,,physique ,,de ,l',,amour ,essai sur l'instinct sexuel ,par ,,remy ,,de ,,gourmont ,,paris ,,mercure ,,de ,,france ,,xxvi1 ,,rue ,,de ,,cond1 ,,xxvi ,,mcmiii ,,chapitre ,,premier ,,mati,,re ,d',,une ,,id,e ,la psychologie gnrale de l'amour4--,l'amour selon les lois naturelles4--,la slection sexuelle4--,place de l'homme dans la nature4--,identit de la psychologie humaine et de la psychologie animale4--,caractre animal de l'amour4 ,ce livre1 qui n'est qu'un essai1 parce que la matire de son ide est immense1 reprsente pourtant une ambition3 on voudrait agrandir la psychologie gnrale de l'amour1 la faire commencer au commencement mme de l'activit mle et femelle1 situer la vie sexuelle de l'homme dans le plan unique de la sexualit universelle4 ,sans doute1 quelques moralistes ont prtendu parler de l'amour selon les lois naturelles4 ,mais ces lois naturelles1 ils les ignoraient profondment3 tel ,snancour1 dont le livre1 entach d'idologie1 reste cependant ce qu'on a crit de plus hardi sur un sujet que rien1 puisqu'il est essentiel1 ne peut banaliser4 ,si ,snancour avait t au courant de la science de son temps1 s'il avait lu seulement ,raumur et ,bonnet1 ,buffon et ,lamarck1 s'il avait os intgrer l'une dans l'autre l'ide d'homme et celle d'animal1 il aurait pu1 tant un esprit sans prjugs irrductibles1 ordonner une uvre qu'on lirait encore4 ,le moment et t heureux4 ,on commenait connatre les murs exactes des animaux2 ,bonnet avait tabli d'audacieux rapprochements entre la gnration charnelle et la gnration vgtale2 l'essentiel de la physiologie tait trouv2 la science de la vie tait claire1 tant brve3 une thorie pouvait se tenter de limit psychologique dans la srie animale4 ,une telle uvre et vit bien des sottises au sicle qui commenait4 ,on se serait accoutum ne considrer l'amour humain que comme une des formes innombrables1 et peut-tre pas la plus curieuse1 que revt l'instinct universel de reproduction1 et ses anomalies apparentes auraient rencontr une explication normale dans les extravagances mmes de la nature4 ,darwin est venu1 et il a inaugur une mthode utile1 mais ses vues sont trop systmatiques1 son but trop explicatif1 son chelle des tres1 avec l'homme en haut1 somme de l'effort universel1 d'une simplicit trop thologique4 ,l'homme n'est pas au sommet de la nature2 il est dans la nature1 l'une des units de la vie1 et rien de plus4 ,il est le produit d'une volution partielle et non le produit de l'volution totale2 la branche o il fleurit part1 ainsi que des milliers d'autres branches1 d'un tronc commun4 ,d'ailleurs1 ,darwin1 soumis la pudibonderie religieuse de sa race1 a presque entirement nglig les faits sexuels stricts1 et cela rend incomprhensible sa thorie de la slection sexuelle comme principe de changement4 ,mais et-il fait tat du mcanisme de l'amour1 ses conclusions1 peut-tre plus logiques1 n'en auraient pas moins t inexactes1 car si la slection sexuelle a un but1 il ne peut tre que conservateur4 ,la fcondation est une rintgration d'lments diffrencis en un lment unique2 c'est un retour perptuel l'unit4 ,il n'y a pas un grand intrt considrer les actes humains comme les fruits de l'volution1 puisque sur des branches animales aussi nettement spares1 aussi loignes que les insectes et les mammifres1 on trouve des actes sexuels et des murs sociales trs sensiblement analogues1 sinon identiques en beaucoup de points4 ,insectes et mammifres1 s'ils ont un anctre commun autre que la gele primordiale1 que de possibilits diffrentes ne devait-il pas contenir en ses contours amorphes pour s'tre rsolu1 ici en une abeille1 et l dans une girafe6 ,l'volution qui aboutit des rsultats si divers n'a plus que la valeur d'une ide mtaphysique2 la psychologie n'y cueillera presque aucun fait valable4 ,il faut donc laisser de ct la vieille chelle dont les volutionnistes gravissent si pniblement les chelons4 ,nous imaginerons1 mtaphoriquement1 un centre de vie d'o rayonnent les multiples vies divergentes1 sans tenir compte1 passe la premire tape unicellulaire1 des subordinations hypothtiques4 ,on ne veut pas1 et bien au contraire1 nier ni l'volution gnrale1 ni les volutions particulires2 mais les gnalogies sont trop incertaines et le fil qui les relie se casse trop souvent3 quelle est1 par exemple1 l'origine des oiseaux1 ces organismes qui semblent la fois en progrs et en rgression sur les mammifres8 ,tout bien rflchi1 on considrera les diffrents mcanismes de l'amour en tous les tres dioques comme parallles et contemporains4 ,l'homme se trouvera donc situ dans la foule1 la place indistincte qui est la sienne1 ct des singes1 des rongeurs et des chauves-souris4 ,psychologiquement1 il faudra le confrer trs souvent avec les insectes1 cette autre floraison merveilleuse de la vie4 ,quelle clart1 alors1 que de lumires venant de tous les cts6 ,cette coquetterie de la femme1 sa fuite devant le mle1 son retour1 son jeu de oui et non1 cette attitude incertaine qui semble si cruelle l'amoureux1 n'est-ce donc point particulier la femelle de l'homme8 ,nullement4 ,climne est de toutes les espces et des plus htroclites3 elle est araigne et elle est taupe2 elle est moinelle et cantharide2 elle est grillonne et couleuvre4 ,un clbre auteur dramatique1 en une pice intitule1 je pense1 ,la ,fille ,sauvage1 reprsentait l'amour fminin comme naturellement agressif4 ,c'est une erreur4 ,la femelle attaque par le mle songe toujours se drober1 et elle n'attaque jamais1 sauf en quelques espces qui semblent trs anciennes et qui ne se sont peut-tre perptues jusqu' nos jours que par des prodiges d'quilibre4 ,et encore faut-il faire cette rserve de principe1 quand on voit la femelle agressive1 que c'est la seconde ou la quatrime phase du jeu1 peut-tre1 et non la premire4 ,la femelle dort jusqu'au moment o le mle la rveille2 alors elle cde1 joue ou se drobe4 ,la rserve de la vierge devant l'homme est d'une pudeur bien modre si on la compare la fuite perdue de la jeune taupe6 ,mais ceci n'est qu'un fait entre mille4 ,il n'est pas un mode d'agir de l'homme instinctif qui ne se retrouve en telle espce animale3 et cela se comprend sans peine1 puisque l'homme est un animal1 soumis aux mmes instincts essentiels qui gouvernent toute l'animalit1 puisque partout c'est la mme matire qu'anime le mme dsir3 vivre1 perptuer la vie4 ,la supriorit de l'homme1 c'est la diversit immense de ses aptitudes4 ,alors que les animaux sont rduits une srie de gestes toujours pareils1 l'homme varie l'infini sa mimique2 pourtant1 le but est le mme et le rsultat est le mme3 la copulation1 la fcondation1 la ponte4 ,de la diversit des aptitudes humaines1 du pouvoir que possde l'homme de gagner par toutes sortes de chemins diffrents le terme ncessaire de son activit1 ou d'luder ce terme et de suicider en lui l'espce dont il porte l'avenir1 est ne la croyance la libert4 ,c'est une illusion qu'il est difficile de ne pas avoir1 et une ide qu'il faut carter si l'on veut penser d'une manire qui ne soit pas tout fait draisonnable2 mais il est certain qu'en fait la multiplicit des activits possibles quivaut presque la libert4 ,sans doute1 c'est toujours le motif le plus fort qui l'emporte2 mais le plus fort aujourd'hui sera le plus faible demain3 de l une varit dans les allures humaines qui simule la libert et1 pratiquement1 a des effets peu prs pareils4 ,le libre arbitre n'est pas autre chose que la facult d'tre dtermin successivement par un nombre trs grand de motifs et trs diffrents4 ,ds que le choix est possible1 il y a libert1 encore que l'acte choisi soit rigoureusement dtermin et qu'il soit impossible qu'il n'ait pas eu lieu4 ,les animaux ont une libert moindre1 et d'autant plus restreinte que leurs aptitudes sont plus limites2 mais ds qu'il y a vie1 il y a libert4 ,la distinction1 ce point de vue1 entre l'homme et les animaux est de quantit1 et non de qualit4 ,il ne faut pas se laisser duper par la distinction scolastique entre l'instinct et l'intelligence3 l'homme est tout aussi charg d'instincts que l'insecte le plus visiblement instinctif3 il y obit par des mthodes plus diverses1 voil tout4 ,s'il est clair que l'homme est un animal1 il l'est donc aussi que c'est un animal d'une complexit extrme4 ,on retrouve en lui la plupart des aptitudes l'tat d'unit chez les animaux4 ,il n'est gure une de ses habitudes1 une de ses vertus1 un de ses vices 7pour employer les mots usuels71 qu'on ne constate ici ou l chez un insecte1 un oiseau ou un autre mammifre3 la monogamie et l'adultre1 sa consquence2 la polygamie1 la polyandrie2 la lascivit1 la paresse1 l'activit1 la cruaut1 le courage1 le dvouement1 tout cela est commun chez les animaux1 mais alors cela qualifie l'espce entire4 ,a l'tat de diffrenciation o sont arrivs les individus des espces humaines suprieures et cultives1 chaque individu forme certainement une varit spare que dtermine ce qu'on appelle d'un mot abstrait1 le caractre4 ,cette diffrenciation individuelle1 trs marque dans l'humanit1 est moindre dans les autres espces animales4 ,cependant1 nous observons des caractres trs diffrents dans les chiens1 les chevaux et mme les oiseaux d'une mme race4 ,il est trs probable que les abeilles n'ont pas toutes le mme caractre1 puisque toutes ne sont pas aussi promptes1 par exemple1 faire usage de leur aiguillon dans des circonstances analogues4 ,l encore la dissemblance n'est que de degr entre l'homme et ses frres en vie et en sensibilit4 ,la solidarit1 vaine idologie1 si on la restreint aux espces humaines6 ,il n'y a point d'abme entre l'homme et l'animal2 les deux domaines sont spars par un tout petit ruisseau qu'enjamberait un enfant4 ,nous sommes des animaux2 nous vivons des animaux et des animaux vivent de nous4 ,nous sommes parasits et nous sommes parasites4 ,nous sommes prdateurs et nous sommes la proie vivante des prdateurs4 ,et quand nous faisons l'amour1 c'est bien1 selon l'expression des thologiens1 more bestiarum4 ,l'amour est profondment animal3 c'est sa beaut4 ,,chapitre ,,ii ,,but ,,de ,,la ,,vie ,importance de l'acte sexuel4--,son caractre inluctable4 --,animaux qui ne vivent que pour se reproduire4--,lutte pour l'amour et lutte pour la mort4--,femelles fcondes la minute mme de leur naissance4--,le maintien de la vie4 ,quel est le but de la vie8 ,le maintien de la vie4 ,mais l'ide mme de but est une illusion humaine4 ,il n'y a ni commencement1 ni milieu1 ni fin dans la srie des causes4 ,ce qui est a t caus par ce qui fut1 et ce qui sera a pour cause ce qui est4 ,on ne peut concevoir ni un point de repos1 ni un point de dbut4 ,ne de la vie1 la vie engendrera ternellement la vie4 ,elle le doit et elle le veut4 ,or1 la vie est caractrise sur la terre par l'existence d'individus groups en espces1 c'est--dire ayant le pouvoir1 un mle s'tant uni une femelle1 de reproduire leur semblable4 ,qu'il s'agisse de la conjugaison interne des protozoaires1 de la fcondation hermaphrodite1 de la copulation des insectes ou des mammifres1 l'acte est le mme3 il est commun tout ce qui vit1 et non pas seulement l'animal1 mais la plante et peut-tre aux minraux limits par une forme constante4 ,entre tous les actes possibles1 dans la possibilit que nous pouvons connatre ou imaginer1 l'acte sexuel est donc le plus important de tous les actes4 ,sans lui1 la vie s'arrterait3 mais il est absurde de supposer son absence puisque1 dans ce cas1 c'est la pense mme qui disparat4 ,la rvolte est inutile contre une ncessit si vidente4 ,nos dlicatesses protestent vainement3 l'homme et le plus dgotant de ses parasites sont des produits d'un identique mcanisme sexuel4 ,ce que nous avons jet de fleurs sur l'amour peut le masquer comme un pige fauves3 toutes nos activits voluent autour de ce prcipice et y tombent les unes aprs les autres2 le but de la vie humaine est le maintien de la vie humaine4 ,l'homme ne se soustrait qu'en apparence cette obligation de nature4 ,il s'y soustrait comme individu et s'y soumet comme espce4 ,l'abus de la pense1 les prjugs religieux1 les vices1 strilisent une partie de l'humanit2 mais cette rserve est de pur intrt sociologique3 qu'il soit chaste ou voluptueux1 avare ou prodigue de sa chair1 l'homme n'en est pas moins1 en tout tat1 soumis la tyrannie sexuelle4 ,tous les hommes ne se reproduisent pas2 ni tous les animaux2 non plus3 les faibles et les tard-venus1 parmi les insectes1 meurent avec leur robe d'innocence et beaucoup de nids laborieusement peupls par de courageuses mres sont dvasts par des pirates ou par l'inclmence du ciel4 ,que l'ascte ne vienne pas se vanter d'avoir soustrait son sang la pression du dsir3 l'importance mme qu'il donne sa victoire affirme la puissance mme de la volont de vivre4 ,une jeune fille l'avoue navement1 avant tout amour1 quand elle est saine4 ,elle veut3 ,se marier pour avoir des enfants4 ,cette formule si simple est la lgende de la nature4 ,ce que l'animal poursuit1 ce n'est pas sa propre vie1 c'est la reproduction4 ,sans doute beaucoup d'animaux ne semblent avoir1 dans une existence relativement longue1 que de brves priodes sexuelles1 mais il faut tenir compte du temps de la gestation4 ,en principe1 la seule occupation de l'tre est de rnover1 par l'acte sexuel1 la forme dont il est revtu4 ,c'est pour cela qu'il mange1 pour cela qu'il construit4 ,cet acte est si bien le but unique et prcis qu'il constitue toute la vie d'un trs grand nombre d'animaux1 cependant merveilleusement complexes4 ,l'phmre nat le soir1 s'accouple2 la femelle pond pendant la nuit3 tous deux sont morts au matin1 sans mme avoir vu le soleil4 ,ces petites btes sont si peu destines autre chose qu' l'amour qu'elles n'ont pas de bouche4 ,elles ne mangent ni ne boivent4 ,on les voit voleter en nuages au-dessus de l'eau1 parmi les roseaux4 ,les mles1 bien plus nombreux que les femelles1 font un multiple office et tombent puiss4 ,la puret d'une telle vie s'admire chez beaucoup de papillons3 ceux du ver soie1 lourds et gauches1 battent des ailes un instant1 quand ils naissent1 puis s'accouplent et meurent4 ,le grand paon ou bombyx du chne1 bien plus gros1 ne mange pas davantage3 et nous le verrons cependant franchir des lieues de pays la recherche de sa femelle4 ,il n'a qu'une trompe rudimentaire et un semblant d'appareil digestif4 ,ainsi une existence de deux ou trois jours s'coule sans avoir donn naissance aucun acte goste4 ,la lutte pour la vie1 fameux principe1 est ici la lutte pour donner la vie1 la lutte pour mourir1 car s'ils peuvent vivre trois jours en qutant les femelles1 ils prissent ds que la fcondation est accomplie4 ,chez toutes les abeilles solitaires1 scolies1 maonnes1 sphex1 bembex1 anthophores1 les mles1 premiers ns1 rdent autour des nids1 attendant la naissance des femelles4 ,sitt parues1 elles sont prises et fcondes1 connaissant ainsi1 dans un mme frisson1 la lumire et l'amour4 ,les femelles osmies1 autres abeilles1 sont ardemment guettes par les mles1 qui les happent et les chevauchent ds leur sortie du tube natal1 la tige creuse de la ronce1 s'envolent aussitt avec elles dans l'air o s'achvent les noces4 ,et cependant que le mle va errer quelque temps avant de mourir1 ivre de son uvre1 la femelle creuse avec fivre la demeure de sa progniture1 la cloisonne1 y entasse le miel des larves1 pond1 tourbillonne un instant et prit4 ,l'an suivant1 les mmes gestes se verront autour des mmes ronces sectionnes par le fagoteux1 et ainsi de suite1 sans que l'insecte se permette jamais aucun dessein que la conservation d'une forme fragile1 brve apparition au-dessus des fleurs4 ,le sitaris est un coloptre parasite des nids de l'anthophore4 ,l'accouplement a lieu ds l'closion4 ,fabre a vu une femelle encore dans les langes qu'un mle1 dj libr1 accostait dj1 l'aidant se dvtir1 guettant l'apparition de l'extrmit de l'abdomen pour s'y ruer aussitt4 ,l'amour des sitaris dure une minute1 longue saison dans une vie si courte3 le mle languit deux jours avant de s'teindre2 la femelle1 qui pond sur place ds qu'elle a t fconde1 meurt sans avoir rien connu de la vie que la fonction maternelle1 sur le lieu mme de sa naissance4 ,il y a une espce de papillon1 les palingenia1 dont on n'a jamais vu la femelle4 ,c'est qu'elle est fconde avant mme d'avoir pu se dbarrasser de son corset de nymphe1 et qu'elle meurt1 les yeux encore ferms1 mre la fois et poupon au maillot4 ,les moralistes aiment les abeilles1 dont ils tirent des exemples et des aphorismes4 ,elles nous conseillent le travail1 l'ordre1 l'conomie1 la prvoyance1 l'obissance et plusieurs autres vertus4 ,adonnez-vous au labeur1 courageusement3 la nature le veut4 ,la nature veut tout4 ,elle est complaisante toutes les activits et ne refuse aucune analogie aucune de nos imaginations4 ,elle veut les constructions sociales de l'abeille3 elle veut aussi la vie toute d'amour du grand paon1 de l'osmie et du sitaris4 ,elle veut que les formes qu'elle a cres se conservent indfiniment et pour cela tous les moyens lui sont bons4 ,mais si elle nous donne l'exemple laborieux de l'abeille1 elle ne nous cache pas l'exemple polyandrique de la mante et de ses cruelles amours4 ,il n'y a pas dans la volont de vivre la moindre trace de notre pauvre petite morale humaine4 ,si l'on veut une morale unique1 c'est--dire un commandement universel1 tel que toutes les espces le puissent couter1 tel que1 en fait1 elles le suivent selon l'esprit et selon la lettre1 si l'on veut1 en d'autres termes1 dterminer quel est le but de la vie et le devoir des tres vivants1 il faut videmment trouver une formule qui totalise les contradictions1 les brise et les transforme en une affirmation4 ,il n'y en a qu'une et on la rptera1 sans craindre et sans permettre aucune objection3 le but de la vie est le maintien de la vie4 ,,chapitre ,,iii ,,chelle ,,des ,,sexes ,la reproduction asexue4--,formation de la colonie animale4 --,limites de la reproduction asexue4--,la conjugaison4-- ,naissance des sexes4--,hermaphrodisme et parthnogense4-- ,la fcondation chimique4--,universalit de la parthnogense4 ,le mode primitif de reproduction des tres est la reproduction asexue1 ou que l'on considre comme telle1 provisoirement1 par comparaison avec un mcanisme plus complexe4 ,il n'y a dans les premires formes vivantes ni organes sexuels1 ni lments sexuels diffrencis4 ,l'animal se reproduit par scissiparit ou par bourgeonnement4 ,l'individu se divise en deux1 ou bien une protubrance se dveloppe1 forme un nouvel tre qui alors se dtache4 ,la scissiparit1 assez mal qualifie1 car1 la division tant transversale1 la parit des deux parties est loin d'exister1 se rencontre chez les protozoaires1 et au del1 chez des vers1 des astries1 des polypes4 ,le bourgeonnement est commun aux protozoaires1 aux infusoires1 aux clentrs1 aux polypes d'eau douce1 et presque tous les vgtaux4 ,un troisime mode primitif1 appel sporulation1 consiste en la production dans l'organisme de cellules particulires1 spores1 qui se sparent1 deviennent des individus2 on le trouve dans quelques protozoaires aussi bien que dans les fougres1 les algues1 les champignons4 ,les deux premiers modes1 division et bourgeonnement1 servent aussi la formation des colonies animales1 quand l'individu nouveau conserve un point d'attache avec l'individu gnrateur4 ,c'est par cette notion de colonie que l'on explique les tres complexes1 et mme les animaux suprieurs1 en les considrant comme des runions primitives d'tres simples qui se seraient diffrencis en restant solidaires1 se partageant le travail physiologique4 ,les colonies de protozoaires sont formes d'individus fonctions identiques1 vivant en galit parfaite1 malgr la hirarchie de position2 les colonies de mtazoaires sont composes de membres spcialiss et dont la sparation peut tre une cause de mort pour l'individu total4 ,il y a donc1 dans ce dernier cas1 un tre nouveau compos d'lments distincts1 mais devenus1 tout en gardant une certaine autonomie essentielle1 les organes d'une entit4 ,les premiers organismes vivants se hirarchisent donc ainsi3 individu unicellulaire1 ou plastide2 groupe de plastides1 ou mride4 ,les mrides1 comme les protozoaires1 peuvent se reproduire par voie asexue1 division1 bourgeonnement4 ,ils se sparent entirement ou restent unis au gnrateur ,s'ils restent unis1 on a gravi un nouvel chelon et l'on a atteint le zode4 ,ensuite1 par colonies de zodes1 on aura ces individus encore plus complexes auxquels on donne le nom de dmes4 ,tous ces mots n'ont gure1 naturellement1 qu'une valeur mnmotechnique4 ,la nomenclature s'arrte1 et la progression aussi1 un certain moment1 car l'volution a un terme1 une finalit1 le milieu mme o volue la vie4 ,on dirait que1 surgies de l'obscur centre vital1 les nouvelles tiges animes grandissent jusqu' ce qu'elles viennent frapper de la tte une vote idale qui s'oppose toute croissance4 ,c'est alors la mort de l'espce2 et la nature1 abandonnant avec ddain son uvre1 recommence ptrir1 pour en tirer une nouvelle forme1 le limon initial4 ,le rve d'une transformation indfinie des espces actuelles est une pure chimre2 elles disparatront une une1 selon leur ordre d'anciennet1 selon aussi leur facult d'adaptation au milieu changeant1 et l'on peut prvoir1 si la terre dure1 des temps lointains o une faune inimaginable aura remplac la faune d'aujourd'hui1 et l'homme mme4 ,l'homme est un mtazoaire1 c'est--dire un animal pluricellules diffrencies1 comme l'ponge1 comme le rotifre1 comme l'annlide4 ,il appartient la srie des artizoaires3 une tte1 un ventre1 un dos1 symtrie bilatrale2 l'embranchement des vertbrs3 squelette interne1 cartilagineux ou osseux2 la classe des mammifres1 la sous-classe des placentaires1 au groupe des primates1 non loin des chiroptres et des rongeurs4 ,au point de vue du mcanisme de la transmission de la vie1 les animaux se divisent un peu diffremment4 ,d'une part1 le bourgeonnement et la division1 ou scissiparit1 se prolongent assez loin dans la srie des mtazoaires1 concurremment avec la reproduction sexue2 d'autre part1 il y a chez les protozoaires des phnomnes de conjugaison1 une union de cellules1 qui ressemble la fcondation vritable et en joue le rle3 sans la rgnration nuclaire qui en est le but et la consquence1 la segmentation ni le bourgeonnement ne sauraient avoir lieu1 du moins indfiniment4 ,en somme1 la reproduction des tres est toujours sexuelle2 seulement elle se produit dans un cas1 les protozoaires1 avec des lments non diffrencis1 et dans l'autre1 les mtazoaires1 avec des lments diffrencis1 l'un mle1 l'autre femelle4 ,si l'on coupe en morceaux une ponge1 une hydre1 on obtient autant d'individus nouveaux4 ,ces individus ayant accompli leur croissance1 on peut les couper encore avec le mme succs1 et cela trs longtemps1 mais non l'infini4 ,a un moment variable1 aprs un certain nombre de gnrations par fragmentation1 il se produit une snescence dans les individus ainsi obtenus3 coups1 les morceaux restent inertes4 ,ainsi cette sorte de parthnogense artificielle a une limite comme la parthnogense normale3 pour que les individus retrouvent leur force parthnogntique1 il faut leur laisser le temps de rgnrer leurs cellules par la conjugaison qui les fconde4 ,toute fcondation n'est sans doute qu'un rajeunissement2 ainsi considre1 elle est uniforme dans toute la srie animale et mme vgtale4 ,on devrait faire des expriences sur le bouturage et chercher quel moment la bouture de bouture commence diminuer de vitalit4 ,conjugaison et fcondation ont un mme rsultat3 il faut que les cellules ,a s'unissent aux cellules ,b 7macro-nuclus et micro-nuclus des protozoaires2 ovule et spermatozode des mtazoaires71 pour que l'organisme ait le pouvoir d'extrioriser utilement une partie de sa substance4 ,quand l'organisme1 trop complexe1 a perdu la facult primitive de la segmentation1 il se sert directement1 pour se reproduire1 de certaines cellules diffrencies dans ce but3 ce sont elles qui1 mises en un tout1 se rintgrent et donnent naissance un double de l'individu ou des individus gnrateurs4 ,du haut en bas de l'chelle sexuelle1 l'tre nouveau sort invariablement d'une dualit4 ,la multiplication n'a lieu que dans l'espace4 ,dans le temps1 ce qui se produit1 c'est un resserrement3 deux donnent un4 ,la scissiparit est compatible avec l'existence mme de sexes spars1 comme dans l'toile de mer4 ,cet animal fantastique1 sans autre instrument que ses ventouses1 ouvre les hutres1 les enveloppe de son estomac qu'elle dvagine 7qu'elle vomit71 les dvore4 ,il n'est pas moins curieux par la varit de ses modes de reproduction1 soit qu'il se serve de son appareil sexuel1 soit qu'il bourgeonne1 soit qu'il se spare de l'un de ses bras1 matire d'un nouvel tre4 ,le classement des animaux d'aprs leur mode de reproduction serait fort difficile3 on serait encore arrt par l'hermaphrodisme4 ,ce mode1 sans doute1 est primitif1 puisque son type est la conjugaison des protozoaires2 mais il se complique singulirement1 quand il persiste1 au moment1 par exemple1 o il s'panouit dans la srie des mollusques1 ces tres dont quelques-uns sont si luxurieusement organiss pour l'amour4 ,sa forme simple1 qui est des plus naves1 le sperme et les ufs produits simultanment l'intrieur d'un mme individu1 ne se rencontre qu'en des organismes encore infrieurs4 ,la parthnogense normale appartient galement des animaux sommaires et des animaux compliqus1 aux1 rotifres et aux abeilles4 ,chez les arthropodes1 c'est--dire les insectes en gnral1 les sexes sont toujours spars1 sauf chez quelques arachnides tardigrades-2 mais ce sont eux qui prsentent les plus beaux cas de parthnogense1 de gnration sans le secours du mle4 ,le mot ne doit pas tre pris la lettre4 ,de mme qu'il n'y a pas de scissiparit indfinie1 sans conjugaison1 il n'y a pas de parthnogense indfinie sans fcondation3 la femelle est fconde pour plusieurs gnrations qui se transmettent ce mme pouvoir2 mais vient un jour o de la femelle qui n'a pas connu le mle naissent des mles et des femelles4 ,ils s'accouplent et produisent des femelles doues de la facult parthnogntique4 ,cela a t longtemps un mystre1--et c'en est encore un1 car1 ct de la parthnogense normale1 il y a l'irrgulire1 il y a les cas o1 sans que l'on sache pourquoi1 des ufs non fconds se comportent exactement comme des ufs fconds4 ,le cycle parthnogntique des pucerons est clbre2 celui des rotifres n'est pas moins curieux4 ,les mles1 plus petits1 ne vivent que deux ou trois jours1 s'accouplent1 meurent4 ,les femelles fcondes pondent des ufs d'o ne natront que des femelles si les ufs ne subissent pas une temprature suprieure dix-huit degrs2 au-dessus1 les ufs donnent des mles4 ,entre les priodes d'accouplement1 il y a de longues parthnogenses2 il ne nat que des femelles produisant des femelles1 jusqu' ce que la temprature ait permis enfin l'closion des mles4 ,en deux ans1 le puceron a dix ou douze gnrations parthnogntiques4 ,au mois de juillet de la deuxime anne1 on voit paratre des individus ails2 ce sont encore des femelles1 mais de deux tailles et pondant de deux grosseurs3 les moindres produisent des mles 7le mle est trois ou quatre fois plus petit que la femelle71 les autres des femelles1 l'accouplement a lieu et le cycle recommence4 ,on crut longtemps que les pucerons taient de vrais androgynes4 ,raumur et ,bonnet1 ayant vu des pucerons bien isols se reproduire1 en taient convaincus1 lorsqu'un homme de gnie1 ,trembley1 clbre aussi par ses observations sur l'hydre1 mit cette ide3 ,qui sait si1 chez les pucerons1 un accouplement ne fconde pas plusieurs gnrations8 ,il avait dcouvert le principe de la parthnogense4 ,les faits lui donnrent raison4 ,bonnet dcrivit le mle et la femelle1 vit l'accouplement et constata mme l'ardeur gnitale de ce gluant pou des feuilles1 de cette vache lait des fourmis4 ,la parthnogense est une indication4 ,rien ne montre mieux l'importance du mle et la prcision de sa fonction4 ,la femelle semble tout2 sans le mle1 elle n'est rien4 ,c'est la mcanique qui1 pour marcher1 doit tre remonte4 ,mais le mle n'est qu'une clef4 ,on a essay d'obtenir la fcondation l'aide de fausses clefs4 ,des ufs d'oursins1 d'toiles de mer1 ont t amens l'closion par le contact d'excitants chimiques1 acides1 alcalins1 sucre1 sel1 alcool1 ther1 chloroforme1 strychnine1 gaz1 acide carbonique4 ,on n'a pu cependant mener jusqu' l'ge adulte ces larves scientifiques et tout tend dmontrer que1 si on y parvenait1 et si ces tres artificiels taient capables de reproduction1 ce ne serait que pour une priode limite4 ,cette parthnogense provoque n'est ni plus ni moins mystrieuse que l'autre4 ,elle est anormale1 sans doute1 mais la parthnogense anormale est assez frquente dans la nature3 des ufs de bombyx1 d'toiles de mer1 de grenouilles1 closent parfois sans fcondation et trs probablement parce qu'ils ont rencontr1 de cas fortuit1 cet excitant que d'excellents exprimentateurs leur ont prodigu4 ,que le sperme agisse comme fcondant ou comme excitant1 son action ne sera pas plus facile comprendre sous le second terme que sous le premier4 ,la reine abeille pond des ufs fconds et des ufs non fconds2 les premiers donnent des femelles1 les seconds ne donnent jamais que des mles3 ici l'lment mle serait le produit d'une parthnogense1 tandis que l'lment femelle ncessiterait la fcondation pralable4 ,c'est le contraire chez les pucerons1 o se suivent durant prs de deux ans des gnrations de femelles4 ,il y a un ordre en ces matires1 comme en tout1 mais il n'est pas encore visible3 on aperoit seulement que1 si longue et si varie que soit la priode parthnogntique1 elle est limite par la ncessit1 pour le principe femelle1 de s'unir au principe mle4 ,aprs tout1 la fcondation hrditaire n'est pas plus extraordinaire que la fcondation particulire3 c'est un mode de perptuer la vie que l'exercice de la raison doit faire considrer comme parfaitement normal4 ,il faut1 maintenant1 la fin de ce chapitre sommaire1 oser dire que la fcondation1 telle qu'on la comprend vulgairement1 est une illusion4 ,a prendre l'homme et la femme 7ou n'importe quel mtazoaire dioque71 l'homme ne fconde pas la femme2 ce qui se passe est la fois plus mystrieux et plus simple4 ,du mle ,a1 du grand mle1 et de la grande femelle ,b naissent sans fcondation aucune1 spontanment1 des petits mles a et des petites femelles b4 ,ces petits mles sont appels spermatozodes1 et ces petites femelles1 ovules2 c'est entre ces deux tres nouveaux1 entre ces spores1 que se produit la conjugaison fcondatrice4 ,on voit alors a et b se rsoudre en un troisime animal1 x1 lequel1 par accroissement naturel1 deviendra1 soit ,a1 soit ,b4 ,alors le cycle recommence4 ,l'union qui a lieu entre ,a et ,b n'est qu'une prparation2 ,a et ,b ne sont que des canaux qui vhiculent a et b1 et souvent de bien plus loin qu'eux-mmes4 ,comme les pucerons ou les bourdons1 les mammifres1 et nommment l'homme1 sont soumis la gnration alterne1 une parthnogense sparant toujours la conjugaison vritable des lments diffrencis4 ,l'accouplement n'est pas la fcondation2 il n'en est que le mcanisme2 son utilit n'est que de mettre en relation deux produits parthnogntiques4 ,cette relation s'opre dans la femelle1 ou hors de la femelle 7poissons73 le milieu a une importance de fait1 non de principe4 ,,chapitre ,,iv ,,le ,,dimorphisme ,,sexuel ,i4 ,invertbrs4--,formation du mle4--,primitivit de la femelle4--,mles minuscules3 la bonellie4--,rgression du mle en organe mle3 les cirripdes4--,gnralit du dimorphisme sexuel4--,supriorit de la femelle chez la plupart des insectes4--,exceptions4--,le dimorphisme numrique4--,la femelle chez les hymnoptres4--,multiplicit de ses activits4--,rle purement sexuel du mle4--,dimorphisme des fourmis1 des termites4--,cigales et grillons4--,les araignes4--,les coloptres4 --,le ver luisant4--tranget du dimorphisme chez la cochenille4 ,i4 ,invertbrs4-,a un moment assez imprcis de l'volution gnrale1 l'organe mle se spcialise en individu mle4 ,c'est ce qu'aurait d figurer le symbolisme religieux4 ,la femelle est primitive4 ,au troisime mois1 l'embryon humain a des organes uro-gnitaux externes qui ressemblent clairement aux organes fminins4 ,ils n'ont plus1 pour arriver l'tat fminin parfait1 qu'une lgre modification subir2 pour devenir masculins1 ils doivent subir une transformation considrable et trs complexe4 ,les organes gnitaux externes de la femme ne sont donc pas1 comme on l'a dit souvent1 le produit d'un arrt de dveloppement2 ce sont au contraire les organes mles qui subissent un dveloppement supplmentaire1 et d'ailleurs inutile1 car le pnis est un luxe et un danger3 tel oiseau1 qui s'en passe1 n'en est pas moins luxurieux4 ,on trouvera une preuve gnrale de la primitivit de l'tat femelle dans la petitesse extrme de certains mles d'invertbrs1 si minuscules qu'on ne peut vraiment les considrer que comme des organes mles autonomes1 ou mme comme des spermatozodes4 ,le mle des syngames 7c'est un parasite interne des oiseaux7 est moins un tre qu'un appendice2 il demeure en tat de contact perptuel avec les organes de la femelle1 insr obliquement sur son ct1 justifiant le nom de ver deux ttes qu'on a donn cette vilaine bestiole double4 ,la bonellie femelle est un ver marin en forme de sac cornu d'une longueur de quinze centimtres2 le mle est reprsent par un minuscule filament de un deux millimtres1 c'est--dire qu'il est environ mille fois plus petit4 ,chaque femelle en nourrit une vingtaine4 ,ils vivent d'abord dans son osophage1 puis descendent dans l'oviducte o ils fcondent les ufs4 ,leur fonction trs prcise les sauve seule de l'accusation de parasitisme2 en fait1 on les a pris longtemps pour des parasites1 cependant que l'on cherchait en vain le mle de cette prodigieuse bonellie4 ,paralllement au mle1 qui n'est qu'un organe sexuel individualis1 on voit des mles qui ont perdu peu prs tous leurs organes1 sauf l'organe mle lui-mme4 ,certains cirripdes 7mollusques attachs par un pdoncule7 hermaphrodites se sont fixs en parasites dans le manteau d'autres cirripdes3 de l1 diminution de volume1 rgression des ovaires1 abolition des fonctions nutritives1 le pdoncule prenant racine dans un milieu vivant et nourrissant4 ,mais un organe subsiste en ces amoindris1 l'organe mle1 et il prend mme des proportions normes1 absorbant l'animal tout entier4 ,il s'en faut donc de peu que la transformation du mle en pur organe sexuel ne soit entirement accomplie1 comme on l'observe1 d'ailleurs1 chez les hydraires4 ,redevenu partie intgrante d'un organisme dont il s'est antrieurement spar pour devenir un individu1 le mle ne fait que retourner ses origines1 et ainsi les certifie4 ,la bonellie1 qui est un des cas les plus accuss de dimorphisme1 est aussi un exemple de ce fminisme particulier que l'on rencontre normalement dans la nature4 ,car le fminisme rgne dans la nature1 surtout dans les espces infrieures et parmi les insectes4 ,ce n'est gure que dans la srie des mammifres et dans certains groupes d'oiseaux que le mle est gal ou suprieur la femelle4 ,on dirait qu'il a conquis lentement une premire place que la nature ne lui destinait pas4 ,il est possible que1 soulag de tout souci1 la fcondation termine1 il ait eu1 plus que la femelle1 le loisir de cultiver sa force4 ,il est possible aussi1 et plus probable1 que ces tats extrmement divers de ressemblance et de dissemblance soient dus des causes trop nombreuses et trop varies pour que nous puissions en saisir l'enchanement logique4 ,les faits sont vidents3 le mle et la femelle diffrent presque toujours et trs souvent diffrent profondment4 ,que d'insectes pris vulgairement pour des espces diverses ne sont autre chose que des mles et des femelles se cherchant pour la pariade6 ,et ne faut-il pas une certaine connaissance des oiseaux pour runir en un couple ces deux merles1 l'un1 le mle1 tout noir1 l'autre1 la femelle1 dos brun1 gorge grise et ventre roux8 ,tandis que l'hermaphrodisme exige ncessairement la similitude parfaite des individus--sauf au cas1 comme dans les cirripdes1 d'un mle parasite supplmentaire1--la sparation des sexes entrane en principe le dimorphisme1 le rle du mle1 ses modes d'activit1 diffrant de ceux de la femelle4 ,cette diffrence se rencontre aussi bien parmi les plantes dioques4 ,l'exemple du chanvre est connu1 quoique rebours1 car les pieds que les paysans appellent mles1 et qui sont les plus hauts1 reprsentent prcisment les femelles4 ,la petite ortie1 celle qui aime les jardins1 a les deux sexes sur le mme pied2 la grande1 celle qui prfre les terres incultes1 est dioque3 le pied mle a les feuilles trs longues1 qui retombent1 ainsi que les grappes de ses fleurs1 le long de la tige2 les feuilles et les fleurs du pied femelle sont courtes et se dressent presque droites4 ,ici le dimorphisme n'est pas en faveur de la femelle1 il est indiffrent4 ,chez les insectes1 la femelle est presque toujours l'individu suprieur4 ,ce n'est pas ce petit animal merveilleux1 roi divergent et minuscule de la nature1 qui donnerait le spectacle de cette douve1 la bilhargie1 dont la femelle1 mdiocre lame1 vit1 telle une pe au fourreau1 dans le ventre creus du mle6 ,cette vie lche1 ces amours perptuelles1 feraient horreur ces courageuses femelles scarabes1 ces adroites chalicodomes1 ces lycoses sages et froides1 ces fires et terribles guerrires1 les mantes4 ,dans le monde de l'insecte1 le mle est le sexe lgant et frle1 le sexe doux et sobre1 sans autre industrie que de plaire et d'aimer4 ,c'est la femelle que reviennent les rudes travaux du puisatier et du maon1 les dangers de la chasse et de la guerre4 ,il y a des exceptions1 mais on les rencontrerait surtout parmi les parasites1 ces dgrads2 tel le xnos1 qui vit indistinctement sur les gupes1 les coloptres et les nvroptres4 ,le mle est pourvu de deux larges ailes2 la femelle n'a ni ailes1 ni pattes1 ni yeux1 ni antennes3 c'est un petit ver4 ,aprs la mtamorphose1 le mle sort1 vole quelque peu1 puis revient vers la femelle reste l'intrieur de l'enveloppe nymphale1 et la fconde dans ses langes4 ,d'autres exceptions1 celles-ci normales1 sont fournies par les papillons1 c'est--dire par un genre d'insectes fort placides et qui1 sous cette forme1 du moins1 ne se livrent ni la chasse1 ni aucun mtier4 ,on appelle psych un trs petit papillon qui volette le matin assez gauchement3 c'est le mle4 ,la femelle est un ver norme1 quinze fois plus long1 dix fois plus gros4 ,les amants sont dans la proportion d'un coq et d'une vache4 ,ici1 le fminisme est drisoire4 ,mme disproportion chez le bombyx du mrier dont la femelle1 beaucoup plus lourde que le mle1 ne vole qu'avec peine1 bte passive qui supporte un accouplement de plusieurs heures2 chez un papillon d'automne1 la cheimatobia1 dont le mle a deux paires de belles ailes sur un corps en fuseau1 dont la femelle est un tonnelet gros et gras aux ailes rudimentaires1 incapable de voler1 grimpant pniblement aux arbres o sa chenille se nourrit de bourgeons2 chez un autre papillon encore1 celui que l'on nomme si absurdement orgye1 dont le mle a tous les caractres du lpidoptre1 cependant que la femelle1 sans presque d'ailes sur un corps renfl et lourd1 simule l'aspect gracieux1 d'un monstrueux cloporte2 chez le grle1 agile et fin liparis que le dessin de ses ailes a fait nommer le zigzag et qui mconnatrait1 sans la puissance de l'instinct1 sa femelle dans cette bte blanchtre au lourd abdomen1 qui rumine immobile sur l'corce des arbres4 ,des espces voisines1 le moine1 le cul-brun1 le cul-dor1 ne prsentent que fort peu de diffrences sexuelles4 ,aprs le dimorphisme de masse1 le dimorphisme numrique2 un papillon des les ,marquises forme une famille ainsi compose3 un mle et cinq femelles toutes diffrentes1 tellement diverses qu'on les a crues longtemps espces distinctes4 ,ici l'avantage est clairement pour le mle1 seigneur d'un merveilleux harem4 ,la nature1 profondment ignorante de nos mesquines ides de justice et d'galit1 gte infiniment certaines espces animales1 au mme moment qu'elle se prouve envers d'autres indiffrente ou dure2 et tantt1 c'est le mle qu'elle veut privilgi1 et tantt c'est la femelle1 en qui elle accumule toutes les supriorits et aussi toutes les cruauts et tous les ddains4 ,les hymnoptres comprennent les abeilles et les bourdons1 les gupes1 les scolies1 les fourmis1 les maonnes1 les sphex1 les bembex1 les osmies1 etc4 ,ce sont parmi les insectes ce que reprsentent1 au milieu des mammifres1 les primates et mme les humains4 ,mais1 tandis que la femme1 sans tre animalement infrieure son mle1 reste au-dessous de lui en presque toutes les activits intellectuelles1 chez les hymnoptres1 la femelle est la fois le cerveau et l'outil1 l'ingnieur1 le manuvre1 l'amante1 la mre et la nourrice1 moins que1 comme l'abeille1 elle n'ait rejet sur un troisime sexe tous les soins qui ne sont pas uniquement sexuels4 ,les mles font l'amour4 ,le mle du tachyte1 sorte de gupe voisine du sphex1 est environ huit fois plus petit que la femelle1 mais c'est un petit amant trs ardent et outill merveille pour la qute amoureuse3 ce diadme couleur de citron1 ce sont des yeux1 une ceinture d'yeux1 normes1 un phare d'o il explore l'horizon1 prt tomber comme une flche sur la femelle qui rde4 ,fconde1 la tachyte se fait un nid cellulaire o elle entasse la terrible mante1 dont elle est l'ennemie toujours victorieuse3 sachant d'avance1 intuition incomprhensible1 si l'uf qu'elle va pondre est mle ou femelle1 elle augmente ou diminue1 selon le sexe futur1 les provisions dont se nourrira la larve3 le minuscule mle est servi d'une portion naine4 ,le mle du frelon est notablement plus petit que la femelle2 le frelon neutre est moindre encore4 ,le lophyre du pin est noir1 la femelle est jaune4 ,chez la chalicodome ou abeille maonne1 le mle est roux2 la femelle1 bien plus belle1 est d'un beau noir velout avec les ailes violet sombre4 ,pendant que le mle flne et bourdonne1 la femelle construit avec un art patient le nid de mortier ingnieusement couvert d'un large dme o vivra1 l'tat larvaire1 sa progniture4 ,cette abeille vit en colonies1 mais o le travail est individuel1 chacun achevant son labeur sans s'occuper de son voisin1 si ce n'est parfois pour le piller et le frustrer de son uvre1 type d'une civilisation qui ne nous est pas inconnue4 ,la femelle maonne est arme1 quoique nullement agressive4 ,chez beaucoup d'hymnoptres1 la femelle porte seule l'pe2 telle la gupe dore1 dore sur fond bleu ou rouge1 qui peut faire saillir de son abdomen un long aiguillon2 telle la femelle du philanthe1 qui est carnivore cependant que le mle1 inerme et puril1 se nourrit du pollen des fleurs4 ,sans ddaigner ce dessert naturel1 la philanthe1 pourvue d'un dard puissant1 poignarde l'abeille charge de nectar et lui pompe le jabot4 ,on voit la froce petite bte ptrir1 durant prs d'une demi-heure1 l'abeille morte1 la pressurer comme un citron1 y boire comme une gourde4 ,murs charmantes1 candeur de ces topazes ailes qui bruissent autour des fleurs6 ,fabre a trouv une excuse cette sadique gourmandise3 la philanthe tue les abeilles pour en nourrir ses larves1 lesquelles ont une si grande rpugnance pour le miel qu'elles prissent son contact2 et c'est par dvouement maternel qu'elles s'enivrent de ce poison6 ,tout est possible dans la nature4 ,mais il ne serait pas1 semble-t-il1 draisonnable de dire que si les larves de la philanthe excrent le miel1 c'est parce que leur mre1 qui l'aime beaucoup1 ne leur en a jamais donn une goutte4 ,un des rares hymnoptres dont la femelle paraisse infrieure est la mutille1 fourmi-araigne4 ,le mle est le plus gros1 il a des ailes et vit sur les fleurs4 ,la femelle est aptre1 mais pourvue d'un appareil stridulant par lequel elle attire l'attention du mle4 ,le mle d'un des cynips des galles du chne1 le cynips terminal1 a le corps fauve1 avec de grandes ailes diaphanes2 la femelle1 brune et noire1 n'a pas d'ailes4 ,les deux sexes du cimbex jaune diffrent tant de forme et de couleur1 le mle svelte et brun avec une tache jaune1 la femelle ronde1 abdomen jaune1 tte noire1 qu'on les a longtemps crus deux espces diffrentes4 ,les fourmis1 on le sait1 de mme que tous les hymnoptres sociaux1 se divisent en trois sexes3 des femelles et des mles galement ails et des neutres sans ailes4 ,la fcondation se fait dans les airs2 les amants montent1 se joignent1 retombent enlacs1 nuage d'or que la mort des mles va dissoudre1 cependant que les femelles1 perdant leurs ailes1 rentrent au logis pour la ponte4 ,les ouvrires1 ou neutres1 sont gnralement plus petites2 cela est sensible chez les grosses rouges des bois qui se creusent des abris dans les souches4 ,les fourmis blanches ou termites#a montrent un dimorphisme trs accentu3 la femelle1 ou reine1 sa tte ayant peu prs la grosseur d'une tte d'abeille1 exhibe un ventre de la grosseur du doigt et long en proportion1 qui arrive tre quinze cents fois plus gros que le reste du corps4 ,ce tonneau sexuel pond continuellement1 sans relche aucune1 la vitesse d'un ouf par seconde4 ,le mle1 et c'est la vision mme de la gante de ,baudelaire1 vit l'ombre de cette femelle formidable1 montagne de force et de luxure4 ,il y a chez les termites1 non un quatrime sexe1 mais une quatrime manire d'tre asexu4 ,a ct des ouvriers1 sont les soldats2 ils en diffrent par de puissantes mandibules plantes sur une tte norme4 ,tout est extraordinaire chez les termites3 leurs nids en cnes atteignent1 relativement l'homme et ses maisons1 une hauteur de cinq six cents mtres4 ,moustiques1 maringouins1 tous les insectes du genre simulie1 les femelles seules piquent les mammifres et sucent leur sang4 ,il en est de mme chez les taons4 ,les mles vivent sur les fleurs1 sur les troncs d'arbres4 ,on les voit voler le long des alles ou des clairires1 dans les bois1 avec un mouvement rgulier de mange2 ils sont l'afft1 guettent les femelles3 ds qu'un mle a pu en saisir une1 il l'enlve1 disparat en l'air o a lieu la pariade4 ,seul le grillon a un appareil stridulent2 seule la femelle a un organe auditif3 il est situ dans les jambes antrieures4 ,c'est galement le mle qui bruit chez les cigales4 ,est-ce un appel d'amour8 ,on le dit1 mais on ne l'a jamais prouv4 ,les cigales1 mles et femelles1 vivent en complte promiscuit1 ranges sur l'corce des arbres3 tant de musique est inutile1 et d'ailleurs si la cigale n'est pas sourde1 elle a l'oue presque insensible4 ,il est probable que le chant des insectes et des oiseaux1 s'il est parfois un appel d'amour1 n'est le plus souvent qu'un exercice physiologique1 la fois ncessaire et dsintress4 ,fabre1 qui a vcu toute sa vie parmi les implacables bruits de la campagne provenale1 ne voit dans le violon de la sauterelle1 dans la cornemuse de la rainette1 dans les cymbales du cacan1 que des moyens propres tmoigner la joie de vivre1 l'universelle joie que chaque espce animale clbre sa manire#b4 ,mais alors pourquoi la femelle est-elle muette8 ,appeler1 de l'aurore au crpuscule1 par un chant presque continu1 la compagne que l'on voit prs de soi occupe pomper la sve d'un platane est certainement absurde1 tant profondment inutile2 mais il n'en a peut-tre pas toujours t ainsi4 ,les deux sexes ont peut-tre eu jadis des murs moins uniformes4 ,le platane qui les a runis dans la mme pture n'a pas toujours pouss en ,provence4 ,ce chant perptuel a t utile en un temps o les sexes vivaient spars2 il est rest le tmoin d'habitudes anciennes4 ,c'est d'ailleurs un fait d'observation gnrale que les activits suivirent souvent leur priode d'utilit4 ,l'homme et tous les animaux sont pleins de gestes maniaques dont le mouvement n'est explicable que par l'hypothse d'une finalit antrieure et diffrente4 ,presque toujours l'araigne femelle est suprieure au mle1 en taille1 en industrie1 en activit1 en moyens de dfense et d'attaque4 ,on verra plus loin leurs murs sexuelles2 mais il faut noter ici leurs cas particuliers de dimorphisme4 ,une peire de ,madagascar est norme et fort belle1 noire1 rouge1 argent et or4 ,elle installe sous les arbres une toile formidable prs de laquelle on voit toujours un petit rseau modeste et puril3 c'est l'uvre d'un minuscule mle qui guette anxieux le moment d'aborder la terrible amante1 d'oser les redoutables noces o il y va de sa vie4 ,l'argyronte1 ou araigne d'eau1 donne sa revanche au mle3 il est plus gros1 plus grand1 pourvu de pattes plus longues4 ,le mle triomphe encore1 et bien plus frquemment1 dans le monde des coloptres4 ,sur la tte du scarabe appel nasicorne1 et jamais nom ne fut plus exact1 se dresse1 en effet1 une longue corne arque1 recourbe en arrire1 et tout son thorax est solidement cuirass3 la femelle n'a ni corne ni cuirasse4 ,tout le monde connat le cerf-volant ou lucane1 cet norme coloptre qui vole1 certains soirs d't1 en bourdonnant comme une toupie4 ,il est fort redout cause de l'air mchant que lui donnent ses deux longues mandibules ramifies en forme de bois de cerf et que le vulgaire prend pour un dangereux tau4 ,c'est le mle4 ,son appareil guerrier est un pur ornement1 car1 bte inoffensive1 le lucane vit de lcher le suc des arbres4 ,les femelles1 bien plus petites1 sont dnues de tout appareil guerrier2 elles sont en trs petit nombre et c'est en s'exaltant leur recherche que le mle1 dont la vie est brve1 et qui le sent1 tourbillonne comme un fou et se cogne nos oreilles1 qui en tremblent4 ,ici encore on devine des animaux qui ont chang de murs plus vite que d'organes4 ,le vieux pirate a conserv ses poignards et ses haches1 mais adonn dsormais1 on ne sait pourquoi1 au rgime vgtarien1 il a perdu jusqu' la force de s'en servir2 ce n'est plus qu'un figurant4 ,mais peut-tre que ce harnachement impressionne la femelle8 ,elle cde plus volontiers ce matamore qui lui donne l'illusion de la force1 cette beaut des mles4 ,le ver luisant est bien un ver2 c'est une larve plutt qu'un animal dfinitif4 ,mais le mle de cette femelle est un insecte parfait1 pourvu d'ailes et qui s'en sert pour chercher dans la nuit celle qui brille d'autant plus que son dsir est plus vif d'tre vue et cavale4 ,il y a une varit de lampyres o les deux sexes sont galement lumineux1 l'un dans l'air1 le mle1 l'autre1 la femelle1 terre1 o elle attend le mle4 ,ds que l'accouplement est termin1 ils s'teignent comme des lampes4 ,il est donc vident que cette luminosit est d'un intrt purement sexuel4 ,quand la femelle voit la petite toile volante descendre vers elle1 elle rassemble ses esprits1 se prpare cette dfense hypocrite1 commune tout son sexe1 se fait belle et timide1 exulte de peur et tremble de joie4 ,la lueur qui s'teint est bien symbolique de la destine de presque tous les insectes et de beaucoup d'autres animaux3 l'amour accompli1 leur raison disparat et la vie s'vanouit4 ,le mle de la cochenille a le corps allong1 avec des ailes trs dlies1 transparentes et qui ressemblent de loin des ailes d'abeille2 il est pourvu d'une sorte de queue forme de deux longues soies4 ,on le voit voler autour des nopals1 tout d'un coup se poser sur la femelle1 qui ressemble un gros cloporte rond et bomb4 ,deux fois grosse comme le mle1 prive d'ailes1 attache par les pattes une branche o pntre sa trompe1 pompe en perptuelle activit1 elle a l'aspect d'un fruit1 d'une galle pdoncule1 ce qui lui a fait donner par ,raumur le nom pittoresque de gallinsecte4 ,en certaines espces de coccids1 le mle est si petit qu'il donne la proportion d'une fourmi se promenant sur une pche4 ,ses alls et venues sont toutes pareilles celles de la fourmi qui cherche pour y mordre un point tendre2 mais lui1 ce qu'il cherche1 c'est la fente gnitale3 l'ayant trouve1 souvent aprs de longues et anxieuses explorations1 il l'emplit de ses uvres1 puis se dtache1 tombe1 meurt4 #a ,ce sont des nvroptres1 ou pseudo-nvroptres2 mais leurs murs les rapprochent dcidment des hymnoptres sociaux4 #b ,souvenirs entomologiques1 tome ,v1 p4 #bfe4 ,,chapitre ,v ,,le ,,dimorphisme ,,sexuel ,,ii4 ,vertbrs4--,insensible chez les poissons1 les sauriens1 les reptiles4--,le monde des oiseaux4--,dimorphisme favorable aux mles3 le loriot1 les faisans1 le combattant4--,paons et dindons4--,les paradisiers4--,le dimorphisme modr des mammifres4--,effets de la castration sur le dimorphisme4 ,,ii4 ,vertbrs4-,les diffrences sexuelles sont gnralement insensibles parmi les poissons1 les reptiles1 les sauriens4 ,elles s'accentuent quand on arrive aux vertbrs suprieurs1 aux oiseaux et aux mammifres1 mais sans jamais atteindre l'extrme dissemblance qui caractrise un grand nombre d'arthropodes4 ,chez les oiseaux1 la disparit sera de coloration1 de volume1 de longueur1 forme et frisure des plumes2 chez les mammifres1 de taille1 de poil1 de barbe1 de cornes4 ,parfois la femelle des oiseaux est plus belle ou plus forte2 plus forte1 d'envergure plus puissante chez le serpentaire1 le busard1 le faucon1 le vautour cendr et beaucoup de rapaces2 plus belle chez les turnices de l',inde4 ,l'un d'eux1 le phalarope gris1 rsout en faveur des femelles le rve des femmes3 il laisse sa compagne les brillantes couleurs1 se contente de l'habit le plus terne et1 ne pouvant pondre1 assume cependant la suite des soins maternels3 c'est lui qui couve4 ,en gnral1 dans le monde des oiseaux1 la nature est favorable au mle4 ,c'est un prince dont l'pouse semble morganatique4 ,souvent plus petite1 comme la canepetire 7sorte d'outarde71 la fauvette des jardins1 elle est presque toujours vtue telle qu'une ,cendrillon4 ,les oiseaux que les femmes font massacrer par millions pour se dguiser en perruches ou en geais1 ce sont des mles pour la plupart3 leurs surs plumes ont de modestes robes1 et l'on dirait que cette humilit1 devenue favorable aux espces1 a t voulue par la nature1 en prvision de la btise et de la mchancet humaines4 ,ce loriot jaune d'or1 aux ailes et la queue noires1 a pour amante un moineau vtu de brun1 de verdtre et de gris4 ,le faisan argent 7qui est un faux faisan7 exhibe une huppe noire surgissant de sa nuque blanc d'argent2 son cou et son dos sont du mme mtal2 son ventre sombre a des reflets bleus2 son bec est bleu2 ses joues1 rouges1 et rouges1 ses pattes4 ,plus petite1 la femelle vt tristement son ventre d'une chemise blanchtre1 son dos1 d'un manteau roux4 ,chez le vrai faisan1 le dimorphisme est encore plus accentu4 ,le mle 7il s'agit du1 faisan commun71 grand et fier1 et qui se laisse admirer volontiers1 est1 sur la nuque et le cou1 vert fonc2 sur le dos1 les flancs1 le ,ventre1 la poitrine1 rouge cuivre reflets violets2 sa queue est rousse avec des bandes noires2 une touffe mordore s'panouit sur sa tte1 et le tour de l'il est d'un rouge vif4 ,bien plus petite1 l'humble femelle se couvre d'un plumage terreux1 tachet de noir4 ,le beau faisan dor est en effet tout en or1 or sur vert4 ,sa queue et ses ailes jaunes1 son ventre rouge safran achvent la splendeur de ce merveilleux mle4 ,la femelle se contente d'une pelisse terre de ,sienne qui couvre son dos et retombe sur son ventre peint en ocre4 ,une petite tte sortant d'un norme tour de cou de blanches plumes bouriffes2 un corps moyen2 deux longues pattes4 ,c'est le combattant4 ,il faut ajouter la tte un bec effil1 orn la base d'une grappe de raisin rouge4 ,on ne sait de quelle couleur est le mle2 il est de toutes les couleurs4 ,on l'a laiss blanc1 on le retrouve roux2 il tait noir1 le voici violet2 plus tard1 il apparatra tachet ou barr dans les tons les plus divers4 ,son tour de cou est un ornement et un bouclier2 il le perd1 et sa grappe de raisin1 passe l'poque des amours et des combats4 ,cette instabilit de plumage concorde d'une faon curieuse avec l'instabilit du caractre2 nul animal n'est plus irritable1 plus disputeur4 ,on ne peut les conserver en captivit que solitaires ou dans l'obscurit4 ,la femelle1 un peu moins turbulente1 ne change jamais de robe1 invariablement grise avec1 sur le dos1 un peu de brun4 ,paons et dindons1 les mles seuls peuvent taler leur queue en ventail1 faire la roue2 et seul fait la roue le mle de l'outarde1 seul pourvu aussi de ses grandes barbes4 ,la femelle du mnure dresse comme le mle une lyre de plumes3 mais c'est une terne et mdiocre imitation de celle de son matre1 qui brille de tous les tons1 s'lve et se courbe avec une grce si paradoxale4 ,chez l'oiseau du paradis1 le dimorphisme est encore plus net que chez les espces prcdentes4 ,la nuque jaune citron1 la gorge verte1 le front noir1 le dos chtain brl1 le mle orne encore sa queue de deux longues pennes1 et ses flancs de deux belles plumes effiles1 jaune orange1 ponctues de rouge1 qu'il tale comme des rames ou resserre volont2 la femelle1 de couleur terne1 est dpourvue de tout ornement4 ,c'est entre l'il et l'oreille qu'un oiseau voisin des paradisiers1 le sifilet1 s'attache deux fines plumes longues comme deux fois son corps1 et qui flottent1 quand il marche1 banderoles blanches reflets bleus4 ,c'est un attirail d'amant1 dont la femelle est par consquent dpourvue1 et que le mle perd sitt aprs l'accouplement4 ,les dissemblances du coq et de la poule sont assez prcises pour donner tout le monde l'ide nette du dimorphisme chez les oiseaux et montrer1 parallle la diffrence des formes1 la diffrence des caractres4 ,encore moins souvent que chez les oiseaux1 le dimorphisme des mammifres est rarement favorable aux femelles4 ,on n'en citera qu'un exemple1 pris chez le tapir d',amrique1 o le mle est plus petit que la femelle4 ,presque toujours1 c'est le contraire4 ,parfois les deux sexes sont d'apparence identique3 couguars1 chats1 panthres1 servals4 ,s'il y a une rgle1 elle est difficile formuler1 car1 ct de ces flins sans dimorphisme sexuel1 les tigres1 voici les lions o les sexes dterminent nettement les formes gnrales4 ,il y a1 parmi les mammifres1 des ressemblances bizarres et des diffrences baroques4 ,la taupe mle et la taupe femelle apparaissent premire vue identiques jusque dans leurs organes sexuels extrieurs1 le clitoris de la femelle tant1 tout ainsi que le pnis du mle1 perfor pour laisser passer l'urtre4 ,ici1 la ressemblance morphologique n'implique nullement1 comme on le verra plus loin1 la parit des caractres3 la femelle taupe est femelle excessivement4 ,une diffrence baroque1 c'est celle qui distingue les deux sexes du phoque casqu1 habitant du ,groenland et de ,terre-,neuve4 ,le mle a la facult de gonfler la peau de sa tte jusqu' s'en faire un norme casque4 ,dans quel but8 ,peut-tre pour effrayer de nafs ennemis4 ,fidle son rle de protge1 la femelle ignore cette simulation1 propre aussi1 par d'autres moyens1 aux guerriers chinois1 quelques insectes1 comme la mante1 des serpents1 comme le cobra4 ,la femelle de l'ours brun1 celle du kangourou1 sont plus petites que leurs mles4 ,dans toute la srie du genre cerf1 sauf chez le renne1 les mles seuls portent du bois1 et c'est l'origine1 nullement absurde1 d'une trs vieille plaisanterie1 les biches tant d'ailleurs lascives et accueillant volontiers plusieurs mles4 ,chez le taureau et la vache1 les diffrences sexuelles sont encore assez marques2 elles diminuent entre l'talon et la jument1 s'affaiblissent encore du chien la chienne1 deviennent nulles chez le chat4 ,dans tous les cas o le dimorphisme1 peu accentu1 est la consquence directe de la possession d'organes spciaux1 la castration ramne le mle vers le type femelle#a4 ,c'est aussi visible chez les bufs que chez les eunuques ou les chevaux hongres4 ,on peut voir dans ce fait une nouvelle preuve de la primitivit de l'tat femelle1 puisqu'il suffit de l'ablation des testicules pour donner au mle cette mollesse de forme et de caractre qui signalent les femelles4 ,la masculinit est une augmentation1 une aggravation du type normal reprsent par la fminit2 c'est un progrs1 en ce sens que c'est un dveloppement4 ,mais ce raisonnement1 bon pour les mammifres1 serait dtestable pour les insectes1 o l'accentuation du type est presque toujours fournie par la femelle4 ,il n'y a pas de lois gnrales dans la nature1 si ce n'est celles qui rgissent la fois toute la matire4 ,avec la naissance de la vie1 la tendance unique diverge aussitt en lignes multiples4 ,peut-tre mme faudrait-il placer bien plus loin le point de divergence1 car un mtal comme le radium semble diffrer autant des autres mtaux qu'un hymnoptre diffre d'un gastropode4 #a ,il est vrai que la castration des femelles semble1 au moins dans les espces humaines1 les incliner vers le type mle4 ,les effets de la castration varient ncessairement selon l'ge du sujet4 ,,chapitre ,,vi ,,le ,,dimorphisme ,,sexuel ,,iii4 ,vertbrs 7suite74--,l'homme et la femme4 --,caractres et limites du dimorphisme humain4--,effets de la civilisation4--,le dimorphisme psychologique4--,le monde des insectes et le monde humain4--,le dimorphisme modr1 fondement du couple4--,solidit du couple humain4--,le dimorphisme et la polygamie4--,le couple favorise la femelle4--,l'esthtique sexuelle4--,causes de la supriorit de la beaut fminine4 ,,iii4 ,vertbrs 7suite74--,l'homme et la femme4--,chez les primates1 le dimorphisme sexuel est peu accentu1 surtout quand le mle et la femelle vivent la mme vie l'air libre1 partagent les mmes travaux4 ,le gorille mle1 plus fort et trs entt1 ne fuit aucun ennemi2 la femelle au contraire est presque craintive3 surprise avec le mle1 elle crie1 donne l'alarme et disparat4 ,cependant1 attaque quand elle est seule avec son petit1 elle tient tte4 ,on distingue facilement l'orang mle de la femelle2 le mle est plus grand1 pourvu de poils plus longs et plus touffus1 seul orn autour de la face d'une barbe en collier2 les femelles ont les parties glabres de la peau beaucoup moins calleuses4 ,mais ce qui diffrencie grandement les deux sexes orangs et gorilles1 c'est la possession par le mle de deux normes sacs vocaux qui lui descendent sur la poitrine1 se prolongent jusque sous les aisselles4 ,grce ces rservoirs d'air1 ces poches de biniou1 gonfls volont1 le mle est capable de hurler trs longtemps et avec une extrme violence2 chez la femelle1 ces sacs restent trs petits4 ,d'autres singes1 notamment les singes hurleurs1 sont pourvus de ces magasins air2 quelques mammifres aussi1 bien connus pour l'extravagance de leurs cris1 putois1 porcs4 ,des oiseaux et des batraciens ont des organes analogues4 ,de l'homme la femme1 le dimorphisme varie selon les races1 ou plutt les espces4 ,trs faible dans la plupart des varits rouges ou noires1 il s'accentue chez les ,smites1 les ,aryens1 les ,finnois4 ,mais il faut distinguer1 dans l'homme comme dans tous les animaux sexes spars1 le dimorphisme primaire1 ncessaire1 exig par la spcialisation des organes sexuels et de leurs annexes et le dimorphisme secondaire dont la relation avec le sexe est moins vidente ou tout fait incertaine4 ,limit ce qui n'est pas sexuel1 le dimorphisme humain est des plus faibles4 ,quasi nul dans la premire enfance1 il se dveloppe aux approches de la pubert1 se maintient durant la priode gnitale1 s'attnue au point de disparatre1 parfois1 dans la vieillesse4 ,il varie individuellement1 mme aux annes de la plus grande activit reproductrice1 chez des tres ou faiblement sexus1 s'il s'agit de mles1 ou fortement sexus1 s'il s'agit de femelles3 c'est--dire qu'il y a des hommes et des femmes dont le type se rapproche beaucoup de ce type humain idal que l'on formerait par la fusion des deux sexes2 ni les uns ni les autres d'ailleurs n'chappent au dimorphisme radical impos par la diffrenciation des organes gnitaux4 ,laisses les exceptions1 on constate entre l'homme et la femme un dimorphisme moyen et constant qui s'exprime ainsi1 le mle tant pris pour type3 la femme est de moindre taille et de moindre force musculaire2 elle a les cheveux plus longs et1 au contraire1 le systme pileux fort peu dvelopp sur le reste du corps1 les aisselles et le pubis excepts2 sans parler des mamelles1 du ventre et des hanches1 dont la forme est sexuelle1 elle est normalement plus grasse que le mle et1 ce qui en est la consquence1 de peau plus fine2 la capacit de son crne est infrieure de #ae p4 #ajj environ 7homme #ajj2 femme #he7 et son intelligence1 moins spontane1 l'incline en gnral vers des activits uniquement pratiques4 ,dans les espces humaines trs infrieures1 les crnes des deux sexes se diffrencient difficilement2 c'est le contraire parmi les races civilises4 ,la civilisation a certainement accentu le dimorphisme initial de l'homme et de la femme1-- moins qu'une des conditions mmes de la civilisation ne soit prcisment une diffrence notable et morphologique et psychologique entre les deux sexes4 ,dans ce cas1 la civilisation n'aurait fait qu'accentuer un dimorphisme originaire4 ,c'est plus probable1 car on ne voit pas comment elle le crerait1 s'il n'existait dj1 au moins l'tat de tendance trs forte4 ,des travaux identiques1 une mme utilisation des activits instinctives ont pu rduire beaucoup chez le chien1 par exemple1 et le cheval1 le dimorphisme des formes2 cela n'a eu aucune influence sur le dimorphisme psychologique4 ,la culture de l'instinct n'a jamais pu effacer dans les races de chiens les plus spcialises cette couleur particulire que l'instinct reoit du sexe4 ,il est improbable que la culture intellectuelle puisse former des femmes dpouilles de cette couleur caractristique que leur sexe donne leur intelligence4 ,on se sert des mots instinct et intelligence pour flatter les prjugs4 ,l'instinct n'est qu'un mode de l'intelligence4 ,le dimorphisme est un fait constant dans la srie animale4 ,favorable au mle1 favorable la femelle1 indiffrent1 il a toujours pour point de dpart la ncessit sexuelle4 ,il y a une besogne accomplir3 la nature la partage galement ou non entre le mle et la femelle4 ,elle ignore la justice et l'galit1 soumet les uns aux plus rudes travaux1 la mutilation mme1 la mort prcoce1 donne aux autres la libert1 les loisirs1 de longues heures de douce vie4 ,il faut que le couple reproduise un certain nombre d'tres pareils aux units dont il est lui-mme form3 tout moyen est bon qui atteint ce rsultat1 et qui l'atteint plus vite et plus srement4 ,la nature1 qui est impitoyable1 est presse aussi4 ,son imagination1 toujours active1 invente sans cesse de nouvelles formes qu'elle jette dans la vie1 mesure que les premires nes achvent leur cycle4 ,dans les mammifres suprieurs1 et particulirement dans les espces humaines1 le moyen employ par la nature pour assurer la perptuit des types est la division du travail4 ,la femelle de l'insecte1--laisss provisoirement de ct les hymnoptres sociaux--est pourvue la fois des organes de son sexe1 des outils de son mtier1 des armes protectrices de la race2 la femelle1 de l'homme a cd au mle les outils et les armes1 ici runis en un instrument unique1 le muscle4 ,ou plutt1 conservant elle aussi la proprit de l'instrument1 elle en abandonne l'usage4 ,elle n'est ni la guerrire1 ni la chasseresse1 ni la maonne1 ni la bcheronne3 elle est la femelle et le mle est tout le reste4 ,la division du travail suppose la communaut4 ,pour que la femelle puisse cder au mle le soin de la subsistance et de la dfense1 il faut que le couple soit tabli et permanent4 ,le mle de l'osmie 7sorte d'abeille solitaire7 vient au jour avant la femelle2 il pourrait prparer le nid1 en choisir l'emplacement tout au moins1 y guider la femelle1 travailler ou veiller2 mais il appartient une srie animale o les mles ne sont que des organes mles et tout son rle tient dans les seuls gestes de la pariade4 ,le couple n'est pas form4 ,quand il se forme1 comme dans un autre genre d'insectes1 les scarabes1 copris1 sisyphes1 gotrupes1 le travail se rpartit galement entre les deux sexes4 ,ici s'arrte le parallle1 l'volution sociale de l'insecte l'ayant conduit des diffrenciations fonctionnelles extrmement compliques et1 sinon inconnues1 du moins anormales dans l'humanit4 ,la socit des abeilles a pour base la femelle2 la socit humaine a pour base le couple4 ,ce sont des organismes tellement diffrents qu'aucune comparaison entre eux n'est possible1 ni mme utile4 ,on ne peut envier les abeilles qu'en les ignorant2 une communaut d'o les relations sexuelles sont absentes est rellement sans attrait pour un membre de la communaut humaine4 ,la ruche n'est pas une socit1 c'est une pouponnire4 ,le couple n'est possible qu'avec un dimorphisme rel1 mais modr4 ,il faut une diffrence1 surtout de force1 pour qu'il y ait union vraie1 c'est--dire subordonne4 ,un couple lments gaux serait1 comme une socit lments gaux1 en tat permanent d'anarchie3 deux tres suffisent l'anarchie1 comme la guerre4 ,un couple lments trop dissemblables se trouverait1 par l'crasement du plus faible1 rduit l'unit tyrannique4 ,l'homme et la femme reprsentent donc assez bien1 et il en est de mme chez les autres primates et les carnivores 7la plupart des herbivores sont polygames71 les deux sexes faits pour vivre unis et participer conjointement aux soins de leur progniture4 ,l'tat de couple1 qui exige un certain dimorphisme1 en assure par cela mme la perptuit4 ,quand le couple se dissout1 soit en polygamie1 soit en promiscuit1 comme cela est arriv chez les musulmans et chez les chrtiens 7une religion longtemps forte fait fonction de race et de milieu71 le dimorphisme s'accentue1 chacun des lments chappant1 dans une certaine mesure1 l'influence troite de l'autre sexe4 ,et de mme si1 par suite de l'identit de l'ducation1 le dimorphisme psychologique s'attnue1 mme lgrement--il ne s'attnue jamais que lgrement--ou si les jeux physiques rduisent un peu les diffrences physiques apparentes1 le couple se forme moins facilement et devient moins stable3 de l l'adultre1 les divorces1 l'excs de la prostitution4 ,dans toute socit monogame1 la prostitution est de consquence stricte2 elle diminue plus ou moins dans les socits polygames1 o la femme libre se rarfie2 enfin elle ne s'abolirait que dans la promiscuit1 c'est--dire dans la prostitution universelle4 ,la polygamie1 outre son influence indirecte1 en a une directe sur le dimorphisme1 par l'internement des femmes4 ,soustraite la vie active1 au monde extrieur1 l'air mme et la lumire1 la femelle du mle humain polygame devient plus blanche1 quelle que soit sa couleur initiale1 plus grasse1 plus lourde1 plus bte aussi et plus adonne toutes les varits de l'onanisme4 ,chez les musulmans de l',inde1 l'homme et la femme semblent appartenir deux espces diffrentes1 tant l'homme est bronz1 tant la femme est dcolore4 ,les prostitues clotres de l',occident se dcolorent aussi1 et l'on reconnatrait difficilement les deux surs en cette fille molle et blafarde1 en cette vachre dure et rouge4 ,la libert de la femme augmente galement son dimorphisme1 mais par un autre procd4 ,livre sans frein au besoin1 la ncessit de plaire1 la femme chappe au couple exagre son fminisme1 redevient femelle l'excs1 puisque c'est en tant le plus femelle qu'elle acquiert le plus de chances de sduire le mle1 insensible tout autre mrite4 ,et1 l'inverse1 une femme d'ducation masculine est1 gale beaut1 moins que toute autre sductrice4 ,donc1 en mme temps que la dsagrgation du couple augmente le dimorphisme fminin1 la diminution du dimorphisme normal rend plus malaise ou plus prcaire la transformation du couple4 ,le couple humain est une harmonie difficile raliser1 trs facile dtruire1 mais mesure qu'on le dtruit on libre les lments qui le reformeront ncessairement4 7,on reviendra plus loin sur la polygamie humaine et animale2 mais il fallait examiner ses rapports avec le dimorphisme4 ,toutes les questions traites dans ce livre sont d'ailleurs tellement enchevtres qu'il sera difficile d'empcher que l'une ou l'autre ne surgisse propos de n'importe laquelle4 ,si la mthode est moins nette1 elle paratra du moins plus loyale4 ,loin de vouloir mettre de la logique humaine dans la nature1 on s'applique ici introduire dans la vieille logique classique un peu de logique naturelle47 ,le seul but du couple est d'affranchir la femelle de tout souci qui n'est pas purement sexuel1 de lui permettre un accomplissement plus parfait de sa fonction la plus importante4 ,le couple favorise donc l femelle1 mais il favorise aussi la race4 ,il est pleinement bienfaisant quand la femme a acquis le droit l'oisivet maternelle4 ,il y a un autre motif de croire la lgitimit d'une telle rpartition de la besogne utile entre les deux membres du couple1 c'est que les travaux masculins diminuent sa fminit1 cependant que les travaux fminins fminisent les mles4 ,pour que le dimorphisme moyen et ncessaire persistt1 il faudrait1 si la femme s'adonne aux exercices de l'homme1 que l'homme assumt toutes les besognes accessoires de la maternit4 ,cela ne serait pas contraire la souple logique naturelle3 il y en a des exemples chez les batraciens et chez les oiseaux4 ,mais on ne voit pas bien ni l'utilit ni la possibilit d'un tel renversement des rles dans l'espce humaine4 ,le devoir d'un tre est de persvrer dans son tre et mme d'augmenter les caractres qui le spcialisent4 ,le devoir de la femme est de garder et d'accentuer son dimorphisme esthtique et son dimorphisme psychologique4 ,le point de vue esthtique oblige poser pour la millime fois1 mais non la rsoudre1 heureusement1 cette question agrable de la beaut de la femme4 ,on peut juger quand il s'agit de taille1 d'nergie musculaire1 d'ampleur respiratoire3 cela se mesure et cela s'crit avec des chiffres4 ,quand il s'agit de beaut1 il s'agit de sentiment1 c'est--dire de ce qu'il y a de plus profond la fois et de plus personnel en chacun de nous1 et de plus variable d'un homme un autre4 ,cependant1 l'lment sexuel qui entre dans l'ide de beaut tant ici sa racine mme1 puisqu'il s'agit de la femme1 l'opinion des hommes est quasi unanime3 dans le couple humain1 c'est la femme qui reprsente la beaut4 ,toute opinion divergente sera ternellement tenue pour un paradoxe ou pour le produit de la plus fcheuse des aberrations sexuelles4 ,un sentiment ne donne pas ses raisons2 il n'en a pas4 ,il faut lui en prter4 ,la supriorit de la beaut fminine est relle2 elle a une cause unique3 l'unit de ligne4 ,ce qui rend la femme plus belle1 c'est l'invisibilit de ses organes gnitaux4 ,le sexe1 qui est parfois un profit1 est toujours une charge et toujours une tare2 il est fait pour la race1 et non pour l'individu4 ,chez le mle humain1 et prcisment cause de son attitude droite1 le sexe est l'endroit sensible par excellence et l'endroit visible1 point d'attaque dans les luttes corps corps1 point de mire pour le jet1 obstacle pour l'il1 soit comme rugosit sur une surface1 soit comme brisure au milieu d'une ligne4 ,l'harmonie du corps fminin est donc gomtriquement bien plus parfaite1 surtout si l'on considre le mle et la femelle l'heure mme du dsir1 au moment o ils prsentent l'expression de vie la plus intense et la plus naturelle4 ,la femme alors1 tous ses mouvements tant intrieurs1 ou visibles seulement par l'ondulation de ses courbes1 garde sa pleine valeur esthtique1 tandis que l'homme1 semblant tout coup rgresser vers les tats primitifs de l'animalit1 apparat rduit1 dpouillant toute beaut1 l'tat simple et nu d'organe gnital4 ,l'homme1 il est vrai1 prend sa revanche esthtique pendant la grossesse et ses dformations4 ,il faut dire aussi que le corps humain a de graves dfauts de proportion et qu'ils sont plus accentus chez la femelle que chez le mle4 ,en gnral1 le tronc est trop long et les jambes1 par consquent1 trop courtes4 ,on dit qu'il y a dans les races aryennes deux types esthtiques3 l'un aux membres longs1 l'autre aux membres courts4 ,ces deux types sont en effet assez faciles distinguer1 mais ils se prsentent rarement avec des caractres aussi tranchs1 et le premier1 d'ailleurs1 est assez rare3 c'est celui que la statuaire a vulgaris en l'amliorant4 ,il suffit de comparer une srie de photographies d'aprs l'art avec une srie d'aprs le nu1 pour se convaincre que la beaut du corps humain est une cration idologique4 ,ots le sentiment goste d'espce et le dlire sexuel1 l'homme apparatrait trs infrieur en plnitude harmonique la plupart des mammifres2 le singe1 son frre1 est franchement inesthtique4 ,,chapitre ,,vii ,,le ,,dimorphisme ,,sexuel ,,et ,,le ,f,,minisme ,infriorit et supriorit de la femelle selon les espces animales4--,influence de l'alimentation sur la production des sexes4--,la femelle aurait suffi4--,fminisme absolu et fminisme modr4--,chimres3 limination du mle et parthnogense humaine4 ,ce n'est qu'aprs avoir tudi srieusement le dimorphisme sexuel dans les sries animales que l'on peut hasarder quelques rflexions sur le fminisme4 ,on a vu1 en telles espces1 la femelle plus belle1 plus forte1 plus active1 plus intelligente2 on a vu le contraire4 ,on a vu le mle plus grand ou plus petit2 on l'a vu1 on le verra parasite1 ou pourvoyeur1 matre permanent du couple ou de la troupe1 fugitif amant1 esclave peureux que la femelle sacrifie1 son plaisir accompli4 ,toutes les attitudes1 et les mmes1 sont attribues par la nature aux deux sexes2 il n'y a pas1 les fonctions spcifiques cartes1 un rle mle et un rle femelle3 l'un et l'autre1 selon les commandements de leur espce1 revtent le mme costume1 chaussent le mme masque1 manient le mme pieu1 outil ou sabre1 sans que l'on puisse savoir1 moins de remonter aux origines et de compulser les archives de la vie1 lequel joue en travesti1 lequel joue au naturel4 ,l'abondance de la nourriture1 et surtout azote1 produirait un plus grand nombre de femelles4 ,chez certains animaux transformation1 on peut agir directement sur les individus3 des ttards repus d'aliments mixtes1 vgtaux1 larves et viandes haches1 ont donn un excs de femelles approchant de la totalit 7#ie f4-#e m474 ,d'autre part1 la suralimentation tend abolir dans les plantes les tamines1 qui se transforment en ptales1 et mme muer les ptales en feuilles1 les boutons en bourgeons4 ,la richesse vitale1 le bien-tre1 la nutrition intensive1 abolissent le sexe2 mais le dernier touch est le sexe fminin1 et c'est lui1 en somme1 qui persvrera obscurment dans la plante asexue1 revenue aux moyens primitifs de la reproduction1 au bouturage4 ,si l'alimentation excessive tend supprimer le mle1 c'est donc que la sparation en deux sexes n'est qu'un moyen de diminuer les charges de l'tre total4 ,le type monoque est une tape vers cette simplification du travail2 la femelle1 un moment1 limine son organe mle1 refuse de le nourrir1 se libre d'un fardeau dont l'utilit n'est que momentane4 ,et par la suite1 pourvue elle-mme avec surabondance de tout ce qui entretient la vie1 elle se dpouille elle-mme de l'appareil sexuel spcialis1 se rend asexue1 c'est--dire1 car ici l'identit des contraires est vidente1 sexue en toutes ses parties3 tota femina sexus4 ,le mle est un accident2 la femelle aurait suffi4 ,si brillantes que soient1 en certaines espces animales1 les destines du mle1 c'est la femelle qui est primordiale4 ,dans l'humanit civilise1 elle nat d'autant plus nombreuse que la civilisation atteint une plus grande plnitude2 et cette plnitude diminue galement la fcondit gnrale3 qu'il s'agisse de l'homme ou d'un pommier1 l'lment mle crot ou dcrot selon la disette ou l'abondance de la nourriture4 ,mais l'espce humaine n'est plus assez plastique pour que les variations de naissances soient jamais trs grandes entre les deux sexes2 et nul animal sang chaud ne l'est assez pour que cette cause1 si active sur les vgtaux1 soit assez forte pour amener la dissolution du mle4 ,il n'y a pas de lois naturelles1 mais il y a des tendances1 et il y a des limites3 les champs d'oscillation sont dtermins par le pass des espces1 un foss qui se courbe en clture et ferme1 presque de toutes parts1 les alles de l'avenir4 ,c'est un fait1 dsormais hrditaire1 que le mle de l'espce humaine a centralis en lui la plupart des activits indpendantes du moteur sexuel4 ,il est seul capable d'accomplir le travail dsintress1 celui qui assure des buts trangers la conservation physique de l'espce1 mais sans lesquels la civilisation serait impossible ou trs diffrente de ce qu'elle est et de l'ide que nous avons de son avenir4 ,sans doute1 dans l'humanit comme dans le reste de la nature1 c'est la femelle qui reprsente le sexe important4 ,a la rigueur1 comme l'abeille maonne1 elle peut suffire aux indispensables besognes1 btir l'abri1 assembler la nourriture1 et le mle pourrait1 sans dommage essentiel1 en tre rduit au rle strict d'appareil fcondateur4 ,le nombre des mles1 dans ce cas1 pourrait et mme devrait diminuer assez rapidement1 mais alors les socits humaines inclineraient vers le type que reprsentent les abeilles sociales3 le travail continu tant incompatible avec les priodes de maternit1 le sexe fminin s'atrophierait1 une femelle unique serait leve la dignit de reine et de mre1 et le reste du peuple travaillerait btement pour un idal extrieur sa propre sensibilit4 ,des transformations plus radicales ne seraient pas encore antinaturelles4 ,la parthnogense pourrait s'tablir3 quelques mles natraient de sicle en sicle1 comme cela a lieu dans l'ordre intellectuel1 qui fconderaient la gnration des reins1 comme le gnie fconde la gnration des cerveaux4 ,mais l'humanit1 par la richesse de son intelligence1 est moins que les autres espces animales soumise la ncessit causale2 force de remuer dans ses rets1 elle dplace quelque corde et fait un mouvement inattendu4 ,la venue sculaire des mles serait inutile si quelque procd mcanique tait trouv pour exciter la vie les ufs de la femme comme on excite les ufs des oursins4 ,les mles1 s'il en naissait encore quelques-uns1 de temps en temps1 par un jeu atavique de la nature1 on les montrerait ainsi que des curiosits1 tels nos hermaphrodites4 ,l'ide fministe conduit ces chimres4 ,mais s'il s'agit de dtruire le couple et de ne pas le reformer1 s'il s'agit d'tablir une vaste promiscuit sociale1 si le fminisme se rsout dans cette formule3 la femme libre dans l'amour libre1 il est bien plus chimrique encore que toutes les chimres1 qui ont au moins leur analogue dans la diversit des murs animales4 ,oui1 la parthnogense humaine est moins absurde3 elle reprsente un ordre1 et la promiscuit est un dsordre2 l'ordre est toujours plus probable que le dsordre4 ,mais la promiscuit sociale est encore impossible cause de ceci1 que la femme plus faible y serait crase4 ,elle ne lutte avec l'homme que grce aux privilges que lui concde l'homme1 troubl par l'ivresse sexuelle1 intoxiqu et endormi par les fumes du dsir4 ,l'galit factice qu'elle rclame rtablirait son ancien esclavage1 le jour o trop de femmes1 o toutes les femmes voudraient en jouir3 et c'est encore une des solutions possibles de la crise fministe4 ,de quelque ct qu'on regarde cette question1 on voit le couple humain se reformer invitablement4 ,il est trs difficile1 du point de vue de la logique naturelle1 de sympathiser avec le fminisme modr2 on accepterait plutt le fminisme excessif4 ,c'est que1 s'il y a de trs nombreux exemples de fminisme dans la nature1 il y en a trs peu de l'galit sexuelle4 ,,chapitre ,,viii ,,les ,,organes ,,de ,l',,amour ,le dimorphisme et le paralllisme sexuels4--,les organes sexuels de l'homme et de la femme4--,constance du paralllisme sexuel dans la srie animale4--,les organes sexuels externes des mammifres placentaires4--,forme et position du pnis4--,l'os pnial4--,le clitoris4--,le vagin4--,les mamelles4--,la verge bifide des marsupiaux4--,organes sexuels des reptiles4--,les poissons et les oiseaux organe pnial4--,organes gnitaux des arthropodes4--,essai de classification animale d'aprs la forme1 la disposition1 la prsence1 l'absence des organes extrieurs de la reproduction4 ,le dimorphisme sexuel1 tant physique que psychique1 a videmment une cause unique1 le sexe2 et cependant les organes par lesquels diffrent le moins les espces qui diffrent le plus1 de femelle mle1 sont prcisment les organes sexuels4 ,c'est qu'ils sont rigoureusement faits l'un pour l'autre1 et que l'accord1 ici1 ne doit pas seulement tre harmonique1 mais mcanique et mathmatique4 ,ce sont des engrenages qui doivent mordre l'un sur l'autre avec exactitude1 soit que1 comme chez les oiseaux1 il ne se produise qu'un abouchement prcis de deux orifices1 soit que1 comme chez les mammifres1 la clef doive pntrer dans la serrure4 ,il y a dimorphisme1 mais c'est celui du moule et de la statue1 du fourreau et de l'pe2 pour les parties dont le contact est moins troit1 le paralllisme n'en est pas moins trs sensible et trs apparent4 ,cette similitude dans la diffrence a frapp de tout temps les philosophes1 aussi bien que les anatomistes1 depuis les insinuations logiques d',aristote jusqu' la thorie des analogues de ,geoffroy-,saint-,hilaire4 ,galien avait dj peru quelques analogies1 plus ou moins exactes3 grandes lvres et prpuce1 ovaires et testicules1 scrotum et matrice4 ,il dit textuellement3 ,toutes les parties de l'homme se trouvent chez la femme2 il n'y a de diffrence qu'en un point1 c'est que les parties de la femme sont internes et celles de l'homme externes1 partir de la rgion du prine4 ,figurez-vous celles qui s'offrent les premires votre imagination1 n'importe lesquelles1 retournez en dehors celles de la femme1 tournez et repliez en dedans celles de l'homme1 et vous les trouverez toutes semblables4 ,supposez d'abord celles de l'homme rentres et s'tendant intrieurement entre le rectum et la vessie2 dans cette supposition1 le scrotum occuperait la place des matrices avec les testicules situs de chaque ct l'orifice externe4 ,la verge du mle deviendrait le col de la cavit qui se produit1 et la peau de l'extrmit de la verge qu'on nomme prpuce formerait le vagin4 ,supposez l'inverse que la matrice se retourne et tombe en dehors1 ses testicules 7ovaires7 ne se trouveraient-ils pas ncessairement en dedans de sa cavit1 et celle-ci ne les envelopperait-elle pas comme un scrotum8 ,le col1 cach jusque-l dans le prine1 ne deviendrait-il pas le membre viril1 et le vagin1 qui n'est qu'un appendice cutan du col1 ne deviendrait-il pas le prpuce8 ,c'est ce passage que ,diderot a transpos et rais au courant de la science dans son ,rve de d',alembert4 ,cette page de littrature anatomique garde sa valeur d'expression3 ,la ,femme a toutes les parties de l',homme1 et la seule diffrence qu'il y art est celle d'une bourse pendante au dehors ou d'une bourse retourne en dedans2 un ftus femelle ressemble1 s'y tromper1 un ftus mle2 la partie qui occasionne l'erreur s'affaisse dans le ftus femelle mesure que la bourse intrieure s'tend2 elle ne s'oblitre jamais au point de perdre sa premire forme2 elle est aussi le mobile de la volupt2 elle a soit gland1 son prpuce1 et on remarque son extrmit un point qui paratrait avoir t l'orifice d'un canal urinaire qui s'est ferm2 il y a dans l',homme1 depuis l'anus jusqu'au scrotum1 intervalle qu'on appelle le prine1 et du scrotum jusqu' l'extrmit de la verge1 une couture qui semble tre la reprise d'une vulve faufile2 les femmes qui ont le clitoris excessif ont de la barbe2 les eunuques n'en ont point1 leurs cuisses se fortifient1 leurs hanches s'vasent1 leurs genoux s'arrondissent1 et1 en perdant l'organisation caractristique d'un sexe1 ils semblent s'en retourner la conformation caractristique de l'autre4444 ,en termes moins littraires1 on considre comme homologues1 chez l'homme et la femme1 l'ovaire et le testicule2 les petites lvres1 le capuchon clitoridien et le fourreau1 le prpuce pniens2 les grandes lvres et l'enveloppe du scrotum2 le clitoris et le pnis2 le vagin et l'utricule prostatique4 ,on trouvera dans les traits spciaux le dtail de ces analogies1 qui ne peuvent tre expliques ici avec une prcision scientifique4 ,le seul point retenir1 c'est que les deux sexes1 et non pas seulement chez l'homme1 bien entendu1 et chez les mammifres1 mais dans presque toutes les sries animales et vgtales1 ne sont que la rptition du mme tre avec spcialisation de fonction4 ,cette spcialisation peut s'tendre d'autres fonctions que la fonction sexuelle1 au travail 7abeilles1 fourmis71 la guerre 7termites74 ,le soldat termite est extraordinaire2 il ne l'est pas plus que le mle4 ,le paralllisme sexuel est constant peu prs chez tous les vertbrs et les arthropodes2 il va jusqu' l'identit chez les mollusques hermaphrodites1 si l'on compare alors non les deux sexes1 mais deux individus4 ,il s'tend1 pour chaque sexe considr sparment1 tout le long de la chane zoologique4 ,a partir du chanon o l'tre se spare en deux1 on voit s'esquisser les organes sexuels tels qu'ils arrivent dans les animaux suprieurs un haut degr de complexit1 tels que1 tout en acqurant des diffrences de forme ou de position1 ils gardent une remarquable stabilit de structure2 on dirait presque identit dans les marsupiaux1 les reptiles1 les poissons1 les oiseaux4 ,pour tre clair1 il faut procder du connu l'inconnu3 l'homme est la figure de comparaison laquelle on rapporte ncessairement les observations faites sur les autres animaux4 ,il n'est pas indiffrent de connatre le mcanisme normal de l'amour1 puisqu'une des prtentions des moralistes est d'en rgler les mouvements4 ,l'ignorance est tyrannique2 ceux qui ont invent la morale naturelle connaissaient fort peu la nature3 cela leur permit d'tre svres1 aucune notion prcise n'embarrassant la certitude de leurs gestes4 ,on devient plus discret1 quand on a contempl le tableau prodigieux des habitudes rotiques de l'animalit1 et mme tout fait inhabile dcider si1 oui ou non1 un fait est1 ou n'est pas naturel4 ,en vrit1 tout est naturel4 ,l'homme est un mammifre placentaire3 ce titre1 ses organes gnitaux et la manire de s'en servir lui sont communs avec tous les animaux poil1 mamelles et ombilic4 ,il n'est pas d'ordinaire entirement couvert de poils1 mais il n'est gure une rgion du corps o ils ne puissent pousser et les deux sexes en sont galement pourvus1 avec une abondance souvent extrme1 au pubis et aux aisselles4 ,l'organe mle et actif du mammifre est le pnis1 complt1 le plus souvent l'extrieur1 par les testicules4 ,le pnis est1 la fois1 conduit excrteur de l'urine et du sperme2 une relation analogue existe chez la femelle1 et c'est trs exactement que l'ensemble de ces organes emmls ont t appels gnito-urinaires ou1 selon un terme plus rcent1 uro-gnitaux1 car il en est de mme dans toute la srie animale1 que l'urtre dbouche l'extrieur1 ou qu'il aboutisse1 comme chez les oiseaux1 dans un cloaque1 vestibule commun toutes les excrtions4 ,le pnis des bimanes descend librement2 il pend en avant du pubis chez les quadrumanes et les chiroptres 7chauves-souris74 ,la chauve-souris se rapproche trangement de l'homme ou1 en gnral1 des primates3 cinq doigts aux mains1 dont un pouce1 cinq doigts aux pieds1 mamelles pectorales1 flux mensuel1 pnis libre2 c'est une petite caricature humaine dont le vol effar et brusque enveloppe le soir nos maisons4 ,chez les carnassiers1 les ruminants1 les pachydermes1 les solipdes et plusieurs autres familles de mammifres1 le pnis est engain dans un fourreau qui s'applique le long du ventre4 ,il est ainsi mieux prserv contre les accidents1 les piqres d'insectes1 en mme temps que sa sensibilit se conserve intacte4 ,des voyageurs1 au dire de ,buffon1 ont vu les ,patagons chercher un rsultat analogue en se nouant le prpuce au-dessus du gland1 comme un sac avec une cordelette3 ainsi la main de l'homme lui permet de perfectionner son corps ou de le mutiler4 ,les mutilations et les dformations sexuelles1 circoncision des ,smites et des sauvages1 excision des illumins russes1 perforation transversale du gland1 aplatissement chirurgical de la verge1 sont extrmement frquentes4 ,la main des chiroptres est entrave2 celle des quadrumanes n'a qu'un rle sexuel1 la masturbation4 ,elle peut cependant servir de bouclier contre les dangers extrieurs2 beaucoup de quadrupdes1 pourtant mieux abrits1 se servent dans le mme but de leur queue3 quand ils la ramnent entre leurs jambes1 c'est tantt un geste psychologique1 pudeur ou refus des femelles1 tantt un geste de prservation4 ,le mouvement de la ,vnus pudique1 celui de l'homme qui sort nu d'un bain n'ont pas d'autre origine4 ,les singes1 ds qu'ils cessent de remuer1 portent leurs mains leurs parties sexuelles4 ,des ,polynsiens1 avant le christianisme1 avaient l'habitude1 quand ils restaient debout1 de tenir pleines mains leur scrotum1 la verge pendante entre deux doigts1 attitude de dandy sauvage4 ,le scrotum manque quelques espces1 comme ,pline l'avait dj remarqu3 ,testes elephanto occulti4 ,chez le chameau1 les testicules roulent sous la peau de la rgion inguinale2 les testicules des rats sont galement internes1 mais ils sortent la saison du rut et prennent alors un dveloppement norme4 ,les singes ont souvent la peau des bourses bleue1 rouge ou verte1 comme aussi d'autres parties dnudes de leur corps4 ,le chameau1 le dromadaire1 les chats ont l'extrmit du pnis replie en arrire 7cette position explique la manire dont les matous projettent l'urine72 elle ne se redresse et ne se porte en avant que dans l'rection4 ,le fourreau des rongeurs1 et non plus seulement la verge1 se dirige en arrire et aboutit tout prs de l'anus1 et devant4 ,le pnis est grle chez les ruminants1 le sanglier2 gras et rond chez les solipdes1 l'lphant1 le lamentin2 gras et conique chez le dauphin2 cylindrique chez les rongeurs et les primates4 ,le gland1 qui affecte toutes les formes intermdiaires entre la boule et la pointe1 prend1 chez le rhinocros1 celle d'une grossire fleur de lys4 ,il se hrisse chez le chat de petites pines inclines vers la base et1 chez l'agouti1 la gerboise1 il est muni de crochets rtenteurs qui agrippent les organes de la femelle4 ,la verge de beaucoup de mammifres1 vritable membre1 est soutenue par un os intrieur form aux dpens de la cloison conjonctive qui spare les deux corps caverneux4 ,cet os pnial se rencontre chez beaucoup de quadrumanes1 chimpanzs1 orangs1 chez la plupart des carnassiers 7la hyne excepte71 chiens1 loups1 flins1 martre1 loutre1 blaireau2 chez les rongeurs1 le castor1 les phoques1 les ctacs2 il manque chez les ruminants1 les pachydermes1 les insectivores1 les dents4 ,chez l'homme1 on en trouve trace1 parfois1 sous la forme d'un mince cartilage1 prismatique4 norme dans l'norme pnis des baleines1 il ressemble un battant de cloche4 ,l'os pnial diminue la capacit rectile de la verge1 en arrtant le dveloppement des corps caverneux2 mais il assure la rigidit du membre1 obtenue dans l'autre type pnial par l'afflux du sang qui produit un gonflement4 ,l'homme devrait avoir un os pnial2 il l'a perdu au cours des ges et c'est sans doute fort heureux1 car une rigidit permanente1 ou trop facilement obtenue1 et augment jusqu' la folie la salacit de son espce4 ,c'est peut-tre cette cause qu'est due la raret des grands singes1 pourtant forts et agiles4 ,cela serait confirm1 si le cartilage pnial se rencontrait rgulirement chez les hommes trs lascifs1 ou avec une certaine frquence dans les races humaines les plus adonnes l'rotisme4 ,le pnis se retrouve dans la femelle sous la forme du clitoris4 ,presque aussi volumineux qu'un pnis vrai chez les quadrumanes1 il est atrophi en d'autres espces4 ,chez les femmes1 il varie individuellement1 quelques-unes tant1 sous ce rapport1 quadrumanes4 ,parfois le clitoris est perfor1 pour laisser passage l'urtre 7quelques singes1 la taupe72 une lgre trace de cet ancien mat se voit sur la tte du clitoris fminin4 ,dans les espces dont les mles ont un os pnial1 les femelles possdent souvent un os clitoridien1 et rien n'affirme plus nettement le paralllisme de ces deux organes dont l'un ne sert plus qu' la volupt1 aprs avoir t peut-tre1 en des temps trs loigns1 et quand l'homme rampait parmi les invertbrs marins1 un instrument rel de la fcondation4 ,les grandes lvres1 qui limitent l'orifice gnral de la vulve1 n'existent que chez la femme et1 moins marques1 chez la femelle orang4 ,circulaire chez les rongeurs1 transversale1 exemple unique1 chez la hyne1 cette bte htroclite1 la vulve est longitudinale dans tous les autres mammifres4 ,compltement imperfor chez la taupe1 le vagin est plus ou moins ferm par une membrane1 que dchire le pnis aux premires approches1 chez la femme1 plusieurs quadrumanes1 quelques petits singes1 le ouistiti1 quelques carnassiers1 l'ours1 la hyne1 le phoque ventre blanc1 le daman 7onguls72 elle est remplace1 chez le chien1 le chat1 les ruminants1 par un tranglement annulaire entre le vagin et le vestibule4 ,l'hymen n'est donc nullement particulier aux vierges humaines1 et il n'y a nulle gloire un privilge que l'on partage avec les ouistitis6 ,la menstruation se rencontre chez les quadrumanes1 chez les chauves-souris2 d'autres femelles de mammifres prsentent un coulement sanguinolent1 mais limit la priode du rut4 ,la position des mamelles est variable1 ainsi que leur nombre3 inguinales chez les ruminants1 les solipdes1 les ctacs1 ventrales chez les chiens1 les porcs1 elles sont pectorales1 et toujours au nombre de deux1 chez presque tous les primates1 les chiroptres1 les lphants et chez les ,sirniens qui1 cause de cela1 sans doute1 parurent aux2 marins de jadis semblables leurs femmes4 ,d'autres particularits et correspondances seront examines au chapitre suivant1 qui traitera du mcanisme de l'amour1 de la mthode employe par les divers animaux pour utiliser leurs organes selon le commandement de la nature4 ,il reste considrer les mammifres infrieurs et les autres vertbrs dont les instruments de fcondation ressemblent sensiblement ceux des mammifres4 ,chez l'homme et les autres placentaires1 la verge bifide est un fait tratologique qui ne se rencontre que chez des monstres doubles incomplets4 ,c'est au contraire la forme la plus gnrale chez les marsupiaux4 ,a ce pnis double1 au moins partir du gland1 correspond naturellement un double vagin2 il en est ainsi chez la sarigue1 le ,kangourou4 ,la bipartite originelle se retrouve rgulirement dans l'utrus de quelques placentaires1 livres1 rats1 chauves-souris1 les carnivores4 ,l'utrus des marsupiaux est simple et sans rtrcissement au col4 ,on sait que leurs petits n'y sjournent que fort peu de temps1 qu'ils naissent1 non l'tat de ftus1 mais l'tat de germes1 et achvent leur dveloppement dans la poche marsupiale4 ,une sarigue1 destine acqurir la taille d'un chat ordinaire1 est sa naissance peu prs de la grosseur d'un haricot4 ,ces animaux diffrent donc profondment des autres mammifres4 ,parmi les reptiles1 les uns1 comme les crocodiles et la plupart des chloniens1 n'ont qu'une verge simple2 quelques tortues ont l'extrmit du pnis bifide2 il est multifide chez le trionix1 tortue ,carnivore et justement qualifie de froce4 ,les sauriens et les ophidiens peuvent dployer en dehors du cloaque deux verges rectiles2 elles sont chez les sauriens1 ou lzards1 courtes1 rondes et hrisses d'pines4 ,les femelles n'ont de clitoris que quand leur mle n'a qu'une seule verge2 du moins cet organe n'est-il bien constitu que chez les crocodiliens et les chloniens4 ,la copulation est inconnue des batraciens1 dont le contact est cependant trs troit2 elle est inconnue de la plupart des poissons1 dont les amours sont exempts mme du contact4 ,cependant quelques slaciens 7les squales1 les raies71 peut-tre aussi un ou deux tlostens 7poissons osseux7 et la lamproie1 possdent un organe copulateur qui pntre rellement dans l'organe femelle4 ,les oiseaux qui possdent un pnis1 ou un tubercule rectile et rtractile qui en fait l'office1 sont l'autruche1 le casoar1 le canard1 le cygne1 l'oie1 l'outarde1 le nandou et quelques espces voisines2 leurs femelles ont un organe clitoridien4 ,chez l'autruche1 c'est une vritable verge1 longue de cinq ou six pouces1 creuse d'un sillon qui sert de conduit la liqueur sminale1 norme dans l'rection1 en forme de langue4 ,la femelle a un clitoris et le cot s'accomplit exactement comme chez les mammifres4 ,le cygne et le canard sont galement fort bien dous d'un tubercule rectile apte la copulation2 et cela explique1 en mme temps que l'histoire de ,lda1 la rputation libidineuse du canard et ses exploits dans les basses-cours1 vritables abbayes de ,thlme4 ,on ne peut pas dcrire ici les organes copulateurs des arthropodes1 qui comprennent les insectes proprement dits4 ,il suffit de noter que1 si ,varies que soient leurs formes1 ils se comportent sensiblement comme ceux des mammifres suprieurs et se composent des deux pices essentielles3 le pnis1 renferm dans un tui pnial1 et le vagin1 prolong par la poche copulatrice1 qui reoit le pnis4 ,pour les poissons et les oiseaux1 les organes externes faisant dfaut1 tout se rduit des mthodes que l'on examinera dans la suite4 ,les mollusques hermaphrodites1 l'appareil sexuel si merveilleusement compliqu1 doivent galement tre considrs part4 ,enfin1 les murs amoureuses des insectes formeront une suite de chapitres exemplaires4 ,ds prsent1 en ne tenant compte que des organes extrieurs du mle ou des organes qui1 internes au repos1 surgissent au moment du cot1 on pourrait essayer une vague classification nouvelle des sries animales4 #a4 ,prsence d'un pnis ou d'un tubercule copulateur rectile3 mammifres placentaires1 depuis l'homme jusqu'aux marsupiaux exclusivement2 quelques coureurs et palmipdes2 les crocodiliens2 les chloniens2 quelques slaciens2 les arthropodes2 les rotifres4 #b4 ,prsence d'un pnis bifide3 les marsupiaux2 les sauriens2 les chloniens2 les scorpionides4 #c4 ,disjonction de l'appareil scrteur et de l'appareil copulateur3 araignes1 libellules4 #d4 ,absence de pnis1 copulation par contact3 monotrmes 7ornithorynque71 oiseaux1 batraciens1 crustacs4 #e4 ,pas de copulation2 fcondation extrieure des ufs3 poissons1 chinodermes4 #f4 ,transmission indirecte du sperme avec ou sans contact 7par le spermatophore73 cphalopodes1 orthoptres4 #g4 ,hermaphrodisme3 mollusques1 tuniciers1 vers4 #h4 ,reproduction monogame3 les protozoaires et quelques-uns des derniers mtazoaires4 ,il faudrait bien des distinctions et des exceptions pour rendre ce tableau un peu moins imprcis4 ,il n'est cependant pas inexact1 quoique incomplet et sans nuances1 et il permet de voir que la sparation des sexes avec appareils copulateurs bien caractriss n'est pas un signe absolu de supriorit animale2 que cependant il se rencontre chez les animaux les mieux dous2 que les oiseaux1 avec leur systme gnital peine esquiss1 semblent reprsenter dans la nature un type lev1 par la simplicit des organes et des moyens2 que les sexes sans copulation profonde ou superficielle tendent1 comme chez les poissons1 devenir ou demeurer identiques2 que tous les modes de fcondation diffrents de la copulation sont exclusivement attribus des espces infrieures2 que l'hermaphrodisme ne fut qu'un essai limit une catgorie d'tres particulirement manques pour tout ce qui n'est pas reproduction2 que l'absence de sexe caractrise uniquement les premires formes de la vie4 ,si l'on considre1 non plus le mode de copulation1 mais l'appareil lui-mme1 avec sa partie mle1 le pnis1 et sa partie femelle1 le vagin1 on voit nettement que ces organes trs particuliers ne se rencontrent gure1 bien dessins1 que dans les deux grands embranchements o l'intelligence est le plus dveloppe3 les mammifres1 les arthropodes4 ,il y aurait peut-tre une certaine corrlation entre la copulation complte et profonde et le dveloppement crbral4 ,,chapitre ,,ix ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,i4 ,la ,copulation3 ,vertbrs4--,ses varits trs nombreuses et sa fixit spcifique4--,immoralit apparente de la nature4-- ,l'ethnographie sexuelle4--,mcanisme humain4--,le cavalage4 --,forme et dure de l'accouplement chez divers mammifres4 --,aberrations sexuelles chirurgicales3 l'ampallang4--,la douleur1 comme frein sexuel4--,l'hymen4--,la taupe4--,passivit de la femelle4--,l'ovule1 figure psychologique de la femelle4--,manie d'attribuer aux animaux des vertus humaines4 --,la pudeur des lphants4--,mcanisme de l'accouplement chez les baleines1 les phoques1 les tortues4--,chez certains ophidiens et certains poissons4 ,i4 ,la ,copulation3 ,vertbrs4-,les ,figur ,veneris de ,forberg puisent en quarante-huit exemples les modes de conjugaison accessibles l'espce humaine2 les manuels rotiques de l',inde imaginent quelques variantes1 quelques perfectionnements voluptueux4 ,mais il s'en faut de beaucoup que toutes ces juxtapositions soient favorables la fcondation2 la plupart mme n'ont t inventes que pour luder un rsultat trop logique et trop matriel4 ,les animaux assurment1 les plus dlis comme les plus stupides1 ignorent toute mthode de fraude conjugale2 nulle dissociation1 il est inutile de le dire1 ne peut se faire dans leur cerveau rudimentaire entre la sensation sexuelle et la sensation maternelle1 la sensation paternelle encore bien moins4 ,l'ingniosit de chaque espce est donc brve2 mais l'ingniosit universelle de la faune est immense1 et il est peu d'imaginations humaines1 parmi celles que nous qualifions de perverses et mme de monstrueuses1 qui ne soient le droit et la norme en telle ou telle rgion de l'empire des btes4 ,des pratiques fort analogues 7encore que trs diffrentes par le but7 diverses pratiques onanistes1 la spermatophagie mme1 au sadisme1 sont imposes d'innocentes btes et reprsentent pour elles la vertu familiale et la chastet4 ,un mdecin1 qui n'en a pas tir beaucoup de gloire1 inventa ou propagea la fcondation artificielle3 il imitait les libellules et les araignes2 ,m4 de ,sade aimait imaginer des ruts o le sang coulait en mme temps que le sperme3 berquinades1 si l'on contemple1 non sans effarement1 les murs d'un ingnieux orthoptre1 la mante religieuse1 l'insecte qui prie ,dieu1 comme disent les ,provenaux1 la prego-,diou1 la prophtesse1 disaient les ,grecs6 ,les vers de ,baudelaire1 bafouant ceux qui veulent aux choses de l'amour mler l'honntet1 ont une valeur non pas seulement morale1 mais scientifique4 ,en amour1 tout est vrai1 tout est juste1 tout est noble1 ds que1 comme chez les animaux les plus fous1 il s'agit d'un jeu inspir par le dsir crateur4 ,il est plus difficile1 sans doute1 de justifier les fantaisies purement exonratrices1 surtout si on se laisse aveugler par l'ide de finalit spcifique2 on peut affirmer cependant1 et on n'en dira pas davantage sur ce sujet1 que des animaux n'ignorent ni la sodomie ni l'onanisme1 et qu'ils y cdent1 pousss par la ncessit1 en l'absence des femelles4 ,snancour a crit sur ces pratiques dans l'humanit des pages sages et hardies4 ,l'ethnographie sexuelle existe peine4 ,les renseignements pars sur ce sujet1 pourtant trs important1 n'ont pas t coordonns2 cela serait peu1 ils n'ont pas t vrifis4 ,on ne sait de prcis sur les usages cotaux que ce que la vie en apprend1 les questions de ce genre tant fort difficiles poser et les rponses toujours quivoques4 ,il y a l toute une science qui a t corrompue par la pudeur chrtienne4 ,un mot d'ordre encore obi a t lanc jadis1 et l'on cache tout ce qui unit sexuellement l'homme l'animal1 tout ce qui prouve l'unit d'origine de ce qui a vie et sentiment4 ,les mdecins qui ont tudi cette question n'ont connu que l'anormal1 que la maladie3 il serait imprudent de conclure de leurs observations des pratiques gnrales4 ,la meilleure source1 du moins pour les races europennes1 c'est encore la casuistique4 ,de l'numration des pchs contre la chastet relevs par les confesseurs de profession1 on pourrait1 aprs quelque tude1 dduire les murs sexuelles secrtes de l'humanit civilise4 ,mais il faudrait bien se garder de conserver soit la vieille ide du pch1 soit l'ide1 identique sous une forme moderne1 de faute1 de dlit1 d'erreur4 ,des pratiques communes tout un groupe ethnique ne peuvent pas tre juges autrement que normales1 et il importe peu qu'elles soient stygmatises par les apologistes des bonnes murs4 ,ce qui est bon1 c'est ce qui est1 et ce qui est contient ce qui sera4 ,il est assur que les bimanes et les quadrumanes sont fort libertins1 que cela tienne leur souplesse physique ou leur intelligence4 ,c'est un fait indniable et insurmontable1 quoique fcheux4 ,le couple humain a tir de cette tendance mille fantaisies rotiques qui1 en se disciplinant1 ont abouti la cration d'une vritable mthode sexuelle1 soit de plaisir dsintress1 soit de prservation contre la fcondit3 n'est-ce point important et comment disserter sur la dpopulation1 par exemple1 si l'on perd de vue ce fait primordial8 ,que peut le raisonnement1 moral ou patriotique1 devant un instinct qui est devenu1 ou redevenu une pratique intelligente et consciente1 lie ce qu'il y a de plus profond dans la sensibilit humaine8 ,il est fort difficile1 surtout quand il s'agit de l'homme1 de faire le dpart entre le normal et l'anormal4 ,mais qu'est-ce que le normal1 qu'est-ce que le naturel8 ,la nature ignore cet adjectif qu'on a tir de son sein plein d'illusions1 peut-tre par ironie1 peut-tre par ignorance4 ,il n'est pas trs utile de dcrire le cavalage humain1 qui d'ailleurs n'est pas strictement un cavalage1 la femelle tant attaque par devant4 ,le cavalage vritable a t1 comme on le sait1 vant par ,lucrce1 quoiqu'il ait1 ce qui n'enlve rien ses mrites1 un air franchement animal2 c'est la forme de l'amour appele par les thologiens more bestiarum1 et par ,lucrce more ferarum1 ce qui est la mme chose3 ,et quibus ipsa modis tractetur blanda voluptas1 ,et quoque permagni refert2 nam more ferarum1 ,quadrupedumque magis ritu1 plerumque putantur ,concipere uxores1 quia sic loca sumere possunt1 ,pectoribus positis1 sublatis semina lumbis4 ,ce mode1 prconis par ,lucrce comme le plus favorable la fcondation1 est celui de presque tous les mammifres1 de presque tous les insectes et de beaucoup de familles animales4 ,les singes1 grands et petits1 n'en connaissent pas d'autre4 ,l'architecture de leur corps leur rendrait fort difficile la copulation face face4 ,il ne faut pas oublier1 en effet1 que la station debout n'est jamais que momentane1 mme chez les orangs et les chimpanzs2 ils ne tiennent pas beaucoup mieux en quilibre que les ours1 beaucoup moins bien que les kangourous1 les marmottes ou les cureuils3 mme quand ils se dressent1 on sent qu'ils ont quatre pattes4 ,l'amour1 chez eux1 n'est pas libr des saisons1 et quoiqu'ils soient libidineux toute l'anne1 ils ne semblent aptes la gnration que durant quelques semaines de rut3 alors leurs organes gnitaux acquirent une rigidit permanente2 les mamelles des guenons1 aussi maigres d'ordinaire que celles du mle1 ne se gonflent que pendant cette mme priode4 ,il y a donc trs loin1 au point de vue sexuel1 de l'homme aux grands singes1 ses voisins anatomiques4 ,l'homme1 et mme parmi les espces les plus humbles1 a dompt l'amour et l'a rendu son esclave quotidien1 en mme temps qu'il a vari les accomplissements de son dsir et qu'il en a rendu possible le renouvellement bref intervalle4 ,cette domestication de l'amour est une uvre intellectuelle1 due la richesse et la puissance de notre systme nerveux1 capable aussi bien des longs silences que des longs discours physiologiques1 de l'action et de la rflexion4 ,le cerveau de l'homme est un matre ingnieux qui a su tirer d'organes1 sans supriorit bien vidente1 les travaux les plus compliqus1 les jouissances les plus aigus2 sa matrise est trs faible chez les quadrumanes et les autres mammifres2 elle est trs forte chez beaucoup d'insectes1 comme on l'expliquera en un chapitre ultrieur4 ,on n'attend pas une description minutieuse du mcanisme extrieur de l'amour chez toutes les espces animales4 ,cela serait long1 difficile et ennuyeux4 ,quelques exemples suffiront1 parmi les plus caractristiques4 ,la dure du cot est extrmement variable1 mme chez les mammifres suprieurs4 ,trs lent chez le chien1 l'accouplement n'est qu'un clair chez le taureau1 chez le blier1 o il s'appelle la lutte4 ,le taureau ne fait vraiment qu'entrer et sortir1 et c'est un spectacle trs philosophique1 car on comprend aussitt que ce qui pousse cette bte fougueuse vers la femelle1 ce n'est pas l'attrait d'un plaisir trop rapide pour tre profondment senti1 mais une force extrieure l'individu1 quoique incluse dans son organisme4 ,par sa dure excessive et douloureuse1 le cot du chien prte d'ailleurs des rflexions analogues3 ,in triviis quum spe canes discedere aventes ,diversi cupidine summis ex viribus tendunt4 7,,lucr,,ce47 ,c'est que la verge du chien contient un os creux dont la cavit laisse passage l'urtre4 ,autour de cet os se trouvent des tissus rectiles dont l'un1 le nud de la verge1 se gonfle dmesurment pendant le cot et empche la disjonction des deux animaux1 l'acte accompli4 ,ils restent longtemps penauds1 n'arrivent se librer que longtemps aprs que leur dsir s'est mu en dgot1 figure grotesque et lamentable de bien des liaisons humaines4 ,notre autre animal familier1 le chat1 n'a pas de plus heureuses amours4 ,son pnis est en effet garni d'pines1 de papilles cornes1 vers la pointe1 et l'intromission1 autant que la sparation1 ne va pas sans gmissements4 ,c'est ce que l'on entend la nuit1 cris de douleur et non de volupt1 hurlements de la bte que la nature a prise au pige4 ,cela n'empche pas la femelle d'tre fort entreprenante3 rpondant l'appel du mle1 qui la poursuit1 elle l'excite de cent faons1 le mordille la nuque et au ventre1 avec une insistance qui a donn1 dit-on1 une mtaphore la langue rotique4 ,mais la morsure la nuque est bien plus curieuse1 tant d'une intention bien moins directe4 ,les chiennes aussi mordent la nuque le mle avec lequel elles prludent4 ,c'est vers la nuque que se trouve le bulbe1 noyau d'origine des nerfs qui gouvernent la rgion sacre1 les fonctions gnitales4 ,la douleur qui accompagne les actes sexuels doit tre exactement diffrencie de la douleur passive4 ,il est trs possible 7les femmes pourraient en tmoigner7 que les soupirs ou mme les cris pousss en de tels moments soient l'expression d'une sensation mlange1 o la joie ait presque autant de part que la souffrance4 ,ne jugeons pas les exclamations flines d'aprs l'acuit de leur timbre2 massacres par la verge cruelle de leur mle1 les chattes hurlent1 mais elles attendent la bndiction suprme4 ,la rigueur des premires approches n'est peut-tre que la promesse de dlices plus profondes3 c'est ce que certaines femmes ont pens4 ,on sait que la langue des chats est rugueuse3 telle est la langue et aussi toutes les muqueuses des ngres4 ,cette pret de surface augmente notablement le plaisir gnital1 comme en tmoignent ceux qui ont connu des ngresses2 elle a t perfectionne4 ,les ,dayaks de ,borno se transpercent l'extrmit du pnis1 travers la fosse naviculaire1 pour y adapter une cheville termine de chaque ct par des touffes de poils rigides en forme de brosse4 ,avant de se donner1 les femmes1 par certaines ruses1 certains gestes traditionnels1 indiquent la longueur de la brosse qu'elles dsirent4 ,a ,java1 on remplace cet appareil1 appel ampallang1 par un fourreau1 plus ou moins pais1 de peau de chvre4 ,en d'autres pays1 ce sont des incrustations de petits cailloux qui font du gland une masse bossele2 et ces cailloux sont parfois substitus par de minuscules grelots1 si bien que les hommes font1 quand ils courent1 un bruit de mules1 et que les femmes attentives jugent de leur valeur d'aprs l'intensit de leur musique sexuelle4 ,ces coutumes1 signales par de ,paw chez certains indignes de l',amrique1 n'ont pas t observes rcemment1 sans doute parce que la pudeur chrtienne des voyageurs modernes oblitre leurs yeux et leurs oreilles1 quand il convient4 ,aucun usage ne s'abolit que devant un autre usage plus utile la sensualit1 et l'imagination1 en ces matires1 semble1 au lieu de reculer1 faire des progrs4 ,il est vrai que les inventeurs se cachent1 mme dans les pays sauvages1 la morale sexuelle tendant devenir uniforme4 ,ces artifices1 qui nous paraissent singuliers1 ont certainement t crs l'instigation des femmes1 puisque ce sont elles qui en profitent4 ,les mles s'y sont soumis1 heureux sans doute de se dlivrer ainsi1 au prix d'une souffrance passagre1 de la terrible lascivit de leurs femelles4 ,racles1 corches par de tels instruments1 elles doivent1 au moins pour quelques jours1 fuir le mle et cuver en silence leurs souvenirs luxurieux4 ,les ,chinois et les ,japonais1 dont les femmes sont galement trs lascives1 connaissent des moyens analogues2 ils ont aussi invent1 pour dompter leurs compagnes1 d'ingnieuses mthodes onanistes qui leur permettent1 cependant que la paix rgne au foyer1 de vaquer leurs affaires4 trange dissemblance entre les races ou espces humaines3 les ,aryens1 dans le mme but1 se sont servis du frein religieux1 de la prire1 de l'ide de pch1 et finalement de la libert1 c'est--dire du plaisir de vanit qui tourdit la femme et l'invite plaire autrui avant de se satisfaire elle-mme4 ,la femme n'est pas le seul mammifre pour lequel1 en dehors de la forme singulire du pnis1 les premires approches soient douloureuses2 mais il n'est peut-tre aucune femelle qui ait1 autant que la taupe1 de justes motifs pour craindre le mle4 ,sa vulve1 extrieurement imperfore1 est voile de peau velue comme le reste du corps2 elle doit1 pour tre fconde1 subir une vritable opration chirurgicale4 ,on sait comment vivent ces btes1 creusant1 la recherche de leur nourriture1 de longues galeries souterraines1 dont les dblais1 rejets de place en place1 forment les taupinires4 ,a l'poque du rut1 oubliant ses chasses1 le mle se met en qute d'une femelle et1 ds qui l'a devine1 il creuse dans sa direction1 excave avec fureur la terre hostile4 ,se sentant pourchasse1 la femelle fuit4 ,l'instinct hrditaire la fait trembler devant l'outil qui va lui ouvrir le ventre1 devant ce redoutable pnis arm d'une tarire qui perfora sa mre et toutes ses aeules4 ,elle fuit1 elle creuse1 mesure que le mle s'avance1 des tunnels enchevtrs o peut-tre son perscuteur finira par perdre son chemin2 mais le mle1 lui aussi1 est instruit par l'hrdit3 il ne suit pas la femelle1 il la contourne1 l'enveloppe1 finit par l'acculer dans une impasse1 et1 tandis qu'elle enfonce encore dans la terre son museau aveugle1 il l'agrippe1 l'opre et la fconde4 ,quel plus charmant emblme de la pudeur que cette petite bte au pelage noir et doux8 ,et quelle vierge humaine montra jamais une telle constance garder sa vertu8 ,et laquelle1 seule dans la nuit d'un palais souterrain1 userait ses mains ouvrir les murs1 toute sa force fuir son amant8 ,des philosophes ont cru que la pudeur sexuelle tait un sentiment artificiel1 fruit des civilisations3 ils ne connaissaient pas l'histoire de la taupe1 ni aucune des histoires vraies qui sont dans la nature1 car presque toutes les femelles sont craintives1 presque toutes ragissent1 l'apparition du mle1 par la peur et par la fuite4 ,nos vertus ne sont jamais que des tendances physiologiques1 et les plus belles sont celles dont il est interdit mme d'essayer l'explication4 ,pourquoi la chatte est-elle violente et pourquoi la taupe est-elle peureuse8 ,sans doute la taupe se tient dans la rgle1 tout en exagrant sa rigueur1 mais pourquoi cette rgle8 ,il n'y a pas de rgle2 il n'y a que des faits que nous groupons sous des modes perceptibles notre intelligence1 des faits toujours provisoires et qu'un changement de perspective suffirait dnaturer4 ,la notion de rgle1 la notion de loi1 aveux de notre impuissance poursuivre dans ses origines logiques la gnalogie d'un fait4 ,la loi1 c'est une manire de dire1 une abrviation1 un point de repos4 ,la loi1 c'est la moiti des faits plus un4 ,toute loi est la merci d'un accident1 d'une rencontre inopine2 et pourtant1 sans l'ide de loi1 tout ne serait que nuit dans la connaissance4 ,le mle1 dit ,aristote1 en son ,trait de la gnration1 reprsente la forme spcifique2 la femelle1 la matire4 ,elle est passive en tant que femelle1 tandis que le mle est actif4 ,la pudeur sexuelle est un fait de passivit sexuelle4 ,le moment arrivera1 pour la femelle1 d'tre1 son tour1 active et forte1 quand elle sera fconde1 quand elle aura donner le jour et la pture la postrit de sa race4 ,le mle alors redeviendra inerte3 partage quitable de la dpense des forces1 juste division du travail4 ,cette passivit de l'lment femelle se retrouve dans la figuration mme de l'animalit1 forme par l'uf et le spermatozode4 ,on en voit le jeu dans un microscope3 l'uf attend1 solide comme une forteresse ou comme une femme que beaucoup d'hommes regardent et convoitent2 les petits animaux se mettent en marche1 ils assigent l'enceinte1 ils la heurtent de leur tte3 l'un d'eux a bris la muraille1 il entre1 et ds que sa queue de ttard a franchi la brche1 la blessure se referme4 ,toute l'activit de cette femelle embryonnaire se rduit ce geste2 la plupart de ses grandes surs n'en connaissent pas d'autre4 ,leur libre arbitre1 presque toujours1 consiste en ceci3 qu'elles accueillent un seul des arrivants1 sans que l'on puisse bien savoir si c'est un choix physiologique ou un choix mcanique4 ,la femelle attend1 ou elle fuit1 ce qui est encore une manire d'attendre1 une manire active2 car1 non seulement se cupit ante videri1 mais elle dsire tre prise1 elle veut accomplir sa destine4 ,c'est sans doute pour cela que1 dans les espces o le mle est faible ou timide1 la femelle se rsigne une agression exige par le souci des gnrations futures4 ,en somme1 il y a deux forces en prsence3 l'une est l'aimant1 l'autre l'aiguille4 ,la plupart du temps1 la femelle est l'aimant2 parfois elle est l'aiguille4 ,ce sont des dtails de mcanisme qui ne modifient pas la marche gnrale de la machine et son but4 ,a l'origine de tout sentiment1 il y a un fait irrductible et incomprhensible en soi4 ,le raisonnement commun part du sentiment pour expliquer le fait2 cela donne l'absurde rsultat de faire courir la pense dans une piste ferme1 comme un cheval de cirque4 ,l'ignorantisme kantien est le chef-d'uvre de ces exercices de mange1 o1 partant de l'curie catgorique1 le savant quadrupde y retourne ncessairement1 ayant crev tous les disques en papier du raisonnement scolastique4 ,les observateurs des murs animales tombent rgulirement dans ce prjug d'attribuer aux btes les principes directeurs qu'une longue ducation philosophique et surtout chrtienne a inculqus la rtive docilit humaine4 ,toussenel et ,romanes ne sont que rarement suprieurs en clairvoyance aux plus humbles possesseurs d'un prodigieux chien1 d'un chat miraculeux3 il faut rejeter comme apocryphes les anecdotes sur l'intelligence des animaux et surtout celles o l'on vante leur sensibilit1 o l'on clbre leurs vertus4 ,non pas qu'elles soient ncessairement inexactes1 mais parce que la manire de les interprter a vici1 dans le principe1 la manire de les regarder4 ,un seul observateur m'a paru digne de foi en ces matires3 c'est2 ,j4-,h4 ,fabre1 l'homme qui1 depuis ,raumur1 a pntr le plus avant dans l'intimit des insectes1 et dont l'uvre est vritablement cratrice1 peut-tre sans qu'il s'en soit dout1 de la psychologie gnrale des animaux4 ,c'est la manie d'attribuer aux btes la connaissance intuitive de notre catchisme moral qui a cr la lgende de la pudeur sexuelle des lphants4 ,ces chastes monstres1 disait-on1 se cachent pour faire l'amour2 anims d'une sensibilit toute romantique1 ils ne sauraient s'pancher que dans le mystre des jungles1 dans le labyrinthe des forts vierges3 et c'est pourquoi on n'en aurait jamais vu se reproduire en captivit4 ,rien de plus sot3 l'lphant de jardin public ou de cirque fait assez volontiers l'amour1 quoique avec moins d'entrain que dans la fort natale1 ainsi que presque tous les animaux nouvellement captifs4 ,il se reproduit sous l'il de l'homme avec une indiffrence parfaite1 et nul cornac n'empche l'lphante1 qui est fort lascive1 de manifester haute voix ses dsirs impudiques4 ,comme sa vulve s'ouvre non pas entre les jambes1 mais vers le milieu de l'abdomen1 ,buffon avait cru qu'elle devait se mettre sur le dos pour recevoir le mle4 ,il n'en est rien1 mais elle est cependant soumise un geste particulier3 elle s'agenouille4 ,les baleines1 qui sont de beaucoup les plus grands mammifres1 obissent un rite spcial command par leur absence de membres et l'lment o elles vivent3 les deux colosses s'inclinent sur le ct1 comme des navires blesss et1 obliquement1 ventre ventre1 se joignent4 ,l'organe mle est norme1 mme l'tat de repos1 six huit pieds de long 7deux trois mtres7 sur quinze dix-huit pouces de circonfrence4 ,la vulve de la femelle est longitudinale2 tout prs et devant se trouve le mamelon qui1 en cas de lactation1 fait une longue saillie4 ,ce mamelon est pourvu d'un pouvoir jaculateur2 le baleineau s'y accroche par les lvres et le lait lui est envoy comme par une pompe1 merveilleuse accommodation des organes aux ncessits du milieu4 ,l'anatomie force les femelles des phoques et des morses se renverser sur le dos pour recevoir le mle4 ,dans l'espce appele communment lion marin1 la femelle semble1 selon des observations peut-tre courtes1 faire les avances4 ,le mle tant tal au repos1 elle se roule devant lui1 l'agace1 cependant qu'il grogne4 ,elle parvient l'mouvoir et ils s'en vont jouer dans l'eau4 ,au retour1 la femelle se place sur le dos1 et le mle1 qui est bien plus gros et bien plus long1 la couvre en s'arcboutant sur ses bras4 ,l'accouplement dure de sept huit minutes4 ,l'attitude des femelles phoques est galement celle des hrissonnes et1 vraiment1 le cavalage serait ici particulirement pineux4 ,malgr son toit1 le mle de la tortue grimpe sur la femelle et s'y installe1 cramponn la carapace avec les ongles dont ses pieds antrieurs sont arms3 il y demeure quinze jours1 ayant introduit lentement dans les organes patients sa verge longue et ronde1 termine par une sorte de boule pointe1 pressant de toutes ses forces l'norme clitoris de la femelle4 ,nous voici loin des mammifres et de la fougue du taureau2 cet accouplement1 qui dure toute une saison1 nous achemine vers la paresse voluptueuse des dgotants et merveilleux gastropodes4 ,d'aprs des rcits qui ne sont peut-tre pas contradictoires1 les crocodiles s'accoupleraient dans l'eau1 selon les uns1 sur terre1 selon les autres2 dans l'eau1 latralement2 sur terre1 la femelle renverse4 ,ce serait le mle qui mettrait lui-mme la femelle sur le dos1 puis1 le cot accompli1 lui aiderait se relever3 spectacle charmant1 que je ne puis garantir vridique1 mais qui donnerait la meilleure ide de la galanterie de ces anciens dieux6 ,j'ignore si la remarque en fut jamais faite3 le caduce de ,mercure reprsente deux serpents accoupls4 ,dcrire le caduce1 c'est dcrire le mcanisme de l'amour chez les ophidiens4 ,le pnis bifurqu pntre dans le vagin1 les corps s'enlacent de plis et de replis1 cependant que les deux ttes se redressent sur les cols raidis et se regardent fixement1 longtemps1 les yeux dans les yeux4 ,quelques poissons ont un organe pnial2 ils peuvent donc raliser une vritable copulation2 tels squales1 roussettes1 requins1 biches4 ,les mles agrippent2 les femelles et les maintiennent avec des crochets souvent forms1 aux dpens de la nageoire abdominale1 par des pices cartilagineuses qui pntrent dans l'orifice femelle et servent de glissoire au pnis4 ,le mle de la raie saisit la femelle1 la retourne1 se colle sur elle ventre ventre1 la maintient avec ses tenailles pniale et ralise l'accouplement1 lchant sa semence qui pntre dans le cloaque4 ,l'opration se rpte plusieurs reprises1 spare par la mise au jour des raitons1 qui naissent vivants1 et dure jusqu' ce que la femelle soit dcharge de la plus grande partie de ses ufs4 ,,chapitre ,x ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,,ii4 ,la ,copulation 7suite73 ,arthropodes4--,les scorpions4--,les gros crustacs aquatiques4--,les petits crustacs4--,l'hydrachne4--,le scutellre4--,le hanneton4--,les papillons4--,les mouches1 etc4--,sur la variation des murs sexuelles animales4 ,,ii4 ,la ,copulation 7suite73 ,arthropodes4--,c'est parmi les insectes1 les batraciens1 les mollusques qu'on rencontre les modes de fcondation les plus curieux et les plus loigns du mcanisme habituel aux mammifres2 avant d'en venir l1 on donnera par quelques exemples une ide des murs sexuelles de toutes sortes de btes choisies parmi les arthropodes4 ,voici les scorpions1 ces reprsentants terrestres des crustacs aquatiques4 ,les deux sexes sont identiques1 organes gnitaux ordinairement invisibles1 cachs entre l'abdomen et le cphalothorax 7partie antrieure o la tte sans cou prolonge directement le thorax74 ,le mle est pourvu de deux pnis rigides englobs dans un fourreau double1 mais formant un seul canal2 il les insre1 tenant la femelle ventre ventre1 dans la vulve1 l'une des branches inclinant droite1 l'autre gauche1 vers chacun des deux oviductes4 ,mme mcanisme chez les crustacs1 moins1 ce qui est assez rare1 qu'ils soient hermaphrodites4 ,comme le scorpion1 les homards1 les langoustes1 les crevisses1 les crabes1 s'accouplent selon un rite qui ressemble singulirement aux habitudes humaines4 ,singulire vision que celle de cette homarde qui1 l'attaque du mle1 se renverse sur le dos1 souffre patiemment que le mle s'tende sur elle1 enlaant aux siennes ses pattes et ses pinces6 ,vision de sabbat que ,callot ou ,dor n'auraient peinte qu'avec peur6 ,peut-tre voudra-t-on penser cela et considrer avant de l'ouvrir le vendre cuirass de ces btes qui ont propag leur espce1 parmi les algues1 dans les trous des rochers8 ,les glandes gnitales des crustacs sont excellentes2 on mange aussi trs volontiers celles des oursins3 il n'y a mme que cela de bon dans ces btes rugueuses4 ,les mles des gros crustacs ont des canaux jaculateurs qui sont rectiles1 se dressent en forme de double verge d'entre la premire paire de pattes2 les femelles sont paralllement pourvues de deux vulves ouvrant sur la troisime pice sternale ou la base des pattes qui correspondent ce segment4 ,la copulation s'opre par des actes vifs1 ritrs deux ou trois fois1 l'espace d'un quart d'heure4 ,le mle de la crevette des ruisseaux1 qui nage couch sur le ct1 tient sa femelle entre ses pattes et progresse ainsi par bonds3 elle est beaucoup plus petite que lui4 ,mme mcanisme chez l'aselle et le talitre1 ou puce de mer4 ,il y a beaucoup de singularits dans les murs sexuelles des petits crustacs3 le mle du bopyre vit en parasite sur la femelle1 quatre cinq1 fois plus grosse que lui2 et1 ce qui augmente l'tranget1 c'est que la femelle elle-mme est le parasite du palmon4 ,c'est elle qui forme cette petite boursouflure1 gristre une fois cuite1 qui se voit sur le ct de la tte des crevettes devenues roses4 ,les pcheurs affirment volontiers que cette tache ovale reprsente une petite sole1 mais ils racontent bien d'autres merveilles3 que les anatifes1 par exemple1 ces moules pdoncules que l'on voit sur les vieux bois rejets par la mer1 ne sont autre chose que des embryons de canards sauvages1 et tel brave marin les a vus lui-mme prendre leur vol#a4 ,le mle de la linguatule est galement bien plus petit que la femelle2 il n'a qu'un seul testicule1 mais deux longs organes copulateurs qui perforent simultanment la femelle1 jaculant vers les deux ovaires4 ,c'est encore un petit mle que l'hydrachne1 acarien aquatique2 deux ou trois fois moindre que la femelle1 il est seul pourvu d'une queue1 au bout de laquelle se trouvent ses organes gnitaux2 ceux de la femelle sont forms d'une papille place sous le ventre et que signale1 entourant le pertuis1 une tache blanche4 ,le mle nage1 la femelle vient sa rencontre1 se relve obliquement1 fait concider son point blanc avec l'extrmit caudale de son amant1 et la jonction s'accomplit4 ,on voit alors le mle entraner la femelle qui gigote2 l'accouplement1 avec des repos1 mais sans que cesse le contact profond1 dure plusieurs jours4 ,c'est au contraire1 chez des insectes suprieurement dous1 la femelle qui trane son mle3 la fourmi porte le sien sur son dos1 cependant qu'il2 courbe en arc son abdomen vers la vulve2 ainsi charge1 elle vole1 elle monte1 elle plane1 puis tombe avec lui1 comme une goutte d'eau4 ,il meurt sur place1 la femelle se relve1 gagne son nid1 pond1 avant d'accueillir la mort4 ,les noces des fourmis1 c'est toute une fourmilire la fois2 la chute des amants simule une cascade dore et la rsurrection des femelles jaillit au soleil comme une cume rousse4 ,la scutellre est un insecte tantt de forme carre1 cussonnale1 ressemblant la verte punaise des bois1 tantt long et cylindrique1 avec1 sur les ailes1 des points et des lignes de toutes les couleurs4 ,l'une d'elles1 scutiforme1 qualifie de lineata1 dos rouge avec des raies noires1 est commune sur les ombellifres4 ,la copulation a lieu bout bout3 on les observe ainsi noues1 la femelle remorquant son mle1 plus petit1 de feuille en feuille1 d'ombelle en ombelle#b4 ,les forficules s'accouplent galement bout bout2 les puces1 o le mle est moindre1 se tiennent ventre ventre1 pattes enlaces2 la position est plus singulire1 rappelant celle des libellules1 chez la louvette1 petit insecte qui vit sur les gents et se jette volontiers sur l'homme3 la vulve est en effet situe prs de la bouche4 ,les coloptres s'adonnent au cavalage2 l'acte a une dure trs variable1 depuis deux heures jusqu' deux jours4 ,le hanneton mle poursuit la femelle avec ferveur3 il est si ardent qu'il cavale souvent d'autres mles1 tromp par l'odeur de rut qui flotte dans l'air4 ,il saisit la femelle et la tient serre avec ses pattes antrieures et avec ses crochets gnitaux4 ,l'union se prolonge un jour et une nuit2 enfin le mle puis fait la culbute1 tombe sur le dos1 tout en demeurant accroch par les pices pniales1 et la femelle1 qui s'en va brouter1 impassible1 le trane le long des feuilles1 jusqu' ce que la mort le dtache de sa claie3 alors elle pond et meurt son tour4 ,les papillons sont galement trs fervents1 les mles faisant de vritables voyages1 comme l'a prouv ,j4-,h4 ,fabre1 en qute des femelles4 ,ils volent souvent accoupls1 la femelle plus robuste supportant aisment le mle3 c'est un spectacle trs frquent la campagne que ces papillons quatre paires d'ailes qui roulent1 tourdis un peu1 de fleur en fleur1 bateau ivre qui va o ses voiles le mnent4 ,avec les mouches1 le fminisme s'introduit franchement dans le mcanisme mme de l'amour4 ,ce sont les femelles qui possdent l'appareil copulateur2 ce sont elles qui enfoncent leur oviducte1 alors vritable verge1 dans le ventre du mle2 ce sont elles qui font-le geste dominateur1 le mle n'agit qu'en saisissant cette tarire avec les crochets qui entourent sa fente gnitale4 ,c'est cette mme vrille qui sert lai femelle creuser le bois1 la terre ou la chair pour y dposer ses ufs4 ,l'accouplement a lieu bout bout3 il est des plus faciles observer4 ,voil assez d'exemples pour que l'on puisse se rendre compte de ce qu'il y a de permanent dans le mcanisme de la copulation vraie1 et de ce qu'il y a de variable dans ses modes extrieurs4 tant donnes les deux pices capitales de l'appareil1 l'pe et son fourreau1 la nature laisse aux espces le soin d'imaginer1 dirait-on1 la meilleure manire de s'en servir1 et toute mthode lui parat bonne1 qui est fconde4 ,elle en a de plus singulires1 car les inventions1 sexuelles de l'humanit sont presque toutes antrieures ou extrieures l'homme6 ,il n'en est aucune dont le modle1 et mme perfectionn1 ne lui soit offert par les animaux1 par les plus humbles4 ,s'il n'y a pas de rgle gnrale1 s'il n'y a pas une manire morale de fconder une femelle et une manire immorale1 il faut reconnatre que le mme mode est fixe dans la mme espce1 ou dans le mme genre1 ou dans la mme famille4 ,je ne pense pas qu'on ait jamais observ de variation dans les murs sexuelles de l'animalit2 cependant les actes de pure exonration tant possibles1 la mthode de l'amour ne peut pas tre considre comme rigoureusement fixe4 ,elle a vari chez les abeilles sociales1 partant des rapports de couple1 de l'agressivit du mle1 pour aboutir la fcondation politique et autoritaire d'une seule femelle par un seul mle choisi entre cent esclaves favoris4 ,le mcanisme lui-mme a d se modifier1 en mme temps que les organes1 se plier aux circonstances corporelles et de milieu1 sous la pression du systme nerveux qui commande des actes sans se soucier des instruments qui l'accompliront4 ,on trouve la preuve de ces changements dans l'hermaphrodisme accidentel d'un grand nombre d'invertbrs et mme de poissons1 tels que la morue1 le hareng1 le scombre3 changement fondamental1 puisqu'il fait passer l'animal d'une catgorie suprieure une catgorie infrieure2 c'est un rappel des origines1 sans doute1 et l'indication que les espces soumises ces accidents sont loin d'tre physiologiquement fixes4 ,il est trs probable que des accidents analogues1 moins accentus1 visibles quelquefois par la malformation extrieure1 invisibles dans leur influence psychologique1 sont la cause de certaines tendances anormales1 de certains gots en contraste avec le sexe apparent et mme rel4 ,mais ceci ne rpondrait pas encore la vritable question3 y-a-t-il chez les animaux1 en dehors des aberrations purement mcaniques1 des fantaisies rotiques8 ,on ne peut dire non avec certitude4 ,l'animal ne suit qu'un sillon2 quand il l'a trac1 s'il lui est donn de vivre une autre saison1 il revient sur ses pas1 attentif la mme besogne1 soumis toujours les mmes gestes4 ,sans doute1 mais les animaux familiers l'homme1 ou ses voisins1 le chien1 le singe1 peut-tre le chat1 sont assurment capables de fantaisies rotiques3 il est donc difficile de refuser cette tendance aux autres animaux1 aux hymnoptres1 par exemple1 si intelligents4 ,qui sait d'ailleurs si certains modes excentriques de copulation ne sont pas des fantaisies fixes1 devenues des habitudes qui ont supplant une mthode antrieure1 l'animal tant peu capable de superposer deux coutumes8 ,il reste du moins acquis que le mcanisme de l'amour est dans la nature d'une infinie varit et que1 s'il apparat stable dans la plupart des espces fixes1 il est1 en son ensemble1 extrmement oscillant1 capricieux et fantaisiste4 #a ,le nom de ces cirripdes 7il en a t question plus haut7 tmoigne de cette superstition3 anatife est l'abrg de anatifre1 qui porte des canards1 latin anas1 anatis4 444,un arbre tout aussi merveilleux1 c'est celui qui produit les barnacles2 car les fruits de cet arbre se changent en oiseaux 7,voyages de ,mandeville47 #b ,ceci ne semble pas gnral4 ,j'ai observ rcemment1 sur les ombelles de la carotte sauvage1 de nombreux couples de scutellres1 procdant par cavalage1 le mle inerte1 couch sur la femelle qui se promenait1 s'agitait la moindre alerte4 ,forme3 troite1 presque cylindrique2 couleur3 rouge orange1 avec deux courtes bandes noires2 fort suoir1 longues antennes4 ,l'union dure au moins un jour et une nuit4 ,,chapitre ,,xi ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,,iii4 ,des oiseaux aux poissons4-,mles sans pnis4--,accouplement par simple contact4--,salacit des oiseaux4--,copulation des batraciens3 crapaud accoucheur1 crapaud aquatique1 crapaud terrestre1 crapaud pipa4--,parasitisme ftal4--,chastet des poissons4--,les sexes spars dans l'amour4--,fcondation onanistique4--,les cphalopodes3 le spermatophore4 ,,iii4 ,des oiseaux aux poissons4--,c'est vers le milieu du deuxime mois que se dessine dans le ftus humain la sparation du cloaque en deux rgions2 une cloison se forme qui isolera absolument la voie digestive de la voie uro-gnitale4 ,la persistance du cloaque n'est pas un signe de primitivit1 puisqu'on la trouve la fois chez les slaciens1 les batraciens1 les reptiles1 les monotrmes et les oiseaux4 ,la rgion uro-gnitale des marsupiaux et de plusieurs rongeurs est soumise un sphincter unique1 tmoin d'une runion originaire4 ,le cloaque de l'oiseau est divis en trois chambres1 pour les trois fonctions1 l'orifice extrieur tant ncessairement unique1 par dfinition4 ,c'est avec cet appareil rudimentaire que le commun des oiseaux vaque aux plaisirs de l'amour4 ,le mle tant dpourvu de toute pice rectile1 le cot n'est qu'un simple contact1 une pression1 peut-tre un frottement2 si dplaisante que soit la comparaison1 c'est un jeu analogue au baiser bouche bouche1 ou bien1 si l'on veut1 la pese de deux tribades serres vulve vulve4 ,loin d'tre une rgression ou un arrt1 c'est un progrs1 peut-tre2 le mle1 du moins1 y gagne en scurit et en vigueur1 n'tant oblig qu' trs peu de dveloppement musculaire4 ,la salacit de certains oiseaux est bien connue1 et l'on ne voit point que l'absence de pnis extrieur diminue leur ardeur1 attnue la volupt qu'ils trouvent ces contacts succincts4 ,peut-tre le plaisir gnital direct se concentre-t-il dans une papille vasculaire qui se gonfle un peu au moment des approches2 elle est trs rudimentaire1 souvent inapprciable1 mais il semble bien que c'est un organe excitateur1 producteur de volupt4 ,le mle monte sur la femelle1 la maintient des pattes et du bec1 les deux cloaques se superposent et le sperme coule dans l'oviducte4 ,on voit des moineaux rpter jusqu' vingt fois de suite l'acte sexuel1 toujours avec la mme trpidation1 la mme expression de contentement2 la femelle s'en lasse la premire1 manifeste son impatience4 ,les oiseaux sont surtout intressants par leurs murs1 par ce qu'ils mettent de jeu autour de l'amour1 leurs parades1 leurs combats2 on les retrouvera en plusieurs autres chapitres4 ,les batraciens ne vivent gure que pour la reproduction4 ,hors de la saison des amours1 ils demeurent tout engourdis4 ,le rut les surexcite et ces animaux glacs et lents se rvlent ardents et acharns4 ,les mles se battent pour la possession des femelles2 celui qui en tient une1 rien ne peut la lui faire lcher4 ,on en a vu rester fermes au poste1 mme aprs qu'on leur eut coup les jambes postrieures1 mme aprs l'ablation de la moiti du corps4 ,la copulation n'est cependant qu'un simulacre2 elle a lieu par simple contact1 en l'absence de tout organe extrieur1 mme chez les salamandres1 malgr les bourrelets qui entourent leur cloaque1 esquisse d'un appareil rest extrmement rudimentaire1 peut-tre problmatique4 ,chez les anoures1 le mle1 plus petit que la femelle1 grimpe sur son dos1 passe ses pattes antrieures1 ses bras1 sous ses aisselles1 demeure ainsi1 peau contre peau1 pendant un mois1 deux mois4 ,au bout de ce temps1 les flancs presss de la femelle laissent enfin s'couler les ufs1 et il les fconde1 mesure qu'ils tombent4 ,tel est l'accouplement des grenouilles2 il dure de quinze vingt jours4 ,le mle se hisse sur la femelle1 l'enveloppe de ses bras1 croise les mains sur sa poitrine1 la tenant troitement embrasse4 ,alors il reste immobile1 en un tat extatique1 insensible tout choc extrieur1 toute blessure4 ,il semble bien que le seul but de cet enlacement soit d'exercer soit une pression1 soit une excitation sur le ventre de la femelle et de lui faire rendre ses ufs4 ,elle en pond un millier que le mle au passage arrose de sperme4 ,tous les anoures 7batraciens sans queue7 pressent ainsi leur femelle1 tel qu'un citron2 mais le mcanisme de la fcondation des ufs est assez variable4 ,le crapaud accoucheur1 enlac comme ses pareils1 aide1 avec ses pattes de derrire1 la sortie du chapelet1 qu'il droule grain grain1 dvotieusement1 cependant que la femelle1 immobile dvidoir1 se prte volontiers cette manuvre qu'elle ressent peut-tre comme une caresse4 ,le crapaud aquatique ne tire pas sur le chapelet2 il le reoit sur ses pattes et quand il tient une dizaine1 il l'arrose1 en jaculant dessus avec un mouvement de reins1 dit le vieux ,rsel#a1 pareil celui du chien dans le cot4 ,quant au vulgaire crapaud terrestre1 celui qui sonne dans l'air calme du soir comme une pure cloche de cristal1 il attend que tous les ufs soient sortis1 les arrange en un tas1 puis1 tout excit de soubresauts1 les inonde4 ,mais nulle patience batracienne n'est plus curieuse que celle du crapaud pipa4 ,c'est une hideuse bte aux petits yeux1 la bouche entoure de barbillons1 la peau vert noirtre pleine de verrues et de bouffissures4 ,a mesure que les ufs sont pondus1 le mle les fconde2 ensuite il les prend avec ses larges pattes palmes et les tale sur le dos de la femelle4 ,autour de chaque ouf1 il se forme une petite pustule protectrice1 l'intrieur de laquelle closent les petits4 ,une femelle o l'closion commence prsente ce spectacle trange d'un dos d'o mergent et l des ttes et des pattes1 d'o surgissent des petits crapauds qui semblent ns d'un paradoxe#b4 ,cette formation montre une fois de plus que tout est bon la nature qui ne veut qu'arriver ses fins1 qui ne songe qu' la perptuit de la vie4 ,une poche incubatrice tait ncessaire et elle a t oublie3 peu importe1 l'animal s'en fera une1 aux dpens de lui-mme ou aux dpens d'une autre espce4 ,les petits du pipa exercent un vritable parasitisme1 command par une distraction de la nature4 ,que le dpt des ufs ait lieu sur le dos de la mre ou dans les tissus d'un animal tranger1 le parasitisme n'en est pas moins vident2 tout au plus y a-t-il une question de degr4 ,c'est ce point de vue qu'il serait permis de considrer l'volution interne1 normale1 des produits sexuels comme une volution parasitaire3 le petit du mammifre est un parasite de sa mre1 comme le petit de l'ichneumon est un parasite de la chenille qui lui a servi d'utrus4 ,ainsi considre1 la notion du parasitisme temporaire1 larvaire1 disparatrait1 ou plutt prendrait une trs grande extension1 enveloppant un nombre considrable de faits jusqu'ici rpartis en catgories irrductibles4 ,la fcondation par contact est trs rare chez les poissons1 autres que les slaciens4 ,on ne la rencontre gure que chez les lophobranches et quelques autres poissons vivipares1 tels que la blennie3 la laitance pntre sans copulation dans les organes femelles et les ufs se dveloppent soit dans ces organes1 soit dans une poche que le mle porte sous le ventre1 soit mme dans la bouche du mle qui a la vertu d'assurer ainsi la venue au monde de ses enfants4 ,les lophobranches sont des poissons de tout point singuliers3 l'un d'eux l'hippocampe1 ce ludion tte de cheval1 donne une bonne ide de la famille4 ,les poissons ordinaires1 ceux que l'on connat1 ceux que l'on mange1 quel que soit l'ordre o les ait rangs ,m4 de ,lacpde1 sont des btes chastes1 dnues de toute fantaisie rotique4 ,ce qui semble l'essentiel8 de la volupt leur est inconnu4 ,les mles ignorent la possession2 les femelles1 le don2 nuls attouchements1 nul frottis1 nulle caresse4 ,l'objet du dsir du mle1 ce n'est pas la femelle1 ce sont les ufs2 ceux qu'elle va pondre et qu'il guette2 ceux qu'elle a dj pondus et qu'il cherche3 excitation toute pareille celles qui produisent l'onanisme1 celles qu'engendre le ftichisme chez certains aberrs et qui joue la vue d'un soulier1 d'un ruban1 s'amortit jusqu' la frigidit devant la femme elle-mme4 ,le poisson rpand sa semence sur des ufs dont il n'a jamais vu la mre1 qu'il rencontre flottants4 ,souvent mme1 ils lchent1 tous deux au hasard1 l'un ses ufs1 l'autre sa laitance1 et la jonction des deux lments se fait au gr des courants ou selon le remuement des vagues4 ,parfois ils font un couple discret4 ,la femelle remonte le fleuve1 s'arrte aux fonds d'herbe ou de sable2 le mle la suit1 obissant son geste4 ,de telles murs ont permis de cultiver les poissons avec certitude1 comme des champignons1 et mieux4 ,on prend une femelle mre1 gonfle d'ufs1 on l'exprime comme une orange2 puis on vide le mle de sa laitance1 et la nature se charge du reste4 ,ce procd n'est plus possible avec certaines espces qui manuvrent de concert1 le mle renvers sur le dos1 l'orifice gnital sous celui de la pondeuse1 jaculant mesure4 ,on sait que les saumons remontent par troupes souvent trs denses les fleuves1 et jusqu'aux rivires1 jusqu'aux ruisseaux1 pour dposer leur frai en des coins calmes et propices4 ,ensuite1 ils redescendent1 extnus par les barrages et les chutes franchis coups de queue1 par leurs exercices gnitaux4 ,la colonne est souvent guide par une femelle1 et les autres femelles viennent ensuite1 suivies des vieux mles1 les jeunes formant l'arrire-garde4 ,quand elle a trouv un endroit convenable1 une des pondeuses s'arrte1 creuse le sable avec son ventre1 laisse dans le trou un paquet d'ufs qu'un vieux mle arrose aussitt2 mais le patriarche a t suivi par de jeunes saumons qui l'imitent1 fcondent aussi ces mmes ufs4 ,il y aurait1 chez ces poissons1 une sorte d'cole o des gens d'exprience enseigneraient aux nouveaux venus dans la vie les procds de la fcondation4 ,ce mlange d'ufs et de semences de tout ge serait singulirement favorable au maintien du type spcifique1 si l'instabilit du milieu n'amenait des rencontres entre lments appartenant des varits voisines3 malgr le bon vouloir des naturalistes1 saumons et truites ne forment pratiquement qu'une seule famille1 et rien n'est plus difficile1 par exemple1 que de dterminer l'espce d'un jeune saumon ou de diffrencier du saumon commun la truite de mer4 ,les amours des poissons 7et aussi des chinodermes1 astries1 oursins1 etc47 se rduisent donc la plupart du temps celles d'un ovule et d'un spermatozode4 ,c'est l'essentiel4 ,mais une telle simplification a quelque chose de choquant pour la sensibilit d'un vertbr suprieur ou d'un insecte habitu aux parades amoureuses1 aux caresses1 aux contacts multiplis ou prolongs1 la prsence et la complicit de l'autre sexe4 ,cette manire d'aimer distance n'est certes pas inconnue des hommes1 mais il semble qu'ils y soient conduits par la ncessit plus encore que par le got1 par la morale plutt que par la recherche du plus grand plaisir4 ,les satisfactions gnitales obtenues en dehors du contact sexuel1 outre qu'elles sont ncessairement infcondes1 sauf en de scabreuses expriences scientifiques1 exercent souvent sur les systmes nerveux et musculaire une dpression plus grande que mme les excs pratiqus en commun4 ,mais ce rsultat n'est pas tellement vident qu'on puisse le tourner en principe de moralit1 et il reste1 tout bien considr1 que l'onanisme fait partie des gestes de la nature4 ,une conclusion diffrente serait plus agrable2 mais des milliards d'tres protesteraient dans tous les ocans et sous les roseaux1 de tous les fleuves4 ,on peut aller plus loin et insinuer que cette mthode1 qui nous parat monstrueuse ou1 car il s'agit de poissons1 singulire1 est peut-tre suprieure au procd laborieux du cavalage1 si laid1 en gnral1 et si incommode4 ,mais il n'y a pas dans la nature terrestre1 pas plus que dans l'univers concevable1 un haut et un bas1 un envers et un endroit2 il n'y a ni bon ni mauvais1 ni bien ni mal1 mais des tats de vie qui remplissent leur but1 puisqu'ils existent et que leur but est l'existence4 ,sans doute le dsaccord entre la volont et les organes est constant tous les degrs de la vie et trs accentu chez l'homme1 o les volonts sont multiples1 mais le systme nerveux1 en somme1 reste le matre et gouverne1 mme au pril de sa vie4 ,ce n'est pas le hasard des circonstances et des milieux qui a gonfl en papille1 puis en pnis1 le spermiducte de certains poissons1 qui a form ce pnis une gaine aux dpens de la nageoire caudale1 c'est la volont des ganglions crbraux4 ,l'volution du systme nerveux est toujours plus avance que celle des organes1 ce qui est une cause d'incohrence1 en mme temps que de progrs ou de changement4 ,le jour o le cerveau n'a plus d'ordres donner1 ou lorsque les organes ont puis leurs facults d'obissance1 l'espce se fixe2 si elle s'est fixe en tat d'incohrence1 elle marche vers une mort certaine1 comme les monotrmes4 ,beaucoup d'espces semblent avoir t dtruites en pleine volution par les exigences contradictoires d'un systme nerveux capricieux et tyrannique4 ,il faut que le cphalopode mle fconde la femelle4 ,comment le fera-t-il1 n'ayant pas d'organe vecteur du sperme8 ,il s'en faonnera un4 ,on crut pendant longtemps que les femelles des argonautes taient toutes hantes d'un parasite4 ,cette bte mystrieuse n'est autre chose que l'instrument mme de la fcondation4 ,le mle a une poche o s'accumule le sperme2 de cette poche o ils s'enveloppent de bourses qu'on appelle spermatophores1 les animalcules se dirigent tous vers le troisime bras de l'argonaute1 et ce bras s'largit en spatule1 s'arme d'un flagellum1 perd ses ventouses1 puis1 quand il est lourd de vie1 comme une grappe mre1 se dtache1 vogue vers la femelle1 aborde son ventre1 se loge dans la cavit pallale1 extravase la semence dans les organes o elle va rencontrer les ovules4 ,l'organe mle apparat donc ici comme un individu temporaire1 un tre tierce entre le pre et la mre1 un messager qui porte la femelle le trsor gnital du mle4 ,ni l'un ni l'autre ne se connaissent4 ,le mle ignore tout de l'tre pour lequel il se coupe un membre1 le membre1 et de son fcondateur la femelle ne connat que l'organe seul qui la fconde4 ,plus complique un peu que celle des poissons1 plus ancienne aussi1 probablement1 cette mthode ne semble possible que pour des animaux aquatiques4 ,cependant c'est celle de beaucoup de vgtaux3 ce bras nageur rappelle les grains ails de pollen qui voguent au loin vers les pistils4 ,trs peu de fleurs se peuvent fconder directement2 presque toutes il faut un entremetteur1 le vent1 l'insecte1 l'oiseau4 ,la nature a donn des ailes au phallus1 bien des milliers d'annes avant l'imagination des peintres pompiens2 elle a pens cela1 non pour le plaisir des femmes timides1 mais pour la satisfaction des plus hideuses btes qui peuplent les ocans1 les seiches1 les calmars et les pieuvres6 #a ,dans son ,historia naturalis ranarum1 #ageh1 ,bufo aquaticus4 #b ,le dos comme chambre gestative1 cela se retrouve dans les pucerons1 l'une de leurs phases parthnogntiques4 ,cf4 ,j4-,h4 ,fabre1 ,souvenirs1 ,,viii1 les ,pucerons du trbinthe4 ,,chapitre ,,xii ,,le ,m,,canisme ,,de l',,amour ,,iv4 ,l',hermaphrodisme4--,vie sexuelle des hutres4--,les gastropodes4--,l'ide de reproduction et l'ide de volupt4-- ,mcanisme de la fcondation rciproque3 les hlices4--,murs spintriennes4--,rflexions sur l'hermaphrodisme4 ,,iv4 ,l',hermaphrodisme4-,les poissons sont les seuls vertbrs parmi lesquels on rencontre l'hermaphrodisme1 soit accidentellement1 cyprins1 harengs1 scombres1 soit rgulirement1 sargue1 sparaillon1 sran4 ,les myxines1 poissons trs humbles1 vivant en parasites1 sont des hermaphrodites alternatifs1 comme les hutres1 comme les ascidies2 la glande gnitale fonctionne d'abord comme testicule1 ensuite comme ovaire4 ,l'amphioxus1 ce pont de l'invertbr au vertbr1 n'est pas hermaphrodite4 ,les formes les mieux caractrises et les plus compliques de l'hermaphrodisme se rencontrent chez les mollusques1 et principalement chez les gastropodes4 ,l'hermaphrodisme alternatif des hutres produit des effets qui ont t observs de toute antiquit4 ,le conseil populaire de s'abstenir des hutres pendant les mois sans r est bas sur un fait1 et ce fait est sexuel4 ,de septembre mai1 elles sont mles1 elles ont des testicules1 elles laborent du sperme1 elles sont bonnes2 de juin aot1 les ovaires bourgeonnent1 se remplissent d'ufs qui deviennent blanchtres mesure qu'ils mrissent1 elles sont femelles1 elles sont mauvaises3 la fcondation s'opre ce moment1 les spermatozodes ns dans la priode prcdente faisant enfin leur office4 ,les superstitions1 les prjugs1 avant d'tre rejets1 doivent tre observs et analyss minutieusement3 il y a presque toujours dans l'enveloppe grossire un fruit de vrit4 ,dans l'hermaphrodisme des chinodermes1 des poissons1 il n'y a jamais auto-fcondation1 les produits sexuels se rencontrant en dehors des animaux1 qui n'ont ni organes copulateurs1 ni vie gnitale de relation2 c'est un simple croisement de germes4 ,a une phase plus complexe1 les individus portent des organes mles extrieurs et des organes femelles1 mais ils ne peuvent s'en servir qu'avec le concours d'un autre individu faisant office soit de mle1 soit de femelle4 ,l1 une nouvelle distinction s'impose3 ou bien l'animal sera successivement le mle1 puis la femelle2 ou bien il sera l'un et l'autre au mme moment4 ,la runion des deux sexes semble bien inutile1 selon la logique humaine1 quand les deux glandes gnitales mrissent des poques diffrentes2 on la comprend mieux quand la fcondation rciproque est simultane1 puisque cela double le nombre des femelles et assure mieux la conservation de l'espce4 ,quant l'ide de volupt1 il faut en faire abstraction4 ,outre que nous ne pouvons en juger que par une analogie trs lointaine et mme douteuse1 vu la dissemblance des systmes nerveux1 il faut l'carter comme inutile4 ,la volupt est un rsultat et non un but4 ,dans le plus grand nombre des espces animales1 le cot n'est que le prlude de la mort1 et souvent l'amour et la mort font la mme minute leur office suprme4 ,la copulation des insectes est un suicide3 serait-il raisonnable de la considrer comme motive par le dsir de mourir8 ,il faut disjoindre l'ide de volupt et l'ide d'amour1 si l'on veut comprendre quelque chose aux mouvements tragiques qui engendrent perptuellement la vie aux dpens de la vie elle-mme4 ,la volupt n'explique rien4 ,la mort toute simple serait commande aux tres1 comme moyen de reproduction1 qu'ils obiraient avec la mme fougue3 et ceci se voit mme dans l'humanit4 ,des dithyrambes sur la volupt seraient d'ailleurs fort dplacs propos des chatouillements rciproques que se font deux escargots sur une feuille de vigne2 le sujet est plutt pnible4 ,voici donc deux hlices1 toutes les deux bisexues1 rpondant exactement la parole de la ,bible3 ,il les cra mle et femelle2 leurs organes gnitaux sont trs dvelopps2 le pnis et l'oviducte dbouchent dans un vestibule1 lequel1 dans l'acte copulateur1 se dvagine en partie1 de sorte que le pnis et le vagin viennent affleurer l'orifice3 c'est alors qu'il y a intromission rciproque4 ,dans le vestibule dbouche un troisime organe1 sans analogue chez les animaux suprieurs1 une pochette qui contient un petit dard1 un stylet pierreux3 c'est un organe excitateur1 l'aiguille avec quoi piquer les dsirs4 ,les btes1 qui ont prlud l'amour par le jene1 par de longs frlements1 par des journes entires de pressions gluantes1 se dcident enfin1 les pes sortent du fourreau2 elles se lardent consciencieusement l'une l'autre1 et cela fait surgir les pnis hors de leur gaine3 la double pariade s'accomplit4 ,il y a des espces o la position des organes est telle que le mme individu ne peut pas tre en mme temps la femelle de celui dont il est le mle2 mais il peut1 au moment qu'il agit comme mle1 servir de femelle un autre mle1 lequel est la femelle d'un troisime1 et ainsi de suite4 ,et cela explique ces chapelets de gastropodes spintriens o l'on voit se raliser innocemment1 et selon le vu inluctable de la nature1 des imaginations charnelles dont se vante l'humanit rotique4 ,vue cette lumire des murs animales1 la dbauche perd tout son caractre et tout son sel1 parce qu'elle perd toute son immoralit4 ,l'homme1 qui runit en lui toutes les aptitudes des animaux1 tous leurs instincts laborieux1 toutes leurs industries1 ne pouvait viter l'hritage de leurs mthodes sexuelles3 et il n'y a pas une luxure qui n'ait dans la nature son type normal4 ,avant de sortir de ce milieu rpugnant1 que l'on regarde encore les sangsues4 ,hermaphrodites1 elles pratiquent galement la fcondation rciproque1 mais la position de leurs sexes les oblige une attitude singulire3 la verge saillit d'un pore situ vers la bouche2 le vagin est au-dessus de l'anus4 ,la copulation des vilaines btes forme donc un tte--queue1 la ventouse buccale concidant avec la ventouse anale4 ,les animaux deux sexes ne comportent ncessairement aucun dimorphisme sexuel4 ,mais ni cette identit des individus1 ni la double fonction dont ils sont investis ne contredisent la loi gnrale qui semble vouloir que la procration d'un individu soit due des lments provenant de deux individus diffrents4 ,l'autofcondation est exceptionnelle1 trs rare4 ,que ranimai possde les deux glandes gnitales ou l'une des deux seulement1 il faut un mle1 ou un individu agissant comme mle1 et une femelle1 ou un individu agissant comme femelle1 pour perptuer la vie4 ,l'hermaphrodisme alternatif confirme ces donnes1 soit que la mme glande se transforme totalement et tour tour en principe mle1 puis en principe femelle1 soit que1 partage entre une moiti mle et une moiti femelle1 ces deux moitis mrissent simultanment ou successivement4 ,quand il y a alternance totale ou partielle1 c'est le principe mle qui est prt le premier et qui attend3 ainsi l'agressivit du mle et la passivit de la femelle sont visibles ds les plus obscures manifestations de la vie sexuelle3 la psychologie fondamentale d'une ascidie ne diffre pas de celle d'un insecte ou de celle d'un mammifre4 ,,chapitre ,,xiii ,,le ,m,,canisme ,,de l',,amour ,v4 ,fcondation artificielle4--,disjonction de l'appareil scrteur et de l'appareil copulateur4--,les araignes4--,dcouverte de leur mthode copulatrice4--,brutalit de la femelle4--,murs de l'peire4--,l'argyronte4--,la tarentule4--,exceptions3 les faucheurs4--,les libellules4--,les demoiselles1 les vierges et les jouvencelles4--,tableau de leurs amours4 ,v4 ,fcondation artificielle4--,l'appareil scrteur du sperme et l'appareil copulateur sont parfois disjoints4 ,la femelle a un vagin situ normalement2 le mle n'a point de pnis ou bien il est plac un endroit du corps qui n'est pas en symtrie avec l'organe rcepteur4 ,il faut donc1 selon les cas1 eu que le mle1 comme on l'a vu pour les cphalopodes1 se fabrique un pnis artificiel1 et c'est ce que fait l'araigne1 eu bien se livre des manuvres compliques pour dompter la femelle et amener la concidence des deux orifices3 c'est ce que fait la libellule4 ,la mthode de la plupart des aranides ressemble trangement la pratique mdicale que l'on appelle fcondation artificielle1 quoiqu'elle le soit peine davantage que la fcondation normale4 ,ici et l1 il s'agit de mettre les spermatozodes sur le chemin o ils rencontreront les ovules3 peu importe que ce soit une verge ou une seringue qui soit le vhicule4 ,chez les araignes1 c'est une seringue4 ,on a cru longtemps que l'organe gnital tout entier se trouvait dans les palpes du mle3 mais1 l'anatomie n'y dcouvrant rien de semblable1 ,savigny pensa que l'introduction des palpes dans la vulve n'tait qu'une manuvre excitatrice1 et que la vritable copulation venait ensuite4 ,on n'avait observ que la moiti de l'acte1 la seconde phase4 ,la premire consiste en ceci3 que le mle1 avec ses palpes1 recueille son ventre la semence et la porte ensuite dans l'organe femelle4 ,le pripalpe maxillaire1 ou antenne1 ainsi transform en pnis1 renferme un canal en spirale que le mle charge en l'appliquant l'embouchure de ses canaux spermatiques4 ,on le voit s'ouvrir l'articulation d'un des nuds1 laisser paratre un bourrelet blanc1 se replier1 s'enfoncer dans la vulve1 sortir1 et l'insecte fuir4 ,systme merveilleusement adapt aux circonstances1 car la femelle est froce et dvore volontiers son amant6 ,mais est-ce la frocit de la bte qui a modifi le systme fcondateur1 ou bien est-ce le systme1 si peu tendre1 qui incline la patiente ne trouver qu'un ennemi dans un soupirant qui s'avance la corne en avant8 ,les actes producteurs d'effets constants et utiles nous semblent toujours ordonns selon une logique admirable2 il n'y a qu' s'abandonner quelque paresse d'esprit pour tre amen1 tout doucement1 les qualifier de providentiels et l'on tombe peu peu dans les rets innocents de la finalit4 ,sans doute1 et ce n'est pas niable1 il y a une finalit gnrale1 mais il faut la concevoir comme reprsente tout entire par l'tat prsent de la nature4 ,ce ne sera pas une conception d'ordre1 c'est une conception de fait2 et1 en tout cas1 les moyens mis en uvre pour atteindre ce fait ne doivent nullement tre intgrs dans la finalit mme4 ,aucun des procds de la gnration1 par exemple1 ne porte la marque de la ncessit4 ,ce n'est pas la frocit de l'araigne qui a command ses murs sexuelles2 la mante femelle est plus froce encore et la mthode des mantes est le cavalage4 ,il ne semble pas que rien dans la nature soit ordonn en vue d'un bien2 les causes aveuglment engendrent des causes3 les unes maintiennent la vie1 les autres la font progresser1 les autres la dtruisent2 nous les qualifions diffremment1 selon l'inspiration de notre sensibilit1 mais elles sont inqualifiables1 elles sont des mouvements1 et cela seul4 ,le ricochet du galet sur l'eau est russi ou n'est pas russi1 cela n'a aucune importance en soi1 et il n'en sera rien de plus1 rien de moins4 ,c'est une image de la finalit suprme3 aprs huit ou dix bondissements1 la vie1 comme le caillou jet par l'enfant1 tombera dans l'abme et avec lui tout le bien et tout le mal1 tous les faits et toutes les ides1 toutes les choses4 ,l'ide de finalit ramene l'ide de fait1 on n'est plus tent de vouloir expliquer la nature4 ,on essaiera modestement de reconstituer la chane des causes et1 comme il y manquera toujours un trs grand nombre d'anneaux et que l'absence d'un seul anneau suffit fausser tout le raisonnement1 ce sera avec une pit tempre par le scepticisme4 ,l'peire1 bien qu'araigne1 n'est pas une vilaine bte2 elle est piscopale1 elle porte sur le dos une jolie croix blanche renverse4 ,les grosses sont les femelles2 les toutes petites1 les mles4 ,toutes les deux accrochent leurs toiles aux buissons1 aux arbrisseaux1 vivent sans se connatre tant que l'instinct n'a pas parl4 ,un jour vient o le mle s'inquite2 les moucherons ne lui suffisent plus2 il part1 il abandonne la demeure qu'il ne reverra peut-tre jamais4 ,il n'est pas en effet sans inquitude et de la peur se mle son dsir1 car l'amante qu'il va solliciter est une ogresse4 ,aussi se mnage-t-il une retraite1 en cas de conflit2 de la toile de la femelle une branche voisine il tend un fil1 chemin d'arrive1 porte de sortie4 ,souvent1 ds qu'il se montre1 l'air effar1 l'peire se jette sur lui1 et sans formes le dvore4 ,est-ce frocit8 ,non1 c'est stupidit4 ,elle aussi attend le mle1 mais son attention demeure partage entre la venue du visiteur et la venue de la proie4 ,la toile a tressailli1 elle bondit1 enlace1 dvore4 ,peut-tre un second mle1 s'il s'en prsente d'aventure1 sera-t-il accueilli volontiers1 ce premier sacrifice accompli2 peut-tre cette mprise1 si c'en est une1 va-t-elle veiller tout fait l'attention amoureuse de cette femelle distraite8 ,frocit1 stupidit2 il y a une autre explication1 que je donnerai plus tard1 propos de la mante et de la sauterelle verte3 il est trs probable que le sacrifice du mle1 ou d'un mle1 est absolument ncessaire et que c'est un rite sexuel4 ,le petit mle approche donc2 s'il est reconnu1 et si sa venue concide avec l'tat gnital de la femelle1 elle ne se comporte pas autrement que toutes ses pareilles1 et1 bien qu'elle soit et plus grosse et plus forte1 elle fuit1 se laisse1 pleine de coquetterie1 glisser le long d'un fil2 le mle imite ce jeu1 il descend2 elle remonte1 il remonte2 alors la connaissance est faite1 ils se ttent1 se palpent1 le mle emplit sa pompe1 la pariade a lieu4 ,elle est rapide1 le mle demeurant aux aguets1 prt fuir au moindre mouvement de l'adversaire3 et souvent il n'en a pas le temps4 ,a peine la fcondation est-elle opre que l'ogresse se retourne1 bondissante1 et dvore l'amant sur le lieu mme de ses amours4 ,on dit mme qu'elle n'attend pas toujours la fin de l'opration et que1 prfrant un bon repas une caresse1 elle interrompt le jeu d'un coup de mandibules4 ,quand le mle a le bonheur de pouvoir fuir1 il disparat prompt comme l'clair1 glisse comme la foudre le long de son fil4 ,l'argyronte use de manuvres analogues1 mais plus curieuses encore4 ,c'est une araigne aquatique1 qui descend dans l'eau au moyen d'une ingnieuse petite cloche plongeur1 nid futur4 ,la femelle ayant construit sa cloche1 le mle1 qui n'ose se prsenter1 imagine cette ruse de construire une autre cloche immdiatement voisine de celle de la femelle4 ,ensuite1 au moment propice1 il crve le mur mitoyen1 profite de la surprise cause par son entre brusque4 ,quand il s'agit de ne pas tre mang1 tous les moyens sont bons4 ,la tarentule1 dont les murs sont loin d'tre douces1 n'est pas cruelle avec son amant4 ,ce monstre qui ne tisse pas de toile file des amours idylliques4 ,ce sont de longs prludes1 des jeux purils1 de fines caresses1 des bondissements d'agneaux4 ,enfin1 la femelle se soumet entirement4 ,le mle1 alors1 la dispose son gr1 lui fait prendre l'attitude la plus favorable1 et1 couch obliquement sur elle1 doucement1 plusieurs reprises1 puisant le sperme son abdomen1 l'insinue avec chacun de ses palpes1 l'un aprs l'autre1 dans la vulve gonfle de la femelle4 ,la disjonction a lieu brusquement1 par un saut4 ,plus tendres encore sont les amours des araignes sauteuses1 ces btes qui s'avancent par petites saccades1 s'arrtent1 guettent1 bondissent sur leur proie1 insecte ou mouche1 ou bien1 pendues un long fil qui flotte1 se laissent porter au gr du vent4 ,quand le mle et la femelle se rencontrent1 ils s'approchent1 se ttent de leurs pattes antrieures et de leurs tenailles1 s'loignent1 reviennent1 recommencent4 ,aprs mille jeux1 ils se posent tte tte et le mle grimpe sur la femelle1 s'allonge sur elle jusqu' ce qu'il ait atteint l'abdomen4 ,alors il en soulve l'extrmit1 applique son palpe l'orifice de la vulve1 puis se retire4 ,le mme acte recommence plusieurs fois2 la femelle s'y prte avec complaisance1 ne fait aucune avanie son compagnon4 ,il y a quelques exceptions cette mthode des araignes3 ainsi les faucheurs1 ces petites boules montes sur d'immenses pattes1 oprent par cavalage4 ,les mles ont une verge rtractile fixe l'abdomen par deux ligaments2 la femelle un oviducte qui s'ouvre en vulve et s'largit intrieurement en une vaste poche1 sjour des ufs4 ,le mle ne vient bout de la femelle1 fort rtive l'amour1 qu'en lui saisissant les mandibules avec ses pinces4 ,dompte par cette morsure1 elle se laisse faire3 l'accouplement ne dure que quelques secondes4 ,la libellule1 joliment appele la demoiselle1 est un des plus beaux insectes du monde1 et le plus beau1 assurment1 de ceux qui volent1 dans nos climats2 aucune couleur douce de papillon ne vaut les nuances mouvantes de son souple abdomen1 les tons vifs de sa tte qui semble casque d'acier bleui4 ,comment les dcrire8 ,il est difficile d'en trouver deux de pareilles3 celle-ci a le corps fauve avec un abdomen gris ple1 tach de jaune1 les pattes noires1 les ailes diaphanes1 avec des bordures ou des nervures brunes1 noires et blanches2 celle-l a la tte jaune1 les yeux bruns1 le corselet brun1 vein de vert1 l'abdomen touch de vert et de jaune1 les ailes irises2 cette autre1 la ,vierge1 est d'un vert dor ou d'un bleu reflets verts1 les ailes immacules2 cette autre1 la ,jouvencelle1 aux ailes invisibles force d'tre fines1 revt toutes les nuances1 bleu de mtal1 vert mordor1 violet d'iris1 fauve de chrysanthme1 mais quelle que soit sa couleur fondamentale1 elle la cercle1 lgant barillet1 d'anneaux1 de velours noir4 ,les naturalistes divisent ces bestioles en libellules1 aeshnes1 agrions2 ,fabricius dispute avec ,linn3 les paysans et les enfants1 car les grandes personnes1 et srieuses1 mprisent la nature1 les nomment demoiselles1 vierges et jouvencelles4 ,les unes volent trs haut1 parmi les arbres1 d'autres se tiennent le long des ruisseaux et des tangs1 d'autres aiment les fougres1 les ajoncs1 les gents4 ,j'ai pass des journes de soleil les observer1 esprant voir leurs amours2 je les ai vues1 et j'ai su que ,raumur ne nous a pas tromps4 ,c'tait la surface d'un tang et parmi les fleurs du bord1 un matin de juillet1 un matin de flamme4 ,la ,vierge1 au corselet vert bleu1 aux ailes presque invisibles1 voletait en grand nombre1 lentement1 comme avec srieux2 l'heure de la pariade tait venue4 ,et partout1 des couples se formaient1 des anneaux d'azur pendaient aux herbes1 frissonnaient sur la feuille de la lentille d'eau1 partout des flches bleues et des flches vertes jouaient se fuir1 se frler1 se joindre4 ,les gros yeux et la forte tte de la libellule donnent cette chose tincelante un air grave4 ,le canal jaculateur aboutit au neuvime anneau de l'abdomen1 c'est--dire la pointe2 l'appareil copulateur est fix au deuxime anneau1 c'est--dire prs du col1 et se compose d'un pnis1 de crochets et d'un rservoir3 le mle repliant son long ventre emplit d'abord le rservoir1 ensuite le transvide dans les organes de la femelle4 ,il poursuit longtemps l'amante qu'il veut1 joue avec elle1 enfin la saisit au-dessus du col avec les pinces qui terminent son abdomen1 puis1 se roulant comme un serpent1 s'incline en avant et continue de voler1 bte quatre paires d'ailes4 ,en cette attitude1 le mle1 sr de lui1 l'air indiffrent d'un matre de l'heure1 chasse les insectes1 visite les fleurs et les aisselles des plantes o sommeillent les moucherons1 les saisissant avec sa patte pour les porter sa bouche4 ,enfin la femelle cde1 replie par en dessous son abdomen flexible1 en fait concider l'ouverture avec le pnis pectoral du mle3 et les deux bestioles ne sont plus qu'une splendide bague double chaton1 une bague frmissante de vie et de feu4 ,aucun geste d'amour plus charmant ne peut tre imagin que celui de la femelle recourbant lentement son corps bleu1 faisant la moiti du chemin vers son amant1 qui1 dress sur ses pattes antrieures supporte1 les muscles tendus1 tout le poids de ce mouvement4 ,on dirait1 tant cela est immatriel et pur1 deux2 ides qui se joignent dans la limpidit d'une pense ncessaire4 ,,chapitre ,,xiv ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,,vi4 ,le ,cannibalisme sexuel4--,les femelles qui mangent le mle et celles qui mangent le spermatophore4--,utilit probable de ces pratiques4--,la fcondation par le mle total4--,amours du dectique front blanc4--,la sauterelle verte4--,l'analote des ,alpes4--,l'phippigre4--,autres rflexions sur le cannibalisme sexuel4--,amours de la mante religieuse4 ,,vi4 ,le ,cannibalisme sexuel4--,l'araigne mange son mle2 la mante mange son mle2 chez les locustiens1 les femelles1 fcondes par un spermatophore1 une norme grappe gnitale que le mle dpose sous leur ventre1 rongent jusqu'au dernier lambeau l'enveloppe des spermatozodes4 ,ces deux faits doivent sans doute tre rapprochs4 ,que la femelle dvore le mle tout entier ou seulement le produit de sa glande gnitale1 il s'agit trs probablement dans les deux cas d'un acte complmentaire de la fcondation4 ,il y aurait dans le mle des lments assimilables ncessaires au dveloppement des ufs1 peu prs comme l'albumen des graines1 plantule avorte1 est ncessaire la nourriture de l'embryon vgtal1 plantule survivante4 ,les plantes1 d'aprs de rcentes tudes1 natraient jumelles3 pour vivre1 il faut que l'une des deux mange l'autre4 ,transport dans la vie animale1 et lgrement modifi1 ce mcanisme explique ce que l'on a appel1 par sentimentalisme1 la frocit sexuelle des mantes et des araignes4 ,la vie est faite de vie4 ,rien ne vit qu'aux dpens de la vie4 ,le mle des insectes meurt presque toujours aussitt aprs la pariade2 chez les locustiens1 il est littralement vid par l'effort gnital3 que la femelle le respecte1 qu'elle le dvore1 sa vie n'en sera gure ni plus longue1 ni plus brve4 ,il est sacrifi2 pourquoi1 si cela est bon l'espce1 ne serait-il pas mang8 ,enfin1 il l'est4 ,c'est son destin1 et il le pressent1 du moins le mle araigne1 car le mle mante se laisse ronger avec un parfait stocisme4 ,l'un regimbe au sacrifice2 l'autre s'y soumet4 ,il s'agit bien d'un rite et non d'un accident ou d'un crime4 ,des expriences pourraient se tenter4 ,on empcherait la femelle dectique de picoter la graine de gui dont le mle s'est dcharg sur elle2 on surveillerait l'accouplement des mantes1 que l'on isolerait aussitt3 et l'on suivrait toutes les phases de la ponte et de l'closion4 ,si la spermatophagie du dectique est inutile1 inutile le meurtre de la mante mle1 cela annulera les rflexions prcdentes2 d'autres surgiraient4 ,le dectique front blanc est1 comme tous les locustiens 7sauterelles71 un insecte trs vieux2 il existait ds l'poque de la houille1 et c'est peut-tre cette anciennet qui explique la singularit de sa mthode fcondatrice4 ,comme chez les cphalopodes1 ses contemporains1 il a recours au spermatophore2 cependant il y a pariade1 il y a embrassement2 il y a mme jeux et mamours4 ,voici le couple face face1 se caressant avec leurs longues antennes1 aussi fines que des cheveux1 dit ,fabre2 aprs un moment1 ils se quittent4 ,le lendemain1 nouvelle rencontre1 nouvelles blandices4 ,un autre jour1 ,fabre surprend le mle terrass par sa femelle1 qui l'accable de son treinte1 lui mordille le ventre4 ,le mle se dgage et fuit1 mais un nouvel assaut le dompte et le voil gisant1 culbut sur le dos4 ,cette fois la femelle1 dresse sur ses hautes pattes1 le tient ventre ventre1 elle recourbe l'extrmit de son abdomen1 la victime en fait autant1 il y a jonction1 et bientt des flancs convulsionns du mle on voit sourdre quelque chose d'norme1 comme si la bte expulsait ses entrailles4 ,c'est1 continue le merveilleux observateur#a1 une outre opaline semblable en grosseur et en couleur une baie de gui1 outre quatre poches au moins1 runies par de faibles sillons4 ,cette outre1 le spermatophore1 la femelle la reoit et1 colle son ventre1 elle l'emporte4 ,remis de son coup de foudre1 le mle se relve1 fait sa toilette2 la femelle mange1 tout en se promenant4 ,de temps autre1 elle se hausse sur ses chasses1 se boucle en anneau et saisit de ses mandibules son faix opalin1 qu'elle mordille doucement4 ,elle en dtache des parcelles1 les mche soigneusement1 les avale4 ,ainsi1 cependant que les particules fcondantes s'extravasent vers les ufs qu'ils vont animer1 la femelle dvore la poche spermatique4 ,aprs y avoir got miette miette1 elle l'arrache tout d'un coup1 la ptrit1 l'ingurgite entire4 ,pas une parcelle n'en est perdue2 la place est nette1 et l'oviscapte nettoy1 lav1 poli4 ,le mle1 durant ce repas1 s'est remis chanter1 mais ce n'est plus un chant d'amour2 il va mourir1 il meurt3 passant prs de lui1 ce moment1 la femelle le regarde1 le flaire1 lui ronge la cuisse4 ,fabre n'a pu voir la pariade de la sauterelle verte1 qui a lieu la nuit1 mais il en a observ les longs prludes1 il a vu le jeu lent des molles antennes4 ,quant au rsultat de l'accouplement1 il est le mme que chez tous les locustiens1 et la femelle pareillement mche et avale l'ampoule gnitale4 ,c'est une redoutable bte de proie1 qui dvore toute vive une norme cigale1 qui hume sans peur les entrailles d'un hanneton gigotant4 ,on ne dit pas si elle mange son mle1 mort ou vif2 c'est assez probable1 car il est fort timide4 ,un autre dectique1 l'analote des ,alpes1 a donn ,fabre ce spectacle effarant3 le mle sur le dos1 la femelle sur le ventre1 les organes gnitaux se joignant bout bout par ce seul contact1 et cependant qu'elle reoit la caresse fcondante1 cette femelle nigmatique1 l'avant-corps relev1 rongeant un autre mle1 maintenu sous ses griffes le ventre ouvert1 impassible1 petites bouches6 ,le mle analote est beaucoup plus petit et plus faible que la femelle2 comme son confrre araigne1 il fuit au plus vite1 l'accouplement fini2 il est trs souvent croqu4 ,dans le cas observ par ,fabre1 le repas qui accompagnait l'amour tait1 sans doute1 la suite d'une premire pariade3 ces locustiennes1 en effet1 ont cette autre habitude1 rare chez les insectes1 d'accepter plusieurs amants4 ,vraiment cette ,marguerite de ,bourgogne cannibale est un beau type de bte1 donne un beau spectacle1 non de l'immoralit1 vain mot1 de la srnit de la nature1 qui permet tout1 veut tout1 pour laquelle il n'y a ni vices1 ni vertus1 mais seulement des mouvements et des ractions chimiques6 ,le spermatophore de l'phippigre est norme1 prs de la moiti du volume de la bte4 ,le repas nuptial s'accomplit selon le mme rite1 et la femelle y joint1 ayant puis son outre1 le pauvre mle puis4 ,elle n'attend mme pas qu'il soit mort2 elle le dpce agonisant1 membre membre3 ayant fcond la femelle de tout son sang1 il doit encore la nourrir de toute sa chair4 ,cette chair du mle est sans doute pour la mre future un puissant rconfort4 ,les femelles des mammifres1 aprs la mise bas1 dvorent le placenta4 ,on a interprt diffremment cet acte habituel4 ,les uns y voient une prcaution contre l'ennemi3 il faut abolir les traces d'un tat qui indique nettement un tre affaibli1 sans dfense1 entour de petits1 proie savoureuse et la merci de tous les crocs2 pour d'autres1 c'est une rcupration de forces4 ,cette dernire opinion semble plus vraisemblable1 surtout si l'on songe aux habitudes des locustiens4 ,le spermatophore1 en effet1 est analogue1 avant1 ce que reprsente1 aprs1 le placenta4 ,d'autre part1 la fcondation1 avant d'tre un acte spcifique1 rentre dans les phnomnes gnraux de la nutrition3 c'est l'intgration d'une force dans une autre force1 et rien de plus4 ,la dvoration du mle ne reprsenterait donc1 partielle ou complte1 que la forme la plus primitive de l'union des cellules1 cette jonction de deux units en une seule qui prcde la segmentation1 la nourrit1 la rend possible pendant un temps limit1 aprs quoi une nouvelle conjugaison est ncessaire4 ,si les actes actuels ne sont qu'une survivance1 s'ils ont dur alors que leur utilit avait disparu1 c'est une autre question1 et que1 une fois encore1 je renvoie aux exprimentateurs4 ,il me suffirait d'avoir fait accepter ce principe gnral que les actes des animaux1 quels qu'ils soient1 ne peuvent tre compris que si on les dpouille des qualifications sentimentales dont les a revtus une humanit ignorante et corrompue par le finalisme providentiel4 ,tout en reconnaissant l'immense valeur sociale des prjugs1 il doit tre permis l'analyse de les dcortiquer et de les moudre4 ,rien ne parat plus clair que l'expression d'amour maternel1 et rien n'est plus rpandu dans la nature entire3 rien cependant ne donne une plus fausse interprtation des actes que ces deux mots prtendent expliquer4 ,on en fait une vertu1 c'est--dire1 selon le sens chrtien1 un acte volontaire2 on semble croire qu'il dpend de la mre d'aimer ou de ne pas aimer ses enfants1 et l'on considre comme coupables celles qui se relchent dans leurs soins ou qui les oublient4 ,comme la gnration1 l'amour maternel est un commandement2 c'est la condition seconde de la perptuit de la vie4 ,des mres parfois en sont dnues2 des mres aussi sont striles3 la volont n'intervient ni dans un cas ni dans l'autre4 ,comme le reste de la nature1 comme nous-mmes1 les animaux vivent soumis la ncessit1 ils font ce qu'ils doivent faire1 autant que le permettent leurs organes4 ,la mante qui mange son mari est une excellente pondeuse et qui prpare avec passion l'avenir de sa progniture4 ,d'aprs les observations de ,fabre1 qui a surveill1 en cage1 des couples de ces insectes singuliers1 ce sont les femelles des mantes1 bien plus fortes que les mles1 bien plus de proie1 qui se livrent la lutte pour l'amour4 ,les combats sont meurtriers3 la femelle vaincue est aussitt mange4 ,le mle est timide4 ,au moment du dsir1 il se borne des poses1 des illades1 que la femelle semble considrer avec indiffrence ou avec ddain4 ,las de parader1 cependant1 il se dcide1 et1 les ailes tales1 tout frmissant1 saute sur le dos de l'ogresse4 ,la pariade dure cinq ou six heures3 quand le nud se dnoue1 l'amant est rgulirement mang4 ,elle est polyandre1 cette femelle terrible4 ,alors que les autres insectes refusent le mle1 quand leurs ovaires ont t fconds1 la mante en accepte deux1 trois1 quatre1 jusqu' sept3 et cette barbe-bleue1 l'uvre accomplie1 les croque sans rmission4 ,fabre a vu mieux4 ,la mante est presque le seul insecte qui ait un cou2 la tte ne se joint pas immdiatement au thorax1 et ce cou est long1 flexible en tous les sens4 ,alors1 cependant que le mle l'enlace et la fconde1 la femelle tourne la tte en arrire et tranquillement ronge son compagnon de plaisir4 ,en voici un qui n'a dj plus de tte4 ,cet autre a disparu jusqu'au corsage et ses restes s'agrippent la femelle qui dvore ainsi le mle par les deux bouts1 tirant de son poux la fois la volupt de l'amour et la volupt de la table4 ,le double plaisir ne cesse que lorsque la cannibale attaque le ventre3 le mle tombe en lambeaux et la femelle l'achve par terre4 ,poiret a vu une scne peut-tre encore plus extraordinaire4 ,un mle saute sur une femelle et va s'accoupler4 ,la femelle fait virer sa tte1 dvisage l'intrus et brusquement1 d'un coup de sa patte-mchoire1 une merveilleuse petite faux dentele1 lui tranche la tte4 ,sans se dconcerter1 le mle se cale1 se dploie1 fait l'amour comme si rien ne s'tait pass d'anormal4 ,la pariade eut lieu et la femelle voulut bien attendre la fin de l'opration pour achever son repas de noces4 ,ce dcapit qui fait l'amour s'explique par ceci1 que le cerveau des insectes ne semble pas avoir la direction unique des mouvements2 ces animaux peuvent donc vivre sans ganglion cervical4 ,une sauterelle sans tte porte encore sa bouche1 au bout de trois heures1 sa patte froisse1 mouvement qui lui est familier1 l'tat intgral4 ,la petite mante1 ou mante dcolore1 est presque aussi froce que sa grande sur1 la mante religieuse2 mais l'empuse1 espce fort voisine1 semble pacifique4 #a ,souvenirs1 ,,vi4 ,,chapitre ,,xv ,,la ,,parade ,,sexuelle ,universalit de la caresse1 des prludes amoureux4--,leur rle dans la fcondation4--,jeux sexuels des oiseaux4--,comment se caressent les cantharides4--,combats des mles4--,combats simuls chez les oiseaux4--,la danse des ttras4--,l'oiseau jardinier4--,sa maison de campagne4--,son got pour les fleurs4--,rflexions sur l'origine de l'art4--,combats des grillons4--,parade des papillons4--,le sens de l'orientation sexuelle4--,le grand-paon4--,soumission des animaux aux ordres de la nature4--,transmutation des valeurs physiques4--,calendrier du rut4 ,on a pu se convaincre1 par les faits rapports dans les chapitres prcdents1 que les jeux de l'amour1 prludes1 caresses1 combats1 ne sont nullement particuliers l'espce humaine4 ,a presque tous les degrs de l'chelle animale1 ou plutt dans toutes les branches de l'ventail animal1 le mle est le mme1 la femelle est la mme4 ,c'est toujours la figure que donne le mcanisme intime de l'union de l'animalcule et de l'ovule3 une forteresse1 vers laquelle amans volat1 currit et ltatur4 ,tout le passage de l',imitation 7#a4 ,,iii1 ch4 iv1 #d7 est une merveilleuse psychologie de l'amour dans la nature1 de l'attraction sexuelle telle qu'elle est sensible dans toute la srie des tres4 ,il faut que l'assigeant entre dans la forteresse2 il emploie la violence1 quelquefois1 la douce violence2 plus souvent la ruse1 la caresse4 ,la caresse1 ces gestes charmants1 de grce et de tendresse1 nous les faisons ncessairement1 non parce que nous sommes des hommes1 mais parce que nous sommes des animaux4 ,leur but est d'aviver la sensibilit1 de disposer l'organisme1 d'accomplir avec joie sa fonction suprme4 ,ils ne sont agrables l'individu1 trs probablement1 ils ne sont perus comme volupt que parce qu'ils sont utiles l'espce4 ,ce caractre de ncessit est naturellement plus apprciable chez les animaux que chez l'homme4 ,la caresse y revt des formes fixes1 dont le baiser d'ailleurs donne bien l'ide1 et elle fait partie intgrante du cavalage4 ,prlude1 mais prlude qui ne peut tre omis sans compromettre la partie essentielle du drame4 ,il arrive cependant que l'homme1 apte se surexciter crbralement1 abrge ou mme nglige le prologue du cot2 cela se voit aussi chez quelques-uns des mammifres domestiques1 taureau1 talon4 ,la vue seule de l'autre sexe1 et l'odeur aussi1 sans doute1 suffisent dterminer un tat qui permet la jonction immdiate4 ,il n'en est dj plus de mme chez cet autre animal1 plus domestique encore1 le chien3 les deux sexes se livrent d'abord des jeux1 des explorations2 ils se demandent l'un l'autre leur consentement2 on se fait la cour2 parfois le mle1 malgr son tat1 recule2 plus souvent la femelle abaisse sa queue1 pont-levis1 et ferme la forteresse4 ,on sait aussi les agaceries que se font les oiseaux4 ,m4 ,mantegazza a racont agrablement les jeux sexuels de deux vautours1 la femelle1 emprisonne dans la carcasse d'un cheval presque dvor1 s'interrompant de becqueter la charogne pour gmir profondment1 en redressant la tte1 pour regarder en l'air4 ,un autre vautour planait au-dessus du charnier et rpondait aux gmissements de la vautouresse4 ,cependant1 quand le mle surexcit descendit vers la femelle qu'il croyait vaincue1 elle s'enfona dans la carcasse1 aprs une lutte brve qui fit comprendre au mle que l'heure n'tait pas venue et le mit en fuite4 ,aprs cela1 les gmissements recommencrent2 la femelle semblait fche2 elle tait monte sur sa cage d'ossements1 gonflant ses ailes1 relevant la queue1 toute roucoulante4 ,l'union eut lieu enfin dans un grand bruit de plumes froisses et d'ossements heurts4 ,le mme auteur a not avec prcision les prludes compliqus auxquels se livrrent sous ses yeux deux moineaux4 ,en voici le rsum1 pour ainsi dire graphique3 ,une troupe de moineaux sur un toit le matin2 ils sont calmes1 font leur toilette4 ,survient un gros mle qui jette un cri violent3 une des femelles riposte aussitt1 non par un cri1 mais par un acte3 elle s'loigne de la troupe4 ,le mle la rejoint2 elle s'envole vers un toit voisin2 l1 c'est avec le mle qui l'a suivie un long caquetage1 bec bec4 ,nouvelle fuite2 le mle se repose au soleil1 puis rejoint encore une fois la pierrette4 ,les assauts commencent2 le mle est repouss4 ,la femelle se drobe en sautillant1 par petits bonds4 ,le bord du toit arrte la fuite2 elle profite de ce prtexte1 et se livre4 ,mais1 c'est le prodigieux2 insecte qu'il faut interroger4 ,on connat les cantharides1 ces beaux coloptres auxquels la pharmacie a fait une si vilaine rputation4 ,la femelle ronge sa feuille de frne2 le mle survient1 monte sur son dos1 l'enlace de ses pattes postrieures4 ,alors1 de son abdomen allong1 il fouette les flancs de la femelle1 alternativement droite et gauche1 avec une rapidit frntique4 ,en mme temps1 de ses pattes antrieures1 il lui masse1 lui flagelle furieusement la nuque2 tout son corps trpide et vibre4 ,la femelle reste passive1 attend le calme4 ,il vient4 ,sans lcher prise1 le mle tend en croix ses pattes de devant1 se dtend un peu1 oscillant de la tte et du corselet4 ,la femelle se remet brouter4 ,le calme est bref2 les folies du mle recommencent4 ,puis1 c'est une autre manuvre3 avec le pli des jambes et des tarses1 il saisit les antennes de la femelle1 la force relever la tte1 en mme temps qu'il redouble ses coups de fouet sur les flancs4 ,nouvelle pose2 nouvelle reprise de la flagellation3 enfin1 la femelle s'ouvre4 ,l'accouplement dure un jour et une nuit1 aprs quoi le mle tombe1 mais tout en restant nou la femelle1 qui le trane1 le pnis attach ses organes1 de feuille en feuille4 ,parfois1 il broute aussi1 un peu1 et l2 quand il se dtache1 c'est pour mourir4 ,la femelle pond1 meurt son tour4 ,la crocome1 insecte voisin de la cantharide1 a des murs analogues2 mais la femelle est encore plus froide1 et le mle est oblig d'en tter plus d'une avant de trouver qui lui rponde4 ,il a beau cribler de ses coups de pattes les flancs de la compagne lue1 elle reste insensible1 inerte4 ,ce mange a tout l'air1 d'ailleurs1 d'tre pass l'tat de manie dans les muscles des mles1 si bien qu' dfaut de femelles ils se chevauchent et se tambourinent les uns les autres4 ,sitt qu'un mle est charg d'un autre mle1 il prend l'attitude femelle1 se tient coi2 on voit des pyramides de trois et quatre mles3 alors celui du dessus est le seul qui agite la frnsie de ses pattes amoureuses2 les autres se tiennent immobiles1 comme si leur position d'tre cavales les transformait aussitt en btes passives3 cela tient sans doute l'crasement de leurs muscles#a4 ,il est rare que la femelle facilite au mle l'accomplissement de son uvre2 mais il a un autre obstacle vaincre1 trs souvent3 les autres mles4 ,il n'y a aucun rapport1 contrairement ce que ,ton pourrait croire1 entre le caractre social du mle et son caractre amoureux24 ,des animaux froces se montrent ce moment beaucoup plus placides que des animaux doux et mme craintifs4 ,qui croirait que le timide lapin est un amant imptueux1 tyrannique et jaloux8 ,il faut que la femelle lui cde son premier dsir1 sinon il se fche4 ,elle est d'ailleurs fort lascive1 la lapine2 la gestation n'arrte nullement ses amours4 ,le livre1 qui ne passe point pour brave1 est un mle ardent et convaincu2 il se bat furieusement avec ses pareils pour la possession d'une femelle4 ,ce sont des animaux fort bien outills pour l'amour1 pnis trs dvelopp1 clitoris presque aussi gros4 ,les mles font de vritables voyages1 courent des nuits entires1 la recherche des hases1 qui sont sdentaires3 de mme que les lapines1 elles ne se refusent jamais1 mmes dj pleines4 ,martres1 putois1 zibelines1 rats se livrent1 l'poque du rut1 de violents combats4 ,les rats accompagnent ces luttes de cris aigus4 ,les cerfs1 les sangliers1 un grand nombre d'autres espces1 se battent jusqu' la mort pour la possession des femelles2 cette pratique n'est pas inconnue l'humanit4 ,il n'est pas jusqu'aux lourdes tortues que l'amour n'exaspre3 le mle est vaincu1 qui a t renvers sur le dos4 ,plus fins1 destins peut-tre une civilisation suprieure et charmante1 les oiseaux se plaisent aussi lutter1 parfois le duel est srieux1 comme chez les gallinacs 7combats de coqs7 souvent1 il est de courtoisie1 de simulacre4 ,la femelle du coq de roche1 qui vit au ,brsil1 est fauve et sans beaut2 le mle est jaune orange1 la crte borde de rouge fonc1 les pennes des ailes et de la queue d'un rouge brun4 ,on voit ceci3 les femelles ranges en cercle1 comme une foule autour de baladins2 ce sont les mles qui se pavanent1 font des grces1 remuent leurs plumes chatoyantes1 se font admirer1 se font dsirer4 ,de temps en temps1 une femelle s'avoue sduite3 un couple se forme4 ,mais les ttras1 coqs de bruyre de l',amrique du ,nord1 ont des habitudes encore plus curieuses4 ,leurs luttes sont devenues exactement ce que nous en avons fait1 des danses4 ,ce n'est mme plus le tournoi1 c'est le tour de valse4 ,ce qui achve de prouver que ces parades sont bien une survivance1 une transformation1 c'est que les mles1 force de s'y amuser1 s'y livrent non seulement avant1 mais aprs l'accouplement4 ,il les pratiquent mme1 pour se dsennuyer1 pendant la couvaison1 en l'absence des femelles absorbes par leur devoir maternel4 ,des voyageurs#b dcrivent ainsi la danse des ttras3 ,ils se rassemblent vingt ou trente en une place choisie1 et l se mettent danser1 mais comme des fous4 ,ouvrant leurs ailes1 ils rassemblent leurs pieds1 sautent1 comme des hommes dans la danse du sac4 ,ensuite1 ils s'avancent l'un vers l'autre1 font un tour de valse1 passent un second partenaire et ainsi de suite4 ,cette contredanse des poulets de prairie est des plus amusantes4 ,ils s'y absorbent assez pour qu'on puisse les bien approcher4 ,des oiseaux d',australie et de ,nouvelle-,guine#c font l'amour avec un crmonial charmant4 ,pour attirer son amante1 le mle construit une vritable maisonnette de campagne ou1 s'il est moins habile1 un rustique berceau de verdure4 ,il plante des rameaux1 des brindilles vertes1 car il est petit1 de la taille d'un merle1 qu'il courbe en vote souvent de plus d'un mtre de long4 ,le sol1 il le jonche de feuilles1 de fleurs1 de fruits rouges1 d'ossements blancs1 de brillants cailloux1 de morceaux de mtal1 de bijoux vols aux environs4 ,on dit que les colons australiens1 quand il leur manque une bague ou une paire de ciseaux1 vont les chercher dans ces tentes de verdure4 ,notre pie manifeste un certain got pour les objets clatants3 on en a fait des contes4 ,le jardinier de la ,nouvelle-,guine est plus ingnieux encore2 il l'est au point que son uvre semble une uvre humaine et qu'on y est pris4 ,il fait avec son seul bec et ses seules pattes aussi bien et mieux que tels paysans1 montrant mme un got du dcor qui leur manque souvent4 ,on cherche l'origine de l'art3 la voil1 dans ce jeu sexuel d'un oiseau4 ,nos manifestations esthtiques ne sont que le dveloppement du mme instinct de plaire qui1 en une espce1 surexcite le mle1 en une autre anime la femelle4 ,s'il y a un surplus1 il sera dpens sans but1 pour le pur plaisir3 c'est l'art humain2 son origine est celle de l'art des oiseaux et de l'art des insectes4 ,la ,grande ,encyclopdie a donn l'image de la maison de plaisance du ,jardinier1 que l'on appelle savamment l',amblyornis inornata1 parce que cet artiste est sans beaut personnelle4 ,on dirait la construction de quelque pygme intelligent et fin4 ,en voici d'ailleurs la description1 telle que ce mme ouvrage la rsume d'aprs un voyageur italien1 ,m4 ,o4 ,beccari#d3 ,en traversant une magnifique fort1 ,m4 ,beccari se trouva tout coup en prsence d'une petite cabane de forme conique1 prcde d'une pelouse parseme de fleurs1 et il reconnut aussitt dans cette hutte le genre de construction que les chasseurs de ,m4 ,bruijn avaient signale leur matre comme l'uvre d'un oiseau livre sombre et un peu plus gros qu'un merle4 ,il en prit un croquis trs exact et1 en contrlant par ses propres observations les rcits des indignes1 il reconnut le procd suivi par l'oiseau pour lever cette cabane qui ne reprsente pas un nid1 mais plutt une habitation de plaisance4 ,l'amblyornis choisit une petite clairire au sol parfaitement uni et au centre de laquelle se dresse un arbrisseau4 ,autour de cet arbrisseau1 qui servira d'axe l'difice1 l'oiseau apporte un peu de mousse1 puis il enfonce obliquement dans le sol des rameaux d'une plante qui continue vgter quelque temps et qui1 par leur juxtaposition1 constituent les parois inclines de la hutte4 ,sur un ct1 cependant1 ces rameaux s'cartent lgrement pour former une porte en avant de laquelle s'tend une belle pelouse dont les lments ont t amens pniblement1 touffe touffe1 d'une certaine distance4 ,aprs avoir soigneusement nettoy cette pelouse1 l'amblyornis y sme des fleurs et des fruits qu'il va cueillir aux environs et qu'il renouvelle de temps en temps4 ,ce jardinier primitif appartient la famille des oiseaux de ,paradis1 si remarquables par la beaut de leur plumage4 ,il semble que1 ne pouvant se parer par lui-mme1 il ait extrioris son instinct1 ,d'aprs les voyageurs1 ces cabanes sont de vritables maisons de rendez-vous1 le vide-bouteilles du ,x,v,i,ie sicle1 la folie du ,x,v,i,i,ie4 ,l'oiseau galant la pare de tout ce qui pourra plaire la femelle qu'il y convie2 si elle est satisfaite1 c'est le lieu des amours aprs avoir t celui des dclarations4 ,je ne sais si on a donn ces curiosits toute l'importance qu'elles ont et dans l'histoire des oiseaux et dans celle de l'humanit4 ,le savant1 seul inform de tels dtails1 n'y comprend rien1 gnralement4 ,l'un d'eux1 que je lis1 songe la pie voleuse et ajoute3 ces traits1 qui leur sont communs1 rattachent troitement les paradisiers aux corvids4 ,sans doute3 mais ce n'est pas trs important4 ,le fait grave est ceci3 la cueillaison d'une fleur4 ,le fait utile explique l'animalit2 le fait inutile explique l'homme4 ,or1 il est capital de montrer que le fait inutile n'est point spcial l'homme4 ,ce sont egalemnt des combats de parade que ceux des grillons1 mais peut-tre pour une autre cause3 la faiblesse de leurs armes offensives relativement la solidit de leur cuirasse4 ,il y a cependant un vainqueur et un vaincu4 ,le vaincu dcampe2 le vainqueur chante4 ,puis1 il se lustre1 trpigne1 semble nerveux4 ,souvent1 dit ,fabre1 l'motion le rend muet2 ses lytres trpident sans produire de son4 ,quant la grillonne1 tmoin du duel1 elle court1 ds qu'il s'achve1 se cacher sous quelque feuille4 ,elle carte un peu le rideau1 cependant1 et regarde1 et dsire tre vue4 ,aprs ce jeu1 elle se montre tout fait2 le grillon se prcipite1 fait brusquement demi-tour et1 rampant en arrire1 se coule sous le ventre de la femelle4 ,l'uvre acheve1 il dtale au plus vite1 car1 nous sommes devant un nigmatique orthoptre1 la femelle le croque volontiers4 ,c'est la chanson du mle grillon qui attire la femelle4 ,quand elle l'entend1 elle coute1 s'oriente1 obit l'appel4 ,il en est de mme chez les cigales1 bien que les deux sexes vivent le plus souvent cte cte4 ,en imitant le bruit des mles1 on peut tromper les femelles et les faire venir4 ,tantt la vue1 tantt l'odorat guide le mle4 ,beaucoup d'hymnoptres1 dous d'un puissant organe visuel1 guettent les femelles1 en interrogeant les alentours4 ,ainsi font galement la plupart des papillons diurnes4 ,quand le mle aperoit une femelle1 il la poursuit1 mais c'est pour la devancer1 pour se faire voir1 et il semble la tenter de lents battements d'ailes4 ,cette parade dure parfois assez longtemps4 ,enfin1 leurs antennes se touchent1 leurs ailes se frlent1 et ils s'envolent de compagnie4 ,l'accouplement a trs souvent lieu dans l'air2 ainsi procdent les pirides4 ,en certaines espces1 les bombyx1 par exemple1 dont les femelles sont lourdes et mme aptres1 le mle1 qui est au contraire trs vif1 en fconde plusieurs1 allant de l'une l'autre1 et c'est cela sans doute qui a donn aux papillons leur rputation d'inconstance4 ,ils vivent trop peu pour la mriter3 beaucoup1 ns le matin1 ne voient pas un second soleil4 ,on pourrait bien plutt en faire le symbole de la pense pure4 ,il y en a qui ne mangent pas2 et1 parmi ceux qui ne mangent pas1 il y en a que la nature voue la virginit4 ,hermaphrodites d'un genre singulier1 mles droite1 femelles gauche1 ils figurent deux moitis sexuelles soudes selon la ligne mdiane4 ,les organes dont le centre est coup par cette ligne ne sont donc que des demi-organes1 bons rien sinon l'amusement des observateurs4 ,les papillons hybrides1 produits par le croisement de deux espces1 ne sont pas trs rares2 ils sont galement impropres la reproduction4 ,l'accouplement des papillons de jour ne dure que quelques minutes2 il se prolonge souvent pendant une nuit et un jour chez les papillons de nuit1 sphinx1 phalnes1 noctuelles4 ,si c'est une rcompense1 elle est due leurs courageux voyages en qute de la femelle pressentie4 ,le grand-paon fait plusieurs lieues de pays pour tenter de satisfaire son amour4 ,blanchard raconte l'histoire de ce naturaliste qui1 ayant captur et enferm dans sa poche une femelle de bombyx1 rentra chez lui escort d'un nuage form de plus de deux cents mles4 ,au printemps1 dans un endroit o le grand-paon est si rare qu'on en rcolte difficilement un ou deux par an1 la prsence d'une femelle en cage peut attirer une centaine de mles1 comme ,fabre en a fait l'exprience4 ,ces mles si fivreux ne sont dous que d'une ardeur trs brve4 ,qu'ils aient ou non touch la femelle1 ils ne vivent que deux ou trois jours4 ,insectes normes1 plus gros que l'oiseau-mouche1 ils ne mangent pas2 leurs pices buccales ne sont qu'un ornement et un dcor3 ils naissent pour se reproduire et pour mourir4 ,les mles semblent infiniment plus nombreux que les femelles et il est probable qu'il n'y en a pas plus d'un sur cent qui puisse accomplir sa destine4 ,celui qui manque la femelle pourchasse1 qui arrive trop tard1 est perdu3 sa vie est si brve qu'il lui sera trs difficile d'en dcouvrir une seconde4 ,il est vrai que1 dans les conditions normales1 la femelle cavale doit cesser aussitt d'mettre son odeur sexuelle2 les mles ne sont attirs par la mme que pendant un temps beaucoup plus court et leurs qutes ont des chances d'tre moins infructueuses4 ,est-ce bien l'odorat tout seul qui les guide8 ,a huit heures du matin chez ,fabre1 ,serignan1 on voit clore un cocon de petit-paon2 il en sort une femelle immdiatement emprisonne sous la cloche de grillage4 ,a midi1 un mle arrive2 c'est le premier que ,fabre1 qui a pass l sa vie1 ait jamais vu4 ,le vent souffle du nord1 il vient du nord1 donc contre odeur4 ,a deux heures1 il y en a dix4 ,venus sans hsiter jusqu' la maison1 ils se troublent1 se trompent de fentre1 errent de pice en pice1 ne vont jamais directement vers la femelle4 ,on dirait qu' ce moment ils doivent faire usage d'un autre sens1 peut-tre la vue1 malgr leur tat de btes crpusculaires1 et que la cage les gne4 ,peut-tre aussi est-il d'usage que la femelle vienne jouer au-devant d'eux8 ,il est toutefois vident que l'odorat joue un trs grand rle2 le mystre ne serait pas moins grand si on supposait l'exercice d'un sens parti culier1 le sens de l'orientation sexuelle4 ,fabre a obtenu le mme succs avec la femelle d'un autre papillon trs rare1 le bombyx du chne1 ou minime bande3 en une matine1 soixante mles taient accourus1 tournoyant autour de la prisonnire4 ,on observe des faits analogues1 sinon identiques1 chez certains serpents1 chez des mammifres3 tout le monde a vu1 la campagne1 des chiens1 attirs par une femelle en chaleur1 venir de trs loin1 de prs d'une lieue1 sans que l'on puisse comprendre comment leur organisme a t averti4 ,les explications sont vaines en ces matires4 ,elles amusent la curiosit sans satisfaire la raison4 ,ce qu'on peroit nettement1 c'est une ncessit2 il faut que l'acte s'accomplisse3 pour cela1 tous les obstacles1 quels qu'ils soient1 seront vaincus4 ,ni la distance1 ni la difficult du voyage1 ni le danger des approches ne parviennent rebuter l'instinct4 ,chez l'homme1 qui possde parfois la force de se drober aux commandements sexuels1 la dsobissance peut avoir des rsultats heureux4 ,la chastet1 pareille un transmutateur1 change en nergie intellectuelle ou sociale l'nergie sexuelle sans emploi2 chez les animaux1 cette transmutation des valeurs physiques est impossible4 ,l'aiguille de direction reste en une position immuable3 l'obissance est inluctable4 ,c'est pourquoi il y a une si profonde rumeur dans la nature quand les ordres printaniers sont promulgus4 ,les fleurs vgtales ne sont pas les seules s'ouvrir3 les sexes de chair fleurissent aussi4 ,les oiseaux1 les poissons prennent des couleurs neuves et plus vives4 ,il y a des chants1 il y a des jeux1 il y a des plerinages4 ,les saumons qui vivaient tranquilles la bouche des fleuves1 il leur faut s'assembler1 partir1 remonter les courants1 franchir les cluses1 s'corcher sur les roches qui forment barrages et cataractes1 s'extnuer1 flches1 bondir par-dessus tous les obstacles humains et naturels4 ,mles et femelles arrivent extnus au bout de leur voyage1 la frayre de sable fin o les unes vont dposer leurs ufs1 o les autres vont rpandre hroquement la laitance faite de leur sang4 ,le printemps n'est pas la seule saison du rut4 ,le calendrier de l'amour s'tend le long de toute l'anne4 ,en hiver1 ce sont les loups1 les renards2 au printemps1 les oiseaux1 les poissons2 en t1 les insectes1 beaucoup de mammifres2 en automne1 les cerfs4 ,l'hiver est trs souvent la saison lue par les animaux polaires2 la zibeline s'accouple en janvier2 l'hermine1 en mars2 le glouton1 au commencement et la fin de l'hiver4 ,les animaux domestiques ont souvent plusieurs saisons3 pour le chien1 le chat1 les oiseaux privs1 c'est le printemps et c'est l'automne4 ,on trouve en tout temps des jeunes loutres4 ,la plupart des insectes meurent aprs la pariade2 mais non tous les hmiptres1 ni l'abeille mre1 ni certains coloptres1 ni certaines mouches4 ,le cerf et l'talon s'puisent1 mais non pas le blier1 ni le taureau1 ni le bouc4 ,la dure de la porte1 chez les placentaires1 semble dans une certaine relation avec le volume de l'animal3 jument1 onze douze mois2 nesse1 douze mois et demi2 vache1 biche1 neuf mois2 brebis1 chvre1 louve1 renarde1 cinq mois2 truie1 quatre mois2 chienne1 deux mois2 chatte1 six semaines2 lapine1 un mois4 ,il y a des singularits3 fconde en aot1 la chevrette ne met bas que sept mois et demi plus tard1 la croissance de l'embryon restant longtemps stationnaire1 pour recommencer au printemps4 ,chez la chauve-souris1 l'ovulation n'a lieu qu' la fin de l'hiver1 bien qu'elle ait reu le mle l'automne3 les femelles que l'on prend1 pendant l'hibernation1 ont le vagin gonfl d'un sperme inerte qui n'agira qu'au rveil printanier4 #a ,pour ces deux observations1 cf4 ,fabre1 ,souvenirs1 tome ,,ii3 ,crocomes1 mylabres et zonitis4 #b ,milton et ,cheaddle4 ,de l',atlantique au ,pacifique1 p4 #aga de la traduction franaise4 #c ,l'un n'a pas de nom prononable2 les savants le dsignent par cet assemblage de lettres3 ,ptilinorhynches4 ,l'autre est appel joliment par les sauvages le ,jardinier4 #d ,le titre de son tude est dj trs curieux3 ,les cabanes et les jardins de l',amblyornis 7,annales du ,muse d'histoire naturelle de ,gnes1 #ahgf74 ,,chapitre ,,xvi ,,la ,,polygamie ,raret de la monogamie4--,got du changement chez les animaux4--,rles de la monogamie et de la polygamie dans la stabilit ou l'instabilit des types spcifiques4--,lutte du couple et de la polygamie4--,les couples parmi les poissons1 les batraciens1 les sauriens4--,monogamie des pigeons1 des rossignols4--,monogamie des carnassiers1 des rongeurs4 --,murs du lapin4--,la mangouste4--,causes inconnues de la polygamie4--,raret et surabondance des mles4--,la polygamie chez les insectes4--,chez les poissons4--,chez les gallinacs et les palmipdes4--,chez les herbivores4--,le harem de l'antilope4--,la polygamie humaine4--,comment elle tempre le couple chez les civiliss4 ,il n'y a d'animaux monogames que ceux qui ne font l'amour qu'une fois dans leur vie4 ,les exceptions cette rgle n'ont pas assez de constance pour tre riges en contre-rgle4 ,il y a des monogamies de fait2 il n'y en a pas de ncessaires1 ds que l'existence de l'animal est assez longue pour lui permettre de se reproduire plusieurs fois4 ,les femelles des mammifres en libert fuient presque toujours le mle qui les a dj servies2 il leur faut du nouveau4 ,la chienne n'accueille qu' la dernire extrmit le chien de la prcdente saison4 ,ceci me semble la lutte de l'espce contre la varit4 ,le couple est formateur de varits4 ,la polygamie les ramne au type gnral de l'espce4 ,les individus d'une espce franchement polygame doivent prsenter une ressemblance trs grande2 si l'espce incline une certaine monogamie1 les dissemblances deviennent plus nombreuses4 ,ce n'est pas une illusion qui nous fait reconnatre dans les races humaines peu prs monogames une moindre uniformit de type que dans les socits polygames ou livres la promiscuit1 ou chez les espces animales4 ,l'exemple du chien semble le plus mal choisi entre tous ceux qu'il tait possible de prendre4 ,il n'en est rien1 c'est le meilleur1 attendu qu'en recevant successivement des individus de varits diffrentes1 la chienne tend produire des individus1 non d'une varit spcialise1 mais au contraire d'un type o s'emmlent des varits multiples1 individus qui1 en se croisant et en se recroisant leur tour1 finiraient1 si les chiens vivaient l'tat libre1 par constituer une espce unique4 ,la libert sexuelle tend tablir l'uniformit du type2 la monogamie lutte contre cette tendance et maintient la diversit4 ,une autre consquence de cette manire de voir est qu'il faudra considrer la monogamie comme favorable au dveloppement intellectuel1 l'intelligence tant une diffrenciation qui s'accomplira d'autant plus souvent que seront plus nombreux les individus et les groupes dj diffrencis physiquement4 ,que l'uniformit physique engendre l'uniformit de sensibilit1 puis d'intelligence1 cela n'a point besoin d'tre expliqu3 or les intelligences ne comptent1 ne marquent que par leurs diffrences2 uniformes1 elles sont comme si elles n'taient pas impuissantes s'accrocher les unes aux autres1 ragir les unes contre les autres1 faute d'asprits1 faute de courants contraires4 ,c'est le troupeau dont chaque membre fait le mme geste de fuir1 de mordre ou de rugir4 ,ni les conditions de la monogamie absolue1 ni celles de la promiscuit absolue ne semblent se rencontrer l'heure actuelle dans l'humanit1 ni chez les animaux2 mais on voit le couple1 en plusieurs espces animales et humaines1 soit l'tat de tendance1 soit l'tat d'habitude4 ,plus souvent1 surtout parmi les insectes1 le pre reste indiffrent1 mme s'il survit quelque temps1 aux consquences de l'acte gnital4 ,d'autres fois1 les luttes entre les mles en rduisent tellement le nombre qu'un seul mle demeure le matre et le servant d'une grande quantit de femelles4 ,il faut aussi distinguer entre la polygamie vraie et la polygamie successive2 entre la monogamie d'une saison et celle de la vie entire2 enfin1 considrer part les animaux qui ne font l'amour qu'une seule fois ou durant une saison unique suivie de mort4 ,ces diffrentes varits et toutes leurs nuances demanderaient une classification mthodique4 ,ce serait un long travail et qui peut-tre n'atteindrait pas une vritable exactitude1 car1 chez les animaux1 comme chez l'homme1 il faut compter avec le caprice1 en matire sexuelle3 quand une fidle colombe est fatigue de son amant1 elle prend son vol et forme bientt1 avec quelque mle adultre1 un nouveau couple4 ,le couple est naturel1 mais non le couple permanent4 ,l'homme ne s'y est jamais pli qu'avec peine1 encore que cela soit une des principales conditions de sa supriorit4 ,les mamelles du mle ne semblent pas prouver la primordialit du couple chez les mammifres4 ,bien qu'il y ait des exemples vridiques de mles ayant donn du lait1 il est difficile de considrer les mamelles du mle comme destines un rle vritable1 un allaitement de fortune#a4 ,ce remplacement a t trop rarement observ pour qu'on en puisse tirer argument4 ,l'embryologie explique trs bien l'existence de cet organe inutile4 ,l'instrument inutile est d'ailleurs aussi frquent dans la nature que l'absence de l'instrument utile4 ,la concordance parfaite de l'organe et de l'acte est rare4 ,quand il s'agit des insectes1 qui ne vivent qu'une saison d'amour1 parfois deux saisons relles1 si1 ns l'automne1 ils peuvent s'engourdir pour l'hiver1 la polygamie est presque toujours la consquence de la raret des mles1 ou de la surabondance des femelles4 ,l'espace leur est trop vaste1 la nourriture trop abondante1 pour qu'il naisse entre mles des combats vraiment meurtriers4 ,d'ailleurs1 l'amour accompli1 la minuscule gent aile ne demande qu' mourir2 le couple ne se forme que pour la dure de la fcondation2 les deux btes reprennent aussitt leur libert1 qui est celle de pondre1 pour la femelle1 pour le mle celle de languir et1 parfois1 de jeter au vent une dernire chanson4 ,il y a des exceptions cette rgle1 mais si l'on considrait les exceptions du mme regard que la rgle1 on ne verrait dans la nature que ce que l'on voit dans le sein d'un fleuve1 de vagues mouvements1 des ombres passantes4 ,pour concevoir quelque ralit1 il faut concevoir la rgle1 d'abord1 instrument de vision et de mesure4 ,chez la plupart des insectes1 le mle ne fait rien que de vivre2 il dpose sa semence dans le rceptacle de la femelle1 reprend son vol1 s'vanouit4 ,il ne partage aucun des travaux prparatoires de la ponte4 ,seule1 la femelle sphex engage sa lutte terrible et habile avec le grillon1 qu'elle paralyse de trois coups de poignard dans les trois centres nerveux moteurs2 seule1 elle creuse le terrier oblique au fond duquel vivront les larves2 seule1 elle le pare1 l'emplit de provisions1 le clt4 ,seule1 la femelle cercris entasse dans la galerie profonde1 fruit de ses fouilles1 les charanons ou les buprestes immobiliss1 nourriture de sa postrit4 ,seule1 l'osmie1 seule1 la gupe1 seule1 la philanthe1-mais il faudrait citer presque tous les hymnoptres4 ,on comprend mieux que1 quand l'insecte dpose ses ufs soit au hasard1 sans manuvres pralables1 soit par le jeu d'instruments spciaux1 la coopration du mle fasse dfaut3 seule1 la femelle des cigales peut enfoncer dans l'corce de l'olivier son adroite tarire4 ,il est cependant des couples parmi les insectes4 ,voici1 au milieu des coloptres1 les bousiers1 voici les ncrophores4 ,gotrupes stercoraires1 copris lunaires1 onitis bison1 sisyphes1 travaillent fort sagement deux deux prparer les vivres de la famille future4 ,alors1 c'est le mle qui semble le matre2 c'est lui qui dirige la manuvre dans les oprations compliques des ncrophores4 ,un couple s'empresse autour d'un cadavre1 quelque mulot2 presque toujours un ou deux mles isols se joignent eux2 la troupe s'organise1 et l'on voit l'ingnieur en chef explorer le terrain1 donner des ordres4 ,la femelle les attend1 immobile1 prte obir1 suivre le mouvement4 ,ds qu'il y a couple1 le mle commande4 ,le mle ncrophore assiste la femelle pendant les travaux de l'arrangement de la cellule et de la ponte4 ,la plupart des bousiers1 sisyphes ou copris1 faonnent et transportent ensemble la pilule qui servira de nourriture aux larves3 leur couple ressemble entirement celui des oiseaux4 ,on pourrait croire que1 dans ce cas1 la monogamie est ncessite par la nature des travaux2 nullement3 le mle1 en d'autres espces fort voisines1 celui du scarabe sacr1 par exemple1 laisse la femelle difier seule la boule excrmentitielle o elle enfermera ses ufs4 ,en montant aux vertbrs1 on trouve aussitt quelques exemples d'une sorte de monogamie3 c'est quand le poisson mle sert lui-mme de couveuse sa progniture1 soit qu'il la loge dans une poche spciale1 soit qu'il l'hospitalise hroquement dans sa bouche4 ,cela est rare1 puisque le plus souvent1 chez les poissons1 les sexes ne s'approchent pas1 et mme ne se connaissent pas4 ,les batraciens1 au contraire1 sont monogames2 la femelle ne pond que sous la pression du mle et c'est une opration si lente1 prcde de si longues manuvres1 que la saison entire y est occupe4 ,le mle du crapaud commun s'enroule aux jambes1 mesure qu'il est dvid1 le long chapelet des ufs1 et quand il est complet1 il s'en va1 le soir1 dposer son fardeau dans la mare voisine4 ,les sauriens aussi semblent presque tous monogames4 ,le lzard avec sa lzarde forme un couple qui1 dit-on1 dure plusieurs annes4 ,leurs amours sont ardentes2 ils se serrent troitement ventre ventre4 ,les oiseaux sont gnralement considrs comme monogames1 sauf les gallinacs et les palmipdes2 mais les exceptions apparaissent si nombreuses qu'il faudrait nommer les espces une une4 ,la fidlit des pigeons est lgendaire2 elle est peut-tre une lgende4 ,le pigeon mle a en effet des tendances l'infidlit et mme la polygamie4 ,il trompe sa compagne2 il va jusqu' lui infliger la honte d'une concubine sous le toit conjugal ,i ,et ces deux pouses1 il les tyrannise1 il se les asservit en les battant4 ,la pigeonne1 il est vrai1 n'est pas toujours d'humeur facile4 ,elle a ses caprices4 ,parfois1 se refusant son compagnon1 elle dserte1 va se livrer au premier venu4 ,on ne trouvera ici aucune des anecdotes zoologiques sur l'industrie des oiseaux1 leur union dans le dvouement l'espce4 ,les murs de ces nouveaux venus dans le monde sont trs instables2 cependant1 chez certains gallinacs1 monogames par exception1 comme les perdrix1 les mles semblent travaills par des dsirs contraires2 ils subissent le couple plutt qu'ils ne le choisissent1 et leur participation l'levage est souvent fort restreinte4 ,on a mme vu des mles de perdrix rouges abandonner leur femelle aprs la pariade et se runir en troupe spare avec des mles vagabonds4 ,un couple parfait1 c'est celui du rossignol2 les deux parents couvent1 chacun leur tour4 ,le mle1 quand la femelle vient le relever1 reste prs d'elle et chante tant qu'elle repose sur les ufs4 ,plus dvou encore est le talgalle mle1 sorte de dindon d',australie4 ,il faonne le nid qui est un amas norme de feuilles mortes1 puis la femelle ayant pondu1 il surveille les ufs1 vient de temps en temps les dcouvrir pour les exposer au soleil4 ,il prend galement soin des petits1 qu'il abrite sous les feuilles jusqu' ce qu'ils soient capables de voler4 ,parmi les mammifres1 les carnivores1 les rongeurs pratiquent souvent une certaine monogamie1 au moins temporaire4 ,les renards vivent en couples1 s'occupent de l'ducation des renardeaux4 ,on voit leurs vraies murs dans le vieux ,roman du ,renart23 ,renart vagabonde1 cherchant proie et aubaines1 cependant que dame ,hermeline1 sa femme1 l'attend au logis1 en son repaire de ,maupertuis4 ,la renarde apprend ses enfants l'art de tuer et de dpecer2 leur apprentissage se fait sur le gibier encore vivant que le mle pourvoyeur apporte la maison4 ,le lapin est fort rude en amour2 le hamster1 autre rongeur1 devient souvent ,carnivore1 durant la saison du rut2 on dit mme qu'il dvore volontiers ses petits et que la femelle1 craignant sa frocit1 le quitte avant de mettre bas4 ,ces aberrations s'exagrent en captivit et atteignent la femelle elle-mme4 ,on sait que la lapine dvore parfois sa progniture2 cela arrive surtout lorsqu'on a l'imprudence de toucher ou mme de regarder de trop prs les lapereaux4 ,cela sufft pour amener une perturbation violente du sentiment maternel4 ,on a observ la mme dmence chez une renarde qui avait mis bas en cage2 un jour quelqu'un passa1 considra les renardeaux2 un quart d'heure aprs1 ils taient trangls4 ,on a donn de cette pratique1 chez les lapines1 diverses explications dont la plus simple en apparence est que la lapine tue ses petits1 pousse par la soif1 pour boire leur sang4 ,c'est bien dantesque1 pour des lapines4 ,on dit aussi1 et cela concerne alors les lapins sauvages et les lapins privs1 que les femelles surprises tuent leurs petits1 n'ayant point l'industrie1 comme les hases1 les chattes1 les chiennes1 de les transporter en un autre lieu1 d'en sauver au moins un1 pendu par la peau du cou4 ,la troisime explication est que1 dvorant leur arrire-faix1 comme presque tous les mammifres1 et cela par motif physiologique1 sans doute1 les lapines1 mises en got1 continuent le repas et absorbent les lapereaux4 ,sans rejeter aucune de ces explications1 on pourrait en prsenter plusieurs autres4 ,d'abord1 il n'y a point que les femelles qui dvorent leurs petits2 les mles y sont galement enclins4 ,trs lascif1 le mle lapin cherche se dbarrasser de sa progniture1 pour suspendre l'allaitement et chevaucher nouveau la femelle4 ,d'autre part1 il est constant que la lapine mre1 ds qu'elle a repris l'habitude du mle1 alors qu'elle allaite encore1 cesse aussitt de reconnatre ses petits1 ses brves ides tournes toutes vers la progniture nouvelle1 future4 ,des causes diffrentes peuvent engendrer des actes identiques1 et des raisonnements divers aboutir aux mmes conclusions4 ,il y a raisonnement dans ce cas du lapin2 or1 il n'y a raisonnement que lorsqu'il y a erreur initiale1 lorsqu'il y a trouble dans l'intellect4 ,ce trouble et le massacre final1 voil tout ce que l'on peut constater3 le raisonnement chappe notre analyse4 ,le lapin est-il vraiment monogame8 ,peut-tre d'une monogamie saisonnire ou de ncessit4 ,le mle1 en tout cas1 ne s'occupe nullement des petits1 sinon pour les trangler2 aussi la femelle1 sitt pleine1 se rfugie-t-elle dans un terrier isol4 ,leur accouplement1 qui a surtout lieu vers le soir1 se rpte souvent jusqu' cinq ou six fois par heure1 la femelle s'accroupissant d'une faon singulire2 la disjonction est trs brusque1 le mle se renversant de ct en jetant un petit cri4 ,ce qui fait douter de la monogamie relle du lapin1 c'est qu'un mle suffit fort bien pour huit ou dix femelles1 qu'ils sont trs coureurs et se livrent entre eux de meurtriers combats4 ,il faut sans doute distinguer selon les espces4 ,buffon prtend que1 dans un clapier1 les plus vieux lapins ont autorit sur les jeunes4 ,un observateur des murs des lapins1 ,m4 ,mariot-,didieux1 admet ce trait de sociabilit suprieure chez les angoras1 varit que ,buffon avait prcisment tudie4 ,les lapins sont encore sujets d'autres aberrations3 des chasseurs prtendent qu'ils poursuivent les hases1 les fatiguent et les abment par leur fougue libidineuse3 il est toutefois certain que ces accouplements n'ont jamais donn aucun produit4 ,la mangouste d',egypte vit en famille4 ,il est1 parat-il1 fort curieux de les voir aller en maraude1 le mle d'abord1 puis la femelle1 puis les petits1 la file indienne4 ,femelle et petits ne quittent pas le pre des yeux1 imitant avec soin tous ses gestes3 on dirait un gros serpent qui rampe sous les roseaux4 ,le loup1 qui vit en couple1 comme le renard1 assiste sa femelle et la nourrit1 mais il ne connat pas ses petits et les dvore aussitt1 quand ils tombent sous sa patte4 ,certains grands singes1 les gibbons1 les orangs1 sont temporairement monogames4 ,la polygamie s'expliquerait par la raret des mles2 ce n'est pas le cas pour les mammifres1 o les mles sont presque constamment plus nombreux4 ,c'est ,buffon qui1 le premier1 remarqua cette prdominance2 il n'en a pas donn1 ni personne depuis1 une explication satisfaisante4 ,on a cru remarquer que1 chez l'homme1 du moins1 c'est le gniteur le plus g qui donne son sexe et d'autant plus srement que la diffrence d'ge est plus grande2 mais1 ce compte1 il ne devrait presque jamais natre que des mles4 ,on a dit aussi que plus la femme est jeune et plus elle enfante de mles4 ,les mariages prcoces d'autrefois auraient t producteurs de mles plus que les mariages tardifs d'aujourd'hui4 ,rien de tout cela n'est srieux4 ,ce qui reste hors de doute1 c'est que l'humanit europenne1 pour n'observer que celle-l1 donne un surcrot de mles4 ,la proportion moyenne se tient aux environs de #aje1 avec les extrmes de #aja en ,russie et de #aac en ,grce1 la moyenne franaise reprsentant assez exactement la moyenne gnrale4 ,on n'arrive distinguer dans ces variations ni l'influence de la race1 ni celle du climat1 ni celle du taux de la natalit1 ni rien de particulirement apprciable4 ,il nat plus d'hommes mles1 il nat aussi plus de moutons mles3 c'est un fait qui1 tant constant1 sera difficilement expliqu4 ,donc1 ici surabondance1 l pnurie de mles2 mais ni la surabondance ne dtermine les murs1 ni probablement la pnurie4 ,il y a si peu de mles parmi les cousins que ,fabre a t le premier les reconnatre2 la proportion serait environ d'un mle pour dix femelles4 ,cela n'engendre nullement la polygamie1 attendu que ces bestioles prissent sitt aprs la pariade4 ,sur dix femelles1 il y en neuf qui meurent vierges1 et mme sans avoir jamais vu de mles1 et mme sans savoir qu'il existe des mles3 peut-tre que le clibat augmente leur frocit1 car ce sont elles1 et elles seules1 qui nous sucent le sang4 ,on suppute galement que les femelles araignes sont de dix vingt fois plus nombreuses que les mles3 peut-tre le mle1 qui a chapp aux mchoires de sa compagne1 a-t-il le courage d'aller risquer une seconde fois sa vie8 ,c'est possible1 l'araigne survivant ses amours et vivant mme plusieurs annes4 ,la polygamie semble exister1 dans sa forme la plus raffine1 chez une araigne1 o les mles sont particulirement rares1 la ctnize4 ,la femelle se creuse en terre un nid o le mle descend2 il y sjourne quelque temps1 puis s'en va1 revient3 il a plusieurs mnages entre lesquels il partage quitablement son temps4 ,la polygamie d'un curieux petit poisson1 l'pinoche1 est du mme genre1 quoique plus nave4 ,le mle avec des herbes construit un nid1 puis il part1 en qute d'une femelle1 l'introduit1 l'invite pondre2 peine sa premire compagne s'est-elle loigne qu'il en amne une autre4 ,il ne s'arrte que quand les ufs amoncels font un suffisant trsor2 alors il les fconde selon le mode ordinaire4 ,ensuite1 il garde le nid contre les malfaiteurs1 surveille l'closion4 trange renversement des rles3 ces petits connaissent leur pre2 leur mre est peut-tre cette passante qui joue entre deux eaux1 ou celle-l qui fuit comme une ombre1 ou cette autre qui mordille un brin d'herbe8 ,quand le monde des pinoches sera raisonnable1 c'est--dire absurde1 il se livrera sans doute la recherche de la maternit8 ,pourquoi1 demanderont leurs philosophes1 le pre aurait-il seul la charge d'lever ses enfants8 ,jusqu'ici on n'en sait rien1 sinon qu'il les lve avec amour et avec joie4 ,il n'y a point de telles questions1 chez les pinoches ou chez les hommes1 d'autres rponses que celles que donnent les faits4 ,on pourrait demander aussi pourquoi l'humanit n'est pas hermaphrodite1 la manire des escargots1 ce qui rpartirait strictement les plaisirs et les charges de l'amour1 car tous les escargots cotent et tous les escargots pondent4 ,mais pourquoi la femelle a-t-elle les ovaires et le mle1 les testicules2 pourquoi cette fleur1 les pistils et cette autre1 les tamines8 ,on arrive l'enfantillage4 ,il ne faut pas vouloir corriger la nature4 ,il est dj si difficile de la comprendre un peu1 telle qu'elle est6 ,quand elle veut tablir la responsabilit absolue du pre1 elle tablit le couple strict1 et surtout la polygamie absolue4 ,le pigeon n'est dj plus certain d'tre le pre de ses enfants2 le coq ne saurait en douter1 seul mle entre toutes les femelles4 ,mais la nature n'a pas d'intentions secondes2 elle veille ce que1 temporaires ou durables1 fugitifs ou permanents1 les couples soient fconds3 et c'est tout4 ,les gallinacs et les palmipdes renferment quelques-uns des oiseaux qui nous sont le plus connus et le plus utiles4 ,presque tous sont polygames4 ,le coq a besoin d'environ une douzaine de poules2 il peut en servir un bien plus grand nombre1 mais son ardeur finit alors par l'puiser4 ,le canard1 fort lascif1 est accus de sodomie4 ,non seulement il est polygame1 mais tout lui est bon4 ,il serait plutt un exemple naturel de promiscuit4 ,un jars suffit dix ou douze femelles2 le faisan1 huit ou dix4 ,il en faut bien davantage au ttras lyrure2 il mne aprs lui un harem de sultan4 ,ds l'aube1 en la saison des amours1 le mle se met siffler avec un bruit comme celui de l'acier sur la meule2 en mme temps1 il dresse et ouvre l'ventail de sa queue1 carte et gonfle ses ailes4 ,quand le soleil se lve1 il rejoint ses femelles1 danse devant elles1 cependant qu'elles le boivent des yeux1 puis les coche1 selon son caprice1 avec une grande vivacit4 ,la polygamie est la rgle parmi les herbivores2 taureaux1 boucs1 talons1 bisons sont faits pour rgner sur un troupeau de femelles4 ,la domesticit change leur polygamie permanente en polygamie successive4 ,les cerfs vont de femelle en femelle sans s'attacher aucune2 les biches suivent cet exemple4 ,une espce immdiatement voisine donne au contraire l'exemple du couple4 ,le chevreuil et la chevrette vivent en famille1 levant leurs petits jusqu' l'ge de l'amour4 ,il faut au mle de certaine antilope d',asie1 plus de cent femelles dociles4 ,ces harems ne peuvent naturellement se former que par la destruction des autres mles4 ,cent femelles1 cela reprsente peut-tre plus de cent mles mis hors de combat1 les mles tant toujours en plus grand nombre parmi les mammifres4 ,l'utilit de telles hcatombes n'est pas certaine pour la race4 ,sans doute1 on peut supposer que le mle roi est le plus fort ou l'un des plus forts de sa gnration1 et il y a l un lment heureux2 mais quelle que soit sa vigueur1 elle doit1 un moment donn1 flchir devant cent femelles satisfaire4 ,certaines femelles sont oublies2 d'autres sont fcondes en des moments de fatigue3 pour quelques bons produits1 il y a un grand nombre de crations mdiocres4 ,il est vrai qu'elles sont destines1 si ce sont des mles1 prir dans les combats futurs2 mais si ce sont des femelles1 et si elles reoivent les faveurs du matre1 ce systme peut avoir pour consquence une dgradation progressive de l'espce4 ,il est probable1 cependant1 que l'quilibre ncessaire se rtablit2 des combats entre les femelles1 combats de coquetterie1 d'agaceries1 de fminit1 s'tablissent sans doute3 et c'est le triomphe final du mle le plus mle et des femelles les plus femelles4 ,virey1 dans le ,nouveau dictionnaire d'histoire naturelle1 de ,dterville1 a prtendu que les grands singes polygames s'entendent fort bien avec les femmes indignes4 ,c'est possible1 mais aucun produit n'est jamais n de ces aberrations1 qu'il faut laisser dans le chapitre thologique de la bestialit4 ,les hommes et les femmes1 mme de race aryenne1 ont tenu prouver quelquefois1 par la singularit de leurs gots1 l'animalit foncire de l'espce humaine4 ,cela est d'un intrt surtout psychologique1 et si l'on ne peut tirer aucun argument1 pour l'volution1 des rapports fortuits entre une femme et un chien1 entre un homme et une chvre1 l'accouplement entre primates d'ordres diffrents ne prouvera pas davantage4 ,il y a cependant un rapport entre les hommes et les singes2 c'est qu'ils se divisent les uns les autres en polygames et en monogames1 au moins temporaires2 mais cela ne les diffrencie pas de la plupart des autres familles animales4 ,dans la plupart des espces humaines1 il y a une polygamie foncire1 dissimule sous une monogamie d'apparence4 ,ici1 les gnralisations ne sont plus possibles2 l'individu surgit qui1 avec sa fantaisie1 fausse toutes les observations et annihile toutes les statistiques4 ,celui-ci est monogame2 son frre est polygame4 ,cette femme n'a connu qu'un seul homme1 et sa mre appartenait tous4 ,on peut constater l'usage universel du mariage et en conclure la monogamie2 cela sera vrai ou cela sera faux1 selon l'poque1 le milieu1 la race1 les tendances morales du moment4 ,la morale est essentiellement instable1 puisqu'elle ne reprsente qu'une sorte de manuel idal du bonheur2 comme cet idal1 la morale se modifie4 ,physiologiquement1 la monogamie n'est aucunement requise par les conditions normales de vie humaine4 ,les enfants8 ,mais si l'assistance du pre est ncessaire1 elle peut s'exercer sur les enfants de plusieurs femmes aussi bien que sur les enfants d'une seule femme4 ,la dure de l'levage chez les civiliss est d'ailleurs excessive2 elle se prolonge1 quand il s'agit de certaines carrires1 jusqu'au voisinage de l'ge mr4 ,normalement1 la pubert devrait librer le petit de l'homme1 comme elle libre le petit des autres mammifres4 ,le couple pourrait alors n'avoir qu'une dure de dix quinze ans2 mais la fcondit de la femme accumule les enfants un an d'intervalle1 si bien que1 tant que dure la virilit du pre1 il y a au moins un tre faible en droit d'exiger sa protection4 ,la polygamie humaine ne pourrait donc que par exception tre successive1 si l'homme tait un animal obissant1 soumis aux rgles sexuelles normales1 et toujours fcond2 mais1 en fait1 elle est frquente et le divorce l'a lgalise4 ,l'autre et vraie polygamie1 la polygamie actuelle1 temporaire ou permanente1 est moins rare encore chez les peuples de civilisation europenne1 mais presque toujours secrte et jamais lgale2 elle a pour corollaire une polyandrie exerce dans les mmes conditions4 ,cette sorte de polygamie1 fort diffrente de celle des ,mormons et des ,turcs1 des gallinacs et des antilopes1 n'est pas non plus la promiscuit4 ,elle ne dissout pas le couple1 elle en diminue la tyrannie1 le rend plus dsirable ,rien ne favorise le mariage1 et1 par suite1 la stabilit sociale1 comme l'indulgence en fait de polygamie temporaire4 ,les ,romains l'avaient bien compris1 qui lgalisrent le concubinat4 ,on ne peut traiter ici une question qui s'loigne trop des questions naturelles4 ,pour rsumer d'un mot la rponse que l'on voudrait y faire1 on dirait que l'homme1 et principalement l'homme civilis1 est vou au couple1 mais qu'il ne le supporte qu' condition d'en sortir et d'y rentrer son gr4 ,cette solution semble concilier ses gots contradictoires2 plus lgante que celle que donne1 ou que ne donne pas le divorce1 toujours recommencer1 elle est conforme non seulement aux tendances humaines1 mais aussi aux tendances animales4 ,elle est doublement favorable l'espce en assurant la fois l'levage convenable des enfants et la satisfaction entire d'un besoin qui1 dans l'tat de civilisation1 ne se spare ni du plaisir esthtique1 ni du plaisir sentimental4 #a ,on croit cependant que le mle de la chauve-souris allaite l'un des deux petits que produit rgulirement le couple4 ,mais ces animaux sont si particuliers1 si htroclites1 que cet exempler s'il est authentique1 ne serait pas un argument dcisif4 ,,chapitre ,,xvii ,l',,amour ,,chez ,,les ,,animaux ,,sociaux ,organisation de la reproduction chez les hymnoptres4--,les abeilles4--,noces de la reine4--,la mre abeille1 cause et conscience de la ruche4--,royaut sexuelle4--,les limites de l'intelligence chez les abeilles4--,logique naturelle et logique humaine4--,les gupes4--,les bourdons4--,les fourmis4--,notes sur leurs murs4--tat trs avanc de leur civilisation4--,l'esclavage et le parasitisme chez les fourmis4--,les termites4--,les neuf principales formes actives des termites4--,anciennet de leur civilisation4--,les castors4--,tendance des animaux industrieux l'inactivit4 ,les hymnoptres sociaux1 bourdons1 frelons1 gupes1 abeilles1 ont1 en amour1 des murs particulires1 trs diffrentes de celles des autres espces animales4 ,ce n'est pas la monogamie1 puisqu'on n'y rencontre rien qui ressemble un couple2 ni la polygamie1 puisque les mles ne connaissent qu'une fois la femelle1 quand cela leur arrive1 et puisque les femelles sont fcondes pour toute leur vie par un seul accouplement4 ,c'est plutt une sorte de matriarcat1 encore que l'abeille1 par exemple1 ne soit gnralement la mre que d'une partie de la ruche dont elle est la souveraine1 l'autre partie provenant de la reine qui s'est loigne avec le nouvel essaim1 ou de celle qui est reste dans la ruche primitive4 ,il y a environ1 dans les essaims trs fournis1 six ou sept cent mles peur une femelle4 ,la copulation a lieu dans les airs1 comme pour les fourmis2 elle n'est possible qu'aprs qu'un long vol a empli d'air des poches qui font saillir l'organe du mle4 ,d'entre ces poches1 ou vessies arifres1 en formes de cornes perfores1 sort le pnis1 qui est un petit corps blanc1 charnu et recourb la pointe4 ,dans le vagin1 qui est rond1 large et court s'ouvre la poche sperme1 rservoir qui peut contenir1 dit-on1 une vingtaine de millions de spermatozodes1 destins fconder les ufs1 pendant plusieurs annes1 au fur et mesure de la ponte4 ,la forme du pnis et la manire dont le sperme s'agglutine1 par un liquide visqueux1 en vritable spermatophore1 causent la mort du mle4 ,la pariade acheve1 il veut se dgager et n'y russit qu'en laissant dans le vagin non seulement son pnis1 mais tous les organes qui en dpendent4 ,il tombe comme un sac vide1 cependant que la reine1 revenue la ruche1 se pose l'entre1 fait sa toilette1 aide par les ouvrires1 qui s'empressent3 doucement1 de ses mandibules1 elle arrache l'pine reste son ventre1 nettoie la place1 avec un soin lustral4 ,ensuite1 elle entre dans la seconde priode de sa vie1 la maternit4 ,ce pnis1 qui reste enfonc dans le vagin aprs la copulation1 fait songer au dard des combattantes qui demeure1 lui aussi1 dans la blessure qu'il a faite3 qu'il s'agisse d'amour ou de guerre1 la trop courageuse bestiole doit expirer1 puise et mutile2 il y a l une facilit particulire de dhiscence qui semble fort rare4 ,les noces de la reine abeille sont restes longtemps absolument mystrieuses et1 encore aujourd'hui1 il n'y a qu'un trs petit nombre d'observateurs qui en aient t les tmoins lointains4 ,raumur1 ayant isol une reine et un mle1 assista un jeu ou un combat1 des mouvements qu'il interprta ingnieusement4 ,il ne put voir le vritable cot1 qui n'a jamais lieu que dans les airs4 ,son rcit1 que rien depuis n'a confirm1 est singulier4 ,il nous montre la reine s'approchant d'un mle1 le lchant avec sa trompe1 lui prsentant du miel1 le flattant avec ses pattes1 tournant autour de lui1 enfin1 irrite de la froideur de l'amant1 montant sur son dos1 appliquant sa vulve sur l'organe du mle qu'il dcrit assez bien et qu'il montre tout baign d'une liqueur blanche et visqueuse#a4 ,les prludes vritables1 l'tat de libert1 du moins1 contredisent le grand observateur4 ,la femelle ne semble nullement agressive4 ,voici les trois rcits authentiques que j'ai pu dcouvrir3 ,le #f juillet #ahdi1 ,m4 ,hannemann1 apiculteur ,wurtemburg1 en ,thuringe1 tait assis prs de mon rucher1 lorsque son attention fut veille par un bourdonnement inaccoutum4 ,soudain il vit trente quarante bourdons#b poursuivant rapidement une mre1 la hauteur de vingt trente pieds4 ,le groupe occupait un espace apparent de deux pieds de diamtre4 ,quelquefois1 dans leur course1 ils descendaient dix pieds de terre1 puis se relevaient1 allant du nord au midi4444 ,il put les suivre environ cent pas1 aprs quoi un btiment les lui fit perdre de vue4 ,le groupe de bourdons figurait une sorte de cne dont la mre tait le sommet1 puis ce cne s'largit en un globe dont elle tait le centre2 ce moment1 la mre russit se dgager et elle pointa en l'air1 toujours suivie par les bourdons1 qui avaient1 en dessous d'elle1 reform le cne#c4 ,quelques annes plus tard1 le ,rv4 ,millette1 ,witemarsh1 observa la phase finale de l'acte4 ,pendant la mise en ruche1 il aperut au vol une des mres qui1 l'instant d'aprs1 tait arrte par un bourdon4 ,aprs avoir vol l'espace d'une verge1 ils tombrent ensemble terre1 accrochs l'un l'autre4 ,il s'approcha et les captura tous les deux1 au moment mme o le bourdon s'tait dlivr de l'treinte1 et les porta sa maison1 o il les mit en libert dans une pice close4 ,la mre1 fche1 vola vers la fentre2 le bourdon1 aprs s'tre tran un instant sur la main ouverte1 tomba terre et mourut4 ,tous les deux1 mle et femelle1 avaient la pointe de l'abdomen des gouttes d'une liqueur blanche comme du lait2 en pressant le bourdon1 on vit qu'il tait dpouill de ses organes gnitaux#d4 ,ayant vu sortir la mre1 ,m4 ,carrey ferma l'entre de la ruche4 ,pendant son absence1 qui dura un quart d'heure1 trois faux-bourdons vinrent devant l'entre et1 la trouvant close1 se tinrent au vol4 ,lorsque la mre1 tant de retour1 ne fut qu' trois pieds de la ruche1 l'un des bourdons vola trs rapidement vers elle1 lui jetant les pattes autour du corps4 ,ils s'arrtrent et se posrent sur un long brin d'herbe4 ,a ce moment1 une explosion se fit distinctement entendre1 et ils furent spars4 ,le bourdon tomba terre tout fait mort et l'abdomen fortement contract4 ,aprs avoir dcrit quelques circuits en l'air1 la mre rentra la ruche#e4 ,sauf en ce qui concerne l'explosion finale1 ces trois rcits concordent assez bien1 donnant une ide exacte d'une des pariades les plus difficiles observer4 ,c'est d'ailleurs l le seul point encore demi obscur de la vie des abeilles4 ,on sait tout le reste1 leurs trois sexes1 rigoureusement spcialiss1 l'industrie prcise des cirires1 la diligence des cueilleuses1 le sens politique de ces extraordinaires amazones1 leurs initiatives1 quand la ruche est trop dense1 pour la formation de nouveaux essaims1 les duels des reines o le peuple s'interpose1 le massacre des mles ds qu'ils sont inutiles1 l'art des nourrices transformer une larve vulgaire en larve de reine1 l'activit mthodique de ces rpubliques o toutes les volonts runies en une seule conscience n'ont d'autre but que le salut commun et la conservation de la race4 ,ce sont cependant ces vertus1 trop mcaniques1 qui font l'infriorit de l'abeille2 les ouvrires sont extrmement laborieuses et sages1 mais elles manquent mme de cette lgre personnalit qui caractrise les insectes sexus4 ,la reine1 beaucoup moins raisonnable1 est plus vivante2 elle est capable de jalousie1 de fureur1 de dsespoir1 quand elle sent sa royaut menace par la nouvelle reine que les nourrices ont leve en secret4 ,les mles inutiles1 bruyants1 pillards1 parasites1 tout enivrs du sperme vain qui les gonfle1 ont galement quelque chose de plus sduisant que les honntes travailleuses1 plus jolis1 d'ailleurs1 plus forts et aussi plus fusels1 plus lgants4 ,les amateurs des abeilles1 gnralement1 mprisent ces mousquetaires2 ce sont eux cependant qui incarnent l'animalit1 c'est--dire la beaut de l'espce4 ,s'il est vrai1 comme le croit ,m4 ,maeterlinck#f1 que c'est le plus vigoureux des sept ou huit cents mles qui finit par sduire la reine vierge1 leur oisivet1 leur gourmandise1 leur tournoiement tourdi deviennent autant de vertus4 ,il semble bien que les reines1 et mme les ouvrires1 puissent sans fcondation pralable pondre des ufs donnant des mles2 mais pour avoir des femelles et des reines1 il faut la copulation3 or1 comme les reines seules peuvent recevoir le mle1 une ruche sans reine est une ruche perdue4 ,ceci est le point de vue pratique2 le point de vue sexuel conduit des rflexions diffrentes4 ,une femelle peut1 toute seule1 donner naissance un mle1 mais pour que l'uf produise une femelle1 il faut qu'il soit fcond par ce mle n spontanment2 on assiste l une vritable extriorisation de l'organe mle1 une segmentation de la puissance gnitale en deux forces1 la force mle1 la force femelle4 ,ainsi dsunie1 elle acquiert une facult nouvelle qui se dploiera pleinement par la rintgration en une force unique des deux moitis de la force initiale4 ,mais pourquoi les ovules parthnogntiques donnent-ils ncessairement des mles1 chez les abeilles1 et des femelles1 chez les pucerons8 ,c'est quoi il est tout fait impossible de rpondre4 ,on voit seulement que la parthnogense est toujours transitoire et qu'aprs tel nombre de gnrations virginales la fcondation normale intervient toujours4 ,on ne peut pas dire que la mre abeille soit une vritable reine1 un vritable chef1 mais elle est le personnage important de la ruche1 celui sans lequel la vie s'arrte4 ,les ouvrires ont l'air d'tre les matresses2 en ralit1 leur centre nerveux est la reine2 elles n'agissent que pour elle1 que par elle4 ,sa disparition affole la ruche et la pousse des tentatives absurdes1 comme la transformation en pondeuse d'une nourrice qui ne donnera que des produits d'un seul sexe1 des bouches inutiles4 ,c'est en rflchissant sur ce dernier expdient que l'on peut mesurer toute l'importance du sexe1 comprendre l'absolu de sa royaut4 ,le sexe est roi1 et il n'est de royaut que sexuelle4 ,la neutralisation des ouvrires1 qui les met en dehors de la norme1 si elle est une cause d'ordre dans la ruche1 est surtout une cause de mort4 ,il n'y a d'tres vivants que ceux qui peuvent perptuer la vie4 ,l'intrt qu'offrent les abeilles est trs grand2 il ne surpasse pas celui que l'on peut trouver dans l'observation de la plupart des hymnoptres1 sociaux ou solitaires1 ou de certains nvroptres1 tels que les termites ou encore des castors1 ou de beaucoup d'oiseaux4 ,mais les abeilles ont t1 durant des sicles1 nos producteurs de sucre1 et les seuls2 de l1 la tendresse de l'homme pour des insectes prcieux entre tous4 ,leur intelligence est assez dveloppe1 mais elle montre vite ses bornes4 ,on a prtendu qu'elles connaissent leur matre2 c'est une erreur manifeste4 ,les relations des abeilles et de l'homme sont purement humaines4 ,il est vident qu'elles ignorent aussi absolument l'homme que tous les autres insectes1 que tous les autres invertbrs4 ,elles se laissent exploiter1 dans le sens de leur instinct1 jusqu'aux limites de la famine et de l'puisement musculaire4 ,le mot de ,virgile est excessivement vrai1 dans tous les sens o on voudra le prendre3 ,sic vos non vobis mellificatis apes4 ,ces tres si fins1 si spirituels1 se laissent prendre aux grossiers simulacres invents par notre ruse industrielle4 ,quand ils ont rempli de miel1 provisions d'hiver1 leurs rayons de cire1 on enlve ces rayons1 on les remplace par des alvoles en papier verni3 et les graves abeilles1 tout coup amnsies1 se mettent ignorer leurs longs travaux2 devant ces rayons vierges1 elles n'ont qu'une ide1 les remplir4 ,elles se remettent au travail avec un entrain qui1 chez tout autre homme qu'un apiculteur1 excite une vritable piti4 ,ces mchants ont invent la ruche rayons mobiles4 ,les abeilles n'en sauront jamais rien4 ,les abeilles sont stupides4 ,mais nous1 qui voyons les limites de l'intelligence chez les abeilles1 nous devons considrer celles de notre propre intelligence4 ,elle a les siennes2 il est possible de concevoir des cerveaux qui1 nous ayant observs1 pourraient dire aussi3 les hommes sont stupides4 ,toute intelligence est limite3 c'est mme ce heurt contre les limites1 contre le mur1 qui1 par la douleur qu'il cause1 engendre la conscience4 ,ne rions pas trop des abeilles qui garnissent joyeusement les rayons mobiles de leurs ruches perfectionnes4 ,nous sommes peut-tre les esclaves d'un matre qui nous exploite et que nous ne connatrons jamais4 ,la polygamie1 ou1 si l'on veut1 la polyandrie des abeilles1 prtexte de cette digression1 est donc purement virtuelle2 elle est l'tat de possibilit1 mais elle ne se ralise jamais1 puisque la fcondit de la reine est assure par un acte unique4 ,la multiplicit excessive des mles rpond sans doute un ordre ancien o les femelles taient plus nombreuses4 ,en tout cas1 que sur prs d'un millier de mles il n'y en ait jamais que deux ou trois d'utiliss1 dix si l'on veut1 en supposant des essaimages trs frquents1 cela dmontre bien qu'il ne faut pas prjuger des murs d'une espce animale par la surabondance de l'un ou de l'autre sexe1 et1 d'une faon gnrale1 qu'il ne faut pas subordonner la logique naturelle notre logique humaine1 drive de la logique mathmatique4 ,les faits1 dans la nature1 s'enchanent selon mille nuds dont pas un seul n'est dmlable par le raisonnement humain4 ,quand l'un de ces enchevtrements se dnoue sous nos yeux1 nous admirons la simplicit de son mcanisme1 nous croyons comprendre1 nous gnralisons1 nous nous prparons ouvrir avec cette clef les prochains mystres3 illusion6 ,c'est toujours recommencer4 ,et voil pourquoi les sciences d'observation deviennent toujours plus obscures mesure qu'on pntre plus avant dans le labyrinthe de la vie4 ,il n'y a rien chez les gupes1 les frelons1 qui ressemble de la polygamie1 mme en puissance4 ,une femelle fconde ayant pass l'hiver construit elle-mme1 au printemps1 les premires assises du nid1 puis pond des ufs1 dont il nat des individus asexus2 ces ouvrires assument alors toute la besogne matrielle1 achvent le nid1 surveillent les larves que la femelle continue de mettre au jour4 ,ce sont maintenant des mles et des femelles2 l'accouplement s'tant produit1 les mles meurent1 puis les ouvrires1 les femelles s'engourdissent3 celles qui auront survcu fonderont autant de tribus nouvelles4 ,la gnration des bourdons est plus curieuse1 la diffrenciation des castes plus complique4 ,il y a chez eux des mles1 des ouvrires1 des petites femelles1 des grandes femelles4 ,une grande femelle1 ayant pass l'hiver1 fonde un nid dans la terre1 souvent parmi la mousse 7il y a une varit appele bourdon des mousses71 construit une alvole en cire1 pond4 ,de ces premiers ufs1 il sort des ouvrires qui1 comme chez les gupes1 construisent le nid dfinitif1 butinent1 fabriquent le miel et1 plus laborieuses encore que les abeilles1 qui craignent singulirement l'humidit1 courent encore la campagne longtemps aprs la chute du jour4 ,aprs les ouvrires1 ce sont les petites femelles qui viennent au monde2 elles n'ont d'autre fonction que de pondre1 sans avoir t fcondes1 des ufs dont il natra des mles4 ,en mme temps1 la reine produit des grandes femelles qui s'accouplent aussitt avec les mles4 ,puis toute la colonie meurt1 comme chez les gupes1 l'exception des grandes femelles fcondes1 par lesquelles1 au printemps suivant1 ce cycle compliqu recommencera4 ,chez les fourmis1 les castes sont au nombre de trois1 de quatre1 si l'on admet la division des neutres en ouvrires et en soldats1 comme chez les termites4 ,ici1 de mme que chez les abeilles1 les neutres sont la base de la rpublique1 les mles mourant aprs la pariade1 les femelles aprs la ponte4 ,il y a1 dit ,m4 ,janet#g1 des ouvrires tellement diffrentes des autres par le dveloppement de leurs mandibules et le volume de leur tte1 qu'on les a distingues sous le nom de soldats1 nom qui est en rapport avec le rle dfensif qu'elles remplissent dans la colonie4 ,ces soldats sont aussi bouchers1 dpcent les proies trop grosses ou dangereuses4 ,la spcialisation est la seule supriorit des neutres1 qui pour le reste semblent infrieures aux femelles et aux mles1 pour la taille1 la musculature1 les organes visuels4 ,les femelles sont parfois presque moiti plus grosses que les neutres2 les mles ont un volume intermdiaire4 ,les fourmis manifestent une intelligence bien suprieure celle des abeilles4 ,il semble vraiment que1 devant ce petit peuple1 on touche l'humanit4 ,songez que les fourmis ont des esclaves et des animaux domestiques4 ,les pucerons d'abord1 ceux qui vivent sur les racines et1 au besoin1 ceux du rosier1 qu'elles vont traire et qui se laissent faire1 soumis par une longue hrdit4 ,aphis formicarum vacca1 dit brivement ,linn4 ,mais des troupeaux pars dans les prairies ne leur suffisent pas1 elles entretiennent dans l'intrieur mme de leurs fourmilires des colonies de pucerons esclaves et de staphylins domestiques4 ,les staphylins sont de petits coloptres abdomen mobile2 une de leurs espces ne se rencontre que chez les fourmis4 ,ils sont domestiqus au point de ne plus savoir se nourrir eux-mmes3 les fourmis leur dgorgent dans la bouche la nourriture qui leur est ncessaire4 ,en retour1 les staphylins fournissent leurs matres un rgal analogue celui qu'ils tirent des pucerons3 du bouquet de poils qui se dresse la base de leur abdomen semble suinter une liqueur dlectable2 du moins voit-on les fourmis sucer ces poils avec beaucoup d'avidit4 ,l'animal se laisse faire4 ,il est si bien chez lui1 dans les fourmilires1 que le mme observateur#h les a vus promener sans crainte leur accouplement parmi le peuple affair1 le mle juch sur le dos de la femelle1 solidement cramponn la touffe mellifre1 dlices des fourmis6 ,on sait que les fourmis rousses font la guerre aux fourmis noires et volent leurs nymphes1 lesquelles1 closes en captivit1 leur fournissent d'excellents domestiques1 attentifs et obissants4 ,l'humanit blanche1 elle aussi1 s'est trouve1 un moment de son histoire1 devant une pareille occasion2 mais1 moins avise que les fourmis rousses1 elle l'a laisse fuir1 par sentimentalisme1 trahissant ainsi sa destine1 renonant1 sous l'inspiration chrtienne1 au dveloppement complet et logique de sa civilisation4 ,n'est-il pas amusant que l'on nous prsente comme anti-naturel ce fait1 l'esclavage1 qui est au contraire l'tat normal et excessivement naturel chez le plus intelligent des animaux8 ,et dans un ordre d'ides en rapport plus direct avec le sujet de ce livre1 la neutralisation d'une partie du peuple en castes voues la continence1 si c'est galement une tentative antinaturelle1 comment se fait-il que les hymnoptres sociaux1 fourmis1 abeilles1 bourdons1 et des nvroptres1 les termites1 l'aient mene bien et en aient fait le fondement de leur tat social8 ,rien de pareil1 sans doute1 ne s'est jamais montr chez les mammifres2 mais les mammifres1 hormis l'homme1 ce monstre1 et y compris les castors1 sont infiniment infrieurs aux insectes4 ,si les murs des oiseaux sociaux 7car il y en a de tels7 taient mieux connues1 on y trouverait peut-tre des pratiques analogues1 la coopration sexuelle de tous les membres d'un peuple tant inutile la conservation de la race2 d'autre part1 les espces infrieures1 voisines d'une espce suprieure1 tant logiquement appeles disparatre1 l'esclavage est excellent pour elles1 qui assure leur perptuit et la sorte d'volution qui convient le mieux leur faiblesse4 ,une petite fourmi brune1 l'anergates1 n'a pas d'ouvrires2 pour vivre1 la tribu s'tablit en parasite dans une fourmilire o elle se fait servir par les travailleuses d'une autre espce4 ,quelle ingniosit chez les sexus1 quelle docilit chez1 les asexus#a ,les fourmis ouvrires sont bien nettement les femelles dgnres1 chez qui la sensibilit sexuelle s'est transforme tout entire en sensibilit maternelle4 ,on observe d'ailleurs1 en beaucoup d'espces1 un type intermdiaire1 la femelle-ouvrire1 qui donne la clef de cette volution4 ,il faut noter aussi qu'aprs leur fcondation toutes les femelles ne rentrent pas dans la cit2 o elles sont tombes1 elles construisent1 comme les mres bourdons1 un nid provisoire1 agissant alors comme ouvrires1 en attendant la premire ponte1 qui produira exclusivement des ouvrires relles et permettra la constitution normale de la nouvelle fourmilire4 ,il y a chez les fourmis1 comme chez les papillons1 des hermaphrodites selon la ligne mdiane1 ou parfois selon une ligne oblique2 cela donne des tres absurdes1 moiti l'un1 moiti l'autre1 ou des singularits de cette sorte3 une femelle tte d'ouvrire et faisant fonction d'ouvrire#i4 ,la polygamie par massacre des mles1 comme chez les herbivores1 chez les gallinacs1 semble un acheminement vers une rpartition des sexes plus logique1 plus conomique4 ,si les antilopes se perptuent fort bien avec un seul mle pour une centaine de femelles1 n'est-ce pas une indication qu'une partie au moins des mles sacrifis aurait pu ne pas natre8 ,et ne vaudrait-il pas mieux1 dans l'intrt des antilopes1 qu'une partie de ces mles1 s'ils doivent continuer natre1 fussent normalement asexus1 comme il arrive pour les mles termites1 et chargs de quelque besogne sociale8 ,l'organisation des termites est trs belle2 elle peut terminer cette brve1 revue des socits animales tablies sur la neutralisation des sexes4 ,on a dj not1 aux chapitres du dimorphisme1 la diversit de leurs formes sexuelles1 correspondant quatre castes bien distinctes4 ,l'examen minutieux d'une de leurs rpubliques permet d'affirmer des diffrenciations bien plus nombreuses1 chacune des castes principales passant par des formes larvaires et nymphales actives1 des formes adolescentes1 comme en prsentent d'ailleurs la plupart des nvroptres1 telles les libellules4 ,en tenant compte de toutes les nuances1 on peut observer dans un tat 7c'est le mot usit7 de termites une quinzaine de formes diffrentes1 toutes assez bien caractrises4 ,les principales sont3 #a les ouvrires2 #b les soldats2 #c les petits mles2 #d les petites femelles2 #e les grands mles2 #f les grandes femelles2 #g les nymphes petits tuis2 #h les nymphes longs tuis2 #i les larves4 ,quand on attaque une termitire1 les soldats arrivent la brche1 fort menaants1 singuliers avec leurs corps tout en tte1 tout en mandibules4 ,l'ennemi en droute1 les ouvrires viennent rparer les dgts4 ,il y a parfois plusieurs femelles pondeuses2 parfois1 il n'y a qu'un mle3 la copulation a toujours lieu en dehors du nid et1 comme chez les fourmis1 les mles prissent1 cependant que les femelles fcondes deviennent l'origine d'un nouvel tat4 ,les expditions des termites voyageurs1 communs ainsi que le termite belliqueux dans l',afrique du ,sud1 sont naturellement diriges par les soldats4 ,sparmann#aj les a observs pendant son voyage au ,cap1 et les a vus peu prs comme des sous-officiers en serre-file1 en grimpant la pointe des feuilles pour surveiller le dfil1 battant des pieds si l'ordre tait mauvais ou trop lent1 signal immdiatement compris et auquel le peuple1 tout en obissant aussitt1 rpondait par un sifflement4 ,il y a l quelque chose de si merveilleux qu'on hsite suivre entirement l'interprtation du voyageur4 ,ce n'est plus1 en effet1 la discipline spontane et mcanique des fourmis2 ce serait l'obissance consentie1 si difficile obtenir des humanits infrieures4 ,aprs tout1 rien n'est impossible et il faut1 en ces matires1 sans tre crdule1 ne s'tonner de rien4 ,les nvroptres sont d'ailleurs extrmement anciens sur la terre2 ils datent d'avant la houille3 leur civilisation est de quelques milliers de sicles plus vieille que les civilisations humaines4 ,les castors sont les seuls mammifres1 l'homme except1 dont l'industrie signale une intelligence voisine de celle des insectes4 ,leurs socits cependant n'offrent aucune complication1 simple assemblage des couples4 ,ils attendent pour construire leurs digues que les femelles aient mis bas1 ce qui arrive vers la fin de juillet2 on ne voit pas d'autres rapports entre leurs murs sexuelles et leurs travaux merveilleux4 ,ces arbres normes abattus1 couchs l'endroit voulu1 ces pilotis enfoncs dans le sol du fleuve et relis entre eux par des branchages tordus1 ces digues impermables1 toute cette besogne dure et complique1 le castor ne l'accepte que pouss par la ncessit4 ,il lui faut un lac artificiel niveau constant2 s'il le rencontre1 cr par la nature1 il se borne difier ses habituelles huttes4 ,ainsi les osmies1 les chalicodomes1 ou les xylocopes1--ou l'homme1 si un nid tout prpar leur choit1 se htent d'en profiter4 ,l'instinct de construction n'est nullement aveugle2 c'est une facult qui ne sera employe1 trs souvent1 qu' la dernire extrmit3 l'habitant actuel du bassin de la ,loire arrange encore des cavernes usage de maisons2 l'abeille profite1 son dam1 mais elle n'en sait rien1 des rayons tout faits qu'on lui glisse dans sa niche4 ,le castor du ,rhne1 l'homme ayant pris soin de lui construire des barrages excellents1 s'est repos depuis4 ,le palais des contes de fes qu'un coup de baguette fait surgir au cur de la fort1 tel est bien l'idal humain et l'idal animal4 ,il faut clore ici ces observations sur les socits naturelles1 en faisant remarquer que si elles sont aujourd'hui bases sur tout autre chose que la polygamie1 il semble bien qu'elles furent l'origine des socits ou de polygamie1 ou de communisme sexuel4 ,si l'on part du communisme1 on le verra trs bien voluer soit vers le couple1 soit vers la polygamie1 s'il s'agit des mammifres2 soit vers la neutralisation sexuelle1 s'il s'agit des insectes4 ,le couple1 la polygamie1 la neutralisation1 ce sont des mthodes2 le communisme sexuel n'est pas une mthode1 et c'est pourquoi il faut le considrer tel que le chaos d'o l'ordre peu peu est sorti4 #a ,mmoires1 tome ,v4 #b ,faux-bourdons1 abeilles mles4 #c ,bienenzeitung 7,gazette des ,abeilles71 ,janvier #ahej4 #d ,fariner and ,gardener1 #ahei4 #e ,copulation de l'abeille mre1 dans l',apiculteur1 #f;e anne1 #ahfb4 #f ,la ,vie des ,abeilles4 #g ,recherches sur l'anatomie de la fourmi4 #h ,muller1 traduit par ,brull1 dans le ,dictionnaire d',histoire naturelle de ,gurin1 au mot ,pselaphiens4 #i ,e4 ,rambert1 d'aprs ,a4 ,forel1 ,les ,murs des fourmis 7,bibliothque universelle1 tome ,,lv74 #aj ,cit dans le ,dictionnaire d'histoire naturelle1 de ,gurin4 ,,chapitre ,,xviii ,,la ,,question ,,des ,,aberrations ,deux sortes d'aberrations sexuelles4--,les aberrations sexuelles des animaux4--,celles des hommes4--,le croisement des espces4--,la chastet4--,la pudeur4--,varits et localisations de la pudeur sexuelle4--,cration artificielle de la pudeur4--,sorte de pudeur naturelle toutes les femelles4--,la cruaut4--,tableau de carnage4--,le grillon dvor vivant4--,murs des carabes4--,tout tre vivant est proie4--,ncessit de tuer ou d'tre tu4 ,les aberrations sexuelles sont de deux sortes4 ,la cause de l'erreur est interne1 ou elle est externe4 ,la fleur de l'arum muscivorum 7gouet gobe-mouche7 attire par son odeur cadavreuse les mouches en qute de chairs corrompues pour y dposer leurs ufs4 ,schopenhauer a appuy sur ce fait 7ou sur un fait analogue7 une thorie1 trs juste mais un peu sommaire1 de l'aberration cause extrieure4 ,l'aberration cause intrieure trouvera parfois son explication en ceci1 que ce sont les mmes artres qui irriguent1 les mmes nerfs qui animent la rgion sacre1 tant antrieure que postrieure2 les trois canaux excrteurs sont d'ailleurs toujours voisins et parfois communs1 au moins pour une partie de leur trajet4 ,on a parl srieusement de la sodomie du canard1 mais l'anatomie refuse de comprendre4 ,qu'un canard hante son pareil ou une cane1 il s'adresse1 ici et l1 un orifice unique1 porte unique d'un vestibule o dbouchent toutes les excrtions4 ,sans doute ce canard est aberr1 et1 plus encore1 son complice1 mais la nature mrite aussi quelques reproches4 ,en gnral1 les aberrations animales demandent des explications toutes simples4 ,il y a un dsir ardent1 un besoin trs pressant2 s'il n'est satisfait1 une inquitude1 qui peut aller jusqu' une sorte de folie momentane1 s'empare de l'animal1 le jette1 aveugle1 sur toutes sortes d'illusions4 ,cela peut aller1 sans aucun doute1 jusqu' l'hallucination4 ,il y a aussi un besoin purement musculaire d'esquisser tout au moins l'acte sexuel1 soit passif1 soit actif2 on voit mme1 par un singulier renversement1 les vaches en chaleur monter les unes sur les autres1 soient qu'elles aient l'ide de provoquer ainsi le mle1 soit que la reprsentation visuelle qu'elles se font de l'acte dsir les force en essayer la simulation3 c'est un exemple merveilleux1 parce qu'il est absurde1 de la force motrice des images4 ,il y a deux parts dans l'acte sexuel1 la part de l'espce et la part de l'individu2 mais la part de l'espce ne lui est donne qu'au moyen de l'individu4 ,relativement au mle en rut1 il s'agit d'un besoin pur et simple1 naturel4 ,il faut qu'il vide ses canaux spermatiques3 faute de femelles1 les cerfs1 dit-on1 frottent leur verge contre les arbres afin de provoquer l'jaculation4 ,les chiennes chaudes se grattent la vulve sur le sol4 ,tels sont les rudiments de l'onanisme1 port tout d'un coup par les primates un si haut degr de perfection4 ,on a vu des mles cantharides1 eux-mmes chevauchs1 chevaucher d'autres mles2 l'argule1 petit crustac parasite des poissons d'eau douce1 est si ardent qu'il s'adresse souvent d'autres mles1 ou des femelles pleines et mme mortes4 ,de la bte microscopique l'homme1 l'aberration est partout2 mais il faut plutt l'appeler1 au moins chez les animaux1 impatience4 ,les animaux ne sont aucunement de pures machines2 ils sont1 aussi bien que l'homme1 capables d'imagination2 ils rvent1 ils ont des illusions1 ils subissent des dsirs dont la source est dans le mouvement intrieur de leur organisme4 ,la vue1 l'odeur d'une femelle surexcite le mle2 mais1 loin de toute femelle1 la logique du mouvement vital suffit parfaitement les mettre en tat de rut2 il en est absolument de mme pour les femelles4 ,si l'tat de rut1 si la sensibilisation des parties gnitales s'tablit loin du sexe ncessaire1 voil une cause naturelle d'aberration1 car il faut user cette sensibilit spciale3 le premier simulacre venu1 ou mme le premier obstacle propice sera l'adversaire contre lequel l'animal exaspr exercera cette puissance dont il est tourment4 ,on peut appliquer l'homme les principes gnraux de cette psychologie1 mais condition de ne pas oublier que1 sa sensibilit gnitale tant apte se rveiller tout moment1 les causes d'aberration se multiplient pour lui l'infini4 ,il y aurait trs peu d'hommes et de femmes aberrs1 si les habitudes morales permettaient la satisfaction toute simple des besoins sexuels1 si les deux sexes avaient la possibilit de se joindre toujours au moment opportun4 ,il resterait les aberrations d'ordre anatomique2 elles seraient moins frquentes et moins tyranniques si1 au lieu de s'ingnier rendre trs difficiles les rapports sexuels1 ils taient favoriss par les murs4 ,mais cette aisance n'est possible que dans la promiscuit1 qui est un mal peut-tre pire que l'aberration4 ,ainsi1 toutes les questions sont insolubles1 et on ne peut perfectionner la nature qu'en la dsorganisant4 ,l'ordre humain est souvent un dsordre pire que le dsordre spontan1 parce que c'est une finalit force et prmature1 une drivation inopportune du fleuve vital4 ,il est improbable que la slection sexuelle soit un principe de variation2 son rle est au contraire de maintenir l'espce en l'tat4 ,les causes de variation seront les changements dans le climat1 la nature du sol1 le milieu gnral1 et aussi la maladie1 les troubles de la circulation sanguine et nerveuse1-peut-tre certaines aberrations sexuelles4 ,peut-tre1 car les croisements entre individus d'espces diffrentes vivant en libert semblent difficiles1 ds que l'espce est rellement autre chose qu'une varit en volution1 une forme qui se cherche encore4 ,a ce stade1 tout est possible2 mais il s'agit des espces4 ,les mulets1 les bardeaux1 les lporides sont des produits artificiels2 on n'en a jamais rencontr dans la nature libre4 ,il est fort difficile d'obtenir la pariade d'un livre et d'une lapine2 la lapine rcalcitre et le livre marque peu d'enthousiasme4 ,la jument1 trs souvent1 refuse l'ne2 si elle tourne la tte au moment de la monte1 il faut lui bander les yeux pour dompter son dgot2 il en est de mme de l'nesse qui l'on offre un talon4 ,quant au produit du taureau et de la jument1 le clbre jumart1 ce n'est qu'une chimre3 il suffit de comparer la verge effile du taureau la verge massive du cheval pour se convaincre que deux instruments si diffrents ne peuvent se suppler l'un l'autre4 ,cependant1 il serait imprudent d'liminer cette forme de l'aberration sexuelle d'entre les causes de la variabilit des espces4 ,c'est peut-tre une de ses justifications4 ,de toutes les aberrations sexuelles1 la plus singulire est peut-tre encore la chastet4 ,non qu'elle soit antinaturelle1 rien n'est anti-naturel2 mais cause des prtextes auxquels elle obit4 ,les abeilles1 les fourmis1 les termites prsentent des exemples de chastet parfaite et en mme temps de chastet utilise1 de chastet sociale4 ,involontaire et congnital1 l'tat neutre1 chez les insectes1 est un tat de fait1 quivalent l'tat sexuel et origine d'une activit caractrise4 ,chez les hommes1 c'est un tat1 souvent d'apparence ou transitoire1 obtenu par la volont ou exig par la ncessit1 tat prcaire1 si difficile maintenir qu'on a accumul autour de lui toutes sortes de murailles morales et religieuses1 et mme relles1 faites de vraies pierres et de vrai mortier4 ,la chastet permanente et volontaire est presque toujours une pratique religieuse4 ,les hommes ont de tout temps t persuads que la perfection de l'tre ne s'obtient que par un tel renoncement4 ,cela parat absurde2 c'est au contraire d'une logique trs droite4 ,le seul moyen de ne pas tre un animal est de s'abstenir de l'acte auquel se livrent ncessairement tous les animaux sans exception4 ,c'est le mme motif qui a fait imaginer l'abstinence1 le jene2 mais comme on ne peut vivre sans manger1 alors qu'on peut vivre sans faire l'amour1 cette seconde mthode de perfectionnement est reste l'tat d'esquisse4 ,il est vrai1 l'asctisme1 dont l'homme seul est capable1 est un des moyens qui peuvent nous lever au-dessus de l'animalit2 mais il ne suffit pas seul2 seul1 il n'est bon rien1 peut-tre qu' exciter un orgueil strile4 ,il faut y joindre l'exercice actif de l'intelligence4 ,reste savoir si l'asctisme1 qui prive la sensibilit d'une de ses nourritures les plus saines et les plus excitantes1 est favorable l'exercice de l'intelligence4 ,comme il n'est nullement ncessaire de rsoudre ici cette question1 on ne dira rien de plus que ceci1 provisoirement3 il ne faut pas mpriser la chastet1 il ne faut pas ddaigner l'asctisme4 ,la pudeur est-elle une aberration8 ,des observateurs indulgents ont cru la constater chez les lphants aussi bien que chez les lapins4 ,la pudeur de l'lphant est un axiome populaire1 qui fait que les bonnes femmes reluquent avec componction1 dans les cirques1 la grosse bte qui se cache pour faire l'amour4 ,pendant l'accouplement1 dit un clbre leveur de lapins#a1 le mle et la femelle doivent tre seuls1 en demi-obscurit4 ,cette solitude et cette obscurit sont d'autant plus ncessaires que certaines femelles manifestent des signes de pudeur4 ,la pudeur des animaux est une rverie4 ,comme la pudeur humaine1 elle n'est que le masque de la peur1 la cristallisation d'habitudes craintives1 ncessites par l'tat inerme o se trouvent des animaux se livrant au cot4 ,cela est fort connu et n'exige plus aucune explication4 ,mais le besoin de la reproduction est si tyrannique qu'il ne laisse pas toujours mme aux animaux les plus timides1 la prsence d'esprit de se cacher pour faire l'amour4 ,le plus domestiqu de nos animaux ne manifeste1 ce moment1 ni peur ni pudeur1 on ne le sait que trop4 ,chez l'homme1 chez le civilis comme chez le non civilis1 la peur sexuelle1 la pudeur1 a pris mille formes dont la plupart ne semblent plus avoir aucun lien avec le sentiment originel dont elles sont drives4 ,on constate d'ailleurs ceci1 que si le milieu o se trouve le couple est tel qu'aucune attaque1 aucune moquerie n'est craindre1 la pudeur disparat en partie ou tout fait selon le degr de scurit et le degr d'excitation4 ,pour une foule populaire un soir de fte1 il n'y a plus gure de pudeur que la pudeur lgale2 l'exemple d'un couple plus hardi suffit1 si aucune autorit n'est redouter1 pour librer tous les apptits1 et l'on voit clairement alors que l'homme1 qui ne se cache plus pour manger1 ne se cache pour faire l'amour que par soumission l'usage4 ,de l'acte gnital1 la pudeur s'est tendue aux organes sexuels extrieurs1 par un mcanisme trs simple et trs logique4 ,mais l1 il faut distinguer1 je pense1 entre la pudeur gnitale1 ne de l'habitude de vtir le corps tout entier1 et celle qui a port les hommes ne se couvrir qu'une rgion particulire4 ,le chaud1 le froid1 la pluie1 les insectes expliquent le vtement1 mais non le pagne ou la feuille1 surtout quand la feuille1 impose aux femmes maries1 par exemple1 est dfendue aux vierges1 ou quand cette symbolique feuille est si rduite qu'elle ne sert rien1 qu'elle n'est plus qu'un signe4 ,dans ce dernier cas1 elle n'a mme peut-tre aucune relation directe avec la pudeur gnitale2 elle n'est plus qu'un ornement matrimonial1 analogue l'anneau ou au collier1 un signe1 en effet1 et qui indique l'tat4 ,il est possible aussi que1 chez certaines peuplades o les hommes vont entirement nus1 les femmes ne portent un tablier que pour se prserver des mouches1 des stres2 peu prs comme le paysan drape d'herbes ou de feuilles le mufle de son cheval4 ,bien souvent1 cependant1 on est forc de reconnatre1 dans ces coutumes1 la preuve d'une sensibilit gnitale particulire1 analogue la pudeur des civiliss4 ,un matelot anglais1 lors des premires explorations1 se fit conspuer par des femmes maories1 non parce qu'il se prsentait nu1 ce qui tait1 au contraire1 exig par la coutume1 mais parce qu'il se prsentait le gland dcouvert4 ,ce dtail les choquait extrmement4 ,exemple curieux de la localisation de la pudeur3 toutes les parties du corps se pouvaient et se devaient montrer1 toutes except cette petite surface4 bien rflchir1 la pudeur des ,europennes1 au bal ou la plage1 est peu prs aussi saugrenue que celle des ,maories1 ou que celle des fellahines qui1 la survenue d'un tranger1 relvent leur chemise1 unique vtement1 pour s'en couvrir la face6 ,la pudeur sexuelle1 telle qu'on l'observe aujourd'hui chez les peuples les plus varis1 est tout fait artificielle4 ,livingstone assure avoir dvelopp la pudeur chez des petites filles cafres en les habillant4 ,surprises en nglig1 elles se couvraient les seins1-et cela dans une race o la femme va entirement nue1 sauf un fil la ceinture1 d'o pend un autre fil4 ,mais le vtement n'est qu'une des causes de la pudeur ou des habitudes qui nous en donnent l'illusion1 et le sentiment de crainte associ l'acte sexuel n'explique pas tout le reste4 ,il y a une pudeur particulire la femelle1 un ensemble de mouvements de recul qu'on ne peut assimiler rien1 rattacher rien4 ,le geste de la ,vnus pudique n'est pas un geste purement fminin2 presque toutes les femelles1 et surtout mammifres1 le possdent3 la femelle qui se refuse rabat sa queue et la serre entre ses jambes2 il y a videmment l l'origine de l'une des formes particulires de la pudeur4 ,on en a donn dans un prcdent chapitre des exemples caractristiques4 ,l'homme est insaisissable1 le moindre de ses sentiments habituels a des racines multiples et souvent contradictoires dans une sensibilit variable et toujours excessive4 ,il est le moins pondr et le moins raisonnable de tous les animaux1 quoique le seul qui ait pu se faire une ide de la raison2 c'est un animal fou1 c'est--dire qui se rpand de tous les cts1 qui dmle tout en thorie et dans la pratique emmle tout1 qui dsire et veut tant de choses1 qui jette ses muscles tant d'activits diverses que ses actes sont la fois les plus senss et les plus absurdes1 les plus conformes et les plus opposs au dveloppement logique de la vie4 ,mais il tire parti mme de l'erreur1 surtout de l'erreur1 fatale tous les animaux1 et c'est l son originalit1 comme l'a vu ,pascal1 comme l'a rpt ,nietzsche4 ,si le mot pudeur n'est pas exact1 appliqu aux animaux1 bien que l'on trouve dans leurs murs la lointaine origine de ce sentiment complexe et raffin1 le mot cruaut1 quand il s'agit des actes naturels de dfense ou de nutrition1 ne l'est pas davantage4 ,la cruaut humaine est souvent une aberration2 la cruaut des btes est une ncessit1 un fait normal1 souvent la condition mme de leur existence4 ,un philosophe anarchiste1 disciple attard et naf de ,jean-,jacques1 a cru dmle dans la nature un altruisme universel2 il a refait avec d'autres paroles1 un autre esprit1 et quelques exemples nouveaux1 les livres enfantins de ,bernardin de ,saint-,pierre1 et abus1 sous prtexte d'incliner les hommes la bont1 du droit que l'on a de se promener dans la nature sans la voir et sans la comprendre4 ,la nature n'est ni bonne1 ni mauvaise1 ni altruiste1 ni goste2 elle est un ensemble de forces dont aucune ne cde que sous une pese suprieure4 ,sa conscience est celle d'une balance2 tant d'une indiffrence parfaite1 elle est d'une quit absolue4 ,mais la sensibilit d'une balance est d'un ordre unique2 la sensibilit de la nature est infinie toutes les actions et toutes les ractions4 ,que le fort mange le faible ou que le faible mange le fort1 il n'y a compensation que dans notre illusion humaine3 en ralit1 une vie s'est agrandie aux dpens d'une autre vie et1 dans un cas comme dans l'autre1 l'nergie totale n'a t ni diminue ni augmente4 ,il n'y a ni forts ni faibles3 il y a un niveau qui tend rester constant4 ,notre sentimentalisme nous fait percevoir des drames l o il ne se passe rien de plus troublant que des faits gnraux de nutrition4 ,cependant1 on peut les regarder1 ces faits1 d'un peu plus prs2 et alors la parit des organismes animaux et de l'organisme humain nous portera qualifier de cruels certains actes qui1 uvre d'un homme1 mriteraient prcisment ce nom4 ,mais s'il faut dire cruaut pour se comprendre soi-mme1 il faut aussi se souvenir que cette cruaut est inconsciente1 qu'elle n'est pas sentie par l'animal dvorant1 qu'aucun lment de mchancet n'entre dans son acte1 et que l'homme1 d'ailleurs1 ce juge1 ne se prive nullement de manger des btes vivantes quand elles sont meilleures crues que cuites et vivantes que mortes4 ,un philanthe1 sorte de gupe1 happe une abeille pour nourrir ses larves2 tout en la transportant vers son nid1 il lui presse le ventre1 la suce1 la vide de tout son miel4 ,mais1 l'entre du nid1 une mante fait le guet1 son bras double scie se dclanche3 le philanthe est saisi au passage4 ,et l'on voit ceci3 la mante rongeant le ventre du philanthe1 cependant qu'il continue de lcher le ventre de l'abeille4 ,et la mante est si vorace qu'on la couperait en deux sans lui faire lcher prise3 quelle chane de carnages6 ,les larves du sphex1 autre gupe1 sont nourries de grillons vivants1 rduits par une piqre l'immobilit4 ,sitt close1 la larve attaque le grillon sur le ventre duquel1 une place choisie1 l'oeuf a t pondu4 ,le pauvre insecte paralys proteste par de faibles remuements d'antennes1 de mandibules3 en vain2 il est dvor vivant1 fibre fibre1 par un gros ver qui lui ronge les entrailles1 avec assez d'habilet pour ne toucher d'abord qu'aux parties non essentielles la vie et conserver sa proie jusqu' la fin frache et savoureuse4 ,telle est la mansutude de la nature1 cette bonne mre4 ,les carabes sont de beaux coloptres1 violets1 pourpres1 dors4 ,ils ne se nourrissent que de proies vivantes1 qu'ils mangent lentement1 s'attaquant d'abord au ventre1 s'enfonant peu peu dans la cavit palpitante4 ,les hlices1 les limaces sont ainsi dpeces par des bandes de carabes qui les fouillent et les dchirent au milieu d'un bouillonnement de salive4 ,tout n'est1 dans la nature1 que vol et assassinat4 ,ce sont les actes normaux4 ,les espces herbivores seules sont innocentes1 peut-tre par imbcillit2 toujours occupes manger1 leur nourriture tant peu substantielle1 elles n'ont pas le temps de dvelopper leurs forces3 ce sont des proies invitables1 une sorte d'herbe suprieure qui sera broute la premire occasion4 ,mais les carnivores sont parfaitement dvors leur tour par leurs commensaux plus robustes ou plus adroits4 ,trs peu de btes meurent de leur belle mort4 ,les gotrupes1 scarabes ncrophores1 leur besogne finie et la ponte acheve1 se dvorent les uns les autres1 pour passer le temps1 peut-tre1 pour atteindre plus gaiement leur minute dernire4 ,les animaux ne sont que de deux sortes1 chasseurs et gibier1 mais il n'est gure de chasseur qui ne soit gibier son heure4 ,on ne voit pas chez les animaux cette invention purement humaine1 l'levage pour la boucherie ou1 ce qui est plus extraordinaire1 pour la chasse4 ,les fourmis savent traire les pucerons1 leurs vaches1 ou les staphylins1 leurs chvres2 elles ne savent pas les engraisser et les gorger4 ,cent autres traits de cruaut animale sont pars dans ce volume4 ,on en recueillerait beaucoup d'autres1 et cela pourrait former un ouvrage difiant1 par ce temps de sentimentalisme4 ,non pas qu'on voult1 bien au contraire1 les donner l'homme comme autant d'exemples2 mais cela pourrait tout de mme nous apprendre que le premier devoir d'un tre vivant est de vivre et que toute vie n'est pas autre chose qu'une somme suffisante de meurtres4 ,hommes ou tigres1 sphex ou carabes sont soumis la mme ncessit3 ou tuer ou mourir1 ou verser le sang ou manger de l'herbe4 ,mais manger de l'herbe1 autant se suicider3 demandez aux moutons4 #a ,mariot-,didieux1 ,guide pratique de l'ducateur de lapins4 7,bibliothque des professions industrielles et agricoles1 srie ,h1 n #ag47 ,,chapitre ,,xix ,l',,instinct ,l'instinct4--,si on peut l'opposer l'intelligence4--,l'instinct chez l'homme4--,primordialit de l'intelligence4--,rle conservateur de l'instinct4--,rle modificateur de l'intelligence4--,l'intelligence et la conscience4--,parit de l'instinct chez les animaux et chez l'homme4--,caractre mcanique de l'acte instinctif4--,l'instinct modifi par l'intelligence4--l'habitude du travail crant le travail inutile4--,objections l'identification de l'instinct et de l'intelligence tires de la vie des insectes4 ,la question de l'instinct est peut-tre la plus nervante qui soit4 ,les esprits simples la voient rsolue quand ils ont oppos ce mot l'autre mot3 intelligence4 ,c'est la position lmentaire du problme1 et rien de plus4 ,non seulement cela n'explique rien1 mais cela s'oppose mme toute explication4 ,si l'instinct et l'intelligence ne sont pas des phnomnes du mme ordre1 rductibles l'un l'autre1 le problme est insoluble et nous ne saurons jamais ni ce que c'est que l'instinct1 ni ce que c'est que l'intelligence4 ,dans cette opposition vulgaire1 on sous-entend assez navement que les animaux sont tout instinct et l'homme tout intelligence4 ,cette erreur1 purement de rhtorique1 a jusqu'ici empch1 non la solution du problme1 qui semble fort lointaine1 mais son expos scientifique4 ,il ne comporte que deux formules3 ,ou bien l'instinct est une fructification de l'intelligence2 ou bien l'intelligence est un accroissement de l'instinct4 ,il faut choisir et savoir qu'en choisissant on fait1 selon les cas1 de l'instinct ou de l'intelligence1 la graine ou la fleur d'une mme plante3 la sensibilit4 ,on tablirait d'abord qu'entre l'homme et les animaux il n'y a1 pour les manifestations de l'instinct et pour celles de l'intelligence1 aucune diffrence essentielle4 ,la vie de tous les hommes1 non moins que la vie de tous les animaux1 est btie sur l'instinct2 et il n'est1 sans doute1 aucun animal qui ne puisse donner des signes de spontanit1 c'est--dire d'intelligence4 ,l'instinct semble antrieur parce que1 dans tous les animaux1 l'homme except1 la quantit et surtout la qualit des faits instinctifs surpasse de beaucoup la valeur et le nombre des faits intellectuels4 ,c'est exact1 mais en admettant cette hirarchie1 si on explique1 assez difficilement1 la formation de l'intelligence chez l'homme et chez les animaux qui en manifestent des lueurs plus ou moins perceptibles1 on renonce1 par cela mme1 toute tentative ultrieure qui puisse donner quelques notions sur la formation de l'instinct4 ,si c'est mcaniquement que l'abeille construit ses rayons1 si cet acte est aussi ncessaire que l'vaporation de l'eau refroidie1 inutile d'aller plus loin3 on est en prsence d'un fait qui ne donnera jamais rien de plus4 ,si1 au contraire1 on considre l'intelligence comme antrieure1 le champ d'investigation s'allonge l'infini et1 au lieu d'un problme radicalement insoluble1 on en obtient cent mille et plus1 autant que d'espces animales1 dont aucun n'est simple1 mais dont aucun n'est absurde4 ,cette manire de voir entrane1 il est vrai1 de graves consquences4 ,il faut alors regarder la matire comme une simple forme allotropique de l'intelligence ou1 si l'on veut1 tenir l'intelligence et la matire pour des quivalents1 admettre que l'intelligence n'est que de la matire doue de sensibilit1 et dont le pouvoir de se diversifier extrmement trouve des limites infranchissables dans les formes mmes qu'elle revt4 ,la preuve de ces limites1 c'est l'instinct4 ,quand des actes sont devenus instinctifs1 ils sont devenus invincibles4 ,une espce1 c'est un groupe d'instincts1 dont la tyrannie1 un jour1 deviendra sourde toute tentative de mouvement4 ,l'volution est limite par la rsistance de ce qui est1 luttant contre ce qui pourrait tre4 ,vient un moment o une espce est une masse trop lourde pour tre remue par l'intelligence3 alors elle reste en place1 et c'est la mort1 mais compense par la survenue permanente d'autres espces1 formes nouvelles revtues par l'inpuisable ,prote4 ,on n'ajoutera rien1 ici1 cette thorie1 si ce n'est quelques faits qui lui sont favorables et aussi quelques objections4 ,la vieille distinction de l'intelligence et de l'instinct1 quoique fausse et superficielle1 pourrait s'adapter aux vues que l'on vient de rsumer4 ,on attribuerait l'instinct la srie des actes conservateurs de l'tat prsent dans une espce2 l'intelligence1 les actes qui peuvent tendre modifier cet tat4 ,l'instinct serait l'esclavage1 la sujtion la coutume2 l'intelligence reprsenterait la libert1 c'est--dire le choix1 les actes qui1 tout en tant ncessaires1 puisqu'ils sont1 ont t dtermins par un ensemble de causes antrieures celles qui rgissent l'instinct4 ,l'intelligence serait le fonds1 la rserve1 la source qui1 aprs de longs creusements1 vient sourdre entre les rochers4 ,dans tout ce que suggre l'intelligence1 la conscience de l'espce fait un dpart2 ce qui est utile s'incorpore l'instinct en l'agrandissant et en le diversifiant2 ce qui est inutile prit1--ou bien se met fleurir en extravagances1 comme chez l'homme1 comme chez les oiseaux danseurs et jardiniers1 ou ces pies qu'un joyau sduit1 ces alouettes qu'un miroir attire6 ,on appellerait donc instinct la srie des aptitudes utiles2 intelligence1 la srie des aptitudes de luxe3 mais qu'est-ce que l'utile1 qu'est-ce que l'inutile8 ,qui osera taxer d'inutile cette modulation d'un oiseau1 ce sourire d'une femme8 ,il n'y aurait utilit et inutilit que s'il y avait aussi finalit4 ,mais la finalit ne peut tre considre comme un but2 elle n'est qu'un fait1 et qui pourrait tre diffrent4 ,cette utilisation des termes anciens1 si elle tait possible1 ne devrait jamais devenir le prtexte d'une nouvelle diffrenciation radicale entre l'instinct et l'intelligence2 on ne s'en servirait que pour dfinir par opposition deux tats dont les manifestations prsentent d'apprciables nuances4 ,la grande objection l'identification essentielle de l'instinct et de l'intelligence vient d'une habitude d'esprit que nous a longtemps impose la philosophie spiritualiste3 l'instinct serait inconscient et l'intelligence serait consciente4 ,mais l'analyse psychologique ne permet pas de lier rigoureusement la conscience l'activit intellectuelle4 ,sans la conscience1 tout se passerait peut-tre1 dans l'homme le plus rflchi1 exactement comme cela se passe sous l'il paterne de la conscience4 ,selon la curieuse comparaison analogique de ,m4 ,ribot1 la conscience1 c'est la veilleuse interne qui claire un cadran2 elle a sur la marche de l'intelligence la mme influence exactement1 ni plus ni moins1 que cette veilleuse sur la marche de l'horloge4 ,savoir si les animaux sont dous de conscience est assez difficile1 et peut-tre assez inutile1 moins que l'on n'admette que la lueur de cette veilleuse1 par son rayonnement lumineux ou calorique1 ne ragisse sur le mcanisme de la machine1 comme l'enseigne ,m4 ,fouille4 ,en somme1 la conscience1 elle aussi1 est un fait1 et aucun fait ne meurt sans consquences3 il n'y a ni causes premires1 ni causes dernires4 ,en tout cas1 on retiendra1 parce que cela est vident1 que1 mme si la conscience est un ractif possible1 l'intelligence peut s'exercer sans elle3 le plus conscient des hommes1 encore1 a des phases d'intellectualit inconsciente2 de longues sries d'actes raisonnables peuvent tre perptrs sans que leur reflet soit visible dans le miroir1 sans que la veilleuse de l'horloge ait t allume4 ,il ne semble pas1 en somme1 que de la matire nerveuse puisse exister sans intelligence ou sensibilit2 quant la conscience1 elle est un surcrot4 ,il n'y a donc pas lieu de tenir compte de la vieille objection scolastique contre l'identification de l'intelligence et de l'instinct4 ,qu'y a-t-il de srieux dans cette autre3 que l'homme1 s'il a eu jadis des instincts1 les a perdus8 ,l'animal qui a les plus riches instincts doit aussi tre1 ou avoir t1 le plus riche en intelligence4 ,et rciproquement3 l'activit intellectuelle suppose une activit instinctive trs varie1 soit dans le prsent1 soit dans l'avenir4 ,si l'homme n'avait pas d'instincts1 il serait en train de se les crer4 ,il a des instincts nombreux et il s'en cre tous les jours de nouveaux3 constamment1 une partie de son intelligence se cristallise en actes instinctifs4 ,mais si l'on considre les diffrents instincts qui se rencontrent chez les espces animales1 on n'en trouvera gure qui ne soient en mme temps humains4 ,les grandes activits humaines sont instinctives4 ,sans doute1 l'homme peut ne pas construire des palais2 mais il ne peut pas se dispenser d'une cabane1 d'un nid dans une caverne ou sur la fourche d'un arbre3 tels les grands singes1 beaucoup de mammifres1 les oiseaux1 la plupart des insectes4 ,sa nourriture ne dpend que fort peu du choix2 il faut qu'elle contienne certains lments indispensables3 ncessit identique celle qui rgit les animaux et jusqu'aux plantes dont les racines plongent vers le suc dsir1 dont les rameaux s'allongent en qute de la lumire4 ,le chant1 la danse1 la lutte1 et1 pour les groupes1 la guerre1 instincts humains1 ne sont pas inconnus tous les animaux4 ,le got des choses brillantes1 autre instinct humain1 est assez frquent chez les oiseaux2 il est vrai que les oiseaux n'en ont encore rien fait et que l'homme en a tir tous les arts somptuaires4 ,reste l'amour3 mais je pense que cet instinct suprme est la limite sacre des objections4 ,les actes utiles1 habituellement rpts1 peuvent devenir invincibles1 tels de vritables mouvements instinctifs4 ,un chasseur#a passant l'hiver dans une cabane isole1 au ,canada1 engage une femme indienne pour tenir son mnage4 ,elle arrive le soir1 fait aussitt fondre de la neige1 commence laver1 remue tout1 empche tout sommeil4 ,l'hte se fche4 ,silence4 ,ds qu'il s'est endormi1 la mnagre reprend son travail mcanique1 et ainsi de suite1 si bien que l'humble ,indienne eut le dernier mot4 ,ici1 exactement comme chez les insectes1 on a l'exemple d'une besogne qui1 ds qu'elle est commence1 doit aller jusqu' son achvement4 ,l'insecte ne peut pas s'interrompre2 s'il y est oblig1 par une cause extrieure1 il reprend l'uvre non pas au point o il la retrouve rellement1 mais au point o il l'avait rellement laisse4 ,ainsi1 on enlve tout entier le nid qu'une chalicodome tait en train de maonner sur un galet2 l'abeille revient1 ne trouve rien1 puisqu'il n'y a plus rien1 mais1 au lieu de recommencer son dification1 la continue4 ,il ne restait plus qu' fermer l'ouverture2 elle la ferme1 c'est--dire qu'elle dpose1 sur le dme idal d'un nid absent1 la dernire bouche de mortier3 puis1 l'instinct satisfait1 sre d'avoir assur sa postrit1 elle se retire1 s'en va mourir4 ,on obtient le mme jeu mcanique avec le plope1 avec d'autres constructeurs4 ,les chenilles processionnaires ont coutume de faire de longues courses la file indienne sur les branches de leur pin natal1 en qute de nourriture3 qu'on les place sur le rebord d'une vasque1 elles tourneront stupidement pendant plus de trente heures1 sans que l'une d'elles ait jamais l'ide d'interrompre le cercle en inclinant sur la tangente4 ,elles mourront sur leur piste1 fermes dans leur obissance2 mesure que l'une tombe1 les rangs se resserrent1 et c'est tout4 ,voil les extrmes de l'instinct et1 notre grande surprise1 ils sont peu prs pareils chez une ,indienne des grands lacs et chez la processionnaire du pin4 ,mais que d'autres cas o l'instinct des animaux1 s'unissant l'intelligence libre1 donne des exemples d'une sagacit humaine4 ,nous avons vu ces mmes abeilles maonnes et les xylocopes et les abeilles domestiques profiter avec empressement d'un nid tout fait1 d'un trou prpar dans le bois1 de rayons factices disposs pour recevoir le miel2 les osmies1 qui pondent dans des tiges de ronces coupes1 o elles organisent une srie de chambrettes1 se sont fort bien accommodes1 chez ,m4 ,j4-,h4 ,fabre1 de tubes de verre1 ce qui a heureusement permis au grand observateur de pntrer dans leur intimit4 ,l'instinct est tour tour bte comme une machine et intelligent comme un cerveau2 ces deux modes extrmes doivent correspondre des habitudes trs anciennes et des habitudes trs rcentes4 ,il est certain qu'il n'y a pas relativement longtemps que la serpe du paysan prpare l'osmie des tiges trononnes de ronces4 ,avant cette poque1 elle organisait son nid1 comme elle le fait encore1 dans des coquilles vides d'escargot ou dans quelque cavit naturelle4 ,elles sont trs curieuses1 ces osmies1 abeilles solitaires extrmement actives2 on les voit1 ayant puis leurs ovaires1 mais non leur force musculaire1 construire des nids surrogatoires1 les pourvoir de miel1 les clore avec soin sans avoir pu y dposer aucun ouf2 elles les ferment mme sans miel1 si elles ne trouvent plus de fleurs1 montrant ainsi une vritable frnsie de travail1 une authentique manie analogue celle qui pousse l'homme dplacer des cailloux1 fumer1 boire1 marcher plutt que de demeurer immobile#b4 ,si l'osmie vivait plus longtemps1 elle inventerait peut-tre quelque jeu qui1 d'abord vain1 finirait1 comme une quantit d'imaginations humaines1 par devenir pour la race tout entire un besoin la fois et un bienfait4 ,la thorie qui fait de l'instinct une cristallisation partielle de l'intelligence est extrmement sduisante2 il faut1 je pense1 la tenir pour vraie4 ,cependant1 la contemplation du monde des insectes fait surgir contre elle une objection norme4 ,m4 ,fabre l'a formule dix fois1 avec une ingniosit toujours nouvelle1 au cours de ses merveilleux rcits4 ,la voici3 l'insecte1 presque toujours1 nat adulte1 et aprs la mort de ses parents2 il n'a reu d'eux1 comme les petits des oiseaux ou des mammifres1 ni l'ducation directe1 ni l'ducation par l'exemple4 ,une poule apprend ses poussins picorer 7il est vrai qu'elle n'apprend pas ses canetons barboter1 et qu'ils font son dsespoir1 spectacle bien amusant71 une osmie ne peut rien enseigner ses enfants4 ,et cependant les osmies nouvelles feront exactement ce qu'ont fait les anciennes4 ,l'insecte ouvre sa coque1 se brosse les antennes1 fait sa toilette1 ouvre les ailes1 s'envole pour la vie1 se dirige sans hsitation vers la pture qu'il lui faut1 reconnat et fuit les ennemis de sa race1 fait l'amour1 construit enfin un nid identique au berceau d'o il est sorti4 ,on voit bien que les acquisitions de l'individu ont pass dans sa descendance1 mais comment8 ,car comment ont-elles pu se fixer dans les nerfs et dans le sang en quelques brves journes de vie8 ,c'est sans aucun apprentissage que le sphex2 paralyse de trois coups de poignard1 toujours infaillibles1 le grillon qu'il destine ses larves4 ,comment le sphex a-t-il appris cela1 puisque1 si le grillon est tu et non paralys1 les larves meurent empoisonnes par la pourriture1 puisque1 si la paralysie n'est pas durable1 la victime se rveille et dtruit le sphex dans l'uf8 ,la manuvre de cette gupe1 et de beaucoup d'autres hymnoptres tueurs1 a ceci de fcheux pour nos raisonnements1 qu'elle doit tre parfaite1 sous peine de mort4 ,cependant1 il faut bien admettre que le sphex s'est form lentement1 comme tous les animaux complexes1 et que son gnie n'est que la somme des acquisitions intellectuelles lentement cristallises dans l'espce4 ,quant au mcanisme de cette transformation de l'intelligence en instinct1 il a pour moteur le principe d'utilit2 seuls deviennent des actes instinctifs les actes intelligents1 utiles la conservation de l'espce4 ,la science de ces hymnoptres tueurs va si loin qu'elle devanait1 encore hier1 la science humaine4 ,l'insecte s'attaque au systme nerveux2 il sait que c'est l et non dans les membres que rside le principe du mouvement4 ,si le systme nerveux est centralis1 comme chez les charanons1 leur ennemi1 le cercris1 ne donne qu'un coup de poignard2 si les mouvements dpendent de trois ganglions1 il donne trois coups de poignard2 s'il y a neuf ganglions1 il donne neuf coups de poignard3 ainsi fait l'ammophile hrisse1 quand elle a besoin pour ses larves de la chenille de la noctuelle1 appele communment ver gris2 si un coup d'aiguillon dans le ganglion cervical parat trop dangereux1 le chasseur se borne le mchonner doucement1 pour amener le degr ncessaire d'immobilit4 ,il est assez singulier que les hymnoptres sociaux1 qui savent faire tant de choses difficiles1 ignorent la savante manuvre du poignard4 ,l'abeille pique au hasard1 et si brutalement qu'elle se mutile elle-mme en ne faisant souvent son adversaire qu'une insignifiante blessure4 ,la civilisation collective a diminu son gnie individuel4 #a ,voir ,milton et ,cheaddle1 ouvr4 cit4 #c ,rapprocher de ces rflexions le mot prcieux d'un garde-chasse3 ,il faut connatre les habitudes des btes1 mme leurs manies1 car elles en ont comme nous4 7,le ,figaro1 #ca aot #aijc47 ,,chapitre ,,xx ,,la ,,tyrannie ,,du ,,syst,,me ,,nerveux ,accord et dsaccord entre les organes et les actes4--,les tarses du scarabe sacr4--,la main de l'homme4--,adaptation mdiocre des organes sexuels la copulation4--,origine de la luxure4--,l'animal est un systme nerveux servi par des organes4--,l'organe ne dtermine pas l'aptitude4--,la main de l'homme infrieure son gnie4--,substitution des sens l'un par l'autre4--,union et rle des sens dans l'amour4--,l'homme et l'animal sous la tyrannie du systme nerveux4--,usure de l'humanit compense par ses acquisitions4--,les hritiers de l'homme4 ,c'est une croyance universelle que la nature1 ou ,dieu1 dans leur sagesse inconsciente ou providentielle1 ont dispos les organes corporels selon la meilleure forme possible3 perfection de l'il1 de la main1 de la patte-mchoire de la mante1 des pices sexuelles de l'homme1 de l'oiseau ou du scarabe1 des tarses fournisseurs des hymnoptres1 de la queue du castor1 des jarrets de la sauterelle1 du tambour de la cigale4 ,c'est quelquefois vrai et trs souvent faux4 ,il arrive qu'une concordance exacte apparaisse entre l'organe et l'acte qu'il doit accomplir2 mais il arrive aussi1 et ce n'est pas rare1 que les organes ne semblent nullement avoir t faits pour l'office dont ils s'acquittent3 la plupart1 vraiment1 sont des outils de fortune1 avec quoi un tre se tire comme il peut de la besogne qu'il veut1 qu'il doit faire4 ,les pattes antrieures des scarabes sont si peu destines modeler et rouler des pelotes de bouse qu' ce mtier leurs tarses se sont uss1 comme s'useraient peut-tre des doigts humains condamns ptrir cru la glaise et le mortier4 ,en considrant le scarabe1 il faut songer cela1 une humanit sans doigts1 les ayant perdus au travail par une longue et lente diminution des ongles1 des os1 des chairs4 ,le scarabe est un modeleur2 rien ne lui serait plus utile que des doigts2 au lieu de les perdre par l'usage1 il aurait d se les crer plus longs1 plus rsistants1 plus souples4 ,il les a perdus et c'est avec des moignons qu'il tourne les boulettes qui seront sa nourriture ou celle de ses enfants4 ,cet insecte est donc condamn une besogne qui lui devient de plus en plus difficile1 mesure que l'espce vieillit4 ,il resterait savoir si les anctres du scarabe sacr possdaient des tarses4 ,horus ,appolo lui accorde autant de doigts que le mois a de jours1 c'est--dire trente1 ce qui correspond bien aux six pattes cinq tarses du scarabe4 ,s'il a bien observ1 la question est rsolue2 mais ce tmoignage unique ne suffit pas1 et d'ailleurs il est invraisemblable qu'une pareille usure soit l'ouvrage de si peu de sicles4 ,horus1 et un savant comme ,latreille s'y est laiss prendre lui-mme1 a t dupe de la symtrie2 s'il a regard de prs un scarabe1 et s'il a vu les pattes antrieures dnues de tarses1 il a mis ce manquement sur le compte du hasard ou de l'accident4 ,m4 ,fabre a1 du moins1 constat un fait indiscutable1 c'est que1 pas plus l'tat de nymphe qu' l'tat adulte1 le scarabe n'est1 aux pattes antrieures1 pourvu de tarses4 ,s'il n'en a jamais eu1 notre raisonnement tire de cette ngation une nouvelle force3 car alors1 et moins que jamais1 il n'est pas possible de trouver la moindre concordance logique entre les moignons de l'insecte et la besogne de modeleur et de tourneur laquelle il est condamn par la nature4 ,ce scarabe est un type auquel on peut rapporter un trs grand nombre d'autres exemples2 les hymnoptres fouisseurs sont tout fait dpourvus d'outils en rapport avec leurs travaux de carriers ou de puisatiers3 aussi1 leur uvre termine1 la plupart de ces fragiles insectes sont-ils fort endommags4 ,on connat les architectures des castors3 qui oserait les attribuer1 sans la certitude que nous a donne l'observation1 ces gros rats4 ,les philosophes du dix-huitime sicle se posaient cette question3 l'homme est-il l'homme parce qu'il a des mains1 ou bien a-t-il des mains parce qu'il est l'homme8 ,on peut rpondre hardiment que les mains de l'homme1 si merveilleuses qu'elles nous paraissent1 n'ajoutent peu prs rien son intelligence4 ,on ne voit pas quoi elles sont indispensables1 sinon jouer du piano4 ,ce qui constitue l'homme1 c'est son intelligence1 son systme nerveux4 ,l'organe extrieur est secondaire3 n'importe quoi1 bec1 queue prenante1 dents1 trompe1 pattes1 et fait l'office de mains4 ,il y a des nids d'oiseau que nulle habilet manuelle ne serait capable de tisser4 ,pas plus que les organes de travail1 les organes reproducteurs ne sont trs bien adapts leur fin4 ,sans doute1 ils l'atteignent1 mais souvent au prix d'efforts qu'une meilleure disposition attnuerait ou ferait entirement disparatre4 ,le mcanisme interne est ou semble merveilleux2 le mcanisme externe est rudimentaire et ne donne un rsultat1 dirait-on1 que grce l'ingniosit toujours renouvele des couples4 ,l'instinct1 dans un de ses actes les plus ncessaires1 est souvent mis une dure preuve4 ,l'aventure plausible de ,daphnis a d se renouveler bien souvent1 encore que la souplesse du corps humain se prte assez bien l'accouplement2 mais qui n'a t surpris de voir un lourd taureau sauter gauchement sur la vache meuglante1 replier le long de son dos ses jarrets inutiles1 haleter1 et ne russir souvent que grce aux bons offices d'un valet de ferme8 ,chez les castors1 dit ,a4 de ,quatrefages#a1 l'orifice externe des organes de la gnration s'ouvre dans un cloaque plac tellement sous la queue qu'on a peine comprendre comment peut se faire l'accouplement4 ,certaines pariades sont de vritables tours de force1 et l'animal1 que ce soit la scutellre1 un tout petit insecte1 ou l'lphant1 un colosse1 est oblig des positions tout fait diffrentes de ses gestes normaux4 ,la nature1 qui veut fermement la perptuit des espces1 n'en a pas encore trouv le moyen unique et simple2 ou bien1 l'ayant trouv1 le bourgeonnement1 elle l'a dlaiss pour adopter la diversit des organes1 des moyens et des gestes4 ,il n'est pas jusqu' ceux de notre espce1 que l'homme1 bien qu'ils lui soient chers1 ne puisse critiquer2 il l'a fait2 sa critique a t de les diversifier encore1 ce qui est une manire de simplifier la besogne fatale1 en la rendant plus amne4 ,cette diversit1 la morale l'a qualifie du nom de luxure4 ,c'est une pjoration qui pourrait s'appliquer aussi l'exercice de nos autres sens4 ,tout n'est que luxure4 ,luxure1 la varit des nourritures1 leur cuisson1 leur assaisonnement1 la culture des espces alimentaires2 luxure1 les exercices de l'il1 la dcoration1 la toilette1 la peinture2 luxure1 la musique2 luxure1 les exercices merveilleux de la main1 si merveilleux que le produit direct de l'activit manuelle peut tre sing par une machine1 jamais gal2 luxure1 les fleurs1 les parfums2 luxure1 les voyages rapides1 le got des paysages2 luxure1 tout art1 toute science1 toute civilisation2 luxure aussi1 la diversit des gestes humains1 car l'animal1 dans sa vertueuse sobrit1 n'a qu'un geste pour chaque sens1 toujours le mme2 et si ce geste change1 ce qui est probable1 mais lent et invisible1 il n'y en a jamais qu'un4 ,l'animal ignore la diversit1 l'accumulation des aptitudes3 l'homme seul est luxurieux4 ,il y a un principe que j'appellerai l'individualisme des espces4 ,chaque espce est un individu qui tire parti1 de son mieux1 pour ses fins utiles1 des organes qui lui sont dvolus4 ,une espce d'hymnoptres se sent-elle oblige1 pour soustraire ses ufs de nouveaux ennemis1 de creuser la terre1 elle se sert des outils qu'elle possde sans se soucier qu'ils aient ou non t disposs pour la fouille2 elle agit ainsi1 presse par la ncessit1 comme1 en temps d'inondation1 l'homme grimpe aux arbres1 comme il court sur les toits en cas d'incendie4 ,le besoin est indpendant de l'organe2 il le prcde et ne le cre pas toujours4 ,dans l'acte sexuel1 le besoin ordonne le geste3 l'animal s'adapte des positions qui lui sont trangres et trs difficiles4 ,l'accouplement est presque toujours une grimace4 ,on dirait que la nature a mis l l'organe mle1 ici l'organe femelle1 et qu'elle a laiss l'ingniosit spcifique le soin d'en faire la jointure4 ,il est permis1 je pense1 de conclure1 de la mdiocre adaptation des animaux au milieu et des organes aux actes1 que ce n'est pas le milieu qui les faonne absolument1 et que ce ne sont pas les organes qui gouvernent absolument les actes4 ,on se sent alors inclin reprendre la dfinition de l'homme donne par ,bonald1 et mme la trouver admirable1 juste1 rigoureuse3 ,une intelligence servie par des organes4 ,non pas obie1 toujours2 servie1 ce qui implique une imperfection1 un dsaccord entre l'ordre et l'accomplissement4 ,mais ce n'est pas seulement l'homme que s'applique cette phrase1 dont l'origine spiritualiste ne diminue nullement la valeur aphoristique2 elle qualifie tout animal4 ,l'animal est un centre nerveux servi par les diffrents outils o viennent aboutir ses rameaux4 ,il commande et les outils obissent1 bons ou mauvais4 ,s'ils taient incapables de faire leur besogne1 au moins dans sa partie essentielle1 l'animal prirait4 ,il y a des formes de parasitisme qui semblent la consquence d'un renoncement gnral des organes2 impuissant entrer en relations directes avec le monde extrieur1 desservi par la mollesse des muscles1 le systme nerveux dirige vers un havre1 o il l'chou1 l'esquif dont il a le gouvernement4 ,m4 ,fabre dit1 en pensant particulirement aux insectes3 ,l'organe ne dtermine pas l'aptitude4 ,voil qui confirme fort heureusement la manire de voir de ,bonald4 ,jete la fin d'un chapitre1 sans presque rien qui la justifie directement1 cette affirmation n'en a que plus de valeur4 ,c'est la conclusion1 non d'une dissertation1 mais d'une longue suite d'observations scientifiques4 ,quant aux faits que l'on pourrait mettre dedans1 et qui sont innombrables1 on les classerait sous deux chefs3 l'animal se sert comme il peut des organes qu'il possde2-il ne s'en sert pas toujours4 ,le cerf-volant1 le mieux arm de tous nos insectes1 est inoffensif2 tel carabe1 d'allure pacifique1 est une redoutable bte de proie4 ,a propos de la pilule o le scarabe enferme son ouf1 de l'habilet avec laquelle elle est malaxe et feutre1 dans l'obscurit d'un trou1 par l'insecte manchot1 ,fabre dit simplement3 ,l'ide me vient d'un lphant qui voudrait faire de la dentelle4 ,mais en quel insecte verrons-nous un parfait accord entre l'uvre et l'organe8 ,est-ce chez l'abeille8 ,il n'y parat gure4 ,l'abeille se sert pour battre et modeler la cire1 embouteiller le miel1 des mmes organes exactement que ses surs1 ammophile1 bembex1 sphex1 fourmi1 chalicodome1 utilisent pour creuser la terre1 fouiller le sable1 tracer des souterrains1 maonner des maisonnettes4 ,la libellule ne fait rien des crochets qui rendent redoutable le termite1 et elle rde1 paresseuse1 cependant que1 comme elle1 nvroptre et rien de plus1 son frre industrieux lve des himalayas4 ,la courtilire est si bien organise pour creuser le sol1 avec ses jambes courtes1 arques1 puissantes1 qu'elle entamerait du grs3 elle ne hante que la terre molle des jardins4 ,l'antophore1 au contraire1 sans autres instruments que ses mdiocres mandibules1 ses pattes velues1 force le ciment qui lie les pierres des murs1 entame la terre durcie des talus1 le long des routes4 ,les insectes1 d'ailleurs1 comme les hommes1 ne demandent qu' ne rien faire et laisser dormir leurs outils2 le xylocope1 ce beau bourdon violet1 qui doit creuser dans le bois1 pour y pondre1 une galerie longue comme deux fois la main1 s'il trouve un trou convenable tout prpar1 s'en empare et se borne aux menus travaux d'amnagement4 ,en somme1 les insectes sont presque rares qui1 comme les mouches porte-scie 7tenthrdes71 se servent d'un instrument prcis pour un travail prcis4 ,la main de l'homme1 revenons-y encore1 lui est utile parce qu'il est intelligent4 ,en soi1 la main n'est rien4 ,a preuve les singes et les rongeurs qui n'en font rien1 qui ne s'en servent que pour grimper aux arbres1 s'pouiller1 plucher des noix4 ,nos cinq doigts1 mais rien n'est plus rpandu dans la nature1 o ce n'est qu'un signe de vtust3 les sauriens les ont1 et n'en sont pas plus malins4 ,c'est sans doigts1 sans mains1 sans membres1 que des larves d'insectes se contruisent de merveilleuses coques mosaques1 se tissent des tentes en bourre de soie1 exercent les mtiers de pltrier1 de mineur1 de charpentier4 ,mais cette main de l'homme1 devenue la plus grande merveille du monde1 voyez combien elle est infrieure son gnie et comment1 pour obir aux ordres toujours plus prcis de son intelligence1 il a d l'allonger1 l'affiner1 la compliquer4 ,est-ce la main qui a cr les machines8 ,l'intelligence de l'homme dpasse immensment ses organes2 elle les submerge2 elle leur demande l'impossibilit et l'absurde3 de l1 les chemins de fer1 le tlgraphe1 le microscope et tout ce qui multiplie la puissance d'organes devenus rudimentaires devant les exigences du cerveau1 notre matre4 ,il a demand aussi aux organes sexuels plus qu'ils ne pouvaient donner3 et c'est pour les satisfaire que furent invents ces gestes qui jettent sur le lit de l'amour tant de fleurs et tant de rves4 ,il est difficile de faire comprendre que l'il voit1 non parce qu'il est un il1 mais parce qu'il se trouve au bout des filets nerveux qui sont sensibles la lumire4 ,au bout des filets qui peroivent le son1 il entendrait4 ,sans doute1 il est adapt sa fonction1 comme l'oreille la sienne1 mais cette fonction est un effet et non une cause4 ,les yeux des insectes sont trs diffrents des ntres4 ,on a parl des expriences d'un savant allemand1 qui prtend faire arriver les images visuelles au cerveau sans l'intermdiaire de l'il4 ,c'est suspect1 mais non absurde3 les insectes sont certainement dous de l'odorat1 mais on n'a jamais pu1 sur aucun d'eux1 en dcouvrir l'organe2 et1 d'autre part1 le rle des antennes1 qui semble considrable dans leur vie1 reste fort obscur1 puisque l'ablation de ces appendices n'a pas toujours une influence mesurable sur leur activit#b4 ,les organes les plus videmment utiles sont quelquefois insrs dans une position qui diminue leur valeur4 ,voyez ce cheval au repos vers lequel1 face face1 un autre cheval se dirige 7les rues de ,paris donnent facilement ce spectacle72 comment va-t-il faire pour valuer le danger1 reconnatre le mouvement8 ,va-t-il regarder8 ,non4 ,ses yeux sont faits pour voir de ct1 non en face4 ,il a recours ses longues oreilles1 les dresse1 amne leur pavillon dans la direction du bruit4 ,rassur1 il les ramne1 reprend son calme4 ,le cheval regarde avec ses oreilles4 ,ses illres1 par quoi on prtend le forcer regarder droit devant lui1 ne servent qu' le rendre quasi aveugle1 ce qui diminue peut-tre son impressionnabilit4 ,les chevaux rellement aveugles rendent d'ailleurs les mmes services que les autres4 ,les sens1 comme on le sait1 se substituent les uns aux autres1 dans une certaine mesure2 mais1 l'tat normal1 ils semblent plutt se renforcer mutuellement1 se prter un certain appui4 ,on ne ferme les yeux1 pour mieux entendre1 que lorsqu'on est bien fix sur la provenance du son4 ,et encore1 est-ce vraiment pour mieux entendre8 ,n'est-ce pas plutt pour rflchir et entendre la fois1 pour oprer une concentration intrieure que la vue1 organe essentiel de l'exploration1 pourrait troubler8 ,c'est dans l'amour que cette alliance de tous les sens s'exerce le plus intimement4 ,chez les animaux suprieurs1 aussi bien que chez l'homme1 ils viennent chacun1 ensemble ou par groupe1 renforcer le sens gnital4 ,aucun ne reste inactif2 l'il1 l'oue1 l'odorat1 le tact1 le got mme entrent en jeu4 ,c'est ainsi que l'on explique l'clat des plumages1 la danse1 le chant1 les odeurs sexuelles4 ,l'il des femelles1 chez les oiseaux1 est plus sensible que celui du mle2 c'est le contraire chez l'homme2 mais les femelles de l'oiseau et de l'homme sont particulirement touches par le chant ou par la parole4 ,les deux sexes du chien ont pareillement recours l'odorat2 la vue ne semble jouer dans leurs accs sexuels qu'un rle insignifiant1 puisque de minuscules btes canines ne craignent pas de s'adresser des monstres qui1 pour un homme1 dpasseraient la taille du mammouth4 ,souvent les insectes1 avant la pariade1 se caressent avec leurs mystrieuses antennes2 mais le mle est parfois dot d'un appareil stridulant3 le grillon et le mle de la cigale tambourinent pour charmer leurs compagnes4 ,il n'est pas ncessaire d'exposer comment chez l'homme1 et surtout chez le mle1 tous les sens concourent l'amour1 moins que les prjugs moraux ou religieux n'arrtent leur lan4 ,il en devait tre ainsi dans un animal aussi sensible1 d'une sensibilit aussi complexe et aussi multiplie4 ,l'abstention d'un seul des cinq sens dans l'accouplement humain suffit en affaiblir singulirement la volupt4 ,la froideur de beaucoup de femmes doit provenir1 moins d'une diminution de leur sens gnital que de la mdiocrit gnrale de leurs sens4 ,l'intelligence n'tant que le fruit mri de la sensibilit gnrale1 il arrive trs souvent qu'elle se trouve dans un certain rapport d'intensit avec la sensibilit sexuelle4 ,froideur absolue pourrait signifier stupidit4 ,il est cependant des exceptions1 et trop nombreuses1 pour que l'on puisse gnraliser cet accord4 ,il arrive en effet que l'intelligence1 au lieu d'tre la somme de la sensibilit1 en est1 pour ainsi dire1 la dviation ou la transmutation4 ,il n'y a plus que trs peu de sensibilit2 elle est presque tout entire devenue intelligence4 ,tout animal organis a un matre1 c'est son systme nerveux2 et il n'y a sans doute de vie vritable que l o il y a un systme nerveux1 que ce soit l'arbre magnifique1 infiniment ramifi1 des mammifres et des oiseaux1 la double corde nouds des mollusques1 la tte de clou qui se plante1 chez les ascidies1 entre l'orifice buccal et l'orifice anal4 ,ds que cette matire nouvelle apparat1 elle rgne despotiquement et l'imprvu fait son apparition dans le monde4 ,on dirait un conqurant1 ou plutt un intrus1 un parasite entr furtivement et qui s'est lev au rle de roi4 ,l'animal supporte mieux que l'homme cette tyrannie4 ,son matre lui demande moins de choses4 ,souvent mme1 il ne lui en demande qu'une seule3 crer un tre son exacte ressemblance4 ,l'animal est sain1 c'est--dire rgl2 l'homme est fou1 c'est--dire drgl3 il a tant d'ordres excuter la fois1 qu'il n'en accomplit presque aucun parfaitement bien4 ,dans les pays civilisation trs complexe1 il ne sait presque plus se reproduire et l'espce priclite4 ,elle disparatrait1 si les moyens de dfense n'y compensaient la strilit4 ,on ne peut pas dire que l'humanit ait atteint ses bornes intellectuelles1 quoique son volution physique semble accomplie2 mais comme les exemplaires humains suprieurs sont presque toujours striles ou capables seulement d'une postrit mdiocre1 il se trouve que1 seule entre les autres valeurs1 l'intelligence ne se transmet pas par la gnration4 ,alors le cercle se ferme et le mme effort aboutit sans cesse au mme recommencement4 ,cependant1 l encore1 des moyens artificiels interviennent1 et la transmission des acquisitions de l'intelligence est relativement assure par toutes sortes d'instruments4 ,ce mcanisme1 bien infrieur celui de la gnration charnelle1 permet du moins1 si les formes les plus exquises de l'intelligence disparaissent mesure qu'elles fleurissent1 d'en conserver partiellement le contenu4 ,les notions se transmettent1 et c'est un rsultat1 quoique la plupart restent vaines1 faute de sensibilits assez puissantes pour se les assimiler et en refaire de la vritable vie4 ,enfin1 si l'homme devait abdiquer1 ce qui semble improbable1 l'animalit est assez riche pour lui susciter un hritier4 ,les candidats l'humanit sont en trs grand nombre1 et ce ne sont pas ceux auxquels penserait le vulgaire4 ,qui sait si nos descendants1 quelque jour1 ne se trouveront pas en face d'un rival1 fort de toute sa jeunesse8 ,la cration n'a pas chm1 depuis que l'homme a surgi2 depuis ce monstre1 la nature a continu son labeur3 le hasard humain peut se reproduire demain4 #aija-aijc4 #a ,dictionnaire d'histoire naturelle de d',orbigny4 #b ,expriences de ,j4 ,h4 ,fabre sur les abeilles maonnes1 l'ammophile hrisse1 le grand paon4 ,,bibliographie ,,des ,,principaux ,,ouvrages ,,consult,s ,annales des sciences naturelles 7zoologie72 ,paris1 #ahbd-aijb4 ,l',apiculture1 ,journal des cultivateurs d'abeilles1 anne #ahfb4 ,o4 ,beccari1 ,les ,cabanes et les ,jardins de l',amblyornis2 ,annales du ,muse d'histoire naturelle de ,gnes1 #ahgf4 ,bienenzeitung 7,gazette des ,abeilles71 janvier #ahej4 ,e4 ,blanchard1 ,mtamorphoses1 murs et instinct des insectes2 #b;e d42 ,paris1 #ahgg1 gr4 in-#h4 ,bonnet1 ,considrations sur les corps organiss2 ,amsterdam1 #aggf1 #b vol4 in-#h4 ,brehm1 ,les ,mammifres2--,les ,oiseaux2--,les ,reptiles et les ,batraciens2--,les ,poissons et les ,crustacs2--,les ,insectes1 les ,myriapodes et les ,arachnides2--,les ,echinodermes1 les ,zoophytes et les ,protozoaires 7ouvrage traduit de l'allemand sous le titre de ,merveilles de la ,nature72 ,paris1 #ahfi-ahhe1 #i vol4 gr4 in-#h4 ,j4 ,chatin1 ,organes de nutrition et de reproduction chez les vertbrs2-,chez les invertbrs2 ,paris1 #aijj1 #b vol4 in-#ab4 ,darwin1 ,la ,descendance de l'homme et la slection sexuelle2 ,paris1 s4 d41 in-#h4 ,de ,paw1 ,recherches philosophiques sur les ,amricains2 ,berlin1 #agfh4 ,d',orbigny1 ,dictionnaire universel d'histoire naturelle2 ,paris1 #ahci-ahdi1 #bd vol4 in-#h4 ,j4-,h4 ,fabre1 ,souvenirs entomologiques4 ,etudes sur l'instinct et les murs des insectes2 ,paris1 s4 d4 7le tome ,,viii est de #aijc71 #h vol4 in-#h4 ,farmer and ,gardener1 anne #ahei4 ,f4-,c4 ,forberg1 ,antonii ,panormitae ,hermaphroditus2 primus in ,germania edidit et ,apophoreta adjecit ,f4 ,c4 ,forbergius2 ,cobourg1 #ahbd1 in-#h4 7,rimprim sous le titre de ,figur veneris47 ,a4 ,forel1 ,les ,fourmis de la ,suisse2 ,zurich1 #ahgd1 in-#h4 ,a4 ,forel1 ,les ,facults psychiques des insectes2 ,revue gnrale des sciences1 #ae fvrier #aijb4 ,gurin1 ,dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle2 ,paris1 #ahcc-ahci1 #i vol4 in-#d4 ,huber1 ,recherches sur les fourmis indignes2 ,genve1 #ahaj1 in-#h4 ,dr ,issaurat1 ,le ,sinus uro-gnital1 son dveloppement1 ses anomalies2 ,paris1 #ahhh1 in-#h4 ,janet1 ,recherches sur l'anatomie de la fourmi2 ,paris1 #aijj1 in-#h4 ,l4 ,laloy1 ,les ,cirripdes1 leur volution sexuelle2 ,revue scientifique1 #ba mars #aijc4 ,f4 ,le ,dantec1 ,la ,sexualit2 ,paris1 s4 d41 in-#h 7,scientia1 n #b74 ,m4 ,maeterlinck1 ,la ,vie des ,abeilles2 ,paris1 #aija1 in-#ab4 7,contient une ,bibliographie de l',abeille47 ,p4 ,mantegazza1 ,l',amour dans l'humanit4 ,essai d'une ethnologie de l'amour2 ,paris1 #ahhf1 in-#ah4 ,p4 ,mantegazza1 ,physiologie de l'amour2 ,paris1 #ahhf1 in-#ah4 ,mariot-,didieux1 ,guide pratique de l'ducateur de lapins2 ,paris1 s4 d41 in-#ab4 ,e4 ,maurel1 ,la masculinit2 ,revue scientifique1 #ba mars #aijc4 ,milton et ,cheaddle1 ,de l',atlantique au ,pacifique2 ,paris1 s4 d41 in-#h4 ,gabriel ,pellion1 ,etude historique sur les organes gnitaux de la femme1 la fcondation et l'embryognie humaines1 depuis les temps les plus reculs jusqu' la ,renaissance2 ,paris1 #ahia1 gr4 in-#h4 ,e4 ,perrier1 ,les ,colonies animales et la formation des organismes2 ,paris1 #ahha1 gr4 in-#h4 ,e4 ,perrier et ,poir1 ,nouveau ,dictionnaire des sciences2 ,paris1 #aijj-aijb1 #b vol4 gr4 in-#h4 ,r4 ,quinton1 ,communications l',acadmie des sciences1 #ac avril #ahif1 #ab avril #ahig4 ,raumur1 ,mmoires pour servir l'histoire des insectes2 ,paris1 #agcd-agdb1 #f vol4 in-#d4 ,rsel1 ,historia naturalis ranarum2 ,nuremberg1 #ageh1 in-#d4 ,wallace1 ,la ,slection naturelle1 trad4 ,l4 de ,gandolle2 ,paris1 #ahgb1 in-#ab4 ,,index ,,esp,,ces ,,animales ,,et ,,autres ,,divisions ,,zoologiques ,a la suite du nom de certains animaux peu connus ou prtant quivoque1 un mot abrg indique la classe1 ,tordre1 le genre1 etc41 etc41 selon les cas1 o on1 le rattache4 ,cette prcaution n'est prise que dans un but de clart et pour viter des recherches4 ,ainsi3 ,xnos 7ac47 signifie que ce petit parasite des hymnoptres est un acarien4 ,ce dernier mot sera expliqu par le premier dictionnaire technique3 xnos est plus difficile trouver4 ,voici la liste de ces abrviations3 ,ac4 ,acariens4 ,ar4 ,araignes4 ,carn4 ,carnivores4 ,ceph4 ,cphalopodes4 ,ch4 ,chloniens4 ,col4 ,coloptres4 ,cr4 is4 ,crustacs isopodes4 ,cr4 par4 ,cr4 parasites4 ,dipt4 ,diptres4 ,ech4 ,echinodermes4 ,hem4 ,hmiptres4 ,hym4 ,hymnoptres4 ,lep4 ,lpidoptres4 ,mam4 ,mammifres4 ,nevr4 ,nvroptres4 ,ois4 ,oiseaux4 ,onq4 ,onguls4 ,orth4 ,orthoptres4 ,poiss4 ,poissons4 ,pol4 ,polypes4 ,ps4 nevr4 ,pseudonvroptres4 ,rong4 ,rongeurs4 ,tun4 ,tuniciers4 ,vers ,vers4 ,abeilles1 #i1 #ad1 #ba1 #bi1 #cb1 #db1 #dd1 #ff1 #gf1 #hc1 #abc1 #ahd1 #bjh #bah1 #bbc1 #bbh1 #bce1 #bdc1 #bdi1 #bee1 #bef1 #bfj4 ,abeilles maonnes1 #ai1 #gf1 #bef1 #bgb4 --,voyez ,chalicodome4 ,abeilles solitaires1 #ai4 ,aeshnes 7,nevr474--,voyez ,libellules4 ,agouti 7,rong471 #hg4 ,agrions 7,nevr474--,voyez ,libellules4 ,alouette1 #bea4 ,amblyornis 7,ois471 #agd #agf4 ,ammophile hrisse 7,hym71 #bfj1 #bfi1 #bgb4 ,amphioxus 7,poiss471 #aci4 ,analote des ,alpes 7,ortii471 #afj1 #afa4 ,anatife1 #aah4--,voyez ,cirripdes4 ,anatifre1 #aai4--,voyez ,cirripdes4 ,ane1 #ahd1 #bcd4 ,anergates1 #bbd4--,voyez ,fourmis4 ,anesse1 #bce4--,voyez ,ane4 ,annlides 7,vers71 #bf4 ,anoures4--,voyez ,batraciens4 ,antilope1 #bjb1 #bjc1 #bjf1 #bbe4 ,antophore 7,hym471 #ai1 #bj1 #bgj4 ,aphis4--,voyez ,pucerons4 ,arachnides tardigrades1 #bi4 ,aranides4--,voyez ,araignes4 ,araigne d'eau4--,voyez ,argyronite4 ,araignes1 #aa1 #dh1 #id1 #ig1 #ade #aeb1 #aef1 #aeg1 #afj1 #aii4 ,araignes sauteuses1 #aea4 ,argonautes 7,cpii471 #acd1 #ace4 ,argul 7,cr4 par471 #bcb4 ,argyronte 7,ar471 #di1 #aej1 #aea4 ,arthropodes1 #bi1 #eb1 #hc1 #ic1 #id1 #ie1 #aaf #abe4 ,artizoaires1 #bf4 ,ascidies 7f un471 #aci1 #add1 #bge4 ,aselle 7,cn4 is471 #aah4 ,astries 7,ech471 #bc1 #acd4 ,autruche1 #ib4 ,baleine1 #hh1 #aac4 ,bardeau1 #bcd4 ,barnacles1 #aai4--,voyez ,cirripdes4 ,batraciens1 #fa1 #gj1 #ib1 #id1 #aaf1 #abf1 #abh #aca1 #aib4 ,blier1 #ajb1 #ahd4 ,bembex 7,hym471 #ai1 #db1 #bfi4 ,biche1 #eg1 #ahd1 #bfb4--,voyez ,cerf4 ,biche 7,poiss471 #aae4 ,bilhargie 7,vers71 #ci4 ,bimanes4--,voyez ,homme4 ,bison1 #bjb4 ,blaireau1 #hh4 ,blennie 7,poiss471 #aca4 ,buf1 #eh4 ,bombyx1 #cb1 #dj1 #agi1 #ahj4 ,bombyx du chne1 #ahb4--,voyez ,grand-,paon4 ,bombyx du mrier1 #dj4 ,bonellie 7,vers71 #cf1 #cg4 ,bopyre 7,cr4 is471 #aah4 ,bouc1 #ahd1 #bjb4 ,bourdons1 #cd1 #db1 #bjh1 #bbj1 #bbc1 #bbd4 ,bousiers 7,col471 #aia4 ,brebis1 #ahd4 ,bupreste1 #aij4 ,busard 7,ois471 #eb4 ,cacan 7,hem474--,voyez ,cigale de l'orne4 ,calmar 7,ceph471 #ach4 ,canard1 #ib1 #ic1 #bjb1 #bca1 #beh4 ,cane1 #bca4--,voyez ,canard4 ,canepetire 7,ois471 #ec4 ,cantharide 7,col471 #aa1 #afi1 #agj1 #bcb4 ,carabes 7,col471 #bdd1 #bdf1 #bfi4 ,carnassiers4--,voyez ,carnivores4 ,carnivores1 #ff1 #he1 #hg1 #hi1 #ia1 #aid1 #bde4 ,casoar1 #ib4 ,castor1 #hh1 #baf1 #bbc1 #bbg1 #bbi1 #bfa1 #bfd1 #bfe4 ,cphalopodes1 #id1 #acf #ach1 #aeh4 ,cercris 7,hym471 #aij1 #bfj4 ,cerfs1 #eg1 #agb1 #ahc1 #ahd1 #bjb1 #bcb4 ,cerf-volant 7,col474--,voy4 ,lucane4 ,crocome 7,col471 #agj1 #aga4 ,ctacs1 #hh1 #ij4 ,chalicodome 7,hym471 #ci1 #db1 #dc1 #dd1 #bbh1 #bee1 #bfi4 ,chameau1 #hf1 #hg4 ,charanons1 #aij1 #bei4 ,chat1 #ef1 #eh1 #hg1 #hi1 #ia1 #ajc #aje1 #ajh1 #aaa1 #abd1 #ahd1 #aie4 ,chauves-souris1 #aj1 #he1 #ij1 #ia1 #ahd1 #ahi4 ,cheimatobia 7,lep471 #da4 ,chiroptres1 #bf1 #hf4--,voyez ,chauve-,souris4 ,chloniens1 #ia1 #ib1 #id4--,voyez ,tortues4 ,chenilles processionnaires1#bee4 ,cheval1 #ad1 #eh1 #fc1 #afg1 #ahd1 #bce1 #bgb1 #bgc4 ,chvre1 #ahd1 #bjd4 ,chevrette1 #ahd1 #bjb4--,voyez ,chevreuil4 ,chevreuil1 #bjb4 ,chien1 #ad1 #eh1 #fc1 #hg1 #hi1 #ij1 #ajb #ajd1 #aaa1 #abd1 #afh1 #ahb1 #ahd1 #ahe1 #ahf1 #aie1 #bjd1 #bcb1 #bgd4 ,chimpanz1 #hg1 #aja4 ,cigale 7,hem471 #dg1 #afj1 #agh1 #aia1 #bfa1 #bgd4 ,cigale de l'orne 7,hem471 #dg4 ,cimbex jaune 7,hym471 #de4 ,cirripdes 7,crust471 #cg1 #ch1 #aai4 ,cobra1 #eg4 ,coccids 7,hem471 #ea4 ,cochenille 7,hem471 #ea4 ,clentrs 7,pol471 #bd4 ,coloptres1 #dj1 #di1 #aba1 #ahd1 #aia1 #bdd4 ,colombe1 #ahh4 ,combattant 7,ois471 #ed4 ,copris 7,col471 #fe1 #aia4 ,coq1 #ef1 #agb1 #bja4 ,coqs de bruyre4--,voyez ,ttras4 ,coq de roche1 #agb4 ,corvids1 #agg4 ,couguar 7,carn471 #ef4 ,couleuvre1 #aa4 ,coureurs 7,ois471 #id4 ,courtilire 7,okth471 #bfi1 #bgj4 ,cousin 7,dipt471 #aii4 ,crabes1 #aag4 ,crapaud1 #aib4 ,crapaud accoucheur1 #abi4 ,crapaud aquatique1 #abi4 ,crapaud pipa1 #acj1 #aca4 ,crapaud terrestre1 #abi4 ,crevette4--,voyez ,palmon ,crevette des ruisseaux1 #aah4 ,crocodiles1 #ia1 #ib1 #id1 #aad4 ,crustacs1 #id1 #aaf #aai4 ,ctnize 7,ar471 #bjj4 ,cul-brun 7,lep471 #da4 ,cul-dor 7,lep471 #da4 ,cygne1 #ib4 ,cynips terminal 7,hym471 #de4 ,cyprins1 #aci4 ,daman 7,ong471 #hi4 ,dauphin1 #hg4 ,dectiques 7,orth471 #aeg4 ,dectique front blanc1 #aeh1 #aei4 ,demoiselle4--,voyez ,libellule4 ,dindon1 #ee4 ,douves 7,vers71 #ci4 ,dromadaire1 #hg4 ,echinodermes1 #id1 #acd1 #adj4 crevisse1 #aag4 cureuil1 #aja4 dents1 #hh4 lphant1 #hf1 #hg1 #ij1 #aab1 #bcg1 #bfe4 ,empuse 7,orth471 #afe4 ,epeire 7,ar471 #dh1 #adh1 #adi4 phmre 7,ps4 ,nevr471 #ai4 phippigre 7,orth471 #afa4 pinoche1 #bjj1 #bja4 ponge1 #bf1 #bg4 ,escargot1 #adb1 #bja4 talon1 #eh1 #bjb1 #bce4--,voyez ,cheval4 toile de mer1 #bh1 #ca1 #cb4--,voyez ,astries4 ,faisan1 #ed1 #bjb4 ,faisan argent1 #ec4 ,faisan dor1 #ed4 ,faucheur 7,ar471 #aeb4 ,faucon1 #eb4 ,fauvette1 #ec4 ,faux-,bourdons4--,voyez ,abeilles4 ,flids4--,voyez ,flins4 ,flins1 #ef1 #hg4 ,femme1 #aa1 #ah1 #cc1 #ce1 #db1 #fj #ga1 #gg1 #gh1 #hj1 #ha1 #hb1 #hh1 #hi1ajd #ajg1aaj1 #acb1 #ach1 #bjd1 #bje1 #bcc1 #bci1 #bdj1 #bea1 #bed1 #bgd4 --,voyez ,homme4 ,forficule 7,orth471 #abj4 ,fourmis1 #ca1 #db1 #de1 #hc1 #aai1 #abj1 #bji1 #bbj1 #bba1 #bbb1 #bbc1 #bbd1 #bbe1 #bbg1 #bce1 #bde1 #bfi4 ,fourmis blanches 7,nevr474--,voyez ,termites4 ,frelon 7,hym471 #dc1 #bjh1 #bai4 ,gallinacs1 #agb1 #aib1 #aic1 #bja1 #bjf1 #bbe4 ,gallinsectes 7,hem471 #ea4 ,gastropodes1 #ei1 #aad1 #aci1 #adc4 ,gotrupe 7,col471 #fe1 #aia1 #bde4 ,gerboise 7,rong471 #hg4 ,gibbon1 #aih4 ,girafe1 #aj4 ,glouton 7,mam471 #ahd4 ,gorille1 #fj1 #fa4 ,grand-,paon 7,lep471 #ai1 #ba1 #ahj1 #bgb4 ,grenouilles1 #cb1 #abi4 ,grillon 7,orth471 #aa1 #dg1 #agg1 #agh1 #aij1 #bdd1 #bei1 #bgd4 ,gupe dore1 #dd4 ,gupes1 #dj1 #db1 #aij1 #bjh1 #bai1 #bbj4 ,hamster 7,rong471 #aid4 ,hanneton1 #aba1 #afj4 ,hareng1 #abc1 #aci4 ,hase1 #aie1 #aig4--,voyez ,livre4 ,hlice 7,gast471 #adb1 #bdg4 ,hmiptres1 #ahd4 ,herbivores1 #ff1 #bjb1 #bbe1 #bdd4 ,hrisson1 #aad4 ,hermine1 #ahd4 ,hippocampe 7,poiss471 #acb4 ,hirudines4--,voyez ,sangsues4 ,homard1 #aag4 ,homme1 #g1 #h1 #aj1 #ab1 #ac1 #ad1 #ag1 #ah1 #bf1 #cc1 #cd1 #db1 #dh1 #fj #gb1 #ge1 #gh1 #hj1 #ha1 #hb1 #hc1 #hd1 #he1 #hh1 #hi1 #ij1 #ic1 #ih1 #ii1 #ajj1 #aja1 #ajb1 #aje1 #aaj1 #aba1 #abb1 #abd1 #ace1 #acf1 #adc1 #afg1 #agg1 #ahb1 #ahh1 #aih1 #aii1 #bja1 #bjd1 #bje1 #bjf1 #baf1 #bag1 #bah1 #bbc1 #bcc1 #bce1 #bcf1 #bch1 #bci1 #bda1 #bdc1 #bde1 #bdf1 #bdh1 #bdi1 #beb1 #bec1 #bed1 #beg1 #bfa1 #bfd1 #bff1 #bfg1 #bfh1 #bgj1 #bga1 #bgc #bgg4 ,hutre1 #bh1 #aci1 #adj4 ,humaines 7,espces ou varits74-,voyez ,homme4 ,humanit4--,voy4 ,homme4 ,hurleurs 7,singes71 #fa4 ,hydraire1 #cg4 ,hydre d'eau douce 7,pol471 #bg4 ,hyne1 #hg1 #hi4 ,hymnoptres1 #db1 #dd1 #de1 #ei1 #fe1 #abd1 #agh1 #bjh #bbe1 #bei1 #bfj1 #bfa1 #bfc1 #bfg1 #bgj4 ,ichneumon 7,hym471 #aca4 ,infusoires1 #bd4 ,insectes1 #i1 #aj1 #ac1 #af1 #ah1 #bj1 #bi1 #ch1 #ci1 #db1 #dg1 #ea1 #eg1 #eh1 #fe1 #ff1 #ic1 #aja1 #ajb1 #aab1 #aaf1 #aai1 #acd1 #adj1 #add1 #adf1 #aea1 #aed1 #aeg1 #afe1 #afi1 #ahc1 #ahd1 #ahg1 #ahi1 #aij1 #aia1 #bag1 #bbd1 #bbh1 #bce1 #bci1 #bed1 #bee1 #beh1 #bei1 #bfh1 #bfi1 #bgj1 #bga1 #bgb1 #bgd4 ,insectivores1 #hh4 ,invertbrs1 #ce1 #cf1 #hi1 #abc1 #bag4 ,jardinier 7,ois474--,voyez ,amblyornis4 ,jars1 #bjb4--,voyez ,oie4 ,jouvencelle4--,voyez ,libellule4 ,jumart1 #bce4 ,jument1 #eh1 #ahd1 #bcd4--,voyez ,cheval4 ,kangourou1 #eg1 #ia1 #aja4 ,lamentin 7,mam4 nageurs71 #hg4 ,lamproie1 #ib4 ,lampyres 7,col471 #ej4 ,langouste1 #aag4 ,lapin1 #aga1 #agb1 #ahd1 #aid #aig1 #bcd1 #bch4 ,lapin angora1 #aig4 ,lpidoptres4--,voyez ,papillons4 ,lporides1 #bcd4 ,lzards1 #ia1 #aib4--,voyez ,sauriens4 ,libellules1 #id1 #ig1 #aba1 #ade1 #aeb #aed1 #bbf1 #bfi4 ,livre1 #ia1 #agb1 #bcd4 ,limaces1 #bdd4 ,languatules 7,ac71 #aai4 ,lion1 #ef4 ,lion marin1 #aac4 ,liparis 7,lep471 #da4 ,locustiens 7,orth471 #aef #afb4 ,lophobranches 7,poiss471 #aca1 #acb4 ,lophyre du pin 7,hym471 #dc4 ,loriot1 #ec4 ,loup1 #hg1 #ahc1 #ahd1 #aig4 ,loutre1 #hh #ahd ,louve1 #ahb4--,voyez ,loup4 ,louvette 7,ac71 #aba4 ,lucane 7,col471 #di1 #bfi4 ,lycose 7,ar471 #ci4 ,lyrure 7,ois471 #bjb4 ,mammifres1 #i1 #aj1 #ac1 #af1 #bf1 #cd1 #ch1 #db1 #eb1 #ef1 #eh1 #fa1 #fd1 #gb1 #hj #ie1 #aja1 #ajb1 #aad1 #aaf1 #aca1 #afa1 #afg1 #ahb1 #ahc1 #ahe1 #ahh1 #aid1 #aih1 #bje1 #bbc1 #bbi1 #bdj1 #bed1 #beh1 #bge4 ,mangouste 7,carn471 #aig4 ,mantes 7,orth471 #bb1 #ci1 #dc1 #eg1 #adg1 #adi1 #aef1 #aeg1 #aeh1 #afc1 #afd1 #bdc1 #bfa4 ,mante religieuse 7,orth471 #bb1 #ig1 #afc1 #afe1 #bdc4 ,mante dcolore 7,orth471 #afe4 ,maringouins 7,dipt471 #df4 ,marmotte1 #aja4 ,marsupiaux1 #hc1 #ia1 #ic1 #id1 #abf4 ,martre1 #hg1 #agb4 ,mnure 7,ois471 #ee4 ,merle1 #ch4 ,mtazoaires1 #bd1 #bf1 #bg1 #bh1 #cc1 #id4 ,minime bande 7,lep47--,voy4 ,bombyx du chne4 ,moine 7,lep471 #da4 ,moineau1 #aa1 #abg1 #afi4 ,mollusques1 #bi1 #hc1 #ic1 #id1 #aaf1 #aci1 #bge4 ,monotrmes1 #id1 #abf1 #acf4 ,morue1 #abc4 ,morse1 #aac4 ,mouches1 #abb1 #aea1 #ahd1 #bcj1 #bci4 ,mouches porte-scie1 #bgj4--,voyez ,tenihrdes4 ,moustiques 7,dipt471 #df4 ,mouton1 #aii1 #bdf4 ,mulet1 #bcd4 ,mulot1 #aia4 ,mutille 7,hym471 #de4 ,myxine 7,poiss471 #aci4 ,nandou 7,ois471 #ib4 ,ncrophores 7,col471 #aia1 #bdc4 ,nvroptres1 #dj1 #df1 #baf1 #bbe1 #bbg4 ,noctuelle 7,lep471 #ahj1 #bfj4 stre1 #bci4 ,oie1 #ib4 ,oiseau du paradis1 #ee1 #agg4 ,oiseaux1 #aj1 #ac1 #ad1 #cf1 #ch1 #dg1 #eb1 #ec1 #ef1 #fa1 #gj1 #gi1 #hc1 #he1 #ib1 #ic1 #id1 #ie1 #abd1 #abg1 #abh1 #afh1 #agb #agg1 #ahc1 #ahd1 #aia1 #aib1 #aic1 #bja1 #baf1 #bbd1 #bea1 #bed1 #beh1 #bfa1 #bfd1 #bgc1 #bgd1 #bge4 ,onitis 7,col471 #aia4 ,ophidiens1 #eg1 #ia1 #aae4 ,orang1 #fj1 #fa1 #hg1 #aja1 #aih4 ,orgye 7,lep471 #da4 ,ornithorynque1 #id4 ,orthoptres1 #id1 #ig1 #agh4 ,osmies 7,hym471 #bj1 #ba1 #db1 #fe1 #aij1 #bbh1 #bef #beh4 ,ouistiti1 #hi1 #ij4 ,ours1 #hi1 #aja4 ,ours brun1 #eg4 ,oursins1 #ca1 #gg1 #aag1 #acd4 ,outarde1 #ec1 #ee1 #ib4 ,pachyderme1 #he1 #hh4 ,palmon 7,crust471 #aah4 ,palingenia 7,lep471 #ba4 ,palmipde1 #id1 #aic1 #bja4 ,panthre1 #ef4 ,paon #ee ,papillons1 #ai1 #dj1 #da1 #aba1 #agh #ahb1 #bbe4 ,paradisiers 7,ois471 #ef1 #agd #agg4 ,plope 7,hym471 #bee4 ,perce-oreille4--,voyez ,forficule4 ,perdrix rouge1 #aic4 ,petit-,paon 7,lep471 #aha4 ,phalarope 7,ois471 #eb4 ,phalne 7,lep471 #ahj4 ,philanthe 7,hym471 #dd1 #aij1 #bdc4 ,phoque1 #hh1 #hi1 #aac1 #aad4 ,phoque casqu1 #eg4 ,pie1 #agd1 #agg1 #bea4 ,piride1 #agi4 ,pieuvre1 #ach4 ,pigeon1 #aic1 #bja4 ,placentaires1 #bf1 #ij1 #ia1 #ahd ,poissons1 #cd1 #eb1 #hc1 #ib1 #ic1 #id1 #ie1 #aae1 #abc1 #abd #aci1 #adj1 #ahc1 #aib4 ,polypes1 #bc1 #bd4 ,porc1 #fa1 #ij1 #ahd4 ,poule1 #ef1 #beh4--,voyez ,coq4 ,poulet de prairie4--,voyez ,ttras4 ,primates1 #bf1 #db1 #fj1 #he1 #hg1 #ij1 #bjd1 #bcb4 ,processionnaires 7,chenilles7 #bee #bef4 ,protozoaires1 #af1 #bc #bi1 #id4 ,psych 7,lep471 #dj4 ,ptilinorhynches 7,ois471 #agd4 ,puce 7,dipt471 #abj4 ,pucerons 7,hem471 #cj1 #ca1 #cb1 #cd1 #bae1 #bba1 #bbb1 #bde ,putois1 #fa1 #agb4 ,quadrumanes4--,voyez ,singes4 ,quadrupdes1 #hf4 ,raie1 #ib1 #aae4 ,rainette 7,batr471 #dg4 ,rapaces 7,ois471 #eb4 ,rat1 #hf1 #ia1 #agb4 ,renard1 #ahc1 #ahd1aid1 #aie4 ,renne1 #eg4 ,reptiles1 #eb1 #hc1 #ia1 #abf4 ,requin1 #aae4 ,rhinocros1 #hg4 ,rongeurs1 #aj1 #bf1 #hg #hi1 #abf1 #aid1 #bgj4 ,rossignol1 #aic4 ,rotifres1 #bf1 #bi1 #cj1 #id4 ,roussette 7,poiss471 #aae4 ,ruminants1 #he1 #hg #ij4 ,salamandre1 #abh4 ,sanglier1 #hg1 #agb4 ,sangsues1 #adc4 ,sargue 7,poiss471 #aci4 ,sarigue1 #ia4 ,saumons1 #acc1 #acd1 #ahc4 ,sauriens1 #eb1 #ia1 #id1 #aib1 #bgj4--,voyez ,lzards4 ,sauterelles1 #dg1 #afe1 #bfa4--,voyez ,locustiens4 ,sauterelle verte1 #adi1 #aei4 ,scarabes1 #ci1 #fe1 #bde1 #bfa1 #bfb1 #bfc1 #bfi4 ,scarabe nasicorne1 #di4 ,scarabe sacr1 #aia1 #bfb4 ,scolies 7,hym471 #ai1 #db4 ,scombre 7,poiss471 #abc1 #aci4 ,scorpions1 #id1 #aaf1 #aag4 ,scutellre 7,hem471 #abj1 #bfe4 ,seiches 7,ceph471 #ach4 ,slaciens 7,poiss471 #ib1 #id1 #abf1 #aca4 ,sran 7,poiss471 #aci4 ,serpentaire 7,ois471 #eb4 ,serpents1 #ahb4--,voyez ,ophidiens4 ,serval 7,garn471 #ef4 ,sifilet 7,ois471 #ef4 ,simulies 7,dipt471 #df4 ,singes1 #aj1 #fa1 #gb1 #he #ij1 #ii1 #aja1 #ajb1 #abd1 #aih1 #bjd1 #bed1 #bgj4 ,sirniens 7,mam4 nageurs71 #ij4 ,sisyphe 7,col471 #fe1 #aia4 ,sitaris 7,col471 #bj1 #ba4 ,solipdes1 #he1 #hg1 #ij4 ,sparaillon 7,poiss471 #aci4 ,sphex 7,hym471 #ai1 #db1 #aij1 #bdd1 #bdf1 #bei1 #bfi4 ,sphinx1 #ahj4 ,squales 7,poiss471 #ib1 #aae4 ,staphylins 7,col471 #bbb1 #bde4 ,syngames 7,vers71 #cf4 ,tachyte 7,hym471 #db1 #dc4 ,talgalle 7,ois471 #aid4 ,talitre 7,crust471 #aah4 ,taons 7,dipt471 #df4 ,tapir1 #ef4 ,tarentule 7,ar471 #aea4 ,taupe1 #aa1 #eg1 #hi1 #ajg1 #ajh4 ,taureau1 #eg1 #ajb1 #aad1 #afg1 #ahd1 #bjb1 #bce1 #bfe4 ,tlostens 7,poiss471 #ib4 ,tenthrdes 7,hym471 #bgj4 ,termites 7,nevr471 #df1 #hc1 #baf1 #bba1 #bbc #bbg1 #bce1 #bfi4 ,ttards 7,batr471 #gd4 ,ttras 7,ois471 #agc1 #agd4 ,ttras lyrure4--,voyez ,lyrure4 ,tigre1 #ef1 #bdf4 ,tortues1 #ia1 #aad1 #agb4--,voyez ,chloniens4 ,trionix 7,chel471 #ia4 ,truite de mer1 #acd4 ,tuniciers1 #id4 ,vache1 #eg1 #ahd1 #bca1 #bfe4--,voyez ,taureau4 ,vautour1 #afh4 ,vautour cendr1 #eb4 ,ver deux ttes4--,voyez ,syngame4 ,ver soie1 #ai4--,voyez ,bombyx du mrier4 ,ver gris4--,voyez ,noctuelle4 ,vers1 #bc1 #id4 ,vertbrs1 #eb1 #fj1 #hc1 #ij1 #if #aae1 #acd1 #aci1 #aib4 ,vierge4--,voy4 ,libellule4 ,xnos 7,ac71 #dj1 #bia ,xylocope 7,hym471 #bbh1 #bef1 #bgj4 ,zibeline1 #agb1 #ahc4 ,zig-zag 7,lep474--,voyez ,liparis4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,chapitre ,,premier ,,mati,,re ,d',,une ,,id,e ,la psychologie gnrale de l'amour4--,l'amour selon les lois naturelles4--,la slection sexuelle4--,place de l'homme dans la nature4--,identit de la psychologie humaine et de la psychologie animale4--,caractre animal de l'amour4 ,,chapitre ,,ii ,,but ,,de ,,la ,,vie ,importance de l'acte sexuel4--,son caractre inluctable4--,animaux qui ne vivent que pour se reproduire4--,lutte pour l'amour et lutte pour la mort4--,femelles fcondes la minute mme de leur naissance4--,le maintien de la vie4 ,,chapitre ,,iii ,,chelle ,,des ,,sexes ,la reproduction asexue4--,formation de la colonie animale4 --,limites de la reproduction asexue4--,la conjugaison4--,naissance des sexes4--,hermaphrodisme et parthnogense4--,la fcondation chimique4--,universalit de la parthnogense4 ,,chapitre ,,iv ,,le ,,dimorphisme ,,sexuel #a4 ,invertbrs4--,formation du mle4--,primitivit de la femelle4--,mles minuscules3 la bonellie4--,rgression du mle en organe mle3 les cirripdes4--,gnralit du dimorphisme sexuel4--,supriorit de la femelle chez la plupart des insectes4--,exceptions4--,le dimorphisme numrique4--,la femelle chez les hymnoptres4--,multiplicit de ses activits4--,rle purement sexuel du mle4--,dimorphisme des fourmis1 des termites4--,cigales et grillons4--,les araignes4--,les coloptres4--,le ver luisant4--tranget du dimorphisme chez la cochenille4 ,,chapitre ,v ,,le ,,dimorphisme ,,sexuel ,,ii4 ,vertbrs4--,insensible chez les poissons1 les sauriens1 les reptiles4--,le monde des oiseaux4--,dimorphisme favorable aux mles3 le loriot1 les faisans1 le combattant4--,paons et dindons4--,les paradisiers4--,le dimorphisme modr des mammifres4--,effets de la castration sur le dimorphisme4 ,,chapitre ,,vi ,,le ,,dimorphisme ,,sexuel ,,iii4 ,vertbrs 7suite74--,l'homme et la femme4--,caractres et limites du dimorphisme humain4--,effets de la civilisation4--,le dimorphisme psychologique4--,le monde des insectes et le monde humain4--,le dimorphisme modr1 fondement du couple4--,solidit du couple humain4--,le dimorphisme et la polygamie4--,le couple favorise la femelle4--,l'esthtique sexuelle4--,causes de la supriorit de la beaut fminine4 ,,chapitre ,,vii ,,le ,,dimorphisme ,,sexuel ,,et ,,le ,f,,minisme ,infriorit et supriorit de la femelle selon les espces animales4--,influence de l'alimentation sur la production des sexes4--,la femelle aurait suffi4--,fminisme absolu et fminisme modr4--,chimres3 limination du mle et parthnogense humaine4 ,,chapitre ,,viii ,,les ,,organes ,,de ,l',,amour ,le dimorphisme et le paralllisme sexuels4--,les organes sexuels de l'homme et de la femme4--,constance du paralllisme sexuel dans la srie animale4--,les organes sexuels externes des mammifres placentaires4--,forme et position du pnis4--,l'os pnial4--,le clitoris4--,le vagin4--,les mamelles4--,la verge bifide des marsupiaux4 --,organes sexuels des reptiles4--,les poissons et les oiseaux organe pnial4--,organes gnitaux des arthropodes4--,essai de classification animale d'aprs la forme1 la disposition1 la prsence1 l'absence des organes extrieurs de la reproduction4 ,,chapitre ,,ix ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,i4 ,la ,copulation3 ,vertbrs4--,ses varits trs nombreuses et sa fixil spcifique4--,immoralit apparente de la nature4--,l'ethnographie sexuelle4--,mcanisme humain4--,le cavalage4--,forme et dure de l'accouplement chez divers mammifres4--,aberrations sexuelles chirurgicales3 l'ampallang4--,la douleur1 comme frein sexuel4--,l'hymen4 --,la taupe4--,passivit de la femelle4--,l'ovule1 figure psychologique de la femelle4--,manie d'attribuer aux animaux des vertus humaines4--,la pudeur des lphants4--,mcanisme de l'accouplement chez les baleines1 les phoques1 les tortues4--,chez certains ophidiens et certain3 poissons4 ,,chapitre ,x ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,,il ,la ,copulation 7suite72 ,arthropodes4--,les scorpions4--,les gros crustacs aquatiques4--,les petits crustacs4--,l'hydrachne4--,le scutellre4--,le hanneton4--,les papillons4--,les mouches1 etc4--,sur la variation des murs sexuelles animales4 ,,chapitre ,,xi ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,,iii4 ,des oiseaux aux poissons4--,mles sans pnis4--,accouplement par simple contact4--,salacit des oiseaux4--,copulation des batraciens3 crapaud accoucheur1 crapaud aquatique1 crapaud terrestre1 crapaud pipa4--,parasitisme ftal4--,chastet des poissons4--,les sexes spars dans l'amour4--,fcondation onanistique4--,les cphalopodes3 le spermatophore4 ,,chapitre ,,xii ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,,iv4 ,l'hermaphrodisme4--,vie sexuelle des hutres4--,les gastropodes4 --,l'ide de reproduction et l'ide de volupt4--,mcanisme de la fcondation rciproque3 les hlices4--,murs spintriennes4--,rflexions sur l'hermaphrodisme4 ,,chapitre ,,xiii ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,v4 ,fcondation artificielle4--,disjonction de l'appareil scrteur et de l'appareil copulateur4--,les araignes4--,dcouverte de leur mthode copulatrice4--,brutalit de la femelle4--,murs de l'peire4--,l'argyronte4--,la tarentule4--,exceptions3 les faucheurs4--,les libellules4--,les demoiselles1 les vierges et les jouvencelles4--,tableau de leurs amours4 ,,chapitre ,,xiv ,,le ,m,,canisme ,,de ,l',,amour ,,vi4 ,le ,cannibalisme sexuel4--,les femelles qui mangent le mle et celles qui mangent le spermatophore4--,utilit probable de ces pratiques4--,la fcondation par le mle total4--,amours du dectique front blanc4--,la sauterelle verte4--,l'analote des ,alpes4--,l'phippigre4--,autres rflexions sur le cannibalisme sexuel4--,amours de la mante religieuse4 ,,chapitre ,,xv ,,la ,,parade ,,sexuelle ,universalit de la caresse1 des prludes amoureux4--,leur rle dans la fcondation4--,jeux sexuels des oiseaux4--,comment se caressent les cantharides4--,combats des mles4--,combats simuls chez les oiseaux4--,la danse des ttras4--,l'oiseau jardinier4--,sa maison de campagne4--,son got pour les fleurs4--,rflexions sur l'origine de l'art4--,combats des grillons4--,parade des papillons4--,le sens de l'orientation sexuelle4--,le grand-paon4--,soumission des animaux aux ordres de la nature4 ,transmutation des valeurs physiques4--,calendrier du rut4 ,,chapitre ,,xvi ,,la ,,polygamie ,raret de la monogamie4--,got du changement chez les animaux4--,rle de la monogamie et de la polygamie dans la stabilit ou l'instabilit des types spcifiques4--,lutte du couple et de la polygamie4--,les couples parmi les insectes4--,parmi les poissons1 les batraciens1 les sauriens4--,monogamie des pigeons1 des rossignols4--,monogamie des carnassiers1 des rongeurs4--,murs du lapin4--,la mangouste4--,causes inconnues de la polygamie4--,raret et surabondance des mles4--,la polygamie chez les insectes4--,chez les poissons4--,chez les gallinacs et les palmipdes4--,chez les herbivores4--,le harem de l'antilope4--,la polygamie humaine4--,comment elle tempre le couple chez les civiliss4 ,,chapitre ,,xvii ,l',,amour ,,chez ,,les ,,animaux ,,sociaux ,organisation de la reproduction chez les hymnoptres4--,les abeilles4--,noces de la reine4--,la mre abeille1 cause et conscience de la ruche4--,royaut sexuelle4--,les limites de l'intelligence chez les abeilles4--,logique naturelle et logique humaine4--,les gupes4--,les bourdons4--,les fourmis4--,notes sur leurs murs4--tat trs avanc de leur civilisation4--,l'esclavage et le parasitisme chez les fourmis4--,les termites4--,les neuf principales formes actives des termites4--,anciennet de leur civilisation4--,les castors4--,tendance des animaux industrieux l'inactivit4 ,,chapitre ,,xviii ,,la ,,question ,,des ,,aberrations ,deux sortes d'aberrations sexuelles4--,les aberrations sexuelles des animaux4--,celles des hommes4--,le croisement des espces4--,la chastel4--,la pudeur--,varit et localisations de la pudeur sexuelle4--,cration artificielle de la pudeur4--,sorte de pudeur naturelle toutes les femelles4--,la cruaut4--,tableau de carnage4--,le grillon dvor vivant4--,murs des carabes4--,tout tre vivant est proie4--,ncessit de tuer ou d'tre tu4 ,,chapitre ,,xix ,l',,instinct ,l'instinct4--,si on peut l'opposer l'intelligence4--,l'instinct chez l'homme4--,primordialit de l'intelligence4--,rle conservateur de l'instinct4--,rle modificateur de l'intelligence4--,l'intelligence et la conscience4--,parit de l'instinct chez les animaux et chez l'homme4--,caractre mcanique de l'acte instinctif4--,l'instinct modifi par l'intelligence4--,l'habitude du travail crant le travail inutile4--,objections l'identification de l'instinct et de l'intelligence tires de la vie des insectes4 ,,chapitre ,,xx ,,la ,,tyrannie ,,du ,,syst,,me ,,nerveux ,accord et dsaccord entre les organes et les actes4--,les tarses du scarabe sacr4--,la main de l'homme4--,adaptation mdiocre des organes sexuels la copulation4--,origine de la luxure4--,l'animal est un systme nerveux servi par des organes4--,l'organe ne dtermine pas l'aptitude4--,la main de l'homme infrieure son gnie4--,substitution des sens l'un par l'autre4--,union et rle des sens dans l'amour4--,l'homme et l'animal sous la tyrannie du systme nerveux4--,usure de l'humanit compense par ses acquisitions4--,les hritiers de l'homme4 ,,bibliographie ,,index