,la ,vie ,simple ,,p> ,c4 ,,wagn] ,auteur de ,jeunesse ,,d\zi,,me ,,dition ,,p>is ,librairie ,arm& ,col9 #e1 rue de ,mzires1 #e #aijh ,droits de reproduction et de traduction rs]vs p\r t\s pays4 ,,ouvrages ,,de ,c4 ,,wagn] ,auprs du ,foy] 7#f;e dition74 ,un volume 9-#ah jsus1 bro* 7,librairie ,arm& ,col97 #c #ej ,ju/ice4 ,huit disc\rs 7#g;e dition74 ,un volume 9-#ab1 bro* 7,fis*ba*]7 #c #ej ,jeunesse4 ,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise 7#b;e dition74 ,un volume 9-#ab1 bro* 7,fis*ba*]7 #c #ej ,vaillance4 ,ouvrage honor d'une s\scription du ,m9i/re de l',in/ruction publique 7#ah;e dition74 ,un volume 9-#ab1 bro* 7,fis*ba*]7 #c #ej ,le long du *em9 7#d;e dition74 ,un volume 9-#ab1 bro* 7,fis*ba*]7 #b ,l'vangile et la vie4 ,disc\rs 7#d;e dition74 ,un volume 9-#ab1 bro* 7,fis*ba*]7 #c #ej ,sois un homme6 ,simples caus]ies sur la conduite de la vie 7#b;e dition74 ,un volume 9-#ab1 br4 7,fis*ba*]7 #a #be ,reli #b ,l',ame des *oses 7#b;e dition74 ,un volume 9-#ab1 bro* 7,fis*ba*]7 #c #ej ,l',ami4 ,dialogues intrieurs 7#c;e dition74 ,un volume 9-#ab 7,fis*ba*]7 #c #ej ,hi/oires et ,f>ciboles1 p\r les enfants4 ,un volume 9-#h illu/r p> ,r5 ,h5riquez 7,fis*ba*]74 ,libre ,p5se et ,prote/antisme libral4 #d lettres de ,f]d9& ,brisson avec rponses de ,c4 ,wagn]4 ,un volume 9-#ab4 #ade-jh4--;,c\lommi]s4 ,imp4 ,paul ,,brod>d4--,p#b-jh4 ,,la ,m,,moire ,,de ,,ma ,m,,re ,,pr,,face ,,de ,,la ,,neuvi,,me ,,dition ,auj\rd'hui que ,la ,vie simple a t tellem5t rimprime que les vieux cli*s sont us et qu'il faut recompos] le texte n\veau1 il ne s]a sans d\te pas dp\rvu d'intrt de not] ici quelques faits conc]nant l'orig9e et la de/9e de ce livre4 ,le l5dema9 d'une allocution de m>iage ent5due p> ,m4 ,arm& ,col9 et traitant le sujet de la ,vie simple en son application au foy] dome/ique1 l'diteur p>isi5 m'crivit3 ,faites-n\s donc un livre sur la ,vie simple4 ,ri5 ne s]ait plus actuel ni plus ncessaire4 ,six mois plus t>d le livre p>aissait4 ,il eut une bonne presse et un meilleur public4 ,les lecteurs lui fir5t de l'un l'autre cette familire et solide rclame p> laquelle on se recomm&e mutuellem5t ses livres comme on se prs5te ses amis4 ,il fut vite connu1 et sans faire le mo9dre bruit se rp&it et se traduisit trav]s l',europe4 ,en #aija1 miss ,m>ie-,l\ise ,h5dee le traduisit en lgant anglais p\r la maison ,mc ,clure de ,new-,york4 ,un romanci] amrica9 de m>que1 miss ,grace ,k+1 le faisait prcd] d'une notice crite avec beauc\p de so9 et de grce4 ,dj le livre comm5ait m>*] d'un bon tra9 aux tats-,unis1 lorsque le ,prsid5t ,roosevelt le lut et en fut p>ticulirem5t frapp4 ,il crivit l'auteur3 ,je pr*e vos livres mes compatriotes4 ,il recomm&a aux ,amrica9s la lecture de ,la ,vie simple dans deux disc\rs publics ret5tissants1 l'un ,bangor1 l'autre ,philadelphie4 ,il invita enf9 l'auteur v5ir en ,amrique et le #bb novembre #aijd1 au gr& ?tre de ,lafayette-,squ>e ,wa%+ton1 le prs5ta lui-mme au public en ouvrant son disc\rs p> ces mots3 ,ceci e/ la premire fois et s]a en mme temps la seule et unique1 que durant ma ,prsid5ce je prs5te un orateur un auditoire4 ,et je suis plus qu'heureux de le faire en cette occasion1 c>1 s'il y a un livre que je dsire voir lire comme un tract1 et un tract intressant1 p> notre peuple enti]1 c'e/ ,la ,vie simple1 crite p> ,m4 ,wagn]4 ,il y a d'autres de ses livres dont n\s p\vons tir] gr& bi54 ,mais il n'e/1 ma connaissance1 aucun ouvrage crit ces d]nires annes1 ici ou l'trang]1 qui conti5ne autant de *oses que n\s autres enfants d',amrique n\s devions pr5dre coeur1 que ,la ,vie simple4 ,dans un rc5t et beau voyage aux tats-,unis1 j'ai pu me conva9cre quel po9t l',amrique avait suivi le conseil de son ,prsid5t4 ,les familles1 les univ]sits1 les hommes d'affaires1 un l>ge public recrut dans les milieux les plus div]s1 s'e/ mis lire le livre4 ,les j\rnaux l'ont publi en feuilleton1 les prdicateurs en ont tir des sries de disc\rs1 les dess9ateurs des c>icatures4 ,en d]ni] lieu les ditions populaires se criai5t dans les rues p> les camelots4 ,t\t cela e/ une preuve que ce livre e/ v5u en son temps et rpond un beso9 pr(ond de simplification au milieu de cette poque agite et complexe4 ,p> un effet trs naturel1 le succs extraord9aire des traductions rejaillit auj\rd'hui sur l'dition franaise et lui imprime une n]gie n\velle4 ,puiss5t ces pages1 en se rp&ant1 ram5] l'att5tion de beauc\p de nos contempora9s sur le premi] de t\s les sujets3 l'emploi et l'organisation de la vie4 ,et puissions-n\s en mditant sur ce problme des problmes arriv] compr5dre que le bonheur1 la =ce et la beaut de l'exi/5ce ont p\r une gr&e "p leur s\rce dans l'esprit de ,simplicit4 ,*>les ,wagn]4 ,p>is1 fvri] #aije4 ,,pr,,face ,,de ,,la ,,premi,,re ,,dition ,le malade m9 p> la fivre1 dvor p> la soif1 rve p5dant son sommeil d'un frais ruisseau o il se baigne1 ou d'une claire fonta9e o il boit gr&es gorges4 ,a9si dans l'agitation complique de l'exi/5ce mod]ne1 nos mes extnues rv5t de simplicit4 ,ce qu'on appelle de ce beau nom1 s]ait-il un bi5 jamais disp>u8 ,je ne le p5se pas4 ,si la simplicit se tr\vait lie quelques circon/ances exceptionnelles que de r>es poques ont seules connues1 il faudrait r5onc] la ralis] encore4 ,on ne ramne pas les civilisations v]s leurs orig9es1 pas plus qu'on ne ramne les fleuves aux flots tr\bls v]s le vallon tranquille o les bran*es des aulnes se rejoignai5t sur leur s\rce4 ,mais la simplicit ne dp5d pas de telles ou telles conditions conomiques ou sociales en p>ticuli]2 c'e/ plutt un esprit qui peut anim] et modifi] des vies de g5res trs diffr5ts4 ,lo9 d'en tre rduits la p\rsuivre de nos regrets impuissants1 n\s p\vons1 je l'affirme1 en faire l'objet de nos rsolutions et le b de notre n]gie pratique4 99 99 99 99 99 ,aspir] la vie simple1 c'e/ proprem5t aspir] remplir la plus haute de/9e huma9e4 ,t\s les m\vem5ts de l'humanit v]s plus de ju/ice et plus de lumire1 ont t en mme temps des m\vem5ts v]s une vie plus simple4 ,et la simplicit antique1 dans les arts1 les moeurs1 les ides1 ne g>de p\r n\s son prix incomp>able que p>ce qu'elle e/ p>v5ue donn] un relief puissant quelques s5tim5ts ess5tiels1 quelques vrits p]man5tes4 ,il faut aim] cette simplicit et s'ef=c] de la g>d] pieusem5t4 ,mais il n'aurait fait que la c5time p>tie du *em91 celui qui s'en ti5drait aux =mes extrieures et qui ne *]*]ait pas ralis] l'esprit4 ,en effet s'il n\s e/ impossible d'tre simples dans les mmes =mes que nos pres1 n\s p\vons le re/] ou le r$ev5ir dans le mme esprit4 ,n\s m>*ons sur d'autres s5ti]s1 mais le b de l'humanit demeure au fond le mme3 c'e/ t\j\rs l'toile polaire qui dirige le m>9 qu'il soit emb>qu sur un voili] ou sur un bateau vapeur4 ,m>*] v]s ce b avec les moy5s dont n\s disposons1 voil la *ose la plus importante1 auj\rd'hui comme jadis4 ,et c'e/ p\r n\s en tre s\v5t c>ts que n\s avons embr\ill et compliqus notre vie4 99 99 99 99 99 ,si je p\vais russir faire p>tag] cette notion t\t intrieure de la simplicit1 je n'aurais pas fait un va9 ef=t4 ,quelques lecteurs p5s]ont qu'une telle notion doit pntr] les moeurs et l'ducation4 ,ils comm5c]ont p> la cultiv] en eux-mmes et lui f]ont le sacrifice de quelques-unes de ces habitudes qui n\s emp*5t d'tre des hommes4 ,trop d'encombrantes inutilits n\s sp>5t de l'idal de vrit1 de ju/ice et de bont qui doit r*auff] et vivifi] nos coeurs4 ,t\te cette br\ssaille1 s\s prtexte de n\s abrit]1 n\s et notre bonheur1 a f9i p> n\s masqu] la lumire4 ,qu& aurons-n\s le c\rage d'oppos] aux dcevantes t5tations d'une vie aussi complique qu'infconde la rponse du sage3 te-toi de mon soleil8 ,p>is1 mai #ahie4 ,i ,la vie complique4 ,*ez les ,blan*>d t\t e/ s5s dessus dess\s1 et en vrit il y a de quoi6 ,songez donc que ,mlle ,yvonne se m>ie m>di et n\s voici au v5dr$i6 ,c'e/ un int]m9able dfil de visiteurs *>gs de cadeaux1 de f\rnisseurs ployant s\s les comm&es4 ,les dome/iques sont sur les d5ts4 ,quant aux p>5ts et aux futurs1 ils ne viv5t plus1 ils n'ont plus de domicile connu4 ,le j\r on e/ *ez les c\turires1 les modi/es1 les tapissi]s1 les bni/es1 les bij\ti]s1 ou dans l'app>tem5t livr aux pe9tres et aux m5uisi]s4 ,de l1 c\rse rapide p> les tudes des hommes d'affaires1 o l'on att5d son t\r en reg>dant les cl]cs grossoy] l'ombre des pap]asses4 ,aprs cela1 c'e/ pe9e s'il re/e le temps de c\rir *acun *ez soi et de se p>] p\r la srie des dn]s de crmonie3 dn]s de fianailles1 dn]s de prs5tations1 dn] de contrat1 soires et bals4 ,aut\r de m9uit on r5tre h>ass1 mais c'e/ p\r tr\v] au logis t\s les d]ni]s arrivages et une correspondance effrne4 ,flicitations1 complim5ts1 acceptations et refus de demoiselles et de g>ons d'honneur1 excuses de f\rnisseurs en ret>d4 ,et puis les accrocs de la d]nire heure3 un deuil subit qui dsorganise le cortge1 un vila9 rhume qui emp*e une actrice1 toile amie1 de *ant] l'orgue1 etc4 ,c'e/ autant recomm5c]6 ,ces pauvres ,blan*>d6 jamais ils ne s]ont prts1 eux qui croyai5t p\rtant avoir song t\t1 et t\t prvu4 ,et voil leur exi/5ce depuis tantt un long mois4 ,plus moy5 de respir]1 de se recueillir une heure1 d'*ang] une p>ole tranquille4 ,non1 ce n'e/ pas une vie1 cela444 ,heureusem5t qu'il y a la *ambre de gr&'mre6 ,gr&'mre t\*e ses quatre-v+ts4 ,ayant beauc\p s\ff]t et travaill1 elle en e/ arrive envisag] les *oses avec cette calme sret que rapport5t de la vie ceux qui ont l'intellig5ce leve et le coeur aimant4 ,presque t\j\rs assise dans son fauteuil1 elle adore le sil5ce des longues heures mditatives4 ,aussi la tempte affaire qui svit p> la maison s'e/-elle arrte respectueuse devant sa porte4 ,au seuil de cet asile les voix s'apais5t1 les pas se font discrets4 ,et qu& les jeunes fiancs veul5t se mettre un in/ant l'abri1 ils s'enfui5t *ez gr&'mre4 --,pauvres enfants6 leur dit-elle alors1 comme v\s voil n]vs6 ,reposez-v\s un peu1 app>t5ez-v\s l'un l'autre4 ,c'e/ le pr9cipal4 ,le re/e e/ peu de *ose1 il ne mrite pas qu'on s'y absorbe6 ,ils le s5t5t bi51 ces jeunes g5s4 ,que de fois1 en ces sema9es d]nires1 leur am\r n'a-t-il pas d cd] le pas t\tes sortes de conv5tions1 d'exig5ces1 d'inutilits6 ,ils s\ffr5t de la fatalit1 qui ce mom5t dcisif de leur vie dta*e sans cesse leurs esprits de la seule *ose ess5tielle1 p\r les p\ss] trav]s la multitude des proccupations secondaires4 ,et volonti]s ils appr\v5t l'op9ion de l'aeule qu& elle leur dit entre une c>esse et un s\rire3 --,dcidm5t1 mes enfants1 le monde se fait trop compliqu1 et t\t cela ne r5d pas les g5s plus heureux444 au contraire6444 99 99 99 99 99 ,je suis de l'avis de bonne maman4 ,depuis le b]ceau jusqu' la tombe1 dans ses beso9s comme dans ses plaisirs1 dans sa conception du monde et de lui-mme1 l'homme mod]ne se dbat au milieu de complications sans nombre4 ,plus ri5 n'e/ simple3 ni p5s]1 ni agir1 ni s'amus]1 ni mme m\rir4 ,n\s avons1 de nos ma9s1 aj\t l'exi/5ce une f\le de difficults et retran* plusieurs agrm5ts4 ,je suis p]suad qu'il se tr\ve l'heure prs5te des milli]s de mes semblables qui s\ffr5t des suites d'une vie trop factice4 ,ils n\s sauront gr de *]*] donn] une expression leur malaise et de les enc\rag] dans ce regret de la simplicit qui les travaille confusm5t4 numrons d'abord une srie de faits qui mett5t en relief la vrit que n\s dsirons faire ap]cevoir4 ,la complication de la vie n\s app>at dans la multiplicit de nos beso9s matriels4 ,un des phnomnes univ]sellem5t con/ats du sicle e/ que nos beso9s ont gr&i avec nos ress\rces4 ,cela n'e/ pas un mal en soi4 ,la naissance de c]ta9s beso9s m>que en effet un progrs4 ,c'e/ un signe de supriorit que d'pr\v] le beso9 de se lav]1 de port] du l+e propre1 d'habit] une demeure salubre1 de se n\rrir avec un c]ta9 so91 de cultiv] son esprit4 ,mais s'il e/ des beso9s dont la naissance e/ dsirable et qui ont droit la vie1 il en e/ d'autres qui ex]c5t une influ5ce fune/e et s'entreti5n5t nos dp5s comme des p>asites4 ,c'e/ le nombre et le c>actre imprieux de ceux-ci qui n\s proccup5t4 ,si l'on avait pu prdire nos anci5s qu'un j\r l'humanit aurait sa disposition t\s les eng9s dont elle dispose ma9t5ant p\r entret5ir et df5dre son exi/5ce matrielle1 ils en aurai5t conclu d'abord une augm5tation de l'indp5dance et p> consqu5t du bonheur1 et en second lieu un gr& apaisem5t dans les comptitions p\r les bi5s de la vie4 ,il leur et t p]mis ensuite de p5s] que la simplification de l'exi/5ce1 rsultat de ces moy5s d'action p]fectionns1 p]mettrait de ralis] une plus haute moralit4 ,ri5 de t\t cela ne s'e/ produit3 ni le bonheur1 ni la paix sociale1 ni l'n]gie p\r le bi5 n'ont augm5t4 ,en premi] lieu1 v\s semble-t-il que vos concitoy5s soi5t1 pris en masse1 plus cont5ts que leurs anctres et plus srs du l5dema98 ,je ne dem&e pas s'ils aurai5t des raisons de l'tre1 mais s'ils le sont en effet4 les reg>d] vivre1 il me p>at qu'ils sont en majorit mcont5ts de leur sort1 avant t\t proccups de leurs beso9s matriels et obsds p> le s\ci du l5dema94 ,jamais la "q du vivre et du c\v]t n'a t plus aigu ni plus exclusive que depuis qu'on e/ mieux n\rri1 mieux vtu1 mieux log qu'autrefois4 ,celui-l se trompe qui croit que la "q3 que mang]ons-n\s1 que boirons-n\s1 de quoi s]ons-n\s vtus8 ne se pose qu'aux pauvres g5s exposs aux angoisses des l5dema9s sans pa9 et sans abri4 ,*ez ceux-l elle e/ naturelle1 et p\rtant c'e/ encore l qu'elle se pose le plus simplem5t4 ,il faut all] *ez ceux qui comm5c5t j\ir d'un peu de bi5-tre1 p\r con/at] combi5 la satisfaction de ce qu'ils ont e/ tr\ble p> le regret de ce qui leur manque4 ,et si v\s v\lez obs]v] le s\ci de l'av5ir matriel dans t\t son luxueux dveloppem5t1 reg>dez les g5s aiss et surt\t les ri*es4 ,les femmes qui n'ont qu'une robe1 ne sont pas celles qui se dem&5t le plus comm5t elles se vtiront1 de mme ce ne sont pas les rationns du /rict ncessaire1 qui s'int]rog5t le plus sur ce qu'ils mang]ont dema94 ,p> une consqu5ce ncessaire de la loi que les beso9s gr&iss5t des satisfactions qu'on leur donne3 plus un homme a de bi51 plus il lui en faut4 ,plus il e/ assur du l5dema9 selon la vue ord9aire du bon s5s1 plus il se condamne se proccup] de quoi il vivra1 lui et ses enfants1 comm5t il tablira ceux-ci et leurs desc5dants4 ,ri5 ne saurait donn] une ide des cra9tes d'un homme tabli1 de leur nombre1 de leur porte1 de leurs nuances raff9es4 ,de t\t cela1 il e/ rsult trav]s les diffr5tes c\*es sociales1 et selon les conditions1 avec une int5sit v>iable1 une agitation gnrale1 un tat d'esprit trs complexe qui ne saurait mieux se comp>] qu' l'humeur des enfants gts la fois combls et mcont5ts4 ,si n\s ne sommes pas dev5us plus heureux1 n\s ne sommes pas dev5us plus pacifiques et plus frat]nels4 ,les enfants gts se disput5t s\v5t et avec a*>nem5t4 ,plus l'homme a de beso9s et de dsirs1 plus il a d'occasions de conflit avec ses semblables1 et ces conflits sont d'autant plus ha9eux que les causes en sont mo9s ju/es4 ,que l'on se batte p\r le pa91 le ncessaire1 c'e/ la loi naturelle4 ,elle peut sembl] brutale1 mais il y a une excuse dans sa duret mme1 et en gnral elle se borne aux cruauts rudim5taires4 ,t\t autre e/ la bataille p\r le sup]flu1 p\r l'ambition1 p\r le privilge1 p\r le caprice1 p\r la j\issance matrielle4 ,jamais la faim n'a fait commettre l'homme les bassesses que lui font commettre l'ambition1 l'av>ice1 la soif des plaisirs malsa9s4 ,l'gsme devi5t plus malfaisant mesure qu'il se raff9e4 ,n\s avons donc assi/ de ce temps une aggravation de l'esprit d'ho/ilit entre semblables1 et nos coeurs sont mo9s apaiss que jamais4 ,e/-il utile de se dem&] aprs cela si n\s sommes dev5us meilleurs8 ,le n]f du bi5 n'e/-il pas dans la capacit de l'homme d'aim] quelque *ose en dehors de lui-mme8 ,et quelle place re/e-t-il p\r le pro*a9 dans une vie sacrifie aux proccupations matrielles1 aux beso9s en majorit factices1 la satisfaction des ambitions1 des rancunes et des fantaisies8 ,l'homme qui se met t\t enti] au s]vice de ses apptits1 les fait si bi5 gr&ir et multipli] qu'ils devi5n5t plus =ts que lui4 ,une fois qu'il e/ leur esclave1 il p]d le s5s moral et l'n]gie1 et il devi5t incapable de di/+u] le bi5 et de le pratiqu]4 ,il e/ livr l'an>*ie intrieure des dsirs dont nat la longue l'an>*ie extrieure4 ,la vie morale consi/e dans le g\v]nem5t de soi-mme1 l'immoralit consi/e dans le g\v]nem5t de n\s-mmes p> nos beso9s et nos passions4 ,a9si peu peu les bases de la vie morale se dplac5t et la rgle du jugem5t dvie4 ,p\r un homme esclave de beso9s nombreux et exigeants1 possd] e/ le bi5 p> excell5ce1 s\rce de t\s les autres bi5s4 ,il e/ vrai que1 dans la concurr5ce a*>ne p\r la possession1 on en arrive har ceux qui possd5t1 et ni] le droit de proprit lorsque ce droit e/ entre les ma9s d'autrui et non entre les ntres4 ,mais l'a*>nem5t attaqu] ce que possde autrui1 e/ une preuve n\velle de l'importance extraord9aire que n\s atta*ons possd]4 ,les *oses et les hommes f9iss5t p> tre e/ims leur valeur vnale et selon le pr(it qu'on en peut tir]4 ,t\t ce qui ne rapporte ri5 ne vaut ri51 et quiconque ne possde ri5 n'e/ ri54 ,la pauvret honnte risque =t de pass] p\r une honte1 et l'arg5t1 mme malpropre1 n'a pas trop de difficult compt] p\r du mrite444--,alors1 n\s object]a-t-on1 v\s condamnez le progrs mod]ne en bloc et v\s v\driez n\s ram5] au bon vieux temps1 l'actisme peut-tre8--,pas le mo9s du monde4 ,c'e/ la plus /rile et la plus dang]euse des utopies que de v\loir ressuscit] le pass1 et l'art de bi5 vivre ne consi/e pas se retir] de la vie4 ,mais n\s *]*ons mettre en lumire1 af9 de lui tr\v] un remde1 une des erreurs qui ps5t le plus l\rdem5t sur le progrs social1 savoir que l'homme devi5t plus heureux et meilleur p> l'augm5tation du bi5-tre extrieur4 ,ri5 n'e/ plus faux que ce prt5du axiome social4 ,au contraire1 la dim9ution de la capacit d'tre heureux et l'avilissem5t des c>actres p> le bi5-tre matriel sans contrepoids1 e/ un fait que mille exemples sont l p\r tablir4 ,une civilisation vaut ce que vaut l'homme in/all son c5tre4 ,qu& cet homme manque de direction morale1 t\t progrs n'ab\tit qu' empir] le mal et embr\ill] davantage les problmes sociaux4 99 99 99 99 99 ,ce pr9cipe peut se vrifi] dans d'autres doma9es que celui du bi5-tre4 ,ne m5tionnons que ceux de l'in/ruction et de la lib]t4 ,on se rappelle le temps o des prophtes c\ts annonai5t que1 p\r trans=m] la t]re mauvaise en un sj\r des dieux1 il suffisait d'abattre ces trois vieilles puissances coalises3 la misre1 l'ignorance et la tyrannie4 ,d'autres prophtes repr5n5t auj\rd'hui les mmes prdictions4 ,n\s v5ons de voir que l'vid5te dim9ution de la misre n'a r5du l'homme ni meilleur ni plus heureux4 ,ce rsultat a-t-il t atte9t dans une c]ta9e mesure p> le so9 l\able apport l'in/ruction8 ,il n'y p>at pas l'heure prs5te1 et c'e/ bi5 l le s\ci1 l'angoisse de ceux qui se consacr5t l'ducation nationale4--,alors il faut abtir le peuple1 supprim] l'in/ruction univ]selle1 f]m] les coles4 ,nullem5t3 mais l'in/ruction1 de mme que l'ensemble des eng9s de notre civilisation1 n'e/ aprs t\t qu'un outillage4 ,t\t dp5d de l'ouvri] qui s'en s]t4 ,de mme p\r la lib]t3 elle e/ fune/e ou salutaire suivant l'emploi qu'on en fait4 ,re/e-t-elle la lib]t lorsqu'elle app>ti5t aux malfaiteurs ou mme l'homme br\illon1 capricieux1 irrespectueux8 ,la lib]t e/ une atmosphre de vie suprieure qu'on devi5t capable de respir] p> une l5te et pati5te trans=mation intrieure4 ,il faut une loi t\te vie1 celle de l'homme bi5 plus encore qu' celle des tres infrieurs1 c> la vie de l'homme et des socits e/ plus prcieuse et plus dlicate que celle des plantes et des animaux4 ,cette loi p\r l'homme e/ d'abord extrieure1 mais elle peut dev5ir intrieure4 ,aussitt que l'homme a reconnu la loi intrieure et s'e/ incl9 devant elle1 il e/ mr p\r la lib]t1 p> le respect et l'obissance volontaire4 ,tant qu'il n'a pas de loi intrieure =te et s\v]a9e1 il e/ incapable de respir] l'air de la lib]t4 ,cet air le grise1 l'affole1 le tue moralem5t4 ,un homme qui se dirige selon la loi intrieure1 ne peut pas plus vivre s\s celle de l'autorit extrieure1 qu'un oiseau adulte ne peut vivre enf]m dans la coquille de l'oeuf2 mais un homme qui n'a pas encore atte9t le po9t moral o il se g\v]ne lui-mme1 ne peut pas plus vivre s\s le rgime de la lib]t qu'un embryon d'oiseau priv de la coquille protectrice4 ,ces *oses sont t]riblem5t simples1 et la srie de leurs preuves anci5nes et n\velles ne cesse de s'accrotre s\s nos yeux4 ,et p\rtant n\s en sommes t\j\rs encore mconnatre les lm5ts mmes d'une loi si importante4 ,dans notre dmocratie1 combi5 sont-ils1 gr&s et petits1 qui ont compris1 p\r l'avoir vrifie1 vcue et quelquefois subie1 cette vrit sans laquelle un peuple e/ incapable de se g\v]n] lui-mme8 ,la lib]t c'e/ le respect2 la lib]t1 c'e/ l'obissance la loi intrieure1 et cette loi n'e/ ni le bon plaisir des puissants1 ni le caprice des f\les1 mais la rgle imp]sonnelle et suprieure devant laquelle ceux qui comm&5t c\rb5t la tte les premi]s4 ,dirons-n\s alors qu'il faut supprim] la lib]t8 ,non1 mais il faut n\s en r5dre capables et dignes1 autrem5t la vie publique devi5t impossible1 et une nation s'a*em9e1 trav]s la lic5ce et le manque de discipl9e1 aux inextricables complications de la dmagogie4 99 99 99 99 99 ,qu& on passe en revue les causes p>ticulires qui tr\bl5t et compliqu5t notre vie sociale1 de quelque nom qu'on puisse les dsign]1 et l'numration en s]ait longue1 elles se ramn5t t\tes une cause gnrale qui e/ celle-ci3 la confusion de l'accessoire avec l'ess5tiel4 ,le bi5-tre1 l'in/ruction1 la lib]t1 t\t l'ensemble de la civilisation1 con/itu5t le cadre du tableau1 mais le cadre ne fait pas le tableau pas plus que l'habit ne fait le mo9e1 et l'uni=me le soldat4 ,le tableau ici c'e/ l'homme1 et l'homme avec ce qu'il a de plus intime1 sa consci5ce1 son c>actre1 sa volont4 ,et t&is qu'on soignait et embellissait le cadre1 on a oubli1 nglig1 endommag le tableau4 ,aussi n\s sommes combls de bi5s extrieurs et misrables en vie spirituelle4 ,n\s avons en abondance des bi5s1 dont la rigueur on p\rrait se pass]1 et n\s sommes inf9im5t pauvres de la seule *ose ncessaire4 ,et lorsque notre tre pr(ond se rveille1 avec son beso9 d'aim]1 d'espr]1 de ralis] sa de/9e1 il pr\ve comme l'angoisse d'un vivant qu'on vi5t d'ensevelir1 il t\ffe s\s l'amoncellem5t des *oses secondaires qui ps5t sur lui et le priv5t d'air et de lumire4 ,il faut dgag]1 libr]1 remettre en honneur la vraie vie1 plac] t\te *ose son rang et se s\v5ir que le c5tre du progrs huma9 e/ dans la culture morale4 ,qu'e/-ce qu'une bonne lampe8 ,ce n'e/ pas la plus orne1 la mieux cisele1 celle qui e/ faite du mtal le plus prcieux4 ,une bonne lampe e/ une lampe qui claire bi54 ,et de mme on e/ un homme et un citoy51 ni p> le nombre des bi5s et des plaisirs qu'on s'accorde1 ni p> la culture intellectuelle et arti/ique1 ni p> les honneurs ou l'indp5dance dont on j\it1 mais p> la solidit de sa fibre morale4 ,et ceci aprs t\t n'e/ pas une vrit d'auj\rd'hui1 mais une vrit de t\s les temps4 aucune poque1 les conditions extrieures qu'il avait ralises p> son indu/rie ou son savoir1 n'ont pu disp5s] l'homme de se s\ci] de l'tat de sa vie intrieure4 ,la figure du monde *ange aut\r de n\s1 les facteurs intellectuels et matriels de l'exi/5ce se modifi5t4 ,nul ne peut s'oppos] ce *angem5t dont le c>actre brusque ne laisse pas d'tre p>fois prilleux4 ,mais la gr&e affaire e/ que1 au se9 des circon/ances modifies1 l'homme demeure un homme1 vive sa vie m>*e v]s son b4 ,or quelle que soit la r\te p>c\rir1 p\r m>*] v]s son b1 il faut que le voyageur ne se p]de pas dans les *em9s de trav]se et ne s'emb>rasse pas de f>deaux inutiles4 ,qu'il veille sur sa direction1 sur ses =ces1 sur son honneur et que p\r mieux se consacr] l'ess5tiel qui e/ de progress]1 il simplifie son bagage1 ft-ce mme au prix de quelques sacrifices4 ,,ii ,l'esprit de simplicit4 ,avant de p\voir expos] en quoi consi/]ait1 dans la pratique1 le ret\r la simplicit auquel n\s aspirons1 il e/ ncessaire de df9ir la simplicit dans son pr9cipe mme4 ,c> l'on commet son endroit la mme erreur que n\s v5ons de dnonc] et qui consi/e confondre l'accessoire avec l'ess5tiel1 le fond avec la =me4 ,on e/ t5t de croire que la simplicit prs5te c]ta9s c>actres extrieurs auxquels elle se reconnat1 et dans lesquels elle consi/e4 ,simplicit et condition simple1 vtem5ts mode/es1 demeure sans fa/e1 mdiocrit1 pauvret1 ces *oses sembl5t m>*] ensemble4 ,tel n'e/ pas le cas cep5dant4 ,des trois hommes que je vi5s de r5contr] sur ma r\te1 l'un allait en quipage1 l'autre pi$1 le troisime nu-pi$s4 ,ce d]ni] n'e/ pas ncessairem5t le plus simple des trois4 ,il se peut en effet que celui qui passe en voiture soit simple malgr sa gr&e situation et ne soit pas l'esclave de sa ri*esse2 il se peut de mme que l'homme en s\li]s n'envie pas celui qui passe en quipage1 et ne mprise pas celui qui va sans *aussures1 et enf9 il e/ possible que1 s\s ses haillons et les pi$s dans la p\ssire1 le troisime ait la ha9e de la simplicit1 du travail1 de la sobrit et ne rve que vie facile1 j\issances1 dsoeuvrem5t4 ,p>mi les mo9s simples des hommes il faut compt] les m5diants de pr(ession1 les *evali]s d'indu/rie1 les p>asites1 t\t le tr\peau des obsquieux ou des envieux dont les aspirations se rsum5t en ceci3 arriv] saisir un lambeau1 le plus gros possible1 de cette proie que consomm5t les heureux de la t]re4 ,et dans cette mme catgorie1 rangeons1 peu importe quel milieu ils app>ti5n5t1 les ambitieux1 les r\s1 les effm9s1 les av>es1 les orgueilleux1 les raff9s4 ,la livre n'y fait ri51 il faut voir le coeur4 ,aucune classe n'a le privilge de la simplicit1 aucun co/ume1 quelque humble qu'il p>aisse1 n'en e/ le signe assur4 ,sa demeure n'e/1 ncessairem5t1 ni la mans>de1 ni la *aumire1 ni la cellule de l'ascte1 ni la b>que du plus pauvre des p*eurs4 ,s\s t\tes les =mes que revt la vie1 dans t\tes les positions sociales1 en bas comme au sommet de l'*elle1 il y a des tres qui sont simples et d'autres qui ne le sont pas4 ,n\s ne v\lons pas dire p> l que la simplicit ne se traduise p> aucun indice extrieur1 qu'elle n'ait pas ses allures p>ticulires1 ses gts propres1 ses moeurs2 mais il ne faut pas confondre ces =mes qu'on peut la rigueur lui emprunt]1 avec son ess5ce mme et sa s\rce pr(onde4 ,cette s\rce e/ t\t intrieure4 ,la simplicit e/ un tat d'esprit4 ,elle rside dans l'int5tion c5trale qui n\s anime4 ,un homme e/ simple lorsque sa plus haute proccupation consi/e v\loir tre ce qu'il doit tre1 c e/--dire un homme t\t bonnem5t4 ,cela n'e/ ni aussi facile ni aussi impossible qu'on p\rrait se l'imag9]4 ,au fond cela consi/e mettre ses aspirations et ses actes d'accord avec la loi mme de notre tre et p> consqu5t avec l'int5tion t]nelle qui a v\lu que n\s soyons4 ,qu'une fleur soit une fleur1 une hirondelle une hirondelle1 un ro*] un ro*] et qu'un homme soit un homme et non un r5>d1 un livre1 un oiseau de proie ou un p\rceau1 t\t e/ l4 ,n\s voici donc am5s =mul] l'idal pratique de l'homme4 ,dans t\te vie n\s obs]vons une c]ta9e quantit de =ces et de sub/ances associes p\r un b4 ,des matriaux plus ou mo9s bruts y sont trans=ms et ports un degr suprieur d'organisation4 ,il n'en e/ pas autrem5t p\r la vie des hommes4 ,l'idal huma9 consi/]ait a9si trans=m] la vie en bi5s plus gr&s qu'elle-mme4 ,on peut comp>] l'exi/5ce une matire premire4 ,ce qu'elle e/1 importe mo9s que ce qu'on en tire4 ,comme dans une oeuvre d'art1 ce qu'on doit y apprci]1 c'e/ ce que l'ouvri] a su y mettre4 ,n\s apportons en naissant1 des dons diffr5ts4 ,l'un a reu de l'or1 l'autre du granit1 un troisime du m>bre et la plup>t du bois ou de l'argile4 ,notre t*e consi/e faonn] ces matires4 ,*acun sait qu'on peut gt] la sub/ance la plus prcieuse1 mais aussi qu'on peut tir] une oeuvre immortelle d'une matire sans valeur4 ,l'art consi/e ralis] une ide p]man5te1 dans une =me phmre4 ,la vie vraie consi/e ralis] les bi5s suprieurs qui sont la ju/ice1 l'am\r1 la vrit1 la lib]t1 l'n]gie morale dans notre activit j\rnalire1 quel qu'en soit d'ailleurs le lieu ou la =me extrieure4 ,et cette vie e/ possible dans les conditions sociales les plus div]ses1 et avec les dons naturels les plus 9gaux4 ,ce n'e/ pas la =tune ou les avantages p]sonnels1 mais le p>ti que n\s en tirons qui con/itue la valeur de la vie4 ,l'clat n'y fait pas plus que la longueur3 la qualit1 voil le pr9cipal4 ,e/-il ncessaire de dire qu'on ne s'lve pas ce po9t de vue1 sans ef=t et sans lutte8 ,l'esprit de simplicit n'e/ pas un bi5 dont on hrite1 mais le rsultat d'une conqute laborieuse4 ,bi5 vivre1 comme bi5 p5s]1 c'e/ simplifi]4 ,*acun sait que la sci5ce consi/e faire sortir de la somme t\ffue des cas div]s quelques rgles gnrales4 ,mais que d'obscurits et de ttonnem5ts p\r ab\tir la dc\v]te de ces rgles6 ,des sicles de re*]*e vi5n5t s\v5t se cond5s] en un pr9cipe qui ti5t dans une ligne4 ,la vie morale en ce po9t prs5te une gr&e analogie avec la vie sci5tifique4 ,elle aussi comm5ce dans une c]ta9e confusion1 s'essaie1 se *]*e elle-mme et s\v5t se trompe4 ,mais =ce d'agir et de se r5dre compte de ses actes avec s9crit1 l'homme arrive mieux savoir la vie4 ,la loi lui app>at1 et cette loi1 la voici3 ,accomplir sa mission4 ,celui qui s'applique autre *ose qu' la ralisation de ce b1 p]d en vivant la raison d'tre de la vie4 ,a9si font les g/es1 les j\isseurs1 les ambitieux4 ,ils consomm5t l'exi/5ce1 comme on mange son bl en h]be4 ,ils l'emp*5t de port] son fruit4 ,leurs vies sont des vies p]dues4 ,au contraire celui qui fait s]vir la vie un bi5 suprieur1 la sauve en la donnant4 ,les prceptes de morale1 qui p>aiss5t arbitraires aux reg>ds sup]ficiels et sembl5t faits p\r contr>i] notre ardeur de vie1 n'ont en somme qu'un objectif3 n\s prs]v] du malheur d'avoir vcu inutilem5t4 ,c'e/ p\r cela qu'ils n\s ramn5t con/amm5t la mme direction et qu'ils ont t\s le mme s5s3 ne gaspille pas ta vie2 fais-la fructifi]6 ,sa*e la donn] p\r l'emp*] de se p]dre4 ,en cela se rsume l'expri5ce de l'humanit4 ,cette expri5ce1 que *aque homme e/ oblig de refaire p\r son compte1 lui devi5t d'autant plus prcieuse qu'elle lui a cot plus *]4 claire p> elle1 sa dm>*e morale devi5t plus sre1 il a ses moy5s d'ori5tation1 sa norme intrieure laquelle il peut t\t ram5]1 et d'inc]ta91 confus et compliqu qu'il tait1 il devi5t simple4 ,p> l'influ5ce con/ante de cette mme loi qui gr&it en lui et se vrifie t\s les j\rs dans les faits1 il se produit une trans=mation dans ses jugem5ts et ses habitudes4 ,une fois saisi p> la beaut et la gr&eur de la vie vraie1 p> ce qu'il y a de sa9t et de t\*ant dans cette lutte de l'humanit p\r la vrit1 p\r la ju/ice1 p\r la bont1 il en g>de au coeur la fasc9ation4 ,et t\t vi5t se subordonn] naturellem5t cette proccupation puissante et p]si/ante4 ,la hir>*ie ncessaire des p\voirs et des =ces s'organise en lui4 ,l'ess5tiel comm&e1 l'accessoire obx1 et l'ordre nat de la simplicit4 ,on peut comp>] le mcanisme de la vie intrieure celui d'une arme4 ,une arme e/ =te p> la discipl9e1 et la discipl9e consi/e dans le respect de l'infrieur p\r le suprieur1 et dans la conc5tration de t\tes les n]gies v]s un mme b4 ,aussitt que la discipl9e se rel*e1 l'arme s\ffre4 ,il ne faut pas que le caporal comm&e au gnral4 ,exam9ez avec so9 votre vie et celle des autres1 celle de la socit4 ,*aque fois que quelque *ose clo*e ou gr9ce et qu'il nat des complications ou du dsordre1 c'e/ p>ce que le caporal a comm& au gnral4 ,l o la loi de simplicit pntre dans les coeurs le dsordre disp>at4 ,je dsespre de jamais dcrire la simplicit d'une faon digne d'elle4 ,t\te la =ce du monde et t\te sa beaut1 t\te la joie vritable1 t\t ce qui console et augm5te l'esprance1 t\t ce qui met un peu de lumire sur nos s5ti]s obscurs1 t\t ce qui n\s fait prvoir trav]s nos pauvres vies quelque b sublime et quelque av5ir imm5se1 n\s vi5t des tres simples qui ont assign un autre objet leurs dsirs que les satisfactions passagres de l'gsme et de la vanit et qui ont compris que la sci5ce de la vie consi/ait savoir donn] sa vie4 ,,iii ,la p5se simple4 ,ce n'e/ pas notre vie seulem5t dans ses manife/ations pratiques1 mais aussi le doma9e de nos ides qui a beso9 d'tre dblay4 ,l'an>*ie rgne dans la p5se huma9e2 n\s m>*ons en ple9es br\ssailles1 p]dus dans le dtail inf9i1 sans ori5tation et sans direction4 ,ds que l'homme a reconnu qu'il a son b1 que ce b e/ d'tre un homme1 il organise sa p5se en consqu5ce4 ,t\te faon de p5s]1 de compr5dre ou de jug] qui ne le r5d pas meilleur et plus =t1 il la rejette comme malsa9e4 ,et t\t d'abord1 il fuit le trav]s trop commun qui consi/e s'amus] de sa p5se4 ,la p5se e/ un outil srieux qui a sa fonction dans l'ensemble3 ce n'e/ pas un j\j\4 ,pr5ons un exemple3 voici un ateli] de pe9tre4 ,les outils sont leur place4 ,t\t indique que cet ensemble de moy5s e/ dispos en vue d'un b atte9dre4 ,ouvrez la porte des s+es4 ,ils grimp]ont sur les tablis1 se susp5dront aux cordes1 se drap]ont dans les t(fes1 se coiff]ont avec des pant\fles1 jongl]ont avec les p9ceaux1 gt]ont aux c\leurs1 et p]c]ont les toiles p\r voir ce que les portraits ont dans le v5tre4 ,je ne d\te pas de leur plaisir1 il e/ c]ta9 qu'ils doiv5t tr\v] ce g5re d'ex]cice =t intressant4 ,mais un ateli] n'e/ pas fait p\r y l*] des s+es4 ,de mme la p5se n'e/ pas un t]ra9 d'volutions acrobatiques4 ,un homme digne de ce nom p5se comme il e/ et comme il aime2 il y va de t\t son coeur et non avec cette curiosit dta*e et /rile qui1 s\s prtexte de t\t voir et t\t connatre1 s'expose ne jamais pr\v] une sa9e et pr(onde motion et ne jamais produire un acte vritable4 ,une autre habitude dont il e/ urg5t de se corrig]1 acolyte ord9aire de la vie factice1 c'e/ la manie de s'exam9] et de s'analys] t\t propos4 ,je n'engage pas l'homme se ds9tress] de l'obs]vation intrieure et de l'exam5 de consci5ce4 ,essay] d'y voir clair dans son esprit et dans ses motifs de conduite e/ un lm5t ess5tiel de la bonne vie4 ,mais autre *ose e/ la vigilance1 autre *ose cette application incessante se reg>d] vivre et p5s]1 se dmont] soi-mme comme une mcanique4 ,c'e/ p]dre son temps et se dtraqu]4 ,l'homme qui1 p\r se mieux prp>] la m>*e1 v\drait d'abord se livr] un m9utieux exam5 anatomique de ses moy5s de locomotion risqu]ait de se disloqu] avant d'avoir fait un seul pas4 ,tu z ce qu'il te faut p\r m>*]1 donc en avant6 ,pr5ds g>de de tomb] et use de ta =ce avec disc]nem5t4 ,les *]*eurs de petites btes et les m>*&s de scrupules se rduis5t l'inaction4 ,il suffit d'une lueur de bon s5s p\r se r5dre compte que l'homme n'e/ pas fait p\r se reg>d] le nombril4 ,le bon s5s1 ne tr\vez-v\s pas que ce qu'on dsigne p> ce mot se fait aussi r>e que les bonnes c\tumes d'autrefois8 ,le bon s5s c'e/ vieux jeu4 ,il faut autre *ose2 et l'on *]*e midi quatorze heures4 ,c> c'e/ l un raff9em5t que le vulgaire ne saurait se pay]1 et il e/ si agrable de se di/+u]6 ,au lieu de se comport] comme une p]sonne naturelle qui se s]t des moy5s t\t indiqus dont elle dispose1 n\s arrivons =ce de gnie aux plus tonnantes s+ul>its4 ,plutt draill] que de suivre la ligne simple6 ,t\tes les dviations et t\tes les dif=mits corporelles que soigne l'or?opdie1 ne donn5t qu'une faible ide des bosses1 des torsions1 des dhan*em5ts1 que n\s n\s sommes infligs p\r sortir du droit bon s5s4 ,et n\s appr5ons nos dp5s qu'on ne se d=me pas impunm5t4 ,la n\veaut aprs t\t e/ phmre4 ,il n'y a de durable que les immortelles banalits et si l'on s'en c>te c'e/ p\r c\rir les plus prilleuses av5tures4 ,heureux celui qui en revi5t1 qui sait r$ev5ir simple4 ,le simple bon s5s n'e/ pas1 comme plusieurs peuv5t se l'imag9]1 la proprit inne du premi] v5u1 bagage vulgaire et trivial qui n'a cot de pe9e p]sonne4 ,je le comp>e ces vieilles *ansons populaires1 anonymes et imprissables1 qui sembl5t tre sorties du coeur mme des f\les4 ,le bon s5s e/ le capital l5tem5t et pniblem5t accumul p> le labeur des sicles4 ,c'e/ un pur trsor1 dont celui-l seul compr5d la valeur1 qui l'a p]du ou qui voit vivre les g5s qui n'en ont plus4 ,p\r ma "p je p5se qu'aucune pe9e n'e/ trop gr&e p\r acqurir et g>d] le bon s5s1 p\r ma9t5ir ses yeux clairvoyants1 son jugem5t droit4 ,on pr5d bi5 g>de son pe1 de peur de la fauss] ou de la laiss] rong] p> la r\ille4 plus =te raison faut-il pr5dre so9 de sa p5se4 ,mais il faut bi5 compr5dre ceci4 ,un appel au bon s5s n'e/ pas un appel la p5se t]re t]re1 un positivisme troit qui nie t\t ce qu'il ne peut ni voir ni t\*]4 ,c> cela aussi e/ un manque de bon s5s que de v\loir absorb] l'homme dans sa s5sation matrielle et d'oubli] les hautes ralits du monde intrieur4 ,n\s t\*ons ici un po9t d\l\reux1 aut\r duquel s'agit5t les plus gr&s problmes de l'humanit4 ,n\s luttons en effet p\r atte9dre une conception de la vie1 n\s la *]*ons trav]s mille obscurits et mille d\leurs2 et t\t ce qui t\*e aux ralits spirituelles devi5t de j\r en j\r plus angoissant4 ,au milieu des graves emb>ras et du dsordre mom5tan qui accompagne les gr&es crises de la p5se1 il semble plus que jamais difficile de se tir] d'affaire avec quelques pr9cipes simples4 ,p\rtant la ncessit mme n\s vi5t en aide1 comme elle l'a fait p\r les hommes de t\s les temps4 ,le programme de la vie e/ t]riblem5t simple aprs t\t1 et p> cela mme que l'exi/5ce e/ si pressante et qu'elle s'impose1 elle n\s av]tit qu'elle prcde l'ide que n\s p\vons n\s en faire et que nul ne peut att5dre p\r vivre qu'il ait d'abord compris4 ,n\s sommes p>t\t en face du fait accompli avec nos philosophies1 nos explications1 nos croyances1 et c'e/ ce fait accompli1 prodigieux1 irrfutable qui n\s rappelle l'ordre lorsque n\s v\lons dduire la vie de nos raisonnem5ts et att5dre p\r agir que n\s ayons f9i de philosoph]4 ,voil l'heureuse ncessit qui emp*e le monde de s'arrt] lorsque l'homme d\te de son *em94 ,voyageurs d'un j\r1 n\s sommes emports dans un va/e m\vem5t auquel n\s sommes appels contribu]1 mais que n\s n'avons ni prvu1 ni embrass dans son ensemble1 ni sond dans ses f9s d]nires4 ,notre "p consi/e remplir fidlem5t le rle de simple soldat qui n\s e/ dvolu1 et notre p5se doit s'adapt] cette situation4 ,ne disons pas que les temps sont plus difficiles p\r n\s que p\r nos aeux1 c> ce qui se voit de lo9 se voit s\v5t mal1 et il y a d'ailleurs de la mauvaise grce se pla9dre de n'tre pas n du temps de son gr&-pre4 ,ce qu'on peut p5s] de mo9s conte/able sur ce sujet1 le voici3 depuis que le monde exi/e il e/ malais d'y voir clair4 ,p>t\t et t\j\rs1 p5s] ju/e a t difficile4 ,les anci5s n'ont aucun privilge en cela sur les mod]nes4 ,et on peut aj\t] qu'il n'y a aucune diffr5ce entre les hommes qu& on en arrive les considr] s\s ce po9t de vue4 ,que l'homme obisse ou comm&e1 enseigne ou appr5ne1 ti5ne une plume ou un m>teau1 il lui en cote galem5t de bi5 disc]n] la vrit4 ,les quelques lumires que l'humanit acqui]t en avanant lui sont sans d\te d'une extrme utilit2 mais elles agr&iss5t aussi le nombre et la porte des problmes4 ,la difficult n'e/ jamais leve1 t\j\rs l'intellig5ce r5contre l'ob/acle4 ,l'inconnu n\s dom9e et n\s tre9t de t\tes p>ts4 ,mais de mme qu'on n'a pas beso9 d'puis] t\te l'eau des s\rces p\r tan*] sa soif1 on n'a pas beso9 de t\t savoir p\r vivre4 ,l'humanit vit et a t\j\rs vcu sur quelques provisions lm5taires4 ,n\s essay]ons de les indiqu]3 t\t d'abord l'humanit vit p> la confiance4 ,p> l elle ne fait que reflt]1 dans la mesure de sa p5se consci5te1 ce qui e/ le fond obscur de t\s les tres4 ,une foi imp]turbable la solidit de l'univ]s1 son ag5cem5t intellig5t1 sommeille dans t\t ce qui exi/e4 ,les fleurs1 les arbres1 les btes1 viv5t avec un calme puissant1 une scurit entire4 ,il y a de la confiance dans la pluie qui tombe1 dans le mat9 qui s'veille1 dans le ruisseau qui c\rt la m]4 ,t\t ce qui e/1 semble dire3 ,je suis1 donc je dois tre2 il y a de bonnes raisons p\r cela1 soyons tranquille4 ,et de mme l'humanit vit de confiance4 ,p> cela mme qu'elle e/1 elle porte en elle la raison suffisante de son tre1 un gage d'assurance4 ,elle se repose dans la volont qui a v\lu qu'elle ft4 ,c'e/ g>d] cette confiance et ne la laiss] dconc]t] p> ri51 la cultiv] au contraire et la r5dre plus p]sonnelle et plus vid5te que doit t5dre le premi] ef=t de notre p5se4 ,t\t ce qui augm5te en n\s la confiance e/ bon4 ,p>ce que de l nat l'n]gie tranquille1 l'action repose1 l'am\r de la vie et du labeur fcond4 ,la confiance fondam5tale e/ le ressort my/rieux qui met en m\vem5t t\t ce qu'il y a de =ces en n\s4 ,elle n\s n\rrit4 ,c'e/ p> elle que l'homme vit1 bi5 plus que p> le pa9 qu'il mange4 ,a9si t\t ce qui branle cette confiance e/ mauvais1 c'e/ du poison1 non de la n\rriture4 ,e/ malsa9 t\t sy/me de p5se qui s'attaque au fait mme de la vie1 p\r le dcl>] mauvais4 ,on a trop de fois mal p5s de la vie en ce sicle4 ,quoi d'tonnant que l'arbre se fltrisse qu& v\s en arrosez les rac9es de sub/ances corrosives8 ,il y aurait cep5dant une bi5 simple rflexion oppos] t\te cette philosophie de nant3 v\s dcl>ez la vie mauvaise8 ,bon4 ,quel remde allez-v\s n\s (frir contre elle8 ,p\vez-v\s la combattre1 la supprim]8 ,je ne v\s dem&e pas de supprim] votre vie1 de v\s suicid]1 quoi cela n\s avanc]ait-il8 mais de supprim] la vie1 non seulem5t la vie huma9e1 mais sa base obscure et infrieure1 t\te cette p\sse d'exi/5ce qui monte v]s la lumire et selon v\s se rue v]s le malheur2 je v\s dem&e de supprim] la volont de vivre qui tressaille trav]s l'imm5sit1 de supprim] enf9 la s\rce de la vie4 ,le p\vez-v\s8 ,non4 ,alors laissez-n\s en paix4 ,puisque p]sonne ne peut mettre un fre9 la vie1 ne vaut-il pas mieux appr5dre l'e/im] et l'employ] qu'en dgt] les g5s8--,qu& on sait qu'un mets e/ dang]eux p\r la sant1 on n'en mange pas4 ,et qu& une c]ta9e faon de p5s] n\s te la confiance1 la joie et la =ce1 il faut la rejet]1 c]ta9s que non seulem5t elle e/ une n\rriture dte/able p\r l'esprit1 mais qu'elle e/ fausse4 ,il n'y a de vrai p\r les hommes que les p5ses huma9es1 et le pessimisme e/ inhuma94 ,d'ailleurs il manque autant de mode/ie que de logique4 ,p\r se p]mettre de tr\v] mauvaise cette *ose prodigieuse qui se nomme la vie il faudrait en avoir vu le fond1 et presque l'avoir faite4 ,quelle s+ulire attitude que celle de c]ta9s gr&s p5seurs de ce temps6 ,en vrit1 ils se comport5t comme s'ils avai5t cr le monde dans leur jeunesse1 il y a de cela trs longtemps2 mais ils en sont bi5 rev5us et dcidm5t c'tait une faute4 ,n\rrissons-n\s d'autres mets1 =tifions nos mes p> des p5ses rcon=tantes4 ,p\r l'homme1 ce qu'il y a de plus vrai c'e/ ce qui le =tifie le mieux4 99 99 99 99 99 ,si l'humanit vit de confiance1 elle vit aussi d'esprance4 ,l'esprance e/ cette =me de la confiance qui se t\rne v]s l'av5ir4 ,t\te vie e/ un rsultat et une aspiration4 ,t\t ce qui e/1 suppose un po9t de d"p et t5d v]s un po9t d'arrive4 ,vivre c'e/ dev5ir1 dev5ir c'e/ aspir]4 ,l'imm5se dev5ir c'e/ l'esprance inf9ie4 ,il y de l'esprance au fond des *oses et il faut que cette esprance se reflte dans le coeur de l'homme4 ,sans esprance pas de vie4 ,la mme puissance qui n\s fait tre1 n\s incite mont] plus haut4 ,quel e/ le s5s de cet in/9ct t5ace qui n\s p\sse progress]8 ,le s5s vrai c'e/ qu'il doit rsult] quelque *ose de la vie1 qu'il s'y labore un bi51 plus gr& qu'elle-mme1 v]s lequel elle se meut l5tem5t1 et que ce d\l\reux semeur qui s'appelle l'homme a beso91 comme t\t semeur1 de compt] sur le l5dema94 ,l'hi/oire de l'humanit e/ celle de l'inv9cible esprance4 ,autrem5t il y a longtemps que t\t s]ait f9i4 ,p\r m>*] s\s ses f>deaux1 p\r se guid] dans la nuit1 p\r se relev] de ses *utes et de ses ru9es1 p\r ne po9t s'ab&onn] dans la mort mme1 l'humanit a eu beso9 d'espr] t\j\rs et quelquefois contre t\t espoir4 ,voil le cordial qui la s\ti5t4 ,si n\s n'avions que la logique n\s aurions depuis longtemps tir cette conclusion3 ,le d]ni] mot e/ p>t\t la mort2 et n\s s]ions morts de cette p5se4 ,mais n\s avons l'esprance1 et c'e/ p\r cela que n\s vivons et que n\s croyons la vie4 ,suso1 le gr& mo9e my/ique1 un des hommes les plus simples et les meilleurs qui ai5t jamais vcu1 avait une habitude t\*ante3 *aque fois qu'il r5contrait une femme1 la plus pauvre et la plus vieille1 il s'c>tait respectueusem5t de son *em91 dt-il p\r cela se mettre les pi$s dans les p9es ou dans une ornire b\euse4 ,je fais cela1 disait-il1 p\r r5dre hommage notre sa9te dame la ,vi]ge ,m>ie4 ,r5dons l'esprance un hommage semblable3 qu& n\s la r5controns s\s la =me du br9 de bl qui p]ce le sillon1 de l'oiseau qui c\ve et n\rrit sa ni*e1 d'une pauvre bte blesse qui se ramasse1 se relve et cont9ue son *em91 d'un paysan qui lab\re et ensem5ce un *amp ravag p> l'inondation ou la grle1 d'une nation qui l5tem5t rp>e ses p]tes et panse ses blessures1 s\s n'importe quel extrieur humble et s\ffreteux1 saluons-la6 ,qu& n\s la r5controns dans les lg5des1 dans les *ants nafs1 dans les simples croyances1 saluons-la encore6 c> c'e/ la mme t\j\rs1 l'inde/ructible1 la fille immortelle de ,dieu4 ,n\s osons trop peu espr]4 ,l'homme de ce temps a contract des timidits tranges4 ,la cra9te que le ciel ne tombe1 ce comble de l'absurdit dans la peur1 selon nos anctres gaulois1 e/ entre dans nos coeurs4 ,la g\tte d'eau d\te-t-elle de l',ocan8 le rayon d\te-t-il du soleil8 ,notre sagesse snile a ralis ce prodige4 ,elle ressemble ces vieux pdagogues grognons1 dont l'(fice pr9cipal consi/e rabr\] les joyeuses espigl]ies ou les en?\siasmes juvniles de leurs jeunes lves4 ,il e/ temps de r$ev5ir enfants1 de rappr5dre jo9dre les ma9s et ouvrir de gr&s yeux devant le my/re qui n\s enveloppe1 de n\s s\v5ir que malgr notre savoir n\s ne savons que peu de *ose1 que le monde e/ plus gr& que notre c]veau et que c'e/ heureux1 c> s'il e/ si prodigieux il doit recel] des ress\rces inconnues et on peut lui accord] quelque crdit sans se faire tax] d'imprvoyance4 ,ne le traitons pas comme des cranci]s un dbiteur insolvable4 ,il faut ranim] son c\rage et rallum] la sa9te flamme de l'esprance4 ,puisque le soleil se lve encore1 puisque la t]re refleurit1 puisque l'oiseau btit son nid1 puisque la mre s\rit son enfant1 ayons le c\rage d'tre des hommes et remettons le re/e ,celui qui a nombr les toiles4 ,quant moi1 je v\drais p\voir tr\v] des mots enflamms p\r dire quiconque se s5t le coeur abattu en ce temps dsabus3 relve ton c\rage1 espre encore1 celui-l e/ sr de se tromp] le mo9s qui a l'audace d'espr] le plus4 ,la plus nave esprance e/ plus prs du vrai que le dsespoir le plus raisonn4 99 99 99 99 99 ,une autre s\rce de lumire sur le *em9 de l'humanit e/ la bont4 ,je ne suis pas de ceux qui croi5t la p]fection naturelle de l'homme et enseign5t que la socit le corrompt4 ,de t\tes les =mes du mal celle qui m'effraie le plus e/ au contraire la =me hrditaire4 ,mais je me suis p>fois dem& comm5t il se fait que ce vieux virus empoisonn des in/9cts vils1 des vices inoculs dans le sang1 t\t l'amas des s]vitudes que n\s lgue le pass1 n'ait pas eu raison de n\s4 ,c'e/ sans d\te qu'il y a autre *ose4 ,cette autre *ose e/ la bont4 tant donn l'inconnu qui plane sur nos ttes1 notre raison borne1 l'nigme angoissante et contradictoire des de/9es1 le m5songe1 la ha9e1 la corruption1 la s\ffrance1 la mort1 que p5s]8 que faire8 t\tes ces que/ions runies une voix gr&e et my/rieuse a rpondu3 ,sois bon4 ,il faut bi5 que la bont soit div9e comme la confiance1 comme l'esprance1 puisqu'elle ne peut pas m\rir1 alors que tant de puissances lui sont contraires4 ,elle a contre elle la frocit native de ce qu'on p\rrait appel] la bte dans l'homme2 elle a contre elle la ruse1 la =ce1 l'intrt1 et surt\t l'+ratitude4 ,p\rquoi passe-t-elle blan*e et intacte au milieu de ces ennemis sombres1 comme le prophte de la lg5de sacre au milieu des fauves rugissants8 ,c'e/ p>ce que ses ennemis sont *ose d'en bas et que la bont e/ *ose d'en haut4 ,les cornes1 les d5ts1 les griffes1 les yeux ple9s d'un feu meurtri]1 ne peuv5t ri5 contre l'aile rapide qui s'lance v]s les hauteurs et leur *appe4 ,a9si la bont se drobe aux entreprises de ses ennemis4 ,elle fait mieux encore1 elle a connu quelquefois ce beau triomphe de gagn] ses p]scuteurs3 elle a vu les fauves se calm]1 se c\*] ses pi$s1 obir sa loi4 ,au coeur mme de la foi *rti5ne la doctr9e la plus sublime et1 p\r qui sait en pntr] le s5s pr(ond1 la plus huma9e e/ celle-ci3 ,p\r sauv] l'humanit p]due le ,dieu invisible e/ v5u demeur] p>mi n\s s\s la =me d'un homme et il n'a v\lu se faire connatre qu' ce seul signe3 ,la bont4 ,rp>atrice1 consolatrice1 d\ce au malheureux1 au m*ant mme1 la bont dgage la lumire s\s ses pas4 ,elle cl>ifie et simplifie4 ,la "p qu'elle a *oisie e/ la plus mode/e3 b&] les blessures1 effac] les l>mes1 apais] la misre1 b]c] les coeurs endoloris1 p>donn]1 concili]4 ,mais c'e/ bi5 d'elle que n\s avons le plus beso94 ,aussi puisque n\s songeons la meilleure faon de r5dre la p5se fconde1 simple1 vraim5t con=me notre de/9e huma9e1 n\s rsum]ons la m?ode en ces mots3 ,aie confiance1 espre et sois bon4 ,je ne veux dc\rag] p]sonne des hautes spculations1 ni dissuad] qui que ce soit de se p5*] sur les problmes de l'inconnu1 sur les va/es abmes de la philosophie ou de la sci5ce4 ,mais il faudra t\j\rs rev5ir1 de ces lo9ta9s voyages1 v]s le po9t o n\s sommes1 et s\v5t mme la place o n\s pit9ons sans rsultat app>5t4 ,il e/ des conditions de vie et des complications sociales o le savant1 le p5seur et l'ignorant ne voi5t pas plus clair les uns que les autres4 ,l'poque prs5te n\s a s\v5t mis en face de ce g5re de situations1 et je g>antis celui qui v\dra suivre notre m?ode1 qu'il reconnatra bi5tt qu'elle a du bon4 99 99 99 99 99 ,comme j'ai1 en t\t ceci1 ctoy le t]ra9 religieux1 dans ce qu'il a de gnral du mo9s1 on me dem&]a peut-tre de dire en quelques mots simples quelle e/ la meilleure religion1 et je m'empresse de m'expliqu] sur ce sujet4 ,mais peut-tre ne faudrait-il pas pos] la "q comme on le fait d'ord9aire1 en dem&ant quelle e/ la meilleure religion8 ,les religions ont sans d\te c]ta9s c>actres prcis1 et des qualits ou des dfauts qui sont inhr5ts *acune4 ,on peut donc la rigueur les comp>] entre elles2 mais cette comp>aison se ml5t t\j\rs des p>tis pris ou des p>tialits involontaires4 ,il vaut mieux pos] la "q autrem5t et dem&]3 ,ma religion e/-elle bonne et quoi puis-je reconnatre qu'elle e/ bonne8 cette "q voici la rponse3 ,votre religion e/ bonne si elle e/ vivante et agissante2 si elle n\rrit en v\s le s5tim5t de la valeur inf9ie de l'exi/5ce1 la confiance1 l'espoir et la bont2 et elle e/ l'allie de la meilleure p>tie de v\s-mme contre la plus mauvaise1 et v\s fait app>atre sans cesse la ncessit de dev5ir un homme n\veau2 si elle v\s fait compr5dre que la d\leur e/ une libratrice2 si elle augm5te en v\s le respect de la consci5ce des autres2 si elle v\s r5d le p>don plus facile1 le bonheur mo9s orgueilleux1 le devoir plus *]1 l'au-del mo9s obscur4 ,si oui1 votre religion e/ bonne1 peu importe son nom4 ,quelque rudim5taire qu'elle soit1 qu& elle remplit cet (fice1 elle procde de la s\rce au!ntique1 elle v\s lie aux hommes et ,dieu4 ,mais v\s s]virait-elle p> has>d v\s croire meilleur que les autres1 ergot] sur des textes1 r5frogn] votre figure1 dom9] sur la consci5ce d'autrui ou livr] la vtre l'esclavage1 endormir vos scrupules1 pratiqu] un culte p> mode et p> intrt1 ou faire le bi5 p> calcul d'outre-tombe1 oh alors6 que v\s v\s rclamiez de ,b\ddha1 de ,mose1 de ,mahomet ou du ,*ri/ mme1 votre religion ne vaut ri51 elle v\s sp>e des hommes et de ,dieu4 ,je n'ai peut-tre pas un p\voir suffisant p\r p>l] a9si2 mais d'autres l'ont fait avant moi1 qui sont plus gr&s que moi1 notamm5t celui qui raconta au scribe faiseur de que/ions1 la p>abole du bon ,sam>ita94 ,je me retran*e d]rire son autorit4 ,,iv ,la p>ole simple ,la p>ole e/ le gr& organe rvlateur de l'esprit1 la premire =me visible qu'il se donne4 ,telle p5se1 telle p>ole4 ,p\r r=m] sa vie dans le s5s de la simplicit il faut veill] sur sa p>ole et sur sa plume4 ,que la p>ole soit simple comme la p5se1 quelle soit s9cre et qu'elle soit sre3 ,p5se ju/e1 p>le franc6 ,les relations sociales ont p\r base la confiance mutuelle et cette confiance se n\rrit de la s9crit de *acun4 ,aussitt que la s9crit dim9ue1 la confiance s'altre1 les rapports s\ffr5t1 l'inscurit nat4 ,cela e/ vrai dans le doma9e des intrts matriels et des intrts spirituels4 ,avec des g5s dont il faut sans cesse se mfi] il e/ aussi difficile de pratiqu] le comm]ce et l'indu/rie que de *]*] la vrit sci5tifique1 de p\rsuivre l'ent5te religieuse ou de ralis] la ju/ice4 ,qu& il faut d'abord contrl] les p>oles et les int5tions de *acun1 et p>tir du pr9cipe que t\t ce qui se dit et s'crit1 a p\r b de v\s s]vir l'illusion la place de la vrit1 la vie se complique trangem5t4 ,c'e/ le cas p\r n\s4 ,il y a trop de mal9s1 de diplomates1 qui j\5t au plus f9 et s'appliqu5t se tromp] les uns les autres1 et voil p\rquoi *acun a tant de mal se r5seign] sur les *oses les plus simples et qui lui import5t le plus4 ,probablem5t ce que je vi5s de dire suffirait p\r indiqu] ma p5se et l'expri5ce de *acun p\rrait apport] ici un ample comm5taire avec illu/rations l'appui4 ,mais je n'en ti5s pas mo9s insi/] sur ce po9t et m'ent\r] d'exemples4 ,autrefois les hommes avai5t p\r communiqu] entre eux des moy5s assez rduits4 ,il tait lgitime de suppos] qu'en p]fectionnant et en multipliant les moy5s d'in=mation on augm5t]ait la lumire4 ,les peuples appr5drai5t s'aim] en se connaissant mieux entre eux1 les citoy5s d'un mme pays se s5tirai5t lis p> une frat]nit plus troite1 tant mieux clairs sur t\t ce qui t\*e la vie commune4 ,lorsque l'imprim]ie fut cre on s'cria3 fiat lux6 et avec plus de raison encore lorsque se rp&ir5t l'usage de la lecture et le gt des j\rnaux4 ,p\rquoi n'et-on pas raisonn a9si3 deux lumires clair5t mieux qu'une et plusieurs mieux que deux2 plus il y aura de j\rnaux et de livres1 mieux on saura ce qui se passe et ceux qui v\dront crire l'hi/oire aprs n\s s]ont bi5 heureux1 ils auront les ma9s ple9es de docum5ts4 ,ri5 ne semblait plus vid5t4 ,hlas6 on basait ce raisonnem5t sur les qualits et la puissance de l'outillage1 mais on calculait sans l'lm5t huma9 qui e/ p>t\t le facteur le plus important4 ,or il s'e/ tr\v que les sophi/es1 les retors1 les calomniateurs1 t\s g5s la langue bi5 p5due1 et qui sav5t mieux que p]sonne mani] la p>ole et la plume1 ont l>gem5t pr(it de t\s les moy5s de multipli] et de rp&re la p5se4 ,qu'en rsulte-t-il8 ,que nos contempora9s ont t\tes les pe9es du monde savoir la vrit sur leur propre temps et leurs propres affaires4 ,p\r quelques j\rnaux qui cultiv5t les bons rapports int]nationaux1 en essayant de r5seign] leurs vois9s quitablem5t et de les tudi] sans arrire-p5se1 combi5 en e/-il qui sm5t la mfiance et la calomnie8 ,que de c\rants factices et malsa9s crs dans l'op9ion publique1 avec de faux bruits1 des int]prtations malveillantes de faits ou de p>oles8 ,sur nos affaires intrieures n\s ne sommes pas beauc\p mieux r5seigns que sur l'trang]4 ,ni sur les intrts du comm]ce1 de l'indu/rie ou de l'agriculture1 ni sur les p>tis politiques ou les t5dances sociales1 ni sur le p]sonnel ml aux affaires publiques1 il n'e/ facile d'obt5ir un r5seignem5t ds9tress3 plus on lit de j\rnaux1 mo9s on y voit clair4 ,il y a des j\rs1 o aprs les avoir lus et en admettant qu'il les croie sur p>ole1 le lecteur se v]rait oblig de tir] la conclusion suivante3 dcidm5t il n'y a plus que des hommes t>s p>t\t1 il ne re/e d'intgres que quelques *roniqueurs4 ,mais cette d]nire p>tie de la conclusion tomb]ait son t\r4 ,les *roniqueurs en effet se mang5t entre eux4 ,le lecteur aurait alors s\s les yeux un spectacle analogue celui que reprs5te la c>icature intitule le combat des s]p5ts4 ,aprs avoir t\t dvor aut\r d'eux les deux reptiles s'attaqu5t l'un l'autre et s'entre-dvor5t1 f9alem5t il re/e sur le *amp de bataille deux queues4 ,et ce n'e/ pas l'homme du peuple seulem5t qui e/ dans l'emb>ras1 ce sont les g5s cultivs1 c'e/ presque t\t le monde4 ,en politique1 en f9ance1 en affaires1 mme dans la sci5ce1 les arts1 la littrature et la religion1 il y a p>t\t des dess\s1 des trucs1 des ficelles4 ,il y a une vrit d'exportation et une autre p\r les initis4 ,il s'ensuit que t\s sont tromps1 c> on a beau tre d'une cuis9e1 on n'e/ jamais de t\tes1 et ceux-l mmes qui tromp5t les autres avec le plus d'habilet sont tromps leur t\r1 lorsqu'ils ont beso9 de compt] sur la s9crit d'autrui4 ,le rsultat de ce g5re de pratiques e/ l'avilissem5t de la p>ole huma9e4 ,elle s'avilit d'abord aux yeux de ceux qui la mani5t comme un vil in/rum5t4 ,il n'y a plus de p>ole respecte p\r les discuteurs1 les ergoteurs1 les sophi/es1 t\s ceux qui ne sont anims que p> la rage d'avoir raison ou la prt5tion que leurs intrts seuls sont respectables4 ,leur *tim5t e/ d'tre contra9ts jug] les autres d'aprs la rgle qu'ils suiv5t eux-mmes3 ,dire ce qui pr(ite et non ce qui e/ vrai4 ,ils ne peuv5t plus pr5dre p]sonne au srieux4 ,tri/e tat d'esprit p\r les g5s qui criv5t1 p>l5t1 enseign5t4 ,comme il faut mpris] ses auditeurs et ses lecteurs p\r all] v]s eux dans de semblables dispositions6 ,p\r qui a g>d un fonds d'honntet1 ri5 n'e/ plus rvoltant que l'ironie dta*e d'un acrobate de la plume ou de la p>ole qui essaie d'en faire accroire quelques braves g5s ple9s de confiance4 ,d'un ct l'ab&on1 la s9crit1 le dsir d'tre clair1 de l'autre la r\]ie qui se moque du public4 ,mais il ne sait pas1 le m5teur1 quel po9t il se trompe lui-mme4 ,le capital sur lequel il vit c'e/ la confiance1 et ri5 n'gale la confiance du peuple1 si ce n'e/ sa mfiance aussitt qu'il s'e/ s5ti trahi4 ,il peut bi5 suivre un temps les exploiteurs de la simplicit4 ,mais1 aprs cela1 son humeur accueillante se trans=me en av]sion2 les portes qui se t5ai5t l>ges ouv]tes1 (fr5t leur impassible visage de bois1 et les oreilles1 jadis att5tives1 se sont f]mes4 ,hlas6 elles se f]m5t alors non p\r le mal seulem5t1 mais p\r le bi54 ,et c'e/ l le crime de ceux qui tord5t et aviliss5t la p>ole4 ,ils branl5t la confiance gnrale4 ,on considre comme une calamit l'avilissem5t de l'arg5t1 la baisse de la r5te1 la ru9e du crdit3 un malheur e/ plus gr& que celui-l1 c'e/ la p]te de la confiance1 de ce crdit moral que les honntes g5s s'accord5t les uns aux autres1 et qui fait que la p>ole circule comme une monnaie au!ntique4 bas les faux monnayeurs1 les spculateurs1 les f9anci]s vreux1 c> ils font suspect] mme l'arg5t loyal4 bas les faux monnayeurs de la plume et de la p>ole1 c> ils font qu'on ne se fie plus ri5 ni p]sonne1 et que la valeur de ce qui e/ dit ou crit1 ressemble celle des billets de banque de la ,sa9te-,f>ce4 ,on voit quel po9t il e/ urg5t que *acun se surveille1 g>de sa langue1 *tie sa plume et aspire la simplicit4 ,po9t de s5s dt\rns1 po9t tant de circonlocutions1 po9t tant de rtic5ces1 de t]giv]sations6 ,cela ne s]t qu' t\t embr\ill]4 ,soyez des hommes1 ayez une p>ole4 ,une heure de s9crit fait plus p\r le salut du monde que des annes de r\]ies4 99 99 99 99 99 ,un mot ma9t5ant sur un trav]s national et qui s'adresse ceux qui ont la sup]/ition de la p>ole et des dmon/rations du /yle4 ,sans d\te1 il ne faut pas en v\loir aux p]sonnes qui gt5t une p>ole lgante1 ou une lecture dlicate4 ,je suis d'avis qu'on ne peut jamais trop bi5 dire ce que l'on a dire4 ,mais il ne s'ensuit pas que les *oses les mieux dites et les mieux crites soi5t celles qui sont les plus apprtes4 ,la p>ole doit s]vir le fait et non se sub/itu] lui et le faire oubli] =ce de l'orn]4 ,les plus gr&es *oses sont aussi celles qui gagn5t le plus tre dites avec simplicit1 p>ce qu'alors elles se montr5t telles qu'elles sont3 v\s ne jetez pas sur elles le voile mme transp>5t d'un beau disc\rs1 ni cette ombre si fatale la vrit1 qu'on appelle la vanit d'un criva9 et d'un orateur4 ,ri5 n'e/ =t1 ri5 n'e/ p]suasif comme la simplicit4 ,il y a des motions sacres1 de cruelles d\leurs1 de gr&s dv\em5ts1 des en?\siasmes passionns1 qu'un reg>d1 un ge/e1 un cri traduis5t mieux que les plus belles priodes4 ,ce que l'humanit possde de plus prcieux dans son coeur1 se manife/e le plus simplem5t4 ,p\r p]suad] il faut tre vrai et c]ta9es vrits se compr5n5t mieux si elles sort5t de lvres simples1 infirmes mme1 que si elles tomb5t des b\*es trop ex]ces1 ou sont proclames la =ce des p\mons4 ,ces rgles-l sont bonnes p\r *acun dans la vie de t\s les j\rs4 ,p]sonne ne peut s'imag9] quel pr(it il retir]ait p\r sa vie morale1 de la con/ante obs]vation de ce pr9cipe3 tre vrai1 sobre1 simple dans l'expression de ses s5tim5ts et de ses convictions1 en p>ticuli] comme en public1 ne jamais dpass] la mesure1 traduire fidlem5t ce qui e/ en n\s1 et surt\t n\s s\v5ir4 ,c'e/ l le pr9cipal4 ,c> le dang] des belles p>oles e/ qu'elles viv5t d'une vie propre4 ,ce sont des s]viteurs di/+us qui ont g>d leurs titres et ne rempliss5t plus leurs fonctions1 comme les c\rs royales n\s en (fr5t l'exemple4 ,v\s avez bi5 dit1 v\s avez bi5 crit3 c'e/ bi51 il suffit4 ,combi5 y a-t-il de g5s qui se sont cont5ts de p>l] et ont cru que cela les disp5sait d'agir8 ,et ceux qui les c\t5t se cont5t5t d'avoir ent5du p>l]4 ,il se tr\ve a9si qu'une vie peut bi5 ne se compos] la longue1 que de quelques disc\rs bi5 t\rns1 de quelques beaux livres1 de quelques belles pices de ?tre4 ,quant pratiqu] ce qui e/ si magi/ralem5t expos1 on n'y songe gure4 ,et si n\s passons du doma9e des g5s de tal5t aux basses rgions qu'exploit5t les mdiocres3 l1 dans le ple-mle obscur1 n\s v]rons s'agit] t\s ceux qui p5s5t que n\s sommes sur la t]re p\r p>l] et ent5dre p>l]1 l'imm5se et dsesprante cohue des bav>ds1 de t\t ce qui braille1 jase ou prore et aprs cela tr\ve encore qu'on ne p>le pas assez4 ,ils oubli5t t\s que ceux qui font le mo9s de bruit font le plus de besogne4 ,une ma*9e qui dp5se t\te sa vapeur siffl] n'en a plus p\r faire m>*] les r\es4 ,cultivez donc le sil5ce4 ,t\t ce que v\s retran*]ez sur le bruit1 v\s le gagn]ez en =ce4 99 99 99 99 99 ,ces rflexions n\s amn5t n\s occup] d'un sujet vois91 trs digne aussi d'attir] l'att5tion1 je veux p>l] de ce qu'on p\rrait nomm] l'exagration du langage4 ,qu& on tudie les populations d'une mme contre1 on rem>que entre elles des diffr5ces de tempram5t dont le langage porte les traces4 ,ici1 la population e/ plutt flegmatique et calme3 elle emploie les dim9utifs1 les t]mes attnus4 ,ailleurs1 les tempram5ts sont bi5 quilibrs3 on ent5d le mot ju/e1 exactem5t adapt la *ose4 ,mais plus lo91 effet du sol1 de l'air1 du v9 peut-tre1 un sang *aud circule dans les ve9es3 on a la tte prs du bonnet et l'expression outre2 les sup]latifs maill5t le langage et p\r dire les plus simples *oses on se s]t du t]me =t4 ,si l'allure du langage v>ie selon les climats1 elle diffre aussi selon les poques4 ,comp>ez le langage crit ou p>l de ce temps celui de c]ta9es autres priodes de notre hi/oire4 ,s\s l'anci5 rgime on p>lait autrem5t que s\s la rvolution1 et n\s n'avons pas le mme langage que les hommes de #ahcj1 de #ahdh ou du second empire4 ,en gnral le langage a une allure plus simple ma9t5ant1 n\s n'avons plus de p]ruque1 n\s ne mettons plus p\r crire des man*ettes de d5telles2 mais un signe n\s diffr5cie de presque t\s nos anctres1 notre n]vosit1 s\rce de nos exagrations4 ,sur des sy/mes n]veux excits1 quelque peu maladifs--et ,dieu sait que d'avoir des n]fs n'e/ plus un privilge ari/ocratique--les p>oles ne produis5t pas la mme impression que sur l'homme normal4 ,et inv]sem5t l'homme n]veux1 le t]me simple ne suffit pas1 qu& il *]*e exprim] ce qu'il ress5t4 ,dans la vie ord9aire1 dans la vie publique1 dans la littrature et au ?tre le langage calme et sobre a fait place un langage excessif4 ,les moy5s que les romanci]s et les comdi5s ont employs p\r galvanis] l'esprit public et =c] son att5tion1 se retr\v5t l'tat rudim5taire dans nos plus ord9aires conv]sations1 dans le /yle pi/olaire1 et surt\t dans la polmique4 ,nos procds de langage sont ceux de l'homme pos et calme ce qu'e/ notre criture1 comp>e celle de nos pres4 ,on accuse les plumes de f]2 si l'on p\vait dire vrai6 --,les oies n\s sauv]ai5t alors4 ,mais le mal e/ plus pr(ond1 il e/ en n\s-mmes4 ,n\s avons des critures d'agits et de dtraqus2 la plume de nos aeux c\rait sur le papi] plus sre1 plus repose4 ,ici n\s sommes en face d'un des rsultats de cette vie mod]ne si complique et qui fait une si t]rible consommation d'n]gie4 ,elle n\s laisse impati5ts1 ess\ffls1 en p]ptuelle trpidation4 ,notre criture comme notre langage s'en ress5t5t et n\s trahiss5t4 ,de l'effet remontons la s\rce et compr5ons l'av]tissem5t qui n\s e/ donn4 ,que peut-il sortir de bon de cette habitude d'exagr] son langage8 ,int]prtes infidles de nos propres impressions1 n\s ne p\vons que fauss] p> nos exagrations l'esprit de nos semblables et le ntre4 ,entre g5s qui exagr5t on cesse de se compr5dre4 ,l'irritation des c>actres1 les discussions viol5tes et /riles1 les jugem5ts prcipits1 dp\rvus de t\te mesure1 les plus graves excs dans l'ducation et les rapports sociaux1 voil le rsultat des intemprances de langage4 99 99 99 99 99 ,et qu'il me soit p]mis1 dans cet appel la p>ole simple1 de =mul] un voeu dont l'accomplissem5t aurait les suites les plus heureuses4 ,je dem&e une littrature simple1 non seulem5t comme un des meilleurs remdes nos mes blases1 surm5es1 fatigues d'exc5tricits1 mais aussi comme un gage et une s\rce d'union sociale4 ,je dem&e aussi un art simple4 ,nos arts et notre littrature sont rs]vs aux privilgis de la =tune et de l'in/ruction4 ,mais que l'on me compr5ne bi53 je n'invite pas les potes1 les romanci]s1 les pe9tres desc5dre des hauteurs p\r m>*] mi-cte et se complaire dans la mdiocrit1 mais au contraire mont] plus haut4 ,e/ populaire1 non pas ce qui convi5t une c]ta9e classe de la socit qu'il e/ conv5u d'appel] la classe populaire2 e/ populaire ce qui e/ commun t\s et ce qui les unit4 ,les s\rces de l'inspiration dont p\rrait natre un art simple sont dans les pr(ondeurs du coeur huma91 dans les t]nelles ralits de la vie devant lesquelles t\s sont gaux4 ,et les s\rces du langage populaire sont *]*] dans le petit nombre des =mes simples et =tes qui exprim5t les s5tim5ts lm5taires et les lignes matresses de la de/9e huma9e4 ,c'e/ l qu'e/ la vrit1 la =ce1 la gr&eur1 l'immortalit4 ,n'y aurait-il pas dans un idal semblable de quoi enflamm] les jeunes g5s qui1 s5tant brl] en eux la flamme sacre du beau1 connaiss5t la piti et prfr5t l'adage ddaigneux3 ,odi pr(anum vulgus1 cette p>ole autrem5t huma9e3 ,mis]eor sup] turbam4--,quant moi je n'ai aucune autorit arti/ique1 mais de la f\le o je vis j'ai le droit de p\ss] mon cri v]s ceux qui ont reu du tal5t et de leur dire3 ,travaillez p\r ceux qu'on oublie4 ,faites-v\s compr5dre des humbles4 ,a9si v\s f]ez une oeuvre d'affran*issem5t et de pacification2 a9si v\s r\vrirez les s\rces o puisr5t jadis ces matres dont les crations ont dfi les ges p>ce qu'ils sur5t donn] p\r vtem5t au gnie1 la simplicit4 ,v ,le devoir simple4 ,qu& on p>le aux enfants d'un sujet qui les importune1 ils v\s montr5t l-haut sur les toits quelque pigeon qui donne mang] son petit1 ou l-bas dans la rue quelque co*] qui maltraite son *eval4 ,quelquefois aussi1 ils v\s pos5t malicieusem5t une de ces grosses que/ions qui mett5t l'esprit des p>5ts la torture3 t\t cela p\r dt\rn] l'att5tion du sujet d\l\reux4 ,je cra9s que n\s ne soyons de gr&s enfants en face du devoir et que1 lorsqu'il s'agit de lui1 n\s ne *]*ions plusieurs subt]fuges p\r n\s di/raire4 ,le premi] subt]fuge consi/e se dem&] s'il y a un devoir en gnral1 ou si ce mot ne c\vre pas une des nombreuses illusions de nos anctres4 ,c> enf9 le devoir suppose la lib]t1 et la "q de la lib]t n\s mne jusqu'aux rgions mtaphysiques4 ,comm5t p>l] du devoir tant que ce grave problme du libre arbitre n'e/ pas rsolu8--,?oriquem5t il n'y a ri5 object]4 ,et si la vie tait une ?orie1 si n\s tions l p\r labor] un sy/me complet de l'univ]s1 il s]ait absurde de n\s occup] du devoir avant d'avoir dmontr la lib]t1 fix ses conditions1 ses limites4 ,mais la vie n'e/ pas une ?orie4 ,sur ce po9t de morale pratique comme sur t\s les autres1 elle a devanc la ?orie et il n'y a aucun lieu de croire que jamais elle ne lui cde la place4 ,cette lib]t1 relative1 je l'admets1 comme t\t ce que n\s connaissons d'ailleurs1 ce devoir dont on se dem&a s'il exi/e1 n'en sont pas mo9s la base de t\s les jugem5ts que n\s portons sur n\s et nos semblables4 ,n\s n\s traitons les uns les autres comme responsables1 jusqu' un c]ta9 po9t1 de nos faits et ge/es4 ,le ?orici5 le plus enrag1 ds qu'il sort de sa ?orie1 ne se fait aucun scrupule d'appr\v] ou de dsappr\v] les actes d'autrui1 d'in/rum5t] contre ses ennemis1 de faire appel la gnrosit1 la ju/ice de ceux qu'il veut dissuad] d'une dm>*e indigne4 ,on ne peut pas plus se dfaire de la notion de l'obligation morale que de celle du temps ou de l'espace1 et de mme qu'il faut n\s rsign] m>*] avant de savoir df9ir cet espace que n\s fran*issons et ce temps qui mesure nos m\vem5ts1 il faut aussi n\s s\mettre l'obligation morale avant d'en avoir t\* de nos doigts les rac9es pr(ondes4 ,la loi morale dom9e l'homme1 qu'il la respecte ou l'enfreigne4 ,voyez la vie de t\s les j\rs3 *acun e/ prt jet] la pi]re celui qui n'accomplit pas un devoir vid5t1 dt-il mme allgu] qu'il n'e/ pas encore arriv la c]titude philosophique4 ,*acun lui dira et aura mille fois raison de lui dire3 ,monsieur1 on e/ un homme avant t\t2 payez de votre p]sonne d'abord1 faites votre devoir de citoy51 de pre1 de fils1 etc41 v\s repr5drez ensuite le c\rs de vos mditations4 ,qu'on n\s compr5ne bi5 t\tefois4 ,n\s ne v\lons dt\rn] p]sonne de l'inve/igation philosophique1 de la scrupuleuse re*]*e des fondem5ts de la morale4 ,aucune p5se qui ramne l'homme v]s ces graves proccupations ne saurait tre inutile ou indiffr5te2 n\s dfions seulem5t le p5seur de p\voir att5dre qu'il ait tr\v ces fondem5ts1 p\r faire acte d'humanit1 d'honntet ou de malhonntet1 de c\rage ou de l*et4 ,et surt\t1 n\s t5ons =mul] une rponse1 bonne oppos] t\s les mal9s qui n'ont jamais t philosophes1 oppos] n\s-mmes lorsque n\s v\drions invoqu] notre tat de d\te philosophique p\r ju/ifi] nos manquem5ts pratiques4 ,p> cela mme qu'on e/ un homme1 avant t\te ?orie positive ou ngative sur le devoir1 on a p\r rgle f]me de se conduire comme un homme4 ,il n'y a pas sortir de l4 ,mais on connatrait mal les ress\rces du coeur huma9 si l'on comptait sur l'effet d'une semblable rponse4 ,elle a beau tre sans rplique1 elle ne peut emp*] d'autres int]rogations de surgir4 ,la somme de nos prtextes p\r n\s s\/raire au devoir e/ gale la somme des sables de la m] ou des toiles des cieux4 ,n\s n\s retran*ons donc d]rire le devoir obscur1 le devoir difficile1 le devoir contradictoire4 ,c]tes voil des mots qui voqu5t de pnibles s\v5irs4 tre un homme de devoir et d\t] de son *em91 ttonn] dans l'ombre1 se voir livr aux sollicitations contraires de devoirs diffr5ts1 ou encore se tr\v] en face du devoir gigantesque1 crasant1 qui dpasse nos =ces1 quoi de plus dur8 ,et ces *oses arriv5t4 ,n\s ne v\lons ni ni] ni conte/] ce qu'il y a de tragique dans c]ta9s vnem5ts et de d*irant dans c]ta9es vies4 ,t\tefois il e/ r>e que le devoir ait se faire j\r trav]s un tel conflit de circon/ances et doive jaillir de l'esprit comme l'clair de l'orage4 ,de si =midables sec\sses sont exceptionnelles4 ,tant mieux si n\s n\s t5ons bi5 lorsqu'elles se produis5t2 mais si p]sonne ne tr\ve tonnant que des *nes soi5t drac9s p> la b\rrasque1 ou qu'un m>*eur trbu*e la nuit sur un *em9 inconnu1 ou qu'un soldat soit va9cu qu& il e/ pris entre deux feux1 p]sonne non plus ne condamn]a sans appel ceux qui ont t battus dans les luttes morales presque surhuma9es4 ,succomb] s\s le nombre et les ob/acles1 n'a jamais t une honte4 ,aussi je vais t5dre mes armes ceux qui se retran*5t d]rire le remp>t inexpugnable du devoir obscur1 compliqu1 contradictoire4 ,p\r auj\rd'hui ce n'e/ pas l ce qui m'occupe1 et c'e/ du devoir simple1 je dirais presque du devoir facile1 que je dsire leur p>l]4 99 99 99 99 99 ,n\s avons p> an trois ou quatre gr&es ftes c>illonnes et beauc\p de j\rs ord9aires4 ,p>eillem5t il y a quelques trs gr&s et trs obscurs combats livr]4 ,mais ct de cela il y a la multitude des devoirs simples1 vid5ts4 ,or1 t&is que dans les gr&es r5contres1 notre t5ue e/ gnralem5t suffisante1 c'e/ prcism5t dans les petites occasions qu'on n\s voit faiblir4 ,sans cra9dre de me laiss] entran] p> une =me p>adoxale de ma p5se1 je dcl>]ai donc3 l'ess5tiel e/ de remplir le devoir simple1 de s'ex]c] la ju/ice lm5taire4 ,en gnral ceux qui p]d5t leur me1 la p]d5t non p>ce qu'ils re/5t au-dess\s du devoir difficile et qu'ils n'accompliss5t pas l'impossible1 mais p>ce qu'ils nglig5t d'accomplir le devoir simple4 ,illu/rons cette vrit p> des exemples4 ,celui qui essaie de pntr] dans les dess\s humbles de la socit ne t>de pas dc\vrir de gr&es misres physiques et morales4 mesure qu'il y reg>de de plus prs1 il dc\vre un plus gr& nombre de plaies1 et1 la longue1 le monde des misrables lui app>at comme une va/e cration noire1 devant laquelle l'individu avec ses moy5s de s\lagem5t p>at rduit l'impuissance4 ,il e/ vrai qu'il se s5t press d'acc\rir1 mais en mme temps il se dem&e3 quoi bon8 videmm5t le cas e/ des plus angoissants4 ,quelques-uns le rsolv5t en ne faisant ri51 de dsespoir4 ,ils demeur5t donc /riles et ce n'e/ pas p\rtant la piti1 ni mme les bonnes int5tions1 qui leur manqu5t4 ,ils ont tort4 ,s\v5t un homme n'a pas les moy5s de faire le bi5 en gros1 mais ce n'e/ pas une raison p\r qu'il le nglige en dtail4 ,tant de g5s se disp5s5t de faire quelque *ose p>ce que1 selon eux1 il y a trop faire4 ,ils ont beso9 d'tre rappels au devoir simple4 ,ce devoir1 le voici dans le cas qui n\s occupe3 que *acun1 selon ses ress\rces1 ses loisirs et ses capacits1 se cre des relations dans les milieux d%rits4 ,il y a des g5s qui arriv5t1 avec un peu de bonne volont1 s'introduire dans l'ent\rage des m9i/res ou se faufil] dans la socit des *efs d'tat4 ,p\rquoi ne p>vi5drait-on pas n\] des relations avec les pauvres g5s et se faire des connaissances p>mi les ouvri]s qui manqu5t du ncessaire8 ,une fois quelques familles connues1 avec leurs hi/oires1 leurs antcd5ts et leurs difficults1 v\s p\rrez leur tre d'une utilit extrme en faisant simplem5t ce que v\s p\vez et en pratiquant la frat]nit s\s la =me du sec\rs moral et matriel4 ,v\s aurez1 il e/ vrai1 attaqu un petit co9 seulem5t2 mais v\s aurez fait votre possible et peut-tre entran quelque autre faire son possible aussi4 ,en agissant de la sorte1 au lieu de con/at] seulem5t qu'il exi/e dans la socit beauc\p de misre1 de ha9e sombre1 de dsunion1 de vice1 v\s y aurez introduit un peu de bi54 ,et p\r peu que le nombre des bonnes volonts semblables la vtre gr&isse1 le bi5 augm5t]a s5siblem5t et le mal dim9u]a4 ,mais dussiez-v\s mme re/] seul faire ce que v\s avez fait1 on p\rrait v\s donn] ce tmoignage que v\s avez fait la seule *ose raisonnable1 le simple et enfant9 devoir qui s'(frait v\s4 ,or en faisant cela v\s avez dc\v]t un des secrets de la bonne vie4 ,l'ambition huma9e embrasse dans ses rves de va/es ensembles1 mais il n\s e/ r>em5t donn de faire gr&1 et mme alors le succs rapide et sr s'appuie t\j\rs sur une pati5te prp>ation4 ,la fidlit dans les petites *oses e/ la base de t\t ce qui s'accomplit de gr&4 ,n\s l'oublions trop4 ,p\rtant1 s'il y a une vrit ncessaire connatre1 c'e/ celle-l1 surt\t aux poques difficiles et dans les passages pnibles de l'exi/5ce4 ,on se sauve bi5 en cas de naufrage sur un dbris de p\tre1 un aviron1 un morceau de plan*e4 ,sur les flots tumultueux de la vie1 qu& t\t semble s'tre bris en miettes1 s\v5ons-n\s qu'une seule de ces pauvres miettes peut dev5ir notre plan*e de salut4 ,la dmoralisation consi/e mpris] les re/es4 ,v\s avez t ru91 ou un gr& deuil v\s a frapp1 ou encore v\s v5ez de voir se p]dre s\s vos yeux le fruit d'un long labeur4 ,il v\s e/ impossible de recon/itu] votre =tune1 de ressuscit] les morts1 de sauv] votre pe9e p]due4 ,et devant l'irrp>able les bras v\s tomb5t4 ,alors v\s ngligez de soign] votre p]sonne1 de t5ir votre maison1 de surveill] vos enfants4 ,cela e/ p>donnable et combi5 n\s le compr5ons6 ,mais cela e/ =t dang]eux6 ,le laiss] all] trans=me le mal en un mal pire4 ,v\s qui croyez que v\s n'avez plus ri5 p]dre1 v\s allez p\r cela mme p]dre ce qui v\s re/e encore4 ,ramassez les dbris de vos bi5s1 ayez du peu qui v\s re/e un so9 scrupuleux4 ,et bi5tt ce peu v\s consol]a4 ,l'ef=t accompli vi5t notre sec\rs1 comme l'ef=t nglig se t\rne contre n\s4 ,s'il ne v\s re/e qu'une bran*e p\r v\s y accro*]1 accro*ez-v\s cette bran*e1 et si v\s re/ez seul df5dre une cause qui semble p]due1 ne jetez pas vos armes p\r rejo9dre les fuy>ds4 ,au l5dema9 du dluge quelques isols repeupl5t la t]re4 ,l'av5ir peut quelquefois ne repos] que sur une tte isole comme il arrive qu'une vie ne ti5t qu' un fil4 ,inspirez-v\s de l'hi/oire et de la nature3 ,l'une et l'autre v\s appr5dront en leurs laborieuses volutions1 que les calamits comme la prosprit peuv5t sortir des mo9dres causes1 qu'il n'e/ pas sage de nglig] le dtail et que surt\t il faut savoir att5dre et recomm5c]4 ,en p>lant du devoir simple je ne puis m'emp*] de p5s] la vie militaire et aux exemples qu'elle (fre aux combattants de cette gr&e lutte qui e/ la vie4 ,celui-l compr5drait mal son devoir de soldat qui1 l'arme une fois battue1 s'ab/i5drait de bross] ses vtem5ts1 d'a/iqu] son fusil1 d'obs]v] la discipl9e4-- quoi bon8 direz-v\s peut-tre4-- quoi bon8 ,n'y a-t-il pas plusieurs faons d'tre battu8 ,s]ait-il indiffr5t d'aj\t] le dc\ragem5t1 le dsordre1 la dbcle au malheur de la dfaite8 ,non4 ,il ne faut jamais oubli] que le mo9dre acte d'n]gie dans ces mom5ts t]ribles e/ comme une lumire dans la nuit4 ,c'e/ un signe de vie et d'esprance4 ,*acun compr5d aussitt que t\t n'e/ pas p]du4 ,p5dant la dsa/reuse retraite de #ahac-ahad1 au coeur de l'hiv]1 alors qu'il devait tre presque impossible de g>d] une t5ue quelconque1 je ne sais quel gnral se prs5tait un mat9 ,napolon ,i] en gr&e t5ue et ras de frais4 ,le voyant1 en ple9e dbcle1 aussi soign que s'il allait une revue1 l'emp]eur lui dit3 ,mon gnral1 v\s tes un brave6 99 99 99 99 99 ,le devoir simple c'e/ encore le devoir pro*a94 ,une trs commune faiblesse emp*e bi5 des g5s de tr\v] intressant ce qui e/ t\t prs d'eux2 ils ne le voi5t que p> ses cts mesqu9s4 ,le lo9ta9 au contraire les attire et les en*ante4 ,a9si se dp5se inutilem5t une somme fabuleuse de bonne volont4 ,on se passionne p\r l'humanit1 p\r le bi5 public1 p\r les lo9ta9s malheurs1 m>*ant trav]s la vie1 les yeux fixs sur des objets m]veilleux qui n\s captiv5t l-bas aux conf9s de l'horizon1 t&is qu'on m>*e sur les pi$s des passants1 ou qu'on les c\doie sans les rem>qu]4 ,s+ulire infirmit qui v\s emp*e de voir ceux qui sont l vos cts6 ,plusieurs ont fait des lectures t5dues1 de gr&s voyages2 mais ils ne connaiss5t pas leurs concitoy5s1 gr&s ou petits2 ils viv5t grce au conc\rs d'une quantit d'tres dont le sort leur demeure indiffr5t4 ,ni ceux qui les r5seign5t1 les in/ruis5t1 les g\v]n5t1 ni ceux qui les s]v5t1 les f\rniss5t1 les n\rriss5t n'ont jamais attir leur att5tion4 ,qu'il y ait de l'+ratitude ou de l'imprvoyance ne pas connatre ses ouvri]s1 ses dome/iques1 les quelques tres enf9 qui ont avec n\s des relations sociales indisp5sables1 cela ne leur e/ jamais v5u l'esprit4 ,d'autres vont bi5 plus lo9 encore4 ,p\r c]ta9es femmes leur m>i e/ un inconnu1 et rciproquem5t4 ,il y a des p>5ts qui ne connaiss5t pas leurs enfants4 ,leur dveloppem5t1 leurs p5ses1 les dang]s qu'ils c\r5t1 les esprances qu'ils n\rriss5t sont p\r eux un livre f]m4 ,bi5 des enfants ne connaiss5t pas leurs p>5ts1 n'ont jamais s\ponn leurs pe9es1 leurs luttes1 ni pntr leurs int5tions4 ,et je ne p>le pas des mauvais mnages1 de ces tri/es milieux1 o t\tes les relations sont fausses1 mais d'honntes familles composes de braves g5s4 ,seulem5t t\t ce monde e/ trs absorb4 ,*acun a son intrt ailleurs qui lui pr5d t\t son temps4 ,le devoir lo9ta91 =t attirant1 je n'en disconvi5s po9t1 les rclame t\t enti]s et ils n'ont pas consci5ce du devoir pro*a94 ,je cra9s qu'ils ne p]d5t leur pe9e4 ,la base d'opration de *acun e/ le *amp de son devoir immdiat4 ,ngligez cette base et t\t ce que v\s entrepr5drez au lo9 s]a compromis4 ,soyez donc d'abord de votre pays1 de votre ville1 de votre maison1 de votre glise1 de votre ateli]1 et1 s'il se peut1 p>tez de l p\r all] au del1 c'e/ la m>*e simple et naturelle4 ,il faut que l'homme se munisse gr&s frais de bi5 mauvaises raisons p\r arriv] suivre la m>*e inv]se4 ,en t\t cas1 le rsultat d'une si trange confusion des devoirs e/ que plusieurs se ml5t d'une f\le d'affaires sauf de ce qu'on e/ en droit de leur dem&]4 ,*acun s'occupe d'autre *ose que de ce qui le reg>de1 e/ abs5t de son po/e1 ignore son mti]4 ,voil qui complique la vie4 ,il s]ait p\rtant si simple que *acun s'occupt de ce qui le reg>de4 99 99 99 99 99 ,autre =me du devoir simple4 ,lorsqu'un dommage e/ caus1 qui doit le rp>]8--,celui qui l'a fait4 ,cela e/ ju/e1 mais cela n'e/ que ?orie4 ,et la consqu5ce de cette ?orie s]ait qu'il faudrait laiss] subsi/] le mal jusqu' ce que les malfaiteurs soi5t tr\vs et l'ai5t rp>4 ,mais si on ne les tr\ve pas8 ,ou s'ils ne peuv5t ni ne veul5t rp>]8 ,il pleut sur vos ttes p> une tuile brise1 ou le v5t pntre *ez v\s p> un c>reau cass4 ,att5drez-v\s p\r *]*] le c\vreur et le vitri] que v\s ayez fait arrt] le casseur de tuile ou de c>reau8 ,v\s tr\v]iez cela absurde1 n'e/-ce pas8 ,c'e/ p\rtant une bi5 ord9aire pratique4 ,les enfants s'cri5t avec indignation3 ,ce n'e/ pas moi qui ai jet cet objet1 ce n'e/ pas moi qui le ramass]ai6 ,et la plup>t des hommes raisonn5t de mme4 ,c'e/ logique4 ,mais ce n'e/ pas cette logique-l qui fait m>*] le monde4 ,ce qu'il faut au contraire savoir et ce que la vie v\s rpte t\s les j\rs c'e/ que le dommage caus p> les uns e/ rp> p> les autres4 ,les uns dtruis5t1 les autres difi5t2 les uns saliss5t1 les autres nettoi5t2 les uns attis5t les qu]elles1 les autres les apais5t2 les uns font c\l] les l>mes1 les autres consol5t2 les uns viv5t p\r l'iniquit1 les autres meur5t p\r la ju/ice4 ,et c'e/ dans l'accomplissem5t de cette loi d\l\reuse qu'e/ le salut4 ,cela aussi e/ logique1 mais de cette logique des faits qui fait plir celle des ?ories4 ,la conclusion tir] n'e/ pas d\teuse4 ,un homme au coeur simple la tire a9si3 tant donn le mal1 la gr&e affaire e/ de le rp>] et de s'y mettre sur-le-*amp2 tant mieux si messieurs les malfaiteurs veul5t bi5 contribu] la rp>ation3 mais l'expri5ce n\s dconseille de trop compt] sur leur conc\rs4 99 99 99 99 99 ,mais quelque simple que soit le devoir1 encore faut-il avoir la =ce de l'accomplir4 ,cette =ce1 en quoi consi/e-t-elle et o se tr\ve-t-elle8 ,on ne saurait se lass] d'en p>l]4 ,le devoir e/ p\r l'homme un ennemi et un importun tant qu'il n'app>at que comme une sollicitation extrieure4 ,qu& il entre p> la porte1 l'homme sort p> la f5tre et qu& il n\s b\*e les f5tres on s'*appe p> les toits4 ,mieux on le voit v5ir plus on l'vite srem5t4 ,il e/ p>eil ce g5d>me1 reprs5tant de la =ce publique et de la ju/ice (ficielle1 dont un adroit fil\ p>vi5t t\j\rs se g>]4 ,hlas6 le g5d>me russirait-il lui mettre la ma9 au collet1 il p\rrait t\t au plus le conduire au po/e mais non pas sur le droit *em94 ,p\r que l'homme accomplisse son devoir il faut qu'il soit tomb aux ma9s d'une autre =ce que celle qui dit3 fais ceci1 fais cela2 vite ceci1 vite cela1 autrem5t g>e toi6 ,cette =ce intrieure e/ l'am\r4 ,qu& un homme dte/e son mti] ou s'y livre avec non*alance1 t\tes les puissances de la t]re sont inhabiles le lui faire ex]c] avec entra94 ,mais celui qui aime sa fonction m>*e t\t seul2 non seulem5t il e/ inutile de le contra9dre1 mais il s]ait impossible de le dt\rn]4 ,il en e/ p\r t\s a9si4 ,la gr&e *ose1 c'e/ d'avoir pr\v ce qu'a de sa9t et d'immortellem5t beau notre obscure de/9e2 c'e/ d'avoir t dt]m9s p> une srie d'expri5ces aim] cette vie p\r ses d\leurs et p\r son esprance1 aim] les hommes p\r leur misre et p\r leur noblesse1 et tre de l'humanit p> le coeur1 l'intellig5ce et les entrailles4 ,alors une =ce inconnue s'emp>e de n\s1 comme le v5t s'emp>e des voiles d'un navire1 et n\s emporte v]s la piti et la ju/ice4 ,et cdant cette p\sse irrsi/ible1 n\s disons3 ,je ne puis faire autrem5t1 c'e/ plus =t que moi4 ,en s'exprimant a9si les hommes de t\s les ges et de t\s les milieux dsign5t une puissance qui e/ plus haute que l'homme1 mais qui peut demeur] dans le coeur des hommes4 ,et t\t ce qu'il y a en n\s de vraim5t lev n\s app>at comme une manife/ation de ce my/re qui n\s dpasse4 ,les gr&s s5tim5ts comme les gr&es p5ses1 comme les gr&s actes1 sont *ose d'inspiration4 ,lorsque l'arbre v]dit et donne son fruit c'e/ qu'il puise dans le sol les =ces vitales1 et reoit du soleil la lumire et la *aleur4 ,si un homme1 dans son humble sphre1 au milieu des ignorances et des fautes 9vitables1 se consacre s9crem5t sa t*e1 c'e/ qu'il e/ en contact avec la s\rce t]nelle de bont4 ,cette =ce c5trale se manife/e s\s mille =mes div]ses4 ,tantt elle e/ l'n]gie indomptable1 tantt la t5dresse c>essante1 tantt l'esprit militant qui attaque et dtruit le mal1 tantt la sollicitude mat]nelle qui ramasse au bord du *em9 o elle se p]dait quelque vie froisse et oublie1 tantt l'humble pati5ce des longues re*]*es444 ,mais t\t ce qu'elle t\*e porte sa signature1 et les hommes qu'elle anime s5t5t que c'e/ p> elle que n\s sommes et que n\s vivons4 ,la s]vir e/ leur bonheur et leur rcomp5se4 ,il leur suffit d'tre ses in/rum5ts et ils ne reg>d5t plus l'clat extrieur de leur fonction1 sa*ant bi5 que ri5 n'e/ gr& et que ri5 n'e/ petit1 mais que nos actes et notre vie val5t seulem5t p> l'esprit qui les pntre4 ,,vi ,les beso9s simples4 ,qu& on a*te un oiseau *ez l'oiseleur1 ce brave homme n\s dit brivem5t ce qu'il faut notre n\veau p5sionnaire1 et t\t cela1 hygine1 n\rriture et le re/e1 ti5t en quelques mots4 ,de mme1 p\r rsum] les beso9s ess5tiels de la plup>t des tres1 quelques indications sommaires suffirai5t4 ,leur rgime e/ en gnral d'une extrme simplicit et tant qu'ils le suiv5t ils se port5t bi5 comme des enfants obissants de mre nature4 ,qu'ils s'en c>t5t1 les complications survi5n5t1 la sant s'altre1 la gat s'en va4 ,seule1 la vie simple et naturelle peut ma9t5ir un organisme en ple9e vigueur4 ,faute de n\s s\v5ir de ce pr9cipe lm5taire1 n\s tombons dans les plus tranges ab]rations4 ,que faut-il un homme p\r vivre matriellem5t dans les meilleures conditions possibles8 ,une n\rriture sa9e1 des vtem5ts simples1 une demeure salubre1 de l'air et du m\vem5t4 ,je ne vais pas entr] dans des dtails d'hygine1 ni compos] des m5us1 ou indiqu] des modles d'habitation et des c\pes de vtem5ts4 ,mon b e/ de m>qu] une direction et de dire quel avantage il y aurait p\r *acun ordonn] sa vie dans un esprit de simplicit4--,p\r n\s assur] que cet esprit ne rgne pas assez dans notre socit1 il suffit de voir vivre les hommes de t\tes les classes4 ,posez diffr5ts individus1 de milieux trs di/9cts1 cette "q3 ,que v\s faut-il p\r vivre8444 ,v\s v]rez ce qu'ils rpondront4 ,il n'y a ri5 d'in/ructif comme cela4 ,p\r les uns1 auto*tones de l'asphalte p>isi51 il n'y a pas de vie possible en dehors d'une c]ta9e rgion circonscrite p> quelques b\lev>ds4 ,l e/ l'air respirable1 la bonne lumire1 la temprature normale1 la cuis9e classique1 et1 discrtion1 tant d'autres *oses sans lesquelles il ne vaudrait pas la pe9e de se prom5] sur la ma*9e ronde4 ,aux div]s *elons de la vie b\rgeoise1 on rpond la "q que faut-il p\r vivre1 p> un *iffre1 v>iable selon le degr d'ambition1 ou d'ducation1 et p> ducation1 on ent5d1 le plus s\v5t1 les habitudes extrieures de la vie1 la faon de se log]1 de se vtir et de se n\rrir1 une ducation t\te fleur de peau4 p>tir d'un c]ta9 *iffre de r5te1 de bnfice1 ou de traitem5t1 la vie devi5t possible4 ,au-dess\s1 elle e/ impossible4 ,on a vu des g5s se suicid] p>ce que leur avoir tait desc5du au-dess\s d'un c]ta9 m9imum4 ,ils ont prfr disp>atre que de se re/re9dre4 ,notez que ce m9imum1 cause de leur dsespoir1 et sans d\te t acceptable encore p\r d'autres1 aux beso9s mo9s exigeants1 et enviable p\r des g5s aux gts mode/es4 ,dans les hautes montagnes la flore *ange suivant l'altitude4 ,il y a la rgion des cultures ord9aires1 celle des =ts1 celle des pturages1 celle des ro*]s nus et des glaci]s4-- p>tir d'une c]ta9e zone on ne tr\ve plus de bl1 mais la vigne prospre encore2 le *ne cesse dans une rgion assez basse1 le sap9 se plat des hauteurs considrables4 ,la vie huma9e avec ses beso9s rappelle ces phnomnes de la vgtation4 une c]ta9e altitude de =tune on voit russir le f9anci]1 l'homme des clubs1 les gr&es monda9es1 et enf9 t\s ceux p\r qui le /rict ncessaire compr5d un c]ta9 nombre de dome/iques et d'quipages1 a9si que plusieurs demeures en ville et la campagne4 ,plus lo9 s'pan\it le gros b\rgeois avec ses moeurs et ses allures propres4 ,on voit fleurir dans d'autres rgions l'aisance l>ge1 moy5ne1 ou mode/e1 et des catgories =t 9gales d'exig5ces4 ,puis vi5n5t les petites g5s1 les artisans1 les ouvri]s1 les paysans1 la masse enf91 qui vit drue et s]re comme l'h]be f9e sur le sommet des montagnes1 l o les gr&s vgtaux ne tr\v5t plus de quoi se n\rrir4 ,dans t\tes ces prov9ces diffr5tes de la socit1 on vit1 et ceux qui croiss5t l sont des hommes1 au mme titre4 ,il p>at trange qu'il y ait entre semblables de si prodigieuses diffr5ces de beso9s4 ,et ici les analogies de notre comp>aison n\s ab&onn5t4 ,les plantes et les animaux des mmes familles ont des beso9s id5tiques4 ,la vie huma9e n\s amne des obs]vations contraires4 ,quelles conclusions en tir] si ce n'e/ qu'il y a une la/icit considrable dans la nature et le nombre de nos beso9s6 ,e/-il utile1 e/-il favorable au dveloppem5t de l'individu et son bonheur1 au dveloppem5t et au bonheur de la socit que l'homme ait une multitude de beso9s et s'applique les satisfaire8--,t\t d'abord repr5ons notre comp>aison avec les tres infrieurs4 ,p\rvu que leurs beso9s ess5tiels soi5t satisfaits1 ils viv5t cont5ts4 ,en e/-il de mme dans la socit huma9e8 ,non4 t\s ses degrs n\s r5controns le mcont5tem5t4 ,j'excepte compltem5t ici ceux qui manqu5t du ncessaire4 ,on ne saurait sans inju/ice assimil] aux mcont5ts ceux auxquels le froid1 la faim1 la misre arra*5t des pla9tes4 ,je ne veux m'occup] que de cette multitude de g5s qui viv5t dans des conditions aprs t\t supportables4 ,d'o vi5t leur mcont5tem5t8 ,p\rquoi se r5contre-t-il non seulem5t *ez les p]sonnes de condition mode/e quoique suffisante1 mais encore1 s\s des nuances t\j\rs plus raff9es1 jusque dans l'opul5ce et au sommet des situations sociales6 ,on p>le de b\rgeois repus4 ,qui en p>le8 ,ceux qui1 les jugeant du dehors1 p5s5t que depuis le temps qu'ils s'en donn5t ils doiv5t en avoir vraim5t assez4 ,mais eux-mmes se jug5t-ils satisfaits8 ,pas le mo9s du monde4 ,s'il y a des g5s ri*es et cont5ts1 soyez srs qu'ils ne sont pas cont5ts p>ce qu'ils sont ri*es1 mais p>ce qu'ils sav5t tre cont5ts4 ,une bte e/ repue p>ce qu'elle a mang1 elle se c\*e et dort4 ,un homme peut bi5 aussi se c\*] et dormir p\r un c]ta9 temps2 mais cela ne dure jamais1 il s'habitue au bi5-tre1 s'en lasse et en dem&e un plus gr&4 ,l'apptit n'e/ pas apais *ez l'homme p> la n\rriture1 il vi5t en mangeant4 ,cela peut p>atre absurde1 c'e/ la pure vrit4 ,et le fait que ceux qui se plaign5t le plus sont presque t\j\rs ceux qui aurai5t le plus de raisons p\r se dcl>] satisfaits1 pr\ve bi5 que le bonheur n'e/ pas li au nombre de nos beso9s et l'empressem5t que n\s mettons les cultiv]4 ,*acun e/ intress se pntr] de cette vrit4 ,s'il ne le fait pas1 si p> un acte d'n]gie1 il ne p>vi5t limit] ses exig5ces1 il risque de s'engag] ins5siblem5t sur la p5te du dsir4 ,l'homme qui vit p\r mang]1 boire1 dormir1 se vtir1 se prom5]1 se donn] enf9 t\t ce qu'il peut se donn]1 qu'il soit le p>asite c\* au soleil1 l'ouvri] buveur1 le b\rgeois s]viteur de son v5tre1 la femme absorbe dans ses toilettes1 le viveur de bas tage ou le viveur de m>que1 ou qu'il soit simplem5t l'picuri5 vulgaire1 mais bon g>on1 trop docile aux beso9s matriels1 cet homme-l1 disons-n\s1 e/ engag sur la p5te du dsir1 et cette p5te e/ fatale4 ,ceux qui la desc5d5t obiss5t aux mmes lois que les corps r\lant sur un plan incl94 ,en proie une illusion sans cesse r5aissante1 ils se dis5t3 encore quelques pas1 les d]ni]s1 v]s cet objet l-bas qui attire notre convoitise444 ,puis n\s n\s arrt]ons4 ,mais la vitesse acquise les entrane4 ,plus ils vont1 mo9s ils peuv5t lui rsi/]4 ,voil le secret de l'agitation1 de la rage de beauc\p de nos contempora9s4 ,ayant condamn leur volont tre l'esclave de leurs apptits1 ils reoiv5t le *tim5t de leurs oeuvres4 ,ils sont livrs aux fauves dsirs1 implacables1 qui mang5t leur *air1 broi5t leurs os1 boiv5t leur sang et ne sont jamais ass\vis4 ,je ne fais pas ici de morale transc5dante1 j'c\te p>l] la vie en notant au passage quelques-unes des vrits dont t\s les c>ref\rs n\s rpt5t l'*o4 ,l'ivrogn]ie1 si inv5tive p\rtant de breuvages n\veaux1 a-t-elle tr\v le moy5 d'te9dre la soif8 ,non1 on p\rrait plutt l'appel] l'art d'entret5ir la soif et de la r5dre inext+uible4 ,le dv]gondage m\sse-t-il l'aiguillon des s5s8 ,non1 il l'exaspre1 et conv]tit le dsir naturel en obsession morbide1 en ide fixe4 ,laissez rgn] vos beso9s et entret5ez-les1 v\s les v]rez se multipli] comme les insectes au soleil4 ,plus v\s leur avez donn1 plus ils dem&5t4 ,il e/ ins5s celui qui *]*e le bonheur dans le seul bi5-tre4 ,autant vaudrait entrepr5dre de remplir le tonneau des ,danades4 ceux qui ont des millions il manque des millions1 ceux qui ont des mille1 il manque des mille4 ,aux autres il manque des pices de v+t francs ou de c5t s\s4 ,qu& ils ont la p\le au pot ils dem&5t l'oie1 qu& ils ont l'oie ils v\drai5t la d9de et a9si de suite4 ,on ne saura jamais combi5 cette t5dance e/ fune/e4 ,il y a trop de petites g5s qui veul5t imit] les gr&s1 trop d'ouvri]s qui s+5t le b\rgeois1 trop de filles du peuple qui font les demoiselles1 trop de petits employs qui j\5t au clubman et au sportsman1 et dans les classes aises et ri*es1 trop de g5s qui oubli5t que ce qu'ils possd5t p\rrait s]vir mieux qu' s'accord] t\tes sortes de j\issances p\r con/at] aprs qu'on n'en a jamais assez4 ,nos beso9s1 de s]viteurs qu'ils devrai5t tre1 sont dev5us une f\le turbul5te1 indiscipl9e1 une lgion de tyrans au petit pi$4 ,on ne peut mieux comp>] l'homme esclave de ses beso9s qu' un ours qui a un anneau dans le nez et qu'on mne et fait dans] volont4 ,la comp>aison n'e/ pas flatteuse2 mais av\ez qu'elle e/ vraie4 ,c'e/ p> leurs beso9s qu'ils sont trans1 tant de g5s qui se dmn5t1 cri5t et p>l5t de lib]t1 de progrs1 de je ne sais quoi encore4 ,ils ne saurai5t faire un pas dans la vie1 sans se dem&] si cela ne contr>ie pas leurs matres4 ,que d'hommes et de femmes sont alls1 de pro*e en pro*e1 jusqu' la malhonntet1 p\r la seule raison qu'ils avai5t trop de beso9s et ne p\vai5t pas se rsign] vivre simplem5t6 ,il y a dans les cellules de ,mazas nombre de p5sionnaires qui p\rrai5t n\s en dire long sur le dang] des beso9s trop exigeants4 ,laissez-moi v\s cont] l'hi/oire d'un brave homme que j'ai connu4 ,il aimait t5drem5t sa femme et ses enfants1 et vivait en ,france1 de son travail1 dans une jolie aisance1 mais qui tait lo9 de suffire aux beso9s luxueux de son p\se4 ,t\j\rs c\rt d'arg5t1 alors qu'il aurait pu vivre l>gem5t avec un peu de simplicit1 il a f9i p> s'expatri] dans une colonie lo9ta9e o il gagne beauc\p d'arg5t1 laissant les si5s dans la mre patrie4 ,je ne sais ce que cet in=tun doit p5s] l-bas2 mais les si5s ont un plus bel app>tem5t1 de plus belles toilettes1 et un semblant d'quipage4 ,et p\r le mom5t leur cont5tem5t e/ extrme4 ,mais ils s]ont bi5tt habitus ce luxe aprs t\t rudim5taire4 ,dans quelque temps madame tr\v]a son ameublem5t mesqu91 et son quipage pauvre4 ,si cet homme aime sa femme comme il n'en faut po9t d\t]1 il migr]a dans la lune p\r avoir un plus gros traitem5t4--,ailleurs les rles sont r5v]ss1 c'e/ la femme et les enfants qui sont sacrifis aux beso9s voraces du *ef de famille qui la vie irrgulire1 le jeu et tant d'autres folies coteuses font oubli] ses devoirs4 ,entre ses apptits et son rle pat]nel il s'e/ dcid p\r les premi]s et l5tem5t il drive v]s l'gsme le plus vil4 ,cet oubli de t\te dignit1 cet eng\rdissem5t progressif des s5tim5ts nobles ne se rem>que pas seulem5t *ez les j\isseurs des classes aises4 ,l'homme du peuple aussi e/ atte9t4 ,je connais bi5 des petits mnages o p\rrait rgn] le bonheur1 mais o v\s v]riez une pauvre mre de famille qui n'a que pe9e et *agr9 j\r et nuit1 des enfants sans s\li]s et s\v5t de gros s\cis p\r le pa94 ,p\rquoi8 ,p>ce qu'il faut trop d'arg5t au pre4 ,p\r ne p>l] que de la dp5se en alcool1 *acun sait les proportions qu'elle a atte9tes depuis v+t ans4 ,les sommes engl\ties p> ce g\ffre sont fabuleuses3 deux fois la ranon de la gu]re de #ahgj4 ,combi5 de beso9s lgitimes on aurait pu satisfaire avec ce qui a t jet en pture aux beso9s factices8 ,le rgne des beso9s n'e/ pas celui de la solid>it1 bi5 au contraire4 ,plus il faut de *oses un homme p\r lui-mme1 mo9s il peut faire p\r le pro*a91 mme p\r ceux qui lui sont atta*s p> les li5s du sang4 99 99 99 99 99 ,dim9ution du bonheur1 de l'indp5dance1 de la dlicatesse morale1 voire des s5tim5ts de solid>it1 tel e/ le rsultat du rgne des beso9s4 ,on p\rrait y aj\t] une multitude d'autres inconvni5ts dont le mo9dre n'e/ pas l'branlem5t de la =tune et de la sant publiques4 ,les socits qui ont de trop gr&s beso9s s'absorb5t dans le prs5t1 elles lui sacrifi5t les conqutes du pass et lui immol5t l'av5ir4 ,aprs n\s le dluge6 ,ras] les =ts p\r en tir] de l'arg5t1 mang] son bl en h]be1 dtruire en un j\r le fruit d'un long travail1 brl] ses meubles p\r se *auff]1 *>g] l'av5ir de dettes p\r r5dre agrable le mom5t actuel1 vivre d'expdi5ts1 et sem] p\r le l5dema9 des difficults1 les maladies1 la ru9e1 l'envie1 les rancunes1444 on n'en f9irait pas si l'on v\lait numr] t\s les mfaits de ce rgime fune/e4 ,au contraire1 si n\s n\s en t5ons aux beso9s simples1 n\s vitons t\s ces inconvni5ts et n\s les remplaons p> une multitude d'avantages4 ,c'e/ une vieille hi/oire que la sobrit et la temprance sont les meilleures g>di5nes de la sant4 celui qui les obs]ve elles p>gn5t bi5 des misres qui attri/5t l'exi/5ce2 elles lui assur5t la sant1 l'am\r de l'action1 l'quilibre intellectuel4 ,qu'il s'agisse de la n\rriture1 du vtem5t1 de l'habitation1 la simplicit du gt e/ en outre une s\rce d'indp5dance et de scurit4 ,plus v\s vivez simplem5t1 plus v\s sauveg>dez votre av5ir4 ,v\s tes mo9s la m]ci des surprises1 des *ances contraires4 ,une maladie ou un *mage ne suffis5t pas p\r v\s jet] sur le pav4 ,un *angem5t1 mme notable1 de situation ne v\s ds>onne pas4 ,ayant des beso9s simples1 il v\s e/ mo9s pnible de v\s accommod] aux *ances de la =tune4 ,v\s re/]ez un homme mme en p]dant votre place ou vos r5tes1 p>ce que le fondem5t sur lequel repose votre vie n'e/ ni votre table1 ni votre cave1 ni votre curie1 ni votre mobili]1 ni votre arg5t4 ,v\s ne v\s comport]ez pas dans l'adv]sit comme un n\rrisson auquel on aurait retir son ho*et ou son bib]on4 ,plus =t1 mieux arm p\r la lutte1 prs5tant1 comme ceux qui ont les *eveux ras1 mo9s de prise aux ma9s de l'adv]saire1 v\s s]ez en outre plus utile votre pro*a94 ,v\s n'excit]ez ni sa jal\sie1 ni ses bas apptits1 ni sa rprobation p> l'talage de votre luxe1 p> l'iniquit de vos dp5ses1 p> le spectacle d'une exi/5ce p>asitaire2 et mo9s exigeant p\r votre propre bi5-tre v\s g>d]ez des moy5s de travaill] celui des autres4 ,,vii ,le plaisir simple4 ,tr\vez-v\s ce temps amusant8 ,je le tr\ve1 quant moi1 plutt tri/e dans son ensemble4 ,et je cra9s que mon impression ne soit pas t\te p]sonnelle4 reg>d] vivre mes contempora9s1 les c\t] p>l]1 je me s5s malheureusem5t confirm dans le s5tim5t qu'ils ne s'amus5t pas beauc\p4 ,ce n'e/ p\rtant pas faute d'essay]2 mais il faut av\] qu'ils y russiss5t mdiocrem5t4 quoi cela peut-il bi5 t5ir8 ,les uns accus5t la politique ou les affaires1 d'autres les que/ions sociales ou le milit>isme4 ,on n'a que l'emb>ras du *oix qu& on se met gr5] le *apelet de nos gros s\cis4 ,allez donc aprs v\s amus]4 ,il y a trop de poivre dans notre s\pe p\r que n\s la mangions avec plaisir4 ,n\s avons les bras *>gs d'une f\le d'emb>ras1 dont *acun suffirait lui seul p\r n\s gt] l'humeur4 ,du mat9 au soir1 o que v\s alliez1 v\s r5contrez des g5s presss1 h>cels1 proccups4 ,ceux-ci ont laiss t\t leur bon sang dans les m*ants conflits d'une politique h>gneuse2 ceux-l sont coeurs des procds vils1 des jal\sies qu'ils ont r5contrs dans le monde de la littrature ou des arts4 ,la concurr5ce comm]ciale tr\ble aussi bi5 des sommeils2 les programmes d'tudes trop exigeants et les c>rires trop encombres gt5t la vie aux jeunes g5s2 la classe ouvrire subit les consqu5ces d'une lutte indu/rielle sans trve4 ,il devi5t dsagrable de g\v]n] p>ce que le pre/ige s'en va1 d'enseign] p>ce que le respect dim9ue3 p>t\t o l'on jette les yeux il y a des sujets de mcont5tem5t4 ,et p\rtant l'hi/oire n\s reprs5te c]ta9es poques t\rm5tes1 qui manquait autant qu' la ntre la tranquillit idyllique1 et que les plus graves vnem5ts n'ont pas emp* de connatre la gat4 ,il semble mme que la gravit des temps1 l'inscurit du l5dema91 la viol5ce des commotions sociales devi5ne l'occasion une s\rce n\velle de vitalit4 ,il n'e/ pas r>e de voir les soldats *ant] entre deux batailles1 et je ne crois gure me tromp] en disant que la joie huma9e a clbr ses plus beaux triomphes dans les temps les plus durs1 au milieu des ob/acles4 ,mais on avait alors1 p\r dormir paisible avant la bataille1 ou p\r *ant] dans la t\rm5te1 des motifs d'ordre intrieur qui n\s font peut-tre dfaut4 ,la joie n'e/ pas dans les objets1 elle e/ en n\s4 ,et je p]si/e croire que les causes de notre malaise prs5t1 de cette mauvaise humeur contagieuse qui n\s envahit1 sont en n\s au mo9s autant que dans les circon/ances extrieures4 ,p\r s'amus] de t\t coeur il faut se s5tir sur une base solide1 il faut croire la vie et la possd] en soi4 ,et c'e/ l ce qui n\s manque4 ,beauc\p d'hommes1 mme hlas6 p>mi les jeunes sont auj\rd'hui br\ills avec la vie1 et je ne p>le pas des philosophes seuls4 ,comm5t v\lez-v\s qu'on s'amuse qu& on a cette arrire-p5se qu'il vaudrait peut-tre mieux1 aprs t\t1 que ri5 n'et jamais exi/8 ,n\s obs]vons en outre dans les =ces vitales de ce temps une dpression inquitante qu'il faut attribu] l'abus que l'homme a fait de ses s5sations4 ,trop d'excs de t\te nature ont fauss nos s5s et altr notre facult d'tre heureux4 ,la nature succombe s\s les exc5tricits qu'on lui a infliges4 ,pr(ondm5t atte9te dans sa rac9e1 la volont de vivre1 malgr t\t p]si/ante1 *]*e se satisfaire p> des moy5s factices4 ,on a rec\rs dans le doma9e mdical la respiration artificielle1 l'alim5tation artificielle1 la galvanisation4 ,de mme n\s voyons aut\r du plaisir expirant une multitude d'tres empresss le rveill]1 le ranim]4 ,les moy5s les plus +nieux ont t inv5ts3 il ne s]a pas dit qu'on a ls9 sur les frais4 ,t\t a t t5t1 le possible et l'impossible4 ,mais dans t\s ces alambics compliqus on n'e/ jamais p>v5u di/ill] une g\tte de joie vritable4 ,il ne faut pas confondre le plaisir et les in/rum5ts de plaisir4 ,suffirait-il de s'arm] d'un p9ceau p\r tre pe9tre1 ou de s'a*et] gr&s frais un /radiv>ius p\r tre musici58 ,de mme eussiez-v\s p\r v\s amus] t\t l'attirail extrieur le plus p]fectionn1 le plus +nieux1 v\s n'en s]iez pas plus avanc4 ,mais avec un dbris de *>bon1 un gr& pe9tre peut trac] une esquisse immortelle4 ,il faut du tal5t ou du gnie p\r pe9dre1 et p\r s'amus] il faut avoir la facult d'tre heureux4 ,quiconque la possde s'amuse peu de frais4 ,cette facult se dtruit dans l'homme p> le scepticisme1 la vie factice1 l'abus2 elle s'entreti5t p> la confiance1 la modration1 les habitudes normales d'activit et de p5se4 ,une excell5te preuve de ce que j'avance1 et trs facile recueillir1 se tr\ve dans ce fait que p>t\t o se r5contre une vie simple et sa9e1 le plaisir au!ntique l'accompagne1 comme le p>fum les fleurs naturelles4 ,cette vie a beau tre difficile1 entrave1 prive de ce que n\s considrons d'ord9aire comme les conditions mmes du plaisir1 on y voit russir la plante dlicate et r>e1 la joie4 ,elle p]ce entre deux pavs s]rs1 dans l'anfractuosit d'un mur1 dans une fissure de ro*]4 ,on se dem&e comm5t et d'o elle vi5t4 ,mais elle vit1 alors que dans les s]res *audes1 les t]ra9s grassem5t fums1 v\s la cultivez au poids de l'or p\r la voir s'tiol] et m\rir entre vos doigts4 ,dem&ez aux acteurs de ?tre quel public s'amuse le mieux la comdie1 ils v\s rpondront que c'e/ le public populaire4 ,la raison n'en e/ pas trs difficile saisir4 ,p\r ce public-l1 la comdie e/ une exception1 il ne s'en e/ pas satur =ce d'en pr5dre4 ,et puis c'e/ un repos ses rudes fatigues4 ,ce plaisir qu'il sav\re il l'a gagn honntem5t et il en connat le prix comme il connat celui des petits s\s gagns la sueur du front4 ,au surplus1 il n'a pas frqu5t les c\lisses1 il ne s'e/ pas ml aux intrigues d'arti/es1 il ignore les ficelles1 il croit que c'e/ arriv4 ,p\r t\s ces motifs il j\it d'un plaisir sans mlange4 ,je vois d'ici le sceptique blas dont le monocle t9celle dans cette loge1 jet] sur la f\le amuse un reg>d ddaigneux3 ,pauvres g5s1 idiots1 peuple ignorant et ru/re6 ,et p\rtant ce sont eux les vrais vivants1 t&is qu'il e/1 lui1 un tre artificiel1 un mannequ91 incapable de ress5tir cette belle et salutaire ivresse d'une heure de franc plaisir4 ,malheureusem5t la navet s'en va1 mme des rgions populaires4 ,n\s voyons le peuple des villes1 et celui des campagnes sa suite1 rompre avec les bonnes traditions4 ,l'esprit p]v]ti p> l'alcool1 la passion du jeu1 les lectures malsa9es1 contracte peu peu des gts maladifs4 ,la vie factice fait irruption dans les milieux jadis simples1 et du c\p c'e/ comme lorsque le phylloxra se met la vigne4 ,l'arbre robu/e de la joie ru/ique voit sa sve t>ir1 ses feuilles se te9dre de jaune4 ,comp>ez une fte *amptre du bon vieux /yle avec une de ces ftes de village soi-disant mod]nises4 ,d'un ct1 dans le cadre respect des c\tumes sculaires1 de solides campagn>ds *ant5t les *ansons du pays1 dans5t les danses du pays en co/ume de paysans1 absorb5t des boissons naturelles et sembl5t compltem5t leur affaire4 ,ils s'amus5t comme le =g]on =ge1 comme la cascade tombe1 comme les p\la9s bondiss5t dans la prairie4 ,c'e/ contagieux1 cela v\s gagne le coeur4 ,malgr soi on se dit3 ,bravo les enfants1 c'e/ bi5 cela6 ,on dem&]ait tre de la p>tie4 ,de l'autre ct1 je vois des villageois dguiss en citad9s1 des paysannes enlaidies p> la modi/e1 et comme ornem5t pr9cipal de la fte un ramassis de dgnrs qui braill5t des *ansonnettes de caf-conc]t3 et quelquefois la place d'honneur quelques cabot9s de dixime ordre v5us p\r la circon/ance af9 de dgrossir ces ruraux et leur faire gt] des plaisirs raff9s4 ,p\r boissons1 des liqueurs base d'eau-de-vie de pomme de t]re ou de l'abs9!4 ,dans t\t cela ni orig9alit ni pittoresque4 ,du laiss] all] peut-tre et de la vulg>it1 mais non pas cet ab&on que procure le plaisir naf4 99 99 99 99 99 ,cette "q du plaisir e/ capitale4 ,les g5s poss la nglig5t en gnral comme une futilit2 les utilitaires1 comme une sup]ftation coteuse4 ,ceux qu'on dsigne s\s le nom d'hommes de plaisir f\rrag5t dans un doma9e si dlicat comme des sangli]s dans un j>d94 ,on ne p>at se d\t] nullem5t de l'imm5se intrt huma9 qui s'atta*e la joie4 ,c'e/ une flamme sacre qu'il faut n\rrir et qui jette sur la vie un j\r clatant4 ,celui qui s'atta*e l'entret5ir1 fait une oeuvre aussi pr(itable l'humanit1 que celui qui con/ruit des ponts1 p]ce des tunnels1 cultive la t]re4 ,se conduire de telle sorte qu'on ma9ti5ne en soi1 au milieu des labeurs et des pe9es de la vie1 la facult d'tre heureux et qu'on puisse1 comme p> une espce de contagion salutaire1 la propag] p>mi ses semblables1 e/ faire oeuvre de solid>it dans ce que ce t]me a de plus noble4 ,donn] un peu de plaisir1 drid] les fronts s\cieux1 mettre un peu de lumire sur les *em9s obscurs1 quel (fice vraim5t div9 dans cette pauvre humanit6 ,mais ce n'e/ qu'avec une gr&e simplicit de coeur qu'on arrive le remplir4 ,n\s ne sommes pas assez simples p\r tre heureux et p\r r5dre les autres heureux4 ,il n\s manque la bont et le dta*em5t de n\s-mmes4 ,n\s rp&ons la joie comme n\s rp&ons la consolation1 p> des procds tels que n\s obt5ons des rsultats ngatifs4 ,p\r consol] quelqu'un que faisons-n\s8 ,n\s n\s atta*ons ni] sa s\ffrance1 la discut]1 lui p]suad] qu'il se trompe en se croyant malheureux4 ,au fond1 notre langage traduit en p>oles de vrit se rduit ceci3 ,tu s\ffres1 ami4 ,c'e/ trange2 tu dois te tromp]1 c> je ne s5s ri54 ,le seul moy5 huma9 de s\lag] une s\ffrance tant de la p>tag] p> le coeur1 que doit pr\v] un malheureux consol de la sorte8 ,p\r div]tir notre pro*a9 et lui faire pass] un mom5t agrable1 n\s n\s y pr5ons de la mme faon3 n\s le convions admir] notre esprit1 rire de nos saillies1 frqu5t] notre maison1 s'asseoir notre table et p>t\t clate notre s\ci de p>atre4 ,quelquefois aussi n\s lui faisons1 avec une libralit protectrice1 l'aumne d'une di/raction de notre *oix4 mo9s que n\s ne l'invitions s'amus] avec n\s1 comme n\s l'invit]ions faire une p>tie de c>tes1 avec l'arrire-p5se de l'exploit] notre pr(it4 ,p5sez-v\s que le plaisir p> excell5ce p\r autrui soit de n\s admir]1 de reconnatre notre supriorit1 ou de n\s s]vir d'in/rum5t8 ,y a-t-il au monde un ennui comp>able celui de se s5tir exploit1 protg1 enrl dans une claque8 ,p\r donn] du plaisir aux autres et en pr5dre soi-mme1 il faut comm5c] p> c>t] le moi qui e/ hassable et le t5ir en*an p5dant t\te la dure des div]tissem5ts4 ,il n'y a pas de pire tr\ble-fte que celui-l4 ,soyons bon enfant1 aimable1 bi5veillant1 r5trons nos mdailles1 nos plaques1 nos titres1 et mettons-n\s la disposition des autres de t\t coeur6 ,vivons quelquefois ne ft-ce que p5dant une heure1 et t\te autre *ose cessante1 p\r faire s\rire autrui4 ,le sacrifice n'e/ qu'app>5t1 p]sonne ne s'amuse mieux que ceux qui sav5t se donn] simplem5t p\r procur] leur ent\rage un peu de bonheur et d'oubli4 ,qu& s]ons-n\s assez simplem5t hommes p\r ne pas faire figur] au premi] rang dans nos runions de plaisir t\tes les *oses qui n\s agac5t les n]fs dans la vie de t\s les j\rs8 ,ne p\rrons-n\s pas oubli] p\r une heure nos prt5tions1 nos divisions1 nos classifications1 nos p]sonnages enf91 p\r r$ev5ir enfants et rire encore de ce bon rire qui fait tant de bi5 et r5d les hommes meilleurs8 99 99 99 99 99 ,je me s5s press ici de faire une rem>que d'un g5re t\t p>ticuli] et d'(frir p> l mes lecteurs bi5 int5tionns des occasions de s'attel] une oeuvre magnifique4 ,mon b e/ de recomm&] leur att5tion plusieurs catgories de p]sonnes assez ngliges au po9t de vue du plaisir4 ,on p5se qu'un balai ne peut s]vir qu' balay]1 un arrosoir arros]1 un m\l9 caf m\dre du caf1 et de mme on p5se qu'un infirmi] n'e/ fait que p\r soign] les malades1 un pr(esseur p\r in/ruire1 un prtre p\r pr*]1 ent]r]1 confess]1 une s5t9elle p\r mont] la g>de4 ,et on en conclut que les tres livrs aux travaux les plus srieux sont v\s leurs fonctions comme le boeuf au lab\r4 ,des div]tissem5ts sont incompatibles avec ce g5re d'activit4 ,p\ssant cette manire de voir plus avant1 on se croit autoris p5s] que les p]sonnes infirmes1 affliges1 ru9es1 les va9cus de la vie et t\s ceux qui ont quelque l\rd f>deau port]1 sont du ct de l'ombre comme le v]sant nord des montagnes et qu'il e/ ncessaire qu'il en soit a9si4 ,d'o l'on en conclut assez gnralem5t que les hommes graves n'ont pas beso9 de plaisir et qu'il s]ait malsant de leur en (frir4 ,quant aux affligs1 ce s]ait manqu] la dlicatesse de rompre le fil de leurs tri/es p5ses4 ,il semble donc admis que c]ta9es p]sonnes sont condamnes demeur] t\j\rs au/res1 qu'il faut les abord] avec une m9e au/re et ne leur p>l] que de *oses au/res4 ,de mme1 il faut laiss] le s\rire la porte qu& on va voir les malades1 les malheureux1 pr5dre une figure sombre1 un air lam5table et *oisir des sujets de conv]sation navrants4 ,a9si on apporte du noir ceux qui sont dans le noir1 de l'ombre ceux qui sont l'ombre4 ,on contribue augm5t] l'isolem5t des isols1 la monotonie des vies mornes4 ,on claquemure c]ta9es exi/5ces comme dans un ca*ot2 p>ce qu'il p\sse de l'h]be aut\r de leurs asiles ds]ts1 on p>le bas en les appro*ant comme en appro*ant des tombeaux4 ,qui se d\te de l'oeuvre inf]nale de cruaut accomplie a9si *aque j\r dans le monde6 ,il ne faut pas qu'il en soit a9si4 ,qu& v\s v]rez des hommes ou des femmes consacrs aux t*es svres ou l'(fice d\l\reux qui consi/e frqu5t] les misres huma9es et b&] les plaies1 s\v5ez-v\s que ces tres sont faits comme v\s1 qu'ils ont les mmes beso9s et qu'il e/ des heures o il leur faut du plaisir et de l'oubli4 ,v\s ne les dt\rn]ez pas de leur mission en les faisant rire quelquefois1 eux qui voi5t tant de l>mes et de pe9es4 ,au contraire v\s leur r5drez des =ces p\r mieux cont9u] leur labeur4 ,et qu& v\s connatrez des familles pr\ves ou des individus affligs1 ne les ent\rez pas1 comme des pe/ifrs1 d'un cordon sanitaire que v\s ne fran*irez qu'en pr5ant des prcautions qui leur rappell5t leur tri/e sort4 ,au contraire1 aprs avoir montr t\te votre sympa?ie1 t\t votre respect de leur d\leur1 s\lagez-les1 aidez-leur vivre1 apportez-leur un p>fum du dehors1 quelque *ose enf9 qui leur rappelle que leur malheur ne les exclut pas du monde4 t5dez aussi votre sympa?ie t\s ceux qui ont des occupations absorbantes et sont p\r a9si dire rivs sur place4 ,le monde e/ ple9 d'tres sacrifis qui n'ont jamais de repos ni de plaisir et auxquels la mo9dre lib]t1 le plus mode/e rpit fait un bi5 imm5se4 ,et ce m9imum de s\lagem5t1 il s]ait si facile de le leur procur] si seulem5t l'on y songeait4 ,mais voil1 le balai e/ fait p\r balay] et il semble qu'il ne puisse pas s5tir de fatigue4 ,il faut se db>rass] de cet aveuglem5t c\pable qui n\s emp*e de voir la lassitude de ceux qui sont t\j\rs sur la br*e4 ,relevons les s5t9elles p]dues du devoir1 procurons une heure ,sisyphe p\r s\ffl]4 ,pr5ons un mom5t la place de la mre de famille que les so9s du mnage et des enfants r5d5t esclave1 sacrifions un peu de notre sommeil ceux qu'us5t les longues veilles prs des malades4 ,jeune fille que peut-tre la prom5ade n'amuse pas t\j\rs1 pr5ez le tabli] de la cuis9ire et donnez-lui la clef des *amps4 ,a9si v\s f]ez des heureux et v\s le s]ez v\s-mmes4 ,n\s m>*ons con/amm5t ct d'tres *>gs de f>deaux que n\s p\rrions pr5dre sur n\s ne ft-ce que p\r un peu de temps4 ,mais ce c\rt rpit suffirait p\r gurir des maux1 ranim] la joie te9te dans bi5 des coeurs1 ouvrir une l>ge c>rire la bonne volont entre les hommes4 ,comme on se compr5drait mieux si l'on savait se mettre de t\t coeur la place les uns des autres et comme il y aurait plus de plaisir vivre6 99 99 99 99 99 ,j'ai trop p>l ailleurs de l'organisation du plaisir p>mi la jeunesse p\r y rev5ir ici en dtail#a4 ,mais je ti5s dire en sub/ance ce qu'on ne saurait assez rpt]3 si v\s v\lez que la jeunesse soit morale1 ne ngligez pas ses plaisirs et n'ab&onnez pas au has>d le so9 de les lui procur]4 ,v\s me rpondrez peut-tre que la jeunesse n'aime pas qu'on rglem5te ses di/ractions1 et que d'ailleurs celle d'auj\rd'hui e/ gte et ne s'amuse que trop4 ,je v\s rpondrai d'abord qu'on peut suggr] des ides1 indiqu] des directions1 crer des occasions de plaisir1 sans ri5 rglem5t]4 ,en second lieu1 je v\s f]ai obs]v] que v\s v\s trompez en v\s imag9ant que la jeunesse s'amuse trop4 "p les plaisirs factices1 n]vants et dissolvants qui fltriss5t la vie au lieu de la faire fleurir et respl5dir1 il lui re/e auj\rd'hui trs peu de *ose4 ,l'abus1 cet ennemi de l'usage lgitime1 a si bi5 b>b\ill la t]re qu'il devi5t difficile de t\*] quelque *ose qu'il n'ait pas sali4 ,de l des prud5ces1 des df5ses1 des prohibitions sans nombre4 ,on ne peut presque pas b\g] qu& on veut vit] t\t ce qui ressemble aux plaisirs malsa9s4 ,dans la jeunesse actuelle1 surt\t *ez celle qui se respecte1 le manque de plaisir occasionne des s\ffrances pr(ondes4 ,on n'e/ pas sevr sans inconvni5ts de ce v9 gnreux4 ,impossible de prolong] cet tat de *oses sans paissir l'ombre sur les ttes de nos jeunes gnrations4 ,il faut v5ir leur sec\rs4 ,nos enfants hrit5t d'un monde qui n'e/ pas gai4 ,n\s leur lguons de gros s\cis1 des que/ions emb>rassantes1 une vie *>ge d'entraves et de complications4 ,t5tons du mo9s un ef=t p\r clair] le mat9 de leurs j\rs4 ,organisons le plaisir1 crons-lui des abris1 ouvrons nos coeurs et nos maisons4 ,mettons la famille dans notre jeu4 ,que la gaiet cesse d'tre une d5re d'exportation4 ,runissons nos fils que nos intrieurs moroses p\ss5t dans la rue1 et nos filles qui s'ennui5t dans la solitude4 ,multiplions les ftes de famille1 les rceptions et les excursions en famille2 levons *ez n\s la bonne humeur la hauteur d'une in/itution4 ,que l'cole se mette de la p>tie4 ,que les matres et les lves1 coli]s ou tudiants1 se r5contr5t plus s\v5t et s'amus5t ensemble4 ,cela fait avanc] le travail srieux4 ,il n'y a ri5 de tel p\r bi5 compr5dre son pr(esseur que d'avoir ri en sa compagnie1 et rciproquem5t p\r bi5 compr5dre un tudiant ou un coli]1 il faut l'avoir vu ailleurs que sur les bancs ou sur la sellette d'exam54 #a ,voir entre autres3 ,jeunesse1 *ap4 ,la joie4 --,et qui f\rnira l'arg5t8--,quelle "q6 ,c'e/ bi5 l l'erreur c5trale4 ,le plaisir et l'arg5t2 on pr5d cela p\r les deux ailes du mme oiseau4 ,hlas6 l'illusion e/ grossire6 ,le plaisir1 comme t\tes les *oses vraim5t prcieuses en ce monde1 ne peut ni se v5dre ni s'a*et]4 ,p\r s'amus] il faut pay] de sa p]sonne1 c'e/ l'ess5tiel4 ,on ne v\s df5d pas d'ouvrir votre b\rse si v\s le p\vez faire et si v\s le tr\vez utile4 ,mais je v\s assure1 ce n'e/ pas indisp5sable4 ,le plaisir et la simplicit sont deux vieilles connaissances4 ,recevez simplem5t1 runissez-v\s simplem5t4 ,ayez bi5 travaill d'abord2 soyez aussi aimable1 aussi loyal que possible p\r vos compagnons et ne dites pas de mal des abs5ts3 le succs s]a c]ta94 ,,viii ,l'esprit m]c5aire et la simplicit4 ,n\s v5ons de c\doy] en passant un c]ta9 prjug =t rp&u1 qui attribue l'arg5t une puissance magique4 ,rappro*s a9si d'un t]ra9 brlant1 n\s ne l'vit]ons pas2 mais n\s allons y pos] le pi$1 p]suads qu'il y a sur ce po9t plusieurs vrits dire4 ,elles ne sont po9t neuves1 mais elles sont si oublies6 ,je ne vois aucun moy5 de n\s pass] de l'arg5t4 ,t\t ce qu'ont pu faire jusqu' ce j\r c]ta9s ?orici5s ou lgislateurs qui l'accus5t de t\s les maux1 c'e/ d'en *ang] le nom ou la =me4 ,mais ils n'ont jamais pu se pass] d'un signe reprs5tatif de la valeur comm]ciale des *oses4 ,v\loir supprim] l'arg5t e/ une t5tative analogue celle qui v\drait supprim] l'criture4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai que cette "q de l'arg5t e/ trs tr\blante4 ,elle =me un des lm5ts pr9cipaux de notre vie complique4 ,les difficults conomiques o n\s n\s dbattons1 les conv5tions sociales1 t\t l'ag5cem5t de la vie mod]ne ont port l'arg5t un rang si m95t qu'il n'e/ pas tonnant que l'imag9ation huma9e lui attribue une sorte de royaut4 ,et c'e/ p> ce ct que n\s devons abord] le problme4 ,le t]me d'arg5t a p\r p5dant celui de m>*&ise4 ,s'il n'y avait po9t de m>*&ise l'arg5t n'exi/]ait pas4 ,mais tant qu'il y aura de la m>*&ise il y aura de l'arg5t1 peu importe s\s quelle =me4 ,la s\rce de t\s les abus dont l'arg5t e/ dev5u le c5tre rside dans une confusion4 ,on a confondu dans le t]me et dans la notion de m>*&ise des objets qui n'ont aucun rapport ensemble4 ,on a v\lu donn] une valeur vnale des *oses qui n'en peuv5t ni doiv5t en avoir aucune4 ,les ides d'a*at et de v5te ont envahi des prov9ces o elles peuv5t tre ju/e titre considres comme des trangres1 des ennemies1 des usurpatrices4 ,il e/ lgitime que du bl1 des pommes de t]re1 du v91 des t(fes soi5t v5dre et qu'on les a*te4 ,il e/ p>faitem5t naturel que le labeur d'un homme lui procure des droits la vie et qu'on lui remette en ma9 une valeur qui reprs5te ces droits4 ,mais ici dj l'analogie cesse d'tre complte4 ,le travail d'un homme n'e/ pas une m>*&ise au mme titre qu'un sac de bl ou un qu9tal de *>bon4 ,il entre dans ce travail des lm5ts qu'on ne peut valu] en monnaie4 ,enf91 il e/ des *oses qui ne saurai5t s'a*et]3 le sommeil p> exemple1 la connaissance de l'av5ir1 le tal5t4 ,celui qui n\s les (fre en v5te peut tre considr comme un f\ ou un impo/eur4 ,p\rtant il y a des g5s qui batt5t monnaie avec ces *oses4 ,ils v5d5t ce qui ne leur app>ti5t pas et leurs dupes pai5t des valeurs illusoires en monnaie vritable4 ,de mme1 il y a des m>*&s de plaisir1 des m>*&s d'am\r1 des m>*&s de miracles1 des m>*&s de patriotisme1 et ce titre de comm]ant qui e/ si honorable qu& il reprs5te un homme faisant comm]ce de ce qui e/ en effet une d5re comm]ciale devi5t la pire fltrissure qu& il s'agit des *oses du coeur1 de la religion1 de la patrie4 ,presque t\t le monde e/ d'accord p\r tr\v] honteux qu'on trafique de ses s5tim5ts1 de son honneur1 de sa robe1 de sa plume1 de son m&at4 ,malheureusem5t ce qui ne s\ffre aucune contradiction dans la ?orie1 ce qui1 dit comme n\s le disons1 ressemble plutt une banalit qu' une haute vrit morale1 a une pe9e inf9ie pntr] dans la pratique4 ,le trafic a envahi le monde4 ,les v5deurs se sont in/alls jusqu'au sanctuaire1 et p> sanctuaire je n'ent5ds pas seulem5t les *oses religieuses1 mais t\t ce que l'humanit a de sacr et d'inviolable4 ,ce n'e/ pas l'arg5t qui complique la vie1 la corrompt et l'altre1 c'e/ notre esprit m]c5aire4 ,l'esprit m]c5aire ramne t\t une seule "q3 ,combi5 cela va-t-il me rapport]8 il rsume t\t dans un axiome3 ,avec de l'arg5t1 on peut t\t se procur]4 ,avec ces deux pr9cipes de conduite une socit peut desc5dre des degrs d'infamie qu'il e/ impossible de dpe9dre et d'imag9]4 ,combi5 cela va-t-il me rapport]8 ,cette "q si lgitime tant qu'il s'agit des prcautions que *acun doit pr5dre p\r assur] sa subsi/ance p> son travail1 devi5t fune/e aussitt qu'elle sort de ses limites et dom9e t\te la vie4 ,cela e/ si vrai qu'elle avilit mme le travail qui e/ notre gagne-pa94 ,je f\rnis du travail pay1 ri5 de mieux2 mais si je n'ai p\r m'inspir] p5dant ce travail que le seul dsir de t\*] ma paye1 ri5 de pire4 ,un homme qui n'a p\r motif d'action que son salaire fait de la mauvaise besogne4 ,ce qui l'intresse n'e/ pas le travail1 c'e/ l'arg5t4 ,s'il peut rogn] sur sa pe9e sans retran*] de son ga91 soyez sr qu'il le f]a4 ,maon1 lab\reur1 ouvri] d'us9e1 celui qui n'aime pas son labeur n'y met ni intrt1 ni dignit1 et c'e/ en somme un mauvais ouvri]4 ,le mdec9 qui n'e/ proccup que des honoraires e/ un homme auquel il ne fait pas bon confi] sa vie1 c> ce qui le met en m\vem5t c'e/ le dsir de g>nir sa b\rse avec le cont5u de la vtre4 ,s'il e/ de son intrt que v\s s\ffriez plus longtemps1 il e/ capable de cultiv] votre maladie au lieu de =tifi] votre sant4 ,celui qui n'aime dans l'in/ruction de l'enfance que le pr(it qu'elle procure e/ un tri/e pr(esseur1 c> ce pr(it e/ mdiocre1 mais son enseignem5t plus mdiocre encore4 ,que vaut le j\rnali/e m]c5aire8 ,le j\r o v\s n'crivez que p\r le s\1 votre prose cesse de valoir mme ce s\4 ,plus le travail huma9 t\*e des objets de nature leve1 plus l'esprit m]c5aire1 s'il int]vi5t1 le /rilise et le corrompt4 ,on a mille fois raison de dire que t\te pe9e mrite salaire1 que t\t homme qui consacre son ef=t entret5ir la vie doit avoir sa place au soleil1--et quiconque ne fait ri5 d'utile1 ne gagne pas sa vie1 en un mot n'e/ qu'un p>asite4 ,mais il n'y a pas de plus grave erreur sociale que d'en arriv] faire du ga9 l'unique mobile d'action4 ,ce que n\s mettons de meilleur dans notre oeuvre1 qu'elle se fasse la =ce des bras1 p> la *aleur du coeur1 ou la t5sion de l'intellig5ce1 c'e/ prcism5t ce que p]sonne ne peut n\s pay]4 ,ri5 ne pr\ve mieux que l'homme n'e/ pas une ma*9e1 que ce fait3 deux hommes l'oeuvre avec les mmes =ces1 les mmes ge/es1 produis5t des rsultats t\t diffr5ts4 ,o e/ la cause de ce phnomne8 ,dans la div]g5ce de leurs int5tions4 ,l'un a l'esprit m]c5aire1 l'autre a l'me simple4 ,t\s les deux t\*5t leur paye1 mais le travail de l'un e/ /rile1 l'autre a mis son me dans son travail4 ,le travail du premi] e/ comme le gra9 de sable qui re/e t\te l't]nit sans qu'il en sorte ri51 le travail de l'autre e/ comme la gra9e vivante jete au sol1 il g]me et produit des moissons4 ,il n'y a pas d'autre secret p\r expliqu] que tant de g5s n'ont pas russi en employant les mmes procds extrieurs que d'autres4 ,les automates ne se reproduis5t pas et le travail du m]c5aire ne produit pas de fruit4 99 99 99 99 99 ,sans d\te n\s sommes obligs de n\s incl9] devant le fait conomique1 de reconnatre les difficults de la vie2 de j\r en j\r il devi5t plus urg5t de bi5 comb9] ses moy5s d'action p\r arriv] n\rrir1 vtir1 log]1 lev] sa famille4 ,celui qui ne ti5t pas compte de ces ncessits imprieuses1 qui ne calcule pas et ne prvoit pas1 n'e/ qu'un illum9 ou un maladroit1 tt ou t>d expos t5dre la ma9 ceux dont il mprise la p>cimonie4 ,et cep5dant que devi5drions-n\s1 si ce g5re de s\ci n\s absorbait t\t enti]s8 si1 p>faits comptables1 n\s v\lions mesur] notre ef=t l'arg5t qu'il n\s rapporte1 ne plus ri5 faire qui n'ab\tisse une recette et considr] comme *oses inutiles ou pe9es p]dues ce qui ne peut pas s'align] en *iffres sur un livre de comptes8 ,nos mres ont-elles t\* quelque *ose p\r n\s aim]1 n\s lev]8 ,qu'advi5drait-il de notre pit filiale si n\s v\lions t\*] quelque *ose p\r aim] et soign] nos vieux p>5ts8 ,qu'e/-ce que cela rapporte de dire la vrit8 du dsagrm5t1 quelquefois des s\ffrances et des p]scutions4 ,de df5dre son pays8 des fatigues1 des blessures et s\v5t la mort4 ,de faire du bi58 des ennuis1 de l'+ratitude1 des ress5tim5ts mme4 ,il entre du dv\em5t dans t\tes les fonctions ess5tielles de l'humanit4 ,je dfie les plus f9s calculateurs de se ma9t5ir dans le monde sans jamais faire appel autre *ose qu'au calcul4 ,sans d\te on proclame intellig5ts ceux qui s'ent5d5t faire leur pelote4 ,mais reg>dez-y de prs4 ,combi51 dans leur pelote1 y a-t-il de fil qu'ils doiv5t au dv\em5t des simples8 ,aurai5t-ils bi5 russi1 s'ils n'avai5t r5contr dans le monde que des mal9s de leur espce ayant p\r devise3 ,pas d'arg5t1 pas de ,suisse6 ,disons-le hautem5t3 c'e/ grce quelques-uns qui ne compt5t pas trop rig\reusem5t1 que le monde se s\ti5t4 ,les plus beaux s]vices r5dus1 les plus dures besognes sont en gnral peu ou po9t rtribus4 ,heureusem5t qu'il re/]a t\j\rs des hommes prts aux fonctions ds9tresses et mme celles qui ne sont payes qu'en s\ffrances1 et qui cot5t l'arg5t1 le repos1 la vie4 ,le rle de ces hommes-l e/ s\v5t pnible et ne va pas sans dc\ragem5ts4 ,qui de n\s n'a ent5du faire des rcits d'expri5ces d\l\reuses o le n>rateur regrettait ses bonts passes1 le mal qu'il s'tait donn p\r ne rcolt] que des dboires4 ,on conclut gnralem5t ces confid5ces en disant3 j'ai t assez bte p\r faire ceci et cela4 ,quelquefois on a raison de se jug] a9si p>ce que c'e/ t\j\rs un tort de jet] les p]les aux p\rceaux2 mais que de vies dont les seuls actes vraim5t beaux sont prcism5t ceux dont on se rep5t cause de l'+ratitude des hommes6 ,ce qu'il faudrait s\hait] l'humanit1 c'e/ que le nombre de ces actes btes aille gr&issant4 99 99 99 99 99 ,j'en arrive ma9t5ant au cr$o de l'esprit m]c5aire4 ,sa qualit e/ d'tre bref4 ,p\r le m]c5aire la loi et les prophtes sont cont5us dans ce seul axiome3 ,avec de l'arg5t on peut t\t se procur]4 reg>d] la vie sociale sup]ficiellem5t ri5 de plus vid5t4 ,n]f de la gu]re1 preuve sonnante1 clef qui ouvre t\tes les portes1 roi du monde6444 ,on p\rrait1 en recueillant t\t ce qu'on a dit de la gloire et de la puissance de l'arg5t1 faire une litanie plus longue que celle qui se *ante en l'honneur de la ,vi]ge ,m>ie4 ,il faut avoir t sans le s\1 ne ft-ce qu'un j\r ou deux1 et avoir essay de vivre dans le monde o n\s sommes1 p\r se faire une ide de ce qui manque celui dont la b\rse e/ vide4 ,j'engage ceux qui aim5t les contra/es et les situations imprvues essay] de vivre sans arg5t p5dant une demi-sema9e seulem5t1 et lo9 de leurs amis et connaissances1 du milieu enf9 o ils sont quelqu'un4 ,ils f]ont plus d'expri5ces en qu>ante-huit heures qu'un homme tabli p5dant t\te son anne4 ,hlas6 ces expri5ces quelques-uns les font malgr eux1 et lorsque la ru9e vritable s'abat sur leur tte ils ont beau re/] dans leur patrie1 p>mi les compagnons de leur jeunesse1 leurs anci5s collaborateurs et mme leurs obligs1 on affecte de ne plus les connatre4 ,avec quelle am]tume ils comm5t5t le cr$o m]c5aire3 avec de l'arg5t on peut t\t se procur]1 sans arg5t impossible de ri5 avoir4 ,v\s dev5ez le p>ia1 le lpreux1 celui dont *acun se dt\rne4 ,les m\*es vont aux cadavres1 les hommes vont l'arg5t4 ,aussitt que l'arg5t se retire le vide se fait4 ,il en a fait c\l] des l>mes le cr$o m]c5aire6 l>mes amres1 l>mes de sang pleures p> ceux-l mmes qui avai5t peut-tre t jadis les adorateurs du veau d'or4 ,et p\rtant ce cr$o e/ faux1 ar*i-faux4 ,je ne vais pas m>*] l'attaque1 avec de vieilles r5ga9es comme celle de l'homme ri*e g> dans un ds]t et qui ne peut mme pas se procur] une g\tte d'eau p\r son arg5t2 ou celle du millionnaire dcrpit qui donn]ait la moiti de ce qu'il possde p\r a*et] un solide gaill>d sans le s\1 ses v+t ans et sa robu/e sant6 ,je n'essay]ai pas non plus de v\s pr\v] qu'on ne peut pas a*et] le bonheur4 ,tant de g5s p>mi ceux qui ont de l'arg5t et surt\t p>mi ceux qui n'en ont pas1 s\ri5t de cette vrit comme du plus u de t\s les cli*s4 ,mais j'en appell]ai aux s\v5irs1 aux expri5ces de *acun p\r faire t\*] du doigt le grossi] m5songe que rec\vre un axiome que t\t le monde va rptant4 ,g>nissez votre b\rse du mieux que v\s p\rrez et p>tons ensemble p\r une ville d'eaux1 comme il y en a beauc\p4 ,je veux dire un de ces endroits jadis inconnus1 ple9s de g5s simples1 respectueux1 accueillants1 p>mi lesquels il faisait bon vivre et sans gr&e dp5se4 ,la ,r5omme aux c5t trompettes les a tirs de l'ombre1 leur a enseign le p>ti qu'ils p\rrai5t tir] de leur situation1 de leur climat1 de leurs p]sonnes4 ,v\s p>tez1 sur la foi de dame ,r5omme1 et v\s v\s flattez qu'avec votre arg5t v\s p\rrez v\s procur] une retraite paisible1 et lo9 du monde factice et civilis1 tiss] un peu de posie dans la trame de vos j\rs4--,la premire impression e/ bonne3 le cadre naturel et c]ta9es c\tumes patri>cales1 l5tes disp>atre1 v\s frapp5t d'abord favorablem5t4 ,mais mesure que les j\rs pass5t l'impression se gte1 les dess\s app>aiss5t4 ,ce que v\s considriez comme du vieux au!ntique1 p>eil aux meubles de famille sculaires1 n'e/ que du truquage p\r my/ifi] les gobeurs4 ,il y a des tiquettes sur t\t1 t\t e/ v5dre1 depuis le sol jusqu'aux habitants4 ,ces primitifs sont dev5us les plus r\s des g5s d'affaires4 tant donn votre arg5t1 ils ont rsolu le problme de se le procur] au mo9s de frais possible4 ,ce ne sont que ficelles1 piges p>t\t t5dus comme des toiles d'araignes et la m\*e que ces g5s att5dai5t au fond de leur tr\ c'e/ v\s4 ,voil ce que v+t ou tr5te ans de rgime m]c5aire ont fait d'une population qui tait autrefois simple1 honnte1 et dont le contact faisait du bi5 aux citad9s surm5s4 ,le pa9 de mnage a disp>u1 le beurre sort de l'us9e1 ils possd5t m]veille la m?ode p\r crm] le lait et les d]nires recettes p\r falsifi] les v9s2 ils ont t\s les vices des citad9s mo9s leurs v]tus4 ,en p>tant v\s comptez votre arg5t4 ,il en manque beauc\p2 et v\s v\s plaignez4 ,v\s avez tort4 ,on n'a*te jamais trop *] la conviction qu'il y a des *oses qu'on ne peut pas se procur] p\r de l'arg5t4 ,v\s avez beso9 dans votre maison d'un employ intellig5t et habile1 essayez de v\s procur] cet oiseau r>e4 ,d'aprs le pr9cipe qu'on peut t\t avoir avec de l'arg5t1 v\s devrez1 suivant que v\s (frez des appo9tem5ts mdiocres1 ord9aires1 bons1 trs bons1 excell5ts444 tr\v] des employs mdiocres1 ord9aires1 trs bons1 suprieurs4 ,mais t\s ceux qui se prs5t]ont p\r occup] le po/e vacant se rang]ont dans la d]nire catgorie1 et ils se s]ont pralablem5t procur des c]tificats l'appui de leurs prt5tions4 ,il e/ vrai que neuf fois sur dix1 l'preuve de la pratique1 il app>atra que ces p]sonnages si habiles manqu5t totalem5t de savoir-faire4 ,alors p\rquoi se sont-ils engags *ez v\s8 ,ils devrai5t la vrit de rpondre comme le fait dans la comdie la cuis9ire *] paye et qui ne sait ri5 faire4--,p\rquoi v\s tes-v\s engage comme cordon bleu8--,c'e/ p\r t\*] le s\ du franc4 ,voil la gr&e affaire4 ,v\s tr\v]ez t\j\rs des g5s qui aim5t t\*] de gros traitem5ts4 ,plus r>em5t v\s tr\v]ez des capacits4 ,et si c'e/ de la probit qu'il v\s faut1 les difficults augm5t]ont4 ,des m]c5aires1 v\s en tr\v]ez aism5t2 du dv\em5t1 c'e/ autre *ose4 ,lo9 de moi la p5se de ni] l'exi/5ce de s]viteurs dv\s1 d'employs probes et intellig5ts la fois4 ,mais v\s en r5contr]ez autant1 et quelquefois plus1 p>mi les mal pays que p>mi les plus grassem5t rtribus4 ,et peu importe en somme o ils se r5contr5t1 soyez srs qu'ils ne sont pas dv\s p> intrt1 ils le sont p>ce qu'ils ont g>d un fonds de simplicit qui les r5d capables d'abngation4 ,on va aussi rptant p>t\t que l'arg5t e/ le n]f de la gu]re4 ,sans d\te la gu]re cote beauc\p d'arg5t et n\s en savons quelque *ose4 ,e/-ce dire que p\r se df5dre contre ses ennemis et faire honneur son drapeau il suffise qu'un pays soit ri*e8 ,les ,grecs se sont *>gs jadis d'adm9i/r] aux ,p]ses la preuve du contraire1 et cette preuve-l ne cess]a d'tre rpte dans l'hi/oire4 ,avec de l'or on peut a*et] des vaisseaux1 des canons1 des *evaux2 mais on ne peut pas a*et] le gnie militaire1 la sagesse politique1 la discipl9e1 l'en?\siasme4 ,mettez des milli>ds entre les ma9s de vos recruteurs et *>gez-les de v\s am5] un gr& capita9e et une arme de sans-culottes4 ,v\s tr\v]ez c5t capita9es p\r un seul et mille soldats1 mais envoyez-les au feu3 v\s en aurez p\r votre arg5t4 ,du mo9s p\rrait-on s'imag9] qu'avec de l'arg5t t\t c\rt il soit possible de s\lag] les misres et de faire du bi54 ,hlas6 cela aussi e/ une illusion dont il faut rev5ir4 ,l'arg5t1 p> grosses ou p> petites sommes1 e/ une gra9e qui fait g]m] les abus4 mo9s d'y aj\t] de l'intellig5ce1 de la bont1 une gr&e expri5ce des hommes1 v\s ne f]ez que du mal1 et v\s risqu]ez =t de corrompre ceux qui reoiv5t vos l>gesses et ceux que v\s avez *>gs de les di/ribu]4 99 99 99 99 99 ,l'arg5t ne peut pas suffire t\t1 il e/ une puissance1 mais il n'e/ pas la t\te-puissance4 ,ri5 ne complique la vie1 ri5 ne dmoralise l'homme1 ri5 ne fausse le fonctionnem5t normal de la socit comme le dveloppem5t de l'esprit m]c5aire4 ,p>t\t o il rgne1 c'e/ la dup]ie de t\s p> t\s4 ,on ne peut plus se fi] ri5 ni p]sonne1 on ne peut plus ri5 obt5ir qui vaille4 ,n\s ne sommes pas des dtracteurs de l'arg5t2 mais il faut lui appliqu] la loi commune3 ,t\t sa place1 t\t son rang6 ,lorsque l'arg5t1 qui doit tre un s]viteur1 devi5t une =ce tyrannique1 irrespectueuse de la vie morale1 de la dignit1 de la lib]t2 lorsque les uns s'ef=c5t de se le procur] t\t prix1 apportant au m>* ce qui n'e/ pas une m>*&ise2 lorsque les autres qui possd5t la ri*esse s'imag95t qu'ils peuv5t obt5ir d'autrui ce qu'il n'e/ p]mis p]sonne de v5dre ni d'a*et]1 il faut s'insurg] contre cette grossire et crim9elle sup]/ition1 cri] hautem5t l'impo/ure3 que ton arg5t prisse avec toi6 ,ce que l'homme a de plus prcieux il l'a en gnral reu gratuitem5t3 qu'il sa*e donc le donn] gratuitem5t4 ,,ix ,la rclame et le bi5 ignor4 ,une des pr9cipales purilits de ce temps e/ l'am\r de la rclame4 ,p]c]1 se faire connatre1 sortir de l'obscurit1 quelques-uns sont tel po9t dvors p> ce dsir1 qu'on peut ju/e titre les dcl>] atte9ts du prurit de la publicit4 leurs yeux l'obscurit e/ l'ignom9ie p> excell5ce2 aussi font-ils t\t p\r tre rem>qus4 ,ils se considr5t dans leur exi/5ce ignore comme des tres p]dus1 comp>ables aux naufrags qu'une nuit de tempte a jets sur quelque ro*] ds]t et qui ont rec\rs aux clameurs1 aux dtonations1 au feu1 t\s les signaux imag9ables p\r faire savoir quelqu'un qu'ils sont l4 ,non cont5ts de lanc] des pt>ds et des fuses innoc5tes1 plusieurs sont alls1 p\r se faire connatre t\t prix1 jusqu' la bassesse et jusqu'au crime4 ,l'inc5diaire ro/rate a fait de nombreux disciples4 ,combi5 sont-ils de ce temps qui ne sont dev5us clbres que p\r avoir dtruit quelque *ose de m>quant1 dmoli ou essay de dmolir une rputation illu/re1 signal leur passage enf91 p> un sc&ale1 une m*ancet ou quelque b>b>ie ret5tissante4 ,cette rage de la notorit ne svit pas seulem5t p>mi les c]velles fles1 ou dans le monde des f9anci]s d\teux1 des *>latans1 des cabot9s de t\t rang1 elle s'e/ rp&ue dans t\s les doma9es de la vie spirituelle et matrielle4 ,la politique1 la littrature1 la sci5ce mme1 et1 *ose plus *oquante1 la *>it et la religion ont t infe/es p> les rclames4 ,on sonne de la trompette aut\r des bonnes oeuvres et p\r conv]tir les mes on a imag9 des pratiques cri>des4 ,p\rsuivant ses ravages1 la fivre du bruit a gagn des retraites d'ord9aire sil5cieuses1 tr\bl les esprits en gnral poss et vici dans une l>ge mesure l'activit p\r le bi54 ,l'abus de t\t montr] ou plutt de t\t tal]1 l'incapacit croissante d'apprci] ce qui re/e ca* et l'habitude de mesur] la valeur des *oses au tapage qu'elles font1 a f9i p> altr] le jugem5t des plus srieux1 et l'on se dem&e p>fois si la socit ne f9ira pas p> se trans=m] en une va/e foire o *acun bat de la caisse devant sa b>aque4 ,on quitte volonti]s la p\ssire et l'intolrable cacophonie des exhibitions =a9es p\r all] respir] l'aise dans quelque vallon c>t1 t\t surpris de voir combi5 le ruisseau e/ limpide1 la =t discrte1 et la solitude agrable4 ,dieu m]ci1 il y a encore des asiles inviols4 ,quelque =midable que soit le vac>me1 quelque ass\rdissante que soit la mle o s'entre-*oqu5t les voix des pitres1 t\t cela ne porte pas au del d'une c]ta9e limite1 puis s'apaise et s'te9t4 ,le doma9e du sil5ce e/ plus va/e que celui du bruit2 c'e/ l ce qui n\s console4 99 99 99 99 99 ,posons le pi$ au seuil de ce monde inf9i qu'habite le bi5 ignor1 le labeur sil5cieux4 ,n\s sommes d'emble s\s ce *>me qu'on pr\ve voir les neiges immacules o p]sonne n'imprima ses pas1 les fleurs des solitudes1 les s5ti]s p]dus qui sembl5t all] v]s les horizons sans limites4 ,le monde e/ a9si fait que les ressorts du travail1 les ag5ts les plus actifs sont p>t\t dissimuls4 ,la nature met une sorte de coquett]ie masqu] son labeur4 ,il faut se donn] la pe9e de la guett]1 s'+ni] la surpr5dre si l'on dsire obs]v] autre *ose que des rsultats et pntr] dans les secrets de ses laboratoires4 ,p>eillem5t dans la socit huma9e1 les =ces qui agiss5t p\r le bi5 demeur5t invisibles et de mme encore dans la vie de *acun de n\s3 ce que n\s avons de meilleur e/ incommunicable1 enf\i au plus pr(ond de n\s-mmes4 ,plus les s5tim5ts sont n]giques1 confondus avec la rac9e mme de notre tre1 mo9s ils re*]*5t l'o/5tation2 ils croirai5t se pr(an] en s'empressant de s'expos] au gr& j\r4 ,il y a une secrte et inexprimable joie possd] au fond de soi-mme un monde intrieur que ,dieu seul connat et d'o cep5dant n\s vi5t l'impulsion1 l'entra91 le r5\vellem5t j\rnali] de notre c\rage et les plus puissants motifs d'agir au dehors4 ,qu& cette vie intime dim9ue d'int5sit1 qu& l'homme la nglige p\r soign] la surface1 il p]d en valeur t\t ce qu'il gagne en app>5ce4 ,p> une tri/e fatalit1 il arrive a9si que1 s\v5t1 n\s valons mo9s mesure que n\s sommes admirs davantage4 ,et n\s demeurons conva9cus que ce qu'il y a de meilleur dans le monde c'e/ ce qu'on ne sait pas1 c> ceux-l seuls le sav5t qui le possd5t1 et s'ils le disai5t ils lui t]ai5t du mme c\p son p>fum4 ,quelques amants passionns de la nature l'aim5t surt\t *ez elle dans les co9s reculs1 au fond des bois1 dans le creux des sillons1 p>t\t o le premi] v5u n'e/ pas admis la contempl]4 ,ils re/]ai5t des j\rs1 oubliant le temps et la vie reg>d] dans les solitudes invioles un oiseau con/ruire son nid ou n\rrir sa c\ve1 ou quelque gibi] se livr] ses gracieux bats4 ,c'e/ a9si qu'il faut all] *]*] le bi5 *ez lui1 l o il n'y a plus ni contra9te1 ni pose1 ni gal]ie d'aucune sorte1 mais le fait simple d'une vie qui consi/e v\loir tre ce qu'il e/ bon qu'elle soit1 sans se s\ci] d'autre *ose4 99 99 99 99 99 ,qu'il n\s soit p]mis de plac] ici quelques obs]vations prises sur le vif4 ,re/ant anonymes elles ne p\rront pas tre considres comme indiscrtes4 ,il y a dans mon pays d',alsace1 sur une r\te solitaire dont le ruban int]m9able se prolonge s\s les =ts des ,vosges1 un casseur de pi]res que je vois son ouvrage depuis tr5te ans4 ,la premire fois que je le vis1 je p>tais1 jeune coli]1 p\r la gr&e ville1 et j'avais le coeur gros4 ,la vue de cet homme me fit du bi51 p>ce qu'il fr$onnait une *anson t\t en f5dant des caill\x4 ,n\s *angemes quelques p>oles et il me dit p\r t]m9]3 ,allons1 mon g>on1 bon c\rage et bonne *ance6 ,depuis lors j'ai pass et repass sur cette r\te dans les circon/ances les plus div]ses1 pnibles ou joyeuses4 ,l'coli] a fait son *em91 le casseur de pi]res e/ re/ ce qu'il tait3 il a pris quelques prcautions de plus contre l'intemprie des saisons2 une natte de paille protge son dos et son feutre semble s'tre enfonc plus avant af9 de mieux g>antir la tte4 ,mais la =t r5voie t\j\rs l'*o de son vaillant m>teau4 ,que de b\rrasques1 pauvre vieux1 ont pass sur son *9e1 que de de/9es contraires sur sa vie1 sa famille1 son pays6 il cont9ue cass] ses pi]res1 et1 que j'arrive ou que je p>te1 je le retr\ve au bord de sa r\te1 s\riant malgr l'ge et les rides1 bi5veillant1 ayant1 surt\t aux j\rs mauvais1 de ces p>oles simples de brave homme qui font tant d'effet qu& on les sc&e en cassant des pi]res4--,il me s]ait compltem5t impossible d'exprim] l'motion que me produit la vue de cet homme simple4 ,et c]tes il ne s'en d\te pas4 ,je ne connais pas de spectacle plus rcon=tant1 mais en mme temps plus svre p\r la vanit qui f]m5te dans nos coeurs1 que cette confrontation avec un obscur travailleur qui fait son oeuvre comme le *ne gr&it et comme le bon ,dieu fait lev] son soleil1 sans s'occup] de qui le reg>de4 ,j'ai connu aussi beauc\p de vieux in/ituteurs et d'in/itutrices qui ont pass leur vie une besogne t\j\rs la mme3 faire pntr] les rudim5ts des connaissances huma9es et quelques pr9cipes de conduite dans des ttes p>fois plus dures que les caill\x4 ,ils ont fait cela avec leur me1 t\t le long d'une pnible c>rire1 o l'att5tion des hommes t5ait peu de place4 ,qu& ils se c\*]ont dans leur tombe ignore1 nul ne s'en s\vi5dra que quelques humbles comme eux4 ,mais leur rcomp5se e/ dans leur am\r2 p]sonne n'e/ plus gr& que ces inconnus4 99 99 99 99 99 ,combi5 d'obscures v]tus ne dc\vre-t-on pas lorsqu'on sait *]*]1 dans une c]ta9e catgorie de p]sonnes qu'on a s\v5t ridiculises sans p5s] qu'on se r5dait c\pable la fois de cruaut1 d'+ratitude et de btise4 ,je veux p>l] des vieilles filles4 ,on se plat rem>qu] qu'il y en a de surpr5antes p> le co/ume et les allures1 ce qui d'ailleurs ne tire pas consqu5ce2 on veut bi5 aussi se s\v5ir que d'autres1 trs p]sonnelles1 se sont ds9tresses de t\t except de leurs aises et du bi5-tre de quelque s]91 *at ou macaque en qui leurs puissances affectives se sont absorbes1 et c]ta9em5t celles-l ne le cd5t pas en gsme aux plus endurcis clibataires du sexe =t4 ,mais ce qu'on a tort d'ignor] le plus s\v5t1 c'e/ la somme de sacrifice qui se ca*e mode/em5t dans la vie de tant de vieilles filles t\t simplem5t admirables4 ,n'e/-ce donc ri5 de n'avoir ni foy]1 ni am\r1 ni av5ir1 ni ambition p\r soi-mme2 de pr5dre sur soi cette croix de solitude si l\rde port]1 surt\t qu& la solitude extrieure vi5t s'aj\t] celle du coeur2 de s'oubli] p\r n'avoir plus d'intrt sur la t]re que celui de vieux p>5ts1 de jeunes neveux orphel9s1 des pauvres1 des infirmes1 de t\t ce que le mcanisme brutal de la vie rejette p>mi les scories8 ,vues du dehors1 ces exi/5ces presque effaces n'ont que peu de lu/re1 elles excit5t la piti plutt que l'envie4 ,ceux qui en appro*5t avec respect1 y dev95t p>fois des secrets d\l\reux1 de gr&es preuves passes1 de l\rds f>deaux s\s lesquels pli5t des paules trop fragiles1 mais ce n'e/ l que le ct de l'ombre4 ,il faudrait p\voir apprci] cette ri*esse de coeur1 cette pure bont1 cette puissance d'aim]1 de consol]1 d'espr]1 ce don joyeux de soi-mme1 cette inv9cible ob/9ation dans la d\ceur et le p>don1 mme vis--vis de ceux qui en sont indignes4 ,pauvres vieilles filles1 combi5 avez-v\s sauv de naufrags1 guri de blesss1 ramass d'g>s1 vtu de misrables1 recueilli d'orphel9s1 combi5 d'tres qui s]ai5t seuls au monde s'ils ne v\s avai5t pas1 v\s qui s\v5t n'avez p]sonne6 ,je me trompe4 ,quelqu'un v\s connat2 c'e/ la gr&e ,piti inconnue qui veille sur nos vies et s\ffre de nos in=tunes4 ,oublie comme v\s et s\v5t blasphme1 elle v\s a confi quelques-uns de ses plus sa9ts messages et c'e/ p\r cela sans d\te que p>fois sur votre passage discret on croit s5tir comme un frlem5t d'aile des anges sec\rables4 99 99 99 99 99 ,le bi5 se ca*e s\s tant de =mes div]ses qu'on a s\v5t autant de pe9e le dc\vrir que les mfaits les mieux dissimuls4 ,un mdec9 russe qui avait pass dix ans de sa vie en ,sibrie1 condamn aux travaux =cs p\r motifs politiques1 se plaisait racont] les traits de gnrosit1 de c\rage1 d'humanit qu'il avait obs]vs1 non seulem5t *ez plusieurs condamns1 mais aussi *ez des g>des-*i\rme4 ,p\r le c\p on s]ait t5t de dire3 o le bi5 va-t-il se ni*]8 ,et1 de fait1 la vie v\s (fre de gr&es surprises et des contra/es dconc]tants4 ,il y a des braves g5s1 (ficiellem5t reconnus comme tels1 cots dans leur milieu1 je dirais presque g>antis p> le g\v]nem5t ou p> l'glise1 qui on ne peut absolum5t ri5 repro*] si ce n'e/ qu'ils ont le coeur sec et dur1 alors qu'on e/ tonn de r5contr] *ez c]ta9s tres tombs1 de la t5dresse vritable et comme une soif de se dv\]4 99 99 99 99 99 ,qu'il me soit p]mis ma9t5ant de p>l]1 propos du bi5 ignor1 de g5s qu'on e/ conv5u de trait] auj\rd'hui avec la d]nire inju/ice1--des g5s ri*es4 ,quelques-uns croi5t avoir t\t dit qu& ils ont fltri l'infme capital4 ,p\r eux1 t\s ceux qui possd5t une gr&e =tune1 sont des mon/res gorgs du sang des malheureux4 ,d'autres1 mo9s dclamatoires1 n'en confond5t pas mo9s con/amm5t la ri*esse avec l'gsme et l'ins5sibilit4 ,il faut faire ju/ice de ces erreurs involontaires ou calcules4 ,sans d\te1 il y a des ri*es qui ne se s\ci5t de p]sonne1 et d'autres qui ne font le bi5 que p> o/5tation4 ,n\s le savons de re/e4 ,mais leur conduite inhuma9e ou hypocrite enlve-t-elle sa valeur au bi5 que font les autres et que s\v5t ils ca*5t avec une pudeur si p>faite8 ,j'ai connu un homme qui tai5t arrivs t\s les malheurs qui peuv5t n\s atte9dre dans nos affections4 ,il avait p]du une femme aime1 ent]r successivem5t t\s ses enfants des ges diffr5ts4 ,mais il possdait une gr&e =tune1 rsultat de son travail4 ,vivant dans une extrme simplicit1 presque sans beso9s p\r lui-mme1 il passait son temps *]*] des occasions de faire le bi5 et en pr(it]4 ,ce qu'il a surpris de g5s en flagrant dlit de pauvret honteuse1 ce qu'il a comb9 de moy5s p\r s\lag] des misres1 mettre un peu de lumire dans les vies sombres1 faire des surprises amicales ses amis1 p]sonne ne p\rrait se l'imag9]4 ,son plaisir tait de faire du bi5 aux autres et de j\ir de leur surprise qu& ils ne savai5t pas d'o le c\p p>tait4 ,il se plaisait rp>] les inju/ices du sort1 faire pleur] de bonheur des familles p\rsuivies p> la mal*ance4 ,sans cesse il complotait1 tramait1 ma*9ait dans l'ombre1 avec une peur enfant9e de se faire attrap] la ma9 dans le sac4 ,on n'a su la meilleure "p de ses exploits qu'aprs sa mort et combi5 qu'on ne saura jamais4 ,c'tait l un vrai p>tageux6 c> il y en a de deux sortes4 ,ceux qui aspir5t s'adjug] une "p du bi5 des autres sont nombreux et vulgaires4 ,p\r en tre il suffit d'avoir beauc\p d'apptit4 ,ceux qui ont soif de p>tag] leur propre bi5 avec ceux qui n'en ont pas sont r>es et prcieux1 c> p\r entr] dans cette compagnie d'lite il faut tre un brave et digne coeur1 dta* de soi-mme1 s5sible au bonheur comme au malheur de ses semblables4 ,heureusem5t la race de ces p>tageux-l n'e/ pas te9te1 et j'pr\ve une satisfaction sans mlange leur r5dre un hommage qu'ils ne rclam5t pas4 99 99 99 99 99 ,on m'excus]a d'insi/]4 ,il fait bon se s\lag] la bile de tant d'infamies1 de tant de calomnies1 de tant de pessimisme1 de tant de *>latanisme1 en reposant ses yeux sur quelque *ose de plus beau1 en respirant le p>fum de ces co9s p]dus o fleurit la simple bont4 ,une dame trangre1 peu habitue sans d\te la vie p>isi5ne1 me disait nagure l'horreur que lui inspirait le spectacle qui s'(frait ici ses yeux3 ces vila9es affi*es1 ces m*ants j\rnaux1 ces femmes aux *eveux te9ts1 cette f\le qui se rue aux c\rses1 aux cafs-conc]ts1 au jeu1 la corruption1 t\t ce flot de vie sup]ficielle et monda9e4 ,elle ne pronona pas le mot de ,babylone1 mais c'tait sans d\te p> piti p\r un des habitants de cette ville de p]dition4--,hlas6 oui1 ces *oses sont tri/es1 madame2 mais v\s n'avez pas t\t vu4--,dieu m'en g>de6 rpliqua-t-elle4--,non1 je v\drais au contraire que v\s puissiez t\t voir1 c> s'il y a des dess\s trs laids1 il en e/ de si rcon=tants4 ,et t5ez1 *angez seulem5t de qu>ti]1 ou obs]vez d'autres heures4 ,donnez-v\s le spectacle du ,p>is mat9al1 il v\s f\rnira bi5 des lm5ts p\r corrig] vos impressions sur le ,p>is noctambule4 ,allez voir1 entre tant d'autres laborieux1 les braves balayeurs1 qui sort5t l'heure o se retir5t les noceurs et les esc>pes4 ,voyez1 s\s ces haillons1 ces corps de c>iatides1 ces figures au/res6 ,de quel srieux ils balay5t les re/es des fe/9s de la nuit6 ,on dirait des prophtes au seuil de ,bal?az>4 ,il y a l des femmes1 beauc\p de vieill>ds4 ,qu& il fait froid1 ils s\ffl5t dans leurs doigts et recomm5c5t trim]4 ,et a9si t\s les j\rs4 ,ceux-l aussi sont habitants de ,p>is4--,allez ensuite dans les faub\rgs1 dans les ateli]s1 surt\t dans les petits o le patron travaille comme l'ouvri]4 ,voyez l'arme des travailleurs m>*] sa besogne4 ,comme ces jeunes filles sont vaillantes et desc5d5t gam5t de leurs qu>ti]s lo9ta9s v]s les ateli]s1 les magas9s1 les bureaux de la ville4--,puis1 visitez les intrieurs1 voyez l'oeuvre la femme du peuple4 ,le salaire e/ mode/e1 la demeure troite1 les enfants nombreux et s\v5t l'homme e/ dur4 ,faites collection de biographies de petites g5s1 de budgets de petits mnages1 reg>dez longtemps et reg>dez bi54 ,allez ensuite voir les tudiants4 ,ceux que v\s avez vus faire tant de sc&ale dans les rues sont nombreux1 mais ceux qui travaill5t sont lgion4 ,seulem5t ils re/5t *ez eux2 on les ignore4 ,si v\s saviez ce qu'on b*e et pe9e au qu>ti] lat96 ,v\s avez vu des j\rnaux ple9s du bruit que fait une c]ta9e jeunesse qui se dit /udieuse4 ,les j\rnaux p>l5t bi5 de ceux qui cass5t des vitres1 mais p\rquoi p>l]ai5t-ils de ceux qui veill5t t>d sur les problmes de la sci5ce ou de l'hi/oire8 ,cela n'intress]ait pas le public4 ,t5ez1 lorsque p>fois l'un d'entre eux1 tudiant en mdec9e1 meurt victime du devoir pr(essionnel1 cela se con/ate en deux lignes dans les feuilles publiques4 ,une rixe d'ivrognes pr5d une demi-colonne4 ,les mo9dres dtails en sont fixs1 c>esss4 ,il ne manque que le portrait des hros1 et mme pas t\j\rs6 ,je n'en f9irais pas1 si je v\lais v\s signal] t\t ce qu'il faudrait all] voir p\r avoir t\t vu2 il faudrait faire le t\r de la socit entire1 ri*es et pauvres1 savants et ignorants4 ,et c]tes alors v\s ne jug]iez plus si svrem5t4 ,p>is e/ un monde1 et1 de mme que dans le monde en gnral1 le bi5 s'y ca*e1 t&is que le mal s'y pavane4 ,qu& on reg>de la surface1 on se dem&e quelquefois comm5t il se peut qu'il y ait tant de canailles4 ,qu& on va au fond1 on s'tonne au contraire que dans cette vie t\rm5te1 obscure1 et p>fois horrible1 il puisse y avoir tant de v]tus6 99 99 99 99 99 ,mais p\rquoi m'appesantir sur ces *oses8 ,n'e/-ce pas faire de la rclame p\r ceux qui l'ont en horreur8--,ce n'e/ pas a9si qu'il faut me compr5dre4 ,mon b le voici3 r5dre att5tif au bi5 ignor1 et surt\t le faire aim]1 le faire pratiqu]4 ,l'homme e/ p]du qui se complat dans ce qui brille et frappe les yeux3 d'abord p>ce qu'il s'expose voir surt\t le mal2 ensuite p>ce qu'il s'habitue ne rem>qu] de bi5 que celui qui *]*e les reg>ds et p>ce que facilem5t il succombe la t5tation de vivre p\r p>atre4 ,non seulem5t il faut se rsign] l'obscurit1 mais il faut l'aim]1 si l'on ne veut pas l5tem5t gliss] au rang du figurant de ?tre qui n'obs]ve son ma9ti5 que s\s l'oeil des spectateurs et se ddommage dans la c\lisse des contra9tes qu'il s'e/ imposes en scne4 ,n\s sommes l en prs5ce d'un des lm5ts ess5tiels de la vie morale4 ,et ce que n\s disons n'e/ pas seulem5t vrai p\r ceux qu'on appelle les humbles et dont le sort e/ de n'tre po9t rem>qus4 ,c'e/ vrai encore et beauc\p plus p\r les premi]s rles4 ,si v\s ne v\lez pas tre une brillante inutilit1 un homme de pana*e et de galon1 mais qui n'a ri5 dans le v5tre1 il v\s faut remplir votre premi] rle dans l'esprit de simplicit du plus obscur de vos collaborateurs4 ,quiconque ne vaut qu'aux heures de p>ade1 vaut mo9s que ri54 ,avons-n\s le prilleux honneur d'tre en vue et de m>*] au premi] rang2 entret5ons dans notre vie avec d'autant plus de so9 le sanctuaire intrieur du bi5 ignor4 ,donnons l'difice dont nos semblables reg>d5t la faade une l>ge assise de simplicit1 de fidlit humble4 ,et puis1 re/ons prs des inconnus p> la sympa?ie1 p> la reconnaissance6 ,c'e/ eux que n\s devons t\t1 n'e/-il pas vrai8 je pr5ds tmo9 t\s ceux qui ont fait dans le doma9e huma9 cette =tifiante expri5ce que les pi]res ca*es dans le sol s\ti5n5t t\t l'difice4 ,t\s ceux qui arriv5t avoir une c]ta9e valeur reconnue et publique le doiv5t quelques humbles anctres spirituels1 quelques inspirateurs oublis4 ,un petit nombre d'tres bons p>mi lesquels il y a s\v5t des paysans1 des femmes1 des va9cus de l'exi/5ce1 des p>5ts aussi mode/es que vnrs1 p]sonnifi5t p\r n\s la belle et noble vie4 ,leur exemple n\s inspire et n\s s\ti5t4 ,leur s\v5ir demeure jamais insp>able de notre = intrieur4 ,n\s les voyons aux heures d\l\reuses1 c\rageux et tranquilles et nos f>deaux n\s sembl5t plus lg]s4 ,ils se ti5n5t s]rs aut\r de n\s1 phalange invisible et aime qui n\s emp*e de bron*] et de p]dre pi$ dans la bataille2 et t\s les j\rs ils n\s pr\v5t que le trsor de l'humanit1 c'e/ le bi5 que le monde ne connat pas4 ,x ,mondanit et vie d'intrieur4 ,du temps du second empire1 il y avait dans une de nos plus jolies s\s-prfectures de prov9ce1 trs peu de di/ance d'une /ation balnaire frqu5te p> l'emp]eur1 un maire =t respectable1 et d'ailleurs intellig5t1 auquel la tte t\rna subitem5t qu& il p5sa que le *ef de l'tat p\rrait bi5 un j\r desc5dre dans sa maison4 ,jusque-l il avait vcu1 dans la vieille demeure pat]nelle1 en fils respectueux des mo9dres s\v5irs4 ,aussitt que l'ide fixe de recevoir l'emp]eur des ,franais se fut emp>e de sa c]velle1 il dev9t un autre homme4 ,dcidm5t1 ce qui lui avait sembl suffisant et mme con=table1 t\te cette simplicit aime des p>5ts et des aeux1 app>ut ses yeux comme mesqu9e1 laide1 mprisable4 ,impossible de faire mont] un emp]eur p> cet escali] de bois1 de l'invit] s'asseoir sur ces vieux fauteuils1 de p]mettre qu'il pose le pi$ sur ces tapis suranns4 ,alors le maire appela l'ar*itecte et les maons1 fit attaqu] les murs c\ps de pic1 dmolit des cloisons et cra un salon hors de proportion1 p> le luxe et l't5due1 avec le re/e de la maison4 ,il se retira avec sa famille dans quelques pices triques o g5s et meubles1 entasss malgr eux1 se gnai5t mutuellem5t4 ,puis1 ayant p> ce c\p de tte vid sa b\rse et b\lev]s son intrieur1 il att5dit l'hte imprial4 ,hlas6 il vit bi5 arriv] la f9 de l'empire1 mais l'emp]eur non pas4 ,la folie de ce pauvre homme n'e/ pas aussi r>e que l'on p\rrait p5s]4 ,sont1 comme lui1 f\s du c]veau1 t\s ceux qui sacrifi5t leur vie d'intrieur la mondanit4 ,le dang] d'un p>eil sacrifice e/ plus m5aant en des temps plus agits4 ,nos contempora9s y sont con/amm5t exposs et un gr& nombre y succomb5t4 ,que de trsors de famille ont t gaspills en pure p]te1 p\r satisfaire des conv5tions ou des ambitions monda9es1 et le bonheur auquel on prt5dait prp>] son entre p> ces sacrifices impies1 s'e/ fait att5dre t\j\rs4 ,c'e/ faire un m>* de dupe que de livr] le foy] de la famille1 de laiss] les bonnes traditions tomb] en dsutude1 d'ab&onn] les simples c\tumes dome/iques4 ,la place de la vie d'intrieur e/ telle dans la socit1 qu'il suffit de l'affaiblir p\r que le tr\ble se fasse s5tir dans l'organisme social t\t enti]4 ,p\r j\ir d'un dveloppem5t normal1 cet organisme a beso9 qu'on lui f\rnisse des individus bi5 tremps1 ayant leur valeur propre1 leur m>que p]sonnelle4 ,autrem5t la socit devi5t un tr\peau et quelquefois un tr\peau sans b]g]4 ,mais o l'individu puis]a-t-il son orig9alit1 ce quelque *ose d'unique1 qui1 runi aux qualits di/9ctives des autres1 con/itue la ri*esse et la solidit d'un milieu8 ,il ne peut les puis] que dans la famille4 ,dtruisez cette con/ellation de pratiques et de s\v5irs1 qui font de *aque intrieur comme un climat en m9iature1 v\s t>issez les s\rces du c>actre1 v\s c\pez les rac9es mmes de l'esprit public4 ,il importe la patrie que *aque foy] soit un monde pr(ond1 respect1 communiquant ses membres une empre9te morale ineffaable4 ,mais avant de p\rsuivre1 c>tons ici un mal5t5du4 ,l'esprit de famille1 comme t\tes les plus belles *oses1 a sa c>icature qui se nomme l'gsme dome/ique4 ,c]ta9es familles sont comme des citadelles f]mes o l'on s'e/ organis p\r l'exploitation du monde extrieur4 ,t\t ce qui ne les conc]ne pas elles-mmes directem5t leur e/ indiffr5t4 ,elles se tr\v5t l'tat de colons1 je dirai presque d'intrus1 dans la socit o elles viv5t4 ,leur p>ticul>isme e/ p\ss un tel excs qu'elles =m5t des ennemis du g5re huma94 ,au petit pi$1 elles ressembl5t ces puissantes socits =mes de lo9 en lo9 trav]s l'hi/oire1 qui s'emp>r5t de l'empire du monde et p\r qui ri5 ne comptait qu'elles mmes4 ,c'e/ cet esprit-l qui a fait quelquefois considr] la famille comme un repaire de l'gsme qu'il fallait dtruire p\r le salut de la socit4 ,mais1 de mme qu'il y a un abme entre l'esprit de corps et l'esprit de p>ti1 il y a un abme entre l'esprit de famille et l'esprit de cot]ie familiale4 99 99 99 99 99 ,or c'e/ de l'esprit de famille qu'il s'agit ici4 ,ri5 au monde ne le vaut4 ,c> il conti5t en g]me t\tes ces gr&es et simples v]tus qui assur5t la dure et la puissance des in/itutions sociales4 la base mme de l'esprit de famille se tr\ve le respect du pass1 c> ce qu'une famille a de meilleur ce sont les s\v5irs communs4 ,capital intangible1 indivisible1 inalinable1 ces s\v5irs con/itu5t un dpt sacr4 ,*acun des membres de la famille doit les considr] comme ce qu'il a de plus prcieux4 ,ils exi/5t s\s une d\ble =me3 dans l'ide et dans le fait4 ,on les r5contre dans le langage1 les ornires de la p5se1 les s5tim5ts1 les in/9cts mme4 ,et s\s une =me matrielle on les voit reprs5ts p> des portraits1 des meubles1 des con/ructions1 des co/umes1 des *ants4 ,aux yeux des pr(anes1 ce n'e/ ri52 aux yeux de ceux qui sav5t apprci] les *oses de la vie de famille1 ce sont des reliques qu'on ne doit ab&onn] aucun prix4 ,mais que se passe-t-il en gnral dans le monde o n\s vivons8 ,la mondanit fait la gu]re l'esprit de famille4 ,t\tes les luttes sont poignantes2 je n'en connais pas de plus passionnante que celle-l4--,p> les gr&s moy5s comme p> les petits1 p> t\tes sortes d'habitudes n\velles1 d'exig5ces1 de prt5tions1 l'esprit monda9 fait irruption dans le sanctuaire dome/ique4 ,quels sont les droits de cet trang]8 ses titres8 ,sur quoi peut-il appuy] ses rev5dications premptoires8 ,c'e/ ce qu'en gnral on nglige de se dem&]4 ,on a tort4 ,n\s n\s comportons l'g>d de l'envahisseur comme les pauvres g5s trs simples l'g>d d'un visiteur fa/ueux4 ,p\r cet hte encombrant d'un j\r1 ils pill5t leur j>d91 b\rr5t leurs dome/iques et leurs enfants1 nglig5t leur travail4 ,conduite inju/e et maladroite4 ,il faut avoir le c\rage de re/] ce qu'on e/1 en face de n'importe qui4 ,l'esprit monda9 a t\tes les impud5ces4 ,voici un intrieur simple qui a =m et =me encore des c>actres de m>que4 ,les hommes1 les meubles1 les habitudes1 t\t s'y ti5t4 ,p> le m>iage1 p> des relations d'affaires ou de plaisir1 l'esprit monda9 y pntre4 ,il y tr\ve t\t vieilli1 gau*e1 naf4 ,cela manque de mod]nit4 ,d'abord il se borne la critique1 la raill]ie spirituelle4 ,mais c'e/ le mom5t le plus dang]eux4 ,pr5ez g>de v\s1 voil l'ennemi6 ,si v\s v\s laissez le mo9s du monde entam] p> ses raisons1 dema9 v\s sacrifi]ez un meuble1 aprs-dema9 une bonne vieille tradition1 et peu peu les *res reliques du coeur1 les objets famili]s1 et avec eux la pit filiale1 s'en iront *ez le m>*& de bric--brac4 ,dans les habitudes n\velles et le milieu *ang1 vos amis d'autrefois1 vos vieux p>5ts s]ont dpayss4 ,v\s f]ez un pas de plus en les remisant leur t\r3 la mondanit supprime les vieux4 ,a9si p\rvu d'un cadre absolum5t trans=m1 v\s s]ez v\s-mme tonn de v\s y voir4 ,cela ne v\s rappell]a ri52 mais ce s]a correct1 et l'esprit monda91 du mo9s1 se dcl>]a satisfait4 ,hlas6 c'e/ ce qui v\s trompe4 ,aprs avoir fait jet] de purs trsors comme une vile f]raille1 il v\s tr\v]a emprunt s\s votre livre neuve1 et s'empress]a de v\s faire s5tir t\t le ridicule d'une telle situation4 ,mieux et valu avoir1 ds l'abord1 le c\rage de votre op9ion et df5dre votre intrieur4 ,beauc\p de jeunes g5s1 en se m>iant1 cd5t aux inspirations de l'esprit monda94 ,leurs p>5ts leur avai5t donn l'exemple d'une vie mode/e2 mais la n\velle gnration croit affirm] ses droits l'exi/5ce et la lib]t en rpudiant un g5re de vie ses yeux trop patri>cal4 ,elle s'ef=ce donc de s'in/all] la d]nire mode1 gr&s frais et se dfait vil prix d'objets utiles4 ,au lieu de remplir sa maison de *oses qui n\s dis5t3 ,s\vi5s-toi6 on les g>nit de meubles t\t neufs auxquels aucune p5se encore ne se ratta*e4 ,je me trompe1 ces objets sont s\v5t comme les symboles de la vie facile et sup]ficielle4 ,on respire au milieu d'eux je ne sais quelle vapeur capiteuse de mondanit4 ,ils rappell5t la vie du dehors1 le gr& tra91 le t\rbillon4 ,et ft-on dispos les oubli] p>fois1 ils y ramn5t la p5se et n\s dis5t en un autre s5s3 ,s\vi5s-toi6 n'oublie pas l'heure du club1 des spectacles1 des c\rses4 ,l'intrieur s'organise donc de telle sorte qu'il devi5t le pi$--t]re o l'on vi5t se repos] un peu entre deux abs5ces prolonges4 ,il ne fait pas bon y re/] longtemps4 ,comme il n'a pas d'me il ne p>le pas l'me4 ,le temps de dormir1 de mang]1 et vite il faut en sortir4 ,on y devi5drait somnol5t1 casani]4 ,*acun connat des g5s qui ont la rage de sortir1 qui croirai5t que le monde va s'arrt] s'ils ne figurai5t pas p>t\t4 ,re/] *ez eux e/ leur pire corve1 ils ne peuv5t pas s'y voir en pe9ture4 ,l'horreur de la vie d'intrieur les ti5t au po9t1 qu'ils prfr5t pay] p\r s'ennuy] dehors1 que de s'amus] *ez eux gratuitem5t4 99 99 99 99 99 ,peu peu1 une socit drive a9si v]s la vie p> tr\peaux1 qu'il ne faut pas confondre avec la vie publique4 ,la vie p> tr\peaux e/ quelconque comme celle des essaims de m\*es au soleil4 ,ri5 ne ressemble plus la vie monda9e d'un homme que la vie monda9e d'un autre homme4 ,et cette univ]selle banalit dtruit l'ess5ce mme d'un esprit public4 ,on n'a pas beso9 de faire de bi5 longs voyages p\r con/at] les ravages que l'esprit de mondanit a faits dans la socit contempora9e1 et si n\s avons si peu de fonds1 d'quilibre1 de calme bon s5s1 d'initiative1 une des grosses raisons en e/ dans la dim9ution de la vie d'intrieur4 ,les masses ont embot le pas d]rire le beau monde4 ,le peuple e/ dev5u monda94 ,c> c'e/ de la mondanit que de quitt] son *ez-soi p\r all] vivre au cab>et4 ,la misre1 le vicieux tat des habitations ne suffis5t pas expliqu] le c\rant qui emporte *acun hors du home4 ,p\rquoi le paysan ds]te-t-il p\r l'aub]ge la maison o son pre et son aeul se plaisai5t tant8 ,la demeure e/ re/e la mme2 c'e/ le mme feu dans la mme *em9e2 d'o vi5t qu'il n'claire plus qu'un c]cle incomplet1 au lieu des veilles de jadis o jeunes et vieux se c\doyai5t8 ,quelque *ose s'e/ modifi dans l'esprit des hommes4 ,cdant leurs dsirs malsa9s1 ils ont rompu avec la simplicit4 ,les pres ont quitt leur po/e d'honneur1 la femme vgte prs de l'tre solitaire1 et les enfants se qu]ell5t en att5dant qu'ils puiss5t leur t\r s'en all] *acun de leur ct4 ,il n\s faut rappr5dre la vie d'intrieur et le prix des traditions dome/iques4 ,une pieuse sollicitude a consacr c]ta9s monum5ts1 seuls re/es du pass p>mi n\s4 ,de mme les co/umes anci5s1 les dialectes prov9ciaux1 les vieilles *ansons ont tr\v1 avant de disp>atre du monde1 des ma9s pieuses p\r les recueillir4 ,que l'on fait bi5 de g>d] ces miettes d'un gr& pass1 ces ve/iges de l'me des aeux6 ,faisons de mme p\r les traditions de famille1 sauvons et faisons dur] autant que possible t\t ce qui subsi/e encore de patri>cal1 n'importe s\s quelle =me6 99 99 99 99 99 ,mais t\t le monde n'a pas de tradition g>d]4 ,raison de plus p\r r$\bl] d'ef=ts dans la con/itution et la culture de la vie de famille4 ,on n'a beso9 p\r cela ni d'tre nombreux1 ni d'tre l>gem5t in/alls4 ,p\r crer un intrieur1 il faut avoir l'esprit d'intrieur4 ,de mme que le mo9dre village peut avoir son hi/oire1 son empre9te morale1 de mme le plus petit intrieur peut avoir son me4 ,oh6 l'esprit des lieux1 l'atmosphre qui n\s environne dans les demeures huma9es6 ,quel monde de my/res6 ,ici1 ds le seuil1 v\s tes pntr de froid1 le malaise v\s gagne4 ,quelque *ose d'insaisissable v\s rep\sse4 ,l1 aussitt que v\s avez f]m la porte sur v\s1 la bi5veillance et la bonne humeur v\s environn5t4 ,on dit que les murs ont des oreilles4 ,ils ont aussi leur voix1 leur muette loqu5ce4 ,sur t\t ce que conti5t une demeure flotte l'esprit des g5s4 ,et je vois une preuve de la puissance de cet esprit jusque dans les intrieurs de g>ons et de femmes qui viv5t isols4 ,quel abme entre une *ambre et une autre *ambre6 ,ici1 de l'in]tie1 de l'indiffr5ce1 du t]re t]re2 la devise de l'habitant e/ crite jusque dans sa faon d'arrang] ses livres et ses photographies3 ,t\t m'e/ gal4 ,l1 c'e/ la joie de vivre1 l'entra9 communicatif2 le visiteur s5t quelque *ose lui dire s\s mille =mes3 qui que tu sois1 hte d'une heure1 je te veux du bi51 que la paix soit sur toi6 ,on ne dira jamais assez la puissance de la vie d'intrieur1 l'influ5ce d'une fleur aime et cultive sur la f5tre1 le *>me d'un vieux fauteuil o le gr&-pre s'e/ assis1 (frant ses vieilles ma9s rides aux bais]s des petits enfants j\fflus4 ,pauvres mod]nes6 t\j\rs en dmnagem5t ou en trans=mation6 ,n\s qui1 =ce de modifi] la figure de nos villes1 de nos maisons1 de nos c\tumes1 de nos croyances1 n'avons plus o repos] nos ttes1 n'augm5tons pas la tri/esse et le vide de nos exi/5ces inc]ta9es en ab&onnant la vie d'intrieur4 ,rallumons la flamme au foy] te9t1 crons-n\s des abris inviols1 des nids *auds o les enfants devi5n5t des hommes1 o l'am\r tr\ve une ca*ette1 la vieillesse un repos1 la prire un autel et la patrie un culte6 ,,xi ,la beaut simple4 ,quelques-uns p\rrai5t prote/] au nom de l'e/htique contre l'organisation de la vie simple1 ou n\s oppos] la ?orie du luxe utile1 provid5ce des affaires1 gr& n\rrici] des arts1 ornem5t des socits civilises4 ,n\s t5ons leur rpondre d'avance p> quelques brves rem>ques4 ,on se s]a sans d\te ap]u que l'esprit qui anime ces pages n'e/ po9t l'esprit utilitaire4 ,ce s]ait une erreur de p5s] que la simplicit que n\s re*]*ons1 ait quelque *ose de commun avec celle que s'impos5t les av>es p> ladr]ie et les esprits troits p> faux rigorisme4 ,p\r les premi]s1 la vie simple c'e/ la vie bon m>*4 ,p\r les autres1 elle e/ une exi/5ce t]ne et vgtative o le mrite consi/e se priv] de t\t ce qui s\rit1 brille et *>me4 ,il ne n\s dplat po9t que ceux qui ont beauc\p de moy5s1 mett5t leur =tune en circulation au lieu de ?sauris]1 et fass5t vivre le comm]ce et prospr] les beaux-arts4 ,aprs t\t1 ils tir5t un excell5t p>ti de leur situation privilgie4 ,ce que n\s combattons c'e/ la prodigalit /upide1 l'usage g/e des ri*esses et surt\t la re*]*e du sup]flu p> ceux qui ont beso9 de soign] avant t\t le ncessaire4 ,le luxe d'un ,mcne ne saurait avoir la mme influ5ce sur une socit1 que celui d'un vulgaire j\isseur qui tonne ses contempora9s p> le fa/e de sa vie et la folie de ses gaspillages4 ,un mme t]me dsigne ici des *oses =t diffr5tes4 ,sem] l'arg5t n'e/ pas t\t2 il y a des faons de le sem] qui ennobliss5t les hommes et d'autres qui les aviliss5t4 ,sem] l'arg5t1 du re/e1 cela suppose qu'on en e/ abondamm5t p\rvu4 ,lorsque l'am\r de la vie somptueuse s'emp>e de ceux qui dispos5t de moy5s limits1 la "q *ange s+ulirem5t4 ,et1 ce qui n\s frappe en ce temps-ci1 c'e/ la rage de dp5s] leur bi5 *ez ceux qui devrai5t le mnag]4 ,que la munific5ce soit un bi5fait social3 n\s l'accordons volonti]s4 ,qu'il puisse mme1 la rigueur1 tre s\t5u que la prodigalit de c]ta9s ri*es e/ comme une s\pape de/9e laiss] c\l] le trop-ple93 n\s n'essai]ons pas de le conte/]4 ,n\s con/atons seulem5t qu'il y a trop de g5s qui j\5t de la s\pape alors qu'il s]ait de leur intrt et de leur devoir de pratiqu] l'conomie3 leur luxe et leur am\r du luxe sont un malheur priv et un dang] public4 99 99 99 99 99 ,voil p\r le luxe utile4 ,n\s dsirons n\s expliqu] ma9t5ant sur la "q d'e/htique1 oh bi5 mode/em5t1 et sans empit] sur le t]ra9 des spciali/es4 ,p> une illusion trop commune1 on considre la simplicit et la beaut comme deux rivales4 ,mais simple n'e/ pas synonyme de laid1 pas plus que luxueux1 sur*>g1 re*]*1 coteux n'e/ synonyme de beau4 ,nos yeux sont blesss p> le spectacle cri>d d'une beaut tapageuse1 d'un art vnal1 d'un luxe sans grce et sans esprit4 ,la ri*esse allie au mauvais gt n\s fait quelquefois regrett] qu'on ait eu entre les ma9s tant d'arg5t p\r provoqu] la cration d'une si prodigieuse quantit d'oeuvres de bas tage4 ,notre art contempora9 s\ffre du manque de simplicit aussi bi5 que notre littrature3 trop d'ornem5ts aj\ts1 de fioritures cont\rnes1 d'imag9ations t\rm5tes4 ,r>em5t1 dans les lignes1 les =mes1 les c\leurs1 il n\s e/ donn de contempl] cette simplicit allie la p]fection1 qui s'impose au reg>d comme l'vid5ce s'impose l'esprit4 ,n\s avons beso9 de n\s retremp] dans l'idale puret de la beaut immortelle1 qui met son /igmate sur les *efs-d'oeuvre et dont un seul rayon vaut mieux que t\tes les exhibitions pompeuses4 99 99 99 99 99 ,t\tefois ce qui n\s ti5t le plus coeur ici1 c'e/ de p>l] de l'e/htique ord9aire de la vie1 du so9 qu'il faut mettre orn] l'habitation et la p]sonne huma9e1 p\r donn] l'exi/5ce ce lu/re sans lequel elle n'a pas de *>me4 ,c> il n'e/ pas indiffr5t que l'homme ait ou non s\ci de ce sup]flu ncessaire4 ,c'e/ cela qu'on reconnat s'il met de l'me dans sa vie4 ,lo9 de considr] comme une proccupation inutile celle qui n\s fait embellir1 soign]1 potis] les =mes1 je p5se qu'il faut l'entret5ir autant que possible4 ,la nature mme n\s donne l'exemple1 et l'homme qui affect]ait du mpris p\r ce fragile clat de beaut dont n\s ornons nos j\rs rapides1 s'c>t]ait des int5tions de ,celui qui a mis le mme so9 et le mme am\r pe9dre la fleur phmre que les montagnes t]nelles4 ,mais il ne faut pas tomb] dans la t5tation grossire qui n\s fait confondre la beaut vraie avec ce qui n'en a que le nom4 ,la beaut et la posie de l'exi/5ce ti5n5t au s5s que n\s lui donnons4 ,nos maisons1 notre table et notre toilette doiv5t traduire des int5tions4 ,p\r y mettre ces int5tions il faut les avoir d'abord4 ,celui qui les possde sait les faire ap]cevoir p> les moy5s les plus simples4 ,on n'a pas beso9 d'tre ri*e p\r donn] de la grce et du *>me son habitation et ses co/umes4 ,il suffit p\r cela d'avoir du gt et de la bont4 ,n\s t\*ons ici un po9t trs important p\r *acun1 mais qui1 peut-tre1 intresse les femmes dans une plus gr&e mesure que les hommes4 ,ceux qui engag5t les femmes se vtir d't(fes grossires1 enf]m] leur corps dans des vtem5ts dont la plate uni=mit rappelle les sacs1 viol5t5t la nature dans ce qu'elle a de plus sacr et mconnaiss5t compltem5t l'esprit des *oses4 ,si le vtem5t n'tait qu'une prcaution p\r s'abrit] du froid ou de la pluie1 une toile d'emballage ou une peau de bte suffirait4 ,mais il e/ bi5 plus que cela4 ,l'homme dans t\t ce qu'il fait1 se met t\t enti]3 il trans=me en signes les *oses dont il se s]t4 ,l'habit n'e/ pas une simple c\v]ture1 c'e/ un symbole4 ,j'en atte/e t\te la flore si ri*e des co/umes nationaux et prov9ciaux1 et de ceux que portai5t nos anci5nes corporations4 ,la toilette1 elle aussi1 a quelque *ose n\s dire4 ,plus elle conti5t de s5s1 mieux elle vaut4 ,p\r qu'elle soit vraim5t belle1 il faut donc qu'elle n\s annonce de bonnes *oses1 des *oses p]sonnelles et vraies4 ,mettez-y t\t l'arg5t du monde1 si elle e/ quelconque1 sans rapport avec celle qui la porte1 elle n'e/ qu'un masque et un affublem5t4 ,l'excs de la mode1 en faisant disp>atre compltem5t la p]sonne fm99e s\s des ornem5ts de pure conv5tion1 la dp\ille de son attrait pr9cipal4 ,il rsulte de cet abus que plusieurs *oses que les femmes tr\v5t trs jolies1 font autant de tort leur beaut qu' la b\rse de leurs m>is ou de leurs p>5ts4 ,que diriez-v\s d'une jeune fille qui se s]virait p\r exprim] sa p5se de t]mes =t *oisis1 exquis mme1 mais reproduisant textuellem5t les phrases d'un manuel de conv]sation8 ,quel *>me p\rrait avoir p\r v\s ce langage emprunt8 ,l'effet des toilettes1 bi5 faites en elles-mmes1 mais qui se retr\v5t indi/9ctem5t sur t\tes les p]sonnes1 e/ exactem5t le mme4 ,je ne rsi/e pas la t5tation de cit] ici un passage de ,camille ,lemonni] qui se rapporte mon ide3 ,la nature a mis aux doigts de la femme un art *>mant1 qu'elle sait d'in/9ct1 et qui e/ son art elle1 comme la soie e/ la *5ille1 ou la d5telle l'agile et f9e araigne444 ,elle e/ le pote1 l'arti/e de sa grce et de sa c&eur2 elle e/ la fileuse du my/re dont s'habille son gt de plaire4 ,t\t le tal5t qu'elle met ressembl] l'homme dans les autres arts ne vaudra jamais l'esprit et la tr\vaille d'un ri5 d't(fe qu'elle *iffonne4 ,eh bi51 je v\drais que cet art-l ft autrem5t honor4 ,de mme que l'ducation devrait consi/] p5s] avec son esprit1 s5tir avec son coeur1 exprim] la petite *ose p]sonnelle1 le moi intime1 lat5t1 qu'au contraire on ref\le1 on nivelle en vue de la con=mit1 je v\drais que l'appr5tie jeune femme1 la maman de plus t>d1 ft de bonne heure la petite e/hte de cette e/htique de la toilette1 sa propre habilleuse1 elle qui1 un j\r1 s]a l'habilleuse de ses enfants444 ,mais1 avec le gt et le don d'improvis]1 de se p]sonnalis] en ce *ef-d'oeuvre de l'adresse et de la p]sonnalit fm99e3 une robe444 sans quoi1 la femme n'e/ plus qu'un paquet de *iffons4 ,la robe qu'on a faite soi-mme e/ presque t\j\rs celle qui v\s si$ le mieux et1 en t\t cas1 celle qui v\s fait le plus de plaisir4 ,c'e/ ce qu'oubli5t trop s\v5t nos femmes4 ,l'ouvrire et la paysanne commett5t la mme erreur4 ,depuis que l'une et l'autre s'habill5t *ez les c\turires et les modi/es qui leur v5d5t des imitations =t d\teuses de la gr&e mode1 la grce a presque disp>u du co/ume populaire4 ,et p\rtant y a-t-il au monde quelque *ose qui ait davantage le don de plaire que la fra*e app>ition d'une jeune ouvrire ou d'une jeune fille des *amps1 vtues la mode de leur pays et belles de leur seule simplicit8 ,ces mmes rflexions peuv5t s'appliqu] la faon d'arrang] et de dcor] son habitation4 ,s'il y a des toilettes qui rvl5t t\te une conception de la vie1 des *apeaux qui sont des pomes1 des noeuds qui sont des coc>des1 il y a aussi des arrangem5ts de maison qui1 leur manire1 p>l5t l'esprit4 ,p\rquoi1 s\s prtexte d'embellir nos demeures1 leur enlv]ions-n\s ce c>actre p]sonnel qui a t\j\rs sa valeur8 ,p\rquoi assimil] nos *ambres des *ambres d'htel ou nos salons des intrieurs de g>e1 =ce d'y faire prdom9] un type uni=me de beaut (ficielle8 ,quel malheur que de se prom5] trav]s les maisons d'une ville1 les villes d'un pays1 les pays de t\t un va/e cont95t et de r5contr] p>t\t c]ta9es =mes id5tiques1 9vitables1 irritantes p> leur multiplication6 ,comme l'e/htique gagn]ait plus de simplicit6 ,au lieu de ce luxe de pacotille1 de t\s ces ornem5ts prt5tieux mais insipides de banalit1 n\s aurions une div]sit inf9ie4 ,d'heureuses tr\vailles frapp]ai5t nos yeux4 ,l'imprvu s\s ses mille =mes n\s rj\irait et n\s retr\v]ions le secret d'imprim] une tapiss]ie1 un meuble1 un toit de maison1 ce ca*et de la p]sonnalit huma9e qui donne c]ta9es vieill]ies un prix ine/imable4 ,cont9uons et passons p\r t]m9] des *oses plus simples encore1 je veux p>l] des petits dtails du mnage que plusieurs jeunes p]sonnes de ce temps tr\v5t si peu potiques4 ,leur mpris des occupations matrielles1 des mode/es so9s que rclame un intrieur1 provi5t d'une confusion =t commune1 mais non mo9s fune/e4 ,cette confusion consi/e p5s] que la posie et la beaut sont dans les *oses ou n'y sont pas4 ,il y a des occupations di/+ues1 gracieuses1 comme de cultiv] les lettres1 j\] de la h>pe2 et des occupations grossires1 disgracieuses1 comme de cir] les s\li]s1 balay] sa *ambre1 ou surveill] son pot-au-feu4 ,erreur purile6 ni la h>pe ni le balai ne font ri5 l'affaire1 t\t dp5d de la ma9 qui les ti5t et de l'esprit qui anime cette ma94 ,la posie n'e/ pas dans les *oses3 elle e/ en n\s4 ,il faut l'impos] aux objets comme le sculpteur impose son rve au m>bre4 ,si notre vie et nos occupations demeur5t trop s\v5t sans *>me malgr leur di/9ction extrieure1 c'e/ p>ce que n\s n'avons ri5 su y mettre4 ,le comble de l'art e/ de faire vivre ce qui e/ in]te1 d'apprivois] ce qui e/ sauvage4 ,je v\drais que nos jeunes filles s'appliqu5t dvelopp] en elles l'art vraim5t fm99 de donn] une me aux *oses qui n'en ont pas4 ,le triomphe de la grce1 *ez la femme1 e/ dans cette oeuvre-l4 ,seule1 la femme sait mettre dans une maison ce je ne sais quoi dont la v]tu a fait dire au pote3 ,le toit s'gaie et rit4 ,on dit qu'il n'y a pas de fes1 ou qu'il n'y en a plus1 mais on ne sait pas ce qu'on dit4 ,le modle orig9al des fes *antes p> les potes1 ils l'ont tr\v et le tr\v5t encore p>mi ces aimables mortelles qui sav5t ptrir la pte avec n]gie1 raccommod] les accrocs avec bont1 soign] les malades en s\riant1 mettre de la grce dans un ruban et de l'esprit dans une friture4 99 99 99 99 99 ,il e/ bi5 c]ta9 que la culture des beaux-arts a quelque *ose de moralisant et que nos p5ses et nos actes s'imprgn5t la longue de ce qui frappe nos yeux4 ,mais l'ex]cice des arts et la contemplation de leurs produits sont un privilge rs]v quelques-uns4 ,il n'e/ pas donn *acun de possd]1 de compr5dre ou de crer de belles *oses4 ,mais il e/ un g5re de beaut huma9e qui peut pntr] p>t\t3 c'e/ la beaut qui nat dans les ma9s de nos femmes et de nos filles4 ,sans cette beaut qu'e/ la maison la plus orne8 une habitation froide4 ,avec elle1 le home le plus dnud s'anime et s'claire4 ,p>mi les =ces capables d'ennoblir et de trans=m] les volonts1 d'augm5t] le bonheur1 il n'en e/ peut-tre aucune d'un emploi plus univ]sel4 ,elle sait se faire valoir au moy5 des plus pauvres in/rum5ts1 au milieu des pires difficults4 ,lorsque la *ambre e/ petite1 le budget re/re9t1 la table mode/e1 une femme qui a le don tr\ve moy5 d'y faire rgn] de l'ordre1 de la propret1 de la bi5sance4 ,elle met du so9 et de l'art dans t\t ce qu'elle entrepr5d4 ,bi5 faire ce que l'on fait n'e/ pas ses yeux le privilge des ri*es1 mais le droit de t\s4 ,c'e/ p\r cela qu'elle en use et qu'elle sait donn] son intrieur une dignit et un agrm5t que n'atteign5t pas les maisons =tunes1 o t\t e/ ab&onn aux m]c5aires4 ,la vie a9si comprise ne t>de pas se rvl] ri*e en beauts inconnues1 en attraits1 en satisfactions intimes4 tre soi-mme1 ralis] dans son milieu naturel le g5re de beaut qu'il comporte3 voil l'idal4 ,comme la mission de la femme gr&it en pr(ondeur et en signification1 lorsqu'elle se rsume a9si mettre de l'me dans les *oses et donn] cette me de bont1 comme symbole extrieur1 ces procds agrables et dlicats auxquels le plus brutal des tres e/ s5sible6 ,cela ne vaut-il pas mieux que d'envi] ce qu'on n'a pas et d'appliqu] son dsir l'imitation maladroite d'un ornem5t trang]8 ,,xii ,l'orgueil et la simplicit dans les rapports sociaux4 ,il s]ait peut-tre difficile de tr\v] un sujet mieux qualifi que l'orgueil p\r pr\v] que les ob/acles une vie meilleure1 plus apaise et plus =te1 sont plutt en n\s que dans les circon/ances4 ,la div]sit1 et surt\t le contra/e des situations sociales font surgir 9vitablem5t t\tes sortes de conflits4 ,mais combi5 les rapports entre membres d'une mme socit ne s]ai5t-ils pas1 malgr t\t1 simplifis si n\s mettions un autre esprit dans le cadre trac des ncessits extrieures6 ,p]suadons-n\s bi5 que ce ne sont pas avant t\t les diffr5ces de classes1 de fonctions1 les =mes si dissemblables de leurs de/9es qui br\ill5t les hommes4 ,si tel tait le cas on v]rait une paix idyllique rgn] entre collgues1 cam>ades1 et t\tes g5s d'intrts analogues et de sort p>eil4 ,*acun sait trs bi5 au contraire que les qu]elles les plus a*>nes sont celles qui s'lv5t entre semblables et qu'il n'y a pire gu]re que la gu]re inte/9e4 ,mais ce qui emp*e les hommes de s'ent5dre1 c'e/ avant t\t l'orgueil4 ,l'orgueil fait de l'homme un hrisson qui ne peut t\*] autrui sans le bless]4 ,p>lons d'abord de l'orgueil des gr&s4 ,ce qui me dplat dans ce ri*e qui passe en c>rosse1 n'e/ ni son quipage1 ni sa toilette1 ni le nombre et la pre/ance de sa dome/icit3 c'e/ son mpris4 ,qu'il possde une gr&e =tune1 cela ne me blesse que si j'ai le c>actre mal fait2 mais qu'il m'clab\sse1 me passe sur le corps1 fasse p>atre dans t\te son attitude que je ne compte p\r ri5 ses yeux1 p>ce que je ne suis pas ri*e comme lui1 voil ce qui m'indispose bon droit4 ,il m'impose aprs t\t une s\ffrance1 et une s\ffrance inutile4 ,il m'humilie et m'insulte gratuitem5t4 ,ce n'e/ pas ce qu'il y a de vulgaire1 mais ce qu'il y a de plus noble en moi qui se s\lve en face de cet orgueil blessant4 ,ne m'accusez pas d'envie1 je n'en ress5s aucune3 c'e/ ma dignit d'homme qui e/ atte9te4 ,inutile de *]*] bi5 lo9 p\r illu/r] ces impressions4 ,t\t homme qui a vu la vie en a rapport de nombreuses expri5ces qui ju/ifi]ont nos dires ses yeux4 ,dans c]ta9s milieux v\s aux intrts matriels1 l'orgueil de la ri*esse dom9e tel po9t que les hommes se cot5t entre eux comme on cote des valeurs en b\rse4 ,l'e/ime e/ mesure au cont5u du c(fre-=t4 ,la bonne socit se compose des grosses =tunes1 la socit moy5ne1 des =tunes moy5nes4 ,vi5n5t ensuite les g5s de peu et les g5s de ri54 ,on se traite en t\te occasion d'aprs ce pr9cipe-l4 ,et celui qui1 relativem5t ri*e1 a fait pr\v] son dda9 mo9s opul5t que lui1 e/ abreuv son t\r du dda9 de ses suprieurs en =tune4 ,a9si la rage de se comp>] svit du sommet la base4 ,un milieu p>eil e/ comme prp> s\hait p\r la culture des plus mauvais s5tim5ts3 mais ce n'e/ pas la ri*esse1 c'e/ l'esprit qu'on y met qu'il faut accus]4 ,c]ta9s ri*es n'ont pas cette conception grossire1 surt\t ceux qui1 de pre en fils1 sont habitus l'aisance4 ,mais ils oubli5t qu'il y a une c]ta9e dlicatesse ne pas trop faire p>l] les contra/es4 suppos] qu'il n'y ait aucun mal j\ir d'un l>ge sup]flu1 e/-il indisp5sable d'tal] ce sup]flu1 d'en *oqu] surt\t les yeux de ceux qui n'ont pas le ncessaire1 d'affi*] son luxe t\t prs de la pauvret8 ,le bon gt et une sorte de pudeur emp*]ont t\j\rs un homme bi5 portant de p>l] de son apptit vig\reux1 de son bon sommeil1 de sa joie de vivre1 auprs de quelqu'un qui s'en va de la consomption4 ,beauc\p de g5s ri*es manqu5t de tact quelquefois et p> l mme de piti et de prud5ce8 ,ne sont-ils pas ds lors mal inspirs en se plaignant de l'envie1 aprs avoir t\t fait p\r la provoqu]8 ,mais ce dont on manque surt\t c'e/ de disc]nem5t1 lorsqu'on met son orgueil dans sa =tune ou qu'on se laisse all] inconsciemm5t aux sductions du luxe4 ,d'abord1 c'e/ tomb] dans une confusion purile que de considr] la ri*esse comme une qualit p]sonnelle4 ,on ne saurait se mpr5dre d'une faon plus nave sur la valeur rciproque de l'enveloppe et du cont5u4 ,je ne veux po9t m'appesantir sur cette "q3 elle e/ trop pnible4 ,et p\rtant peut-on s'emp*] de dire aux intresss8--,pr5ez g>de1 ne confondez pas ce que v\s possdez avec ce que v\s tes4 ,connaissez mieux les dess\s des spl5deurs du monde af9 d'en p]cevoir avec =ce la misre morale et l'enfantillage4 ,l'orgueil n\s dresse en vrit des piges trop ridicules4 ,il faut se mfi] d'un compagnon qui n\s r5d hassables au pro*a9 et qui n\s fait p]dre la clairvoyance4 ,celui qui se livre l'orgueil des ri*esses oublie ensuite un autre po9t1 le plus important de t\s3 c'e/ que possd] e/ une fonction sociale4 ,sans d\te1 la proprit individuelle e/ aussi lgitime que l'exi/5ce mme de l'individu et que sa lib]t4 ,ces deux *oses sont insp>ables et c'e/ une utopie grosse de dang]s que de s'attaqu] des bases si lm5taires de t\te vie4 ,mais l'individu ti5t la socit p> t\tes ses fibres1 et t\t ce qu'il fait il doit le faire en vue de l'ensemble4 ,possd]1 e/ donc mo9s un privilge dont il convi5t de se glorifi] qu'une *>ge1 dont il faut s5tir la gravit4 ,de mme qu'il y a un appr5tissage s\v5t difficile faire p\r ex]c] t\te fonction sociale1 de mme cette fonction qu'on appelle la ri*esse exige un appr5tissage4 ,c'e/ un art que de savoir possd]1 un des mo9s faciles appr5dre4 ,la plup>t des g5s1 pauvres ou ri*es1 s'imag95t que dans l'opul5ce on n'a plus qu' se laiss] vivre4 ,c'e/ p\r cela qu'il y a si peu d'hommes qui sav5t tre ri*es4 ,aux ma9s d'un trop gr& nombre1 la ri*esse e/1 selon une joviale et r$\table comp>aison de ,lu!r1 comme une h>pe aux pattes d'un ne4 ,ils n'ont aucune ide de la manire de s'en s]vir4 ,aussi lorsqu'on r5contre un homme ri*e et simple en mme temps1 c'e/--dire qui considre sa ri*esse comme un moy5 de remplir sa mission huma9e1 il faut le salu] respectueusem5t1 c> il e/ c]ta9em5t quelqu'un4 ,il a va9cu des ob/acles1 surmont des preuves1 triomph dans des t5tations ou vulgaires ou subtiles4 ,il ne confond pas le cont5u de son porte-monnaie avec celui de son c]veau ou de son coeur1 et ce n'e/ pas en *iffres qu'il e/ime ses semblables4 ,sa situation exceptionnelle1 lo9 de l'lev]1 l'humilie p>ce qu'il s5t bi5 t\t ce qui lui manque p\r tre t\t fait la hauteur de son devoir4 ,il e/ demeur un homme1 c'e/ t\t dire2 il e/ accueillant1 sec\rable1 et lo9 de faire de ses bi5s une b>rire qui le sp>e du re/e des hommes1 il en fait un moy5 de s'en rappro*] t\j\rs davantage4 ,quoique le mti] de ri*e ait t s+ulirem5t gt p> tant d'hommes orgueilleux et g/es1 celui-l p>vi5t t\j\rs se faire apprci] p> quiconque n'e/ pas ins5sible la ju/ice4 ,*acun en s'appro*ant de lui et en le voyant vivre e/ oblig de faire un ret\r sur soi-mme et de se dem&]3 ,que s]ais-je dev5u dans une situation p>eille8 ,aurais-je cette mode/ie1 ce dta*em5t1 cette probit qui fait qu'on en agit avec son propre bi5 comme s'il app>t5ait aux autres8 ,tant qu'il y aura un monde et une socit huma9e1 tant qu'il y aura d'pres conflits d'intrt1 tant que l'envie et l'gsme exi/]ont sur la t]re1 ri5 ne s]a plus respectable que la ri*esse pntre p> l'esprit de simplicit4 ,elle f]a plus que de se faire p>donn]3 elle se f]a aim]4 99 99 99 99 99 ,plus malfaisant que l'orgueil inspir p> la ri*esse1 e/ celui qu'inspire le p\voir1 et p> p\voir j'ent5ds ici t\te puissance qu'un homme a sur un autre homme1 qu'elle soit t5due ou borne4 ,je ne vois aucun moy5 d'vit] qu'il y ait dans le monde des hommes 9galem5t puissants4 ,t\t organisme suppose une hir>*ie des =ces4 ,n\s ne sortirons jamais de l4 ,mais je cra9s que1 si le gt du p\voir e/ trs rp&u1 l'esprit du p\voir ne soit presque intr\vable4 =ce de le mal compr5dre et d'en msus]1 ceux qui dti5n5t une p>celle quelconque de l'autorit en arriv5t presque p>t\t la compromettre4 ,le p\voir ex]ce sur celui qui le dti5t une influ5ce trs =te4 ,il faut qu'une tte soit bi5 f]me p\r ne pas en tre tr\ble4 ,cette sorte de dm5ce qui s'emp>ait des emp]eurs roma9s au temps de leur t\te-puissance1 e/ une maladie univ]selle dont les symptmes ont exi/ de t\t temps4 ,dans *aque homme un tyran sommeille et n'att5d p\r se rveill] qu'une occasion propice4 ,or le tyran c'e/ le pire ennemi de l'autorit1 p>ce qu'il n\s en f\rnit la c>icature intolrable4 ,de l une multitude de complications sociales1 de froissem5ts et de ha9es4 ,t\t homme qui dit ceux qui dp5d5t de lui3 tu f]as ceci p>ce que telle e/ ma volont1 ou mieux1 p>ce que tel e/ mon bon plaisir1 fait oeuvre mauvaise4 ,il y a en *acun de n\s quelque *ose qui n\s invite rsi/] au p\voir p]sonnel1 et ce quelque *ose e/ trs respectable4 ,c> au fond n\s sommes gaux et il n'e/ p]sonne qui ait le droit d'exig] de moi l'obissance p>ce qu'il e/ lui et que je suis moi3 dans ce cas1 son comm&em5t m'avilit et il n'e/ pas p]mis de se laiss] avilir4 ,il faut avoir vcu dans les coles1 les ateli]s1 l'arme1 dans l'adm9i/ration1 avoir suivi de prs les relations entre matres et dome/iques1 s'tre arrt un peu p>t\t o la suprmatie de l'homme s'ex]ce sur l'homme1 p\r se faire une ide du mal que font ceux qui pratiqu5t le p\voir avec arrogance4 ,de t\te me libre1 ils font une me d'esclave1 c'e/--dire une me de rvolt4 ,et il semble que cet effet fune/e1 antisocial1 se produise plus srem5t lorsque celui qui comm&e e/ plus rappro* p> le sort de celui qui obx4 ,le tyran le plus implacable e/ le tyran au petit pi$4 ,un *ef d'ateli] ou un contrematre met plus de frocit dans ses procds qu'un directeur d'us9e ou un patron4 ,tel caporal e/ plus dur p\r le soldat que le colonel4 ,dans c]ta9es maisons o madame n'a pas beauc\p plus d'ducation que sa bonne1 il y a entre l'une et l'autre les relations d'un =at un g>de-*i\rme4 ,malheur p>t\t qui tombe entre les ma9s d'un subalt]ne ivre de son autorit6 ,on oublie trop que le premi] devoir de quiconque ex]ce le p\voir c'e/ l'humilit4 ,la sup]be n'e/ pas l'autorit4 ,ce n'e/ pas n\s qui sommes la loi4 ,la loi e/ au-dessus de t\tes les ttes4 ,n\s l'int]prtons seulem5t1 mais p\r la faire valoir aux yeux des autres il faut d'abord que n\s lui soyons s\mis n\s-mmes4 ,le comm&em5t et l'obissance dans la socit huma9e ne sont aprs t\t que deux =mes de la mme v]tu3 la s]vitude volontaire4 ,la plup>t du temps on ne v\s obx pas p>ce que v\s n'avez pas obi d'abord4 ,le secret de l'asc5dant moral app>ti5t ceux qui comm&5t avec simplicit4 ,ils ad\ciss5t p> l'esprit la duret du fait4 ,leur p\voir n'e/ ni dans le galon1 ni dans le titre1 ni dans les mesures discipl9aires4 ,ils ne se s]v5t ni de la frule1 ni des m5aces et p\rtant ils obti5n5t t\t3 p\rquoi8 ,p>ce que *acun s5t qu'ils sont eux-mmes prts t\t4 ,ce qui confre un homme le droit de dem&] un autre homme le sacrifice de son temps1 de son arg5t1 de ses passions et mme de sa vie1 c'e/ que non seulem5t il e/ lui-mme rsolu t\s ces sacrifices1 mais qu'il les a faits d'avance intrieurem5t4 ,dans l'ordre que donne un homme anim de cet esprit il y a je ne sais quelle puissance qui se communique celui qui doit obir l'aide et faire son devoir4 ,dans t\s les doma9es de l'activit huma9e1 il y a des *efs qui inspir5t1 s\ti5n5t1 lectris5t leurs soldats3 s\s leur direction1 une tr\pe fait des prodiges4 ,on se s5t capable avec eux de t\s les ef=ts1 prt pass] p> le feu1 selon l'expression populaire1 et c'e/ avec en?\siasme qu'on y pass]ait4 99 99 99 99 99 ,mais il n'y a pas que l'orgueil des gr&s1 il y a aussi l'orgueil des petits1 cette morgue d'en bas qui e/ le digne p5dant de celle d'en haut4 ,la rac9e de ces deux orgueils e/ id5tique4 ,l'homme qui dit3 la loi c'e/ moi1 n'e/ pas seulem5t cet tre alti]1 imprieux1 qui provoque l'insurrection p> sa seule attitude2 c'e/ encore ce subalt]ne dont la mauvaise tte ne veut admettre qu'il y ait quelque *ose au-dessus d'elle4 ,il y a positivem5t une quantit de g5s que t\te supriorit irrite4 ,p\r eux1 t\t avis e/ une (f5se2 t\te critique1 une impo/ure2 t\t ordre1 un att5tat leur lib]t4 ,ils ne saurai5t s\ffrir de rgle4 ,respect] quelque *ose ou quelqu'un leur semble une ab]ration m5tale4 ,ils n\s dis5t leur manire3 hors n\s il n'y a de place p\r p]sonne4 ,de la famille des orgueilleux1 sont aussi t\s ceux1 intraitables et susceptibles l'excs qui1 dans les conditions humbles1 tr\v5t que leurs suprieurs ne leur font jamais assez d'honneur2 que le meilleur et le plus huma9 ne p>vi5t pas cont5t] et qui rempliss5t leur devoir avec des airs de victimes4 ,au fond de ces esprits *agr9s1 il y a trop d'am\r-propre mal plac4 ,ils ne sav5t pas t5ir leur po/e simplem5t et compliqu5t leur vie et celle de autres p> des exig5ces ridicules et d'inju/es arrire-p5ses4 ,qu& on se donne la pe9e d'tudi] les hommes de prs1 on e/ surpris de con/at] que l'orgueil ait tant de retraites p>mi ceux qu'il e/ conv5u d'appel] les humbles4 ,telle e/ la puissance de ce vice1 qu'il p>vi5t =m] aut\r de ceux qui viv5t dans les conditions les plus mode/es1 une paisse muraille qui les isole de leur pro*a94 ,ils sont l1 retran*s1 b>ricads dans leurs ambitions et leurs dda9s1 aussi inabordables que les puissants de la t]re d]rire leurs prjugs ari/ocratiques4 ,obscur ou illu/re1 l'orgueil se drape dans sa royaut sombre d'ennemi du g5re huma94 ,il e/ le mme dans la misre et dans les gr&eurs1 impuissant et solitaire1 se mfiant de t\s1 compliquant t\t4 ,et jamais on ne p\rra rpt] assez que s'il y a entre les classes diffr5tes tant de ha9e et d'ho/ilit1 c'e/ mo9s aux fatalits extrieures que n\s le devons1 qu' la fatalit intrieure4 ,l'antagonisme des intrts et le contra/e des situations creus5t des fosss entre n\s1 p]sonne ne peut le ni]2 mais l'orgueil trans=me ces fosss en abmes1 et au fond c'e/ lui seul qui crie d'une rive l'autre3 il n'y a ri5 de commun entre v\s et n\s4 99 99 99 99 99 ,n\s n'en avons pas f9i avec l'orgueil1 mais impossible de le pe9dre s\s t\tes ses =mes4 ,je lui en veux surt\t lorsqu'il se mle au savoir et qu'il le /rilise4 ,n\s devons le savoir1 comme la ri*esse et la puissance1 nos semblables4 ,c'e/ une =ce sociale qui doit s]vir1 et elle ne le peut que si ceux qui sav5t1 re/5t p> le coeur prs de ceux qui ne sav5t pas4 ,qu& le savoir se trans=me en in/rum5t d'ambition1 il se dtruit lui-mme4 ,que dire de l'orgueil des braves g5s8 c> il exi/e1 et il r5d la v]tu mme hassable4 ,le ju/e qui se rep5t du mal que font les autres1 demeure dans la solid>it et dans la vrit sociale4 ,au contraire1 le ju/e qui mprise les autres p\r leurs fautes et leurs trav]s1 se retran*e de l'humanit1 et ses qualits1 desc5dues au rang d'un va9 ornem5t de sa vanit1 devi5n5t semblables ces ri*esses que la bont n'inspire pas1 cette autorit que ne tempre pas l'esprit d'obissance4 ,autant que le ri*e orgueilleux et le matre arrogant1 la v]tu hauta9e e/ dte/able4 ,elle compose l'homme des traits et une attitude o se rvle je ne sais quoi de provocateur4 ,son exemple n\s loigne au lieu de n\s entran]1 et ceux qu'elle daigne honor] de ses bi5faits se s5t5t s\fflets4 ,rsumons-n\s et concluons3 ,c'e/ une erreur de p5s] que nos avantages quels qu'ils soi5t doiv5t tre mis au s]vice de notre vanit4 ,*acun d'eux con/itue p\r celui qui en j\it une obligation et non un motif de se glorifi]4 ,les bi5s matriels1 le p\voir1 le savoir1 les qualits du coeur et de l'esprit devi5n5t autant de causes de discorde lorsqu'ils s]v5t n\rrir l'orgueil4 ,ils ne re/5t bi5faisants que s'ils sont p\r ceux qui les possd5t des sujets de mode/ie4 ,soyons humbles si n\s possdons beauc\p1 p>ce que cela pr\ve que n\s sommes dbiteurs3 t\t ce qu'un homme possde il le doit quelqu'un1 et sommes-n\s srs de p\voir pay] nos dettes8 ,soyons humbles si n\s sommes revtus d'importantes fonctions et si n\s t5ons dans nos ma9s le sort des autres1 c> il e/ impossible qu'un homme clairvoyant ne se s5te pas au-dess\s de si graves devoirs4 ,soyons humbles si n\s avons beauc\p de connaissances1 c> elles ne n\s s]v5t qu' mieux con/at] la gr&eur de l'inconnu et comp>] le peu que n\s avons dc\v]t p> n\s-mmes la masse de ce que n\s devons la pe9e d'autrui4 ,enf91 soyons humbles surt\t si n\s sommes v]tueux1 p>ce que nul ne doit mieux s5tir ses dfauts que celui qui a la consci5ce ex]ce1 et plus que p]sonne il doit pr\v] le beso9 d'tre indulg5t p\r autrui et de s\ffrir p\r ceux qui font le mal4 99 99 99 99 99 --,et que faites-v\s des di/9ctions ncessaires8 me dira-t-on peut-tre4 =ce de simplicit n'allez-v\s pas effac] ce s5tim5t des di/ances qu'il importe de ma9t5ir p\r le bon fonctionnem5t d'une socit8 --,je ne suis pas d'avis de supprim] les di/ances et les di/9ctions4 ,mais je p5se que ce qui di/+ue un homme ne se tr\ve ni dans le grade1 ni dans la fonction1 ni dans l'uni=me1 ni dans la =tune1 mais uniquem5t en lui-mme4 ,plus qu'aucun autre temps1 le ntre a p]c j\r la vanit des di/9ctions purem5t extrieures4 ,p\r tre quelqu'un ma9t5ant1 il ne suffit plus de port] un manteau d'emp]eur ou une c\ronne royale2 quoi s]virait-il de se prvaloir d'un galon1 d'un blason ou d'un ruban8 ,c]tes1 les signes extrieurs ne sont po9t condamnables1 ils ont leur signification et leur utilit1 mais condition de c\vrir quelque *ose et non pas le vide4 ,le j\r o ils ne correspond5t plus ri51 ils devi5n5t inutiles et dang]eux4 ,la seule faon vritable de se di/+u] e/ de valoir mieux4 ,si v\s v\lez que les di/9ctions sociales si ncessaires1 si respectables en elles-mmes1 soi5t effectivem5t respectes1 il faut d'abord v\s en r5dre dignes4 ,autrem5t v\s contribuez les faire har et mpris]4 ,c'e/ une *ose malheureusem5t trop c]ta9e que le respect e/ en baisse p>mi n\s et ce n'e/ c]tes pas faute de di/9ctions propres m>qu] ce qui veut tre respect4 ,la cause du mal e/ dans ce prjug qu'une haute situation disp5se celui qui l'occupe d'obs]v] les devoirs c\rants de la vie4 ,en n\s levant1 n\s croyons n\s affran*ir de la loi4 ,et a9si n\s oublions que l'esprit d'obissance et de mode/ie doit gr&ir avec la situation4 ,il en rsulte que ceux qui rclam5t le plus de respect p\r leur *>ge font aussi le mo9s d'ef=ts p\r mrit] ce respect4 ,voil p\rquoi le respect dim9ue4 ,la seule di/9ction ncessaire e/ celle qui consi/e v\loir tre meilleur4 ,l'homme qui s'ef=ce d'tre meilleur devi5t plus humble1 plus abordable1 plus famili] mme avec ceux qui lui doiv5t le respect4 ,mais comme il gagne tre connu de prs1 la hir>*ie n'y p]d ri51 et il rcolte d'autant plus de respect qu'il a sem mo9s d'orgueil4 ,,xiii ,l'ducation p\r la simplicit4 ,la vie simple tant surt\t le produit d'une direction d'esprit1 il e/ naturel que l'ducation doit avoir une gr&e influ5ce dans ce doma9e4 ,on ne pratique gure que deux manires d'lev] les enfants3 ,la premire consi/e lev] ses enfants p\r soi-mme2 ,la deuxime consi/e les lev] p\r eux-mmes4 ,dans le premi] cas1 l'enfant e/ considr comme un complm5t des p>5ts4 ,il fait p>tie de leur avoir et occupe une place p>mi les objets qu'ils possd5t4 ,tantt cette place e/ la plus noble3 qu& les p>5ts apprci5t surt\t la vie d'affections4 ,tantt aussi1 lorsque les intrts matriels dom95t1 l'enfant vi5t en second1 en troisime1 en d]ni] lieu4 ,en aucun cas1 il n'e/ quelqu'un4 ,jeune1 il gravite aut\r des p>5ts1 non seulem5t p> l'obissance1 ce qui e/ lgitime1 mais p> la subord9ation de t\tes ses initiatives et de t\t son tre4 mesure qu'il avance en ge1 cette subord9ation s'acc5tue et devi5t de la confiscation en s't5dant aux ides1 aux s5tim5ts1 t\t4 ,sa m9orit se p]ptue4 ,au lieu d'volu] l5tem5t v]s l'indp5dance1 l'homme progresse dans l'esclavage4 ,il e/ ce qu'on lui p]met d'tre1 ce que le comm]ce1 l'indu/rie de son pre1 ou encore ce que les croyances religieuses1 les op9ions politiques1 les gts e/htiques de son pre1 exig5t qu'il soit4 ,il p5s]a1 p>l]a1 agira1 se m>i]a1 ou augm5t]a sa famille1 dans le s5s et dans la limite de l'absolutisme pat]nel4 ,cet absolutisme familial peut tre pratiqu p> des g5s qui n'ont aucune volont2 il suffit qu'ils soi5t conva9cus que le bon ordre exige que l'enfant soit la *ose des p>5ts4 dfaut d'n]gie ils s'emp>]ont de lui p> d'autres moy5s1 p> les s\pirs1 les supplications1 ou p> de basses sductions4 ,s'ils ne peuv5t l'en*an]1 ils l'englu]ont et le pr5dront au pige4 ,mais il vivra en eux1 p> eux1 p\r eux1 ce qui e/ la seule *ose admissible4 ,ce g5re d'ducation n'e/ pas seulem5t pratiqu dans la famille mais aussi dans les gr&s organismes sociaux dont la fonction ducatrice pr9cipale consi/e mettre la ma9 sur les n\veaux v5us1 af9 de les enf]m] de la faon la plus irrsi/ible dans les cadres exi/ants4 ,c'e/ la rduction1 la trituration et l'absorption de l'individu dans un corps social1 qu'il soit ?ocratique1 communi/e ou simplem5t bureaucratique et r\t9i]4 ,vu du dehors1 un p>eil sy/me sembl]ait tre l'ducation simple p> excell5ce4 ,ses procds1 en effet1 sont absolum5t simpli/es4 ,et si l'homme n'tait pas quelqu'un1 s'il n'tait qu'un exemplaire de la race ce s]ait l l'ducation p>faite4 ,de mme que t\s les animaux sauvages et t\s les poissons et insectes du mme g5re et de la mme espce ont la mme raie au mme endroit1 de mme n\s s]ions t\s id5tiques1 ayant mmes gts1 mme langue1 mme croyance et mmes t5dances4 ,mais l'homme n'e/ pas qu'un exemplaire de la race et c'e/ p\r cela que ce g5re d'ducation e/ lo9 d'tre simple p> ses effets4 ,les hommes v>i5t tellem5t entre eux qu'il faut inv5t] des moy5s innombrables p\r rduire1 endormir1 te9dre la p5se individuelle4 ,et l'on n'y p>vi5t qu'en p>tie1 ce qui drange t\t p]ptuellem5t4 *aque in/ant1 p> une fissure1 la =ce intrieure d'initiative se fait j\r avec viol5ce et produit des explosions1 des commotions1 des dsordres graves4 ,et l o ri5 ne se produit1 o =ce re/e l'autorit extrieure1 le mal gt au fond4 ,s\s l'ordre app>5t se ca*5t les rvoltes s\rdes1 les t>es contractes dans une exi/5ce anormale1 l'apa?ie1 la mort4 ,le sy/me e/ mauvais qui produit des fruits semblables et1 quelque simple qu'il p>aisse1 au fond il eng5dre t\tes les complications4 99 99 99 99 99 ,l'autre sy/me e/ l'extrme oppos4 ,il consi/e lev] les enfants p\r eux-mmes4 ,les rles sont r5v]ss3 les p>5ts sont l p\r l'enfant4 pe9e e/-il n qu'il devi5t le c5tre4 ,la tte blan*e des aeux et la tte robu/e du pre s'incl95t devant cette tte b\cle4 ,son bgaiem5t e/ leur loi2 un signe de lui suffit4 ,qu'il crie un peu =t dans son b]ceau1 la nuit1 il n'y a pas de fatigue qui ti5ne1 il faut mettre t\te la maison deb\t4 ,le d]ni] v5u n'e/ pas long s'ap]cevoir qu'il a la t\te-puissance1 et il ne m>*e pas encore qu'il a dj le v]tige du p\voir4 ,en gr&issant cela ne fait que crotre et embellir4 ,p>5ts1 gr&s-p>5ts1 dome/iques1 pr(esseurs1 t\t le monde e/ ses ordres4 ,il accepte les hommages et mme l'immolation de son pro*a92 il traite en sujet rcalcitrant quiconque ne se range pas sur son passage4 ,il n'y a que lui4 ,il e/ l'unique1 le p>fait1 l'infaillible4 ,on s'ap]oit trop t>d qu'on s'e/ donn un matre et quel matre6 oublieux des sacrifices1 sans respect1 sans piti mme4 ,il ne ti5t plus aucun compte de ceux qui il doit t\t et va p> la vie sans loi ni fre94 ,cette ducation a sa =me sociale1 elle aussi4 ,elle fleurit p>t\t o le pass ne compte pas1 o l'hi/oire comm5ce avec les vivants1 o il n'y a ni tradition1 ni discipl9e1 ni respect1 o ceux qui sav5t le mo9s ont le v]be le plus haut1 o t\s ceux qui ont reprs5t] l'ordre public s'inquit5t du premi] v5u dont la =ce consi/e cri] =t et ne respect] p]sonne4 ,elle assure le rgne des passions phmres1 le triomphe de l'arbitraire infrieur4 ,je comp>e ces deux ducations dont l'une e/ l'exaltation du milieu1 l'autre l'exaltation de l'individu2 l'une l'absolutisme de la tradition1 l'autre la tyrannie des d]ni]s v5us1 et je les tr\ve aussi fune/es l'une que l'autre4 ,mais le plus fune/e de t\t c'e/ la comb9aison des deux qui produit des tres mi-p>tie automates1 mi-p>tie despotes1 oscillant sans cesse entre l'esprit m\tonni] et l'esprit de rvolte ou de dom9ation4 ,il ne faut lev] les enfants ni p\r eux-mmes1 ni p\r les p>5ts3 c> l'homme n'e/ pas plus de/9 tre un p]sonnage qu'un *antillon4 ,il faut les lev] p\r la vie4 ,leur ducation a p\r b de les aid] dev5ir des membres actifs de l'humanit1 des puissances frat]nelles1 de libres s]viteurs de la cit4 ,c'e/ compliqu] la vie1 la d=m]1 sem] les g]mes de t\s les dsordres que de pratiqu] une ducation qui s'inspire d'un autre pr9cipe4 ,qu& on veut rsum] d'un mot la de/9e de l'enfant1 c'e/ le mot av5ir qui monte aux lvres4 ,l'enfant e/ l'av5ir4 ,ce mot dit t\t3 les pe9es passes1 les ef=ts prs5ts1 les esprances4 ,or ce mot l'enfant e/ incapable d'en mesur] la porte au mom5t o l'ducation comm5ce4 ,c> ce mom5t il e/ livr la t\te-puissance des impressions actuelles4 ,qui donc lui donn]a les premi]s claircissem5ts et le mettra dans la voie qu'il doit suivre8 ,les p>5ts1 les ducateurs4 ,mais p\r peu qu'ils rfl*iss5t1 ils s5t5t que leur oeuvre n'intresse pas seulem5t eux et l'enfant1 mais qu'ils ex]c5t des p\voirs et adm9i/r5t des intrts imp]sonnels4 ,il faut que l'enfant leur app>aisse con/amm5t comme un futur citoy54 ,s\s l'influ5ce de cette proccupation ils auront deux s\cis qui se complt]ont l'un l'autre3 le s\ci de la puissance initiale1 individuelle1 qui g]me dans leur enfant et doit gr&ir1 et la de/9ation sociale de cette puissance4 aucun mom5t de leur action sur lui ils ne p\rront oubli] que ce petit tre confi leurs so9s doit dev5ir lui-mme et frat]nel4 ,ces deux conditions1 lo9 de s'exclure1 ne se r5contr5t jamais que comb9es en une indissoluble union4 ,il e/ impossible d'tre frat]nel1 d'aim]1 de se donn]1 si l'on n'e/ pas matre de soi2 et1 rciproquem5t1 nul ne peut se possd]1 se saisir lui-mme dans ce qu'il a de di/9ct1 sans tre desc5du trav]s les accid5ts de surface de son exi/5ce1 jusqu'aux s\rces pr(ondes de l'tre1 o l'homme se s5t li l'homme p> ce qu'il a d'intime4 ,p\r aid] un enfant dev5ir lui-mme et frat]nel1 il faut le df5dre contre l'action viol5te et p]nicieuse des =ces de dsordre4 ,ces =ces sont extrieures et intrieures4 ,*acun au dehors e/ m5ac non seulem5t p> les dang]s matriels1 mais p> l'+r5ce viol5te des volonts trangres2 au d$ans1 p> le s5tim5t exagr de son moi et p> t\tes les fantaisies que ce s5tim5t ent5dre4 ,le dang] extrieur e/ trs gr& qui peut natre de l'influ5ce abusive des ducateurs4 ,le droit du plus =t s'introduit dans l'ducation avec une facilit extrme4 ,p\r faire une ducation1 il faut avoir r5onc ce droit1 c'e/--dire fait abngation du s5tim5t infrieur de notre p]sonne qui n\s trans=me en ennemis d'autrui1 mme de nos enfants4 ,notre autorit n'e/ bonne que si elle s'inspire d'une autre1 suprieure n\s-mmes4 ,dans ce cas non seulem5t elle e/ salutaire1 mais aussi indisp5sable1 et devi5t la meilleure g>antie son t\r contre le plus gr& pril intrieur qui m5ace un tre3 celui de s'exagr] sa propre importance4 ,au comm5cem5t de la vie1 la vivacit des impressions p]sonnelles e/ si gr&e qu'il faut1 p\r rtablir l'quilibre1 la s\mettre l'influ5ce pacifiante d'une volont calme et suprieure4 ,le propre de la fonction ducatrice e/ de reprs5t] cette volont auprs de l'enfant1 d'une faon aussi cont9ue1 aussi ds9tresse que possible4 ,les ducateurs reprs5t5t alors t\t ce qu'il y a de respectable dans le monde4 ,ils donn5t l'tre qui entre dans la vie l'impression de quelque *ose qui le prcde1 le dpasse1 l'enveloppe2 mais ils ne l'cras5t pas2 au contraire leur volont et t\tes les influ5ces qu'ils lui transmett5t1 devi5n5t des lm5ts nutritifs de sa propre n]gie4 ,pratiqu] a9si l'influ5ce1 c'e/ cultiv] l'obissance fconde1 celle d'o naiss5t les c>actres libres4 ,l'autorit purem5t p]sonnelle des p>5ts1 des matres1 des in/itutions e/ l'enfant ce que sont une jeune plante les br\ssailles t\ffues s\s lesquelles elle s'tiole et meurt4 ,l'autorit imp]sonnelle1 celle qui app>ti5t l'homme qui s'e/ s\mis d'abord aux ralits vnrables devant lesquelles il veut pli] la fantaisie individuelle d'un enfant1 ressemble l'atmosphre pure et lum9euse4 ,elle e/ c]tes active et n\s influ5ce sa faon1 mais elle n\rrit et aff]mit notre vie propre4 ,sans cette autorit1 po9t d'ducation4 ,surveill]1 dirig]1 rsi/]1 telle e/ la fonction de l'ducateur3 il doit app>atre l'enfant non comme une b>rire de fantaisie qu' la rigueur on saut]ait p\rvu que le bond soit proportionn la hauteur de l'ob/acle2 mais comme une muraille transp>5te trav]s laquelle s'ap]oiv5t des ralits immuables1 des lois1 des bornes1 des vrits contre lesquelles il n'y a aucune action possible4 ,a9si nat le respect qui e/ en *acun la facult de concevoir ce qui e/ plus gr& que lui-mme1 le respect qui n\s gr&it et n\s affran*it en n\s r5dant mode/es4 ,voil la loi de l'ducation p\r la simplicit4 ,elle peut se rsum] en ces mots3 =m] des hommes libres et respectueux1 des hommes qui soi5t eux-mmes et frat]nels4 99 99 99 99 99 ,dduisons de ce pr9cipe quelques applications pratiques4 ,p> cela mme que l'enfant e/ l'av5ir1 il faut le li] au pass p> la pit4 ,n\s lui devons de revtir la tradition1 des =mes les plus pratiques et les plus susceptibles de crer une =te impression4 ,de l la place exceptionnelle que doiv5t t5ir dans une ducation et dans une maison1 les anci5s1 le culte du s\v5ir1 et p> ext5sion1 l'hi/oire du foy] dome/ique4 ,c'e/ surt\t env]s nos enfants que n\s remplissons un devoir1 lorsque n\s assignons en t\te *ose la place d'honneur aux gr&s-p>5ts4 ,ri5 ne p>le avec autant de =ce un enfant et ne dveloppe davantage en lui les s5tim5ts de mode/ie1 que s'il voit son pre et sa mre obs]v]1 en t\te occasion1 vis--vis d'un vieux gr&-pre1 quelquefois infirme1 une attitude de respect4 ,il y a l une leon de *oses p]ptuelle laquelle on ne rsi/e pas4 ,p\r qu'elle ait sa =ce entire1 il e/ ncessaire que1 dans une maison1 un accord tacite rgne entre t\tes les p]sonnes adultes4 ,aux yeux de l'enfant elles sont t\tes solidaires1 t5ues de se respect]1 de s'ent5dre1 s\s pe9e de compromettre l'autorit ducatrice4 ,et1 au nombre de ces p]sonnes1 il faut compr5dre les dome/iques4 ,un dome/ique e/ une gr&e p]sonne et c'e/ le mme s5tim5t de respect qui se tr\ve bless lorsqu'un enfant manque d'g>ds p\r un s]viteur ou lorsqu'il en manque p\r son pre ou son gr&-pre4 ,aussitt qu'il adresse une p>ole impolie ou arrogante une p]sonne plus ge1 il sort du *em9 qu'un enfant ne doit po9t quitt]1 et p\r peu que les p>5ts nglig5t de l'av]tir1 ils s'ap]cevront bi5tt sa conduite env]s eux-mmes que l'ennemi e/ entr dans son coeur4 ,on se trompe si l'on croit que l'enfant e/ naturellem5t loign du respect1 et en appuyant cette op9ion sur les exemples si nombreux d'irrvr5ce que n\s prs5te le jeune ge4 ,au fond le respect e/ un beso9 p\r l'enfant4 ,son tre moral s'en n\rrit4 ,l'enfant aspire confusm5t respect] et admir] quelque *ose4 ,mais lorsqu'on ne tire po9t p>tie de cette aspiration1 elle se p]d et se corrompt4 ,p> notre manque de cohsion et de dfr5ce mutuelle1 n\s1 les gr&s1 n\s discrditons t\s les j\rs aux yeux de l'enfant notre propre cause et celle de t\tes les *oses respectables4 ,n\s lui inoculons le mauvais esprit dont les effets se t\rn5t ensuite contre n\s4 ,cette tri/e vrit n'app>at nulle "p avec plus de =ce que dans les rapports entre matres et s]viteurs tels que n\s les avons crs4 ,nos fautes sociales1 notre manque de simplicit et de bont retomb5t sur la tte de nos enfants4 ,il y a c]ta9em5t peu de b\rgeois qui compr5n5t qu'il vaut mieux p]dre plusieurs milli]s de francs que de faire p]dre ses enfants le respect p\r les dome/iques1 qui reprs5t5t dans nos maisons la catgorie des humbles4 ,ri5 n'e/ plus vrai p\rtant4 ,ma9t5ez tant que v\s v\drez les conv5tions et les di/ances1 cette sorte de dlimitation des frontires sociales qui p]met *acun de re/] sa place et d'obs]v] la hir>*ie4 ,c'e/ une bonne *ose1 j'en suis p]suad1 mais condition de ne jamais oubli] que ceux qui n\s s]v5t sont des hommes au mme titre que n\s4 ,v\s imposez vos dome/iques des =mules de langage et des attitudes1 signes extrieurs du respect qu'ils v\s doiv5t4 ,enseignez-v\s aussi vos enfants et employez-v\s p]sonnellem5t1 des procds qui font compr5dre vos s]viteurs1 que v\s respectez leur dignit individuelle comme v\s dsirez qu'ils v\s respect5t8 ,v\s avez l *ez t\s t\te heure un excell5t t]ra9 d'tude p\r v\s entran] la pratique du respect mutuel qui e/ une des conditions ess5tielles de la sant sociale4 ,je cra9s qu'on en pr(ite trop peu4 ,v\s exigez bi5 le respect1 mais v\s ne le pratiquez po9t4 ,aussi v\s n'obt5ez le plus s\v5t que de l'hypocrisie et v\s avez p\r rsultat supplm5taire1 trs inatt5du3 d'avoir cultiv l'orgueil dans vos enfants4 ,ces deux facteurs comb9s amass5t de grosses difficults p\r cet av5ir que v\s devez sauveg>d]4 ,j'ai donc raison de dire que v\s avez fait une p]te s5sible le j\r o v\s avez1 p> vos habitudes et vos pratiques1 am5 la dim9ution du respect4 ,p\rquoi ne le dirais-je pas8 ,il me semble que la plup>t d'entre n\s travaill5t cette dim9ution4 ,p>t\t et dans presque t\tes les classes sociales1 je rem>que qu'on entreti5t un assez mauvais esprit dans l'enfance1 un esprit de mpris rciproque4 ,ici1 on mprise quiconque a des ma9s calleuses et des habits de travail2 l1 on mprise quiconque ne porte pas le b\rg]on4 ,les enfants levs dans cet esprit-l f]ont un j\r de tri/es concitoy5s4 ,t\t cela manque absolum5t de cette simplicit qui fait que des hommes de bonne volont aux div]s degrs d'une socit peuv5t collabor] ensemble1 sans tre gns p> les di/ances accessoires qui les sp>5t4 ,si l'esprit de ca/e fait p]dre le respect1 l'esprit de p>ti1 quel qu'il soit1 le fait p]dre t\t autant4 ,dans c]ta9s milieux on lve les enfants de telle sorte qu'ils ne vnr5t qu'une seule patrie1 la leur1 une seule politique1 celle de leurs p>5ts et matres1 une seule religion1 celle qu'on leur inculque4 ,s'imag9e-t-on vraim5t =m] a9si des tres respectueux de la patrie1 de la religion1 de la loi8 ,e/-il de bon aloi1 le respect qui ne s't5d qu' ce qui n\s t\*e ou n\s app>ti5t8 ,s+uli] aveuglem5t des cliques et des cot]ies qui s'arrog5t avec tant d'+nue complaisance le titre d'coles de respect et qui1 hormis elles1 ne respect5t ri54 ,au fond elles dis5t3 la patrie1 la religion1 la loi c'e/ n\s6 ,un p>eil enseignem5t eng5dre le fanatisme4 ,or si le fanatisme n'e/ pas l'unique f]m5t antisocial1 il e/ c]tes l'un des pires et des plus n]giques4 99 99 99 99 99 ,si la simplicit du coeur e/ une condition ess5tielle du respect1 la simplicit de vie en e/ la meilleure cole4 ,quelle que soit votre condition de =tune1 vitez t\t ce qui peut faire croire vos enfants qu'ils sont plus que les autres4 ,lors mme que votre situation v\s p]mettrait de les habill] ri*em5t1 songez au dommage que v\s p\vez leur caus] en excitant leur vanit4 ,prs]vez-les du malheur de jamais croire qu'il suffise d'tre vtu avec re*]*e p\r possd] la di/9ction1 et surt\t n'augm5tez pas de gat de coeur1 p> leur co/ume et leurs habitudes1 les di/ances qui les sp>5t dj de leurs semblables4 ,habillez-les simplem5t4 ,que si1 au contraire1 il v\s fallait faire des ef=ts d'conomie p\r (frir vos enfants le plaisir d'tre vtus avec lgance1 je v\s engag]ais rs]v] p\r une meilleure cause votre esprit de sacrifice4 ,v\s risqu]iez de le voir mal rcomp5s4 ,v\s semez votre arg5t1 alors qu'il vaudrait mieux l'p>gn] p\r des beso9s srieux2 v\s v\s prp>ez p\r plus t>d une moisson d'+ratitude4 ,combi5 il e/ dang]eux d'habitu] vos fils et vos filles un g5re de vie qui dpasse vos moy5s et les leurs6 ,d'abord cela fait trs mal la b\rse2 en second lieu1 cela dveloppe l'esprit du mpris au se9 mme de la famille4 ,si v\s habillez vos enfants comme de petits seigneurs et leur donnez croire qu'ils v\s sont suprieurs1 quoi d'tonnant qu'ils f9iss5t p> v\s ddaign]6 ,v\s aurez n\rri votre table des dclasss4 ,or ce g5re de produit cote =t *] et ne vaut ri54 ,il y a aussi une c]ta9e faon d'in/ruire les enfants qui a p\r rsultat le plus clair de les am5] mpris] leurs p>5ts1 leur milieu1 les moeurs et les labeurs au milieu desquels ils ont gr&i4 ,une telle in/ruction e/ une calamit4 ,elle n'e/ bonne qu' produire une lgion de mcont5ts qui se sp>5t p> le coeur de leur s\*e1 de leur orig9e1 de leurs aff9its1 de t\t ce qui1 en somme1 fait l't(fe premire d'un homme4 ,une fois dta*s de l'arbre robu/e qui les a produits1 le v5t de leur ambition g>e les promne p> la t]re comme des feuilles mortes qui vont s'amass] en c]ta9s endroits1 f]m5t] et p\rrir les unes sur les autres4 ,la nature ne procde pas p> sauts et p> bonds1 mais p> volution l5te et sre4 ,imitons-la dans notre faon de prp>] une c>rire nos enfants4 ,ne confondons pas le progrs et l'avancem5t avec ces ex]cices viol5ts qu'on appelle des sauts prilleux4 ,n'levons pas nos enfants de telle sorte qu'ils en vi5n5t mpris] les travaux1 les aspirations et l'esprit de simplicit de la maison pat]nelle3 ne les exposons pas la t5tation mauvaise d'avoir honte de notre pauvret1 s'ils p>vi5n5t jamais eux mmes la =tune4 ,une socit e/ bi5 malade le j\r o les fils de paysans comm5c5t se dgt] des *amps1 o les fils des matelots ds]t5t la m]1 o les filles d'ouvri]s dans l'espoir d'tre prises p\r des hritires1 prfr5t m>*] seules dans la rue qu'au bras de leurs braves p>5ts4 ,une socit e/ sa9e1 au contraire1 lorsque *acun de ses membres s'applique faire peu prs ce que fir5t ses p>5ts1 mais mieux1 et visant s'lev]1 se cont5te d'abord des fonctions plus mode/es en les remplissant avec consci5ce#b4 #b ,ce s]ait ici le lieu de p>l] du travail en gnral1 de son influ5ce tonifiante sur l'ducation4 ,mais j'ai p>l de ce sujet dans mes ouvrages3 ,ju/ice1 ,jeunesse1 ,vaillance2 je me borne y r5voy] le lecteur4 99 99 99 99 99 ,l'ducation doit =m] des hommes libres4 ,si v\s v\lez lev] vos enfants p\r la lib]t1 levez-les simplem5t et ne craignez pas surt\t de nuire a9si leur bonheur4 ,bi5 au contraire4 ,plus un enfant a de j\j\x luxueux1 de ftes et de plaisirs re*]*s1 mo9s il s'amuse4 ,il y a l une indication sre4 ,soyons sobres dans nos moy5s de rj\ir et de div]tir la jeunesse et surt\t ne crons pas la lgre des beso9s factices4 ,n\rriture1 vtem5t1 logem5t1 di/ractions1 que t\t cela soit aussi naturel et aussi peu compliqu que possible4 ,p\r r5dre aux enfants la vie agrable1 c]ta9s p>5ts leur donn5t des habitudes de g\rm&ise et de p>esse1 leur font pr\v] des excitations incompatibles avec leur ge1 multipli5t les invitations et les spectacles4 ,tri/es prs5ts que t\t cela4 ,au lieu d'un homme libre v\s levez un esclave4 ,trop habitu au luxe1 il s'en fatigu]a1 et p\rtant lorsque p\r l'une ou l'autre raison ses aises lui manqu]ont1 il s]a malheureux et v\s avec lui3 et1 ce qui e/ pire1 v\s s]ez peut-tre t\s ensemble disposs dans les gr&es occasions de la vie sacrifi] la dignit huma9e1 la vrit1 le devoir1 p> pure l*et4 levons donc nos enfants simplem5t1 je dirais presque durem5t2 entranons-les aux ex]cices =tifiants1 aux privations mme4 ,qu'ils soi5t de ceux qui soi5t mieux prp>s c\*] sur la dure1 support] des fatigues1 qu' sav\r] les plaisirs de la table et le con=t d'un lit4 ,a9si n\s en f]ons des hommes indp5dants et solides sur lesquels on puisse compt]1 qui ne se v5dront pas p\r un peu de bi5-tre et qui nanmo9s1 plus que p]sonne1 auront la facult d'tre heureux4 ,une vie trop facile amne une sorte de lassitude dans l'n]gie vitale4 ,on devi5t un blas1 un dsillusionn1 un jeune vieux1 inamusable4 ,combi5 d'enfants et de jeunes g5s sont auj\rd'hui dans ce cas4 ,sur eux se sont poses1 comme de tri/es moisissures1 les traces de nos dcrpitudes1 de notre scepticisme1 de nos vices1 et des mauvaises habitudes qu'ils ont contractes en notre compagnie4 ,que de ret\rs sur n\s-mmes ces jeunesses fanes n\s font faire6 ,que d'av]tissem5ts gravs sur ces fronts6 ,ces ombres n\s dis5t p> le contra/e mme que le bonheur consi/e tre un vrai vivant1 actif1 prime-sauti]1 vi]ge du j\g des passions1 des beso9s factices1 des excitations maladives1 ayant g>d dans son corps la facult de j\ir de la lumire du j\r1 de l'air qu'on respire2 et dans son coeur1 la capacit d'aim] et d'pr\v] avec puissance t\t ce qui e/ gnreux1 simple et beau4 99 99 99 99 99 ,la vie factice eng5dre la p5se factice et la p>ole mal assure4 ,des habitudes sa9es1 des impressions =tes1 le contact ord9aire avec la ralit amn5t naturellem5t la p>ole fran*e4 ,le m5songe e/ un vice d'esclave1 le refuge des l*es et des m\s4 ,quiconque e/ libre et f]me e/ aussi franc du colli]4 ,enc\rageons *ez nos enfants l'heureuse h>diesse de t\t dire sans m*] leurs p>oles6 ,que fait-on d'ord9aire8 ,on ref\le1 on nivelle les c>actres1 en vue de l'uni=mit qui p\r le gr& tr\peau e/ synonyme du bon ton4 ,p5s] avec son esprit1 s5tir avec son coeur1 exprim] le vrai moi1 quelle inconv5ance1 quelle ru/icit6--,oh6 l'atroce ducation que celle qui consi/e p]ptuellem5t t\ff] en *acun de n\s la seule *ose qui lui donne sa raison d'tre4 ,de combi5 de meurtres d'mes n\s n\s r5dons c\pables6 ,les unes sont assommes c\ps de crosse1 les autres d\cem5t t\ffes entre deux dr$ons6 ,t\t conspire contre les c>actres indp5dants4 ,petit1 on dsire n\s voir comme des images ou des p\pes2 gr&s1 on n\s aime condition que n\s soyons comme t\t le monde1 des automates3 qu& on en a vu un1 on les connat t\s4 ,c'e/ p\r cela que le manque d'orig9alit et d'initiative n\s a gagns et que la platitude et la monotonie sont les m>ques di/9ctives de notre vie4 ,la vrit n\s affran*ira3 appr5ons nos enfants tre eux-mmes1 donn] leur son1 sans flure ni s\rd9e4 ,faisons-leur de la loyaut un beso91 et dans leurs plus graves manquem5ts1 p\rvu qu'ils les av\5t1 comptons-leur comme un mrite d'avoir t m*ants visage dc\v]t4 99 99 99 99 99 la fran*ise associons la navet dans notre sollicitude d'ducateurs4 ,ayons p\r cette compagne de l'enfance1 un peu sauvage1 mais si gracieuse et si bi5faisante1 t\s les g>ds possibles4 ,ne l'eff>\*ons pas4 ,qu& elle s'e/ enfuie d'un endroit1 il e/ si r>e qu'elle revi5ne jamais4 ,la navet n'e/ pas seulem5t la soeur de la vrit1 la g>di5ne des qualits propres de *acun1 elle e/ encore une gr&e puissance ducatrice et rvlatrice4 ,je vois aut\r de n\s trop de g5s soi-disant positifs1 qui sont arms de lunettes t]rifiantes et de gr&s ciseaux p\r dni*] les *oses naves et leur rogn] les ailes4 ,ils extirp5t la navet de la vie1 de la p5se1 de l'ducation et la p\rsuiv5t mme jusqu'aux rgions du rve4 ,s\s prtexte de faire de leurs enfants des hommes1 ils les emp*5t d'tre des enfants1 comme si1 avant les fruits mrs de l'automne1 il ne fallait pas les fleurs1 les p>fums1 les *ants1 la ferie du pr9temps4 ,je dem&e grce p\r t\t ce qui e/ naf et simple1 non seulem5t p\r ces g5tillesses innoc5tes qui voltig5t aut\r des ttes b\cles1 mais aussi p\r la lg5de1 la nave *anson1 les rcits du monde des m]veilles et du my/re4 ,le s5s du m]veilleux e/ dans l'enfant la premire =me de ce s5s de l'inf9i sans lequel un homme e/ comme un oiseau priv d'ailes4 ,ne sevrons pas l'enfance du m]veilleux1 af9 de lui g>d] la facult de s'lev] au-dessus du t]re t]re et d'apprci] plus t>d ces pieux et t\*ants symboles des ges disp>us1 o la vrit huma9e a tr\v des expressions que notre aride logique ne remplac]a jamais4 ,,xiv ,conclusion4 ,je p5se avoir suffisamm5t indiqu l'esprit et les manife/ations de la vie simple p\r faire entrevoir qu'il y a l t\t un monde oubli de =ce et de beaut4 ,ceux-l p\rrai5t en faire la conqute qui aurai5t l'n]gie suffisante p\r se dta*] des inutilits fune/es dont notre exi/5ce e/ emb>rasse4 ,ils ne t>d]ai5t pas s'ap]cevoir que1 en r5onant quelques satisfactions de surface1 quelques ambitions puriles1 on augm5te sa facult d'tre heureux et son p\voir p\r la ju/ice4 ,ces rsultats port5t autant sur la vie prive que sur la vie publique4 ,il e/ inconte/able que1 en luttant contre la t5dance fivreuse de brill]1 en cessant de faire de la satisfaction de nos dsirs le b de notre activit1 en rev5ant aux gts mode/es1 la vie vraie1 n\s travaill]ions consolid] la famille4 ,un autre esprit s\ffl]ait dans nos maisons1 crant des moeurs n\velles et un milieu plus favorable l'ducation de l'enfance4 ,peu peu nos jeunes g5s et nos jeunes filles se s5tirai5t dirigs v]s un idal plus lev et en mme temps plus ralisable4 ,cette trans=mation intrieure ex]c]ait la longue son influ5ce sur l'esprit public4 ,de mme que la solidit d'un mur dp5d du gra9 des pi]res et du degr de consi/ance du cim5t qui les agglut9e1 de mme l'n]gie de la vie publique dp5d de la valeur individuelle des citoy5s et de leur puissance de cohsion4 ,le gr& desid]atum de notre poque e/ la culture de l'lm5t social qui e/ l'individu huma94 ,t\t dans l'organisation actuelle de la socit n\s ramne cet lm5t4 ,en le ngligeant n\s sommes exposs p]dre le bnfice du progrs et mme faire t\rn] contre n\s les ef=ts les plus p]svrants4 ,au se9 d'un outillage sans cesse p]fectionn1 s'il advi5t que l'ouvri] dim9ue de valeur1 quoi s]v5t les eng9s dont il dispose8 empir] p> leurs qualits mme les fautes de celui qui les manie sans disc]nem5t ou sans consci5ce4 ,les r\ages de la gr&e ma*9e mod]ne sont inf9im5t dlicats4 ,la malveillance1 l'impritie1 ou la corruption1 peuv5t y produire des tr\bles autrem5t r$\tables que dans l'organisme plus ou mo9s rudim5taire de la socit d'autrefois4 ,il n\s faut donc veill] la qualit de l'individu appel1 dans une mesure quelconque1 contribu] au fonctionnem5t de cette ma*9e4 ,que cet individu soit la fois solide et liant1 qu'il s'inspire de la loi c5trale de vie3 tre soi-mme et frat]nel4 ,t\t en n\s et hors de n\s se simplifie et s'unifie s\s l'influ5ce de cette loi1 qui e/ la mme p\r t\s et laquelle *acun doit ram5] ses actions2 c> nos intrts ess5tiels ne sont po9t contraires1 ils sont id5tiques4 ,en cultivant l'esprit de simplicit n\s arriv]ions donc donn] la vie publique une plus =te cohsion4 ,les phnomnes de dcomposition et de dlabrem5t que n\s y rem>quons se ramn5t t\s la mme cause3 manque de solidit et manque de cohsion4 ,on ne dira jamais assez combi5 le triomphe des petits intrts de ca/e1 de cot]ie1 de clo*]1 l'pre re*]*e du bi5-tre p]sonnel1 sont contraires au bi5 social1 et1 p> une consqu5ce fatale1 dtruis5t le bonheur de l'individu4 ,une socit dans laquelle *acun n'e/ proccup que de son bi5-tre individuel e/ le dsordre organis4 ,il ne sort pas d'autre enseignem5t des conflits irrductibles de nos gsmes intransigeants4 ,n\s ressemblons trop ces g5s qui ne se rclam5t de leur famille que p\r lui dem&] des avantages1 mais non p\r lui faire honneur4 t\s les degrs de l'*elle sociale1 n\s pratiquons la rev5dication4 ,n\s n\s prt5dons t\s cranci]s1 p]sonne ne se reconnat dbiteur4 ,nos rapports avec nos concitoy5s consi/5t les invit]1 sur un ton aimable ou arrogant1 s'acquitt] env]s n\s de leurs dettes4 ,on n'arrive ri5 de bon avec cet esprit-l4 ,c> au fond c'e/ l'esprit du privilge1 cet t]nel ennemi de la loi commune1 cet ob/acle sans cesse r5aissant une ent5te frat]nelle4 99 99 99 99 99 ,dans une confr5ce qu'il faisait en #ahhb1 ,m4 ,r5an disait qu'une nation e/ une famille spirituelle1 et il aj\tait3 ,l'ess5ce d'une nation e/ que t\s les individus ai5t beauc\p de *oses en commun et aussi que t\s ai5t oubli bi5 des *oses4 ,il importe de savoir ce qu'il faut oubli] et ce dont il faut se s\v5ir1 non seulem5t dans le pass mais dans la vie de t\s les j\rs4 ,ce qui n\s divise encombre nos mmoires1 ce qui n\s unit s'en efface4 ,*acun1 au po9t le plus lum9eux de son s\v5ir1 g>de le s5tim5t vif1 aigu1 de sa qualit accessoire1 qui e/ d'tre un p]sonnage1 cultivateur1 indu/riel1 lettr1 fonctionnaire1 proltaire1 b\rgeois1 ou encore un sectaire politique ou religieux2 mais sa qualit ess5tielle1 qui e/ d'tre un enfant du pays et un homme1 se tr\ve relgue dans l'ombre4 ,c'e/ pe9e s'il en g>de une notion ?orique4 ,il en rsulte que ce qui n\s occupe et n\s dicte nos actions e/ prcism5t ce qui n\s sp>e des autres1 et il ne re/e presque pas de place p\r cet esprit d'union qui e/ comme l'me d'un peuple4 ,il en rsulte encore que n\s entret5ons de prfr5ce les mauvais s\v5irs dans l'esprit de nos semblables4 ,des hommes anims de l'esprit p>ticul>i/e1 exclusif1 hauta91 se froiss5t j\rnellem5t les uns les autres4 ,ils ne peuv5t se r5contr] sans rveill] le s5tim5t de leurs divisions et de leurs rivalits4 ,l5tem5t il s'amasse a9si dans leur s\v5ir une provision de mauvaise volont rciproque1 de mfiance1 de rancune4 ,t\t cela1 c'e/ le mauvais esprit avec ses consqu5ces4 ,il faut l'extirp] de notre milieu4 ,s\vi5s-toi1 oublie6 c'e/ ce qu'il faudrait n\s dire t\s les mat9s1 dans t\tes nos relations et t\tes nos fonctions4 ,s\vi5s-toi de l'ess5tiel1 oublie l'accessoire6 ,comme on remplirait mieux ses devoirs de citoy51 si le plus humble et le plus lev se n\rrissai5t de cet esprit6 ,comme on cultiv]ait les bons s\v5irs dans l'esprit de son pro*a9 en y semant des actions aimables2 en lui p>gnant les procds dont il e/ oblig de dire malgr lui1 la ha9e au coeur3 cela1 je ne l'oubli]ai jamais6 ,l'esprit de simplicit e/ un bi5 gr& magici54 ,il corrige les asprits1 il con/ruit des ponts p>-dessus les crevasses et les abmes1 il rappro*e les ma9s et les coeurs4 ,les =mes qu'il revt dans le monde sont en nombre inf9i4 ,mais jamais il ne n\s p>at plus admirable que lorsqu'il se fait j\r trav]s les b>rires fatales des situations1 des intrts1 des prjugs1 triomphant des pires ob/acles1 p]mettant ceux que t\t semble sp>]1 de s'ent5dre1 de s'e/im]1 de s'aim]4 ,voil le vrai cim5t social1 et c'e/ avec ce cim5t-l que se btit un peuple4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,pages ,i4--,la vie complique #c ,,ii4--,l'esprit de simplicit #bc ,,iii4--,la p5se simple #ce ,,iv4--,la p>ole simple #ci ,v4--,le devoir simple #gi ,,vi4--,les beso9s simples #ajc ,,vii4--,le plaisir simple #aba ,,viii4--,l'esprit m]c5aire et la simplicit #ade ,,ix4--,la rclame et le bi5 ignor #afg ,x4--,mondanit et vie d'intrieur #aja ,,xi4--,la beaut simple #bji ,,xii4--,l'orgueil et la simplicit dans les rapports sociaux #bbg ,,xiii4--,l'ducation p\r la simplicit #bea ,,xiv4--,conclusion #bha #ade-jh4--;,c\lommi]s4 ,imp4 ,paul ,,brod>d4--,p#b-jh4