,note sur la transcription3 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve et n'a pas t h>monise4 ,les mots et phrases imprims en gras dans le texte d'orig9e sont m>qus a9si4 ,,tudes ,m,,ridionales ,,la ,,r5aissance ,,itali5ne ,,v]sailles ,,c]f ,,et ,,fils1 ,,imprimeurs #ei1 ,,rue ,,duplessis1 #ei ,,tudes ,m,,ridionales ,,la ,,r5aissance ,,itali5ne ,,et ,,la ,,philosophie ,,de ,l',,hi/oire ,,ma*iavel--,,fra ,,salimb5e ,,le ,,roman ,,de ,,don ,,qui*otte--,,la ,,fonta9e ,,le ,,palais ,,pontifical--,,les ,,c5ci ,,p> ,,mile ,,gebh>t ,,pr(esseur ,a ,,la ,,sorbonne ,illu/ration3 logo ,,p>is ,,librairie ,l,,opold ,,c]f #ac1 ,,rue ,,de ,m,,dicis1 #ac #ahhg ,,avant-,,propos ,les lecteurs qui v\dront bi5 feuillet] ce recueil1 selon l'anci5ne m?ode1 en comm5ant p> les premires pages1 compr5dront p\rquoi deux figures aussi peu semblables l'une l'autre1 ,ma*iavel et ,fr ,salimb5e1 s'y r5contr5t t\t d'abord1 la suite de la ?orie de ,burckh>dt sur la ,civilisation de la ,r5aissance en ,italie4 ,le trait dom9ant1 p\r ne pas dire la cause pr9cipale de la ,r5aissance itali5ne tant la p]sonnalit individuelle dveloppe p>fois l'excs1 mais d'autant plus =te que les circon/ances extrieures semblai5t plus propres l'opprim] ou l'altr]1 on v]ra comm5t le gr& hi/ori51 aux heures les plus tri/es de sa vie1 e/ demeur ob/9m5t atta* la vrit politique qu'il avait embrasse p\r le bi5 de l',italie1 et comm5t l'inflexible consci5ce du diplomate a sauv en lui l'honntet de l'homme que la ru9e de sa =tune p\vait p\ss] se dm5tir et m5tir4 ,l'admirable lib]t d'esprit qui e/ l'orig9e de ce dveloppem5t de la p]sonnalit prexi/ait la ,r5aissance2 elle r5d compte du m\vem5t religieux de la ,pn9sule ds le ,x,i,i,ie sicle1 c> c'e/ dans la *rti5t itali5ne plus encore que dans la commune itali5ne qu'elle s'e/ surt\t manife/e au moy5 ge2 le bon frre ,salimb5e1 un joyeux reprs5tant de la seconde gnration francisca9e1 exprime cet tat orig9al de l'esprit de sa race d'une faon si vive1 qu'il e/ vritablem5t comme un prcurseur de la ,r5aissance2 je n'ai donc po9t hsit le prs5t] de n\veau1 dans la famili>it de son p]sonnage1 tel que je l'ai produit1 il y a quelques annes1 devant un c]cle intime d'amis indulg5ts4 ,les morceaux hi/oriques qui sont la f9 du volume sont comme une application des consqu5ces morales et sociales de la ,r5aissance1 que j'ai t5t de dduire des vues philosophiques de ,burckh>dt4 ,l'esprit d'individualit1 qui fut longtemps la vie de la civilisation itali5ne1 n'avait po9t ad\ci les murs1 soit publiques1 soit prives4 ,le tyran itali5 du ,x,ve sicle1 dont la valeur p]sonnelle fut porte au suprme degr1 g>da t\te la brutalit fodale1 aggrave encore p> la mfiance1 la peur incessante1 la pratique de la f\rb]ie1 l'insol5ce d'un p\voir sans contrle4 ,la ,r5aissance s'arrta en mme temps que tomba la lib]t2 il n'y eut plus de tyrans1 qu& les prov9ces autonomes disp>ur5t2 mais il re/a une socit habitue la viol5ce1 la duret des murs dome/iques1 au jeu des passions dp\rvues de t\t scrupule4 ,la famille des ,c5ci n'e/ pas belle voir de prs2 mais le tableau en e/ re/itu d'aprs des textes srs1 notamm5t d'aprs les pices de l'horrible procs1 et je dem&e d'avance p>don p\r cette tragique ralit aux p]sonnes s5sibles qui aimai5t t5drem5t ,batrice ,c5ci4 ,quant au *apitre o les juifs1 les musulmans esclaves et les bonnes g5s de ,rome app>aiss5t dans la vrit lam5table de leur condition1 du ,x,v,ie au ,x,v,i,i,ie sicle1 je n'ai fait qu'y traduire1 sans y aj\t] un seul trait1 les docum5ts qui abond5t sur ce curieux sujet1 l',ar*ivio de la prov9ce de ,rome1 au ,fanfulla della dom5ica1 la ,rassegna ,settimanale1 dans l'ouvrage de ,m4 ,silvagni1 ,la ,corte e la societ romana1 qui e/ crit en p>tie d'aprs les mmoires de l'abb ,b5$etti4 ,re/5t deux tudes1 l'une sur ,c]vantes et le ,don ,qui*otte1 l'autre sur notre ,la ,fonta9e4 ,c]vantes et ,la ,fonta9e ne s'expliqu5t compltem5t que p> le gnie de la ,r5aissance1 telle que l',italie l'avait ent5due4 ,l'ironie transc5dante de ,c]vantes procde de l'ironie de ,pulci et de l',ario/e1 qu'elle dpasse1 il e/ vrai1 p> l'inv5tion symbolique et l'pret du ralisme espagnol4 ,c]vantes s'e/ dgag1 comme l'avai5t fait l',ario/e et t\s les potes *eval]esques de l',italie1 de la fasc9ation du moy5 ge hroque2 mais1 dans t\tes les digressions critiques de son roman1 il montre quel po9t il e/ t\j\rs atta* l'inspiration potique des vieux sicles4 ,j'en dirai autant de ,la ,fonta9e4 ,il tait facile d'indiqu] la filiation qui l'unit ,boccace et l',ario/e1 et comm5t il fut aussi un ,attique et un libre platonici52 mais c'e/ surt\t dans ce qu'il a g>d de notre moy5 ge gaulois1 que le fabuli/e p>at le cont9uateur des ,itali5s4 ,sans d\te1 ce ne sont po9t les gr&s s\v5irs des *ansons de ,ge/e qui reviv5t en lui2 mais nos pres avai5t *ant un hros qui ne fut ni *evali] de ,*>lemagne ni compagnon de la ,table ,ronde1 ,r5>t1 dont la lg5de avait t la contrep>tie ironique de l'pope glorieuse1 la satire du monde fodal4 ,la ,fonta9e repr5d ,r5>t comme l',ario/e a repris ,rol&1 il l'inv5te n\veau1 il s'en div]tit1 il le trans=me en le plaant au po9t ju/e de l'esprit de critique et du gt littraire de son sicle4 ,la conciliation du pass et du prs5t fut non seulem5t dans la littrature1 mais encore dans les arts du dess91 la tradition con/ante de la ,r5aissance2 c'e/ en v]tu de ce trait d'orig9alit que ,c]vantes et ,la ,fonta9e sont entrs dans ce petit volume4 ,p>is1 #g fvri] #ahhg4 ,,la ,,r5aissance ,,itali5ne ,,et ,,la ,,philosophie ,,de ,l',,hi/oire ,,la ,,?,,orie ,,de ,,jacob ,,burckh>dt#a ,le titre du gr& ouvrage de ,jacob ,burckh>dt1--,die ,cultur d] ,r5aissance 9 ,itali51--ne me semble pas r5du rig\reusem5t p> ces mots3 la ,civilisation en ,italie au temps de la r5aissance4 ,un rc5t traducteur du ,cic]one de ,burckh>dt crit simplem5t1 dans sa prface3 la ,culture de la r5aissance4 ,il demeure a9si beauc\p plus fidle la p5se de l'auteur1 qui rpte s\v5t3 ,en ,italie1 la culture que rvlai5t les uvres de la p>ole crite a prcd l'art1 qui e/ une p>tie considrable de la civilisation4 ,dans le ,nord1 au contraire1 p> exemple dans les ,fl&res1 l'art app>at longtemps avant la culture1 les portraits de l'cole de ,van ,eyck avant les descriptions des criva9s morali/es4 ,mais il faut s'ent5dre sur cette expression1 la culture1 et ne po9t l'appliqu] seulem5t au m\vem5t intellectuel de l',italie v]s l'antiquit et le paganisme littraire4 ,le ret\r aux anci5s s'appelle lui-mme1 en ,allemagne et en ,france1 l'humanisme4 ,burckh>dt donne l'humanisme1 dans sa ?orie de la r5aissance1 la place qui lui convi5t1 mais il ne le considre que comme l'effet ou le signe de la culture1 de mme que l'tat social1 les murs1 la religion1 la posie1 les arts4 ,le plus sr moy5 d'ent5dre ce titre e/ encore de lire le livre mme1 mais comme il mrite d'tre lu4 ,ici1 la curiosit d'un esprit cultiv ne suffirait po9t4 ,l'tonnante div]sit des que/ions traites p> ,burckh>dt peut faire d'abord illusion sur l'objet de l'ouvrage4 ,a trav]s les six divisions qui le con/itu5t1 jetez au has>d les yeux sur quelques *apitres3 la ,tyrannie au ,x,ve sicle1 la ,papaut et ses ,dang]s1 l'tat itali5 et l',individu1 ,rome1 la ,ville des ru9es1 ,dc\v]te de la beaut et de la campagne1 les ,ftes1 v\s v\s croyez en prs5ce d'une srie de tableaux hi/oriques et d'analyses morales4 ,en ralit1 c'e/ une explication sci5tifique1 un problme de psy*ologie hi/orique que ,burckh>dt expose et rs\t4 ,il faut1 p\r ne po9t s'g>] dans la multiplicit des po9ts de vue ou se laiss] di/raire p> le *>me d'une rudition imm5se1 se rappel] *aque page que l'on tudie un *apitre capital de la philosophie de l'hi/oire et s'ori5t] sans cesse sur la doctr9e de l'auteur4 ,on ap]oit vite ce qu'il s'e/ propos de mettre en lumire4 ,il n'crit ni l'hi/oire gnrale de la r5aissance1 ni celle de la littrature1 ni celle des arts2 quant celle-ci1 il l'a entreprise dans un autre livre1 dont une p>tie seulem5t1 la classification et la description des monum5ts de l'ar*itecture itali5ne1 a p>u#b4 ,il dgage de l'obs]vation des faits la cause qui les a produits1 la direction et les c>actres qu'elle leur a imposs2 il n\s fait saisir la loi d'un dveloppem5t intellectuel1 ou1 si l'on veut1 d'une civilisation qui a dur prs de trois sicles et a r5\vel la civilisation de t\te l',europe4 ,c'e/ l'me itali5ne qu'il dem&e le secret de la r5aissance1 et1 p> le mot de culture1 il a v\lu exprim] l'tat intime de la consci5ce d'un peuple4 ,p\r lui1 t\s les gr&s faits de cette hi/oire3 la politique1 l'rudition1 l'art1 la morale1 le plaisir1 la religion1 la sup]/ition1 manife/5t l'action de quelques =ces vives1 l'indp5dance de l'esprit1 le jeu con/ant du s5s critique1 l'lan de la passion1 l'n]gie de l'orgueil4 ,mais ces =ces1 bi5 coordonnes1 =m5t une h>monie o les convoitises du cur accept5t la discipl9e de l'esprit1 o les viol5ces de l'in/9ct conc\r5t la matrise de la raison4 ,jamais l'homme n'a t plus libre en face du monde extrieur1 de la socit1 de l'glise2 jamais il ne s'e/ possd plus ple9em5t lui-mme4 ,les ,itali5s ont appel virt cet a*vem5t de la p]sonnalit4 ,la virt n'a1 il e/ vrai1 ri5 de commun avec la v]tu4 ,les virtuoses mn5t le *ur de cette civilisation4 ,p\r ,burckh>dt1 le rveil de l'me p]sonnelle1 le s5tim5t que l'individu a repris de sa valeur propre1 sont non seulem5t le trait di/9ctif de la r5aissance itali5ne1 mais la cause pr(onde de cette r5aissance4 #a ,la ,civilisation en ,italie au temps de la ,r5aissance1 p> ,jacob ,burckh>dt1 traduction de ,m4 ,s*mitt4 ,p>is1 #ahhe2 ,plon et ,n\rrit4 #b ,cet ouvrage a deux titres3 ,ges*i*te d] ,r5aissance 9 ,itali51 et ,ges*i*te d] neu]5 ,baukun/2 ,/uttg>t1 #ahgh4 ,il rpond un projet d'hi/oire complte de la r5aissance1 que faisai5t att5dre les lacunes volontaires de la ,culture relativem5t aux lettres et aux arts de l',italie4 ,j'essai]ai ici1 trs discrtem5t1 de suppler au sil5ce ou aux indications trop sommaires du matre sur ces po9ts4 ,il fallait indiqu] t\t d'abord l'ide suprieure qui vivifie l'uvre de l'illu/re pr(esseur de ,ble4 ,le livre e/ de premi] ordre3 il e/ comme le brviaire hi/orique de quiconque crit ou p>le sur la civilisation itali5ne durant la priode que limit5t1 d'une "p1 le temps de ,ptr>que1 de l'autre1 le concile de ,tr5te4 ,t\tefois1 p\r le bi5 possd]1 on doit y rev5ir s\v5t et se =m] la logique et la m?ode du matre4 ,on doit aussi1 p> la rflexion1 lucid] plusieurs que/ions graves que ,burckh>dt considre comme rsolues dj1 et sur lesquelles il n'a donn que de trop rapides ap]u4 ,les diffr5ts gr\pes de faits qui lui s]v5t tablir sa ?orie sont trs ri*es en exemples p\r le ,x,ve sicle et le premi] qu>t du ,x,v,ie1 plus clairsems p\r le ,x,i,ve et les annes qui suiv5t ,lon ,x1 trs r>es p\r le ,x,i,i,ie et l'ge de dcad5ce contempora9 du concile de ,tr5te4 ,a9si1 les po9ts d'atta*e de la r5aissance1 soit avec le moy5 ge1 soit avec le milieu du ,x,v,ie sicle1 sont pe9e visibles4 ,les p]sonnes auxquelles la culture du moy5 ge n'e/ po9t familire s]ont dconc]tes p> l'app>ition un peu brusque du gnie n\veau de l',italie2 elles ne saisiront que d'une faon confuse l'orig9alit de cette rvolution intellectuelle et v]ront peut-tre en elle une cration spontane de l'hi/oire1 absolum5t indp5dante du pass itali54 ,puis1 p>v5u la d]nire division1 qui montre l'affaiblissem5t de la foi religieuse et de la morale dans la ,pn9sule1 le lecteur *]*]a sans d\te la conclusion de l'ouvrage enti]2 il se dem&]a si la f9 des vieilles croyances n'a po9t une relation troite avec le dprissem5t gnral de la civilisation1 avec la ru9e politique de l',italie4 ,il p\rra mme se pos] une "q que je ne crois po9t p>adoxale3 ce dveloppem5t magnifique de l'individualit qui fut1 p\r la r5aissance1 le pr9cipe mme de la vie1 n'a-t-il pas t1 p> ses propres excs1 la loi mortelle du dcl98 ,il e/ donc utile d'clair] ses deux extrmits le livre de ,burckh>dt1 af9 d'en montr] plus srem5t l'ordonnance et le dtail4 ,i ,le moy5 ge1 qui fut si violemm5t tr\bl p> l'explosion frqu5te de la passion individuelle1 a t5t un ef=t s+uli] p\r discipl9] les mes4 ,quelques notions trs hautes1 quelques in/itutions trs =tes1 le pre/ige de c]ta9es traditions1 l'asc5dant my/ique de l'autorit ont1 p>tir de l'poque c>ol+i5ne1 organis la socit et rgl les intrts et les consci5ces4 ,l'ide de *rti5t fut la premire et la plus gnrale de ces notions2 puis v9t la ?orie1 la fois religieuse et politique1 de l'empire et de la papaut2 puis le rgime fodal1 gr\pant les faibles aut\r des =ts et les unissant entre eux p> le s]m5t de fidlit et le devoir de la protection1 fonda la hir>*ie sociale2 puis les communes crr5t l'indp5dance des cits ordonnes en corporations4 ,au se9 de l'glise1 le mona*isme runit les plus purs p>mi les *rti5s s\s une loi plus au/re de r5oncem5t et d'obissance4 ,enf91 la scola/ique tablit dans la sci5ce la tutelle de la ?ologie et fit conc\rir les esprits1 mme les plus fi]s1 une uvre commune de dialectique4 ,en t\t ceci1 le moy5 ge a mis la fois son pr(ond idalisme1 le s5tim5t qu'il avait des droits de ,dieu sur l'humanit1 la piti que lui inspirait l'homme isol1 p]du dans sa faiblesse1 l'angoisse que lui donnait le rve des mes solitaires4 ,dans ces m\les rig\reux de la vie sociale ou religieuse1 dans cette ence9te troite de l'cole sur laquelle veille l'glise1 la raison de l'individu1 comme sa volont1 e/ en*ane4 ,quelque m\vem5t qu'il fasse1 il r5contre un matre3 le pape1 l'emp]eur1 le comte1 l'vque1 le texte des livres sa9ts1 la *>te de sa commune2 il se s5t d'autant plus fragile que1 s\s ces =mes visibles de l'autorit1 il ap]oit la puissance de ,dieu4 ,dieu e/ le suz]a9 univ]sel4 ,le sige idal de sa royaut e/ ,rome1 sur le tombeau des aptres1 dans la ville sa9te v]s laquelle l',occid5t gravite2 l comm&5t les deux vicaires infaillibles de ,dieu3 le pape1 dont le droit remonte ,jsus-,*ri/2 l'emp]eur1 qui desc5d de ,cs>4 ,t\t dsordre politique e/ donc un att5tat contre la paix de la *rti5t3 ,recordem9i ,dei et ve/r *ri/ianitatis1 crit ,*>les le ,*auve aux b>ons rvolts d',aquita9e4 ,plus t>d1 mme qu& l'empire p>ut reprs5t] d'une faon mo9s gr&e la notion de *rti5t1 la primaut de ,dieu dom9a t\j\rs le pacte social4 ,le roi1 les comtes1 les vques dcrt5t t\j\rs au nom de la sa9te ,tr9it4 ,mais la communaut p>faite1 selon le cur du moy5 ge1 e/ encore le mona*isme1 qui ma9ti5t l'homme dans la vision p]ptuelle des *oses div9es4 ,que le mo9e1 crit au ,x,ie sicle ,arn\lf de ,beauvais1 soit1 comme ,mel*isde*1 sans pre1 sans mre et sans p>5ts4 ,qu'il n'appelle sur la t]re ni son pre ni sa mre4 ,qu'il se reg>de comme seul et ,dieu comme son pre4 ,am54 ,on le voit1 le trait orig9al de cet ge e/ la s\mission absolue de la consci5ce p]sonnelle une discipl9e inflexible4 ,l'individu disp>at dans le cadre politique que l'glise et le dogme de la mon>*ie cumnique ont tabli p\r le repos du monde et l'exaltation du royaume de ,dieu4 ,il disp>at dans l'ordre fodal1 o le suz]a9 e/ vassal d'un seigneur plus gr&1 o le sujet e/ s]f1 atta* de sa p]sonne la t]re de son matre4 ,l'uvre collective de la croisade app>ti5t bi5 au temps o l'intrt des p>ticuli]s1 comme celui des plus gr&s royaumes1 s'effaait devant l'intrt suprieur de la *rti5t4 ,la rvolution sociale des cits fut aussi une uvre collective o l'individu acceptait le j\g p>fois trs l\rd de la loi communale4 ,en ,france1 ces petites rpubliques fur5t vite absorbes p> la royaut4 ,en ,italie1 qu& elles se fur5t dvores les unes les autres1 elles fir5t sortir de leurs ru9es le rgime n\veau de la tyrannie3 mais la tyrannie du ,x,i,ve sicle e/ dj un des premi]s signes de la r5aissance4 ,la scola/ique a dur plus longtemps que l'empire univ]sel1 la fodalit et les communes1 et c'e/ d'elle peut-tre que les mes ont reu1 dans les pays o elle a dom91 la plus =te empre9te4 ,elle avait t1 en un c]ta9 s5s1 ses dbuts1 une t5tative de lib]t1 et la premire opposition de l'esprit de critique l'autorit4 ,mais elle p]dit t\t1 ds le pr9cipe1 p> l'excs de sa m?ode4 ,elle crut que l'int]prtation e/ le fondem5t de la philosophie1 que l'art de raisonn] e/ la sci5ce mme1 et qu'un syllogisme rguli] e/ l'in/rum5t unique de la c]titude4 ,elle mit donc dans la logique la philosophie t\t entire4 ,et1 comme elle avait dt]m9 la m?ode1 elle fixa les problmes qu'elle jugeait les plus propres au jeu de l'a priori1 proclama ,ari/ote le matre p> excell5ce1 fit pass] t\t le cortge des sci5ces exprim5tales s\s la rgle du faux pripattisme des ,arabes4 ,l'cole tait condamne au rgime mortel de l'ab/raction4 ,l'glise1 t\j\rs inquite p\r le dogme de la ,tr9it1 la ram5a sans cesse l'idalisme de ,scot ,erigne et de ,guillaume de ,*ampeaux4 ,les plus gr&s docteurs1 ,abl>d1 ,pi]re ,lomb>d1 ,alb]t le ,gr& fur5t impuissants r5dre la scola/ique le s5tim5t de la ralit et de la vie1 l'art de l'analyse1 la lib]t de l'expri5ce4 ,au comm5cem5t du ,x,i,ve sicle1 ,okam montra la vanit de la sagesse go?ique2 il rappela1 p> une volution d]nire1 la doctr9e au po9t o ,abl>d l'avait place1 cette simple notion que les ides ne sont pas des tres4 ,l'cole avait vcu1 mais la r\t9e scola/ique1 la sup]/ition du syllogisme1 abrites p> l',univ]sit de ,p>is comme en une =t]esse1 p]si/r5t jusqu'au j\r o la ,france de ,rabelais et de ,ramus accueillit la tradition platonici5ne de ,flor5ce et le rationalisme de l',italie4 ,le conc]t de trois pays1 l',italie1 l',allemagne1 la ,france du nord et celle du midi1 a =m la civilisation du moy5 ge4 ,t\s les trois ont accept le rgime fodal4 ,l',italie a cr la primaut spirituelle du sa9t-sige1 l',allemagne1 la suz]a9et suprme de l'empire4 ,l',italie et la ,france ont fond des communes4 ,c'e/ la ,france qu'app>ti5t en propre la scola/ique4 ,t\tes les nations envoyai5t la montagne de ,sa9te-,g5evive leurs matres et leurs coli]s4 ,on peut dire1 d'une faon gnrale1 que1 dans ces trois contres1 les crises les plus graves ont m>qu t\te t5tative p\r l>gir ou bris] les li5s rigides du moy5 ge4 ,qu'un docteur1 ,abl>d1 essaie d'asseoir la sci5ce sur la raison2 qu'une prov9ce1 le ,langu$oc1 se dta*e du *ri/ianisme2 qu'un pape1 ,grgoire ,,vii1 veuille arra*] son glise l'tre9te de l'empire2 qu'un emp]eur1 ,frdric ,,ii1 s'attaque l'action politique de l'glise2 qu'un tribun1 ,arnault de ,brescia1 entrepr5ne de rduire le pape n'tre dans ,rome que le premi] des vques1 t\tes ces rvoltes provoqu5t sur-le-*amp un clat t]rible4 ,quiconque ose t\*] quelque p>tie de l'difice sacr e/ un brig&1 un apo/at1 un hrtique1 une figure de l',ant*ri/4 ,presque t\j\rs1 c'e/ d'un concile que "p le c\p de f\dre qui le t]rasse4 ,presque t\s ces m>tyrs peuv5t1 leur d]nire heure1 rpt] les p>oles de ,grgoire ,,vii expirant1 c> ils ont *]* la ju/ice et ils meur5t p\r la lib]t4 ,a9si1 au moy5 ge1 la tradition a prim l'inv5tion p]sonnelle4 ,la vie morale t\t entire s'e/ tr\ve atte9te p> cette rigueur de discipl9e dont l'effet s'e/ fait s5tir dans les ouvrages de l'esprit4 ,la ,france1 dont le moy5 ge s'e/ prolong jusqu'au ,x,v,ie sicle1 a vu1 ds le ,x,i,ve1 le dcl9 de son gnie3 sa civilisation antrieure1 si ple9e de promesses1 a t\t c\p langui1 comme frappe d'un mal secret4 ,cep5dant1 ds le ,x,i,ie sicle1 l',italie avait rejet peu peu de ses paules la *ape pesante du pass1 et dj une aurore de r5aissance l'clairait1 qu& le crpuscule des vieux ges semblait s'paissir de plus en plus sur la ,france4 ,ici1 n\s t\*ons le po9t ess5tiel de la "q prlim9aire la ?orie de ,burckh>dt sur la r5aissance4 ,on sait que les crations orig9ales de la ,france du nord1 entre le ,x,ie et le ,x,i,i,ie sicles1 la *anson du ge/e1 le roman *eval]esque et l'ar*itecture ogivale1 ont fait1 dans t\te la *rti5t1 une =tune prodigieuse4 ,c'e/ de nos tr\vres que le monde civilis a reu ,*>lemagne et les hros de la ,table-,ronde4 ,la posie lyrique des ,prov5aux eut peu prs un p>eil rayonnem5t dans t\te l',europe lat9e4 ,nos tr\bad\rs ont prom5 leur lyre en ,sicile1 en ,toscane1 en ,catalogne1 en ,portugal4 ,l',italie laisse entrevoir1 dans ses plus anci5nes uvres lyriques1 l'influ5ce prov5ale4 ,v]s l'an #abjj1 la premire littrature de la ,pn9sule1 dans la rgion du ,p et de l',adige1 e/ rellem5t franco-itali5ne4 ,le tr\bad\r lomb>d ,sordello crivit en langue d'ol4 ,jusqu'au ,x,ve sicle1 l',italie a traduit1 refondu1 compil les romanzi frances*i que ,dante lisait2 elle mlangeait les matires de ,france et de ,bretagne en des livres populaires qui inspir]ont plus t>d ,pulci et l',ario/e4 ,un si tonnant succs peut s'expliqu] p> plusieurs causes4 ,la figure de ,*>lemagne tait t\j\rs le plus augu/e s\v5ir de l'hi/oire4 ,l'emp]eur avait accompli trois *oses qui le r5dai5t sacr p\r le moy5 ge3 il avait fond la ju/ice1 lev l'glise et rep\ss les paens4 ,il avait ranim l'image de l'empire roma92 il faisait trembl] la t]re s\s les pas de son *eval4 ,avec ,*>lemagne comm5ce vraim5t la *rti5t4 ,d]rire lui m>*ai5t ses pairs1 ,rol&1 ,turp91 ,r5auld1 transfigurs p> la gloire de ,*>les et qui se prtai5t encore mieux que lui aux fantaisies de l'imag9ation potique4 ,la ralit hi/orique des p]sonnages de la ,table-,ronde tait bi5 plus indcise3 mais le moy5 ge retr\vait en eux t\s ses rves et t\tes ses l>mes1 l'am\r my/ique1 le culte de la femme1 le s5tim5t rsign de la vie1 la voix mat]nelle de la nature et des fes1 la vision du ,p>adis t]re/re4 ,artus1 ,m]l91 ,lancelot1 ,p]ceval1 ,tri/an1 *evali]s1 prophtes et ju/ici]s1 b]ai5t d'esprance les peuples c\rbs s\s l'oppression fodale1 les croiss allant la t]re-sa9te1 les mes dlicates que le *>me d'un am\r plus =t que la mort consolait des misres du sicle4 ,aux potes de notre ,midi1 l',europe dem&ait les mmes motions1 des *ants d'am\r et des cris de gu]re4 ,la ,france eut encore le temps1 avant l'heure de son dcl91 de donn] plusieurs de nos vois9s la vieille pope moqueuse de ,r5>t1 c'e/--dire la p>odie du monde fodal1 la revan*e des vila9s contre les seigneurs1 des curs mdiocres contre les preux1 des laques contre l'glise4 ,la littrature franaise des hauts sicles exprimait m]veille ce que t\t l',occid5t p5sait1 regrettait ou s\haitait4 ,mais cette littrature1 avec sa grce d'adolesc5ce1 n'avait ri5 encore qui pt dconc]t] les nations p\r lesquelles1 dans l'ordre de la civilisation1 la ,france semblait une sur ane4 ,elle tait d'une c&eur exquise1 trs intelligible des esprits jeunes4 ,elle put1 sans pe9e1 dev5ir populaire l'trang]4 ,plus p>faite1 elle ft demeure plus troitem5t nationale4 ,sa navet mme l'a faite europenne4 ,il s]ait inju/e de lui repro*] comme un dfaut ce trait de c>actre1 c> il tait de son ge4 ,la consci5ce de nos vieux potes e/ une fleur encore demi-close2 les dons de la maturit morale1 les ret\rs de la rflexion1 la curiosit des my/res du cur1 l'art d'inv5t]1 l'aide de ses motions p]sonnelles1 la passion d'autrui1 l'art1 plus difficile1 de crer le rcit en vue de l'motion d'autrui1 et de t\*] le lecteur p> les nuances de la composition1 n'tait po9t la porte des tr\vres4 ,c'e/ l'imag9ation imp]sonnelle du moy5 ge qui vit en eux4 ,ils r5d5t leur sicle et au monde les lg5des d'am\r ou de batailles qui peuplai5t la mmoire des f\les4 ,leur expri5ce e/ bi5 c\rte encore et ils se s\ci5t peu de dgag] l'hi/oire des traditions confuses qui vi5n5t eux4 ,m4 ,pio ,ra9a1 dans son livre sur les ,orig9es de l'pope franaise1 vi5t de montr] que les s\v5irs de l'poque mrov+i5ne se retr\v5t dans nos *ansons de ge/e c>ol+i5nes4 ,pr5ez ma9t5ant les tr\bad\rs4 ,leur =me e/ trs v>ie1 savante mme2 leur inspiration e/ t\te juvnile3 s5sualit timide1 t5dresse spirituelle plutt que t\*ante1 l>mes vite essuyes1 colres d'enfant aussitt dissipes ou qui s'm\ss5t en se portant la fois contre t\s ceux que hait le pote1 tel e/ le gnie des ,prov5aux4 ,ils *ant5t la passion comme les potes du moy5 ge occid5tal1 franais ou allem&s1 *ant5t la nature2 ceux-ci s'intress5t aux fleurs1 la bruyre1 au rayon de soleil2 il n'y a *ez eux qu'un premi] plan et pas de lo9ta93 ils peign5t avec d'clatantes c\leurs l'objet qui e/ s\s leurs yeux1 la s5sation fugitive qui les aiguillonne2 p]sonne ne sait encore voir et ne peut mesur] les d]nires pr(ondeurs de la nature ou du cur huma94 tait-il rs]v la ,france du nord de produire un ,dante ou un ,ario/e1 la ,france mridionale d'avoir un ,guido ,cavalcanti ou un ,ptr>que8 ,la croisade des ,albigeois n'a pas laiss notre ,midi le loisir de donn] t\s ses fruits2 une civilisation noble1 brusquem5t disp>ue1 a emport le secret de son propre av5ir4 ,la littrature d'ol a p\rsuivi sans tr\ble le c\rs de sa de/9e4 ,aux ,x,i,ie et ,x,i,i,ie sicles1 la ,france lisait et p>aissait compr5dre les criva9s lat9s2 la culture classique aidait l5tem5t aux progrs de la consci5ce littraire4 ,t\tefois1 au temps de sa9t ,l\is1 qu& dj la nationalit franaise se reconnaissait clairem5t1 t\t ef=t p\r crer une littrature rfl*ie tait encore prmatur4 ,comp>ez la dbilit gracieuse de l'esprit de ,jo9ville la sant intellectuelle de son contempora9 itali5 ,m>co ,polo4 ,dj1 cep5dant1 la ve9e *eval]esque s'puisait3 les compilateurs refondai5t1 abrgeai5t1 traduisai5t en prose ou grossissai5t dmesurm5t les anci5s ouvrages4 ,la biblio?que de don ,qui*otte tait comm5ce4 ,impuissants rajeunir la tradition littraire1 les criva9s en *]*r5t une n\velle4 ,on vit alors quel po9t trois sicles de scola/ique avai5t u les ressorts de l'esprit franais4 ,comme on ne savait plus raisonn] sur des *oses relles1 on ne fut plus capable de crer des figures vivantes4 ,l'cole1 aprs avoir arrt la sci5ce1 dess*a la posie4 ,on entra dans l'ge des ab/ractions et des *imres v]sifies4 ,*>lemagne1 ,rol&1 ,m]l91 ne sont plus que de purs accid5ts1 des quiddits littraires que l'on rejette2 dsormais1 les univ]saux seuls ont le droit de se m\voir et de p>l]1 je ne dis pas d'agir3 les vices et les v]tus1 les espces et les g5res qui peuplai5t dj la premire p>tie du ,roman de la ,rose1 sont rejo9ts1 dans la seconde1 p> les deux hautes qu9tess5ces1 ,raison et ,nature1 que n'emb>rass5t po9t des diss]tations de trois mille v]s4 ,la prdication subtile envahit t\t le *amp potique4 ,l'allgorie ?ologique se glisse dans le ,roman de ,r5>t et en te9t la gat4 ,le symbolisme enveloppe d'un br\ill>d cette littrature doctorale2 seules1 les =mes t\tes b\rgeoises1 moqueuses1 le fabliau1 le my/re1 le conte1 la sottie1 se ma9ti5n5t en joie4 ,mais que n\s sommes lo9 de la ,*anson de ,rol&6 ,l'art franais1 p> excell5ce1 l'ar*itecture ogivale1 dprit du mme mal que la posie4 ,longtemps elle avait g>d les traditions graves du roman1 les solides pili]s1 les gr&es lignes1 les proportions qui rassur5t l'il4 ,elle respectait alors les lois de la matire4 ,mais voici qu'elle se passionne p\r la lgret jusqu' la folie4 ,elle exagre les hauteurs et les vides1 r>fie la pi]re1 rduit les murs au d]ni] degr de maigreur1 se j\e des pili]s et des votes comme si ces masses n'tai5t que des =mes gomtriques2 la pesanteur et l'quilibre1 la loi ne compte plus p\r elle4 ,il s'agit d'lev] dans la nue le rve cisel des fl*es et des t\rs2 le dtail1 raff9 outrance1 multipli en triangles aigus1 af9 de support] l'ensemble ari51 monte t\j\rs et absorbe non seulem5t les lignes horizontales1 mais t\tes les gr&es lignes4 ,la ca?drale1 ma9t5ue contre t\te vraisemblance1 tage p> mille contre=ts1 vritable sophisme de pi]re1 fait p5s] aux syllogismes de l'cole1 o le raisonnem5t1 priv de raison dans les prmisses1 vacille et s'affaiss]ait s'il n'tait s\t5u p> le sophisme vois94 ,cet art t\rm5t et malade tuait les autres arts3 l'au/re /atue du ,x,i,ie sicle n'aurait plus de place p\r se t5ir deb\t2 la /atuette dlicate du ,x,i,i,ie e/ rduite au rle de brod]ie2 la sculpture f9it p> l'imag]ie1 la laideur se mle au pa?tique dans les ,ecce ,homo et les ,*ri/ de d\leur2 la ,madone1 l',enfant ont p]du t\te noblesse2 l',enfant n'e/ plus que le fils d'un b\rgeois qu'on amuse2 la g>g\ille impud5te1 la fleur biz>re1 le diablot9 grotesque1 altr5t de plus en plus la figure my/ique de l'glise2 la pe9ture sur v]re se corrompt p> la re*]*e du dtail et l'ambition de l'effet4 ,l'expri5ce hi/orique du moy5 ge a donc t complte p\r la ,france4 ,notre civilisation n'a po9t su prolong] ou rajeunir son orig9alit4 ,la culture premire de l',occid5t a produit *ez n\s ses d]nires consqu5ces4 ,l',italie1 rebelle de bonne heure cette culture1 a fait manqu] *ez elle l'expri5ce4 ,son moy5 ge portait les g]mes les plus fconds de sa r5aissance4 ,t\j\rs elle eut dans le conc]t de la *rti5t1 une physionomie trs p>ticulire4 ,envahie t\r t\r p> les ,go?s1 les ,lomb>ds1 les ,arabes1 les ,norm&s1 dom9e p> les ,byzant9s1 les ,francs1 les ,hoh5/auf51 les ,angev9s1 elle ne prit de ses matres que ce qui lui plut et arrangea son gr sa civilisation1 sa vie publique et sa foi4 ,de l'hi/oire de ,rome elle n'avait v\lu cons]v] que des traditions de lib]t1 entret5ues p> la p]si/ance de ses corporations d'artisans1 et une image idale qui lui s]vait de modle p\r bi5 jug] le rgime de la d\ble mon>*ie univ]selle et l'ordre fodal4 ,elle porta plus lgrem5t que p]sonne ce triple j\g1 p>ce qu'elle r5contra vite l'art d'oppos] l'un l'autre et d'affaiblir l'un p> l'autre les deux s\v]a9s de l',occid5t1 l'emp]eur et le pape4 ,elle sut emp*]1 p> la rsi/ance de l'glise1 l'absolue primaut de l'empire2 elle arrta sans cesse1 p> l'appui qu'elle prtait aux emp]eurs et les prt5tions ob/9es de la commune de ,rome1 les progrs de la primaut temporelle de l'glise2 elle employa trs habilem5t tantt le pape1 tantt l'emp]eur1 l'affaiblissem5t des comtes et la protection des rpubliques municipales4 ,qu& elle se fut dlivre du despotisme des seigneurs1 il se tr\va qu'elle avait du mme c\p dim9u le sa9t-sige et l'empire en dtruisant la hir>*ie qui les s\t5ait2 elle avait les ma9s plus libres du ct de l'un et de l'autre2 t\s les deux devai5t dsormais compos] avec une ,italie communale1 tantt gibel9e et tantt guelfe qui1 p> ses ligues militaires1 savait manife/] les vues d'une politique vraim5t nationale4 ,elle eut alors une hi/oire plus tragique qu'aucun autre peuple1 p>ce qu' ,rome tait le nud de t\s les problmes qui agitai5t la *rti5t1 mais1 au fond1 cette hi/oire e/ t\t fait consci5te4 ,en dehors des ,deux-,siciles qui subissai5t t\j\rs quelque dom9ation trangre1 l',italie a *]* un ordre social n\veau1 fond sur l'autonomie des villes1 et bi5tt sur celle des prov9ces1 un rgime o la suz]a9et de l'emp]eur et celle du pape n'tai5t plus que fictives1 o le sa9t-sige1 jusqu'au ,x,ve sicle1 se vit sans cesse dpossd de sa royaut temporelle p> la commune de ,rome1 mais o l'glise roma9e g>dait t\j\rs son pre/ige en tant qu'uvre matresse du gnie itali54 ,l',italie a t\rm5t les papes2 elle les a vus sans remords1 p5dant trois sicles1 fuir1 proscrits et outrags1 sur t\s ses *em9s2 jamais elle n'a cons5ti se ralli] aux antipapes1 presque t\s ,allem&s1 que lui donnai5t les emp]eurs4 ,au temps des papes d',avignon1 elle a rsi/ aux sductions d'un s*isme2 au temps du gr& s*isme1 elle a su rs]v] ses pontifes propres la lgitimit apo/olique4 ,il tait naturel1 en effet1 que le plus gr& ef=t des ,itali5s ft dirig du ct de l'indp5dance religieuse4 ,ils n'euss5t ri5 gagn se s\/raire l'empire et la fodalit s'ils s'tai5t d'ailleurs rsigns la dom9ation du sa9t-sige4 ,entre l'glise et l',italie s'tablit une sorte de concordat tacite o l'indulg5ce rciproque eut la meilleure "p4 ,l'glise p]mit aux ,itali5s de pass] sans au/rit ni tri/esse trav]s cette valle de l>mes4 ,les papes accordr5t la ,pn9sule des lib]ts ecclsia/iques qu'ils euss5t refuses l'trang]2 l'glise de ,milan1 dont l'ar*evque tait une sorte de s\v]a9 pontife1 l'autonomie liturgique2 ,v5ise1 un patri>cat presque indp5dant de ,rome2 la ,sicile1 au midi napolita91 une famili>it tonnante avec la communion grecque et l'usage de la langue grecque p\r le culte4 ,les meilleurs *rti5s de l',italie1 les mo9es1 les ana*ortes lv5t sans cesse la voix contre les abus du pontificat roma91 que corrompt la puissance sculire4 ,pi]re ,dami51 l'ami de ,grgoire ,,vii1 dplore que l'glise ait en ma9 le glaive temporel4 ,on connat les invectives furieuses de ,dante contre ,rome1 l'insol5ce du mo9e ,jacopone l'g>d de ,boniface ,,viii4 ,mais1 en t\t ceci1 il faut voir la passion politique plutt que l'motion religieuse4 ,le *ri/ianisme itali5 e/ une cration s+ulire4 ,il ti5t beauc\p de la foi primitive2 le dogme troit1 la morale rigide1 la pratique svre1 la hir>*ie gn5t =t peu son indp5dance3 l'inspiration individuelle1 la communion directe du fidle avec ,dieu1 qui =m5t le fond de la religion francisca9e1 sont peut-tre les plus ess5tielles traditions de l'me itali5ne4 ,une p5se p>at s\v5t *ez leurs premi]s criva9s1 tels que ,dante et ,francesco da ,b>b]9o3 c'e/ dans le cur qu'e/ la religion vraie4 ,dante met en purgatoire le roi ,manfr$ que l'glise a maudit1 que ,clm5t ,,iv a fait arra*] sa spulture et jet]1--a lume sp5to1 les ci]ges tant te9ts1--au bord du ,g>igliano4 ,non1 s'crie le fils de ,frdric ,,ii1 leur maldiction ne peut n\s damn]4 ,p] lor mal$izion si non si p]de4 ,l',italie n'e/ pas loigne de p5s] que t\tes les religions mn5t au royaume de ,dieu4 ,le vois9age des croyances les plus div]ses1 l'islamisme et la foi grecque1 l'avait prs]ve de l'gsme religieux4 ,la tolrance la conduisit une notion librale de l'or?odoxie3 le conte des ,trois ,anneaux tait au ,novell9o longtemps avant ,boccace4 ,c'e/ p\rquoi les ,itali5s1 trs libres dans l'ence9te de leur glise1 n'ont jamais song srieusem5t en sortir4 ,ils n'ont po9t eu d'hrsie nationale3 la pat>ia lomb>de1 le ca?>isme ori5tal1 l'affiliation la secte vaudoise ne fur5t1 entre le ,x,ie et le ,x,i,i,ie sicles1 que de c\rtes t5tatives de rvolte plus sociale encore que religieuse4 ,la doctr9e issue des prdictions de ,joa*im1 abb de ,flore1 p>ut un in/ant plus m5aante2 elle tr\bla le monde francisca9 p> l'att5te d'une troisime rvlation1 l'vangile t]nel du ,sa9t-,esprit4 ,le sa9t-sige traita avec d\ceur ces excs du my/icisme itali52 il autorisa la liturgie et le culte de ,joa*im dans les diocses de ,calabre2 il condamna ,jean de ,p>me1 le gnral des frres m9eurs1 puis lui (frit le *apeau de c>d9al1 enf91 le batifia2 il laissa pullul] les petites sectes des fraticelles et des spirituels1 qui cont9uai5t le joa*imisme2 il batifia son t\r ,jacopone1 le plus bruyant de t\s ces sectaires4 ,il tait bi5 ent5du1 entre l'glise et l',italie1 que selon la p>ole emprunte sa9t ,paul p> ,joa*im1 l o e/ l'esprit du ,seigneur1 l e/ la lib]t4 ,la consci5ce libre1 dans la cit libre1 telle fut alors la loi de la civilisation itali5ne4 ,dans le doma9e rationnel1 l',itali5 du moy5 ge n'e/ pas mo9s matre de soi-mme4 ,il p5se librem5t et d'une faon trs sa9e4 ,c'e/ un fait grave que la scola/ique ne s'e/ jamais implante solidem5t dans la ,pn9sule4 ,l',italie a donn l'cole de ,p>is plusieurs de ses plus gr&s docteurs1 ,pi]re ,lomb>d1 sa9t ,?omas1 sa9t ,bonav5ture1 ,gilles de ,rome1 ,jacques de ,vit]be2 ceux d'entre eux qui ont repass les ,alpes tonnr5t plutt qu'ils ne sduisir5t leurs compatriotes4 ,sa9t ,?omas pr(essa devant ,urba9 ,,iv ses doctr9es p> une m?ode s+ulire et n\velle1 crit ,tolomeo de ,lucques4 ,la scola/ique ne fut docilem5t accepte en ,italie que p> les ?ologi5s et les mo9es4 ,au ,x,i,ve sicle1 ,ptr>que et ,c9o da ,r9ucc9i1 dans son ,p>adis des ,alb]ti1 se moqu5t du trivium et du quadrivium4 ,les premi]s morali/es1 ,brunetto ,lat9i et ,dante1 peuv5t cons]v] les divisions et l'app>5ce logique de l'cole3 en ralit1 ils procd5t p> expri5ce dans leurs descriptions de la nature et du cur huma94 ,la sci5ce nationale de l',italie1 ,bologne1 ,rome1 ,pad\e1 n'e/ po9t la dialectique1 mais le droit crit1 c'e/--dire la raison applique aux *oses de la vie relle2 c'e/ aussi le pripattisme de la tradition arabe1 mais absolum5t dgag de la ?ologie1 l'av]rosme1 auquel se ratta*e la rnovation des sci5ces naturelles et de la mdec9e4 ,cette gr&e cole1 dont ,pad\e fut le c5tre1 a beauc\p inquit l'glise3 les pe9tres religieux1 tels que ,b5ozzo ,gozzoli1 montr5t volonti]s ,av]ros t]rass1 vritable ,ant*ri/1 s\s les pi$s de sa9t ,?omas4 ,les av]ro/es ont t5t1 dans l',italie du moy5 ge1 une reconnaissance de l'ordre purem5t rationnel que ,desc>tes repr5dra p\r la ,france4 ,leurs adhr5ts plus ou mo9s dcl>s allr5t trs vite jusqu'au t]me d]ni] de l'incrdulit3 ils niai5t l'immortalit de l'me et l'me elle-mme4 ,les bonnes g5s1 la g5te volg>e1 voyant ,guido ,cavalcanti pass] rveur dans les rues de ,flor5ce1 prt5dai5t qu'il *]*ait des raisons de ne pas croire en ,dieu4 ,dj1 au comm5cem5t du ,x,i,ie sicle1 on avait signal ,flor5ce des picuri5s qui se riai5t de ,dieu et des sa9ts et vivai5t selon la *air1 dit ,villani4 ,comme t\s ces libres esprits app>ti5n5t au p>ti gibel91 il e/ peut-tre bon de n'accueillir qu'avec rs]ve les accusations lances contre eux p> les guelfes et les mo9es4 ,on ne peut sans d\te mesur] l't5due de leur scepticisme1 mais il faut bi5 signal] en eux ce trait c>actri/ique de l'homme mod]ne4 ,ils ont eu1 dans leur incrdulit1 l'orgueil naturel aux consci5ces qui ddaign5t la foi ou les illusions de leur sicle4 ,dante les condamne1 comme hrtiques1 mais on s5t qu'il les admire1 c> ils sont de sa race4 ,le plus hauta9 de t\s1 ,f>9ata degli ,ub]ti1 t\t droit dans son spulcre embrs1 le front alti]1 semble1 dit-il1 avoir l'enf] en gr& mpris4 ,mais n'avons-n\s pas dj p]du de vue le moy5 ge occid5tal8 ,t&is que la ,france s'arrte dans l'uvre de la civilisation1 l',italie1 ouvrire plus t>dive1 e/ t\te prte inv5t] une civilisation n\velle4 ,elle ti5t en ses ma9s l'in/rum5t de t\t progrs1 l'art de p5s] clairem5t2 elle sait oppos] l'autorit de la tradition la valeur rationnelle et l'n]gie de l'individu4 ,elle passe d'une faon presque ins5sible du moy5 ge la r5aissance4 ,,ii ,elle y passe d'abord p> une va/e crise politique et sociale qui a trans=m *ez elle la notion de l'tat1 le c>actre du p\voir1 les rapports du citoy5 avec le g\v]nem5t de sa patrie1 les relations des diffr5tes p>ties de l',italie entre elles1 les relations de l',italie avec la *rti5t4 ,il s'agit de la tyrannie1 ou du pr9cipat absolu1 qui s'tablit avec ensemble sur les dbris de l'ordre fodal et des communes rpublica9es4 ,burckh>dt tudie ce gr& fait avant t\s les autres1 p>ce qu'il e/ non po9t la seule cause1 mais la cause initiale de presque t\s4 ,la tyrannie1 en brisant les anci5s cadres politiques1 n'a pas seulem5t donn aux ,itali5s un exemple d'action2 elle leur a impos l'action mme p> la ncessit o ils se tr\vr5t de respir] et de vivre dans l'atmosphre d'un rgime n\veau4 ,le type premi] de l'tat mod]ne remonte l'emp]eur ,frdric ,,ii4 ,avant lui1 les pr9ces norm&s avai5t rgn sur l',italie infrieure et la ,sicile en modifiant le sy/me fodal1 qu'ils *angr5t en b>onnies indp5dantes3 ,frdric sub/itue leur uvre une rem>quable imitation des g\v]nem5ts musulmans4 ,il e/1 lui1 le seul b>on1 le matre absolu2 p>t\t o il dom9e1 le droit politique des comtes e/ ananti1 les lections populaires sont df5dues2 entre lui et la multitude des sujets ne subsi/e plus une ombre de hir>*ie2 il g\v]ne p> son bon plaisir1 loi suprme qu'excut5t sans piti ses vicaires1 tels qu',ezzel9o da ,romano2 il g\v]ne en dehors de l'glise et contre elle2 s'il ne fonde pas une religion d'tat1 s'il ne prt5d pas la suprmatie religieuse du monde1 t\t au mo9s e/-il le *ef vritable des religions div]ses qui viv5t en paix s\s son sceptre4 ,il s'e/ rs]v le p\voir judiciaire2 il enveloppe son royaume du rseau d'une adm9i/ration dont sa *ancell]ie tril+ue e/ le c5tre1 fixe1 p> le cada/re1 l'impt fonci]1 rgle les impts de consommation1 surveille la sci5ce1 fait des univ]sits de ,naples et de ,sal]ne une cole impriale o t\te la jeunesse de l',italie mridionale e/ oblige d'tudi]2 il e/ lui-mme l'armateur privilgi de l'empire p\r t\s les ports de la ,mdit]rane1 il s'octroie le monopole du sel et des mtaux4 ,son gsme1 ses passions1 son gnie1 o la tolrance se r5contre avec la cruaut1 sont la rgle unique de sa politique4 ,il brle les hrtiques1 t\t en rconciliant l',europe *rti5ne avec l',asie musulmane4 ,il appelle sa c\r les potes et les mdec9s grecs ou arabes1 les tr\bad\rs1 les rabb9s juifs1 les gomtres et les *anteurs4 ,ce khalife s\abe qui crit des v]s d'am\r et s'ent\re de b\rreaux s>ras9s e/ la t]reur de l',occid5t et de ,rome4 ,mais l',italie1 qui bi5tt p]mettra t\t ses matres1 la condition qu'ils fass5t de gr&es *oses1 voit en ,frdric le premi] de ses pr9ces1 spec*io del mondo1 miroir du monde1 dit le ,novell9o2 longtemps aprs la *ute de sa maison1 il occup]a l'imag9ation populaire et pass]a dans les songes des ,visconti1 des ,malate/a1 des ,s=za et des ,borgia4 ,la tyrannie itali5ne a mis plus d'un sicle tr\v] son expression df9itive dans les gr&es familles despotiques des d]ni]s ,visconti et des ,s=za de ,milan1 des ,e/e de ,f]r>e1 des ,gonzague de ,mant\e1 des ,montefeltri d',urb91 dans le pr9cipat des premi]s ,mdicis1 le pontificat des papes tels que ,pie ,,ii ou ,paul ,,ii4 ,au ,x,i,ve sicle1 le dsordre in\ o e/ tombe l',italie1 ab&onne p> le pape et l'emp]eur1 p]met aux audacieux de s'impos] violemm5t soit leur propre cit1 soit aux b>ons de leur vois9age4 ,les petites dom9ations qui ont comm5c p> un exploit de brig&age sont alors trs nombreuses et d'un c>actre f>\*e4 ,la rsi/ance des communes ou celle des seigneurs1 l'indiscipl9e de ses fils1 de ses bt>ds et de ses pro*es qui se ri5t d'un droit dyna/ique fond p> le guet-ap5s1 ma9ti5n5t le matre illgitime dans la mfiance1 le =c5t rgn] p> l'p\vante4 ,le tyran s'isole dans son palais o ab\tiss5t t\tes les =ces vives de l'tat1 la police1 les impts1 la ju/ice2 la g>de du tyran e/ la seule arme nationale2 son trsor btit les glises1 dess*e les m>ais4 ,son peuple lui app>ti5t au mme titre que ses meutes de *asse4 ,jean-,m>ie ,visconti l*ait ses dogues sur les b\rgeois de ,milan1 ,urba9 ,,vi jetait des c>d9aux dans une cit]ne ple9e de reptiles4 ,cette tyrannie ne p\vait dur]2 elle s'usa vite p> sa viol5ce mme4 ,le ,x,ve sicle n\s la montre s'amliorant p> le progrs de l'esprit politique1 p> un dveloppem5t plus huma9 de la p]sonnalit des pr9ces4 ,les petites seigneuries sont absorbes p> les plus gr&es4 ,celles qui subsi/5t encore1 les ,malate/a de ,rim9i1 les ,baglioni de ,pr\se1 les ,manfr$di de ,fa5za1 sembl5t dsormais de vritables fosses aux lions o pr9ces et sujets se dvor5t sans m]ci4 ,mais1 ailleurs1 l'ordre a comm5c4 ,un n\veau p]sonnage e/ entr en scne1 le condottire1 qui e/ p>fois un tyran la solde d'un autre1 capita9e d'av5tures1 vnal1 brave1 dnu de scrupules1 mais qui sait comm&]1 rompu t\tes les ruses1 tonnamm5t matre de sa passion du mom5t4 ,tel fut le paysan ,jacques ,s=za1 qui fonda la plus gr&e des maisons itali5nes4 ,il disait son fils ,franois3 ,ne t\*e jamais la femme d'autrui2 ne frappe aucun de tes g5s1 ou1 si cela t'arrive1 envoie-le bi5 lo92 ne monte jamais un *eval ayant la b\*e dure ou sujet p]dre ses f]s444 ,le condottire a cr l'arme mod]ne1 o la valeur p]sonnelle et l'expri5ce du gnral sont un ressort d'autant plus puissant que l'inv5tion des armes feu modifie davantage la vieille tactique fodale et contra9t le soldat une manuvre d'ensemble2 il a*v]a dans la tyrannie itali5ne1 o il s'in/alle s\v5t p> usurpation1 l'tat mod]ne absolu4 ,ici1 la =tune de l'tat1 ent\re de puissances rivales1 repose la fois sur les ress\rces militaires et sur l'habilet diplomatique du tyran4 ,et t\te la scurit de celui-ci e/ dans son propre c>actre4 ,il n'a pas1 aux yeux des sujets1 comme le roi de ,france ou l'emp]eur1 une sorte de pre/ige my/ique2 sa race n'e/ po9t sculaire2 le p>*em9 que lui ont dlivr l'emp]eur ou le pape ne compte po9t p\r son peuple2 la seule g>antie qu'il ait de son p\voir e/ la faon dont il l'ex]ce4 ,et1 comme il e/ le fils de ses uvres1 il gr\pe naturellem5t aut\r de sa p]sonne ceux dont la noblesse e/ t\t intellectuelle1 les arti/es1 les savants1 les potes1 les rudits4 ,le mcnat devi5t la p>ure de la tyrannie itali5ne4 ,il en e/ aussi la =ce1 c> il console les villes de leurs lib]ts communales p]dues1 et il enveloppe le pr9ce d'une cli5tle dv\e1 t\j\rs prte p\r la l\ange et qui a t\te l'app>5ce de l'op9ion publique4 ,a9si l'une des plus sres raisons d'tre des pr9ces e/ la "p considrable qu'ils ont dans la civilisation de la r5aissance4 ,les =mes de cette s\v]a9et fur5t trs div]ses4 ,f]r>e1 ,urb91 ,mant\e1 t\j\rs m5aces p> quelque vois91 le pape1 ,milan ou ,v5ise1 se rsignr5t une politique efface1 mais1 p\r l'lgance de la civilisation1 elles se t9r5t au premi] rang4 ,la tyrannie p> excell5ce fut le du* de ,milan1 surt\t au temps de ,ludovic le ,m4 ,milan p\vait f]m] ou ouvrir l'trang] les r\tes des ,alpes2 elle tait comme la cl de vote de la ,pn9sule3 ses matres osai5t aspir] la c\ronne d',italie4 ,au midi1 ,naples avec sa famille vraim5t royale1 mais trangre1 les ,aragons1 sa noblesse hrditaire et le tempram5t mon>*ique qu'elle t5ait des ,norm&s et des ,angev9s1 fut plutt une royaut au s5s europen qu'un pr9cipat itali54 ,d'ailleurs1 elle ne compta gure dans la r5aissance3 sa civilisation1 trs brillante au ,x,i,ie sicle et dans la premire moiti du ,x,i,i,ie1 v9t du dehors2 la dyna/ie espagnole reprit1 avec ,alphonse le ,gr&1 la tradition librale de ,rob]t d',anj\2 nanmo9s1 les ,deux-,siciles fur5t t\j\rs infrieures1 p\r la culture de l'esprit1 mme aux petites pr9cipauts des ,e/e et des ,gonzague4 ,c'e/ ,rome que le rgime tyrannique app>ut de la faon la plus orig9ale et la plus complexe4 ,le sa9t-sige tait1 en ,italie1 la plus anci5ne image de l'autorit4 ,mais1 depuis plus de deux c5ts ans1 son p\voir s'tait l5tem5t modifi s\s l'empire de circon/ances presque fatales4 ,peu peu1 le pape du moy5 ge1 le pape faible dans ,rome1 sans cesse viol5t p> sa noblesse ou son peuple1 mais trs =t en face de la *rti5t1 avait fait place un pr9ce ecclsia/ique1 de plus en plus matre de ,rome et de ses tats1 de plus en plus r$\table aux factions fodales1 mais qui1 *aque j\r1 p]dait quelque *ose de sa primaut religieuse4 ,les luttes des papes avec ,frdric ,,ii1 ,manfr$ et les ,gibel9s1 la rbellion p]man5te des fraticelles et des my/iques1 ,philippe le ,bel1 l'exil d',avignon1 le s*isme1 l'hrsie hussite1 les conciles du ,x,ve sicle1 prcipitr5t la d*ance du pontificat roma94 ,l'glise elle-mme avait d1 ,con/ance et ,ble1 dp\ill] son premi] vque de la t\te-puissance dogmatique4 ,les papes voyai5t t\tes leurs entreprises religieuses condamnes d'avance4 ,eugne ,,iv1 ,nicolas ,v essayr5t va9em5t la rconciliation de la *rti5t grecque avec ,rome4 ,pie ,,ii m\rut en bnissant ,ancne les galres qui ne devai5t po9t faire voile v]s ,jrusalem4 ,mais ,sixte ,,iv refusa ob/9m5t aux pr9ces *rti5s de pr*] la croisade contre les ,turcs1 et ,alex&re ,,vi n\a avec ,bajazet des relations diplomatiques4 ,la papaut1 se repliant dans sa puissance t]ritoriale1 passa trs rsolum5t l'tat de tyrannie itali5ne4 ,elle eut ses condottires1 ses ambassadeurs1 ses espions1 ses sbires1 son trsor1 ses droits de d\ane1 son t>if d'indulg5ces4 ,mais sa condition de royaut lective lui imposait un rle difficile dans le conc]t de la pn9sule4 ,le pape1 vieux1 priv de la g>antie dyna/ique1 tait condamn une p]ptuelle df5sive4 ,les c>d9aux des prcd5tes familles pontificales1 les nobles roma9s1 les pr9ces itali5s enlaai5t de mille intrigues le *ef de l'glise1 dont la succession semblait t\j\rs ouv]te4 ,le pape1 oblig p> sa situation temporelle de suivre une politique sans cesse *angeante1 grce la mobilit des intrts itali5s auxquels elle se mlait1 dut1 af9 d'tre le matre dans sa maison1 ex]c] sur le sacr-collge une police t]rible1 cras] dans le sang le p>ti des ,colonna1 abattre ce qui re/ait de petits tyrans dans les ,romagnes1 n\] et dn\] des ligues1 s'appuy] t\r t\r sur ,naples1 ,milan1 ,v5ise1 ,flor5ce1 trahir le l5dema9 l'alli de la veille1 a*et] une infant]ie suisse1 enf9 appel] sur la ,pn9sule l'trang]1 la ,france1 l',espagne ou l'empire4 ,le sa9t-sige a t\rn dans ce c]cle depuis la f9 du gr& s*isme jusqu' ,clm5t ,,vii1 entranant dans son t\rbillon la politique de l',italie entire4 ,le seul po9t auquel ces papes 7,jules ,,ii except7 s'atta*r5t avec con/ance1 fut le npotisme4 ,c'tait l'9vitable ncessit du pr9cipat ecclsia/ique4 ,p> leurs neveux ou leurs fils1 dots de fiefs considrables et m>is dans les familles pr9cires1 les pontifes crai5t l'app>5ce d'une dyna/ie1 agr&issai5t la suz]a9et de l'glise du ct de ,naples1 de ,flor5ce1 de ,v5ise4 ,le npotisme a b\lev]s l',italie s\s ,sixte ,,iv1 ,alex&re ,,vi et ,lon ,x2 il faillit tre mortel l'glise elle-mme4 ,le fils de ,sixte ,,iv1 ,pietro ,ri>io1 conut l'ide de pr5dre la ti>e1 titre d'hriti]1 sans lection et du vivant mme de son pre4 ,cs> ,borgia reprit ce projet extraord9aire en vue duquel ,alex&re mnageait son fils l'appui de ,v5ise4 ,qu'il se ft ou non proclam pape1 il mettait la ma9 sur le royaume de sa9t ,pi]re et le fondait1 avec son du* des ,romagnes1 en une s\v]a9et de l',italie c5trale3 ,j'avais p5s t\t ce qui suivrait la mort du pape et tr\v remde t\t1 dit ,cs> ,ma*iavel1 quelques j\rs aprs la f9 f\droyante d',alex&re2 seulem5t1 j'avais oubli que1 lui mort1 je p\vais tre moi-mme moribond4 ,burckh>dt tudie "p deux cits3 ,v5ise1 qui demeurait une rpublique patrici5ne1 immobile dans sa con/itution sociale1 et ,flor5ce1 qui1 dmocratique de gnie1 gta de t\s les rgimes1 de la tyrannie militaire du duc d',a?nes1 de la dmagogie inc5diaire des ciompi1 de la tyrannie ?ocratique de ,savon>ole1 du pr9cipat int]mitt5t des ,mdicis1 de la rpublique b\rgeoise de ,sod]9i4 ,v5ise fut longtemps comme en dehors de l',italie1 t\rne v]s l',ori5t1 indiffr5te aux agitations de la ,pn9sule1 o elle n'entrait jamais que p\r quelques in/ants1 en faisant pay] son alliance le plus *] possible4 ,t\t son esprit d'inv5tion allait v]s les rgions lo9ta9es o *em9ai5t ses c>avanes4 ,le moy5 ge se prolongeait sur les lagunes1 ma9t5u p> un g\v]nem5t inquisitorial1 la dvotion d'tat1 l'troite solid>it des citoy5s1 que =tifiait la ha9e du re/e de la ,pn9sule4 ,le s\pon incessant1 la t]reur de la dlation1 pesai5t sur t\tes les mes4 ,v5ise1 trs +nieuse de bonne heure p\r le calcul des intrts conomiques1 ne devait s'veill] que t>d la vie de l'esprit4 ,sa r5aissance fut d'arrire-saison1 le d]ni] rayon de l',italie4 ,elle n'eut pas1 antrieurem5t ,alde ,manuce1 l'am\r ds9tress des lettres2 elle dc\rageait les rudits que l',ori5t grec lui envoyait2 ,paul ,,ii1 un ,vniti51 traitait d'hrtiques t\s les philologues4 ,v5ise laissa se p]dre les manuscrits de ,ptr>que et dprir la biblio?que de ,bess>ion4 ,ses premi]s potes dat5t du ,x,v,ie sicle1 sa pe9ture orig9ale de la f9 du ,x,ve4 ,sa littrature propre e/ dans les ,relations de ses orateurs1 qui1 p> leur art national de l'espionnage1 ont t peut-tre les plus f9s diplomates du monde4 ,t\t autre fut la physionomie de ,flor5ce4 ,ce peuple mobile peut r5v]s] dix fois p> sicle son g\v]nem5t3 on s5t qu'il e/ le matre de sa de/9e et de ses actes4 ,ma*iavel en expose l'hi/oire comme celle d'un tre vivant et p]sonnel3 ,flor5ce1 dit ,burckh>dt1 tait alors occupe du plus ri*e dveloppem5t des individualits1 t&is que les tyrans n'admettai5t pas d'autre individualit que la leur et celle de leurs plus pro*es s]viteurs4 ,cette vie fconde de la consci5ce laquelle les tyrans doiv5t t\t ce qu'ils sont1 et qu'ils communiqu5t aux arti/es et aux criva9s de leur c\r1 ,flor5ce l'avait donne elle-mme t\s ses citoy5s4 ,le ,flor5t9 ne se laisse po9t opprim] p> l'hi/oire tumultueuse de sa rpublique4 ,il *]*e t\j\rs1 entre les p>tis extrmes1 quelque po9t de conciliation4 ,il veut bi5 tre guelfe1 mais la condition que le pape ne t\*]a po9t aux lib]ts flor5t9es4 ,il tudie srieusem5t les causes de la prosprit ou du malaise de la cit4 ,avec ,dante et ,ma*iavel1 il juge les dfauts de son gnie1 la lgret1 la jal\sie1 la calomnie1 l'hrdit de la v5geance2 avec les ,villani1 ,gui*>d9 et ,v>*i1 il re*]*e et mesure t\tes les s\rces de la =tune de ,flor5ce1 il passe sans ef=t de la /ati/ique l'conomie politique2 il aime sa ville2 exil1 il la pleure1 mme en la maudissant1 et1 jusqu'au d]ni] j\r de l'indp5dance nationale1 il la glorifie comme le *ef-d'uvre de l'hi/oire4 ,dans une telle cit1 le rgime politique repose sur l'op9ion et *ancelle au mo9dre frmissem5t du s5tim5t public4 ,flor5ce n'a jamais t plus vritablem5t elle-mme qu'aux j\rs o le crdit seul de ,cosme l',anci5 g\v]nait les affaires2 la seule tyrannie qu'elle accepta avec srnit fut1 aprs la conspiration des ,pazzi1 celle de ,laur5t le ,magnifique4 ,c'e/ ces annes de la vie flor5t9e que s'applique le mieux la dnom9ation donne p> ,burckh>dt la premire p>tie de son livre3 l'tat considr comme uvre d'art4 ,v]s ce pote et ce sage gravite h>monieusem5t une civilisation o t\t un peuple pris de lib]t et de beaut a mis son me4 ,,iii ,la r5aissance a r5\vel d'abord la condition sociale de l',itali54 ,a l'tat mod]ne rpond dsormais l'homme mod]ne1 citoy5 ou sujet4 ,affran*i des anci5nes communauts politiques1 il ne compte plus que sur soi et l'exemple de ses tyrans et de ses condottires l'engage y compt] sans rs]ve4 ,il se s5t plus isol qu'autrefois2 l'isolem5t mme =tifie son c>actre4 ,le trait du ,g\v]nem5t de la famille d',alb]ti numre les devoirs que l'inc]titude de la vie publique impose au p>ticuli]4 ,mais cette inc]titude ne le tr\ble gure4 ,il fait face la tyrannie rsolm5t4 ,il frappe ses pr9ces avec joie1 mme l'glise1 mme tant prtre4 ,proscrit1 il ne se croit pas dim9u4 ,ma patrie1 disait ,dante1 e/ le monde enti]4--,celui qui a t\t appris1 dit ,ghib]ti1 n'e/ trang] nulle "p2 mme sans =tune1 mme sans amis1 il e/ citoy5 de t\tes les villes2 il peut ddaign] les vicissitudes du sort4 tre seul contre t\s1 uomo unico1 uomo s+ol>e1 m\voir p> quelque gr& acte de v]tu ou de sclratesse l'imag9ation de son sicle1 tel e/ le rve de l'itali54 ,l'image de la gloire le t\rm5te1 une bran*e de lauri] donne au ,capitole1 un tombeau ,santa-,croce1 une inscription sur un mur d'glise4 ,les damns de ,dante n'ont qu'un s\ci3 la mmoire de leur nom *ez les vivants4 ,les rgicides vont au supplice le reg>d fix sur l'immortalit4 ,a v+t-trois ans1 ,olgiato1 l'assass9 de ,galz-,m>ie ,s=za1 montra m\rir le plus gr& cur1 dit ,ma*iavel4 ,comme il allait nu et prcd du b\rreau portant le c\teau1 il dit ces p>oles en langue lat9e1 c> il tait lettr3 ,mors ac]ba1 fama p]petua1 /abit vetus memoria facti4 ,les curs s'ouvr5t donc t\tes les passions1 les volonts t\tes les rsolutions2 entrans p> la mme loi1 les esprits re*]*5t avidem5t t\tes les connaissances4 ,l'uomo univ]sale1 l'homme qui sait t\t et porte en sa p5se la culture entire de son sicle1 non po9t la manire des compilateurs arides du moy5 ge1 mais comme un arti/e t\j\rs prt l'inv5tion p]sonnelle1 ce virtuose intellectuel e/ encore une cration s+ulire de la r5aissance4 ,au ,x,ve sicle1 les m>*&s flor5t9s lis5t les auteurs grecs que leur ddi5t les humani/es2 le diplomate ,coll5uccio1 qui traduit ,plaute et imite ,luci51 =me un muse d'hi/oire naturelle1 explique la gographie des anci5s et fait avanc] la cosmographie4 ,brunelles*i connat t\tes les sci5ces relatives l'ar*itecture2 il difie sa c\pole sur une donne ma?matique2 il e/ ar*itecte et sculpteur1 comme plus t>d ,mi*el-,ange s]a pe9tre1 sculpteur1 ar*itecte et pote4 ,le pre de ,cell9i1 ar*itecte1 musici51 dess9ateur1 ent5d le lat9 et crit en v]s4 ,laur5t le ,magnifique conv]se avec ,pic de la ,mir&ole2 il semble que t\te l'expri5ce de l'esprit huma9 soit entre en ,lon>d de ,v9ci4 ,l'ar*itecte ,leo ,batti/a ,alb]ti1 qui a laiss une uvre mo9s spl5dide que le matre de l'cole de ,milan1 n'tait pas mo9s savant2 il pratiqua t\s les arts1 crivit dans t\s les g5res1 en lat9 et en itali52 v+t-quatre ans1 voyant que sa mmoire baissait1 t&is que ses aptitudes p\r les sci5ces exactes demeurai5t intactes1 il quitta la jurisprud5ce p\r la physique et la gomtrie4 ,il se rptait s\v5t cette fire maxime3 ,l'homme peut tir] de soi-mme t\t ce qu'il veut4 ,le s5tim5t que l',itali5 a de sa valeur individuelle1 le ret\r g/e qu'il fait sur lui-mme1 qu& il r5contre la p]sonnalit d'autrui1 provoqu5t la raill]ie s\s la =me triomphante de l'esprit4 ,ceci e/ encore une n\veaut4 ,il ne s'agit plus des injures qui1 au moy5 ge1 accablai5t les va9cus et clatai5t mme dans les qu]elles des ?ologi5s1 ni des dfis famili]s aux potes prov5aux1 ni des satires didactiques1 dont le ,roman de ,r5>t e/ le modle et qui atteignai5t1 s\s le masque de p]sonnages collectifs1 c]ta9es classes de la socit4 ,la victime de l'ironie mod]ne e/ l'individu isol dont le moqueur blesse les prt5tions p]sonnelles1 qui il lance p>fois un mot t]rible4 ,le ,novell9o manquait encore d'esprit2 il ignorait l'art du contra/e spirituel2 dj1 quelque temps aprs la rdaction de ce recueil1 ,dante galait ,ari/ophane p\r la v]ve ironique4 ,ds lors la raill]ie e/ un lm5t con/ant de la p5se itali5ne4 ,elle passe d'une faon cont9ue trav]s la haute littrature comme dans le conte populaire4 ,ptr>que se moque des mdec9s1 des philosophes et des sots4 ,sac*etti rappelle les mots piquants *angs ,flor5ce de son temps4 ,vas>i raconte t\te sorte d'hi/oires plaisantes1 bons t\rs d'ateli]s1 vives rp>ties1 propos des arti/es du ,x,i,ve et du ,x,ve sicles4 ,l'uomo piacevole1 l'homme qui a t\j\rs les rieurs de son ct1 e/ un p]sonnage bi5 vu1 que l'on s\haite en t\s lieux2 le ,flor5t9 russit mieux qu'aucun autre dans ce c>actre4 ,v]s la f9 du ,x,ve sicle1 le gr& matre de l'art tait un cur du contado de ,flor5ce4 ,le b\ffon e/ d'une espce infrieure1 c> il doit se pli] aux fantaisies de ses patrons2 tels1 les mo9es1 le cul-de-jatte1 et les p>asites qui ,lon ,x fait mang] des s+es et des corbeaux rtis4 ,ce pape organisa un j\r1 p\r un malheureux que la manie de la gloire littraire possdait1 un triomphe grotesque au ,capitole2 la p>odie manqua p> le refus de l'lphant sur lequel tait mont le pote1 de pass] sur le pont ,sa9t-,ange4 ,dj la posie elle-mme faisait une gr&e place la raill]ie des plus augu/es s\v5irs4 ,laur5t de ,mdicis avait trave/i l',enf] de ,dante1 ,pulci1 ,boi>do se j\r5t plaisamm5t des traditions *eval]esques4 ,on s5t bi5 que l',ario/e s'amuse du moy5 ge1 t\t en g>dant aux traditions hroques leur grce idale4 ,mais t\t cela tait encore in(f5sif4 ,les murs viol5tes de la r5aissance produisir5t le vritable pamphlet satirique1 trait mortel qui frappe l'ennemi au cur4 ,les philologues qui se d*irai5t l'un l'autre tablir5t dans ,rome1 au temps de ,paul ,jove1 une (fic9e occulte de mdisances1 de pasqu9ade1 contre les g5s d'glise4 ,l'au/re ,adri5 ,,vi1 pape trang]1 fut une de leurs plus lam5tables victimes4 ,la raill]ie de l',itali5 t\*ait tratreusem5t1 comme le /ylet du spadass94 ,elle fut1 entre les ma9s de l',art91 une des t]reurs du ,x,ve sicle4 ,burckh>dt arrive ici un po9t capital de son livre3 la ,rsurrection de l'antiquit4 ,on compr5d p\rquoi cette srie de *apitres n'e/ po9t v5ue plus tt4 ,ab/raction faite de l'antiquit1 les =ces vives de l',italie se dveloppai5t spontanm5t1 la r5aissance tait assure dans ses lignes pr9cipales4 ,mais la culture antique apporta l',italie une condition intellectuelle p>ticulire4 ,elle l'a fait vivre dans la famili>it d'une civilisation t\te rationnelle1 avec la vue con/ante de modles de beaut2 elle a r5du plus rapide et plus h>monieuse l'ducation des ,itali5s4 ,elle leur montrait de quelle faon1 dans un milieu social trs semblable au leur1 affran*is comme eux de t\te croyance imprieuse1 les hommes avai5t jadis su p5s]1 raisonn] et agir4 ,l'expri5ce que l',italie p\rsuivait dans l'ordre n\veau de la socit politique et les =mes n\velles de l'art1 se prs5tait elle ju/ifie p> l'hi/oire1 la littrature et les ru9es du monde antique4 ,en ralit1 jamais elle n'avait p]du de vue l'antiquit4 ,les ve/iges du pass c\vrai5t ses campagnes1 tai5t deb\t dans ses cits4 ,les criva9s lat9s1 les ,grecs eux-mmes1 dont la langue se p>lait t\j\rs en ,sicile1 tai5t p\r elle autrem5t intelligibles que p\r les ,franais ou les ,allem&s du moy5 ge1 non po9t des trang]s1 mais des anctres4 ,dante1 sans faire aucune viol5ce sa foi *rti5ne1 leur rs]ve en dehors des rgions dol5tes de l'enf]1 une fra*e retraite o ils viv5t en conv]sant dans une paix sol5nelle4 ,il rem]cie ,brunetto ,lat9i1 qui fut son matre p\r la lecture des anci5s1 de lui avoir appris comme l'homme s't]nise4 ,il appelle t\j\rs langue lat9e1 langue royale1 le toscan qui dev5ait l'idiome littraire de la ,pn9sule4 ,la gr&e image de ,rome1 que l'glise la premire vnrait1 semblait unir l',italie mod]ne l',italie virgili5ne4 ,les pi]res des murs de ,rome1 crit ,dante1 mrit5t le respect de t\s4 ,c'e/ la vue de ,rome que ,villani s5t natre sa vocation d'hi/ori54 ,ptr>que1 ,fazio degli ,ub]ti1 le ,pogge ont p\r ,rome1 p\r son pass et ses ru9es gr&ioses1 l'motion potique1 la t5dresse filiale de quelques-uns de nos mod]nes4 ,un *roniqueur obscur du ,x,ve sicle s'crie3 ,ce que ,rome a de beau1 ce sont les ru9es4 ,pie ,,ii m\rant s\rit ,bess>ion qui lui promet un tombeau dans l'ence9te de ,rome4 ,la ,rome *rti5ne1 consacre p> les s\v5irs de sa9t ,pi]re et de ,grgoire le ,gr&1 frappe mo9s les imag9ations que la ,rome des ,gracques et des ,scipions3 la ,rome impriale1 laquelle se rapport5t t\tes les gr&es ru9es1 disp>at presque dans le fantme glorieux de la vieille mtropole rpublica9e4 ,les tribuns1 ,cresc5tius1 ,arnauld de ,brescia1 ,ri5zi1 les criva9s tels que ,ptr>que et ,boccace1 sembl5t vivre dans la commune de ,tite-,live4 ,p\r eux1 l'ar*ologie n'e/ po9t une simple curiosit d'rudition3 elle leur r5d les titres de la famille itali5ne4 ,les papes du ,x,ve sicle enc\ragr5t ces tudes4 ,blondus de ,=li ddia ,eugne ,,iv sa ,roma in/aurata4 ,de ,nicolas ,v ,clm5t ,,vii1 le sa9t-sige a prsid cette exhumation des uvres d'art1 comme la propagation des livres4 ,l'antiquit retr\ve e/ une lumire qui p]met aux ,itali5s de voir plus clair dans les dt\rs mme les plus tortueux de leur propre consci5ce4 ,les conspirateurs1 les rgicides s'inspir5t de ,sallu/e2 les meurtri]s du duc de ,milan1 en #adgf1 tai5t des jeunes g5s que la mmoire de ,catil9a et de ,brutus avait enflamms2 il y avait des humani/es dans le complot des ,pazzi4 ,la r5aissance itali5ne e/1 en effet1 m9emm5t lat9e1 et d'autant plus vivante4 ,la dvotion p\r les criva9s grecs tait c]tes dj trs vive au ,x,i,ve sicle4 ,ptr>que expira1 dit-on1 le front p5* sur un manuscrit d',homre qu'il p\vait pe9e pel]4 ,au sicle suivant1 l'en?\siasme p\r la ,grce classique1 encore accru p> l'motion qu'veilla en ,occid5t la *ute de ,con/ant9ople1 t\*a p> mom5ts la sup]/ition4 ,les gr&es biblio?ques des ,montefeltri1 ,urb91 des ,mdicis1 du ,vatican1 s'enri*issai5t m?odiquem5t de manuscrits grecs4 ,les pr9ces1 les p>ticuli]s mme p5sionnai5t les rfugis byzant9s1 leur donnai5t corrig] le texte des manuscrits1 entret5ai5t des copi/es1 des traducteurs1 des calligraphes1 des relieurs1 faisai5t f\ill] les gr5i]s des c\v5ts4 ,flor5ce1 ,rome1 ,pad\e avai5t leurs pr(esseurs publics de grec2 l'hellnisme1 aprs s'tre tabli d'abord ,rome1 au temps de ,nicolas ,v et de ,bess>ion1 se fixait ,flor5ce dans l'acadmie platonici5ne des ,mdicis4 ,mais l',italie1 p\sse p> l'in/9ct national1 s'atta*a t\j\rs plus troitem5t l'antiquit lat9e4 ,gravior ,romanus homo quam ,grcus1 disait le pape ,pie ,,ii4 ,la r5aissance dem&ait la ,grce des modles littraires1 des doctr9es philosophiques2 ce qu'elle re*]*ait dans les criva9s roma9s1 c'tait l'homme lui-mme4 ,la littrature grecque a un c>actre imp]sonnel qu'elle doit son haut idalisme1 son indiffr5ce p\r le dtail biographique1 le trait individuel4 ,les ,lat9s ont vcu et p5s dans une sphre mo9s sublime2 ils ont eu plus de curiosit p\r leur propre vie morale1 un s5tim5t plus intime des *oses de l'me1 un gt dcid p\r l'obs]vation de consci5ce4 ,ils aim5t se rvl] autrui1 mme p> l'aveu de leurs faiblesses2 ils font1 p\r a9si dire1 dj des confessions4 ,leur uvre fut a9si plus huma9e que celle des ,grecs1 et c'e/ la pratique de leurs livres que se rapporte le plus ju/em5t la notion d'humanits4 ,l',italie se rangea donc cette tutelle littraire de ,rome que ,dante1 disciple de ,virgile1 avait reconnue avec une pit filiale4 ,ptr>que fut1 p> excell5ce1 le lettr itali5 de la r5aissance1 =m l'cole des ,lat9s2 il e/ aussi le premi] en date et peut-tre le plus gr& des humani/es de l',occid5t4 ,quoi qu'il crive1 c'e/ en ralit sur ,ptr>que qu'il crit4 ,a9si avai5t fait jadis ,cicron et ,horace4 ,il mle m]veille ensemble l'en?\siasme et le scepticisme1 la posie et l'ironie2 n'oublions pas l'gsme4 ,p\r les lettrs tels que lui1 la =tune de leur esprit e/ l'affaire importante de la vie2 mais il leur re/e encore du loisir p\r leur =tune temporelle4 ,n\s les admirons1 et n\s s]ions des +rats si n\s ne les aimions4 ,c> ils viv5t familirem5t avec n\s et ne n\s dconc]t5t po9t p> leur gr&eur d'me2 ils n\s donn5t les plaisirs les plus dlicats1 celui-ci1 entre autres1 de n\s entret5ir de n\s-mmes1 t\t en n\s p>lant sans cesse de leur gloire1 de leurs am\rs1 de leurs rves1 de leurs *agr9s et de leur sant4 ,de ,cicron ,ptr>que1 de ,ptr>que ,montaigne1 ils ont t les dieux dome/iques de t\s ceux qui p5s5t1 qui lis5t ou criv5t1 et ne dsespr5t po9t de leur ressembl] p> quelque endroit4 ,le gnie itali5 n'a po9t t fauss p> l'influ5ce con/ante des lettres lat9es4 ,le lat9 avait t\j\rs t la langue de l'glise en mme temps que celle de la sci5ce p\r la *rti5t entire2 sans ef=t ni raideur pdantesque1 il rep>ut avec t\te sa valeur littraire dans la littrature pi/olaire qui r5aissait s\s la plume de ,ptr>que3 au ,x,ve sicle1 dans les encycliques et les bulles du sa9t-sige1 les *roniques de ,plat9a et de ,jacques de ,volt]ra1 les biographies de ,vespasiano ,fior5t9o1 les ,comm5taires d'neas ,sylvius2 enf91 dans une f\le d'uvres potiques1 dont l',africa m>qua le db1 popes1 bucoliques1 lgies1 pigrammes4 ,cicron1 ,catulle et ,virgile reviv5t dans la littrature no-lat9e de l',italie4 ,les gr&s hi/ori5s1 ,ma*iavel1 ,gui*>d91 s'inspir5t des descriptions et des h>angues de ,sallu/e et de ,tite-,live1 des rflexions morales de ,tacite4 ,l'entre des comdies de ,plaute sur le ?tre de ,lon ,x n'tonna p]sonne2 ,rome1 comme ,naples1 ,brescia1 ,b]game1 ,pad\e1 ,flor5ce1 la ,comm$ia dell'arte et la f>ce populaire n'avai5t-elles po9t cons]v1 dans le jeu de l'intrigue et le masque des p]sonnages1 les traditions dramatiques de l',italie lat9e8 ,*rms tait l'aeul de ,cass&re1 ,davus fut l'un des matres de ,poli*9elle4 ,,iv ,n\s v5ons de considr] l'une des deux faces de la r5aissance itali5ne1 l',itali5 lui-mme1 tudi d'une manire t\te subjective1 l'homme mod]ne1 aff9 p> l'antiquit1 arm de critique1 libre d'esprit1 dont la volont propre ou la =ce inflexible des *oses limit5t seules l'action4 ,passons ma9t5ant une srie de vues p>allles qui a*v5t la ?orie de ,burckh>dt1 la r5contre de la consci5ce itali5ne avec les ralits du dehors1 du monde extrieur1 avec la nature1 la socit2 en d'autres t]mes1 obs]vons l'aspect orig9al de la sci5ce1 de la posie1 de l'art1 de la moralit dans l',italie de la r5aissance4 ,en ple9 moy5 ge1 les ,itali5s eur5t sur le monde des notions suprieures celles des autres peuples *rti5s4 ,leur situation mdit]ranenne1 le s\v5ir de l'orbis ,romanus1 la lecture des gographes anci5s1 les intrts de leur comm]ce m>itime les portr5t reg>d] =t lo91 *ass] de leur esprit la t]reur de l'inconnu4 ,au temps des croisades1 ils se proccupai5t beauc\p mo9s du sa9t tombeau que de leurs comptoirs et de la sret de leurs c>avanes2 au ,x,i,i,ie sicle1 ,plano ,c>p9i et les trois ,polo se s\ciai5t =t peu du prtre ,jean1 du p>adis t]re/re ou de la porte du purgatoire2 ils allai5t1 p5dant des annes1 du ct du soleil levant1 *]*ant les meilleures r\tes v]s le pays de l'or1 des pices1 des pi]res prcieuses4 ,qu& ,*ri/ophe ,colomb dit3 ,il mondo poco4 ,la t]re n'e/ pas si gr&e qu'on le croit1 il exprimait un s5tim5t t\t itali54 ,la t]re e/ c]tes une belle demeure1 dont l'imm5sit ne doit pas effray] l'homme2 il peut s'y m\voir son aise1 en pntr] les dt\rs sans angoisse1 l'tudi] et la dcrire comme une uvre d'art que ,dieu a mise sa porte4 ,ptr>que qui traa1 dit-on1 la premire c>te d',italie1 m5tionne les *oses rem>quables qu'il a vues dans ses longs voyages en ,europe4 neas ,sylvius explique le monde p> la cosmographie1 la gographie1 la /ati/ique1 il dpe9t les paysages1 note l'aspect des villes1 leurs murs1 leurs mti]s1 leurs produits4 ,la sci5ce de la nature1 bau*e nagure p> de gr&s esprits solitaires1 ,g]b]t1 ,rog] ,bacon1 ,v9c5t de ,beauvais1 entrait dans la sphre intellectuelle de t\te une race4 ,les ides a/ronomiques1 qui sont si subtiles dans la ,div9e ,comdie1 tai5t c]ta9em5t comprises de t\s les ,itali5s in/ruits4 ,les collections de plantes et d'animaux1 les j>d9s botaniques1 o la plante e/ cultive non seulem5t p\r ses v]tus mdicales1 mais p\r sa beaut1 app>ur5t en ,italie au ,x,i,ve sicle2 le gt des btes fauves1 v5ues gr&s frais d',asie ou d',afrique1 remontait ,frdric ,,ii2 il dev9t un luxe favori des cits1 des papes et des pr9ces4 ,les lions de ,flor5ce avai5t leur *apitre au budget de la rpublique4 ,lon>d de ,v9ci1 qui1 enfant1 amassait des scorpions et des lz>ds1 qu& il fut gr& seigneur1 entret9t des lions et des tigres4 ,gonzague de ,mant\e n\rrissait dans ses h>as des *evaux d',espagne1 d',irl&e1 d',afrique1 de ,?race et de ,cilicie4 ,le c>d9al de ,mdicis =ma mme une mnag]ie d'hommes b>b>es1 ,maures1 ,turcs1 ngres1 ,indi5s1 qui p>lai5t plus de v+t langues diffr5tes4 ,on tr\ve en ceci1 ct de la curiosit sci5tifique et de l'utilit pratique1 le s5tim5t de l'art4 ,mais la vie pr(onde de la nature1 embrasse p> une vue d'ensemble1 ne t\*e pas mo9s l'imag9ation itali5ne que le dtail s+uli]2 le paysage a p\r elle1 comme la plante ou la bte r>e1 une valeur trs haute4 ,dans son ,cantique au soleil1 sa9t ,franois avait exalt p> un mme *ant d'am\r la lumire cle/e et t\tes les *oses vivantes4 ,p]sonne n'a fait s5tir p> des c\leurs plus clatantes que ,dante la posie des horizons sans bornes1 des abmes o t\rbillonne la tempte1 la lueur v]meille des clairs1 de la m] qui tremble s\s les feux de l'aurore2 et quel pe9tre primitif a imag9 une plus fra*e prairie1 avec ses gr&s arbres et son ruisseau1 un tableau plus maill de fleurs my/iques que la retraite des sages et des potes paens l'entre de l'enf]8 ,ptr>que1 ,boccace1 neas ,sylvius se rp&ir5t en descriptions plus abondantes2 ils fur5t1 avant le ,p\ss9 et le ,lorra91 les inv5teurs du paysage classique1 avec sa ri*e lumire1 la con/ruction l>ge de ses horizons1 la noblesse des arbres1 la vie des eaux c\rantes1 la grce des ru9es et des s\v5irs my?ologiques2 les premi]s potes aussi du paysage mod]ne1 p> l'attrait att5dri ou f9em5t s5suel qui les rappelle sans cesse la j\issance de la nature4 ,plus t>d1 il semble que les potes et les conteurs1 plus proccups de l'action huma9e1 ai5t eu mo9s le loisir de gt] le monde extrieur2 ils laissr5t aux pe9tres1 ,raphal1 ,lon>d1 au ,corrge1 la sduction azure des lo9ta9s2 ,boi>do et l',ario/e ne tracr5t plus que des premi]s plans nets et rapides2 la r5aissance1 aprs avoir fait le t\r de la nature1 s'arrtait l'homme1 le plus digne objet de sa posie1 de ses beaux-arts1 des progrs de sa vie sociale4 ,il faut encore ici remont] aux matres potiques de l',italie1 ,dante et ,ptr>que4 ,t\tes les passions1 t\tes les d\leurs clat5t dans la ,div9e ,comdie1 mais p> des traits d'une brivet tragique1 qui peign5t la fois1 en trois p>oles1 l'attitude ou la convulsion du damn1 le cri qu'il jette1 la ha9e aigu qui le torture1 le deuil inf9i de son cur4 ,autant de visions qui pass5t et fui5t comme en un crpuscule1 mais qu'on n'oubli]a plus1 p>ce qu'on a saisi t\t ensemble le ge/e t]rible de ces fantmes1 leur sanglot dsespr1 et le d]ni] fond t]nel de l'me huma9e4 ,cette aptitude exprim] l'une p> l'autre la figure visible de l'homme et sa physionomie morale1 r5dues l'une et l'autre p> le signe le plus individuel1 reut1 selon ,burckh>dt1 son a*vem5t de la discipl9e que ,ptr>que imposa l'esprit itali5 p> les lois rig\reuses du sonnet4 ,le sonnet1 rgul>is p\r t\j\rs dans le nombre de ses v]s1 la disposition de ses p>ties1 l'ordre de ses rimes1 oblig de relev] et d'anim] le m\vem5t de sa seconde p>tie1 dev9t une sorte de cond5sateur potique de la p5se et du s5tim5t comme n'en possde aucun peuple4 t5dons la rem>que au t]cet dantesque1 l'octave des posies piques ou hro-comiques4 ,a la /ructure pla/ique de la =me rpondir5t1 dans la posie de la r5aissance1 l'allure vive et mesure de la p5se1 qui ne doit pas s'alanguir1 la nettet de l'motion1 qui n'a pas le temps de se fondre dans la mollesse du rve1 la puret de la c\leur1 dont le dess9 un peu sec de l'image limite l'clat4 ,mais cette p]fection mme des =mes rtrcit le doma9e de l'inv5tion1 qui s'arrte en face des g5res dont la =me e/1 de sa nature1 indcise4 ,l',italie1 o la vie quotidi5ne tait si dramatique1 n'a po9t eu de drame national4 ,plus d'une raison explique d'ailleurs ce phnomne s+uli]3 la p]si/ance des my/res1 des f>ces et de la ,comm$ia dell'arte1 le luxe des dcors et des co/umes1 l'importance excessive des ballets1 des pantomimes1 des danses aux flambeaux3 la scne1 trop brillante1 tait fune/e au drame4 ,le s5s dramatique ne manque cep5dant po9t aux ,itali5s2 la ,fiammetta1 ,griselidis1 t\te la littrature des ,n\velles1 ont montr de la faon la plus t\*ante les plus d\l\reuses passions4 ,mais ici le drame e/ un rcit4 ,que le rcit soit en prose ou en v]s1 l'criva9 demeure t\j\rs le matre de ses p]sonnages2 il n'e/ po9t oblig de s'id5tifi] avec eux1 de vivre dans leur cur2 sa ma9 les porte1 et1 s'il e/ d\ d'ironie1 il peut s'en j\] librem5t4 ,le rcit en octaves e/1 avec le sonnet1 le pome itali5 p> excell5ce4 ,on doit1 p\r en gt] t\te la saveur1 ne po9t oubli] la civilisation au se9 de laquelle il a fleuri2 il e/ encore auj\rd'hui populaire au plus haut degr1 au mle de ,naples comme p>mi les p*eurs de ,v5ise1 mais c'e/ p\r la socit de c\r1 p\r les famili]s des ,mdicis et des ,e/e que ,pulci1 ,boi>do et l',ario/e avai5t d'abord crit4 ,le pome n'e/ po9t fait p\r tre lu des yeux1 mais p\r tre dclam1 devant des c\rtisans et des dames1 au c\rs d'un fe/91 d'une fte pr9cire1 p>mi les danses1 les accords de musique et les conv]sations4 ,la suite l5te et savante des c>actres1 qui s'exprim5t surt\t p> le dialogue et le monologue1 *app]ait vite ce monde spirituel et di/rait1 c> il n'a po9t le loisir de mdit] sur les causes et les effets des passions2 ce qui le *>me1 c'e/ le fait vivant1 l'action rapide1 brusquem5t susp5due1 suivie d'une autre action plus prodigieuse encore1 et qui rep>at au b\t d'un dt\r capricieux du rcit1 qu& le pote r5\e les fils qui semblai5t briss et p]dus4 ,l'octave sonore1 qui f9it sur deux rimes1 sur deux notes semblables1 m>que d'une mesure prcise un ge/e du hros1 un accid5t de l'av5ture1 un co9 de paysage2 l'att5tion s'y arrte sans s'y lass]1 c> elle e/ aiguillonne p> la rime n\velle de l'octave qui suit4 ,un *ant1 qui dure une heure1 suffit p\r embellir la fte1 p\r prom5] les palad9s d'un b\t de la plante l'autre1 ou de la t]re la lune2 il a div]ti la curiosit des auditeurs et la laisse en veil1 avide d'c\t] le *ant qui vi5t aprs4 ,c'e/ encore p> l'action plutt que p> le disc\rs qu'clate le pa?tique et la passion porte son comble1 comme *ez ,rol&1 p> des m]veilles d'extravagance qui b\lev]s5t la nature entire4 ,la t5dresse1 la volupt sont t\j\rs gayes d'un rayon d'ironie4 ,anglique1 la vi]ge altire qui a ddaign les rois et les gu]ri]s *rti5s1 se donne un enfant aux yeux de jais1 aux *eveux d'or1 un page s>ras94 ,t\s les has>ds de la vie hroque sont disposs p\r la joie moqueuse du pote et de son c]cle4 ,le vieux moy5 ge e/ inv5t de n\veau p\r l'amusem5t d'un monde lettr qui ne pr5d plus au srieux que les temps antiques2 ses pr\esses les plus hautes t\rn5t la comdie4 ,morgante1 d'un c\p de son battant de clo*e1 crase des armes4 ,le bon s5s de ,rol& a pass dans une fiole de cri/al aux ma9s de sa9t ,jean4 ,mais plus e/ f\ le neveu de ,*>lemagne1 plus il vit d'une faon gr&iose4 ,et plus les lg5des *eval]esques s'embr\ill5t dans une plaisante confusion1 plus magnifique e/ le spectacle de ces traditions rajeunies1 gr& fleuve de posie dont les eaux miroitantes rfl*iss5t la t]re entire1 cites b\rdonnantes c\ronnes de campaniles ou de m9>ets1 *amps de bataille1 pla9es mornes du ds]t1 les en*antes t\t emp\rpres d'aurore1 pr(ondes =ts aux clairires lum9euses1 embaumes d'aubp9e et de v]ve9e4 ,la littrature hi/orique de l',italie s'e/ porte v]s l'obs]vation pntrante de l'homme individuel1 du gr& homme revtu de gloire1 tudi non seulem5t dans les actes de sa vie politique1 mais dans les traits de son c>actre intime4 ,notre moy5 ge ne n\s avait laiss qu'un c>actre bi5 individuel1 le sa9t ,l\is de ,jo9ville4 ,les hi/ori5s et les biographes itali5s1 ds le quatorzime sicle1 ont trac des portraits d'une gr&e valeur la fois pittoresque et psy*ologique4 ,voyez1 en ,d9o ,compagni1 ,d9o ,pecora1 le b\*] dmagogue de ,flor5ce1 gr& de corps1 h>di1 effront et gr& *>latan1 qui p]suadait aux seigneurs lus qu'ils l'tai5t grce lui et promettait des places beauc\p de citoy5s4 ,voici trois figures de ,dante plus vig\reuses que la fresque mme de ,giotto3 philosophe hauta9 et ddaigneux1 dit ,jean ,villani2 d'me altire et ddaigneuse1 dit ,boccace2 il tait1 crit ,philippe ,villani1 d'une me trs haute et inflexible et hassait les l*es4 ,ce d]ni] criva9 a compos t\te une gal]ie des hommes les plus m>quants de ,flor5ce1 ?ologi5s1 juri/es1 capita9es1 a/rologues1 arti/es4 ,jusqu' ,vas>i1 le portrait hi/orique et la biographie prive p]si/]ont *ez les ,flor5t9s2 les gr&s hi/ori5s1 ,ma*iavel1 ,gui*>d91 ,v>*i1 les ambassadeurs mettront t\j\rs en lumire les murs1 les passions1 les faiblesses des hommes qui ont t les artisans de l'hi/oire1 des pr9ces dont ils scrut5t la p5se dans l'intrt de leur rpublique4 ,les ambassadeurs vniti5s1 neas ,silvius1 dans ses ,comm5taires et son de ,viris illu/ribus1 les biographes des papes1 tels que ,jacques de ,volt]ra1 ,corio1 l'hi/ori5 de ,milan1 ,paul ,jove1 dans ses ,vies et ses loges1 r5dront de mme la physionomie mobile de leurs contempora9s4 ,en deux lignes1 ,antonio ,giu/9ian explique la seigneurie de ,v5ise le c>actre et la lgret d',alex&re ,,vi3 ,il e/ trop s5suel dans ses apptits et ne peut s'emp*] de dire quelque p>ole qui trahit l'tat prs5t de son esprit4 ,l'autobiographie1 qui dbute p> la ,vita nuova1 ab\tit aux ,mmoires de ,cell9i3 le premi] de ces livres e/ la confession d'une s\ffrance sans p>eille1 le second e/ le rcit de t\t ce qu'un homme a pu os] et de l'enivrem5t qu'il a tr\v dans l'insol5ce mme de sa vie4 ,les pe9tres et les sculpteurs eur5t une conception de la p]sonne huma9e con=me au gnie de la r5aissance1 analogue celle des potes et des hi/ori5s4 ,p\r eux1 l'homme a t\te sa valeur en tant qu'individu le plus rel et le plus vivant possible4 ,on sait comm5t l'art s'e/ affran*i1--p> l'influ5ce antique1 avec ,nicolas de ,pise1 p> le ret\r la nature1 avec ,giotto1--des =mes immobiles de l'art byzant91 de la manire grecque4 ,mais ,nicolas et son cole1 mais ,orcagna1 ,donatello1 ,ghib]ti1 ,luca della ,robbia ne se sont pas atta*s avec mo9s d'am\r la nature relle que t\s les matres de la pe9ture flor5t9e4 ,et ,flor5ce a fait l'ducation de l'art itali5 t\t enti]4 ,ces figures1 pe9tes ou sculptes1 viv5t1 respir5t1 vont p>l]2 ces ttes b\rgeoises des bronzes de ,ghib]ti ou des fresques de ,ghirl&ajo sont1 p> leur gravit et leur f9esse d'expression1 d'une race aussi haute que les condottires de ,donatello1 les aptres de ,masaccio4 ,l'idal desc5d1 comme une lumire gale1 sur t\s ces visages1 non po9t un idal conv5u d'cole ou d'glise1 mais une grce riante ou une noblesse dont l'arti/e e/ bi5 l'inv5teur1 qualits qu'un critique du ,x,v,ie sicle1 ,fir5zuola1 dans son ,trait de la beaut fm99e1 exprime p> ces mots1 qu'il ne russit pas bi5 df9ir3 leggiadria1 vaghezza1 v5u/1 aria4 ,aj\tons1 p\r ,lon>d1 ,raphal et le ,corrge1 p\r ,donatello lui-mme1 la morbidezza4 ,ce *>me1 tantt voluptueux1 tantt passionn ou maje/ueux1 p>fois maladif ou trange1 e/1 selon n\s1 dans l'e/htique inconsci5te des matres itali5s1 le don ess5tiel4 ,p> lui1 l'uvre a son plus vif attrait1 qu'elle doit non pas la tradition sa9te que l'arti/e a traite1 la ri*esse ou au m\vem5t de la mise en scne1 mais la sduction des figures1 des reg>ds et des attitudes4 ,la r5aissance1 qui excelle dans le portrait1 la /atue que/re1 la /atue funraire1 r5d la pe9ture religieuse le c>actre individuel des p]sonnages et l'int]prtation libre des sujets4 ,une vi]ge de ,raphal diffre autant d'une madone de ,lon>d que d'une madone d',&rea del ,s>to4 ,l'ange de ,botticelli1 aux longs *eveux b\cls1 ne se retr\ve alors s\s le p9ceau de p]sonne4 ,un ange1 un sa9t1 un docteur1 un capita9e1 un page app>at dans un tableau1 non que la lg5de ou l'dification pieuse l'y appelle1 mais p>ce que son visage1 son ge/e1 la beaut de son vtem5t complt5t la vie h>monieuse de l'uvre4 ,on peut divis] en c9q ou six gr\pes la ,dispute du sa9t-sacrem5t ou l'cole d',a?nes1 on peut en isol] *acune des figures2 ce qui demeur]a s\s nos yeux s]a t\j\rs un ouvrage a*ev1 une p]sonne huma9e qui1 dans son cadre troit1 s'impose n\s p> sa valeur propre4 ,le rle m95t de l'individu dans la posie1 l'hi/oire et l'art p]si/e dans la vie sociale4 ,la socit de la r5aissance s'e/ =me aut\r de lui et son image2 elle e/ le ?tre de sa =tune4 ,l'anci5ne hir>*ie a disp>u de presque t\te l',italie4 ,les communes ont rduit les seigneurs l'tat de citoy5s2 l',eglise donne des mitres et p>fois la ti>e aux plus humbles des *rti5s2 les nobles de ,flor5ce1 de ,v5ise1 de ,gnes1 s'enri*iss5t p> le comm]ce4 ,les classes sont niveles p>t\t1 except dans le royaume de ,naples1 o la culture intellectuelle s]a t\j\rs mdiocre4 ,le prjug de la naissance s'e/ dissip4 ,dante l'abolit dans son ,convito2 ,ptr>que crit3 ,v]us nobilis non nascitur1 s$ fit4 ,les humani/es affirm5t t\s que le mrite de l'homme e/ non dans sa race1 mais dans son esprit4 ,la *eval]ie e/ morte1 dit ,sac*etti4 ,l',ario/e le croyait aussi4 ,ce qui re/e de cavali]i1 de nobles1 vit dans les villes1 entre dans les magi/ratures1 se mle intimem5t au peuple4 ,l',italie pr9cire voit s'lev] une noblesse n\velle3 lettrs1 arti/es1 c\rtisans1 hommes de gu]re1 d'esprit ou d'arg5t4 ,ceux-ci1 leurs qualits p]sonnelles aj\t5t une re*]*e d'lgance1 une politesse de murs sans lesquelles la vie commune p]drait de son *>me4 ,une physionomie intressante se dess9e de plus en plus3 celle de l'homme bi5 lev1 accompli en t\tes *oses1 le cortigiano1 qui1 selon ,ca/iglione1 s'inquite mo9s du s]vice de son pr9ce que de la p]fection de sa propre p]sonne1 et1 la gu]re1 se bat mo9s p> devoir que p\r l'onore1 p\r se faire honneur4 ,ce virtuose p>le une langue *oisie1 le pur toscan flor5t92 il crit le lat91 e/ famili] avec t\s les jeux nobles3 l'escrime1 la danse1 l'quitation1 la musique1 la paume2 il sait caus]1 s\rire et se taire propos dans le c]cle des dames4 ,une socit si polie devait1 en effet1 donn] aux femmes le premi] rang4 ,les femmes recevai5t alors une ducation savante qui ne le cdait gure celle des jeunes g5s4 ,elles eur5t s\v5t un esprit suprieur1 relev p> la hauteur de l'me4 ,telle fut ,vittoria ,colonna4 ,la r5aissance a salu du nom de virago des femmes telles que ,cat>9a ,s=za1 la prima donna d',italia1 qui1 p> l'n]gie p>fois froce de la passion1 ont gal les plus rudes condottires4 ,ici1 dans les salles des palais1 sur le gazon des villas1 c'e/ de conv]sations et d'aimables disputes qu'il s'agit4 ,la donna di palazzo peut conv]s] sur t\t sujet1 et le cortigiano peut lui cont] t\te hi/oire4 ,c'tait a9si dj au temps du ,dcamron2 ,boccace1 alors1 jetait comme un voile lg] de priphrases sur ses tableaux les plus libres2 les conteurs du ,x,ve et du ,x,v,ie sicles ont trs s\v5t c>t le voile4 ,mais les jeunes filles tai5t au c\v5t ou dans un app>tem5t c>t1 et les dames1 dit ,ca/iglione1 devai5t pr5dre simplem5t1 en ces m9utes difficiles1 un air rs]v4 ,il fallait un dcor magnifique p\r encadr] l'lgance de cette vie polie1 un dploiem5t extrieur et populaire qui montrt dans t\te sa beaut la civilisation de la r5aissance4 ,le t\rnoi fodal n'avait plus de valeur p\r une socit o le cavali] remplaait le *evali]2 le vieux my/re ecclsia/ique t\rnait la reprs5tation brillante1 o la gat dom9ait de plus en plus2 les saturnales b\rgeoises1 les messes des f\s1 les joyeusets d'coli]s ou d'artisans tai5t bonnes p\r les pays arrirs en culture1 o les belles-lettres et les beaux-arts ne =mai5t po9t encore l'ornem5t de la vie sociale4 ,durant prs d'un sicle1 l',italie a clbr une fte m]veilleuse dans laquelle les rudits1 les arti/es1 les c\rtisans1 les pr9ces1 les papes ont mis t\t leur esprit et dont le spectacle s'e/ (f]t libralem5t aux reg>ds de la f\le4 ,la pantomime1 le drame1 l'int]mde comique1 l'allgorie my?ologique1 les scnes tires des romans de la ,table-,ronde1 le cortge des *>s et des cavali]s1 les fantaisies du c>naval occupai5t les rues et les places des gr&es cits itali5nes4 ,pie ,,ii passa trav]s ,vit]be1 le sa9t sacrem5t dans les ma9s1 ayant droite et gau*e des tableaux vivants3 la ,cne1 le ,combat de sa9t ,mi*el contre ,satan1 la ,rsurrection1 la ,vi]ge enleve p> les anges4 ,*>les ,,viii1 pe9e entr en ,italie1 vit j\] les av5tures de ,lancelot du ,lac et l'hi/oire d',a?nes4 ,le c>d9al ,ri>io1 neveu de ,sixte ,,iv1 fit dfil] devant ,lonore d',aragon ,orphe1 ,bac*us et ,ariadne1 trans p> des pan?res1 l'ducation d',a*ille1 des nymphes que t\rm5tai5t des c5taures4 ,le tyran de la r5aissance reconnat dans ces spl5deurs l'image de sa royaut2 il les prs5te son peuple comme une leon pittoresque de politique sduisante p\r des mes mridionales et lgres4 ,lorsque ,cs> ,borgia rev9t d',imola et de ,=li1 qu'il avait conquises1 le sacr-collge l'att5dait la place du ,peuple3 prcd de l'arme1 des pages1 des g5til%ommes1 ent\r des c>d9aux en robes r\ges1 *eval1 vtu de vel\rs noir1 il m>*a au milieu d'une f\le imm5se qui applaudissait4 ,les femmes riai5t en voyant pass] le fils du pape1 si *>mant avec ses *eveux blonds4 ,qu& il arriva au ,sa9t-,ange1 le canon tonna4 ,alex&re1 =t mu1 se t5ait1 avec ses prlats1 dans la salle du trne2 la vue de son fils qui s'avanait1 port v]s lui dans les bras de l'glise1 lacrimavit et risit1 dit l'ambassadeur vniti53 il rit et pleura la fois4 ,c'tait de joie seulem5t et d'orgueil qu'il pleurait4 ,un seul homme alors1 ,laur5t de ,mdicis1 eut1 dans ses ,posies c>navalesques1 le s5tim5t mlancolique d'une f9 pro*a9e de la fte et d'un ret\r de la =tune3 ,rj\issez-v\s1 auj\rd'hui1 dit-il1 c> dema9 e/ un gr& my/re4 ,v ,une civilisation complte1 vritable uvre d'art1 avait a9si t cre p> la consci5ce d'une race affran*ie des entraves sculaires de l'me huma9e4 ,mais une multitude d'ef=ts individuels dirigs contre un ensemble de traditions tr\v5t difficilem5t en eux-mmes leur mesure4 ,la r5aissance1 comme tant d'autres rvolutions1 devait prir p> l'excs de son propre pr9cipe4 ,les d]ni]s *apitres de ,burckh>dt sur la moralit1 la religion et la sup]/ition1 font compr5dre la dcad5ce rapide de l',italie1 mais ne donn5t pas assez clairem5t la ?orie de cette dcad5ce4 ,le docte criva9 avait f]m df9itivem5t le *apitre d'hi/oire politique et sociale3 ici encore1 il laisse dev9] une conclusion qu'il n'a po9t exprime2 mais sa doctr9e e/ si =te qu'il suffit1 p\r la complt]1 de lui demeur] fidle4 ,les de/9es de la posie et de la pe9ture ont t div]ses3 la premire s'e/ arrte brusquem5t1 la seconde1 t\j\rs religieuse en app>5ce1 et cons]ve p> l'glise1 a pass p> t\tes les phases d'un l5t dcl94 ,c'e/ l'ironie qui a tu la posie4 ,l'ironie1 employe p> de gr&s potes1 avait trans=m la matire *eval]esque1 mais ne l'avait po9t dtruite2 le gt des gr&es *oses1 le respect littraire du pass1 un s5tim5t exquis de l'idal avai5t sauv les s\v5irs de ,*>lemagne2 ,rol& et les d\ze pairs p\vai5t tre f\s1 ils ne fur5t jamais petits ni ridicules4 ,t\t c\p1 du vivant de l',ario/e1 en #aebf1 la p>odie de ,te(ilo ,fol5go1 l',orl&9o1 fit une blessure mortelle l'pope hro-comique4 ,rol& et1 avec lui1 t\t le monde des ,reali di ,francia1 t\tes les lg5des de la ,table-,ronde f9issai5t dans la c>icature4 ,les palad9s que l',europe avait si longtemps vnrs1 se battai5t1 monts sur des nes1 en un t\rnoi de village4 ,rol& ne *]*ait plus ,anglique1 ne croisait plus le f] contre les paens3 il bornait sa pr\esse disput] un prlat gl\ton1 avec mille injures1 une saco*e de gibi]1 de *>cut]ie et de poisson4 ,la satire littraire1 dirige contre l',ario/e1 la satire religieuse1 qui fait p5s] aux invectives lu?ri5nes d',ulri* de ,hutt51 m>qu5t1 dans l',orl&9o1 une rupture df9itive avec l'art du ,x,v,ie sicle4 ,la posie t\rnait au pamphlet4 ,la haute inspiration rep>atra plus t>d avec le ,tasse2 mais celui-ci fut le pote conva9cu de la contre-r=mation ca?olique1 et il n'app>ti5t plus la r5aissance4 ,la re*]*e de l'effet a t fune/e la pe9ture2 elle a p>eillem5t nui la /atuaire des successeurs de ,mi*el-,ange4 ,t&is que1 dans la gr&e cole de ,v5ise et le ,vronse1 la mise en scne1 le dcor d'ar*itecture1 l'ampleur clatante des co/umes1 la ri*esse des accessoires1 p>fois aussi la famili>it de l'inv5tion1 altrai5t de plus en plus la valeur religieuse des ouvrages de pe9ture1 les pe9tres des coles de ,flor5ce et de ,rome gtai5t leurs tableaux p> le p>ti-pris d'tonn] le reg>d4 ,on fit longtemps encore de beaux portraits1 mais le secret des gr&es compositions se p]dit4 ,les anci5s matres avai5t t\j\rs subordonn les p]sonnages l'ensemble2 *ez les lves de ,raphal et de ,mi*el-,ange1 plus t>d encore1 dans l'cole de ,bologne1 la figure individuelle1 lors mme qu'elle n'occupe qu'une place secondaire1 se dta*e vivem5t de l'ensemble1 les yeux fixs sur le spectateur1 af9 d'en ret5ir plus srem5t la curiosit4 ,l'ef=t des m\vem5ts1 l'int5tion dramatique des ge/es que prolonge le jeu trop savant des drap]ies1 l'abus des moy5s pittoresques et bi5tt du clair-obscur1 les fausses grces et les s\rires affects1 t\s ces dfauts d'une pe9ture qui veut avoir trop d'esprit1 rappell5t s+ulirem5t la posie de c\r1 le sonnet manir et le fade madrigal o ab\tissait dans le mme temps l'art de ,ptr>que4 ,le mal tait1 d'ailleurs1 irrp>able1 c> les p>ties vitales du gnie itali5 tai5t atte9tes4 ,la cata/rophe politique du ,x,v,ie sicle1 l'ass]vissem5t de la ,pn9sule1 ne r5d po9t elle seule compte du naufrage d'une civilisation et d'une littrature1 comme le fait1 p\r la ,france mridionale1 la croisade des ,albigeois1 c> les excs et les folies du pr9cipat1 qui dcidr5t de l',italie1 n'tai5t eux-mmes que l'effet d'une cause inv9cible qu'il importe de considr]4 ,dans un *apitre de ses disc\rs sur ,tite-,live1 ,ma*iavel dit3 ,n\s autres ,itali5s avons l'glise et aux prtres cette premire obligation d'tre sans religion et corrompus2 n\s en avons une plus gr&e encore qui e/ la cause de notre ru9e1 savoir l'tat de division1 de discorde et de faiblesse o l'glise1 depuis le temps des ,lomb>ds et des ,francs1 a ma9t5u1 p> son gsme1 l',italie4 ,cette explication d'une *ute que ,ma*iavel prvoyait comme trs pro*a9e1 e/ trs incomplte1 excessive p\r l'glise1 mais elle conti5t cep5dant les lm5ts ess5tiels du problme4 ,af9 de bi5 lucid] celui-ci1 comm5ons p> obs]v] l'tat religieux des ,itali5s en *angeant l'ordre des analyses de ,burckh>dt1 qui tudie la moralit avant la religion4 ,je l'ai dit plus haut3 l',italie avait t\j\rs eu1 du cons5tem5t mme de l'glise1 une gr&e lib]t religieuse4 ,elle s'tait atta*e la foi plus qu'aux uvres1 avait t5u peu de compte de l'au/rit et de la pnit5ce4 ,le prodigieux succs de sa9t ,franois rsulta de la faon t\t itali5ne dont le rveur d',assise avait compris l'orig9alit du *ri/ianisme1 une religion faite de t5dresse et d'en?\siasme plus que d'obissance et de t]reur1 une religion d'am\r1 p> consqu5t livre l'imag9ation p]sonnelle du *rti51 trs individuelle sans d\te1 mais non po9t la manire du prote/antisme4 ,c> l'glise e/ t\j\rs l1 image visible de ,dieu1 corps de doctr9e plutt que hir>*ie sac]dotale2 l',italie demeure volonti]s s\s le manteau de l'glise1 qui elle dem&e des sacrem5ts et des prires1 dont jamais elle ne songe discut] les dogmes1 prcism5t p>ce que ces dogmes la proccup5t assez peu4 ,un tel tat ne p\vait dur] qu' deux conditions3 la premire1 que la simplicit religieuse et le my/icisme de l'ge francisca9 fuss5t t\j\rs dans les consci5ces2 la seconde1 que l'glise mritt de g>d]1 p> l'autorit morale1 la rgle s\v]a9e de la foi4 ,a la f9 du ,x,v,ie sicle encore1 la pe9ture d'un ,prug9 ne s'loigne pas beauc\p de l'inspiration nave d'un ,fr ,angelico1 et1 cep5dant1 le ,prug9 tait un *rti5 mdiocre4 ,ici donc1 les uvres d'art ne peuv5t donn] aucune indication srieuse sur les mes4 ,a la mme poque1 ent5dre ,savon>ole1 il n'y avait plus dix ju/es dans ,flor5ce4 ,c5t ans plus tt1 je tr\ve encore dans les lettres du notaire s] ,lapo ,mazzei le *ri/ianisme le plus grave et le plus c&ide1 sans direction troite1 la p5se con/ante de ,dieu1 celle du salut1 sans aucune angoisse1 la *>it p\r les humbles1 l'am\r de sa9t ,franois1 dont il fait lire les ,fioretti1 le soir1 ses petits g>ons4 ,cet excell5t homme1 vieux b\rgeois flor5t91 e/ d'une s\*e religieuse plus anci5ne que celle de ,ptr>que1 qui e/ cep5dant son an de prs d'un demi-sicle4 ,mais ,ptr>que e/ un lettr1 il e/ homme d'glise1 il a dj en lui le demi-scepticisme des premi]s humani/es1 la demi-indiffr5ce d'un *ano9e itali5 vivant la c\r d',avignon4 ,au ,x,v,ie sicle1 ,gelli crivait3 ,ceux qui tudi5t ne croi5t plus ri54 ,l5tem5t1 d'anne en anne1 la culture savante fit baiss] la foi dans les mes4 ,le paganisme littraire des humani/es du ,x,ve sicle1 les raill]ies dj voltairi5nes de ,pulci1 montr5t le progrs du scepticisme *ez les hommes in/ruits4 ,la foi individuelle n'avait pu rsi/] l'action de la raison individuelle4 ,les lettrs1 malgr leurs propos impies1 ne pr(ess5t po9t rellem5t l'a?isme1 mais une philosophie vague1 trs tolrante1 empre9te de fatalisme1 qui se rsume en ces p>oles du pr(esseur de ,sixte ,,iv1 ,galeotto ,m>zio3 ,celui qui se conduit bi5 et qui agit d'aprs la loi naturelle entr]a au ciel1 quelque peuple qu'il app>ti5ne4 ,l'incrdulit des humani/es tr\vait sa ju/ification dans le spectacle que donnait l'glise1 l'excs de ses ambitions temporelles1 le trafic de la ti>e1 le sc&ale de la simonie et du npotisme1 la cruaut d'un ,sixte ,,iv1 l'avidit d'un ,alex&re ,,vi1 la viol5ce d'un ,jules ,,ii2 quant au peuple1 il voyait ou dev9ait le re/e et les conteurs ne lui mnageai5t gure sur la vie des cl]cs et des mo9es les plus piquantes rvlations4 ,il compr5ait que le *>latanisme occupait le sanctuaire1 qu'on lui montrait1 comme un div]tissem5t de foire1 de faux miracles et de faux exorcismes4 ,n\s p\vons1 sur ce po9t1 en croire les n\velles de ,boccace et de ,massuccio1 qu& n\s avons lu le pieux ,salimb5e4 ,d'ailleurs1 les criva9s qui se j\ai5t le plus librem5t des *oses sa9tes1 n'tai5t-ils po9t eux-mmes g5s d'glise3 ,boccace1 le ,pogge1 ,b]ni1 ,te(ilo ,fol5go1 ,b&ello8 ,t&is qu'on voyait1 au sommet de la hir>*ie1 le pape ,alex&re livr] sa fille la rg5ce du sa9t-sige1 ,savon>ole criait t\te l',italie la vie honteuse du cl]g sculi]4 ,les mo9es talai5t librem5t leur grossiret4 ,aux funrailles du c>d9al d',e/\teville1 s\s ,sixte ,,iv1 m9eurs et augu/9s se battir5t1 ,sant-,ago/9o1 c\ps de tor*es aut\r du cadavre1 qu'il s'agissait de dp\ill] de son anneau et de sa *asuble4 ,si l',italie1 gagne p> la libre p5se dont l'glise n'tait po9t responsable1 s'tait loigne de l'vangile1 l'glise n'avait plus aucun droit p\r l'y rappel]4 ,savon>ole put provoqu] ,flor5ce une explosion de fanatisme2 on voyait encore et l des b&es de flagellants2 des ermites visionnaires prophtisai5t de t\s cts2 de ,lon ,x ,paul ,,iii1 se =mait ,rome une *apelle de *rti5s lettrs tels que ,bembo1 ,sadolet1 ,vittoria ,colonna1 ,cont>9i1 qui essayr5t de rev5ir au *ri/ianisme trs pur du ,x,i,i,ie sicle3 ces rveils accid5tels de la foi montr5t mieux encore le vide religieux de la ,pn9sule4 ,les mes1 ds5*antes des vieilles croyances1 et qui ne sont po9t mres p\r la ngation absolue du surnaturel1 se t\rn5t v]s la sup]/ition1 v]s l'a/rologie et la sorcell]ie4 ,jadis ,ptr>que1 ,jean et ,mat?ieu ,villani1 ,sac*etti1 avai5t ni l'influ5ce des a/res sur la vie huma9e et s'tai5t moqus des a/rologues2 la f9 du ,x,ve sicle et malgr les ef=ts de ,pic de la ,mir&ole1 t\t le monde1 philosophes1 humani/es1 hommes d'tat1 les papes eux-mmes1 croi5t aux conjonctions d'toiles et aux prophties qui s'en tir5t4 ,jules ,,ii1 ,lon ,x1 ,paul ,,iii1 font lire dans les pr(ondeurs du ciel les de/9es de l'glise4 ,t\tes les sup]/itions classiques1 t\tes les t]reurs du moy5 ge rep>aiss5t4 ,on croit aux prsages purils1 aux rev5ants1 aux c\rses nocturnes de fantmes sans ttes1 au *asseur noir1 la desc5te des esprits mal9s sur la t]re1 l'vocation des dmons4 ,des dom9ica9s allem&s apport5t1 en ,italie1 les pratiques des sorci]s2 un prtre sicili5 fait voir ,cell9i des milli]s de diables dans le ,colise2 ,m>cello ,pal+5io s'entreti5t la nuit1 dans la campagne de ,rome1 avec des esprits1 divi1 qui vi5n5t de la lune et lui donn5t des n\velles de ,clm5t ,,vii4 ,n\s p\vons apprci] ma9t5ant l'tat moral de l',italie4 ,les consci5ces ne reconnaissai5t plus de rgle suprieure2 t\te haute discipl9e tait abolie1 les notions *rti5nes de *>it1 de pudeur1 de ju/ice div9e1 tai5t dtruites2 l'glise trahissait la cause de ,dieu et avait p]du t\te autorit apo/olique2 la sup]/ition incl9ait les esprits v]s le fatalisme paen4 ,d'autre "p1 du spectacle de la vie publique1 o primait seul le droit de la =ce ou de la f\rb]ie1 les mes recevai5t une p]ptuelle leon d'gsme et de lic5ce4 ,il tait bi5 p]mis *acun d'tre1 dans le c]cle o la =tune l'avait plac1 la fois r5>d et lion1 puisque ceux-l seuls tai5t heureux et envis qui atteignai5t1 p> t\s les moy5s1 la plus gr&e mesure possible de puissance1 de ri*esse et de plaisirs4 ,l'individu qui se rit de la loi huma9e et se rs]ve de faire sa paix1 la d]nire heure1 avec la loi div9e1 e/ donc libre absolum5t p\r la p\rsuite de son intrt et de sa passion4 ,il l'e/ d'autant plus qu'il se s5t enc\rag p> deux prjugs pr(ondm5t itali5s4 ,l'un d'eux a t exprim p> le pape ,paul ,,iii disant de ,b5v5uto3 ,les hommes uniques dans leur art1 comme ,cell9i1 ne doiv5t pas tre s\mis la loi4 ,et l'uomo unico peut invoqu] encore en faveur de ce r>e privilge l'ide que son temps se fait de l'honneur4 ,gui*>d9 crit dans ses ,aphorismes3 ,celui qui fait gr& cas de l'honneur russit en t\t1 p>ce qu'il ne cra9t ni la pe9e1 ni le dang]1 ni la dp5se2 les actions des hommes qui n'ont po9t p\r pr9cipe ce puissant mobile sont /riles4 ,mais on sait ce que l',italie ent5dait alors p> onore4 ,ce n'e/ pas plus l'honneur vrai que la virt n'e/ la v]tu4 ,l'onore e/ le pre/ige que donne l'accomplissem5t d'une action difficile obt5ue d'une faon clatante4 ,le respect du droit d'autrui1 les scrupules de la dlicatesse morale n'ont ri5 y voir4 ,il n'e/ pas ncessaire de m>*] l'ennemi au gr& j\r et de le combattre loyalem5t4 ,cs> ,borgia juge plus sage de l'trangl] la suite d'un repas cordial4 ,il e/ imprud5t d'agir sur-le-*amp1 surt\t si l'on a un outrage v5g]4 ,ce qui ne se fait po9t midi1 disait ,cs>1 peut s'aj\rn] au soir4 ,la bella v5detta dem&e1 en effet1 de la pati5ce1 une relle srnit d'esprit4 ,le poison subtil et l5t1 le v55um att]m9atum qui se dissimule entre les pages d'un missel1 dans les plis d'un m\*oir1 e/1 p\r une affaire d'onore1 une arme exquise4 ,enf91 le bravo1 le spadass9 qui v5d son c\p de poign>d p\r quelques ducats1 e/ aussi un artisan prcieux de l'honneur d'autrui4 ,d'ailleurs1 nulle hypocrisie2 c'e/ avec une fran*ise admirable1 une bonne foi p>faite que l',itali51 tranquille du ct de l'op9ion et du remords1 ass\vit sa passion4 ,je n'ai ri5 dire ici de la corruption des murs4 ,je crois d'une bonne critique de se fi]1 sur ce *apitre1 aux comdies de ,ma*iavel et de ,bibbi5a1 aux n\velles de ,b&ello2 on peut1 si l'on re*]*e une preuve hi/orique d'app>5ce plus solide1 s'en t5ir aux *roniqueurs runis p> ,muratori1 au ,j\rnal de ,bur*>d1 le *apela9 d',alex&re ,,vi1 ou1 plus simplem5t encore1 aux lettres familires de ,ma*iavel4 ,comme l'indiffr5ce ironique loignait l',italie des croyances qui avai5t jadis =m la communaut *rti5ne1 l'gsme transc5dant la dta*ait des notions morales qui sont le li5 de la communaut huma9e4 ,la ,pn9sule tait peuple de virtuoses2 elle n'tait plus une socit au s5s troit du mot4 ,les mes1 possdes p> l'intrt p]sonnel1 p]dai5t peu peu t\t en?\siasme1 t\te d\ceur et t\t am\r4 ,un j\r1 le plus gr& des ,flor5t9s jeta un cri d'al>me3 il comprit que l',italie tait sur le po9t de pay] de sa lib]t les complaisances de sa morale4 ,il essaya1 mais trop t>d1 de donn] ,flor5ce une arme nationale4 ,l'ide mme de communaut nationale tait sortie des esprits4 ,ma*iavel e/ le d]ni] qui cons]ve la notion de patrie itali5ne1 si claire autrefois *ez ,dante et ,ptr>que4 ,le temps n'tait plus aux ligues des villes contre l'ennemi commun4 ,la ligue qui avait att5du les ,franais ,=n\e fut une t5tative pr9cire inutile et ri5 de plus4 ,les pr9ces1 et le pape plus s\v5t que les autres1 dans leur fureur d'cras] leurs vois9s1 allai5t dsormais appel] sans cesse les b>b>es4 ,on vit alors les consqu5ces d]nires de la tyrannie4 ,la socit politique du moy5 ge s'tait s\t5ue p> des in/itutions qui supplai5t la valeur et au gnie de l'individu3 la tyrannie avait fait table rase de t\tes les in/itutions et mis la place le pr9ce4 ,celui-ci tomb1 qu'une rvolution ou une invasion l'ait *ass1 il ne re/e plus ri5 dans l'tat1 ri5 qu'un trne vide o le roi trang] peut s'asseoir4 ,l'ass]vissem5t d'une prov9ce vois9e devi5t *ose indiffr5te4 ,l'trang] fran*it-il la frontire1 entre-t-il en ,toscane1 le ,flor5t9 ne s'meut po9t encore4 ,mais que ,*>les ,,viii1 une fois l'hte de ,flor5ce1 fasse m9e d'impos] la seigneurie un trait inquitant1 ,flor5ce cri]a p> la b\*e de ,capponi3 ,sonnez vos trompettes1 n\s sonn]ons nos clo*es4 ,c'tait trop peu1 en vrit6 ,si1 qu& les premires compagnies du roi trs *rti5 p>ur5t sur les ,alpes1 t\tes les clo*es d',italie s'tai5t mises en branle1 les clo*es de ,pal]me1 qui sonnr5t les vpres tragiques de #abhb1 la clo*e du ,capitole1 qui donna si s\v5t le signal de l'meute communale contre le pape et les emp]eurs1 les clo*es de ,milan1 qui ftr5t la victoire nationale de ,legnano1 t\tes1 jusqu'au b\rdon de ,sa9t-,m>c1 qui avait tant de fois grond sur les lagunes contre les ,turcs1 si elles avai5t clat en un tocs9 unanime1 la premire invasion s'arrtait en ,lomb>die1 celle qui1 trav]s ,flor5ce1 ,rome et ,naples1 fraya le *em9 t\tes les autres4 ,l'hi/oire accomplit donc son uvre1 avec la logique inflexible qui dplace la =tune des peuples et susp5d ou dt\rne le c\rs des civilisations4 ,l',italie1 vassale de l',espagne et de l'empire1 allait s'ass\pir s\s la ma9 de l'glise et la g>de de l'inquisition1 t&is que la r5aissance entrait en ,france4 ,l',,honn,,tet ,,diplomatique ,,de ,,ma*iavel ,ma*iavel tait-il un honnte homme8 ,telle e/ la "q qui sollicite sans cesse l'esprit du critique occup l'analyse de l'criva9 et de l'homme d'tat le plus quivoque et le plus sduisant de la ,r5aissance itali5ne4 ,il semble en vrit qu'on ne puisse crire froidem5t1 sans colre ou sans admiration1 de ce philosophe politique qui a trac1 avec une srnit p>faite1 dans ses ,disc\rs sur ,tite-,live1 la ?orie du c\p d'tat1 de la conspiration et de l'meute1 et dans le ,pr9ce1 la ?orie d'un despotisme dont r\girait peut-tre tel sultan asiatique du ,x,i,xe sicle4 ,longtemps1 on le sait1 dans l',italie autri*i5ne et b\rbonni5ne1 comme dans l',allemagne de ,frdric ,,ii1 comme aussi en ,france1 le ma*iavlisme a pes l\rdem5t sur la mmoire de ,ma*iavel3 on n'tait pas lo9 de p5s] qu'il avait inv5t la tratrise en matire de g\v]nem5t1 absolum5t comme ,ari/ote avait inv5t les quatre causes en mtaphysique4 ,on e/ rev5u ma9t5ant de cet tat premi] de la critique4 ,la balance a comm5c de p5*] de son ct le j\r o l'on comprit qu'il avait t l'un des plus gr&s citoy5s de l',italie1 qu'il avait crit1 qu'il avait lutt et mme pti p\r la paix1 l'unit morale et la lib]t de la ,pn9sule4 ,la premire voix autorise qui s'leva en ,france en faveur du secrtaire d'tat flor5t9 fut celle de ,m4 ,franck1 dans son livre sur les ,r=mateurs et ,publici/es de l',europe 7#ahfd74 ,notre compatriote signalait un acte honorable de la vie de ,ma*iavel1 son disc\rs sur la ,r=me de l'tat de ,flor5ce1 compos la dem&e de ,lon ,x1 et qui concluait p\r la =me rpublica9e contre le pr9cipat mdicen4 ,l'occasion tait belle1 dit ,m4 ,franck1 p\r relev] sa =tune1 en flattant l'ambition du ,s\v]a9-,pontife4 ,en ,anglet]re1 "l ,macaulay1 dans son ,essai sur ,ma*iavel1 dmontra que les maximes de cet criva9 avai5t seulem5t exprim1 avec une prcision et une fran*ise incomp>ables1 les rgles mmes du g\v]nem5t1 telles que les avai5t ent5dues les hommes d'tat de la ,r5aissance4 ,ces rgles1 il les fltrit hautem5t1 p>ce qu'en elles-mmes elles sont dte/ables3 mais l'illu/re :ig voit bi5 que de telles doctr9es laiss5t encore intactes des p>ties importantes du c>actre de ,ma*iavel4 ,sans d\te1 celui-ci a prs5t son pays t\tes sortes de poisons dont il vantait l'excell5ce3 mais l',italie des d]ni]s ,mdicis1 l',italie qui bi5tt v]ra le sac de ,rome1 tait =t malade1 et ce mdec91 qui l'aima d'un si gr& am\r1 put bi5 lui propos] des remdes in\s1 hroques1 trs propres la sauv] ou la tu] d'une faon f\droyante4 ,macaulay notait p>ticulirem5t l'ef=t de cet ambassadeur1 homme de cab9et1 de conv]sation diplomatique1 p\r donn] une arme nationale ,flor5ce4 ,il fallait en f9ir avec les m]c5aires qui se battai5t mal1 tai5t des trang]s1 et cotai5t =t *]3 l'hi/ori5 se fit gnral1 +nieur1 int5dant3 il tudia la /ratgie1 mdita sur l'artill]ie1 sur la gymna/ique1 sur l'art de =tifi] ou d'attaqu] une place4 ,il m\rut au milieu des ru9es non de son uvre1 mais de ses esprances3 mais il avait eu le press5tim5t de l'av5ir1 et l'criva9 anglais annonait loquemm5t1 ds l'anne #ahbg1 que le nom de ,ma*iavel se relv]ait avec clat le j\r o l',italie connatrait la lib]t si longtemps att5due1 qu& un second ,procida aura v5g ,naples1 qu& un ,ri5zi plus heureux aura rtabli le ,bon tat de ,rome1 qu& les rues de ,flor5ce et de ,bologne auront rsonn de n\veau de leur vieux cri de gu]re3 ,popolo1 ,popolo1 muoiano i tiranni6--,la critique allem&e1 son t\r1 a pntr les problmes moraux qui se ratta*5t au nom de ,ma*iavel4 ,g]v9us1 dans son ,hi/oire de l',hi/oriographie flor5t9e 7,hi/oris*e ,s*rift51 ,wi51 #ahga71 a *]*1 avec sagacit1 dans les crits du secrtaire d'tat1 la clef de son c>actre4 ,le mom5t dlicat de la vie de ,ma*iavel e/ videmm5t celui de sa disgrce4 ,g]v9us relve ses lettres suppliantes ,vettori4 ,le malheureux s'ef=ce de faire ent5dre aux ,mdicis son cri de dtresse3 p\r ses enfants et p\r lui-mme1 il t5d la ma91 comme un m5diant4 ,et cep5dant1 crit l'hi/ori5 allem&1 dans cette effroyable situation il tait encore d'une si rig\reuse moralit1 qu'invit plusieurs reprises p> ,vettori de v5ir le rejo9dre ,rome et de vivre s\s son toit1 il refusa t\j\rs 7p4 #abj74 ,le mmoire ,lon ,x e/ p>eillem5t signal p> ,g]v9us1 comme il l'a t p> ,m4 ,franck4 ,je v\drais que t\s ceux qui ti5n5t ,ma*iavel p\r un flatteur rampant puss5t tudi] fond ce ,disc\rs 7p4 #add74 ,cep5dant ce ,disc\rs mme ne =c]ait pas encore la conviction d'un esprit prv5u4 ,il pr\ve surt\t que ,ma*iavel tait demeur rpublica9 aprs la *ute de la ,rpublique4 ,mais il avait t au p\voir dans l'int]rgne des ,mdicis1 et1 s\s le faible ,sod]9i1 avait g\v]n l'un des tats les plus florissants de l',europe4 ,il regrettait1 dira-t-on1 le rgime qui lui avait donn l'honneur de sa vie4 ,et puis1 il e/ plus facile de se conv]tir la lib]t que de trahir celle-ci p\r pass] au p>ti de l'absolutisme4 ,n\s ne p>lons pas sans d\te des mes mdiocres qu'aucune apo/asie n'emb>rasse4 ,les ,mdicis tant excrs p> la b\rgeoisie1 ,ma*iavel dut croire d'ailleurs que la re/auration ne p\vait dur]1 mo9s que le tempram5t de la socit flor5t9e ne ft d'abord altr p> de gr&es cata/rophes4 ,a9si t\t conc\rait le r5dre fidle la con/itution dmocratique1 les traditions de sa c>rire politique1 ses regrets de m9i/re tomb1 t\t son pass1 et l'av5ir que1 du fond de sa misre1 il att5dait encore p\r lui-mme et p\r sa patrie4 ,n\s v\drions faire valoir un docum5t plus dcisif1 la correspondance *ange en #aeac et #aead entre ,ma*iavel et ,vettori4 ,les critiques les plus favorables1 ,m4 ,vill>i lui-mme1 dans son gr& ouvrage sur ,nicolas ,ma*iavel et son temps 7,flor5ce1 ,lemonni]1 #ahgg-ahhb71 ne se sont po9t arrts la p>tie politique de ces lettres4 ,elles n\s sembl5t cep5dant ess5tielles p\r dt]m9] la physionomie morale d'un p]sonnage l'g>d duquel la po/rit s'e/ montre c]ta9em5t trop svre4 ,il convi5t d'abord de rappel] l'une des plus fune/es ngociations de ,ma*iavel1 la plus gr&e et la pire action de t\te sa vie1 la "p qu'il prit aux orig9es lo9ta9es de la ,ligue de ,cambrai4 ,quel qu'ait t son crdit dans les conseils de ,jules ,,ii1 comme il y reprs5tait ,flor5ce1 l'ennemie a*>ne de ,v5ise1 il e/ videmm5t responsable1 dans une assez l>ge mesure1 de la politique qui fut si dsa/reuse p\r l',italie et p\r l'glise4 ,v5ise1 t\rne v]s le dehors1 v]s l',ori5t1 plus libre que ,milan1 ,rome1 ,flor5ce et ,naples1 avait eu jusque-l une de/9e p>ticulire comme son gnie4 ,gnes et ,pise n'aimai5t po9t en elle une rivale puissante dans la ,mdit]rane4 ,rome se dfiait d'une cit d'esprit =t indp5dant1 trs capable de s'ent5dre amicalem5t avec l'islamisme1 et qui jamais1 ni dans sa vie intime1 ni dans ses beaux-arts1 ne se laissa *>m] p> le my/icisme4 ,flor5ce enf9 dte/ait en elle un tat ddaigneux de la dmocratie1 une puissance m>*&e1 indu/rielle et f9ancire qui gnait ses comptoirs et ses banques4 ,on ne t5ait pas compte du don m95t de ,v5ise1 qui p\vait tre employ p\r le bi5 de t\te l',italie1 le gr& art de la diplomatie1 la sci5ce consomme de la politique extrieure4 ,or1 c'tait l le ct faible de ,milan1 de ,flor5ce et de ,rome4 ,le g\v]nem5t d'un ,s=za1 d'un ,alex&re ,,vi1 d'un ,lon ,x1 d'un ,savon>ole1 d'un ,sod]9i ou d'un ,mdicis y tait la fois trop p]sonnel et trop inc]ta91 dp\rvu de suite1 dom9 p> les caprices du *ef de l'tat1 p> les intrts de l'heure prs5te1 p> la fatalit du npotisme1 les rivalits et les ambitions de familles4 ,c'e/ ,rome surt\t qu'clata cette infirmit de la politique itali5ne4 ,au temps mme de ,ma*iavel1 quatre papes1 qui n'tai5t po9t des hommes mdiocres1 p> une diplomatie indcise et br\illonne1 =ce de n\] et de rompre des alliances contradictoires qui ram5ai5t sans cesse l'trang] au-del des ,alpes1 p\ssr5t le ,sa9t-,sige la cata/rophe trs logique de #aebg4 ,seule1 dans ce grave dsordre des affaires itali5nes1 ,v5ise s'appuyait sur des traditions de g\v]nem5t intrieur et de diplomatie assez f]mes p\r sauveg>d] les intrts non des *efs de l'tat1 mais de l'tat lui-mme4 ,elle connaissait m]veille les ressorts de la politique europenne4 ,les ,rittratti de ,ma*iavel sur les in/itutions et le c>actre de la ,france et de l',allemagne sont curieux lire3 mais ils tmoign5t en quelque sorte de notions n\velles1 et comme de la dc\v]te d'un n\veau monde p> ,flor5ce et son ambassadeur4 ,il y avait longtemps que la patrie de ,m>co ,polo avait abord des nations encore plus lo9ta9es1 et en avait pntr le gnie4 ,elle p\vait donc r5dre les plus gr&s s]vices l',italie *aque fois que la paix de celle-ci tait de n\veau tr\ble p> les prt5tions ou les entreprises de l'trang]4 ,il suffit de relire ,comm9es p\r apprci] l'action dcisive de ,v5ise avant ,=n\e4 ,mais l',italie de la ,r5aissance ne s'emb>rassait po9t d'un excs de gratitude1 et ,*>les ,,viii avait pe9e repass les ,alpes qu'elle songea l'abaissem5t df9itif de ,v5ise4 ,l'heure sembla propice au mom5t de l'lection de ,jules ,,ii qui1 p> sa famille1 se ratta*ait ,gnes4 ,les ,vniti5s1 qui convoitai5t alors ,fanza et ,rim9i1 sur les frontires pontificales1 donnai5t eux-mmes un prtexte plausible aux accusations de leurs ennemis4 ,jules ,,ii hsita longtemps1 et ,ma*iavel fut quelques j\rs inquiet des inc]titudes du vieux pontife4 ,il m5a donc l'intrigue rapidem5t et de ma9 de matre4 ,le ,pape avait t lu le #a;er novembre #aejc4 ,le #f1 ,ma*iavel lui r5d hommage1 et visite les c>d9aux influ5ts4 ,je leur dis qu'il s'agissait de la lib]t de l'glise1 non de la ,toscane1 que le ,pape devi5drait un simple *apela9 des ,vniti5s s'ils accroissai5t encore leur puissance1 que c'tait eux df5dre le ,sa9t-,sige dont ils p\rrai5t dev5ir les hriti]s4 ,le c>d9al ,sod]9i1 qui dnait s\v5t avec ,jules ,,ii1 aidait adroitem5t l'ambassadeur ,flor5t94 ,le #aj novembre1 le pape disait ,sod]9i3 ,si les ,vniti5s veul5t s'emp>] des possessions dp5dantes du ,sa9t-,sige1 je m'y oppos]ai de t\t mon p\voir1 et j'arm]ai contre eux t\s les pr9ces de la *rti5t4 ,le #aa1 il rpte ,ma*iavel les mmes m5aces3 celui-ci ins9ue que ,flor5ce e/ trop faible p\r mettre elle seule un fre9 l'ambition de ,v5ise4 ,le #ab1 ,sod]9i effraie les c>d9aux sur les dang]s que c\rt leur lib]t p]sonnelle4 ,le #bj1 ,ma*iavel s\met ,jules ,,ii une dp*e pressante du g\v]nem5t de ,flor5ce4 ,il en a p>u vivem5t affect444 ,l'insol5ce des ,vniti5s l'obligeait convoqu] sur-le-*amp t\s les ambassadeurs trang]s#c4 #c ,cette dp*e e/ sans d\te la pice date du #ae novembre que vi5t de publi] p\r la premire fois ,m4 ,nitti1 dans son ouvrage intitul3 ,ma*iavelli nella vita e nelle dottr9e1 t4 ,i1 p4 #bec4 ,les ,flor5t9s affirm5t que l'entreprise des ,vniti5s sur ,fanza li conduce alla mon>*ia d',italia4 ,les intrigues d',alex&re ,,vi et de ,cs> avai5t jet cette notion de mon>*ie une dans le c\rant des ides itali5nes4 ,le premi] volume de ,m4 ,nitti1 le seul qui soit publi jusqu'auj\rd'hui1 s'arrte la *ute de ,ma*iavel4 ,le #bd1 les affaires sont dj assez avances p\r qu'il puisse crire3 ,t\t respire ici la ha9e contre eux1 aussi y a-t-il lieu d'espr] que1 si l'occasion s'en prs5te1 on leur f]a pr\v] plus d'une humiliation4 ,ils sont l'objet des pla9tes de *acun4 ,sod]9i ne ngligeait po9t d'agir sur l'esprit du c>d9al d',amboise4 ,le projet d'une ligue se prcisait1 et l'ambassadeur flor5t9 rapporte ces mots du pape3 ,si les ,vniti5s ne r5onc5t pas leur entreprise1 et ne lui re/itu5t pas les places qu'ils lui ont enleves1 il se ligu]a avec le roi de ,france et l',emp]eur1 et ne s'occup]a que de dtruire une puissance dont t\s les tats dsir5t l'abaissem5t4 ,le #bf1 ,ma*iavel rassure la ,seigneurie sur la s9crit des emportem5ts de ,jules ,,ii4 ,il me tmoigna la plus vive indignation contre les ,vniti5s4 ,le #a;er dcembre1 le pape retombe dans ses inc]titudes4 ,mais ,sod]9i dne avec lui1 et le dt]m9e4 ,le #af1 ,ma*iavel (fre l'alliance de ,flor5ce p\r rtablir les neveux ,=li et ,imola1 c'e/--dire p\r comm5c] les appro*es contre les t]res vniti5nes4 ,il f9it a9si sa d]nire dp*e3 ,le pape ti5dra bon1 c> il ne manque po9t ici de g5s bi5 disposs trav]s] les ,vniti5s et dvoil] t\tes leurs intrigues4 ,en mo9s de six sema9es1 l'ambassadeur flor5t9 avait gagn ,jules la politique de la ,ligue de ,cambrai4 ,v5ise fut crase au mom5t mme o ,alde ,manuce donnait ,platon la ,r5aissance4 ,puis les ultramonta9s d*irr5t l',italie1 o le s\v]a9 pontife les avait attirs4 ,qu& il p\ssa son cri3 ,fuori i b>b>i6 il tait trop t>d4 ,le ,jules ,,ii morose du portrait de ,raphal contemple videmm5t des ru9es que ses successeurs ne relv]ont pas4 ,ma*iavel1 qui rva t\te sa vie l'expulsion des ,b>b>es1 comprit la faute du pape et sa propre erreur4 ,une occasion s+ulire s'(frit lui de propos] au ,vatican une politique bi5 diffr5te qui1 applique avec suite1 et t1 peut-tre1 le salut de l',italie4 ,dix annes s'tai5t c\les4 ,on tait en m>s #aeac1 aux premi]s j\rs du pontificat de ,lon ,x4 ,ma*iavel qui avait t\rdim5t conspir contre les ,mdicis1 sortait de prison1 encore t\t meurtri p> la torture4 ,il crivait le #ah ,vettori1 ambassadeur de ,flor5ce auprs du ,sa9t-,sige3 ,il me semble que je vaux mieux que je ne l'aurais cru4 ,si nos n\veaux matres ne veul5t po9t me laiss] de ct1 j'en ress5tirai la plus vive satisfaction1 et je crois que je me conduirai de manire leur donn] l'occasion de s'en applaudir4 ,s'ils croi5t devoir me refus] cette faveur1 je vivrai comme lorsque je v9s au monde4 ,je suis n pauvre1 et j'ai appris s\ffrir bi5 plus qu' j\ir4 ,il (frait donc timidem5t ses s]vices aux ,mdicis4 ,or la c\r de ,rome eut t\t aussitt beso9 de ses conseils4 ,il s'agissait p\r le n\veau pape d'adopt] une politique p]sonnelle1 favorable au ,sa9t-,sige et sa propre famille4 ,le du* de ,milan1 g\v]n p> le faible hriti] de ,ludovic le ,m1 tait t\j\rs le po9t de mire de ,l\is ,,xii et de ,f]d9& le ,ca?olique4 ,il fallait d'abord pr5dre p>ti p\r l'un de ces deux pr9ces4 ,a ce mom5t1 ils conclur5t une trve d'une anne1 p\r la frontire seule des ,pyrnes1 rs]vant les *amps de bataille de l',italie4 ,gr& emb>ras au ,vatican4 ,le roi d',espagne tait-il donc un politique mdiocre8 ,quelle intrigue se tramait8 ,le #i avril1 ,vettori crit ,ma*iavel4 ,l',espagne1 dit-il1 l',empire et la ,france s'ent5d5t-ils p\r p>tag] notre malheureuse ,italie8 ,ce n'e/ pas encore au diplomate1 c'e/ l'ami qu'il s'adresse4 ,il passe rapidem5t sur cette affaire1 et f9it p> une page de condolance sur la situation de l'anci5 secrtaire d'tat4 ,celui-ci rpond le #af avril4 ,de politique1 pas un mot3 il t5d d\cem5t l'hameon1 att5dant qu'on y morde fran*em5t4 ,il se pe9t =t ennuy1 trs misrable4 ,peut-tre s]ait-il opportun p\r lui de pass] au pape plutt qu' ,juli53 ,j'ai l'intime conviction que1 que si ,sa ,sa9tet comm5ce une fois se s]vir de moi1 outre le bi5 que j'y tr\v]ai1 je p\rrai faire honneur et me r5dre utile t\s ceux qui ont de l'amiti p\r moi4 ,aussi1 le #ba avril1 ,vettori e/-il plus explicite4 ,a la trve des deux rois1 il aj\te une donne n\velle du problme1 le trait conclu entre ,v5ise et la ,france1 ,v5ise devant recevoir ,brescia1 ,crme1 ,b]game et ,mant\e4 ,ceci dit1 comm5ce une consultation en =me qui dur]a plusieurs mois4 ,vettori ret\rne la "q sur t\tes ses faces4 ,v5ise a t\t gagn]4 ,si ,l\is ,,xii lui ti5t p>ole1 il e/ possible qu'elle p>vi5ne rec\vr]1 outre les tats qu'elle a p]dus1 son honneur et sa rputation4 ,le roi d',espagne j\e un jeu prilleux4 ,p> la trve sur les ,pyrnes1 il r5d au roi de ,france sa lib]t d'action en ,italie4 ,le ,milanais reconquis1 ,l\is ,,xii ne convoit]a-t-il pas le royaume de ,naples et mme la ,ca/ille8 ,f]d9&1 d'autre "p1 peut1 lui aussi1 report] en ,lomb>die t\tes ses =ces3 le duc de ,milan1 les ,suisses et le pape se jo9dront lui1 de sorte que les ,franais ne recueill]ont que la honte de cette entreprise4 ,faux calcul1 se rplique lui-mme ,vettori4 ,l'arme espagnole ne peut t5ir tte aux ,franais r5=cs d'un corps d',allem&s4 ,les populations du ,milanais1 qui ont en ha9e les ,espagnols et les ,suisses1 se jett]ont dans les bras des ,franais4 ,il y a1 conclut l'ambassadeur1 quelque *ose s\s jeu que n\s ne savons pas444 ,qu'en p5se donc ,ma*iavel8 ,jusqu'ici ,vettori n'a p>l qu'en son propre nom4 ,mais son correspondant a compris que c'e/ ,lon ,x lui-mme qui l'int]roge4 ,flor5ce1 en effet1 n'avait aucun intrt direct en cette affaire4 ,un pape ,mdicis p\vait mme in/itu] une politique fausse sans que la ,toscane ft rellem5t compromise4 ,la suite de la correspondance n\s montr]a encore plus clairem5t le ,s\v]a9 ,pontife d]rire l'envoy ,flor5t94 ,la rponse la lettre du #ba avril n'e/ po9t date4 ,ma*iavel dev9e que le ,vatican1 qui s'inquite si =t d'une faute app>5te de l',espagne1 p5*e p\r le roi ca?olique4 ,il va donc pntr] la politique de ,f]d9&1 et en dc\vrir les rapports avec la politique gnrale de l',europe4 ,il sait qu'il contr>i]a les vues de ,lon ,x1 il s'excuse donc d'abord de son radotage4 ,depuis qu'il n'e/ plus aux affaires1 il s'e/1 dit-il1 t]riblem5t r\ill4 ,non1 p\rsuit-il1 le roi d',espagne n'e/ pas un pr9ce habile3 il e/ plutt rus et heureux4 ,cette trve1 si elle a t conclue s\s ,jules ,,ii1 lui a t impose p> la =ce des *oses4 ,ab&onn p> le pape1 mal second p> ,h5ri ,,viii1 avec une arme et des f9ances en ru9es1 il se tr\vait en face d'une ,france gr&issante1 =tifie p> l'alliance de ,v5ise4 ,mais s'il avait t5du la trve au ,milanais mme1 et conclu une paix complte1 ses confdrs1 l'emp]eur et le pape n'y euss5t po9t cons5ti4 ,l',europe et les pr9ces itali5s se s]ai5t mus4 ,p> la trve p>tielle1 il inquite ses allis4 ,il br\ille de n\veau les affaires de l',italie1 et jette la ,pn9sule ses ennemis1 comme un os rong]4 ,il p5se enf9 que le ,sa9t-,sige1 l',empire et les ,suisses sont jal\x de la gr&eur de la ,france et de la r5aissance de ,v5ise4 ,il oblige le pape1 effray des prt5tions franaises1 s'atta*] aveuglm5t l',espagne4 ,il a donn l'veil t\te la *rti5t contre la ,france et contre ,v5ise4 ,mme politique d'ailleurs1 si l'on suppose la trve conclue s\s ,lon ,x qui1 plus rsolu que ,jules ,,ii vieillissant1 j\e p\r son propre compte1 et qu'il importe de ram5] au respect de l',espagne4 ,ici ,ma*iavel s'arrte1 il a pr\v ,vettori qu'il s'agit non seulem5t de pr5dre une attitude en face d'un acte diplomatique isol et quivoque1 mais d'organis] un plan de conduite1 et de comm5c] une tradition politique capable de s\t5ir t\t un pontificat4 ,cette fois ,vettori ne rpondit pas4 ,ma*iavel n'tait pas entr dans les vues du pape1 et celui-ci re*]*ait mo9s ses conseils4 ,le #bj ju91 l'hi/ori5 r5\e lui-mme la consultation3 ,je me suis mis la place du ,sa9t-,pre1 et j'ai exam9 t\t ce que j'aurais cra9dre1 et les expdi5ts que je p\rrais employ]4 ,il se mfi]ait donc de l',espagne1 des ,suisses et de t\te autre puissance prpondrante en ,italie1 la ,france excepte1 si le ,sa9t-,sige cons5tait au ret\r de ,l\is ,,xii en ,lomb>die4 ,il juge que l',espagne r$\te le pape s\t5u p> les ,suisses1 et prvoit que les ncessits du npotisme p\rront compromettre la possession du royaume de ,naples4 ,c'e/ p\rquoi elle s'accommode avec les ,franais et leur ab&onn]a le ,milanais1 af9 de plac] l'trang]1 comme une b>rire1 entre ,lon ,x et les ,suisses ses allis4 ,il faut donc trav]s] cet arrangem5t1 le ret\rn] en faveur du ,sa9t-,sige et le dirig]4 ,le secrtaire d'tat propose alors une alliance lat9e entre ,rome1 la ,france1 l',espagne et ,v5ise1 laissant en dehors les ,suisses1 l',emp]eur et l',anglet]re4 ,p\r prix de leur conc\rs1 il attribue aux ,vniti5s ,vrone1 ,vic5ce1 ,pad\e et ,trvise1 la ,lomb>die aux ,franais1 l',espagne1 il g>antit le ,napolita93 ,il n'y aurait1 dit-il1 de bless p> cet arrangem5t qu'un duc po/i*e1 les ,suisses et l',emp]eur1 qui s]ai5t t\s laisss sur les bras de la ,france1 de sorte que1 p\r se df5dre de leurs attaques1 elle s]ait oblige d'avoir sans cesse la cuirasse sur le dos2 mais cette cuirasse protg]ait en mme temps le ,s\v]a9-,pontife4 ,de plus1 la cra9te commune de l',allemagne semble ,ma*iavel le li5 durable de cette quadruple alliance4 ,sa conclusion e/ qu'aucune autre politique n'(fre de scurit4 #bg ju94 ,vettori rpond nettem5t qu'une p>eille union e/ impossible4 ,le #ab juillet1 il r5\velle ses objections1 et fait un pas de plus1 et trs considrable1 en avant4 ,il dvoile ,ma*iavel les projets de ,lon en faveur de sa famille4 ,il faudra p\rvoir l>gem5t ,juli5 et ,laur5t1 puis repr5dre les t]res et les villes usurpes p> ,jules ,,ii1 telles que ,p>me et ,plaisance4 ,c'tait t\j\rs la politique gu]royante qui avait cot si *] au ,sa9t-,sige depuis ,alex&re ,,vi4 ,vettori en ap]cevait les dang]s4 ,je lui ai dit plusieurs fois qu'il s'exposait p]dre4 ,il a montr au pape que le matre df9itif du ,milanais1 ,l\is ,,xii ou ,f]d9&1 *]*]a dans cette reprise de ,p>me et de ,plaisance un prtexte p\r se br\ill] avec le ,sa9t-,sige4 ,le pape c\tait mes raisons1 mais n'en suivait pas mo9s son ide4 ,d'ailleurs l'envoy flor5t9 ignore1 ou fe9t d'ignor] quelles prov9ces s]ont octroyes aux neveux4 ,peut-tre e/-ce cette ,lomb>die o ,lon ,x ne veut pas que r5tre la ,france4 ,vettori prie son ami de lui trac] le desse9 d'une paix solide1 en gr& dtail1 en plusieurs lettres s'il le faut4 ,les loisirs ne manqu5t pas ma9t5ant aux ambassadeurs auprs du ,sa9t-,sige1 c> les affaires se trait5t directem5t avec le pape1 et non plus p> l'int]mdiaire de plusieurs c>d9aux4 ,a9si1 ,ma*iavel tait av]ti une fois de plus que ses avis allai5t droit au ,s\v]a9-,pontife4 ,n\s ne possdons pas sa rponse3 mais la rplique de ,vettori1 date du #e aot1 n\s appr5d qu'il avait encore recomm& la quadruple alliance1 que l'on p]si/e rejet]4 ,vettori ne croit pas que l',anglet]re1 qui a beso9 de l',espagne p\r contre-balanc] la ,france1 p]mette ,f]d9& de s'unir ,l\is ,,xii4 ,il ne cons5t ab&onn] ,v5ise que ,brescia et ,b]game4 ,mais surt\t il refuse absolum5t le ,milanais la ,france4 ,sur ce po9t la c\r de ,rome tait inflexible4 #aj aot4 ,ma*iavel affirme avec une ob/9ation gale celle de ,lon ,x1 qu'il faut cd] sur le du* de ,milan4 ,la ,france1 avec un vieux roi1 surveille de prs p> l',anglet]re et l',allemagne1 gne p> le vois9age des ,suisses1 devi5dra p\r l',italie conciliante et pacifique4 ,si on la mcont5te1 au lieu de =m] le remp>t de la ,pn9sule contre le re/e de l',europe1 elle s]a le c5tre de t\tes les intrigues contre l',italie4 ,quant l'ent5te des pr9ces itali5s1 le diplomate de ,flor5ce la traite avec un suprme dda94 ,leurs tr\pes1 dit-il1 ne val5t pas un li>d1 et les ,suisses les battront t\j\rs qu& il leur plaira4 #bj aot4 ,le secrtaire de ,lon ,x dcl>e son correspondant que dcidm5t il a la vue tr\ble4 ,la ,france1 dont il vantait l'alliance1 e/ en =t mauvais po9t4 #dj1jjj ,anglais assig5t ,tr\5ne1 les ,suisses vont m>*] sur la ,b\rgogne1 les ,espagnols sont r5trs en ,lomb>die4 ,le ,vatican s]ait bi5 mal avis s'il se s\ciait davantage de ,l\is ,,xii4 ,sa rsolution e/ dsormais fixe3 il se donn]a aux plus =ts1 aux ,anglais1 aux ,espagnols et aux ,suisses coaliss4 #bf aot4 ,ma*iavel e/ t\t dconc]t4 ,il mesure le pril o le ,sa9t-,sige prcipite l',italie pauvre et avilie1 objet de la convoitise des pr9ces ultramonta9s4 ,il s'crie1 comme le mo9e des vieux temps3 ,pax6 ,pax6 et non erit ,pax6 ,non1 rpond-il1 la ,france n'e/ pas si faible en face de l',anglet]re qui ne p>vi5t pas pr5dre ,tr\5ne1 et qui1 fatigue des longueurs d'un sige d'hiv]1 l*]a prise4 ,v\s v\s livrez aux ,suisses dont la rapacit n\s puis]a jusqu'au d]ni] cu4 ,vos m]c5aires auj\rd'hui1 ils s]ont vos matres dema91 et s'tabliront les arbitres de l',italie d*ire et corrompue4 ,la ,france seule peut les mettre l'ordre4 ,si la ,france n'y suffit pas1 je n'y vois po9t de ress\rce1 et je comm5c]ai ds prs5t pleur] avec v\s la s]vitude de notre patrie et les ru9es que n\s devrons soit au pape ,jules ,,ii1 soit ceux qui n'aid5t po9t n\s sauv]1 si t\tefois il en e/ temps encore4 ,la correspondance des deux amis1 int]rompue1 p>at-il1 p5dant six mois1 e/ reprise p> ,ma*iavel le #be fvri] #aead4 ,cette lettre et la rponse de ,vettori dvelopp5t seulem5t c]ta9s po9ts des discussions prcd5tes4 ,l'anci5 secrtaire d'tat app>at de plus en plus ho/ile l',espagne qu'il considre comme la cause premire des tr\bles de la *rti5t4 ,sa r5tre dans le ,milanais provoqu]ait de n\veaux d*irem5ts4 ,f]d9& ne cd]a le du* ni au pape ni aux ,vniti5s2 il ne peut le g>d] p\r lui-mme1 c> sa "p en ,italie e/ dj trop =te2 s'il le donne son petit-fils1 il le livre en mme temps l'emp]eur4 ,le roi de ,france seul peut repr5dre et g>d] la ,lomb>die4 ,le #c dcembre #aead1 ,vettori fit un d]ni] appel la sagesse diplomatique de ,ma*iavel3 ,je dsir]ais que v\s traitassiez cela de manire que je pusse mettre votre lettre s\s les yeux du pape4 ,je v\s promets de la lui montr] comme tant de v\s4 ,l'ambassadeur flor5t9 suppose que le roi de ,france1 aid des ,vniti5s1 veut repr5dre le ,milanais contre le gr de l'emp]eur1 de l',espagne et des ,suisses4 ,que devra faire le pape8 ,que doit-il cra9dre et espr] de l'un et de l'autre ct8 ,et si les ,vniti5s ab&onn5t le p>ti franais p\r pass] aux autres pr9ces1 le ,sa9t-,sige doit-il entr] dans cette coalition8 ,la "q e/ des plus nettes4 ,la politique de ,lon ,x s]a-t-elle espagnole ou franco-vniti5ne8 ,ma*iavel sait quel augu/e p]sonnage son avis s]a prs5t4 ,il sait de plus1 p> les in=mations prcd5tes1 de quel ct p5*e depuis trop longtemps le pape1 et quel conseil lui s]ait le plus agrable4 ,je ne crois pas1 crit-il d'abord1 que depuis v+t ans on ait agit une affaire plus grave4 ,il passe alors en revue les =ces et les relations des gr&es puissances de l',europe4 ,l',anglet]re fait sa paix avec la ,france1 et ses rancunes la t\rn]ont contre l',espagne4 ,l',anglet]re et la ,france sont ri*es1 et ti5dront longtemps campagne4 ,t\s les autres1 l',espagne1 l',empire1 le duc de ,milan1 les ,suisses1 sont pauvres4 ,une gu]re prolonge donn]a la victoire aux ,franais4 ,les ,suisses1 race de m]c5aires1 sont peu srs3 le roi de ,france p\rrait les a*et]4 ,le p>ti de l',espagne e/ donc dang]eux4 ,le pape aurait g>d]1 contre les flottes de ,v5ise et de la ,france1 des ctes t5dues4 ,si les ,suisses sont va9queurs1 ils f]ont s5tir au ,sa9t-,sige t\te leur insol5ce4 ,ils le ru9]ont en contributions4 ,f]r>e1 ,lucques1 les petits tats se mettront s\s leur protectorat1 et alors actum erit de lib]tate ,itali4 ,t\te l',italie devi5dra leur vassale4 ,aucune ligue ne p\rra plus se =m] contre eux3 ils l'emp*]ont t\j\rs en se donnant quelqu'un des s\v]a9s de l',europe4 ,l',italie tombe p>atra dsormais s9e spe r$emptionis4 ,mais si ,lon s'allie la ,france1 et que celle-ci l'emporte1 il a t\tes *ances que le trait soit obs]v en sa faveur4 ,la mauvaise =tune s]ait encore meilleure avec la ,france qu'avec t\te autre nation4 ,le pape aurait du mo9s ses t]res d',avignon p\r s'y rfugi]4 ,la ,france1 qui ne t>d]ait pas se relev] d'un *ec1 le s\ti5drait fidlem5t4 ,s'il s'atta*e au p>ti espagnol1 et qu'il succombe1 il faut qu'il aille en ,suisse p\r y m\rir de faim1 ou en ,allemagne p\r y tre un objet de drision1 ou en ,espagne p\r tre cor*4 ,re/]ait un troisime p>ti pr5dre1 la neutralit4 ,mais la neutralit e/ fune/e p\r un pr9ce dont les tats sont placs entre deux belligrants plus puissants que lui4 ,le va9cu le hait1 le va9queur le mprise4 ,il faut trait] sans cesse avec l'un ou l'autre adv]saire1 accord] le passage1 des logem5ts et des vivres3 on e/ galem5t s\ponn p> les deux p>tis3 mille incid5ts prilleux peuv5t clat] *aque j\r1 qui sont p\r l'tat neutre une cause d'angoisses incessantes4 ,quant au rappro*em5t de la ,france et de l',espagne1 que le pape n'y compte po9t1 mo9s que1 contre t\te probabilit1 l',anglet]re elle-mme ne l'ait prp>4 ,qu'il ne se t\rne pas non plus v]s l'emp]eur t\j\rs indcis et qui ne s'e/ jamais n\rri que de *angem5ts4 ,en somme1 le ,sa9t-,sige ne doit hsit] sur l'alliance franaise que si ,v5ise passait l',espagne et l',empire4 ,il faudrait alors rfl*ir1 cause des difficults que la ,rpublique oppos]ait la desc5te d'une arme franaise en ,italie4 ,mais je ne puis croire que les ,vniti5s se conduis5t a9si4 ,je suis conva9cu qu'ils ont obt5u des ,franais des conditions bi5 plus avantageuses que celles qu'ils p\rrai5t espr] des ennemis du roi trs *rti52 et puisqu'ils sont re/s fidles la =tune de la ,france1 lorsqu'elle tait expirante1 il n'e/ pas raisonnable de suppos] qu'ils l'ab&onn5t ma9t5ant qu'elle repr5d son antique vigueur4 ,la conclusion de ,ma*iavel e/ que le ,sa9t-,sige doit s'alli] la ,france1 et n'embrass] le p>ti contraire que si ,v5ise elle-mme s'y atta*e4 ,n\s sommes lo9 des conv]sations de #aejc avec ,jules ,,ii4 ,l'alliance vniti5ne semble ,ma*iavel la d]nire ancre de salut de la papaut4 ,le #bj dcembre #aead1 l'criva9 flor5t9 fit un appel suprme la prud5ce de la c\r de ,rome4 ,je ne suis pas1 dit-il1 l'ami des ,franais4 ,un p>eil s\pon m'afflig]ait beauc\p2 c>1 dans les *oses de cette importance1 je me suis t\j\rs ef=c de t5ir mon jugem5t sa91 et de ne po9t me laiss] entran] p> de va9es affections4 ,si j'ai p5* du ct de la ,france1 je crois avoir eu raison4 ,dans cette lettre1 il t\*e p\r la d]nire fois de sa vie aux gr&es affaires2 et1 de mme que dans les dp*es antrieures il a entrevu les effets dplorables de la politique qui fut va9cue ,m>ignan1 il press5t et annonce la cata/rophe d'un pontificat v5ir1 la *ute in\e d'un autre pape ,mdicis1 de ,clm5t ,,vii4 ,n'en a-t-on pas vus mis en fuite1 exils1 p]scuts1 extrema pati1 t\t comme les pr9ces temporels1 et dans un temps encore o l'glise ex]ait sur le spirituel une autorit bi5 plus rvre que de nos j\rs8 ,mais les pr9ces n'c\t5t po9t volonti]s les prophtes de malheur1 et le pontife d'esprit si lg]1 qui plaisanta sur la rvolution religieuse de l',allemagne1 ne s'inquitait gure1 ni p\r lui-mme ni p\r ses successeurs1 des s\v5irs tragiques de ,grgoire ,,vii et de ,boniface ,,viii4 ,quant ,ma*iavel1 il demeura en disgrce1 victime de sa fran*ise et de sa probit diplomatique4 ,c]tes1 ce malheureux gr& homme d'tat avait t visit p> une t5tation t]rible4 ,ses intrts1 son ambition le p\ssai5t se faire le complaisant collaborateur de ,lon ,x4 ,la t5tation dura prs de deux annes1 en un temps o1 dnant avec ses amis1 il ne tr\vait dans sa b\rse que dix s\s1 p\r pay] un cot de quatorze4 ,s'il avait p]si/ p\rsuivre ,v5ise1 comme aux j\rs de ,jules ,,ii1 il p\vait1 sans contr$ire son pass1 c>t] du mme c\p le ,sa9t-,sige de l'alliance franaise4 ,la politique s\ffre de plus faciles accommodem5ts que la sci5ce4 ,qu& un savant a dc\v]t quelqu'une des lois absolues de la nature1 il ne saurait1 s'il n'e/ un l*e1 la r5i] ouv]tem5t1 p\r relev] sa =tune4 ,le cri de ,galile1 e pur si muove1 ne p]d ri5 de sa beaut p\r clat] dans une consci5ce o la notion du droit public a t trop s\v5t p]v]tie4 ,ce dang]eux ?orici5 tait homme d'honneur1 malgr ses doctr9es1 malgr sa misre et la contagion de son temps4 ,la probit du diplomate tait demeure en lui inflexible1 comme l'am\r de la patrie3 deux v]tus assez belles dans un ge de corruption et l'entre d'un sicle de s]vitude4 ,,fra ,,salimb5e ,,francisca9 ,,du ,,treizi,,me ,,si,,cle#d ,i ,v\s me p>donn]ez d'avoir invit une compagnie de p]sonnes lettres l'hi/oire d'un pauvre religieux du ,x,i,i,ie sicle4 ,cette confr5ce a presque l'air d'un entreti5 sur l'ar*ologie ou la palontologie sacre3 les frres de ,sa9t-,franois n'occup5t plus en ,occid5t leur anci5 rle1 qui fut p>fois clatant1 et c'e/ une *ose rem>quable quel po9t1 depuis quelques annes1 ils sont dev5us r>es en ,france1 aussi bi5 qu'en ,italie4 ,celui-ci1 trs bon *rti5 d'ailleurs1 n'a pas t canonis2 il n'a pas t brl non plus2 on n'a gure brl des francisca9s qu' p>tir du ,x,i,ve sicle1 lorsque la doctr9e de la pauvret absolue et jet dans l'hrsie les plus exalts d'entre eux4 ,ce n'tait po9t un gr& cl]c2 il s'ob/9e pr5dre ,h5ri ,,iii p\r ,h5ri ,,iv et conduire ,canossa un emp]eur qui n'et jamais cons5ti s'y r5dre4 ,il n\s conte des hi/oires de n\rrices3 le dragon du mont ,canig\1 qui sort d'un lac qu& on y jette des pi]res et obscurcit le ciel de l'ombre de ses ailes2 l'av5ture d'un f\ que le diable trangla nuitamm5t au milieu des pa9s entasss p> lui en prvision de la fam9e4 ,ce n'tait po9t un pote passionn1 comme ,jacopone de ,todi1 et trs capable de t\rm5t] le pape en langue vulgaire4 ,salimb5e a rdig sa *ronique en lat91 et je v\s assure qu'il e/ mo9s bon lat9i/e que ,cicron4 ,mais quel joli lat96 t\t ple9 de b>b>ismes sans tre b>b>e1 s\ple1 vivant1 tel qu'on le pr*ait alors dans l'intrieur des c\v5ts1 p\r l'dification plus dvote que grammaticale des mo9illons4 ,on y tr\ve t\t le vocabulaire de la plus basse lat9it4 ,le potage s'y appelle bonnem5t potagium2 on y voit un vque qui1 craignant une meute de ses ouailles1 s'enf]me dans sa t\r1 quod pelli su timebat4 ,la critique de ,salimb5e e/ nulle4 ,il n'envisage l'hi/oire qu'au po9t de vue des intrts de son ordre et juge les rois1 les papes et les rpubliques selon le bi5 ou le mal qu'ils font aux francisca9s4 ,p\r lui la maison d',assise e/ le cur du monde4 ,comme la plup>t des vieux *roniqueurs1 il met au mme plan les plus graves vnem5ts de son sicle et les plus m9ces accid5ts naturels4 ,n\s appr5ons p> lui qu'en #abhe1 au mois de m>s1 il y eut une tonnante abondance de puces prcoces2 en #abhe1 une mortalit sur les p\les3 une femme de ,crmone en p]dit #dh dans son p\laill]4 ,en #abhb1 il signale un tel excs de *5illes que les arbres en p]dir5t t\tes leurs feuilles2 mais1 p\r la mme anne1 les ,vpres sanglantes de ,sicile ne lui pr5n5t que trois lignes4 ,l'me1 en lui1 fut mdiocre4 ,t\t petit1 il tait dans son b]ceau1 lorsqu'un ouragan t]rible passa sur ,p>me2 sa mre1 craignant que le bapti/re ne tombt sur la maison1 prit dans ses bras ses deux fillettes et se sauva1 ab&onnant la grce de ,dieu le futur francisca94 ,aussi1 dit-il1 je ne l'ai jamais beauc\p aime1 c> c'e/ moi1 le g>on1 qu'elle aurait d emport]4 ,il entra au c\v5t1 malgr ses p>5ts et l'emp]eur ,frdric ,,ii auquel le pre eut rec\rs4 ,l'emp]eur ordonna aux frres de r5dre leur novice2 le pre v9t suppli] son fils au nom de sa mre2 ,salimb5e rpondit tranquillem5t3 ,qui amat patrem aut matrem plus quam me1 non e/ me dignus4 ,plus t>d1 il se rj\issait de n'avoir po9t1 lui et son frre1 cont9u le nom et la race pat]nelle4 ,et cep5dant1 il ne fut qu'un religieux assez calme1 d'un zle raisonnable4 ,il p>le des *oses liturgiques avec un sans-faon qui tonne4 ,c'e/ bi5 long1 dit-il1 de lire les psaumes l'(fice de nuit du diman*e1 avant le *ant du ,te ,deum4 ,et c'e/ bi5 ennuyeux1 autant en t qu'en hiv]2 c>1 en t1 avec les nuits c\rtes et la gr&e *aleur1 on e/ trop t\rm5t des puces4 ,et il aj\te3 ,il y a encore dans l'(fice ecclsia/ique beauc\p de *oses qui p\rrai5t tre *anges en mieux4 ,il aime les gr&s c\v5ts o les frres ont des dlectations et des consolations plus gr&es que dans les petits4 ,il ne fait pas my/re de ces consolations1 poissons1 gibi]1 p\l>des et t\rtes1 d\ceurs temporelles que ,dieu prodigue ceux qui font vu d'tre si5s4 ,v\s tr\v]ez1 dans la *ronique1 quatre ou c9q dn]s de petits frres de sa9t ,franois1 t\s trs succul5ts4 ,une pieuse g\rm&ise porte la gat1 et ,salimb5e e/ un joyeux compre3 les hi/oires de c\v5t1 dignes de frre ,jean des ,entommeures1 abond5t dans son livre4 ,il en e/ deux1 d'une saveur et d'une c\leur t\te rabelaisi5ne1 que je conte volonti]s dans l'intimit2 mais1 ici1 ex ca!dra1 entre deux lampes1 je ne puis v\s les dire4 ,acceptez1 en *ange1 ces quelques v]s d'une *anson boire qu'il dut *ant] plus d'une fois1 sur quelque air d'glise1 aux aprs-dn] des ftes c>illonnes3 ,le v9 d\x1 le v9 glorieux r5d gras et bi5 dodu1 et ouvre le cur4 ,le v9 =t1 le v9 pur r5d l'homme tranquille et *asse le froid4 ,le v9 pre1 mord la langue1 ,inte/9a cuncta sordet1 ,corrump5do corpora1 ,v9um v]o quod e/ glaucum1 ,potatorem facit raucum1 ,et frequ5t] m+]e4 ,mais t\t ceci n'e/ que le petit ct de ,fr ,salimb5e4 ,il ne s]ait pas ju/e de s'y arrt]4 ,il n'a pas t un sa9t1 soit2 qui donc1 p>mi n\s1 lui jett]a la premire pi]re8 ,ret\rnez-le et v\s ap]cevrez l'un des criva9s--je dis des criva9s ecclsia/iques--les plus prcieux du moy5 ge1 l'un des tmo9s les plus difiants du ,x,i,i,ie sicle itali54 #d ,confr5ce faite au c]cle ,sa9t-,simon4 ,,ii ,il tait n ,p>me en #abba4 ,a dix-sept ans1 il prit l'habit4 ,il rdigea sa *ronique entre #abhc et #abhh4 ,il m\rut sans d\te en #abhi4 ,enfant1 il et pu contempl] sa9t ,franois d',assise2 il vit s'pan\ir1 dans leur suavit pr9tanire1 les fleurs de la lg5de sraphique4 ,p5dant qu>ante annes il se prom5a en ,italie et en ,france1 de c\v5t en c\v5t4 ,il conv]sa avec les p]sonnages les plus gr&s de son sicle1 il vit face face ,frdric ,,ii1 vidi eum1 et aliqu&o dilexi2 il connut familirem5t ,jean de ,p>me et ,hugues de ,digne4 ,a ,s5s1 il ent5dit ,plano ,c>pi1 le prcurseur de ,m>co ,polo1 expliqu] son livre sur les ,t>t>es4 ,il aborda1 ,lyon1 ,innoc5t ,,iv1 le pape t]rible qui avait jur d'cras] la maison de ,s\abe et de pos] son talon sur ce nid de vipres4 ,enf91 en #abdh1 ,s5s1 au mom5t de la ,p5tecte1 il a vu sa9t ,l\is4 ,le roi se r5dait la croisade1 *em9ant pi$1 en dehors du cortge de sa *eval]ie1 priant et visitant les pauvres1 mo9e plutt que soldat1 crit ,salimb5e4 ,le portrait qu'il n\s en donne e/ *>mant3 ,erat autem ,rex subtilis et gracilis1 macil5tus conv5i5t] et longus1 hab5s vultum angelicum et faciem gratiosam4 ,et quel f9 repas il fit s]vir aux m9eurs de ,s5s6 ,d'abord1 le v9 noble1 le v9 du ,roi1 v9um prcipuum2 puis1 des c]ises1 des fves fra*es cuites dans du lait1 des poissons1 des crevisses1 des pts d'anguilles1 du riz au lait d'am&es saup\dr de cynamome1 des anguilles assaisonnes d'une sauce excell5te 7cum optimo salsam5to71 des t\rtes1 des fruits4 ,rem>quez que le m5u e/ rig\reusem5t maigre1 mais d'un maigre canonical qui p]met d'att5dre avec rsignation le gras du l5dema94 ,c'tait1 peut-tre1 la ,vigile de la ,p5tecte1 j\r d'ab/95ce1 j\r de l5tilles et de rac9es2 mais ,franois avait dit dans sa ,rgle3 mangez de t\s les mets qu'on v\s s]vira3 necessitas non habet legem4 ,salimb5e accompagna le ,roi jusqu'au ,rhne4 ,un mat91 il entra avec lui dans une glise de campagne qui n'tait po9t pave2 sa9t ,l\is1 p> humilit1 v\lut s'asseoir dans la p\ssire1 et dit aux frres3 ,v5ite ad me1 fratres mei dulcissimi et audite v]ba mea4 ,et les petits mo9es s'assir5t en rond aut\r du ,roi de ,france4 ,c]tes voil1 p\r un obscur religieux1 une vie et des s\v5irs qui n'ont ri5 de vulgaire4 ,mais la s+ul>it orig9ale de ,salimb5e e/ surt\t dans sa vocation au ,joa*imisme1 la religion de l'vangile t]nel4 ,comme beauc\p d'mes excell5tes1 il se laissa entran] p> le m\vem5t de my/icisme qui1 ct du franciscanisme pur1 et au se9 mme de l'in/itut de sa9t ,franois1 agita1 v]s le milieu du ,x,i,i,ie sicle1 l',italie1 et effraya l'glise2 contradiction curieuse du *ri/ianisme1 embrass p> des hommes qui se croyai5t s9crem5t les plus rguli]s des *rti5s et qui se prp>ai5t1 p> la plus audacieuse des hrsies1 la ralisation des promesses suprmes de ,jsus4 ,je ne puis v\s rappel] que les pr9cipaux traits de cette crise religieuse dont le ,x,v,ie sicle a vu les d]ni]s incid5ts4 ,en ralit1 elle exi/ait l'tat lat5t depuis le premi] ge du *ri/ianisme4 ,l'vangile de sa9t ,jean et l',apocalypse avai5t laiss ent5dre que la situation religieuse du monde ne t>d]ait pas *ang] pr(ondm5t1 et qu'une re meilleure et df9itive tait pro*e4 ,le rgne futur du ,sa9t-,esprit1 du ,p>aclet1 prcd p> le rgne temporel du ,*ri/ p5dant mille ans1 la v5ue de la ,jrusalem cle/e1 le triomphe mom5tan1 puis la *ute horrible de l',ante*ri/1 la f9 des *oses t]re/res1 t\tes ces ides avai5t1 ds l'poque apo/olique1 proccup les consci5ces nobles4 ,la dure expri5ce de l'hi/oire1 la misre du moy5 ge1 les sc&ales de l',eglise roma9e les avai5t confirmes davantage4 ,sa9t ,augu/9 les avait reues de sa9t ,jean2 ,scot ,erigne les reut de sa9t ,augu/94 ,les hrsi>ques scola/iques les possd5t t\s1 si je puis a9si dire1 en puissance4 ,elles rep>aiss5t1 au comm5cem5t du ,x,i,i,ie sicle1 dans l'cole d',amaury de ,*>tres1 qui ne doit ri5 c]ta9em5t ,joa*im de ,flore4 ,celui-ci1 un pote1 un visionnaire1 p]du dans ses montagnes de ,calabre1 mais habitu1 p> le contact de la *rti5t grecque1 une exgse trs libre1 avait r5du l',italie1 v]s la f9 du ,x,i,ie sicle1 ces vieilles t]reurs et ces vieilles esprances4 ,un j\r1 dans le j>d9 de son c\v5t1 un jeune homme d'une beaut rayonnante lui tait app>u1 portant un calice qu'il t5dit ,joa*im4 ,celui-ci b quelques g\ttes et c>ta le calice4 ,oh6 ,joa*im1 dit l'ange1 si tu avais bu t\te la c\pe1 aucune sci5ce ne t'*app]ait6 ,mais l'abb de ,flore avait assez gt de la liqueur my/ique p\r annonc]1 dans sa ,concordia novi et vet]is ,te/am5ti1 une troisime rvlation religieuse1 celle de l',esprit1 suprieure celle du ,fils1 comme celle-ci l'avait t celle du ,pre4 ,il faut cit] t\t ce passage o c\rt un gr& s\ffle4 ,joa*im c>actrise les trois ges religieux du monde1 dont le d]ni] lui semble prs de se lev]3 ,le premi] a t celui de la connaissance1 le second celui de la sagesse1 le troisime s]a celui de la ple9e intellig5ce4 ,le premi] a t l'obissance s]vile1 le second la s]vitude filiale1 le troisime s]a la lib]t4 ,le premi] a t l'preuve1 le second l'action1 le troisime s]a la contemplation4 ,le premi] a t la cra9te1 le second la foi1 le troisime s]a l'am\r4 ,le premi] a t l'ge des esclaves1 le second celui des fils1 le troisime s]a celui des amis4 ,le premi] a t l'ge des vieill>ds1 le second celui des jeunes g5s1 le troisime s]a celui des enfants4 ,le premi] s'e/ pass la lueur des toiles1 le second a t l'aurore1 le troisime s]a le ple9 j\r4 ,le premi] a t l'hiv]1 le second le comm5cem5t du pr9temps1 le troisime s]a l't4 ,le premi] a port les orties1 le second les roses1 le troisime port]a les lis4 ,le premi] a donn l'h]be1 le second les pis1 le troisime donn]a le from5t4 ,le premi] a donn l'eau1 le second le v91 le troisime donn]a l'huile4 ,le premi] se rapporte la ,septuagsime1 le second la ,quadragsime1 le troisime s]a la fte de ,pques4 ,le premi] ge se rapporte donc au ,pre1 qui e/ l'auteur de t\tes *oses2 le second au ,fils1 qui a daign revtir notre limon2 le troisime s]a l'ge du ,sa9t-,esprit1 dont l'aptre dit3 l o e/ l',esprit du ,seigneur1 l e/ la ,lib]t1 ubi ,spiritus ,dom9i1 ibi ,lib]tas4 ,mais c'e/ bi5 sur cette t]re et ds cette vie et non plus seulem5t dans la ,jrusalem p>adisiaque de l',apocalypse1 de sa9t ,augu/9 et de ,scot ,erigne1 que devait se manife/] la rvlation joa*imite4 ,le rveur de ,flore y rs]vait aux mo9es1 aux contemplatifs1 aux spirituales viri le m9i/re dvolu jusqu'alors aux cl]cs1 l'glise sculire4 ,de quelles cata/rophes s]ait prcde la gr&e volution religieuse8 ,joa*im press5tait des annes tragiques1 et1 dans les d]ni]s j\rs du ,x,i,ie sicle1 il calculait en tremblant que les deux pro*a9es gnrations huma9es de tr5te annes v]rai5t cette crise extraord9aire1 que peut-tre elle allait comm5c]1 qu'au plus t>d elle clat]ait en l'an #abfj4 ,il m\rut avec le r5om d'un prophte1 en odeur de sa9tet4 ,h5ri ,,vi1 ,ri*>d ,cur-de-,lion1 l'avai5t consult sur la v5ue de l',ante*ri/4 ,l'glise le batifia1 et ,dante l'a mis en son ,p>adis1 dans le *ur des my/iques4 ,mais ses visions lui survcur5t4 ,les ,francisca9s1 dans les v+t annes qui suivir5t la mort de sa9t ,franois1 s'atta*r5t lui comme au prcurseur de la religion n\velle dont l'enfant d',assise aurait t le ,messie4 ,on annona1 p\r #abfj1 la f9 de l'glise de ,rome4 ,on aj\ta aux ouvrages vrais de ,joa*im t\tes sortes de livres apocryphes et de prophties o ,frdric ,,ii et sa desc5dance1 le pape ,innoc5t ,,iv1 sa9t ,franois et sa9t ,dom9ique et le vtem5t mme des ordres m5diants tai5t clairem5t annoncs4 ,aut\r de ,jean de ,p>me1 gnral des ,francisca9s1 se gr\pai5t les plus ard5ts aptres joa*imites4 ,l'un d'eux1 ,gr>d de ,san-,donn9o1 en son ,lib] introductorius ad ,evangelium t]num1 rsuma t\te la doctr9e de ,joa*im4 ,l'vangile t]nel1 qui fut1 en effet1 une doctr9e et non un livre1 avait t jusque-l comme un texte idal1 la ,bonne ,n\velle du ,sa9t-,esprit1 que *aque adepte portait secrtem5t en son cur4 ,le j\r o il dev9t un manife/e d'hrsie et un t5d>d rvolutionnaire1 l'glise et l',univ]sit de ,p>is s'mur5t et s'ent5dir5t p\r frapp] la secte4 ,l'opration fut trs simple1 t\s les sectaires tant1 au fond1 de pieux ca?oliques4 ,jean de ,p>me abdiqua le gnralat4 ,gr>d de ,san-,donn9o dut s'exil] en ,sicile et r5onc] aux fonctions sac]dotales#e4 #e ,voyez notre tude sur l'hi/oire du ,joa*imisme dans la ,revue hi/orique1 mai-ju9 #ahhf4 ,t\t ceci se passait entre #abej et #abee4 ,salimb5e1 t\t novice1 s'tait fait joa*imite1 comme les autres4 ,a ,hyres1 il avait reu de ,hugues de ,digne1 le *ef de la secte p\r la ,france1 un prcieux comm5taire de ,joa*im sur les quatre vangli/es1 et l'avait copi ,aix4 ,aprs le jugem5t de condamnation1 prononc en #abee1 p> ,alex&re ,,iv1 il tait encore demeur fidle la doctr9e my/rieuse4 ,longtemps aprs1 qu&1 vieux et ds5*ant1 il crit sa *ronique1 il rappelle dix reprises et trs bravem5t1 qu'il a t jadis gr& joa*imite1 magnus joa*ita4 ,mais aprs #abfj1 l'anne fatale tant c\le1 et l'glise du ,fils n'ayant pas cd la place celle de l',esprit1 il se dta*a t\t fait de la secte4 ,b>tolomeo de ,mant\e lui dit un j\r1 propos de ,jean de ,p>me3 ,il avait suivi les prophties de vritables f\s4 ,cela me fait bi5 du *agr91 rpondit ,salimb5e1 c> je l'aimais t5drem5t4 ,et ,b>tolomeo3 mais toi aussi1 tu z t joa*imite4 ,c'e/ vrai1 rplique navem5t notre mo9e2 mais aprs la mort de l'emp]eur ,frdric ,,ii et la f9 de l'anne #abfj1 j'ai t\t fait ab&onn cette doctr9e1 et je suis rsolu ne plus croire qu'aux *oses que j'aurai vues4 ,cep5dant1 il g>da t\j\rs une t5dresse p\r les rves de sa jeunesse4 ,son orgueil fut d'avoir t l'un des initis la rvlation de l'vangile t]nel1 et il aime n\s cont] t\t ce qu'il a vu et connu de ce gr& my/re4 ,p> lui n\s pntrons dans ce monde s+uli] qui eut t\j\rs l'allure d'une socit secrte4 ,a ,pise1 il voit apport] furtivem5t1 p> un vieil abb de l'ordre de ,flore1 les livres de ,joa*im1 que l'on v\lait s\/raire aux viol5ces de ,frdric ,,ii1 ou plutt aux re*]*es des inquisiteurs pontificaux4 ,a ,hyres1 il assi/e1 dans la *ambre de ,hugues de ,digne1 aux colloques voix basse des joa*imites3 il y avait l des notaires1 des juges1 des mdec9s1 et alii litt]ati4 ,des francisca9s v5us les uns de ,naples1 les autres de ,p>is1 s'int]rogeai5t anxieusem5t4 ,que p5sez-v\s1 disait l'un1 ,jean de ,naples1 ,pi]re de ,p\ille1 de la doctr9e de ,joa*im8 ,je m'en s\cie1 disait l'autre1 comme de la c9quime r\e d'un c>rosse1 quantum de qu9ta rota plau/ri4 ,a ,prov9s1 il se fait expliqu] un livre apocryphe de ,joa*im1 l',expositio sup] ,j]emiam4 ,a ,modne1 il r5contre ,gr>d de ,san-,donn9o rev5ant de ,p>is4 ,leur entreti5 e/ curieux1 et se dc\pe facilem5t en dialogue3 ,salimb4--,si n\s disputions de ,joa*im8 ,gr4--,disput]1 non1 mais causons1 et dans un lieu secret4 7,ils s'en vont d]rire le dortoir et s'assoi5t l'ombre d'une treille47 ,salimb4--,dis-moi qu& et o natra l',ante*ri/4 ,gr4--,il e/ dj n et gr&1 et bi5tt le my/re d'iniquit s'accomplira4 ,salimb4--,tu le connais8 ,gr4--,je ne l'ai pas vu en face1 mais je le connais bi5 p> l'criture4 ,salimb4--,quelle criture8 ,gr4--,la ,bible4 ,salimb4--,eh bi56 dis t\t1 c> je connais bi5 la ,bible4 ,gr4--,non1 il n\s faut une ,bible4 7,salimb5e c\rt *]*] sa ,bible4 ,ils tudi5t le #ah;e *apitre d',isae1 que ,gr>d applique un roi d',espagne ou de ,ca/ille47 ,salimb4--,et ce roi e/ l',ante*ri/8 ,gr4--,t\t fait4 ,les docteurs et les sa9ts l'ont t\s prdit4 ,salimb4 7riant74--,j'espre que tu v]ras que tu t'es tromp4 7,en ce mom5t les frres1 avec des sculi]s1 app>aiss5t dans la prairie1 la m9e allonge1 causant avec des signes de tri/esse47 ,gr4--,va1 et c\te ce qu'ils dis5t4 ,on dirait qu'ils ont reu de mauvaises n\velles4 7,salimb5e c\rt1 int]roge et revi5t4 ,mauvaises n\velles1 en effet3 l'ar*evque de ,rav5ne a t fait prisonni] p> ,ezzel9o de ,pad\e47 ,gr4--,tu vois bi51 voil le my/re qui comm5ce4 ,longtemps aprs1 po/ annos multos1 au c\v5t d',imola1 on lui prs5ta un livre de son ami ,gr>d1 peut-tre le ,lib] introductorius4 ,mais ,gr>d avait t condamn1 ses crits tai5t frapps d'infamie4 ,salimb5e eut peur et dit3 ,jetez-le au feu4 ,l'apprh5sion de l',ante*ri/ fut1 en dehors mme de la socit joa*imite1 un s5tim5t ess5tiel de la religion itali5ne au ,x,i,i,ie sicle4 ,on s'en inquitait dj au temps de ,grgoire ,,vii4 ,les prdictions de ,joa*im attirr5t l'att5tion des my/iques sur ,frdric ,,ii3 videmm5t1 le mon/re1 c'tait lui4 ,t\tes les calomnies1 t\tes les mdisances propages p> les mo9es se retr\v5t en ,salimb5e1 qui voit dans les malheurs des d]nires annes de l'emp]eur1 le signe trs clair de la colre div9e4 ,aussi les a-t-il numrs t\s1 l'un aprs l'autre1 jusqu' la mort misrable de ,frdric1 dans un *teau de la ,p\ille4 ,il invoque1 comme tmo9s de la v5geance cle/e1 t\t t\r les ,prophtes1 les ,sibylles1 ,m]l91 l'abb ,joa*im4 ,frdric1 c'e/ l'ennemi satanique de l'glise et de ,dieu1 l'impie1 l'a?e1 le f\rbe1 le lib]t91 callidus1 v]sutus1 av>us1 luxuriosus1 malitiosus1 iracundus1 jocundus1 delitiosus1 indu/riosus1 picureus2 pote cep5dant1 spirituel1 sduisant1 pul*] homo4 ,cet homme *>mant tait d'ailleurs froce3 il fit c\p] le p\ce un notaire qui1 dans un acte1 avait crit de trav]s une lettre du nom imprial2 il donna deux malheureux un excell5t repas1 puis fit c\rir l'un et laissa s'endormir l'autre2 on les ouvrit alors1 s\s les yeux de l'emp]eur1 curieux d'tudi] le problme de la dige/ion4 ,,iii ,la p>ole de sa9t ,paul et de ,joa*im de ,flore3 ubi ,spiritus ,dom9i1 ibi lib]tas1 s'tait ralise la lettre4 ,l',italie1 anime p> l'att5te d'une rnovation religieuse1 porta t\t d'un c\p une tonnante floraison de doctr9es1 de sectes1 de miracles et de prodiges de t\tes sortes4 ,le premi]1 sa9t ,franois1 avec la puissance d'un crateur1 avait rajeuni le *ri/ianisme2 cette fcondit d'inv5tion ne s'tait pas ral5tie au temps de ,salimb5e1 et1 p> lui1 n\s p\vons pntr] dans la *rti5t la plus vivante qui ft jamais4 ,et1 je le rpte1 si n\s mettons "p les vues av5tureuses du joa*imisme1 ici1 n\s n'avons pas affaire des hrsies4 ,mme les plus sc&aleux de ces *rti5s d',italie se croi5t en rgle avec le bon ,dieu4 ,ils difi5t librem5t1 joyeusem5t1 leurs petites *apelles1 leurs communions biz>res dans l'ence9te de la gr&e glise1 qui les laisse faire quelque temps1 puis ramne vivem5t la ligne droite ceux qui s'en loign5t avec une belle humeur trop inquitante4 ,le gr\pe de ,jean de ,p>me semble au complet dans la ,*ronique4 ,la p]sonne la plus s+ulire de ce gr\pe e/ assurm5t la sur de ,hugues de ,digne--unius de majoribus cl]icis de mundo--sa9te ,d\cel9e1 dont la vie e/ dans un manuscrit prov5al de la ,biblio?que1 publi1 en #ahgi1 p> ,m4 l'abb ,aubans4 ,elle avait le don de gurir ou mme de ressuscit] les petits enfants4 ,elle n'tait pas entre en religion1 mais portait le cordon de sa9t ,franois1 et p>c\rait la ,prov5ce1 suivie de quatre-v+ts dames de ,m>seille4 ,elle entrait dans t\tes les glises des frres m9eurs1 o elle avait des extases4 ,elle y demeurait facilem5t1 les bras en l'air1 depuis la premire messe du mat9 jusqu'aux complies4 ,on n'en a jamais dit de *oses f*euses#f1 crit ,salimb5e4 ,tte politique1 d'ailleurs1 dans le g5re de sa9te ,ca!r9e de ,si5ne4 ,*>les d',anj\1 comte de ,prov5ce1 la respectait2 il en avait peut-tre un peu peur4 #f ,elle ne p\vait pas our p>l] de ,dieu1 de ,notre-,dame1 de sa9t ,franois ou des sa9ts et des sa9tes1 qu'elle ne ft prise aussitt d'une extase4 ,beauc\p de fois1 elle tait susp5due dans une si haute contemplation1 qu'elle demeurait ravie t\t l'espace d'un j\r444 ,cela fut bi5 s\v5t con/at p> div]ses p]sonnes1 qui la voyant dans ces ravissem5ts1 la p\ssai5t et la tirai5t =tem5t1 et lui faisai5t mme beauc\p de mal1 sans p\voir p>v5ir la faire remu]4 ,quelquefois elle tait susp5due en l'air sans s'appuy] ri51 si ce n'e/ des deux gros orteils2 et elle tait si =t leve1 s\t5ue en l'air p> la =ce de son m]veilleux ravissem5t1 qu'il y avait entre elle et la t]re l'espace d'un pan2 de sorte que bi5 des fois1 p5dant qu'elle demeurait dans cette position1 on lui baisait le dess\s des pi$s4 7,la vida de la ,b5aurada ,sancta ,d\cel9a1 p4 #gc47 ,dans ce monde trange1 le miracle1 le petit miracle famili]1 tait une d\ce habitude4 ,les miracles de ,salimb5e t\rn5t1 en gnral1 la gloire des ,francisca9s4 ,il ne dissimule po9t qu'une pieuse indu/rie peut y aid]4 ,en #abch1 dit-il1 ,p>me1 v]s le temps de ,pques1 les m9eurs et les pr*eurs s'ent5dir5t sur les miracles qu'il conv5ait de faire cette anne-l1 intromittebant se de miraculis faciundis4 ,il a connu un ,frre ,nicolas1 qui le miracle ne cotait pas plus que la rcitation du ,pat]4 ,un mo9illon1 t\t en cumant la s\pe conv5tuelle1 avait laiss tomb] dans le *audron un brviaire enlum91 qu'on v5ait de lui prt]4 ,le sa9t livre s'imprgnait de b\illon miro modo4 ,fr ,nicolo1 appel1 dit une prire sur la s\pe1 et retira le brviaire intact et t\t neuf4 ,salimb5e ne n\s appr5d po9t si la s\pe en fut plus grasse4 ,a ,bologne1 un novice ronflait si =t que p]sonne ne p\vait plus dormir au c\v5t4 ,on l'exila du dortoir au gr5i]1 du gr5i] au hang>3 ri5 n'y fit2 c'tait une trompette d',apocalypse4 ,on t9t *apitre s\s la prsid5ce de ,jean de ,p>me1 en p]sonne4 ,quelques-uns dem&r5t l'expulsion du petit frre propt] enormem defectum4 ,on rsolut de le r5dre sa mre1 p\r fraude sur la *ose livre1 eo quod ord9em decepisset4 ,fr ,nicolo int]v9t et promit un miracle4 ,le l5dema91 l'enfant s]vit sa messe2 puis1 il le fit pass] d]rire l'autel et l1 il lui tira vivem5t le nez4 ,ds lors1 le novice dormit quiete et pacifice1 comme un loir1 sicut ghirus4 ,mais aussi1 que de faux miracles de la "p des reliques qui ne sont pas francisca9es6 ,la ville de ,p>me vit entr] un mat91 processionnellem5t et suivie d'une f\le de dvots1 la *sse d'un prt5du sa9t ,alb]t de ,crmone4 ,la relique--le petit doigt d'un pi$--fit m]veille4 ,les curs de p>oisses comm&ai5t p\r leurs glises des fresques en l'honneur de sa9t ,alb]t ut melius oblationes a populo obt9]5t4 ,mais un *ano9e d\ de flair s'appro*a de trs prs de la *sse1 et s5tit une odeur qui n'tait po9t de sa9tet4 ,il prit la relique3 c'tait une simple g\sse d'ail6 ,evidemm5t1 la notion d'or?odoxie tait alors trs p>ticulire4 ,il tait ent5du que les fidles1 individuellem5t1 ou =ms en communauts libres1 p\vai5t *]*] o il leur plairait la voie du salut4 ,et *acun de tir] de son ct1 selon son humeur3 celui-ci1 un laque de ,p>me1 s'enf]me en un c\v5t de ci/]ci5s p\r crire des prophties2 cet autre1 un ami des m9eurs1 fonde quelque *ose p\r lui t\t seul 7sibi ipsi vivebat74 ,c'e/ le ,don ,qui*otte de sa9t ,jean-,bapti/e3 longue b>be1 cape armni5ne1 tunique de peau de bte1 une sorte de *asuble sur les paules avec la croix devant et d]rire1 et t5ant une trompette de cuivre 7t]ribilit] reboabat tuba sua71 il pr*e dans les glises et sur les places1 suivi d'une f\le d'enfants qui port5t des bran*es d'arbres et des ci]ges4 ,voici les ,saccati ou ,bosc>ioli1 hommes vtus de sacs1 hommes des bois4 ,c'e/ une secte de faux m9eurs sortie du gr\pe de ,hugues de ,digne1 et qui ont pris un co/ume p>eil celui des francisca9s4 ,ils sembl5t de furieux quteurs1 plus al]tes que les vrais1 et qui ne leur laiss5t que des miettes4 ,salimb5e les mprise4 ,voici les ,apo/oli1 des vagabonds1 tota die ociosi 7ocieux71 qui volunt viv]e de labore et sudore aliorum4 ,cette b&e va et vi5t1 attirant elle les enfants qu'ils font pr*]1 suivie d'une tr\pe de femmes 7muli]cul71 vtues de longs manteaux1 qui se dis5t leurs surs2 ils doiv5t pratiqu] le communisme outrance4 ,leur *ef1 ,gh]>d9o1 a des av5tures galantes qui rvolt5t la pudeur de ,salimb5e4 ,une pieuse veuve1 bi5 digne des honneurs du ,dcamron1 lui a confi sa fille avec laquelle il dormit3 9 eodem lecto1 ut prob>et si ca/itatem s]v>e posset4 ,l'expri5ce n'tait pas neuve3 elle remontait ,rob]t d',arbrissel1 c'e/--dire la premire croisade4 ,mais ,gh]>d9o la jugeait curieuse et la r5\vela s\v5t4 ,le sc&ale des ,apo/oli mut l'vque de ,p>me1 qui fit emprisonn] ceux qu'il put pr5dre4 ,puis ,grgoire ,x condamna la secte qui refusa de se s\mettre4 ,les ,saccati1 plus humbles s'tai5t s\mis4 ,deux socits religieuses1 or?odoxes1 mais trs diffr5tes l'une de l'autre1 ont attir l'att5tion de ,salimb5e3 les ,flagellants et les ,gaud5tes1 ou les joyeux compres4 ,les ,flagellants app>ur5t dans l',italie du ,nord en #abfj1 l'anne fatale des joa*imites3 ,t\s1 petits et gr&s1 nobles1 soldats1 g5s du peuple1 nus jusqu' la ce9ture1 allai5t en procession trav]s les villes et se f\ettai5t1 prcds des vques et des religieux4 ,la panique my/ique fit de gr&s ravages3 t\t le monde p]dait la tte1 on se confessait1 on re/ituait le bi5 vol1 on se rconciliait avec ses ennemis4 ,la f9 de t\tes *oses semblait pro*a9e4 ,le j\r de la ,t\ssa9t1 les n]gumnes v9r5t de ,modne ,reggio1 puis ils m>*r5t sur ,p>me4 ,celui qui ne se f\ettait po9t tait rput pire que le diable1 on le montrait au doigt1 on lui faisait viol5ce4 ,ils se dirigr5t enf9 sur ,crmone4 ,mais le pode/at de cette ville1 ,palavic9i1 refusa l'entre des portes3 il fit dress] des f\r*es le long du ,p l'usage des flagellants qui essai]ai5t de pass]3 aucun ne se prs5ta4 ,avec les ,gaud5tes1 autre tableau4 ,ceux-ci ne se frappai5t po9t1 mais vivai5t gaiem5t en confrrie *eval]esque4 ,ils avai5t t inv5ts p> ,b>tolomeo de ,vic5ce1 qui fut vque4 ,petite confrrie1 d'ailleurs4 ,ils mang5t leurs ri*esses cum hy/rionibus1 crit ,salimb5e4 ,ils ne faisai5t po9t l'aumne1 ne contribuai5t aucune uvre3 mona/res1 hospices1 ponts1 glises4 ,ils enlevai5t p> rap9e le plus qu'ils p\vai5t4 ,une fois ru9s1 ils avai5t l'audace de dem&] au pape de leur assign]1 p\r y habit]1 les plus ri*es c\v5ts d',italie4 ,dante les r5contre dans la procession des hypocrites aux *apes de plomb dor1 et conv]se avec ,lod]+o1 l'un des fondateurs dsigns p> ,salimb5e4 ,ces *rti5s aimables cont9uai5t la tradition des cl]ici vagantes du ,x,i,ie sicle4 ,et mme1 ct d'eux1 c]ta9s ,gaud5tes isols1 les plus aviss sans d\te1 et les plus voluptueux de l'ordre1 annonc5t dj les prlats peu difiants du ,x,v,ie sicle roma94 ,tel ce *ano9e ,primas1 pote assez spirituel1 qui p>odie les textes liturgiques1 compose une apocalypse b\ffonne1 gr& tru&1 gr& mauvais sujet1 magnus trutannus magnus1 trufator4 ,accus prs de son vque de trois vices capitaux3 la luxure1 le jeu et le v91 il se df5dit p> une confession grotesque que notre *roniqueur se plat rapport] t\t entire4 ,en voici quelques v]s en l'honneur de l'ivrogn]ie3 ,t]tio capitulo1 memoro tab]nam2 ,illam nullo tempore sprevi neque sp]nam1 ,donec sanctos ,angelos v5i5tes c]nam ,cantantes pro mortuis ,requiem t]nam4 ,poculis acc5ditur animi luc]na1 ,cor imbutum nect>e volat ad sup]na2 ,mihi sapit dulcius v9um de tab]na ,quam quod aqua miscuit prsulis p9c]na4 ,meum e/ propositum 9 tab]na mori1 ,ut s9t v9a proxima mori5tis ori4 ,tunc occurr5t citius angelorum *ori4 ,sit ,deus propitius mihi potatori4 ,,iv ,v\s le voyez1 ,salimb5e et sa *ronique sont une relique bi5 vnrable du pass4 ,ils n'eng5dr5t po9t la mlancolie1 ce qui e/ bon2 mais1 ce qui vaut mieux encore1 ils inspir5t de srieuses rflexions ou confirm5t de graves ides hi/oriques4 ,*acune des pages de ce livre montre que la lib]t d'inv5tion dploye p> les ,itali5s du ,x,i,i,ie sicle dans l'uvre de la ,commune1 dans l'organisation des fran*ises politiques et sociales1 fut t\t aussi gr&e1 aussi fconde1 la mme poque1 dans l'ordre des faits religieux4 ,la consci5ce libre dans la cit libre1 telle fut alors la =mule de la civilisation itali5ne4 ,c]tes1 l'apo/olat mme de sa9t ,franois et ses rsultats immdiats tmoignai5t dj1 d'une faon clatante1 de cette vrit4 ,mais ici1 de l'exquise posie de la lg5de sortait peut-tre un s5tim5t trop idal de la ralit hi/orique4 ,l'odeur suave des ,fioretti1 telle qu'une vapeur d'enc5s1 n\s tr\ble les s5s et n\s donne une illusion p>adisiaque4 ,le mo9illon de ,p>me1 si famili]1 qui raconte avec c&eur t\t ce qu'il a ent5du1 t\t ce qu'il a vu1 dissipe quelque peu l'en*antem5t et n\s appr5d que1 dans l'ordre sraphique1 t\s n'tai5t pas des sraph9s4 ,on ne connat pas assez une socit religieuse si l'on n'en visite que les sanctuaires1 si l'on n'en contemple que les fondateurs2 il importe aussi de f\ill] les gr&s et les petits reco9s1 la sacri/ie1 le clotre1 le rfectoire et les cellules1 et de prt] l'oreille aux pieux propos1 aux confid5ces1 aux joyeusets des plus humbles mo9es4 ,p\r cet (fice1 ,salimb5e e/ un guide incomp>able2 on ne fait pas de meilleure grce aux trang]s les honneurs de son c\v5t4 ,ce livre a un mrite encore3 il confirme une vue qui e/ absolum5t ncessaire si l'on veut bi5 compr5dre le gnie religieux de l',italie entre les temps de ,joa*im et de sa9t ,franois et le concile de ,tr5te4 ,dans cette vieille religion itali5ne1 fonde sur la lib]t et vivifie p> l'am\r1 une notion a manqu1 celle de la ,valle de l>mes1 l'ide que cette vie e/ un pl]9age d\l\reux1 que l'on p\rsuit en pleurant1 o il convi5t de d*ir] ses ma9s et ses g5\x t\tes les ronces du s5ti]4 ,ils crur5t1 au contraire1 que cette vie e/ bonne1 que la nature e/ bi5faisante1 que la joie e/ p]mise1 que le plaisir n'e/ pas df5du4 ,sa9t ,franois1 dans sa ,rgle1 prescrit comme v]tus excell5tes la bonne humeur et l'allgresse3 ,o/5dant se gaud5tes 9 ,dom9o1 hil>es1 et conv5i5t] gratiosos4 ,une telle disposition1 favorable dj la sant morale du fidle1 e/ en outre une gr&e =ce p\r l'uvre gnrale de la civilisation4 ,elle atta*e le *rti5 aux ralits et aux *>mes de la vie1 lui fait aim] la cit t]re/re1 le dt\rne de l'isolem5t my/ique4 ,il ne faut pas jug] du *ri/ianisme itali5 d'aprs des visionnaires lugubres1 tels que ,dante et ,savon>ole1 qui ont t des exceptions4 ,l',italie vraie1 celle de ,fr ,angelico comme celle de ,ptr>que1 l',italie de sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 du pape ,pie ,,ii1 de ,raphal1 a vcu de srnit1 a fui la tri/esse4 ,elle semble avoir aj\t une batitude au ,s]mon sur la montagne3 ,beati qui rid5t4 ,mais le j\r o l'glise m5ace1 *ancelante1 s'e/ replie sur elle-mme1 s'e/ df5due p\r ne po9t prir et a fait rev5ir imprieusem5t la *rti5t la discipl9e au/re et la rigueur dogmatique1 ce j\r-l l',italie a p]du la moiti de son me4 ,,le ,,roman ,,de ,,don ,,qui*otte ,le ,don ,qui*otte e/ peut-tre1 de t\s les ouvrages trang]s1 le plus populaire p>mi n\s4 ,il l'a t ds la f9 de la vie de ,c]vantes4 ,la premire p>tie de la traduction1 rdite p> la librairie ,j\au/1 e/ de #afad4 ,le gr& criva9 languissait alors tri/em5t dans une petite f]me1 prs de ,madrid4 ,la seconde e/ de #afah1 deux annes aprs sa mort4 ,la ,france du ,x,v,i,ie sicle a donc lu ce texte qui rappelle s+ulirem5t p> sa s\plesse s9ueuse1 sa grce nave et son t\r lat91 la langue de ,desc>tes4 ,et c'e/ ju/em5t p>ce que le franais de cette poque tait comme une transposition fidle de la langue lat9e1 que notre traduction se m\le avec une tonnante facilit sur le ca/illan de ,c]vantes4 ,on sait que1 de t\s les idiomes romans1 l'espagnol e/ demeur le plus pro*e de la s\rce lat9e4 ,je ne crois pas que ni la v]sion1 trs scrupuleuse mais un peu dure1 de ,m4 ,vi>dot1 ni celle de ,m4 ,bi>t1 si spirituelle et d'allure si franaise1 s]r5t d'aussi prs l'orig9al4 ,l'ouvrage espagnol n\s e/ a9si r5du avec une bonne foi exquise1 en un texte o l'on croirait lire quelque roman d'av5ture du temps de ,l\is ,,xiii4 ,les gr&es uvres des littratures trangres1 la ,div9e ,comdie1 le ,rol& furieux1 les drames de ,%akespe>e1 n'entr5t gure que dans les biblio?ques des purs lettrs4 ,mais l'hi/oire du bon *evali] de la ,man*e fait la joie de t\s les lecteurs1 des jeunes et des vieux1 des simples et des doctes4 ,plus encore que les romans de ,walt] ,scott1 elle e/ le livre de la qu9zime anne2 puis1 aprs avoir gay les plus belles heures de l'adolesc5ce1 elle *>me encore la maturit et l'automne de la vie2 il e/ t\j\rs d\x d'y rev5ir1 d'y ranim] la flamme de l'en?\siasme1 d'y *]*]1 p\r les mcomptes de l'esprance1 de riantes consolations4 ,c'e/ un livre de *evet1 comme ,horace1 comme ,montaigne1 plus *] mme que ces deux criva9s aux mes gnreuses4 ,c> enf91 il donne le spectacle du devoir1 mme *imrique1 embrass et accompli1 trav]s les rises des sages1 jusqu'au sacrifice2 le tableau d'un rve sublime que ne dissip5t po9t les leons de la ralit1 et qui ne s'van\it qu' l'heure de la mort4 ,il y a donc1 dans le ,don ,qui*otte1 comme une philosophie du cur huma9 qui fait de ce roman le patrimo9e de t\s les peuples civiliss4 ,mais c'e/ aussi une uvre nationale1 qui m>que1 dans la littrature espagnole1 une date plus importante1 un pamphlet de haute critique1 crit l'heure o l',espagne1 t>divem5t sortie du moy5 ge1 se livrait enf9 la ,r5aissance1 l',italie4 ,il convi5t d'abord d'lucid] ce po9t d'hi/oire littraire2 n\s e/im]ons mieux ensuite ce que ,c]vantes a su aj\t] au roman satirique qui semblait seulem5t conu p\r l'intrt de l'heure prs5te1 savoir une tragdie et une comdie t]nelles4 ,i ,l',espagne avait t1 au moy5 ge1 la plus naturellem5t *eval]esque des nations *rti5nes4 ,t&is que les autres peuples de l',occid5t portai5t la croix en ,t]re ,sa9te1 sur le ,bosphore1 ou en gypte1 elle p\rsuivait sur son propre sol une croisade de sept c5ts ans1 et1 dlaisse du re/e de l',europe1 prive de ses plus ri*es prov9ces1 luttait contre une race fanatique et savante1 fire de sa noblesse religieuse et de sa civilisation raff9e4 ,les docteurs arabes de ,tolde et de ,cord\e1 les cont9uateurs d',av]ros1 dont les doctr9es tr\blai5t t\te la *rti5t1 devai5t mpris] s\v]a9em5t ces b&es de montagn>ds qui se ruai5t sur la ,hu]ta de ,val5ce1 brlai5t les bois de citronni]s et drangeai5t avec brutalit les comm5tateurs d',ari/ote4 ,mais ces b>b>es croyai5t que le ,ciel combattait p\r leur cause4 ,sa9t ,jacques le ,tueur de ,maures1 qui avait apport l'vangile l',espagne1 app>aissait s\v5t la tte de leur caval]ie1 et la mort *evau*ait la droite de l'aptre4 ,le ,cid ,campador1 mort depuis plusieurs j\rs1 s\t5u p> ses compagnons sur son c\rsi]1 gagnait encore une bataille4 ,sa9t ,jacques et le ,cid fur5t les premi]s *evali]s populaires de l',espagne4 ,mais leur lg5de ne rassasiait pas l'imag9ation de ce peuple qui se dbattait dans une gu]re sans m]ci4 ,ils se s\v9r5t de ,*>lemagne1 le roi des ,francs1 l',emp]eur miraculeux1 la b>be fleurie1 vieux de deux c5ts ans1 dont les *evali]s avai5t accompli1 aux dfils des ,pyrnes1 des m]veilles de brav\re4 ,p> la br*e de ,roncevaux1 les popes de ,france entrr5t en ,espagne4 ,au ,x,i,i,ie sicle1 dans la ,cronica g5]al d',alphonse ,x et la ,*ronica ,hispani de ,rodrigue de ,tolde1 notre ,rol& rep>aissait1 avec sa gr&e hi/oire ret\*e1 altre p> l'inv5tion ca/illane4 ,l',hi/oria de l',emp]ador ,c>lomagno en*antait les esprits au mme titre que le roman du ,cid4 ,les *ansons de ge/e franaises1 et le cycle d',artus1 le magici5 ,m]l91 les ,d\ze ,pairs1 l'ar*evque ,turp91 ,lancelot1 le sa9t ,graal1 enri*ir5t l'envi la littrature *eval]esque de l',espagne3 les pl]9s de ,sa9t-,jacques de ,compo/elle apportai5t s\s leur manteau nos rcits piques et les fables de la ,table-,ronde1 que les croiss faisai5t connatre la mme heure en ,ori5t et ,a?nes1 et que copiai5t l',anglet]re de ,ri*>d ,cur-de-,lion1 l',allemagne de ,b>b]\sse1 l',italie des ,reali di ,francia4 ,en ,espagne1 comme ailleurs1 les premires *ansons franaises1 remplies p> la lg5de c>ol+i5ne1 d'une trame si simple1 et qui laissai5t peu de place la pe9ture des passions t5dres1 dur5t p>tag] de bonne heure leur =tune avec le roman d'av5tures1 le roman fanta/ique et am\reux sorti du my! de la ,table-,ronde4 ,l'hroque ,*anson de ,rol& et les uvres de la mme famille p>ur5t vite monotones en face de la n\velle tradition romanesque1 d'orig9e bretonne1 plus favorable la passion1 la volupt et au rve4 ,cette race dlicate des ,celtes bretons qui1 sur les bords d'une m] mlancolique1 aspirait aux rgions lo9ta9es1 indf9ies1 aux t]res idales1 accessibles seulem5t aux sa9ts1 aux en*anteurs et aux preux1 avait donn l',europe mille t\*antes imag9ations1 que l',europe n'ent5dit qu' moiti1 o elle *]*a peu peu un div]tissem5t plutt qu'un motif d'dification et d'en?\siasme1 et que bi5tt elle modifia pr(ondm5t4 ,les ,franais du ,nord1 d'esprit si al]te1 les ,prov5aux1 les ,itali5s1 les ,espagnols1 af9 de cont5t] leur curiosit enfant9e1 dem&r5t beauc\p ces vieux contes bretons3 des miracles1 des c\ps d'pe1 des t\rnois1 des gants et des na9s1 des sorci]s et des fes1 surt\t des scnes d'am\r4 ,l'am\r1 p\r le moy5 ge1 tait presque une v]tu c>d9ale4 ,quelques-uns1 comme ,amadis1 en ptissai5t longuem5t1 en sil5ce1 puis en m\rai5t4 ,tri/an et la blonde ,iseult1 brls p> un philtre d'am\r1 languissai5t et m\rai5t4 ,mais vivre tait aussi *ose excell5te2 la j\issance et la joie avai5t leurs bons mom5ts aprs la my/icit4 ,la ve9e s5suelle des fabliaux1 la ve9e gauloise passa l>gem5t trav]s les romans d'av5tures4 ,on f9it p> s'amus] =t la c\r du roi ,artus4 ,des vivacits dignes du ,dcamron se multipliai5t dans les hi/oires *eval]esques4 ,en va9 l'glise prote/ait et recomm&ait l'au/re *anson de ge/e3 les hros c>ol+i5s eux-mmes1 ,rol& p> exemple1 entrai5t gaiem5t dans le cycle de la ferie et de la galant]ie4 ,et la galant]ie l'emportait bi5tt sur la pure *eval]ie4 ,rol&1 peu s\cieux du pril de ,*>lemagne et de la dtresse de ,p>is qu'assig5t les paens1 c\rt le monde1 *]*ant sa matresse2 mais ,anglique s'tait ab&onne au beau ,mdor1 le page s>ras94 ,la posie des vieux ges se fondait dans le songe voluptueux qui b]a la ,r5aissance itali5ne4 ,rev5ons l',espagne4 ,ce fut seulem5t la f9 du ,x,ve sicle et dans le c\rs du ,x,v,ie que s'pan\it *ez elle la plus ri*e floraison du roman *eval]esque4 ,jusque-l1 elle avait eu trop peu de loisir p\r gt] les plaisirs de l'imag9ation3 elle avait imit et traduit plutt qu'inv5t4 ,mais1 les ,arabes une fois *asss1 elle r5\vela p\r elle-mme la fte potique dont les autres nations comm5ai5t se lass] et qui allait f9ir en ,italie p> la grce ironique de l',ario/e et les b\ffonn]ies de l',orl&9o4 ,un peu plus t>d encore1 la ve9e romanesque e/ si compltem5t puise *ez les ,itali5s que le ,tasse revi5t sans hsit] aux traditions hi/oriques de la croisade4 ,mais1 en ,espagne1 entre ,f]d9& le ,ca?olique et ,philippe ,,ii1 et jusqu' la veille mme du ,don ,qui*otte1 l'inv5tion *eval]esque e/ dans son ple94 ,t\te une littrature clate au soleil1 mdiocrem5t nationale1 presque t\s les p]sonnages v5ant du dehors et de lo91 la fe ,mlus9e1 le prophte ,m]l91 la lg5de du sa9t ,graal2 puis ,josu1 ,david1 ,hector1 ,alex&re1 ,jules ,cs>1 confondus dans les mmes *roniques1 ple-mme avec ,artus1 ,*>lemagne et ,godefroy de ,b\illon1 ,vespasi51 ,du ,guescl91 ,rob]t le ,diable1 ,lancelot du ,lac1 ,flore et ,blan*efleur2 enf91 se dta*ant de cette f\le1 les deux lignes1 prolonges jusqu' la f9 du ,x,v,ie sicle1 d',amadis de ,gaule et de son frre ,flore/an1 d'une "p1 de don ,palmr9 d',oliva1 de l'autre4 ,mais ,amadis tait ,franais d'orig9e4 ,n\s avons l',amadas franais qui faisait p>tie1 en #abfe1 des livres d'un *ano9e de ,langres et qui dveloppait peut-tre un trs vieux roman ma9t5ant p]du3 le traducteur de l',amadis espagnol1 ,h]b]ay des ,ess>ts1 prt5d qu'il en avait tr\v quelques re/es crits la ma9 en langage pic>d4 ,malheureusem5t1 plus d'un gra9 d'extravagance se mlait cette littrature *eval]esque4 ,les antiquits juive1 grecque et roma9e1 l',ori5t1 l',occid5t1 ,jrusalem1 ,con/ant9ople et ,rome s'y rappro*ai5t p> trop navem5t2 l'hi/oire1 la gographie1 la raison y tai5t trop viol5tes4 ,dans le roman du ,*evali] ,m>s9do1 on voyait le *evali] de l'p9e dfi]1 la tte d'un pont1 prs de ,con/ant9ople1 en l'honneur de sa matresse1 t\s les palad9s de ,grce et de mille autres lieux1 dmont] et va9cre ,g>fir1 roi de ,!ssalie1 et ,pirio1 roi d',argos4 ,les romans de ,monts9os et le ,fi]abras br\ill5t ensemble sans aucun disc]nem5t1 plusieurs *ansons franaises1 t\t cela1 dans un temps de critique1 de raisonnem5t et de politique1 le temps de ,*ri/ophe ,colomb et de ,*>les-,qu9t4 ,ces excs d'inv5tion avai5t conv5u au moy5 ge1 qui vcut de m]veilleux1 et1 sans cesse du p> la ralit1 se consola p> le miracle4 ,mais la ,r5aissance1 qui r5dit l',europe le s5s de la critique1 fut fune/e aux lg5des4 ,t\t prise d'antiquit classique et de paganisme1 elle ne ret9t plus les traditions *eval]esques que p\r s'en gay]3 ,pulci1 ,boi>do et l',ario/e accumulr5t1 avec un esprit inf9i1 d'amusantes absurdits1 puises ple9es ma9s1 de droite de gau*e1 dans la littrature antrieure4 ,mais leurs uvres lgantes ne s'adressai5t qu'aux lecteurs dlicats2 en ,espagne1 elles ne p\vai5t supplant] le vieux roman4 ,les nobles ca/illans1 qui avai5t reu en ,lomb>die et dans la vice-royaut de ,naples la culture itali5ne1 et les premi]s lettrs de la ,r5aissance espagnole qui se =mai5t l'cole des humani/es de l',occid5t1 accueillir5t avec ardeur cette int]prtation sceptique des fables *eval]esques4 ,mais le peuple ne p\vait en sav\r] l'ironie4 ,c'e/ a9si qu'entre les lecteurs ignorants et crdules des contes de n\rrices et les beaux esprits de ,madrid et de ,salamanque se posa1 au temps de ,philippe ,,ii1 comme une "q des romantiques et des classiques1 du moy5 ge et du gt mod]ne4 ,alors app>ut le manife/e littraire de la premire p>tie du ,don ,qui*otte4 ,ds le premi] *apitre1 la porte de l'ouvrage se montre d'une faon gnrale4 ,il ne s'agit plus seulem5t ici1 comme dans l',orl&o ,furioso1 de div]tir le lecteur p> des m]veilles p\sses jusqu' la folie1 mais de faire t\*] du doigt la folie du malheureux que ces m]veilles ont tr\bl1 et1 p> la trivialit des av5tures1 de tu] le rve de l'av5turi]4 ,deux pisodes =t importants1 l'excution sommaire de la biblio?que du *evali] et la conv]sation du *ano9e et du cur escortant la cage du hros en*ant2 plus lo9 enf91 dans la seconde p>tie1 la conv]sation dans l'htell]ie int]rompue p> le massacre des outres de v91 p]mett5t de dgag] du roman la critique de ,c]vantes sur la littrature populaire de son pays4 ,a la d]nire page du livre1 l'criva9 fait dire bon droit sa propre plume1 au mom5t o il la dpose p\r t\j\rs3 ,les extravagantes hi/oires de *eval]ie1 frappes mort p> celle de mon ,don ,qui*otte1 trbu*5t dj et vont tomb] t\t fait sans aucun d\te4 ,il p\vait montr] la gr&e f\le des romans *eval]esques se heurtant la tombe de don ,qui*otte et s'cr\lant comme une ru9e4 ,mais on jug]ait mal ,c]vantes si on lui imputait1 l'g>d du moy5 ge t\t enti]1 des lg5des1 des pomes et des rcits de jadis1 un mpris sans mesure4 ,dans t\t conflit entre la foi et les ides du pass et celles de l'av5ir1 les esprits de second ordre pr5n5t seuls un p>ti extrme3 les intellig5ces trs hautes1 qui voi5t la suite et la raison d'tre des traditions1 s'atta*5t une p5se plus librale4 ,rappelez-v\s notre ,rabelais et son rle l'heure mme o le gnie franais trav]sa la crise de la ,r5aissance4 ,v]s #aeej1 la ,pliade1 p> la voix de ,joa*im du ,bellay1 r5v]ra sup]bem5t aux ,jeux floraux de ,t\l\se1 c'e/--dire aux lecteurs de prov9ce1 les romans de la ,table-,ronde4 ,mais1 dans ce r5\vellem5t pr(ond et un peu htif du ,x,v,ie sicle1 p> son livre et p> sa langue1 ,rabelais osait alors ratta*] notre pass gaulois aux temps qui v5ai5t de s'ouvrir4 ,il jeta un pont sur l'abme qui s'tait creus t\t d'un c\p entre les deux gr&es poques de notre hi/oire intellectuelle4 ,malheureusem5t1 il fut presque le seul y pass]4 ,il me semble que cette t5tative de conciliation fut reprise en ,espagne p> ,c]vantes1 l'occasion du dnombrem5t critique des livres de don ,qui*otte4 ,dans ce *apitre1 qu'il faut lire avec une srieuse att5tion1 il a v\lu sp>] le bon gra9 de l'ivraie4 ,et1 si le bon gra9 s'e/ tr\v r>e1 la faute n'en e/ ni ,*>lemagne ni ,m]l91 mais au gt p>ticuli] d'un g5tilhomme de village4 ,or1 donc1 ce mat9-l1 don ,qui*otte1 va9cu la veille1 r\ de c\ps p> un muleti]1 dormait po+s f]ms dans son lit3 il voyait en songe les ,d\ze ,pairs1 la fe ,mlus9e et le m>quis de ,mant\e4 ,le cur1 le b>bi]1 sa nice et la g\v]nante entrr5t t\t d\cem5t dans la biblio?que4 ,il y avait l plus de c5t gros volumes et autant de petits1 bi5 relis1 t\te la littrature *eval]esque et bucolique de l',espagne4 ,ces quatre p]sonnages n'aimai5t po9t l'idal et n'ent5dai5t ri5 aux rves gr&ioses du *] oncle3 ils avai5t dcid que1 les livres ayant gt la c]velle de don ,qui*otte1 il fallait les brl]4 ,la g\v]nante c\rut *]*] un pot d'eau bnite et un g\pillon2 le cur s\rit de la simplicit de cette bonne me2 il ne v\lut po9t qu'on jett au has>d et sans jugem5t les c\pables dans la basse-c\r1 et1 comme il tait lettr et bon ?ologi51 il p>gna les plus di/+us et sauva mme du feu ceux dont les fautes lui p>ur5t vnielles4 ,le premi] qu'on arra*e de son rayon1 le pre d'une longue po/rit1 ,amadis de ,gaule1 docteur et dogmatiseur d'une si p]nicieuse secte1 le meilleur de t\s les livres qui ont t composs de ce g5re1 comm5ce la srie des lus1 comme premi] livre de *eval]ie qui s'e/ imprim en ,espagne1 et duquel t\s les autres ont pris leur orig9e4 ,mais ses fils et petits-fils1 ,espl&ian1 ,amadis de ,grce1 desc5d5t le/em5t p> la f5tre1 et1 sur leurs talons1 ,don ,olivante de ,laura1 le plat ,florism>t d',hyrcanie1 le ,*evali] ,platir1 le ,*evali] de la ,croix4 ,mais voici le ,miroir de ,*eval]ie1 c'e/--dire1 la fois1 la bonne tradition franaise1 ,turp91 ,r5ault de ,montauban1 et la traduction du fameux ,ma?ieu ,boi>do et aussi de quelques autres pomes itali5s2 c'e/1 p> consqu5t1 de l'avis du cur1 comme un c\s9 espagnol du *rti5 pote ,l\is ,ario/e1 lequel si je tr\ve ici et qu'il p>le une autre langue que la si5ne1 je ne lui g>d]ai aucun respect2 mais1 s'il p>le son idiome1 je l'embrass]ai de t\t mon cur4 ,quant au ,miroir et t\s ceux qui se tr\v]ont traitant des *oses de ,france1 ils s]ont rs]vs avec so91 jusqu' plus ample in=mation1 except1 t\tefois1 le ,b]n>do del ,c>pio et le ,roncevaux4 ,il s'agit ici de deux romans tirs de la ,*ronica ,hispania et de la ,*ronique d',alphonse ,x1 deux fausses *ansons de ,rol&1 o ,b]n>d del ,c>pio1 alli des paens1 taillait en pices la *eval]ie franaise4 ,palm]9 d',oliva e/ condamn aux flammes1 mais ,palm]9 d',anglet]re e/ recueilli avec une r>e bi5veillance4 ,le cur l'attribue un savant roi de ,portugal4 ,c'tait une imitation du vieil ,amadis de ,gaule1 modifi en ses ditions successives s\s diffr5ts noms d'auteurs1 et rem>quable p> l'art de la composition1 la vrit des c>actres1 le bon gt de l'inv5tion4 ,don ,blianis e/ donn au b>bi]1 condition qu'il ne le laiss]a lire p]sonne1 et le cur mettrait volonti]s dans sa po*e ,tiran le ,blanc1 trsor de cont5tem5t et m9e de passe-temps4 ,les av5tures en sont aussi amusantes qu'absurdes4 ,le mme j\r1 ,tiran bat en duel les ducs de ,b\rgogne et de ,bavire1 les rois de ,pologne et de ,frise3 il pr5d ,rhodes au sultan du ,caire et ,con/ant9ople au ,gr&-,turc2 l'emp]eur grec reconnaissant lui accorde la ma9 de sa fille ,c>mes9a1 prs de laquelle le *evali]1 grce la complaisante dugne ,plac]demivida1 avait dj pass quelques in/ants agrables4 ,entre temps il avait fait cadeau la bonne dame d'un royaume quelque "p en ,afrique4 ,nanmo9s1 aj\te le cur1 dans ce roman la vraisemblance se concilie encore avec le m]veilleux2 les *evali]s mang5t et dorm5t1 et meur5t en leurs lits1 font te/am5t avant leur mort4 ,a9si1 p\r ne ri5 dire des bucoliques et des b]g]ies1 qui eur5t aussi leur t\r1 trois gr\pes d'uvres romanesques mritai5t1 selon ,c]vantes1 de demeur] entre les ma9s des lecteurs cultivs3 celles qui drivai5t directem5t des s\rces mmes de la lg5de *eval]esque1 de la matire de ,france et de la matire de ,bretagne2 les romans et pomes illu/res des peuples trang]s1 mais en leur langue orig9ale1 enf9 les uvres div]tissantes la fois p> la fantaisie de l'inv5tion et la ralit des murs et de la vie4 ,t\t le re/e fut condamn au feu p\r hrsie env]s le bon s5s1 la tradition hi/orique et le bon gt4 ,ils brlr5t p>faitem5t et bi5tt l'odeur inquitante de l'auto-da-f se rp&it dans le logis4 ,mais don ,qui*otte demeura f\1 c> il savait p> cur t\te sa biblio?que4 ,que lui importait que ces romans ridicules1 dont le populaire illettr faisait ses dlices1 ne fuss5t plus qu'une poigne de c5dres lgres8 ,l'idal qu'ils portai5t en eux tait entr dans l'me du hros de la ,man*e4 ,la s]vante avait p]du son eau bnite et ses oremus1 et le cur allait s'ap]cevoir bi5tt1 p> la trs pro*a9e escapade du *evali]1 qu'on ne gurit pas les esprits en brlant les livres4 ,,ii ,d'ailleurs1 des livres n\veaux1 des ides n\velles n'tai5t pas le remde propre de la folie de don ,qui*otte4 ,en lui1 ce n'e/ pas la raison mme qui e/ atte9te le plus pr(ondm5t4 ,elle n'e/ malade que p> contre-c\p4 ,ni le sophisme1 ni l'ironie1 ni le m5songe ne l'ont gte4 ,jamais il n'a essay de ju/ifi] une action vile p> un raisonnem5t faux4 ,c'e/ p\rquoi le cur e/ intact en ses p>ties les meilleures4 ,le *evali] e/ demeur bon1 c\rtois1 loyal1 hroque4 ,sa consci5ce tait droite1 sa p>ole fut1 jusqu' la f91 comme son pe1 d'un vrai g5tilhomme4 ,et cep5dant1 c'e/ bi5 au cur qu'e/ le sige du mal4 ,c'e/ p> l'excs de l'en?\siasme et l'essor immodr des passions gnreuses que don ,qui*otte s'e/ p]du4 ,quelques sicles plus tt1 au temps des preux1 il et p>u sa place1 p>mi les pairs de ,rol&1 s\s la bannire du ,cid2 mais il e/ v5u trop t>d1 en un ge vieilli1 palad9 surann que les sages t\rn5t en drision4 ,si les emp]eurs lg5daires qui dorm5t au fond des cav]nes1 sur les hautes montagnes1 si ,*>lemagne et ,b>b]\sse1 se r$ressant t\t c\p1 desc5dai5t1 avec leurs armures ronges p> la r\ille1 dans les pla9es et dans les villes1 ils ne donn]ai5t pas un spectacle plus trange4 ,qu& les dieux sont morts1 les g5s aviss s\ffl5t gaiem5t sur la d]nire lampe du sanctuaire1 et il faut avoir l'me bi5 enfant9e et bi5 gr&e p\r essay] de la rallum]4 ,tel avait t1 p\r son malheur1 ,mi*el ,c]vantes1 et1 dans le p]sonnage de don ,qui*otte1 il a mis le s5tim5t mlancolique de sa propre vie4 ,son roman1 comm5c dans une prison1 t]m9 dans un logis d'av5ture1 a le *>me tri/e d'une confession3 un li5 d\l\reux y unit les rves et les dboires du hros aux esprances et aux dsillusions de l'auteur4 ,c]vantes trana t\te sa vie le f>deau d'une longue misre4 ,aucune des *oses qu'il entreprit ne russit1 et les entreprises de l',espagne ou de la *rti5t auxquelles il prit "p allgrem5t t\rnr5t p\r lui d'une faon plus ou mo9s lam5table4 ,vritable *evali] errant1 il s]vit son pays sur t]re et sur m] en ,italie1 ,tunis1 en ,portugal1 aux ,aores2 il assi/a1 dans les eaux de ,lpante1 au suprme ef=t de l',europe contre l'islamisme4 ,deux c\ps de feu dans la poitr9e1 la ma9 gau*e brise1 sept mois de fivre dans les hpitaux de ,sicile1 quatre annes de captivit aux bagnes d',alg]1 des procs1 un peu de prison de temps en temps1 la pauvret t\j\rs1 la demi-dome/icit de l'homme de lettres atta* la cli5tle des gr&s p]sonnages1 la c\rse haletante du pote dramatique en qute d'un ?tre et du petit fonctionnaire au s]vice du fisc2 enf9 l'effront plagiat et les injures d',avellan$a qui osa cont9u] le ,don ,qui*otte1 tel fut ici-bas le lot de ,c]vantes4 ,c]tes1 il et eu le droit d'imag9] un ,hamlet espagnol dont l'hi/oire et tmoign d'une faon amre de la vanit du gnie1 du c\rage et de la bont1 t\j\rs trahis p> la malice des hommes1 l'insol5ce de la =tune et la mdiocrit de la vie4 ,mais il y avait1 dans cette me mridionale1 trop de bonne grce et de d\ceur1 et peut-tre aussi cette ide qu'aprs t\t1 l'idal tant une joie trs noble1 les f\s ont ds ce monde une "p au royaume de ,dieu4 ,c'e/ p\rquoi il faut avoir l'oreille assez f9e p\r reconnatre1 trav]s le franc clat de rire du ,don ,qui*otte1 le cri tragique du malheureux gr& criva94 ,ici1 en effet1 dom9e la comdie1 p>ce que la passion t\*ante du *evali] p\r l'hrosme ne se peut manife/] que p> des *imres ou des actes ridicules4 ,il plane une telle hauteur au-dessus des ralits de la vie qu'il ne les ap]oit plus1 s9on transfigures p> un mirage bl\issant4 ,s'il aborde de front les *oses1 il s'y heurte avec une telle maladresse que1 du *oc1 il tombe piteusem5t1 et n\s rions de la culbute2 s'il se mle la vie des autres hommes1 leurs plaisirs ou leurs pe9es1 c'e/ t\j\rs contre-temps1 et n\s rions encore4 ,lui seul e/ pr(ondm5t srieux et conva9cu4 ,il m>*e1 avec une allure magnifique1 le front p]du dans les nuages3 m\l9s v5t et m\l9s f\lons1 tr\peaux de m\tons ou de flagellants1 htell]ies campagn>des1 *teaux de gr&s seigneurs1 muleti]s grill>ds1 vnrables dugnes1 espigles camri/es1 relaveuses de vaisselle1 r5\vell5t ou exaspr5t l'ide fixe du *evali]3 au viol5t soleil d',espagne1 dans le ds]t p\ssireux1 dans la campagne blan*e et morne1 au fond des gorges horribles de la ,si]ra ,morna1 il passe t\t droit1 avec la srnit d'un pote3 la nuit1 t\j\rs deb\t et *>g de ses vieilles armes1 il veille et songe encore1 et1 t&is que ,san*o ronfle entre ,ross9ante et le grison immobiles1 p5sif et t\t ple s\s un rayon de lune1 il c\te comme en extase le bruissem5t inf9i de la nature4 ,s'il r5contre sur sa r\te les am\rs viol5tes ou les passions naves de ,c>dnio et de ,luc9de1 de don ,f]n& et de ,doro?e1 de ,claire et de don ,l\is1 l'motion qu'il en reoit rallume encore les fantaisies de son c]veau4 ,il ne s'veille qu' la suite de la plus humiliante de ses av5tures3 battu en combat s+uli]1 condamn p> son s]m5t *eval]esque une longue inaction1 il ouvre enf9 les yeux1 reconnat sa folie et retombe d'une *ute si l\rde du ciel sur la t]re que ce j\r e/ le d]ni] de sa vie4 ,il meurt le cur bris1 c> il a p]du t\t c\p les deux plus gr&es =ces de l'me1 la foi et l'am\r4 ,il n'a pas le c\rage de recomm5c] une vie n\velle4 ,il ne saurait survivre aux glorieux fantmes qui l'ont consol de tant de misres4 ,tant qu'il a cru en eux1 il a accueilli les c\ps de bton avec la rsignation d'un amant ou d'un m>tyr2 ma9t5ant qu'il sait que pe9] et lutt] p\r le relvem5t du droit et l'exaltation de la ju/ice1 c'e/ f]raill] contre de simples m\l9s v5t1 il n'a plus qu' faire sa d]nire sortie du ct de l'autre monde4 ,paix votre mmoire1 *evali] de la ,tri/e-,figure6 ,v\s avez t va9cu4 ,c'e/ la de/9e des gr&es mes et des gr&es causes4 ,mais v\s n\s avez bi5 amuss1 et1 p\r le bon sang que n\s v\s devons1 n\s v\s pleur]ons t]nellem5t6 ,,iii ,les lecteurs qui ne sont pas d\s du tempram5t *eval]esque ont p>fois un faible p\r ,san*o ,pana1 et le prfr5t don ,qui*otte lui-mme4 ,plus d'un morali/e affirme que ,san*o reprs5te le s5s commun en face de la pure draison1 la prose oppose la posie4 ,sans d\te1 l'cuy] di/+ue clairem5t entre un tr\peau de m\tons et une arme en m>*e2 il aime mieux tre arrt sur son *em9 p> une valise ple9e d'cus que p> une vole de bois v]t2 enf91 qu& il se donne le f\et1 af9 de ds5*ant] le *] matre1 ce n'e/ po9t le cuir mme des ,pana1 mais l'corce d'un robu/e *ne qu'il frappe avec l'entra9 d'un franc casui/e1 compatriote de sa9t ,ignace4 ,j'accorde qu'il ne pr5d pas en gnral la vie p> son ct hroque1 trs semblable en cela aux g5s raisonnables l'excs3 il e/ poltron1 g/e1 p>esseux1 m5teur et g\rm&4 ,brave cur t\tefois1 pati5t1 rsign1 fidle et aimant la manire d'un vieux *i5 de b]g]4 ,mais1 av\ons-le1 il e/ f\1 lui aussi1 p> contagion1 f\ li] quelquefois1 c> c]ta9es extravagances de l'cuy] ne sont pas mo9s =tes que celles de son seigneur4 ,il a beau voir et t\*] *aque j\r les folies de don ,qui*otte et en recevoir le contre-c\p f*eux sur les paules ou ailleurs1 il s'entte dans sa *imre aussi ob/9m5t que l'hidalgo dans la si5ne4 ,ce ru/re a la maladie des gr&eurs2 p> ambition1 af9 d'obt5ir l'le qui lui a t promise1 il accepte t\tes les msav5tures1 comme fait don ,qui*otte1 p> am\r de la gloire2 qu'on le b]ne sur une c\v]ture1 qu'on le btonne1 qu'on lui vole son ne1 il f]a bon visage la =tune1 t\t en c>essant son propre rve4 ,et1 s'il n'tait pas encore plus f\ que s5s1 le roman de ,c]vantes et t\rn c\rt4 ,d'abord1 un cuy]1 c'e/--dire un int]locuteur1 tait ncessaire au *evali]4 ,seul1 et s'ab&onnant au lyrisme de ses longs monologues1 don ,qui*otte ft dev5u assez vite ennuyeux4 ,rem>quez que la premire sortie e/ bi5tt t]m9e4 ,c'e/ un lev] de rideau o le hros n'a presque ri5 n\s dire4 ,il s'y montre dans t\te son orig9alit maladive2 mais l'isolem5t mme o il se meut l'oblige une p]ptuelle et monotone divagation4 ,l'att5tion du lecteur s]ait lasse au b\t de quelques *apitres4 ,la vraie comdie ne comm5ce donc que p> l'entre en scne de ,san*o4 ,en effet1 le c>actre de *acun des deux p]sonnages n'a t\te sa valeur et sa complexit qu'oppos celui de son compre4 ,*aque fois que don ,qui*otte bat la campagne1 ,san*o1 t\t c\p dgris1 p>le et pr*e comme l'un des sept ,sages1 et1 qu& l'cuy] ne dit ou ne fait plus que des sottises1 le *evali] raisonne d'une faon p>faite4 ,la dm5ce de l'un se mesure t\j\rs l'aide du bon s5s ou de l'esprit de l'autre4 ,c'e/ p\rquoi ces deux visionnaires sont comiques au plus haut degr4 ,l'un1 qui e/ la dupe nave de l'autre1 lui fait sans cesse la morale des pres de famille1 et le galant homme qui le premi] a embr\ill la c]velle de son valet s'ef=ce de lui r$ress] l'ent5dem5t et de lui ennoblir le cur4 ,ironie excell5te1 qui n'a ri5 de =c1 c> elle rpond aux contradictions intimes de la vie huma9e2 conflit t\j\rs et p>t\t r5\vel1 et plus app>5t peut-tre que rel1 de l'ange et de la bte4 ,seulem5t1 comme n\s avons la prt5tion de n'tre ni celle-ci ni celui-l1 n\s rions t\t aussi volonti]s des dconv5ues de l'ange que des misres de la bte4 ,c]tes ,san*o mritait bi5 de j\] un in/ant le premi] rle dans le drame hro-comique de ,c]vantes4 ,*ose curieuse6 c'e/ au mom5t mme o le rve se ralise p\r lui qu'il s'en dgte t\t jamais1 comme si le bonheur n'tait qu'affaire d'imag9ation et s'van\issait ds qu'on croit en j\ir4 ,on sait qu'il fut p5dant sept gr&s j\rs *ef d'tat1 prsid5t d'une rpublique qui n'tait que provisoire1 une petite ville de t]re f]me qu'il pr5ait p\r une le et o il fut abreuv d'am]tumes4 ,il y fit t\t le bi5 possible1 ne p5dit p]sonne1 r5dit la ju/ice aussi pat]nellem5t que sa9t ,l\is1 aussi f9em5t que ,salomon1 et faillit m\rir de faim dans le palais mme de sa seigneurie4 ,il entre dans sa capitale au son des fanf>es3 les magi/rats lui prs5t5t les clefs de la ville et le populaire crie vivat sur son passage4 ,ds le premi] j\r1 un homme nfa/e1 son mdec91 empoisonne t\tes ses joies1 l'emp*e de boire et de mang] sa guise1 et voil l'le en proie au dang]eux rgime d'un g\v]nem5t de mauvaise humeur4 ,san*o s'assombrit3 il veut t\t r=m] la fois1 il promulgue des /atuts et des pragmatiques1 il glisse sur la p5te du p\voir p]sonnel4 videmm5t1 il tomb]a bi5tt4 ,il fait des rondes de nuit qui inquit5t les am\reux3 ent\r de son conseil de cab9et1 y compris le maudit mdec91 la lueur d'une lant]ne1 il dvisage de trop prs une fillette dguise en page4 ,cette police excessive mcont5te la jeunesse qui passe t\t entire au p>ti de l'opposition4 ,or1 la septime nuit de son g\v]nem5t1 ,san*o fut rveill p> le tocs91 les tamb\rs et les clameurs de la f\le3 c'tait une rvolte1 p\r ne po9t dire une rvolution4 ,on lui crie aux armes4 ,il invite ses p>tisans qurir trs vite don ,qui*otte1 p\r qui les armes n'ont pas de secret4 ,ses g5s lui rpond5t qu'tant g\v]neur il comm&e l'arme et doit m>*] l'ennemi4 ,on l'incru/e donc entre deux gros b\cli]s relis p> une corde1 o il se tr\ve plus emp* qu'une tortue c\*e sur le dos4 ,il tombe et passe une nuit horrible3 l'le entire pit9e sur le *ef de l'tat4 ,jamais l'autorit politique ne fut plus cruellem5t avilie4 ,le mat9 v5u1 il s'van\it entre les bras de ses s]viteurs1 puis1 tranquillem5t1 magnanimem5t1 quoique va9queur de la sdition1 il abdique4 ,il desc5d l'curie1 embrasse en pleurant son ne1 le *] grison des heureux et des mauvais j\rs1 le bte et le bride de ses propres ma9s1 monte en selle1 dit adieu ses d]ni]s fidles1 prononce quelques p>oles pr(ondes sur le nant de l'ambition et de la puissance1 puis s'en va au petit pas1 t\t seul1 n'emportant de ses gr&eurs qu'une poigne d'orge1 un morceau de fromage et une crote de pa94 ,et nunc1 reges1 intelligite6 ,tel e/ le livre le plus univ]sellem5t aim1 le plus europen de t\s les romans1 que ,c]vantes a pu inv5t]1 malgr ses ennuis4 ,nos pres ont ft le ,don ,qui*otte1 v+t ans avant le ,cid1 dans cette mme traduction qui1 longtemps oublie1 rep>at la lumire4 ,on e/im]a peut-tre que la langue en laquelle elle e/ crite ju/ifiait la rimpression qui n\s r5d en quelque sorte une intressante relique de la vieille littrature franaise4 ,,la ,,fonta9e ,i ,il n'e/ po9t de biblio?que d'honnte homme o l'on ne r5contre un ,la ,fonta9e4 ,les uns1 plus atta*s aux nafs s\v5irs d'enfance1 g>d5t un vieux fabuli/e fan2 les autres1 amis des hi/oires de plus longue hale9e et de leurs portraits en gravure1 ont plac1 sur les rayons d'en haut1 que n'atte9t po9t le bras des coli]s1 un prcieux exemplaire des ,contes1 en deux volumes1 dors sur tran*es4 ,mais c'e/ t\j\rs ,la ,fonta9e2 conteur ou fabuli/e1 il e/ t\j\rs bi5 v5u comme un hte famili]4 ,beauc\p de p]sonnes cultives le plac5t ct de ,molire1 au premi] rang de leurs prdilections4 ,et cep5dant il n'a gure reprs5t l'esprit de son poque4 ,il tait bi5 plutt la contradiction mme du gt classique4 ,la gr&e e/ime o n\s le t5ons e/ surt\t l'uvre de la po/rit4 ,ses contempora9s le reg>dai5t comme un p]sonnage assez trange1 une faon de rveur qui suivait1 disait-on1 le convoi mortuaire d'une f\rmi1 comme un p>5t1 et qu'on ne voyait po9t aux anti*ambres de ,v]sailles4 ,l\is ,,xiv ne l'aimait pas et faisait de ses ,fables autant de cas que des magots de ,tni]s4 ,boileau1 qui l'aimait1 eut so9 de l'oubli] dans son ,art potique4 ,c'tait1 dit durem5t ,l\is ,rac9e1 un homme =t malpropre et =t ennuyeux4 ,on riait beauc\p de sa simplicit en t\tes *oses4 ,n'avait-il pas tr\v loqu5tes les prophties de ,b>u*8 ,n'avait-il pas pleur c\rageusem5t1 avec les ,nymphes de ,vaux1 sur la disgrce de ,f\quet8 ,p5dant v+t ans il p]dit de vue son fils3 il aurait v\lu p]dre p>eillem5t de vue sa femme qui1 du re/e1 ne l'emb>rassait gure4 ,au ,temple1 dans la socit lib]t9e des ,v5dme1 on l'enivrait1 on le gorgeait de bonne *re4 ,il mettait ses bas l'env]s et g>ait son haut-de-*ausses aprs s\p]4 ,il vieillit assez tri/em5t1 sans famille1 au foy] de quelques amis2 son esprit s'affaiblit2 il fut pris d'une gr&e peur de la mort2 son amusem5t tait d'assi/] aux runions de l',acadmie1 o il allait fidlem5t1 p> le *em9 le plus long4 ,un j\r1 en rev5ant de la sance1 il s'van\it dans la rue du ,*antre4 ,ce fut sa d]nire prom5ade4 ,deux mois aprs1 on ent]rait l'ami des btes1 le d]ni] des potes gaulois1 l'incomp>able criva9 qui avait retr\v1 en ce sicle sol5nel de ,port-,royal et de ,bossuet1 avec l'inspiration voluptueuse de la ,r5aissance itali5ne1 la grce aimable et f9e de l'esprit grec4 ,gaulois1 ,itali51 ,attique1 tel fut1 en effet1 ,la ,fonta9e1 au temps o le ,pantagruel passait p\r une uvre mon/rueuse et incomprh5sible1 o ,boileau ne voyait que cl9quant dans la posie du ,tasse1 o les dieux grecs tai5t mconnus1 o l'art d',euripide p>aissait sur la scne tragique raff9 et altr p> la politesse des salons et de la c\r4 ,mais1 grce la navet de son gnie1 ces traits s+uli]s et si div]s se r5contrr5t en lui sans artifice ni dissonance1 avec une s9crit et une lib]t pures de t\te affectation3 ,papillon du ,p>nasse1 et semblable aux abeilles ,a qui le bon ,platon comp>a nos m]veilles1 ,je suis *ose lgre et vole t\t sujet3 ,je vais de fleur en fleur et d'objet en objet4 ,et1 dans ce miel d'une saveur si fran*e1 et qu'il faut gt] d'un palais dlicat1 on di/+ue sans pe9e la bonne odeur b\rgeoise des petits j>d9s *amp5ois1 l'pre s5teur des roses du ,dcamron1 et le p>fum subtil des asphodles d',a?nes4 ,,ii ,on sait que la ,r5aissance dta*a t\t d'un c\p les criva9s trs lettrs du seizime sicle franais de la langue1 des traditions et du gt de notre premire littrature3 la langue1 les ides et le ton des contempora9s de ,rons>d et de ,montaigne fur5t1 p\r employ] le mot de du ,bellay1 illu/res et auliques4 ,en mme temps1 la ,pliade r5voyait avec dda9 aux jeux floraux de ,t\l\se et au ,puy de ,r\5 t\te la posie *eval]esque et satirique du moy5 ge4 ,le dix-septime sicle se s5tait dj si lo9 des orig9es littraires de la ,france1 qu'au-del de ,villon il n'entrevoyait plus que des =mes confuses1 des uvres b>b>es et un art grossi] t\t fait indigne de l'att5tion des beaux esprits4 ,ceux-ci1 r5f]ms dans la culture classique1 *>ms p> la conv]sation polie1 la tragdie et l'oraison funbre1 oubli5t t\tes les vieilles *oses1 l'hi/oire1 les my!s et les contes1 comme l'idiome et les murs de nos pres4 ,v]sailles1 cit t\te neuve1 v]s laquelle l',europe entire reg>de1 e/ comme le symbole du gt n\veau3 on y j\it d'un si magnifique spectacle que p]sonne n'y p5se plus gure ,p>is1 la gr&'ville du roi ,h5ry1 la place ,maub]t1 aux rues tortueuses peuples de si gr&s s\v5irs4 ,quant la pauvre prov9ce1 si vivante *ez les vieux auteurs1 on n'y va plus qu'en exil1 on l'ab&onne ses dialectes locaux1 ses patois campagn>ds1 ses lg5des hroques et ses fables de n\rrices4 ,il y eut du prov9cial en ,la ,fonta9e1 dont la muse familire avait ses vallons sacrs quelque "p entre ,reims et ,*teau-,?i]ry3 les scnes de ses fables s'encadr5t1 non po9t entre les *>milles ar*itecturales de ,v]sailles1 mais dans les paysages mode/es de ,*ampagne ou de ,brie1 dans les rues de village1 les c>ref\rs des petites villes4 ,ici1 le long des haies1 il a r5contr1 et peut-tre att5du1 lgre et c\rt vtue1 la bonne ,p]rette portant son pot au lait2 l1 dans cet enclos1 il a vu pass]1 au son des trompes1 la meute du seigneur du village *assant le livre1 et ,monsieur le ,b>on1 qui vi5t de mang] les p\lets et de lorgn] la fille du manant1 cras] sans piti *icore et poireaux1 oseille et laitue1 orgueil du pauvre hre4 ,c'e/ au bord d'une rivire villageoise1 peu pr(onde1 o l'eau rit au soleil1 que se promne sol5nellem5t son hron1 et c]ta9e fille un peu trop fire1 qui fait fi des bons p>tis1 comme celui-ci des bro*ets et des c>pes1 a c]ta9em5t son logis t\t prs de cette rivire4 ,voici1 dans son *oppe qui c\doie l'htel d'un f9anci]1 le saveti] ,grgoire1 t\j\rs en belle humeur2 sur la place1 le *>latan et la mnag]ie o matre ,gille1 s+e du pape en son vivant1 arriv de la veille en trois bateaux1 m]veille la f\le4 ,l-haut1 sur la coll9e1 en ple9 midi1 dans la p\ssire crayeuse1 au fond des ornires1 *em9e sur quatre r\es gr9antes le co*e de ,p>is1 escort de ses voyageurs pi$1 *antant1 jurant ou priant4 ,t\t l'heure1 la lisire de ce bois1 les voleurs les dtr\ss]ont4 ,sur ce po9t1 une lettre du fabuli/e montre1 s\s la fable1 une impression p]sonnelle4 ,il se r5dait en ,lim\s93 dans son c>rosse1 po9t de mo9es1 mais1 en rcomp5se1 trois femmes1 un m>*& qui ne disait mot1 et un notaire qui *antait t\j\rs et qui *antait trs mal4 ,le *em9 devi5t dte/able3 ,t\t ce que n\s tions d'hommes dans le c>rosse1 n\s desc5dmes1 af9 de s\lag] les *evaux4 ,tant que le *em9 dura1 je ne p>lai d'autre *ose que des commodits de la gu]re3 en effet1 si elle produit des voleurs1 elle les occupe1 ce qui e/ un gr& bi5 p\r t\t le monde1 et p>ticulirem5t p\r moi1 qui cra9s naturellem5t de les r5contr]4 ,on dit que ce bois que n\s cotoymes en f\rmille3 cela n'e/ pas bi51 il mrit]ait qu'on le brlt4 ,mais dans la vie de prov9ce1 ins\cieuse et grasse1 une po9te de s5sualit *at\ille et rveille s\v5t les esprits qu'endormirait mortellem5t la mdiocrit monotone des *oses4 ,la ,fonta9e ne t\*ait po9t ce *apitre avec le *ano9e ,maucroix3 mais1 p\r sa femme1 il n'avait pas de ces secrets4 ,c'e/ p\r elle qu'il crit s9crem5t son voyage4 ,p>mi les trois femmes il y avait une ,poitev9e qui se qualifiait comtesse2 elle p>aissait jeune et de taille raisonnable1 tmoignait avoir de l'esprit1 dguisait son nom1 et v5ait de plaid] en sp>ation contre son m>i3 t\tes qualits de bon augure1 et j'y eusse tr\v matire de cajol]ie si la beaut s'y ft r5contre2 mais sans elle ri5 ne me t\*e4 ,suiv5t alors t\tes sortes de confid5ces sur les filles de ,*tell]ault1 de ,poiti]s et de ,bellac1 et ce naf aveu de ses rves d'av5ir3 ,il y a d'heureuses vieillesses qui les plaisirs1 l'am\r et les grces ti5n5t compagnie jusqu'au b\t3 il n'y en a gure1 mais il y en a4 ,le contemplateur curieux des aspects pittoresques et du mnage de la prov9ce1 cet amateur des petites av5tures de l'am\r et du has>d ne s]ait po9t complet1 s'il n'tait p>esseux4 ,ce s]ait1 dit-il avec un gros s\pir1 une belle *ose que de voyag]1 s'il ne se fallait po9t lev] si mat94 ,on le voit1 bi5 des habitudes d'esprit et de gt ratta*5t ,la ,fonta9e la vieille ,france3 mais ce ne sont encore l que les traits extrieurs d'une physionomie morale1 et comme les conditions prlim9aires de ce qu'il y eut en lui de pr(ondm5t gaulois4 ,c'e/ p> les ,fables beauc\p plus que p> les ,contes eux-mmes que se manife/e sa p>5t avec nos anctres littraires4 ,le sel qu'il a rp&u poigne dans ses ,contes e/ passablem5t gaulois1 je l'av\e2 les mo9es =t veills qu'il y a dpe9ts sort5t t\t gaill>ds des ,c5t n\velles n\velles et du ,pantagruel4 ,mais les ,fables1 qu'il fe9t de traduire d',esope ou de ,phdre1 leurs pr9cipaux p]sonnages et leur moralit intime n\s ramn5t bi5 plus prs encore des s5tim5ts1 des jugem5ts et des rves du temps jadis4 ,n\s y retr\vons1 cond5se en de m]veilleuses rductions1 t\te la littrature des fabliaux1 et l'uvre matresse de cette littrature1 le gr& ,roman de ,r5>t1 et cette notion mille fois proclame p> la satire franaise du moy5 ge3 ,petites g5s et pauvres g5s1 qui n'avez pas la =ce1 ni peut-tre le cur1 mais qui pe9ez et ptissez beauc\p t\t le long de votre vie *tive1 b\rgeois et manants1 artisans et s]fs1 v\s t\s que l'on t\rm5te et dont on se raille1 v\s qui demeurez tapis1 l'il au guet1 au fond du sillon1 et que l'ombre de vos oreilles effraie quelquefois1 rj\issez-v\s1 mes amis1 et ent5dez la bonne n\velle4 ,v\s n'tes ni des hros1 ni des asctes1 ni de hauts seigneurs1 ni des sa9ts4 ,t\tes les gr&es =ces de ce monde v\s manqu5t3 la puissance1 la sagesse1 l'audace1 la ri*esse4 ,mais v\s avez la ruse1 la pati5ce1 la prvoyance et la bonne humeur2 v\s savez att5dre et s\ffrir1 v\s pliez comme le roseau1 s\s la tempte2 votre gsme prud5t ti5t en rs]ve mille artifices subtils p\r ne ri5 compromettre1 p\r dissimul]1 m5tir au beso94 ,votre langue e/ dore1 elle en*ante vos matres1 et v\s savez l'art d'accus] le vois9 s'il e/ un sot1 de faire cri] h>o sur le baudet1 de sauv] votre peau aux dp5s de celle du l\p4 ,v\s n'tes po9t de fi]s b>ons1 mais de mal9s lgi/es1 et v\s humez l'hutre au nez des plaideurs4 ,dans ce gr& combat p\r la vie auquel la de/9e v\s oblige1 v\s tes incomp>ables p\r v5t] les /ratagmes de l'ennemi et flair] le *at qui ne s\ffle mot s\s son masque de f>9e4 ,v\s p\vez1 il e/ vrai1 p]dre votre queue la bataille1 mais qu'importe un ornem5t sup]flu8 ,le t\t1 ici-bas1 e/ d'tre al]te1 avis1 ri*e en ress\rces1 d'*app] au *asseur2 si l'on e/ r5>d1 de croqu] les p\les2 si l'on e/ l\p1 pauvre gueux1 au fond des bois1 dans la neige1 d'tre libre2 si l'on e/ rat1 dans un bon fromage1 de s'y engraiss]1 mais t\t seul2 si l'on e/ ne1 avec des reliques sur le dos1 de respir] l>gem5t l'enc5s et de se croire un dieu4 ,bi5heureux les petits1 arms de malice et lg]s de scrupules3 ils sont1 en vrit1 plus =ts que les gr&s1 que l'orgueil aveugle3 il n'e/ pas bi5 sr qu'ils entr5t t\s au royaume des cieux1 mais1 en att5dant1 ils font leur *em9 en ce monde1 o la primaut revi5t t\j\rs aux g5s d'esprit4 ,telle e/ la rvlation que ,r5>t1 le hros de nos pres1 manife/a p> son exemple1 et dont ,panurge fut le d]ni] prophte4 ,c'e/ a9si que la morale du moy5 ge et l'clat de rire gaulois passr5t de l'antique fabliau aux fables du bonhomme4 ,ici1 de mme que dans notre vieille satire1 dom95t l'ironie et la gaiet4 ,la note d\l\reuse e/ plus r>e1 mais elle y rsonne p>fois1 et1 dans ce malheureux qui *em9e1 c\rb s\s son fagot1 l5tem5t1 le long des gr&s bois en deuil1 puis qui tombe au bord du s5ti]1 et repasse dans sa p5se les am]tumes de la vie3 ,po9t de pa9 quelquefois1 et jamais de repos3 ,sa femme1 ses enfants1 les soldats1 les impts1 ,le cranci] et la corve1 app>at un in/ant la misre des vieux ges1 de t\s les temps1 l't]nelle misre huma9e4 ,,iii ,le ,roman de ,r5>t1 l'pope de la bte a/ucieuse qui se drobe le/em5t la prise des puissants1 la satire piquante du monde fodal1 n'app>ti5n5t qu' l',europe occid5tale3 le ,midi1 l',italie1 o la vie fut mo9s dure et plus noble1 les murs plus lgantes1 l'me plus s]e9e1 eur5t de bonne heure un art plus dlicat1 =m de posie et de volupt4 ,un s5tim5t qui a trop s\v5t manqu notre moy5 ge1 du mo9s dans les pays de langue d'oil1 le culte de la femme avait1 ds l'orig9e1 donn l'inspiration littraire des ,prov5aux et des ,itali5s une grce inconnue aux criva9s des fabliaux4 ,boccace1 dont la mre tait ,franaise et qui recueillit ,p>is mme bon nombre des hi/oires du ,dcamron1 n'e/ pas mo9s suprieur t\s nos conteurs p> l'en?\siasme et le gt de la beaut que p> les qualits d'une langue dj p>faite4 ,les sept dames qui1 fuyant la pe/e de ,flor5ce1 c\t5t1 s\s les ombrages d'une villa de ,toscane1 le rcit de si plaisantes av5tures1 n'ent5d5t que des p>oles discrtem5t *oisies1 dont le *>me c\vre d'un voile lg] des images voluptueuses2 mais le voile y e/1 et t\t e/ l3 l'art du conteur n'e/ po9t *a/e1 mais le conteur e/ arti/e consomm4 ,il fut le matre de ,la ,fonta9e1 et1 avec lui1 l',ario/e1 ,ma*iavel et le ,tasse1 non mo9s que ,rabelais et la re9e de ,nav>re3 ,boccace n'e/ pas le seul qui me f\rnit3 ,je vais p>fois en une autre b\tique2 ,il e/ bi5 vrai que ce div9 esprit ,plus que pas un me donne de pratique4 ,le disciple1 il e/ vrai1 fut1 dans ses pe9tures1 mo9s rs]v que ses modles itali5s3 il transpose1 en quelque sorte1 la musique de ceux-ci2 il *ante les mmes airs1 mais sur le ton gaulois2 c'e/ encore matre ,franois qui lui bat la mesure de ses ,contes4 ,et cep5dant1 on s5t bi5 pass] dans ses ouvrages le s\ffle mridional4 ,boileau lui-mme a reconnu dans le ,joconde de ,la ,fonta9e1 qu'il met au-dessus du rcit de l',ario/e1 ce molle et ce facetum qu',horace a attribu ,virgile1 et qu',apollon ne donne qu' ses favoris4 ,c'e/ l',italie et ,boccace qu'il dut de pe9dre une fois1 p>mi tant de rcits lg]s ou lic5cieux1 le vritable am\r1 trs pr(ond et trs simple4 ,il s'agit du ,faucon1 o l'auteur du quatorzime sicle avait mis l'abngation t\*ante de la passion1 comme il en avait montr1 dans son beau roman de ,fiammetta1 les fureurs jal\ses4 ,un cavali] de ,flor5ce aimait une dame qui se rit de ses so9s et prit un autre p\r m>i4 ,l'am\reux s'tait ru9 en ftes1 cadeaux et t\rnois2 il ne lui re/ait plus1 t\t prs du *teau de la belle1 qu'une pauvre mtairie1 avec un j>d9et qu'il cultivait de ses ma9s1 et un faucon m]veilleux1 son d]ni] ami1 compagnon de ses *asses et p\rvoyeur de son g>de-mang]4 ,la dame dev9t veuve4 ,elle avait un fils1 enfant maladif qui1 c>ess et gt p> ,frdric1 s'prit d'am\r p\r le faucon1 tomba malade1 et1 dj m\rant1 dem&a l'oiseau sa mre4 ,celle-ci1 oubliant ses dda9s1 se r5d la mtairie o elle s'invite djeun]4 ,hlas6 il ne re/ait ri5 au logis1 pas un gteau1 pas un fruit4 ,frdric met /oquem5t la bro*e le faucon4 ,le repas f9i1 la veuve prs5te sa requte3 ,s\ffrez sans plus que cette tri/e mre1 ,aimant d'am\r la *ose la plus *re ,que jamais femme au monde puisse avoir1 ,son fils unique1 son unique esprance1 ,s'en vi5ne au mo9s acquitt] du devoir ,de la nature4444444444 ,hlas6 reprit l'amant in=tun1 ,l'oiseau n'e/ plus3 v\s en avez dn6 ,l'oiseau n'e/ plus6 dit la veuve confuse4 ,non6 reprit-il1 plt au ciel v\s avoir ,s]vi mon cur1 et qu'il et pris la place ,de ce faucon6 ,les p]sonnages *ants p> les gr&s potes de l',italie rep>aiss5t et l dans les v]s de ,la ,fonta9e3 ,armide1 ,anglique1 ,r5aud1 ,alc9e2 et p>fois un cri passionn ou pla9tif1 ou quelque aveu mlancolique rappelle la s5tim5talit pr(onde des mridionaux3 ,ah6 si mon cur encor osait se r5flamm]6 ,ne s5tirai-je plus de *>me qui m'arrte8 ,ai-je pass le temps d'aim]8 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 ,aimez1 aimez1 t\t le re/e n'e/ ri54 ,ou bi5 encore1 telle pe9ture d'un *>me exquis n\s donne comme la vision d'une fresque ari5ne du ,corrge1 endormie au plafond de quelque vieux palais de ,p>me ou de ,mant\e3 ,p> de calmes vapeurs mollem5t s\t5ue1 ,la tte sur son bras1 et son bras sur la nue1 ,laissant tomb] des fleurs et ne les semant pas4 ,,iv ,la ,fonta9e1 dit en ses ,mmoires ,l\is ,rac9e1 ne p>lait jamais1 ou ne v\lait p>l] que de ,platon4 ,il en avait annot les dialogues *aque page2 il en g>dait *ez lui le bu/e de t]re cuite4 ,un j\r1 selon le prsid5t ,b\hi]1 il l\ait ,platon devant une p]sonne qui dem&a si c'tait un bon raisonneur4--,oh6 vraim5t non1 rpondit le fabuli/e1 mais il s'exprime d'une manire si agrable1 il fait des descriptions si m]veilleuses qu'on ne peut le lire sans tre en*ant4 ,c'tait donc le pote qu'il aimait en ,platon4 ,c'e/ gr& dommage qu'au lieu du ,dies ir1 il n'ait po9t traduit1 en prose1 seulem5t le ,banquet et le ,phdon4 ,bi5 qu'il ne ft ni philosophe1 ni platonique1 il tait de ces criva9s qui1 suivant le mot de ,sa9te-,beuve1 ont fait le voyage de ,grce4 ,on les reconnat t\j\rs1 je ne sais quel t\r noble1 je ne sais quelle =me dlicate de l'imag9ation1 la puret de la langue1 la f9esse de l'ironie4 ,on *]*e sur leur front la c\ronne de violettes et les b&elettes des convives d',aga?on4 ,c]tes1 si l'on s\pe *ez les morts1 ,la ,fonta9e doit tre admis1 dans cette compagnie de sages aimables1 des entreti5s qu'il ne compr5d qu' demi qu& p>le ,socrate1 mais dont il gte la grce qu& ,ari/ophane ou ,alcibiade a repris la p>ole4 ,c> il n'a pas les ailes assez =tes p\r s'lev] aux sublimes hauteurs de la sagesse grecque3 s'il e/ attique1 c'e/ p> t\tes sortes de qualits tempres1 p> l'veil et la srnit de l'esprit1 p> le s\rire4 ,il n'a po9t l'me assez *a/e p\r tre un vritable fidle de ,platon1 ni assez hroque p\r entr] dans la famille /oci5ne4 ,il e/ mieux sa place s\s les olivi]s du j>d9 d'picure qu' l'ombre des platanes de l',acadmie4 ,c'e/ un picuri5 qui a crit ces v]s3 ,volupt6 volupt6 toi qui fus la matresse ,du plus bel esprit de la ,grce1 ,ne me ddaigne pas3 vi5s-t'en log] *ez moi2 ,tu n'y s]as po9t sans emploi4 ,j'aime le jeu1 les v]s1 les livres1 la musique1 ,la ville1 la campagne44444 ,c'e/ ,lucrce encore qui inspira cette maxime3 ,la mort avait raison6 je v\drais qu' cet ge ,on sortt de la vie a9si que d'un banquet1 ,rem]ciant son hte1 et qu'on ft son paquet2 ,c> de combi5 peut-on ret>d] le voyage8 ,il faut t\j\rs1 qu& on p>le des ,grecs1 rev5ir leur sculpture1 leur art p> excell5ce4 ,la ,fonta9e confesse1 dans ses ,contes1 que ce n'e/ pas la gr&e ,vnus cle/e de ,phidias qu'il et adore1 mais une autre beauc\p mo9s svre1 que l'on voit encore au muse des antiques de ,naples3 444 ,c'et t le temple de la ,grce ,p\r qui j'eusse eu plus de dvotion4 ,il dta*e donc d',a?ne ou d',anacron des bas-reliefs spirituels1 d'une fantaisie riante1 d'un trait simple comme celui des pi]res graves2 il pr5d ,ptrone le sujet grec de la ,matrone d',ephse2 il int]prte d'une faon familire la belle hi/oire de ,psy*4 ,son *ef-d'uvre1 en ce g5re1 fut l',am\r m\ill3 ,il pleuvait =t cette nuit3 ,le v5t1 la pluie et l'orage ,contre l'enfant faisai5t rage4 ,ouvrez1 dit-il1 je suis nu4 ,la ,fonta9e ouvrit sa porte l'enfant1 et fit bi54 ,ce passant de nuit1 battu p> la tempte1 qui s'arrtait au seuil du pote1 n'tait plus l',am\r t]nel1 l'an des dieux1 contempora9 du ,*aos1 que *antai5t ,hsiode et ,p>mnide3 il n'tait pas davantage le symbole de l'art augu/e que la ,france du dix-septime sicle s'ef=ait de reproduire4 ,ce petit1 tremp de pluie1 mal9 et moqueur1 et si curieux du plaisir1 p\vait se r*auff] au foy] du fabuli/e et appuy] sa tte blonde et rieuse sur l'paule du bonhomme3 ce ,b5jam9 de l',olympe apportait son hte1 p\r le pay] de ses so9s1 l'inspiration aimable d'une ,grce mo9s sublime1 mais plus sduisante que celle de ,rac9e2 il p\vait1 et sans tonnem5t1 s'endormir dans ses bras1 b]c1 comme p> une lg5de mat]nelle1 du rcit des vieilles fables franaises1 des contes de ,boccace et des romans de l',ario/e4 ,,le ,,palais ,,pontifical ,,et ,,le ,,g\v]nem5t ,,int,,rieur ,,de ,,rome ,m4 ,b]tolotti et ses confrres de l',ar*ivio ,/orico de ,rome ont fait de bi5 curieuses dc\v]tes dans les docum5ts1 si longtemps 9dits1 o tait ensevelie l'hi/oire intime du ,sa9t-,sige et de la ville t]nelle4 ,ils n\s p]mett5t a9si de pntr] avec eux dans les c\lisses de la gr&e hi/oire1 dlassem5t si =t gt p> les esprits du temps prs5t4 ,ils n\s dvoil5t l'env]s des spl5deurs pontificales4 ,ce n'e/ po9t une uvre voltairi5ne ou de polmique passionne qu'ils accompliss5t1 mais d'rudits et d'hi/ori5s consci5cieux3 les rsultats de leurs travaux ne modifi]ont pas d'une faon s5sible les jugem5ts gnraux ports sur les papes des d]ni]s sicles p> ,lopold de ,ranke et ,gregorovius2 ils en confirm5t s+ulirem5t les vues dom9antes p> de prcieux dtails sur la vie prive ou l'adm9i/ration intrieure des pontifes4 ,non1 l'glise roma9e n'a t ni en dehors ni au-dessus de l'humanit4 ,rome ne fut po9t une ar*e my/ique leve sur la *rti5t4 c>tez le voile de p\rpre de ce tab]nacle3 v\s y tr\v]ez des faiblesses innoc5tes1 des passions dang]euses1 l'orgueil et les dures pratiques des anci5s rgimes1 du temps o l'op9ion publique tait mprise1 o l'autorit n'tait po9t gnreuse1 o le privilge outrageait le droit4 ,i ,i ,papi e le ,be/ie4 ,les ,papes et les ,btes r>es1 *apitre piquant extrait p> ,m4 ,b]tolotti des regi/res de dp5ses du ,vatican4 ,au ,x,ve sicle1 ce sont les p]roquets et les oiseaux extraord9aires qui amus5t les loisirs du sa9t ,pre4 ,qu& ,m>t9 ,v ,colonna voyageait1 il confiait deux (fici]s la g>de de son favori3 #ae m>s #adah4 ,payez un flor9 d'or ,pietro ,/oyss et ,giovanni ,holz5got1 qui port5t le ,p]roquet de ,notre-,seigneur avec sa cage4 ,l'aimable ,pie ,,ii ,piccolom9i1 le lettr dlicat1 devait appr5dre son p]roquet des v]s lat9s4 #bj avril #adfb4 ,c9q ducats pays p> ordre de ,sa ,sa9tet matre ,gia*etto1 g\v]neur du ,p]roquet4 #d dcembre #adfb4 ,c9q gros1 donns ,gabazzo1 p\r l'a*at d'une t(fe de/9e c\vrir le ,p]roquet4 #ag dcembre #adfb4 ,trois cus et demi ,dom5ico1 de ,flor5ce1 matre m5uisi]1 p\r a*et] des plan*es et des cl\s de/9s rp>] la cage des oiseaux1 qui e/ ,sa9t-,pi]re4 ,ce ,papagallo pontifical aurait-il inspir ,rabelais le nom et le my! du ,papegaut1 qui1 t\t somnol5t dans sa cage1 accompagn de deux petits ,c>d+aux et de six gros et gras ,evesgaux1 fait tomb] ,panurge en contemplation vhm5te8 ,mais1 dit ,pantagruel1 faictes n\s icy quelque peu ,papegaut *ant]1 af9 qu'oyons son h>monie4--,il ne *ante1 respondit ditue1 qu' ses j\rs1 et ne mange qu' ses heures4--,non fay-je1 dit ,panurge2 mais t\tes les heures sont mi5nes4 ,allons doncques boire d'autant4 ,pie ,,ii entret5ait aussi des c]fs1 ,sixte ,,iv un p]roquet et un aigle qui mangeait *aque j\r p\r deux baoques de vi&e4 ,lon ,x1 pape trs magnifique1 avait des lions et un lop>d4 #bf octobre #aeac4 ,payez ,francesco de ,f]r>e1 g>di5 du lop>d de ,notre ,trs-,sa9t-,seigneur1 dix ducats d'or1 savoir six p\r les dp5ses du lop>d1 et quatre p\r un mois de traitem5t au g>di54 #b octobre #aeaf1 la ,sa9tet de ,notre-,seigneur donne dix gr&s ducats d'or l'homme qui a m5 les lions de ,flor5ce ,rome4 #bi ju9 #aeag1 aux ,hongrois des ours1 dix-huit ducats4 ,aprs les ours1 les beaux-arts3 ,plus1 ce #a;er juillet1 v+t ducats aux lves de ,raphal d',urb91 qui ont pe9t la *ambre vois9e de la g>de-robe4 ,autres comptes relatifs la ,magliana1 villa et pavillon de *asse du pape3 #ag avril #aeag1 quatre ducats celui qui a retr\v le *i5 ,set9o4 #ae mai #aeag1 neuf jules p\r une cage du rossignol4 #g aot #aeag1 qu>ante ducats l'oiseleur flor5t9 qui a apport les ortolans de ,flor5ce4 #cj mai #aeah1 au ,rvr5d c>d9al d',urs91 p\r envoy] pr5dre des faucons ,c&ie1 deux c5ts ducats4 #a;er ju9 #aeah1 l'homme qui a prs5t les g]fauts1 qu>ante ducats4 #b octobre #aeah1 deux ducats et quatre jules p\r seize p]drix vivantes4 #ac octobre #aeah1 deux e/afi]s qui ont pris un c]f1 quatre ducats4 ,s\s ,paul ,,iii ,f>nse1 le t]rible pape du portrait de ,titi53 #bf mai #aeda1 au j>d9i] ,luc]ta1 p\r l'a*at d'une *vre qui allait]a les faons donns ,sa ,sa9tet1 un cu c9q baoques4 ,puis ce sont les aut\rs1 les faucons1 les p]vi]s p\r la *asse aux cailles1 les cl\s dors p\r f]r] ,falbetta1 mule de ,notre-,seigneur1 des cailles vivantes1 les f\rnitures de *asse4 ,les p*eurs d'hommes tai5t dev5us de gr&s *asseurs devant l't]nel2 mais1 t&is qu'ils c\rai5t le c]f ou le r5>d dans l'pre ds]t de ,corneto1 la *rti5t *ancelait p]due et la tunique sans c\ture se d*irait lam5tablem5t4 ,l'glise ne trav]sait pas alors une priode d'asctisme1 et ,qu>esmepr5ant n'tait po9t le gr& matre de la salle pontificale4 ,les regi/res des sa9tes cuis9es euss5t fait pleur] de t5dresse frre ,jean des ,entommeures4 ,pie ,,ii fut g\rm& comme le sont en gnral les lettrs1 et dp5sa p\r sa table plus qu'aucun pape du ,x,ve sicle1 plus de deux mille ducats1 plus de huit mille francs p> mois4 ,le *apon tait son rt favori2 les pauvres btes entrai5t p> tr\pe au ,vatican4 ,n\s lisons la note suivante3 ,p\r un *apon gros et gras de/9 ,notre-,seigneur1 tr5te-six bolonais 7baoques74 ,presque *aque j\r on lui s]vait un fromage de buffle1 mais il gtait =t aussi le p>mesan4 ,le faisan1 la p]drix1 le pigeon1 le sangli]1 les pts succul5ts *>mai5t son apptit2 trois pts p\r ,notre-,seigneur1 dit le regi/re4 ,on a*etait p\r lui des quantits abondantes de v9s des diffr5ts crus d',italie2 mais il les dgu/ait lui-mme avant de conclure le m>*4 ,le #ah octobre #adfj1 il fulm9a1 lui si d\x1 l'ana?me contre ,grgoire d',hemb\rg1 l'un des plus gr&s esprits de l',allemagne1 prcurseur de ,lu!r4 ,la veille1 il avait dn d'une p\l>de la m\t>de et au poivre2 le j\r de l'excommunication1--qui n'tait po9t j\r de jene1--il avait dn de deux paires de t\rt]elles et de deux *apons accompagns de jambon4 ,le l5dema9 on lui s]vit quatre grives grasses4 ,l'hrsie naissante ne lui tr\blait pas la dige/ion4 ,paul ,,ii1 pape vniti51 ne dp5sait gure que #ejj ducats p> mois p\r sa table4 ,il se n\rrissait surt\t de foie de porc 7pro fegato de por*o p] no/ro ,signore71 de saucisses1 de b\d9s et de tripes2 le *apon semble en disgrce s\s ce pontificat2 les al\ettes1 les grives et les cailles sont plus en faveur2 p\r les j\rs maigres1 on prp>e au pape des monceaux de poissons de m]4 ,en novembre #adfd1 la dp5se ne monta qu' #cig ducats1 y compris le fe/9 s]vi ,sa9t-,jean de ,latran1 t\s les seigneurs c>d9aux1 t\s les ambassadeurs et seigneurs nobles qui tai5t la ,c\r4 ,ce banquet ne cota que #abf ducats4 ,ce pape tait conome4 ,il se cont5tait d'un petit v9 moscatello qui cotait sept s\s la cru*e4 ,mais il t\rm5tait les platonici5s et j'aime mieux ,pie ,,ii4 ,sixte ,,iv1 fils d'un bateli] de ,savone et anci5 mo9e m5diant1 n'e/ po9t un raff94 ,vi&e de veau1 de va*e1 de m\ton1 de *evreau et p\les1 tel e/ son ord9aire2 le luxe e/ p\r les v9s4 ,aid p> les bons mo9es de son ordre1 qui devai5t f\rmill] aut\r de lui1 il dp5se jusqu' #ijj ducats p> mois4 ,a la ,nol de #adhb1 il fait *acun des ambassadeurs d',espagne1 de ,gnes1 de ,milan1 de ,si5ne1 de ,v5ise et de ,naples1 le r>e prs5t d'un veau du prix de #aj francs4 ,le vieil ,alex&re ,,vi1 l',espagnol dont ,giulia ,f>nse adolesc5te exaspre les s5s1 re*]*e les pices brlantes3 poivre1 g+embre1 cannelle1 noix muscade1 safran1 cum91 anis1 rais9 sec1 sauces aromatiques1 m\t>de2 aj\tez les salaisons cres3 s>d9es1 an*ois1 saucisses bi5 pim5tes2 p\r te9dre l'inc5die du gosi] pontifical1 d\ze ou qu9ze v9s de crus prcieux3 v9s de ,corse1 de ,grce1 de ,sicile1 d',espagne4 ,la dp5se monte en c]ta9s mois quatre mille ducats4 ,a la ,sa9t-,anto9e1 le pape envoyait des quantits de cire l'glise du ,?aumaturge1 p\r la sant de ses *evaux1 haqu5es et mules2 ,nol et ,pques1 il envoyait *aque c>d9al un veau et deux *evreaux1 sans compt] les agneaux bnits de sa ma9 apo/olique et des pani]s d'ufs4 ,en #aeja1 il donna dn] aux c>d9aux qui l'avai5t assi/ dans les fonctions pascales1 et leur fit s]vir une t\rte mon/rueuse1 t\te dore4 ,c'tait le temps des dorures4 ,dans une masc>ade de ,laur5t le ,magnifique1 on dora des pi$s la tte un petit g>on qui p>ut une m]veille1 et qui en m\rut4 ,la veille de sa mort f\droyante1 un v5dr$i1 ,alex&re mangea des ufs1 des lang\/es1 des citr\illes au poivre1 des confitures1 des prunes1 une t\rte enveloppe de feuilles d'or4 ,m4 ,b]tolotti aj\te3 et ct]a4 ,sans d\te1 il ne b pas1 ce j\r-l1 de l'eau claire4 ,et l'on tait au mois d'aot1 si n]vant ,rome4 ,la =tune1 qui le rs]vait au poison1 le prs]va de l'indige/ion4 ,s'il tait mort sur sa t\rte dore1 frapp d'apoplexie1 ,cs> qui1 le l5dema91 devait si malheureusem5t gt] au v9 rs]v1 et mis sur l'glise sa ma9 de condottire impud5t1 et la *rti5t et assi/ une incomp>able av5ture4 ,cep5dant le peuple roma9 jenait bi5 son aise1 t\t le long de l'anne1 en rvant au p>adis4 ,on lui jetait un pa9 horrible1 noir1 sans sub/ance1 tel que celui dont se n\rriss5t encore auj\rd'hui les misrables paysans de la ,basilicate et de la ,p\ille4 ,au mo9s1 s'il avait pu prs5t] sa pagnotta aux bonnes odeurs qui montai5t des pr(ondeurs des cuis9es papales et se p]dai5t du ct du ciel6 ,mais la supplique suivante1 adresse en #afjg ,paul ,v1 montre quel po9t il tait dang]eux d'tal] cette misre aux yeux du vicaire de ,jsus-,*ri/3 ,trs bi5heureux ,pre1 ,le pauvre et malheureux ,&ra ,negri1 ,flor5t91 indigne de la grce de ,votre ,sa9tet1 le j\r de ,sa9t-,pi]re1 comme ,votre ,sa9tet passait prs de la ,rotonde1 lui a montr deux pa9s1 sans p5s] lui faire injure1 mais aveugl p> le dmon4 ,il croyait que ,votre ,batitude ne savait pas de quelle faon on vit ,rome4 ,sur-le-*amp1 p> ordre de ,monseigneur le ,g\v]neur de ,rome1 il a t arrt1 s\mis au supplice de la corde1 puis exil de l'tat ecclsia/ique1 selon le bon plaisir de ,votre ,sa9tet4 ,auj\rd'hui1 le pauvre misrable se tr\ve infirme1 hors de ce royaume1 ayant ,rome un enfant1 et sa femme ence9te2 la malheureuse endure bi5 des misres1 n'ayant pas de quoi vivre4 ,il supplie donc ,votre ,batitude1 p> les entrailles de ,n4-,s4 ,jsus-,*ri/1 qu'elle ait piti de cette famille en dtresse et de sa gr&e pauvret1 qu'elle lui p>donne son g>em5t1 et le relve de son long exil1 ce qui s]a une uvre de misricorde2 en outre1 il ne manqu]a pas de pri] sans cesse le ,seigneur ,dieu p\r la longue et heureuse vie de ,votre ,sa9tet3 ,quam ,deus444 7,a ,monseigneur le ,g\v]neur1 af9 qu'il en p>le ,notre-,seigneur47 ,mais ,paul ,v ,borghse difiait la faade pompeuse de ,sa9t-,pi]re1 et la fam9e p\vait s]vir son ar*itecture4 ,pontife svre1 trs rig\reux et inexorable en fait de ju/ice1 crit un ambassadeur vniti54 ,je cra9s =t qu',&rea ,negri n'ait langui dans l'exil jusqu'au pontificat de ,grgoire ,,xv4 ,une anecdote rapporte p> ,ranke sur ce pape1 rappelle la duret des emp]eurs roma9s4 ,un pauvre diable d'criva91 ,picc9>di1 avait compos dans sa solitude une biographie sur ,clm5t ,,viii1 prdcesseur de ,paul1 et l'avait comp> ,tibre4 ,puis1 il avait ca* dans sa maison l'innoc5t manuscrit4 ,une s]vante droba celui-ci et le fit livr] au pape4 ,quelques p]sonnes influ5tes1 des ambassadeurs mme1 rpondai5t de ,picc9>di4 ,paul ,v les rassura p> la bonhomie indiffr5te avec laquelle il p>lait de l'ouvrage4 ,un beau mat91 on m5a l'hi/ori5 de ,clm5t ,,viii au pont ,sa9t-,ange et on lui c\pa la tte1 sans jugem5t4 ,cette populace qui meurt de faim et que l'on repat de spectacles sanglants1 effraye p> sa brutalit f>\*e les bonnes g5s qui aim5t la paix4 ,la sassaiola1 la lutte c\ps de pi]res1 r5dait c]ta9s qu>ti]s de ,rome extrmem5t dang]eux4 ,un dnonciateur1 prudemm5t c\v]t du masque de l'anonyme1 in=me1 en #afja1 ,sa ,batitude1 que les j\rs de fte1 c'e/--dire t\s les diman*es au mo9s1 quatre ou c9q c5ts jeunes g5s p>tags en deux camps1 au lieu d'all] l'(fice div91 ou mme d'ent5dre la messe1 se batt5t c\ps de pi]res dans le ,campo-,vacc9o et aux environs4 ,ils se qualifi5t ,espagnols ou ,franais1 habitants des ,monti ou du ,tran/vre1 se font des prisonni]s p\r le ra*at desquels ils exig5t une ranon qu'ils vont ensuite j\] et boire l'o/]ia1 mais bi5 des blesss re/5t sur le *amp de bataille1 la tte f5due2 les sbires n'y pr5n5t po9t g>de et dis5t qu'ils n'ont ri5 y gagn] que des pi]res videmm5t1 et ce sc&ale va croissant4 ,les trang]s en sont indigns et aussi les hrtiques1 et bi5tt on ne p\rra plus pass] ni dans les rues ni sur les places les j\rs de fte2 les glises s]ont inaccessibles2 que ,sa ,sa9tet pr5ne donc la rsolution qui p>atra la plus conv5able son trs pr(ond jugem5t4 ,c'tait la ,rome de ,callot et de ,piranesi1 pittoresque et sauvage4 ,jusqu' l'poque de ,*ateaubri&1 le ,colise tait un repaire o les voleurs faisai5t bon mnage avec les *i5s vagabonds4 ,j'ai s\v5t obs]v1 jadis1 au crpuscule1 entre l'arc de ,titus et l'arc de ,con/ant91 des p]sonnages patibulaires qui1 munis *acun d'une poigne de paille ou d'un sac1 se glissai5t furtivem5t1 la faveur des premires ombres1 comme des reptiles1 dans les tr\s des ru9es4 ,les re*]*es ar*ologiques et une police plus rgulire ont quelque peu drang ces c>rires d',amrique4 ,les gueux recul5t devant l'ordre de cette ville trange dont le *>me s'van\it mesure que la civilisation mod]ne s'y tablit4 ,quelques caill\x lancs a et l p> deux ou trois monelli rappell5t faiblem5t la sassaiola gr&iose du ,x,v,i,ie sicle4 ,c'tait le bon temps p\r les arti/es4 ,quelques-uns le regrett5t1 et je n'affirme pas qu'ils ai5t tort4 ,,ii ,mais voici bi5 d'autres misres4 ,les juifs et les musulmans tai5t-ils des hommes semblables aux autres fils d',adam8 ,le ,sa9t-,sige n'en tait pas trs sr et il les mettait sans piti en dehors de la loi civile et de l'humanit4 ,nagure cep5dant1 en ,avignon1 les povres juifs1 crivait ,froiss>d1 ars et escacs 7*asss7 p> t\t le monde1 except en t]re d',eglise1 dess\s les clefs du pape1 s'tai5t vus protgs contre l',inquisition p> nos graves et d\x pontifes franais4 ,le ,comtat-,v5aiss9 fut1 p5dant soixante ans1 p\r les fils d',isral une t]re promise trop tt p]due4 ,les sa9tes clefs1 qui les avai5t abrits sur les bords du ,rhne1 leur donn]ont dsormais1 ,rome1 des c\ps bi5 rudes4 ,l'hi/oire de la juiv]ie roma9e e/ encore crire3 ce s]a un tri/e *apitre dans l'hi/oire de l',occid5t *rti54 ,gregorovius1 en f9issant son livre sur le ,ghetto et les ,juifs ,rome1 disait3 ,une hi/oire du ,ghetto roma9 p\rrait clair] ple9em5t le dveloppem5t successif du *ri/ianisme ,rome1 et contribu]ait s+ulirem5t complt] l'hi/oire gnrale de la civilisation4 ,il faudrait remont] au temps mme de sa9t ,paul1 l'arrive furtive de ces familles vagabondes v5ues de ,pale/9e1 et accueillies avec t5dresse dans les plus misrables qu>ti]s de la ,rome impriale1 p> leurs frres si timides et si rapaces1 dont ,horace s'tait moqu4 ,la paix ne dura gure1 dans le se9 de la famille d',abraham3 une "q b>oque1 celle de la circoncision1 divisa bi5tt la synagogue en deux p>tis irrconciliables4 ,v]s la f9 du premi] sicle1 qu& la police des emp]eurs ne di/+uait pas encore clairem5t les juifs des *rti5s1 ces deux gr\pes religieux tai5t dj sp>s l'un de l'autre p> un abme4 ,le j\r o les *rti5s entrr5t en matres dans l'tat1 le vieil ,isral dut c\rb] la tte s\s un j\g t]rible4 ,on ne saura jamais de quelles humiliations il fut abreuv1 quel dur s]vage il fut condamn4 ,m4 ,b]tolotti a publi1 dans l',ar*ivio de ,rome1 quelques textes =t curieux1 de/9s tre comme un fondem5t premi] de l'hi/oire que s\haitait ,gregorovius4 ,ils se rapport5t aux seizime1 dix-septime et dix-huitime sicles4 ,si ces docum5ts peuv5t consol] l-bas1 aux bords du ,danube bleu1 sup] flum9a ,babylonis1 la po/rit mlancolique de ,jacob1 je n'aurai po9t p]du mon temps en traduisant les dc\v]tes de ,m4 ,b]tolotti4 ,,iii ,n\s sommes au #bc m>s #aegc1 un an et c9q mois avant la ,sa9t-,b>?lemy4 ,la ,r5aissance paenne a gt le tr\peau roma9 du ,pa/or t]nus2 dans la moiti de l',europe1 la r=me prote/ante a disp]s les brebis4 ,l'glise1 au concile de ,tr5te1 a fait un imm5se ef=t p\r rtablir sa primaut spirituelle3 les livres1 la sci5ce1 t\tes les lib]ts de la p5se la t\rm5t5t4 ,mais dans ce ,ghetto empe/ que noi5t les br\ill>ds du ,tibre1 il y a des rabb9s1 des docteurs qui expliqu5t la ,bible1 dev5ue1 depuis ,lu!r1 la gr&e angoisse de ,rome4 ,il faut t\t prix emp*] que les *rti5s ne t\*5t cette corruption4 ,et l'on publie dans la ville l'dit suivant3 ,le rvr5dissime ,mgr ,monti ,val5zi1 protonotaire apo/olique et g\v]neur gnral1 cam]l+ue de cette noble cit et de son di/rict1 p> ordre exprs de ,notre-,seigneur1 fait savoir t\te p]sonne quelconque1 de t\t tat1 classe et condition1 qui n'a ri5 faire la place des juifs1 ni aut\r du ,ghetto des juifs1 qu'elle doit sur-le-*amp et sans aucun ret>d se retir]1 s\s pe9e de la p5daison 7sotto p5a della =ca71 laquelle on procd]a sans rmission4 ,donn au palais de la rsid5ce ord9aire dudit ,monseigneur rvr5dissime g\v]neur1 cej\rd'hui #bc m>s #aegc4 ,m4 ,,val541 g\v]n4 ,moi1 ,v9c5t1 trompette1 j'ai proclam l$it ban aut\r de l'ence9te et du qu>ti] f]m 7,s]aglio7 des juifs cej\rd'hui #bc m>s #aegc4 ,en #aeib1 le pape1 af9 d'entrav] les relations entre juifs et *rti5s1 dcrte les prohibitions suivantes3 ,df5se aux hbreux de laiss] entr] des trang]s dans leurs synagogues1 s\s pe9e de #ej cus d'am5de2 ,d'entr] dans les maisons prives des *rti5s1 except des juges1 avocats1 procureurs1 notaires1 s\s pe9e de #ej cus1 et du f\et p\r les femmes2 ,de recevoir des *rti5s aprs les v+t-quatre heures 7 la nuit72 ,de boire et de mang] avec les *rti5s1 s9on en voyage2 ,de v5dre de la vi&e et du pa9 azyme aux *rti5s2 ,de faire tu] les btes de b\*]ie p> des *rti5s2 ,d'enseign] aux *rti5s l'hbreu1 *ant]1 dans]1 faire de la musique1 ou quelque art que ce soit1 ou de recevoir des leons des *rti5s1 s\s pe9e de #aj cus p\r *acune des deux p>ties4 ,s'ils enseign5t des en*antem5ts1 des sup]/itions1 la div9ation1 ils enc\rront ipso facto la pe9e du f\et1 des galres et autres *tim5ts arbitraires4 ,df5se aux juifs d'ex]c] la div9ation1 ou de prdire1 soit p\r le pass1 soit p\r l'av5ir1 p> exemple l'occasion de vols commis ou d'autres *oses semblables4 ,pe9e3 le f\et1 les galres et autres *tim5ts lgaux1 tant p\r le dev9 que p\r celui qui l'a consult4 ,df5se d'employ] des dome/iques *rti5s1 d'all] aux tuves et *ez les b>bi]s des *rti5s2 de lav] dans le ,tibre1 s9on le long du ,ghetto2 de se s]vir de sages-femmes et de n\rrices *rti5nes2 de soign] ou de mdicam5t] les *rti5s2 d'avoir des *rti5s p\r tuteurs1 excuteurs te/am5taires ou curateurs2 de prt] de l'arg5t ou d'en promettre aux *rti5s1 hommes ou femmes2 enf91 de j\] avec les *rti5s4 ,ils doiv5t port] bi5 app>5t un signe jaune au *apeau1 et les femmes ne doiv5t pas ca*] ce signe s\s un m\*oir4 ,il leur e/ int]dit de trafiqu] des ,agnus ,dei1 des reliques1 des brviaires1 des missels1 des ornem5ts d'glise4 ,le soir1 la tombe de la nuit1 ils sont a/re9ts r5tr] t\s au ,ghetto1 d'o ils ne p\rront sortir avant le ple9 j\r1 s\s pe9e de #ej cus et de trois t\rnes de corde p\r les hommes et du f\et p\r les femmes4 ,en #afjc1 n\veau rglem5t p\r la clture du ,ghetto4 ,le porti] commis p> le c>d9al-vicaire f]m]a les c9q portes la premire heure de nuit1 de ,pques la ,t\ssa9t1 deux heures1 le re/e de l'anne 7sept heures du soir1 en hiv]74 ,les portes une fois closes1 le porti] ne les ouvrira1 jusqu' trois heures de nuit en t1 et jusqu' c9q en hiv]1 qu'aux juifs re/s dehors p\r cause ju/e et ncessaire1 et munis d'une police dlivre p> un juge ord9aire ou t\te autre p]sonne connue1 honorable et digne de foi2 ces polices s]ont prises p> le porti] et remises p> lui au notaire pontifical4 ,au del du dlai lgal1 le porti] ne laiss]a plus entr] que les juifs trang]s arrivant ,rome la nuit2 il pr5dra leurs noms4 ,en cas de ncessit1 rixes1 ent]rem5ts1 le porti] laisse sortir1 mais accompagne au dehors les juifs1 aprs les avoir compts au d"p2 il les compte de n\veau au ret\r1 et ds le mat9 il dnonce au notaire pontifical les noms et prnoms4 ,les juifs qui t5t]ont de r5tr] en fraude1 p> quelque porte p>ticulire ou quelque f5tre1 recevront trois t\rnes de corde4 ,quiconque1 juif ou *rti51 (frira de l'arg5t au porti] p\r enfre9dre le rglem5t1 s]a flagell et pai]a #aj cus1 dont la moiti p\r le dnonciateur4 ,f\ett] les femmes et les enfants1 *>p] les hommes1 c'e/ bi52 conv]tir1 p> la =ce ou p> la sduction1 une race maudite1 c'e/ mieux encore4 ,le petit ,mort>a n'a t que la f9 d'une longue tradition apo/olique4 ,le ,ghetto vit jadis des scnes extraord9aires1 dont tmoigne la supplique d'un malheureux1 ,sabato d',alatri1 emprisonn la suite d'une meute religieuse3 les juifs1 voyant un j\r entran] trav]s leurs rues une jeune fille que les sbires m5ai5t en prison s\s prtexte qu'elle v\lait se faire *rti5ne1 avai5t jet des pi]res de leurs f5tres la police pontificale2 tr5te d'entre eux avai5t t arrts1 int]rogs1 puis remis en lib]t2 ,sabato seul a t ret5u2 il se prt5d innoc5t1 aj\te que l'affaire e/ trs anci5ne1 et qu'il e/ *>g de famille 7#afde74 ,rub9o de ,cavi rclame son fils ,isral1 un enfant de qu9ze ans1 qui1 aprs avoir t p]scut p5dant six sema9es p> des *rti5s p\r qu'il embrasst la religion ca?olique1 aprs avoir p>u cons5tir1 refusa t\t d'un c\p1 et1 le j\r mme1 fut emm5 p> les sbires1 malgr ses cris1 aux cat*umnes1 puis la prison2 la loi v\lait que1 p\r un cas p>eil1 le juif ft dt5u qu>ante j\rs s\s les sa9ts v]r\s4 ,le pauvre ,rub9o fait obs]v] que le dlai e/ expir1 et prie que l'enfant lui soit r5du 7#affb74 ,mais ceux-ci1 des juifs au cur lg]1 que le bagne ennuie1 criv5t en ces t]mes au pape3 ,bi5heureux ,pre1 ,dans les galres de ,votre ,batitude se tr\v5t quatre hbreux condamns p\r diffr5ts dlits ram] temps sur lesdites galres2 t\s les quatre ils se sont conv]tis la foi *rti5ne1 ils suppli5t votre ,sa9tet de daign] leur enlev] une anne de leur condamnation sur deux1 af9 que1 p> cette grce1 ils puiss5t plus tt et avec plus de f]veur s]vir ,notre-,seigneur ,dieu2 outre que beauc\p d'hbreux1 voyant s'accomplir une telle grce1 se f]ont eux aussi *rti5s 7#afjg74 ,quatre galri5s tai5t une maigre auba9e4 ,ces nophytes en bonnet jaune promettai5t bi5 t\rdim5t la conv]sion de leurs frres4 ,je suppose qu' leur ret\r dans la ville t]nelle1 ils ne se sont pas empresss de pr*] la bonne n\velle au ,ghetto4 videmm5t1 le m>tyre de sa9t ti5ne ne les a po9t t5ts4 ,les juifs dt5us p\r dettes dans la prison du ,sa9t-,sige n'tai5t po9t sur un lit de roses4 ,c]ta9s dignitaires ecclsia/iques1 dont la *>ge tait de veill] au rgime des prisonni]s1 les laissai5t m\rir de faim2 d'autres1 plus huma9s1 les n\rrissai5t4 ,la communaut hbraque sur laquelle retombait1 dans le premi] cas1 le so9 d'entret5ir les malheureux1 rclama en #afbj1 au nom du droit naturel1 af9 que l'on donnt aux prisonni]s les alim5ts que les hbreux accord5t aux *rti5s et accord]ai5t aux b>b>es et aux infidles4 ,une congrgation fut t5ue propos de cette requte4 ,neuf voix rep\ssr5t la prire des juifs2 trois seulem5t lui fur5t favorables4 ,dans un second mmoire du mme temps1 adress au pape1 la synagogue dvoile les fraudes de ses enfants p]dus3 ils contract5t des dettes avec plusieurs m>*&s1 l'insu l'un de l'autre1 puis ils rev5d5t les m>*&ises frauduleusem5t a*etes1 et en retir5t des c5ta9es d'cus2 avec cet arg5t1 les uns m>i5t leurs filles1 pai5t leurs dettes antrieures1 acquir5t leurs droits de proprit sur leurs maisons1 j\5t aux c>tes ou aux ds2 les autres1 s'tant fait une bonne b\rse1 s'enfui5t ,flor5ce1 ,v5ise1 ,mant\e1 ,salonique1 ,con/ant9ople2 d'autres susp5d5t malicieusem5t leurs petits paiem5ts et se font mettre en prison2 au b\t d'un mois ou plus de dt5tion1 ils ont t\te *ance d'effac] leur dette1 leurs cranci]s juifs se lassant de subv5ir leur n\rriture2 remis ds lors en lib]t1 ils recomm5c5t aussitt dup] de n\veaux m>*&s qui ignor5t leurs int5tions frauduleuses4 ,les cranci]s *rti5s1 qui gtai5t t\t aussi peu de cont5tem5t n\rrir1 dans le ,cli*y de ,rome1 ces isralites trop habiles1 sollicit5t la mme r=me1 bi5 que la sa9te commission ait dcl> ma9tes fois que les *rti5s ne doiv5t pas d'alim5ts aux juifs prisonni]s1 selon la p>ole de ,notre-,seigneur ,jsus-,*ri/3 ,non e/ bonum sum]e panem filiorum et mitt]e canibus4 ,mais le pape ordonna que l'on ft l'av5ir comme p\r le pass1 et la "q demeura en susp5s jusqu'au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,la communaut du ,ghetto fut mme condamne1 p> ,clm5t ,,xi1 n\rrir ses coreligionnaires enf]ms p\r crimes4 ,il s]ait intressant de faire le compte des vexations dont les juifs roma9s fur5t alors accabls4 ,les docum5ts dits p> ,m4 ,b]tolotti n\s en rvl5t un c]ta9 nombre4 ,a9si1 il tait df5du1 d'une faon gnrale1 t\t habitant de la ville1 d'a*et] quoi que ce ft aux p]sonnes inconnues et suspectes4 ,la mesure n'tait po9t mauvaise3 elle entravait la v5te cl&e/9e des objets vols4 ,mais on en pr(itait p\r mettre en prison les a*eteurs juifs qui1 de bonne foi1 avai5t trafiqu avec des artisans de leur connaissance1 nullem5t suspects1 mais voleurs dans le fond1 et qui refusai5t net1 avec =ce injures1 de dnonc] leur petite opration au bureau de police4 ,en #afbb1 le ,ghetto dem&e un rglem5t protecteur1 d'autant plus que1 en cette anne prs5te1 t\s les trang]s sont inconnus et peuv5t tre considrs comme suspects4 ,si quelque rixe clatait dans le qu>ti] hbraque1 les sbires1 en qute de tmo9s1 arrtai5t t\t le vois9age1 mme l'occasion de t\te petite *ute des enfants1 qui tomb5t t\te la j\rne et se font au front ou la tte quelque blessure trs lgre1 sans que p]sonne en soit la cause2 on emprisonnait1 dans cette occurr5ce1 le pre1 les vois9s et les vois9es1 puis on les int]rogeait et on les rel*ait gratis1 mais la tte bi5 lave4 ,la communaut obs]ve que c'e/ *ose ord9aire aux petits g>ons de tomb] dans la rue1 et qu'il s]ait ju/e de df5dre aux espions et aux sbires de captur] qui il leur plat1 mais seulem5t ceux qui rsi/5t l'invitation de tmoign]4 ,le signe di/9ctif que les juifs devai5t port] au *apeau tait une occasion d'avanies frqu5tes4 ,les plus timides mettai5t volonti]s le *apeau p> dessus le signe4 ,prcaution d'autru*e c&ide qui croit se r5dre invisible en ca*ant sa tte s\s son aile4 ,le visage du fils d',abraham et son allure fuyante trahissai5t le dlit4 c\tez ce placet3 ,a l'illu/rissime et rvr5dissime seigneur ,monseigneur le g\v]neur de ,rome4 ,isral de ,bologne1 hbreu1 trs dv\ plaignant de votre illu/rissime ,seigneurie1 expose humblem5t que ces j\rs passs1 l',ave ,m>ia1 il rev5ait des ,pres de ,sa9t-,b>?lemy-en-l',ile1 qui il avait port un peu de fo9 p\r gagn] le pa9 de sa famille2 r5contr p> la police1 il fut emprisonn s\s prtexte qu'il n'avait pas le signe habituel4 ,le dit plaignant fut condamn c9quante cus d'am5de2 mais il e/ si pauvre qu'il ne p\rrait pay] un quattr9o1 et puis il e/ innoc5t4 7,le signe qu'il prt5d avoir port en ce mom5t tait sans d\te dissimul avec une dang]euse habilet47 ,il a rec\rs la droite ju/ice de ,votre ,seigneurie illu/rissime1 la suppliant qu'elle daigne ordonn] qui de droit sa libration4 ,le g\v]neur fut t\* des prires d',isral4 ,il crivit au bas de la requte3 ,rescritto2 ,publice torsus1 fiat gratia de p5a4 ,en bon franais3 l'am5de e/ leve et commue en torture sur la place publique 7#afdg74 ,en #afga1 le c>d9al-vicaire int]dit aux juifs et aux juives d'all] en voiture1 et r5\velle l'ordonnance relative au signe jaune sur la tte3 *tim5t1 trois t\rnes de corde et c5t cus d'or d'am5de2 p\r les femmes et les m9eurs1 outre les c5t cus1 le f\et ou l'exil4 ,songez que cet dit froce e/ contempora9 de ,fnelon et de ,rac9e4 ,ces prlats1 f\etteurs de femmes1 crivai5t agrablem5t en v]s lat9s2 mais ils ne lisai5t plus l'vangile4 ,les bruits les plus absurdes tr\vai5t t\j\rs crance ,rome ds que les juifs en tai5t les victimes expiatoires3 enfants *rti5s assass9s1 ho/ies sa9tes lapides1 images de la madone outrages4 ,voici un mauvais frre qui accuse les g5s du ,ghetto d'avoir enlev les fleurs ent\rant la vi]ge de quelque co9 de rue1 et d'avoir lapid et bris le tableau2 on arrte d'abord t\te une f\le et le plus d'enfants possible3 ceux-ci1 mis la torture1 confess5t la pr(anation4 ,a les ent5dre1 ils aurai5t moiti dmoli la ni*e sacre2 la vrit tait que ri5 ne s'tait pass2 le pape1 int]cd1 fit ju/ice de la calomnie2 mais l'avanie avait port ses fruits1 et les pi]res dvotes pleuvai5t dans les rues de ,rome sur les paules d',isral4 ,contre ces rpr\vs1 t\tes les m*ancets semblai5t bonnes4 ,vitale de ,segni et sa femme ,troh]1 qui sont *>gs de filles et de nices1 av]tiss5t le g\v]neur qu'au pro*a9 c>naval une compagnie de m>*&s de fruits et de poissons prp>e un *> du haut duquel on cri]a des infamies contre la pauvre famille 7#afei74 ,salomon de ,tivoli a fait arrt] un *rti5 masqu en hbreu1 et portant des ornem5ts sacrs dcrits dans la ,bible2 le *rti5 a t assez vite rel*2 mais ,salomon e/ en prison1 tr\ve le temps long1 et sollicite sa lib]t4 ,elle lui fut r5due 7#aghj74 ,un juif1 bless p> un *rti51 meurt sur le *em9 de l'hpital4 ,le pre rclame le cadavre1 mais le prieur de la ,consolation exige c5t cus de ra*at1 puis traite p\r c9quante1 que la synagogue paya af9 d'vit] une meute4 ,le pape fit re/itu] l'arg5t 7#aghc74 ,qu& un juif tait assass91 le cadavre tait exam9 p> le tribunal du g\v]neur4 ,si l'autopsie tait juge ncessaire1 le prix en tait fix l'cu et c9quante baoques p\r le *irurgi51 son aide et le notaire1 plus v+t baoques p\r les sbires2 en t\t1 mo9s de neuf francs1 prix vraim5t =t d\x4 ,aussi1 en #aghd et #aghf1 le *irurgi5 et ses compres exig5t-ils t\t c\p six cus4 ,les juifs1 tondus de prs1 cri5t misricorde4 ,le *irurgi5 rpond que le cas tait extraord9aire4 ,cep5dant le g\v]neur donne1 dans les deux circon/ances1 raison aux plaignants4 ,c]tes1 les murs sont auj\rd'hui bi5 ad\cies2 le ,ghetto e/ ouv]t1 et les juifs ne sont plus p\rsuivis dans ,rome comme des btes de pe/il5ce4 ,ne croyez pas cep5dant que le prjug populaire leur concde dj le droit commun4 ,il y a quelques annes1 en ple9e nuit1 un ent]rem5t p>ti du ,ghetto *em9ait1 la lueur de quelques tor*es1 trav]s les rues les plus f>\*es de la ville2 on portait le mort hors de la porte ,sa9t-,paul1 ce misrable *amp o ceux qui fur5t le peuple de ,dieu att5d5t le gr& j\r de ju/ice et rv5t de la valle de ,josaphat4 ,au co9 de la place ,bocca della ,v]ita1 des buveurs *rti5s sifflr5t l'humble cortge qui hta le pas1 aprs quelques horions *angs entre les deux ,lois1 et disp>ut1 comme un tr\peau eff>\*1 dans cette nuit t]rible du ds]t de ,rome4 ,mais au ret\r l'affaire fut plus vive3 on se battit solidem5t1 et l'anci5 ,te/am5t allongea quelques bons c\ps au n\veau4 ,le c>d9al-vicaire1 le sa9t ,(fice et la sa9te ,rote n'avai5t plus ri5 dire sur l'av5ture4 ,mais je cra9s bi5 que les povres juifs ne pai5t encore longtemps d'assez durs intrts p\r les tr5te d5i]s t\*s p> ,judas3 le tratre a cot *] sa race4 ,,iv ,quant aux musulmans1 que les vieux docum5ts qualifi5t indi/9ctem5t de ,turcs1 leur condition tait encore plus tri/e4 ,l'esclavage leur tait rs]v1 l'esclavage la faon antique4 ,il s'agit d'abord ici des malheureux capturs en m]1 soit p> les galres pontificales1 soit p> les flottes de l',espagne ou des *evali]s de ,malte4 ,le pape1 af9 d'arm] ses navires1 a*etait les captifs au ,roi ca?olique ou la ,religion de ,malte2 il payait arg5t comptant1 ou donnait en *ange ceux de ses galri5s que quelque infirmit r5dait impropres la pnible manuvre de la *i\rme4 ,cet usage n'tait pas1 d'ailleurs1 p>ticuli] au ,sa9t-,pre3 la correspondance de ,l\is ,,xiv et de ,l\vois a montr que les *oses se passai5t de mme p\r la m>9e franaise4 ,mais ,l\is ,,xiv n'tait pas oblig de g\v]n] l'vangile la ma94 ,en #afjd1 un galri51 d'orig9e calabraise1 condamn1 en #aeie1 p\r le temps qu'il plairait 7a b5eplacito7 ,son ,excell5ce ,francesco ,aldobr&9o1 et livr l'ordre de ,malte1 contre un ,turc1 rclame sa lib]t4 ,l',excell5ce tait morte1 et son bon plaisir avait disp>u2 mais on avait crit1 p> mg>de1 sur les regi/res des *evali]s3 ,au bon plaisir du g\v]neur de ,rome1 magi/rat p]ptuel1 quel que ft son nom2 notre homme1 grce ce dtail de comptabilit1 p\vait att5dre dans les f]s jusqu'au jugem5t d]ni]4 ,le g\v]neur fit re*]*] le regi/re pontifical p\r y tr\v] le texte premi] de la s5t5ce4 ,autre msav5ture3 le ,tibre l'avait emport dans l'inondation de #aeih4 ,la cause de la p]mutation1 crit ce magi/rat1 fut que la galre de ,malte a consign un ,turc p> *rti54 ,le plaignant ne fut r5du la lib]t qu'en #afjh4 ,voici un billet autographe d',innoc5t ,x1 du #h juillet #afde1 qui con/ate le dtail de cette b>b>e opration3 ,a ,mgr ,lor5zo ,raggi1 notre trsori]-gnral4 ,n\s avons ordonn au pr9ce ,nicolo ,ludovisio1 gnral de nos galres1 de les p\rvoir de c5t esclaves turcs4 ,n\s v\s adjoignons1 p\r les frais d'a*at de ces esclaves1 d'obir la volont et aux ordres dudit pr9ce1 mme purem5t v]baux1 et de faire un ou plusieurs m&ats qui s]ont accepts p> notre ,trsor et ports comme bons son compte aprs paiem5t4 ,il y avait bi5 un moy51 p\r ces ,turcs qui ramai5t sur la b>que de l'glise1 de rec\vr] la lib]t3 c'tait le baptme1 moy5 g>anti p> des dcrets de ,paul ,,iii et de ,pie ,v4 ,mais ils avai5t beau cri] qu'ils v\lai5t embrass] la religion ca?olique2 tant qu'ils p\vai5t manuvr] s\s le f\et de leurs *efs1 on se riait de leur conv]sion4 ,je laisse1 la supplique d\l\reuse qui suit1 sa =me et sa ponctuation enfant9es2 le lecteur en imag9]a1 s'il le peut1 l'or?ographe itali5ne3 ,trs bi5heureux ,pre1 ,amor de ,viman1 d',anatolie1 esclave dj depuis v+t ans de ,sa ,sa9tet1 il y a longtemps qu'il dsire se faire *rti5 et v5ir la trs fidle 7glise74 ,et en elle p]svr] et m\rir p\r sauv] son me4 ,et p\r cela tant vieux4 ,et infirme4 ,et v+t annes de s\ffrances sur la galre4 ,qu'il n'en peut plus4 ,il rec\rt ,votre ,sa9tet4 ,et p\r l'am\r de ,dieu4 ,il la supplie en grce d'ordonn] prcism5t qu'il soit conduit aux cat*umnes de ,rome4 ,af9 qu'il y soit enseign4 ,et in/ruit p>v5ir la connaissance de t\t ce qui e/ ncessaire p\r vivre4 ,et recevoir la ,trs ,sa9te foi qui s]a cause de son salut1 et puis il pri]a ,dieu p\r ,sa ,sa9tet4 ,quam ,deus1 etc4 7#afjh74 ,amor ,viman1 d',anatolie1 esclave depuis v+t ans sur la galre ,sa9te-,ca!r9e de ,votre ,batitude4 ,le pape fit pass] la dem&e au ,g\v]neur1 mais elle demeura sans rsultat4 ,amor1 l'esclave de ,smyrne ou de l',ar*ipel1 m\rut sur son banc1 bord de la ,sa9te-,ca!r9e1 dsespr et paen4 ,cep5dant1 trois docum5ts signs d',alex&re ,,vii1 un demi-sicle plus t>d1 n\s appr5n5t que1 de lo9 en lo91 les galres ab&onnai5t leur proie1 mais dans quelles conditions6 ,ceux-ci sont trop inhabiles la rame1 trop faibles de sant3 ils se ra*t]ont p\r le prix qu'ils ont cot2 on v5dra jusqu' leurs haillons au pr(it du trsor pontifical2 et1 de cet arg5t1 crit le pape son trsori]-gnral1 n\s v\lons et ordonnons que v\s fassiez a*et] d'autres esclaves1 soit ,liv\rne1 soit dans le ,levant4 ,cet autre1 enlev dans les m]s de ,c&ie1 affirme1 depuis treize ans de *i\rme1 qu'il e/ *rti51 mais il ne peut donn] la preuve c]ta9e de son baptme4 ,alex&re ,,vii f9it p> cd] ses prires2 il s]a libre1 ds qu'il aura livr1 en *ange de sa p]sonne1 deux esclaves turcs1 jeunes et de bonne sant1 trs bons p\r le s]vice des galres4 ,en #afch1 le pape e/ mo9s pre p\r le remplacem5t de ,romadad1 de ,jrusalem1 et de ,sciaba1 de ,nauplie2 il ne leur dem&e t\s les deux ensemble qu'un seul esclave1 jeune et habile m>94 ,il e/ vrai que les deux ,turcs ont l'un1 soixante-dix1 l'autre soixante-qu9ze ans et qu'ils sont b\t de =ces4 ,plutt que d'att5dre leur mort1 le ,sa9t-,sige faisait rellem5t une bonne affaire4 ,le #a;er fvri] #afhg1 ,innoc5t ,,xi1 le pape humani/e qui ,bossuet crivait des lettres en lat91 pse d'un seul c\p1 dans les sa9tes balances1 comme un tas de vieilles f]railles1 t\s les esclaves caduques ou infirmes1 et1 de la ma9 qui bnit la ville et le monde1 m>que le prix qu'ils pai]ont p\r leur lib]t3 ,ali ,grosso1 #cej cus2 ,ame? di ,sal1 #bej2 ,aggi ,braim1 #bej2 ,fascil9o1 #abj2 ,ramad1 #cjj2 ,aggi ,regeppe1 #bbe2 ,asaime1 #abj2 ,mu/afa1 #abj2 ,ame? ,con/ant9o1 #agj2 ,salemme1 #abj4 ,le ,sa9t-,pre aj\te que des g5s si malades sont bi5 encombrants2 t\tefois1 on ne bris]a leurs *anes qu'aprs avoir reu le d]ni] baoque de la ranon de *acun4 ,il dut t\*] a9si environ d\ze mille francs1 et j'aime croire que1 ce j\r-l1 il ne relut po9t le ,s]mon sur la montagne4 ,d'o v5ait donc l'arg5t du ra*at8 d'une longue m5dicit dans les ports pontificaux ou itali5s1 de travaux p\r le compte de p>ticuli]s4 ,mais il e/ c]ta9 que les misrables amassai5t s\ s\ le prix de leur dlivrance1 comme le pr\ve un rapport (ficiel du ,x,v,i,ie sicle3 ,note sur les esclaves des galres de ,notre-,seigneur1 impropres au s]vice de m]2 plusieurs (fr5t une somme d'arg5t p\r leur lib]t2 ils ont t reconnus p> le mdec9 et le *irurgi5 mauvais p\r les galres4 ,salem d',ali1 d',alex&rie1 esclave sur la galre capitane1 s\ffre des yeux2 treize ans de s]vice sur les galres2 g de c9quante-c9q ans2 il (fre deux c5ts cus2 il ne peut presque plus manuvr]4 ,ali di ,mu/apha1 de ,con/ant9ople1 esclave sur la capitane1 v5du c9quante cus p> les galres de ,malte celles de ,notre-,seigneur2 a s]vi dix ans2 s\ffre de rhumatismes et de sciatique2 incapable de s]vir2 il (fre trois c5ts cus4 7,c'tait un ga9 de deux c5t c9quante cus4 ,le placem5t avait t bon47 ,ibrahim d',amur1 de ,con/ant9ople1 esclave sur la capitane2 soixante ans environ2 d\ze ans de s]vices2 impropre la manuvre1 il (fre deux c5ts cus4 ,un m>*& de ,v5ise e/ prt pay] jusqu' la f9 de mai pro*a94 ,mahm\d d',abdi1 esclave sur la capitane1 v+t-deux ans de s]vices1 g de soixante ans2 mauvais rameur1 (fre c5t cus4 ,la note e/ longue et j'abrge4 ,celui-ci1 v5u de la m] ,noire1 a tr5te ans de s]vices et soixante-c9q ans d'ge2 il prs5te timidem5t #hj cus2 cet autre1 #cj seulem5t4 ,les e/ropis1 les ra*itiques1 les dcrpits n'ont pas un baoque2 a9si1 ,i\s\f1 d',alg]1 qui a soixante-dix ans d'ge et v+t-sept de s]vices la m]4 ,voici enf9 les nophytes qui dem&5t le sa9t baptme1 t\s sexagnaires2 l'un d'eux1 ,giorgio ,greco1 de ,salonique1 pris jadis sur une b>que grecque1 crie m]ci2 il rame p\r le pape depuis tr5te-six ans2 et depuis tr5te-six ans on ne veut pas reconnatre qu'il e/ *rti5 de naissance1 malgr les tmoignages des aumni]s et des (fici]s de sa galre4 ,a la f9 du ,x,v,i,i,ie sicle1 aprs les papes spirituels qui ont lu ,voltaire et plaisant avec de ,brosses1 les docum5ts sur l'esclavage pontifical sont1 dans leur prcision adm9i/rative1 t\t aussi tri/es4 ,un capita9e de galre a reu une provision fra*e d'esclaves4 ,d'aprs le rapport de l'(fici] qui a surveill la mise la *ane1 et comme le mauvais temps b\lev]sait quelque peu le navire1 il a d'abord dnonc ,rome le *iffre de v+t-sept n\veaux-v5us4 ,le l5dema91 il compte lui-mme et n'en tr\ve que v+t-six4 ,il s'empresse alors de dem&] p>don au c>d9al-secrtaire de l'tat et ,son ,excell5ce ,mgr le ,trsori] de cette quivoque involontaire4 ,le docum5t e/ de #aghh4 ,le #ag dcembre #agid1 le comm&ant ,cl>elli rclame1 propos de l'esclave qui lui s]t d'ordonnance1 c]ta9es pices la *ambre apo/olique4 ,il donne en mme temps l'tat civil et sanitaire de ses ,turcs3 ,,esclaves ,,pr,,s5ts ,a ,,civita ,,vec*ia4 ,,noms ,,noms ,,b>b>esques4 ,,sur ,,la ,,gal,,re4 ,,patrie4 ,,age4 ,,sant4 ,papass4 ,papass4 ,acmet4 ,bufalotto 7le ,tunis4 #de ans4 ,bonne4 petit buffle74 ,ma*met4 ,m>zocco4 ,tripoli4 #dj ans4 ,e/ropi la m]4 ,mesaud4 ,piantaceci4 ,alg]4 #de ans4 ,bonne4 ,ma*met4 ,mezza ,luna4 ,alg]4 #ce ans4 ,bonne4 ,aamor4 ,bella camiscia4 ,alg]4 #ce ans4 ,bonne4 ,braim4 -- ,tripoli4 #cj ans4 ,bonne4 ,giz5n4 -- ,alg]4 #cj ans4 ,bonne4 ,salem4 -- ,alg]4 #cj ans4 ,bonne4 ,ma*met4 ,il ,gabbiano4 ,alg]4 #cj ans4 ,bonne4 ,ali4 ,nettuno4 ,tunis4 #dj ans4 ,mdiocre4 ,aamor4 ,c>bone4 ,tripoli4 #cj ans4 ,bonne4 ,un an plus t>d1 le mme capita9e ,cl>elli crit une note sur l'inconvni5t qu'il y aurait rel*] ,papass et ,ali1 sans compt] l'e/ropi ,m>zocco1 en *ange d'un r5gat *rti54 ,papass1 qui a longtemps navigu sur les navires pontificaux1 e/ un g>on srieux2 il connat c]ta9em5t les ctes de l'tat ecclsia/ique et p\rrait s]vir de lumire aux corsaires4 ,ali s]ait mo9s dang]eux2 c'e/ une brute1 t\j\rs appesanti p> le v94 ,si l'on reti5t le pauvre ,papass1 que l'on r5de sa place ,mezza ,luna1 un butor aussi1 et1 de plus1 un fieff voleur4 ,le mieux s]ait de rel*] ,giz5n et ,salem1 deux ,algri5s1 qui n'ont po9t navigu1 et dont le premi] e/ au s]vice priv de ,cl>elli4 ,l'e/ropi s]ait r5du p> dessus le m>*4 ,il s'agissait de tir] des griffes b>b>esques un ,itali5 de l'le d',elbe1 ,giovanni ,nuti1 qui1 depuis quatre ans1 suppliait les c>d9aux1 les ngociants ri*es et le pape de p\rvoir son ra*at4 ,ceci se dbattait la f9 de #agie4 ,il y a v+t ans1 quelque trs vieux b\rgeois de ,civita-,vec*ia p\vait encore se s\v5ir d'avoir donn1 t\t enfant1 un baoque ,papass ou ,mezza ,luna4 ,n'tait-il pas bon que le gr& c\p de v5t de la ,rvolution franaise passt p> l8 ,v ,les papes qui jugeai5t utile d'a*et] des esclaves p\r le s]vice de leurs galres ne p\vai5t tr\v] mauvais l'esclavage priv2 le droit des p>ticuli]s possd] des tres huma9s au mme titre qu'un buf de lab\r leur p>aissait sacr4 ,ils n'y mettai5t ob/acle que dans le cas o l'esclave fugitif p\vait gagn]1 comme un lieu d'asile1 le ,capitole1 et tmoign] devant les cons]vateurs1 p> preuves sres1 de sa conv]sion et de son baptme4 ,une supplique du ,x,v,ie sicle1 de ,jean-,bapti/e1 orig9aire de ,bne1 esclave qui s'e/ enfui de ,gnes ,rome1 n\s fait connatre un malheureux qui1 dp\rvu de c]tificat de baptme1 n'a que le *oix entre deux extrmits3 tre r5du son matre ou m\rir de faim4 ,il crit au pape p\r lui expos] sa dtresse et lui dem&] l'aumne4 ,celui-ci fait pass] le placet au ,g\v]neur de ,rome et non aux cons]vateurs du ,capitole2 il le livre a9si la police crim9elle qui le r5dra son t\r son matre gnois4 ,le #bd mai #afjh1 l'ar*evque d',otrante1 ,m>cello ,acquaviva1 rclame1 p> son ag5t ,polidoro ,baldass9o1 aux magi/rats pontificaux1 un jeune esclave donn ,monseigneur p> les ,vniti5s et baptis depuis deux ans4 ,il s'e/ *app1 dans un voyage o il accompagnait son matre et s'e/ sauv jusqu' ,rome o il e/ en prison1 p> ordre de l'illu/rissime ,g\v]neur4 ,le #bf mai1 la police du ,sa9t-,sige int]roge dans les ,c>c]i ,salvelli ,teodoro1 que l'on qualifie de nophyte1 c'e/--dire de *rti51 et qui l'on dfre le s]m5t4 ,voici sa dposition3 ,je suis prisonni] ici depuis trois j\rs4 ,qu& j'tais trs petit1 en ,grce1 on m'a livr comme esclave aux ,turcs1 la ,grce tant =ce de pay] un tribut de ses enfants au ,gr&-,turc4 ,j'tais du nombre3 on m'a fait ,turc et musulman4 ,comme j'allais sur les galres de mes matres1 n\s avons r5contr les galres des ,vniti5s qui n\s ont pris2 ils ont taill en pices t\s les ,turcs1 et p>ce que j'ai dit que j'tais ,grec de naissance1 ils m'ont laiss la vie2 qu& n\s sommes passs prs des ,abruzzes avec les vaisseaux vniti5s1 on m'a donn comme esclave ,mgr l'ar*evque d',otrante1 avec qui je suis re/ six ans2 la d]nire ,pque1 il y a deux ans que je me suis fait *rti54 ,comme j'ai ent5du dire la maison que l'ar*evque v\lait me v5dre1 je me suis enfui et je suis v5u ,rome o l'on ne fait pas de ces *oses2 ,monseigneur l'a su1 il m'a fait arrt] et enf]m] ici dans la prison ,savelli4 ,le magi/rat lui dem&e si vraim5t ,monseigneur avait l'int5tion de le v5dre3 ,t\s les s]viteurs m'ont assur que ,monseigneur v\lait me donn] un de ses neveux en me v5dant1 et p\r cela je me suis enfui4 ,au procs-v]bal de l'int]rogatoire sont jo9tes les pices relatives l'tat civil du jeune ,grec et l'acte de son baptme1 sign p> l'ar*evque lui-mme1 contre-sign et scell p> le juge royal et les (fici]s de l',univ]sit d',otrante4 ,et cep5dant ,rome le r5dit au prlat1 qui il tait p]mis d'en us] son gr1 la viol5ce excepte1 p>ce qu'il tait *rti54 ,en #afji1 ,v9c5zo ,david1 ,turc1 pris l'ge de six ans p> les *rti5s1 en ,hongrie1 puis v5du c5t ducats ,naples1 au duc della ,ca/elluccia1 a reu le baptme1 en *ange duquel son matre lui promettait la lib]t4 ,la lib]t n'e/ pas v5ue1 mais le duc a v\lu rev5dre l'enfant1 qui s'e/ sauv jusqu' ,rome4 ,on l'y emprisonna1 sur la requte de ,ca/elluccia1 et on le v5dit1 quoique *rti51 comme le jeune ,grec d',otrante4 ,en #affh1 un conseill] royal de ,naples c\rt aprs son esclave ,ali1 t\j\rs jusqu' ,rome4 ,il supplie1 crit-il dans son mmoire1 la s\v]a9e bont de ,votre ,sa9tet1 d'ordonn] qu'il soit emprisonn ad correctionem1 et puis remis son s]vice4 ,en #afgj1 le docteur ,antonio ,bol9o1 ,napolita91 a rec\rs la mme bont s\v]a9e2 celui-ci a p]du deux esclaves qu'il avait a*ets depuis sept ans et qui l'ont quitt p\r s'en ret\rn] leurs maisons en ,turquie1 mais l'tat mauvais de la m] les ayant arrts1 ils ont t =cs de se rfugi] dans l'tat ecclsia/ique4 ,les pauvres g5s euss5t t plus aviss s'ils s'tai5t confis une m] furieuse1 sur une plan*e2 fugitifs *ez le pape1 ils tai5t p]dus sans esprance4 ,en effet1 ,sanctissimus annuit1 le ,trs-,sa9t a cons5ti1 e/-il crit en m>ge du docum5t4 ,ils fur5t donc r5dus au docteur4 ,je t]m9e ce long m>tyrologe p> les av5tures de trois esclaves1 ,jean ,bapti/e1 ,salvatore ,giac9to et ,antonio ,m>ia1 trois esclaves baptiss1 d'aprs le tmoignage mme de leurs matres1 des ,gnois1 qui sembl5t leur avoir s]vi de p>ra9s1 et leur ont donn leurs propres noms1 ,or]o1 ,savignone et ,grimaldi4 ,le trio aprs de longues annes d'une pre et trs svre s]vitude1 e/ p>v5u jusqu' ,rome1 mais avant d'avoir t\* l'asile du ,capitole1 il a t arrt p> le ,g\v]neur qui a dcid1 avec l'approbation du pape1 de le r5voy] ,gnes4 ,les suppliants font obs]v] que leur *tim5t s]a effroyable p\r dt\rn] p> l'exemple les autres esclaves de la fuite2 peut-tre mme s]ont-ils mis mort4 ,ils sont *rti5s1 et (fr5t leurs matres le prix de leur ranon1 con=mm5t aux lois pontificales4 ,ils fur5t nanmo9s livrs p> l'glise1 la condition qu'on ne les maltrait]ait pas et qu'on ne les v5drait pas aux galres1 s\s pe9e de deux c5ts cus d'am5de4 ,quelque temps aprs1 le pape reut un mmoire sign de ,grimaldi1 matre d',antonio ,m>ia4 ,grimaldi se plaignait de l'insol5ce des esclaves qui1 confiants dans la condition impose p> le ,sa9t-,sige1 ont d'abord refus de travaill] et n'ont cess de prp>] une n\velle vasion4 ,il a fallu mettre ,giac9to en prison1 aux ,c>bon>i o l'on enf]me un gr& nombre de p]sonnes pauvres4 ,mais le frre du captif1 ,jean ,bapti/e1 l'excitant du dehors la fuite1 sans que son matre ,nicolo ,or]o cons5tt punir le provocateur1 deux patrons sur trois se qu]ellr5t1 se battir5t1 et ,or]o fut tu4 ,savignone1 le meurtri]1 e/ en prison1 accus d'homicide1 quoique innoc5t1 assure ,grimaldi4 ,celui-ci qui1 outre ,antonio ,m>ia1 a sept esclaves dans sa maison1 craignant que l'esprit de rvolte ne s\fflt sur ce btail huma91 a donc pris la rsolution d'envoy] au m>* de ,cadix le turbul5t ,antonio4 ,mais le rus compre1 sa*ant que son matre ne p\vait1 grce la df5se du pape1 le v5dre aux galres1 a si bi5 j\ son rle d'esclave indocile et p>esseux1 que p]sonne n'a cons5ti l'a*et]4 ,notre ,gnois s'e/ donc vu =c] de recevoir1 de n\veau1 ,gnes1 l'incommode p]sonnage1 dont l'imp]t95ce1 encore excite p> celle de ,jean ,bapti/e1 n'a plus connu de bornes4 ,on l'a donc jet dans les prisons publiques4 ,mais il faut en f9ir et l'honnte ,grimaldi ne voit1 cet insupportable dsordre1 qu'un seul remde3 que le pape lve la df5se et l'autorise v5dre1 sur place1 aux galres gnoises1 ,antonio ,m>ia4 ,la peur1 dit-il1 f]a r5tr] l'esclave dans l'obissance4 ,s'il p]si/e1 eh bi56 les galres le r5dront sage1 et avec lui t\s ces misrables qui n'ont d'autre p5se que de ret\rn] dans leur pays1 de r5i] la foi ca?olique et de rev5ir leur anci5 paganisme4 ,que ,sa ,sa9tet considre que refus] cette grce1 s]ait d'un gr& prjudice auj\rd'hui et dans l'av5ir un gr& nombre d'esclaves2 beauc\p de familles gnoises1 nobles ou b\rgeoises1 se s]v5t communm5t des esclaves et ,gnes1 dans cette nation d'une si solide pit1 l'esclavage e/ le bi5fait qui conduit1 p> t\s les moy5s pr(itables1 la foi ca?olique4 ,le pape daign]a considr] la difficult que ces pieux ,gnois pr\v5t ret5ir leurs esclaves1 qui la fuite p> m] e/ si facile2 que si le ,sa9t-,sige1 l'ombre duquel ils p>vi5n5t trop s\v5t se sauv]1 ne les r5d qu' cette dure condition de ne po9t les rev5dre aux galres1 les ,gnois auront t\t avantage les v5dre-- bnfice--le j\r mme o ils les auront a*ets et sans att5dre qu'ils accept5t le sa9t baptme au gr& prjudice de leurs mes4 ,et l'intrt du ciel e/ t\t ce qui me t\*e6 ,le pape ne rpondit po9t au mmoire de ,grimaldi1 qui s'empressa de lui en adress] un second4 ,alex&re ,,vii m&a alors le ,g\v]neur de ,rome p\r confr] de cette affaire4 ,le #i octobre #affc1 le ,sa9t-,pre et son conseill] rsolur5t de *>g] d'une enqute l'ar*evque de ,gnes4 ,celui-ci donna son avis le #b novembre4 ,c'tait un ar*evque esclavagi/e2 selon lui1 ,grimaldi n'a jamais maltrait son esclave1 mais1 con mani]e soavi1 avec des procds d'une d\ceur suave1 l'a seulem5t sollicit de bi5 s]vir4 ,antonio1 =t de la c]titude o il tait de n'tre po9t *ti rudem5t1 a t\j\rs vcu avec lic5ce et insol5ce4 ,suit l'incid5t du voyage ,cadix1 t\t l'honneur du patron4 ,les *oses tant a9si1 cont9ue le bon vque1 et la d\ceur 7dolcezza7 du digne ,giuseppe m'tant bi5 connue1 je jug]ais conv5able que ,sa ,sa9tet p]mt bnignem5t au susdit matre de rev5dre son esclave aux galres ou des p>ticuli]s1 mais1 quant ceux-ci1 s\s la condition de ne le rev5dre po9t leur t\r aux galres2 le t\t1 aprs un dlai raisonnable1 qui p]mettra ,antonio ,m>ia de rfl*ir et de se rs\dre s]vir en paix et avec am\r son prs5t matre qui1 en ce mom5t1 le ti5t enf]m dans les prisons publiques de cette ville4 ,la cause tait ent5due4 ,on ne sait ce que dcida ,alex&re ,,vii4 ,mais trois pauvres esclaves1 qui avai5t cep5dant le droit d'invoqu] leur baptme et le sang du ,sauveur v]s p\r leur salut1 dur5t lui p>atre bi5 lg]s dans les balances de sa ju/ice4 ,,vi ,mais les ,roma9s de ,rome1 ceux qui n'tai5t ni ,juifs ni ,turcs1 gtai5t-ils1 ds cette vie1 les joies de la ,jrusalem cle/e8 ,un livre curieux n\s fait pntr] dans le dtail de l'anci5 rgime ecclsia/ique des deux d]ni]s sicles4 7,la ,corte e la ,societ ,romana1 p> ,david ,silvagni1 ,rome1 #ahhc47 ,l'uvre de ,m4 ,silvagni n'e/ po9t un pamphlet2 c'e/ une hi/oire vraie1 crite en gr&e p>tie d'aprs les mmoires de l'abb ,b5$etti--un abb laque et m>i1 dont l'espce a disp>u--qui a racont les vnem5ts gr&s ou petits de la ,ville t]nelle1 dont il fut le tmo91 p>fois l'acteur1 p5dant trois qu>ts de sicle1 entre ,clm5t ,,xiii et ,grgoire ,,xvi4 ,aj\tez t\s les docum5ts s+uli]s que1 depuis d\ze ans1 les ar*ivi/es itali5s dc\vr5t dans les ar*ives publiques ou prives de ,rome4 ,cette description de la c\r et de la socit roma9e e/ rellem5t trace d'aprs les s\rces les plus sres4 ,bi5 des *apitres n'y peuv5t intress] que ceux qui connaiss5t bi5 ,rome1 et surt\t ceux qui l'ont encore vue s\s ,pie ,,ix4 ,d'autres1 tels que celui qui conc]ne ,caglio/ro1 dont l'abb ,b5$etti suivait les sances de magie et de prophtie1 sont p\r les amateurs de r>ets p>adoxales2 quelques-uns1 r5f]mant la pe9ture de murs fa/ueuses1 de cavalcades gr&ioses trav]s ,rome1 de ftes pontificales ou c>navalesques1 div]tiront les arti/es4 ,j'ai tr\v de quoi satisfaire ces div]ses classes de lecteurs dans les pices hi/oriques relatives la ju/ice1 ou plutt aux ju/ices1 c'e/--dire aux supplices des crim9els 7le ,giu/izie7 auxquels le ,sa9t-,pre ouvrait d'une ma91 p>fois un peu dure1 les portes du ciel4 ,on compr5dra que le bon l>ron lui-mme et pass ,rome un assez mauvais qu>t d'heure4 ,allons la place ,navone1 dont ,m4 ,silvagni n\s donne une pe9ture anime et piquante comme une gravure de ,callot4 ,il y a v+t ans1 c'tait encore l'un des endroits les plus pittoresques de la ville1 m>* de lgumes1 de fruits1 d'antiquailles1 de vieux livres1 qui gr\illait et piaillait aut\r de la fonta9e de l'lphant porte-oblisque4 ,mais il y a c5t ans6 ,*aque m]cr$i1 on y v5dait les d5res1 le v9 un s\ le demi-litre1 la vi&e de *oix quatre s\s la livre4 ,le peuple f\rmillait aut\r des talages1 jurant que le pape le faisait m\rir de faim4 et l1 sur les ttes de la f\le s'levai5t les trteaux des *>latans1 des *anteurs de compla9tes1 des arra*eurs de d5ts1 des magici5s1 des m>*&s de reliques et d'amulettes4 ,celui-ci glorifiait sa9t-,dom9ique de ,cuculla1 gurisseur de morsures de vipres ou de *i5s enrags4 ,celui-l *antait p\r sa9t ,nicolas de ,b>i1 mdec9 infaillible en t\tes les maladies2 un autre v5dait les ,agnus ,dei de sa9t ,jacques de ,compo/elle1 prs]vatif sr contre la pe/e2 un autre1 le mage de ,sab9e1 di/ribuait des numros excell5ts p\r la lot]ie de ,rome ou celle de ,gnes4 ,a un b\t de la place1 un jsuite1 le crucifix la ma91 se dm5ait comme un beau diable1 invitant le peuple la pnit5ce4 ,a l'autre b\t1 sur une e/rade1 on voyait1 ce j\r-l1 trois hommes assis1 lis leur banc1 avec un criteau p5du au c\1 portant leurs noms1 prnoms et la nature de leurs dlits4 ,c'tait la ,b]l9a1 l'exposition publique1 dont le c>d9al ,antonelli rgalait encore1 en #ahef1 les ,roma9s sur la place du ,peuple4 ,l'un des misrables tait c\pe-b\rse1 l'autre falsificateur de balances4 ,qu& la populace tait rassasie de ce prlude de spectacle judiciaire1 la trompette sonnait3 la f\le c\rait alors l'*afaud1 le supplice du *evalet allait comm5c]4 ,les trois pati5ts tai5t g>rotts p> les sbires dans la po/ure conv5able2 puis le valet du b\rreau levait son n]f de buf et c+lait vig\reusem5t les *9es4 ,les pati5ts hurlai5t1 se tordai5t t\t sanglants2 le peuple applaudissait4 ,l'un d'eux1 le plus jeune1 ple et *tif1 devait recevoir c9quante c\ps1 le maximum qui tait rs]v aux voleurs1 presque t\j\rs mortel4 ,le f\et allait donc son tra91 la gr&e joie des spectateurs1 qu& t\t c\p le b\rreau1 matre ,casella1 l'homme le plus r$\t de ,rome1 cria d'une voix de /5tor3 ,arrte6 ,et la trompette sonna4 ,or1 l'extrmit de la place ,navone1 un gr& cortge v5ait d'app>atre1 *evau*ant dans la direction de ,sa9t-,pi]re4 ,c'tait l'ambassadeur de la srnissime ,rpublique de ,v5ise1 ,alvise ,tiepolo1 qui allait au conclave complim5t] les c>d9aux de la "p du doge ,moc5igo4 ,c\reurs1 e/afi]s1 piquet de *evau-lg]s1 g>de-portires en magnifiques livres1 massi]s portant le bton revtu de vel\rs cramoisi et surmont du lion d'or de ,sa9t-,m>c2 c'tait une belle escorte aut\r du noble c>rosse dor que tranai5t quatre *evaux1 et o le secrtaire1 ou plutt l'espion de l'ambassadeur1 t\j\rs prs5t aux entrevues diplomatiques1 se t5ait aux cts de l',excell5ce4 ,p> d]rire v5ai5t neuf c>rosses orns de t\s les insignes (ficiels1 en soie jaune bro*e d'or ou en soie noire1 et une longue file de voitures remplies de g5til%ommes vniti5s ou roma9s et de prlats2 enf91 p\r f]m] le cortge1 une autre esc\ade de caval]ie4 ,cep5dant le voleur1 levant la tte1 avait ap]u le pompeux dfil1 et1 d'une voix m\rante1 il criait grce6 ,le peuple1 *>m de l'incid5t1 criait grce6 son t\r4 ,l'ambassadeur1 se t\rnant v]s l'*afaud1 fit un signe au b\rreau1 qui s'incl9a respectueusem5t4 ,la grce tait faite en effet4 ,le pati5t fut dta*1 et1 sans dem&] son re/e1 s'*appa trav]s la f\le qui criait3 ,vive sa9t ,m>c6 ,ces grces tai5t1 d'ailleurs1 assez frqu5tes4 ,les c>d9aux r5contrant un condamn mort p\vai5t le dlivr]4 ,un j\r1 ,c5cio ,/orto1 m]ci] de la place ,sci>ra1 se balanait dj au b\t de la corde2 le b\rreau allait lui saut] sur les paules1 qu& un c>d9al v9t pass]1 qui donna l'ordre de c\p] la corde4 ,c5cio fut sauv1 mais il g>da le c\ lgrem5t tordu 7,/orto7 et un nom de gu]re en s\v5ir de cette dang]euse av5ture4 ,,vii ,jusqu'en #ahgj1 qu& un crim9el devait subir la pe9e capitale1 on plac>dait dans ,rome1 au co9 des places publiques ou la porte des glises1 l'avis suivant3 ,indulg5ce plnire t\s les fidles qui1 confesss et communis1 visit]ont le trs sa9t-sacrem5t expos dans l'glise des ,agonisants p\r les condamns mort4 ,la premire fois que ,m4 ,silvagni vit le lugubre criteau1 en #ahdj1 il s'agissait d'un c]ta9 ,luigi ,scap9o1 g de v+t-sept ans1 c\pable de vol sacrilge4 ,il avait drob un ciboire4 ,le nom et le crime du malheureux tai5t indiqus gnralem5t la suite de l'avis d'indulg5ce4 ,on invitait a9si les fidles pri] p\r l'me de celui qui allait m\rir4 ,qu' ,rome le sacrilge ft un crime capital1 p]sonne ne s'en tonn]a4 ,les dits gnraux 7,b&i g5]ali7 qui =mai5t la lgislation crim9elle au dix-huitime sicle1 et qui1 r5\vels en #ahae1 durr5t jusqu'en #ahcc1 s\s ,grgoire ,,xvi1 sont bi5 plus extraord9aires4 ,j'en traduis quelques extraits4 ,le secrtaire d'tat de ,b5oit ,,xiv punit a9si le blasphme du trs sa9t nom de ,dieu1 ou de son ,fils unique1 notre ,rdempteur1 ou de sa trs-sa9te ,mre t\j\rs vi]ge1 ou de quelque sa9t ou sa9te3 p\r le premi] dlit1 trois t\rs de corde en public4 7,on atta*ait le pati5t la corde p> dess\s les aisselles2 on l'levait une c]ta9e hauteur l'aide d'une p\lie1 puis on laissait t\t d'un c\p se dr\l] la corde1 de faon que l'homme1 tombant trs vite1 ne t\*t pas le sol1 mais ft horriblem5t dtraqu p> la sec\sse74 ,le second blasphme valait le f\et en public1 et le troisime c9q ans de galres4 ,violation de la clture des c\v5ts de femmes3 pe9e de mort4 ,si le crime a t commis de nuit1 pe9e de mort p\r les complices de t\s les degrs2 pe9e de mort p\r quiconque1 entr de j\r1 s'e/ ca* de faon se tr\v] de nuit dans le mona/re2 pe9e de mort t\j\rs1 mme1 dit l'dit1 si ri5 de f*eux n'e/ arriv aux religieuses4 ,bais] donn en public une dame honnte3 ,galres p]ptuit1 ou mme1 s'il plat ,son ,em95ce1 pe9e de mort et confiscation des bi5s1 qu& mme le c\pable ne s]a pas arriv effectivem5t au bais]1 mais seulem5t au ge/e ou la t5tative d'embrassem5t4 ,libelles injurieux ou diffamatoires4 ,c'e/ la loi pontificale sur la presse4 ,celle-ci n'exi/ait ,rome que s\s =me de pamphlets qui c\rai5t de ma9s en ma9s1 ou de petits libelles1 imprims ou manuscrits1 que l'on affi*ait furtivem5t en c]ta9s endroits bi5 connus1 p> exemple la /atue de ,pasqu94 ,l'dit punit de mort1 de confiscation1 d'infamie p]ptuelle1 ou t\t au mo9s des galres1 au *oix de ,son ,em95ce1 quiconque aura crit1 affi*1 di/ribu quelqu'un de ces pamphlets ou pasqu9ades1 qu& bi5 mme il n'y ft dit que la vrit 4 ,outrages et injures sur les portes ou les murailles des maisons4 ,quiconque mettra ou f]a mettre des pe9tures outrageantes1 des cornes ou autres *oses (f5santes aux portes ou aux murs d'une maison1 mme habite p> une c\rtisane publique1 s]a puni des galres p]ptuit1 ou mme de mort1 au *oix de ,son ,em95ce4 ,en #ahbh1 le c>d9al ,giu/9iani remania p> l'dit suivant les pnalits enc\rues p> les blasphmateurs3 ,p\r le premi] blasphme1 v+t-c9q cus d'or2 p\r le second1 c9quante2 p\r le troisime1 c5t2 en outre1 le c\pable s]a fltri comme infme4 ,si c'e/ un homme du peuple et pauvre1 la premire fois il s]a li la porte d'une glise2 la seconde1 f\ett2 la troisime1 il aura la langue p]ce et s]a mis aux galres4 ,eh bi51 cette abom9able loi n'e/ ri5 en comp>aison de ce d]ni] article3 ,les dnonciateurs gagn]ont1 outre dix annes d'indulg5ces1 le ti]s de l'am5de4 ,jusqu'en #ahgj1 j'ai lu bi5 des fois1 affi*s aux portes de ,sa9t-,pi]re ou de ,sa9t-,jean-de-,latran1 les noms des blasphmateurs4 ,mais ,pie ,,ix tait d\x et ne leur p]ait plus la langue4 ,,viii ,voici quelques cas p>ticuli]s assez intressants p\r l'tude des murs monacales4 ,en #afic1 une sur de ,sa9t-,dom9ique fut assass9e de nuit p> une conv]se1 qui blessa en outre deux autres nonnes acc\rues au sec\rs de la premire4 ,la c\pable fut trangle p> ordre du pape2 mais1 avant de m\rir1 elle dcl>a qu'elle avait commis le crime l'in/igation d'une trs noble religieuse1 une ,aldobr&9i1 nice de ,clm5t ,,viii4 ,celle-ci fut mise mort en secret4 ,un jeune ,f]r>ais1 am\reux d'une sur1 se fit port] au c\v5t enf]m dans un c(fre4 ,la nonne avait la clef4 ,elle ouvrit3 l'am\reux tait mort t\ff4 ,gr& emb>ras6 ,il fallut av]tir l'abbesse1 qui en rfra au c>d9al vicaire4 ,la nonne fut emmure1 c'e/--dire scelle t\te vive dans une muraille du c\v5t4 ,elle avait dix-huit ans4 ,en #afdh1 gr&e bataille1 au mona/re fm99 de ,san-,silve/ro1 p\r une raison futile4 ,les bonnes religieuses tirr5t le c\teau4 ,l'une d'elles1 blesse mort1 fut jete dans un puits4 ,une autre m\rut quelques j\rs plus t>d4 ,le pape envoya au c\v5t le b\rreau1 qui mit mort les c\pables4 ,en #afdi1 un lettr roma91 ,camillo ,zaccagni1 qui avait en va9 pri le g\v]neur de ,rome de faire sortir de prison un si5 neveu1 eut l'imprud5ce de dire1 dans une b\tique de b>bi]1 que ces prlats tai5t inhuma9s1 plus durs que des ,turcs1 et qu'il saurait bi5 s'en v5g] qu& le sige apo/olique s]ait vacant4 ,zaccagni1 dnonc1 se vit appliqu la loi ,julia1 une trs vieille loi laquelle il n'avait pas p5s3 on lui c\pa la tte au pont ,sa9t-,ange1 en ple9 hiv]1 le #d janvi]4 ,le dix-septime sicle roma9 eut ses empoisonneuses1 t\t comme le ntre4 ,des dames patrici5nes =mr5t une socit secrte p\r se db>rass] de leurs m>is p> l'acqua t(ana4 ,on n'osa pas c\p] la tte la du*esse de ,c]i2 mais on p5dit c9q femmes du peuple qui avai5t di/ill l'eau empoisonne4 ,la ,girolama ,spana av\a avoir tu tr5te-deux p]sonnes4 ,qu& ce fut le t\r de la c9quime1 le pr9ce de ,pale/r9e qui1 en sa qualit de confrre de sa9t ,jean le ,dcapit1 remplissait prs de l'in=tune la mission de consolateur1 dit au b\rreau de faire vite4 ,le b\rreau rpondit insolemm5t au pr9ce d'(fici] sa place1 et s'en alla4 ,il fut1 p> ordre du g\v]neur de ,rome1 m5 trav]s la ville1 f\ett et enf]m aux galres4 ,mais la c9quime empoisonneuse n'en fut pas mo9s p5due4 ,p>mi les papi]s de l'abb ,b5$etti se tr\v5t des cahi]s consacrs aux plus clbres ju/ices accomplies ,rome depuis l'horrible procs des ,c5ci s\s ,clm5t ,,viii4 ,c'e/ une belle collection1 trs propre m\voir les mes s5sibles4 ,en #afcf1 un neveu de c>d9al1 ,giac9to ,c5t9i1 avait1 avec plusieurs complices1 envot1 l'aide d'une figur9e de cire1 un comptiteur probable de son oncle au pontificat4 ,le #bb avril1 ce neveu trop dv\1 dut confess] son crime1 ,sa9t-,pi]re1 devant v+t mille spectateurs1 en compagnie de ,fr ,*]ub9o et de ,fr ,b]n>d9o1 ses complices4 ,celui-ci1 en ple9e basilique1 nia le fait1 et se rp&it en injures si viol5tes1 qu'il fallut lui enfonc] un billon dans la b\*e4 ,les autres complices tai5t condamns aux galres1 et1 p>mi eux1 un augu/94 ,la crmonie religieuse t]m9e1 on m5a les trois associs trav]s la ville1 longuem5t1 jusqu' la place de ,campo di ,fiore1 o tait dress le c\p]et1 vritable guillot9e--c> ,rome on connaissait l'horrible ma*9e--et deux pot5ces ent\res de bois et de matires combu/ibles4 ,c5t9i fut d'abord dcapit4 ,les deux capuc9s tai5t dans un tat pitoyable1 demi-morts de t]reur4 ,on les atta*a *acun son gibet1 et on mit le feu p> dess\s1 comme on avait fait p\r ,savon>ole4 ,c'e/ a9si qu'ils expir5t leur figure de cire p]ce d'une p+le4 ,mais une ju/ice extraord9aire fut celle du #i ju9 #afff1 s\s ,alex&re ,,vii4 ,le b\rreau1 ce j\r-l1 faisait c\p d\ble4 ,il devait p5dre ,paolo ,camillo ,nicoli1 conva9cu d'assass9at sur son beau-pre1 et dcapit] ,tomas9i1 un mdec91 pr(esseur public1 qui1 c9q ans aup>avant1 avait poign>d m*amm5t un confrre1 le docteur ,egidio da ,montefiore4 ,nicoli mit se confess] une heure et demie d'horloge1 donna les signes du plus t\*ant rep5tir1 essaya de t\*] le cur de son compagnon de misre1 et m\rut avec d\ceur4 ,mais ,tomas9i n'ent5dait pas se laiss] gorg] comme un m\ton4 ,qu& ses consolateurs de la confrrie des pnit5ts1 le m>quis ,cors9i et le pr9ce de ,pale/r9e lui annoncr5t que l'heure fatale tait v5ue1 il p\ssa de gr&s cris et dcl>a qu'il v\lait tre damn4 ,prires1 exhortations1 litanies1 *apelet1 ri5 n'y fit4 ,on lui (frit d'appel] un religieux en qui il et confiance1 il refusa4 ,on crut qu'il tait hrtique2 il affirma qu'il croyait t\s les articles de foi4 ,mais il ne v\lait po9t se confess]4 ,le soir tait v5u4 ,les consolateurs1 p\r l'att5drir1 se mir5t la corde au c\ et lui baisr5t les pi$s4 ,tomas9i se mit la tte au mur1 leur t\rnant le dos1 trs indcemm5t4 ,on essaya des m5aces et de la viol5ce4 ,on lui appliqua la ma9 la flamme d'une *&elle1 p\r qu'il et le s5tim5t du feu de l'enf]4 ,il assura qu'il irait volonti]s en enf]1 o il tr\v]ait gr&e compagnie4 ,on fit v5ir le pre ,orazio1 homme ple9 d'onction1 qui pr*a1 supplia1 tempta1 et p]dit son lat94 ,on *angea les consolateurs2 les n\veaux v5us1 t\t frais1 r5=cs de capuc9s1 n'obt9r5t ri54 ,on av]tit le g\v]neur de ,rome1 qui av]tit le pape1 af9 que le supplice ft aj\rn4 ,aprs les capuc9s1 ce fut le t\r des c>mes d*ausss4 ,mme succs4 ,il faisait j\r4 ,on emm5a de =ce ,tomas9i la messe4 ,il refusa de s'ag5\ill] et s'assit sur un banc4 ,le prtre se t\rna v]s lui1 t5ant l'ho/ie dans ses ma9s1 avec un disc\rs qui fit pleur] v]se 7dirottam5te7 t\te l'assi/ance2 il mit sa ma9 sur ses yeux p\r ne po9t voir4 ,on rev9t aux m5aces2 il dit que si on le conduisait l'*afaud1 il en cont]ait de belles sur les c>d9aux et les prlats4 ,c'e/ bon1 ma mort ne les f]a pas rire4 ,un notaire1 qui tait prs5t1 c\rut au g\v]neur1 af9 de le prv5ir de cette inquitante v5tualit4 ,cep5dant1 ,monsieur de ,rome et t\t son monde apportai5t des n\velles au procureur pontifical4 ,il s'agissait1 p> ordre suprieur1 de p5dre ,tomas9i1 qui f]ait videmm5t quelque difficult p\r s'aju/] s\s le c\teau de la manaia1 de le voitur] jusqu'au lieu du supplice1 c>1 sans d\te1 il refus]ait d'all] pi$1 enf91 de le billonn] proprem5t1 p\r qu'il ne bav>dt pas1 *em9 faisant1 sur les ,em95ces4 ,le b\rreau devait1 en cas de suprme rsi/ance1 au pi$ du gibet1 trangl] ,tomas9i1 puis le p5dre4 ,tomas9i1 in=m du n\veau programme1 rpond encore qu'il veut tre damn1 la gr&e horreur de t\tes les p]sonnes prs5tes4 ,entre du b\rreau qui1 p\r l'effray]1 lui met la corde au c\1 le billon dans la b\*e et lui c\pe les *eveux4 ,n\velle messe4 ,exorcismes4 ,il avait assurm5t le diable dans le corps3 on *]*e avec so9 si quelque sortilge ou malfice n'tait pas dans une c\ture de ses vtem5ts4 ,d]nire t5tative du pr9ce de ,pale/r9e1 t\j\rs inutile4 ,on se met en r\te v]s la pot5ce4 ,la f\le frmissait d'une religieuse indignation4 ,dj le b\rreau posait la ma9 sur ,tomas9i2 celui-ci p\ssa un gr& s\pir1 ta son billon1 disant qu'il ne conv5ait pas un homme tel que lui d'tre billonn4 ,les confrres de la pnit5ce1 p]suads que ,dieu avait enf9 t\* son cur1 s'empressr5t aut\r de lui1 pleurant d'allgresse1 et l'emm5r5t l'glise4 ,l1 ,tomas9i abjura ses erreurs et dem&a3 #a qu'on le reconduist en prison af9 qu'il pt se confess] et communi]2 #b qu'on fit de ses *eveux c\ps une p]ruque ou qu'on en tr\vt une de la mme te9te1 p\r qu'il m\rt avec cette coiffure2 #c qu'on rtablt l'*afaud af9 que la s5t5ce premire ft excute p> le c\p]et4 ,a ces conditions1 il cons5tait f9ir en bon *rti54 ,un bon mom5t fut encore p]du discut] entre sbires et pnit5ts sur l'ultimatum du condamn4 ,on le pr*a p\r qu'il r5ont la p]ruque et se rsignt la pot5ce4 ,mais ,tomas9i rev9t sur ses concessions3 ri5 n'tait fait2 il v\lait dcidm5t all] en enf]4 ,les pnit5ts expdir5t donc une ambassade au g\v]neur1 p\r qu'il accordt t\t au spirituel pr(esseur4 ,il s'agissait1 disai5t-ils1 du salut d'une me que ,jsus-,*ri/ a ra*ete de son sang4 ,le g\v]neur cons5tit au c\p]et et la p]ruque4 ,tomas9i1 ayant puis t\tes ses ress\rces d'imag9ation1 se dcida m\rir canoniquem5t4 ,il se confessa et dem&a t\s p>don du sc&ale qu'il avait caus4 ,on lui mit une p]ruque de la c\leur conv5able1 un col et des man*ettes blan*es1 et un bel habit4 ,il se fit ras]2 il sortit alors de la prison1 rcitant les psaumes de la ,pnit5ce1 suivi d'une f\le imm5se4 ,sur l'*afaud1 il ta tranquillem5t son manteau1 remonta sa robe dans la ce9ture1 embrassa le ,p4 ,orazio1 mit de bonne grce sa tte sur le billot4 ,le b\rreau fit son (fice4 ,on porta en procession le corps du supplici ,sa9te-,ursule4 ,j'en dem&e bi5 p>don aux lecteurs4 ,mais il faut f9ir ces rcits p> quelques scnes abom9ables4 ,l'hi/oire a p>fois l'aspect rep\ssant d'un amphi?tre d'anatomie4 ,on e/ libre de n'y po9t entr]1 comme de ne po9t lire ce *apitre jusqu'au b\t3 #c juillet #agjc4--,mattia ,troiano1 valet de *ambre d'un prlat du palais apo/olique1 c\pable d'assass9at sur son matre1 monte sur l'*afaud4 ,il ne p\vait plus se t5ir sur ses jambes4 ,le b\rreau lui ta le *apeau et la p]ruque et lui b&a les yeux4 ,il s'ag5\illa4 ,le matre de ju/ice lui donna sur la tte un c\p t]rible de massue1 qui le jeta gau*e du billot1 puis lui enfona le c\teau dans la gorge et ouvrit1 en desc5dant1 jusqu' la poitr9e1 puis lui enleva la tte et le cur1 puis les entrailles et les graisses qu'il entassa ct de l'*afaud2 les autres morceaux fur5t accro*s des p]*es t\t aut\r4 ,le soir1 on porta cette b\*]ie ,sa9t-,jean le ,dcapit au milieu de la f\le qui gagnait1 en l'accompagnant1 les indulg5ces4 ,on rem>qua que ,troiano1 en sortant de prison1 tait blanc comme cire1 en r\te1 r\ge comme du feu1 puis violac1 puis noir1 effets de la mort qu'il r$\tait1 crit le bon *roniqueur4 ,les prlats avai5t l\ les f5tres propices des prix f\s1 et y avai5t plac leurs valets de *ambre4 ,la tte demeura dans une cage de f]1 atta*e la porte ,angelica1 et les surs du crim9el fur5t bannies de ,rome jusqu' la troisime gnration4 ,en #afhh1 s\s ,innoc5t ,,xi1 excution1 au ,pont-,sa9t-,ange1 de l'abb ,riv>ola1 c\pable de satires et libelles4 ,en dpit de t\s les v9aigres et de t\s les rcon=tants1 le pauvre j\rnali/e1 demi van\i1 n'tait plus prs5table deb\t4 ,il fallut l'emport] sur la civire au milieu de la populace laquelle les sbires di/ribuai5t des c\ps de bton p\r s'ouvrir un passage4 ,l'abb fondait entre les ma9s de ses consolateurs2 il fut aju/ de trav]s1 et le c\p]et lui entama pr(ondm5t l'paule4 ,le b\rreau dut sci] le c\ avec un gr& c\teau4 ,le peuple prit des pi]res p\r lapid] le b\rreau et se rua sur l'*afaud4 ,les sbires essayr5t de protg] l'excuteur2 mais l'un deux1 p> has>d1 frappa de son bton un soldat de la milice pontificale1 qui mit la ma9 son pe4 ,le sbire leva sa c>ab9e4 ,le peuple se rejeta brusquem5t en arrire4 ,ce fut une confusion in\e3 t&is que le b>gello 7prfet de police7 se voyait arra*] des paules son manteau de soie et s'enfuyait1 le soldat outrag p> le bton de la police c\rait v]s ,sa9t-,pi]re *]*] ses cam>ades af9 de v5g] l'insulte2 la g>nison du ,*teau-,sa9t-,ange sortait en armes p\r protg] la g>de d'honneur du b\rreau2 la f\le1 saisie de panique1 f\lait aux pi$s les malheureux qu'elle avait r5v]ss4 ,le tronc dcapit de l'abb saignait t\j\rs sur l'*afaud4 ,qu& l'ordre fut rtabli1 le b>gello rev9t pr5dre son manteau de soie en lambeaux1 les pnit5ts prir5t les re/es de ,riv>ola1 et les sbires prir5t le b\rreau2 le l5dema9 on le f\etta publiquem5t1 puis on l'exila4 #c fvri] #agbj1 premi] sam$i du c>naval1 excution d'un autre abb1 un lgant crim9el1 ,gaetano ,volp9i2 il m>*a l'*afaud avec le rabat et les man*ettes de d5telles1 s\riant1 saluant de la tte et de la voix les belles dames1 les abbs aimables et les cavali]s qui se pressai5t aux f5tres4 ,il avait v+t-deux ans4 ,son crime tait d'avoir crit un j\rnal de ,vi5ne quelques indiscrtions sur les murs intimes de ,s4 ,s4 ,clm5t ,,xi4 ,plaignez-v\s donc de notre prs5te loi sur la presse6 ,j'aj\te que le pamphlet de ,volp9i ne fut jamais publi1 mais circula manuscrit dans les salons autri*i5s1 o le nonce en avait pris connaissance4 ,le b\rreau de ,lon ,,xii1 ,bugatti1 mit mort1 p> la massue ou la guillot9e1 trois c5t tr5te-neuf p]sonnes4 ,le #bg janvi] #ahjj1 un sacrilge1 ,g5n>i1 fut p5du1 c>tel1 puis brl1 s\s ,pie ,,vii1 ,*i>amonti1 amateur clair de l'art antique4 ,p> contre1 quelques confrries avai5t alors le privilge s\v]a9 de requrir1 le j\r de c]ta9es ftes1 la grce entire des pires malfaiteurs4 ,a9si1 en #ahbd1 la confrrie de ,sa9t-,jrme allait *]*] sol5nellem5t un assass91 ,*ecco le va*]1 aux ,c>c]i-,nuove1 le conduisait la messe1 le revtait du co/ume des confrres et le m5ait dans ,rome en procession1 c\ronn de lauri]s1 t\t comme ,ptr>que et le ,tasse6 ,il n'a manqu l'heureux va*] que de *em9]1 la lyre la ma9 et le front relev v]s les nuages1 le long de la voie sacre6 ,on m'object]a peut-tre cette vrit tri/e que1 p>t\t ailleurs en ,europe1 p>t\t en ,italie1 la ju/ice avait des faons d'agir aussi atroces1 aussi lugubres qu' ,rome4 ,je l'av\e1 et en voici la preuve3 ,le #ad mai #agid1 le m9i/re du roi de ,naples invite l'ar*evque clbr] un triduum d'expiation p\r le crime commis p> ,tommaso ,amato de ,mess9e4 ,ce sclrat devait subir t\r t\r les supplices qui suiv5t3 tre tran1 atta* la queue d'un *eval1 avoir la langue c\pe1 puis la ma91 puis la tte2 le cadavre s]a brl1 les bi5s confisqus1 le nom dcl> infme p]ptuit4 ,or1 voici le crime d',amato3 trois j\rs aup>avant1 il tait entr dans l'glise des ,c>mes1 sur la place du ,m>*--le m>* de ,masaniello2--p5dant la messe il avait jet en l'air son *apeau1 en criant1 plusieurs reprises3 ,vive ,p>is6 vive la ,lib]t6 ,le peuple v\lait le mettre en lambeaux3 arre/ation1 in/ruction1 procs1 df5se1 s5t5ce1 t\t cela s'expdia en six heures4 ,le roi lui fit grce de la queue de *eval4 ,m4 ,silvagni n'ose pas dcrire1 d'aprs les rcits du temps1 la hideuse et obscne b\*]ie qu'on lui fit endur]4 ,cela e/ vrai1 l'anci5 rgime ne valait pas mieux ,naples1 ,p>me1 ,modne1 qu' ,rome4 ,mmes murs publiques1 mme rgime judiciaire1 mme civilisation1 mme b>b>ie4 ,l'glise1 engage1 p> des ncessits sculaires1 dans la mle des intrts temporels1 avait d se con=m] aux conditions sociales de la vieille ,europe4 ,l'hi/oire orageuse de la papaut avait v\lu que le royaume de ,dieu ft de ce monde4 ,le ,sa9t-,sige demeurait encore1 en ce sicle1 p> ses in/itutions et son esprit1 comme une image immobile du pass4 ,qui sait si la d*ance politique dont il se pla9t si amrem5t ne sembl]a pas un j\r aux *rti5s que *>m5t les misricordes de l'vangile1 un rel bi5fait8 ,on peut1 sans fantaisie p>adoxale1 imag9] l'glise trs gr&e et planant au-dessus des misres 9vitables d'une s\v]a9et effective4 ,et qui sait mme si1 dans l'hi/oire tr\ble de notre occid5t1 elle n'e/ pas appele demeur] longtemps encore une =ce politique de premi] ordre8 ,,la ,v,,rit ,,sur ,,une ,,famille ,,tragique ,,les ,,c5ci ,i ,rocca-,petrella e/ un nid de vaut\rs fodaux1 auj\rd'hui une ru9e accro*e aux montagnes dsoles de l'anci5 tat pontifical1 v]s les frontires du royaume de ,naples4 ,ru9e vulgaire1 d'ailleurs1 si un s\v5ir t]rible n'y demeurait atta*4 ,un mat9 de septembre #aeih1 ,francesco ,c5ci1 b>on de ce manoir1 fut tr\v1 dans les bran*es d'un sureau1 au fond d'un prcipice que dom9ait la t]rasse de sa maison1 la tte brise c\ps de m>teau4 ,c'tait un m*ant homme1 imm5sm5t ri*e2 ses doma9es lui rapportai5t plus de #ejj1jjj francs de r5tes4 ,le fisc crim9el du ,sa9t-,sige l'avait1 en une fois1 s\lag pat]nellem5t1 af9 de lui vit] l'ennui du b*]1 d'une somme gale son rev5u d'une anne1 non qu'il ft hrtique1 mais ses murs dplorables lui avai5t valu un trs honteux procs et une am5de d'un demi-million4 ,ce gr& seigneur logeait de temps en temps dans les ca*ots du ,sa9t-,pre1 mais1 comme il tait trs dv\ sa9t ,franois1 son patron1 il c\*ait aussi volonti]s *ez les capuc9s4 ,cette mort fit donc gr& bruit la ,c\r et la ville3 la victime tait malfame et illu/re1 et le vieux ,clm5t ,,viii n'tait po9t t5dre dans sa ju/ice4 ,cep5dant1 ,rome mme1 la rumeur publique fut l5te s\ponn] les vritables assass9s3 t&is qu'aux environs de ,rocca-,petrella1 on murmurait le mot de p>ricide1 et que la police de ,naples mettait dj prix la tte des deux sicaires1 ,olimpio et ,m>zio1 in/rum5ts de la famille ,c5ci1 ,rome1 la veuve1 les fils et la fille de ,francesco portai5t un deuil app>5t1 et comm&ai5t1 p\r la ,madone del ,pianto1 une p>ure d't(fes prcieuses4 ,t\t c\p1 v]s le milieu de janvi] #aeii1 la suite d'une dnonciation secrte d'un espion1 on arrta ,giacomo1 l'an des enfants1 et1 quelques sema9es plus t>d1 ,batrice1 ,b]n>do ,c5ci et ,lucrezia1 seconde femme du b>on4 ,du *teau ,sa9t-,ange on les transfra la prison de ,torre-di-,nona1 puis celle de la ,corte-,savelli4 ,le p>ricide p>ut dmontr1 et la torture ne manqua pas la dmon/ration4 ,on sait quelle fut l'issue du procs3 ,batrice et sa belle-mre eur5t la tte c\pe2 ,giacomo fut t5aill1 broy c\ps de massue et c>tel2 ,b]n>do fut condamn aux galres4 ,le s5tim5t populaire1 rvolt p> l'atrocit du supplice1 jugea l'expiation excessive4 ,l'indignit du pre assass9 n'tait-elle po9t une cause de piti en faveur de la famille sclrate8 ,t\s ces beaux doma9es1 hritage des ,c5ci1 n'avai5t-ils po9t t5t l'av>ice du pape8 ,prosp]o ,f>9accio1 l'un des avocats1 avait plaid la lgitime df5se de ,batrice1 c>tant a9si t\s les autres meurtri]s de l'accusation4 ,la jeune fille aurait sauv p> un crime son honneur de l'am\r infme de ,francesco4 ,rome s'enorgueillit ds lors d'avoir possd1 en un sicle corrompu1 une ,virg9ie ou une ,lucrce digne des anci5s j\rs4 ,on v\lut reconnatre son portrait dans la pe9ture du palais ,b>b]9i1 faussem5t attribu au ,guide1 dont les t\ri/es l'me s5sible emport5t t\j\rs pieusem5t les mdiocres copies4 ,les relations manuscrites se multiplir5t aux ,x,v,i,ie et ,x,v,i,i,ie sicles4 ,elles ont t\tes un fond commun1 qui a s]vi de matire aux n>rateurs mod]nes1 et o le portrait de ,francesco e/ p\ss t]riblem5t au noir4 ,c]ta9s dtails s+uli]s ou dramatiques1 c]ta9es p>oles pass5t fidlem5t de l'une l'autre de ces *roniques4 ,j'ai s\s les yeux le rcit 9dit du frre ,anto9e1 de ,pr\se1 dat de #aggj4 ,il e/ enf\i dans la biblio?que communale de ,todi1 en ,ombrie4 ,m4 le comte ,leoni a eu la bonne grce de la transcrire de sa ma91 mon int5tion4 ,ici1 les vices et les brutalits de ,c5ci sont clairs d'une lumire crue4 ,p> excs d'av>ice1 af9 de ne po9t m>i] et dot] ,batrice1 il la sque/re au fond d'un app>tem5t1 o elle languit longtemps1 avec une bonne provision de ba/onades4 ,fr ,antonio l'accuse sans dt\r de l'assass9at de ses fils ,rocco et ,cri/(oro1 aux funrailles desquels il ne v\lut pas pay] p\r un baoque de ci]ges4 ,il dit alors qu'il ne s]ait cont5t que si les si5s tai5t p] crep> tutti4 ,plusieurs criva9s du sicle prs5t ont probablem5t connu la *ronique du mo9e ombri54 ,qu&1 en effet1 la lg5de et gr&i plus de deux c5ts ans dans l'imag9ation de la f\le1 les potes et les romanci]s la recueillir5t3 ,%elley1 ,niccol9i1 ,/5dhal1 ,gu]razzi contr5t ou mir5t sur le ?tre cette hi/oire sanglante1 altrant les dates1 inv5tant ou supprimant des p]sonnages1 clairant sans hsitation1 au gr de leur fantaisie1 les po9ts obscurs1 dissimulant les p>ties au!ntiques du drame vritable4 ,/5dhal imag9a l'absolution 9 articulo mortis que le pontife1 ent5dant le canon du ,sa9t-,ange1 aurait envoye la malheureuse fille innoc5te4 ,le roman de ,gu]razzi qui e/1 en ,italie1 p\r bi5 des p]sonnes1 l'vangile de la vie et de la passion de ,batrice1 repose sur une ide presque symbolique3 le pre et la fille sont comme l'inc>nation du bi5 et du mal2 le vieux ,c5ci une fois tu1 le rle inf]nal e/ repris avec aisance p> le ,sa9t-,pre4 ,l'anglique ,batrice succombe dans cette lutte 9gale contre les deux satans4 ,francesco tale une m*ancet gr&iose dont les ,cs>s roma9s semblai5t avoir emport le secret4 ,il invite des c>d9aux s\p] et leur montre les sept caveaux o il se promet d'ensevelir bi5tt1 joyeusem5t1 l'un aprs l'autre1 ses sept enfants4 ,il nie ,dieu et sa sa9te ,mre la face de ces pr9ces de l'glise1 oubliant le ,sa9t-,(fice et les m]veilles de ses b\rreaux4 ,il dit son spadass93 ,si le soleil tait une *&elle1 je la s\ffl]ais4 ,de telles p>oles1 tombant de la b\*e d'un b>on1 mme trs haut1 sont ridicules4 ,aj\tez que dans ce ,mphi/ophls1 il y a un ,fau/4 ,la nuit1 p5* s\s sa lampe1 il mdite sur l',hi/oire des ,animaux1 d',ari/ote1 il annote le livre antique1 et s\pire1 a9si qu'et fait ,claude ,frollo3 ,je veille1 mais en va94 ,les my/res de la nature ne se laiss5t po9t pntr]4 ,t\rne et t\rne mille fois sur toi-mme3 tu ne retr\v]as jamais la porte qui t'a fait entr] dans la vie6 ,il vi5t t\j\rs une heure o l'esprit de critique1 l'aide de vieux p>*em9s1 met la raison les lg5des sculaires4 ,au mom5t mme o l'on p>lait dans ,rome de plac] au ,capitole le bu/e de ,batrice ,c5ci1 vi]ge et m>tyre1 ,m4 ,b]tolotti publiait un livre =t difiant 7,francesco ,c5ci e la sua famiglia1 ,/udi ,/orici4 ,fir5ze #ahgi71 compos t\t enti] d'extraits des ar*ives crim9elles1 des dpositions des tmo9s1 des correspondances diplomatiques1 des actes not>is1 en un mot de t\s les docum5ts que l'on avait ignors jusqu'alors4 ,la lg5de n'tait qu'un rve de potes4 ,voici l'hi/oire vraie3 elle n'e/ po9t belle1 et n'a po9t la gr&eur fatale d'un drame d',es*yle3 mais elle claire d'une faon curieuse la vie dome/ique de la socit roma9e v]s la f9 du ,x,v,ie sicle1 et p]met de pass] en revue l'quipage qui montait alors la b>que de sa9t ,pi]re4 ,,ii ,francesco ,c5ci1 b>on de ,rocca-,petrella et autres lieux1 naquit en #aedi1 d'une faon peu canonique1 de monsignore ,cri/(oro ,c5ci1 cl]c de la *ambre apo/olique1 *ano9e de ,sa9t-,pi]re1 trsori] gnral de l'tat pontifical1 et de ,batrice ,arias1 femme lgitime et adultre d'un p\x complaisant4 ,monseigneur n'tait po9t prtre1 mais seulem5t p\rvu des ordres m9eurs4 ,il reconnut l'enfant1 et1 au lit de mort1 ,batrice tant dev5ue veuve1 il p\sa la mre avec la p]mission du pape4 ,cet homme d',eglise avait fait1 dans le maniem5t des fonds sacrs1 une =tune norme1 que de bons hritages avai5t encore grossie4 ,sixte-,qu9t1 p> un motu proprio qui ne cota que #be1jjj cus 7#acj4jjj francs71 daigna plus t>d pass] l'ponge sur les malv]sations de ,cri/(oro1 en faveur de ,francesco1 in/itu hriti] unique p> le te/am5t du bon *ano9e3 celui-ci laissait la mre un d\aire et une maison1 avec l'esprance1 disait-il1 qu'elle vivrait honntem5t et *a/em5t4 ,batrice s'empressa de m>i] son fils1 g de quatorze ans1 et d'p\s] elle-mme un troisime m>i1 l'avocat ,evangeli/a ,rec*ia1 anci5 int5dant du cl]c apo/olique4 ,dans le c\rs de ce second veuvage1 elle n'avait eu qu'un seul petit procs1 int5t p> le prcepteur de ,francesco1 un abb1 qui elle avait vol deux s\tanes4 ,a onze ans1 ,francesco eut sa premire affaire avec la ju/ice4 ,un c]ta9 ,qu9tilio di ,vitrella se plaignit d'avoir t btonn jusqu'au sang p> le fils de monseigneur et p> son abb3 jeu d'enfant que ,cri/(oro paya sans m>*&]4 ,a d\ze ans1 le jeune homme fut mancip4 ,a la f9 de #aefc1 il p\sait ,ersilia di ,santa-,croce1 une orphel9e qui lui donna d\ze enfants4 ,on l'accusa d'avoir empoisonn sa femme1 aprs v+t et un ans de m>iage1 mais ri5 ne pr\ve le crime3 il e/ c]ta9 seulem5t que l'union ne fut pas heureuse4 ,p> un te/am5t1 en date de #aefg1 ,francesco enlevait ,ersilia la tutelle des enfants natre et le droit d'habit] avec eux4 ,en #aeff1 il se br\illait avec ses c\s9s ,c5ci1 et ceux-ci dur5t s'engag] juridiquem5t ne po9t lui dress] d'emb*es p5dant quatre ans4 ,mais ,francesco1 qui n'avait ri5 promis1 deux mois plus t>d1 aid de ses spadass9s1 attaqua c\ps d'pe1 la nuit1 dans la rue1 ,ces>e ,c5ci dguis en paysan1 et le blessa4 ,il fut condamn g>d]1 comme prison1 la maison de sa mre4 ,l'anne d'aprs1 il cassait la tte son muleti] ,lodovico d',assisi3 celui-ci se plaignit1 et le b>on dut pay] *] p\r ne po9t sj\rn] longtemps dans les ca*ots du pape4 ,en #aegb1 son valet ,pompeo oublie de f]m] la porte qui mne l'app>tem5t des femmes2 ,francesco l'assomme c\ps de po+ et de bton4 ,cette fois1 il fut banni p\r six mois de l'tat pontifical1 s\s pe9e1 s'il r5trait1 de #aj1jjj cus d'am5de4 ,mais il fut graci trs vite p> l'int]cession du c>d9al ,c>affa4 ,en #aegg1 sa s]vante ,m>ia ,milanesi t>de lui port] une clef qu'il dem&e3 il la r\e une premire fois c\ps de man*e balai2 le soir1 n\velle ba/onnade1 accompagne de c\ps de talon de bottes3 ,le sang me sortit p> la b\*e1 et il me laissa t]re t\te dfigure1 et ne v\lut pas qu'on *]*t un mdec94 ,v]s le mme temps1 il fut enf]m au ,sa9t-,ange p\r blasphme4 ,en #aehf1 tant veuf1 il r5\vela son te/am5t4 ,cette pice e/ =t importante4 ,plusieurs dispositions montr5t que ,francesco tait dvot et s'inquitait de son me2 qu'il tait *>itable d'une faon po/hume1 et n'oubliait ni les hpitaux1 ni la dot des filles pauvres1 qu'il songeait l'av5ir de ses filles1 ,batrice et ,lav9ia1 qui il assure1 en arg5t et en usufruits1 une =tune conv5able2 mais l'article pr9cipal vise ,giacomo1 son fils an1 qu'il d%rite1 ne lui laissant que sa lgitime et #ajj cus d'or4 ,les quatre autres fils1 ,cri/(oro1 ,rocco1 ,b]n>do et ,paolo1 sont in/itus hriti]s univ]sels4 ,c5ci prolongea son veuvage neuf annes4 ,il eut alors ses plus beaux procs4 ,il rompait les ctes ,m>ia ,pelli1 sa s]vante et sa matresse1 et disait3 ,qu'importe6 ,n'ai-je pas de l'arg5t p\r pay]8 ,nanmo9s1 il ret5ait la malheureuse ses malles1 son lit1 ses nippes1 et qu>ante-trois cus4 ,il donnait du po+ dans l'il son int5dant ,/efano ,bellono et lui arra*ait la m\/a*e2 puis1 aid de sa s]vante1 il mettait le pauvre diable en *emise1 et l'emm5ait en c>rosse jusqu' sa maison de ,ripetta1 o il l'enf]mait jusqu' la gurison des blessures4 ,qu& le sige pontifical tait vacant1 il s'ent\rait1 selon l'usage1 de la noblesse roma9e1 de bravi arms1 montait en voiture avec la b&e1 et faisait dans les rues1 c\ps d'arquebuse1 la police de ses ouvri]s4 ,ses laquais1 ses palefr5i]s1 les artisans qu'il employait1 p>ur5t enf9 comme plaignants ou comme tmo9s dans l'affaire qui cota une si grosse am5de ce g5tilhomme du temps de ,h5ri ,,iii1 et fut le cadeau de noces qu'il (frit sa seconde femme1 ,lucrezia4 ,c5ci nia effrontm5t et dit au juge in/ructeur3 ,je v\s en prie1 l>gissez-moi1 que je puisse p>l] au pape1 af9 qu'on accommode t\t ceci1 l'aide de trois ou quatre c>d9aux4 ,il fut l>gi1 en effet1 mais tondu de =t prs1 et peu dispos pay] les dettes que ses trois fils avai5t gaiem5t contractes au c\rs de la tri/e enqute4 ,n\veau procs que ,francesco p]dit contre ses enfants4 ,en #aeif1 il tait encore une fois s\s les v]r\s2 mais les ar*ives crim9elles de ,rome ont ici une lacune1 et la d]nire av5ture du b>on e/ un my/re4 ,bon sang ne peut m5tir4 ,t\te la race des ,c5ci fut digne de ce pre4 ,giacomo1 l'an1 semble un p>fait mauvais sujet4 ,il s'tait m>i contre la volont de ,francesco4 ,les tr5te cus p> mois que celui-ci donnait ses fils ne lui suffisant plus1 il volait des deux ma9s et1 comme ,panurge1 avait plus de soixante-trois manires de gagn] de l'arg5t4 ,en #aehg1 il fut contra9t de reconnatre1 dans un acte au!ntique1 p> devant notaire1 un l>c9 de trois c5t quatre-v+t-onze cus1 dont qu9ze tai5t de/9s la p5sion de ses surs dans un c\v5t1 v+t-deux emprunts un prtre1 onze dus un cordonni]1 tr5te tai5t le produit d't(fes drobes la g>de-robe pat]nelle1 quatre-v+ts escroqus aux vassaux du b>on4 ,en #aeid1 tr5te cranci]s1 dont trois juifs1 se font attribu] #af1jjj cus sur les bi5s de ,c5ci1 p\r les dettes de ses trois ans4 ,a cette poque1 ,francesco int5ta un procs son fils p\r prmditation de p>ricide4 ,un page de ,giacomo1 tr\v en possession d'une arquebuse1 avait dcl> que cette arme tait de/9e au crime4 ,mais il p>ut que l'arquebuse n'avait pas de r\e et que le page tait un voleur d'un c>actre rancuni]1 qui supportait mal les c\ps de bton que son matre di/ribuait1 sans compt]1 ses g5s et ceux de ses amis4 ,giacomo1 avant de mont] l'*afaud1 confessa un faux de #ac1jjj cus fabriqus p> lui au dtrim5t de son pre4 ,cri/(oro1 le second des ,c5ci1 gta la prison en #aeie1 on ne sait la suite de quel dlit2 la mme anne1 il s'tait ra*et d'une pla9te p\r injures et m5aces1 int5te contre lui p> un juif4 ,il c\rait les rues1 de nuit1 avec son spadass9 ,lucantonio3 le matre fut une fois bless la cuisse1 le valet1 au bras4 ,en #aeig1 il paie de n\veau les frais d'une agression nocturne4 ,l'anne d'aprs1 il fut assass9 p> ,paolo ,bruno ,corso1 amant jal\x dont il c\rtisait la matresse1 ,flam9ia1 femme d'un p*eur d'e/urgeons4 ,la dposition du bravo ,octavio ,pali e/ pittoresque4 ,la nuit tait noire4 ,le seigneur ,cri/(oro me dit d'all] la petite place de l'le ,sa9t-,b>?lemy1 dans une ruelle1 et de faire bonne g>de4 ,je m'assis sur un escali] et m'endormis4 7,evidemm5t ,octavio a trahi47 ,je fus veill p> un bruit de pas prcipits et de voix viol5tes2 je me levai et vis deux hommes l'pe nue1 t\t furieux2 l'un portait une lant]ne et tait jeune1 l'autre avait une longue b>be4 ,ils m'attaqur5t1 et je me df5dis avec l'pe4 ,je c\rus la ,pesc>ia o je tr\vai mon matre qui gmissait t5du p> t]re4 ,je l'aidai se relev] et1 il fit quatre pas et dit qu'il n'en p\vait plus4 ,il se c\*a entre deux pi]res4 ,j'allai la maison appel] le seigneur ,b]n>do1 son frre1 qui fit lev] le seigneur ,giacomo4 ,n\s prmes une *aise1 ,ces>i et moi et allmes v]s le seigneur ,cri/(oro qui s'tait tran la di/ance de huit ou dix pas4 ,le seigneur ,giacomo dit qu'il ne fallait pas le relev] et m'envoya appel] les sbires ,monte-,giordano1 o je fus arrt4 ,rocco ,c5ci avait des fantaisies d'emp]eur roma94 ,la nuit1 il sortait en *emise de la maison1 avec ses valets arms d'pes et lapidait les maisons du vois9age2 il p\rsuivait1 l'pe nue1 et blessait les passants2 il fut1 p\r ce div]tissem5t1 condamn #e1jjj cus d'am5de et un exil de trois ans4 ,il r5tra ,rome secrtem5t1 =a les portes de l'app>tem5t pat]nel et fit ma9-basse sur l'arg5t1 les t(fes de soie1 un habit de prtre1 relique du secrtaire apo/olique1 son gr&-pre1 quatre c\ss9s1 un bass9 d'arg5t1 quatre *emises du b>on1 onze m\*oirs1 des s]viettes et des tapiss]ies4 ,il avait p\r complice1 dans cette expdition1 son *] ami et c\s91 monsignor ,gu]ra ou ,gu]ro1 dont le *apeau de feutre et l'pe fur5t retr\vs sur les lieux2 ,batrice1 dans sa dposition1 dit3 ,monsignor ,m>io ,gu]ra a d l'aid] emport] t\t cela1 je suis mme sre qu'il e/ l'inv5teur de l'entreprise4 ,n\s retr\v]ons plus lo9 ce prlat la ma9 le/e4 ,quant ,rocco1 sa c>rire fut c\rte3 un c]ta9 ,amilc>e1 bt>d du comte de ,pitigliano1 qu'un soir1 en compagnie de monseigneur dguis1 il avait =c c\rir devant la po9te de son pe1 le provoqua en duel dans un c>ref\r3 ,rocco reut l'pe dans l'il droit2 il tomba t]re1 dit son valet ,ulisse di ,m>co1 et ne p>la jamais plus4 ,b]n>do et ,paolo1 les deux plus jeunes ,c5ci1 entrai5t pe9e dans l'adolesc5ce1 au mom5t du crime de ,rocca ,petrella3 ils eur5t connaissance du projet des assass9s et n'y fir5t aucune objection4 ,les deux filles anes1 ,lav9ia et ,anton9a1 n'ont laiss aucun s\v5ir mauvais4 ,le m>i de ,lav9ia1 trsori] gnral de ,c5ci1 fut p\rsuivi p\r empoisonnem5t4 ,anton9a p\sa le b>on ,savelli1 veuf d'un premi] m>iage et pre de plusieurs petites filles4 ,c'e/ une bonne pte1 crivait d'elle sa belle-sur ,s(onisba1 tranquille et de bonne humeur4 ,p5dant l'int]mde conjugal de ,savelli1 l'excell5te et adroite ,anton9a envoyait aux petites des cadeaux1 p> exemple1 des p\pes p\r #dj baoques4 ,batrice n'tait po9t une bonne pte2 orgueilleuse1 irascible1 t5ace1 elle supportait impatiemm5t le j\g brutal de son pre4 ,le sj\r de ,rocca-,petrella a*eva la p]te de cette me dang]euse4 ,la ple odalisque du palais ,b>b]9i1 la bianca creatura di bianco ve/ita1 prp>a froidem5t la ru9e tragique de t\te sa maison4 ,,iii ,le b>on ,francesco1 =t ennuy du sj\r de ,rome1 s'tait retir1 v]s #aeie1 dans son manoir fodal1 bi5 lo9 des f*eux et de la police du ,sa9t-,pre4 ,il emm5ait avec lui sa seconde femme ,lucrezia1 ,batrice et ses fils ,b]n>do et ,paolo4 ,ceux-ci s'enfuir5t quelque temps avant le crime et ret\rnr5t ,rome auprs de leur frre ,giacomo4 ,la tyrannie du vieux ,c5ci s'appesantit plus l\rdem5t sur les deux femmes isoles4 ,il les battait p\r tu] le temps4 ,batrice1 dans ce morne ds]t1 s5tit t\tes ses rvoltes s'exaspr]4 ,le rgisseur du *teau1 ,olimpio ,calvetti1 qui tait m>i et pre de famille1 lui p>ut un ami2 il dev9t bi5tt son amant4 ,sur ce po9t1 t\s les tmoignages sont concluants4 ,il v5ait dans nos *ambres1 dit la belle-mre ,lucrezia1 et se mettait p>l] avec madame ,batrice1 et moi j'allais me c\*] et les laissais caus] ensemble4 ,t\te la maison1 les frres1 le sicaire ,m>zio1 fur5t au c\rant de l'intrigue2 elle-mme1 elle la confessa ses juges1 selon une dp*e de l'ambassadeur de ,modne son duc4 ,c]ta9es dispositions trs voiles du te/am5t de ,batrice1 en faveur d'un jeune enfant qu'elle ne nomme po9t1 font croire ,m4 ,b]tolotti qu'elle tait dev5ue mre4 ,mais ici1 je ne vois pas de preuve bi5 tablie4 ,quelque *ose d'extraord9aire se ft pass ,rocca-,petrella2 ,c5ci et commis1 l'occasion de cette naissance inatt5due1 un exploit froce qu'aucun indice ne rvle4 ,il e/ seulem5t c]ta9 qu'il ouvrit1 mais un peu t>d1 les yeux sur la conduite de sa fille et qu'il *assa ,olimpio4 ,on imag9e la scne t]rible de cette j\rne4 ,les tmo9s ont p>l d'un n]f de buf t\j\rs p5du dans sa *ambre c\*]1 et dont il frappait s\v5t sa fille2 il fit f]m] p> une b>re de f] extrieure la porte de l'app>tem5t des deux femmes2 cette porte1 on pratiqua un volet1 muni d'une s]rure1 p> o entrait la n\rriture2 les f5tres fur5t mures aux trois qu>ts et ne recevai5t plus le j\r que p> le haut1 la faon des ca*ots4 ,batrice se r$ressa t\te frmissante1 et la p5se du p>ricide entra dans son esprit4 ,a9si la rbellion lgitime de deux femmes outrages1 et1 d'autre "p1 les plus vils intrts1 les passions les plus f\gueuses1 l'orgueil irrit1 la peur1 la soif d'une v5geance1 l'attrait de l'or1 runir5t fatalem5t p\r la sanglante entreprise les assass9s3 ,batrice1 qui ,c5ci a arra* son amant2 ,giacomo1 le faussaire d%rit2 ,lucrezia1 la malheureuse qui tremble devant son m>i et le mprise2 ,olimpio1 qui f]a sa =tune en effrayant ses complices2 enf9 ,m>zio1 vassal de la ,rocca1 un simple b&it1 qui1 p\r une poigne d'cus1 accomplira l'uvre sclrate4 ,et quel ?tre plus propice que ce manoir1 dont les bonnes g5s n'osai5t po9t appro*] et qui se p5*e sur les gorges pr(ondes de la montagne1 au se9 des solitudes sol5nelles du mont ,cass9 et d',anagni6 ,le plan du crime fut dress avec m?ode4 ,n\s y tr\vons1 ds l'orig9e1 la volont et la ma9 de ,batrice et d',olimpio2 ,giacomo1 probablem5t aussi ,lucrezia et les jeunes frres ne fur5t affilis que plus t>d la conspiration4 ,olimpio rdait sans cesse aut\r de la ,rocca et s'y glissait de nuit p> les f5tres1 aid sans d\te des valets qui ne voyai5t en lui qu'un amant audacieux4 ,je suppose que ,c5ci se retirait de bonne heure dans sa tanire1 dont il f]mait les v]r\s soigneusem5t4 ,olimpio pntrait dans la *ambre de ,batrice et le lugubre colloque comm5ait4 ,d'abord1 selon ,m>zio1 au rcit de qui j'emprunte les dtails qui suiv5t1 il fut "q de livr] le b>on aux brig&s2 c'tait la mort la plus naturelle du monde4 ,mais ,francesco sortait peu et arm jusqu'aux d5ts4 ,puis la jeune fille eut un entreti5 avec ,m>zio et le pria de dc\vrir un assass9 digne de confiance p>mi ses amis4 ,mais ,olimpio exigeait que les trois frres ,c5ci fuss5t d'accord avec leur sur2 on sduisit sans pe9e ,paolo et ,b]n>do qui se sauvr5t alors p\r ne ri5 voir4 ,olimpio fit le voyage de ,rome et dcida ,giacomo4 ,a ce mom5t1 on p>aissait *oisir le poison4 ,giacomo remit au sicaire une rac9e r\ge et une fiole remplie d'opium3 ,batrice reut le poison et t5ta de s'en s]vir4 ,mais ,c5ci1 mfiant1 faisait gt] p> sa fille les mets et les boissons de sa table4 ,dans un conseil t5u avec les deux misrables1 ,batrice rsolut de donn] son pre du v9 avec de l'opium1 af9 de l'endormir4 ,v\s le tuez alors1 dit-elle1 comme v\s v\drez1 et puis n\s le jett]ons du haut de la t]rasse et n\s dirons qu'il e/ tomb p> accid5t4 ,elle alluma une *&elle de suif sans *&eli]1 la remit ,m>zio et r5voya les deux hommes4 ,mais ,olimpio laissa ,m>zio seul dans la *ambre basse o ils devai5t se ca*] et remonta *ez sa matresse3 ,m>zio se c\*a sur deux tables1 envelopp d'une c\v]ture de la *ambre de ,batrice4 ,les assass9s demeurr5t t\te la j\rne du l5dema9 dans leur retraite3 ,batrice leur apporta mang]4 ,v]s le soir1 elle rev9t et dit que son pre avait bu du v9 ml d'opium1 mais =t peu1 p>ce qu'il l'avait tr\v am]3 elle avait d en aval] elle aussi quelques g\ttes4 ,il n'tait pas possible que le b>on s'endormit d'un bon sommeil4 ,olimpio dit3 cette nuit1 n\s dcid]ons l'affaire4 ,il remonta *ez ,batrice1 sortit du *teau1 ne r5tra que de nuit1 et laissa dormir ,m>zio t\t seul1 comme la veille4 ,il v9t le *]*] l'aube2 ils prir5t leurs eng9s1 un r\leau faire la pte1 un g\rd9 et un =t m>teau1 et rejoignir5t ,batrice4 ,t\s les trois se dirigr5t v]s la *ambre de ,francesco4 ,mais ils r5contrr5t ,lucrezia qui p>la bas ,olimpio2 t\s les quatre se r5dir5t la cuis9e1 o ,lucrezia1 effraye1 t5ta de faire ab&onn] le projet4 ,mais ,batrice dcl>a qu'il fallait que son pre ft tu n'importe comm5t4 ,on att5dit donc cette fois encore jusqu' la nuit4 ,qu& t\t fut noir dans le *teau1 les bravi remontr5t *ez ,batrice qui tait seule4 ,t\t c\p1 ,olimpio feignit d'avoir une qu9te de t\x1 et se retira1 s\s le prtexte de ne po9t tre ent5du2 mais1 la t\x p]si/ant1 il dit ,m>zio3 ,va1 donne ,madame une excuse1 n\s ne p\vons ri5 faire prs5t4 ,m>zio s'acquitta de la commission1 ,batrice s'emporta contre ,olimpio1 l'accusant de trahison4 ,olimpio eut un accs de fureur1 blasphma le nom de ,dieu et dit3 ,tu veux que je fasse ce que je ne puis pas faire4 ,si tu veux que j'aille au diable1 j'irai6 ,et1 suivi de ,m>zio1 il s'enfuit hors du *teau4 ,mais la nuit porte conseil1 et1 ds le mat91 n\s les retr\vons auprs de ,batrice4 ,cette fois on n'hsite plus4 ,t\t l'heure ,lucrezia ouvrira la porte de la *ambre conjugale4 ,le vieux ,c5ci e/ bi5 p]du4 ,il fait gr& j\r au dehors1 un mat9 radieux de septembre4 ,les v]r\s ont gliss et ,lucrezia p>at sur le seuil4 ,elle p\vait alors cri]1 rveill] son m>i3 elle reg>de1 muette1 le trio qui entre d\cem5t3 ,olimpio le premi]1 puis ,m>zio1 puis ,batrice4 ,olimpio connat la situation du lit3 il se jette de t\t son poids sur le b>on et le frappe sur la tte gr&s c\ps de m>teau4 ,batrice s'e/ lance v]s la f5tre qu'elle ouvre1 af9 qu'on voie clair4 ,elle s'y arrte un in/ant1 puis se retire1 t&is qu',olimpio frappe sur la poitr9e et ,m>zio sur t\t le corps4 ,francesco n'a p\ss qu'un seul cri1 s'e/ s\lev demi1 et tombe cras1 in]te4 ,les femmes r5tr5t1 enlv5t en t\te hte du lit les c\v]tures et les matelas inonds de sang2 on habille le corps encore tide1 et l'horrible cortge se dirige v]s la t]rasse qui donne sur le prcipice4 ,olimpio ouvre une br*e dans le p>apet2 la *ute de nuit p>atra a9si vraisemblable4 ,francesco e/ lanc dans le vide4 ,mais ,m>zio rclame son salaire4 ,batrice lui remet v+t cus enf]ms dans un m\*oir blanc4 ,le pauvre homme1 en les comptant la maison1 jugea la rcomp5se assez maigre4 ,il se plaignit ,olimpio4 ,celui-ci lui assura qu' ,rome1 ,giacomo lui donn]ait de l'or4 ,mais1 depuis1 on ne m'a plus ri5 donn4 ,a9si f9it la confession de ,m>zio1 que je vi5s de rsum]4 ,les deux bravi s'loignr5t au plus vite de la ,rocca4 ,m>zio se jeta dans les montagnes o il se t9t ca* jusqu' l'hiv]1 malgr la neige4 ,le commissaire pontifical russit l'y arrt]1 et ses aveux dcidr5t ses complices s'accus] les uns les autres4 ,il m\rut en prison1 des suites de la torture4 ,olimpio fut assass9 p> des spadass9s aux gages de ,giacomo4 ,il s'tait d'abord ca* ,rome1 *ez un dom9ica9 de ses p>5ts4 ,ces>e1 c\s9 des ,c5ci1 v9t lui port] deux c5ts cus de la "p de ,giacomo1 af9 qu'il allt plus lo94 ,olimpio p>tit en compagnie de ,camillo ,rosati1 qui il raconta la scne du crime4 ,camillo le fit emprisonn] tratreusem5t ,novell>a1 mais ,olimpio p>v9t s'vad]4 ,il fut rejo9t ,t]amo p> trois anci5s valets des ,c5ci1 ,m>co ,tulio ,b]toli1 ,ces>e et ,pacifico da ,t]ani1 qui il proposa de =m] une tr\pe de brig&s dont il devait tre la premire victime4 ,les b&its tur5t leur capita9e sur la gr&e r\te1 lui c\pr5t la tte et la portr5t au m>quis de ,cel5za1 dans les ,abruzzes1 af9 de t\*] le prix que la police napolita9e avait promis4 ,un tmoignage considrable *appait a9si au tribunal crim9el de ,rome4 ,mais ,olimpio avait sem de t\tes p>ts ses dang]euses confid5ces1 et sa mort fut inutile ses complices4 ,la police du ,sa9t-,sige1 qui s'tait assure dj de la famille des ,c5ci et re*]*ait ardemm5t t\tes les p]sonnes compromises de prs ou de lo9 dans le drame de ,rocca ,petrella1 s'inquita alors de la brusque disp>ition de monsignor ,m>io ,gu]ra1 le compagnon de fr$a9es de son c\s9 ,rocco ,c5ci4 ,elle supposa1 et non sans raison1 qu'il avait t\t au mo9s aid la f*euse suppression d',olimpio4 ,monsignor se ca*ait ,naples1 o il vivait assez misrablem5t1 s\s le nom de l'abb ,sc>dafa4 ,une lettre anonyme in=ma le pape de l'av5ture4 ,clm5t ,,viii fit arrt]1 p> l'entremise du nonce1 le faux abb que l'autorit napolita9e lui expdia p> la voie de m]4 ,c'e/ un homme r\x1 ple9 de *air1 dit dans sa dposition le capita9e de la fel\que qui portait ce my/rieux passag]4 ,monsignor r5tra *>g de *anes dans la ,ville t]nelle4 ,on ne releva contre lui aucun fait palpable3 mais les tribunaux ecclsia/iques se dfiai5t de cet homme d'glise3 on le g>da donc en prison six ans1 p5dant lesquels il crivit mmoire sur mmoire3 il fut ensuite relgu ,malte p\r trois ans2 mais on prolongea son exil4 ,il rev9t enf9 ,rome1 et s'occupa de t\tes sortes de ngociations illicites1 de comm]ce et de trafics int]dits p> les sacrs canons1 dit1 en #afcc1 un bref d',urba9 ,,viii4 ,il tait trs vieux alors1 songeait se faire ermite1 et dem&ait p>don p\r les irrgul>its de sa vie4 ,urba9 ,,viii1 le pape qui frappa ,galile1 lui p>donna4 ,,iv ,les ,c5ci se vir5t p]dus p> la rvlation de leurs sicaires4 ,*acun d'eux1 selon la =mule du docum5t judiciaire1 pe9e s\lev dans la torture1 crie3 ,desc5dez-moi1 seigneur61 et dnonce aussitt ses complices4 ,giacomo *>ge la fois ,olimpio1 qui e/ mort1 et ,batrice3 ,ma sur e/ la cause de la mort de mon pre et du malheur de ma maison2 je ti5s d'elle1 de ,lucrezia1 de ,b]n>do1 de ,paolo et d',olimpio qu'elle traitait celui-ci avec fureur jusqu' ce qu'il et cons5ti l'assass9at4 ,moi1 je v\lais le *ass]1 mme aprs le crime1 et ,batrice me disait3 ,il faut lui faire des c>esses1 s9on il te p]dra4 ,ma belle-mre ,lucrezia aussi e/ c\pable1 c> elle tait au c\rant de t\t le complot4 ,il fe9t d'avoir t (f5s de l'intimit de sa sur avec ,olimpio3 ,ils avai5t t\j\rs quelque *ose se dire l'oreille4 ,b]n>do confirme le tmoignage de son frre an4 ,lucrezia accuse ,olimpio1 ,batrice et ,giacomo4 ,le #g septembre elle a une premire fois emp* le crime1 au nom de la madone1 dont ce j\r tait la fte444 la madone aurait fait quelque miracle effrayant4 ,au mom5t mme du meurtre1 elle ne se d\tait de ri52 elle r5contra les trois assass9s arms la porte de son m>i1 et se dirigea tranquillem5t v]s la *ambre de ,batrice4 ,elle a ent5du les c\ps1 mais sans compr5dre sur qui l'on frappait4 ,qu& elle e/ rev5ue1 il tait trop t>d4 ,t&is qu'elle lavait les draps ensanglants du b>on1 elle pleurait1 et ,batrice lui dit3 ,sotte bte1 p\rquoi pleures-tu8 ,batrice1 fille virile1 crit l'ag5t secret du gr&-duc de ,toscane1 nie d'abord1 puis av\e avec fran*ise sa "p de prmditation4 ,je dis ,olimpio que je ne v\lais pas qu'on ft ri5 sans le cons5tem5t de mes frres4 ,mais elle dnonce ,giacomo et sa belle-mre1 qui porta mang] aux bravi enf]ms deux j\rs et deux nuits dans le *teau4 ,madame ,lucrezia aussi m'a conseill et p]suad de faire tu] mon pre p> ,olimpio4 ,elle disait3 ,cet ,olimpio a promis de le tu]1 et il n'en f9ira jamais4 ,olimpio1 son ret\r de ,rome1 m'a dit que ,giacomo lui avait bi5 recomm&1 qu& il tu]ait le seigneur ,francesco1 de l'a*ev]1 p>ce qu'il avait sept esprits1 comme les *ats4 ,je laisse de ct les tmoignages secondaires des p>5ts ou des dome/iques des meurtri]s4 ,la cause tait ent5due4 ,les ef=ts de la df5se devai5t tre va9s4 ,batrice elle-mme n'avait ri5 rvl d'un att5tat commis sur elle p> son pre4 ,f>9accio dveloppa sans succs cet argum5t dsespr4 ,une s5t5ce capitale fut prononce contre les trois pr9cipaux accuss3 le pape fit grce de la vie au petit ,b]n>do1 la condition qu'il assi/]ait de prs au supplice des si5s4 ,le malheureux figura1 en effet1 sur les deux *afauds4 ,aprs quelques annes de galres1 il fut exil1 puis graci1 et vcut *tivem5t ,rome d'une p5sion que la sa9te ,rote lui s]vit sur sa "p confisque dans l'hritage pat]nel4 ,quant aux enfants de ,giacomo1 ils tr\vr5t une =tune entame p> la confiscation1 ru9e p> les dsordres de la famille1 *>ge de dettes et de frais judiciaires2 il fallut v5dre1 avec l'autorisation du pape1 les bi5s patrimoniaux1 qu'a*etr5t comptant les ,borghse1 les ,aldobr&9i1 les ,b>b]9i1 les ,caf>elli4 ,ce procs in\ avait pr(ondm5t mu la socit roma9e4 ,les j\rnali/es ou *roniqueurs du temps1 qu'on appelait m5anti1 in=m5t1 dans leurs avvisi1 les lecteurs de la m>*e de l'affaire1 puis des *ances de plus en plus faibles que les condamns ont d'tre grcis p> le pape4 ,en gnral1 ils sont favorables aux ,c5ci4 ,les avocats assigeai5t l'anti*ambre de ,clm5t ,,viii1 qui les reut1 mais =t mal4 ,les religieuses de ,rome suppliai5t le ,sa9t-,pre d'p>gn] aux deux femmes la honte de la mort publique4 ,les c>d9aux ,aldobr&9i et ,santa-,sev]9a dem&ai5t que ,batrice ft enf]me p]ptuit dans un c\v5t4 ,il e/ c]ta9 que le pape v\lut lire le dossi] du procs et les plaidoiries2 il hsita quelque temps1 en faveur sans d\te de ,lucrezia et de la jeune fille4 ,malheureusem5t1 plusieurs crimes analogues effrayr5t1 dans cette anne #aeii1 le vieux pontife4 ,en ju91 ,m>c ,antonio de ,massimi1 qui jadis l'on avait dj p>donn l'assass9at de sa belle-mre1 empoisonna son frre dans un plat de mac>oni1 aprs avoir essay le poison sur le cuis9i]1 qui en tait mort4 ,massimi fut p5du4 ,une femme tuait son m>i1 le c\sait dans un sac1 et atta*ait le sac si habilem5t sur le dos d'un portefaix *>g de jet] le cadavre l'eau1 que ce complice1 li1 sans le savoir1 son f>deau1 accompagnait le mort au fond du ,tibre4 ,en aot1 ,&rea ,capranica blessa grivem5t son frre1 et fut arrt dans le palais du duc ,ces>9i4 ,enf91 c9q ou six j\rs avant le supplice des assass9s de la ,rocca1 ,paolo ,santa-,croce1 p>5t trs pro*e des ,c5ci1 tua sa mre1 prs de ,rome1 de seize c\ps de poign>d1 avec la complicit de son frre ,on(rio4 ,clm5t ,,viii n'hsita plus1 et fit signe ses b\rreaux4 ,le #aa septembre1 m9uit1 on av]tit les condamns que l'heure de m\rir tait v5ue4 ,ils sortir5t de la prison1 au mat91 p\r se r5dre au pont ,sa9t-,ange3 ,giacomo1 nu jusqu' la ce9ture1 sur une *>rette2 ,b]n>do1 en long manteau1 et la tte masque p> un capu*on1 sur une autre *>rette2 les femmes1 vtues de deuil1 pi$4 ,giacomo tait intrpide4 ,b]n>do1 l'enfant de seize ans1 sanglotait2 ,lucrezia semblait une morte qui m>*e2 ,batrice avait une incomp>able srnit4 ,les deux femmes m\rur5t les premires1 dcapites non p> la ha*e1 mais p> une vritable guillot9e dont le dess9 a t retr\v1 p> ,m4 ,b]tolotti1 aux ar*ives crim9elles de plusieurs procs du ,x,v,ie et du ,x,v,i,ie sicles1 qui sont encore l',ar*ivio roma94 ,giacomo1 que l'on avait t5aill1 *em9 faisant1 aux deux mamelles1 att5dait1 t\t r\ge de sang3 il fut enf9 c>tel4 ,clm5t ,,viii sortit alors du ,quir9al et s'a*em9a v]s ,sa9t-,jean de ,latran1 o il dit une messe basse p\r le repos des trois mes si crim9elles et si malheureuses4 ,les corps re/r5t exposs jusqu' la nuit3 les femmes1 sur une tribune ent\re de tor*es flamboyantes1 et les dbris affreux de ,giacomo tals sur l'*afaud4 ,qu& les premires ombres fur5t desc5dues sur ,rome1 la confrrie des ,flor5t9s vi5t pr5dre ,giacomo p\r le port] ,san-,giovanni-,decollato2 la confrrie des ,/igmates recueillit1 sur leur lugubre *apelle mortuaire1 ,lucrezia et ,batrice et les porta ,san-,francesco4 ,une f\le imm5se de religieux et de peuple suivait avec un gr& b\rdonnem5t de prires4 ,sur la tte livide de la jeune fille on avait dpos une c\ronne de fleurs4 ,sept j\rs plus t>d1 on apprit ,rome un n\veau p>ricide4 ,deux frres avai5t tu et ent]r leur pre dans une vigne1 o des *i5s le dc\vrir5t4 ,dieu n\s aide6 s'crie le *roniqueur1 je crois que la f9 du monde appro*e6 ,en mme temps1 on brlait vif1 ,campo di ,fiori1 un faux capuc9 conva9cu d'hrsie4 ,l'ambassadeur de ,france n'avait pas p]mis qu'on ft de p>eilles ju/ices devant son palais1 non qu'il veuille du bi5 aux hrtiques1 comme le dis5t ses ennemis1 7c'tait l'ambassadeur de ,h5ri ,,iv71 mais simplem5t p\r ne pas ent5dre ni voir de telles p]sonnes4 ,rome avait assi/1 depuis l'entre de ,*>les ,,viii1 beauc\p de spectacles extraord9aires2 au dcl9 de ce gr& sicle1 ouv]t p> ,alex&re ,,vi1 ,jules ,,ii et ,lon ,x1 la vieille ville sa9te n'avait plus gure1 p\r *>m] son ennui1 que des tragdies de famille et des auto-da-f4 ,l'entranem5t gnreux de la ,r5aissance avait cess depuis longtemps1 et1 s\s la dure discipl9e inaugure au ,concile de ,tr5te1 la socit roma9e1 indiffr5te la culture de l'esprit1 trangre l'lgance des murs comme aux lib]ts de l'me1 ret\rnait la b>b>ie et la corruption de l'ge fodal4 ,ces p>ricides et ces fratricides1 les ,c5ci1 les ,santa-,croce1 les ,massimi1 ne sont po9t des popolani condamns p> leur condition l'empire des passions brutales3 ils sont1 p> la naissance1 placs dans les premi]s rangs1 =t lo9 de la f\le4 ,qu& une socit se gte p> le haut1 la dcad5ce politique1 la ru9e de la civilisation sont irrmdiables4 ,,f94 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,avant-,,propos ,v ,la ,r5aissance itali5ne et la philosophie de l'hi/oire #a ,l'honntet diplomatique de ,ma*iavel #ha ,fra ,salimb5e1 francisca9 du treizime sicle #ajg ,le roman de don ,qui*otte #acc ,la ,fonta9e #aei ,le ,palais pontifical et le g\v]nem5t intrieur de ,rome #agg ,la vrit sur une famille tragique3 les ,c5ci #bda ,,v]sailles1 ,,imprim]ie ,,c]f ,,et ,,fils1 #ei1 ,,rue ,,duplessis4 ,,librairie ,l,,opold ,,c]f #ac1 ,,rue ,,de ,m,,dicis1 ,,p>is ,a4 ,,*uquet4--,,les ,,gu]res ,,de ,,la ,r,,volution3 7,ouvrages honors du ,gr& ,prix ,gob]t et du ,prix ,audiffr$47 ---- ,la premire ,invasion prussi5ne1 #c;e dition1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,valmy1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,la ,retraite de ,brunswick1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,jemappes et la ,conqute de la ,belgique1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,la ,trahison de ,dum\riez1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,l',expdition de ,cu/9e1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,may5ce1 9-#ah1 c>te #c fr4 #ej ---- ,wissemb\rg1 9-#ah1 c>te #c fr4 #ej ,a4 ,,*uquet4--,le ,gnral ,*anzy 7,ouv4 c\r4 p> l',acadmie franaise71 #f;e dition1 9-#ah #c fr4 #ej ,,petit ,,de ,,julleville4--,rp]toire du ,?tre comique en ,france au moy5 ge1 gr4 9-#h1 numrot petit nombre #bj fr4 ---- ,les ,comdi5s en ,france au moy5 ge 7,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise71 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,la ,comdie et les ,murs en ,france au moy5 ge1 9-#ah #c fr4 #ej ,ra\l ,,fr>y4--,le ,pril ,national1 #g;e dition 7,ouvrage c\ronn p> l',acadmie franaise71 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,manuel du ,dmagogue1 #c;e dition1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,la ,"q du ,lat91 #e;e dition1 9-#ah #c fr4 #ej ,m4 ,,gu,,r94--,la ,"q du ,lat9 et la ,r=me pr(onde de l',enseignem5t secondaire1 9-#ah #c fr4 #ej ,a4 ,,dupuy4--,l'tat et l',univ]sit ou la vraie ,r=me de l',enseignem5t secondaire1 9-#ah #c fr4 #ej ,g4 ,,hanotaux4--,h5ri ,m>t91 sa vie1 ses uvres1 son temps1 9-#ah #c fr4 #ej ,emile ,,neuca/el4--,gambetta1 sa vie1 ses ides politiques1 9-#ah #c fr4 #ej ,,gann]on4--,l',amiral ,c\rbet1 d'aprs les papi]s de la m>9e et de la famille 7,ouv4 c\r4 p> l',acadmie franaise71 #e;e dition1 9-#ah #c fr4 #ej ,h4 ,,joly4--,le ,crime1 tude sociale 7,ouv4 c\r4 p> l',acad4 fr471 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,la ,france crim9elle1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,le ,combat contre le ,crime1 9-#ah #c fr4 #ej ,e4 ,,gebh>t4--,la ,r5aissance itali5ne et la ,philosophie de l'hi/oire1 9-#ah #c fr4 #ej ,c4 ,,b5oi/4--,la politique du roi ,*>les ,v1 9-#ah #c fr4 #ej ,a4 ,,lem>quis4--,la ,littrature anglaise au ,x,v,i,i,ie sicle1 p> ,t4 ,s4 ,p]ry1 9-#ah #c fr4 #ej ,c4 ,,foley4--,gu]re de ,femmes1 ,g5s de p>t\t1 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,la ,c\rse au ,m>iage1 ,g5s de prov9ce1 9-#ah #c fr4 #ej ,e4 ,,m\ton 7,m,,r9os74--,fusil *>g1 recit militaire1 #c;e dit41 9-#ah #c fr4 #ej ---- ,le ,devoir de ,punir1 introduction gnrale l'hi/oire et la ?orie du droit pnal1 9-#ah #c fr4 #ej ,h4 ,,gaidoz et ,p4 ,s,,billot4--,le ,blason populaire de la ,france1 9-#ah #c fr4 #ej ,l4 ,,dussieux4--,lettres intimes de ,h5ri ,,iv1 #b;e dition1 9-#ah #c fr4 #ej ,r4-,g4 ,l,,vy4--,le ,pril f9anci]1 9-#ah #c fr4 #ej ,,*assang4--,rem>ques sur la ,langue ,franoise1 p> ,vaugelas1 n\v4 dit4 7ouv4 c\r4 p> l',acadmie franaise74 #b =ts vol4 9-#h #ae fr4 ,,pigeonneau4--,hi/oire du ,comm]ce de la ,france1 #are p>tie4 ,depuis les orig9es jusqu' la f9 du ,x,ve sicle4 7,ouvrage honor d'un prix ,gob]t71 9-#h avec c>te #g fr4 #ej #b;e ,p>tie4 ,le seizime sicle--,h5ri ,,iv--,ri*elieu1 9-#h #g fr4 #ej ,camille ,s,e4--,lyces et ,collges de ,jeunes ,filles4 #e;e d41 9-#h #aj fr4 ,l',ecole ,normale 7#ahaj-ahhc71 9-#h #ab fr4 ,flix ,,frank et ,adolphe ,,*5evi,,re4--,lexique de la ,langue de ,bonav5ture des ,p]i]s1 9-#h #aj fr4 ,l4 ,,fonta9e4--,le ,?tre et la ,philosophie au ,x,v,i,i,ie sicle1 9-#h #e fr4 ,,nicolas ,,de ,,grad[sky4--,la ,situation lgale des ,isralites en ,russie1 9-#ah #e fr4 ,a4 ,,d>me/et]4--,reliques sci5tifiques1 #b vol4 9-#h #dj fr4 ---- ,le ,talmud1 9-#h #a fr4 #ej ,p4 ,s,,billot4--,contes des prov9ces de ,france1 9-#ah #c fr4 #ej ,,lefebvre ,,sa9t-,,ogan4--,essai sur l'influ5ce franaise1 #b;e dition1 9-#ah #c fr4 #ej ,*>les ,,wi5]4--,*ili et ,*ili5s1 beau vol4 9-#h jsus #aj fr4 ,l4 ,,leg]4--,la ,bulg>ie1 9-#ah #c fr4 #ej ,l4 ,,lejeune4--,au ,mexique1 9-#ah #c fr4 #ej ,l',,abb ,h4-,r4 ,,casgra94--,un ,pl]9age au pays d'vangl9e 7,ouv4 c\r4 p> l',acad4 fran474 9-#ah #c fr4 #ej ,lieut5ant-,colonel ,,h5neb]t4--,de ,p>is ,tomb\ct\ en huit j\rs1 9-#ah #c fr4 #ej ,,m>io ,,viv>ez4--,le ,s\dan algri54 ,projet de voie f]re transsah>i5ne1 9-#ah #c fr4 #ej ,,v]sailles4--,,imprim]ie ,,c]f ,,et ,cie1 #ei1 ,,rue ,,duplessis4