,,pr9cipes ,,de ,,la ,,philosophie ,,de ,l',,hi/oire1 ,,traduits ,,de ,,la ,,sci5za ,,nuova ,,de ,j4 ,b4 ,,vico1 ,,et ,,pr,c,d,s ,d',,un ,,disc\rs ,,sur ,,le ,,sy/,,me ,,et ,,la ,,vie ,,de ,l',,auteur1 p> ,jules ,,mi*elet1 ,,pr(esseur ,d',,hi/oire ,,au ,,coll,,ge ,,de ,,sa9te-,,b>be4 ,,p>is1 ,,*ez ,,jules ,,r5\>d1 ,,libraire1 ,,rue ,,de ,,t\rnon1 ,n #f4 #ahbg4 ,,avis ,,du ,,traducteur4 ,les ,pr9cipes de la ,philosophie de l',hi/oire dont n\s donnons une traduction abrge1 ont p\r titre orig9al3 ,c9q ,livres sur les pr9cipes d'une ,sci5ce n\velle1 relative la nature commune des nations1 p> ,jean-,bapti/e ,vico1 ouvrage ddi ,s4 ,s4 7,clm5t ,,xii74 ,trois ditions ont t faites du vivant de l'auteur1 dans les annes #agbe1 #agcj1 et #agdd4 ,la d]nire e/ celle qu'on a rimprime le plus s\v5t1 et que n\s avons suivie4 ,ce livre1 disait ,monti1 e/ une montagne aride et sauvage qui recle des m9es d'or4 ,la comp>aison manque de ju/esse4 ,si l'on v\lait la suivre1 on p\rrait accus] dans la ,sci5ce n\velle1 non pas l'aridit1 mais bi5 un luxe de vgtation4 ,le gnie imptueux de ,vico l'a sur*>ge *aque dition d'une f\le de rptitions s\s lesquelles disp>at l'unit du desse9 de l'ouvrage4 ,r5dre s5sible cette unit1 telle devait tre la p5se de celui qui au b\t d'un sicle v5ait (frir un public franais un livre si loign p> la s+ul>it de sa =me des ides de ses contempora9s4 ,il ne p\vait atte9dre ce b qu'en supprimant1 abrgeant ou transposant les passages qui en reproduisai5t d'autres s\s une =me mo9s heureuse1 ou qui semblai5t appels ailleurs p> la liaison des ides4 ,il a fallu encore c>t] quelques p>adoxes biz>res1 quelques tymologies =ces1 qui ont jusqu'ici dcrdit les vrits innombrables que conti5t la ,sci5ce n\velle4 ,mais on a indiqu dans l'app5dice du disc\rs prlim9aire les passages de quelque importance qui ont t abrgs ou retran*s4 ,le j\r n'e/ pas lo9 sans d\te o1 le nom de ,vico ayant pris enf9 la place qui lui e/ due1 un intrt hi/orique s't5dra sur t\t ce qu'il a crit1 et o ses erreurs ne p\rront faire tort sa gloire2 mais ce temps n'e/ pas encore v5u4 99 99 99 ,on tr\v]a dans le disc\rs et dans l'app5dice qui le suit une vie complte de ,vico4 ,le mmoire qu'il a lui-mme crit sur sa vie ne va que jusqu' la publication de son gr& ouvrage4 ,n\s avons abrg ce morceau1 en laguant t\tes les ides qu'on devait retr\v] dans la ,sci5ce n\velle1 mais n\s y avons aj\t de n\veaux dtails1 tirs des opuscules et des lettres de ,vico1 ou cons]vs p> la tradition4 99 99 99 ,plusieurs p]sonnes n\s ont prodigu leurs sec\rs et leurs conseils4 ,n\s regrettons qu'il ne n\s soit pas p]mis de les nomm] t\tes4 ,m4 le *evali] de ,angelis1 auteur de travaux 9dits sur ,vico1 a bi5 v\lu n\s communiqu] la plup>t des ouvrages itali5s que n\s avons extraits ou cits2 exemple trop r>e de cette libralit d'esprit qui met t\t en commun entre ceux qui s'occup5t des mmes matires4 ,on ne peut reconnatre une bont si ds9tresse1 mais ri5 n'en efface le s\v5ir4 ,des avocats di/+us1 ,,mm4 ,r5\>d1 ,coeuret de ,sa9t-,george et ,f\c>t1 ont clair le traducteur sur plusieurs que/ions de droit4 ,mais il a t pr9cipalem5t s\t5u dans son travail p> ,m4 ,poret1 pr(esseur au collge de ,sa9te-,b>be4 ,si cette premire traduction franaise de la ,sci5ce n\velle1 rsolvait d'une manire satisfaisante les nombreuses difficults que prs5te l'orig9al1 elle le devrait en gr&e p>tie au zle infatigable de son amiti4 ,,disc\rs ,,sur ,,le ,,sy/,,me ,,et ,,la ,,vie ,,de ,,vico4 ,dans la rapidit du m\vem5t critique imprim la philosophie p> ,desc>tes1 le public ne p\vait rem>qu] quiconque re/ait hors de ce m\vem5t4 ,voil p\rquoi le nom de ,vico e/ encore si peu connu en-de des ,alpes4 ,p5dant que la f\le suivait ou combattait la r=me c>tsi5ne1 un gnie solitaire fondait la philosophie de l'hi/oire4 ,n'accusons pas l'indiffr5ce des contempora9s de ,vico2 essayons plutt de l'expliqu]1 et de montr] que la ,sci5ce n\velle n'a t si nglige p5dant le d]ni] sicle que p>ce qu'elle s'adressait au ntre4 ,telle e/ la m>*e naturelle de l'esprit huma93 connatre d'abord et ensuite jug]1 s't5dre dans le monde extrieur et r5tr] plus t>d en soi-mme1 s'en rapport] au s5s commun et le s\mettre l'exam5 du s5s individuel4 ,cultiv dans la premire priode p> la religion1 p> la posie et les arts1 il accumule les faits dont la philosophie doit un j\r faire usage4 ,il a dj le s5tim5t de bi5 des vrits1 il n'en a pas encore la sci5ce4 ,il faut qu'un ,socrate1 un ,desc>tes1 vi5n5t lui dem&] de quel droit il les possde1 et que les attaques op9itres d'un impitoyable scepticisme l'oblig5t de se les appropri] en les df5dant4 ,l'esprit huma91 a9si inquit dans la possession des croyances qui t\*5t de plus prs son tre1 ddaigne quelque temps t\te connaissance que le s5s intime ne peut lui atte/]2 mais ds qu'il s]a rassur1 il sortira du monde intrieur avec des =ces n\velles p\r repr5dre l'tude des faits hi/oriques3 en cont9uant de *]*] le vrai il ne nglig]a plus le vraisemblable1 et la philosophie1 comp>ant et rectifiant l'un p> l'autre le s5s individuel et le s5s commun1 embrass]a dans l'tude de l'homme celle de l'humanit t\t entire4 ,cette d]nire poque comm5ce p\r n\s4 ,ce qui n\s di/+ue m9emm5t1 c'e/1 comme n\s disons auj\rd'hui1 notre t5dance hi/orique4 ,dj n\s v\lons que les faits soi5t vrais dans leurs mo9dres dtails2 le mme am\r de la vrit doit n\s conduire en *]*] les rapports1 obs]v] les lois qui les rgiss5t1 exam9] enf9 si l'hi/oire ne peut tre ram5e une =me sci5tifique4 ,ce b dont n\s appro*ons t\s les j\rs1 le gnie prophtique de ,vico n\s l'a m>qu long-temps d'avance4 ,son sy/me n\s app>at au comm5cem5t du d]ni] sicle1 comme une admirable prote/ation de cette p>tie de l'esprit huma9 qui se repose sur la sagesse du pass cons]ve dans les religions1 dans les langues et dans l'hi/oire1 sur cette sagesse vulgaire1 mre de la philosophie1 et trop s\v5t mconnue d'elle4 ,il tait naturel que cette prote/ation "pt de l',italie4 ,malgr le gnie subtil des ,c>dan et des ,jordano ,bruno1 le scepticisme n'y tant po9t rgl p> la ,r=me dans son dveloppem5t1 n'avait pu y obt5ir un succs durable ni populaire4 ,le pass1 li t\t enti] la cause de la religion1 y cons]vait son empire4 ,l'glise ca?olique invoquait sa p]ptuit contre les prote/ans1 et p> consqu5t recomm&ait l'tude de l'hi/oire et des langues4 ,les sci5ces qui1 au moy5 ge1 s'tai5t rfugies et confondues dans le se9 de la religion1 avai5t ress5ti en ,italie mo9s que p>t\t ailleurs les bons et les mauvais effets de la division du travail2 si la plup>t avai5t fait mo9s de progrs1 t\tes tai5t re/e unies4 ,l',italie mridionale p>ticulirem5t cons]vait ce gt d'univ]salit1 qui avait c>actris le gnie de la gr&e ,grce4 ,dans l'antiquit1 l'cole py?agorici5ne avait alli la mtaphysique et la gomtrie1 la morale et la politique1 la musique et la posie4 ,au treizime sicle1 l'ange de l'cole avait p>c\ru le c]cle des connaissances huma9es p\r accord] les doctr9es d',ari/ote avec celles de l'glise4 ,au dix-septime enf91 les jurisconsultes du royaume de ,naples re/ai5t seuls fidles cette df9ition antique de la jurisprud5ce3 sci5tia r]um div9>um atque human>um4 ,c'tait dans une telle contre qu'on devait t5t] p\r la premire fois de fondre t\tes les connaissances qui ont l'homme p\r objet dans un va/e sy/me1 qui rappro*]ait l'une de l'autre l'hi/oire des faits et celle des langues1 en les clairant t\tes deux p> une critique n\velle1 et qui accord]ait la philosophie et l'hi/oire1 la sci5ce et la religion4 99 99 99 ,nanmo9s1 on aurait pe9e compr5dre ce phnomne1 si ,vico lui-mme ne n\s avait fait connatre quels travaux prp>r5t la conception de son sy/me 7,vie de ,vico crite p> lui-mme74 ,les dtails que l'on va lire sont tirs de cet ine/imable monum5t2 ceux qui ne p\vai5t entr] ici ont t rejets dans l'app5dice du disc\rs4 ,,jean-,,bapti/e ,,vico1 n ,naples1 d'un pauvre libraire1 en #affh1 reut l'ducation du temps2 c'tait l'tude des langues anci5nes1 de la s*ola/ique1 de la ?ologie et de la jurisprud5ce4 ,mais il aimait trop les gnralits1 p\r s'occup] avec gt de la pratique du droit4 ,il ne plaida qu'une fois1 p\r df5dre son pre1 gagna sa cause1 et r5ona au b>reau2 il avait alors seize ans4 ,peu de temps aprs1 la ncessit l'obligea de se *>g] d'enseign] le droit aux neveux de l'vque d',is*ia4 ,retir p5dant neuf annes dans la belle solitude de ,vatolla1 il suivit en lib]t la r\te que lui traait son gnie1 et se p>tagea entre la posie1 la philosophie et la jurisprud5ce4 ,ses matres fur5t les jurisconsultes roma9s1 le div9 ,platon1 et ce ,dante avec lequel il avait lui-mme tant de rapport p> son c>actre mlancolique et ard5t4 ,on montre encore la petite biblio?que d'un c\v5t o il travaillait1 et o il conut peut-tre la premire ide de la ,sci5ce n\velle4 ,lorsque ,vico rev9t ,naples 7c'e/ lui-mme qui p>le71 il se vit comme trang] dans sa patrie4 ,la philosophie n'tait plus tudie que dans les ,mditations de ,desc>tes1 et dans son ,disc\rs sur la m?ode1 o il dsappr\ve la culture de la posie1 de l'hi/oire et de l'loqu5ce4 ,le platonisme1 qui au seizime sicle les avait si heureusem5t inspires1 qui p\r a9si dire1 avait alors ressuscit la ,grce antique en ,italie1 tait relgu dans la p\ssire des clotres4 ,p\r le droit1 les comm5tateurs mod]nes tai5t prfrs aux int]prtes anci5s4 ,la posie corrompue p> l'afft]ie1 avait cess de puis] aux torr5s de ,dante1 aux limpides ruisseaux de ,ptr>que4 ,on cultivait mme peu la langue lat9e4 ,les sci5ces1 les lettres tai5t galem5t languissantes4 ,c'e/ que les peuples1 pas plus que les individus1 n'abdiqu5t impunm5t leur orig9alit4 ,le gnie itali5 v\lait suivre l'impulsion philosophique de la ,france et de l',anglet]re1 et il s'annulait lui-mme4 ,un esprit vraim5t itali5 ne p\vait se s\mettre cette autre invasion de l',italie p> les trang]s4 ,t&is que t\t le sicle t\rnait des yeux avides v]s l'av5ir1 et se prcipitait dans les r\tes n\velles que lui ouvrait la philosophie1 ,vico eut le c\rage de remont] v]s cette antiquit si ddaigne1 et de s'id5tifi] avec elle4 ,il f]ma les comm5tateurs et les critiques1 et se mit tudi] les orig9aux1 comme on l'avait fait la r5aissance des lettres4 ,=tifi p> ces tudes pr(ondes1 il osa attaqu] le c>tsianisme1 non-seulem5t dans sa p>tie dogmatique qui cons]vait peu de crdit1 mais aussi dans sa m?ode que ses adv]saires mme avai5t embrasse1 et p> laquelle il rgnait sur l',europe4 ,il faut voir dans le disc\rs o il comp>e la m?ode d'enseignem5t suivie p> les mod]nes celle des anci5s#a1 avec quelle sagacit il m>que les inconvni5s de la premire4 ,nulle "p les abus de la n\velle philosophie n'ont t attaqus avec plus de =ce et de modration3 l'loignem5t p\r les tudes hi/oriques1 le dda9 du s5s commun de l'humanit1 la manie de rduire en art ce qui doit tre laiss la prud5ce individuelle1 l'application de la m?ode gomtrique aux *oses qui comport5t le mo9s une dmon/ration rig\reuse1 etc4 ,mais en mme temps ce gr& esprit1 lo9 de se rang] p>mi les dtracteurs aveugles de la r=me c>tsi5ne1 en reconnat hautem5t le bi5fait3 il voyait de trop haut p\r se cont5t] d'aucune solution incomplte3 ,n\s devons beauc\p ,desc>tes qui a tabli le s5s individuel p\r rgle du vrai2 c'tait un esclavage trop avilissant1 que de faire t\t repos] sur l'autorit4 ,n\s lui devons beauc\p p\r avoir v\lu s\mettre la p5se la m?ode2 l'ordre des scola/iques n'tait qu'un dsordre4 ,mais v\loir que le jugem5t de l'individu rgne seul1 v\loir t\t assujtir la m?ode gomtrique1 c'e/ tomb] dans l'excs oppos4 ,il s]ait temps dsormais de pr5dre un moy5 t]me2 de suivre le jugem5t individuel1 mais avec les g>ds dus l'autorit2 d'employ] la m?ode1 mais une m?ode div]se selon la nature des *oses4#b ,note #a3 ,il y propose le problme suivant3 ,ne p\rrait-on pas anim] d'un mme esprit t\t le savoir div9 et huma91 de sorte que les sci5ces se donnass5t la ma91 p\r a9si dire1 et qu'une univ]sit d'auj\rd'hui reprs5tt un ,platon ou un ,ari/ote1 avec t\t le savoir que n\s avons de plus que les anci5s8 ,note #b3 ,rponse un article du j\rnal littraire d',italie o l'on attaquait le livre ,de antiquissim ,italorum sapi5ti ex orig9ibus l+u lat9 cru5d4 #agaa4 ,celui qui assignait la vrit le d\ble crit]ium du s5s individuel et du s5s commun1 se tr\vait ds-lors dans une r\te "p4 ,les ouvrages qu'il a publis depuis1 n'ont plus un c>actre polmique4 ,ce sont des disc\rs publics1 des opuscules1 o il tablit sp>m5t les op9ions div]ses qu'il devait plus t>d runir dans son gr& sy/me4 ,l'un de ces opuscules e/ intitul3 ,essai d'un sy/me de jurisprud5ce1 dans lequel le droit civil des ,roma9s s]ait expliqu p> les rvolutions de leur g\v]nem5t4 ,dans un autre1 il entrepr5d de pr\v] que la sagesse itali5ne des temps les plus reculs peut se dc\vrir dans les tymologies lat9es4 ,c'e/ un trait complet de mtaphysique1 tr\v dans l'hi/oire d'une langue#c4 ,on peut nanmo9s faire sur ces premi]s travaux de ,vico une obs]vation qui montre t\t le *em9 qu'il avait encore p>c\rir p\r arriv] la ,sci5ce n\velle3 c'e/ qu'il rapporte la sagesse de la jurisprud5ce roma9e1 et celle qu'il dc\vre dans la langue des anci5s ,itali5s1 au gnie des jurisconsultes ou des philosophes1 au lieu de l'expliqu]1 comme il le fit plus t>d1 p> la sagesse in/9ctive que ,dieu donne aux nations4 ,il croit encore que la civilisation itali5ne1 que la lgislation roma9e1 ont t importes en ,italie1 de l'gypte ou de la ,grce4 ,note #c3 ,cet ouvrage e/ le seul dont ,vico n'ait po9t transport les ides dans la ,sci5ce n\velle4 ,n\s en donn]ons pro*a9em5t une traduction4 ,jusqu'en #agai1 l'unit manqua aux re*]*es de ,vico2 ses auteurs favoris avai5t t jusque-l ,platon1 ,tacite et ,bacon1 et aucun d'eux ne p\vait la lui donn]3 ,le second considre l'homme tel qu'il e/1 le premi] tel qu'il doit tre2 ,platon contemple l'honnte avec la sagesse spculative1 ,tacite obs]ve l'utile avec la sagesse pratique4 ,bacon runit ces deux c>actres 7cogit>e1 vid]e74 ,mais ,platon *]*e dans la sagesse vulgaire d',homre1 un ornem5t plutt qu'une base p\r sa philosophie2 ,tacite disp]se la si5ne la suite des vnem5s2 ,bacon dans ce qui reg>de les lois ne fait pas assez ab/raction des temps et des lieux p\r atte9dre aux plus hautes gnralits4 ,grotius a un mrite qui leur manque2 il enf]me dans son sy/me de droit univ]sel la philosophie et la ?ologie1 en les appuyant t\tes deux sur l'hi/oire des faits1 vrais ou fabuleux1 et sur celle des langues4 ,la lecture de ,grotius fixa ses ides et dt]m9a la conception de son sy/me4 ,dans un disc\rs prononc en #agai1 il traita le sujet suivant3 ,les lm5s de t\t le savoir div9 et huma9 peuv5t se rduire trois1 connatre1 v\loir1 p\voir4 ,le pr9cipe unique en e/ l'intellig5ce4 ,l'oeil de l'intellig5ce1 c'e/--dire la raison1 reoit de ,dieu la lumire du vrai t]nel4 ,t\te sci5ce vi5t de ,dieu1 ret\rne ,dieu1 e/ en ,dieu#d4 ,et il se *>geait de pr\v] la fausset de t\t ce qui s'c>t]ait de cette doctr9e4 ,c'tait1 disai5t quelques-uns1 promettre plus que ,pic de la ,mir&ole1 qu& il affi*a ses ?ses de omni scibili4 ,en effet ,vico n'avait pu dans un disc\rs montr] que la p>tie philosophique de son sy/me1 et avait t oblig d'en supprim] les preuves1 c'e/--dire t\te la p>tie philologique4 ,s'tant mis a9si dans l'heureuse ncessit d'expos] t\tes ses ides1 il ne t>da pas publi] deux essais intituls3 ,unit de pr9cipe du droit univ]sel1 #agbj2--;,h>monie de la sci5ce du jurisconsulte 7de con/anti jurisprud5tis71 c'e/--dire1 accord de la philosophie et de la philologie1 #agba4 ,peu aprs 7#agbb7 il fit p>atre des notes sur ces deux ouvrages1 dans lesquels il appliquait ,homre la critique n\velle dont il y avait expos les pr9cipes4 ,note #d3 ,omnis div9 atque human eruditionis elem5ta tria1 nosse1 velle1 posse3 quorum pr9cipium unum m5s2 cujus oculus ratio1 cui t]ni v]i lum5 prbet ,deus444444--,hc tria elem5ta1 qu tam exi/]e1 et no/ra esse1 qum nos viv]e c]t scimus1 un ill re1 de qu omn9 dubit>e non possumus1 nimirm cogitatione explicemus3 quod qu facilis faciamus1 hanc tractationem univ]sam divido 9 p>tes tres3 9 qu>um prim omnia sci5ti>um pr9cipia ,deo esse3 9 secund1 div9um lum51 sive t]num v]um p] hc tria1 qu proposuimus elem5ta omnes sci5tias p]me>e3 easque omnes un arctissim complexione colligatas alias 9 alias dirig]e1 et cunctas ad ,deum ips>um pr9cipium revoc>e3 9 t]ti1 quidquid usqum de div9 ac human eruditionis pr9cipiis scriptum1 dictumve sit1 quod cum 8 pr9cipiis congru]it1 v]um2 quod diss5s]it1 falsum esse demon/remus4 ,atque ade de div9>um atque human>um r]um notiti hc agam tria1 de orig9e1 de circulo1 de con/anti2 et o/5dam1 orig9e1 omnes ,deo prov5ire2 circulo1 ad ,deum r$ire omnes2 con/anti1 omnes con/>e 9 ,deo1 omnesque eas ipsas prt] ,deum t5ebras esse et errores4 ,cep5dant ces opuscules div]s ne =mai5t pas un mme corps de doctr9e2 il entreprit de les fondre en un seul ouvrage qui p>ut1 en #agbe1 s\s le titre de3 ,pr9cipes d'une sci5ce n\velle1 relative la nature commune des nations1 au moy5 desquels on dc\vre de n\veaux pr9cipes du droit naturel des g5s4 ,cette premire dition de la ,sci5ce n\velle1 e/ aussi le d]ni] mot de l'auteur1 si l'on considre le fond des ides4 ,mais il en a entirem5t *ang la =me dans les autres ditions publies de son vivant4 ,dans la premire1 il suit encore une m>*e analytique#e4 ,elle e/ inf9im5t suprieure p\r la cl>t4 ,nanmo9s c'e/ dans celles de #agcj et de #agdd que l'on a t\j\rs *]* de prfr5ce le gnie de ,vico4 ,il y dbute p> des axiomes1 en dduit t\tes les ides p>ticulires et s'ef=ce de suivre une m?ode gomtrique que le sujet ne comporte pas t\j\rs4 ,malgr l'obscurit qui en rsulte1 malgr l'emploi cont9uel d'une t]m9ologie biz>re que l'auteur nglige s\v5t d'expliqu]1 il y a dans l'ensemble du sy/me1 prs5t de cette manire1 une gr&eur imposante1 et une sombre posie qui fait p5s] celle de ,dante4 ,n\s avons traduit en l'abrgeant l'dition de #agdd2 mais1 dans l'expos du sy/me que l'on va lire1 n\s n\s sommes s\v5t rappro*s de la m?ode que l'auteur avait suivie dans la premire1 et qui n\s a p>u conv5ir davantage un public franais4 ,note #e3 ,vico a trs bi5 m>qu lui-mme les progrs de sa m?ode3 ,ce qui me dplat dans mes livres sur le droit univ]sel 7,de juris uno pr9cipio1 et ,de con/anti jurisprud5tis71 c'e/ que j'y p>s des ides de ,platon et d'autres gr&s philosophes1 p\r desc5dre l'exam5 des intellig5ces bornes et /upides des premi]s hommes qui fondr5t l'humanit paenne2 t&is que j'aurais d suivre une m>*e t\te contraire4 ,de l les erreurs o je suis tomb dans c]ta9es matires444--,dans la premire dition de la ,sci5ce n\velle1 j'errais1 s9on dans la matire1 au mo9s dans l'ordre que je suivais4 ,je traitais des pr9cipes des ides1 en les sp>ant des pr9cipes des langues1 qui sont naturellem5t unis entre eux4 ,je p>lais de la m?ode propre la ,sci5ce n\velle1 en la sp>ant des pr9cipes des ides et des pr9cipes des langues4 ,additions une prface de la ,sci5ce n\velle1 publies avec d'autres pices 9dites de ,vico1 p> ,m4 ,antonio ,giordano1 #ahah4 ,aj\tons cette critique1 que1 dans la premire dition1 il conoit p\r l'humanit l'espoir d'une p]fection /ationnaire4 ,cette ide1 que tant d'autres philosophes devai5t reproduire1 ne rep>at plus dans les ditions suivantes4 99 99 99 ,dans cette v>it inf9ie d'actions et de p5ses1 de moeurs et de langues que n\s prs5te l'hi/oire de l'homme1 n\s retr\vons s\v5t les mmes traits1 les mmes c>actres4 ,les nations les plus loignes p> les temps et p> les lieux suiv5t dans leurs rvolutions politiques1 dans celles du langage1 une m>*e s+ulirem5t analogue4 ,dgag] les phnomnes rguli]s des accid5tels1 et dt]m9] les lois gnrales qui rgiss5t les premi]s2 trac] l'hi/oire univ]selle1 t]nelle1 qui se produit dans le temps s\s la =me des hi/oires p>ticulires1 dcrire le c]cle idal dans lequel t\rne le monde rel1 voil l'objet de la n\velle sci5ce4 ,elle e/ t\t -la-fois la philosophie et l'hi/oire de l'humanit4 ,elle tire son unit de la religion1 pr9cipe producteur et cons]vateur de la socit4 ,jusqu'ici on n'a p>l que de ?ologie naturelle2 la ,sci5ce n\velle e/ une ?ologie sociale1 une dmon/ration hi/orique de la ,provid5ce1 une hi/oire des dcrets p> lesquels1 l'insu des hommes et s\v5t malgr eux1 elle a g\v]n la gr&e cit du g5re huma94 ,qui ne ress5tira un div9 plaisir en ce corps mortel1 lorsque n\s contempl]ons ce monde des nations1 si v>i de c>actres1 de temps et de lieux1 dans l'uni=mit des ides div9es8 ,les autres sci5ces s'occup5t de dirig] l'homme et de le p]fectionn]2 mais aucune n'a encore p\r objet la connaissance des pr9cipes de la civilisation d'o elles sont t\tes sorties4 ,la sci5ce qui n\s rvl]ait ces pr9cipes1 n\s mettrait mme de mesur] la c>rire que p>c\r5t les peuples dans leurs progrs et leur dcad5ce1 de calcul] les ges de la vie des nations4 ,alors on connatrait les moy5s p> lesquels une socit peut s'lev] ou se ram5] au plus haut degr de civilisation dont elle soit susceptible1 alors s]ai5t accordes la ?orie et la pratique1 les savans et les sages1 les philosophes et les lgislateurs1 la sagesse de rflexion avec la sagesse in/9ctive2 et l'on ne s'c>t]ait des pr9cipes de cette sci5ce de l'humanisation1 qu'en abdiquant le c>actre d'homme1 et se sp>ant de l'humanit4 99 99 99 ,la ,sci5ce n\velle puise deux s\rces3 la philosophie1 la philologie4 ,la philosophie contemple le vrai p> la raison2 la philologie obs]ve le rel2 c'e/ la sci5ce des faits et des langues4 ,la philosophie doit appuy] ses ?ories sur la c]titude des faits2 la philologie emprunt] la philosophie ses ?ories p\r lev] les faits au c>actre de vrits univ]selles t]nelles4 ,quelle philosophie s]a fconde8 celle qui relv]a1 qui dirig]a l'homme d*u et t\j\rs dbile1 sans l'arra*] sa nature1 sans l'ab&onn] sa corruption4 ,a9si n\s f]mons l'cole de la ,sci5ce n\velle aux /oci5s qui veul5t la mort des s5s1 aux picuri5s qui font des s5s la rgle de l'homme2 ceux-l s'en*an5t au de/91 ceux-ci s'ab&onn5t au has>d2 les uns et les autres ni5t la ,provid5ce4 ,ces deux doctr9es isol5t l'homme1 et devrai5t s'appel] philosophies solitaires4 ,au contraire1 n\s admettons dans notre cole les philosophes politiques1 et surt\t les platonici5s1 p>ce qu'ils sont d'accord avec t\s les lgislateurs sur nos trois pr9cipes fondam5taux3 exi/5ce d'une ,provid5ce div9e1 ncessit de modr] les passions et d'en faire des v]tus huma9es1 immortalit de l'me4 ,ces trois vrits philosophiques rpond5t autant de faits hi/oriques3 in/itution univ]selle des religions1 des m>iages et des spultures4 ,t\tes les nations ont attribu ces trois *oses un c>actre de sa9tet2 elles les ont appeles humanitatis comm]cia 7,tacite71 et p> une expression plus sublime encore1 fo$]a g5]is humani4 ,la philologie1 sci5ce du rel1 sci5ce des faits hi/oriques et des langues1 f\rnira les matriaux la sci5ce du vrai1 la philosophie4 ,mais le rel1 ouvrage de la lib]t de l'individu1 e/ inc]ta9 de sa nature4 ,quel s]a le crit]ium1 au moy5 duquel n\s dc\vrirons dans sa mobilit le c>actre immuable du vrai8444 le s5s commun1 c'e/--dire le jugem5t irrfl*i d'une classe d'homme1 d'un peuple1 de l'humanit2 l'accord gnral du s5s commun des peuples con/itue la sagesse du g5re huma94 ,le s5s commun1 la sagesse vulgaire1 e/ la rgle que ,dieu a donne au monde social4 ,cette sagesse e/ une s\s la d\ble =me des actions et des langues1 quelque v>ies qu'elles puiss5t tre p> l'influ5ce des causes locales1 et son unit leur imprime un c>actre analogue *ez les peuples les plus isols4 ,ce c>actre e/ surt\t s5sible dans t\t ce qui t\*e le droit naturel4 ,int]rogez t\s les peuples sur les ides qu'ils se font des rapports sociaux1 v\s v]rez qu'ils les compr5n5t t\s de mme s\s des expressions div]ses2 on le voit dans les prov]bes qui sont les maximes de la sagesse vulgaire4 ,n'essayons pas d'expliqu] cette uni=mit du droit naturel en supposant qu'un peuple l'a communiqu t\s les autres4 ,p>t\t il e/ indigne1 p>t\t il a t fond p> la ,provid5ce dans les moeurs des nations4 ,cette id5tit de la p5se huma9e1 reconnue dans les actions et dans le langage1 rs\t le gr& problme de la sociabilit de l'homme1 qui a tant emb>rass les philosophes2 et si l'on ne tr\vait po9t le noeud dli1 n\s p\rrions le tran*] d'un mot3 ,nulle *ose ne re/e long-temps hors de son tat naturel2 l'homme e/ sociable1 puisqu'il re/e en socit4 ,dans le dveloppem5t de la socit huma9e1 dans la m>*e de la civilisation1 on peut di/+u] trois ges1 trois priodes2 ge div9 ou ?ocratique1 ge hroque1 ge huma9 ou civilis4 cette division rpond celle des temps obscur1 fabuleux1 hi/orique4 ,c'e/ surt\t dans l'hi/oire des langues que l'exactitude de cette classification e/ manife/e4 ,celle que n\s p>lons a d tre prcde p> une langue mtaphorique et potique et celle-ci p> une langue hiroglyphique ou sacre4 ,n\s n\s occup]ons pr9cipalem5t des deux premires priodes4 ,les causes de cette civilisation dont n\s sommes si fi]s1 doiv5t tre re*]*es dans les ges que n\s nommons b>b>es1 et qu'il s]ait mieux d'appel] religieux et potiques2 t\te la sagesse du g5re huma9 y tait dj1 dans son bau*e et dans son g]me4 ,mais lorsque n\s essayons de remont] v]s des temps si lo9 de n\s1 que de difficults n\s arrt5t6 ,la plup>t des monum5s ont pri1 et ceux mmes qui n\s re/5t ont t altrs1 dnaturs p> les prjugs des ges suivans4 ,ne p\vant expliqu] les orig9es de la socit1 et ne se rsignant po9t les ignor]1 on s'e/ reprs5t la b>b>ie antique d'aprs la civilisation mod]ne4 ,les vanits nationales ont t s\t5ues p> la vanit des savans qui mett5t leur gloire recul] l'orig9e de leurs sci5ces favorites4 ,frapp de l'heureux in/9ct qui guida les premi]s hommes1 on s'e/ exagr leurs lumires1 et on leur a fait honneur d'une sagesse qui tait celle de ,dieu4 ,p\r n\s1 p]suads qu'en t\te *ose les comm5cem5ts sont simples et grossi]s1 n\s reg>d]ons les ,zoroa/re1 les ,h]ms et les ,orphes mo9s comme les auteurs que comme les produits et les rsultats de la civilisation antique1 et n\s rapport]ons l'orig9e de la socit paenne au s5s commun qui rappro*a les uns des autres les hommes encore /upides des premi]s ges4 ,les fondateurs de la socit sont p\r n\s ces cyclopes dont p>le ,homre1 ces gants p> lesquels comm5ce l'hi/oire pr(ane aussi bi5 que l'hi/oire sacre4 ,aprs le dluge1 les premi]s hommes1 except les patri>*es anctres du peuple de ,dieu1 dur5t rev5ir la vie sauvage1 et p> l'effet de l'ducation la plus dure1 reprir5t la taille gigantesque des hommes ant-diluvi5s4 7,nudi ac sordidi 9 hos artus1 9 hc corpora1 qu miramur1 excrescunt4 ,,taciti ,g]mania47 ,ils s'tai5t disp]ss dans la va/e =t qui c\vrait la t]re1 t\t enti]s aux beso9s physiques1 f>\*es1 sans loi1 sans ,dieu4 ,en va9 la nature les environnait de m]veilles2 plus les phnomnes tai5t rguli]s1 et p> consqu5t dignes d'admiration1 plus l'habitude les leur r5dait indiffr5ts4 ,qui p\vait dire comm5t s'veill]ait la p5se huma9e8444 ,mais le tonn]re s'e/ fait ent5dre1 ses t]ribles effets sont rem>qus2 les gants effrays reconnaiss5t la premire fois une puissance suprieure1 et la nomm5t ,jupit]2 a9si dans les traditions de t\s les peuples1 ,jupit] t]rasse les gants4 ,c'e/ l'orig9e de l'idoltrie1 fille de la crdulit1 et non de l'impo/ure1 comme on l'a tant rpt4 ,l'idoltrie fut ncessaire au monde1 s\s le rapport social3 quelle autre puissance que celle d'une religion ple9e de t]reurs1 aurait dompt le /upide orgueil de la =ce1 qui jusque-l isolait les individus8--s\s le rapport religieux3 ne fallait--il pas que l'homme passt p> cette religion des s5s1 p\r arriv] celle de la raison1 et de celle-ci la religion de la foi8 ,mais comm5t expliqu] ce premi] pas de l'esprit huma91 ce passage critiqu de la brutalit l'humanit8 ,comm5t dans un tat de civilisation aussi avanc que le ntre1 lorsque les esprits ont acquis p> l'usage des langues1 de l'criture et du calcul1 une habitude inv9cible d'ab/raction1 n\s replac] dans l'imag9ation de ces premi]s hommes plongs t\t enti]s dans les s5s1 et comme ensevelis dans la matire8 ,il n\s re/e heureusem5t sur l'enfance de l'espce et sur ses premi]s dveloppem5s le plus c]ta91 le plus naf de t\s les tmoignages3 c'e/ l'enfance de l'individu4 ,l'enfant admire t\t1 p>ce qu'il ignore t\t4 ,ple9 de mmoire1 imitateur au plus haut degr1 son imag9ation e/ puissante en proportion de son incapacit d'ab/raire4 ,il juge de t\t d'aprs lui-mme1 et suppose la volont p>t\t o il voit le m\vem5t4 ,tels fur5t les premi]s hommes4 ,ils fir5t de t\te la nature un va/e corps anim1 passionn comme eux4 ,ils p>lai5t s\v5t p> signes2 ils p5sr5t que les clairs et la f\dre tai5t les signes de cet tre t]rible4 ,de n\velles obs]vations multiplir5t les signes de ,jupit]1 et leur runion composa une langue my/rieuse1 p> laquelle il daignait faire connatre aux hommes ses volonts4 ,l'intellig5ce de cette langue dev9t une sci5ce1 s\s les noms de div9ation1 ?ologie my/ique1 my?ologie1 muse4 ,peu--peu t\s les phnomnes de la nature1 t\s les rapports de la nature l'homme1 ou des hommes entre eux dev9r5t autant de div9its4 ,prt] la vie aux tres inanims1 prt] un corps aux *oses immatrielles1 compos] des tres qui n'exi/5t compltem5t dans aucune ralit1 voil la triple cration du monde fanta/ique de l'idoltrie4 ,dieu dans sa pure intellig5ce1 cre les tres p> cela qu'il les connat2 les premi]s hommes1 puissans de leur ignorance1 crai5t leur manire p> la =ce d'une imag9ation1 si je puis le dire1 t\te matrielle4 ,pote veut dire crateur2 ils tai5t donc potes1 et telle fut la sublimit de leurs conceptions qu'ils s'en p\vantr5t eux-mmes1 et tombr5t tremblans devant leur ouvrage4 7,f+unt simul cr$untque4 ,,tacite47 ,c'e/ p\r cette posie div9e qui crait et expliquait le monde invisible1 qu'on inv5ta le nom de sagesse1 rev5diqu ensuite p> la philosophie4 ,en effet la posie tait dj p\r les premi]s ges une philosophie sans ab/raction1 t\te d'imag9ation et de s5tim5t4 ,ce que les philosophes comprir5t dans la suite1 les potes l'avai5t s5ti2 et si1 comme le dit l'cole1 ri5 n'e/ dans l'intellig5ce qui n'ait t dans le s5s1 les potes fur5t le s5s du g5re huma91 les philosophes en fur5t l'intellig5ce4#f ,note #f3 ,philosophie e/ une posie sophi/ique4 ,,montaigne2 ,,iii v41 p4 #baf dit4 ,lefebvre4 ,les signes p> lesquels les hommes comm5cr5t exprim] leurs p5ses1 fur5t les objets mmes qu'ils avai5t div9iss4 ,p\r dire la m]1 ils la montrai5t de la ma92 plus t>d ils dir5t ,neptune4 ,c'e/ la langue des dieux dont p>le ,homre4 ,les noms des tr5te mille dieux lat9s recueillis p> ,v>ron1 ceux des ,grecs non mo9s nombreux1 =mai5t le vocabulaire div9 de ces deux peuples4 ,orig9airem5t la langue div9e ne p\vant se p>l] que p> actions1 presque t\te action tait consacre2 la vie n'tait p\r a9si dire qu'une suite d'actes muets de religion4 ,de l re/r5t dans la jurisprud5ce roma9e1 les acta legitima1 cette pantomime qui accompagnait t\tes les transactions civiles4 ,les hiroglyphes fur5t l'criture propre cette langue imp>faite1 lo9 qu'ils ai5t t inv5ts p> les philosophes p\r y ca*] les my/res d'une sagesse pr(onde4 ,t\tes les nations b>b>es ont t =ces de comm5c] a9si1 en att5dant qu'elles se =mass5t un meilleur sy/me de langage et d'criture4 ,cette langue muette conv5ait un ge o dom9ai5t les religions2 elles veul5t tre respectes1 plutt que raisonnes4 ,dans l'ge hroque1 la langue div9e subsi/ait encore1 la langue huma9e ou articule comm5ait2 mais cet ge en eut de plus une qui lui fut propre2 je p>le des emblmes1 des devises1 n\veau g5re de signes qui n'ont qu'un rapport indirect la p5se4 ,c'e/ cette langue que p>l5t les armes des hros2 elle e/ re/e celle de la discipl9e militaire4 ,transporte dans la langue articule1 elle dut donn] naissance aux comp>aisons1 aux mtaphores1 etc4 ,en gnral la mtaphore fait le fond des langues4 ,le premi] pr9cipe qui doit n\s guid] dans la re*]*e des tymologies1 c'e/ que la m>*e des ides correspond celle des *oses4 ,or les degrs de la civilisation peuv5t tre a9si indiqus3 ,=ts1 cabanes1 villages1 cits ou socits de citoy5s1 acadmies ou socits de savans2 les hommes habit5t d'abord les montagnes1 ensuite les pla9es1 enf9 les rivages4 ,les ides1 et les p]fectionnem5s du langage ont d suivre cet ordre4 ,ce pr9cipe tymologique suffit p\r les langues indignes1 p\r celles des pays b>b>es qui re/5t impntrables aux trang]s1 jusqu' ce qu'ils leur soi5t ouv]ts p> la gu]re ou p> le comm]ce4 ,il montre combi5 les philologues ont eu tort d'tablir que la signification des langues e/ arbitraire4 ,leur orig9e fut naturelle1 leur signification doit tre fonde en nature4 ,on peut l'obs]v] dans le lat91 langue plus hroque1 mo9s raff9e que le grec2 t\s les mots y sont tirs p> figures d'objets agre/es et sauvages4 ,la langue hroque employa p\r noms communs des noms propres ou des noms de peuples4 ,les anci5s ,roma9s disai5t un ,t>5t9 p\r un homme p>fum4 ,t\s les peuples de l'antiquit dir5t un ,h]cule p\r un hros4 ,cette cration des c>actres idaux qui sembl]ait l'ef=t d'un art +nieux1 fut une ncessit p\r l'esprit huma94 ,voyez l'enfant2 les noms des premires p]sonnes1 des premires *oses qu'il a vues1 il les donne t\tes celles en qui il rem>que quelqu'analogie4 ,de mme les premi]s hommes1 incapables de =m] l'ide ab/raite du pote1 du hros1 nommr5t t\s les hros du nom du premi] hros1 t\s les potes1 etc4 ,p> un effet de notre am\r in/9ctif de l'uni=mit1 ils aj\tr5t ces premires ides des fictions s+ulirem5t en h>monie avec les ralits1 et peu--peu les noms de hros1 de pote1 qui d'abord dsignai5t tel individu1 comprir5t t\s les c>actres de p]fection qui p\vai5t entr] dans le type idal de l'hrosme1 de la posie4 ,le vrai potique1 rsultat de cette d\ble opration1 fut plus vrai que le vrai rel2 quel hros de l'hi/oire remplira le c>actre hroque aussi bi5 que l',a*ille de l',iliade8 ,cette t5dance des hommes plac] des types idaux s\s des noms propres1 a rempli de difficults et de contradictions app>5tes les comm5cem5s de l'hi/oire4 ,ces types ont t pris p\r des individus4 ,a9si t\tes les dc\v]tes des anci5s gypti5s app>ti5n5t un ,h]ms2 la premire con/itution de ,rome1 mme dans cette p>tie morale qui semble le produit des habitudes1 sort t\t arme de la tte de ,romulus2 t\s les exploits1 t\s les travaux de la ,grce hroque compos5t la vie d',h]cule2 ,homre enf9 n\s app>at seul sur le passage des temps hroques ceux de l'hi/oire1 comme le reprs5tant d'une civilisation t\t entire4 ,p> un privilge admirable1 ces hommes prodigieux ne sont pas l5tem5t enfants p> le temps et p> les circon/ances2 ils naiss5t d'eux-mmes1 et ils sembl5t crer leur sicle et leur patrie4 ,comm5t s'tonn] que l'antiquit en ait fait des dieux8 ,considrez les noms d',h]ms1 de ,romulus1 d',h]cule et d',homre1 comme les expressions de tel c>actre national telle poque1 comme dsignant les types de l'esprit inv5tif *ez les gypti5s1 de la socit roma9e dans son orig9e1 de l'hrosme grec1 de la posie populaire des premi]s ges *ez la mme nation1 les difficults disp>aiss5t1 les contradictions s'expliqu5t2 une cl>t imm5se luit dans la tnbreuse antiquit4 ,pr5ons ,homre1 et voyons comm5t t\tes les invraisemblances de sa vie et de son c>actre devi5n5t1 p> cette int]prtation1 des conv5ances1 des ncessits4 ,p\rquoi t\s les peuples grecs se sont-ils disput sa naissance1 l'ont-ils rev5diqu p\r citoy58 c'e/ que *aque tribu retr\vait en lui son c>actre1 c'e/ que la ,grce s'y reconnaissait1 c'e/ qu'elle tait elle-mme ,homre4--,p\rquoi des op9ions si div]ses sur le temps o il vcut8 c'e/ qu'il vcut en effet p5dant les c9q sicles qui suivir5t la gu]re de ,troie1 dans la b\*e et dans la mmoire des hommes4--,jeune1 il composa l',iliade4444 ,la ,grce1 jeune alors1 t\te ard5te de passions sublimes1 viol5tes1 mais gnreuses1 fit son hros d',a*ille1 le hros de la =ce4 ,dans sa vieillesse1 il composa l',odysse444 ,la ,grce plus mre1 conut long-temps aprs le c>actre d',ulysse1 le hros de la sagesse4--,homre fut pauvre et aveugle4444 dans la p]sonne des rapsodes1 qui recueillai5t les *ants populaires1 et les allai5t rptant de ville en ville1 tantt sur les places publiques1 tantt dans les ftes des dieux4 ,alors comme auj\rd'hui les aveugles devai5t m5] le plus s\v5t cette vie m5diante et vagabonde2 d'ailleurs la supriorit de leur mmoire les r5dait plus capables de ret5ir tant de milli]s de v]s4 ,homre n'tant plus un homme1 mais dsignant l'ensemble des *ants improviss p> t\t le peuple et recueillis p> les rapsodes1 se tr\ve ju/ifi de t\s les repro*es qu'on lui a faits1 et de la bassesse d'images1 et des lic5ces1 et du mlange des dialectes4 ,qui p\rrait s'tonn] encore qu'il ait lev les hommes la gr&eur des dieux1 et rabaiss les dieux aux faiblesses huma9es8 le vulgaire ne fait-il pas les dieux a son image8 ,le gnie d',homre s'explique aussi sans pe9e2 l'incomp>able puissance d'inv5tion qu'on admire dans ses c>actres1 l'orig9alit sauvage de ses comp>aisons1 la vivacit de ses pe9tures de morts et de batailles1 son pa?tique sublime1 t\t cela n'e/ pas le gnie d'un homme1 c'e/ celui de l'ge hroque4 ,quelle =ce de jeunesse n'ont pas alors l'imag9ation1 la mmoire1 et les passions qui inspir5t la posie8 ,les trois pr9cipaux titres d',homre sont dsormais mieux motivs3 c'e/ bi5 le fondateur de la civilisation en ,grce1 le pre des potes1 la s\rce de t\tes les philosophies grecques4 ,le d]ni] titre mrite une explication3 les philosophes ne tirr5t po9t leurs sy/mes d',homre1 quoiqu'ils *]*ass5t les autoris] de ses fables2 mais ils y tr\vr5t rellem5t une occasion de re*]*es1 et une facilit de plus p\r expos] et popul>is] leurs doctr9es4 ,cep5dant on peut insi/]3 en supposant qu'un peuple enti] ait t pote1 comm5t put-il inv5t] les artifices du /yle1 ces pisodes1 ces t\rs heureux1 ce nombre potique44448 et comm5t et-il pu ne pas les inv5t]8 les t\rs ne v9r5t que de la difficult de s'exprim]2 les pisodes de l'inhabilet qui ne sait pas di/+u] et c>t] les *oses qui ne vont pas au b4 ,quant au nombre musical et potique1 il e/ naturel l'homme2 les bgues s'essai5t p>l] en *antant2 dans la passion1 la voix s'altre et appro*e du *ant4 ,p>t\t les v]s prcdr5t la prose4 ,pass] de la posie la prose1 c'tait ab/raire et gnralis]2 c> le langage de la premire e/ t\t concret1 t\t p>ticuli]4 ,la posie elle-mme1 quoiqu'elle sortt alors de l'usage vulgaire1 reut aussi les expressions gnrales2 aux noms propres1 qui1 dans l'indig5ce des langues1 lui avai5t s]vi dsign] les c>actres1 elle sub/itua des noms imag9aires1 et conut des c>actres purem5t idaux2 ce fut l le comm5cem5t de son troisime ge1 de l'ge huma9 de la posie4 99 99 99 ,l'orig9e de la religion1 de la posie et des langues tant dc\v]te1 n\s connaissons celle de la socit paenne4 ,les pomes d',homre en sont le pr9cipal monum5t4 ,joignez-y l'hi/oire des premi]s sicles de ,rome1 qui n\s prs5te le meilleur comm5taire de l'hi/oire fabuleuse des ,grecs2 en effet ,rome ayant t fonde lorsque les langues vulgaires du ,latium avai5t fait de gr&s progrs1 l'hrosme roma9 jeune encore1 au milieu de peuples dj mrs1 s'exprima en langue vulgaire1 t&is que celui des ,grecs s'tait exprim en langue hroque4 ,le comm5cem5t de la religion fut celui de la socit4 ,les gans1 effrays p> la f\dre qui leur rvle une puissance suprieure1 se rfugi5t dans les cav]nes4 ,l'tat be/ial f9it avec leurs c\rses vagabondes2 ils s'assur5t d'un asile rguli]1 ils y reti5n5t une compagne p> la =ce1 et la famille a comm5c4 ,les premi]s pres de famille sont les premi]s prtres2 et comme la religion compose encore t\te la sagesse1 les premi]s sages2 matres absolus de leur famille1 ils sont aussi les premi]s rois2 de l le nom de patri>*es 7pres et pr9ces74 ,dans une si gr&e b>b>ie1 leur j\g ne peut tre que dur et cruel2 le ,polyphme d',homre e/ aux yeux de ,platon l'image des premi]s pres de famille4 ,il faut bi5 qu'il en soit a9si p\r que les hommes dompts p> le g\v]nem5t de la famille se tr\v5t prp>s obir aux lois du g\v]nem5t civil qui va succd]4 ,mais ces rois absolus de la famille sont eux-mmes s\mis aux puissances div9es1 dont ils int]prt5t les ordres leurs femmes et leurs enfans2 et comme alors il n'y a po9t d'action qui ne soit s\mise un ,dieu1 le g\v]nem5t e/ en effet ?ocratique4 ,voil l'ge d'or1 tant clbr p> les potes1 l'ge o les dieux rgn5t sur la t]re4 ,t\te la v]tu de cet ge1 c'e/ une sup]/ition b>b>e qui s]t p\rtant cont5ir les hommes1 malgr leur brutalit et leur orgueil f>\*e4 ,quelque horreur que n\s inspir5t ces religions sangu9aires1 n'oublions pas que c'e/ s\s leur influ5ce que se sont =mes les plus illu/res socits du monde2 l'a?isme n'a ri5 fond4 ,bi5tt la famille ne se composa pas seulem5t des individus lis p> le sang4 ,les malheureux qui tai5t re/s dans la promiscuit des bi5s et des femmes1 et dans les qu]elles qu'elle produisait1 v\lant *app] aux insultes des viol5s1 rec\rur5t aux autels des =ts1 situs sur les hauteurs4 ,ces autels fur5t les premi]s asyles1 vetus urbes cond5tium consilium1 dit ,tite-,live4 ,les =ts tuai5t les viol5s et protgeai5t les rfugis4 ,issus de ,jupit]1 c'e/--dire1 ns s\s ses auspices1 ils tai5t hros p> la naissance et p> la v]tu4 ,a9si se =ma le c>actre idal de l',h]cule antique2 les hros tai5t hraclides1 enfans d',h]cule1 comme les sages tai5t appels enfans de la sagesse1 etc4 ,les n\veaux v5us1 conduits dans la socit p> l'intrt1 non p> la religion1 ne p>tagr5t pas les prrogatives des hros1 p>ticulirem5t celle du m>iage sol5nel4 ,ils avai5t t reu condition de s]vir leurs df5seurs comme esclaves2 mais1 dev5us nombreux1 ils s'indignr5t de leur abaissem5t1 et dem&r5t une "p dans ces t]res qu'ils cultivai5t4 ,p>t\t o les hros fur5t va9cus1 ils leur cdr5t des t]res qui devai5t t\j\rs relev] d'eux2 ce fut la premire loi agraire1 et l'orig9e des cli5telles et des fiefs4 ,a9si s'organisa la cit3 les pres de famille =mr5t une classe de nobles1 de patrici5s1 cons]vant le triple c>actre de rois de leur maison1 de prtres et de sages1 c'e/--dire1 de dpositaires des auspices4 ,les rfugis composr5t une classe de plbi5s1 compagnons1 cli5s1 vassaux1 sans autre droit que la j\issance des t]res1 qu'ils t5ai5t des nobles4 ,les cits hroques fur5t t\tes g\v]nes ari/ocratiquem5t2 les rois des familles s\mir5t leur empire dome/ique celui de leur ordre4 ,les pr9cipaux de l'ordre hroque fur5t appels rois de la cit1 et adm9i/rr5t les affaires communes1 en ce qui t\*ait la gu]re et la religion4 ,ces petites socits tai5t ess5tiellem5t gu]rires 7,grec3 polis1 polimos74 trang] 7ho/is71 dans leur langage1 e/ synonyme d'ennemi4 ,les hros s'honorai5t du nom de brig&s 7,voy4 ,?ucydide71 et ex]ai5t en effet le brig&age ou la pirat]ie4 l'intrieur1 les cits hroques n'tai5t pas plus tranquilles4 ,les anci5s nobles1 dit ,ari/ote 7,politique71 jurai5t une t]nelle inimiti aux plbi5s4 ,l'hi/oire roma9e n\s le confirme3 les plbi5s combattai5t p\r l'intrt des nobles1 leurs propres dp5s1 et ceux-ci les ru9ai5t p> l'usure1 les enf]mai5t dans leurs ca*ots p>ticuli]s1 les d*irai5t de c\ps de f\ets4 ,mais l'am\r de l'honneur1 qui entreti5t dans les rpubliques ari/ocratiques cette viol5te rivalit des ordres1 cause en rcomp5se dans la gu]re une gnreuse mulation4 ,les nobles se dv\5t au salut de la patrie1 auquel ti5n5t t\s les privilges de leur ordre2 les plbi5s1 p> des exploits signals1 *]*5t se montr] dignes de p>tag] les privilges des nobles4 ,ces qu]elles1 qui t5d5t tablir l'galit1 sont le plus puissant moy5 d'agr&ir les rpubliques4 99 99 99 ,p\r complt] ce tableau des ges div9 et hroque1 n\s rappro*]ons l'hi/oire du droit civil de celle du droit politique4 ,dans la premire1 n\s retr\vons t\tes les vicissitudes de la seconde4 ,si les g\v]nem5s rsult5t des moeurs1 la jurisprud5ce v>ie selon la =me du g\v]nem5t4 ,c'e/ ce que n'ont vu ni les hi/ori5s1 ni les jurisconsultes2 ils n\s expliqu5t les lois1 n\s en rappell5t l'in/itution sans en m>qu] les rapports avec les rvolutions politiques2 a9si ils n\s prs5t5t les faits isols de leurs causes4 ,dem&ez-leur p\rquoi la jurisprud5ce antique des ,roma9s fut ent\re de tant de sol5nits1 de tant de my/res2 ils ne sav5t qu'accus] l'impo/ure des patrici5s4 ,au premi] ge1 le droit et la raison1 c'e/ ce qui e/ ordonn d'en haut1 c'e/ ce que les dieux ont rvl p> les auspices1 p> les oracles et autres signes matriels4 ,le droit e/ fond sur une autorit div9e4 ,dem&] la mo9dre explication s]ait un blasphme4 ,admirons la ,provid5ce qui p]mit qu' une poque o les hommes tai5t incapables de disc]n] le droit1 la raison vritable1 ils tr\vass5t dans leur erreur un pr9cipe d'ordre et de conduite4 ,la jurisprud5ce1 la sci5ce de ce droit div91 ne p\vait tre que la connaissance des rites religieux2 la ju/ice tait t\t entire dans l'obs]vation de c]ta9es pratiques1 de c]ta9es crmonies4 ,de l le respect sup]/itieux des ,roma9s p\r les acta legitima2 *ez eux1 les noces1 le te/am5t tai5t dits ju/a1 lorsque les crmonies requises avai5t t accomplies4 ,le premi] tribunal fut celui des dieux2 c'e/ eux qu'en appelai5t ceux qui recevai5t quelque tort1 ce sont eux qu'ils invoquai5t comme tmo9s et comme juges4 ,qu& les jugem5s de la religion se rgul>isr5t1 les c\pables fur5t dv\s1 ana?matiss2 sur cette s5t5ce1 ils devai5t tre mis mort4 ,on la prononait contre un peuple aussi bi5 que contre un individu2 les gu]res 7pura et pia bella7 tai5t des jugem5s de ,dieu4 ,elles avai5t t\tes un c>actre de religion2 les hrauts qui les dcl>ai5t1 dv\ai5t les ennemis1 et appelai5t leurs dieux hors de leurs murs2 les va9cus tai5t considrs comme sans dieux2 les rois trans d]rire le *> des triomphateurs roma9s tai5t (f]ts au ,capitole ,jupit] ,frtri51 et del immols4 ,les duels fur5t encore une espce de jugem5t des dieux4 ,les rpubliques anci5nes1 dit ,ari/ote dans sa ,politique1 n'avai5t pas de lois judiciaires p\r punir les crimes et rprim] la viol5ce4 ,le duel (frait seul un moy5 d'emp*] que les gu]res individuelles ne s't]nisass5t4 ,les hommes1 ne p\vant di/+u] la cause rellem5t ju/e1 croyai5t ju/e celle que favorisai5t les dieux4 ,le droit hroque fut celui de la =ce4 ,la viol5ce des hros ne connaissait qu'un seul fre93 le respect de la p>ole4 ,une fois prononce1 la p>ole tait p\r eux sa9te comme la religion1 immuable comme le pass 7fas1 fatum1 de f>i74 ,aux actes religieux qui composai5t seuls t\te la ju/ice de l'ge div91 et qu'on p\rrait appel] =mules d'actions1 succdr5t des =mules p>les4 ,les secondes hritr5t du respect qu'on avait eu p\r les premires1 et la sup]/ition de ces =mules fut inflexible1 impitoyable3 ,uti l+u nuncupassit1 ita jus e/o 7d\ze tables73 ,agamemnon a prononc qu'il immol]ait sa fille2 il faut qu'il l'immole4 ,ne crions pas comme ,lucrce1 tantum relligio potuit suad]e malorum6444 ,il fallait cette horrible fidlit la p>ole dans ces temps de viol5ce2 la faiblesse s\mise la =ce avait cra9dre de mo9s ses caprices4--,l'quit de cet ge n'e/ donc pas l'quit naturelle1 mais l'quit civile2 elle e/ dans la jurisprud5ce ce que la raison d'tat e/ en politique1 un pr9cipe d'utilit1 de cons]vation p\r la socit4 ,la sagesse consi/e alors dans un usage habile des p>oles1 dans l'application prcise1 dans l'appropriation du langage un b d'intrt4 ,c'e/ l la sagesse d',ulysse2 c'e/ celle des anci5s jurisconsultes roma9s avec leur fameux cav]e4 ,rpondre sur le droit1 ce n'tait p\r eux autre *ose que prcautionn] les consultans1 et les prp>] circon/anci] devant les tribunaux le cas conte/1 de manire que les =mules d'actions s'y rapportass5t de po9t en po9t1 et que le prteur ne pt refus] de les appliqu]4--,imites des =mules religieuses1 les =mules lgales de l'ge hroque fur5t enveloppes des mmes my/res3 le secret1 l'atta*em5t aux *oses tablies sont l'me des rpubliques ari/ocratiques4 ,les =mules religieuses1 tant t\tes en action1 n'avai5t ri5 de gnral2 les =mules lgales dans leurs comm5cem5s n'ont rapport qu' un fait1 un individu2 ce sont de simples exemples d'aprs lesquels on juge ensuite les faits analogues4 ,la loi1 t\te p>ticulire encore1 n'a p\r elle que l'autorit 7dura e/1 s$ scripta e/72 elle n'e/ pas encore fonde en pr9cipe1 en vrit4 ,jusque-l1 il n'y a qu'un droit civil2 avec l'ge huma9 comm5ce le droit naturel1 le droit de l'humanit raisonnable4 ,la ju/ice de ce d]ni] ge considre le mrite des faits et des p]sonnes2 une ju/ice aveugle s]ait faussem5t imp>tiale2 son galit app>5te s]ait en effet 9galit4 ,les exceptions1 les privilges sont s\v5t dem&s p> l'quit naturelle2 aussi les g\v]nem5s huma9s sav5t faire pli] la loi dans l'intrt de l'galit mme4 mesure que les dmocraties et les mon>*ies remplac5t les ari/ocraties hroques1 l'importance de la loi civile dom9e de plus en plus celle de la loi politique4 ,dans celles-ci t\s les intrts privs des citoy5s tai5t r5f]ms dans les intrts publics2 s\s les g\v]nem5s huma9s1 et surt\t s\s les mon>*ies1 les intrts publics n'occup5t les esprits qu' propos des intrts privs2 d'ailleurs les moeurs s'ad\cissant1 les affections p>ticulires en pr5n5t d'autant plus de =ce1 et remplac5t le patriotisme4 ,s\s les g\v]nem5s huma9s1 l'galit que la nature a mise entre les hommes en leur donnant l'intellig5ce1 c>actre ess5tiel de l'humanit1 e/ consacre dans l'galit civile et politique4 ,les citoy5s sont ds-lors gaux1 d'abord comme s\v]a9s de la cit1 ensuite comme sujets d'un mon>que qui1 di/+u seul entre t\s1 leur dicte les mmes lois4 ,dans les rpubliques populaires bi5 ordonnes1 la seule 9galit qui subsi/e e/ dt]m9e p> le c5s3 ,dieu veut qu'il en soit a9si1 p\r donn] l'avantage l'conomie sur la prodigalit1 l'indu/rie et la prvoyance sur l'indol5ce et la p>esse4--,le peuple pris en gnral veut la ju/ice2 lorsqu'il entre a9si dans le g\v]nem5t1 il fait des lois ju/es1 c'e/--dire gnralem5t bonnes4 ,mais peu--peu les tats populaires se corromp5t4 ,les ri*es ne considr5t plus leur =tune comme un moy5 de supriorit lgale1 mais comme un in/rum5t de tyrannie2 le peuple qui s\s les g\v]nem5s hroques ne rclamait que l'galit1 veut ma9t5ant dom9] son t\r2 il ne manque pas de *efs ambitieux qui lui prs5t5t des lois populaires1 des lois qui t5d5t enri*ir les pauvres4 ,les qu]elles ne sont plus lgales2 elles se dcid5t p> la =ce4 ,de l des gu]res civiles au-d$ans1 des gu]res inju/es au-dehors4 ,les puissans s'lv5t dans le dsordre2 et l'an>*ie1 la pire des tyrannies1 =ce le peuple de se rfugi] dans la dom9ation d'un seul4 ,a9si le beso9 de l'ordre et de la scurit fonde les mon>*ies4 ,voil la loi royale 7p\r p>l] comme les jurisconsultes7 p> laquelle ,tacite lgitime la mon>*ie roma9e s\s ,augu/e3 ,qui cuncta discordiis fessa sub imp]ium unius accepit4 ,fondes sur la protection des faibles1 les mon>*ies doiv5t tre g\v]nes d'une manire populaire4 ,le pr9ce tablit l'galit1 au mo9s dans l'obissance2 il humilie les gr&s1 et leur abaissem5t e/ dj une lib]t p\r les petits4 ,revtu d'un p\voir sans bornes1 il consulte non la loi1 mais l'quit naturelle4 ,aussi la mon>*ie e/-elle le g\v]nem5t le plus con=me la nature1 dans les temps de la civilisation la plus avance4 ,les mon>ques se glorifi5t du titre de clm5s1 et r5d5t les pe9es mo9s svres2 ils dim9u5t cette t]rible puissance pat]nelle des premi]s ges4 ,la bi5veillance de la loi desc5d jusqu'aux esclaves2 les ennemis mme sont mieux traits1 les va9cus cons]v5t des droits4 ,celui de citoy51 dont les rpubliques tai5t si av>es1 e/ prodigu2 et le pieux ,anton9 veut1 selon le mot d',alex&re1 que le monde soit une seule cit4 99 99 99 ,voil t\te la vie politique et civile des nations1 tant qu'elles cons]v5t leur indp5dance4 ,elles pass5t successivem5t s\s trois g\v]nem5s4 ,la lgislation div9e fonde la mon>*ie dome/ique1 et comm5ce l'humanit2 la lgislation hroque ou ari/ocratique =me la cit1 et limite les abus de la =ce2 la lgislation populaire consacre dans la socit l'galit naturelle2 la mon>*ie enf9 doit arrt] l'an>*ie1 et la corruption publique qui l'a produite4 ,qu& ce remde e/ impuissant1 il en vi5t 9vitablem5t du dehors un autre plus efficace4 ,le peuple corrompu tait esclave de ses passions effrnes2 il devi5t esclave d'une nation meilleure qui le s\met p> les armes1 et le sauve en le s\mettant4 ,c> ce sont deux lois naturelles3 ,qui ne peut se g\v]n]1 obira1--et1 aux meilleurs l'empire du monde4 ,que si un peuple n'tait sec\ru dans ce misrable tat de dpravation ni p> la mon>*ie ni p> la conqute1 alors1 au d]ni] des maux1 il faudrait bi5 que la ,provid5ce appliqut le d]ni] des remdes4 ,t\s les individus de ce peuple se sont isols dans l'intrt priv2 on n'en tr\v]a pas deux qui s'accord5t1 *acun suivant son plaisir ou son caprice4 ,c5t fois plus b>b>es dans cette d]nire priode de la civilisation qu'ils ne l'tai5t dans son enfance6 la premire b>b>ie tait de nature1 la seconde e/ de rflexion2 celle-l tait froce1 mais gnreuse2 un ennemi p\vait fuir ou se df5dre2 celle-ci1 non mo9s cruelle1 e/ l*e et p]fide2 c'e/ en embrassant qu'elle aime frapp]4 ,aussi ne v\s y trompez pas2 v\s voyez une f\le de corps1 mais si v\s *]*ez des mes huma9es1 la solitude e/ pr(onde2 ce ne sont plus que des btes sauvages4 ,qu'elle prisse donc cette socit p> la fureur des factions1 p> l'a*>nem5t dsespr des gu]res civiles2 que les cits r$evi5n5t =ts1 que les =ts soi5t encore le repaire des hommes1 et qu' =ce de sicles1 leur +nieuse malice1 leur subtilit p]v]se disp>aiss5t s\s la r\ille de la b>b>ie4 ,alors /upides1 abrutis1 ins5sibles aux raff9em5s qui les avai5t corrompus1 ils ne connaiss5t plus que les *oses indisp5sables la vie2 peu nombreux1 le ncessaire ne leur manque pas2 ils sont de n\veau susceptibles de culture2 avec l'antique simplicit l'on v]ra bi5tt rep>atre la pit1 la vracit1 la bonne foi1 sur lesquelles e/ fonde la ju/ice1 et qui font t\te la beaut de l'ordre t]nel tabli p> la ,provid5ce4 99 99 99 ,c'e/ aprs ces purations svres que ,dieu r5\vela la socit europenne sur les ru9es de l'empire roma94 ,dirigeant les *oses huma9es dans le s5s des dcrets ineffables de sa grce1 il avait tabli le *ri/ianisme en opposant la v]tu des m>tyrs la puissance roma9e1 les miracles et la doctr9e des pres la va9e sagesse des ,grecs2 mais il fallait arrt] les n\veaux ennemis qui m5aai5t de t\tes p>ts la foi *rti5ne et la civilisation1 au nord les ,go?s ari5s1 au midi les ,arabes mahomtans1 qui conte/ai5t galem5t l'auteur de la religion son div9 c>actre4 ,on vit r5atre l'ge div9 et le g\v]nem5t ?ocratique4 ,on vit les rois ca?oliques revtir les habits de diacre1 mettre la croix sur leurs armes1 sur leurs c\ronnes1 et fond] des ordres religieux et militaires p\r combattre les infidles4 ,alors rev9r5t les gu]res pieuses de l'antiquit 7pura et pia bella72 mmes crmonies p\r les dcl>]3 on appelait hors des murs d'une ville assige les sa9ts1 protecteurs de l'ennemi2 et l'on *]*ait drob] leurs reliques4--,les jugem5s div9s rep>ur5t s\s le nom de purgations canoniques2 les duels en fur5t une espce1 quoique non reconnue p> les canons4--,les brig&ages et les reprsailles de l'antiquit1 la duret des s]vitudes hroques se r5\velr5t1 surt\t entre les infidles et les *rti5s4--,les asiles du monde anci5 se r\vrir5t *ez les vques1 *ez les abbs2 c'e/ le beso9 de cette protection qui motive la plup>t des con/itutions de fiefs4 ,p\rquoi tant de lieux esc>ps ou retirs port5t-ils des noms de sa9ts8 c'e/ que des *apelles y s]vai5t d'asiles4--,l'ge muet des premi]s temps du monde se reprs5ta1 les va9queurs et les va9cus ne s'ent5dai5t po9t2 nulle criture en langue vulgaire4 ,les signes hiroglyphiques fur5t employs p\r m>qu] les droits seigneuriaux sur les maisons et sur les tombeaux1 sur les tr\peaux et sur les t]res4 ,a9si1 n\s retr\vons au moy5 ge la plup>t des c>actres obs]vs dj dans la plus haute antiquit4 99 99 99 ,qu& t\tes les obs]vations qui prcd5t sur l'hi/oire du g5re huma91 ne s]ai5t po9t appuyes p> le tmoignage des philosophes et des hi/ori5s1 des grammairi5s et des jurisconsultes1 ne n\s conduirai5t-elles pas reconnatre dans ce monde la gr&e cit des nations fonde et g\v]ne p> ,dieu mme8--,on lve jusqu'au ciel la sagesse lgislative des ,lycurgue1 des ,solon1 et des dcemvirs1 auxquels on rapporte la police tant clbre des trois plus glorieuses cits1 des plus signales p> la v]tu civile2 et p\rtant combi5 ne sont-elles pas infrieures en gr&eur et en dure la rpublique de l'univ]s6 ,le miracle de sa con/itution1 c'e/ qu' *acune de ses rvolutions1 elle tr\ve dans la corruption mme de l'tat prcd5t les lm5s de la =me n\velle qui peut la sauv]4 ,il faut bi5 qu'il y ait l une sagesse au-dessus de l'homme4444 ,cette sagesse ne n\s =ce pas p> des lois positives1 mais elle se s]t p\r n\s g\v]n] des usages que n\s suivons librem5t4 ,rptons donc ici le premi] pr9cipe de la ,sci5ce n\velle3 les hommes ont fait eux-mmes le monde social1 tel qu'il e/2 mais ce monde n'en e/ pas mo9s sorti d'une intellig5ce1 s\v5t contraire1 et t\j\rs suprieure aux f9s p>ticulires que les hommes s'tai5t proposes4 ,ces f9s d'une vue borne sont p\r elle les moy5s d'atte9dre des f9s plus gr&es et plus lo9ta9es4 ,a9si les hommes isols encore veul5t le plaisir brutal1 et il en rsulte la sa9tet des m>iages et l'in/itution de la famille2--les pres de famille veul5t abus] de leur p\voir sur leurs s]viteurs1 et la cit pr5d naissance2--l'ordre dom9ateur des nobles veut opprim] les plbi5s1 et il subit la s]vitude de la loi1 qui fait la lib]t du peuple2--le peuple libre t5d sec\] le fre9 de la loi1 et il e/ assujti un mon>que2--le mon>que croit assur] son trne en dgradant ses sujets p> la corruption1 et il ne fait que les prp>] port] le j\g d'un peuple plus vaillant2--enf9 qu& les nations *]*5t se dtruire elles-mmes1 elles sont disp]ses dans les solitudes4444 et le phnix de la socit r5at de ses c5dres4 99 99 99 ,tel e/ l'expos bi5 incomplet sans d\te de ce va/e sy/me2 n\s l'ab&onnons aux mditations de nos lecteurs4 ,il s]ait trop long de suivre ,vico dans les applications +nieuses qu'il a faites de ses pr9cipes4 ,n\s aj\t]ons seulem5t quelques mots p\r faire connatre quel fut le sort de l'auteur et de l'ouvrage4 ,la ,sci5ce n\velle eut quelque succs en ,italie1 et la premire dition fut puise en trois ans4 ,plusieurs gr&s p]sonnages1 entre autres le pape ,clm5t ,,xii1 crivir5t ,vico des lettres flatteuses4 ,des savans de ,v5ise qui v\lai5t rimprim] la ,sci5ce n\velle dans cette ville1 lui p]suadr5t d'crire lui-mme sa vie p\r qu'on l'insrt1 dans un ,recueil des ,vies des littrateurs les plus di/+us de l',italie4 ,mais dans le re/e de l',europe le gr& ouvrage de ,vico ne produisit aucune s5sation4 ,lecl]c qui avait r5du compte du livre de uno univ]si juris pr9cipio dans la ,biblio?que univ]selle1 ne p>la po9t de la ,sci5ce n\velle4 ,le j\rnal de ,trv\x en fit une simple m5tion4 ,le j\rnal de ,leipsik insra un article calomnieux qui lui avait t envoy de ,naples4 ,employ frquemm5t p> les vice-rois espagnols ou autri*i5s compos] des disc\rs1 des v]s1 des inscriptions p\r les occasions sol5nelles1 ,vico n'en re/a pas mo9s dans l'indig5ce o il tait n4 ,il ne supplait l'insuffisance des appo9tem5s de la *aire de rhtorique qu'il occupait l'univ]sit de ,naples1 qu'en donnant *ez lui des leons de langue lat9e4 ,au mom5t mme o il a*evait la ,sci5ce n\velle1 il conc\rut p\r une *aire de droit1 et il *\a4 ,dans cette position pnible1 il faisait t\te sa consolation du so9 d'lev] ses deux filles1 qu'il aimait beauc\p1 et dont l'ane russit dans la posie itali5ne4 ,c'tait1 dit l'diteur des opuscules de ,vico1 auquel un fils du gr& homme a transmis ces dtails1 c'tait un spectacle t\*ant de voir le philosophe j\] avec ses filles aux heures que lui laissai5t d'ennuyeux devoirs4 ,un ami qui le tr\vait un j\r avec elles1 ne put s'emp*] de rpt] ce passage du ,tasse3 ,c'e/ ,alcide qui1 la qu5\ille en ma91 amuse de rcits fabuleux les filles de ,monie4 ,ce bonheur dome/ique tait lui-mme ml d'am]tume4 ,un de ses enfans fut atte9t d'une maladie longue et cruelle4 ,un autre dev9t p> sa mauvaise conduite la honte de sa famille1 et ,vico fut oblig de dem&] qu'il ft enf]m4 l'avnem5t de la maison de ,b\rbon1 sa condition sembla s'amlior]1 il fut nomm hi/oriographe du roi1 et obt9t que son fils1 ,g5n>o ,vico1 dont on connaissait le mrite et la probit1 lui succdt comme pr(esseur2 mais ces faveurs v5ai5t bi5 t>d4 ,il languissait dj s\s le poids de l'ge et des plus d\l\reuses infirmits4 ,enf9 ses =ces dim9uant t\s les j\rs1 il re/a quatorze mois sans p>l] et sans reconnatre ses propres enfans4 ,il ne sortit de cet tat que p\r s'ap]cevoir de sa mort pro*a9e1 et1 aprs avoir rempli le devoir d'un *rti51 il expira en rcitant les psaumes de ,david1 le #bj janvi] #agdd4 ,il avait #gf ans accomplis4 ,ne quittons po9t cet homme r>e sans appr5dre de lui-mme comm5t il supporta ses malheurs3 ,qu'elle soit jamais l\e1 dit-il dans une lettre1 cette ,provid5ce qui1 lors mme qu'elle semble nos faibles yeux une ju/ice svre1 n'e/ qu'am\r et que bont4 ,depuis que j'ai fait mon gr& ouvrage1 je s5s que j'ai revtu un n\vel homme4 ,je n'pr\ve plus la t5tation de dclam] contre le mauvais gt du sicle1 puisqu'en me rep\ssant de la place que je dem&ais1 il m'a donn l'occasion de compos] la ,sci5ce n\velle4 ,le dirai-je8 je me trompe peut-tre1 mais je v\drais bi5 ne pas me tromp]3 la composition de cet ouvrage m'a anim d'un esprit hroque qui me met au-dessus de la cra9te de la mort et des calomnies de mes rivaux4 ,je me s5s assis sur une ro*e de diamant1 qu& je songe au jugem5t de ,dieu qui fait ju/ice au gnie p> l'e/ime du sage64444 #agbf4 ,n\s rapport]ons encore1 quoi qu'il en cote1 les d]nires lignes qui soi5t sorties de sa plume3 ,ma9t5ant ,vico n'a plus ri5 espr] au monde4 ,accabl p> l'ge et les fatigues1 u p> les *agr9s dome/iques1 t\rm5t de d\leurs convulsives dans les cuisses et dans les jambes1 en proie un mal rongeur qui lui a dj dvor une p>tie considrable de la tte1 il a r5onc entirem5t aux tudes1 et a envoy au pre ,l\is-,dom9ique1 si recomm&able p> sa bont et p> son tal5t dans la posie lgiaque1 le manuscrit des notes sur la premire dition de la ,sci5ce n\velle1 avec l'inscription suivante3 ,,au ,,tibulle ,,*r,,ti5 ,,au ,p,,re ,,l\is ,,dom9ique ,,jean ,,bapti/e ,,vico ,,p\rsuivi ,,et ,,battu ,,p> ,,les ,,orages ,,cont9uels ,d',,une ,,=tune ,,ennemie ,,envoie ,,ces ,d,,bris ,,in=tun,s ,,de ,,la ,,sci5ce ,,n\velle ,,puiss5t ,,ils ,,tr\v] ,,*ez ,,lui ,,un ,,port ,,un ,,lieu ,,de ,,repos ,aprs avoir rappel les ob/acles1 les contradictions qu'il r5contra1 il aj\te ce qui suit3 ,vico bnissait ces adv]sits qui le ram5ai5t ses tudes4 ,retir dans sa solitude comme dans un =t inexpugnable1 il mditait1 il crivait quelque n\vel ouvrage1 et tirait une noble v5geance de ses dtracteurs4 ,c'e/ a9si qu'il en v9t tr\v] la ,sci5ce n\velle4444 ,depuis ce mom5t il crut n'avoir ri5 envi] ce ,socrate1 dont ,phdre disait3 ,l'envie le condamna vivant1 mais sa c5dre e/ abs\te4 ,que l'on m'assure sa gloire1 et je ne refuse po9t sa mort6#g ,note #g3 ,cujus non fugio mortem1 si famam assequ>1 ,et c$o invidi1 dum modo absolv> c9is4 ,,app5dice ,,du ,,disc\rs4 ,cet app5dice r5f]me la vie de ,vico1 la li/e de t\s ses ouvrages et celle des auteurs qui l'ont imit1 attaqu1 ou simplem5t m5tionn2 enf9 l'indication des pr9cipaux ouvrages qui ont t crits sur la philosophie de l'hi/oire4 ,n\s ne rpt]ons pas ici les dtails relatifs la vie de ,vico1 que n\s avons dj donns au comm5cem5t et la f9 du disc\rs4 ,vico naquit en #affh1 et non en #afgj1 comme on le lit dans sa ,vie crite p> lui-mme4 ,l'diteur de ses ,opuscules a rectifi cette date d'aprs les regi/res de naissance4 l'ge de sept ans1 il p]dit beauc\p de sang p> suite d'une *ute1 et le *irurgi5 dcida qu'il m\rrait ou re/]ait imbcille2 la prdiction ne fut po9t vrifie4 ,cet accid5t ne fit qu'altr] son humeur1 et le r5dit mlancolique et ard5t1 c>actre ord9aire des hommes qui uniss5t la vivacit d'esprit et la pr(ondeur4 ,aprs avoir fait ses humanits et surpass ses matres1 il se livra avec ardeur la dialectique2 mais les subtilits de la s*ola/ique le rebutr5t3 il faillit p]dre l'esprit1 et demeura dc\rag p\r dix-huit mois4 ,un j\r qu'il tait entr p> has>d dans une cole de droit1 le pr(esseur l\ait un clbre jurisconsulte2 ce mom5t dcida de sa vie44444 ,ds ces premires tudes1 ,vico tait *>m en lisant les maximes dans lesquelles les int]prtes anci5s ont rsum et gnralis les motifs p>ticuli]s du lgislateur4 ,il aimait aussi obs]v] le so9 avec lequel les jurisconsultes ps5t les t]mes des lois qu'ils expliqu5t4 ,il vit ds-lors dans les int]prtes anci5s les philosophes de l'quit naturelle2 dans les int]prtes rudits les hi/ori5s du droit roma93 d\ble prsage de ses re*]*es sur le pr9cipe d'un droit univ]sel1 et du bonheur avec lequel il devait clair] l'tude de la jurisprud5ce roma9e p> celle de la langue lat9e4 ,il n\s a fait connatre la m>*e de ses tudes p5dant les neuf annes qui suivir5t cette poque4 ,ce n'e/ po9t ici un de ces romans o les philosophes expos5t leurs ides dans une =me hi/orique2 la r\te de ,vico e/ trop s9ueuse p\r qu'on puisse la suppos] trace d'avance4 ,d'abord la ncessit d'embrass] t\te la sci5ce qu'il enseignait1 l'obligea de s'occup] du droit canonique4 ,p\r mieux compr5dre ce droit1 il entra dans l'tude du dogme2 cette tude devait le conduire plus t>d *]*] un pr9cipe du droit naturel qui pt expliqu] les orig9es hi/oriques du droit roma9 et en gnral du droit des nations paennes1 et qui1 s\s le rapport moral1 n'en ft pas mo9s con=me la sa9e doctr9e de la ,grce4 ,v]s le mme temps1 la lecture de ,laur5t ,valla1 qui accuse de peu d'lgance les jurisconsultes roma9s1 celle d'un autre critique qui comp>ait la v]sification savante de ,virgile avec celle des mod]nes1 le dt]m9r5t se livr] l'tude de la littrature lat9e qu'il associa celle de l'itali5ne4 ,il lisait alt]nativem5t ,cicron et ,boccace1 ,dante et ,virgile1 ,horace et ,ptr>que4 ,*aque ouvrage tait lu trois fois2 la premire p\r en saisir l'unit1 la seconde p\r en obs]v] la suite et p\r tudi] l'artifice de la composition1 la troisime p\r en not] les expressions rem>quables1 ce qu'il faisait sur le livre mme4 ,lisant ensuite1 dans l',art potique d',horace1 que l'tude des morali/es ouvre la posie la s\rce de ri*esses la plus abondante1 il s'y livra avec ardeur1 en comm5ant p> ,ari/ote1 qu'il avait vu cit] le plus s\v5t dans les livres lm5taires de droit4 ,dans cette tude1 il obs]va bi5tt que la jurisprud5ce roma9e n'tait qu'un art de dcid] les cas p>ticuli]s selon l'quit1 art dont les jurisconsultes donnai5t d'innombrables prceptes con=mes la ju/ice naturelle1 et tirs de l'int5tion du lgislateur2 mais que la sci5ce du ju/e enseigne p> les philosophes e/ fonde sur un petit nombre de vrits t]nelles1 dictes p> une ju/ice mtaphysique qui e/ comme l'ar*itecte de la cit2 qu'a9si l'on n'appr5d dans les coles que la moiti de la sci5ce du droit4 ,la morale le ram5a la mtaphysique2 mais comme il tirait peu de pr(it de celle d',ari/ote1 il se mit lire ,platon1 sur sa rputation de pr9ce des philosophes4 ,il comprit alors p\rquoi la mtaphysique du premi] ne lui avait s]vi de ri5 p\r appuy] la morale4 ,celle du second conduit reconnatre p\r pr9cipe physique l'ide t]nelle qui tire d'elle-mme et cre la matire4 ,con=mm5t cette mtaphysique1 ,platon donne p\r base sa morale l'idal de la ju/ice2 et c'e/ de l qu'il "p p\r fond] sa rpublique1 sa lgislation idales4 ,la lecture de ,platon veilla dans l'esprit de ,vico la premire conception d'un droit idal t]nel1 en vigueur dans la cit univ]selle1 qui e/ r5f]me dans la p5se de ,dieu1 et dans la =me de laquelle sont in/itues les cits de t\s les temps et de t\s les pays4 ,voil la rpublique que ,platon devait dduire de sa mtaphysique2 mais il ne le p\vait1 ignorant la *ute du premi] homme4 ,les ouvrages philosophiques de ,platon1 d',ari/ote et de ,cicron1 dont le b e/ de dirig] l'homme social1 l'loignr5t galem5t et des picuri5s1 t\j\rs r5f]ms dans la molle oisivet de leurs j>d9s1 et des /oci5s qui1 t\t enti]s dans les ?ories1 se propos5t l'impassibilit2 ce sont morales de solitaires4 ,mais il admira la physique des /oci5s qui compos5t l'univ]s de po9ts1 comme les platonici5s le compos5t de nombres4 ,il rejeta galem5t les physiques mcaniques d'picure et de ,desc>tes4 ,la physique exprim5tale des ,anglais lui p>ut devoir tre utile la mdec9e2 mais il se g>da bi5 de s'occup] d'une sci5ce qui ne s]vait de ri5 la philosophie de l'homme1 et dont la langue tait b>b>e4 ,comme ,ari/ote et ,platon tir5t s\v5t leurs preuves des ma?matiques1 il tudia la gomtrie p\r les mieux ent5dre2 mais il ne p\ssa pas lo9 cette tude1 p5sant qu'il suffisait de connatre la m?ode des gomtres2 p\rquoi mettre dans de p>eilles entraves un esprit habitu p>c\rir le *amp sans bornes des gnralits1 et *]*] d'heureux rappro*em5s dans la lecture des orateurs1 des hi/ori5s et des potes8 ,de ret\r ,naples1 ,vico y tr\va cette dcad5ce univ]selle dont on a vu le tableau4 ,combi5 il se flicita de n'avoir pas eu de matre dont les p>oles fuss5t p\r lui des lois2 combi5 il rem]cia la solitude de ses =ts1 o il avait pu suivre une c>rire t\te indp5dante6 ,voyant qu'on ngligeait surt\t la langue lat9e1 il se dt]m9a en faire un des pr9cipaux objets de ses tudes2 p\r mieux s'y livr]1 il ab&onna le grec1 et ne v\lut jamais appr5dre le franais4 ,il croyait avoir rem>qu que ceux qui sav5t tant de langues1 n'en possd5t jamais une p>faitem5t4 ,il ab&onna les critiques1 les comm5tateurs1 et f]ma mme les dictionnaires4 ,les premi]s n'arriv5t gure s5tir les beauts d'une langue trangre1 p> l'habitude qu'ils ont de *]*] t\j\rs les dfauts4 ,la dcad5ce de la langue lat9e date de l'poque o comm5cr5t p>atre les seconds4 ,il ne cons]va d'autre lexique que le ,nom5clateur de ,junius p\r l'intellig5ce des t]mes te*niques4 ,il lut les auteurs dans des ditions sans notes1 en *]*ant pntr] dans leur esprit avec une critique philosophique4 ,aussi ses amis l'appelai5t-ils1 comme on nommait autrefois picure1 ,grec3 autodidaskalos1 le matre de soi-mme4 ,on comm5ait ds-lors connatre son mrite1 et les ?at9s *]*ai5t le faire entr] dans leur ordre2 comme il n'tait po9t g5tilhomme1 ils (frai5t de lui obt5ir une disp5se du pape4 ,vico refusa1 et se m>ia1 ce qu'il p>at1 peu de temps aprs4 ,v]s la mme poque1 la *aire de rhtorique tant v5ue vaqu]1 il refusait de conc\rir1 p>ce qu'il avait *\ peu aup>avant dans la dem&e d'une autre place2 mais ses amis se moqur5t de sa simplicit dans les *oses d'intrt2 il conc\rut et russit 7#afig ou #ih74 ,cette place lui donna l'occasion d'expos] p>tiellem5t1 dans une suite de disc\rs d'ouv]ture1 les ides qu'il devait runir dans son gr& ouvrage 7#afii-agbj74 ,ce sont t\j\rs des sujets gnraux o la philosophie desc5d aux applications de la vie civile2 il y traite du b des tudes et de la m?ode qu'on doit y suivre1 des f9s de l'homme1 du citoy51 du *rti54 ,ces disc\rs1 gnralem5t admirables p> la hauteur des vues1 ont une =me p>adoxale et quelquefois biz>rem5t dramatique4 ,l'homme1 dit-il dans celui de #afii1 doit embrass] le c]cle des sci5ces2 qui ne le fait pas1 ne le veut pas srieusem5t4 ,n\s ignorons t\te la puissance de nos facults4 ,de mme que ,dieu e/ l'esprit du monde1 l'esprit huma9 e/ un dieu dans l'homme4 ,ne v\s e/-il pas arriv de faire1 dans l'lan d'une volont =te1 des *oses que v\s admiriez ensuite1 et que v\s tiez t5ts d'attribu] un dieu plutt qu' v\s-mmes8--,dans le disc\rs de #agjj1 ,dieu1 juge de la gr&e cit1 prononce cette s5t5ce dans la =me des lois roma9es3 ,l'homme natra p\r la vrit et p\r la v]tu1 c'e/--dire p\r moi2 la raison comm&]a1 les passions obiront4 ,si quelque ins5s1 p> corruption1 p> nglig5ce ou p> lgret1 enfre9t cette loi1 crim9el au premi] *ef1 qu'il se fasse lui-mme une gu]re cruelle44444 puis vi5t la description pa?tique de cette gu]re intrieure4 #agja4 ,t\t artifice1 t\te intrigue doiv5t tre bannis de la rpublique des lettres1 si l'on veut acqurir de vritables lumires4--#agjd4 ,quiconque veut tr\v] dans l'tude le pr(it et l'honneur1 doit travaill] p\r la gloire1 c'e/--dire p\r le bi5 gnral4--#agje4 ,les poques de gloire et de puissance p\r les socits1 ont t celles o elles ont fleuri p> les lettres4--#agjg4 ,la connaissance de notre nature d*ue doit n\s excit] embrass] dans nos tudes l'univ]salit des arts et des sci5ces1 et n\s indiqu] l'ordre naturel dans lequel n\s les devons appr5dre4--,les disc\rs de #afii et de #agjj sont les seuls qu'on ait cons]vs en enti]2 ils se tr\v5t dans le quatrime volume du recueil des ,opuscules de ,vico4 ,n\s avons p>l dj de deux disc\rs plus rem>quables encore 7,de no/ri temporis /udiorum ratione1 #agjh4--,omnis div9 atque human eruditionis elem5ta tria1 nosse1 velle1 posse1 etc4 #agai74 ,le second a t fondu p> ,vico dans son livre sur l',unit de pr9cipe du droit1 qui lui-mme a f\rni les matriaux de la ,sci5ce n\velle4 ,le premi] ouvrage considrable de ,vico1 e/ le trait3 ,de antiquissim ,italorum sapi5ti ex l+u lat9 orig9ibus eru5d1 #agaj4 ,la lecture du trait plus +nieux que solide de ,bacon1 ,de sapi5ti vet]um1 lui fit natre l'ide de *]*] les pr9cipes de la sagesse antique1 non dans les fables des potes1 mais dans les tymologies de la langue lat9e1 comme ,platon les avait *]*s dans celles de la langue grecque 7,voy4 le ,cratyle74 ,ce travail devait avoir deux p>ties1 l'une mtaphysique1 l'autre physique4 ,la premire seule a t imprime1 s\s le titre indiqu ci-dessus4 ,vico p>at n'avoir pas a*ev la seconde2 il dit seulem5t en avoir ddi ,aulisio un morceau considrable1 intitul3 ,de quilibrio corporis animantis4 ,il y traitait de l'anci5ne mdec9e des gypti5s4 ,je n'ai pu me procur] cet opuscule1 qui peut-tre n'a pas t imprim4 ,dans le peu qu'il en cite1 on voit qu'il avait s\ponn l'analogie du calorique et du magntisme4 ,le livre ,de antiquissim ,italorum sapi5ti1 e/ de t\s les ouvrages de ,vico celui dont il a le mo9s pr(it dans la ,sci5ce n\velle4 ,ri5 de plus +nieux que ses rflexions sur la signification id5tique des mots v]um et factum dans l'anci5ne langue lat9e1 sur le s5s d'intellig]e1 cogit>e1 divid]e1 m9u]e1 g5us et =ma1 v]um et quum1 causa et negotium1 etc4 ,n\s avons fait connatre dans ,vico le fondateur de la philosophie de l'hi/oire2 peut-tre1 dans un second volume1 montr]ons-n\s en lui le mtaphysici5 subtil et pr(ond1 l'antagoni/e du c>tsianisme1 l'adv]saire le plus clair et le plus loqu5t de l'esprit du dix-huitime sicle4 ,la traduction de l'ouvrage dont n\s v5ons de p>l] entr]ait dans cette n\velle publication4 99 99 99 ,vico s'occupa bi5tt d'un travail t\t diffr5t4 ,le duc de ,traetto1 ,adri5 ,c>affe1 le pria de se *>g] d'crire la vie du m>*al ,anto9e ,c>affe1 son oncle1 d'aprs les ,mmoires qu'il avait laisss4 ,il y consacra une p>tie de ses nuits p5dant deux ans et s'ef=a d'y concili] le respect d aux pr9ces avec celui que rclame la vrit4 ,l'ouvrage p>ut en un volume1 #agaf1 et concilia l'auteur l'e/ime et l'amiti de ,grav9a1 avec lequel il entret9t ds-lors une correspondance assidue4 ,n\s n'avons pu tr\v] ni l'hi/oire ni les lettres4 ,p\r se prp>] crire cette vie1 ,vico lut le gr& ouvrage de ,grotius4 ,n\s avons vu quelle rvolution cette lecture opra dans ses ides4 ,on lui avait dem& des notes p\r une n\velle dition du ,droit de la gu]re et de la paix1 et il en avait dj crit sur le premi] livre et sur la moiti du second1 lorsqu'il s'arrta1 rfl*issant qu'il conv5ait peu un ca?olique d'orn] de notes l'ouvrage d'un hrtique4#h ,note #h3 ,on voit p\rtant 7,recueil des ,opuscules1 t4 ,i1 p4 #aah7 qu'il correspondait avec un ,juif1 dont il fait l'loge1 et qui1 dit-il1 tait son ami4 ,lorsque ,vico eut fait p>atre ses deux ouvrages1 de uno univ]si juris pr9cipio1 et de con/antia jurisprud5tis 7#agba71 l'importance de ces travaux et son anci5net dans l'univ]sit de ,naples1 l'enc\ragr5t conc\rir p\r une *aire de droit qui se tr\vait vacante4 ,plusieurs de ses adv]saires comptai5t bi5 qu'il vant]ait longuem5t ses s]vices env]s l'univ]sit2 plusieurs esprai5t qu'il s'en ti5drait l'rudition vulgaire des pr9cipaux auteurs qui avai5t trait la matire2 d'autres1 qu'il se jett]ait sur ses pr9cipes du droit univ]sel4 ,il les trompa t\s3 aprs une invocation c\rte1 grave et t\*ante1 il lut le comm5cem5t de la loi1 et suivit une m?ode familire aux anci5s jurisconsultes1 mais t\te n\velle dans les conc\rs4 ,les applaudissem5s unanimes de l'auditoire lui faisai5t croire qu'il avait russi2 il en fut autrem5t4 ,mais voici ce qui pr\ve que ,vico e/ n p\r la gloire de ,naples et de l',italie2 il v5ait de p]dre t\t espoir d'avancem5t dans sa patrie2 un autre aurait dit adieu aux lettres1 se s]ait rep5ti peut-tre de les avoir cultives2 p\r lui il ne songea qu' complt] son sy/me4 ,n\s aj\t]ons peu de *oses ce que n\s avons dit sur les d]nires annes de ,vico1 et sur les malheurs qui attri/r5t la f9 de sa c>rire4 ,une seule anecdote montr]a l'tat de gne o il se tr\vait1 et l'indiffr5ce de ses protecteurs4 ,on a tr\v la note suivante au dos d'une lettre adresse ,vico p> le c>d9al ,laur5t ,cors9i1 son ,mcne1 depuis pape s\s le nom de ,clm5t ,,xii4 ,rponse de ,son m95ce le c>d9al ,cors9i qui n'a pas eu le moy5 de m'aid] imprim] mon ouvrage4 ,ce refus m'a =c de p5s] ma pauvret4 ,il a fallu que j'employasse le prix d'un beau diamant1 que je portais au doigt1 pay] l'impression et la relire4 ,j'ai ddi l'ouvrage au seigneur c>d9al1 p>ce que je l'avais promis4 ,l'amiti d'un simple g5tilhomme1 nomm ,pietro ,belli1 fut plus utile ,vico1 qui reconnut ses bi5faits en mettant une prface sa traduction de la ,siphilis de ,frascator4 ,dans une situation si pnible1 il ne laissait *app] aucune pla9te4 ,seulem5t il lui arrivait quelquefois de dire un ami que le malheur le p\rsuivrait jusqu'au tombeau4 ,cette tri/e prophtie fut ralise4 sa mort1 les pr(esseurs de l'univ]sit s'tai5t rassembls *ez lui1 selon l'usage1 p\r accompagn] leur collgue sa d]nire demeure4 ,la confrrie de ,sa9te-,sophie1 laquelle t5ait ,vico1 devait port] le corps4 ,il tait dj desc5du dans la c\r et expos4 ,alors comm5a une vive alt]cation entre les membres de la congrgation et les pr(esseurs1 qui prt5dai5t galem5t au droit de port] les co9s du drap mortuaire4 ,les deux p>tis s'ob/9ant1 la congrgation se retira et laissa le cadavre4 ,les pr(esseurs ne p\vant l'ent]r] seuls1 il fallut le remont] dans la maison4 ,son malheureux fils1 l'me navre1 s'adressa au *apitre de l'glise mtropolita9e1 et le fit ent]r] enf9 dans l'glise des pres de l',oratoire 7detta de' ,g]olam9i71 qu'il frqu5tait de son vivant1 et qu'il avait *oisie lui-mme p\r le lieu de sa spulture4 ,les re/es de ,vico demeurr5t ngligs et ignors jusqu'en #aghi4 ,alors son fils ,g5n>o lui fit grav]1 dans un co9 c>t de l'glise1 une simple pitaphe4 ,l',arcadie de ,rome1 dont ,vico tait membre1 lui avait rig un monum5t4 ,le possesseur actuel du *teau de ,cil5to1 a mis une inscription sa mmoire dans une biblio?que peu considrable du c\v5t de ,sa9te-,m>ie de la ,piti1 o il travaillait ord9airem5t p5dant son sj\r ,vatolla4 99 99 99 ,n\s avons p>l du peu d'impression que produisit sur le public l'app>ition du sy/me de ,vico4 ,lorsque p>ur5t les livres ,de uno juris pr9cipio et ,de con/anti jurisprud5tis1 l'ouvrage1 dit-il lui-mme1 n'pr\va qu'une critique1 c'e/ qu'on ne le compr5ait pas4 ,cep5dant le fameux ,lecl]c le comprit1 c> il crivit l'auteur une lettre flatteuse1 et tmoigna une haute e/ime p\r l'ouvrage1 dans la ,biblio?que anci5ne et mod]ne1 #b;e p>tie du volume ,,xviii1 article #h4 ,lorsque les ides de ,vico s't5dir5t1 et qu'il s5tit la ncessit de runir les deux ouvrages p\r les appuy] l'un p> l'autre1 il entreprit d'abord d'tablir son sy/me en montrant l'invraisemblance de t\t ce qu'on avait dit sur le mme sujet2 l'ouvrage devait avoir deux volumes 9-#d4 ,mais il s5tit les inconvni5s de cette m?ode ngative3 d'ailleurs un rev]s de =tune l'avait mis hors d'tat de faire des frais d'impression si considrables4 ,il conc5tra t\tes ses facults dans la mditation la plus pr(onde p\r donn] son ouvrage une =me positive1 et le rduire de plus troites proportions4 ,le rsultat de ce n\veau travail fut la premire dition de la ,sci5ce n\velle1 qui p>ut en #agbe4 ,la ,sci5ce n\velle fut attaque p> les prote/ans et p> les ca?oliques4 ,t&is qu'un ,damiano ,romano1 accusait le sy/me de ,vico d'tre contraire la religion1 le j\rnal de ,leipsig insrait un article envoy p> un autre compatriote de ,vico1 dans lequel on lui repro*ait d'avoir appropri son sy/me au gt de l'glise roma9e4 ,vico accepte ce d]ni] repro*e1 mais il aj\te un mot rem>quable3 ,n'e/-ce pas un c>actre commun t\te religion *rti5ne1 et mme t\te religion1 d'tre fonde sur le dogme de la ,provid5ce4 ,recueil des ,opuscules1 t4 #a1 p4 #ada4--,l'accusation de ,damiano a t reproduite en #ahba1 p> ,m4 ,colangelo4#i ,note #i3 ,damiano ,romano4 ,df5se hi/orique des lois grecques v5ues ,rome contre l'op9ion mod]ne de ,m4 ,vico1 #agcf1 9-#d4--,quatorze ,lettres sur le troisime pr9cipe de la sci5ce n\velle1 relatif l'orig9e du langage2 ouvrage dans lequel on montre p> des preuves tires tant de la philosophie que de l'hi/oire sacre et pr(ane1 que t\tes les consqu5ces de ce pr9cipe sont fausses et errones1 #agdi4--;,dans la prface de son premi] ouvrage1 il reconnat que ,vico a mrit l'immortalit2 dans le second1 fait aprs la mort de ,vico1 il l'appelle plagiaire1 etc4--,il croit pr\v] d'abord que le sy/me de ,vico n'e/ pas n\veau1 et dans cette p>tie1 malgr la diffusion et le pdantisme1 l'ouvrage e/ assez curieux1 en ce qu'il rappro*e de ,vico les auteurs qui ont pu le mettre sur la voie4--,il s\ti5t ensuite que ce sy/me e/ erron1 et p>ticulirem5t contraire la religion *rti5ne4 ,le critique bi5veillant rappelle cette occasion l'hrsie d'un ,almricus 7p4 #aci71 dont on jeta1 les c5dres au v5t4 ,m4 ,colangelo4 ,essai de quelques considrations sur la ,sci5ce n\velle1 ddi ,m4 ,l\is de ,mdicis1 m9i/re des f9ances4 #ahba4 ,quelques admirateurs de ,vico ont appuy ces inju/es accusations1 qu'ils reg>dai5t comme autant d'loges4 ,dans le dsir d'aj\t] ,vico la li/e des philosophes du #ah;e sicle1 ils ont prt5du qu'il avait obscurci son livre desse91 p\r le faire pass] la c5sure4 ,cette tradition1 dont on rapporte l'orig9e ,g5ovesi1 a pass de lui ,galanti son biographe1 et ensuite ,m4 de ,a4 ,les p]sonnes qui ont le plus tudi ,vico1 ,,mm4 de ,a4 et ,jannelli n'y aj\t5t aucune foi1 et la lecture du livre suffit p\r la rfut]4 ,on a vu dans le disc\rs1 comm5t ,vico ab&onna la m?ode analytique qu'il avait suivie d'abord p\r donn] son livre une =me syn?tique4 ,dans la seconde dition 7#agcj71 il "p s\v5t des ides de la premire comme de pr9cipes tablis1 et les exprime en =mules qu'il emploie ensuite sans les expliqu]4 ,dans la d]nire dition 7#agdd71 l'obscurit et la confusion augm5t5t4 ,on ne peut s'en tonn] lorsqu'on sait comm5t elle fut publie4 ,l'auteur arrivait au t]me de sa vie et de ses malheurs2 depuis plusieurs mois il avait p]du connaissance4 ,il p>at que son fils ,g5n>o ,vico rassembla les notes qu'il avait pu dict] depuis l'dition de #agcj1 et les int]cala la suite des passages auxquels elles se rapportai5t le mieux1 sans entrepr5dre de les fondre avec le texte auquel il n'osait t\*]4 ,la plup>t des retran*em5s que n\s n\s sommes p]mis1 port5t sur ces additions4 ,quoique n\s n'ayons po9t traduit le morceau considrable1 intitul3 ,ide de l'ouvrage1 et que n\s ayons abrg de moiti la ,table *ronologique1 n\s n'avons rellem5t ri5 retran* du #a;er livre4 ,t\t ce que n\s avons pass dans la table1 se tr\ve plac ailleurs1 et plus conv5ablem5t4 ,quant l',ide de l'ouvrage1 ,vico av\e lui-mme1 en tte de l'dition de #agcj1 qu'il y avait mis d'abord une sorte de prface qu'il supprima1 et qu'il crivit cette explication du frontispice p\r remplir exactem5t le mme nombre de pages4 ,ce frontispice e/ une sorte de reprs5tation allgorique de la ,sci5ce n\velle4 ,deb\t sur le globe t]re/re1 la ,mtaphysique en extase contemple l'oeil div9 dans le my/rieux triangle2 elle en reoit un rayon qui se rfl*it sur la /atue d',homre 7des pomes duquel l'auteur doit tir] une gr&e p>tie de ses preuves74 ,le globe pose sur un autel qui porte aussi le feu sacr et le bton augural1 la tor*e nuptiale et l'urne funraire1 symboles des premi]s pr9cipes de la socit4 ,sur le devant1 le tableau de l'alphabet1 les faisceaux1 les balances1 etc41 dsign5t autant de p>ties du sy/me4 ,c'e/ sur le second livre que port5t les pr9cipaux retran*em5s4 ,le plus considrable des morceaux que n\s n'avons pas cru devoir traduire1 e/ une explication hi/orique de la my?ologie grecque et lat9e4 ,il compr5d1 dans le deuxime volume de l'dition de ,milan 7#ahjc71 les pages #aja-ajg1 #abj-ach1 #adg-aef1 #aei1 #afe-aga1 #agi1 #ahb-ahe1 #baf-bbc1 #bce-bch1 #bci-bdj1 #bed-bfh4 ,n\s en avons rejet l'extrait la f9 de la traduction4 ,p\r ne po9t jug] cette p>tie du sy/me avec une inju/e svrit1 il faut se rappel] qu'au temps de ,vico1 la sci5ce my?ologique tait encore frappe de /rilit p> l'op9ion anci5ne qui ne voyait que des dmons dans les dieux du paganisme1 ou r5f]me dans le sy/me presque aussi infcond de l'apo?ose4 ,vico e/ un des premi]s qui ai5t considr ces div9its comme autant de symboles d'ides ab/raites4 ,les autres retran*em5s du livre ,,ii1 compr5n5t les pages #g-ab1 #dj-df1 #di1 #fi-ga1 #ij-ib1 #ahh-aib1 #baj1 et en gr&e p>tie #bhf-bhh4 ,ceux des d]ni]s livres ne port5t que sur les pages #gh-i1 #ha-b1 #hd1 #acc1 #ach-adj1 #adc-d4 99 99 99 ,n\s avons m5tionn1 l'poque de leur publication1 t\s les ouvrages importans de ,vico4 #agjh4 ,de no/ri temporis /udiorum ratione4--#agaj4 ,de antiquissim ,italorum sapi5ti ex orig9ibus l+u lat9 eru5d2 trad4 en itali51 #ahaf1 ,milan4--#agaf4 ,vita di ,m>cesciallo ,antonio ,c>affa4--#agba4 ,de uno juris univ]si pr9cipio4 ,de con/anti jurisprud5tis4--,enf9 les trois ditions de la ,sci5za nuova1 #agbe1 #agcj1 #agdd4 ,la premire a t rimprime1 en #ahag1 ,naples1 p> les so9s de ,m4 ,salvatore ,galotti4 ,la d]nire l'a t1 en #ahja1 ,milan2 ,naples1 en #ahaa et en #ahaf1 ou #ahah8 #ahba8 ,elle a t traduite en allem& p> ,m4 ,w4 ,e4 ,web]1 ,leipsig1 #ahbb4--,p\r complt] cette li/e1 n\s n'aurons qu' suivre l'diteur des ,opuscules de ,vico4 ,m4 ,c>lantonio de ,rosa1 m>quis de ,villa-,rosa1 les a recueillis en quatre volumes 9-#h 7,naples1 #ahah74 ,n\s n'avons tr\v qu'une omission dans ce recueil4 ,c'e/ celle de quelques notes faites p> ,vico sur l',art potique d',horace4 ,ces notes peu rem>quables ne port5t po9t de date4 ,elles ont t publies rcemm5t4--,les pices 9dites publies1 en #ahah1 p> ,m4 ,antonio ,giordano1 se tr\v5t aussi dans le recueil de ,m4 de ,rosa4 ,le premi] volume du recueil des ,opuscules conti5t plusieurs crits en prose itali5ne4 ,le plus curieux e/ le mmoire de ,vico sur sa vie4 ,l'e/imable diteur1 desc5dant d'un protecteur de ,vico1 y a jo9t une addition de l'auteur qu'il a retr\ve dans ses papi]s1 et a complt la vie de ,vico d'aprs les dtails que lui a transmis le fils mme du gr& homme4 ,ri5 de plus t\*ant que les pages ,,xv et #aeh-afh de ce volume4 ,n\s en avons donn un extrait4 ,les autres pices sont mo9s importantes4--#agae4 ,disc\rs sur les repas somptueux des ,roma9s1 prononc en prs5ce du duc de ,m$9a-,celi1 vice-roi4--,oraison funbre d',anne-,m>ie d',aspremont1 comtesse d',al?ann1 mre du vice-roi4 ,beauc\p d'orig9alit4 ,comp>aison rem>quable entre la gu]re de la succession d',espagne et la seconde gu]re punique4--#agbg4 ,oraison funbre d',angiola ,cim9i1 m>quise de la ,petrella4 ,l'argum5t e/ trs beau3 ,elle a enseign p> l'exemple de sa vie la d\ceur et l'au/rit 7il soave au/]o7 de la v]tu4 99 99 99 ,le second volume r5f]me quelques opuscules et un gr& nombre de lettres1 en itali54 ,le pr9cipal opuscule e/ la ,rponse un article du j\rnal littraire d',italie4 ,c'e/ l qu'il juge ,desc>tes avec l'imp>tialit que n\s avons admire plus haut4 ,dans deux lettres que conti5t aussi ce volume 7au pre de ,vitr1 #agbf1 et ,d4 ,francesco ,solla1 #agbi71 il attaque la r=me c>tsi5ne1 et l'esprit du #ah;e sicle1 s\v5t avec humeur1 mais t\j\rs d'une manire loqu5te4--,deux morceaux sur ,dante ne sont pas mo9s curieux4 ,on y tr\ve l'op9ion reproduite depuis p> ,monti1 que l'auteur de la div9e ,comdie e/ plus admirable encore dans le purgatoire et le p>adis que dans cet enf] si exclusivem5t admir4--#agcj4 ,p\rquoi les orateurs russiss5t mal dans la posie4--,de la grammaire4--#agbj4 ,rem]cm5t un df5seur de son sy/me4 ,dans cette lettre curieuse1 ,vico explique le peu de succs de la ,sci5ce n\velle4 ,on y tr\ve le passage suivant3 ,je suis n dans cette ville1 et j'ai eu affaire bi5 des g5s p\r mes beso9s4 ,me connaissant ds ma premire jeunesse1 ils se rappell5t mes faiblesses et mes erreurs4 ,comme le mal que n\s voyons dans les autres n\s frappe vivem5t1 et n\s re/e pr(ondm5t grav dans la mmoire1 il devi5t une rgle d'aprs laquelle n\s jugeons t\j\rs ce qu'ils peuv5t faire ensuite de beau et de bon4 ,d'ailleurs je n'ai ni ri*esses ni dignit2 comm5t p\rrais-je me concili] l'e/ime de la multitude8 etc4--#agbe4 ,lettre dans laquelle il se flicite de n'avoir pas obt5u la *aire de droit1 ce qui lui a donn le loisir de compos] la ,sci5ce n\velle 7,voy4 l'avant-d]nire page du disc\rs47--,lettre =t belle sur un ouvrage qui traitait de la morale *rti5ne1 ,mgr4 ,muzio ,gata4--,lettre au mme1 dans laquelle il donne une ide de son livre ,de antiqu sapi5ti ,italorum4 ,il y a quelques annes que j'ai travaill un sy/me complet de mtaphysique4 ,j'essayais d'y dmontr] que l'homme e/ ,dieu dans le monde des gr&eurs ab/raites1 et que ,dieu e/ gomtre dans le monde des gr&eurs concrtes1 c'e/--dire dans celui de la nature et des corps4 ,en effet1 dans la gomtrie l'esprit huma9 "p du po9t1 *ose qui n'a po9t de p>ties1 et qui1 p> consqu5t1 e/ inf9ie2 ce qui faisait dire ,galile que qu& n\s sommes rduits au po9t1 il n'y a plus lieu ni l'augm5tation1 ni la dim9ution1 ni l'galit444 ,non-seulem5t dans les problmes1 mais aussi dans les ?ormes1 connatre et faire1 c'e/ la mme *ose p\r le gomtre comme p\r ,dieu4 ,les rponses des hommes de lettres auxquels crit ,vico1 donn5t une haute ide du public philosophique de l',italie cette poque4 ,les pr9cipaux sont ,muzio ,gata1 ar*evque de ,b>i2 un prdicateur clbre1 ,mi*elangelo1 capuc92 ,nicol ,conc9a1 de l'ordre des ,pr*eurs1 pr(esseur de philosophie et de droit naturel1 ,pad\e1 qui enseignait plusieurs p>ties de la doctr9e de ,vico2 ,tommaso ,m>9 ,alfani1 du mme ordre1 qui assure avoir t comme ressuscit aprs une longue maladie1 p> la lecture d'un n\vel ouvrage de ,vico2 le duc de ,laur5zano1 auteur d'un ouvrage sur le bon usage des passions huma9es2 enf9 l'abb ,antonio ,conti1 noble vniti51 auteur d'une tragdie de ,cs>1 et qui tait li avec ,leibnitz et ,newton4 ,vico tait aussi en correspondance avec le clbre ,grav9a1 avec ,paolo ,doria1 philosophe c>tsi51 et avec ce prodigieux ,aulisio1 pr(esseur de droit1 ,naples1 qui savait neuf langues1 et qui crivit sur la mdec9e1 sur l'art militaire et sur l'hi/oire4 ,d'abord ennemi de ,vico1 ,aulisio se rconcilia avec lui aprs la lecture du disc\rs ,de no/ri temporis /udiorum ratione4 ,n\s n'avons ni les lettres qu'il crivit ces trois d]ni]s ni leurs rponses4 99 99 99 ,dans le troisime volume des ,opuscules1 ,vico (fre une preuve n\velle que le gnie philosophique n'exclut po9t celui de la posie4 ,a9si sont dranges sans cesse les classifications rig\reuses des mod]nes4 ,quoi de plus subtil1 et en mme temps de plus potique que le gnie de ,platon8 ,vico prs5te1 p> ce d\ble c>actre1 une analogie rem>quable avec l'auteur de la ,div9e comdie4 ,mais1 c'e/ dans sa prose1 c'e/ dans son gr& pome philosophique de la ,sci5ce n\velle1 que ,vico rappelle la pr(ondeur et la sublimit de ,dante4 ,dans ses posies1 proprem5t dites1 il a trop s\v5t sacrifi au gt de son sicle4 ,trop s\v5t son gnie a t ress]r p> l'insignifiance des sujets (ficiels qu'il traitait4 ,cep5dant plusieurs de ces pices se font rem>qu] p> une gr&e et noble facture4 ,voyez p>ticulirem5t1 l'exaltation de ,clm5t ,,xii1 le pangyrique de l'lecteur de ,bavire1 ,maximili5 ,emmanuel2 la mort d',angela ,cim9i2 plusieurs sonnets1 pages #g1 #i1 #aij1 #aie2 enf9 un pi?alame dans lequel il met plusieurs des ides de la ,sci5ce n\velle1 dans la b\*e de ,junon4 ,n\s ne n\s arrt]ons que sur les posies o ,vico a exprim un s5tim5t p]sonnel4 ,la premire e/ une lgie qu'il composa l'ge de v+t-c9q ans 7#afic72 elle e/ intitule ,p5ses de mlancolie4 trav]s les concetti ord9aires aux potes de cette poque1 on y dmle un s5tim5t vrai3 ,d\ces images du bonheur1 v5ez encore aggrav] ma pe9e6 ,vie pure et tranquille1 plaisirs honntes et modrs1 gloire et trsors acquis p> le mrite1 paix cle/e de l'me1 7et ce qui e/ plus poignant mon coeur7 am\r dont l'am\r e/ le prix1 d\ce rciprocit d'une foi s9cre6444 ,long-temps aprs1 sans d\te de #agbj #agcj1 il rpond p> un sonnet un ami qui dplorait l'+ratitude de la patrie de ,vico4 ,ma *re patrie m'a t\t refus6444 ,je la respecte et la rvre4 ,utile et sans rcomp5se1 j'ai tr\v dj dans cette p5se une noble consolation4 ,une mre svre ne c>esse po9t son fils1 ne le presse po9t sur son se91 et n'en e/ pas mo9s honore444 ,la pice suivante1 la d]nire du recueil de ses posies1 prs5te une ide analogue celle du d]ni] morceau qu'il a crit en prose 7,voy4 la f9 du ,disc\rs74 ,c'e/ une rponse au c>d9al ,filippo ,pirelii1 qui avait l\ la ,sci5ce n\velle dans un sonnet4 ,le de/9 s'e/ arm contre un misrable1 a runi sur lui seul t\s les maux qu'il p>tage entre les autres hommes1 et a abreuv son corps et ses s5s des plus cruels poisons4 ,mais la ,provid5ce ne p]met pas que l'me qui e/ elle soit ab&onne un j\g trang]4 ,elle l'a conduit1 p> des r\tes c>tes1 dc\vrir son oeuvre admirable du monde social1 pntr] dans l'abme de sa sagesse les lois t]nelles p> lesquelles elle g\v]ne l'humanit4 ,et grce vos l\anges1 noble pote1 dj fameux1 dj antique de son vivant1 il vivra aux ges futurs1 l'in=tun ,vico6 99 99 99 ,le quatrime volume r5f]me ce que ,vico a crit en lat94 ,la vigueur et l'orig9alit avec lesquelles il crivait en cette langue et fait la gloire d'un savant ord9aire4 #afif4 ,pro auspicatissimo 9 ,hispaniam r$itu ,francisci ,b5avidii ,s4 ,/ephani comitis atque 9 regno ,neap4 ,pro rege oratio4--#afig4 ,9 fun]e ,ca?>9 ,aragoni ,segorbi5sium ducis oratio4--#agjb4 ,pro felici 9 ,neapolitanum solium aditu ,philippi ,v1 ,hispani>um novique orbis mon>* oratio4--#agjh4 ,de no/ri temporis /udiorum ratione oratio ad litt]>um /udiosam juv5tutem1 habita 9 ,r4 ,neap4 ,academi4--#agch4 ,9 ,c>oli et ,m>i ,amali utriusque ,sicili regum nuptiis oratio4--,oratiuncula pro adsequ5d laure 9 utroque jure4--,c>olo ,borbonio utriusque ,sicili ,regi ,r4 ,neap4 ,academia4--,c>olo ,borbonio utriusque ,sicili ,regi epi/ola4 #agbi4 ,vici v9dici sive n 9 acta eruditorum ,lipsi5sia m5sis augu/i ,a4 #agbg1 ubi int] nova lit]>ia unum extat de ejus libro1 cui titulus3 ,pr9cipi d'una sci5za nuova d'intorno alla commune natura delle nazioni4 ,cet article1 o l'on repro*e ,vico d'avoir appropri son sy/me au gt de l'glise roma9e1 avait t envoy p> un ,napolita94 ,la viol5ce avec laquelle ,vico rpond un adv]saire obscur1 f]ait quelquefois s\rire1 si l'on ne connaissait la position cruelle o se tr\vait alors l'auteur4 ,lecteur imp>tial1 dit-il en t]m9ant1 il e/ bon que tu sa*es que j'ai dict cet opuscule au milieu des d\leurs d'une maladie mortelle1 et lorsque je c\rais les *ances d'un remde cruel qui1 *ez les vieill>ds1 dt]m9e s\v5t l'apoplexie4 ,il e/ bon que tu sa*es que depuis v+t ans j'ai f]m t\s les livres1 af9 de port] plus d'orig9alit dans mes re*]*es sur le droit des g5s2 le seul livre o j'ai v\lu lire c'e/ le s5s commun de l'humanit4 ,ce qui r5d cet opuscule prcieux1 c'e/ qu'en plusieurs endroits ,vico dcl>e que le sujet propre de la ,sci5ce n\velle1 c'e/ la nature commune aux nations1 et que son sy/me du droit des g5s n'en e/ que le pr9cipal corollaire4 #agjh4 ,oratio cujus argum5tum1 ho/em ho/i inf5siorem infe/ioremque quam /ultum sibi esse nem9em4 ,nul n'a d'ennemi plus cruel et plus a*>n que l'ins5s ne l'e/ de lui-mme4--#agcb4 ,de m5te h]oic oratio habita 9 ,r4 ,neap4 academi4 ,l'hrosme dont p>le ,vico e/ celui d'une gr&e me1 d'un gnie c\rageux qui ne cra9t po9t d'embrass] dans ses tudes l'univ]salit des connaissances1 et qui veut donn] sa nature le plus haut dveloppem5t qu'elle comporte4 ,nulle "p il ne s'e/ plus ab&onn l'en?\siasme qu'inspire la sci5ce considre dans son ensemble et dans son h>monie4 ,cet ouvrage1 qui semble port] l'empre9te d'une composition trs rapide1 e/ surt\t rem>quable p> la *aleur et la posie du /yle4 ,l'auteur avait cep5dant soixante-quatre ans4 ,aj\tez cette li/e des ouvrages lat9s de ,vico1 un gr& nombre de belles inscriptions4 ,voici l'indication des plus considrables3 ,inscriptions funraires en l'honneur de ,d4 ,joseph ,capece et ,d4 ,c>lo de ,sangro1 #agjg1 faites p> ordre du comte de ,daun1 gnral des armes impriales dans le royaume de ,naples4--,autre en l'honneur de l'emp]eur ,joseph1 #agaa1 faite p> ordre du vice-roi1 ,*>les ,borrome4--,autre en l'honneur de l'impratrice lonore1 faite p> ordre du c>d9al ,wolfgang de ,scratembac1 vice-roi4 99 99 99 ,n\s avons dj nomm la plup>t des auteurs qui ont m5tionn ,vico 7,j\rnal de ,trv\x1 #agbf1 septembre2 page #agdb74--;,j\rnal de ,leipsig1 #agbg1 aot1 page #chc4--;,biblio?que anci5ne et mod]ne de ,lecl]c1 tome ,,xviii1 p>tie ,,ii1 pag4 #dbf4--;,damiano ,romano4--,duni8 ,gov]no civile4--,ces>otti 7sur ,homre74--,p>9i 7dans ses c\rs ,milan74--,joseph de ,ces>e4 ,p5ses de ,vico sur4444 #ah4448--,signorelli4--,romagnosi 7de ,p>me74--,l'abb ,talia4 ,lettres sur la philosophie morale1 #ahag1 ,pad\e4--,colangelo--7,biblioteca analitica1 passim74--,joignez-y ,h]d]1 dans ses opuscules1 et ,wolf dans son ,muse des sci5ces de l'antiquit 7tome ,i1 page #eee74 ,ce d]ni] n'a extrait que la p>tie de la ,sci5ce n\velle relative ,homre4--,aucun ,anglais1 aucun cossais1 que je sa*e1 n'a fait m5tion de ,vico1 si ce n'e/ l'auteur d'une bro*ure rcemm5t publie sur l'tat des tudes en ,allemagne et en ,italie4--,en ,france1 ,m4 ,salfi e/ le premi] qui ait appel l'att5tion du public sur la ,sci5ce n\velle1 dans son loge de ,filangi]i1 et dans plusieurs numros de la ,revue ,encyclopdique1 t4 ,,ii1 p4 #edj2 t4 ,,vi1 p4 #cfd2 t4 ,,vii1 p4 #cdc4--,voy4 aussi ,mmoires du comte ,orl(f sur ,naples1 #ahba1 t4 ,,iv1 p4 #dci1 et t4 ,v1 p4 #g4 99 99 99 ,vico n'a po9t laiss d'cole2 aucun philosophe itali5 n'a saisi son esprit dans t\t le sicle d]ni]2 mais un assez gr& nombre d'criva9s ont dvelopp quelques-unes de ses ides4 ,n\s donnons ici la li/e des pr9cipaux4 ,g5ovesi 7n en #agab1 mort en #agfi74 ,n'ayant pu me procur] que deux des nombreux ouvrages de ce disciple illu/re de ,vico 7les ,in/itutions et la ,diceos9a71 je donne les titres de t\s les livres qu'il a faits1 en faveur de ceux qui s]ai5t mme de faire de plus amples re*]*es4--,leons d'conomie politique et comm]ciale4--,mditations philosophiques 7sur la religion et la morale71 #ageh4--;,in/itutions de mtaphysique l'usage des comm5ans4--,lettre acadmique 7sur l'utilit des sci5ces1 contre le p>adoxe de ,j4-,j4 ,r\sseau71 #agfd4--,logique l'usage des jeunes g5s1 #agff 7divise en c9q p>ties3 em5datrice1 inv5trice1 giudicatrice1 ragionatrice1 ordonatrice4 ,on e/ime le d]ni] *apitre1 ,considrations sur les sci5ces et les arts74--,trait des sci5ces mtaphysiques1 #agfd 7divis en cosmologie1 ?ologie1 an?ropologie74--,dicos9e1 ou sci5ce des droits et des devoirs de l'homme1 #agfg2 ouvrage ina*ev4 ,c'e/ surt\t dans le troisime volume de la ,dicos9e que ,g5ovesi expose des ides analogues celles de ,vico4 ,filangi]i 7n en #ageb1 mort en #aghh74 ,quoique cet homme clbre n'ait ri5 crit qui se ratta*e au sy/me de ,vico1 n\s croyons devoir le plac] dans cette li/e4 l'poque de sa mort prmature1 il mditait deux ouvrages2 le premi] et t intitul3 ,n\velle sci5ce des sci5ces2 le second3 ,hi/oire civile1 univ]selle et p]ptuelle4 ,il n'e/ re/ qu'un fragm5t trs c\rt du premi]1 et ri5 du second4 ,j'ai *]* inutilem5t ce fragm5t4 ,cuoco 7mort en #ahbb74 ,voyage de ,platon en ,italie4 ,ouvrage trs sup]ficiel et qui exagre t\s les dfauts du ,voyage d',ana*>sis4 ,les hypo?ses hi/oriques de ,vico ont s\v5t *ez ,cuoco un air plus p>adoxal encore1 p>ce qu'on n'y voit plus les pr9cipes dont elles driv5t4 ,ce sont -peu-prs les mmes ides sur l',hi/oire t]nelle1 sur l',hi/oire roma9e en p>ticuli] sur les d\ze tables1 sur l'ge et la patrie d',homre1 etc4 ,au mom5t o les p]scutions g>r5t la raison du malheureux ,cuoco1 il dtruisit un travail =t rem>quable1 dit-on1 sur le sy/me de la ,sci5ce n\velle4 ,l'in=tun ,m>io ,pagano 7n en #agej1 mort en #ahjj71 e/ de t\s les publici/es celui qui a suivi de plus prs les traces de ,vico4 ,mais quel que soit son tal5t1 on peut dire que1 dans ses ,saggi politici1 les ides de ,vico ont autant p]du en orig9alit que gagn en cl>t4 ,il ne fait po9t m>*] de front1 comme ,vico1 l'hi/oire des religions1 des g\v]nem5s1 des lois1 des moeurs1 de la posie1 etc4 ,le c>actre religieux de la ,sci5ce n\velle a disp>u4 ,les explications physiologiques qu'il donne plusieurs phnomnes sociaux1 t5t au sy/me sa gr&eur et sa posie1 sans l'appuy] sur une base plus solide4 ,nanmo9s les ,essais politiques sont encore le meilleur comm5taire de la ,sci5ce n\velle4 ,voici les po9ts pr9cipaux dans lesquels il s'en c>te4 #a ,il p5se avec raison que la seconde b>b>ie1 celle du moy5 ge1 n'a pas t aussi semblable la premire que ,vico p>at le croire4 #b ,il e/ime davantage la sagesse ori5tale4 #c ,il ne croit pas que t\s les hommes aprs le dluge soi5t tombs dans un tat de brutalit complte4 #d ,il explique l'orig9e des m>iages1 non p> un s5tim5t religieux1 mais p> la jal\sie4 ,les plus =ts aurai5t enlev les plus belles1 aurai5t a9si =m les premires familles et fond la premire noblesse4 #e ,il croit qu' l'orig9e de la socit1 les hommes fur5t1 non pas agriculteurs1 comme l'ont cru ,vico et ,r\sseau1 mais *asseurs et pa/eurs4 ,*ez t\s les criva9s que n\s v5ons d'numr]1 les ides de ,vico sont plus ou mo9s modifies p> l'esprit franais du d]ni] sicle4 ,un philosophe de nos j\rs me semble mieux mrit] le titre de disciple lgitime de ,vico4 ,c'e/ ,m4 ,cataldo ,jannelli1 employ la biblio?que royale de ,naples1 qui a publi1 en #ahag1 un ouvrage intitul3 ,essai sur la nature et la ncessit de la sci5ce des *oses et hi/oires huma9es4 ,n\s n'entrepr5drons pas de jug] ce livre rem>quable4 ,n\s obs]v]ons seulem5t que l'auteur ne semble pas t5ir assez de compte de la p]fectibilit de l'homme4 ,il comp>e trop rig\reusem5t l'humanit un individu1 et croit qu'elle aura sa vieillesse comme sa jeunesse et sa virilit 7page #eh74 99 99 99 ,il ne n\s re/e qu' donn] la li/e des pr9cipaux auteurs franais1 anglais et allem&s qui ont crit sur la philosophie de l'hi/oire4 ,lorsque n\s n'tions pas sr d'indiqu] avec exactitude le titre de l'ouvrage1 n\s avons rapport seulem5t le nom de l'auteur4 ,,france4 ,bossuet4 ,disc\rs sur l'hi/oire univ]selle1 #afha4--,voltaire4 ,philosophie de l'hi/oire4 ,essai sur l'esprit et les moeurs des nations1 comm5c en #agdj1 imprim en #aghe4--,turgot4 ,disc\rs sur les avantages que l'tablissem5t du *ri/ianisme a procurs au g5re huma94 ,autre sur les progrs de l'esprit huma94 ,essais sur la gographie politique4 ,plan d'hi/oire univ]selle4 ,progrs et dcad5ces alt]natives des sci5ces et des arts4 ,p5ses dta*es4 ,ces div]s morceaux sont ce que n\s avons de plus orig9al et de plus pr(ond sur la philosophie de l'hi/oire4 ,l'auteur les a crits l'ge de v+t-c9q ans1 lorsqu'il tait au sm9aire1 de #agej #aged4 ,voy4 le second volume des oeuvres compltes1 #ahaj4--;,condorcet4 ,esquisse d'un tableau hi/orique des progrs de l'esprit huma92 crit en #agic1 publi en #agii4--,mme de ,/al1 passim1 et surt\t dans son ouvrage sur la ,littrature considre dans ses rapports avec les in/itutions politiques4--,walck5ar4 ,essai sur l'hi/oire de l'espce huma9e4--,c\s94 ,de la philosophie de l'hi/oire2 trs c\rt1 mais trs loqu5t1 dans ses ,fragm5s philosophiques2 crit en #ahah1 imprim en #ahbf4 ,,anglet]re4 ,f]guson4 ,essai sur l'hi/oire de la socit civile1 #agfg2 trad4--,mill>4 ,obs]vations sur les di/9ctions de rang dans la socit1 #agga4--,kames4 ,essais sur l'hi/oire de l'homme1 #aggc4--;,dunb>8 ,essais sur l'hi/oire de l'humanit1 #aghj4--,price444 #aghg4--,prie/ley4 ,disc\rs sur l'hi/oire2 traduits4 ,,allemagne4 ,isel94 ,hi/oire du g5re huma91 #agfd4--;,h]d]4 ,ides philosophiques sur l'hi/oire de l'humanit1 #aggb 7traduit p> ,m4 ,edg>d ,qu9ette1 #ahcg74--,kant4 ,ide de ce que p\rrait tre une hi/oire univ]selle1 considre dans les vues d'un citoy5 du monde 7traduit p> ,villi]s dans le ,cons]vateur1 tome ,,ii1 an ,,viii74 ,autres opuscules du mme1 sur l'id5tit de la race huma9e1 sur le comm5cem5t de l'hi/oire du g5re huma91 sur la ?orie de la pure religion morale1 etc4 7traduits dans le mme volume du ,cons]vateur1 ou dans les ,ar*ives philosophiques et littraires1 tome ,,viii74--,less+4 ducation du g5re huma91 #aghf4--,me9]s4 ,hi/oire de l'humanit1 #aghf4 ,voyez aussi ses autres ouvrages passim4--,c>us4 ,ides p\r s]vir l'hi/oire du g5re huma94--,ancillon4 ,essais philosophiques1 ou n\veaux mlanges1 etc41 #ahag4 ,voy4 philosophie de l'hi/oire1 dans le premi] volume2 p]fectibilit1 dans le second 7crit en franais74 ,aj\tez cette li/e un nombre inf9i d'ouvrages dont le sujet e/ mo9s gnral1 mais qui n'en sont pas mo9s propres clair] la philosophie de l'hi/oire2 tels que l',hi/oire de la culture et de la littrature en ,europe1 p> ,ei*orn2 la ,symbolique de ,creutz]1 etc4 ,,table ,,des ,,mati,,res4 ,,avis ,,du ,,traducteur4 ,,disc\rs ,,sur ,,le ,,sy/,,me ,,et ,,la ,,vie ,,de ,,vico4 pag4 ,i ,,app5dice ,,du ,,disc\rs4 ,,xlix ,,livre ,i]--,des pr9cipes4--,argum5t4 #a ,,*apitre ,i] ,table *ronologique4 #e ,,*ap4 ,,ii4 ,axiomes4 #bd ,,*ap4 ,,iii4 ,trois pr9cipes fondam5taux4 #ge ,,*ap4 ,,iv4 ,de la ,m?ode4 #ha ,,livre ,,ii4--,de la sagesse potique4--,argum5t4 #ic ,,*ap4 ,i] ,sujet de ce ,livre4 #aja ,,*ap4 ,,ii4 ,de la ,mtaphysique potique4 #ajh ,,*ap4 ,,iii4 ,de la ,logique potique4 #abe ,,*ap4 ,,iv4 ,de la ,morale potique4 #afh ,,*ap4 ,v4 ,du ,g\v]nem5t de la famille1 ou conomie dans les ges potiques4 #agd ,,*ap4 ,,vi4 ,de la ,politique potique4 #ahf ,,*ap4 ,,vii4 ,de la ,physique potique4 #bba ,,*ap4 ,,viii4 ,de la ,cosmographie potique4 #bca ,,*ap4 ,,ix4 ,de l',a/ronomie potique4 #bcc ,,*ap4 ,x4 ,de la ,*ronologie potique4 #bce ,,*ap4 ,,xi4 ,de la ,gographie potique4 #bci ,conclusion de ce ,livre4 #bdg ,,livre ,,iii4--,dc\v]te du vritable ,homre4--,argum5t4 #bdi ,,*ap4 ,i] ,de la ,sagesse philosophique que l'on attribue ,homre4 #beb ,,*ap4 ,,ii4 ,de la ,patrie d',homre4 #beh ,,*ap4 ,,iii4 ,du temps o vcut ,homre4 #bfj ,,*ap4 ,,iv4 ,p\rquoi le gnie d',homre dans la posie hroque ne peut jamais tre gal4 #bfd ,,*ap4 ,v4 ,obs]vations philosophiques devant s]vir la dc\v]te du vritable ,homre4 #bfh ,,*ap4 ,,vi4 ,obs]vations philologiques1 etc4 #bgd ,,*ap4 ,,vii4 ,dc\v]te du vritable ,homre4 #bgh ,,app5dice4--,hi/oire raisonne des potes dramatiques et lyriques4 #bhc ,,livre ,,iv4--,,du ,,c\rs ,,que ,,suit ,l',,hi/oire ,,des ,,nations4--,argum5t4 #bhg ,,*ap4 ,i]--,,introduction4--,trois sortes de nature de moeurs1 de droits naturels1 de g\v]nem5s4 #bia ,,*ap4 ,,ii4 ,trois espces de langues et de c>actres4 #bif ,,*ap4 ,,iii4 ,trois espces de jurisprud5ces1 d'autorits de raisons4--,corollaires relatifs la politique et au droit des ,roma9s4 #bii ,,*ap4 ,,iv4 ,trois espces de ,jugem5s4--,corollaire relatif au duel et aux reprsailles4--,trois priodes dans l'hi/oire des moeurs et de la jurisprud5ce4 #cji ,,*ap4 ,v4 ,autres preuves1 tires des c>actres propres aux ari/ocraties hroques4 #cba ,,*ap4 ,,vi4 ,autres preuves tires de la manire dont *aque =me de la socit se comb9e avec la prcd5te4 #ccd ,,*ap4 ,,vii4 ,d]nires preuves4 #cdb ,,livre ,v4--,ret\r des mmes rvolutions1 lorsque les socits dtruites se relv5t de leurs ru9es4--,argum5t4 #cee ,,*ap4 ,i] ,objet de ce ,livre--,ret\r de l'ge div94 #ceg ,,*ap4 ,,ii4 ,comm5t les nations p>c\r5t de n\veau la c>rire qu'elles ont f\rnie1 con=mm5t la nature t]nelle des fiefs4--,que l'anci5 droit politique des ,roma9s se r5\vela dans le droit fodal4 7,ret\r de l'ge hroque474 #cfb ,,*ap4 ,,iii4 ,c\p-d'oeil sur le monde politique1 anci5 et mod]ne4 #cga ,,*ap4 ,,iv4 ,conclusion4--,d'une rpublique t]nelle fonde dans la nature p> la provid5ce div9e1 et qui e/ la meilleure possible dans *acune de ses =mes div]ses4 #cgf ,,app5dice ,,du ,,second ,,livre4--,explication de la my?ologie grecque et roma9e4 #chi ,,pr9cipes ,,de ,,la ,,philosophie ,,de ,l',,hi/oire4 ,,livre ,,premi]4 ,,des ,,pr9cipes4 ,,argum5t4 ,on ne peut dt]m9] quelles lois obs]ve la civilisation dans son dveloppem5t1 sans remont] son orig9e4 ,l'auteur pr\ve d'abord la ncessit de suivre dans cette re*]*e une n\velle m?ode1 p> l'insuffisance et la contradiction de t\t ce qu'on a dit sur l'hi/oire anci5ne jusqu' la seconde gu]re punique 7*ap4 ,i47--,il expose ensuite s\s la =me d'axiomes1 les vrits gnrales qui font la base de son sy/me 7*ap4 ,,ii47--,il indique enf9 les trois gr&s pr9cipes d'o "p la sci5ce n\velle1 et la m?ode qui lui e/ propre 7*ap4 ,,iii et ,,iv47 ,*ap4 ,i4 ,,table ,,*ronologique4 ,va9es prt5tions des gypti5s une sci5ce pr(onde et une antiquit exagre4 ,le peuple hbreux e/ le plus anci5 de t\s4 ,division de l'hi/oire des premi]s sicles en trois priodes4--#a4 ,dluge4 ,gans4 ge d'or4 ,premi] ,h]ms4--#b4 ,h]cule et les ,hraclides4 ,orphe4 ,second ,h]ms4 ,gu]re de ,troie4 ,colonies grecques de l',italie et de la ,sicile4--#c4 ,jeux olympiques4 ,fondation de ,rome4 ,py?agore4 ,s]vius ,tullius4 ,hsiode1 ,hippocrate et ,hrodote4 ,?ucydide2 gu]re du ,ploponse4 ,xnophon2 ,alex&re4 ,lois ,publilia et ,petilia4 ,gu]re de ,t>5te et de ,pyrrhus4 ,seconde gu]re punique4 ,dans ce *apitre1 l'auteur jette en passant les fondem5s d'une critique n\velle3 #a ,la civilisation de *aque peuple a t son propre ouvrage1 sans communication du dehors2 #b ,on a exagr la sagesse ou la puissance des premi]s peuples2 #c ,on a pris p\r des individus des tres allgoriques ou collectifs 7,h]cule1 ,h]ms47 ,*ap4 ,,ii4 ,,axiomes4 #a-bb4 ,axiomes gnraux4 #bc-aad4 ,axiomes p>ticuli]s4#a-d4 ,rfutation des op9ions que l'on s'e/ =mes jusqu'ici sur les comm5cem5s de la civilisation4--#e-ae4 ,fondem5s du vrai4 ,mdit] le monde social dans son ide t]nelle4--#af-bb4 ,fondem5s du c]ta94 ,ap]cevoir le monde social dans sa ralit4#bc-bh4 ,division des peuples anci5s en hbreux et g5tils4 ,dluge univ]sel4 ,gans4--#bh-cj4 ,pr9cipes de la ?ologie potique4--#ca-dj4 ,orig9e de l'idoltrie1 de la div9ation1 des sacrifices4--#da-df4 ,pr9cipes de la my?ologie hi/orique4--#dg-fb4 ,potique4--#dg-di4 ,pr9cipe des c>actres potiques4--#ej-fb4 ,suite de la potique4 ,fable1 conv5ance1 p5se1 expression1 *ant1 v]s4--#fc-fe4 ,pr9cipes tymologiques4--#ff-if4 ,pr9cipes de l'hi/oire idale4--#gj-hd4 ,orig9e des socits4--#hd-if4 ,anci5ne hi/oire roma9e4--#ig-ajc4 ,migrations des peuples4--#ajd-aad4 ,pr9cipes du droit naturel4 ,*ap4 ,,iii4 ,,trois ,,pr9cipes ,,fondam5taux4--,religions et croyance une ,provid5ce1 m>iages et modration des passions1 spultures et croyance l'immortalit de l'me4 ,*ap4 ,,iv4 ,,de ,,la ,m,,?ode4--,le po9t de d"p de la sci5ce n\velle e/ la premire p5se huma9e que les hommes dur5t concevoir1 savoir1 l'ide d'un ,dieu4,cette sci5ce emploie d'abord des preuves philosophiques1 ensuite des preuves philologiques4 ,les preuves philosophiques elles-mmes sont ou ?ologiques ou logiques4 ,la sci5ce n\velle e/ une dmon/ration hi/orique de la ,provid5ce2 elle trace le c]cle t]nel d'une hi/oire idale dans lequel t\rne l'hi/oire relle de t\tes les nations4 ,elle s'appuie sur une critique n\velle1 dont le crit]ium e/ le s5s commun du g5re huma94 ,cette critique e/ le fondem5t d'un n\veau sy/me du droit des g5s4 ,preuves philologiques1 tires de l'int]prtation des fables1 de l'hi/oire des langues1 etc4 ,,livre ,,premi]4 ,,des ,,pr9cipes4 ,,*apitre ,,premi]4 ,,table ,,*ronologique1 ,,ou ,,pr,,p>ation ,,des ,,mati,,res ,,que ,,doit ,,mettre ,,en ,,oeuvre ,,la ,,sci5ce ,,n\velle4 ,la table *ronologique que l'on a s\s les yeux embrasse l'hi/oire du monde anci51 depuis le dluge jusqu' la seconde gu]re punique1 en comm5ant p> les ,hbreux1 et cont9uant p> les ,*aldens1 les ,scy!s1 les ,phnici5s1 les gypti5s1 les ,grecs et les ,roma9s4 ,on y voit figur] des hommes ou des faits clbres1 lesquels sont ord9airem5t placs p> les savans dans d'autres temps1 dans d'autres lieux1 ou qui mme n'ont po9t exi/4 ,en rcomp5se n\s y tirons des tnbres pr(ondes o ils tai5t re/s ensevelis1 des hommes et des faits rem>quables1 qui ont puissamm5t influ sur le c\rs des *oses huma9es2 et n\s montrons combi5 les explications qu'on a donnes sur l'orig9e de la civilisation1 prs5t5t d'inc]titude1 de frivolit et d'inconsqu5ce4 99 99 99 ,mais t\te tude sur la civilisation paenne doit comm5c] p> un exam5 svre des prt5tions des nations anci5nes1 et surt\t des gypti5s1 une antiquit exagre4 ,n\s tir]ons deux utilits de cet exam53 celle de savoir quelle poque1 quel pays il faut rapport] les comm5cem5s de cette civilisation2 et celle d'appuy] p> des preuves1 huma9es la vrit1 t\t le sy/me de notre religion1 laquelle n\s appr5d d'abord que le premi] peuple fut le peuple hbreu1 que le premi] homme fut ,adam1 cr en mme temps que ce monde p> le ,dieu vritable4#aj ,note #aj3 ,v4 p4 #ej1 dition de ,milan1 #ahja4 ,notre *ronologie se tr\ve entirem5t contraire au sy/me de ,m>%am1 qui veut pr\v] que les gypti5s devancr5t t\tes les nations dans la religion et dans la politique1 de sorte que leurs rites sacrs et leurs rglem5s civils1 transmis aux autres peuples1 aurai5t t reu des ,hbreux avec quelques *angem5s4 ,avant d'exam9] ce qu'on doit croire de cette antiquit1 il faut av\] qu'elle ne p>at pas avoir pr(it beauc\p aux gypti5s4 ,n\s voyons dans les ,/romates de sa9t ,clm5t d',alex&rie1 que les livres du leurs prtres1 au nombre de qu>ante-deux1 c\rai5t alors dans le public1 et qu'ils cont5ai5t les plus graves erreurs en philosophie et en a/ronomie4 ,leur mdec9e1 selon ,gali51 de ,m$ic9 m]curiali1 tait un tissu de purilits et d'impo/ures4 ,leur morale tait dissolue1 puisqu'elle p]mettait1 qu'elle honorait mme la pro/itution4 ,leur ?ologie n'tait que sup]/itions1 pre/iges et magie4 ,les arts du fondeur et du sculpteur re/r5t *ez eux dans l'enfance2 et quant la magnific5ce de leurs pyramides1 on peut dire que la gr&eur n'e/ po9t inconciliable avec la b>b>ie4 ,c'e/ la fameuse ,alex&rie qui a a9si exalt l'antique sagesse des gypti5s4 ,la cit d',alex&re unit la subtilit africa9e l'esprit dlicat des ,grecs1 et produisit des philosophes pr(onds dans les *oses div9es4 ,clbre comme la mre des sci5ces1 dsigne *ez les ,grecs p> le nom de ,grec3 polis1 la ville p> excell5ce1 elle vit son ,muse aussi clbre que l'avai5t t ,a?nes l'acadmie1 le lyce et le portique4 ,l s'leva le gr& prtre ,manton1 qui donna t\te l'hi/oire de l'gypte l'int]prtation d'une sublime ?ologie naturelle1 prcism5t comme les philosophes grecs avai5t donn leurs fables nationales un s5s t\t philosophique4 7,voy4 le comm5cem5t du livre ,,ii47 ,dans ce gr& entrept du comm]ce de la ,mdit]rane et de l',ori5t1 un peuple si vaniteux#aa1 avide de sup]/itions n\velles1 imbu du prjug de son antiquit prodigieuse et des va/es conqutes de ses rois1 ignorant enf9 que les autres nations paennes avai5t pu1 sans ri5 savoir l'une de l'autre1 concevoir des ides uni=mes sur les dieux et sur les hros1 ce peuple1 dis-je1 ne put s'emp*] de croire que t\s les dieux des navigateurs qui v5ai5t comm]c] *ez lui1 tai5t d'orig9e gypti5ne4 ,il voyait que t\tes les nations avai5t leur ,jupit] et leur ,h]cule2 il dcida que son ,jupit] ,ammon tait le plus anci5 de t\s1 que t\s les ,h]cule avai5t pris leur nom de l',h]cule gypti54 ,note #aa3 ,glori animalia1 et dans ,tacite3 ,g5s nov>um religionum avida4 ,diodore de ,sicile1 qui vivait du temps d',augu/e1 et qui traite les gypti5s trop favorablem5t1 ne leur donne que deux mille ans d'antiquit1 encore a-t-il t rfut victorieusem5t p> ,giacomo ,cappello dans son ,hi/oire sacre et gypti5ne4 ,cette antiquit n'e/ pas mieux pr\ve p> le ,pim&re4 ,ce livre que l'on a vant comme cont5ant la doctr9e d',h]ms1 e/ l'oeuvre d'une impo/ure vid5te4 ,casaubon n'y tr\ve pas une doctr9e plus anci5ne que le platonisme1 et ,saumaise ne le considre que comme une compilation indige/e4 ,l'intellig5ce huma9e1 tant inf9ie de sa nature1 exagre les *oses qu'elle ignore1 bi5 au-del de la ralit4 ,enf]mez un homme endormi dans un lieu trs troit1 mais p>faitem5t obscur1 l'horreur des tnbres le lui fait croire c]ta9em5t plus gr& qu'il ne le tr\v]a en t\*ant les murs qui l'environn5t4 ,voil ce qui a tromp les gypti5s sur leur antiquit4 ,mme erreur *ez les ,*9ois1 qui ont f]m leur pays aux trang]s1 comme le fir5t les gypti5s jusqu' ,psammtique1 et les ,scy!s jusqu' l'invasion de ,d>ius1 fils d',hy/aspe4 ,quelques jsuites ont vant l'antiquit de ,confucius1 et ont prt5du avoir lu des livres imprims avant ,jsus-,*ri/2 mais d'autres auteurs mieux in=ms ne plac5t ,confucius que c9q c5ts ans avant notre re1 et assur5t que les ,*9ois n'ont tr\v l'imprim]ie que deux sicles avant les ,europens4 ,d'ailleurs la philosophie de ,confucius1 comme celle des livres sacrs de l'gypte1 n'(fre qu'ignorance et grossiret dans le peu qu'elle dit des *oses naturelles4 ,elle se rduit une suite de prceptes moraux dont l'obs]vance e/ impose ces peuples p> leur lgislation4 ,dans cette dispute des nations sur la "q de leur antiquit1 une tradition vulgaire veut que les ,scy!s ai5t l'avantage sur les gypti5s4 ,ju/9 comm5ce l'hi/oire univ]selle p> plac] mme avant les ,assyri5s deux rois puissans1 ,tanas le scy!1 et l'gypti5 ,sso/ris4 ,d'abord ,tanas "p avec une arme innombrable p\r conqurir l'gypte1 ce pays si bi5 df5du p> la nature contre une invasion trangre4 ,ensuite ,sso/ris1 avec une arme non mo9s nombreuse1 s'en va subjugu] la ,scy?ie1 laquelle n'en re/e pas mo9s inconnue jusqu' ce qu'elle soit envahie p> ,d>ius4 ,encore cette d]nire poque qui e/ celle de la plus haute civilisation des ,p]ses1 les ,scy!s se tr\v5t-ils si b>b>es que leur roi ne peut rpondre ,d>ius qu'en lui envoyant des signes matriels sans p\voir mme crire sa p5se en hiroglyphes4 ,les deux conqurans trav]s5t l',asie avec leurs prodigieuses armes sans la s\mettre ni aux ,scy!s ni aux gypti5s4 ,elle re/e si bi5 indp5dante1 qu'on y voit s'lev] ensuite la premire des quatre mon>*ies les plus clbres1 celle des ,assyri5s4 ,la prt5tion de ces d]ni]s une haute antiquit e/ plus spcieuse4 ,en premi] lieu leur pays e/ situ dans l'intrieur des t]res1 et n\s dmontr]ons dans ce livre que les peuples habitr5t d'abord les contres mdit]ranes et ensuite les rivages4 ,aj\tez qu'on reg>de gnralem5t les ,*aldens comme les premi]s sages du paganisme1 en plaant ,zoroa/re leur tte4 ,de la tribu *aldenne1 se =ma s\s ,n9us la gr&e nation des ,assyri5s1 et le nom de la premire se p]dit dans celui de la seconde4 ,mais les ,*aldens ont t jusqu' prt5dre qu'ils avai5t cons]v des obs]vations a/ronomiques d'environ v+t-huit mille ans4 ,josephe a cru ces obs]vations ant-diluvi5nes1 et a prt5du qu'elles avai5t t inscrites sur deux colonnes1 l'une de m>bre1 l'autre de brique1 qui devai5t les prs]v] du dluge ou du l'embrasem5t du monde4 ,on peut plac] les deux colonnes dans le ,muse de la crdulit4 ,les ,hbreux au contraire1 trang]s aux nations paennes1 comme l'atte/5t ,josephe et ,lactance1 n'en connur5t pas mo9s le nombre exact des annes c\les depuis la cration2 c'e/ le calcul de ,philon1 appr\v p> les critiques les plus svres1 et dont celui d',eusbe ne s'c>te d'ailleurs que de qu9ze c5ts ans1 diffr5ce bi5 lgre en comp>aison des altrations mon/rueuses qu'ont fait subir la *ronologie les ,*aldens1 les ,scy!s1 les gypti5s et les ,*9ois4 ,il faut bi5 reconnatre que les ,hbreux ont t le premi] peuple1 et qu'ils ont cons]v sans altration les monum5s de leur hi/oire depuis le comm5cem5t du monde4 ,aprs les ,hbreux1 n\s plaons les ,*aldens et les ,scy!s1 puis les ,phnici5s4 ,ces d]ni]s doiv5t prcd] les gypti5s1 puisque1 selon la tradition1 ils leur ont transmis les connaissances a/ronomiques qu'ils avai5t tires de la ,*alde1 et qu'ils leur ont donn en outre les c>actres alphabtiques1 comme n\s devons le dmontr]4 99 99 99 ,si n\s ne donnons aux gypti5s que la c9quime place dans cette table1 n\s ne pr(it]ons pas mo9s de leurs antiquits4 ,il n\s en re/e deux gr&s dbris1 aussi admirables que leurs pyramides4 ,je p>le de deux vrits hi/oriques1 dont l'une n\s a t cons]ve p> ,hrodote3 #a ,ils divisai5t t\t le temps antrieurem5t c\l en trois ges1 ge des dieux1 ge des hros1 ge des hommes2 #b p5dant ces trois ges1 trois langues correspondantes se p>lr5t1 langue hiroglyphique ou sacre1 langue symbolique ou hroque1 langue vulgaire1 celle dans laquelle les hommes exprim5t p> des signes conv5us les beso9s ord9aires de la vie4 ,de mme1 ,v>ron dans ce gr& ouvrage ,r]um div9>um et human>um1 dont l'injure des temps n\s a privs1 divisait l'ensemble des sicles c\ls en trois priodes1 temps obscur1 qui rpond l'ge div9 des gypti5s1 temps fabuleux1 qui e/ leur ge hroque1 enf9 temps hi/orique1 l'ge des hommes1 dans la nom5clature gypti5ne4 ,des nations civilises ou b>b>es1 il n'en e/ aucune1 selon l'obs]vation de ,diodore1 qui ne se reg>de comme la plus anci5ne1 et qui ne fasse remont] ses annales jusqu' l'orig9e du monde4 ,les gypti5s n\s f\rniront encore l'appui de ce pr9cipe deux traditions de vanit nationale1 savoir1 que ,jupit] ,ammon tait le plus anci5 de t\s les ,jupit]1 et que les ,h]cule des autres nations avai5t pris leur nom de l',h]cule gypti54 99 99 99 ,an du monde1 #afef4 ,le dluge univ]sel e/ notre po9t de d"p4 ,la confusion des langues qui suivit eut lieu *ez les enfans de ,sem1 *ez les peuples ori5taux4 ,mais il en fut sans d\te autrem5t *ez les nations sorties de ,*am et de ,japhet 7ou ,japet72 les desc5dans de ces deux fils de ,no dur5t se disp]s] dans la va/e =t qui c\vrait la t]re4 ,a9si errans et solitaires1 ils p]dir5t bi5tt les moeurs huma9es1 l'usage de la p>ole1 dev9r5t semblables aux animaux sauvages1 et reprir5t la taille gigantesque des hommes ant-diluvi5s4 ,mais lorsque la t]re dess*e put de n\veau produire le tonn]re p> ses exhalaisons1 les gans p\vants rapportr5t ce t]rible phnomne un ,dieu irrit4 ,telle e/ l'orig9e de tant de ,jupit]1 qui fur5t adors des nations paennes4 ,de l la div9ation applique aux phnomnes du tonn]re1 au vol de l'aigle1 qui passait p\r l'oiseau de ,jupit]4 ,les ,ori5taux se fir5t une div9ation mo9s grossire2 ils obs]vr5t le m\vem5t des plantes1 les div]s aspects des a/res1 et leur premi] sage fut ,zoroa/re 7selon ,bo*>t1 le contemplateur des a/res47--,ce sy/me ru9e ncessairem5t celui des tymologi/es qui *]*5t dans l',ori5t l'orig9e de t\tes les langues4 ,selon n\s1 t\tes les nations sorties de ,*am et de ,japhet se crr5t leurs langues dans les contres mdit]ranes o elles s'tai5t fixes d'abord2 puis desc5dant v]s les rivages1 elles comm5cr5t comm]c] avec les ,phnici5s1 peuple navigateur qui c\vrit de ses colonies les bords de la ,mdit]rane et de l',ocan4 ,ans du monde1 #bjjj-bejj4 ,ds que les gans1 quittant leur vie vagabonde1 se mett5t cultiv] les *amps1 n\s voyons comm5c] l'ge d'or ou ge div9 des ,grecs1 et quelques sicles aprs celui du ,latium1 l'ge de ,saturne1 dans lequel les dieux vivai5t sur la t]re avec les hommes4 ,dans cet ge div9 p>at d'abord le premi] ,h]ms4 ,les gypti5s1 dit ,jamblique1 rapportai5t cet ,h]ms t\tes les inv5tions ncessaires ou utiles la vie sociale4 ,c'e/ qu',h]ms ne fut po9t un sage1 un philosophe div9is aprs sa mort1 mais le c>actre idal des premi]s hommes de l'gypte1 qui sans autre sagesse que celle de l'in/9ct naturel1 y =mr5t d'abord des familles1 puis des tribus1 et fondr5t enf9 une gr&e nation4#ab ,d'aprs la division des trois ges que reconnaissai5t les gypti5s1 ,h]ms devait tre un dieu1 puisque sa vie embrassait t\t ce qu'on appelait l'ge des dieux dans cette nom5clature4#ac ,note #ab3 ,e/-il vrai que1 dans cette priode1 ,h]ms ait port d'gypte en ,grce la connaissance des lettres et les premires lois8 ou bi5 ,cadmus aurait-il enseign aux ,grecs l'alphabet de la ,phnicie8 ,n\s ne p\vons admettre ni l'une ni l'autre op9ion4--,les ,grecs ne se s]vir5t po9t d'hiroglyphes comme les gypti5s1 mais d'une criture alphabtique1 encore ne l'employr5t-ils que bi5 des sicles aprs4--,homre confia ses pomes la mmoire des ,rapsodes1 p>ce que de son temps les lettres alphabtiques n'tai5t po9t tr\ves1 a9si que le s\ti5t ,josephe contre le s5tim5t d',appion4--,si ,cadmus et port les lettres phnici5nes en ,grce1 la ,botie qui les et reues la premire n'et-elle pas d ce di/+u] p> sa civilisation entre t\tes les p>ties de la ,grce8--,d'ailleurs quelle diffr5ce entre les lettres grecques et les phnici5nes8,quant l'introduction simultane des lois et des lettres1 les difficults sont plus gr&es encore4--,d'abord le mot ,grec3 nomos ne se tr\ve nulle "p dans ,homre4--,ensuite1 e/-il indisp5sable que des lois soi5t crites8 n'en exi/ait-il pas en gypte avant ,h]ms1 inv5teur des lettres8 dira-t-on qu'il n'y eut pas de lois ,sp>te o ,lycurgue avait df5du aux citoy5s l'tude des lettres8 ne voit-on pas dans ,homre un ,conseil des hros1 ,grec3 b\l1 o l'on dlibrait de vive voix sur les lois1 et un ,conseil du peuple1 ,grec3 agora1 o on les publiait de la mme manire4 ,la ,provid5ce a v\lu que les socits qui n'ont po9t encore la connaissance des lettres se fond5t d'abord sur les usages et les c\tumes1 p\r se g\v]n] ensuite p> des lois1 qu& elles sont plus civilises4 ,lorsque la b>b>ie antique rep>ut au moy5 ge1 ce fut encore sur des c\tumes que se fonda le droit *ez t\tes les nations europennes4 ,note #ac3 ,les hros inve/is du triple c>actre de *efs des peuples1 de gu]ri]s et de prtres1 fur5t dsigns dans la ,grce p> le nom d',hraclides1 ou enfans d',h]cule2 dans la ,crte1 dans l',italie et dans l',asie m9eure1 p> celui de ,curtes 7quirites1 de l'inusit quir1 quiris1 lance74 ,an du monde1 #cbbc-cbbc4 ,l'ge hroque qui suit celui des dieux1 e/ c>actris p> ,h]cule1 ,orphe et le second ,h]ms4 ,l',occid5t a ses ,h]cule1 l',ori5t ses ,zoroa/re qui prs5t5t le mme c>actre4 ,autant de types idaux des fondateurs des socits1 et des potes ?ologi5s4 ,si l'on s'ob/9e ne voir que des hommes dans ces tres allgoriques1 que de difficults se prs5t5t6#ad ,note #ad3 ,orphe surt\t1 si on le considre comme un individu1 (fre aux yeux de la critique l'assemblage de mille mon/res biz>res4--,d'abord il vi5t de ,?race1 pays plus connu comme la patrie de ,m>s1 que comme le b]ceau de la civilisation4--,ce ,?race sait si bi5 le grec qu'il compose en cette langue des v]s d'une posie admirable4--,il ne tr\ve encore que des btes f>\*es dans ces ,grecs1 auxquels tant de sicles aup>avant ,deucalion a enseign la pit env]s les dieux1 dont ,hell5 a =m une mme nation en leur donnant une langue commune1 *ez lesquels enf9 rgne depuis trois c5ts ans la maison d',ina*us4--,orphe tr\ve la ,grce sauvage1 et en quelques annes elle fait assez de progrs p\r qu'il puisse suivre ,jason la conqute de la ,toison d'or2 rem>quez que la m>9e n'e/ po9t un des premi]s arts dont s'occup5t les peuples4--,dans cette expdition il a p\r compagnons ,ca/or et ,pollux1 frres d',hlne1 dont l'enlvem5t causa la fameuse gu]re de ,troie4 ,a9si1 la vie d'un seul homme n\s prs5te plus de faits qu'il ne s'en pass]ait en mille annes64444 ,ce sont peut-tre de semblables obs]vations qui ont fait conjectur] ,cicron1 dans son livre sur la ,nature des ,dieux1 qu',orphe n'a jamais exi/4 ,elles s'appliqu5t1 p\r la plup>t1 avec la mme =ce ,h]cule1 ,h]ms et ,zoroa/re4 ces difficults *ronologiques1 joignez-en d'autres1 morales ou politiques4 ,orphe1 v\lant amlior] les moeurs de la ,grce1 lui propose l'exemple d'un ,jupit] adultre1 d'une ,junon implacable qui p]scute la v]tu dans la p]sonne d',h]cule1 d'un ,saturne qui dvore ses enfans6 et c'e/ p> ces fables capables de corrompre et d'abrutir le peuple le plus civilis1 le plus v]tueux1 qu',orphe lve les hommes encore bruts l'humanit et la civilisation4 ,guids p> les pr9cipes de la sci5ce n\velle1 n\s vit]ons ces t]ribles cueils de la my?ologie2 n\s v]rons que ces fables1 dt\rnes de leur s5s p> la corruption des hommes1 ne signifiai5t dans l'orig9e ri5 que de vrai1 ri5 qui ne ft digne des fondateurs des socits4 ,la dc\v]te des c>actres potiques1 des types idaux1 que n\s v5ons d'expos]1 f]a luire un j\r pur et s]e9 trav]s ces nuages sombres dont s'tait voile la *ronologie4 ,an du monde1 #bhbj4 ,d'habiles critiques ont port plus lo9 le scepticisme3 ils ont p5s que la gu]re de ,troie n'avait jamais eu lieu1 du mo9s telle qu',homre la raconte2 et ils ont r5voy la ,biblio?que de l',impo/ure les ,dictys de ,crte1 et les ,d>s de ,phrygie1 qui en ont crit l'hi/oire en prose1 comme s'ils euss5t t contempora9s4 99 99 99 ,v]s #biej4 ,dans le sicle qui suit immdiatem5t la gu]re de ,troie1 et la suite des c\rses errantes d'ne et d',ant5or1 de ,diomde et d',ulysse1 n\s plaons la fondation des colonies grecques de l',italie et de la ,sicile4 ,c'e/ trois sicles avant l'poque adopte p> les *ronologi/es2 mais ont-ils le droit de s'en tonn]1 eux qui v>i5t de quatre c5t soixante ans sur le temps o vcut ,homre1 l'auteur le plus vois9 de ces vnem5s4 ,la fondation de ces colonies e/ du petit nombre des faits dans lesquels n\s n\s c>tons de la *ronologie ord9aire1 mais n\s y sommes contra9ts p> une raison puissante4 ,c'e/ que ,syracuse et tant d'autres villes n'aurai5t pas eu assez de temps p\r s'lev] au po9t de ri*esse et de spl5deur o elles p>v9r5t4 ,p5dant ses gu]res contre les ,c>?ag9ois1 ,syracuse n'avait ri5 envi] la magnific5ce et la politesse d',a?nes4 ,long-temps aprs1 ,crotone presque ds]te fait piti ,tite-,live1 lorsqu'il songe au nombre prodigieux de ses anci5s habitans4 99 99 99 ,an du monde1 #cbbc4 ,le temps c]ta91 l'ge des hommes comm5ce l'poque o les jeux olympiques fonds p> ,h]cule1 fur5t rtablis p> ,iphitus4 ,depuis le premi]1 on comptait les annes p> les rcoltes2 depuis le second1 on les compta p> les rvolutions du soleil4 ,la premire ,olympiade concide presque avec la fondation de ,rome 7#ggf1 #gec ans avant ,j4-,c47 ,mais ,rome aura p5dant long-temps bi5 peu d'importance4 ,t\tes ces ides magnifiques que l'on s'e/ faites jusqu'ici sur les comm5cem5s de ,rome et de t\tes les autres capitales des peuples clbres1 disp>aiss5t1 comme le br\ill>d aux rayons du soleil1 devant ce passage prcieux de ,v>ron rapport p> ,sa9t-,augu/9 dans la ,cit de ,dieu3 p5dant deux sicles et demi qu'elle obx ses rois1 ,rome s\mit plus de v+t peuples1 sans t5dre son empire plus de v+t milles4 ,an du monde1 #cbij2 de ,rome #cg4 ,n\s plaons ,homre aprs la fondation de ,rome4 ,l'hi/oire grecque1 dont il e/ le pr9cipal flambeau1 n\s a laisss dans l'inc]titude sur son sicle et sur sa patrie4 ,on v]ra au livre ,,iii p\rquoi n\s n\s c>tons de l'op9ion reue sur ces deux po9ts1 et sur le fait mme de son exi/5ce4--,n\s lv]ons les mmes d\tes sur celle d'sope que n\s considrons non comme un individu1 mais comme un type idal1 et dont n\s plaons l'poque entre celle d',homre et celle des sept sages de la ,grce4 #cdfh2 #bbe4 ,py?agore qui vi5t ensuite1 e/1 selon ,tite-,live1 contempora9 de ,s]vius ,tullius2 on voit s'il a pu enseign] la sci5ce des *oses div9es ,numa qui vivait prs de deux sicles aup>avant4 ,tite-,live dit aussi que p5dant ce rgne de ,s]vius ,tullius1 o l'intrieur de l',italie tait encore b>b>e1 il et t impossible que le nom mme de ,py?agore pntrt de ,crotone ,rome trav]s tant de peuples diffr5s de langues et de moeurs4 ,ce d]ni] passage doit n\s faire ent5dre combi5 devai5t tre faciles ces longs voyages dans lesquels ,py?agore alla1 dit-on1 consult] en ,?race les disciples d',orphe1 en ,p]se les mages1 les ,*aldens ,babylone1 les ,gymnosophi/es dans l',inde1 puis en rev5ant1 les prtres de l'gypte1 les disciples d',atlas dans la ,mauritanie1 et les ,druides dans la ,gaule1 p\r r5tr] enf9 dans sa patrie1 ri*e de t\te la sagesse b>b>e4#ae ,note #ae3 ,si n\s en croyons ceux qui1 aux applaudissem5s des savans1 ont entrepris de n\s faire connatre la succession des coles de la philosophie b>b>e1 ,zoroa/re fut le matre de ,brose et des ,*aldens1 ,brose celui d',h]ms et des gypti5s1 ,h]ms celui d',atlas et des ?iopi5s1 ,atlas celui d',orphe1 qui1 de la ,?race1 v9t tablir son cole en ,grce4 ,on s5t ce qu'ont de srieux ces communications entre les premi]s peuples1 qui1 pe9e sortis de l'tat sauvage1 vivai5t ignors mme de leurs vois9s1 et n'avai5t connaissance les uns des autres qu'autant que la gu]re ou le comm]ce leur en donnait l'occasion4 ,ce que n\s disons de l'isolem5t des premi]s peuples s'applique p>ticulirem5t aux ,hbreux4--,lactance assure que ,py?agore n'a pu tre disciple d',isae4--,un passage de ,josephe pr\ve que les ,hbreux1 au temps d',homre et de ,py?agore1 vivai5t inconnus leurs vois9s de l'intrieur des t]res1 et plus =te raison aux nations loignes dont la m] les sp>ait4--,ptolme ,philadelphe s'tonnant qu'aucun pote1 aucun hi/ori5 n'et fait m5tion des lois de ,mose1 le juif ,dmtrius lui rpondit que ceux qui avai5t t5t de les faire connatre aux ,g5tils1 avai5t t punis miraculeusem5t1 tels que ,?opompe qui en p]dit le s5s1 et ,?odecte qui fut priv de la vue4--,aussi ,josephe ne cra9t po9t d'av\] cette longue obscurit des ,juifs1 et il l'explique de la manire suivante3 ,n\s n'habitons po9t les rivages2 n\s n'aimons po9t faire le ngoce et comm]c] avec les trang]s4 ,sans d\te la ,provid5ce v\lait1 comme l'obs]ve ,lactance1 emp*] que la religion du vrai ,dieu ne ft pr(ane p> les communications de son peuple avec les ,g5tils4--,t\t ce qui prcde e/ confirm p> le tmoignage du peuple ,hbreux lui-mme1 qui prt5dait qu' l'poque o p>ut la v]sion des ,septante1 les tnbres c\vrir5t le monde p5dant trois j\rs1 et qui1 en expiation1 obs]vait un jene sol5nel1 le #h de tbet ou dcembre4 ,ceux de ,jrusalem dte/ai5t les juifs hellni/es qui attribuai5t une autorit div9e cette v]sion4 ,an du monde1 #cdfh2 de ,rome #bbe4 ,s]vius ,tullius1 in/itue le c5s1 dans lequel on a vu jusqu'ici le fondem5t de la lib]t dmocratique1 et qui ne fut dans le pr9cipe que celui de la lib]t ari/ocratique4 #cejj4 ,c'e/ l'poque o les ,grecs tr\vr5t leur criture vulgaire 7,voyez plus bas47 ,n\s y plaons ,hsiode1 ,hrodote et ,hippocrate4--,les *ronologi/es dcl>5t sans hsit] qu',hsiode vivait tr5te ans avant ,homre1 quoiqu'ils diffr5t de quatre sicles et demi sur le temps o il faut plac] l'auteur de l',iliade4 ,mais ,velleius ,pat]culus et ,porphyre 7dans ,suidas71 sont d'avis qu',homre prcda de beauc\p ,hsiode4 ,quant aux trpi$s consacrs p> ce d]ni] en mmoire de sa victoire sur ,homre1 ce sont des monum5s tels qu'en fabriqu5t de nos j\rs les faiseurs de mdailles1 qui viv5t de la simplicit des curieux4--,si n\s considrons1 d'un ct1 que la vie d',hippocrate e/ t\te fabuleuse1 et que1 de l'autre1 il e/ l'auteur inconte/able d'ouvrages crits en prose et en c>actres vulgaires1 n\s rapport]ons son exi/5ce au temps d',hrodote qui crivit de mme en prose et dont l'hi/oire e/ ple9e de fables4 99 99 99 ,an du monde1 #cecj4 ,?ucydide vcut l'poque la mieux connue de l'hi/oire grecque1 celle de la gu]re du ,ploponse2 et c'e/ af9 de n'crire que des *oses c]ta9es qu'il a *oisi cette gu]re p\r sujet4 ,il tait =t jeune1 p5dant la vieillesse d',hrodote qui et pu tre son pre2 or1 il dit que1 jusqu'au temps de son pre1 les ,grecs ne sur5t ri5 de leurs propres antiquits4 ,que devai5t-ils donc savoir de celles des b>b>es qu'ils n\s ont seuls fait connatre8444 et que p5s]ons-n\s de celles des ,roma9s1 peuple t\t occup de l'agriculture et de la gu]re1 lorsque ,?ucydide fait un tel aveu au nom de ses ,grecs1 qui dev9r5t sitt philosophes8 ,dira-t-on que les ,roma9s ont reu de ,dieu un privilge p>ticuli]8 ,an du monde1 #ceec2 de ,rome #cjc4 ,l'poque de ,?ucydide e/ celle o ,socrate fondait la morale1 o ,platon cultivait avec tant de gloire la mtaphysique2 c'e/ p\r ,a?nes l'ge de la civilisation la plus raf9e4 ,et c'e/ alors que les hi/ori5s n\s font v5ir d',a?nes ,rome ces lois des d\ze tables si grossires et si b>b>es4 ,voy4 plus lo9 la rfutation de ce prjug4 ,les ,grecs avai5t comm5c s\s le rgne de ,psammtique mieux connatre l'gypte2 p>tir de cette poque1 les rcits d',hrodote sur cette contre pr5n5t un c>actre de c]titude #ceec4 ,ce fut de ,xnophon qu'ils reur5t les premires connaissances exactes qu'ils ai5t eues de la ,p]se2 la ncessit de la gu]re fit p\r la ,p]se ce qu'avait fait p\r l'gypte l'utilit du comm]ce4 ,encore ,ari/ote n\s assure-t-il qu'avant la conqute d',alex&re1 l'on avait dbit bi5 des fables sur les moeurs et l'hi/oire des ,p]ses4--#cffj ,c'e/ a9si que la ,grce comm5a avoir quelques notions c]ta9es sur les peuples trang]s4 ,deux lois *ang5t cette poque la con/itution de ,rome4 #cfeh2 #daf4 ,la loi ,publilia e/ le passage visible de l'ari/ocratie la dmocratie4 ,on n'a po9t assez rem>qu cette loi1 faute d'en savoir compr5dre le langage4 #cffa2 #dai4 ,la loi ,petilia1 de nexu1 n'e/ pas mo9s digne d'att5tion4 ,p> cette loi1 les nobles p]dir5t leurs droits sur la p]sonne des ,plbi5s dont ils tai5t cranci]s4 ,mais le snat cons]va son empire s\v]a9 sur t\tes les t]res de la rpublique1 et le ma9t9t jusqu' la f9 p> la =ce des armes4 ,an du monde #cgjh2 #dhi4 ,gu]re de ,t>5te1 o les ,lat9s et les ,grecs comm5c5t pr5dre connaissance les uns des autres4 ,lorsque les ,t>5t9s maltraitr5t les vaisseaux des ,roma9s1 et ensuite leurs ambassadeurs1 ils allgur5t p\r excuse1 selon ,florus1 qu'ils ne savai5t qui tai5t les ,roma9s1 ni d'o ils v5ai5t4 ,tant les premi]s peuples se connaissai5t peu1 une di/ance si rappro*e1 et lors mme qu'aucune m] ne les sp>ait6 #chdi2 #eeb4 ,seconde gu]re punique4 ,c'e/ en comm5ant le rcit de cette gu]re que ,tite-,live dcl>e qu'il va crire dsormais l'hi/oire roma9e avec plus de c]titude1 p>ce que cette gu]re e/ la plus mmorable de t\tes celles que fir5t les ,roma9s4 ,nanmo9s il av\e son ignorance sur trois circon/ances ess5tielles3 d'abord il ne sait s\s quels consuls1 ,annibal1 va9queur de ,sagonte1 quitta l',espagne p\r all] en ,italie1 ni p> quelle p>tie des ,alpes il excuta son passage1 ni quelles tai5t alors ses =ces2 il tr\ve sur ce d]ni] article la plus gr&e div]sit d'op9ions dans les anci5nes annales4 99 99 99 ,d'aprs t\tes les obs]vations que n\s avons faites sur cette table1 on voit que t\t ce qui n\s e/ p>v5u de l'antiquit paenne jusqu'au temps o n\s n\s arrtons1 n'e/ qu'inc]titude et obscurit4 ,aussi n\s ne craignons pas d'y pntr] comme dans un *amp sans matre1 qui app>ti5t au premi] occupant 7res nullius1 qu occupanti conc$untur47 ,n\s ne cra9drons po9t d'all] contre les droits de p]sonne1 lorsqu'en traitant ces matires n\s ne n\s con=m]ons pas1 ou que mme n\s s]ons contraires1 aux op9ions que l'on s'e/ faites jusqu'ici sur les orig9es de la civilisation1 et que p> l n\s les ramn]ons des pr9cipes sci5tifiques4 ,grce ces pr9cipes1 les faits de l'hi/oire c]ta9e retr\v]ont leurs orig9es primitives1 faute desquelles ils sembl5t jusqu'ici n'avoir eu ni fondem5t commun1 ni cont9uit1 ni cohr5ce4 ,,*apitre ,,ii4 ,,axiomes4 ,ma9t5ant p\r donn] une =me aux matriaux que n\s v5ons de prp>] dans la table *ronologique1 n\s proposons les axiomes philosophiques et philologiques que l'on va lire1 avec un petit nombre de po/ulats raisonnables1 et de df9itions o n\s avons *]* la cl>t4 ,a9si que le sang p>c\rt le corps qu'il anime1 de mme ces ides gnrales1 rp&ues dans la sci5ce n\velle1 l'anim]ont de leur esprit dans t\tes ses dductions sur la nature commune des nations4 #a-bb4 ,,axiomes ,g,n,,raux4 #a-d4 ,rfutation des op9ions que l'on s'e/ =mes jusqu'ici des comm5cem5s de la civilisation4 #a4 ,p> un effet de la nature infime de l'intellig5ce de l'homme1 lorsqu'il se tr\ve arrt p> l'ignorance1 il se pr5d lui-mme p\r rgle de t\t4 ,de l deux *oses ord9aires3 ,la r5omme croit dans sa m>*e2 elle p]d sa =ce p\r ce qu'on voit de prs 7fama crescit eundo2 m9uit prs5tia famam47 ,la m>*e a t longue depuis le comm5cem5t du monde1 et la r5omme n'a cess de produire les op9ions magnifiques que l'on a conues jusqu' n\s de ces antiquits que leur extrme loign]ai5t drobe notre connaissance4 ,ce c>actre de l'esprit huma9 a t obs]v p> ,tacite 7,agricola73 omne ignotum pro magnifico e/2 l'inconnu ne manque pas d'tre admirable4 #b4 ,autre c>actre de l'esprit huma93 s'il ne peut se faire aucune ide des *oses lo9ta9es et inconnues1 il les juge sur les *oses connues et prs5tes4 ,c'e/ l la s\rce 9puisable des erreurs o sont tombs t\tes les nations1 t\s les savans1 au sujet des comm5cem5s de l'humanit2 les premires s'tant mises obs]v]1 les seconds raisonn] sur ce sujet dans des sicles d'une brillante civilisation1 ils n'ont pas manqu de jug] d'aprs leur temps1 des premi]s ges de l'humanit1 qui naturellem5t ne devai5t tre que grossiret1 faiblesse1 obscurit4 #c4 ,*aque nation grecque ou b>b>e1 a follem5t prt5du avoir tr\v la premire1 les commodits de la vie huma9e1 et cons]v les traditions de son hi/oire depuis l'orig9e du monde4 ,ce mot prcieux e/ de ,diodore de ,sicile4 ,p> l sont c>tes -la-fois les va9es prt5tions des ,*aldens1 des ,scy!s1 des gypti5s et des ,*9ois1 qui se vant5t t\s d'avoir fond la civilisation antique4 ,au contraire1 ,josephe met les ,hbreux l'abri de ce repro*e en faisant l'aveu magnanime qu'ils sont re/s ca*s t\s les peuples paens4 ,et en mme temps l'hi/oire sa9te n\s reprs5te le monde comme jeune1 eu g>d la vieillesse que lui supposai5t les ,*aldens1 les ,scy!s1 les gypti5s1 et que lui suppos5t encore auj\rd'hui les ,*9ois4 ,preuve bi5 =te en faveur de la vrit de l'hi/oire sa9te4 la vanit des nations1 joignez celle des savans2 ils veul5t que ce qu'ils sav5t soit aussi anci5 que le monde4 ,le mot de ,diodore dtruit t\t ce qu'ils ont p5s de cette sagesse antique qu'il faudrait dsespr] d'gal]2 pr\ve l'impo/ure des oracles de ,zoroa/re le ,*alden1 et d',ana*>sis le ,scy!1 qui ne n\s sont pas p>v5us1 du ,pim&re de ,m]cure trismgi/e1 des v]s d',orphe1 des v]s dors de ,py?agore 7dj condamns p> les plus habiles critiques72 enf9 dc\vre -la-fois l'absurdit de t\s les s5s my/iques donns p> l'rudition aux hiroglyphes gypti5s1 et celle des allgories philosophiques p> lesquelles on a cru expliqu] les fables grecques4 #e-ae4 ,fondem5s du vrai4 7,mdit] le monde social dans son idal t]nel47 #e4 ,p\r tre utile au g5re huma91 la philosophie doit relev] et dirig] l'homme d*u et t\j\rs dbile2 elle ne doit ni l'arra*] sa propre nature1 ni l'ab&onn] sa corruption4 ,a9si sont exclus de l'cole de la n\velle sci5ce les ,/oci5s qui veul5t la mort des s5s1 et les picuri5s qui font des s5s la rgle de l'homme2 ceux-l s'en*anant au de/91 ceux-ci s'ab&onnant au has>d et faisant m\rir l'me avec le corps2 les uns et les autres niant la ,provid5ce4 ,ces deux sectes isol5t l'homme et devrai5t s'appel] philosophies solitaires4 ,au contraire n\s admettons dans notre cole les philosophes politiques1 et surt\t les ,platonici5s1 p>ce qu'ils sont d'accord avec t\s les lgislateurs sur trois po9ts capitaux3 exi/5ce d'une ,provid5ce div9e1 ncessit de modr] les passions huma9es et d'en faire des v]tus huma9es1 immortalit de l'me4 ,cet axiome n\s donn]a les trois pr9cipes de la n\velle sci5ce4#af ,note #af3 ,le pr9cipe du droit naturel e/ le ju/e dans son unit1 autrem5t dit1 l'unit des ides du g5re huma9 conc]nant les *oses dont l'utilit ou la ncessit e/ commune t\te la nature huma9e4 ,le pyrrhonisme dtruit l'humanit1 p>ce qu'il ne donne po9t l'unit4 ,l'picurisme la dissipe1 en quelque sorte1 p>ce qu'il ab&onne au s5tim5t individuel le jugem5t de l'utilit4 ,le /ocisme l'anantit1 p>ce qu'il ne reconnat d'utilit ou de ncessit que celles de l'me1 et qu'il mconnat celles du corps2 encore le ,sage seul peut-il jug] de celles de l'me4 ,la seule doctr9e de ,platon n\s prs5te le ju/e dans son unit2 ce philosophe p5se qu'on doit suivre comme la rgle du vrai ce qui semble un1 ou le mme t\s les hommes4 dition de #agbe1 rimprime en #ahag1 page #gd4 #f4 ,la philosophie considre l'homme tel qu'il doit tre2 a9si elle ne peut tre utile qu' un bi5 petit nombre d'hommes qui veul5t vivre dans la rpublique de ,platon1 et non ramp] dans la fange du peuple de ,romulus4#ag ,note #ag3 ,dicit enim 7,cato7 tanquam 9 ,platonis ,grec3 politeia1 non tanquam 9 ,romuli fce s5t5tiam4 ,cic4 ad ,atticum1 lib4 ,,ii 7,note du ,traducteur74 #g4 ,la lgislation considre l'homme tel qu'il e/1 et veut en tir] p>ti p\r le bi5 de la socit huma9e4 ,a9si de trois vices1 l'orgueil froce1 l'av>ice1 l'ambition1 qui g>5t t\t le g5re huma91 elle tire le mti] de la gu]re1 le comm]ce1 la politique 7la corte71 dans lesquels se =m5t le c\rage1 l'opul5ce1 la sagesse de l'homme d'tat4 ,trois vices capables de dtruire la race huma9e produis5t la flicit publique4 ,conv5ons qu'il doit y avoir une ,provid5ce div9e1 une intellig5ce lgislatrice du monde3 grce elle1 les passions des hommes livrs t\t enti]s l'intrt priv1 qui les f]ait vivre en btes froces dans les solitudes1 ces passions mmes ont =m la hir>*ie civile1 qui ma9ti5t la socit huma9e4 #h4 ,les *oses1 hors de leur tat naturel1 ne peuv5t y re/]1 ni s'y ma9t5ir4 ,si1 depuis les temps les plus reculs dont n\s p>le l'hi/oire du monde1 le g5re huma9 a vcu1 et vit tolrablem5t en socit1 cet axiome t]m9e la gr&e dispute leve sur la "q de savoir si la nature huma9e e/ sociable1 en d'autres t]mes s'il y a un droit naturel2 dispute que s\ti5n5t encore les meilleurs philosophes et les ?ologi5s contre picure et ,c>nade1 et qui n'a po9t t f]me p> ,grotius lui-mme4 ,cet axiome1 rappro* du septime et de son corollaire1 pr\ve que l'homme a le libre arbitre1 quoique incapable de *ang] ses passions en v]tus1 mais qu'il e/ aid naturellem5t p> la ,provid5ce de ,dieu1 et d'une manire surnaturelle p> la ,grce4 #i4 ,faute de savoir le vrai1 les hommes t*5t d'arriv] au c]ta91 af9 que si l'intellig5ce ne peut tre satisfaite p> la sci5ce1 la volont du mo9s se repose sur la consci5ce4 #aj4 ,la philosophie contemple la raison1 d'o vi5t la sci5ce du vrai2 la philologie tudie les actes de la lib]t huma9e1 elle en suit l'autorit2 et c'e/ de l que vi5t la consci5ce du c]ta94--,a9si n\s compr5ons s\s le nom de philologues t\s les grammairi5s1 hi/ori5s1 critiques1 lesquels s'occup5t de la connaissance des langues et des faits 7tant des faits intrieurs de l'hi/oire des peuples1 comme lois et usages1 que des faits extrieurs1 comme gu]res1 traits de paix et d'alliance1 comm]ce1 voyages47 ,le mme axiome n\s montre que les philosophes sont re/s moiti *em9 en ngligeant de donn] leurs raisonnem5s une c]titude tire de l'autorit des philologues2 que les philologues sont tombs dans la mme faute1 puisqu'ils ont nglig de donn] aux faits le c>actre de vrit qu'ils aurai5t tir des raisonnem5s philosophiques4 ,si les philosophes et les philologues euss5t vit ce d\ble cueil1 ils euss5t t plus utiles la socit1 et ils n\s aurai5t prv5us dans la re*]*e de cette n\velle sci5ce4 #aa4 ,l'tude des actes de la lib]t huma9e1 si inc]ta9e de sa nature1 tire sa c]titude et sa dt]m9ation du s5s commun appliqu p> les hommes aux ncessits ou utilits huma9es1 d\ble s\rce du droit naturel des g5s4#ah ,note #ah3 ,le droit naturel des g5s a1 dans ,vico1 une signification trs ent5due4 ,il compr5d non-seulem5t les rapports des socits entre elles1 mais mme t\s les rapports des individus entre eux 7,note du ,traducteur74 #ab4 ,le s5s commun e/ un jugem5t sans rflexion1 p>tag p> t\t un ordre1 p> t\t un peuple1 p> t\te une nation1 ou p> t\t le g5re huma94 ,cet axiome 7avec la df9ition suivante7 n\s ouvrira une critique n\velle relative aux auteurs des peuples1 qui ont d prcd] de plus de mille ans les auteurs de livres1 dont la critique s'e/ occupe jusqu'ici exclusivem5t4 #ac4 ,des ides uni=mes nes *ez des peuples inconnus les uns aux autres1 doiv5t avoir un motif commun de vrit4 ,gr& pr9cipe1 d'aprs lequel le s5s commun du g5re huma9 e/ le crit]ium indiqu p> la ,provid5ce aux nations p\r dt]m9] la c]titude dans le droit naturel des g5s4 ,on arrive cette c]titude en connaissant l'unit1 l'ess5ce de ce droit auquel t\tes les nations se con=m5t avec div]ses modifications 7,voy4 le v+t-deuxime axiome47 ,le mme axiome r5f]me t\tes les ides qu'on s'e/ =mes jusqu'ici du droit naturel des g5s2 droit qui1 selon l'op9ion commune1 s]ait sorti d'une nation p\r tre transmis aux autres4 ,cette erreur e/ dev5ue sc&aleuse p> la vanit des gypti5s et des ,grecs1 qui1 les en croire1 ont rp&u la civilisation dans le monde4 ,c'tait une consqu5ce naturelle qu'on ft v5ir de ,grce ,rome la loi des d\ze tables4 ,a9si le droit civil aurait t communiqu aux autres peuples p> une prvoyance huma9e2 ce ne s]ait pas un droit mis p> la div9e ,provid5ce dans la nature1 dans les moeurs de l'humanit1 et ordonn p> elle *ez t\tes les nations6 ,n\s ne cess]ons dans cet ouvrage de t*] de dmontr] que le droit naturel des g5s naquit *ez *aque peuple en p>ticuli]1 sans qu'aucun d'eux st ri5 des autres2 et qu'ensuite l'occasion des gu]res1 ambassades1 alliances1 relations de comm]ce1 ce droit fut reconnu commun t\t le g5re huma94 #ad4 ,la nature des *oses consi/e en ce qu'elles naiss5t en c]ta9es circon/ances1 et de c]ta9es manires4 ,que les circon/ances se reprs5t5t les mmes1 les *oses naiss5t les mmes et non diffr5tes4 #ae4 ,les proprits insp>ables du sujet doiv5t rsult] de la modification avec laquelle1 de la manire dont la *ose e/ ne2 ces proprits vrifi5t nos yeux que la nature de la *ose mme 7c'e/--dire la manire dont elle e/ ne7 e/ telle1 et non pas autre4 #af-bb4 ,fondem5s du c]ta94 7,ap]cevoir le monde social dans sa ralit47 #af4 ,les traditions vulgaires doiv5t avoir quelques motifs publics de vrit1 qui expliqu5t comm5t elles sont nes1 et comm5t elles se sont cons]ves long-temps *ez des peuples enti]s4 ,assign] ces traditions leurs vritables causes qui1 trav]s les sicles1 trav]s les *angem5s de langues et d'usages1 n\s sont arrives dguises p> l'erreur1 ce s]a un des gr&s travaux de la n\velle sci5ce4 #ag4 ,les faons de p>l] vulgaires sont les tmoignages les plus graves sur les usages nationaux des temps o se =mr5t les langues4 #ah4 ,une langue anci5ne qui e/ re/e en usage1 doit1 considre avant sa maturit1 tre un gr& monum5t des usages des premi]s temps du monde4 ,a9si c'e/ du lat9 qu'on tir]a les preuves philologiques les plus concluantes en matire de droit des g5s2 les ,roma9s ont surpass sans contr$it t\s les autres peuples dans la connaissance de ce droit4 ,ces preuves p\rront aussi tre re*]*es dans la langue allem&e qui p>tage cette proprit avec l'anci5ne langue roma9e4 #ai4 ,si les lois des d\ze tables fur5t les c\tumes en vigueur *ez les peuples du ,latium depuis l'ge de ,saturne1 c\tumes qui1 t\j\rs mobiles *ez les autres tribus1 fur5t fixes p> les ,roma9s sur le bronze1 et g>des religieusem5t p> leur jurisprud5ce1 ces lois sont un gr& monum5t de l'anci5 droit naturel des peuples du ,latium4 #bj4 ,si les pomes d',homre peuv5t tre considrs comme l'hi/oire civile des anci5nes c\tumes grecques1 ils sont p\r n\s deux gr&s trsors du droit naturel des g5s considr *ez les ,grecs4 ,cette vrit et la prcd5te ne sont encore que des po/ulats1 dont la dmon/ration se tr\v]a dans l'ouvrage4 #ba4 ,les philosophes grecs prcipitr5t la m>*e naturelle que devait suivre leur nation2 ils p>ur5t dans la ,grce lorsqu'elle tait encore t\te b>b>e1 et la fir5t pass] immdiatem5t la civilisation la plus raf9e2 en mme temps les ,grecs cons]vr5t entires leurs hi/oires fabuleuses1 tant div9es qu'hroques4 ,la civilisation m>*a d'un pas plus rgl *ez les ,roma9s2 ils p]dir5t entirem5t de vue leur hi/oire div9e2 aussi l'ge des dieux1 p\r p>l] comme les gypti5s 7,voy4 l'axiome #bh71 e/ appel p> ,v>ron le temps obscur des ,roma9s2 les ,roma9s cons]vr5t dans la langue vulgaire leur hi/oire hroque1 qui s't5d depuis ,romulus jusqu'aux lois ,publilia et ,petilia1 et n\s tr\v]ons rfl*ie dans cette hi/oire t\te la suite de celle des hros grecs4#ai ,note #ai3 ,la vrit de ces obs]vations n\s e/ confirme p> l'exemple de la nation franaise4 ,elle vit s'ouvrir au milieu de la b>b>ie du onzime sicle1 cette fameuse cole de ,p>is1 o ,pi]re ,lomb>d1 le matre des s5t5ces1 enseignait la s*ola/ique la plus subtile2 et d'un autre ct elle a cons]v une sorte de pome homrique dans l'hi/oire de l'ar*evque ,turp91 ce recueil univ]sel des ,fables hroques qui ont ensuite embelli tant de pomes et de romans4 ,ce passage prmatur de la b>b>ie aux sci5ces les plus subtiles1 a donn la langue franaise une dlicatesse suprieure celle de t\tes les langues vivantes2 c'e/ elle qui reproduit le mieux l'atticisme des ,grecs4 ,comme la langue grecque1 elle e/ aussi m9emm5t propre trait] les sujets sci5tifiques4 ,n\s tr\vons encore1 dans nos pr9cipes1 une autre cause de cette m>*e des ,roma9s1 et peut-tre cette cause explique plus conv5ablem5t l'effet indiqu4 ,romulus fonda ,rome au milieu d'autres cits lat9es plus anci5nes2 il la fonda en ouvrant un asile1 moy51 dit ,tite-,live1 employ jadis p> la sagesse des fondateurs de villes2 l'ge de la viol5ce durant encore1 il dut fond] sa ville sur la mme base qui avait t donne aux premires cits du monde4 ,la civilisation roma9e p>tit de ce pr9cipe2 et comme les langues vulgaires du ,latium avai5t fait de gr&s progrs1 il dut arriv] que les ,roma9s expliqur5t en langue vulgaire les affaires de la vie civile1 t&is que les ,grecs les avai5t exprimes en langue hroque4 ,voil aussi p\rquoi les ,roma9s fur5t les hros du monde1 et s\mir5t les autres cits du ,latium1 puis l',italie1 enf9 l'univ]s4 ,*ez eux l'hrosme tait jeune1 lorsqu'il avait comm5c vieillir *ez les autres peuples du ,latium1 dont la s\mission devait prp>] t\te la gr&eur de ,rome4 #bb4 ,il exi/e ncessairem5t dans la nature une langue intellectuelle commune t\tes les nations2 t\tes les *oses qui occup5t l'activit de l'homme en socit y sont uni=mm5t comprises1 mais exprimes avec autant de modifications qu'on peut considr] ces *oses s\s div]s aspects4 ,n\s le voyons dans les prov]bes2 ces maximes de la sagesse vulgaire1 sont ent5dues dans le mme s5s p> t\tes les nations anci5nes et mod]nes1 quoique dans l'expression elles ai5t suivi la div]sit des manires de voir4--,cette langue app>ti5t la sci5ce n\velle2 guids p> elle1 les philologues p\rront se faire un vocabulaire intellectuel commun t\tes les langues mortes et vivantes4 #bc-aad4 ,,axiomes ,,p>ticuli]s4 #bc-bh4 ,division des peuples anci5s en ,hbreux et ,g5tils4--,dluge univ]sel4--,gans4 #bc4 ,l'hi/oire sacre e/ plus anci5ne que t\tes les hi/oires pr(anes qui n\s sont p>v5ues1 puisqu'elle n\s fait connatre1 avec tant de dtails et dans une priode de huit sicles1 l'tat de nature s\s les patri>*es 7tat de famille1 dans le langage de la sci5ce n\velle74 ,cet tat dont1 selon l'op9ion unanime des politiques1 sortir5t les peuples et les cits1 l'hi/oire pr(ane n'en fait po9t m5tion1 ou en dit pe9e quelques mots confus4 #bd4 ,dieu df5dit la div9ation aux ,hbreux2 cette df5se e/ la base de leur religion2 la div9ation au contraire e/ le pr9cipe de la socit *ez t\tes les nations paennes4 ,aussi t\t le monde anci5 fut-il divis en ,hbreux et ,g5tils4 #be4 ,n\s dmontr]ons le dluge univ]sel1 non plus p> les preuves philologiques de ,m>t9 ,scoock2 elles sont trop lgres2 ni p> les preuves a/rologiques du c>d9al d',alliac1 suivi p> ,pic de la ,mir&ole2 elles sont inc]ta9es et mme fausses2 mais p> les faits d'une hi/oire physique dont n\s tr\v]ons les ve/iges dans les fables4 #bf4 ,il a exi/ des gans dans l'antiquit1 tels que les voyageurs dis5t en avoir tr\v de trs grossi]s et de trs froces l'extrmit de l',amrique dans le pays des ,patagons4 ,ab&onnant les va9es explications que n\s ont donnes les philosophes de leur exi/5ce1 n\s l'expliqu]ons p> des causes en p>tie physiques1 en p>tie morales1 que ,cs> et ,tacite ont rem>ques en p>lant de la /ature gigantesque des anci5s ,g]ma9s4 ,n\s rapportons ces causes l'ducation sauvage1 et p\r a9si dire be/iale1 des enfans4 #bg4 ,l'hi/oire grecque1 qui n\s a cons]v t\t ce que n\s avons des antiquits paennes1 en exceptant celles de ,rome1 pr5d son comm5cem5t du dluge1 et de l'exi/5ce des gans4 ,cette tradition n\s prs5te la division orig9aire du g5re huma9 en deux espces1 celle des gans et celle des hommes d'une /ature naturelle1 celle des ,g5tils et celle des ,hbreux4 ,cette diffr5ce ne peut tre v5ue que de l'ducation be/iale des uns1 de l'ducation huma9e des autres2 d'o l'on peut conclure que les ,hbreux ont eu une autre orig9e que celle des ,g5tils4 #bh-dj4 ,pr9cipes de la ?ologie pratique4--,orig9e de l'idoltrie1 de la div9ation1 des sacrifices4 #bh4 ,il n\s re/e deux gr&s dbris des antiquits gypti5nes2 #a ,les gypti5s divisai5t t\t le temps antrieurem5t c\l en trois ges1 ge des dieux1 ge des hros1 ge des hommes2 #b ,p5dant ces trois ges1 trois langues correspondantes se p>lr5t1 langue hiroglyphique ou sacre1 langue symbolique ou hroque1 langue vulgaire ou pi/olaire1 celle dans laquelle les hommes exprim5t p> des signes conv5us les beso9s ord9aires de la vie4 #bi4 ,homre p>le dans c9q passages de ses pomes d'une langue plus anci5ne que l'hroque dont il se s]vait1 et il l'appelle langue des dieux4 7,voy4 livre #b1 *ap4 #f47 #cj4 ,v>ron a pris la pe9e de recueillir tr5te mille noms de div9its reconnues p> les ,grecs4 ,ces noms se rapportai5t autant de beso9s de la vie naturelle1 morale1 conomique1 ou civile des premi]s temps4--,concluons des trois traditions qui vi5n5t d'tre rapportes que1 p>t\t la socit a comm5c p> la religion4 ,c'e/ le premi] des trois pr9cipes de la sci5ce n\velle4 #ca4 ,lorsque les peuples sont eff>\*s p> la viol5ce et p> les armes1 au po9t que les lois huma9es n'aurai5t plus d'action1 il n'exi/e qu'un moy5 puissant p\r les dompt]1 c'e/ la religion4 ,a9si dans l'tat sans lois 7/ato eslege71 la ,provid5ce rveilla dans l'me des plus viol5s et des plus fi]s une ide confuse de la div9it1 af9 qu'ils entrass5t dans la vie sociale et qu'ils y fiss5t entr] les nations4 ,ignorans comme ils tai5t1 ils appliqur5t mal cette ide1 mais l'effroi que leur inspirait la div9it telle qu'ils l'imag9r5t1 comm5a ram5] l'ordre p>mi eux4 ,hobbes ne p\vait voir la socit comm5c] a9si p>mi les hommes viol5s et f>\*es de son sy/me1 lui qui1 p\r en tr\v] l'orig9e1 s'adresse au has>d d'picure4 ,il entreprit de remplir la gr&e lacune laisse p> la philosophie grecque1 qui n'avait po9t considr l'homme dans l'ensemble de la socit du g5re huma94 ,ef=t magnanime auquel le succs n'a pas rpondu6#bj ,note #bj3 ,la f9 de cet al9a e/ rejete dans une note du *apitre ,,iii4--7,note du ,traducteur47 #cb4 ,lorsque les hommes ignor5t les causes naturelles des phnomnes1 et qu'ils ne peuv5t les expliqu] p> des analogies1 ils leur attribu5t leur propre nature2 p> exemple1 le vulgaire dit que l'aimant aime le f]4 7,voy4 l'axiome #a;er47 #cc4 ,la physique des ignorans e/ une mtaphysique vulgaire1 dans laquelle ils rapport5t les causes des phnomnes qu'ils ignor5t la volont de ,dieu1 sans considr] les moy5s qu'emploie cette volont4 #cd4 ,l'obs]vation de ,tacite e/ trs ju/e3 mobiles ad sup]/itionem p]culs semel m5tes4 ,ds que les hommes ont laiss surpr5dre leur me p> une sup]/ition ple9e de t]reurs1 ils y rapport5t t\t ce qu'ils peuv5t imag9]1 voir1 ou faire eux-mmes4 #ce4 ,l'admiration e/ fille de l'ignorance4 #cf4 ,l'imag9ation e/ d'autant plus =te que le raisonnem5t e/ plus faible4 #cg4 ,le plus sublime ef=t de la posie e/ d'anim]1 de passionn] les *oses ins5sibles4--,il e/ ord9aire aux enfans de pr5dre dans leurs jeux les *oses inanimes1 et de leur p>l] comme des p]sonnes vivantes4--,les hommes du monde enfant dur5t tre naturellem5t des potes sublimes4 #ch4 ,passage prcieux de ,lactance1 sur l'orig9e de l'idoltrie3 ,rudes initio dom9es ,deos appell>unt1 sive ob miraculum virtutis 7hoc v] putabant rudes adhuc et simplices72 sive1 ut fi]i solet1 9 admirationem prs5tis pot5ti2 sive ob b5eficia1 quibus erant ad humanitatem compositi2 au comm5cem5t1 les hommes encore simples et grossi]s div9isr5t de bonne foi ce qui excitait leur admiration1 tantt la v]tu1 tantt une puissance sec\rable 7la *ose e/ ord9aire71 tantt la bi5faisance de ceux qui les avai5t civiliss4 #ci4 ,ds que notre intellig5ce e/ veille p> l'admiration1 quel que soit l'effet extraord9aire que n\s obs]vions1 comte1 p>lie1 ou t\te autre *ose1 la curiosit1 fille de l'ignorance et mre de la sci5ce1 n\s porte dem&]3 ,que signifie ce phnomne8 #dj4 ,la sup]/ition qui remplit de t]reur l'me des magici5nes1 les r5d en mme temps cruelles et b>b>es2 au po9t que s\v5t p\r clbr] leurs affreux my/res1 elles gorg5t sans piti et d*ir5t en pices l'tre le plus innoc5t et le plus aimable1 un enfant4 ,voil l'orig9e des sacrifices1 dans lesquels la frocit des premi]s hommes faisait c\l] le sang huma94 ,les ,lat9s eur5t leurs victimes de ,saturne 7,saturni ho/i72 les ,phnici5s faisai5t pass] trav]s les flammes les enfans consacrs ,molo*2 et les d\ze tables cons]v5t quelques traces de semblables conscrations4--,cette explication n\s f]a mieux ent5dre le v]s fameux3 ,la cra9te seule a fait les premi]s dieux4 ,les fausses religions sont nes de la crdulit1 et non de l'impo/ure4--,elle rpond aussi l'exclamation impie de ,lucrce au sujet du sacrifice d',iphignie 7tant la religion put enfant] de maux674 ,ces religions cruelles tai5t le premi] degr p> lequel la ,provid5ce am5ait les hommes encore f>\*es1 les fils des ,cyclopes et des ,le/rigons1 la civilisation des ges d',ari/ide1 de ,socrate et de ,scipion4 #da-df4 ,pr9cipes de la ,my?ologie hi/orique4 #da-db4 ,dans cette priode qui suivit le dluge univ]sel1 les desc5dans impies des fils de ,no ret\rnr5t l'tat sauvage1 se disp]sr5t comme des btes f>\*es dans la va/e =t qui c\vrait la t]re1 et p> l'effet d'une ducation t\te be/iale1 r$ev9r5t gans l'poque o il tonna la premire fois aprs le dluge4 ,c'e/ alors que ,jupit] f\droie et t]rasse les gans4 ,*aque nation paenne eut son ,jupit]4--,il fallut sans d\te plus d'un sicle aprs le dluge p\r que la t]re mo9s humide pt exhal] des vapeurs capables de produire le tonn]re4 #dc4 ,t\te nation paenne eut son ,h]cule1 fils de ,jupit]2 le docte ,v>ron en a compt jusqu' qu>ante4--,voil l'orig9e de l'hrosme *ez les premi]s peuples1 qui faisai5t sortir leurs hros des dieux4 ,cette tradition et la prcd5te qui n\s montre d'abord tant de ,jupit]1 ensuite tant d',h]cule *ez les nations paennes1 n\s indique que les premires socits ne pur5t se fond] sans religion1 ni s'agr&ir sans v]tu4--,en outre1 si v\s considrez l'isolem5t de ces peuples sauvages qui s'ignorai5t les uns les autres1 et si v\s v\s rappelez l'axiome3 ,des ides uni=mes nes *ez des peuples inconnus entre eux1 doiv5t avoir un motif commun de vrit1 v\s tr\v]ez un gr& pr9cipe1 c'e/ que les premires fables dur5t cont5ir des vrits relatives l'tat de la socit1 et p> consqu5t tre l'hi/oire des premi]s peuples4 #dd4 ,les premi]s sages p>mi les ,grecs fur5t les potes ?ologi5s1 lesquels sans aucun d\te fleurir5t avant les potes hroques1 comme ,jupit] fut pre d',h]cule4 ,des trois traditions prcd5tes1 il rsulte que les nations paennes avec leurs ,jupit] et leurs ,h]cule1 fur5t dans leurs comm5cem5s t\tes potiques1 et que d'abord naquit *ez elles la posie div9e1 ensuite l'hroque4 #de4 ,les hommes sont naturellem5t ports cons]v] dans quelque monum5t le s\v5ir des lois et in/itutions1 sur lesquelles e/ fonde la socit o ils viv5t4 #df4 ,t\tes les hi/oires des b>b>es comm5c5t p> des fables4 #dg-fb4 ,,po,,tique4 #dg-fb4 ,pr9cipe des c>actres potiques4 #dg4 ,l'esprit huma9 aime naturellem5t l'uni=me4 ,cet axiome appliqu aux fables s'appuie sur une obs]vation4 ,qu'un homme soit fameux en bi5 ou en mal1 le vulgaire ne manque pas de le plac] en telle ou telle circon/ance1 et d'inv5t] sur son compte des fables en h>monie avec son c>actre2 m5songes de fait1 sans d\te1 mais vrits d'ides1 puisque le public n'imag9e que ce qui e/ analogue la ralit4 ,qu'on y rfl*isse1 on tr\v]a que le vrai potique e/ vrai mtaphysiquem5t1 et que le vrai physique1 qui n'y s]ait pas con=me1 devrait pass] p\r faux4 ,le vritable capita9e1 p> exemple1 c'e/ le ,godefroi du ,tasse2 t\s ceux qui ne se con=m5t pas en t\t ce modle1 ne mrit5t po9t le nom de capita9e4 ,considration importante dans la potique4 #dh4 ,il e/ naturel aux enfans de transport] l'ide et le nom des premires p]sonnes1 des premires *oses qu'ils ont vues1 t\tes les p]sonnes1 t\tes les *oses qui ont avec elles quelque ressemblance1 quelque rapport4 #di4 ,c'e/ un passage prcieux que celui de ,jamblique1 sur les my/res des gypti5s3 les gypti5s attribuai5t ,h]ms ,trismgi/e t\tes les dc\v]tes utiles ou ncessaires la vie huma9e4 ,cet axiome et le prcd5t r5v]s]ont cette sublime ?ologie naturelle p> laquelle ce gr& philosophe int]prte les my/res de l'gypte4 ,dans les axiomes #dg1 #dh et #di1 n\s tr\vons le pr9cipe des c>actres potiques1 lesquels con/itu5t l'ess5ce des fables4 ,le premi] n\s montre le p5*ant naturel du vulgaire imag9] des fables et les imag9] avec conv5ance4--,le second n\s fait voir que les premi]s hommes qui reprs5tai5t l'enfance de l'humanit1 tant incapables d'ab/raire et de gnralis]1 fur5t contra9ts de crer les c>actres potiques1 p\r y ram5]1 comme autant de modles1 t\tes les espces p>ticulires qui aurai5t avec eux quelque ressemblance4 ,cette ressemblance r5dait infaillible la conv5ance des fables antiques4 ,a9si les gypti5s rapportai5t au type du sage dans les *oses de la vie sociale t\tes les dc\v]tes utiles ou ncessaires la vie1 et comme ils ne p\vai5t atte9dre cette ab/raction1 encore mo9s celle de sagesse sociale1 ils p]sonnifiai5t le g5re t\t enti] s\s le nom d',h]ms ,trismgi/e4 ,qui peut s\t5ir encore qu'au temps o les gypti5s enri*issai5t le monde de leurs dc\v]tes1 ils tai5t dj philosophes1 dj capables de gnralis]8 #ej-fb4 ,fable1 conv5ance1 p5se1 expression1 etc4 #ej4 ,dans l'enfance1 la mmoire e/ trs =te2 aussi l'imag9ation e/ vive l'excs2 c> l'imag9ation n'e/ autre *ose que la mmoire avec ext5sion1 ou composition4--,voil p\rquoi n\s tr\vons un c>actre si frappant de vrit dans les images potiques1 que dut =m] le monde enfant4 #ea4 ,en t\t les hommes supplent la nature p> une tude op9itre de l'art2 en posie seulem5t1 t\tes les ress\rces de l'art ne f]ont ri5 p\r celui que la nature n'a po9t favoris4--,si la posie fonda la civilisation paenne qui devait produire t\s les arts1 il faut bi5 que la nature ait fait les premi]s potes4 #eb4 ,les enfans ont un trs haut degr la facult d'imit]2 t\t ce qu'ils peuv5t dj connatre1 ils s'amus5t l'imit]4--,aux temps du monde enfant1 il n'y eut que des peuples potes2 la posie n'e/ qu'imitation4 ,c'e/ ce qui peut faire compr5dre1 p\rquoi t\s les arts de ncessit1 d'utilit1 de commodit1 et mme la plup>t des arts d'agrm5t1 fur5t tr\vs dans les sicles potiques1 avant qu'il se =mt des philosophes3 les arts ne sont qu'autant d'imitations de la nature1 une posie relle1 si je l'ose dire4 #ec4 ,les hommes s5t5t d'abord1 sans rem>qu] les *oses s5ties2 ils les rem>qu5t ensuite1 mais avec la confusion d'une me agite et passionne2 enf91 clairs p> une pure intellig5ce1 ils comm5c5t rfl*ir4 ,cet axiome n\s explique la =mation des p5ses potiques4 ,elles sont l'expression des passions et des s5tim5s1 la diffr5ce des p5ses philosophiques qui sont le produit de la rflexion et du raisonnem5t4 ,plus les secondes s'lv5t aux gnralits1 plus elles appro*5t du vrai2 les premires au contraire devi5n5t plus c]ta9es 7c'e/--dire qu'elles peign5t plus fidlem5t71 proportion qu'elles desc5d5t dans les p>ticul>its4 #ed4 ,les hommes int]prt5t les *oses d\teuses ou obscures qui les t\*5t1 con=mm5t leur propre nature1 et aux passions et usages qui en driv5t4 ,cet axiome e/ une rgle importante de notre my?ologie4 ,les fables imag9es p> les premi]s hommes fur5t svres comme leurs f>\*es inv5teurs1 qui tai5t pe9e sortis de l'indp5dance be/iale p\r comm5c] la socit4 ,les sicles s'c\lr5t1 les usages *angr5t1 et les fables fur5t altres1 dt\rnes de leur premi] s5s1 obscurcies dans les temps de corruption et de dissolution qui prcdr5t mme l'exi/5ce d',homre4 ,les ,grecs1 craignant de tr\v] les dieux aussi contraires leurs voeux1 qu'ils devai5t l'tre leurs moeurs1 attribur5t ces moeurs aux dieux eux-mmes1 et donnr5t s\v5t aux fables un s5s honteux et obscne4 #ee4 t5dez t\s les ,g5tils1 le passage suivant o ,eusbe p>le des seuls gypti5s1 il devi5t prcieux3 ,orig9airem5t la ?ologie des gypti5s ne fut autre *ose qu'une hi/oire mle de fables2 les ges suivans qui r\gissai5t de ces fables1 leur supposr5t peu peu une signification my/ique4 ,c'e/ ce que fit ,manton1 gr&-prtre de l'gypte1 qui prta l'hi/oire de son pays le s5s d'une sublime ?ologie naturelle4 ,les deux axiomes prcd5s sont deux =tes preuves en faveur de notre my?ologie hi/orique et en mme temps deux c\ps mortels p]tes au prjug qui attribue aux anci5s une sagesse impossible gal] 7inn>rivabile74 ,ils r5f]m5t en mme temps deux puissans argum5s en faveur de la vrit du *ri/ianisme1 qui dans l'hi/oire sa9te ne prs5te aucun rcit dont il ait r\gir4 #ef4 ,les premi]s auteurs p>mi les ,ori5taux1 les gypti5s1 les ,grecs et les ,lat9s1 les premi]s criva9s qui fir5t usage des n\velles langues de l',europe1 lorsque la b>b>ie antique rep>ut au moy5 ge1 se tr\v5t avoir t des potes4 #eg4 ,les muets s'expliqu5t p> des ge/es1 ou p> d'autres signes matriels1 qui ont des rapports naturels avec les ides qu'ils veul5t faire ent5dre4 ,c'e/ le pr9cipe des langues hiroglyphiques1 en usage *ez t\tes les nations dans leur premire b>b>ie4 ,c'e/ celui du langage naturel qui s'e/ p>l jadis dans le monde1 si l'on s'en rapporte la conjecture de ,platon 7,cratyle71 suivi p> ,jamblique1 p> les ,/oci5s et p> ,origne 7contre ,celse74 ,mais comme ils avai5t seulem5t dev9 la vrit1 ils tr\vr5t des adv]saires dans ,ari/ote 7,grec3 p]i ermneias71 et dans ,gali5 7de decretis ,hippocratis et ,platonis72 ,publius ,nigidius p>le de cette dispute dans ,aulu-,gelle4 ce langage naturel dut succd] le langage potique1 compos d'images1 de similitudes et de comp>aisons1 enf9 de traits qui peignai5t les proprits naturelles des tres4 #eh4 ,les muets mett5t des sons confus avec une espce de *ant4 ,les bgues ne peuv5t dli] leur langue qu'en *antant4 #ei4 ,les gr&es passions se s\lag5t p> le *ant1 comme on l'obs]ve dans l'excs de la d\leur ou de la joie4 ,d'aprs ces deux axiomes1 si les premi]s hommes du monde paen retombr5t dans un tat de brutalit o ils dev9r5t muets comme les btes1 on doit croire que les plus viol5tes passions pur5t seules les arra*] ce sil5ce1 et qu'ils =mr5t leurs premires langues en *antant4 #fj4 ,les langues dur5t comm5c] p> des monosyllabes4 ,ma9t5ant encore au milieu de tant de facilits p\r appr5dre le langage articul1 les enfans1 dont les organes sont si flexibles1 comm5c5t t\j\rs a9si4 #fa4 ,le v]s hroque e/ le plus anci5 de t\s4 ,le v]s spondaque e/ le plus l5t1 et la suite pr\v]a que le v]s hroque fut orig9airem5t spondaque4 #fb4 ,le v]s iambique e/ celui qui se rappro*e le plus de la prose1 et l'iambe e/ un mtre rapide1 comme le dit ,horace4 ,ces deux axiomes peuv5t n\s faire conjectur] que le dveloppem5t des ides et des langues fut correspondant4 ,les sept axiomes prcd5s doiv5t n\s conva9cre que *ez t\tes les nations l'on p>la d'abord en v]s1 puis en prose4 #fc-fe4 ,pr9cipes tymologiques4 #fc4 ,l'me e/ porte naturellem5t se voir au-dehors et dans la matire2 ce n'e/ qu'avec beauc\p de pe9e1 et p> la rflexion1 qu'elle en vi5t se compr5dre elle-mme4--,pr9cipe univ]sel d'tymologie2 n\s voyons en effet dans t\tes les langues les *oses de l'me et de l'intellig5ce exprimes p> des mtaphores qui sont tires des corps et de leurs proprits4 #fd4 ,l'ordre des ides doit suivre l'ordre des *oses4 #fe4 ,tel e/ l'ordre que suiv5t les *oses huma9es3 d'abord les =ts1 puis les cabanes1 puis1 les villages1 ensuite les cits1 ou runions de citoy5s1 enf9 les acadmies1 ou runions de savans4--,autre gr& pr9cipe tymologique1 d'aprs lequel l'hi/oire des langues indignes doit suivre cette srie de *angem5s que subiss5t les *oses4 ,a9si dans la langue lat9e1 n\s p\vons obs]v] que t\s les mots ont des orig9es sauvages et agre/es3 p> exemple1 lex 7leg]e1 cueillir7 dut signifi] d'abord rcolte de gl&s1 d'o l'arbre qui produit les gl&s fut appel illex1 ilex2 de mme que aquilex e/ inconte/ablem5t celui qui recueille les eaux4 ,ensuite lex dsigna la rcolte des lgumes 7legum9a7 qui en driv5t leur nom4 ,plus t>d1 lorsqu'on n'avait pas de lettres p\r crire les lois1 lex dsigna ncessairem5t la runion des citoy5s1 ou l'assemble publique4 ,la prs5ce du peuple con/ituait la loi qui r5dait les te/am5s au!ntiques1 calatis comitiis4 ,enf9 l'action de recueillir les lettres1 et d'en faire comme un faisceau p\r =m] *aque p>ole1 fut appele leg]e1 lire4 #ff-hf4 ,pr9cipes de l'hi/oire idale4 #ff4 ,les hommes s5t5t d'abord le ncessaire1 puis font att5tion l'utile1 puis *]*5t la commodit2 plus t>d aim5t le plaisir1 s'ab&onn5t au luxe1 et en vi5n5t enf9 t\rm5t] leurs ri*esses4#ba ,note #ba3 ,divitias suas trahunt1 vexant4 ,sallu/e4 7,n4 du ,t47 #fg4 ,le c>actre des peuples e/ d'abord cruel1 ensuite svre1 puis d\x et bi5veillant1 puis ami de la re*]*e1 enf9 dissolu4 #fh4 ,dans l'hi/oire du g5re huma91 n\s voyons s'lev] d'abord des c>actres grossi]s et b>b>es1 comme le ,polyphme d',homre2 puis il en vi5t d'orgueilleux et de magnanimes1 tels qu',a*ille2 ensuite de ju/es et de vaillans1 des ,ari/ides1 des ,scipions2 plus t>d n\s app>aiss5t avec de nobles images de v]tus1 et en mme temps avec de gr&s vices1 ceux qui au jugem5t du vulgaire obti5n5t la vritable gloire1 les ,cs>s et les ,alex&res2 plus t>d des c>actres sombres1 d'une m*ancet rfl*ie1 des ,tibres2 enf9 des furieux qui s'ab&onn5t en mme temps une dissolution sans pudeur1 comme les ,caligulas1 les ,nrons1 les ,domiti5s4 ,la duret des premi]s fut ncessaire1 af9 que l'homme1 obissant l'homme dans l'tat de famille1 ft prp> obir aux lois dans l'tat civil qui devait suivre2 les seconds incapables de cd] leurs gaux1 s]vir5t tablir la suite de l'tat de famille les rpubliques ari/ocratiques2 les troisimes fray] le *em9 la dmocratie2 les quatrimes lev] les mon>*ies2 les c9quimes les aff]mir2 les siximes les r5v]s]4 #fi4 ,les g\v]nem5s doiv5t tre con=mes la nature de ceux qui sont g\v]ns4--,d'o il rsulte que l'cole des pr9ces1 c'e/ la sci5ce des moeurs des peuples4 #gj-hb4 ,comm5cem5s des socits4 #gj4 ,qu'on n\s accorde la proposition suivante 7la *ose ne rpugne po9t en elle-mme1 et plus t>d elle se tr\ve vrifie p> les faits73 du premi] tat sans loi et sans religion sortir5t d'abord un petit nombre d'hommes suprieurs p> la =ce1 lesquels fondr5t les familles1 et l'aide de ces mmes familles comm5cr5t cultiv] les *amps2 la f\le des autres hommes en sortit long-temps aprs en se rfugiant sur les t]res cultives p> les premi]s pres de famille4 #ga4 ,les habitudes orig9aires1 p>ticulirem5t celle de l'indp5dance naturelle1 ne se p]d5t po9t t\t d'un c\p1 mais p> degrs et =ce de temps4 #gb4 ,suppos que t\tes les socits ai5t comm5c p> le culte d'une div9it quelconque1 les pres fur5t sans d\te1 dans l'tat de famille1 les sages en fait de div9ation1 les prtres qui sacrifiai5t p\r connatre la volont du ciel p> les auspices1 et les rois qui transmettai5t les lois div9es leur famille4 #gc et #gf4 ,c'e/ une tradition vulgaire que le monde fut d'abord g\v]n p> des rois1--que la premire =me de g\v]nem5t fut la mon>*ie4 #gd4 ,autre tradition vulgaire3 les premi]s rois qui fur5t lus1 c'tai5t les plus dignes4 #ge4 ,autre3 les premi]s rois fur5t des sages4 ,le va9 s\hait de ,platon tait en mme temps un regret de ces premi]s ges p5dant lesquels les philosophes rgnai5t1 ou les rois tai5t philosophes4 ,dans la p]sonne des premi]s pres se tr\vr5t donc runis la sagesse1 le sac]doce et la royaut4 ,les deux d]nires supriorits dp5dai5t de la premire4 ,mais cette sagesse n'tait po9t la sagesse rfl*ie 7ripo/a7 celle des philosophes1 mais la sagesse vulgaire des lgislateurs4 ,n\s voyons que dans la suite *ez t\tes les nations les prtres m>*ai5t la c\ronne sur la tte4 #gg4 ,dans l'tat de famille1 les pres dur5t ex]c] un p\voir mon>*ique1 dp5dant de ,dieu seul1 sur la p]sonne et sur les bi5s de leurs fils1 et1 plus =te raison1 sur ceux des hommes qui s'tai5t rfugis sur leurs t]res1 et qui tai5t dev5us leurs s]viteurs4 ,ce sont ces premi]s mon>ques du monde que dsigne l'criture ,sa9te en les appelant patri>*es1 c'e/--dire1 pres et pr9ces4 ,ce droit mon>*ique fut cons]v p> la loi des d\ze tables dans t\s les ges de l'anci5ne ,rome3 ,patri familias jus vit et necis 9 lib]os e/o1 le pre de famille a sur ses enfans droit de vie et de mort2 pr9cipe d'o rsulte le suivant1 quidquid filius acquirit1 patri acquirit1 t\t ce que le fils acqui]t1 il l'acqui]t son pre4 #gh4 ,les familles ne peuv5t avoir t nommes d'une manire conv5able leur orig9e1 si l'on n'en fait v5ir le nom de ces famuli1 ou s]viteurs des premi]s pres de famille4 #gi4 ,si les premi]s compagnons1 ou associs1 eur5t p\r b une socit d'utilit1 on ne peut les plac] antrieurem5t ces rfugis qui1 ayant *]* la sret prs des premi]s pres de famille1 fur5t obligs p\r vivre de cultiv] les *amps de ceux qui les avai5t reu4--,tels fur5t les vritables compagnons des hros1 dans lesquels n\s tr\vons plus t>d les plbi5s des cits hroques1 et en d]ni] lieu les prov9ces s\mises des peuples s\v]a9s4 #hj4 ,les hommes s'engag5t dans des rapports de bi5faisance1 lorsqu'ils espr5t ret5ir une p>tie du bi5fait1 ou en tir] une gr&e utilit2 tel e/ le g5re de bi5fait que l'on doit att5dre dans la vie sociale4 #ha4 ,c'e/ un c>actre des hommes c\rageux de ne po9t laiss] p]dre p> nglig5ce ce qu'ils ont acquis p> leur c\rage1 mais de ne cd] qu' la ncessit ou l'intrt1 et cela peu--peu1 et le mo9s qu'ils peuv5t4 ,dans ces deux axiomes n\s voyons les pr9cipes t]nels des fiefs1 qui se traduis5t en lat9 avec lgance p> le mot b5eficia4 #hb4 ,*ez t\tes les nations anci5nes n\s ne tr\vons p>t\t que cli5tles et cli5s1 mots qu'on ne peut ent5dre conv5ablem5t que p> fiefs et vassaux4 ,les feudi/es ne tr\v5t po9t d'expressions lat9es plus conv5ables p\r traduire ces d]ni]s mots que cli5tes et cli5tel4 ,les trois d]ni]s axiomes avec les d\ze prcd5s 7en p>tant du #gj;e71 n\s font connatre l'orig9e des socits4 ,n\s tr\vons cette orig9e1 comme on le v]ra d'une manire plus prcise1 dans la ncessit impose aux pres de famille p> leurs s]viteurs4 ,ce premi] g\v]nem5t dut tre ari/ocratique1 p>ce que les pres de famille s'unir5t en corps politique p\r rsi/] leurs s]viteurs mut9s contre eux1 et fur5t cep5dant obligs p\r les ram5] l'obissance1 de leur faire des concessions de t]res analogues aux feuda ru/ica 7fiefs roturi]s7 du moy5 ge4 ,ils se tr\vr5t eux-mmes avoir assujetti leurs s\v]a9ets dome/iques 7que l'on peut comp>] aux fiefs nobles7 la s\v]a9et de l'ordre dont ils faisai5t p>tie4 ,cette orig9e des socits s]a pr\ve p> le fait2 mais qu& elle ne s]ait qu'une hypo?se1 elle e/ si simple et si naturelle1 tant de phnomnes politiques s'y rapport5t d'eux-mmes1 comme leur cause1 qu'il faudrait encore l'admettre comme vraie4 ,autrem5t il devi5t impossible de compr5dre comm5t l'autorit civile driva de l'autorit dome/ique2 comm5t le patrimo9e public se =ma de la runion des patrimo9es p>ticuli]s2 comm5t sa =mation1 la socit tr\va des lm5s t\t prp>s dans un corps peu nombreux qui pt comm&] dans une multitude de plbi5s qui pt obir4 ,n\s dmontr]ons qu'en supposant les familles composes seulem5t de fils1 et non de s]viteurs1 cette =mation des socits a t impossible4 #hc4 ,ces concessions de t]res con/itur5t la premire loi agraire qui ait exi/1 et la nature ne p]met pas d'en imag9]1 ni d'en compr5dre une qui puisse (frir plus de prcision4 ,dans cette loi agraire fur5t di/+us les trois g5res de possession qui peuv5t app>t5ir aux trois sortes de p]sonnes3 doma9e bonitaire app>t5ant aux ,plbi5s2 doma9e quiritaire app>t5ant aux ,pres1 cons]v p> les armes1 et p> consqu5t noble2 doma9e m95t1 app>t5ant au corps s\v]a94 ,ce d]ni] g5re de possession n'e/ autre *ose que la s\v]a9e puissance dans les rpubliques ari/ocratiques4 #hd-if4 ,anci5ne hi/oire roma9e4 #hd4 ,dans un passage rem>quable de sa ,politique1 o il numre les div]ses sortes de g\v]nem5s1 ,ari/ote fait m5tion de la royaut hroque1 o les rois1 *efs de la religion1 adm9i/rai5t la ju/ice au-d$ans1 et conduisai5t les gu]res au-dehors4 ,cet axiome se rapporte prcism5t la royaut hroque de ,?se et de ,romulus4 ,voyez la vie du premi] dans ,plut>que4 ,quant aux rois de ,rome1 n\s voyons ,tullus ,ho/ilius juge d',horace#bb4 ,les rois de ,rome tai5t appels rois des *oses sacres1 reges sacrorum4 ,et mme aprs l'expulsion des rois1 de cra9te d'altr] la =me des crmonies1 on crait un roi des *oses sacres2 c'tait le *ef des fciaux1 ou hrauts de la rpublique4 ,note #bb3 ,p> l'int]mdiaire des ,duumvirs auxquels il dlgue son p\voir4 7,n4 du ,t47 #he4 ,autre passage rem>quable de la ,politique d',ari/ote3 ,les anci5nes rpubliques n'avai5t po9t de lois p\r punir les (f5ses et r$ress] les torts p>ticuli]s2 ce dfaut de lois e/ commun t\s les peuples b>b>es4 ,en effet les peuples ne sont b>b>es dans leur orig9e que p>ce qu'ils ne sont pas encore ad\cis p> les lois4--,de l la ncessit des duels et des reprsailles p]sonnelles dans les temps b>b>es1 o l'on manque de lois judiciaires4 #hf4 ,troisime passage non mo9s prcieux du mme livre3 ,dans les anci5nes rpubliques1 les nobles jurai5t aux plbi5s une t]nelle inimiti4 ,voil ce qui explique l'orgueil1 l'av>ice1 et la b>b>ie des nobles l'g>d des plbi5s1 dans les premi]s sicles de l'hi/oire roma9e4 ,au milieu de cette prt5due lib]t populaire que l'imag9ation des hi/ori5s n\s montre dans ,rome1 ils pressai5t#bc les plbi5s1 et les =ai5t de les s]vir la gu]re leurs propres dp5s2 ils les enfonai5t1 p\r a9si dire1 dans un abme d'usures2 et lorsque ces malheureux n'y p\vai5t satisfaire1 ils les t5ai5t enf]ms t\te leur vie dans leurs prisons p>ticulires1 af9 de se pay] eux-mmes p> leurs travaux et leurs sueurs2 l1 ces tyrans les d*irai5t c\ps de v]ges comme les plus vils esclaves4 ,note #bc3 ,ce mot e/ pris dans le s5s anglais1 to press4 ,ang>i>ono4 7,n4 du ,t47 #hg4 ,les rpubliques ari/ocratiques se dcid5t difficilem5t la gu]re1 de cra9te d'agu]rir la multitude des plbi5s4 #hh4 ,les g\v]nem5s ari/ocratiques cons]v5t les ri*esses dans l'ordre des nobles1 p>ce qu'elles contribu5t la puissance de cet ordre4--,c'e/ ce qui explique la clm5ce avec laquelle les ,roma9s traitai5t les va9cus2 ils se cont5tai5t de leur t] leurs armes1 et leur laissai5t la j\issance de leurs bi5s 7dom9ium bonit>ium71 s\s la condition d'un tribut supportable4--,si l'ari/ocratie roma9e combattit t\j\rs les lois agraires proposes p> les ,gracques1 c'e/ qu'elle craignait d'enri*ir le petit peuple4 #hi4 ,l'honneur e/ le plus noble aiguillon de la valeur militaire4 #ij4 ,les peuples1 *ez lesquels les diffr5s ordres se disput5t les honneurs p5dant la paix1 doiv5t dploy] la gu]re une valeur hroque2 les uns veul5t se cons]v] le privilge des honneurs1 les autres mrit] de les obt5ir4 ,tel e/ le pr9cipe de l'hrosme roma9 depuis l'expulsion des rois jusqu'aux gu]res puniques4 ,dans cette priode1 les nobles se dv\ai5t p\r leur patrie1 dont le salut tait li la cons]vation des privilges de leur ordre2 et les plbi5s se signalai5t p> de brillans exploits p\r pr\v] qu'ils mritai5t de p>tag] les mmes honneurs4 #ia4 ,les qu]elles dans lesquelles les diffr5s ordres *]*5t l'galit des droits1 sont p\r les rpubliques le plus puissant moy5 d'agr&issem5t4 ,autre pr9cipe de l'hrosme roma91 appuy sur trois v]tus civiles3 confiance magnanime des plbi5s1 qui veul5t que les patrici5s leur communiqu5t les droits civils1 en mme temps que ces lois dont ils se rs]v5t la connaissance my/rieuse2 c\rage des patrici5s1 qui reti5n5t dans leur ordre un privilge si prcieux2 sagesse des jurisconsultes1 qui int]prt5t ces lois1 et qui peu--peu en t5d5t l'utilit en les appliquant de n\veaux cas1 selon ce que dem&e la raison4 ,voil les trois c>actres qui di/+u5t exclusivem5t la jurisprud5ce roma9e4 #ib4 ,les faibles veul5t les lois2 les puissans les rep\ss5t2 les ambitieux en prs5t5t de n\velles p\r se faire un p>ti2 les pr9ces protg5t les lois1 af9 d'gal] les puissans et les faibles4 ,dans sa premire et sa seconde p>tie1 cet axiome claire l'hi/oire des qu]elles qui agit5t les ari/ocraties4 ,les nobles font de la connaissance des lois le secret de leur ordre1 af9 qu'elles dp5d5t de leurs caprices1 et qu'ils les appliqu5t aussi arbitrairem5t que des rois4 ,telle e/1 selon le jurisconsulte ,pomponius1 la raison p\r laquelle les plbi5s dsirai5t la loi des d\ze tables3 gravia erant jus lat5s1 inc]tum1 et manus regia4 ,c'e/ aussi la cause de la rpugnance que montrai5t les snateurs p\r accord] cette lgislation3 mores patrios s]v&os2 leges f]ri non oport]e4 ,tite-,live dit au contraire1 que les nobles ne rep\ssai5t pas les voeux du peuple1 desid]ia plebis non asp]n>i4 ,mais ,d5is d',halic>nasse1 devait tre mieux in=m que ,tite-,live des antiquits roma9es1 puisqu'il crivait d'aprs les mmoires de ,v>ron1 le plus docte des ,roma9s4#bd ,note #bd3 ,n\s rejetons une longue digression sur la "q de savoir si les lois des d\ze tables ont t transportes d',a?nes ,rome1 dans la note o n\s cit]ons un passage plus considrable d'un autre ouvrage de ,vico sur le mme sujet4 7,n4 du ,t47 ,le troisime article du mme axiome n\s montre la r\te que suiv5t les ambitieux dans les tats populaires p\r s'lev] au p\voir s\v]a92 ils second5t le dsir naturel du peuple1 qui1 ne p\vant s'lev] aux ides gnrales1 veut une loi p\r *aque cas p>ticuli]4 ,aussi voyons-n\s que ,sylla1 *ef du p>ti de la noblesse1 n'eut pas plus tt va9cu ,m>ius1 *ef du p>ti du peuple1 et rtabli la rpublique en r5dant le g\v]nem5t l'ari/ocratie1 qu'il remdia la multitude des lois p> l'in/itution des qu/iones p]petu4 ,enf9 le mme axiome n\s fait connatre dans sa d]nire p>tie le secret motif p\r lequel les ,emp]eurs1 en comm5ant p> ,augu/e1 fir5t des lois innombrables p\r des cas p>ticuli]s2 et p\rquoi *ez les mod]nes t\s les tats mon>*iques ou rpublica9s ont reu le corps du droit roma91 et celui du droit canonique4 #ic4 ,dans les dmocraties o dom9e une multitude avide1 ds qu'une fois cette multitude s'e/ ouv]t p> les lois la porte des honneurs1 la paix n'e/ plus qu'une lutte dans laquelle on se dispute la puissance1 non plus avec les lois1 mais avec les armes2 et la puissance elle-mme e/ un moy5 de faire des lois p\r enri*ir le p>ti va9queur2 telles fur5t ,rome les lois agraires proposes p> les ,gracques4 ,de l rsult5t -la-fois des gu]res civiles au-d$ans1 des gu]res inju/es au-dehors4 ,cet axiome confirme p> son contraire ce qu'on a dit de l'hrosme roma9 p\r t\t le temps antrieur aux ,gracques4 #id4 ,plus les bi5s sont atta*s la p]sonne1 au corps du possesseur1 plus la lib]t naturelle cons]ve sa fi]t2 c'e/ avec le sup]flu que la s]vitude en*ane les hommes4 ,dans son premi] article1 cet axiome e/ un n\veau pr9cipe de l'hrosme des premi]s peuples2 dans le second1 c'e/ le pr9cipe naturel des mon>*ies4 #ie4 ,les hommes aim5t d'abord sortir de sujtion et dsir5t l'galit2 voil les plbi5s dans les rpubliques ari/ocratiques1 qui f9iss5t p> dev5ir des g\v]nem5s populaires4 ,ils s'ef=c5t ensuite de surpass] leurs gaux2 voil le petit peuple dans les tats populaires qui dgnr5t en olig>*ies4 ,ils veul5t enf9 se mettre au-dessus des lois2 et il en rsulte une dmocratie effrne1 une an>*ie1 qu'on peut appel] la pire des tyrannies1 puisqu'il y a autant de tyrans qu'il se tr\ve d'hommes audacieux et dissolus dans la cit4 ,alors le petit peuple1 clair p> ses propres maux1 y *]*e un remde en se rfugiant dans la mon>*ie4 ,a9si n\s tr\vons dans la nature cette loi royale p> laquelle ,tacite lgitime la mon>*ie d',augu/e3 qui cuncta bellis civilibus fessa nom9e pr9cipis sub imp]ium ,,accepit4 #if4 ,lorsque la runion des familles =ma les premires cits1 les nobles qui sortai5t pe9e de l'indp5dance de la vie sauvage1 ne v\lai5t po9t se s\mettre au fre9 des lois1 ni aux *>ges publiques2 voil les ari/ocraties o les nobles sont seigneurs4 ,ensuite les plbi5s tant dev5us nombreux et agu]ris1 les nobles se s\mir5t1 comme les plbi5s1 aux lois et aux *>ges publiques2 voil les nobles dans les dmocraties4 ,enf9 p\r s'assur] la vie commode dont ils j\iss5t1 ils incl9r5t naturellem5t se s\mettre au g\v]nem5t d'un seul2 voil les nobles s\s la mon>*ie4 #ig-ajc4 ,migration des peuples4 #ig4 ,qu'on m'accorde1 et la raison ne s'y refuse pas1 qu'aprs le dluge1 les hommes habitr5t d'abord sur les montagnes2 il s]a naturel de croire qu'ils desc5dir5t quelque temps aprs dans les pla9es1 et qu'au b\t d'un temps considrable1 ils prir5t assez de confiance p\r all] jusqu'aux rivages de la m]4 #ih4 ,on tr\ve dans ,/rabon un passage prcieux de ,platon1 o il raconte qu'aprs les dluges p>ticuli]s d',ogygs et de ,deucalion1 les hommes habitr5t dans les cav]nes des montagnes1 et il les reconnat dans ces cyclopes1 ces ,polyphmes1 qui lui reprs5t5t ailleurs les premi]s pres de famille2 ensuite sur les sommets qui dom95t les valles1 tels que ,d>danus qui fonda ,p]game1 depuis la citadelle de ,troie2 enf9 dans les pla9es1 tels qu',ilus qui fit desc5dre ,troie jusqu' la pla9e vois9e de la m]1 et qui l'appela ,ilion4 #ii4 ,selon une tradition anci5ne1 ,tyr1 fonde d'abord dans les t]res1 fut ensuite assise sur le rivage de la m] de ,phnicie2 et l'hi/oire n\s appr5d que de l elle passa dans une le vois9e1 qu',alex&re ratta*a p> une *ausse au cont95t4 ,le po/ulat #ig et les deux traditions qui vi5n5t l'appui1 n\s appr5n5t que les peuples mdit]rans se =mr5t d'abord1 ensuite les peuples m>itimes4 ,n\s y tr\vons aussi une preuve rem>quable de l'antiquit du peuple hbreux1 dont ,no plaa le b]ceau dans la ,msopotamie1 contre la plus mdit]rane de l'anci5 monde habitable4 ,l aussi se fonda la premire mon>*ie1 celle des ,assyri5s1 sortis de la tribu *aldenne1 laquelle avait produit les premi]s sages1 et ,zoroa/re le plus anci5 de t\s4 #ajj4 ,p\r que les hommes se dcid5t ab&onn] p\r t\j\rs la t]re o ils sont ns1 et qui naturellem5t leur e/ *re1 il faut les plus extrmes ncessits4 ,le dsir d'acqurir p> le comm]ce1 ou de cons]v] ce qu'ils ont acquis1 peut seul les dcid] quitt] leur patrie mom5tanm5t4 ,c'e/ le pr9cipe de la ,transmigration des peuples1 dont les moy5s fur5t1 ou les colonies m>itimes des temps hroques1 ou les invasions des b>b>es1 ou les colonies les plus lo9ta9es des ,roma9s1 ou celles des ,europens dans les deux ,indes4 ,le mme axiome n\s dmontre que les desc5dans des fils de ,no dur5t se p]dre et se disp]s] dans leurs c\rses vagabondes1 comme les btes sauvages1 soit p\r *app] aux animaux f>\*es qui peuplai5t la va/e =t dont la t]re tait c\v]te2 soit en p\rsuivant les femmes rebelles leurs dsirs1 soit en *]*ant l'eau et la pture4 ,ils se tr\vr5t a9si pais sur t\te la t]re1 lorsque le tonn]re se faisant ent5dre p\r la premire fois depuis le dluge1 les ram5a des p5ses religieuses1 et leur fit concevoir un ,dieu1 un ,jupit]2 pr9cipe uni=me des socits paennes qui eur5t *acune leur ,jupit]4 ,s'ils euss5t cons]v des moeurs huma9es1 comme le peuple de ,dieu1 ils s]ai5t1 comme lui1 re/s en ,asie2 cette p>tie du monde e/ si va/e1 et les hommes tai5t alors si peu nombreux1 qu'ils n'avai5t aucune ncessit de l'ab&onn]2 il n'e/ po9t dans la nature que l'on quitte p> caprice le pays de sa naissance4 #aja4 ,les ,phnici5s fur5t les premi]s navigateurs du monde anci54 #ajb4 ,les nations encore b>b>es sont impntrables2 au-dehors1 il faut la gu]re p\r les ouvrir aux trang]s1 au-d$ans l'intrt du comm]ce1 p\r les dt]m9] les admettre4 ,a9si ,psammtique ouvrit l'gypte aux ,grecs de l',ionie et de la ,c>ie1 lesquels dur5t tre clbres aprs les ,phnici5s p> leur comm]ce m>itime#be4 ,a9si dans les temps mod]nes les ,*9ois ont ouv]t leur pays aux ,europens4 ,note #be3 ,c'e/ ce qui explique ces gr&es ri*esses qui p]mir5t aux ,ioni5s de btir le temple de ,junon ,samos1 et aux ,c>i5s d'lev] le tombeau de ,mausole1 qui fur5t placs au nombre des sept m]veilles du monde4 ,la gloire du comm]ce m>itime app>t9t en d]ni] lieu ceux de ,rhodes qui levr5t l'entre de leur port le fameux colosse du ,soleil4 7,vico74 ,ces trois axiomes n\s donn5t le pr9cipe d'un autre sy/me d'tymologie p\r les mots dont l'orig9e e/ c]ta9em5t trangre1 sy/me diffr5t de celui dans lequel n\s tr\vons l'orig9e des mots indignes4 ,sans ce pr9cipe1 nul moy5 de connatre l'hi/oire des nations transplantes p> des colonies aux lieux o s'tai5t tablies dj d'autres nations4 ,a9si ,naples fut d'abord appele ,sirne1 d'un mot syriaque1 ce qui pr\ve que les ,syri5s1 ou ,phnici5s1 y avai5t d'abord fond un comptoir4 ,ensuite elle s'appela ,p>!nope1 d'un mot grec de la langue hroque1 et enf9 ,neapolis dans la langue grecque vulgaire2 ce qui pr\ve que les ,grecs s'y tai5t tablis ensuite1 p\r p>tag] le comm]ce des ,phnici5s4 ,de mme sur les rivages de ,t>5te il y eut une colonie syri5ne appele ,siri1 que les ,grecs nommr5t ensuite ,polyle2 ,m9]ve1 qui y avait un temple1 en tira le surnom de ,poliade4 #ajc4 ,je dem&e qu'on m'accorde1 et on s]a =c de le faire1 qu'il y ait eu sur le rivage du ,latium une colonie grecque1 qui1 va9cue et dtruite p> les ,roma9s1 s]a re/e ensevelie dans les tnbres de l'antiquit4 ,si l'on n'accorde po9t ceci1 quiconque rfl*it sur les *oses de l'antiquit et veut y mettre quelqu'ensemble1 ne tr\ve dans l'hi/oire roma9e que sujets de s'tonn]2 elle n\s p>le d',h]cule1 d'v&re1 d',arcadi5s1 de ,phrygi5s tablis dans le ,latium1 d'un ,s]vius ,tullius d'orig9e grecque1 d'un ,t>qu9 l',anci51 fils du ,cor9?i5 ,dm>ate1 d'ne1 auquel le peuple roma9 rapporte sa premire orig9e4 ,les lettres lat9es1 comme l'obs]ve ,tacite1 tai5t semblables aux anci5nes lettres grecques2 et p\rtant ,tite-,live p5se qu'au temps de ,s]vius ,tullius1 le nom mme de ,py?agore qui enseignait alors dans son cole tant clbre de ,crotone n'avait pu pntr] jusqu' ,rome4 ,les ,roma9s ne comm5cr5t connatre les ,grecs d',italie qu' l'occasion de la gu]re de ,t>5te1 qui entrana celle de ,pyrrhus et des ,grecs d'outre-m] 7,florus74 #ajd-aad4 ,pr9cipes du droit naturel4 #ajd4 ,elle e/ digne de nos mditations1 cette p5se de ,dion ,cassius3 la c\tume e/ semblable un roi1 la loi un tyran3 ce qui doit s'ent5dre de la c\tume raisonnable1 et de la loi qui n'e/ po9t anime de l'esprit de la raison naturelle4 ,cet axiome t]m9e p> le fait la gr&e dispute laquelle a donn lieu la "q suivante3 le droit e/-il dans la nature1 ou seulem5t dans l'op9ion des hommes8 c'e/ la mme que l'on a propose dans le corollaire du #h;e axiome3 la nature huma9e e/-elle sociable8 ,si la c\tume comm&e1 comme un roi des sujets qui veul5t obir1 le droit naturel qui a t ordonn p> la c\tume1 e/ n des moeurs huma9es1 rsultant de la ,,nature ,,commune ,,des ,,nations4 ,ce droit cons]ve la socit1 p>ce qu'il n'y a *ose plus agrable et p> consqu5t plus naturelle que de suivre les c\tumes enseignes p> la nature4 ,d'aprs t\t ce raisonnem5t1 la nature huma9e dont elles sont un rsultat1 ne peut tre que sociable4 ,cet axiome1 rappro* du #h;e et de son corollaire1 pr\ve que l'homme n'e/ pas inju/e p> le fait de sa nature1 mais p> l'infirmit d'une nature d*ue4 ,il n\s dmontre le premi] pr9cipe du *ri/ianisme1 qui se tr\ve dans le c>actre d',adam1 considr avant le p*1 et dans l'tat de p]fection o il dut avoir t conu p> son crateur4 ,il n\s dmontre p> suite les pr9cipes ca?oliques de la grce4 ,la grce suppose le libre arbitre1 auquel elle prte un sec\rs surnaturel1 mais qui e/ aid naturellem5t p> la ,provid5ce 7,voy4 le mme axiome #h;e et son second corollaire47 ,sur ce d]ni] article la religion *rti5ne s'accorde avec t\tes les autres4 ,grotius1 ,seld5 et ,puff5dorf devai5t fond] leurs sy/mes sur cette base1 et se rang] l'op9ion des jurisconsultes roma9s1 selon lesquels le droit naturel a t ordonn p> la div9e ,provid5ce4 #aje4 ,le droit naturel des g5s e/ sorti des moeurs et c\tumes des nations1 lesquelles se sont r5contres dans un s5s commun1 ou manire de voir uni=me1 et cela sans rflexion1 sans pr5dre exemple l'une de l'autre4 ,cet axiome1 avec le mot de ,dion ,cassius qui vi5t d'tre rapport1 tablit que la ,provid5ce e/ la lgislatrice du droit naturel des g5s1 p>ce qu'elle e/ la re9e des affaires huma9es4 ,le mme axiome tablit la diffr5ce qui exi/e entre le droit naturel des ,hbreux1 celui des ,g5tils1 et celui des philosophes4 ,les ,g5tils eur5t seulem5t les sec\rs ord9aires de la ,provid5ce1 les ,hbreux eur5t de plus les sec\rs extraord9aires du vrai ,dieu1 et c'e/ le pr9cipe de la division de t\s les peuples anci5s en ,hbreux et ,g5tils4 ,les philosophes p> leurs raisonnem5s arrivr5t l'ide d'un droit plus p>fait que celui que pratiquai5t les ,g5tils2 mais ils ne p>ur5t que deux mille ans aprs la fondation des socits paennes4 ,ces trois diffr5ces1 inap]ues jusqu'ici1 r5v]s5t les trois sy/mes de ,grotius1 de ,seld5 et de ,puff5dorf4 #ajf4 ,les sci5ces doiv5t pr5dre p\r po9t de d"p l'poque o comm5ce le sujet dont elles trait5t4#bf ,note #bf3 ,cet axiome plac ici cause de son rapport p>ticuli] avec le droit des g5s1 s'applique gnralem5t t\s les objets dont n\s avons p>l]4 ,il aurait d tre rang p>mi les axiomes gnraux2 si n\s l'avons mis en cet endroit1 c'e/ qu'on voit mieux dans le droit des g5s que dans t\te autre matire p>ticulire1 combi5 il e/ con=me la vrit1 et important dans l'application 7,vico74 #ajg4 ,les ,g5tes 7familles1 tribus1 clans7 comm5cr5t avant les cits2 du mo9s celles que les ,lat9s appelr5t g5tes majores1 c'e/--dire1 maisons nobles anci5nes1 comme celle des ,pres dont ,romulus composa le snat1 et en mme temps la cit de ,rome4 ,au contraire1 on appela g5tes m9ores1 les maisons nobles n\velles fondes aprs les cits1 telles que celles des ,pres1 dont ,junius ,brutus1 aprs avoir *ass les rois1 remplit le snat1 dev5u presque ds]t p> la mort des snateurs que ,t>qu9-le-,sup]be avait fait prir4 #ajh4 ,telle fut aussi la division des dieux3 dii majorum g5tium1 ou dieux consacrs p> les familles avant la fondation des cits2 et dii m9orum g5tium1 ou dieux consacrs p> les peuples1 comme ,romulus1 que le peuple roma9 appela aprs sa mort ,dius ,quir9us4 ,ces trois axiomes montr5t que les sy/mes de ,grotius1 de ,seld5 et de ,puff5dorf1 manqu5t dans leurs pr9cipes mmes4 ,ils comm5c5t p> les nations dj =mes et composant dans leur ensemble la socit du g5re huma91 t&is que l'humanit comm5a *ez t\tes les nations primitives l'poque o les familles tai5t les seules socits et o elles adorai5t les dieux majorum g5tium4 #aji4 ,les hommes c\rtes vues pr5n5t p\r la ju/ice ce qu'on leur montre r5tr] dans les t]mes de la loi4 #aaj4 ,admirons la df9ition que donne ,ulpi5 de l'quit civile3 c'e/ une prsomption de droit1 qui n'e/ po9t connue naturellem5t t\s les hommes 7comme l'quit naturelle71 mais seulem5t un petit nombre d'hommes1 qui runissant la sagesse1 l'expri5ce et l'tude1 ont appris ce qui e/ ncessaire au ma9ti5 de la socit4 ,c'e/ ce que n\s appelons raison d'tat4 #aaa4 ,la c]titude de la loi n'e/ qu'une ombre efface de la raison 7obscurezza7 appuye sur l'autorit4 ,n\s tr\vons alors les lois dures dans l'application1 et p\rtant n\s sommes obligs de les appliqu] en considration de leur c]titude4 ,c]tum1 en bon lat91 signifie p>ticul>is 7individuatum1 comme dit l'cole72 dans ce s5s1 c]tum1 et commune1 sont trs bi5 opposs entre eux4 ,la c]titude e/ le pr9cipe de la jurisprud5ce inflexible1 naturelle aux ges b>b>es1 et dont l'quit civile e/ la rgle4 ,les b>b>es1 n'ayant que des ides p>ticulires1 s'en ti5n5t naturellem5t cette c]titude1 et sont satisfaits1 p\rvu que les t]mes de la loi soi5t appliqus avec prcision4 ,telle e/ l'ide qu'ils se =m5t du droit4 ,aussi la phrase d',ulpi51 lex dura e/1 s$ scripta e/1 s'exprim]ait plus lgamm5t selon la langue et selon la jurisprud5ce1 p> les mots3 lex dura e/1 s$ c]ta e/4 #aab4 ,les hommes clairs e/im5t con=me la ju/ice ce que l'imp>tialit reconnat tre utile dans *aque cause4 #aac4 ,dans les lois1 le vrai e/ une lumire c]ta9e dont n\s claire la raison naturelle4 ,aussi les jurisconsultes dis5t-ils s\v5t v]um e/1 p\r quum e/ 7,voy4 les axiomes #i et #aj47 #aad4 ,l'quit naturelle de la jurisprud5ce huma9e dans son plus gr& dveloppem5t e/ une pratique1 une application de la sagesse aux *oses de l'utilit2 c> la sagesse1 en pr5ant le mot dans le s5s le plus t5du1 n'e/ que la sci5ce de faire des *oses l'usage qu'elles ont dans la nature4 ,tel e/ le pr9cipe de la jurisprud5ce huma9e1 dont la rgle e/ l'quit naturelle1 et qui e/ insp>able de la civilisation4 ,cette jurisprud5ce1 a9si que n\s le dmontr]ons1 e/ l'cole publique d'o sont sortis les philosophes4 7,voyez le livre ,,iv1 v]s la f947 ,les six d]nires propositions tabliss5t que la ,provid5ce a t la lgislatrice du droit naturel des g5s4 ,les nations devant vivre p5dant une longue suite de sicles encore incapables de connatre la vrit et l'quit naturelle1 la ,provid5ce p]mit qu'en att5dant elles s'atta*ass5t la c]titude et l'quit civile qui suit religieusem5t l'expression de la loi2 de faon qu'elles obs]vass5t la loi1 mme lorsqu'elle dev5ait dure et rig\reuse dans l'application1 p\r assur] le ma9ti5 de la socit huma9e4 ,c'e/ p\r avoir ignor les vrits nonces dans ces d]ni]s axiomes1 que les trois pr9cipaux auteurs1 qui ont crit sur le droit naturel des g5s1 se sont g>s comme de conc]t dans la re*]*e des pr9cipes sur lesquels ils devai5t fond] leurs sy/mes4 ,ils ont cru que les nations paennes1 ds leur comm5cem5t1 avai5t compris l'quit naturelle dans sa p]fection idale1 sans rfl*ir qu'il fallut bi5 deux mille ans p\r qu'il y et des philosophes1 et sans t5ir compte de l'assi/ance p>ticulire que reut du vrai ,dieu un peuple privilgi4 ,,*apitre ,,iii4 ,,trois ,,pr9cipes ,,fondam5taux4 ,ma9t5ant af9 d'pr\v] si les propositions que n\s avons prs5tes comme les lm5s de la sci5ce n\velle1 peuv5t donn] =me aux matriaux prp>s dans la table *ronologique1 n\s prions le lecteur de rfl*ir t\t ce qu'on a jamais crit sur les pr9cipes du savoir div9 et huma9 des ,g5tils1 et d'exam9] s'il y tr\v]a ri5 qui contr$ise t\tes ces propositions1 ou plusieurs d'entr'elles1 ou mme une seule2 *acune tant troitem5t lie avec t\tes les autres1 en branl] une1 c'e/ les branl] t\tes4 ,s'il fait cette comp>aison1 il ne v]ra c]ta9em5t dans ce qu'on a crit sur ces matires que des s\v5irs confus1 que les rves d'une imag9ation drgle2 la rflexion y e/ re/e trangre1 p> l'effet des deux vanits dont n\s avons p>l 7axiome #c74 ,la vanit des nations1 dont *acune veut tre la plus anci5ne de t\tes1 n\s te l'espoir de tr\v] les pr9cipes de la ,sci5ce n\velle dans les crits des philologues2 la vanit des savans1 qui veul5t que leurs sci5ces favorites ai5t t portes leur p]fection ds le comm5cem5t du monde1 n\s emp*e de les *]*] dans les ouvrages des philosophes2 n\s suivrons donc ces re*]*es1 comme s'il n'exi/ait po9t de livres4 ,mais dans cette nuit sombre dont e/ c\v]te nos yeux l'antiquit la plus recule1 app>at une lumire qui ne peut n\s g>]2 je p>le de cette vrit inconte/able3 le monde social e/ c]ta9em5t l'ouvrage des hommes2 d'o il rsulte que l'on en peut1 que l'on en doit tr\v] les pr9cipes dans les modifications mmes de l'intellig5ce huma9e4 ,cela admis1 t\t homme qui rfl*it1 ne s'tonn]a-t-il pas que les philosophes ai5t entrepris srieusem5t de connatre le monde de la nature que ,dieu a fait et dont il s'e/ rs]v la sci5ce1 et qu'ils ai5t nglig de mdit] sur ce monde social1 que les hommes peuv5t connatre1 puisqu'il e/ leur ouvrage8 ,cette erreur e/ v5ue de l'infirmit de l'intellig5ce huma9e3 plonge et comme ensevelie dans le corps1 elle e/ porte naturellem5t p]cevoir les *oses corporelles1 et a beso9 d'un gr& travail1 d'un gr& ef=t p\r se compr5dre elle-mme2 a9si l'oeil voit t\s les objets extrieurs1 et ne peut se voir lui-mme que dans un miroir4 ,puisque le monde social e/ l'ouvrage des hommes1 exam9ons en quelle *ose ils se sont rapports et se rapport5t t\j\rs4 ,c'e/ de l que n\s tir]ons les pr9cipes qui expliqu5t comm5t se =m5t1 comm5t se ma9ti5n5t t\tes les socits1 pr9cipes univ]sels et t]nels1 comme doiv5t l'tre ceux de t\te sci5ce4 ,obs]vons t\tes les nations b>b>es ou polices1 quelque loignes qu'elles soi5t de temps ou de lieu2 elles sont fidles trois c\tumes huma9es3 t\tes ont une religion quelconque1 t\tes contract5t des m>iages sol5nels1 t\tes enseveliss5t leurs morts4 ,*ez les nations les plus sauvages et les plus b>b>es1 nul acte de la vie n'e/ ent\r de crmonies plus augu/es1 de sol5nits plus sa9tes1 que ceux qui ont rapport la religion1 aux m>iages1 aux spultures4 ,si des ides uni=mes *ez des peuples inconnus entre eux doiv5t avoir un pr9cipe commun de vrit1 ,dieu a sans d\te enseign aux nations que p>t\t la civilisation avait eu cette triple base1 et qu'elles devai5t ces trois in/itutions une fidlit religieuse1 de peur que le monde ne r$evnt sauvage et ne se c\vrt de n\velles =ts4 ,c'e/ p\rquoi n\s avons pris ces trois c\tumes t]nelles et univ]selles p\r les trois premi]s pr9cipes de la sci5ce n\velle4 ,i4 ,qu'on n'oppose po9t au premi] de nos pr9cipes le tmoignage de quelques voyageurs mod]nes1 selon lesquels les ,cafres1 les ,brsili5s1 quelques peuples des ,antilles et d'autres p>ties du ,n\veau-,monde1 viv5t en socit sans avoir aucune connaissance de ,dieu#bg4 ,ce sont n\velles de voyageurs1 qui1 p\r facilit] le dbit de leurs livres1 les rempliss5t de rcits mon/rueux4 ,t\tes les nations ont cru un ,dieu1 une ,provid5ce4 ,aussi dans t\te la suite des temps1 dans t\te l't5due du monde1 on peut rduire quatre le nombre des religions pr9cipales4 ,celles des ,hbreux et des ,*rti5s qui attribu5t la ,div9it un esprit libre et inf9i2 celle des idoltres qui la p>tag5t entre plusieurs dieux composs d'un corps et d'un esprit libre2 enf9 celle des ,mahomtans1 p\r lesquels ,dieu e/ un esprit inf9i et libre dans un corps inf9i2 ce qui fait qu'ils plac5t les rcomp5ses de l'autre vie dans les plaisirs des s5s4 ,note #bg3 ,bayle a sans d\te t tromp p> leurs rapports1 lorsqu'il affirme1 dans le ,trait de la ,comte1 que les peuples peuv5t vivre dans la ju/ice sans avoir beso9 de la lumire de ,dieu4 ,avant lui1 ,polybe avait dit3 si les hommes tai5t philosophes1 il n'y aurait plus beso9 de religion4 ,mais s'il n'exi/ait po9t de socit1 y aurait-il des philosophes8 ,or1 sans les religions1 po9t de socit4 7,vico74 ,les trois d]nires lignes sont tires du second corollaire de l'axiome #ca4 ,aucune nation n'a cru l'exi/5ce d'un ,dieu t\t matriel1 ni d'un ,dieu t\t intellig5ce sans lib]t4 ,aussi les picuri5s qui ne voi5t dans le monde que matire et has>d1 les ,/oci5s qui1 semblables en ceci aux ,sp9osi/es1 reconnaiss5t p\r ,div9it une intellig5ce inf9ie animant une matire inf9ie et s\mise au de/91 ne p\rront raisonn] de lgislation ni de politique4 ,sp9osa p>le de la socit civile comme d'une socit de m>*&s4 ,cicron disait l'picuri5 ,atticus qu'il ne p\vait raisonn] avec lui sur la lgislation1 mo9s qu'il ne lui accordt l'exi/5ce d'une ,provid5ce div9e4 ,dira-t-on encore que la secte /oci5ne et l'picuri5ne s'accord5t avec la jurisprud5ce roma9e1 qui pr5d l'exi/5ce de cette ,provid5ce p\r premi] pr9cipe8 ,,ii4 ,l'op9ion selon laquelle l'union de l'homme et de la femme sans m>iage sol5nel s]ait innoc5te1 e/ accuse d'erreur p> les usages de t\tes les nations4 ,t\tes clbr5t religieusem5t les m>iages1 et sembl5t p> l reg>d] les unions illgitimes comme une sorte de be/ialit1 quoique mo9s c\pable4 ,en effet les p>5s dont le li5 des lois n'assure po9t l'union1 p]d5t leurs enfans1 autant qu'il e/ en eux2 le pre et la mre p\vant t\j\rs se sp>]1 l'enfant ab&onn de l'un et de l'autre1 doit re/] expos dev5ir la proie des *i5s2 et si l'humanit publique ou prive ne l'levait1 il crotrait sans qu'on lui transmt ni religion1 ni langue1 ni aucun lm5t de civilisation4 ,a9si1 de ce monde social embelli et polic p> t\s les arts de l'humanit1 ils t5d5t en faire la gr&e =t des premi]s ges1 o1 avant ,orphe1 errai5t les hommes la manire des btes sauvages1 suivant au has>d la c\pable brutalit de leurs apptits1 o un am\r sacrilge unissait les fils leurs mres1 et les pres leurs filles4 ,,iii4 ,enf9 p\r apprci] l'importance du troisime pr9cipe de la civilisation1 qu'on imag9e un tat dans lequel les cadavres huma9s re/]ai5t sur la t]re sans spulture1 p\r s]vir de pture aux *i5s et aux oiseaux de proie4 ,ds lors les cits se dpeupl]ai5t1 les *amps re/]ai5t sans culture1 et les hommes *]*]ai5t les gl&s mls et confondus avec la c5dre des morts4 ,aussi c'e/ avec raison qu'on a dsign les spultures p> cette expression sublime fo$]a g5]is humani1 et p> cette autre expression mo9s leve qu'emploie ,tacite1 humanitatis comm]cia4 ,t\tes les nations paennes se sont accordes croire que les mes allai5t errantes aut\r des corps laisss sans spulture1 et demeurai5t inquites sur la t]re2 que p> consqu5t elles survivai5t aux corps1 et tai5t immortelles4 ,les rapports des voyageurs mod]nes n\s pr\v5t que ma9t5ant encore plusieurs peuples b>b>es p>tag5t cette croyance4 ,la *ose n\s e/ atte/e p\r les ,pruvi5s et les ,mexica9s p> ,aco/a1 p\r les peuples de la ,virg9ie p> ,?omas ,aviot1 p\r ceux de la n\velle ,anglet]re p> ,ri*>d ,waitborn2 p\r ceux de la ,gu9e p> ,hugues ,l9s*otan1 et p\r les ,siamois p> ,joseph ,scult5ius4--,aussi ,snque a-t-il dit3 ,quum de immortalitate loquimur1 non leve mom5tum apud nos habet cons5sus hom9um aut tim5tium inf]os1 aut col5tium2 hac p]suasione publica utor4 ,,*apitre ,,iv4 ,,de ,,la ,m,,?ode4 ,p\r a*ev] d'tablir nos pr9cipes1 il n\s re/e dans ce premi] livre exam9] la m?ode que doit suivre la ,sci5ce n\velle4 ,si1 comme n\s l'avons dit dans les axiomes1 la sci5ce doit pr5dre p\r po9t de d"p l'poque o comm5ce le sujet de la sci5ce1 n\s devons1 p\r n\s adress] d'abord aux philologues1 comm5c] aux caill\x de ,deucalion1 aux pi]res d',amphion1 aux hommes ns des sillons de ,cadmus1 ou des *nes dont p>le ,virgile 7duro robore nati74 ,p\r les philosophes1 n\s p>tirons des gr5\illes d'picure1 des cigales de ,hobbes1 des hommes simples et /upides de ,grotius1 des hommes jets dans le monde sans so9 ni aide de ,dieu1 dont p>le ,puff5dorf1 des gans grossi]s et f>\*es1 tels que les ,patagons du dtroit de ,magellan2 enf9 des ,polyphmes d',homre1 dans lesquels ,platon reconnat les premi]s pres de famille4 ,n\s devons comm5c] les obs]v] ds le mom5t o ils ont comm5c p5s] en hommes2 et n\s tr\vons d'abord que1 dans cette b>b>ie pr(onde1 leur lib]t be/iale ne p\vait tre dompte et en*ane que p> l'ide d'une div9it quelconque qui leur inspirt de la t]reur4 ,mais1 lorsque n\s *]*ons comm5t cette premire p5se huma9e fut conue dans le monde paen1 n\s r5controns de graves difficults4 ,comm5t desc5dre d'une nature cultive p> la civilisation cette nature inculte et sauvage2 c'e/ gr&'pe9e que n\s p\vons la compr5dre1 lo9 de p\voir n\s la reprs5t]8 ,n\s devons donc p>tir d'une notion quelconque de la div9it dont les hommes ne puiss5t tre privs1 quelque sauvages1 quelque f>\*es qu'ils soi5t2 et voici comm5t n\s expliquons cette connaissance3 l'homme d*u1 n'esprant aucun sec\rs de la nature1 appelle de ses dsirs quelque *ose de surnaturel qui puisse le sauv]2 or cette *ose surnaturelle n'e/ autre que ,dieu4 ,voil la lumire que ,dieu a rp&ue sur t\s les hommes4 ,une obs]vation vi5t l'appui de cette ide1 c'e/ que les lib]t9s qui vieilliss5t1 et qui s5t5t les =ces naturelles leur manqu]1 devi5n5t ord9airem5t religieux4 ,mais des hommes tels que ceux qui comm5cr5t les nations paennes1 devai5t1 comme les animaux1 ne p5s] que s\s l'aiguillon des passions les plus viol5tes4 ,en suivant une mtaphysique vulgaire qui fut la ?ologie des potes1 n\s rappell]ons 7,voy4 les axiomes7 cette ide effrayante d'une div9it qui borna et cont9t les passions be/iales de ces hommes p]dus1 et en fit des passions huma9es4 ,de cette ide dut natre le noble ef=t propre la volont de l'homme1 de t5ir en bride les m\vem5s imprims l'me p> le corps1 de manire les t\ff]1 comme il convi5t l'homme sage1 ou les t\rn] un meilleur usage1 comme il convi5t l'homme social1 au membre de la socit4#bh ,note #bh3 ,notre libre arbitre1 notre volont libre peut seule rprim] a9si l'impulsion du corps4444 ,t\s les corps sont des ag5s ncessaires1 et que les mcanici5s appell5t =ces1 ef=ts1 puissances1 ne sont que les m\vem5s des corps1 m\vem5s trang]s au s5tim5t 7,vico74 ,cep5dant1 p> un effet de leur nature corrompue1 les hommes t\j\rs tyranniss p> l'gsme1 ne suiv5t gure que leur intrt2 *acun v\lant p\r soi t\t ce qui e/ utile1 sans en faire "p son pro*a91 ils ne peuv5t donn] leurs passions la direction salutaire qui les rappro*]ait de la ju/ice4 ,p>tant de ce pr9cipe1 n\s tablissons que l'homme dans l'tat be/ial1 n'aime que sa propre cons]vation2 il pr5d femme1 il a des enfans1 et il aime sa cons]vation en y joignant celle de sa famille2 arriv la vie civile1 il *]*e -la-fois sa propre cons]vation et celle de la cit dont il fait p>tie2 lorsque les empires s't5d5t sur plusieurs peuples1 il *]*e avec sa cons]vation celle des nations dont il e/ membre2 enf9 qu& les nations sont lies p> les rapports des traits1 du comm]ce1 et de la gu]re1 il embrasse dans un mme dsir sa cons]vation et celle du g5re huma94 ,dans t\tes ces circon/ances1 l'homme e/ pr9cipalem5t atta* son intrt p>ticuli]4 ,il faut donc que ce soit la ,provid5ce elle-mme qui le reti5ne dans cet ordre de *oses1 et qui lui fasse suivre dans la ju/ice la socit de famille1 de cit1 et enf9 la socit huma9e4 ,a9si conduit p> elle1 l'homme incapable d'atte9dre t\te l'utilit qu'il dsire1 obti5t ce qu'il en doit prt5dre1 et c'e/ ce qu'on appelle le ju/e4 ,la disp5satrice du ju/e p>mi les hommes1 c'e/ la ju/ice div9e1 qui1 applique aux affaires du monde p> la ,provid5ce1 cons]ve la socit huma9e4 ,la sci5ce n\velle s]a donc s\s l'un de ses pr9cipaux aspects une ?ologie civile de la ,provid5ce div9e1 laquelle semble avoir manqu jusqu'ici4 ,les philosophes ont ou entirem5t mconnu la ,provid5ce1 comme les ,/oci5s et les picuri5s1 ou l'ont considre seulem5t dans l'ordre des *oses physiques4 ,ils donn5t le nom de ?ologie naturelle la mtaphysique1 dans laquelle ils tudi5t cet attribut de ,dieu1 et ils appui5t leurs raisonnem5s d'obs]vations tires du monde matriel2 mais c'tait surt\t dans l'conomie du monde civil qu'ils aurai5t d *]*] les preuves de la ,provid5ce444 ,la ,sci5ce n\velle s]a1 p\r a9si p>l]1 une dmon/ration de fait1 une dmon/ration hi/orique de la ,provid5ce1 puisqu'elle doit tre une hi/oire des dcrets p> lesquels cette ,provid5ce a g\v]n1 l'insu des hommes1 et s\v5t malgr eux1 la gr&e cit du g5re huma94 ,quoique ce monde ait t cr p>ticulirem5t et dans le temps1 les lois qu'elle lui a donnes1 n'en sont pas mo9s univ]selles et t]nelles4 ,dans la contemplation de cette ,provid5ce t]nelle et inf9ie la ,sci5ce n\velle tr\ve des preuves div9es qui la confirm5t et la dmontr5t4 ,n'e/-il pas naturel en effet que la ,provid5ce div9e ayant p\r in/rum5t la t\te-puissance1 excute ses dcrets p> des moy5s aussi faciles que le sont les usages et c\tumes suivis librem5t p> les hommes444 que1 conseille p> la sagesse inf9ie1 t\t ce qu'elle dispose soit ordre et h>monie444 qu'ayant p\r f9 son imm5se bont1 elle n'ordonne ri5 qui ne t5de un bi5 t\j\rs suprieur celui que les hommes se sont propos8 ,dans l'obscurit jusqu'ici impntrable qui c\vre l'orig9e des nations1 dans la v>it inf9ie de leurs moeurs et de leurs c\tumes1 dans l'imm5sit d'un sujet qui embrasse t\tes les *oses huma9es1 peut-on dsir] des preuves plus sublimes que celles que n\s (friront la facilit des moy5s employs p> la ,provid5ce1 l'ordre qu'elle tablit1 la f9 qu'elle se propose1 laquelle f9 n'e/ autre que la cons]vation du g5re huma98 ,v\lons-n\s que ces preuves devi5n5t di/9ctes et lum9euses8 ,rfl*issons avec quelle facilit l'on voit natre les *oses1 p> suite d'occasions lo9ta9es1 et s\v5t contraires aux desse9s des hommes2 et nanmo9s elles vi5n5t s'y adapt] comme d'elles-mmes2 autant de preuves que n\s f\rnit la t\te-puissance4 ,obs]vons encore dans l'ordre des *oses huma9es1 comme elles naiss5t au temps1 au lieu o elles doiv5t natre1 comme elles sont diffres qu& il convi5t qu'elles le soi5t#bi2 c'e/ l'ouvrage de la sagesse inf9ie4 ,considrons en d]ni] lieu si n\s p\vons concevoir dans telle occasion1 dans tel lieu1 dans tel temps1 quelques bi5faits div9s qui euss5t pu mieux conduire et cons]v] la socit huma9e1 au milieu des beso9s et des maux pr\vs p> les hommes2 voil les preuves que n\s f\rnit l't]nelle bont de ,dieu4--,ces trois sortes de preuves peuv5t se ram5] une seule3 ,dans t\te la srie des *oses possibles1 notre esprit peut-il imag9] des causes plus nombreuses1 mo9s nombreuses1 ou autres1 que celles dont le monde social e/ rsult8444 ,sans d\te le lecteur pr\v]a un plaisir div9 en ce corps mortel1 lorsqu'il contempl]a dans l'uni=mit des ides div9es ce monde des nations1 p> t\te l't5due et la v>it des lieux et des temps4 ,a9si n\s aurons pr\v p> le fait aux picuri5s que leur has>d ne peut err] selon la folie de ses caprices1 et aux ,/oci5s que leur *ane t]nelle des causes laquelle ils veul5t atta*] le monde1 e/ elle-mme susp5due la ma9 puissante et bi5faisante du ,dieu trs gr& et trs bon4 ,note #bi3 ,c'e/ en cela qu',horace fait consi/] t\te la beaut de l'ordre3 ,ord9is hc virtus erit et ,v5us1 aut ego fallor1 ,ut jam nunc dicat1 jam nunc deb5tia dici ,pl]aque diff]at1 et prs5s 9 tempus omittat4 ,art potique4 7,vico74 ,ces preuves ?ologiques s]ont appuyes p> une espce de preuves logiques dont n\s allons p>l]4 ,en rfl*issant sur les comm5cem5s de la religion et de la civilisation paennes1 on arrive ces premires orig9es1 au-del desquelles c'e/ une va9e curiosit d'en dem&] d'antrieures2 ce qui e/ le c>actre propre des pr9cipes4 ,alors s'expliqu]a la manire p>ticulire dont les *oses sont nes1 autrem5t dit1 leur nature 7axiome #ad72 or l'explication de la nature des *oses e/ le propre de la sci5ce4 ,enf9 cette explication de leur nature se confirm]a p> l'obs]vation des proprits t]nelles qu'elles cons]v5t2 lesquelles proprits ne peuv5t rsult] que de ce qu'elles sont nes dans tel temps1 dans tel lieu et de telle manire1 en d'autres t]mes1 de ce qu'elles ont une telle nature 7axiomes #ad1 #ae47 ,p\r arriv] tr\v] cette nature des *oses huma9es1 la ,sci5ce n\velle procde p> une analyse svre des p5ses huma9es relatives aux ncessits ou utilits de la vie sociale1 qui sont les deux s\rces t]nelles du droit naturel des g5s 7axiome #aa74 ,a9si considre s\s le second de ses pr9cipaux aspects1 la ,sci5ce n\velle e/ une hi/oire des ides huma9es1 d'aprs laquelle semble devoir procd] la mtaphysique de l'esprit huma94 ,s'il e/ vrai que les sci5ces doiv5t comm5c] au po9t mme o leur sujet a comm5c 7axiome #ajd71 la mtaphysique1 cette re9e des sci5ces1 comm5a l'poque o les hommes se mir5t p5s] huma9em5t1 et non po9t celle o les philosophes se mir5t rfl*ir sur les ides huma9es4 ,p\r dt]m9] l'poque et le lieu o naquir5t ces ides1 p\r donn] leur hi/oire la c]titude qu'elle doit tir] de la *ronologie et de la gographie mtaphysiques qui lui sont propres1 la sci5ce n\velle applique une ,critique p>eillem5t mtaphysique aux fondateurs1 aux auteurs des nations1 antrieurs de plus de mille ans aux auteurs de livres1 dont s'e/ occup jusqu'ici la critique philologique4 ,le crit]ium dont elle se s]t 7axiome #ac71 e/ celui que la provid5ce div9e a enseign galem5t t\tes les nations1 savoir3 le s5s commun du g5re huma91 dt]m9 p> la conv5ance ncessaire des *oses huma9es elles-mmes 7conv5ance qui fait t\te la beaut du monde social74 ,c'e/ p\rquoi le g5re de preuve sur lequel n\s n\s appuyons pr9cipalem5t1 c'e/ que1 telles lois tant tablies p> la ,provid5ce1 la de/9e des nations a d1 doit et devra suivre le c\rs indiqu p> la ,sci5ce n\velle1 qu& mme des mondes inf9is en nombre natrai5t p5dant l't]nit2 hypo?se indubitablem5t fausse4 ,de cette manire1 la ,sci5ce n\velle trace le c]cle t]nel d'une hi/oire idale1 sur lequel t\rn5t dans le temps les hi/oires de t\tes les nations1 avec leur naissance1 leurs progrs1 leur dcad5ce et leur f94 ,n\s dirons plus3 celui qui tudie la ,sci5ce n\velle1 se raconte lui-mme cette hi/oire idale1 en ce s5s que le monde social tant l'ouvrage de l'homme1 et la manire dont il s'e/ =m devant1 p> consqu5t1 se retr\v] dans les modifications de l'me huma9e1 celui qui mdite cette sci5ce s'en cre lui-mme le sujet4 ,quelle hi/oire plus c]ta9e que celle o la mme p]sonne e/ -la-fois l'acteur et l'hi/ori58 ,a9si la ,sci5ce n\velle procde prcism5t comme la gomtrie1 qui cre et contemple en mme temps le monde idal des gr&eurs2 mais la ,sci5ce n\velle a d'autant plus de ralit que les lois qui rgiss5t les affaires huma9es en ont plus que les po9ts1 les lignes1 les sup]ficies et les figures4 ,cela mme montre encore que les preuves dont n\s avons p>l sont d'une espce div9e1 et qu'elles doiv5t1 lecteur1 te donn] un plaisir div93 c> p\r ,dieu1 connatre et faire1 c'e/ la mme *ose4 ,ce n'e/ pas t\t2 d'aprs la df9ition du vrai et du c]ta9 que n\s avons donne plus haut1 les hommes fur5t long-temps incapables de connatre le vrai et la raison1 s\rce de la ju/ice intrieure#cj1 qui peut seule suffire aux intellig5ces4 ,mais en att5dant1 ils se g\v]nr5t p> la c]titude de l'autorit1 p> le s5s commun du g5re huma9 7crit]ium de notre ,critique mtaphysique71 sur le tmoignage duquel se repose la consci5ce de t\tes les nations 7axiome #i74 ,a9si s\s un autre aspect1 la sci5ce n\velle devi5t une philosophie de l'autorit1 s\rce de la ju/ice extrieure1 p\r p>l] le langage de la ?ologie morale4 ,les trois pr9cipaux auteurs qui ont crit sur le droit naturel 7,grotius1 ,seld5 et ,puff5dorf71 aurai5t d t5ir compte de cette autorit1 plutt que de celles qu'ils tir5t de tant de citations d'auteurs4 ,elle a rgn *ez les nations plus de mille ans avant qu'elles euss5t des criva9s2 ces criva9s n'ont donc pu en avoir aucune connaissance4 ,aussi ,grotius1 plus rudit et plus clair que les deux autres1 combat les jurisconsultes roma9s presque sur t\s les po9ts2 mais les c\ps qu'il leur porte ne frapp5t que l'air1 puisque ces jurisconsultes ont tabli leurs pr9cipes de ju/ice sur la c]titude de l'autorit du g5re huma91 et non sur l'autorit des hommes dj clairs4 ,note #cj3 ,cette ju/ice intrieure1 fut pratique p> les ,hbreux que le vrai ,dieu clairait de sa lumire1 et auxquels sa loi df5dait jusqu'aux p5ses inju/es1 *ose dont les lgislateurs mortels ne s'tai5t jamais emb>rasss4 ,les ,hbreux croyai5t en un ,dieu t\t esprit1 qui scrute le coeur des hommes2 les g5tils croyai5t leurs dieux composs d'me et de corps1 et p> consqu5t incapables de pntr] dans les coeurs4 ,la ju/ice intrieure ne fut connue *ez eux que p> les raisonnem5s des philosophes1 lesquels ne p>ur5t que deux mille ans aprs la =mation des nations qui les produisir5t 7,vico74 99 99 99 ,telles sont les preuves philosophiques qu'emploi]a cette sci5ce4 ,les preuves philologiques doiv5t v5ir en d]ni] lieu2 elles peuv5t se ram5] t\tes aux sept classes suivantes3 #a ,notre explication des fables se rapporte notre sy/me d'une manire naturelle1 et qui n'a ri5 de pnible ou de =c4 ,n\s montrons dans les fables l'hi/oire civile des premi]s peuples1 lesquels se tr\v5t avoir t p>t\t naturellem5t potes4 #b ,mme accord avec les locutions hroques1 qui s'expliqu]ont dans t\te la vrit du s5s1 dans t\te la proprit de l'expression2 #c et avec les tymologies des langues indignes1 qui n\s donn5t l'hi/oire des *oses exprimes p> les mots1 en exam9ant d'abord leur s5s propre et orig9aire1 et en suivant le progrs naturel du s5s figur1 con=mm5t l'ordre des ides dans lequel se dveloppe l'hi/oire des langues 7axiomes #fd1 #fe74 #d ,n\s tr\vons encore expliqu p> le mme sy/me le vocabulaire m5tal des *oses relatives la socit#ca1 qui1 prises dans leur sub/ance1 ont t p]ues d'une manire uni=me p> le s5s de t\tes les nations1 et qui dans leurs modifications div]ses1 ont t div]sem5t exprimes p> les langues4 #e ,n\s sp>ons le vrai du faux en t\t ce que n\s ont cons]v les traditions vulgaires p5dant une longue suite de sicles4 ,ces traditions ayant t suivies si long-temps1 et p> des peuples enti]s1 doiv5t avoir eu un motif commun de vrit 7axiome #af74 #f ,les gr&s dbris qui n\s re/5t de l'antiquit1 jusqu'ici inutiles la sci5ce1 p>ce qu'ils tai5t ngligs1 mutils1 disp]ss1 repr5n5t leur clat1 leur place et leur ordre naturels4 #g ,enf9 t\s les faits que n\s raconte l'hi/oire c]ta9e vi5n5t se ratta*] ces antiquits expliques p> n\s1 comme leurs causes naturelles4--,ces preuves philologiques n\s font voir dans la ralit les *oses que n\s avons ap]ues dans la mditation du monde idal4 ,c'e/ la m?ode prescrite p> ,bacon1 cogit>e1 vid]e4 ,les preuves philosophiques que n\s avons places d'abord1 confirm5t p> la raison l'autorit des preuves philologiques1 qui leur t\r prt5t aux premires l'appui de leur autorit 7axiome #aj47 ,note #ca3 ,voyez l'axiome #bb1 et le second *apitre du ,i,ie livre1 corollaire relatif au mot ,jupit]4 ,concluons t\t ce qui s'e/ dit en gnral p\r tablir les pr9cipes de la ,sci5ce n\velle4 ,ces pr9cipes sont la croyance en une ,provid5ce div9e1 la modration des passions p> l'in/itution du m>iage1 et le dogme de l'immortalit de l'me consacr p> l'usage des spultures4 ,son critrium e/ la maxime suivante3 ce que l'univ]salit ou la pluralit du g5re huma9 s5t tre ju/e1 doit s]vir de rgle dans la vie sociale4 ,la sagesse vulgaire de t\s les lgislateurs1 la sagesse pr(onde des plus clbres philosophes s'tant accordes p\r admettre ces pr9cipes et ce critrium1 on doit y tr\v] les bornes de la raison huma9e2 et quiconque veut s'en c>t] doit pr5dre g>de de s'c>t] de l'humanit t\t entire4 ,,livre ,,second4 ,,de ,,la ,,sagesse ,,po,,tique4 ,,argum5t4 ,frapp de l'ide que l'admiration exagre p\r la sagesse des premi]s ges e/ le plus gr& ob/acle aux progrs de la philosophie de l'hi/oire1 l'auteur exam9e comm5t les peuples des temps potiques imag9r5t la ,nature1 qu'ils ne p\vai5t connatre encore4 ,il appelle cet ensemble des croyances antiques1 sagesse1 et non pas sci5ce1 p>ce qu'elles se rapportai5t gnralem5t un b pratique4 ,dans ce livre1 il passe en revue t\tes les ides que les premi]s hommes se fir5t sur la logique et la morale1 sur l'conomie dome/ique et politique1 sur la physique1 la cosmographie et l'a/ronomie1 sur la *ronologie et la gographie4 ,c'e/ en quelque sorte l'encyclopdie des peuples b>b>es1 7,m4 ,jannelli1 ,delle cose humane47 ,*apitre ,i]4 ,,sujet ,,de ,,ce ,,livre44 ,i4 ,les fables n'ont po9t le s5s my/rieux que les philosophes leur ont attribu4 ,la ,provid5ce a mis dans l'in/9ct des premi]s hommes les g]mes de civilisation que la rflexion devait ensuite dvelopp]4--4 ,,ii4 ,de la sagesse en gnral4 ,s5s div]s de ce mot diffr5tes poques4--4 ,,iii4 ,exposition et division de la sagesse potique4 ,*apitre ,,ii4 ,,de ,,la ,m,,taphysique ,,po,,tique44 ,i4 ,orig9e de la posie1 de l'idoltrie1 de la div9ation et des sacrifices4 ,c]titude du dluge univ]sel et de l'exi/5ce des gans4 ,les premi]s peuples fur5t potes naturellem5t et ncessairem5t4 ,la crdulit1 et non l'impo/ure1 fit les premi]s dieux4--4 ,,ii4 ,corollaires relatifs aux pr9cipaux aspects de la sci5ce n\velle4 ,philosophie de la proprit1 hi/oire des ides huma9es1 critique philosophique1 hi/oire idale t]nelle1 sy/me du droit naturel des g5s1 orig9es de l'hi/oire univ]selle4 ,*apitre ,,iii4 ,,de ,,la ,,logique ,,po,,tique4--4 ,i4 ,df9ition et tymologie du mot logique4 ,les premi]s hommes div9isr5t t\s les objets1 et prir5t les noms de ces dieux p\r signes ou symboles des *oses qu'ils v\lai5t exprim]4--4 ,,ii4 ,corollaires relatifs aux tropes1 aux mtamorphoses potiques et aux mon/res de la fable4 ,orig9e des pr9cipales figures4 ,ces figures du langage1 ces crations de la posie1 ne sont po9t1 comme on l'a cru1 l'+nieuse inv5tion des criva9s1 mais des =mes ncessaires dont t\tes les nations se sont s]vies leur premi] ge1 p\r exprim] leurs p5ses4--4 ,,iii4 ,corollaires relatifs aux c>actres potiques employs comme signes du langage p> les premires nations4 ,solon1 ,dracon1 sope1 ,romulus et autres rois de ,rome1 les dcemvirs1 etc4--4 ,,iv4 ,corollaires relatifs l'orig9e des langues et des lettres1 dans laquelle n\s devons tr\v] celle des hiroglyphes1 des lois1 des noms1 des armoiries1 des mdailles1 des monnaies4 ,on n'a pu tr\v] jusqu'ici l'orig9e des langues1 ni celle des lettres1 p>ce qu'on les a *]*es sp>m5t4 ,les premi]s hommes ont d p>l] successivem5t trois langues1 l'hiroglyphique1 la symbolique et la vulgaire4 ,les langues vulgaires n'ont po9t une signification arbitraire4 ,ordre dans lequel fur5t tr\ves les p>ties du disc\rs dans la langue articule ou vulgaire4--4 ,v4 ,corollaires relatifs l'orig9e de l'locution potique1 des pisodes1 du t\r1 du nombre1 du *ant et du v]s4 ,ces ornem5s du /yle naquir5t1 dans l'orig9e1 de l'indig5ce du langage4 ,la posie a prcd la prose4--4 ,,vi4 ,corollaires relatifs la logique des esprits cultivs4 ,la topique naquit avant la critique4 ,ordre dans lequel les div]ses m?odes fur5t employes p> la philosophie4 ,incapacit des premi]s hommes de s'lev] aux ides gnrales1 surt\t en lgislation4 ,*apitre ,,iv4 ,,de ,,la ,,morale ,,po,,tique1 et de l'orig9e des v]tus vulgaires qui rsultr5t de l'in/itution de la religion et des m>iages4 ,c>actre f>\*e et religions sangu9aires des hommes de l'ge d'or4 ,ces religions fur5t cep5dant ncessaires4 ,*apitre ,v4 ,du g\v]nem5t de la famille1 ou ,,conomie dans les ges potiques44 ,i4 ,de la famille compose des p>5s et des enfans1 sans esclaves ni s]viteurs4 ducation des mes1 ducation des corps4 ,les premi]s pres fur5t -la-fois les sages1 les prtres et les rois de leur famille4 ,la svrit du g\v]nem5t de la famille prp>a les hommes obir au g\v]nem5t civil4 ,les premi]s hommes1 fixs sur les hauteurs1 prs des s\rces vives1 p]dir5t p> une vie plus d\ce la taille des gans4 ,communaut de l'eau1 du feu1 des spultures4--4 ,,ii4 ,des familles1 en y compr5ant non-seulem5t les p>5s1 mais les s]viteurs 7famuli74 ,cette composition des familles fut antrieure l'exi/5ce des cits1 et sans elle cette exi/5ce tait impossible4 ,les hommes qui tai5t re/s sauvages se rfugi5t auprs de ceux qui avai5t dj =m des familles1 et devi5n5t leurs cli5s ou vassaux4 ,premi]s hros4 ,orig9e des asiles1 des fiefs1 etc4--4 ,,iii4 ,corollaires relatifs aux contrats qui se font p> le simple cons5tem5t des p>ties4 ,les premi]s hommes ne p\vai5t connatre les engagem5s de bonne foi4--,*ez eux1 les seuls contrats tai5t ceux de c5s t]ritorial2 po9t de contrats de socit1 po9t de m&ataires4 ,*apitre ,,vi4 ,,de ,,la ,,politique ,,po,,tique4--4 ,i4 ,orig9e des premires rpubliques1 dans la =me la plus rig\reusem5t ari/ocratique4 ,puissance sans borne des premi]s pres de famille sur leurs enfans et sur leurs s]viteurs4 ,ils sont =cs1 p> la rvolte de ces d]ni]s1 de s'unir en corps politique4 ,les rois ne sont d'abord que de simples *efs4 ,premi]s comices4 ,les s]viteurs1 inve/is p> les nobles ou hros du doma9e bonitaire des *amps qu'ils cultivai5t1 devi5n5t les premi]s plbi5s1 et aspir5t conqurir1 avec le droit des m>iages sol5nels1 t\s les privilges de la cit4--4 ,,ii4 ,les socits politiques sont nes t\tes de c]ta9s pr9cipes t]nels des fiefs4 ,diffr5ce des doma9es bonitaire1 quiritaire1 m95t4 ,le corps s\v]a9 des nobles avait cons]v le d]ni]1 qui tait1 dans l'orig9e1 un droit gnral sur t\s les fonds de la cit4 ,opposition des nobles et des plbi5s1 des sages et du vulgaire1 des citoy5s et des htes ou trang]s4--4 ,,iii4 ,de l'orig9e du c5s et du trsor public4 ,le c5s tait d'abord une r$evance t]ritoriale que les plbi5s payai5t aux nobles4 ,plus t>d il fut pay au trsor2 cette in/itution ari/ocratique dev9t a9si le pr9cipe de la dmocratie4 ,obs]vations sur l'hi/oire des doma9es4--4 ,,iv4 ,de l'orig9e des comices *ez les ,roma9s4 tymologie des mots ,curia1 ,quirites1 ,curetes4 ,rvolutions que subir5t les comices4--4 ,v4 ,corollaire3 c'e/ la div9e ,provid5ce qui rgle les socits1 et qui a ordonn le droit naturel des g5s4--4 ,,vi4 ,suite de la politique hroque4 ,la navigation e/ l'un des d]ni]s arts qui fur5t cultivs dans les temps hroques4 ,pirat]ies et c>actre inhospitali] des premi]s peuples4 ,leurs gu]res cont9uelles4--4 ,,vii4 ,corollaires relatifs aux antiquits roma9es4 ,le g\v]nem5t de ,rome fut1 dans son orig9e1 plus ari/ocratique que mon>*ique1 et malgr l'expulsion des rois1 il ne *angea po9t de c>actre1 jusqu' l'poque o les plbi5s acquir5t le droit des m>iages sol5nels et p>ticipr5t aux *>ges publiques4--4 ,,viii4 ,corollaire relatif l'hrosme des premi]s peuples4 ,il n'avait ri5 de la magnanimit1 du ds9tressem5t et de l'humanit1 dont le mot d'hrosme rappelle l'ide dans les temps mod]nes4 ,*apitre ,,vii4 ,,de ,,la ,,physique ,,po,,tique4--4 ,i4 ,de la physiologie potique4 ,les premi]s hommes rapportr5t div]ses p>ties du corps t\tes nos facults intellectuelles et morales4 ,note sur l'incapacit de gnralis]1 qui c>actrisait les premi]s hommes4--4 ,,ii4 ,corollaire relatif aux descriptions hroques4 ,les premi]s hommes rapportai5t aux c9q s5s les fonctions ext]nes de l'me4--4 ,,iii4 ,corollaire relatif aux moeurs hroques4 ,*apitre ,,viii4 ,,de ,,la ,,cosmographie ,,po,,tique4 ,elle fut proportionne aux ides troites des premi]s hommes4 ,*apitre ,,ix4 ,,de ,l',,a/ronomie ,,po,,tique4 ,le ciel1 que les hommes avai5t plac d'abord au sommet des montagnes1 s'leva peu--peu dans leur op9ion4 ,les dieux montr5t dans les plantes1 les hros dans les con/ellations4 ,*apitre ,x4 ,,de ,,la ,,*ronologie ,,po,,tique4 ,son po9t de d"p4 ,quatre espces d'ana*ronismes4 ,canon *ronologique1 p\r dt]m9] les comm5cem5s de l'hi/oire univ]selle1 antrieurem5t au rgne de ,n9us1 d'o elle "p ord9airem5t4 ,l'tude du dveloppem5t de la civilisation huma9e prte une c]titude n\velle aux calculs de la *ronologie4 ,*apitre ,,xi4 ,,de ,,la ,g,,ographie ,,po,,tique4--4 ,i4 ,les div]ses p>ties du monde anci5 ne fur5t d'abord que les p>ties du petit monde de la ,grce4 ,l',hesprie en tait la p>tie occid5tale1 etc4 ,il en dut tre de mme de la gographie des autres contres4 ,les hros qui pass5t p\r avoir fond des colonies lo9ta9es1 ,h]cule1 v&re1 ne1 etc41 ne sont que des expressions symboliques du c>actre des indignes qui fondr5t ces villes4--4 ,,ii4 ,des noms et descriptions des cits hroques4 ,s5s et drivs du mot ara4 ,,conclusion ,,de ,,ce ,,livre4 ,les potes ?ologi5s ont t le s5s 7ou le s5tim5t71 les philosophes ont t l'intellig5ce de l'humanit4 ,,livre ,,second4 ,,de ,,la ,,sagesse ,,po,,tique4 ,,*apitre ,,premi]4 ,,sujet ,,de ,,ce ,,livre4 4 ,i4 ,n\s avons dit dans les axiomes que t\tes les hi/oires des ,g5tils ont eu des comm5cem5s fabuleux1 que *ez les ,grecs qui n\s ont transmis t\t ce qui n\s re/e de l'antiquit paenne1 les premi]s sages fur5t les potes ?ologi5s1 enf9 que la nature veut qu'en t\te *ose les comm5cem5s soi5t grossi]s3 d'aprs ces donnes1 n\s p\vons prsum] que tels fur5t aussi les comm5cem5s de la sagesse potique4 ,cette haute e/ime dont elle a j\i jusqu' n\s e/ l'effet de la vanit des nations1 et surt\t de celle des savans4 ,de mme que ,man?on1 le gr& prtre d'gypte1 int]prta l'hi/oire fabuleuse des gypti5s p> une haute ?ologie naturelle1 les philosophes grecs donnr5t la leur une int]prtation philosophique4 ,un de leurs motifs tait sans d\te de dguis] l'infamie de ces fables1 mais ils en eur5t plusieurs autres encore4 ,le premi] fut leur respect p\r la religion3 *ez les ,g5tils1 t\te socit fut fonde p> les fables sur la religion4 ,le second motif fut leur ju/e admiration p\r l'ordre social qui en e/ rsult et qui ne p\vait tre que l'ouvrage d'une sagesse surnaturelle4 ,en troisime lieu1 ces fables tant clbres p\r leur sagesse et ent\res d'un respect religieux ouvrai5t mille r\tes aux re*]*es des philosophes1 et appelai5t leurs mditations sur les plus hautes que/ions de la philosophie4 ,quatrimem5t1 elles leur donnai5t la facilit d'expos] les ides philosophiques les plus sublimes en se s]vant des expressions des potes1 hritage heureux qu'ils avai5t recueilli4 ,un d]ni] motif1 assez puissant lui seul1 c'e/ la facilit que tr\vai5t les philosophes consacr] leurs op9ions p> l'autorit de la sagesse potique et p> la sanction de la religion4 ,de ces c9q motifs les deux premi]s et le d]ni] impliquai5t une l\ange de la sagesse div9e1 qui a ordonn le monde civil1 et un tmoignage que lui r5dai5t les philosophes1 mme au milieu de leurs erreurs4 ,le troisime et le quatrime tai5t autant d'artifices salutaires que p]mettait la ,provid5ce1 af9 qu'il se =mt des philosophes capables de la compr5dre et de la reconnatre p\r ce qu'elle e/1 un attribut du vrai ,dieu4 ,n\s v]rons d'un b\t l'autre de ce livre que t\t ce que les potes avai5t d'abord s5ti relativem5t la sagesse vulgaire1 les philosophes le comprir5t ensuite relativem5t une sagesse plus leve 7ripo/a72 de sorte qu'on appell]ait avec raison les premi]s le s5s1 les seconds l'intellig5ce du g5re huma94 ,on peut dire de l'espce ce qu',ari/ote dit de l'individu3 ,il n'y a ri5 dans l'intellig5ce qui n'ait t aup>avant dans le s5s2 c'e/--dire que l'esprit huma9 ne compr5d ri5 que les s5s ne lui ai5t donn aup>avant occasion de compr5dre4 ,l'intellig5ce1 p\r remont] au s5s tymologique1 int] leg]e1 intellig]e1 l'intellig5ce agit lorsqu'elle tire de ce qu'on a s5ti quelque *ose qui ne tombe po9t s\s les s5s4 4 ,,ii4 ,de la sagesse en gnral4 ,avant de trait] de la sagesse potique1 il e/ bon d'exam9] en gnral ce que c'e/ que sagesse4 ,la sagesse e/ la facult qui dom9e t\tes les doctr9es relatives aux sci5ces et aux arts dont se compose l'humanit4 ,platon df9it la sagesse la facult qui p]fectionne l'homme4 ,or l'homme1 en tant qu'homme1 a deux p>ties con/ituantes1 l'esprit et le coeur1 ou si l'on veut1 l'intellig5ce et la volont4 ,la sagesse doit dvelopp] en lui ces deux puissances -la-fois1 la seconde p> la premire1 de sorte que l'intellig5ce tant claire p> la connaissance des *oses les plus sublimes1 la volont fasse *oix des *oses les meilleures4 ,les *oses les plus sublimes en ce monde1 sont les connaissances que l'ent5dem5t et le raisonnem5t peuv5t n\s donn] relativem5t ,dieu2 les *oses les meilleures sont celles qui conc]n5t le bi5 de t\t le g5re huma92 les premires s'appell5t div9es1 les secondes huma9es2 la vritable sagesse doit donc donn] la connaissance des *oses div9es p\r conduire les *oses huma9es au plus gr& bi5 possible4 ,il e/ croire que ,v>ron1 qui mrita d'tre appel le plus docte des ,roma9s1 avait lev sur cette base son gr& ouvrage des *oses div9es et huma9es1 dont l'injure des temps n\s a privs4 ,n\s essai]ons dans ce livre de trait] le mme sujet1 autant que n\s le p]met la faiblesse de nos lumires et le peu d't5due de nos connaissances4 ,la sagesse comm5a *ez les ,g5tils p> la muse1 df9ie p> ,homre dans un passage trs rem>quable de l',odysse1 la sci5ce du bi5 et du mal2 cette sci5ce fut ensuite appele div9ation1 et c'e/ sur la df5se de cette div9ation1 de cette sci5ce du bi5 et du mal refuse l'homme p> la nature1 que ,dieu fonda la religion des ,hbreux1 d'o e/ sortie la ntre4 ,la muse fut donc proprem5t dans l'orig9e la sci5ce de la div9ation et des auspices1 laquelle fut la sagesse vulgaire de t\tes les nations1 comme n\s le dirons plus au long2 elle consi/ait contempl] ,dieu dons l'un de ses attributs1 dans sa ,provid5ce2 aussi1 de div9ation1 l'ess5ce de ,dieu a-t-elle t appele div9it4 ,n\s v]rons dans la suite que dans ce g5re de sagesse1 les sages fur5t les potes ?ologi5s1 qui1 n'en pas d\t]1 fondr5t la civilisation grecque4 ,les ,lat9s tirr5t de l l'usage d'appel] pr(esseurs de sagesse ceux qui pr(essai5t l'a/rologie judiciaire4--,ensuite la sagesse fut attribue aux hommes clbres p\r avoir donn des avis utiles au g5re huma92 tels fur5t les sept sages de la ,grce4--,plus t>d la sagesse passa dans l'op9ion aux hommes qui ordonn5t et g\v]n5t sagem5t les tats1 dans l'intrt des nations4--,plus t>d encore le mot sagesse v9t signifi] la sci5ce naturelle des *oses div9es1 c'e/--dire la mtaphysique1 qui *]*ant connatre l'intellig5ce de l'homme p> la contemplation de ,dieu1 doit t5ir ,dieu p\r le rgulateur de t\t bi51 puisqu'elle le reconnat p\r la s\rce de t\te vrit#cb4--;,enf9 la sagesse p>mi les ,hbreux et ensuite p>mi les ,*rti5s a dsign la sci5ce des vrits t]nelles rvles p> ,dieu2 sci5ce qui1 considre *ez les ,toscans comme sci5ce du vrai bi5 et du vrai mal1 reut peut-tre p\r cette cause son premi] nom1 sci5ce de la div9it4 ,note #cb3 ,en consqu5ce la mtaphysique doit ess5tiellem5t travaill] au bonheur du g5re huma9 dont la cons]vation ti5t au s5tim5t univ]sel qu'ont t\s les hommes d'une div9it d\ce de provid5ce4 ,c'e/ peut-tre p\r avoir dmontr cette provid5ce que ,platon a t surnomm le div94 ,la philosophie qui enlve ,dieu un tel attribut1 mrite mo9s le nom du philosophie et de sagesse que celui de folie4 7,vico74 ,d'aprs cela1 n\s di/+u]ons plus ju/e titre que ,v>ron1 trois espces de ?ologie3 ?ologie potique1 propre aux potes ?ologi5s1 et qui fut la ?ologie civile de t\tes les nations paennes2 ?ologie naturelle1 celle des mtaphysici5s2 la troisime1 qui dans la classification de ,v>ron e/ la ?ologie potique#cc1 e/ p\r n\s la ?ologie *rti5ne1 mle de la ?ologie civile1 de la naturelle1 et de la rvle1 la plus sublime des trois4 ,t\tes se runiss5t dans la contemplation de la ,provid5ce div9e2 cette ,provid5ce qui conduit la m>*e de l'humanit1 v\lut qu'elle "pt de la ?ologie potique qui rglait les actions des hommes d'aprs c]ta9s signes s5sibles1 pris p\r des av]tissem5s du ciel2 et que la ?ologie naturelle1 qui dmontre la ,provid5ce p> des raisons d'une nature immuable et au-dessus des s5s1 prp>t les hommes recevoir la ?ologie rvle1 p> l'effet d'une foi surnaturelle et suprieure aux s5s et t\s les raisonnem5s4 ,note #cc3 ,la ?ologie potique fut *ez les ,g5tils la mme que la ?ologie civile4 ,si ,v>ron la di/+ue de la ?ologie civile et de la ?ologie naturelle1 c'e/ que1 p>tageant l'erreur vulgaire qui place dans les fables les my/res d'une philosophie sublime1 il l'a crue mle de l'une et de l'autre4 7,vico74 4 ,,iii4 ,exposition et division de la sagesse potique4 ,puisque la mtaphysique e/ la sci5ce sublime qui rp>tit aux sci5ces subalt]nes les sujets dont elles doiv5t trait]1 puisque la sagesse des anci5s ne fut autre que celle des potes ?ologi5s1 puisque les orig9es de t\tes *oses sont naturellem5t grossires1 n\s devons *]*] le comm5cem5t de la sagesse potique dans une mtaphysique in=me4 ,d'une seule bran*e de ce tronc sortir5t1 en se sp>ant1 la logique1 la morale1 l'conomie et la politique potiques2 d'une autre bran*e sortit avec le mme c>actre potique la physique1 mre de la cosmographie1 et p> suite de l'a/ronomie1 laquelle la *ronologie et la gographie1 ses deux filles1 doiv5t leur c]titude4 ,n\s f]ons voir d'une manire claire et di/9cte comm5t les fondateurs de la civilisation paenne1 guids p> leur ?ologie naturelle1 ou mtaphysique1 imag9r5t les dieux2 comm5t p> leur logique ils tr\vr5t les langues1 p> leur morale produisir5t les hros1 p> leur conomie fondr5t les familles1 p> leur politique les cits2 comm5t p> leur physique1 ils donnr5t *aque *ose une orig9e div9e1 se crr5t eux-mmes en quelque sorte p> leur physiologie1 se fir5t un univ]s t\t de dieux p> leur cosmographie1 portr5t dans leur a/ronomie les plantes et les con/ellations de la t]re au ciel1 donnr5t comm5cem5t la srie des temps dans leur *ronologie1 enf9 dans leur gographie placr5t t\t le monde dans leur pays 7les ,grecs dans la ,grce1 et de mme des autres peuples74 ,a9si la ,sci5ce n\velle p\rra dev5ir une hi/oire des ides1 c\tumes et actions du g5re huma94 ,de cette triple s\rce n\s v]rons sortir les pr9cipes de l'hi/oire de la nature huma9e1 pr9cipes id5tiques avec ceux de l'hi/oire univ]selle qui sembl5t manqu] jusqu'ici4 ,,*apitre ,,ii4 ,,de ,,la ,m,,taphysique ,,po,,tique4 4 ,i4 ,orig9e de la posie1 de l'idoltrie1 de la div9ation et des sacrifices4 ,l'auteur tablit d'abord la c]titude du dluge univ]sel1 et de l'exi/5ce des gans4 ,les preuves les plus =tes qu'il allgue ont t dj nonces dans les axiomes #be1 #bf1 #bg4 ,voyez aussi le ,disc\rs prlim9aire4 ,c'e/ dans l'tat de /upidit f>\*e o se tr\vr5t les premi]s hommes1 que t\s les philosophes et les philologues devai5t pr5dre leur po9t de d"p p\r raisonn] sur la sagesse des ,g5tils4 ,ils devai5t int]rog] d'abord la sci5ce qui *]*e ses preuves1 non pas dans le monde extrieur1 mais dans l'me de celui qui la mdite1 je veux dire1 la mtaphysique4 ,ce monde social tant indubitablem5t l'ouvrage des hommes1 on p\vait en lire les pr9cipes dans les modifications de l'esprit huma94 ,la sagesse potique1 la premire sagesse du paganisme1 dut comm5c] p> une mtaphysique1 non po9t de raisonnem5t et d'ab/raction1 comme celle des esprits cultivs de nos j\rs1 mais de s5tim5t et d'imag9ation1 telle que p\vai5t la concevoir ces premi]s hommes1 qui n'tai5t que s5s et imag9ation sans raisonnem5t4 ,la mtaphysique dont je p>le1 c'tait leur posie1 facult qui naissait avec eux4 ,l'ignorance e/ mre de l'admiration2 ignorant t\t1 ils admirai5t vivem5t4 ,cette posie fut d'abord div9e3 ils rapportai5t des dieux la cause de ce qu'ils admirai5t4 ,voyez le passage de ,lactance 7axiome #ch74 ,les anci5s ,g]ma9s1 dit ,tacite1 ent5dai5t la nuit le soleil qui passait s\s la m] d'occid5t en ori5t2 ils affirmai5t aussi qu'ils voyai5t les dieux4 ,ma9t5ant encore les sauvages de l',amrique div9is5t t\t ce qui e/ au-del de leur faible capacit4 ,quelles que soi5t la simplicit et la grossiret de ces nations1 n\s devons prsum] que celles des premi]s hommes du paganisme allai5t bi5 au-del4 ,ils donnai5t aux objets de leur admiration une exi/5ce analogue leurs propres ides4 ,c'e/ ce que font prcism5t les enfans 7axiome #cg71 lorsqu'ils pr5n5t dans leurs jeux des *oses inanimes et qu'ils leur p>l5t comme des p]sonnes vivantes4 ,a9si ces premi]s hommes1 qui n\s reprs5t5t l'enfance du g5re huma91 crai5t eux-mmes les *oses d'aprs leurs ides4 ,mais cette cration diffrait inf9im5t de celle de ,dieu3 ,dieu dans sa pure intellig5ce connat les tres1 et les cre p> cela mme qu'il les connat2 les premi]s hommes1 puissans de leur ignorance1 crai5t leur manire p> la =ce d'une imag9ation1 si je puis dire1 t\te matrielle4 ,plus elle tait matrielle1 plus ses crations fur5t sublimes2 elles l'tai5t au po9t de tr\bl] l'excs l'esprit mme d'o elles tai5t sorties4 ,aussi les premi]s hommes fur5t appels potes1 c'e/--dire1 crateurs1 dans le s5s tymologique du mot grec4 ,leurs crations runir5t les trois c>actres qui di/+u5t la haute posie dans l'inv5tion des fables1 la sublimit1 la popul>it1 et la puissance d'motion qui la r5d plus capable d'atte9dre le b qu'elle se propose1 celui l'enseign] au vulgaire agir selon la v]tu4--,de cette facult orig9aire de l'esprit huma91 il e/ re/ une loi t]nelle3 les esprits une fois frapps de t]reur1 f+unt simul cr$unt que1 comme le dit si bi5 ,tacite4 ,tels dur5t se tr\v] les fondateurs de la civilisation paenne1 lorsqu'un sicle ou deux aprs le dluge1 la t]re dess*e =ma de n\veaux orages1 et que la f\dre se fit ent5dre4 ,alors sans d\te un petit nombre de gans disp]ss dans les bois1 v]s le sommet des montagnes1 fur5t p\vants p> ce phnomne dont ils ignorai5t la cause1 levr5t les yeux1 et rem>qur5t le ciel p\r la premire fois4 ,or1 comme en p>eille circon/ance1 il e/ dans la nature de l'esprit huma9 d'attribu] au phnomne qui le frappe1 ce qu'il tr\ve en lui-mme1 ces premi]s hommes1 dont t\te l'exi/5ce tait alors dans l'n]gie des =ces corporelles1 et qui exprimai5t la viol5ce extrme de leurs passions p> des murmures et des hurlem5s1 se figurr5t le ciel comme un gr& corps anim1 et l'appelr5t ,jupit]#cd4 ,ils prsumr5t que p> le fracas du tonn]re1 p> les clats de la f\dre1 ,jupit] v\lait leur dire quelque *ose2 et ils comm5cr5t se livr] la curiosit1 fille de l'ignorance et mre de la sci5ce qu'elle produit1 lorsque l'admiration a ouv]t l'esprit de l'homme4 ,ce c>actre e/ t\j\rs le mme dans le vulgaire2 voi5t-ils une comte1 une p>lie1 ou t\t autre phnomne cle/e1 ils s'inquit5t et dem&5t ce qu'il signifie 7axiome #ci74 ,obs]v5t-ils les effets tonnans de l'aimant mis en contact avec le f]2 ils ne manqu5t pas1 mme dans ce sicle de lumires1 de dcid] que l'aimant a p\r le f] une sympa?ie my/rieuse1 et ils font a9si de t\te la nature un va/e corps anim1 qui a ses s5tim5s et ses passions4 ,mais1 une poque si avance de la civilisation1 les esprits1 mme du vulgaire1 sont trop dta*s des s5s1 trop spiritualiss p> les nombreuses ab/ractions de nos langues1 p> l'art de l'criture1 p> l'habitude du calcul1 p\r que n\s puissions n\s =m] cette image prodigieuse de la nature passionne2 n\s disons bi5 ce mot de la b\*e1 mais n\s n'avons ri5 dans l'esprit4 ,comm5t p\rrions-n\s n\s replac] dans la va/e imag9ation de ces premi]s hommes dont l'esprit trang] t\te ab/raction1 t\te subtilit1 tait t\t m\ss p> les passions1 plong dans les s5s1 et comme enseveli dans la matire4 ,aussi1 n\s l'avons dj dit1 on compr5d pe9e auj\rd'hui1 mais on ne peut imag9] comm5t p5sai5t les premi]s hommes qui fondr5t la civilisation paenne4 ,note #cd3 ,avec l'ide d'un ,jupit]1 auquel ils attribur5t bi5tt une ,provid5ce1 naquit le droit1 jus1 appel i\s p> les ,lat9s1 et p> les anci5s ,grecs ,grec3 ,diaion1 cle/e1 du mot ,grec3 ,dios2 les ,lat9s dir5t galem5t sub dio1 et sub jove p\r exprim] s\s le ciel4 ,puis1 si l'on en croit ,platon dans son ,cratyle1 on sub/itua p> euphonie ,grec3 ,dikaion4 ,a9si t\tes les nations paennes ont contempl le ciel1 qu'elles considrai5t comme ,jupit]1 p\r en recevoir p> les auspices des lois1 des avis div9s2 ce qui pr\ve que le pr9cipe commun des socits a t la croyance une ,provid5ce div9e4 ,et p\r en comm5c] l'numration1 ,jupit] fut le ciel *ez les ,*aldens1 en ce s5s qu'ils croyai5t recevoir de lui la connaissance de l'av5ir p> l'obs]vation des aspects div]s et des m\vem5s des toiles1 et on nomma a/ronomie et a/rologie la sci5ce des lois qu'obs]v5t les a/res1 et celle de leur langage2 la d]nire fut prise dans le s5s d'a/rologie judiciaire1 et dans les lois roma9es ,*alden veut dire a/rologue4--,*ez les ,p]ses1 ,jupit] fut le ciel1 qui faisait connatre aux hommes les *oses ca*es2 ceux qui possdai5t cette sci5ce s'appelai5t ,mages1 et t5ai5t dans leurs rites une v]ge qui rpond au bton augural des ,roma9s4 ,ils s'en s]vai5t p\r trac] des c]cles a/ronomiques1 comme depuis les magici5s dans leurs en*antem5s4 ,le ciel tait p\r les ,p]ses le temple de ,jupit]1 et leurs rois1 imbus de cette op9ion1 dtruisai5t les temples con/ruits p> les ,grecs4--,les gypti5s confondai5t aussi ,jupit] et le ciel1 s\s le rapport de l'influ5ce qu'il avait sur les *oses sublunaires et des moy5s qu'il donnait de connatre l'av5ir2 de nos j\rs encore ils cons]v5t une div9ation vulgaire4--,mme op9ion *ez les ,grecs qui tirai5t du ciel des ,grec3 !rmata et des ,grec3 ma?mata1 en les contemplant des yeux du corps1 et en les obs]vant1 c'e/--dire1 en leur obissant comme aux lois de ,jupit]4 ,c'e/ du mot ,grec3 ma?mata1 que les a/rologues sont appels ma?matici5s dans les lois roma9es4--,quant la croyance des ,roma9s1 on connat le v]s d',ennius1 ,aspice hoc sublime cad5s1 quem omnes invocant jovem2 le pronom hoc e/ pris dans le s5s de coelum4 ,les ,roma9s disai5t aussi templa coeli1 p\r exprim] la rgion du ciel dsign p> les augures p\r pr5dre les auspices2 et p> drivation1 templum signifia t\t lieu dc\v]t o la vue ne r5contre po9t d'ob/acle 7neptunia templa1 la m] dans ,virgile74--,les anci5s ,g]ma9s1 selon ,tacite1 adorai5t leurs ,dieux dans des lieux sacrs qu'il appelle lucos et nemora1 ce qui indique sans d\te des clairires dans l'paisseur des bois4 ,l'glise eut beauc\p de pe9e leur faire ab&onn] cet usage 7,v4 ,concilia ,/anct5se et ,bra*>5se1 dans le recueil de ,b\*>d74 ,on en tr\ve encore auj\rd'hui des traces *ez les ,lapons et *ez les ,livoni5s4--,les ,p]ses disai5t simplem5t le ,sublime p\r dsign] ,dieu4 ,leurs temples n'tai5t que des coll9es dc\v]tes o l'on montait de deux cts p> d'imm5ses escali]s2 c'e/ dans la hauteur de ces coll9es qu'ils faisai5t consi/] leur magnific5ce4 ,t\s les peuples plac5t la beaut des temples dans leur lvation prodigieuse4 ,le po9t le plus lev s'appelait1 selon ,pausanias1 ,grec3 aetos l'aigle1 l'oiseau des auspices1 celui dont le vol e/ le plus lev4 ,de l peut tre p9n templorum1 p9n murorum1 et en d]ni] lieu1 aquil p\r les crneaux4 ,les ,hbreux adorai5t dans le tab]nacle le ,trs-,haut qui e/ au-dessus des cieux2 et p>t\t o le peuple de ,dieu t5dait ses conqutes1 ,mose ordonnait que l'on brlt les bois sacrs1 sanctuaires de l'idoltrie4--,*ez les *rti5s mmes1 plusieurs nations dis5t le ciel p\r ,dieu4 ,les ,franais et les ,itali5s dis5t fasse le ciel1 j'espre dans les sec\rs du ciel2 il en e/ de mme en espagnol4 ,les franais dis5t bleu p\r le ciel1 dans une espce de s]m5t p> bleu1 et dans ce blasphme impie morbleu 7c'e/--dire meure le ciel1 en pr5ant ce mot dans le s5s de ,dieu47 ,n\s v5ons de donn] un essai du vocabulaire dont on a p>l dans les axiomes #ac et #bb4 7,vico74 99 99 99 ,c'e/ a9si que les premi]s potes ?ologi5s inv5tr5t la premire fable div9e1 la plus sublime de t\tes celles qu'on imag9a2 c'e/ ce ,jupit] roi et pre des hommes et des dieux1 dont la ma9 lance la f\dre2 image si populaire1 si capable d'm\voir les esprits1 et d'ex]c] sur eux une influ5ce morale1 que les inv5teurs eux-mmes crur5t sa ralit1 la r$\tr5t et l'honorr5t avec des rites affreux4 ,p> un effet de ce c>actre de l'esprit huma9 que n\s avons rem>qu d'aprs ,tacite 7mobiles ad sup]/itionem p]culs semel m5tes1 axiome #bc71 dans t\t ce qu'ils ap]cevai5t1 imag9ai5t1 ou faisai5t eux-mmes1 ils ne vir5t que ,jupit]1 animant a9si l'univ]s dans t\te l't5due qu'ils p\vai5t concevoir4 ,c'e/ a9si qu'il faut ent5dre dans l'hi/oire de la civilisation le ,jovis omnia pl5a2 c'e/ ce ,jupit] que ,platon prit p\r l'!r1 qui pntre et remplit t\tes *oses2 mais les premi]s hommes ne plaai5t pas leur ,jupit] plus haut que la cime des montagnes1 comme n\s le v]rons bi5tt4 ,comme ils p>lai5t p> signes1 ils crur5t d'aprs leur propre nature que le tonn]re et la f\dre tai5t les signes de ,jupit]4 ,c'e/ de nu]e1 faire signe1 que la volont div9e fut plus t>d appele num52 ,jupit] comm&ait p> signes1 ide sublime1 digne expression de la maje/ div9e4 ,ces signes tai5t1 si je l'ose dire1 des p>oles relles1 et la nature entire tait la langue de ,jupit]4 ,t\tes les nations paennes crur5t possd] cette langue dans la div9ation1 laquelle fut appele p> les ,grecs ?ologie1 c'e/--dire1 sci5ce du langage des dieux4 ,a9si ,jupit] acquit ce regnum fulm9is1 p> lequel il e/ le roi des hommes et des dieux4 ,il reut alors deux titres1 optimus dans le s5s de trs =t 7de mme que *ez les anci5s lat9s1 =tis eut le mme s5s que bonus dans des temps plus mod]nes72 et maximus1 d'aprs l't5due de son corps1 aussi va/e que le ciel4 ,de l tant de ,jupit]s dont le nombre tonne les philologues2 *aque nation paenne eut le si54 ,orig9airem5t ,jupit] fut en posie un c>actre div91 un g5re cr p> l'imag9ation plutt que p> l'intellig5ce 7univ]sale fanta/ico71 auquel t\s les peuples paens rapportai5t les *oses relatives aux auspices4 ,ces peuples1 dur5t tre t\s potes1 puisque la sagesse potique comm5a p> cette mtaphysique potique qui contemple ,dieu dans l'attribut de sa ,provid5ce1 et les premi]s hommes s'appelr5t potes ?ologi5s1 c'e/--dire sages qui ent5d5t le langage des dieux1 exprim p> les auspices de ,jupit]4 ,ils fur5t surnomms div9s1 dans le s5s du mot dev9s1 qui vi5t de div9>i1 dev9]1 prdire4 ,cette sci5ce fut appele muse1 expression qu',homre n\s df9it p> la sci5ce du bi5 et du mal1 qui n'e/ autre que la div9ation#ce4 ,c'e/ encore1 d'aprs cette ?ologie my/ique que les potes fur5t appels p> les ,grecs1 ,grec3 mu/ai1 qu',horace traduit =t bi5 p> les int]prtes des dieux1 lesquels expliquai5t les div9s my/res des auspices et des oracles4 ,t\te nation paenne eut une sybille qui possdait cette sci5ce2 on en a compt jusqu' d\ze4 ,les sybilles et les oracles sont les *oses les plus anci5nes dont n\s p>le le paganisme4 ,note #ce3 ,la df5se de la div9ation faite p> ,dieu son peuple fut le fondem5t de la vritable religion4 7,vico74 99 99 99 ,t\t ce qui vi5t d'tre dit s'accorde donc avec le mot clbre1 4 4 4 4 ,la cra9te seule a fait les premi]s dieux2 mais les hommes ne s'inspirr5t pas cette cra9te les uns aux autres2 ils la dur5t leur propre imag9ation 7ce qui rpond l'axiome3 les fausses religions sont nes de la crdulit et non de l'impo/ure74 ,cette orig9e de l'idoltrie tant dmontre1 celle de la div9ation l'e/ aussi2 ces deux soeurs naquir5t en mme temps4 ,les sacrifices en fur5t une consqu5ce immdiate1 puisqu'on les faisait p\r procur>e 7c'e/--dire p\r bi5 ent5dre7 les auspices4 ,ce qui n\s pr\ve que la posie a d natre a9si1 c'e/ ce c>actre t]nel et s+uli] qui lui e/ propre3 le sujet propre la posie c'e/ l'impossible1 et p\rtant le croyable 7impossibile cr$ibile74 ,il e/ impossible que la matire soit esprit1 et p\rtant l'on a cru que le ciel1 d'o semblait p>tir la f\dre1 tait ,jupit]4 ,voil encore p\rquoi les potes aim5t tant *ant] les prodiges oprs p> les magici5nes dans leurs en*antem5s2 cette disposition d'esprit peut tre rapporte au s5tim5t in/9ctif de la t\te-puissance de ,dieu1 qu'ont en eux les hommes de t\tes les nations4 ,les vrits que n\s v5ons d'tablir r5v]s5t t\t ce qui a t dit sur l'orig9e de la posie1 depuis ,ari/ote et ,platon jusqu'aux ,scalig] et aux ,ca/elvetro4 ,n\s l'avons montr1 c'e/ p> un effet de la faiblesse du raisonnem5t de l'homme1 que la posie s'e/ tr\ve si sublime sa naissance1 et qu'avec t\s les sec\rs de la philosophie1 de la potique et de la critique1 qui sont v5ues plus t>d1 on n'a jamais pu1 je ne dirai po9t surpass]1 mais gal] son premi] essor#cf4 ,cette dc\v]te de l'orig9e de la posie dtruit le prjug commun sur la pr(ondeur de la sagesse antique1 laquelle les mod]nes devrai5t dsespr] d'atte9dre1 et dont t\s les philosophes depuis ,platon jusqu' ,bacon ont tant s\hait de pntr] le secret4 ,elle n'a t autre *ose qu'une sagesse vulgaire de lgislateurs qui fondai5t l'ordre social1 et non po9t une sagesse my/rieuse sortie du gnie de philosophes pr(onds4 ,aussi1 comme on le voit dj p> l'exemple tir de ,jupit]1 t\s les s5s my/iques d'une haute philosophie attribus p> les savans aux fables grecques et aux hiroglyphes gypti5s1 p>atront aussi *oquans que le s5s hi/orique se tr\v]a facile et naturel4 ,note #cf3 ,voil p\rquoi ,homre se tr\ve le premi] de t\s les potes du g5re hroque1 le plus sublime de t\s1 dans l'ordre du mrite comme dans celui du temps4 7,vico74 4 ,,ii4 ,,corollaires ,relatifs aux pr9cipaux aspects de la sci5ce n\velle4 #a4 ,on peut conclure de t\t ce qui prcde que1 con=mm5t au premi] pr9cipe de la ,sci5ce n\velle1 dvelopp dans le *apitre de la ,m?ode 7l'homme n'esprant plus aucun sec\rs de la nature1 appelle de ses dsirs quelque *ose de surnaturel qui puisse le sauv]71 la ,provid5ce p]mit que les premi]s hommes tombass5t dans l'erreur de cra9dre une fausse div9it1 un ,jupit] auquel ils attribuai5t le p\voir de les f\droy]4 ,au milieu des nues de ces premi]s orages1 la lueur de ces clairs1 ils ap]ur5t cette gr&e vrit1 que la ,provid5ce veille la cons]vation du g5re huma94 ,aussi1 s\s un de ses pr9cipaux aspects1 la ,sci5ce n\velle e/ d'abord une ?ologie civile1 une explication raisonne de la m>*e suivie p> la ,provid5ce2 et cette ?ologie comm5a p> la sagesse vulgaire des lgislateurs qui fondr5t les socits1 en pr5ant p\r base la croyance d'un ,dieu d\ de provid5ce2 elle s'a*eva p> la sagesse plus leve 7ripo/a7 des philosophes qui dmontr5t la mme vrit p> des raisonnem5s1 dans leur ?ologie naturelle4 #b4 ,un autre aspect pr9cipal de la sci5ce n\velle1 c'e/ une philosophie de la proprit 7ou autorit dans le s5s primitif o les d\ze tables pr5n5t ce mot#cg74 ,la premire proprit fut div9e3 ,dieu s'appropria les premi]s hommes peu nombreux1 qu'il tira de la vie sauvage p\r comm5c] la vie sociale4--,la seconde proprit fut huma9e1 et dans le s5s le plus exact2 elle consi/a p\r l'homme dans la possession de ce qu'on ne peut lui t] sans l'anantir1 dans le libre usage de sa volont4 ,p\r l'intellig5ce1 ce n'e/ qu'une puissance passive sujette la vrit4 ,les hommes comm5cr5t1 ds ce mom5t1 ex]c] leur lib]t en rprimant les impulsions passionnes du corps1 de manire les t\ff] ou les mieux dirig]1 ef=t qui c>actrise les ag5s libres4 ,le premi] acte libre des hommes fut d'ab&onn] la vie vagabonde qu'ils m5ai5t dans la va/e =t qui c\vrait la t]re1 et de s'acc\tum] une vie sd5taire1 si oppose leurs habitudes4--,le troisime g5re de proprit fut celle de droit naturel4 ,les premi]s hommes qui ab&onnai5t la vie vagabonde occupr5t des t]res et y re/r5t long-temps2 ils en dev9r5t seigneurs p> droit d'occupation et de longue possession4 ,c'e/ l'orig9e de t\s les doma9es4 ,note #cg3 ,on cont9ua appel] dans le droit1 nos auteurs1 ceux dont n\s t5ons un droit une proprit4 7,vico74 ,cette philosophie de la proprit suit naturellem5t la ?ologie civile dont n\s p>lions4 claire p> les preuves que lui f\rnit la ?ologie civile1 elle claire elle-mme avec celles qui lui sont propres1 les preuves que la philologie tire de l'hi/oire et des langues2 trois sortes de preuves qui ont t numres dans le *apitre de la m?ode4 ,introduisant la c]titude dans le doma9e de la lib]t huma9e1 dont l'tude e/ si inc]ta9e de sa nature1 elle claire les tnbres de l'antiquit1 et donne =me de sci5ce la philologie4 #c4 ,le troisime aspect e/ une hi/oire des ides huma9es4 ,de mme que la mtaphysique potique s'e/ divise en plusieurs sci5ces subalt]nes1 potiques comme leur mre1 cette hi/oire des ides n\s donn]a l'orig9e in=me des sci5ces pratiques cultives p> les nations1 et des sci5ces spculatives tudies de nos j\rs p> les savans4 #d4 ,le quatrime aspect e/ une critique philosophique qui nat de l'hi/oire des ides m5tionne ci-dessus4 ,cette critique *]*e ce que l'on doit croire sur les fondateurs1 ou auteurs des nations1 lesquels doiv5t prcd] de plus de mille ans les auteurs de livres1 qui e/ l'objet de la critique philologique4 #e4 ,le c9quime aspect e/ une hi/oire idale t]nelle dans laquelle t\rn5t les hi/oires relles de t\tes les nations4 ,de quelque tat de b>b>ie et de frocit que p>t5t les hommes p\r se civilis] p> l'influ5ce des religions1 les socits comm5c5t1 se dvelopp5t et f9iss5t d'aprs des lois que n\s exam9]ons dans ce second livre1 et que n\s retr\v]ons au livre ,,iv o n\s suivons la m>*e des socits1 et au livre ,v o n\s obs]vons le ret\r des *oses huma9es4 #f4 ,le sixime aspect e/ un sy/me du droit naturel des g5s4 ,c'tait avec le comm5cem5t des peuples1 que ,grotius1 ,seld5 et ,puff5dorf devai5t comm5c] leurs sy/mes 7axiome #ajf3 les sci5ces doiv5t pr5dre p\r po9t de d"p l'poque o comm5ce le sujet dont elles trait5t74 ,ils se sont g>s t\s trois1 p>ce qu'ils ne sont p>tis que du milieu de la r\te4 ,je veux dire qu'ils suppos5t d'abord un tat de civilisation o les hommes s]ai5t dj clairs p> une raison dveloppe1 tat dans lequel les nations ont produit les philosophes qui se sont levs jusqu' l'idal de la ju/ice4 ,en premi] lieu1 ,grotius procde indp5damm5t du pr9cipe d'une ,provid5ce1 et prt5d que son sy/me donne un degr n\veau de prcision t\te connaissance de ,dieu4 ,aussi t\tes ses attaques contre les jurisconsultes roma9s port5t faux1 puisqu'ils ont pris p\r pr9cipe la ,provid5ce div9e1 et qu'ils ont v\lu trait] du droit naturel des g5s1 et non po9t du droit naturel des philosophes1 et des ?ologi5s morali/es4--,ensuite vi5t ,seld51 dont le sy/me suppose la ,provid5ce4 ,il prt5d que le droit des enfans de ,dieu s't5dit t\tes les nations1 sans faire att5tion au c>actre inhospitali] des premi]s peuples1 ni la division tablie entre les ,hbreux et les ,g5tils2 sans obs]v] que les ,hbreux ayant p]du de vue leur droit naturel dans la s]vitude d'gypte1 il fallut que ,dieu lui-mme le leur rappelt en leur donnant sa loi sur le mont ,s9a4 ,il oublie que ,dieu1 dans sa loi1 df5d jusqu'aux p5ses inju/es1 *ose dont ne s'emb>rassr5t jamais les lgislateurs mortels4 ,comm5t peut-il pr\v] que les ,hbreux ont transmis aux ,g5tils leur droit naturel1 contre l'aveu magnanime de ,josephe1 contre la rflexion de ,lactance cit plus haut8 ,ne connat-on pas enf9 la ha9e des ,hbreux contre les ,g5tils1 ha9e qu'ils cons]v5t encore auj\rd'hui dans leur disp]sion8--,quant ,puff5dorf1 il comm5ce son sy/me p> jet] l'homme dans le monde1 sans so9 ni sec\rs de ,dieu4 ,en va9 il essaie d'excus] dans une diss]tation p>ticulire cette hypo?se picuri5ne4 ,il ne peut pas dire le premi] mot en fait de droit1 sans pr5dre la ,provid5ce p\r pr9cipe#ch4--,p\r n\s1 p]suads que l'ide du droit et l'ide d'une ,provid5ce naquir5t en mme temps1 n\s comm5ons p>l] du droit en p>lant de ce mom5t o les premi]s auteurs des nations conur5t l'ide de ,jupit]4 ,ce droit fut d'abord div91 dans ce s5s qu'il tait int]prt p> la div9ation1 sci5ce des auspices de ,jupit]2 les auspices fur5t les *oses div9es1 au moy5 desquelles les nations paennes rglai5t t\tes les *oses huma9es1 et la runion des unes et des autres =me le sujet de la jurisprud5ce4 ,note #ch3 ,n\s rappro*]ons de ce passage celui qui y correspond dans la premire dition3 ,grotius prt5d que son sy/me peut se pass] de l'ide de la ,provid5ce4 ,cep5dant sans religion les hommes ne s]ai5t pas runis en nations4444 ,po9t de physique sans ma?matique2 po9t de morale ni de politique sans mtaphysique1 c'e/--dire sans dmon/ration de ,dieu4--,il suppose le premi] homme bon1 p>ce qu'il n'tait pas mauvais4 ,il compose le g5re huma9 sa naissance d'hommes simples et dbonnaires1 qui aurai5t t p\sss p> l'intrt la vie sociale2 c'e/ dans le fait l'hypo?se d'picure4 ,puis vi5t ,seld51 qui appuie son sy/me sur le petit nombre de lois que ,dieu dicta aux enfans de ,no4 ,mais ,sem fut le seul qui p]svra dans la religion du ,dieu d',adam4 ,lo9 de fond] un droit commun ses desc5dans et ceux de ,*am et de ,japhet1 on p\rrait dire plutt qu'il fonda un droit exclusif1 qui fit plus t>d di/+u] les ,juifs des ,g5tils444 ,puff5dorf1 en jetant l'homme dans le monde sans sec\rs de la ,provid5ce1 has>de une hypo?se digne d'picure1 ou plutt de ,hobbes4444 c>tant a9si la ,provid5ce1 ils ne p\vai5t dc\vrir les s\rces de t\t ce qui a rapport l'conomie du droit naturel des g5s1 ni celles des religions1 des langues et des lois1 ni celles de la paix et de la gu]re1 des traits1 etc4 ,de l deux erreurs capitales4 #a4 ,d'abord ils croi5t que leur droit naturel1 fond sur les ?ories des philosophes1 des ?ologi5s1 et sur quelques-unes de celles des jurisconsultes1 et qui e/ t]nel dans son ide ab/raite1 a d tre aussi t]nel dans l'usage et dans la pratique des nations4 ,les jurisconsultes roma9s raisonn5t mieux en considrant ce droit naturel comme ordonn p> la ,provid5ce1 et comme t]nel en ce s5s1 que sorti des mmes orig9es que les religions1 il passe comme elles p> diffr5s ges1 jusqu' ce que les philosophes vi5n5t le p]fectionn] et le complt] p> des ?ories fondes sur l'ide de la ju/ice t]nelle4 #b4 ,leurs sy/mes n'embrass5t pas la moiti du droit naturel des g5s4 ,ils p>l5t de celui qui reg>de la cons]vation du g5re huma91 et ils ne dis5t ri5 de celui qui a rapport la cons]vation des peuples en p>ticuli]4 ,cep5dant c'e/ le droit naturel tabli sp>m5t dans *aque cit qui a prp> les peuples reconnatre1 ds leurs premires communications1 le s5s commun qui les unit1 de sorte qu'ils donnass5t et r$uss5t des lois con=mes t\te la nature huma9e1 et les respectass5t comme dictes p> la ,provid5ce4 7,vico74 #g4 ,considre s\s le d]ni] de ses pr9cipaux aspects1 la ,sci5ce n\velle n\s donn]a les pr9cipes et les orig9es de l'hi/oire univ]selle1 en p>tant de l'ge appel p> les gypti5s ge des ,dieux1 p> les ,grecs1 ge d'or4 ,faute de connatre la *ronologie raisonne de l'hi/oire potique1 on n'a pu saisir jusqu'ici l'en*anem5t de t\te l'hi/oire du monde paen4 ,,*apitre ,,iii4 ,,de ,,la ,,logique ,,po,,tique4 ,i4 ,la mtaphysique1 a9si nomme lorsqu'elle contemple les *oses dans t\s les g5res de l'tre1 devi5t logique lorsqu'elle les considre dans t\s les g5res d'expressions p> lesquelles on les dsigne2 de mme la posie a t considre p> n\s comme une mtaphysique potique1 dans laquelle les potes ?ologi5s prir5t la plup>t des *oses matrielles p\r des tres div9s2 la mme posie1 occupe ma9t5ant d'exprim] l'ide de ces div9its1 s]a considre comme une logique potique4 ,logique vi5t de ,grec3 logos4 ,ce mot1 dans son premi] s5s1 dans son s5s propre1 signifia fable 7qui a pass dans l'itali5 favella1 langage1 disc\rs72 la fable1 *ez les ,grecs1 se dit aussi ,grec3 my?os1 d'o les lat9s tirr5t le mot mutus2 en effet1 dans les temps muets1 le disc\rs fut m5tal2 aussi ,grec3 logos signifie ide et p>ole4 ,une telle langue conv5ait des ges religieux 7les religions veul5t tre rvres en sil5ce1 et non pas raisonnes74 ,elle dut comm5c] p> des signes1 des ge/es1 des indications matrielles dans un rapport naturel avec les ides3 aussi ,grec3 logos1 p>ole1 eut en outre *ez les ,hbreux le s5s d'action1 *ez les ,grecs celui de *ose4 ,grec3 ,my?os a t aussi df9i un rcit vritable1 un langage vritable#ci4 ,p> vritable1 il ne faut pas ent5dre ici con=me la nature des *oses1 comme dut l'tre la langue sa9te1 enseigne ,adam p> ,dieu mme4 ,note #ci3 ,c'e/ cette langue naturelle que les hommes ont p>le autrefois1 selon ,platon et ,jamblique4 ,platon a dev9 plutt que dc\v]t cette vrit4 ,del l'inutilit de ses re*]*es dans le ,cratylo1 del les attaques d',ari/ote et de ,gall54 7,vico74 ,la premire langue que les hommes se fir5t eux-mmes fut t\te d'imag9ation1 et eut p\r signes les sub/ances mme qu'elle animait1 et que le plus s\v5t elle div9isait4 ,a9si ,jupit]1 ,cyble1 ,neptune1 tai5t simplem5t le ciel1 la t]re1 la m]1 que les premi]s hommes1 muets encore1 exprimai5t en les montrant du doigt1 et qu'ils imag9ai5t comme des tres anims1 comme des dieux2 avec les noms de ces trois div9its1 ils exprimai5t t\tes les *oses relatives au ciel1 la t]re1 la m]4 ,il en tait de mme des autres dieux3 ils rapportai5t t\tes les fleurs ,flore1 t\s les fruits ,pomone4 ,n\s suivons encore une m>*e analogue celle de ces premi]s hommes1 mais c'e/ l'g>d des *oses intellectuelles1 telles que les facults de l'me1 les passions1 les v]tus1 les vices1 les sci5ces1 les arts2 n\s n\s en =mons ord9airem5t l'ide comme d'autant de femmes 7la ju/ice1 la posie1 etc471 et n\s ram5ons ces tres fanta/iques t\tes les causes1 t\tes les proprits1 t\s les effets des *oses qu'ils dsign5t4 ,c'e/ que n\s ne p\vons expos] au-dehors les *oses intellectuelles cont5ues dans notre ent5dem5t1 sans tre seconds p> l'imag9ation1 qui n\s aide les expliqu] et les pe9dre s\s une image huma9e4 ,les premi]s hommes 7les potes ?ologi5s71 encore incapables d'ab/raire1 fir5t une *ose t\te contraire1 mais plus sublime3 ils donnr5t des s5tim5s et des passions aux tres matriels1 et mme aux plus t5dus de ces tres1 au ciel1 la t]re1 la m]4 ,plus t>d1 la puissance d'ab/raire se =tifiant1 ces va/es imag9ations se ress]rr5t1 et les mmes objets fur5t dsigns p> les signes les plus petits2 ,jupit]1 ,neptune et ,cyble dev9r5t si petits1 si lg]s1 que le premi] vola sur les ailes d'un aigle1 le second c\rut sur la m] port dans un m9ce coquillage1 et la troisime fut assise sur un lion4 ,les =mes my?ologiques 7mitologie7 doiv5t donc tre1 comme le mot l'indique1 le langage propre des fables2 les fables tant autant de g5res dans la langue de l'imag9ation 7g5]i fanta/ici71 les =mes my?ologiques sont des allgories qui y rpond5t4 ,*acune compr5d s\s elle plusieurs espces ou plusieurs individus4 ,a*ille e/ l'ide de la valeur1 commune t\s les vaillans2 ,ulysse1 l'ide de la prud5ce commune t\s les sages4 4 ,,ii4 ,,corollaires ,relatifs aux tropes1 aux mtamorphoses potiques et aux mon/res des potes4 #a4 ,t\s les premi]s tropes sont autant de corollaires de cette logique potique4 ,le plus brillant1 et p\r cela mme le plus frqu5t et le plus ncessaire1 c'e/ la mtaphore4 ,jamais elle n'e/ plus appr\ve que lorsqu'elle prte du s5tim5t et de la passion aux *oses ins5sibles1 en v]tu de cette mtaphysique p> laquelle les premi]s potes animr5t les corps sans vie1 et les d\r5t de t\t ce qu'ils avai5t eux-mmes1 de s5tim5t et de passion2 si les premires fables fur5t a9si cres1 t\te mtaphore e/ l'abrg d'une fable4--,ceci n\s donne un moy5 de jug] du temps o les mtaphores fur5t introduites dans les langues4 ,t\tes les mtaphores tires p> analogie des objets corporels p\r signifi] des ab/ractions1 doiv5t dat] de l'poque o le j\r de la philosophie a comm5c luire2 ce qui le pr\ve1 c'e/ qu'en t\te langue les mots ncessaires aux arts de la civilisation1 aux sci5ces les plus sublimes1 ont des orig9es agre/es4 ,il e/ digne d'obs]vation que1 dans t\tes les langues1 la plus gr&e p>tie des expressions relatives aux *oses inanimes sont tires p> mtaphore1 du corps huma9 et de ses p>ties1 ou des s5tim5s et passions huma9es4 ,a9si tte1 p\r cime1 ou comm5cem5t1 b\*e p\r t\te ouv]ture1 d5ts d'une *>rue1 d'un rteau1 d'une scie1 d'un peigne1 langue de t]re1 gorge d'une montagne1 une poigne p\r un petit nombre1 bras d'un fleuve1 coeur p\r le milieu1 ve9e d'une m9e1 entrailles de la t]re1 cte de la m]1 *air d'un fruit2 le v5t siffle1 l'onde murmure1 un corps gmit s\s un gr& poids4 ,les lat9s disai5t sitire agros1 labor>e fructus1 luxuri>i segetes2 et les ,itali5s dis5t &> 9 amore le pi5te1 &> 9 pazzia le viti1 lagrim>e gli orni1 et fronte1 spalle1 oc*i1 b>be1 collo1 gamba1 pi$e1 pianta1 appliqus des *oses inanimes4 ,on p\rrait tir] d'innombrables exemples de t\tes les langues4 ,n\s avons dit dans les axiomes1 que l'homme ignorant se pr5ait lui-mme p\r rgle de l'univ]s2 dans les exemples cits ci-dessus1 il se fait de lui-mme un univ]s enti]4 ,de mme que la mtaphysique de la raison n\s enseigne que p> l'intellig5ce l'homme devi5t t\s les objets 7homo intellig5do fit omnia71 la mtaphysique de l'imag9ation n\s dmontre ici que l'homme devi5t t\s les objets faute d'intellig5ce 7homo non intellig5do fit omnia72 et peut-tre le second axiome e/-il plus vrai que le premi]1 puisque l'homme1 dans l'ex]cice de l'intellig5ce1 t5d son esprit p\r saisir les objets1 et que1 dans la privation de l'intellig5ce1 il fait t\s les objets de lui-mme1 et p> cette trans=mation devi5t lui seul t\te la nature4 #b4 ,dans une telle logique1 rsultant elle-mme d'une telle mtaphysique1 les premi]s potes devai5t tir] les noms des *oses d'ides s5sibles et plus p>ticulires2 voil les deux s\rces de la mtonymie et de la synecdoque4 ,en effet1 la mtonymie du nom de l'auteur pris p\r celui de l'ouvrage1 v9t de ce que l'auteur tait plus s\v5t nomm que l'ouvrage2 celle du sujet pris p\r sa =me et ses accid5s v9t de l'incapacit d'ab/raire du sujet les accid5s et la =me4 ,celles de la cause p\r l'effet sont autant de petites fables2 les hommes s'imag9r5t les causes comme des femmes qu'ils revtai5t de leurs effets3 a9si l'affreuse pauvret1 la tri/e vieillesse1 la ple mort4 #c4 ,la synecdoque fut employe ensuite1 mesure que l'on s'leva des p>ticul>its aux gnralits1 ou que l'on runit les p>ties p\r compos] leurs enti]s4 ,le nom de mortel fut d'abord rs]v aux hommes1 seuls tres dont la condition mortelle dt se faire rem>qu]4 ,le mot tte fut pris p\r l'homme1 dont elle e/ la p>tie la plus capable de frapp] l'att5tion4 ,homme e/ une ab/raction qui compr5d gnriquem5t le corps et t\tes ses p>ties1 l'intellig5ce et t\tes les facults intellectuelles1 le coeur et t\tes les habitudes morales4 ,il tait naturel que dans l'orig9e tignum et culm5 signifiass5t au propre une p\tre et de la paille2 plus t>d1 lorsque les cits s'embellir5t1 ces mots signifir5t t\t l'difice4 ,de mme le toit p\r la maison entire1 p>ce qu'aux premi]s temps on se cont5tait d'un abri p\r t\te habitation4 ,a9si puppis1 la p\pe1 p\r le vaisseau1 p>ce que cette p>tie la plus leve du vaisseau e/ la premire qu'on voit du rivage2 et *ez les mod]nes on a dit une voile1 p\r un vaisseau4 ,mucro1 la po9te1 p\r l'pe2 ce d]ni] mot e/ ab/rait et compr5d gnriquem5t la pomme1 la g>de1 le tran*ant et la po9te2 ce que les hommes rem>qur5t d'abord1 ce fut la po9te qui les effrayait4 ,on prit encore la matire p\r l'ensemble de la matire et de la =me3 p> exemple1 le f] p\r l'pe2 c'e/ qu'on ne savait pas encore ab/raire la =me de la matire4 ,cette figure mle de mtonymie et de synecdoque1 t]tia messis erat1 c'tait la troisime moisson1 fut1 sans aucun d\te1 employe d'abord naturellem5t et p> ncessit2 il fallait plus de mille ans p\r que le t]me a/ronomique anne pt tre inv5t4 ,dans le pays de ,flor5ce1 on dit t\j\rs1 p\r dsign] un espace de dix ans1 n\s avons moissonn dix fois4--,ce v]s1 o se tr\v5t runies une mtonymie et deux synecdoques1 ,po/ aliquot mea regna vid5s mirabor ari/as1 n'accuse que trop l'impuissance d'expression qui c>actrisa les premi]s ges4 ,p\r dire tant d'annes1 on disait tant d'pis1 ce qui e/ encore plus p>ticuli] que moissons4 ,l'expression n'indiquait que l'indig5ce des langues1 et les grammairi5s y ont cru voir l'ef=t de l'art4 #d4 ,l'ironie ne peut c]ta9em5t pr5dre naissance que dans les temps o l'on rfl*it4 ,en effet1 elle consi/e dans un m5songe rfl*i qui pr5d le masque de la vrit4 ,ici n\s app>at un gr& pr9cipe qui confirme notre dc\v]te de l'orig9e de la posie2 c'e/ que les premi]s hommes des nations paennes ayant eu la simplicit1 l'+nuit de l'enfance1 les premires fables ne pur5t cont5ir ri5 de faux1 et fur5t ncessairem5t1 comme elles ont t df9ies1 des rcits vritables4 #e4 ,p> t\tes ces raisons1 il re/e dmontr que les tropes1 qui se rduis5t t\s aux quatre espces que n\s avons nommes1 ne sont po9t1 comme on l'avait cru jusqu'ici1 l'+nieuse inv5tion des criva9s1 mais des =mes ncessaires dont t\tes les nations se sont s]vies dans leur ge potique p\r exprim] leurs p5ses1 et que ces expressions1 leur orig9e1 ont t employes dans leur s5s propre et naturel4 ,mais1 mesure que l'esprit huma9 se dveloppa1 mesure que l'on tr\va les p>oles qui signifi5t des =mes ab/raites1 ou des g5res compr5ant leurs espces1 ou unissant les p>ties en leurs enti]s1 les expressions des premi]s hommes dev9r5t des figures4 ,a9si1 n\s comm5ons branl] ces deux erreurs communes des grammairi5s1 qui reg>d5t le langage des prosateurs comme propre1 celui des potes comme impropre2 et qui croi5t que l'on p>la d'abord en prose1 et ensuite en v]s4 #f4 ,les mon/res1 les mtamorphoses potiques1 fur5t le rsultat ncessaire de cette incapacit d'ab/raire la =me et les proprits d'un sujet1 c>actre ess5tiel aux premi]s hommes1 comme n\s l'avons pr\v dans les axiomes4 ,guids p> leur logique grossire1 ils devai5t mettre ensemble des sujets1 lorsqu'ils v\lai5t mettre ensemble des =mes1 ou bi5 dtruire un sujet p\r sp>] sa =me premire de la =me oppose qui s'y tr\vait jo9te4 #g4 ,la di/9ction des ides fit les mtamorphoses4 ,entre autres phrases hroques qui n\s ont t cons]ves dans la jurisprud5ce antique1 les ,roma9s n\s ont laiss celle de fundum fi]i1 p\r auctorem fi]i2 de mme que le fonds de t]re s\ti5t et la c\*e sup]ficielle qui le c\vre1 et ce qui s'y tr\ve sem1 ou plant1 ou bti1 de mme l'approbateur s\ti5t l'acte qui tomb]ait sans son approbation2 l'approbateur quitte le c>actre d'un tre qui se meut sa volont1 p\r pr5dre le c>actre oppos d'une *ose /able4 4 ,,iii4 ,,corollaires ,relatifs aux c>actres potiques employs comme signes du langage p> les premires nations4 ,le langage potique fut encore employ long-temps dans l'ge hi/orique1 -peu-prs comme les fleuves l>ges et rapides qui s't5d5t bi5 lo9 dans la m]1 et prs]v5t1 p> leur imptuosit1 la d\ceur naturelle de leurs eaux4 ,si on se rappelle deux axiomes 7#dh1 ,il e/ naturel aux enfans de transport] l'ide et le nom des premires p]sonnes1 des premires *oses qu'ils ont vues1 t\tes les p]sonnes1 t\tes les *oses qui ont avec elles quelque ressemblance1 quelque rapport4--#di4 ,les gypti5s attribuai5t ,h]ms ,trismgi/e t\tes les dc\v]tes utiles ou ncessaires la vie huma9e71 on s5tira que la langue potique peut n\s f\rnir1 relativem5t ces c>actres qu'elle employait1 la matire de gr&es et importantes dc\v]tes dans les *oses de l'antiquit4 #a4 ,solon fut un sage1 mais de sagesse vulgaire et non de sagesse savante 7ripo/a74 ,on peut conjectur] qu'il fut *ef du p>ti du peuple1 lorsque ,a?nes tait g\v]ne p> l'ari/ocratie1 et que ce conseil fameux qu'il donnait ses concitoy5s 7connaissez-v\s v\s-mmes71 avait un s5s politique plutt que moral1 et tait de/9 leur rappel] l'galit de leurs droits4 ,peut-tre mme ,solon n'e/-il que le peuple d',a?nes1 considr comme reconnaissant ses droits1 comme fondant la dmocratie4 ,les gypti5s avai5t rapport ,h]ms t\tes les dc\v]tes utiles2 les ,a?ni5s rapportr5t ,solon t\tes les in/itutions dmocratiques4--,de mme1 ,dracon n'e/ que l'emblme de la svrit du g\v]nem5t ari/ocratique qui avait prcd4#dj ,note #dj3 ,la plup>t des lois dont les ,a?ni5s et les ,lacdmoni5s font honneur ,solon et ,lycurgue1 leur ont t attribues tort1 puisqu'elles sont entirem5t contraires au pr9cipe de leur conduite4 ,a9si ,solon in/itue l'aropage1 qui exi/ait ds le temps de la gu]re de ,troie1 et dans lequel ,ore/e avait t abs\s du meurtre de sa mre p> la voix de ,m9]ve 7c'e/--dire p> le p>tage gal des voix74 ,cet aropage1 in/itu p> ,solon1 le fondateur de la dmocratie ,a?nes1 ma9ti5t de t\te sa svrit le g\v]nem5t ari/ocratique jusqu'au temps de ,pricls4 ,au contraire on attribue ,lycurgue1 au fondateur de la rpublique ari/ocratique de ,sp>te1 une loi agraire analogue celle que les ,gracques proposr5t ,rome4 ,mais n\s voyons que1 lorsque ,agis v\lut rellem5t introduire ,sp>te un p>tage gal des t]res con=me aux pr9cipes de la dmocratie1 il fut trangl p> ordre des phores4 dition de #agcj1 pag4 #bji4 #b4 ,a9si dur5t tre attribues ,romulus t\tes les lois relatives la division des ordres2 ,numa t\s les rglem5s qui conc]nai5t les *oses sa9tes et les crmonies sacres2 ,tullus-,ho/ilius t\tes les lois et ordonnances militaires2 ,s]vius-,tullius le c5s1 base de t\te dmocratie#da1 et beauc\p d'autres lois favorables la lib]t populaire2 ,t>qu9-l',anci51 t\s les signes et emblmes1 qui1 aux temps les plus brillans de ,rome1 contribur5t la maje/ de l'empire4 ,note #da3 ,l'op9ion de ,montesquieu et de ,vico sur le c>actre des in/itutions de ,s]vius-,tullius a t suivie p> ,m4 ,niebuhr4 7,n4 du ,t47 #c4 ,a9si dur5t tre attribues aux dcemvirs1 et aj\tes aux ,d\ze-,tables un gr& nombre de lois que n\s pr\v]ons n'avoir t faites qu' une poque po/rieure4 ,je n'en veux p\r exemple que la df5se d'imit] le luxe des ,grecs dans les funrailles4 ,df5dre l'abus avant qu'il se ft introduit1 c'et t le faire connatre1 et comme l'enseign]4 ,or1 il ne put s'introduire ,rome qu'aprs les gu]res contre ,t>5te et ,pyrrhus1 dans lesquelles les ,roma9s comm5cr5t se ml] aux ,grecs4 ,cicron obs]ve que la loi e/ exprime en lat91 dans les mmes t]mes o elle fut conue ,a?nes4 #d4 ,cette dc\v]te des c>actres potiques n\s pr\ve qu'sope doit tre plac dans l'ordre *ronologique bi5 avant les sept sages de la ,grce4 ,les sept sages fur5t admirs p\r avoir comm5c donn] des prceptes de morale et de politique en =me de maximes1 comme le fameux ,connaissez-v\s v\s-mme2 mais1 aup>avant1 sope avait donn de tels prceptes en =me de comp>aisons et d'exemples1 exemples dont les potes avai5t emprunt le langage une poque plus recule encore4 ,en effet1 dans l'ordre des ides huma9es1 on obs]ve les *oses semblables p\r les employ] d'abord comme signes1 ensuite comme preuves4 ,on pr\ve d'abord p> l'exemple1 auquel une *ose semblable suffit1 et f9alem5t p> l'induction1 p\r laquelle il en faut plusieurs4 ,socrate1 pre de t\tes les sectes philosophiques1 introduisit la dialectique p> l'induction1 et ,ari/ote la complta avec le syllogisme1 qui ne peut pr\v] qu'au moy5 d'une ide gnrale4 ,mais p\r les esprits peu t5dus encore1 il suffit de leur prs5t] une ressemblance p\r les p]suad]3 ,mnnius ,agrippa n'eut beso91 p\r ram5] le peuple roma9 l'obissance1 que de lui cont] une fable dans le g5re de celles d'sope4 ,le petit peuple des cits hroques se n\rrissait de ces prceptes politiques dicts p> la raison naturelle3 sope e/ le c>actre potique des plbi5s considrs s\s cet aspect4 ,on lui attribua ensuite beauc\p de fables morales1 et il dev9t le premi] morali/e1 de la mme manire que ,solon tait dev5u le lgislateur de la rpublique d',a?nes4 ,comme sope avait donn ses prceptes en =me de fables1 on le plaa avant ,solon1 qui avait donn les si5s en =me de maximes4 ,de telles fables dur5t tre crites d'abord en v]s hroques1 comme plus t>d1 selon la tradition1 elles le fur5t en v]s iambiques1 et enf9 en prose1 d]nire =me s\s laquelle elles n\s sont p>v5ues4 ,en effet1 les v]s iambiques fur5t p\r les ,grecs un langage int]mdiaire entre celui des v]s hroques et celui de la prose4 #e4 ,de cette manire1 on rapporta aux auteurs de la sagesse vulgaire les dc\v]tes de la sagesse philosophique4 ,les ,zoroa/re en ,ori5t1 les ,trismgi/e en gypte1 les ,orphe en ,grce1 en ,italie les ,py?agore1 dev9r5t1 dans l'op9ion1 des philosophes1 de lgislateurs qu'ils avai5t t4 ,en ,*9e1 ,confucius a subi la mme mtamorphose4 4 ,,iv4 ,,corollaires ,relatifs l'orig9e des langues et des lettres1 laquelle doit n\s donn] celle des hiroglyphes1 des lois1 des noms1 des armoiries1 des mdailles1 des monnaies4 ,aprs avoir exam9 la ?ologie des potes ou mtaphysique potique1 n\s avons trav]s la logique potique qui en rsulte1 et n\s arrivons la re*]*e de l'orig9e des langues et des lettres4 ,il y a autant d'op9ions sur ce sujet difficile1 qu'on peut compt] de savans qui en ont trait4 ,la difficult vi5t d'une erreur dans laquelle ils sont t\s tombs3 ils ont reg>d comme *oses di/9ctes1 l'orig9e des langues et celle des lettres1 que la nature a unies4 ,p\r tre frapp de cette union1 il suffisait de rem>qu] l'tymologie commune de ,grec3 grammatik1 grammaire1 et de ,grec3 grammata1 lettres1 c>actres 7,grec3 graphs1 crire72 de sorte que la grammaire1 qu'on df9it l'art de p>l]1 devrait tre df9ie l'art d'crire1 comme l'appelle ,ari/ote4--,d'un autre ct1 c>actres signifie ides1 =mes1 modles2 et c]ta9em5t les c>actres potiques prcdr5t ceux des sons articuls4 ,josephe s\ti5t contre ,appion1 qu'au temps d',homre les lettres vulgaires n'tai5t pas encore inv5tes4--,enf91 si les lettres avai5t t dans l'orig9e des figures de sons articuls et non des signes arbitraires#db1 elles devrai5t tre uni=mes *ez t\tes les nations1 comme les sons articuls4 ,ceux qui dsesprai5t de tr\v] cette orig9e1 devai5t t\j\rs ignor] que les premires nations ont p5s au moy5 des symboles ou c>actres potiques1 ont p>l en employant p\r signes les fables1 ont crit en hiroglyphes1 pr9cipes c]ta9s qui doiv5t guid] la philosophie dans l'tude des ides huma9es1 comme la philologie dans l'tude des p>oles huma9es4 ,note #db3 ,vico semble adopt] une op9ion trs diffr5te quelques pages plus lo94 7,n4 du ,t47 ,avant de re*]*] l'orig9e des langues et des lettres1 les philosophes et les philologues devai5t se reprs5t] les premi]s hommes du paganisme comme concevant les objets p> l'ide que leur imag9ation en p]sonnifiait1 et comme s'exprimant1 faute d'un autre langage1 p> des ge/es ou p> des signes matriels qui avai5t des rapports naturels avec les ides4#dc ,note #dc3 ,p> exemple1 trois pis1 ou l'action de c\p] trois fois des pis1 p\r signifi] trois annes4--,platon et ,jamblique ont dit que cette langue1 dont les expressions portai5t avec elles leur s5s naturel1 s'tait p>le autrefois4 ,ce fut sans d\te cette langue atlantique qui1 selon les savans1 exprimait les ides p> la nature mme des *oses1 c'e/--dire1 p> leurs proprits naturelles 7,vico74 ,en tte de ce que n\s ayons dire sur ce sujet1 n\s plaons la tradition gypti5ne selon laquelle trois langues se sont p>les1 correspondant1 p\r l'ordre comme p\r le nombre1 aux trois ges c\ls depuis le comm5cem5t du monde1 ges des dieux1 des hros et des hommes4 ,la premire langue avait t la langue hiroglyphique1 ou sacre1 ou div9e2 la seconde symbolique1 c'e/--dire employant p\r c>actres les signes ou emblmes hroques2 la troisime pi/olaire1 propre faire communiqu] entre elles les p]sonnes loignes1 p\r les beso9s prs5s de la vie4--,on tr\ve dans l',iliade deux passages prcieux qui n\s pr\v5t que les ,grecs p>tagr5t cette op9ion des gypti5s4 ,ne/or1 dit ,homre1 vcut trois ges d'hommes p>lant div]ses langues4 ,ne/or a d tre un symbole de la *ronologie1 dt]m9e p> les trois langues qui correspondai5t aux trois ges des gypti5s4 ,cette phrase prov]biale1 vivre les annes de ,ne/or1 signifiait1 vivre autant que le monde4 ,dans l'autre passage1 ne raconte ,a*ille que des hommes p>lant div]ses langues comm5cr5t habit] ,ilion depuis le temps o ,troie fut rappro*e des rivages de la m]1 et o ,p]game en dev9t la citadelle4--,plaons ct de ces deux passages la tradition gypti5ne d'aprs laquelle ,?ot ou ,h]ms aurait tr\v les lois et les lettres4 l'appui de ces vrits n\s prs5t]ons les suivantes3 *ez les ,grecs1 le mot nom signifia la mme *ose que c>actre#dd1 et p> analogie1 les pres de l'glise trait5t indiffremm5t de div9is c>act]ibus et de div9is nom9ibus4 ,nom5 et def9itio signifi5t la mme *ose1 puisqu'en t]mes de rhtorique1 on dit qu/io nom9is p\r celle qui *]*e la df9ition du fait1 et qu'en mdec9e la p>tie qu'on appelle nom5clature e/ celle qui df9it la nature des maladies4--,*ez les ,roma9s1 nom9a dsigna d'abord et dans son s5s propre les maisons p>tages en plusieurs familles4 ,les ,grecs prir5t d'abord ce mot dans le mme s5s1 comme le pr\v5t les noms patronymiques1 les noms des pres1 dont les potes1 et surt\t ,homre1 font un usage si frqu5t4 ,de mme1 les patrici5s de ,rome sont df9is dans ,tite-,live de la manire suivante1 qui possunt nom9e ci]e patrem4 ,ces noms patronymiques se p]dir5t ensuite dans la ,grce1 lorsqu'elle eut p>t\t des g\v]nem5s dmocratiques2 mais ,sp>te1 rpublique ari/ocratique1 ils fur5t cons]vs p> les ,hraclides4--,dans la langue de la jurisprud5ce roma9e1 nom5 signifie droit2 et en grec1 ,grec3 nomos1 qui en e/ -peu-prs l'homonyme1 a le s5s de loi4 ,de ,grec3 nomos1 vi5t ,grec3 nomisma monnaie1 comme le rem>que ,ari/ote2 et les tymologi/es veul5t que les ,lat9s ai5t aussi tir de ,grec3 nomos1 leur nummus4 ,*ez les ,franais1 du mot loi vi5t aloi1 titre de la monnaie4 ,enf9 au moy5 ge1 la loi ecclsia/ique fut appele canon1 t]me p> lequel on dsignait aussi la r$evance emphytotique paye p> l'emphytote4444 ,les ,lat9s fur5t peut-tre conduits p> une ide analogue1 dsign] p> un mme mot jus1 le droit et l'(fr&e ord9aire que l'on faisait ,jupit] 7les p>ties grasses des victimes74 ,de l'anci5 nom de ce dieu ,j\s1 drivr5t les gnitifs ,jovis et juris4--,les ,lat9s appelai5t les t]res prdia1 p>ce que1 a9si que n\s le f]ons voir1 les premires t]res cultives fur5t les premires prd du monde4 ,c'e/ ces t]res que le mot dom>e1 dompt]1 fut appliqu d'abord4 ,dans l'anci5 droit roma91 on les disait manucapt1 d'o e/ re/ manceps1 celui qui e/ oblig sur immeuble env]s le trsor4 ,on cont9ua de dire dans les lois roma9es1 jura prdiorum1 p\r dsign] les s]vitudes qu'on appelle relles1 et qui sont atta*es des immeubles4 ,ces t]res manucapt fur5t sans d\te appeles d'abord mancipia1 et c'e/ c]ta9em5t dans ce s5s qu'on doit ent5dre l'article de la loi des d\ze tables1 qui nexum faciet mancipiumque4 ,les ,itali5s considrr5t la *ose s\s le mme aspect que les anci5s ,lat9s1 lorsqu'ils appelr5t les t]res pod]i1 de pod]e1 puissance2 c'e/ qu'elles tai5t acquises p> la =ce2 ce qui e/ encore pr\v p> l'expression du moy5 ge1 presas t]r>um1 p\r dire les *amps avec leurs limites4 ,les ,espagnols appell5t pr5das les entreprises c\rageuses2 les ,itali5s dis5t imprese p\r armoiries1 et t]m9i p\r p>oles1 expression qui e/ re/e dans la s*ola/ique4 ,ils appell5t encore les armoiries insegne1 d'o leur vi5t le v]be insegn>e4 ,de mme ,homre1 au temps duquel on ne connaissait pas encore les lettres alphabtiques1 n\s appr5d que la lettre de ,pretus contre ,bellrophon fut crite en signes1 ,grec3 smata4 ,note #dd3 ,le beso9 d'assur] les t]res leurs possesseurs fut un des motifs qui dt]m9r5t le plus puissamm5t l'inv5tion des c>actres ou noms 7dans le s5s orig9aire de nom9a1 maisons divises en plusieurs familles ou g5tes74 ,a9si ,m]cure ,trismgi/e1 symbole potique des premi]s fondateurs de la civilisation gypti5ne1 inv5ta les lois et les lettres2 et c'e/ du nom de ,m]curo1 reg>d aussi comme le ,dieu des m>*&s1 m]catorum1 que les ,itali5s dis5t m]c>e p\r m>qu] de lettres ou de signes quelconques les be/iaux et les autres objets de comm]ce 7robe da m]cant>a7 p\r la di/9ction et la sret des proprits4 ,qui ne s'tonn]ait de voir subsi/] jusqu' nos j\rs une telle con=mit de p5se et de langage entre les nations8 7,vico74 ,p\r complt] t\t ceci1 n\s aj\t]ons trois vrits inconte/ables3 #a ds qu'il e/ dmontr que les premires nations paennes fur5t muettes dans leurs comm5cem5s1 on doit admettre qu'elles s'expliqur5t p> des ge/es ou des signes matriels1 qui avai5t un rapport naturel avec les ides2 #b elles dur5t assur] p> des signes les limites de leurs *amps1 et cons]v] des monum5s durables de leurs droits2 #c t\tes employr5t la monnaie4--,t\tes les vrits que n\s v5ons d'nonc] n\s donn5t l'orig9e des langues et des lettres1 dans laquelle se tr\ve comprise celle des hiroglyphes1 des lois1 des noms1 des armoiries1 des mdailles1 des monnaies1 et en gnral1 de la langue que p>la1 de l'criture qu'employa1 dans son orig9e1 le droit naturel des g5s4#de ,note #de3 ,telle e/ l'orig9e des armoiries1 et p> suite des mdailles4 ,les familles1 puis les nations1 les employr5t d'abord p> ncessit4 ,elles dev9r5t plus t>d un objet d'amusem5t et d'rudition4 ,on a donn ces emblmes le nom d'hroques1 sans en bi5 s5tir le motif4 ,les mod]nes ont beso9 d'y inscrire des devises qui leur donn5t un s5s2 il n'en tait pas de mme des emblmes employs naturellem5t dans les temps hroques2 leur sil5ce p>lait assez4 ,ils portai5t avec eux leur signification2 a9si trois pis1 ou le ge/e de c\p] trois fois des pis1 signifiait naturellem5t trois annes2 d'o il v9t que c>actre et nom s'employr5t indiffremm5t l'un p\r l'autre1 et que les mots nom et nature eur5t la mme signification1 comme n\s l'avons dit plus haut4 ,ces armoiries1 ces armes et emblmes des familles1 fur5t employs au moy5 ge1 lorsque les nations1 r$ev5ues muettes1 p]dir5t l'usage du langage vulgaire4 ,il ne n\s re/e aucune connaissance des langues que p>lai5t alors les ,itali5s1 les ,franais1 les ,espagnols et les autres nations de ce temps4 ,les prtres seuls savai5t le lat9 et le grec4 ,en franais cl]c v\lait dire s\v5t lettr2 au contraire1 *ez les itali5s1 laico se disait p\r illettr1 comme on le voit dans un beau passage de ,dante4 ,p>mi les prtres mmes1 il y avait tant d'ignorance1 qu'on tr\ve des actes s\scrits p> des vques1 o ils ont mis simplem5t la m>que d'une croix1 faute de savoir crire leur nom4 ,p>mi les prlats in/ruits1 il y en avait mme peu qui euss5t crire4 ,le pre ,mabillon1 dans son ouvrage de re diplomatic1 a pris le so9 de reproduire p> la gravure les signatures apposes p> des vques et des ar*evques aux actes des ,conciles de ces temps b>b>es2 l'criture en e/ plus in=me que celle des hommes les plus ignorans d'auj\rd'hui2 et p\rtant ces prlats tai5t les *anceli]s des royaumes *rti5s1 comme auj\rd'hui encore les trois ar*evques ar*i*anceli]s de l',empire p\r les langues allem&e1 franaise et itali5ne4 ,une loi anglaise accorde la vie au c\pable digne de mort qui p\rra pr\v] qu'il sait lire4 ,c'e/ peut-tre p\r cette cause que plus t>d le mot lettr a f9i p> avoir -peu-prs le mme s5s que celui de savant4--,il e/ encore rsult de cette ignorance de l'criture1 que dans les anci5nes maisons il n'y a gures de mur o l'on n'ait grav quelque figure1 quelqu'emblme4 ,concluons de t\t ceci que ces signes div]s1 employs ncessairem5t p> les nations muettes encore1 p\r assur] la di/9ction des proprits fur5t ensuite appliqus aux usages publics1 soit ceux de la paix 7d'o prov9r5t les mdailles71 soit ceux de la gu]re4 ,dans ce d]ni] cas1 ils ont l'usage primitif des hiroglyphes1 puisqu'ord9airem5t les gu]res ont lieu entre des nations qui p>l5t des langues diffr5tes et qui p> consqu5t sont muettes l'une p> rapport l'autre4 ,p\r tablir ces pr9cipes sur une base plus solide encore1 n\s devons attaqu] l'op9ion selon laquelle les hiroglyphes aurai5t t inv5ts p> les philosophes1 p\r y ca*] les my/res d'une sagesse pr(onde1 comme on l'a cru des gypti5s4 ,ce fut p\r t\tes les premires nations une ncessit naturelle de s'exprim] en hiroglyphes4 ceux des gypti5s et des ?iopi5s n\s croyons p\voir jo9dre les c>actres magiques des ,*aldens2 les c9q prs5s1 les c9q p>oles matrielles que le roi des ,scy!s envoya ,d>ius fils d',hy/aspe2 les pavots que ,t>qu9-le-,sup]be abattit avec sa baguette devant le messag] de son fils2 les rbus de ,pic>die employs1 au moy5 ge1 dans le nord de la ,france4 ,enf9 les anci5s cossais 7selon ,boce71 les ,mexica9s et autres peuples indignes de l',amrique crivai5t en hiroglyphes1 comme les ,*9ois le font encore auj\rd'hui4 #a4 ,aprs avoir dtruit cette grave erreur1 n\s revi5drons aux trois langues di/+ues p> les gypti5s2 et p\r p>l] d'abord de la premire1 n\s rem>qu]ons qu',homre1 dans c9q passages1 fait m5tion d'une langue plus anci5ne que la si5ne1 qui e/ l'hroque2 il l'appelle langue des dieux4 ,d'abord dans l',iliade3 ,les dieux1 dit-il1 appell5t ce gant ,bri>e1 les hommes gon2 plus lo91 en p>lant d'un oiseau1 son nom e/ ,*alcis *ez les dieux1 ,cym9dis *ez les hommes2 et au sujet du fleuve de ,troie1 les dieux l'appell5t ,xan!1 et les hommes ,scam&re4 ,dans l',odysse1 il y a deux passages analogues3 ce que les hommes appell5t ,*>ybde et ,scylla1 les dieux l'appell5t les ,ro*]s errans2 l'h]be qui doit prmunir ,ulysse contre les en*antem5s de ,circ e/ inconnue aux hommes1 les dieux l'appell5t moly4 ,*ez les ,lat9s1 ,v>ron s'occupa de la langue div9e2 et les tr5te mille dieux dont il rassembla les noms1 devai5t =m] un ri*e vocabulaire#df1 au moy5 duquel les nations du ,latium p\vai5t exprim] les beso9s de la vie huma9e1 sans d\te peu nombreux dans ces temps de simplicit1 o l'on ne connaissait que le ncessaire4 ,les ,grecs comptai5t aussi tr5te mille dieux1 et div9isai5t les pi]res1 les fonta9es1 les ruisseaux1 les plantes1 les ro*]s1 de mme que les sauvages de l',amrique difi5t t\t ce qui s'lve au-dessus de leur faible capacit4 ,les fables div9es des ,lat9s et des ,grecs dur5t tre p\r eux les premi]s hiroglyphes1 les c>actres sacrs de cette langue div9e dont p>l5t les gypti5s4 ,note #df3 ,la plup>t des langues ont -peu-prs tr5te mille mots4 ,si l'on peut aj\t] foi aux calculs de ,hron dans son ouvrage sur la ,langue ,anglaise1 l',espagnol en aurait tr5te mille1 le ,franais tr5te-deux mille1 l',itali5 tr5te-c9q mille1 l',anglais tr5te-sept mille4 7,n4 du ,t47 #b4 ,la seconde langue1 qui rpond l'ge des hros1 se p>la p> symboles1 au rapport des gypti5s4 ces symboles peuv5t tre rapports les signes hroques avec lesquels crivai5t les hros1 et qu',homre appelle ,grec3 smata4 ,consquemm5t1 ces symboles dur5t tre des mtaphores1 des images1 des similitudes ou comp>aisons qui1 ayant pass depuis dans la langue articule1 font t\te la ri*esse du /yle potique4 ,homre e/ indubitablem5t le premi] auteur de la langue grecque2 et puisque n\s t5ons des ,grecs t\t ce que n\s connaissons de l'antiquit paenne1 il se tr\ve aussi le premi] auteur que puisse cit] le paganisme4 ,si n\s passons aux ,lat9s1 les premi]s monum5s de leur langue sont les fragm5s des v]s sali5s4 ,le premi] criva9 lat9 dont on fasse m5tion e/ le pote ,livius ,&ronicus4 ,lorsque l',europe fut retombe dans la b>b>ie1 et qu'il se =ma deux n\velles langues1 la premire1 que p>lr5t les ,espagnols1 fut la langue romane1 7di romanzo7 langue de la posie hroque1 puisque les romanci]s fur5t les potes hroques du moy5 ge4 ,en ,france1 le premi] qui crivit en langue vulgaire fut ,arnauld ,daniel ,pacca1 le plus anci5 de t\s les potes prov5aux2 il florissait au onzime sicle4 ,enf9 l',italie eut ses premi]s criva9s dans les rimeurs de ,flor5ce et de la ,sicile4 #c4 ,le langage pi/olaire ou alphabtique1 que l'on e/ conv5u d'employ] comme moy5 de communication entre les p]sonnes loignes1 dut tre p>l orig9airem5t *ez les gypti5s1 p> les classes infrieures d'un peuple qui dom9ait en gypte1 probablem5t celui de ,?bes1 dont le roi1 ,ramss1 t5dit son empire sur t\te cette gr&e nation4 ,en effet1 *ez les gypti5s1 cette langue correspondait l'ge des hommes2 et ce nom d'hommes dsigne les classes infrieures1 *ez les peuples hroques 7p>ticulirem5t au moy5 ge1 o homme devi5t synonyme de vassal71 p> opposition aux hros4 ,elle dut tre adopte p> une conv5tion libre2 c> c'e/ une rgle t]nelle que le langage et l'criture vulgaire sont un droit des peuples4 ,l'emp]eur ,claude ne put faire recevoir p> les ,roma9s trois lettres qu'il avait inv5tes1 et qui manquai5t leur alphabet4 ,les lettres inv5tes p> le ,triss9 n'ont pas t reues dans la langue itali5ne1 quelque ncessaires qu'elles fuss5t4 ,la langue pi/olaire ou vulgaire des gypti5s dut s'crire avec des lettres galem5t vulgaires4 ,celles de l'gypte ressemblai5t l'alphabet vulgaire des ,phnici5s1 qui1 dans leurs voyages de comm]ce1 l'avai5t sans d\te port en gypte4 ,ces c>actres n'tai5t autre *ose que les c>actres ma?matiques et les figures gomtriques1 que les ,phnici5s avai5t eux-mmes reu des ,*aldens1 les premi]s ma?matici5s du monde4 ,les ,phnici5s les transmir5t ensuite aux ,grecs1 et ceux-ci1 avec la supriorit de gnie qu'ils ont eue sur t\tes les nations1 employr5t ces =mes gomtriques comme =mes des sons articuls1 et en tirr5t leur alphabet vulgaire1 adopt ensuite p> les ,lat9s#dg4 ,on ne peut croire que les ,grecs ai5t tir des ,hbreux ou des gypti5s la connaissance des lettres vulgaires4 ,note #dg3 ,n\s avons dj rapport le passage o ,tacite n\s appr5d que les lettres des ,lat9s ressemblai5t l'anci5 alphabet des ,grecs4 ,ce qui le pr\ve1 c'e/ que les ,grecs employr5t p5dant long-temps les lettres majuscules p\r figur] les nombres1 et que les ,lat9s cons]vr5t t\j\rs le mme usage4 7,vico74 99 99 99 ,les philologues ont adopt sur p>ole l'op9ion que la signification des langues vulgaires e/ arbitraire4 ,leurs orig9es ayant t naturelles1 leur signification dut tre fonde en nature4 ,on peut l'obs]v] dans la langue vulgaire des ,lat9s1 qui a cons]v plus de traces que la grecque1 de son orig9e hroque1 et qui lui e/ aussi suprieure p\r la =ce1 qu'infrieure p\r la dlicatesse4 ,presque t\s les mots y sont des mtaphores tires des objets naturels1 d'aprs leurs proprits ou leurs effets s5sibles4 ,en gnral1 la mtaphore fait le fond des langues4 ,mais les grammairi5s1 s'puisant en p>oles qui ne donn5t que des ides confuses1 ignorant les orig9es des mots qui1 dans le pr9cipe ne pur5t tre que claires et di/9ctes1 ont rassur leur ignorance en dcidant d'une manire gnrale et absolue que les voix huma9es articules avai5t une signification arbitraire4 ,ils ont plac dans leurs rangs ,ari/ote1 ,gali5 et d'autres philosophes1 et les ont arms contre ,platon et ,jamblique4 ,il re/e cep5dant une difficult4 ,p\rquoi y a-t-il autant de langues vulgaires qu'il exi/e de peuples8 ,p\r rs\dre ce problme1 tablissons d'abord une gr&e vrit3 p> un effet de la div]sit des climats1 les peuples ont div]ses natures4 ,cette v>it de natures leur a fait voir s\s diffr5s aspects les *oses utiles ou ncessaires la vie huma9e1 et a produit la div]sit des usages1 dont celle des langues e/ rsulte4 ,c'e/ ce que les prov]bes pr\v5t jusqu' l'vid5ce4 ,ce sont des maximes p\r l'usage de la vie1 dont le s5s e/ le mme1 mais dont l'expression v>ie s\s autant de rapports div]s qu'il y a eu et qu'il y a encore de nations4#dh ,note #dh3 ,les locutions hroques cons]ves et abrges dans la prcision des langues plus rc5tes1 ont bi5 tonn les comm5tateurs de la ,bible1 qui voi5t les noms des mmes rois exprims d'une manire dans l',hi/oire ,sacre1 et d'une autre dans l',hi/oire pr(ane4 ,c'e/ que le mme homme e/ envisag dans l'une1 je suppos1 s\s le rapport de la figure1 de la puissance1 etc42 dans l'autre1 s\s le rapport de son c>actre1 des *oses qu'il a entreprises4 ,n\s obs]vons de mme qu'en ,hongrie la mme ville a un nom *ez les ,hongrois1 un autre *ez les ,grecs1 un troisime *ez les ,allem&s1 un quatrime *ez les ,turcs4 ,l'allem&1 qui e/ une langue hroque1 quoique vivante1 reoit t\s les mots trang]s en leur faisant subir une trans=mation4 ,on doit conjectur] que les ,lat9s et les ,grecs en font autant1 lorsqu'ils exprim5t tant de *oses p>ticulires aux b>b>es1 avec des mots qui sonn5t si bi5 en lat9 et en grec4 ,voil p\rquoi on tr\ve tant d'obscurit dans la gographie et dans l'hi/oire naturelle des anci5s4 7,vico74 ,d'aprs ces considrations1 n\s avons mdit un vocabulaire m5tal1 dont le b s]ait d'expliqu] t\tes les langues1 en ram5ant la multiplicit de leurs expressions c]ta9es units d'ides1 dont les peuples ont cons]v le fond en leur donnant des =mes v>ies1 et les modifiant div]sem5t4 ,n\s faisons dans cet ouvrage un usage cont9uel de ce vocabulaire4 ,c'e/1 avec une m?ode diffr5te1 le mme sujet qu'a trait ,?omas ,hayme dans ses diss]tations de l+u>um cognatione1 et de l+uis 9 g5]e1 et v>i>um l+u>um h>moni4 ,de t\t ce qui prcde1 n\s tir]ons le corollaire suivant3 plus les langues sont ri*es en locutions hroques1 abrges p> les locutions vulgaires1 plus elles sont belles2 et elles tir5t cette beaut de la cl>t avec laquelle elles laiss5t voir leur orig9e3 ce qui con/itue1 si je puis le dire1 leur vracit1 leur fidlit4 ,au contraire1 plus elles prs5t5t un gr& nombre de mots dont l'orig9e e/ ca*e1 mo9s elles sont agrables1 cause de leur obscurit1 de leur confusion1 et des erreurs auxquelles elle peut donn] lieu4 ,c'e/ ce qui doit arriv] dans les langues =mes d'un mlange de plusieurs idiomes b>b>es1 qui n'ont po9t laiss de traces de leurs orig9es1 ni des *angem5s que les mots ont subis dans leur signification4 99 99 99 ,ma9t5ant1 p\r compr5dre la =mation de ces trois sortes de langues et d'alphabets1 n\s tablirons le pr9cipe suivant3 les dieux1 les hros et les hommes comm5cr5t dans le mme temps4 ,ceux qui imag9]ont les dieux tai5t des hommes1 et croyai5t leur nature hroque mle de la div9e et de l'huma9e4 ,les trois espces de langues et d'critures fur5t aussi contempora9es dans leur orig9e1 mais avec trois diffr5ces capitales3 la langue div9e fut trs peu articule1 et presque entirem5t muette2 la langue des hros1 muette et articule p> un mlange gal1 et compose p> consqu5t de p>oles vulgaires et de c>actres hroques1 avec lesquels crivai5t les hros 7,grec3 smata1 dans ,homre72 la langue des hommes n'eut presque ri5 de muet1 et fut -peu-prs entirem5t articule4 ,po9t de langue vulgaire qui ait autant d'expressions que de *oses exprim]4--,une consqu5ce ncessaire de t\t ceci1 c'e/ que1 dans l'orig9e1 la langue hroque fut extrmem5t confuse1 cause ess5tielle de l'obscurit des fables4 99 99 99 ,la langue articule comm5a p> l'onomatope1 au moy5 de laquelle n\s voyons t\j\rs les enfans se faire trs bi5 ent5dre4 ,les premires p>oles huma9es fur5t ensuite les int]jections1 ces mots qui *app5t dans le premi] m\vem5t des passions viol5tes1 et qui dans t\tes les langues sont monosyllabiques4 ,puis v9r5t les pronoms4 ,l'int]jection s\lage la passion de celui qui elle *appe1 et elle *appe lors mme qu'on e/ seul2 mais les pronoms n\s s]v5t communiqu] aux autres nos ides sur les *oses dont les noms propres sont inconnus ou n\s1 ou ceux qui n\s c\t5t4 ,la plup>t des pronoms sont des monosyllabes dans presque t\tes les langues4 ,on inv5ta alors les p>ticules1 dont les prpositions1 galem5t monosyllabiques1 sont une espce nombreuse4 ,peu--peu se =mr5t les noms1 presque t\s monosyllabiques dans l'orig9e4 ,on le voit dans l'allem&1 qui e/ une langue mre1 p>ce que l',allemagne n'a jamais t occupe p> des conqurans trang]s4 ,dans cette langue1 t\tes les rac9es sont des monosyllabes4 ,le nom dut prcd] le v]be1 c> le disc\rs n'a po9t de s5s s'il n'e/ rgi p> un nom1 exprim ou s\s-ent5du4 ,en d]ni] lieu se =mr5t les v]bes4 ,n\s p\vons obs]v] en effet que les enfans dis5t des noms1 des p>ticules1 mais po9t de v]bes3 c'e/ que les noms veill5t des ides qui laiss5t des traces durables2 il en e/ de mme des p>ticules qui signifi5t des modifications4 ,mais les v]bes signifi5t des m\vem5s accompagns des ides d'antriorit et de po/riorit1 et ces ides ne s'apprci5t que p> le po9t indivisible du prs5t1 si difficile compr5dre1 mme p\r les philosophes4 ,j'appui]ai ceci d'une obs]vation physique4 ,il exi/e ici un homme qui1 la suite d'une viol5te attaque d'apoplexie1 se s\v5ait bi5 des noms1 mais avait entirem5t oubli les v]bes4--,les v]bes qui sont des g5res l'g>d de t\s les autres1 tels que3 sum1 qui indique l'exi/5ce1 v]be auquel se rapport5t t\tes les ess5ces1 c'e/--dire t\s les objets de la mtaphysique2 /o1 eo1 qui exprim5t le repos et le m\vem5t1 auxquels se rapport5t t\tes les *oses physiques2 d1 dico1 facio1 auxquels se rapport5t t\tes les *oses d'action1 relatives soit la morale1 soit aux intrts de la famille ou de la socit1 ces v]bes1 dis-je1 sont t\s des monosyllabes l'impratif1 es1 /a1 i1 da1 dic1 fac2 et c'e/ p> l'impratif qu'ils ont d comm5c]4 ,cette gnration du langage e/ con=me aux lois de la nature en gnral1 d'aprs lesquelles les lm5s1 dont t\tes les *oses se compos5t et o elles vont se rs\dre1 sont indivisibles2 elle e/ con=me aux lois de la nature huma9e en p>ticuli]1 en v]tu de cet axiome3 ,les enfans1 qui1 ds leur naissance1 se tr\v5t environns de tant de moy5s d'appr5dre les langues1 et dont les organes sont si flexibles1 comm5c5t p> prononc] des monosyllabes4 plus =te raison doit-on croire qu'il en a t a9si *ez ces premi]s hommes1 dont les organes tai5t trs durs1 et qui n'avai5t encore ent5du aucune voix huma9e4--,elle n\s donne en outre l'ordre dans lequel fur5t tr\ves les p>ties du disc\rs1 et consquemm5t les causes naturelles de la syntaxe4 ,ce sy/me semble plus raisonnable que celui qu'ont suivi ,jules ,scalig] et ,franois ,sanctius relativem5t la langue lat9e3 ils raisonn5t d'aprs les pr9cipes d',ari/ote1 comme si les peuples qui tr\vr5t les langues avai5t d pralablem5t all] aux coles des philosophes4 4 ,v4 ,,corollaires ,relatifs l'orig9e de l'locution potique1 des pisodes1 du t\r1 du nombre1 du *ant et du v]s4 ,a9si se =ma la langue potique1 compose d'abord de symboles ou c>actres div9s et hroques1 qui fur5t ensuite exprims en locutions vulgaires1 et f9alem5t crits en c>actres vulgaires4 ,elle naquit de l'indig5ce du langage1 et de la ncessit de s'exprim]2 ce qui se dmontre p> les ornem5s mme dont se p>e la posie1 je veux dire les images1 les hypotyposes1 les comp>aisons1 les mtaphores1 les priphrases1 les t\rs qui exprim5t les *oses p> leurs proprits naturelles1 les descriptions qui les peign5t p> les dtails ou p> les effets les plus frappans1 ou enf9 p> des accessoires emphatiques et mme oiseux4 ,les pisodes sont ns dans les premi]s ges de la grossiret des esprits1 incapables de di/+u] et d'c>t] les *oses qui ne vont pas au b4 ,la mme cause fait qu'on obs]ve t\j\rs les mmes effets dans les idiots1 et surt\t dans les femmes4 ,les t\rs naquir5t de la difficult de complt] la phrase p> son v]be4 ,n\s avons vu que le v]be fut tr\v plus t>d que les autres p>ties du disc\rs4 ,aussi les ,grecs1 nation +nieuse1 employr5t mo9s de t\rs que les ,lat9s1 les ,lat9s mo9s que les ,allem&s4 ,le nombre ne fut introduit que t>d dans la prose4 ,les premi]s qui l'employr5t fur5t1 *ez les ,grecs1 ,gorgias de ,lontium1 et *ez les ,lat9s1 ,cicron4 ,avant eux1 c'e/ ,cicron lui-mme qui le rapporte1 on ne savait r5dre le disc\rs nombreux qu'en y mlant c]ta9es mesures potiques4 ,il n\s s]a trs utile d'avoir tabli ceci1 lorsque n\s trait]ons de l'orig9e du *ant et du v]s4 ,t\t ce que n\s v5ons de dire semble pr\v] que1 p> une loi ncessaire de notre nature1 le langage potique a prcd celui de la prose4 ,p> suite de la mme loi1 les fables1 univ]saux de l'imag9ation1 dur5t natre avant ceux du raisonnem5t et de la philosophie4 ,ces d]ni]s ne pur5t tre crs qu'au moy5 de la prose4 ,en effet1 les potes ayant d'abord =m le langage potique p> l'association des ides p>ticulires1 comme on l'a dmontr1 les peuples =mr5t ensuite la langue de la prose1 en ram5ant un seul mot1 comme les espces au g5re1 les p>ties qu'avait mises ensemble le langage potique4 ,a9si cette phrase potique usite *ez t\tes les nations1 le sang me b\t dans le coeur1 fut exprime p> un seul mot1 ,grec3 /oma*os1 ira1 colre4 ,les hiroglyphes1 et les lettres alphabtiques fur5t aussi comme autant de g5res auxquels on ram5a la v>it inf9ie des sons articuls4 ,cette m?ode abrge1 applique aux mots et aux lettres1 donna plus d'activit aux esprits1 et les r5dit capables d'ab/raire2 ensuite pur5t v5ir les philosophes1 qui1 prp>s p> cette classification vulgaire des mots et des lettres1 travaillai5t celle des ides1 et =mr5t les g5res intelligibles4 ,ne convi5dra-t-on pas ma9t5ant que p\r tr\v] l'orig9e des lettres1 il fallait *]*] en mme temps celle des langues8 ,quant au *ant et au v]s1 n\s avons dit dans nos axiomes1 que1 suppos que les hommes ai5t t d'abord muets1 ils comm5cr5t p> prononc] les voyelles en *antant1 comme font les muets2 puis ils dur5t1 comme les bgues1 articul] aussi les consonnes en *antant#di4 ,ces premi]s hommes ne devai5t s'essay] p>l] que lorsqu'ils pr\vai5t des passions trs viol5tes4 ,or1 de telles passions s'exprim5t p> un ton de voix trs lev1 qui multiplie les diph?ongues1 et devi5t une sorte de *ant4 ,ce premi] *ant v9t naturellem5t de la difficult de prononc]1 laquelle se dmontre p> la cause et p> l'effet4 ,p> la cause1 les premi]s hommes avai5t une gr&e duret dans l'organe de la voix1 et d'ailleurs bi5 peu de mots p\r l'ex]c]#ej4 ,p> l'effet3 il y a dans la posie itali5ne un gr& nombre de retran*em5s2 dans les orig9es de la langue lat9e1 on tr\ve aussi beauc\p de mots qui dur5t tre syncops1 puis t5dus avec le temps4 ,le contraire arriva p\r les rptitions de syllabes4 ,lorsque les bgues tomb5t sur une syllabe qui leur e/ facile prononc]1 ils s'y arrt5t avec une sorte de *ant1 comme p\r comp5s] celles qu'ils prononc5t difficilem5t4 ,j'ai connu un excell5t musici5 qui avait ce dfaut de prononciation2 lorsqu'il se tr\vait arrt1 il se mettait *ant] d'une manire =t agrable1 et p>v5ait a9si articul]4 ,les ,arabes comm5c5t presque t\s les mots p> al1 et l'on dit que les ,huns fur5t a9si appels p>ce qu'ils comm5ai5t t\s les mots p> hun4 ,ce qui pr\ve encore que les langues fur5t d'abord un *ant1 c'e/ ce que n\s avons dit1 qu'avant ,gorgias et ,cicron1 les prosateurs grecs et lat9s employai5t des nombres potiques2 au moy5 ge1 les pres de l'glise lat9e en fir5t autant1 et leur prose semble faite p\r tre *ante4 ,note #di3 ,ce qui le pr\ve1 ce sont les diph?ongues qui re/r5t dans les langues1 et qui dur5t tre bi5 plus nombreuses dans l'orig9e4 ,a9si les ,grecs et les ,franais qui ont pass d'une manire prmature de la b>b>ie la civilisation ont cons]v beauc\p de diph?ongues4 ,voyez la note de l'axiome #ba4 7,vico74 ,note #ej3 ,ma9t5ant encore1 au milieu de tant de moy5s d'appr5dre p>l]1 ne voyons-n\s pas les enfans1 malgr la flexibilit de leurs organes1 prononc] les consonnes avec la plus gr&e pe9e4 ,les ,*9ois1 qui avec un trs petit nombre de signes div]sem5t modifis1 exprim5t en langue vulgaire leurs c5t v+t mille hiroglyphes1 p>l5t aussi en *antant4 7,vico74 ,le premi] g5re de v]s dut tre appropri la langue1 l'ge des hros3 tel fut le v]s hroque1 le plus noble de t\s4 ,c'tait l'expression des motions les plus vives de la t]reur ou de la joie4 ,la posie hroque ne pe9t que les passions les plus viol5tes4 ,si le v]s hroque fut d'abord spondaque1 on ne peut l'attribu]1 comme le fait la tradition vulgaire1 l'effroi inspir p> le s]p5t ,py?on2 l'effroi prcipite les ides et les p>oles plutt qu'il ne les ral5tit4 ,en lat91 sollicitus et fe/9ans exprim5t la frayeur4 ,la l5teur des esprits1 la difficult du langage1 voil ce qui dut le r5dre spondaque2 et il a cons]v quelque *ose de ce c>actre1 en exigeant inv>iablem5t un sponde son d]ni] pi$4 ,plus t>d1 les esprits et les langues ayant plus de facilit1 le dactyle entra dans la posie2 un n\veau progrs dt]m9a l'emploi de l'iambe1 pes citus1 comme dit ,horace4 ,enf9 l'intellig5ce et la prononciation ayant acquis une gr&e rapidit1 on comm5a de p>l] en prose1 ce qui tait une sorte de gnralisation4 ,le v]s iambique se rappro*e tellem5t de la prose1 qu'il *appait s\v5t aux prosateurs4 ,a9si le *ant uni aux v]s dev9t de plus en plus rapide1 en suivant exactem5t le progrs du langage et des ides4--,ces vrits philosophiques sont appuyes p> la tradition suivante3 l'hi/oire ne n\s prs5te ri5 de plus anci5 que les oracles et les sybilles2 l'antiquit de ces d]nires a pass en prov]be4 ,n\s tr\vons p>t\t des ,sybilles *ez les plus anci5nes nations3 or1 on assure qu'elles *antai5t leurs rponses en v]s hroques1 et p>t\t les oracles rpondai5t en v]s de cette mesure4 ,ce v]s fut appel p> les ,grecs py?i51 de leur fameux oracle d',apollon ,py?i54 ,les ,lat9s l'appelr5t v]s saturni51 comme l'atte/e ,fe/us4 ,ce v]s dut tre inv5t en ,italie dans l'ge de ,saturne1 qui rpond l'ge d'or des ,grecs4 ,ennius1 cit p> le mme ,fe/us1 n\s appr5d que les faunes de l',italie r5dai5t en cette =me de v]s leurs oracles1 fata4 ,puis le nom de v]s saturni5 passa aux v]s iambiques de six pi$s1 peut-tre p>ce que ces d]ni]s v]s fir5t employs naturellem5t dans le langage1 comme aup>avant les v]s saturni5s-hroques4--,les savans mod]nes sont auj\rd'hui diviss sur la "q de savoir si la posie hbraque a une mesure1 ou simplem5t une sorte de rhy?me2 mais ,josephe1 ,philon1 ,origne et ,eusbe1 ti5n5t p\r la premire op9ion2 et ce qui la favorise pr9cipalem5t1 c'e/ que1 selon sa9t ,jrme1 le livre de ,job1 plus anci5 que ceux de ,mose1 s]ait crit en v]s hroques depuis la f9 du second *apitre jusqu'au comm5cem5t du qu>ante-deuxime4--,si n\s en croyons l'auteur anonyme de l',inc]titude des sci5ces1 les ,arabes1 qui ne connaissai5t po9t l'criture1 cons]vr5t leur anci5ne langue1 en ret5ant leurs pomes nationaux jusqu'au temps o ils inondr5t les prov9ces ori5tales de l'empire grec4 ,les gypti5s crivai5t leurs pitaphes en v]s1 et sur des colonnes appeles sir+i1 de sir1 *ant ou *anson4 ,du mme mot vi5t sans d\te le nom des ,sirnes1 tres my?ologiques clbres p> leur *ant4 ,ce qui e/ plus c]ta91 c'e/ que les fondateurs de la civilisation grecque fur5t les potes ?ologi5s1 lesquels fur5t aussi hros et *antr5t en v]s hroques4 ,n\s avons vu que les premi]s auteurs de la langue lat9e fur5t les potes sacrs appels sali5s2 il n\s re/e des fragm5s de leurs v]s1 qui ont quelque *ose du v]s hroque1 et qui sont les plus anci5s monum5s de la langue lat9e4 ,rome1 les triomphateurs laissr5t des inscriptions qui ont une app>5ce de v]s hroques1 telles que celles de ,lucius ,emilius ,regillus1 ,duello magno dirim5do1 regibus subjug&is2 et celle d',acilius ,glabrion1 ,fudit1 fugat1 pro/]nit maximas legiones4 ,si on exam9e bi5 les fragm5s de la loi des d\ze tables1 on tr\v]a que la plup>t des articles se t]m95t p> un v]s adonique1 c'e/--dire p> une f9 de v]s hroque2 c'e/ ce que ,cicron imita dans ses ,lois1 qui comm5c5t a9si3 ,deos ca/e adeunto4 ,pietatem adhib5to4 ,de l v9t1 *ez les ,roma9s1 l'usage m5tionn p> le mme ,cicron2 les enfans *antai5t la loi des d\ze tables1 tanquam necess>ium c>m54 ,ceux des ,crtois *antai5t de mme la loi de leur pays1 au rapport d'li54-- ces obs]vations joignez plusieurs traditions vulgaires4 ,les lois des gypti5s fur5t les pomes de la desse ,isis 7,platon74 ,lycurgue et ,dracon donnr5t leurs lois en v]s aux ,sp>tiates et aux ,a?ni5s 7,plut>que et ,suidas74 ,enf9 ,jupit] dicta en v]s les lois de ,m9os 7,maxime de ,tyr74 ,ma9t5ant rev5ons des lois l'hi/oire4 ,tacite rapporte dans les ,moeurs des ,g]ma9s1 que ce peuple cons]vait en v]s les s\v5irs des premi]s ges2 et dans sa note sur ce passage1 ,ju/e-,lipse dit la mme *ose des ,amrica9s4 ,l'exemple de ces deux nations1 dont la premire ne fut connue que trs t>d p> les ,roma9s1 et dont la seconde a t dc\v]te p> les ,europens il y a seulem5t deux sicles1 n\s donne lieu de conjectur] qu'il en a t de mme de t\tes les nations b>b>es1 anci5nes et mod]nes4 ,la *ose e/ hors de d\te p\r les anci5s ,p]ses et p\r les ,*9ois4 ,au rapport de ,fe/us1 les gu]res puniques fur5t crites p> ,nvius en v]s hroques1 avant de l'tre p> ,ennius2 et ,livius ,&ronicus1 le premi] criva9 lat91 avait crit dans un pome hroque appel la ,romanide1 les annales des anci5s ,roma9s4 ,au moy5 ge1 les hi/ori5s lat9s fur5t des potes hroques1 comme ,gunt]us1 ,guillaume de ,p\ille1 et autres4 ,n\s avons vu que les premi]s criva9s dans les n\velles langues de l',europe1 avai5t t des v]sificateurs4 ,dans la ,silsie1 prov9ce o il n'y a gure que des paysans1 ils apport5t en naissant le don de la posie4 ,en gnral1 l'allem& cons]ve ses orig9es hroques1 et voil p\rquoi on traduit si heureusem5t en allem& les mots composs du grec1 surt\t ceux du langage potique4 ,adam ,ro*emb]g l'a rem>qu1 mais sans en compr5dre la cause4 ,b]negg] a fait de t\tes ces expressions un catalogue1 enri*i ensuite p> ,georges ,*ri/ophe ,peis*]1 dans son ,index de grc et g]manic l+u analogi4 ,la langue lat9e a aussi laiss des exemples nombreux de ces compositions =mes de mots enti]s2 et les potes1 en cont9uant se s]vir de ces mots composs1 n'ont fait qu'us] de leur droit4 ,cette facilit de composition dut tre une proprit commune t\tes les langues primitives4 ,elles se crr5t d'abord des noms1 ensuite des v]bes1 et lorsque les v]bes leur manqur5t1 elles unir5t les noms eux-mmes4 ,voil les pr9cipes de t\t ce qu'a crit ,morh( dans ses re*]*es sur la langue et la posie allem&e4#ea ,note #ea3 ,n\s tr\vons ici une preuve de ce que n\s avons avanc dans les axiomes4 ,si les savans s'appliqu5t tr\v] les orig9es de la langue allem&e en suivant nos pr9cipes1 ils y f]ont d'tonnantes dc\v]tes4 7,vico74 ,n\s croyons avoir victorieusem5t rfut l'erreur commune des grammairi5s qui prt5d5t que la prose prcda les v]s1 et avoir montr dans l'orig9e de la posie1 telle que n\s l'avons dc\v]te1 l'orig9e des langues et celle des lettres4 4 ,,vi4 ,,corollaires ,relatifs la logique des esprits cultivs4 #a4 ,d'aprs t\t ce que n\s v5ons d'tablir en v]tu de cette logique potique relativem5t l'orig9e des langues1 n\s reconnaissons que c'e/ avec raison que les premi]s auteurs du langage fur5t rputs sages dans t\s les ges suivans1 puisqu'ils donnr5t aux *oses des noms con=mes leur nature1 et rem>quables p> la proprit4 ,aussi n\s avons vu que *ez les ,grecs et les ,lat9s1 nom et nature signifir5t s\v5t la mme *ose4 #b4 ,la topique comm5a avec la critique4 ,la topique e/ l'art qui conduit l'esprit dans sa premire opration1 qui lui enseigne les aspects div]s 7les lieux1 ,grec3 topoi7 que n\s devons puis]1 en les obs]vant successivem5t1 p\r connatre dans son enti] l'objet que n\s exam9ons4 ,les fondateurs de la civilisation huma9e se livrr5t une topique s5sible1 dans laquelle ils unissai5t les proprits1 les qualits ou rapports des individus ou des espces1 et les employai5t t\t concrets =m] leurs g5res potiques2 de sorte qu'on peut dire avec vrit que le premi] ge du monde s'occupa de la premire opration de l'esprit4 ,ce fut dans l'intrt du g5re huma9 que la ,provid5ce fit natre la topique avant la critique4 ,il e/ naturel de connatre d'abord les *oses1 et ensuite de les jug]4 ,la topique r5d les esprits inv5tifs1 comme la critique les r5d exacts4 ,or1 dans les premi]s temps1 les hommes avai5t tr\v]1 inv5t] t\tes les *oses ncessaires la vie4 ,en effet1 quiconque y rfl*ira1 tr\v]a que les *oses utiles ou ncessaires la vie1 et mme celles qui ne sont que de commodit1 d'agrm5t ou de luxe1 avai5t dj t tr\ves p> les ,grecs1 avant qu'il y et p>mi eux des philosophes4 ,n\s l'avons dit dans un axiome3 ,les enfans sont gr&s imitateurs2 la posie n'e/ qu'imitation2 les arts ne sont que des imitations de la nature1 qu'une posie relle4 ,a9si1 les premi]s peuples qui n\s reprs5t5t l'enfance du g5re huma91 fondr5t d'abord le monde des arts2 les philosophes1 qui v9r5t long-temps aprs1 et qui n\s en reprs5t5t la vieillesse1 fondr5t le monde des sci5ces1 qui complta le sy/me de la civilisation huma9e4 #c4 ,cette hi/oire des ides huma9es e/ confirme d'une manire s+ulire p> l'hi/oire de la philosophie elle-mme4 ,la premire m?ode d'une philosophie grossire encore fut l',grec3 autopsia1 ou vid5ce des s5s2 n\s avons vu1 dans l'orig9e de la posie1 quelle vivacit avai5t les s5sations dans les ges potiques4 ,ensuite v9t sope1 symbole des morali/es que n\s appell]ons vulgaires2 sope1 antrieur aux sept sages de la ,grce1 employa des exemples p\r raisonnem5s2 et comme l'ge potique durait encore1 il tirait ces exemples de quelque fiction analogue1 moy5 plus puissant sur l'esprit du vulgaire1 que les meilleurs raisonnem5s ab/raits#eb4 ,aprs sope v9t ,socrate3 il comm5a la dialectique p> l'induction1 qui conclut de plusieurs *oses c]ta9es la *ose d\teuse qui e/ en "q4 ,avant ,socrate1 la mdec9e1 fcondant l'obs]vation p> l'induction1 avait produit ,hippocrate1 le premi] de t\s les mdec9s p\r le mrite comme p\r l'poque1 ,hippocrate1 auquel fut si bi5 d cet loge immortel1 nec fallit quemquam1 nec falsus ab ullo e/4 ,au temps de ,platon1 les ma?matiques avai5t1 p> la m?ode de composition dite syn?se1 fait d'imm5ses progrs dans l'cole de ,py?agore1 comme on peut le voir p> le ,time4 ,grce cette m?ode1 ,a?nes florissait alors p> la culture de t\s les arts qui font la gloire du gnie huma91 p> la posie1 l'loqu5ce et l'hi/oire1 p> la musique et les arts du dess94 ,ensuite v9r5t ,ari/ote et ,znon2 le premi] enseigna le syllogisme1 =me de raisonnem5t qui n'unit po9t les ides p>ticulires p\r =m] des ides gnrales1 mais qui dcompose les ides gnrales dans les ides p>ticulires qu'elles r5f]m5t2 quant au second1 sa m?ode favorite1 celle du sorite1 analogue celle de nos mod]nes philosophes1 n'aiguise l'esprit qu'en le r5dant trop subtil4 ,ds-lors la philosophie ne produisit aucun fruit rem>quable p\r l'avantage du g5re huma94 ,c'e/ donc avec raison que ,bacon1 aussi gr& philosophe que pr(ond politique1 recomm&e l'induction dans son ,organum4 ,les ,anglais1 qui suiv5t ce prcepte1 tir5t de l'induction les plus gr&s avantages dans la philosophie exprim5tale4 ,note #eb3 ,comme le pr\ve le succs avec lequel ,mnnius ,agrippa ram5a l'obissance le peuple roma94 7,vico74 #d4 ,cette hi/oire des ides huma9es montre jusqu' l'vid5ce l'erreur de ceux qui attribuant1 selon le prjug vulgaire1 une haute sagesse aux anci5s1 ont cru que ,m9os1 ,?se1 ,lycurgue1 ,romulus et les autres rois de ,rome1 donnr5t leurs peuples des lois univ]selles4 ,telle e/ la =me des lois les plus anci5nes1 qu'elles sembl5t s'adress] un seul homme2 d'un premi] cas1 elles s't5dai5t t\s les autres1 c> les premi]s peuples tai5t incapables d'ides gnrales2 ils ne p\vai5t les concevoir avant que les faits qui les appelai5t se fuss5t prs5ts4 ,dans le procs du jeune ,horace1 la loi de ,tullus ,ho/ilius n'e/ autre *ose que la s5t5ce porte contre l'illu/re accus p> les duumvirs qui avai5t t crs p> le roi p\r ce jugem5t#ec4 ,cette loi de ,tullus e/ un exemple1 dans le s5s o l'on dit *tim5s exemplaires4 ,s'il e/ vrai1 comme le dit ,ari/ote1 que les rpubliques hroques n'avai5t pas de lois pnales1 il fallait que les exemples fuss5t d'abord rels2 ensuite v9r5t les exemples ab/raits4 ,mais lorsque l'on eut acquis des ides gnrales1 on reconnut que la proprit ess5tielle de la loi devait tre l'univ]salit2 et l'on tablit cette maxime de jurisprud5ce3 legibus1 non exemplis e/ judic&um4 ,note #ec3 ,selon ,tite-,live1 ,tullus ne v\lut po9t jug] lui-mme ,horace1 p>ce qu'il craignait de pr5dre sur lui l'odieux d'un tel jugem5t2 explication t\t--fait ridicule4 ,tite-,live n'a pas compris que dans un snat hroque1 c'e/--dire1 ari/ocratique1 un roi n'avait d'autre puissance que celle de crer des duumvirs ou commissaires p\r jug] les accuss2 le peuple des cits hroques ne se composait que de nobles auxquels l'accus dj condamn p\vait t\j\rs en appel]4 7,vico74 ,,*apitre ,,iv4 ,,de ,,la ,,morale ,,po,,tique1 ,,et ,,de ,l',,orig9e ,,des ,,v]tus ,,vulgaires ,,qui ,r,,sult,,r5t ,,de ,l',,in/itution ,,de ,,la ,,religion ,,et ,,des ,,m>iages4 ,la mtaphysique des philosophes comm5ce p> clair] l'me huma9e1 en y plaant l'ide d'un ,dieu1 af9 qu'ensuite la logique1 la tr\vant prp>e mieux di/+u] ses ides1 lui enseigne les m?odes de raisonnem5t1 p> le sec\rs desquelles la morale purifie le coeur de l'homme4 ,de mme la mtaphysique potique des premi]s huma9s les frappa d'abord p> la cra9te de ,jupit]1 dans lequel ils reconnur5t le p\voir de lanc] la f\dre1 et t]rassa leurs mes aussi bi5 que leurs corps1 p> cette fiction effrayante4 ,incapables d'atte9dre encore une telle ide p> le raisonnem5t1 ils la conur5t p> un s5tim5t faux dans la matire1 mais vrai dans la =me4 ,de cette logique con=me leur nature sortit la morale potique1 qui d'abord les r5dit pieux4 ,la pit tait la base sur laquelle la ,provid5ce v\lait fond] les socits4 ,en effet1 *ez t\tes les nations1 la pit a t gnralem5t la mre des v]tus dome/iques et civiles2 la religion seule n\s appr5d les obs]v]1 t&is que la philosophie n\s met plutt en tat d'en disc\rir4 ,la v]tu comm5a p> l'ef=t4 ,les gans en*ans s\s les monts p> la t]reur religieuse que la f\dre leur inspirait1 s'ab/9r5t dsormais d'err] la manire des btes f>\*es dans la va/e =t qui c\vrait la t]re1 et prir5t l'habitude de m5] une vie sd5taire dans leurs retraites ca*es1 en sorte qu'ils dev9r5t plus t>d les fondateurs des socits4 ,voil l'un de ces gr&s bi5faits que dut au ciel le g5re huma91 selon la tradition vulgaire1 qu& il rgna sur la t]re p> la religion des auspices4 ,p> suite de ce premi] ef=t1 la v]tu comm5a po9dre dans les mes4 ,ils cont9r5t leurs passions brutales1 ils vitr5t de les satisfaire la face du ciel qui leur causait un tel effroi1 et *acun d'eux s'ef=a d'entran] dans sa cav]ne une seule femme dont il se proposait de faire sa compagne p\r la vie4 ,a9si la ,vnus huma9e succdant la ,vnus brutale1 ils comm5cr5t connatre la pudeur1 qui1 aprs la religion1 e/ le pr9cipal li5 des socits4 ,a9si s'tablit le m>iage1 c'e/--dire l'union *>nelle faite selon la pudeur1 et avec la cra9te d'un ,dieu4 ,c'e/ le second pr9cipe de la ,sci5ce n\velle1 lequel drive du premi] 7la croyance une ,provid5ce74 ,le m>iage fut accompagn de trois sol5nits4--,la premire e/ celle des auspices de ,jupit]1 auspices tirs de la f\dre qui avait dcid les gans les obs]v]4 ,de cette div9ation1 sortes1 les ,lat9s df9ir5t le m>iage1 omnis vit consortium1 et appelr5t le m>i et la femme1 consortes4 ,en itali51 on dit vulgairem5t que la fille qui se m>ie pr5de sorte4 ,aussi e/-ce un pr9cipe du droit des g5s1 que la femme suive la religion publique de son m>i4--,la seconde sol5nit consi/e dans le voile dont la jeune p\se se c\vre1 en mmoire de ce premi] m\vem5t de pudeur qui dt]m9a l'in/itution des m>iages4--,la troisime1 t\j\rs obs]ve p> les ,roma9s1 fut d'enlev] l'p\se avec une fe9te viol5ce1 p\r rappel] la viol5ce vritable avec laquelle les gans entranr5t les premires femmes dans leurs cav]nes4 ,les hommes se crr5t1 s\s le nom de ,junon1 un symbole de ces m>iages sol5nels4 ,c'e/ le premi] de t\s les symboles div9s aprs celui de ,jupit]4444 99 99 99 ,considrons le g5re de v]tu que la religion donna ces premi]s hommes3 ils fur5t prud5s1 de cette sorte de prud5ce que p\vai5t donn] les auspices de ,jupit]2 ju/es1 env]s ,jupit]1 en le r$\tant 7,jupit]1 jus et pat]71 et env]s les hommes1 en ne se mlant po9t des affaires d'autrui2 c'e/ l'tat des gans1 tels que ,polyphme les reprs5te ,ulysse1 isols dans les cav]nes de la ,sicile3 cette ju/ice n'tait au fond que l'isolem5t de l'tat sauvage4 ,ils pratiquai5t la cont95ce1 en ce qu'ils se cont5tai5t d'une seule femme p\r la vie4 ,ils avai5t le c\rage1 l'indu/rie1 la magnanimit1 les v]tus de l'ge d'or1 p\rvu que n\s n'ent5dions po9t p> ge d'or1 ce qu'ont ent5du dans la suite les potes effm9s4 ,les v]tus du premi] ge1 -la-fois religieuses et b>b>es1 fur5t analogues celles qu'on a tant l\es dans les ,scy!s1 qui enfonai5t un c\teau en t]re1 l'adorai5t comme un dieu1 et ju/ifiai5t leurs meurtres p> cette religion sangu9aire4 ,cette morale des nations sup]/itieuses et f>\*es du paganisme produisit *ez elles l'usage de sacrifi] aux dieux des victimes huma9es4 ,lorsque les ,phnici5s tai5t m5acs p> quelque gr&e calamit1 leurs rois immolai5t ,saturne leurs propres enfans 7,philon1 ,qu9te-,curce74 ,c>?age1 colonie de ,tyr1 cons]va cette c\tume4 ,les ,grecs la pratiqur5t aussi1 comme on le voit p> le sacrifice d',iphignie#ed4 ,les sacrifices huma9s tai5t en usage *ez les ,gaulois 7,cs>7 et *ez les ,bretons 7,tacite74 ,ce culte sacrilge fut df5du p> ,augu/e aux ,roma9s qui habitai5t les ,gaules1 et p> ,claude aux ,gaulois eux-mmes 7,sutone74 ,note #ed3 ,on s'tonn]a peu de ce d]ni] vnem5t si l'on songe l't5due illimit de la puissance pat]nelle des premi]s hommes du paganisme1 de ces ,cyclopes de la fable4 ,cette puissance fut sans borne *ez les nations les plus claires1 telles que la grecque1 *ez les plus sages1 telles que la roma9e2 jusqu'aux temps de la plus haute civilisation1 les pres y avai5t le droit de faire prir leurs enfans n\veau-ns4 ,c'e/ ce qui doit dim9u] l'horreur que n\s inspire1 dans la d\ceur de nos temps mod]nes1 la svrit de ,brutus1 condamnant ses fils1 et de ,manlius faisant prir le si5 p\r avoir combattu et va9cu au mpris de ses ordres4 7,vico74 ,les ,ori5tali/es veul5t que ce soi5t les ,phnici5s qui ai5t rp&u dans t\t le monde les sacrifices de leur ,molo*4 ,mais ,tacite n\s assure que les sacrifices huma9s tai5t en usage dans la ,g]manie1 contre t\j\rs f]me aux trang]s2 et les ,espagnols les retr\vr5t dans l',amrique1 inconnue jusque-l au re/e du monde4 ,telle tait la b>b>ie des nations l'poque mme o les anci5s ,g]ma9s voyai5t les dieux sur la t]re1 o les anci5s ,scy!s1 o les ,amrica9s1 brillai5t de ces v]tus de l'ge d'or exaltes p> tant d'criva9s4 ,les victimes huma9es sont appeles dans ,plaute1 victimes de ,saturne1 et c'e/ s\s ,saturne que les auteurs plac5t l'ge d'or du ,latium2 tant il e/ vrai que cet ge fut celui de la d\ceur1 de la bnignit et de la ju/ice6 ,ri5 n'e/ plus va91 n\s devons le conclure de t\t ce qui prcde1 que les fables dbites p> les savans sur l'innoc5ce de l'ge d'or *ez les paens4 ,cette innoc5ce n'tait autre *ose qu'une sup]/ition fanatique qui1 frappant les premi]s hommes de la cra9te des dieux que leur imag9ation avait crs1 leur faisait obs]v] quelque devoir malgr leur brutalit et leur orgueil f>\*e4 ,plut>que1 *oqu de cette sup]/ition1 met en problme s'il n'et pas mieux valu ne croire aucune div9it1 que de r5dre aux dieux ce culte impie4 ,mais il a tort d'oppos] l'a?isme cette religion1 quelque b>b>e qu'elle pt tre4 ,s\s l'influ5ce de cette religion se sont =mes les plus illu/res socits du monde2 l'a?isme n'a ri5 fond4 ,n\s v5ons de trait] de la morale du premi] ge1 ou morale div9e2 n\s trait]ons plus t>d de la morale hroque4 ,,*apitre ,v4 ,,du ,,g\v]nem5t ,,de ,,la ,,famille1 ,,ou ,,conomie1 ,,dans ,,les ,,ges ,,po,,tiques4 4 ,i4 ,de la famille compose des p>5s et des enfans1 sans esclaves ni s]viteurs4 ,les hros s5tir5t1 p> l'in/9ct de la nature huma9e1 les deux vrits qui con/itu5t t\te la sci5ce conomique1 et que les ,lat9s cons]vr5t dans les mots educ]e1 educ>e1 relatifs1 l'un l'ducation de l'me1 l'autre celle du corps4 ,n\s p>l]ons d'abord de la premire de ces deux ducations4 ,les premi]s pres fur5t -la-fois les sages1 les prtres et les rois ou lgislateurs de leurs familles#ee4 ,ils dur5t tre dans la famille des rois absolus1 suprieurs t\s les autres membres1 et s\mis seulem5t ,dieu4 ,leur p\voir fut arm des t]reurs d'une religion effroyable1 et sanctionn p> les pe9es les plus cruelles2 c'e/ dans le c>actre de ,polyphme que ,platon reconnat les premi]s pres de famille#ef4--,rem>quons seulem5t ici que les hommes1 sortis de leur lib]t native1 et dompts p> la svrit du g\v]nem5t de la famille1 se tr\vr5t prp>s obir aux lois du g\v]nem5t civil qui devait lui succd]4 ,il en e/ re/ cette loi t]nelle1 que les rpubliques s]ont plus heureuses que celle qu'imag9a ,platon1 t\tes les fois que les pres de famille n'enseign]ont leurs enfans que la religion1 et qu'ils s]ont admirs des fils comme leurs sages1 rvrs comme leurs prtres1 et r$\ts comme leurs rois4 ,note #ee3 ,c'e/ cette tradition vulgaire sur la sagesse des anci5s qui a tromp ,platon1 et lui a fait regrett] les temps o les philosophes rgnai5t1 o les rois tai5t philosophes4 7,vico74 ,note #ef3 ,cette tradition mal int]prte a jet t\s les politiques dans l'erreur de croire que la premire =me des g\v]nem5s civils aurait t la mon>*ie4 ,p>tant de cette erreur1 ils ont tabli p\r pr9cipe de leur fausse sci5ce que la royaut tirait son orig9e de la viol5ce1 ou de la fraude qui aurait bi5tt clat en viol5ce4 ,mais cette poque o les hommes avai5t encore t\t l'orgueil f>\*e de la lib]t be/iale1 cette simplicit grossire o ils se cont5tai5t des productions spontanes de la nature p\r alim5s1 de l'eau des fonta9es p\r boisson1 et des cav]nes p\r abri p5dant leur sommeil2 dans cette galit naturelle o t\s les pres tai5t s\v]a9s de leur famille1 on ne peut compr5dre comm5t la fraude ou la =ce euss5t assujti t\s les hommes un seul4 7,vico74 ,quant la seconde p>tie de la sci5ce conomique1 l'ducation des corps1 on peut conjectur] que1 p> l'effet des t]reurs religieuses1 de la duret du g\v]nem5t des pres de famille1 et des ablutions sacres1 les fils p]dir5t peu--peu la taille des gans1 et prir5t la /ature conv5able des hommes4 ,admirons la ,provid5ce d'avoir p]mis qu'avant cette poque les hommes fuss5t des gans3 il leur fallait1 dans leur vie vagabonde1 une complexion robu/e p\r support] l'inclm5ce de l'air et l'intemprie des saisons2 il leur fallait des =ces extraord9aires p\r pntr] la gr&e =t qui c\vrait la t]re1 et qui devait tre si paisse dans les temps vois9s du dluge4444 ,la gr&e ide de la sci5ce conomique fut ralise ds l'orig9e1 savoir3 qu'il faut que les pres1 p> leur travail et leur indu/rie1 laiss5t leurs fils un patrimo9e o ils tr\v5t une subsi/ance facile1 commode et sre1 qu& mme ils n'aurai5t plus aucun rapport avec les trang]s1 qu& mme t\tes les ress\rces de l'tat social vi5drai5t leur manqu]1 qu& mme il n'y aurait plus de cits2 de sorte qu'en supposant les d]nires calamits les familles subsi/5t1 comme orig9e de n\velles nations4 ,ils doiv5t laiss] ce patrimo9e dans des lieux qui j\iss5t d'un air sa91 qui possd5t des s\rces d'eaux vives1 et dont la situation naturellem5t =te leur assure un asile dans le cas o les cits prirai5t2 il faut enf9 que ce patrimo9e compr5ne de va/es campagnes assez ri*es p\r n\rrir les malheureux qui1 dans la ru9e des cits vois9es1 vi5drai5t s'y rfugi]1 les cultiv]ai5t1 et en reconnatrai5t le propritaire p\r seigneur4 ,a9si la ,provid5ce ordonna l'tat de famille1 employant non la tyrannie des lois1 mais la d\ce autorit des c\tumes 7voy4 axiome #ajd le passage cit de ,dion-,cassius74 ,les =ts1 les puissans des premi]s ges1 tablir5t leurs habitations au sommet des montagnes4 ,le lat9 arces1 l'itali5 rocce1 ont1 outre leur premi] s5s1 celui de =t]esses4 ,tel fut l'ordre tabli p> la ,provid5ce p\r comm5c] la socit paenne4 ,platon en fait honneur la prvoyance des premi]s fondateurs des cits4 ,cep5dant1 lorsque la b>b>ie antique rep>aissant au moy5 ge dtruisait p>t\t les cits1 le mme ordre assura le salut des familles1 d'o sortir5t les n\velles nations de l',europe4 ,les ,itali5s ont cont9u dire ca/ella1 p\r seigneuries4 ,en effet1 on obs]ve gnralem5t que les cits les plus anci5nes1 et presque t\tes les capitales1 ont t bties au sommet des montagnes1 t&is que les villages sont rp&us dans les pla9es4 ,de l v9r5t sans d\te ces phrases lat9es1 summo loco1 illu/ri loco nati1 p\r dire les nobles2 imo1 obscuro loco nati1 p\r dsign] les plbi5s3 les premi]s habitai5t les cits1 les seconds les campagnes4 ,c'e/ p> rapport aux s\rces vives dont n\s avons p>l1 que les politiques reg>d5t la communaut des eaux comme l'occasion de l'union des familles4 ,de l les premires associations fur5t dites p> les ,grecs ,grec3 phratriai1 7peut-tre de ,grec3 phre>1 puits71 comme les premi]s villages fur5t appels pagi p> les ,lat9s1 du mot ,grec3 pg fonta9e4 ,les ,roma9s clbrai5t les m>iages p> l'emploi sol5nel de l'eau et du feu3 p>ce que les premi]s m>iages fur5t contracts naturellem5t p> des hommes et des femmes qui avai5t l'eau et le feu en commun1 comme membres de la mme famille1 et dans l'orig9e comme frres et soeurs4 ,le dieu du foy] de *aque maison tait appel l>2 d'o focus l>is4 ,c'tait l que le pre de famille sacrifiait aux dieux de la maison1 deivei p>5tum 7loi des d\ze tables1 de p>ricidio72 comme p>le l',hi/oire sa9te1 le ,dieu de nos pres1 le ,dieu d',abraham1 d',isaac1 de ,jacob4 ,de l encore la loi que propose ,cicron1 sacra famili>ia p]petua man5to2 et les expressions si frqu5tes dans les lois roma9es1 filius familias 9 sacris pat]nis1 sacra patria p\r la puissance pat]nelle4 ,ce respect du foy] dome/ique tait commun aux b>b>es du moy5 ge1 puisque mme au temps de ,boccace1 qui n\s l'atte/e dans sa ,gnalogie des dieux1 c'tait l'usage ,flor5ce1 qu'au comm5cem5t de *aque anne1 le pre de famille assis son foy] prs d'un tronc d'arbre auquel il mettait le feu1 jetait de l'enc5s et v]sait du v9 dans la flamme2 usage encore obs]v1 p> le bas peuple de ,naples1 le soir de la vigile de ,nol4 ,on dit aussi tant de feux1 p\r tant de familles4 99 99 99 ,l'in/itution des spultures1 qui v9t aprs celle des m>iages1 rsulta de la ncessit de ca*] des objets qui *oquai5t les s5s4 ,a9si comm5a la croyance univ]selle de l'immortalit des mes huma9es1 appeles dii manes1 et dans la loi des d\ze tables1 deivei p>5tum444 ,les philologues et les philosophes ont p5s communm5t que dans ce qu'on appelle l'tat de nature1 les familles n'tai5t composes que de fils2 elles le fur5t aussi de s]viteurs ou famuli1 d'o elles tirr5t pr9cipalem5t ce nom4 ,sur cette conomie incomplte ils ont fond une fausse politique1 comme la suite doit le dmontr]4 ,p\r n\s1 n\s comm5c]ons trait] de la politique des premi]s ges1 en pr5ant p\r po9t de d"p ces s]viteurs ou famuli1 qui app>ti5n5t proprem5t l'tude de l'conomie4 4 ,,ii4 ,des familles composes de s]viteurs1 antrieures l'exi/5ce des cits1 et sans lesquelles cette exi/5ce tait impossible4 ,au b\t d'un laps de temps considrable1 plusieurs des gans impies qui tai5t re/s dans la communaut des femmes et des bi5s1 et dans les qu]elles qu'elle produisait1 les hommes simples et dbonnaires1 dans le langage de ,grotius1 les ab&onns de ,dieu dans celui de ,puff5dorf1 fur5t contra9ts1 p\r *app] aux viol5s de ,hobbes1 de se rfugi] aux autels des =ts4 ,a9si un froid trs vif contra9t les btes sauvages v5ir *]*] un asile dans les lieux habits4 ,les *efs de famille1 plus c\rageux p>ce qu'ils avai5t dj =m une premire socit1 recevai5t s\s leur protection ces malheureux rfugis1 et tuai5t ceux qui osai5t faire des c\rses sur leurs t]res4 ,dj hros p> leur naissance1 puisqu'ils tai5t ns de ,jupit]1 c'e/--dire ns s\s ses auspices1 ils dev9r5t hros p> la v]tu4 ,dans ce d]ni] g5re d'hrosme1 les ,roma9s se montrr5t suprieurs t\s les peuples de la t]re1 puisqu'ils sur5t galem5t ,p>c]e subjectis1 et debell>e sup]bos4 ,les premi]s hommes qui fondr5t la civilisation avai5t t conduits la socit p> la religion et p> l'in/9ct naturel de propag] la race huma9e1 causes honorables qui produisir5t le m>iage1 la premire et la plus noble amiti du monde4 ,les seconds qui entrr5t dans la socit y fur5t contra9ts p> la ncessit de sauv] leur vie4 ,cette socit dont l'utilit tait le b1 fut d'une nature s]vile4 ,aussi les rfugis ne fur5t protgs p> les hros qu' une condition ju/e et raisonnable1 celle de gagn] eux-mmes leur vie en travaillant p\r les hros1 comme leurs s]viteurs4 ,cette condition analogue l'esclavage fut le modle de celle o l'on rduisit les prisonni]s faits la gu]re aprs la =mation des cits4 ,ces premi]s s]viteurs se nommai5t *ez les ,lat9s v]n1 t&is que les fils des hros1 p\r se di/+u]1 s'appelai5t lib]i4 ,du re/e1 ces d]ni]s n'avai5t aucune autre di/9ction3 dom9um ac s]vum nullis educationis deliciis dignoscas4 ,ce que ,tacite dit des ,g]ma9s peut s'ent5dre de t\s les premi]s peuples b>b>es2 et n\s savons que *ez les anci5s ,roma9s le pre de famille avait droit de vie et de mort sur ses fils1 et la proprit absolue de t\t ce qu'ils p\vai5t acqurir1 au po9t que jusqu'aux ,emp]eurs les fils et les esclaves ne diffrai5t en ri5 s\s le rapport du pcule4 ,ce mot lib]i signifia aussi d'abord nobles3 les arts libraux sont les arts nobles2 lib]alis rpond l'itali5 g5tile4 ,*ez les ,lat9s les maisons nobles s'appelai5t g5tes2 ces premires g5tes se composai5t des seuls nobles1 et les seuls nobles fur5t libres dans les premires cits4 ,les s]viteurs fur5t aussi appels cli5tes1 et ces cli5tles fur5t la premire image des fiefs1 comme n\s le v]rons plus au long4 99 99 99 ,s\s le nom seul du pre de famille tai5t compris t\s ses fils1 t\s ses esclaves et s]viteurs4 ,a9si1 dans les temps hroques on put dire avec vrit1 comme ,homre le dit d',ajax1 le remp>t des ,grecs 7,grec3 purgos ,a*ain71 que seul il combattait contre l'arme entire des ,troi5s3 on put dire qu',horace s\t9t seul sur un pont le *oc d'une arme d'trusques2 p> quoi l'on doit ent5dre ,ajax1 ,horace1 avec leurs compagnons ou s]viteurs4 ,il en fut prcism5t de mme dans la seconde b>b>ie dans celle du moy5 ge2 qu>ante hros norm&s1 qui rev5ai5t de la t]re sa9te1 mir5t en fuite une arme de ,s>ras9s qui t5ai5t ,sal]ne assige4 ,c'e/ cette protection accorde p> les hros ceux qui se rfugir5t sur leurs t]res1 qu'on doit rapport] l'orig9e des fiefs4 ,les premi]s fur5t d'abord des fiefs roturi]s p]sonnels1 p\r lesquels les vassaux tai5t vades1 c'e/--dire obligs p]sonnellem5t suivre les hros p>t\t o ils les m5ai5t p\r cultiv] leurs t]res1 et plus t>d1 de les suivre dans les jugem5s 7rei2 et actores74 ,du vas des ,lat9s1 du ,grec3 bas des ,grecs1 drivr5t le 0 et le wassus employs p> les feudi/es b>b>es p\r signifi] vassal4 ,ensuite dur5t v5ir les fiefs roturi]s rels1 p\r lesquels les vassaux dur5t tre les premi]s prdes ou mancipes obligs sur bi5s immeubles2 le nom de mancipes re/a propre ceux qui tai5t a9si obligs env]s le trsor public4 99 99 99 ,n\s v5ons de donn] la premire orig9e des asiles4 ,c'e/ en ouvrant un asile que ,cadmus fonde ,?bes1 la plus anci5ne cit de la ,grce4 ,?se fonde ,a?nes en levant l'autel des malheureux1 nom bi5 conv5able ceux qui errai5t aup>avant1 dnus de t\s les bi5s div9s et huma9s que la socit avait procurs aux hommes pieux4 ,romulus fonde ,rome en ouvrant un asile dans un bois1 vetus urbes cond5tium consilium1 dit ,tite-,live4 ,de l ,jupit] reut le titre d'hospitali]4 trang] se dit en lat9 hospes4 4 ,,iii4 ,,corollaires ,relatifs aux contrats qui se font p> le simple cons5tem5t des p>ties4 ,les nations hroques1 ne s'occupant que des *oses ncessaires la vie1 ne recueillant d'autres fruits que les productions spontanes de la nature1 ignorant l'usage de la monnaie1 et tant p\r a9si dire t\t corps1 t\te matire1 ne p\vai5t c]ta9em5t connatre les contrats qui1 selon l'expression mod]ne1 se font p> le seul cons5tem5t4 ,l'ignorance et la grossiret sont naturellem5t s\ponneuses2 aussi les hommes ne p\vai5t connatre les engagem5s de bonne foi4 ,ils assurai5t t\tes les obligations1 en employant la ma91 soit en ralit1 soit p> fiction en aj\tant l'acte la g>antie des /ipulations sol5nelles2 de l ce titre clbre dans la loi des d\ze tables3 ,si quis nexum faciet mancipiumque1 uti l+u nuncupassit1 ita jus e/o4 ,un tel tat civil tant suppos1 n\s p\vons en infr] ce qui suit4 ,i4 ,on dit que dans les temps les plus anci5s1 les a*ats et les v5tes se faisai5t p> *ange1 lors mme qu'il s'agissait d'immeubles4 ,ces *anges ne fur5t autre *ose que les cessions de t]res faites au moy5 ge1 *>ge de c5s seigneurial 7livelli74 ,leur utilit consi/ait en ce que l'une des p>ties avait trop de t]res ri*es en fruits dont l'autre p>tie manquait4 ,,ii4 ,les locations de maisons ne p\vai5t avoir lieu lorsque les cits tai5t petites1 et les habitations troites4 ,on doit croire plutt que les propritaires fonci]s donnai5t du t]ra9 p\r qu'on y btt2 t\te location se rduisait donc un c5s t]ritorial4 ,,iii4 ,les locations de t]res dur5t tre emphytotiques4 ,les grammairi5s ont dit1 sans en compr5dre le s5s1 que cli5tes tait quasi col5tes4 ,ces locations de t]res rpond5t aux cli5tles des ,lat9s4 ,,iv4 ,telle fut sans d\te la raison p\r laquelle on ne tr\ve dans les anci5nes ar*ives du moy5 ge1 d'autres contrats que des contrats de c5s seigneurial p\r des maisons ou p\r des t]res1 soit p]ptuel1 soit temps4 ,v4 ,cette d]nire obs]vation explique peut-tre p\rquoi l'emphytose e/ un contrat de droit civil1 c'e/--dire du droit hroque des ,roma9s4 ce droit hroque ,ulpi5 oppose le droit naturel des peuples civiliss 7g5tium human>um72 il les appelle civiliss ou huma9s1 p> opposition aux b>b>es des premi]s temps2 et il ne peut ent5dre p>l] des b>b>es qui de son temps se tr\vai5t hors de l',empire1 et dont p> consqu5t le droit n'importait po9t aux jurisconsultes roma9s4 ,,vi4 ,les contrats de socit tai5t inconnus1 p> un effet de l'isolem5t naturel des premi]s hommes4 ,*aque pre de famille s'occupait uniquem5t de ses affaires1 sans se ml] de celles des autres1 comme ,polyphme le dit ,ulysse dans l',odysse4 ,,vii4 ,p\r la mme raison1 il n'y avait po9t de m&ataires4 ,de l cette maxime qui e/ re/e dans le droit civil3 n\s ne p\vons acqurir p> une p]sonne qui n'e/ po9t s\s notre puissance1 p] extraneam p]sonam acquiri nem9i4 ,,viii4 ,le droit des nations civilises1 human>um1 comme dit ,ulpi51 ayant succd au droit des nations hroques1 il se fit une telle rvolution1 que le contrat de v5te1 qui anci5nem5t ne produisait po9t d'action de g>antie1 si on n'avait po9t /ipul en cas d'viction la cause pnale appele /ipulatio dupl1 e/ auj\rd'hui le plus favorable de t\s les contrats appels de bonne foi1 p>ce que naturellem5t elle doit y tre obs]ve sans qu'elle ait t promise4 ,,*apitre ,,vi4 ,,de ,,la ,,politique ,,po,,tique4 4 ,i4 ,orig9e des premires rpubliques1 dans la =me la plus rig\reusem5t ari/ocratique4 ,les familles se =mr5t donc de ces s]viteurs 7famuli7 reu s\s la protection des hros4 ,n\s avons dj vu en eux les premi]s membres d'une socit politique 7socii74 ,leur vie dp5dait de leurs seigneurs1 et p> suite t\t ce qu'ils p\vai5t acqurir2 droit t]rible que les hros ex]ai5t aussi sur leurs enfans#eg4 ,mais les fils de famille se tr\vai5t1 la mort de leurs pres1 affran*is de ce despotisme dome/ique1 et l'ex]ai5t leur t\r sur leurs enfans4 ,dans le droit roma91 t\t citoy5 affran*i de la puissance pat]nelle1 e/ lui-mme appel pre de famille4 ,les s]viteurs1 au contraire1 tai5t obligs de pass] leur vie dans le mme tat de dp5dance4 ,aprs bi5 des annes1 ils dur5t naturellem5t se lass] de leur condition1 et se rvolt] contre les hros4 ,n\s avons dj indiqu dans les axiomes1 d'une manire gnrale1 que les s]viteurs avai5t fait viol5ce aux hros dans l'tat de famille1 et que cette rvolution avait occasionn la naissance des rpubliques4 ,dans une telle ncessit1 les hros devai5t tre ports s'unir en corps politique1 p\r rsi/] la multitude de leurs s]viteurs rvolts1 en mettant leur tte l'un d'entre eux di/+u p> son c\rage et p> sa prs5ce d'esprit2 de tels *efs fur5t appels rois1 du mot reg]e1 dirig]4 ,de cette manire1 on peut dire avec pomponius1 rebus ipsis dictantibus regna condita2 p5se pr(onde1 qui s'accorde bi5 avec le pr9cipe tabli p> la jurisprud5ce roma9e3 le droit naturel des g5s a t fond p> la provid5ce div9e 7jus naturale g5tium div9 provid5ti con/itutum74 ,les pres tant rois et s\v]a9s de leurs familles1 il tait impossible1 dans la fire galit de ces ges b>b>es1 qu'aucun d'entre eux cdt un autre2 ils =mr5t donc des snats rgnans1 c'e/--dire composs d'autant de rois des familles1 et1 sans tre conduits p> aucune sagesse huma9e1 ils se tr\vr5t avoir uni leurs intrts privs dans un intrt commun1 que l'on appela patria1 s\s-ent5du res1 c'e/--dire intrt des pres4 ,les nobles1 seuls citoy5s des premires patries1 se nommr5t patrici5s4 ,dans ce s5s1 on peut reg>d] comme vraie la tradition selon laquelle on ne consultait que la nature dans l'lection des rois des premi]s ges4 ,deux passages prcieux de ,tacite1 qu'on lit dans les moeurs des g]ma9s1 appui5t cette tradition et n\s donn5t lieu de conjectur] que l'usage dont il p>le tait celui de t\s les premi]s peuples3 non casus1 non =tuita conglobatio turmam aut cuneum facit1 s$ famili et prop9quitates2 duces exemplo potius qum imp]io1 si prompti1 si conspicui1 si ante aciem agant1 admiratione prsunt4 ,tels fur5t les premi]s rois4 ,ce qui le pr\ve1 c'e/ que les potes n'imag9r5t pas autrem5t ,jupit]1 le roi des hommes et des dieux4 ,on le voit dans ,homre s'excus] auprs de ,?tis de n'avoir pu contrev5ir ce que les dieux avai5t une fois dt]m9 dans le gr& conseil de l',olympe4 ,n'e/-ce pas l le langage qui convi5t au roi d'une ari/ocratie8 ,en va9 les /oci5s v\drai5t n\s prs5t] ici ,jupit] comme s\mis leur de/92 ,jupit] et t\s les dieux ont t5u conseil sur les *oses huma9es1 et les ont p> consqu5t dt]m9es p> l'effet d'une volont libre4 ,ce passage n\s en explique deux autres1 o les politiques croi5t tort qu',homre dsigne la mon>*ie3 c'e/ lorsque ,agamemnon veut abaiss] la fi]t d',a*ille1 et qu',ulysse p]suade aux grecs1 qui se s\lv5t p\r ret\rn] dans leur patrie1 de cont9u] le sige de ,troie4 ,dans les deux passages1 il e/ dit qu'un seul e/ roi3 mais dans l'un et l'autre il s'agit de la gu]re1 dans laquelle il faut t\j\rs un seul *ef1 selon la maxime de ,tacite3 eam esse imp]&i conditionem1 ut non alit] ratio con/et1 quant si uni r$datur4 ,du re/e1 p>t\t o ,homre fait m5tion des hros1 il leur donne l'pi?te de rois2 ce qui se rapporte m]veille au passage de la ,g5se o ,mose1 numrant les desc5dans d'sa1 les appelle t\s rois1 duces 7c'e/--dire capita9es7 dans la ,vulgate4 ,les ambassadeurs de ,pyrrhus lui rapportr5t qu'ils avai5t vu ,rome un snat de rois4 ,note #eg3 ,ari/ote df9it les fils1 des in/rum5s anims de leurs pres2 et jusqu'au temps o la con/itution de ,rome dev9t entirem5t dmocratique1 les pres du famille cons]vr5t dans son intgrit cette mon>*ie dome/ique4 ,dans les premi]s sicles1 ils p\vai5t v5dre leurs fils jusqu' trois fois4 ,plus t>d lorsque la civilisation eut ad\ci les esprits1 l'mancipation se fit p> trois v5tes fictives4 ,mais les ,gaulois et les ,celtes cons]vr5t t\j\rs le mme p\voir sur leurs enfans et leurs esclaves4 ,on a retr\v les mmes moeurs dans les ,indes occid5tales3 les pres y v5dai5t rellem5t leurs enfans2 et en ,europe les ,moscovites et les ,t>t>es peuv5t ex]c] quatre fois le mme droit4 ,t\t ceci pr\ve combi5 les mod]nes se sont mpris sur le s5s du mot clbre2 les b>b>es n'ont po9t sur leurs enfans le mme p\voir que les citoy5s roma9s4 ,cette maxime des jurisconsultes anci5s se rapporte aux nations va9cues p> le peuple roma94 ,la victoire leur tant t\t droit civil1 a9si que n\s le dmontr]ons1 les va9cus cons]vai5t seulem5t la puissance pat]nelle1 donne p> la nature1 les li5s naturels du sang1 cognationes1 et d'un autre ct le doma9e naturel ou bonitaire2 en t\t cela leurs obligations tai5t simplem5t naturelles1 de jure naturali g5tium1 en aj\tant1 avec ,ulpi51 human>um4 ,mais p\r les peuples indp5dans de l',empire1 ces droits fur5t civils1 et prcism5t les mmes que ceux des citoy5s roma9s4 7,vico74 ,sans l'hypo?se d'une rvolte de s]viteurs1 on ne peut compr5dre comm5t les pres aurai5t cons5ti assujtir leurs mon>*ies dome/iques la s\v]a9et de l'ordre dont ils faisai5t p>tie4 ,c'e/ la nature des hommes c\rageux 7axiome #ha7 de sacrifi] le mo9s qu'ils peuv5t de ce qu'ils ont acquis p> leur c\rage1 et seulem5t autant qu'il e/ ncessaire p\r cons]v] le re/e4 ,aussi voyons-n\s s\v5t dans l'hi/oire roma9e combi5 les hros r\gissai5t virtute p>ta p] flagitium amitt]e4 ,du mom5t qu'il e/ tabli 7n\s l'avons dmontr et n\s le dmontr]ons mieux encore7 que les g\v]nem5s ne sont po9t ns de la fraude1 ni de la viol5ce d'un seul1 peut-on1 en embrassant t\s les cas huma9em5t possibles1 imag9] d'une autre manire comm5t le p\voir civil se =ma p> la runion du p\voir dome/ique des pres de famille1 et comm5t le doma9e m95t des g\v]nem5s rsulta de l'ensemble des doma9es naturels1 que n\s avons dj indiqus comme ayant t ex jure optimo1 c'e/--dire libres de t\te *>ge publique ou p>ticulire8 ,les hros a9si runis en corps politique1 et inve/is -la-fois du p\voir sac]dotal et militaire1 n\s app>aiss5t dans la ,grce s\s le nom d',hraclides1 dans l'anci5ne ,italie1 dans la ,crte et dans l',asie-,m9eure1 s\s celui de ,curtes4 ,leurs runions fur5t les comices curiata1 les plus anci5s dont fasse m5tion l'hi/oire roma9e4 ,sans d\te on y assi/ait d'abord les armes la ma94 ,dans la suite1 on n'y dlibrait plus que sur les *oses sacres1 dont les *oses pr(anes avai5t elles-mmes emprunt le c>actre dans les premi]s temps4 ,tite-,live s'tonne de ce qu'au passage d',annibal1 de p>eilles assembles se t5ai5t dans les ,gaules2 mais n\s voyons dans ,tacite1 que *ez ce peuple les prtres t5ai5t des assembles analogues1 dans lesquelles ils ordonnai5t les punitions1 comme si les dieux euss5t t prs5s4 ,il tait raisonnable que les hros se r5diss5t en armes ces runions1 o l'on ordonnait le *tim5t des c\pables3 la s\v]a9et des lois e/ une dp5dance de la s\v]a9et des armes4 ,tacite dit aussi en gnral que les ,g]ma9s traitai5t t\t arms des affaires publiques s\s la prsid5ce de leurs prtres4 ,on peut conjectur] qu'il en fut de mme de t\s les premi]s peuples b>b>es4 ,d'aprs t\t ce qu'on vi5t de dire1 le droit des ,quirites ou ,curtes dut tre le droit naturel des g5s ou nations hroques de l',italie4 ,les ,roma9s1 p\r di/+u] leur droit de celui des autres peuples1 l'appelr5t jus ,quiritium romanorum4 ,si cette dnom9ation avait eu p\r orig9e la conv5tion des ,sab9s et des ,roma9s1 si les seconds euss5t tir leur nom de ,cure1 capitale des premi]s1 ce nom et t ,cureti et non ,quirites2 et si cette capitale des ,sab9s se ft appele ,c]e1 comme le veul5t les grammairi5s lat9s1 le mot driv et t ,c]ites1 expression qui dsignait les citoy5s condamns p> les c5seurs port] les *>ges publiques sans p>ticip] aux honneurs4 ,a9si les premires cits n'eur5t p\r citoy5s que des nobles qui les g\v]nai5t4 ,mais ils n'aurai5t eu p]sonne qui comm&]1 si l'intrt commun ne les et dcids satisfaire leurs cli5s rvolts1 et leur accord] la premire loi agraire qu'il y ait eu au monde4 ,af9 de ne sacrifi] que le mo9s possible de leurs privilges1 les hros ne leur accordr5t que le doma9e bonitaire des *amps qu'ils leur assignai5t4 ,c'e/ une loi du droit naturel des g5s1 que le doma9e suit la puissance4 ,or les s]viteurs ne j\issant d'abord de la vie que d'une manire prcaire dans les asiles ouv]ts p> les hros1 il tait con=me au droit et la raison qu'ils euss5t aussi un doma9e prcaire1 et qu'ils en j\iss5t tant qu'il plairait aux hros de leur cons]v] la possession des *amps qu'ils leur avai5t assigns4 ,a9si les s]viteurs dev9r5t les premi]s plbi5s 7plebs7 des cits hroques1 o ils n'avai5t aucun privilge de citoy54 ,lorsque ,a*ille se voit enlev] ,brisis p> ,agamemnon1 c'e/1 dit-il1 un outrage que l'on ne f]ait pas un j\rnali] qui n'a aucun droit de citoy54 ,tels fur5t les plbi5s de ,rome jusqu' l'poque de la lutte dans laquelle ils arra*r5t aux patrici5s le droit des m>iages4 ,la loi des d\ze tables avait t p\r eux une seconde loi agraire p> laquelle les nobles leur accordai5t le doma9e quiritaire des *amps qu'ils cultivai5t2 mais1 puisqu'en v]tu du droit des g5s1 les trang]s tai5t capables du doma9e civil1 les plbi5s qui avai5t la mme capacit n'tai5t po9t encore citoy5s1 et leur mort ils ne p\vai5t laiss] leurs *amps leurs familles1 ni ab inte/at1 ni p> te/am5t1 p>ce qu'ils n'avai5t pas les droits de suit1 d'agnation1 de g5tilit1 qui dp5dai5t des m>iages sol5nels2 les *amps assigns aux plbi5s ret\rnai5t leurs auteurs1 c'e/--dire aux nobles4 ,aussi aspirr5t-ils p>tag] les privilges des m>iages sol5nels2 non que1 dans cet tat de misre et d'esclavage1 ils levass5t leur ambition jusqu' s'alli] aux familles des nobles1 ce qui se s]ait appel connubia cum patribus4 ,ils dem&r5t seulem5t connubia patrum1 c'e/--dire la facult de contract] les m>iages sol5nels1 tels que ceux des pres4 ,la pr9cipale sol5nit de ces m>iages tait les auspices publics 7auspicia majora1 selon ,messala et ,v>ron71 ces auspices que les pres rev5diquai5t comme leur privilge 7auspicia esse sua74 ,dem&] le droit des m>iages1 c'tait donc dem&] le droit de cit1 dont ils tai5t le pr9cipe naturel2 cela e/ si vrai1 que le jurisconsulte ,mode/9us df9it le m>iage de la manire suivante3 omnis div9i et humani juris communicatio4 ,comm5t df9irait-on avec plus de prcision le droit de cit lui-mme8 4 ,,ii4 ,les socits politiques sont nes t\tes de c]ta9s pr9cipes t]nels des fiefs4 ,con=mm5t aux pr9cipes t]nels des fiefs que n\s avons placs dans nos axiomes 7#hj1 #ha71 il y eut ds la naissance des socits trois espces de proprits ou doma9es1 relatives trois espces de fiefs1 que trois classes de p]sonnes possdr5t sur trois sortes de *oses3 #a doma9e bonitaire des fiefs roturi]s ou huma9s1 en pr5ant le mot d'homme1 comme au moy5 ge1 dans le s5s de vassal2 c'e/ la proprit des fruits que les hommes1 ou plbi5s1 ou cli5s1 ou vassaux1 tirai5t des t]res des hros1 patrici5s ou nobles4 #b ,doma9e quiritaire des fiefs nobles1 ou hroques1 ou militaires1 que les hros se rs]vr5t sur leurs t]res1 comme droit de s\v]a9et4 ,dans la =mation des rpubliques hroques1 ces fiefs s\v]a9s1 ces s\v]a9ets prives s'assujettir5t naturellem5t la haute s\v]a9et des ordres hroques rgnans4 #c ,doma9e civil1 dans t\te la proprit du mot4 ,les pres de famille avai5t reu les t]res de la div9e ,provid5ce1 comme une sorte de fiefs div9s2 s\v]a9s dans l'tat de famille1 ils =mr5t p> leur runion les ordres rgnans dans l'tat de cits4 ,a9si prir5t naissance les s\v]a9ets civiles1 s\mises ,dieu seul4 ,t\tes les puissances s\v]a9es reconnaiss5t la ,provid5ce1 et aj\t5t leurs titres de maje/1 p> la grce de ,dieu2 elles doiv5t en effet av\] publiquem5t que c'e/ de lui qu'elles ti5n5t leur autorit1 puisque1 si elles df5dai5t de l'ador]1 elles tomb]ai5t infailliblem5t4 ,jamais il n'y eut au monde une nation d'a?es1 de fatali/es1 ni d'hommes qui rapportass5t t\s les vnem5s au has>d4 ,en v]tu de ce droit de doma9e m95t donn aux puissances civiles p> la ,provid5ce1 elles sont matresses du peuple et de t\t ce qu'il possde4 ,elles peuv5t dispos] des p]sonnes1 des bi5s et du travail1 elles peuv5t impos] des taxes et des tributs1 lorsqu'elles ont ex]c] ce droit que j'appelle doma9e du fond public 7dom9io de' fundi71 et que les criva9s qui trait5t du droit public appell5t doma9e m95t4 ,mais les s\v]a9s ne peuv5t l'ex]c] que p\r cons]v] l'tat dans sa sub/ance1 comme dit l'cole1 p>ce qu' sa cons]vation ou sa ru9e ti5n5t la ru9e ou la cons]vation de t\s les intrts p>ticuli]s4 ,les ,roma9s ont connu1 au mo9s p> une sorte d'in/9ct1 cette =mation des rpubliques d'aprs les pr9cipes t]nels des fiefs4 ,n\s en avons la preuve dans la =mule de la rev5dication3 aio hunc fundum meum esse ex jure ,quiritium4 ,ils atta*ai5t cette action civile au doma9e du fond qui dp5d de la cit et drive de la =ce p\r a9si dire c5trale qui lui e/ propre4 ,c'e/ p> elle que t\t citoy5 roma9 e/ seigneur de sa t]re p> un doma9e indivis 7p> une pure di/9ction de raison1 comme dirait l'cole74 ,de l l'expression ex jure ,quiritium2 ,quirites1 a9si qu'on l'a vu1 signifiait d'abord les ,roma9s arms de lances dans les runions publiques qui con/ituai5t la cit4 ,telle e/ la raison inconnue jusqu'ici p\r laquelle les fonds et t\s les bi5s vacans revi5n5t au fisc1 c'e/ que t\t patrimo9e p>ticuli] e/ patrimo9e public p> indivis2 t\t propritaire p>ticuli] manquant1 le patrimo9e p>ticuli] n'e/ plus dsign comme p>tie1 et se tr\ve confondu avec la masse du t\t4 ,d'aprs la loi ,papia ,poppea 7,des de%r5ces71 le patrimo9e du clibataire sans p>5s rev5ait au fisc1 non comme hritage1 mais comme pcule1 ad populum1 dit ,tacite1 tanquam omnium p>5tem4444444 ,les premires cits se composr5t d'un ordre de nobles et d'une f\le de peuples4 ,de l'opposition de ces lm5s rsulta une loi t]nelle1 c'e/ que les plbi5s veul5t t\j\rs *ang] l'tat des *oses1 les nobles le ma9t5ir2 aussi dans les m\vem5s politiques donne-t-on le nom d'optimates t\s ceux qui veul5t ma9t5ir l'anci5 tat des *oses1 7d'ops1 sec\rs1 puissance1 entranant une ide de /abilit74 ,ici n\s voyons natre une d\ble division3 #a4 ,la premire1 des sages et du vulgaire4 ,les hros avai5t fond les tats p> la sagesse des auspices4 ,c'e/ relativem5t cette division1 que le vulgaire cons]va l'pi?te de pr(ane1 les nobles ou hros tant les prtres des cits hroques4 ,*ez les premi]s peuples1 on tait le droit de cit p> une sorte d'excommunication 7aqu et igne int]dicebantur74 #b4 ,la seconde division fut celle de civis1 citoy51 et ho/is1 hte1 trang]1 ennemi2 les premires cits se composai5t des hros et de ceux auxquels ils avai5t donn asile4 ,les hros1 selon ,ari/ote1 jurai5t une t]nelle inimiti aux plbi5s1 htes des cits hroques4#eh ,note #eh3 ,l'hospitalit hroque entrana aussi dans d'autres occasions l'ide d'inimiti3 ,pris fut hte d',hlne1 ,?se d',ariane1 ,jason de ,mde1 ne de ,didon2 ces enlvem5s1 ces trahisons tai5t des actions hroques4 7,vico74 4 ,,iii4 ,de l'orig9e du c5s et du trsor public 7r>ium1 *ez les ,roma9s74 ,dans les anci5nes rpubliques1 le c5s consi/ait en une r$evance que les plbi5s payai5t aux nobles p\r les t]res qu'ils t5ai5t d'eux4 ,a9si le c5s des ,roma9s1 dont on rapporte l'tablissem5t ,s]vius ,tullius1 fut dans le pr9cipe une in/itution ari/ocratique4 ,les plbi5s avai5t encore support] les usures intolrables des nobles1 et les usurpations frqu5tes qu'ils faisai5t de leurs *amps2 au po9t que1 si l'on en croit les pla9tes de ,philippe1 tribun du peuple1 deux mille nobles f9ir5t p> possd] t\tes les t]res qui aurai5t d tre divises entre trois c5t mille citoy5s4 ,environ qu>ante ans aprs l'expulsion de ,t>qu9-le-,sup]be1 la noblesse1 rassure p> sa mort1 comm5a faire s5tir sa tyrannie au pauvre peuple1 et le snat p>at avoir ordonn alors que les plbi5s pai]ai5t au trsor public le c5s qu'aup>avant ils payai5t *acun des nobles1 af9 que le trsor pt f\rnir leurs dp5ses dans la gu]re4 ,depuis cette poque1 n\s voyons le c5s rep>atre dans l'hi/oire roma9e4 ,tite-,live prt5d que les nobles ddaignai5t de prsid] au c5s2 il n'a pas compris qu'ils rep\ssai5t cette in/itution4 ,ce n'tait plus le c5s in/itu p> ,s]vius ,tullius1 lequel avait t le fondem5t de l'ari/ocratie4 ,les nobles1 p> leur propre av>ice1 avai5t dt]m9 l'in/itution du n\veau c5s1 qui dev9t1 avec le temps1 le pr9cipe de la dmocratie4 ,l'9galit des proprits dut produire de gr&s m\vem5s1 des rvoltes frqu5tes de la "p du petit peuple4 ,fabius mrita le surnom de ,maximus1 p\r les avoir apaiss p> sa sagesse1 en ordonnant que t\t le peuple roma9 ft divis en trois classes 7snateurs1 *evali]s1 et plbi5s71 dans lesquelles les citoy5s se plac]ai5t selon leurs facults4 ,aup>avant1 l'ordre des snateurs1 compos entirem5t de nobles1 occupait seul les magi/ratures2 les plbi5s ri*es pur5t entr] dans cet ordre4 ,ils oublir5t leurs maux en voyant que la r\te des honneurs leur tait ouv]te dsormais4 ,c'e/ ce *angem5t1 c'e/ la loi ,publilia1 qui tablir5t la dmocratie dans ,rome1 et non la loi des d\ze tables1 qu'on aurait apporte d',a?nes4 ,aussi ,tite-,live1 t\t ignorant qu'il e/ de ce qui reg>de la con/itution anci5ne de ,rome1 n\s raconte que les nobles se plaignai5t d'avoir plus p]du p> la loi ,publilia1 que gagn p> t\tes les victoires qu'ils avai5t remportes la mme anne4#ei ,note #ei3 ,b]n>do ,segni1 traduit ce qu',ari/ote appelle une rpublique dmocratique1 p> republica p] c5so4 7,vico74 ,dans la dmocratie1 o le peuple enti] con/itue la cit1 il arriva que le doma9e civil ne fut plus a9si appel dans le s5s de doma9e public1 quoiqu'il et t appel civil du mot de cit4 ,il se divisa entre t\s les doma9es privs des citoy5s roma9s dont la runion con/ituait la cit roma9e4 ,dom9ium optimum signifia bi5 une ple9e proprit1 mais non plus doma9e p> excell5ce 7doma9e m95t74 ,le doma9e quiritaire ne signifia plus un doma9e dont le plbi5 ne p\vait tre expuls sans que le noble dont il le t5ait vnt p\r le df5dre et le ma9t5ir en possession2 il signifia un doma9e priv avec facult de rev5dication1 la diffr5ce du doma9e bonitaire1 qui se ma9ti5t p> la seule possession4 ,les mmes *angem5s eur5t lieu au moy5 ge1 en v]tu des lois qui driv5t de la nature t]nelle des fiefs4 ,pr5ons p\r exemple le royaume de ,france1 dont les prov9ces fur5t alors autant de s\v]a9ets app>t5ant aux seigneurs qui relevai5t du roi4 ,les bi5s des seigneurs dur5t orig9airem5t n'tre sujets aucune *>ge publique4 ,plus t>d1 p> successions1 p> d%r5ces ou p> confiscation p\r rbellion1 ils fur5t incorpors au royaume1 et cessant d'tre ex jure optimo1 dev9r5t sujets aux *>ges publiques4 ,d'un autre ct1 les *teaux et les t]res qui composai5t le doma9e p>ticuli] des rois1 ayant pass1 p> m>iage ou p> concession1 leurs vassaux1 se tr\v5t auj\rd'hui assujettis des taxes et des tributs4 ,a9si1 dans les royaumes s\mis la mme loi de succession1 le doma9e ex jure optimo se confondit peu--peu avec le doma9e priv1 sujet aux *>ges publiques1 de mme que le fisc1 patrimo9e des ,emp]eurs1 alla se confondre avec le trsor ou r>ium4 ,,iv4 ,de l'orig9e des comices *ez les ,roma9s4 ,les deux sortes d'assembles hroques di/+ues dans ,homre1 ,grec3 b\l1 ,grec3 agora1 devai5t rpondre aux comices p> curies1 qui fur5t les premires assembles des ,roma9s1 et leurs comices p> tribus4 ,les premi]s fur5t dits curiata 7comitia71 de quir1 quiris1 lance#fj4 ,les quirites1 cureti1 hommes arms de lances1 et inve/is du droit sac]dotal des augures1 p>aissai5t seuls aux comices curiata4 ,note #fj3 ,de mme que les ,grecs1 du mot ,grec3 *eir1 la ma91 qui p> ext5sion signifie aussi puissance *ez t\tes les nations1 tirr5t celui de ,grec3 kuria1 dans un s5s analogue celui du lat9 curia4 7,vico74 ,depuis que ,fabius ,maximus eut di/ribu les citoy5s selon leurs bi5s1 en trois classes1 snateurs1 *evali]s1 et plbi5s1 les nobles ne =mr5t plus un ordre dans la cit1 et se p>tagr5t1 selon leur =tune1 entre les trois classes4 ,ds-lors on di/+ua le patrici5 du snateur et du *evali]1 le plbi5 de l'homme sans naissance 7ignobilis72 plbi5 ne fut plus oppos patrici51 mais snateur ou *evali]2 ce mot dsigna un citoy5 pauvre1 quelque noble qu'il pt tre2 snateur1 au contraire1 ne fut plus synonyme de patrici51 mais il dsigna le citoy5 ri*e1 mme sans naissance4 ,depuis cette poque1 on appela comices p> c5turies les assembles dans lesquelles t\t le peuple roma9 se runissait dans ses trois classes p\r dcid] des affaires publiques1 et p>ticulirem5t p\r vot] sur les lois consulaires4 ,dans les comices p> tribus1 le peuple cont9ua vot] sur les lois tribuniti5nes ou plbiscites ce qui p5dant long-temps n'avait signifi que3 lois communiques au peuple1 lois publies devant les plbi5s1 plebi scita ou nota1 telle que la loi de l't]nelle expulsion des ,t>qu9s1 promulgue p> ,junius ,brutus4 ,p\r la rgul>it des crmonies religieuses1 les comices p> curies1 o l'on traitait des *oses sacres1 fur5t t\j\rs les assembles des seuls *efs des curies2 au temps des rois1 o ces assembles comm5cr5t1 on y traitait de t\tes les *oses pr(anes en les considrant comme sacres4 4 ,v4 ,,corollaire4 ,c'e/ la div9e ,provid5ce qui rgle les socits1 et qui a fond le droit naturel des g5s4 ,en voyant les socits natre a9si dans l'ge div91 avec le g\v]nem5t ?ocratique1 p\r se dvelopp] s\s le g\v]nem5t hroque1 qui cons]ve l'esprit du premi]1 on pr\ve une admiration pr(onde p\r la sagesse avec laquelle la ,provid5ce conduisit l'homme un b t\t autre que celui qu'il se proposait1 lui imprima la cra9te de la ,div9it1 et fonda la socit sur la religion4 ,la religion arrta d'abord les gans dans les t]res qu'ils occupr5t les premi]s1 et cette prise de possession fut l'orig9e de t\s les droits de proprit1 de t\s les doma9es4 ,retirs au sommet des monts1 ils y tr\vr5t1 p\r fix] leur vie errante1 des lieux salubres1 =ts de situation1 et p\rvus d'eau1 trois circon/ances indisp5sables p\r lev] des cits4 ,c'e/ encore la religion qui les dt]m9a =m] une union rgulire et aussi durable que la vie1 celle du m>iage1 d'o n\s avons vu driv] le p\voir pat]nel1 et p> suite t\s les p\voirs4 ,p> cette union ils se tr\vr5t avoir fond les familles1 b]ceau des socits politiques4 ,enf91 en ouvrant les asiles1 ils donnr5t lieu aux cli5tles1 qui1 p> suite de la premire loi agraire dont n\s avons p>l1 devai5t produire les cits4 ,composes d'un ordre de nobles qui comm&ai5t1 et d'un ordre de plbi5s ns p\r obir1 les cits eur5t d'abord un g\v]nem5t ari/ocratique4 ,ri5 ne p\vait tre plus con=me la nature sauvage et solitaire de ces premi]s hommes1 puisque l'esprit de l'ari/ocratie e/ la cons]vation des limites qui sp>5t les diffr5s ordres au-d$ans1 les diffr5s peuples au-dehors4 ,grce cette =me de g\v]nem5t1 les nations n\vellem5t entres dans la civilisation1 devai5t re/] long-temps sans communication extrieure1 et oubli] a9si l'tat sauvage et be/ial d'o elles tai5t sorties4 ,les hommes n'ayant encore que des ides trs p>ticulires1 et ne p\vant compr5dre ce que c'e/ que le bi5 commun1 la ,provid5ce sut1 au moy5 de cette =me de g\v]nem5t1 les conduire s'unir leur patrie1 dans le b de cons]v] un objet d'intrt priv1 aussi important p\r eux que leur mon>*ie dome/ique2 de cette manire1 sans aucun desse91 ils s'accordr5t dans cette gnralit du bi5 social1 qu'on appelle rpublique4 ,ma9t5ant rec\rons ces preuves div9es dont on a p>l dans le *apitre de la ,m?ode2 exam9ons combi5 sont naturels et simples les moy5s p> lesquels la ,provid5ce a dirig la m>*e de l'humanit1 rappro*ons-en le nombre inf9i des phnomnes qui se rapport5t aux quatre causes dans lesquelles n\s v]rons p>t\t les lm5s du monde social 7les religions1 les m>iages1 les asiles et la premire loi agraire71 et *]*ons ensuite entre t\s les cas huma9em5t possibles1 si des *oses si nombreuses et si v>ies ont pu avoir des orig9es plus simples et plus naturelles4 ,au mom5t o les socits devai5t natre1 les matriaux1 p\r a9si p>l]1 n'att5dai5t plus que la =me4 ,j'appelle matriaux les religions1 les langues1 les t]res1 les m>iages1 les noms propres et les armes ou emblmes1 enf9 les magi/ratures et les lois4 ,t\tes ces *oses fur5t d'abord propres l'individu1 libres en cela mme qu'elles tai5t individuelles1 et1 p>ce qu'elles tai5t libres1 capables de con/itu] de vritables rpubliques4 ,ces religions1 ces langues1 etc41 avai5t t propres aux premi]s hommes1 mon>ques de leur famille4 ,en =mant p> leur union des corps politiques1 ils donnr5t naissance la puissance civile1 puissance s\v]a9e1 de mme que dans l'tat prcd5t celle des pres sur leurs familles n'avait relev que de ,dieu4 ,cette s\v]a9et civile1 considre comme une p]sonne1 eut son me et son corps3 l'me fut une compagnie de sages1 tels qu'on p\vait en tr\v] dans cet tat de simplicit1 de grossiret4 ,les plbi5s reprs5tr5t le corps4 ,aussi e/-ce une loi t]nelle dans les socits1 que les uns y doiv5t t\rn] leur esprit v]s les travaux de la politique1 t&is que les autres appliqu5t leur corps la culture des arts et des mti]s4 ,mais c'e/ aussi une loi que l'me doit t\j\rs y comm&]1 et le corps t\j\rs s]vir4 ,une *ose doit augm5t] encore notre admiration4 ,la ,provid5ce1 en faisant natre les familles1 qui1 sans connatre le ,dieu vritable1 avai5t au mo9s quelque notion de la ,div9it1 en leur donnant une religion1 une langue1 etc41 qui leur fuss5t propres1 avait dt]m9 l'exi/5ce d'un droit naturel des familles1 que les pres suivir5t ensuite dans leurs rapports avec leurs cli5s4 ,en faisant natre les rpubliques s\s une =me ari/ocratique1 elle trans=ma le droit naturel des familles1 qui s'tait obs]v dans l'tat de nature1 en droit naturel des g5s1 ou des peuples4 ,en effet1 les pres de famille qui s'tai5t rs]v leur religion1 leur langue1 leur lgislation p>ticulire l'exclusion de leurs cli5s1 ne pur5t se sp>] a9si sans attribu] ces privilges aux ordres s\v]a9s dans lesquels ils entrr5t2 c'e/ en cela que consi/a la =me si rig\reusem5t ari/ocratique des rpubliques hroques4 ,de cette manire1 le droit des g5s qui s'obs]ve ma9t5ant entre les nations1 fut1 l'orig9e des socits1 une sorte de privilge p\r les puissances s\v]a9es4 ,aussi le peuple o l'on ne tr\ve po9t une puissance s\v]a9e inve/ie de tels droits1 n'e/ po9t un peuple proprem5t p>l]1 et ne peut trait] avec les autres d'aprs les lois du droit des g5s2 une nation suprieure ex]c]a ce droit p\r lui4 4 ,,vi4 ,suite de la politique hroque4 ,t\s les hi/ori5s comm5c5t l'ge hroque avec les c\rses navales de ,m9os et l'expdition des ,argonautes2 ils en voi5t la cont9uation dans la gu]re de ,troie1 la f9 dans les c\rses errantes des hros1 qu'ils t]m95t au ret\r d',ulysse4 ,c'e/ alors que dut natre ,neptune1 le d]ni] des d\ze gr&s dieux4 ,la m>9e e/1 cause de sa difficult1 l'un des d]ni]s arts que tr\v5t les nations4 ,n\s voyons dans l',odysse que1 lorsque ,ulysse aborde sur une n\velle t]re1 il monte sur quelque coll9e p\r voir s'il dc\vrira la fume qui annonce les habitations des hommes4 ,d'un autre ct1 n\s avons cit dans les axiomes ce que dit ,platon sur l'horreur que les premi]s peuples pr\vr5t long-temps p\r la m]4 ,?ucydide en explique la raison en n\s appr5ant que la cra9te des pirates emp*a long-temps les peuples grecs d'habit] sur les rivages4 ,voil p\rquoi ,homre arme la ma9 de ,neptune du trid5t qui fait trembl] la t]re4 ,ce trid5t n'tait qu'un croc p\r arrt] les b>ques2 le pote l'appelle d5t p> une belle mtaphore1 en aj\tant une p>ticule qui donne au mot le s5s sup]latif4 ,dans ces vaisseaux de pirates n\s reconnaissons le taureau1 s\s la =me duquel ,jupit] enlve ,europe2 le ,m9otaure1 ou taureau de ,m9os1 avec lequel il enlevait les jeunes g>ons et les jeunes filles des ctes de l',attique4 ,les ant5nes s'appelai5t cornua navis4 ,n\s y voyons encore le mon/re qui doit dvor] ,&romde1 et le *eval ail sur lequel ,p]se vi5t la dlivr]4 ,les voiles du vaisseau fur5t appeles ses ailes1 al>um remigium4 ,le fil d',ariane e/ l'art de la navigation1 qui conduit ,?se trav]s le labyr9! des les de la m] ge4 ,plut>que1 dans sa ,vie de ,?se1 dit que les hros t5ai5t gr& honneur le nom de brig&1 de mme qu'au moy5 ge1 o rep>ut la b>b>ie antique1 l'itali5 corsale tait pris p\r un titre de seigneurie4 ,solon1 dans sa lgislation1 p]mit1 dit-on1 les associations p\r cause de pirat]ie4 ,mais ce qui tonne le plus1 c'e/ que ,platon et ,ari/ote plac5t le brig&age p>mi les espces de *asse4 ,en cela1 les plus gr&s philosophes d'une nation si claire sont d'accord avec les b>b>es de l'anci5ne ,g]manie1 *ez lesquels1 au rapport de ,cs>1 le brig&age1 lo9 de p>atre infme1 tait reg>d comme un ex]cice de v]tu4 ,p\r des peuples qui ne s'appliquai5t aucun art1 c'tait fuir l'oisivet4 ,cette c\tume b>b>e dura si long-temps *ez les nations les plus polices1 qu'au rapport de ,polybe1 les ,roma9s imposr5t aux ,c>?ag9ois1 entre autres conditions de paix1 celle de ne po9t pass] le cap de ,plore p\r cause de comm]ce ou de pirat]ie4 ,si l'on allgue qu' cette poque les ,c>?ag9ois et les ,roma9s n'tai5t1 de leur propre aveu1 que des b>b>es#fa1 n\s cit]ons les ,grecs eux-mmes qui1 aux temps de leur plus haute civilisation1 pratiquai5t1 comme le montr5t les sujets de leurs comdies1 ces mmes c\tumes qui font auj\rd'hui donn] le nom de b>b>ie la cte d',afrique oppose l',europe4 ,note #fa3 ,plaute dit dans plusieurs endroits1 qu'il a traduit1 en langue b>b>e1 les comdies grecques4441 ,m>cus v]tit b>b>4 7,vico74 ,le pr9cipe de cet anci5 droit de la gu]re fut le c>actre inhospitali] des peuples hroques que n\s avons obs]v plus haut4 ,les trang]s tai5t leurs yeux d't]nels ennemis1 et ils faisai5t consi/] l'honneur de leurs empires les t5ir le plus loigns qu'il tait possible de leurs frontires2 c'e/ ce que ,tacite n\s rapporte des ,suves1 le peuple le plus fameux de l'anci5ne ,g]manie4 ,un passage prcieux de ,?ucydide pr\ve que les trang]s tai5t considrs comme des brig&s4 ,jusqu' son temps#fb1 les voyageurs qui se r5contrai5t sur t]re ou sur m]1 se dem&ai5t rciproquem5t s'ils n'tai5t po9t des brig&s ou des pirates1 en pr5ant sans d\te ce mot dans le s5s d'trang]s4 ,n\s retr\vons cette c\tume *ez t\tes les nations b>b>es1 au nombre desquels on e/ =c de compt] les ,roma9s1 lorsqu'on lit ces deux passages curieux de la loi des d\ze tables3 ,adv]sus ho/em t]na auctoritas e/o4--,si /atus dies sit1 cum ho/e v5ito#fc4 ,les peuples civiliss eux-mmes n'admett5t d'trang]s que ceux qui ont obt5u une p]mission expresse d'habit] p>mi eux4 ,note #fb3 ,grec3 ,ouk e*ontos p ais*unn t\t\ t\ erg\1 7t\ arpaze971 ph]ontos de ti kai doxs mallon4 ,dl\si de tn te peirtn t9es eti kai nun1 hois kosmos kals t\to dran1 kai hoi palaioi tn poitn tas pu/eis tn katapleontn panta*\ homois ertntes hei l/ai eis9 hs oute hn pun?anontai apaxi\ntn to ergon1 hois t' epimeles e9 eid5ai1 ouk oneidizontn4 ,note #fc3 ,on pr5d ord9airem5t dans ce passage le mot ho/is dans le s5s de l'adv]se p>tie2 mais ,cicron obs]ve prcism5t ce sujet que ho/is tait pris p> les anci5s lat9s dans le s5s du p]egr9us4 7,vico74 ,les cits1 selon ,platon1 eur5t en quelque sorte dans la gu]re leur pr9cipe fondam5tal2 la gu]re elle-mme1 ,grec3 polemos1 tira son nom de ,grec3 polis1 cit444 ,cette t]nelle inimiti des peuples jeta beauc\p de j\r sur le rcit qu'on lit dans ,tite-,live1 de la premire gu]re d',albe et de ,rome3 ,les ,roma9s1 dit-il1 avai5t long-temps fait la gu]re contre les ,alba9s1 c'e/--dire que les deux peuples avai5t long-temps aup>avant ex]c rciproquem5t ces brig&ages dont n\s p>lons4 ,l'action d',horace qui tue sa soeur p\r avoir pleur ,curiace1 devi5t plus vraisemblable si l'on suppose qu'il tait non son fianc1 mais son ravisseur#fd4 ,il e/ bi5 digne de rem>que1 que1 p> ce g5re de conv5tion1 la victoire de l'un des deux peuples devait tre dcide p> l'issue du combat des pr9cipaux intresss1 tels que les trois ,horaces et les trois ,curiaces dans la gu]re d',albe1 tels que ,pris et ,mnlas dans la gu]re de ,troie4 ,de mme1 qu& la b>b>ie antique rep>ut au moy5 ge1 les pr9ces dcidai5t eux-mmes les qu]elles nationales p> des combats s+uli]s1 et les peuples se s\mettai5t ces sortes de jugem5s4 ,albe a9si considre fut la ,troie lat9e1 et l',hlne roma9e fut la soeur d',horace4 ,note #fd3 ,comm5t expliqu] cette prt5due alliance1 qu& ,romulus lui-mme1 sorti du sang des rois d',albe1 v5geur de ,numitor auquel il avait r5du le trne1 ne put tr\v] de femmes *ez les ,alba9s4 7,vico74 ,les dix ans du sige de ,troie clbrs *ez les ,grecs1 rpond5t1 *ez les ,lat9s1 aux dix ans du sige de ,veies2 c'e/ un nombre f9i p\r le nombre inf9i des annes antrieures1 p5dant lesquelles les cits avai5t ex]c entr'elles de cont9uelles ho/ilits4#feff ,note #fe3 ,le nombre1 *ose la plus ab/raite de t\tes1 fut la d]nire que comprir5t les nations4 ,p\r dsign] un gr& nombre1 on se s]vit d'abord de celui de d\ze1 de l les d\ze gr&s dieux1 les d\ze travaux d',h]cule1 les d\ze p>ties de l'z1 les d\ze tables1 etc4 ,les ,lat9s ont cons]v1 d'une poque o l'on connaissait mieux les nombres1 leur mot sexc5ti1 et les ,itali5s1 c5to1 et ensuite c5to e mille1 p\r dire un nombre innombrable4 ,les philosophes seuls peuv5t arriv] compr5dre l'ide d'inf9i4 7,vico74 ,note #ff3 ,il e/ croire qu'au temps de la gu]re de ,troie1 le nom de ,grec3 a*aioi1 a*ivi1 tait re/re9t une p>tie du peuple grec1 qui fit cette gu]re2 mais ce nom s'tant t5du t\te la nation1 on dit au temps d',homre que t\te la ,grce s'tait ligue contre ,troie4 ,a9si n\s voyons dans ,tacite que ce nom de ,g]manie1 t5du depuis une va/e contre de l',europe1 n'avait dsign orig9alem5t qu'une tribu qui1 passant le ,rh91 *assa les ,gaulois de ses bords2 la gloire de cette conqute fit adopt] ce nom p> t\te la ,g]manie1 comme la gloire du sige de ,troie avait fait adopt] celui d'a*ivi p> t\s les ,grecs4 7,vico74 ,les gu]res t]nelles des cits anci5nes1 leur loignem5t p\r =m] des ligues et des confdrations1 n\s expliqu5t p\rquoi l',espagne fut s\mise p> les ,roma9s2 l',espagne1 dont ,cs> av\ait que p>t\t ailleurs il avait combattu p\r l'empire1 l seulem5t p\r la vie2 l',espagne1 que ,cicron proclamait la mre des plus belliqueuses nations du monde4 ,la rsi/ance de ,sagunte1 arrtant p5dant huit mois la mme arme qui1 aprs tant de p]tes et de fatigues1 faillit triomph] de ,rome elle-mme dans son ,capitole2 la rsi/ance de ,numance1 qui fit trembl] les va9queurs de ,c>?age1 et ne put tre rduite que p> la sagesse et l'hrosme du triomphateur de l',afrique1 n'tai5t-elles pas d'assez gr&es leons p\r que cette nation gnreuse unt t\tes ses cits dans une mme confdration1 et fixt l'empire du monde sur les bords du ,tage8 ,il n'en fut po9t a9si3 l',espagne mrita le dplorable loge de ,florus3 sola omnium prov9ci>um vires suas1 po/quam victa e/1 intellexit4 ,tacite fait la mme rem>que sur les ,bretons1 que son ,agricola tr\va si belliqueux3 dum s+uli pugnant1 univ]si v9cuntur4 ,les hi/ori5s frapps de l'clat des entreprises navales des temps hroques1 n'ont po9t rem>qu les gu]res de t]re qui se faisai5t aux mmes poques1 encore mo9s la politique hroque qui g\v]nait alors la ,grce4 ,mais ,?ucydide1 cet criva9 ple9 de s5s et de sagacit1 n\s en donne une indication prcieuse3 ,les cits hroques1 dit-il1 tai5t t\tes sans murailles1 comme ,sp>te dans la ,grce1 comme ,numance1 la ,sp>te de l',espagne2 telle tait1 aj\te-t-il1 la fi]t indomptable et la viol5ce naturelle des hros1 que t\s les j\rs ils se *assai5t les uns les autres de leurs tablissem5s4 ,a9si ,amulius *assa ,numitor1 et fut *ass lui-mme p> ,romulus1 qui r5dit ,albe son premi] roi4 ,qu'on juge combi5 il e/ raisonnable de *]*] un moy5 de c]titude p\r la *ronologie dans les gnalogies hroques de la ,grce1 et dans cette suite non int]rompue des quatorze rois lat9s6 ,dans les sicles les plus b>b>es du moy5 ge1 on ne tr\ve ri5 de plus incon/ant1 de plus v>iable1 que la =tune des maisons royales4 ,urbem ,romam pr9cipio reges ,,habu]e1 dit ,tacite la premire ligne des ,annales4 ,l'+nieux criva9 s'e/ s]vi du plus faible des trois mots employs p> les jurisconsultes p\r dsign] la possession1 hab]e1 t5]e1 possid]e4 4 ,,vii4 ,,corollaires ,relatifs aux antiquits roma9es1 et p>ticulirem5t la prt5due mon>*ie de ,rome1 la prt5due lib]t populaire qu'aurait fonde ,junius ,brutus4 ,en considrant ces rapports innombrables de l'hi/oire politique des ,grecs et des ,roma9s1 t\t homme qui consulte la rflexion plutt que la mmoire ou l'imag9ation1 affirm]a sans hsit] que1 depuis les temps des rois jusqu' l'poque o les plbi5s p>tagr5t avec les nobles le droit des m>iages sol5nels1 le peuple de ,m>s se composa des seuls nobles4444 ,on ne peut admettre que les plbi5s1 que la t\rbe des plus vils ouvri]s1 traits ds l'orig9e comme esclaves1 euss5t le droit d'lire les rois1 t&is que les ,pres aurai5t seulem5t sanctionn l'lection4 ,c'e/ confondre ces premi]s temps avec celui o les plbi5s tai5t dj une p>tie de la cit1 et conc\rai5t lire les consuls1 droit qui ne leur fut communiqu p> les ,pres qu'aprs celui des m>iages sol5nels1 c'e/--dire au mo9s trois c5ts ans aprs la mort de ,romulus4 ,lorsque les philosophes ou les hi/ori5s p>l5t des premi]s temps1 ils pr5n5t le mot peuple dans un s5s mod]ne1 p>ce qu'ils n'ont pu imag9] les svres ari/ocraties des ges antiques2 de l deux erreurs dans l'acception des mots rois et lib]t4 ,t\s les auteurs ont cru que la royaut roma9e tait mon>*ique1 que la lib]t fonde p> ,junius ,brutus tait une lib]t populaire4 ,on peut voir ce sujet l'inconsqu5ce de ,bod94 ,t\t ceci n\s e/ confirm p> ,tite-,live1 qui1 en racontant l'in/itution du consulat p> ,junius ,brutus1 dit positivem5t qu'il n'y eut ri5 de *ang dans la con/itution de ,rome 7,brutus tait trop sage p\r faire autre *ose que la ram5] la puret de ses pr9cipes primitifs71 et que l'exi/5ce de deux consuls annuels ne dim9ua ri5 de la puissance royale1 nihil quicquam de regi pote/ate dem9utum4 ,ces consuls tai5t deux rois annuels d'une ari/ocratie1 reges annuos1 dit ,cicron dans le livre des lois1 de mme qu'il y avait ,sp>te des rois vie1 quoique p]sonne ne puisse conte/] le c>actre ari/ocratique de la con/itution lacdmoni5ne4 ,les consuls1 p5dant leur rgne1 tai5t1 comme on sait1 sujets l'appel1 de mme que les rois de ,sp>te tai5t sujets la surveillance des phores3 leur rgne annuel tant f9i1 les consuls p\vai5t tre accuss1 comme on vit les phores condamn] mort des rois de ,sp>te4 ,ce passage de ,tite-,live n\s dmontre donc -la-fois1 et que la royaut roma9e fut ari/ocratique1 et que la lib]t fonde p> ,brutus ne fut po9t populaire1 mais p>ticulire aux nobles2 elle n'affran*it pas le peuple des patrici5s1 ses matres1 mais elle affran*it ces d]ni]s de la tyrannie des ,t>qu9s4 ,si la v>it de tant de causes et d'effets obs]vs jusqu'ici dans l'hi/oire de la rpublique roma9e1 si l'influ5ce cont9ue que ces causes ex]cr5t sur ces effets1 ne suffis5t pas p\r tablir que la royaut *ez les ,roma9s eut un c>actre ari/ocratique1 et que la lib]t fonde p> ,brutus fut re/re9te l'ordre des nobles1 il faudra croire que les ,roma9s1 peuple grossi] et b>b>e1 ont reu de ,dieu un privilge refus la nation la plus +nieuse et la plus police1 celle des ,grecs2 qu'ils ont connu leurs antiquits1 t&is que les ,grecs1 au rapport de ,?ucydide1 ne sur5t ri5 des leurs jusqu' la gu]re du ,ploponse#fg4 ,mais qu& on accord]ait ce privilge aux ,roma9s1 il faudrait conv5ir que leurs traditions ne prs5t5t que des s\v5irs obscurs1 que des tableaux confus1 et qu'avec t\t cela la raison ne peut s'emp*] d'admettre ce que n\s avons tabli sur les antiquits roma9es4 ,note #fg3 ,n\s avons obs]v dans la table *ronologique que cette poque e/ p\r l'hi/oire grecque celle de la plus gr&e lumire1 comme p\r l'hi/oire roma9e l'poque de la seconde gu]re punique2 c'e/ alors que ,tite-,live dcl>e qu'il crit l'hi/oire avec plus de c]titude2 et p\rtant il n'hsite po9t d'av\] qu'il ignore les trois circon/ances hi/oriques les plus importantes4 ,voyez la table *ronologique4 7,vico74 4 ,,viii4 ,,corollaire ,relatif l'hrosme des premi]s peuples4 ,d'aprs les pr9cipes de la politique hroque tablis ci-dessus1 l'hrosme des premi]s peuples1 dont n\s sommes obligs de trait] ici1 fut bi5 diffr5t de celui qu'ont imag9 les philosophes1 imbus de leurs prjugs sur la sagesse m]veilleuse des anci5s1 et tromps p> les philologues sur le s5s de ces trois mots1 peuple1 roi et lib]t4 ,ils ont ent5du p> le premi] mot1 des peuples o les plbi5s s]ai5t dj citoy5s1 p> le second1 des mon>ques1 p> le troisime1 une lib]t populaire4 ,ils ont fait entr] dans l'hrosme des premi]s ges1 trois ides naturelles des esprits clairs et ad\cis p> la civilisation3 l'ide d'une ju/ice raisonne1 et conduite p> les maximes d'une morale socratique2 l'ide de cette gloire qui rcomp5se les bi5faiteurs du g5re huma92 enf91 l'ide d'un noble dsir de l'immortalit4 ,p>tant de ces trois erreurs1 ils ont cru que les rois et autres gr&s p]sonnages des temps anci5s s'tai5t consacrs1 eux1 leurs familles1 et t\t ce qui leur app>t5ait1 ad\cir le sort des malheureux qui =m5t la majorit dans t\tes les socits du monde4 ,cep5dant cet ,a*ille1 le plus gr& des hros grecs1 ,homre n\s le reprs5te s\s trois aspects entirem5t contraires aux ides que les philosophes ont conues de l'hrosme antique4 ,a*ille e/-il ju/e qu& ,hector lui dem&e la spulture en cas qu'il prisse1 et que1 sans rfl*ir au sort commun de l'humanit1 il rpond durem5t3 ,quel accord entre l'homme et le lion1 entre le l\p et l'agneau8 ,qu& je t'aurai tu1 je te dp\ill]ai1 p5dant trois j\rs je te tran]ai li mon *> aut\r des murs de ,troie1 et tu s]viras ensuite de pture mes *i5s4 ,aime-t-il la gloire1 lorsque1 p\r une injure p>ticulire1 il accuse les dieux et les hommes1 se pla9t ,jupit] de son rang lev1 rappelle ses soldats de l'arme allie1 et que1 ne r\gissant po9t de se rj\ir avec ,patrocle de l'affreux c>nage que fait ,hector de ses compatriotes1 il =me le s\hait impie que t\s les ,troi5s et t\s les ,grecs priss5t dans cette gu]re1 et que ,patrocle et lui surviv5t seuls leur ru9e8 ,annonce-t-il le noble am\r de l'immortalit1 lorsqu'aux enf]s1 int]rog p> ,ulysse s'il e/ satisfait de ce sj\r1 il rpond qu'il aim]ait mieux vivre encore1 et tre le d]ni] des esclaves8 ,voil le hros qu',homre qualifie t\j\rs du nom d'irrpro*able 7,grec3 amumn17 et qu'il semble propos] aux ,grecs p\r modle de la v]tu hroque8 ,si l'on veut qu',homre in/ruise autant qu'il intresse1 ce qui e/ le devoir du pote1 on ne doit ent5dre p> ce hros irrpro*able1 que le plus orgueilleux1 le plus irritable de t\s les hommes2 la v]tu clbre en lui1 c'e/ la susceptibilit1 la dlicatesse du po9t d'honneur1 dans laquelle les duelli/es faisai5t consi/] t\te leur morale1 lorsque la b>b>ie antique rep>ut au moy5 ge1 et que les romanci]s exalt5t dans leurs *evali]s errans4 ,quant l'hi/oire roma9e1 on apprci]a les hros qu'elle vante1 si l'on rfl*it l't]nelle inimiti que1 selon ,ari/ote1 les nobles ou hros jurai5t aux plbi5s4 ,qu'on p>c\re l'ge de la v]tu roma9e1 que ,tite-,live fixe au temps de la gu]re contre ,pyrrhus 7nulla tas virtutum f]acior71 et que1 d'aprs ,sallu/e 7sa9t ,augu/91 ,cit de ,dieu71 n\s t5dons depuis l'expulsion des rois jusqu' la seconde gu]re punique4 ,ce ,brutus1 qui immole la lib]t ses deux fils1 espoir de sa famille2 ce ,scvola qui effraie ,pors5na et dt]m9e sa retraite en brlant la ma9 qui n'a pu l'assass9]2 ce ,manlius qui punit de mort la faute glorieuse d'un fils va9queur2 ces ,dcius qui se dv\5t p\r sauv] leurs armes2 ces ,fabricius1 ces ,curius1 qui rep\ss5t l'or des ,samnites1 et les (fres magnifiques du roi d'pire2 ce ,rgulus enf91 qui1 p> respect p\r la sa9tet du s]m5t1 va *]*] ,c>?age la mort la plus cruelle2 que fir5t-ils p\r l'avantage des in=tuns plbi5s8 ,t\t l'hrosme des matres du peuple ne s]vait qu' l'puis] p> des gu]res int]m9ables1 qu' l'enfonc] dans un abme d'usure1 p\r l'ensevelir ensuite dans les ca*ots p>ticuli]s des nobles1 o les dbiteurs tai5t d*irs c\ps de v]ges1 comme les plus vils des esclaves4 ,si quelqu'un t5tait de s\lag] les plbi5s p> une loi agraire1 l'ordre des nobles accusait et mettait mort le bi5faiteur du peuple4 ,tel fut le sort 7p\r ne cit] qu'un exemple7 de ce ,manlius qui avait sauv le ,capitole4 ,sp>te1 la ville hroque de la ,grce1 eut son ,manlius dans le roi ,agis2 ,rome1 la ville hroque du monde1 eut son ,agis dans la p]sonne de ,manlius3 ,agis entreprit de s\lag] le pauvre peuple de ,lacdmone1 et fut trangl p> les phores2 ,manlius1 s\ponn ,rome du mme desse91 fut prcipit de la ro*e ,t>pi5ne4 ,p> cela seul que les nobles des premi]s peuples se t5ai5t p\r hros1 c'e/--dire p\r des tres d'une nature suprieure celle des plbi5s1 ils devai5t maltrait] la multitude4 ,en lisant l'hi/oire roma9e1 un lecteur raisonnable doit se dem&] avec tonnem5t que p\vait tre cette v]tu si vante des ,roma9s avec un orgueil si tyrannique8 cette modration avec tant d'av>ice8 cette d\ceur avec un esprit si f>\*e8 cette ju/ice au milieu d'une si gr&e 9galit8 ,les pr9cipes qui peuv5t faire cess] cet tonnem5t1 et n\s expliqu] l'hrosme des anci5s peuples1 sont ncessairem5t les suivans3 ,i4 ,en consqu5ce de l'ducation sauvage des gans dont n\s avons p>l1 l'ducation des enfans doit cons]v] *ez les peuples hroques cette svrit1 cette b>b>ie orig9aire2 les ,grecs et les ,roma9s p\vai5t tu] leurs enfans n\veau ns2 les ,lacdmoni5s battai5t de v]ges leurs enfans dans le temple de ,diane1 et s\v5t jusqu' la mort4 ,au contraire1 c'e/ la s5sibilit pat]nelle des mod]nes1 qui leur donne en t\te *ose cette dlicatesse trangre l'antiquit4--,,ii4 ,les p\ses doiv5t s'a*et]1 *ez de tels peuples1 avec les dots hroques1 usage que les prtres roma9s cons]vr5t dans la sol5nit de leurs m>iages1 qu'ils contractai5t coemptione et f>re4 ,tacite en dit autant des anci5s ,g]ma9s1 auxquels cette c\tume tait probablem5t commune avec t\s les peuples b>b>es4 ,*ez eux1 les femmes sont considres p> leurs m>is comme ncessaires p\r leur donn] des enfans1 mais du re/e traites comme esclaves4 ,telles sont les moeurs du n\veau monde et d'une gr&e p>tie de l'anci54 ,au contraire1 lorsque la femme apporte une dot1 elle a*te la lib]t du m>i1 et obti5t de lui un aveu public qu'il e/ incapable de support] les *>ges du m>iage4 ,c'e/ peut-tre l'orig9e des privilges importans dont les ,emp]eurs roma9s favoris5t les dots4--,,iii4 ,les fils acquir5t1 les femmes p>gn5t p\r leurs pres et leurs m>is2 c'e/ le contraire de ce qui se fait *ez les mod]nes4--,,iv4 ,les jeux et les plaisirs sont fatigans1 comme la lutte1 la c\rse4 ,homre dit t\j\rs ,a*ille aux pi$s lg]s4 ,ils sont en outre dang]eux3 ce sont des jotes1 des *asses1 ex]cices capables de =tifi] l'me et le corps1 et d'habitu] mpris]1 prodigu] la vie4--,v4 ,ignorance complte du luxe1 des commodits sociales1 des d\x loisirs4--,,vi4 ,les gu]res sont t\tes religieuses1 et p> consqu5t atroces4--,,vii4 ,de telles gu]res entran5t dans t\te leur duret les s]vitudes hroques2 les va9cus sont reg>ds comme des hommes sans dieux1 et p]d5t non-seulem5t la lib]t civile1 mais la lib]t naturelle4--,d'aprs t\tes ces considrations1 les rpubliques doiv5t tre alors des ari/ocraties naturelles11 c'e/--dire composes d'hommes qui soi5t naturellem5t les plus c\rageux2 le g\v]nem5t doit tre de nature rs]v] t\s les honneurs civils un petit nombre de nobles1 de pres de famille1 qui fass5t consi/] le bi5 public dans la cons]vation de ce p\voir absolu qu'ils avai5t orig9airem5t sur leurs familles1 et qu'ils ont ma9t5ant dans l'tat1 de sorte qu'ils ent5d5t le mot patrie dans le s5s tymologique qu'on peut lui donn]1 l'intrt des pres 7patria1 s\s-ent5du res74 ,tel fut donc l'hrosme des premi]s peuples1 telle la nature morale des hros1 tels leurs usages1 leurs g\v]nem5s et leurs lois4 ,cet hrosme ne peut dsormais se reprs5t]1 p\r des causes t\tes contraires celles que n\s avons numres1 et qui ont produit deux sortes de g\v]nem5s huma9s1 les rpubliques populaires et les mon>*ies4 ,le hros digne de ce nom1 c>actre bi5 diffr5t de celui des temps hroques1 e/ appel p> les s\haits des peuples affligs2 les philosophes en raisonn5t1 les potes l'imag95t1 mais la nature des socits ne p]met pas d'espr] un tel bi5fait du ciel4 ,t\t ce que n\s avons dit jusqu'ici sur l'hrosme des premi]s peuples1 reoit un n\veau j\r des axiomes relatifs l'hrosme roma91 que l'on tr\v]a analogue l'hrosme des ,a?ni5s encore g\v]ns p> le snat ari/ocratique de l'aropage1 et l'hrosme de ,sp>te1 rpublique d'hraclides1 c'e/--dire de hros1 ou nobles1 comme on l'a dmontr4 ,,*apitre ,,vii4 ,,de ,,la ,,physique ,,po,,tique4 ,aprs avoir obs]v quelle fut la sagesse des premi]s hommes dans la logique1 la morale1 l'conomie et la politique1 passons au second rameau de l'arbre mtaphysique1 c'e/--dire la physique1 et de l la cosmographie1 p> laquelle n\s p>v5ons l'a/ronomie1 p\r trait] ensuite de la *ronologie et de la gographie1 qui en driv5t4 4 ,i4 ,de la physiologie potique4 ,les potes ?ologi5s1 dans leur physique grossire1 considrr5t dans l'homme deux ides mtaphysiques1 tre1 subsi/]4 ,sans d\te ceux du ,latium conur5t bi5 grossirem5t l'tre1 puisqu'ils le confondir5t avec l'action de mang]4 ,tel fut probablem5t le premi] s5s du mot sum1 qui depuis eut les deux significations4 ,auj\rd'hui mme n\s ent5dons nos paysans dire d'un malade1 il mange encore1 p\r il vit encore4 ,ri5 de plus ab/rait que l'ide d'exi/5ce4 ,ils conur5t aussi l'ide de subsi/] c'e/--dire tre deb\t1 tre sur ses pi$s4 ,c'e/ dans ce s5s que les de/9s d',a*ille tai5t atta*es ses talons4 ,les premi]s hommes rduisai5t t\te la ma*9e du corps huma9 aux solides et aux liquides4 ,les ,,solides eux-mmes1 ils les rduisai5t aux *airs1 visc]a vesci v\lait dire se n\rrir1 p>ce que les alim5s que l'on assimile font de la *air2 aux os et articulations1 artus obs]vons que artus vi5t du mot ars1 qui *ez les anci5s ,lat9s signifiait la =ce du corps2 d'o artitus1 robu/e2 ensuite on donna ce nom d'ars t\t sy/me de prceptes propres =m] quelques facults de l'me2 aux n]fs1 qu'ils prir5t p\r les =ces1 lorsque1 usant encore du langage muet1 ils p>lai5t avec des signes matriels ce n'e/ pas sans raison qu'ils prir5t n]fs dans ce s5s1 puisque les n]fs t5d5t les muscles1 dont la t5sion fait la =ce de l'homme2 enf9 la moelle1 c'e/ dans la moelle qu'ils placr5t non mo9s sagem5t l'ess5ce de la vie l'amant appelait sa matresse m$ulla1 et m$ullits v\lait dire de t\t coeur2 lorsque l'on veut dsign] l'excs de l'am\r1 on dit qu'il brle la moelle des os1 urit m$ullas4 ,p\r les ,,liquides1 ils les rduisai5t une seule espce1 celle du sang2 ils appelai5t sang la liqueur sp]matique1 comme le pr\ve la priphrase sangu9e cretus1 p\r eng5dr2 et c'tait encore une expression ju/e1 puisque cette liqueur semble =me du plus pur de notre sang4 ,avec la mme ju/esse1 ils appelr5t le sang le suc des fibres1 dont se compose la *air4 ,c'e/ de l que les ,lat9s cons]vr5t succi pl5us1 p\r dire *>nu1 ple9 d'un sang abondant et pur4 ,quant l'autre p>tie de l'homme1 qui e/ l'me1 les potes ?ologi5s la placr5t dans l'air1 *ez les ,lat9s anima2 l'air fut p\r eux le vhicule de la vie1 d'o les ,lat9s cons]vr5t la phrase anim vivimus1 et en posie1 f]ri ad vitales auras1 p\r natre2 duc]e vitales auras1 p\r vivre2 vitam ref]re 9 auras1 p\r m\rir2 et en prose animam duc]e1 vivre2 animam trah]e1 tre l'agonie2 animam effl>e1 emitt]e1 expir]2 ensuite les physici5s placr5t aussi dans l'air l'me du monde4 ,c'e/ encore une expression ju/e que animus p\r la p>tie d\e du s5tim5t3 les ,lat9s dis5t animo s5timus4 ,ils considrr5t animus comme mle1 anima comme femelle1 p>ce que animus agit sur anima2 le premi] e/ l'igneus vigor dont p>le ,virgile2 de sorte qu'animus aurait son sujet dans les n]fs1 anima dans le sang et dans les ve9es4 ,l'!r s]ait le vhicule d'animus1 l'air celui d'anima2 le premi] circulant avec t\te la rapidit des esprits animaux1 la seconde plus l5tem5t avec les esprits vitaux4 ,anima s]ait l'ag5t du m\vem5t2 animus l'ag5t et le pr9cipe des actes de la volont4 ,les potes ?ologi5s ont s5ti1 p> une sorte d'in/9ct1 cette d]nire vrit2 et dans les pomes d',homre ils ont appel l'me 7animus71 une =ce sacre1 une puissance my/rieuse1 un dieu inconnu4 ,en gnral1 lorsque les ,grecs et les ,lat9s rapportai5t quelqu'une de leurs p>oles1 de leurs actions un pr9cipe suprieur1 ils disai5t un dieu l'a v\lu a9si4 ,ce pr9cipe fut appel p> les ,lat9s m5s animi4 ,a9si1 dans leur grossiret1 ils pntrr5t cette vrit sublime que la ?ologie naturelle a tablie p> des raisonnem5s inv9cibles contre la doctr9e d'picure1 les ides n\s vi5n5t de ,dieu4 ,ils ram5ai5t t\tes les fonctions de l'me trois p>ties du corps1 la tte1 la poitr9e1 le coeur4 la tte1 ils rapportai5t t\tes les connaissances1 et comme elles tai5t *ez eux t\tes d'imag9ation1 ils placr5t dans la tte la mmoire1 dont les ,lat9s employai5t le nom p\r dsign] l'imag9ation4 ,dans le ret\r de la b>b>ie au moy5 ge1 on disait imag9ation p\r gnie1 esprit4 ,le biographe contempora9 de ,ri5zi l'appelle uomo fanta/ico p\r uomo d'+egno4 ,en effet1 l'imag9ation n'e/ que le rsultat des s\v5irs2 le gnie ne fait autre *ose que travaill] sur les matriaux que lui (fre la mmoire4 ,dans ces premi]s temps o l'esprit huma9 n'avait po9t tir de l'art d'crire1 de celui de raisonn] et de compt]1 la subtilit qu'il a auj\rd'hui1 o la multitude de mots ab/raits que n\s voyons dans les langues mod]nes1 ne lui avait pas encore donn ses habitudes d'ab/raction cont9uelle1 il occupait t\tes ses =ces dans l'ex]cice de ces trois belles facults qu'il doit son union avec le corps1 et qui t\tes trois sont relatives la premire opration de l'esprit1 l'inv5tion2 il fallait tr\v] avant de jug]1 la topique devait prcd] la critique1 a9si que n\s l'avons dit page #afc4 ,aussi les potes ?ologi5s dir5t que la mmoire 7qu'ils confondai5t avec l'imag9ation7 tait la mre des muses1 c'e/--dire des arts4 ,en traitant de ce sujet1 n\s ne p\vons omettre une obs]vation importante qui jette beauc\p de j\r sur celle que n\s avons faite dans la ,m?ode 7il n\s e/ auj\rd'hui difficile de compr5dre1 impossible d'imag9] la manire de p5s] des premi]s nommes qui fondr5t l'humanit paenne#fh74 ,leur esprit prcisait1 p>ticul>isait t\j\rs1 de sorte qu' *aque *angem5t dans la physionomie ils croyai5t voir un n\veau visage1 *aque n\velle passion un autre c\r1 une autre me2 de l ces expressions potiques1 comm&es p> une ncessit naturelle plus que p> celle de la mesure1 ora1 vultus1 animi1 pectora1 corda1 employes p\r leurs s+uli]s4 ,note #fh3 ,les premi]s hommes tant presque a9si incapables de gnralis] que les animaux1 p\r qui t\te s5sation n\velle efface entirem5t la s5sation analogue qu'ils ont pu pr\v]1 ils ne p\vai5t comb9] des ides et disc\rir4 ,t\tes les p5ses 7s5t5ze7 devai5t en consqu5ce tre p>ticul>ises p> celui qui les p5sait1 ou plutt qui les s5tait4 ,exam9ons le trait sublime que ,long9 admire dans l'ode de ,sapho1 traduite p> ,catulle3 le pote exprime p> une comp>aison les transports qu'inspire la prs5ce de l'objet aim1 ,ille mi p> esse deo videtur1 ,celui-l e/ p\r moi gal en bonheur aux dieux mme4444 la p5se n'atte9t pas ici le plus haut degr du sublime1 p>ce que l'amant ne la p>ticul>ise po9t en la re/reignant lui-mme2 c'e/ au contraire ce que fait ,tr5ce1 lorsqu'il dit3 ,vitam deorum adepti sumus1 ,n\s avons atte9t la flicit des dieux4 ce s5tim5t e/ propre celui qui p>le1 le pluriel e/ p\r le s+uli]2 cep5dant ce pluriel semble en faire un s5tim5t commun plusieurs4 ,mais le mme pote dans une autre comdie porte le s5tim5t au plus haut degr de sublimit en le s+ul>isant et l'appropriant celui qui l'pr\ve1 ,deus factus sum1 je ne suis plus un homme1 mais un ,dieu4 ,les p5ses ab/raites reg>dant les gnralits sont du doma9e des philosophes1 et les rflexions sur les passions sont d'une fausse et froide posie4 ,ils plaai5t dans la poitr9e le sige de t\tes les passions1 et au-dess\s1 les deux g]mes1 les deux leva9s des passions3 dans l'e/omac la p>tie irascible1 et la p>tie concupiscible surt\t dans le foie1 qui e/ df9i le laboratoire du sang 7(fic9a74 ,les potes appell5t cette p>tie prcordia2 ils atta*5t au foie de ,titan *acun des animaux rem>quables p> quelque passion2 c'tait ent5dre d'une manire confuse1 que la concupisc5ce e/ la mre de t\tes les passions1 et que les passions sont dans nos humeurs4 ,ils rapportai5t au coeur t\s les conseils2 les hros r\lai5t leurs p5ses1 leurs inquitudes dans leur c\r2 agitabant1 v]sabant1 volutabant corde curas4 ,ces hommes encore /upides ne p5sai5t aux *oses qu'ils avai5t faire1 que lorsqu'ils tai5t agits p> les passions4 ,de l les ,lat9s appelai5t les sages cordati1 les hommes de peu de s5s1 vecordes4 ,ils disai5t s5t5ti1 p\r rsolutions1 p>ce que leurs jugem5s n'tai5t que le rsultat de leurs s5tim5s2 aussi les jugem5s des hros s'accordai5t t\j\rs avec la vrit dans leur =me1 quoiqu'ils fuss5t s\v5t faux dans leur matire4 4 ,,ii4 ,,corollaire ,relatif aux descriptions hroques4 ,les premi]s hommes ayant peu ou po9t de raison1 et tant au contraire t\t imag9ation1 rapportai5t les fonctions ext]nes de l'me aux c9q s5s du corps1 mais considrs dans t\te la f9esse1 dans t\te la =ce et la vivacit qu'ils avai5t alors4 ,les mots p> lesquels ils exprimr5t l'action des s5s le pr\v5t assez3 ils disai5t p\r ent5dre1 audire1 comme on dirait haurire1 puis]1 p>ce que les oreilles sembl5t boire l'air1 r5voy p> les corps qu'il frappe4 ,ils disai5t p\r voir di/9ctem5t1 c]n]e oculis 7d'o l'itali5 sc]n]e1 disc]n]71 mot mot sp>] p> les yeux1 p>ce que les yeux sont comme un crible dont les pupilles sont les tr\s2 de mme que du crible sort5t les jets de p\ssire qui vont t\*] la t]re1 a9si des yeux sembl5t sortir p> les pupilles les jets ou rayons de lumire qui vont frapp] les objets que n\s voyons di/9ctem5t2 c'e/ le rayon visuel1 dev9 p> les /oci5s1 et dmontr de nos j\rs p> ,desc>tes4 ,ils disai5t1 p\r voir en gnral1 usurp>e oculis4 ,tang]e1 p\r t\*] et drob]1 p>ce qu'en t\*ant les corps n\s en enlevons1 n\s en drobons t\j\rs quelque p>tie4 ,p\r odor]1 ils disai5t olfac]e1 comme si1 en recueillant les odeurs1 n\s les faisions n\s-mmes2 et en cela ils se sont r5contrs avec la doctr9e des c>tsi5s4 ,enf91 p\r gt]1 p\r jug] des saveurs1 ils disai5t sap]e1 quoique ce mot s'appliqut proprem5t aux *oses d\es de saveur1 et non au s5s qui en juge2 c'e/ qu'ils *]*ai5t dans les *oses la saveur qui leur tait propre3 de l cette belle mtaphore de sapi5tia1 la sagesse1 laquelle tire des *oses leur usage naturel1 et non celui que leur suppose l'op9ion4 ,admirons en t\t ceci la ,provid5ce div9e qui1 n\s ayant donn comme p\r la g>de de notre corps des s5s1 la vrit bi5 infrieurs ceux des brutes1 v\lut qu' l'poque o l'homme tait tomb dans un tat de brutalit1 il et p\r sa cons]vation les s5s les plus actifs et les plus subtils1 et qu'ensuite ces s5s s'affaibliss5t1 lorsque vi5drait l'ge de la rflexion1 et que cette facult prvoyante protg]ait le corps son t\r4 ,on doit compr5dre d'aprs ce qui prcde1 p\rquoi les descriptions hroques1 telles que celles d',homre1 ont tant d'clat1 et sont si frappantes1 que t\s les potes des ges suivans n'ont pu les imit]1 bi5 lo9 de les gal]4 4 ,,iii4 ,,corollaire ,relatif aux moeurs hroques4 ,de telles natures hroques1 animes de tels s5tim5s hroques1 dur5t crer et cons]v] des moeurs analogues celles que n\s allons esquiss]4 ,les hros1 rcemm5t sortis des gans1 tai5t au plus haut degr grossi]s et f>\*es1 d'un ent5dem5t trs born1 d'une va/e imag9ation1 agits des passions les plus viol5tes2 ils tai5t ncessairem5t b>b>es1 orgueilleux1 difficiles1 ob/9s dans leurs rsolutions1 et en mme temps trs mobiles1 selon les n\veaux objets qui se prs5tai5t4 ,ceci n'e/ po9t contradictoire2 v\s p\vez obs]v] t\s les j\rs l'op9itret de nos paysans1 qui cd5t la premire raison que v\s leur dites1 mais qui1 p> faiblesse de rflexion1 oubli5t bi5 vite le motif qui les avait frapps1 et revi5n5t leur premire ide4--,p> suite du mme dfaut de rflexion1 les hros tai5t ouv]ts1 incapables de dissimul] leurs impressions1 gnreux et magnanimes1 tels qu',homre reprs5te ,a*ille1 le plus gr& de t\s les hros grecs4 ,ari/ote "p de ces moeurs hroques1 lorsqu'il veut dans sa ,potique1 que le hros de la tragdie ne soit ni p>faitem5t bon1 ni entirem5t m*ant1 mais qu'il (fre un mlange de gr&s vices et de gr&es v]tus4 ,en effet1 l'hrosme d'une v]tu p>faite e/ une conception qui app>ti5t la philosophie et non pas la posie4 ,l'hrosme galant des mod]nes a t imag9 p> les potes qui v9r5t bi5 long-temps aprs ,homre1 soit que l'inv5tion des fables n\velles leur app>ti5ne1 soit que les moeurs dev5ant effm9es avec le temps1 ils ai5t altr1 et enf9 corrompu entirem5t les premires fables graves et svres1 comme il conv5ait aux fondateurs des socits4 ,ce qui le pr\ve1 c'e/ qu',a*ille1 qui fait tant de bruit p\r l'enlvem5t de ,brisis1 et dont la colre suffit p\r remplir une ,iliade1 ne montre pas une fois dans t\t ce pome un s5tim5t d'am\r2 ,mnlas1 qui arme t\te la ,grce contre ,troie p\r reconqurir ,hlne1 ne donne pas1 dans t\t le c\rs de cette longue gu]re1 le mo9dre signe d'am\reux t\rm5t ou de jal\sie4 ,t\t ce que n\s avons dit sur les p5ses1 les descriptions et les moeurs hroques1 app>ti5t la ,d,,c\v]te ,,du ,v,,ritable ,,hom,,re1 que n\s f]ons dans le livre suivant4 ,,*apitre ,,viii4 ,,de ,,la ,,cosmographie ,,po,,tique4 ,les potes ?ologi5s1 ayant pris p\r pr9cipes de leur physique les tres div9iss p> leur imag9ation1 se fir5t une cosmographie en h>monie avec cette physique4 ,ils composr5t le monde de dieux du ciel1 de l'enf] 7dii sup]i1 inf]i71 et de dieux int]mdiaires 7qui fur5t probablem5t ceux que les anci5s ,lat9s appelai5t m$ioxumi74 ,dans le monde1 ce fut le ciel qu'ils contemplr5t d'abord4 ,les *oses du ciel dur5t tre p\r les ,grecs les premi]s ,grec3 ma?mata1 connaissances p> excell5ce1 les premi]s ,grec3 !rmata1 objets div9s de contemplation4 ,le mot contemplation1 appliqu ces *oses1 fut tir p> les ,lat9s de ces espaces du ciel dsigns p> les augures p\r y obs]v] les prsages1 et appels templa coeli4--,le ciel ne fut pas d'abord plus haut p\r les potes1 que le sommet des montagnes2 a9si les enfans s'imag95t que les montagnes sont les colonnes qui s\ti5n5t la vote du ciel1 et les ,arabes admett5t ce pr9cipe de cosmographie dans leur ,coran2 de ces colonnes1 il re/a les deux colonnes d',h]cule1 qui remplacr5t ,atlas fatigu de port] le ciel sur ses paules4 ,colonne dut v5ir d'abord de colum52 ce n'tait que des s\ti5s1 des tais arrondis dans la suite p> l'ar*itecture4 ,la fable des gans faisant la gu]re aux dieux et entassant ,ossa sur ,plion1 ,olympe sur ,ossa1 doit avoir t tr\ve depuis ,homre4 ,dans l',iliade1 les dieux se ti5n5t t\j\rs sur la cime du mont ,olympe4 ,il suffisait donc que l',olympe s'cr\lt p\r en faire tomb] les dieux4 ,cette fable1 quoique rapporte dans l',odysse1 y e/ peu conv5able3 dans ce pome1 l'enf] n'e/ pas plus pr(ond que la foss o ,ulysse voit les ombres des hros et conv]se avec elles4 ,si l',homre de l',odysse avait cette ide borne de l'enf]1 il devait concevoir du ciel une ide analogue1 une ide con=me celle que s'en tait faite l',homre de l',iliade4 ,,*apitre ,,ix4 ,,de ,l',,a/ronomie ,,po,,tique4 ,dmon/ration a/ronomique1 fonde sur des preuves physico-philologiques1 de l'uni=mit des pr9cipes ci-dessus tablis *ez t\tes les nations paennes4 ,la =ce indf9ie de l'esprit huma9 se dveloppant de plus en plus1 et la contemplation du ciel1 ncessaire p\r pr5dre les augures1 obligeant les peuples l'obs]v] sans cesse1 le ciel s'leva dans l'op9ion des hommes1 et avec lui s'levr5t les dieux et les hros4 ,p\r retr\v] l'a/ronomie potique1 n\s f]ons usage de trois vrits philologiques3 ,i4 ,l'a/ronomie naquit *ez les ,*aldens4 ,,ii4 ,les ,phnici5s apprir5t des ,*aldens1 et communiqur5t aux gypti5s1 l'usage du cadran1 et la connaissance de l'lvation du ple4 ,,iii4 ,les ,phnici5s1 in/ruits p> les mmes ,*aldens1 portr5t aux ,grecs la connaissance des div9its qu'ils plaai5t dans les toiles4--,avec ces trois vrits philologiques s'accord5t deux pr9cipes philosophiques3 le premi] e/ tir de la nature sociale des peuples2 ils admett5t difficilem5t les dieux trang]s1 mo9s qu'ils ne soi5t p>v5us au d]ni] degr de lib]t religieuse1 ce qui n'arrive que dans une extrme dcad5ce4 ,le second e/ physique2 l'erreur de nos yeux n\s fait p>atre les plantes plus gr&es que les toiles fixes4 ,ces pr9cipes tablis1 n\s dirons que *ez t\tes les nations paennes1 de l',ori5t1 de l'gypte1 de la ,grce et du ,latium1 l'a/ronomie naquit uni=mm5t d'une croyance vulgaire2 les plantes p>aissant beauc\p plus gr&es que les toiles fixes1 les dieux montr5t dans les plantes1 et les hros fur5t atta*s aux con/ellations4 ,aussi les ,phnici5s tr\vr5t les dieux et les hros de la ,grce et de l'gypte dj prp>s j\] ces deux rles2 et les ,grecs1 leur t\r1 tr\vr5t dans ceux du ,latium la mme facilit4 ,les hros1 et les hiroglyphes qui signifiai5t leurs c>actres ou leurs entreprises1 fur5t donc placs dans le ciel1 a9si qu'un gr& nombre des dieux pr9cipaux1 et s]vir5t l'a/ronomie des savans1 en donnant des noms aux toiles4 ,a9si1 en p>tant de cette a/ronomie vulgaire1 les premi]s peuples crivir5t au ciel l'hi/oire de leurs dieux et de leurs hros444444 ,,*apitre ,x4 ,,de ,,la ,,*ronologie ,,po,,tique4 ,les potes ?ologi5s donnr5t la *ronologie des comm5cem5s con=mes une telle a/ronomie4 ,ce ,saturne1 qui *ez les ,lat9s tira son nom satis1 des sem5ces1 et qui fut appel p> les ,grecs ,grec3 ,kronos de ,grec3 ,*ronos le temps1 doit n\s faire compr5dre que les premires nations1 t\tes composes d'agriculteurs1 comm5cr5t compt] les annes p> les rcoltes de from5t4 ,c'e/ en effet la seule1 ou du mo9s la pr9cipale *ose dont la production occupe les agriculteurs t\te l'anne4 ,usant d'abord du langage muet1 ils montrr5t autant d'pis ou de br9s de paille1 ou bi5 encore fir5t autant de fois le ge/e de moissonn]1 qu'ils v\lai5t indiqu] d'annes4444 ,dans la *ronologie ord9aire1 on peut rem>qu] quatre espces d'ana*ronismes4 #a ,temps vides de faits1 qui devrai5t en tre remplis2 tels que l'ge des dieux1 dans lequel n\s avons tr\v les orig9es de t\t ce qui t\*e la socit1 et que p\rtant le savant ,v>ron place dans ce qu'il appelle le temps obscur4 #b ,temps remplis de faits1 et qui devai5t en tre vides1 tels que l'ge des hros1 o l'on place t\s les vnem5s de l'ge des dieux1 dans la supposition que t\tes les fables ont t l'inv5tion des potes hroques1 et surt\t d',homre4 #c ,temps unis1 qu'on devait divis]2 p5dant la vie du seul ,orphe1 p> exemple1 les ,grecs1 d'abord semblables aux btes sauvages1 atteign5t t\te la civilisation qu'on tr\ve *ez eux l'poque de la gu]re de ,troie4 #d ,temps diviss qui devai5t tre unis2 a9si on place ord9airem5t la fondation des colonies grecques dans la ,sicile et dans l',italie1 plus de trois sicles aprs les c\rses errantes des hros qui dur5t en tre l'occasion4 ,,canon ,,*ronologique ,p\r dt]m9] les comm5cem5s de l'hi/oire univ]selle1 antrieurem5t au rgne de ,n9us d'o elle "p ord9airem5t4 ,n\s voyons d'abord les hommes1 en exceptant quelques-uns des enfans de ,sem1 disp]ss trav]s la va/e =t qui c\vrait la t]re un sicle dans l',asie ori5tale1 et deux sicles dans le re/e du monde4 ,le culte de ,jupit]1 que n\s retr\vons p>t\t *ez les premires nations paennes1 fixe les fondateurs des socits dans les lieux o les ont conduits leurs c\rses vagabondes1 et alors comm5ce l'ge des dieux qui dure neuf sicles4 ,dt]m9s dans le *oix de leurs premires demeures p> le beso9 de tr\v] de l'eau et des alim5s1 ils ne peuv5t se fix] d'abord sur le rivage de la m]1 et les premires socits s'tabliss5t dans l'intrieur des t]res4 ,mais v]s la f9 du premi] ge1 les peuples desc5d5t plus prs de la m]4 ,a9si *ez les ,lat9s1 il s'c\le plus de neuf c5ts ans depuis le sicle d'or du ,latium1 depuis l'ge de ,saturne jusqu'au temps o ,ancus ,m>tius vi5t sur les bords de la m] s'emp>] d',o/ie4--,l'ge hroque qui vi5t ensuite1 compr5d deux c5ts annes p5dant lesquelles n\s voyons d'abord les c\rses de ,m9os1 l'expdition des ,argonautes1 la gu]re de ,troie et les longs voyages des hros qui ont dtruit cette ville4 ,c'e/ alors1 plus de mille ans aprs le dluge1 que ,tyr1 capitale de la ,phnicie1 desc5d de l'intrieur des t]res sur le rivage1 p\r pass] ensuite dans une le vois9e4 ,dj elle e/ clbre p> la navigation et p> les colonies qu'elle a fondes sur les ctes de la ,mdit]rane et mme au-del du dtroit1 avant les temps hroques de la ,grce4 ,n\s avons pr\v l'uni=mit du dveloppem5t des nations1 en montrant comm5t elles s'accordr5t lev] leurs dieux jusqu'aux toiles1 usage que les ,phnici5s portr5t de l',ori5t en ,grce et en gypte4 ,d'aprs cela1 les ,*aldens dur5t rgn] dans l',ori5t autant de sicles qu'il s'en c\la depuis ,zoroa/re jusqu' ,n9us1 qui fonda la mon>*ie assyri5ne1 la plus anci5ne du monde2 autant qu'on dut en compt] depuis ,h]ms ,trismgi/e jusqu' ,sso/ris1 qui fonda aussi en gypte une puissante mon>*ie4 ,les ,assyri5s et les gypti5s1 nations mdit]ranes1 dur5t suivre dans les rvolutions de leurs g\v]nem5s la m>*e gnrale que n\s avons indique4 ,mais les ,phnici5s1 nation m>itime1 enri*ie p> le comm]ce1 dur5t s'arrt] dans la dmocratie1 le premi] des g\v]nem5s huma9s4 7,voyez le #d;e liv47 ,a9si p> le simple sec\rs de l'intellig5ce1 et sans avoir beso9 de celui de la mmoire1 qui devi5t inutile lorsque les faits manqu5t p\r frapp] nos s5s1 n\s avons rempli la lacune que prs5tait l'hi/oire univ]selle dans ses orig9es1 tant p\r l'anci5ne gypte que p\r l',ori5t plus anci5 encore4 99 99 99 ,de cette manire l'tude du dveloppem5t de la civilisation huma9e1 prte une c]titude n\velle aux calculs de la *ronologie4 ,con=mm5t l'axiome #ajf1 elle "p du po9t mme o comm5ce le sujet qu'elle traite3 elle "p de ,grec3 *ronos1 le temps1 ou ,saturne1 a9si appel satis1 p>ce que l'on comptait les annes p> les rcoltes2 d',uranie1 la muse qui contemple le ciel p\r pr5dre les augures2 de ,zoroa/re1 contemplateur des a/res1 qui r5d des oracles d'aprs la direction des toiles tombantes4 ,bi5tt ,saturne monte dans la septime sphre1 ,uranie contemple les plantes et les toiles fixes1 et les ,*aldens favoriss p> l'imm5sit de leurs pla9es devi5n5t a/ronomes et a/rologues1 en mesurant la c]cle que ces a/res dcriv5t1 en leur supposant div]ses influ5ces sur les corps sublunaires1 et mme sur les libres volonts de l'homme2 s\s les noms d'a/ronomie1 d'a/rologie ou de ?ologie cette sci5ce ne fut autre que la div9ation4 ,du ciel les ma?matiques desc5dir5t p\r mesur] la t]re1 sans t\tefois p\voir le faire avec c]titude mo9s d'employ] les mesures f\rnies p> les cieux4 ,dans leur p>tie pr9cipale elles fur5t nommes avec proprit gomtrie4 ,c'e/ tort que les *ronologi/es ne pr5n5t po9t leur sci5ce au po9t mme o comm5ce le sujet qui lui e/ propre4 ,ils comm5c5t avec l'anne a/ronomique1 laquelle n'a pu tre connue qu'au b\t de dix sicles au mo9s4 ,cette m?ode p\vait leur faire connatre les conjonctions et les oppositions qui avai5t pu avoir lieu dans le ciel entre les plantes ou les con/ellations2 mais ne p\vait leur ri5 appr5dre de la succession des *oses de la t]re4 ,voil ce qui a r5du impuissans les nobles ef=ts du c>d9al ,pi]re d',alliac4 ,voil p\rquoi l'hi/oire univ]selle a tir si peu d'avantages p\r clair] son orig9e et sa suite du gnie admirable et de l'tonnante rudition de ,petau et de ,joseph ,scalig]4 ,,*apitre ,,xi4 ,,de ,,la ,g,,ographie ,,po,,tique4 ,la gographie potique1 l'autre oeil de l'hi/oire fabuleuse1 n'a pas mo9s beso9 d'tre claircie que la *ronologie potique4 ,en consqu5ce d'un de nos axiomes 7les hommes qui veul5t expliqu] aux autres des *oses inconnues et lo9ta9es dont ils n'ont pas la vritable ide1 les dcriv5t en les assimilant des *oses connues et rappro*es71 la gographie potique1 prise dans ses p>ties et dans son ensemble1 naquit dans l'ence9te de la ,grce1 s\s des proportions ress]res4 ,les ,grecs sortant de leur pays p\r se rp&re dans le monde1 la gographie alla s't5dant jusqu' ce qu'elle atteignit les limites que n\s lui voyons auj\rd'hui4 ,les gographes anci5s s'accord5t reconnatre une vrit dont ils n'ont po9t su faire usage3 c'e/ que les anci5nes nations1 migrant dans des contres trangres et lo9ta9es1 donnr5t des noms tirs de leur anci5ne patrie1 aux cits1 aux montagnes et aux fleuves1 aux i/hmes et aux dtroits1 aux les et aux promontoires4 ,c'e/ dans l'ence9te mme de la ,grce que l'on plaa d'abord la p>tie ori5tale appele ,asie ou ,inde1 l'occid5tale appele ,europe ou ,hesprie1 la sept5trionale1 nomme ,?race ou ,scy?ie1 enf9 la mridionale1 dite ,lybie ou ,mauritanie4 ,les p>ties du monde fur5t a9si appeles du nom des p>ties du petit monde de la ,grce1 selon la situation des premires relativem5t celle des d]nires4 ,ce qui le pr\ve1 c'e/ que les v5ts c>d9aux cons]v5t dans leur gographie les noms qu'ils dur5t avoir orig9airem5t dans l'intrieur de la ,grce4 ,d'aprs ces pr9cipes1 la gr&e pn9sule situe l'ori5t de la ,grce cons]va le nom d',asie ,m9eure1 aprs que le nom d',asie eut pass cette va/e p>tie ori5tale du monde1 que n\s appelons a9si dans un s5s absolu4 ,au contraire1 la ,grce1 qui tait l'occid5t p> rapport l',asie1 fut appele ,europe1 et ensuite ce nom s't5dit au gr& cont95t1 que limite l',ocan occid5tal4--,ils appelr5t d'abord ,hesprie la p>tie occid5tale de la ,grce1 sur laquelle se levait le soir l'toile ,hesp]us4 ,ensuite1 voyant l',italie dans la mme situation1 ils la nommr5t ,gr&e ,hesprie4 ,enf91 tant p>v5us jusqu' l',espagne1 ils la dsignr5t comme la d]nire ,hesprie4--,les ,grecs d',italie1 au contraire1 dur5t appel] ,ionie la p>tie de la ,grce qui tait ori5tale relativem5t eux1 et la m] qui sp>e la gr&e ,grce de la ,grce proprem5t dite1 en g>de le nom d',ioni5ne2 ensuite l'analogie de situation entre la ,grce proprem5t dite et la ,grce ,asiatique1 fit appel] ,ionie1 p> les habitans de la premire1 la p>tie de l',asie-,m9eure qui se tr\vait leur ori5t4 ,il e/ probable que ,py?agore v9t en ,italie de ,sam1 p>tie du royaume d',ulysse1 situe dans la premire ,ionie1 plutt que de ,samos1 situe dans la seconde4--,de la ,?race ,grecque v9r5t ,m>s et ,orphe2 ce dieu et ce pote ?ologi5 ont videmm5t une orig9e grecque4 ,de la ,scy?ie ,grecque v9t ,ana*>sis avec ses oracles scy?iques non mo9s faux que les v]s d',orphe4 ,de la mme p>tie de la ,grce sortir5t les ,hyp]borens1 qui fondr5t les oracles de ,delphes et de ,dodone4 ,c'e/ dans ce s5s que ,zamolxis fut ,gte1 et ,bac*us ,indi54--,le nom de ,more1 que le ,ploponse cons]ve jusqu' nos j\rs1 n\s pr\ve assez que ,p]se1 hros d'une orig9e videmm5t grecque1 fit ses exploits clbres dans la ,mauritanie ,grecque2 le royaume de ,plops ou ,ploponse a l',a*ae au nord1 comme l',europe e/ au nord de l',afrique4 ,hrodote raconte qu'autrefois les ,maures fur5t blancs1 ce qu'on ne peut ent5dre que des ,maures de la ,grce1 dont le pays e/ appel encore auj\rd'hui la ,more ,blan*e4--,les ,grecs avai5t d'abord appel ,ocan t\te m] d'un aspect sans bornes1 et ,homre avait dit que l'le d'ole tait ce9te p> l',ocan4 ,lorsqu'ils arrivr5t l',ocan vritable1 ils t5dir5t cette ide troite1 et dsignr5t p> le nom d',ocan la m] qui embrasse t\te la t]re comme une gr&e le4#figj ,note #fi3 ,ces pr9cipes de gographie peuv5t ju/ifi] ,homre d'erreurs trs graves qui lui sont imputes tort4 ,p> exemple les ,cimmri5s dur5t avoir1 comme il le dit1 des nuits plus longues que t\s les peuples de la ,grce1 p>ce qu'ils tai5t placs dans sa p>tie la plus sept5trionale2 ensuite on a recul l'habitation des ,cimmri5s jusqu'aux ,palus-,motides4 ,on disait cause de leurs longues nuits qu'ils habitai5t prs des enf]s1 et les habitans de ,cumes1 vois9s de la grotte de la ,sybille qui conduisait aux enf]s1 reur5t1 cause de cette prt5due analogie de situation1 le nom de ,cimmri5s4 ,autrem5t il ne s]ait po9t croyable qu',ulysse1 voyageant sans le sec\rs des en*antem5s 7contre lesquels ,m]cure lui avait donn un prs]vatif71 ft all en un j\r voir l'enf] *ez les ,cimmri5s des ,palus-,motides1 et ft rev5u le mme j\r ,circi1 ma9t5ant le mont ,circello1 prs de ,cumes4--,les ,lotophages et les ,le/rigons dur5t aussi tre vois9s de la ,grce4 ,les mmes pr9cipes de gographie potique peuv5t rs\dre de gr&es difficults dans l',hi/oire anci5ne de l',ori5t1 o l'on loigne beauc\p v]s le nord ou le midi des peuples qui dur5t tre placs d'abord dans l'ori5t mme4 ,ce que n\s disons de la ,gographie des ,grecs se reprs5te dans celle des ,lat9s4 ,le ,latium dut tre d'abord bi5 ress]r1 puisqu'en deux sicles et demi1 ,rome1 s\s ses rois1 s\mit -peu-prs v+t peuples sans t5dre son empire plus de v+t milles4 ,l',italie fut c]ta9em5t circonscrite p> la ,gaule ,cisalp9e et p> la ,gr&e-,grce2 ensuite les conqutes des ,roma9s t5dir5t ce nom t\te la ,pn9sule4 ,la m] d'trurie dut tre bi5 limite lorsqu',horatius-,cocls arrtait seul t\te l'trurie sur un pont2 ensuite ce nom s'e/ t5du p> les victoires de ,rome t\te cette m] qui baigne la cte infrieure de l',italie4 ,de mme le ,pont o ,jason conduisit les ,argonautes1 dut tre la t]re la plus vois9e de l',europe1 celle qui n'en e/ sp>e que p> l'troit bass9 appel ,propontide2 cette t]re dut donn] son nom la m] du ,pont1 et ce nom s't5dit t\t le golfe que prs5te l',asie1 dans cette p>tie de ses rivages o fut depuis le royaume de ,mi?ridates2 le pre de ,mde1 selon la mme fable1 tait n ,*alcis1 dans cette ville grecque de l',eube qui s'appelle ma9t5ant ,ngrepont4--,la premire ,crte dut tre une le dans cet ,ar*ipel o les ,cyclades =m5t une sorte de labyr9!2 c'e/ de l probablem5t que ,m9os allait en c\rse contre les ,a?ni5s2 dans la suite1 la ,crte sortit de la m] ge p\r se fix] dans celle o n\s la plaons4 ,puisque des ,lat9s n\s sommes rev5us aux ,grecs1 rem>quons que cette nation va9e en se rp&ant dans le monde1 y clbra p>t\t la gu]re de ,troie et les voyages des hros errans aprs sa de/ruction1 des hros grecs1 tels que ,mnlas1 ,diomde1 ,ulysse1 et des hros troy5s1 tels que ,ant5or1 ,capys1 ne4 ,les ,grecs ayant retr\v dans t\tes les contres du monde un c>actre de fondateurs des socits analogue celui de leur ,h]cule de ,?bes1 ils placr5t p>t\t son nom et le fir5t voyag] p> t\te la t]re qu'il purgeait de mon/res sans en rapport] dans sa patrie autre *ose que de la gloire4 ,v>ron compte environ qu>ante ,h]cules1 et il affirme que celui des ,lat9s s'appelait ,dius ,fidius2 les gypti5s1 aussi va9s que les ,grecs1 disai5t que leur ,jupit] ,ammon tait le plus anci5 des ,jupit]1 et que les ,h]cules des autres nations avai5t pris leur nom de l',h]cule gypti54 ,les ,grecs obs]vr5t encore qu'il y avait eu p>t\t un c>actre potique de b]g]s p>lant en v]s2 *ez eux c'tait v&re l'arcadi52 v&re ne manqua pas de pass] de l',arcadie dans le ,latium1 o il donna l'hospitalit l',h]cule grec1 son compatriote1 et prit p\r femme ,c>m5ta1 a9si nomme de c>m9a1 v]s2 elle tr\va *ez les ,lat9s les lettres1 c'e/--dire1 les =mes des sons articuls qui sont la matire des v]s4 ,enf9 ce qui confirme t\t ce que n\s v5ons de dire1 c'e/ que les ,grecs obs]vr5t ces c>actres potiques dans le ,latium1 en mme temps qu'ils tr\vr5t leurs ,curtes rp&us dans la ,saturnie1 c'e/--dire dans l'anci5ne ,italie1 dans la ,crte et dans l',asie4 ,mais comme ces mots et ces ides passr5t des ,grecs aux ,lat9s dans un temps o les nations1 encore trs sauvages1 tai5t f]mes aux trang]s#fi-;,a1 n\s avons dem& plus haut qu'on n\s passt la conjecture suivante3 ,il peut avoir exi/ sur le rivage du ,latium une cit grecque1 ensevelie depuis dans les tnbres de l'antiquit1 laquelle aurait donn aux ,lat9s les lettres de l'alphabet4 ,tacite n\s appr5d que les lettres lat9es fur5t d'abord semblables aux plus anci5nes des ,grecs1 ce qui e/ une =te preuve que les ,lat9s ont reu l'alphabet grec de ces ,grecs du ,latium1 et non de la gr&e ,grce1 encore mo9s de la ,grce proprem5t dite2 c> s'il en et t a9si1 ils n'euss5t connu ces lettres qu'au temps de la gu]re de ,t>5te et de ,pyrrhus1 et alors ils se s]ai5t s]vis des plus mod]nes1 et non pas des anci5nes4 ,les noms d',h]cule1 d'v&re et d'ne passr5t donc de la ,grce dans le ,latium1 p> l'effet de quatre causes que n\s tr\v]ons dans les moeurs et le c>actre des nations3 #a les peuples encore b>b>es sont atta*s aux c\tumes de leur pays1 mais mesure qu'ils comm5c5t se civilis]1 ils pr5n5t du gt p\r les faons de p>l] des trang]s1 comme p\r leurs m>*&ises et leurs manires2 c'e/ ce qui explique p\rquoi les ,lat9s *angr5t leur ,dius ,fidius p\r l',h]cule des ,grecs1 et leur jurem5t national ,m$ius ,fidius p\r ,meh]cule1 ,meca/or1 ,edepol4 #b ,la vanit des nations1 n\s l'avons s\v5t rpt1 les porte se donn] l'illu/ration d'une orig9e trangre1 surt\t lorsque les traditions de leurs ges b>b>es sembl5t favoris] cette croyance2 a9si1 au moy5 ge1 ,jean ,villani n\s raconte que ,fiesole fut fond p> ,atlas1 et qu'un roi troy5 du nom de ,priam rgna en ,g]manie2 a9si les ,lat9s mconnur5t sans pe9e leur vritable fondateur1 p\r lui sub/itu] ,h]cule1 fondateur de la socit *ez les ,grecs1 et *angr5t le c>actre de leurs b]g]s-potes p\r celui de l',arcadi5 v&re4 #c ,lorsque les nations rem>qu5t des *oses trangres1 qu'elles ne peuv5t bi5 expliqu] avec des mots de leur langue1 elles ont ncessairem5t rec\rs aux mots des langues trangres4 #d ,enf91 les premi]s peuples1 incapables d'ab/raire d'un sujet les qualits qui lui sont propres1 nomm5t les sujets p\r dsign] les qualits1 c'e/ ce que pr\v5t d'une manire c]ta9e plusieurs expressions de la langue lat9e4 ,les ,roma9s ne savai5t ce que c'tait que luxe2 lorsqu'ils l'eur5t obs]v dans les ,t>5t9s1 ils dir5t un ,t>5t9 p\r un homme p>fum4 ,ils ne savai5t ce que c'tait que /ratagme militaire2 lorsqu'ils l'eur5t obs]v dans les ,c>?ag9ois1 ils appelr5t les /ratagmes punicas artes1 les arts puniques ou c>?ag9ois4 ,ils n'avai5t po9t l'ide du fa/e2 lorsqu'ils le rem>qur5t dans les ,cap\ans1 ils dir5t sup]cilium campanicum1 p\r fa/ueux1 sup]be4 ,c'e/ de cette manire que ,numa et ,ancus fur5t ,sab9s2 les ,sab9s tant rem>quables p> leur pit1 les ,roma9s dir5t ,sab91 faute de p\voir exprim] religieux4 ,s]vius ,tullius fut ,grec dans le langage des ,roma9s1 p>ce qu'ils ne savai5t pas dire habile et rus4 ,peut-tre doit-on compr5dre de cette manire les ,arcadi5s d'v&re1 et les ,phrygi5s d'ne4 ,comm5t des b]g]s1 qui ne savai5t ce que c'e/ que la m]1 s]ai5t-ils sortis de l',arcadie1 contre t\te mdit]rane de la ,grce1 p\r t5t] une si longue navigation et pntr] jusqu'au milieu du ,latium8 ,cep5dant t\te tradition vulgaire doit avoir orig9airem5t quelque cause publique1 quelque fondem5t de vrit44444 ,ce sont les ,grecs qui1 *antant p> t\t le monde leur gu]re de ,troie et les av5tures de leurs hros1 ont fait d'ne le fondateur de la nation roma9e1 t&is que1 selon ,bo*>t1 il ne mit jamais le pi$ en ,italie1 que ,/rabon assure qu'il ne sortit jamais de ,troie1 et qu',homre1 dont l'autorit a plus de poids ici1 raconte qu'il y m\rut et qu'il laissa le trne sa po/rit4 ,cette fable1 inv5te p> la vanit des ,grecs et adopte p> celle des ,roma9s1 ne put natre qu'au temps de la gu]re de ,pyrrhus1 poque laquelle les ,roma9s comm5cr5t accueillir ce qui v5ait de la ,grce4 ,il e/ plus naturel de croire qu'il exi/a sur le rivage du ,latium une cit grecque qui1 va9cue p> les ,roma9s1 fut dtruite en v]tu du droit hroque des nations b>b>es1 que les va9cus fur5t reu ,rome dans la classe des plbi5s1 et que1 dans le langage potique1 on appela dans la suite ,arcadi5s ceux d'entre les va9cus qui avai5t d'abord err dans les =ts1 ,phrygi5s ceux qui avai5t err sur m]4 ,note #fi-;,a3 ,tite-,live assure qu' l'poque de ,s]vius ,tullius1 le nom si clbre de ,py?agore n'aurait pu p>v5ir de ,crotone ,rome trav]s tant de nations sp>es p> la div]sit de leurs langues et de leurs moeurs4 7,vico74 ,note #gj3 ,la gographie compr5ant la nom5clature et la *orographie ou description des lieux1 pr9cipalem5t des cits1 il n\s re/e la considr] s\s ce d\ble aspect p\r a*ev] ce que n\s avions dire de la sagesse potique4 ,n\s avons rem>qu plus haut que les cits hroques fur5t fondes p> la ,provid5ce dans des lieux d'une =te position1 dsigns p> les ,lat9s1 dans la langue sacre de leur ge div91 p> le nom d',ara1 ou bi5 d',arces 7de l1 au moy5 ge1 l'itali5 roc*e1 et ensuite ca/ella p\r seigneuries74 ,ce nom d',ara dut s't5dre t\t le pays dp5dant de *aque cit hroque1 lequel s'appelait aussi ,ag]1 lorsqu'on le considrait s\s le rapport des limites communes avec les cits trangres1 et t]ritorium s\s le rapport de la juridiction de la cit sur les citoy5s4 ,il y a sur ce sujet un passage rem>quable de ,tacite2 c'e/ celui o il dcrit l',ara maxima d',h]cule ,rome3 ,igitur =o bo>io1 ubi o5eum bovis simulacrum adspicimus1 quia id g5us animalium aratro subditur1 sulcus design&i oppidi captus1 ut magnam ,h]culis aram complect]etur1 ara ,h]culis erat4 ,joignez-y le passage curieux o ,sallu/e p>le de la fameuse ,ara des frres ,philnes1 qui s]vait de limites l'empire c>?ag9ois et la ,cyrnaque4 ,t\te l'anci5ne gographie e/ ple9e de semblables ar2 et p\r comm5c] p> l',asie1 ,cell>ius obs]ve que t\tes les cits de la ,syrie pr5ai5t le nom d',are1 avant ou aprs leurs noms p>ticuli]s2 ce qui faisait donn] la ,syrie elle-mme celui d',aramea ou ,aramia4 ,dans la ,grce1 ,?se fonda la cit d',a?nes en rigeant le fameux autel des malheureux4 ,sans d\te il compr5ait avec raison s\s cette dnom9ation les vagabonds sans lois et sans culte qui1 p\r *app] aux rixes cont9uelles de l'tat be/ial1 *]*ai5t un asile dans les lieux =ts occups p> les premires socits1 faibles qu'ils tai5t p> leur isolem5t1 et manquant de t\s les bi5s que la civilisation assurait dj aux hommes runis p> la religion4 ,les ,grecs pr5ai5t encore ,grec3 ara dans le s5s de voeu1 action de dv\]1 p>ce que les premires victimes saturni ho/i1 les premi]s ,grec3 ana?mata1 diris devoti1 fur5t immols sur les premires ,ar1 dans le s5s o n\s pr5ons ce mot4 ,ces premires victimes fur5t les hommes encore sauvages qui osr5t p\rsuivre sur les t]res lab\res p> les =ts1 les faibles qui s'y rfugiai5t 7camp>e en itali51 du lat9 campus1 p\r se sauv]74 ,ils y tai5t consacrs ,ve/a et immols4 ,les ,lat9s en ont cons]v supplicium1 dans les deux s5s de supplice et de sacrifice4 ,en cela la langue grecque rpond la langue lat9e3 ,grec3 ara1 voeu1 action de dv\] veut dire aussi noxa1 la p]sonne ou la *ose c\pable1 et de plus dir1 les ,furies4 ,les premi]s c\pables qu'on dv\a1 prim nox1 tai5t consacrs aux ,furies1 et ensuite sacrifis sur les premires ar dont n\s avons p>l4 ,le mot h>a dut signifi] *ez les anci5s ,lat9s1 non pas le lieu o l'on lve les tr\peaux1 mais la victime1 d'o v9t c]ta9em5t h>uspex1 celui qui tire les prsages de l'exam5 des entrailles des victimes immoles devant les autels4 ,d'aprs ce que n\s avons vu relativem5t l',ara maxima d',h]cule1 c'e/ sur une ara semblable celle de ,?se que ,romulus dut fond] ,rome1 en ouvrant un asile dans un bois4 ,jamais les ,lat9s ne p>l5t d'un bois sacr1 lucus1 sans faire m5tion d'un autel1 ara1 lev dans ce bois quelque div9it4 ,aussi lorsque ,tite-,live n\s dit en gnral que les asiles fur5t le moy5 employ d'ord9aire p> les anci5s fondateurs des villes1 vetus urbes cond5tium consilium1 il n\s indique la raison p\r laquelle on tr\ve dans l'anci5ne gographie tant de cits avec le nom d',ar4 ,n\s avons p>l de l',asie et de l',afrique1 mais il en e/ de mme en ,europe1 p>ticulirem5t en ,grce1 en ,italie1 et ma9t5ant encore en ,espagne4 ,tacite m5tionne en ,g]manie l',ara ,ubiorum4 ,de nos j\rs on donne ce nom en ,transilvanie plusieurs cits4 ,c'e/ aussi de ce mot ,ara1 prononc et ent5du d'une manire si uni=me p> tant de nations sp>es p> les temps1 les lieux et les usages1 que les ,lat9s dur5t tir] le mot aratrum1 *>rue1 dont la c\rbure se disait urbs 7le s5s le plus ord9aire de ce mot e/ celui de ville72 du mme mot v9r5t enf9 arx1 =t]esse1 arceo1 rep\ss] 7ag] arcif9ius1 *ez les auteurs qui ont crit sur les limites des *amps71 et arma1 arcus1 armes1 arc2 c'tait une ide bi5 sage de faire a9si consi/] le c\rage arrt] et rep\ss] l'inju/ice4 ,grec3 ,ars1 ,m>s v9t sans d\te de la df5se des ar4 7,vico74 ,,conclusion ,,de ,,ce ,,livre4 ,n\s avons dmontr que la ,,sagesse ,,po,,tique mrite deux magnifiques loges1 dont l'un lui a t con/amm5t attribu4 ,i4 ,c'e/ elle qui fonda l'humanit *ez les ,g5tils1 gloire que la vanit des nations et des savans a v\lu lui assur]1 et lui aurait plutt enleve4 ,,ii4 ,l'autre gloire lui a t attribue jusqu' n\s p> une tradition vulgaire2 c'e/ que la sagesse antique1 p> une mme inspiration1 r5dait ses sages galem5t gr&s comme philosophes1 comme lgislateurs et capita9es1 comme hi/ori5s1 orateurs et potes4 ,voil p\rquoi elle a t tant regrette2 cep5dant1 dans la ralit1 elle ne fit que les bau*]1 tels que n\s les avons tr\vs dans les fables2 ces g]mes fconds n\s ont laiss voir dans l'imp]fection de sa =me primitive la sci5ce de rflexion1 la sci5ce de re*]*es1 ouvrage t>dif de la philosophie4 ,on peut dire en effet que dans les fables1 l'in/9ct de l'humanit avait m>qu d'avance les pr9cipes de la sci5ce mod]ne1 que les mditations des savans ont depuis claire p> des raisonnem5s1 et rsume dans des maximes4 ,n\s p\vons conclure p> le pr9cipe dont la dmon/ration tait l'objet de ce livre3 ,les potes ?ologi5s fur5t le s5s1 les philosophes fur5t l'intellig5ce de la sagesse huma9e4 ,,livre ,,troisi,,me4 ,d,,c\v]te ,,du ,v,,ritable ,,hom,,re4 ,,argum5t4 ,ce livre n'e/ qu'un app5dice du prcd5t4 ,c'e/ une application de la m?ode qu'on y a suivie1 au plus anci5 auteur du paganisme1 celui qu'on a reg>d comme le fondateur de la civilisation grecque1 et p> suite de celle de l',europe4 ,l'auteur entrepr5d de pr\v]3 #a qu',homre n'a pas t philosophe2 #b qu'il a vcu p5dant plus de quatre sicles2 #c que t\tes les villes de la ,grce ont eu raison de le rev5diqu] p\r citoy52 #d qu'il a t1 p> consqu5t1 non pas un individu1 mais un tre collectif1 un symbole du peuple grec racontant sa propre hi/oire dans des *ants nationaux4 ,*apitre ,i4 ,,de ,,la ,,sagesse ,,philosophique ,,que ,l',,on ,,attribue ,,hom,,re4 ,la =ce et l'orig9alit avec lesquelles il a pe9t des moeurs b>b>es1 pr\v5t qu'il p>tageait les passions de ses hros4 ,un philosophe n'aurait pu1 ni v\lu pe9dre si navem5t de telles moeurs4 ,*apitre ,,ii4 ,,de ,,la ,,patrie ,d',,hom,,re4 ,vico conjecture que l'auteur ou les auteurs de l',odysse eur5t p\r patrie les contres occid5tales de la ,grce2 ceux de l',iliade1 l',asie-,m9eure4 ,*aque ville grecque rev5diqua ,homre p\r citoy51 p>ce qu'elle reconnaissait quelque *ose de son dialecte vulgaire dans l',iliade ou l',odysse4 ,*apitre ,,iii4 ,,du ,,temps ,o ,v,,cut ,,hom,,re4 ,un gr& nombre de passages indiqu5t des poques de civilisation trs div]ses1 et port5t croire que les deux pomes ont t travaills p> plusieurs ma9s1 et cont9us p5dant plusieurs ges4 ,*apitre ,,iv4 ,,p\rquoi ,,le ,g,,nie ,d',,hom,,re ,,dans ,,la ,,po,,sie ,h,,ro,,que ,,ne ,,peut ,,jamais ,,tre ,,gal4 ,c'e/ que les c>actres des hros qu'il a pe9ts ne se rapport5t pas des tres individuels1 mais sont plutt des symboles populaires de *aque c>actre moral4 ,obs]vations sur la comdie et la tragdie4 ,*apitres ,v et ,,vi4 ,,obs]vations ,,philosophiques ,,et ,,philologiques1 qui doiv5t s]vir la dc\v]te du vritable ,homre4 ,la plup>t des obs]vations philosophiques r5tr5t dans ce qui a t dit au second livre1 sur l'orig9e de la posie4 ,*apitre ,,vii4 4 ,i4 ,d,,c\v]te ,,du ,v,,ritable ,,hom,,re4--4 ,,ii4 ,t\t ce qui tait absurde et invraisemblable dans l',homre que l'on s'e/ figur jusqu'ici1 devi5t dans notre ,homre conv5ance et ncessit4--4 ,,iii4 ,on doit tr\v] dans les pomes d',homre les deux pr9cipales s\rces des faits relatifs au droit naturel des g5s1 considr *ez les ,grecs4 ,app5dice4 ,,hi/oire ,,raisonn,e ,,des ,,po,,tes ,,dramatiques ,,et ,,lyriques4 ,trois ges dans la posie lyrique1 comme dans la tragdie4 ,,livre ,,troisi,,me4 ,d,,c\v]te ,,du ,v,,ritable ,,hom,,re4 ,avoir dmontr1 comme n\s l'avons fait dans le livre prcd5t1 que la sagesse potique fut la sagesse vulgaire des peuples grecs1 d'abord potes ?ologi5s1 et ensuite hroques1 c'e/ avoir pr\v d'une manire implicite la mme vrit relativem5t la sagesse d',homre4 ,mais ,platon prt5d au contraire qu',homre possda la sagesse rfl*ie 7ripo/a7 des ges civiliss2 et il a t suivi dans cette op9ion p> t\s les philosophes1 spcialem5t p> ,plut>que1 qui a consacr ce sujet un livre t\t enti]4 ,ce prjug e/ trop pr(ondm5t enrac9 dans les esprits1 p\r qu'il ne soit pas ncessaire d'exam9] p>ticulirem5t si ,homre a jamais t philosophe4 ,long9 avait *]* rs\dre ce problme dans un ouvrage dont fait m5tion ,diogne ,larce dans la vie de ,pyrrhon4 ,,*apitre ,i4 ,,de ,,la ,,sagesse ,,philosophique ,,que ,l',,on ,a ,,attribu,e ,,hom,,re4 ,n\s accord]ons1 d'abord1 comme il e/ ju/e1 qu',homre a d suivre les s5tim5s vulgaires1 et p> consqu5t les moeurs vulgaires de ses contempora9s encore b>b>es2 de tels s5tim5s1 de telles moeurs f\rniss5t la posie les sujets qui lui sont propres4 ,passons-lui donc d'avoir prs5t la =ce comme la mesure de la gr&eur des dieux2 laissons ,jupit] dmontr]1 p> la =ce avec laquelle il enlv]ait la gr&e *ane de la fable1 qu'il e/ le roi des dieux et des hommes2 laissons ,diomde1 second p> ,m9]ve1 bless] ,vnus et ,m>s2 la *ose n'a ri5 d'invraisemblable dans un p>eil sy/me2 laissons ,m9]ve1 dans le combat des dieux1 dp\ill] ,vnus et frapp] ,m>s d'un c\p de pi]re1 ce qui peut faire jug] si elle tait la desse de la philosophie dans la croyance vulgaire2 passons encore au pote de n\s avoir rappel fidlem5t l'usage d'empoisonn] les fl*es#ga1 comme le fait le hros de l',odysse1 qui va exprs ,ephyre p\r y tr\v] des h]bes vnneuses2 l'usage enf9 de ne po9t ensevelir les ennemis tus dans les combats1 mais de les laiss] p\r tre la pture des *i5s et des vaut\rs4 ,note #ga3 ,usage b>b>e dont les nations se s]ai5t con/amm5t ab/5ues si l'on en croyait les auteurs qui ont crit sur le droit des g5s1 et qui p\rtant tait alors pratiqu p> ces ,grecs auxquels on attribue la gloire d'avoir rp&u la civilisation dans le monde4 7,vico74 ,cep5dant1 la f9 de la posie tant d'ad\cir la frocit du vulgaire1 de l'esprit duquel les potes dispos5t en matres1 il n'tait po9t d'un homme sage d'inspir] au vulgaire de l'admiration p\r des s5tim5s et des c\tumes si b>b>es1 et de le confirm] dans les uns et dans les autres p> le plaisir qu'il pr5drait les voir si bi5 pe9ts4 ,il n'tait po9t d'un homme sage d'amus] le peuple grossi]1 de la grossiret des hros et des dieux4 ,m>s1 en combattant ,m9]ve1 l'appelle ,grec3 kunomua 7musca can9a72 ,m9]ve donne un c\p de po+ ,diane2 ,a*ille et ,agamemnon1 le premi] des hros et le roi des rois1 se donn5t l'pi?te de *i51 et se trait5t comme le f]ai5t pe9e des valets de comdie4 ,comm5t appel] autrem5t que sottise la prt5due sagesse du gnral en *ef ,agamemnon1 qui a beso9 d'tre =c p> ,a*ille re/itu] ,*rysis au prtre d',apollon1 son pre1 t&is que le dieu1 p\r v5g] ,*rysis1 ravage l'arme des ,grecs p> une pe/e cruelle8 ,ensuite le roi des rois1 se reg>dant comme outrag1 croit rtablir son honneur en dployant une ju/ice digne de la sagesse qu'il a montre4 ,il enlve ,brisis ,a*ille1 sans d\te af9 que ce hros1 qui portait avec lui le de/9 de ,troie1 s'loigne avec ses gu]ri]s et ses vaisseaux1 et qu',hector gorge le re/e des ,grecs que la pe/e a pu p>gn]4444 ,voil p\rtant le pote qu'on a jusqu'ici reg>d comme le fondateur de la civilisation des ,grecs1 comme l'auteur de la politesse de leurs moeurs4 ,c'e/ du rcit que n\s v5ons de faire qu'il dduit t\te l',iliade2 ses pr9cipaux acteurs sont un tel capita9e1 un tel hros6 ,voil le pote incomp>able dans la conception des c>actres potiques6 ,sans d\te il mrite cet loge1 mais dans un autre s5s1 comme on le v]ra dans ce livre4 ,ses c>actres les plus sublimes *oqu5t en t\t les ides d'un ge civilis1 mais ils sont ple9s de conv5ance1 si on les rapporte la nature hroque des hommes passionns et irritables qu'il a v\lu pe9dre4 ,si ,homre e/ un sage1 un philosophe1 que dire de la passion de ses hros p\r le v98 ,sont-ils affligs1 leur consolation c'e/ de s'enivr]1 comme fait p>ticulirem5t le sage ,ulysse4 ,scalig] s'indigne de voir t\tes ces comp>aisons tires des objets les plus sauvages1 de la nature la plus f>\*e4 ,admettons cep5dant qu',homre a t =c de les *oisir a9si p\r se faire mieux ent5dre du vulgaire1 alors si f>\*e et si sauvage2 cep5dant le bonheur mme de ces comp>aisons1 leur mrite incomp>able1 n'indique pas c]ta9em5t un esprit ad\ci et humanis p> la philosophie4 ,celui en qui les leons des philosophes aurai5t dvelopp les s5tim5s de l'humanit et de la piti n'aurait pas eu non plus ce /yle si fi] et d'un effet si t]rible avec lequel il dcrit dans t\te la v>it de leurs accid5s1 les plus sanglans combats1 avec lequel il div]sifie de c5t manires biz>res les tableaux de meurtre qui font la sublimit de l',iliade4 ,la con/ance d'me que donne et assure l'tude de la sagesse philosophique p\vait-elle lui p]mettre de suppos] tant de lgret1 tant de mobilit dans les dieux et les hros2 de montr] les uns1 sur le mo9dre motif1 passant du plus gr& tr\ble un calme subit2 les autres1 dans l'accs de la plus viol5te colre1 se rappelant un s\v5ir t\*ant1 et fondant en l>mes#gb2 d'autres au contraire1 navrs de d\leur1 oubliant t\t--c\p leurs maux1 et s'ab&onnant la joie1 la premire di/raction agrable1 comme le sage ,ulysse au banquet d',alc9os2 d'autres enf91 d'abord calmes et tranquilles1 s'irritant d'une p>ole dite sans int5tion de leur dplaire1 et s'emportant au po9t de m5ac] de la mort celui qui l'a prononce4 ,a9si ,a*ille reoit dans sa t5te l'in=tun ,priam1 qui e/ v5u seul p5dant la nuit trav]s le camp des ,grecs1 p\r ra*et] le cadavre d',hector2 il l'admet sa table1 et p\r un mot que lui arra*e le regret d'avoir p]du un si digne fils1 ,a*ille oublie les sa9tes lois de l'hospitalit1 les droits d'une confiance gnreuse1 le respect d l'ge et au malheur2 et dans le transport d'une fureur aveugle1 il m5ace le vieill>d de lui arra*] la vie4 ,le mme ,a*ille refuse1 dans son ob/9ation impie1 d'oubli] en faveur de sa patrie l'injure d',agamemnon1 et ne sec\rt enf9 les ,grecs massacrs indignem5t p> ,hector1 que p\r v5g] le ress5tim5t p>ticuli] que lui inspire contre ,pris la mort de ,patrocle4 ,jusque dans le tombeau1 il se s\vi5t de l'enlvem5t de ,brisis2 il faut que la belle et malheureuse ,polixne soit immole sur son tombeau1 et apaise p> l'effusion du sang innoc5t ses c5dres altres de v5geance4 ,note #gb3 ,au moy5 ge1 dont l',homre toscan 7,dante7 n'a *ant que des faits rels1 n\s voyons que ,ri5zi1 exposant aux ,roma9s l'oppression dans laquelle ils tai5t t5us p> les nobles1 fut int]rompu p> ses sanglots et p> ceux de t\s les assi/ans4 ,la vie de ,ri5zi p> un auteur contempora9 n\s reprs5te au naturel les moeurs hroques de la ,grce1 telles qu'elles sont pe9tes dans ,homre4 7,vico74 ,voy4 dans la note du disc\rs le jugem5t sur ,dante4 ,je n'ai pas beso9 de dire qu'on ne peut gure compr5dre comm5t un esprit grave1 un philosophe habitu comb9] ses ides d'une manire raisonnable1 se s]ait occup imag9] ces contes de vieilles1 bons p\r amus] les enfans1 et dont ,homre a rempli l',odysse4 ,ces moeurs sauvages et grossires1 fires et f>\*es1 ces c>actres draisonnables et draisonnablem5t ob/9s1 quoique s\v5t d'une mobilit et d'une lgret puriles1 ne p\vai5t app>t5ir1 comme n\s l'avons dmontr 7,,livre ,,ii1 ,corollaires de la nature hroque71 qu' des hommes faibles d'esprit comme des enfans1 d\s d'une imag9ation vive comme celle des femmes1 emports dans leurs passions comme les jeunes g5s les plus viol5s4 ,il faut donc refus] ,homre t\te sagesse philosophique4 ,voil l'orig9e des d\tes qui n\s =c5t de re*]*] quel fut le ,v,,ritable ,,hom,,re4 ,,*apitre ,,ii4 ,,de ,,la ,,patrie ,d',,hom,,re4 ,presque t\tes les cits de la ,grce se disputr5t la gloire d'avoir donn le j\r ,homre4 ,plusieurs auteurs ont mme *]* sa patrie dans l',italie1 et ,lon ,allacci 7de ,patri ,hom]i7 s'e/ donn une pe9e inutile p\r la dt]m9]4 ,s'il e/ vrai qu'il n'exi/e po9t d'criva9 plus anci5 qu',homre1 comme ,josephe le s\ti5t contre ,appion le grammairi51 si les criva9s que n\s p\rrions consult] ne sont v5us que long-temps aprs lui1 il faut bi5 que n\s employions notre critique mtaphysique tr\v] dans ,homre lui-mme et son sicle et sa patrie1 en le considrant mo9s comme auteur de livre1 que comme auteur ou fondateur de nation2 et en effet1 il a t considr comme le fondateur de la civilisation grecque4 ,l'auteur de l',odysse naquit sans d\te dans les p>ties occid5tales de la ,grce1 en tirant v]s le midi4 ,un passage prcieux ju/ifie cette conjecture3 ,alc9os1 roi de l'le des ,phaci5s1 ma9t5ant ,corf\1 (fre ,ulysse un vaisseau bi5 quip1 p\r le ram5] dans son pays1 et lui fait rem>qu] que ses sujets1 exp]ts dans la m>9e1 s]ai5t en tat1 s'il le fallait1 de le conduire jusqu'en ,eube2 c'tait1 au rapport de ceux que le has>d y avait conduits1 la contre la plus lo9ta9e1 la ,?ul du monde grec 7ultima ,?ul74 ,l',homre de l',odysse qui avait une telle ide de l',eube1 ne fut pas sans d\te le mme que celui de l',iliade1 c> l',eube n'e/ pas trs loigne de ,troie et de l',asie-,m9eure1 o naquit sans d\te le d]ni]4 ,on lit dans ,snque1 que c'tait une "q clbre que dbattai5t les grammairi5s grecs1 de savoir si l',iliade et l',odysse tai5t du mme auteur4 ,si les villes grecques se disputr5t l'honneur d'avoir produit ,homre1 c'e/ que *acune reconnaissait dans l',iliade et l',odysse ses mots1 ses phrases et son dialecte vulgaires4 ,cette obs]vation n\s s]vira dc\vrir le ,v,,ritable ,,hom,,re4 ,,*apitre ,,iii4 ,,du ,,temps ,o ,v,,cut ,,hom,,re4 ,l'ge d',homre n\s e/ indiqu p> les rem>ques suivantes1 tires de ses pomes3--#a4 ,aux funrailles de ,patrocle1 ,a*ille donne t\s les jeux que la ,grce civilise clbrait ,olympie4--#b4 ,l'art de fondre des bas reliefs et de grav] les mtaux tait dj inv5t1 comme le pr\ve1 entre autres exemples1 le b\cli] d',a*ille4 ,la pe9ture n'tait pas encore tr\ve1 ce qui s'explique naturellem5t3 l'art du fondeur ab/rait les sup]ficies1 mais il en cons]ve une p>tie p> le relief2 l'art du graveur ou ciseleur en fait autant dans un s5s oppos2 mais la pe9ture ab/rait les sup]ficies d'une manire absolue2 c'e/1 dans les arts du dess91 le d]ni] ef=t de l'inv5tion4 ,aussi1 ni ,homre ni ,mose ne font m5tion d'aucune pe9ture2 preuve de leur antiquit6--#c4 ,les dlicieux j>d9s d',alc9os1 la magnific5ce de son palais1 la somptuosit de sa table1 pr\v5t que les ,grecs admirai5t dj le luxe et le fa/e4--#d4 ,les ,phnici5s portai5t dj sur les ctes de la ,grce l'ivoire1 la p\rpre et cet enc5s d',arabie dont la grotte de ,vnus exhale le p>fum2 en outre1 du l9 ou byssus le plus f91 de ri*es vtem5s4 ,p>mi les prs5s (f]ts ,pnlope p> ses amans1 n\s rem>quons un voile ou manteau dont l'+nieux travail f]ait honneur au luxe re*]* des temps mod]nes#gc4--e4 ,le *> sur lequel ,priam va tr\v] ,a*ille e/ de bois de cdre2 l'antre de ,calypso en exhala l'agrable odeur4 ,cette dlicatesse de bon gt fut ignore des ,roma9s aux poques o les ,nron et les ,hliogabale aimai5t anantir les *oses les plus prcieuses1 comme p> une sorte de fureur4--#f4 ,descriptions des ba9s voluptueux de ,circ4--#g4 ,les jeunes esclaves des amans de ,pnlope1 avec leur beaut1 leurs grces et leurs blondes *evelures1 n\s sont reprs5ts tels que les re*]*e la dlicatesse mod]ne4-#h4 ,les hommes soign5t leur *evelure comme les femmes2 ,hector et ,diomde en font un repro*e ,pris4--#i4 ,homre n\s montre t\j\rs ses hros se n\rrissant de *air rtie1 n\rriture la plus simple de t\tes1 celle qui dem&e le mo9s d'apprt1 puisqu'il suffit de braises p\r la prp>]#gd4 ,les vi&es b\illies ne dur5t v5ir qu'ensuite1 c> elles exig5t1 outre le feu1 de l'eau1 un *audron et un trpi$2 ,virgile n\rrit ses hros de vi&es b\illies1 et leur en fait aussi rtir avec des bro*es4 ,enf9 v9r5t les alim5s assaisonns4--,homre n\s prs5te comme l'alim5t le plus dlicat des hros1 la f>9e mle de fromage et de miel2 mais il tire de la p*e deux de ses comp>aisons2 et lorsqu',ulysse1 r5trant dans son palais s\s les habits de l'indig5ce1 dem&e l'aumne l'un des amans de ,pnlope1 il lui dit que les dieux donn5t aux rois hospitali]s et bi5faisans des m]s abondantes en poissons qui font les dlices des fe/9s4--#aj4 ,les hros contract5t m>iage avec des trangres2 les bt>ds succd5t au trne2 obs]vation importante qui pr\v]ait qu',homre a p>u l'poque o le droit hroque tombait en dsutude dans la ,grce1 p\r faire place la lib]t populaire4 ,note #gc3 4 4 4 4 4 4 ,grec3 megan p]ikallea peplon poikilon en d'ar' esan p]onai duo kaide*a pasai *ruseiai1 klis9 eugnamptois ar>oiai4 ,od4 ,grec3 ,sigma4 ,note #gd3 ,l'usage en re/a dans les sacrifices1 et les ,roma9s appelr5t t\j\rs prosficia les *airs des victimes rties sur les autels que l'on p>tageait entre les convives2 dans la suite les victimes1 comme les vi&es pr(anes1 fur5t rties avec des bro*es4 ,lorsqu',a*ille reoit ,priam sa table1 il ouvre l'agneau1 et ensuite ,patrocle le rtit1 prp>e la table1 et s]t le pa9 dans des corbeilles2 les hros ne clbrai5t po9t de banquets qui ne fuss5t des sacrifices1 o ils tai5t eux-mmes les prtres4 ,les ,lat9s en cons]vr5t epul1 banquets somptueux1 le plus s\v5t donns p> les gr&s2 epulum1 repas donn au peuple p> la rpublique2 epulones1 prtres qui pr5ai5t "p au repas sacr4 ,agamemnon tue lui-mme les deux agneaux dont le sang doit consacr] le trait fait avec ,priam2 tant on atta*ait alors une ide magnifique une action qui n\s semble ma9t5ant celle d'un b\*]6 7,vico74 ,en runissant t\tes ces obs]vations1 recueillies p\r la plup>t dans l',odysse1 ouvrage de la vieillesse d',homre au s5tim5t de ,long91 n\s p>tageons l'op9ion de ceux qui plac5t l'ge d',homre long-temps aprs la gu]re de ,troie1 une di/ance de quatre sicles et demi1 et n\s le croyons contempora9 de ,numa4 ,n\s p\rrions mme le rappro*] encore1 c> ,homre p>le de l'gypte1 et l'on dit que ,psammtique1 dont le rgne e/ po/rieur celui de ,numa1 fut le premi] roi d'gypte qui ouvrit cette contre aux ,grecs2 mais une f\le de passages de l',odysse montr5t que la ,grce tait depuis long-temps ouv]te aux m>*&s phnici5s1 dont les ,grecs aimai5t dj les rcits non mo9s que les m>*&ises1 -peu-prs comme l',europe accueille ma9t5ant t\t ce qui vi5t des ,indes4 ,il n'e/ donc po9t contradictoire qu',homre n'ait pas vu l'gypte1 et qu'il raconte tant de *oses de l'gypte et de la ,lybie1 de la ,phnicie et de l',asie en gnral1 de l',italie et de la ,sicile1 d'aprs les rapports que les ,phnici5s en faisai5t aux ,grecs4 ,il n'e/ pas si facile d'accord] cette re*]*e et cette dlicatesse dans la manire de vivre1 que n\s obs]vions t\t--l'heure1 avec les moeurs sauvages et froces qu'il attribue ses hros1 p>ticulirem5t dans l',iliade4 ,dans l'impuissance d'accord] a9si la d\ceur et la frocit1 ne placidis coeant immitia1 on e/ t5t de croire que les deux pomes ont t travaills p> plusieurs ma9s1 et cont9us p5dant plusieurs ges4 ,n\veau pas que n\s faisons dans la re*]*e du ,v,,ritable ,,hom,,re4 ,,*apitre ,,iv4 ,,p\rquoi ,,le ,g,,nie ,d',,hom,,re ,,dans ,,la ,,po,,sie ,h,,ro,,que ,,ne ,,peut ,,jamais ,,tre ,,gal4 ,,obs]vations ,,sur ,,la ,,com,,die ,,et ,,la ,,trag,,die4 ,l'abs5ce de t\te philosophie que n\s avons rem>que dans ,homre1 et nos dc\v]tes sur sa patrie et sur l'ge o il a vcu1 n\s font s\ponn] =tem5t qu'il p\rrait bi5 n'avoir t qu'un homme t\t--fait vulgaire4 l'appui de ce s\pon vi5n5t deux obs]vations4 #a4 ,horace1 dans son ,art potique1 tr\ve qu'il e/ trop difficile d'imag9] de n\veaux c>actres aprs ,homre1 et conseille aux potes tragiques de les emprunt] plutt l',iliade 7,rectis iliacum c>m5 d$ucis 9 actus1 ,qum si4444474 ,il n'en e/ pas de mme p\r la comdie3 les c>actres de la n\velle comdie ,a?nes fur5t t\s imag9s p> les potes du temps1 auxquels une loi df5dait de j\] des p]sonnages rels1 et ils le fur5t avec tant de bonheur1 que les ,lat9s1 avec t\t leur orgueil1 reconnaiss5t la supriorit des ,grecs dans la comdie4 7,qu9tili574 #b4 ,homre1 v5u si long-temps avant les philosophes1 les critiques et les auteurs d',arts potiques1 fut et re/e encore le plus sublime des potes dans le g5re le plus sublime1 dans le g5re hroque2 et la tragdie qui naquit aprs fut t\te grossire dans ses comm5cem5s1 comme p]sonne ne l'ignore4 ,la premire de ces difficults et d suffire p\r excit] les re*]*es des ,scalig]1 des ,patrizio1 des ,ca/elvetro1 et p\r engag] t\s les matres de l'art potique *]*] la raison de cette diffr5ce4444 ,cette raison ne peut se tr\v] que dans l'orig9e de la posie 7v4 le livre prcd5t71 et consquemm5t dans la dc\v]te des c>actres potiques1 qui font t\te l'ess5ce de la posie4 #a4 ,l'anci5ne comdie pr5ait des sujets vritables p\r les mettre sur la scne1 tels qu'ils tai5t2 a9si ce misrable ,ari/ophane j\a ,socrate sur le ?tre1 et prp>a la ru9e du plus v]tueux des ,grecs4 ,la n\velle comdie peignit les moeurs des ges civiliss1 dont les philosophes de l'cole de ,socrate avai5t dj fait l'objet de leurs mditations2 clairs p> les maximes dans lesquelles cette philosophie avait rsum t\te la morale1 ,mn&re et les autres comiques grecs pur5t se =m] des c>actres idaux1 propres frapp] l'att5tion du vulgaire1 si docile aux exemples1 t&is qu'il e/ si incapable de pr(it] des maximes4 #b4 ,la tragdie1 bi5 diffr5te dans son objet1 met sur la scne les ha9es1 les fureurs1 les ress5tim5s1 les v5geances hroques1 t\tes passions des natures sublimes4 ,les s5tim5s1 le langage1 les actions qui leur sont appropris1 ont1 p> leur viol5ce et leur atrocit mme1 quelque *ose de m]veilleux1 et t\tes ces *oses sont au plus haut degr con=mes entre elles1 et uni=mes dans leurs sujets4 ,or1 ces tableaux passionns ne fur5t jamais faits avec plus d'avantage que p> les ,grecs des temps hroques1 la f9 desquels v9t ,homre44444 ,ari/ote dit avec raison dans sa ,potique1 qu',homre e/ un pote unique p\r les fictions4 ,c'e/ que les c>actres potiques dont ,horace admire dans ses ouvrages l'incomp>able vrit1 se rapportr5t ces g5res crs p> l'imag9ation 7g5]i fanta/ici71 dont n\s avons p>l dans la mtaphysique potique4 *acun de ces c>actres les peuples grecs atta*r5t t\tes les ides p>ticulires qu'on p\vait y rapport]1 en considrant *aque c>actre comme un g5re4 ,au c>actre d',a*ille1 dont la pe9ture e/ le pr9cipal sujet de l',iliade1 ils rapportr5t t\tes les qualits propres la v]tu hroque1 les s5tim5s1 les moeurs qui rsult5t de ces qualits1 l'irritabilit1 la colre implacable1 la viol5ce qui s'arroge t\t p> les armes 7,horace74 ,dans le c>actre d',ulysse1 pr9cipal sujet de l',odysse1 ils fir5t entr] t\s les traits di/9ctifs de la sagesse hroque1 la prud5ce1 la pati5ce1 la dissimulation1 la duplicit1 la f\rb]ie1 cette att5tion sauv] l'exactitude du langage1 sans g>d la ralit des actions1 qui fait que ceux qui c\t5t1 se tromp5t eux-mmes4 ,ils attribur5t ces deux c>actres les actions p>ticulires dont la clbrit p\vait assez frapp] l'att5tion d'un peuple encore /upide1 p\r qu'il les ranget dans l'un ou dans l'autre g5re4 ,ces deux c>actres1 ouvrages d'une nation t\t entire1 devai5t ncessairem5t prs5t] dans leur conception une heureuse uni=mit2 c'e/ dans cette uni=mit1 d'accord avec le s5s commun d'une nation entire1 que consi/e t\te la conv5ance1 t\te la grce d'une fable4 ,crs p> de si puissantes imag9ations1 ces c>actres ne p\vai5t tre que sublimes4 ,de l deux lois t]nelles en posie3 d'aprs la premire1 le sublime potique doit t\j\rs avoir quelque *ose de populaire2 en v]tu de la seconde1 les peuples qui se fir5t d'abord eux-mmes les c>actres hroques1 ne peuv5t obs]v] leurs contempora9s civiliss et p> consqu5t si diffr5s1 sans leur transport] les ides qu'ils emprunt5t ces c>actres si r5omms4 ,,*apitre ,v4 ,,obs]vations ,,philosophiques ,,devant ,,s]vir ,,la ,d,,c\v]te ,,du ,v,,ritable ,,hom,,re4 #a4 ,rappelons d'abord cet axiome3 ,les hommes sont ports naturellem5t consacr] le s\v5ir des lois et in/itutions qui font la base des socits auxquelles ils app>ti5n5t4--#b4 ,l'hi/oire naquit d'abord1 ensuite la posie4 ,en effet1 l'hi/oire e/ la simple nonciation du vrai1 dont la posie e/ une imitation exagre4 ,ca/elvetro a ap]u cette vrit1 mais cet +nieux criva9 n'a pas su en pr(it] p\r tr\v] la vritable orig9e de la posie2 c'e/ qu'il fallait comb9] ce pr9cipe avec le suivant3--#c4 ,les potes ayant c]ta9em5t prcd les hi/ori5s vulgaires1 la premire hi/oire dut tre la potique4--#d4 ,les fables fur5t leur orig9e des rcits vritables et d'un c>actre srieux1 et 7,grec3 my?os fable1 a t df9ie p> v]a n>ratio74 ,les fables naquir5t1 p\r la plup>t1 biz>res1 et dev9r5t successivem5t mo9s appropries leurs sujets primitifs1 altres1 invraisemblables1 obscures1 d'un effet *oquant et surpr5ant1 enf9 incroyables2 voil les sept s\rces de la difficult des fables4--#e4 ,n\s avons vu dans le second livre comm5t ,homre reut les fables dj altres et corrompues4--#f4 ,les c>actres potiques1 qui sont l'ess5ce des fables1 naquir5t d'une impuissance naturelle des premi]s hommes1 incapables d'ab/raire du sujet ses =mes et ses proprits2 en consqu5ce1 n\s tr\vons dans ces c>actres une manire de p5s] comm&e p> la nature aux nations entires1 l'poque de leur plus pr(onde b>b>ie4--,c'e/ le propre des b>b>es d'agr&ir et d't5dre t\j\rs les ides p>ticulires4 ,les esprits borns1 dit ,ari/ote dans sa ,morale1 font une maxime1 une rgle gnrale1 de *aque ide p>ticulire4 ,la raison doit en tre que l'esprit huma91 inf9i de sa nature1 tant ress]r dans la grossiret de ses s5s1 ne peut ex]c] ses facults presque div9es qu'en t5dant les ides p>ticulires p> l'imag9ation4 ,c'e/ p\r cela peut-tre que dans les potes grecs et lat9s les images des dieux et des hros app>aiss5t t\j\rs plus gr&es que celles des hommes1 et qu'aux sicles b>b>es du moy5 ge1 n\s voyons dans les tableaux les figures du ,pre1 de ,jsus-,*ri/ et de la ,vi]ge1 d'une gr&eur colossale4--#g4 ,la rflexion1 dt\rne de son usage naturel1 e/ mre du m5songe et de la fiction4 ,les b>b>es en sont dp\rvus2 aussi les premi]s potes hroques des ,lat9s *antr5t des hi/oires vritables1 c'e/--dire les gu]res de ,rome4 ,qu& la b>b>ie de l'antiquit rep>ut au moy5 ge1 les potes lat9s de cette poque1 les ,gunt]ius1 les ,guillaume de ,p\ille1 ne *antr5t que des faits rels4 ,les romanci]s du mme temps s'imag9ai5t crire des hi/oires vritables1 et le ,boi>do1 l',ario/e1 ns dans un sicle clair p> la philosophie1 tirr5t les sujets de leur pome de la *ronique de l'ar*evque ,turp94 ,c'e/ p> l'effet de ce dfaut de rflexion1 qui r5d les b>b>es incapables de fe9dre1 que ,dante1 t\t pr(ond qu'il tait dans la sagesse philosophique1 a reprs5t dans sa ,div9e ,comdie1 des p]sonnages rels et des faits hi/oriques4 ,il a donn son pome le titre de comdie1 dans le s5s de l'anci5ne comdie des ,grecs1 qui pr5ait p\r sujet des p]sonnages rels4 ,dante ressembla s\s ce rapport l',homre de l',iliade1 que ,long9 tr\ve t\te dramatique1 t\te en actions1 t&is que l',odysse e/ t\te en rcits4 ,ptr>que1 avec t\te sa sci5ce1 a p\rtant *ant dans un pome lat9 la seconde gu]re punique2 et dans ses posies itali5nes1 les ,triomphes1 o il pr5d le ton hroque1 ne sont autre *ose qu'un recueil d'hi/oires4--,une preuve frappante que les premires fables fur5t des hi/oires1 c'e/ que la satire attaquait non-seulem5t des p]sonnes relles1 mais les p]sonnes les plus connues2 que la tragdie pr5ait p\r sujets des p]sonnages de l'hi/oire potique2 que l'anci5ne comdie j\ait sur la scne des hommes clbres encore vivans4 ,enf9 la n\velle comdie1 ne l'poque o les ,grecs tai5t le plus capables de rflexion1 cra des p]sonnages t\t d'inv5tion2 de mme1 dans l',italie mod]ne1 la n\velle comdie ne rep>ut qu'au comm5cem5t de ce qu9zime sicle1 dj si clair4 ,jamais les ,grecs et les ,lat9s ne prir5t un p]sonnage imag9aire p\r sujet pr9cipal d'une tragdie4 ,le public mod]ne1 d'accord en cela avec l'anci51 veut que les opras dont les sujets sont tragiques1 soi5t hi/oriques p\r le fond2 et s'il supporte les sujets d'inv5tion dans la comdie1 c'e/ que ce sont des av5tures p>ticulires qu'il e/ t\t simple qu'on ignore1 et que p\r cette raison l'on croit vritables4--#h4 ,d'aprs cette explication des c>actres potiques1 les allgories potiques qui y sont ratta*es1 ne doiv5t avoir qu'un s5s relatif l'hi/oire des premi]s temps de la ,grce4--#i4 ,de telles hi/oires dur5t se cons]v] naturellem5t dans la mmoire des peuples1 en v]tu du premi] pr9cipe obs]v au comm5cem5t de ce *apitre4 ,ces premi]s hommes1 qu'on peut considr] comme reprs5tant l'enfance de l'humanit1 dur5t possd] un degr m]veilleux la facult de la mmoire1 et sans d\te il en fut a9si p> une volont expresse de la ,provid5ce2 c>1 au temps d',homre1 et quelque temps encore aprs lui1 l'criture vulgaire n'avait pas encore t tr\ve 7,josephe contre ,appion74 ,dans ce travail de l'esprit1 les peuples1 qui cette poque tai5t p\r a9si dire t\t corps sans rflexion1 fur5t t\t s5tim5t p\r s5tir les p>ticul>its1 t\te imag9ation p\r les saisir et les agr&ir1 t\te inv5tion p\r les rapport] aux g5res que l'imag9ation avait crs 7g5]i fanta/ici71 enf9 t\te mmoire p\r les ret5ir4 ,ces facults app>ti5n5t sans d\te l'esprit1 mais tir5t du corps leur orig9e et leur vigueur4 ,*ez les ,lat9s1 mmoire e/ synonyme d'imag9ation 7memorabile1 imag9able1 dans ,tr5ce72 ils dis5t comm9isci p\r fe9dre1 imag9]2 comm5tum p\r une fiction1 et en itali5 fantasia se pr5d de mme p\r +egno4 ,la mmoire rappelle les objets1 l'imag9ation en imite et en altre la =me relle1 le gnie ou facult d'inv5t] leur donne un t\r n\veau1 et en =me des assemblages1 des compositions n\velles4 ,aussi les potes ?ologi5s ont-ils appel la mmoire la mre des ,muses4--#aj4 ,les potes fur5t donc sans d\te les premi]s hi/ori5s des nations4 ,ceux qui ont *]* l'orig9e de la posie1 depuis ,ari/ote et ,platon1 aurai5t pu rem>qu] sans pe9e que t\tes les hi/oires des nations paennes ont des comm5cem5s fabuleux4--#aa4 ,il e/ impossible d'tre -la-fois et au mme degr pote et mtaphysici5 sublimes4 ,c'e/ ce que pr\ve t\t exam5 de la nature de la posie4 ,la mtaphysique dta*e l'me des s5s2 la facult potique l'y plonge p\r a9si dire et l'y ensevelit2 la mtaphysique s'lve aux gnralits1 la facult potique desc5d aux p>ticul>its4--#ab4 ,en posie1 l'art e/ inutile sans la nature3 la potique1 la critique1 peuv5t faire des esprits cultivs1 mais non pas leur donn] de la gr&eur2 la dlicatesse e/ un tal5t p\r les petites *oses1 et la gr&eur d'esprit les ddaigne naturellem5t4 ,le torr5t imptueux peut-il r\l] une eau limpide8 ne faut-il pas qu'il entrane dans son c\rs des arbres et des ro*]s8 ,excusons donc les *oses basses et grossires qui se tr\v5t dans ,homre4--#ac4 ,malgr ces dfauts1 ,homre n'en e/ pas mo9s le pre1 le pr9ce de t\s les potes sublimes4 ,ari/ote tr\ve qu'il e/ impossible d'gal] les m5songes potiques d',homre2 ,horace dit que ses c>actres sont inimitables2 deux loges qui ont le mme s5s4--,il semble s'lev] jusqu'au ciel p> le sublime de la p5se2 n\s avons expliqu dj ce mrite d',homre1 ,,livre ,,ii1 page #bbe4 ,joignez ces rflexions celles que n\s avons faites un peu plus haut 7pages #beb-beg71 et qui pr\v5t -la-fois combi5 il e/ pote1 et combi5 peu il e/ philosophe4--#ad4 ,les inconv5ances1 les biz>r]ies qu'on p\rrait lui repro*]1 fur5t l'effet naturel de l'impuissance1 de la pauvret de la langue qui se =mait alors4 ,le langage se composait encore d'images1 de comp>aisons1 faute de g5res et d'espces qui puss5t df9ir les *oses avec proprit2 ce langage tait le produit naturel d'une ncessit1 commune des nations entires4--,c'tait encore une ncessit que les premires nations p>lass5t en v]s hroques 7,,livre ,,ii1 page #aeh74--ae4 ,de telles fables1 de telles p5ses et de telles moeurs1 un tel langage et de tels v]s s'appelr5t galem5t hroques1 fur5t communs des peuples enti]s1 et p> consqu5t aux individus dont se composai5t ces peuples4 ,,*apitre ,,vi4 ,,obs]vations ,,philologiques1 ,,qui ,,s]viront ,,la ,d,,c\v]te ,,de ,v,,ritable ,,hom,,re4 #a4 ,n\s avons dj dit plus haut que t\tes les anci5nes hi/oires pr(anes comm5c5t p> des fables2 que les peuples b>b>es1 sans communication avec le re/e du monde1 comme les anci5s ,g]ma9s et les ,amrica9s1 cons]vai5t en v]s l'hi/oire de leurs premi]s temps2 que l'hi/oire roma9e p>ticulirem5t fut d'abord crite p> des potes1 et qu'au moy5 ge celle de l',italie le fut aussi p> des potes lat9s4--#b4 ,man?on1 gr& pontife d'gypte1 avait donn l'hi/oire des premi]s ges de sa nation1 crite en hiroglyphes1 l'int]prtation d'une sublime ?ologie naturelle2 les philosophes grecs donnr5t une explication philosophique aux fables qui cont5ai5t l'hi/oire des ges les plus anci5s de la ,grce4 ,n\s avons1 dans le livre prcd5t1 t5u une m>*e t\t--fait contraire3 n\s avons t aux fables leurs s5s my/ique ou philosophique p\r leur r5dre leur vritable s5s hi/orique4--#c4 ,dans l',odysse1 on veut l\] quelqu'un d'avoir bi5 racont une hi/oire1 et l'on dit qu'il l'a raconte comme un *anteur ou un musici54 ,ces *anteurs n'tai5t sans d\te autres que les rapsodes1 ces hommes du peuple qui savai5t *acun p> coeur quelque morceau d',homre1 et cons]vai5t a9si dans leur mmoire ses pomes1 qui n'tai5t po9t encore crits4 7,voy4 ,josephe contre ,appion47 ,ils allai5t isolm5t de ville en ville en *antant les v]s d',homre dans les ftes et dans les foires4--#d4 ,d'aprs l'tymologie1 les rapsodes 7de ,grec3 rhapte91 c\dre1 ,grec3 das1 des *ants71 ne faisai5t que c\dre1 arrang] les *ants qu'ils avai5t recueillis1 sans d\te dans le peuple mme4 ,le mot ,homre prs5te dans son tymologie un s5s analogue1 ,grec3 hom\1 ensemble1 ,grec3 eire91 li]4 ,grec3 homros signifie rpondant1 p>ce que le rpondant lie ensemble le cranci] et le dbiteur4 ,cette tymologie1 applique l',homre que l'on a conu jusqu'ici1 e/ aussi loigne et aussi =ce qu'elle e/ conv5able et facile relativem5t notre ,homre1 qui liait1 composait1 c'e/--dire mettait ensemble les fables4--#e4 ,les ,pisi/ratides divisr5t et disposr5t les pomes d',homre en ,iliade et en ,odysse4 ,ceci doit n\s faire ent5dre que ces pomes n'tai5t aup>avant qu'un amas confus de traditions potiques4 ,on peut rem>qu] d'ailleurs combi5 diffre le /yle des deux pomes4--,les mmes ,pisi/ratides ordonnr5t qu' l'av5ir ces pomes s]ai5t *ants p> les rapsodes dans la fte des ,pana?nes 7,cicron1 ,de natur deorum4 ,eli574--#f4 ,mais les ,pisi/ratides fur5t *asss d',a?nes peu de temps avant que les ,t>qu9s le fuss5t de ,rome1 de sorte qu'en plaant ,homre au temps de ,numa1 comme n\s l'avons fait1 les rapsodes cons]vr5t long-temps encore ses pomes dans leur mmoire4 ,cette tradition te t\t crdit la prcd5te1 d'aprs laquelle les pomes d',homre aurai5t t corrigs1 diviss et mis en ordre du temps des ,pisi/ratides4 ,t\t cela et suppos l'criture vulgaire1 et si cette criture et exi/ ds cette poque1 on n'aurait plus eu beso9 de rapsodes p\r ret5ir et p\r *ant] des morceaux de ces pomes4#ge ,note #ge3 ,ri5 n'indique qu',hsiode qui laissa ses ouvrages crits ait t appris p> coeur1 comme ,homre1 p> les rapsodes4 ,les *ronologi/es ont donc pris un so9 puril en le plaant tr5te ans avant ,homre1 t&is qu'il dut v5ir aprs les ,pisi/ratides4 ,on p\rrait cep5dant attaqu] cette op9ion en considrant ,hsiode comme un de ces potes cycliques1 qui *antr5t t\te l'hi/oire fabuleuse des ,grecs1 depuis l'orig9e de leur ?ogonie jusqu'au ret\r d',ulysse ,itaque1 et en les plaant dans la mme classe que les rapsodes homriques4 ,ces potes dont le nom vi5t de ,grec3 kyklos1 c]cle1 ne pur5t tre que des hommes du peuple qui1 les j\rs de ftes1 *antai5t les fables la multitude rassemble en c]cle aut\r d'eux4 ,on les dsigne ord9airem5t eux-mmes p> l'pi?te de ,grec3 kyklioi1 ,grec3 ekyklioi1 et les recueils de leurs ouvrages p> ,grec3 kyklos epikos1 kyklia ep1 poima enkyklikon1 ou simplem5t ,grec3 kyklos4 ,hsiode1 considr comme un pote cyclique1 qui raconte t\tes les fables relatives aux dieux de la ,grce1 aurait prcd ,homre4 ,ce que n\s disions d'abord d',hsiode1 n\s le dirons d',hippocrate4 ,il laissa des ouvrages considrables crits1 non en v]s1 mais en prose1 et p> consqu5t incapables d'tre ret5us p> coeur2 n\s le plac]ons au temps d',hrodote4 7,vico74 ,ce qui a*ve de pr\v] qu',homre e/ antrieur l'usage de l'criture1 c'e/ qu'il ne fait m5tion nulle "p des lettres de l'alphabet4 ,la lettre crite p> ,prtus p\r p]dre ,bellrophon1 le fut1 dit-il1 p> des signes1 ,grec3 smata4--#g4 ,ari/>que corrigea les pomes d',homre1 et p\rtant1 sans p>l] de cette f\le de lic5ces dans la mesure1 on tr\ve encore dans la v>it de ses dialectes1 ce mlange discordant d'expressions htrognes1 qui tai5t sans d\te autant d'idiotismes des div]s peuples de la ,grce4--#h4 ,voyez plus haut ce que n\s avons dit sur la patrie et sur l'ge d',homre4 ,long91 ne p\vant dissimul] la gr&e div]sit de /yle qui se tr\ve dans les deux pomes1 prt5d qu',homre fit l',iliade lorsqu'il tait jeune encore1 et qu'il composa l',odysse dans sa vieillesse4 ,sans d\te la colre d',a*ille lui semble un sujet plus conv5able p\r un jeune homme1 les av5tures du prud5t ,ulysse p\r un vieill>d4 ,mais comm5t savoir ces p>ticul>its de l'hi/oire d'un homme1 lorsqu'on en ignore les deux circon/ances les plus importantes1 le temps et le lieu8 ,c'e/ ce qui doit t] t\te confiance la ,vie d',homre qu'a compose ,plut>que1 et celle qu'on attribue s\v5t ,hrodote1 et dans laquelle l'auteur a rempli un volume de tant de dtails m9utieux et de tant de belles av5tures4--#i4 ,la tradition veut qu',homre ait t aveugle1 et qu'il ait tir de l son nom 7c'tait le s5s d',grec3 ,omros dans le dialecte ioni574 ,homre lui-mme n\s reprs5te t\j\rs aveugles les potes qui *ant5t la table des gr&s2 c'e/ un aveugle qui p>at au banquet d',alc9os et celui des amans de ,pnlope4--,les aveugles ont une mmoire tonnante4--,enf91 selon la mme tradition1 ,homre tait pauvre1 et allait dans les m>*s de la ,grce en *antant ses pomes4 ,,*apitre ,,vii4 4 ,i4 ,d,,c\v]te ,,du ,v,,ritable ,,hom,,re4 ,ces obs]vations philosophiques et philologiques n\s port5t croire qu'il en e/ d',homre comme de la gu]re de ,troie1 qui f\rnit l'hi/oire une fameuse poque *ronologique1 et dont cep5dant les plus sages critiques rvoqu5t en d\te la ralit4 ,c]ta9em5t1 s'il ne re/ait pas plus de traces d',homre que de la gu]re de ,troie1 n\s ne p\rrions y voir1 aprs tant de difficults1 qu'un tre idal1 et non pas un homme4 ,mais ces deux pomes qui n\s sont p>v5us1 n\s =c5t de n'admettre cette op9ion qu' demi1 et de dire qu',homre a t l'idal ou le c>actre hroque du peuple de la ,grce racontant sa propre hi/oire dans des *ants nationaux4 4 ,,ii4 ,t\t ce qui tait absurde et invraisemblable dans l',homre que l'on s'e/ figur jusqu'ici1 devi5t dans notre ,homre conv5ance et ncessit4 --#a4 ,d'abord l'inc]titude de la patrie d',homre n\s oblige de dire que si les peuples de la ,grce se disputr5t l'honneur de lui avoir donn le j\r1 et le rev5diqur5t t\s p\r concitoy51 c'e/ qu'ils tai5t eux-mmes ,homre4--,s'il y a une telle div]sit d'op9ion sur l'poque o il a vcu1 c'e/ qu'il vcut en effet dans la b\*e et dans la mmoire des mmes peuples1 depuis la gu]re de ,troie jusqu'au temps de ,numa1 ce qui fait quatre c5t soixante ans4--#b4 ,la ccit1 la pauvret d',homre fur5t celles des rapsodes1 qui1 tant aveugles 7d'o leur v5ait le nom d',grec3 homroi71 avai5t une plus =te mmoire4 ,c'tai5t de pauvres g5s qui gagnai5t leur vie *ant] p> les villes les pomes homriques1 dont ils tai5t auteurs1 en ce s5s qu'ils faisai5t p>tie des peuples qui y avai5t consign leur hi/oire4--#c4 ,de cette manire1 ,homre composa l',iliade dans sa jeunesse1 c'e/--dire dans celle de la ,grce4 ,elle se tr\vait alors t\t ard5te de passions sublimes1 d'orgueil1 de colre et de v5geance4 ,ces s5tim5s sont ennemis de la dissimulation1 et n'exclu5t po9t la gnrosit2 elle devait admir] ,a*ille1 le hros de la =ce4 ,homre dj vieux composa l',odysse1 lorsque les passions des ,grecs comm5ai5t tre refroidies p> la rflexion1 mre de la prud5ce4 ,la ,grce devait alors admir] ,ulysse1 le hros de la sagesse4 ,au temps de la jeunesse d',homre1 la fi]t d',agamemnon1 l'insol5ce et la b>b>ie d',a*ille plaisai5t aux peuples de la ,grce4 ,lors de sa vieillesse1 ils aimai5t dj le luxe d',alc9os1 les dlices de ,calypso1 les volupts de ,circ1 les *ants des ,sirnes et les amusem5s des amans de ,pnlope4 ,comm5t en effet rapport] au mme ge des moeurs absolum5t opposes8 ,cette difficult a tellem5t frapp ,platon1 que1 ne sa*ant comm5t la rs\dre1 il prt5d que dans les div9s transports de l'en?\siasme potique1 ,homre put voir dans l'av5ir ces moeurs effm9es et dissolues4 ,mais n'e/-ce pas attribu] le comble de l'imprud5ce celui qu'il n\s prs5te comme le fondateur de la civilisation grecque8 ,pe9dre d'avance de telles moeurs1 t\t en les condamnant1 n'e/-ce pas enseign] les imit]8 ,conv5ons plutt que l'auteur de l',iliade dut prcd] de long-temps celui de l',odysse2 que le premi]1 orig9aire du nord-e/ de la ,grce1 *anta la gu]re de ,troie qui avait eu lieu dans son pays2 et que l'autre1 n du ct de l',ori5t et du ,midi1 clbre ,ulysse qui rgnait dans ces contres4--#d4 ,le c>actre individuel d',homre1 disp>aissant a9si dans la f\le des peuples grecs1 il se tr\ve ju/ifi de t\s les repro*es que lui ont faits les critiques1 et p>ticulirem5t de la bassesse des p5ses1 de la grossiret des moeurs1 de ses comp>aisons sauvages1 des idiotismes1 des lic5ces de v]sification1 de la v>it des dialectes qu'il emploie2 enf9 d'avoir lev les hommes la gr&eur des dieux1 et fait desc5dre les dieux au c>actre d'hommes4 ,long9 n'ose df5dre de telles fables qu'en les expliquant p> des allgories philosophiques2 c'e/ dire assez que1 prises dans leur premi] s5s1 elles ne peuv5t assur] ,homre la gloire d'avoir fond la civilisation grecque4--,t\tes ces imp]fections de la posie homrique que l'on a tant critiques rpond5t autant de c>actres des peuples grecs eux-mmes4--#e4 ,n\s assurons ,homre le privilge d'avoir eu seul la puissance d'inv5t] les m5songes potiques 7,ari/ote71 les c>actres hroques 7,horace72 le privilge d'une incomp>able loqu5ce dans ses comp>aisons sauvages1 dans ses affreux tableaux de morts et de batailles1 dans ses pe9tures sublimes des passions1 enf9 le mrite du /yle le plus brillant et le plus pittoresque4 ,t\tes ces qualits app>t5ai5t l'ge hroque de la ,grce4 ,c'e/ le gnie de cet ge qui fit d',homre un pote incomp>able4 ,dans un temps o la mmoire et l'imag9ation tai5t ple9es de =ce1 o la puissance d'inv5tion tait si gr&e1 il ne p\vait tre philosophe4 ,aussi ni la philosophie1 ni la potique ou la critique1 qui v9r5t plus t>d1 n'ont pu jamais faire un pote qui appro*t seulem5t d',homre4--#f4 ,grces notre dc\v]te1 ,homre e/ assur dsormais des trois titres immortels qui lui ont t donns1 d'avoir t le fondateur de la civilisation grecque1 le pre de t\s les autres potes1 et la s\rce des div]ses philosophies de la ,grce4 ,aucun de ces trois titres ne conv5ait ,homre1 tel qu'on se l'tait figur jusqu'ici4 ,il ne p\vait tre reg>d comme le fondateur de la civilisation grecque1 puisque1 ds l'poque de ,deucalion et ,pyrrha1 elle avait t fonde avec l'in/itution des m>iages1 a9si que n\s l'avons dmontr en traitant de la sagesse potique qui fut le pr9cipe de cette civilisation4 ,il ne p\vait tre reg>d comme le pre des potes1 puisqu'avant lui avai5t fleuri les potes ?ologi5s1 tels qu',orphe1 ,amphion1 ,l9us et ,muse2 les *ronologi/es y joign5t ,hsiode en le plaant tr5te ans avant ,homre4 ,il fut mme devanc p> plusieurs potes hroques1 au rapport de ,cicron 7,brutus72 ,eusbe les nomme dans sa prp>ation vanglique2 ce sont ,philamon1 ,?miride1 ,dmodocus1 pimnide1 ,ari/e1 etc4--,enf91 on ne p\vait voir en lui la s\rce des div]ses philosophies de la ,grce1 puisque n\s avons dmontr dans le second ,livre que les philosophes ne tr\vr5t po9t leurs doctr9es dans les fables homriques1 mais qu'ils les y ratta*r5t4 ,la sagesse potique avec ses fables f\rnit seulem5t aux philosophes l'occasion de mdit] les plus hautes vrits de la mtaphysique et de la morale1 et leur donna en outre la facilit de les expliqu]4 4 ,,iii4 ,on doit tr\v] dans les pomes d',homre les deux pr9cipales s\rces des faits relatifs au droit naturel des g5s1 considr *ez les ,grecs4 ,aux loges que n\s v5ons de donn] ,homre1 aj\tons celui d'avoir t le plus anci5 hi/ori5 du paganisme1 qui n\s soit p>v5u4 ,ses pomes sont comme deux gr&s trsors o se tr\v5t cons]ves les moeurs des premi]s ges de la ,grce4 ,mais le de/9 des pomes d',homre a t le mme que celui des lois des d\ze tables4 ,on a rapport ces lois au lgislateur d',a?nes1 d'o elles s]ai5t passes ,rome1 et l'on n'y a po9t vu l'hi/oire du droit naturel des peuples hroques du ,latium2 on a cru que les pomes d',homre tai5t la cration du r>e gnie d'un individu1 et l'on n'y a pu dc\vrir l'hi/oire du droit naturel des peuples hroques de la ,grce4 ,,app5dice4 ,hi/oire raisonne des potes dramatiques et lyriques4 ,n\s avons dj montr qu'antrieurem5t ,homre il y avait eu trois ges de potes3 celui des potes ?ologi5s1 dans les *ants desquels les fables tai5t encore des hi/oires vritables et d'un c>actre svre2 celui des potes hroques1 qui altrr5t et corrompir5t ces fables2 enf9 l'ge d',homre1 qui les reut altres et corrompues4 ,ma9t5ant la mme critique mtaphysique peut1 en n\s montrant la c\rs d'ides que suivir5t les anci5s peuples1 jet] un j\r t\t n\veau sur l'hi/oire des potes dramatiques et lyriques4 ,cette hi/oire a t traite p> les philologues avec bi5 de l'obscurit et de la confusion4 ,ils plac5t p>mi les lyriques ,amphion de ,m?ymne1 pote trs anci5 des temps hroques4 ,ils dis5t qu'il tr\va le dityrambe1 et aussi le *oeur2 qu'il introduisit des satyres qui *antai5t des v]s2 que le dityrambe tait un *oeur qui dansait en rond1 en *antant des v]s en l'honneur de ,bac*us4 les ent5dre1 le temps des potes lyriques vit aussi fleurir des potes tragiques di/+us1 et ,diogne ,larce assure que la premire tragdie fut reprs5te p> le *oeur seulem5t4 ,ils dis5t encore qu',es*yle fut le premi] pote tragique1 et ,pausanias raconte qu'il reut de ,bac*us l'ordre d'crire des tragdies2 d'un autre ct1 ,horace qui dans son art potique comm5ce trait] de la tragdie en p>lant de la satyre1 en attribue l'inv5tion ,!spis1 qui au temps des v5danges fit j\] la premire satire sur des tomb]eaux4 ,aprs s]ait v5u ,sophocle1 que ,palmon a proclam l',homre des tragiques2 enf9 la c>rire et t f]me p> ,euripide qu',ari/ote appelle le tragique p> excell5ce1 ,grec3 tragiktatos4 ,ils plac5t dans le mme ge ,ari/ophane1 premi] auteur de la vieille comdie1 dont les nues p]dir5t le v]tueux ,socrate4 ,cet abus ouvrit la r\te de la n\velle comdie que ,mn&re suivit plus t>d4 ,p\r rs\dre ces difficults1 il faut reconnatre qu'il y eut deux sortes de potes tragiques1 et autant de lyriques4 ,les anci5s lyriques fur5t sans d\te les auteurs des hymnes en l'honneur des dieux1 analogues ceux que l'on attribue ,homre1 et crits aussi en v]s hroques4 ,*ez les ,lat9s les premi]s potes fur5t les auteurs des v]s sali5s1 sorte d'hymnes *ants dans les ftes des dieux p> les prtres sali5s4 ,ce d]ni] mot vi5t peut tre de salire1 salt>e dans]1 de mme que *ez les ,grecs le premi] *oeur avait t une danse en rond4 ,t\t ceci s'accorde avec nos pr9cipes3 les hommes des premi]s sicles qui tai5t ess5tiellem5t religieux1 ne p\vai5t l\] que les dieux4 ,au moy5 ge1 les prtres qui seuls alors tai5t lettrs1 ne composr5t d'autres posies que des hymnes4 ,lorsque l'ge hroque succda l'ge div91 on n'admira1 on ne clbra que les exploits des hros4 ,alors p>ur5t les potes lyriques semblables l',a*ille de l',iliade1 lorsqu'il *ante sur sa lyre les l\anges des hros gui ne sont plus#gf4 ,les n\veaux lyriques fur5t ceux qu'on appelait melici1 ceux qui crivir5t ce g5re de v]s que n\s appelons arie p] musica2 le pr9ce de ces lyriques e/ ,p9d>e4 ,ce g5re de v]s dut v5ir aprs l'iambique1 qui lui-mme1 a9si que n\s l'avons vu1 succda l'hroque4 ,p9d>e v9t au temps o la v]tu grecque clatait dans les pompes des jeux olympiques au milieu d'un peuple admirateur2 l *antai5t les potes lyriques4 ,de mme ,horace p>ut l'poque de la plus haute spl5deur de ,rome2 et *ez les ,itali5s ce g5re de posie n'a t connu qu' l'poque o les moeurs se sont ad\cies et amollies4 ,note #gf3 ,amphion dut app>t5ir cette classe4 ,il fut en outre l'inv5teur du di?yrambe1 premire bau*e de la tragdie crite en v]s hroques 7n\s avons dmontr que ce v]s fut le premi] *ez les ,grecs74 ,a9si le di?yrambe d',amphion aurait t la premire satire2 on vi5t de voir que c'e/ en p>lant de la satire qu',horace comm5ce trait] de la tragdie4 7,vico74 ,quant aux tragiques et aux comiques1 on peut trac] a9si la r\te qu'ils suivir5t4 ,!spis et ,amphion1 dans deux p>ties diffr5tes de la ,grce1 inv5tr5t p5dant la saison des v5danges#gg la satire1 ou tragdie antique j\e p> des satyres4 ,dans cet ge de grossiret1 le premi] dguisem5t consi/a se c\vrir de peaux de *vres#gh les jambes et les cuisses1 se r\gir de lie de v9 le visage et la poitr9e1 et s'arm] le front de cornes#gi4 ,la tragdie dut comm5c] p> un *oeur de satyres2 et la satire cons]va p\r c>actre orig9aire la lic5ce des injures et des insultes1 villanie1 p>ce que les villageois grossirem5t dguiss se t5ai5t sur les tomb]eaux qui portai5t la v5dange1 et avai5t la lib]t de dire de l t\te sorte d'injures aux honntes g5s1 comme le font encore auj\rd'hui les v5dangeurs de la ,campanie appele prov]bialem5t le sj\r de ,bac*us4 ,le mot satyre signifiai5t orig9airem5t en lat91 mets composs de div]s alim5s 7,fe/us74#hj ,dans la satire dramatique1 on voyait p>atre1 selon ,horace1 div]s g5res de p]sonnages1 hros et dieux1 rois et artisans1 enf9 esclaves4 ,la satire1 telle qu'elle re/a *ez les ,roma9s1 ne traitait po9t de sujets div]s4 ,note #gg3 ,il peut tre vrai en ce s5s que ,bac*us1 dieu de la v5dange1 ait comm& ,es*yle de compos] des tragdies4 7,vico74 ,note #gh3 ,aussi a-t-on lieu de conjectur] que la tragdie a tir son nom de ce g5re de dguisem5t1 plutt que du b\c ,grec3 ,tragos1 qu'on donnait en prix au va9queur4 7,vico74 ,note #gi3 ,c'e/ de l peut-tre que *ez n\s les v5dangeurs sont encore appels vulgairem5t cornuti4 7,vico74 ,note #hj3 ,lex p] satyram signifiait une loi qui compr5ait des matires div]ses4 7,vico74 ,grces au gnie d',es*yle1 la tragdie antique fit place la tragdie moy5ne1 et les *oeurs de satyre aux *oeurs d'hommes4 ,la tragdie moy5ne dut tre l'orig9e de la vieille comdie1 dans laquelle les gr&s p]sonnages tai5t traduits sur la scne2 et voil p\rquoi le *oeur s'y plaait naturellem5t4 ,ensuite v9t ,sophocle et aprs lui ,euripide qui n\s laissr5t la tragdie n\velle1 dans le mme temps o la vieille comdie f9issait avec ,ari/ophane4 ,mn&re fut le pre de la comdie n\velle1 dont les p]sonnages sont de simples p>ticuli]s1 et en mme temps imag9aires2 c'e/ prcism5t p>ce qu'ils sont pris dans une condition prive1 qu'ils p\vai5t pass] p\r rels sans l'tre en effet4 ,ds-lors on ne devait plus plac] le *oeur dans la comdie2 le *oeur e/ un public qui raisonne1 et qui ne raisonne que de *oses publiques4 ,,livre ,,quatri,,me4 ,,du ,,c\rs ,,que ,,suit ,l',,hi/oire ,,des ,,nations4 ,,argum5t4 ,l'auteur rcapitule ce qu'il a dit au second ,livre1 en aj\tant quelques dveloppem5s4 ,dans ses re*]*es philosophiques sur la sagesse potique1 on a vu ses op9ions sur l'ge des dieux et sur celui des hros4 ,il les prs5te ici s\s une =me t\te hi/orique1 il aj\te l'indication gnrale des c>actres de l'ge des hommes1 et trace a9si une esquisse complte de l'hi/oire idale indique dans les axiomes4 ,*apitre ,i4 ,,introduction4 ,,trois ,,sortes ,,de ,,natures1 ,,de ,,moeurs1 ,,de ,,droits ,,naturels1 ,,de ,,g\v]nem5s4--4 ,i4 ,introduction4--4 ,,ii4 ,nature div9e1 potique ou cratrice1 hroque1 huma9e et intellig5te4--4 ,,iii4 ,moeurs religieuses1 viol5tes1 rgles p> le devoir4--4 ,,iv4 ,droits div91 hroque1 huma94--4 ,v4 ,g\v]nem5s ?ocratique1 ari/ocratique1 dmocratique ou mon>*ique4 ,*apitre ,,ii4 ,,trois ,,esp,,ces ,,de ,,langues ,,et ,,de ,,c>act,,res4--,langues et c>actres hiroglyphiques1 symboliques et emblmatiques1 vulgaires4 ,*apitre ,,iii4 ,,trois ,,esp,,ces ,,du ,,jurisprud5ce1 ,d',,autorit1 ,,de ,,raison4--,corollaires relatifs la politique et au droit des ,roma9s4--4 ,i4 ,jurisprud5ce div9e1 qui se confondait avec la div9ation2 jurisprud5ce hroque ou ari/ocratique1 atta*e rig\reusem5t aux =mules2 jurisprud5ce huma9e1 dont la rgle e/ l'quit naturelle4--4 ,,ii4 ,autorit dans le s5s de proprit2 autorit de tutle2 autorit de conseil4--4 ,,iii4 ,raison div9e1 connue p> les auspices2 raison d'tat2 raison populaire1 d'accord avec l'quit naturelle4--4 ,,iv4 ,corollaire relatif la sagesse politique des anci5s ,roma9s4--4 ,v4 ,corollaire relatif l'hi/oire fondam5tale du droit roma94 ,*apitre ,,iv4 ,,trois ,,esp,,ces ,,de ,,jugem5s4--4 ,i4 ,jugem5s div9s et duels4 ,ce droit imp>fait fut ncessaire au repos des nations4 ,il en e/ de mme des jugem5s hroques1 rig\reusem5t con=mes aux =mules consacres4 ,jugem5s huma9s1 ou discrtionnaires4--4 ,,ii4 ,trois priodes dans l'hi/oire des moeurs et de la jurisprud5ce 7sect temporum74 ,*apitre ,v4 ,,autres ,,preuves tires des c>actres propres aux ari/ocraties hroques4--4 ,i4 ,de la g>de et cons]vation des limites4--4 ,,ii4 ,de la cons]vation et di/9ction des ordres politiques4 ,jal\sie avec laquelle les ari/ocraties primitives prohibai5t les m>iages entre les nobles et les plbi5s4 ,on a mal ent5du les connubia patrum que dem&ait le peuple roma94 ,p\rquoi les emp]eurs roma9s favorisr5t la confusion des ordres4--4 ,,iii4 ,de la g>de des lois4 ,elle e/ plus ou mo9s svre selon la =me du g\v]nem5t4 ,l'atta*em5t des ,roma9s leur anci5ne lgislation fut une des pr9cipales causes de leur gr&eur4 ,*apitre ,,vi4--4 ,i4 ,,autres ,,preuves tires de la manire dont *aque tat n\veau de la socit se comb9e avec le g\v]nem5t de l'tat prcd5t4 ,la dmocratie cons]ve quelque *ose de l'tat ari/ocratique qui a prcd1 etc4--4 ,,ii4 ,c'e/ une loi naturelle que les nations t]m95t leur c>rire politique p> la mon>*ie4--4 ,,iii4 ,rfutation de ,bod91 qui veut que les g\v]nem5s ai5t t d'abord mon>*iques1 en d]ni] lieu ari/ocratiques4 ,*apitre ,,vii4--4 ,i4 ,,d]ni,,res ,,preuves4--4 ,,ii4 ,corollaire3 que l'anci5 droit roma9 son premi] ge fut un pome srieux1 et l'anci5ne jurisprud5ce une posie svre1 dans laquelle on tr\ve la premire bau*e de la mtaphysique lgale4 ,les =mules antiques tai5t des espces de drames4 ,les jurisconsultes ont rem>qu l'indivisibilit des droits1 mais non pas leur t]nit4 ,note4 ,comm5t *ez les ,grecs la philosophie sortit de la lgislation4 ,,livre ,,quatri,,me4 ,,du ,,c\rs ,,que ,,suit ,l',,hi/oire ,,des ,,nations4 ,,*apitre ,i4 ,,introduction4 ,,trois ,,sortes ,,de ,,natures1 ,,de ,,moeurs1 ,,de ,,droits ,,naturels1 ,,de ,,g\v]nem5s4 4 ,i4 ,introduction4 ,n\s avons au livre premi] tabli les pr9cipes de la ,sci5ce n\velle2 au livre second1 n\s avons re*]* et dc\v]t dans la sagesse potique l'orig9e de t\tes les *oses div9es et huma9es que n\s prs5te l'hi/oire du paganisme2 au troisime1 n\s avons tr\v que les pomes d',homre tai5t p\r l'hi/oire de la ,grce1 comme les lois des d\ze tables p\r celle du ,latium1 un trsor de faits relatifs au droit naturel des g5s4 ,ma9t5ant1 clairs sur tant de po9ts p> la philosophie et p> la philologie1 n\s allons dans ce quatrime livre esquiss] l'hi/oire idale indique dans les axiomes1 et expos] la m>*e que suiv5t t]nellem5t les nations4 ,n\s les montr]ons1 malgr la v>it inf9ie de leurs moeurs1 t\rn] sans en sortir jamais dans ce c]cle des ,,trois ,,ges1 div91 hroque et huma94 ,dans cet ordre immuable1 qui n\s (fre un troit en*anem5t de causes et d'effets1 n\s di/+u]ons trois sortes de natures desquelles driv5t trois sortes de moeurs2 de ces moeurs elles-mmes dc\l5t trois espces de droits naturels qui donn5t lieu autant de g\v]nem5s4 ,p\r que les hommes dj entrs dans la socit puss5t se communiqu] les moeurs1 droits et g\v]nem5s dont n\s v5ons de p>l]1 il se =ma trois sortes de langues et de c>actres4 ,aux trois ges rpondir5t encore trois espces de jurisprud5ces appuyes d'autant d'autorits et de raisons div]ses1 donnant lieu autant d'espces de jugem5s1 et suivies dans trois priodes 7sect temporum74 ,ces trois units d'espces avec beauc\p d'autres qui en sont une suite1 se rassembl5t elles-mmes dans une unit gnrale1 celle de la religion honorant une ,provid5ce2 c'e/ l l'unit d'esprit qui donne la =me et la vie au monde social4 ,n\s avons dj trait sp>m5t de t\tes ces *oses dans plusieurs endroits de cet ouvrage2 n\s montr]ons ici l'ordre qu'elles suiv5t dans le c\rs des affaires huma9es4 4 ,,ii4 ,trois espces de natures4 ,matrise p> les illusions de l'imag9ation1 facult d'autant plus =te que le raisonnem5t e/ plus faible1 la premire nature fut potique ou cratrice4 ,qu'on n\s p]mette de l'appel] div9e2 elle anima en effet et div9isa les tres matriels selon l'ide qu'elle se =mait des dieux4 ,cette nature fut celle des potes-?ologi5s1 les plus anci5s sages du paganisme1 c> t\tes les socits paennes eur5t *acune p\r base sa croyance en ses dieux p>ticuli]s4 ,du re/e1 la nature des premi]s hommes tait f>\*e et b>b>e2 mais la mme erreur de leur imag9ation leur inspirait une pr(onde t]reur des dieux qu'ils s'tai5t faits eux-mmes1 et la religion comm5ait dompt] leur f>\*e indp5dance4 7,voy4 l'axiome #ca47 ,la seconde nature fut hroque2 les hros se l'attribuai5t eux-mmes1 comme un privilge de leur div9e orig9e4 ,rapportant t\t l'action des dieux1 ils se t5ai5t p\r fils de ,jupit]2 c'e/--dire p\r eng5drs s\s les auspices de ,jupit]1 et ce n'tait pas sans raison1 qu'ils se reg>dai5t comme suprieurs p> cette noblesse naturelle ceux qui p\r *app] aux qu]elles sans cesse r5\veles p> la promiscuit infme de l'tat be/ial se rfugiai5t dans leurs asiles1 et qui1 arrivant sans religion1 sans dieux1 tai5t reg>ds p> les hros comme de vils animaux4 ,le troisime ge fut celui de la nature huma9e intellig5te1 et p> cela mme modre1 bi5veillante et raisonnable2 elle reconnat p\r lois la consci5ce1 la raison1 le devoir4 4 ,,iii4 ,trois sortes de moeurs4 ,les premires moeurs eur5t ce c>actre de pit et de religion que l'on attribue ,deucalion et ,pyrrha1 pe9e *apps aux eaux du dluge4--,les secondes fur5t celles d'hommes irritables et susceptibles sur le po9t d'honneur1 tels qu'on n\s reprs5te ,a*ille4--,les troisimes fur5t rgles p> le devoir2 elles app>ti5n5t l'poque o l'on fait consi/] l'honneur dans l'accomplissem5t des devoirs civils4 4 ,,iv4 ,trois espces de droits naturels4 ,droit div94 ,les hommes voyant en t\tes *oses les dieux ou l'action des dieux1 se reg>dai5t1 eux et t\t ce qui leur app>t5ait1 comme dp5dant immdiatem5t de la div9it4 ,droit hroque1 ou droit de la =ce1 mais de la =ce matrise d'avance p> la religion qui seule peut la cont5ir dans le devoir1 lorsque les lois huma9es n'exi/5t pas encore1 ou sont impuissantes p\r la rprim]4 ,la ,provid5ce v\lut que les premi]s peuples naturellem5t fi]s et froces tr\vass5t dans leur croyance religieuse un motif de se s\mettre la =ce1 et qu'incapables encore de raison1 ils jugeass5t du droit p> le succs1 de la raison p> la =tune2 c'tait p\r prvoir les vnem5s que la =tune amn]ait qu'ils employai5t la div9ation4 ,ce droit de la =ce e/ le droit d',a*ille1 qui place t\te raison la po9te de son glaive4 ,en troisime lieu v9t le droit huma91 dict p> la raison huma9e entirem5t dveloppe4 4 ,v4 ,trois espces de g\v]nem5s4 ,g\v]nem5s div9s1 ou ?ocraties4 ,s\s ces g\v]nem5s1 les hommes croyai5t que t\te *ose tait comm&e p> les dieux4 ,ce fut l'ge des oracles1 la plus anci5ne in/itution que l'hi/oire n\s fasse connatre4 ,g\v]nem5s hroques ou ari/ocratiques4 ,le mot ari/ocrates rpond en lat9 optimates1 pris p\r les plus =ts 7ops1 puissance72 il rpond en grec ,hraclides1 c'e/--dire1 issus d'une race d',h]cule p\r dire une race noble4 ,ces ,hraclides fur5t rp&us dans t\te l'anci5ne ,grce1 et il en re/a t\j\rs ,sp>te4 ,il en e/ de mme des curtes que les ,grecs retr\vr5t dans l'anci5ne ,italie ou ,saturnie1 dans la ,crte et dans l',asie4 ,ces curtes fur5t ,rome les quirites1 ou citoy5s inve/is du c>actre sac]dotal1 du droit de port] les armes1 et de vot] aux assembles publiques4 ,g\v]nem5s huma9s1 dans lesquels l'galit de la nature intellig5te1 c>actre propre de l'humanit se retr\ve dans l'galit civile et politique4 ,alors t\s les citoy5s naiss5t libres1 soit qu'ils j\iss5t d'un g\v]nem5t populaire dans lequel la totalit ou la majorit des citoy5s con/itue la =ce lgitime de la cit1 soit qu'un mon>que place t\s ses sujets s\s le niveau des mmes lois1 et qu'ayant seul en ma9 la =ce militaire1 il s'lve au-dessus des citoy5s p> une di/9ction purem5t civile4 ,,*apitre ,,ii4 ,,trois ,,esp,,ces ,,de ,,langues ,,et ,,de ,,c>act,,res4 4 ,i4 ,trois espces de langues4 ,langue div9e m5tale1 dont les signes sont des crmonies sacres1 des actes muets de religion4 ,le droit roma9 en cons]va ses acta legitima1 qui accompagnai5t t\tes les transactions civiles4 ,une telle langue convi5t aux religions p\r la raison que n\s avons dj dite1 c'e/ qu'elles ont plus beso9 d'tre rvres que raisonnes4 ,cette langue fut ncessaire aux premi]s ges1 o les hommes ne p\vai5t encore articul]4 ,la seconde langue fut celle des signes hroques2 c'e/ le langage des armes1 p\r a9si p>l]2 et il e/ re/ celui de la discipl9e militaire4 ,la troisime e/ le langage articul1 que p>l5t auj\rd'hui t\tes les nations4 4 ,,ii4 ,trois espces de c>actres4 ,c>actres div9s1 proprem5t hiroglyphes4 ,n\s avons pr\v qu' leur premi] ge1 t\tes les nations se s]vir5t de tels c>actres4 ,jupit] on rapporta t\t ce qui reg>dait les auspices2 ,junon t\t ce qui tait relatif aux m>iages4 ,en effet c'e/ une proprit inne de l'me huma9e d'aim] l'uni=mit2 lorsqu'elle e/ encore incapable de tr\v] p> l'ab/raction des expressions gnrales1 elle y supple p> l'imag9ation2 elle *oisit c]ta9es images1 c]ta9s modles1 auxquels elle rapporte t\tes les espces p>ticulires qui app>ti5n5t *aque g5re2 ce sont p\r emprunt] le langage de l'cole1 des univ]saux potiques4 ,c>actres hroques1 analogues aux prcd5s4 ,c'tai5t encore des univ]saux potiques qui s]vai5t dsign] les div]ses espces d'objets qui occupai5t l'esprit des hros2 ils attribuai5t ,a*ille t\s les exploits des gu]ri]s vaillans1 ,ulysse t\s les conseils des sages4#ha ,note #ha3 ,lorsque l'esprit huma9 s'habitua ab/raire les =mes et les proprits des sujets1 ces univ]saux potiques1 ces g5res crs p> l'imag9ation 7g5]i fanta/ici71 fir5t place ceux que la raison cra 7g5]i intelligibili71 c'e/ alors que v9r5t les philosophes2 et plus t>d encore1 les auteurs de la n\velle comdie1 dont l'poque e/ p\r la ,grce celle de la plus haute civilisation1 prir5t des philosophes l'ide de ces d]ni]s g5res et les p]sonnifir5t dans leurs comdies4 7,vico74 ,les c>actres vulgaires p>ur5t avec les langues vulgaires4 ,les langues vulgaires se compos5t de p>oles qui sont comme des g5res relativem5t aux expressions p>ticulires dont se composai5t les langues hroques#hb4 ,les lettres remplacr5t aussi les hiroglyphes d'une manire plus simple et plus gnrale2 c5t v+t mille c>actres hiroglyphiques1 que les ,*9ois emploi5t encore auj\rd'hui1 on sub/itua les lettres si peu nombreuses de l'alphabet4 ,note #hb3 ,a9si comme n\s l'avons dit plus haut1 la phrase hroque1 le sang me b\t dans le coeur1 fut rsume dans la langue vulgaire p> ce mot ab/rait et gnral1 je suis en colre4 7,vico74 ,ces langues1 ces lettres peuv5t tre appeles vulgaires1 puisque le vulgaire a sur elles une sorte de s\v]a9et4 ,le p\voir absolu du peuple sur les langues s't5d s\s un rapport la lgislation3 le peuple donne aux lois le s5s qui lui plat1 et il faut1 bon gr malgr1 que les puissans en vi5n5t obs]v] les lois dans le s5s qu'y atta*e le peuple4 ,les mon>ques ne peuv5t t] aux peuples cette s\v]a9et sur les langues2 mais elle e/ utile leur puissance mme4 ,les gr&s sont obligs d'obs]v] les lois p> lesquelles les rois fond5t la mon>*ie1 dans le s5s ord9airem5t favorable l'autorit royale que le peuple donne ces lois4 ,c'e/ une des raisons qui montr5t que la dmocratie prcde ncessairem5t la mon>*ie4#hc ,note #hc3 ,voyez dans ,tacite comm5t la mon>*ie s'tablit ,rome la faveur des titres rpublica9s que priv5t les emp]eurs1 et auxquels le peuple donna peu--peu un n\veau s5s4 7,note du ,trad47 ,,*apitre ,,iii4 ,,trois ,,esp,,ces ,,de ,,jurisprud5ces1 ,d',,autorit,s1 ,,de ,,raisons2 ,,corollaires ,,relatifs ,,la ,,politique ,,et ,,au ,,droit ,,des ,,roma9s4 4 ,i4 ,trois espces de jurisprud5ces ou sagesses4 ,sagesse div9e appele ?ologie my/ique1 mots qui dans leur s5s tymologique veul5t dire1 sci5ce du langage div91 connaissance des my/res de la div9ation4 ,cette sci5ce de la div9ation tait la sagesse vulgaire de laquelle tai5t sages les potes ?ologi5s1 premi]s sages du paganisme2 de cette ?ologie my/ique1 ils s'appelai5t eux-mmes my/1 et ,horace traduit ce mot d'une manire heureuse p> int]prtes des dieux4444 ,cette sagesse ou jurisprud5ce plaait la ju/ice dans l'accomplissem5t des crmonies sol5nelles de la religion2 c'e/ de l que les ,roma9s cons]vr5t ce respect sup]/itieux p\r les acta legitima2 *ez eux les noces1 le te/am5t tai5t dits ju/a lorsque les crmonies requises avai5t t accomplies4 ,la jurisprud5ce hroque eut p\r c>actre de s'ent\r] de g>antie p> l'emploi de p>oles prcises4 ,c'e/ la sagesse d',ulysse qui dans ,homre approprie si bi5 son langage au b qu'il se propose1 qu'il ne manque po9t de l'atte9dre4 ,la rputation des jurisconsultes roma9s tait fonde sur leur cav]e2 rpondre sur le droit1 ce n'tait p\r eux autre *ose que prcautionn] les consultans1 et les prp>] circon/anci] devant les tribunaux le cas conte/ de manire que les =mules d'action s'y rapportass5t de po9t en po9t1 et que le prteur ne pt refus] de les appliqu]4 ,il en fut des docteurs du moy5 ge comme des jurisconsultes roma9s4 ,la jurisprud5ce huma9e ne considre dans les faits que leur con=mit avec la ju/ice et la vrit2 sa bi5veillance plie les lois t\t ce que dem&e l'intrt gal des causes4 ,cette jurisprud5ce e/ obs]ve s\s les g\v]nem5s huma9s1 c'e/--dire1 dans les tats populaires1 et surt\t dans la mon>*ie4 ,la jurisprud5ce div9e et l'hroque propres aux ges de b>b>ie1 s'atta*5t au c]ta92 la jurisprud5ce huma9e qui c>actrise les ges civiliss1 ne se rgle que sur le vrai4 ,t\t ceci dc\le de la df9ition du c]ta9 et du vrai que n\s avons donne4 7axiomes #i et #aj74 4 ,,ii4 ,trois espces d'autorits4 ,la premire e/ div9e2 elle ne comporte po9t d'explications2 comm5t dem&] la ,provid5ce compte de ses dcrets8 ,la deuxime1 l'autorit hroque1 app>ti5t t\t entire aux =mules sol5nelles des lois4 ,la troisime e/ l'autorit huma9e1 laquelle n'e/ autre que le crdit des p]sonnes exprim5tes1 des hommes rem>quables p> une haute sagesse dans la spculation ou p> une prud5ce s+ulire dans la pratique4 ces trois autorits civiles rpond5t trois autorits politiques4 ,au premi] ge1 autorit et proprit fur5t synonymes4 ,c'e/ dans ce s5s que la loi des d\ze tables pr5d t\j\rs le mot autorit2 auteur signifie t\j\rs en t]me de droit celui de qui on ti5t un doma9e4 ,cette autorit tait div9e1 p>ce qu'alors la proprit comme t\t le re/e tait rapporte aux dieux4 ,cette autorit qui app>ti5t aux pres dans l'tat de famille1 app>ti5t aux snats s\v]a9s dans les ari/ocraties hroques4 ,le snat autorisait ce qui avait t dlibr dans les assembles du peuple4 ,depuis la loi de ,publilius ,philo qui assura au peuple roma9 la lib]t et la s\v]a9et1 le snat n'eut plus qu'une autorit de tutle1 analogue ce droit des tuteurs1 d'autoris] en affaires lgales le pupille matre de ses bi5s4 ,le snat assi/ait le peuple de sa prs5ce dans les assembles lgislatives1 de peur qu'il ne rsultt quelque dommage public de son peu de lumires4 ,enf9 l'tat populaire faisant place la mon>*ie1 l'autorit de tutle fut aussi remplace p> l'autorit de conseil1 p> celle que donne la rputation de sagesse2 c'e/ dans ce s5s que les jurisconsultes de l'empire s'appelr5t autores1 auteurs de conseils4 ,telle aussi doit tre l'autorit d'un snat s\s un mon>que1 lequel a ple9e lib]t de suivre ou de rejet] ce qui a t conseill p> le snat4 4 ,,iii4 ,trois espces de raisons4 ,la premire e/ la raison div9e1 dont ,dieu seul a le secret1 et dont les hommes ne sav5t que ce qui en a t rvl aux ,hbreux et aux ,*rti5s1 soit au moy5 d'un langage intrieur adress l'intellig5ce p> celui qui e/ lui-mme t\t intellig5ce1 soit p> le langage extrieur des prophtes1 langage que le ,sauveur a p>l aux aptres1 qui ont ensuite transmis l'glise ses enseignem5s4 ,les ,g5tils ont cru aussi recevoir les conseils de cette raison div9e p> les auspices1 p> les oracles1 et autres signes matriels1 tels qu'ils p\vai5t en recevoir de dieux qu'ils croyai5t corporels4 ,dieu tant t\te raison1 la raison et l'autorit sont en lui une mme *ose1 et p\r la sa9e ?ologie l'autorit div9e quivaut la raison4--,admirons la ,provid5ce1 qui dans les premi]s temps o les hommes encore idoltres tai5t incapables d'ent5dre la raison1 p]mit qu' son dfaut ils suiviss5t l'autorit des auspices1 et se g\v]nass5t p> les avis div9s qu'ils croyai5t en recevoir4 ,en effet c'e/ une loi t]nelle que lorsque les hommes ne voi5t po9t la raison dans les *oses huma9es1 ou que mme ils les voi5t contraires la raison1 ils se repos5t sur les conseils impntrables de la ,provid5ce4 ,la seconde sorte de raison fut la raison d'tat1 appele p> les ,roma9s civilis quitas4 ,c'e/ d'elle qu',ulpi5 dit qu'elle n'e/ po9t connue naturellem5t t\s les hommes 7comme l'quit naturelle71 mais seulem5t un petit nombre d'hommes qui ont appris p> la pratique du g\v]nem5t ce qui e/ ncessaire au ma9ti5 de la socit4 ,telle fut la sagesse des snats hroques1 et p>ticulirem5t celle du snat roma91 soit dans les temps o l'ari/ocratie dcidait seule des intrts publics1 soit lorsque le peuple dj matre se laissait encore guid] p> le snat1 ce qui eut lieu jusqu'au tribunal des ,gracques4 4 ,,iv4 ,,corollaire4 ,relatif la sagesse politique des anci5s ,roma9s4 ,ici se prs5te une "q laquelle il semble bi5 difficile de rpondre3 lorsque ,rome tait encore peu avance dans la civilisation1 ses citoy5s passai5t p\r de sages politiques2 et dans le sicle le plus clair de l'empire1 ,ulpi5 se pla9t qu'un petit nombre d'hommes exprim5ts possd5t la sci5ce du g\v]nem5t4 ,p> un effet des mmes causes qui fir5t l'hrosme des premi]s peuples1 les anci5s ,roma9s qui ont t les hros du monde1 se sont montrs naturellem5t fidles l'quit civile4 ,cette quit s'atta*ait religieusem5t aux p>oles de la loi1 les suivait avec une sorte de sup]/ition1 et les appliquait aux faits d'une manire inflexible1 quelque dure1 quelque cruelle mme que pt se tr\v] la loi4 ,a9si agit encore de nos j\rs la raison d'tat4 ,l'quit civile s\mettait naturellem5t t\te *ose cette loi1 re9e de t\tes les autres1 que ,cicron exprime avec une gravit digne de la matire3 la loi suprme c'e/ le salut du peuple1 suprema lex populi salus e/o4 ,dans les temps hroques o les g\v]nem5s tai5t ari/ocratiques1 les hros avai5t dans l'intrt public une gr&e "p d'intrt priv1 je p>le de leur mon>*ie dome/ique que leur cons]vait la socit civile4 ,la gr&eur de cet intrt p>ticuli] leur en faisait sacrifi] sans pe9e d'autres mo9s importans4 ,c'e/ ce qui explique le c\rage qu'ils dployai5t en df5dant l'tat1 et la prud5ce avec laquelle ils rglai5t les affaires publiques4 ,sagesse pr(onde de la ,provid5ce6 ,sans l'attrait d'un tel intrt priv id5tifi avec l'intrt public1 comm5t ces pres de famille pe9e sortis de la vie sauvage1 et que ,platon reconnat dans le ,polyphme d',homre1 aurai5t-ils pu tre dt]m9s suivre l'ordre civil8 ,il en e/ t\t au contraire dans les temps huma9s1 o les tats sont dmocratiques ou mon>*iques4 ,dans les dmocraties1 les citoy5s rgn5t sur la *ose publique qui1 se divisant l'inf9i1 se rp>tit entre t\s les citoy5s qui compos5t le peuple s\v]a94 ,dans les mon>*ies1 les sujets sont obligs de s'occup] exclusivem5t de leurs intrts p>ticuli]s1 en laissant au pr9ce le so9 de l'intrt public4 ,joignez cela les causes naturelles qui produis5t les g\v]nem5s huma9s1 et qui sont t\tes contraires celles qui avai5t produit l'hrosme1 puisqu'elles ne sont autres que dsir du repos1 am\r pat]nel et conjugal1 atta*em5t la vie4 ,voil p\rquoi les hommes d'auj\rd'hui sont ports naturellem5t considr] les *oses d'aprs les circon/ances les plus p>ticulires qui peuv5t rappro*] les intrts privs d'une ju/ice gale2 c'e/ l'quum bonum1 l'intrt gal1 que *]*e la troisime espce de raison1 la raison naturelle1 quitas naturalis *ez les jurisconsultes4 ,la multitude n'en peut compr5dre d'autre1 p>ce qu'elle considre les motifs de ju/ice dans leurs applications directes aux causes selon l'espce individuelle des faits4 ,dans les mon>*ies il faut peu d'hommes d'tat p\r trait] des affaires publiques dans les cab9ets en suivant l'quit civile ou raison d'tat2 et un gr& nombre de jurisconsultes p\r rgl] les intrts privs des peuples d'aprs l'quit naturelle4 4 ,v4 ,,corollaire4 ,hi/oire fondam5tale du ,droit roma94 ,ce que n\s v5ons de dire sur les trois espces de raisons peut s]vir de base l'hi/oire du ,droit roma94 ,en effet les g\v]nem5s doiv5t tre con=mes la nature des g\v]ns 7axiome #fi72 les g\v]nem5s sont mme un rsultat de cette nature1 et les lois doiv5t en consqu5ce tre appliques et int]prtes d'une manire qui s'accorde avec la =me de ce g\v]nem5t4 ,faute d'avoir compris cette vrit1 les jurisconsultes et les int]prtes du droit sont tombs dans la mme erreur que les hi/ori5s de ,rome1 qui n\s racont5t que telles lois ont t faites telle poque1 sans rem>qu] les rapports qu'elles devai5t avoir avec les diffr5s tats p> lesquels passa la rpublique4 ,a9si les faits n\s app>aiss5t tellem5t sp>s de leurs causes1 que ,bod91 jurisconsulte et politique galem5t di/+u1 montre t\s les c>actres de l'ari/ocratie dans les faits que les hi/ori5s rapport5t la prt5due dmocratie des premi]s sicles de la rpublique4--,que l'on dem&e t\s ceux qui ont crit sur l'hi/oire du ,droit roma91 p\rquoi la jurisprud5ce antique1 dont la base e/ la loi des d\ze tables1 s'y con=me rig\reusem5t2 p\rquoi la jurisprud5ce moy5ne1 celle que rglai5t les dits des prteurs1 comm5ce s'ad\cir1 en cont9uant t\tefois de respect] le mme code2 p\rquoi enf9 la jurisprud5ce n\velle1 sans g>d p\r cette loi1 eut le c\rage de ne plus consult] que l'quit naturelle8 ,ils ne peuv5t rpondre qu'en calomniant la gnrosit roma9e1 qu'en prt5dant que ces rigueurs1 ces sol5nits1 ces scrupules1 ces subtilits v]bales1 qu'enf9 le my/re mme dont on ent\rait les lois1 tai5t autant d'impo/ures des nobles qui v\lai5t cons]v] avec le privilge de la jurisprud5ce le p\voir civil qui y e/ naturellem5t atta*4 ,bi5 lo9 que ces pratiques ai5t eu aucun b d'impo/ure1 c'tai5t des usages sortis de la nature mme des hommes de l'poque2 une telle nature devait produire de tels usages1 et de tels usages devai5t entran] ncessairem5t de telles pratiques4 ,dans le temps o le g5re huma9 tait encore extrmem5t f>\*e1 et o la religion tait le seul moy5 puissant de l'ad\cir et de le civilis]1 la ,provid5ce v\lut que les hommes vcuss5t s\s les g\v]nem5s div9s1 et que p>t\t rgnass5t des lois sacres1 c'e/--dire secrtes1 et ca*es au vulgaire des peuples4 ,elles re/ai5t d'autant plus facilem5t ca*es dans l'tat de famille1 qu'elles se cons]vai5t dans un langage muet1 et ne s'expliquai5t que p> des crmonies sa9tes1 qui re/r5t ensuite dans les acta legitima4 ,ces esprits grossi]s encore croyai5t de telles crmonies indisp5sables1 p\r s'assur] de la volont des autres1 dans les rapports d'intrt1 t&is qu'auj\rd'hui que l'intellig5ce des hommes e/ plus ouv]te1 il suffit de simples p>oles et mme de signes4 ,s\s les g\v]nem5s ari/ocratiques qui v9r5t ensuite1 les moeurs tant t\j\rs religieuses1 les lois re/r5t ent\res du my/re de la religion et fur5t obs]ves avec la svrit et les scrupules qui en sont insp>ables2 le secret e/ l'me des ari/ocraties1 et la rigueur de l'quit civile e/ ce qui fait leur salut4 ,puis1 lorsque se =mr5t les dmocraties1 sorte de g\v]nem5t dont le c>actre e/ plus ouv]t et plus gnreux et dans lequel comm&e la multitude qui a l'in/9ct de l'quit naturelle1 on vit p>atre en mme temps les langues et les lettres vulgaires1 dont la multitude e/1 comme n\s l'avons dit1 s\v]a9e absolue4 ,ce langage et ces c>actres s]vir5t promulgu]1 crire les lois dont le secret fut peu--peu dvoil4 ,a9si le peuple de ,rome ne s\ffrit plus le droit ca*1 jus lat5s dont p>le ,pomponius2 et v\lut avoir des lois crites sur des tables1 lorsque les c>actres vulgaires eur5t t apports de ,grce ,rome4 ,cet ordre de *oses se tr\va t\t prp> p\r la mon>*ie4 ,les mon>ques veul5t suivre l'quit naturelle dans l'application des lois1 et se con=m5t en cela aux op9ions de la multitude4 ,ils gal5t en droit les puissans et les faibles1 ce que fait la seule mon>*ie4 ,l'quit civile1 ou raison d'tat1 devi5t le privilge d'un petit nombre de politiques et cons]ve dans le cab9et des rois son c>actre my/rieux4 ,,*apitre ,,iv4 ,,trois ,,esp,,ces ,,de ,,jugem5s4--,,corollaire ,,relatif ,,au ,,duel ,,et ,,aux ,,repr,,sailles4--,,trois ,p,,riodes ,,dans ,l',,hi/oire ,,des ,,moeurs ,,et ,,de ,,la ,,jurisprud5ce4 4 ,i4 ,trois espces de jugem5s4 ,les premi]s fur5t les jugem5s div9s4 ,dans l'tat qu'on appelle tat de nature1 et qui fut celui des familles1 les pres de familles ne p\vant rec\rir la protection des lois qui n'exi/ai5t po9t encore1 en appelai5t aux dieux des torts qu'ils s\ffrai5t1 implorabant deorum fidem2 tel fut le premi] s5s1 le s5s propre de cette expression4 ,ils appelai5t les dieux en tmoignage de leur bon droit1 ce qui tait proprem5t deos obte/>i4 ,ces invocations p\r accus]1 ou se df5dre1 fur5t les premires orationes1 mot qui *ez les ,lat9s e/ re/ p\r signifi] accusation ou df5se2 on peut voir ce sujet plusieurs beaux passages de ,plaute et de ,tr5ce1 et deux mots de la loi des d\ze tables3 furto or>e1 et pacto or>e 7et non po9t ador>e1 selon la leon de ,ju/o ,lipse71 p\r ag]e1 excip]e4 ,d'aprs ces orationes1 les ,lat9s appelr5t oratores ceux qui df5d5t les causes devant les tribunaux4 ,ces appels aux dieux tai5t faits d'abord p> des hommes simples et grossi]s qui croyai5t s'en faire ent5dre sur la cime des monts o l'on plaait leur sj\r4 ,homre raconte qu'ils habitai5t sur celle de l',olympe4 propos d'une gu]re entre les ,h]mundures et les ,cattes1 ,tacite dit en p>lant des sommets des montagnes3 dans l'op9ion de ces peuples preces mortalium nusqum propis audiuntur4 ,les droits que les premi]s hommes faisai5t valoir dans ces jugem5s div9s tai5t div9iss eux-mmes1 puisqu'ils voyai5t des dieux dans t\s les objets4 ,l> signifiait la proprit de la maison1 dii hospitales l'hospitalit1 dii p5ates la puissance pat]nelle1 deus g5ius le droit du m>iage1 deus t]m9us le doma9e t]ritorial1 dii manes la spulture4 ,on retr\ve dans les d\ze tables une trace curieuse de ce langage1 jus deorum manium4 ,aprs avoir employ ces invocations 7orationes1 obsecrationes1 implorationes1 et encore obte/ationes71 ils f9issai5t p> dv\] les c\pables4 ,il y avait ,argos1 et sans d\te aussi dans d'autres p>ties de la ,grce1 des temples de l'excration4 ,ceux qui tai5t a9si dv\s tai5t appels ,grec3 ana?mata n\s dirions excommunis2 ensuite on les mettait mort4 ,c'tait le culte des ,scy!s qui enfonai5t un c\teau en t]re1 l'adorai5t comme un ,dieu1 et immolai5t ensuite une victime huma9e4 ,les ,lat9s exprimai5t cette ide p> le v]be mact>e1 dont on se s]vait t\j\rs dans les sacrifices1 comme d'un t]me consacr4 ,les ,espagnols en ont tir leur mat>1 et les ,itali5s leur ammazz>e4 ,n\s avons dj vu que *ez les ,grecs1 ,grec3 ara signifiait la *ose ou la p]sonne qui porte dommage1 le voeu ou action de dv\]1 et la furie laquelle on dv\ait2 *ez les ,lat9s ara signifiait l'autel et la victime4 ,a9si t\tes les nations eur5t t\j\rs une espce d'excommunication4 ,cs> n\s a laiss beauc\p de dtails sur celle qui avait lieu *ez les ,gaulois4 ,les ,roma9s eur5t leur int]diction de l'eau et du feu4 ,plusieurs conscrations de ce g5re pass]ont dans la loi des d\ze tables3 quiconque violait la p]sonne d'un tribun du peuple tait dv\1 consacr ,jupit]2 le fils dnatur1 aux dieux pat]nels2 ,crs1 celui qui avait mis le feu la moisson de son vois92 ce d]ni] tait brl vif4 ,rappelons-n\s ici ce qui a t dit de l'atrocit des pe9es dans l'ge div9 7axiome #dj74 ,les hommes a9si dv\s fur5t sans d\te ce que ,plaute appelle ,saturni ho/i4 ,on tr\ve le c>actre t\t religieux de ces jugem5s privs dans les gu]res qu'on appelait pura et pia bella4 ,les peuples y combattai5t pro aris et focis1 expression qui dsignait t\t l'ensemble des rapports sociaux1 puisque t\tes les *oses huma9es tai5t considres comme div9es4 ,les hrauts qui dcl>ai5t la gu]re appelai5t les dieux de la cit ennemie hors de ses murs1 et dv\ai5t le peuple attaqu4 ,les rois va9cus tai5t prs5ts au capitole ,jupit] ,frtri51 et ensuite immols4 ,les va9cus tai5t considrs comme des hommes sans ,dieu2 aussi les esclaves s'appelai5t en lat9 mancipia1 comme *oses inanimes1 et tai5t t5us en jurisprud5ce loco r]um4 ,les duels dur5t tre *ez les nations b>b>es une espce de jugem5s div9s1 qui comm5cr5t s\s les g\v]nem5s div9s et fur5t long-temps en usage s\s les g\v]nem5s hroques2 on se rappelle ce passage de la politique d',ari/ote 7cit dans les axiomes7 o il dit que les rpubliques hroques n'avai5t po9t de lois qui puniss5t l'inju/ice et rprimass5t les viol5ces p>ticulires#hd4 ,il e/ c]ta9 que dans la lgislation roma9e ce ne sont que les prteurs qui introduisir5t la loi prohibitive contre la viol5ce1 et les actions de vi bonorum raptorum4 ,aux temps de la seconde b>b>ie 7celle du moy5 ge71 les reprsailles p>ticulires durr5t jusqu'au temps de ,b>?ole4 ,note #hd3 ,on ne p\vait jusqu'ici aj\t] foi cette vrit tant que l'on attribuait aux premi]s peuples ce p>fait hrosme imag9 p> les philosophes2 prjug qui rsultait d'une op9ion exagre que l'on s'tait =me de la sagesse des anci5s4 7,vico74 ,c'e/ p> erreur que quelques-uns ont crit que les duels s'tai5t introduits p> dfauts de preuves2 ils devai5t dire p> dfauts de lois judiciaires4 ,fro?o1 roi de ,danem>ck1 ordonna que t\tes les conte/ations se t]m9ass5t p> le moy5 du duel3 c'tait df5dre qu'on les t]m9t p> des jugem5s selon le droit4 ,on ne voit qu'ordonnances du duel dans les lois des ,lomb>ds1 des ,francs1 des ,b\rguignons1 des ,allem&s1 des ,anglais1 des ,norm&s et des ,danois4 ,on n'a pas cru que la b>b>ie antique et aussi connu l'usage du duel4 ,mais doit-on p5s] que ces premi]s hommes1 que ces gans1 ces cyclopes1 ai5t su endur] l'inju/ice4 ,l'abs5ce de lois dont p>le ,ari/ote devait les =c] de rec\rir aux duels4 ,d'ailleurs deux traditions fameuses de l'antiquit grecque et lat9e pr\v5t que les peuples comm5ai5t s\v5t les gu]res 7duella *ez les anci5s ,lat9s71 en dcidant p> un duel la qu]elle p>ticulire des pr9cipaux intresss2 je p>le du combat de ,mnlas contre ,pris1 et des trois ,horaces contre les trois ,curiaces 7,voy4 page #bjh7 si le combat re/ait indcis1 comme dans le premi] cas1 la gu]re comm5ait4 ,dans ces jugem5s p> les armes1 ils e/imai5t la raison et le bon droit1 d'aprs le has>d de la victoire4 ,ils dur5t tomb] dans cette erreur p> un conseil exprs de la ,provid5ce3 *ez des peuples b>b>es1 encore incapables de raisonnem5t1 les gu]res aurai5t t\j\rs produit des gu]res1 s'ils n'euss5t jug que le p>ti auquel les dieux se montrai5t contraires1 tait le p>ti inju/e4 ,n\s voyons que les ,g5tils insultai5t au malheur du sa9t homme ,job1 p>ce que ,dieu s'tait dcl> contre lui4 ,lorsque la b>b>ie antique rep>ut au moy5 ge1 on c\pait la ma9 droite au va9cu1 quelque ju/e que ft sa cause4 ,c'e/ cette ju/ice prsume du plus =t qui la longue lgitime les conqutes2 ce droit imp>fait e/ ncessaire au repos des nations4 ,les jugem5s hroques1 rcemm5t drivs des jugem5s div9s ne faisai5t po9t acception de causes ou de p]sonnes1 et s'obs]vai5t avec un respect scrupuleux des p>oles4 ,des jugem5s div9s re/a ce qu'on appelait la religion des p>oles1 religio v]borum2 gnralem5t les *oses div9es sont exprimes p> des =mules consacres dans lesquelles on ne peut *ang] une lettre2 aussi dans les anci5nes =mules de la jurisprud5ce roma9e1 imite des =mules sacres1 on disait3 une virgule de mo9s1 la cause e/ p]due2 qui cadit virgul1 causs cadit4 ,cette rigueur des =mules d'actions et emp* les duumvirs1 nommes p\r jug] ,horace1 d'abs\dre le va9queur des ,alba9s qu& mme il se s]ait tr\v innoc5t4 ,le peuple le r5voya abs\s1 plutt p> admiration p\r son c\rage1 que p\r la bont de sa cause4 7,tite-,live47 ,ces jugem5s inflexibles tai5t ncessaires dans des temps o les hros plaai5t dans la =ce la raison et le bon droit1 o ils ju/ifiai5t le mot +nieux de ,plaute3 pactum non pactum1 non pactum pactum4 ,p\r prv5ir des pla9tes1 des rixes et des meurtres1 la ,provid5ce v\lut qu'ils fiss5t consi/] t\te la ju/ice dans l'expression prcise des =mules sol5nelles4 ,ce droit naturel des nations hroques a f\rni le sujet de plusieurs comdies de ,plaute2 on y voit s\v5t un m>*& d'esclaves dp\ill inju/em5t p> un jeune homme1 qui en lui dressant un pige le fait tomb] son insu1 dans quelque cas prvu p> la loi1 et lui enlve a9si une esclave qu'il aime4 ,lo9 de p\voir int5t] contre le jeune homme une action de dol1 le m>*& se tr\ve oblig lui remb\rs] le prix de l'esclave v5due2 dans une autre pice1 il le prie de se cont5t] de la moiti de la pe9e qu'il a enc\rue comme c\pable de vol non manife/e2 dans une troisime enf91 le m>*& s'enfuit du pays1 dans la cra9te d'tre conva9cu d'avoir corrompu l'esclave d'autrui4 ,qui peut s\t5ir encore qu'au temps de ,plaute l'quit naturelle rgnait dans les jugem5s8 ,ce droit rig\reux fond sur la lettre mme de la loi1 n'tait pas seulem5t en vigueur p>mi les hommes2 ceux-ci jugeant les dieux d'aprs eux2 croyai5t qu'ils l'obs]vai5t aussi1 et mme dans leurs s]m5s4 ,junon1 dans ,homre1 atte/e ,jupit]1 tmo9 et arbitre des s]m5s1 qu'elle n'a po9t sollicit ,neptune d'excit] la tempte contre les ,troy5s1 p>ce qu'elle ne l'a fait que p> l'int]mdiaire du ,sommeil2 et ,jupit] se cont5te de cette rponse4 ,dans ,plaute1 ,m]cure s\s la figure de ,sosie dit au ,sosie vritable3 ,si je te trompe1 puisse ,m]cure tre dsormais contraire ,sosie4 ,on ne peut croire que ,plaute ait v\lu mettre sur le ?tre des dieux qui enseignass5t le p>jure au peuple2 encore bi5 mo9s peut-on le croire de ,scipion l',africa9 et de ,llius1 qui1 dit-on1 aidr5t ,tr5ce compos] ses comdies2 et t\tefois dans l',&ri5ne1 ,dave fait mettre l'enfant devant la porte de ,simon p> les ma9s de ,mysis1 af9 que si p> av5ture son matre l'int]roge ce sujet1 il puisse en consci5ce ni] de l'avoir mis cette place4 ,mais la preuve la plus =te en faveur de notre explication du droit hroque1 c'e/ qu' ,a?nes1 lorsqu'on pronona sur le ?tre le v]s d',euripide1 a9si traduit p> ,cicron1 ,juravi l+u1 m5tem injuratam habui1 ,j'ai jur seulem5t de la b\*e1 ma consci5ce n'a pas jur1 ,les spectateurs fur5t sc&aliss et murmurr5t2 on voit qu'ils p>tageai5t l'op9ion exprime dans les d\ze tables3 uti l+u nuncupassit1 ita jus e/o4 ,ce respect inflexible de la p>ole dans les temps hroques montre bi5 qu',agamemnon ne p\vait rompre le voeu tmraire qu'il avait fait d'immol] ,iphignie4 ,c'e/ p\r avoir mconnu le desse9 de la ,provid5ce qui v\lut qu'aux temps hroques la p>ole ft considre comme irrvocable que ,lucrce prononce1 au sujet de l'action d',agamemnon1 cette exclamation impie1 ,tantm religio potuit suad]e malorum6 ,tant la religion peut enfant] de maux6 ,aj\tons t\t ceci deux preuves tires de la jurisprud5ce et de l'hi/oire roma9es3 ce ne fut que v]s les d]ni]s temps de la rpublique que ,galius ,aquilius introduisit dans la lgislation l'action 7de dolo7 contre le dol et la mauvaise foi4 ,augu/e donna aux juges la facult d'abs\dre ceux qui avai5t t sduits et tromps4 ,n\s retr\vons la mme op9ion *ez les peuples hroques dans la gu]re comme dans la paix4 ,selon les t]mes dans lesquels les traits sont conclus1 n\s voyons les va9cus tre accabls misrablem5t1 ou tromp] heureusem5t le c\rr\x du va9queur4 ,les ,c>?ag9ois se tr\vr5t dans le premi] cas3 le trait qu'ils avai5t fait avec les ,roma9s leur avait assur la cons]vation de leur vie1 de leurs bi5s et de leur cit2 p> ce d]ni] mot ils ent5dai5t la ville matrielle1 les difices1 urbs dans la langue lat9e2 mais comme les ,roma9s s'tai5t s]vis dans le trait du mot civitas1 qui veut dire la runion des citoy5s1 la socit1 ils s'indignr5t que les ,c>?ag9ois refusass5t d'ab&onn] le rivage de la m] p\r habit] dsormais dans les t]res1 ils les dcl>r5t rebelles1 prir5t leur ville1 et la mir5t en c5dres2 en suivant a9si le droit hroque1 ils ne crur5t po9t avoir fait une gu]re inju/e4 ,un exemple tir de l'hi/oire du moy5 ge confirme encore mieux ce que n\s avanons4 ,l',emp]eur ,conrad ,,iii ayant =c se r5dre la ville de ,ve9sb]g qui avait s\t5u son comptiteur1 p]mit aux femmes seules d'en sortir avec t\t ce qu'elles p\rrai5t emport]2 elles *>gr5t sur leur dos leurs fils1 leurs m>is et leurs pres4 ,l',emp]eur tait la porte1 les lances baisses1 les pes nues1 t\t prt us] de la victoire2 cep5dant malgr sa colre1 il laissa *app] t\s les habitans qu'il allait pass] au fil de l'pe4 ,tant il e/ peu raisonnable de dire que le droit naturel1 tel qu'il e/ expliqu p> ,grotius1 ,seld5 et ,puff5dorf1 a t suivi dans t\s les temps1 *ez t\tes les nations6 ,t\t ce que n\s v5ons de dire1 t\t ce que n\s allons dire encore1 dc\le de cette df9ition que n\s avons donne dans les axiomes1 du vrai et du c]ta9 dans les lois et conv5tions4 ,dans les temps b>b>es1 on doit tr\v] une jurisprud5ce rig\reusem5t atta*e aux p>oles2 c'e/ proprem5t le droit des g5s1 fas g5tium4 ,il n'e/ pas mo9s naturel qu'aux temps huma9s le droit dev5u plus l>ge et plus bi5veillant1 ne considre plus que ce qu'un juge imp>tial reconnat tre utile dans *aque cause 7axiome #aab72 c'e/ alors qu'on peut l'appel] proprem5t le droit de la nature1 fas natur1 le droit de l'humanit raisonnable4 ,les jugem5s huma9s 7discrtionnaires7 ne sont po9t aveugles et inflexibles comme les jugem5s hroques4 ,la rgle qu'on y suit1 c'e/ la vrit des faits4 ,la loi t\te bi5veillante y int]roge la consci5ce1 et selon sa rponse se plie t\t ce que dem&e l'intrt gal des causes4 ,ces jugem5s sont dicts p> une sorte de pudeur naturelle1 de respect de nos semblables1 qui accompagn5t les lumires2 ils sont g>antis p> la bonne foi1 fille de la civilisation4 ,ils convi5n5t l'esprit de fran*ise1 qui c>actrise les rpubliques populaires1 ennemies des my/res dont l'ari/ocratie aime s'envelopp]2 elles convi5n5t encore plus l'esprit gnreux des mon>*ies3 les mon>ques dans ces jugem5s se font gloire d'tre suprieurs aux lois et de ne dp5dre que de leur consci5ce et de ,dieu4--,des jugem5s huma9s1 tels que les mod]nes les pratiqu5t p5dant la paix1 sont sortis les trois sy/mes du droit de la gu]re que n\s devons ,grotius1 ,seld51 et ,puff5dorf4 4 ,,ii4 ,trois priodes dans l'hi/oire des moeurs et de la jurisprud5ce 7sect temporum74 ,n\s voyons les jurisconsultes ju/ifi] sect suorum temporum leurs op9ions en matire de droit4 ,ces sect temporum c>actris5t la jurisprud5ce roma9e1 d'accord en ceci avec t\s les peuples du monde4 ,elles n'ont ri5 de commun avec les sectes des philosophes que c]ta9s int]prtes rudits du ,droit roma9 v\drai5t y voir bon gr malgr4 ,lorsque les ,emp]eurs expos5t les motifs de leurs lois et con/itutions1 ils dis5t que de telles con/itutions leur ont t dictes sect suorum temporum2 ,brisson de =mulis ,romanorum a recueilli les passages o l'on tr\ve cette expression4 ,c'e/ que l'tude des moeurs du temps e/ l'cole des pr9ces4 ,dans ce passage de ,tacite3 corrump]e et corrumpi seculum vocant1 corrompre et tre corrompu1 voil ce qui s'appelle le tra9 du sicle1 seculum rpond -peu-prs secta4 ,n\s dirions ma9t5ant3 c'e/ la mode4 ,t\tes les *oses dont n\s avons p>l se sont pratiques dans trois sectes de temps1 sect temporum1 dans le langage des jurisconsultes3 celle des temps religieux p5dant lesquels rgnr5t les g\v]nem5s div9s2 celle des temps o les hommes tai5t irritables et susceptibles1 tels qu',a*ille dans l'antiquit1 et les duelli/es au moy5 ge2 celle des temps civiliss1 o rgne la modration1 celle des temps du droit naturel des nations ,,huma9es1 jus naturale g5tium humanorum1 ,ulpi54 ,*ez les auteurs lat9s du temps de l',empire1 le devoir des sujets se dit (ficium civile1 et t\te faute dans laquelle l'int]prtation des lois fait voir une violation de l'quit naturelle1 e/ qualifie de l'pi?te incivile4 ,c'e/ la d]nire secta temporum de la jurisprud5ce roma9e qui comm5a ds la rpublique4 ,les prteurs tr\vant que les c>actres1 que les moeurs et le g\v]nem5t des ,roma9s tai5t dj *angs1 fur5t obligs p\r appropri] les lois ce *angem5t d'ad\cir la rigueur de la loi des d\ze tables1 rigueur con=me aux moeurs des temps o elle avait t promulgue4 ,plus t>d les ,emp]eurs dur5t c>t] t\s les voiles dont les prteurs avai5t envelopp l'quit naturelle1 et la laiss] p>atre t\t dc\v]t1 t\te gnreuse1 comme il conv5ait la civilisation o les peuples tai5t p>v5us4 ,,*apitre ,v4 ,,autres ,,preuves ,,tir,,es ,,des ,,c>act,,res ,,propres ,,aux ,,ari/ocraties ,h,,ro,,ques4--,,g>de ,,des ,,limites1 ,,des ,,ordres ,,politiques1 ,,des ,,lois4 ,la succession con/ante et non int]rompue des rvolutions politiques lies les unes aux autres p> un si troit en*anem5t de causes et d'effets1 doit n\s =c] d'admettre comme vrais les pr9cipes de la ,sci5ce n\velle4 ,mais p\r ne laiss] aucun d\te1 n\s y joignons l'explication de plusieurs autres phnomnes sociaux1 dont on ne peut tr\v] la cause que dans la nature des rpubliques hroques1 telles que n\s l'avons dc\v]te4 ,les deux traits pr9cipaux qui c>actris5t les ari/ocraties sont la g>de des limites1 et la cons]vation et di/9ction des ordres politiques4 4 ,i4 ,de la g>de et cons]vation des limites4 7,voyez ,livre ,,ii1 *ap4 ,v et ,,vi1 p>ticulirem5t ,,vi47 4 ,,ii4 ,de la cons]vation et di/9ction des ordres politiques4 ,c'e/ l'esprit des g\v]nem5s ari/ocratiques que les liaisons de p>5t1 les successions1 et p> elles les ri*esses1 et avec les ri*esses la puissance re/5t dans l'ordre des nobles4 ,voil p\rquoi v9r5t si t>d les lois te/am5taires4 ,tacite n\s appr5d qu'il n'y avait po9t de te/am5t *ez les anci5s ,g]ma9s4 ,sp>te1 le roi ,agis v\lant donn] aux pres de famille le p\voir de te/]1 fut trangl p> ordre des phores1 df5seurs du g\v]nem5t ari/ocratique4#he ,note #he3 ,qu'on voie p>-l si les comm5tateurs de la loi des d\ze tables ont t bi5 aviss de plac] dans la onzime le titre suivant1 auspicia incommunicata plebi sunto4 ,t\s les droits civils1 publics et privs1 tai5t une dp5dance des auspices1 et re/ai5t le privilge des nobles4 ,les droits privs tai5t les noces1 la puissance pat]nelle1 la suit1 l'agitation1 la g5tilit1 la succession lgitime1 le te/am5t et la tutelle4 ,aprs avoir dans les premires tables tabli les lois qui sont propres une dmocratie 7p>ticulirem5t la loi te/am5taire7 en communiquant t\s ces droits privs au peuple1 ils r5d5t la =me du g\v]nem5t entirem5t ari/ocratique p> un seul titre de la onzime table4 ,t\tefois dans cette confusion1 ils r5contr5t p> has>d une vrit1 c'e/ que plusieurs c\tumes anci5nes des ,roma9s reur5t le c>actre de lois dans les deux d]nires tables2 ce qui montre bi5 que ,rome fut dans les premi]s sicles une ari/ocratie4 7,vico74 ,lorsque les dmocraties se =mr5t1 et ensuite les mon>*ies1 les nobles et les plbi5s se mlr5t au moy5 des alliances et des successions p> te/am5t1 ce qui fit que les ri*esses sortir5t peu--peu des maisons nobles4 ,quant au droit des m>iages sol5nels1 n\s avons dj pr\v que le peuple roma9 dem&a1 non le droit de contract] des m>iages avec les patrici5s1 mais des m>iages semblables ceux des patrici5s1 connubia patrum1 et non cum patribus4 ,si l'on considre ensuite les successions lgitimes dans cette disposition de la loi des d\ze tables p> laquelle la succession du pre de famille revi5t d'abord aux si5s1 suis1 leur dfaut aux agnats1 et s'il n'y en a po9t1 ses autres p>5s1 la loi des d\ze tables sembl]a avoir t prcism5t une loi salique p\r les ,roma9s4 ,la ,g]manie suivit la mme rgle dans les premi]s temps1 et l'on peut conjectur] la mme *ose des autres nations primitives du moy5 ge4 ,en d]ni] lieu1 elle re/a dans la ,france et dans la ,savoie4 ,baldus favorise notre op9ion en appelant ce droit de succession1 jus g5tium ,gallorum2 *ez les ,roma9s il peut trs bi5 s'appel] jus g5tium ,roman>um1 en aj\tant l'pi?te h]oc>um1 et avec plus de prcision jus ,romanum4 ,ce droit rpondrait t\t--fait au jus quiritium ,romanorum1 que n\s avons pr\v avoir t le droit naturel commun t\tes les nations hroques4 ,n\s avons les plus =tes raisons de d\t] que dans les premi]s sicles de ,rome1 les filles succdass5t4 ,nulle probabilit que les pres de famille de ces temps euss5t connu la t5dresse pat]nelle4 ,la loi des d\ze tables appelait un agnat1 mme au septime degr1 exclure le fils mancip de la succession de son pre4 ,les pres de famille avai5t un droit s\v]a9 de vie et de mort sur leurs fils1 et la proprit absolue de leurs acquts4 ,ils les m>iai5t p\r leur propre avantage1 c'e/--dire1 p\r faire entr] dans leurs maisons les femmes qu'ils en jugeai5t dignes4 ,ce c>actre hi/orique des premi]s pres de famille n\s e/ cons]v p> l'expression spond]e1 qui dans son propre s5s1 veut dire1 promettre p\r autrui2 de ce mot fut driv celui de sponsalia1 les fianailles4 ,ils considrai5t de mme les adoptions1 comme des moy5s de s\t5ir des familles prs de s'te9dre1 en y introduisant les rejetons gnreux des familles trangres4 ,ils reg>dai5t l'mancipation comme une pe9e et un *tim5t4 ,ils ne savai5t ce que c'tait que la lgitimation1 p>ce qu'ils ne pr5ai5t p\r concub9es que des affran*ies ou des trangres1 avec lesquelles on ne contractait po9t de m>iages sol5nels dans les temps hroques1 de peur que les fils ne dgnrass5t de la noblesse de leurs aeux4 ,p\r la cause la plus frivole les te/am5s tai5t nuls1 ou s'annulai5t1 ou se rompai5t1 ou n'atteignai5t po9t leur effet1 7nulla1 irrita1 rupta1 de/ituta71 af9 que les successions lgitimes repriss5t leur c\rs4 ,tant ces patrici5s1 des premi]s sicles1 tai5t passionns p\r la gloire de leur nom2 passion qui les enflammait encore p\r la gloire du nom roma96 t\t ce que n\s v5ons de dire c>actrise les moeurs des cits ari/ocratiques ou hroques4 ,une erreur digne de rem>que e/ celle des comm5tateurs de la loi des d\ze tables3 ils prt5d5t qu'avant que cette loi et t porte d',a?nes ,rome1 et qu'elle et rgl les successions te/am5taires et lgitimes1 les successions ab inte/at r5trai5t dans la classe des *oses qu sunt nullius4 ,il n'en fut pas a9si3 la ,provid5ce emp*a que le monde ne retombt dans la communaut des bi5s qui avait c>actris la b>b>ie de premi]s ges1 en assurant p> la =me mme du g\v]nem5t ari/ocratique la c]titude et la di/9ction des proprits4 ,les successions lgitimes dur5t naturellem5t avoir lieu *ez t\tes les premires nations avant qu'elles connuss5t les te/am5s4 ,cette d]nire in/itution app>ti5t la lgislation des dmocraties1 et surt\t des mon>*ies4 ,le passage de ,tacite que n\s avons cit plus haut1 n\s porte croire qu'il en fut de mme *ez t\s les peuples b>b>es de l'antiquit1 et p> suite1 conjectur] que la loi salique qui tait c]ta9em5t en vigueur dans la ,g]manie1 fut aussi obs]ve gnralem5t p> les peuples du moy5 ge4 ,jugeant de l'antiquit p> leur temps 7axiome #b71 les jurisconsultes roma9s du d]ni] ge ont cru que la loi des d\ze tables avait appel les filles hrit] du pre mort inte/at1 et les avait comprises s\s le mot sui1 en v]tu de la rgle d'aprs laquelle le g5re mascul9 dsigne aussi les femmes4 ,mais on a vu combi5 la jurisprud5ce hroque s'atta*ait la proprit des t]mes2 et si l'on d\tait que suus ne dsignt pas exclusivem5t le fils de famille1 on en tr\v]ait une preuve inv9cible dans la =mule de l'in/itution des po/humes1 introduite tant de sicles aprs p> ,gallus ,aquilius3 si quis natus natave erit4 ,il craignait que dans le mot natus on ne comprit po9t la fille po/hume4 ,c'e/ p\r avoir ignor ceci que ,ju/9i5 prt5d dans les in/itutes que la loi des d\ze tables aurait dsign p> le seul mot adgnatus les agnats des deux sexes1 et qu'ensuite la jurisprud5ce moy5ne aurait aj\t la rigueur de la loi en la re/reignant aux soeurs consangu9es4 ,il dut arriv] t\t le contraire4 ,cette jurisprud5ce dut t5dre d'abord le s5s de suus aux filles1 et plus t>d le s5s d'adgnatus aux soeurs consangu9es4 ,elle fut appele moy5ne1 prcism5t p\r avoir a9si ad\ci la rigueur de la loi des d\ze tables4 ,lorsque l',empire passa des nobles au peuple1 les plbi5s qui faisai5t consi/] t\tes leurs =ces1 t\tes leurs ri*esses1 t\te leur puissance dans la multitude de leurs fils1 comm5cr5t s5tir la t5dresse pat]nelle4 ,ce s5tim5t avait d re/] inconnu aux plbi5s des cits hroques qui n'eng5drai5t des fils que p\r les voir esclaves des nobles4 ,autant la multitude des plbi5s avait t dang]euse aux ari/ocraties1 aux g\v]nem5s du petit nombre1 autant elle tait capable d'agr&ir les dmocraties et les mon>*ies4 ,de l tant de faveurs accordes aux femmes p> les lois impriales p\r comp5s] les dang]s et les d\leurs de l'enfantem5t4 ,ds le temps de la rpublique1 les prteurs comm5cr5t faire att5tion aux droits du sang1 et leur prt] sec\rs au moy5 des possessions de bi5s4 ,ils comm5cr5t remdi] aux vices1 aux dfauts des te/am5s1 af9 de favoris] la division des ri*esses qui font t\te l'ambition du peuple4 ,les ,emp]eurs allr5t bi5 plus lo94 ,comme l'clat de la noblesse leur faisait ombrage1 ils se montrr5t favorables aux droits de la nature huma9e1 commune aux nobles et aux plbi5s4 ,augu/e comm5a protg] les fidi-commis1 qui aup>avant ne passai5t aux p]sonnes incapables d'hrit] que grce la dlicatesse des hriti]s grevs2 il fit tant p\r les fidi-commis1 qu'avant sa mort ils donnr5t le droit de contra9dre les hriti]s les excut]4 ,puis v9r5t tant de snatus-consultes1 p> lesquels les cognats fur5t mis sur la ligne des agnats4 ,enf9 ,ju/9i5 ta la diffr5ce des legs et des fidi-commis1 confondit les qu>tes ,falcidiani5ne et ,trebellianique1 mit peu de di/9ction entre les te/am5s et les codicilles1 et dans les successions ab inte/at gala les agnats et les cognats en t\t et p\r t\t4 ,a9si les lois roma9es de l',empire se montrr5t si att5tives favoris] les d]nires volonts1 que1 t&is qu'autrefois le plus lg] dfaut les annulait1 elles doiv5t auj\rd'hui tre t\j\rs int]prtes de manire les r5dre valables s'il e/ possible4 ,les dmocraties sont bi5veillantes p\r les fils1 les mon>*ies veul5t que les pres soi5t occups p> l'am\r de leurs enfans2 aussi les progrs de l'humanit ayant aboli le droit b>b>e des premi]s pres de familles sur la p]sonne de leurs fils1 les ,emp]eurs v\lur5t abolir aussi le droit qu'ils cons]vai5t sur leurs acquts1 et introduisir5t d'abord le peculium ca/r5se1 p\r invit] les fils de famille au s]vice militaire2 puis ils en t5dir5t les avantages au peculium quasi ca/r5se1 p\r les invit] entr] dans le s]vice du palais2 enf9 p\r cont5t] les fils qui n'tai5t ni soldats ni lettrs1 ils introduisir5t le peculium adv5titium4 ,ils tr5t les effets de la puissance pat]nelle l'adoption qui n'e/ pas faite p> un des asc5dans de l'adopt4 ,ils appr\vr5t univ]sellem5t les adrogations1 difficiles en ce qu'un citoy51 de pre de famille1 devi5t dp5dant de celui dans la famille duquel il passe4 ,ils reg>dr5t les mancipations comme avantageuses2 donnr5t aux lgitimations p> m>iage subsqu5t t\t l'effet du m>iage sol5nel4 ,enf91 comme le t]me d'imp]ium pat]num semblait dim9u] la maje/ impriale1 ils introduisir5t le mot de puissance pat]nelle1 patria pote/as4#hf ,note #hf3 ,en cela l'habilet d',augu/e leur avait donn l'exemple4 ,de cra9te d'veill] la jal\sie du peuple en lui enlevant le privilge nom9al de l'empire1 imp]ium1 il prit le titre de la puissance tribuniti5ne1 pote/as tribunitia1 se dcl>ant a9si le protecteur de la lib]t roma9e4 ,le tribunat avait t simplem5t une puissance de fait2 les tribuns n'eur5t jamais dans la rpublique ce qu'on appelait imp]ium4 ,s\s le mme ,augu/e1 un tribun du peuple ayant ordonn ,labon de comp>atre devant lui1 ce jurisconsulte clbre1 le *ef d'une des deux coles de la jurisprud5ce roma9e1 refusa d'obir2 et il tait dans son droit1 puisque les tribuns n'avai5t po9t l'imp]ium4 ,une obs]vation a *app aux grammairi5s1 aux politiques et aux jurisconsultes1 c'e/ que dans la lutte des plbi5s contre les patrici5s p\r obt5ir le consulat1 ces d]ni]s v\lant satisfaire le peuple sans tablir de prcd5s relativem5t au p>tage de l'empire1 crr5t des tribuns militaires en p>tie plbi5s1 cum consul>i pote/ate1 et non po9t cum ,,imp]io consul>i4 ,aussi t\t le sy/me de la rpublique roma9e fut compris dans cette triple =mule3 ,,s5atus ,,autoritas1 ,,populi ,,imp]ium1 ,,plebis ,,pote/as4 ,imp]ium s'ent5d des gr&es magi/ratures1 du consulat1 de la prture qui donnai5t le droit de condamn] mort2 pote/as1 des magi/ratures infrieures1 telles que l'dilit1 et modic co]citione cont9etur4 7,vico74 ,en d]ni] lieu1 la bi5veillance des ,emp]eurs dt5dant t\te l'humanit1 ils comm5cr5t favoris] les esclaves4 ,ils rprimr5t la cruaut des matres4 ,ils t5dir5t les effets de l'affran*issem5t1 en mme temps qu'ils en dim9uai5t les =malits4 ,le droit de cit ne s'tait donn dans les temps anci5s qu' d'illu/res trang]s qui avai5t bi5 mrit du peuple roma92 ils l'accordr5t quiconque tait n ,rome d'un pre esclave1 mais d'une mre libre1 ne le ft-elle que p> affran*issem5t4 ,la loi reconnaissant libre quiconque naissait dans la cit2 s\s de telles circon/ances1 le droit naturel *angea de dnom9ation2 dans les ari/ocraties1 il tait appel ,,droit ,,des ,,g5s1 dans le s5s du lat9 g5tes1 maisons nobles p\r lesquelles ce droit tait une sorte de proprit2 mais lorsque s'tablir5t les dmocraties1 o les nations entires sont s\v]a9es1 et ensuite les mon>*ies1 o les mon>ques reprs5t5t les nations entires dont leurs sujets sont les membres1 il fut nomm ,,droit ,,naturel ,,des ,,nations4 4 ,,iii4 ,de la cons]vation des lois4 ,la cons]vation des ordres entrane avec elle celle des magi/ratures et des sac]doces1 et p> suite celle des lois et de la jurisprud5ce4 ,voil p\rquoi n\s lisons dans l'hi/oire roma9e que tant que le g\v]nem5t de ,rome fut ari/ocratique1 le droit des m>iages sol5nels1 le consulat1 le sac]doce ne sortai5t po9t de l'ordre des snateurs1 dans lequel n'entrai5t que les nobles2 et que la sci5ce des lois re/ait sacre ou secrte 7c> c'e/ la mme *ose7 dans le collge des pontifes1 compos des seuls nobles *ez t\tes les nations hroques4 ,cet tat dura un sicle encore aprs la loi des d\ze tables1 au rapport du jurisconsulte ,pomponius4 ,la connaissance des lois fut le d]ni] privilge que les patrici5s cdr5t aux plbi5s4 ,dans l'ge div91 les lois tai5t g>des avec scrupule et svrit4 ,l'obs]vation des lois div9es a cont9u de s'appel] religion4 ,ces lois doiv5t tre obs]ves1 en suivant c]ta9es =mules inaltrables de p>oles consacres et de crmonies sol5nelles4--,cette obs]vation svre des lois e/ l'ess5ce de l'ari/ocratie4 ,v\lons-n\s savoir p\rquoi ,a?nes et presque t\tes les cits de la ,grce passr5t si promptem5t la dmocratie8 ,le mot connu des ,sp>tiates n\s en appr5d la cause3 les ,a?ni5s cons]v5t p> crit des lois innombrables2 les lois de ,sp>te sont peu nombreuses1 mais elles s'obs]v5t4--,tant que le g\v]nem5t de ,rome fut ari/ocratique1 les ,roma9s se montrr5t obs]vateurs rigides de la loi des d\ze tables1 en sorte que ,tacite l'appelle f9is omnis qui juris4 ,en effet1 aprs celles qui fur5t juges suffisantes p\r assur] la lib]t et l'galit civile#hg1 les lois consulaires relatives au droit priv fur5t peu nombreuses1 si mme il en exi/a4 ,tite-,live dit que la loi des d\ze tables fut la s\rce de t\te la jurisprud5ce4--,lorsque le g\v]nem5t dev9t dmocratique1 le petit peuple de ,rome1 comme celui d',a?nes1 ne cessait de faire des lois d'intrt priv1 incapable qu'il tait de s'lev] des ides gnrales4 ,sylla1 le *ef du p>ti des nobles1 aprs sa victoire sur ,m>ius1 *ef du p>ti du peuple1 remdia un peu au dsordre p> l'tablissem5t des qu/iones p]petu2 mais ds qu'il eut abdiqu la dictature1 les lois d'intrt priv recomm5cr5t se multipli] comme aup>avant 7,tacite74 ,la multitude des lois e/1 comme le rem>qu5t les politiques1 la r\te la plus prompte qui conduise les tats la mon>*ie2 aussi ,augu/e p\r l'tablir en fit un gr& nombre2 et les pr9ces qui suivir5t1 employr5t surt\t le snat faire des snatus-consultes d'intrt priv4 ,nanmo9s dans le temps mme o le g\v]nem5t roma9 tait dj dev5u dmocratique1 les =mules d'actions tai5t suivies si rig\reusem5t qu'il fallut t\te l'loqu5ce de ,crassus 7que ,cicron appelait le ,dmo/hnes roma971 p\r que la sub/itution pupillaire expresse ft reg>de comme cont5ant la vulgaire qui n'tait pas exprime4 ,il fallut t\t le tal5t de ,cicron p\r emp*] ,sextus ,ebutius de g>d] la t]re de ,cec9a1 p>ce qu'il manquait une lettre la =mule4 ,mais avec le temps les *oses *angr5t au po9t que ,con/ant9 abolit entirem5t les =mules1 et qu'il fut reconnu que t\t motif p>ticuli] d'quit prvaut sur la loi4 ,tant les esprits sont disposs reconnatre docilem5t l'quit naturelle s\s les g\v]nem5s huma9s6 ,a9si t&is que s\s l'ari/ocratie1 l'on avait obs]v si rig\reusem5t le privilegia ne irroganto1 de la loi des d\ze tables1 on fit s\s la dmocratie une f\le de lois d'intrt priv1 et s\s la mon>*ie les pr9ces ne cessr5t d'accord] des privilges4 ,or ri5 de plus con=me l'quit naturelle que les privilges qui sont mrits4 ,on peut mme dire avec vrit que t\tes les exceptions faites aux lois *ez les mod]nes1 sont des privilges v\lus p> le mrite p>ticuli] des faits1 qui les sort de la disposition commune4 ,note #hg3 ,ces lois doiv5t avoir t po/rieures aux dcemvirs1 auxquels les anci5s peuples les ont rapportes1 comme au type idal du lgislateur4 7,vico74 ,peut-tre e/-ce p\r cette raison que les nations b>b>es du moy5 ge rep\ssr5t les lois roma9es4 ,en ,france on tait puni svrem5t1 en ,espagne mis mort1 lorsqu'on osait les allgu]4 ,ce qui e/ sr1 c'e/ qu'en ,italie1 les nobles aurai5t r\gi de suivre les rois roma9es1 et se faisai5t honneur de n'tre s\mis qu' celles des ,lomb>ds2 les g5s du peuple au contraire qui ne quitt5t po9t facilem5t leurs usages1 obs]vai5t plusieurs lois roma9es qui avai5t cons]v =ce de c\tumes4 ,c'e/ ce qui explique comm5t fur5t en quelque sorte ensevelies dans l'oubli *ez les ,lat9s les lois de ,ju/9i51 *ez les ,grecs les ,basiliques4 ,mais lorsqu'ensuite se =mr5t les mon>*ies mod]nes1 lorsque rep>ut dans plusieurs cits la lib]t populaire1 le droit roma9 compris dans les livres de ,ju/9i5 fut reu gnralem5t1 en sorte que ,grotius affirme que c'e/ un droit naturel des g5s p\r les ,europens4 ,admirons la sagesse et la gravit roma9es1 en voyant au milieu de ces rvolutions politiques les prteurs et les jurisconsultes employ] t\s leurs ef=ts p\r que les t]mes de la loi des d\ze tables1 ne p]d5t que l5tem5t et le mo9s possible le s5s qui leur tait propre4 ,a9si en *angeant de =me de g\v]nem5t1 ,rome eut l'avantage de s'appuy] t\j\rs sur les mmes pr9cipes1 lesquels n'tai5t autres que ceux de la socit huma9e4 ,ce qui donna aux ,roma9s la plus sage de t\tes les jurisprud5ces1 e/ aussi ce qui fit de leur ,empire le plus va/e1 le plus durable du monde4 ,voil la pr9cipale cause de la gr&eur roma9e que ,polybe et ,ma*iavel expliqu5t d'une manire trop gnrale1 l'un p> l'esprit religieux des nobles1 l'autre p> la magnanimit des plbi5s1 et que ,plut>que attribue p> envie la =tune de ,rome4 ,la noble rponse du ,tasso l'ouvrage de ,plut>que le rfute mo9s directem5t que n\s ne le faisons ici4 ,,*apitre ,,vi4 ,,autres ,,preuves ,,tir,,es ,,de ,,la ,,mani,,re ,,dont ,,*aque ,,=me ,,de ,,la ,,soci,t ,,se ,,comb9e ,,avec ,,la ,,pr,c,,d5te4--,r,,futation ,,de ,,bod94 4 ,i4 ,n\s avons montr dans ce ,livre jusqu' l'vid5ce que dans t\te leur vie politique les nations pass5t p> trois sortes d'tats civils 7ari/ocratie1 dmocratie1 mon>*ie71 dont l'orig9e commune e/ le g\v]nem5t div94 ,une quatrime =me1 dit ,tacite1 soit di/9cte1 soit mle des trois1 e/ plus dsirable que possible1 et si elle se r5contre1 elle n'e/ po9t durable4 ,mais p\r ne po9t laiss] de d\te sur cette succession naturelle1 n\s exam9]ons comm5t *aque tat se comb9e avec le g\v]nem5t de l'tat prcd5t2 mlange fond sur l'axiome3 lorsque les hommes *ang5t1 ils cons]v5t quelque temps l'impression de leurs premires habitudes4 ,les pres de familles desquels devai5t sortir les nations paennes1 ayant pass de la vie be/iale la vie huma9e1 g>dr5t dans l'tat de nature1 o il n'exi/ait encore d'autre g\v]nem5t que celui des dieux1 leur c>actre orig9aire de frocit et de b>b>ie2 et cons]vr5t la =mation des premires ari/ocraties le s\v]a9 empire qu'ils avai5t eu sur leurs femmes et leurs enfans dans l'tat de nature4 ,t\s gaux1 trop orgueilleux p\r cd] l'un l'autre1 ils ne se s\mir5t qu' l'empire s\v]a9 des corps ari/ocratiques dont ils tai5t membres2 leur doma9e priv1 jusque-l m95t1 =ma en se runissant le doma9e public galem5t m95t du snat qui g\v]nait1 de mme que la runion de leurs s\v]a9ets prives composa la s\v]a9et publique des ordres auxquels ils app>t5ai5t4 ,les cits fur5t donc dans l'orig9e des ari/ocraties mles la mon>*ie dome/ique des pres de famille4 ,autrem5t1 il e/ impossible de compr5dre comm5t la socit civile sortit de la socit de la famille4 ,tant que les pres cons]vr5t le doma9e m95t dans le se9 de leurs compagnies s\v]a9es1 tant que les plbi5s ne leur eur5t pas arra* le droit d'acqurir des proprits1 de contract] des m>iages sol5nels1 d'aspir] aux magi/ratures1 au sac]doce1 enf9 de connatre les lois 7ce qui tait encore un privilge du sac]doce71 les g\v]nem5s fur5t ari/ocratiques4 ,mais lorsque les plbi5s des cits hroques dev9r5t assez nombreux1 assez agu]ris p\r effray] les pres 7qui dans une olig>*ie devai5t tre peu nombreux1 comme le mot l'indique71 et que1 =ts de leur nombre1 ils comm5cr5t faire des lois sans l'autorisation du snat1 les rpubliques dev9r5t dmocratiques4 ,aucun tat n'aurait pu subsi/] avec deux p\voirs lgislatifs s\v]a9s1 sans se divis] en deux tats4 ,dans cette rvolution1 l'autorit de doma9e dev9t naturellem5t autorit de tutelle2 le peuple s\v]a91 faible encore s\s le rapport de la sagesse politique se confiait son snat1 comme un roi dans sa m9orit un tuteur4 ,a9si les tats populaires fur5t g\v]ns p> un corps ari/ocratique4 ,enf9 lorsque les puissans dirigr5t le conseil public dans l'intrt de leur puissance1 lorsque le peuple corrompu p> l'intrt priv cons5tit assujettir la lib]t publique l'ambition des puissans1 et que du *oc des p>tis rsultr5t les gu]res civiles1 la mon>*ie s'leva sur les ru9es de la dmocratie4 4 ,,ii4 ,d'une loi royale1 t]nelle et fonde en nature1 en v]tu de laquelle les nations vont se repos] dans la mon>*ie4 ,cette loi a *app aux int]prtes mod]nes du droit roma94 ,ils tai5t proccups p> cette fable de la loi royale de ,triboni51 qu'il attribue ,ulpi5 dans les ,p&ectes1 et dont il s'av\e l'auteur dans les ,in/itutes4 ,mais les jurisconsultes roma9s avai5t bi5 compris la loi royale dont n\s p>lons4 ,pomponius dans son hi/oire abrge du droit roma9 c>actrise cette loi p> un mot ple9 de s5s1 rebus ipsis dictantibus regna condita4--,voici la =mule t]nelle dans laquelle l'a conue la nature3 lorsque les citoy5s des dmocraties ne considr5t plus que leurs intrts p>ticuli]s1 et que1 p\r atte9dre ce b1 ils t\rn5t les =ces nationales la ru9e de leur patrie1 alors il s'lve un seul homme1 comme ,augu/e *ez les ,roma9s1 qui se r5dant matre p> la =ce des armes1 pr5d p\r lui t\s les so9s publics1 et ne laisse aux sujets que le so9 de leurs affaires p>ticulires4 ,cette rvolution fait le salut des peuples qui autrem5t m>*]ai5t leur de/ruction4--,cette vrit semble admise p> les docteurs du droit mod]ne1 lorsqu'ils dis5t3 univ]sitates sub rege hab5tur loco privatorum2 c'e/ qu'en effet la plus gr&e p>tie des citoy5s ne s'occupe plus du bi5 public4 ,tacite n\s montre trs bi5 dans ses annales le progrs de cette fune/e indiffr5ce2 lorsqu',augu/e fut prs de m\rir1 quelques-uns disc\rai5t va9em5t sur le bonheur de la lib]t1 pauci bona lib]tatis incassum diss]]e2 ,tibre arrive au p\voir1 et t\s1 les yeux fixs sur le pr9ce1 att5d5t p\r obir1 omnes pr9cipis jussa adspect>e4 ,s\s les trois ,cs>s qui suiv5t1 les ,roma9s d'abord indiffr5s p\r la rpublique1 f9iss5t p> ignor] mme ses intrts1 comme s'ils y tai5t trang]s1 incuri et ignoranti reipublic1 tanquam ali54 ,lorsque les citoy5s sont a9si dev5us trang]s leur propre pays1 il e/ ncessaire que les mon>ques les dirig5t et les reprs5t5t4 ,or comme dans les rpubliques1 un puissant ne se fraie le *em9 la mon>*ie1 qu'en se faisant un p>ti1 il e/ naturel qu'un mon>que g\v]ne d'une manire populaire4 ,d'abord il veut que t\s ses sujets soi5t gaux1 et il humilie les puissans de faon que les petits n'ai5t ri5 cra9dre de leur oppression4 ,ensuite il a intrt ce que la multitude n'ait po9t se pla9dre en ce qui t\*e la subsi/ance et la lib]t naturelle4 ,enf9 il accorde des privilges ou des ordres enti]s 7ce qu'on appelle des privilges de lib]t71 ou des individus d'un mrite extraord9aire qu'il tire de la f\le p\r les lev] aux honneurs civils4 ,ces privilges sont des lois d'intrt priv1 dictes p> l'quit naturelle4 ,aussi la mon>*ie e/-elle le g\v]nem5t le plus con=me la nature huma9e1 aux poques o la raison e/ le plus dveloppe4 4 ,,iii4 ,rfutation des pr9cipes de la politique de ,bod94 ,bod9 suppose que les g\v]nem5s1 d'abord mon>*iques1 ont pass p> la tyrannie la dmocratie et enf9 l'ari/ocratie4 ,quoique n\s lui ayons assez rpondu indirectem5t1 n\s v\lons1 ad exub]antiam1 le rfut] p> l'impossible et p> l'absurde4 ,il ne disconvi5t po9t que les familles n'ai5t t les lm5s dont se composr5t les cits4 ,mais d'un autre ct il p>tage le prjug vulgaire selon lequel les familles aurai5t t composes seulem5t des p>5s et des enfans et non en outre des s]viteurs1 famuli4 ,ma9t5ant n\s lui dem&ons comm5t la mon>*ie put sortir d'un tel tat de famille4 ,deux moy5s se prs5t5t seuls1 la =ce et la ruse4 ,la =ce8 ,comm5t un pre de famille p\vait-il s\mettre les autres8 ,on conoit que dans les dmocraties les citoy5s ai5t consacr la patrie et leur p]sonne et leur famille dont elle assurait la cons]vation1 et que p> l ils ai5t t apprivoiss la mon>*ie4 ,mais ne doit-on pas suppos] que1 dans la fi]t orig9aire d'une lib]t f>\*e1 les pres de famille aurai5t plutt pri t\s avec les leurs1 que de support] l'9galit8 ,quant la ruse1 elle e/ employe p> les dmagogues1 lorsqu'ils promett5t la multitude la lib]t1 la puissance ou la ri*esse4 ,aurait-on promis la lib]t aux premi]s pres de famille8 ils tai5t t\s non-seulem5t libres1 mais s\v]a9s dans leur dome/ique4444 ,la puissance8 des solitaires1 qui1 tels que le ,polyphme d',homre1 se t5ai5t dans leurs cav]nes avec leur famille1 sans se ml] des affaires d'autrui8 ,la ri*esse8 on ne savait ce que c'tait que ri*esses1 dans un tel tat de simplicit4--,la difficult devi5t plus gr&e encore1 lorsqu'on songe que dans la haute antiquit il n'y avait po9t de =t]esse1 et que les cits hroques =mes p> la runion des familles n'eur5t po9t de murs p5dant long-temps1 comme n\s le c]tifie ,?ucydide#hh4 ,mais elle e/ vraim5t insurmontable1 si l'on considre avec ,bod9 les familles comme composes seulem5t des fils4 ,dans cette hypo?se1 qu'on explique l'tablissem5t de la mon>*ie p> la =ce ou p> la ruse1 les fils aurai5t t les in/rum5s d'une ambition trangre1 et aurai5t trahi ou mis mort leurs propres pres2 en sorte que ces g\v]nem5s euss5t t mo9s des mon>*ies1 que des tyrannies impies et p>ricides4 ,note #hh3 ,la jal\sie ari/ocratique emp*ait qu'on en levt4 ,on sait que ,valrius ,publicola ne se ju/ifia du repro*e d'avoir con/ruit une maison dans un lieu lev1 qu'en la rasant en une nuit4--,les nations les plus belliqueuses et les plus f>\*es sont celles qui cons]vr5t le plus long-temps l'usage de ne po9t =tifi] les villes4 ,en ,allemagne1 ce fut1 dit-on1 ,h5ri-l',oiseleur qui le premi] runit dans des cits le peuple disp]s jusque-l dans les villages1 et qui ent\ra les villes de murs4--,qu'on dise aprs cela que les premi]s fondateurs des villes fur5t ceux qui m>qur5t p> un sillon le cont\r des murs2 qu'on juge si les tymologi/es ont raison de faire v5ir le mot porte1 port&o aratro1 de la *>rue qu'on portait p\r int]rompre le sillon l'endroit o devai5t tre les portes4 7,vico74 ,il faut donc que ,bod91 et t\s les politiques avec lui1 reconnaiss5t les mon>*ies dome/iques dont n\s avons pr\v l'exi/5ce dans l'tat de famille1 et convi5n5t que les familles se composr5t non-seulem5t des fils1 mais encore des s]viteurs 7famuli71 dont la condition tait une image imp>faite de celle des esclaves1 qui se fir5t dans les gu]res aprs la fondation des cits4 ,c'e/ dans ce s5s que l'on peut dire1 comme lui1 que les rpubliques se sont =mes d'hommes libres et d'un c>actre svre4 ,les premi]s citoy5s de ,bod9 ne peuv5t prs5t] ce c>actre4 ,si1 comme il le prt5d1 l'ari/ocratie e/ la d]nire =me p> laquelle pass5t les g\v]nem5s1 comm5t se fait-il qu'il ne n\s re/e du moy5 ge qu'un si petit nombre de rpubliques ari/ocratiques8 ,on compte en ,italie ,v5ise1 ,gnes et ,lucques1 ,raguse en ,dalmatie1 et ,nuremb]g en ,allemagne4 ,les autres rpubliques sont des tats populaires avec un g\v]nem5t ari/ocratique4 ,le mme ,bod9 qui veut con=mm5t son sy/me1 que la royaut roma9e ait t mon>*ique1 et qu' l'expulsion des tyrans la lib]t populaire ait t tablie ,rome1 ne voyant pas les faits rpondre ses pr9cipes1 dit d'abord que ,rome fut un tat populaire g\v]n p> une ari/ocratie2 plus lo91 va9cu p> la =ce de la vrit1 il av\e1 sans *]*] palli] son inconsqu5ce1 que la con/itution et le g\v]nem5t de ,rome tai5t galem5t ari/ocratiques4 ,l'erreur e/ v5ue de ce qu'on n'avait pas bi5 df9i les trois mots peuple1 royaut1 lib]t4#hi ,note #hi3 ,voyez livre ,,ii1 pag4 #bad4 ,,*apitre ,,vii4 ,,d]ni,,res ,,preuves ,l',,appui ,,de ,,nos ,,pr9cipes ,,sur ,,la ,,m>*e ,,des ,,soci,t,s4 4 ,i4 #a4 ,dans l'tat de famille les pe9es fur5t atroces4 ,c'e/ l'ge des ,cyclopes et du ,polyphme d',homre4 ,c'e/ alors qu',apollon cor*e t\t vivant le satyre ,m>syas4--,la mme b>b>ie cont9ua dans les rpubliques ari/ocratiques ou hroques4 ,au moy5 ge on disait pe9e ord9aire p\r pe9e de mort4 ,les lois de ,sp>te sont accuses de cruaut p> ,platon et p> ,ari/ote4 ,rome1 le va9queur des ,curiaces fut condamn tre battu de v]ges et atta* l'arbre de malheur 7arbori infelici74 ,mtius ,suffetius1 roi d',albe1 fut c>tel1 ,romulus lui-mme mis en pices p> les snateurs4 ,la loi des d\ze tables condamne tre brl vif celui qui met le feu la moisson de son vois92 elle ordonne que le faux tmo9 soit prcipit de la ,ro*e ,t>pi5ne2 enf9 que le dbiteur insolvable soit mis en qu>ti]s4--,les pe9es s'ad\ciss5t s\s la dmocratie4 ,la faiblesse mme de la multitude la r5d plus porte la compassion4 ,enf9 dans les mon>*ies1 les pr9ces s'honor5t du titre de clm5s4 #b4 ,dans les gu]res b>b>es des temps hroques1 les cits va9cues tai5t ru9es1 et leurs habitans1 rduits un tat de s]vage1 tai5t disp]ss p> tr\peaux dans les campagnes p\r les cultiv] au pr(it du peuple va9queur4 ,les dmocraties plus gnreuses n'tr5t aux va9cus que les droits politiques1 et leur laissr5t le libre usage du droit naturel 7jus naturale g5tium human>um1 ,ulpi574 ,a9si les conqutes s't5dant1 t\s les droits qui fur5t dsigns plus t>d comme rationes propri civium ,romanorum1 dev9r5t le privilge des citoy5s roma9s 7tels que le m>iage1 la puissance pat]nelle1 le doma9e quiritaire1 l'mancipation1 etc47 ,les nations va9cues avai5t aussi possd ces droits au temps de leur indp5dance4--,enf9 vi5t la mon>*ie1 et ,anton9 veut faire une seule ,rome de t\t le monde roma94 ,tel e/ le voeu des plus gr&s mon>ques#ij4 ,le droit naturel des nations1 appliqu et autoris dans les prov9ces p> les prteurs roma9s1 f9it1 avec le temps1 p> g\v]n] ,rome elle-mme4 ,a9si fut aboli le droit hroque que les ,roma9s avai5t eu sur les prov9ces2 les mon>ques veul5t que t\s les sujets soi5t gaux s\s leurs lois4 ,la jurisprud5ce roma9e1 qui dans les temps hroques n'avait eu p\r base que la loi des d\ze tables1 comm5a ds le temps de ,cicron#ia1 suivre dans la pratique l'dit du prteur4 ,enf91 depuis ,adri51 elle se rgla sur l'dit p]ptuel1 compos presqu'entirem5t des dits prov9ciaux p> ,salvius ,julianus4 ,note #ij3 ,alex&re-le-,gr& disait que le monde n'tait p\r lui qu'une cit1 dont la citadelle tait sa phalange4 7,vico74 ,note #ia3 ,de legibus4 #c4 ,les t]ritoires borns dans lesquels se ress]r5t les ari/ocraties p\r la facilit du g\v]nem5t1 sont t5dus p> l'esprit conqurant de la dmocratie2 puis vi5n5t les mon>*ies1 qui sont plus belles et plus magnifiques proportion de leur gr&eur4 #d4 ,du g\v]nem5t s\ponneux de l'ari/ocratie les peuples pass5t aux orages de la dmocratie1 p\r tr\v] le repos s\s la mon>*ie4 #e4 ,ils p>t5t de l'unit de la mon>*ie dome/ique1 p\r trav]s] les g\v]nem5s du plus petit nombre1 du plus gr& nombre1 et de t\s1 et retr\v] l'unit dans la mon>*ie civile4 4 ,,ii4 ,,corollaire4 ,que l'anci5 droit roma9 son premi] ge fut un pome srieux1 et l'anci5ne jurisprud5ce une posie svre1 dans laquelle on tr\ve la premire bau*e de la mtaphysique lgale4--,comm5t *ez les ,grecs la philosophie sortit de la lgislation4 ,il y a bi5 d'autres effets importans1 surt\t dans la jurisprud5ce roma9e1 dont on ne peut tr\v] la cause que dans nos pr9cipes1 et surt\t dans le #i;e axiome lorsque les hommes ne peuv5t atte9dre le vrai1 ils s'en ti5n5t au c]ta94 ,a9si les mancipations 7cap]e manu7 se fir5t d'abord v] manu1 c'e/--dire1 avec une =ce relle4 ,la =ce e/ un mot ab/rait1 la ma9 e/ *ose s5sible1 et *ez t\tes les nations elle a signifi la puissance#ib4 ,cette mancipation relle n'e/ autre que l'occupation1 s\rce naturelle de t\s les doma9es4 ,les ,roma9s cont9ur5t d'employ] ce mot p\r l'occupation d'une *ose p> la gu]re2 les esclaves fur5t appels mancipia1 le but9 et les conqutes fur5t p\r les ,roma9s res mancipi1 t&is qu'elles dev5ai5t p\r les va9cus res nec mancipi4 ,qu'on voie donc combi5 il e/ raisonnable de croire que la mancipation prit naissance dans les murs de la seule ville de ,rome1 comme un mode d'acqurir le doma9e civil usit dans les affaires prives des citoy5s6 ,note #ib3 ,de l les ,grec3 *eiro!siai et les ,grec3 *eirotoniai des ,grecs3 le premi] mot dsigne l'imposition des ma9s sur la tte du magi/rat qu'on allait lire2 le second les acclamations des lecteurs qui levai5t les ma9s4 7,vico74 ,il en fut de mme de la vritable usucapion1 autre manire d'acqurir le doma9e1 mot qui rpond capio cum v]o usu1 en pr5ant usus p\r possession4 ,d'abord on prit possession en c\vrant de son corps la *ose possde2 possessio fut dit p\r porro sessio4--,dans les rpubliques hroques qui selon ,ari/ote n'avai5t po9t de lois p\r r$ress] les torts p>ticuli]s1 n\s avons vu que les rev5dications s'ex]ai5t p> une =ce1 p> une viol5ce vritable4 ,ce fur5t l les premi]s duels1 ou gu]res prives4 ,les actions p]sonnelles 7condictiones7 dur5t tre les reprsailles prives1 qui au moy5 ge durr5t jusqu'au temps de ,b>?ole4 ,les moeurs dev5ant mo9s f>\*es avec le temps1 les viol5ces p>ticulires comm5ant tre rprimes p> les lois judiciaires1 enf9 la runion des =ces p>ticulires ayant =m la =ce publique1 les premi]s peuples1 p> un effet de l'in/9ct potique que leur avait donn la nature1 dur5t imit] cette =ce relle p> laquelle ils avai5t aup>avant df5du leurs droits4 ,au moy5 d'une fiction de ce g5re1 la mancipation naturelle dev9t la tradition civile sol5nelle1 qui se reprs5tait en simulant un noeud4 ,ils employr5t cette fiction dans les acta legitima qui consacrai5t t\s leurs rapports lgaux1 et qui devai5t tre les crmonies sol5nelles des peuples avant l'usage des langues vulgaires4 ,puis lorsqu'il y eut un langage articul1 les contractans s'assurr5t de la volont l'un de l'autre en joignant au noeud des p>oles sol5nelles qui exprimass5t d'une manire c]ta9e et prcise les /ipulations du contrat4 ,p> suite1 les conditions 7leges7 auxquelles se r5dai5t les villes1 tai5t exprimes p> des =mules analogues1 qui se sont appeles paces 7de pacio7 mot qui rpond celui de pactum4 ,il en e/ re/ un ve/ige rem>quable dans la =mule du trait p> lequel se r5dit ,collatie4 ,tel que ,tite-,live le rapporte1 c'e/ une vritable /ipulation 7contratto recettizio7 fait avec les int]rogations et les rponses sol5nelles2 aussi ceux qui se r5dai5t tai5t appels1 dans t\te la proprit du mot1 recepti2 et ego recipio1 dit le hraut roma9 aux dputs de ,collatie4 ,tant il e/ peu exact de dire que dans les temps hroques la /ipulation fut p>ticulire aux citoy5s roma9s6 ,on jug]a aussi si l'un a eu raison de croire jusqu'ici que ,t>qu9-l',anci5 prt5dit donn] aux nations dans la =mule dont n\s v5ons de p>l]1 un modle p\r les cas semblables4--,a9si le droit des g5s hroques du ,latium re/a grav dans ce titre de la loi des d\ze tables3 ,,si ,,quis ,,nexum ,,faciet ,,mancipiumque ,,uti ,,l+ua ,,nuncupassit ,,ita ,,jus ,,e/o4 ,c'e/ la gr&e s\rce de t\t l'anci5 droit roma91 et ceux qui ont rappro* les lois a?ni5nes de celle des d\ze tables1 convi5n5t que ce titre n'a pu tre import d',a?nes ,rome4 ,l'usucapion fut d'abord une prise de possession au moy5 du corps1 et fut c5se cont9u] p> la seule int5tion4 ,en mme temps on porta la mme fiction de l'emploi de la =ce dans les rev5dications1 et les reprsailles hroques se trans=mr5t en actions p]sonnelles2 on cons]va l'usage de les dnonc] sol5nellem5t aux dbiteurs4 ,il tait impossible que l'enfance de l'humanit suivit une m>*e diffr5te2 on a rem>qu dans un axiome que les enfans ont au plus haut degr la facult d'imit] le vrai dans les *oses qui ne sont po9t au-dessus de leur porte2 c'e/ en quoi consi/e la posie1 laquelle n'e/ qu'imitation4 ,p> un effet du mme esprit1 t\tes les p]sonnes qui p>aissai5t au =um1 tai5t di/+ues p> des masques ou emblmes p>ticuli]s 7p]son74 ,ces emblmes propres aux familles tai5t1 si je puis le dire1 des noms rels1 antrieurs l'usage des langues vulgaires4 ,le signe di/9ctif du pre de famille dsignait collectivem5t t\s ses enfans1 t\s ses esclaves4 ,aux exemples dj cits 7page #aha71 joignons les prodigieux exploits des palad9s franais1 et surt\t de ,rol&1 qui sont ceux d'une arme plutt que ceux d'un individu2 ces palad9s tai5t des s\v]a9s1 comme le sont encore les palat9s d',allemagne4 ,ceci drive des pr9cipes de notre potique4 ,les fondateurs du droit roma9 ne p\vant s'lev] encore p> l'ab/raction aux ides gnrales1 crr5t p\r y suppler des c>actres potiques1 p> lesquels ils dsignai5t les g5res4 ,de mme que les potes guids p> leur art portr5t les p]sonnages et les masques sur le ?tre1 les fondateurs du droit1 conduits p> la nature1 avai5t dans des temps plus anci5s1 port sur le =um les p]sonnes 7p]sonas7 et les emblmes#ic4--;,incapables de se crer p> l'intellig5ce des =mes ab/raites1 ils en imag9r5t de corporelles1 et les supposr5t animes d'aprs leur propre nature4 ,ils ralisr5t dans leur imag9ation l'hrdit1 h]$itas1 comme s\v]a9e des hritages1 et ils la placr5t t\t entire dans *acun des effets dont ils se composai5t2 a9si qu& ils prs5tai5t aux juges une motte de t]re dans l'acte de la rev5dication1 ils disai5t hunc fundum1 etc4 ,a9si ils s5tir5t imp>faitem5t1 s'ils ne pur5t le compr5dre1 que les droits sont indivisibles4 ,les hommes tant alors naturellem5t potes1 la premire jurisprud5ce fut t\te potique2 p> une suite de fictions1 elle supposait que ce qui n'tait pas fait l'tait dj1 que ce qui tait n1 tait natre1 que le mort tait vivant1 et vice v]s4 ,elle introduisait une f\le de dguisem5s1 de voiles qui ne c\vrai5t ri51 jura imag9>ia2 de droits traduits en fable p> l'imag9ation4 ,elle faisait consi/] t\t son mrite tr\v] des fables assez heureusem5t imag9es p\r sauv] la gravit de la loi1 et appliqu] le droit au fait4 ,t\tes les fictions de l'anci5ne jurisprud5ce fur5t donc des vrits s\s le masque1 et les =mules dans lesquelles s'exprimai5t les lois1 fur5t appeles c>m9a1 cause de la mesure prcise de leurs p>oles auxquelles on ne p\vait ni aj\t]1 ni retran*]#id4 ,a9si t\t l'anci5 droit roma9 fut un pome srieux que les ,roma9s reprs5tai5t sur le =um1 et l'anci5ne jurisprud5ce fut une posie svre4 ,dans l'introduction des ,in/itutes1 ,ju/9i5 p>le des fables du droit antique1 antiqui juris fabulas2 son b e/ de les t\rn] en ridicule1 mais il doit avoir emprunt ce mot quelqu'anci5 jurisconsulte qui aura compris ce que n\s exposons ici4 ,c'e/ ces fables antiques que la jurisprud5ce roma9e rapporte ses premi]s pr9cipes4 ,de ces p]son1 de ces masques qu'employai5t les fables dramatiques si vraies et si svres du droit1 driv5t les premires orig9es de la doctr9e du droit p]sonnel4 ,note #ic3 ,la quantit pr\ve que p]sona ne vi5t po9t1 comme on le prt5d1 de p]son>e4 7,vico74 ,note #id3 ,tite-,live dit en p>lant de la s5t5ce prononce contre ,horace3 ,lex horr5di c>m9is erat4--,dans l',as9>ia de ,plaute1 ,diabolus dit que le p>asite e/ un gr& pote1 p>ce qu'il sait mieux que t\t autre tr\v] ces subtilits v]bales qui c>actrisai5t les =mules1 ou c>m9a4 7,vico74 ,lorsque v9r5t les ges de civilisation avec les g\v]nem5s populaires1 l'intellig5ce s'veilla dans ces gr&es assembles#ie4 ,les droits ab/raits et gnraux fur5t dits consi/]e 9 intellectu juris4 ,l'intellig5ce consi/e ici compr5dre l'int5tion que le lgislateur a exprime dans la loi1 int5tion que dsigne le mot jus4 ,en effet cette int5tion fut celle des citoy5s qui s'accordai5t dans la conception d'un intrt raisonnable qui leur ft commun t\s4 ,ils dur5t compr5dre que cet intrt tait spirituel de sa nature1 puisque t\s les droits qui ne s'ex]c5t po9t sur des *oses corporelles1 nuda jura1 fur5t dits p> eux 9 intellectu juris consi/]e4 ,puis donc que les droits sont des modes de la sub/ance spirituelle1 ils sont indivisibles1 et p> consqu5t t]nels2 c> la corruption n'e/ autre *ose que la division des p>ties4 ,les int]prtes du droit roma9 ont fait consi/] t\te la gloire de la mtaphysique lgale dans l'exam5 de l'indivisibilit des droits en traitant la fameuse matire de dividuis et individuis4 ,mais ils n'ont po9t considr l'autre c>actre des droits1 non mo9s important que le premi]1 leur t]nit4 ,il aurait d p\rtant les frapp] dans ces deux rgles qu'ils tabliss5t #a cessante f9e legis1 cessat lex2 ils ne dis5t po9t cessante ratione2 en effet le b1 la f9 de la loi1 c'e/ l'intrt des causes trait avec galit2 cette f9 peut *ang]1 mais la raison de la loi tant une con=mit de la loi au fait ent\r de telles circon/ances1 t\tes les fois que les mmes circon/ances se reprs5t5t1 la raison de la loi les dom9e1 vivante1 imprissable2 #b tempus non e/ modus con/itu5di1 vel dissolv5di juris2 en effet le temps ne peut comm5c] ni f9ir ce qui e/ t]nel4 ,dans les usucapions1 dans les prescriptions1 le temps ne f9it po9t les droits1 pas plus qu'il ne les a produits1 il pr\ve seulem5t que celui qui les avait a v\lu s'en dp\ill]4 ,quoiqu'on dise que l'usufruit pr5d f91 il ne faut pas croire que le droit f9isse p\r cela1 il ne fait que se dgag] d'une s]vitude p\r ret\rn] sa lib]t premire4--,de l n\s tir]ons deux corollaires de la plus haute importance4 ,premirem5t les droits tant t]nels dans l'intellig5ce1 autrem5t dit dans leur idal1 et les hommes exi/ant dans le temps1 les droits ne peuv5t v5ir aux hommes que de ,dieu4 ,en second lieu1 t\s les droits qui ont t1 qui sont ou s]ont1 dans leur nombre1 dans leur v>it inf9is1 sont les modifications div]ses de la puissance du premi] homme1 et du doma9e1 du droit de proprit1 qu'il eut sur t\te la t]re4 ,note #ie3 ,s'il e/ c]ta9 qu'il y eut des lois avant qu'il exi/t des philosophes1 on doit en infr] que le spectacle des citoy5s d',a?nes s'unissant p> l'acte de la lgislation dans l'ide d'un intrt gal qui ft commun t\s1 aida ,socrate =m] les g5res intelligibles1 ou les univ]saux ab/raits1 au moy5 de l'induction1 opration de l'esprit qui recueille les p>ticul>its uni=mes capables de compos] un g5re s\s le rapport de leur uni=mit4 ,ensuite ,platon rem>qua que1 dans ces assembles1 les esprits des individus1 passionns *acun p\r son intrt1 se runissai5t dans l'ide non passionne de l'utilit commune4 ,on l'a dit s\v5t1 les hommes1 pris sp>m5t1 sont conduits p> l'intrt p]sonnel2 pris en masse1 ils veul5t la ju/ice4 ,c'e/ a9si qu'il en v9t mdit] les ides intelligibles et p>faites des esprits 7ides di/9ctes de ces esprits1 et qui ne peuv5t se tr\v] qu'en ,dieu mme71 et s'leva jusqu' la conception du hros de la philosophie1 qui comm&e avec plaisir aux passions4 ,a9si fut prp>e la df9ition vraim5t div9e qu',ari/ote n\s a laisse de la loi3 ,volont libre de passion2 ce qui e/ le c>actre de la volont hroque4 ,ari/ote comprit la ju/ice1 re9e des v]tus1 qui habite dans le coeur du hros1 p>ce qu'il avait vu la ju/ice lgale1 qui habite dans l'me du lgislateur et de l'homme d'tat1 comm&] la prud5ce dans le snat1 au c\rage dans les armes1 la temprance dans les ftes1 la ju/ice p>ticulire1 tantt commutative1 comme au =um1 tantt di/ributive1 comme au trsor public1 r>ium o les impts rp>tis quitablem5t donn5t des droits proportionnels aux honneurs4 ,d'o il rsulte que c'e/ de la place d',a?nes que sortir5t les pr9cipes de la mtaphysique1 de la logique et de la morale4 ,la lib]t fit la lgislation1 et de la lgislation sortit la philosophie4 ,t\t ceci e/ une n\velle rfutation du mot de ,polybe que n\s avons dj cit 7,si les hommes tai5t philosophes1 il n'y aurait plus beso9 de religion74 ,sans religion po9t de socit1 sans socit po9t de philosophes4 ,si la ,provid5ce n'et a9si conduit les *oses huma9es1 on n'aurait pas eu la mo9dre ide ni de sci5ce ni de v]tu4 7,vico74 ,s\s les g\v]nem5s ari/ocratiques1 la cause 7c'e/--dire la =me extrieure7 des obligations consi/ait dans une =mule o l'on *]*ait une g>antie dans la prcision des p>oles et la proprit des t]mes#if4 ,mais dans les temps civiliss o se =mr5t les dmocraties et ensuite les mon>*ies1 la cause du contrat fut prise p\r la volont des p>ties et p\r le contrat mme4 ,auj\rd'hui c'e/ la volont qui r5d le pacte obligatoire1 et p> cela seul qu'on a v\lu contract]1 la conv5tion produit une action4 ,dans les cas o il s'agit de transfr] la proprit1 c'e/ cette mme volont qui valide la tradition naturelle et opre l'alination2 ce ne fut que dans les contrats v]baux1 comme la /ipulation1 que la g>antie du contrat cons]va le nom de cause pris dans son anci5ne acception4 ,ceci jette un n\veau j\r sur les pr9cipes des obligations qui naiss5t des pactes et contrats1 tels que n\s les avons tablis plus haut4 ,note #if3 ,a cav5do1 caviss2 puis1 p> contraction1 causs4 7,vico74 ,concluons3 l'homme n'tant proprem5t qu'intellig5ce1 corps et langage1 et le langage tant comme l'int]mdiaire des deux sub/ances qui con/itu5t sa nature1 le ,,c]ta9 en matire de ju/ice fut dt]m9 p> des actes du corps dans les temps qui prcdr5t l'inv5tion du langage articul4 ,aprs cette inv5tion1 il le fut p> des =mules v]bales4 ,enf9 la raison huma9e ayant pris t\t son dveloppem5t1 le c]ta9 alla se confondre avec le ,,vrai des ides relatives la ju/ice1 lesquelles fur5t dt]m9es p> la raison d'aprs les circon/ances les plus p>ticulires des faits2 =mule t]nelle qui n'e/ sujette aucune =me p>ticulire1 mais qui claire t\tes les =mes div]ses des faits1 comme la lumire qui n'a po9t de figure1 n\s montre celle des corps opaques dans les mo9dres p>ties de leur sup]ficie4 ,c'e/ elle que le docte ,v>ron appelait la ,,=mule ,,de ,,la ,,nature4 ,,livre ,,c9qui,,me4 ,,ret\r ,,des ,m,,mes ,r,,volutions ,,lorsque ,,les ,,soci,t,s ,d,,truites ,,se ,,rel,,v5t ,,de ,,leurs ,,ru9es4 ,,argum5t4 ,la plup>t des preuves hi/oriques donnes jusqu'ici p> l'auteur l'appui de ses pr9cipes1 tant empruntes l'antiquit1 la ,sci5ce n\velle ne mrit]ait pas le nom d'hi/oire t]nelle de l'humanit1 si l'auteur ne montrait que les c>actres obs]vs dans les temps antiques se sont reproduits1 en gr&e p>tie1 dans ceux du moy5 ge4 ,il suit dans ces rappro*em5s sa division des ges div91 hroque et huma94 ,il conclut en dmontrant que c'e/ la ,provid5ce qui conduit les *oses huma9es1 puisque dans t\t g\v]nem5t ce sont les meilleurs qui ont dom94 7,il pr5d le mot meilleurs dans un s5s trs gnral47 ,*apitre ,i4 ,,objet ,,de ,,ce ,,livre4--,,ret\r ,,de ,l',,ge ,,div94--,p\rquoi ,dieu p]mit qu'un ordre de *oses analogue celui de l'antiquit rep>t au moy5 ge4 ,ignorance de l'criture2 c>actre religieux des gu]res et des jugem5s1 asiles1 etc4 ,*apitre ,,ii4 ,,comm5t ,,les ,,nations ,,p>c\r5t ,,de ,,n\veau ,,la ,,c>ri,,re ,,qu',,elles ,,ont ,,f\rnie ,,con=m,,m5t ,a ,,la ,,nature ,,t]nelle ,,des ,,fiefs4 ,,que ,l',,anci5 ,,droit ,,politique ,,des ,,roma9s ,,se ,,r5\vela ,,dans ,,le ,,droit ,f,,odal4 7,,ret\r ,,de ,l',,ge ,h,,ro,,que47--,comp>aison des vassaux du moy5 ge avec les cli5s de l'antiquit1 des p>lem5s avec les comices4 ,rem>ques sur les mots hommage1 b>on1 sur les prcaires1 sur la recomm&ation p]sonnelle1 et sur les alleux4 ,*apitre ,,iii4 ,,c\p-,d',,oeil ,,sur ,,le ,,monde ,,politique1 ,,anci5 ,,et ,,mod]ne1 considr relativem5t au b de la ,sci5ce n\velle4 7,,ge ,,huma947--,rome1 n'tant arrte p> aucun ob/acle extrieur1 a f\rni t\te la c>rire politique que suiv5t les nations1 passant de l'ari/ocratie la dmocratie1 et de la dmocratie la mon>*ie4--,con=mm5t aux pr9cipes de la ,sci5ce n\velle1 on tr\ve auj\rd'hui dans le monde beauc\p de mon>*ies1 quelques dmocraties1 presque plus d'ari/ocraties4 ,*apitre ,,iv4 ,,conclusion4 ,d',,une ,r,,publique ,,t]nelle ,,fond,e ,,dans ,,la ,,nature ,,p> ,,la ,,provid5ce ,,div9e1 ,,et ,,qui ,,e/ ,,la ,,meilleure ,,possible ,,dans ,,*acune ,,de ,,ses ,,=mes ,,div]ses4--,c'e/ le rsum de t\t le sy/me1 et son explication morale et religieuse4 ,,livre ,,c9qui,,me4 ,,ret\r ,,des ,m,,mes ,r,,volutions ,,lorsque ,,les ,,soci,t,s ,d,,truites ,,se ,,rel,,v5t ,,de ,,leurs ,,ru9es4 ,,*apitre ,i4 ,,objet ,,de ,,ce ,,livre4--,,ret\r ,,de ,l',,ge ,,div94 ,d'aprs les rapports innombrables que n\s avons indiqus dans cet ouvrage entre les temps b>b>es de l'antiquit et ceux du moy5 ge1 on a pu sans pe9e en rem>qu] la m]veilleuse correspondance1 et saisir les lois qui rgiss5t les socits1 lorsque sortant de leurs ru9es elles recomm5c5t une vie n\velle4 ,nanmo9s n\s consacr]ons ce sujet un livre p>ticuli]1 af9 d'clair] les temps de la b>b>ie mod]ne1 qui tai5t re/s plus obscurs que ceux de la b>b>ie antique1 appels eux-mmes obscurs p> le docte ,v>ron dans sa division des temps4 ,n\s montr]ons en mme temps comm5t le ,t\t-,puissant a fait s]vir les conseils de sa ,provid5ce1 qui dirigeai5t la m>*e des socits1 aux dcrets ineffables de sa grce4 ,lorsqu'il eut p> des voies surnaturelles clair et aff]mi la vrit du *ri/ianisme1 contre la puissance roma9e p> la v]tu des m>tyrs1 contre la va9e sagesse des ,grecs p> la doctr9e des ,pres et p> les miracles des ,sa9ts1 alors s'levr5t des nations armes1 au nord les b>b>es ,ari5s1 au midi les ,s>ras9s mahomtans1 qui attaquai5t de t\tes p>ts la div9it de ,jsus-,*ri/4 ,af9 d'tablir cette vrit d'une manire 9branlable selon le c\rs naturel des *oses huma9es1 ,dieu p]mit qu'un n\vel ordre de *oses naqut p>mi les nations4 ,dans ce conseil t]nel1 il ram5a les moeurs du premi] ge qui mritr5t mieux alors le nom de div9es4 ,p>t\t les rois ca?oliques1 protecteurs de la religion1 revtai5t les habits de diacres et consacrai5t ,dieu leurs p]sonnes royales#ig4 ,ils avai5t des dignits ecclsia/iques3 ,hugues ,capet s'intitulait comte et abb de ,p>is1 et les annales de ,b\rgogne rem>qu5t en gnral que dans les actes anci5s les pr9ces de ,france pr5ai5t s\v5t les titres de ducs et abbs1 de comtes et abbs4--,les premi]s rois *rti5s fondr5t des ordres religieux et militaires p\r combattre les infidles4--,alors rev9r5t avec plus de vrit le pura et pia bella des peuples hroques4 ,les rois mir5t la croix sur leurs bannires1 et ma9t5ant encore ils plac5t sur leurs c\ronnes un globe surmont d'une croix4--,*ez les anci5s1 le hraut qui dcl>ait la gu]re1 invitait les dieux quitt] la cit ennemie 7evocabat deos74 ,de mme au moy5 ge1 on *]*ait t\j\rs enlev] les reliques des cits assiges4 ,aussi les peuples mettai5t-ils leurs so9s les ca*]1 les enf\ir s\s t]re2 on voit dans t\tes les glises que le lieu o on les cons]ve e/ le plus recul1 le plus secret4 ,note #ig3 ,ils en ont cons]v le titre de sacre maje/4 7,vico74 p>tir du comm5cem5t du c9quime sicle1 o les b>b>es inondr5t le monde roma91 les va9queurs ne s'ent5d5t plus avec les va9cus4 ,dans cet ge de f]1 on ne tr\ve d'criture en langue vulgaire ni *ez les ,itali5s1 ni *ez les ,franais1 ni *ez les ,espagnols4 ,quant aux ,allem&s1 ils ne comm5c5t crire d'actes dans leur langue qu'au temps de ,frdric de ,s\abe1 et1 selon quelques-uns1 seulem5t s\s ,rodolphe de ,habsb\rg4 ,*ez t\tes ces nations on ne tr\ve ri5 d'crit qu'en lat9 b>b>e1 langue qu'ent5dai5t seuls un bi5 petit nombre de nobles qui tai5t ecclsia/iques4 ,faute de c>actres vulgaires1 les hiroglyphes des anci5s rep>ur5t dans les emblmes1 dans les armoiries4 ,ces signes s]vai5t assur] les proprits1 et le plus s\v5t indiquai5t les droits seigneuriaux sur les maisons et sur les tombeaux1 sur les tr\peaux et sur les t]res4 ,c]ta9es espces de jugem5s div9s rep>ur5t s\s le nom de purgations canoniques2 les duels fur5t une espce de ces jugem5s1 quoique non autoriss p> les canons4 ,on revit aussi les brig&ages hroques4 ,les anci5s hros avai5t t5u honneur d'tre appels brig&s2 le nom de corsale fut un titre de seigneurie4 ,les reprsailles de l'antiquit1 la duret des s]vitudes hroques se r5\velr5t1 et dur5t encore entre les infidles et les *rti5s4 ,la victoire passant p\r le jugem5t du ciel1 les va9queurs croyai5t que les va9cus n'avai5t po9t de ,dieu1 et les traitai5t comme de vils animaux4 ,un rapport plus m]veilleux encore entre l'antiquit et le moy5 ge1 c'e/ que l'on vit se r\vrir les asiles1 qui1 selon ,tite-,live1 avai5t t l'orig9e de t\tes les premires cits4 ,p>t\t avai5t recomm5c les viol5ces1 les rap9es1 les meurtres1 et comme la religion e/ le seul moy5 de cont5ir des hommes affran*is du j\g des lois huma9es 7axiome #ca71 les hommes mo9s b>b>es qui craignai5t l'oppression se rfugiai5t *ez les vques1 *ez les abbs1 et se mettai5t s\s leur protection1 eux1 leur famille et leurs bi5s2 c'e/ le beso9 de cette protection qui motive la plup>t des con/itutions de fiefs4 ,aussi dans l',allemagne1 pays qui fut au moy5 ge le plus b>b>e de t\te l',europe1 il e/ re/1 p\r a9si dire1 plus de s\v]a9s ecclsia/iques que de sculi]s4--,de l le nombre prodigieux de cits et de =t]esses qui port5t des noms de sa9ts4--,dans des lieux difficiles ou c>ts1 l'on ouvrait de petites *apelles o se clbrait la messe1 et s'accomplissai5t les autres devoirs de la religion4 ,on peut dire que ces *apelles fur5t les asiles naturels des *rti5s2 les fidles levai5t aut\r leurs habitations4 ,les monum5s les plus anci5s qui n\s re/5t du moy5 ge1 sont des *apelles situes a9si1 et le plus s\v5t ru9es4 ,n\s en avons *ez n\s un illu/re exemple dans l'abbaye de ,sa9t-,laur5t d',av]se1 laquelle fut incorpore l'abbaye de ,sa9t-,laur5t de ,cap\e4 ,dans la ,campanie1 le ,samnium1 l',appulie et dans l'anci5ne ,calabre1 du ,vulture au golfe de ,t>5te1 elle g\v]na c5t dix glises1 soit immdiatem5t1 soit p> des abbs ou mo9es qui en tai5t dp5dans1 et dans presque t\s ces lieux les abbs de ,sa9t-,laur5t tai5t en mme temps les b>ons4 ,,*apitre ,,ii4 ,,comm5t ,,les ,,nations ,,p>c\r5t ,,de ,,n\veau ,,la ,,c>ri,,re ,,qu',,elles ,,ont ,,f\rnie1 ,,con=m,,m5t ,,la ,,nature ,,t]nelle ,,des ,,fiefs4 ,,que ,l',,anci5 ,,droit ,,politique ,,des ,,roma9s ,,se ,,r5\vela ,,dans ,,le ,,droit ,f,,odal4 7,,ret\r ,,de ,l',,ge ,h,,ro,,que47 l'ge div9 ou ?ocratique dont n\s v5ons de p>l]1 succda l'ge hroque avec la mme di/9ction de natures qui avait c>actris dans l'antiquit les hros et les hommes4 ,c'e/ ce qui explique p\rquoi les vassaux roturi]s s'appell5t hom9es dans la langue du droit fodal4 ,d'hom9es v9r5t hom9ium et homagium4 ,le premi] e/ p\r hom9is dom9ium1 le doma9e du seigneur sur la p]sonne du vassal2 homagium e/ p\r hom9is agium1 le droit qu'a le seigneur de m5] le vassal o il veut4 ,les feudi/es traduis5t lgamm5t le mot b>b>e homagium p> obsequium1 qui dans le pr9cipe dut avoir le mme s5s en lat94 ,*ez les anci5s ,roma9s1 l'obsequium tait insp>able de ce qu'ils appelai5t op]a milit>is1 et de ce que nos feudi/es appell5t milit>e s]vitium2 long-temps les plbi5s roma9s s]vir5t leurs dp5s les nobles la gu]re4 ,cet obsequium avec les *>ges qui en tai5t la suite1 fut v]s la f9 la condition des affran*is1 lib]ti1 qui re/ai5t l'g>d de leur patron dans une sorte de dp5dance2 mais il avait comm5c avec ,rome mme1 puisque l'in/itution fondam5tale de cette cit fut le patronage1 c'e/--dire1 la protection des malheureux qui s'tai5t rfugis dans l'asile de ,romulus1 et qui cultivai5t1 comme j\rnali]s1 les t]res des patrici5s4 ,n\s avons dj rem>qu que dans l'hi/oire anci5ne1 le mot cli5tela ne peut mieux se traduire que p> celui de fiefs4 ,l'orig9e du mot op]a n\s pr\ve la vrit de ces pr9cipes4 ,op]a dans sa signification primitive e/ le travail d'un paysan p5dant un j\r4 ,les ,lat9s appell5t op]>ius ce que n\s ent5dons p> j\rnali]4--,on disait *ez les ,lat9s greges op]>um1 comme greges s]vorum1 p>ce que de tels ouvri]s1 a9si que les esclaves des temps plus rc5s tai5t reg>ds comme les btes de somme que l'on disait pasci gregatim4 ,p> analogie on appelait les hros pa/eurs2 ,homre ne manque jamais de leur donn] l'pi?te de pa/eurs des peuples4 ,grec3 ,nomos1 nomos1 signifi5t loi et pturage4 ,l'obsequium des affran*is1 ayant peu--peu disp>u1 et la puissance des patrons ou seigneurs s'tant en quelque sorte disp]se dans les gu]res civiles1 o les puissans devi5n5t dp5dans des peuples1 cette puissance se runit sans pe9e dans la p]sonne des mon>ques1 et il ne re/a plus que l'obsequium pr9cipis1 dans lequel1 selon ,tacite1 consi/e t\t le devoir des sujets d'une mon>*ie4 ,p> opposition leurs vassaux ou hom9es1 les seigneurs des fiefs fur5t appels b>ons dans le s5s o les ,grecs pr5ai5t hros1 et les anci5s ,lat9s viri2 les ,espagnols dis5t encore b>on p\r signifi] le vir des ,lat9s4 ,cette dnom9ation d'hommes1 leur fut donne sans d\te p> opposition la faiblesse des vassaux1 faiblesse dont l'ide tait dans les temps hroques jo9te celle du sexe fm994 ,les b>ons fur5t appels seigneurs1 du lat9 s5iores4 ,les anci5s p>lem5s du moy5 ge dur5t se compos] des seigneurs1 prcism5t comme le snat de ,rome avait t compos p> ,romulus des nobles les plus gs4 ,de ces patres1 on dut appel] patroni ceux qui affran*issai5t des esclaves1 de mme que *ez n\s patron signifie protecteur dans le s5s le plus lgant et le plus con=me l'tymologie4 cette expression rpond celle de cli5tes dans le s5s de vassaux roturi]s1 tels que pur5t tre les cli5s1 lorsque ,s]vius ,tullius p> l'in/itution du c5s1 leur p]mit de t5ir des t]res en fiefs4 7,voy4 la pag4 suivante47 ,les fiefs roturi]s du moy5 ge1 d'abord p]sonnels reprs5tr5t les cli5tles de l'antiquit4 ,au temps o brillait de t\t son clat la lib]t populaire de ,rome1 les plbi5s vtus de toges allai5t t\s les mat9s faire leur c\r aux gr&s4 ,ils les saluai5t du titre des anci5s hros1 ave rex1 les m5ai5t au =um1 et les ram5ai5t le soir la maison4 ,les gr&s1 con=mm5t l'anci5 titre hroque de pa/eurs des peuples1 leur donnai5t s\p]4 ,ceux qui tai5t s\mis cette sorte de vasselage p]sonnel1 fur5t sans d\te *ez les anci5s ,roma9s les premi]s vades1 nom qui re/a ceux qui tai5t obligs de suivre leurs actores devant les tribunaux2 cette obligation s'appelait vadimonium4 ,en appliquant nos pr9cipes aux tymologies lat9es1 n\s tr\vons que ce mot dut v5ir du nom9atif vas1 *ez les ,grecs ,grec3 ,bas1 et *ez les b>b>es 01 d'o wassus1 et enf9 vassalus4 la suite des fiefs roturi]s p]sonnels1 v9r5t les rels4 ,n\s les avons vu comm5c] *ez les ,roma9s avec l'in/itution du c5s4 ,les plbi5s qui reur5t alors le doma9e bonitaire des *amps que les nobles leur avai5t assigns1 et qui fur5t ds-lors sujets des *>ges non-seulem5t p]sonnelles1 mais relles1 dur5t tre dsigns les premi]s p> le nom de mancipes1 lequel re/a ensuite ceux qui sont obligs sur bi5s immeubles env]s le trsor public4 ,ces plbi5s qui fur5t a9si lis1 nexi1 jusqu' la loi ,petilia1 rpond5t prcism5t aux vassaux que l'on nommait hommes liges1 ligati4 ,l'homme lige e/1 selon la df9ition des feudi/es1 celui qui doit reconnatre p\r amis et p\r ennemis t\s les amis et ennemis de son seigneur4 ,cette =me de s]m5t e/ analogue celle que les anci5s vassaux g]ma9s prtai5t leur *ef1 au rapport de ,tacite2 ils jurai5t de se dv\] sa gloire4 ,les rois va9cus auxquels le peuple roma9 regna dono dabat 7ce qui quivaut b5eficio dabat71 p\vai5t tre considrs comme ses hommes liges2 s'ils dev5ai5t ses allis1 c'tait de cette sorte d'alliance que les ,lat9s appelai5t fo$us 9quale4 ,ils tai5t amis du peuple roma9 dans le s5s o les ,emp]eurs donnai5t le nom d'amis aux nobles qui composai5t leur c\r4 ,cette alliance 9gale n'tait autre *ose que l'inve/iture d'un fief s\v]a94 ,cette inve/iture tait donne avec la =mule que n\s a laisse ,tite-,live1 savoir1 que le roi alli s]v>et maje/atem populi ,romani2 prcism5t de la mme manire que le jurisconsulte ,paulus dit que le prteur r5d la ju/ice s]vat maje/ate populi ,romani4 ,a9si ces allis tai5t seigneurs de fiefs s\v]a9s s\mis une plus haute s\v]a9et4 ,on vit rep>atre les cli5tles des ,roma9s s\s le nom de recomm&ation p]sonnelle4--,les c5s seigneuriaux n'tai5t pas sans analogie avec le c5s in/itu p> ,s]vius ,tullius1 puisqu'en v]tu de cette d]nire in/itution les plbi5s fur5t long-temps assujettis s]vir les nobles dans la gu]re leurs propres dp5s1 comme dans les temps mod]nes les vassaux appels ang>ii et p]ang>ii4--,les prcaires du moy5 ge tai5t encore r5\vels de l'antiquit4 ,c'tait dans l'orig9e des t]res accordes p> les seigneurs aux prires des pauvres qui vivai5t du produit de la culture4--7,voy4 aussi pag4 #ahc47 ,n\s avons dit que ceux qui p> l'in/itution du c5s obt9r5t le doma9e bonitaire des *amps qu'ils cultivai5t1 fur5t les premi]s mancipes des ,roma9s4 ,la mancipation rev9t au moy5 ge2 le vassal mettait ses ma9s entre celles du seigneur p\r lui jur] foi et obissance4 ,dans l'acte de la mancipation les /ipulations se reprs5tr5t s\s la =me des infe/ucations ou inve/itures1 ce qui tait la mme *ose4 ,avec les /ipulations rev9t ce qui dans l'anci5ne jurisprud5ce roma9e avait t appel proprem5t caviss1 p> contraction causs2 au moy5 ge1 on tira de la mme tymologie le mot cautel4 ,avec ces cautel rep>ur5t dans l'acte de la mancipation1 les pactes que les jurisconsultes roma9s appelai5t /ipulata1 de /ipula1 la paille qui revt le gra92 c'e/ dans le mme s5s que les docteurs du moy5 ge dir5t d'aprs les inve/itures ou infe/ucations1 pacta ve/ita1 et pacta nuda4--,on retr\ve encore au moy5 ge les deux sortes de doma9es1 direct et utile1 qui rpond5t au doma9e quiritaire1 et bonitaire des anci5s ,roma9s4 ,on y retr\ve aussi les bi5s ex jure optimo que les feudi/es rudits df9iss5t de la manire suivante3 bi5s allodiaux1 libres de t\te *>ge publique et prive4 ,cicron rem>que que de son temps il re/ait ,rome bi5 peu de *oses qui fuss5t ex jure optimo2 et dans les lois roma9es du d]ni] ge1 il ne re/e plus de connaissance des bi5s de ce g5re4 ,de mme il e/ impossible ma9t5ant de tr\v] de p>eils alleux4 ,les bi5s ex jure optimo des ,roma9s1 les alleux du moy5 ge1 ont f9i galem5t p> tre des bi5s immeubles libres de t\te *>ge prive1 mais sujets aux *>ges publiques4 ,dans les premi]s p>lem5s1 dans les c\rs armes1 composes de b>ons1 de pairs1 on revoit les assembles hroques1 o les quirites de ,rome p>aissai5t en armes4 ,l'hi/oire de ,france n\s raconte que dans l'orig9e les rois tai5t les *efs du p>lem5t1 et qu'ils commettai5t des pairs au jugem5t des causes4 ,n\s voyons de mme *ez les ,roma9s qu'au premi] jugem5t o1 selon ,cicron1 il s'agit de la vie d'un citoy51 le roi ,tullus ,ho/ilius nomma des commissaires ou duumvirs p\r jug] ,horace4 ,ils devai5t employ] contre le fratricide la =mule que cite ,tite-,live1 9 ,horatium p]duellionem dic]5t4 ,c'e/ que dans la svrit des temps hroques o la cit se composait des seuls hros1 t\t meurtre de citoy5 tait un acte d'ho/ilit contre la patrie1 p]duellio4 ,t\t meurtre tait appel p>ricidium1 meurtre d'un pre1 c'e/--dire1 d'un noble4 ,mais lorsque les plbi5s1 les hommes dans la langue fodale1 comm5cr5t faire p>tie de la cit1 le meurtre de t\t homme fut appel homicide4 ,lorsque les univ]sits d',italie comm5cr5t enseign] les lois roma9es d'aprs les livres de ,ju/9i51 qui les prs5te d'une manire con=me au droit naturel des peuples civiliss1 les esprits dj plus ouv]ts s'atta*r5t aux rgles de l'quit naturelle dans l'tude de la jurisprud5ce1 cette quit gale les nobles et les plbi5s dans la socit1 comme ils sont gaux dans la nature4 ,depuis que ,tibrius ,coruncanius eut comm5c ,rome d'enseign] publiquem5t la sci5ce des lois1 la jurisprud5ce jusqu'alors secrte *appa aux nobles1 et leur puissance s'en tr\va peu--peu affaiblie4 ,la mme *ose arriva aux nobles des n\veaux royaumes de l',europe dont les g\v]nem5s avai5t t d'abord ari/ocratiques1 et qui dev9r5t successivem5t populaires et mon>*iques4#ihii ,note #ih3 ,ces deux d]nires =mes1 conv5ant galem5t aux g\v]nem5s des ges civiliss1 peuv5t sans pe9e se *ang] l'une p\r l'autre4 ,mais rev5ir l'ari/ocratie1 c'e/ ce qui e/ inconciliable avec la nature sociale de l'homme4 ,le v]tueux ,dion de ,syracuse1 l'ami du div9 ,platon1 avait dlivr sa patrie de la tyrannie d'un mon/re2 il n'en fut pas mo9s assass9 p\r avoir essay de rtablir l'ari/ocratie4 ,les py?agorici5s1 qui composai5t t\te l'ari/ocratie de la gr&e ,grce1 t5tr5t d'opr] la mme rvolution1 et fur5t massacrs ou brls vifs4 ,en effet1 ds qu'une fois les plbi5s ont reconnu qu'ils sont gaux en nature aux nobles1 ils ne se rsign5t po9t leur tre infrieurs s\s le rapport des droits politiques1 et ils obti5n5t cette galit dans l'tat populaire1 ou s\s la mon>*ie4 ,aussi voyons-n\s le peu de g\v]nem5s ari/ocratiques qui subsi/5t encore1 s'atta*]1 avec un so9 inquiet et une sage prvoyance1 cont5ir la multitude et prv5ir de dang]eux mcont5tem5s4 7,vico74 ,note #ii3 ,bod9 av\e que le royaume de ,france eut1 non pas un g\v]nem5t1 comme n\s le prt5dons1 mais au mo9s une con/itution ari/ocratique s\s les races mrov+i5ne et c>lov+i5ne4 ,n\s dem&]ons alors ,bod9 comm5t ce royaume s'e/ tr\v s\mis1 comme il l'e/1 une mon>*ie pure4 ,s]a-ce en v]tu d'une loi royale p> laquelle les palad9s franais se sont dp\ills de leur puissance en faveur des ,capti5s1 de mme que le peuple roma9 abdiqua la si5ne en faveur d',augu/e1 si n\s en croyons la fable de la loi royale dbite p> ,triboni58 ,ou bi5 dira-t-il que la ,france a t conquise p> quelqu'un des ,capti5s8444 ,il faut plutt que ,bod91 et avec lui t\s les politiques1 t\s les jurisconsultes1 reconnaiss5t cette loi royale1 fonde en nature sur un pr9cipe t]nel2 c'e/ que la puissance libre d'un tat1 p> cela mme qu'elle e/ libre1 doit en quelque sorte se ralis]4 ,a9si1 t\te la =ce que p]d5t les nobles1 le peuple la gagne1 jusqu' ce qu'il devi5ne libre2 t\te celle que p]d le peuple libre t\rne au pr(it des rois1 qui f9iss5t p> acqurir un p\voir mon>*ique4 ,le droit naturel des morali/es e/ celui de la raison2 le droit naturel des g5s e/ celui de l'utilit et de la =ce4 ,ce droit1 comme dis5t les jurisconsultes1 a t suivi p> les nations1 usu exig5te humanisque necessitatibus expo/ulantibus4 7,vico74 ,aprs les rem>ques div]ses que n\s avons faites dans ce *apitre sur tant d'expressions lgantes de l'anci5ne jurisprud5ce roma9e1 au moy5 desquelles les feudi/es corrig5t la b>b>ie de la langue fodale1 ,old5dorp et t\s les autres criva9s de son op9ion doiv5t voir si le droit fodal e/ sorti1 comme ils le dis5t1 des t9celles de l'inc5die dans lequel les b>b>es dtruisir5t le droit roma94 ,le droit roma9 au contraire e/ n de la fodalit2 je p>le de cette fodalit primitive que n\s avons obs]ve p>ticulirem5t dans la b>b>ie antique du ,latium1 et qui a t la base commune de t\tes les socits huma9es4 ,,*apitre ,,iii4 ,,c\p-,d',,oeil ,,sur ,,le ,,monde ,,politique1 ,,anci5 ,,et ,,mod]ne1 ,,consid,r ,,relativem5t ,,au ,,b ,,de ,,la ,,sci5ce ,,n\velle4 ,la m>*e que n\s avons trace ne fut po9t suivie p> ,c>?age1 ,cap\e et ,numance1 ces trois cits qui fir5t cra9dre ,rome d'tre supplante dans l'empire du ,monde4 ,les ,c>?ag9ois fur5t arrts de bonne heure dans cette c>rire p> la subtilit naturelle de l'esprit africa91 encore augm5te p> les habitudes du comm]ce m>itime4 ,les ,cap\ans le fur5t p> la mollesse de leur beau climat1 et p> la f]tilit de la ,campanie heureuse4 ,enf9 ,numance comm5ait pe9e son ge hroque1 lorsqu'elle fut accable p> la puissance roma9e1 p> le gnie du va9queur de ,c>?age1 et p> t\tes les =ces du monde4 ,mais les ,roma9s ne r5contrant aucun de ces ob/acles1 m>*r5t d'un pas gal1 guids dans cette m>*e p> la ,provid5ce qui se s]t de l'in/9ct des peuples p\r les conduire4 ,les trois =mes de g\v]nem5t se succdr5t *ez eux con=mm5t l'ordre naturel2 l'ari/ocratie dura jusqu'aux lois publilia et petilia1 la lib]t populaire jusqu' ,augu/e1 la mon>*ie tant qu'il fut huma9em5t possible de rsi/] aux causes intrieures et extrieures qui dtruis5t un tel tat politique4 ,auj\rd'hui la plus complte civilisation semble rp&ue *ez les peuples1 s\mis la plup>t un petit nombre de gr&s mon>ques4 ,s'il e/ encore des nations b>b>es dans les p>ties les plus recules du nord et du midi1 c'e/ que la nature y favorise peu l'espce huma9e1 et que l'in/9ct naturel de l'humanit y a t long-temps dom9 p> des religions f>\*es et biz>res4--,n\s voyons d'abord au sept5trion le cz> de ,moscovie qui e/ la vrit *rti51 mais qui comm&e des hommes d'un esprit l5t et p>esseux4--,le kan de ,t>t>ie1 qui a runi son va/e empire celui de la ,*9e1 g\v]ne un peuple effm91 tels que le fur5t les s]es des anci5s4--,le ngus d'?iopie1 et les rois de ,fez et de ,m>oc rgn5t sur des peuples faibles et peu nombreux4 ,mais s\s la zone tempre1 o la nature a mis dans les facults de l'homme un plus heureux quilibre1 n\s tr\vons1 en p>tant des extrmits de l',ori5t1 l'empire du ,japon1 dont les moeurs ont quelque analogie avec celles des ,roma9s p5dant les gu]res puniques2 c'e/ le mme esprit belliqueux1 et si l'on en croit quelques savans voyageurs la langue japonaise prs5te l'oreille une c]ta9e analogie avec le lat94 ,mais ce peuple e/ en p>tie ret5u dans l'tat hroque p> une religion ple9e de croyances effrayantes1 et dont les dieux t\t c\v]ts d'armes m5aantes inspir5t la t]reur4 ,les missionnaires assur5t que le plus gr& ob/acle qu'ils ai5t tr\v dans ce pays la foi *rti5ne1 c'e/ qu'on ne peut p]suad] aux nobles que les g5s du peuple sont hommes comme eux4--,l'empire de la ,*9e avec sa religion d\ce et sa culture des lettres1 e/ trs polic4--,il en e/ de mme de l',inde1 v\e en gnral aux arts de la paix4--,la ,p]se et la ,turquie ont ml la mollesse de l',asie les croyances grossires de leur religion4 ,*ez les ,turcs p>ticulirem5t1 l'orgueil du c>actre national1 e/ tempr p> une libralit fa/ueuse1 et p> la reconnaissance4 ,l',europe entire e/ s\mise la religion *rti5ne1 qui n\s donne l'ide la plus pure et la plus p>faite de la div9it1 et qui n\s fait un devoir de la *>it env]s t\t le g5re huma94 ,de l sa haute civilisation4--,les pr9cipaux tats europens sont de gr&es mon>*ies4 ,celles du nord1 comme la ,sude et le ,danem>k il y a un sicle et demi1 et comme auj\rd'hui encore la ,pologne et l',anglet]re1 sembl5t s\mises un g\v]nem5t ari/ocratique2 mais si quelque ob/acle extraord9aire n'arrte la m>*e naturelle des *oses1 elles devi5dront des mon>*ies pures4--,cette p>tie du monde plus claire a aussi plus d'tats populaires que n\s n'en voyons dans les trois autres4 ,le ret\r des mmes beso9s politiques y a r5\vel la =me du g\v]nem5t des ,a*ens et des toli5s4 ,les ,grecs avai5t t am5s concevoir cette =me de g\v]nem5t p> la ncessit de se prmunir contre l'ambition d'une puissance colossale4 ,telle a t aussi l'orig9e des cantons ,suisses et des ,prov9ces-,unies4 ,ces ligues p]ptuelles d'un gr& nombre de cits libres ont =m deux ari/ocraties4 ,l',empire g]manique e/ aussi un sy/me compos d'un gr& nombre de cits libres et de pr9ces s\v]a9s4 ,la tte de ce corps e/ l',emp]eur1 et dans ce qui conc]ne les intrts communs de l',empire il se g\v]ne ari/ocratiquem5t4 ,du re/e il n'y a plus en ,europe que c9q ari/ocraties proprem5t dites1 en ,italie ,v5ise1 ,gnes et ,lucques1 ,raguse en ,dalmatie1 et ,nuremb]g en ,allemagne2 elles n'ont p\r la plup>t qu'un t]ritoire peu t5du4#ajj ,note #ajj3 ,si n\s trav]sons l',ocan p\r pass] dans le ,n\veau-,monde1 n\s tr\v]ons que l',amrique et p>c\ru la mme c>rire sans l'arrive des ,europens4 7,vico74 ,notre ,europe brille d'une incomp>able civilisation2 elle abonde de t\s les bi5s qui compos5t la flicit de la vie huma9e2 on y tr\ve t\tes les j\issances intellectuelles et morales4 ,ces avantages1 n\s les devons la religion4 ,la religion n\s fait un devoir de la *>it env]s t\t le g5re huma92 elle admet la second] dans l'enseignem5t de ses prceptes sublimes les plus doctes philosophies de l'antiquit pay5ne2 elle a adopt1 elle cultive trois langues1 la plus anci5ne1 la plus dlicate et la plus noble1 l'hbreu1 le grec1 et le lat94 ,a9si1 mme p\r les f9s huma9es1 le *ri/ianisme e/ suprieur t\tes les religions3 il unit la sagesse de l'autorit celle de la raison1 et cette d]nire1 il l'appuie sur la plus sa9e philosophie et sur l'rudition la plus pr(onde4 ,aprs avoir obs]v dans ce ,livre comm5t les socits recomm5c5t la mme c>rire1 rfl*issons sur les nombreux rappro*em5s que n\s prs5te cet ouvrage entre l'antiquit et les temps mod]nes1 et n\s y tr\v]ons explique non plus l'hi/oire p>ticulire et temporelle des lois et des faits des ,roma9s ou des ,grecs1 mais l'hi/oire idale des lois t]nelles que suiv5t t\tes les nations dans leurs comm5cem5s et leurs progrs1 dans leur dcad5ce et leur f91 et qu'elles suivrai5t t\j\rs qu& mme 7ce qui n'e/ po9t7 des mondes inf9is natrai5t successivem5t dans t\te l't]nit4 trav]s la div]sit des =mes extrieures1 n\s saisirons l'id5tit de sub/ance de cette hi/oire4 ,aussi ne p\vons-n\s refus] cet ouvrage le titre orgueilleux peut-tre de ,sci5ce ,n\velle4 ,il y a droit p> son sujet3 la nature commune des nations2 sujet vraim5t univ]sel1 dont l'ide embrasse t\te sci5ce digne de ce nom4 ,cette ide e/ indique dans la va/e expression de ,snque3 ,pusilla res hic mundus e/1 nisi id1 quod querit1 omnis mundus habeat4 ,,*apitre ,,iv4 ,,conclusion4--,d',,une ,r,,publique ,,t]nelle ,,fond,e ,,dans ,,la ,,nature ,,p> ,,la ,,provid5ce ,,div9e1 ,,et ,,qui ,,e/ ,,la ,,meilleure ,,possible ,,dans ,,*acune ,,de ,,ses ,,=mes ,,div]ses4 ,concluons en rappelant l'ide de ,platon1 qui aj\te aux trois =mes de rpubliques une quatrime1 dans laquelle rgn]ai5t les meilleurs1 ce qui s]ait la vritable ari/ocratie naturelle4 ,cette rpublique que v\lait ,platon1 elle a exi/ ds la premire orig9e des socits4 ,exam9ons en ceci la conduite de la ,provid5ce4 ,d'abord elle v\lut que les gans qui errai5t dans les montagnes1 effrays des premi]s orages qui eur5t lieu aprs le dluge1 *]*ass5t un refuge dans les cav]nes1 que malgr leur orgueil ils s'humiliass5t devant la div9it qu'ils se crai5t1 et s'assujtiss5t une =ce suprieure qu'ils appelr5t ,jupit]4 ,c'e/ la lueur des clairs qu'ils vir5t cette gr&e vrit1 que ,dieu g\v]ne le g5re huma94 ,a9si se =ma une premire socit que j'appell]ai mona/ique dans le s5s de l'tymologie1 p>ce qu'elle tait en effet compose de s\v]a9s solitaires s\s le g\v]nem5t d'un tre trs bon et trs puissant1 ,,optimus ,,maximus4 ,excits ensuite p> les plus puissans aiguillons d'une passion brutale1 et ret5us p> les cra9tes sup]/itieuses que leur donnait t\j\rs l'aspect du ciel1 ils comm5cr5t rprim] l'imptuosit de leurs dsirs et faire usage de la lib]t huma9e4 ,ils ret9r5t p> =ce dans leurs cav]nes des femmes1 dont ils fir5t les compagnes de leur vie4 ,avec ces premires unions huma9es1 c'e/--dire con=mes la pudeur et la religion1 comm5cr5t les m>iages qui dt]m9r5t les rapports d'p\x1 de fils et de pres4 ,a9si ils fondr5t les familles1 et les g\v]nr5t avec la duret des cyclopes dont p>le ,homre2 la duret de ce premi] g\v]nem5t tait ncessaire1 p\r que les hommes se tr\vass5t prp>s au g\v]nem5t civil1 lorsque s'lv]ai5t les cits4 ,la premire rpublique se tr\ve donc dans la famille2 la =me en e/ mon>*ique1 puisqu'elle e/ s\mise aux pres de famille1 qui avait la supriorit du sexe1 de l'ge et de la v]tu4 ,aussi vaillans que *a/es et pieux1 ils ne fuyai5t plus comme aup>avant1 mais1 fixant leurs habitations1 ils se df5dai5t1 eux et les leurs1 tuai5t les btes sauvages qui infe/ai5t leurs *amps1 et au lieu d'err] p\r tr\v] leur pture1 ils s\t5ai5t leurs familles en cultivant la t]re2 t\tes *oses qui assurr5t le salut du g5re huma94 ,au b\t d'un long temps1 ceux qui tai5t re/s dans les pla9es1 s5tir5t les maux atta*s la communaut des bi5s et des femmes1 et v9r5t se rfugi] dans les asiles ouv]ts p> les pres de famille4 ,ceux-ci les recevant s\s leur protection1 la mon>*ie dome/ique s't5dit p> les cli5tles4 ,c'tait encore les meilleurs qui rgnai5t1 ,,optimi4 ,les rfugis1 impies et sans dieu1 obissai5t des hommes pieux1 qui adorai5t la div9it1 bi5 qu'ils la divisass5t p> leur ignorance1 et qu'ils se figurass5t les dieux d'aprs la v>it de leurs manires de voir2 trang]s la pudeur1 ils obissai5t des hommes qui se cont5tai5t p\r t\te leur vie d'une compagne que leur avait donne la religion2 faibles et jusque-l errans au has>d1 ils obissai5t des hommes prud5s qui *]*ai5t connatre p> les auspices la volont des dieux1 des hros qui domptai5t la t]re p> leurs travaux1 tuai5t les btes f>\*es1 et sec\rai5t le faible en dang]4 ,les pres de famille dev5us puissans p> la pit et la v]tu de leurs anctres et p> les travaux de leurs cli5s1 oublir5t les conditions auxquelles ceux-ci s'tai5t livrs eux1 et au lieu de les protg]1 ils les opprimr5t4 ,sortis a9si de l'ordre naturel qui e/ celui de la ju/ice1 ils vir5t leurs cli5s se rvolt] contre eux4 ,mais comme la socit huma9e ne peut subsi/] un mom5t sans ordre1 c'e/--dire sans dieu1 la ,provid5ce fit natre l'ordre civil avec la =mation des cits4 ,les pres de famille s'unir5t p\r rsi/] aux cli5s1 et p\r les apais]1 leur ab&onnr5t le doma9e bonitaire des *amps dont ils se rs]vai5t le doma9e m95t4 ,a9si naquit la cit1 fonde sur un corps s\v]a9 de nobles4 ,cette noblesse consi/ait sortir d'un m>iage sol5nel1 et clbr avec les auspices4 ,p> elle les nobles rgnai5t sur les plbi5s1 dont les unions n'tai5t pas a9si consacres4--,au g\v]nem5t ?ocratique o les dieux g\v]nai5t les familles p> les auspices1 succda le g\v]nem5t hroque o les hros rgnai5t eux-mmes1 et dont la base pr9cipale fut la religion1 privilge du corps des pres qui leur assurait celui de t\s les droits civils4 ,mais comme la noblesse tait dev5ue un don de la =tune1 du milieu des nobles mme s'leva l'ordre des pres qui p> leur ge tai5t les plus dignes de g\v]n]2 et entre les pres eux-mmes1 les plus c\rageux1 les plus robu/es fur5t pris p\r rois1 af9 de conduire les autres1 et d'assur] leur rsi/ance contre leurs cli5s mut9s4#aja ,note #aja3 ,ces rois des ari/ocraties ne doiv5t pas tre confondus avec les mon>ques4 7,note du ,traducteur74 ,lorsque p> la suite des temps1 l'intellig5ce des plbi5s se dveloppa1 ils rev9r5t de l'op9ion qu'ils s'tai5t =me de l'hrosme et de la noblesse1 et comprir5t qu'ils tai5t hommes aussi bi5 que les nobles4 ,ils v\lur5t donc entr] aussi dans l'ordre des citoy5s4 ,comme la s\v]a9et devait avec le temps tre t5due t\t le peuple1 la ,provid5ce p]mit que les plbi5s rivalisass5t long-temps avec les nobles de pit et de religion1 dans ces longues luttes qu'ils s\t5ai5t contre eux1 avant d'avoir "p au droit des auspices1 et t\s les droits publics et privs1 qui en tai5t reg>ds comme autant de dp5dances4 ,a9si le zle mme du peuple p\r la religion le conduisait la s\v]a9et civile4 ,c'e/ en cela que le peuple roma9 surpassa t\s les autres1 c'e/ p>-l qu'il mrita d'tre le peuple roi4 ,l'ordre naturel se mlant a9si de plus en plus l'ordre civil1 on vit natre les rpubliques populaires4 ,mais comme t\t devait s'y ram5] l'urne du sort ou la balance1 la ,provid5ce emp*a que le has>d ou la fatalit n'y rgnt en ordonnant que le c5s y s]ait la rgle des honneurs1 et qu'a9si les hommes indu/rieux1 conomes et prvoyans plutt que les prodigues ou les indol5s1 que les hommes gnreux et magnanimes plutt que ceux dont l'me e/ rtrcie p> le beso91 qu'en un mot les ri*es d\s de quelque v]tu1 ou de quelque image de v]tu1 plutt que les pauvres remplis de vices dont ils ne sav5t po9t r\gir1 fuss5t reg>ds comme les plus dignes de g\v]n]1 comme les meilleurs4#ajb ,note #ajb3 ,le peuple pris en gnral veut la ju/ice4 ,lorsque le peuple t\t enti] con/itue la cit1 il fait des lois ju/es1 c'e/--dire gnralem5t bonnes4 ,si donc1 comme le dit ,ari/ote1 de bonnes lois sont des volonts sans passion1 en d'autres t]mes1 des volonts dignes du sage1 du hros de la morale qui comm&e aux passions1 c'e/ dans les rpubliques populaires que naquit la philosophie2 la nature mme de ces rpubliques conduisait la philosophie =m] le sage1 et dans ce b *]*] la vrit4 ,les sec\rs de la philosophie fur5t a9si sub/itues p> la ,provid5ce ceux de la religion4 ,au dfaut des s5tim5s religieux qui faisai5t pratiqu] la v]tu aux hommes1 les rflexions de la philosophie leur apprir5t considr] la v]tu en elle-mme1 de sorte que1 s'ils n'tai5t pas v]tueux1 ils sur5t du mo9s r\gir du vice4 la suite de la philosophie naquit l'loqu5ce1 mais telle qu'il convi5t dans des tats o se font des lois gnralem5t bonnes1 une loqu5ce passionne p\r la ju/ice1 et capable d'enflamm] le peuple p> des ides de v]tu qui le port5t faire de telles lois4 ,voil1 ce qu'il semble1 le c>actre de l'loqu5ce roma9e au temps de ,scipion-l',africa92 mais les tats populaires v5ant se corrompre1 la philosophie suit cette corruption1 tombe dans le scepticisme1 et se met1 p> un c>t de la sci5ce1 calomni] la vrit4 ,de l nat une fausse loqu5ce1 prte s\t5ir le p\r et le contre sur t\s les sujets4 7,vico74 ,lorsque les citoy5s1 ne se cont5tant plus de tr\v] dans les ri*esses des moy5s de di/9ction1 v\lur5t en faire des in/rum5s de puissance1 alors1 comme les v5ts furieux agit5t la m]1 ils tr\blr5t les rpubliques p> la gu]re civile1 les jetr5t dans un dsordre univ]sel1 et d'un tat de lib]t les fir5t tomb] dans la pire des tyrannies2 je veux dire1 dans l'an>*ie4 cette affreuse maladie sociale1 la ,provid5ce applique les trois gr&s remdes dont n\s allons p>l]4 ,d'abord il s'lve du milieu des peuples1 un homme tel qu',augu/e1 qui y tablit la mon>*ie4 ,les lois1 les in/itutions sociales fondes p> la lib]t populaire n'ont po9t suffi la rgl]2 le mon>que devi5t matre p> la =ce des armes de ces lois1 de ces in/itutions4 ,la =me mme de la mon>*ie reti5t la volont du mon>que t\t inf9ie qu'e/ sa puissance1 dans les limites de l'ordre naturel1 p>ce que son g\v]nem5t n'e/ ni tranquille ni durable1 s'il ne sait po9t satisfaire ses peuples s\s le rapport de la religion et de la lib]t naturelle4 ,si la ,provid5ce ne tr\ve po9t un tel remde au-d$ans1 elle le fait v5ir du dehors4 ,le peuple corrompu tait dev5u p> la nature esclave de ses passions effrnes1 du luxe1 de la molesse1 de l'av>ice1 de l'envie1 de l'orgueil et du fa/e4 ,il devi5t esclave p> une loi du droit des g5s qui rsulte de sa nature mme2 et il e/ assujti des peuples meilleurs1 qui le s\mett5t p> les armes4 ,en quoi n\s voyons brill] deux lumires qui clair5t l'ordre naturel2 d'abord3 qui ne peut se g\v]n] lui-mme se laiss]a g\v]n] p> un autre qui en s]a plus capable4 ,ensuite3 ceux-l g\v]n]ont t\j\rs le monde qui sont d'une nature meilleure4 ,mais si les peuples re/5t long-temps livrs l'an>*ie1 s'ils ne s'accord5t pas pr5dre un des leurs p\r mon>que1 s'ils ne sont po9t conquis p> une nation meilleure qui les sauve en les s\mettant2 alors au d]ni] des maux1 la ,provid5ce applique un remde extrme4 ,ces hommes se sont acc\tums ne p5s] qu' l'intrt priv2 au milieu de la plus gr&e f\le1 ils viv5t dans une pr(onde solitude d'me et de volont4 ,semblables aux btes sauvages1 on peut pe9e en tr\v] deux qui s'accord5t1 *acun suivant son plaisir ou son caprice4 ,c'e/ p\rquoi les factions les plus ob/9es1 les gu]res civiles les plus a*>nes *ang]ont les cits en =ts et les =ts en repaires d'hommes1 et les sicles c\vriront de la r\ille de la b>b>ie leur +nieuse malice et leur subtilit p]v]se4 ,en effet ils sont dev5us plus froces p> la b>b>ie rfl*ie1 qu'ils ne l'avai5t t p> celle de nature4 ,la seconde montrait une frocit gnreuse dont on p\vait se df5dre ou p> la =ce ou p> la fuite2 l'autre b>b>ie e/ jo9te une l*e frocit1 qui au milieu des c>esses et des embrassem5s en veut aux bi5s et la vie de l'ami le plus *]4 ,guris p> un si t]rible remde1 les peuples devi5n5t comme eng\rdis et /upides1 ne connaiss5t plus les raf9em5s1 les plaisirs ni le fa/e1 mais seulem5t les *oses les plus ncessaires la vie4 ,le petit nombre d'hommes qui re/5t la f91 se tr\vant dans l'abondance des *oses ncessaires1 r$evi5n5t naturellem5t sociables2 l'antique simplicit des premi]s ges rep>aissant p>mi eux1 ils connaiss5t de n\veau la religion1 la vracit1 la bonne foi1 qui sont les bases naturelles de la ju/ice1 et qui font la beaut1 la grce t]nelle de l'ordre tabli p> la ,provid5ce4 ,aprs l'obs]vation si simple que n\s v5ons de faire sur l'hi/oire du g5re huma91 qu& n\s n'aurions po9t p\r l'appuy] t\t ce que n\s en ont appris les philosophes et les hi/ori5s1 les grammairi5s et les jurisconsultes1 on p\rrait dire avec c]titude que c'e/ bi5 l la gr&e cit des nations fonde et g\v]ne p> ,dieu mme4 ,on a lev jusqu'au ciel comme de sages lgislateurs les ,lycurgue1 les ,solon1 les dcemvirs1 p>ce qu'on a cru jusqu'ici qu'ils avai5t f\l p> leurs in/itutions les trois cits les plus illu/res1 celles qui brillr5t de t\t l'clat des v]tus civiles2 et p\rtant1 que sont ,a?nes1 ,sp>te et ,rome p\r la dure et p\r l't5due1 en comp>aison de cette rpublique de l'univ]s1 fonde sur des in/itutions qui tir5t de leur corruption mme la =me n\velle qui peut seule en assur] la p]ptuit8 ,ne devons-n\s pas y reconnatre le conseil d'une sagesse suprieure celle de l'homme8 ,dion ,cassius assimile la loi un tyran1 la c\tume un roi4 ,mais la sagesse div9e n'a pas beso9 de la =ce des lois2 elle aime mieux n\s conduire p> les c\tumes que n\s obs]vons librem5t1 puisque les suivre1 c'e/ suivre notre nature4 ,sans d\te les hommes ont fait eux-mmes le monde social1 c'e/ le pr9cipe inconte/able de la sci5ce n\velle2 mais ce monde n'en e/ pas mo9s sorti d'une intellig5ce qui s\v5t s'c>te des f9s p>ticulires que les hommes s'tai5t proposes1 qui leur e/ quelquefois contraire et t\j\rs suprieure4 ,ces f9s bornes sont p\r elle des moy5s d'atte9dre les f9s plus nobles1 qui assur5t le salut de la race huma9e sur cette t]re4 ,a9si les hommes veul5t j\ir du plaisir brutal1 au risque de p]dre les enfans qui natront1 et il en rsulte la sa9tet des m>iages1 premire orig9e des familles4 ,les pres de famille veul5t abus] du p\voir pat]nel qu'ils ont t5du sur les cli5s1 et la cit pr5d naissance4 ,les corps s\v]a9s des nobles veul5t appesantir leur s\v]a9et sur les plbi5s1 et ils subiss5t la s]vitude des lois1 qui tabliss5t la lib]t populaire4 ,les peuples libres veul5t sec\] le fre9 des lois1 et ils tomb5t s\s la sujtion des mon>ques4 ,les mon>ques veul5t avilir leurs sujets en les livrant aux vices et la dissolution1 p> lesquels ils croi5t assur] leur trne2 et ils les dispos5t support] le j\g de nations plus c\rageuses4 ,les nations t5d5t p> la corruption se divis]1 se dtruire elles-mmes1 et de leurs dbris disp]ss dans les solitudes1 elles r5aiss5t1 et se r5\vell5t1 semblables au phnix de la fable4--,qui put faire t\t cela8 ce fut sans d\te l'esprit1 puisque les hommes le fir5t avec intellig5ce4 ,ce ne fut po9t la fatalit1 puisqu'ils le fir5t avec *oix4 ,ce ne fut po9t le has>d1 puisque les mmes faits se r5\velant produis5t rgulirem5t les mmes rsultats4 ,a9si se tr\v5t rfuts p> le fait picure1 et ses p>tisans1 ,hobbes et ,ma*iavel1 qui ab&onn5t le monde au has>d4 ,znon et ,sp9osa le sont aussi1 eux qui livr5t le monde la fatalit4 ,au contraire n\s tablissons avec les philosophes politiques1 dont le pr9ce e/ le div9 ,platon1 que c'e/ la provid5ce qui rgle les *oses huma9es4 ,puff5dorf mconnat cette provid5ce2 ,seld5 la suppose2 ,grotius en veut r5dre son sy/me indp5dant4 ,mais les jurisconsultes roma9s l'ont prise p\r premi] pr9cipe du droit naturel4 ,on a ple9em5t dmontr dans cet ouvrage que les premi]s g\v]nem5s du monde1 fonds sur la croyance en une provid5ce1 ont eu la religion p\r leur =me entire1 et qu'elle fut la seule base de l'tat de famille4 ,la religion fut encore le fondem5t pr9cipal des g\v]nem5s hroques4 ,elle fut p\r les peuples un moy5 de p>v5ir aux g\v]nem5s populaires4 ,enf91 lorsque la m>*e des socits s'arrta dans la mon>*ie1 elle dev9t comme le remp>t1 comme le b\cli] des pr9ces4 ,si la religion se p]d p>mi les peuples1 il ne leur re/e plus de moy5 de vivre en socit2 ils p]d5t -la-fois le li51 le fondem5t1 le remp>t de l'tat social1 la =me mme de peuple sans laquelle ils ne peuv5t exi/]4 ,que ,bayle voie ma9t5ant s'il e/ possible qu'il exi/e rellem5t des socits sans aucune connaissance de ,dieu6 et ,polybe1 s'il e/ vrai1 comme il l'a dit1 qu'on n'aura plus beso9 de religion1 qu& les hommes s]ont philosophes4 ,les religions au contraire peuv5t seules excit] les peuples faire p> s5tim5t des actions v]tueuses4 ,les ?ories des philosophes relativem5t la v]tu f\rniss5t seulem5t des motifs l'loqu5ce p\r enflamm] le s5tim5t1 et le port] suivre le devoir4#ajc ,note #ajc3 ,mais il e/ une diffr5ce ess5tielle entre la vraie religion et les fausses4 ,la premire n\s porte p> la grce aux actions v]tueuses p\r atte9dre un bi5 inf9i et t]nel1 qui ne peut tomb] s\s les s5s2 c'e/ ici l'intellig5ce qui comm&e aux s5s des actions v]tueuses4 ,au contraire dans les fausses religions qui n\s propos5t p\r cette vie et p\r l'autre des bi5s borns et prissables1 tels que les plaisirs du corps1 ce sont les s5s qui excit5t l'me bi5 agir4 7,vico74 ,la ,provid5ce se fait s5tir n\s d'une manire bi5 frappante dans le respect et l'admiration que t\s les savans ont eus jusqu'ici p\r la sagesse de l'antiquit1 et dans leur ard5t dsir d'en *]*] et d'en pntr] les my/res4 ,ce s5tim5t n'tait que l'in/9ct qui portait t\s les hommes clairs admir]1 respect] la sagesse inf9ie de ,dieu1 v\loir s'unir avec elle2 s5tim5t qui a t dprav p> la vanit des savans et p> celle des nations 7axiomes #c et #d47 ,on peut donc conclure de t\t ce qui s'e/ dit dans cet ouvrage1 que la ,sci5ce n\velle porte ncessairem5t avec elle le gt de la pit1 et que sans la religion il n'e/ po9t de vritable sagesse4 ,,addition ,,au ,,second ,,livre4 ,explication hi/orique de la ,my?ologie 7,voyez l',app5dice du ,disc\rs1 p4 ,,lx47 ,lorsque l'ide d'une puissance suprieure1 matresse du ciel et arme de la f\dre1 a t p]sonnifie p> les premi]s hommes s\s le nom de ,,jupit]1 la seconde div9it qu'ils se crent e/ le symbole1 l'expression potique du m>iage4 ,,junon e/ soeur et femme de ,jupit]1 p>ce que les premi]s m>iages consacrs p> les auspices eur5t lieu entre frres et soeurs4 ,du mot ,grec3 ,hra1 ,junon1 vi5n5t ceux de ,grec3 ,h]s1 hros1 ,grec3 ,hrakls1 ,h]cule1 ,grec3 ,eros1 am\r1 h]$itas1 etc4 ,junon impose ,h]cule de gr&s travaux2 cette phrase traduite de la langue hroque en langue vulgaire signifie1 que la pit accompagne de la sa9tet des m>iages1 =me les hommes aux gr&es v]tus4 ,,diane e/ le symbole de la vie plus pure que m5r5t les premi]s hommes depuis l'in/itution des m>iages sol5nels4 ,elle *]*e les tnbres p\r s'unir ,endymion4 ,elle punit ,acton d'avoir viol la religion des eaux sacres 7qui avec le feu con/itu5t la sol5nit des m>iages74 ,c\v]t de l'eau qu'elle lui a jete1 lymphatus1 dev5u c]f1 c'e/--dire le plus timide des animaux1 il e/ d*ir p> ses propres *i5s1 autrem5t dit1 p> ses remords4 ,les nymphes de la desse1 nymph ou lymph1 ne sont autre *ose que les eaux pures et ca*es dont elle c>te le pr(ane ,acton1 puri latices1 de lat]e4 ,aprs l'in/itution des auspices et du m>iage vi5t celle des spultures2 aprs ,jupit]1 ,junon et ,diane1 naiss5t les dieux ,,manes4 ,grec3 fylax1 cippus1 signifi5t tombeau2 de l ceppo1 en itali51 arbre gnalogique1 ,grec3 fyl1 tribu1 filius 7et p> filus1 et tem51 subtem571 /emmata1 gnalogie1 lignes gnalogiques4 ,la grossiret des premi]s monum5s funraires qui m>quai5t -la-fois la possession des t]res1 et la p]ptuit des familles1 donna lieu aux mtaphores de /irps1 de propago1 de lignage4 ,les enfans des fondateurs de la socit huma9e p\vai5t donc se dire duro robore nati1 ou fils de la t]re1 gans1 +5ui 7quasi ind g5iti71 aborignes1 ,grec3 auto*?ones4--,humanitas1 ab hum&o4 ,,apollon e/ le dieu de la lumire1 de la lumire sociale1 qui environne les hros ns des m>iages sol5nels1 des unions consacres p> les auspices4 ,aussi prside-t-il la div9ation1 la muse1 qu',homre df9it la sci5ce du bi5 et du mal4 ,apollon p\rsuit ,daphn1 symbole de l'humanit encore errante1 mais c'e/ p\r l'am5] la vie sd5taire et la civilisation2 elle implore l'aide des dieux 7qui prsid5t aux auspices et l'hymne74 ,elle devi5t lauri]1 plante qui cons]ve sa v]dure en se r5\velant p> ses lgitimes rejetons1 et j\it a9si que son div9 amant d'une t]nelle jeunesse4 ,dans l'tat de famille1 les fruits spontans de la t]re ne suffisant plus1 les hommes mett5t le feu aux =ts et comm5c5t cultiv] la t]re4 ,ils sm5t le from5t dont les gra9s brls leur ont sembl une n\rriture agrable4 ,voil le gr& travail d',h]cule1 c'e/--dire1 de l'hrosme antique4 ,les s]p5s qu't\ffe ,h]cule au b]ceau1 l'hydre1 le lion de ,nme1 le tigre de ,bac*us1 la *imre de ,bellrophon1 le dragon de ,cadmus1 et celui des ,hesprides1 sont autant de mtaphores que l'indig5ce du langage =a les premi]s hommes d'employ] p\r dsign] la t]re4 ,le s]p5t qui dans l',iliade dvore les huit petits oiseaux avec leur mre e/ int]prt p> ,cal*as comme signifiant la t]re troy5ne4 ,en effet les hommes dur5t se reprs5t] la t]re comme un gr& dragon c\v]t d'cailles1 c'e/--dire d'p9es2 comme une hydre sortie des eaux 7du dluge71 et dont les ttes1 dont les =ts r5aiss5t mesure qu'elles sont c\pes2 la peau *angeante de cette hydre passe du noir au v]t1 et pr5d ensuite la c\leur de l'or4 ,les d5ts du s]p5t que ,cadmus enfonce dans la t]re exprim5t potiquem5t les in/rum5s de bois durci dont on se s]vit p\r le lab\rage avant l'usage du f] 7comme d5te t5aci p\r une ancre1 dans ,virgile74 ,enf9 ,cadmus devi5t lui-mme s]p5t2 les ,lat9s aurai5t dit en t]me de droit1 fundus factus e/4 ,les pommes d'or de la fable ne sont autres que les pis2 le bl fut le premi] or du monde4 ,entre les avantages de la haute =tune dont il e/ d*u1 ,job rappelle qu'il mangeait du pa9 de from5t4 ,on donnait du gra9 p\r rcomp5se aux soldats victorieux1 adorea4 ,le nom d'or passa ensuite aux belles la9es4 ,sans p>l] de la toison d'or des ,argonautes1 ,atre se pla9t dans ,homre de ce que ,?ye/e lui a vol ses brebis d'or4 ,le mme pote donne t\j\rs aux rois l'pi?te de ,grec3 polyml\s1 ri*es en tr\peaux4 ,les anci5s ,lat9s appelai5t le patrimo9e1 pecunia1 pecude4 ,*ez les ,grecs le mme mot1 ,grec3 mlon1 signifie pomme et tr\peau1 peut-tre p>ce qu'on atta*ait un gr& prix ce fruit4 ,l'or du premi] ge n'tant plus un mtal1 on conoit le rameau de ,pros]p9e dont p>le ,virgile1 et t\s les trsors que r\lai5t dans leurs eaux le ,nil1 le ,pactole1 le ,gange et le ,tage4 ,les premi]s essais de l'agriculture fur5t exprims symboliquem5t p> trois n\veaux dieux1 savoir3 ,,vulca91 le feu qui avait fcond la t]re2 ,saturne1 a9si nomm de sata1 sem5ces ce qui explique p\rquoi l'ge de ,saturne du ,latium1 rpond l'ge d'or des ,grecs2 en troisime lieu ,,cyb,,le1 ou la t]re cultive4 ,on la reprs5te ord9airem5t assise sur un lion1 symbole de la t]re qui n'e/ pas encore dompte p> la culture4 ,la mme div9it fut p\r les ,roma9s ,,ve/a1 desse des crmonies sacres4 ,en effet le premi] s5s du mot col]e fut cultiv] la t]re2 la t]re fut le premi] autel1 l'agriculture fut le premi] culte4 ,ce culte consi/a orig9airem5t mettre le feu aux =ts et immol] sur les t]res cultives les vagabonds1 les impies qui en fran*issai5t les limites sacres1 ,saturni ho/i4 ,ve/a1 t\j\rs arme de la religion f>\*e des premi]s ges1 cont9ua de g>d] le feu et le from5t4 ,les noces se clbrai5t aqu1 igni et f>re2 les noces appeles nupti conf>reat dev9r5t p>ticulires aux prtres1 mais dans l'orig9e il n'y avait eu que des familles de prtres4--,les combats livrs p> les pres de famille aux vagabonds qui envahissai5t leurs t]res1 donnr5t lieu la cration du dieu ,,m>s4 ,mais les hros reoiv5t ceux qui se prs5t5t en supplians4 ,la comp>aison des deux classes d'hommes qui compos5t a9si la socit naissante1 fait natre l'ide de ,v,,nus1 desse de la beaut civile1 de la noblesse4 ,hone/as signifie -la-fois noblesse1 beaut et v]tu4 ,les enfans1 ns hors les m>iages sol5nels1 tai5t lgalem5t p>lant1 des mon/res4 ,mais les plbi5s prt5d5t bi5tt au droit des m>iages qui entrane t\s les droits civils4 ,on di/+ue alors ,vnus patrici5ne et ,vnus plbi5ne3 la premire e/ trane p> des cigues1 l'autre p> des colombes1 symbole de la faiblesse1 et p\r cette raison s\v5t opposes p> les potes1 l'aigle1 l'oiseau de ,jupit]4 ,les prt5tions des plbi5s sont m>ques p> les fables d',ixion1 am\reux de ,junon2 de ,tantale t\j\rs altr au milieu des eaux2 de ,m>syas et de ,l9us qui dfi5t ,apollon au combat du *ant1 c'e/--dire qui lui disput5t le privilge des auspices 7cancre1 *ant] et prdire47 ,le succs ne rpond pas t\j\rs leurs ef=ts4 ,phaton e/ prcipit du *> du soleil1 ,h]cule t\ffe ,ante1 ,ulysse tue ,irus1 et punit les amans de ,pnlope4 ,mais selon une autre tradition ,pnlope1 se livre eux1 comme ,pasipha son taureau 7les plbi5s obti5n5t le privilge des m>iages sol5nels71 et de ces unions crim9elles rsult5t des mon/res1 tels que ,pan et le ,m9otaure4 ,h]cule s'effm9e et file s\s ,iole et ,omphale2 il se s\ille du sang de ,nessus1 entre en fureur et expire4 ,la rvolution qui t]m9e cette lutte e/ aussi exprime p> le symbole de ,,m9]ve4 ,vulca9 f5d la tte de ,jupit]1 d'o sort la desse1 m9uit caput1 tymologie de ,m9]va4 ,caput signifie la tte1 et la p>tie la plus leve1 celle qui dom9e4 ,les ,lat9s dir5t t\j\rs capitis dem9utio p\r *angem5t d'tat2 ,m9]ve sub/itue l'tat civil l'tat de famille4 ,plus t>d on donna un s5s mtaphysique cette fable de la naissance de ,m9]ve1 et on y vit la dc\v]te la plus sublime de la philosophie1 savoir1 que l'ide t]nelle e/ eng5dre en ,dieu p> ,dieu mme1 t&is que les ides cres sont produites p> ,dieu dans l'intellig5ce huma9e4 ,la transaction qui t]m9e cette rvolution1 e/ c>actrise p> ,,m]cure1 qui1 dans l'orgueil du langage ari/ocratique1 porte aux hommes les messages des dieux44444444444 ,,f94