file which includes the original illustrations4 ,see #ddjih-;h4htm or #ddjih-;h4zip3 7https3_/_/www4gutenberg4org_/cache_/epu b_/#ddjih_/pg#ddjih-;images4html7 or 7https3_/_/www4gutenberg4org_/files_/#dd jih_/ddjih-;h4zip7 ,images of the original pages are available through ,internet ,archive4 ,see https3_/_/archive4org_/details_/laradiol ogieetla#jj;curi ,,la ,,radiologie ,,et ,,la ,,guerre par ,mme ,,pierre ,,curie ,professeur la ,sorbonne4 ,avec #aa figures et #af planches hors texte4 ,paris ,librairie ,flix ,alcan #ajh1 ,boulevard ,saint-,germain1 #ajh #aiba ,,introduction ,depuis la dcouverte des rayons ,x1 en #ahie1 les mthodes de la radiologie1 progressivement labores par les mdecins1 ont t appliques avec succs sous la forme de radio-diagnostic et de radiothrapie4 ,les progrs raliss dans ce domaine sont dus1 pour une grande partie1 la perfection des appareils mis la disposition des mdecins par les constructeurs4 ,il tait prvoir que la radiologie serait d'un secours puissant pour l'examen des blesss de guerre4 ,nanmoins1 on peut affirmer1 que les services qu'elle a pu rendre ce point de vue ont grandement dpass toutes les prvisions4 ,il en est rsult1 de divers cts1 un double effort3 d'une part1 pour dvelopper et multiplier les mthodes d'observation radiologique1 d'autre part1 pour raliser des installations et des appareillages capables de rpondre tous les besoins et toutes les conditions de travail1 dans les ambulances du front comme dans les hpitaux du territoire4 ,ainsi a t constitue la radiologie de guerre dont l'extension n'a cess d'augmenter jusqu' la fin de celle-ci4 ,et si l'activit des services radiologiques s'est1 naturellement1 ralentie avec la cessation des hostilits1 l'impulsion dont est sorti leur dveloppement ne s'est point puise2 elle reste acquise comme lment d'action organisatrice1 pour tendre toute la population franaise les bienfaits d'une technique mdicale dont l'usage tait rest trs limit avant la guerre4 ,les circonstances ont fait qu' cette volution1 encore inacheve1 j'ai pris une part active4 ,ayant voulu1 comme tant d'autres1 me mettre au service de la ,dfense nationale dans les annes que nous venons de traverser1 je me suis presque aussitt oriente du ct de la radiologie m'efforant de contribuer l'organisation des services radiologiques notoirement insuffisants au dbut de la guerre4 ,le champ d'activit ainsi ouvert a absorb la plus grande part de mon temps4 ,j'ai eu la bonne fortune de trouver des moyens d'action4 ,charge de la direction technique de l'uvre radiologique du ,patronage ,national des ,blesss1 ,socit de ,secours fonde sous la prsidence de ,m4,e4 ,lavisse1 j'ai pu1 avec l'aide librale de cette uvre1 crer un service de ,radiologie auxiliaire du service de ,sant ,militaire pour les hpitaux des armes et du territoire4 ,ce service a pris une grande extension1 en raison mme des besoins auxquels il s'agissait de faire face4 ,il m'a fallu faire de nombreux voyages aux hpitaux et aux ambulances1 pour vivre de leur vie et participer leur travail4 ,il m'a fallu aussi m'occuper de la formation de personnel pour les besoins du service4 ,je dirai donc dans ce livre sur la ,radiologie ce que j'en ai vu pendant la guerre et ce que j'en espre dans l'avenir4 ,i ,,les ,,rayons ,x ,c'est une mthode d'observation merveilleuse1 en vrit1 que celle qui nous a permis1 pour la premire fois1 d'explorer sans le secours de la chirurgie1 l'intrieur du corps humain4 ,la chance inespre de cet examen direct nous a t apporte par la dcouverte des rayons ,x que nous devons ,m4 ,rntgen et qui a eu lieu en #ahie4 ,l'appareil de production de rayons ,x n'est autre chose qu'un tube ou ampoule de verre ayant gnralement la forme indique dans la figure ,i4 ,dans le tube pntrent deux pices mtalliques1 nommes lectrodes1 destines y faire passer le courant lectrique4 ,une de ces lectrodes ,c1 nomme cathode ou lectrode ngative 7ple de sortie du courant7 est constitue par une calotte en aluminium1 place dans une partie tubulaire l'entre de l'espace sphrique4 ,au centre de celui-ci se trouve l'extrmit de l'autre lectrode ,,ac nomme anticathode et pouvant remplir le rle d'lectrode positive ou anode 7ple d'entre du courant74 ,cependant1 on lui adjoint souvent une lectrode supplmentaire ,a qui est place dans une tubulure latrale et reoit plus spcialement le nom d'anode4 ,le tube est tanche et l'on y peut faire un vide lev1 la pression du gaz rsiduel tant1 par exemple1 de l'ordre de deux ou trois millimes de millimtre de mercure4 ,dans cet tat1 le tube prend souvent le nom de tube ou ampoule de ,crookes1 du nom du savant qui a tudi le passage du courant lectrique dans l'air extrmement rarfi#a4 ,illustration ,fig4 #a ,pour obtenir le passage du courant1 il est ncessaire d'employer une haute tension1 c'est--dire d'tablir entre les lectrodes une diffrence de potentiel de l'ordre de quelques dizaines de milliers de volts4 ,tant que la tension ncessaire n'est pas atteinte1 aucun courant ne passe dans l'ampoule1 mais ds que la valeur critique de la tension a t obtenue1 le courant commence passer brusquement1 sous forme de dcharge disruptive4 ,le passage de cette dcharge est accompagn de phnomnes du plus haut intrt1 mis en vidence par les travaux ingnieux et patients de nombreux savants1 parmi lesquels il convient de citer en premire ligne ,crookes et ,j4,j4 ,thomson4 ,de la cathode s'chappe un essaim de particules1 bien plus tnues que les atomes eux-mmes1 et dont chacune porte une charge ngative4 ,ces particules1 repousses nergiquement par la cathode1 se trouvent lances comme des projectiles avec une grande vitesse et viennent frapper l'anticathode en un point nomm le foyer4 ,ce choc a pour effet d'exciter dans l'anticathode un rayonnement1 ainsi que dans une cloche le choc du battant dtermine l'mission d'une onde sonore2 et ces rayons dont la source est au foyer de l'anticathode sont prcisment ceux qui ont t nomms rayons ,x par ,rntgen qui le premier les a observs et tudis4 ,les projectiles qui1 venant de la cathode1 bombardent l'anticathode et provoquent l'mission de rayons ,x1 ont des vitesses d'autant plus grandes que la tension ou diffrence de potentiel aux bornes de l'ampoule est plus considrable2 ces vitesses peuvent atteindre et mme dpasser le tiers de la vitesse de la lumire1 elles se chiffrent souvent par plus de #ajj4jjj kilomtres la seconde4 ,chacune de ces particules a une masse qui1 on le sait aujourd'hui1 est environ #a4hjj fois plus petite que celle d'un atome d'hydrogne4 ,ces grains minimes d'lectricit ngative se nomment lectrons4 ,crookes qui avait bien compris leur nature les avait dsigns par le nom expressif de matire radiante4 ,les lectrons lancs avec une grande vitesse constituent1 en effet1 des rayons de nature matrielle que l'on nomme aujourd'hui rayons cathodiques4 ,nous dirons donc que le choc des rayons cathodiques sur une anticathode provoque sur celle-ci une mission de rayons ,x4 ,quels sont les effets qui ont permis de dcouvrir cette mission8 ,les nouveaux rayons ne sont pas directement accessibles nos sens2 nous ne pouvons ni les voir ni les entendre4 ,mais c'est leur facult d'exciter la fluorescence qui a tout d'abord permis de dceler leur prsence4 ,en plaant en face de l'anticathode un cran recouvert d'une couche de platinocyanure de baryum1 on voit l'cran s'clairer d'une belle luminosit verte1 ainsi qu'il le ferait sous l'action de la lumire ultraviolette4 ,ce sont les rayons ,x qui excitent cette fluorescence en dehors de l'ampoule de production dont ils traversent la paroi4 ,ils peuvent aussi impressionner une plaque photographique au travers d'un papier noir qui l'enveloppe pour la protger de la lumire4 ,ces proprits des rayons ,x sont prcisment celles que nous utilisons dans la radiologie4 ,les rayons traversent1 en effet1 diffrentes substances d'autant plus facilement que celles-ci sont moins denses 7plus exactement1 le pouvoir pntrant des rayons est d'autant plus grand que le poids atomique de la substance traverser est plus faible74 ,si un faisceau de rayons ,x issu du foyer d'une anticathode atteint un cran radioscopique 7cran au platinocyanure de baryum7 au travers d'un objet tel qu'un porte-monnaie en cuir contenant des pices de monnaie1 le cuir est travers trs facilement1 sans que les pices ou la monture mtallique le soient1 de sorte que ces parties opaques de l'objet examin portent ombre sur l'cran et sont ainsi vues au travers du cuir en image radioscopique1 alors qu'on ne peut les voir directement en examinant le porte-monnaie la lumire ordinaire pour laquelle le cuir est opaque4 ,si1 dans ce mme essai1 on remplace l'cran par une plaque photographique1 celle-ci1 dveloppe la manire ordinaire1 fera apparatre l'image du porte-monnaie1 sur laquelle les parties mtalliques opaques aux rayons ,x paratront en clair1 et les parties relativement transparentes 7cuir7 en sombre4 ,la rgion frappe par les rayons en dehors de l'objet est la plus impressionne et donne les grands noirs4 ,on obtient ainsi une radiographie qu'on peut considrer comme un ngatif2 un tirage du clich sur papier sensible fournit un positif dont l'apparence correspond celle de l'image radioscopique 7voir planche ,i74 ,illustration3 ,planche ,i4--7 gauche7--,radiographie d'un porte-monnaie contenant des pices de monnaie et des clefs4 ,sur la plaque directement obtenue1 ou ngatif1 les parties mtalliques opaques se dtachent en clair4--7 droite7--,positif obtenu avec la plaque prcdente4 ,les parties mtalliques se dtachent en sombre4 ,l'image a le mme aspect que celle qui se produit sur un cran radioscopique4 ,si1 au lieu d'examiner un porte-monnaie1 nous soumettons l'observation une partie du corps humain1 par exemple un bras1 une jambe1 une main1 etc41 nous constaterons que les os sont plus opaques aux rayons ,x que les chairs4 ,la raison en est facile comprendre4 ,les chairs sont constitues1 en effet1 par des matires organiques composes d'lments faible poids atomique1 tels que l'hydrogne1 le carbone1 l'azote1 l'oxygne 7poids atomiques #a1 #ab1 #ad1 #af74 ,mais dans la composition normale des os entrent en plus des matires minrales1 principalement le phosphate de chaux qui contient comme constituants les lments phosphore et calcium de poids atomiques #ca et #dj4 ,ce sont ces lments qui dterminent principalement l'absorption des rayons ,x par la matire osseuse4 ,les os portent ombre en radioscopie1 alors qu'ils se dtachent en clair sur l'image radiographique4 ,la radioscopie et la radiographie du corps humain fournissent des contrastes qui permettent de raliser des images d'une grande beaut1 avec de nombreux dtails de structure 7planche ,,ii74 ,et de mme que nous nous trouvons ainsi admis examiner l'intrieur du corps humain l'tat normal1 de mme il nous est possible de constater des aspects anormaux occasionns par un accident ou par une maladie4 ,si un objet mtallique a pntr dans le corps la suite d'une blessure 7balle1 clat d'obus71 ou bien s'il a t aval par inadvertance1 7bille1 sou71 la prsence de cet objet l'intrieur du corps est rvle sur l'image radioscopique ou radiographique grce l'ombre qu'il projette4 ,si un os a subi une fracture1 la solution de continuit apparatra sur l'image et fera connatre les dtails de l'accident4 ,ainsi se trouve cre une possibilit merveilleuse de diagnostic par la vision directe qui constitue un bienfait pour le malade et un allgement de responsabilit pour le mdecin4 ,ce service1 pourtant considrable1 n'est pas le seul que puissent rendre les nouveaux rayons4 ,l'exprience a montr qu'ils constituent aussi un agent thrapeutique de haute importance4 ,de tout temps1 il a t habituel d'exprimenter ce point de vue tout nouvel agent physique4 ,la souffrance humaine demande imprieusement tre soulage1 et la science mdicale1 encore en grande partie condamne l'empirisme1 ne manque jamais de tenter un essai qui offre quelque espoir nouveau4 ,on ne tarda pas reconnatre que les rayons ,x produisent des effets physiologiques trs prononcs4 ,les premiers exprimentateurs eurent dplorer des accidents dont ils ont t1 dans certains cas1 les premires victimes4 ,les rayons ,x absorbs forte dose peuvent occasionner des lsions de la peau dites radiodermites1 dont l'issue est parfois mortelle4 ,mais employs dose convenable1 et suivant des mthodes scientifiquement labores1 ils peuvent1 au contraire1 produire un effet bienfaisant1 et amener la gurison ou tout au moins l'amlioration de plusieurs maladies dont la plus grave est le cancer4 ,il n'est pas ncessaire d'insister sur l'importance de cette nouvelle ressource de la mdecine scientifique4 ,le traitement par les rayons ,x porte le nom de radiothrapie4 ,illustration3 ,planche ,,ii4--,radiographie d'une main 7positif74 ,a l'annulaire une bague d'or trs opaque aux rayons ,x4 ,au petit doigt une bague d'aluminium bien moins opaque3 l'ombre de l'os s'aperoit au travers de cette bague4 ,au poignet un bracelet de fer avec une plaque d'aluminium mince1 peu visible sur la radiographie en raison de sa transparence4 ,les os1 bien moins opaques que les bagues1 donnent cependant des ombres trs nettes laissant voir des dtails de structure4 ,le contour des chairs se voit faiblement4 ,a ct de la main se trouve un radiochromomtre radiographi en mme temps que celle-ci4 ,il indique une duret de rayons de #f;e ,benoist4 ,la nature des nouveaux rayons qui nous rendent des services aussi signals est aujourd'hui parfaitement connue4 ,les rayons ,x ont la plus grande analogie avec la lumire bien qu'ils s'en distinguent1 semble-t-il1 par les proprits qui viennent d'tre dcrites1 et bien que nous ne puissions pas les concentrer par des lentilles ou les faire dvier par des prismes4 ,rappelons ici que la lumire est un phnomne vibratoire dont les proprits dpendent de la frquence de la vibration4 ,la lumire visible correspond des vibrations au nombre de #ajae environ1 soit un million de milliards par seconde4 ,les rayons ultra-violets qui ne sont pas visibles ont une frquence plus grande encore4 ,la frquence des rayons ,x est environ #a4jjj fois plus grande que celle de la lumire visible1 il n'est donc pas tonnant que leurs proprits diffrent de celles de la lumire4 ,on constate1 entre autres1 que les rayons ,x sont capables de dcharger un lectroscope1 en rendant l'air qui l'entoure conducteur de l'lectricit4 ,on peut mesurer l'intensit des rayons d'aprs la vitesse avec laquelle l'lectroscope est dcharg4 ,la conductibilit communique l'air par l'action des rayons prend le nom d'ionisation4 ,d'autres gaz que l'air peuvent aussi subir l'ionisation4 ,l'tude des gaz ioniss a conduit des dcouvertes scientifiques importantes1 relatives la nature de l'lectricit et de la matire4 ,on voit d'aprs ce qui prcde que les rayons ,x constituent un agent nouveau qui a tout de suite acquis une grande importance scientifique et1 de plus1 trouv une vaste application mdicale4 ,par effet rciproque1 il en est rsult un grand effort pour amliorer la technique de la production et de l'emploi de ces rayons4 ,les constructeurs s'attachrent tablir des types d'appareils1 aussi parfaits que possible1 pour la production du courant de haute tension qui alimente les ampoules1 et les ampoules elles-mmes subirent de nombreux perfectionnements4 ,a la faveur de ces efforts et grce aux travaux de mdecins spcialistes distingus1 la nouvelle ,science de ,radiologie se constitua et se dveloppa rapidement1 centralise presque exclusivement dans les grandes villes4 ,celles-ci bnficirent bientt d'un certain nombre de belles installations radiologiques1 appartenant soit aux hpitaux publics1 soit plus souvent aux mdecins spcialistes4 ,mais1 jusqu' la guerre1 l'emploi des rayons ,x n'tait point habituel dans tous les services hospitaliers4 ,mme ,paris1 le nombre des services radiologiques tait fort restreint2 et si des villes comme ,lyon1 ,bordeaux1 etc41 possdaient quelques services importants1 par contre1 les petites villes de province taient1 en gnral1 dpourvues de toute organisation radiologique4 ,on aperoit immdiatement la rpercussion de cet tat de choses au dbut de la guerre4 ,l'opinion tout naturellement adopte par les pouvoirs publics prconisait l'emploi de la radiologie dans les services centraux militaires de l'arrire1 mais ne prvoyait nullement une extension gnrale de cet emploi toutes les formations sanitaires des armes et du territoire4 ,le ,service de ,sant militaire avait1 d'ailleurs1 envisag le besoin de secours radiologique urgent transportable1 assur par des voitures radiologiques munies de tous les appareils ncessaires2 mais on esprait subvenir aux besoins l'aide d'un trs petit nombre de ces voitures4 ,il et t difficile1 en vrit1 de prdire l'immensit des besoins que fit surgir la guerre dont nul ne pouvait prvoir la dure et la puissance meurtrire4 ,et comme l'organisation de la radiologie n'avait pas t gnralise dans le pays avant la guerre1 elle se trouva ncessairement insuffisante pour les besoins de la ,dfense ,nationale1 aussi bien au point de vue du matriel qu'au point de vue du personnel4 ,cependant le rle de la radiologie surpassa en importance toute proportion prvue1 de sorte que1 peu peu1 elle fut indispensable aux blesss et aux malades1 loin ou prs du front4 ,le manque de prparation fut compens par un effort considrable accompli par le gouvernement et par l'initiative prive4 ,des appareils ont t offerts aux hpitaux par des donateurs4 ,des professeurs ou ingnieurs s'occuprent de de leur installation et de leur mise en service4 ,ainsi que dans tant d'autres circonstances1 des uvres et des particuliers apportrent leur concours au ,service de ,sant lequel1 de son ct1 constitua peu peu un matriel radiologique considrable et assura une organisation gnrale du ,service1 devenue trs complte dans les dernires annes de la guerre4 ,il est rconfortant de se dire que l'effort ralis pour donner aux blesss les soins auxquels ils avaient droit a produit des rsultats bienfaisants qui n'ont pas t limits la dure de la guerre4 ,cet effort a conduit directement reconnatre l'utilit gnrale de la radiologie2 il a contribu tablir en ,france une vaste organisation mettant les bienfaits de la radiologie la porte de toute la population4 ,footnote #a3 ,une ampoule radiologique du type dcrit comprend encore en gnral1 des lments qui1 sans tre essentiels au point de vue thorique1 sont cependant indispensables pour assurer la rgularit du fonctionnement4 ,tels sont les dispositifs de refroidissement de l'anticathode laquelle peut s'chauffer jusqu' l'incandescence lors du passage du courant1 et les rgulateurs de pression qui permettent de faire varier dans certaines limites la quantit de gaz contenue dans l'ampoule4 ,,ii ,,comment ,,on ,,peut ,,produire ,,les ,,rayons ,x ,nous avons vu dans le chapitre prcdent que pour produire les rayons ,x1 il faut faire passer un courant lectrique dans un tube tel que celui de la figure ,i1 et qu'il est ncessaire de disposer pour cela d'une tension ou diffrence de potentiel leve4 ,celle-ci n'est gnralement pas fournie par les distributions d'lectricit dans les villes4 ,il convient donc de transformer le courant de basse tension distribu par l'usine d'lectricit en courant de haute tension capable d'alimenter l'ampoule4 ,cette transformation de courant est obtenue l'aide d'appareils tablis dans ce but par l'industrie lectrique4 ,tous ces appareils utilisent le phnomne de l'induction lectrique1 mais ne l'utilisent pas tous de la mme manire4 ,tous possdent cependant comme partie essentielle deux circuits lectriques1 dont l'un contient une spirale de gros fil1 l'autre une spirale de fil trs fin enroule autour de la prcdente sans communiquer avec elle4 ,si dans le premier circuit1 nomm primaire1 on envoie un courant1 dont l'intensit varie priodiquement1--soit le courant alternatif industriel1 soit le courant continu rgulirement interrompu par un dispositif spcial nomm interrupteur1--il se produit dans le deuxime circuit nomm secondaire des courants induits de haute tension circulant alternativement1 tantt dans un sens1 tantt dans l'autre4 ,ce sont ces courants induits qu'on peut employer pour actionner les ampoules4 ,bien que les appareils de transformation de courant soient tous bass sur le mme principe1 ils sont nanmoins de types multiples et leur puissance peut varier dans de larges limites4 ,je ne dcrirai ici1 titre d'exemple1 qu'un type d'appareil trs couramment employ pendant la guerre1 de puissance modre mais suffisante pour les besoins de la radiologie de guerre4 ,le transformateur de courant ,t 7fig4 #b7 se compose d'un noyau de fer doux autour duquel sont disposs deux enroulements 7ou bobines71 l'un gros fil pour le primaire 7,t#a71 l'autre fil fin pour le secondaire 7,t#b72 l'enroulement secondaire entoure l'enroulement primaire mais en est entirement spar par un isolant4 ,un courant interrompu intervalles rguliers traverse le primaire1 et le secondaire est le sige de courants induits de haute tension produits chaque interruption du primaire4 ,le circuit primaire est aliment par une source d'lectricit convenable1 par exemple par une distribution #aaj volts de courant continu ou par un groupe lectrogne pouvant remplacer cette distribution4 ,branch aux ples de la source 7ou secteur71 le circuit comprend l'enroulement primaire ,t#a du transformateur1 un rhostat ,r qui rgle l'intensit du courant1 un ampremtre ,a qui mesure cette intensit1 un coupe-circuit ,c et enfin une pice essentielle3 l'interrupteur ,i4 ,le modle d'interrupteur le plus employ est la turbine mercure#a4 ,illustration3 ,fig4 #b ,le circuit secondaire comprend l'enroulement secondaire ,t#b du transformateur1 l'ampoule productrice de rayons ,x1 une soupape ,s et un milliampremtre ,,ma2 ce dernier mesure le courant utile4 ,la soupape est destine absorber parmi les courants de haute tension produits dans le transformateur ceux dont le sens ne convient pas au fonctionnement de l'ampoule1 et qu'on nomme courants inverses4 ,quand le courant inverse passe1 le fonctionnement est dfectueux et l'ampoule se dtriore4 ,la soupape est un tube de ,crookes lectrodes trs dissymtriques1 dont l'une est une tige troitement embote dans une tubulure de verre1 tandis que l'autre est une spirale place dans la partie centrale du tube2 celui-ci porte le nom de soupape1 car il laisse passer le courant trs facilement de la tige vers la spirale1 et trs difficilement en sens inverse1 condition que la faible pression d'air l'intrieur soit convenablement rgle#b4 ,il ne suffit pas de disposer d'une intensit de rayons convenables1 il faut aussi que ces rayons aient un pouvoir pntrant adapt2 on dit alors que l'ampoule a une duret convenable4 ,il est donc ncessaire d'avoir un dispositif qui indique la duret de l'ampoule1 ainsi qu'un moyen de faire un rglage pour obtenir la duret dsire4 ,pour se rendre compte de la duret1 on tablit aux bornes de l'ampoule une drivation nomme spintermtre 7fig4 #b7 ,sp1 comprenant une tige mobile en face d'une pointe4 ,le courant secondaire peut1 soit passer dans l'ampoule1 soit franchir sous forme d'tincelle l'intervalle du spintermtre4 ,quand les deux passages offrent la mme facilit1 la duret de l'ampoule1 est mesure par cette tincelle dite quivalente4 ,l'ampoule est d'autant plus dure que l'tincelle quivalente est plus longue1 c'est--dire que la tension d'alimentation est plus leve4 ,or c'est cette tension qui dtermine le pouvoir pntrant des rayons2 une pntration moyenne correspond une tincelle quivalente 7mesure avec un spintermtre pointes mousses7 d'environ #aj centimtres de longueur1 et une tension d'environ #ej4jjj volts4 ,les rayons ,x obtenus dans ces conditions ont un pouvoir pntrant favorable la radioscopie et la radiographie4 ,avec des tensions plus leves1 on obtient des rayons ,x trs durs qui trouvent leur application dans la radiothrapie4 ,avec des tensions moins leves1 on obtient des rayons ,x mous qui traversent difficilement le corps humain#c4 ,la duret ou rsistance d'une ampoule dpend de la quantit d'air qui y est contenue4 ,au cours du fonctionnement il arrive que l'air rsiduel s'absorbe dans les parois de verre et ceci a pour effet de faire durcir le tube4 ,pour remdier cet inconvnient on dispose de rgulateurs de divers modles qui permettent d'introduire de petites quantits de gaz dans l'ampoule4 ,les soupapes ont besoin d'un rglage analogue2 quand elles contiennent trop ou trop peu de gaz1 l'effet protecteur qu'on leur demande n'est pas obtenu4 ,ce rglage des tubes est trs dlicat et demande un oprateur habile et exerc#d4 ,on a reprsent dans la figure #e un rgulateur de type courant adapt une ampoule4 ,si les tubes ont besoin d'un rglage particulirement soign1 l'appareillage au total exige aussi un entretien constant qui consiste en un nettoyage des pices et des contacts2 c'est seulement condition d'observer ces soins que l'on peut obtenir un bon fonctionnement4 ,il ne faudrait cependant pas croire qu'un bon appareillage radiologique doive ncessairement tre fragile2 desservi par un bon oprateur1 il ne risque pas de se dtriorer4 ,la radiologie de guerre demande des appareils robustes1 facilement transportables et pouvant tre installs avec rapidit4 ,un appareil correspondant au schma de la figure #b peut tre tabli en trois pices principales3 transformateur1 tableau de commande et interrupteur1 pesant respectivement environ #cj1 #bj et #be kilos et pouvant se transporter aisment4 ,le transformateur et le tableau sont1 cet effet1 placs dans des botes en bois1 de forme adapte1 munies d'anses pour le transport et disposes de manire remplir un rle utile dans l'installation4 ,ces appareils peuvent tre facilement placs dans une voiture ou expdis par chemin de fer4 ,dans le premier cas1 il suffit de les immobiliser avec des attaches4 ,dans le second cas1 il convient en gnral1 de les emballer4 ,pourtant1 il m'est arriv1 plusieurs reprises1 de les faire voyager d'urgence1 sans emballage1 dans un train1 en les installant1 avec l'aide des employs1 dans la voiture bagages1 avec quelques prcautions faciles raliser et suffisantes pour viter les accidents4 ,en dehors de ces pices fondamentales1 l'appareillage complet comprend les tubes et les accessoires indispensables4 ,parmi ces derniers1 il faut citer1 en premier lieu1 le pied porte-ampoule qui sert porter le tube producteur de rayons ,x et lui donner toutes les positions requises par le service qu'il doit remplir4 ,la mobilit du tube est une condition indispensable de travail utile4 ,le bless soumis l'examen est1 le plus souvent1 couch sur une table4 ,celle-ci est quelquefois une table spciale1 munie d'un support porte-ampoule4 ,mais quand on dispose d'un pied porte-ampoule convenable1 on peut1 au besoin1 se contenter d'une simple table en bois1 condition que le plateau soit permable aux rayons et sans dfauts2 pour faire une radioscopie on place1 en effet1 l'ampoule sous la table et on observe sur un cran plac au-dessus du corps l'image obtenue avec des rayons qui traversent la table et le corps4 ,il est donc ncessaire que le bois de la table soit transparent aux rayons1 ce qui est le cas des bois de faible densit sous paisseur modre1--et que ce bois ne contienne pas de dfauts tels que des nuds ou des fissures qui ne manqueraient pas d'apparatre sur l'cran4 ,quelquefois1 la table est simplement compose d'une planche reposant sur des trteaux4 ,un certain nombre d'accessoires de moindre encombrement achvent de composer un appareillage complet4 ,leur choix est trs important quand il s'agit d'une installation qui doit se suffire et qui est destine tre transporte4 ,on peut valuer #bej kilos le poids total d'un appareillage comprenant les appareils de production de haute tension1 deux ou trois ampoules1 deux soupapes1 une table lgre1 un pied porte-ampoule1 une petite provision de plaques et produits photographiques1 un cran radioscopique1 quelques chssis1 des rideaux pour faire l'obscurit1 quelques appareils de protection pour l'oprateur1 quelques outils1 du cble isol et un certain nombre de petits objets dont l'utilit a t dmontre par l'usage4 ,le tout peut prendre place dans une voiture d'assez petites dimensions2 des voitures de place ont mme pu tre utiliss avec succs pour le service d'installations transportables4 ,footnote #a3 ,cet interrupteur comprend comme pice essentielle1 une toupie perce de canaux obliques et anime d'une rotation rapide autour de son axe4 ,cette toupie plonge dans un bain de mercure contenu dans une cuve2 en tournant1 elle aspire le mercure par les canaux et le projette ensuite au travers de petits orifices placs sa partie suprieure sous forme de filet mince qui vient frapper une palette ou dent isole du vase mercure4 ,quand le filet rencontre la palette1 le courant s'tablit dans le circuit primaire1 quand il ne la rencontre plus1 la toupie ayant tourn1 le courant est interrompu4 ,on a coutume d'adjoindre l'interrupteur un condensateur dont les deux armatures sont runies respectivement aux bornes de l'interrupteur1 et qui est destin rendre l'interruption plus brusque en absorbant l'tincelle qui se produit la rupture4 ,l'interruption du courant ne doit pas avoir lieu dans l'air1 mais dans un milieu rducteur comme le gaz d'clairage1 dont on remplit la cuve tanche de l'interrupteur4 ,footnote #b3 ,l'emploi de soupapes n'est pas ncessaire1 si1 au moyen d'un dispositif convenable1 on obtient le redressement des courants dits inverses2 ceux-ci peuvent alors servir alimenter l'ampoule4 ,il existe des types d'appareils qui fonctionnent sans interrupteur3 le courant alternatif de haute tension fourni par un transformateur est redress l'aide d'un commutateur et envoy dans l'ampoule4 ,footnote #c3 ,on emploie couramment1 pour reconnatre la duret des rayons1 un petit appareil trs simple nomm radiochromomtre ,benot4 ,le principe de l'appareil consiste comparer la transparence aux rayons ,x d'une mince lame d'argent la transparence d'une srie de secteurs d'aluminium d'paisseurs gradues4 ,pour se servir du radiochromomtre on peut examiner l'ombre qu'il porte sur un cran radioscopique ou bien reproduire son image en radiographie comme sur la planche #c4 ,l'aspect de l'image permet d'apprcier la duret des rayons employs4 ,footnote #d3 ,il existe un modle perfectionn d'ampoules bas sur un principe qui permet un rglage rapide et facile4 ,ce sont les tubes ,coolidge dont la cathode est constitue par une spirale de tungstne chauffe l'incandescence par un courant lectrique4 ,ces tubes sont compltement vides d'air4 ,les rayons cathodiques y sont produits par la cathode incandescente et la duret1 ou rsistance du tube ne dpend ici que de la temprature de la cathode qui met d'autant plus de rayons cathodiques qu'elle est plus fortement chauffe4 ,les tubes ,coolidge sont employs dans des installations de grande puissance4 ,,iii ,,installations ,,dans ,,les ,,hopitaux ,,et ,,voitures ,,radiologiques ,nous avons vu comment est compos un appareillage radiologique4 ,voyons maintenant quelles sont les conditions de son installation dans un hpital o il doit tre utilis4 ,pour alimenter le primaire du transformateur1 il faut disposer d'une source d'lectricit pouvant fournir du courant lectrique sous une tension de #ajj #bjj volts4 ,nous ne pourrons installer les appareils que si l'hpital dispose d'une distribution d'lectricit1 ou si celle-ci se trouve proximit et peut facilement tre amene sur place4 ,les distributions de courant que l'on trouve en ,france ne sont pas d'un type uniforme4 ,le courant distribu est soit continu1 soit alternatif3 la tension ou voltage prsente galement des diffrences4 ,il en rsulte une certaine difficult pour la gnralisation des postes radiologiques1 car les appareils doivent tre adapts la forme du courant en divers dtails de leur construction2 ils ne peuvent donc tre considrs comme interchangeables4 ,quand aucune distribution d'lectricit ne se trouve dans le voisinage1 on a recours l'usage d'un groupe lectrogne1 compos d'une dynamo actionne par un moteur fonctionnant au gaz ou l'essence4 ,l'emploi de groupes essence s'est particulirement gnralis pendant la guerre1 pour l'clairage et le service radiologique des hpitaux du front4 ,un groupe lectrogne pouvant fournir un courant de #be ampres sous une tension de #aaj volts 7puissance #c kilowatts ou #d chevaux environ71 convient parfaitement pour alimenter un poste radiologique2 on peut mme se contenter d'une puissance de #a #b kilowatts pour la plupart des besoins4 ,ces groupes ne sont donc ni trs lourds ni trs encombrants1 et peuvent tre transports sur de fortes voitures4 ,la plupart d'entre eux taient d'un type courant continu1 de sorte que les appareils radiologiques courant continu sont devenus galement les plus nombreux4 ,les postes radiologiques de ce type ont1 d'ailleurs1 pu tre aliments1 en cas de besoin1 par le courant alternatif fourni par des stations lectriques4 ,pour obtenir cette adaptation1 on place dans le circuit primaire une soupape lectrolytique1 appareil extrmement simple1 compos de deux lectrodes1 l'une en aluminium1 l'autre en fer1 plongeant dans une solution de carbonate de soude contenue dans un petit bac2 une telle soupape ne laisse passer le courant que dans un seul sens1 du fer l'aluminium2 elle supprime donc l'une des deux phases du courant alternatif et convertit celui-ci en courant interrompu1 mais de direction invariable4 ,dans de petites villes1 plusieurs hpitaux ont eu recours des groupes lectrognes1 pour suppler un manque de distribution lectrique4 ,dans la zone des armes1 ces groupes ont t d'abord peu nombreux1 tant que le ,service de ,sant tait assur principalement par des ambulances4 ,mais le systme des ambulances a t peu peu remplac par celui de grands hpitaux en baraquements qui tous utilisaient des groupes lectrognes pour leur clairage2 ces mmes groupes alimentaient les postes radiologiques4 ,quand le problme fondamental de l'alimentation en courant lectrique a t rsolu1 il reste installer la salle de radiologie ou laboratoire radiologique4 ,il est ncessaire de disposer pour cela d'une pice assez spacieuse si possible1 dans laquelle on doit pouvoir faire l'obscurit complte1 au moyen de rideaux bien agencs4 ,dans cette pice1 on installe sur une table ou sur une planche fixe au mur le transformateur1 le tableau de commande et l'interrupteur4 ,on a avantage galement y tablir un trolley compos de #b fils parallles tendu entre des supports isolants fixs aux murs opposs4 ,on fait communiquer ces fils avec les ples du circuit secondaire du transformateur1 et l'on s'en sert pour assurer au moyen de contacts glissants1 les connexions avec l'ampoule rayons ,x4 ,l'amnagement se compose ensuite de la table radiologique et du pied porte-ampoule plac auprs de celle-ci 7planche ,,iii74 ,les accessoires sont contenus1 si possible1 dans une armoire4 ,enfin1 il faut adjoindre la salle de radiologie1 une chambre noire pour photographie1 pour le dveloppement des plaques radiographiques1 avec installation d'eau et clairage spcial4 ,il est utile que la salle de radiologie et le cabinet de photographie aient leurs parois recouvertes de peinture brune1 pour que les dfauts d'obscurit soient moins craindre4 ,illustration3 ,planche ,,iii4--,salle de radiographie de l'hpital n #aab ,amiens1 install en baraquements 7anne #aiaf74 ,on aperoit l'appareillage1 la table de radiographie1 le pied porte-ampoule et le trolley4 ,l'installation des appareils dans la salle n'offre pas de grandes difficults4 ,une personne comptente peut1 en un jour ou deux1 suivant les cas1 raliser un amnagement trs satisfaisant4 ,au point de vue de leur puissance1 les appareils utiliss dans ces postes fixes aux hpitaux pouvaient tre de types diffrents4 ,on peut1 en particulier1 parmi les appareils interrupteur1 distinguer le type normal et le type intensif4 ,je dsigne par normal un appareil qui permet d'obtenir dans l'ampoule un courant de deux trois milliampres sous une tension d'environ #ej4jjj volts 7#aj centimtres environ d'tincelle quivalente1 mesure au spintermtre pointes de forme usuelle74 ,les appareils intensifs permettent d'obtenir une puissance trois ou quatre fois plus grande4 ,il existe des appareils plus puissants encore1 qui sont utiliss dans les services centraux importants et qui permettent d'atteindre #bj1 #ej ou mme #ajj milliampres sous une tension suffisante pour le travail radiologique4 ,avec une grande intensit de rayonnement1 on peut obtenir des radiographies rapides et mme presque instantanes1 ce qui est un grand avantage quand il s'agit de radiographier une rgion qui ne peut tre immobilise1 par exemple la rgion thoracique soumise aux mouvements respiratoires4 ,l'intensit est galement ncessaire pour la radiothrapie4 ,mais si les appareils intensifs ont leurs mrites incontestables1 ils sont1 en revanche1 plus coteux1 plus encombrants et plus lourds que les appareils normaux4 ,au dbut de la guerre1 les ressources en radiologie taient tout fait prcaires1 et il s'agissait de raliser au plus tt un service radiologique de premire ncessit pour les hpitaux du territoire et de la zone des armes4 ,l'utilisation des appareils normaux qui permettent de faire face la plupart des besoins1 et qui1 de plus1 peuvent facilement tre transports1 s'imposait donc cette poque4 ,partant de ce point de vue1 j'ai dirig les ressources du ,patronage ,national des ,blesss presque exclusivement vers la distribution de ces postes normaux dont environ #bjj ont t tablis par cette uvre4 ,a une poque plus avance de la guerre1 quand un matriel important s'est trouv constitu1 le ,service de ,sant distribua un certain nombre de postes intensifs1 mais mme alors il semblait lgitime d'employer principalement les ressources de l'initiative prive la distribution de postes normaux1 pour satisfaire aux besoins les plus urgents qui continuaient se manifester4 ,le but qu'il ne convenait pas de perdre de vue tait1 en effet1 de procurer le bnfice de l'examen radiologique tous les blesss sans exception4 99 99 99 99 99 ,,voitures ,,radiologiques4--,j'arrive maintenant la description du rle trs important qui a appartenu1 dans la radiologie de guerre1 aux voitures radiologiques4 ,nous avons vu qu'au dbut de la guerre1 l'appareillage radiologique faisait dfaut1 et il paraissait lgitime de rserver les premires installations fixes aux hpitaux importants4 ,d'autre part1 les nombreux hpitaux militaires et auxiliaires 7,croix ,rouge7 qui se sont constitus ds le dbut de la guerre et au courant de celle-ci1 occupaient dans bien des cas des locaux de fortune qui ne disposaient pas de courant lectrique3 tel tait1 par exemple1 le cas de la plupart des coles dont on sait l'utilisation pour les services hospitaliers4 ,ainsi des formations1 rpandues dans toute la ,france pour recevoir les blesss qui affluaient du front1 se trouvaient sans installation radiologique et sans possibilit d'en tablir une bref dlai4 ,d'un autre ct1 les ambulances qui ont assur au dbut de la guerre le service de sant des armes1 occupaient des locaux provisoires o l'installation radiologique paraissait d'autant moins indique que l'on devait toujours s'attendre un dpart possible4 ,ainsi1 le plan d'organisation primitif comportait un fonctionnement gnral des hpitaux et ambulances1 en arrire du front et prs du front1 sans le secours de la radiologie4 ,pourtant quand apparut clairement l'normit de la tche consistant soigner les blesss de cette guerre1 l'aide merveilleuse des rayons ,x fut chaque jour mieux comprise1 mieux apprcie et chaque jour plus demande4 ,c'est cette situation que les voitures radiologiques sont venues apporter un remde et une solution provisoire4 ,elment actif et bienfaisant1 elles ont assum pendant les premires annes de la guerre la plus grande partie de la charge du service radiologique4 ,une voiture radiologique1 gnralement automobile1 transporte un appareillage complet pour l'examen des blesss4 ,elle doit donc contenir d'une part1 la source d'lectricit1 d'autre part1 les appareils principaux ainsi que tous les accessoires indispensables4 ,la production de courant peut tre assure par un groupe lectrogne install poste fixe sur la voiture4 ,ce groupe ne doit tre ni trs lourd1 ni trs encombrant1 cependant1 en raison de la puissance qui lui est demande1 il ne peut gure peser moins de #ajj kilogrammes4 ,on le place soit l'avant de la voiture1 soit l'intrieur de la caisse qui sert de carrosserie4 ,au lieu d'employer un groupe lectrogne1 on peut se servir du moteur de la voiture pour entraner une dynamo place l'avant ou bien sur le marchepied4 ,les avantages de ce dispositif se voient immdiatement3 en remplaant le groupe par une dynamo1 on rduit le poids de moiti1 et l'on diminue l'encombrement1 ce qui permet d'employer une voiture plus lgre et plus rapide2 la dynamo d'ailleurs cotait beaucoup moins que le groupe et tait beaucoup plus facile trouver au dbut de la guerre4 ,on pouvait donc1 par ce moyen1 quiper une voiture quelconque1 sans mme exiger une carrosserie spciale4 ,les appareils principaux1 convenablement attachs1 peuvent tre transports dans une carrosserie de limousine qui peut1 en outre1 contenir deux ou trois caisses avec les accessoires4 ,on dispose le tout1 de manire rserver l'intrieur une place pour le mdecin radiologiste1 tandis qu'un aide prend place ct du conducteur4 ,si la carrosserie est construire1 on rtablit sous forme de caisse1 comme pour une voiture de livraison spacieuse4 ,elle reoit un amnagement propre l'installation des appareils et des caisses4 ,de plus1 il est bon qu'aprs fermeture de la porte1 l'obscurit y soit complte1 pour que1 en cas de besoin1 on puisse y dvelopper les plaques radiographiques4 ,les trois personnes qui composent l'quipe occupent la banquette l'avant de la voiture4 ,bien que l'utilisation du moteur de la voiture pour l'entranement de la dynamo puisse rendre souvent de grands services1 on doit nanmoins reconnatre que ce systme comporte des inconvnients1 dont les principaux sont la dpense d'essence relativement leve et la ncessit de faire travailler le moteur de la voiture aussi bien pendant la circulation entre les hpitaux qu' l'arrt1 puisque le moteur doit entraner la dynamo pendant la dure du service4 ,une bonne voiture1 entre les mains d'un bon conducteur1 peut1 d'ailleurs tre ainsi utilise sans inconvnient4 ,si1 cependant1 la voiture circule peu et travaille la plus grande partie de la journe l'arrt1 l'emploi d'un groupe lectrogne est plus rationnel et plus conomique4 ,au dbut de la guerre1 il s'agissait surtout d'assurer un service rapide1 avec les moyens disponibles1 tandis que l'essence ne manquait pas et n'tait gure conomise4 ,la voiture entranant une dynamo par son moteur tait alors tout indique4 ,j'ai russi1 moi-mme1 quiper #ah de ces voitures1 grce des dons particuliers et aux ressources du ,patronage ,national des ,blesss4 ,plusieurs chssis ont t mis ma disposition par de gnreux donateurs ou donatrices dont certaines ont bien voulu aussi faire les frais de l'appareillage4 ,presque toutes ces voitures1 offertes au ,service de ,sant une poque de besoin urgent1 ont fait un service considrable1 et si quelques-unes ont t uses1 d'autres ont continu leur service jusqu' la fin de la guerre et mme au del4 ,il m'est agrable de rappeler ici que la premire des voitures radiologiques tablies sur mon initiative a t fournie par l',union des ,femmes de ,france et quipe ses frais4 ,cette petite voiture carrosserie ordinaire1 ne portant que l'appareillage strictement ncessaire1 a1 sans aucun doute1 laiss de nombreux souvenirs dans la rgion parisienne4 ,desservie d'abord par un personnel bnvole1 anciens lves de l'cole ,normale ou professeurs1 ensuite rgulirement attache au ,val-de-,grce1 elle a assur seule le service du camp retranch de ,paris pendant la plus grande partie de la guerre1 en particulier lors de l'affluence de blesss qui se produisit en septembre #aiad la suite de la bataille de la ,marne4 ,une autre voiture carrosserie de limousine1 quipe aussitt aprs dans mon laboratoire m'a t d'un secours prcieux pendant toute la guerre4 ,elle m'a permis de transporter frquemment du matriel radiologique demand par des hpitaux de l'arme et du territoire1 ainsi que d'assurer un service temporaire dans diverses circonstances4 ,la planche ,,iv reprsente l'une des voitures suivantes qui a fourni un service particulirement intensif dans la zone des armes4 ,en mme temps que des voitures relativement lgres taient offertes par l'initiative prive1 le ,service de ,sant quipait des camions radiologiques groupes lectrognes dont le nombre1 peu peu1 devint important4 ,ces quipages1 munis d'un matriel trs complet1 furent distribus principalement dans la zone des armes o ils assurrent1 quand ils furent assez nombreux1 un service radiologique permanent et rgulier4 ,toutefois1 dans les dernires annes de la guerre1 ce service ne comportait que peu de dplacements4 ,j'ai dj eu l'occasion de parler des grands centres hospitaliers qui ont t tablis dans la zone des armes et qui utilisaient le personnel de plusieurs ambulances immobilises4 ,a ces formations venaient se joindre les postes radiologiques mobiles1 pour travailler sur place1 souvent pendant plusieurs mois4 ,illustration3 ,,planche ,,iv4--,voiture radiologique et quipe4 ,on voit sur le marchepied de la voiture la dynamo qui peut tre entrane par le moteur4 ,illustration3 ,,planche ,,iv4--,appareillage transport par la voiture radiologique1 dispos pour le fonctionnement4 ,on voit1 dans leurs botes1 les appareils qui servent pour transformer le courant de basse tension fourni par la dynamo1 en courant de haute tension propre alimenter l'ampoule4 ,on voit1 de plus1 la table1 le pied porte-ampoule1 l'ampoule et la soupape1 ainsi que les caisses d'emballage4 ,le mode de fonctionnement des voitures lgres dans la zone des armes subit une volution analogue4 ,alors qu' leurs dbuts1 elles avaient se dplacer frquemment dans un rayon de plus de #ajj kilomtres1 en vue de service urgent1 plus tard1 elles se trouvrent libres de cette tche par la multiplication des installations radiologiques fixes et des camions automobiles fonctionnant comme postes demi-fixes4 ,c'est seulement dans certaines rgions du territoire1 que de grands dplacements ont pu encore rester ncessaires alors que le matriel tait dj devenu trs abondant aux armes4 voquons ici1 en quelques lignes1 cette vie des voitures radiologiques1 vie que j'ai pu suivre d'assez prs1 pour apprcier l'uvre accomplie par le personnel avec autant d'initiative que de dvouement3 ,avise d'un besoin pressant1 la voiture radiologique part pour son service1 emportant son matriel complet et sa provision d'essence4 ,cela ne l'empche pas de se dplacer la vitesse de #ej kilomtres l'heure quand l'tat de la route le permet4 ,le personnel se compose d'un mdecin1 d'un manipulateur et d'un chauffeur1 mais dans une bonne quipe chacun fait plus que son mtier4 ,voici la voiture rendue destination2 elle tait attendue avec impatience pour l'examen de blesss nouvellement arrivs l'hpital4 ,il s'agit de se mettre au travail le plus tt possible4 ,on descend les caisses et les appareils et on les porte dans la salle o l'on s'en servira4 ,le chauffeur prpare le groupe ou la dynamo1 et tablit au moyen d'un long cble 7#be mtres suffisent1 en gnral1 tous les besoins7 la communication avec les appareils que le manipulateur dispose dans la salle4 ,avec l'aide d'infirmiers on pose aux fentres les rideaux noirs apports par la voiture1 ou les couvertures de l'hpital4 ,le manipulateur et son chef1 d'un coup d'il1 choisissent la disposition des appareils1 ils les placent1 ils assemblent les pices dmontables de la table et du pied porte-ampoule1 installent l'ampoule et la soupape1 tablissent les connexions4 ,on remplit la turbine de gaz d'clairage pris un tuyau ou apport par la voiture dans une poche gaz de #be litres4 ,un signe au chauffeur3 voici la dynamo en fonctionnement et l'on envoie un courant d'essai dans l'ampoule4 ,si elle donne satisfaction1 tant mieux2 si non1 on procde rapidement un rglage dlicat1 ou bien on prend une ampoule de secours4 ,on prpare l'cran radioscopique1 et toute sorte de petits accessoires porte de la main3 papier1 crayons1 gants et lunettes de protection1 fil plomb2 on dispose l'abri des rayons les plaques et chssis et on place dans le cabinet de photographie les bains qu'on a apports2 quelquefois le cabinet lui-mme doit tre prpar avec des rideaux4 ,enfin tout est prt4 ,si l'on n'a pas eu de dboires et si l'on se trouve dans un endroit connu1 l'installation a pu tre faite en une demi-heure4 ,il est rare qu'elle demande une heure4 ,c'est le moment de se mettre au travail avec les mdecins et les chirurgiens de l'hpital ou de l'ambulance4 ,on apporte les blesss sur des brancards ou bien l'on fait venir ceux qui sont moins atteints4 ,on fait les examens radioscopiques1 on prend des clichs1 quelquefois on opre sous les rayons4 ,un aide inscrit toutes les observations4 ,cela dure autant qu'il est ncessaire1 l'heure est oublie1 seul importe le souci d'achever la besogne4 ,quelquefois un cas difficile occasionne un retard1 d'autres fois le travail progresse rapidement4 ,enfin1 la tche est finie4 ,on emballe le matriel dans les caisses1 et l'on retourne son port d'attache1 pour recommencer le mme jour ou bien le lendemain4 ,on comprend facilement que dans ces conditions de travail1 une quipe radiologique pouvait acqurir une exprience considrable ainsi que l'habitude de se dbrouiller1 faire face toutes les ventualits4 ,aussi1 quand le service de circulation se fut ralenti en raison de la multiplication des postes fixes et demi-fixes aux armes1 les quipages mobiles qui avaient rendu les plus grands services ont t constitus en quipes de perfectionnement pour visiter les nouveaux postes1 pour conseiller le personnel et pour contrler le fonctionnement4 ,pour le service de circulation1 des voitures lgres sont assurment d'un emploi plus facile4 ,aussi je pense1 qu' ct des voitures massives et solides1 on devrait toujours conserver un type de voiture trs mobile pour le secours d'urgence4 ,parmi les voitures radiologiques du ,patronage1 la plus lgre emportait un matriel de #bej kilos1 suffisant pour les besoins2 c'tait un petit chssis carrosserie trs lgre1 pouvant passer dans des chemins troits et circulant avec rapidit2 plusieurs chefs de service aux armes m'ont exprim le vif dsir de disposer de voitures de ce genre pour un service rapide4 ,il convient de remarquer que les voitures radiologiques peuvent1 dans certains cas1 utiliser le courant lectrique des hpitaux o elles viennent travailler4 ,elles ne servent alors que pour transporter le matriel et le personnel1 et s'il s'agit de petites distances dans une ville et dans ses environs1 une voiture cheval peut remplacer une voiture automobile4 ,les voitures radiologiques qui ont fourni un travail intensif pendant la guerre 7certaines ont permis d'examiner #aj #jjj blesss et davantage7 ne sont pas condamnes disparatre dans la priode de paix4 ,elles continueront tre utilises1 d'abord dans les rgions libres1 puis dans toute la ,france et ses colonies1 pour assurer l'examen radiologique de malades non transportables dans des localits dpourvues de postes fixes1 et pour suppler comme postes de secours aux arrts de fonctionnement des postes fixes par suite d'accidents4 ,ainsi pourra-t-on tirer parti de l'acquit que cette forme particulirement active du service de radiologie doit la guerre4 ,,iv ,,travail ,,radiologique ,,dans ,,les ,,hopitaux ,quels sont donc les services que l'on pouvait attendre pendant la guerre de l'examen radiologique d'un bless ou d'un malade8 ,voici la rponse cette question3 ,la prsence d'un corps tranger3 balle1 clat d'obus1 peut tre constate1 en gnral trs facilement1 l'aide des rayons ,x4 ,on peut donc s'assurer si le projectile est effectivement rest dans le corps1 ce qui est1 dans bien des cas1 matire discussion1 surtout quand il s'agit de projectiles multiples4 ,ayant rsolu ce premier point1 on peut aller plus loin et prciser trs exactement la position du projectile1 au moyen de mthodes spcialement tudies dans ce but4 ,le chirurgien peut alors procder l'extraction du projectile avec de grandes chances de succs4 ,au contraire1 en l'absence de l'examen radiologique1 il arrive souvent que l'extraction ne peut tre tente1 ou bien qu'elle est essaye infructueusement une ou plusieurs fois4 ,l'examen radiologique est galement trs utile dans le cas de fractures osseuses4 ,il permet de se rendre compte de l'aspect de la fracture1 d'effectuer une rduction et d'en suivre les progrs1--de reconnatre la prsence d'esquilles1 d'examiner l'tat des articulations1 de surveiller la formation normale ou anormale de la matire osseuse4 ,enfin1 on peut se servir des rayons ,x1 non seulement pour leur demander un renseignement pralable1 mais aussi au cours mme des oprations1 pour guider chaque instant l'action du chirurgien4 ,on dit alors que l'opration est effectue sous le contrle des rayons4 ,quand il s'agit d'un malade1 l'examen radiologique permet1 dans bien des cas1 de reconnatre des lsions internes1 telles que des maladies de l'estomac ou des poumons4 ,l'examen de lsions pulmonaires a eu1 pendant la guerre1 une importance considrable4 ,quand il s'agit d'un homme guri mais ayant contract une infirmit1 on a recours l'examen radiologique pour constater celle-ci1 en vue d'un certificat de rforme4 ,on peut affirmer que l'examen radiologique a sauv la vie un grand nombre de blesss et en a prserv beaucoup d'autres d'infirmits futures4 ,les projectiles qui sjournent dans le corps y occasionnent souvent des suppurations persistantes1 quelquefois des phnomnes de paralysie2 leur extraction sans localisation exacte est souvent dangereuse4 ,d'autre part1 les fractures doivent tre surveilles trs attentivement pour que la gurison se fasse avec un minimum de dformation ultrieure4 ,nous examinerons successivement les points principaux qui mritent d'attirer l'attention dans le domaine de la technique radiologique4 99 99 99 99 99 ,,caract,,res ,g,,om,,triques ,,de ,l',,image4--,la source des rayons ,x est au foyer de l'ampoule productrice2 ce foyer tant de petites dimensions1 on peut considrer que la source d'missions est ponctuelle4 ,les rayons issus du foyer forment donc un cne et1 en rencontrant l'cran radioscopique ou la plaque radiographique1 ils dterminent une figure qui a les proprits d'une projection conique4 ,illustration3 ,fig4 #c et ,fig4 #d4 ,la projection conique a pour effet de donner d'un objet une image agrandie et dforme1 et cela d'autant plus que les rayons sont plus obliques4 ,l'ensemble de ces dformations rappelle celles bien connues des ombres dites chinoises que nous observons sur un mur clair par une lampe ou une bougie1 avec interposition d'objets opaques la lumire4 ,les figures #c et #d reprsentent l'aspect des ombres projetes par deux sphres mtalliques de mme volume1 par exemple1 par deux balles de shrapnell1 ingalement distantes de l'cran ou de la plaque qui servent de plan de projection4 ,dans la figure #c1 les rayons issus du foyer ,f sont1 en moyenne1 perpendiculaires au plan de projection ,p4 ,les ombres ont des dimensions ingales3 la balle ,b qui est proche du plan ,p1 donne une ombre peine agrandie1 tandis que la balle ,b qui en est plus loigne donne une ombre agrandie dans le rapport de #a #b3 les deux ombres sont peu prs circulaires4 ,la figure #d nous montre1 au contraire1 l'effet d'une projection oblique2 l'ombre de la balle ,b est agrandie dans le mme rapport que prcdemment dans la direction perpendiculaire aux rayons1 mais l'agrandissement est plus important suivant la direction ,,ox qui est la trace sur le plan de projection de la direction moyenne du faisceau de rayons passant par la balle4 ,de sorte que1 non seulement1 la balle parat plus agrandie que dans le cas prcdent4 mais elle parat1 de plus1 dforme2 son ombre s'allonge dans la direction ,,ox4 ,illustration3 ,fig4 #e4 ,quant la balle ,b1 trs proche du plan de projection1 son ombre est galement dforme1 tout en tant moins agrandie4 ,supposons que l'on place une haltre dans une position oblique par rapport l'cran radioscopique1 qui lui-mme reoit les rayons passant par cette haltre suivant une direction moyenne oblique4 ,on voit que l'apparence de l'ombre donnera une opinion inexacte sur la forme de l'objet2 les deux boules paratront de forme allonge1 et de dimensions ingales2 la barre de jonction pourra paratre allonge ou raccourcie selon l'inclinaison qu'elle possde par rapport l'cran 7fig4 #e74 ,illustration3 ,,planche ,v4--p4 #df--,radiographie d'une paule4 ,les parties des ctes qui sont les plus rapproches de la plaque donnent des ombres nettes et troites2 les parties plus loignes donnent des ombres moins nettes et largies4 ,la planche ,v nous montre la radiographie d'un thorax1 sur laquelle on reconnat les dformations invitables de la projection4 ,les ctes apparaissent trs largies dans leurs portions loignes de la plaque1 par rapport aux portions rapproches de la plaque4 ,pour rduire au minimum les dformations des images radioscopiques et radiographiques1 il convient de les obtenir1 autant que possible1 en projection normale1 c'est--dire en utilisant des rayons1 dont la direction est1 en moyenne1 perpendiculaire l'cran radioscopique ou la plaque radiographique4 ,si1 par exemple1 la plaque est place sur une table1 au-dessus de laquelle se trouve l'ampoule1 il est facile de s'assurer1 l'aide d'un fil plomb1 que la condition est approximativement ralise4 ,de plus1 il y a avantage appliquer sur la plaque la rgion radiographier1 de manire ne point exagrer l'agrandissement2 pour la mme raison1 on peut loigner l'ampoule de la plaque autant que le permet la diminution d'intensit qui en rsulte4 ,dans les applications pratiques1 la distance de l'ampoule la plaque ou l'cran est d'environ #ej centimtres4 ,un dispositif spcial permet de centrer l'ampoule l'intrieur d'une calotte sphrique tenue dans le pied porte-ampoule et munie d'un diaphragme opaque ouverture variable 7fig4 #f74 ,quand le diaphragme est presque entirement ferm1 le faisceau troit de rayons qui passe par son orifice doit tre perpendiculaire au plan du diaphragme si l'ampoule est bien centre2 ce faisceau prend alors le nom de rayon normal et on doit le diriger vers la partie centrale de la rgion examine1 aprs quoi on peut ouvrir le diaphragme autant qu'il est ncessaire pour irradier toute la rgion4 ,en rgle gnrale1 le diaphragme est parallle l'cran radioscopique ou la plaque1 de sorte que le rayon normal leur est perpendiculaire2 on ne s'carte de cette rgle que dans des circonstances particulires4 ,illustration3 ,fig4 #f4 ,,radioscopie ,,et ,,radiographie4--,puisque l'emploi de rayons ,x nous offre deux mthodes d'examen1 quelles sont les considrations qui doivent guider notre choix et nos prfrences pour l'emploi de chacune de ces mthodes8 ,l'exprience des annes de guerre a grandement contribu nous clairer sur la rponse qui peut tre faite cette question1 plus spcialement en ce qui concerne la radioscopie4 ,cette mthode d'examen n'tait pas encore trs employe en ,france avant la guerre2 elle faisait cependant dj l'objet d'un excellent enseignement fait l'hpital ,saint-,antoine1 par ,m4 le ,dr ,bclre1--enseignement qui mettait clairement en vidence la valeur fondamentale des procds radioscopiques4 ,la comparaison de la radioscopie et de la radiographie peut tre faite divers points de vue4 ,ainsi tout d'abord il est clair que l'examen radioscopique1 ne comportant pas de manipulations de prises de plaques et de leur dveloppement1 doit tre prfr dans tous les cas o il est important de rduire le temps consacr l'examen et l'encombrement du matriel employ4 ,c'est donc ce mode d'observation qui peut rendre le plus de services lors des affluences de blesss qui se produisent pendant les batailles1 dans les hpitaux du front ou l'arrire4 ,en effet1 mesure que la valeur de la radiologie a t reconnue1 on a compris que l'examen radiologique ne devait pas tre rserv certains blesss1 mais que tous sans exception devaient en bnficier1 pour viter des erreurs de diagnostic1 toujours possibles1 et des lacunes d'observation dont les consquences peuvent tre funestes4 ,compris de cette manire1 l'examen radiologique joue un rle important dj lors du premier triage des blesss dans les hpitaux d'vacuation2 tel bless qui aurait pu tre sauv par des soins immdiats1 succombera si1 par inadvertance1 on le soumet un transport fatigant dans un hpital loign4 ,pendant les longues batailles de la grande guerre la tche des hpitaux qui recevaient le flot des blesss tait souvent crasante4 ,jour et nuit1 des quipes de chirurgiens1 accompagns de leurs aides1 se relayaient dans une besogne incessante4 ,il fallait faire face au plus press1 assurer toutes les interventions indispensables1 et cependant renvoyer l'arrire tous les blesss susceptibles d'tre transports1 pour viter la menace constante de l'embouteillage3 encombrement et impossibilit de recevoir les nouveaux arrivants4 ,c'est lors de la bataille de la ,somme que l'examen radiologique a commenc tre pratiqu dans ces conditions si difficiles3 des quipes radiologiques travaillant concurremment avec les quipes chirurgicales et transmettant aux chirurgiens les rsultats de chaque examen radioscopique4 ,ainsi1 l'examen radioscopique joue1 dans ce cas1 le rle de l'examen d'urgence1 le seul que permettent les circonstances1 le seul compatible avec la ncessit de ne point consacrer1 en moyenne1 plus de quelques minutes chaque bless4 ,pourtant1 ce n'est pas l son rle unique2 son application est bien plus vaste1 et nous allons facilement nous rendre compte que l'examen radioscopique doit1 en principe1 prcder l'examen radiographique1 quelles que soient les conditions de travail particulires de l'hpital1 au front ou l'arrire4 ,pour que la radiographie donne un rsultat satisfaisant1 il est ncessaire1 en effet1 que l'endroit exact de la lsion soit pralablement connu1 de sorte que l'on puisse placer la plaque dans la position la plus favorable par rapport au corps du bless et donner ensuite la meilleure direction aux rayons4 ,mais1 le plus souvent1 ce renseignement pralable sur la lsion est trs sommaire1 ce dont on peut donner de nombreux exemples4 ,s'il s'agit d'une fracture1 on n'en connat pas l'avance l'extension exacte4 ,s'il s'agit de la prsence de corps trangers1 balles ou clats d'obus1 la prsomption dont on dispose le plus souvent consiste observer un orifice d'entre sans orifice de sortie correspondant4 ,c'est l une indication bien prcaire1 car elle ne renseigne ni sur le nombre des clats qui ont pu pntrer1 ni sur leur position mme approximative4 ,il arrive qu'un projectile ne pntre pas1 mais rebondit la surface4 ,il arrive1 au contraire1 qu'il pntre trs loin de son point d'entre1 ayant accompli quelquefois un trajet vritablement dcevant2 il arrive encore qu'ayant pntr1 il se dplace ensuite l'intrieur du corps4 ,la radioscopie pratique avec dplacement de l'ampoule le long du corps du bless permet d'examiner toute l'tendue de la rgion atteinte et des rgions voisines4 ,elle permet de dcouvrir tous les corps trangers qui ont des dimensions de quelque importance1 et d'en obtenir la localisation prcise2 elle dtermine l'tendue des fractures et leur aspect qu'on peut fixer par des dessins nomms calques2 elle rvle des lsions pulmonaires ou autres4 ,souvent1 elle suffit pour fournir un premier renseignement sur l'tat du bless1 tout au moins avant son transport dans l'hpital o il devra sjourner jusqu' sa gurison4 ,si l'on juge utile de complter ce renseignement par la radiographie1 celle-ci pourra tre excute en connaissance de cause1 sur une rgion exactement dlimite et avec une plaque de dimensions suffisantes1 mais non exagres4 ,on pouvait rencontrer1 au dbut de la guerre1 des services radiologiques o l'emploi de la radioscopie tait inconnu4 ,on y trouvait profusion des plaques de grandes dimensions1 #bd #cj et #cj #dj centimtres4 ,un coup d'il suffisait pour juger de l'utilisation de ces plaques4 ,parfois1 il en avait fallu plusieurs1 prises successivement1 pour dcouvrir la lsion cherche2 d'autres fois1 celle-ci occupait un coin ou une extrmit de la plaque4 ,avec l'extension de la radioscopie1 cet abus de plaques a disparu2 le nombre des plaques utilises par bless a diminu considrablement1 leurs dimensions ont diminu de mme2 les plaques #cj #dj1 fort coteuses et d'un maniement peu commode1 sont devenues d'un emploi rare1 cdant la place aux formats infrieurs3 #bj #cj1 #bd #ah et mme #ac #ah centimtres4 ,tous ceux qui ont pratiqu la radiologie de guerre1 pourraient citer de nombreux exemples qui prouvent la ncessit de l'examen radioscopique pralable et dont plusieurs ont t signals dans des publications spciales4 ,il m'est arriv de retrouver sous l'omoplate un clat d'obus qui avait pntr par la face externe du bras et qui avait d ensuite passer par l'aisselle4 ,une balle qu'on supposait dans le thorax1 a t trouve dans le bassin4 ,il est clair que dans ces cas1 la radiographie aurait pu conduire un chec1 sans le secours de la radioscopie4 ,il peut en tre de mme quand le projectile situ dans le thorax1 se dplace beaucoup avec la respiration et ne peut tre radiographi qu'au moyen d'un instantan exigeant un appareil plus puissant que celui dont on dispose4 ,enfin1 les examens de poumons et les oprations sous le contrle des rayons1 sur lesquels je reviendrai plus loin1 utilisent la radioscopie4 ,est-ce dire que la radiographie doive tre considre comme superflue8 ,ce serait1 certes1 une grande faute1 au contraire1 que d'en mconnatre l'importance4 ,la radiographie nous donne des images sur lesquelles les dtails peuvent tre apprcis avec plus de prcision qu'en radioscopie4 ,ces images peuvent tre conserves titre de documents toujours disponibles en cas de besoin4 ,la radiographie peut1 de plus1 tre pratique avec moins de danger pour l'oprateur1 en ce qui concerne les radiodermites qui peuvent tre provoques par les rayons4 ,elle est pratique en plein jour avec des plaques enveloppes de papier noir4 ,enfin1 la technique de la radiographie n'exige pas l'intervention constante du mdecin spcialiste2 celui-ci peut se faire aider par un manipulateur plus facilement qu'en radioscopie o la comptence mdicale est presque constamment exige1 sauf dans des cas particulirement simples4 ,ainsi la radioscopie et la radiographie ont chacune leur domaine et leur utilisation2 elles s'entr'aident et se compltent mutuellement1 la radioscopie ayant pour mission l'examen prliminaire1 la radiographie ayant un rle de perfectionnement et d'enregistrement des rsultats4 99 99 99 99 99 ,,quelques ,d,,tails ,,sur ,,la ,,radioscopie4--,pour tre efficace1 l'examen radioscopique doit tre pratiqu dans de bonnes conditions4 ,l'oprateur doit disposer d'une intensit de rayonnement suffisante2 l'exprience a montr qu'on peut examiner toutes les parties du corps humain au moyen d'une ampoule traverse par un courant d'environ #b milliampres sous une diffrence de potentiel d'environ #ej4jjj volts 7#aj centimtres environ d'tincelle quivalente au spintermtre pointes74 ,mais pour que l'oprateur puisse se servir utilement de cette intensit1 il est indispensable que son il soit adapt la vision radioscopique par un sjour dans l'obscurit de plusieurs minutes et mme d'un quart d'heure1 quand la lumire extrieure est trs vive4 ,l'impatient qui n'observe pas cette rgle ne gagne rien regarder prmaturment2 il n'aperoit aucun dtail et s'expose douter du rglage de ses appareils1 alors qu'au bout de quelques minutes l'image radioscopique s'claircit pour lui comme par miracle4 ,une bonne obscurit est donc de rigueur dans une salle o l'on fait de la radioscopie4 ,si l'on ne veut ou ne peut faire l'obscurit1 l'oprateur peut employer un cran radioscopique bonnette1 dispositif qui permet de garantir compltement les yeux de la lumire ambiante1 en les appliquant sur les deux ouvertures d'une chambre noire au fond de laquelle se trouve l'cran4 ,dans la pratique de l'examen radioscopique1 l'emploi du diaphragme est de la plus grande utilit4 ,on constate1 en effet1 qu'en rduisant le champ de vision autour du rayon normal1 on augmente dans une large mesure la nettet de la vision4 ,on pourra1 par exemple1 distinguer les dtails des articulations que l'on ne voit pas aussi bien quand le diaphragme est grand ouvert4 ,on pourra de mme dcouvrir des corps trangers de petites dimensions dans les rgions paisses du corps o ils passent facilement inaperus4 ,le bnfice de la rduction du champ tient en partie la suppression des rgions claires environnantes1 en partie la suppression d'un effet nuisible d aux rayons dits secondaires4 ,ces rayons prennent naissance dans les parties du corps traverses par les rayons directs issus du foyer de l'ampoule2 ils forment une sorte de rayonnement diffus qui compromet l'apparition des contrastes sur l'image1 mais dont l'importance est grandement rduite par le diaphragme quand celui-ci a une faible ouverture4 99 99 99 99 99 ,,examen ,,des ,,fractures4--,on peut dire que les soins ncessits par les fractures d'os ont absorb la plus grande partie du temps consacr aux blesss dans les hpitaux4 ,non seulement ces fractures se sont produites en nombre considrable1 mais de plus1 elles ont t souvent trs longues atteindre un tat de gurison plus ou moins complte et ont occasionn aux blesss des souffrances longues et souvent cruelles4 ,mme quand elles offrent peu de gravit1 qu'il n'y a ni esquille ni perte de matire osseuse1 ni suppuration1 la rparation qui se fait par soudure des fragments grce la formation d'os nouveau demande tout au moins plusieurs semaines4 ,aprs un repos suffisant1 avec maintien de l'os fractur dans la position dans laquelle il doit se consolider1 il se forme un cal1 rgion de soudure trs parfaite dans les cas les plus favorables4 ,quand la fracture est grave1 quand elle porte sur des os trs importants1 quand il y a eu broiement ou solution de continuit importante1 la gurison est beaucoup plus longue et plus difficile4 ,ces terribles fractures dont on a tant vu pendant la guerre1 comportent souvent de nombreuses esquilles qui entretiennent une suppuration persistante1 et ncessitent des interventions de nettoyage4 ,les os1 trs profondment atteints1 ne sont pas toujours en tat de se reformer2 la science chirurgicale russit cependant obtenir dans bien des cas des rsultats merveilleux1 par l'emploi de greffes osseuses qui facilitent la soudure en comblant les vides au moyen de portions d'os sain1 et par l'application d'agrafes qui maintiennent en liaison les fragments d'os jusqu' la rparation4 ,toutes ces fractures graves ncessitent des prcautions spciales pour que le cal tant souhait se forme correctement1 de manire conserver aux fragments d'os une bonne position1 et ne point entraner de dformations exagres qui occasionnent des infirmits4 ,la chirurgie dispose pour cela d'appareils spciaux destins maintenir en position normale les os fracturs3 gouttires1 appareils pltrs1 etc42 elle emploie aussi des mthodes de travail telles que l'extension permanente1 frquemment pratique dans les fractures du fmur4 ,dans toutes les phases de ces efforts laborieux pour obtenir la gurison dans les meilleures conditions possibles1 et pour rparer dans une certaine mesure mme ce qui parat irrparable1 le chirurgien a constamment recours aux rayons ,x1 guide et conseil le plus parfait qu'il puisse avoir sa disposition4 ,le bless est gnralement apport sur un brancard dans la salle de radiologie et couch sur la table1 au-dessous de laquelle se trouve l'ampoule rayons ,x2 l'cran radioscopique est plac sur le corps dans la rgion de la fracture4 ,le premier coup d'il jet sur la fracture l'aide de l'cran radioscopique nous apprend sa gravit1 son extension1 le degr de dlabrement1 l'importance des esquilles1 l'cart des os de la position normale4 ,cet aspect est gnralement aussitt fix au moyen d'un dessein fait sur le verre qui recouvre l'cran et report ensuite par transparence sur un papier calque4 ,pour avoir une opinion juste sur la direction des os1 il est utile de faire deux calques dans des plans diffrents1 par exemple une vue de face et une vue de profil1 quand le dplacement du bless est possible4 ,et mme si la souffrance prouve par le malade ne permet pas un retournement1 on peut encore dans bien des cas1 obtenir un calque de profil1 en plaant l'ampoule au niveau du corps1 latralement1 de manire envoyer les rayons dans une direction horizontale1 par exemple au travers d'une cuisse ou d'une jambe1 de l'autre ct de laquelle l'cran est dispos verticalement4 ,si l'on a eu soin de bien centrer l'ampoule1 pour oprer avec les rayons voisins du rayon normal1 on se trouvera dans de bonnes conditions pour obtenir des images nettes et pour tracer des calques corrects4 ,les calques obtenus sont conservs comme documents1 et il y a lieu d'en prendre de temps en temps de nouveaux1 soit pour suivre les progrs de la gurison1 soit pour constater les rsultats d'une intervention chirurgicale1 destine nettoyer le foyer de fracture ou rectifier la position des os4 ,l'ensemble de ces calques reproduit l'histoire de la lsion1 histoire parfois douloureuse1 mais plus souvent rconfortante1 car l'effort persvrant conduit amliorer dans une large mesure des cas qui paraissent dsesprs4 ,le travail qui vient d'tre dcrit peut se faire par la radioscopie seule4 ,toutefois1 la radiographie est d'un grand secours1 et il est dsirable de la pratiquer quand les conditions le permettent2 elle est mme1 quelquefois1 d'une vritable ncessit4 ,les plaques peuvent tre prises dans les positions les plus favorables1 reconnues l'aide de la radioscopie2 les dimensions des plaques peuvent donc tre rduites au strict ncessaire4 ,le rayon normal passe en gnral par la rgion centrale de la plaque4 ,l'image obtenue peut tre examine loisir2 elle offre des dtails plus fins que ceux qu'il est possible de distinguer en radioscopie4 ,certaines fractures trs fines1 sans dplacement des fragments d'os1 peuvent passer inaperues pour l'observation radioscopique1 mais apparaissent trs nettement sur une bonne radiographie#a4 ,celle-ci peut donc donner un complment d'information et1 de plus1 elle fournit1 partir des clichs ngatifs1 des tirages positifs1 trs suprieurs en perfection aux calques les mieux dessins et1 de plus1 indpendants de l'interprtation du dessinateur4 ,illustration3 ,,planche ,,vi4--,radiographie d'une jambe dans du pltre4 ,fracture des deux os avec dplacement4 ,a gauche3 vue de face4 ,a droite3 vue de profil4 ,illustration3 ,,planche ,,vii4--,radiographie d'un avant-bras4 ,fracture du radius avec perte de substance4 ,a gauche3 vue de face4 ,a droite3 vue de profil4 ,les preuves radiographiques sont obtenues1 le plus couramment1 en plaant l'ampoule au-dessus de la table sur laquelle repose le malade2 la plaque est alors introduite entre la table et le corps1 enferme dans un chssis ou enveloppe d'une pochette de papier noir4 ,mais on peut aussi placer l'ampoule sous la table1 comme pour la radioscopie et la plaque sur le corps du malade la place de l'cran radioscopique4 ,ce procd est trs avantageux lorsqu'on veut complter un examen radioscopique par une radiographie1 sans perte de temps et sans fatigue supplmentaire pour le bless1 avec la certitude de reproduire sur la plaque la rgion mme que l'on vient d'observer sur l'cran4 ,les planches ,,vi et ,,vii reproduisent des radiographies de fractures suivant des documents originaux4 ,on peut s'y rendre compte de la diffrence d'aspect d'images obtenues de face et de profil4 ,les planches ,,viii et ,,ix reprsentent des fractures en voie de gurison1 avec formation de cal4 ,la radioscopie offre encore1 en ce qui concerne les fractures1 une application particulirement intressante4 ,on peut s'en servir pour procder sous le contrle des rayons1 la remise en position1 c'est--dire la rduction des os fracturs4 ,cette rduction faite au jug1 quand on n'opre pas sous ce contrle1 prsente quelquefois des difficults et il y a peu de chance de la russir du premier coup4 ,on conoit qu'un meilleur rsultat puisse tre obtenu quand on est guid par la vision directe4 ,il est ncessaire seulement de voir les os sous des aspects diffrents1 de manire viter les erreurs rsultant du manque de perspective4 ,c'est ce qu'on ralise1 en dplaant l'ampoule sous la table dans une direction perpendiculaire aux os2 si leur position relative reste correcte lors de ce mouvement de va-et-vient1 on peut avoir confiance que la rduction a t obtenue d'une manire satisfaisante4 ,il m'est arriv de suivre pendant un temps assez long des fractures graves soignes en vue d'amlioration progressive4 ,ainsi1 plusieurs fractures de fmur1 qui comportaient primitivement des dplacements et des chevauchements trs grands ont cd une rduction convenablement exerce et se sont consolides finalement dans des conditions plus favorables qu'on n'aurait os l'esprer4 ,le progrs de ces gurisons a t frquemment contrl par la radiographie1 et1 grce la facilit de transport de l'appareillage1 tous les clichs de cette srie ont t pris sur les malades couchs dans leurs lits1 avec les appareils d'extension4 ,illustration3 ,,planche ,,viii4--,radiographie d'un avant-bras4 ,fracture consolide par un cal4 ,illustration3 ,,planche ,,ix4--,fracture du tibia4 ,cal lacunaire4 ,esquilles osseuses libres4 ,les os qui ont souffert d'une fracture grave1 sont sujets devenir transparents aux rayons ,x par suite de la perte de chaux rsultant de la suppuration4 ,les os ainsi dcalcifis se voient mieux sur un clich obtenu avec des rayons mous qu'en radioscopie1 et c'est l une raison srieuse en faveur de l'emploi de la radiographie4 ,la mme observation s'applique l'os nouveau ou cal en voie de formation1 qui n'a pas encore accumul les sels de chaux de la constitution normale2 un cal semblable peut passer inaperu sur une image radioscopique4 99 99 99 99 99 ,,la ,,localisation ,,des ,,projectiles4--,parmi toutes les applications de guerre de la radiologie1 c'est la localisation des corps trangers1 balles ou clats d'obus1 qui a excit le plus vivement l'intrt du public aussi bien que celui des spcialistes chargs des examens radiologiques4 ,cet intrt se comprend facilement1 car non seulement il s'agit l d'une opration trs utile dont dpend parfois la vie du bless1 mais1 de plus1 l'apparition du corps tranger dans le champ de vision produit un effet particulirement saisissant2 la dcouverte de ce corps et la dtermination de sa position constituent un problme qui excite un trs haut point l'ingniosit de l'oprateur4 ,aussi les mthodes employes se sont-elles multiplies2 leur varit peut paratre quelque peu dconcertante aux personnes qui connaissent peu la question4 ,il est facile cependant de dgager quelques principes gnraux sur lesquels reposent toutes ces mthodes2 c'est ces principes qu'il faut accorder une importance prpondrante1 plutt qu'aux dispositifs spciaux dont chacun entre les mains d'un oprateur habile peut rendre de grands services1 sans cependant pouvoir prtendre reprsenter la seule mthode efficace1 l'exclusion de toutes les autres4 ,je dirai mme qu' mon avis1 l'oprateur doit connatre et pratiquer plusieurs mthodes1 car leurs avantages respectifs sont variables suivant le cas considrer4 ,avant d'aborder l'expos des principes de localisation1 demandons-nous d'abord s'il y a une utilit relle extraire les corps trangers4 ,l'opinion des mdecins ce sujet a subi quelques fluctuations au cours de la guerre1 les uns affirmant qu'un projectile qui ne semble pas occasionner de perturbation doit tre laiss en repos1 les autres prconisant l'extraction obligatoire4 ,il est clair que la question ne peut tre discute utilement sous une forme aussi absolue4 ,en effet1 une premire restriction est faire1 eu gard aux conditions de l'extraction4 ,il est prfrable de renoncer une extraction non urgente1 plutt que de la faire dans de mauvaises conditions1 avec un matriel ou un personnel insuffisant4 ,si nous supposons qu' ce point de vue la scurit est complte1 on pourra affirmer1 en se basant sur l'ensemble des opinions les plus autorises1 que1 tout au moins1 quand la blessure est rcente1 il y a toujours intrt tenter l'extraction4 ,en effet1 les corps trangers sont1 dans l'organisme1 une cause frquente de suppurations1 soit parce qu'ils ont entran avec eux des germes d'infection1 des dbris de terre ou de vtements souills1 soit mme seulement parce que par leur contact ils irritent les tissus et en empchent la gurison4 ,d'autre part1 quand la plaie est neuve1 le trajet ouvert1 l'extraction est souvent trs facile2 souvent le chirurgien peut suivre le trajet1 sans dlabrement supplmentaire1 quand il est aid par l'examen radiologique2 il peut1 dans bien des cas1 retirer en peu de minutes un ou plusieurs clats qui se trouvent dans la plaie4 ,ainsi1 toute cause d'infection se trouve supprime par une opration facile et bnigne1 alors qu'ayant abandonn un projectile dans la plaie1 on risque la ncessit d'une opration faire plus tard dans des conditions moins favorables1 souvent avec fivre et suppuration4 ,ces corps trangers faciles atteindre1 formaient la grande majorit du nombre total2 l'utilit de leur extraction immdiate a t si bien reconnue par les chirurgiens que1 dans les dernires annes de la guerre1 on les oprait frquemment quelques heures seulement aprs la blessure1 dans des ambulances toutes proches de la ligne de feu4 ,les blesss ainsi oprs gurissent trs rapidement4 ,quand la blessure est grave1 et que le corps tranger a pntr plus profondment1 la dcision prendre est moins vidente4 ,certains blesss ne peuvent1 pendant quelque temps1 tre oprs sans danger1 et il peut tre plus prudent de s'abstenir de toute intervention4 ,pourtant1 il est rare que l'on ait intrt abandonner dans le corps des clats d'obus ou des balles2 il est1 en tout cas1 vident qu'il n'aurait pu tre question d'y abandonner des fragments de grosses dimensions1 frquemment observs pendant la guerre 7voir planche ,x74 ,j'en ai vu1 plusieurs reprises1 qui ne mesuraient pas moins de #aj centimtres dans leur plus grande dimension1 et l'on peut s'tonner qu'une masse semblable1 pntrant la vitesse de quelques centaines de mtres la seconde1 ne produise pas de rsultats encore plus meurtriers que ceux que nous avons eu dplorer4 ,illustration3 ,,planche ,x4--,radiographie d'une main4 ,on voit un gros clat d'obus dont la prsence a t rvle par la radiographie4 ,fractures de deux os du carpe et du mtacarpe4 ,les clats d'obus peuvent occasionner des troubles1 non seulement par leurs dimensions1 mais aussi par leur forme irrgulire1 leur surface rugueuse1 leurs artes vives1 pointes ou crochets2 ils ne sauraient1 mme quand ils sont petits1 tre tolrs dans les articulations dont ils empchent le fonctionnement4 ,on doit de mme1 si possible1 retirer de l'il le plus petit grain mtallique qui risquerait de compromettre la vue4 ,enfin1 certains corps trangers mettent le bless en danger de mort1 par le trouble qu'ils apportent dans des rgions vitales telles que le cerveau1 la moelle pinire1 le cur1 les poumons1 ou par la pression qu'ils exercent sur les troncs nerveux ou les vaisseaux sanguins4 ,dans des cas de ce genre1 non seulement l'extraction doit tre tente1 mais il peut mme arriver que le salut du bless par cette opration soit une question d'heures1 et que la plus grande hte s'impose1 ainsi que la plus grande perfection de l'intervention4 ,je puis citer comme exemple le cas d'un bless dont la fin paraissait proche et qui a1 nanmoins1 pu tre sauv grce un examen radiologique logique qui a permis l'extraction d'un clat d'obus situ dans la rgion postrieure du crne4 ,je crois avoir fait comprendre par ce qui prcde l'importance de l'extraction des projectiles pendant la guerre4 ,je suis dispose croire que cette importance n'a pu encore qu'tre sous-estime1 car les causes de souffrance des blesss ont t multiples et n'ont pu1 dans tous les cas1 tre discernes compltement4 ,j'ai gard le souvenir d'une sance d'examens radiologiques dans un hpital o se trouvait1 entre autres1 un jeune bless1 dprissant depuis quelques semaines1 avec le bassin fractur4 ,on avait peu d'espoir de le sauver4 ,l'examen radiologique fut trs pnible1 en raison de la difficult de placer ce pauvre malade qui souffrait cruellement et ne pouvait tre redress4 ,ayant pris1 tout d'abord1 la radiographie du bassin1 on procda la radioscopie des membres infrieurs4 ,celle-ci fit apercevoir au-dessus du genou un clat d'obus de dimensions considrables qui fut repr et aussitt extrait d'une poche de pus grande quantit de liquide4 ,on ne croyait pas sur le moment que cette opration1 quoique ncessaire1 aurait une grande rpercussion sur l'tat du bless qui semblait souffrir surtout de sa fracture du bassin4 ,pourtant1 aprs quelques semaines1 j'appris que1 du jour mme de l'opration1 l'tat du bless s'amliora avec rapidit et devint bientt tout fait satisfaisant4 ,le bloc de fonte contenu dans la cuisse avait videmment entretenu une grosse suppuration et un empoisonnement rgulier de l'organisme2 ds que cette cause d'tat morbide eut disparu1 le jeune organisme reprit le dessus1 et le bless qu'on avait jug perdu fut en tat de rparer ses graves lsions osseuses4 ,ayant ainsi reconnu l'importance de l'extraction des projectiles1 nous pouvons aussitt affirmer que pour leur extraction1 l'emploi de la radiologie est indispensable4 ,cette vrit1 peu rpandue au dbut de la guerre1 ne serait plus aujourd'hui conteste par personne2 et nul chirurgien n'accepterait plus aujourd'hui d'oprer un projectile sans connatre les renseignements fournis par le radiologiste4 ,trop souvent1 en effet1 uniquement guid par la position de la plaie1 le chirurgien a vainement cherch l'clat d'obus ou la balle dont il n'avait pu apprcier le trajet1 parfois considrable2 trop souvent1 malgr de multiples entailles et des dlabrements de grande tendue1 le projectile s'est drob une recherche longue et obstine4 ,nul n'accepterait plus de tenter cette aventure dcevante de chercher ttons et coups de bistouri le corps tranger souvent englob dans des tissus qui en interceptent le contact4 ,et qui donc1 en effet1 pourrait s'y rsoudre1 sachant que1 grce aux rayons ,x1 il lui est possible de voir de ses propres yeux l'objet cach et d'avoir une indication exacte de la position de celui-ci8 ,seule1 la pnurie de matriel et le manque d'information ont pu1 au dbut de la guerre1 permettre les oprations sans examen radiologique pralable1 que1 plus tard1 on et considres comme criminelles4 ,ainsi il m'est arriv de faire l'examen du crne d'un soldat qui avait t trpan pour l'extraction d'un clat d'obus1 alors qu'il avait aussi dans la tte une balle de fusil dont on n'avait pas souponn l'existence4 ,est-ce dire que1 grce l'emploi des rayons1 on sera toujours assur du succs8 ,assurment non1 car la technique n'est pas encore parfaite1 et l'on peut manquer mme un projectile bien repr par l'examen radiologique4 ,mais la proportion des insuccs est change du tout au tout2 au lieu d'oprer l'aveuglette1 on opre bon escient4 ,quand un bon chirurgien est bien renseign par un radiologiste habile1 les insuccs sont une exception et ne se prsentent que dans des cas difficiles4 ,j'indiquerai dans la suite quelques-unes des conditions qui peuvent influer sur le rsultat4 ,passons maintenant l'examen des mthodes qui permettent de dterminer la position d'un projectile4 ,remarquons tout d'abord1 que cette position ne saurait tre dduite d'une seule image radioscopique ou radiographique1 pas plus que l'ombre d'un objet sur un mur ne nous fait connatre la position exacte de cet objet2 celui-ci peut1 en effet1 se dplacer le long de la ligne qui joint son ombre au foyer lumineux1 sans que l'ombre se dplace apprciablement4 ,pour juger de la position du projectile1 il nous faudra en principe1 deux images radioscopiques ou radiographiques qui constituent deux vues suffisamment diffrentes l'une de l'autre pour tre susceptibles d'une interprtation utile4 ,au dbut de la guerre1 la connaissance de la radioscopie tait trs peu rpandue2 celle de la radiographie l'tait davantage1 mais seulement sous forme de notions trs sommaires4 ,certains se contentaient cette poque de la radiographie simple de la rgion de la plaie1 sans radioscopie pralable4 ,un clich ainsi obtenu non seulement ne peut suffire1 mais il peut mme conduire une personne non avertie des interprtations errones1 car les rapports du projectile et des os se trouvent dforms par le mode de projection conique4 ,les oprateurs qui se rendaient compte de l'insuffisance de la radiographie simple1 la compltaient cette poque par une deuxime radiographie prise dans une position diffrente2 les deux vues taient prises1 en gnral1 l'une de face1 l'autre de profil4 ,les rsultats ainsi obtenus sont trs suprieurs ce que peut donner une radiographie simple4 ,si1 par exemple1 un clat d'obus est contenu dans un genou1 les vues prises de face et de profil nous apprendront si l'clat est situ par rapport aux os dans une position antrieure1 postrieure1 interne ou externe ou s'il a pntr l'intrieur d'un os ou de l'articulation 7pl4 ,,xi74 ,pourtant1 malgr ce perfectionnement important1 l'interprtation exacte restait encore difficile et incertaine1 car chacune des images tait dforme par la projection1 gnralement oblique4 ,de plus1 il existe des rgions qui1 en raison de leur paisseur1 ne se prtent pas la radiographie de profil2 c'est ce qui a lieu pour le thorax1 le bassin et la rgion lombaire4 ,on peut dire1 au total1 que le systme de clichs de face et de profil1 sans radioscopie pralable1 entrane une consommation de plaques et de temps1 tout fait en disproportion avec la valeur des rsultats obtenus4 ,les chirurgiens qui l'on donnait ainsi un renseignement incomplet sans qu'ils aient pu1 en gnral1 se rendre compte des erreurs d'interprtation possibles1 ont t trs frquemment dus par la vaine recherche de projectiles dont ils croyaient connatre la position par les vues radiographiques2 leur confiance dans la valeur de l'examen radiologique a t diminue d'autant1 et il a t quelquefois difficile de la rtablir nouveau4 ,cette radiographie nous a compltement tromps disait1 je m'en souviens1 l'un d'eux avec une conviction profonde1 aprs une opration manque qui l'avait particulirement affect4 ,la radiographie tait1 il est vrai1 innocente1 cependant le chirurgien tait tout de mme fond de se plaindre4 ,illustration3 ,,planche ,,xi4--,radiographie d'un genou4 ,petit clat d'obus2 les deux plaques permettent de se rendre compte de sa position approximative4 ,la radiographie de profil montre que l'clat est une trs faible profondeur l'avant du genou1 circonstance dont on ne peut se rendre compte sur la radiographie prise de face4 ,a gauche3 vue de face4--,a droite3 vue de profil4 ,tout procd de localisation prcis exige que la position du projectile puisse tre indique par une figure gomtrique simple1 ayant1 autant que possible1 des rapports avec des repres anatomiques lis au corps1 tels que les repres osseux4 ,la localisation peut tre faite par la radioscopie seule ou par la radioscopie suivie de radiographie4 ,sauf dans des cas d'impossibilit1 la radioscopie doit toujours tre faite en premier lieu1 parce qu'elle nous renseigne immdiatement sur la position approximative du projectile et parce que1 dans bien des cas1 elle suffit seule pour obtenir une localisation rapide et prcise4 ,si l'on a ensuite recours la radiographie pour obtenir des rsultats encore plus parfaits1 celle-ci se fait dans de bonnes conditions et n'utilise que des plaques de dimensions rduites4 ,l'observation radioscopique pralable comprend1 tout d'abord1 la recherche du projectile4 ,le bless est le plus souvent couch sur la table au-dessous de laquelle se trouve l'ampoule2 l'cran radioscopique est plac au-dessus du corps du bless4 ,l'oprateur explore la rgion dans laquelle on souponne la prsence du projectile1 en amenant l'ampoule au-dessous de cette rgion et en actionnant le diaphragme1 de manire restreindre le champ de vision autour du rayon normal1 pour examiner tel ou tel dtail4 ,le plus souvent1 les projectiles s'aperoivent facilement comme des taches sombres sur le fond clair des chairs1 mais dans certains cas1 la recherche prsente quelques difficults1 soit qu'il s'agisse de petits grains1 soit que l'ombre du projectile se projette sur celle d'un os1 soit encore que la rgion examiner soit paisse et opaque1 comme la rgion lombaire4 ,plus l'examen parat difficile1 plus il est ncessaire d'obtenir de l'il sa sensibilit maximum1 par un sjour suffisant dans l'obscurit4 ,un oprateur exerc peut faire rapidement cette exploration prliminaire2 elle lui apprend s'il y a prsence d'un ou plusieurs corps trangers et elle lui permet de marquer approximativement leur position1 afin de procder leur localisation prcise4 ,celle-ci est obtenue par des procds qui utilisent soit le dplacement du bless1 soit le dplacement de l'ampoule1 dans le but d'obtenir deux vues du projectile qui permettent d'en rapporter la position des repres marqus sur la peau4 ,voici la description de quelques-uns de ces procds4 ,une excellente mthode de localisation radioscopique est la mthode des axes4 ,l'oprateur observe le projectile sur l'cran radioscopique pour une certaine position du bless2 il marque sur la peau le point d'entre ,a et le point de sortie ,a' du rayon normal qui passe par le projectile ,p 7fig4 #g74 ,il se sert pour cela d'index opaques dont l'ombre se confond avec celle du projectile4 ,on obtient ainsi un axe ,,aa' sur lequel se trouve le projectile1 dans une vue prise1 par exemple1 de face4 ,s'il est possible de tourner le bless1 on recommence la mme opration dans une vue de profil et l'on obtient un deuxime axe ,,bb' qui coupe le premier au point mme ,p o se trouve le projectile4 ,pour mieux interprter le rsultat1 on reproduit la figure gomtrique forme par les extrmits des axes marqus sur la peau1 et l'on tend entre ces points des fils qui matrialisent les axes 7fig4 #h74 ,quand on ne peut tourner le bless pour obtenir le deuxime axe1 on dplace l'ampoule de manire faire varier le point d'entre et le point de sortie du rayon qui passe par le projectile4 ,sur la figure #i ,f et ,f' sont les deux positions successives du foyer de l'ampoule2 ,,aa' et ,,bb' sont les axes relatifs ces positions4 ,illustration3 ,fig4 #g--;,fig4 #h--;,fig4 #i ,la reproduction de la figure ,,aa',,bb' se fait facilement1 en mesurant sur la peau au compas les distances des points ,a1 ,a'1 ,b1 ,b' et en utilisant ces distances pour la construction du quadrilatre form par les quatre points4 ,la mthode des axes peut tre pratique avec une ampoule dpourvue de diaphragme1 dont la prsence est cependant trs utile au point de vue de la prcision des rsultats et de la protection de l'oprateur contre les rayons mis par l'ampoule4 ,la figure tant construite1 on peut mesurer la distance du projectile ,p l'un quelconque des #d repres1 et l'on sait ainsi que l'on trouvera le projectile1 en pntrant par exemple1 partir du point ,a dans la direction ,,aa1 sur une profondeur gale ,,ap4 ,le point d'accs choisi est celui qui est le plus rapproch du projectile quand les conditions anatomiques le permettent2 sinon1 c'est celui qui offre1 au point de vue chirurgical1 l'accs le plus facile4 ,la mthode des axes peut s'appliquer tout le corps1 mais elle est particulirement indique pour l'examen des membres4 ,quand il s'agit de projectiles assez superficiels1 dont la profondeur de pntration dans les membres ne dpasse gure #b centimtres1 cette mthode permet une extraction trs rapide et trs facile1 sans qu'il soit mme ncessaire de construire le graphique4 ,et comme les projectiles peu profonds ont t trs nombreux pendant la guerre1 la mthode des axes a trouv une application trs tendue4 ,cette mthode a1 d'ailleurs1 servi aussi pour la localisation de projectiles plus profonds1 et en ce cas1 son emploi a t associ avantageusement avec celui d'un compas spcial1 dont je dirai quelques mots plus loin4 ,mthode de la double image4--,cette mthode consiste obtenir pour le projectile deux images qui correspondent deux positions diffrentes de l'ampoule1 et en dduire la position relle du projectile4 ,voici comment on peut oprer par la radioscopie seule4 ,l'ampoule tant place sous la table que traversent les rayons1 dirigs de bas vers le haut1 on amne l'ampoule dans une position telle que le rayon normal passe par le projectile2 c'est ce qui arrive quand l'ombre de celui-ci se voit au centre de l'ouverture du diaphragme4 ,on marque alors sur la peau le point de sortie du rayon normal et on donne l'ampoule un dplacement connu 7#aj centimtres par exemple71 paralllement l'un des bords de la table4 ,l'image du projectile se dplace sur l'cran1 et ce dplacement peut tre mesur4 ,la profondeur du projectile au-dessous de l'cran se dduit alors d'une construction gomtrique simple 7fig4 #aj74 ,illustration3 ,fig4 #aj ,soit x cette profondeur2 la distance du foyer ,f de l'ampoule l'cran2 ,d le dplacement ,,ff' du foyer de l'ampoule2 d le dplacement ,,oo' de l'image sur l'cran4 d ,on a x 4 d ,d ,en retranchant de la profondeur ainsi calcule x1 la distance de l'cran la peau 7gnralement trs petite71 on trouve la profondeur du projectile au-dessous de la marque trace sur la peau4 ,ce rsultat n'est valable1 bien entendu1 que pour la position actuelle du bless4 ,cette position aura donc t choisie bien rgulire1 de manire tre facilement retrouve4 ,la mthode convient parfaitement pour la localisation de projectiles situs dans le thorax1 la rgion lombaire ou le bassin4 ,on valuera la profondeur partir de la face antrieure ou postrieure du corps1 suivant que le projectile est plus rapproch de la premire ou de la seconde4 ,si partir des extrmits d'une rgle divise de longueur on porte1 de part et d'autre1 le dplacement de l'ampoule ,d et celui d du projectile et qu'on joigne les points ainsi obtenus ,f' et ,o' par une ligne droite ou un fil tendu1 on lit sans calcul la profondeur du projectile indique par le fil sur la rgle4 ,la double image est d'une excellente utilisation en radiographie4 ,on prend sur une mme plaque deux preuves qui correspondent aux deux positions de l'ampoule4 ,pour cela1 il convient d'abord d'excuter la radioscopie pour amener le rayon normal passer parle projectile2 la premire preuve est prise dans cette position4 ,ensuite1 on effectue le dplacement de l'ampoule et on prend sur la mme plaque une deuxime preuve1 sans que la plaque ait t dplace4 ,dans certains cas1 on prfre prendre les deux preuves pour deux positions de l'ampoule1 symtriques par rapport la verticale qui passe par le projectile 7fig4 #aa74 ,l'cart des deux images peut se mesurer avec une grande prcision sur la plaque 7pl4 ,,xii74 ,illustration3 ,fig4 #aa p4 #hj ,contrairement ce que l'on aurait pu craindre1 la prise de deux radiographies sur une mme plaque ne donne point lieu une confusion exagre1 et l'on distingue trs bien les dtails relatifs chacune des images4 ,illustration3 ,,planche ,,xii4--,radiographie d'un thorax4 ,deux poses sur la mme plaque avec dplacement latral de l'ampoule aprs la premire pose4 ,on voit la double image de deux clats d'obus et d'une croix de plomb servant de repre4 ,on peut mesurer avec prcision le dplacement de chaque image4 ,illustration3 ,,planche ,,xiii4--,radiographie d'une main contenant #d clats d'obus4 ,fracture d'un mtacarpien4 ,radiographie de la mme main avec dplacement d'ampoule perpendiculairement la direction des os4 ,la face dorsale de la main repose sur une plaque4 ,d'aprs le dplacement de l'image des os et de celle des clats1 on peut juger que l'clat qui se projette entre le #d;e et #e;e mtacarpien est palmaire2 les autres sont dorsaux4 ,ces indications ont suffi pour leur extraction4 ,la mthode de la double image permet de situer le projectile par rapport des repres anatomiques4 ,les os1 comme le projectile1 donnent deux images dont l'cart permet de juger de la profondeur4 ,ainsi l'on peut se rendre compte si un projectile est plac au-dessus ou au-dessous d'un os voisin1 indication particulirement prcieuse dans bien des cas4 ,on en voit l'exemple dans la radiographie d'une main 7planche ,,xiii7 contenant plusieurs clats d'obus2 le clich double obtenu permet de reconnatre les clats situs sur la face palmaire et ceux situs sur la face dorsale car1 pour les premiers1 le dplacement de l'image est plus petit que pour l'os voisin1 tandis que pour les derniers il est1 au contraire1 plus grand4 ,aucune autre mthode n'aurait pu fournir ce renseignement important d'une manire aussi simple et aussi rapide4 ,la mthode du dplacement de l'image a reu de nombreux perfectionnements destins en rendre l'application plus facile1 viter tout calcul et rduire au minimum les mesures indispensables4 ,certains dispositifs ont t particulirement en faveur dans les formations sanitaires 7dispositifs de l'cran perc1 du diaphragme deux fils1 etc47 ,cette mthode est aussi pratique en combinant un dplacement de l'ampoule avec une rotation de celle-ci autour de son axe4 99 99 99 99 99 ,,localisation ,,anatomique4--,quel que soit le procd de localisation employ1 il risque d'tre insuffisant1 s'il n'est pas accompagn de renseignements d'ordre anatomique4 ,le chirurgien n'a pas uniquement besoin de connatre la position gomtrique du projectile2 il lui faut savoir comment celui-ci est plac par rapport aux os et aux muscles de la rgion4 ,l'oprateur doit donc s'appliquer le documenter aussi compltement que possible4 ,l'examen radioscopique accompagn de dplacements de l'ampoule ou du malade1 permet un radiologiste expriment de recueillir de nombreux renseignements sur la situation du projectile4 ,par exemple1 en examinant le mouvement respiratoire des ctes1 on se rend compte si un projectile situ dans leur rgion se trouve en dehors ou en dedans du thorax4 ,de mme1 en essayant-de mobiliser le projectile1 on arrive quelquefois savoir qu'il se trouve dans tel muscle4 ,une connaissance srieuse de l'anatomie est une condition importante de bon rendement pour le travail du radiologiste4 ,dans les services radiologiques de guerre l'on manquait souvent de mdecins radiologistes et le service tait alors assur par un manipulateur2 ceux d'entre eux qui avaient fait des tudes de sciences naturelles ont t tout particulirement apprcis par les chirurgiens1 qui ils pouvaient donner des indications efficaces4 ,observation stroscopique4--,si le radiologiste est oblig d'avoir recours des procds varis pour connatre la position d'un projectile1 c'est que la simple vision de l'image radioscopique ou radiographique ne peut le renseigner aussi compltement que le pourrait la vision directe2 l'avantage de cette dernire est d'utiliser simultanment les deux yeux pour obtenir l'effet du relief4 ,un effort trs ingnieux a t fait pour procurer le mme avantage au radiologiste4 ,pour cela1 on prend deux preuves de la rgion radiographier1 sur deux plaques diffrentes1 et avec deux positions diffrentes de l'ampoule distantes de quelques centimtres4 ,ces clichs sont ensuite observs dans un appareil spcial1 nomm stroscope1 qui fait voir l'un des clichs directement1 tandis que l'autre est vu par rflexion dans un miroir2 les deux images se superposent et donnent une impression de relief tout fait saisissante4 ,on voit immdiatement quel parti on peut tirer de ce mode d'observation qui est d'un grand secours pour l'interprtation anatomique de l'examen radiologique4 ,on peut1 par ce moyen1 apprcier la position des projectiles par rapport aux os et reconnatre les aspects compliqus de certaines fractures4 ,la radiographie stroscopique a t applique quelques dispositifs de localisation4 ,on a aussi essay d'obtenir directement la vision radioscopique en relief1 par l'emploi de deux ampoules comme sources de rayons simultanes4 ,on obtient ainsi des rsultats trs intressants1 mais l'appareillage1 ncessairement plus compliqu1 n'a pu encore tre gnralis4 99 99 99 99 99 ,,compas ,,et ,,appareils ,,indicateurs4--,quand une localisation a t faite par un bon spcialiste et que les renseignements anatomiques ont t soigneusement consigns1 l'extraction du projectile est1 le plus souvent1 facile4 ,mais il subsiste toujours des cas1 o le projectile ne peut tre trouv facilement4 ,il en est ainsi quand le projectile est trs petit ou quand il est englob dans des tissus au point d'chapper au contact de la pince4 ,il en est encore ainsi quand il est profondment enfonc dans les chairs et que1 pendant l'opration1 celles-ci se dforment4 ,enfin1 il en est toujours ainsi quand l'opration est dangereuse et qu'elle risque de lser des lments vitaux4 ,aussi1 bien des chirurgiens sont heureux de pouvoir bnficier du secours d'un appareil indicateur qui les guide pendant l'opration4 ,parmi ces appareils1 il faut signaler en premier lieu1 les divers compas radiologiques munis d'une aiguille indicatrice4 ,quand l'appareil a t rgl et appliqu sur le corps du bless1 l'aiguille se dirige vers le projectile qu'elle doit atteindre quand elle est enfonce dans la plaie d'une quantit connue4 ,avant la guerre1 on connaissait dj le compas trs prcis du ,dr ,hirtz utilisant une mthode radiographique d'image double#b4 ,illustration3 ,,planche ,,xiv4--,plaque modle pour une extraction de projectile au moyen du compas de ,hirtz4 ,on voit la double image du projectile et de chacun des trois repres4 ,on a effectu sur la figure la construction qui dtermine les positions du projectile et des repres en projection horizontale4 7,cette plaque a t obligeamment prte par ,m4 le docteur ,hirtz47 ,illustration3 ,,planche ,,xv4--,compas de ,hirtz en position opratoire4--,compas de ,debierne en position opratoire4 ,de nombreux compas ont t invents et construits pendant la guerre#c4 ,je ne pourrais songer les dcrire tous4 ,ils ont tous pu rendre service dans la main d'oprateurs habiles4 ,j'ai eu constater une illusion frquente relative l'amlioration des services de radiologie2 elle consistait demander instamment tel compas1 avec la conviction que1 ds le jour o le service en possderait un1 les localisations deviendraient parfaites4 ,certains semblaient croire la vertu des compas souhaits comme si ces appareils avaient pu effectuer la localisation par leurs propres moyens4 ,il tait difficile quelquefois de faire comprendre aux intresss qu'il fallait avant tout amliorer les connaissances de l'oprateur en matire de radiologie4 ,en dehors des compas radiologiques1 d'autres appareils indicateurs eurent des succs plus ou moins prononcs4 ,on utilisa des sondes faisant partie d'un circuit tlphonique dans lequel un son se produisait quand la sonde venait toucher le projectile4 ,on utilisa aussi des appareils avertisseurs munis d'un tlphone actionn par une bobine dans laquelle un courant d'induction se produisait l'approche du projectile4 ,enfin1 on se servit beaucoup d'un appareil d ,m4 le ,dr ,bergoni1 appareil qui reut le nom d'lectro-vibreur1 en raison de la curieuse vibration excite dans un clat d'obus de fer1 par l'approche d'une bobine noyau de fer parcourue par un courant alternatif4 ,cette vibration permet au chirurgien de reconnatre au travers d'une certaine paisseur de chair la prsence du projectile4 ,on se servit aussi de l'lectro-aimant1 pour extraire de petits grains de fer situs dans des organes dlicats tels que les yeux4 99 99 99 99 99 ,,op,,ration ,,sous ,,le ,,contr,,le ,,des ,,rayons4--,la multiplicit mme des appareils prcdemment cits prouve que l'on cherchait constamment augmenter la scurit des extractions de projectiles1 et s'affranchir des difficults qui se rencontraient de temps en temps4 ,c'est ce dsir qu'on doit attribuer l'extension progressive des mthodes d'opration sous le contrle des rayons dites1 plus brivement1 oprations sous le contrle4 ,une opration sous le contrle peut tre faite de deux manires4 ,le chirurgien peut oprer au grand jour1 tant constamment guid par un radiologiste qui observe au moyen d'une bonnette 7voir p4 #ef72 ou bien1 au contraire1 l'opration est faite une faible lumire rouge ou violette que l'on supprime de temps en temps pour permettre au chirurgien1 assist du radiologiste1 d'examiner lui-mme sur l'cran la rgion qu'il opre4 ,dans les deux cas1 le contrle doit tre intermittent1 c'est--dire que les rayons ne doivent tre donns que pendant de courts intervalles de temps1 entre lesquels peut se poursuivre le travail chirurgical l'aide des renseignements obtenus2 on vite ainsi la dtrioration de l'ampoule1 et le danger des rayons pour l'oprateur se trouve attnu4 ,la mthode d'opration sous le contrle est applicable1 comme nous l'avons dj vu plus haut1 la rduction des fractures2 mais elle a t principalement employe pour l'extraction des projectiles4 ,elle a trouv1 ce point de vue1 des adhrents enthousiastes et a1 d'ailleurs1 rendu des services incontestables4 ,examinons1 toutefois1 les conditions d'application de cette mthode1 ses avantages et ses inconvnients4 ,l'opration sous contrle consiste observer sur l'cran un projectile dont la position est connue par une localisation pralable4 ,en mme temps on fait pntrer dans la plaie une pince coude destine saisir le projectile4 ,quand l'ombre de l'extrmit de cette pince s'aperoit sur l'cran au contact du projectile1 cette extrmit peut cependant tre plus haut ou plus bas que celui-ci1 ce dont on s'assure en dplaant l'ampoule2 les deux ombres se sparent si le contact n'existe pas effectivement1 elles restent superposes1 si la pince est au but4 ,de plus1 d'aprs le dplacement relatif des deux ombres1 on peut juger si la pince doit tre remonte ou descendue4 ,ainsi guid1 le chirurgien arrive rapidement amener la pince sur le projectile et il ne reste plus qu' extraire celui-ci de la plaie4 ,si l'opration est conduite correctement1 le dlabrement est rduit au minimum et le travail peut tre fait dans un champ de vision restreint1 limit par l'ouverture du diaphragme1 de sorte que le chirurgien et le radiologiste ne sont exposs aux rayons que dans une faible mesure1 surtout s'ils ont soin de couper les rayons pendant chaque instant de travail o la vision n'est pas indispensable 7contrle intermittent74 ,remarquons cependant que malgr l'observation la plus stricte des conditions indiques et malgr l'emploi de moyens de protection dont je parlerai plus loin1 le danger de l'absorption de rayons par les oprateurs ne se trouve pas supprim1 mais seulement attnu4 ,quand on fait un grand nombre d'oprations par jour et que l'on n'observe pas les prcautions avec assez de soin1 ce danger devient trs srieux4 ,de plus1 l'emploi d'oprations sous le contrle comporte encore un autre inconvnient3 la prsence dans la salle d'opration de l'appareillage radiologique qui ne se prte pas la strilisation complte demande par la technique opratoire moderne4 ,enfin1 dans le cas o le chirurgien tient observer lui-mme1 l'opration chirurgicale est faite l'aide d'un clairage trs prcaire1 rouge ou bleu1 alors que1 cependant1 on peut affirmer1 en gnral1 qu'une salle d'opration n'est jamais trop bien claire4 ,eu gard ces inconvnients1 il y a lieu de se demander dans quelle mesure la grande vogue des oprations sous le contrle est justifie par l'utilit de la mthode4 ,on peut remarquer1 tout d'abord1 que1 dans bien des cas1 les chirurgiens ont t pousss vers les oprations sous le contrle par les dboires qu'ils avaient eu dans la recherche de projectiles et par la dfiance qu'ils ont conue l'gard des mthodes de localisation1 pratiques dans leur service4 ,les conversations que l'on pouvait avoir ce sujet avec des chirurgiens1 prouvaient1 dans bien des cas1 qu'ayant t frquemment mal renseigns1 ils ne croyaient gure la valeur des renseignements qu'on leur offrait4 ,si alors1 pour la premire fois1 ils se trouvaient en relation avec quelque personne capable de localiser exactement un projectile et de leur en expliquer la position1 les premiers succs obtenus leur paraissaient tenir du miracle1 et le scepticisme cdait la confiance la plus complte4 ,mais si cet vnement tardait se produire1 plus d'un chirurgien se disait1 qu'aprs tout1 s'il pouvait voir le projectile1 il saurait bien le prendre avec sa pince4 ,ainsi ont dbut de nombreux essais d'oprations sous le contrle1 mais le raisonnement qui y a conduit1 quoique plausible en apparence1 tait insuffisant pour assurer une bonne excution4 ,il n'tait pas rare1 en effet1 de voir des oprations sous le contrle faites sans localisation srieuse pralable1 sans l'emploi du dplacement d'ampoule et diaphragme grand ouvert1 sans autre guide que l'ombre du projectile et de la pince sur l'cran radioscopique4 ,dans ces conditions1 on trouve le projectile1 parfois mme trs vite1 si celui-ci est situ une faible profondeur1 si on peut le mobiliser avec les doigts ou s'il est facilement atteint par la voie du trajet4 ,mais si les conditions sont plus difficiles1 la recherche devient une question de chance1 elle est quelquefois d'autant plus dcevante que le but reste constamment visible2 et pendant que la recherche se prolonge1 les rayons inondent les mains et la figure de l'oprateur1 ainsi que le corps du malade4 ,on pourrait citer de frquents exemples de ces oprations mal conduites2 entre autres1 le cas d'un bless ayant une plaie l'paule1 qui l'on fit une entaille considrable sur la face antrieure2 ne trouvant pas le projectile1 on le chercha du ct de la face postrieure avec non moins de dlabrement et tout aussi peu de succs1 aprs quoi la recherche dt tre abandonne2 le projectile se trouvait dans la tte de l'humrus1 rsultat que l'on aurait pu prvoir l'aide d'une localisation pralable faite avec quelque soin4 ,on peut donc dire qu'il y a un danger rel pratiquer l'opration sous le contrle sans les garanties qu'elle exige4 ,quand toutes ces garanties sont acquises et que l'opration est conduite d'une manire irrprochable1 l'avantage de la mthode n'est pas encore ncessairement vident4 ,il est vrai que la plupart des projectiles peuvent tre extraits trs rapidement sous le contrle avec un dlabrement minime2 mais ce rsultat est tout aussi bien obtenu dans des oprations ordinaires faites d'aprs de bonnes localisations4 ,y a-t-il donc des cas o l'opration sous le contrle bnficie d'une supriorit relle8 ,il ne parat pas douteux que de tels cas existent effectivement1 et l'on peut citer en premier lieu les oprations faites en trs grand nombre dans les hpitaux du front pendant les jours de batailles1 o il importe de ne point perdre une minute4 ,la radioscopie peut alors tre immdiatement suivie de l'extraction sous le contrle1 et les blessures tant trs rcentes1 une localisation trs sommaire est gnralement suffisante pour que la pince aille cueillir le projectile1 quelquefois en moins d'une minute4 ,mais mme en dehors de ces terribles journes d'hcatombes1 l'opration sous le contrle doit tre considre comme une mthode de secours1 applicable tous les cas o un insuccs est craindre1 et1 de plus1 particulirement dsigne dans certaines circonstances4 ,elle seule permet de mener bien l'extraction de nombreux clats qui se trouvent parfois dans la mme plaie et qu'il est presque impossible de localiser et de marquer individuellement4 ,elle est aussi trs indique pour la recherche de projectiles susceptibles de se dplacer dans les tissus2 elle a t applique avec succs l'extraction de ceux situs dans les poumons4 ,il est utile aussi d'avoir recours cette mthode quand le projectile situ dans une rgion tendue de chairs1 par exemple1 dans les muscles du haut de la cuisse1 ne peut tre localis avec une grande prcision1 eu gard la dformation des chairs1 et se trouve cependant une assez grande profondeur1 de sorte que sa recherche prsente des difficults4 ,au total1 la mthode d'opration sous le contrle est trs prcieuse dans bien des cas1 sans qu'il paraisse ncessaire d'en prconiser l'emploi exclusif4 99 99 99 99 99 ,,danger ,,des ,,rayons ,x ,,et ,,dispositifs ,,de ,,protection4--,les rayons ,x qui nous rendent des services si prcieux sont loin d'tre inoffensifs1 et c'est leurs dpens que ceux qui les ont manis en premier lieu ont expriment leurs effets physiologiques4 ,ces rayons agissent sur les tissus du corps humain1 plus particulirement sur la peau4 ,absorbs forte dose ils provoquent des affections dites radiodermites qui se manifestent la manire de brlures4 ,cependant1 la personne qui reoit les rayons ne ressent aucune douleur qui puisse l'avertir qu'elle est expose un effet nocif4 ,de plus1 la radiodermite n'apparat pas aussitt que cet effet a t produit1 mais seulement quelque temps aprs1 subissant en quelque sorte une priode d'incubation d'autant plus courte que l'effet a t plus profond4 ,les radiodermites gurissent d'autant plus difficilement que l'action des rayons a t plus intense et plus prolonge2 elles peuvent tre incurables et ont1 dans un certain nombre de cas1 provoqu la gangrne et la mort4 ,il est donc trs important de connatre exactement le danger1 afin d'en prserver les oprateurs et les malades1 sans renoncer aux bienfaits de la radiologie4 ,la scurit est obtenue1 d'une part1 grce l'emploi d'appareils de protection1 d'autre part1 grce une srie de rgles que l'on doit s'imposer quand on manipule les ravons4 ,toute matire fort poids atomique est opaque aux rayons ,x et peut protger contre ces rayons2 le plomb est particulirement utilis ce point de vue2 l'aide de feuilles de plomb et de sels de plomb on prpare des crans protecteurs et des tissus opaques4 ,l'ampoule est place dans une cupule opaque1 munie d'un diaphragme galement opaque1 de sorte que les rayons ne s'chappent gure que par l'ouverture du diaphragme4 ,l'oprateur dispose d'un tablier opaque pour la protection de son corps1 de lunettes opaques aux rayons 7mais transparentes la lumire7 et de gants opaques pour la protection des yeux et des mains4 ,enfin l'cran radioscopique est recouvert d'une glace paisse en cristal1 opaque aux rayons ,x parce que contenant des sels de plomb#d4 ,en ce qui concerne la salle de radiologie1 il y a lieu de remarquer que les dimensions de celle-ci ont une importance trs relle4 ,les parois de la salle qui reoivent les rayons ,x diffusent ceux-ci et les renvoient l'tat de rayons secondaires4 ,ces rayons sont d'autant plus nuisibles que les parois sont plus rapproches2 de sorte que dans une petite pice1 l'oprateur est plong dans un bain de rayons de faible intensit dont l'effet prolong peut cependant devenir nuisible4 ,l'opacit de la cupule et du diaphragme est1 en effet1 relative2 une faible fraction du rayonnement traverse ces appareils auxquels on ne peut donner un poids trop considrable2 l'effet des rayons qui les traversent est accru par la diffusion sur les parois de la pice1 moins que celle-ci n'ait des dimensions assez vastes4 ,examinons maintenant quelles sont les conditions de travail qui offrent le moins de danger4 ,on peut dire1 que1 sauf exceptions1 la radiographie n'est craindre ni pour le malade ni pour l'oprateur4 ,a condition de russir les preuves et de ne point s'obstiner recommencer plusieurs fois de suite un clich manqu1 on ne risque point de donner pour la radiographie une dose de rayons exagre4 ,d'autre part1 l'oprateur qui a rgl les appareils pour l'obtention du clich1 peut se tenir distance de l'ampoule quand celle-ci est en fonctionnement2 il ne reoit presque pas de rayons directs et si la pice est assez grande1 il n'a pas craindre les rayons diffuss4 ,le cas de la radioscopie est tout fait diffrent1 et c'est elle qui a occasionn jusqu'ici presque toutes les radiodermites4 ,l'oprateur1 pench sur l'cran1 cherche distinguer les dtails qui l'intressent2 il oublie facilement le temps et prolonge l'observation2 il oublie aussi les prcautions ncessaires1 rejette le gant de protection rigide1 manipule les accessoires avec la main nue1 se sert de ses doigts pour indiquer quelque autre personne les dtails du champ de vision4 ,comme rsultat1 le malade est expos au danger1 et l'observateur l'est encore bien davantage s'il lui arrive de faire de nombreux examens radioscopiques pendant quelque temps4 ,c'est donc seulement en s'obligeant observer des rgles trs strictes que l'oprateur peut chapper aux dangers de la radioscopie4 ,ces rgles sont trs simples1 d'ailleurs4 ,elles consistent ne jamais donner les rayons un instant de plus qu'il n'est indispensable et ne jamais s'exposer aux rayons directs4 ,l'oprateur doit donc s'adapter la vision radioscopique par un sjour dans l'obscurit1 ensuite donner les rayons par intermittence1 les coupant pendant chaque manuvre pour laquelle ils ne sont pas ncessaires4 ,il doit trouver rapidement diaphragme ouvert la rgion examiner1 et rduire aussitt le champ de vision autant qu'il est possible4 ,pour examiner1 il peut viter de recevoir les rayons dans les yeux et placer ceux-ci un peu en dehors du faisceau4 ,toute manipulation doit tre faite l'aide d'outils convenables1 sans que les mains pntrent dans le champ des rayons1 moins d'tre suffisamment protges2 l'oprateur ne doit jamais apercevoir l'ombre de ses mains nues sur l'cran4 ,de cette manire1 on peut rduire considrablement le danger de radiodermite1 qui pendant la guerre a t une menace srieuse aussi bien pour les radiologistes que pour les chirurgiens oprant sous le contrle4 ,cependant ce danger subsiste dans une certaine mesure pour tous ceux qui pratiquent la radioscopie d'une manire trs continue4 ,il tait difficile d'viter l'abus de travail radioscopique pendant la guerre1 mais en temps de paix aucune organisation rationnelle ne doit imposer ni tolrer des abus de ce genre2 la radioscopie ne doit tre pratique qu'en quantit limite et avec une intensit de rayons limite4 ,avec une bonne adaptation1 une intensit de #b #c milliampres dans l'ampoule sur une diffrence de potentiel d'environ #ej4jjj volts est1 en gnral1 suffisante4 ,le malade reoit ncessairement les rayons directs2 on doit donc seulement veiller a ne point en abuser4 ,une cause d'abus frquente est la prsence de plusieurs personnes qui se communiquent leurs observations4 ,c'est une question de conscience que de limiter l'examen au strict ncessaire4 ,le malade n'est averti du danger par aucune douleur1 c'est donc l'oprateur songer le mnager4 ,les blesss de guerre qui n'avaient encore jamais t soumis l'examen radiologique1 craignaient1 en gnral1 cet examen et demandaient si on les ferait souffrir4 ,il fallait parfois les rassurer et leur promettre qu'ils ne souffriraient pas plus que d'une photographie4 ,plus tard1 quand l'usage de la radiologie ft gnralis1 beaucoup d'entre eux taient dj familiariss avec les rayons4 ,pourtant1 jusqu' la fin de la guerre1 il m'est arriv de voir des soldats blesss qui n'avaient encore jamais subi d'examen radiologique et qui demandaient avec inquitude ce qu'ils avaient craindre de ces appareils l'aspect inusit4 ,footnote #a3 ,tel est le cas de la fracture dite des chauffeurs2 fracture du poignet par retour de manivelle4 ,footnote #b3 ,sur la mme plaque1 on obtenait deux preuves pour deux positions de l'ampoule au-dessus de la table d'opration4 ,les pieds des verticales abaisses sur la plaque de chacune des deux positions du foyer de l'ampoule1 taient marqus par des repres reproduits dans la radiographie4 ,de plus1 on avait soin de radiographier sur la mme plaque trois repres placs en des points marqus sur la peau1 choisis de prfrence sur des saillies osseuses4 ,la plaque dveloppe offre deux images du projectile et deux images de chacun des trois repres4 ,par une construction gomtrique simple1 on dtermine sur la plaque la projection horizontale du projectile et de chaque repre4 ,on calcule ensuite par le dplacement de chaque image1 la hauteur du projectile et de chaque repre au-dessus de la plaque4 ,on peut alors rgler le compas de manire que ses trois pointes reposent sur les trois repres et qu'une aiguille indicatrice se dirige vers le projectile4 ,la planche ,,xiv reprsente un clich ,hirtz avec la construction gomtrique4 ,l'image du compas est vue dans la planche ,,xv4 ,footnote #c3 ,au-dessous du compas de ,hirtz on voit dans la planche ,,xv l'image d'un compas trs simple destin oprer par la radioscopie et plus spcialement par la mthode des axes4 ,il est construit et rgl de telle manire que quand deux pointes ,a et ,b reposent sur les extrmits d'un des axes1 l'aiguille se dirige vers le projectile 7compas ,debierne74 ,footnote #d3 ,la protection peut tre rendue encore plus efficace1 dans certains cas1 grce des dispositifs spciaux4 ,ainsi1 en vue d'oprations sous le contrle1 l'ampoule est parfois place dans une bote paroi de plomb1 munie d'un orifice pour la sortie des rayons4 ,v ,,personnel ,,radiologique ,je crois avoir fait comprendre dans les chapitres prcdents la valeur des mthodes de la radiologie de guerre4 ,j'ai expos aussi le rle de l'outillage ncessaire pour l'application de ces mthodes4 ,il convient maintenant d'aborder une question d'importance fondamentale1 qui est celle du personnel radiologique4 ,quelle que soit la valeur de l'appareillage et des mthodes1 c'est du personnel charg de leur utilisation que dpend1 en dfinitive1 le rendement efficace4 ,l'appareillage radiologique doit tre mani par des mains expertes1 et les mthodes doivent tre appliques avec intelligence2 sinon1 les rsultats ne rpondent1 en aucune manire1 au but atteindre4 ,autrement dit1 la radiologie est un mtier1 que l'on ne peut exercer sans l'avoir appris4 ,le personnel radiologique1 proprement dit1 comprend les mdecins radiologistes et les manipulateurs4 ,de plus1 il convient d'insister sur le rle du chirurgien et sur la ncessit d'une collaboration troite entre le chirurgien et le radiologiste4 ,au dbut de la guerre1 les conditions relatives au personnel taient aussi prcaires que celles concernant l'appareillage4 ,il y avait ,paris et dans les autres grandes villes de ,france un certain nombre de mdecins radiologistes parmi lesquels des spcialistes trs comptents4 ,ceux-ci n'auraient pu1 en aucun cas1 former un contingent suffisant pour les besoins1 mais comme1 de plus1 ces besoins n'avaient pas t prvus1 ils furent1 pour la plupart1 mobiliss dans des services sans rapport avec leur spcialit4 ,quelques-uns seulement furent affects1 ds le dbut1 aux voitures radiologiques ou aux ,services centraux2 les autres ne retrouvrent que plus tard une affectation conforme leurs aptitudes4 ,il n'existait pour les mdecins radiologistes aucun entranement les initiant au ,service radiologique pratiqu dans les conditions spciales cres par la guerre4 ,un tel entranement aurait pu tre prvu par le ,service de ,sant militaire4 ,on peut aussi concevoir que si la ,france et possd dj une organisation de radiologie pour la campagne et pour les centres d'usines1 on aurait pu tout naturellement disposer d'un certain nombre de mdecins radiologistes trs habitus travailler dans des circonstances varies et capables de faire face aux difficults de la situation nouvelle4 ,il y a en effet1 une grande diffrence entre le travail du mdecin radiologiste dans une ville1 avec un appareillage install poste fixe et1 proximit1 des constructeurs ou des ingnieurs toujours prts rectifier un dfaut de fonctionnement1--et le travail sur une voiture radiologique1 ou mme avec un appareil fixe1 dans un coin retir o l'on ne peut esprer aucune aide d'un autre que de soi-mme4 ,on voit immdiatement qu'il faut1 pour russir1 une relle connaissance des appareils1 de leur manipulation1 de leur rglage1--ainsi qu'une facult d'initiative pratique qui n'accompagne pas toujours la comptence4 ,ces qualits pratiques et efficaces ont grandement fait dfaut au dbut de la guerre1 tandis qu'au point de vue purement technique1 ce qui a le plus manqu1 c'tait l'habitude de la radioscopie et la connaissance des principes de localisation4 ,on rencontrait aux hpitaux des mdecins radiologistes trs familiers avec la radiographie1 mais n'ayant jamais fait une radioscopie1 ne pouvant ni rgler ni faire fonctionner sans aide l'appareil dont ils devaient se servir et ne connaissant aucun procd de localisation4 ,il est juste de dire que1 l comme ailleurs1 l'effort individuel suppla souvent au manque de prparation2 beaucoup de mdecins surent acqurir les connaissances qui leur manquaient et perfectionner leur technique4 ,si le personnel mdical tait insuffisant et1 pour une part1 insuffisamment prpar1 le personnel subalterne de manipulateurs n'tait gure constitu4 ,le manipulateur est l'aide qui fait fonctionner les appareils pour le mdecin radiologiste2 c'est lui qui entretient l'appareillage en bon tat1 dveloppe les plaques1 manipule le porte-ampoule1 rpare les dfauts de l'installation lectrique4 ,son rle est1 en principe1 celui d'un ingnieur technicien2 quand il est affect un poste mobile1 il doit1 comme le mdecin1 tre particulirement actif1 habile et dbrouillard4 ,une confusion s'est d'ailleurs introduite1 ds le dbut1 dans la conception du rle des manipulateurs4 ,il a fallu en donner1 tout d'abord1 aux mdecins chargs des voitures et aux services principaux4 ,or1 le personnel disponible se rduisait un petit nombre d'infirmiers militaires ayant quelque connaissance des appareils4 ,on chercha donc d'urgence les manipulateurs indispensables et on en trouva parmi les ingnieurs et les professeurs mobiliss dont quelques-uns taient au courant de la technique1 tandis que d'autres purent l'assimiler rapidement1 grce leur instruction adquate4 ,c'est ainsi que les meilleurs manipulateurs furent dsigns1 pour la plupart1 sur les indications4 fournies par le ,patronage ,national des blesss3 des physiciens qui1 en territoriaux1 gardaient les ponts et les voies furent achemins dans les laboratoires de radiologie ou affects aux voitures4 ,parmi ces hommes de haute culture1 anims d'un grand dsir d'tre utiles1 beaucoup devinrent des oprateurs de premier ordre et s'appliqurent acqurir la technique de la radiologie de guerre1 tout en compltant leurs connaissances en anatomie4 ,et bien qu'en principe1 ils n'eussent jamais d oprer autrement qu'en aidant les mdecins radiologistes1 nanmoins en pratique1 devant la pnurie de ces derniers1 ils ont souvent t seuls assurer le service radiologique d'une formation sanitaire1 cette charge leur ayant t confie par le chirurgien ou le mdecin chef qui avaient apprci la valeur de leur collaboration4 ,de mme1 entre les manipulateurs affects aux voitures radiologiques et les mdecins chargs de celles-ci1 il s'tablit dans certains cas1 une collaboration si troite1 qu'en cas de travail extrmement soutenu1 le service tait assur totalement et alternativement par chacun d'eux4 ,on voit1 par ces exemples1 comment le rle du manipulateur1 dans le cas de la radiologie de guerre1 a pu subir une extension qui allait parfois jusqu' une indpendance de travail presque entire4 ,cet tat des choses qui et t entirement anormal en temps de paix1 tait li aux conditions dans lesquelles les mdecins chefs des hpitaux et les chirurgiens sont entrs en relation avec la radiologie4 ,ceux-ci1 tout au dbut de la guerre1 n'avaient1 en gnral1 qu'une confiance trs limite dans l'utilit de la radiologie4 ,parfois1 ils en refusaient ouvertement le secours1 par crainte d'encombrement et de perte de temps4 ,le plus souvent1 ils la considraient comme applicable dans les grands centres seulement1 l'arrire du front1 conformment l'opinion adopte alors par la ,direction du ,service de ,sant4 ,il ne suffisait pas1 cette poque1 d'offrir l'appareillage radiologique aux hpitaux3 toute une ducation tait faire4 ,dans des hpitaux du front surchargs de blesss1 tel chef de service n'acceptait pas l'installation de rayons ,x1 parce qu'il la considrait comme un luxe et parce qu'il n'en ralisait pas l'efficacit bienfaisante4 ,pour peu qu'au premier essai d'adjonction d'un service radiologique une formation les rsultats se soient montrs mdiocres1 le scepticisme se trouvait augment4 ,si1 au contraire1 quelque oprateur actif et intelligent1 tantt un mdecin1 tantt un manipulateur1 tantt quelque particulier civil1 professeur1 ingnieur1 pharmacien1 lve d'une cole suprieure1--russissait rendre quelques services rels au moyen d'un appareil radiologique parfois bricol grand'peine avec des lments disparates1--aussitt la confiance la plus complte venait remplacer les prventions ultrieures4 ,ds lors1 l'avenir de la radiologie tait assur dans cette formation1 condition de bnficier des services de celui qui en avait fait reconnatre les bienfaits2 tout changement paraissait devoir tre funeste au fonctionnement du nouveau service4 ,c'est seulement avec le temps et avec le dveloppement des comptences que ce point de vue trs particulier fut peu peu abandonn et que commencrent se faire sentir les effets d'une organisation centrale qui se constituait peu peu la ,direction du ,service de ,sant4 ,j'tais moi-mme charge de la direction du ,service radiologique de la ,croix ,rouge 7,u4,f4,f471 et j'avais1 de plus1 assum auprs du ,patronage ,national des ,blesss1 la tche d'tablir1 aux frais de cette uvre1 des installations radiologiques1 partout o il y en avait un besoin urgent4 ,a ce double titre1 j'ai pris part l'effort des premires annes et j'ai accompli1 dans ce but1 de nombreux voyages1 transportant presque toujours du matriel radiologique1 soit en voiture1 soit en chemin de fer4 ,ces voyages comportaient gnralement l'installation provisoire ou dfinitive d'appareils et l'examen des blesss de la rgion4 ,mais ils permettaient1 de plus1 d'acqurir une documentation sur les besoins les plus urgents de la rgion considre et sur les moyens propres amliorer la situation4 ,il tait facile de constater1 en particulier1 que le personnel comptent faisait presque toujours dfaut4 ,il fallait faire par ses propres moyens l'installation des appareils et quand celle-ci venait d'tre tablie1 il tait presque toujours ncessaire d'en expliquer le fonctionnement dans tous les dtails soit au mdecin soit quelque manipulateur de bonne volont et d'intelligence vive qui1 au prix d'un travail intensif1 assimilait rapidement cette technique nouvelle pour lui4 ,au cours de ces voyages j'ai t trs frappe de l'admiration que les mdecins et les chirurgiens des hpitaux1 manifestaient frquemment pour la vision radioscopique que pouvaient leur offrir les appareils mis leur disposition4 ,plusieurs d'entre eux affirmaient qu'ils n'avaient jamais aussi bien vu1 et que l'appareillage devait tre exceptionnellement parfait4 ,or les appareils1 quoique effectivement bons1 taient d'un type normal1 et la facilit de vision ne tenait qu'au rglage qui pouvait tre ralis par toute personne bien au courant des appareils1 tandis que1 dans la rgion1 on n'avait vu jusque-l que des appareils en fonctionnement dfectueux1 manis par des personnes insuffisamment documentes4 ,par exemple1 dans une localit importante1 o je m'tais rendue pour installer un appareil1 le service avait t fait jusque-l par une voiture radiologique1 dirige par un mdecin qui n'employait jamais de soupapes2 l'ampoule fonctionnait donc dans de mauvaises conditions et l'on ne pouvait rien voir la radioscopie4 ,il m'arrivait aussi d'tre appele d'urgence dans quelque localit isole pour remdier au mauvais fonctionnement d'un des appareils radiologiques du ,patronage2 il suffisait parfois de manipuler l'appareil pendant une heure pour rtablir le fonctionnement normal2 seul1 le rglage faisait dfaut1 alors qu'on croyait le transformateur perc et l'ampoule dtriore4 ,on peut donner des exemples analogues1 en ce qui concerne la pratique des localisations4 ,une manipulatrice1 place depuis peu de temps dans un hpital1 ayant localis un clat d'obus qui avait travers en le broyant le fmur d'une cuisse1 le chirurgien qui avait eu se plaindre de son radiologiste prcdent1 ne voulut point chercher l'clat d'obus du ct o on le lui avait indiqu comme accessible1 mais le chercha d'abord du ct de la plaie4 ,ne le trouvant point1 il se dcida faire l'exploration de la rgion indique par l'examen radiologique et retira aussitt le projectile4 ,il ne fit aucune difficult pour reconnatre que s'il n'avait pas suivi l'indication1 c'est qu'il n'avait accord aucune confiance la localisation2 par contre1 depuis cet vnement1 il se montra aussi confiant qu'il avait t prvenu prcdemment4 ,on peut dire1 d'une manire gnrale1 que dans les premiers temps1 les chirurgiens qui trouvaient un projectile dans la position exacte o il avait t localis1 manifestaient un tonnement et une admiration1 comme la vue d'un miracle4 ,il n'est pas douteux que ce ne ft l un rsultat du manque gnral de comptence et d'adaptation1 et cet tat de choses ne cessa qu'avec l'extension de la radiologie et l'tablissement d'une collaboration entre les radiologistes et les chirurgiens4 ,signalons enfin1 que si un manipulateur n'ayant pas fait d'tudes mdicales1 ne peut et ne doit pas remplacer un mdecin1 nanmoins1 dans le cas spcial de la radiologie de guerre la collaboration entre un manipulateur et un chirurgien1 tous les deux intelligents et habiles1 pouvait suffire pour les besoins du service4 ,les oprations radiologiques effectuer avaient souvent un caractre principalement gomtrique1 tandis que dans la radiologie du temps de paix le radio-diagnostic mdical joue un rle prpondrant4 ,l'extension constante des services radiologiques pendant la guerre exigeant imprieusement une formation de personnel correspondant1 un enseignement pour les mdecins radiologistes fut cr l'hpital militaire du ,val-de-,grce sous la direction de ,m4 le ,dr ,bclre4 ,le nombre de mdecins1 qui suivirent cet enseignement et reurent des affectations aux services radiologiques de guerre1 fut environ #cjj2 n'tant pas en nombre suffisant pour suffire tous les besoins1 ils furent1 en gnral1 envoys aux armes4 ,une cole de manipulateurs fut galement cre par le ,service de ,sant2 y taient admis seulement des mobiliss appartenant des classes relativement anciennes4 ,le recrutement laissait1 en gnral1 dsirer1 en ce qui concerne les aptitudes ncessaires pour recevoir cette instruction spciale4 ,l'cole forma quelques centaines de manipulateurs tous utiliss dans les services radiologiques des armes et du territoire4 ,malgr ces mesures1 la pnurie de personnel restait extrme et l'on ne pouvait satisfaire aux besoins4 ,ayant pu me rendre compte de cette insuffisance qui menaait de rendre inefficace l'extension des services radiologiques et la cration de postes nouveaux1 j'offris au ,service de ,sant de crer l',institut du ,radium une cole de manipulatrices choisies parmi les jeunes filles ou jeunes femmes reconnues aptes assurer ce service aprs avoir reu une instruction convenable4 ,cette proposition fut accepte1 et l'cole fut organise1 en relation avec un enseignement pour les infirmires militaires qui fut tabli en mme temps l'hpital ,edith ,cavell1 sous la direction de la regrette ,mme ,girard-,mangin1 ,docteur en ,mdecine4 ,l'enseignement tait donn par sries comprenant chacune environ #bj lves4 ,en raison de l'urgence des besoins1 la dure des cours d'une srie tait limite six semaines ou deux mois4 ,en revanche1 l'enseignement tait trs intensif1 les lves tant occupes pendant toute la journe4 ,l'enseignement comportait une partie thorique1 comprenant les notions lmentaires indispensables 7lectricit1 courant lectrique1 mesures de courant et de potentiel1 phnomnes d'induction1 appareillage radiologique1 thorie du fonctionnement des ampoules et des soupapes1 mthodes d'observation radioscopiques et radiographiques74 ,la partie pratique de l'enseignement consistait en manipulations qui familiarisaient les lves avec tous les dtails du service radiologique dont le principe tait expos dans le cours thorique4 ,en outre1 un enseignement lmentaire d'anatomie et de lectures de clichs radiographiques tait adjoint l'enseignement technique4 ,le recrutement tait assez vari4 ,l',ecole recevait les infirmires militaires dont la demande d'admission avait t approuve par leurs chefs de service2 elle accueillait galement des infirmires de ,croix ,rouge envoyes par la ,socit dont elles faisaient partie4 ,enfin1 un appel fut fait des jeunes filles ou jeunes femmes qui pouvaient1 sans tre infirmires1 suivre les cours pour devenir manipulatrices de radiologie dans les hpitaux militaires4 ,le niveau des connaissances des candidates n'tait pas uniforme2 toutefois1 un nombre assez grand d'entre elles possdaient une instruction assez solide1 primaire ou mme secondaire4 ,on pouvait se demander ce qu'il serait possible d'obtenir d'un enseignement technique trs spcial et comprenant des notions scientifiques assez dlicates et difficiles1 cet enseignement s'adressant des lves d'un niveau atteignant rarement celui du baccalaurat ou du brevet suprieur4 ,l'exprience montra que1 condition de donner l'enseignement une forme trs pratique1 on peut adapter les notions essentielles de manire les rendre parfaitement assimilables pour les lves auxquelles elles s'adressent4 ,celles-ci en tirent1 d'ailleurs1 un profit proportionnel leur instruction et leurs capacits4 ,l'cole eut un succs presque inespr et forma depuis l'anne #aiag jusqu' la fin de la guerre environ #aej manipulatrices qui reurent des affectations immdiates1 principalement dans les ,services du territoire2 quelques-unes1 cependant1 obtinrent sur leur demande des affectations aux services des armes4 ,elles donnrent1 en gnral1 toute satisfaction par leur travail4 ,quelques-unes se trouvrent mme obliges d'assurer un service radiologique en l'absence de mdecins radiologistes1 et firent face cette tche avec un effort si consciencieux qu'elles mritrent l'approbation et la confiance entire de leurs chefs de service4 ,l'exprience ainsi faite semble trs concluante4 ,il n'est pas douteux que le mtier de manipulatrice en radiologie convient parfaitement bien des femmes d'instruction moyenne1 condition qu'elles aient de l'intelligence1 de l'activit et une certaine capacit de dvouement indispensable dans les relations avec les malades4 ,encourage par les rsultats obtenus1 la ,direction du ,service de ,sant a dcid la continuation de l'enseignement aprs la guerre1 afin de pouvoir disposer d'un personnel de manipulatrices pour le service de radiologie des hpitaux militaires en temps de paix4 ,ce service1 considrablement rduit par rapport aux services de guerre1 est cependant beaucoup plus important que celui d'avant-guerre1 par suite de la conception nouvelle du rle de la radiologie sur laquelle je reviendrai plus loin4 ,par un accord tabli avec le ,service de ,sant1 l',ecole de ,radiologie des manipulatrices continue fonctionner provisoirement l',institut du ,radium4 ,la planche ,,xvi reprsente l'une des salles de travail de l',ecole4 ,illustration3 ,,planche ,,xvi4--,salle de travail l'cole des manipulatrices en radiologie4 ,,vi ,,rendement ,,et ,r,,sultats ,nous avons pu nous rendre compte par l'ensemble des chapitres prcdents1 combien l'effort d'adaptation des services radiologiques aux besoins de la guerre a t considrable4 ,il est rconfortant de constater que cet effort n'a pas t vain4 ,ses rsultats se traduisent par la conservation de la vie ou de la capacit de travail un trs grand nombre de blesss et1 de plus1 par une ducation gnrale qui a permis d'assigner la radiologie1 en tant que moyen de diagnostic mdical1 une place conforme aux services qu'elle est susceptible de rendre1 non seulement en temps de guerre mais aussi en temps de paix4 ,on peut estimer qu'au cours de la guerre1 les services radiologiques1 si prcaires au dbut de celle-ci1 ont pris une extension considrable4 ,sans doute1 l'organisation pouvait encore prsenter des lacunes1 et comme toute uvre humaine1 elle tait susceptible de perfectionnements constants2 mais le tableau gnral tait en opposition bien frappante avec la triste situation de la premire anne de guerre4 ,au dbut1 quelques installations radiologiques peine1--personnel compos d'un petit nombre de spcialistes dont les services n'ont mme pas t utiliss1--ignorance gnrale relativement l'emploi de la radiologie1--efforts isols et souvent peu efficaces pour en rpandre la pratique2 et1 comme consquence de cet tat de choses1 manque des renseignements les plus indispensables pour soigner les blesss dont le nombre avait dpass toutes prvisions4 ,a cette poque1 un bless n'tait jamais examin l'aide de rayons ,x dans les premiers jours qui avaient suivi la blessure2 il tait donc toujours opr et transport dans des conditions o le hasard jouait un rle prpondrant4 ,combien de blesss furent vacus avec une lsion qui imposait le repos mais qui est reste ignore2 combien d'autres prirent d'infections que l'on aurait pu viter l'aide d'une opration faite temps avec le concours de l'examen radiologique2 combien furent amputs pour des raisons analogues2 combien furent oprs plusieurs fois sans succs par dfaut d'examen1 et durent sjourner pendant de nombreux mois dans les hpitaux2 combien contractrent des infirmits qui auraient pu tre empches par des soins plus clairs4 ,toute personne qui a pu apprcier la rapidit presque merveilleuse avec laquelle se reconstitue la sant chez des hommes jeunes1 ds que la cause qui entretient la lsion a disparu1--ne peut manquer d'prouver un regret profond1 en pensant toutes les vies sacrifies en pure perte et toutes les capacits de travail dfinitivement compromises1 pour n'avoir pu temps extraire des corps trangers souills ou dangereusement situs1 ou bien pour n'avoir pas eu de renseignements suffisants sur les dtails d'une fracture4 ,cet tat de choses lamentable a subi progressivement une modification complte4 ,le ,service de ,sant aid par l'initiative prive1 put doter ses formations sanitaires d'appareillages radiologiques4 ,les postes fixes1 les postes demi-fixes et les voitures se sont multiplis4 ,vers la fin de la guerre1 toute formation importante possdait non plus un appareillage1 mais un nombre d'appareils proportionn aux services qui lui taient demands4 ,c'est ainsi que lors de la bataille de la ,somme les grands hpitaux d'vacuation construits spcialement en vue de batailles dans cette rgion1 utilisaient chacun plusieurs appareils desservis par des quipes de mdecins et de manipulateurs et fonctionnant1 en cas de besoin1 d'une manire continue4 ,chaque poste avait sa disposition un matriel suffisant en ampoules1 soupapes1 crans1 plaques et accessoires divers4 ,les hpitaux ou ambulances isols dont quelques-uns ont subsist jusque dans les derniers temps1 pouvaient toujours faire appel un poste mobile s'ils ne disposaient pas d'une installation propre4 ,alors qu'en effet1 au dbut de la guerre1 les rares voitures radiologiques ne pouvaient suffire aux besoins et devaient se contenter d'un htif examen d'un nombre considrable de blesss1 lors d'une de leurs apparitions dans telle rgion1--il est arriv au contraire1 plus tard1 que par suite de la gnralisation de services attachs aux hpitaux1 les postes mobiles se sont trouvs dchargs de tout service intensif et ont pu reprendre leur vritable rle de postes de secours disponibles tout instant4 ,ainsi1 l'on s'acheminait de plus en plus vers l'tat des choses o chaque bless pouvait tre admis l'examen radiologique1 d'abord1 aussitt aprs la blessure1 puis1 dans la suite du traitement1 chaque fois que l'examen tait jug utile4 ,en mme temps1 les bnfices de l'examen taient de plus en plus tendus aux malades1 plus particulirement ceux atteints d'affections pulmonaires4 ,on conoit qu'une telle organisation comportait au total un nombre d'examens considrable4 ,voici quelques chiffres qui peuvent en donner une ide3 ,vers la fin de l'anne #aiah il y avait en service1 dans les hpitaux du territoire et aux armes1 plus de #ejj postes radiologiques fixes et semi-fixes1 tandis que le nombre des appareils mobiles sur les voitures1 sur les camions de strilisation et sur ceux des ambulances chirurgicales automobiles tait d'environ #cjj1 dont la plupart aux armes4 ,ces appareillages taient desservis par environ #djj mdecins radiologistes1 aids et en partie suppls par un personnel auxiliaire2 de ce dernier1 furent utiliss environ #hjj manipulateurs et #aej manipulatrices4 ,citons1 titre d'exemple1 que pendant l'anne #aiae la #f;e arme possdait sur un front de #gj kilomtres1 de ,soissons ,montdidier1 #c voitures radiologiques 7du ,patronage ,national des ,blesss74 ,cette mme arme disposait en #aiag1 lors de l'offensive du ,chemin des ,dames1 sur un front moiti moins tendu1 de ,soissons ,fismes1 de plus de #ej postes radiologiques4 ,l'une des voitures qui ont assur le service de cette arme de juin #aiae janvier #aiag1 a effectu pendant cette poque environ #aj4jjj examens sur un nombre de blesss d'environ #g4jjj4 ,on pouvait valuer #ijj4jjj environ le nombre des blesss examins aux rayons ,x au cours des annes #aiag et #aiah1 le nombre total des examens pendant ces deux annes montant #a4ajj4jjj4 ,ces chiffres tmoignent loquemment de l'activit des services radiologiques pendant la guerre2 ils prouvent que rien n'a t nglig pour assurer aux blesss et aux malades les soins qui leur taient dus4 ,on peut1 en mme temps1 apprcier une fois de plus1 les qualits d'initiative et de persvrance qui ont rendu si efficace l'effort gnral accompli pendant la guerre1 et qui ont ainsi par aux consquences funestes du manque initial de prparation et d'organisation4 ,,vii ,,organisation ,d',,apr,s ,,guerre ,la constitution du service radiologique de guerre n'est pas seulement pour nous un motif lgitime de soulagement en ce sens qu'elle correspond un devoir accompli envers ceux qui risquaient leur vie pour la dfense de la patrie commune4 ,nous devons1 en plus1 y trouver un enseignement imprieux pour l'avenir4 ,nous devons en dduire une organisation d'aprs guerre dans l'intrt du dveloppement de notre race4 ,maintenant que l'ducation sur ce point a t faite1 que nul mdecin ou chirurgien n'ignore plus les bienfaits de l'examen radiologique1 et que cette connaissance est galement rpandue parmi les citoyens qui ont t soldats et parmi leurs familles1--on ne peut plus revenir l'ancien tat de choses o l'emploi de radiodiagnostic tait rserv des cas exceptionnels et des localits exceptionnelles4 ,il est indispensable d'assurer toute la population franaise le bnfice d'une mthode d'examen aussi prcieuse4 ,il est remarquer1 tout d'abord1 qu'avec la fin de la guerre1 ne se sont nullement teintes les obligations de solidarit sociale suscites par celle-ci4 ,nombreux sont les dmobiliss qui1 revenus dans leurs foyers1 ont conserv des souffrances ou des infirmits contractes pendant le service4 ,a tous ceux-l sont dus les soins qui peuvent amliorer leur sant et faciliter leur travail2 et il est parfaitement lgitime d'tendre ce droit leurs familles4 ,une obligation analogue est cre par les conditions spciales de vie dans les rgions libres4 ,la reprise d'activit dans ces rgions est parfois trs difficile4 ,les accidents de travail y sont nombreux4 ,le poste de secours est un lment essentiel du groupement qui entreprend la reconstruction des villages dtruits et la mise en valeur des champs ou des puits de mines4 ,a chaque poste de secours doit tre affect un appareil radiologique qui en augmente l'efficacit4 ,les consquences nfastes de la guerre se font sentir encore de bien d'autres manires4 ,il n'est point ncessaire d'insister sur notre bilan en ce qui concerne le nombre de la population et la sant publique4 ,nous savons tous que la ,france a perdu l'lite de sa jeunesse tant au point de vue physique qu'au point de vue moral1 et que parmi les citoyens qui ont t pargns svit la tuberculose4 ,c'est la tuberculose encore qui attaque la vie des jeunes enfants et compromet l'avenir de la race4 ,pour conjurer le danger qui menace celle-ci1 aucun effort ne doit tre pargn1 et le mot d'ordre doit tre de faire tout ce qui est possible pour conserver la ,france chacun de ses citoyens et pour assurer le dveloppement des enfants4 ,dj cette ncessit a t largement comprise1 et un vaste effort a t entrepris pour la cration de dispensaires antituberculeux et de sanatoriums dans toute la ,france4 ,ces tablissements dont le rle est la lutte contre la tuberculose ont besoin pour cela de tous les moyens qu'offre la science moderne2 ils doivent1 en particulier1 disposer d'appareils radiologiques pour l'examen des lsions pulmonaires et des lsions osseuses4 ,les ncessits de l'examen radiologique ne se bornent pas ces exemples4 ,cet examen s'impose dans un grand nombre de cas qui se prsentent frquemment dans la vie courante2 il doit constituer un procd de diagnostic1 non point exceptionnel1 mais tout fait habituel4 ,il doit1 en particulier1 tre employ pour veiller la sant des enfants1 pour contrler le dveloppement de leur systme osseux et l'tat des organes internes4 ,pour remplir ce rle social1 le service radiologique doit tre un lment exig dans tout hpital1 hospice ou tablissement sanitaire de ,france1 dans les villages comme dans les villes4 ,une telle organisation comporte une grande provision de matriel et un personnel correspondant4 ,la ralisation est facilite par les disponibilits en appareillage qui rsultent de la guerre et par la formation de personnel qui a eu lieu pour les besoins del guerre4 ,le ,service de ,sant qui s'est trouv en possession d'un matriel considrable1 a pris la dcision d'affecter celui-ci ses hpitaux militaires1 et1 dans la mesure des disponibilits1 aux hpitaux mixtes ou civils4 ,de plus1 les voitures radiologiques ou postes mobiles en bon tat doivent tre mis la disposition des centres de rgion pour parer aux besoins de celles-ci1 en se rendant dans les villages o il n'existe aucun poste fixe4 ,on obtient ainsi un noyau d'organisation qui s'tend sur toute la ,france4 ,en dehors de cette action1 il en est une autre1 d'initiative prive4 ,les uvres de guerre1 qui disposaient d'appareils radiologiques1 en premier lieu le ,patronage ,national des ,blesss1 ont voulu complter leur tche en rpartissant les appareils rendus disponibles dans les hpitaux et dispensaires1 de manire tablir des centres de service radiologique ou conserver ceux qui s'taient fonds pendant la guerre4 ,les hpitaux et hospices civils des villes de province ont t1 en gnral1 utiliss pour le service des blesss pendant la guerre4 ,a ce titre1 ils ont t pourvus d'installations radiologiques tablies le plus souvent par l'initiative prive4 ,il est remarquer que1 dans presque tous les cas semblables1 les municipalits ont demand aprs la guerre conserver l'installation et n'ont pas hsit faire dans ce but un effort en versant une indemnit l'uvre qui avait fourni les appareils4 ,c'est l une indication rconfortante du progrs ralis dans la connaissance gnrale du rle de la radiologie et de la ncessit de son emploi rgulier4 ,ainsi nous pouvons prvoir ds prsent une organisation assez complte qui pourra se perfectionner progressivement1 condition de disposer d'un personnel comptent suffisamment nombreux4 ,celui-ci doit pouvoir tre renouvel suivant les besoins4 ,il est dont important que continuent fonctionner les centres d'enseignement pour les mdecins spcialiss en radiologie ainsi que pour les manipulateurs ou manipulatrices chargs d'assurer le bon fonctionnement des appareils4 ,pour rpondre ce besoin1 un cours de ,radiologie a t cr rcemment la ,facult de ,mdecine de ,paris4 ,il convient aussi d'encourager la fabrication des appareils1 des ampoules1 soupapes1 crans1 etc41 afin que les nombreux centres radiologiques nouvellement crs puissent s'approvisionner facilement en matriel indispensable4 ,,viii ,,radioth,,rapie ,,et ,,radiumth,,rapie ,dans les chapitres qui prcdent1 l'importance de la ,radiologie a t examine au point de vue de son utilisation pendant la guerre et de son emploi1 en principe analogue1 en temps de paix4 ,mais il existe une autre application des rayons ,x1 dont l'importance est considrable2 c'est le traitement de certaines maladies par les rayons ,x ou la radiothrapie4 ,a cette mthode de traitement se rattache une mthode analogue utilisant des moyens entirement diffrents3 le traitement par les rayons des radio-lments ou radiumthrapie4 ,,radioth,,rapie4--,nous avons vu dj que les rayons ,x produisent sur l'organisme des effets physiologiques qui peuvent tre extrmement dangereux1 mais qui peuvent aussi offrir un moyen de combattre certaines maladies4 ,parmi celles-ci1 on peut signaler diverses maladies de la peau3 ulcres superficiels1 tches de lie de vin1 etc4 ,on peut aussi obtenir des succs remarquables dans le traitement de tumeurs malignes profondes1 en particulier de sarcomes4 ,ce rsultat est extrmement important1 car on sait quels sont les ravages imputables au cancer1 et combien ce flau est difficile combattre1 malgr les bienfaits de la technique chirurgicale4 ,la technique de la radiothrapie est quelque peu diffrente de celle qui convient la radiologie employe comme mthode d'examen4 ,pour cette dernire1 en effet1 une grande puissance d'action n'est pas toujours exige2 ce n'est qu'exceptionnellement que l'on aura besoin d'une grande intensit de rayonnement1 pour obtenir une radiographie instantane4 ,de plus1 le rayonnement utilis doit avoir un pouvoir pntrant moyen qui correspond une tension d'environ #ej4jjj volts4 ,en radiothrapie1 au contraire1 il est1 en gnral1 ncessaire de faire agir les rayons jusqu' une certaine profondeur1 aussi uniformment que possible1 et cet effet on emploie1 de prfrence1 le rayonnement trs pntrant que l'on peut faire mettre un tube ,coolidge actionn par un appareil intensif1 sous une tension qui peut dpasser #ajj4jjj volts4 ,si la radiothrapie demande un appareillage puissant1 elle exige aussi une comptence toute spciale4 ,les rayons y sont employs avec des doses parfois considrables1 car il s'agit ici de provoquer leur effet physiologique1 au lieu de l'viter1 comme dans le cas d'un examen radiologique4 ,la radiothrapie ne peut donc tre pratique que par un mdecin spcialiste comptent2 elle exige la connaissance approfondie de l'action des rayons sur les tissus1 action qui dpend des conditions de l'application1 lesquelles sont elles-mmes trs varies4 ,on peut en conclure que la place de la radiothrapie n'est pas en gnral indique dans les nombreux postes radiologiques normaux faisant partie de l'organisation radiologique d'aprs guerre1 et ne possdant ni la puissance ncessaire ni un personnel suffisamment spcialis4 ,la radiothrapie se prte plutt tre centralise dans quelques services importants munis d'appareils de grande puissance et placs sous la direction de spcialistes minents4 ,c'est dans ces conditions que la radiothrapie a t pratique pendant la guerre1 dans les services militaires2 son emploi tait rserv aux ,centres de ,physiothrapie du territoire1 o l'on envoyait tous les malades susceptibles d'tre soigns par cette mthode1 qui s'est montre1 en particulier1 trs efficace pour le traitement de cicatrices vicieuses1 d'adhrences1 d'arthrites1 de nvrites conscutives aux blessures1 etc4 ,radiumthrapie4--,la radiumthrapie est une technique qui a de grandes analogies avec la radiothrapie1 sauf que la source des rayons est en ce cas diffrente4 ,les rayons utiliss ne proviennent d'aucun appareil2 ils sont mis spontanment par certaines substances nommes radio-lments qui existent dans la nature1 mais qui ne sont connues que depuis peu de temps1 car leur extrme dilution dans les minerais qui les contiennent les a fait passer inaperues jusqu' leur dcouverte rcente4 ,le plus important de ces corps nouveaux est le radium1 lment dcouvert en #ahih par ,pierre ,curie et par moi4 ,le radium met des rayons de plusieurs espces1 analogues en tout point ceux qui sont produits dans une ampoule de ,crookes actionne par un courant de haute tension4 ,en particulier1 l'un de ces groupes1 les rayons 1 possdent les mmes proprits que les rayons ,x1 mais peuvent atteindre un pouvoir pntrant encore plus considrable4 ,ce sont les rayons du radium qui sont surtout employs pour la radium thrapie4 ,la source des rayons tant dans la substance1 celle-ci est enferme dans un tube de verre ou de mtal hermtiquement ferm et agit au travers des parois de ce dernier4 ,la puissance du rayonnement du radium tant considrable1 quelques centigrammes de ce corps sont capables de produire des effets thrapeutiques importants2 ces quantits peuvent donc tre contenues dans des tubes de trs petites dimensions que l'on peut placer au voisinage ou au contact des tissus malades ou encore l'intrieur de ceux-ci4 ,ce dernier mode d'utilisation est spcial au radium et ne saurait tre ralis avec l'aide des rayons ,x4 ,le radium est fabriqu industriellement1 mais en raison de son extrme raret1 son prix est trs lev4 ,d'une tonne de minerai moyen1 on n'extrait gure que quelques centigrammes de radium1 et chaque milligramme de ce corps cote environ un millier de francs4 ,un autre lment radio-actif ou radio-lment1 le msothorium est galement l'objet d'une fabrication industrielle2 ce corps est employ en thrapie de la mme manire que le radium1 mais son activit s'altre peu peu1 tandis que celle du radium ne subit en plusieurs annes qu'une modification inapprciable4 ,les maladies traites par la radiumthrapie sont1 en principe les mmes que celles que l'on traite par les rayons ,x4 ,mais la technique employe doit ncessairement tre diffrente1 puisque le mode d'mission de rayons n'est pas le mme4 ,le degr d'efficacit relatif des deux mthodes peut galement diffrer suivant les circonstances2 les rayons ,x conviendront mieux1 par exemple1 pour irradier une lsion grande surface1 tandis qu'un cancer de l'utrus devra tre trait par un tube de radium introduit l'intrieur de la cavit4 ,il ne serait gure possible de dire aujourd'hui si qualitativement l'effet des rayons ,x sur les tissus est tout fait quivalent celui des rayons du radium2 ces derniers constituent un rayonnement ultra-pntrant1 trs haute frquence1 dont l'action physiologique pourrait offrir des caractres spciaux4 ,un autre fait important diffrencie l'emploi du radium de celui des tubes de ,crookes4 ,en dehors des rayons 1 le radium met encore deux autres espces de rayons3 les rayons et les rayons 1 dont le pouvoir pntrant1 trs infrieur celui des rayons 1 est cependant suffisant pour qu'ils puissent tre utiliss dans certaines conditions4 ,aussi bien les rayons que les rayons sont une projection de particules animes de trs grandes vitesses et portant une charge lectrique1 positive pour les particules qui ont les dimensions d'atomes1 et ngative pour les particules qui sont identiques aux lectrons 7voir p4 #g74 ,les rayons correspondants sont mis aussi dans un tube de ,crookes o ils prennent le nom de rayons positifs3 atomes chargs positivement1 et de rayons cathodiques3 lectrons lancs par la cathode2 mais ni les uns ni les autres ne peuvent franchir la paroi du tube1 de sorte qu'on n'a pu les utiliser pour les besoins de la thrapie4 ,le pouvoir pntrant des rayons du radium1 quoique trs suprieur celui des rayons positifs et des rayons cathodiques1 est cependant fort limit2 ces rayons peuvent se propager une distance de quelques centimtres dans l'air la pression atmosphrique1 mais ils ne traversent pas plus d'un dixime de millimtre de substance solide ou liquide1 trs diffrents en cela des rayons ou des rayons ,x qui traversent le corps humain4 ,nanmoins1 l'utilisation des rayons offre un intrt particulier1 parce que ce rayonnement reprsente environ #ij p4 #ajj de l'nergie dgage dans l'mission du radium4 ,quand cette substance1 au lieu d'tre enferme dans un tube1 est colle sur une plaquette1 au moyen de trs peu de vernis1 le rayonnement mis se compose de rayons 1 de rayons 1 plus pntrants que les prcdents1 et de rayons 4 ,l'action superficielle exerce par un appareil radium de ce genre 7sel coll7 est trs intensive et comparable une cautrisation4 ,on peut rendre l'action des rayons plus profonde en diffusant dans l'organisme la substance qui les met2 c'est ce que l'on peut raliser au moyen d'injections de solutions ou de suspensions fines de sel de radium qui agissent au contact des tissus par les rayons mis partout o se trouve la matire active4 ,les injections de sel de radium peuvent tre remplaces par des injections d'autres radio-lments dont l'emploi est plus avantageux2 on peut pargner le radium1 substance prcieuse1 en utilisant certaines matires radio-actives que le radium produit constamment et qui peuvent rendre les mmes services que lui1 mais seulement pendant un temps limit4 ,tel est1 par exemple un gaz radio-actif1 nomm manation du radium1 qui se forme rgulirement dans le radium et peut en tre extrait intervalles rguliers2 ce gaz se dtruit peu peu1 suivant une loi dtermine1 en mettant des rayons que l'on peut utiliser si l'manation a t introduite dans l'organisme1 soit mlange l'air et aspire par inhalation1 soit dissoute dans l'eau et injecte dans les tissus4 ,l'action des rayons sous cette forme diffuse peut tre trs nergique4 ,dans des expriences faites sur de petits animaux1 on atteint facilement des doses mortelles4 ,a dose convenable on obtient des effets thrapeutiques d'un grand intrt1 spcialement caractriss dans le traitement des arthrites4 ,l'manation du radium peut aussi tre employe d'une autre manire4 ,extraite du radium et libre d'air et de tout gaz tranger1 elle occupe un trs petit volume4 ,on peut alors1 au moyen d'oprations spciales1 la transporter dans des tubes de verre de #aj #ae millimtres de longueur et d'un ou deux diximes de millimtre de diamtre4 ,chacun de ces petits tubes scells est introduit dans une gaine de platine mince ayant l'aspect d'une aiguille et pouvant tre insre dans un tissu malade que l'on veut soumettre au rayonnement4 ,l'manation du radium n'met pas elle-mme de rayons pntrants capables de traverser la gaine1 mais elle donne naissance un produit qu'on nomme son dpt actif et qui met des rayons exactement semblables ceux qui sont mis par le radium4 ,cette ressemblance n'a rien qui doive nous surprendre2 en effet1 le radium contient toujours l'manation qu'il produit et le dpt actif de celle-ci1 de sorte que les rayons du radium sont dus en ralit non pas cet lment lui-mme1 mais ses drivs qui l'accompagnent4 ,ainsi il est naturel1 qu'en sparant ces drivs1 on puisse sparer en mme temps le rayonnement et remplacer l'action du radium par celle des produits auxquels il donne naissance4 ,on peut comprendre1 d'aprs l'expos qui prcde1 combien la technique de l'emploi du radium est varie et combien elle offre de possibilits4 ,le champ d'action se trouve encore accru par l'emploi du msothorium qui forme galement des drivs avec mission de divers groupes de rayons2 certains de ces drivs peuvent tre spars comme dans le cas du radium4 ,d'autres radio-lments encore pourraient tre utiliss leur tour4 ,cette technique si riche et si complexe est cependant d'une trs grande prcision4 ,les radio-lments peuvent tre doss trs exactement4 ,il est vrai que les peses ne sont gure en usage dans ce cas2 si la quantit de matire active dterminer est1 en gnral1 bien faible pour le radium1--quelques milligrammes ou centigrammes par exemple1--elle est1 pour l'manation du radium ou son dpt actif1 aussi bien que pour le msothorium et ses drivs1 inaccessible la pese4 ,en revanche1 des quantits infinitsimales de radio-lments peuvent tre doses avec perfection par des mthodes de mesures lectromtriques4 ,il est facile de mesurer1 par ce moyen1 #a p4 #ajj prs un millime de milligramme de radium4 ,l'habitude de mesurer exactement les tubes de radium1 de msothorium ou d'manation du radium donne une grande scurit la radiumthrapie et forme une condition essentielle de son perfectionnement4 ,les mesures de radium sont rapportes un talon international prpar par moi sous forme d'un tube de verre scell contenant une quantit pese 7environ #bj milligrammes7 de chlorure de radium pur4 ,par comparaison avec cet talon principal1 on a pu tablir des talons secondaires destins des services de vrification centraux dans divers pays4 ,en ,france1 ce service est attach l',institut du ,radium1 o les quantits de radium1 contenues dans les tubes soumis au contrle1 sont dtermines par la mesure de leur rayonnement 1 comparativement celui du tube talon4 ,on mesure de mme les tubes de msothorium1 en comparant leur rayonnement celui d'une quantit connue de radium4 ,c'est encore le mme principe qui est appliqu la mesure de tubes d'manation1 et l'on nomme millicurie la quantit d'manation dont le rayonnement est gal celui d'un milligramme de radium lment en quilibre avec les produits de sa transformation4 ,organisation centrale4--,afin d'obtenir le maximum de rendement dans l'utilisation mdicale des radio-lments1 des instituts spciaux ont t crs dans diffrents pays4 ,ces tablissements possdent des quantits relativement grandes de radium2 certains d'entre eux disposent de plusieurs grammes de la prcieuse substance4 ,celle-ci est employe en partie en tubes scells ou en sels colls2 mais la plus grande partie est1 en gnral1 conserve en solution2 l'manation qui en est extraite chaque jour est utilise pour les traitements1 soit dans de petits tubes scells1 soit dans d'autres appareils de forme approprie1 nomms applicateurs4 ,les traitements ont lieu dans un hpital faisant partie de l'institution4 ,mais celle-ci dlivre aussi l'extrieur des tubes et appareils manation aux mdecins qui en font la demande4 ,on aperoit immdiatement les avantages d'une organisation semblable4 ,un ,institut central1 suffisamment dot1 peut runir des moyens d'action trs efficaces4 ,il peut dans ses services hospitaliers1 traiter un grand nombre de malades1 sans perte de temps et avec la meilleure utilisation du radium4 ,il peut centraliser les documents relatifs ces traitements et en tirer tout le parti possible4 ,dans ses laboratoires1 il peut effectuer toutes les mesures et toutes les tudes ncessaires pour assurer les progrs de la technique3 examens biologiques des tissus malades1 mesures de rayonnement1 tudes de dispositifs nouveaux1 etc4 ,l'emploi de l'manation permet une grande souplesse dans les applications2 les doses sont variables volont1 ainsi que les formes des applicateurs2 de plus1 on peut volont utiliser l'manation sous forme de dissolution dans l'eau 7eau active7 ou encore rpandue dans l'air 7air actif7 pour inhalation4 ,quelle que soit la forme de l'emploi1 celui-ci offre une scurit d'importance fondamentale4 ,la matire prcieuse1 le radium1 n'est pas expose une circulation dangereuse1 pour les besoins du service2 tout risque porte uniquement sur les appareils manation1 dont la valeur est rduite1 puisque cette matire1 de dure limite1 peut en quelque sorte tre considre comme un revenu rgulier fourni par le radium1 mais diffrent en cela d'un revenu en espces que l'accumulation ne peut se poursuivre indfiniment1 et qu'il y a tout intrt utiliser aussi compltement que possible l'manation que l'on extrait jusqu' son extinction complte4 ,on voit l'intrt considrable qui s'attache la cration d',instituts nationaux qui centralisent d'ordinaire la radiumthrapie et aussi la radiothrapie ou traitement par les rayons ,x4 ,de pareils ,instituts existent dans divers pays2 les plus importants se trouvent en ,angleterre et en ,amrique4 ,mais la ,france1 pays de la dcouverte du radium et de la radiumthrapie1 ne possdait avant la guerre aucun ,service pour l'application de cette technique4 ,la ,france o est ne l'industrie du radium1 ne possdait avant la guerre aucune provision de radium pour les besoins de la sant publique1 se bornant fournir le radium qui approvisionnait les instituts trangers4 ,pendant la guerre il m'a paru opportun de suppler cette lacune par la cration d'un service d'manation destin subvenir aux besoins des hpitaux4 ,ce service a t tabli en #aiaf l',institut du ,radium1 d'accord avec le ,service de ,sant militaire4 ,le radium utilis tait celui que j'avais prpar en commun avec ,pierre ,curie et qui avait servi avant la guerre pour les recherches scientifiques de notre ,laboratoire4 ,les ampoules d'manation produites chaque semaine taient utilises pour le traitement des blesss et des malades dans des hpitaux militaires et aussi1 dans une certaine mesure1 dans les hpitaux civils4 ,ce premier ,service national de ,radiumthrapie n'a pu tre abandonn la fin de la guerre4 ,il a1 au contraire1 pris un dveloppement nouveau1 sous la direction de ,m4 le ,dr ,regaud1 directeur du ,laboratoire ,pasteur de l',institut de ,radium1 qui ds son retour des armes y employa toute son activit et toute sa comptence4 ,ainsi se trouve constitue en germe la ,section de ,radiumthrapie de l',institut du ,radium4 ,celle-ci ne peut manquer de se complter1 grce aux concours gnreux qui lui sont acquis ds prsent ainsi qu' ceux qui lui viendront dans l'avenir4 ,l',institut du ,radium1 cr il y a quelques annes par les efforts joints de l',universit de ,paris et de l',institut ,pasteur1 aura ainsi assumer une tche singulirement plus ample que celle laquelle il avait t primitivement destin4 ,les rsultats obtenus jusqu'ici prouvent combien cette extension est ncessaire4 ,les progrs de la radiumthrapie s'affirment chaque jour plus srs et plus importants4 ,plusieurs lsions1 maladies ou malaises sont traits couramment avec des rsultats certains4 ,l'une des plaies les plus terribles de l'humanit1 le cancer1 cde toujours davantage la technique de plus en plus perfectionne des applications du radium venant complter ou remplacer les ressources de la chirurgie4 ,on peut dire avec certitude que si la victoire n'est pas encore entire1 la lutte1 nanmoins1 se poursuit avec des avantages de plus en plus complets et frquents2 la gurison est obtenue dans bien des cas1 et dfaut de la gurison1 une amlioration vient soulager les souffrances et faciliter la vie des malades4 ,la cruelle maladie n'est pas encore rduite l'impuissance1 mais elle est efficacement combattue1 et tous les espoirs sont permis4 ,a l',institut du ,radium incombe la tche de hter cette volution par la constitution d'une section du radiumthrapie modle1 bnficiant du travail patient de ses ,laboratoires1--par des progrs constants de sa technique et de son information biologique1--par son enseignement1 de plus en plus adapt aux besoins1 destin rpandre largement les connaissances prcises sans lesquelles la pratique de la radiumthrapie n'est qu'une erreur et un danger1--par ses travaux de recherche pure1 source de dcouvertes nouvelles susceptibles de porter de nouveaux fruits4 ,ainsi l',institut du ,radium aura remplir un rle social important1 s'ajoutant sa tche purement scientifique1 pour le plus grand bien de notre pays et de sa capitale4 ,,conclusion ,l'histoire de la radiologie de guerre offre un exemple saisissant de l'ampleur insouponne que peut prendre1 dans certaines conditions1 l'application des dcouvertes d'ordre purement scientifique4 ,les rayons ,x dont les merveilleuses proprits ont t1 presque aussitt aprs leur dcouverte1 appliques l'examen du corps humain et la thrapie1 n'ont eu1 nanmoins1 dans cette voie1 qu'une utilisation limite jusqu' l'poque de la guerre4 ,la grande catastrophe qui s'est dchane sur l'humanit2 accumulant des victimes en nombre effrayant1 a fait surgir par raction le dsir ardent de sauver tout ce qui pouvait tre sauv1 d'exploiter fond tous les moyens pour pargner et protger les vies humaines4 ,et aussitt nous voyons natre de tous les cts un effort multiple et vari dont une partie prend pour objet de faire rendre l'emploi de rayons ,x tous les services prvoir4 ,ds lors1 ce qui avait paru difficile et problmatique1 devient ais et reoit une solution immdiate2 le matriel1 le personnel se multiplient comme par enchantement2 tous ceux qui ne comprenaient pas1 cdent et acceptent1 ceux qui ne savaient pas apprennent1 ceux qui taient indiffrents1 se dvouent4 ,et un peu d'annes se trouve constitu un systme rglementaire1 o les mdecins et les chirurgiens conoivent aussi peu la possibilit de ngliger l'emploi de rayons ,x1 qu'ils en concevaient peu auparavant l'utilisation gnrale4 ,ds lors1 il devient impossible de limiter au temps de guerre les conceptions qui ont prvalu d'une manire aussi dfinitive4 ,le droit l'examen radiologique1 ou au traitement par les rayons ,x1 est1 dornavant1 pour tout malade1 un droit gnral et incontest1--et l'on voit prendre naissance une organisation d'aprs guerre1 destine rendre ce droit effectif et oprant4 ,ainsi la dcouverte scientifique aura achev la conqute de son champ d'action naturel1 et aura acquis les moyens d'utilisation plein rendement4 ,une volution analogue aura t accomplie par la radiumthrapie ou application mdicale des radiations mises par les radio-lments4 ,traitement exceptionnel encore jusqu' prsent1 elle est l'objet d'un effort qui tend la mettre la porte de tous ceux qui peuvent mettre en elle leur espoir4 ,les souffrances et les pertes cruelles ont fait sentir plus profondment la valeur de la vie humaine4 ,les ravages exercs par le cancer appellent une organisation de lutte mthodique et efficace4 ,il n'est plus possible de reculer la ralisation qui s'impose4 ,et ainsi nous voyons se liguer vers un but commun des concours convergents3 l',universit de ,paris et l',institut ,pasteur encouragent et appuient l'uvre commence par l',institut du ,radium2 de gnreux donateurs apportent leur concours2 la ville de ,paris et le gouvernement ne peuvent s'en dsintresser4 ,dans peu de temps1 l'effort gnral aura port les premiers fruits1 la radiumthrapie aura en ,france une premire organisation1 et ainsi aura t atteint le grand rsultat humanitaire qui est un des aboutissements de la dcouverte scientifique du ,radium4 ,que pouvons-nous conclure de cette fortune inespre chue en partage aux nouvelles radiations que la science nous a rvles la fin du ,x,i,xe sicle8 ,il semble que nul spectacle n'est plus propre rendre plus vive notre confiance dans la recherche scientifique dsintresse et augmenter le culte et l'admiration qu'il convient de lui vouer4 ,telle nouvelle source de lumire1 fruit des patients efforts du savant dans son laboratoire1 rpandra un jour son clat sur l'humanit1 lui apportant la consolation et l'allgement des souffrances1--telle autre contribuera faciliter la vie et l'effort pacifique vers plus de bien-tre physique1 moral et intellectuel4 ,les rpercussions de la pense fconde sont illimites4 ,son champ d'action dpasse tout horizon connu4 ,toute collectivit civilise a le devoir imprieux de veiller sur le domaine de la science pure o s'laborent les ides et les dcouvertes1 d'en protger et encourager les ouvriers et de leur apporter les concours ncessaires4 ,c'est ce prix seulement qu'une nation peut grandir et poursuivre une volution harmonieuse vers un idal lointain4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,introduction ,i ,,les ,,rayons ,x ,,ii ,,comment ,,peut-,,on ,,produire ,,les ,,rayons ,x ,,iii ,,installation ,,dans ,,les ,h,,pitaux ,,et ,,voitures ,,radiologiques ,,iv ,,travail ,,radiologique ,,dans ,,les ,h,,pitaux ,v ,,personnel ,,radiologique ,,vi ,,rendement ,,et ,r,,sultats ,,vii ,,organisation ,d',,apr,s-,,guerre ,,viii ,,radioth,,rapie ,,et ,,radiumth,,rapie ,,conclusions