donc faire de ce sectateur qui1 d'aprs l'op9ion de l'or?odoxie1 se consume dans une foi errone1 et qui dans ce qu'il y a de plus grave dans la vie--dans la religion--t5te les fils de l'glise8 ,que faire1 de lui1 si ce n'e/ lui c\p] la tte ou l'enf]m]8 ,p5dant le rgne d',alexis ,mikhail[it* on brlait ces hommes sur des b*]s1 c'e/--dire on leur appliquait le plus gr& *tim5t de cette poque4 ,de nos j\rs on leur applique aussi la mesure la plus svre--on les enf]me1 on les *tie p> la prison cellulaire4 ,et je portai mon att5tion sur ce qui se fait au nom de la religion2 je demeurai t]rifi1 et r5onai presque t\t fait l'or?odoxie4 ,le second rapport qu'on doit tablir entre l'glise et les que/ions de la vie c'e/ le rapport qu'il y a entre elle et la gu]re ou les excutions4 ,a cette poque prcism5t1 la ,russie tait implique dans une gu]re4 ,et voil que les ,russes1 au nom de l'am\r *rti51 se mir5t tu] leurs frres4 ,il tait impossible de ne pas p5s] cela4 ,ne pas voir que le meurtre e/ un mal contraire aux bases premires de t\te religion1 tait impossible4 ,et1 en mme temps1 on priait dans les glises p\r le succs de nos armes1 et les docteurs de la religion reconnaissai5t ce meurtre comme une affaire connexe la religion4 ,non seulem5t p5dant que se commettai5t ces meurtres au nom de la gu]re1 mais encore p5dant les meutes qui la suivir5t1 je vis des dignitaires de l'glise1 des pr(esseurs de ?ologie1 des mo9es1 des asctes1 qui appr\vai5t l'excution de ces jeunes g5s g>s et dlaisss4 ,et je portai mon att5tion sur t\t ce qui se faisait p> ces g5s qui pratiquai5t le *ri/ianisme1 et je fus t]rifi4 ,,xvi ,je cessai de d\t]1 et je fus compltem5t conva9cu que dans la doctr9e de cette foi laquelle je m'tais ralli1 t\t n'tait pas vrit4 ,aup>avant j'aurais dit que t\t l'enseignem5t tait faux1 mais ma9t5ant je ne le p\vais plus4 ,t\t le peuple avait la connaissance de la vrit1 c'tait indubitable1 puisque autrem5t il n'aurait pas pu vivre4 ,en outre1 cette connaissance de la vrit m'tait dornavant accessible1 j'en vivais dj et j'en s5tais t\te la vrit2 mais dans ce savoir il y avait aussi du m5songe4 ,et je n'en p\vais d\t]4 ,t\t ce qui m'avait rep\ss autrefois se prs5tait ma9t5ant vivem5t devant moi4 ,bi5 que je visse que dans le peuple t\t enti] il y avait mo9s de cet alliage trompeur que dans les doctr9es des reprs5tants de l'glise1 je voyais nanmo9s qu'aux croyances du peuple le m5songe tait aussi ml4 ,mais d'o v5ait le m5songe et d'o v5ait la vrit8 ,le m5songe a9si que la vrit sont transmis p> ce qu'on appelle l'glise4 ,le m5songe a9si que la vrit sont cont5us dans la tradition1 dans celle qu'on nomme la sa9te tradition1 et dans l',ecriture4 ,et malgr moi je fus am5 l'tude1 l'inve/igation de cette ,ecriture1 l'inve/igation dont j'avais eu gr&'peur jusqu' prs5t4 ,et je m'adressai l'tude de cette mme ?ologie1 que j'avais rejete une fois avec tant de mpris comme va9e4 ,alors elle me p>aissait tre une srie de non-s5s inutiles2 alors1 j'tais ent\r de t\s cts p> les phnomnes de la vie1 qui me p>aissai5t clairs et ple9s de s5s2 t&is que ma9t5ant je s]ais cont5t de rejet] ce qui n'entre pas dans ma tte robu/e2 mais je ne sais o all]4 ,c'e/ cette doctr9e que se ratta*e et qu'e/ indissolublem5t li ce seul savoir de la vie qui me ft ouv]t4 ,malgr t\te la s+ul>it dont se frappe ces mots mon esprit vieux et f]me1 c'e/ le seul espoir d'tre sauv4 ,il faut l'exam9] avec prcaution et att5tion p\r le compr5dre mme mo9s bi5 que je ne compr5ais les ?ses de la sci5ce4 ,je ne *]*e pas compr5dre aussi p>faitem5t et je ne puis le *]*]1 sa*ant la biz>r]ie du savoir de la religion4 ,je ne *]*]ai pas l'explication de t\tes *oses2 je sais que l'explication du t\t1 a9si que le comm5cem5t du t\t1 doit se ca*] dans l'inf9i4 ,mais je veux compr5dre de telle sorte que je sois am5 ce qui e/ absolum5t inexprimable2 je veux que t\t ce qui e/ inexprimable le demeure1 non pas p>ce que les exig5ces de mon esprit ne sont pas ju/ifies 7elles sont ju/ifies et je ne puis ri5 compr5dre en dehors d'elles71 mais p>ce que je vois les limites de mon esprit4 ,je veux compr5dre de faon que *aque ?se inexplicable se prs5te moi comme une ncessit absolue de ma raison mme1 et non pas comme une obligation de croire4 ,que la vrit soit dans la doctr9e1 je n'en d\te po9t2 mais il e/ indubitable aussi qu'il y a du m5songe1 et je dois tr\v] le vrai et le faux et sp>] l'un de l'autre4 ,et voil la t*e que j'entrepr5ds4 ,ce que j'ai tr\v de faux dans cette doctr9e1 ce que j'y ai tr\v de vrai et quels rsultats je suis arriv1 voil ce que diront les autres p>ties de cet ouvrage1 qui s]a imprim probablem5t p> celui qui le croira ncessaire et qui jug]a que l'ouvrage en vaut la pe9e4 #ahgi4 ,les pages prcd5tes ont t crites p> moi il y a trois ans4 ,je revois ma9t5ant cette p>tie imprime et je revi5s auj\rd'hui au *em9 que ma p5se a alors p>c\ru et ces s5tim5ts qui s'agitai5t alors en moi si d\l\reusem5t4 ,dans ces d]ni]s temps j'eus un rve4 ,ce rve m'exprima dans une image brve t\t ce que j'ai ress5ti et dcrit2 c'e/ p\rquoi je p5se que cette description rafra*ira la mmoire de ceux qui m'ont compris1 claircira et runira en un t\t ce que ces pages racont5t d'une manire si longue4 ,voici ce rve3 ,je suis c\* sur un lit1 je ne m'y s5s ni bi5 ni mal2 je suis c\* sur le dos4 ,mais je comm5ce me dem&] si je suis bi5 c\*2 et voil que quelque *ose me p>at incommode aux pi$s3 ou ma c\*e e/ trop c\rte1 ou elle e/ 9gale1 je ne saurais le dire2 mais ce n'e/ pas bi52 je remue les pi$s4 ,en mme temps je comm5ce exam9] sur quoi je suis c\*1 ce qui ne m'tait jamais v5u l'esprit jusqu'alors4 ,en exam9ant mon lit1 je vois que je suis c\* sur des lisires en f9es cordes tresses1 qui sont assujetties aux cts du lit4 ,la plante de mes pi$s pose sur une de ces lisires2 les jambes sur une autre2 et je s5s qu'aux pi$s il y a quelque *ose d'incommode4 ,je sais qu'on peut remu] ces lisires4 ,p> un m\vem5t des pi$s1 je rep\sse la d]nire lisire et il me semble que je vais tre mieux a9si4 ,mais je l'ai rep\sse trop lo91 je veux la ressaisir avec les pi$s2 mais ce m\vem5t fait gliss] de dess\s mes pi$s l'autre lisire et voil que mes pi$s re/5t susp5dus4 ,je fais un m\vem5t de t\t mon corps p\r en v5ir b\t1 p]suad que je m'arrang]ai t\t de suite2 mais ce m\vem5t fait gliss] et s'entreml] s\s moi encore d'autres lisires1 et je vois que l'affaire va de mal en pis1 que mes membres infrieurs desc5d5t et re/5t p5*s1 t&is que les pi$s n'arriv5t pas jusqu' t]re4 ,je me s\ti5s p> le haut du dos seulem5t et1 outre son incommodit1 cette position me devi5t pnible1 ,dieu sait p\rquoi4 ,ce n'e/ qu'ici que je me dem&e ce qui avant ne m'tait mme pas v5u la tte4 ,je me dem&e3 o suis-je1 et sur quoi suis-je c\*8 ,et je comm5ce me ret\rn]2 avant t\t je reg>de en bas1 l o e/ p5* mon corps et o je s5s que je dois tomb] t\t de suite2 je reg>de en bas et je ne puis en croire mes propres yeux4 ,ce n'e/ pas que je sois sur une hauteur p>eille la plus haute t\r ou la plus haute montagne du monde1 mais je suis sur une hauteur comme je n'aurais jamais pu me l'imag9]4 ,je ne puis mme pas me r5dre compte si vritablem5t je vois quelque *ose en bas dans ce prcipice sans fond sur lequel je suis susp5du et qui m'attire4 ,mon cur se s]re et la t]reur m'envahit4 ,c'e/ affreux de reg>d] en bas4 ,je s5s que si je reg>dais1 je gliss]ais t\t de suite de la d]nire lisire et je prirais4 ,je ne reg>de pas4 ,mais ne pas reg>d] e/ pire encore1 puisque je p5se ce qui m'arriv]a t\t l'heure qu& j'aurai t arra* de la d]nire lisire4 ,et je s5s que p> suite de ma t]reur je p]ds mon d]ni] appui et que je glisse l5tem5t sur le dos t\j\rs plus bas et plus bas4 ,encore un mom5t et je s]ai prcipit4 ,et voil qu'il me vi5t l'ide que cela ne peut pas tre vrai4 ,c'e/ un rve4 ,rveille-toi4 ,j'essaye de me rveill] et je ne le puis pas4 --,que faire1 que faire8 me dem&ai-je en jetant un c\p d'oeil en haut4 ,l-haut1 c'e/ aussi l'abme4 ,je reg>de cet abme cle/e et je m'ef=ce d'oubli] l'abme d'en bas2 et vraim5t je l'oublie4 ,l'inf9i d'en bas me rep\sse et me t]rifie2 l'inf9i d'en haut m'attire et m'aff]mit4 ,je suis susp5du au-dessus de l'abme sur la d]nire lisire qui n'ait pas encore gliss2 je s5s que je suis susp5du1 mais en reg>dant en haut mon effroi disp>at4 ,comme il arrive s\v5t dans les rves1 une voix me dit3 --,fais att5tion6 le voici6 ,et je reg>de t\j\rs1 p5dant bi51 bi5 longtemps1 l'inf9i cle/e et je s5s qu'en me calmant je comm5ce me rappel] t\t ce qui a t1 et je me s\vi5s comm5t t\t e/ arriv3 comm5t j'ai remu des pi$s1 comm5t je fus susp5du1 comm5t je fus t]rifi et comm5t je me suis sauv de l'effroi p>ce que j'ai reg>d en haut4 ,je me dem&e3 --,eh bi56 ,ma9t5ant e/-ce t\j\rs la mme *ose8 ,ce n'e/ pas que je me ret\rne1 mais je s5s de t\t mon corps ce po9t d'appui sur lequel je me ti5s4 ,et voil que je comm5ce voir1 que je ne suis dj plus susp5du et que je ne tombe pas1 mais que je me ti5s f]mem5t4 ,je me dem&e comm5t je me ti5s1 je ttonne1 je me ret\rne et je vois que s\s moi1 ju/e au milieu1 se tr\ve une lisire et que1 t\t en reg>dant en haut1 je suis c\* sur elle dans l'quilibre le plus /able et que ce n'e/ qu'elle seule qui me ti5t4 ,et1 comme cela arrive dans le sommeil1 t\t le mcanisme1 l'aide duquel je me ti5s1 se reprs5te moi trs naturellem5t1 comprh5siblem5t et indubitablem5t1 bi5 qu'en ralit ce mcanisme n'ait pas le mo9dre s5s4 ,je m'tonne mme1 t\t en dormant1 que je n'aie pas compris avant que1 sur ma tte1 il y avait une t\r dont la solidit e/ inconte/able1 quoique cette t\r n'ait pas de base4 ,puis de la t\r une corde e/ t5due1 ,dieu sait comm5t1 mais en t\t cas d'une manire trs +nieuse et =t simple en mme temps4 ,si l'on e/ c\* sur cette corde p> le milieu du corps1 et si l'on reg>de en haut1 il ne p>at mme pas qu'il puisse tre "q d'une *ute4 ,t\t cela m'app>at clairem5t et je suis cont5t et tranquille4 ,puis quelqu'un me dit3 --,pr5ds g>de2 rappelle-toi4 ,et je me rveillai4 #ahhb4 ,,f94 ,,table ,,pr,,face ,i4--,croyances de jeunesse4--,scepticisme prcoce4--,l'a?isme au gymnase4--,my/icisme de ,dimitri ,tol/o4--,comm5t on cesse de croire4--,l'or?odoxie n'e/ po9t un g>ant de la v]tu4 --,hi/oire de ,s4--,la foi dans le p]fectionnem5t ,,ii4--,les passions de la jeunesse4--,l'auteur comm5ce crire4 --,?ories du milieu arti/e sur la vie4--,la vocation des arti/es1 tres prpondrants1 e/ d'in/ruire les hommes4 --,l'auteur se refuse admettre cette foi4--,le vrai dsir de ses aptres e/ de recevoir le plus d'arg5t et de l\anges possible ,,iii4--,l'auteur voyage4--,sa foi dans le p]fectionnem5t gr&it au contact de la civilisation europenne4--,fragilit de cette confiance pr\ve p> la vue d'une excution capitale ,p>is4--,mort du frre de l'auteur4--,l'auteur organise des coles paysannes4--,n\veaux voyages l'trang]4--,arbitrage1 enseignem5t et j\rnalisme4--,maladie morale4--,d"p p\r le ds]t4--,m>iage4--,influ5ce de la vie de famille4--,l'auteur cont9ue crire4--,crise4--,la vie n'a plus de joies si on en ignore le p\rquoi4--,moralem5t l'auteur ne peut plus vivre ,,iv4--,la vie e/ un non-s5s4--,ide du suicide4--,le bonheur de l'auteur e/ cep5dant complet1 sa sant p>faite4--,la vie e/ une m*ante plaisant]ie j\e p> quelqu'un4--,il n'y a ri51 il n'y a ri5 eu1 il n'y aura jamais ri5 dans la vie4 --,fable ori5tale4--,impossibilit de ne pas p5s]4--,t]reur de l'obscurit3 la mort immdiate vaut mieux ,v4--,re*]*es du secret de la vie4--,les sci5ces exactes4 --,les sci5ces ?oriques4--,arrt du dveloppem5t4--,les sci5ces ignor5t la "q de la vie4--,a la re*]*e d'une ?orie4--,nant de la philosophie ,,vi4--,l'homme g>4--,quel e/ le s5s de la vie8--,socrate4 --,s*op5hau]4--,salomon4--,b\ddha4--,l', ecclsia/e et akia-,monni4--,la mort vaut mieux que la vie dont il faut se dfaire ,,vii4--,les quatre issues3 ,l'ignorance4--,l'picurisme4--,la =ce4--,la faiblesse4--,ne pas compr5dre que la vie e/ un non-s5s4--,pr(it] de la vie telle qu'elle e/ sans p5s] l'av5ir4--,compr5ant que la vie e/ un mal1 se tu]4--,savoir que la vie e/ un mal et vivre malgr cela4--,l'auteur se dem&e s'il y a encore quelque *ose qu'il ne sait pas ou quelque erreur dans son raisonnem5t ,,viii4--,o e/ l'erreur8--,l'auteur n'avait considr que la vie factice des hommes de sa socit4--,il croyait que la vie des masses n'tait qu'une circon/ance sans importance4--,les masses1 lo9 de ne pas compr5dre la "q de la vie1 la pos5t et la rsolv5t avec une cl>t tonnante4--,mais leur rponse e/ base sur une foi que n'a plus l'auteur4--,dilemme t]rible ,,ix4--,l'erreur de l'auteur4 ,il a t\j\rs rpondu non la "q de la vie1 mais la "q de sa vie4 ,c'e/ la foi qui donne la possibilit de vivre4--,sans foi on ne peut pas vivre4--,dans les rponses f\rnies p> la foi il y a une pr(onde sagesse huma9e ,x4--,l'auteur tudie les religions4--,il frqu5te les croyants et les ?ologi5s4--,l'auteur e/ effray de se s5tir ret\rn] au dsespoir4--,la vie d'aucun de ces hommes ne correspond leurs pr9cipes4--,la foi de ces g5s n'e/ pas celle qu'il *]*e4--,il se rappro*e des croyants du peuple et des sectaires4--,ici il tr\ve une vraie foi4--,l'auteur compr5d qu'ils ont le s5s de la vie ,,xi4--,t\t s'claire4--,les hommes sont des f\s4--,qu'a fait l'auteur p5dant tr5te ans8--,p\r compr5dre la volont du ,rgulateur de l'univ]s1 il faut l'excut]4--,les savants et les simples ,,xii4--,il faut vivre non pas de la vie du p>asite1 mais de la vie vritable4--,la re*]*e de ,dieu4--,si ,dieu1 cause de t\tes les causes1 exi/e1 on peut vivre4--,le problme demeure insoluble4--,l'oiseau tomb du nid4--,il e/ cep5dant4--,aspirations la vie4--,dsespoirs4--,la ,b>que4--,dieu1 c'e/ le rivage ,,xiii4--,la vie du monde e/ une p>odie de la vie4--,p\r compr5dre la vie1 il faut s'adress] ceux qui la produis5t et lui donn5t un s5s4--,l'auteur accepte t\s les rites lis la foi4--,les raisons de sa conduite4--,raisonnem5ts des ?ologi5s russes4--,les rtic5ces de la foi de l'auteur ,,xiv4--,le rituel incompris4--,ce que l'auteur rejetait de sa foi4--,les ides religieuses du peuple4--,lectures des ,vies des ,sa9ts et des ,m>tyrologues ,,xv4--,l'auteur envie la simplicit des croyants du peuple4--,l'or?odoxie4--,n\veaux problmes4--,l'glise or?odoxe et les autres glises4--,les hommes des div]ses fois se trait5t mutuellem5t d'hrtiques4--,l'auteur essaie de concili] les div]ses communions *rti5nes4 --,rponse d'un prtre russe4--,l'auteur r5once l'or?odoxie4 --,l'glise or?odoxe et la gu]re ,,xvi4--,il y a du m5songe dans la foi4--,l'auteur tudie les critures4--,le fruit de ses tudes =m]a un livre3 ,ma ,religion ,,conclusion