,,c\rs ,,famili] ,,de ,,litt,,rature ,,revue ,,m5suelle ,,xviii ,p>is4--,typographie de ,firm9 ,didot frres1 imprimeurs de l',in/itut et de la ,m>9e1 rue ,jacob1 #ef4 ,,c\rs ,,famili] ,,de ,,litt,,rature ,,un ,,entreti5 ,,p> ,,mois ,,p> ,m4 ,a4 ,,de ,,lam>t9e ,,tome ,,dix-,,huiti,,me ,,p>is ,,on ,s',,abonne ,,*ez ,l',,auteur ,,rue ,,de ,,la ,,ville-,l',v,,que1 #dc #ahfd ,l'auteur se rs]ve le droit de traduction et de reproduction l'trang]4 ,,c\rs ,,famili] ,,de ,,litt,,rature4 ,c,i,i,ie ,,entreti54 ,,ari/ote4 ,,traduction ,,compl,,te ,,p> ,m4 ,,b>?,,lemy ,,sa9t-,,hilaire4 7,,premi,,re ,,p>tie47 ,i4 ,ari/ote e/ un des gr&s types de l'esprit huma91 peut-tre le plus gr&1 si la ju/esse de l'esprit fait p>tie de sa p]fection4 ,n\s allons l'tudi] ensemble2 mais je dois d'abord v\s dire comm5t j'ai pu le connatre et lui donn] sa place1 la premire de t\tes1 dans le catalogue des gr&es et sa9es intellig5ces4 ,il lui fallait un traducteur digne de lui4 ,je ne savais du grec classique que ce que l'enfance en appr5d dans les premires tudes1 et ce que l'ge mr en fait oubli]4 ,j'tais incapable d'int]prt] sans guide et sans matre ni ,homre1 ni ,platon1 ni ,ari/ote4 ,je *]*ais quelqu'un2 le has>d1 cette provid5ce des hommes qui *]*5t1 me le fit r5contr] au milieu des flots turbul5ts d'une rvolution populaire1 la tte de laquelle j'avais t jet2 voici comm5t3 ,,ii4 ,en #ahdh1 p5dant que j'tais subm]g p> des masses de citoy5s agits1 tantt l'htel de ville de ,p>is1 tantt dans les rues ou sur les places publiques1 tantt la tribune de la *ambre des dputs ou de l',assemble con/ituante3 #bd fvri]1 #bg fvri]1 #bh fvri]1 j\rne du drapeau r\ge2 #af avril1 j\rne des gr&s assauts des factions comb9es contre les hommes d'ordre2 #ae mai1 j\rne o la *ambre n\velle viole e/ diss\te un mom5t p> les ,polonais1 f]m5t t]nel de l',europe2 j\rnes dcisives de ju9 o n\s combattmes contre les ins5ss frntiques de la dmagogie1 et o n\s donnmes du sang au lieu de p>oles notre pays3 je fus frapp p> la physionomie belle1 gr&e1 honnte et intrpide d'un homme de bi5 et de v]tu1 que je ne connaissais pas1 mais que j'avais eu le temps de rem>qu] aut\r de moi aux clairs de son reg>d4 ,ce reg>d d'honnte homme1 en tombant calme et s]e9 sur les f\les1 semblait les cont5ir1 les clair] et les calm]1 comme un beau rayon de soleil sur les vagues cumeuses d'une m] d'qu9oxe4 ,je lui p>lais1 il me p>lait1 n\s n\s ent5dions demi-mot2 mais je n'osais pas lui dem&] son nom1 de peur de p>atre ignor] ce qu'on devait suppos] que je connaissais4 ,ce ne fut que longtemps aprs que je dem&ai t\t bas un des tmo9s de ces scnes1 qui tait cet homme si dv\ et si calme1 et qu'on me rpondit3 ,c'e/ ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire1 le traducteur d',ari/ote4--,cela ne me surpr5d pas1 dis-je mon t\r3 il y a du grec dans cette intellig5ce1 et de la philosophie dans ce c\rage4 ,,iii4 ,n\s n\s p]dmes de vue p5dant quelque temps2 je m'in=mai avec anxit de lui2 j'appris que1 retir dans un petit j>d9 de lgumes au milieu d'un faub\rg de la banlieue de ,meaux1 rsid5ce de ,bossuet1 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire1 aprs avoir refus ce qu'on le conjurait d'accept] comme gage de son sil5ce1 vivait ,meaux du travail de ses ma9s dans une hutte de son j>d91 et n\rrissait sa vieille tante de quatre-v+t-six ans des c>ottes et des pommes de t]re cultives p> lui4 ,il se rs]vait quelques heures du milieu du j\r p\r cont9u] religieusem5t sa traduction d',ari/ote1 comm5ce en #ahcb4 ,cette traduction tait l'me de sa vie4 ,il v5ait me voir de temps en temps p5dant ses c\rses ,p>is4 ,bi5tt il fut nomm une place honorable et lucrative d'adm9i/rateur libre dans la ,compagnie de l',i/hme de ,suez4 ,il ne l'occupa qu'un mom5t4 ,son extrme dlicatesse ayant cru voir dans les conditions de l'entreprise des v5tualits compromettantes p\r la ,compagnie ou p\r le pa*a d'gypte1 auquel elle lui p>aissait devoir de la reconnaissance au lieu d'un procs1 il envoya la ,compagnie sa dmission1 prfrant son indig5te indp5dance une situation ambigu4 ,il reprit avec plus d'assiduit sa traduction d',ari/ote4 ,il avait les quatre conditions ncessaires p\r donn] l',europe ce *ef-d'oeuvre si longtemps inconnu3 la philosophie pratique1 la passion de son modle1 la connaissance du grec et la v]tu antique1 cette condition suprieure qui =ce l'homme de ressembl] ce qu'il admire4 ,voil le traducteur d',ari/ote4 ,heureux1 dans sa mdiocrit1 de n'avoir po9t hsit] entre deux devoirs galem5t impratifs3--la lib]t de son travail et le remb\rsem5t d'imm5ses dettes dont la responsabilit ps]ait sur sa plume1--il e/ libre1 donc il e/ heureux4 ,la dignit de son travail e/ entire1 et il n'a ri5 dem&] ses amis que leur amiti4 ,quel trsor vaut celui-l8 ,il l'a mrit4 ,qu& j'ai song tudi] pice pice cet homme encyclopdique1 qui a laiss lui t\t seul d',a?nes un monum5t homogne plus complet et plus div9 mille fois que cette encyclopdie de plusieurs ma9s inspire en ,france p> ,voltaire1 ,did]ot et leurs amis1 travaillant sans plan dtruire plus qu' difi]1 je suis all d'abord *]*] dans sa retraite ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire4 ,qu'il y avait lo9 de cette commotion rvolutionnaire de trois mois o n\s n\s tions r5contrs1 et j'os]ai dire aims p\r la premire fois1 au branle de la r\e du temps6 ,qu'il y avait lo9 des orages incessants du mont ,av5t9 de ,p>is en #ahdh1 ce cab9et recueilli1 dans une rue loigne du c5tre1 sans autres ornem5ts que ses livres et ses dictionnaires1 comme la t5te d'un gu]ri] qui n'a de p>ure que ses armes6 ,il tait l1 travaillant une p>tie du j\r sa traduction d',ari/ote ou ses autres oeuvres sci5tifiques1 dans la joie d'un homme de v]tu4 ,p5dant l't1 il empruntait un asile *amptre quelqu'un de ses amis1 fi]s de g>d] s\s leur toit un reprs5tant du ds9tressem5t antique4 ,,iv4 ,quant ,ari/ote1 n\s connaissons assez de son hi/oire p\r v\s la r$ire avec les c]titudes et les dtails que la di/ance du temps et des lieux et la clbrit de l'homme ont laisss1 de traditions en traditions1 rayonn] aut\r de ce gr& nom1 hritage de deux mondes1 le monde anci5 et le monde scola/ique mod]ne4 ,la voici1 rduite en peu de mots3 mais ces mots sont clairs1 positifs1 prcis1 et ne laiss5t ni ombre p\r les obscurcir1 ni fables p\r les dnatur]4 ,la ,provid5ce n'a pas p]mis que le philosophe de la raison pure s]vt de texte aux erreurs de la mmoire ou aux c>ts de l'imag9ation populaire4 ,v4 ,ari/ote naquit1 en #cej1 ,/agire1 petite ville de la ,macdo9e4 ,le pre d',ari/ote tait un mdec94 ,ce mdec9 tait si honor que le roi de ,macdo9e1 ,philippe1 pre du gr& ,alex&re1 l'appela sa c\r et lui confia sa sant4 ,on sait que la ,macdo9e1 cette poque1 tait une espce de ,grce mon>*ique1 tantt allie1 tantt ennemie du ,ploponnse4 ,le c>actre belliqueux de ses habitants et l'unit du p\voir hrditaire conc5tr dans la ma9 d'un roi gu]ri] la r5dait tantt sec\rable1 tantt r$\table la ,grce rpublica9e4 ,philippe tait digne p> son gnie et p> son c>actre d'tre le pre d',alex&re4 ,il levait en lui un oppresseur des ,grecs et un conqurant des ,p]ses4 ,le pre d',ari/ote tait son ami autant que son mdec94 ,il acquit une =tune honorable dans cette intimit1 comme on peut le conclure de son te/am5t qui laissa son fils1 ,ari/ote1 dans les meilleures conditions p\r un philosophe1 absorb dans les tudes univ]selles1 libre1 ais et ds9tress de t\t1 except du progrs de l'esprit huma9 en t\s g5res4 ,on a dit et crit que ,philippe1 la naissance de son fils ,alex&re1 adressa ,ari/ote une lettre o il se rj\issait non pas tant d'avoir un fils1 mais que ce fils ft n une poque o il p\vait lui donn] p\r prcepteur ,ari/ote4 ,cette lettre e/ possible1 mais peu vraisemblable4 ,la *ronologie en fait d\t]4 ,alex&re1 dans sa premire enfance1 rclamait alors les so9s des femmes s\s sa mre ,olympias1 et non le lait encore lo9ta9 d'un sage in/ituteur4 ,il e/ plus probable que ,philippe crivit1 longtemps aprs1 quelque *ose d'analogue au fils de son mdec94 ,il tait digne d'avoir crit cette lettre1 comme ,ari/ote tait digne de l'avoir reue4 ,,vi4 l'ge de dix-sept ans ,ari/ote quitta la ,macdo9e p\r v5ir ,a?nes1 capitale alors du gnie huma91 tudi] s\s les plus gr&s matres en t\s g5res de v]tus1 de sci5ces et d'arts1 non-seulem5t la mdec9e1 qu'il cultiva t\j\rs comme ,hippocrate1 mais la philosophie s\s ,socrate1 la posie s\s les comm5tateurs d',homre1 la mtaphysique s\s ,platon1 l'loqu5ce s\s ,dmo/hne1 la politique s\s ,pricls1 l'ar*itecture et la sculpture s\s ,phidias1 le drame s\s ,sophocle1 ,es*yle et mme ,euripide1 t\te la civilisation enf9 s\s le peuple a?ni54 ,c'tait c]ta9em5t1 en effet1 le plus tonnant spectacle que la ,provid5ce ait jamais (f]t aux hommes sur un po9t presque imp]ceptible du globe1 que d'avoir non pas donn un petit peuple une telle runion de v]tus1 de tal5ts et de gnies dans ces gr&s hommes1 mais que d'avoir donn ces gr&s hommes1 dans ,a?nes1 quatre c5ts ans avant ,jsus-,*ri/1 un peuple capable de les discut] et de les admir]4 ,rev]ra-t-on jamais une telle poque1 o tant de gnies conc5trs dans une petite ville tai5t le premi] miracle1 et o un peuple plus miraculeux tait digne de les voir1 de les ent5dre et de les admir]1 lors mme que ses passions civiques et religieuses p\vai5t de temps en temps1 tmo9 ,socrate1 tmo9 ,dmo/hne1 tmo9 ,ari/ote lui-mme1 les =c] accept] ou se prp>] la cigu8 ,,vii4 ,ari/ote1 rem>qu alors p\r son aptitude1 p\r ses travaux et p\r sa mode/ie1 dans l'cole de ,platon1 suivit1 p5dant seize ans1 les leons de ce philosophe ou plutt de ce pote de l'immortalit4 ,mais1 qu& ,platon v\lut transport] sur la t]re ses rves impossibles et introduire ses fantaisies dans le doma9e des ralits1 ,ari/ote le plaignit1 rep\ssa mode/em5t ses doctr9es politiques1 aigrit son matre1 qui t5ait plus ses *imres qu'aux vraies doctr9es de ,socrate1 et s'loigna respectueusem5t de lui4 ,il crut qu'il ne conv5ait pas de donn] au peuple des rves dont le rveil p\rrait tre fune/e4 ,il s\t9t que le c>actre de t\te vrit tait d'tre pratique1 et que la mo9dre dc\v]te en ce g5re valait mieux p\r lui et p\r l'tat que les plus beaux songes4 ,,viii4 ,mais cette poque de sa vie allait f9ir2 la ,grce allait *ang]4 ,ri5 ne dure1 surt\t les prodiges4 ,la gu]re aux ,p]ses1 mdite p> ,philippe1 fanatisait le ,ploponnse2 ,dmo/hne1 plus sophi/e d'opposition que vritablem5t patriote1 tonnait contre le roi de ,macdo9e2 t\t tait tr\bles et factions dans ,a?nes4 ,philippe1 dont le fils ,alex&re t\*ait l'ge des tudes srieuses1 rappela ,ari/ote sa c\r p\r lui confi] la d]nire ducation de son fils4 ,ari/ote1 que son devoir comme sujet macdoni5 =ait autant que son affection p\r ,philippe se consacr] ,alex&re1 se r5dit aux voeux du roi et se dv\a p5dant c9q ans lev] le matre futur du monde4 ,ce fut alors qu'il se m>ia4 ,il p\sa ,py?ias1 jeune ,grecque qui m\rut peu d'annes aprs son m>iage1 et dont il n'eut qu'un fils4 ,il prit alors1 non comme femme lgitime1 mais comme concub9e lgale1 ,h]pyllide4 ,il en eut un fils auquel il donna le nom de ,nicomaque1 et qu'il aima t5drem5t comme il avait aim la mre4 ,,ix4 ,p5dant ces vnem5ts dome/iques ,ari/ote succda ,platon1 et1 au lieu de suivre la r\te des *imres1 pr(essa ,a?nes la raison des *oses et les ralits de la vie4 ,socrate avait ouv]t le ciel2 ,ari/ote1 sans mconnatre le ciel1 et en plaant t\j\rs ,dieu et la provid5ce au-dessus des phnomnes t]re/res1 pr(essa la spiritualit de l'me comme suprme esprance de t\t4 ,cet enseignem5t dura environ qu9ze ans2 il fut suivi p> une f\le de jeunes ,a?ni5s2 il fit ,ari/ote la plus solide et la plus clatante r5omme aprs celle de ,py?agore4 ,il cont9ua1 p5dant la gu]re d',alex&re en ,syrie1 en gypte et en ,p]se1 recevoir de lui des lettres et lui rpondre4 ,l'ducation de ce plus gr& des hommes avait t l'heureux *ef-d'oeuvre de sa vie4 ,alex&re avait emm5 avec lui dans ses campagnes le philosophe ,calli/hne1 neveu d',ari/ote4 ,il contribua puissamm5t enri*ir les sci5ces naturelles1 dont son matre1 alors en ,p]se1 lui envoyait les plus beaux modles vivants ou morts p\r tre tudis1 ou dcrits1 ou dissqus1 dans son ,hi/oire des animaux4 ,qu'on se figure ,napolon1 dans ses campagnes d',allemagne1 d',espagne1 de ,russie1 f\rnissant ,cuvi]1 avec lequel il aurait t en correspondance1 les dp\illes de ces prov9ces et les lm5ts de ses re*]*es anatomiques3 tel tait ,alex&re1 en rapport j\rnali] avec son anci5 prcepteur4 ,x4 ,ari/ote j\issait alors ,a?nes de t\t le crdit que la victoire du conqurant1 son disciple1 donnait aux allis grecs du va9queur du monde4 ,il tait puissant sur les ,a?ni5s1 ri*e1 heureux1 occup de ses travaux1 c\v]t des reflets de la gloire de son lve4 ,mais le soleil de ,p]se1 la jeunesse facilem5t irritable1 l'ivresse d'une con/ante =tune1 les femmes et le v91 emportr5t dans les d]ni]s temps ,alex&re jusqu' des excs d'actes et de p>oles qui excitai5t de gr&s murmures p>mi les ,grecs et p>mi les ,macdoni5s4 ,le neveu d',ari/ote1 le philosophe ,calli/hne1 avait suivi le hros en ,p]se comme conseil1 comme hi/ori5 de l'expdition4 ,aprs le meurtre de ,clitus1 ,alex&re dsespr s'enf]ma dans sa t5te et ne v\lut voir p]sonne4 ,calli/hne cep5dant pntra prs de lui avec ,anax>que et t*a d'abord d\cem5t1 et selon les rgles de la morale1 de se r5dre matre de sa d\leur en s'ins9uant peu peu auprs de lui p> ses disc\rs et en t\rnant adroitem5t t\t aut\r1 sans t\*] la plaie et sans lui ri5 dire qui pt rveill] son affliction4 ,mais ,anax>que1 qui1 ds le comm5cem5t1 avait suivi dans la philosophie une r\te t\te p>ticulire1 et qui avait la rputation de ddaign] et de mpris] t\s ses compagnons1 se mit cri] ds l'entre3 ,quoi6 e/-ce cet ,alex&re sur qui la t]re entire a les yeux8 ,et le voil t5du sur le plan*]1 fondant en l>mes1 comme un vil esclave1 craignant la loi et le blme des hommes1 lui qui doit tre la loi des autres et la rgle de t\te ju/ice1 puisqu'il n'a va9cu que p\r tre seigneur et matre1 et nullem5t p\r s]vir et p\r se s\mettre une va9e op9ion6--,ne savez-v\s pas1 cont9ua-t-il en s'adressant lui-mme1 ne savez-v\s pas que ,jupit] a auprs de lui1 sur son trne1 d'un ct la ju/ice et de l'autre ct ,?mis8 ,p\rquoi cela1 s9on p\r faire ent5dre que t\t ce que le pr9ce fait e/ t\j\rs quitable et ju/e8 ,p> ces disc\rs et autres semblables1 ce philosophe allgea vritablem5t l'affliction du roi1 mais il le r5dit plus orgueilleux et plus inju/e4 ,en mme temps il s'ins9ua m]veilleusem5t dans ses bonnes grces1 et lui r5dit trs-insupportable et trs-odieuse la conv]sation de ,calli/hne1 qui n'tait dj pas trop agrable1 cause de sa gr&e au/rit4 ,,xi4 ,calli/hne1 d'une humeur au/re1 voyait avec pe9e aussi le projet d',alex&re d'all] conqurir les ,indes et de remplac] les ,macdoni5s dans son arme p\r fond] en ,p]se un n\vel empire4 ,calli/hne s'imag9ait tre le disp5sateur de la gloire et le seul homme capable de transmettre la po/rit les hauts faits d',alex&re4 ,l'am\r-propre des sophi/es que ce pr9ce avait sa suite fut irrit1 et ils n'oublir5t ri5 p\r dess]vir auprs de lui ,calli/hne4 ,ce philosophe p]dit peu peu son crdit1 et il p>at que1 se voyant disgraci1 il dev9t le df5seur des moeurs anci5nes et des usages de ses pres1 en s'opposant aux honneurs div9s qu'on v\lait r5dre au conqurant macdoni54 ,il ne se s\v5ait donc plus d'avoir promis d'accrdit] p> ses crits l'op9ion qui faisait de ce pr9ce un fils de ,jupit] ,ammon8 ,peut-tre s'en rep5tait-il1 et croyait-il qu'en *angeant de langage et de conduite le philosophe f]ait oubli] le c\rtisan4 ,mais une m>*e si rtrograde se p>donne r>em5t1 et la mort en e/ quelquefois la punition4 ,anax>que1 les sophi/es grecs et les gr&s de ,p]se1 de conc]t avec ,alex&re1 avai5t rsolu de dc]n] les honneurs div9s ce pr9ce4 ,la proposition en ayant t faite dans un repas1 ,calli/hne pronona sur ce sujet un disc\rs dont ,arri5 n\s a cons]v les pr9cipales ides4 ,il ne p>at pas les avoir supposes2 du mo9s la conv5ance y e/ p>faitem5t g>de4 ,aprs avoir fait s5tir la diffr5ce qu'on devait mettre entre le culte des dieux et les hommages r5dus aux gr&s hommes1 ,calli/hne dit que1 comme ,alex&re ne p]mettrait pas qu'on usurpt les honneurs atta*s sa dignit1 de mme les dieux s'indign]ai5t qu'on s'arroget ceux qui leur app>t5ai5t4 ,s'adressant ensuite ,anax>que1 il l'engage considr] qu'une p>eille proposition p\vait conv5ir ,cambyse ou ,x]xs1 et non au fils de ,philippe1 qui desc5dait d',h]cule et d'acus4 ,les ,grecs1 aj\ta ,calli/hne1 ne dc]nr5t po9t les honneurs div9s ,h]cule de son vivant1 mais aprs sa mort1 lorsque l'oracle de ,delphes1 consult sur ce sujet1 l'eut a9si ordonn4 ,faut-il donc auj\rd'hui que quelques hommes1 dans un pays b>b>e1 p5s5t comme des b>b>es8 ,je dois1 ,alex&re1 rappel] ton s\v5ir la ,grce1 p\r laquelle tu z entrepris cette expdition qui lui s\met l',asie4 ton ret\r exig]as-tu des ,grecs1 le peuple le plus libre de l'univ]s1 qu'ils se pro/]n5t devant toi8 ou en s]ont-ils disp5ss1 et les ,macdoni5s subiront-ils seuls alors cette humiliation8 ou bi5 encore les uns et les autres ne cont9u]ont-ils t'honor] que suivant leur usage1 et comme il convi5t des hommes1 t&is que les b>b>es le f]ont leur manire1 etc48 ,ce disc\rs eut l'effet qu'on devait en att5dre2 les ,macdoni5s ne v\lur5t po9t se prt] la crmonie de l'adoration1 t&is que les ,p]ses s'y s\mir5t avec d'autant plus de facilit qu'elle tait en usage *ez eux depuis le rgne des ,grecs4 ,quoique cette crmonie ne passt pas leurs yeux p\r une m>que d'idoltrie1 elle n'tait pas mo9s trangre aux moeurs des ,macdoni5s1 et devait ncessairem5t leur p>atre un acte humiliant et digne de vils esclaves4 ,mais il n'e/ gure possible d'accord] les criva9s entre eux sur plusieurs dtails relatifs cet vnem5t4 ,plut>que rapporte les div]s tmoignages sans ri5 prononc]4 ,la p>tialit d',arri5 en faveur d',alex&re n'e/ au contraire que trop s5sible4 ,je reg>de1 dit-il1 comme ju/e la ha9e qu',alex&re avait p\r ,calli/hne1 cause de sa lib]t inconsidre et de son orgueil ins5s4 ,c'e/ p\rquoi j'aj\te foi sans pe9e ceux qui dis5t que ce philosophe entra dans la conjuration des jeunes g5s contre ,alex&re ou qu'il les excita la tram]4 ,quelle consqu5ce6 ,arri5 raconte ensuite cette conjuration1 dont ,h]molas1 un des pages d',alex&re1 fut l'auteur4 ,accompagnant ce pr9ce la *asse1 il l'avait prv5u et avait tu devant lui un sangli]4 ,battu de v]ges et priv de son *eval cause de cette t\rd]ie1 il en tmoigna t\t son *agr9 ,so/rate1 fils d',amyntas1 et le fit entr] dans ses projets de v5geance4 ,qu9te-,curce dit la mme *ose2 mais il aj\te plusieurs circon/ances et ne manque pas de saisir cette occasion p\r mettre dans la b\*e d',h]molas et dans celle d',alex&re des disc\rs o il *]*e faire brill] son loqu5ce4 ,il fait surt\t bi5 p>l] ,alex&re1 qui rpond l'accus avec autant de dignit que de sagesse4 ,dans t\t le rcit de ,qu9te-,curce on ne tr\ve p\rtant ri5 la *>ge de ,calli/hne4 ,il assure mme que ce philosophe tait innoc5t de l'att5tat contre la p]sonne du roi4 ,aussi1 aj\te-t-il1 nulle autre mort ne r5dit ,alex&re plus odieux aux ,grecs1 p>ce qu'il fit prir au milieu des t\rm5ts1 et sans l'avoir ent5du1 un homme trs-recomm&able p> ses v]tus et ses tal5ts1 qui l'avait rappel la vie lorsqu'aprs le meurtre de ,clitus il p]si/ait v\loir se tu]4 la vrit il se ress5tit de cette atrocit2 mais il n'tait plus temps4 ,quoique ,plut>que rapporte t\s les faits soit la *>ge1 soit la d*>ge de ,calli/hne1 sans en discut] aucun et sans ri5 prononc]1 il p>at nanmo9s s'intress] beauc\p ce philosophe4 ,il assure qu',h]molas et ses complices1 appliqus la torture1 ne dir5t pas un seul mot contre ,calli/hne4 ,il cite des lettres crites p> ,alex&re lui-mme ,cratre1 ,attalus et ,alctas1 qui confirm5t ce fait important4 ,si ,ptolme et ,ari/obule avai5t eu connaissance de ces lettres1 ils n'aurai5t pas sans d\te donn un dm5ti =mel leur hros en avanant que les conjurs accusr5t ,calli/hne de les avoir engags dans leur entreprise crim9elle4 ,l'envie seule de ju/ifi] ,alex&re a pu leur dict] un p>eil m5songe4 ,arri51 t\j\rs dispos se laiss] entran] p> leur autorit1 ne dissimule pas qu'un gr& nombre d'criva9s s'tai5t cont5ts de rem>qu] que la famili>it de ,calli/hne avec ,h]molas avait fait natre des s\pons que la ha9e de ses ennemis rigea en preuves4 ,le mme hi/ori5 aj\te que quelques autres criva9s prt5dai5t qu',h]molas1 dans son disc\rs1 avait repro* ,alex&re la mort inju/e de ,philotas1 celle plus inju/e encore de ,p>mnion et de ses amis1 le meurtre de ,clitus1 le *angem5t de co/ume et l'habillem5t la manire des ,mdes1 la t5tative de se faire ador] laquelle il n'avait pas r5onc1 enf9 ses veilles passes dans la dbau*e4 ,les mmes *oses se lis5t dans le disc\rs que ,qu9te-,curce fait prononc] ,h]molas2 ce qui e/ trs-digne de rem>que1 puisqu'il en rsulte que cet hi/ori5 n'imag9ait pas t\j\rs les h>angues dont il a rempli son ouvrage1 et qu'il ne les composait p\r l'ord9aire qu'aprs en avoir tr\v le sujet1 soit dans ,clit>que1 soit dans d'autres criva9s qui ne sont pas p>v5us jusqu' n\s4 ,peut-tre v]rait-on encore1 dans le dix-septime livre de ,diodore de ,sicile1 ces repro*es faits p> ,h]molas ,alex&re1 si la gr&e lacune de ce livre ne tombait pas prcism5t l'endroit o il devait tre "q du meurtre de ,clitus et de la conjuration qui causa la p]te de ,calli/hne4 ,ce philosophe fut-il condamn sans avoir t ent5du1 comme il rsulte du rcit de ,qu9te-,curce8 ,cette "q semble d'abord tre dcide p> la loi macdoni5ne1 d'aprs laquelle aucune pe9e ne p\vait tre inflige un accus sans que son procs lui et t fait dans une assemble de ,macdoni5s2 mais cette loi n'tait po9t applicable ,calli/hne4 ,dans le disc\rs que ,qu9te-,curce met dans la b\*e d',alex&re1 en prs5ce de son arme1 ce pr9ce s'adresse ,h]molas3 l'g>d de ton ,calli/hne1 aux yeux duquel tu p>ais un homme de coeur p>ce que tu z l'audace d'un brig&1 je sais p\rquoi tu v\lais qu'on l'introduist dans cette assemble3 c'tait p\r qu'il y dbitt les mmes horreurs que tu z vomies contre moi ou celles que tu lui z ou dire4 ,s'il tait ,macdoni51 j'aurais fait entr] avec toi un matre digne de t'avoir p\r disciple2 mais1 tant ,olyn?i51 il n'a pas auj\rd'hui un p>eil droit4 ,ptolme assurait que ,calli/hne avait t appliqu la torture1 ensuite mis en croix4 ,quelques-uns prt5dai5t que1 ayant t r5f]m dans une cage de f]1 on l'y laissa dvor] p> les p\x2 d'autres1 qu'on lui avait c\p le nez1 les oreilles et d'autres membres1 supplices usits *ez les ,ori5taux et les nations b>b>es1 qui ne compt5t p\r ri5 la plus gr&e pe9e que la socit puisse inflig] s'ils n'y aj\t5t la dure et l'int5sit de la d\leur4 ,ari/obule disait au contraire que ,calli/hne1 *>g de *anes1 avait t tran la suite de l'arme et tait mort de maladie4 ,suivant ,*>s1 ce philosophe fut g>d sept mois aux f]s1 p>ce qu',alex&re avait desse9 de le faire jug] devant un tribunal en prs5ce d',ari/ote1 c'e/--dire lorsque ce pr9ce aurait t de ret\r dans la ,grce4 ,selon ce mme ,*>s1 au temps o ,calli/hne m\rut d'inanition et de la maladie pdiculaire1 ,alex&re tait occup la gu]re des ,malli5s et des ,oxydraques4 ,enf9 ,plut>que n\s a cons]v le fragm5t d'une lettre de ce pr9ce ,antipat]1 dans lequel on lit3 ,les jeunes g5s ont t lapids4 ,je *ti]ai moi-mme le sophi/e 7,calli/hne71 les hommes qui me l'ont envoy1 et ceux qui reoiv5t dans leur ville des p]sonnes qui conspir5t contre moi4 ,les d]ni]s sont videmm5t ,dmo/hne et les autres dmagogues d',a?nes1 ,ari/ote et les philosophes4 ,on voit ici1 d'aprs les p>oles mmes d',alex&re plaidant sa propre cause devant l'assemble des ,macdoni5s de son camp1 que le g\v]nem5t reprs5tatif de ,macdo9e subsi/ait encore en ,asie dans l'arme1 et que les procs mme d'tat tai5t jugs avec publicit et lib]t p> le tribunal populaire ou militaire4 ,alex&re gagna le procs contre les jeunes conspirateurs et contre ,calli/hne1 leur complice4 ,il laissa excut] les conspirateurs contre sa vie2 il p>gna ,calli/hne1 dont la complicit n'tait que morale4 ,il ne livra pas le philosophe aux b\rreaux2 il se cont5ta de l'emprisonn] et de le rs]v]1 comme on le lit dans une de ses lettres ,olympias1 sa mre1 p\r tre jug ,a?nes p> ses concitoy5s1 et selon les lois de son pays4 ,cette lettre d',alex&re ,olympias subsi/e1 et elle disculpe assez ,alex&re du prt5du supplice du philosophe a?ni51 inv5t p> les calomniateurs macdoni5s ou grecs de l'arme4 ,calli/hne m\rut de sa mort naturelle1 plusieurs annes aprs le procs1 en rev5ant avec l'arme dans sa patrie4 ,quoi qu'il en soit1 cette qu]elle d',alex&re avec le neveu d',ari/ote1 son emprisonnem5t et sa mort p5dant qu'on le ram5ait ,olyn! p\r tre jug1 affligr5t et aigrir5t ,ari/ote4 ,ses malheurs comm5c5t l4 ,,xii4 ,il y avait en ,grce un nombreux p>ti populaire et soi-disant politique1 que la mort s\da9e d',alex&re avait exalt1 que le ret\r de l'arme grecque trav]s l',asie ,m9eure1 appele la retraite des dix mille1 animait contre la mmoire du hros4 ,ces s5tim5ts grecs am5ai5t une raction +rate et a*>ne p>mi le peuple a?ni51 le plus lg] et le plus mobile de t\s les peuples4 ,c'e/ le mom5t que *oisir5t les ennemis naturels d',alex&re p\r s'lev] contre sa mmoire et p\r t\rn] contre lui des rancunes et des repro*es gaux au mo9s l'imm5sit de sa gloire4 ,cette colre du bas peuple retomba sur les p>tisans du hros et s'attaqua surt\t son prcepteur ,ari/ote4 ,on lui imputa t\s les crimes et t\s les rev]s de son lve1 dev5u le tyran de la ,grce4 ,le p>ti des hirophantes1 qui accusait ,ari/ote de *]*] la foi dans la raison pieuse1 se s\v9t que cette mme accusation avait fait m\rir ,socrate4 ,il entreprit de la r5\vel] contre le disciple de ,socrate et de ,platon1 et int5ta contre ,ari/ote une accusation ins5se au sujet d'un hymne que ce philosophe1 quelquefois pote1 avait adress peu de temps avant ,phormias1 un de ses amis1 qui tait alors g\v]neur s\s ,alex&re d'une ville de ,macdo9e4 ,il l'accusait d'avoir employ dans son hymne des expressions telles qu'on ne devait les adress] qu'aux dieux4 ,cette inculpation purile s]vit de prtexte t\tes les malveillances de la populace4 ,,xiii4 ,mais p5dant qu',a?nes s'insurgeait a9si cause du philosophe de ,/agire1 l'arme d',alex&re1 irrite contre son prisonni] ,calli/hne1 le f\ettait et le laissait m\rir en *em91 en punition des conspirations qu'il avait ou semes ou n\rries dans les d]ni]s temps de la campagne d',alex&re contre son *ef1 dev5u dieu p> sa mort4 ,a9si1 soit que le peuple d',a?nes l'emportt1 soit que l'arme en retraite passt l',hellespont et r5trt ,a?nes1 ,ari/ote se tr\vait galem5t compromis4 ,il ne lui re/ait d'autre p>ti pr5dre que la fuite4 ,il y a des mom5ts1 en rvolution1 o l'on a galem5t r$\t] ses amis et ses ennemis4 ,trop indulg5t p\r la tyrannie ncessaire aux yeux des uns1 trop ennemi des tyrans aux yeux des autres1 on n'a plus qu' prir ou p> ses premi]s amis ou p> ses rc5ts ennemis4 ,tel devait tre le de/9 du plus modr des hommes1 ,ari/ote4 ,,xiv4 ,il quitta ,a?nes nuitamm5t1 et il se retira dans l'le d',eube1 ,*alcis1 avec sa femme et sa fille4 ,mais1 trop prs d',a?nes p\r *app] la p]scution des ,a?ni5s1 trop vois9 de la ,macdo9e p\r vit] la v5geance des ennemis de son neveu ,calli/hne1 il reut1 selon les uns1 la cigu de ,socrate2 selon d'autres1 il la devana en la buvant de lui-mme1 dans la soixante et onzime anne de sa vie4 ,t\s assur5t qu'il m\rut d'une mort viol5te1 =ce ou volontaire3 tri/e rcomp5se p\r un homme qui avait t\j\rs *]* t5ir son de/9 et son me en quilibre et comme dans un ju/e milieu1 entre l'esprance et le dsespoir4 ,quoi qu'il en soit1 il ne m\rut pas sans avoir laiss sa femme et son fils une =tune drobe ses ennemis4 ,cette =tune1 v5ue de son pre1 n'tait ni trop modique ni trop considrable4 ,elle leur laissa un tmoignage de sa vie1 qui leur assurait leur propre exi/5ce4 ,telle e/ l'hi/oire d',ari/ote1 sans autre vnem5t que sa mort4 ,avec lui ne m\rut pas un homme1 mais une doctr9e1 qui ne disp>ut un mom5t que p\r faire explosion dans le monde1 lorsque plus t>d ,sylla v9t s'emp>] d',a?nes1 et qu'ayant retr\v les innombrables manuscrits d',ari/ote1 il les remit des collecteurs de dp\illes opimes p\r les transport] ,rome et en remplir1 jusqu' nos j\rs1 l'univ]s4 ,,xv4 ,n\s allons voir en quoi consi/5t auj\rd'hui les reliques de ce puissant gnie qui atta*e sur sa trace1 quatre sicles avant le *ri/ianisme1 les plus =tes et les plus sages p5ses du monde antique et mod]ne4 ,les secrtaires de ,sylla ne les ont pas replaces dans leur ordre2 mais voici l'ordre que leur assign5t les traducteurs et les comm5tateurs les plus clairs et les plus accrdits des d]ni]s sicles3 ,politique1 ,logique1 ,physique1 ,rhtorique1 ,mtorologie1 ,morale1 ,hi/oire naturelle1 etc4 ,c'e/ dans cet ordre de composition que n\s allons le p>c\rir avec v\s4 ,depuis ,pascal jusqu' ,buffon1 n\s avons dans ,ari/ote l'arbre encyclopdique t\t enti]4 ,il ne faut pas *]*] en lui1 except la sagacit et la ju/esse d'ides1 les p]fections de =me de ,platon1 de ,cicron1 d',homre1 de ,virgile1 de ,?ocrite1 gnies employs fasc9] les hommes p> l'agrm5t4 ,ari/ote1 semblable au ma?matici5 dont il p>le1 ne reconnat d'autre agrm5t que la vrit4 ,bi5 que les traits numrs plus haut soi5t /rictem5t en*ans p> l'ordre et la logique les plus rig\reux1 ces traits n'tai5t po9t des crits p]fectionns avec l'int5tion de *>m] ou de sduire les hommes4 ,t\t indique et ses contempora9s affirm5t que ses crits1 mme les plus soigns1 n'tai5t que les notes rfl*ies des disc\rs qu'il prononait dans son cole4 ,de l1 leur gr& nombre et leur div]sit durant les dix-sept ans que dura son enseignem5t ,a?nes1 p5dant et aprs la disp>ition de ,platon4 ,ce n'e/ pas un homme de /yle1 c'e/ l'homme des ralits4 ,comme ,solon1 il a crit un petit nombre de posies1 dont l'une fut la cause de sa mort4 ,mais il n'e/imait la posie que comme le plus beau vtem5t de la vrit dans le s5tim5t4 ,,xvi4 ,de t\tes les sci5ces qu'il a t\*es1 la plus univ]selle e/ la politique4 ,c'e/ cause de cette univ]salit mme que n\s allons l'tudi] avec v\s la premire4 ,la politique e/ la sci5ce du prs5t4 ce titre elle intresse t\t le monde4 ,mais1 avant d'exam9] celle d',ari/ote1 et en f]mant le livre dans lequel je vi5s de l'tudi]1 une rflexion me frappe et me confond3 c'e/ l'antiquit prodigieuse1 ou plutt c'e/ la presque t]nit de cette sci5ce4 ,ari/ote crivait1 p5sait1 p>lait quatre c5ts ans avant la naissance de ,jsus-,*ri/4 ,n\s aimons n\s figur] qu' des poques aussi recules et dans des pays aussi b>b>es1 la politique n'tait qu'un vague in/9ct de la socit huma9e1 sans morale1 sans rgle1 sans df9ition1 sans dnom9ation1 sans t5dance1 agitant confusm5t l'humanit au gr de la =ce et de la ruse1 tel1 p> exemple1 que ,ma*iavel dans le ,pr9ce l'ent5dait deux mille ans aprs4 ,j'av\e1 quant moi1 qu'en lisant la ,politique d',ari/ote1 je croyais lire les publici/es les plus raff9s du temps prs5t4 ,montesquieu1 ,j4-,j4 ,r\sseau1 ,m4 de ,bonald1 ,roy]-,coll>d1 n'emploi5t ni d'autres ides ni d'autres t]mes4 ,la mon>*ie mille =mes1 l'ari/ocratie1 l'olig>*ie1 la dmocratie1 la dmagogie1 l'an>*ie1 la rpublique drive de la reprs5tation ou des dcrets directs du peuple1 l'tat1 la s\v]a9et de l'tat1 les *angem5ts viol5ts ou les rvolutions l5tes1 les passions du peuple ou les factions des gr&s1 les comb9aisons v>ies de ces div]s pr9cipes de g\v]nem5t1 les dcad5ces ou les r5aissances qui les prcipit5t ou qui les relv5t1 t\t cela e/ crit dans la ,politique d',ari/ote aussi nettem5t que dans les c5t mille bro*ures des doctr9aires de nos j\rs2 l'exception du pr9cipe de l'esclavage1 pass en loi et en morale p> l'habitude1 et considr p> le publici/e d',a?nes comme l'oeuvre de la nature et non comme une erreur des lois1 il n'y a ri5 dans ,ari/ote qui ne soit dans les mmes t]mes auj\rd'hui dans nos philosophes politiques4 ,o e/ donc le progrs de ces deux mille quatre c5ts ans8 ,encore une fois1 l'exception de l'esclavage1 ,mirabeau1 la tribune de l',assemble con/ituante1 raisonne-t-il autrem5t qu',ari/ote8 ,et1 si l'on remonte p> la p5se deux ou trois mille ans plus lo9 que sa ,politique1 ne s]a-t-on pas t5t de croire que le monde e/ n vieux et que les mmes mots ont exprim les mmes *oses depuis l'orig9e inconnue des mots et des *oses8 ,antiquit et t]nit ne sont-ils pas synonymes1 et les mmes phnomnes que n\s pose auj\rd'hui le po9t d'int]rogation n'tai5t-ils pas rsolus dans les j\rs inf9im5t plus reculs d',homre8 ,ri5 de n\veau s\s le soleil1 pas mme les raff9em5ts et les prov]bes de la politique4 ,cela doit n\s r5dre mode/es1 c> on devait l'tre dj du temps d',ari/ote4 ,la t]re t\rne1 mais les vrits ne *ang5t pas de place4 ,il y a dans les faits une ralit occulte qui e/ aux *oses politiques ce que la gravitation e/ aux *oses physiques1 et qui leur assigne leur poids et dt]m9e leur quilibre div94 ,platon le rveur dans le temps d',ari/ote1 ,r\sseau et les utopi/es de nos j\rs1 ont prt5du s'inscrire en faux contre ce fatum des *oses1 et1 qu& n\s v\lons rev5ir ,dieu1 n\s rev5ons ,ari/ote4 ,voici l'analyse raisonne de sa ,politique3 tr\vez mieux1 et tonnez-v\s que ce livre1 bi5 suprieur ,r\sseau et ,montesquieu1 ait t recueilli il y a tant de milli]s d'annes comme l'vangile infaillible de la politique4 ,,xvii4 ,t\t tat e/ une association1 dit-il en comm5ant1 et1 comme les hommes ne s'associ5t qu'en vue de quelque bi51 il e/ donc vid5t que le plus important de t\s les bi5s doit tre l'objet de la plus capitale des associations4 ,et celle-l1 on l'appelle prcism5t tat1 ou association politique4 ,du premi] mot voil la vrit qui app>at dans t\t son j\r4 ,qu'e/-ce1 ct de cette sublime ralit1 que les sophismes antiques et mod]nes de ,platon ou de ,j4-,j4 ,r\sseau argum5tant contre l't]nelle sagesse1 et plaant l'homme sauvage au-dessus de l'homme civilis8 ,comm5t t\t homme d\ de raisonnem5t n'a-t-il pas conclu1 au premi] c\p d'oeil1 qu'il n'y a ri5 au-dessus de ces deux p\voirs1 9gaux dans leur orig9e1 gaux dans leurs effets1 qu'on appelle comm&em5t et obissance1 et que le phnomne qui en rsulte1 le g\v]nem5t politique1 e/ le *ef-d'oeuvre de l'humanit8 ,sans g\v]nem5t po9t de peuple1 sans g\v]nem5t po9t de volont1 sans volont po9t d'action6 ,le nant p>t\t6 ,l'an>*ie e/ la con/itution de la mort6 ,un g\v]nem5t e/ donc le premi] cri et le d]ni] cri de l'homme6 ,malheur qui ne le voit pas6 ,le plus gr& titre d',ari/ote e/ de l'avoir s5ti4 ,c'e/ une gloire p\r un homme quelconque de l'avoir conclu1 et d'avoir sacrifi1 soit comme soldat1 soit comme magi/rat1 soit comme philosophe1 une p>tie de lui-mme cette ncessit de t\s ses semblables6 ,si les sophismes de ,platon ou de ,r\sseau p\vai5t tre adopts p> la majorit des mortels1 la t]re entire ne s]ait pas assez gr&e p\r emprisonn] l'humanit folle dans un ,b$lam univ]sel6 ,qu& l'homme le plus crim9el p>atra aprs sa mort au jugem5t de son crateur1 et que ,dieu l'int]rog]a sur ses doctr9es politiques1 s'il peut lui rpondre3 ,j'ai fait t\s les crimes1 mais j'ai contribu prs]v] le g\v]nem5t en me sacrifiant1 ,dieu p\rra lui p>donn]1 c> ce crim9el n'aura pas p* contre le ,sa9t-,esprit6 ,,xviii4 ,ari/ote dmontre la ncessit de l'association p> la nature4 ,l'homme ne peut se p]ptu]1 sur ce globe1 sans l'union des sexes1 c> c'e/ un dsir naturel que de v\loir laiss] aprs soi un tre fait son image4 ,la femme e/ plus faible1 donc elle doit tre subordonne4 ,la nature a donc dt]m9 la condition spciale de la femme et de l'esclave4 ,ces deux premires associations de l'p\x et de la femme1 du matre et de l'esclave1 sont donc les bases de la famille4 ,hsiode l'a =t bi5 dit dans ce v]s3 ,la maison1 puis la femme et le boeuf lab\reur2 c> le pauvre n'a pas d'autre esclave que le boeuf4 ,mang] la mme table1 se *auff] au mme foy]1 c'e/ la famille6 ,plusieurs familles s'associ5t1 c'e/ le village2 ils ont suc le mme lait1 ce sont les enfants et les enfants des enfants2 le plus g e/ le roi4 ,l'association des villages =me l'tat1 la nation4 ,a9si l'tat vi5t t\j\rs de la nature4 ,de l cette conclusion vid5te3 que celui qui se refuse aux lois naturelles de l'association e/ un tre dgrad4 ,on ne peut d\t] que l'tat ne soit naturellem5t au-dessus de la famille et de *aque individu2 c> le t\t l'emporte ncessairem5t sur la p>tie1 puisque1 le t\t une fois dtruit1 il n'y a plus de p>tie1 plus de pi$s1 plus de ma9s1 si ce n'e/ p> une pure analogie de mots1 comme on dit une ma9 de pi]re2 c> la ma91 sp>e du corps1 e/ t\t aussi peu une ma9 relle4 ,les *oses se df9iss5t en gnral p> les actes qu'elles accompliss5t et ceux qu'elles peuv5t accomplir2 ds que leur aptitude antrieure vi5t cess]1 on ne peut plus dire qu'elles sont les mmes3 elles sont seulem5t comprises s\s un mme nom4 ,ce qui pr\ve bi5 la ncessit naturelle de l'tat et sa supriorit sur l'individu1 c'e/ que1 si on ne l'admet pas1 l'individu peut alors se suffire lui-mme dans l'isolem5t du t\t1 a9si que du re/e des p>ties2 or1 celui qui ne peut vivre en socit1 et dont l'indp5dance n'a pas de beso9s1 celui-l ne saurait jamais tre membre de l'tat4 ,c'e/ une brute ou un dieu4 ,la nature p\sse donc in/9ctivem5t t\s les hommes l'association politique4 ,le premi] qui l'in/itua r5dit un imm5se s]vice2 c>1 si l'homme1 p>v5u t\te sa p]fection1 e/ le premi] des animaux1 il en e/ aussi le d]ni] qu& il vit sans loi et sans ju/ice4 ,il n'e/ ri5 de plus mon/rueux1 en effet1 que l'inju/ice arme4 ,mais l'homme a reu de la nature les armes de la sagesse et de la v]tu1 qu'il doit surt\t employ] contre ses passions mauvaises4 ,sans la v]tu1 c'e/ l'tre le plus p]v]s et le plus froce2 il n'a que les emportem5ts brutaux de l'am\r et de la faim4 ,la ju/ice e/ une ncessit sociale c> le droit e/ la rgle de l'association politique1 et la drision du ju/e e/ ce qui con/itue le droit4 ,,xix4 ,ici il tombe1 p\r la seule fois1 de sa logique dans le sophisme d'habitude du paganisme et mme du *ri/ianisme1 la ju/ification de l'esclavage1 in/rum5t1 dit-il1 donn p> la nature p\r facilit] au matre l'usage de la proprit4 ,la nature1 dit-il1 a fait la proprit ncessaire3 donc elle a ncessairem5t cr l'espce d'homme ncessaire la culture de cette proprit4 ,c'e/ encore l'argum5tation des blancs possesseurs des noirs dans nos colonies1 et il a fallu une rvolution p\r sap] ce faux raisonnem5t4 ,il *]*e relev] le sophisme p> la raison1 mais il ne peut1 malgr son gnie1 prvaloir sur l'galit div9e4 ,on peut videmm5t1 dit-il1 lev] cette discussion avec quelque raison1 et s\t5ir qu'il y a des esclaves et des hommes libres p> le fait de la nature2 on peut s\t5ir que cette di/9ction subsi/e bi5 rellem5t t\tes les fois qu'il e/ utile p\r l'un de s]vir en esclave1 p\r l'autre de rgn] en matre2 on peut s\t5ir enf9 qu'elle e/ ju/e et que *acun doit1 suivant le voeu de la nature1 ex]c] ou subir le p\voir4 ,p> suite1 l'autorit du matre sur l'esclave e/ galem5t ju/e et utile2 ce qui n'emp*e pas que l'abus de cette autorit ne puisse tre fune/e t\s les deux4 ,l'intrt de la p>tie e/ celui du t\t2 l'intrt du corps e/ celui de l'me2 l'esclave e/ une p>tie du matre2 c'e/ comme une p>tie de son corps1 vivante1 bi5 que sp>e4 ,aussi1 entre le matre et l'esclave1 qu& c'e/ la nature qui les a faits t\s deux1 il exi/e un intrt commun1 une bi5veillance rciproque2 il en e/ t\t diffremm5t qu& c'e/ la loi et la =ce seule qui les ont faits l'un et l'autre4 ,,xx4 ,les *apitres suivants trait5t de l'conomie dome/ique et politique peu prs suivant les mmes pr9cipes que les conomi/es d'auj\rd'hui4 ,le premi] de ces pr9cipes e/ le comm]ce3 la t]re1 l'exploitation des bois1 des m9es1 les mti]s admirablem5t df9is et analyss1 la spculation sur les gra9s qui avait enri*i ,?als de ,milet4 ,il df9it plus lo9 les trois g5res d'autorit du pre de famille sur les esclaves1 la femme et les enfants1 et sur la nature des v]tus ncessaires t\s4 ,cette relation s't5d videmm5t au re/e des tres2 et1 dans le plus gr& nombre1 la nature a tabli le comm&em5t et l'obissance4 ,a9si l'homme libre comm&e l'esclave t\t autrem5t que l'p\x la femme et le pre l'enfant2 et p\rtant les lm5ts ess5tiels de l'me exi/5t dans t\s ces tres1 mais ils y sont des degrs bi5 div]s4 ,l'esclave e/ absolum5t priv de volont1 la femme en a une1 mais en s\s-ordre2 l'enfant n'en a qu'une incomplte4 ,il en e/ ncessairem5t de mme des v]tus morales4 ,on doit les suppos] dans t\s ces tres1 mais des degrs diffr5ts1 et seulem5t dans la proportion indisp5sable la de/9ation de *acun d'eux4 ,l'tre qui comm&e doit avoir la v]tu morale dans t\te sa p]fection2 sa t*e e/ absolum5t celle de l'ar*itecte qui ordonne1 et l'ar*itecte1 ici1 c'e/ la raison4 ,quant aux autres1 ils ne doiv5t avoir de v]tus que suivant les fonctions qu'ils ont remplir4 ,reconnaissons donc que t\s les individus dont n\s v5ons de p>l] ont leur "p de v]tu morale1 mais que la sagesse de l'homme n'e/ pas celle de la femme1 que son c\rage1 son quit1 ne sont pas les mmes1 comme le p5sait ,socrate1 et que la =ce de l'un e/ t\te de comm&em5t1 celle de l'autre1 t\te de s\mission4 ,et j'en dis autant de t\tes leurs autres v]tus2 c> ceci e/ encore bi5 plus vrai1 qu& on se donne la pe9e d'exam9] les *oses en dtail4 ,c'e/ se faire illusion soi-mme que de dire1 en se bornant des gnralits1 que la v]tu e/ une bonne disposition de l'me1 et la pratique de la sagesse1 ou de rpt] telle autre explication t\t aussi vague4 de p>eilles df9itions1 je prfre beauc\p la m?ode de ceux qui1 comme ,gorgias1 se sont occups de faire le dnombrem5t de t\tes les v]tus4 ,a9si1 en rsum1 ce que dit le pote d'une des qualits fm99es3 ,un mode/e sil5ce e/ l'honneur de la femme1 e/ galem5t ju/e de t\tes les autres2 cette rs]ve ne sirait pas un homme4 ,l'enfant tant un tre incomplet1 il s'ensuit videmm5t que la v]tu ne lui app>ti5t pas vritablem5t1 mais qu'elle doit tre rapporte l'tre accompli qui le dirige4 ,le rapport e/ le mme du matre l'esclave4 ,n\s avons tabli que l'utilit de l'esclave s'appliquait aux beso9s de l'exi/5ce2 la v]tu ne lui s]a donc ncessaire que dans une proportion =t troite1 il n'en aura que ce qu'il en faut p\r ne po9t nglig] ses travaux p> intemprance ou p>esse4 ,ceci tant admis1 p\rra-t-on dire3 ,les ouvri]s aussi devront donc avoir de la v]tu1 puisque s\v5t l'intemprance les dt\rne de leurs travaux8 ,mais n'y a-t-il po9t ici une norme diffr5ce8 ,l'esclave p>tage notre vie2 l'ouvri]1 au contraire1 vit lo9 de n\s et ne doit avoir de v]tu qu'autant prcism5t qu'il a d'esclavage2 c> le labeur de l'ouvri] e/ en quelque sorte un esclavage limit4 ,la nature fait l'esclave2 elle ne fait pas le cordonni] ou tel autre ouvri]4 ,il faut donc av\] que le matre doit tre p\r l'esclave l'orig9e de la v]tu qui lui e/ spciale1 bi5 qu'il n'ait pas1 en tant que matre1 lui communiqu] l'appr5tissage de ses travaux4 ,aussi e/-ce bi5 tort que quelques p]sonnes refus5t t\te raison aux esclaves et ne veul5t jamais leur donn] que des ordres2 il faut au contraire les repr5dre avec plus d'indulg5ce encore que les enfants4 ,du re/e1 je m'arrte ici sur ce sujet4 ,quant ce qui conc]ne l'p\x et la femme1 le pre et les enfants1 et la v]tu p>ticulire de *acun d'eux1 les relations qui les uniss5t1 leur conduite bonne ou blmable1 et t\s les actes qu'ils doiv5t re*]*] comme l\ables ou fuir comme rprh5sibles1 ce sont l des objets dont il faut ncessairem5t s'occup] dans les tudes politiques4 ,en effet1 t\s ces individus ti5n5t la famille1 aussi bi5 que la famille ti5t l'tat2 or la v]tu des p>ties doit se rapport] celle de l'ensemble2 il faut donc que l'ducation des enfants et des femmes soit en h>monie avec l'organisation politique1 s'il importe rellem5t que les enfants et les femmes soi5t bi5 rgls p\r que l'tat le soit comme eux4 ,or c'e/ l ncessairem5t un objet de gr&e importance2 c> les femmes compos5t la moiti des p]sonnes libres1 et ce sont les enfants qui =m]ont un j\r les membres de l'tat4 ,,xxi4 ,voici ce qu'il p5se de la communaut des bi5s et des femmes1 promulgue p> ,socrate et ,platon4 ,voyez combi5 de bon s5s6 ,fausse galit6 fausse unit6 de/ruction de l'galit et de l'unit vritables6 ,c>1 si la communaut des femmes1 des bi5s1 des enfants p>at ,socrate plus utile p\r l'ordre des lab\reurs que p\r celui des gu]ri]s1 g>di5s de l'tat1 c'e/ qu'elle dtruira t\t accord dans cette classe1 qui ne doit song] qu' obir et non t5t] des rvolutions4 ,en gnral1 cette loi de communaut produira ncessairem5t des effets t\t opposs ceux que des lois bi5 faites doiv5t am5]1 et prcism5t p> le motif qui inspire ,socrate ses ?ories sur les femmes et les enfants4 nos yeux1 le bi5 suprme de l'tat1 c'e/ l'union de ses membres1 p>ce qu'elle prvi5t t\te diss5sion civile2 et ,socrate aussi ne se fait pas faute de vant] l'unit de l'tat1 qui n\s semble1 et lui-mme l'av\e1 n'tre que le rsultat de l'union des citoy5s entre eux4 ,ari/ophane1 dans sa discussion sur l'am\r1 dit prcism5t que la passion1 qu& elle e/ viol5te1 n\s donne le dsir de fondre notre exi/5ce dans celle de l'objet aim1 et de ne faire qu'un seul et mme tre avec lui4 ,or ici il faut de t\te ncessit que les deux individualits1 ou du mo9s que l'une des deux disp>aisse2 dans l'tat au contraire1 o cette communaut prvaudra1 elle te9dra t\te bi5veillance rciproque2 le fils n'y p5s]a pas le mo9s du monde *]*] son pre1 ni le pre *]*] son fils4 ,a9si que la d\ce saveur de quelques g\ttes de miel disp>at dans une va/e quantit d'eau1 de mme l'affection que font natre ces noms si *]s se p]dra dans un tat o il s]a compltem5t inutile que le fils songe au pre1 le pre au fils1 et les enfants leurs frres4 ,l'homme a deux gr&s mobiles de sollicitude et d'am\r1 c'e/ la proprit et les affections2 or il n'y a place ni p\r l'un ni p\r l'autre de ces s5tim5ts dans la ,rpublique de ,platon4 ,cet *ange des enfants passant1 aussitt aprs leur naissance1 des ma9s des lab\reurs et des artisans leurs pres entre celles des gu]ri]s1 et rciproquem5t1 prs5te encore bi5 des emb>ras dans l'excution4 ,ceux qui les port]ont des uns aux autres sauront1 n'en pas d\t]1 quels enfants ils donn5t et qui ils les donn5t4 ,c'e/ surt\t ici que se reproduiront les graves inconvni5ts dont j'ai p>l plus haut3 ces outrages1 ces am\rs crim9els1 ces meurtres dont les li5s de p>5t ne saurai5t plus g>antir1 puisque les enfants passs dans les autres classes de citoy5s ne connatront plus1 p>mi les gu]ri]s1 ni de pres1 ni de mres1 ni de frres1 et que les enfants entrs dans la classe des gu]ri]s s]ont de mme dgags de t\t li5 env]s le re/e de la cit4 ,mais je m'arrte ici en ce qui conc]ne la communaut des femmes et des enfants4 ce premi] inconvni5t1 la communaut des bi5s en jo9t encore d'autres non mo9s gr&s4 ,je lui prfre de beauc\p le sy/me actuel complt p> les moeurs publiques1 et appuy sur de bonnes lois4 ,il runit les avantages des deux autres1 je veux dire1 de la communaut et de la possession exclusive4 ,alors la proprit devi5t commune en quelque sorte1 t\t en re/ant p>ticulire2 les exploitations1 tant t\tes sp>es1 ne donn]ont pas naissance des qu]elles2 elles prospr]ont davantage1 p>ce que *acun s'y atta*]a comme un intrt p]sonnel1 et la v]tu des citoy5s en rgl]a l'emploi1 selon le prov]be3 ,entre amis t\t e/ commun4 ,auj\rd'hui mme on retr\ve dans quelques cits des traces de ce sy/me1 qui pr\v5t bi5 qu'il n'e/ pas impossible2 et1 surt\t dans les tats bi5 organiss1 o il exi/e en p>tie1 o il p\rrait tre aism5t complt4 ,les citoy5s1 t\t en y possdant p]sonnellem5t1 ab&onn5t leurs amis ou leur emprunt5t l'usage commun de c]ta9s objets4 ,a9si1 ,lacdmone1 *acun emploie les esclaves1 les *evaux et les *i5s d'autrui1 comme s'ils lui app>t5ai5t en propre2 et cette communaut s't5d jusque sur les provisions de voyage1 qu& on e/ surpris aux *amps p> le beso94 ,il e/ donc videmm5t prfrable que la proprit soit p>ticulire et que l'usage seul la r5de commune4 ,am5] les esprits ce po9t de bi5veillance reg>de spcialem5t le lgislateur4 ,du re/e1 on ne saurait dire t\t ce qu'a de dlicieux l'ide et le s5tim5t de la proprit4 ,l'am\r de soi1 que *acun de n\s possde1 n'e/ po9t un s5tim5t rprh5sible2 c'e/ un s5tim5t t\t fait naturel2 ce qui n'emp*e pas qu'on blme bon droit l'gsme1 qui n'e/ plus ce s5tim5t lui-mme et qui n'en e/ qu'un c\pable excs2 comme on blme l'av>ice1 quoiqu'il soit naturel1 on peut dire1 t\s les hommes d'aim] l'arg5t4 ,c'e/ un gr& *>me que d'oblig] et de sec\rir des amis1 des htes1 des compagnons2 et ce n'e/ que la proprit individuelle qui n\s assure ce bonheur-l4 ,on le dtruit1 qu& on prt5d tablir cette unit excessive de l'tat1 de mme qu'on enlve encore deux autres v]tus t\te occasion de s'ex]c]3 d'abord la cont95ce1 c> c'e/ une v]tu que de respect] p> sagesse la femme d'autrui2 et en second lieu1 la gnrosit1 qui ne va qu'avec la proprit2 c>1 dans cette rpublique1 le citoy5 ne peut jamais se montr] libral1 ni faire aucun acte de gnrosit1 puisque cette v]tu ne peut natre que de l'emploi de ce qu'on possde4 ,le sy/me de ,platon a1 je l'av\e1 une app>5ce t\t fait sduisante de philan?ropie2 au premi] aspect1 il *>me p> la m]veilleuse rciprocit de bi5veillance qu'il semble devoir inspir] t\s les citoy5s1 surt\t qu& on ent5d faire le procs aux vices des con/itutions actuelles1 et les attribu] t\s ce que la proprit n'e/ pas commune3 p> exemple1 les procs que font natre les contrats1 les condamnations p\r faux tmoignages1 les vils empressem5ts auprs des g5s ri*es2 t\tes *oses qui ti5n5t1 non po9t la possession individuelle des bi5s1 mais la p]v]sit des hommes4 ,et1 en effet1 ne voit-on pas les associs et les propritaires communs bi5 plus s\v5t en procs entre eux que les possesseurs de bi5s p]sonnels8 et encore1 le nombre de ceux qui peuv5t avoir de ces qu]elles dans les associations e/-il bi5 faible comp>ativem5t celui des possesseurs de proprits p>ticulires4 ,d'un autre ct1 il s]ait ju/e d'numr]1 non pas seulem5t les maux1 mais aussi les avantages que la communaut dtruit2 avec elle1 l'exi/5ce me p>at t\t fait impraticable4 ,l'erreur de ,socrate vi5t de la fausset du pr9cipe d'o il "p4 ,sans d\te l'tat et la famille doiv5t avoir une sorte d'unit1 mais non po9t une unit absolue4 ,avec cette unit p\sse un c]ta9 po9t1 l'tat n'exi/e plus2 ou1 s'il exi/e1 sa situation e/ dplorable2 c> il e/ t\j\rs la veille de ne plus tre4 ,autant vaudrait prt5dre faire un accord avec un seul son1 un rhy?me avec une seule mesure4 ,c'e/ p> l'ducation qu'il convi5t de ram5] la communaut et l'unit l'tat qui e/ multiple1 comme je l'ai dj dit2 et je m'tonne qu'en prt5dant introduire l'ducation1 et1 p> elle1 le bonheur dans l'tat1 on s'imag9e p\voir le rgl] p> de tels moy5s1 plutt que p> les moeurs1 la philosophie et les lois4 ,on p\vait voir qu' ,lacdmone et en ,crte le lgislateur a eu la sagesse de fond] la communaut des bi5s sur l'usage des repas publics4 ,on ne peut refus] non plus de t5ir compte de cette longue suite de temps et d'annes1 o1 c]tes1 un tel sy/me1 s'il tait bon1 ne s]ait pas re/ inconnu4 ,en ce g5re1 t\t1 on peut le dire1 a t imag92 mais telles ides n'ont pas pu pr5dre1 et telles autres ne sont pas mises en usage1 bi5 qu'on les connaisse4 ,ce que n\s disons de la ,rpublique de ,platon s]ait encore bi5 autrem5t vid5t si l'on voyait un g\v]nem5t p>eil exi/] en ralit4 ,on ne p\rrait d'abord l'tablir qu' cette condition1 de p>tag] et d'individualis] la proprit en en donnant une portion1 ici aux repas communs1 l l'entreti5 des phratries et des tribus4 ,alors t\te cette lgislation n'ab\tirait qu' int]dire l'agriculture aux gu]ri]s2 et c'e/ prcism5t ce que de nos j\rs *]*5t faire les ,lacdmoni5s4 ,quant au g\v]nem5t gnral de cette communaut1 ,socrate n'en dit mot1 et il n\s s]ait t\t aussi difficile qu' lui d'en dire davantage2 et cep5dant la masse de la cit se compos]a de cette masse de citoy5s p\r lesquels on n'aura ri5 /atu4 ,p\r les lab\reurs1 p> exemple1 la proprit s]a-t-elle p>ticulire1 ou s]a-t-elle commune8 leurs femmes et leurs enfants s]ont-ils ou ne s]ont-ils pas en commun8 ,si les rgles de la communaut sont les mmes p\r t\s1 o s]a la diffr5ce des lab\reurs aux gu]ri]s8 o s]a p\r les premi]s la comp5sation de l'obissance qu'ils doiv5t aux autres8 qui leur appr5dra mme obir8 mo9s qu'on n'emploie leur g>d l'expdi5t des ,crtois1 qui ne df5d5t que deux *oses leurs esclaves1 se livr] la gymna/ique1 et possd] des armes4 ,si t\s ces po9ts sont rgls ici comme ils le sont dans les autres tats1 que devi5dra ds lors la communaut8 ,on aura ncessairem5t con/itu dans l'tat deux tats ennemis l'un de l'autre3 c>1 des lab\reurs et des artisans1 on aura fait des citoy5s2 et1 des gu]ri]s1 on aura fait des surveillants *>gs de les g>d] p]ptuellem5t4 ,quant aux diss5sions1 aux procs et aux autres vices que ,socrate repro*e aux socits actuelles1 j'affirme qu'ils se retr\v]ont t\s1 sans exception1 dans la si5ne4 ,il s\ti5t que1 grce l'ducation1 il ne faudra po9t dans sa ,rpublique t\s ces rglem5ts sur la police1 la t5ue des m>*s et autres matires aussi peu importantes2 et cep5dant il ne donne d'ducation qu' ses gu]ri]s4 ,d'un autre ct1 il laisse aux lab\reurs la proprit des t]res1 la condition d'en livr] les produits2 mais il e/ =t cra9dre que ces propritaires-l ne soi5t bi5 autrem5t indociles1 bi5 autrem5t fi]s que les hilotes1 les pne/es ou tant d'autres esclaves4 ,socrate1 au re/e1 n'a ri5 dit sur l'importance relative de t\tes ces *oses4 ,il n'a po9t p>l davantage de plusieurs autres qui leur ti5n5t de bi5 prs1 telles que le g\v]nem5t1 l'ducation et les lois spciales la classe des lab\reurs3 or il n'e/ ni plus facile ni mo9s important de savoir comm5t on l'organis]a1 p\r que la communaut des gu]ri]s puisse subsi/] ct d'elle4 ,supposons que p\r les lab\reurs ait lieu la communaut des femmes avec la division des bi5s3 qui s]a *>g de l'adm9i/ration1 comme les m>is le sont de l'agriculture8 ,qui en s]a *>g1 en admettant p\r les lab\reurs l'gale communaut des femmes et des bi5s8 ,c]tes1 il e/ =t trange d'all] ici *]*] une comp>aison p>mi les animaux1 p\r s\t5ir que les fonctions des femmes doiv5t tre absolum5t celles des m>is1 auxquels on int]dit1 du re/e1 t\te occupation intrieure4 ,l'tablissem5t des autorits1 tel que le propose ,socrate1 (fre encore bi5 des dang]s3 il les veut p]ptuelles2 cela seul suffirait p\r caus] des gu]res civiles1 mme *ez des hommes peu jal\x de leur dignit1 plus =te raison p>mi des g5s belliqueux et ple9s de coeur4 ,mais cette p]ptuit e/ indisp5sable dans la ?orie de ,socrate3 ,dieu v]se l'or1 non po9t tantt dans l'me des uns1 tantt dans l'me des autres1 mais t\j\rs dans les mmes mes4 ,a9si ,socrate s\ti5t qu'au mom5t mme de la naissance1 ,dieu mle de l'or dans l'me de ceux-ci2 de l'arg5t1 dans l'me de ceux-l2 de l'aira9 et du f]1 dans l'me de ceux qui doiv5t tre artisans et lab\reurs4 ,il a beau int]dire t\s plaisirs ses gu]ri]s1 il n'en prt5d pas mo9s que le devoir du lgislateur e/ de r5dre heureux l'tat t\t enti]2 mais l'tat t\t enti] ne saurait tre heureux1 qu& la plup>t ou quelques-uns de ses membres1 s9on t\s1 sont privs de bonheur4 ,c'e/ que le bonheur ne ressemble pas aux nombres pairs1 dans lesquels la somme peut avoir telle proprit que n'a aucune des p>ties4 ,en fait de bonheur1 il en e/ t\t autrem5t2 et si les df5seurs mmes de la cit ne sont pas heureux1 qui donc p\rra prt5dre l'tre8 ,ce ne sont po9t app>emm5t les artisans1 ni la masse des ouvri]s atta*s aux travaux mcaniques4 ,voil quelques-uns des inconvni5ts de la rpublique vante p> ,socrate2 j'en p\rrais indiqu] encore plus d'un autre non mo9s grave4 ,,xxii4 ,il ne faut pas oubli]1 qu& on porte des lois semblables1 un po9t nglig p> ,phalz et ,platon3 c'e/ qu'en fixant a9si la quotit des =tunes1 il faut aussi fix] la quantit des enfants4 ,si le nombre des enfants n'e/ plus en rapport avec la proprit1 il faudra bi5tt enfre9dre la loi2 et mme1 sans en v5ir l1 il e/ dang]eux que tant de citoy5s pass5t de l'aisance la misre1 p>ce que ce s]a *ose difficile1 dans ce cas1 qu'ils n'ai5t po9t le dsir des rvolutions4 ,cette influ5ce de l'galit des bi5s sur l'association politique a t comprise p> quelques-uns des anci5s lgislateurs2 tmo9 ,solon dans ses lois1 tmo9 la loi qui int]dit l'acquisition illimite des t]res4 ,c'e/ d'aprs le mme pr9cipe que c]ta9es lgislations1 comme celle de ,locres1 int]dis5t de v5dre son bi51 mo9s de malheur p>faitem5t con/at1 ou qu'elles prescriv5t encore de ma9t5ir les lots primitifs4 ,l'abrogation d'une loi de ce g5re1 ,leucade1 r5dit la con/itution compltem5t dmocratique1 p>ce que1 ds lors1 on p>v9t aux magi/ratures sans les conditions de c5s autrefois exiges4 ,mais cette galit mme1 si on la suppose tablie1 n'emp*e pas que la limite lgale des =tunes ne puisse tre ou trop l>ge1 ce qui amn]ait dans la cit le luxe et la mollesse2 ou trop troite1 ce qui amn]ait la gne p>mi les citoy5s4 ,a9si1 il ne suffit pas au lgislateur d'avoir r5du les =tunes gales1 il faut qu'il leur ait donn de ju/es proportions4 ,ce n'e/ mme avoir encore ri5 fait que d'avoir tr\v cette mesure p>faite p\r t\s les citoy5s2 le po9t important1 c'e/ de nivel] les passions bi5 plutt que les proprits2 et cette galit-l ne rsulte que de l'ducation rgle p> de bonnes lois4 ,phalz p\rrait ici rpondre que c'e/ l prcism5t ce qu'il a dit lui-mme3 c>1 ses yeux1 les bases de t\t tat sont l'galit de =tune et l'galit d'ducation4 ,mais cette ducation1 que s]a-t-elle8 ,c'e/ l ce qu'il faut dire4 ,ce n'e/ ri5 que de l'avoir faite une et la mme p\r t\s4 ,elle peut tre p>faitem5t une et la mme p\r t\s les citoy5s1 et tre telle cep5dant qu'ils n'en sort5t qu'avec une insatiable avidit de ri*esses ou d'honneurs1 ou mme avec ces deux passions la fois4 ,de plus1 les rvolutions naiss5t t\t aussi bi5 de l'9galit des honneurs que de l'9galit des =tunes4 ,les prt5dants seuls s]ai5t ici diffr5ts4 ,la f\le se rvolte de l'9galit des =tunes1 et les hommes suprieurs s'indign5t de l'gale rp>tition des honneurs2 c'e/ le mot du pote3 ,quoi6 le l*e et le brave tre gaux en e/ime8 ,c'e/ que les hommes sont p\sss au crime non pas seulem5t p> le beso9 du ncessaire1 que ,phalz compte apais] avec l'galit des bi5s1 excell5t moy51 selon lui1 d'emp*] qu'un homme n'en dtr\sse un autre p\r ne pas m\rir de faim ou de froid2 ils y sont p\sss encore p> le beso9 d'te9dre leurs dsirs dans la j\issance4 ,si ces dsirs sont dsordonns1 les hommes auront rec\rs au crime p\r gurir le mal qui les t\rm5te2 et j'aj\te mme qu'ils s'y livr]ont non-seulem5t p> cette raison1 mais aussi p> le simple motif1 si leurs caprices les y port5t1 de n'tre po9t tr\bls dans leurs j\issances4 ces trois maux1 quel s]a le remde8 ,d'abord la proprit1 quelque m9ce qu'elle soit1 et l'habitude du travail1 puis la temprance2 et1 enf91 p\r celui qui veut tr\v] le bonheur en lui-mme1 le remde ne s]a po9t *]*] ailleurs que dans la philosophie3 c> les plaisirs autres que les si5s ne peuv5t se pass] de l'int]mdiaire des hommes4 ,c'e/ le sup]flu et non le beso9 qui fait commettre les gr&s crimes4 ,on n'usurpe pas la tyrannie p\r se g>antir de l'intemprie de l'air2 et1 p> le mme motif1 les gr&es di/9ctions sont rs]ves non pas au meurtri] d'un voleur1 mais au meurtri] d'un tyran4 ,a9si l'expdi5t politique propos p> ,phalz n'(fre de g>antie que contre les crimes de peu d'importance4 ,phalz a eu tort aussi d'appel]1 d'une manire gnrale1 galit des =tunes1 l'gale rp>tition des t]res1 laquelle il se borne2 c> la =tune compr5d encore les esclaves1 les tr\peaux1 l'arg5t et t\tes ces proprits qu'on nomme mobilires4 ,la loi d'galit doit tre t5due t\s ces objets2 ou1 du mo9s1 il faut les s\mettre c]ta9es limites rgulires1 ou bi5 ne /atu] absolum5t ri5 l'g>d de la proprit4 ,sa lgislation p>at1 au re/e1 n'avoir en vue qu'un tat peu t5du1 puisque t\s les artisans doiv5t y tre la proprit de l'tat1 sans y =m] une classe accessoire de citoy5s4 ,si les ouvri]s *>gs de t\s les travaux app>ti5n5t l'tat1 il faut que ce soit aux conditions tablies p\r ceux d'pidamne1 ou p\r ceux d',a?nes p> ,diophante4 ,ce que n\s avons dit de la con/itution de ,phalz suffit p\r qu'on en juge les mrites et les dfauts4 ,,xxiii4 ,ari/ote met en p\dre dans les *apitres suivants t\s les sy/mes de communaut1 t\s les rves de ,socrate et de ,platon1 t\tes les lgislations de ,crte et de ,sp>te1 celle mme de ,solon faisant rgir les hommes p> le has>d du sort2 il exam9e ensuite ce qu'e/ dev5u le citoy54 ,c'e/1 dit-il1 l'habitant susceptible d'tre lev au p\voir civil4 ,il passe de l l'tat lui-mme et aux diffr5tes =mes de con/itution3 mon>*ie1 olig>*ie1 ari/ocratie1 dmagogie4 ,il les analyse comme n\s le faisons auj\rd'hui1 il tudie les pr9cipes d'aprs lesquels on doit donn] la s\v]a9et un1 ou plusieurs1 ou t\s les citoy5s4 ,on voit qu'il n'e/ satisfait d'aucun4 c\tez-le ici3 ,de plus1 comme l'galit et l'9galit compltes sont inju/es entre des individus qui ne sont gaux ou 9gaux entre eux que sur un seul po9t1 t\s les g\v]nem5ts o l'galit et l'9galit sont tablies sur des bases de ce g5re sont ncessairem5t corrompus4 ,n\s avons dit aussi plus haut que t\s les citoy5s ont raison de se croire des droits1 mais que t\s ont tort de se croire des droits absolus3 les ri*es1 p>ce qu'ils possd5t une plus l>ge "p du t]ritoire commun de la cit et qu'ils ont ord9airem5t plus de crdit dans les transactions comm]ciales2 les nobles et les hommes libres1 classes =t vois9es l'une de l'autre1 p>ce que la noblesse e/ plus rellem5t citoy5ne que la roture1 et que la noblesse e/ e/ime *ez t\s les peuples2 et de plus1 p>ce que des desc5dants v]tueux doiv5t1 selon t\te app>5ce1 avoir de v]tueux anctres2 c> la noblesse n'e/ qu'un mrite de race4 ,c]tes1 la v]tu peut1 selon n\s1 lev] la voix non mo9s ju/em5t2 la v]tu sociale1 c'e/ la ju/ice1 et t\tes les autres ne vi5n5t ncessairem5t que comme des consqu5ces aprs elle4 ,enf9 la majorit aussi a des prt5tions qu'elle peut oppos] celles de la m9orit2 c> la majorit1 prise dans son ensemble1 e/ plus puissante1 plus ri*e et meilleure que le petit nombre4 ,supposons donc la runion1 dans un seul tat1 d'individus di/+us1 nobles1 ri*es1 d'une "p2 et1 de l'autre1 d'une multitude qui l'on peut accord] des droits politiques3 p\rra-t-on dire sans hsitation qui doit app>t5ir la s\v]a9et8 ou le d\te s]a-t-il encore possible8 ,dans *acune des con/itutions que n\s avons numres plus haut1 la "q de savoir qui doit comm&] n'en peut faire une1 puisque leur diffr5ce repose prcism5t sur celle du s\v]a94 ,ici la s\v]a9et e/ aux ri*es2 l1 aux citoy5s di/+us2 et a9si du re/e4 ,voyons cep5dant ce que l'on doit faire qu& t\tes ces conditions div]ses se r5contr5t simultanm5t dans la cit4 ,en supposant que la m9orit des g5s de bi5 soit extrmem5t faible1 comm5t p\rra-t-on /atu] son g>d8 ,reg>d]a-t-on si1 t\te faible qu'elle e/1 elle peut suffire cep5dant g\v]n] l'tat1 ou mme =m] p> elle seule une cit complte8 ,mais alors se prs5te une objection qui e/ galem5t ju/e contre t\s les prt5dants au p\voir politique1 et qui semble r5v]s] t\tes les raisons de ceux qui rclam5t l'autorit comme un droit de leur =tune1 aussi bi5 que de ceux qui la rclam5t comme un droit de leur naissance4 ,en adoptant le pr9cipe qu'ils allgu5t p\r eux-mmes1 la prt5due s\v]a9et devrait videmm5t pass] l'individu qui s]ait lui seul plus ri*e que t\s les autres ensemble2 et1 de mme1 le plus noble p> sa naissance l'emport]ait sur t\s ceux qui ne font valoir que leur lib]t4 ,mme objection t\te p>eille contre l'ari/ocratie1 qui se fonde sur la v]tu2 c>1 si tel citoy5 e/ suprieur en v]tu t\s les membres du g\v]nem5t1 g5s eux-mmes =t e/imables1 le mme pr9cipe lui confre la s\v]a9et4 ,mme objection encore contre la s\v]a9et de la multitude1 fonde sur la supriorit de sa =ce relativem5t la m9orit2 c>1 si un individu p> has>d ou quelques individus1 mo9s nombreux t\tefois que la majorit1 sont plus =ts qu'elle1 la s\v]a9et leur app>ti5dra de prfr5ce plutt qu' la f\le4 ,t\t ceci semble dmontr] clairem5t qu'il n'y a de complte ju/ice dans aucune des prrogatives1 au nom desquelles *acun rclame le p\voir p\r soi et l'ass]vissem5t p\r les autres4 ,aux prt5tions de ceux qui rev5diqu5t l'autorit p\r leur mrite ou p\r leur =tune1 la multitude p\rrait oppos] d'excell5tes raisons4 ,ri5 n'emp*e1 en effet1 qu'elle ne soit plus ri*e et plus v]tueuse que la m9orit1 non po9t individuellem5t1 mais en masse4 ,ceci mme rpond une objection que l'on met en avant et qu'on rpte s\v5t comme =t grave3 on dem&e si1 dans le cas que n\s avons suppos1 le lgislateur qui veut tablir des lois p>faitem5t ju/es doit avoir en vue l'intrt de la multitude ou celui des citoy5s di/+us4 ,la ju/ice ici1 c'e/ l'galit2 et cette galit de la ju/ice se rapporte autant l'intrt gnral de l'tat qu' l'intrt individuel des citoy5s4 ,or le citoy5 en gnral e/ l'individu qui a "p l'autorit et l'obissance publiques1 la condition du citoy5 tant d'ailleurs v>iable suivant la con/itution2 et1 dans la rpublique p>faite1 c'e/ l'individu qui peut et qui veut librem5t obir et g\v]n] t\r t\r1 suivant les prceptes de la v]tu4 ,si dans l'tat un individu1 ou mme plusieurs individus1 trop peu nombreux t\tefois p\r =m] entre eux seuls une cit entire1 ont une telle supriorit de mrite que le mrite de t\s les autres citoy5s ne puisse entr] en balance1 et que l'influ5ce politique de cet individu unique1 ou de ces individus1 soit incomp>ablem5t plus =te1 de tels hommes ne peuv5t tre compris dans la cit4 ,ce s]a leur faire injure que de les rduire l'galit commune1 qu& leur mrite et leur importance politiques les mett5t si compltem5t hors de comp>aison2 de tels p]sonnages sont1 on peut dire1 des dieux p>mi les hommes4 ,n\velle preuve que la lgislation ne doit ncessairem5t conc]n] que des individus gaux p> leur naissance et p> leurs facults4 ,mais la loi n'e/ po9t faite p\r ces tres suprieurs2 ils sont eux-mmes la loi4 ,il s]ait ridicule de t5t] de les s\mettre la con/itution2 c> ils p\rrai5t rpondre ce que1 suivant ,anti/hne1 les lions rpondir5t au dcret r5du p> l'assemble des livres sur l'galit gnrale des animaux4 ,voil aussi l'orig9e de l'o/racisme dans les tats dmocratiques1 qui1 plus que t\s les autres1 se montr5t jal\x de l'galit4 ,ds qu'un citoy5 semblait s'lev] au-dessus de t\s les autres p> sa ri*esse1 p> la f\le de ses p>tisans1 ou p> t\t autre avantage politique1 l'o/racisme v5ait le frapp] d'un exil plus ou mo9s long4 ,dans la my?ologie1 les ,argonautes n'ont po9t d'autre motif p\r ab&onn] ,h]cule2 ,argo dcl>e qu'elle ne veut pas le port]1 p>ce qu'il e/ beauc\p plus pesant que le re/e de ses compagnons4 ,aussi a-t-on bi5 tort de blm] d'une manire absolue la tyrannie et le conseil que ,pri&re donnait ,?rasybule3 p\r t\te rponse l'envoy qui v5ait lui dem&] conseil1 il se cont5ta de nivel] une c]ta9e quantit d'pis1 en cassant ceux qui dpassai5t les autres4 ,le messag] ne comprit ri5 au motif de cette action2 mais ,?rasybule1 qu& on l'en in=ma1 ent5dit =t bi5 qu'il devait se dfaire des citoy5s puissants4 ,cet expdi5t n'e/ pas utile seulem5t aux tyrans2 aussi ne sont-ils pas les seuls en us]4 ,on l'emploie avec un gal succs dans les olig>*ies et dans les dmocraties4 ,l'o/racisme y produit peu prs les mmes rsultats1 en arrtant p> l'exil la puissance des p]sonnages qu'il frappe4 ,qu& on e/ en mesure de le p\voir1 on applique ce pr9cipe politique des tats1 des peuples enti]s4 ,on peut voir la conduite des ,a?ni5s l'g>d des ,sami5s1 des ,*iotes et des ,lesbi5s4 pe9e leur puissance fut-elle aff]mie1 qu'ils eur5t so9 d'affaiblir leurs sujets1 en dpit de t\s les traits2 et le roi des ,p]ses a plus d'une fois *ti les ,mdes1 les ,babyloni5s et d'autres peuples1 t\t fi]s encore des s\v5irs de leur antique dom9ation4 ,cette "q intresse t\s les g\v]nem5ts sans exception1 mme les bons4 ,les g\v]nem5ts corrompus emploi5t ces moy5s-l dans un intrt p>ticuli]2 mais on ne les emploie pas mo9s dans les g\v]nem5ts d'intrt gnral4 ,on peut claircir ce raisonnem5t p> une comp>aison emprunte aux autres sci5ces1 aux autres arts4 ,le pe9tre ne laiss]a po9t dans son tableau un pi$ qui dpass]ait les proportions des autres p>ties de la figure1 ce pi$ ft-il beauc\p plus beau que le re/e2 le *>p5ti] de m>9e ne recevra pas davantage une pr\e1 ou telle autre pice du btim5t1 si elle e/ disproportionne2 et le *ori/e en *ef n'admettra po9t1 dans un conc]t1 une voix plus =te et plus belle que t\tes celles qui =m5t le re/e du *oeur4 ,ri5 n'emp*e donc les mon>ques de se tr\v] en ceci d'accord avec les tats qu'ils rgiss5t1 si de fait ils ne rec\r5t cet expdi5t que qu& la cons]vation de leur propre p\voir e/ dans l'intrt de l'tat4 ,a9si les pr9cipes de l'o/racisme appliqu aux supriorits bi5 reconnues ne sont pas dnus de t\te quit politique4 ,il e/ c]ta9em5t prfrable que la cit1 grce aux in/itutions primitives du lgislateur1 puisse se pass] de ce remde2 mais1 si le lgislateur reoit de seconde ma9 le g\v]nail de l'tat1 il peut1 dans le beso91 rec\rir ce moy5 de r=me4 ,ce n'e/ po9t a9si1 du re/e1 qu'on l'a jusqu' prs5t employ3 on n'a po9t considr le mo9s du monde dans l'o/racisme l'intrt vritable de la rpublique1 et l'on en a fait une simple affaire de faction4 ,p\r les g\v]nem5ts corrompus1 l'o/racisme en s]vant un intrt p>ticuli] e/ aussi p> cela mme videmm5t ju/e2 mais il e/ t\t aussi vid5t qu'il n'e/ po9t d'une ju/ice absolue4 ,dans la cit p>faite1 la "q e/ bi5 autrem5t difficile4 ,la supriorit sur t\t autre po9t que le mrite1 ri*esse ou influ5ce1 ne peut caus] d'emb>ras2 mais que faire contre la supriorit de mrite8 ,c]tes1 on ne dira pas qu'il faut bannir ou *ass] le citoy5 qu'elle di/+ue4 ,on ne prt5dra pas davantage qu'il faut le rduire l'obissance2 c> prt5dre au p>tage du p\voir1 ce s]ait donn] un matre ,jupit] lui-mme4 ,le seul p>ti que naturellem5t t\s les citoy5s sembl5t devoir adopt]1 e/ de se s\mettre de leur ple9 gr ce gr& homme1 et de le pr5dre p\r roi durant sa vie entire4 ,,xxiv4 ,il conclut ici que la royaut ne peut tre reconnue mo9s que l'individu c\ronn ne soit videmm5t suprieur en tal5t et en v]tu t\s les autres4 ,la rpublique ou l'tat p>fait doit p>ticip] du p\voir absolu p> la vigueur de l'autorit1 du p\voir olig>*ique p> la sagesse des conseils4 ,il e/ cep5dant trs-vid5t que sa qualit natale de sujet d'un roi comme ,philippe1 et de prcepteur d'un hros-roi comme ,alex&re1 font g>d] ,ari/ote des mnagem5ts discrets p\r la royaut4 ,de l sa p]te4 ,le philosophe p>fait se retr\ve dans des considrations m]veilleusem5t sagaces sur l'ducation gnrale des citoy5s3 ,l'association politique tant t\j\rs compose de *efs et de subordonns1 je dem&e si l'autorit et l'obissance doiv5t tre alt]natives ou viagres4 ,il e/ clair que le sy/me de l'ducation devra se rapport] ces gr&es divisions des citoy5s entre eux4 ,si quelques hommes l'emportai5t sur les autres hommes autant que1 selon la croyance commune1 les dieux et les hros peuv5t diffr] des mortels1 l'g>d du corps qu'un seul c\p d'oeil suffit p\r jug]1 et mme l'g>d de l'me1 de telle sorte que la supriorit des *efs ft aussi inconte/able et aussi vid5te p\r les sujets1 nul d\te qu'il ne fallt prfr] la p]ptuit de l'obissance p\r les uns1 et du p\voir p\r les autres4 ,mais ces dissemblances sont *oses =t difficiles con/at]2 et il n'en e/ po9t du t\t ici comme p\r ces rois de l',inde qui1 selon ,scylax1 l'emport5t si compltem5t sur les sujets qui leur obiss5t4 ,il e/ donc vid5t que1 p> bi5 des motifs1 l'alt]native de l'autorit et de la s\mission doit ncessairem5t tre commune t\s les citoy5s4 ,l'galit e/ l'id5tit d'attributions entre des tres semblables1 et l'tat ne saurait vivre contre les lois de l'quit3 les factieux que le pays r5f]me t\j\rs tr\v]ai5t de con/ants appuis dans les sujets mcont5ts1 et les membres du g\v]nem5t ne saurai5t jamais tre assez nombreux p\r rsi/] tant d'ennemis runis4 ,cep5dant il e/ inconte/able qu'il doit y avoir une diffr5ce entre les *efs et les subordonns4 ,quelle s]a cette diffr5ce1 et quelle s]a la rp>tition du p\voir8 ,telles sont les que/ions que doit rs\dre le lgislateur4 ,n\s l'avons dj dit3 c'e/ la nature elle-mme qui a trac la ligne de dm>cation1 en crant dans une espce id5tique les classes des jeunes et des vieux1 les uns de/9s obir1 les autres capables de comm&]4 ,une autorit confre p> l'ge ne peut irrit] la jal\sie1 ni enfl] la vanit de p]sonne1 surt\t lorsque *acun e/ assur d'obt5ir avec les annes la mme prrogative4 ,a9si l'autorit et l'obissance doiv5t tre la fois p]ptuelles et alt]natives2 et1 p> suite1 l'ducation doit tre la fois p>eille et div]se2 puisque1 de l'aveu de t\t le monde1 l'obissance e/ la vritable cole du comm&em5t4 ,,xxv4 ,on regrette de tr\v] ici la recomm&ation platonique de l'ab&on des enfants dif=mes2 loi huma9e en opposition la loi div9e4 ,alex&re et t ab&onn1 c> il tait dif=me d'une paule4 ,on a c\tume de donn] le nom de rpublique aux g\v]nem5ts qui incl95t la dmocratie1 et celui d'ari/ocratie aux g\v]nem5ts qui incl95t l'olig>*ie2 c'e/ que le plus ord9airem5t les lumires et la noblesse sont le p>tage des ri*es2 ils sont combls en outre de ces avantages que d'autres a*t5t si s\v5t p> le crime1 et qui assur5t leurs possesseurs un r5om de v]tu et une haute considration4 ,comme le sy/me ari/ocratique a p\r b de donn] la suprmatie politique ces citoy5s m95ts1 on a prt5du1 p> suite1 que les olig>*ies se compos5t en majorit d'hommes v]tueux et e/imables4 ,or il semble impossible qu'un g\v]nem5t dirig p> les meilleurs citoy5s ne soit pas un excell5t g\v]nem5t1 un mauvais g\v]nem5t ne devant pes] que sur les tats rgis p> des hommes corrompus4 ,et1 rciproquem5t1 il semble impossible que1 l o l'adm9i/ration n'e/ pas bonne1 l'tat soit g\v]n p> les meilleurs citoy5s4 ,mais il faut rem>qu] que de bonnes lois ne con/itu5t pas elles seules un bon g\v]nem5t1 et qu'il importe surt\t que ces bonnes lois soi5t obs]ves4 ,il n'y a donc de bon g\v]nem5t d'abord que celui o l'on obx la loi1 ensuite que celui o la loi laquelle on obx e/ fonde sur la raison2 c> on p\rrait aussi obir des lois draisonnables4 ,l'excell5ce de la loi peut du re/e s'ent5dre de deux faons3 la loi e/1 ou la meilleure possible relativem5t aux circon/ances1 ou la meilleure possible d'une manire gnrale et absolue4 ,le pr9cipe ess5tiel de l'ari/ocratie p>at tre d'attribu] la prdom9ance politique la v]tu2 c> le c>actre spcial de l'ari/ocratie1 c'e/ la v]tu1 comme la ri*esse e/ celui de l'olig>*ie1 et la lib]t1 celui de la dmocratie4 ,t\tes trois admett5t d'ailleurs la suprmatie de la majorit1 puisque1 dans les unes comme dans les autres1 la dcision prononce p> le plus gr& nombre des membres du corps politique a t\j\rs =ce de loi4 ,si la plup>t des g\v]nem5ts pr5n5t le nom de rpublique1 c'e/ qu'ils *]*5t presque t\s uniquem5t comb9] les droits des ri*es et des pauvres1 de la =tune et de la lib]t2 et la ri*esse semble presque p>t\t t5ir lieu de mrite et de v]tu4 ,trois lm5ts dans l'tat se disput5t l'galit3 ce sont la lib]t1 la ri*esse et le mrite4 ,je ne p>le pas d'un quatrime qu'on appelle la noblesse2 c> il n'e/ qu'une consqu5ce de deux autres1 et la noblesse n'e/ qu'une anci5net de ri*esse et de tal5t4 ,or la comb9aison des deux premi]s lm5ts donne videmm5t la rpublique1 et la comb9aison de t\s les trois donne l'ari/ocratie plutt que t\te autre =me4 ,je classe t\j\rs "p la vritable ari/ocratie dont j'ai d'abord p>l4 ,a9si n\s avons dmontr qu' ct de la mon>*ie1 de la dmocratie et de l'olig>*ie1 il exi/e encore d'autres sy/mes politiques4 ,n\s avons expliqu la nature de ces sy/mes1 les diffr5ces des ari/ocraties entre elles1 et les diffr5ces des rpubliques aux ari/ocraties2 enf9 l'on doit voir que t\tes ces =mes sont mo9s loignes qu'on ne p\rrait le croire les unes des autres4 ,,xxv4 ,t\t considr1 la =tune moy5ne e/ la meilleure base du g\v]nem5t4 ,l'indiscipl9e corrompt les ri*es1 l'indig5ce ass]vit le c>actre des pauvres4 ,il e/ vid5t que l'association politique e/ surt\t la meilleure qu& elle e/ =me p> des citoy5s de =tune moy5ne2 les tats bi5 adm9i/rs sont ceux o la classe moy5ne e/ plus nombreuse et plus puissante que les deux autres runies1 ou du mo9s que *acune d'elles sp>m5t4 ,en se rangeant de l'un ou de l'autre ct1 elle rtablit l'quilibre et emp*e qu'aucune prpondrance excessive ne se =me4 ,c'e/ donc un gr& bonheur que les citoy5s ai5t une =tune mode/e1 mais suffisant t\s leurs beso9s4 ,p>t\t o la =tune extrme e/ ct de l'extrme indig5ce1 ces deux excs amn5t ou la dmagogie absolue1 ou l'olig>*ie pure1 ou la tyrannie2 la tyrannie sort du se9 d'une dmagogie effrne1 ou d'une olig>*ie extrme1 bi5 plus s\v5t que du se9 des classes moy5nes1 et des classes vois9es de celles-l4 ,plus t>d1 n\s dirons p\rquoi1 qu& n\s p>l]ons des rvolutions4 ,un autre avantage non mo9s vid5t de la moy5ne proprit1 c'e/ qu'elle e/ la seule qui ne s'insurge jamais4 ,l o les =tunes aises sont nombreuses1 il y a bi5 mo9s de m\vem5ts et de diss5sions rvolutionnaires4 ,les gr&es cits ne doiv5t leur tranquillit qu' la prs5ce des =tunes moy5nes1 qui y sont si nombreuses4 ,dans les petites1 au contraire1 la masse entire se divise trs-facilem5t en deux camps sans aucun int]mdiaire1 p>ce que t\s1 on peut dire1 y sont ou pauvres ou ri*es4 ,c'e/ aussi la moy5ne proprit qui r5d les dmocraties plus tranquilles et plus durables que les olig>*ies1 o elle e/ mo9s rp&ue1 et a mo9s de "p au p\voir politique1 p>ce que1 le nombre des pauvres v5ant s'accrotre1 sans que celui des =tunes moy5nes s'accroisse proportionnellem5t1 l'tat se corrompt et arrive rapidem5t sa ru9e4 ,il faut aj\t] encore1 comme une sorte de preuve l'appui de ces pr9cipes1 que les bons lgislateurs sont sortis de la classe moy5ne4 ,solon en faisait p>tie1 a9si que ses v]s l'atte/5t2 ,lycurgue app>t5ait cette classe1 c> il n'tait pas roi2 ,*>ondas et tant d'autres y tai5t galem5t ns4 ,ceci doit galem5t n\s faire compr5dre p\rquoi la plup>t des g\v]nem5ts sont ou dmagogiques ou olig>*iques2 c'e/ que1 la moy5ne proprit y tant le plus s\v5t =t r>e1 et t\s ceux qui y dom95t1 que ce soi5t d'ailleurs les ri*es ou les pauvres1 tant t\j\rs galem5t loigns du moy5 t]me1 ils ne s'emp>5t du p\voir que p\r eux seuls1 et con/itu5t ou l'olig>*ie ou la dmagogie4 ,en outre1 les sditions et les luttes tant frqu5tes entre les pauvres et les ri*es1 jamais le p\voir1 quel que soit le p>ti qui triomphe de ses ennemis1 ne repose sur l'galit et sur des droits communs4 ,comme il n'e/ que le prix du combat1 le va9queur qui le saisit en fait ncessairem5t un des deux g\v]nem5ts extrmes1 dmocratie ou olig>*ie4 ,c'e/ a9si que les peuples mmes qui t\r t\r ont eu la haute direction des affaires de la ,grce1 n'ont reg>d qu' leur propre con/itution p\r faire prdom9] dans les tats s\mis leur puissance1 tantt l'olig>*ie1 tantt la dmocratie1 inquiets seulem5t de leurs intrts p>ticuli]s1 et pas le mo9s du monde des intrts de leurs tributaires4 ,aussi n'en a-t-on jamais vu entre ces extrmes de vraie rpublique1 ou du mo9s1 en a-t-on vu r>em5t et p\r bi5 peu de temps4 ,il ne s'e/ r5contr qu'un seul homme1 p>mi t\s ceux qui jadis arrivr5t au p\voir1 qui ait tabli une con/itution de ce g5re2 et ds longtemps les hommes politiques ont r5onc dans les tats *]*] l'galit4 ,ou bi5 l'on t*e de s'emp>] du p\voir2 ou bi5 l'on se rsigne l'obissance qu& on n'e/ pas le plus =t4 ,ces considrations suffis5t p\r montr] quel e/ le meilleur g\v]nem5t1 et ce qui en fait l'excell5ce4 ,quant aux autres con/itutions1 qui sont les div]ses =mes de dmocraties et d'olig>*ies admises p> n\s1 il e/ facile de voir dans quel ordre on doit les class]1 celle-ci la premire1 celle-l la seconde2 et a9si de suite1 selon qu'elles sont meilleures ou mo9s bonnes1 comp>ativem5t au type p>fait que n\s avons donn4 ,ncessairem5t elles s]ont d'autant meilleures qu'elles se rappro*]ont davantage du moy5 t]me1 d'autant mo9s bonnes qu'elles en s]ont plus loignes4 ,j'excepte t\j\rs les cas spciaux1 et j'ent5ds p> l que telle con/itution1 bi5 que prfrable en soi1 e/ cep5dant mo9s bonne que telle autre p\r un peuple p>ticuli]4 ,,xxvii4 ,ari/ote recomm&e de tempr] la turbul5ce des meilleures dmocraties p> l'introduction des propritaires ruraux dans les conseils du peuple4 ,quant cette =me d]nire de la dmagogie1 o l'univ]salit des citoy5s pr5d "p au g\v]nem5t1 t\t tat n'e/ pas fait p\r la support]2 et l'exi/5ce en e/ =t prcaire1 mo9s que les moeurs et les lois ne s'accord5t la ma9t5ir4 ,n\s avons indiqu plus haut la plup>t des causes qui ru95t cette =me politique et les autres tats rpublica9s4 ,p\r tablir ce g5re de dmocratie et transfr] t\t le p\voir au peuple1 les m5eurs t*5t ord9airem5t d'inscrire aux rles civiques le plus de g5s qu'ils peuv5t2 ils n'hsit5t po9t compr5dre au nombre des citoy5s non-seulem5t ceux qui sont dignes de ce titre1 mais aussi t\s les citoy5s bt>ds1 et t\s ceux qui ne le sont que d'un des deux cts3 je veux dire soit du ct du pre1 soit du ct de la mre4 ,t\s ces lm5ts sont bons p\r =m] le g\v]nem5t que ces hommes-l dirig5t4 ,ce sont des moy5s t\t fait la porte des dmagogues4 ,t\tefois1 qu'ils n'en fass5t usage que jusqu' ce que les classes infrieures l'emport5t en nombre sur les hautes classes et les classes moy5nes2 qu'ils se g>d5t bi5 d'all] au del2 c>1 en dpassant cette limite1 on se donne une f\le indiscipl9able1 et l'on exaspre les classes leves1 qui support5t si difficilem5t l'empire de la dmocratie4 ,la rvolution de ,cyrne n'eut po9t d'autres causes4 ,on ne rem>que po9t le mal tant qu'il e/ lg]2 mais il s'accrot1 et il frappe alors t\s les yeux4 ,on peut1 dans l'intrt de cette dmocratie1 employ] les moy5s dont ,cli/hne ft usage ,a?nes p\r fond] le p\voir populaire1 et qu'appliqur5t aussi les dmocrates de ,cyrne4 ,il faut crer en plus gr& nombre de n\velles phratries2 il faut sub/itu] aux sacrifices p>ticuli]s des ftes religieuses1 peu frqu5tes1 mais publiques2 il faut confondre autant que possible les relations des citoy5s entre eux1 en ayant so9 de rompre t\tes les associations antrieures4 ,t\tes les ruses des tyrans peuv5t mme tr\v] place dans cette dmocratie1 p> exemple1 la dsobissance p]mise aux esclaves1 *ose peut-tre utile jusqu' c]ta9 po9t1 la lic5ce des femmes et des enfants4 ,on accord]a de plus *acun la facult de vivre comme bon lui semble4 cette condition1 bi5 des g5s ne dem&]ont pas mieux que de s\t5ir le g\v]nem5t2 c> les hommes en gnral prfr5t une vie sans discipl9e une vie sage et rgulire4 ,il passe enf9 la ?orie des rvolutions1 son *ef-d'oeuvre6 ,t\tes les p>ties du sujet que n\s n\s proposions de trait] sont donc peu prs puises4 ,p\r faire suite t\t ce qui prcde1 n\s allons tudi]1 d'une "p1 le nombre et la nature des causes qui amn5t les rvolutions dans les tats1 les c>actres qu'elles pr5n5t selon les con/itutions1 et les relations qu'ont le plus ord9airem5t les pr9cipes qu'elles quitt5t avec ceux qu'elles adopt5t2 d'autre "p1 n\s re*]*]ons quels sont1 p\r les tats en gnral1 et p\r *aque tat en p>ticuli]1 les moy5s de cons]vation2 et enf9 n\s v]rons quelles sont les ress\rces spciales de *acun d'eux4 ,n\s avons indiqu dj la cause premire laquelle il faut rapport] la div]sit de t\tes les con/itutions1 la voici3 t\s les sy/mes politiques1 quelque div]s qu'ils soi5t1 reconnaiss5t des droits et une galit proportionnelle entre les citoy5s1 mais t\s s'en c>t5t dans l'application4 ,la dmagogie e/ ne presque t\j\rs de ce qu'on a prt5du r5dre absolue et gnrale une galit qui n'tait relle qu' c]ta9s g>ds4 ,p>ce que t\s sont galem5t libres1 ils ont cru qu'ils devai5t l'tre d'une manire absolue4 ,l'olig>*ie e/ ne de ce qu'on a prt5du r5dre absolue et gnrale une 9galit qui n'tait relle que sur quelques po9ts1 p>ce que1 t\t en n'tant 9gaux que p> la =tune1 ils ont suppos qu'ils devai5t l'tre en t\t et sans limite4 ,les uns1 =ts de cette galit1 ont v\lu que le p\voir politique1 dans t\tes ses attributions1 ft galem5t rp>ti2 les autres1 appuys sur cette 9galit1 n'ont p5s qu' accrotre leurs privilges1 c> les augm5t]1 c'tait augm5t] l'9galit4 ,t\s les sy/mes1 bi5 que ju/es au fond1 sont donc t\s radicalem5t faux dans la pratique4 ,aussi1 de "p et d'autre1 ds que l'on n'obti5t pas en p\voir politique t\t ce que l'on croit si faussem5t mrit]1 on a rec\rs une rvolution4 ,c]tes le droit d'en faire une app>ti5drait bi5 plus lgitimem5t aux citoy5s d'un mrite suprieur1 quoique ceux-l n'us5t jamais de ce droit2 mais1 de fait1 l'9galit absolue n'e/ raisonnable que p\r eux4 ,ce qui n'emp*e pas que bi5 des g5s1 p> cela seul que leur naissance e/ illu/re1 c'e/--dire qu'ils ont p\r eux la v]tu et la ri*esse de leurs anctres qui leur assur5t leur noblesse1 se croi5t1 en v]tu de cette seule 9galit1 =t au-dessus de l'galit commune4 ,telle e/ la cause gnrale1 et1 l'on peut dire1 la s\rce des rvolutions et des tr\bles qu'elles amn5t4 ,dans les *angem5ts qu'elles produis5t1 elles procd5t de deux manires4 ,tantt elles s'attaqu5t au pr9cipe mme du g\v]nem5t1 af9 de remplac] la con/itution exi/ante p> une autre1 sub/ituant p> exemple l'olig>*ie la dmocratie1 ou rciproquem5t2 ou bi51 la rpublique et l'ari/ocratie l'une et l'autre2 ou les deux premires aux deux secondes4 ,tantt la rvolution1 au lieu de s'adress] la con/itution en vigueur1 la g>de telle qu'elle la tr\ve2 mais les va9queurs prt5d5t g\v]n] p]sonnellem5t1 en obs]vant cette con/itution2 et les rvolutions de ce g5re sont surt\t frqu5tes dans les tats olig>*iques et mon>*iques4 ,p>fois la rvolution r5=ce ou amo9drit un pr9cipe4 ,a9si1 l'olig>*ie exi/ant1 la rvolution l'augm5te ou la re/re9t2 de mme p\r la dmocratie1 qu'elle =tifie ou qu'elle affaiblit2 et p\r t\t autre sy/me1 soit qu'elle lui aj\te1 soit qu'elle lui retran*e4 ,p>fois enf91 la rvolution ne veut *ang] qu'une p>tie de la con/itution1 et1 p> exemple1 n'a p\r b que de fond] ou de r5v]s] une c]ta9e magi/rature4 ,c'e/ a9si qu' ,lacdmone1 ,lys&re1 assure-t-on1 v\lut dtruire la royaut2 et ,pausanias1 l'phorie4 ,c'e/ a9si qu' pidamne un seul po9t de la con/itution fut *ang1 et qu'un snat fut sub/itu aux *efs des tribus4 ,auj\rd'hui mme1 il y suffit du dcret d'un seul magi/rat p\r que t\s les membres du g\v]nem5t soi5t t5us de se runir en assemble gnrale2 et1 dans cette con/itution1 l'ar*onte unique e/ un re/e d'olig>*ie4 ,l'9galit e/ t\j\rs1 je le rpte1 la cause des rvolutions1 qu& ri5 ne la comp5se p\r ceux qu'elle atte9t4 ,entre gaux1 une royaut p]ptuelle e/ une 9galit insupportable2 et c'e/ en gnral p\r conqurir l'galit que l'on s'insurge4 ,cette galit si re*]*e e/ d\ble4 ,elle peut s'ent5dre du nombre et du mrite4 ,p> le nombre1 je compr5ds l'galit1 l'id5tit en multitude1 en t5due2 p> le mrite1 l'galit proportionnelle4 ,a9si1 en nombre1 trois surpasse deux comme deux surpasse un2 mais1 proportionnellem5t1 quatre e/ deux comme deux e/ un4 ,deux e/ en effet quatre dans le mme rapport qu'un e/ deux2 c'e/ la moiti de "p et d'autre4 ,on peut tre d'accord sur le fond mme du droit1 et diffr] sur la proportion dans laquelle il doit tre donn4 ,je l'ai dj dit plus haut3 les uns1 gaux en un po9t1 se croi5t gaux d'une manire absolue2 les autres1 9gaux un seul g>d1 veul5t tre 9gaux t\s g>ds sans exception4 ,de l vi5t que la plup>t des g\v]nem5ts sont ou olig>*iques ou dmocratiques4 ,la noblesse1 la v]tu1 sont le p>tage du petit nombre2 et les qualits contraires1 celui de la majorit4 ,dans aucune ville1 on ne cit]ait c5t hommes de naissance illu/re1 de v]tu irrpro*able2 presque p>t\t1 au contraire1 on tr\v]a des masses de pauvres4 ,il e/ dang]eux de prt5dre con/itu] l'galit relle ou proportionnelle dans t\tes leurs consqu5ces2 les faits sont l p\r le pr\v]4 ,les g\v]nem5ts tablis sur ces bases ne sont jamais solides1 p>ce qu'il e/ impossible que1 de l'erreur qui a t primitivem5t commise dans le pr9cipe1 il ne sorte po9t la longue un rsultat vicieux4 ,le plus sage e/ de comb9] ensemble1 et l'galit suivant le nombre1 et l'galit suivant le mrite4 ,quoi qu'il en soit1 la dmocratie e/ plus /able et mo9s sujette aux b\lev]sem5ts que l'olig>*ie4 ,dans les g\v]nem5ts olig>*iques1 l'insurrection peut natre de deux cts1 de la m9orit qui s'insurge contre elle-mme ou contre le peuple2 dans les dmocraties1 elle n'a que la m9orit olig>*ique combattre4 ,le peuple ne s'insurge jamais contre lui-mme1 ou du mo9s les m\vem5ts de ce g5re sont sans importance4 ,la rpublique o dom9e la classe moy5ne1 et qui se rappro*e de la dmocratie plus que ne le fait l'olig>*ie1 e/ aussi le plus /able de t\s ces g\v]nem5ts4 ,,xxviii4 ,l'numration raisonne qu',ari/ote fait en f9issant des causes des rvolutions dpasse imm5sm5t ,fnelon1 ,r\sseau et ,montesquieu4 ,l'imag9ation n'y e/ p\r ri51 t\t e/ en faits4 ,s\s la mon>*ie1 c'e/ l'exagration du pr9cipe d'autorit et d'unit1 ab\tissant la tyrannie qui humilie les sujets2 s\s l'olig>*ie1 le mpris des pauvres2 s\s la dmocratie1 la turbul5ce des multitudes1 m5aant et dp\illant les ri*es4 ,dans la dmagogie surt\t il faut emp*] non-seulem5t qu'on en vi5ne au p>tage des bi5s des ri*es1 mais mme qu'on p>tage l'usufruit2 ce qui1 dans quelques tats1 a lieu p> des moy5s dt\rns4 ,il vaut mieux aussi ne pas accord] aux ri*es1 mme qu& ils le dem&5t1 le droit de subv5ir aux dp5ses publiques1 considrables1 mais sans utilit relle1 telles que les reprs5tations ?trales1 les ftes aux flambeaux et autres dp5ses du mme g5re4 ,dans les olig>*ies1 au contraire1 la sollicitude du g\v]nem5t doit tre =t vive p\r les pauvres2 et1 p>mi les emplois1 il faut qu'on leur accorde ceux qui sont rtribus4 ,il faut punir t\t outrage des ri*es leur g>d beauc\p plus svrem5t que les outrages des ri*es entre eux4 ,enlev]1 en un mot1 t\t vice1 t\t abus1 t\te viol5ce de t\te nature de g\v]nem5t1 c'e/ le moy5 assur de le faire dur] autant que dur5t les *oses mortelles2 c> ,ari/ote ne fait po9t d'utopie et ne se dissimule pas que t\t ce qui a dur doit f9ir4 ,il n'en appelle pas aux *imres1 mais la consci5ce4 ,il revi5t la critique de ,socrate4 ,dans la ,rpublique1 ,socrate p>le aussi des rvolutions2 mais il n'a pas =t bi5 trait ce sujet4 ,il n'assigne mme aucune cause spciale de rvolutions la p>faite rpublique1 au premi] g\v]nem5t4 son avis1 les rvolutions vi5n5t de ce que ri5 ici-bas ne peut subsi/] t]nellem5t1 et que t\t doit *ang] dans un c]ta9 laps de temps2 et il aj\te que ces p]turbations dont la rac9e augm5te d'un ti]s plus c9q donne deux h>monies1 ne comm5c5t que lorsque le nombre a t gomtriquem5t lev au cube1 att5du que la nature cre alors des tres vicieux et radicalem5t incorrigibles4 ,cette d]nire p>tie de son raisonnem5t n'e/ peut-tre pas fausse2 c> il e/ des hommes naturellem5t incapables de recevoir de l'ducation et de dev5ir v]tueux4 ,mais p\rquoi cette rvolution dont p>le ,socrate s'appliqu]ait-elle cette rpublique qu'il n\s donne comme p>faite1 plus spcialem5t qu' t\t autre tat1 ou t\t autre objet de ce monde8 ,mais dans cet in/ant qu'il assigne la rvolution univ]selle1 mme les *oses qui n'ont po9t comm5c d'tre ensemble *ang]ont cep5dant la fois6 et un tre n le premi] j\r de la cata/rophe y s]a compris comme les autres6 ,on peut dem&] encore p\rquoi la p>faite rpublique de ,socrate passe en se *angeant au sy/me lacdmoni54 ,son autorit se *ange en tyrannie1 et c'e/ ce qui arriva jadis la plup>t des olig>*ies sicili5nes4 ,qu'on se s\vi5ne qu' l'olig>*ie succda la tyrannie de ,pantius ,lontium2 ,gla1 celle de ,cl&re2 ,rhges1 celle d',anaxilas1 et qu'on se rappelle tant d'autres qu'on p\rrait cit] galem5t4 ,c'e/ encore une erreur de faire natre l'olig>*ie de l'avidit et des occupations m]cantiles des *efs de l'tat4 ,il faut bi5 plutt en dem&] l'orig9e cette op9ion des hommes gr&es =tunes1 qui croi5t que l'galit politique n'e/ pas ju/e entre ceux qui possd5t et ceux qui ne possd5t pas4 ,dans presque aucune olig>*ie les magi/rats ne peuv5t se livr] au comm]ce1 et la loi le leur int]dit4 ,bi5 plus1 ,c>?age1 qui e/ un tat dmocratique1 les magi/rats font le comm]ce2 et l'tat cep5dant n'a po9t encore pr\v de rvolution4 ,il e/ encore =t s+uli] d'avanc] que dans l'olig>*ie l'tat e/ divis en deux p>tis1 les pauvres et les ri*es2 e/-ce bi5 l une condition plus spciale de l'olig>*ie que de la rpublique de ,sp>te1 p> exemple1 ou de t\t autre g\v]nem5t1 dans lequel les citoy5s ne possd5t pas t\s des =tunes gales1 ou ne sont pas t\s galem5t v]tueux8 ,en supposant mme que p]sonne ne s'appauvrisse1 l'tat n'en passe pas mo9s de l'olig>*ie la dmagogie1 si la masse des pauvre s'accrot1 et de la dmocratie l'olig>*ie1 si les ri*es devi5n5t plus puissants que le peuple1 selon que les uns se rel*5t et que les autres s'appliqu5t au travail4 ,socrate nglige t\tes ces causes si div]ses qui amn5t les rvolutions1 p\r s'atta*] une seule1 attribuant exclusivem5t la pauvret l'inconduite et aux dettes1 comme si t\s les hommes ou du mo9s presque t\s naissai5t dans l'opul5ce4 ,c'e/ une grave erreur4 ,ce qui e/ vrai1 c'e/ que les *efs de la cit peuv5t1 qu& ils ont p]du leur =tune1 rec\rir une rvolution1 et que1 qu& des citoy5s obscurs p]d5t la leur1 l'tat n'en re/e pas mo9s =t tranquille4 ,ces rvolutions n'amn5t pas non plus la dmagogie plus frquemm5t que t\t autre sy/me4 ,il suffit d'une exclusion politique1 d'une inju/ice1 d'une insulte1 p\r caus] une insurrection et un b\lev]sem5t dans la con/itution1 sans que les =tunes des citoy5s soi5t en ri5 dlabres4 ,la rvolution n'a s\v5t pas d'autre motif que cette facult laisse *acun de vivre comme il lui convi5t1 facult dont ,socrate attribue l'orig9e un excs de lib]t4 ,enf91 au milieu de ces espces si nombreuses d'olig>*ies et de dmocraties1 ,socrate ne p>le de leurs rvolutions que comme si *acune d'elles tait unique en son g5re4 ,,xxix4 ,telle e/ la ,politique d',ari/ote1 le plus beau de ses traits pratiques4 l'exception de ces deux erreurs qui ne sont pas si5nes1 mais celles de son temps et vieilles comme le g5re huma91 l'une relative l'esclavage qu'il croit un crime de la nature1 l'autre relative aux enfants ns dif=mes dont il admet l'infanticide p> humanit1 il n'y a pas une considration fausse dans t\t le livre3 c'e/ le cat*isme du monde social4 ,quant la =me du /yle de ce trait1 elle e/ sans dfaut2 et il n'y manque aucune p]fection du /yle p5s ou raisonn3 ordre1 liaison1 logique1 cl>t1 consqu5ce du pr9cipe avec la conclusion1 cela semble crit p> la logique elle-mme4 ,on dirait qu'un esprit div91 desc5du du ciel p\r clair] les hommes1 a pris la plume d'or des sraph9s p\r rvl] aux hommes de t\tes les conditions1 de t\tes les dates1 de t\tes les pr(essions sociales1 les moy5s de p]fectionn] et de cons]v] leur g\v]nem5t4 ,n\s qui1 dans une vie dj longue1 avons pu compt] dix d\ze rvolutions d'empires1 et qui avons mme atta* involontairem5t notre nom la d]nire de ces convulsions sociales p\r la modr] en la conseillant1 il n\s e/ impossible de ne pas n\s lev] la plus haute admiration en lisant ce beau livre4 ,n\s dirons mme1 sans aucune flatt]ie1 que de t\s les ouvrages politiques c'e/ inconte/ablem5t le plus p>fait1 et qu'il r5d t\s les autres ou dang]eux ou inutiles4 ,supprimez-y deux *apitres et v\s n'avez ri5 aj\t]1 ri5 retran*] p\r que la ,politique d',ari/ote1 crite #cej ans avant ,jsus-,*ri/1 soit le manuel de l'homme d'tat de t\tes les poques1 preuve que la vrit e/ t]nelle et qu'il n'y a ri5 de n\veau s\s le ciel que le m5songe et le sophisme de/9s s\t5ir t\tes les tyrannies1 celle du peuple comme celle des rois4 ,allez jusqu' l'me des hommes1 v\s y tr\v]ez la consci5ce2 allez jusqu' la consci5ce1 v\s y tr\v]ez la vrit2 t\t sophi/e e/ un m5teur1 p>ce que t\t sophi/e e/ un flatteur4 ,,lam>t9e4 7,la suite au pro*a9 ,entreti547 ,c,i,ve ,,entreti54 ,,ari/ote4 ,,traduction ,,compl,,te ,,p> ,m4 ,,b>?,,lemy ,,sa9t-,,hilaire4 7,,deuxi,,me ,,p>tie47 ,,la ,,logique4 ,i4 ,le mrite d',ari/ote1 dans ce trait de la ,logique1 du ,syllogisme1 de la ,dialectique1 e/ d'avoir transport la consci5ce et l'esprit dans la sci5ce du raisonnem5t4 ,la base de t\te c]titude e/ dans le fond et non dans la =me4 ,l'homme ne remonte pas plus haut que l'in/9ct1 la vrit p\r lui n'e/ qu'un inv9cible in/9ct4 ,on ne pr\ve pas qu'on exi/e1 on le s5t4 ,t\s les sophismes *\5t devant cette c]titude4 ,la =me seule de la dialectique e/ une sci5ce4 ,ari/ote "p de l et il l'enseigne4 ,cette sci5ce e/ admirable1 mais elle e/ ca*e4 ,ce sont les ma?matiques de la p>ole4 ,on conoit que1 p\r la dmontr]1 il faille se plong] dans les arcanes de la scola/ique4 ,n\s rebut]ions nos lecteurs en repassant avec eux pas pas sur les traces du philosophe de ,/agire4 ,c'e/ un ex]cice de la vrit4 ,c'e/ une anatomie de la phrase4 ,c'e/ un dmembrem5t de la p5se4 ,c'e/ la grammaire du raisonnem5t4 ,passons6 ,,ii4 ,l',h]mnia1 ou le trait de la ,proposition1 comm5ce p> ces rem>quables df9itions3 ,les mots dans la p>ole ne sont que l'image des modifications de l'me1 et l'criture n'e/ que l'image des mots que la p>ole exprime4 ,de mme que l'criture n'e/ pas id5tique p\r t\s les hommes1 de mme les langues ne sont pas non plus semblables4 ,mais les modifications de l'me1 dont les mots sont les signes immdiats1 sont id5tiques p\r t\s les hommes1 comme les *oses1 dont ces modifications sont la reprs5tation fidle1 sont aussi les mmes p\r t\s4 ,le nom e/ un mot qui signifie une *ose1 sans spcifi] de temps4 ,le v]be e/ un mot qui embrasse l'ide de temps1 et dont aucune p>tie isole n'a de s5s p> soi-mme4 ,t\te la grammaire philosophique e/ a9si df9ie4 ,passons encore6 ,ou plutt passons t\t1 c> le t\t n'e/ que la grammaire du raisonnem5t4 ,on admire ,ari/ote comme on admire ,euclide2 mais le suivre1 ce s]ait le refaire4 ,on ne peut le refaire qu'en *iffres3 les *iffres ne se dmontr5t pas4 ,ils sont la s5sation du vrai4 ,leur inv5teur e/ plus qu'un homme4 ,telle e/ l'op9ion qu'on a d',ari/ote aprs avoir tudi sa ,logique4 ,c'e/ l'*afaudage de t\te vrit4 ,mais1 la vrit de la dmon/ration obt5ue1 on r5v]se l'*afaudage1 et l'on passe sur le pont que l'ar*itecte a con/ruit4 ,,iii4 ,les quatre volumes de la ,logique p>c\rue1 on s'crie avec ,voltaire3 ,quel homme qu',ari/ote1 qui trace les rgles de la ,tragdie de la mme ma9 dont il a donn celles de la ,dialectique1 de la ,morale1 de la ,politique1 et dont il a lev1 autant qu'il a pu1 le gr& voile de la nature6 ,peut-on s'emp*] de l'admir]1 qu& on voit qu'il a connu fond t\s les pr9cipes de l'loqu5ce et de la posie8 ,o e/ le physici5 de nos j\rs *ez qui l'on puisse appr5dre compos] un disc\rs et une tragdie8 ,ari/ote fit voir aprs ,platon que la vritable philosophie e/ le guide secret de l'esprit de t\s les arts4 ,les lois qu'il donne sont encore auj\rd'hui celles de nos bons auteurs4 ,au dix-huitime sicle1 les plus gr&s et les plus exacts des hi/ori5s de la philosophie se tais5t sur la ,potique d',ari/ote4 ,bruck] et ,t5nemann1 sans p>l] de ,ti$emann1 la pass5t ddaigneusem5t s\s sil5ce4 ,de nos j\rs mme1 ,m4 ,h5ri ,ritt] ne suppose pas davantage qu'elle soit digne d'un reg>d4 ,on dirait vraim5t que c'e/ la *ose la plus simple du monde et la plus indiffr5te qu'un philosophe lgislateur du gt1 et que les exemples en sont si vulgaires1 qu'il n'e/ pas beso9 de m5tionn] celui-l4 ,voltaire a ple9e raison qu& il tablit que c'e/ l'esprit philosophique qui conduit t\s les arts1 guids p> lui secrtem5t et leur insu4 ,mais on peut s'tonn] que ce soit un homme de lettres qui rev5dique ce titre p\r une sci5ce qui n'tait pas prcism5t la si5ne1 et qu'un tel titre ait t omis p> les annali/es savants et laborieux de la philosophie4 ,ce n'e/ pas cep5dant p\r la philosophie un m9ce honneur2 et1 t\te ri*e qu'elle peut tre1 elle aurait bi5 tort de nglig] ri5 de ce qui t5d et embellit son doma9e4 ,le beau1 s\s t\tes ses =mes1 e/ une des ides qu'elle appr(ondit et qu'elle cultive lgitimem5t1 et elle a le droit de suivre cette ide jusqu' un c]ta9 po9t dans ses applications4 ,elle n'e/ pas t5ue sans d\te d'tudi] la potique comme elle tudie la psy*ologie1 la morale ou la mtaphysique2 mais1 qu& elle traite des beaux-arts1 comme le fait ,ari/ote1 en posant les pr9cipes gnraux et ess5tiels1 c'e/ un s]vice de plus qu'elle r5d l'esprit huma91 et qu'elle seule e/ capable de lui r5dre4 ,la posie1 non plus que les autres arts1 n'a pas le secret de ses propres *>mes et de sa puissance4 ,bi5 plus1 si elle re*]*e ce secret1 elle s'abdique et se p]d en v\lant se connatre4 ,il e/ =t heureux qu',homre n'ait po9t p5s se r5dre compte de son gnie2 c> probablem5t1 dt\rn p> ce so91 il ne n\s et po9t donn l',iliade2 mais il e/ =t heureux aussi que d'autres n\s appr5n5t p\rquoi l',iliade e/ si p>faite et si belle2 et cette dc\v]te des pr9cipes n'app>ti5t qu' la philosophie1 qui fonde et dirige la critique4 ,lo9 donc de blm] ,ari/ote d'avoir compos un trait de potique1 il faut l'en rem]ci]2 c>1 depuis deux mille ans passs1 ce trait a fait loi sur presque t\s les po9ts qu'il t\*e et qu'il a rgls df9itivem5t4 ,il a beau tre ina*ev1 incomplet2 le texte1 que n\s en a transmis une tradition trop peu att5tive1 a beau tre altr de mille manires1 la p5se n'en e/ pas mo9s en gnral clatante et sre4 ,elle se fait j\r trav]s ces ru9es et ces tnbres2 et1 qu& on l'tudie comme elle le mrite1 elle app>at1 dans les bornes o elle se r5f]me1 comme le code du bon s5s et du bon gt4 ,ari/ote n'a pas t\t dit c]ta9em5t2 et1 depuis lui1 l'esprit huma9 n'a pas laiss que de m>*] et de faire de gr&s progrs2 mais presque t\t ce qu'il a dit e/ inconte/able2 et1 comme la vrit ne *ange pas1 t\tes celles qu'il a dc\v]tes et dmontres sont de nos j\rs aussi jeunes1 aussi belles que de son temps4 ,voltaire ne se trompait po9t1 en croyant avec ,corneille qu'il comm5tait1 et mme avec ,less+1 son adv]saire1 que s'c>t] des rgles d',ari/ote1 c'tait c\rir gr& risque de s'g>]4 ,il e/ possible qu'une telle ass]tion1 suranne et audacieuse t\t ensemble1 provoque encore plus d'un s\rire l'heure qu'il e/4 ,notre sicle1 il y a mo9s de tr5te ans1 a in/itu de gr&es discussions littraires1 dont le ret5tissem5t n'a po9t encore t\t fait cess4 ,je me g>d]ai bi5 de ranim] les qu]elles des romantiques et des classiques1 t\t en reconnaissant volonti]s et en regrettant ce qu'avai5t d'honorable et d'lev ces passions intellectuelles1 remplaces p> de mo9s dignes et de mo9s innoc5tes4 ,mais1 p\r t\s les juges compt5ts1 la "q a t dcide en faveur des rgles1 qu'attaquai5t si violemm5t des esprits plus tmraires que s5ss4 ,on se fiait beauc\p ses =ces1 sans avoir assez rfl*i l'emploi qu'on en devait faire4 ,on v\lait m>*] p> des voies n\velles1 et l'on n'y r5contrait que des prcipices4 ,les oeuvres qu'on t5tait tai5t mon/rueuses1 au lieu d'tre p>faites2 et elles valai5t mo9s encore1 s'il e/ possible1 que le sy/me hauta9 et vide qui prt5dait les inspir]4 b\t de faux pas1 d'expri5ces avortes1 il a fallu rev5ir ces r\tes qu'on tr\vait si monotones et si plates2 il a fallu se s\mettre ce j\g qui semblait si l\rd et si gnant1 p>ce qu'on ne savait pas le port]2 et les rgles sont sorties plus claires et plus f]mes de ces conflits o on les avait tant maltraites et tant obscurcies4 ,naturellem5t1 ,ari/ote n'avait pas t plus p>gn que ces rgles4 ,il passait p\r en tre le pre et le rigide df5seur4 ,il eut sa "p des colres qu'elles excitai5t2 et son nom1 t\t vieux qu'il tait1 fut un des plus s\v5t invoqus p> les deux camps4 ,on le citait en s5s contraire1 et l'on v\lait de "p et d'autre s'abrit] s\s cette gr&e autorit4 ,p> malheur1 on le compr5ait =t mal2 et l',ari/ote de notre temps1 dont ,corneille1 il faut bi5 l'av\]1 tait bi5 un peu c\pable1 ne ressemblait gure plus au vritable ,ari/ote que celui de la scola/ique4 ,les trois units qu'on lui attribuait si gratuitem5t1 p\r les lui repro*] ou p\r l'en flicit]1 n'tai5t pas de lui4 ,d'autres pr9cipes non mo9s respectables qu'on lui prtait encore1 ne lui app>t5ai5t pas davantage2 et la tradition qui se dnature si vite1 sans dev5ir t\t fait fausse1 n'tait gure plus fidle de notre temps qu'elle ne l'avait t dans le moy5 ge et la r5aissance4 ,elle avait inv5t des axiomes en potique1 comme elle en inv5tait jadis en mtaphysique et en psy*ologie4 ,ari/ote en tait responsable1 bi5 qu'il n'y et jamais song et qu'il ft impossible de les dc\vrir dans ses crits4 ,de nos j\rs on connat mieux son oeuvre1 et l'on peut tre aism5t plus quitable1 en mme temps qu'on e/ plus exact4 ,en tudiant directem5t ,ari/ote1 on ne lui f]a dire que ce qu'il a dit4 ,mais on peut tre assur qu'on l'admir]a t\t autant4 ,rduit aux proportions qui sont les si5nes1 il n'en s]a pas mo9s gr&2 il ne dim9u]a po9t1 p>ce qu'on lui enlv]a quelques ?ories conte/ables qui ne sont pas son bi54 ,,iv4 ,en potique comme en tant d'autres sci5ces1 ,ari/ote a le privilge in\ d'avoir t le plus anci5 en date et d'tre re/ suprieur t\t ce qui l'a suivi4 ,il p>at bi5 que c'e/ lui qui le premi] a p5s qu'on p\vait faire des pr9cipes de la posie1 dans son ensemble et dans ses g5res div]s1 une ?orie rgulire et sy/matique4 ,il a sans d\te tr\v bi5 des g]mes dans ,platon2 mais l1 peut-tre1 mo9s qu'ailleurs1 il a pu faire des emprunts son matre4 ,dans les dialogues1 ,socrate ne juge gure de la posie que comme en jug5t1 dans les entreti5s de *aque j\r1 les socits mme les plus polies et les plus dlicates4 ,on ne diss]te pas qu& on cause2 on pr(esse encore mo9s2 c> ce s]ait insupportable2 et ,socrate a trop de gt p\r tre jamais pdant4 ,a9si1 avant ,ari/ote1 bi5 des g5s d'esprit avai5t mis sur les oeuvres des potes les op9ions les plus ju/es et les plus graves2 mais p]sonne avant lui n'avait essay de faire de ces op9ions un corps de doctr9e1 et de les appr(ondir en remontant jusqu'aux pr9cipes sur lesquels elles s'appui5t4 ct d',ari/ote1 il n'y a que deux noms que la gloire prononce aprs le si53 c'e/ ,horace et ,boileau4 ,je ne veux les dprci] ni l'un ni l'autre2 ils ont leur gr&eur1 que je ne nie po9t1 et qu'atte/e assez le culte mrit dont ils ne cess]ont d'tre l'objet4 ,mais quelle di/ance ne sont-ils po9t d',ari/ote8 ,d'abord1 ils n'en sont que les *os1 je ne dis pas les imitateurs2 et les prceptes qu'ils rpt5t aprs lui1 en leur donnant plus de grce1 ne vi5n5t pas de leur propre gnie4 ,ils se born5t les lui emprunt] en les ornant d'une =me n\velle4 ,leurs v]s gracieux ou s5ss en ont heureusem5t propag les rgles1 en faisant comme des prov]bes littraires4 ,c'e/ beauc\p de grav] dans la mmoire l'expression concise et =te de la vrit2 mais c'e/ plus encore de dc\vrir la vrit elle-mme et de la mettre dans t\t son j\r4 ,l'oeuvre d',horace1 mo9s complte que celle de ,boileau1 e/ p\rtant prfrable4 ,quoiqu'on ne puisse jug] d'une langue morte aussi srem5t que de la si5ne1 le /yle d',horace p>at non-seulem5t plus lgant1 mais aussi plus propre au sujet qu'il traite4 ,c'e/ une simple lettre en v]s qu'il crit des amis2 et ce cadre1 o il peut se j\] son gr1 lui convi5t m]veille4 ,il peut ret5ir quelque *ose de l'ab&on platonici52 et la nglig5ce1 laquelle il se laisse all] si volonti]s1 e/ une p>ure de plus4 ,elle voile demi des cont\rs un peu vagues4 ,mais ,horace n'a pas la prt5tion d'in/ruire4 ,il rappelle dans une ptre non*alante des ides c5t fois rptes dans les caus]ies familires1 et il s'e/ bi5 g>d de se faire prcepteur2 les ,pisons n'aurai5t po9t reconnu leur spirituel ami s\s l'au/rit d'un pdagogue4 ,boileau1 en essayant d'tre didactique1 n'a pas cra9t d'tre plus svre2 il a fait t\t un pome en quatre *ants4 ,il e/ vrai qu'il en donnait six au ,lutr94 ,son oeuvre a l'ordre et la symtrie d'un trait en =me4 ,aprs les conseils les plus sages et aprs l'hi/oire de la posie franaise1 il dcrit1 il tudie presque1 *acun des g5res1 comm5c] p> l'idylle1 l'glogue1 l'lgie1 l'ode1 et suivre p> le sonnet1 qu'il vante beauc\p trop1 l'pigramme1 le rondeau1 le madrigal1 et la satire4 ,puis1 il s'lve des sujets plus hauts1 et il traite de la tragdie1 du pome pique1 de la comdie1 p\r f9ir p> de n\veaux conseils1 que c\ronn5t des flatt]ies au gr& roi s\s lequel il vit4 ,on a repro* ,boileau des jugem5ts qui ne sont pas t\j\rs dicts p> la ju/ice et le bon gt3 il a mconnu le ,tasse et ,qu9ault2 il oublie la ,fonta9e avec la fable#a4 ,on peut lui repro*] avec non mo9s de raison des v]s trop peu *tis1 et plus d'une expression vulgaire4 ,note #a3 ,boileau rp>e cet oubli1 du mo9s en p>tie1 dans sa lettre de rconciliation ,*>les ,p]rault2 mais il y semble encore mettre la ,fonta9e sur la ligne de ,voiture et de ,s>az94 ,mais quoi bon s'arrt] ces critiques de dtail8 ,bi5 qu'on ait p>l plus d'une fois des trois ,potiques#b1 il n'y a vritablem5t qu'une ,potique qui mrite ce nom3 c'e/ celle d',ari/ote4 ,les deux autres doiv5t tr\v] une place dans l'hi/oire de la posie3 elles n'en ont pas dans l'hi/oire de la sci5ce et de la philosophie4 ,ari/ote seul e/ un matre et un guide p\r quiconque veut pntr] dans ces que/ions difficiles et *>mantes4 ,note #b3 ,p>fois mme1 on p>le de quatre1 en y joignant celle de ,vida4 ,suivons-le donc pas pas et voyons ce qu'il n\s enseigne4 ,n\s sommes bi5 srs l'avance que n\s n'aurons po9t regrett] de n\s tre mis son cole2 c> il e/ pote aussi1 en mme temps qu'il e/ philosophe4 ,ari/ote se proposait1 a9si qu'il l'annonce ds les premires lignes de son ouvrage1 de s'occup] de la posie en gnral1 et il comptait surt\t trait] des trois g5res pr9cipaux3 la tragdie1 le pome pique et la comdie1 sans oubli] quelques g5res secondaires1 et notamm5t le di?yrambe4 ,dans sa ,potique1 telle qu'elle n\s e/ p>v5ue1 il n'e/ "q que de la tragdie et du pome pique4 ,la ?orie de la comdie ne s'y tr\ve pas1 soit que l'auteur ne l'ait po9t faite1 en dpit de son desse9 =mellem5t exprim1 soit que le temps ne l'ait pas laisse arriv] jusqu' n\s1 ce qui semble plus probable4 ,il faut se rsign] cette p]te1 qui =me une lacune f*euse dans l'ensemble des ?ories4 ,les gnralits p> lesquelles dbute ,ari/ote sont assez brves2 mais elles sont ju/es et pr(ondes4 ses yeux1 la posie1 ou l'art en gnral1 e/ une imitation1 comme le lui avait appris ,platon1 son matre4 ,en effet1 il passe d'un bond la posie1 et il en donne les rgles et les exemples4 ,du bon il va au beau4 ,le beau e/ l'clat du vrai4 ,le mme pr9cipe les rgit4 ,telle e/ l'op9ion de ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire1 le philosophe traducteur du pre des philosophes4 ,v4 ,il ne se fait po9t d'illusion sur les lacunes de ce trait sommaire4--,la ,potique d',ari/ote1 dit-il1 e/ la fois mutile et trs-incomplte4 ,le temps peut-tre lui a fait une p>tie de ces outrages2 mais il semble assez probable aussi que c'e/ l'auteur lui-mme qui a laiss son oeuvre dans ce f*eux tat4 ,press p> la p]scution et p> la mort1 volontaire ou viol5te1 il n'a pu mettre la d]nire ma9 ce monum5t1 non plus qu' tant d'autres p>v5us jusqu' n\s avec les traces d'un dsordre non mo9s vid5t1 qu'on ne saurait davantage attribu] aux diteurs que le has>d leur a donns4 ,de plus1 on se rappelle qu',ari/ote1 soit p> mode/ie1 soit p> ncessit1 ne comm5a que t>d crire1 et qu'il ne publia presque ri5 de son vivant4 ,il comptait sans d\te sur des annes plus longues que celles qui lui fur5t accordes1 et la ,potique a subi le sort commun de t\t ce qu'il avait fait4 ,je m'afflige donc1 sans trop m'tonn]1 des irrgul>its de t\te sorte qui la dp>5t2 mais je s\ti5s que1 malgr tant de lacunes1 tant d'obscurits1 tant d'insuffisances1 sans mme p>l] d'int]polations inconte/ables1 la ,potique e/ encore digne du gnie d',ari/ote4 ,il suffit de quelques morceaux du g5re de ceux que je vi5s de discut]1 p\r affirm] sans la mo9dre hsitation qu'ils app>ti5n5t bi5 rellem5t celui dont ils port5t le nom4 c]ta9s traits1 l'empre9te du philosophe e/ reconnaissable2 et il n'y a que lui dans la ,grce1 si fconde d'ailleurs en beaux esprits1 qui pt concevoir et exprim] s\s cette =me de telles p5ses4 ,regrettons1 si n\s le v\lons1 de n'en avoir qu'une faible p>tie2 mais ne rduisons pas encore notre ri*esse1 en ne compr5ant po9t assez t\t ce que vaut ce trsor4 ,voil deux mille ans et plus que ces pages ont t crites2 et avec elles1 c'e/ la critique littraire qui e/ ne1 et qui1 ds ce mom5t1 a eu sa m?ode1 son objet1 et quelques-uns de ses pr9cipes ess5tiels4 ,depuis lors et surt\t depuis un sicle1 la critique a fait de gr&s progrs qu'il s]ait bi5 inutile et bi5 inju/e de ni]4 ,n\s p\vons mme le prdire sans vanit3 notre sicle compte en ce g5re des matres que la po/rit pr5dra p\r modles4 ,mais je crois rehauss] encore le mrite de ces matres respects1 en disant qu'ils n'ont fait que r5\] et cont9u] la tradition d',ari/ote4 ,c]ta9em5t1 qu& on voit ce qu'e/ dev5ue la critique entre les ma9s de ,m4 ,villema91 on peut tr\v] que la di/ance e/ considrable2 la critique1 a9si comprise1 pr5d place au niveau de l'hi/oire elle-mme1 sans cess] d'tre t\j\rs la matresse s\v]a9e du gt4 ,la pr(ondeur et l't5due1 avec la haute moralit1 ne messient pas plus l'hi/oire des faits intellectuels qu' l'hi/oire des vnem5ts militaires ou sociaux4 ,l'hi/ori5 de l'esprit peut tre aussi gr& que l'hi/ori5 de la politique2 et ce n'e/ pas une faible gloire d'avoir aj\t cette bran*e n\velle au doma9e de l'intellig5ce4 ,mais je dis que les g]mes de t\t ce qui a suivi sont dj dans l'oeuvre du philosophe grec4 ,en date1 la ,potique e/ le premi] monum5t2 et en mrite1 elle e/ un des plus importants de la critique telle que n\s la pratiquons4 ,ari/ote ne connat que la ,grce1 c'e/ vrai2 auj\rd'hui n\s connaissons l'esprit huma9 enti]2 et il n'e/ pas une oeuvre quelque peu digne d'att5tion qui *appe nos reg>ds1 et que n\s ne puissions tudi]4 ,l',europe compte elle seule c9q ou six langues qui depuis plusieurs sicles ont produit des oeuvres considrables de t\t ordre2 et nos yeux peuv5t s't5dre de l',europe t\tes les autres contres1 dont quelques-unes1 sans rivalis] avec elle1 val5t bi5 du mo9s qu'elle les connaisse1 ne s]ait-ce que p\r y retr\v] ses propres orig9es4 ,la critique peut donc de nos j\rs us] des matriaux les plus va/es2 et ses jugem5ts peuv5t tre d'autant plus ju/es que les comp>aisons sur lesquelles ils se fond5t sont plus nombreuses4 ,t\s les temps1 depuis le b]ceau du g5re huma91 t\tes les nations pos5t devant elle2 et p\r savoir ce que sont relativem5t leurs oeuvres1 elle n'a qu' les faire comp>atre et rpondre t\r t\r4 ,ari/ote n'avait ri5 de p>eil sa disposition2 et cette va/e expri5ce lui a t refuse1 la fois p> l'poque o il a p>u1 et p> le peuple auquel il s'adressait4 ,mais il s'e/ tr\v que ce peuple avait t si admirablem5t d\ p> la nature et t5ait une telle place dans les desse9s de ,dieu1 qu' lui seul et t\t re/re9t qu'il tait1 il en a su1 dans ces dlicats my/res de l'esprit et du gt1 plus que le re/e du monde4 ,homre1 ,phidias1 ,platon1 ,sophocle1 ,dmo/hne1 et tant d'autres1 qui les galait alors8 ,et depuis1 qui les a surpasss8 ,la v>it des oeuvres n'tait pas mo9s gr&e que leur p]fection2 et le philosophe n'avait pas beso91 qu& mme il l'aurait pu1 de sortir de la ,grce2 elle lui (frait en t\t g5re des modles accomplis1 aussi div]s que p>faits4 ,s'il ne p\vait po9t tudi] t\te l'humanit1 il tudiait du mo9s l'humanit dans ce qu'elle a de plus beau4 ,c'e/ a9si qu'on peut expliqu] le prodigieux mrite des ?ories d',ari/ote2 et1 lo9 de le blm] d'avoir mis en maxime les pratiques des ,grecs1 il faut l'en rem]ci]4 ,c'tait un ,grec de donn] au monde le secret des *efs-d'oeuvre de la ,grce4 ,ce n'tait po9t assez d'avoir produit ces *efs-d'oeuvre2 il fallait encore les faire compr5dre2 et au gnie spontan des potes e/ v5u s'aj\t] le gnie de la critique1 qui ne cre pas1 mais qui rfl*it4 ,c'e/ l un imm5se honneur2 et dans les annales de l'esprit huma91 il n'y a qu'un peuple qui ait su le conqurir4 ,h]d] rem>que avec raison que la philosophie des arts devait natre dans la ,grce1 p>ce qu'en suivant le m\vem5t libre de la nature et les inspirations d'un gt infaillible1 les potes et les arti/es de cet heureux pays ralisai5t la ?orie du beau1 avant que p]sonne n'en et encore trac les lois4 ,le zle prodigieux avec lequel fur5t cultives l'pope1 la posie dramatique et l'loqu5ce1 aj\te ,h]d]1 leva ncessairem5t l'analyse littraire une p]fection inconnue p>mi n\s4 ,quelques fragm5ts mutils et les crits d',ari/ote1 voil ce qui n\s re/e de ce g5re d'crits4 ,ils suffis5t p\r montr] quelles tai5t dans l'antiquit la pntration et l'lgante dlicatesse de la critique#c4 ,ce jugem5t du gr& hi/ori5 de l'humanit s]ait quitable1 s'il ne rabaissait pas un peu trop les mod]nes devant les anci5s4 ,au temps de ,h]d]1 la critique1 dont il tait un des plus nobles reprs5tants1 n'tait pas si impuissante qu'il a l'air de le p5s]1 peut-tre p> un scrupule de mode/ie4 ,mais1 quoi qu'il en soit1 ,h]d] a bi5 vu la haute importance des monum5ts de critique que la ,grce n\s a lgus4 ,dans le m\vem5t gnral de l'esprit huma91 ces monum5ts ti5dront t\j\rs une place ncessaire1 p>ce qu'ils m>qu5t et assur5t les l5tes conqutes de la rflexion ct et la suite des lans de l'inspiration et de la spontanx des peuples4 ,il a t donn la ,grce de runir en une h>monie et une beaut gales ces deux extrmits de l'intellig5ce huma9e4 ,c'e/ un privilge dont elle seule a j\i entre les nations qui ont brill l'orig9e des temps4 ,note #c3 ,h]d]1 ,ides sur la philosophie de l'hi/oire de l'humanit1 livre ,,xiii1 *apitre #e1 page #dij1 de la traduction de ,m4 ,edg> ,qu9et4 ,on ne peut pas croire1 sans faire d'exagration sacrilge1 que la ,potique1 si le gnie d',ari/ote avait pu l'a*ev]1 aurait en son g5re valu l',iliade1 et que le critique se s]ait lev au niveau du pote2 mais on peut affirm] que les ru9es in=mes qui sont arrives jusqu' n\s sont encore si prcieuses et si clatantes que leur gloire efface tant d'autres monum5ts plus complets1 mais mo9s beaux1 qui n'ont t possibles aprs elles qu' la condition de les imit] en les p]fectionnant4 ,,vi4 ,la posie1 dit ,ari/ote1 et il ent5d p> l le pome pique1 la tragdie1 la comdie1 le di?yrambe1 musique et p>oles1 l'lgie1 e/ un art d'imitation4 ,il y a dans ces p>oles une gr&e erreur4 ,la posie a une t\t autre orig9e que le plaisir s]vile produit en n\s p> l'imitation2 elle e/ ne de l'homme mme4 ,n\s v\drions savoir quel e/1 dans la ,m>seillaise1 *ant national des ,franais mod]nes1 le plaisir de l'imitation4 ,non2 l'orig9e de la ,m>seillaise1 musique et p>oles1 e/ d'une nature bi5 suprieure4 ,c'e/ l'lan de l'me du peuple attaqu dans ses droits1 qui j\it de les df5dre1 et qui *ante d'avance cette j\issance et cette gloire1 p> une posie intime qui lui dicte ses acc5ts4 ,il en e/ a9si de t\te posie spontane1 qui n'e/ po9t un art1 mais qui e/ l'exubrance des =ces de la nature4--,la nature *ante1 voil t\te la posie4 ,il divise t\s les potes en deux ordres3 les potes hroques et les potes comiques4 ,il p>at1 en le lisant1 qu',homre lui donne1 lui seul1 le modle des deux3 des pomes hroques dans l',iliade et l',odysse2 des pomes comiques dans son ,m>gits4 ,la comdie e/ l'imitation du vice ou du ridicule4 ,le ridicule1 en effet1 suppose t\j\rs un c]ta9 dfaut et une dif=mit qui n'a ri5 de d\l\reux p\r celui qui la subit4 ,c'e/ a9si qu'un masque provoque le rire dans celui qui le voit1 sans que d'ailleurs ce soit un signe de s\ffrance4 ,elle v9t de la ,sicile en ,grce4 ,l'pope ti5t la tragdie en ce qu'elle e/ comme elle1 sauf le mtre1 une imitation des actions nobles l'aide du disc\rs4 ,mais une diffr5ce1 c'e/ que dans l'pope le mtre e/ t\j\rs le mme1 et qu'elle e/ t\j\rs un rcit4 ,une autre diffr5ce encore1 c'e/ l't5due4 ,la tragdie s'ef=ce autant que possible de se r5f]m] dans une seule rvolution du soleil1 ou du mo9s de trs-peu sortir de ces limites2 l'pope1 au contraire1 n'a pas de limite de temps2 et c'e/ l une diffr5ce ess5tielle1 quoique dans le pr9cipe on se donnt cette facilit p\r la tragdie aussi bi5 que dans la comdie4 ,la tragdie1 cont9ue-t-il1 e/ selon moi l'imitation de quelque action srieuse1 noble1 complte1 ayant sa ju/e dim5sion et employant un disc\rs relev p> t\s les agrm5ts qui1 selon leur espce1 se di/ribu5t sp>m5t dans les div]ses p>ties1 s\s =me de drame et non de rcit1 et arrivant1 t\t en excitant la piti et la t]reur1 purifi] en n\s ces deux s5tim5ts4 ,qu& je p>le d'un disc\rs relev d'agrm5ts1 j'ent5ds celui qui runit le rhy?me1 l'h>monie et le *ant1 et qu& j'aj\te3 sp>m5t selon leur espce1 j'ent5ds que c]ta9es p>ties n'ont que des v]s1 t&is que les autres se complt5t aussi p> le *ant et la musique4 ,puisque c'e/ p> l'action que la tragdie imite1 une premire consqu5ce1 c'e/ qu'une p>tie de la tragdie e/ ncessairem5t la pompe du spectacle1 et que la mlope et les p>oles ne vi5n5t qu'ensuite4 ,c> ce sont l les moy5s d'imitation dont elle dispose4 ,j'ent5ds p> les p>oles la composition des v]s2 et quant la mlope1 *acun sait assez clairem5t t\t ce qu'elle e/4 ,la tragdie e/ donc l'imitation d'une action2 et cette action tant l'oeuvre de p]sonnages qui agiss5t1 ces p]sonnages ont ncessairem5t un c>actre et un esprit qui les font ce qu'ils sont2 conditions qui1 d'ailleurs1 s]v5t qualifi] aussi les actes huma9s4 ,or il y a deux causes qui dt]m95t naturellem5t t\tes nos actions3 ce sont l'esprit et le c>actre1 qui1 dans la vie galem5t1 dcid5t t\j\rs de nos succs ou de nos rev]s4 ,c'e/ la fable qui e/ l'imitation de l'action2 et p> fable1 j'ent5ds le tissu des faits4 ,le c>actre ou les moeurs1 c'e/ ce qui di/+ue les g5s qui agiss5t et p]met de les qualifi]2 et l'esprit1 c'e/ l'ensemble des disc\rs p> lesquels on exprime quelque *ose1 ou mme on dc\vre le fond de sa p5se4 ,a9si1 l'on peut compt] dans t\te la tragdie six lm5ts qui s]v5t dt]m9] ce qu'elle e/ et ce qu'elle vaut3 ce sont la fable1 les moeurs ou c>actres1 le /yle1 l'esprit ou les s5tim5ts1 le spectacle et la mlope4 ,en effet1 les moy5s d'imitation compr5n5t deux de ces lm5ts2 la faon d'imit] en compr5d un2 et ce qu'on imite compr5d les trois autres4 ,en dehors de ces t]mes1 il n'y a plus ri54 ,d'ailleurs1 ce ne sont pas quelques potes en petit nombre et qu'on p\rrait compt]1 qui ont employ ces six lm5ts2 t\te pice1 sans exception1 r5f]me la fois spectacle1 c>actres1 fable1 /yle1 musique et p5ses4 ,mettre la suite les unes des autres ces s5t5ces n'e/ po9t la tragdie1 la fable et l'action bi5 tissues1 c'e/ bi5 plus2 les p5ses ne vi5n5t qu'au troisime rang4 ,ce g5re de posie doit f9ir p> le malheur2 voyez ,euripide3 ,aussi1 l'on a gr& tort de blm] ,euripide de suivre cette mme comb9aison dans ses pices1 et de faire f9ir beauc\p de ses tragdies p> le malheur4 ,ce dnom5t e/ excell5t1 comme j'ai essay de le faire voir2 et la meilleure preuve1 c'e/ que1 sur la scne et dans les conc\rs1 ces sortes de pices1 si d'ailleurs elles sont bonnes1 p>aiss5t les plus tragiques de t\tes4 ,la t]reur et la piti peuv5t v5ir du spectacle qu'on met s\s les yeux des assi/ants2 mais on peut faire sortir ces s5tim5ts de l'intrigue mme du drame1 ce qui e/ bi5 prfrable et annonce un pote plus habile4 ,la fable doit tre compose de telle sorte qu'il suffise d'ent5dre les *oses1 mme sans les voir1 p\r frissonn] et s'att5drir au rcit des vnem5ts2 et c'e/ bi5 ce qu'on pr\ve ri5 qu' ent5dre racont] l'hi/oire d',o$ipe4 ,*]*] produire ces effets en mettant les *oses s\s les yeux directem5t1 e/ beauc\p mo9s digne de l'art1 et il n'y faut que les frais de la reprs5tation4 ,quant ceux qui vis5t produire non la t]reur p> ce qu'ils font voir sur la scne1 mais une p\vante mon/rueuse1 ils n'ent5d5t ri5 la tragdie2 c> il ne faut pas lui dem&] t\te espce de plaisirs1 mais seulem5t ceux qui lui sont propres4 ,puisque le b du pote doit tre de n\s procur] le plaisir qui vi5t de la piti et de la t]reur1 il e/ clair qu'il faut qu'on tr\ve ces motions dans les *oses mme que son oeuvre n\s reprs5te4 ,*]*ons donc quels sont les objets qui excit5t la t]reur et la piti dans les vnem5ts rels de la vie4 ,il faut de t\te ncessit que les actions capables de les produire se pass5t1 ou entre des amis1 les uns l'g>d des autres1 ou entre des ennemis1 ou enf9 entre des g5s qui ne sont ni l'un ni l'autre4 ,qu'un ennemi tue son ennemi1 il n'y a ri5 dans ce fait1 soit qu'on l'accomplisse1 soit qu'on le doive accomplir1 qui puisse excit] la piti1 si ce n'e/ la cata/rophe elle-mme4 ,il n'y en a pas davantage1 si les p]sonnes ne sont ni amies ni ennemies4 ,mais qu& ces d\l\reux vnem5ts arriv5t entre des p]sonnes qui s'aim5t1 et que1 p> exemple1 un frre tue ou doive tu] son frre1 un fils son pre1 une mre son fils1 un fils sa mre1 ou qu'il se commet d'autres malheurs de ce g5re1 voil les situations qu'il faut re*]*]4 ,suiv5t des exemples clbres et *oisis dans la tragdie grecque4 ,,vii4 ,ari/ote passe l'pope3 ,homre1 dit-il1 e/ un dieu1 qu& on le comp>e t\s les autres potes4 ,il e/ ais de voir qu',ari/ote place dans sa p5se ,homre au-dessus de t\te comp>aison avec ses successeurs2 et des rivaux1 il n'en voit pas4 ,il e/ ais aussi de conclure que cette ,potique n'e/ qu'une runion de fragm5ts dc\sus et non suffisamm5t rfl*is1 relis aprs c\p p> ses disciples4 ,horace et ,boileau1 dans leur ,art potique1 sont plus p>faits1 mais mo9s sagaces4 ,ari/ote t]m9e au has>d1 en donnant la supriorit la tragdie sur le pome pique4 ,c'e/ une erreur4 ,voici comm5t il essaye de la ju/ifi] sans y p>v5ir3 ,on peut1 en comp>ant la tragdie et l'pope1 se dem&] laquelle de ces deux espces d'imitations e/ la plus p>faite4 ,si la mo9s grossire e/ la meilleure1 et que ce soit celle qui s'adresse aux meilleurs esprits1 on ne peut ni] que le g5re qui prt5d imit] t\t sans exception ne soit aussi le plus grossi] des deux4 ,qu& on suppose que les g5s ne v\s compr5dront pas1 si l'on ne pr5d la pe9e de leur t\t expliqu]1 on se donne beauc\p de m\vem5t1 comme ces mauvais mimes qui pir\ett5t sur eux-mmes p\r imit] un disque qui t\rne1 ou qui tir5t eux le ,coryphe qu& ils j\5t1 aux sons de la flte1 la ,scylla attirant les navires sur l'cueil4 ,la tragdie e/ donc l'pope comme les vieux acteurs croi5t que les n\veaux sont leur g>d4 ,myniseus traitait de s+e ,callipide1 qui selon lui =ait trop son jeu2 il ne p5sait pas mieux de ,p9d>us4 ,la tragdie n'e/ pas une mo9dre di/ance de l'pope que ces acteurs subalt]nes ne sont p> rapport aux autres4 ,l'pope s'adresse aux esprits di/+us qui n'ont aucun beso9 de t\t cet attirail extrieur1 t&is que l'art tragique ne s'adresse qu' des g5s d'un gt vulgaire4 ,il sembl]ait donc dmontr p> l que l'imitation la plus matrielle e/ aussi la mo9s bonne4 ,mais une premire rponse cette objection1 c'e/ que cette critique ne porte pas sur la posie1 et qu'elle ne t\*e que l'art du comdi52 on peut exagr] les ge/es1 mme en ne rcitant que de simples rapsodies1 comme faisait ,sosi/rate1 et mme en *antant1 comme faisait ,mnasi?e d',opunte4 ,en second lieu1 on peut dire que t\tes les espces de ge/es ne sont pas blm]1 p> exemple la danse1 et qu'on ne doit rpr\v] que les ge/es inconv5ants4 ,c'e/ le s5s des repro*es qu'on adressait ,callipide1 et que d'autres acteurs mrit5t de notre temps1 p\r imit] la t5ue des femmes d%onntes4 ,il faut aj\t] encore que la tragdie peut se pass] du ge/e1 t\t aussi bi5 que l'pope1 p\r produire son effet propre4 ,il suffit aussi de la lire p\r la compr5dre p>faitem5t2 et si elle e/ suprieure s\s les autres rapports1 l'accessoire de la reprs5tation ne lui e/ pas absolum5t indisp5sable4 ,ensuite1 la tragdie peut p>atre suprieure en ce qu'elle a t\t ce qu'a l'pope1 dont elle emprunte mme le v]s1 si elle le veut1 et qu'elle a en outre1 ce qui n'e/ pas un petit avantage1 la musique et le spectacle1 qui contribu5t manife/em5t procur] de vifs plaisirs4 ,elle a de plus p\r elle les jeux de scne1 qui frapp5t les yeux1 soit qu& il s'agit d'une reconnaissance1 soit dans t\t le c\rs de l'action4 ,elle a encore cette supriorit1 qu'elle atte9t le b de son imitation avec de mo9dres dveloppem5ts2 or ce qui e/ cond5s fait p> cela mme plus de plaisir que ce qui e/ dlay dans un long espace de temps2 et p> exemple1 je dem&e quel effet produirait l',o$ipe de ,sophocle1 si on l'allongeait en autant de v]s que l',iliade en compte4 ,l'pope1 quelle que soit son imitation1 e/ mo9s une que la tragdie2 et la preuve1 c'e/ que1 d'une seule pope1 on peut tir] plusieurs tragdies4 ,aussi1 dans le pome pique1 si l'on se borne une fable unique1 on tomb]a ncessairem5t dans un de ces deux inconvni5ts3 ou avec une exposition concise1 de p>atre tronqu et de f9ir comme en queue de rat2 ou avec les dim5sions ord9aires du pome pique1 de p>atre diffus et dlay4 ,que si l'on pr5d plusieurs fables au lieu d'une1 c'e/--dire si l'on comb9e dans son oeuvre plusieurs actions1 il n'y a plus ds lors d'unit4 ,l',iliade mme et l',odysse ont c]ta9es p>ties qui1 elles seules1 ont un gr& dveloppem5t2 cep5dant ces popes sont aussi p>faites que possible dans leur composition1 et l'on ne saurait p\ss] plus lo9 l'imitation d'une action unique4 ,a9si1 la tragdie l'emporte p> t\s ces po9ts1 et en outre1 p> l'effet qu'elle produit dans les limites que l'art lui impose2 c> l'pope et la tragdie ne sont pas faites p\r procur] un plaisir quelconque1 mais seulem5t le plaisir que n\s avons signal4 ,j'en conclus que la tragdie e/ videmm5t suprieure l'pope1 puisqu'elle atte9t plus compltem5t le b qu'elle p\rsuit4 ,mais bornons-n\s ce que n\s v5ons de dire sur l'pope et la tragdie1 sur la nature de t\tes deux1 sur leurs =mes et sur leurs p>ties1 dont n\s avons fix le nombre et les diffr5ces1 sur les causes de leurs beauts et de leurs dfauts1 et enf9 sur les critiques diriges contre la posie et sur les rponses qu'on peut faire ces critiques4 ,cette comp>aison de la tragdie avec l'pope manque de ju/esse dans le fond comme dans la =me1 c> l'pope1 c'e/ la nature entire1 et la tragdie n'en e/ qu'une p>tie3 pr5ez les quatre-v+t-dix-sept tragdies d',es*yle d'un ct et l',iliade de l'autre1 v\s v]rez ,es*yle sombr] et ,homre gr&ir4 ,il ne faut pas d'autre jugem5t4 ,,la ,,psy*ologie ,d',,ari/ote ,,ou ,,trait ,,de ,l',,me4 ,i4 ,l'insuffisance du raisonnem5t purem5t huma9 se rvle tri/em5t dans la mtaphysique de l'homme p> ,ari/ote4 ,il veut se pass] du mot my/re1 qui seul donne la clef des deux mondes1 et il re/e la porte de l'un et de l'autre4 ,l'hrosme de l'esprit ne peut se pass] du my/re p\r l'introduire dans les vrits occultes qui dpass5t les s5s4 ,qu& on vi5t de lire att5tivem5t sa ,psy*ologie1 on s'attri/e au lieu d'admir]4 ,on admire son loqu5t traducteur1 ,m4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire1 plus qu',ari/ote4 ,on revi5t ,socrate1 ce gr& mtaphysici5 d'action2 on revi5t mme ,platon1 le sa9t ,paul de ,socrate4 ,platon e/ un misrable sophi/e qu& il prt5d faire des lois au lieu de faire des dogmes2 sublime qu& il int]prte les dogmes de ,socrate2 ridicule qu& il donne ses rv]ies p\r lgislation au monde grec4 ,il y avait eu t\j\rs antipa?ie s\rde entre ,platon et ,ari/ote p5dant les dix-sept ans qu'ils avai5t vcu et pr(ess ensemble aprs la mort de ,socrate2 le diss5tim5t s'tait prononc et l>gi d'anne en anne depuis le d"p de ,platon4 ,il en avait rejailli un peu sur les sublimes doctr9es my/rieuses de ,socrate4 ,socrate1 conva9cu que plus le my/re e/ beau1 plus il e/ vrai1 avait affirm1 comme le *ri/ianisme qui appro*ait1 la spiritualit et l'immortalit de l'me4 ,ari/ote avait rejet ces dogmes div9s1 mais tnbreux1 et dem&ait au corps et aux s5s1 c'e/--dire1 la mort1 le secret de l'me et de la vie t]nelle4 ,cep5dant le respect p\r les doctr9es socratiques ou platoniques l'emp*ait de les ni] d'une manire absolue1 et il s'ef=ait de les concili] avec une espce de matrialisme absurde1 quoique logique1 auquel la raison pt ram5] la p5se4 ,alors comme auj\rd'hui1 il ne v\lait po9t de my/re3 po9t de my/re1 c'e/ le matrialisme et la mort4 ,de l l'emb>ras de ses conclusions4 ,il y a deux mondes1 un monde visible et un monde invisible4 ,raisonn] de l'un p> l'autre1 c'e/ se tromp] sur t\s les deux4 ,,ii4 ,m4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire l'a p>faitem5t s5ti et m]veilleusem5t exprim dans la belle et c\rageuse prface qui purifie d'avance la mtaphysique d',ari/ote4 ,il se socratise compltem5t1 mesure qu',ari/ote se matrialise davantage4 ,l'me e/-elle di/9cte du corps8 ,la =ce que n\s s5tons en n\s v\loir1 p5s] et s5tir1 e/-elle la mme que cette autre =ce qui cons]ve et rp>e notre organisme8 ,l'intellig5ce et la nutrition sont-elles s\mises une seule et mme puissance8 ,l'homme e/-il compos de deux pr9cipes8 ,obx-il un pr9cipe unique1 et l'me se confond-elle avec le corps8 ,auj\rd'hui il e/ p]mis pe9e de pos] cette "q4 ,elle fait s\rire la philosophie qui l'a c5t fois rsolue2 elle indigne la religion1 qui croit1 avec raison1 qu'un d\te de cet ordre l'branle et la ru9e2 elle tonne le s5s commun1 qui ne se la fait pas1 mais qui1 lorsqu'on la lui pose1 y rpond1 comme la religion et la philosophie1 p> une affirmation imp]turbable3 ,oui1 l'me e/ di/9cte du corps4 ,la discussion ne re/e ouv]te que p\r ces physiologi/es en petit nombre qui ne se sont po9t assez r5du compte des vraies limites de leur sci5ce1 et qui1 dans l'ardeur d'une tude encore n\velle et indcise1 ne s'ap]oiv5t pas de ses empitem5ts sur le doma9e d'tudes vois9es1 mais diffr5tes4 ,depuis ,desc>tes1 il n'e/ pas un philosophe qui puisse ignor] ni le *em9 infaillible qui conduit cette di/9ction capitale de l'me et du corps1 ni les consqu5ces1 ou plutt les dogmes1 qui en sort5t4 ,mais qu& la philosophie comm5ait bgay] en ,grce1 il y a prs de trois mille ans1 la "q n'tait ni aussi simple1 ni mme aussi grave4 ,les coles qui prcdr5t ,platon n'en compr5ai5t po9t t\te l't5due ni t\te la porte4 ,platon seul a su montr] t\t ce qu'elle r5f]mait d'ess5tiel1 et p\r l'explication de la nature de l'homme et p\r ses de/9es4 ,la vrit n'avait jamais t prs5te s\s des =mes aussi belles1 appuye d'argum5ts aussi inv9cibles1 conquise p> une m?ode plus irrpro*able4 ,les sicles ont adopt la solution platonici5ne2 ils l'ont appr(ondie1 ils ne l'ont pas *ange4 ,mais1 au temps mme de ,platon1 la victoire ne p\vait tre aussi facile4 ,la vrit1 que l'homme n'acqui]t qu'au prix de labeurs si longs1 ne rgne pas en un j\r4 ,la dc\vrir a cot bi5 des pe9es1 l'tablir n'en cote pas mo9s4 ,il e/ bon que des prote/ations nombreuses1 mme celles du gnie qui s'g>e en se rvoltant contre elle1 vi5n5t l'aff]mir en *]*ant va9em5t l'branl]4 ,son triomphe s]ait mo9s sr s'il tait plus rapide4 ,la lib]t d'ailleurs rs]ve t\j\rs ses droits1 plus imprescriptibles encore que ceux de la vrit4 ,c'e/ la gr&eur de l'esprit huma9 de n'accept] qu'aprs bi5 des combats l'empire mme du vrai1 et de ne jamais v\loir en subir le despotisme4 ,la di/9ction de l'me et du corps1 dmontre p> ,platon1 et surt\t p> ,desc>tes1 n'en s]a pas mo9s t\j\rs conte/e1 comme t\tes les gr&es vrits desquelles relve le de/9 de l'homme4 ,ces vrits n'ont de valeur qu'autant qu'elles sont discutables2 elles ne s'impos5t pas nos raisons comme les axiomes de la gomtrie2 elles ne peuv5t sauv] l'homme1 ou le p]dre1 que p>ce qu'elles peuv5t tre t\j\rs1 ou librem5t admises1 ou librem5t rejetes4 ,les contradicteurs n'ont donc pas manqu ,platon2 et le plus illu/re1 comme le plus r$\table1 fut son gr& disciple4 ,ari/ote avait t\tes les armes ncessaires p\r s\t5ir la lutte3 le gnie d'abord1 hautem5t reconnu1 et dvelopp mme p> son matre2 les va/es connaissances2 les enseignem5ts de la philosophie antrieure1 et les discussions prolonges v+t ans au se9 de l'cole qu'il devait combattre1 sans compt] les trsors d'un roi capable de compr5dre ses tudes en les favorisant4 ,ce s]ait beauc\p exagr] que de croire qu',ari/ote a confondu l'me et le corps1 comme l'ont fait plus t>d de grossi]s sy/mes4 ,les erreurs de ces hautes intellig5ces diffr5t au mo9s p> la =me de celles du vulgaire1 quoiqu'elles port5t les mmes consqu5ces1 av\es ou inc]ta9es4 ,elles ont mme ceci de plus dang]eux1 qu'elles se dissimul5t s\s des dehors admirables1 et qu'elles se ca*5t des pr(ondeurs o les yeux les plus sagaces ne sav5t pas t\j\rs les disc]n]4 ,on a disput longtemps1 dans l'antiquit1 au moy5 ge surt\t1 on peut encore disput] de nos j\rs1 p\r savoir ce qu',ari/ote a p5s de l'av5ir de l'me4 ,des passages quivoques ont rpondu dans l'un et l'autre s5s1 au gr des prjugs religieux ou philosophiques de ceux qui les int]rogeai5t4 ,suscit] de p>eilles controv]ses n'e/ pas absolum5t1 comme on p\rrait le croire1 un privilge du gnie4 ,c'e/ plutt la m>que d'une de ses faiblesses4 ,on ne discute po9t ce qui e/ vid5t2 et si ,ari/ote s'tait prononc plus nettem5t1 si ses op9ions euss5t t plus arrtes et plus f]mes1 elles n'euss5t pas f\rni matire des int]prtations si div]ses4 ,qui a jamais dem& ,platon ce qu'il p5sait de l'immortalit de l'me8 ,qui a jamais dem& ,ari/ote lui-mme ce qu'il p5sait de l't]nit du monde8 ,on n'int]roge que lorsqu'on d\te4 ,mais s'il e/ des que/ions qu'on peut laiss] dans l'ombre1 soit qu'on les ddaigne1 soit qu'on les oublie1 ce ne doit jamais tre que des que/ions secondaires4 ,sur les que/ions ess5tielles1 il ne doit y avoir ni oubli ni obscurit4 ,les laiss] d\teuses1 c'e/ ne pas les compr5dre assez4 ,l'op9ion d',ari/ote sur la di/9ction de l'me et du corps ne n\s app>atra donc po9t avec une entire nettet4 ,mais en int]rogeant d'abord sa doctr9e sur ce po9t spcial1 puis surt\t en int]rogeant son sy/me sur les consqu5ces qui dc\l5t infailliblem5t de ce pr9cipe1 selon qu'on l'affirme ou qu'on le nie1 n\s saurons quoi n\s en t5ir2 et l'accusation1 puisqu'il faut n\s rs\dre en lev] une contre lui1 repos]a1 n\s le t*]ons du mo9s1 sur des bases quitables4 ,voici d'abord sa ?orie3 ,l'hi/oire de l'me1 p\r reproduire l'expression mme dont il se s]t1 e/ l'une des tudes les plus graves que puisse entrepr5dre la philosophie4 ,elle exige des re*]*es pr(ondes et difficiles1 et l'objet qu'elle traite e/ gr& et admirable4 ,a9si1 ,ari/ote s'av\e t\te l'importance des inve/igations auxquelles il va se livr]4 ,peut-tre mme il l'exagre un peu1 ou du mo9s il la dplace2 c> il affirme qu'on ne peut bi5 connatre la nature si l'on ne connat l'me1 qui e/1 selon lui1 le pr9cipe des tres anims1 la p>tie pr9cipale des tres vivants4 ,il se propose donc de re*]*] et quelle e/ l'ess5ce de l'me1 et quelles sont ses qualits4 ,mais il ne veut pas se born]1 comme on l'a fait avant lui1 tudi] l'me de l'homme2 ce n'e/ po9t un *amp assez l>ge2 c'e/ l'ensemble des tres organiss1 depuis le vgtal jusqu'aux animaux les plus levs dans l'*elle de la vie1 qu'il dem&]a les faits qui doiv5t fond] son sy/me4 ,qu'on s'arrte avec quelque att5tion sur ce premi] pr9cipe2 c> c'e/ de l que sont sorties t\tes les erreurs d',ari/ote4 ,si l'me de l'homme ne circonscrit pas nos tudes1 si l'on sort de la nature huma9e p\r int]rog] l'univ]s1 ce n'e/ plus de la psy*ologie qu'on fait1 c'e/ de la physiologie gnrale4 ,la "q e/ c]ta9em5t agr&ie2 mais elle e/ t\t autre4 ,elle devi5t en outre tellem5t va/e que le gnie mme c\rt risque de s'y p]dre4 ,bi5tt la physiologie ne suffira pas plus que n'a suffi la psy*ologie2 et1 en ddaignant d'tudi] l'me seule de l'homme1 on s]a bi5 prs d'tudi] l'me du monde1 et de tomb] dans les abmes o s'e/ g> ,time1 que l'on a critiqu avec tant de raison et de svrit4 ,l'hi/oire de l'me a9si ent5due e/ un prlim9aire de l'hi/oire des animaux4 ,aussi les comm5tateurs n'ont pas manqu de mettre le ,trait de l'me en tte de ces admirables et nombreux ouvrages qui compos5t l'hi/oire naturelle dans l'encyclopdie d',ari/ote4 ,les comm5tateurs ont bi5 fait et ils ont obi une tradition *re au ,pripattisme4 ,mais1 il faut bi5 le rem>qu]3 on a beau prt5dre trait] de l'me en gnral1 c'e/ surt\t de l'me huma9e qu'on s'occup]a4 ,et la raison en e/ t\te simple3 c'e/ que l'me de l'homme e/ celle qui e/ le mieux connue l'homme4 ,les autres1 ou lui *app5t1 ou du mo9s re/5t obscures p\r lui4 ,ari/ote ne f]a donc pas prcism5t ce qu'il dsire2 quoi qu'il en dise1 il sortira trs-peu de l'homme2 et les faits trang]s qu'il vi5dra jo9dre aux faits purem5t huma9s1 p\rront bi5 faire brill] son imm5se savoir2 mais1 lo9 d'claircir la "q1 ils ne f]ont que l'emb>rass]4 ,c]ta9em5t il e/ de frappants et intimes rapports entre l'homme et les tres qui l'ent\r5t3 il se n\rrit comme eux2 quelques-uns s5t5t peu prs comme lui4 ,mais n'e/-ce pas assembl] les *oses les plus disp>ates que de confondre dans une seule tude les plantes1 qui se n\rriss5t et ne s5t5t pas2 les animaux1 qui se n\rriss5t et qui s5t5t1 mais qui ne p5s5t pas2 et enf91 l'homme1 qui a seul le privilge de l'ent5dem5t1 de cet ent5dem5t dont ,ari/ote a fait la p>tie suprieure de l'me8 ,n'e/-ce pas s'expos] des confusions fatales8 ,et une sage m?ode ne s'en ti5drait-elle pas ici1 bi5 plus encore que dans la politique1 ce prcepte donn p> le philosophe lui-mme3 ,qu& on veut tudi] la nature1 c'e/ aux tres complets qu'il convi5t de s'adress]1 ce n'e/ po9t aux tres infrieurs8 7,voir la ,politique1 liv4 ,i1 *4 ,,ii1 #aj47 ,mais passons4 ,aprs avoir montr t\t ce qu'a d'important l'tude de l'me1 ,ari/ote indique1 avec sa concision habituelle et avec la sret de son c\p d'oeil1 les que/ions pr9cipales qu'il convi5t d'agit]4 ,l'me e/-elle une sub/ance8 ,n'e/-elle qu'une qualit8 ,e/-elle simplem5t en puissance8 ou e/-elle une ralit complte8 ,plus t>d1 il s\ti5dra qu'elle e/ une sub/ance1 qu'elle e/ en acte et non pas seulem5t en puissance2 mais n\s v]rons en quel s5s il prte l'me la sub/antialit et l'n]gie4 ,puis il se dem&e si l'me possde quelque affection qui lui soit propre1 ou si plutt t\tes ses affections ne lui sont pas communes avec le corps4 ,la s5sation a beso9 du corps videmm5t2 la p5se n'en a pas mo9s beso91 bi5 qu'elle semble plus propre l'me que la s5sibilit4 ,l'me e/ donc indissolublem5t unie au corps3 elle ne peut pas plus tre sp>e de lui qu'on ne peut sp>] d'un objet quelconque la =me qui le limite et le dt]m9e4 ,les passions de l'me1 ,ari/ote le rem>que avec t\te raison1 sont t\j\rs accompagnes de c]ta9es modifications du corps2 et de cette obs]vation1 qui e/ vraie et qu'et appr\ve ,desc>tes1 mais qui e/ incomplte1 puisqu'il y a dans l'me autre *ose que des passions1 que conclut ,ari/ote8 ,que l'tude de l'me app>ti5t exclusivem5t au naturali/e1 ou1 comme n\s le dirions auj\rd'hui1 au physiologi/e4 ,et de peur qu'on ne s'y mpr5ne1 ,ari/ote explique ce qu'il ent5d p> le naturali/e1 et1 p\r p>l] grec1 le physici53 c'e/ celui qui tudie les phnomnes en tant qu'ils sont unis la matire2 c'e/ celui qui1 en tudiant l'me p> exemple1 ne la sp>e po9t du corps auquel elle e/ jo9te4 ,le physici5 e/1 cet g>d1 au-dess\s mme de quelques arti/es1 de l'ar*itecte1 du mdec91 qui tudi5t c]ta9es modifications de la matire1 indp5damm5t de la matire mme2 au-dess\s du ma?matici51 qui tudie ab/raitem5t d'autres modifications2 =t au-dess\s1 p> consqu5t1 du mtaphysici51 qui tudie plus ab/raitem5t encore les proprits gnrales de l'tre4 ,sur ce po9t1 il e/ impossible d'tre plus clair que ne l'e/ ,ari/ote4 ,suivant lui1 l'tude de l'me n'e/ qu'une p>tie de l'hi/oire naturelle2 elle n'app>ti5t en ri5 la mtaphysique1 la philosophie premire4 ,ceci e/ une consqu5ce p>faitem5t rig\reuse de la df9ition pose ds le db4 ,si l'me e/ le pr9cipe des tres vivants1 il faut l'tudi] dans les tres vivants2 l'homme app>emm5t n'e/ pas le seul tre qui vive1 le seul tre anim et organis4 ,adjugeons donc la sci5ce qui tudie l'organisation des tres l'tude du pr9cipe sans lequel les tres ne s]ai5t pas4 ,mais ici admirons ,ari/ote3 il vi5t de montr] t\te l t5due de son sujet2 il en a fix les dtails et les limites2 il en a dt]m9 la m?ode1 p> la nature mme de la sci5ce laquelle il l'attribue4 ,cette sci5ce1 l'hi/oire naturelle1 il la possde comme p]sonne ne l'a possde avant lui1 comme depuis lors p]sonne peut-tre ne l'a possde4 ,il e/ aussi p>faitem5t sr de ses =ces que du *em9 dans lequel il doit m>*]1 et p\rtant il ne veut pas s'en remettre lui seul4 ,d'autres avant lui ont p>c\ru la mme c>rire#d2 il les int]rog]a1 la fois p\r leur emprunt] loyalem5t la vrit1 s'ils l'ont dc\v]te1 et p\r vit] prudemm5t leurs erreurs1 s'ils en ont commis4 ,rs]ve bi5 r>e dans le gnie1 qui croit en gnral immodrm5t lui-mme1 et qui s]ait cep5dant bi5 plus puissant encore1 s'il tait plus mode/e et s'il s'appuyait sur la tradition6 ,ari/ote s'adresse donc ses devanci]s1 et s'il les combat1 ce n'e/ qu'aprs les avoir longuem5t consults3 il se sp>e d'eux1 mais il ne les omet pas4 ,depuis ,?als jusqu' ,time1 ,platon1 ,xnocrate1 il tudie et critique ses prdcesseurs1 ses matres1 ses condisciples4 ,deux facults de l'me ont surt\t attir leur att5tion3 la s5sibilit et le m\vem5t4 ,mais ,ari/ote tr\ve qu'ils ne les ont bi5 expliques ni l'une ni l'autre4 ,ces philosophes1 trop peu in/ruits1 ont *]* df9ir le m\vem5t dans l'me1 comme ils le df9issai5t dans l'univ]s1 ne voyant pas que dans l'me 7l'me huma9e sans d\te1 malgr ce qu'en a dit plus haut ,ari/ote71 le m\vem5t ti5t surt\t cette =ce qu'on appelle la volont et la p5se4 ,en outre1 ils ont pris les modifications de l'me p\r des m\vem5ts en elle3 s5tir1 p5s] mme1 s'attri/]1 se rj\ir1 espr]1 cra9dre1 s'indign]1 ce ne sont pas des m\vem5ts de l'me2 ce sont des m\vem5ts qui n'app>ti5n5t qu'au corps1 se dveloppant avec lui1 se fltrissant et m\rant avec lui4 ,quant l'intellig5ce proprem5t dite1 elle donne si peu le m\vem5t1 qu'elle e/ un pr9cipe impassible1 t\t div91 t\t inde/ructible qu'il e/4 ,l'intellig5ce mme ne p5se1 ne s5t1 n'aime1 ne se s\vi5t1 qu'en compagnie du corps4 ,les modifications de l'me1 qu'on pr5d p\r des m\vem5ts1 ne sont donc pas proprem5t elle4 ,si les philosophes antrieurs ont commis cette erreur1 c'e/ qu'ils n'avai5t pas assez tudi le corps2 ils ne s'tai5t pas assez r5du compte des conditions qu'il doit remplir p\r tre uni l'me4 ,ils n'ont pas mieux compris la s5sibilit4 ,l'me1 p\r connatre les *oses1 n'a pas beso9 d'tre semblable aux *oses1 ni surt\t1 comme l'ont imag9 quelques esprits grossi]s1 d'tre les *oses mmes4 ,il n'y a po9t entre l'me et les tres qu'elle connat cette ins\t5able id5tit4 ,de plus1 ,ari/ote1 comme son matre dans le ,phdon1 fait ju/ice de cette op9ion que l'me e/ l'h>monie du corps1 mtaphore inexacte donne p\r une explication sci5tifique4 ,il n'e/ pas mo9s svre p\r cette autre mtaphore plus vide encore1 qui fait de l'me un nombre qui se meut lui-mme4 ,enf91 il t]m9e cet exam5 rapide des ?ories qui ont prcd la si5ne1 en les accusant d'tre incompltes1 p>ce qu'elles n'ont pas tudi l'me dans t\te sa gnralit4 ,la s5sibilit1 le m\vem5t1 n'puis5t pas les facults de l'me4 ,la plante a une me puisqu'elle se n\rrit1 et p\rtant elle ne s5t ni ne se meut4 ,c]ta9s animaux1 qui s5t5t1 sont immobiles4 ,leur refus]a-t-on une me8 ,et s'ils en ont une1 p\rquoi l'a-t-on oublie dans des sy/mes qui ont la prt5tion d'expliqu] l'me t\t entire8 ,note #d3 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire4 ces ?ories insuffisantes il faut en sub/itu] une plus va/e et plus exacte4 ,et1 d'abord1 ,ari/ote s'occupe de donn] la df9ition de l'me4 ,quelle e/ cette df9ition8 ,on peut1 d'aprs ce qui prcde1 le dev9] presque sans pe9e4 ,t\t tre1 t\te sub/ance se compose de trois lm5ts1 qu'y peut di/+u] la raison3 la matire d'abord1 qui n'e/ p> elle-mme ri5 de dt]m91 et n'e/ qu'une simple puissance2 la =me1 qui dt]m9e l'tre1 lui donne un nom1 le fait ce qu'il e/2 puis1 en troisime lieu1 l'tre lui-mme1 compos de la matire et de la =me1 l'tre tel que nos s5s n\s le montr5t4 ,que peut donc tre l'me8 videmm5t elle ne peut tre que la =me du corps1 non pas du premi] corps v5u1 comme l'ont dit les ,py?agorici5s et quelques autres1 mais d'un corps =m p> la nature1 et d\ p> elle d'organes qui le r5d5t capable de vivre4 ,l'me1 en v5ant se jo9dre la matire organise1 lui apporte donc actuellem5t la vie4 ,de la simple puissance1 elle la fait pass] la ralit entire et complte4 ,l'me e/ donc l'a*vem5t du corps1 sa p]fection1 son acte1 et1 p\r p>l] la langue ari/otlique1 son entl*ie#e4 ,de l il rsulte que l'me ne se confond pas plus avec le corps1 que la cire ne se confond avec l'empre9te qu'elle reoit1 pas plus que la matire d'une *ose quelconque ne se confond avec cette mme *ose4 ,l'me e/ l'ess5ce du corps qui sans elle n'e/ plus ce qu'il e/1 t\t comme un oeil de pi]re1 un oeil en pe9ture n'e/ pas un oeil vritable4 ,l'me n'e/ pas t\t fait le corps2 elle e/ quelque *ose du corps2 mais elle n'en peut tre sp>e1 et ,ari/ote n'ose mme pas dire qu'elle y soit di/9ctem5t1 comme le m>9 e/ dans le vaisseau qu'il g\v]ne4 ,note #e3 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire4 ,voil donc la df9ition de l'me2 et le philosophe qui a fait sur la df9ition en gnral la gr&e ?orie dpose dans les ,analytiques veut pr\v] que celle-ci e/ irrpro*able4 ses yeux1 elle remplit la condition ess5tielle de t\te bonne df9ition3 elle conti5t la cause4 ,l'me a9si comprise e/ la cause du corps vivant2 c'e/ elle qui1 en lui donnant la vie1 le fait ce qu'il e/4 ,elle la lui donne p> quatre facults div]ses3 la nutrition1 la s5sibilit1 l'intellig5ce1 la locomotion4 ,p>t\t o l'on voit l'une de ces facults1 on peut affirm] qu'il y a vie1 qu'il y a une me4 ,ces facults1 du re/e1 se rp>tiss5t trs-9galem5t entre les tres vivants4 ,les uns n'en ont qu'une3 a9si1 les plantes n'ont que la facult de nutrition1 n'ont que l'me nutritive2 d'autres tres j\iss5t de t\tes les facults runies3 tel e/ l'homme4 ,aj\tez que ces facults se subordonn5t entre elles dans une srie p>faitem5t rgulire4 ,la nutrition peut tre isole de t\tes les autres2 mais la s5sibilit1 qui e/ le c>actre propre et premi] de l'animal1 ne va jamais sans la nutrition2 la locomotion suppose ncessairem5t la s5sibilit1 comme celle-ci suppose la nutrition4 ,enf91 l'intellig5ce implique t\tes les facults infrieures4 ,je n'insi/e pas sur la gr&eur et la vrit de ces considrations physiologiques4 ,on sait assez ce qu'on peut att5dre de l'auteur de l',hi/oire des animaux4 ,t\t ce qu'il convi5t de rem>qu] ici1 c'e/ qu',ari/ote fait de l'me la cause directe de la nutrition et de la gnration1 de/9es1 l'une cons]v] l'individu1 l'autre p]ptu] la race4 ,il rfute les philosophes qui ont attribu au seul lm5t du feu ce gr& acte de la nutrition4 ,c]ta9em5t1 sans la *aleur1 la nutrition n'e/ pas possible2 et voil p\rquoi t\s les tres vivants sont p\rvus d'une c]ta9e *aleur4 ,mais c'e/ l'me qui e/ la cause absolue de la nutrition4 ,c'e/ elle qui n\rrit le corps au moy5 des alim5ts qu'elle lui assimile4 ,c'e/ elle qui1 t\t en le dveloppant1 lui cons]ve nanmo9s sa figure1 t&is que le feu1 s'il tait seul *>g de cette fonction1 accrotrait cette figure sans rgle et sans limites4 ,aprs la ?orie de la nutrition vi5t la ?orie de la s5sibilit4 ,,iii4 ,il rsulte de l que la consci5ce e/ supprime et que ,dieu lui-mme e/ omis4 ,l'immortalit de l'me r$evi5t problme4 quoi ti5n5t tant de lacunes et tant d'erreurs8 cont9ue ,m4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire4 ,ari/ote n'a pas fait de l'me une sub/ance1 c'e/--dire une =ce libre et di/9cte de t\tes les autres2 ,il n'a po9t ratta* l'me les facults morales dont l'homme e/ d\2 ,il n'a pas cru l'immortalit de l'me2 ,enf91 il n'a pas montr dans l'me le fondem5t mme de t\te philosophie et de t\te sci5ce4 quoi ti5n5t des erreurs si pr(ondes et si div]ses8 quelle cause convi5t-il de les rapport]8 une seule1 qui les explique t\tes1 si elle ne les ju/ifie4 ,ari/ote n'a pas su di/+u] assez compltem5t l'me et le corps4 ,il les a confondus1 en attribuant l'une des fonctions qui manife/em5t app>ti5n5t l'autre4 ,il a rduit l'homme un pr9cipe unique1 t&is que l'homme e/ videmm5t compos de deux pr9cipes1 que sa raison di/+ue p>faitem5t1 si d'ailleurs elle ne les voit jamais matriellem5t sp>s4 ,qu& l'me a su donn] cette int]rogation intrieure l'att5tion et la p]svrance qu'exig5t de si dlicates tudes1 elle se disc]ne elle-mme avec une vid5ce que ri5 n'gale4 ,l'homme s'ap]oit alors avec le c>actre m95t qui lui e/ propre1 avec le c>actre unique de la p5se4 ,il ne nie ri5 du corps auquel son me e/ atta*e dans cette vie4 ,mais il reconnat que le corps n'e/ pas lui1 prcism5t p>ce que le corps e/ lui1 et que ce qui possde e/ di/9ct de ce qui e/ possd#f4 ,il ne sait po9t si l'me e/ la =me du corps4 ,mais ce que l'me sait1 qu& elle en e/ arrive se saisir a9si elle-mme1 c'e/ qu'elle e/ la s\v]a9e et la dom9atrice de la matire laquelle elle e/ unie1 et que cette matire e/ son in/rum5t et son compagnon subordonn1 quoique trop s\v5t indocile4 ,l'me ne se compr5d elle-mme que s\s la condition de la p5se1 sans laquelle elle ne s]ait pas3 elle n'a pas beso9 de la condition du corps1 sans lequel elle p\rrait tre1 bi5 qu'elle ne soit jamais sans lui4 ,la p5se seule lui e/ donc ess5tielle4 ,note #f3 ,le corps e/ un in/rum5t dont l'me se s]t sa volont444 ,de l444 l'extrme diffr5ce du corps et de l'me1 p>ce qu'il n'y a ri5 de plus diffr5t de celui qui se s]t de quelque *ose1 que la *ose mme dont il se s]t4 ,bossuet1 ,connaissance de ,dieu et de soi-mme1 page #gc1 a1 d4 de #ahcf4 ,voil ce que ,desc>tes enseigne div9em5t2 voil ce que ,desc>tes enseigne avec une cl>t qui ne laisse plus aucun nuage1 avec cette autorit qui n'app>ti5t qu'au vrai1 et qui ne s\ffre plus de controv]se4 ,mais e/-il quitable de jug] ,ari/ote p> ,desc>tes1 et de mesur] ces antiques ?ories des ?ories v5ues deux mille ans plus t>d8 ,e/-il quitable de dem&] au sicle d',alex&re t\t ce qu'a pu t5ir le dix-septime sicle1 t\t ce que le ntre p\rrait donn]8 ,sans d\te la nature et la ralit ne *ang5t pas2 et le gnie1 qu& il applique sa puissance les obs]v]1 peut d'un premi] ef=t les pntr] et les compr5dre t\t entires4 ,ari/ote a r5contr p>fois ce bonheur2 et la logique1 p> exemple1 a t con/ruite de t\tes pices p> ses seules ma9s1 sans que ce prodigieux difice et t prp> p> des travaux antrieurs1 sans qu'il ait t agr&i ou *ang p> les travaux qui ont suivi4 ,mais ce sont l de bi5 r>es =tunes2 et quoique ,ari/ote en ait eu encore une autre presque aussi belle dans l',hi/oire des animaux1 il s]ait excessif d'att5dre t\j\rs1 mme de lui1 des oeuvres aussi a*eves4 ,c'e/ qu' ct de la puissance du gnie1 qui e/ individuel1 il y a cette autre puissance de l'esprit huma9 qui gr&it de sicle en sicle1 et dpasse p> des labeurs incessamm5t accumuls les lans du gnie lui-mme1 admirables1 mais passag]s4 ,on a s\v5t commis cette iniquit de s\mettre les gr&s hommes du pass la mesure du prs5t1 et il a t facile de les conva9cre d'erreur et de faiblesse4 ,mais c'e/ bi5 mal compr5dre la loi qui prside au dveloppem5t de l'intellig5ce huma9e4 ,c'e/ exig] de l'enfance ce qu'on ne doit dem&] qu' la virilit4 ,auj\rd'hui1 mo9s que jamais1 une apprciation aussi inju/e ne doit tre p]mise4 ,elle s]ait imp>donnable1 en prs5ce de t\s les enseignem5ts qu'ont d n\s donn] et la philosophie de l'hi/oire et l'hi/oire mme de la philosophie4 ,ne jugeons donc pas ,ari/ote p> ,desc>tes2 et puisqu'un heureux has>d n\s p]met de comp>] les ?ories du disciple celles de son matre1 jugeons ,ari/ote p> ,platon2 ,ari/ote a v+t ans tudi cette cole4 ,il y aura de plus cet avantage que1 si la s5t5ce porte au nom de ,platon e/ t\te p>eille celle que n\s eussions porte au nom de ,desc>tes1 le jugem5t p\rra pass] p\r infaillible2 ce s]a l'expression mme de la vrit1 dc\v]te d'abord p> le gnie1 et confirme p> le tmoignage des temps4 ,voyons ce que ,platon enseigne sur l'me4 ,l'a-t-il di/+ue p>faitem5t du corps8 ,en a-t-il fait une sub/ance8 ,l'a-t-il crue immortelle8 ,a-t-il su tr\v] dans l'me et dans la rflexion le pr9cipe de la vritable m?ode8 ,mais1 en *]*ant une rponse ces que/ions1 g>dons-n\s de sp>] ,platon de ,socrate1 puisque le pieux disciple a v\lu que la po/rit ne l'c\tt jamais que p> l'int]mdiaire et s\s la g>antie de son incomp>able matre4 ,socrate vi5t d'expos] ses amis cette ?orie de l'immortalit de l'me qui remplit le ,phdon2 il va boire le poison dans la c\pe que lui prs5t]a le s]viteur des ,onze4 ,mais1 avant de m\rir1 il veut se baign]1 af9 d'p>gn] aux femmes la pe9e de lav] un cadavre4 ,alors ,criton pr5ant la p>ole3 ,socrate1 lui dit-il1 n'z-tu ri5 n\s recomm&]1 moi et aux autres1 sur tes enfants ou sur t\te autre *ose o n\s p\rrions te r5dre s]vice8 --,ce que je v\s ai t\j\rs recomm&1 ,criton2 ri5 de plus2 ayez so9 de v\s2 a9si1 v\s me r5drez s]vice moi1 ma famille1 v\s-mme1 alors mme que v\s ne me promettriez ri5 prs5tem5t2 au lieu que si v\s v\s ngligez v\s-mme1 et si v\s ne v\lez pas suivre1 comme la trace1 ce que n\s v5ons de dire1 ce que n\s avons dit il y a longtemps1 me fissiez-v\s auj\rd'hui les promesses les plus vives1 t\t cela ne s]vira pas gr&'*ose4 --,n\s f]ons t\s nos ef=ts1 rpondit ,criton1 p\r n\s conduire a9si4 ,mais comm5t t'ensevelirons-n\s8 --,t\t comme il v\s plaira1 dit-il1 si t\tefois v\s p\vez me saisir et que je ne v\s *appe pas4 ,puis1 en mme temps1 n\s reg>dant avec un s\rire ple9 de d\ceur3 ,je ne saurais v5ir b\t1 mes amis1 de p]suad] ,criton que je suis le ,socrate qui s'entreti5t avec v\s1 et qui ordonne t\tes les p>ties de son disc\rs4 ,il s'imag9e t\j\rs que je suis celui qu'il va voir mort t\t l'heure1 et me dem&e comm5t il m'ensevelira2 et t\t ce long disc\rs que je vi5s de faire p\r pr\v] que1 ds que j'aurai aval le poison1 je ne demeur]ai plus avec v\s1 mais que je v\s quitt]ai1 et irai j\ir de flicits ineffables1 il me p>at que j'ai dit t\t cela en pure p]te p\r lui1 comme si je n'eusse v\lu que v\s consol] et me consol] moi-mme4 ,soyez donc mes cautions auprs de ,criton1 mais d'une manire t\te contraire celle dont il a v\lu tre la mi5ne auprs de mes juges2 c> il a rpondu p\r moi que je ne m'en irais po9t2 v\s1 au contraire1 rpondez p\r moi que je ne s]ai pas plutt mort que je m'en irai2 af9 que le pauvre ,criton pr5ne les *oses plus d\cem5t1 et qu'en voyant brl] mon corps ou le mettre en t]re1 il ne s'afflige pas sur moi1 comme si je s\ffrais de gr&s maux1 et qu'il ne dise pas mes funrailles qu'il expose ,socrate1 qu'il l'emporte1 qu'il l'ent]re2 c> il faut que tu sa*es1 mon *] ,criton1 lui dit-il1 que p>l] improprem5t1 ce n'e/ pas seulem5t une faute env]s les *oses1 mais c'e/ un mal que l'on fait aux mes4 ,il faut avoir plus de c\rage1 et dire que c'e/ mon corps que tu ent]res2 et ent]re-le comme il te plaira1 et de la manire qui te p>atra la plus con=me aux lois4 7,traduction de ,m4 ,c\s91 p4 #cae47 ,s\s l'impression d'exemples si frappants1 devant de si vives leons1 dont la vrit d'ailleurs p\vait tre t\t in/ant contrle p> l'obs]vation mme des faits1 on compr5d sans pe9e que la di/9ction de l'me et du corps dut app>atre ,platon comme une sorte d'axiome inconte/able4 ,aussi1 sans s'expliqu] avec autant de nettet que1 plus t>d1 ,desc>tes a pu le faire1 ,platon a-t-il pris1 comme lui1 l'me rduite la seule p5se p\r le pr9cipe suprme de t\te philosophie4 ,quel e/ le devoir du philosophe8 ,c'e/ de s'exam9] soi-mme2 c'e/ de cons]v] pure de t\te s\illure cette p>tie de son tre qui compr5d le ju/e et l'inju/e2 c'e/ de la p]fectionn] au pril mme de sa vie4 ,mais le premi] ob/acle que le philosophe r5contre1 c'e/ le corps qui l'emp*e d'arriv] au vrai et au bi54 ,les beso9s du corps1 ses passions1 ses faiblesses1 ses plaisirs et ses d\leurs sont comme autant de cl\s p> lesquels l'me lui e/ rive2 c'e/ p> le corps qu'elle e/ entrane dans ces rgions infrieures et obscures o elle e/ en proie au vice et l'erreur4 ,il faut donc que le philosophe1 s'il veut atte9dre la v]tu et la vrit1 sp>e son me du corps2 il faut qu'il la dlivre du li5 des s5s dont elle se s]t1 et lui appr5ne1 ds cette vie1 m\rir1 en quelque sorte1 si la mort e/ la sp>ation du corps et de l'me4 ,la philosophie s]a donc comme un appr5tissage et comme une anticipation de la mort vritable4 ,cette vie n\velle de l'me e/ la seule vie relle1 la seule vraim5t digne de l'homme4 ,l'me recueillie en elle-mme1 au-dessus des tr\bles et des v]tiges que le corps lui donne1 qu& elle re/e unie lui1 se reconnat alors p\r un pr9cipe div91 immortel1 intellig5t1 simple1 indissoluble4 ,elle e/ invisible et immatrielle4 ,il n'y a que le corps qui puisse tre p]u p> les s5s4 ,mais si l'me *appe la prise des s5s1 s'ils ne peuv5t ni la voir ni la t\*]1 l'me se voit et se t\*e elle-mme4 ,elle se confond si peu avec le corps qu'elle se s5t faite p\r lui comm&]1 le combattre1 et1 au beso91 l'anantir4 ,c'e/ elle qui anime le corps et qui le fait ce qu'il e/2 c> sans elle il n'e/ plus qu'un cadavre2 sans elle il se corrompt2 et l'homme a beau v\loir cons]v] cette va9e dp\ille1 t\t l'art des gypti5s n'y peut ri52 le corps tombe bi5tt en dissolution1 t&is que l'me se s5t rs]ve des de/9es t\tes diffr5tes#g4 ,note #g3 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire4 ,cette vie de l'intellig5ce et de la sagesse que la philosophie assure l'me1 on sait assez ce qu'elle e/ dans le sy/me de ,platon4 ,l'me e/ alors en rapport avec les ,ides1 c'e/--dire1 avec les notions gnrales et univ]selles1 dont elle ne voit dans le monde des s5s que des cas p>ticuli]s et des ombres4 ,ari/ote a beauc\p combattu la ?orie des ,ides2 et je ne veux pas dire qu'elle soit inattaquable de t\s po9ts4 ,mais s'il a ni surt\t que les ,ides puss5t exi/] "p et indp5damm5t des tres que nos s5s n\s rvl5t1 il n'a jamais ni qu'elles exi/ass5t4 ,comm5t1 en effet1 aurait-il pu le ni]8 ,sa ?orie de l'ent5dem5t n'e/ po9t autre cet g>d que la ?orie mme de son matre4 ,l'univ]sel e/ le seul objet de la sci5ce p\r ,ari/ote aussi bi5 que p\r ,platon4 ,mais1 selon ,ari/ote1 les s5s et le corps sont indisp5sables p\r =m] l'univ]sel1 collection de ce qu'il y a de commun dans *acun des phnomnes4 ,suivant ,platon1 au contraire1 le tmoignage des s5s n'e/ p\r l'me qu'une occasion de s'lev] la notion univ]selle qu'elle porte en elle1 et qu'elle y doit retr\v]1 qu& elle sait r5tr] en soi s\s la conduite de la philosophie4 ,aprs l'excitation t\te passagre p> laquelle le corps a provoqu l'me1 il n'a donc plus ri5 faire dans le monde de l'intellig5ce4 ,l'me y e/ seule avec les ,ides qu'elle compr5d et qu'elle contemple1 mais qu'elle ne fait pas1 comme ,ari/ote l'a p5s4 ,,iv4 ,on le voit3 si1 dans l'ordre actuel des *oses1 l'me e/ unie au corps1 si elle n'en peut tre matriellem5t sp>e1 elle peut du mo9s1 selon ,platon1 se di/+u] si p>faitem5t de lui qu'elle se fait une exi/5ce dans laquelle le corps n'e/ plus rellem5t p\r ri54 ,l'me en e/ donc pr(ondm5t di/9cte4 ,et notez bi5 qu'il ne s'e/ agi jusqu'ici dans les ?ories de ,platon que de faits rels1 t\s vrifiables la plus scrupuleuse analyse1 et non po9t de ces hypo?ses qui confirm5t la di/9ction de l'me et du corps1 qui en sont des consqu5ces plus ou mo9s c]ta9es1 mais qui ne la dmontr5t pas4 ,je veux p>l] de cette t]nit que ,platon attribue l'me1 de cette vie antrieure o l'me sans le corps a connu directem5t les ,ides dont elle ne fait que se s\v5ir ici-bas1 de ces exi/5ces successives p> lesquelles l'me doit pass] p\r rec\vr] sa puret premire1 de ces rcomp5ses et de ces pe9es que lui rs]ve la ju/ice des dieux1 selon qu'elle aura bi5 ou mal vcu4 ,ces croyances1 qui sont le fond du ,platonisme1 ont sans d\te une imm5se importance4 ,mais mme en les ngligeant1 on peut affirm]1 sans la mo9dre hsitation1 que ,platon a procd comme ,desc>tes dans cette gr&e di/9ction de l'me et du corps1 et que sa ?orie a la mme vrit1 si d'ailleurs elle prs5te aussi les mmes prils4 ,mais ,platon e/ all plus lo9 que ,desc>tes1 en insi/ant encore plus que lui sur les moy5s qu'il convi5t d'employ] p\r bi5 disc]n] l'me du corps4 ,il a mme indiqu les causes qui le plus ord9airem5t emp*5t les hommes de p\voir faire cette di/9ction1 et de se bi5 connatre eux-mmes4 ,desc>tes prvoyait1 en t]m9ant ses pr9cipes 7#d;e p>tie1 #bja1 d4 de ,m4 ,c\s971 qu'il ne s]ait pas appr\v p> ceux qui pr5n5t leurs s5s p\r la mesure des *oses qui se peuv5t connatre4 ,et il aj\tait qu' son avis1 c'tait faire gr& tort au raisonnem5t huma9 que de ne v\loir pas qu'il allt au-del des yeux4 ,platon a v+t fois rpt que1 p\r bi5 connatre la vritable nature de l'me1 on ne doit pas la considr] dans l'tat de dgradation o la mett5t son union avec le corps et d'autres maux2 et qu'il faut la contempl] att5tivem5t1 des yeux de l'esprit1 telle qu'elle e/ en elle-mme1 dgage de t\t ce qui lui e/ trang]4 ,ceux qui v]rai5t ,glaucus le m>91 disait-il encore1 aurai5t pe9e reconnatre sa premire =me1 p>ce que les anci5nes p>ties de son corps ont t1 les unes brises1 les autres ues et totalem5t dfigures p> les flots1 et qu'il s'en e/ =m de n\velles de coquillages1 d'h]bes m>9es et de caill\x1 de sorte qu'il ressemble plutt un mon/re qu' un homme tel qu'il tait aup>avant4 ,a9si1 l'me s'(fre nos reg>ds dfigure p> mille maux4 ,mais voici p> quel endroit il convi5t de la reg>d]4 ,c'e/ p> son gt p\r la vrit4 ,considrons quelles *oses elle s'atta*e1 quel comm]ce elle re*]*e1 comme tant p> sa nature de la mme famille que ce qui e/ div91 immortel1 imprissable4 ,considrons ce qu'elle peut dev5ir1 lorsque1 se livrant t\t entire cette p\rsuite1 elle s'lve p> ce noble lan du fond des flots qui la c\vr5t auj\rd'hui1 et qu'elle se db>rasse des caill\x et des coquillages qu'amasse aut\r d'elle la vase dont elle se n\rrit1 crote paisse et grossire de t]re et de sable4 7,rpublique1 liv4 ,x1 p4 #bgc1 trad4 de ,m4 ,c\s947 ,puis1 dans cette sage conciliation que ,platon a t5te entre le s5sualisme ioni5 et l'idalisme de ,mg>e1 il employait la d\ce ironie qu'il avait apprise de ,socrate1 se moqu] de ces hommes sems p> ,cadmus1 de ces vrais fils de la t]re1 qui s\ti5n5t h>dim5t que t\t ce qu'ils ne peuv5t pas palp] n'exi/e en aucune manire2 de ces t]ribles g5s qui v\drai5t saisir l'me1 la ju/ice1 la sagesse1 ou leurs contraires1 comme ils saisiss5t ple9es ma9s les pi]res et les arbres qu'ils r5contr5t1 et qui n'ont que du mpris1 et n'en veul5t pas ent5dre davantage1 qu& on vi5t leur dire qu'il y a quelque *ose d'incorporel4 7,sophi/e1 p4 #beb1 trad4 de ,m4 ,c\s947 ,platon n'e/ pas p>v5u conva9cre t\s ces pr(anes1 comme il les appelait encore2 ,desc>tes n'a pas davantage p]suad t\s les pr(anes de son temps4 ,mais ,platon et ,desc>tes ont montr la r\te2 les esprits att5tifs et srieux n'ont plus qu' les y suivre4 ,ma9t5ant e/-il beso9 de dire que ,platon a fait de l'me une sub/ance1 au s5s le plus rig\reux de ce mot8 ,t\t ce que l'on vi5t de voir ne le pr\ve-t-il pas assez8 ,et p\r l'immortalit1 que dire encore1 que t\t le monde ne sa*e8 ,disons t\tefois que dans la philosophie de ,platon1 ce dogme a une importance et un c>actre qu'il n'a po9t ailleurs4 ,les religions1 mme les plus positives et les plus claires1 se cont5t5t d'affirm] que l'me e/ immortelle1 t\t comme elles affirm5t que ,dieu e/4 ,la philosophie va beauc\p plus lo93 elle ne se cont5te pas d'affirm]1 elle dmontre4 ,elle *]*e des preuves1 les classe1 les discute1 p\r en faire ressortir1 avec d'autant plus d'vid5ce1 la vrit que doit accept] la raison aprs l'avoir s\mise librem5t son exam54 ,depuis le ,phdon1 la ,rpublique et les ,lois1 l'esprit huma9 a-t-il tr\v des argum5ts n\veaux8 en a-t-il tr\v de plus solides8 ,et e/-il p]sonne qui ne puisse adopt] ceux qui donnr5t ,socrate son imp]turbable foi devant une mort inique et cruelle8 ,quel imm5se intrt s'atta*ait donc1 p\r ,platon1 cette "q qui a*ve et compr5d t\tes les autres8 ,la vie de l'homme1 telle qu'elle n\s e/ faite ici-bas1 lui app>ut comme une nigme ind*iffrable1 et digne de piti plutt que d'tude1 si ri5 ne la suit4 ,l'homme1 s'il ne se ratta*e ri5 de suprieur1 s'il ne se ratta*e po9t ,dieu1 lui app>ut comme un tre inexplicable et mon/rueux4 ,de l1 dans son sy/me1 cette gr&e croyance de l'immortalit1 qui fait du ,platonisme une sorte de religion t\t aussi 9branlable1 et1 sur quelques po9ts1 beauc\p plus complte que t\te autre4 ,en un mot1 aprs ,socrate et ,platon1 les sicles n'ont eu1 sur ce dogme1 absolum5t ri5 faire1 ils n'ont eu qu' le sanctionn]4 ,ceci n\s explique sans la mo9dre pe9e p\rquoi la morale de ,platon e/ la fois si vraie et si sublime1 si pr(onde et si pratique4 ,c'e/ une consqu5ce1 qu& une fois on a compris la vraie de/9e de l'me1 de compr5dre aussi1 dans t\te son t5due1 la loi qui lui e/ impose4 ,le philosophe n'a plus1 comme le vulgaire1 qu' int]rog] sa consci5ce2 il y tr\ve la voix intrieure qui p>lait si haut ,socrate1 et que t\t homme porte en lui1 si d'ailleurs t\t homme ne sait pas l'ent5dre aussi bi51 et la suivre aussi docilem5t4 ,le philosophe n'a donc qu' recueillir ces infaillibles oracles2 et mieux il les aura c\ts1 plus son langage pr5dra de gr&eur et d'autorit4 ,si ,platon a mieux p>l de la morale que ne l'a fait ,ari/ote1 si surt\t il a su l'inspir] mieux que son disciple1 n'en *]*ons pas d'autre cause4 ,platon a mieux compris la nature de l'me1 p>ce qu'en ne voyant en elle que la p5se1 il l'a prise p> son ess5ce1 et ne l'a po9t dnature en lui prtant des facults qu'elle n'a po9t4 ,platon mme en ceci e/ bi5 plus gr& que ,desc>tes3 p>ti d'un pr9cipe id5tique1 il en tire des consqu5ces morales que le philosophe mod]ne a passes s\s sil5ce1 consqu5ces qui n'avai5t plus1 il e/ vrai1 au dix-septime sicle1 la mme importance qu'au se9 du paganisme1 mais que la sci5ce du mo9s rclamait comme un indisp5sable complm5t#h4 ,note #h3 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire4 ,v4 ,a9si1 conduit p> une exacte analyse des faits1 ,platon a pos d'abord la di/9ction de l'me et du corps et la sub/antialit de l'me2 il a pos son immortalit vritable avec le cortge oblig des rcomp5ses et des pe9es2 il a dc\v]t la loi morale et l'a montre1 dans t\te sa puissance et sa puret1 au fond de la consci5ce huma9e4 ,sur ces div]s po9ts1 n\s avions tr\v ,ari/ote1 ou peu prs muet1 ou t\t au mo9s obscur2 ,platon1 au contraire1 a rpondu avec une cl>t et une assurance admirables4 ,en s]a-t-il de mme sur la "q de la m?ode8 ,oui1 sans d\te2 et en ceci la solution de ,platon n'a t ni mo9s complte1 ni mo9s sre4 ,on peut dj facilem5t press5tir ce qu'elle doit tre4 ,il e/ impossible l'me de se plac] en face d'elle-mme1 sans reconnatre bi5tt cette vid5ce suprme qui accompagne t\t acte de consci5ce1 et qui de l se rp& sur t\tes les notions que l'me peut saisir directem5t en elle4 ,or ces notions ne conc]n5t pas l'me t\te seule2 elles s'appliqu5t aussi au monde extrieur1 aux tres1 aux phnomnes qui1 sans elles1 demeur]ai5t p>faitem5t incomprh5sibles l'intellig5ce1 p>ce qu'ils s]ai5t sans lois4 ,il faudra donc que l'me r5tre en elle-mme1 non pas seulem5t p\r se compr5dre1 mais aussi p\r compr5dre t\t ce qui n'e/ pas elle4 ,de l1 la dialectique1 sci5ce t\te rationnelle qui1 sans inv5tion des s5s1 s'lve l'ess5ce des *oses1 et les ent5d aussi p>faitem5t qu'il e/ donn l'homme de les ent5dre3 sci5ce suprieure t\tes les sci5ces physiques1 suprieure mme t\tes les sci5ces intelligibles1 p>ce que c'e/ elle seule qui a le secret de t\tes les autres et connat leurs limites et leurs rapports4 ,on peut dire que la dialectique e/ l'air dont les autres sci5ces ne sont qu'un va9 prlude4 ,elle e/ la plus vraie de t\tes1 p>ce qu'elle ne s'occupe que de ce qui ne passe po9t1 et que la vrit ne se fonde que sur ce qui e/4 ,on a s\v5t reprs5t la dialectique platonici5ne comme la m?ode qui1 des ides p>ticulires1 s'lve de degr en degr des notions de plus en plus gnrales1 p\r ab\tir p> t\tes les voies cette ide suprme et univ]selle du bi51 qui illum9e le monde intelligible1 comme le soleil claire le monde des s5s4 ,la dialectique e/ bi5 cela sans d\te2 mais elle e/ plus encore3 elle e/ la m?ode unique1 applicable t\s les cas1 aux plus humbles comme aux plus relevs3 en un mot1 elle e/ la m?ode1 au s5s mme o ,desc>tes l'a plus t>d ent5du4 ,de l vi5t que ,platon dcl>e que le philosophe e/ le seul possd] la dialectique1 t\t comme ,desc>tes n'a dem& la m?ode qu' la seule philosophie4 ,de l vi5t encore que ,platon int]dit la dialectique la jeunesse1 et qu'il veut qu'elle c\ronne1 et non qu'elle prcde la culture des sci5ces p>ticulires4 ,c'e/ qu'en effet1 p\r bi5 connatre et montr] le *em91 il faut d'abord l'avoir p>c\ru4 ,telle e/ la porte vritable de la dialectique platonici5ne2 c'e/ l ce qui lui assigne le gr& rle qu'elle j\e dans l'hi/oire de la philosophie4 ,elle e/ l'antcd5t direct de la m?ode c>tsi5ne1 laquelle e/ le fondem5t de t\te la philosophie mod]ne4 ,compr5dre autrem5t la dialectique de ,platon1 c'e/ la mconnatre4 ,ari/ote le premi] l'a entirem5t mconnue2 et1 si l'on a bi5 compris p\rquoi le sy/me pripattici5 e/ sans m?ode et sans base1 on voit t\t aussi clairem5t p\rquoi le disciple n'a po9t accept la m?ode du matre3 c'e/ qu',ari/ote n'a po9t con/at dans l'me ce gr& fait de la rflexion sur lequel ,platon a tant insi/4 ,ari/ote a rabaiss la dialectique presque au niveau de l'art des sophi/es2 et bi5 d'autres aprs lui ont rpt cet ana?me4 ,peut-tre la dialectique vulgaire de son temps ne valait-elle pas davantage2 peut-tre mme celle que ,kant a v\lu ressuscit] ne vaut-elle pas beauc\p mieux2 mais on peut l'affirm] contre ,ari/ote et contre ,kant1 ce n'e/ pas l la dialectique de ,platon4 ,c]tes1 je ne veux pas dire que la m?ode platonici5ne soit l'abri de t\te critique1 ni qu'elle soit sans dang]4 ,le demi-scepticisme des c9q ,acadmies qui se sont succd e/ un f*eux symptme4 ,le my/icisme des ,alex&r9s e/ encore plus dplorable1 a9si que l'idalisme sorti de l'cole c>tsi5ne2 mais ce sont l des ab]rations et des consqu5ces immodres de la m?ode2 ce n'en sont pas de lgitimes applications4 ,il faut donc rpt] que la m?ode de ,platon e/ la vraie m?ode1 et que qui ne l'adopte pas c\rt le risque de ne po9t s'ent5dre compltem5t avec soi-mme1 et de p>c\rir la c>rire sans la bi5 connatre1 quel que soit d'ailleurs son gnie4 ,ari/ote aurait donc pu appr5dre de ,platon d'abord ce qu'e/ la m?ode philosophique1 et de quelle facult de l'me elle ressort2 il aurait pu appr5dre de lui quel e/ le vrai fondem5t de la morale2 il aurait pu appr5dre de quelle importance e/ le dogme de l'immortalit1 appuye sur l'tude de la consci5ce huma9e2 enf91 il aurait pu appr5dre que ce dogme1 cette morale et cette m?ode repos5t uniquem5t sur cette ess5tielle di/9ction de l'me et du corps4 ,mais1 c]tes1 ,ari/ote n'a ri5 ignor de ce qu'enseignait ,platon2 et s'il s'e/ dcid p\r des solutions contraires1 c'e/ p>fait esci5t4 ,malheureusem5t les sicles ont prononc dans ces gr&es controv]ses1 et c'e/ ,platon qu'ils ont donn raison4 ,le tmoignage mme des sicles ne s]ait ri52 mais l'obs]vation att5tive des faits s'lve contre ,ari/ote1 et c'e/ la vrit qui dpose contre lui4 ,il faut le dcl>]1 quoi qu'il en cote3 ,ari/ote1 en contr$isant ,platon1 a rtrograd v]s le pass2 il a rebr\ss *em9 peu prs jusqu' l',ionisme2 et malgr la sagacit des dveloppem5ts n\veaux qu'il a donns des pr9cipes suranns1 le g]me que cont5ai5t ces pr9cipes n'a pas t>de rep>atre3 si le matre lui-mme a su *app] au s5sualisme1 son cole presque t\t entire y e/ fatalem5t tombe4 ,c'e/ donc une condamnation presque absolue d',ari/ote que n\s sommes arrivs en le comp>ant ,platon4 ,le jugem5t et t le mme si n\s en avions appel ,desc>tes2 la rponse n'aurait pas *ang p\r tre donne deux mille ans de di/ance1 p>ce que la vrit ne *ange po9t4 ,voil1 ce semble1 ce gr& ,trait de l'me bi5 abaiss2 voil d'imm5ses erreurs et des lacunes non mo9s imm5ses4 ,p> quels mrites se relv]a-t-il donc nos yeux8 ,ces mrites1 les voici2 et s'ils sont mo9s levs que n\s ne l'eussions dsir1 ils le sont bi5 assez encore p\r ju/ifi] t\te la gloire du pripattisme4 ,r5dons d'abord t\te ju/ice la =me mme de l'ouvrage et sa composition4 ,de t\tes les oeuvres d',ari/ote1 sans en except] mme la ,logique ni l',hi/oire des animaux1 celle-ci e/ c]ta9em5t la plus accomplie4 ,le plan e/1 comme on l'a vu plus haut1 p>faitem5t simple et p>faitem5t suivi4 ,aprs une vue gnrale et rapide des p>ties pr9cipales de son sujet1 ,ari/ote s'enqui]t de la tradition1 qu'il exam9e assez longuem5t2 puis1 traitant la "q du po9t de vue qui lui e/ propre1 il tudie l'une aprs l'autre les quatre gr&es facults qu'il reconnat l'me2 et il t]m9e p> des gnralits qui rsum5t ce qui prcde4 ,la plup>t des ouvrages ari/otliques ne n\s sont arrivs que dans un tat de dsordre et de mutilation qui p]met r>em5t d'en jug] l'ensemble4 ,jusqu' prs5t la sagacit des rudits a *\ devant la ,mtaphysique1 que p]sonne n'a pu re/itu] lgitimem5t4 ,on sait quelle e/ l'int]v]sion des livres de la ,politique4 ,on sait les lacunes de la ,potique1 les d\bles et triples rdactions de la ,rhtorique et de la ,morale4 ,l',hi/oire mme des animaux n'e/ po9t t]m9e2 et le dixime et d]ni] livre1 qui n'app>ti5t po9t ,ari/ote1 ne n\s donne pas1 et n\s ne tr\vons po9t ailleurs1 le gr& rsum qui devrait complt] des ?ories aussi va/es et les reli] entre elles4 ,la ,physique n'e/ pas davantage l'abri de t\te critique4 ,la ,logique mme1 t\t admirable qu'en e/ la composition1 prs5te quelques ta*es3 les p>ties div]ses de cette con/ruction colossale ne se ti5n5t pas assez entre elles2 et1 bi5 que les rapports de subord9ation qui les uniss5t inconte/ablem5t se rvl5t une tude pati5te1 les meilleurs esprits ont pu s'y tromp]1 dans l'antiquit comme dans les temps mod]nes4 ,la biographie d',ari/ote1 on le sait1 peut n\s expliqu] =t bi5 les dfauts qui n\s *oqu5t dans ses oeuvres4 lve de ,platon jusqu' l'ge de qu>ante ans peu prs1 plus t>d ml aux affaires politiques de l',asie ,m9eure et de la ,macdo9e1 prcepteur d',alex&re1 ,ari/ote1 selon t\te app>5ce1 ne publia pas un seul de ses ouvrages avant c9quante ans4 cette poque mme1 livr t\t enti] l'enseignem5t d'une nombreuse cole1 il ne p>at pas qu'il ait pu donn] cette publication t\s les so9s ncessaires4 ,l'exil et la mort v9r5t le surpr5dre soixante-deux ans1 avant qu'il et pu mettre la d]nire ma9 aucun de ses travaux2 et ses manuscrits1 confus et ina*evs1 dev9r5t l'hritage d'un lve bi5 capable de les compr5dre1 mais qui ne prit pas la pe9e de les class]1 laissant ce so9 pieux des ma9s mo9s habiles et mo9s claires4 ,p> une exception peut-tre unique1 le ,trait de l'me1 s'il n'a pas reu t\te la p]fection qu'un auteur plus m9utieux p\rrait donn] ses crits1 a reu cep5dant t\te cette p]fection qu',ari/ote prt5dait1 ce qu'il semble1 donn] aux si5s4 ,c'e/ dans le ,trait de l'me1 plus que p>t\t ailleurs1 qu'on peut bi5 voir ce qu'e/ t\te sa manire1 cette ordonnance gr&iose et lucide des p5ses1 ce /yle concis et f]me jusqu' l'obscurit et la s*]esse axiomatiques1 sans ornem5ts d'aucun g5re qu'une admirable ju/esse1 une incomp>able proprit d'expressions1 une vigueur sans gale1 et1 au milieu d'une app>5te et relle nglig5ce1 des allures o clate t\j\rs la puissance du gnie4 ,ce sont l les qualits extrieures du /yle ari/otlique2 il en a d'autres plus pr(ondes1 dont la philosophie lui doit plus p>ticulirem5t t5ir compte4 ,la =me que la sci5ce y revt e/ celle mme qu'elle a depuis lors cons]ve1 et qu'elle ne *ang]a po9t4 ,n\s ne savons pas au ju/e ce qu'tait la =me adopte p> la philosophie antrieurem5t ,platon4 ,je ne p>le pas de cette philosophie qui crivait en v]s et cons]vait1 au gr& prjudice de la p5se1 les indcisions de la posie1 sans en g>d] les grces4 ,mais les ouvrages de ,dmocrite1 dont le gnie a tant de rapport avec celui d',ari/ote1 ne sont po9t p>v5us jusqu' n\s2 et les r>es fragm5ts qui n\s en re/5t ne p]mett5t pas d'en port] un jugem5t bi5 prcis4 ,les ,sophi/es n'ont pu ri5 faire p\r la sci5ce1 p>ce qu'ils ne la pr5ai5t po9t au srieux4 ,quant la =me du dialogue adopte p> ,platon1 c'e/ une exception absolum5t inimitable1 d'abord p> la p]fection o ,platon a su le port]1 et ensuite p> l'insuffisance mme du procd4 ,on peut voir ce que le dialogue a f\rni ,leibniz et mme ,malebran*e4 ,entre les ma9s du disciple de ,socrate1 il a produit des *efs-d'oeuvre qu',ari/ote avait essay d'imit]1 bi5 va9em5t sans d\te4 ,platon non plus1 t\t gr& arti/e qu'il e/1 n'aurait c]ta9em5t pas *oisi de lui-mme une telle =me1 et son gnie livr lui seul n'en et pas tir un tel p>ti4 ,mais ,socrate avait pos tr5te ans devant lui4 ,le dialogue1 la discussion1 avait t t\te sa puissance et t\t son enseignem5t4 ,en v\lant reproduire l'esprit1 si ce n'e/ t\t fait les doctr9es de ,socrate1 ,platon n'avait pas *oisir4 ,le rcit aurait glac ces vivantes dmon/rations2 et cela e/ si vrai1 bi5 que ,xnophon ne s'en soit pas ap]u1 que ,platon n'a t ni le seul1 ni mme le premi] reproduire ces conv]sations qui avai5t in/ruit ,a?nes1 et l'avai5t *>me t\t en l'irritant4 ,que dev5ai5t ces conv]sations1 du mom5t que ,socrate cessait d'y figur] en p]sonne8 ,l'art a fait beauc\p sans d\te p\r les dialogues de ,platon1 mais la ralit a fait encore plus4 ,si les ,platons sont bi5 r>es1 les ,socrates le sont davantage4 ,le dialogue platonici5 ne s]ait dsormais possible qu' la condition d'un n\veau p]sonnage aussi m]veilleux1 et peut-tre mme la condition d'une cata/rophe aussi lam5table4 ,la philosophie s'int]dira donc jamais le dialogue1 s\s pe9e de se laiss] entran] une imitation va9e4 ,que le dialogue re/e le monopole t]nel de ,platon1 puisqu'il n'a t donn qu' lui seul d'avoir un ,socrate p\r matre4 ,que ce soit p\r lui un titre de gloire aussi inconte/able1 s'il e/ mo9s gr&1 que la ?orie des ,ides4 ,mais le dialogue ne peut tre la =me vraie de la sci5ce1 malgr les s]vices qu'il lui a r5dus une fois4 ,ari/ote peut donc lgitimem5t pass] nos yeux p\r avoir donn la philosophie la =me qui lui e/ propre4 ,il semble bi5 que d'autres sci5ces1 la mdec9e1 p> exemple1 avai5t dj tr\v la leur4 ,mais la philosophie s'ignorait encore4 ,ari/ote le premi] lui fit t5ir le langage qui lui convi5t2 et le ,trait de l'me e/ son *ef-d'oeuvre1 de mme qu'avec la ,mtaphysique1 il r5f]me ses ?ories les plus importantes4 ,,vi4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire ose conclure1 avec une haute probit philosophique1 contre son matre1 de mme qu',ari/ote avait os conclure contre son matre ,platon4 ,les mrites de ce ,trait de l'me1 s'crie-t-il en f9issant1 sont gr&s1 mais ils ne peuv5t po9t ra*et] les erreurs que1 dans l'intrt de la vrit1 n\s avons d signal] et combattre4 ,sans d\te1 c'e/ une gr&e *ose de fond] la sci5ce1 de lui assur] le c>actre qui lui e/ propre1 de l'ordonn] dans ses p>ties pr9cipales1 de dcrire exactem5t quelques-uns des faits qui la doiv5t compos]2 et ce s]ait de l'+ratitude que d'oubli] de tels s]vices4 ,mais1 je le dcl>e1 si ces travaux1 t\t admirables qu'ils peuv5t tre1 n'ab\tiss5t qu' satisfaire une curiosit va9e2 si les doctr9es auxquelles ils doiv5t conduire sont obscures ou fausses2 si en traitant longuem5t des facults et des actions de l'me1 on oublie de se prononc] sur ses de/9es1 la sci5ce peut encore applaudir2 mais la philosophie n'obti5t pas ce qu'elle dem&e3 elle a manqu le b qu'elle doit p\rsuivre4 ,il faut le rpt] hautem5t3 t\te l'erreur d',ari/ote vi5t de ce qu'il n'a pas assez vu1 malgr les conseils de ,platon1 que l'me n'e/ obs]vable que p> l'me elle-mme4 ,en attribu] l'tude la physiologie1 c'e/ la p]dre2 *]*] compr5dre l'me de l'homme en obs]vant les plantes et les animaux1 c'e/ s'expos] aux plus tri/es mcomptes4 ,l'exemple d',ari/ote doit n\s in/ruire2 et son naufrage doit n\s appr5dre vit] les cueils sur lesquels il s'e/ bris4 ,platon avait dit que l'me ne peut tre ap]ue que des yeux de l'esprit4 ,ari/ote1 sans engag] une polmique directe1 avait essay d'tudi] l'me surt\t p> l'obs]vation ord9aire et le tmoignage des s5s1 comme t\t autre objet extrieur4 ,les deux po9ts de vue tai5t diamtralem5t opposs4 ,je ne sais si ,platon a bi5 connu la p5se de son disciple1 et s'il y a fait quelque allusion en rfutant les philosophes ioni5s4 ,mais ,ari/ote1 qui a c]ta9em5t connu celle de son matre1 ne semble pas en avoir t5u le mo9dre compte4 ,soit dda91 soit inatt5tion1 il prit une r\te contraire1 et1 r$isons-le1 une r\te absolum5t fausse2 n\s en avons p\r g>ants1 avec ,platon et ,desc>tes1 les faits eux-mmes4 ,,vii4 ,il t]m9e p> cette magnifique pr(ession de foi1 si claire1 si f]me et si rsolue dans un temps o l'on ose t\t dire1 except le vrai3 ,qu& l'homme s'e/ compris lui-mme2 qu&1 disciple fidle de cette sagesse immuable dont ,platon et ,desc>tes sont les plus clairs int]prtes1 il a compris ce qu'e/ en lui la p5se1 il affirme1 avec une c]titude dsormais 9branlable1 que son intellig5ce1 qui ne s'e/ po9t faite elle-mme1 vi5t d'une intellig5ce suprieure elle2 il affirme que son intellig5ce agit s\s l'oeil de son crateur1 et qu'elle doit le retr\v] infailliblem5t au-del de cette vie4 ,l'homme n'e/ po9t g> en ce monde4 ,sa de/9e peut y tre d\l\reuse1 intolrable mme2 mais ds lors elle n'e/ plus obscure p\r lui4 ,sa faiblesse peut quelquefois en gmir2 mais il la compr5d1 et il sait en outre qu'il en dispose1 au mo9s dans une c]ta9e mesure4 ,il n'en faut pas davantage l'homme4 ,savoir d'o il vi5t1 savoir ce qu'il e/1 savoir o il va1 que dem&]ait-il encore8 ,t\t le re/e n'e/ qu'un facile dveloppem5t de ces fconds pr9cipes2 et l'homme intellig5t et libre1 s'il a t\t cra9dre encore des abus de sa lib]t1 peut se repos] avec une scurit imp]turbable sur la bont1 la ju/ice et la puissance de ,dieu4 ,fond] m?odiquem5t ces gr&es croyances1 s\s l'autorit seule de la raison1 les clair] de cette lumire incomp>able qui n'app>ti5t qu'aux faits de consci5ce1 en dduire les consqu5ces rig\reuses et leur s\mettre la pratique de la vie1 tel e/ le devoir de la philosophie2 telle e/1 qu'on le sa*e bi51 la cause de cette suprme e/ime o l'esprit huma9 l'a t\j\rs t5ue et la ti5dra t\j\rs4 ,la philosophie n'impose po9t de symbole p]sonne1 p>ce qu'avant t\t elle respecte la lib]t1 sans laquelle l'homme n'e/ po9t2 elle ne donne p]sonne des croyances t\tes faites2 mais t\s ceux qui la suiv5t1 elle appr5d s'en faire2 et elle ne peut que pla9dre ceux que ne t\*e pas la foi d'un ,socrate4 ,la philosophie n'e/ donc po9t impuissante1 comme le rpte la ?ologie2 elle n'e/ po9t va9e1 comme le croit la physiologie4 ,la philosophie a su dmontr] l o d'autres ni5t ou affirm5t sans preuves2 elle a connu et satisfait le coeur de l'homme que d'autres ignor5t et mutil5t2 et ce n'e/ pas sa faute si ceux-ci re/5t dans leurs tnbres1 et ceux-l dans leur inju/e dda94 ,ma9t5ant1 je le dem&e1 si =m] ces croyances dans l'esprit huma91 qui ne doit po9t vivre sans elles1 c'e/ l'objet vritable de la philosophie2 si ces croyances sont bi5 le b suprieur que p\rsuit la p5se huma9e1 quelle valeur aura l'tude des faits de l'me8 videmm5t les faits ne vaudront qu'autant qu'ils contribu]ont ce rsultat dcisif4 ,ces faits1 prcism5t p>ce qu'ils app>ti5n5t l'me1 ne peuv5t se suffire eux-mmes2 ce ne sont que les matriaux d'un plus noble difice4 ,jusqu' un c]ta9 po9t1 l'homme peut se pass] de connatre les faits du dehors2 mais1 quant aux faits qui lui sont propres1 il ne peut les ignor] qu'au risque d't\ff] en lui les plus lgitimes rclamations de sa nature4 ,p> l1 n\s aurons la mesure de ces doctr9es qui1 en tudiant l'me de l'homme1 se born5t con/at] des phnomnes1 et qui se croi5t prud5tes p>ce qu'elles n'os5t prononc] sur les que/ions que ces phnomnes doiv5t aid] rs\dre2 p> l1 n\s aurons la mesure de la doctr9e de nos physiologi/es mod]nes2 n\s aurons surt\t la mesure de la doctr9e antique1 dont la leur n'e/ qu'un *o4 ,n\s admir]ons la sci5ce d',ari/ote et son prodigieux gnie1 mais n\s ne le suivrons pas1 ou plutt1 en acceptant quelques-unes de ses ?ories1 n\s dplor]ons que ces ?ories n'ab\tiss5t aucune croyance claire et prcise4 ,n\s v\drions que1 dans cet ess5tiel sujet1 le philosophe se ft prononc plus rsolm5t1 et n'et pas laiss d'autres le so9 prilleux de dvelopp] sa vraie p5se4 ,je ne crois pas avoir calomni ,ari/ote#i en lui prtant les pr9cipes que j'ai d rfut]4 ,mais ces pr9cipes n'ont pas t\j\rs t reconnus p\r les si5s2 on lui en a prt mme de t\t contraires4 ,c]tes1 je s]ais heureux de m'tre tromp2 mais j'ai fait t\t ce qu'il a dp5du de moi p\r me df5dre de t\te prv5tion et de t\te erreur2 et je crois p\voir affirm]1 en rsumant cette longue et pnible discussion1 que si1 dans la "q de l'me1 ,ari/ote s'e/ loign beauc\p de son matre1 il ne s'loigne pas mo9s de la vrit4 ,note #i3 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire4 ,,viii4 ,honorons ce gr& traducteur1 non-seulem5t p\r avoir compris1 mais p\r avoir combattu son modle1 et flicitons notre sicle d'avoir fait natre une intellig5ce et une v]tu dignes de n\s avoir r5du1 dans ,ari/ote1 non pas un philosophe infaillible1 mais le plus gr& des philosophes de l'antiquit4--,c'e/ ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire6 ,gloire lui6 ,un volume d'opuscules d',ari/ote1 traduit p\r la premire fois1 complte ce volume sur l'me et lui e/ suprieur en vrit4 ,il conti5t un trait de la ,s5sation1 un trait de la ,mmoire1 un trait du ,sommeil et de la ,veille1 des ,rves1 un trait de la ,longvit et de la ,brivet de la vie1 de la ,jeunesse et de la ,vieillesse1 de la ,vie et de la ,mort1 de la ,respiration4 ,ce sont videmm5t des matriaux prp>s p\r son ,hi/oire naturelle ou ,hi/oire des animaux4 ,le philosophe n\s quitte et le matriali/e n\s envahit2 mais quel matriali/e6 ,un homme trs-suprieur ,pl9e1 trs-suprieur ,buffon1 gal ,cuvi]2 une intellig5ce presque div9e applique la nature organise2 l'homme tudiant l'homme1 et la vie dcrivant la vie avec le reg>d d'un ,dieu6 ,,lam>t9e4 7,la suite au pro*a9 entreti547 ,c,ve ,,entreti54 ,,ari/ote4 ,,traduction ,,compl,,te ,,p> ,m4 ,,b>?,,lemy ,,sa9t-,,hilaire4 7,,troisi,,me ,,p>tie47 ,,physique1 ,m,t,,orologie4 ,i4 ,la ,mtorologie n'e/ qu'un fragm5t des tudes qui compos5t le ,cosmos4 ,la ,physique en deux volumes1 s\v5t mle de mtaphysique transc5dante1 ti5t plus la haute philosophie4 ,c'e/ l'*elon p> lequel il y monte4 ,bi5 diffr5t de quelques-uns des physici5s de notre sicle1 qui sp>5t la cause de l'effet1 il remonte ,dieu t\tes les fois qu'il faut dc\vrir un pr9cipe4 ,a9si nulle cause n'e/ ca*e2 le my/re de la volont div9e r5d raison de t\t4 ,le m\vem5t e/ la cl du ,cosmos4 ,la plus magnifique tude sur le m\vem5t1 po9t p> lequel la matire t\*e sa cause1 ,dieu1 e/ le texte de la ,physique d',ari/ote2 c'e/ la dynamique div9e4 ,ici il t\*e ,platon ou plutt ,socrate4 ,quelle e/ l'orig9e du m\vem5t8 ,sur la cause premire du m\vem5t1 l'op9ion de ,platon e/ aussi arrte qu'il se peut1 et il ne balance pas rapport] ,dieu le m\vem5t qui se montre p>t\t dans l'univ]s et qui le vivifie4 ,c'e/ ,dieu qui a tir des pr(ondeurs de son tre le m\vem5t qu'il a communiqu t\t le re/e des *oses2 sans lui1 le m\vem5t ne s]ait pas n1 et il ne cont9u]ait po9t4 ,dieu e/ comme l'me du monde2 l'me1 qui e/ le plus anci5 de t\s les tres1 et qui e/ p\r le va/e ensemble de l'univ]s le pr9cipe du m\vem5t1 a9si qu'elle l'e/ p\r les tres p>ticuli]s1 animant la matire in]te laquelle elle e/ jo9te4 ,c'e/ ,dieu qui a cr les gr&s corps qui r\l5t sur nos ttes dans les espaces cle/es1 et c'e/ lui qui ma9ti5t la rgul>it t]nelle de leurs rvolutions1 de mme qu'il leur a imprim l'impulsion primitive qui les a lancs dans le ciel4 ,dieu e/ donc le pre du m\vem5t1 soit que n\s considrions le m\vem5t la surface de notre t]re et dans les phnomnes les plus habituels1 soit qu'levant nos yeux n\s le contemplions dans l'inf9it de l't5due et dans l'h>monie des sphres4 ,platon atta*e la plus haute importance ces op9ions1 qui font p>tie de sa foi religieuse1 et il s'lve avec indignation contre l'impit trop frqu5te des naturali/es1 qui croi5t tr\v] dans la matire rduite ses propres =ces une explication suffisante4 ,s'en t5ir uniquem5t aux faits s5sibles qui tomb5t s\s notre obs]vation1 et ne pas remont] plus haut p\r les mieux compr5dre1 lui semble une ab]ration et presque un sacrilge4 ,c'e/ mconnatre la ,provid5ce1 qui rgit et g\v]ne t\tes *oses avec autant de bont que de sagesse1 et c'e/ risqu] de l'(f5s] que de ne pas voir assez clairem5t la trace qu'elle a laisse dans ses oeuvres1 et dans ce gr& fait du m\vem5t1 qui doit la manife/] t\s les yeux4 ,platon ne dit pas en propres t]mes que ,dieu e/ le premi] moteur1 et c'e/ ,ari/ote qui plus t>d tr\v]a cette =mule2 mais la p5se1 si ce n'e/ l'expression1 e/ de lui2 et le disciple1 s\s ce rapport comme s\s bi5 d'autres1 n'a t que l'*o de son matre4 ,seulem5t1 ,ari/ote a p\ss beauc\p plus lo9 les dductions svres de la sci5ce2 et il a sub/itu un sy/me pr(ond et solide des vues re/es un peu indcises1 t\tes gr&es qu'elles tai5t4 ,d'ailleurs1 ,platon ne s'en ti5t pas cette indication gnrale2 et1 aprs avoir montr d'o vi5t le m\vem5t1 il veut expliqu] aussi avec plus de dtails les app>5ces div]ses qu'il n\s (fre4 ,il di/+ue donc plusieurs espces de m\vem5ts1 et il en porte le nombre tantt dix1 tantt sept1 sans les sp>] t\j\rs bi5 nettem5t entre elles4 ,le m\vem5t a lieu1 soit en avant1 soit en arrire1 en haut et en bas1 droite et gau*e2 joignez ces six m\vem5ts que *acun connat le m\vem5t circulaire1 et v\s aurez les sept m\vem5ts pr9cipaux4 ,d'autres fois ,platon *ange cette numration1 et il di/+ue les m\vem5ts de composition et de division1 ceux d'augm5tation et de dim9ution1 et ceux de gnration et de de/ruction4 ,il y aj\te le m\vem5t de translation1 soit que le corps se dplace dans l'espace et *ange de lieu1 soit qu'il fasse une rvolution sur lui-mme et re/e en place4 ,il met au neuvime rang le m\vem5t qui1 v5ant d'une cause extrieure1 e/ reu du dehors et e/ communiqu2 et enf91 au dixime rang1 il met le m\vem5t spontan1 qui n'a pas d'autre cause que lui-mme1 et qui produit t\s les *angem5ts et t\s les m\vem5ts secondaires que l'univ]s n\s prs5te4 ,d'autres fois1 encore1 ab&onnant ces classifications1 ,platon rduit t\s les m\vem5ts deux1 le *angem5t de lieu et l'altration1 comme il le fait dans le ,p>mnide2 ou bi5 ces deux m\vem5ts ne sont plus1 comme dans d'autres passages du ,time1 que la rotation sur soi-mme1 donne p> ,dieu au monde1 l'exclusion de t\t autre m\vem5t1 et l'impulsion en avant1 matrise p> le m\vem5t du mme et du semblable1 qui ramne sans cesse au c5tre le corps prt s'g>]4 ,mais s'il y a quelque confusion dans ces op9ions de ,platon1 un axiome sur lequel il ne v>ie pas plus que sur l'orig9e du m\vem5t1 c'e/ qu'il n'y a po9t de has>d dans la nature1 et que le m\vem5t1 qui en e/ le phnomne pr9cipal1 y a ses lois comme t\t le re/e4 ,le sy/me du has>d n'explique ri51 et il a ce trs-gr& dang] de port] les mes l'irrligion1 mal social qui p]d les individus et que le lgislateur doit n]giquem5t combattre4 ,platon fltrit avec insi/ance ce sy/me1 qui e/ aussi p]nicieux qu'il e/ va91 et il ne s]ait pas lo9 de port] des pe9es contre les naturali/es qui y croi5t et s'en font les aptres4 ,c'e/ l un g]me qu'a recueilli ,ari/ote1 et qu'il a dvelopp non mo9s heureusem5t que son matre1 bi5 qu' un t\t autre po9t de vue4 ,ce n'e/ pas l'impit de cette doctr9e qui a rvolt ,ari/ote2 mais c'e/ sa fausset grossire en prs5ce de l'admirable spectacle que l'ordre univ]sel tale sans cesse s\s nos reg>ds1 p\r peu que n\s v\lions l'obs]v]4 ,,ii4 ,l'espace et le temps sont aussi df9is p> les pr9cipes de ,socrate plus que p> ceux d',ari/ote4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire e/ ici un sublime critique de son auteur4 ,qu'e/-ce que l'espace8 ,qu'e/-ce que le temps8 ,platon s'arrte peu ces deux ides4 ,mais il a sur le temps1 indisp5sable la ralit et la conception mme du m\vem5t1 une ?orie qu',ari/ote a cru devoir rfut]1 et qui cep5dant e/ pr(ondm5t vraie4 ,platon s\ti5t que le temps a comm5c1 et que1 p> consqu5t1 il peut f9ir4 ,ari/ote tr\ve cette op9ion =t s+ulire1 et il signale ,platon comme le seul p>mi les philosophes qui l'ait adopte4 ,je crois qu',ari/ote n'a pas exam9 d'assez prs la p5se de son matre4 ,platon di/+ue deux *oses qu'en effet il faut se bi5 g>d] de confondre3 l't]nit et le temps1 qu',ari/ote a eu quelquefois le tort de pr5dre l'une p\r l'autre4 ,le temps n'e/1 suivant la gr&e p>ole de ,time1 qu'une image mobile de l't]nit4 ,t\t ce qu'on peut dire de l't]nit1 c'e/ qu'elle e/2 il n'y a p\r elle ni pass ni futur2 elle e/ un p]ptuel et insaisissable prs5t4 ,le pass et l'av5ir ne convi5n5t qu' la gnration qui se succde dans le temps1 et ils sont le doma9e du m\vem5t4 ,mais quant l't]nit1 immobile comme elle l'e/1 ri5 ne la mesure ni ne l'puise4 ,le temps1 au contraire1 a comm5c avec le monde1 qu& ,dieu l'a cr et y a mis un ordre m]veilleux4 ,c'e/ l'obs]vation du j\r et de la nuit2 ce sont les rvolutions des mois et des annes qui ont produit le nombre1 f\rni la notion du temps et r5du possible l'tude de l'univ]s4 ,le temps n'e/ donc qu'une portion de l't]nit1 que n\s en dta*ons notre usage4 ,mais dans l't]nit elle-mme il n'y a plus de temps2 c> le temps n'e/ pas id5tique avec elle1 t&is que l't]nit e/ en quelque sorte id5tique ,dieu4 ,c'e/ qu'en effet1 comme devait le dire admirablem5t ,newton1 ,dieu n'e/ pas l't]nit plus qu'il n'e/ l'inf9itude2 mais il e/ t]nel et inf9i4 ,le temps n'exi/e pas p\r lui2 le temps n'exi/e que p\r n\s4 ,l't]nit e/ div9e2 le temps e/ purem5t huma94 ,il ne convi5t qu' ce qui a eu un comm5cem5t et peut avoir une f94 ,l't]nit n'a po9t comm5c1 et elle ne peut f9ir4 ,,iii4 ,il pr\ve l'inf9i p> la divisibilit sans f9 de la matire4 ,il pr\ve l'espace p> l'indivisible succession des objets qui peuv5t le remplir4 ,il pr\ve le temps p>ce qu'il e/ la mesure de t\t m\vem5t4 ,de l't]nit du m\vem5t1 il conclut l't]nit du gr& moteur1 ,dieu2 c> comm5t la pluralit des deux moteurs p\rrait-elle s'accord] avec l'inf9i du moteur immobile8 ,une fois ces objections c>tes1 ,ari/ote revi5t son sujet1 et il re*]*e comm5t on peut concevoir qu'un m\vem5t soit t]nel4 ,il s'appuie d'abord sur ce fait d'obs]vation vid5te1 savoir qu'il y a dans le monde des *oses qui se meuv5t et d'autres qui ne se meuv5t pas4 ,comm5t celles qui se meuv5t reoiv5t-elles le m\vem5t8 ,ari/ote pr5d un exemple des plus ord9aires2 et1 considrant que1 qu& une pi]re e/ mue p> un bton1 c'e/ la ma9 qui meut le bton et l'homme qui meut la ma91 il en conclut que1 dans t\t m\vem5t1 il faut t\j\rs remont] un premi] moteur1 lequel e/ lui-mme ncessairem5t immobile1 t\t en communiquant au dehors le m\vem5t qu'il possde et qu'il cre4 cette occasion1 ,ari/ote l\e ,anaxagore d'avoir considr l',intellig5ce1 dont il fait le pr9cipe du m\vem5t1 comme absolum5t impassible et absolum5t pure1 l'abri de t\te affection et de t\t mlange2 c> c'e/ seulem5t a9si qu'tant immobile1 elle peut crer le m\vem5t1 et qu'elle peut dom9] le re/e du monde en ne s'y mlant po9t4 ,mais le moteur tant immobile1 comm5t peut-il produire en lui-mme le m\vem5t qui se communique au dehors1 et qui1 se transmettant de pro*e en pro*e1 atte9t jusqu'au mobile le plus loign1 trav]s une f\le d'int]mdiaires8 ,que se passe-t-il dans les pr(ondeurs du moteur premi]1 et de quelle faon le m\vem5t peut-il y natre8 ,ari/ote s'enfonce a9si au coeur mme de la "q du m\vem5t1 et il rs\t ce problme si obscur p> les pr9cipes qu'il a poss antrieurem5t et qu'il reg>de comme indubitables4 ,or il a dmontr jusqu' prs5t que t\t mobile e/ m p> un moteur qui lui e/ trang]4 ,mais1 p>v5u au premi] moteur1 il s5t bi5 qu'on ne peut plus ri5 *]*] en dehors de lui2 c> ce s]ait se p]dre dans l'inf9i4 ,dans ce moteur initial1 s\rce et pr9cipe de t\s les m\vem5ts dans l'univ]s1 il retr\v]a donc encore les mmes lm5ts qu'il a dj con/ats4 ,il y aura dans le premi] moteur deux p>ties3 l'une1 qui meut sans tre mue elle-mme2 l'autre1 qui e/ mue et meut son t\r2 la premire1 qui cre le m\vem5t2 la seconde1 qui le reoit et le transmet4 ,le moteur t\t enti] re/e immobile2 mais les deux p>ties dans lesquelles il se dcompose ne le sont pas t\t fait comme lui2 l'une e/ absolum5t immobile comme il l'e/ lui-mme2 l'autre reoit l'impulsion1 et elle peut la communiqu] mdiatem5t au re/e des *oses4 ,il s]ait sans d\te tmraire d'affirm] qu',ari/ote a port df9itivem5t la lumire dans ces tnbres2 et il n'e/ pas donn des reg>ds huma9s de voir ce qui se passe dans le se9 mme de ,dieu4 ,mais on peut croire1 la l\ange d',ari/ote1 qu'il n'e/ po9t re/ trop au-dess\s de cet ineffable sujet1 ni au-dess\s du ,time de ,platon4 ,il a bi5 vu le my/re dans t\te sa gr&eur1 et il a eu le c\rage d'en *]*] l'explication1 si d'ailleurs il n'a pas eu plus qu'un autre le bonheur de la r5contr]4 ,il proclame l'exi/5ce ncessaire d'un premi] moteur sans lequel le m\vem5t ne p\rrait se produire ni dur] s\s aucune =me dans l'univ]s1 et il sonde l'abme avec une sagacit et une n]gie dignes d'en dc\vrir le fond4 ,il semble cep5dant qu'ici il commet une erreur assez grave2 et que c'e/ tort que de l't]nit du m\vem5t1 telle qu'il l'a tablie1 il conclut l't]nit du premi] moteur4 ,le m\vem5t tant t]nel selon ,ari/ote1 le premi] moteur doit tre t]nel comme le m\vem5t mme qu'il produit t]nellem5t4 ,en dpit du respect que je porte au philosophe1 il me p>at que c'e/ absolum5t t\t l'oppos1 et que c'e/ du moteur qu'il faut conclure le m\vem5t1 lo9 de conclure de l'exi/5ce du m\vem5t l'exi/5ce du moteur4 ,mais je ne v\drais pas trop insi/] sur cette critique1 et il e/ bi5 possible qu'il n'y ait l qu'une diffr5ce de mots4 ,le moteur doit tre de t\te ncessit antrieur sa propre action2 et ce n'e/ peut-tre que p> le beso9 d'une dduction purem5t logique1 et en p>tant de l'obs]vation s5sible1 qu',ari/ote p>at n'assign] au moteur que la seconde place4 ,mais1 en se mettant au po9t de vue de la seule raison1 il e/ plus con=me ses lois de concevoir le moteur avant le m\vem5t2 c>1 mo9s d'acquiesc] ces sy/mes qu',ari/ote a cru devoir combattre1 et qui expliqu5t t\t p> les seules =ces de la matire1 il faut bi5 admettre que les *oses n'ont pu tre mues que p> un moteur prexi/ant4 ,sans le moteur1 le m\vem5t e/ logiquem5t incomprh5sible4 ,c'e/ bi51 si l'on veut1 le m\vem5t1 obs]v p> n\s1 qui rvle le moteur2 mais il ne le fait pas1 t&is qu'au contraire c'e/ le moteur qui fait le m\vem5t1 et l'on ne peut les pr5dre indiffremm5t l'un p\r l'autre4 ,,iv4 ,mais1 dit le comm5tateur ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire1 voil dj bi5 des notions sur le premi] moteur immobile2 c> n\s savons qu'il e/ un et t]nel1 et que le m\vem5t qu'il cre e/ le m\vem5t circulaire1 le seul de t\s les m\vem5ts qui puisse tre un1 t]nel1 cont9u1 rguli] et uni=me4 ,ari/ote aj\te sur le moteur premi] deux autres considrations non mo9s pr(ondes et non mo9s vraies1 p> lesquelles il a*ve sa ,physique1 ou plutt la ?orie du m\vem5t4 ,le premi] moteur e/ ncessairem5t indivisible1 et il e/ sans gr&eur quelconque4 ,s'il avait une gr&eur quelle qu'elle ft1 il s]ait f9i2 et une gr&eur f9ie ne peut jamais produire un m\vem5t inf9i et t]nel1 pas plus qu'elle ne peut avoir une puissance inf9ie4 ,immobile et immuable1 il a t]nellem5t la =ce de produire le m\vem5t sans fatigue et sans pe9e2 et son action ne s'puise jamais1 t\j\rs uni=me1 gale et id5tique1 d'abord en lui-mme1 et ensuite dans le mobile1 sur lequel elle s'ex]ce4 ,enf91 o plac] dans l'univ]s le premi] moteur8 ,en quel lieu rside-t-il1 si t\tefois on peut1 sur l'inf9i et l't]nel1 lev] une telle "q8 ,e/-ce au c5tre8 ,ou n'e/-ce pas plutt la circonfr5ce1 puisque c'e/ la circonfr5ce que les m\vem5ts sont les plus rapides1 et que ce sont les p>ties les plus rappro*es du moteur qui sont mues avec le plus de rapidit8 ,tel e/ le sy/me du monde1 m durant l't]nit p> le premi] moteur1 qui n'a lui-mme1 dans son unit1 dans son inf9itude et dans son immobilit1 ni p>ties ni aucune espce de gr&eur possible4 ,voil les d]ni]s mots et les d]nires ides de la ,physique d',ari/ote1 t]m9ant cette va/e tude p> une ?orie de l'action de ,dieu sur le monde4 ,v4 ,les pres de la physique mod]ne1 ,desc>tes1 ,bacon1 ,newton1 ,leibniz1 ,laplace1 se rappro*5t d',ari/ote t\tes les fois qu'ils s'appro*5t de la vrit4 ,newton e/ p>v5u au t]me de la c>rire qu'il avait f\rnir2 mais1 avant de la clore1 il veut embrass] d'un c\p d'oeil t\t l'espace qu'il a p>c\ru2 et l1 comme jadis ,ari/ote1 il veut se recueillir p\r remont]1 autant qu'il e/ p]mis l'homme1 jusqu' la cause premire et au premi] moteur4 ,c'e/ le fameux ,s*olie gnral4 ,aprs quelques mots contre le sy/me des t\rbillons1 auquel il ne r5d peut-tre pas assez de ju/ice1 le ma?matici5 fait place au philosophe2 et1 sans ri5 retran*] la solidit des ?ories qu'il a tablies p> le sec\rs du calcul et de la gomtrie1 ,newton s'av\e qu'il leur manque encore quelque *ose4 ,les gr&s corps qu'il a si doctem5t tudis se meuv5t librem5t dans des espaces incomm5surables1 qui sont vides d'air1 comme la ma*9e +nieuse de ,boyle1 et o ri5 ne gne ni n'entrave leurs immuables et t]nelles rvolutions4 ,mais les lois du m\vem5t1 quelque exactes qu'elles soi5t1 ne r5d5t pas raison de t\t4 ,les orbes cle/es y obiss5t et les suiv5t dans leur m>*e2 mais la position primitive et rgulire de ces orbes ne dp5d plus de ces lois m]veilleuses4 ,les m\vem5ts uni=mes des plantes et les m\vem5ts des comtes ne peuv5t avoir des causes mcaniques1 puisque les comtes se meuv5t dans des orbes =t exc5triques1 et qu'elles p>c\r5t t\tes les p>ties du ciel4 ,newton en conclut que cet admirable arrangem5t du soleil1 des plantes et des comtes ne peut tre que l'ouvrage d'un tre t\t-puissant et intellig5t2 et1 comme le monde porte l'empre9te d'un seul desse91 il doit tre s\mis un seul et mme tre4 ,cet tre unique et inf9i1 c'e/ ,dieu1 qui n'e/ pas l'me du monde1 mais qui e/ le seigneur de t\tes *oses1 p>ce qu'il rgne sur des tres p5sants1 qui lui sont s\mis dans leur adoration et leur lib]t4 ,dieu ne rgne pas seulem5t sur des tres matriels2 et c'e/ prcism5t la dom9ation d'un tre spirituel qui le con/itue ce qu'il e/4 ,dieu e/ donc t]nel1 inf9i1 p>fait1 vivant1 t\t-puissant2 il sait t\t2 il e/ p>t\t4 ,il n'e/ pas l't]nit et l'inf9itude1 mais il e/ t]nel et inf9i2 il n'e/ pas la dure et l'espace1 mais il dure et il e/ prs5t en t\s lieux2 il e/ p>t\t sub/antiellem5t2 c> on n'agit pas l o l'on n'e/ pas4 ,t\t e/ m p> lui et cont5u en lui2 il agit sur t\s les tres1 sans qu'aucun d'eux puisse jamais agir sur lui son t\r4 ,l'homme1 malgr son infimit1 peut se faire quelque ide de ,dieu1 d'aprs la p]sonnalit dont il a t d\ lui-mme p> son crateur4 ,la p]sonne huma9e n'a ni p>ties successives ni p>ties coexi/antes dans son pr9cipe p5sant2 plus =te raison n'y a-t-il ni succession ni coexi/5ce de p>ties div]ses dans la sub/ance p5sante de ,dieu4 ,mais si nos reg>ds bl\is ne peuv5t s\t5ir l'clat de la sub/ance div9e1 si l'on ne doit l'ador] s\s aucune =me s5sible1 p>ce qu'il e/ t\t esprit1 n\s p\vons du mo9s appr5dre connatre ,dieu p> quelques-uns de ses attributs4 ,un ,dieu sans provid5ce1 sans empire et sans causes f9ales1 n'e/ autre *ose que le de/9 et la ncessit4 ,mais la ncessit mtaphysique ne peut produire aucune div]sit2 et la div]sit qui rgne en t\t quant aux temps et quant aux lieux1 ne peut v5ir que de la volont et de la sagesse d'un tre qui exi/e ncessairem5t1 c'e/--dire ,dieu1 dont il app>ti5t la philosophie naturelle d'exam9] les oeuvres1 sans avoir l'orgueil de les rectifi] p> de va9es hypo?ses4 ,voil les gr&es ides sur lesquelles s'arrte ,newton en a*evant son livre1 et auxquelles il se fie plus encore qu' ses ma?matiques4 ,ce sont les mmes acc5ts que ceux de ,platon dans le ,time1 d',ari/ote dans la ,physique et la ,mtaphysique1 de ,desc>tes dans les ,pr9cipes de la philosophie4 ,je ne sais p\rquoi la sci5ce contempora9e s'e/ plu s\v5t rpudi] ces nobles exemples1 et p\rquoi elle s'e/ fait comme une gloire1 et p>fois mme un jeu1 d'exil] ,dieu de ses re*]*es les plus hautes4 ,on ne voit pas trop ce qu'elle y a gagn2 mais on voit trs-clairem5t ce qu'y a p]du la vrit et le coeur de l'homme4 ,,vi4 ,laplace e/ v5u accomplir ce que ,newton avait comm5c4 ,la ,mcanique cle/e e/ un dveloppem5t sy/matique et rguli] des pr9cipes newtoni5s2 elle e/ un *ef-d'oeuvre du gnie ma?matique2 mais elle ne fait qu'expos]1 avec t\tes les ress\rces de l'analyse la plus t5due et la plus exacte1 les lois qu'un autre avait rvles sur le vritable sy/me du monde4 ,c'e/ un prodigieux ouvrage2 mais l'inv5tion consi/e dans les =mules et les dmon/rations1 plutt que dans le fond mme des *oses4 ,c'e/ la loi de la pesanteur univ]selle p\rsuivie s\s t\tes ses faces dans les corps innombrables qui peupl5t l'espace1 et dont les pr9cipaux sont accessibles notre obs]vation et s\mis nos calculs4 ,laplace lui-mme ne s'e/ pas flatt de faire davantage2 mais il y a port une telle puissance et une telle fcondit d'analyse qu'en y dmontrant t\t1 il a sembl t\t produire1 bi5 qu'il se bornt t\t organis] et mettre t\t en ordre4 ,je n'ai po9t rsum] ici la ,mcanique cle/e1 et je rem>que seulem5t qu'elle dbute p> un premi] livre sur les lois gnrales de l'quilibre et du m\vem5t4 ,c'e/ ce que ,newton1 ,desc>tes et ,ari/ote avai5t aussi t* de faire4 ,j'aj\te que la ,mcanique cle/e a donn son nom t\te une sci5ce qui date vritablem5t de ,laplace1 non pas qu'il en soit absolum5t le pre1 mais p>ce qu'il en e/ le premi] et le plus sr lgislateur4 ,aprs les dc\v]tes primordiales1 c'e/ l encore un bi5 gr& mrite2 et la gloire de ,laplace e/ pe9e infrieure celle de ,newton4 ,je laisse de ct la sci5ce contempora9e dont ,laplace e/ c]ta9em5t le plus illu/re reprs5tant1 et je me hte d'arriv] au t]me que je me suis prescrit4 ,il ne me re/e plus qu' comp>] ,ari/ote ses trois mules1 ,desc>tes1 ,newton et ,laplace1 comme je l'ai dj comp> son matre4 ,p> l j'indiqu]ai clairem5t le rang que je lui donne1 et qu'il doit t5ir dsormais dans la famille des physici5s philosophes4 ,je ne veux pas exagr] sa gloire2 mais je ne v\drais pas non plus qu'on la rduist inju/em5t4 ,je m'ef=c]ai donc d'tre imp>tial dans l'apprciation rsume que je vais en prs5t] avant de clore cette longue prface4 ,d'abord1 je ne crois pas m'tre tromp en mettant ,ari/ote dans la compagnie de ,desc>tes1 de ,newton et de ,laplace4 ,je ne p>le pas de son gnie en gnral1 c'e/ trop vid5t2 je ne p>le que de sa ,physique en p>ticuli]1 et je p5se que la ?orie du m\vem5t1 telle qu'elle s'y prs5te1 e/ le po9t de d"p de t\tes les ?ories qui ont suivi sur le mme sujet4 ,plus haut1 j'ai dj indiqu ce rappro*em5t2 mais ma9t5ant que j'ai t* de le ju/ifi] p> l'hi/oire1 il me p>at t\t fait inconte/able4 ,entre la ,physique d',ari/ote1 les ,pr9cipes de ,desc>tes et les ,pr9cipes ma?matiques de ,newton1 il y a1 malgr l'int]valle des ges1 une succession manife/e et comme une solid>it4 ,l'objet e/ le mme1 et sur bi5 des po9ts les doctr9es sont id5tiques4 ,le philosophe grec1 quatre sicles avant notre re1 a vu t\t aussi bi5 que les deux ma?matici5s du dix-septime sicle1 que c'e/ p> l'tude du m\vem5t qu'il convi5t d'expliqu] le sy/me du monde4 ,sans d\te il l'a compris beauc\p mo9s que ,desc>tes et surt\t que ,newton2 mais il e/ sur la mme voie que l'un et l'autre4 ,la seule diffr5ce qu'il y ait entre eux et lui1 c'e/ qu'il fait les premi]s pas dans la c>rire1 sans p\voir s'appuy] sur les ma?matiques1 qui sont encore dans l'enfance1 t&is que ,desc>tes et ,newton1 placs bi5 plus avant sur le *em91 ont leur disposition des ma?matiques t\tes-puissantes1 avec des obs]vations presque innombrables de phnomnes1 et des expri5ces de t\t g5re4 ,entre la sci5ce grecque et la sci5ce mod]ne1 il y a bi5 une diffr5ce de degr2 mais il n'y a pas une diffr5ce de nature2 et1 p\r rappel] une trs-quitable op9ion de ,leibniz1 ,ari/ote n'e/ pas du t\t inconciliable avec des successeurs dont les travaux n'euss5t peut-tre po9t t aussi heureux1 si les si5s ne les euss5t prcds4 ,il e/ mme un po9t sur lequel il convi5t de lui accord] hautem5t la supriorit1 c'e/ la mtaphysique4 ,desc>tes mme ne l'gale po9t1 et ,newton e/ re/ trs-infrieur4 ,il n'y a pas prt5dre que la mtaphysique n'e/ po9t de mise dans une telle matire2 c> ,desc>tes1 ,newton et mme ,laplace ont d sortir du doma9e propre des ma?matiques4 ,p\r compr5dre et expliqu] le m\vem5t1 ils ont d t5t] de se r5dre compte des ides de l'espace1 du temps1 de l'inf9i et de la nature du m\vem5t lui-mme4 considr] les analyses qu'a faites ,ari/ote de ces ides ess5tielles1 je n'hsite pas lui donn] la prfr5ce2 et j'aj\te mme que1 dans t\te l'hi/oire de la philosophie1 je n'ap]ois ri5 d'gal4 ,nul autre aprs lui n'a repris l'tude de ces ides ni avec plus d'orig9alit1 ni avec plus de pr(ondeur1 ni avec plus de dlicatesse4 ,ces notions fondam5tales de temps1 d'espace1 de lieu1 d'inf9i1 pos5t sans cesse devant l'esprit huma92 elles le sollicit5t t\t in/ant et s\s t\tes les =mes2 et depuis v+t-deux sicles1 p]sonne n'en a mieux p>l que le disciple de ,platon et l'in/ituteur d',alex&re4 ,auj\rd'hui mme1 on ne saurait le dpass] qu'en comm5ant p> se mettre son cole4 ,je ne dis pas c]ta9em5t que ,desc>tes ou ,newton y euss5t ri5 appris2 mais1 en c\tant un mom5t ces leons de l'antique sagesse1 ils se s]ai5t ap]u combi5 de *oses ils avai5t eux-mmes omises1 les supposant probablem5t assez connues1 ou trop claires p\r qu'il ft ncessaire de les rappel]4 ,mais ce n'e/ pas t\t fait a9si que procde l'esprit huma94 ,la mtaphysique e/1 dans une c]ta9e mesure1 un antcd5t oblig de la sci5ce du m\vem5t1 et si l'on ne sait pas d'abord ce que c'e/ que l'inf9i1 le temps et l'espace1 il e/ bi5 peu prs impossible de savoir ce que c'e/ que le m\vem5t1 et quelles conditions il s'accomplit dans le monde4 ,a9si *aque philosophe qui tudie cette "q devrait remont] aux pr9cipes mtaphysiques qu'elle s\s-ent5d4 ,mais l'individu1 quel que soit son gnie1 ne peut gure se flatt] de faire son t\r la sci5ce complte2 il en a*ve quelques p>ties1 il en bau*e quelques autres1 il en nglige plusieurs1 et c'e/ la ranon de son 9vitable faiblesse4 ,quant l'esprit huma91 il n'a po9t de ces lacunes dans le va/e ensemble de son hi/oire1 et la sci5ce du m\vem5t en p>ticuli] ne prs5te pas d'int]ruptions ni de solutions de cont9uit4 ,ari/ote en a pos les fondem5ts mtaphysiques1 et l'on peut d\t] que1 sans ces premires et inde/ructibles assises1 le re/e de l'difice et pu s'lev] aussi solide et aussi beau4 ,l'esprit huma9 les a en quelque sorte pr\ves p5dant de longs sicles1 puisque d',ari/ote ,galile c'e/ le ,pripattisme seul qui lui a suffi4 ,mais qu& les temps n\veaux sont arrivs1 se sp>ant du pass avec autant d'+ratitude que de viol5ce1 le pass avait fait son oeuvre1 et1 ce g]me fcond1 l'on peut dire1 p> cette l5te incubation1 allait se dvelopp] p> un progrs irrsi/ible et sr4 ,je n'hsite donc pas1 p\r ma "p1 l\] ,ari/ote de sa mtaphysique applique la sci5ce du m\vem5t2 et cette m?ode e/ un s]vice de plus dont n\s sommes r$evables la ,grce4 ,oui1 avant d'tudi] le m\vem5t1 il fallait le df9ir2 oui1 avant de scrut] les faits1 il tait ncessaire de prcis] la notion s\s laquelle ils app>aiss5t d'abord notre intellig5ce4 ,il e/ bi5 clair que le phnomne a prcd la notion1 et si le philosophe n'avait mille fois s5ti le m\vem5t dans le monde extrieur1 il e/ croire qu'il n'aurait jamais song l'analyse d'une notion qu'il n'et po9t possde4 ,ari/ote ne se fait pas faute de le dire bi5 s\v5t dans ses rfutations contre l'cole d'le1 et il se glorifie1 en combattant des p>adoxes absurdes1 de s'en rapport] aux tmoignages des s5s1 qui n\s atte/5t l'vid5ce irrcusable du m\vem5t4 ,mais1 une fois ce gr& fait admis1 il faut l'claircir p> l'analyse psy*ologique et en considr] t\s les lm5ts rationnels4 ,c'e/ alors que la mtaphysique int]vi5t1 et qu'elle remplit son vritable rle4 ,elle "p d'un fait vid5t1 et elle projette sa cl>t suprieure dans ces tnbres dont la s5sibilit e/ t\j\rs c\v]te4 ,ses ab/ractions1 lo9 d'tre va9es1 comme on le croit vulgairem5t1 sont la =me vraie s\s laquelle la raison se compr5d elle-mme2 et1 mo9s qu'elle ne veuille se cont5t] d'une simple collection de phnomnes in9telligibles1 il faut bi5 quelle remonte des causes et des lois1 avec l'aide des pr9cipes ess5tiels qu'elle porte dans son se9 et qui la font ce qu'elle e/4 ,c'e/ ce beso9 in/9ctif et si rel qu',ari/ote a obi2 il a satisfait l'esprit huma9 dans la mesure de son gnie et de son temps4 ,lo9 de l'g>]1 a9si qu'on le lui a si s\v5t repro*1 il l'a pr(ondm5t in/ruit2 et les prt5dues subtilits qu'on lui impute s'van\iss5t1 qu& on les mdite assez att5tivem5t p\r en pntr] la signification si prcise et si f9e4 ,ari/ote r5atrait auj\rd'hui qu'il ref]ait encore p\r n\s la mtaphysique du m\vem5t1 si quelque autre ne lui et p>gn cette pe9e en la pr5ant avant lui4 ,il n'accept]ait po9t le sy/me actuellem5t en vogue auprs de quelques savants1 qui proscrit la mtaphysique1 et la relgue p>mi les ho*ets dont s'amuse la sci5ce ses premi]s pas4 ,la mtaphysique1 lo9 d'tre le bgayem5t de l'intellig5ce huma9e1 en e/ au contraire la p>ole la plus nette et la plus haute4 ,ce n'e/ pas t\j\rs du premi] c\p que la sci5ce la prononce1 comme ,ari/ote l'a fait p\r la ?orie du m\vem5t2 mais un peu plus tt1 un peu plus t>d1 il faut bi5 en arriv] cette explication d]nire des *oses1 ou r5onc] les savoir jamais4 mon s5s1 c'e/ un gr& avantage p\r la sci5ce qu& elle peut dbut] p> l4 ,je me rsume donc en rptant qu',ari/ote a eu la gloire de fond] la sci5ce du m\vem5t4 ,que si l'on s'tonnait qu'il ne l'ait po9t a*eve et faite t\t entire lui seul1 je rappell]ais l'aveu mode/e et fi] p> lequel il t]m9e sa ,logique3 ,si1 aprs avoir exam9 nos travaux1 dit le philosophe1 il v\s p>at que cette sci5ce1 dnue avant n\s de t\s antcd5ts1 n'e/ pas trop infrieure aux autres sci5ces qu'ont accrues les labeurs de gnrations successives1 il ne v\s re/]a plus1 v\s t\s qui avez suivi ces leons1 qu' montr] de l'indulg5ce p\r les lacunes de cet ouvrage1 et de la reconnaissance p\r t\tes les dc\v]tes qui y ont t faites4 ,,hi/oire ,,des ,,animaux ,,p> ,,ari/ote4 ,,vii4 ,m4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire n\s manque ici2 mais il a bi5 v\lu n\s indiqu] lui-mme1 p\r le suppler1 la traduction trs-consci5cieuse et trs-rem>quable de l',hi/oire des ,animaux1 que ,m4 ,camus1 avocat au p>lem5t de ,p>is1 c5seur royal1 publia en #aggc1 et qui e/ re/e jusqu'ici le *ef-d'oeuvre de ce g5re de travail4 ,le plan de l',hi/oire des ,animaux1 dit ,m4 ,camus1 e/ gr& et va/e4 ,ce sont t\s les animaux3 hommes1 quadrupdes1 poissons1 amphibies1 oiseaux1 insectes1 qu',ari/ote rassemble s\s les yeux de son lecteur4 ,il ne considre po9t *acun de ces animaux ou sp>m5t ou dans des classes dans lesquelles il les a rangs2 le rgne animal enti] n'e/ p\r lui qu'un po9t unique3 c'e/ l'animal en gnral dont il fait l'hi/oire1 et s'il rapporte telle obs]vation p>ticulire tel ou tel animal1 ce n'e/ que1 ou p\r s]vir de preuve une proposition gnrale qu'il a avance1 ou p\r ju/ifi] une exception dont il av]tit4 ,a9si ,ari/ote1 v\lant faire connatre la nature des animaux1 se propose d'abord l'exam5 des p>ties de leur corps1 comme le premi] objet qui frappe la vue3 et1 aprs avoir donn des df9itions gnrales de ces p>ties1 aprs avoir di/+u diffr5tes espces p>mi les animaux1 raison de la v>it de leurs =mes extrieures1 il expose dans les quatre premi]s livres t\t le dtail des p>ties de leur corps4 ,le c9quime1 le sixime et le septime livres sont de/9s expliqu] de quelle manire l'animal nat2 le temps o il comm5ce se reproduire1 celui o il cesse de le p\voir faire et la dure totale de sa vie4 ,on connat p> la lecture des sept premi]s livres comm5t le corps de l'animal exi/e et comm5t il se multiplie2 les deux d]ni]s appr5n5t comm5t l'animal vit et comm5t il se cons]ve4 ,l'objet du huitime e/ sa n\rriture et les lieux qu'il habite2 le neuvime traite de ses moeurs1 s'il e/ possible d'us] de cette expression2 ,ari/ote y dit quelles sont les habitudes des diffr5ts animaux2 avec qui d'entre eux ils viv5t rciproquem5t1 soit en socit1 soit en gu]re2 comm5t ils p\rvoi5t leur cons]vation et leur df5se4 ,une p>eille hi/oire n'e/-elle pas inf9im5t prfrable de s*es nom5clatures1 quelque bi5 ranges qu'on les suppose1 p> ordres1 classes et g5res8 ,l't5due du gnie d',ari/ote se montre p> la gnralit de ses vues2 celle de ses connaissances1 p> la multiplicit des exemples qu'il rapporte successivem5t4 ,l'hi/oire de l'homme considr simplem5t comme animal e/ complte dans son ouvrage2 et1 dans le nombre des animaux de l'anci5 monde1 il n'en e/ presque aucun1 depuis le ctac jusqu' l'insecte1 soit qu'il se meuve sur la t]re1 qu'il s'lve dans les airs1 ou qu'il demeure enseveli s\s les eaux1 dont ,ari/ote ne n\s appr5ne quelque p>ticul>it4 ,t\t ce que nos yeux peuv5t dc\vrir lui semble connu3 et l'lphant qu'il a dissqu1 et cet animal imp]ceptible qu'on voit pe9e natre dans la p\rriture et la p\ssire4 ,le /yle de l',hi/oire des animaux e/ aussi abondant que les *oses2 il e/ pur1 c\lant1 et son plus gr& ornem5t e/ la proprit des expressions et la cl>t4 ,,viii4 ,pl9e1 le naturali/e roma91 n'a gure fait que copi] ,ari/ote4 l'exception de ,cuvi]1 les naturali/es franais n'ont fait que des modles de /yle1 des hypo?ses et des sy/mes4 ,ari/ote a t le premi] qui se soit occup des faits4 ,il en avait recueilli une f\le dans la biblio?que p>ticulire qu'il s'tait =me ,a?nes4 ,il en avait vraisemblablem5t hrit d',hippocrate1 son aeul1 le premi] mdec9 du monde2 mais de plus il eut le bonheur d'avoir p\r collaborateur le plus va/e des conqurants1 ,alex&re4 ,ce gr& homme1 qui v\lait conqurir l'univ]s asiatique non-seulem5t p\r sa gloire1 mais p\r la gloire de la civilisation1 mit quelques milli]s d'hommes arms la disposition de son anci5 matre1 uniquem5t employs lui f\rnir et lui am5] ,a?nes des animaux de t\te espce1 p\r s]vir de texte ses obs]vations4 ,a?ne raconte que les dp5ses occasionnes ,alex&re p> cette enqute univ]selle ne s'levr5t pas mo9s de #hjj tal5ts4 ,,ix4 ,n\s avons dit en comm5ant que t\s les manuscrits orig9aux d',ari/ote1 recueillis ,a?nes p> ,sylla1 fur5t emports p> lui ,rome4 la *ute de l'empire roma91 t\t fut disp]s et oubli4 ,les mo9es1 au treizime sicle1 les re*]*r5t et les traduisir5t4 ,l',hi/oire des animaux fut ravive p> un bndict9 du ,brabant1 ,?omas de ,cantimpr4 ,georges de ,trbizonde et ,?odore de ,gaza la retraduisir5t au qu9zime sicle4 ,le premi] livre de l',hi/oire des animaux comm5ce p> une belle et savante anatomie de l'homme1 de/9 s]vir de type la con/ruction des animaux infrieurs l'homme4 ,on voit que la sci5ce mdicale mod]ne ne dpasse pas les lm5ts qu',hippocrate avait laisss ses desc5dants2 c'e/ une folie d'imag9] que la sci5ce anatomique de l'homme ait att5du des milli]s d'annes p\r clair] la pratique des mdec9s2 la vie a t\j\rs *]* dans la mort son secret3 le progrs n'e/ ni aussi l5t ni aussi ignorant qu'on le dit4 ,x4 ,n\s ne donnons p\r *antillon de son /yle que ces fragm5ts sur les abeilles4 ,le miel du mont ,hymette les r5dait *res aux ,a?ni5s3 ,on di/+ue plusieurs espces d'abeilles3 la meilleure e/ petite1 ronde et de plusieurs c\leurs2 la seconde e/ allonge et semblable au frelon2 la troisime e/ l'abeille qu'on nomme voleuse3 sa c\leur e/ noire1 son v5tre l>ge2 la quatrime espce e/ celle du b\rdon3 il e/ plus gr& que les abeilles des trois premires espces4 ,il n'a po9t d'aiguillon et il e/ p>esseux4 ,en consqu5ce de cette obs]vation1 quelques p]sonnes entrelac5t le bas de la ru*e1 de manire que les abeilles seules puiss5t y entr]1 t&is que les b\rdons sont arrts p> leur grosseur4 ,j'ai dit qu'il y avait deux sortes de rois4 ,dans *aque ru*e il y a plusieurs rois et non un seul roi4 ,la ru*e prit si elle n'a pas des rois suffisants4 ,ce n'e/ pas tant p>ce que la ru*e manque alors de *efs p\r la g\v]n] que p>ce qu'ils contribu5t1 dit-on1 la reproduction des m\*es4 ,si cep5dant il y a un gr& nombre de rois1 la division se met dans la ru*e4 ,les abeilles multipli5t peu qu& le pr9temps e/ t>dif et que la saison e/ s*e et aride3 elles font plus de miel dans les temps secs1 mais les essaims multipli5t davantage dans les temps de pluie2 et c'e/ l ce qui fait que les olivi]s et les essaims produis5t beauc\p dans les mmes annes4 ,les abeilles =m5t d'abord le gteau de cire3 ensuite elles y jett5t la sem5ce qui doit reproduire les essaims4 ,elles la jett5t p> la b\*e1 dis5t ceux qui prt5d5t qu'elles l'apport5t de dehors dans leurs ru*es4 ,en troisime lieu1 elles jett5t galem5t p> la b\*e le miel qui leur doit s]vir de n\rriture1 p>tie l't1 p>tie l'automne4 ,le miel d'automne e/ le meilleur4 ,les abeilles recueill5t la cire sur les fleurs3 elles tir5t la propolis des fleurs des arbres4 ,p\r le miel1 il tombe de l'air1 pr9cipalem5t dans le temps du lev] des con/ellations1 et lorsque l'arc en ciel s't5d sur la t]re4 ,il n'y a jamais de miel n\veau avant le lev] des ,pliades4 ,l'abeille prp>e donc la cire avec des fleurs comme je l'ai dit1 mais une preuve qu'elle ne compose po9t le miel1 et qu'elle recueille celui qui tombe1 c'e/ que ceux qui ont des ru*es les tr\v5t ple9es de miel en un j\r ou deux1 et que d'ailleurs1 qu& on leur a t leur miel en automne1 elles n'en font plus de n\veau quoiqu'il y ait encore des fleurs4 ,cep5dant1 n'ayant plus de n\rriture1 puisqu'on leur a t leur miel1 ou n'en ayant qu'une petite quantit1 elles ne manqu]ai5t pas de faire de n\veau miel si elles le composai5t du suc des fleurs4 ,le miel pr5d de la consi/ance en se mrissant1 si l'on peut p>l] a9si4 ,il e/ d'abord comme de l'eau1 et il demeure liquide p5dant quelques j\rs4 ,si on l'te alors de la ru*e1 il n'a po9t de consi/ance4 ,il faut ord9airem5t v+t j\rs p\r l'paissir4 ,le mrite du miel se reconnat aism5t au gt3 c> les diffr5ts miels ont plus ou mo9s de d\ceur1 de mme qu'ils ont plus ou mo9s de consi/ance4 ,l'abeille fait sa rcolte sur les fleurs qui sont en calice1 et en gnral sur t\tes celles qui ont un suc d\x4 ,elle ne fait aucun tort au fruit4 ,un organe semblable la langue lui s]t rassembl] les sucs de ces fleurs et elle les emporte4 ,on taille les ru*es lorsque les figues sauvages comm5c5t tre mres4 ,les n\veaux essaims qui russiss5t le mieux sont ceux qui vi5n5t dans le temps o les abeilles travaill5t le miel4 ,elles port5t la cire et l'ri?aque avec leurs cuisses3 p\r le miel1 elles le jett5t p> la b\*e dans les cellules4 ,lorsque les abeilles ont dpos la sem5ce qui doit les reproduire1 elles c\v5t comme les oiseaux4 ,le v] de l'abeille1 tant encore petit1 e/ d'abord c\* en trav]s dans l'alvole3 aprs cela il se relve de lui-mme et pr5d de la n\rriture4 ,il e/ atta* l'alvole1 de sorte qu'on croirait qu'il en fait p>tie4 ,la sem5ce qui s]t la reproduction1 soit des abeilles1 soit des b\rdons1 e/ galem5t blan*e4 ,il en nat de petits v]s qui croiss5t et devi5n5t abeilles et b\rdons3 mais la sem5ce d'o naiss5t les rois e/ r\sstre1 elle a plus de consi/ance que le miel paissi1 et ds les premi]s in/ants elle e/ d'un volume qui rpond celui du roi qu'elle produira4 ,le roi ne passe po9t p> l'tat de v]3 il devi5t abeille t\t d'abord4 ,la sem5ce tant dpose dans l'alvole1 l'abeille place du miel vis--vis4 ,les pi$s et les ailes de l'embryon de l'abeille se produis5t p5dant qu'il e/ enf]m3 lorsqu'il a acquis sa p]fection1 il rompt la membrane qui l'enf]mait et s'envole4 ,tant que l'abeille e/ dans l'tat de v]1 elle r5d des excrm5ts1 mais aprs cela elle n'en r5d plus1 mo9s qu'elle ne soit pas encore sortie de son enveloppe1 comme je l'ai dj obs]v4 ,si l'on te la tte un embryon d'abeille1 avant qu'il ait acquis des ailes1 les abeilles mang5t le re/e du corps1 et si1 aprs avoir t les ailes un b\rdon1 on le jette dans la ru*e1 les abeilles mang5t aussi les ailes des autres b\rdons4 ,les abeilles viv5t six ans2 quelques-unes vont jusqu' sept3 on reg>de comme heureux qu'une ru*e dure neuf ou dix ans4 ,dans le nombre des quadrupdes sauvages1 la bi*e n'e/ pas un des mo9s rem>quables p> sa prud5ce3 soit lorsqu'elle dpose ses petits auprs des *em9s1 p>ce que les hommes qui les frqu5t5t en c>t5t les animaux froces1 soit lorsqu'elle dvore les enveloppes de ses petits aussitt aprs les avoir mis bas1 qu'elle c\rt au ssli1 en mange1 puis revi5t eux4 ,la bi*e mne ses faons dans les =ts p\r les acc\tum] connatre les endroits o il faudra qu'ils se mett5t en sret3 c'e/ une ro*e esc>pe qui n'a d'accs que d'un ct4 ,la bi*e s'y arrte1 et s'y met1 dit-on1 en df5se4 ,le c]f dev5u trop pais1 ce qui lui arrive en automne o il engraisse beauc\p1 ne se montre plus nulle "p4 ,il *ange de retraite3 on dirait qu'il sait qu'on le =c]a plus facilem5t cause de sa graisse4 ,les c]fs jett5t leur bois dans des lieux o l'on ne pntre pas aism5t et qui sont difficiles reconnatre4 ,de l le prov]be3 ,o les c]fs ont jet leur bois4 ,ils ne se laiss5t plus voir1 comme n'tant plus en tat de df5se4 ,on prt5d qu'on n'a jamais tr\v la p>tie gau*e du bois d'un c]f1 et qu'il la ca*e comme ayant quelque v]tu4 ,les c]fs d'un an n'ont pas encore de bois3 ils en ont seulem5t une petite naissance qui en e/ comme la m>que2 ce bois naissant e/ c\rt et velu4 leur seconde anne1 leur bois s'allonge droit comme un piquet2 aussi leur donne-t-on alors le nom de piquets4 ,la troisime anne il a deux bran*es2 la quatrime il e/ plus 9gal1 et il augm5te de mme *aque anne jusqu' ce que l'animal ait atte9t six ans4 ,aprs cette poque1 la tte du c]f se refait t\j\rs la mme1 et on ne peut plus connatre son ge p> son bois4 ,les vieux c]fs se reconnaiss5t deux autres m>ques3 ou ils n'ont plus de d5ts1 ou elles sont petites1 et la p>tie de leur bois qu'on appelle les df5ses ne r5at plus4 ,ce sont ces corni*ons qui vi5n5t en devant du bois1 et dont le c]f se s]t p\r se df5dre3 qu& il e/ vieux il ne les a plus1 son bois monte droit4 ,le bois du c]f tombe *aque anne v]s le mois d'avril4 ,le c]f qui ne l'a plus se ca*e1 comme je l'ai dit1 p5dant le j\r1 et se retire dans les bois pais p\r y tre l'abri des m\*es4 ,il ne va au vi&is que la nuit et dans des lieux c\v]ts1 jusqu' ce qu'il ait refait sa tte4 ,le n\veau bois p\sse d'abord comme envelopp d'une peau3 il e/ mme c\v]t de poil4 ,qu& il a pris sa croissance1 le c]f l'expose au soleil af9 de le mrir et de le s*]1 et1 lorsqu'il ne ress5t plus de d\leur en frottant son bois contre les arbres1 il quitte les lieux o il s'tait retir2 il e/ rassur1 p>ce qu'il a des armes p\r se df5dre4 ,on a pris un c]f dont le bois tait *>g de li]re v]t qui y tait atta*2 il fallait qu'il y ft v5u comme sur un arbre v]t1 t&is que le bois tait t5dre4 ,un c]f qui se s5t mordu p> une phalange ou p> quelque autre insecte semblable1 ramasse des cancres et les mange4 ,un breuvage fait avec des cancres p\rrait tre bon p\r les hommes en p>eil cas1 mais il e/ de mauvais gt4 ,les bi*es mang5t les enveloppes de leurs petits aussitt qu'elles ont mis bas3 elles ne les laiss5t pas mme tomb] t]re1 de sorte qu'il n'e/ pas possible de s'en saisir3 vraisemblablem5t elles conti5n5t quelque v]tu4 ,les *asseurs pr5n5t les bi*es en *antant ou en j\ant de la flte2 elles se laiss5t *>m] p> le plaisir de les ent5dre4 ,deux p]sonnes vont ensemble3 l'une se montre et *ante ou j\e de la flte2 l'autre se ti5t en arrire et tire la fl*e au signal que le premi] lui donne4 ,tant que la bi*e ti5t les oreilles droites1 elle ent5d le mo9dre bruit1 et il e/ difficile de n'tre pas dc\v]t2 qu& elle les a baisses1 on la tire sans qu'elle s'en ap]oive4 ,telle e/ l',hi/oire des animaux p> ,ari/ote3 c'e/ le *ef-d'oeuvre du laconisme pittoresque4 ,t\t y e/1 et t\t e/ intressant4 ,pl9e lui-mme e/ infrieur4 ,c'e/ le cat*isme de la nature4 ,on n'y regrette que deux *oses3 la premire1 c'e/ qu'elle ait t tronque p> le temps2 la seconde1 c'e/ qu'un criva9 aussi consomm n'ait pas suffisamm5t insi/ dans sa description des animaux sur la p>tie intellectuelle de leurs moeurs4 ,cette p>tie jusqu'ici nglige manque ,ari/ote comme ,buffon4 ,ils n'ont pe9t que le corps1 ils ont d*ir une des plus belles pages de l'oeuvre de ,dieu dans sa nature anime2 ils ont a9si priv le ,crateur d'une p>tie de sa gloire4 ,,xi4 ,si n\s avions le tal5t1 l'ge1 le loisir et un p\rvoyeur comme ,alex&re1 mettant des milli]s d'hommes notre disposition p\r tudi] p>t\t les =mes et les moeurs de t\s les animaux dans l'univ]s connu1 n\s os]ions entrepr5dre cette oeuvre et *ant] a9si le cantique plus complet de la cration1 le spiritualisme de l'hi/oire naturelle4 ,depuis l'ami de l'homme1 le *i51 avec lequel n\s avons pass une p>tie ess5tielle de l'espace de temps qui n\s a t assign dans la vie1 et dont aucune p5se ne n\s e/ my/re1 jusqu'au *at mlancolique qui s'atta*e la femme et qui meurt qu& elle meurt1 jusqu' la cigogne dont le pre1 la mre et les petits sembl5t desc5dre du ciel p\r n\s donn] l'ide et le modle des trois am\rs de la vie de famille1 jusqu' l'innoc5te brebis1 ce *amp ambulant et f]tile qui n\s livre avec son lait la tide toison qui n\s abrite l'hiv]1 jusqu' l'lphant1 militaire et politique1 qui combat p\r n\s et qui se s\met aux lois volontaires de la discipl9e p\r honor] les rois ou les *efs arms des nations1 n\s aurions pass en revue ce monde anim et infrieur cr p\r n\s aim] et n\s aid]2 n\s aurions *]* et tr\v dans leurs in/9cts les plus secrets les my/res de leurs moeurs1 et1 disons le mot1 de leurs v]tus4 ,combi5 de fois ne les avons-n\s pas vus dlibr] entre leur p5*ant naturel et leur devoir p\r s'atta*] leur devoir1 en surmontant pniblem5t leur p5*ant6 ,n'e/-ce pas l la v]tu dans sa =ce et1 p> consqu5t1 dans son mrite8 ,p\vons-n\s d\t]1 qu& le *i5 de l'infirme1 du bless1 du noy1 du misrable1 meurt volontairem5t p\r son matre1 qu'un press5tim5t ne lui donne la foi dans la rcomp5se que la nature prp>e son dv\em5t8 ,la nature e/ ple9e de ces dv\em5ts qui s]ai5t des s>casmes du de/9 s'ils n'tai5t des augures d'un autre monde4 ,quant moi1 je n'ai jamais f\l d'un pi$ indiffr5t le mo9dre insecte visible1 sans croire que la vie que je sauvais a9si emport]ait ma mmoire dans l't]nit1 et que je me prp>ais des amis dans l'inconnu4 ,je n'ai jamais feuillet sans mpris et sans regret les criva9s qui1 en dcrivant les corps1 ne voi5t dans la ma*9e animale que le mcanisme1 et proclam5t l'a?isme1 non de ,dieu1 mais des s5tim5ts et des ides2 j'ai t\j\rs fait des voeux ard5ts p\r que la ,provid5ce fit natre enf9 un gnie contemplateur1 un prophte du monde anim qui n\s rvlt l'h>monie div9e dans l'me comme dans les organes des animaux4 ,ce j\r vi5dra et glorifi]a le ,crateur4 ,les beso9s de l'humanit sont des prophties1 peut-tre cet homme e/-il n4 ,ari/ote tait digne de l'tre1 s'il et t aussi philosophe que mdec94 ,mais il n'avait que la ju/esse de l'esprit1 il n'en avait pas assez l't5due ni surt\t l'lvation4 ,voil t\te l'oeuvre de lui que n\s a lgue le temps et que ,m4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire n\s a si magnifiquem5t traduite et comm5te4 ,faut-il dire t\te ma p5se8 ,j'ai t plus ravi encore de l'oeuvre de ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire que de celle d',ari/ote4 ,il e/ plus beau en rsumant ,socrate qu'en rsumant ,ari/ote4 ,on s5t qu'il regrette *aque in/ant le spiritualisme du ,phdon dans le s5sualisme de l',hi/oire des animaux1 dans la ,morale1 dans la ,physique1 dans la ,politique1 dans le ,trait sur l'me1 qui ne sont que des prfaces aux considrations surhuma9es du platonisme4 ,ari/ote1 en effet1 e/ un esprit ju/e 7mrite imm5se72 mais ce n'e/ pas un esprit haut4 ,l'lvation fait p>tie de l't5due dans le cube de nos facults4 ,aspir] mont] t\j\rs plus haut1 et enf9 jusqu' ,dieu1 c'e/ la loi la plus pieuse de notre nature4 ,ari/ote n'y monte pas assez2 c'e/ sa faiblesse4 ,c'e/ l'aigle des rgions moy5nes1 mais ce n'e/ po9t l'aigle de ,pa?mos4 ,on voit que son traducteur1 qui aim]ait le suivre au septime ciel1 s\ffre1 t\t en l'excusant1 de cette philosophie un peu trop t]re/re4 ,lisez ces regrets4 ,la loi qui p>le dans la consci5ce de l'homme et sa raison1 voil le pr9cipe suprieur et surhuma92 la volont libre qui obs]ve ou qui viole cette loi1 voil le pr9cipe huma9 et subordonn4 eux deux1 ils sont la s\rce et la cl de t\te la morale4 ,l'homme porte donc en lui une lgislation1 et en quelque sorte un tribunal1 qui l'abs\t ou le condamne selon les cas1 et qui a p\r sanction1 ou la satisfaction dlicate d'avoir bi5 fait1 ou le regret et le remords d'avoir fait mal4 ,l'homme se s5t le sujet d'une puissance qui e/ au-dessus de lui1 bi5faisante et d\ce s'il l'c\te1 implacable s'il lui rsi/e1 et1 qu& la ju/ice l'exige1 anticipant le *tim5t du dehors p> ses tortures invisibles1 dont le c\pable a le d\l\reux secret1 mme qu& il *appe la v9dicte sociale4 ,ces deux gr&s faits de la loi morale et de la lib]t sont au-dessus de t\te conte/ation possible4 ,qui les nie1 abdique son titre d'homme1 et se ravale1 qu'il le sa*e ou qu'il l'ignore1 au-dess\s mme de la brute2 plus intellig5t qu'elle sans d\te1 mais dprav1 t&is que la brute ne l'e/ pas4 ,les consqu5ces ne sont po9t ici mo9s claires ni mo9s admirables que les pr9cipes4 ,l'homme1 en acceptant de sa libre volont le j\g de la loi1 s'ennoblit lo9 de s'abaiss]4 ,p> sa s\mission volontaire1 il s'associe de son ple9 gr quelque *ose de plus gr& que lui2 il se s5t ratta* un ordre de *oses qui le dpasse et qui le =tifie4 ,lo9 de p]dre l'obissance1 il y gagne une gr&eur et une dignit que sans elle il n'a pas4 ,le monde moral o il entre p> cette dp5dance claire de sa lib]t1 e/ le vrai monde o son me doit vivre1 t&is que son corps vit dans un monde t\t diffr5t1 o la lib]t n'a presque plus ri5 faire4 ,c'e/ une sphre de puret et de paix1 o il n'y a de s\illures et de temptes que celles qu'il veut bi5 y laiss] pntr]4 ,le calme et la lumire n'y dp5d5t que de lui seul2 et1 qu& il sait le v\loir1 il peut tablir dans ce ciel intrieur une inaltrable srnit4 ,sa raison de plus en plus s\mise devi5t de plus en plus =te1 et le t]ra9 sur lequel elle s'appuie1 de plus en plus 9branlable et fcond4 ,les convictions de la consci5ce s'aff]miss5t mesure qu'elles s'ex]c5t2 et1 dans cet *ange d'obissance cons5tie d'une "p1 et de =ce communique de l'autre1 l'homme pr5d ses propres yeux une valeur qu'il ne se connaissait pas1 et que son humilit la plus s9cre peut accept]1 p>ce qu'il en place l'orig9e au-dessus de lui4 ,c'e/ l qu'il puise ce s5tim5t trange et noble qui se nomme le respect de soi1 gage assur du respect que lui devront et que lui donn]ont ses semblables et qu'il leur r5dra4 ,en comp>aison de ces bi5s intrieurs et sans prix1 de ces bi5s div9s1 comme disait ,platon1 les bi5s du dehors sont assez peu e/imables4 ,ils sont sacrifi] sans hsitation1 si ce n'e/ sans d\leur1 des bi5s qu'ils ne val5t pas4 ,la =tune1 la sant1 les affections1 la vie mme ne ti5n5t po9t3 on les immole1 s'il le faut1 p\r cons]v] ce qui e/ au-dessus d'elles4 ,on ne peut pas les prfr] ce qui seul leur confre quelque prix3 ,nec propt] vitam viv5di p]d]e causas4 ,p\r une me claire et suffisamm5t n]gique1 t\s les bi5s se subordonn5t dans cette proportion et ce rapport2 et1 qu& le mom5t de la dcision arrive1 elle e/ dj t\te prise1 p>ce qu'elle e/ indubitable4 ,ce n'e/ gure qu'un calcul dont le rsultat e/ prvu et infaillible4 ,seulem5t1 c'e/ un calcul en s5s inv]se des calculs vulgaires2 on p]d t\t au dehors p\r t\t gagn] au d$ans2 et1 qu& l'preuve e/ bi5 t\t ce qu'elle doit tre1 on se tr\ve avoir gagn beauc\p plus encore qu'on n'a p]du1 jusqu'au sacrifice d]ni] ou l'exi/5ce peut tre mise en jeu4 ,c'e/ que la loi morale1 en mme temps qu'elle fait t\t l'honneur de l'homme1 e/ aussi la rgle de sa vie4 ,elle ne dirige pas seulem5t les p5ses1 elle g\v]ne les actes2 elle prononce dans les conflits qu'elle tran*e s\v]a9em5t2 et dans l'*elle des bi5s div]s1 c'e/ elle qui assigne et ma9ti5t les rangs4 ,il s]ait draisonnable de ddaign] les bi5s extrieurs1 en tant que bi5s2 ils ont leur utilit2 mais ce ne sont que des in/rum5ts p\r un b plus haut2 et quelque valeur qu'ils ai5t en eux-mmes1 ils la p]d5t du mom5t qu'on les met en balance avec ce qui pse davantage4 ,mais la loi morale n'e/ pas une loi individuelle1 c'e/ une loi commune4 ,elle peut tre plus puissante et plus claire dans telle consci5ce que dans telle autre2 mais elle e/ dans t\tes un degr plus ou mo9s =t4 ,elle p>le t\s les hommes le mme langage1 quoique t\s ne l'ent5d5t pas galem5t4 ,il suit de l que la loi morale n'e/ pas uniquem5t la rgle de l'individu2 c'e/ elle encore qui fait elle seule les vritables li5s qui l'associ5t ses semblables4 ,si les beso9s rappro*5t les hommes1 les intrts les sp>5t1 qu& ils ne les arm5t pas les uns contre les autres2 et la socit qui ne s'appui]ait que sur des beso9s et des intrts1 s]ait bi5tt dtruite4 ,les affections mmes de la famille1 qui suffirai5t la comm5c]1 ne suffirai5t po9t la ma9t5ir4 ,sans la communion morale1 la socit huma9e s]ait impossible4 ,peut-tre les hommes vivrai5t-ils en tr\pes comme quelques autres espces d'animaux2 mais ils ne p\rrai5t jamais avoir entre eux ces rapports et ces li5s durables qui =m5t les peuples et les nations1 avec les g\v]nem5ts plus ou mo9s p>faits qu'ils se donn5t et qui subsi/5t des sicles4 ,c'e/ p>ce que l'homme s5t ou se dit que les autres hommes compr5n5t aussi la loi morale1 laquelle il e/ s\mis lui-mme1 qu'il peut trait] avec eux4 ,si des deux p>ts on ne la compr5ait pas1 il n'y aurait po9t de liaisons ni de contrats possibles4 ,de l cette sympa?ie in/9ctive qui rassemble les hommes1 et donne tant de *>mes la vie commune1 mme dans le l>ge c]cle d'une nationalit2 de l aussi cette sympa?ie bi5 autrem5t vive1 p>ce qu'elle e/ plus claire1 qui =me ces li5s p>ticuli]s qu'on appelle des amitis4 ,sans l'e/ime mutuelle que deux coeurs se port5t1 p>ce qu'ils obiss5t avec une gale v]tu une loi p>eille1 l'amiti n'e/ pas2 et elle a beso91 p\r tre srieuse et durable1 de la loi morale1 t\t autant qu'en a beso9 la socit4 ,de l enf9 cette sympa?ie qui runit deux tres de sexes diffr5ts1 et qui con/itue leur relle union1 que l'am\r mme s]ait impuissant cim5t] assez solidem5t4 ,c'e/ p>ce que l'homme aime la loi morale laquelle il doit obir1 qu'il aime t\s ceux1 qui de plus prs ou de plus lo9 la pratiqu5t avec lui1 dans la mesure o il n\s e/ donn de p\voir la pratiqu]4 ,je vi5s de p>c\rir en quelques mots le c]cle peu prs enti] de la sci5ce morale1 depuis la consci5ce individuelle1 o clate la loi qui rgit l'me huma9e1 jusqu' ces gr&es agglomrations d'individus qui =m5t les socits4 ,mais ce s]ait se tromp] que de croire que la sci5ce morale ne s't5d pas encore au del4 ,elle va plus haut2 et la raison se manqu]ait elle-mme1 si elle s'arrtait moiti *em94 ,une loi suppose de t\te ncessit un lgislateur qui l'a faite2 l'obissance suppose ncessairem5t l'empire2 et la raison n'a pas de r\te plus assure1 si elle en a de plus pr(ondes1 p\r arriv] ,dieu1 le connatre et l'aim]4 ,les lois huma9es ne peuv5t tre le fondem5t de la loi morale2 c> c'e/ elle qui les inspire1 qui les juge et les condamne1 qu& elles s'c>t5t de ses ordres lgitimes4 ,l'ducation1 invoque p> quelques philosophes1 n'explique pas plus la loi morale qui la dom9e que les lois publiques4 ,au fond1 l'ducation1 quelque p>ticulire qu'elle puisse tre1 n'e/ s\s une autre =me qu'une lgislation1 impose l'enfant au lieu de l'tre des hommes2 et cette lgislation re/re9te n'a pas d'autres bases que les lgislations civiles4 ,la loi morale1 de quelque ct qu'on l'envisage1 n'a donc ri5 d'huma9 quant son orig9e4 ,elle g\v]ne l'homme prcism5t p>ce qu'elle ne vi5t pas de lui2 et qu& il veut tudi] en elle les voies de ,dieu1 il en reconnat avec une entire vid5ce la puissance et la d\ceur4 ,dans le monde matriel t\t enti]1 quelque beau1 quelque rguli] qu'il soit1 l'obs]vation la plus att5tive ne r5contre ri5 qui puisse n\s donn] la mo9dre ide de la loi morale4 ,les traces que p>fois n\s croyons en dc\vrir dans les animaux les mieux organiss1 ne sont que des illusions4 ,n\s leur prtons alors ce que n\s sommes2 n\s leur supposons notre nature1 soit p> une ignorance qui peut tre c\pable qu& elle t5d n\s rabaiss] leur niveau1 soit mme p> une sorte de sympa?ie assez purile4 ,mais1 au vrai1 il n'y a de loi morale que dans le coeur de l'homme2 et celui qui a cr les mondes avec les lois t]nelles qui les rgiss5t1 n'a ri5 fait d'aussi gr& que notre consci5ce4 ,la lib]t1 mme avec t\tes ses faiblesses1 vaut mieux que la nature avec son immuable con/ance2 et p\r une intellig5ce qui se compr5d elle-mme1 la comp>aison n'e/ pas mme possible1 p>ce qu'elle e/ absurde1 et que la supriorit du monde moral e/ absolum5t incomm5surable4 ,la puissance de ,dieu se manife/e donc au-d$ans de n\s bi5 plus vivem5t qu'au dehors2 et pr\v] l'exi/5ce de ,dieu p> cette loi que n\s portons dans nos coeurs et que confesse notre raison1 c'e/ en donn] une des preuves les plus frappantes et les plus dlicates4 ,mais la mansutude de ,dieu gale au mo9s sa puissance4 ,dans ces lgislations imp>faites que les hommes sont obligs de faire leur usage1 il y a t\j\rs dans leurs injonctions et dans leurs *tim5ts quelque *ose de grossi] et de brutal1 mme qu& elles sont les plus ju/es4 ,la pe9e qui frappe le c\pable peut le dtruire1 mais elle ne le t\*e pas2 elle l'effraye sans le corrig]4 ,la m5ace le dt\rne sans l'amlior]4 ,ici ri5 de p>eil4 ,dans la lgislation de ,dieu1 l'homme e/ son propre juge1 provisoirem5t du mo9s2 et c'e/ p>ce qu'il peut se jug] lui-mme qu'il peut aussi vit] la faute dont il s5t l'normit4 ,la voix qui p>le en lui l'a d'abord av]ti2 elle lui adresse des conseils avant de lui adress] des repro*es2 et c'e/ qu& il e/ re/ s\rd qu'elle svit4 ,il impliqu]ait contradiction que1 p\r se faire obir1 la loi morale employt des moy5s qui ne s]ai5t pas purem5t moraux4 ,aussi1 dans cette rpression1 que de mnagem5ts p\r le c\pable6 ,que d'ef=ts dont lui seul a consci5ce1 et que ri5 ne divulgue au dehors1 p\r le ram5] au bi56 ,quelle rs]ve et quelle discrtion6 ,l'homme abuse sans d\te plus d'une fois de cette clm5ce2 mais ce s]ait jo9dre l'+ratitude la p]v]sit que de s'en pla9dre4 ,c'e/ bi5 assez de la ddaign]1 en n'en pr(itant pas2 il n'y a pas de coeur1 mme le plus endurci1 qui ne doive l'admir]1 et rem]ci] le lgislateur suprme de tant de bi5veillance ct de tant de p\voir4 ,une autre consqu5ce non mo9s c]ta9e et non mo9s grave de ce mcanisme div91 c'e/ que l'homme1 se s5tant libre d'obir ou de rsi/] la loi de la raison1 se s5t p> cela mme responsable de ses actes devant l'auteur t\t-puissant de cette loi et de sa lib]t4 ,il n'a po9t le cra9dre de cette cra9te qui ne convi5t qu' l'esclave1 puisque1 p> sa s\mission1 il peut s'associ] un pre plutt qu' un matre4 ,mais il doit cra9dre de l'(f5s]1 en violant la loi dont il reconnat lui-mme t\te l'quit4 ,si l'homme s'indigne en son coeur contre la faute laquelle il succombe1 bi5 plus =te raison doit-il croire que le lgislateur s'indigne contre celui qui1 p\vant vit] cette faute1 l'a cep5dant commise4 ,l'homme qui1 p> la loi morale1 a dans ce monde une de/9e privilgie1 a donc r5dre un compte de l'emploi qu'il aura fait de cette de/9e4 ,ce n'e/ pas ses semblables qu'il le doit2 c> ils peuv5t t\t au plus connatre de ses actes1 qu'ils *ti5t quelquefois4 ,comme ils sont des sujets a9si que lui1 ils ne sont que ses gaux2 ils ne peuv5t tre ses vrais juges4 ,les int5tions1 les p5ses1 mobiles invisibles de t\s les actes1 leur *app5t absolum5t2 et ce sont cep5dant les p5ses et les int5tions1 en un mot1 t\t ce qui se drobe ncessairem5t aux ju/ices huma9es1 qu'il s'agit de jug]4 ,ou il faut ni] la loi morale1 la lib]t de l'homme et sa responsabilit1 ou il faut admettre1 comme consqu5ce 9vitable1 une autre vie la suite de celle-ci1 o ,dieu saura di/ribu] les rcomp5ses et les pe9es4 ,ce qu'elles s]ont1 c'e/ lui seul qui en a l'inviolable secret2 mais la sci5ce morale ne dpasse pas ses ju/es bornes en affirmant que cette ju/ice df9itive e/ indisp5sable1 et que la vie de l'homme ici-bas ne peut se compr5dre sans ce complm5t qui doit la suivre4 ,ce n'e/ pas1 comme on l'a dit1 et ,kant en p>ticuli]1 qu'il y ait en ce monde un dsaccord inique entre la v]tu et le bonheur4 ,ce monde1 tel qu'il e/ fait1 e/ en gnral assez quitable2 et il e/ prsum] que c'e/ la faiblesse de l'homme plutt que sa raison qui en murmure4 ,il n'y a donc po9t rtablir un quilibre qui n'e/ pas rompu1 comme on se plat le rpt]2 et il ne faut pas que la v]tu1 si elle veut re/] pure1 p5se trop un salaire dont la proccupation suffirait la fltrir4 ,d'ailleurs1 en obs]vant bi5 ce monde1 il e/ facile de voir que le bonheur y dp5d presque entirem5t de n\s2 il e/ le plus s\v5t le rsultat de notre conduite1 et il manque bi5 r>em5t qui sait le *]*] l o il e/4 ,les mes v]tueuses sont en gnral =t rsignes4 ,il n'y a gure que le vice qui se rvolte4 ,kant1 t\t en p>lant de l'quilibre ncessaire1 qu'il ne voit que dans la vie future1 ne s'e/ pas tr\v1 j'en suis sr1 trop malheureux dans celle-ci4 ,socrate1 malgr sa cata/rophe1 n'a pas gmi sur son sort2 et il n'a pas d\t de la ju/ice de ,dieu1 mme en ce monde1 p>ce qu'il y a f9i p> la cigu4 ,mais si le rapport du bonheur et de la v]tu e/ suffisant ds ici-bas1 ce qui ne l'e/ po9t1 c'e/ le rapport moral de l'me ,dieu4 ,indp5damm5t des lois extrieures1 l'homme avait une loi t\t intrieure obs]v]4 ,jusqu' quel po9t y e/-il re/ fidle8 ,lui-mme1 t\t s9cre qu'il peut tre avec sa propre consci5ce1 ne le sait pas4 ,le s\v5ir de la plup>t de ses p5ses et de ses int5tions1 mme les plus vives1 prit *aque in/ant en lui4 ,il v\drait jug] sa propre vie avec la plus /ricte imp>tialit qu'il ne le p\rrait po9t4 ,il faut bi5 cep5dant quelqu'un qui la juge2 c> autrem5t elle s]ait une nigme sans mot1 et l'homme ne s]ait gure qu'un mon/re4 ,a9si la sci5ce morale1 dpassant cette exi/5ce t]re/re1 pntre de l'homme d'o elle "p jusqu' ,dieu2 et elle affirme la vie future avec les rcomp5ses et les pe9es1 aussi rsolum5t qu'elle affirme la vie prs5te4 ,ce ne sont pas l des hypo?ses gratuites2 ce ne sont pas mme des po/ulats de la raison pratique1 comme disait ,kant en son biz>re langage4 ,mais ce sont des consqu5ces aussi c]ta9es que les faits inconte/ables d'o la raison les tire4 ,on peut mme aj\t] que ces ?ories sont en p>fait accord avec les croyances in/9ctives du g5re huma91 et que les religions les plus claires les sanctionn5t1 en mme temps que la philosophie les dmontre4 ,arrive l1 la sci5ce morale a puis la meilleure "p de son doma9e2 elle a rempli sa t*e presque entire4 ,il ne lui re/e plus qu' montr] comm5t l'homme1 s\mis une loi si sa9te et si d\ce1 la viole cep5dant1 et expliqu] d'o vi5t en lui cette lutte1 o il e/ si s\v5t va9cu1 et cette rvolte qui le p]d4 ,la raison voit et compr5d le bi52 la lib]t fait s\v5t le mal4 ,comm5t cette *ute e/-elle possible8 ,la cause en e/ assez manife/e1 et l'homme n'a pas beso9 de s'tudi] bi5 longtemps p\r la dc\vrir4 ,c'e/ de son corps1 de ses passions et de ses beso9s div]sifis l'inf9i1 que lui vi5n5t ces assauts d'o il sort si r>em5t victorieux2 c'e/ d'un pr9cipe contraire celui de son me que lui vi5n5t ces combats1 t]m9s le plus ord9airem5t p> des dfaites4 ,ce s]ait exagr] que de croire que le vice t\t enti] vi5t du corps1 et que l'me n'a pas ses passions propres qui la ru95t1 qu& elles sont mauvaises1 comme celles que le corps lui suggre4 ,mais on peut dire sans inju/ice que la gr&e provocation au mal1 dans l'me de l'homme1 lui vi5t du corps auquel elle e/ jo9te1 qu'elle peut dom9] sans d\te1 puisqu'elle va qu& elle veut jusqu' l'anantir1 mais qui1 dans bi5 des cas1 la dom9e elle-mme et la s\ille p> les ins9uations les plus ca*es et les plus sres4 ,modr] le corps1 le dompt] dans une c]ta9e mesure1 lui faire la "p de ses ju/es beso9s1 lui rsi/] dans t\t ce qui les dpasse1 en un mot faire du corps un in/rum5t docile et un s]viteur s\mis1 voil l'une des rgles ess5tielles de la vie morale1 et p> consqu5t1 une des p>ties considrables de la sci5ce4 ,l'union de l'me et du corps1 c'e/--dire de l'esprit et de la matire1 e/ un my/re dont elle n'agite po9t la solution1 qui app>ti5t la mtaphysique4 ,mais il e/ de son devoir de re*]*] les conditions de cette union1 et de les expliqu] la lumire de la loi4 ,c'e/ un fait qu'elle tudie comme les faits de consci5ce1 et qui n'e/ pas mo9s important4 ,l'omettre s]ait une grave lacune2 et l'on risqu]ait1 en le supprimant1 de ne pas compr5dre assez clairem5t la vie morale1 qui1 au fond1 n'e/ qu'une sorte de duel entre ces deux pr9cipes opposs4 ,il sembl]ait rsult] de cet antagonisme que l'ennemi de l'homme1 c'e/ son corps1 qui s]t t\t au mo9s d'int]mdiaire au vice1 qu& il n'en e/ pas directem5t la cause4 ,cep5dant cet ennemi1 sans tre n\s prcism5t1 e/ une p>tie indisp5sable de n\s4 ,c'e/ un compagnon ncessaire1 quoique dang]eux2 et durant cette vie1 n\s ne p\vons pas n\s en sp>] un seul in/ant1 puisque1 sans lui1 notre de/9e morale n'e/ pas mme possible4 ,il y a donc le mnag]1 t\t en le combattant2 il faut s'en s]vir en le surveillant1 et s'en dfi] en le cons]vant avec le so9 oblig4 ,la limite e/ des plus dlicates trac]1 et il faut pr5dre g>de d'outr] l'indulg5ce ou la svrit4 ,mais comme l'indulg5ce e/ notre p5te naturelle1 il e/ bon que la sci5ce morale incl9e plutt en s5s contraire1 et elle n'e/ pas assez sage qu& elle n'e/ pas au/re4 ,de l1 dans t\s les sy/mes de morale dignes des reg>ds de la po/rit1 tant de rgles sur la temprance et sur l'ducation4 ,l'homme aurait d'ailleurs gr& tort de se pla9dre de cette union de l'esprit et de la matire en lui1 r$\table seulem5t qu& il ne sait po9t en us]4 ,elle e/ d'abord la condition ess5tielle de la v]tu1 le prix d]ni] de la vie morale et son trsor4 ,sans combats1 la v]tu n'e/ po9t2 c> il e/ p> trop vid5t que1 sans lutte1 il n'y a po9t de triomphe4 ,de plus1 l'homme clair p> l'expri5ce et s9crem5t ami du bi5 peut faire t\rn] son pr(it cette influ5ce possible du physique sur le moral4 ,en rglant le corps de c]ta9e faon1 on tempre les passions de l'me2 et1 p> un rgime bi5 ent5du1 on tire1 en p>tie du mo9s1 la sant de l'me de la sant du corps3 ,m5s sana 9 corpore sano4 ,c'e/ l'me qui d'abord a rgl le corps2 c'e/ elle qui l'a s\mis au g\v]nem5t conv5able1 et qui l'a re/re9t dans ses vraies limites4 ,mais1 p> un ret\r inexplicable1 le corps r5d l'me ce qu'il en a reu2 et1 lo9 de la tr\bl] dsormais1 il lui transmet un calme et une paix qu'elle emploie mieux compr5dre le devoir et le mieux accomplir4 ,l'union de l'me et du corps e/ donc un bi5fait1 et ce n'e/ pas assez le reconnatre que d'en gmir1 comme le font quelquefois les coeurs les plus purs1 et d'anticip] la dissolution du pacte1 soit p> des voeux tmraires1 soit p> un asctisme exagr4 ,tel e/ peu prs l'ensemble de la sci5ce morale et des que/ions qu'elle doit tudi] dans t\s leurs dtails1 s\s t\tes leurs faces4 ,elle appr5d l'homme o e/ en lui la s\rce du bi5 et la s\rce du mal2 elle le ratta*e lui-mme1 ses semblables et ,dieu p> des li5s indissolubles1 et sa mission e/ remplie qu& elle lui a enseign1 non pas prcism5t la v]tu1 mais ce qu'e/ la v]tu et quelles conditions elle s'acqui]t4 ,la v]tu ne rsulte que de l'accomplissem5t rel du devoir4 ,on n'e/ pas v]tueux p>ce qu'on sait ce qu'on doit faire2 on l'e/ p>ce qu'on a fait ce qu'on doit1 en sa*ant1 titre de crature raisonnable1 p\rquoi l'on agit de telle faon et non po9t de telle autre4 ,mais clair] l'humanit sur les c>actres de la v]tu1 lui montr] avec ple9e lumire la f9 obligatoire de t\tes les actions huma9es1 et lui indiqu] les voies qui mn5t cette f91 c'e/ un imm5se s]vice2 et l'on n'a po9t s'tonn] de l'e/ime et de la gloire qui le rcomp5s5t4 ,sur la scne du monde1 o ce sont cep5dant les mmes pr9cipes qui s'agit5t et qui se combatt5t1 il e/ bi5 plus difficile de les disc]n]2 ils y sont le plus s\v5t obscurs et d\teux1 mme p\r les yeux les plus att5tifs4 ,sur le ?tre de la consci5ce1 ils brill5t d'un clat spl5dide1 o ri5 ne les t]nit que l'ignorance intresse d'un coeur p]v]s4 ,le po9t ess5tiel et le plus pratique de la sci5ce1 c'e/ donc de dmontr] irrvocablem5t l'homme que sa loi e/ t\j\rs de faire le bi51 quelles que soi5t les complications que le jeu des *oses huma9es puisse am5]2 et que faire le bi51 c'e/ obir sans rs]ve1 sans murmure1 avec rsignation et1 qu& il le faut1 avec une f]met hroque1 aux dcrets de la raison1 promulgus dans la consci5ce1 accepts p> une volont s\mise autant qu'intellig5te1 et qui peuv5t pass] dans le = individuel p\r les dcrets mmes de ,dieu4 ,c'e/ l le c5tre de la vie1 comme c'e/ le c5tre de la sci5ce2 mais c'e/ l aussi que se livr5t1 dans la ?orie et dans la pratique1 les gr&s combats4 ,en gnral1 c'e/ p> inatt5tion ou p> ignorance que l'individu fait le mal1 et ce n'e/ presque jamais de propos dlibr qu'il commet la faute1 en sa*ant qu'il la commet1 bi5 qu'il y ait des natures assez malheureuses p\r qu'en elles les dons les plus beaux ne s]v5t qu'au vice4 ,mais dans la sci5ce1 l'ignorance et l'inatt5tion ne sont pas p]mises2 et si1 dans le c\rs de la vie1 il faut beauc\p d'indulg5ce1 mme avec les c\pables1 il n'en faut avoir aucune env]s les fausses ?ories4 ,on doit les fltrir sans piti et en faire ressortir l'erreur p\r les r5dre mo9s dang]euses2 on doit les tran] devant le tribunal incorruptible de la consci5ce et les y condamn] sans appel4 ,or1 ct de la ?orie du bi51 seul devoir de l'homme1 il n'y a qu'une solution possible3 c'e/ la ?orie de l'intrt1 avec les replis et les ddales o elle se div]sifie et s'g>e4 ,l'intrt peut se prs5t] s\s plusieurs =mes3 d'abord assez grossi]1 et c'e/ alors la =tune1 avec t\s les bi5s secondaires qui la con/itu5t2 puis un peu plus raff91 s\s l'aspect du plaisir1 avec ses sductions et ses attraits trop s\v5t irrsi/ibles2 et enf91 mo9s dt]m9 et plus acceptable1 s\s le spcieux prtexte du bonheur4 ,la loi morale1 et p> consqu5t aussi la sci5ce1 doit rep\ss] et combattre l'intrt1 s\s quelque masque qu'il se dissimule2 =tune1 plaisir1 bonheur mme1 elle ne peut accept] aucun de ces mobiles p\r la conduite de l'homme4 ,ce sont eux1 sans d\te1 qui le g\v]n5t le plus frquemm5t dans la ralit2 et l'on peut mme accord] que1 dans une c]ta9e mesure1 il e/ bon qu'ils le g\v]n5t4 ,mais pas un d'eux n'a le droit de prt5dre l'empire1 ni de se sub/itu] p> une usurpation m5teuse l'exclusive s\v]a9et du bi54 ,la loi morale1 que les coeurs ignorants ou faibles se reprs5t5t s\s des c\leurs si svres1 af9 de la mieux lud]1 n'int]dit l'homme ni la ri*esse1 fruit ord9aire et mrit de son labeur1 ni le plaisir1 beso9 de sa nature1 ni le bonheur1 t5dance spontane et con/ante de t\s ses ef=ts4 ,mais elle lui dit1 sans qu'il puisse se mpr5dre la sagesse obligatoire de ces conseils1 qu'il doit dans c]ta9s cas1 assez r>es d'ailleurs1 sacrifi] au bi5 =tune1 plaisirs1 bonheur1 vie mme2 et que s'il ne sait pas accomplir ce sacrifice1 ce sont des idoles qu'il adore1 et non le vrai ,dieu4 ,ces immolations1 t\tes r>es qu'elles sont1 suffis5t qui sait les compr5dre p\r rvl] dans sa spl5deur suprme la loi du bi52 et puisque c'e/ prcism5t dans les r5contres les plus gr&es et les plus sol5nelles que le bi5 l'emporte1 c'e/ que le bi5 e/ le matre vritable de l'homme1 et que t\s les autres mobiles1 issus diffr5ts degrs de l'intrt1 =tune1 plaisir1 bonheur1 ne sont que ses tyrans4 ,il n'y a donc po9t d'excuses dans la sci5ce morale p\r ces ?ories rel*es1 t\tes sduisantes qu'elles peuv5t tre1 qui mett5t l'intrt au-dessus du bi54 ,il ne doit po9t y en avoir davantage p\r les autres ?ories1 mo9s c\pables1 qui t5t5t un compromis1 et qui veul5t acc\pl] le bi5 avec ce qu'elles appell5t l'intrt bi5 ent5du4 ,si l'intrt bi5 ent5du e/ le bi51 tel qu'on vi5t de le df9ir1 quoi bon sub/itu] un mot obscur1 et t\t au mo9s quivoque1 un mot si simple et si clair8 ,il y a dang]1 comme ,cicron le rem>quait1 voil prs de deux mille ans1 dans ces v>iations arbitraires de langage2 l'intrt bi5 ent5du n'en e/ pas mo9s l'intrt2 et l'int]prtation peut *ang] p]ptuellem5t1 non pas seulem5t d'un individu un autre1 mais dans le mme individu1 qui n'a pas t\j\rs de son intrt1 mme en t*ant de le bi5 ent5dre1 des notions p>eilles et immuables4 ,si l'intrt bi5 ent5du e/ autre *ose que le bi51 il e/ alors proscrire1 ou du mo9s subordonn]4 ,a9si1 l'intrt bi5 ent5du ne peut pas plus prt5dre dom9] l'homme que l'intrt dans son acception la plus vulgaire et la mo9s calcule4 ,je dis que la sci5ce morale1 comprise comme je vi5s de le faire1 e/ la seule vraie1 et que t\t ce qui s'loigne de ce type e/ faux4 ,elle suffit expliqu] et conduire l'homme4 ,elle le place sa vritable hauteur1 au-dessus de t\s les autres tres qui l'ent\r5t1 mais au-dess\s de ,dieu2 elle ne l'exalte pas1 mais elle e/ lo9 aussi de le ravilir2 elle le s\met une loi bi5faisante et sage1 t\t en reconnaissant sa lib]t1 si ce n'e/ son indp5dance4 ,en un mot1 elle peut le sauv]1 s'il cons5t la suivre4 ,mais la sci5ce ne se fait pas illusion4 ,si elle s5t son importance1 elle s5t non mo9s vivem5t ses bornes2 et comme elle peut pe9e clair] quelques individus1 elle ne se flatte pas de l'orgueilleuse prt5tion de g\v]n] les peuples4 ,cep5dant il ne peut y avoir deux lois morales1 et il e/ bi5 vid5t que la politique e/ s\mise aux mmes conditions que la morale individuelle2 les pr9cipes ne *ang5t pas p\r s'appliqu] une nation4 ,mais dans ces gr&s corps1 qui r5f]m5t des multitudes innombrables1 et qui ont des ressorts si compliqus1 la vie morale e/ bi5 plus confuse et bi5 plus difficile que sur cette scne troite de la consci5ce4 ,la politique ne s'e/ gure leve jusqu' prs5t au-dessus de l'intrt1 et elle n'a presque jamais port ses reg>ds dans une rgion plus haute4 ,s]vir t\t prix1 mme au prix de la ju/ice et du bi51 la nation qu'on comm&e1 c'e/--dire accrotre sa =ce1 sa puissance1 sa ri*esse1 sa scurit1 son honneur1 tel e/ le b habituel des hommes d'tat4 ,c'e/ l'atte9dre qu'ils consacr5t leur gnie et qu'ils atta*5t leur gloire4 ,les moy5s qu'ils mett5t en usage v>i5t avec les temps1 et ce s]ait tre inju/e env]s la civilisation que de ne po9t av\] qu'ils s'amlior5t4 ,mais quelle di/ance encore la politique n'e/-elle pas de cette notion du bi51 telle que la loi morale n\s la donne6 ,quel espace presque infran*issable n'a-t-elle po9t p>c\rir6 ,que de progrs n'a-t-elle po9t faire1 p\r que la sci5ce reconnaisse en elle sa fille lgitime6 ,que de vices1 que d'erreurs dtruire6 ,la sci5ce morale ne peut gure auj\rd'hui1 comme au temps de ,platon1 qu'en dt\rn] les yeux1 t\t en plaignant les hommes d'tat plus encore qu'elle ne les blme4 ,s'il n'e/ pas facile dj de faire p>l] la raison au coeur de l'homme1 c'e/ une t*e bi5 autrem5t ardue de la faire p>l] au coeur des peuples1 en supposant qu'on ait soi-mme le bonheur de l'ent5dre4 ,la philosophie en e/ t\j\rs rduite au voeu /rile du disciple de ,socrate2 et elle n'a p\r t\te consolation que les utopies non mo9s va9es dont elle se b]ce quelquefois4 ,ce qu'elle a de mieux faire1 sans cess] d'ailleurs ses enseignem5ts1 c'e/ de s'en remettre la ,provid5ce1 dont la "p e/ bi5 plus gr&e encore dans le de/9 des empires que dans le de/9 des individus4 ,mais la sci5ce morale s]ait c\pable env]s l'humanit si elle abdiquait en faveur de la politique1 comme on le lui a plus d'une fois conseill4 ,l'honneur vrai de la politique1 c'e/ de se con=m] le plus qu'elle peut la morale t]nelle1 et de dim9u] *aque j\r1 en montant jusqu' elle1 l'int]valle qui les sp>e4 ,mais la politique1 son t\r1 peut rcrim9] contre la morale1 et lui dire que le g\v]nem5t des socits s]ait bi5 autrem5t facile et rguli]1 si t\s les membres qui les compos5t tai5t v]tueux autant qu'ils doiv5t l'tre4 ,il e/ ais des sages d'tre de dociles et bons citoy5s4 ,mais app>emm5t1 ce n'e/ pas la politique de faire les sages2 c'e/ elle seulem5t de s'en s]vir1 p\r les f9s qui lui sont propres4 ,en traant gr&s traits cette rapide esquisse de la sci5ce morale1 je ne me dissimule pas que ces traits ne m'app>ti5n5t po9t1 et que je les ai emprunts1 p\r la plup>t du mo9s1 des tudes qui ont prcd et facilit les mi5nes4 ,je les ai dem&s l'obs]vation directe de la consci5ce1 mais je les ai reu aussi de la tradition2 et en pr5ant la morale au po9t o je la tr\ve1 dans notre sicle1 au fond de t\s les coeurs honntes1 je sais bi5 que1 eux non plus1 ne l'ont pas faite eux seuls1 et qu'ils doiv5t beauc\p de ce noble hritage aux sicles qui n\s l'ont transmis4 ,je crois donc qu' cette mesure on peut jug] quitablem5t les div]s sy/mes qui se montr5t n\s dans l'hi/oire de la philosophie1 et qu'en les comp>ant cet idal de la sci5ce1 t\t incomplet qu'il e/1 on peut voir avec assez d'exactitude et de ju/ice ce qu'ils val5t4 ,ils ont contribu t\s am5] la sci5ce o elle en e/2 et ce n'e/ qu'un acte de gratitude que d'assign] *acun la "p qui leur revi5t dans cette oeuvre commune4 ,il suffira d'en pr5dre quelques-uns1 ,platon1 ,ari/ote et ,kant4 ,ce sont les plus gr&s4 ,j'y jo9drai aussi le ,/ocisme qui peut m>*] de pair avec eux1 qu& il ne les devance pas1 mais qui1 n'tant po9t individuel1 n'a pas la mme rigueur sci5tifique4 ,sur quatre doctr9es1 la ,grce n\s en (frira donc trois elle seule2 les temps mod]nes ne n\s en f\rniront qu'une4 ,qu'on ne s'en tonne pas4 ,dans les *oses de cet ordre1 c'e/ le privilge de l'esprit grec que d'avoir surpass le ntre et de l'avoir in/ruit4 ,acceptons ce bi5fait avec tant d'autres en fils reconnaissants1 et sa*ons en pr(it] sans jal\sie contre notre mre4 ,ces quatre sy/mes sont t\s con=mes1 dans des proportions div]ses1 la loi morale1 telle que je vi5s de l'esquiss]4 ,,xii4 ,aprs l'expos du sy/me de ,platon1 ,m4 ,b>?lemy ,sa9t-,hilaire passe celui d',ari/ote4 ,n\s entrons avec lui dans un t\t autre monde1 et1 bi5 que n\s re/ions encore dans une sphre trs-leve1 n\s aurons beauc\p desc5dre4 ,l'esprit grec e/ son apoge avant ,philippe et ,alex&re2 et la ,grce1 qui e/ sur le po9t de p]dre sa lib]t1 va comm5c] cette longue dcad5ce qui1 de *ute en *ute1 dur]a encore plus de mille ans1 et t\j\rs au gr& pr(it de l'intellig5ce huma9e4 ,je ne dis pas qu',ari/ote soit dj sur la p5te fatale2 et1 bi5 des g>ds1 son va/e gnie n'a pas de suprieurs1 si mme il a des gaux4 ,mais1 en morale1 il e/ bi5 lo9 de son matre2 et il e/ sorti de ces rgions s]e9es o p5dant v+t ans il avait pu tre guid p> lui4 ,il connat pr(ondm5t la vie1 et les tableaux qu'il en trace sont de la plus r>e exactitude4 ,mais il ne s'lve po9t assez au-dessus d'elle4 ,on dirait qu'il croit suffisant de la pe9dre1 sans *]*] la jug] et surt\t la conduire4 ,il oublie trop s\v5t1 malgr des prt5tions contraires1 que le morali/e doit tre un conseill] et non un hi/ori54 ,sans d\te1 l'expri5ce e/ une *ose trs-prcieuse1 et il e/ bon qu'en morale elle ti5ne sa place4 ,mais il ne faut jamais lui accord] qu'une place secondaire2 et qu& l'homme doit pr5dre une gr&e dcision1 il vaut mieux qu'il sa*e ce qu'il doit faire que de savoir ce que l'on fait4 ,la consci5ce l'inspir]a t\j\rs mieux que la pratique la plus consomme de la vie4 ,c'e/ qu',ari/ote s'atta*e un peu trop aux faits1 et qu'il ne s'atta*e po9t assez aux ides4 ,dans t\tes les bran*es de la sci5ce1 c'e/ l une m?ode peu sre1 malgr ce qu'on en croit ord9airem5t4 ,en morale1 c'e/ une m?ode fausse1 p>ce que1 dans le doma9e de la lib]t1 les faits ne sont que ce que n\s v\lons qu'ils soi5t1 et qu'ils import5t beauc\p mo9s que les pr9cipes et les int5tions qui les produis5t4 ,cep5dant1 t\t diffr5t qu',ari/ote e/ de ,platon1 il n'a p\r a9si dire po9t une seule ?orie qu'il ne lui emprunte4 ,t\tes celles qu'il expose1 il les lui a prises1 en les trans=mant4 ,le c>actre gnral de sa morale e/ t\t autre1 mais les doctr9es p>ticulires sont au fond les mmes4 ,cela se compr5d sans pe9e4 ,on ne peut pas tre si longtemps le disciple d'un tel matre sans recevoir beauc\p de lui1 quelque indp5dant et quelque =t qu'on puisse tre p> soi-mme4 ,on peut bi5 combattre quelques-uns des enseignem5ts qu'on a ent5dus1 comme ,ari/ote a combattu le sy/me des ,ides1 avec plus de svrit s\v5t que de ju/esse2 mais1 t\t en se faisant un adv]saire1 on ne re/e bi5 des fois qu'un *o1 et1 en dsappr\vant l'ensemble de la doctr9e1 on reproduit1 son insu1 une f\le de dtails qu'on en tire1 sans mme les reconnatre4 ,ce n'e/ po9t tre inju/e env]s ,ari/ote que de d\t] qu'il et fait jamais sa ,morale1 s'il n'et t l'cole de ,platon4 ,c'e/ l qu'il a tr\v t\s les g]mes de ses gr&es ?ories sur le bi51 sur la v]tu1 sur la temprance et le milieu1 sur le c\rage1 sur l'amiti1 etc4 ,voil d'o vi5n5t les ressemblances4 ,la diffr5ce radicale s'explique encore mieux1 s'il e/ possible4 ,on a vu dans ,platon quelle tait sa doctr9e psy*ologique1 et la dm>cation pr(onde qu'il tablissait entre l'me et le corps2 il faudrait dire plutt1 l'int]valle infran*issable qu'il met entre les deux pr9cipes dont l'homme e/ compos1 comme l'atte/5t hautem5t le tmoignage de la consci5ce et la voix du g5re huma94 ,l'me e/1 p\r ,platon1 l'lm5t suprieur et di/9ct1 qui a sa nature et ses de/9es propres2 et1 lorsque ,criton dsol dem&e ,socrate qui va boire le poison3 ,socrate1 comm5t t'ensevelirons-n\s8 ,socrate lui rpond3 ,t\t comme il v\s plaira1 si t\tefois v\s p\vez me saisir et que je ne v\s *appe pas4 ,puis1 reg>dant avec un s\rire ple9 de d\ceur ses disciples t\t en l>mes3 ,mes amis1 aj\ta-t-il1 soyez donc mes cautions auprs de ,criton1 mais d'une manire t\te contraire celle dont il a v\lu me cautionn] auprs des juges4 ,il rpondait p\r moi que je ne m'en irais pas4 ,v\s1 au contraire1 rpondez p\r moi que je ne s]ai pas plutt mort que je m'en irai j\ir de flicits ineffables1 af9 que le pauvre ,criton pr5ne les *oses plus d\cem5t1 et qu'en voyant brl] mon corps ou le mettre en t]re1 il ne s'afflige pas sur moi1 comme si je s\ffrais de gr&s maux1 et qu'il ne dise pas mes funrailles qu'il expose ,socrate1 qu'il le porte1 qu'il l'ent]re4 ,c> il faut que tu sa*es1 mon *] ,criton1 lui dit-il1 que p>l] improprem5t1 ce n'e/ pas seulem5t une faute env]s les *oses2 mais c'e/ aussi un mal que l'on fait aux mes4 ,il faut avoir plus de c\rage et dire que c'e/ mon corps que tu ent]res2 ent]re-le donc comme il te plaira1 et de la manire qui te p>atra la plus con=me aux lois4 ,ari/ote n'a pas pr(it de cet av]tissem5t suprme2 et il e/ difficile de p>l] de l'me plus improprem5t qu'il ne l'a fait4 ,il l'a confondue avec le corps1 auquel elle e/ jo9te1 et dont elle n'e/ selon lui que l'a*vem5t1 ou1 p\r pr5dre son langage1 l',entl*ie4 ,plus c\pable que ,criton1 ce n'e/ pas s\s le c\p de la d\leur qu'il commet cette confusion dplorable2 c'e/ dans un de ses ouvrages les plus labors et les plus appr(ondis1 le ,trait de l'me4 ,il p>c\rt la nature entire p\r dmontr] que le pr9cipe qui s5t et p5se en n\s1 e/ le mme qui n\rrit notre corps et qui fait vgt] la plante4 ,l'me n'a donc po9t d'exi/5ce propre2 elle e/ t\te corporelle2 et ,ari/ote1 p> un sil5ce assez peu philosophique1 en ce qu'il e/ peu c\rageux1 ne dit pas un mot de l'immortalit de l'me1 que t5d ni] t\te sa doctr9e unitaire et matriali/e4 ,a9si ,platon1 di/+uant l'esprit et la matire1 a sans cesse les yeux fixs sur la vie future1 qui complte et qui explique celle-ci4 ,ari/ote1 au contraire1 ne s'inquite en ri5 de la vie future1 p>ce qu'il n'y croit pas1 non plus qu' une me immatrielle4 ,de l1 t\te la diffr5ce des deux sy/mes1 sp>s de la di/ance d'op9ions diamtralem5t opposes4 ,,xiii4 ,telles sont les oeuvres d',ari/ote4 ,n\s sommes1 en f9issant1 de l'avis de son traducteur4 ,ce n'e/ pas l'apoge1 c'e/ la moy5ne p>faite de la philosophie hellnique de cette poque2 l'encyclopdie du vulgaire1 di/+ue de la sci5ce de ses contempora9s2 c'e/ t\te l'intellig5ce de la ,grce1 mais ce n'e/ pas son me4 ,l'me de la ,grce e/ dans ,socrate4 ,platon lui fit un magnifique comm5taire4 ,aussi ,ari/ote eut une mort huma9e qui n'intressa pas le sort futur de l'me ni le ,dieu de l'univ]s4 ,autant qu'on peut disc]n] de telles di/ances les causes de cette mort1 on les retr\ve aism5t dans la politique de son pays et dans les passions des hommes1 bonnes ou mauvaises4 ,la premire cause de cette impopul>it qui livra le philosophe de ,/agyre la rancune des ,a?ni5s fut sans aucun d\te le ress5tim5t des hommes qui l'avai5t vu attaqu] ,socrate et ,platon1 dont il avait t le disciple1 puis le s*ismatique4 ,ils l'ab&onnr5t qu& la mort de son patron ,alex&re le ,gr& le livra leur v5geance4 ,la seconde cause de son malheur et de son dsespoir fut la ha9e /upide de la multitude qui voyait en lui un ,macdoni54 ,le titre de ,macdoni5 fut un crime et une injure qu& ,a?nes s5tit que la mort d',alex&re1 ,babylone1 dlivrait la ,grce de ce hros dev5u son tyran4 ,la raction fut rapide et t]rible contre les amis d',alex&re4 ,elle se t\rna l'in/ant contre ,ari/ote2 il s5tit qu'il fallait fuir aux frontires de la ,grce p\r y *app]4 ,il emporta prudemm5t avec lui le re/e de la cigu de ,socrate1 et il la b p> dfiance des hommes1 non p> foi dans le ,dieu unique et immortel du ,phdon4 ,la troisime fut une /upide accusation populaire1 qui1 p\r un hymne famili] un de ses amis de ,macdo9e1 inculpa ,ari/ote d'impit et lui attribua la p5se de donn] un homme des qualits div9es4 cette /upidit il reconnut les successeurs d',anytus1 et il s5tit qu'il fallait m\rir4--,il m\rut1 les uns dis5t de sa propre ma91 les autres p> la viol5ce de ses ennemis4 ,mais il laissa ses ri*esses sa femme et sa biblio?que son fils4 ,a9si f9it ce gr& homme2 combi5 ne s]ait-il pas mort plus dignem5t s'il tait mort comme ,socrate1 non p\r *app] ses ennemis1 mais p\r ,dieu6 ,il eut t\te l'intellig5ce que le monde antique p\vait lgu] au monde v5ir1 mais l'me lui manqua3 il fut le premi] des savants1 le mo9dre des philosophes4 ,,lam>t9e4 ,,f94 ,c,v,ie ,,entreti54 ,,balzac ,,et ,,ses ,,oeuvres4 7,,premi,,re ,,p>tie47 ,i4 ,balzac6--,voil un nom de vrai gr& homme6--,un gr& homme fait p> la nature1 et non p> la volont6--,je suis un homme1 disait-il1 je puis avoir un j\r autre *ose que l'illu/ration littraire3 aj\t] au titre de gr& criva9 celui de gr& citoy51 e/ une ambition qui peut t5t] aussi6444 7,lettre sa soeur et confid5te1 ,mme de ,surville1 en #ahbj47 ,balzac tait digne de se compr5dre a9si lui-mme et de se mesur] t\t enti] devant ,dieu et devant sa soeur en #ahbj2 il avait t\t en lui3 gr&eur de gnie et gr&eur morale1 imm5se ari/ocratie de tal5t1 imm5se v>it d'aptitudes1 univ]salit de s5tim5t de soi-mme1 exquise dlicatesse d'impressions1 bont de femme1 v]tu mle dans l'imag9ation1 rves d'un dieu t\j\rs prts dcevoir l'homme44444 t\t enf91 except la proportion de l'idal au rel6 ,t\s ses malheurs1 et ils fur5t gr&s comme son c>actre1 ont t5u cet excs de gr&eur dans son gnie2 ils dpassai5t1 non pas son esprit inf9i et univ]sel1 mais ils dpassai5t le possible ici-bas3 voil la cause fatale et organique de ses c\ps d'ailes et de ses *utes4 ,c'tait un aigle qui n'avait pas dans sa prunelle la mesure de son vol4 ,mettez la =tune de ,bonap>te dans la de/9e de ,balzac1 il et t complet2 c> il aurait pu ce qu'il imag9ait6 ,le rel e/ troit1 le possible e/ imm5se6 ai-je dit moi-mme dans un autre temps4 ,un esprit gigantesque contr>i et taqu9 p> une mesqu9e =tune1 voil l'exacte df9ition de ce malheureux gr& homme4 ,c'e/ n\s d'os] le dire1 n\s qui avons eu le bonheur tri/e de vivre cte cte avec lui de son temps1 et qui ne devons pas avoir la l*et d'attribu] cet homme unique les torts de la =tune4 ,ce n'e/ pas de l'auteur que je p>le a9si1 c'e/ de l'homme3 l'homme en lui tait mille fois plus va/e que l'criva94 ,l'criva9 crit1 l'homme s5t et p5se4 ,c'e/ p> ce qu'il a s5ti et p5s que j'ai t\j\rs jug ,balzac4 ,,ii4 ,la premire fois que je le vis1 c'tait en #ahcc2 j'avais presque t\j\rs vcu hors de ,france2 et encore plus lo9 de ce monde 7du demi-monde littraire dont p>le le gr& fils du gr& ,alex&re ,dumas74 ,je ne connaissais que les noms classiques de notre littrature1 et encore trs-peu1 except ,hugo1 ,sa9te-,beuve1 ,*ateaubri&1 ,lam5nais1 ,nodi]1 et en gr&s orateurs1 ,la91 ,roy]-,coll>d2 t\tes les pripties des demi-=tunes qui s'agitai5t dans la rgion militante1 ?trale ou romanesque de ,p>is1 m'tai5t trangres3 je n'avais pas appro* une c\lisse1 je n'avais pas lu un roman except ,notre-,dame de ,p>is4 ,je savais seulem5t qu'il exi/ait un jeune criva9 du nom de ,balzac2 qu'il annonait une orig9alit sa9e2 qu'il lutt]ait bi5tt avec l'abb ,prvt1 l'auteur des ,mmoires d'un homme de qualit1 du ,doy5 de ,kill]9e et de ,manon ,lescaut1 ce roman de mauvais aloi dont les critiques du mom5t r*auffai5t la v]ve suspecte4 ,effac] de l'me huma9e l'honneur et la v]tu1 comme dans le *evali] ,des ,grieux1 ce n'e/ pas lev] le monde et l'am\r1 c'e/ les abaiss] et les rtrcir2 ,manon ,lescaut1 malgr l'eng\em5t de ses jeunes en?\sia/es1 vrais ou faux1 ne me p>aissait qu'un ,manuel de c\rtisane1 et son amant qu'un monomane de dbau*e qu'on ne peut pla9dre qu'en cons5tant le mpris]4 ,cep5dant il m'tait tomb p> av5ture s\s la ma9 une page ou deux de ,balzac1 o l'n]gie de la vrit et la gr&eur de l'acc5t m'avai5t mu =tem5t4 ,je m'tais dit3 ,un homme e/ n2 si l'op9ion le compr5d1 et si l'adv]sit ne l'effeuille pas dans le ruisseau de la rue de ,p>is1 ce s]a un j\r un gr& homme6 ,,iii4 ,peu de temps aprs1 je le r5contrai dn]1 en trs-petit comit1 dans une de ces maisons neutres de ,p>is1 o se r5contrai5t alors1 comme dans un lieu d'asile de l'antiquit1 les esprits indp5dants de t\te nuance4 ,c'tait *ez un homme de ce c>actre qui crait en ce temps-l la ,presse4 ,la ,presse1 oeuvre de ,m4 mile de ,gir>d91 en se moquant avec un imm5se tal5t des fausses passions et des lieux communs d'opposition banale1 promettait un n\vel organe o ,m4 mile de ,gir>d9 en politique1 ,mme mile de ,gir>d9 en sel attique1 donnai5t ce j\rnal un d\ble succs d'en?\siasme4 ,ils crai5t eux deux l'individualit1 cette =ce inconnue dont se compos5t1 au b\t d'un c]ta9 temps1 t\tes les =ces collectives d'un pays1 =ce qu'on comm5ce p> raill] et qu'on f9it p> subir4 ,il y faut1 il e/ vrai1 un gr& et d\ble tal5t1 une audace intrpide dans l'homme1 une orig9alit bl\issante dans la femme4 ,comm5t ce jeune homme et cette jeune femme s'tai5t-ils r5contrs et s'tai5t-ils unis p\r cette oeuvre8 ,c'tait un miracle de l'am\r1 du has>d et du de/94 ,ce miracle tait accompli1 et triomphait sans conte/ation dans l'homme et dans la femme4 ,je l'avais vu natre quelques annes avant1 dans un petit entresol de la rue ,gaillon4 ,je l'avais vu crotre1 puis je l'avais vu s'accomplir4 ,r5tr en ,france quelques annes aprs1 j'en j\issais p> une vive et s9cre amiti p\r le m>i et p\r la femme4 ,l'esprit *ez t\s les deux tait hrditaire3 le pre de ,m4 de ,gir>d9 tait l'exc5tricit transc5dante1 le g5tilhomme gr&es ides et gr&s projets t\t prix1 le radical de l'imag9ation4 ,j'ai t trs-li avec lui1 sans piti p\r son radicalisme1 qui n'e/ pas de ce monde1 et qui n'e/ bon qu'en songe sur cette t]re des ralits4 ,il me faisait admir] et s\rire4 ,dans les premi]s mois de la rpublique1 il m'apportait plus de plans de f9ances qu'un g\v]nem5t en fusion ne p\vait en ent5dre et en c>t]4 ,il faut du loisir et de la scurit longue *ance p\r j\] avec les rves4 ,entre deux rves on jette son pays dans l'abme ou dans le problme qu'on n'a pas le temps de rs\dre4 ,il y a un peu de cela de temps en temps dans le fils1 sauf le tal5t1 qui e/ neuf et imm5se4 ,mais celui qui n'a pas connu le pre ne peut pas compr5dre le fils4 ,il lui fallait1 p\r compr5dre sa valeur1 un g\v]nem5t dictatorial assis sur la popul>it d'un nom indiscutable1 et p\vant t\t os]4 ,mme mile de ,gir>d91 fille de ,mme ,gay1 qui l'avait leve p\r lui succd] sur deux trnes1 l'un de beaut1 l'autre d'esprit1 avait hrit1 de plus1 de la bont qui fait aim] ce qu'on admire4 ,ces trois dons1 beaut1 esprit1 bont1 en avai5t fait la re9e du sicle4 ,on p\vait l'admir] plus ou mo9s comme pote1 mais1 si on la connaissait fond1 il tait impossible de ne pas l'aim] comme femme4 ,elle a eu de la passion1 mais po9t de ha9e4 ,ses f\dres n'tai5t que de l'lectricit2 ses imprcations contre les ennemis de son m>i n'tai5t que de la colre2 cela passait avec l'orage4 ,il faisait t\j\rs beau dans sa belle me1 ses j\rs de ha9e n'avai5t po9t de l5dema94 ,elle avait des soeurs t\t aussi di/+ues1 quoique mo9s clbres1 qui avai5t mo9s de posie1 mais autant d'esprit anecdotique qu'elle-mme4 ,l'une d'entre elles1 ,mme ,o',donnel1 passait p\r lui f\rnir son rp]toire le plus piquant1 qu& elle entreprit son *ef-d'oeuvre de prose1 le feuilleton de la ,presse1 qui contribua tant sa popul>it4 ,avant1 p5dant1 aprs1 j'tais re/ son ami qu& mme1 je lui devais bi5 cette con/ance d'affection1 et celle qu'elle avait p\r moi1 bi5 que ds9tresse1 mritait l'immutabilit d'une reconnaissance surnaturelle4 ,t\s les j\rs1 qu& je passe tri/e devant cette place vide des ,*amps-lyses1 o fut sa maison1 plus semblable un temple dmoli p> la mort1 je plis1 et mes reg>ds s'lv5t en haut4 ,on ne r5contre pas s\v5t ici-bas un coeur si bon et une intellig5ce si va/e4 ,elle savait mon dsir de connatre ,balzac4 ,elle l'aimait1 comme j'tais dispos l'aim] moi-mme4 ,nul coeur et nul esprit n'tait plus faonn p\r lui plaire4 ,elle se s5tait l'unisson avec lui1 soit p> la gaiet avec sa jovialit1 soit p> le srieux avec sa tri/esse1 soit p> l'imag9ation avec son tal5t4 ,lui aussi s5tait en elle une crature de gr&e race1 auprs de laquelle il oubliait t\tes les mesqu9]ies de sa condition misrable4 ,,iv4 ,qu& j'arrivai trs-t>d1 ret5u que j'avais t p> une discussion la *ambre1 j'oubliai t\t moi-mme p\r contempl] ,balzac4 ,il n'avait ri5 d'un homme de ce sicle4 ,on aurait cru en le voyant qu'on avait *ang d'poque et qu'on tait introduit dans la socit d'un de ces deux ou trois hommes naturellem5t immortels1 dont ,l\is ,,xiv tait le c5tre1 et qui se tr\vai5t *ez lui comme *ez eux1 son niveau1 quoique sans s'lev] ou sans s'abaiss] du leur3--la ,bruyre1--,boileau1--la ,ro*ef\cauld1--,rac9e1--et surt\t ,molire2--il portait son gnie si simplem5t qu'il ne le s5tait pas4 ,mon premi] c\p d'oeil sur lui me reporta ces hommes4 ,je me dis3 ,voil un homme n il y a deux sicles2--exam9ons-le bi54 ,v4 ,balzac tait deb\t devant la *em9e de m>bre de ce *] salon1 o j'avais vu pass] et pos] tant d'hommes ou de femmes rem>quables4 ,il n'tait pas gr&1 bi5 que le rayonnem5t de son visage et la mobilit de sa /ature emp*ai5t de s'ap]cevoir de sa taille2 mais cette taille ondoyait comme sa p5se2 entre le sol et lui il semblait y avoir de la m>ge2 tantt il se baissait jusqu' t]re comme p\r ramass] une g]be d'ides1 tantt il se r$ressait sur la po9te des pi$s p\r suivre le vol de sa p5se jusqu' l'inf9i4 ,il ne s'int]rompit pas plus d'une m9ute p\r moi2 il tait emport p> sa conv]sation avec ,m4 et ,mme de ,gir>d94 ,il me jeta un reg>d vif1 press1 gracieux1 d'une extrme bi5veillance4 ,je m'appro*ai p\r lui s]r] la ma91 je vis que n\s n\s compr5ions sans phrase1 et t\t fut dit entre n\s2 il tait lanc1 il n'avait pas le temps de s'arrt]4 ,je m'assis1 et il cont9ua son monologue comme si ma prs5ce l'et ranim au lieu de l'int]rompre4 ,l'att5tion que je prtais sa p>ole me donnait le temps d'obs]v] sa p]sonne dans son t]nelle ondulation4 ,il tait gros1 pais1 c>r p> la base et les paules2 le c\1 la poitr9e1 le corps1 les cuisses1 les membres puissants2 beauc\p de l'ampleur de ,mirabeau1 mais nulle l\rdeur2 il y avait tant d'me qu'elle portait t\t cela lgrem5t1 gaiem5t1 comme une enveloppe s\ple1 et nullem5t comme un f>deau2 ce poids semblait lui donn] de la =ce et non lui en retir]4 ,ses bras c\rts ge/iculai5t avec aisance1 il causait comme un orateur p>le4 ,sa voix tait ret5tissante de l'n]gie un peu sauvage de ses p\mons1 mais elle n'avait ni rudesse1 ni ironie1 ni colre2 ses jambes1 sur lesquelles il se d&9ait un peu1 portai5t le/em5t son bu/e2 ses ma9s grasses et l>ges exprimai5t en s'agitant t\te sa p5se4 ,tel tait l'homme dans sa robu/e *>p5te4 ,mais en face du visage on ne p5sait plus la *>p5te4 ,cette p>lante figure1 dont on ne p\vait dta*] ses reg>ds1 v\s *>mait et v\s fasc9ait t\t enti]4 ,les *eveux flottai5t sur ce front en gr&es b\cles1 les yeux noirs p]ai5t comme des d>ds m\sss p> la bi5veillance2 ils entrai5t en confid5ce dans les vtres comme des amis2 les j\es tai5t ple9es1 roses1 d'un te9t =tem5t color2 le nez bi5 model1 quoique un peu long2 les lvres dc\pes avec grce1 mais amples1 releves p> les co9s2 les d5ts 9gales1 br*es1 noircies p> la fume du cig>e2 la tte s\v5t p5*e de ct sur le c\1 et se relevant avec une fi]t hroque en s'animant dans le disc\rs4 ,mais le trait dom9ant du visage1 plus mme que l'intellig5ce1 tait la bont communicative4 ,il v\s ravissait l'esprit qu& il p>lait1 mme en se taisant il v\s ravissait le coeur4 ,aucune passion de ha9e ou d'envie n'aurait pu tre exprime p> cette physionomie3 il lui aurait t impossible de n'tre pas bon4 ,mais ce n'tait pas une bont d'indiffr5ce ou d'ins\ciance1 comme dans le visage picuri5 de la ,fonta9e1 c'tait une bont aimante1 *>mante1 intellig5te d'elle-mme et des autres1 qui inspirait la reconnaissance et l'pan*em5t du coeur devant lui1 et qui dfiait de ne pas l'aim]4 ,tel tait exactem5t ,balzac4 ,je l'aimais dj qu& n\s n\s mmes table4 ,il me sembla que je le connaissais depuis mon enfance3 il me rappelait ces aimables curs de campagne de l'anci5 rgime1 avec quelques b\cles de *eveux sur le c\1 et t\te la *>it joviale du *ri/ianisme sur les lvres4 ,un enfantillage rj\i1 c'tait le c>actre de cette figure2 une me en vacances1 qu& il laissait la plume p\r s'oubli] avec ses amis2 il tait impossible de n'tre pas gai avec lui4 ,sa srnit enfant9e reg>dait le monde de si haut qu'il ne lui p>aissait plus qu'un bad9age1 une bulle de savon1 cause p> la fantaisie d'un enfant4 ,,vi4 ,mais je vis1 quelques annes plus t>d1 dans une autre maison1 et dans une autre circon/ance1 combi5 ce qui tait srieux lui inspirait de gravit1 et combi5 sa consci5ce lui inspirait de rpulsion contre le mal4 ,c'tait un de ces mom5ts o les p>tis politiques1 exasprs p> la lutte1 se dem&5t s'ils peuv5t en consci5ce rpondre aux p>tis contraires p> les armes qu'on emploie contre eux1 et pr(it] de leur victoire p\r tu] ceux qui les tu5t4 ,n\s n'tions qu'un cnacle compos de sept ou huit p]sonnes4 ,la colre emporta la majorit jet] un voile sur les scrupules d'humanit et laiss] condamn] sans m]ci ceux que la victoire aurait livrs notre ju/e v5geance4 ,la doctr9e de l'implacabilit du salut public p>aissait prte triomph]4 ,balzac c\tait d'un air attri/4 ,les hommes lg]s affectai5t l'indiffr5ce2 des ge/es tran*ants et sup]bes ddaignai5t ces faiblesses2 le sil5ce des autres trahissait la complicit de la peur4 ,il y avait l ,balzac1 trang] ces sortes d'entreti5s1 ,gir>d91 ,hugo4 ,p]sonne ne dem&ant immdiatem5t la p>ole1 ,balzac la prit avec la physionomie d'une timidit honnte et rsolue qui impressionna t\t le monde4 ,il p>la en homme f]me1 gnreux1 conva9cu1 contre les propos lg]s qu'il v5ait d'ent5dre2 il ref\la loquemm5t ces mauvaises p5ses dans la b\*e de ceux qui v5ai5t de les laiss] *app]4 ,je pris la p>ole aprs lui2 ,gir>d91 qui n'a jamais eu de radicalisme contre la clm5ce1 n\s appuya2 ,hugo lui-mme1 il faut le dire1 s\t9t en t]mes trs-loqu5ts que la vrit et le gnie ne devai5t se df5dre que p> leur innoc5ce4 ,mais ,hugo1 ,gir>d91 moi1 n\s tions des orateurs politiques acc\tums ces sortes de discussion2 ,balzac y tait neuf1 il p\vait se croire seul et ab&onn2 il n'c\ta que sa consci5ce et p>la en homme de bi5 qu& mme4 ,son langage mu n\s mut t\s et n\s ne fmes1 n\s1 qu'applaudir et confirm] ses raisons3 ,que m'importe ce que v\s p5s]ez de moi6 n\s dit-il2 la cause de la vie des hommes e/ une cause surhuma9e4 ,c'e/ ,dieu qui juge1 son jugem5t n'e/ pas remis nos passions2 v\s le savez1 v\s qui avez proclam et dcrt v\s-mmes1 le #a;er ju91 l'abolition de l'*afaud politique1 dcrt]ez-v\s auj\rd'hui la lgitimit de la v5geance populaire8 ,t\t le monde f9it p> tre de son avis3 la consci5ce d'un criva9 de gnie intimide les sots1 f\droie les m*ants1 rassure les l*es2 c'e/ ce que ,balzac trahit mes yeux4 ,combi5 de jovialit app>5te ca*ait de srieuses et difficiles v]tus6 ,il faut se dfi] des hommes de consci5ce4 ,,vii4 ,le sculpteur ,david1 homme de gr&e ma91 mais d'intellig5ce sy/matique1 avait fait de moi-mme un magnifique bu/e1 possd depuis p> ,m4 ,millaud2 il dcore un de ses salons4 ,david fit plus t>d un bu/e de ,balzac4 ,mais ce sculpteur1 cette seconde poque1 avait confondu dans ses oeuvres la matire avec l'me4 ,il *]*ait dans la masse corporelle le symptme et l'indice de l'intellig5ce4 ,il grossissait l'homme au lieu de le gr&ir4 ,la proportion et l'h>monie sont les signes de la vraie supriorit2 ,goe!1 ,*ateaubri&1 ,hugo1 ,balzac1 dev5ai5t s\s le ciseau de ,david des lphants huma9s dignes de l',inde2 la f9esse et la dlicatesse des lignes disp>aissai5t s\s cette exagration colossale4 ,*aque ride de la figure tait un abme creus p> la p5se4 ,ce matrialisme des lignes nuisait la vrit et la ressemblance4 ,les ttes de taureaux ne sont pas des ttes d'aigles4 ,voyez le crne de ,raphal dans le moy5 ge2 voyez le crne exquis mais troit de ,voltaire dans le d]ni] sicle2 ces deux hommes1 d\s des plus m]veilleuses facults de l'intellig5ce1 s]ai5t des idiots si v\s comp>iez la petitesse de l'organe de leur p5se la masse tudesque des ttes de ,david4 ,la l\rdeur allem&e des c]veaux indique la pesanteur et nullem5t la p]fection de la p5se4 ,le matrialisme de son procd a tromp en ceci le sculpteur1 comme il trompe auj\rd'hui ses imitateurs4 ,heureusem5t il ne l'avait pas encore inv5t qu& il bau*a1 en #ahba1 ma figure4 ,,viii4 ,la soeur de ,balzac p>le a9si3 ,on le tr\vait t\j\rs *ez lui vtu d'une l>ge robe de *ambre de ca*emire blanc d\ble de soie blan*e1 taille comme celle d'un mo9e1 atta*e p> une cordelire de soie1 la tte c\v]te de cette calotte dantesque de vel\rs noir adopte dans sa mans>de1 qu'il porta t\j\rs depuis et que ma mre seule lui faisait4 ,selon les heures o il sortait1 sa mise tait =t nglige ou =t soigne4 ,si on le r5contrait le mat91 fatigu p> d\ze heures de travail1 c\rant aux imprim]ies1 un vieux *apeau rabattu sur les yeux1 ses admirables ma9s ca*es s\s des gants grossi]s1 les pi$s *ausss de s\li]s hauts qu>ti]s passs sur un l>ge pantalon plis et pi$s1 il p\vait tre confondu dans la f\le2 mais s'il dc\vrait son front1 v\s reg>dait ou v\s p>lait1 l'homme le plus vulgaire se s\v5ait de lui4 ,son intellig5ce1 si con/amm5t ex]ce1 avait encore dvelopp ce front naturellem5t va/e1 qui recevait tant de lumires6 cette intellig5ce se trahissait ses premi]s mots et jusque dans ses ge/es6 ,un pe9tre aurait pu tudi] sur ce visage si mobile les expressions de t\s les s5tim5ts3 joie1 pe9e1 n]gie1 dc\ragem5t1 ironie1 esprances ou dceptions1 il refltait t\tes les situations de l'me4 ,il triomphait de la vulg>it que donne l'embonpo9t p> des manires et des ge/es empre9ts d'une grce et d'une di/9ction natives4 ,sa *evelure1 dont il v>iait s\v5t l'arrangem5t1 tait t\j\rs arti/ique1 de quelque manire qu'il la portt4 ,un ciseau immortel a laiss ses traits la po/rit4 ,le bu/e que ,david a fait de mon frre1 alors g de qu>ante-quatre ans1 a reproduit fidlem5t son beau front1 cette magnifique *evelure1 indice de sa =ce physique gale sa =ce morale1 l'en*ssem5t m]veilleux de ses yeux1 les lignes si f9es de ce nez c>r1 de cette b\*e aux cont\rs s9ueux o la bonhomie s'alliait la raill]ie1 ce m5ton qui a*evait l'ovale si pur de son visage avant que l'embonpo9t en et altr l'h>monie4 ,mais le m>bre n'a pu malheureusem5t cons]v] le feu de ces flambeaux de l'intellig5ce1 de ces yeux aux prunelles brunes pailletes d'or comme celle du lynx4 ,ces yeux int]rogeai5t et rpondai5t sans le sec\rs de la p>ole1 voyai5t les ides1 les s5tim5ts1 et lanai5t des jets qui semblai5t sortir d'un foy] intrieur et r5voy] au j\r la lumire au lieu de la recevoir4 ,les amis de ,balzac reconnatront la vrit de ces lignes1 que ceux qui ne l'auront pas connu p\rront tax] d'exagration4 ,,ix4 tudions l'homme dans sa vie3 ,il tait n ,t\rs en #agii4 ,on le mit en n\rrice *ez une paysanne aux environs de la ville4 ,la maison pat]nelle ne le rappela que quatre ans aprs4 ,il y rev9t =tem5t enrac9 dans la vie4 ,c'tait un *>mant enfant1 dit sa soeur2 sa joyeuse humeur1 sa b\*e bi5 dess9e et s\riante1 ses gr&s yeux bruns1 la fois brillants et d\x1 son front lev1 sa ri*e *evelure noire1 le faisai5t rem>qu] dans les prom5ades o l'on n\s conduisait t\s les deux4 ,la famille ragit tellem5t sur le c>actre des enfants et ex]ce de si gr&es influ5ces sur leur sort1 que quelques dtails sur nos p>5ts me p>aiss5t ici ncessaires2 ils expliqu]ont d'ailleurs les premi]s vnem5ts de la jeunesse de mon frre4 ,mme de ,surville p>le a9si de son pre3 ,mon pre1 n en ,langu$oc en #agdf1 tait avocat au conseil s\s ,l\is ,,xvi4 ,sa pr(ession le mit en relation avec les notabilits d'alors et avec des hommes que la ,rvolution fit surgir et r5dit clbres4 ,ces circon/ances lui p]mir5t1 en #agic1 de sauv] plus d'un de ses anci5s protecteurs et de ses anci5s amis4 ,ces s]vices dang]eux l'exposr5t1 et un conv5tionnel trs-influ5t1 qui s'intressait au citoy5 ,balzac1 se hta de l'loign] du s\v5ir de ,robespi]re en l'envoyant dans le ,nord organis] le s]vice des vivres de l'arme4 ,a9si jet dans l'adm9i/ration de la gu]re1 mon pre y re/a1 et il tait *>g des subsi/ances de la v+t-deuxime division militaire1 lorsqu'il p\sa ,p>is1 en #agig1 la fille d'un de ses *efs1 en mme temps directeur des hpitaux de ,p>is4 ,mon pre vcut dix-neuf ans ,t\rs1 o il a*eta une maison et des proprits prs de la ville4 ,aprs dix ans de sj\r1 on p>la de le nomm] maire1 mais il refusa cet honneur p\r ne pas ab&onn] la direction du gr& hpital dont il s'tait *>g4 ,il craignit de manqu] de temps p\r bi5 remplir ces triples fonctions4 ,mon pre t5ait la fois de ,montaigne1 de ,rabelais et de l'oncle ,toby p> sa philosophie1 son orig9alit et sa bont4 ,comme l'oncle ,toby1 il avait aussi une ide prdom9ante4 ,cette ide *ez lui tait la sant4 ,il s'arrangeait si bi5 de l'exi/5ce qu'il v\lait vivre le plus longtemps possible4 ,il avait calcul1 d'aprs les annes qu'il faut l'homme p\r arriv] l'tat p>fait1 que sa vie devait all] c5t ans et plus2 p\r atte9dre le plus1 il pr5ait des so9s extraord9aires et veillait sans cesse tablir ce qu'il appelait l'quilibre des =ces vitales4 ,gr& travail1 vraim5t6444 ,sa t5dresse pat]nelle augm5tait encore ce dsir de longvit4 qu>ante-c9q ans1 n'tant pas m>i et ne comptant pas se m>i]1 il avait plac une bonne p>tie de sa =tune en viag]1 moiti sur le gr&-livre1 moiti sur la caisse ,laf>ge1 qu'on fondait alors et dont il tait un des plus =ts actionnaires4 7,il t\*ait en #ahbi1 qu& il m\rut p> accid5t1 l'ge de quatre-v+t-trois ans1 d\ze mille francs d'intrt47 ,la rduction des r5tes1 les gaspillages qui eur5t lieu dans l'adm9i/ration de la tont9e1 dim9ur5t ses rev5us2 mais sa belle et v]te vieillesse lui donna l'espoir de p>tag] un j\r avec l'tat1 l'ext9ction des concurr5ts de sa classe1 l'imm5se capital de la tont9e2 ce qui et gr&em5t rp> le tort qu'il avait fait sa famille4 ,cet espoir passa tellem5t *ez lui l'tat de conviction1 qu'il recomm&ait sans cesse aux si5s de cons]v] leur sant p\r j\ir des millions qu'il leur laiss]ait4 ,cette conviction1 que *acun entret5ait1 le r5dait heureux et le consola dans les rev]s de =tune qui l'atteignir5t la f9 de sa vie4 --,laf>ge rp>]a t\t un j\r1 disait-il4 ,son orig9alit1 dev5ue prov]biale ,t\rs1 se manife/ait aussi bi5 dans ses disc\rs que dans ses actions2 il ne faisait et ne disait ri5 comme un autre2 ,h(fmann en et fait un p]sonnage de ses crations fanta/iques4 ,mon pre se moquait s\v5t des hommes1 qu'il accusait de travaill] sans cesse leur malheur2 il ne p\vait r5contr] un tre disgraci sans s'indign] contre les p>5ts et surt\t contre les g\v]nants qui n'apportai5t pas autant de so9s l'amlioration de la race huma9e qu' celle des animaux4 ,il avait1 sur ce sujet =t scabreux1 de s+ulires ?ories qu'il dduisait non mo9s s+ulirem5t4444 --,mais quoi bon publi] ces ides8 disait-il en se prom5ant p> la *ambre dans sa d\illette de soie puce1 et la tte enfonce dans la grosse cravate qu'il avait cons]ve de la mode du ,directoire2 on m'appell]ait encore orig9al 7ce titre le c\rr\ait71 et il n'y aurait pas un tre tiol ni un ra*itique de mo9s6 ,except ,c]vantes1 qui donna le c\p de grce la *eval]ie errante1 quel philosophe a jamais corrig l'humanit1 cette patraque t\j\rs jeune1 t\j\rs vieille1 qui va t\j\rs444 heureusem5t p\r n\s et nos successeurs6 aj\tait-il en s\riant4 ,il ne raillait t\tefois l'humanit que lorsqu'il ne p\vait lui v5ir en aide1 il le pr\va en ma9te occasion4 ,des pidmies se dcl>r5t plusieurs reprises l'hospice1 notamm5t lorsque les soldats l'encombrr5t en rev5ant d',espagne3 mon pre s'in/allait alors dans l'hpital1 et1 oubliant sa sant p\r veill] au salut de t\s1 il dployait un zle qui tait p\r lui du dv\em5t4 ,il dtruisit beauc\p d'abus sans r$\t] les inimitis que ce g5re de c\rage attire1 et introduisit de gr&es amliorations dans cet hpital1 entre autres des ateli]s de travail p\r les vieill>ds valides qui il fit all\] un salaire4 ,sa mmoire1 son esprit d'obs]vation et de rep>tie1 n'tai5t pas mo9s rem>quables que son orig9alit2 il se s\v5ait1 v+t ans de di/ance1 de p>oles qu'on lui avait dites4 soixante-dix ans1 r5contrant inop9m5t un ami d'enfance1 il s'entret9t avec lui1 sans aucune hsitation1 dans l'idiome de son pays1 o il n'tait pas ret\rn depuis l'ge de quatorze ans6 ,ses f9es rem>ques lui fir5t plus d'une fois prdire les succs ou les dsa/res de g5s qu'on apprciait bi5 autrem5t qu'il ne les jugeait2 le temps lui donna s\v5t raison dans ses prophties6 ,les rpliques1 enf91 ne lui faisai5t jamais dfaut en aucune occurr5ce4 ,un j\r qu'on lisait dans un j\rnal un article sur un c5t5aire 7article qu'on ne passait pas1 comme on peut croire71 contre son habitude1 il int]rompit le lecteur p\r dire avec en?\siasme3 --,celui-l a vcu sagem5t et n'a pas gaspill ses =ces en t\te sorte d'excs1 comme le fait l'imprud5te jeunesse444 ,il se tr\va que ce sage se grisait s\v5t1 au contraire1 et s\pait t\s les soirs1 une des plus gr&es normits que l'on pt commettre contre sa sant 7selon mon pre74 --,eh bi56 reprit-il sans s'm\voir1 cet homme a abrg sa vie1 voil t\t6444 ,qu& ,honor fut d'ge compr5dre et apprci] son pre1 c'tait un beau vieill>d1 =t n]gique encore1 aux manires c\rtoises1 p>lant peu et r>em5t de lui1 indulg5t p\r la jeunesse qui lui tait sympa?ique1 laissant t\s une lib]t qu'il v\lait p\r lui1 d'un jugem5t sa9 et droit1 malgr ses exc5tricits1 d'une humeur si gale et d'un c>actre si d\x qu'il r5dait heureux t\s ceux qui l'ent\rai5t4 ,sa haute in/ruction lui faisait suivre avec bonheur les progrs des sci5ces et les amliorations sociales1 dont1 leur db1 il compr5ait l'av5ir6 ,ses graves entreti5s1 ses curieux rcits1 avancr5t son fils dans la sci5ce de la vie et lui f\rnir5t le sujet de plus d'un de ses livres4 ,ma mre1 ri*e1 belle1 et beauc\p plus jeune que son m>i1 avait une r>e vivacit d'esprit et d'imag9ation1 une activit infatigable1 une gr&e f]met de dcision et un dv\em5t sans bornes p\r les si5s4 ,son am\r p\r ses enfants planait sans cesse sur eux1 mais elle l'exprimait plutt p> des actions que p> des p>oles4 ,sa vie entire pr\va cet am\r2 elle s'oublia sans cesse p\r n\s1 et cet oubli lui fit connatre l'in=tune1 qu'elle supporta c\rageusem5t4 ,sa d]nire et plus cruelle preuve fut1 l'ge de soixante-d\ze ans1 de survivre son glorieux fils et de l'assi/] dans ses d]ni]s mom5ts2 elle pria p\r lui son lit de mort1 s\t5ue p> la foi religieuse qui remplaait t\tes ses esprances t]re/res p> celles du ciel4 ,ceux qui ont connu mon pre et ma mre atte/]ont la fidlit de ces esquisses4 ,les qualits de l'auteur de ,,la ,,com,,die ,,huma9e sont c]ta9em5t la consqu5ce logique de celles de ses p>5ts2 il avait l'orig9alit1 la mmoire1 l'esprit d'obs]vation et le jugem5t de son pre1 l'imag9ation1 l'activit de sa mre1 de t\s les deux1 enf91 l'n]gie et la bont4 ,honor tait l'an de deux soeurs et d'un frre4 ,notre soeur cadette m\rut jeune1 aprs c9q annes de m>iage4 ,notre frre p>tit p\r les colonies1 o il se m>ia et re/a4 la naissance d',honor1 t\t faisait prsag] p\r lui un bel av5ir4 ,la =tune de notre mre1 celle de notre aeule mat]nelle qui v9t vivre avec sa fille ds qu'elle fut veuve1 les molum5ts et les r5tes viagres de mon pre composai5t une gr&e exi/5ce notre famille4 ,ma mre se consacra exclusivem5t notre ducation et se crut oblige d'us] de svrit env]s n\s p\r neutralis] les effets de l'indulg5ce de notre pre et de notre aeule4 ,cette svrit comprima les t5dres expansions d',honor1 qui l'ge et la gravit de son pre inspirai5t aussi la rs]ve4 ,cet tat de *oses t\rna au pr(it de l'affection frat]nelle2 ce fut c]ta9em5t le premi] s5tim5t qui s'pan\it et fleurit dans son coeur4 ,j'tais de deux ans seulem5t plus jeune qu',honor1 et dans la mme situation que lui vis--vis de nos p>5ts2 levs ensemble1 n\s n\s aimmes t5drem5t2 les s\v5irs de sa t5dresse dat5t de lo94 ,je n'ai pas oubli avec quelle vlocit il acc\rait moi p\r m'vit] de r\l] les trois m>*es hautes1 9gales et sans rampes qui conduisai5t de la *ambre de notre n\rrice dans le j>d96 ,sa t\*ante protection cont9ua au logis pat]nel1 o plus d'une fois il se laissa punir p\r moi1 sans trahir ma culpabilit4 ,qu& j'arrivais temps p\r m'accus]3 ,n'av\e donc ri5 une autre fois1 me disait-il1 j'aime tre grond p\r toi6 ,on se s\vi5t t\j\rs de ces nafs dv\em5ts4 ,d'heureuses circon/ances protgr5t encore notre affection4 ,n\s vcmes t\j\rs l'un prs de l'autre dans une intimit et une confiance sans bornes4 ,je connus donc en t\t temps les joies et les pe9es de mon frre1 et j'eus t\j\rs le d\x privilge de le consol]2 c]titude qui fait auj\rd'hui ma joie4 ,le plus gr& vnem5t de son enfance fut un voyage ,p>is1 o ma mre le conduisit1 en #ahjd1 p\r le prs5t] ses gr&s p>5ts4 ,ils raffolr5t de leur joli petit-fils1 qu'ils comblr5t de c>esses et de prs5ts4 ,peu habitu tre ft a9si1 ,honor rev9t ,t\rs la tte ple9e de joyeux s\v5irs1 le coeur rempli d'affection p\r ces *]s gr&s p>5ts dont il me p>lait sans cesse1 les dcrivant de son mieux1 a9si que leur maison1 leur beau j>d91 sans oubli] ,m\*e1 le gros *i5 de g>de avec lequel il s'tait li intimem5t4 ,ce sj\r ,p>is s]vit longtemps d'alim5t son imag9ation4 ,notre gr&'mre aimait racont] les faits et ge/es de son petit-fils *ez elle1 et rptait volonti]s cette petite scne3 ,un soir qu'elle avait fait v5ir p\r lui la lant]ne magique1 ,honor n'ap]cevant pas p>mi les spectateurs son ami ,m\*e1 se lve en criant d'un ton d'autorit3 ,att5dez6444 7,il se savait le matre *ez son gr&-pre47 ,il sort du salon et r5tre tranant le bon *i51 qui il dit3 ,assi$s-toi l1 ,m\*e1 et reg>de2 a ne te cot]a ri51 c'e/ bon papa qui paye6 ,quelques mois aprs ce voyage1 on *angeait la ve/e de soie brune et la belle ce9ture bleue du petit ,honor p\r des vtem5ts de deuil4 ,son *] gr&-pre v5ait de m\rir1 frapp p> une apoplexie f\droyante4 ,ce fut son premi] *agr92 il pleura bi5 =t qu& on lui dit qu'il ne v]rait plus son aeul1 et son s\v5ir lui re/a tellem5t l'esprit que1 longtemps aprs ce j\r nfa/e1 me voyant prise d'un mal5contreux f\ rire p5dant une rprim&e de notre mre1 il s'appro*e de moi1 et p\r arrt] cette gaiet intempe/ive qui m5aait de t\rn] mal1 me dit l'oreille d'un ton tragique3 --,p5se la mort de ton gr&-papa6 ,sec\rs inefficace1 hlas6 c> je ne l'avais pas connu et ne compr5ais pas encore la mort6 ,on le voit1 les seules p>oles qu'on a ret5ues des premires annes d',honor rvlai5t plutt la bont que l'esprit4 ,je me s\vi5s nanmo9s qu'il montrait dj son imag9ation dans ces jeux de l'enfance que ,george ,s& a si bi5 dcrits dans ses ,mmoires4 ,mon frre improvisait de petites comdies qui n\s amusai5t 7succs que n'ont pas t\j\rs les gr&es72 il cor*ait p5dant des heures entires les cordes d'un petit violon r\ge1 et sa physionomie radieuse pr\vait qu'il croyait c\t] des mlodies4 ,aussi tait-il =t tonn qu& je le suppliais de f9ir cette musique1 qui et fait hurl] l'ami ,m\*e4 --,tu n'ent5ds donc pas comme c'e/ joli8 me disait-il4 ,il lisait enf9 avec passion1 comme la plup>t des enfants1 t\tes ces feries dont les cata/rophes1 plus ou mo9s dramatiques1 les font tant pleur]6 ,elles lui inspirai5t sans d\te d'autres contes1 c> des babillages t\rdissants succdai5t quelquefois des sil5ces qu'on n'expliquait que p> la fatigue1 mais qui p\vai5t bi5 tre dj des rv]ies dans des mondes imag9aires4 ,x4 ,aprs un long sj\r1 sans vacance1 dans un collge svre et presque mona/ique o il ne se di/+ua que p> sa p>esse et son t\rd]ie1 il fut r5voy sans espoir *ez son pre4 ,sa mre s'en *>gea4 ,elle lui fit faire dans ce beau pays des prom5ades de sant qui lui pr(itr5t2 la ca?drale go?ique de ,sa9t-,gati5 r5dit son imag9ation pittoresque4 ,sa mmoire le r5dit religieux2 la mmoire des enfants n'e/ qu'image4 ,il r$\tait son pre comme un implacable c5seur trang] ses impressions4 ,il aimait1 mais il craignait sa mre comme une ju/ice rig\reuse2 il ne se rvlait aucun des deux4 la f9 de #ahad1 le pre de ,balzac fut nomm directeur des vivres ,p>is4 ,son fils a*eva de mdiocres tudes dans un p5sionnat de la rue ,sa9t-,l\is au ,m>ais4 ,deux ans aprs il r5tra df9itivem5t dans la maison pat]nelle4 ,il suivit les c\rs de ,sorbonne4 ,,mm4 ,villema9 et ,c\s9 lui inspirr5t ses premires admirations4 ,il prit s\s eux le gt des livres4 ,il comm5a en recueillir sur les quais4 ,,xi4 ,mon frre tait =t occup cette poque1 dit ,mme de ,surville1 c>1 indp5damm5t de son c\rs de droit et des travaux dont le *>geai5t ses patrons1 il avait encore se prp>] p\r ses exam5s successifs2 mais son activit1 sa mmoire1 sa facilit1 tai5t telles qu'il tr\vait encore le temps d'a*ev] ses soires la table de bo/on ou de :i/ de ma gr&'mre1 o cette d\ce et aimable femme lui faisait gagn]1 =ce d'imprud5ces ou de di/ractions volontaires1 l'arg5t qu'il consacrait l'acquisition de ses livres4 ,il aima t\j\rs ces jeux en mmoire d'elle2 il s'y rappelait ses p>oles1 et un de ses ge/es retr\v lui semblait un bonheur arra* la tombe6 ,mon frre n\s accompagnait aussi quelquefois au bal2 mais1 s'y tant laiss tomb] mal5contreusem5t1 malgr les leons qu'il recevait d'un matre de danse de l',opra1 il r5ona la danse1 tant le s\rire des femmes qui suivit sa *ute lui re/a sur le coeur2 il se promit alors de dom9] la socit autrem5t que p> des grces et des tal5ts de salon1 et dev9t seulem5t spectateur de ces ftes dont plus t>d il utilisa les s\v5irs4 v+t et un ans1 il avait t]m9 son droit et pass ses exam5s4 ,mon pre lui confia les projets qu'il avait p\r son av5ir et qui euss5t conduit ,honor la =tune2 mais la =tune tait alors le mo9dre de ses s\cis4 ,mon pre avait protg jadis un homme qu'il avait retr\v1 en #ahad1 notaire ,p>is4 ,celui-ci1 reconnaissant et p\r r5dre au fils le s]vice qu'il avait reu du pre1 (frait de pr5dre ,honor dans son tude et de la lui laiss] aprs quelques annes de /age2 la caution de mon pre p\r une p>tie de la *>ge1 un beau m>iage1 des prlvem5ts successifs sur les brillants rev5us de l'tude1 aurai5t acquitt mon frre en peu d'annes4 ,mais ,balzac1 c\rb dix ans1 peut-tre1 sur des contrats de v5te1 des contrats de m>iage ou sur des inv5taires6444 lui qui aspirait secrtem5t la gloire littraire6 ,sa /upfaction fut gr&e cette rvlation2 il dcl>a nettem5t ses dsirs1 et ce fut au t\r de notre pre d'tre /upfait4 ,une vive discussion suivit4 ,honor combattit loquemm5t les puissantes raisons qu'on lui donnait1 et ses reg>ds1 ses p>oles1 son acc5t1 rvlai5t une telle vocation que mon pre lui accorda deux ans p\r faire ses preuves de tal5t4 ,cette belle *ance p]due explique la svrit dont on usa env]s lui et la rancune qu'il cons]va contre le not>iat1 rancune qui p]ce dans quelques-unes de ses oeuvres4 ,mon pre ne cda pas1 t\tefois1 aux dsirs d',honor sans regrets2 des vnem5ts f*eux les augm5tai5t encore4 ,il v5ait d'tre mis la retraite et de subir des p]tes d'arg5t dans deux entreprises4 ,enf9 n\s allions vivre dans une maison de campagne qu'il v5ait d'a*et] six lieues de ,p>is4 ,les *efs de famille compr5dront les inquitudes de nos p>5ts en cette circon/ance4 ,mon frre n'avait encore donn aucune preuve de tal5t littraire1 et il avait sa =tune faire2 il tait donc rationnel de dsir] p\r lui un tat mo9s problmatique que celui de littrateur6 ,p\r une vocation telle que celle d',honor1 vocation qu'il ju/ifia si gr&em5t1 que de mdiocrits ont t jetes en des voies malheureuses p> une semblable condesc5dance6 ,aussi celle de mon pre env]s son fils fut-elle traite de faiblesse et gnralem5t blme p> t\s ceux qui s'intressai5t n\s4 ,on allait faire p]dre mon frre un temps prcieux2 l'tat de littrateur p\vait-il1 en aucun cas1 m5] la =tune8 ,honor avait-il l't(fe d'un homme de gnie8 ,t\s en d\tai5t444 ,qu'et-on dit mon pre1 s'il et mis ses amis dans la confid5ce des (fres qui lui avai5t t faites8 ,un intime1 un peu brusque et =t absolu1 dcl>a que1 p\r lui1 ,honor n'tait bon qu' faire un expditionnaire6 ,le malheureux avait une belle ma91 selon l'expression du matre d'criture qu'on lui avait donn sa sortie du collge4 -- votre place1 aj\ta cet ami1 je n'hsit]ais pas mettre ,honor dans quelque adm9i/ration o1 avec votre protection1 il arriv]ait promptem5t se suffire4 ,mon pre jugeait alors son fils autrem5t que cet intime1 et1 ses ?ories aidant1 il croyait l'intellig5ce de ses enfants2 il se cont5ta donc de s\rire cette sortie1 t9t bon et passa outre4 ,il e/ prsum] que ses amis se sp>r5t1 ce soir-l1 en dplorant entre eux l'aveuglem5t pat]nel444 ,ma mre1 mo9s confiante que son m>i1 p5sa qu'un peu de misre ramn]ait promptem5t ,honor la s\mission4 ,elle l'in/alla donc1 avant notre d"p de ,p>is1 dans une mans>de qu'il *oisit prs de la biblio?que de l',ars5al1 la seule qu'il ne connt pas et o il se proposait d'all] travaill]2 elle meubla /rictem5t sa *ambre d'un lit1 d'une table et de quelques *aises1 et la p5sion qu'elle lui all\a p\r y vivre n'et c]ta9em5t pas suffi ses beso9s les plus rig\reux1 si notre mre n'et pas laiss ,p>is une vieille femme1 atta*e depuis v+t ans au s]vice de la famille1 qu'elle *>gea de veill] sur lui4 ,c'e/ cette femme qu'il appelle1 dans ses lettres1 l',iris messagre4 ,pass] subitem5t de l'intrieur d'une maison o il tr\vait l'abondance la solitude d'un gr5i] o t\t bi5-tre lui manquait1 c]tes la transition tait dure6 ,il ne se plaignit pas t\tefois dans ce rduit1 o il tr\vait la lib]t et portait de belles esprances que ses premires dceptions littraires ne pur5t te9dre4 ,c'e/ alors que comm5ce cette correspondance cons]ve p> t5dresse et qui dev9t sitt de *]s et de prcieux s\v5irs4 ,je dem&e grce p\r les bad9ages famili]s que conti5n5t les premi]s fragm5ts que je vais cit]4 ,leur c>actre intime appelle naturellem5t l'indulg5ce4 ,je n'ose les supprim]1 p>ce qu'ils peign5t m]veilleusem5t le c>actre primordial de mon frre1 et que le dveloppem5t successif d'une telle intellig5ce me semble intressant suivre4 ,dans sa premire lettre1 aprs avoir numr ses frais d'emmnagem5t 7dtails qui n'tai5t autres f9s que de pr\v] notre mre qu'il manquait dj d'arg5t71 il me confie qu'il a pris un dome/ique4 --,un dome/ique6444 y p5ses-tu1 mon frre8 --,oui1 un dome/ique4 ,il a un nom aussi drle que celui du docteur4 ,le si5 s'appelle ,tranquille1 le mi5 s'appelle ,moi-mme4 ,mauvaise emplette1 vraim5t6444 ,moi-mme e/ p>esseux1 maladroit1 imprvoyant4 ,son matre a faim1 a soif2 il n'a quelquefois ni pa9 ni eau lui (frir2 il ne sait pas mme le g>antir contre le v5t qui s\ffle trav]s sa porte et sa f5tre1 comme ,tul\ dans sa flte1 mais mo9s agrablem5t4 ,suiv5t les rprim&es du matre au s]viteur3 --,moi-mme8444 --,plat-il1 monsieur8 --,reg>dez cette toile d'araigne o cette grosse m\*e p\sse des cris m't\rdir8 ,ces m\tons qui se promn5t s\s le lit1 cette p\ssire sur les vitres qui m'aveugle8444 ,le p>esseux reg>de et ne b\ge pas6 et1 malgr t\s ses dfauts1 je ne puis me sp>] de cet in9tellig5t ,moi-mme6444 ,dans sa seconde lettre1 il s'excuse de la premire1 que notre mre avait tr\ve =t nglige4 ,dis maman que je travaille tant1 que v\s crire e/ mon dlassem5t6 ,alors1 sauf vot' respect et le mi51 je vais1 comme l'ne de ,san*o1 p> les *em9s br\tant t\t ce que je r5contre4 ,je ne fais pas de br\illon 7fi donc6 le coeur ne connat pas les br\illons74 ,si je ne ponctue pas1 si je ne relis pas1 c'e/ p\r que v\s me relisiez et p5siez plus longtemps moi6 ,je jette ma plume aux btes1 si ce n'e/ pas l une f9esse de femme6444 ,v\s saurez1 mademoiselle1 qu'on conomise p\r avoir ici un piano2 qu& ma mre et toi v\s vi5drez me voir1 v\s en tr\v]ez un4 ,j'ai pris mes mesures1 en reculant les murs il ti5dra1 et si mon propritaire ne veut pas ent5dre cette petite dp5se1 je l'aj\t]ai l'acquisition du piano1 et le ,songe de ,r\sseau 7morceau de ,cram] =t la mode alors7 ret5tira dans ma mans>de1 o le beso9 de songes se fait gnralem5t s5tir4 ,que de travaux il mdite6444 des romans1 des comdies1 des opras-comiques1 des tragdies1 sont sur la li/e d'ouvrages faire4 ,il ressemble l'enfant qui a tant de p>oles dire qu'il ne sait p> o comm5c]4 ,c'e/ d'abord ,/ella et ,coqsigrue1 deux livres qui ne vir5t jamais le j\r6 ,de t\s ses projets de comdie de ce temps1 je me s\vi5s des ,deux ,philosophes1 qu'il et c]ta9em5t repris ses loisirs4 ,ces prt5dus philosophes se moquai5t l'un de l'autre1 se qu]ellai5t sans cesse1 comme des amis 7disait mon frre en racontant cette pice74 ,ces philosophes1 t\t en mprisant les ho*ets de ce monde1 se les disputai5t sans p\voir les obt5ir1 insuccs f9al qui les raccommodait et leur faisait maudire en commun la dte/able engeance huma9e6 ,p\r laquelle de ces oeuvres lui faut-il le ,tacite de notre pre1 dont l'dition manque dans la biblio?que de l',ars5al8 ,ce dsir fait le sujet de sa troisime lettre4 ,il me faut absolum5t le ,tacite de mon pre2 il n'en a pas beso91 ma9t5ant qu'il e/ dans la ,*9e ou dans la ,bible6444 ,mon pre1 en?\siasm des ,*9ois 7peut-tre cause de leur longvit comme peuple71 lisait alors les gros livres des jsuites missionnaires qui ont dcrit la ,*9e les premi]s2 il annotait aussi de prcieuses ditions de la ,bible qu'il possdait1 livre qui1 en t\t temps1 causa son admiration4 ,il ne te faut pas longtemps p\r savoir o e/ la clef de la biblio?que6 ,papa n'e/ pas t\j\rs *ez lui1 il se promne t\s les j\rs6 et le f>9i] ,god>d e/ l p\r m'apport] le ,tacite6 propos1 ,coqsigrue dpasse prs5tem5t mes =ces1 il faut le rum9] et att5dre p\r l'crire4 ,je n'aime pas1 ma *re1 tes travaux hi/oriques et tes tableaux sicle p> sicle4 ,p\rquoi t'amus] 7et le mot e/ mal *oisi7 refaire l'ouvrage de ,blair8 ,pr5ds-le dans la biblio?que1 il ne doit pas tre lo9 du ,tacite1 et appr5ds-le p> coeur2 mais quoi bon8 ,une jeune fille en sait assez qu& elle ne fricasse pas ,annibal avec ,cs>1 ne pr5d pas le ,trasimne p\r un gnral d'arme1 et ,ph>sale p\r une dame roma9e2 lis ,plut>que et deux ou trois livres de ce calibre-l1 et tu s]as cale p\r t\te ta vie1 sans drog] ton titre *>mant de femme4 ,veux-tu donc dev5ir une savante8 ,fi6444 fi6444 ,j'ai fait cette nuit un rve dlicieux2 je lisais ,tacite que tu m'avais envoy6444 ,talma j\e ma9t5ant ,augu/e dans ,c9na4 ,j'ai gr&'peur de ne p\voir rsi/] l'all] voir2 mais quelle folie6444 mon e/omac en tremble6444 ,les n\velles de mon mnage sont dsa/reuses1 les travaux nuis5t la propret4 ,ce coqu9 de ,moi-mme se nglige de plus en plus4 ,il ne desc5d que t\s les trois ou quatre j\rs p\r les a*ats1 va *ez les m>*&s les plus vois9s et les plus mal approvisionns du qu>ti]2 les autres sont trop lo91 et le g>on conomise au mo9s ses pas2 de sorte que ton frre 7de/9 tant de clbrit7 e/ dj n\rri absolum5t comme un gr& homme1 c'e/--dire qu'il meurt de faim6 ,autre s9i/re3 le caf fait d'affreux grib\illis p> t]re2 il faut beauc\p d'eau p\r rp>] le dgt2 or1 l'eau ne montant pas naturellem5t dans ma cle/e mans>de 7elle y desc5d seulem5t les j\rs d'orage71 il faudra avis]1 aprs l'a*at du piano1 l'tablissem5t d'une ma*9e hydraulique1 si le caf cont9ue s'enfuir1 p5dant que matre et s]viteur bay5t aux corneilles4 ,avec le ,tacite1 n'oublie pas de m'envoy] un c\vre-pi$2 si tu p\vais y jo9dre quelque vieillissime *le1 il me s]ait bi5 utile4 ,tu ris8 ,c'e/ ce qui me manque dans mon co/ume nocturne4 ,il a fallu d'abord p5s] aux jambes1 qui s\ffr5t le plus du froid2 je les enveloppe du c>rick t\rangeau que ,grogni>t1 de b\/iquante mmoire1 c\sillonna4 7,grogni>t tait un petit tailleur de ,t\rs1 *>g jadis d'aju/] la taille du fils les habits du pre1 et qui ne s'acquittait pas de ce travail la satisfaction d',honor47 ,le susdit c>rick n'arrivant qu' mi-corps1 re/e le haut1 mal df5du contre la gele1 qui n'a que le toit et ma ve/e de molleton trav]s] p\r arriv] ma peau frat]nelle1 trop t5dre1 hlas6 p\r le support]2 de sorte que le froid me pipe4 ,quant la tte1 je compte sur une calotte dantesque1 p\r qu'elle puisse brav] aussi l'aquilon4 ,a9si quip1 j'habit]ai =t agrablem5t mon palais6444 ,je f9is cette lettre comme ,caton f9issait ses disc\rs2 il disait3 ,que ,c>?age soit dtruite6 ,moi1 je dis3 ,que le ,tacite soit pris6 et je suis1 *re hi/ori5ne1 de vos quatre pi$s huit p\ces1 le trs-humble s]viteur4 ,voici une lettre 7d'aot #ahai7 que je copie t\t entire1 aprs avoir pralablem5t donn les explications ncessaires p\r la r5dre intelligible4 ,mon pre1 p\r p>gn] son fils des froissem5ts d'am\r-propre en cas du non-succs de ses esprances1 le disait abs5t de ,p>is4 ,c'tait d'ailleurs un moy5 de le prs]v] de t\te t5tation monda9e4 ,m4 de ,vill]s1 dont il p>le dans cette lettre1 tait un vieil ami de la famille1 anci5 abb et comte de ,lyon1 retir ,nog5t1 petit village situ prs de l',isle-,adam4 ,mon frre avait dj fait plusieurs sj\rs *ez lui2 la spirituelle conv]sation de ce bon vieill>d1 ses curieuses anecdotes sur l'anci5ne c\r1 o il avait obt5u de gr&s succs1 les enc\ragem5ts qu'il donnait mon frre1 dont il tait le confid5t1 avai5t fait natre une telle affection entre eux qu',honor appelait plus t>d l',isle-,adam son p>adis inspirateur4 ,tu veux des n\velles1 il faut que je les fasse2 p]sonne ne passe dans mon gr5i]1 je ne peux donc te p>l] que de moi et t'envoy] autre *ose que des f>iboles2 exemple3 ,le feu a pris rue ,lesdiguires1 n #i1 la tte d'un pauvre g>on1 et les pompi]s n'ont pu l'te9dre4 ,il a t mis p> une belle femme qu'il ne connat pas3 on dit qu'elle demeure aux ,quatre-,nations1 au b\t du pont des ,arts2 elle s'appelle la ,gloire4 ,le malheur e/ que le brl raisonne1 et il se dit3 ,que j'aie ou non du gnie1 je me prp>e dans les deux cas bi5 des *agr9s6 ,sans gnie1 je suis flamb6 il faudra pass] la vie s5tir des dsirs non satisfaits1 de misrables jal\sies1 tri/es pe9es6 ,si j'ai du gnie1 je s]ai p]scut1 calomni2 je sais bi5 qu'alors ,mlle la ,gloire essui]a bi5 des pleurs6444 ,il s]ait temps encore de faire p>tie nulle et de dev5ir un ,m4 9999991 qui juge tranquillem5t les autres sans les connatre1 qui jure aprs les hommes d'tat sans les compr5dre1 qui gagne au jeu1 mme en c>tant les at\ts1 l'heureux homme6 et qui p\rra bi5 un j\r dev5ir dput1 p>ce qu'il e/ ri*e1 l'homme p>fait6 ,si je gagnais dema9 un qu9e la lot]ie1 j'aurais raison comme lui1 quoi que je fasse ou dise2 mais1 n'ayant pas d'arg5t p\r a*et] cette esprance1 je n'ai pas cette m]veilleuse *ance p\r en impos] aux sots6444 ,patraque d'humanit6444 ,p>lons plutt de mes plaisirs6 ,j'ai fait hi] un bo/on *ez mes propritaires1 o1 aprs avoir entass misres sur piccolos et avoir eu des *ances d'innoc5t 7j'avais peut-tre song ,m4 99999971 j'ai gagn444 trois sols6444 ,maman va dire3 ,allons1 ,honor va dev5ir j\eur6 ,po9t1 mre1 je veille sur mes passions4 ,j'ai song qu'aprs l'hiv] laborieux que je vi5s de pass]1 quelques j\rs de campagne me s]ai5t bi5 ncessaires6444 ,non1 maman1 ce n'e/ pas p\r fuir ma bonne va*e enrage3 j'aime ma va*e2 mais quelqu'un prs de v\s v\s dira que l'ex]cice et le gr& air sont bi5 utiles la sant de l'homme6 ,or donc1 comme ,honor ne peut se montr] *ez son pre1 p\rquoi n'irait-il pas *ez le bon ,m4 de ,vill]s1 qui l'aime jusqu' s\t5ir le pauvre rebelle8 ,une ide1 mre6 si v\s lui criviez p\r arrang] ce voyage8 ,allons1 c'e/ comme si c'tait fait2 v\s avez beau pr5dre votre air svre1 on sait que v\s tes bonne au fond1 et l'on ne v\s cra9t qu' demi6 ,qu& vi5drez-v\s me voir8 boire mon caf1 mang] des oeufs br\ills1 raccommods sur un plat que v\s m'apport]ez8 c> si je succombe ,c9na1 il faudra r5onc] mont] mon mnage et peut-tre mme au piano et la ma*9e hydraulique4 ,l',iris messagre ne vi5t pas6 ,j'a*v]ai dema9 cette lettre4 ,,dema94 ,pas d',iris encore6 ,se drang]ait-elle8444 7,elle avait soixante-dix ans47 ,je ne la vois jamais qu' la vole et t\j\rs si ess\ffle qu'elle peut pe9e me r5dre compte du qu>t de ce que je v\drais savoir4 ,p5sez-v\s moi autant que je p5se v\s8 ,criez-v\s quelquefois au :i/ ou au bo/on3 ,honor1 o es-tu8 ,je ne t'ai pas dit qu'avec l'inc5die j'ai eu aussi d'affreuses rages de d5ts4 ,elles ont t suivies d'une fluxion qui me r5d prs5tem5t hideux4 ,qui dit3 ,fais arra*]8 ,que diable6 on ti5t ses d5ts1 et il faut mordre1 d'ailleurs1 quelquefois dans mon tat1 qu& ce ne s]ait qu'au travail6 ,j'ent5ds le s\ffle de la desse4 ,,xii4 ,son pre alors avait p]du son emploi (ficiel2 il n'avait de ress\rces que dans ses esprances2 ses esprances problmatiques ne reposai5t que sur l'entreprise alatoire et longue *ance de la tont9e ,laf>ge dont il tait directeur4 ,il s'tait retir1 aprs de longues et dlicates conte/ations1 dans une petite maison de campagne a*ete non lo9 de ,p>is4 ,balzac comm5ait la vie p> ce qu'il y a de plus difficile1 gagn] le moy5 de vivre4 ,il avait quitt l'av\ et le notaire *ez lesquels on l'avait plac3 il n'y avait gagn que les connaissances te*niques de lgislation pratique qui lui fur5t utiles plus t>d dans ses ouvrages1 et le pr(ond dgt de ces occupations m]c5aires que sa belle imag9ation ddaignait2 il comm5ait p5s] la gloire1 premi] et d]ni] rve des gr&s coeurs4 ,,xiii4 ,il conut dans son gr5i] une tragdie de ,cromwell2 mais il n'tait pas n pote1 le v]s l'emb>rassait3 il succomba s\s l'ef=t4 ,ah6 soeur1 crit-il1 aprs l'preuve d'une lecture sans succs1 que j'ai de t\rm5ts6 ,je f]ai une ptition au pape p\r la premire ni*e de m>tyr vacante6 ,je vi5s de dc\vrir mon rgicide un dfaut de con=mation et il f\rmille de mauvais v]s6 ,je suis auj\rd'hui un vrai ,pat] dolorosa4 ,si je suis un misrable rimailleur1 il faut se p5dre4 ,je ressemble1 avec ma pauvre tragdie1 ,p]rette au pot au lait1 et ma comp>aison ne s]a peut-tre que trop relle6444 ,il faut p\rtant russir cette oeuvre1 et1 cote que cote1 avoir quelque *ose de f9i qu& maman me dem&]a compte de mon temps6 ,je passe les nuits au travail2 ne lui en dis ri51 c> elle s'inquit]ait4 ,quelles pe9es donne l'am\r de la gloire6 ,viv5t les pici]s1 morbleu6 ils v5d5t t\t le j\r1 compt5t le soir leur ga91 se dlect5t de temps autre quelque affreux mlodrame1 et les voil heureux6444 ,oui1 mais ils pass5t leur temps entre le gruyre et le savon4 ,viv5t plutt les g5s de lettres2 oui1 mais ils sont t\s gueux d'arg5t et seulem5t ri*es de morgue4 ,bah6 laissons faire les uns et les autres1 et vive t\t le monde6 ,,xiv4 ,il se pla9t sa soeur de ce que l'huile de sa lampe lui cote plus *] que son morceau de pa94 ,mais il aime t\j\rs sa mans>de3 ,le temps que j'y pass]ai s]a p\r moi une s\rce de d\x s\v5irs4 ,vivre ma fantaisie1 travaill] selon mon gt et ma guise1 ne ri5 faire de srieux1 m'endormir sur l'av5ir que je me fais beau1 p5s] v\s en v\s sa*ant heureuses1 avoir p\r matresse la ,julie de ,r\sseau1 la ,fonta9e et ,molire p\r amis1 ,rac9e p\r matre1 le cimetire du ,pre ,la*aise p\r prom5ade6444 ah6 si cela p\vait dur] t\j\rs8 ,je suis plus eng\ que jamais de ma c>rire p> une f\le de raisons dont je ne dduirai que celles que tu n'ap]ois peut-tre pas4 ,nos rvolutions sont lo9 d'tre t]m9es2 la manire dont les *oses s'agit5t1 je prvois encore bi5 des orages4 ,bon ou mauvais1 le sy/me reprs5tatif exige d'imm5ses tal5ts1 les gr&s criva9s s]ont ncessairem5t re*]*s dans les crises politiques2 ne runiss5t-ils pas la sci5ce1 l'esprit d'obs]vation et la pr(onde connaissance du coeur huma98 ,si je suis un gaill>d 7c'e/ ce que n\s ne savons pas encore1 il e/ vrai71 je puis avoir un j\r autre *ose que l'illu/ration littraire2 et aj\t] au titre de gr& criva9 celui de gr& citoy51 e/ une ambition qui peut t5t] aussi6444 ,,xv4 ,la tri/e preuve de sa tragdie faite et accepte1 il tombe n]v1 dc\rag1 maigri1 *ez sa mre1 elle le g>da quatre ans1 mais non oisif4 ,ce fut alors qu'il fit seulem5t sa gr&e faute1 p\r vivre et donn] leur insu quelque aisance ses p>5ts4 ,il se lia avec des libraires1 et sacrifia quelque temps sa consci5ce ses beso9s4 ,il crivit ses ,contes drolatiques1 ouvrage de mosaque trs-habilem5t conu et excut1 qui lui fir5t une rputation de mauvais aloi et quelque arg5t4 ,comme langue1 ri5 ne contribua plus le =m] au travail difficile de p>odi] un sicle dans un autre sicle4 ,c'tait une gaiet tri/e au fond1 un dsespoir de v]ve qui lui donnait la consci5ce de son prodigieux tal5t1 mais le rep5tir de l'usage qu'il en faisait4 ,il faut1 comme lui1 gliss] sur cette jeunesse qui passe comme un orage du mat94 ,ne repro*ons pas l'homme ce qu'il se repro*e le premi]1 le prix un peu honteux que la vie lui cote1 prix d'autant plus *] qu'il e/ plus prt le regrett]4 ,en lisant ses ,contes drolatiques1 on se s\vi5t de ,mirabeau crivant1 ,v9c5nes1 des romans orduri]s p\r envoy] une femme purem5t adore le prix du vice qui le r5dait indigne d'elle4 ,,xvi4 ,sa soeur s'tait m>ie un homme di/+u en ,norm&ie1 ,m4 de ,surville4 ,il lui crit demi son mpris p\r lui-mme p5dant qu'on imprime ses ,contes ,p>is4 ,tu me dem&es des dtails des ftes1 et je n'ai auj\rd'hui que des tri/esses au coeur6 ,je me tr\ve le plus malheureux des malheureux qui vivot5t s\s cette belle calotte cle/e que l't]nel a brillante de ses ma9s puissantes6 ,des ftes6444c'e/ une tri/e litanie que j'ai t'envoy]4 ,mon pre1 en rev5ant du m>iage de ,laur5ce 7il avait t clbr ,p>is71 a eu dans sa voiture l'oeil gau*e d*ir p> le f\et de ,l\is1 tri/e prsage444 ,le f\et de ,l\is t\*] cette belle vieillesse1 notre joie et notre orgueil t\s6 ,le coeur saigne6 ,on a cru d'abord le mal plus gr& qu'il n'e/1 heureusem5t6 ,le calme app>5t de mon pre me faisait pe9e1 j'aurais prfr des pla9tes1 je me s]ais figur que des pla9tes l'aurai5t s\lag6 mais il e/ si fi]1 bon droit1 de sa =ce morale1 que je n'osais mme le consol]1 et la d\leur du vieill>d fait autant s\ffrir que celle d'une femme6 ,je ne p\vais ni p5s] ni travaill]2 il faut p\rtant crire1 crire t\s les j\rs p\r conqurir l'indp5dance qu'on me refuse6 ,essay] de dev5ir libre c\ps de romans1 et quels romans6 ,ah6 ,laure1 quelle *ute de mes projets de gloire6 ,avec qu9ze c5ts francs de r5te assurs1 je p\rrais travaill] ma clbrit1 mais il faut le temps p\r de p>eils travaux1 et il faut vivre d'abord6 ,je n'ai donc que cet ignoble moy5 p\r m'indp5dantis]6 ,fais donc gmir la presse1 mauvais auteur 7et le mot n'a jamais t si vrai76 ,si je ne gagne pas promptem5t de l'arg5t1 le spectre de la place rep>atra1 je ne s]ai pas notaire t\tefois1 c> ,m4 ,t444 vi5t de m\rir4 ,mais je crois que ,m4 999999 me *]*e s\rdem5t une place3 quel t]rible homme6 ,comptez-moi p\r mort si on me coiffe de cet teignoir3 je devi5drai un *eval de mange qui fait ses tr5te ou qu>ante t\rs l'heure1 mange1 boit1 dort des in/ants rgls d'avance4 ,et l'on appelle vivre cette rotation ma*9ale1 ce p]ptuel ret\r des mmes *oses6444 ,encore si quelqu'un jetait un *>me quelconque sur ma froide exi/5ce6 ,je n'ai pas les fleurs de la vie et je suis p\rtant dans la saison o elles s'pan\iss5t6 quoi bon la =tune et les j\issances qu& ma jeunesse s]a passe8 ,qu'importe des habits d'acteur si l'on ne j\e plus de rle8 ,le vieill>d e/ un homme qui a dn et qui reg>de les autres mang]1 et moi1 jeune1 mon assiette e/ vide et j'ai faim6 ,laure1 ,laure1 mes deux seuls et imm5ses dsirs1 tre clbre et tre aim1 s]ont-ils jamais satisfaits8444 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,je t'envoie deux n\veaux ouvrages2 ils sont encore =t mauvais et =t peu littraires surt\t6 ,tu tr\v]as dans l'un des deux quelques plaisant]ies assez drles et des espces de c>actres1 mais un plan dte/able4 ,le voile ne tombe1 malheureusem5t1 qu'aprs l'impression1 et1 quant aux corrections1 il n'y faut pas song]1 elles cot]ai5t plus que le livre4 ,le seul mrite de ces deux romans1 ma *re1 e/ le milli] de francs qu'ils me rapport5t1 mais la somme n'a t rgle qu'en billets longues *ances8 ,s]ont-ils pays8 ,je comm5ce1 t\tefois1 tt] et reconnatre mes =ces2 s5tir ce que je vaux et sacrifi] la fleur de ses ides de p>eilles inepties6 ,il y a de quoi pleur]4 ,ah6 si j'avais ma pte1 j'aurais bi5 vite ma ni*e et j'crirais des livres qui re/]ai5t peut-tre6 ,mes ides *ang5t tellem5t que le faire *ang]ait bi5tt6 ,encore quelque temps1 et il y aura entre le moi d'auj\rd'hui et le moi de dema9 la diffr5ce qui exi/e entre le jeune homme de v+t ans et l'homme de tr5te6 ,je rfl*is1 mes ides mriss5t1 je reconnais que la nature m'a trait favorablem5t en me donnant mon coeur et ma tte4 ,crois-moi1 *re soeur1 c> j'ai beso9 d'une croyante1 je ne dsespre pas d'tre un j\r quelque *ose2 c> je vois auj\rd'hui que ,cromwell n'avait pas mme le mrite d'tre un embryon2 quant mes romans1 ils ne val5t pas le diable1 mais ils ne sont pas si t5tateurs4 ,,xvii4 ,il va ,bayeux *ez son beau-frre4 ,la misre l'y suit4 ,il veut t5t] la =tune p> une gr&e entreprise4 ,il s'associe un vieil ami p\r dit] des livres4 ,il *\e et p]d les deux =tunes4 ,sa d\ble dette l'crase2 il veut p]svr]2 sa famille lui donne p> anticipation de quoi pay] son brevet d'imprimeur4 ,il *\e plus irrmdiablem5t une seconde fois4 ,on le console en le relguant dans les ouvrages lg]s4 ,ce mpris l'irrite3 ,il faudra que je meure1 crit-il1 p\r qu'on sa*e ce que je vaux6 ,il tombe dans le dc\ragem5t1 non de lui-mme1 mais de la =tune4 ,il nglige d'all] voir ses p>5ts4 ,voici comm5t il s'excuse devant sa soeur3 ,ta lettre m'a donn deux dte/ables j\rs et deux dte/ables nuits4 ,je rum9ais ma ju/ification de po9t en po9t1 comme le mmoire de ,mirabeau son pre1 et je m'enflammais dj ce travail2 mais je r5once l'crire1 je n'ai pas le temps1 ma soeur1 et je ne me s5s d'ailleurs aucun tort6444 ,on me repro*e l'arrangem5t de ma *ambre2 mais les meubles qui y sont m'app>t5ai5t avant ma cata/rophe6 ,je n'en ai pas a*et un seul6 ,cette t5ture de p]cale bleue qui fait tant cri] tait dans ma *ambre l'imprim]ie4 ,c'e/ ,lat\*e et moi qui l'avons cl\e sur un affreux papi] qu'il et fallu *ang]6 ,mes livres sont mes outils1 je ne puis les v5dre2 le gt1 qui met t\t *ez moi en h>monie1 ne s'a*te pas 7malheureusem5t p\r les ri*es72 je ti5s1 au surplus1 si peu t\tes ces *oses1 que si l'un de mes cranci]s veut me faire mettre secrtem5t ,sa9te-,plagie1 j'y s]ai plus heureux1 ma vie ne me cot]a ri51 et je ne s]ai pas plus prisonni] que le travail ne me ti5t captif *ez moi4 ,un port de lettre1 un omnibus1 sont des dp5ses que je ne puis me p]mettre1 et je ne sors pas p\r ne pas us] d'habits6 ,ceci e/-il clair8 ,ne me contraignez donc plus des voyages1 des dm>*es1 des visites qui me sont impossibles1 n'oubliez pas que je n'ai plus que le temps et le travail p\r ri*esse1 et que je n'ai pas de quoi faire face aux dp5ses les plus m9imes4 ,si v\s songiez aussi que je ti5s t\j\rs =cm5t la plume1 v\s n'auriez pas le c\rage d'exig] des correspondances6 crire qu& on a le c]veau fatigu et l'me remplie de t\rm5ts6 ,je ne p\rrais que v\s afflig]2 quoi bon8444 ,v\s ne compr5ez donc pas qu'avant de me mettre au travail1 j'ai quelquefois rpondre sept ou huit lettres d'affaires8 ,j'ai encore une qu9za9e de j\rs pass] sur les ,*\ans2 jusque-l1 pas d',honor2 autant vaudrait drang] le fondeur p5dant la c\le4 ,ne me crois aucun tort1 *re soeur2 si tu me donnais cette ide1 j'en p]drais la c]velle4 ,si mon pre tait malade1 tu m'av]tirais1 n'e/-ce pas8 ,tu sais bi5 qu'alors aucune considration huma9e ne m'emp*]ait de me r5dre prs de lui4 ,il faut que je vive1 ma soeur1 sans jamais ri5 dem&] p]sonne2 il faut que je vive p\r travaill] af9 de m'acquitt] env]s t\s6 ,mes ,*\ans t]m9s1 je v\s les port]ai2 mais je ne veux en ent5dre p>l] ni en bi5 ni en mal2 une famille1 des amis1 sont incapables de jug] l'auteur4 ,m]ci1 *] *ampion dont la voix gnreuse df5d mes int5tions4 ,vivrai-je assez p\r pay] aussi mes dettes de coeur8444 ,,xviii4 ,il vcut 7si c'e/ l vivre7 de cette misre jusqu'en #ahcc4 ,de #ahcc #ahdh1 c'e/ sa moisson2 retir tantt dans une solitude anonyme de ,p>is ou des environs1 affectant quelquefois un c]ta9 luxe p\r imit] ,walt] ,scott1 et d\bl] a9si l'oeil le prix de ses propres oeuvres1 il se btit ,ville-d',avray une maison en app>5ce idale1 qui s'cr\le bi5tt aprs comme un rve4 ,mais son tal5t gr&it4 ,la li/e de ses livres p5dant ces fcondes annes e/ longue4 ,t\t e/ crit de sa ma91 et recorrig deux fois s\s la ma9 de l'imprimeur4 ,cela suppose un travail qui fait recul] le calcul4 ,il s'isole1 il se drobe1 il crit sa soeur qui s'en pla9t1 il fuit quelquefois la campagne auprs de ,t\rs1 *ez des amis4 ,il y compose ses meilleurs volumes4 ,il s'y apaise1 il y respire1 il y crit sa soeur3 ,m]ci1 ma soeur2 le dv\em5t des coeurs aims n\s fait tant de bi56 ,tu m'z r5du cette n]gie qui m'a fait surmont] jusqu'ici les difficults de ma vie6 ,oui1 tu z raison1 je ne m'arrt]ai pas1 j'avanc]ai1 j'atte9drai le b1 et tu me v]ras un j\r compt p>mi les gr&es intellig5ces de mon pays6 ,mais quels ef=ts p\r arriv] l6 ils bris5t le corps1 et1 la fatigue v5ue1 le dc\ragem5t suit6 ,l\is ,lamb]t m'a cot tant de travaux6 ,que d'ouvrages il m'a fallu relire p\r crire ce livre6 ,il jett]a peut-tre un j\r ou l'autre la sci5ce dans des voies n\velles4 ,si j'en avais fait une oeuvre purem5t savante1 il et attir l'att5tion des p5seurs qui n'y jett]ont pas les yeux4 ,mais si le has>d met1 un j\r ou l'autre1 ,l\is ,lamb]t entre leurs ma9s1 ils en p>l]ont peut-tre6444 ,je crois ,l\is ,lamb]t un beau livre6 ,nos amis l'ont admir ici1 et tu sais qu'ils ne me tromp5t pas6 ,p\rquoi rev5ir sur sa t]m9aison8 ,tu connais la raison qui me l'a fait *oisir6 ,tu z t\j\rs peur4 ,cette f9 e/ probable1 et de tri/es exemples ne la ju/ifi5t que trop3 le docteur n'a-t-il pas dit que la folie e/ t\j\rs la porte des gr&es intellig5ces qui fonctionn5t trop8444 ,encore m]ci de ta lettre1 et p>donne au pauvre arti/e le dc\ragem5t qui l'a r5due ncessaire4 ,la p>tie engage1 je j\e si gros jeu6 ,il faut t\j\rs progress]4 ,mes livres sont les seules rponses que je veuille jamais faire ceux qui comm5c5t m'attaqu]4 ,que leurs critiques ne te proccup5t pas trop2 elles sont de bons prono/ics3 on ne discute pas la mdiocrit6444 ,oui1 tu z raison1 mes progrs sont rels1 et mon c\rage inf]nal s]a rcomp5s4 ,p]suade-le aussi ma mre1 *re soeur1 dis-lui de me faire l'aumne de sa pati5ce2 ses dv\em5ts lui s]ont compts6 ,un j\r1 je l'espre1--un peu de gloire lui pay]a t\t6 ,pauvre mre6 cette imag9ation qu'elle m'a donne la jette p]ptuellem5t du nord au midi et du midi au nord3 de tels voyages fatigu5t2 je le sais aussi1 moi6 ,dis ma mre que je l'aime comme lorsque j'tais enfant4 ,des l>mes me gagn5t en t'crivant ces lignes1 l>mes de t5dresse et de dsespoir1 c> je s5s l'av5ir1 et il me faut cette mre dv\e au j\r du triomphe6 ,qu& l'atte9drai-je8 ,soigne bi5 notre mre1 ,laure1 p\r le prs5t et p\r l'av5ir4 ,quant toi et ton m>i1 ne d\tez jamais de mon coeur2 si je ne puis v\s crire1 que votre t5dresse soit indulg5te1 n'incrim9ez jamais mon sil5ce2 dites-v\s3 ,il p5se n\s1 il n\s p>le2 ent5dez-moi1 mes bons amis1 v\s1 mes plus vieilles et mes plus sres affections6 ,en sortant de mes longues mditations1 de mes travaux accablants1 je me repose dans vos coeurs comme dans un lieu dlicieux o ri5 ne me blesse6 ,quelque j\r1 qu& mes oeuvres s]ont dveloppes1 v\s v]rez qu'il a fallu bi5 des heures p\r avoir p5s et crit tant de *oses2 v\s m'abs\drez alors de t\t ce qui v\s aura dplu1 et v\s p>donn]ez1 non l'gsme de l'homme 7l'homme n'en a pas71 mais l'gsme du p5seur et du travailleur4 ,je t'embrasse1 *re consolatrice qui m'apportes l'esprance1 bais] de t5dre reconnaissance2 ta lettre m'a ranim2 aprs sa lecture1 j'ai p\ss un h\rra joyeux4 99 99 99 99 99 ,la li/e de ses ouvrages1 avec la date qu'il leur assigna aprs les avoir remanis1 peut seule faire compr5dre la valeur de ses travaux1 c> peu de lecteurs ignor5t l'importance de ces livres4 #ahbg4 7,f9 de7 ,les ,*\ans4 #ahbh4 ,ca!r9e de ,mdicis4 #ahbi4 ,la ,physiologie du m>iage1 ,gloire et malheur1 le ,bal de ,sceaux1 il ,v]tugo1 la ,paix du mnage4 #ahcj4 ,la ,v5detta1 une ,d\ble ,famille1 tude de femme1 ,gobseck1 autre tude de femme1 la ,gr&e ,bret*e1 ,adieu1 l'lixir de longue vie1 ,s>raz9e1 la ,peau de *agr94 #ahca4 ,madame ,firmiani1 le ,rquisitionnaire1 l',aub]ge r\ge1 ,matre ,cornlius1 les ,proscrits1 un pisode s\s la ,t]reur1 ,jsus-,*ri/ en ,fl&re4 #ahcb4 ,la ,b\rse1 la ,femme ab&onne1 la ,gr5adire1 le ,message1 les ,m>ana1 ,l\is ,lamb]t1 l',illu/re ,gaudiss>t1 le colonel ,*ab]t1 une ,passion dans le ,ds]t1 le ,*ef-d'oeuvre inconnu1 le ,cur de ,t\rs4 #ahcc4 ,sraphita1 ,eugnie ,gr&et1 ,f]ragus1 le ,mdec9 de campagne4 #ahcd4 ,un ,drame au bord de la m]1 la ,du*esse de ,langeais1 la ,fille aux yeux d'or1 le ,pre ,goriot1 la ,re*]*e de l'absolu4 #ahce4 ,le ,contrat de m>iage1 la ,femme de tr5te ans1 le ,lis dans la ,valle1 ,melmo? rconcili4 #ahcf4 ,la ,vieille ,fille1 l',enfant maudit1 ,fac9o ,cane1 la ,messe de l',a?e1 l',int]diction4 #ahcg4 ,le ,cab9et des antiques1 la maison ,nuc+51 ,gamb>a1 ,cs> ,birotteau4 #ahch4 ,une ,fille d've1 les ,employs1 ou la ,femme suprieure4 #ahci4 ,pi]re ,grass\1 les ,secrets de la pr9cesse de ,cadignan1 ,massimila ,doni1 ,pi]rette4 #ahdj4 ,z4 ,m>cas1 la ,revue p>isi5ne4 #ahda4 ,mmoires de deux jeunes m>ies1 ,ursule ,mir\et1 une ,tnbreuse ,affaire4 #ahdb4 ,la ,fausse ,matresse1 ,alb]t ,sav>us1 un ,db dans la vie1 un ,mnage de g>on1 ou les ,deux ,frres4 #ahdc4 ,honor9e1 ,spl5deurs et ,misres des c\rtisanes1 ,illusions p]dues4 #ahdd4 ,batrix1 ,mode/e ,mignon1 ,gaudiss>t ,,ii4 #ahde4 ,un ,pr9ce de la ,bohme1 ,esquisse d'homme d'affaires1 ,env]s de l'hi/oire contempora9e1 le ,cur de village4 ,il voyage deux fois en ,italie et en ,s>daigne p\r une spculation colossale sur les scories des m9es antiques mal exploites p> les ,roma9s4 ,il croit t5ir la ri*esse2 on la lui drobe4 ,,xix4 ,enf9 il p5se r5\] ses oeuvres immortelles p> un li5 qui leur donne l'unit4 ,il conoit la ,comdie huma9e1 sujet que n\s avons t\s conu1 le pome pique univ]sel s\s =me de romans successifs4 ,il s'y dv\e1 il s'y absorbe1 il expire sans l'avoir t]m94 ,je suis si tri/e auj\rd'hui1 qu'il doit y avoir quelque sympa?ie s\s cette tri/esse4 ,quelqu'un de ceux que j'aime s]ait-il malheureux8 ,ma mre e/-elle s\ffrante8 ,o e/ mon bon ,surville8 e/-il bi5 de corps et d'me8 ,avez-v\s des n\velles de ,h5ri8 sont-elles bonnes8 ,toi ou tes petites1 s]iez-v\s malades8 ,rassurez-moi vite sur t\s ces *]s sujets4 ,mes essais de ?tre vont mal1 il faut y r5onc] p\r le mom5t4 ,le drame hi/orique exige de gr&s effets de scne que je ne connais pas et qu'on ne tr\ve peut-tre que sur place1 avec des acteurs intellig5ts4 ,quant la comdie1 ,molire1 que je veux suivre1 e/ un matre dsesprant2 il faut des j\rs sur des j\rs p\r arriv] quelque *ose de bi5 en ce g5re1 et c'e/ t\j\rs le temps qui me manque4 ,il y a d'ailleurs d'innombrables difficults va9cre p\r abord] n'importe quelle scne1 et je n'ai pas le loisir de j\] des jambes et des c\des2 un *ef-d'oeuvre seul1 et mon nom m'en ouvrirai5t les portes2 mais je n'en suis pas encore aux *efs-d'oeuvre4 ,ne p\vant compromettre ma rputation1 il faudrait tr\v] des prte-noms2 c'e/ du temps p]dre1 et le f*eux1 c'e/ que je n'ai pas le moy5 d'en p]dre6 ,je le regrette2 ces travaux1 plus productifs que mes livres1 m'aurai5t plus promptem5t tir de pe9e4 ,mais il y a longtemps que les angoisses et moi n\s n\s sommes mesurs1 je les ai domptes1 je les dompt]ai encore4 ,si je succombe1 c'e/ le ciel qui l'aura v\lu1 et non pas moi4 ,la vivacit d'impression que mes *agr9s te caus5t devrait m'int]dire de t'en p>l]1 mais le moy5 de ne pas pan*] mon coeur trop ple9 prs de toi8 ,c'e/ mal1 cep5dant2 il faut une organisation robu/e qui v\s manque1 v\s autres femmes1 p\r support] les t\rm5ts de la vie de l'criva94 ,je travaille plus que je ne le v\lais1 que veux-tu8 ,qu& je travaille1 j'oublie mes pe9es1 c'e/ ce qui me sauve2 mais toi1 tu n'oublies ri56 ,il y a des g5s qui s'(f5s5t de cette facult1 ils r$\bl5t mes t\rm5ts en ne me compr5ant pas6 ,je devrais faire assur] ma vie p\r laiss]1 en cas de mort1 une petite =tune ma mre2 t\tes dettes payes1 p\rrais-je support] ces frais8 je v]rai cela mon ret\r4 ,le temps que durait jadis l'inspiration produite p> le caf dim9ue2 il ne donne plus ma9t5ant que qu9ze j\rs d'excitation mon c]veau1 excitation fatale1 c> elle me cause d'horribles d\leurs d'e/omac4 ,c'e/ au surplus le temps que ,ross9i lui assigne p\r son compte4 ,laure1 je fatigu]ai t\t le monde aut\r de moi et ne m'en tonn]ai pas4 ,quelle exi/5ce d'auteur a t autrem5t8 mais j'ai auj\rd'hui la consci5ce de ce que je suis et de ce que je s]ai6 ,quelle n]gie ne faut-il pas p\r g>d] sa tte sa9e qu& le coeur s\ffre autant6 ,travaill] nuit et j\r1 se voir sans cesse attaqu qu& il me faudrait la tranquillit du clotre p\r mes travaux6 ,qu& l'aurai-je8 l'aurai-je un seul j\r6 que dans la tombe peut-tre6444 on me r5dra ju/ice alors1 je veux l'espr]6444 ,mes meilleures inspirations ont t\j\rs brill1 au surplus1 aux heures d'extrmes angoisses2 elles vont donc luire encore6444 ,je m'arrte1 je suis trop tri/e2 le ciel devait un frre plus heureux une soeur si affectionne6444 ,mon frre tait alors accabl p> un gr& *agr9 de coeur2 je ne peux publi] de sa volum9euse correspondance que ce qui a rapport lui ou ses oeuvres1 et le montr] que s\s l'aspect de fils ou de frre2 ces re/rictions priv5t le public de quelques pages intressantes1 notamm5t de celles qu'il m'adressa aprs la mort d'une p]sonne bi5 *re4 ,c'e/ ce que j'ai lu de plus loqu5t dans l'expression de la d\leur4 ,,xx4 ,c'e/ v]s ce temps qu'il imag9a de pr5dre son rang1 la gloire et la =tune d'assaut p> un c\p de ma94 ,il crivit deux drames3 ,vautr9 et ,m]cadet4 ,deux pices de ,fig>o4 ,l'une *\a comme sc&ale2 l'autre expira de langueur4 ,il croyait f]mem5t que ,m]cadet1 pris dans la passion indu/rielle de la b\rgeoisie1 s]ait le ,fig>o du sicle4 ,je me s\vi5s qu'il v9t plusieurs fois ayant la fivre de son succs *ez moi p\r me conjur] de l'ent5dre1 de le voir1 d'assi/] aux rptitions4 ,je cons5tis2 j'allai aux rptitions4 ,je fus peu t\*4 ,ri5 ne put le ds5*ant] de son illusion2 on le j\a sans succs4 ,il tait comme moi-mme1 mal n p\r la scne3 il n'y avait pas assez d'espace p\r ses conceptions4 ,,xxi4 ,c'e/ peu de temps avant cette poque que la beaut1 l'am\r1 l'esprit et la =tune p>ur5t d'un seul c\p v\loir dpass] p> la ralit t\s les rves de son pass4 ,une jeune et aimable trangre1 une de ces femmes dont l'imag9ation e/ une puissance1 conut p\r lui une ard5te passion4 ,c'tait une ,polonaise1 une ,ori5tale1 une p]sonne atta*e1 dit-on1 p> devoir un vieil p\x dont la sant expirante devait assur] bi5tt la lib]t4 ,elle adorait ,balzac1 comme criva94 ,elle lui confirma p> lettres le p5*ant de son coeur2 il fut fasc9 et enivr p> une amiti qui ne cotait ri5 la v]tu4 ,j'ignore le lieu o ils se r5contrr5t4 tait-ce ,milan8 tait-ce en ,pologne ou en ,russie8 ,ri5 n'e/ plus difficile que de p]c] le my/re des voyages de ,balzac2 ce que j'en sais1 je ne le sais que de lui-mme1 longtemps avant l'vnem5t qui dn\a p> un trop c\rt m>iage le noeud de sa vie4 ,je le r5contrai un j\r dans une des sombres alles d'arbres qui s't5d5t solitaires entre la ,*ambre des dputs et le palais des ,invalides4 ,il m'aborda avec l'empressem5t d'un homme heureux qui brle de faire p>tag] son bonheur encore ca* un ami4--,que faites-v\s8 lui dis-je4 ,j'att5ds1 me rpondit-il1 la flicit des anges ici-bas4 ,j'aime1 je suis aim p> la plus *>mante femme inconnue qui soit sur la t]re4 ,elle e/ jeune1 elle e/ libre1 elle a une =tune indp5dante qui ne se calcule que p> millions de rev5u4 ,de c\rtes conv5ances l'emp*5t seules de me donn] sa ma92 mais dans peu de mois elle en e/ affran*ie1 et je suis aussi sr de mon bonheur que de son am\r6 ,voil1 mon *] ,lam>t9e1 l'tat o je vis en ce mom5t2 j'ai d v\s le ca*] jusqu' ce j\r1 mais ma9t5ant ri5 ne m'emp*e de me confi] votre amiti2 v\s voyez en moi le plus heureux des hommes6 ,j'av\e que je crus un de ces songes qu'il avait si longtemps p\rsuivis1 et que je me sp>ai de lui incrdule1 mais sans lui tmoign] mon incrdulit4 ,c'tait moi qui me trompais4 ,peu de mois aprs ce j\r1 j'appris que ,balzac tait p>ti p\r un voyage nigmatique1 et qu'il tait m>i4 son ret\r1 il v9t me voir4 ,j'allai lui r5dre visite dans le magnifique htel du qu>ti] ,beaujon1 o sa femme avait recueilli ce *evali] errant de t\s les songes4 ,il n'tait pas *ez lui4 ,mais le luxe de l'ameublem5t1 des j>d9s1 des anti*ambres1 atte/ait la ralit de ce qu'il m'avait confi quelques mois avant4 ,je me rj\is de ce miracle de l'am\r4 ,hlas6 comme t\s les miracles1 il ne devait dur] qu'un mom5t4 ,le bonheur de ,balzac fut un clair2 son travail assidu l'avait u2 un rve lui enleva ce que tant de rves lui avai5t cot4 ,il n'eut que la p]spective du repos dans la gloire4 ,une maladie de coeur l'emporta4 ,il m\rut au milieu des dlices et des spl5deurs auxquelles il avait aspir4 ,homme d'imag9ation1 rcomp5s en imag9ation4 ,mais au mo9s il ne m\rut pas dans les angoisses qui avai5t consum sa vie4 ,sa veuve avait a*et sur la r\te de ,fonta9ebleau une belle coll9e boise ,vill5euve-le-,roi1 au sommet de laquelle elle habite avec l'ombre de son m>i1 un gr& nom qui gr&ira sans cesse4 ,,xxii4 ,voil l'homme dans ,balzac4 ,il avait eu1 au milieu de beauc\p de *imres1 un r>e bon s5s1 celui de rduire son ambition politique sa ju/e valeur et de r5onc] de bonne heure cet axiome faux3 ,j'aj\t]ai peut-tre le titre de gr& citoy5 au titre d'homme littraire4 ,il avait espr un mom5t que l'e/ime de ses compatriotes le port]ait la dputation3 il n'en fut ri52 on reconnut promptem5t que son loqu5ce1 t\te de coeur1 ne conv5ait pas au rgime p>lem5taire1 qui vit de p>ti et non de vrit4 ,je l'ai ent5du s\v5t1 *ez madame de ,gir>d91 s'ab&onn] au torr5t de sa belle et f\gueuse indignation contre ces fausses fureurs et ces fausses promesses des oppositions aux g\v]nem5ts qui n'avai5t d'autres crimes que de n'tre pas aims4 ,quant lui1 il tait ais de voir qu'il tait de race et de sang lgitimi/es1 c'e/--dire qu'il croyait la puissance de la tradition et des moeurs avant t\t2 le comm&em5t et l'obissance p> l'habitude1 c'tait p\r lui t\t le g\v]nem5t4 ,les ?ories1 les sy/mes1 les socialismes1 n'tai5t ri5 p\r lui2 des expri5ces has>des sur des millions d'hommes ignorants ou passionns lui p>aissai5t des btises ou des crimes4 ,laissez cela faire aux avocats et prconis] aux j\rnali/es1 deux espces de publici/es p\r lesquels il ne dissimulait pas son dda94--,le g\v]nem5t p>lem5taire1 disait-il avec l'ironie pr(onde de sa bonne foi1 e/ le rgime des sophi/es ou des bav>ds4 ,dieu n'a cr qu'une =me et qu'un moy5 de volont1 c'e/ l'unit4 ,la div]g5ce des volonts1 en effet1 c'e/ l'immobilit ou l'an>*ie4 ,l'an>*ie1 c'e/ la mort viol5te de l'espce huma9e4 ,l'immobilit1 c'e/ sa mort l5te4 ,si l'homme tait capable de pr(it] de l'expri5ce1 il reconnatrait que le g\v]nem5t p>lem5taire n'e/ bon qu' r5v]s] successivem5t t\s les rgimes qui l'admett5t4 ,en #aghi1 le j\r o ,mirabeau l'introduisit p> sa phrase fameuse ,m4 de ,brz3 ,allez dire votre matre que n\s sommes ici p> la volont du peuple1 et que n\s n'en sortirons que p> la =ce des baonnettes1 la rvolution e/ faite2 ,mirabeau se d%onore et se dpopul>ise en essayant de la dirig] en s5s inv]se4 ,l\is ,,xvi tombe s\s ses fureurs2 les ,girond9s priss5t p\r avoir v\lu la modr]2 ,v]gniaud1 ,m>at1 ,danton1 ,camille ,desm\l9s1 ,robespi]re lui-mme1 sont dvors p> le rgime qu'ils ont cr2 la ,conv5tion e/ dcime p> sa propre nature2 le ,directoire excutif t5te va9em5t ses c\ps d'tat contre le g\v]nem5t p>lem5taire1 ,bonap>te le r5v]se du v5t de son pe2 il r5v]se lui-mme ,bonap>te en #ahad4 ,les ,b\rbons revi5n5t1 le g\v]nem5t p>lem5taire les laisse tomb] et fuir jusqu' ,g&2 ,wat]loo les r5d ncessaires p\r sauv] la nation2 le g\v]nem5t p>lem5taire ab&onne ,bonap>te ,sa9te-,hlne2 il fait du g\v]nem5t de ,l\is ,,xviii un tiraillem5t sans repos p5dant t\t son rgne4 ,le g\v]nem5t p>lem5taire provoque la lutte avec ,*>les ,x2 le g\v]nem5t p>lem5taire triomphe et r5voie le roi l'exil4 ,le duc d',orlans s'(fre ce rgime1 il e/ accept avec en?\siasme2 dix-huit ans aprs il e/ congdi avec plus d'en?\siasme encore2 la rpublique de ncessit sauve la ,france2 le g\v]nem5t p>lem5taire se hte de *oisir p>mi les c&idats celui qui doit le r5v]s]4 ,la ,france r$ev9t militaire et calme1 s\s un despotisme intellig5t et modr2 le g\v]nem5t p>lem5taire recomm5ce po9dre dans les coalitions d'op9ions incompatibles4 ,dix g\v]nem5ts r5v]ss en un demi-sicle atte/5t en va9 que ce g\v]nem5t ne sait ni se fond] ni se df5dre4 ,proclamez ma9t5ant la p]fection et la p]man5ce d'un g\v]nem5t qui ne sait ni s'tablir ni dur]6 ,voil son hi/oire6 ,jugez-le p> ses oeuvres4 ,,xxiii4 ,mais jugez-le aussi p> sa nature1 cont9uait-il4 ,qu& une nation va prir et qu'elle le s5t1 que fait-elle8 ,elle invoque le remde1 le p\voir une seule tte1 la dictature4 ,l'arme1 ou la volont active de la nation1 se donne un dictateur2 il frappe droite et gau*e1 il se dfait des g\v]nem5ts p>lem5taires1 ob/acle t\t1 au bi5 comme au mal4 ,il rgne3 si c'e/ avec folie1 il tombe entranant avec lui arme et nation2 si c'e/ avec rflexion et mesure1 il cont9ue ou p]ptue son rgne1 il peut mme fond] une dyna/ie ou une mon>*ie hrditaire4 ,que lui faut-il p\r cela8--,un conseil d'tat nomm p> lui et une arme *ez un peuple militaire4 ,mais1 le j\r o il fond]ait un g\v]nem5t deux ou trois ttes1 un g\v]nem5t p>lem5taire dans l'lection duquel il n'int]vi5drait pas1 il p\rrait mesur] sa d*ance au progrs fait p> ce g\v]nem5t4 ,le j\r o le g\v]nem5t p>lem5taire s]ait a*ev1 il crerait de n\veau la =ce contre la =ce1 c'e/--dire le g\v]nem5t de quelques-uns contre un4 ,la rvolution s]ait faite6 ,l'unit de volont e/ ncessaire mme dans la rpublique4 ,le premi] magi/rat d'une rpublique doit tre un dictateur temps2 sans quoi il n'e/ ri54 ,voyez l'arme6 ,qui fait sa =ce8 ,c'e/ son gnral1 soit p\r un j\r1 soit p\r un temps4 ,mettez deux *efs ou dix *efs avec des droits gaux la tte de votre arme3 elle cesse d'exi/]2 elle a deux esprits ou dix volonts1 c'e/--dire pas une4 ,voil p\rquoi les g\v]nem5ts p>lem5taires les plus libres n'ont jamais reconnu l'arme s\s les armes le droit lectoral4 ,je me trompe2 le g\v]nem5t p>lem5taire de #ahdi a nomm une fois deux *efs et deux armes3 l'un de la rive gau*e de la ,se9e s\s le p>lem5t1 l'autre de la rive droite s\s le prsid5t de la rpublique4 ,qu9ze j\rs aprs1 le g\v]nem5t n'exi/ait plus4 ,le c\p d'tat tait dev5u 9vitable1 le p\voir p>lem5taire s'tait suicid6 ,je l'avais prdit6 ,qu'on lise mon avant-d]ni] numro de mes ,conseils au peuple6 ,le g\v]nem5t e/ un monologue1 p5dant qu'il g\v]ne t\te an>*ie e/ un dialogue4 ,on dlibre avec un dialogue1 on ne g\v]ne pas4--,mais1 dit-on1 la majorit sans cesse dplace p> un disc\rs ou p> une intrigue fait la loi8--,voyez la ,belgique1 o ni majorit ni m9orit ne peuv5t en sortir4 ,le g\v]nem5t p>lem5taire refuse de g\v]n]3 la volont nationale e/ p>alyse p> la nation elle-mme4 ,qu'advi5dra-t-il8 ou un c\p d'tat ou une rvolution4 ,voil le g\v]nem5t p>lem5taire ou le g\v]nem5t des factions4--,la responsabilit n'e/ nulle "p1 et *aque faction dit3--,ce n'e/ pas moi6-- ,et voyez l',amrique6--,n\s ne p\vons pas n\s g\v]n]8--,ext]m9ons-n\s6 ,quoi6 un tel tat s]ait le d]ni] mot de la sagesse huma9e8--,non1 ,dieu a donn p> la nature des *oses des rgles in/9ctives aux peuples comme aux individus4--,cette rgle e/ l'unit de la volont p\r qu'elle soit obie2--mon>*ie et rpublique ont beso9 de cette unit4 ,unit p]man5te3--,mon>*ie6 ,unit temporaire3--,rpublique6 ,peu importe1 p\rvu que le monde puisse se g\v]n]4 ,le g\v]nem5t1 ce n'e/ pas seulem5t la =me1 c'e/ la vie des nations4 ,le g\v]nem5t des factions ou le g\v]nem5t des intrigues1 c'e/ le g\v]nem5t p>lem5taire6 ,essayez-en c9quante fois4 ,c9quante fois il v\s trompe encore4 ,on ne v>ie pas le ?me div94 ,le ?me div91 c'e/ l'unit4 ,voil ce que disait plus loquemm5t ,balzac2 je ne p\vais qu'applaudir son disc\rs1 quoique alors j'eusse fait la rpublique p\r dtruire le g\v]nem5t p>lem5taire4 ,je s5tais la =ce de ses considrations et je me taisais1 plus conva9cu que lui que ,dieu seul g\v]nait les hommes1 et qu'il les g\v]nait p> l'unit4 ,,xxiv4 ,on s5tait dans ces p>oles h>dies et conva9cues un gr& fonds de foi dans l't]nelle sagesse1 qui s'aj\rne quelquefois1 mais qui ne se dm5t jamais4 ,on ne v\drait pas m'ent5dre auj\rd'hui1 n\s disait-il encore1 mais le mom5t n'e/ pas lo9 o l'on m'ent5dra2 c> les nations se sauv5t t\j\rs et se p]d5t t\j\rs1 et qu& elles veul5t dcidm5t se sauv] elles remont5t aux lois de ,dieu6 ,ces lois de ,dieu1 c'e/ moi qui les sais1 aj\tait ,balzac2 s\s un rgime ou s\s un autre1 v\s revi5drez la loi des lois1 l'unit de volont6 ,sa figure s'illum9ait alors d'un clat div94 ,on s\riait1 mais on l'c\tait1 et on devait f9ir p> le croire4 ,il avait p* dans sa jeunesse malheureuse contre les moeurs1 mais jamais contre le bon s5s et mo9s encore contre ,dieu4 ,il tait religieux comme sa mre et sa soeur2 la solitude et le bonheur le ram5ai5t ,dieu4--,lisons ma9t5ant ce gr& morali/e4 ,,lam>t9e4 7,la suite au pro*a9 entreti547 ,c,v,i,ie ,,entreti54 ,,balzac ,,et ,,ses ,,oeuvres4 7,,deuxi,,me ,,p>tie47 ,i4 ,les trois c>actres dom9ants du tal5t de ,balzac sont la vrit1 le pa?tique et la moralit4 ,il faut y aj\t] l'inv5tion dramatique1 qui le r5d en prose gal et s\v5t suprieur ,molire4 ,je sais qu' ce mot1 un cri de sc&ale et de sacrilge va s'lev] de t\te la ,france2 mais1 sans ri5 enlev] l'auteur du ,misan?rope de ce que la p]fection de son v]s aj\te l'orig9alit de son tal5t1 et en le proclamant1 comme t\t le monde1 l'incomp>able et l'inimitable1 mon en?\siasme p\r le gr& comique du sicle de ,l\is ,,xiv ne me r5dra jamais inju/e ni +rat env]s un autre homme infrieur en diction1 gal1 si ce n'e/ suprieur1 en conception1 incomp>able aussi en fcondit3 ,balzac6 ,combi5 de fois1 en le lisant et en dr\lant avec lui les miraculeux et 9puisables m&res de son inv5tion1 ne me suis-je cri t\t bas3 ,la ,france a deux ,molires1 le ,molire en v]s et le ,molire en prose6 ,je le dis1 je le p5se1 ouvrons-le3 c'e/ lui de le pr\v]4 ,je comm5ce p> son *ef-d'oeuvre1 ,eugnie ,gr&et4 ,daignez me suivre4 ,,ii4 ,eugnie ,gr&et e/ la pe9ture d'un vice1 d'un vice froid1 p]sonnel1 implacable1 qui1 sans prs5t] au dehors ces frocits dramatiques dont le sclrat passionne ses actes1 lui fait commettre dans son intrieur ces cruauts l5tes et sil5cieuses qui lui mrit5t bon droit le titre de sclrat4 ,tel e/ ,m4 ,gr&et1 le pre d',eugnie ,gr&et1 qui1 aprs sa femme1 fait de sa fille unique sa premire victime4 ,balzac e/ avant t\t le gr& gographe des passions4 ,je ne sais quel in/9ct rvlateur et obs]vateur lui a appris que les lieux et les hommes se ti5n5t p> des rapports secrets2 que tel site e/ une ide1 que telle muraille e/ un c>actre1 et que p\r bi5 saisir un portrait il faut bi5 pe9dre un intrieur4 ,cette analogie et cette fidlit sont ses romans ce que le paysage e/ aux gr&es scnes du drame4 ,les imbciles se plaign5t de cette m9utie app>5te de descriptions1 les hommes de haute et pr(onde intellig5ce l'admir5t4 ,t\t comm5ce *ez lui p> ce milieu de ses p]sonnages1 prface de l'homme4 ,c'e/ mme l qu'il dploie le plus de v]ve4 ,voyez le db d',eugnie ,gr&et4 ,portrait de l'homme4-- ,portrait du lieu4-- ,,iii4 ,il se tr\ve dans c]ta9es villes de prov9ce des maisons dont la vue inspire une mlancolie gale celle que provoqu5t les clotres les plus sombres1 les l&es les plus t]nes ou les ru9es les plus tri/es4 ,peut-tre y a-t-il la fois dans ces maisons et le sil5ce du clotre1 et l'aridit des l&es1 et les ossem5ts des ru9es3 la vie et le m\vem5t y sont si tranquilles qu'un trang] les croirait inhabites1 s'il ne r5contrait t\t c\p le reg>d ple et froid d'une p]sonne immobile1 dont la figure demi mona/ique dpasse l'appui de la croise au bruit d'un pas inconnu4 ,ces pr9cipes de mlancolie exi/5t dans la physionomie d'un logis situ ,saumur1 au b\t de la rue montueuse qui mne au *teau1 p> le haut de la ville4 ,cette rue1 ma9t5ant peu frqu5te1 *aude en t1 froide en hiv]1 obscure en quelques endroits1 e/ rem>quable p> la sonorit de son petit pav caill\teux1 t\j\rs propre et sec1 p> l'troitesse de sa voie tortueuse1 p> la paix de ses maisons1 qui app>ti5n5t la vieille ville et que dom95t les remp>ts4 ,des habitations trois fois sculaires y sont encore solides1 quoique con/ruites en bois1 et leurs div]s aspects contribu5t l'orig9alit qui recomm&e cette p>tie de ,saumur l'att5tion des antiquaires et des arti/es4 ,il e/ difficile de pass] devant ces maisons sans admir] les normes madri]s dont les b\ts sont taills en figures biz>res1 et qui c\ronn5t d'un bas-relief noir le rez-de-*ausse de la plup>t d'entre elles4 ,ici1 des pices de bois transv]sales sont c\v]tes en ardoises1 et dess95t des lignes bleues sur les frles murailles d'un logis t]m9 p> un toit en colombage que les ans ont fait pli]1 dont les b>deaux p\rris ont t tordus p> l'action alt]native de la pluie et du soleil4 ,l se prs5t5t des appuis de f5tre us1 noircis1 dont les dlicates sculptures se voi5t pe9e1 et qui sembl5t trop lg]s p\r le pot d'argile brune d'o s'lanc5t les oeillets ou les rosi]s d'une pauvre ouvrire4 ,plus lo91 ce sont des portes g>nies de cl\s normes1 o le gnie de nos anctres a trac des hiroglyphes dome/iques dont le s5s ne se retr\v]a jamais4 ,tantt un prote/ant y a sign sa foi1 tantt un ligueur y a maudit ,h5ri ,,iv4 ,quelque b\rgeois y a grav les insignes de sa noblesse de clo*es1 la gloire de son *ev9age oubli4 ,l'hi/oire de ,france e/ l t\t entire4 ct de la tremblante maison pans h\rds o l'artisan a difi son rabot1 s'lve l'htel d'un g5tilhomme1 o sur le ple9-c9tre de la porte en pi]re se voi5t encore quelques ve/iges de ses armes1 brises p> les div]ses rvolutions qui depuis #aghi ont agit le pays4 ,dans cette rue1 les rez-de-*ausse comm]ants ne sont ni des b\tiques ni des magas9s2 les amis du moy5 ge y retr\v]ai5t l'ouvr\re de nos pres en t\te sa nave simplicit4 ,ces salles basses1 qui n'ont ni devanture1 ni montre1 ni vitrages1 sont pr(ondes1 obscures et sans ornem5ts extrieurs ou intrieurs4 ,leur porte e/ ouv]te en deux p>ties ple9es1 grossirem5t f]res1 dont la suprieure se replie intrieurem5t1 et dont l'infrieure1 arme d'une sonnette ressort1 va et vi5t con/amm5t4 ,l'air et le j\r arriv5t cette espce d'antre humide1 ou p> le haut de la porte1 ou p> l'espace qui se tr\ve entre la vote1 le plan*] et le petit mur hauteur d'appui dans lequel s'enca/r5t de solides volets1 ts le mat91 remis et ma9t5us le soir avec des b&es de f] b\lonnes4 ,ce mur s]t tal] les m>*&ises du ngociant4 ,l1 nul *>latanisme4 ,suivant la nature du comm]ce1 les *antillons consi/5t en deux ou trois baquets ple9s de sel et de morue1 en quelques paquets de toile voile1 des cordages1 du laiton p5du aux solives du plan*]1 des c]cles le long des murs1 ou quelques pices de drap sur des rayons4 ,entrez4 ,une fille propre1 pimpante de jeunesse1 au blanc fi*u1 aux bras r\ges1 quitte son tricot1 appelle son pre ou sa mre qui vi5t et v\s v5d vos s\haits1 flegmatiquem5t1 complaisamm5t1 arrogamm5t1 selon son c>actre1 soit p\r deux s\s1 soit p\r v+t mille francs de m>*&ise4 ,v\s v]rez un m>*& de m]ra9 assis sa porte1 et qui t\rne ses p\ces en causant avec un vois93 il ne possde en app>5ce que de mauvaises plan*es b\teilles et deux ou trois paquets de lattes2 mais sur le port son *anti] ple9 f\rnit t\s les tonneli]s de l',anj\2 il sait1 une plan*e prs1 combi5 il peut de tonneaux si la rcolte e/ bonne2 un c\p de soleil l'enri*it1 un temps de pluie le ru9e3 en une seule mat9e1 les po9ons val5t onze francs ou tomb5t six livres4 ,dans ce pays1 comme en ,t\ra9e1 les vicissitudes de l'atmosphre dom95t la vie comm]ciale4 ,vign]ons1 propritaires1 m>*&s de bois1 tonneli]s1 aub]gi/es1 m>9i]s1 sont t\s l'afft d'un rayon de soleil2 ils trembl5t en se c\*ant le soir d'appr5dre le l5dema9 mat9 qu'il a gel p5dant la nuit2 ils r$\t5t la pluie1 le v5t1 la s*]esse1 et veul5t de l'eau1 du *aud1 des nuages1 leur fantaisie4 ,il y a un duel con/ant entre le ciel et les intrts t]re/res4 ,le b>omtre attri/e1 dride1 gaye t\r t\r les physionomies4 ,d'un b\t l'autre de cette rue1 l'anci5ne gr&'rue de ,saumur1 ces mots3 ,voil un temps d'or6 se *iffr5t de porte en porte4 ,aussi *acun rpond-il au vois93 ,il pleut des l\is1 en sa*ant ce qu'un rayon de soleil1 ce qu'une pluie opportune lui en apporte4 ,le sam$i1 v]s midi1 dans la belle saison1 v\s n'obti5drez pas p\r un s\ de m>*&ise *ez ces braves indu/riels4 ,*acun a sa vigne1 sa clos]ie1 et va pass] deux j\rs la campagne4 ,l1 t\t tant prvu1 l'a*at1 la v5te1 le pr(it1 les comm]ants se tr\v5t avoir dix heures sur d\ze employ] en joyeuses p>ties1 en obs]vations1 comm5taires1 espionnages cont9uels4 ,une mnagre n'a*te pas une p]drix sans que les vois9s dem&5t au m>i si elle tait cuite po9t4 ,une jeune fille ne met pas la tte sa f5tre sans y tre vue p> t\s les gr\pes inoccups4 ,l donc les consci5ces sont j\r1 de mme que ces maisons impntrables1 noires et sil5cieuses1 n'ont po9t de my/res4 ,la vie e/ presque t\j\rs en ple9 air3 *aque mnage s'assi$ sa porte1 y djeune1 y dne1 s'y dispute4 ,il ne passe p]sonne dans la rue qui ne soit tudi4 ,aussi1 jadis1 qu& un trang] arrivait dans une ville de prov9ce1 tait-il gauss de porte en porte4 ,de l les bons contes1 de l le surnom de copieux donn aux habitants d',ang]s1 qui excellai5t ces raill]ies urba9es4 ,les anci5s htels de la vieille ville sont situs en haut de cette rue jadis habite p> les g5til%ommes du pays4 ,la maison ple9e de mlancolie o se sont accomplis les vnem5ts de cette hi/oire tait prcism5t un de ces logis1 re/es vnrables d'un sicle o les *oses et les hommes avai5t ce c>actre de simplicit que les moeurs franaises p]d5t de j\r en j\r4 ,aprs avoir suivi les dt\rs de ce *em9 pittoresque dont les mo9dres accid5ts rveill5t des s\v5irs et dont l'effet gnral t5d plong] dans une sorte de rv]ie ma*9ale1 v\s ap]cevez un r5foncem5t assez sombre1 au c5tre duquel e/ ca*e la porte de la maison ,m4 ,gr&et4 ,il e/ impossible de compr5dre la valeur de cette expression prov9ciale sans donn] la biographie de ,m4 ,gr&et4 ,m4 ,gr&et j\issait ,saumur d'une rputation dont les causes et les effets ne s]ont pas entirem5t compris p> les p]sonnes qui n'ont po9t vcu en prov9ce4 ,m4 ,gr&et1 encore nomm p> c]ta9es g5s le pre ,gr&et1 mais le nombre de ces vieill>ds dim9uait s5siblem5t1 tait en #aghi un matre tonneli] =t son aise1 sa*ant lire1 crire et compt]4 ,ds que la ,rpublique franaise mit en v5te1 dans l'arrondissem5t de ,saumur1 les bi5s du cl]g1 le tonneli]1 alors g de qu>ante ans1 v5ait d'p\s] la fille d'un ri*e m>*& de plan*es4 ,gr&et alla1 muni de sa =tune liquide et de la dot1 muni de deux mille l\is d'or1 au di/rict1 o1 moy5nant deux c5ts d\bles l\is (f]ts p> son beau-pre au f>\*e rpublica9 qui surveillait la v5te des doma9es nationaux1 il eut p\r un morceau de pa91 lgalem5t1 s9on lgitimem5t1 les plus beaux vignobles de l'arrondissem5t1 une vieille abbaye et quelques mtairies4 ,les habitants de ,saumur tant peu rvolutionnaires1 le pre ,gr&et passa p\r un homme h>di1 un rpublica91 un patriote1 p\r un esprit qui donnait dans les n\velles ides1 t&is que le tonneli] donnait t\t bonnem5t dans les vignes4 ,il fut nomm membre de l'adm9i/ration du di/rict de ,saumur1 et son influ5ce pacifique s'y fit s5tir politiquem5t et comm]cialem5t4 ,politiquem5t1 il protgea les ci-devant et emp*a de t\t son p\voir la v5te des bi5s des migrs2 comm]cialem5t1 il f\rnit aux armes rpublica9es un ou deux milli]s de pices de v9 blanc1 et se fit pay] en sup]bes prairies dp5dant d'une communaut de femmes1 que l'on avait rs]ves p\r un d]ni] lot4 ,s\s le ,consulat1 le bonhomme ,gr&et dev9t maire1 adm9i/ra sagem5t1 v5dangea mieux encore2 s\s l',empire1 il fut ,m4 ,gr&et4 ,napolon n'aimait pas les rpublica9s3 il remplaa ,m4 ,gr&et1 qui passait p\r avoir port le bonnet r\ge1 p> un gr& propritaire1 un homme p>ticule1 un futur b>on de l',empire4 ,m4 ,gr&et quitta les honneurs municipaux sans aucun regret4 ,il avait fait faire1 dans l'intrt de la ville1 d'excell5ts *em9s qui m5ai5t ses proprits4 ,sa maison et ses bi5s1 trs-avantageusem5t cada/rs1 payai5t des impts modrs4 ,depuis le classem5t de ses diffr5ts clos1 ses vignes1 grce des so9s con/ants1 tai5t dev5ues la tte du pays1 mot te*nique en usage p\r indiqu] les vignobles qui produis5t la premire qualit de v94 ,il aurait pu dem&] la croix de la ,lgion d'honneur4 ,cet vnem5t eut lieu en #ahjf4 ,m4 ,gr&et avait alors c9quante-sept ans1 et sa femme environ tr5te-six4 ,une fille unique1 fruit de leurs lgitimes am\rs1 tait ge de dix ans4 ,m4 ,gr&et1 que la ,provid5ce v\lut sans d\te consol] de sa disgrce adm9i/rative1 hrita successivem5t1 p5dant cette anne1 de ,mme de ,la ,gaud9ire1 ne de ,la ,b]tellire1 mre de ,mme ,gr&et2 puis du vieux ,m4 ,la ,b]tellire1 pre de la dfunte2 et encore de ,mme ,g5tillet1 gr&'mre du ct mat]nel3 trois successions dont l'importance ne fut connue de p]sonne4 ,l'av>ice de ces trois vieill>ds tait si passionne1 que depuis longtemps ils entassai5t leur arg5t p\r p\voir le contempl] secrtem5t4 ,le vieux ,m4 ,la ,b]tellire appelait un placem5t une prodigalit1 tr\vant de plus gros intrts dans l'aspect de l'or que dans les bnfices de l'usure4 ,la ville de ,saumur prsuma donc la valeur des conomies d'aprs les rev5us des bi5s au soleil4 ,m4 ,gr&et obt9t alors le n\veau titre de noblesse que notre manie d'galit n'effac]a jamais3 il dev9t le plus impos de l'arrondissem5t4 ,il exploitait c5t arp5ts de vignes1 qui1 dans les annes plantureuses1 lui donnai5t sept huit c5ts po9ons de v94 ,il possdait treize mtairies1 une vieille abbaye1 o1 p> conomie1 il avait mur les croises1 les ogives1 les vitraux1 ce qui les cons]va2 et c5t v+t-sept arp5ts de prairies1 o croissai5t et grossissai5t trois mille peupli]s plants en #agic4 ,enf91 la maison dans laquelle il demeurait tait la si5ne4 ,a9si tablissait-on sa =tune visible4 ,quant ses capitaux1 deux seules p]sonnes p\vai5t vaguem5t en prsum] l'importance3 l'une tait ,m4 ,cru*ot1 notaire *>g des placem5ts usuraires de ,m4 ,gr&et2 l'autre1 ,m4 des ,grass9s1 le plus ri*e banqui] de ,saumur1 aux bnfices duquel le vign]on p>ticipait sa conv5ance et secrtem5t4 ,quoique le vieux ,cru*ot et ,m4 des ,grass9s possdass5t cette pr(onde discrtion qui eng5dre en prov9ce la confiance et la =tune1 ils tmoignai5t publiquem5t ,m4 ,gr&et un si gr& respect1 que les obs]vateurs p\vai5t mesur] l't5due des capitaux de l'anci5 maire d'aprs la porte de l'obsquieuse considration dont il tait l'objet4 ,il n'y avait dans ,saumur p]sonne qui ne ft p]suad que ,m4 ,gr&et n'et un trsor p>ticuli]1 une ca*ette ple9e de l\is1 et ne se donnt nuitamm5t les ineffables j\issances que procure la vue d'une gr&e masse d'or4 ,les av>icieux en avai5t une sorte de c]titude en voyant les yeux du bonhomme1 auxquels le mtal jaune semblait avoir communiqu ses te9tes4 ,le reg>d d'un homme acc\tum tir] de ses capitaux un intrt norme contracte ncessairem5t1 comme celui du voluptueux1 du j\eur ou du c\rtisan1 c]ta9es habitudes indf9issables1 des m\vem5ts furtifs1 avides1 my/rieux1 qui n'*app5t po9t ses coreligionnaires4 ,ce langage secret =me en quelque sorte la franc-maonn]ie des passions4 ,m4 ,gr&et inspirait donc l'e/ime respectueuse laquelle avait droit un homme qui ne devait jamais ri5 p]sonne1 qui1 vieux tonneli]1 vieux vign]on1 dev9ait avec la prcision d'un a/ronome qu& il fallait fabriqu] p\r sa rcolte mille po9ons ou seulem5t c9q c5ts2 qui ne manquait pas une seule spculation1 avait t\j\rs des tonneaux v5dre alors que le tonneau valait plus *] que la d5re recueillir1 p\vait mettre sa v5dange dans ses celli]s et att5dre le mom5t de livr] son po9on deux c5ts francs1 qu& les petits propritaires donnai5t le leur c9q l\is4 ,sa fameuse rcolte de #ahaa1 sagem5t s]re1 l5tem5t v5due1 lui avait rapport plus de deux c5t qu>ante mille livres4 ,f9ancirem5t p>lant1 ,m4 ,gr&et t5ait du tigre et du boa3 il savait se c\*]1 se blottir1 envisag] longtemps sa proie1 saut] dessus2 puis il ouvrait la gueule de sa b\rse1 y engl\tissait une *>ge d'cus1 et se c\*ait tranquillem5t1 comme le s]p5t qui digre1 impassible1 froid1 m?odique4 ,p]sonne ne le voyait pass] sans pr\v] un s5tim5t d'admiration mlang de respect et de t]reur4 ,*acun dans ,saumur n'avait-il pas s5ti le d*irem5t poli de ses griffes d'aci]8 celui-ci1 matre ,cru*ot avait procur l'arg5t ncessaire l'a*at d'un doma9e1 mais onze p\r c5t2 celui-l1 ,m4 des ,grass9s avait escompt des traites1 mais avec un effroyable prlvem5t d'intrts4 ,il s'c\lait peu de j\rs sans que le nom de ,m4 ,gr&et ft prononc1 soit au m>*1 soit p5dant les soires dans les conv]sations de la ville4 ,p\r quelques p]sonnes1 la =tune du vieux vign]on tait l'objet d'un orgueil patriotique4 ,aussi plus d'un ngociant1 plus d'un aub]gi/e1 disait-il aux trang]s avec un c]ta9 cont5tem5t3 ,monsieur1 n\s avons ici deux ou trois maisons millionnaires2 mais1 quant ,m4 ,gr&et1 il ne connat pas lui-mme sa =tune6 ,en #ahaf1 les plus habiles calculateurs de ,saumur e/imai5t les bi5s t]ritoriaux du bonhomme prs de quatre millions2 mais comme1 t]me moy51 il avait d tir] p> an1 depuis #agic jusqu'en #ahag1 c5t mille francs de ses proprits1 il tait prsumable qu'il possdait en arg5t une somme presque gale celle de ses bi5s-fonds4 ,aussi1 lorsqu'aprs une p>tie de bo/on1 ou quelque entreti5 sur les vignes1 on v5ait p>l] de ,m4 ,gr&et1 les g5s capables disai5t-ils3 ,le pre ,gr&et8 le pre ,gr&et doit avoir c9q ou six millions4--,v\s tes plus habile que je ne le suis1 je n'ai jamais pu savoir le total1 rpondai5t ,m4 ,cru*ot ou ,m4 des ,grass9s1 s'ils ent5dai5t le propos4 ,quelque ,p>isi5 p>lait-il des ,ro?s*ild ou de ,m4 ,laffitte1 les g5s de ,saumur dem&ai5t s'ils tai5t aussi ri*es que ,m4 ,gr&et4 ,si le ,p>isi5 leur jetait en s\riant une ddaigneuse affirmation1 ils se reg>dai5t en ho*ant la tte d'un air d'incrdulit4 ,une si gr&e =tune c\vrait d'un manteau d'or t\tes les actions de cet homme4 ,si d'abord quelques p>ticul>its de sa vie donnr5t prise au ridicule et la moqu]ie1 la moqu]ie et le ridicule s'tai5t us4 ,en ses mo9dres actes1 ,m4 ,gr&et avait p\r lui l'autorit de la *ose juge4 ,sa p>ole1 son vtem5t1 ses ge/es1 le clignem5t de ses yeux1 faisai5t loi dans le pays1 o *acun1 aprs l'avoir tudi comme un naturali/e tudie les effets de l'in/9ct *ez les animaux1 avait pu reconnatre la pr(onde et muette sagesse de ses plus lg]s m\vem5ts4 ,l'hiv] s]a rude1 disait-on1 le pre ,gr&et a mis ses gants f\rrs3 il faut v5dang]4--,le pre ,gr&et pr5d beauc\p de m]ra91 il y aura du v9 cette anne4 ,m4 ,gr&et n'a*etait jamais ni vi&e ni pa94 ,ses f]mi]s lui apportai5t p> sema9e une provision suffisante de *apons1 de p\lets1 d'oeufs1 de beurre et de bl de r5te4 ,il possdait un m\l9 dont le locataire devait1 en sus du bail1 v5ir *]*] une c]ta9e quantit de gra9s et lui en rapport] le son et la f>9e4 ,la gr&e ,nanon1 son unique s]vante1 quoiqu'elle ne ft plus jeune1 b\langeait elle-mme t\s les sam$is le pa9 de la maison4 ,m4 ,gr&et s'tait arrang avec les m>a*]s1 ses locataires1 p\r qu'ils le f\rniss5t de lgumes4 ,quant aux fruits1 il en rcoltait une telle quantit qu'il en faisait v5dre une gr&e p>tie au m>*4 ,son bois de *auffage tait c\p dans ses haies ou pris dans les vieilles truisses moiti p\rries qu'il enlevait au bord de ses *amps1 et ses f]mi]s le lui *>royai5t en ville t\t dbit1 le rangeai5t p> complaisance dans son b*]1 et recevai5t ses rem]cm5ts4 ,ses seules dp5ses connues tai5t le pa9 bnit1 la toilette de sa femme1 celle de sa fille1 et le payem5t de leurs *aises l'glise1 la lumire1 les gages de la gr&e ,nanon1 l'tamage de ses cass]oles1 l'acquittem5t des impositions1 les rp>ations de ses btim5ts et les frais de ses exploitations4 ,il avait six c5ts arp5ts de bois rcemm5t a*ets qu'il faisait surveill] p> le g>de d'un vois91 auquel il promettait une indemnit4 ,depuis cette acquisition seulem5t1 il mangeait du gibi]4 ,les manires de cet homme tai5t =t simples4 ,il p>lait peu4 ,gnralem5t il exprimait ses ides p> de petites phrases s5t5cieuses et dites d'une voix d\ce4 ,depuis la ,rvolution1 poque laquelle il attira les reg>ds1 le bonhomme bgayait d'une manire fatigante aussitt qu'il avait disc\rir longuem5t ou s\t5ir une discussion4 ,ce br$\illem5t1 l'incohr5ce de ses p>oles1 le flux de mots o il noyait sa p5se1 son manque app>5t de logique1 attribus un dfaut d'ducation1 tai5t affects1 et s]ont suffisamm5t expliqus p> quelques vnem5ts de cette hi/oire4 ,d'ailleurs1 quatre phrases1 exactes autant que des =mules algbriques1 lui s]vai5t habituellem5t embrass]1 rs\dre t\tes les difficults de la vie et du comm]ce3 ,je ne sais pas1 je ne puis pas1 je ne veux pas1 n\s v]rons cela4 ,il ne disait jamais ni oui ni non1 et n'crivait po9t4 ,lui p>lait-on8 il c\tait froidem5t1 se t5ait le m5ton dans la ma9 droite en appuyant son c\de droit sur le rev]s de la ma9 gau*e1 et se =mait en t\te affaire des op9ions desquelles il ne rev5ait po9t4 ,il mditait longuem5t les mo9dres m>*s4 ,qu&1 aprs une savante conv]sation1 son adv]saire lui avait livr le secret de ses prt5tions en croyant le t5ir1 il lui rpondait3 ,je ne puis ri5 conclure sans avoir consult ma femme4 ,sa femme1 qu'il avait rduite un ilotisme complet1 tait en affaires son p>av5t le plus commode4 ,il n'allait jamais *ez p]sonne1 ne v\lait ni recevoir ni donn] dn]2 il ne faisait jamais de bruit1 et semblait conomis] t\t1 mme le m\vem5t4 ,il ne drangeait ri5 *ez les autres1 p> un respect con/ant de la proprit4 ,nanmo9s1 malgr la d\ceur de sa voix1 malgr sa t5ue circonspecte1 le langage et les habitudes du tonneli] p]ai5t1 surt\t qu& il tait au logis1 o il se contraignait mo9s que p>t\t ailleurs4 ,au physique1 ,gr&et tait un homme de c9q pi$s1 trapu1 c>r1 ayant des mollets de d\ze p\ces de circonfr5ce1 des rotules n\euses et de l>ges paules2 son visage tait rond1 tann1 m>qu de petite vrole2 son m5ton tait droit1 ses lvres n'(frai5t aucune s9uosit1 et ses d5ts tai5t blan*es2 ses yeux avai5t l'expression calme et dvoratrice que le peuple accorde au basilic2 son front1 ple9 de rides transv]sales1 ne manquait pas de protubrances significatives2 ses *eveux jauntres et grisonnants tai5t blanc et or1 disai5t quelques jeunes g5s qui ne connaissai5t pas la gravit d'une plaisant]ie faite sur ,m4 ,gr&et4 ,son nez1 gros p> le b\t1 supportait une l\pe ve9e1 que le vulgaire disait1 non sans raison1 ple9e de malice4 ,cette figure annonait une f9esse dang]euse1 une probit sans *aleur1 l'gsme d'un homme habitu conc5tr] ses s5tim5ts dans la j\issance de l'av>ice et sur le seul tre qui lui ft rellem5t de quelque *ose1 sa fille ,eugnie1 sa seule hritire4 ,attitude1 manires1 dm>*e1 t\t en lui1 d'ailleurs1 atte/ait cette croyance en soi que donne l'habitude d'avoir t\j\rs russi dans ses entreprises4 ,aussi1 quoique de moeurs faciles et molles en app>5ce1 ,m4 ,gr&et avait-il un c>actre de bronze4 ,t\j\rs vtu de la mme manire1 qui le voyait auj\rd'hui le voyait tel qu'il tait depuis #agia4 ,ses =ts s\li]s se n\ai5t avec des cordons de cuir2 il portait en t\t temps des bas de la9e draps1 une culotte c\rte de gros drap m>ron b\cles d'arg5t1 un gilet de vel\rs raies alt]nativem5t jaunes et puce1 b\tonn c>rm5t1 un l>ge habit m>ron gr&s pans1 une cravate noire et un *apeau de quak]4 ,ses gants1 aussi solides que ceux des g5d>mes1 lui durai5t v+t mois1 et1 p\r les cons]v] propres1 il les posait sur le bord de son *apeau la mme place1 p> un ge/e m?odique4 ,saumur ne savait ri5 de plus sur ce p]sonnage4 ,,iv4 ,voici ma9t5ant la maison1 le lieu du supplice1 ,la maison ,m4 ,gr&et1 cette maison ple1 froide1 sil5cieuse1 situe en haut de la ville et abrite p> les ru9es des remp>ts4 ,les deux pili]s et la vote =mant la baie de la porte avai5t t1 comme la maison1 con/ruits en tuffeau1 pi]re blan*e p>ticulire au littoral de la ,loire1 et si molle que sa dure moy5ne e/ pe9e de deux c5ts ans4 ,les tr\s 9gaux et nombreux que les intempries du climat y avai5t biz>rem5t pratiqus donnai5t au c9tre et aux jambages de la baie l'app>5ce des pi]res v]micules de l'ar*itecture franaise1 et quelque ressemblance avec le por*e d'une gele4 ,au-dessus du c9tre rgnait un long bas-relief de pi]re dure sculpte reprs5tant les quatre saisons1 figures dj ronges et t\tes noires4 ,ce bas-relief tait surmont d'une pl9! saillante1 sur laquelle s'levai5t plusieurs de ces vgtations dues au has>d1 des p>itaires jaunes1 des lis]ons1 des convolvulus1 du planta9 et un petit c]isi] assez haut dj4 ,la porte1 en *ne massif1 brune1 dess*e1 f5due de t\tes p>ts1 frle en app>5ce1 tait solidem5t ma9t5ue p> le sy/me de ses b\lons1 qui figurai5t des dess9s symtriques4 ,une grille c>re1 petite1 mais b>reaux s]rs et r\ges de r\ille1 occupait le milieu de la porte bt>de et s]vait1 p\r a9si dire1 de motif un m>teau qui s'y ratta*ait p> un anneau et frappait sur la tte grimaante d'un matre cl\4 ,ce m>teau1 de =me oblongue et du g5re de ceux que nos anctres nommai5t jaquem>t1 ressemblait un gros po9t d'admiration2 en l'exam9ant avec att5tion1 un antiquaire y aurait retr\v quelques indices de la figure ess5tiellem5t b\ffonne qu'il reprs5tait jadis1 et qu'un long usage avait efface4 ,p> la petite grille1 de/9e reconnatre les amis au temps des gu]res civiles1 les curieux p\vai5t ap]cevoir1 au fond d'une vote obscure et v]dtre1 quelques m>*es dgrades p> lesquelles on montait dans un j>d9 que bornai5t pittoresquem5t des murs pais1 humides1 ple9s de su9tem5ts et de t\ffes d'arbu/es mal+res4 ,ces murs tai5t ceux du remp>t1 sur lequel s'levai5t les j>d9s de quelques maisons vois9es4 ,au rez-de-*ausse de la maison1 la pice la plus considrable tait une salle dont l'entre se tr\vait s\s la vote de la porte co*re4 ,peu de p]sonnes connaiss5t l'importance d'une salle dans les petites villes de l',anj\1 de la ,t\ra9e et du ,b]ry4 ,la salle e/ la fois l'anti*ambre1 le salon1 le cab9et1 le b\doir1 la salle mang]2 elle e/ le ?tre de la vie dome/ique1 le foy] commun2 l le coiffeur du qu>ti] v5ait c\p] deux fois l'an les *eveux de ,m4 ,gr&et2 l entrai5t les f]mi]s1 le cur1 le s\s-prfet1 le g>on meuni]4 ,cette pice1 dont les deux croises donnai5t sur la rue1 tait plan*ie2 des panneaux gris1 m\lures antiques1 la boisai5t de haut en bas2 son plafond se composait de p\tres app>5tes1 galem5t pe9tes en gris1 dont les entre-deux tai5t remplis de blanc en b\rre qui avait jauni4 ,un vieux c>tel de cuivre1 incru/ d'arabesques en caille1 ornait le manteau de la *em9e en pi]re blan*e1 mal sculpt1 sur lequel tait une glace v]dtre1 dont les cts1 c\ps en biseau p\r en montr] l'paisseur1 refltai5t un filet de lumire le long d'un trumeau go?ique en aci] damasqu94 ,les deux gir&oles de cuivre dor qui dcorai5t *acun des co9s de la *em9e tai5t deux f9s3 en enlevant les roses qui leur s]vai5t de bob*es1 et dont la matresse bran*e s'adaptait au pide/al de m>bre bleutre ag5c de vieux cuivre1 ce pide/al =mait un *&eli] p\r les petits j\rs4 ,les siges1 de =me antique1 tai5t g>nis en tapiss]ies reprs5tant les fables de la ,fonta9e2 mais il fallait le savoir p\r en reconnatre les sujets1 tant les c\leurs passes et les figures cribles de reprises se voyai5t difficilem5t4 ,aux quatre angles de cette salle se tr\vai5t des encoignures1 espces de buffets t]m9s p> de crasseuses tagres4 ,une vieille table j\] en m>quet]ie1 dont le dessus faisait *iqui]1 tait place dans le tableau qui sp>ait les deux f5tres4 ,au-dessus de cette table1 il y avait un b>omtre ovale1 bordure noire1 enjoliv p> des rubans de bois dor1 o les m\*es avai5t si lic5cieusem5t foltr que la dorure en tait un problme4 ,sur la p>oi oppose la *em9e1 deux portraits au pa/el tai5t c5ss reprs5t] l'aeul de ,mme ,gr&et1 le vieux ,m4 de ,la ,b]tellire1 en lieut5ant des g>des franaises1 et dfunte ,mme ,g5tillet1 en b]gre4 ,aux deux f5tres tai5t draps des rideaux en gros de ,t\rs r\ge1 relevs p> des cordons de soie gl&s d'glise4 ,cette luxueuse dcoration1 si peu en h>monie avec les habitudes de ,gr&et1 avait t comprise dans l'a*at de la maison1 a9si que le trumeau1 le c>tel1 le meuble en tapiss]ie et les encoignures en bois de rose4 ,dans la croise la plus rappro*e de la porte1 se tr\vait une *aise de paille dont les pi$s tai5t monts sur des pat9s1 af9 d'lev] ,mme ,gr&et une hauteur qui lui p]mt de voir les passants4 ,une travailleuse en bois de m]isi] dte9t remplissait l'embrasure1 et le petit fauteuil d',eugnie ,gr&et tait plac t\t auprs4 ,depuis qu9ze ans1 t\tes les j\rnes de la mre et de la fille s'tai5t paisiblem5t c\les cette place1 dans un travail con/ant1 compt] du mois d'avril jusqu'au mois de novembre4 ,le premi] de ce d]ni] mois1 elles p\vai5t pr5dre leur /ation d'hiv] la *em9e4 ,ce j\r-l seulem5t ,gr&et p]mettait qu'on allumt le feu dans la salle1 et il le faisait te9dre le tr5te et un m>s1 sans avoir g>d ni aux premi]s froids du pr9temps ni ceux de l'automne4 ,une *auff]ette1 entret5ue avec la braise prov5ant du feu de la cuis9e1 que la gr&e ,nanon leur rs]vait en usant d'adresse1 aidait ,mme et ,melle ,gr&et pass] les mat9es ou les soires les plus fra*es des mois d'avril et d'octobre4 ,la mre et la fille entret5ai5t t\t le l+e de la maison1 et employai5t si consci5cieusem5t leurs j\rnes ce vritable labeur d'ouvrire1 que1 si ,eugnie v\lait brod] une coll]ette sa mre1 elle tait =ce de pr5dre sur ses heures de sommeil en trompant son pre p\r avoir de la lumire4 ,depuis longtemps l'av>e di/ribuait la *&elle sa fille et la gr&e ,nanon1 de mme qu'il di/ribuait ds le mat9 le pa9 et les d5res ncessaires la consommation j\rnalire4 ,la gr&e ,nanon tait peut-tre la seule crature huma9e capable d'accept] le despotisme de son matre4 ,t\te la ville l'enviait ,m4 et ,mme ,gr&et4 ,la gr&e ,nanon1 a9si nomme cause de sa taille haute de c9q pi$s huit p\ces1 app>t5ait ,gr&et depuis tr5te-c9q ans4 ,quoiqu'elle n'et que soixante livres de gages1 elle passait p\r une des plus ri*es s]vantes de ,saumur4 ,ces soixante livres1 accumules depuis tr5te-c9q ans1 lui avai5t p]mis de plac] rcemm5t quatre mille livres en viag] *ez matre ,cru*ot4 ,ce rsultat des longues et p]si/antes conomies de la gr&e ,nanon p>ut gigantesque4 ,*aque s]vante1 voyant la pauvre sexagnaire du pa9 p\r ses vieux j\rs1 tait jal\se d'elle1 sans p5s] au dur s]vage p> lequel il avait t acquis4 l'ge de v+t-deux ans1 la pauvre fille n'avait pu se plac] *ez p]sonne1 tant sa figure semblait rep\ssante2 et c]tes ce s5tim5t tait bi5 inju/e3 sa figure et t =t admire sur les paules d'un gr5adi] de la g>de2 mais en t\t il faut1 dit-on1 l'-propos4 ,=ce de quitt] une f]me inc5die o elle g>dait les va*es1 elle v9t ,saumur1 o elle *]*a du s]vice1 anime de ce robu/e c\rage qui ne se refuse ri54 ,le pre ,gr&et p5sait alors se m>i]1 et v\lait dj mont] son mnage4 ,il avisa cette fille rebute de porte en porte4 ,juge de la =ce corporelle en sa qualit de tonneli]1 il dev9a le p>ti qu'on p\vait tir] d'une crature femelle taille en ,h]cule1 plante sur ses pi$s comme un *ne de soixante ans sur ses rac9es1 =te des han*es1 c>re du dos1 ayant des ma9s de *>reti] et une probit vig\reuse comme l'tait son intacte v]tu4 ,ni les v]rues qui ornai5t ce visage m>tial1 ni le te9t de brique1 ni les bras n]veux1 ni les haillons de la ,nanon n'p\vantr5t le tonneli]1 qui se tr\vait encore dans l'ge o le coeur tressaille4 ,il vtit alors1 *aussa1 n\rrit la pauvre fille1 lui donna des gages1 et l'employa sans trop la rudoy]4 ,en se voyant a9si accueillie1 la gr&e ,nanon pleura secrtem5t de joie1 et s'atta*a s9crem5t au tonneli]1 qui d'ailleurs l'exploita fodalem5t4 ,nanon faisait t\t3 elle faisait la cuis9e1 elle faisait les bues1 elle allait lav] le l+e la ,loire1 le rapportait sur ses paules2 elle se levait au j\r1 se c\*ait t>d2 faisait mang] t\s les v5dangeurs p5dant les rcoltes1 surveillait les halleboteurs2 df5dait1 comme un *i5 fidle1 le bi5 de son matre2 enf91 ple9e d'une confiance aveugle en lui1 elle obissait sans murmure ses fantaisies les plus saugr5ues4 ,lors de la fameuse anne #ahaa1 dont la rcolte cota des pe9es in\es1 aprs v+t ans de s]vice1 ,gr&et rsolut de donn] sa vieille montre ,nanon1 seul prs5t qu'elle reut jamais de lui4 ,quoiqu'il lui ab&onnt ses vieux s\li]s 7elle p\vait les mettre71 il e/ impossible de considr] le pr(it trime/riel des s\li]s de ,gr&et comme un cadeau1 tant ils tai5t us4 ,la ncessit r5dit cette pauvre fille si av>e que ,gr&et avait f9i p> l'aim] comme on aime un *i51 et ,nanon s'tait laiss mettre au c\ un colli] g>ni de po9tes dont les piqres ne la piquai5t plus4 ,si ,gr&et c\pait le pa9 avec un peu trop de p>cimonie1 elle ne s'en plaignait pas2 elle p>ticipait gaiem5t aux pr(its hyginiques que procurait le rgime svre de la maison1 o jamais p]sonne n'tait malade4 ,puis la ,nanon faisait p>tie de la famille3 elle riait qu& riait ,gr&et1 s'attri/ait1 gelait1 se *auffait1 travaillait avec lui4 ,combi5 de d\ces comp5sations dans cette galit6 ,jamais le matre n'avait repro* la s]vante ni l'alb]ge ou la p*e de vigne1 ni les prunes ou les brugnons mangs s\s l'arbre4 ,allons1 rgale-toi1 ,nanon1 lui disait-il dans les annes o les bran*es pliai5t s\s les fruits que les f]mi]s tai5t obligs de donn] aux co*ons4 ,p\r une fille des *amps qui dans sa jeunesse n'avait rcolt que de mauvais traitem5ts1 p\r une pauvresse recueillie p> *>it1 le rire quivoque du pre ,gr&et tait un vrai rayon de soleil4 ,d'ailleurs le coeur simple1 la tte troite de ,nanon ne p\vait cont5ir qu'un s5tim5t et une ide4 ,depuis tr5te-c9q ans1 elle se voyait t\j\rs arrivant devant le *anti] du pre ,gr&et1 pi$s nus1 en haillons1 et ent5dait t\j\rs le tonneli] lui disant3 ,que v\lez-v\s1 ma mignonne8 ,et sa reconnaissance tait t\j\rs jeune4 ,quelquefois ,gr&et1 songeant que cette pauvre crature n'avait jamais ent5du le mo9dre mot flatteur1 qu'elle ignorait t\s les s5tim5ts d\x que la femme inspire1 et p\vait comp>atre un j\r devant ,dieu1 plus *a/e que ne l'tait la vi]ge ,m>ie elle-mme1 ,gr&et1 saisi de piti1 disait en la reg>dant3 ,cette pauvre ,nanon6 ,son exclamation tait t\j\rs suivie d'un reg>d indf9issable que lui jetait la vieille s]vante4 ,ce mot1 dit de temps autre1 =mait depuis longtemps une *ane d'amiti non int]rompue1 et laquelle *aque exclamation aj\tait un *anon4 ,cette piti1 place au coeur de ,gr&et et prise t\t en gr p\r la vieille fille1 avait je ne sais quoi d'horrible4 ,cette atroce piti d'av>e1 qui rveillait mille plaisirs au coeur du vieux tonneli]1 tait p\r ,nanon sa somme de bonheur4 ,qui ne dira pas aussi3 ,pauvre ,nanon6 ,dieu reconnatra ses anges aux inflexions de leur voix et de leurs my/rieux regrets4 ,il y avait dans ,saumur une gr&e quantit de mnages o les dome/iques tai5t mieux traits1 mais o les matres n'en recevai5t nanmo9s aucun cont5tem5t4 ,de l cette autre phrase3 ,qu'e/-ce que les ,gr&et font donc leur gr&e ,nanon p\r qu'elle leur soit si atta*e8 ,elle pass]ait dans le feu p\r eux6 ,sa cuis9e1 dont les f5tres grilles donnai5t dans la c\r1 tait t\j\rs propre1 nette1 froide1 vritable cuis9e d'av>e1 o ri5 ne devait se p]dre4 ,qu& ,nanon avait lav sa vaisselle1 s]r les re/es du dn]1 te9t son feu1 elle quittait sa cuis9e1 sp>e de la salle p> un c\loir1 et v5ait fil] du *anvre auprs de ses matres4 ,une seule *&elle suffisait la famille p\r la soire4 ,la s]vante c\*ait au fond de ce c\loir1 dans un b\ge clair p> un j\r de s\ffrance4 ,sa robu/e sant lui p]mettait d'habit] impunm5t cette espce de tr\1 d'o elle p\vait ent5dre le mo9dre bruit p> le sil5ce pr(ond qui rgnait nuit et j\r dans la maison4 ,elle devait1 comme un dogue *>g de la police1 ne dormir que d'une oreille et se repos] en veillant4 ,v4 ,le j\r de la fte de sa fille ,eugnie1 les amis de ,gr&et se runissai5t p\r lui apport] des voeux et des fleurs1 et aussi p\r se mettre sur les rangs af9 de pr5dre date p\r leurs enfants comme c&idats la ma9 de sa fille4 ,,vi4 ce mom5t on sonne la porte1 c'e/ un de ses neveux1 beau jeune homme de ,p>is1 son neveu1 fils de son frre ,victor ,gr&et1 qui vi5t1 sur le conseil de son pre1 pass] quelques j\rs avec lui4 ,m4 ,*>les ,gr&et1 beau jeune homme de v+t-deux ans1 produisait en ce mom5t un s+uli] contra/e avec les bons prov9ciaux que dj ses manires ari/ocratiques rvoltai5t passablem5t1 et que t\s tudiai5t p\r se moqu] de lui4 ,ceci veut une explication4 v+t-deux ans1 les jeunes g5s sont encore assez vois9s de l'enfance p\r se laiss] all] des enfantillages4 ,aussi1 peut-tre1 sur c5t d'entre eux1 s'en r5contr]ait-il bi5 quatre-v+t-dix-neuf qui se s]ai5t conduits comme se conduisait ,*>les ,gr&et4 ,quelques j\rs avant cette soire1 son pre lui avait dit d'all] p\r quelques mois *ez son frre de ,saumur4 ,peut-tre ,m4 ,gr&et de ,p>is p5sait-il ,eugnie4 ,*>les1 qui tombait en prov9ce p\r la premire fois1 eut la p5se d'y p>atre avec supriorit4 ,une c>gaison de futilits p>isi5nes aussi complte qu'il tait possible de la faire1 et o1 depuis la crava*e qui s]t comm5c] un duel jusqu'aux beaux pi/olets cisels qui le t]m95t1 se tr\vai5t t\s les in/rum5ts aratoires dont se s]t un jeune oisif p\r lab\r] la vie4 ,son pre lui ayant dit de voyag] seul et mode/em5t1 il tait v5u dans le c\p de la dilig5ce ret5u p\r lui seul1 assez cont5t de ne pas gt] une dlicieuse voiture de voyage comm&e p\r all] au-devant de son ,annette1 la gr&e dame que4444 etc41 et qu'il devait rejo9dre en ju9 pro*a9 aux eaux de ,bad54 ,*>les comptait r5contr] c5t p]sonnes *ez son oncle1 *ass] c\rre dans les =ts de son oncle1 y vivre enf9 de la vie de *teau2 il ne savait pas le tr\v] ,saumur1 o il ne s'tait in=m de lui que p\r dem&] le *em9 de ,froidfond2 mais1 en le sa*ant en ville1 il crut l'y voir dans un gr& htel4 ,af9 de dbut] conv5ablem5t *ez son oncle1 soit ,saumur1 soit ,froidfond1 il avait fait la toilette de voyage la plus coquette1 la plus simplem5t re*]*e1 la plus adorable1 p\r employ] le mot qui1 dans ce temps1 rsumait les p]fections spciales d'une *ose ou d'un homme4 ,t\rs1 un coiffeur v5ait de lui refris] ses beaux *eveux *ta9s2 il y avait *ang de l+e et mis une cravate de sat9 noir comb9e avec un col rond1 de manire encadr] agrablem5t sa blan*e et rieuse figure4 ,une r$+ote de voyage demi b\tonne lui p9ait la taille et laissait voir un gilet de ca*emire *le s\s lequel tait un second gilet blanc4 ,sa montre1 ngligemm5t ab&onne au has>d dans une po*e1 se ratta*ait p> une c\rte *ane d'or l'une des b\tonnires4 ,son pantalon gris se b\tonnait sur les cts1 o des dess9s brods en soie noire enjolivai5t les c\tures4 ,il maniait agrablem5t une canne dont la pomme d'or sculpte n'altrait po9t la fra*eur de ses gants gris4 ,enf91 sa casquette tait d'un gt excell5t4 ,un ,p>isi51 un ,p>isi5 de la sphre la plus leve1 p\vait seul s'ag5c] a9si sans p>atre ridicule1 et donn] une h>monie de fatuit t\tes ces niais]ies1 que s\t5ait d'ailleurs un air brave1 l'air d'un jeune homme qui a de beaux pi/olets1 le c\p sr et ,annette4 ,,vii4 ,la vue inatt5due de ce beau jeune homme1 son c\s91 contra/e avec la vieille et vulgaire socit de son pre2 elle inspire la jeune p]sonne un s5tim5t qui n'e/ pas encore de l'am\r1 mais qui anime l'indiffr5ce4 ,elle inv5te1 avec sa mre et ,nanon1 t\s les moy5s de dguis] la p>cimonie de son pre et la nudit de la maison4 ,ce sont l de ces jeux de comdie dome/ique tr\vs p> un s5tim5t naf et t\*ant qui intress5t vivem5t le lecteur4 ,mais1 le soir1 un vnem5t tragique v9t compliqu] la situation et dvelopp] admirablem5t le c>actre du pre ,gr&et4 ,p5dant que ses amis sont l1 il reoit une lettre de son frre de ,p>is1 qui lui appr5d qu'il a fait faillite et qu'il va se tu]2 il lui recomm&e sa femme et son fils4 ,cette lettre arra*]ait des l>mes un ro*]3 le pre ,gr&et la lit t\t bas sans donn] aucun signe d'motion4 ,il replie le papi] s\s le mme pli et le met dans sa po*e1 puis il att5d que la socit pr5ne cong4 ,il conduit son neveu dans sa *ambre4 ,il revi5t aprs cela racont] sa femme et sa fille le malheur du jeune c\s94 ,le l5dema91 il l'in=me froidem5t lui-mme et le laisse dans le dsespoir et dans les l>mes2 puis il va tranquillem5t a*et] des prairies sur la ,loire1 et fait le compte m9utieux de ce qu'il gagn]a en plantant des peupli]s sur le bord de la rivire et en les faisant crotre aux frais du g\v]nem5t2 il r5tre1 heureux d'un m>* qui lui assure un norme bnfice4 ,p5dant ce temps-l1 sa fille ,eugnie desc5d au j>d9 et rve la fois d'am\r et de piti p\r le jeune homme enf]m dans sa d\leur4 ,la description de ce sauvage j>d9 e/ digne de ,paul et ,virg9ie4 ,dans la vie *a/e et monotone des jeunes filles1 il vi5t une heure dlicieuse o le soleil pur pan*e ses rayons dans l'me1 o la fleur exprime ses p5ses1 o les palpitations du coeur communiqu5t au c]veau leur *aude fcondance1 et fond5t les ides en un vague dsir2 j\r d'innoc5te mlancolie et de suaves joyeusets4 ,qu& les enfants comm5c5t voir1 ils s\ri5t2 qu& une fille entrevoit le s5tim5t dans la nature1 elle s\rit comme elle s\riait enfant4 ,si la lumire e/ le premi] am\r de la vie1 l'am\r n'e/-il pas la lumire du coeur8 ,le mom5t de voir clair aux *oses d'ici-bas tait arriv p\r ,eugnie4 ,mat9ale comme t\tes les filles de prov9ce1 elle se leva de bonne heure1 fit sa prire1 et comm5a l'oeuvre de sa toilette1 occupation qui dsormais allait avoir un s5s4 ,elle lissa d'abord ses *eveux *ta9s1 tordit leurs grosses nattes au-dessus de sa tte avec le plus gr& so91 en vitant que les *eveux ne s'*appass5t de leurs tresses1 et introduisit dans sa coiffure une symtrie qui rehaussa la timide c&eur de son visage1 en accordant la simplicit des accessoires la navet des lignes4 ,en se lavant plusieurs fois les ma9s dans de l'eau pure qui lui durcissait et r\gissait la peau1 elle reg>da ses beaux bras ronds1 et se dem&a ce que faisait son c\s9 p\r avoir les ma9s si mollem5t blan*es1 les ongles si bi5 faonns4 ,elle mit des bas neufs et ses plus jolis s\li]s4 ,elle se laa droit1 sans pass] d'oeillets4 ,enf91 s\haitant1 p\r la premire fois de sa vie1 de p>atre son avantage1 elle connut le bonheur d'avoir une robe fra*e1 bi5 faite1 et qui la r5dait attrayante4 ,qu& sa toilette fut a*eve1 elle ent5dit sonn] l'horloge de la p>oisse1 et s'tonna de ne compt] que sept heures4 ,le dsir d'avoir t\t le temps ncessaire p\r se bi5 habill] l'avait fait lev] trop tt4 ,ignorant l'art de remani] dix fois une b\cle de *eveux et d'en tudi] l'effet1 ,eugnie se croisa t\t bonnem5t les bras1 s'assit sa f5tre1 contempla la c\r1 le j>d9 troit et les hautes t]rasses qui le dom9ai5t2 vue mlancolique1 borne1 mais qui n'tait pas dp\rvue des my/rieuses beauts p>ticulires aux endroits solitaires ou la nature inculte4 ,auprs de la cuis9e se tr\vait un puits ent\r d'une m>gelle1 et p\lie ma9t5ue dans une bran*e de f] c\rbe1 qu'embrassait une vigne aux pampres fltris1 r\gis1 br\is p> la saison4 ,de l1 le tortueux s>m5t gagnait le mur1 s'y atta*ait1 c\rait le long de la maison1 et f9issait sur un b*] o le bois tait rang avec autant d'exactitude que peuv5t l'tre les livres d'un bibliophile4 ,le pav de la c\r (frait ces te9tes noirtres produites avec le temps p> les m\sses1 p> les h]bes1 p> le dfaut de m\vem5t4 ,les murs pais prs5tai5t leur *emise v]te1 onde de longues traces brunes4 ,enf9 les huit m>*es qui rgnai5t au fond de la c\r et m5ai5t la porte du j>d9 tai5t disjo9tes et ensevelies s\s de hautes plantes comme le tombeau d'un *evali] ent]r p> sa veuve au temps des croisades4 ,au-dessus d'une assise de pi]res t\tes ronges s'levait une grille de bois p\rri1 moiti tombe de vtu/1 mais laquelle se m>iai5t leur gr des plantes grimpantes4 ,de *aque ct de la porte claire-voie s'avanai5t les rameaux tortus de deux pommi]s rab\gris4 ,trois alles p>allles1 sables et sp>es p> des c>rs dont les t]res tai5t ma9t5ues au moy5 d'une bordure en buis1 composait ce j>d9 que t]m9ait1 au bas de la t]rasse1 un c\v]t de tilleuls4 un b\t1 des framboisi]s2 l'autre1 un imm5se noy] qui incl9ait ses bran*es jusque sur le cab9et du tonneli]4 ,un j\r pur et le beau soleil des automnes naturels aux rives de la ,loire comm5ai5t dissip] le glacis imprim p> la nuit aux pittoresques objets1 aux murs1 aux plantes qui meublai5t ce j>d9 et la c\r4 ,eugnie tr\va des *>mes t\t n\veaux dans l'aspect de ces *oses1 aup>avant si ord9aires p\r elle4 ,mille p5ses confuses naissai5t dans son me et y croissai5t mesure que croissai5t au dehors les rayons du soleil4 ,elle eut enf9 ce m\vem5t de plaisir vague1 inexplicable1 qui enveloppe l'tre moral1 comme un nuage envelopp]ait l'tre physique4 ,ses rflexions s'accordai5t avec les dtails de ce s+uli] paysage1 et les h>monies de son coeur fir5t alliance avec les h>monies de la nature4 ,qu& le soleil atteignit un pan de mur1 d'o tombai5t des *eveux de ,vnus aux feuilles paisses c\leurs *angeantes comme la gorge des pigeons1 de cle/es rayons d'esprance illum9r5t l'av5ir p\r ,eugnie1 qui dsormais se plut reg>d] ce pan de mur1 ses fleurs ples1 ses clo*ettes bleues et ces h]bes fanes1 auxquelles se mla un s\v5ir gracieux comme ceux de l'enfance4 ,le bruit que *aque feuille produisait dans cette c\r sonore1 en se dta*ant de son rameau1 donnait une rponse aux secrtes int]rogations de la jeune fille1 qui s]ait re/e l p5dant t\te la j\rne sans s'ap]cevoir de la fuite des heures4 ,puis v9r5t de tumultueux m\vem5ts d'me4 ,elle se leva frquemm5t1 se mit devant son miroir1 et s'y reg>da comme un auteur de bonne foi contemple son oeuvre p\r se critiqu] et se dire des injures lui-mme4 ,je ne suis pas assez belle p\r lui4 ,telle tait la p5se d',eugnie1 p5se humble et f]tile en s\ffrances4 ,la pauvre fille ne se r5dait pas ju/ice2 mais la mode/ie1 ou mieux la cra9te1 e/ une des premires v]tus de l'am\r4 ,eugnie app>t5ait bi5 ce type d'enfants =tem5t con/itus1 comme ils le sont dans la petite b\rgeoisie1 et dont les beauts p>aiss5t vulgaires2 mais1 si elle ressemblait ,vnus de ,milo1 ses =mes tai5t ennoblies p> cette suavit du s5tim5t *rti51 qui purifie la femme et lui donne une di/9ction inconnue aux sculpteurs anci5s4 ,elle avait une tte norme1 le front mascul91 mais dlicat1 du ,jupit] de ,phidias1 et des yeux gris auxquels sa *a/e vie1 en s'y portant t\t entire1 imprimait une lumire jaillissante4 ,les traits de son visage rond1 jadis frais et rose1 avai5t t grossis p> une petite vrole assez clm5te p\r n'y po9t laiss] de traces1 mais qui avait dtruit le vel\t de la peau1 nanmo9s si d\ce et si f9e encore que le pur bais] de sa mre y traait passagrem5t une m>que r\ge4 ,son nez tait un peu trop =t1 mais il s'h>moniait avec une b\*e d'un r\ge de m9ium1 dont les lvres mille raies tai5t ple9es d'am\r et de bont4 ,le col avait une rondeur p>faite4 ,le corsage bomb1 soigneusem5t voil1 attirait le reg>d et faisait rv]2 il manquait sans d\te un peu de la grce due la toilette2 mais1 p\r les connaisseurs1 la non-flexibilit de cette haute taille devait tre un *>me4 ,eugnie1 gr&e et =te1 n'avait donc ri5 du joli qui plat aux masses2 mais elle tait belle de cette beaut si facile reconnatre1 et dont s'pr5n5t seulem5t les arti/es4 ,le pe9tre qui *]*e ici-bas un type la cle/e puret de ,m>ie1 qui dem&e t\te la nature fm99e ces yeux mode/em5t fi]s dev9s p> ,raphal1 ces lignes vi]ges1 s\v5t dues aux has>ds de la conception1 mais qu'une vie *rti5ne et pudique peut seule cons]v] ou faire acqurir2 ce pe9tre1 am\reux d'un si r>e modle1 et tr\v t\t c\p dans le visage d',eugnie la noblesse inne qui s'ignore2 il et vu s\s un front calme un monde d'am\r1 et1 dans la c\pe des yeux1 dans l'habitude des paupires1 le je ne sais quoi div94 ,ses traits1 les cont\rs de sa tte1 que l'expression du plaisir n'avait jamais ni altrs ni fatigus1 ressemblai5t aux lignes d'horizon si d\cem5t tran*es dans le lo9ta9 des lacs tranquilles4 ,cette physionomie calme1 colore1 borde de lueur comme une jolie fleur close1 reposait l'me1 communiquait le *>me de la consci5ce qui s'y refltait1 et comm&ait le reg>d4 ,eugnie tait encore sur la rive de la vie o fleuriss5t les illusions enfant9es1 o se cueill5t les m>gu]ites avec des dlices plus t>d inconnues4 ,aussi se dit-elle en se mirant1 sans savoir encore ce qu'tait l'am\r3 ,je suis trop laide1 il ne f]a pas att5tion moi4 ,puis elle ouvrit la porte de sa *ambre qui donnait sur l'escali]1 et t5dit le c\ p\r c\t] les bruits de la maison4 ,il ne se lve pas1 p5sa-t-elle en ent5dant la t\ss]ie mat9ale de ,nanon1 et la bonne fille allant1 v5ant1 balayant la salle1 allumant son feu1 en*anant le *i5 et p>lant ses btes dans l'curie4 ,aussitt ,eugnie desc5dit1 et c\rut ,nanon qui trayait la va*e4 ,nanon1 ma bonne ,nanon1 fais donc de la crme p\r le caf de mon c\s94 --,mais1 mademoiselle1 il aurait fallu s'y pr5dre hi]1 dit ,nanon1 qui p>tit d'un gros clat de rire4 ,je ne peux pas faire de la crme4 ,votre c\s9 e/ mignon1 mignon1 mais vraim5t mignon4 ,v\s ne l'avez pas vu dans sa *ambrel\que de soie et d'or4 ,je l'ai vu1 moi4 ,il porte du l+e f9 comme celui du surplis de ,m4 le cur4 --,nanon1 fais-n\s donc de la galette4 --,et qui me donn]a du bois p\r le f\r1 et de la f>9e1 et du beurre8 dit ,nanon1 laquelle1 en sa qualit de premi] m9i/re de ,gr&et1 pr5ait p>fois une importance norme aux yeux d',eugnie et de sa mre4 ,faut-il pas le vol]1 cet homme1 p\r ft] votre c\s98 ,dem&ez-lui du beurre1 de la f>9e1 du bois2 il e/ votre pre1 il peut v\s en donn]4 ,t5ez1 le voil qui desc5d p\r voir aux provisions444 ,eugnie se sauva dans le j>d91 t\t p\vante en ent5dant trembl] l'escali] s\s le pas de son pre4 ,elle pr\vait dj les effets de cette pr(onde pudeur et de cette consci5ce p>ticulire de notre bonheur qui n\s fait croire1 non sans raison peut-tre1 que nos p5ses sont graves sur notre front et saut5t aux yeux d'autrui4 ,en s'ap]cevant enf9 du froid dnm5t de la maison pat]nelle1 la pauvre fille concevait une sorte de dpit de ne p\voir la mettre en h>monie avec l'lgance de son c\s94 ,elle pr\va un beso9 passionn de faire quelque *ose p\r lui3 quoi8 elle n'en savait ri54 ,nave et vraie1 elle se laissait all] sa nature anglique sans se dfi] ni de ses impressions ni de ses s5tim5ts4 ,le seul aspect de son c\s9 avait veill *ez elle les p5*ants naturels de la femme1 et ils dur5t se dploy] d'autant plus vivem5t qu'ayant atte9t sa v+t-troisime anne1 elle se tr\vait dans la plnitude de son intellig5ce et de ses dsirs4 ,p\r la premire fois1 elle eut dans le coeur de la t]reur l'aspect de son pre1 vit en lui le matre de son sort1 et se crut c\pable d'une faute en lui taisant quelques p5ses4 ,elle se mit m>*] pas prcipits1 en s'tonnant de respir] un air plus pur1 de s5tir les rayons du soleil plus vivifiants1 et d'y puis] une *aleur morale1 une vie n\velle4 ,p5dant qu'elle *]*ait un artifice p\r obt5ir la galette1 il s'levait entre la gr&e ,nanon et ,gr&et une de ces qu]elles aussi r>es entre eux que le sont les hirondelles en hiv]4 ,muni de ses clefs1 le bonhomme tait v5u p\r mesur] les vivres ncessaires la consommation de la j\rne4 ,re/e-t-il du pa9 d'hi]8 dit-il ,nanon4 ,gr&et sort et v5d p\r #bjj1jjj francs de ses v9s en se prom5ant sur la place devant le caf2 et les deux femmes vont p> piti et les pi$s nus c\t] la porte du c\s9 les gmissem5ts de sa d\leur4 ,eugnie s'enh>dit entr] un de ses sanglots2 elle le voit dans son dsespoir et se retire plus att5drie que jamais4 ,que fait-il8 dit ,gr&et la s]vante ,nanon4 --,il dort4 --,tant mieux1 il n'a pas beso9 de b\gie4 ,il veut pr(it] de l'occasion p\r un d\ble c\p d'av>e4 ,il fait v5ir un de ses confid5ts de ,saumur1 le *>ge d'all] ,p>is ngoci] un accommodem5t avec les cranci]s de son frre mort4 ,il lui donne #ejj1jjj francs p\r les ds9tress]2 mais1 p\r gagn] plus encore sur cette opration1 il rassemble t\t son or c]cl en b>ils1 et va dans la nuit les *ang] en effets ,nantes1 de faon bnfici] encore #dj1jjj francs sur le prix de l'or4 ,puis1 la r5te sur l'tat tant #ij alors1 il place un million sur la r5te1 rev5u net sans impts1 et le confie le mat9 son fond de p\voirs4 ,l'am\r naissant cont9uait clore2 le mat91 le neveu et la c\s9e causai5t ensemble dans le petit j>d91 l'ombre du noy]4 ,ils avai5t *ang en secret un somptueux ncessaire de voyage qui lui v5ait de sa mre contre des pices d'or r>es recueillies p> le pre ,gr&et1 et dont il faisait de temps en temps cadeau sa fille p\r les lui r$em&] qu& il v\lait les contempl] ou en j\ir4 ,c'tait une gr&e imprud5ce ,eugnie4--,c'e/ a9si que l'am\r naissait4 ,n'y a-t-il pas1 dit ,balzac1 de gracieuses similitudes entre les comm5cem5ts de l'am\r et ceux de la vie1 et ne b]ce-t-on pas l'enfant p> de d\x *ants et d'aimables reg>ds8 ,ne lui dit-on pas de m]veilleuses hi/oires qui lui dor5t l'av5ir8 ,p\r lui1 l'esprance ne dploie-t-elle pas incessamm5t ses ailes radieuses8 ,ne v]se-t-il pas t\r t\r des l>mes de joie et de d\leur8 ,ne se qu]elle-t-il pas p\r des ri5s1 p\r des caill\x avec lesquels il essaye de se btir un mobile palais1 p\r des b\quets aussitt oublis que c\ps8 ,n'e/-il pas avide de saisir le temps1 d'avanc] dans la vie8 ,l'am\r e/ notre seconde trans=mation4 ,l'enfance et l'am\r fur5t mme *ose entre ,eugnie et ,*>les3 ce fut la passion premire avec t\s ses enfantillages1 d'autant plus c>essants p\r leurs coeurs qu'ils tai5t envelopps de mlancolie4 ,en se dbattant1 sa naissance1 s\s les crpes du deuil1 cet am\r n'en tait d'ailleurs que mieux en h>monie avec la simplicit prov9ciale de cette maison en ru9e4 ,en *angeant quelques mots avec sa c\s9e au bord du puits1 dans cette c\r muette2 en re/ant dans ce j>d9et1 assis sur un banc m\ssu jusqu' l'heure o le soleil se c\*ait1 occups se dire de gr&s ri5s ou recueillis dans le calme qui rgnait entre le remp>t et la maison1 comme on l'e/ s\s les arcades d'une glise1 ,*>les comprit la sa9tet de l'am\r4 ,,viii4 ,le pre ,gr&et s'tait dcid pay] le voyage de son neveu p\r les ,indes jusqu' l'emb>quem5t ,nantes4 ,le neveu1 de son ct1 avait crit ,p>is de v5dre t\s ses objets p]sonnels2 il en avait reu un peu d'arg5t2 il montra de plus son oncle des bij\x4 ,l'oncle lui proposa d'all] les v5dre p\r lui dans la ville1 en ret5ant un c]ta9 bnfice4 ,*>les1 son neveu1 donna en s\v5irs quelques petits bij\x sa tante1 son oncle et sa c\s9e4 ,il donna ,eugnie et il en reut le premi] bais] furtif1 dans le c\loir1 entre deux portes3 ,*re ,eugnie1 lui murmura-t-il1 un c\s9 e/ mieux qu'un frre1 il peut t'p\s]6 --,a9si soit-il1 dit ,nanon4 ,enf9 ils se jurr5t m>iage et t]nel am\r au mom5t o ,*>les lui remit sa cassette en secret4 ,*>les p>tit4 ,t\t tait en l>mes4 --,bon voyage6 s'cria l'oncle dlivr du f>deau des conv5ances4 ,,ix4 ,l'oncle rvisa sa =tune4 ,il obt9t aism5t le dsi/em5t des cranci]s de son frre #dg p\r #ajj4 ,sa ri*esse lui s'levait alors une inscription de c5t mille livres de r5te ,p>is1 deux millions quatre c5t mille francs en or2 la t]re de ,froidfond et t\s ses bi5s aut\r de ,saumur3 le t\t appro*ant de dix-sept millions4 ,sa p>cimonie et ses ruses ne faisai5t que crotre4 ,eugnie1 p5dant ce temps-l1 priait p\r ,*>les4 ,cep5dant le j\r de l'preuve tait arriv2 une angoisse t]rible pesait sur la mre et la fille4 ,elles fir5t t\t p\r di/raire le pre ,gr&et1 t\t fut inutile4 ,p\r ,*>les1 se disait ,eugnie1 je s\ffrirais mille morts6 ,je n'av\]ai ri56 cette p5se1 elle jetait sa mre des reg>ds flamboyants de c\rage4 te t\t cela1 dit ,gr&et ,nanon1 qu&1 v]s onze heures1 le djeun] fut a*ev2 mais laisse-n\s la table4 ,n\s s]ons plus l'aise p\r voir ton petit trsor1 dit-il en reg>dant ,eugnie4 ,petit6 ma foi1 non4 ,tu possdes1 valeur intr9sque1 c9q mille neuf c5t c9quante-neuf francs1 et qu>ante de ce mat91 cela fait six mille francs mo9s un4 ,eh bi56 je te donn]ai1 moi1 ce franc p\r complt] la somme1 p>ce que1 vois-tu1 fifille4444 ,eh bi56 p\rquoi n\s c\tes-tu8 ,montre-moi tes talons1 ,nanon1 et va faire ton ouvrage1 dit le bonhomme4 ,nanon disp>ut4 c\te1 ,eugnie1 il faut que tu me donnes ton or4 ,tu ne le refus]as pas ton ppre1 ma petite fifille1 he98 ,les deux femmes tai5t muettes4 ,je n'ai plus d'or1 moi4 ,j'en avais1 je n'en ai plus4 ,je te r5drai six mille francs en livres1 et tu vas les plac] comme je vais te le dire4 ,il ne faut plus p5s] au d\za94 ,qu& je te m>i]ai1 ce qui s]a bi5tt1 je te tr\v]ai un futur qui p\rra t'(frir le plus beau d\za9 dont on aura jamais p>l dans la prov9ce4 c\te donc1 fifille4 ,il se prs5te une belle occasion3 tu peux mettre tes six mille francs dans le g\v]nem5t1 et tu en auras t\s les six mois prs de deux c5ts francs d'intrts1 sans impts1 ni rp>ations1 ni grle1 ni gele1 ni m>e1 ni ri5 de ce qui tracasse les rev5us4 ,tu rpugnes peut-tre te sp>] de ton or1 he91 fifille8 ,apporte-le-moi t\t de mme4 ,je te ramass]ai des pices d'or1 des holl&aises1 des portugaises1 des r\pies du ,mogol1 des gnov9es2 et1 avec celles que je te donn]ai tes ftes1 en trois ans tu auras rtabli la moiti de ton joli petit trsor en or4 ,que dis-tu1 fifille8 ,lve donc le nez4 ,allons1 va le *]*]1 le mignon4 ,tu devrais me bais] sur les yeux p\r te dire a9si des secrets et des my/res de vie et de mort p\r les cus4 ,vraim5t les cus viv5t et gr\ill5t comme des hommes3 a va1 a vi5t1 a sue1 a produit4 ,eugnie se leva2 mais1 aprs avoir fait quelques pas v]s la porte1 elle se ret\rna brusquem5t1 reg>da son pre en face et lui dit3 ,je n'ai plus mon or4 --,tu n'z plus ton or6 s'cria ,gr&et en se r$ressant sur ses j>rets comme un *eval qui ent5d tir] le canon dix pas de lui4 --,non1 je ne l'ai plus4 --,tu te trompes1 ,eugnie4 --,non4 --,p> la s]pette de mon pre6 ,qu& le tonneli] jurait a9si1 les plan*]s tremblai5t4 ,bon sa9t bon ,dieu6 voil madame qui plit1 cria ,nanon4 --,gr&et1 ta colre me f]a m\rir1 dit la pauvre femme4 --,ta1 ta1 ta1 ta1 v\s autres1 v\s ne m\rez jamais dans votre famille6 ,eugnie1 qu'avez-v\s fait de vos pices8 cria-t-il en fondant sur elle4 --,monsieur1 dit la fille aux g5\x de ,mme ,gr&et1 ma mre s\ffre beauc\p4 ,voyez1 ne la tuez pas4 ,gr&et fut p\vant de la pleur rp&ue sur le te9t de sa femme1 nagure si jaune4 ,nanon1 v5ez m'aid] me c\*]1 dit la mre d'une voix faible4 ,je meurs4 ,aussitt ,nanon donna le bras sa matresse2 autant en fit ,eugnie1 et ce ne fut pas sans des pe9es inf9ies qu'elles pur5t la mont] *ez elle1 c> elle tombait en dfaillance de m>*e en m>*e4 ,gr&et re/a seul4 ,nanmo9s1 quelques mom5ts aprs1 il monta sept ou huit m>*es1 et cria3 ,eugnie1 qu& votre mre s]a c\*e1 v\s desc5drez4 --,oui1 mon pre4 ,elle ne t>da pas v5ir1 aprs avoir rassur sa mre4 ,ma fille1 lui dit ,gr&et1 v\s allez me dire o e/ votre trsor4 --,mon pre1 si v\s me faites des prs5ts dont je ne sois pas entirem5t matresse1 repr5ez-les1 rpondit froidem5t ,eugnie en *]*ant le napolon sur la *em9e et le lui prs5tant4 ,gr&et saisit vivem5t le napolon et le c\la dans son g\sset4 ,je crois bi5 que je ne te donn]ai plus ri54 ,pas seulem5t a6 dit-il en faisant claqu] l'ongle de son p\ce s\s sa matresse d5t4 ,v\s mprisez donc votre pre1 v\s n'avez donc pas confiance en lui1 v\s ne savez donc pas ce que c'e/ qu'un pre8 ,s'il n'e/ pas t\t p\r v\s1 il n'e/ ri54 ,o e/ votre or8 --,mon pre1 je v\s aime et v\s respecte1 malgr votre colre2 mais je v\s f]ai =t humblem5t obs]v] que j'ai v+t-deux ans4 ,v\s m'avez assez s\v5t dit que je suis majeure1 p\r que je le sa*e4 ,j'ai fait de mon arg5t ce qu'il m'a plu d'en faire1 et soyez sr qu'il e/ bi5 plac4444 --,o8 --,c'e/ un secret inviolable1 dit-elle4 ,n'avez-v\s pas vos secrets8 --,ne suis-je pas le *ef de ma famille8 ne puis-je avoir mes affaires8 --,c'e/ aussi mon affaire4 --,cette affaire doit tre mauvaise1 si v\s ne p\vez pas la dire votre pre1 mademoiselle ,gr&et4 --,elle e/ excell5te1 et je ne puis pas la dire mon pre4 --,au mo9s1 qu& avez-v\s donn votre or8 ,eugnie fit un signe de tte ngatif4 ,v\s l'aviez encore le j\r de votre fte1 he98 ,eugnie1 dev5ue aussi ruse p> am\r que son pre l'tait p> av>ice1 rxra le mme signe de tte4 ,mais on n'a jamais vu p>eil enttem5t1 ni vol p>eil1 dit ,gr&et d'une voix qui alla cresc5do et qui fit graduellem5t ret5tir la maison4 ,comm5t6 ici1 dans ma propre maison1 *ez moi1 quelqu'un aura pris ton or6 le seul or qu'il y avait6 et je ne saurai pas qui6 ,l'or e/ une *ose *re4 ,les plus honntes filles peuv5t faire des fautes1 donn] je ne sais quoi3 cela se voit *ez les gr&s seigneurs et mme *ez les b\rgeois2 mais donn] de l'or1 c> v\s l'avez donn quelqu'un1 he98 ,eugnie fut impassible4 ,a-t-on vu p>eille fille6 ,e/-ce moi qui suis votre pre8 ,si v\s l'avez plac1 v\s en avez un reu4444 --tais-je libre1 oui ou non1 d'en faire ce que bon me semblait8 tait-ce moi8 --,mais tu es un enfant4 --,majeure4 ,abas\rdi p> la logique de sa fille1 ,gr&et plit1 trpigna1 jura2 puis tr\vant enf9 des p>oles1 il cria3 ,maudit s]p5t de fille6 ,ah6 mauvaise gra9e1 tu sais bi5 que je t'aime1 et tu en abuses4 ,elle gorge son pre6 ,p>dieu1 tu auras jet notre =tune aux pi$s de ce va-nu-pi$s qui a des bottes de m>oqu94 ,p> la s]pette de mon pre6 je ne peux pas te d%rit]1 nom d'un tonneau6 mais je te maudis1 toi1 ton c\s9 et tes enfants6 ,tu ne v]ras ri5 arriv] de bon de t\t cela1 ent5ds-tu8 ,si c'tait ,*>les que4444 ,mais1 non ce n'e/ pas possible4 ,quoi6 ce m*ant mirliflor m'aurait dvalis4444 ,il reg>da sa fille qui re/ait muette et froide4 ,elle ne b\g]a pas1 elle ne s\rcill]a pas1 elle e/ plus ,gr&et que je ne suis ,gr&et4 ,tu n'z pas donn ton or p\r ri51 au mo9s8 ,voyons1 dis4 ,eugnie reg>da son pre1 en lui jetant un reg>d ironique qui l'(f5sa4 ,eugnie1 v\s tes *ez moi1 *ez votre pre4 ,v\s devez1 p\r y re/]1 v\s s\mettre ses ordres4 ,les prtres v\s ordonn5t de m'obir4 ,eugnie baissa la tte4 ,v\s m'(f5sez dans ce que j'ai de plus *]1 reprit-il1 je ne veux v\s voir que s\mise4 ,allez dans votre *ambre4 ,v\s y demeur]ez jusqu' ce que je v\s p]mette d'en sortir4 ,nanon v\s y port]a du pa9 et de l'eau4 ,v\s m'avez ent5du1 m>*ez6 ,x4 ,cette rclusion inexplique et prolonge fit beauc\p de tort l'av>e4 ,son notaire et ami ,cru*ot =a la porte et lui rvla que ses svices p\vai5t contra9dre sa fille1 dsormais majeure1 dem&] la licitation de ses bi5s4 ,il frmit et se disposait *ang] qu&1 p5dant une de ses abs5ces1 ,eugnie apporta secrtem5t la cassette de ,*>les sur le lit de sa mre et que les deux victimes se mir5t l'exam9]4 ,elles t5ai5t en ma9 le portrait3 ,c'e/ t\t fait son front et sa b\*e6 disait ,eugnie au mom5t o le vign]on ouvrit la porte4 ,au reg>d que jeta son m>i sur l'or1 ,mme ,gr&et cria3 ,mon ,dieu1 ayez piti de n\s6 ,le bonhomme sauta sur le ncessaire comme un tigre fond sur un enfant endormi4 ,qu'e/-ce que c'e/ que cela8 dit-il en emportant le trsor et allant se plac] la f5tre4 ,du bon or6 de l'or6 s'cria-t-il4 ,beauc\p d'or6 a pse deux livres4 ,ah6 ah6 ,*>les t'a donn cela contre tes belles pices4 ,he96 p\rquoi ne me l'avoir pas dit8 ,c'e/ une bonne affaire1 fifille6 ,tu es ma fille1 je te reconnais4 ,eugnie tremblait de t\s ses membres4,n'e/-ce pas1 ceci e/ ,*>les8 reprit le bonhomme4 --,oui1 mon pre1 ce n'e/ pas moi4 ,ce meuble e/ un dpt sacr4 --,ta1 ta1 ta1 il a pris ta =tune1 faut te rtablir ton petit trsor4 --,mon pre6444 ,le bonhomme v\lut pr5dre son c\teau p\r faire saut] une plaque d'or1 et fut oblig de pos] le ncessaire sur une *aise4 ,eugnie s'lana p\r le ressaisir2 mais le tonneli]1 qui avait t\t la fois l'oeil sa fille et au c(fret1 la rep\ssa si violemm5t en t5dant le bras1 qu'elle alla tomb] sur le lit de sa mre4 ,monsieur1 monsieur6 cria la mre en se dressant sur son lit4 ,gr&et avait tir son c\teau et s'apprtait s\lev] l'or4 ,mon pre1 cria ,eugnie en se jetant g5\x et m>*ant a9si p\r arriv] plus prs du bonhomme et lev] les ma9s v]s lui1 mon pre1 au nom de t\s les sa9ts et de la ,vi]ge1 au nom du ,*ri/1 qui e/ mort sur la croix1 au nom de votre salut t]nel1 mon pre1 au nom de ma vie1 ne t\*ez pas ceci6 ,cette toilette n'e/ ni v\s ni moi2 elle e/ un malheureux p>5t qui me l'a confie1 et je dois la lui r5dre intacte4 --,p\rquoi la reg>dais-tu1 si c'e/ un dpt8 ,voir1 c'e/ pis que t\*]4 --,mon pre1 ne la dtruisez pas1 ou v\s me d%onorez4 ,mon pre1 ent5dez-v\s8 --,monsieur1 grce6 dit la mre4 --,mon pre6 cria ,eugnie d'une voix si clatante que ,nanon effraye monta4 ,eugnie sauta sur un c\teau qui tait sa porte et s'en arma4 --,eh bi56 lui dit froidem5t ,gr&et en s\riant froid4 --,monsieur1 monsieur1 v\s m'assass9ez6 dit la mre4 --,mon pre1 si votre c\teau entame seulem5t une p>celle de cet or1 je me p]ce de celui-ci4 ,v\s avez dj r5du ma mre mortellem5t malade2 v\s tu]ez encore votre fille4 ,allez ma9t5ant2 blessure p\r blessure6 ,gr&et t9t son c\teau sur le ncessaire1 et reg>da sa fille en hsitant4 ,en s]ais-tu donc capable1 ,eugnie8 dit-il4 --,oui1 monsieur1 dit la mre4 --,elle le f]ait comme elle le dit1 cria ,nanon4 ,soyez donc raisonnable1 monsieur1 une fois dans votre vie4 ,le tonneli] reg>da l'or et sa fille alt]nativem5t p5dant un in/ant4 ,mme ,gr&et s'van\it4 ,l1 voyez-v\s1 mon *] monsieur8 madame se meurt1 cria ,nanon4 --,ti5s1 ma fille1 ne n\s br\illons pas p\r un c(fre4 ,pr5ds donc6 s'cria vivem5t le tonneli] en jetant la toilette sur le lit4 ,toi1 ,nanon1 va *]*] ,m4 ,b]g]94 ,allons1 la mre1 dit-il en baisant la ma9 de sa femme1 ce n'e/ ri51 va3 n\s avons fait la paix4 ,pas vrai1 fifille8 ,plus de pa9 sec1 tu mang]as t\t ce que tu v\dras4 ,ah6 elle ouvre les yeux4 ,eh bi56 la mre1 mmre1 timre1 allons donc6 ,ti5s1 vois1 j'embrasse ,eugnie4 ,elle aime son c\s91 elle l'p\s]a si elle veut1 elle lui g>d]a le petit c(fre4 ,mais vis longtemps1 ma pauvre femme4 ,allons1 remue donc6 c\te1 tu auras le plus beau reposoir qui se soit jamais fait ,saumur4 --,mon ,dieu1 p\vez-v\s trait] a9si votre femme et votre enfant8 dit d'une voix faible ,mme ,gr&et4 --,je ne le f]ai plus1 plus1 cria le tonneli]4 ,tu vas voir1 ma pauvre femme4 ,il alla son cab9et1 et rev9t avec une poigne de l\is qu'il p>pilla sur le lit4 ,ti5s1 ,eugnie1 ti5s1 ma femme1 voil p\r v\s1 dit-il en maniant les l\is4 ,allons1 gaye-toi1 ma femme2 porte-toi bi52 tu ne manqu]as de ri51 ni ,eugnie non plus4 ,voil c5t l\is d'or p\r elle4 ,tu ne les donn]as pas1 ,eugnie1 ceux-l1 he98 ,mme ,gr&et et sa fille se reg>dr5t tonnes4 ,repr5ez-les1 mon pre2 n\s n'avons beso9 que de votre t5dresse4 --,eh bi56 c'e/ a1 dit-il en empo*ant les l\is2 vivons comme de bons amis4 ,desc5dons t\s dans la salle p\r dn]1 p\r j\] au loto t\s les soirs deux s\s4 ,faites vos f>ces6 ,he91 ma femme8 --,hlas6 je le v\drais bi51 puisque cela peut v\s tre agrable1 dit la m\rante2 mais je ne saurais me lev]4 --,pauvre mre1 dit le tonneli]1 tu ne sais pas combi5 je t'aime4 ,et toi1 ma fille6 ,il la s]ra1 l'embrassa4 ,oh6 comme c'e/ bon d'embrass] sa fille aprs une br\ille6 ma fifille6 ,ti5s1 vois-tu1 mmre1 n\s ne faisons qu'un ma9t5ant4 ,va donc s]r] cela1 dit-il ,eugnie en lui montrant le c(fret4 ,va1 ne cra9s ri54 ,je ne t'en p>l]ai plus1 jamais4 ,m4 ,b]g]91 le plus clbre mdec9 de ,saumur1 arriva bi5tt4 ,la consultation f9ie1 il dcl>a positivem5t ,gr&et que sa femme tait bi5 mal1 mais qu'un gr& calme d'esprit1 un rgime d\x et des so9s m9utieux p\rrai5t recul] l'poque de sa mort v]s la f9 de l'automne4 a cot]a-t-il *]8 dit le bonhomme2 faut-il des drogues8 --,peu de drogues1 mais beauc\p de so9s1 rpondit le mdec91 qui ne put ret5ir un s\rire4 --,enf91 monsieur ,b]g]91 rpondit ,gr&et1 v\s tes un homme d'honneur1 pas vrai8 ,je me fie v\s1 v5ez voir ma femme t\tes et quantes fois v\s le jug]ez conv5able4 ,cons]vez-moi ma bonne femme2 je l'aime beauc\p1 voyez-v\s1 sans que a p>aisse1 p>ce que1 *ez moi1 t\t se passe en d$ans et me trif\ille l'me4 ,j'ai du *agr94 ,le *agr9 e/ entr *ez moi avec la mort de mon frre1 p\r lequel je dp5se1 ,p>is1 des sommes444 les yeux de la tte1 enf96 et cela ne f9it po9t4 ,adieu1 monsieur2 si l'on peut sauv] ma femme1 sauvez-la1 qu& mme il faudrait dp5s] p\r a c5t ou deux c5ts francs4 ,,xi4 ,mme ,gr&et expira de ce d]ni] c\p4 ,eugnie et son pre re/r5t seuls dans la maison4 ,le pre ne songea qu' se prmunir contre la fille2 il lui s\tira une r5onciation de t\s les bi5s mat]nels1 et lui promit une p5sion de #a1bjj francs4 ,cela dura c9q ans4 ,en #ahbg1 le vieill>d m\rut la porte de son cab9et ple9 d'or4 ,eugnie fut reconnue possd] trois c5t mille livres de r5te dans l'arrondissem5t de ,saumur1 six millions tai5t placs en r5tes1 deux millions en or1 et la totalit passait dix-huit millions6 --,o donc e/ mon c\s98 dit-elle4 tr5te ans1 ,eugnie ne connaissait encore aucune des flicits de la vie4 ,sa ple et tri/e enfance s'tait c\le auprs d'une mre dont le coeur mconnu1 froiss1 avait t\j\rs s\ff]t4 ,en quittant avec joie l'exi/5ce1 cette mre plaignit sa fille d'avoir vivre1 et lui laissa dans l'me de lg]s remords et d't]nels regrets4 ,le premi]1 le seul am\r d',eugnie1 tait p\r elle un pr9cipe de mlancolie4 ,aprs avoir entrevu son amant p5dant quelques j\rs1 elle lui avait donn son coeur entre deux bais]s furtivem5t accepts et reu2 puis il tait p>ti1 mettant t\t un monde entre elle et lui4 ,cet am\r1 maudit p> son pre1 lui avait presque cot sa mre1 et ne lui causait que des d\leurs mles de frles esprances4 ,a9si1 jusqu'alors1 elle s'tait lance v]s le bonheur en p]dant ses =ces1 sans les *ang]4 ,dans la vie morale1 aussi bi5 que dans la vie physique1 il exi/e une aspiration et une respiration3 l'me a beso9 d'absorb] les s5tim5ts d'une autre me1 de se les assimil] p\r les lui re/itu] plus ri*es4 ,sans ce beau phnomne huma91 po9t de vie au coeur2 l'air lui manque alors1 il s\ffre et dprit4 ,eugnie comm5ait s\ffrir4 ,p\r elle1 la =tune n'tait ni un p\voir ni une consolation2 elle ne p\vait exi/] que p> l'am\r1 p> la religion1 p> la foi dans l'av5ir4 ,l'am\r lui expliquait l't]nit4 ,son coeur et l'vangile lui signalai5t deux mondes att5dre4 ,elle se plongeait nuit et j\r au se9 de deux p5ses inf9ies1 qui p\r elle peut-tre n'en faisai5t qu'une seule4 ,elle se retirait en elle-mme1 aimant et se croyant aime4 ,depuis sept ans1 sa passion avait t\t envahi4 ,ses trsors n'tai5t pas les millions dont les rev5us s'entassai5t1 mais le c(fret de ,*>les1 mais les deux portraits susp5dus son lit1 mais les bij\x ra*ets son pre1 tals orgueilleusem5t sur une c\*e de ouate dans un tiroir du bahut2 mais le d de sa tante1 duquel s'tait s]vie sa mre1 et que t\s les j\rs elle pr5ait religieusem5t p\r travaill] une brod]ie1 ouvrage de ,pnlope1 entrepris seulem5t p\r mettre son doigt cet or ple9 de s\v5irs4 ,il ne p>aissait pas vraisemblable que ,mlle ,gr&et v\lt se m>i] durant son deuil4 ,sa pit vraie tait connue4 ,aussi la famille ,cru*ot1 dont la politique tait sagem5t dirige p> le vieil abb1 se cont5ta-t-elle de c]n] l'hritire en l'ent\rant des so9s les plus affectueux4 ,*ez elle1 t\s les soirs1 la salle se remplissait d'une socit compose des plus *auds et des plus dv\s ,cru*ot9s du pays1 qui s'ef=ai5t de *ant] les l\anges de la matresse du logis sur t\s les tons4 ,elle avait le mdec9 ord9aire de sa *ambre1 son gr& aumni]1 son *ambellan1 sa premire dame d'at\rs1 son premi] m9i/re1 son *anceli] surt\t1 un *anceli] qui v\lait lui t\t dire4 ,l'hritire eut-elle dsir un porte-queue1 on lui en aurait tr\v un4 ,c'tait une re9e1 et la plus habilem5t adule de t\tes les re9es4 ,la flatt]ie n'mane jamais des gr&es mes2 elle e/ l'apanage des petits esprits1 qui russiss5t se rapetiss] encore p\r mieux entr] dans la sphre vitale de la p]sonne aut\r de laquelle ils gravit5t4 ,la flatt]ie s\s-ent5d un intrt4 ,aussi les p]sonnes qui v5ai5t meubl] t\s les soirs la salle de ,mlle ,gr&et1 nomme p> elles ,mlle de ,froidfond1 russissai5t-elles m]veilleusem5t l'accabl] de l\anges4 ,ce conc]t d'loges1 n\veau p\r ,eugnie1 la fit d'abord r\gir2 mais ins5siblem5t1 et quelque grossi]s que fuss5t les complim5ts1 son oreille s'acc\tuma si bi5 ent5dre vant] sa beaut1 que si quelque n\veau v5u l'et tr\ve laide1 ce repro*e lui aurait t plus s5sible alors que huit ans aup>avant4 ,puis elle f9it p> aim] des d\ceurs qu'elle mettait secrtem5t aux pi$s de son idole4 ,elle s'habitua donc p> degrs se laiss] trait] en s\v]a9e et voir sa c\r ple9e t\s les soirs4 ,m4 le prsid5t de ,bonfons tait le hros de ce petit c]cle1 o son esprit1 sa p]sonne1 son in/ruction1 son amabilit1 sans cesse tai5t vants4 ,l'un faisait obs]v] que1 depuis sept ans1 il avait beauc\p augm5t sa =tune2 que ,bonfons valait au mo9s dix mille francs de r5te et se tr\vait enclav1 comme t\s les bi5s des ,cru*ot1 dans les va/es doma9es de l'hritire4 ,savez-v\s1 mademoiselle1 disait un habitu1 que les ,cru*ot ont eux qu>ante mille livres de r5te8--,et leurs conomies1 repr5ait une vieille ,cru*ot9e1 ,mlle de ,gribeauc\rt4 ,un monsieur de ,p>is e/ v5u d]nirem5t (frir ,m4 ,cru*ot deux c5t mille francs de son tude4 ,il doit la v5dre1 s'il peut tre nomm juge de paix4--,il veut succd] ,m4 de ,bonfons dans la prsid5ce du tribunal1 et pr5d ses prcautions1 rpondit ,mme d',orsonval2 c> ,m4 le prsid5t devi5dra conseill]1 puis prsid5t la c\r1 il a trop de moy5s p\r ne pas arriv]4--,oui1 c'e/ un homme bi5 di/+u1 disait un autre4 ,ne tr\vez-v\s pas1 mademoiselle8 ,m4 le prsid5t avait t* de se mettre en h>monie avec le rle qu'il v\lait j\]4 ,malgr ses qu>ante ans1 malgr sa figure brune et rb>bative1 fltrie comme le sont presque t\tes les physionomies judiciaires1 il se mettait en jeune homme1 bad9ait avec un jonc1 ne pr5ait po9t de tabac *ez ,mlle de ,froidfond1 y arrivait t\j\rs en cravate blan*e et en *emise dont le jabot gros plis lui donnait un air de famille avec les individus du g5re d9don4 ,il p>lait familirem5t la belle hritire1 et lui disait3 ,notre *re ,eugnie6 ,enf91 hormis le nombre des p]sonnages1 en remplaant le loto p> le :i/ et en supprimant les figures de ,m4 et de ,mme ,gr&et1 la scne p> laquelle comm5ce cette hi/oire tait peu prs la mme que p> le pass4 ,la meute p\rsuivait t\j\rs ,eugnie et ses millions2 mais la meute plus nombreuse aboyait mieux1 et c]nait sa proie avec ensemble4 ,si ,*>les ft arriv du fond des ,indes1 il et donc retr\v les mmes p]sonnages et les mmes intrts4 ,mme des ,grass9s1 p\r laquelle ,eugnie tait p>faite de grce et de bont1 p]si/ait t\rm5t] les ,cru*ot4 ,mais alors1 comme autrefois1 la figure d',eugnie et dom9 le tableau2 comme autrefois1 ,*>les et encore t l le s\v]a94 ,nanmo9s il y avait un progrs4 ,le b\quet prs5t jadis ,eugnie au j\r de sa fte p> le prsid5t tait dev5u priodique4 ,t\s les soirs il apportait la ri*e hritire un gros et magnifique b\quet que ,mme ,cornoill] mettait o/5siblem5t dans un bocal1 et jetait secrtem5t dans un co9 de la c\r1 aussitt les visiteurs p>tis4 ,au comm5cem5t du pr9temps1 ,mme des ,grass9s essaya de tr\bl] le bonheur des ,cru*ot9s en p>lant ,eugnie du m>quis de ,froidfond1 dont la maison ru9e p\vait se relev] si l'hritire v\lait lui r5dre sa t]re p> contrat de m>iage4 ,mme des ,grass9s faisait sonn] haut la pairie1 le titre de m>quise1 et1 pr5ant le s\rire de dda9 d',eugnie p\r une approbation1 elle allait disant que le m>iage de ,m4 le prsid5t ,cru*ot n'tait pas aussi avanc qu'on le croyait4 ,quoique ,m4 de ,froidfond ait c9quante ans1 disait elle1 il ne p>at pas plus g que ne l'e/ ,m4 ,cru*ot2 il e/ veuf1 il a des enfants1 c'e/ vrai2 mais il e/ m>quis1 il s]a pair de ,france1 et1 p> le temps qui c\rt1 tr\vez donc des m>iages de cet acabit4 ,je sais de sci5ce c]ta9e que le pre ,gr&et1 en runissant t\s ses bi5s la t]re de ,froidfond1 avait l'int5tion de s'ent] sur les ,froidfond4 ,il me l'a s\v5t dit4 ,il tait mal91 le bonhomme6 --,comm5t1 ,nanon1 dit un soir ,eugnie en se c\*ant1 il ne m'crira pas une fois en sept ans8444 ,,xiii4 ,balzac conduit ce roman1 ou plutt cette hi/oire jusqu' la d]nire ironie de la de/9e4 ,eugnie reoit une lettre de son c\s9 qui lui annonce sa =tune faite et son ret\r pro*a94 ,elle se dispose l'p\s]4 ,mais1 en r\te1 il tr\ve une famille d'migrs qui ramne une jeune p]sonne dont le pre1 aim de ,*>les ,x1 peut leur promettre la faveur du roi4 ,il s'y atta*e1 et aprs quelques sema9es de sj\r ,p>is1 il crit une honnte dfaite sa c\s9e en lui r5voyant les dix mille francs qu'elle lui a prts et en lui r$em&ant sa cassette4 ,eugnie dvore ses l>mes1 et le roman du coeur f9it avec le roman d'am\r4 ,elle p\se sans gt ,m4 le prsid5t de ,bonfons1 p>ce qu'il dirige ses affaires2 et vit *a/em5t avec lui comme une d\airire de prov9ce1 ensevelie dans ses inutiles trsors4 ,voil ,eugnie ,gr&et1 visite un j\r p> un prcoce rayon d'am\r1 expiant1 p5dant le re/e de sa vie1 la frocit de son pre4 ,voil l'av>e6 bi5 autrem5t conu que celui de ,plaute1 de ,tr5ce ou de ,molire4 ,la comdie de c>actre va jusqu'au rire dans les c>icatures de ces gr&s comiques4 ,*ez ,balzac elle va jusqu'aux l>mes4 ,les uns se moqu5t ridiculem5t de l'av>e dans le mot fameux3 ,qu'allait-il faire dans cette galre8 ,l'autre fait dte/] le vice et har le vicieux4 ,mais ils criv5t en v]s immortels1 et ,balzac n'crit qu'en prose modele sur le coeur huma96 ,je le rpte avec conviction3 il a dans ses innombrables romans c5t fois dpass en inv5tion l'incomp>able ,molire4 ,on ne peut pas le l\] plus haut1 ce mot suffirait p\r sa gloire4 ,,lam>t9e4 7,la suite au pro*a9 entreti547 ,c,v,i,i,ie ,,entreti54 ,,balzac ,,et ,,ses ,,oeuvres4 7,,troisi,,me ,,p>tie47 ,i4 ,si n\s desc5dons plus bas dans les =mules du /yle et dans la comb9aison b\rgeoise de ses romans1 n\s arrivons la faute vulgaire du ,pre ,goriot et de ses deux filles4 ,on ne pe9t pas en c\leurs plus =tes les faiblesses c\pables d'un pre et les +ratitudes de ses enfants4 ,ni ,plaute1 ni ,tr5ce1 ni ,ari/ophane1 ni ,molire1 ne sont desc5dus jusqu' ces pr(ondeurs d'analyse d'un vice1 et n'ont pass p> le burlesque p\r arriv] au tragique4 ,%akspe>e seul l'aurait pu1 mais il ne l'a pas fait4 ,lisons rapidem5t le roman du ,pre ,goriot4 ,,ii4 ,madame ,vauqu]1 ne de ,conflans1 e/ une vieille femme qui1 depuis qu>ante ans1 ti5t ,p>is une p5sion b\rgeoise tablie rue ,neuve-,sa9te-,g5evive1 entre le qu>ti] lat9 et le faub\rg ,sa9t-,m>ceau4 ,cette p5sion1 connue s\s le nom de la ,maison ,vauqu]1 admet galem5t des hommes et des femmes1 des jeunes g5s et des vieill>ds1 sans que jamais la mdisance ait attaqu les moeurs de ce respectable tablissem5t4 ,mais aussi depuis tr5te ans ne s'y tait-il jamais vu de jeune p]sonne1 et1 p\r qu'un jeune homme y demeure1 sa famille doit-elle lui faire une bi5 maigre p5sion4 ,nanmo9s1 en #ahai1 poque laquelle ce drame comm5ce1 il s'y tr\vait une pauvre jeune fille4 ,en quelque discrdit que soit tomb le mot drame p> la manire abusive et tortionnaire dont il a t prodigu dans ces temps de d\l\reuse littrature1 il e/ ncessaire de l'employ] ici2 non que cette hi/oire soit dramatique dans le s5s vrai du mot1 mais1 l'oeuvre accomplie1 peut-tre aura-t-on v]s quelques l>mes intra muros et extra4 ,s]a-t-elle comprise au-del de ,p>is8 le d\te e/ p]mis4 ,les p>ticul>its de cette scne ple9e d'obs]vations et de c\leurs locales ne peuv5t tre apprcies qu'entre les buttes de ,montm>tre et les hauteurs de ,montr\ge1 dans cette illu/re valle de pltras incessamm5t prs de tomb]1 et de ruisseaux noirs de b\e2 valle remplie de s\ffrances relles1 de joies s\v5t fausses1 et si t]riblem5t agite1 qu'il faut je ne sais quoi d'exorbitant p\r y produire une s5sation de quelque dure4 ,cep5dant il s'y r5contre et l des d\leurs que l'agglomration des vices et des v]tus r5d gr&es et sol5nelles2 leur aspect1 les gsmes1 les intrts1 s'arrt5t et s'apitoi5t2 mais l'impression qu'ils en reoiv5t e/ comme un fruit sav\reux promptem5t dvor4 ,le *> de la civilisation1 semblable celui de l'idole de ,jagg]nat1 pe9e ret>d p> un coeur mo9s facile broy] que les autres et qui enraye sa r\e1 l'a bris bi5tt et cont9ue sa m>*e glorieuse4 ,a9si f]ez-v\s1 v\s qui t5ez ce livre d'une ma9 blan*e1 v\s qui v\s enfoncez dans un moelleux fauteuil en v\s disant3 ,peut-tre ceci va-t-il m'amus]4 ,aprs avoir lu les secrtes in=tunes du pre ,goriot1 v\s dn]ez avec apptit en mettant votre ins5sibilit sur le compte de l'auteur1 en le taxant d'exagration1 en l'accusant de posie4 ,ah6 sa*ez-le3 ce drame n'e/ ni une fiction1 ni un roman4 ,all is true2 il e/ si vritable que *acun peut en reconnatre les lm5ts *ez soi1 dans son coeur peut-tre4 ,la maison o s'exploite la p5sion b\rgeoise app>ti5t ,mme ,vauqu]4 ,elle e/ situe dans le bas de la rue ,neuve-,sa9te-,g5evive1 l'endroit o le t]ra9 s'abaisse v]s la rue de l',arbalte p> une p5te si brusque et si rude que les *evaux la mont5t ou la desc5d5t r>em5t4 ,cette circon/ance e/ favorable au sil5ce qui rgne dans ces rues s]res entre le dme du ,val-de-,grce et le dme du ,pan?on1 deux monum5ts qui *ang5t les conditions de l'atmosphre en y jetant des tons jaunes1 en y assombrissant t\t p> les te9tes svres que projett5t leurs c\poles4 ,l1 les pavs sont secs1 les ruisseaux n'ont ni b\e ni eau1 l'h]be crot le long des murs4 ,l'homme le plus ins\ciant s'y attri/e comme t\s les passants1 le bruit d'une voiture y devi5t un vnem5t1 les maisons y sont mornes1 les murailles y s5t5t la prison4 ,un ,p>isi5 g> ne v]rait l que des p5sions b\rgeoises ou des ,in/itutions1 de la misre ou de l'ennui1 de la vieillesse qui meurt1 de la joyeuse jeunesse contra9te travaill]4 ,nul qu>ti] de ,p>is n'e/ plus horrible1 ni1 disons-le1 plus inconnu4 ,la rue ,neuve-,sa9te-,g5evive surt\t e/ comme un cadre de bronze1 le seul qui convi5ne ce rcit1 auquel on ne saurait trop prp>] l'intellig5ce p> des c\leurs brunes1 p> des ides graves2 a9si que1 de m>*e en m>*e1 le j\r dim9ue et le *ant du conducteur se creuse1 alors que le voyageur desc5d aux ,catacombes4 ,comp>aison vraie6 ,qui dcid]a ce qui e/ plus horrible voir1 ou des coeurs dess*s1 ou des crnes vides8 ,la faade de la p5sion donne sur un j>d9et1 en sorte que la maison tombe angle droit sur la rue ,neuve-,sa9te-,g5evive1 o v\s la voyez c\pe dans sa pr(ondeur4 ,le long de cette faade1 entre la maison et le j>d9et1 rgne un caill\tis en cuvette1 l>ge d'une toise1 devant lequel e/ une alle sable1 borde de graniums1 de lauri]s-roses et de gr5adi]s plants dans de gr&s vases en faence bleue et blan*e4 ,on entre dans cette alle p> une porte bt>de1 surmonte d'un criteau sur lequel e/ crit3 ,,maison ,,vauqu]1 et dess\s3 ,p5sion b\rgeoise des deux sexes et autres4 ,p5dant le j\r1 une porte claire-voie1 arme d'une sonnette cri>de1 laisse ap]cevoir au b\t du petit pav1 sur le mur oppos la rue1 une arcade pe9te en m>bre v]t p> un arti/e du qu>ti]4 ,s\s le r5foncem5t que simule cette pe9ture1 s'lve une /atue reprs5tant l',am\r4 voir le v]nis caill qui la c\vre1 les amateurs de symboles y dc\vrirai5t peut-tre un my! de l'am\r p>isi51 qu'on gurit quelques pas de l4 ,s\s le socle1 cette inscription demi efface rappelle le temps auquel remonte cet ornem5t p> l'en?\siasme dont il tmoigne p\r ,voltaire1 r5tr dans ,p>is en #aggg3 ,qui que tu sois1 voici ton matre1 ,il l'e/1 le fut1 ou le doit tre4 la nuit tombante1 la porte claire-voie e/ remplace p> une porte ple9e4 ,le j>d9et aussi l>ge que la faade e/ longue1 se tr\ve encaiss p> le mur de la rue et p> le mur mitoy5 de la maison vois9e1 le long de laquelle p5d un manteau de li]re qui la ca*e entirem5t1 et attire les yeux des passants p> un effet pittoresque dans ,p>is4 ,*acun de ses murs e/ tapiss d'espali]s et de vignes dont les fructifications grles et p\dreuses sont l'objet des cra9tes annuelles de ,mme ,vauqu] et de ses conv]sations avec les p5sionnaires4 ,le long de *aque muraille rgne une troite alle qui mne un c\v]t de tilleuls1 mot que ,mme ,vauqu]1 quoique ne de ,conflans1 prononce ob/9m5t tieuilles1 malgr les obs]vations grammaticales de ses htes4 ,entre les deux alles latrales e/ un c>r d'arti*auts flanqu d'arbres fruiti]s en qu5\ille1 et bord d'oseille1 de laitue ou de p]sil4 ,s\s le c\v]t de tilleuls e/ plante une table ronde pe9te en v]t1 et ent\re de siges4 ,l1 durant les j\rs caniculaires1 les convives assez ri*es p\r se p]mettre de pr5dre du caf1 vi5n5t le sav\r] p> une *aleur capable de faire clore des oeufs4 ,la faade1 leve de trois tages et surmonte de mans>des1 e/ btie en moellons et badigeonne avec cette c\leur jaune qui donne un c>actre ignoble presque t\tes les maisons de ,p>is4 ,les c9q croises p]ces *aque tage ont de petits c>reaux et sont g>nies de jal\sies dont aucune n'e/ releve de la mme manire1 en sorte que t\tes leurs lignes jur5t entre elles4 ,la pr(ondeur de cette maison comporte deux croises1 qui1 au rez-de-*ausse1 ont p\r ornem5t des b>reaux de f]1 grillags4 ,d]rire le btim5t e/ une c\r l>ge d'environ v+t pi$s1 o viv5t en bonne intellig5ce des co*ons1 des p\les1 des lap9s1 et au fond de laquelle s'lve un hang> s]r] le bois4 ,entre ce hang> et la f5tre de la cuis9e se susp5d le g>de-mang]1 au-dess\s duquel tomb5t les eaux grasses de l'vi]4 ,cette c\r a sur la rue ,neuve-,sa9te-,g5evive une porte troite p> o la cuis9ire *asse les ordures de la maison en nettoyant cette s5t9e gr& r5=t d'eau1 s\s pe9e de pe/il5ce4 ,naturellem5t de/9 l'exploitation de la p5sion b\rgeoise1 le rez-de-*ausse se compose d'une premire pice claire p> les deux croises de la rue1 et o l'on entre p> une porte-f5tre4 ,ce salon communique une salle mang] qui e/ sp>e de la cuis9e p> la cage d'un escali] dont les m>*es sont en bois et en c>reaux mis en c\leur et frotts4 ,ri5 n'e/ plus tri/e voir que ce salon meubl de fauteuils et de *aises en t(fe de cr9 raies alt]nativem5t mates et luisantes4 ,au milieu se tr\ve une table ronde dessus de m>bre ,sa9te-,anne1 dcore de ce cab>et en porcela9e blan*e orne de filets d'or effacs demi1 que l'on r5contre p>t\t auj\rd'hui4 ,cette pice1 assez mal plan*ie1 e/ lambrisse hauteur d'appui4 ,le surplus des p>ois e/ t5du d'un papi] v]ni reprs5tant les pr9cipales scnes de ,tlmaque1 et dont les classiques p]sonnages sont coloris4 ,le panneau d'entre les croises grillages (fre aux p5sionnaires le tableau du fe/9 donn au fils d',ulysse p> ,calypso4 ,depuis qu>ante ans cette pe9ture excite les plaisant]ies des jeunes p5sionnaires1 qui se croi5t suprieurs leur position en se moquant du dn] auquel la misre les condamne4 ,la *em9e en pi]re1 dont le foy] t\j\rs propre atte/e qu'il ne s'y fait de feu que dans les gr&es occasions1 e/ orne de deux vases ple9s de fleurs artificielles1 vieillies et encages1 qui accompagn5t une p5dule en m>bre bleutre du plus mauvais gt4 ,cette premire pice exhale une odeur sans nom dans la langue1 et qu'il faudrait appel] l'odeur de p5sion4 ,elle s5t le r5f]m1 le moisi1 le rance2 elle donne froid1 elle e/ humide au nez1 elle pntre les vtem5ts2 elle a le gt d'une salle o l'on a dn2 elle pue le s]vice1 l'(fice1 l'hospice4 ,peut-tre p\rrait-elle se dcrire si l'on inv5tait un procd p\r valu] les quantits lm5taires et nausabondes qu'y jett5t les atmosphres cat>rhales et sui g5]is de *aque p5sionnaire1 jeune ou vieux4 ,eh bi51 malgr ces plates horreurs1 si v\s le comp>iez la salle mang]1 qui lui e/ contigu1 v\s tr\v]iez ce salon lgant et p>fum comme doit l'tre un b\doir4 ,cette salle1 entirem5t boise1 fut jadis pe9te en une c\leur indi/9cte auj\rd'hui1 qui =me un fond sur lequel la crasse a imprim ses c\*es de manire y dess9] des figures biz>res4 ,elle e/ plaque de buffets gluants sur lesquels sont des c>afes *ancres1 t]nies1 des ronds de moir mtallique1 des piles d'assiettes en porcela9e paisse1 bords bleus1 fabriques ,t\rnai4 ,dans un angle e/ place une bote cases numrotes qui s]t g>d] les s]viettes1 ou ta*es ou v9euses1 de *aque p5sionnaire4 ,il s'y r5contre de ces meubles inde/ructibles1 proscrits p>t\t1 mais placs l comme le sont les dbris de la civilisation aux ,incurables4 ,v\s y v]riez un b>omtre capuc9 qui sort qu& il pleut1 des gravures excrables qui t5t l'apptit1 t\tes encadres en bois noir v]ni filets dors2 un c>tel en caille incru/e de cuivre2 un pole v]t1 des qu9quets d',arg& o la p\ssire se comb9e avec l'huile1 une longue table c\v]te en toile cire1 assez grasse p\r qu'un factieux ext]ne y crive son nom en se s]vant de son doigt comme de /yle1 des *aises e/ropies1 de petits paillassons piteux en sp>t]ie qui se dr\le t\j\rs sans se p]dre jamais1 puis des *auff]ettes misrables tr\s casss1 *>nires dfaites1 dont le bois se c>bonise4 ,p\r expliqu] combi5 ce mobili] e/ vieux1 crevass1 p\rri1 tremblant1 rong1 man*ot1 borgne1 invalide1 expirant1 il faudrait en faire une description qui ret>d]ait trop l'intrt de cette hi/oire1 et que les g5s presss ne p>donn]ai5t pas4 ,le c>reau r\ge e/ ple9 de valles produites p> le frottem5t ou p> les mises en c\leur4 ,enf91 l rgne la misre sans posie2 une misre conome1 conc5tre1 rpe4 ,si elle n'a pas de fange encore1 elle a des ta*es2 si elle n'a ni tr\s ni haillons1 elle va tomb] en p\rriture4 ,cette pice e/ dans t\t son lu/re au mom5t o1 v]s sept heures du mat91 le *at de ,mme ,vauqu] prcde sa matresse1 saute sur les buffets1 y flaire le lait que conti5n5t plusieurs jattes c\v]tes d'assiettes1 et fait ent5dre son ronron mat9al4 ,bi5tt la veuve se montre1 attife de son bonnet de tulle1 s\s lequel p5d un t\r de faux *eveux mal mis2 elle m>*e en tranassant ses pant\fles grimaces4 ,sa face vieillotte1 grass\illette1 du milieu de laquelle sort un nez bec de p]roquet2 ses petites ma9s poteles1 sa p]sonne dodue comme un rat d'glise1 son corsage trop ple9 et qui flotte1 sont en h>monie avec cette salle o su9te le malheur1 o s'e/ blottie la spculation1 et dont ,mme ,vauqu] respire l'air *audem5t ftide sans en tre coeure4 ,sa figure fra*e comme une premire gele d'automne1 ses yeux rids1 dont l'expression passe du s\rire prescrit aux danseuses l'am] r5frognem5t de l'escompteur1 enf9 t\te sa p]sonne explique la p5sion1 comme la p5sion implique sa p]sonne4 ,le bagne ne va pas sans l'arg\s91 v\s n'imag9]iez pas l'un sans l'autre4 ,l'embonpo9t blaf>d de cette petite femme e/ le produit de cette vie1 comme le typhus e/ la consqu5ce des exhalaisons d'un hpital4 ,son jupon de la9e tricote1 qui dpasse sa premire jupe faite avec une vieille robe1 et dont la ouate s'*appe p> les f5tes de l't(fe lz>de1 rsume le salon1 la salle mang]1 le j>d9et1 annonce la cuis9e et fait press5tir les p5sionnaires4 ,qu& elle e/ l1 ce spectacle e/ complet4 ,age d'environ c9quante ans1 ,mme ,vauqu] ressemble t\tes les femmes qui ont eu des malheurs4 ,elle a l'oeil vitreux1 l'air innoc5t d'une entremetteuse qui va se g5d>m] p\r se faire pay] plus *]1 mais d'ailleurs prte t\t p\r ad\cir son sort1 livr] ,georges ou ,pi*egru1 si ,georges ou ,pi*egru tai5t encore livr]4 ,nanmo9s elle e/ bonne femme au fond1 dis5t les p5sionnaires1 qui la croi5t sans =tune en l'ent5dant ge9dre et t\ss] comme eux4 ,qu'avait t ,m4 ,vauqu]8 ,elle ne s'expliquait jamais sur le dfunt4 ,comm5t avait-il p]du sa =tune8 ,dans les malheurs1 rpondait-elle4 ,il s'tait mal conduit env]s elle1 ne lui avait laiss que les yeux p\r pleur]1 cette maison p\r vivre1 et le droit de ne compatir aucune in=tune1 p>ce que1 disait-elle1 elle avait s\ff]t t\t ce qu'il e/ possible de s\ffrir4 ,en ent5dant trott9] sa matresse1 la grosse ,sylvie1 la cuis9ire1 s'empressait de s]vir le djeun] des p5sionnaires int]nes4 ,gnralem5t les p5sionnaires ext]nes ne s'abonnai5t qu'au dn]1 qui cotait tr5te francs p> mois4 l'poque o cette hi/oire comm5ce1 les int]nes tai5t au nombre de sept4 ,le premi] tage cont5ait les deux meilleurs app>tem5ts de la maison4 ,mme ,vauqu] habitait le mo9s considrable1 et l'autre app>t5ait ,mme ,c\ture1 veuve d'un commissaire ordonnateur de la ,rpublique franaise4 ,elle avait avec elle une trs-jeune p]sonne1 nomme ,victor9e ,taillef]1 qui elle s]vait de mre4 ,la p5sion de ces deux dames montait dix-huit c5ts francs4 ,les deux app>tem5ts du second tai5t occups1 l'un p> un vieill>d nomm ,poiret2 l'autre1 p> un homme g d'environ qu>ante ans1 qui portait une p]ruque noire1 se teignait les favoris1 se disait anci5 ngociant1 et s'appelait monsieur ,vautr94 ,le troisime tage se composait de quatre *ambres1 dont deux tai5t l\es1 l'une p> une vieille fille nomme mademoiselle ,mi*onneau2 l'autre1 p> un anci5 fabricant de v]micelles1 de ptes d',italie et d'amidon1 qui se laissait nomm] le pre ,goriot4 ,les deux autres *ambres tai5t de/9es aux oiseaux de passage1 ces in=tuns tudiants qui1 comme le pre ,goriot et ,mlle ,mi*onneau1 ne p\vai5t mettre que qu>ante-c9q francs p> mois leur n\rriture et leur logem5t2 mais ,mme ,vauqu] s\haitait peu leur prs5ce et ne les pr5ait que qu& elle ne tr\vait pas mieux3 ils mangeai5t trop de pa94 ,,iii4 ,tel e/ le prambule de cette admirable tragdie du ,pre ,goriot2 puis vi5t1 avant l'action1 le catalogue raisonn ou pe9t des p]sonnages que ,balzac met en scne4 ,mlle ,mi*onneau1 aux yeux protgs p> un abat-j\r v]t g>ni d'un fil d'ar*al1 la voix clairette d'une cigale criant dans un buisson l'appro*e de l'hiv]4 ,m4 ,poiret1 vieill>d plus semblable une ombre1 dont la canne pomme d'ivoire jauni dans sa ma9 s\t5ait mal les jambes grles *ausses de bas bleus4 ,en *]*ant son orig9e1 on le s\ponnait d'avoir pu tre un des employs infrieurs du m9i/re de la ,ju/ice *>g de p\rvoir aux excutions4 ,mlle ,victor9e ,taillef]1 jeune p]sonne plie p> l'in=tune1 c> le bonheur e/ la posie des femmes1 comme la toilette en e/ le fond4 ,elle tait pieusem5t leve l p> sa mre1 veuve d'un commissaire des gu]res4 ,le pre refusait de la reconnatre4 ,mme ,c\ture et ,mme ,vauqu] maudissai5t cet infme millionnaire4 ,mais la pauvre ,victor9e1 au lieu de se jo9dre leurs maldictions1 faisait ent5dre de d\ces p>oles1 alors semblables au *ant du rami] bless et dont le cri de d\leur exprime encore l'am\r4 ,eugne de ,ra/ignac1 jeune homme pauvre1 de famille noble1 que l'ambition naissante p\ssait l'tude et l'intrigue4 ,vautr91 homme t\t faire1 que l'n]gie de sa *>p5te et de ses favoris pe9ts signalai5t comme un av5turi] quivoque1 inconnu mais s]viable4 ,mlle ,victor9e flottait entre le beau ,ra/ignac et le vig\reux ,vautr94 ,t\tes les autres femmes de cette runion de has>d avai5t les unes env]s les autres une froide indiffr5ce mle de dfiance4 ,il manquait ces dix-huit p5sionnaires un s\ffre-d\leur4 ,il se r5contra dans un anci5 fabricant de v]micelle nomm le pre ,goriot4 ,le pre ,goriot1 vieill>d de soixante-neuf ans environ1 s'tait retir *ez ,mme ,vauqu]1 en #ahac1 aprs avoir quitt les affaires4 ,il y avait d'abord pris l'app>tem5t occup p> ,mme ,c\ture1 et donnait alors d\ze c5ts francs de p5sion1 en homme p\r qui c9q l\is de plus ou de mo9s tai5t une bagatelle4 ,mme ,vauqu] avait rafra*i les trois *ambres de cet app>tem5t moy5nant une indemnit pralable qui paya1 dit-on1 la valeur d'un m*ant ameublem5t compos de rideaux en calicot jaune1 de fauteuils en bois v]ni c\v]ts en vel\rs d',utre*t1 de quelques pe9tures la colle1 et de papi]s que refusai5t les cab>ets de la banlieue4 ,peut-tre l'ins\ciante gnrosit que mit se laiss] attrap] le pre ,goriot1 qui v]s cette poque tait respectueusem5t nomm ,m4 ,goriot1 le fit-elle considr] comme un imbcile qui ne connaissait ri5 aux affaires4 ,goriot v9t muni d'une g>de-robe bi5 f\rnie1 le tr\sseau magnifique du ngociant qui ne se refuse ri5 en se retirant du comm]ce4 ,mme ,vauqu] avait admir dix-huit *emises de demi-holl&e1 dont la f9esse tait d'autant plus rem>quable que le v]micelli] portait sur son jabot dormant deux p+les unies p> une *anette1 et dont *acune tait monte d'un gros diamant4 ,habituellem5t vtu d'un habit bleu-b>beau1 il pr5ait *aque j\r un gilet de piqu blanc1 s\s lequel fluctuait son v5tre prom95t1 qui faisait rebondir une l\rde *ane d'or g>nie de breloques4 ,sa tabatire1 galem5t en or1 cont5ait un mdaillon ple9 de *eveux qui le r5dai5t en app>5ce c\pable de quelques bonnes =tunes4 ,ses ormoires 7il prononait ce mot la manire du m5u peuple7 fur5t remplies p> la nombreuse arg5t]ie de son mnage4 ,les yeux de la veuve s'allumr5t qu& elle l'aida complaisamm5t dball] et rang] les l\*es1 les cuill]s ragot1 les c\v]ts1 les huili]s1 les saucires1 plusieurs plats1 des djeun]s en v]meil1 enf9 des pices plus ou mo9s belles1 pesant un c]ta9 nombre de m>cs1 et dont il ne v\lait pas se dfaire4 ,ces cadeaux lui rappelai5t les sol5nits de sa vie dome/ique4 ,ceci1 dit-il ,mme ,vauqu]1 en s]rant un plat et une petite cuelle dont le c\v]cle reprs5tait deux t\rt]elles qui se becquetai5t1 e/ le premi] prs5t que m'a fait ma femme1 le j\r de notre anniv]saire4 ,pauvre bonne6 elle y avait consacr ses conomies de demoiselle4 ,voyez-v\s1 madame8 j'aim]ais mieux gratt] la t]re avec mes ongles que de me sp>] de cela4 ,dieu m]ci6 je p\rrai pr5dre dans cette cuelle mon caf t\s les mat9s durant le re/e de mes j\rs4 ,je ne suis pas pla9dre1 j'ai sur la plan*e du pa9 de cuit p\r longtemps4 ,enf91 ,mme ,vauqu] avait bi5 vu1 de son oeil de pie1 quelques inscriptions sur le gr&-livre qui1 vaguem5t additionnes1 p\vai5t faire cet excell5t ,goriot un rev5u d'environ huit dix mille francs4 ,ds ce j\r1 ,mme ,vauqu]1 ne de ,conflans1 qui avait alors qu>ante-huit ans effectifs et n'en acceptait que tr5te-neuf1 eut des ides4 ,quoique le l>mi] des yeux de ,goriot ft ret\rn1 gonfl1 p5dant1 ce qui l'obligeait les essuy] assez frquemm5t1 elle lui tr\va l'air agrable et comme il faut4 ,d'ailleurs son mollet *>nu1 saillant1 prono/iquait autant que son long nez c>r1 des qualits morales auxquelles p>aissait t5ir la veuve1 et que confirmait la face lunaire et navem5t niaise du bonhomme4 ,ce devait tre une bte solidem5t btie1 capable de dp5s] t\t son esprit en s5tim5t4 ,ses *eveux en ailes de pigeon1 que le coiffeur de l'cole polyte*nique v9t lui p\dr] t\s les mat9s1 dess9ai5t c9q po9tes sur son front bas1 et dcorai5t bi5 sa figure4 ,quoique un peu ru/aud1 il tait si bi5 tir quatre p+les1 il pr5ait si ri*em5t son tabac1 il le humait en homme si sr de t\j\rs avoir sa tabatire ple9e de mac\ba1 que1 le j\r o ,m4 ,goriot s'in/alla *ez elle1 ,mme ,vauqu] se c\*a le soir en rtissant1 comme une p]drix dans sa b>de1 au feu du dsir qui la saisit de quitt] le suaire du ,vauqu] p\r r5atre en ,goriot4 ,se m>i]1 v5dre sa p5sion1 donn] le bras cette f9e fleur de b\rgeoisie1 dev5ir une dame notable dans le qu>ti]1 y qut] p\r les indig5ts1 faire de petites p>ties le diman*e ,*oisy1 ,soissy1 ,g5tilly2 all] au spectacle sa guise1 en loge1 sans att5dre les billets d'auteur que lui donnai5t quelques-uns de ses p5sionnaires1 au mois de juillet2 elle rva t\t l',eldorado des petits mnages p>isi5s4 ,elle n'avait av\ p]sonne qu'elle possdait qu>ante mille francs amasss s\ s\4 ,c]tes elle se croyait1 s\s le rapport de la =tune1 un p>ti sortable4 ,quant au re/e1 je vaux bi5 le bonhomme6 se dit-elle en se ret\rnant dans son lit1 comme p\r s'atte/] elle-mme des *>mes que la grosse ,sylvie tr\vait *aque mat9 m\ls en creux4 ,ds ce j\r1 p5dant environ trois mois1 la veuve ,vauqu] pr(ita du coiffeur de ,m4 ,goriot1 et fit quelques frais de toilette1 excuss p> la ncessit de donn] sa maison un c]ta9 dcorum en h>monie avec les p]sonnes honorables qui la frqu5tai5t4 ,elle s'intrigua beauc\p p\r *ang] le p]sonnel de ses p5sionnaires1 en affi*ant la prt5tion de n'accept] dsormais que les g5s les plus di/+us s\s t\s les rapports4 ,un trang] se prs5tait-il1 elle lui vantait la prfr5ce que ,m4 ,goriot1 un des ngociants les plus notables et les plus respectables de ,p>is1 lui avait accorde4 ,elle di/ribua des prospectus en tte desquels se lisait3 ,,maison ,,vauqu]4 ,c'tait1 disait-elle1 une des plus anci5nes et des plus e/imes p5sions b\rgeoises du pays lat94 ,il y exi/ait une vue des plus agrables sur la valle des ,gobel9s 7on l'ap]cevait du troisime tage71 et un joli j>d91 au b\t duquel ,s',,t5dait une ,,all,e de tilleuls4 ,elle y p>lait du bon air et de la solitude4 ,ce prospectus lui am5a ,mme la comtesse de l',amb]mesnil1 femme de tr5te-six ans1 qui att5dait la f9 de la liquidation et le rglem5t d'une p5sion qui lui tait due1 en qualit de veuve d'un gnral mort sur les *amps de bataille4 ,mme ,vauqu] soigna sa table1 fit du feu dans les salons p5dant prs de six mois1 et t9t si bi5 les promesses de son prospectus qu'elle y mit du si54 ,aussi la comtesse disait-elle ,mme ,vauqu]1 en l'appelant *re amie1 qu'elle lui procur]ait la b>onne de ,vaum]l& et la veuve du colonel comte ,picquoiseau1 deux de ses amies1 qui a*evai5t au ,m>ais leur t]me dans une p5sion plus coteuse que ne l'tait la maison ,vauqu]4 ,ces dames s]ai5t d'ailleurs =t leur aise qu& les bureaux de la gu]re aurai5t f9i leur travail4 ,mais1 disait-elle1 les bureaux ne t]m95t ri54 ,les deux veuves montai5t ensemble aprs le dn] dans la *ambre de ,mme ,vauqu]1 et y faisai5t de petites causettes en buvant du cassis et en mangeant des fri&ises rs]ves p\r la b\*e de la matresse4 ,mme de l',amb]mesnil appr\va beauc\p les vues de son htesse sur le ,goriot1 vues excell5tes1 qu'elle avait d'ailleurs dev9es ds le premi] j\r2 elle le tr\vait un homme p>fait4 ,,iv4 ,le drame du pre ,goriot comm5ce avec une hideuse vrit1 et f9it avec une odieuse invraisemblance4 ,c'e/ le roman de la canaille1 depuis le =at ,vautr91 qui pr(esse en p>oles et en actions le cynisme du crime1 et qui tue de sang-froid p\r enri*ir ,eugne de ,ra/ignac1 jusqu'au pre ,goriot qui meurt p\r favoris] le dsordre de ses deux filles1 et qui les t5d lui-mme1 comme des victimes1 sur le b*] des pro/itutions4 ,il peut exi/] de tels pres1 me dira-t-on4 ,je rponds3 ,non6 de tels pres ne s]ai5t plus des pres1 leur pat]nit ne produirait plus le respect1 mais la honte6 ,on ne s'intresse plus du mom5t qu'on mprise2 ce s]ait le miracle de l'infamie2 or il n'e/ pas p]mis au romanci] de faire des miracles4 ,ce roman se gte en ce mom5t-l4 ,le livre tombe des ma9s honntes4 ,voici le db du drame3 ,v4 ,les p5sionnaires accusai5t le pre ,goriot d'un honteux lib]t9age4 ,une belle p]sonne en robe de soie vi5t le mat9 lui faire visite1 la s]vante s'tonne et la suit son d"p4 --,figurez-v\s1 madame1 qu'au co9 de l',e/rapade il y avait un magnifique quipage dans lequel elle e/ monte4 dn] on raille le pre ,goriot4--,c'tait ma fille1 dit-il1 avec orgueil et simplicit4--,quelques j\rs aprs une seconde visite1 d'une seconde beaut1 e/ rem>que4 ,mme rem>que la table d'hte4 ,il rduit le prix de sa p5sion4 ,sa considration dcrot4 ,eugne de ,ra/ignac1 qui avait t pass] les vacances dans son humble famille1 revi5t affam d'ambition la p5sion ,vauqu]4 ,eugne de ,ra/ignac tait rev5u dans une disposition d'esprit que doiv5t avoir connue les jeunes g5s suprieurs1 ou ceux auxquels une position difficile communique mom5tanm5t les qualits des hommes d'lite4 ,p5dant sa premire anne de sj\r ,p>is1 le peu de travail que veul5t les premi]s grades pr5dre dans la ,facult l'avait laiss libre de gt] les dlices visibles du ,p>is matriel4 ,un tudiant n'a pas trop de temps s'il veut connatre le rp]toire de *aque ?tre1 tudi] les issues du labyr9! p>isi51 savoir les usages1 appr5dre la langue et s'habitu] aux plaisirs p>ticuli]s de la capitale2 f\ill] les bons et les mauvais endroits1 suivre les c\rs qui amus5t1 inv5tori] les ri*esses des muses4 ,un tudiant se passionne alors p\r des niais]ies qui lui p>aiss5t gr&ioses4 ,il a son gr& homme1 un pr(esseur du collge de ,france1 pay p\r se t5ir la hauteur de son auditoire4 ,il rehausse sa cravate et se pose p\r la femme des premires gal]ies de l',opra-,comique4 ,dans ces initiations successives1 il se dp\ille de son aubi]1 agr&it l'horizon de sa vie1 et f9it p> concevoir la sup]position des c\*es huma9es qui compos5t la socit4 ,s'il a comm5c p> admir] les voitures au dfil des ,*amps-lyses p> un beau soleil1 il arrive bi5tt les envi]4 ,eugne avait subi cet appr5tissage son insu1 qu& il p>tit en vacances1 aprs avoir t reu ba*eli] s lettres et ba*eli] en droit4 ,ses illusions d'enfance1 ses ides de prov9ce avai5t disp>u4 ,son intellig5ce modifie1 son ambition exalte1 lui fir5t voir ju/e au milieu du manoir pat]nel1 au se9 de la famille4 ,son pre1 sa mre1 ses deux frres1 ses deux soeurs1 et une tante dont la =tune consi/ait en p5sions1 vivai5t sur la petite t]re de ,ra/ignac4 ,ce doma9e d'un rev5u d'environ trois mille francs tait s\mis l'inc]titude qui rgit le produit t\t indu/riel de la vigne1 et nanmo9s il fallait en extraire *aque anne d\ze c5ts francs p\r lui4 ,l'aspect de cette con/ante dtresse qui lui tait gnreusem5t ca*e1 la comp>aison qu'il fut =c d'tablir entre ses soeurs1 qui lui semblai5t si belles dans son enfance1 et les femmes de ,p>is1 qui lui avai5t ralis le type d'une beaut rve1 l'av5ir inc]ta9 de cette nombreuse famille qui reposait sur lui1 la p>cimonieuse att5tion avec laquelle il vit s]r] les plus m9ces productions1 la boisson faite p\r sa famille avec les m>cs du pressoir1 enf9 une f\le de circon/ances inutiles consign] ici1 dcuplr5t son dsir de p>v5ir et lui donnr5t soif des di/9ctions4 ,comme il arrive aux mes gr&es1 il v\lut ne ri5 devoir qu' son mrite4 ,mais son esprit tait m9emm5t mridional2 l'excution1 ses dt]m9ations devai5t donc tre frappes des hsitations qui saisiss5t les jeunes g5s qu& ils se tr\v5t en ple9e m]1 sans savoir ni de quel ct dirig] leurs =ces1 ni s\s quel angle enfl] leurs voiles4 ,si d'abord il v\lut se jet] corps p]du dans le travail1 sduit bi5tt p> la ncessit de se crer des relations1 il rem>qua combi5 les femmes ont d'influ5ce sur la vie sociale1 et avisa s\da9 se lanc] dans le monde1 af9 d'y conqurir des protectrices3 devai5t-elles manqu] un jeune homme ard5t et spirituel1 dont l'esprit et l'ardeur tai5t rehausss p> une t\rnure lgante et p> une sorte de beaut n]veuse laquelle les femmes se laiss5t pr5dre volonti]s8 ,ces ides l'assaillir5t au milieu des *amps1 p5dant les prom5ades que jadis il faisait gaiem5t avec ses soeurs1 qui le tr\vr5t bi5 *ang4 ,sa tante1 ,mme de ,m>cillac1 autrefois prs5te la c\r1 y avait connu les sommits ari/ocratiques4 ,t\t c\p le jeune ambitieux reconnut1 dans les s\v5irs dont sa tante l'avait si s\v5t b]c1 les lm5ts de plusieurs conqutes sociales1 au mo9s aussi importantes que celles qu'il entrepr5ait l'cole de droit2 il la que/ionna sur les li5s de p>5t qui p\vai5t encore se r5\]4 ,aprs avoir sec\ les bran*es de l'arbre gnalogique1 la vieille dame e/ima que1 de t\tes les p]sonnes qui p\vai5t s]vir son neveu p>mi la g5t g/e des p>5ts ri*es1 ,mme la vicomtesse de ,beausant s]ait la mo9s rcalcitrante4 ,elle crivit cette jeune femme une lettre dans l'anci5 /yle1 et la remit ,eugne1 en lui disant que1 s'il russissait auprs de la vicomtesse1 elle lui f]ait retr\v] ses autres p>5ts4 ,quelques j\rs aprs son arrive1 ,ra/ignac envoya la lettre de sa tante ,mme de ,beausant4 ,la vicomtesse rpondit p> une invitation de bal p\r le l5dema94 ,,vi4 ,ra/ignac se lie au bal avec la comtesse de ,re/aud et r5tre p]du dans sa p5sion4 la lueur de la lumire qui passe s\s la porte il entrevoit le vieill>d faisant un paquet avec son l+e et son arg5t]ie de rs]ve1 et allant le v5dre un usuri] juif du qu>ti]4 ,le djeun] e/ ret>d p> l'paisseur du br\ill>d4 ,vautr9 entre le premi] dans la salle en *antonnant un c\plet d'opra-comique4--,le pre ,goriot1 dit-il ,mme ,vauqu]1 en la lut9ant1 tait huit heures rue ,dauph9e2 il a v5du une bonne pacotille d'arg5t]ie4--,mlle ,taillef] et sa maman1 ,mme ,cant91 entr5t4--,d'o v5ez-v\s si mat98--,de faire nos dvotions ,sa9t-ti5ne-du-,mont1 rpond ,mme ,cant92 ne devons-n\s pas all] *ez ,m4 ,taillef]1 et pri] ,dieu d'att5drir le coeur de son pre8 --,femmes innoc5tes1 malheureuses et p]scutes1 dit en plaisantant ,vautr91 d'ici peu de j\rs je me ml]ai de vos affaires1 et t\t ira bi56 ,,vii4 ,la jeune p]sonne v]tueuse1 ,sylvie1 va voir son pre qui la congdie comme une trangre4--,m4 de ,ra/ignac e/ mal accueilli p> ,mme de ,re/aud4--,il va *ez ,mme de ,beausant1 sa c\s9e1 il e/ bl\i2 il commet une gau*]ie en lui faisant connatre le pro*a9 m>iage de ,m4 d',ajuda ,p9to1 jeune et beau ,portugais qu'elle adore4 ,il jette la discorde dans le coeur de ,mme de ,nuc+5 et de ,mme de ,re/aud1 en disant qu'il connat leur pre1 un vieill>d nomm ,goriot4 ,il r5tre confondu la p5sion1 raconte ses dsa/res ,vautr91 qui le raille et qui t*e de le p]v]tir4 ,il crit sa mre et ses soeurs p\r leur dem&] une somme ncessaire p\r son avancem5t dans le monde4--,il appr5d en dtail la ,vie du pre ,goriot4 ,jean-,joa*im ,goriot tait1 avant la rvolution1 un simple ouvri] v]micelli]1 habile1 conome1 et assez entrepr5ant p\r avoir a*et le fonds de son matre1 que le has>d r5dit victime du premi] s\lvem5t de #aghi4 ,il s'tait tabli rue de la ,jussi5ne1 prs de la ,halle-aux-,bls1 et avait eu le gros bon s5s d'accept] la prsid5ce de sa section1 af9 de faire protg] son comm]ce p> les p]sonnages les plus influ5ts de cette dang]euse poque4 ,cette sagesse avait t l'orig9e de sa =tune qui comm5a dans la disette1 fausse ou vraie1 p> suite de laquelle les gra9s acquir5t un prix norme ,p>is4 ,le peuple se tuait la porte des b\lang]s1 t&is que c]ta9es p]sonnes allai5t *]*] sans meute des ptes d',italie *ez les pici]s4 ,p5dant cette anne1 le citoy5 ,goriot amassa les capitaux qui plus t>d lui s]vir5t faire son comm]ce avec t\te la supriorit que donne une gr&e masse d'arg5t celui qui la possde4 ,il lui arriva ce qui arrive t\s les hommes qui n'ont qu'une capacit relative4 ,sa mdiocrit le sauva4 ,d'ailleurs1 sa =tune n'tant connue qu'au mom5t o il n'y avait plus de dang] tre ri*e1 il n'excita l'envie de p]sonne4 ,le comm]ce de gra9s semblait avoir absorb t\te son intellig5ce4 ,s'agissait-il de bls1 de f>9es1 de gr5ailles1 de reconnatre leurs qualits1 leurs prov5ances1 de veill] leur cons]vation1 de prvoir les c\rs1 de prophtis] l'abondance ou la pnurie des rcoltes1 de se procur] les crales bon m>*1 de s'en approvisionn] en ,sicile1 en ,ukra9e1 ,goriot n'avait pas son second4 lui voir conduire ses affaires1 expliqu] les lois sur l'exportation1 sur l'importation des gra9s1 tudi] leur esprit1 saisir leurs dfauts1 un homme l'et jug capable d'tre m9i/re d'tat4 ,pati5t1 actif1 n]gique1 con/ant1 rapide dans ses expditions1 il avait un c\p d'oeil d'aigle1 il devanait t\t1 prvoyait t\t1 savait t\t1 ca*ait t\t2 diplomate p\r concevoir1 soldat p\r m>*]4 ,sorti de sa spcialit1 de sa simple et obscure b\tique sur le pas de laquelle il demeurait p5dant ses heures d'oisivet1 l'paule appuye au montant de la porte1 il r$ev5ait l'ouvri] /upide et grossi]1 l'homme incapable de compr5dre un raisonnem5t1 ins5sible t\s les plaisirs de l'esprit1 l'homme qui s'endormait au spectacle1 un de ces ,dolibans p>isi5s1 =ts seulem5t en btise4 ,ces natures se ressembl5t presque t\tes4 presque t\tes1 v\s tr\v]iez un s5tim5t sublime au coeur4 ,deux s5tim5ts exclusifs avai5t rempli le coeur du v]micelli]1 en avai5t absorb l'humide1 comme le comm]ce des gra9s employait t\te l'intellig5ce de sa c]velle4 ,sa femme1 fille unique d'un ri*e f]mi] de la ,brie1 fut p\r lui l'objet d'une admiration religieuse1 d'un am\r sans bornes4 ,goriot avait admir en elle une nature frle et =te1 s5sible et jolie1 qui contra/ait s+ulirem5t avec la si5ne4 ,s'il e/ un s5tim5t inn dans le coeur de l'homme1 n'e/-ce pas l'orgueil de la protection ex]ce t\t mom5t en faveur d'un tre faible8 ,joignez-y l'am\r1 cette reconnaissance vive de t\tes les mes fran*es p\r le pr9cipe de leurs plaisirs1 et v\s compr5drez une f\le de biz>r]ies morales4 ,aprs sept ans de bonheur sans nuages1 ,goriot1 malheureusem5t p\r lui1 p]dit sa femme3 elle comm5ait pr5dre de l'empire sur lui1 en dehors de la sphre des s5tim5ts4 ,peut-tre et-elle cultiv cette nature in]te1 peut-tre y et-elle jet l'intellig5ce des *oses du monde et de la vie4 ,dans cette situation1 le s5tim5t de la pat]nit se dveloppa *ez ,goriot jusqu' la draison2 il reporta ses affections trompes p> la mort sur ses deux filles1 qui1 d'abord1 satisfir5t ple9em5t t\s ses s5tim5ts4 ,quelque brillantes que fuss5t les propositions qui lui fur5t faites p> des ngociants ou des f]mi]s jal\x de lui donn] leurs filles1 il v\lut re/] veuf4 ,son beau-pre1 le seul homme p\r lequel il avait eu du p5*ant1 prt5dait savoir p]t9emm5t que ,goriot avait jur de ne pas faire d'infidlit sa femme1 quoique morte4 ,les g5s de la halle1 incapables de compr5dre cette sublime folie1 en plaisantr5t1 et donnr5t ,goriot quelque grotesque sobriquet4 ,le premi] d'entre eux qui1 en buvant le v9 d'un m>*1 s'avisa de le prononc]1 reut du v]micelli] un c\p de po+ sur l'paule qui l'envoya1 la tte la premire1 sur une borne de la rue ,obl94 ,le dv\em5t irrfl*i1 l'am\r ombrageux et dlicat que portait ,goriot ses filles tait si connu1 qu'un j\r un de ses concurr5ts1 v\lant le faire p>tir du m>* p\r re/] matre du c\rs1 lui dit que ,delph9e v5ait d'tre r5v]se p> un cabriolet4 ,le v]micelli]1 ple et blme1 quitta aussitt la halle4 ,il fut malade p5dant plusieurs j\rs p> suite de la raction des s5tim5ts contraires auxquels le livra cette fausse al>me4 ,s'il n'appliqua pas sa tape meurtrire sur l'paule de cet homme1 il le *assa de la halle en le =ant1 dans une circon/ance critique1 faire faillite4 ,l'ducation de ses deux filles fut naturellem5t draisonnable4 ,ri*e de plus de soixante mille livres de r5te1 et ne dp5sant pas d\ze c5ts francs p\r lui1 le bonheur de ,goriot tait de satisfaire les fantaisies de ses filles3 les plus excell5ts matres fur5t *>gs de les d\] des tal5ts qui signal5t une bonne ducation2 elles eur5t une demoiselle de compagnie2 heureusem5t p\r elles1 ce fut une femme d'esprit et de gt2 elles allai5t *eval1 elles avai5t voiture1 elles vivai5t comme aurai5t vcu les matresses d'un vieux seigneur ri*e2 il leur suffisait d'exprim] les plus coteux dsirs p\r voir leur pre s'empressant de les combl]2 il ne dem&ait qu'une c>esse en ret\r de ses (fr&es4 ,goriot mettait ses filles au rang des anges1 et ncessairem5t au-dessus de lui1 le pauvre homme6 il aimait jusqu'au mal qu'elles lui faisai5t4 ,qu& ses filles fur5t en ge d'tre m>ies1 elles pur5t *oisir leurs m>is suivant leurs gts3 *acune d'elles devait avoir en dot la moiti de la =tune de son pre4 ,c\rtise p\r sa beaut p> le comte de ,re/aud1 ,ana/asie avait des p5*ants ari/ocratiques qui la portr5t quitt] la maison pat]nelle p\r s'lanc] dans les hautes sphres sociales4 ,delph9e aimait l'arg5t3 elle p\sa ,nuc+51 banqui] d'orig9e allem&e qui dev9t b>on du ,sa9t-,empire4 ,goriot re/a v]micelli]4 ,ses filles et ses g5dres se *oqur5t bi5tt de lui voir cont9u] ce comm]ce1 quoique ce ft t\te sa vie4 ,aprs avoir subi p5dant c9q ans leurs in/ances1 il cons5tit se retir] avec le produit de son fonds1 et les bnfices de ces d]nires annes2 capital que ,mme ,vauqu]1 *ez laquelle il tait v5u s'tablir1 avait e/im rapport] de huit dix mille livres de r5te4 ,il se jeta dans cette p5sion p> suite du dsespoir qui l'avait saisi en voyant ses deux filles obliges p> leurs m>is de refus] non-seulem5t de le pr5dre *ez elles1 mais encore de l'y recevoir o/5siblem5t4 ,ces r5seignem5ts tai5t t\t ce que savait un monsieur ,muret sur le compte du pre ,goriot1 dont il avait a*et le fonds4 ,les suppositions que ,ra/ignac avait ent5du faire p> la du*esse de ,langeais se tr\vai5t a9si confirmes4 ,ici se t]m9e l'exposition de cette obscure1 mais effroyable tragdie p>isi5ne4 ,v]s la f9 de cette premire sema9e du mois de dcembre1 ,ra/ignac reut deux lettres1 l'une de sa mre1 l'autre de sa soeur ane4 ,ces critures si connues le fir5t la fois palpit] d'aise et trembl] de t]reur4 ,ces deux frles papi]s cont5ai5t un arrt de vie ou de mort sur ses esprances4 ,s'il concevait quelque t]reur en se rappelant la dtresse de ses p>5ts1 il avait trop bi5 pr\v leur prdilection p\r ne pas cra9dre d'avoir aspir leurs d]nires g\ttes de sang4 ,vautr9 lui conseille d'p\s] ,mlle ,taillef] et lui promet que son frre s]a tu en duel1 et qu'elle hrit]a des trois millions de la =tune de son pre4 ,ra/ignac r\git et s'indigne4 ,le pre ,goriot appr5d que ,ra/ignac1 enri*i p> la t5dresse de sa mre1 doit all] au bal *ez ,mme de ,re/aud1 sa fille ,ana/asie4 ,il lui confie ses faiblesses pat]nelles4 --,mon *] monsieur1 lui avait-il dit le l5dema91 comm5t avez-v\s pu croire que ,mme de ,re/aud v\s en ait v\lu d'avoir prononc mon nom8 ,mes deux filles m'aim5t bi54 ,je suis un heureux pre4 ,seulem5t1 mes deux g5dres se sont mal conduits env]s moi4 ,je n'ai pas v\lu faire s\ffrir ces *res cratures de mes diss5sions avec leurs m>is1 et j'ai prfr les voir en secret4 ,ce my/re me donne mille j\issances que ne compr5n5t pas les autres pres qui peuv5t voir leurs filles qu& ils veul5t4 ,moi1 je ne le peux pas1 compr5ez-v\s8 ,alors je vais1 qu& il fait beau1 dans les ,*amps-lyses1 aprs avoir dem& aux femmes de *ambre si mes filles sort5t4 ,je les att5ds au passage1 le coeur me bat qu& les voitures arriv5t1 je les admire dans leur toilette1 elles me jett5t en passant un petit rire qui me dore la nature comme s'il y tombait un rayon de quelque beau soleil4 ,et je re/e1 elles doiv5t rev5ir4 ,je les vois encore6 l'air leur a fait du bi51 elles sont roses4 ,j'ent5ds dire aut\r de moi3 ,voil une belle femme6 a me rj\it le coeur4 ,n'e/-ce pas mon sang6 ,j'aime les *evaux qui les tran5t1 et je v\drais tre le petit *i5 qu'elles ont sur leurs g5\x4 ,je vis de leurs plaisirs4 ,*acun a sa faon d'aim]1 la mi5ne ne fait p\rtant de mal p]sonne1 p\rquoi le monde s'occupe-t-il de moi8 ,je suis heureux ma manire4 ,e/-ce contre les lois que j'aille voir mes filles1 le soir1 au mom5t o elles sort5t de leurs maisons p\r se r5dre au bal8 ,quel *agr9 p\r moi si j'arrive trop t>d1 et qu'on me dise3 ,madame e/ sortie6 ,un soir j'ai att5du jusqu' trois heures du mat9 p\r voir ,nasie1 que je n'avais pas vue depuis deux j\rs4 ,j'ai manqu crev] d'aise6 ,je v\s en prie1 ne p>lez de moi que p\r dire combi5 mes filles sont bonnes4 ,elles veul5t me combl] de t\tes sortes de cadeaux2 je les en emp*e1 je leur dis3 ,g>dez donc votre arg5t6 ,que v\lez-v\s que j'en fasse8 ,il ne me faut ri54 ,en effet1 mon *] monsieur1 que suis-je8 un m*ant cadavre dont l'me e/ p>t\t o sont mes filles4 ,qu& v\s aurez vu ,mme de ,nuc+51 v\s me direz celle des deux que v\s prfrez1 dit le bonhomme aprs un mom5t de sil5ce en voyant ,eugne qui se disposait p>tir p\r all] aux ,tuil]ies en att5dant l'heure de se prs5t] *ez ,mme de ,beausant4 ,mme de ,re/aud l'invite dn] p\r le l5dema94 ,le l5dema9 il y dne en effet1 tte tte avec ,mme de ,re/aud4 ,ils vont ensuite aux ,itali5s4 ,il ap]oit dans une loge en face l'autre fille du pre ,goriot1 la b>onne de ,nuc+51 clatante de luxe et de beaut4 ,m4 d',ajuda ,p9to le prs5te elle4 ,ils s'amorc5t mutuellem5t p> des galant]ies de p>oles qui sont des trahisons p\r la plus jeune des deux soeurs1 des s]m5ts p\r la plus ge4 son ret\r la p5sion1 le pre ,goriot l'att5d et s'enivre de ses confid5ces4 --,ma foi6 dit-il d'un air en app>5ce ins\ciant1 quoi cela me s]virait-il d'tre mieux8 ,je ne puis gure v\s expliqu] ces *oses-l2 je ne sais pas dire deux p>oles de suite comme il faut4 ,t\t e/ l1 aj\ta-t-il en se frappant le coeur4 ,ma vie1 moi1 e/ dans mes deux filles4 ,si elles s'amus5t1 si elles sont heureuses1 bravem5t mises1 si elles m>*5t sur des tapis1 qu'importe de quel drap je sois vtu et comm5t e/ l'endroit o je me c\*e8 ,je n'ai po9t froid si elles ont *aud1 je ne m'ennuie jamais si elles ri5t4 ,je n'ai de *agr9s que les leurs4 ,qu& v\s s]ez pre1 qu& v\s direz1 en oyant gaz\ill] vos enfants3 ,c'e/ sorti de moi6 que v\s s5tirez ces petites cratures t5ir *aque g\tte de votre sang1 dont elles ont t la f9e fleur1 c> c'e/ a6 v\s v\s croirez atta* leur peau1 v\s croirez tre agit v\s-mme p> leur m>*e4 ,leur voix me rpond p>t\t4 ,un reg>d d'elles1 qu& il e/ tri/e1 me fige le sang4 ,un j\r v\s saurez que l'on e/ bi5 plus heureux de leur bonheur que du si5 propre4 ,je ne peux pas v\s expliqu] a3 c'e/ des m\vem5ts intrieurs qui rp&5t l'aise p>t\t4 ,enf91 je vis trois fois4 ,v\lez-v\s que je v\s dise une drle de *ose8 ,eh bi51 qu& j'ai t pre1 j'ai compris ,dieu4 ,il e/ t\t enti] p>t\t1 puisque la cration e/ sortie de lui4 ,monsieur1 je suis a9si avec mes filles4 ,seulem5t j'aime mieux mes filles que ,dieu n'aime le monde1 p>ce que le monde n'e/ pas si beau que ,dieu1 et que mes filles sont plus belles que moi4 ,elles me ti5n5t si bi5 l'me1 que j'avais ide que v\s les v]riez ce soir4 ,mon ,dieu6 un homme qui r5drait ma petite ,delph9e aussi heureuse qu'une femme l'e/ qu& elle e/ bi5 aime1 mais je lui cir]ais ses bottes1 je lui f]ais ses commissions4 ,j'ai su p> sa femme de *ambre que ce petit monsieur de ,m>say e/ un mauvais *i54 ,il m'a pris des envies de lui tordre le c\4 ,ne pas aim] un bij\ de femme1 une voix de rossignol1 et faite comme un modle6 ,o a-t-elle eu les yeux1 d'p\s] cette grosse s\*e d',alsaci58 ,il leur fallait t\tes deux de jolis jeunes g5s bi5 aimables4 ,enf91 elles ont fait leur fantaisie4 ,,viii4 ,en sortant de cet entreti51 ,ra/ignac va son c\rs2 il r5contre1 dans le j>d9 du ,luxemb\rg1 son cam>ade de p5sion ,bian*on1 lve en mdec9e4 ,bian*on e/ commun1 mais il e/ honnte et modr4 --,ma foi6 rpond-il ,ra/ignac1 que de succs et d'av5ir6 ,tu poses la "q qui se tr\ve l'entre de la vie p\r t\t le monde1 et tu veux c\p] le noeud gordi5 avec l'pe4 ,p\r agir a9si1 mon *]1 il faut tre ,alex&re1 s9on on va au bagne4 ,moi1 je suis heureux de la petite exi/5ce que je me crerai en prov9ce1 o je succd]ai t\t btem5t mon pre4 ,les affections de l'homme se satisfont dans le plus petit c]cle aussi ple9em5t que dans une imm5se circonfr5ce4 ,napolon ne dnait pas deux fois1 et ne p\vait pas avoir plus de matresses qu'en pr5d un tudiant en mdec9e qu& il e/ int]ne aux ,capuc9s4 ,notre bonheur1 mon *]1 ti5dra t\j\rs entre la plante de nos pi$s et notre occiput2 et qu'il cote un million p> an ou c5t l\is1 la p]ception intr9sque en e/ la mme au-d$ans de n\s4 ,je conclus la vie du ,*9ois4 --,m]ci1 tu m'z fait du bi51 ,bian*on6 ,n\s s]ons t\j\rs amis4 ,ra/ignac e/ t5t1 mais non corrompu encore4 ,la noblesse du sang lutte en lui contre l'influ5ce de ,vautr94 ,mme de ,nuc+51 gne dans ses dp5ses p> son m>i1 lui fait d'amres confid5ces et lui p]suade d'all] j\] p\r elle ses d]ni]s c5t francs la r\lette4 ,il gagne tr5te-six fois sa mise et rapporte #g1jjj francs ,mme de ,nuc+54 ,vautr9 le ressaisit et lui conseille de dcl>] son am\r ,mlle ,taillef]4 ,ra/ignac s'en laisse aim]4 ,qu& ,vautr9 voit ,ra/ignac engag1 il *]*e une qu]elle au frre unique de la jeune fille et le tue d'un c\p d'pe au front1 s\s le nom du colonel ,frances*9i4 ,la n\velle se rp&4 ,ra/ignac s\ponne ,lucile du meurtre4 ,il jure qu'il n'p\s]a jamais ,mlle ,taillef]4 ,vautr9 invite t\te la p5sion au spectacle4 ,au ret\r il e/ arrt comme =at libr4 ,goriot v5d jusqu' ses d]ni]s c\v]ts d'arg5t p\r complaire ses filles1 et il expire p5dant qu'elles vont au bal4 ,la scne e/ horrible1 mais invraisemblable1 comme t\te la f9 du roman4 ,on voit que l'auteur se tr\ble et se corrompt lui-mme4 ,ce livre1 qui comm5ce avec un inimitable tal5t1 f9it comme un mauvais mlodrame4 ,voil le ,pre ,goriot4 ,l'impression e/ funbre1 on ne s'en sauve que p> l'incrdulit4 ,,ix4 ,,le ,,lis ,,dans ,,la ,,vall,e4 ,c'e/ une oasis dans les oeuvres de ,balzac4 ,il e/ las de cynisme et d'horreur4 ,il se retire la campagne1 en ,t\ra9e1 et s'ab&onne au c\rant d'am\r qui l'emporte ses rv]ies4 ,il rve beau4 ,voici le ,lis4 ,il comm5ce p> une espce de prface4 ,,madame ,,la ,,comtesse ,,na?alie ,,de ,,man]ville4 ,je cde ton dsir4 ,le privilge de la femme que n\s aimons plus qu'elle ne n\s aime e/ de n\s faire oubli] t\t propos les rgles du bon s5s4 ,p\r ne pas voir un pli se =m] sur vos fronts1 p\r dissip] la b\deuse expression de vos lvres que le mo9dre refus attri/e1 n\s fran*issons miraculeusem5t les di/ances1 n\s donnons notre sang1 n\s dp5sons l'av5ir4 ,auj\rd'hui tu veux mon pass1 le voici4 ,seulem5t1 sa*e-le bi51 ,na?alie3 en t'obissant1 j'ai d f\l] aux pi$s des rpugnances invioles4 ,mais p\rquoi suspect] les s\da9es et longues rv]ies qui me saisiss5t p>fois en ple9 bonheur8 p\rquoi ta jolie colre de femme aime1 propos d'un sil5ce8 ,ne p\vais-tu j\] avec les contra/es de mon c>actre sans en dem&] les causes8 ,z-tu dans le coeur des secrets qui1 p\r se faire abs\dre1 ai5t beso9 des mi5s8 ,enf91 tu l'z dev91 ,na?alie1 et peut-tre vaut-il mieux que tu sa*es t\t3 oui1 ma vie e/ dom9e p> un fantme1 il se dess9e vaguem5t au mo9dre mot qui le provoque1 il s'agite s\v5t de lui-mme au-dessus de moi4 ,j'ai d'imposants s\v5irs ensevelis au fond de mon me1 comme ces productions m>9es qui s'ap]oiv5t p> les temps calmes1 et que les flots de la tempte jett5t p> fragm5ts sur la grve4 ,quoique le travail que ncessit5t les ides p\r tre exprimes ait cont5u ces anci5nes motions qui me font tant de mal qu& elles se rveill5t trop s\da9em5t1 s'il y avait dans cette confession des clats qui te blessass5t1 s\vi5s-toi que tu m'z m5ac si je ne t'obissais pas2 ne me punis donc pas de t'avoir obi4 ,je v\drais que ma confid5ce r$\blt ta t5dresse4 ce soir4 ,f,,lix4 quel tal5t n\rri de l>mes devrons-n\s un j\r la plus m\vante lgie1 la pe9ture des t\rm5ts subis en sil5ce p> les mes dont les rac9es t5dres encore ne r5contr5t que de durs caill\x dans le sol dome/ique1 dont les premires floraisons sont d*ires p> des ma9s ha9euses1 dont les fleurs sont atte9tes p> la gele au mom5t o elles s'ouvr5t8 ,quel pote n\s dira les d\leurs de l'enfant dont les lvres suc5t un se9 am]1 et dont les s\rires sont rprims p> le feu dvorant d'un oeil svre8 ,la fiction qui reprs5t]ait ces pauvres coeurs opprims p> les tres placs aut\r d'eux p\r favoris] les dveloppem5ts de leur s5sibilit s]ait la vritable hi/oire de ma jeunesse4 ,quelle vanit p\vais-je bless]1 moi1 n\veau-n8 quelle disgrce physique ou morale me valait la froideur de ma mre8 tais-je donc l'enfant du devoir1 celui dont la naissance e/ =tuite1 ou celui dont la vie e/ un repro*e8 ,mis en n\rrice la campagne1 oubli p> ma famille p5dant trois ans1 qu& je rev9s la maison pat]nelle1 je comptais p\r si peu de *ose que j'y subissais la compassion des g5s4 ,je ne connais ni le s5tim5t ni l'heureux has>d l'aide desquels j'ai pu me relev] de cette premire d*ance3 *ez moi l'enfant ignore1 et l'homme ne sait ri54 ,lo9 d'ad\cir mon sort1 mon frre et mes deux soeurs s'amusr5t me faire s\ffrir4 ,le pacte en v]tu duquel les enfants ca*5t leurs peccadilles1 et qui leur appr5d dj l'honneur1 fut nul mon g>d2 bi5 plus1 je me vis s\v5t puni p\r les fautes de mon frre1 sans p\voir rclam] contre cette inju/ice2 la c\rtisan]ie1 en g]me *ez les enfants1 leur conseillait-elle de contribu] aux p]scutions qui m'affligeai5t1 p\r se mnag] les bonnes grces d'une mre galem5t r$\te p> eux8 tait-ce un effet de leur p5*ant l'imitation8 tait-ce beso9 d'essay] leurs =ces1 ou manque de piti8 ,peut-tre ces causes runies me privr5t-elles de la d\ceur de la frat]nit4 ,dj d%rit de t\te affection1 je ne p\vais ri5 aim]1 et la nature m'avait fait aimant6 ,un ange recueille-t-il les s\pirs de cette s5sibilit sans cesse rebute8 ,si dans quelques mes les s5tim5ts mconnus t\rn5t en ha9e1 dans la mi5ne ils se conc5trr5t et s'y creusr5t un lit d'o1 plus t>d1 ils jaillir5t sur ma vie4 ,suivant les c>actres1 l'habitude de trembl] rel*e les fibres1 eng5dre la cra9te2 et la cra9te oblige t\j\rs cd]4 ,de l vi5t une faiblesse qui abt>dit l'homme et lui communique je ne sais quoi d'esclave4 ,mais ces cont9uelles t\rm5tes m'habitur5t dploy] une =ce qui s'accrut p> son ex]cice et prdisposa mon me aux rsi/ances morales4 ,att5dant t\j\rs une d\leur n\velle1 comme les m>tyrs att5dai5t un n\veau c\p1 t\t mon tre dut exprim] une rsignation morne s\s laquelle les grces et les m\vem5ts de l'enfance fur5t t\ffs1 attitude qui passa p\r un symptme d'idiotie et ju/ifia les s9i/res prono/ics de ma mre4 ,la c]titude de ces inju/ices excita prmaturm5t dans mon me la fi]t1 ce fruit de la raison1 qui sans d\te arrta les mauvais p5*ants qu'une semblable ducation enc\rageait4 ,quoique dlaiss p> ma mre1 j'tais p>fois l'objet de ses scrupules1 p>fois elle p>lait de mon in/ruction et manife/ait le dsir de s'en occup]2 il me passait alors des frissons horribles en songeant aux d*irem5ts que me caus]ait un contact j\rnali] avec elle4 ,je bnissais mon ab&on1 et me tr\vais heureux de p\voir re/] dans le j>d9 j\] avec des caill\x1 obs]v] des insectes1 reg>d] le bleu du firmam5t4 ,quoique l'isolem5t dt me port] la rv]ie1 mon gt p\r les contemplations v9t d'une av5ture qui v\s pe9dra mes premi]s malheurs4 ,il tait si peu "q de moi que s\v5t la g\v]nante oubliait de me faire c\*]4 ,un soir1 tranquillem5t blotti s\s un figui]1 je reg>dais une toile avec cette passion curieuse qui saisit les enfants1 et laquelle ma prcoce mlancolie aj\tait une sorte d'intellig5ce s5tim5tale4 ,mes soeurs s'amusai5t et criai5t2 j'ent5dais leur lo9ta9 tapage comme un accompagnem5t mes ides4 ,le bruit cessa1 la nuit v9t4 ,p> has>d1 ma mre s'ap]ut de mon abs5ce4 ,p\r vit] un repro*e1 notre g\v]nante1 une t]rible ,mlle ,c>ol9e1 lgitima les fausses apprh5sions de ma mre en prt5dant que j'avais la maison en horreur2 que si elle n'et pas att5tivem5t veill sur moi1 je me s]ais enfui dj2 je n'tais pas imbcile1 mais s\rnois2 p>mi t\s les enfants s\mis ses so9s1 elle n'en avait jamais r5contr dont les dispositions fuss5t aussi mauvaises que les mi5nes4 ,elle feignit de me *]*] et m'appela1 je rpondis2 elle v9t au figui] o elle savait que j'tais4--,que faisiez-v\s donc l8 me dit-elle4--,je reg>dais une toile4--,v\s ne reg>diez pas une toile1 dit ma mre qui n\s c\tait du haut de son balcon2 connat-on l'a/ronomie votre ge8--,ah6 madame1 s'cria ,mlle ,c>ol9e1 il a l* le rob9et du rs]voir1 le j>d9 e/ inond4 ,ce fut une rumeur gnrale4 ,mes soeurs s'tai5t amuses t\rn] ce rob9et p\r voir c\l] l'eau2 mais1 surprises p> l'c>tem5t d'une g]be qui les avait arroses de t\tes p>ts1 elles avai5t p]du la tte et s'tai5t enfuies sans avoir pu f]m] le rob9et4 ,atte9t et conva9cu d'avoir imag9 cette espigl]ie1 accus de m5songe qu& j'affirmais mon innoc5ce1 je fus svrem5t puni4 ,mais1 *tim5t horrible6 je fus p]sifl sur mon am\r p\r les toiles1 et ma mre me df5dit de re/] au j>d9 le soir4 ,les df5ses tyranniques aiguis5t encore plus une passion *ez les enfants que *ez les hommes2 les enfants ont sur eux l'avantage de ne p5s] qu' la *ose df5due1 qui leur (fre des attraits irrsi/ibles4 ,j'eus donc s\v5t le f\et p\r mon toile4 ,ne p\vant me confi] p]sonne1 je lui disais mon *agr9 dans ce dlicieux ramage intrieur p> lequel un enfant bgaye ses premires ides1 comme nagure il a bgay ses premires p>oles4 l'ge de d\ze ans1 au collge1 je la contemplais encore en pr\vant d'indicibles dlices1 tant les impressions reues au mat9 de la vie laiss5t de pr(ondes traces au coeur4 ,de c9q ans plus g que moi1 ,*>les fut aussi bel enfant qu'il e/ bel homme2 il tait le privilgi de mon pre1 l'am\r de ma mre1 l'espoir de ma famille1 p>tant le roi de la maison4 ,bi5 fait et robu/e1 il avait un prcepteur4 ,moi1 *tif et mal+re1 c9q ans je fus envoy comme ext]ne dans une p5sion de la ville1 conduit le mat9 et ram5 le soir p> le valet de *ambre de mon pre4 ,je p>tais en emportant un pani] peu f\rni1 t&is que mes cam>ades apportai5t d'abondantes provisions4 ,ce contra/e entre mon dnm5t et leur ri*esse eng5dra mille s\ffrances4 ,les clbres rillettes et rillons de ,t\rs =mai5t l'lm5t pr9cipal du repas que n\s faisions au milieu de la j\rne1 entre le djeun] du mat9 et le dn] de la maison1 dont l'heure concidait avec notre r5tre4 ,cette prp>ation1 si prise p> quelques g\rmets1 p>at r>em5t ,t\rs sur les tables ari/ocratiques2 si j'en ent5dis p>l] avant d'tre mis en p5sion1 je n'avais jamais eu le bonheur de voir t5dre p\r moi cette brune confiture sur une t>t9e de pa92 mais elle n'aurait pas t de mode la p5sion1 mon envie n'en et pas t mo9s vive1 c> elle tait dev5ue comme une ide fixe1 semblable au dsir qu'inspirai5t l'une des plus lgantes du*esses de ,p>is les ragots cuis9s p> les portires1 et qu'en sa qualit de femme1 elle satisfit4 ,les enfants dev95t la convoitise dans les reg>ds aussi bi5 que v\s y lisez l'am\r3 je dev9s alors un excell5t sujet de moqu]ie4 ,mes cam>ades1 qui presque t\s app>t5ai5t la petite b\rgeoisie1 v5ai5t me prs5t] leurs excell5tes rillettes en me dem&ant si je savais comme elles se faisai5t1 o elles se v5dai5t1 p\rquoi je n'en avais pas4 ,ils se p\rl*ai5t en vantant les rillons1 ces rsidus de porc sauts dans sa graisse et qui ressembl5t des truffes cuites2 ils d\anai5t mon pani]1 n'y tr\vai5t que des fromages d',olivet1 ou des fruits secs1 et m'assass9ai5t d'un3--,tu n'z donc pas de quoi8 qui m'apprit mesur] la diffr5ce mise entre mon frre et moi4 ,ce contra/e entre mon ab&on et le bonheur des autres a s\ill les roses de mon enfance1 et fltri ma v]doyante jeunesse4 ,la premire fois que1 dupe d'un s5tim5t gnreux1 j'avanai la ma9 p\r accept] la fri&ise tant s\haite qui me fut (f]te d'un air hypocrite1 mon my/ificateur retira sa t>t9e aux rires des cam>ades prv5us de ce dn\em5t4 ,si les esprits les plus di/+us sont accessibles la vanit1 comm5t ne pas abs\dre l'enfant qui pleure de se voir mpris1 gogu5>d6 ce jeu1 combi5 d'enfants s]ai5t dev5us g\rm&s1 quteurs1 l*es6 ,p\r vit] les p]scutions1 je me battis4 ,le c\rage du dsespoir me r5dit r$\table1 mais je fus un objet de ha9e1 et re/ai sans ress\rces contre les tratrises4 ,un soir1 en sortant1 je reu dans le dos un c\p de m\*oir r\l1 ple9 de caill\x4 ,qu& le valet de *ambre1 qui me v5gea rudem5t1 apprit cet vnem5t ma mre1 elle s'cria3--,ce maudit enfant ne n\s donn]a que des *agr9s6 ,j'entrai dans une horrible dfiance de moi-mme1 en tr\vant l les rpulsions que j'inspirais en famille4 ,l1 comme la maison1 je me repliai sur moi-mme4 ,une seconde tombe de neige ret>da la floraison des g]mes sems en mon me4 ,ceux que je voyais aims tai5t de francs polissons1 ma fi]t s'appuya sur cette obs]vation1 je demeurai seul4 ,a9si se cont9ua l'impossibilit d'pan*] les s5tim5ts dont mon coeur tait gros4 ,en me voyant t\j\rs assombri1 ha1 solitaire1 le matre confirma les s\pons errons que ma famille avait de ma mauvaise nature4 ,ds que je sus crire et lire1 ma mre me fit export] ,pont-,levoy1 collge dirig p> les ,oratori5s1 qui recevai5t les enfants de mon ge dans une classe nomme la classe des ,pas lat9s1 o re/ai5t aussi les coli]s de qui l'intellig5ce t>dive se refusait au rudim5t4 ,je demeurai l huit ans1 sans voir p]sonne1 et m5ant une vie de p>ia4 ,voici comm5t et p\rquoi4 ,je n'avais que trois francs p> mois p\r mes m5us plaisirs1 somme qui suffisait pe9e aux plumes1 canifs1 rgles1 encre et papi] dont il fallait n\s p\rvoir4 ,a9si1 ne p\vant a*et] ni les *asses1 ni les cordes1 ni aucune des *oses ncessaires aux amusem5ts du collge1 j'tais banni des jeux2 p\r y tre admis1 j'aurais d flagorn] les ri*es ou flatt] les =ts de ma division4 ,la mo9dre de ces l*ets1 que se p]mett5t si facilem5t les enfants1 me faisait bondir le coeur4 ,je sj\rnais s\s un arbre1 p]du dans de pla9tives rv]ies1 je lisais l les livres que n\s di/ribuait m5suellem5t le biblio?caire4 ,combi5 de d\leurs tai5t ca*es au fond de cette solitude mon/rueuse6 quelles angoisses eng5drait mon ab&on6 ,imag9ez ce que mon me t5dre dut ress5tir la premire di/ribution de prix o j'obt9s les deux plus e/ims1 le prix de ?me et celui de v]sion6 ,en v5ant les recevoir sur le ?tre au milieu des acclamations et des fanf>es1 je n'eus ni mon pre ni ma mre p\r me ft]1 alors que le p>t]re tait rempli p> les p>5ts de t\s mes cam>ades4 ,au lieu de bais] le di/ributeur1 suivant l'usage1 je me prcipitai dans son se9 et j'y fondis en l>mes4 ,le soir1 je brlai mes c\ronnes dans le pole4 ,les p>5ts demeurai5t en ville p5dant la sema9e employe p> les ex]cices qui prcdai5t la di/ribution des prix1 a9si mes cam>ades dcampai5t t\s joyeusem5t le mat92 t&is que moi1 de qui les p>5ts tai5t quelques lieues de l1 je re/ais dans les c\rs avec les outre-m]1 nom donn aux coli]s dont les familles se tr\vai5t aux les ou l'trang]4 ,le soir1 durant la prire1 les b>b>es n\s vantai5t les bons dn]s faits avec leurs p>5ts4 ,v\s v]rez t\j\rs mon malheur s'agr&issant en raison de la circonfr5ce des sphres sociales o j'entr]ai4 ,combi5 d'ef=ts n'ai-je pas t5ts p\r infirm] l'arrt qui me condamnait ne vivre qu'en moi6 ,combi5 d'esprances longtemps conues avec mille lancem5ts d'me et dtruites en un j\r6 ,p\r dcid] mes p>5ts v5ir au collge1 je leur crivais des ptres ple9es de s5tim5ts1 peut-tre emphatiquem5t exprims1 mais ces lettres aurai5t-elles d m'attir] les repro*es de ma mre qui me rprim&ait avec ironie sur mon /yle8 ,sans me dc\rag]1 je promettais de remplir les conditions que ma mre et mon pre mettai5t leur arrive1 j'implorais l'assi/ance de mes soeurs qui j'crivais aux j\rs de leur fte et de leur naissance1 avec l'exactitude des pauvres enfants dlaisss1 mais avec une va9e p]si/ance4 ,aux appro*es de la di/ribution des prix1 je r$\blais mes prires1 je p>lais de triomphes press5tis4 ,tromp p> le sil5ce de mes p>5ts1 je les att5dais en m'exaltant le coeur1 je les annonais mes cam>ades2 et qu&1 l'arrive des familles1 le pas du vieux porti] qui appelait les coli]s ret5tissait dans les c\rs1 j'pr\vais alors des palpitations maladives4 ,jamais ce vieill>d ne pronona mon nom4 ,le j\r o je m'accusai d'avoir maudit l'exi/5ce1 mon confesseur me montra le ciel o fleurissait la palme promise p\r les ,beati qui lug5t6 du ,sauveur4 ,lors de ma premire communion1 je me jetai donc dans les my/rieuses pr(ondeurs de la prire1 sduit p> les ides religieuses dont les feries morales en*ant5t les jeunes esprits4 ,anim d'une ard5te foi1 je priais ,dieu de r5\vel] en ma faveur les miracles fasc9ateurs que je lisais dans le ,m>tyrologe4 c9q ans je m'envolais dans une toile1 d\ze ans j'allais frapp] aux portes du sanctuaire4 ,mon extase fit clore en moi des songes 9n>rables qui meublr5t mon imag9ation1 enri*ir5t ma t5dresse et =tifir5t mes facults p5santes4 ,j'ai s\v5t attribu ces sublimes visions des anges *>gs de faonn] mon me de div9es de/9es2 elles ont d\ mes veux de la facult de voir l'esprit intime des *oses2 elles ont prp> mon coeur aux magies qui font le pote malheureux1 qu& il a le fatal p\voir de comp>] ce qu'il s5t ce qui e/1 les gr&es *oses v\lues au peu qu'il obti5t2 elles ont crit dans ma tte un livre o j'ai pu lire ce que je devais exprim]1 elles ont mis sur mes lvres le *>bon de l'improvisateur4 ,mon pre conut quelques d\tes sur la porte de l'enseignem5t oratori51 et v9t m'enlev] de ,pont-,levoy p\r me mettre ,p>is dans une in/itution situe au ,m>ais4 ,j'avais qu9ze ans4 ,exam5 fait de ma capacit1 le rhtorici5 de ,pont-,levoy fut jug digne d'tre en troisime4 ,les d\leurs que j'avais pr\ves en famille1 l'cole1 au collge1 je les retr\vais s\s une n\velle =me p5dant mon sj\r la p5sion ,leptre4 ,mon pre ne m'avait po9t donn d'arg5t4 ,qu& mes p>5ts savai5t que je p\vais tre n\rri1 vtu1 gorg de lat91 b\rr de grec1 t\t tait rsolu4 ,durant le c\rs de ma vie collgiale1 j'ai connu mille cam>ades environ1 et n'ai r5contr *ez aucun l'exemple d'une p>eille indiffr5ce4 ,atta* fanatiquem5t aux ,b\rbons1 ,m4 ,leptre avait eu des relations avec mon pre l'poque o des royali/es dv\s essayr5t d'enlev] au ,temple la re9e ,m>ie-,anto9ette2 ils avai5t r5\vel connaissance2 ,m4 ,leptre se crut donc oblig de rp>] l'oubli de mon pre2 mais la somme qu'il me donna m5suellem5t fut mdiocre1 c> il ignorait les int5tions de ma famille4 ,la p5sion tait in/alle l'anci5 htel ,joyeuse1 o1 comme dans t\tes les anci5nes demeures seigneuriales1 il se tr\vait une loge de suisse4 ,p5dant la rcration qui prcdait l'heure o le g*eux n\s conduisait au lyce ,*>lemagne1 les cam>ades opul5ts allai5t djeun] *ez notre porti]1 nomm ,doisy4 ,m4 ,leptre ignorait ou s\ffrait le comm]ce de ,doisy1 vritable contreb&i] que les lves avai5t intrt *oy]2 il tait le secret *ap]on de nos c>ts1 le confid5t des r5tres t>dives1 notre int]mdiaire entre les l\eurs de livres df5dus4 ,djeun] avec une tasse de caf au lait tait un gt ari/ocratique1 expliqu p> le prix excessif auquel montr5t les d5res coloniales s\s ,napolon4 ,si l'usage du sucre et du caf con/ituait un luxe *ez les p>5ts1 il annonait p>mi n\s une supriorit vaniteuse qui aurait eng5dr notre passion1 si la p5te l'imitation1 si la g\rm&ise1 si la contagion de la mode n'euss5t pas suffi4 ,doisy n\s faisait crdit1 il n\s supposait t\s des soeurs ou des tantes qui appr\v5t le po9t d'honneur des coli]s et pay5t leurs dettes4 ,je rsi/ai longtemps aux bl&ices de la buvette4 ,si mes juges euss5t connu la =ce des sductions1 les hroques aspirations de mon me v]s le /ocisme1 les rages cont5ues p5dant ma longue rsi/ance1 ils euss5t essuy mes pleurs au lieu de les faire c\l]4 ,mais1 enfant1 p\vais-je avoir cette gr&eur d'me qui fait mpris] le mpris d'autrui8 ,on retr\ve dans cette ptre la plup>t des circon/ances racontes p> sa soeur dans le comm5cem5t de cet entreti54 ,ce sont des pages des ,confessions de ,j4-,j4 ,r\sseau1 la dclamation prs4 ,x4 ,ce /yle consacr cont9ue a9si jusqu'au ret\r de ,balzac en ,t\ra9e1 o ses p>5ts le ramn5t aprs le ret\r de ,napolon de l'le d',elbe en #ahae4 ,sa famille1 royali/e1 exige qu'il aille la reprs5t] au bal que la b\rgeoisie de ,t\rs (fre au duc d',ang\lme4 ,il y va2 il y ap]oit une femme miraculeuse de beaut1 qui s'assi$ ct de lui p5dant le tumulte de la fte4 ,elle le fasc9e tellem5t qu'il effleure involontairem5t d'un m\vem5t de tte ses blan*es paules4 ,elle se lve et s'loigne avec un m\vem5t d'indignation conc5tre4 ,quelque temps aprs un ami de sa famille lui propose de visit] avec lui les bords de la rivire4 ,voici cette dlicieuse description qui le ramne son idal4 ,ni ,r\sseau1 ni ,*ateaubri&1 ni ,byron1 ni ,g!1 ne le dpass5t4 ,lisez-la t\t entire4 ,donc1 un jeudi mat9 je p>tis de ,t\rs p> la b>rire ,sa9t-loy1 je trav]sai les ponts ,sa9t-,sauveur1 j'arrivai dans ,pon*] en levant le nez *aque maison1 et gagnai la r\te de ,*9on4 ,p\r la premire fois de ma vie1 je p\vais m'arrt] s\s un arbre1 m>*] l5tem5t ou vite mon gr sans tre que/ionn p> p]sonne4 ,p\r un pauvre tre cras p> les diffr5ts despotismes qui1 peu ou pr\1 ps5t sur t\tes les jeunesses1 le premi] usage du libre arbitre1 ex]c mme sur des ri5s1 apportait l'me je ne sais quel pan\issem5t4 ,beauc\p de raisons se runir5t p\r faire de ce j\r une fte ple9e d'en*antem5ts4 ,dans mon enfance mes prom5ades ne m'avai5t pas conduit plus d'une lieue hors la ville4 ,mes c\rses aux environs de ,pont-,levoy1 ni celles que je fis dans ,p>is1 ne m'avai5t po9t gt sur les beauts de la nature *amptre4 ,nanmo9s il me re/ait1 des premi]s s\v5irs de ma vie1 le s5tim5t du beau qui respire dans le paysage de ,t\rs avec lequel je m'tais famili>is4 ,quoique compltem5t neuf la posie des sites1 j'tais donc exigeant mon insu1 comme ceux qui1 sans avoir la pratique d'un art1 en imag95t t\t d'abord l'idal4 ,p\r all] au *teau de ,frapesle1 les g5s pi$ ou *eval abrg5t la r\te en passant p> les l&es dites de ,*>lemagne1 t]res en fri*e1 situes au sommet du plateau qui sp>e le bass9 du ,*] et celui de l',indre1 et o mne un *em9 de trav]se que l'on pr5d ,*ampy4 ,ces l&es plates et sablonneuses1 qui v\s attri/5t durant une lieue environ1 joign5t p> un b\quet de bois le *em9 de ,sa*1 nom de la commune d'o dp5d ,frapesle4 ,ce *em91 qui db\*e sur la r\te de ,*9on1 bi5 au-del de ,ballan1 longe une pla9e ondule sans accid5ts rem>quables1 jusqu'au petit pays d',artanne4 ,l se dc\vre une valle qui comm5ce ,montbazon1 f9it la ,loire1 et semble bondir s\s les *teaux poss sur ces d\bles coll9es1 une magnifique c\pe d'm]aude au fond de laquelle l',indre se r\le p> des m\vem5ts de s]p5t4 cet aspect1 je fus saisi d'un tonnem5t voluptueux que l'ennui des l&es ou la fatigue du *em9 avait prp>4--,si cette femme1 la fleur de son sexe1 habite un lieu dans le monde1 ce lieu1 le voici6 cette p5se je m'appuyai contre un noy] s\s lequel1 depuis ce j\r1 je me repose t\tes les fois que je revi5s dans ma *re valle4 ,s\s cet arbre1 confid5t de mes p5ses1 je m'int]roge sur les *angem5ts que j'ai subis p5dant le temps qui s'e/ c\l depuis le d]ni] j\r o j'en suis p>ti4 ,elle demeurait l1 mon coeur ne me trompait po9t3 le premi] ca/el que je vis au p5*ant d'une l&e tait son habitation4 ,qu& je m'assis s\s mon noy]1 le soleil de midi faisait ptill] les ardoises de son toit et les vitres de ses f5tres4 ,sa robe de p]cale produisait le po9t blanc que je rem>quai dans ses vignes s\s un halleb]gi]4 ,elle tait1 comme v\s le savez dj1 sans ri5 savoir encore1 ,,le ,,lis ,,de ,,cette ,,vall,e o elle croissait p\r le ciel1 en la remplissant du p>fum de ses v]tus4 ,l'am\r inf9i1 sans autre alim5t qu'un objet pe9e entrevu dont mon me tait remplie1 je le tr\vais exprim p> ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives v]tes1 p> ces lignes de peupli]s qui p>5t de leurs d5telles mobiles ce val d'am\r1 p> les bois de *nes qui s'avanc5t entre les vignobles sur des coteaux que la rivire arrondit t\j\rs diffremm5t1 et p> ces horizons e/omps qui fui5t en se contr>iant4 ,si v\s v\lez voir la nature belle et vi]ge comme une fiance1 allez l p> un j\r de pr9temps2 si v\s v\lez calm] les plaies saignantes de votre coeur1 rev5ez-y p> les d]ni]s j\rs de l'automne3 au pr9temps1 l'am\r y bat des ailes ple9 ciel2 en automne on y songe ceux qui ne sont plus4 ,le p\mon malade y respire une bi5faisante fra*eur1 la vue s'y repose sur des t\ffes dores qui communiqu5t l'me leurs paisibles d\ceurs4 ,en ce mom5t1 les m\l9s situs sur les *utes de l',indre donnai5t une voix cette valle frmissante1 les peupli]s se balanai5t en riant1 pas un nuage au ciel1 les oiseaux *antai5t1 les cigales criai5t1 t\t y tait mlodie4 ,ne me dem&ez plus p\rquoi j'aime la ,t\ra9e3 je ne l'aime ni comme on aime son b]ceau1 ni comme on aime une oasis dans le ds]t2 je l'aime comme un arti/e aime l'art2 je l'aime mo9s que je ne v\s aime2 mais sans la ,t\ra9e1 peut-tre ne vivrais-je plus4 ,sans savoir p\rquoi1 mes yeux rev5ai5t au po9t blanc1 la femme qui brillait dans ce j>d9 comme au milieu des buissons clatait la clo*ette d'un convolvulus1 fltrie si l'on y t\*e4 ,je desc5dis1 l'me mue1 au fond de cette corbeille1 et vis bi5tt un village que la posie qui surabondait en moi me fit tr\v] sans p>eil4 ,figurez-v\s trois m\l9s poss p>mi des les gracieusem5t dc\pes1 c\ronnes de quelques b\quets d'arbres au milieu d'une prairie d'eau2 quel autre nom donn] ces vgtations aquatiques1 si vivaces1 si bi5 colores1 qui tapiss5t la rivire1 surgiss5t au-dessus1 ondul5t avec elle1 se laiss5t all] ses caprices et se pli5t aux temptes de la rivire f\ette p> la r\e des m\l9s8 et l1 s'lv5t des masses de gravi] sur lesquelles l'eau se brise en y =mant des franges o reluit le soleil4 ,les am>yllis1 le nnuf>1 le lis d'eau1 les joncs1 les flox1 dcor5t les rives de leurs magnifiques tapiss]ies4 ,un pont tremblant compos de p\trelles p\rries1 dont les piles sont c\v]tes de fleurs1 dont les g>de-f\s1 plants d'h]bes vivaces et de m\sses vel\tes1 se p5*5t sur la rivire et ne tomb5t po9t2 des b>ques ues1 des filets de p*eurs1 le *ant monotone d'un b]g]1 les can>ds qui voguai5t entre les les ou s'plu*ai5t sur le j>d1 nom du gros sable que *>rie la ,loire2 des g>ons meuni]s1 le bonnet sur l'oreille1 occups *>g] leurs mulets2 *acun de ces dtails r5dait cette scne d'une navet surpr5ante4 ,imag9ez au-del du pont deux ou trois f]mes1 un colombi]1 des t\rt]elles1 une tr5ta9e de masures sp>es p> des j>d9s1 p> des haies de *vrefeuilles1 de jasm9s et de clmatites2 puis du fumi] fleuri devant t\tes les portes1 des p\les et des coqs p> les *em9s3 voil le village du ,pont-du-,ruan1 joli village surmont d'une vieille glise ple9e de c>actre1 une glise du temps des croisades1 et comme les pe9tres en *]*5t p\r leurs tableaux4 ,encadrez le t\t de noy]s antiques1 de jeunes peupli]s aux feuilles d'or ple1 mettez de gracieuses fabriques au milieu de longues prairies o l'oeil se p]d s\s un ciel *aud et vaporeux1 v\s aurez une ide d'un des mille po9ts de vue de ce beau pays4 ,je suivis le *em9 de ,sa* sur la gau*e de la rivire1 en obs]vant les dtails des coll9es qui meubl5t la rive oppose4 ,puis enf9 j'atteignis un p>c orn d'arbres c5t5aires qui m'indiqua le *teau de ,frapesle4 ,j'arrivai prcism5t l'heure o la clo*e annonait le djeun]4 ,aprs le repas1 mon hte1 ne s\ponnant pas que j'tais v5u de ,t\rs pi$1 me fit p>c\rir les al5t\rs de sa t]re o de t\tes p>ts je vis la valle s\s t\tes ses =mes3 ici p> une *appe1 l t\t entire2 s\v5t mes yeux fur5t attirs l'horizon p> la belle lame d'or de la ,loire o1 p>mi les r\les1 les voiles dess9ai5t de fantasques figures qui fuyai5t emportes p> le v5t4 ,en gravissant une crte1 j'admirai p\r la premire fois le *teau d',azay1 diamant taill facettes1 s]ti p> l',indre1 mont sur des pilotis masqus de fleurs4 ,puis je vis dans un fond les masses romantiques du *teau de ,sa*1 mlancolique sj\r ple9 d'h>monies1 trop graves p\r les g5s sup]ficiels1 *res aux potes dont l'me e/ endolorie4 ,aussi1 plus t>d1 en aimai-je le sil5ce1 les gr&s arbres *5us1 et ce je ne sais quoi my/rieux p&u dans son vallon solitaire6 ,mais *aque fois que je retr\vais au p5*ant de la cte vois9e le mignon ca/el ap]u1 *oisi p> mon premi] reg>d1 je m'y arrtais complaisamm5t4 --,h6 me dit mon hte en lisant dans mes yeux l'un de ces ptillants dsirs t\j\rs si navem5t exprims mon ge1 v\s s5tez de lo9 une jolie femme comme un *i5 flaire le gibi]4 ,je n'aimai pas ce d]ni] mot1 mais je dem&ai le nom du ca/el et celui du propritaire4 --,ceci e/ ,clo*eg\rde1 me dit-il1 une jolie maison app>t5ant au comte de ,mortsauf1 le reprs5tant d'une famille hi/orique en ,t\ra9e1 dont la =tune date de ,l\is ,,xi1 et dont le nom indique l'av5ture laquelle il doit et ses armes et son illu/ration4 ,il desc5d d'un homme qui survcut la pot5ce4 ,aussi les ,mortsauf port5t-ils d'or1 la croix de sable aleze pot5ce et contre-pot5ce1 *>ge en coeur d'une fleur de lys d'or au pi$ n\rri1 avec3 ,dieu saulve le ,roi notre ,sire1 p\r devise4 ,le comte e/ v5u s'tablir sur ce doma9e au ret\r de l'migration4 ,ce bi5 e/ sa femme1 une demoiselle de ,l5onc\rt1 de la maison de ,l5onc\rt-,givry qui va s'te9dre3 madame de ,mortsauf e/ fille unique4 ,le peu de =tune de cette famille contra/e si s+ulirem5t avec l'illu/ration des noms1 que1 p> orgueil ou p> ncessit peut-tre1 ils re/5t t\j\rs ,clo*eg\rde et n'y voi5t p]sonne4 ,jusqu' prs5t leur atta*em5t aux ,b\rbons p\vait ju/ifi] leur solitude2 mais je d\te que le ret\r du roi *ange leur manire de vivre4 ,en v5ant m'tablir ici1 l'anne d]nire1 je suis all leur faire une visite de politesse2 ils me l'ont r5due et n\s ont invits dn]2 l'hiv] n\s a sp>s p\r quelques mois2 puis les vnem5ts politiques ont ret>d notre ret\r1 c> je ne suis ,frapesle que depuis peu de temps4 ,madame de ,mortsauf e/ une femme qui p\rrait occup] p>t\t la premire place4 --,vi5t-elle s\v5t ,t\rs8 --,elle n'y va jamais4 ,mais1 dit-il en se repr5ant1 elle y e/ alle d]nirem5t1 au passage du duc d',ang\lme qui s'e/ montr =t gracieux p\r monsieur de ,mortsauf4 --,c'e/ elle6 m'criai-je4 --,qui1 elle8 --,une femme qui a de belles paules4 --,v\s r5contr]ez en ,t\ra9e beauc\p de femmes qui ont de belles paules1 dit-il en riant4 ,mais si v\s n'tes pas fatigu1 n\s p\vons pass] la rivire1 et mont] ,clo*eg\rde1 o v\s avis]ez reconnatre vos paules4 ,j'acceptai1 non sans r\gir de plaisir et de honte4 ,v]s quatre heures n\s arrivmes au petit *teau que mes yeux c>essai5t depuis longtemps4 ,cette habitation1 qui fait un bel effet dans le paysage1 e/ en ralit mode/e4 ,elle a c9q f5tres de face2 *acune de celles qui t]m95t la faade expose au midi s'avance d'environ deux toises1 artifice d'ar*itecture qui simule deux pavillons et donne de la grce au logis2 celle du milieu s]t de porte1 et on en desc5d p> un d\ble p]ron dans des j>d9s tags qui atteign5t une troite prairie situe le long de l',indre4 ,quoiqu'un *em9 communal sp>e cette prairie de la d]nire t]rasse ombrage p> une alle d'acacias et de v]nis du ,japon1 elle semble faire p>tie des j>d9s2 c> le *em9 e/ creux1 encaiss d'un ct p> la t]rasse1 et bord de l'autre p> une haie norm&e4 ,les p5tes bi5 mnages mett5t assez de di/ance entre l'habitation et la rivire p\r sauv] les inconvni5ts du vois9age des eaux sans en t] l'agrm5t4 ,s\s la maison se tr\v5t des remises1 des curies1 des ress]res1 des cuis9es1 dont les div]ses ouv]tures dess95t des arcades4 ,les toits sont gracieusem5t cont\rns aux angles1 dcors de mans>des croisillons sculpts et de b\quets en plomb sur les pignons4 ,la toiture1 sans d\te nglige p5dant la rvolution1 e/ *>ge de cette r\ille produite p> les m\sses plates et r\getres qui croiss5t sur les maisons exposes au midi4 ,la porte-f5tre du p]ron e/ surmonte d'un campanile o re/e sculpt l'cusson des ,blamont-,*auvry3 c>tel de gueules un pal de vair1 flanqu de deux ma9s appaumes de c>nation et d'or deux lances de sable mises en *evron4 ,la devise3 ,voyez t\s1 nul ne t\*e6 me frappa vivem5t4 ,les supports1 qui sont un griffon et un dragon de gueules en*anes d'or1 faisai5t un joli effet sculpts4 ,la ,rvolution avait endommag la c\ronne ducale et le cimi]1 qui se compose d'un palmi] de s9ople fruit d'or4 ,s5>t1 secrtaire du comit du salut public1 tait bailli de ,sa* avant #agha1 ce qui explique ces dva/ations4 ,ces dispositions donn5t une lgante physionomie ce ca/el ouvrag comme une fleur1 et qui semble ne pas pes] sur le sol4 ,vu de la valle1 le rez-de-*ausse semble tre au premi] tage2 mais1 du ct de la c\r1 il e/ de pla9-pi$ avec une l>ge alle sable donnant sur un b\l+r9 anim p> plusieurs corbeilles de fleur4 droite et gau*e1 les clos de vignes1 les v]g]s et quelques pices de t]res lab\rables plantes de noy]s1 desc5d5t rapidem5t1 envelopp5t la maison de leurs massifs1 et atteign5t les bords de l',indre1 que g>niss5t en cet endroit des t\ffes d'arbres dont les v]ts ont t nuancs p> la nature elle-mme4 ,en montant le *em9 qui ctoie ,clo*eg\rde1 j'admirais ces masses si bi5 disposes1 j'y respirais un air *>g de bonheur4 ,la nature morale a-t-elle donc1 comme la nature physique1 ses communications lectriques et ses rapides *angem5ts de temprature8 ,mon coeur palpitait l'appro*e des vnem5ts secrets qui devai5t le modifi] jamais1 comme les animaux s'gay5t en prvoyant un beau temps4 ,ce j\r si m>quant dans ma vie ne fut dnu d'aucune des circon/ances qui p\vai5t le sol5nis]4 ,la nature s'tait p>e comme une femme allant la r5contre du bi5-aim1 mon me avait p\r la premire fois ent5du sa voix1 mes yeux l'avai5t admire aussi fconde1 aussi v>ie que mon imag9ation me la reprs5tait dans mes rves de collge dont je v\s ai dit quelques mots1 inhabiles v\s en expliqu] l'influ5ce1 c> ils ont t comme une ,apocalypse o ma vie me fut figurativem5t prdite3 *aque vnem5t heureux ou malheureux s'y ratta*e p> des images biz>res1 li5s visibles aux yeux de l'me seulem5t4 ,n\s trav]smes une premire c\r ent\re des btim5ts ncessaires aux exploitations rurales1 une grange1 un pressoir1 des tables1 des curies4 ,av]ti p> les aboiem5ts du *i5 de g>de1 un dome/ique v9t notre r5contre1 et n\s dit que monsieur le comte1 p>ti p\r ,azay ds le mat91 allait sans d\te rev5ir1 et que madame la comtesse tait au logis4 ,mon hte me reg>da4 ,je tremblais qu'il ne v\lt pas voir madame de ,mortsauf en l'abs5ce de son m>i1 mais il dit au dome/ique de n\s annonc]4 ,p\ss p> une avidit d'enfant1 je me prcipitai dans la longue anti*ambre qui trav]se la maison4 --,entrez donc1 ,messieurs1 dit alors une voix d'or4 ,quoique madame de ,mortsauf n'et prononc qu'un mot au bal1 je reconnus sa voix qui pntra mon me et la remplit comme un rayon de soleil remplit et dore le ca*ot d'un prisonni]4 ,en p5sant qu'elle p\vait se rappel] ma figure1 je v\lus m'enfuir2 il n'tait plus temps1 elle app>ut sur le seuil de la porte1 nos yeux se r5contrr5t4 ,je ne sais qui d'elle ou de moi r\git le plus =tem5t4 ,assez int]dite p\r ne ri5 dire1 elle rev9t s'asseoir sa place devant un mti] tapiss]ie1 aprs que le dome/ique eut appro* deux fauteuils2 elle a*eva de tir] son aiguille af9 de donn] un prtexte son sil5ce1 compta quelques po9ts et releva la tte1 la fois d\ce et altire1 v]s monsieur de ,*essel en lui dem&ant quelle heureuse circon/ance elle devait sa visite4 ,quoique curieuse de savoir la vrit sur mon app>ition1 elle ne n\s reg>da ni l'un ni l'autre2 ses yeux fur5t con/amm5t atta*s sur la rivire2 mais la manire dont elle c\tait1 v\s eussiez dit que1 semblable aux aveugles1 elle savait reconnatre les agitations de l'me dans les imp]ceptibles acc5ts de la p>ole4 ,et cela tait vrai4 ,monsieur de ,*essel dit mon nom et fit ma biographie4 ,j'tais arriv depuis quelques mois ,t\rs1 o mes p>5ts m'avai5t ram5 *ez eux qu& la gu]re avait m5ac ,p>is4 ,enfant de la ,t\ra9e qui la ,t\ra9e tait inconnue1 elle voyait en moi un jeune homme affaibli p> des travaux immodrs1 envoy ,frapesle p\r s'y div]tir1 et auquel il avait montr sa t]re1 o je v5ais p\r la premire fois4 ,au bas du coteau seulem5t1 je lui avais appris ma c\rse de ,t\rs ,frapesle1 et craignant p\r ma sant dj si faible1 il s'tait avis d'entr] ,clo*eg\rde en p5sant qu'elle me p]mettrait de m'y repos]4 ,m4 de ,*essel disait la vrit1 mais un has>d heureux semble si =t *]* que madame de ,mortsauf g>da quelque dfiance2 elle t\rna sur moi des yeux froids et svres qui me fir5t baiss] les paupires1 autant p> je ne sais quel s5tim5t d'humiliation que p\r ca*] des l>mes que je ret9s entre mes cils4 ,l'imposante *tela9e me vit le front en sueur2 peut-tre aussi dev9a-t-elle les l>mes1 c> elle m'(frit ce dont je p\vais avoir beso91 en exprimant une bont consolante qui me r5dit la p>ole4 ,je r\gissais comme une jeune fille en faute1 et d'une voix *evrotante comme celle d'un vieill>d1 je rpondis p> un rem]cm5t ngatif4 --,t\t ce que je s\haite1 lui dis-je en levant les yeux sur les si5s que je r5contrai p\r la seconde fois1 mais p5dant un mom5t aussi rapide qu'un clair1 c'e/ de n'tre pas r5voy d'ici2 je suis tellem5t eng\rdi p> la fatigue1 que je ne p\rrais m>*]4 --,p\rquoi suspectez-v\s l'hospitalit de notre beau pays8 me dit-elle4 ,v\s n\s accord]ez sans d\te le plaisir de dn] ,clo*eg\rde8 aj\ta-t-elle en se t\rnant v]s son vois94 ,je jetai sur mon protecteur un reg>d o clatr5t tant de prires qu'il se mit en mesure d'accept] cette proposition1 dont la =mule v\lait un refus4 ,si l'habitude du monde p]mettait ,m4 de ,*essel de di/+u] ces nuances1 un jeune homme sans expri5ce croit si f]mem5t l'union de la p>ole et de la p5se *ez une belle femme1 que je fus bi5 tonn qu&1 en rev5ant le soir1 mon hte me dit3--,je suis re/1 p>ce que v\s en m\riez d'envie2 mais si v\s ne raccommodez pas les *oses1 je suis br\ill peut-tre avec mes vois9s4 ,ce si v\s ne raccommodez pas les *oses me fit longtemps rv]4 ,si je plaisais ,mme de ,mortsauf1 elle ne p\rrait pas en v\loir celui qui m'avait introduit *ez elle4 ,m4 de ,*essel me supposait donc le p\voir de l'intress]1 n'tait-ce pas me le donn]8 ,cette explication corrobora mon espoir en un mom5t o j'avais beso9 de sec\rs4 --,ceci me semble difficile1 rpondit-il1 ,mme de ,*essel n\s att5d4 --,elle v\s a t\s les j\rs1 reprit la comtesse1 et n\s p\vons l'av]tir4 ,e/-elle seule8 --,elle a ,m4 l'abb de ,qulus4 --,eh bi51 dit-elle en se levant p\r sonn]1 v\s dnez avec n\s4 ,cette fois ,m4 de ,*essel la crut fran*e et me jeta des reg>ds complim5teurs4 ,ds que je fus c]ta9 de re/] p5dant une soire s\s ce toit1 j'eus moi comme une t]nit4 ,p\r beauc\p d'tres malheureux1 dema9 e/ un mot vide de s5s1 et j'tais alors au nombre de ceux qui n'ont aucune foi dans le l5dema92 qu& j'avais quelques heures moi1 j'y faisais t5ir t\te une vie de volupts4 ,mme de ,mortsauf entama sur le pays1 sur les rcoltes1 sur les vignes1 une conv]sation laquelle j'tais trang]4 ,*ez une matresse de maison1 cette faon d'agir atte/e un manque d'ducation ou son mpris p\r celui qu'elle met a9si comme la porte du disc\rs2 mais ce fut emb>ras *ez la comtesse4 ,si d'abord je crus qu'elle affectait de me trait] en enfant1 si j'enviai le privilge des hommes de tr5te ans qui p]mettait ,m4 de ,*essel d'entret5ir sa vois9e de sujets aussi graves auxquels je ne compr5ais ri51 si je me dpitai en me disant que t\t tait p\r lui2 quelques mois de l1 je sus combi5 e/ significatif le sil5ce d'une femme1 et combi5 de p5ses c\vre une diffuse conv]sation4 ,d'abord j'essayai de me mettre mon aise dans mon fauteuil1 puis je reconnus les avantages de ma position en me laissant all] au *>me d'ent5dre la voix de la comtesse4 ,le s\ffle de son me se dployait dans les replis des syllabes1 comme le son se divise s\s les clefs d'une flte2 il expirait onduleusem5t l'oreille d'o il prcipitait l'action du sang4 ,sa faon de dire les t]m9aisons en i faisait croire quelque *ant d'oiseau2 le * prononc p> elle tait comme une c>esse1 et la manire dont elle attaquait le t accusait le despotisme du coeur4 ,elle t5dait a9si1 sans le savoir1 le s5s des mots1 et v\s entranait l'me dans un monde surhuma94 ,combi5 de fois n'ai-je pas laiss cont9u] une discussion que je p\vais f9ir1 combi5 de fois ne me suis-je pas fait inju/em5t grond] p\r c\t] ces conc]ts de voix huma9e1 p\r aspir] l'air qui sortait de sa lvre *>ge de son me1 p\r tre9dre cette lumire p>le avec l'ardeur que j'aurais mise s]r] la comtesse sur mon se96 ,quel *ant d'hirondelle joyeuse1 qu& elle p\vait rire6 mais quelle voix de cygne appelant ses compagnes1 qu& elle p>lait de ses *agr9s6 ,l'inatt5tion de la comtesse me p]mit de l'exam9]4 ,mon reg>d se rgalait en glissant sur la belle p>leuse1 il pressait sa taille1 baisait ses pi$s1 et se j\ait dans les b\cles de sa *evelure4 ,cep5dant j'tais en proie une t]reur que compr5dront ceux qui1 dans leur vie1 ont pr\v les joies illimites d'une passion vraie4 ,j'avais peur qu'elle ne me surprt les yeux atta*s la place de ses paules que j'avais si ardemm5t embrasses4 ,cette cra9te avivait la t5tation1 et j'y succombais1 je les reg>dais6 mon oeil d*irait l't(fe1 je revoyais la l5tille qui m>quait la naissance de la jolie raie p> laquelle son dos tait p>tag1 m\*e p]due dans du lait1 et qui depuis le bal flamboyait t\j\rs le soir dans ces tnbres o semble ruissel] le sommeil des jeunes g5s dont l'imag9ation e/ ard5te1 dont la vie e/ *a/e4 ,je puis v\s crayonn] les traits pr9cipaux qui p>t\t euss5t signal la comtesse aux reg>ds2 mais le dess9 le plus correct1 la c\leur la plus *aude n'en exprim]ai5t ri5 encore4 ,sa figure e/ une de celles dont la ressemblance exige l'intr\vable arti/e de qui la ma9 sait pe9dre le reflet des feux intrieurs1 et sait r5dre cette vapeur lum9euse que nie la sci5ce1 que la p>ole ne traduit pas1 mais que voit un amant4 ,ses *eveux f9s et c5drs la faisai5t s\v5t s\ffrir1 et ces s\ffrances tai5t sans d\te causes p> de subites ractions du sang v]s la tte4 ,son front arrondi1 prom95t comme celui de la ,joconde1 p>aissait ple9 d'ides inexprimes1 de s5tim5ts cont5us1 de fleurs noyes dans des eaux amres4 ,ses yeux v]dtres1 sems de po9ts bruns1 tai5t t\j\rs ples2 mais s'il s'agissait de ses enfants1 s'il lui *appait de ces vives effusions de joie ou de d\leur1 r>es dans la vie des femmes rsignes1 son oeil lanait alors une lueur subtile qui semblait s'enflamm] aux s\rces de la vie et devait les t>ir2 clair qui m'avait arra* des l>mes qu& elle me c\vrit de son dda9 =midable et qui lui suffisait p\r abaiss] les paupires aux plus h>dis4 ,un nez grec1 comme dess9 p> ,phidias et runi p> un d\ble arc des lvres lgamm5t s9ueuses1 spiritualisait son visage de =me ovale1 et dont le te9t1 comp>able au tissu des camlias blancs1 se r\gissait aux j\es p> de jolis tons roses4 ,son embonpo9t ne dtruisait ni la grce de sa taille1 ni la rondeur v\lue p\r que ses =mes demeurass5t belles quoique dveloppes4 ,v\s compr5drez s\da9 ce g5re de p]fection1 lorsque v\s saurez qu'en s'unissant l'avant-bras les bl\issants trsors qui m'avai5t fasc9 p>aissai5t ne devoir =m] aucun pli4 ,le bas de sa tte n'(frait po9t ces creux qui font ressembl] la tte de c]ta9es femmes des troncs d'arbres1 ses muscles n'y dess9ai5t po9t de cordes1 et p>t\t les lignes s'arrondissai5t en flexuosits dsesprantes p\r le reg>d comme p\r le p9ceau4 ,un duvet follet se m\rait le long de ses j\es1 dans les mplats du col1 en y ret5ant la lumire qui s'y faisait soyeuse4 ,ses oreilles petites et bi5 cont\rnes tai5t1 suivant son expression1 des oreilles d'esclave et de mre4 ,plus t>d1 qu& j'habitai son coeur1 elle me disait3 ,voici ,m4 de ,mortsauf6 et avait raison1 t&is que je n'ent5dais ri5 encore1 moi dont l'oue possde une rem>quable t5due4 ,ses bras tai5t beaux1 sa ma9 aux doigts rec\rbs tait longue1 et1 comme dans les /atues antiques1 la *air dpassait ses ongles f9es ctes4 ,je v\s dplairais en donnant aux tailles plates l'avantage sur les tailles rondes1 si v\s n'tiez pas une exception4 ,la taille ronde e/ un signe de =ce1 mais les femmes a9si con/ruites sont imprieuses1 volontaires1 plus voluptueuses que t5dres4 ,au contraire1 les femmes taille plate sont dv\es1 ple9es de f9esse1 encl9es la mlancolie2 elles sont mieux femmes que les autres4 ,la taille plate e/ s\ple et molle1 la taille ronde e/ inflexible et jal\se4 ,v\s savez1 ma9t5ant comm5t elle tait faite4 ,elle avait le pi$ d'une femme comme il faut1 ce pi$ qui m>*e peu1 se fatigue promptem5t et rj\it la vue qu& il dpasse la robe4 ,quoiqu'elle ft mre de deux enfants1 je n'ai jamais r5contr dans son sexe p]sonne de plus jeune fille qu'elle4 ,son air exprimait une simplesse1 jo9te je ne sais quoi d'int]dit et de songeur qui ram5ait elle comme le pe9tre ramne la figure o son gnie a traduit un monde de s5tim5ts4 ,ses qualits visibles ne peuv5t d'ailleurs s'exprim] que p> des comp>aisons4 ,rappelez-v\s le p>fum *a/e et sauvage de cette bruyre que n\s avons cueillie en rev5ant de la villa ,diodati1 cette fleur dont v\s avez tant l\ le noir et le rose2 v\s dev9]ez comm5t cette femme p\vait tre lgante lo9 du monde1 naturelle dans ses expressions1 re*]*e dans les *oses qui dev5ai5t si5nes1 la fois rose et noire4 ,son corps avait la v]deur que n\s admirons dans les feuilles n\vellem5t dplies1 son esprit avait la pr(onde concision du sauvage1 elle tait enfant p> le s5tim5t1 grave p> la s\ffrance1 *tela9e et ba*elette4 ,aussi plaisait-elle sans artifice1 p> sa manire de s'asseoir1 de se lev]1 de se taire ou de jet] un mot4 ,habituellem5t recueillie1 att5tive comme la s5t9elle sur qui repose le salut de t\s et qui pie le malheur1 il lui *appait p>fois des s\rires qui trahissai5t en elle un naturel rieur enseveli s\s le ma9ti5 exig p> sa vie4 ,sa coquett]ie tait dev5ue un my/re1 elle faisait rv] au lieu d'inspir] l'att5tion galante que sollicit5t les femmes1 et laissait ap]cevoir sa premire nature de flamme vive1 ses premi]s rves bleus1 comme on voit le ciel p> des claircies de nuages4 ,cette rvlation involontaire r5dait p5sifs ceux qui ne s5tai5t pas une l>me intrieure s*e p> le feu des dsirs4 ,la r>et de ses ge/es1 et surt\t celle de ses reg>ds 7except ses enfants1 elle ne reg>dait p]sonne71 donnait une incroyable sol5nit ce qu'elle faisait ou disait1 qu& elle faisait ou disait une *ose avec cet air que sav5t pr5dre les femmes au mom5t o elles compromett5t leur dignit p> un aveu4 ,ce j\r-l ,mme de ,mortsauf avait une robe rose mille raies1 une coll]ette l>ge ourlet1 une ce9ture noire et des brodequ9s de mme c\leur4 ,ses *eveux simplem5t tordus sur sa tte tai5t ret5us p> un peigne d'caille4 ,telle tait l'imp>faite esquisse promise4 ,mais la con/ante manation de son me sur les si5s1 cette ess5ce n\rrissante p&ue flots comme le soleil met sa lumire2 mais sa nature intime1 son attitude aux heures s]e9es1 sa rsignation aux heures nuageuses2 t\s ces t\rnoiem5ts de la vie o le c>actre se dploie1 ti5n5t1 comme les effets du ciel1 des circon/ances inatt5dues et fugitives qui ne se ressembl5t entre elles que p> le fond d'o elles dta*5t1 et dont la pe9ture s]a ncessairem5t mle aux vnem5ts de cette hi/oire2 vritable pope dome/ique1 aussi gr&e aux yeux du sage que le sont les tragdies aux yeux de la f\le1 et dont le rcit v\s atta*]a autant p\r la "p que j'y ai prise1 que p> sa similitude avec un gr& nombre de de/9es fm99es4 ,t\t ,clo*eg\rde portait le ca*et d'une propret vraim5t anglaise4 ,le salon o re/ait la comtesse tait entirem5t bois1 pe9t en gris de deux nuances4 ,la *em9e avait p\r ornem5t une p5dule cont5ue dans un bloc d'acaj\ surmont d'une c\pe1 et deux gr&s vases en porcela9e blan*e filets d'or1 d'o s'levai5t des bruyres du ,cap4 ,une lampe tait sur la console4 ,il y avait un trictrac en face de la *em9e4 ,deux l>ges embrasses en coton ret5ai5t les rideaux de p]cale blan*e1 sans franges4 ,des h\sses grises1 bordes d'un galon v]t1 rec\vrai5t les siges1 et la tapiss]ie t5due sur le mti] de la comtesse disait assez p\rquoi son meuble tait a9si ca*4 ,cette simplicit arrivait la gr&eur4 ,aucun app>tem5t1 p>mi ceux que j'ai vus depuis1 ne m'a caus des impressions aussi f]tiles1 aussi t\ffues que celles dont j'tais saisi1 dans ce salon de ,clo*eg\rde1 calme et recueilli comme la vie de la comtesse1 et o l'on dev9ait la rgul>it conv5tuelle de ses occupations4 ,la plup>t de mes ides1 et mme les plus audacieuses en sci5ce ou en politique1 sont nes l1 comme les p>fums man5t des fleurs2 mais l v]doyait la plante inconnue qui jeta sur mon me sa fconde p\ssire2 l brillait la *aleur solaire qui dveloppa mes bonnes et dess*a mes mauvaises qualits4 ,de la f5tre1 l'oeil embrassait la valle depuis la coll9e o s'tale ,pont-de-,ruan1 jusqu'au *teau d',azay1 en suivant les s9uosits de la cte oppose que v>i5t les t\rs de ,frapesle1 puis l'glise1 le b\rg et le vieux manoir de ,sa*1 dont les masses dom95t la prairie4 ,en h>monie avec cette vie repose et sans autres motions que celles donnes p> la famille1 ces lieux communiquai5t l'me leur srnit4 ,si je l'avais r5contre l p\r la premire fois1 entre le comte et ses deux enfants1 au lieu de la tr\v] spl5dide dans sa robe de bal1 je ne lui aurais pas ravi ce dlirant bais] dont j'eus alors des remords en croyant qu'il dtruirait l'av5ir de mon am\r6 ,non1 dans les noires dispositions o me mettait le malheur1 j'aurais pli le g5\1 j'aurais bais ses brodequ9s1 j'y aurais laiss quelques l>mes1 et je s]ais all me jet] dans l',indre4 ,mais aprs avoir effleur le frais jasm9 de sa peau et bu le lait de cette c\pe ple9e d'am\r1 j'avais dans l'me le gt et l'esprance de volupts huma9es2 je v\lais vivre et att5dre l'heure du plaisir comme le sauvage pie l'heure de la v5geance2 je v\lais me susp5dre aux arbres1 ramp] dans les vignes1 me tapir dans l'h]be2 je v\lais avoir p\r complices le sil5ce de la nuit1 la lassitude de la vie1 la *aleur du soleil1 af9 d'a*ev] la pomme dlicieuse o j'avais dj mordu4 ,m'et-elle dem& la fleur qui *ante ou les ri*esses enf\ies p> les compagnons de ,morgan l'ext]m9ateur1 je les lui aurais apportes1 af9 d'obt5ir les ri*esses c]ta9es et la fleur muette que je s\haitais6 ,qu& cessa le rve o m'avait plong la longue contemplation de mon idole1 et p5dant lequel un dome/ique v9t et lui p>la1 je l'ent5dis causant du comte4 ,je p5sai seulem5t alors qu'une femme devait app>t5ir son m>i4 ,cette p5se me donna des v]tiges4 ,puis j'eus une rageuse et sombre curiosit de voir le possesseur de ce trsor4 ,deux s5tim5ts me dom9r5t1 la ha9e et la peur3 une ha9e qui ne connaissait aucun ob/acle et les mesurait t\s sans les cra9dre2 une peur vague1 mais relle du combat1 de son issue1 et d',,elle surt\t4 ,en proie d'indicibles press5tim5ts1 je r$\tais ces poignes de ma9 qui d%onor5t1 j'entrevoyais les difficults la/iques o se heurt5t les plus rudes volonts et o elles s'm\ss5t2 je craignais cette =ce d'in]tie qui dp\ille auj\rd'hui la vie sociale des dnom5ts que re*]*5t les mes passionnes4 ,la premire entrevue avec ,mme de ,w>5s et la premire j\rne des ,*>mettes n'ont pas ce f9i de description4 ,le sicle a fait des pas4 ,il a autant de *>mes1 et plus de pudeur4 ,,xi4 ,on dne1 et on se sp>e4 ,le cont5tem5t qui enflait t\tes mes voiles m'emp*a de voir les inextricables difficults mises entre elle et moi p> la vie si cohr5te de la solitude de la campagne4 ,j'tais prs d'elle1 sa droite1 je lui s]vais boire4 ,oui1 bonheur inespr6 je frlais sa robe1 je mangeais son pa94 ,au b\t de trois heures1 ma vie se mlait sa vie6 ,enf91 n\s tions lis p> ce t]rible bais]1 espce de secret qui n\s inspirait une honte mutuelle4 ,je fus d'une l*et glorieuse3 je m'tudiais plaire au comte1 qui se prtait t\tes mes c\rtisan]ies2 j'aurais c>ess le *i51 j'aurais fait la c\r aux mo9dres dsirs des enfants2 je leur aurais apport des c]ceaux1 des billes d'agate2 je leur aurais s]vi de *eval1 je leur en v\lais de ne pas s'emp>] dj de moi comme d'une *ose eux4 ,l'am\r a ses intuitions comme le gnie a les si5nes1 et je voyais confusm5t que la viol5ce1 la maussad]ie1 l'ho/ilit1 ru9]ai5t mes esprances4 ,,xii4 ,balzac accepte l'hospitalit d'un *teau vois9 d'o il voit de prs ,clo*eg\rde4 ,il se promne1 r5contre ,m4 de ,mortsauf1 se lie avec lui et acqui]t son amiti4 ,les scnes d\ces et amres qui suiv5t ce mom5t sont rem>quablem5t crites1 mais ressembl5t t\tes4 ,on peut dire que le *ef-d'oeuvre f9it l4 ,le re/e e/ beau1 mais vulgaire2 la femme n'a ni assez de v]tu p\r congdi] l'amant1 ni assez d'am\r p\r s'y livr] t\t entire4 ,cela n'e/ plus *aud1 cela devi5t tide2 la tideur amne la froideur1 et la d]nire p>tie du roman fait d\t] de la premire4 videmm5t cela me ressemble1 qu&1 v\lant associ] l'hypocrisie du monde au dlire de la passion1 j'crivis ce livre1 moiti vrai1 moiti faux1 intitul ,raphal4 ,le public se s5tit tromp et m'ab&onna4 ,je l'avais mrit2 la passion e/ belle1 mais c'e/ condition d'tre s9cre4 ,il en e/ a9si du ,lis dans la valle4 ,o r5oncez pe9dre l'am\r1 ou sacrifiez-le la v]tu4 ,ces c>actres h]maphrodites comm5c5t p> le *>me et f9iss5t p> le dgt4 ,mais la premire moiti du ,lis dans la valle ressemble au ,cantique des ,cantiques t]m9 p> une homlie de c\rtisans ambitieux de la c\r de ,*>les ,x4 ,on ne s'intresse plus p]sonne2 et on s5t que l'auteur se ds9tresse la f9 de lui-mme4 ,,xiii4 ,balzac rev9t enf9 son vritable type3 la vrit4 ,il crivit le *apitre le plus va/e1 le plus div]s et le plus vridique de sa ,comdie huma9e1 les ,p>5ts pauvres4 ,ce fut son oeuvre capitale1 hlas6 int]rompue p> la mort4 ,c'tait un homme de la race de ,%akspe>e1 dont la sve tait v>ie1 l>ge et pr(onde comme le monde4 ,il m\rut1 comme lui1 entre c9quante et soixante ans1 heureux la f9 de sa c>rire1 retir du monde dans son repos1 soign p> une femme aime1 et ne regrettant ri5 que ses rves4 ,on fut longtemps le jug]1 il tait trop au-dessus de ses juges4 ,en laissant de ct ces livres futiles et un peu cyniques1 les ,contes drolatiques1 crits dans le comm5cem5t de sa vie p\r avoir du pa9 et un habit1 qu'il ne faut pas compt] p\r des monum5ts1 mais excus] comme des haillons de misre1 son c>actre tait probe et religieux au fond1 comme les leons de sa mre et les s\v5irs de sa soeur4 ,on s5tait en lui l'homme de bonne maison1 incapable de s'avilir1 si ce n'e/ p> plaisant]ie passagre4 ,il aimait les ,b\rbons et l'ari/ocratie de la ,re/auration p> tradition pat]nelle4 ,la dmagogie lui s\levait le coeur4 ,on n'en voit pas trace dans ses innombrables livres4 ,il tait g5tilhomme de coeur1 incapable de flatt] une populace ou une c\r4 ,il aurait eu plutt des indulg5ces et des faiblesses p\r les vices d'en haut2 c> il tait pdant p> la gr&eur et jamais p> la bassesse4 ,je l'ai vu plusieurs fois pr(ess] ces doctr9es1 mme contre sa popul>it4 ,il r5onait tre populaire p\r re/] ju/e et honorable4 ,l'incorruptibilit tait son ess5ce2 criva9 lg] et trop indulg5t p\r lui-mme en matire lgre1 mais au fond un honnte homme4 ,il concdait beauc\p au mti]1 ri5 l'honneur4 ,tel tait ,balzac4 ,,xiv4 ,quant son tal5t1 il e/ incomp>able4 ,les romanci]s franais n'ont pas une sphre bi5 arrte dans laquelle on puisse dlimit] l'action de leur plume4 ,les uns1 tels que les romanci]s du sicle de ,l\is ,,xiv1 ,tlmaque1 les oeuvres de ,mlle de ,scudry1 la ,pr9cesse de ,clves1 etc41 dbord5t dans le l>ge lit des av5tures fabuleuses et des pomes piques4 ,les autres1 tels que l'abb ,prvo/1 s]r5t de plus prs la ralit et la nature2 ils criv5t les mmoires imag9aires d'un ,homme de qualit1 le ,doy5 de ,kill]9e1 ou les am\rs beauc\p trop cyniques de ,manon ,lescaut et du ,*evali] des ,grieux2 d'autres1 tels que ,j4-,j4 ,r\sseau1 ,*ateaubri& dans ,atala ou ,r51 et1 de nos j\rs1 ,mme ,s&1 se livr5t1 s\s la =me de roman1 au lyrisme le plus transc5dant de leur gnie1 et1 p\r flatt] tantt l'ari/ocratie1 tantt la religion1 tantt la dmocratie du temps1 *ant5t depuis les lic5cieuses am\rs de la ,n\velle ,hlose ou depuis les ridicules sy/mes d'ducation de l'mile1 m9emm5t propre =m] un peuple de m>quis1 jusqu'aux rv]ies grotesques et froces d'un socialisme et d'un communisme qui ni5t la nature1 et qui prt5d5t refaire le monde mieux que le ,crateur4 ,admirables prosateurs1 dte/ables philosophes1 prp>ant1 p\r dsaltr] le peuple1 non de l'eau salubre1 mais de l'opium ivre de rves et de convulsions6 ,a9si1 l'exception de l'abb ,prvo/ qui n'eut d'autre modle que la nature1 et de ,*ateaubri&1 dans ,r51 qui n'eut d'ivresse que celle du s5tim5t1 presque t\s les romanci]s franais suivir5t s]vilem5t les moeurs de l'poque et n'crivir5t que p\r un j\r4 ,pr5ez le premi] de ces romans1 ,tlmaque1 ju/em5t ha de ,l\is ,,xiv1 et essayez de con/ruire sur ce modle une socit politique qui se ti5ne deb\t6 ,,xv4 ,balzac naquit1 et1 d\ p> la nature d'un tal5t imm5se et d'un esprit ju/e1 il sec\a ces haillons de la p5se dont on avait v\lu faire un co/ume national1 il r5tra dans la voie droite de l'abb ,prvo/1 et n'aspira qu' un seul titre1 celui d'hi/oriographe de la nature et de la socit4 ,il le p\rsuivit laborieusem5t1 passant avec un gal succs de la pe9ture la plus hideuse du vice jusqu' la ,re*]*e de l'absolu1 cette pi]re philosophale de la philosophie1 jusqu'au ,lis dans la valle1 cette p]le de l'am\r pur4 ,p>c\rez ces c5t volumes de ses oeuvres jets avec pr(usion de sa ma9 jamais lasse1 et concluez avec moi qu'un seul homme en ,france tait capable d'excut] ce qu'il avait conu1 la ,comdie huma9e1 ce pome pique de la vrit6 ,on dit1 je le sais1 et je me le suis dit moi-mme en f9issant la lecture de ce m]veilleux arti/e3 ,il e/ p>fait1 mais il e/ tri/e2 on sort1 avec des l>mes dans les yeux1 de cette lecture4--,balzac e/ tri/e1 c'e/ vrai2 mais il e/ pr(ond4--,e/-ce que le monde e/ gai8 ,molire tait tri/e1 et c'e/ p\rquoi il fut ,molire4 ,,lam>t9e ,,f9 ,,du ,,tome ,,dix-,,huiti,,me4 ,p>is4--,typographie de ,firm9 ,didot frres1 imprimeurs de l',in/itut et de la ,m>9e1 #ef1 rue ,jacob4