,note3 ,images of the original pages are available through ,internet ,archive_/,canadian ,libraries4 ,see http3_/_/archive4org_/details_/lanticlri calis#jj;faguuoft ,note sur la transcription3 ,les mots et phrases imprims en gras dans le texte d'origine sont marqus ainsi4 ,l',,anticl,,ricalisme 99 99 99 99 99 ,,en ,,vente ,a ,,la ,m,,me ,,librairie ,,du ,m,,me ,,auteur ,seizime sicle1 tudes littraires1 un fort vol4 in-#ah jsus1 #ab;e dition1 broch4 #c #ej ,dix-septime sicle1 tudes littraires et dramatiques1 un fort vol4 in-#ah jsus1 #bh;e dition1 augmente et remanie1 broch4 #c #ej ,dix-huitime sicle1 tudes littraires1 un fort volume in-#ah jsus1 #be;e dition1 broch4 #c #ej ,dix-neuvime sicle1 tudes littraires1 un fort volume in-#ah jsus4 #bi;e dition1 broch4 #c #ej ,politiques et moralistes du dix-neuvime sicle4 ,trois sries1 formant chacune un volume in-#ah jsus1 broch4 #c #ej ,l'ouvrage est complet en trois sries1 chaque volume se vend sparment4 ,politique compare de ,montesquieu1 ,rousseau et ,voltaire1 un vol4 in-#ah jsus4 #c #ej ,propos littraires ,trois sries1 formant chacune un volume in-#ah jsus1 broch 7chaque volume se vend sparment74 #c #ej ,propos de thtre4 ,deux sries1 formant chacune un volume in-#ah jsus1 broch 7chaque volume se vend sparment74 #c #ej ,le ,libralisme4 ,un volume in #ah jsus1 huitime mille1 broch4 #c #ej ,en lisant ,nietzsche4 ,un volume in-#ah jsus1 broch4 #c #ej ,pour qu'on lise ,platon4 ,un volume in-#ah jsus1 broch4 #c #ej ,simplification simple de l'orthographe1 une piqre in-#ah jsus4 #j #ej ,madame de ,maintenon institutrice1 extraits de ses lettres1 avis1 entretiens1 et proverbes sur l',education1 avec une introduction4 ,un volume in-#ab1 orn d'un portrait1 #b;e dition1 broch4 #a #ej ,corneille1 un vol4 in-#h illustr1 #g;e dit41 br4 #b ,la ,fontaine1 un vol4 in-#h illustr1 #aj dit41 br4 #b ,voltaire1 un vol4 in-#h illustr1 #c;e dition1 br4 #b ,ces trois derniers ouvrages font partie de la ,collection des ,classiques populaires1 dirige par ,m4 ,,emile ,,faguet4 ,discours de rception l',acadmie franaise1 avec la rponse de ,m4 ,,emile ,,ollivier1 une brochure in-#ah jsus4 #a #ej 99 99 99 99 99 ,,emile ,,faguet ,de l',acadmie ,franaise ,l',,anticl,,ricalisme ,illustration ,,paris ,,soci,t ,,fran,,aise ,d',,imprimerie ,,et ,,de ,,librairie ,,ancienne ,,librairie ,,lec,,ne1 ,,oudin ,,et ,cie #ae1 ,rue de ,cluny1 #ae #aijf ,l',anticlricalisme ,,chapitre ,,premier ,l',,irr,,ligion ,,nationale ,je vais tudier une des maladies de la race franaise1 la plus rpandue et l'une des plus profondes la fois et des plus aigus4 ,je pense apporter de l'impartialit dans cette tude1 n'appartenant aucune confession religieuse1 ni1 ce qui est peut-tre plus important encore dans l'espce1 aucun parti politique4 ,mon intention trs arrte est d'tudier cette affection comme si j'crivais sur un sujet de l'antiquit1 comme si clricalisme1 anticlricalisme1 catholicisme et ,france mme avaient disparu depuis dix sicles2 et comme si tous ces objets faisaient partie du domaine de la philologie ou de l'archologie4 ,je m'en crois capable1 encore qu'en pareille matire on ne saurait rpondre de rien2 mais mon dessein1 trs ferme1 est trs exactement ce que je viens de dire4 ,on me saura gr d'avoir au moins pris la plume dans cet tat d'esprit4 99 99 99 99 99 ,nietzsche a dit1 dans la mme phrase je crois1 que le ,franais est essentiellement religieux et qu'il est essentiellement irrligieux4 ,il n'a pas tort1 la condition seulement qu'on mesure l'tendue des manifestations religieuses des ,franais et l'tendue aussi des manifestations contraires4 ,le ,franais1 ce me semble1 a des dispositions naturelles essentiellement irrligieuses2 seulement1 et prcisment cause de cela1 par raction des esprits ns religieux contre leurs entours1 il y a eu des groupements pntrs de l'esprit religieux le plus intense2 il y a eu des lots religieux singulirement nets et pour ainsi dire aigus1 comme il y a des lots granitiques au milieu des pays calcaires1 qui tranchent vigoureusement avec tout ce qui les entoure et se font remarquer d'autant4 ,cela1 ce me semble1 toutes les poques3 vaudois1 cathares1 huguenots1 jansnistes4 ,la race franaise1 tant ardente1 devait produire quelques foyers d'ardent sentiment religieux1 et l1 sous l'influence d'un esprit dominateur ou d'une me apostolique2 sous l'influence1 aussi1 des entours mmes1 poussant et provoquant au sentiment religieux les mes doues de l'esprit de contradiction4 ,mais le fond de la race franaise1 la gnralit des ,franais me semble toujours avoir t peu capable d'embrasser et d'entretenir l'esprit religieux et le sentiment religieux4 ,il ne faut pas que nos guerres religieuses1 assez nombreuses et assez longues1 nous fassent illusion sur ceci4 ,la religion1 dans ces guerres1 a t pour un cinquime cause et pour quatre cinquimes prtexte1 calculer approximativement1 comme on est bien forc de faire en pareille matire4--,est-il quelqu'un qui estime aujourd'hui que la croisade des ,albigeois ait t une manifestation de foi religieuse8 ,est-il quelqu'un qui conteste qu'elle ait t une rue de pillards avides sur des contres riches1 prenant prtexte dans le mot d'ordre d'un pape1 qui lui-mme obissait des ides politiques en le donnant8 ,de mme les guerres du ,x,v,ie sicle entre protestants et catholiques franais ont t surtout des guerres de fodaux contre la royaut2 et les guerres du ,x,v,i,ie sicle entre catholiques et protestants franais ont t surtout des guerres de rpublicains plus ou moins conscients et prenant plus ou moins leur mot d'ordre ,genve et en ,hollande1 contre la royaut franaise devenant absolutiste4 ,et je dis mme que chez les plus simples et qui ne se savaient1 ni se sentaient ni fodaux telle poque1 ni rpublicains telle autre1 la religion entrait moins en jeu que le simple got de lutte pour la lutte et de guerre pour la guerre4 ,le ,franais est essentiellement homme de guerre civile4 ,il est batailleur de village village1 de province province1 de quartier quartier4 ,ce peuple1 qui a t amen l'unit nationale par la persvrance tonnante d'une maison royale nergique et tenace et qui1 livr lui-mme1 semble retourner peu peu au particularisme1 ne me parat jamais avoir montr par lui-mme un dsir d'unit et une volont de concentration4 ,bien plus fort a toujours t en lui l'instinct de guerre intrieure et intestine1 le dsir1 soit de province province1 soit de parti parti1 d'craser l'adversaire1 sans se demander trs prcisment pourquoi il est l'adversaire et tout simplement parce qu'il faut bien se har et parce qu'il faut bien se battre4 ,l'enfant1 en ,france1 est lev par ses parents dans la haine d'une certaine catgorie de ,franais2 et la premire chose1 presque1 qu'on lui dsigne1 c'est un ennemi1 trs proche1 quelqu'un1 ct de lui1 qu'il faut s'habituer dtester et injurier sans motif trs prcis2 mais pour montrer qu'on est le fils de son pre4 ,je crois que cela est dans le sang4 ,ce que sont les partis politiques au ,x,xe sicle1 les partis religieux l'taient au ,x,v,ie et au ,x,v,i,ie sicle4 ,les guerres de religion n'ont gure t chez nous une manifestation de foi1 d'un ct ou de l'autre2 elles ont t1 avant tout1 une forme du besoin gratuit de guerre civile4 ,faut-il creuser8 ,on le pourrait1 je crois4 ,faut-il se demander d'o vient lui-mme ce besoin chez le ,franais de se battre contre le voisin1 s'il a un couvre-chef d'une autre couleur que la ntre2 et mme ce besoin de n'adopter une autre couleur que la sienne que pour pouvoir se battre contre lui8 ,on le pourrait1 je crois4 ,le ,franais est actif de corps et paresseux d'esprit4 ,il est nerveux et il est de cerveau nonchalant4 ,il sent le besoin d'agir et il n'aime pas se donner beaucoup de peine pour trouver un motif d'agir1 c'est--dire une ide4 ,il s'ensuit que sur un simple prtexte1 sur une ombre d'ide adopte en courant1 il se jette en campagne et il frappe4 ,les premiers coups changs sont ensuite un motif suffisant de continuer1 par rancune1 indfiniment4 ,le ,franais peut donc livrer et soutenir une longue guerre sans avoir jamais eu un motif vrai de l'entreprendre1 et tre soutenu lui-mme pendant cette longue lutte acharne par une ide qu'en vrit il n'a jamais eue1 et qui1 le bien prendre1 n'existait pas4 ,c'est ce qui a bien tromp les philosophes1 trs lgers eux-mmes1 du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,ayant constat qu'on sortait peine des guerres religieuses1 et de guerres religieuses pouvantables1 ils se sont imagin que c'tait la religion qui tait la cause de ces guerres et de ces pouvantements1 et ils ont maudit et dnonc les religions de tout leur cur4 ,mais1 aprs eux1 on s'est battu pour d'autres ides1 que du reste on ne comprenait pas davantage et qui n'taient galement que des prtextes2 et il a t suffisamment prouv qu'autre chose que l'esprit religieux pouvait mettre aux hommes les armes la main4 ,o ils s'taient tromps1 c'tait croire que la religion fut la vritable cause de la guerre et que1 la religion rduite l'impuissance1 il n'y aurait plus de guerre civile4 ,la vritable cause des guerres civiles1 c'tait l'amour de la guerre civile elle-mme et l'instinct mme1 imprieux et impatient1 de guerre civile4 ,des guerres de religion franaises ne concluons donc nullement que le ,franais soit trs religieux ni qu'il l'ait jamais t4 ,il a1 simplement1 aim l'change des coups sous un prtexte ou sous un autre4 ,la vrit1 c'est que depuis qu'il existe il a eu un fond d'esprit irrligieux que les circonstances ont longtemps comprim1 que les circonstances ont ensuite comme libr et affranchi4 ,sans remonter aux satires et gouailleries anticlricales du moyen ge1 lesquelles1 d'abord ne sont qu'anticlricales et ne sont point antireligieuses2 lesquelles1 ensuite1 partent presque toujours d'auteurs qui sont clercs eux-mmes et par consquent ne sont que manires de plaisanteries de collge ou de divertissements de couvent et se ramnent la rgle3 maledicere de priore2 on voit trs bien1 partir du moment o la nationalit franaise est constitue1 que l'esprit moyen1 l'esprit bourgeois a comme une inclination naturelle l'impit4 ,tout1 vers le ,x,v,ie sicle1 tend de ce ct ou y mne1 exceptions rserves1 qui ne laissent pas d'tre rares4 ,l'esprit de la ,rforme et l'esprit de la ,renaissance1 si diffrents1 si contraires1 du reste1 en leur dernire influence sur l'esprit des classes moyennes franaises1 mnent galement un dtachement relativement la foi4 ,que la moiti de l',europe rompe avec l'empire spirituel de ,rome1 cela ne mne pas du tout les classes moyennes franaises le secouer elles-mmes4 ,non2 mais cela leur fait dire3 ,rome n'est donc pas inbranlable et universelle2 et il y a donc deux religions qui se contrebalancent et dont il n est pas certain que l'une soit la vraie8 ,peut-tre nous trompons-nous ou sommes-nous tromps4 ,le qui sait8 entrait dans les esprits et dans les murs1 le qui sait8 subconscient et insidieux1 qui est plus fort comme destructeur1 comme rongeur1 que toutes les affirmations et que toutes les argumentations du monde4 ,d'autre part1 la ,renaissance apprenait aux classes moyennes de la nation que de trs grands peuples 7ou au moins un7 avaient vcu1 et brillamment et glorieusement1 et produit une civilisation extrmement belle1 sans avoir connu le ,christianisme et guids peut-tre par ceux-l mmes qui n'avaient aucune religion1 mais seulement une philosophie toute personnelle4 ,platon1 ,znon1 ,cicron et ,snque1 ou plutt ceci que ,platon1 ,znon1 ,cicron et ,snque ont exist1 a eu une extraordinaire influence sur le bourgeois lettr ou demi lettr du ,x,v,ie sicle4 ,il s'est form ainsi un tat d'esprit1 sinon gnral1 du moins assez rpandu1 qui tait base de scepticisme ou qui acceptait le scepticisme comme un de ses lments4 ,la ,rforme et la ,renaissance n'ont aucunement cr l'esprit irrligieux en ,france2 elles l'ont libr1 elles l'ont dgag1 elles lui ont donn occasion et raison de se manifester et de se dclarer plus ou moins4 ,il tait latent1 il est devenu dcouvert2 il tait subconscient1 il a pris conscience de lui2 il tait amorphe1 et il a pris une certaine forme4 ,c'est partir de ce moment qu'il faut le considrer dans ses traits gnraux4 99 99 99 99 99 ,le ,franais est irrligieux ou peu religieux d'abord en raison d'une de ses qualits1 et c'est savoir parce qu'il a l'esprit clair et le got de la clart4 ,religion et clart ne sauraient aller ensemble1 puisque la religion est surtout et peut tre avant tout le sens du mystre4 ,or le sens du mystre est chose qui n'est pas trs souvent connue du ,franais et qui presque toujours ne laisse pas de lui paratre assez ridicule4 ,le ,franais croit avoir tout dit1 quand il a dit3 je ne comprends pas1 et c'est une chose qu'il dit extrmement vite4 ,le mot galimatias exerce sur le ,franais un ascendant extraordinaire et il l'applique avec une incroyable facilit4 ,les esprits1 je parle mme des grands1 qui ont eu1 et tout de suite1 sur le ,franais une grande influence1 sont ceux qui sont prompts1 vifs et clairs4 ,c'est ,montaigne1 c'est ,molire1 c'est ,voltaire4 ,la moiti1 au moins1 de l'empire exerc par ,descartes et de la grande fortune qu'il a faite si vite est due ceci qu'il a donn pour criterium du vrai l'vidence1 c'est--dire la vision claire de quelque chose4 ,tout le monde s'est cri3 ,a la bonne heure6 ,vico s'est beaucoup moqu de l'vidence de ,descartes4 ,il n'a pas si grand tort4 ,quand on a un peu rflchi on s'aperoit qu'il n'y a qu'une chose qui soit vidente1 c'est que rien n'est vident4 ,descartes a dit 7au moins la foule l'a entendu ainsi73 ,ce qui est vrai1 c'est ce qui est clair4 ,notre meilleur professeur de philosophie de l'cole normale1 en prsence d'un de ces systmes qui en deux mots rendent compte de tout1 disait doucement3 ,oui1 oui2444 c'est trop clair pour tre vrai4 ,il n'tait pas trs cartsien ce jour-l4 ,remarquez-vous que le grand irrligieux et le grand immoraliste allemand1 c'est ,nietzsche sans doute que je veux dire1 s'crie avec l'accent du triomphe1 quelque part3 ,enfin nous devenons clairs6--et ailleurs3 ,ce peuple qui se grise de bire et pour qui l'obscurit est une vertu4 ,il y a un trs grand sens dans ces boutades4 ,ce que ,nietzsche sait bien1 c'est que la passion de la clart est une chose excellente contre la religion1 contre la mtaphysique et mme contre la morale2 et c'est encore que ne pas avoir horreur de l'obscurit peut tre favorable ces choses excres et ces tats d'esprit jugs funestes4 ,la vrit est que le criterium de l'vidence et le criterium de la clart ne s'appliquent pas tout objet4 ,la vrit est qu'il y a des choses qui se comprennent lumineusement et qu'il y en a d'autres qui s'entendent aussi1 mais qui ne peuvent pas se dmler dans une lumire si clatante4 ,le plus beau mot de ,hgel est celui-ci3 ,il faut comprendre l'inintelligible444 ,eh oui6 ,il faut le comprendre comme inintelligible4 ,oui1 encore il faut s'en rendre compte au moins ainsi2 et non pas l'exclure de tout examen et de toute proccupation parce qu'il n'est pas clair4 ,qu'il ne soit pas objet de connaissance1 nous le voulons bien1 et nous l'appellerons1 si l'on veut1 l'inconnaissable2 mais qu'il ne soit pas objet d'tude1 c'est ce que veut le principe de l'vidence1 et c'est ce que nous ne pouvons pas vouloir4 ,les choses qui sont claires1 on les constate1 et les choses qui ne sont pas claires1 on en raisonne4 ,de ce qu'il entre de l'hypothse dans un raisonnement1 cela prouve qu'on n'a pas fait le tour de son objet2 cela ne prouve pas qu'il ne fallt pas mme essayer de raisonner sur cet objet4 ,de ce que l'on comprend l'inintelligible comme inintelligible1 ne concluez pas qu'on a eu tort d'essayer de le comprendre2 on a trs bien fait d'essayer de savoir ce qu'il fallait en penser2 et en penser quelque chose1 sans doute ce n'est pas le connatre1 mais encore c'est l'ignorer moins4 ,la mtaphysique est un devoir de l'homme envers soi-mme1 du moins de l'homme cultiv4 ,elle consiste mesurer les forces de son esprit et chercher o est le point 7qui n'est pas le mme pour tous les hommes7 o prcisment l'vidence cesse2 et o est le point 7qui n'est pas le mme non plus pour tous les hommes7 o la probabilit cesse aussi et o l'hypothse commence tre1 non plus rationnelle1 mais tout imaginative4 ,oui1 c'est vraiment un devoir pour l'homme cultiv de faire cet effort et cet essai4 ,et il est bien certain que celui-ci ne les fera point qui se sera jur de ne pas faire un pas au del de la pleine clart et de l'vidence blouissante4 ,je n'ai pas besoin de dire que si ,descartes a fait ce serment1 il s'est bien donn de garde de le tenir4 ,mais1 pour y revenir1 c'est prcisment ce serment que les ,franais1 d'ordinaire1 mme quand ils ne l'ont pas fait1 tiennent toujours4 ,le clair1 le trs clair1 le clair tout de suite1 ils ne veulent pas sortir de cela1 et1 plus forte raison1 ils ne veulent pas s'en loigner4 ,il y a en ,france comme un prjug contre le complexe1 aussi bien en philosophie qu'en politique4 ,le ,franais a mme cet gard comme un flair particulier1 comme un sixime sens4 ,il sait d'avance que vous allez n'tre pas clair ou que vous vous engagez dans une voie au bout de laquelle vous ne le serez pas4 ,il vous fait des procs de tendances l'obscurit4 ,que peut-il cependant savoir d'avance en cela8 ,cette clart1 qu'il aime tant1 ne va-t-il pas la trouver la fin du raisonnement que vous commencez et1 se drober1 ne reste-t-il pas dans l'obscur au lieu d'aller vers la lumire8 ,n'importe4 ,il se dfie extrmement et il ne s'embarque pas vers une plus grande clart1 de peur d'abandonner la demi-clart o il est1 ou croit tre4 ,au fond1 il y a en cela une norme paresse d'esprit4 ,rien n'est plus loign du ,franais que cette passion que s'attribuait ,renan1 que cette inquitude1 qui1 la vrit tant trouve1 la lui faisait chercher encore4 ,le ,franais aime ne pas chercher1 avant mme d'avoir trouv quelque chose4 ,il fait du bon sens un cas norme1 du bon sens1 qui n'est pas une mauvaise chose1 la condition qu'il ne soit pas le nom que l'on donne la nonchalance4 ,le bon sens est prcisment cette demi-clart dont se contente le ,franais en l'appelant vidence et en dclarant qu'il n'y a pas lieu de chercher et de tracasser au del4 ,personne1 sur la terre1 plus vite que le ,franais1 ne dit3 ,il est vident que444 et3 cela tombe sous le sens4 ,les mtaphysiques et les religions lui sont donc des ennemies naturelles1 puisqu'elles essayent de sonder les grands mystres1 c'est--dire tout simplement les questions les plus gnrales1 et d'en donner ou une explication ou une vue4 ,quelquefois--et c'est cela qui a bien tromp ,auguste ,comte--quelquefois le ,franais semble donner dans la mtaphysique4 ,mais ce n'est que parce qu'il croit que la mtaphysique va dtrner la religion1 la dtruire et--tant elle la dtruira--la remplacer4 ,alors il s'chauffe pour une mtaphysique laque de tout son cur ou plutt de toute son humeur antireligieuse4 ,mais ce beau feu ne se soutient pas1 et cette priode mtaphysique1 dont ,auguste ,comte faisait une poque de l'humanit1 un ge du genre humain1 a bien dur pour nous un sicle et demi tout au plus4 ,ce beau feu mtaphysique s'teint trs naturellement1 parce que le ,franais s'aperoit assez vite que sa chre clart ne se trouve pas plus dans les mtaphysiques que dans les religions et ne saurait s'y trouver1 pour cette raison suffisante qu'une religion n'est qu'une mtaphysique organise1 et qu'une mtaphysique n'est qu'une religion en devenir2 et que1 sauf cette diffrence1 elles sont mme chose1 ayant exactement les mmes objets4 ,en consquence1 le ,franais renvoie la mtaphysique au mme lieu d'exil o il avait relgu la religion1 et dit de celle-l comme de celle-ci3 ,tout cela n'est pas clair et donne beaucoup de peine comprendre2 ce qui est trs vrai4 ,notez ceci que les religions1 comme1 du reste1 les mtaphysiques1 mais plus peut-tre1 parce qu'elles passionnent davantage1 ne gagnent pas en clart mesure qu'elles durent1 mais1 au contraire1 s'enfoncent dans l'obscurit1 parce qu'elles s'expliquent sans cesse1 et finissent par s'ensevelir sous les commentaires4 ,elles brillent1 en leurs commencements1 de la lumire clatante d'un principe nouveau qu'elles apportent au monde1 et leur force1 une partie au moins de leur force1 est dans leur clart mme4 ,mais bientt elles cherchent rendre compte de tout et s'encombrent d'une mtaphysique complte1 soit croyant s'appuyer sur elle1 soit croyant y mener et y aboutir4 ,il ne faut pas leur en vouloir prcisment1 puisque les religions tant faites pour donner aux hommes une rgle de vie1 elles sont bien presque contraintes de donner aux hommes une rponse relativement ce qui les proccupe1 c'est--dire relativement tout4 ,notre vie dpend de notre place dans le monde et par consquent dpend du monde2 et donc1 pour me montrer ce que je dois tre1 dites-moi ce qu'est tout6 ,de l cette quasi ncessit pour une religion de se revtir ou de se mler d'une mtaphysique4 ,en attendant1 cette religion s'est surcharge d'obscurits dont elle s'est rendue responsable4 ,ces obscurits augmentent de sicle en sicle par les explications toujours nouvelles et s'accumulant les unes sur les autres qu'on en donne2 et ainsi1 aux yeux d'un peuple qui aime la clart1 plus une religion dure plus elle se dtruit1 parce que plus elle dure plus elle s'explique1 et plus elle s'explique plus elle s'obnubile4 ,une des forces d'une religion1 c'est qu'elle est vieille2 une des faiblesses d'une religion1 c'est aussi qu'elle est vieille1 parce qu'elle s'est complique terriblement4 ,je ne mets donc pas en doute qu'une des raisons de l'hostilit d'un grand nombre de ,franais contre la religion de leurs pres n'ait t la clart franaise4 ,la clart franaise a du bon4 ,elle a aussi de trs grands dangers4 ,elle nous persuade trop vite que tout est rsolu1 dcid1 tranch1 rfut1 ou irrfutable4 ,l'intrpidit de certitude est un dfaut franais par excellence4 ,celui-l n'est gure franais qui cherche en gmissant2 mais celui-l est trs franais qui affirme fermement ce qu'il n'a pas approfondi1 ou qui nie en riant ce qu'il fait le ferme propos de ne pas approfondir4 ,qui gurirait les ,franais1 non pas de leur clart d'esprit1 mais d'un certain excs dans la passion de voir clair trop vite1 ne leur rendrait pas1 peut-tre1 un maigre service4 ,ce n'est que dans les prairies que les petits ruisseaux clairs font de grands fleuves4 ,dans un peuple ils ne confluent pas1 et ils ne forment qu'un concert de murmures agrables2 ou ils ne sont que de nombreux petits miroirs limpides o l'on se regarde soi-mme avec un extrme contentement4 ,le trop grand got de clart1 c'est ce qu'on a appel le simplisme4 ,le simplisme est le dfaut des ,franais en politique2 il est aussi leur dfaut en choses religieuses4 ,ce qui n'est pas simple n'est pas vrai4 ,axiome franais4 ,or rien n'est simple1 except le superficiel4 ,se condamner n'admettre que le trs simple1 c'est se condamner ne rien approfondir4 ,les ,franais ont une tendance repousser les mtaphysiques et les religions1 qui n'est qu'une forme de leur horreur de creuser les questions4 99 99 99 99 99 ,a cela leur lgret naturelle contribue beaucoup1 ce point que ces choses se confondent et que l'on pourrait presque dire qu'au fond la clart franaise n'est que de la lgret4 ,par lgret franaise il faut entendre l'impossibilit de s'occuper longtemps de la mme chose1 l'impossibilit de s'obstiner1 le manque de tnacit4 ,le ,franais n'est pas l'homme des uvres de longue haleine et des entreprises long terme4 ,il aime commencer1 aime peu continuer1 finit rarement et voudrait avoir termin trs peu de temps aprs avoir commenc4 ,ce n'est point paresse1 proprement parler4 ,le ,franais est extrmement actif4 ,seulement le ,franais a une paresse active1 ou si l'on veut une activit paresseuse4 ,il a une activit qui s'accommode de mille besognes courtes1 et une paresse qui s'accommode de mille changements d'occupation comme d'autant de repos4 ,il est l'homme des ,expositions universelles bcles en deux ans1 tales six mois1 dmolies en trois semaines4 ,il fut l'homme des expditions d',italie1 chevauches rapides1 retours htifs1 nulles comme fondations1 et dont il avait priodiquement comme la dmangeaison d'abord et le dgot ensuite4 ,il est l'homme des systmes philosophiques tracs en grandes lignes brillantes1 sans consistance1 montant au ciel comme des fuses et retombant de mme1 aprs une illumination d'un instant4 ,il est l'homme des rvolutions audacieuses et violentes et des ractions ou plutt des dpressions profondes1 qui succdent presque immdiatement1 et qui sont telles qu'il n'y a plus la moindre ressemblance apparente entre l'homme d'hier et le mme homme d'aujourd'hui4 ,le ,franais est la personne humaine dont il est le plus difficile d'tablir l'identit4 ,cette lgret se marque dans sa vie prive1 dans l'inconstance de ses amours1 souvent trs vives1 rarement longues et persvrantes2 profondes1 en vrit1 puisqu'elles le prennent tout entier et quelquefois le brisent et le tuent1 obstines et tenaces1 non pas1 ou trs rarement1 et telles que1 volant d'objets en objets1 elles reviennent quelquefois vers le premier4 ,du ,don ,juan de ,molire tez la mchancet1 et le ,franais n'est point du tout mchant2 au ,don ,juan de ,molire ajoutez une vritable sincrit dans l'amour1 et le ,franais est sincre chaque fois1 mme quand il dit toujours2 du ,don ,juan de ,molire retenez l'inconstance fondamentale et comme constitutionnelle1 le dsir de conqutes1 l'ternel besoin de plaire1 l'ternel besoin d'tre aim promptement et lgrement1 l'oubli rapide1 l'impatience de toute obligation et de tout joug1 l'incapacit de comprendre que l'amour est un contrat par lui-mme et un lien qui ne peut se rompre que du consentement des deux parties3 vous avez le ,franais dans le domaine des choses de l'amour4 ,la lgret franaise est faite d'intelligence vive et vite fatigue par la contemplation du mme objet2 de sensibilit vive et vite fatigue de la possession du mme objet4 ,or1 cette lgret est peu prs incompatible avec la gravit religieuse1 puisque le sentiment religieux est la contemplation d'un objet ternel4 ,ce qui fait la gravit religieuse1 ce qui fait1 du reste1 le sentiment religieux lui-mme1 c'est la communion qui veut s'tablir1 qui s'tablit en vrit1 par une sorte de paradoxe sublime1 entre un tre d'un jour et un tre d'ternit4 ,le sentiment religieux est la soif du permanent et de ce qui ne change pas4 ,c'est un effort de l'tre phmre pour participer de l'ternel et de l'immuable4 ,cette soif1 le ,franais1 par dfinition1 l'prouve peu1 et cet effort1 par dfinition1 il est rarement tent de le faire4 ,il n'est pas tranger ce sentiment2 car il est homme2 mais il est1 de tous les hommes peut-tre1 le plus tranger ce sentiment4 ,il n'y a rien de plus vrai1 quand on y rflchit1 que le mot magnifique de ,lamartine3 ,l'homme se compose de deux lments1 le temps et l'ternit4 ,il se compose de ces deux lments1 en ce sens qu'il est dans l'un et qu'il tend l'autre1 et comme il est fait galement de ses conditions et de ses tendances1 il est trs vrai qu'il se compose de ces deux lments1 puisqu'il est dans l'un1 puisqu'il tend vers l'autre et vit en dfinitive de tous les deux4 ,de ces deux lments1 il est certain que le ,franais vit trop dans le moment prsent pour qu'il ne sacrifie pas1 ou1 tout au moins1 pour qu'il n'oublie pas trs souvent le second4 ,il vit court terme1 d'une vie nergique1 parfois intense2 mais comme saccade et brves tapes4 ,les ,franais1 a dit ,napolon1 sont des machines nerveuses4 ,il n'y a rien1 ce qu'il peut paratre1 de moins nerveux que l'ternel4 ,le ,franais et le divin ne sont videmment pas trs bien faits pour s'entendre4 ,je ne sais plus si ,sainte-,beuve a dit de son cru ou dit en citant quelqu'un3 ,dieu n'est pas franais4 ,il y a du vrai4 99 99 99 99 99 ,aussi bien1 voyez comme ils comprennent ,dieu quand ils le font1 j'entends quand ils ne le reoivent pas1 quand ils n'en reoivent pas l'ide toute faite d'une religion antrieure1 antique1 qu'ils ont accepte2 mais quand1 libres de tout lien dogmatique et affranchis de toute pense traditionnelle et hrite1 ils se font un ,dieu leur guise et leur gr4 ,pour ,montesquieu ,dieu est la plus froide des abstractions4 ,c'est la ,loi des ,lois1 c'est l'esprit des ,lois1 je l'ai dit sans aucune plaisanterie2 c'est la raison primitive444 qui agit selon les rgles qu'elle a faites1 qui les connat parce qu'elle les a faites et qui les a faites parce qu'elles ont du rapport avec sa sagesse et sa puissance2 c'est la ,loi des ,lois1 intelligente1 personnelle--personnelle autant qu'il faut l'tre pour tre intelligente2--mais rien de plus4 ,le ,dieu de ,montesquieu est un ,dieu personnel qui est peine une personne4 ,il n'y a pas un atome de sentiment religieux dans la religion de ,montesquieu4 ,pour ,voltaire ,dieu est un ,lieutenant surnaturel de police1 dont il a besoin pour que la canaille soit maintenue dans une crainte salutaire et pour que ,m4 de ,voltaire ne soit pas assassin par ses domestiques4 ,pour ,rousseau1 quoique ,rousseau ait quelques traits vagues d'une me religieuse1 ,dieu est1 comme pour ,voltaire1 en dernire analyse1 une ide qui importe la conservation de l'tat social et que l'tat doit imposer par la force aux citoyens2 ,dieu est un article important du ,contrat social4 ,et enfin1 pour ,diderot1 ,dieu n'existe pas et n'est qu'une invention de ces sophistes oppresseurs1 qui1 pour dominer l'homme1 ont cr un homme artificiel4 ,voil comme les ,franais1 quand ils sont dgags de la trame des liens traditionnels1 inventent ,dieu1 conoivent ,dieu4 ,ils l'inventent1 ils le conoivent de la faon la plus superficielle du monde4 ,le profond sentiment religieux leur est peu prs inconnu4 ,je n'ai pas besoin1 ou peine1 de dire que les ractions religieuses 7toujours mis part la religion traditionnelle et le domaine o elle agit et l'empire qu'elle exerce1 et ici comme plus haut je ne parle que des ,franais inventant ,dieu7 sont aussi superficielles que les thodices philosophiques4 ,les potes qui1 de #ahjb #ahej1 ont exprim des ides religieuses1 ont fait preuve d'un sentiment religieux extrmement inconsistant et dbile4 ,tous ont t frapps des beauts de la religion1 et non de sa grandeur1 et non du besoin1 en quelque sorte1 constitutionnel1 que l'homme en a4 ,eux-mmes semblent en avoir eu besoin pour leurs uvres et non pour leurs curs4 ,la religion fut pour eux un excellent rpertoire de thmes potiques4 ,leur gnie fut plus religieux que leur cur1 et mme ce fut leur art qui fut plus religieux que leur gnie4 ,musset1 peut-tre seul1 et un seul jour1 eut un cri o se sent le vritable1 profond1 absolument sincre sentiment religieux1 ou besoin de sentiment religieux4--,la lgret franaise1 mme chez les plus grands ,franais1 est dcidment un obstacle assez fort la pntration du sentiment religieux2 et l'tat d'me religieux n'est chose franaise que par exception et par accident4 ,outre le besoin de clart apparente ou de clart provisoire1 outre la lgret d'esprit1 la vanit1 trs rpandue chez les ,franais1 ne va pas sans les carter beaucoup des voies religieuses ou des chemins qui pourraient mener la religion4 ,la vanit franaise est chose trs diffrente de l'orgueil tel qu'on le peut voir et constater dans d'autres nations4 ,l'orgueil est national et la vanit est individuelle4 ,l',anglais1 l',allemand1 l',amricain sont extrmement orgueilleux2 mais ils le sont surtout d'tre amricains1 allemands et anglais4 ,l'orgueil est volontiers collectif et1 tre collectif1 il est une force plutt qu'une faiblesse4 ,l'orgueil sous sa forme franaise1 c'est savoir la vanit1 est tout fait individualiste4 ,le ,franais s'admire en soi1 de tout son cur4 ,il se fait centre naturellement et se persuade trs volontiers que la circonfrence doit l'admirer4 ,les mots d'enfants recueillis par ,taine sont bien leur place ici3 une petite fille son oncle qui lui demande ce qu'elle est en train de faire3 ,ouvre les yeux1 mon oncle1 tu le verras4 ,elle n'est pas fche d'indiquer son oncle qu'elle le considre comme un imbcile4--,une autre enfant remarque entre son pre et elle-mme un trait de ressemblance3 ,tu tiens de moi4 ,elle rapporte dj tout elle et a tendance naturelle se tenir pour une cause et non pour un effet4 ,tout vieux professeur a remarqu des inclinations toutes pareilles chez les jeunes ,franais4 ,ils n'ont presque aucune mchancet2 mais leur amour-propre est immensurable4 ,deux traits essentiels3 ils sont moqueurs et ils ne peuvent supporter la moquerie4 ,c'est la vanit sous ses deux aspects4 ,ils se vantent tout propos1 ou1 plus avertis1 laissent seulement voir qu'ils se tiennent en haute estime4 ,tout petits1 ils cherchent continuellement attirer l'attention et ils semblent ne vivre que de l'attention qu'ils veulent attirer et ne vivre que quand ils l'attirent4 ,si parmi eux il en est un qui semble vivre d'une vie intrieure1 qui soit rflchi et mditatif et ne soit pas toujours comme en scne1 il est trait de sournois4 ,plus tard1 adolescent1 jeune homme1 le ,franais1 trs souvent1 est proprement insupportable4 ,il semble toujours avoir conquis le monde ou tre sur le point de le conqurir1 pourvu qu'il le veuille et qu'il fasse un geste pour cela4 ,il est tranchant1 dcisif et dcisionnaire4 ,son opinion est la seule opinion qu'il considre et qui soit digne de considration4 ,il s'tonne qu'il puisse y en avoir une autre et qu'on fasse quelque attention celles qu'il n'a pas4 ,surtout il croit toujours avoir invent les ides qu'il a ou qu'il pense avoir4 ,il expose des opinions trs connues comme des dcouvertes qu'il vient de faire et qui attendaient sa venue au monde pour y paratre elles-mmes4 ,tout au plus1 il associe un nom clbre au sien1 non pas comme le nom d'un matre celui d'un disciple1 mais comme celui d'un gal celui d'un gal4 ,il dit3 ,comte et moi4 ,il dit3 ,renan et moi4 ,se mettre de pair avec un grand homme est jusqu'o sa modestie puisse atteindre4 ,tout jeune ,franais a invent une philosophie1 cr un art nouveau et improvis un genre littraire qui tait inconnu4 ,c'est ce qui fait qu'il n'y a pas de peuple au monde1 except peut-tre le peuple grec1 o il y ait autant de dclasss4 ,le dclass est un homme qui se sent tellement n pour les grandes choses qu'il ne peut prendre sur lui de faire les petites ou les moyennes4 ,reste qu'il ne fait rien et trane d'expdients en expdients en rvant toujours des grands rles auxquels il tait destin et que les circonstances l'ont empch de jouer4 ,la ,france contient beaucoup de ces dvoys qu'un peu de connaissance de soi aurait prservs4 ,on s'tonne qu'il n'y en ait pas davantage2 car tous les ,franais1 bien peu prs1 sont terriblement vains4 ,mais il faut reconnatre que1 tout ct de leur vanit1 ils ont un certain sens pratique4 ,s'ils ne se rendent pas compte d'eux-mmes1 ils se rendent assez bien compte des choses4 ,ils reconnaissent qu'il faut se rsigner la mdiocrit de situation1 tout en gardant la haute opinion de soi-mme1 qui console et qui rconforte4 ,le mrite console de tout1 disait ,montesquieu4 ,c'est la devise de la plupart des bourgeois franais4 ,de l tant de petits employs qui sont des potes et qui lisent leurs vers en famille et leurs amis1 en se disant qu'il ne leur a manqu que quelque loisir et une petite fortune indpendante pour tre des ,lamartine2 qui ont un systme politique et toute une sociologie et qui gmissent de l'obscurit o ce systme reste enseveli avec eux2 qui font des romans et des pices de thtre et poursuivent toute leur vie le rve d'tre imprims ou d'tre jous2 du reste1 ponctuels leur bureau1 sinon zls1 et acceptant en maugrant1 mais relativement avec patience1 la vie terne que l'injuste destin leur a faite4 ,la ,france est pleine de grands hommes inconnus de tous1 mais trs manifestes eux-mmes1 que le silence accable1 et de trs honntes petits employs des contributions indirectes qui se rptent sans cesse eux-mmes3 ,qualis artifex pereo6 ,peut-tre cela ne va-t-il point sans quelque inconvnient pour le mtier que ces honntes gens exercent et les fonctions que l'tat leur confie1 et ce serait un point considrer1 mais qui nous carterait de notre sujet4 99 99 99 99 99 ,pour n'en point sortir1 considrez et ces hommes dont leur vanit fait des dclasss1 ou des demi-dclasss1 ou des inquiets et des neurasthniques1 lgion qui en ,france est une arme2 et ces autres hommes1 moins privs du sens du rel et qui1 cause de cela1 se classent1 mais tout aussi vains1 tout aussi prtentieux1 tout aussi enivrs de sens propre2 et voyez1 au point de vue religieux1 ce qu'ils peuvent tre4 ,ils ont comme une tendance instinctive repousser ce sentiment4 ,le sentiment religieux en gnral1 le christianisme en particulier1 le catholicisme plus particulirement encore1 est avant tout humilit4 ,il est avant tout reconnaissance et confession du peu que nous sommes pour connatre et pour agir4 ,et1 pour ce qui est de la connaissance et pour suppler notre impuissance en cet ordre1 les religions ont invent la rvlation4 ,et pour ce qui est de l'action et pour suppler notre dbilit en cette matire1 elles ont invent la grce4 ,l'acte d'humilit est la premire dmarche religieuse2 le premier mot de l'homme qui est attir vers ,dieu est3 ,ma substance n'est rien devant vous4 ,si l'humilit est le principe de toute religion1 nos ,franais sont bien peu ns pour tre religieux1 et la religion1 comme l'a trs bien vu ,pascal1 est quelque chose comme leur ennemie personnelle4 ,ils la voient comme un personnage doucement ironique qui rabat leur superbe et qui se moque de leurs prtentions4 ,chacun la voit comme quelqu'un qui lui dirait3 ,votre plus cher entretien est de vous croire quelque chose et vous n'tes rien du tout4 ,le ,franais est l'tre du monde entier qui aime le moins qu'on lui dise cela4 ,contester un ,franais sa puissance de savoir1 de connatre et de dcider1 cela1 pour lui1 ne se peut souffrir4 ,lui contester son infaillibilit1 dont1 au fond1 et mme quand il vite de la proclamer1 il est toujours convaincu1 cela ne vous fait pas de lui un ami4 ,tout ,franais est un ,voltaire ou un ,rousseau1 moins le gnie1 qui n'est pas loin de croire qu'il est impossible qu'il n'ait pas toujours raison1 qui n'est pas loin d'estimer que les autres hommes sont imbciles dans la proportion o ils le contredisent et qu'il n'y a besoin ni d'autre signe ni d'autre mesure4 ,la religion1 selon cette faon de juger1 ne peut qu'avoir tort4 ,ils l'accusent la fois de prsomption et de bassesse1 de superbe et de lchet4 ,de superbe1 parce qu'elle prtend imposer ses dcisions2 de lchet parce que1 si elle nie chez les autres la capacit de connatre1 elle se la refuse elle-mme et ne se croit en possession de la vrit que parce que celle-ci lui a t rvle4 ,rien ne peut tre la fois plus insupportable la vanit du ,franais et plus propre exciter sa raillerie1 pleine de vanit encore1 que cette double formule3 ,vous ne savez rien et tes incapable de rien savoir2 et1 du reste1 nous sommes exactement dans les mmes conditions4 ,il y a beaucoup d'analogie entre la situation de l'glise en face des ,franais et celle de ,socrate en face des ,athniens3 ,je sais que je ne sais rien1 disait ,socrate2 et vous1 vous ne savez rien en croyant savoir quelque chose4 ,fausse humilit1 rpondaient les ,athniens1 pour ce qui est de ce que tu dis de toi-mme2 insolence pour ce qui est de ce que tu dis de nous4 ,et dans ton humilit1 insolence encore1 car tu ne dis que tu ne sais rien que pour faire entendre quel point nous sommes vains de croire savoir quelque chose quand ,socrate ne sait rien et confesse ne rien savoir4 ,de mme le ,franais en veut autant l',eglise de sa ngation du savoir humain qui le blesse1 que de son humilit qui elle-mme l'humilie4 ,vanit franaise et humilit ecclsiastique1 que cette humilit soit par l'glise commande aux autres ou qu'elle soit pratique par elle1 ne peuvent faire bon mnage ensemble4 ,remarquez1 comme j'en ai dj dit quelque chose1 que l'orgueil est plus compatible avec la religion que la vanit1 pour cette simple raison que la vanit est individuelle et que l'orgueil peut tre collectif4 ,c'est mme ici la vraie distinction1 ou l'une au moins des vraies distinctions entre ces deux sentiments4 ,sans doute1 l'orgueil oppos la vanit1 c'est surtout un sentiment puissant oppos un sentiment mesquin3 l'orgueil est une exaltation1 la vanit est une dmangeaison2 l'orgueil est une grandeur fausse1 la vanit est une petitesse2 l'orgueil ne se satisfait que des grands succs et ddaigne les mdiocres jouissances1 la vanit se repat de tout et ne ddaigne rien2 l'orgueil n'atteint jamais son but1 tant il le met haut2 la vanit1 quoique insatiable1 atteint ou manque son but tous les jours et presque chaque heure1 le mettant partout4 ,tout cela est vrai2 mais on n'a pas assez remarqu qu'une des distinctions1 et trs considrable et trs significative1 entre l'orgueil et la vanit1 c'est que la vanit est individuelle et que l'orgueil peut tre collectif4 ,il est souvent individuel lui-mme1 mais il peut tre collectif4 ,la vanit ne peut tre qu'individuelle4 ,elle consiste vouloir se distinguer1 tous moments et par toutes sortes de choses1 de tous les autres1 et montrer que l'on est un tre tout particulirement privilgi4 ,elle est individuelle par dfinition4 ,elle n'est mme que l'individualisme lui-mme1 qu'un individualisme enfantin et naf4 ,elle dit sans cesse3 ,moi444 ,moi1 au contraire444 ,tandis que moi444 ,l'orgueil souvent dit3 ,moi4 ,mais il peut dire3 ,nous4 ,c'est une sensible diffrence4 ,l'orgueil peut se satisfaire et presque se remplir dans la contemplation d'une grande uvre accomplie en commun4 ,l'orgueil romain fut collectif2 l'orgueil anglais1 l'orgueil allemand sont collectifs4 ,on ne peut gure dire3 la vanit nationale1 et l'on dit trs bien3 l'orgueil national4 ,l'orgueil ne fait jamais abstraction du moi2 mais1 prcisment parce qu'il est un sentiment grand et fort1 il peut sentir le moi s'exprimer1 se dployer et triompher dans une grande uvre faite plusieurs4 ,l'homme vain dit3 ,moi4 ,l'orgueilleux peut trs bien dire3 civis romanus sum1 ou3 je suis anglais2 je suis allemand1 et trouver le dire une immense satisfaction de son orgueil mme4 ,un des phnomnes de l'histoire de ,france est prcisment ceci que certains hommes ont trouv le moyen de transformer la vanit des ,franais en orgueil3 ,louis ,,xiv1 ,napolon4 ,sous l'empire de l'un et de l'autre1 le ,franais a cess d'tre vain pour devenir orgueilleux4 ,il a confondu sa personnalit dans l'ensemble de la communaut franaise2 et1 dans les succs et dans la grandeur de cette communaut1 il s'est enorgueilli de telle sorte qu'il a presque oubli les sollicitations de sa vanit individuelle4--,mais ceci n'est1 pour ainsi parler1 que de l'orgueil intermittent4 ,le vritable orgueil n'a pas besoin du succs et de la gloire pour tre entier1 pour tre sans dfaillance et pour tre actif4 ,aux heures de deuil et mme d'crasement1 il demeure ferme1 et conoit et il prpare les revanches1 les relvements et les restaurations futures4 ,la vanit franaise ne devient orgueil collectif qu'assez rarement et sous l'impulsion d'une volont puissante et dans l'exaltation d'une grande gloire acquise4 ,a l'tat normal1 elle est simplement vanit individuelle4 ,or1 c'est la vanit qui est incompatible avec la religion et non pas l'orgueil2 ou la vanit est beaucoup plus incompatible que l'orgueil avec la religion4 ,l'orgueil1 sans doute1 peut mpriser la religion1 et ce n'est pas tort que la religion a fait de l'orgueil un pch2 mais la vanit la mprise bien plus encore1 ou se sent beaucoup plus atteinte et mortellement blesse par elle4 ,l'orgueil peut s'accommoder de cette uvre collective qu'est la religion et mme y trouver son compte et sa satisfaction4 ,on peut tre fier d'tre chrtien1 comme on est fier d'tre romain1 ou comme on est fier d'tre anglais ou allemand4 ,on peut tre fier d'appartenir une institution qui a transform l'humanit4 ,on peut tre fier d'appartenir une collectivit qui a comme substitu un genre humain un autre genre humain4 ,personne n'ignore que l'orgueil1 s'il est qualifi de pch par l'glise1 est prcisment un pch trs ecclsiastique4--,mais comment veut-on que la vanit puisse supporter la religion8 ,elle consiste prcisment repousser tout ce qui est collectif2 elle consiste prcisment en ceci qu'un homme est secrtement convaincu qu'il n'y a que lui4 ,elle consiste se traiter intimement d'excellence et d'minence4 ,elle consiste ne gure admettre qu'un autre que vous puisse avoir compltement raison1 ou qu'un autre que vous ralise pleinement en lui l'humanit4 ,tout ce qui est collectif rpugne donc comme naturellement l'homme vain4 ,il en serait plutt comme jaloux4 ,il voit en une collectivit des hommes qui1 contrairement lui1 font abstraction de leur personnalit2 et diffrence engendre haine4 ,il voit en une collectivit des gens1 aussi1 qui1 par la force que donne l'union1 peuvent l'offusquer1 lui1 et l'clipser1 et il en prend ombrage2 et jalousie engendre haine4 ,l'homme vain est donc anticollectif par dfinition1 et1 par parenthse1 le furieux individualisme des ,franais qui les rend ennemis de toute caste1 de toute classe1 de toute corporation1 n'est qu'une forme de leur vanit4 ,or1 si le ,franais1 de par sa vanit1 est dj ennemi de toute collectivit1 dans quels sentiments voulez-vous qu'il soit l'gard d'une collectivit qui1 d'abord est une collectivit1 et qui ensuite est une collectivit qui recommande et commande l'humilit comme la premire des vertus humaines8 ,non1 il est trs difficile que l'homme vain soit religieux2 et il est trs facile que l'homme vain soit ennemi de la religion1 ou1 tout au moins1 ait son gard quelque impatience4 99 99 99 99 99 ,ce qui suit n'est qu'un autre aspect de ce qui prcde et n'est1 au fond1 qu' trs peu prs la mme chose4 ,pour ces mmes raisons de vanit et de fanfaronnade1 le ,franais a horreur de la tradition4 ,que quelque chose1 institution1 loi1 maxime publique1 murs1 ide gnralement rpandue1 ait rgn jusqu'au jour o il nat1 et semble avoir fait la grandeur de sa nation ou y avoir contribu1 ce lui est une raison pour n'y pas tenir et pour la repousser instinctivement plus ou moins fort4 ,il y a des peuples pour qui le mot antiquit a un grand prestige2 pour le ,franais antiquit est vieillerie1 et vieillerie est ridicule et absurdit4 ,pour beaucoup de ,franais1 la nouveaut d'une ide est preuve qu'elle est juste4 ,une ide vraie1 c'est une ide nouvelle3 il ne faut pas chercher davantage3 le criterium est ais4 ,la plupart des ,franais sont parfaitement convaincus que l'on n'a commenc faire usage de la raison qu' dater du moment o ils ont eu dix-huit ou vingt ans et que tout ce qui a prcd cette poque ne fut que tnbres4 ,c'est une illusion assez naturelle la jeunesse1 et qui mme ne laisse pas d'avoir sa part d'utilit2 mais c'est une illusion assez forte cependant1 et qui a1 somme toute1 plus d'inconvnients que d'avantages4 ,il en rsulte une chose que l'on n'a peut-tre pas assez remarque3 c'est l'effet tout particulier que l'ducation a en ,france4 ,l'ducation1 en ,france1 a pour effet de convaincre la gnration duque juste l'inverse de la gnration ducatrice2 de suggrer la gnration duque toutes les ides contraires celles de la gnration ducatrice4 ,le mpris des fils pour les pres et des lves pour les matres est1 en ,france1 trs gnral1 et il semble trs lgitime4 ,ceux-l ne sont-ils pas jeunes et ceux-ci ne sont-ils pas vieux8 ,que faut-il davantage8 ,tout n'est pas mauvais en cela2 car il faut certainement que chaque gnration cherche par elle-mme et ne s'endorme pas sur la parole d'autrui2 et ce n'est pas sans quelque raison1 forme paradoxale mise part1 qu'un pre me disait3 ,oui1 les enfants mprisent les pres3 c'est providentiel4 ,mais il faudrait que cet esprit d'indpendance ne ft pas accompagn d'une grande lgret1 d'une grande vanit1 ou plutt n'et pas lgret et vanit pour ses sources mmes4 ,toujours est-il que les choses vont ainsi2 et tout pre franais peut tre sr que son fils a pour lui une douce piti1 tempre par un assez faible respect2 et tout professeur franais peut croire aux mmes sentiments chez ses lves1 chez ceux1 du moins1 de ses lves qui n'ont pas pour lui une complte indiffrence4 ,la nation entire a un peu le mme caractre1 et voici pourquoi4 ,si l'amour des nouveauts paradoxales n'tait qu'une maladie de jeunesse dont chacun gurit vers la trentaine1 il n'en serait que cela1 et le corps mme de la nation resterait sain et resterait ferme dans des ides gnrales traditionnelles qui feraient sa force morale et sa vigueur intellectuelle4 ,mais l'empchement cela1 c'est que le ,franais n'a pas de passion plus violente que celle qui consiste ne point vouloir paratre vieux1 et ne point s'avouer qu'il le soit4 ,il en rsulte que les ides des jeunes gens1 ces ides qu'ils se sont donnes en prenant juste le contrepied des ides de leurs pres1 leurs pres eux-mmes les prennent leur tour1 gauchement1 maladroitement1 lourdement2 mais enfin ils les prennent1 en tout ou en partie1 pour ne point paratre dmods1 suranns et tout encombrs de vieilleries4--,nous aussi1 nous sommes modernes4 ,nous aussi1 nous marchons avec notre temps4 ,ils marchent1 si suivre peut s'appeler marcher4 ,c'est ainsi que1 mme sans souci de popularit1 mme sans souci de rester en bons termes avec les gouvernements nouveaux et de se tenir toujours du ct du manche1 mme sans tout cela1 tel vieux brave homme de #aijf exprimera1 talera en ses propos un mlange prodigieux de ses ides de #ahfi1 de ses ides de #ahgb et de ses ides1 pour ainsi parler1 de #aijf1 et offrira aux regards une synthse bizarre de ,duruy1 de ,gambetta1 de ,jules ,ferry et de ,m4 ,jaurs4 ,je rencontre un brave homme de ce genre1 plus ou moins loquent1 plus ou moins spcieux1 plus ou moins brillant1 et1 mon ,dieu1 toujours aussi sincre1 ou peu prs1 toutes les fois que je me promne4 ,cela est si dlicieux de ne point vieillir1 de croire que l'on ne vieillit pas et de croire persuader aux autres qu'on ne vieillit point6 ,presque tout ,franais de soixante ans est un vieux beau qui suit la mode1 qui en a le respect et aussi comme une espce de terreur1 et qui serait dsespr si l'on pouvait souponner qu'il n'est plus homme la comprendre4 ,c'est ainsi que1 chez d'autres1 chez les outranciers et les inquiets et les nerveux1 le dsir de n'tre pas dpasss va jusqu' tre plus avancs1 non seulement qu'ils n'ont jamais t dans leur jeunesse1 mais que ne sont mme les jeunes gens qui les entourent et dont ils veulent passionnment tre entours toujours4 ,ils voudraient les effrayer par leur jeunesse4 ,ils multiplient les audaces1 les tmrits et les bravades4 ,ils sont iconoclastes avec une frnsie croissante4 ,ils brisent davantage mesure qu'ils ont les mains plus faibles4 ,de ceux-ci la ligne de vie est assez bizarre4 ,ils ont t sages et modrs1 quelquefois d'un doux scepticisme1 dans leur jeunesse2 ils sont affirmatifs et ils sont rvolutionnaires dans leur ge avanc4 ,les annes1 au lieu de les mrir1 les rendent acides4 ,ils semblent avoir march reculons dans le sentier de la vie et avoir chemin1 partir de vingt ans1 d'une douce et sereine vieillesse une jeunesse inquite et une adolescence tumultueuse4 ,remarquez que le phnomne n'est pas nouveau en ,france et que c'est 7surtout7 partir de son ge mr que ,voltaire1 et lui aussi1 ce semble bien1 pour suivre la mode et courir aprs la popularit1 est devenu partiellement rvolutionnaire1 avec le temprament le plus conservateur du monde1 poussant toujours de ce ct avec plus d'pret et de violence4 ,il faut dire seulement1 l'loge de son bon sens et aussi1 relativement1 de son courage1 il faut dire1 pour tre juste1 que cependant il n'a pas eu tout fait la terreur d'tre dpass et a laiss d'autres aller plus loin que lui en disant nettement qu'il n'allait pas jusqu'o ils allaient4 ,tant y a que le ,franais1 par une horreur bien naturelle de la vieillesse1 n'aime les vieilleries ni quand il est jeune ni quand il est vieux1 s'en dtourne passionnment quand il est jeune1 tend n'en pas tre souponn quand il est vieux1 a donc toujours tendance s'attacher aux nouveauts1 sans les examiner et pour ce mrite seul qu'elles sont nouvelles1 mrite incomparable aux yeux de sa vanit1 de sa lgret et de sa jeunesse4 ,une vieillerie comme la religion ne saurait donc lui plaire et il s'en dtourne1 communment1 avec une sorte de ddain et de hauteur4 ,le ,franais est esprit fort dans l'me1 de par tous les dfauts qui se trouvent ordinairement en lui4 99 99 99 99 99 ,on me dira sans doute que cette tendance mme qui fait que chaque gnration franaise tient essentiellement prendre le contre-pied de la gnration prcdente doit avoir pour effet qu'une gnration religieuse succde une gnration d'esprits forts et une gnration d'esprits forts une gnration religieuse1 et ainsi de suite1 de telle sorte que les gains et les pertes finissent par se contrebalancer et que le parti religieux reste1 en dfinitive1 trs peu prs sur son terrain4 ,partiellement1 c'est bien en effet ce qui arrive2 et1 prcisment par suite de ce got qu'ont les ,franais de dsapprendre ce qu'ils ont appris1 par cet effet de l'ducation chez les ,franais qui est de les faire ragir contre l'ducateur4 ,c'est ainsi que le mouvement de renaissance religieuse de #ahjj #ahdj environ est trs videmment l'effet des fureurs antireligieuses de la seconde moiti du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,c'est ainsi que l'anticlricalisme de #ahdj #ahgj est une raction contre la religiosit de ,chateaubriand et de ses disciples et aussi contre les manifestations religieuses du parti ecclsiastique pendant la ,restauration4 ,c'est ainsi que les catholiques ou simplement les libraux attendent beaucoup en ce moment de la stupidit et de l'outrecuidance de la plupart des instituteurs franais et ne doutent point que leurs lves ne soient un jour1 et prochainement1 ou grands amis de l'glise ou trs dfrents son gard4 ,tout cela est assez vrai2 mais il faut remarquer d'abord1 comme je l'ai montr1 que le besoin1 dans l'esprit de chaque gnration1 de mpriser la gnration prcdente n'est pas la seule cause1 mais une des causes seulement de l'anticlricalisme franais1 ce qui fait que quand cette tendance agit en faveur du sentiment religieux1 les autres causes d'anticlricalisme subsistent et ont leur effet compensatoire4 ,et il faut remarquer ensuite que1 de par son antiquit1 la religion est en quelque sorte la vieillerie par excellence1 la plus vieille des vieilleries1 dfaut dont le temps ne la gurit pas2 et1 par consquent1 mme devant une gnration qui serait assez porte l'accepter par raction contre ce qu'on lui a enseign1 a toujours ce tort grave d'tre ce qu'on a cru autrefois et pendant si longtemps qu'il y a vraiment quelque honte y croire encore4 ,tous les rformateurs religieux de ces derniers sicles1 quoiqu'ils aient chou1 avaient raisonn assez juste4 ,ils s'taient dit3 ,les ,franais ne s'prendront d'une religion que si elle est nouvelle4 ,inventons donc une religion indite4 ,ce n'tait pas mal pens4 ,le malheur1 c'est que ces religions indites ressemblaient singulirement l'ancienne et ne pouvaient pas ne point lui ressembler beaucoup2 et c'est pourquoi1 pour les traditionistes ayant le tort d'tre nouvelles et pour les curieux de choses vraiment nouvelles ayant le ridicule d'tre des vieilleries dissimules1 elles n'ont eu de succs auprs de personne4 ,la lgret franaise sous cette forme3 inconstance1 versatilit1 horreur de la tradition1 mpris de l'enseignement reu1 tendance antidomestique1 est donc un trs grand obstacle l'influence du sentiment religieux4 ,l'glise avait l'habitude de se faire appeler notre sainte mre l'glise4 ,relativement aux ,franais1 c'tait une faute3 ,c'est une mre4 ,comment voulez-vous que je la respecte8 99 99 99 99 99 ,l'immoralit franaise--je m'expliquerai tout l'heure sur ce gros mot--est chose encore qui contrarie l'influence du sentiment religieux4 ,le ,franais n'est pas immoral4 ,du moins1 il ne l'est pas plus que les hommes des autres peuples1 et peut-tre l'est-il moins4 ,j'ai tendance1 sans m'avancer1 en une matire o les statistiques1 mme demi exactes1 sont impossibles1 croire qu'il l'est moins1 cause de sa lgret mme1 du peu de violence de ses passions2 cause aussi d'un certain sentiment d'lgance en toutes choses1 qu'il a toujours1 mme un peu dans les classes infrieures1 et qui1 certes1 n'est pas du tout la moralit1 mais n'est pas sans y contribuer et assez fort2 cause aussi de sa bont1 qui est relle et qui est un frein la basse dbauche3 le grand dbauch est toujours cruel2 cause enfin de ceci que le ,franais est le seul peuple du monde 7avec le peuple amricain7 qui se laisse mener par les femmes1 au lieu de les traiter durement et despotiquement4 ,cette dernire tendance a d'immenses inconvnients3 une partie de la force des peuples europens autres que la ,france consiste en ce que les hommes sont matres chez eux et que les femmes n'ont aucune influence sur leurs dcisions et sur leurs volonts2 une partie de notre faiblesse vient de ce que les femmes ont un immense empire sur nous et nous effminent4 ,mais1 au point de vue de la moralit1 qui ne voit qu'un peuple o les femmes dominent ne peut pas tre trs immoral8 ,les femmes1 je parle de la majorit des femmes1 ne le permettent pas4 ,le peuple immoral est celui o les femmes sont considres comme des choses ou comme des tres infrieurs et se sont habitues tre considres ainsi et sont passives et s'abandonnent aux dsirs avec une sorte d'inertie4 ,le peuple o la femme est forte1 sans tre d'une moralit absolue1 ni mme extraordinaire1 est maintenu1 par la dignit de la femme1 trs loin de la basse immoralit4 ,de l ce foyer franais1 que les trangers connaissent trs bien1 qu'ils prennent plaisir nier ou moquer1 sur la foi de nos stupides romanciers galants1 mais sur lequel ils ne se trompent point et dont ils connaissent trs bien les mrites2 ce foyer franais qui a quelques ridicules1 o la femme est trop matresse et o l'homme n'est souvent que l'an des enfants1 ce qui1 du reste1 est dlicieux2 mais ce foyer franais1 presque toujours trs chaste1 trs honnte1 trs ferm et trs jaloux de son intimit1 et de son secret1 et de son bonheur4 ,non1 je ne crois pas le peuple franais plus immoral qu'un autre peuple1 et mme je crois1 avec toutes sortes de raisons pour le croire1 qu'il est un trs haut degr1 dans l'chelle de la moralit1 parmi les nations4 ,seulement le ,franais a une manie1 qui est de rougir de la moralit1 et de croire que la moralit est ridicule1 et de ne point vouloir avouer qu'il est moral1 et d'tre un fanfaron de vices ou tout au moins de libertinage4 ,je crois bien que la ,france est le seul peuple du monde o la chastet soit un ridicule4 ,elle en est un chez lui4 ,le moindre courtaud de boutique1 laid1 gauche1 lourdaud et imbcile1 se flatte et se vante de ses succs fminins1 d'autant plus qu'il en a moins1 et pour se poser avantageusement dans le monde4 ,l'adolescent le plus timide n'a peur que d'une chose1 c'est qu'on le croie vierge4 ,il vaincra sa timidit avec des efforts de volont surhumaine pour prouver qu'il ne l'est pas2 ou il mentira violemment pour assurer qu'il ne l'est point4 ,l'homme mr n'est pas exempt de cette maladie1 et si le bel air chez les jeunes gens1 tout au moins de la bourgeoisie et du peuple1 est de se donner pour corrompus1 le bel air chez les hommes qui sont au milieu de la vie est de se laisser souponner d'tre infidles leurs femmes et de n'tre point lis cet gard par de sots scrupules4 ,les vieillards mmes ne dtestent pas laisser planer sur eux une petite lgende de libertinage4 ,c'est une lgance2 et ils sont extrmement flatts qu'on les considre comme atteints de cette turpitude et de cette fcheuse maladie4 ,c'est placer sa vanit d'une faon un peu singulire4 ,mais c'est ainsi4 ,o les autres peuples mettent leur hypocrisie1 nous mettons notre fanfaronnade1 et o ils mettent leur pudeur1 nous mettons notre ostentation4 ,ce qu'ils font en se cachant1 nous nous en vantons en ne le faisant pas4 ,ce dont ils rougissent1 c'est ce dont nous sommes fiers1 et ce dont ils se flattent1 faussement1 du reste1 c'est ce que nous ne pouvons pas prendre sur nous d'avouer4 ,la chastet est une vertu dont ils se targuent sans l'avoir et dont nous avons la plus grande honte du monde1 mme quand nous la pratiquons4 ,le libertinage en ,france est une tradition nationale que nous sommes beaucoup plus enclins proclamer qu' soutenir4 ,il est bien vident que ceci est encore un effet de notre vanit4 ,mais pourquoi avons-nous mis notre vanit en ceci et non ailleurs8 ,je ne sais trop4 ,j'ai souvent pens que c'tait peut-tre prcisment parce que nous sommes bons et faibles et trs faciles nous laisser mener par les femmes4 ,prcisment cause de cela et parce que nous le savons1 nous ne voulons pas en convenir1 et c'est ici que se place notre vanit et qu'elle agit4 ,ne voulant pas convenir que nous nous laissons mener par les femmes1 nous nous attribuons ce rle de sducteurs1 de conqurants et de ,don ,juan qui1 en effet1 est bien celui des hommes qui mprisent les femmes1 les dominent1 se moquent d'elles et sont leurs matres au lieu d'tre leurs serviteurs4 ,oh6 que ce rle nous agre1 en ce qu'il montre bien et prouve d'une manire clatante que nous ne subissons pas l'empire des femmes1 de la ntre surtout1 et que nous sommes des hommes forts6 ,comme il nous agre1 en ce qu'il nous donne justement comme le contraire de ce que nous sommes et de ce que nous n'aimons pas convenir que nous puissions tre6 ,comme il nous agre1 en ce qu'il dissimule notre faiblesse6 ,comme il nous agre en ce qu'il nous dguise6 ,voil mon explication1 une1 du moins1 des explications que je me suis donnes de ce travers franais1 qui est le plus distinctif et le plus caractristique de nos travers4 ,quoi qu'il en soit de cette hypothse psychologique1 le travers existe1 et je me rsumerai en disant3 le ,franais n'est pas immoral2 mais il tient infiniment et il prend un plaisir infini passer pour l'tre4 ,or1 au point de vue des choses religieuses1 tre immoral ou en jouer le rle a exactement les mmes effets4 ,l'homme immoral ou l'homme qui tient passer pour l'tre s'carte naturellement d'une religion qui recommande la chastet et qui la considre comme une grande force et une grande vertu4 ,il fait partie du rle du jeune homme qui se flatte de mpriser la chastet1 tout comme un autre1 de s'carter avec grand soin de la socit des prtres et de toute pratique religieuse4 ,toute l'conomie du rle qu'il joue devant ses amis et devant lui-mme serait ruine par cette contradiction dplorable et ridicule4 ,m4 ,homais1 qui est la raison mme en ces matires1 ne manque pas de dire1 propos d'un jeune homme de province qui va faire son droit ,paris3 ,il ne fera pas de sottises2 c'est un jeune homme srieux4 ,il faudra bien pourtant qu'il frquente un peu les filles pour n'avoir pas l'air d'un jsuite4 ,voil la vrit4 ,le ,franais affiche l'immoralit par amour-propre et s'carte de la religion pour soutenir son bon renom d'homme immoral2 et1 rciproquement1 il est immoral1 sans en avoir la moindre envie1 pour ne point passer pour tre clrical4 ,ces choses sont cause et effet1 et une fois l'engrenage en mouvement1 le ,franais devient d'autant plus anticlrical qu'il tient plus passer pour libertin1 et d'autant plus libertin1 au moins en apparence et d'enseigne1 qu'il s'efforce d'tre anticlrical4 ,la langue ne s'y est pas trompe1 et c'est comme un contrle4 ,elle a appel libertin3 d'abord l'esprit fort1 et ensuite le dbauch et1 du reste1 concurremment l'un et l'autre2 mais d'abord surtout l'esprit fort1 et ensuite surtout le dbauch4 ,cela est naturel4 ,ce qui a frapp d'abord1 c'est l'affranchissement qu'affichaient certains philosophes l'gard des dogmes religieux2 de l libertin dans le sens de libre penseur4 ,ce qui a frapp ensuite1 c'est l'attitude arrogante des dbauchs se faisant gloire de leurs mauvaises murs4 ,le peuple s'est dit1 trs finement3 ,ceux-ci sont surtout des hommes qui sont fiers de ne subir aucune rgle et qui veulent le montrer par leur genre de vie4 ,ce sont des libertins en acte4 ,ce sont essentiellement des libertins4 ,le nom leur en restera4 ,et cela veut dire1 non pas que la libre pense mne l'immoralit2 mais que l'affectation de l'immoralit mne l'affectation de la libre pense et se couvre de la libre pense comme d'un beau manteau philosophique4 ,molire non plus ne s'y est pas tromp et il a fait de son ,don ,juan la fois un dbauch et un athe3 d'abord pour peindre un homme d'une certaine classe de son temps2 ensuite1 comme toujours1 pour peindre un homme ternel en ,france4 ,don ,juan est ddaigneux de morale et ddaigneux de religion en mme temps1 galement1 et l'un et l'autre surtout par vanit et par air1 la franaise4 ,une de ses joies1 car il en a d'autres1 et je n'oublie pas qu'il est trs complexe1 est de scandaliser le peuple1 les simples1 reprsents par ,sganarelle4 ,c'est ce qu'il a de particulirement franais4 ,le ,franais fait tout1 ou il s'en faut de peu1 par vanit4 ,la vanit est son grand ressort4 ,toute l'immoralit qu'il peut avoir ou qu'il peut affecter tient cela4 ,l'tranger ne dteste pas tre libertin sans qu'on le sache2 le ,franais aimerait mieux se priver de volupts de toute sa vie et passer pour un mauvais sujet1 que possder toutes les femmes et tre aim d'elles et tre tenu pour coquebin4--,il y aurait un joli sujet de comdie3 ,don ,juan blanc4 ,ce ,don ,juan-l1 pour une raison qu'il faudrait trouver1 ou mme sans raison1 n'aurait jamais aucun succs de galanterie2 mais il aurait la rputation1 habilement entretenue1 soit par lui-mme1 soit par un autre qui aurait intrt cela1 d'tre log l'enseigne du grand vainqueur et de tenir toutes les promesses de son affiche4 ,cet homme-l1 n franais1 serait le plus heureux des hommes4 ,dans ces conditions1 on comprend assez que la moralit1 encore qu'elle soit en usage chez les ,franais1 n'y soit pas en honneur1 et peut-tre y soit aussi peu en honneur qu'elle y est en usage4 ,peut-tre y a-t-il proportion juste1 et s'il tait ainsi1 on ne saurait croire quel point les ,franais seraient moraux2 ils le seraient presque avec excs4 ,toujours est-il que l'affectation d'immoralit et toutes les habitudes d'esprit1 de conduite et d'attitude que cette affectation entrane dtachent les ,franais de la religion1 du sentiment religieux et de l'tat d'esprit religieux4 ,de trs bonne heure et comme tout de suite1 longtemps avant d'tre devenu formellement catholique1 l'illustre philosophe ,m4 ,brunetire avait horreur de la grivoiserie franaise1 de la gauloiserie1 et la considrait comme une plaie honteuse de la littrature franaise4 ,c'tait comme d'instinct1 et celui qui avait en lui comme les germes et les semences de l'esprit religieux sentait bien que grivoiserie et gauloiserie n'taient pas autre chose qu' la fois les effets et les causes de l'irrligion et devaient tre traites non comme un travers dsobligeant1 mais comme une maladie profonde et d'autant plus funeste qu'elle est endmique4 99 99 99 99 99 ,telles sont1 ma connaissance1 les causes psychologiques les plus gnrales de l'anticlricalisme en ,france4 ,sans atteindre la nation tout entire1 elles sont rpandues1 et depuis trs longtemps1 ingalement1 du reste1 mais universellement1 dans toutes les classes de la nation et dans toutes les rgions du pays4 ,il peut tre utile maintenant de considrer l'anticlricalisme franais dans la suite de son histoire4 ,,chapitre ,,ii ,l',,anticl,,ricalisme ,,au ,x,v,i,ie ,,si,,cle4 ,d'une part1 l'anticlricalisme a exist en ,france au ,x,v,i,ie sicle2 mais il y a t trs faible et trs peu rpandu2 d'autre part1 aucun sicle n'a plus prpar l'anticlricalisme en ,france que le ,x,v,i,ie sicle4 ,ce sont ces trois propositions que nous examinerons dans ce chapitre4 ,l'anticlricalisme a exist en ,france au ,x,v,i,ie sicle1 surtout dans le premier tiers de ce sicle et dans le troisime4 ,dans le premier tiers il tait reprsent par un certain nombre d'crivains1 et c'taient les ,thophile de ,viau et les ,cyrano de ,bergerac1 nourris de ,montaigne1 mais plus audacieux que ,montaigne2 nourris de ,lucrce1 mais moins systmatiques que lui et se plaisant dans la ngation pure et simple2 qui1 pour se plaire eux-mmes d'abord et pour plaire ensuite quelques grands seigneurs licencieux1 leurs protecteurs1 faisaient comme marcher de pair le licencieux et l'incrdulit et flattaient ainsi deux passions basses assez rpandues alors dans les hautes classes4 ,il ne faut pas oublier qu' cette poque1 le gouvernement tant aux mains de prtres1 ,richelieu1 ,pre ,joseph1 si peu prtre1 du reste1 que ft l'un d'eux1 c'tait faire acte d'opposition ou d'indpendance ou de taquinerie1 choses trs chres aux ,franais1 que d'affecter l'incrdulit et le libertinage4 ,l'anticlricalisme a t1 vers #afcj1 une attitude aristocratique2 l'anticlricalisme a t1 vers #afcj1 trs grand seigneur4 ,il tait grossier1 du reste1 et impudent4 ,il tait immonde4 ,il se roulait dans les fanges des ,parnasses satyriques4 ,il tait1 en trs parfaite exactitude1 pieds de satyre4 ,il conduisait la place de ,grve en ralit ou en effigie4 ,il tait en horreur la majorit de la nation4 99 99 99 99 99 ,il fut la fois plus dcent et plus scientifique1 un peu1 dans le troisime tiers du ,x,v,i,ie sicle1 plus prudent aussi4 ,l'influence de ,gassendi fut trs faible1 je crois1 et je ne serais pas trs loign de penser qu'elle fut nulle1 parce qu'elle ne trouva pas un homme de talent pour se mettre son service et pour illustrer de littrature les ides du philosophe provenal4 ,en ,france le gnie russit peu1 ou tardivement2 la force de pense ne russit pas sans le talent2 mais la moindre chose russit quand le talent s'y joint et se mle de lui faire un succs4 ,gassendi est1 toutes proportions gardes1 du reste1 un ,auguste ,comte qui n'a pas trouv d',hippolyte ,taine4 ,mais trois influences1 dans cette fin du ,x,v,i,ie sicle1 ont eu une certaine importance au point de vue de l'anticlricalisme1 celle de ,descartes1 celle de ,bayle et celle de ,molire4 ,je place l'influence antireligieuse de ,descartes au troisime tiers du ,x,v,i,ie sicle1 et je crois que je ne me trompe pas extrmement4 ,dans le milieu du ,x,v,i,ie sicle ,descartes tout entier est trop prsent aux esprits pour qu'il ait une influence antireligieuse4 ,il n'est pas assez loin pour qu'on ne se rappelle point que personnellement il est chrtien1 trs chrtien1 aussi chrtien que possible1 homme qui fait des vux et des plerinages2 que1 comme philosophe1 il a un systme qui est tout plein de ,dieu1 jusque-l qu'on peut dire et1 pour mon compte1 c'est ce que j'ai dit1 que ,dieu est la pierre de fondation et la pierre clef de vote de tout son difice et que sans l'ide de ,dieu le systme de ,descartes n'existe absolument pas4 ,descartes1 en #affj1 n'est pas assez loin pour qu'on ne se rappelle pas tout cela4 ,mais mesure qu'il s'loigne et recule dans le pass1 ce qu'on se rappelle plus distinctement et peu peu uniquement2 d'abord parce que c'est en quoi il se distingue nettement de l'enseignement religieux traditionnel1 et ce quoi il a attach son nom2 ensuite parce que c'est une ide trs simple1 trs prcise et trs accessible au moindre esprit2 ce qu'on se rappelle plus distinctement et peu peu uniquement1 c'est sa mthode et le premier principe de sa mthode3 il ne faut croire qu' ce qui est absolument vident l'esprit et ensuite ce qui1 par raisonnements justes1 s'appuie sur cette premire vidence4 ,peu peu l'on ne se souvient plus que de cela4 ,or cela est le rationalisme pur et simple4 ,cela carte et limine le merveilleux1 le mystrieux et le miraculeux4 ,cela est positiviste au premier chef4 ,et cela est cartsien et se revt en quelque sorte de l'immense autorit de ,descartes4 ,ce principe et l'autorit dont il se pare sont des lments considrables d'incrdulit4 ,la destine curieuse de ce philosophe consiste en ceci qu'on a oubli son systme pour ne se souvenir que de sa mthode et qu'on a pris sa mthode pour son systme4 ,cela s'est pass surtout au ,x,i,xe sicle2 mais cela n'a pas laiss1 ce me semble1 de commencer au ,x,v,i,ie sicle1 vers #afhj4 ,remarquez que le trs pieux ,malebranche en est dj1 malgr sa pit1 affirmer trs nergiquement1 maintes reprises1 que ,dieu n'agit jamais par des volonts particulires4 ,il trouve le moyen1 ou il croit le trouver1 de concilier cela avec la croyance aux miracles1 de sauver le miracle1 par je ne sais plus quel tour de force de dialectique2 mais enfin il affirme et proclame que ,dieu ne peut pas agir par volonts particulires4 ,or c'est un cartsien1 et un cartsien fieff1 qui pose ce principe1 et1 vrai dire1 c'est bien un principe cartsien1 si l'on veut2 car le miracle n'est jamais vident1 et il faut toujours de la foi pour y croire2 et que ,dieu n'agisse point par des volonts particulires1 c'est une ide assez vidente aux yeux de la raison1 aux yeux du moins de la raison systmatique4 ,on voit la pente4 ,descartes se transforme1 vers #afhj1 en philosophe rationaliste1 et le cartsianisme se fait rationalisme d'aprs le premier principe1 non de lui-mme1 mais de la mthode qu'il a prtendu suivre et que1 du reste1 il n'a pas suivie du tout4 ,mais il est bien vrai qu'il avait ouvert cette avenue1 et qu'il tait naturel1 le souvenir du cartsianisme en son ensemble un peu effac1 qu'on passt par elle et qu'on allt peu peu o elle menait4 ,je tiens l'influence de ,descartes1 partir de #afhj environ1 pour antireligieuse4 ,sic vos1 adversus vos4 ,il est rare1 comme a dit peu prs ,bossuet1 avec une hautaine et belle mlancolie1 que la pense humaine ne travaille pas pour des fins qui non seulement la dpassent1 mais qui sont le contraire mme de son dessein4 99 99 99 99 99 ,je n'ai pas besoin de dire longuement que l'influence antireligieuse de ,bayle se fit sentir ds le troisime tiers du ,x,v,i,ie sicle avec une certaine force4 ,le scepticisme insinuant de ,bayle a d mme avoir plus d'effets que le rationalisme latent de ,descartes4 ,il convenait merveille au temprament modr 7surtout cette poque7 des ,franais et leur faon souriante et moqueuse1 non renfrogne ou grimaante1 d'tre incrdules4 ,la discrte irrligion de ,bayle est minemment accommode la complexion franaise4 ,je ferai remarquer seulement ici1 parce que j'ai oubli de le dire ailleurs1 qu'une des forces de ,bayle a t de continuer quelqu'un qui n'avait pas cess d'occuper l'esprit des ,franais4 ,montaigne avait t ador des ,franais du ,x,v,i,ie sicle4 ,il n'avait pas quitt leurs mains4 ,bossuet le savait bien et sentait bien qu'il y avait l pour la religion un pril extrme1 et c'est pourquoi il est revenu si souvent1 par allusions pigrammatiques ou loquentes1 attaquer ou rfuter ce trs vivant adversaire4 ,malebranche aussi le sentait bien1 et c'est la raison de la spirituelle1 incisive et prolonge mauvaise humeur qu'il a montre l'gard de l'auteur des ,essais4 ,or ,bayle continuait ,montaigne1 et la fois bnficiait de la fortune de son prdcesseur et aussi lui donnait comme une nouveaut1 comme un renouvellement et un regain4 ,il continuait ,montaigne1 avec moins de talent1 avec plus de connaissances varies1 avec plus d'tudes et de recherches fureteuses dans les anciens philosophes1 les anciennes croyances et les anciennes superstitions4 ,il rpandait le scepticisme absolument de la mme manire1 petits coups mesurs et goutte goutte1 par prtritions et par sous-entendus1 par chappes et par inadvertances trs calcules1 avec tous les agrments nouveaux1 du reste1 des faits du jour et des actualits intressantes1 amusantes ou instructives4 ,il renouvelait ,montaigne en mettant comme des notes en marge des ,essais4 ,bayle ramenait ,montaigne ou y aurait ramen s'il et t besoin de cela1 et aussi ,montaigne introduisait ,bayle4 ,a eux deux1 ils entretenaient trs proprement le scepticisme dans les esprits1 malgr les parties dogmatiques de ,montaigne et malgr le mpris de ,bayle pour la ngation affirmative son tour et arrogante4 ,montaigne renouvel par ,bayle et ,bayle introduit et comme soutenu de dessous par ,montaigne ont d avoir quelque influence sur les esprits dans le troisime tiers du ,x,v,i,ie sicle1 puisque1 aussi bien1 ils ont eu un succs de lecture1 l'un persistant1 l'autre conqurant1 pour ainsi parler1 en cette poque de notre histoire intellectuelle4 99 99 99 99 99 ,et enfin1 pour ce qui est de ,molire1 je ne saurais dire quel point je le considre comme un des pres de l'anticlricalisme franais4 ,qu'il l'ait t consciemment et volontairement1 il n'est rien moins que certain1 et la question sera1 je crois1 toujours dbattue4 ,nous ne savons rien et sommes1 ce me semble1 destins ne savoir jamais rien des opinions personnelles de ,molire sur la religion4 ,d'abord il n'en a rien dit personnellement4 ,c'est un auteur dramatique et il reste toujours cach derrire ses personnages1 qu'il fait parler chacun selon son caractre1 et il n'est responsable de rien de ce qu'il dit1 puisque ce n'est pas lui qui parle4 ,c'est le privilge de l'auteur dramatique qu'on ne puisse jamais lui faire qu'un procs de tendances4 ,ensuite1 vouloir saisir et surprendre sa pense personnelle dans le langage de tel de ses personnages qu'il semble bien tre et qui vraiment est donn videmment comme le truchement de l'auteur lui-mme1 on peut se tromper encore1 ce personnage1 le ,clante de ,tartuffe par exemple1 pouvant bien n'tre qu'une prcaution prise par l'auteur1 et1 non un drapeau1 mais un paratonnerre4 ,cherche-t-on quelque lumire dans l'esprit gnral de l'uvre8 ,d'abord ce sont toujours des lumires douteuses que celles qu'on tire de l'examen de l'esprit gnral1 et il ne faudrait s'y lier que sur un bon garant qui ici nous manque4 ,ensuite l'esprit gnral de l'uvre de ,molire c'est1 il me semble bien1 l'esprit modr1 l'esprit tempr1 l'esprit moyen terme et1 en un mot1 l'esprit bourgeois4 ,molire est le plus grand bourgeois de notre littrature4 ,toutes les ides chres au bourgeois franais du ,x,v,i,ie sicle et un peu des sicles suivants1 il les a eues1 il les a chries et il les a recommandes en les illustrant3 supriorit de l'homme sur la femme1 subordination de la femme1 instruction sommaire et rudimentaire de la femme2 se tenir dans sa sphre et ne pas aspirer en sortir2 ne gure croire la science1 se dfier des mdecins et se soigner soi-mme2 mpriser les hommes de lettres1 except ceux qui tiennent la cour et qui ont reu comme une estampille officielle2 respect du gouvernement et conviction que rien ne lui chappe et que c'est sur lui qu'il faut compter comme ,deus ex machina qui tire les honntes gens des filets des coquins2 mpris des vieillards ou tout au moins tendance ne les considrer que comme maniaques et figures nasardes4 ,la plupart au moins des ides chres au bourgeois franais et des sentiments qui lui sont familiers forment l'esprit gnral du thtre de ,molire1 et ici encore nous ne pouvons gure savoir si cet esprit gnral est son esprit lui ou s'il se le donne pour plaire son public et pour le servir selon son got2 car1 plus que tout crivain1 beaucoup plus1 l'auteur dramatique a le public pour principal collaborateur et pour inspirateur essentiel2 mais encore l'esprit gnral du thtre de ,molire est bien celui-l4 ,or supposer1 pour faire court1 que cet esprit ft celui de ,molire lui-mme1 qu'en faudrait-il conclure relativement au clricalisme ou l'anticlricalisme de ,molire8 ,rien du tout2 car1 au ,x,v,i,ie sicle1 le bourgeois est en gnral religieux1 et aussi au ,x,v,i,ie sicle le bourgeois est souvent tendances anticlricales4 ,personnellement quel groupe appartenait ,molire8 ,a celui des bourgeois d'esprit religieux1 celui des bourgeois trs tides sur la religion et dj frondeurs8 ,on ne peut rien en savoir4 ,tout au plus pourrait-on dire que1 comme comdien1 il ne pouvait pas avoir grande tendresse pour l'glise1 qui n'en avait aucune pour sa corporation2 mais personnellement il n'avait nullement se plaindre de l'glise1 qui ne lui a jamais cherch querelle1 qui baptisait ses enfants trs honorablement2 et il n'est pas probable qu'il ait prvu qu'elle lui refuserait les honneurs suprmes4 ,non1 on ne peut vraiment rien savoir et l'on ne peut honntement rien affirmer sur les ides et sentiments religieux de ,molire4 ,on ne peut pas assurer qu'il ait t consciemment et volontairement un des pres de l'anticlricalisme4 ,mais qu'il l'ait t en fait et le plus illustre et peut-tre le plus puissant1 je crois que c'est une tout autre affaire et je crois que c'est incontestable4 ,on peut d'abord faire remarquer1 quoique je ne considre pas cette considration comme trs importante1 que l'uvre de ,molire en son ensemble est trangre essentiellement toute ide religieuse4 ,on se moquera de moi l-dessus et l'on me demandera comment je voudrais que des comdies et farces fussent empreintes de sentiment religieux et rvlassent des proccupations religieuses chez leur auteur4 ,ce n'est point cela que je veux dire1 mais seulement que1 si l'uvre de ,molire en son ensemble ne rvle aucun principe religieux1 ce qui est assez naturel1 elle ne laisse pas d'en indiquer d'autres1 qui sont contraires au sentiment religieux4 ,trs videmment ,molire a confiance1 je ne dirai pas en la nature et en l'instinct naturel1 ce qui a t beaucoup trop affirm1 et ce que1 vraiment1 je ne crois pas du tout1 mais confiance dans le bon sens purement humain4 ,il est rationaliste sa manire1 et c'est--dire qu'il croit que la raison moyenne1 la raison de ,chrysale et de ,clante1 constatant les faits avec sang-froid et tranquillit et raisonnant un peu sur ces faits1 sans subtilit et sans profondeur1 suffit trs bien l'humanit1 assure son bonheur relatif et est enfin ce quoi elle doit se tenir1 sans voir plus loin ni plus haut4 ,c'est cela ,molire1 c'est prcisment cela1 mon avis4 ,or rien n'est plus contraire1 sans hostilit1 sans la moindre hostilit1 peut-tre1 mais cependant rien n'est plus contraire au sentiment religieux et en gnral et particulirement l'influence de l'glise1 en ce que cela donne l'habitude de penser1 de sentir et de vivre sans avoir le moindre besoin de religion1 de mtaphysique1 de philosophie ni mme de morale un peu leve4 ,et cela fait illusion2 car les honntes gens de ,molire sont assez honntes gens en effet pour donner suffisamment envie de les prendre pour modles2 et1 les prendre pour modles1 on se passera de tout ce que je viens de dire le plus aisment du monde et avec l'approbation pleine et entire de son bon sens et en se tenant pour un sage et pour un homme honnte autant qu'on peut l'tre2 et cela mne trs bien l'limination de toute proccupation religieuse et de toute religion4 ,ne vous paratrait-il pas naturel qu'un honnte homme1 comme ,chrysale1 et1 un moment donn1 et je dis en passant1 sans une insistance qui serait parfaitement mal propos1 un mot qui indiquerait qu'il a reu une ducation religieuse et qu'il en a gard des traces8 ,ce serait trs naturel4 ,ce mot1 il ne l'a jamais4 ,former aux bonnes murs l'esprit de ses enfants4 ,aux bonnes murs1 c'est tout4 ,leur faire craindre ,dieu ou leur faire aimer ,dieu1 ce qui serait si naturel dans la bouche d'un bourgeois du ,x,v,i,ie sicle1 non4 ,les bonnes murs2 c'est tout4 ,le bon ,chrysale est1 par prtrition1 tenant de la morale laque4 ,ne vous paratrait-il pas naturel et mme d'observation juste qu'un honnte homme distingu1 comme ,philinte ou comme ,alceste1 et1 un moment donn et en passant1 un mot point du tout de dvot1 mais d'homme ayant un fond religieux1 soit ,philinte pour consoler ,alceste1 soit ,alceste pour se consoler dans son infortune8 ,il n'y aurait rien de plus juste1 qui ft plus du temps et en vrit qui ft plus attendu4 ,ils n'ont jamais1 ni l'un ni l'autre1 un seul mot1 un seul petit mot de ce genre4 ,de mon temps1 on avait ,dieu1 dit le marquis d',auberive sa femme4 ,on dirait1 dans ,molire1 qu'au ,x,v,i,ie sicle on n'avait pas ,dieu4 ,encore une fois1 je n'attache pas une grande importance une observation si gnrale et d'ordre1 pour ainsi parler1 ngatif2 mais enfin que ,dieu1 qui pouvait y tenir une place1 si petite qu'elle ft et qu'elle dt tre1 soit absolument absent du thtre courant de ,molire1 du thtre de ,molire1 les deux pices o la question religieuse est aborde mises part2 et que tout ce thtre courant soit domin par la seule ide du bon sens humain se suffisant lui-mme et seul appui et seul recours3 c'est une chose qui ne laisse pas d'avoir peut-tre un peu de signification et qu'il fallait considrer un instant4 ,et maintenant1 venons aux deux pices o ,molire a abord la question religieuse4 ,j'ai fait remarquer plus haut que ,molire1 qui voit trs juste1 qui sait son sicle et qui sait l'humanit1 n'a pas manqu de faire son ,don ,juan la fois athe et immoral et dbauch1 et il faut lui rendre cette justice qu'il a trs bien vu ainsi les rapports qui existent entre le libertinage dans un sens de ce mot et le libertinage dans l'autre sens de ce terme4 ,et il faut certainement remarquer que ceci aurait pu et pourrait passer pour tre tendances religieuses4 ,molire semble dire3 ,voyez que le libertinage de la croyance mne au libertinage des murs1 ou celui-ci celui-l1 et qu'en tout cas l'un et l'autre ont ensemble troit parentage1 connexion intime1 lien naturel et lien rationnel4 ,don ,juan est dbauch parce qu'il ne croit pas1 et il ne croit pas1 aussi1 parce qu'tant dbauch1 il a intrt ne pas croire4 ,et si ,molire ne dit pas cela1 si sa pice ne le dit pas1 7et1 en vrit1 que dit-elle1 sinon cela87 encore est-il que certainement ,molire nous prsente un athe dbauch et qu'il ne l'aime pas4 ,oh6 pour cela1 c'est certain4 ,don ,juan n'est pas personnage sympathique4 ,molire le dteste bien d'une haine trs probablement personnelle et o il entre de la rancune4 ,le grand seigneur mchant homme et corrupteur de femmes est franchement dtest par ,molire4--,la pice1 au premier regard1 serait donc plutt tendances religieuses4 ,il est vrai2 mais remarquez deux choses assez significatives en sens contraire ce qui prcde4 ,d'abord ils n'avaient pas tout le tort1 les ennemis de ,molire qui faisaient observer que ,don ,juan1 quand il attaque ,dieu1 a le beau rle2 que ,don ,juan1 en tant qu'athe1 a les rieurs de son ct1 sans les y mettre la vrit1 mais tout naturellement1 d'aprs le texte1 ce qui est peut-tre encore plus grave2 que ,don ,juan nie ,dieu et que le dfenseur de ,dieu1 l'avocat de ,dieu1 est un imbcile qui ne dit rien qui vaille1 qui est ridicule1 qui fait rire en effet1 qui tombe par terre en voulant plaider et dont l'argument se casse le nez4 ,sophisme de polmique1 dira-t-on4 ,il en reste cependant quelque chose comme observation1 et l'observation est juste4 ,don ,juan ne fait pas de profession irrligieuse1 et celui qui lui reproche son irrligion est ridicule4 ,qu'est-ce dire1 sinon que ,molire semble avoir voulu pargner ,don ,juan l'odieux qu'une profession de foi irrligieuse aurait attir sur lui et n'a pas voulu pargner au croyant imbcile le ridicule de son imbcillit largement tale8 ,il y a apparence au moins4 ,molire mnage singulirement ,don ,juan en tant qu'athe3 cela me parat difficile contester4 ,je ne tirerai aucun parti de la fameuse scne du pauvre1 qui fit scandale l'poque4 ,je ne puis voir dans cette scne qu'une chose vraie1 o chacun parle et agit selon son naturel1 l'homme du peuple tant religieux avec hrosme2 ,don ,juan tant corrupteur son ordinaire2 puis1 je ne dirai pas gnreux1 mais homme ne tenant pas l'argent1 comme il est naturel qu'il le soit2 puis disant3 ,je te le donne par amour de l'humanit1 sans grand dessein philosophique1 tout simplement parce qu'il ne peut pas dire3 pour l'amour de ,dieu et que cependant il veut dire3 je te le donne gratis4--,non1 je ne tirerai aucun parti de la scne du pauvre dont on a abus1 ce me semble1 dans un sens ou dans un autre et dans laquelle je ne vois qu'un incident ressortissant l'ide la plus gnrale de l'ouvrage3 montrer qu'un pauvre diable de mendiant peut se trouver bien au-dessus d'un grand seigneur1 quand ce grand seigneur est mchant homme1 et avoir en quelque sorte1 relativement celui-ci1 les honneurs de la scne4 ,je ne vois pas autre chose dans la scne du pauvre4 ,mais songez la fin de ,don ,juan selon ,molire4 ,la fin de ,don ,juan consiste devenir hypocrite de religion4 ,ceci est trs significatif4 ,qu'est-ce qu'il signifie1 sinon1 d'une part1 que la mchancet1 le libertinage1 la dbauche1 mnent premirement l'athisme et secondement l'hypocrisie religieuse2 sinon1 d'autre part1 que le parti religieux se recrute parmi les ,tartuffe1 ce qui sera dmontr plus tard1 parmi les imbciles comme ,sganarelle1 et aussi parmi les athes dbauchs1 corrupteurs et sclrats quand ils sont devenus prudents8 ,n'est-ce point cela8 ,n'est-ce point cela1 je ne veux pas dire que ,molire a voulu faire entendre2 car je n'en sais rien2 mais que le public de ,molire peut comprendre1 doit sans doute comprendre et est presque forc de conclure8 ,il me semble ainsi1 ou j'en ai peur4 ,un paradoxal ou un malintentionn dirait sans doute3 ,molire est tellement irrligieux qu'ayant prsenter un personnage profondment immoral il le donne comme athe1 ne pouvant pas faire autrement1 puisque c'est la vrit et que ,molire est parfaitement esclave de la vrit2 mais qu'en mme temps1 en tant qu'athe1 il le mnage et lui donne ou lui laisse presque le beau rle2 et qu'en mme temps1 il trouve le moyen de le faire entrer encore dans le parti religieux2 tant il est impossible ,molire de concevoir un coquin qui ne soit pas religieux par quelque ct et qui ne ressortisse pas1 en fin de compte1 d'une manire ou d'une autre1 au parti que ,molire dteste2 et plus il a1 comme forc par la vrit1 par l'observation1 par l'exprience1 reprsent son sclrat comme athe1 d'autant plus1 comme s'il prenait sa revanche1 il l'a fait plus noir et plus hideux dans le rle de clrical que dans le rle d'athe1 et c'est seulement quand il le considre sous ce nouvel aspect que ,molire fait clater toute la haine qu'il professe son endroit4 ,voil ce que dirait un paradoxal ou un malintentionn4 ,et ce n'est pas ce que je dis2 et si l'on me crie3 ,eh6 que dis-tu donc1 tratre8 je ferai observer que c'est seulement de l'effet possible et probable du ,don ,juan sur le public que je m'occupe1 et qu'examinant cet effet possible et probable1 j'estime que ,don ,juan a t pour le public une pice antiathistique un peu1 mais une pice anticlricale beaucoup1 et que le public a d y puiser des sentiments peu sympathiques la religion et au monde religieux1 quelque intention1 dessein ou tendance involontaire que1 du reste1 ,molire ait pu y mettre4 ,pour ce qui est de ,tartuffe1 la tendance anticlricale est encore plus forte et sans mlange1 ou--encore une fois--l'effet produit en ce sens est encore plus certain4 ,ceux-l ont trs bien jug de ,tartuffe qui en ont dit3 ,ce n'est pas une pice contre ,tartuffe1 c'est une pice contre ,orgon1 puisque ,tartuffe n'y est qu'odieux et qu',orgon y est ridicule4 ,c'est une pice destine tourner en ridicule le dvot1 l'homme entt de religion et qui la religion fait faire sottise sur sottise1 et qui la religion te toute sensibilit et toute humanit1 qu'en un mot la religion rend bte et mchant4 ,toute l'essence de ,tartuffe est dans ces vers1 qui sont1 tout gard1 dignes de ,lucrce3 ,il m'enseigne n'avoir d'affection pour rien2 ,de tout attachement il dtache mon me1 ,et je verrais mourir mre1 enfants1 frre1 femme1 ,que je m'en soucierais autant que de cela4 ,tantum relligio potuit suadere malorum4 ,et si l'on nous dit qu',orgon a cependant quelques belles qualits1 que ce dvot a t et est rest un bon citoyen et que1 sauf son engouement1 il est encore sur le pied d'homme sage2 si l'on attire notre attention sur cette dualit du caractre et du rle d',orgon2 nous rpondrons1 comme il est facile de le prvoir et comme sans doute on s'y attend1 que c'est prcisment l qu'on saisit le fond de la pense de ,molire et son dessein trs net et trs prcis4 ,qu'aurait-il prouv s'il avait fait d',orgon un simple imbcile8 ,que les imbciles sont facilement et volontiers dvots4 ,c'tait quelque chose1 et1 du reste1 ,tartuffe ne laisse pas de diriger vers cette conclusion 7rle de ,mme ,pernelle74 ,mais il a voulu prouver bien plus4 ,il a voulu prouver que d'hommes intelligents1 sages1 droits et gnreux la monomanie religieuse fait des imbciles1 des dupes1 des niais1 des bents et des figures nasardes4 ,ne voyez-vous pas qu'il s'adresse ces bourgeois du parterre ou des loges et qu'il leur dit3 ,remarquez qu',orgon1 c'est vous1 hommes de mrite1 hommes de valeur1 hommes de grand poids1 et observez ce que devient un homme tel par monomanie religieuse4 ,et nunc intelligite et erudimini4 ,voil ce que dit ,molire aux bourgeois de ,paris4 ,voil sa leon4 ,il est clair qu'il ne leur conseille pas de ne point tre des ,tartuffes2 c'est fort inutile2 il leur conseille de n'tre pas des ,orgons4 ,et le vrai moyen c'est de commencer par n'avoir aucun commerce avec l'glise4 ,tartuffe est une pice contre ,orgon et non contre ,tartuffe1 puisque c'est ,orgon qui est ridicule1 tandis que ,tartuffe n'est qu'odieux4 ,nous dira-t-on qu'ils sont ridicules tous les deux et que1 par consquent1 la pice peut passer pour tre la fois contre ,orgon et contre ,tartuffe8 ,d'abord ,tartuffe est surtout odieux2 ensuite1 si ,tartuffe est ridicule1 c'est d'abord de par ce souci qu'a toujours eu ,molire1 et dont il faut le louer1 de ne jamais quitter le ton de la comdie1 qu'il et quitt s'il avait fait de ,tartuffe un simple coquin habile2 c'est ensuite1 peut-tre bien1 pour montrer quel point la monomanie religieuse1 l'imbcillit religieuse a de la puissance sur les hommes et est dangereuse1 puisque la contagion en peut venir un homme comme ,orgon par le canal d'un homme comme ,tartuffe4 ,est-ce que ,molire ne semble pas dire encore3 ,et non seulement un homme de forte tte peut tre assot par le commerce avec les hommes d'glise2 mais il ne faut pas un ,bossuet ou un ,bourdaloue pour l'abtir4 ,frquentez les hommes d'glise4 ,vous les trouverez sots1 grossiers1 gourmands1 vulgaires1 plats1 gueux1 et ne vous en dfierez point4 ,prenez garde6 ,ils ont en eux une telle puissance1 malgr tout1 cause de ce au nom de quoi ils parlent et par ce qu'ils vous disent1 relativement certaine mchante affaire1 que1 si vous avez la foi1 ce qui est leur prise sur vous1 vous serez bientt entre leurs mains comme de tout petits garons qu'on fouette4 ,n'est-ce pas l ce que dit le ,tartuffe aux bourgeois de ,paris qui l'coutent8 ,et n'est-ce point une invitation suffisante1 par la mise en jeu de l'amour-propre1 l'irrligion et l'incrdulit8 ,par tous ses aspects1 par toutes ses tendances1 par tout ce qu'il donne entendre1 sans qu'on sollicite les textes1 le ,tartuffe est la pice antireligieuse1 tout au moins la pice anticlricale par excellence4 ,le rquisitoire est fort1 je ne puis le nier4 ,j'ai cherch moi-mme le rfuter1 au moins partiellement4 ,j'ai dit1 avec raison1 je crois3 oui1 c'est surtout d',orgon que ,molire se moque dans le ,tartuffe2 mais cela tient ce que l'office de l'auteur comique est de se moquer1 non des coquins1 mais des honntes gens4 ,sans aucun doute4 ,on ne se moque pas des coquins2 on les dnonce et on les fltrit1 et si la comdie se mlait de poursuivre les coquins1 elle deviendrait autre chose que ce qu'elle est4 ,elle deviendrait la satire ou l'loquence judiciaire4 ,et c'est bien pour cela1 prcisment1 que telles tirades du ,tartuffe1 celles qui sont contre ,tartuffe1 ont le caractre de la satire ou de l'loquence de ministre public ou de tribun4 ,mais la comdie en elle-mme1 ne pas sortir de son domaine1 de sa dfinition et de son office1 la comdie en elle-mme se moque des travers des honntes gens pour les corriger4 ,elle se moque de la parcimonie1 de la vanit du bourgeois gentilhomme1 de la manie du bel esprit1 des chimres et folles terreurs du malade imaginaire4 ,voil son domaine vritable4 ,remarquez l'axiome antique3 ,castigat ridendo444 vitia8 point du tout3 mores4 ,elle corrige non les vices1 incorrigibles2 mais les murs moyennes en ce qu'elles ont de mauvais2 c'est--dire qu'elle corrige1 non les vices1 mais les travers4 ,et surtout 7du reste encore pour corriger ces mmes travers71 elle avertit les honntes gens des prils o ces travers les engagent1 des ennemis1 par exemple1 qui se rendront matres des honntes gens en exploitant habilement leurs dfauts4 ,voil le point4 ,elle se moque de ,philaminte1 surtout pour l'avertir que sa manie du bel esprit peut la mettre aux mains d'un cornifleur qui flattera cette manie2 de ,jourdain1 surtout pour lui montrer que ses prtentions au bel air le livreront pieds et poings lis aux professeurs de belles manires et de beaux-arts et aux chevaliers d'industrie et aux comtesses de contrebande2 de ,dandin surtout pour lui montrer que d'pouser une fille de famille o le ventre anoblit fait du paysan gentilhomme ce qu'il n'est pas besoin de dire2 d',arnolphe1 surtout pour lui montrer que de vouloir quarante ans pouser une fille de seize met un homme en fcheuse posture2 d',harpagon1 mme1 pour lui montrer qu'il se trouvera tel intendant flattant sa manie avaricieuse et poursuivant sa pointe et ses secrets desseins dans la maison1 sous ce couvert4 ,non1 ce n'est point les vices que la comdie poursuit1 c'est les dfauts1 et elle met surtout en lumire ceci que par leurs dfauts les honntes gens ou demi-honntes gens sont la merci et tombent sous la prise des criminels ou des intrigants4 ,et ce qu'elle fait partout1 elle l'a fait dans le ,tartuffe et elle n'a pas fait autre chose4 ,voil une dfense de ,molire que naturellement je n'ai aucune raison de trouver mauvaise2 mais encore on pourra toujours dire3 ,sans doute2 mais pourquoi ,molire a-t-il choisi1 avec quelque prdilection1 on l'avouera1 ce genre de travers qui est la monomanie religieuse2 beaucoup moins grave 7ne l'avouera-t-on point87 que ceux qu'il a attaqus d'ordinaire2 plus respectable aussi2 et pourquoi a-t-il rendu un homme qui se trompe sur le choix d'un directeur1 car il n y a que cela1 aussi ridicule et de temps en temps aussi odieux et plus odieux que l'avare1 le bourgeois gentilhomme et autres8 ,et pourquoi l'a-t-il fait tomber dans des malheurs ou l'a-t-il amen au seuil de malheurs plus grands que ceux o tombent ou que ceux dont approchent tous les autres8 ,il y a bien dans le ,tartuffe un ,molire plus irrit et plus cruel qu'ailleurs1 et n'est-ce point qu'il se sent en face1 soit du crime qu'il dteste le plus1 voil pour ,tartuffe2 soit du dfaut1 du travers ou de la stupidit qu'il a le plus en horreur1 voil pour ,orgon2 et peu importe qui soit celui des deux qui particulirement il en veut1 pour ce qui est de la chose qu'il attaque et qu'il bafoue4 ,et surtout on pourra toujours dire3 ,laissons de ct ,molire lui-mme et ses intentions et desseins et penses de derrire la tte et les haines que l'on peut supposer qu'il ait eues4 ,l'effet produit n'a pu tre qu'un mouvement de piti pour les hommes qui ont commerce avec les gens d'glise et un mouvement d'horreur contre les hypocrites de religion2 et la conclusion de gros bon sens1 la conclusion un peu vulgaire1 mais trs naturelle1 la conclusion bourgeoise de ce public bourgeois1 n'a pu tre que celle-ci3 ,tout compte fait1 il y a beaucoup d'hypocrites1 d'imposteurs et d'cornifleurs dans le monde religieux1 et ceux qui s'enttent de religion sont des btes1 ou1 ce qui est pire1 le deviennent4 ,le plus sr est donc de n'avoir point commerce avec les gens d'glise et de n'avoir qu'une religion trs tempre1 un minimum de religion1 la religion de ,valre qui ne hante point les glises4--,voil trs certainement la conclusion que tirera du ,tartuffe le public de ,molire2 car enfin si la conclusion des ,femmes savantes est bien clairement3 ,fermez votre porte aux gens de lettres1 il faut bien que celle du ,tartuffe soit3 ,ne l'ouvrez pas aux gens d'glise4 ,et certainement1 pour ce qui est de l'effet produit1 ce qui prcde est peu contestable4 ,on peut donc dire que la vogue prodigieuse de ,molire doit tre compte ds le ,x,v,i,ie sicle comme influence anticlricale4 99 99 99 99 99 ,donc l'anticlricalisme au ,x,v,i,ie sicle a exist1 surtout dans le premier tiers de ce sicle et dans le troisime4 ,mais il a t extrmement faible4 ,la masse de la nation1 l'immense majorit de la nation n'en a pas t touche4 ,cela se voit la grande popularit des livres religieux1 la grande popularit des prdicateurs1 aussi la religion trs fervente des esprits les plus disposs par leurs inclinations naturelles l'indpendance1 l'irrvrence et au sarcasme4 ,la ,bruyre est trs bon chrtien2 il fait un chapitre contre les esprits forts4 ,voyez-vous ,la ,bruyre naissant trente ans plus tard2 est-ce que vous le vous figurez trs chrtien8 ,est-ce que vous le vous figurez autre que libre penseur ou tout au moins trs dtach1 la manire des ,lettres persanes8 ,que ,la ,bruyre soit trs chrtien1 c'est une preuve que tout le monde l'tait alors et jusqu'aux esprits naturellement satiriques et impertinents4 ,songez encore que toute la bourgeoisie et tout le peuple1 sauf les protestants1 ont applaudi1 tous jusqu' un innocent paen comme ,la ,fontaine1 l'excrable rvocation de l'dit de ,nantes4 ,il n'y a pas de signe plus frappant que celui-ci4 ,la ,france de #afhe est profondment religieuse et profondment catholique4 ,on n'a pas besoin de me prier pour me faire dire qu'elle l'est beaucoup trop4 ,que ceci soit donc retenu4 ,l'anticlricalisme existe au ,x,v,i,ie sicle4 ,il est trs faible4 ,on peut aller jusqu' dire qu'il est imperceptible1 parce qu'il est encore latent4 99 99 99 99 99 ,seulement aucun sicle plus que le ,x,v,i,ie sicle n'a prpar merveilleusement et comme couv l'anticlricalisme4 ,voici pourquoi et voici comment4 ,au ,x,v,i,ie sicle1 tout au moins partir de ,louis ,,xiv1 le protestantisme est dfinitivement vaincu4 ,il n'est plus un pril2 il n'est plus mme une opposition gnante2 il est absolument inoffensif4 ,c'est le moment1 bien entendu1 que l'on prend et que l'on saisit pour le combattre avec sauvagerie et frocit4 ,c'est d'ordre commun1 particulirement en ,france4 ,avoir vaincu cela ne donne que l'envie d'craser4 ,plus on est srement matre1 plus on veut tre tyran4 ,car1 je vous le demande1 quoi servirait-il d'tre matre8 ,de mme de nos jours1 le catholicisme n'ayant plus ni ongles ni dents1 que reste-t-il8 ,a le tuer4 ,et c'est ce qu'on fait avec allgresse4 ,donc1 au ,x,v,i,ie sicle1 le protestantisme tant vaincu1 on le combattit1 et l'on fit le ferme propos de l'exterminer4 ,on y parvint trs peu prs1 dans toute la mesure du possible4 ,la ,france en fut affaiblie2 mais pour un parti il ne s'agit jamais de la ,france2 et ,louis ,,xiv1 en cette affaire1 chose honteuse pour un roi1 ne fut pas autre chose qu'un chef de parti4 ,il eut tout juste la largeur d'esprit et la porte d'intelligence d'un ,combes4 ,il est honorable pour ,m4 ,combes de ressembler ,louis ,,xiv2 il est moins honorable pour ,louis ,,xiv de ressembler ,m4 ,combes4 ,donc on perscuta avec acharnement le protestantisme dsarm et inoffensif4 ,on perscuta plus inoffensif et plus dsarm encore1 puisqu'on perscuta des gens qui1 non seulement n'avaient plus d'armes1 mais qui n'en avaient jamais eu4 ,on traqua et l'on chassa courre le jansniste1 on sait avec quelle vigueur et avec quelle persvrance4 ,c'est ici que se voit bien1 peut-tre1 la pense matresse du gouvernement de cette poque4 ,que l'on combatte mort un parti qui a t puissant1 cela se comprend encore4 ,ce peut tre une illusion4 ,il se peut qu'on le croie encore vivant4 ,mais que l'on combatte une opinion qui comme parti n'a jamais exist1 cela montre bien que c'est l'opinion que l'on combat1 la manire de voir et rien de plus1 et que l'on a pour principe que personne dans tout le pays n'a le droit de penser autrement que vous1 et que tout homme dans le pays a le devoir strict de penser exactement comme vous pensez4 ,je m'tonne que ,louis ,,xiv ait pu dire que ,boileau s'entendait en vers mieux que lui4 ,au fond1 je n'en crois pas un mot4 ,ou1 s'il est vrai1 on voit assez quel point cela a stupfi les contemporains1 puisqu'ils ont rapport cela comme un trait de libralisme absolument extraordinaire4 ,en tout cas ,louis ,,xiv n'admettait pas que quelqu'un s'entendt en thologie mieux que lui1 ni que quelqu'un s'y entendt d'une autre faon que la sienne4 ,il est possible et mme probable qu'il y et autre chose encore dans la pense ou dans l'arrire-pense du gouvernement d'alors4 ,pour le gouvernement de ,louis ,,xiv1 les protestants taient des rpublicains et les jansnistes taient des demi-protestants1 et la guerre aux protestants et aux jansnistes c'tait le royalisme qui se dfendait1 et les perscutions contre les protestants et contre les jansnistes c'tait une expdition de ,hollande l'intrieur4 ,tout n'tait pas faux dans cette arrire-pense du gouvernement2 mais ceci est caractristique d'une autre manie1 trs analogue du reste la prcdente1 des gouvernements despotiques4 ,ils ont la manie de se chercher des ennemis et de tellement les chercher qu'ils en crent pour en trouver4 ,les gouvernements despotiques sont des femmes jalouses4 ,celles-ci veulent absolument que leurs maris les trompent2 je veux dire qu'elles en ont tant peur qu'elles se figurent toujours que la chose est1 et qu'elles semblent vouloir qu'elle soit1 et qu' force de la redouter il semble qu'elles la dsirent4 ,le gouvernement despotique veut avoir des ennemis2 et il les suppose pour en avoir2 et il en arrive ainsi1 par procs de tendances trs longue trajectoire1 considrer comme rpublicains des gens qui le sont en puissance1 c'est--dire qui pourraient l'tre2 et des gens aussi qui ne le sont point du tout1 mais qui ressemblent un peu1 d'autres gards1 ceux qui pourraient le devenir4 ,le procs de tendances consiste poursuivre des personnes1 pour opinions1 d'abord1 et ensuite pour des opinions qu'elles n'ont pas1 mais qu'il ne serait pas impossible qu'elles eussent si elles en avaient d'autres que celles qu'elles ont4 ,tel est l'tat d'esprit des gouvernements despotiques4 ,et c'est--dire1 comme l'a dmontr ,platon dans une jolie page1 que ce ne sont pas des gouvernements1 mais des factions4 ,ce sont des partis qui ont besoin d'avoir des ennemis2 ce qui est prcisment le propre des partis2 et qui sentent continuellement ce besoin comme une condition et comme une ncessit de leur existence2 et qui ont besoin d'opprimer quelqu'un pour se prouver eux-mmes qu'ils existent et qui1 par consquent1 inventent des ennemis pour pouvoir se battre et des oppressibles pour pouvoir tre oppresseurs4 ,ce ne sont donc pas des gouvernements1 puisqu'ils ne gouvernent pas proprement parler1 mais mnent les citoyens la bataille les uns contre les autres2 ce sont des factions au pouvoir4 ,louis ,,xiv1 pendant toute une partie de son rgne1 a t un factieux4 ,quoi qu'il en soit1 tel a t le ,x,v,i,ie sicle au point de vue religieux4 ,il a t perscuteur de gens dsarms et conculcateur de gens terre4 ,or un tel sicle prpare mieux l'irrligion qu'un sicle de guerres civiles proprement dites4 ,un homme naissant aprs le ,x,v,ie sicle1 en ,france1 peut se dire3 ,on s'est battu4 ,on s'est battu pour cause de religion et sous prtexte de religion4 ,on s'est battu pour que la messe ft dite en franais et pour conqurir le pouvoir4 ,c'est pouvantable4 ,on ne devrait tre que ,franais4 ,mais encore1 on se battait armes gales ou qui semblaient l'tre1 rendant coups pour coups et ne frappant que par souvenir d'avoir t frapp ou crainte de l'tre4 ,c'tait la guerre4 ,que les religions soient cause de cela ou mles trs intimement cela1 c'est trs regrettable2 mais encore ce n'est pas une raison pour dtester toute religion ou se tenir loign de toute religion4 ,la preuve n'est pas faite que les religions soient ternellement et indfiniment perscutrices4 ,pour ce qu'elles ont de bon1 on peut les garder1 chacun la sienne et1 tout compte fait1 je garde celle dans laquelle on m'a lev4 ,oui1 un homme naissant aprs le ,x,v,ie sicle1 en ,france1 pouvait raisonner peu prs de cette faon4 ,mais un homme de la fin du ,x,v,i,ie sicle tait frapp de ceci que les discordes religieuses survivaient leurs grandes causes1 leurs grandes causes morales1 nationales1 ethniques et politiques2 qu'elles se continuaient et prolongeaient comme par elles-mmes2 qu'elles se multipliaient1 du reste1 en se subdivisant2 qu'il ne suffisait plus que protestants et catholiques se combattissent d'un bout de l',europe l'autre2 mais qu'il fallait que les catholiques se partageassent en jansnistes et ultramontains et les protestants en orthodoxes et en libraux1 et que c'tait d'une part l'glise de ,france proscrivant les jansnistes et que c'tait d'autre part ,jurieu poursuivant ,bayle d'une haine implacable et le dnonant furieusement tous les tribunaux comme athe et comme criminel1 si bien que ,bayle crivait un protestant de ,france3 ,si vous voulez rester fidle votre religion1 vivez dans le pays o elle est perscute1 et ,dieu vous garde de vivre dans celui o1 tant matresse1 elle est perscutrice4 ,devant ce spectacle1 l'homme de la fin du ,x,v,i,ie sicle en venait se dire que la cause des querelles et des violences entre les hommes tait la religion elle-mme1 quelle qu'elle ft1 et qu'il fallait dtruire toute religion4 ,surtout l'intervention du pouvoir civil dans les querelles religieuses1 alors que le pouvoir civil n'tait menac en rien et n'avait nullement affaire1 sous la secte religieuse1 un parti politique1 surtout cela amenait comme naturellement un homme d'esprit moyen se dire que les religions taient les mauvais dmons des pouvoirs civils et leur donnaient de dtestables inspirations1 et c'tait droit au mauvais dmon qu'il poussait1 et le mauvais dmon qu'il dnonait et voulait dtruire4 ,il ne savait pas dire aux gouvernements3 ,ne vous mlez jamais d'affaires religieuses et laissez les religions se quereller par la parole et se disputer les populations par la parole2 et n'intervenez que comme chef de police quand elles dchanent la guerre civile1 et alors avec une parfaite impartialit2 et1 en d'autres termes1 soyez neutres tant qu'on parle2 et1 quand on agit1 n'intervenez que pour qu'on cesse d'agir3 et rprimez la guerre civile1 ne la faites pas4 ,il ne savait pas dire cela aux gouvernements2 mais sachant1 non sans raison historique1 que les gouvernements intervenaient toujours1 soit pour une religion1 soit pour une autre1 il se disait plutt3 ,ce qu'il faudrait1 c'est qu'il n'y et plus de religion du tout2 ce qu'il faudrait1 c'est que la cause pour laquelle les gouvernements font des guerres l'intrieur dispart4 ,a se dchirer les unes les autres1 les religions ont fait souhaiter que toutes disparussent2 soutenir les sectes religieuses les unes contre les autres1 les gouvernements ont fait souhaiter que toutes les religions cessassent d'tre4 ,quand on proscrit1 sans la moindre utilit dmontre1 successivement protestants1 jansnistes et quitistes1 en dfinitive1 ce sont des athes que l'on fait4 ,la prodigieuse rapidit avec laquelle1 sinon la ,france1 du moins la classe dite claire1 en ,france1 est devenue irrligieuse1 ou indiffrente en matire de religion1 ou sarcastique l'gard des religions1 ds le commencement du ,x,v,i,i,ie sicle1 s'explique1 mon avis1 par ce qu'il y avait de prodigieusement inutile1 de prodigieusement dnu de raison et mme de prtexte et de prodigieusement stupide dans les longues perscutions religieuses du ,x,v,i,ie sicle4 ,,chapitre ,,iii ,l',,anticl,,ricalisme ,,au ,x,v,i,i,ie ,,si,,cle4 ,l'anticlricalisme au ,x,v,i,i,ie sicle fut plus bruyant qu'il ne fut profond4 ,comme le prouve tout ce qu'on connat des cahiers de #aghi1 il ne pntra que fort peu dans les couches dites infrieures de la nation4 ,comme tendent le prouver quelques procs clbres du ,x,v,i,i,ie sicle o les choses religieuses sont mles1 la population aussi bien du midi que du nord tait encore trs catholique et trs clricale4 ,c'est ,voltaire et c'est du reste tout ce qui nous est rapport par tout le monde sur les affaires ,calas1 ,sirven et ,la ,barre qui nous sont tmoins que la population de ,toulouse et de la province de ,toulouse1 que la population d',abbeville et de la rgion d',abbeville taient unanimes contre ,calas1 contre ,sirven et contre ,la ,barre4 ,les passions catholiques taient tout aussi fortes dans la bourgeoisie et dans le peuple au ,x,v,i,i,ie sicle qu'au ,x,v,i,ie4 ,m4 ,cruppi l'a dit et1 du reste1 rien n'est plus vident1 si le jury et exist au ,x,v,i,i,ie sicle1 ,calas1 ,sirven1 ,la ,barre et d',etallonde eussent t condamns2 ,calas et ,la ,barre eussent t supplicis tout comme ils l'ont t par l'arrt des juges4 ,la chose seulement et t plus certaine ds le premier moment de l'affaire4 ,il n'y a aucun doute sur ce point4 ,quant la magistrature1 elle tait en immense majorit catholique2 mais elle l'tait d'une faon particulire4 ,elle tait toute jansniste4 ,elle lutta1 depuis le commencement du sicle jusqu'en #agga1 contre les vques et les curs ultramontains et domins par l'influence des ,jsuites1 qui refusaient les sacrements aux jansnistes4 ,elle tait jansniste1 gallicane et antipapiste2 elle voyait1 non sans raison1 dans les jansnistes des hommes indpendants qui ne se croyaient pas obligs de penser exactement en religion et en autres choses comme le roi voulait qu'on penst2 mais elle tait profondment catholique et d'autant plus srieusement1 d'autant plus intimement1 d'un sentiment d'autant plus rflchi et d'autant plus passionn que1 prcisment1 elle tait jansniste et de la religion de ,pascal4 ,or la magistrature1 c'tait la bourgeoisie2 c'tait la grande bourgeoisie franaise2 c'tait la bourgeoisie franaise assez riche1 fort instruite et fort claire1 trs patriote1 catholique gallicane et catholique librale1 antiprotestante1 tendances ou sympathies jansnistes1 adversaire1 gnralement1 de la noblesse et du haut clerg1 adversaire du despotisme1 dvoue au roi1 mais indpendante son gard et voulant qu'il ft respectueux des lois fondamentales4 ,il y eut accord presque parfait entre la bourgeoisie franaise et la magistrature jusqu'aux approches de la ,rvolution de #aghi4 ,on peut donc dire qu'au ,x,v,i,i,ie sicle l'anticlricalisme ne pntra pas trs profondment4 ,il n'atteignit ni le peuple1 ni la petite bourgeoisie1 ni la grande4 ,il fut encore trs nettement en minorit et en minorit trs faible4 ,mais il fut bruyant et trs brillant1 parce qu'il fut trs rpandu parmi les hommes de lettres1 qui taient devenus comme une classe dans la nation4 ,on peut dire que ce fut le ,x,v,i,ie sicle qui fut encore cause de cela et que le ,x,v,i,ie sicle contribua de loin1 trs indirectement et trs involontairement1 la cause de l'anticlricalisme1 en ce sens que c'est sa gloire littraire qui fit des hommes de lettres une classe1 et une classe trs considrable1 et qu'il se trouva que les hommes de lettres1 aprs lui1 furent anticlricaux4 ,imaginez1 aprs ,balzac1 ,descartes1 ,corneille1 ,molire1 ,la ,rochefoucauld1 ,svign1 ,bossuet1 ,racine1 ,boileau1 ,la ,bruyre et le retentissement de ces grands noms dans toute l',europe et la diffusion1 grce eux1 de la langue franaise dans toute l',europe1 et la gloire europenne de la ,france1 gloire qu'elle sent qu'elle doit principalement ses hommes de lettres1 imaginez bien ce que c'est qu'un homme de lettres en #agjj4 ,c'est un homme qui fait partie d'une classe mal dtermine1 mais illustre2 et cette classe1 ceci encore est noter1 contient de petits bourgeois1 de grands bourgeois1 des hommes nobles1 des femmes nobles1 des grands seigneurs et des princes de l'glise4 ,et elle les runit1 par libre choix1 titre d'gaux1 dans une sorte de conseil suprieur qui s'appelle l',acadmie franaise4 ,elle est mal dfinie2 mais elle est constitue2 elle est visible et en grande lumire2 c'est bien une classe de la nation4 ,on prendra l'habitude1 et ceci1 sous l'ancien rgime1 est un signe trs caractristique1 quand on emprisonnera les hommes de lettres1 de les enfermer1 non dans la premire prison venue1 ,bictre ou au ,for l'vque1 mais dans la prison aristocratique4 ,l'homme de lettres a droit la ,bastille4 ,c'est reconnatre qu'il fait partie d'une classe4 ,or cette classe des hommes de lettres1 au ,x,v,i,ie sicle et ds le commencement du ,x,v,i,i,ie sicle1 fut en majorit anticlricale et mme anticatholique et mme antichrtienne4 ,pourquoi cela8 ,parce qu'elle tait une classe1 parce qu'elle avait pris conscience qu'elle en tait une et parce qu'elle tait laque4 ,instruite1 doue de talent et d'loquence1 trs en vue1 trs coute1 presque organise1 elle a eu l'ide trs naturelle d'avoir de l'influence sur les hommes et de les diriger4 ,donc elle a tout de suite vu des rivaux dans ceux qui jusqu'alors avaient de l'influence sur les hommes et les dirigeaient1 c'est--dire dans les glises4 ,toute classe veut devenir un pouvoir4 ,la classe des hommes de lettres a eu1 ds #agjj ou #agbj1 l'ide sourde de devenir le pouvoir spirituel4 ,or le pouvoir spirituel tait occup3 elle a considr ceux qui l'occupaient comme ses adversaires4 ,le clricalisme1 c'est la concurrence4 ,ajoutez1 quoique ceci soit beaucoup moins important1 mais ,auguste ,comte l'a signal avec quelque raison1 que1 mme depuis le ,x,v,ie sicle1 l'homme de lettres se considre comme l'hritier direct de l'antiquit4 ,la littrature1 c'est l'antiquit qui renat4 ,la renaissance de ce qui n'a pas connu le christianisme exclut le christianisme2 l'histoire recommence en de du christianisme et suit son cours sans s'occuper de lui1 en faisant abstraction de lui et en s'appuyant sur son pass elle1 sans avoir tenir compte de ce qu'il a apport dans le monde4 ,il y a quelque chose de cela dans la pense1 comme on le verra1 de quelques-uns des hommes de lettres du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,en tout cas1 la littrature au ,x,v,i,i,ie sicle est un groupe nombreux et vigoureux1 une classe devenue adulte1 qui est tourmente sourdement par la pense plus ou moins prcise que le christianisme constitu et directeur d'me est un concurrent1 un rival et un obstacle4 ,la raison est l de l'anticlricalisme des hommes de lettres au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,cet anticlricalisme ne fut pas le mme chez tous les philosophes du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,il prit1 naturellement1 la couleur de l'esprit et de la complexion de chacun d'eux#a4 #a ,sur ce qui suit voir plus de dtail et voir les textes dans ma ,politique compare de ,montesquieu1 ,rousseau et ,voltaire4 ,montesquieu1 pour commencer par lui1 a vari sur ce point4 ,dans les ,lettres persanes il est spirituellement et violemment anticatholique tendances protestantes4 ,il se montre effray pour l'avenir de la nation du clibat ecclsiastique et des biens de mainmorte et il se rpand en plaisanteries sur les dogmes de la religion mme chrtienne4 ,dans l',esprit des ,lois il en est arriv au moins comprendre deux trs grandes choses3 la premire que la religion chrtienne est essentiellement antidespotique1 parce qu'elle a dit que quelque chose de l'individu n'appartient pas l'tat1 savoir son me1 ce qui est le fondement mme des ,droits de l'homme2 la seconde que la religion chrtienne est pratiquement antidespotique1 parce qu'elle forme1 contre le pouvoir central ou en face de lui1 une de ces barrires qui1 pour ,montesquieu1 sont absolument ncessaires en un tat bien constitu4 ,mais il reste1 on le sent plus qu'on ne le voit1 anticatholique4 ,il n'est religieux qu'en tant qu'il est libral et1 certes1 c'est une faon d'tre au moins sympathique la religion2 mais n'tant religieux qu'en tant qu'il est libral1 une religion affirmant les droits de la conscience1 d'une part1 et1 d'autre part1 une religion organise en dehors de l'tat pour pouvoir servir de limite au pouvoir central1 lui suffit4 ,il serait donc volontiers protestant2 il accepterait volontiers un protestantisme n'ayant pas pour chef le chef de l'tat4 ,il admettrait volontiers une religion nationale1 sans clibat des prtres et sans moines1 ayant des chefs nomms par elle et indpendante du gouvernement2 une religion1 si l'on me permet de parler ainsi1 nationale1 laque et autonome4 ,on retrouvera quelque chose de cela au temps de la ,rvolution4 ,au fond1 ,montesquieu1 ici comme partout ailleurs1 est un magistrat du ,x,v,i,i,ie sicle2 c'est un robin qui a du gnie4 ,il n'aime pas le pouvoir absolu et il est jansniste4 ,il est jansniste sans tre chrtien2 mais il est jansniste comme tous ses confrres4 ,il aimerait une religion gallicane1 indpendante et du ,saint-,sige et du gouvernement de ,versailles et qui ne serait pas sans analogies avec le protestantisme4 ,un jansniste est un demi-protestant4 ,montesquieu est jansniste en ce sens qu'il est demi protestant dans la conception de la religion qui aurait ses sympathies1 sinon religieuses1 du moins politiques4 ,voltaire est plus simple4 ,il est purement et simplement despotiste et1 par consquent1 comme il accepte une religion pour le peuple 7la formule est de lui71 il veut une religion qui soit tout entire dans la main du gouvernement et des prtres qui soient des officiers de morale commands1 gouverns et solds par le gouvernement4 ,autant ,montesquieu veut plusieurs puissances dans l'tat et1 par consquent1 accepte trs volontiers une puissance spirituelle1 autant ,voltaire n'en veut qu'une et tient ferme pour que tout1 dans l'tat1 soit dans la main du souverain1 la religion comme le reste et plus que le reste4 ,c'est le fond et c'est comme le tout de ses ides sur cette question4 ,un de ses griefs contre les ,parlements1 c'est que les ,parlements se mlent de questions religieuses en dehors de l'initiative et contre le gr du pouvoir royal et1 puissance autonome eux-mmes1 ou voulant l'tre1 sont auxiliaires1 allis ou collaborateurs d'une puissance encore1 en tant qu'elle veut tre indpendante et autonome4 ,il n'y a qu'une solution et qu'un bon ordre1 c'est que le souverain gouverne souverainement temporel1 spirituel et judiciaire1 comme il gouverne le militaire et l'administratif4 ,du reste1 il est bon1 ne ft-ce1 sans aller plus loin1 que pour arriver ce rsultat1 de dcrditer le pouvoir spirituel et de montrer qu'il n'a jamais que commis des crimes et fait des infamies4 ,de l cette dmonstration mille fois rpte que les guerres religieuses et les perscutions religieuses ne sont connues de l'humanit que depuis le christianisme et ont t inventes par le christianisme1 l'imitation des ,juifs2 que ni les ,grecs ni les ,romains n'ont t perscuteurs et que les plus grands malheurs que l'humanit ait commis ont t dchans sur elle par les disciples du ,christ4 ,ce qu'il s'agit de dmontrer1 c'est que le despotisme temporel est inoffensif et bienfaisant et que la puissance spirituelle une fois englobe1 pour ainsi dire1 et absorbe par le despotisme temporel1 elle aura perdu tout son venin et1 gouverne1 inspire et rprime par le despotisme temporel1 d'abord n'aura que des effets trs limits et ensuite n'aura que de bons effets4 ,mais encore ce despotisme temporel1 par qui sera-t-il inspir lui-mme8 ,par les sages1 les philosophes et les hommes de lettres4 ,personne1 plus que ,voltaire1 n'a eu1 ce me semble1 cette conception1 que j'indiquais plus haut1 d'une classe d'hommes de lettres1 aristocratie spirituelle range autour de la ,royaut1 la conseillant respectueusement1 l'illustrant et la dcorant1 du reste1 et l'aidant dans la partie intellectuelle de sa tche4 ,un roi philosophe1 antichrtien et ami des philosophes1 il a cherch cela toute sa vie et a mis toute sa vie s'apercevoir qu'il ne l'avait pas trouv et dplorer de ne l'avoir trouv jamais4 ,et encore cette ide que c'est l'antiquit qu'il faut faire revivre1 le rve de ,julien l',apostat1 cette ide que l'on doit rebrousser en de du christianisme et continuer le chemin selon les lumires des philosophes de l'antiquit et que les hommes de lettres modernes sont les hritiers et successeurs des sages antiques et ne doivent tre que cela1 cette ide est encore celle de ,voltaire1 subconsciemment au commencement de sa carrire1 trs clairement la fin1 et je serais assez port croire que1 sans s'en rendre compte encore1 c'est pour cela que tout jeune1 il ragissait contre la raction qui s'attaquait aux hommes de lettres et aux potes du ,x,v,i,ie sicle et cherchait1 non sans succs1 renouer le fil1 maintenir la tradition1 celle-ci du moins4 ,il devait1 sans y songer trs prcisment1 raisonner ainsi3 ,hommes de lettres du ,x,v,i,ie sicle1 religieux1 chrtiens1 catholiques1 il est vrai4 ,sicle de grands talents plutt que de lumires4 ,oui4 ,mais ces hommes n'en sont pas moins les successeurs des hommes de la ,renaissance1 lesquels relvent directement de l'antiquit4 ,l'antiquit paenne1 qu'il faut appeler l'antiquit philosophique1 s'oppose naturellement1 historiquement et fatalement l'antiquit judo-chrtienne1 et c'est cela qui tuera ceci ou aidera le tuer4 ,maintenons la tradition1 maintenons la suite de notre ascendance4 ,nous pourrons ensuite 7et c'est ce qu'il a fait plus tard7 opposer comme un bloc homogne tout l'art hellnique1 romain et europen depuis la ,renaissance l'art chrtien1 et montrer combien celui-ci est ple1 inlgant et ridicule par comparaison celui-l1 et cette comparaison sera de trs grand effet et de trs grande influence sur l'esprit des hommes et1 par rpercussion1 sur leur conscience4 ,tel est l'tat d'esprit de ,voltaire4 ,il veut le christianisme dcrdit et dgrad dans l'esprit des hommes1 maintenu cependant1 pour le peuple1 mais mis entre les mains du gouvernement central comme l'administration et comme l'arme1 asservi pour tre inoffensif1 rudement tenu en laisse et fouaill2--et il veut un gouvernement despotique1 absolument souverain1 mais aid des lumires des philosophes et des hommes de lettres antichrtiens4 ,au fond1 un ,marc-,aurle1 vertueux1 nourri de sagesse antique1 ami des philosophes et les consultant1 chef de son clerg lui et perscutant les hommes qui adorent ,dieu d'une autre faon que lui3 c'est la pense complte de ,voltaire en fait de choses religieuses4 ,rousseau est beaucoup plus compliqu4 ,il a le sentiment religieux4 ,il est anticatholique forcen4 ,il est despotiste autant que ,voltaire et plus durement1 plus cruellement si l'on peut ainsi dire4 ,c'est une espce de ,calvin jacobin4 ,il a le sentiment religieux4 ,il l'a tellement qu'il ne saurait comprendre qu'un homme dnu du sentiment religieux1 non seulement puisse tre un bon citoyen1 mais puisse tre un citoyen4 ,le sentiment religieux et la foi religieuse font pour lui partie du civisme4 ,la foi est le premier lment social1 l'lment social fondamental4 ,on reconnat l1 chose curieuse1 l'esprit genevois de #aeej conserv aussi pur que si l'on tait encore en #aeej4 ,c'est un phnomne de persistance1 c'est un phnomne d'immobilit tout fait extraordinaire4 ,qu'un libre penseur puisse rester dans la cit1 et que la cit puisse subsister si elle conserve dans son sein un seul libre penseur1 c'est ce que ,rousseau n'admet pas et ne peut pas comprendre4 ,d'autre part1 ,jean-,jacques ,rousseau est anticatholique radical4 ,on peut admettre dans la cit toutes les religions except le catholicisme4 ,la raison en est claire4 ,il est impossible de vivre en paix avec des gens que l'on croit damns4 ,il faut absolument qu'on les ramne ou qu'on les tourmente4 ,donc1 quiconque ose dire3 ,hors de l'glise point de salut1 doit tre chass de l'tat4 ,tout tat bien constitu doit faire une rvocation de l'dit de ,nantes contre les catholiques1 parce que le catholicisme est antisocial au premier chef1 parce que le catholicisme est comme par lui-mme la guerre civile en permanence4 ,il faut chasser le catholique de l'tat a priori et sans examen1 sur la simple constatation qu'il est catholique4 ,et enfin1 ,jean-,jacques ,rousseau est despotiste radical4 ,il ne l'est pas de la mme faon que ,voltaire1 mais il l'est autant et mme plus violemment4 ,il donne la souverainet la majorit de la nation et il n'assigne cette souverainet aucune limite4 ,il appelle mme libert l'oppression de la minorit de la nation par la majorit et il ne voit pas la libert ailleurs et il ne la conoit pas autrement4 ,en un mot1 il est despotiste dmocrate1 ou plutt il est dmocrate dans le sens prcis du mot4 ,or1 tant despotiste dmocrate d'une part et d'autre part ayant un profond sentiment religieux et croyant que la religion est lment social par excellence1 il ne se peut point qu'il n'arrive pas la conception d'une religion d'tat4 ,il y arrive trs vite ou plutt la religion d'tat tait en lui en quelque sorte1 sans qu'il et besoin d'y aller2 elle tait dans la combinaison mme de son sentiment religieux et de sa conviction despotiste4 ,donc il y aura une religion d'tat1 une espce de minimum de croyances1 que le citoyen devra avoir1 sous peine d'tre chass de l'tat1 sous peine1 aussi1 d'tre mis mort si1 aprs avoir dclar qu'il a ces croyances1 il se conduit comme s'il ne les avait pas4 ,ce minimum de croyances1 c'est du reste toute une religion2 c'est la croyance en ,dieu1 la croyance en la ,providence1 la croyance en l'immortalit de l'me1 la croyance la punition future des mchants et au bonheur futur des justes1 la croyance en la saintet du contrat social et des lois4 ,telle est la religion qu'il faut avoir et pratiquer sous peine d'exil et de mort1 parce que si on ne l'a pas1 on n'est pas un citoyen2 on n'est pas pntr des principes sur lesquels la socit s'appuie et dont elle a besoin pour exister2 on est par consquent un lment antisocial dans la socit1 et donc un ennemi qu'il faut supprimer4 ,l'tat devra donc1 s'il veut vivre3 #a exiler a priori tous les catholiques3 ,quiconque ose dire3 ,hors de l'glise point de salut doit tre chass de l'tat2 #b exiler tous ceux qui dclareront ne point croire ,dieu1 l'immortalit de l'me1 la ,providence1 aux rcompenses et aux peines futures ou l'un quelconque de ces points2 #c punir de mort ceux qui1 ayant adhr cette religion1 se conduiraient de manire montrer qu'ils n'y croient pas4 ,cela parat exorbitant au premier abord2 mais ce n'est1 en somme1 que l'exclusion des catholiques1 des libres penseurs et des hommes de mauvaises murs4 ,c'est le gouvernement de ,genve en son temps glorieux4 ,rousseau est un citoyen de ,genve1 comme on le sait et comme il le dit assez souvent pour qu'on le sache4 ,il est un citoyen de ,genve qui a conserv en toute leur puret les traditions de son pays4 ,il n'y a pas autre chose4 ,on pourrait seulement lui faire observer1 dans un esprit de modration qu'il n'accepterait pas1 mais qui ferait peut-tre quelque impression sur lui1 qu'il n'est peut-tre pas ncessaire d'exiler et de tuer2 que le catholique1 le libre penseur et l'homme de mauvaises murs1 tant des membres antisociaux de la socit1 il suffirait peut-tre de les diminuer de la tte seulement1 dans le sens latin1 de les priver de tout droit politique et de tout droit civil4 ,ds lors la socit1 gouverne uniquement par des protestants1 des distes et des hommes vertueux1 sans intervention1 dans le gouvernement ni dans la lgislation1 des catholiques1 des libres penseurs et des pcheurs1 pourrait1 ce nous semble1 tre une socit assez bonne4 ,l'essentiel est que les pcheurs1 les libres penseurs et surtout les catholiques soient des parias ou des ilotes4 ,c'est le suffisant et le ncessaire4 ,il n'est pas indispensable de leur couper le cou4 ,je crois que1 dans la pratique1 c'est cette solution librale que ,jean-,jacques ,rousseau se serait ramen ou rsign4 ,quoi qu'il en soit1 malgr ses sentiments religieux trs profonds1 trs vifs et mme exalts1 ,jean-,jacques ,rousseau doit tre compt1 je crois1 au nombre des ennemis du catholicisme au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,il me parat1 j'entends comme anticlrical1 remarquez bien1 n'avoir eu qu'une influence assez restreinte4 ,il a inspir ceux des ,franais qui ont t la fois anticlricaux et religieux4 ,c'est une espce rare4 ,il a inspir ,robespierre1 ,chaumette et peut-tre ,edgar ,quinet4 ,il a inspir vaguement tous ceux qui ont poursuivi la chimre de fonder une religion nationale plus ou moins dtache ou loigne de toutes les autres1 thophilanthropes1 etc4 ,mais il a eu1 au point de vue religieux1 peu d'influence sur la masse des ,franais1 qui sont volontiers radicaux en cette affaire1 qui ne s'arrtent pas aux moyens termes et qui1 quand ils ne sont pas catholiques1 ne croient rien2 je parle de la gnralit4 ,tout compte fait1 je dis toujours ne le considrer qu'au point de vue religieux1 il a t cause de la mort de ,robespierre1 et c'est tout ce qu'il a fait cet gard4 ,mais la grande influence1 mon avis1 la plus prolonge surtout1 et peut-tre plus profonde que celle de ,voltaire1 au point de vue anticlrical1 a t celle de ,diderot4 ,diderot est athe2 il est naturiste2 il est immoraliste4 ,cet tourdi1 qui ne laissa pas1 ses heures1 d'tre un homme prudent1 n'a pas toujours1 tant par tourderie que par prudence1 proclam formellement ni soutenu nergiquement ces trois doctrines4 ,il en a mme soutenu d'autres l'occasion et assez souvent4 ,mais son fond1 pour qui l'a bien lu1 c'est l'athisme1 le naturisme et l'immoralisme4 ,il est athe parce que1 du reste dnu de la foi1 il n'est sensible aucune preuve de l'existence de ,dieu4 ,le sentiment gnral de l'humanit jusqu' lui1 le consensus communis ne lui impose pas2 car il est trs orgueilleux2 et se sentant 7avec raison7 trs suprieur comme philosophe tous les penseurs contemporains1 et d'ailleurs croyant au progrs intellectuel et estimant son sicle suprieur aux sicles prcdents1 que tous les philosophes jusqu' lui aient cru en ,dieu1 cela n'est pas pour l'intimider3 ils vivaient dans des sicles d'obscurit et de ttonnements2 le sicle de ,diderot est un sicle de lumires2 dans ce sicle ,diderot est suprieur comme penseur tous les hommes qui se mlent de raisonner2 l'opinion de ,diderot1 quoique tant contraire celle de tout le genre humain jusqu' lui1 peut donc1 malgr cela1 tre la vraie4 ,il n'est pas sensible aux arguments philosophiques1 cause premire et causes finales1 prcisment parce qu'il est philosophe et qu'il est comme blas sur ces raisonnements et qu'il sait bien1 ou se persuade1 que les plus forts1 les plus graves et les plus convaincants peuvent bien facilement se ployer1 se tordre et se retourner contre eux-mmes4 ,ce qui parat irrfutable ,voltaire3 l'horloge qui n'aurait pas d'horloger1 par exemple1 parat ,diderot1 sinon tout fait un enfantillage1 du moins une de ces choses qu'on dmolit d'un tournemain en argumentation mtaphysique ou qui se volatilisent entre des doigts philosophiques4 ,c'est le propre de ceux qui causent beaucoup1 discutent beaucoup et discutent bien1 que ce qui est preuve1 ce qui est argument1 en vient se dgrader leurs yeux1 perdre sa valeur1 par la trop grande connaissance qu'ils en ont et l'abus qu'ils en ont fait4 ,ce sont choses dont on joue2 elles n'ont point d'empire sur l'esprit2 il les fait trop caracoler pour qu'elles l'envahissent2 il les dirige trop pour qu'elles le dirigent4 ,l'argument tombant dans l'esprit du silencieux et du mditatif creuse1 s'enracine et se dveloppe4 ,dans un esprit de cette sorte l'argument devient sentiment 7,kant74 ,dans l'esprit du discuteur l'argument1 si souvent envoy1 reu et renvoy1 devient une chose tout extrieure qui ne tient plus vous et qui l'on ne tient plus4 ,aucune preuve philosophique de l'existence de ,dieu ne peut s'imposer ,diderot1 mme1 ce qui lui arrive1 quand il l'administre4 ,quant aux sentiments qui mnent ,dieu par d'autres routes que celles du raisonnement1 ,diderot tait l'homme du monde qui les prouvait le moins4 ,ni le spectacle des beauts et des sublimits de la nature qui1 tout raisonnement part1 mettent certaines mes en tat religieux2 ni la prsence au fond de nous de la conscience morale n'taient trs capables d'avoir influence sur ,diderot1 et le mot de ,kant3 ,deux choses donnent l'ide de ,dieu1 la vote toile au-dessus de nos ttes et la conscience au fond de nos curs1 s'il et pu le connatre1 l'aurait peu mu4 ,on ne voit pas ,diderot contemplant les toiles et on ne le voit pas non plus coutant sa conscience1 et1 l'couter1 s'en faisant une4 ,on ne songe pas assez qu'il n'y a que les gens rflchis qui aient une conscience1 puisque la conscience est une rflexion de l'esprit sur l'acte1 rflexion qui devient peu peu pralable et apprend s'exercer sur l'acte faire1 aprs s'tre longtemps exerce sur l'acte fait2 mais rflexion toujours4 ,or1 ,diderot est l'tre le moins rflchi qui ait exist et le plus continuellement impulsif qu'on ait connu4 ,c'est un perptuel improvisateur de penses et d'actions4 ,ces gens-l n'ont pas de conscience1 ou je veux bien accorder qu'ils en ont une2 mais elle reste l'tat rudimentaire ou l'tat latent1 et c'est ce qu'on peut appeler une conscience inconsciente4 ,en dfinitive1 je ne vois pas par o l'ide de ,dieu aurait pu entrer dans ,diderot1 ou comment il aurait pu l'inventer4 ,or1 il aimait assez ne croire qu' ce qu'il inventait lui-mme et ne pas accepter tout fait ce qu'inventaient les autres4 ,et s'il n'y avait aucune raison pour qu'il inventt lui-mme ,dieu1 il y en avait d'autres1 comme on le verra plus loin1 pour qu'il le repousst4 ,diderot est naturiste4 ,j'entends par l qu'il croit la nature bonne et inspiratrice de bonnes choses4 ,j'entends par l qu'il a confiance dans les instincts humains non rectifis1 dans les instincts humains leur tat naturel2 et naturel ne signifie rien1 puisqu'il est sans doute dans notre nature aussi de rectifier nos instincts2 mais enfin dans les instincts humains moins la civilisation qui les a modifis4 ,par l il rejoint ,rousseau1 que trs probablement1 du reste1 il a inspir4 ,ce qui frappe les naturistes1 c'est l'immense distance--trs faible1 mon avis1 mais qui peut paratre immense1 et ces choses ne sont pas pour tre mesures srement--qui spare l'homme civilis de l'homme444 peu civilis2 car l'homme naturel n'existe pas2 et la distance immense aussi qui spare en chacun de nous l'homme tel que nous sentons qu'il serait s'il n'avait pas t dress1 de l'homme tel qu'il est dans la ralit de tous les jours aprs ducation et dressage social2 et ils appellent celui-l l'homme naturel et l'autre l'homme altr4 ,aux chrtiens--et dj un peu aux paens1 il faudrait s'en souvenir--cette diffrence a paru si grande qu'ils ont pens que l'homme avait t cart de sa nature1 et 7pour eux7 qu'il avait t lev au-dessus de sa nature1 par la rvlation et par la grce1 en d'autres termes clair par une lumire suprieure ses lumires et soutenu par une force suprieure ses forces4 ,et ils opposent la nature la rvlation et la nature la grce4 ,pour ceux qui ne veulent que constater les faits1 il existe une manire de rvlation et une manire de grce4 ,seulement elles ne sont qu'humaines4 ,pour ceux-ci l'homme avait reu une nature grossire et la facult de voir qu'elle tait grossire et une sourde et puissante aspiration la modifier2 et il avait reu une nature grossire et la force de la modifier peu peu1 tel point qu'il dt finir par ne point la reconnatre4 ,l'homme au cours du temps se rvle lui-mme lui-mme et au cours du temps se verse lui-mme une grce efficace dont il avait comme la source dans sa nature mme4 ,dans les deux conceptions il y a bien l'homme de la nature et l'homme modifi2 l'homme de la nature et l'homme qui lutte victorieusement contre sa nature4 ,pour le naturiste ces deux hommes existent aussi2 mais le second se trompe ou a t tromp4 ,la nature1 c'est--dire les instincts1 sont bons et l'on a eu tort de tant lutter contre eux pour dtruire quelque chose qui tait salutaire et pour le remplacer par quelque chose qui est funeste4 ,c'est la nature qui a raison et c'est la prtendue raison qui a tort4 ,soyons optimistes4 ,ayons confiance en nous-mmes4 --,mais il y a deux nous4 --,ayons confiance au nous qui est sans doute le vrai1 puisqu'il ressemble la nature entire et puisque1 ne vouloir connatre que celui-ci1 nous vitons ce paradoxe monstrueux qui consiste croire que dans l'immense nature il n'y a qu'un tre qui ait pour vocation1 pour mission et pour devoir de ne pas lui ressembler1 de ne pas tre selon ses lois et d'tre le contraire de ce qu'elle est4 ,ayons confiance en l'homme en tant que semblable au reste de la nature anime4 ,et c'est ici que l'athisme1 naturel--il m'a sembl-- ,diderot1 rencontre comme sa confirmation et se renforce4 ,ne voit-on pas que ,dieu est un expdient et une invention pour expdient8 ,les hommes qui la fois ont remarqu que l'homme chappait sa nature et l'ont approuv d'y chapper et ont voulu qu'il y chappt1 ces hommes ont invent ,dieu1 comme tant celui qui a indiqu l'homme les moyens d'chapper sa nature et celui qui lui a donn la force de la dpasser2 comme un tre suprieur la nature et l'homme1 qui tait capable et seul capable de tirer l'homme au-dessus de la nature4 ,pourquoi l'ont-ils invent ainsi8 ,a la fois pour donner une explication du chemin immense qu'avait parcouru l'homme et de son ascension2 et pour lui persuader de continuer ce chemin et cette escalade4 ,ils ont donn l'erreur de l'homme se dtachant de la nature l'autorit d'une volont et d'une intervention surnaturelles4 ,et ce qui tait1 dans leurs discours1 explication1 fortifiait ce qui tait dans leurs discours exhortation4 ,ils disaient3 ,dtachez-vous de la nature4 ,pourquoi8 ,parce que ,dieu le commande4 ,et vous voyez bien que ,dieu le commande1 puisque vous vous en tes dtachs dj2 et comment l'auriez-vous pu faire1 comment auriez-vous pu sauter au del de votre ombre et vous lever au-dessus de vous-mmes si une puissance suprieure vous ne vous avait soutenus et soulevs8--,ce qui tait explication prparait et confirmait ce qui tait exhortation1 et tout se tenait4 ,dieu a donc t invent1 trs habilement1 par ceux qui prtendaient amliorer l'homme et voulaient qu'il s'amliort4 ,mais celui qui trouve que les hommes1 en se modifiant1 ne se sont pas amliors1 d'abord n'a pas besoin de ,dieu2 et ensuite il le rencontre comme un adversaire1 comme le collaborateur trs puissant1 quoique n'existant pas1 de ceux qui veulent dnaturer l'homme2 et donc la fois il n'a aucun besoin d'y croire et il a un trs grand intrt dire qu'il n'y croit point et qu'il n'existe pas4 ,c'est ainsi que le naturisme de ,diderot rejoint son athisme et le confirme1 ce que1 du reste1 il n'tait pas trs ncessaire de dmontrer si longuement4 ,enfin ,diderot est immoraliste1 ce qui n'est qu'un nouvel aspect1 mais trs important1 des ides prcdentes4 ,il croit que la morale elle-mme1 comme la religion1 comme le disme1 est une invention de politiques habiles qui ont voulu dnaturer l'homme pour l'amliorer1 peut-tre1 mais surtout pour l'asservir4 ,il existait1 dit-il1 un homme naturel qui tait excellent2 on a cr un homme artificiel qui est comme garrott d'obligations et de devoirs et qui ne sait plus qu'obir4 ,secouez l'homme artificiel et marchez dans votre libert primitive4 ,l'homme artificiel1 c'est l'homme moral4 ,diderot dnonce la morale comme il a dnonc la croyance en ,dieu1 pour les mmes raisons et au mme titre4 ,c'est ici qu'il se distingue et se spare plus qu'ailleurs de ,voltaire et de ,rousseau4 ,voltaire1 du reste diste1 on a vu comment et pourquoi1 tient extrmement la morale et la fonde1 comme il peut1 sur l'ide de solidarit1 sur cette ide que l'homme ne doit chercher que le bonheur1 mais ne peut le trouver que par le dvouement de l'homme l'homme4 ,le moyen de bonheur pour l'humanit1 c'est l'humanit4 ,il faut tre juste1 modr1 temprant et charitable par seul amour du bonheur2 mais bien savoir que le bonheur ne s'atteint pas autrement4 ,toute la morale de ,voltaire est eudmonique2 mais encore il y a une morale de ,voltaire4 ,rousseau1 du reste diste1 on a vu comment et pourquoi1 est plus prs de ,diderot1 en ce sens que1 comme je l'ai dit1 il croit trs bien que l'humanit s'est trompe de chemin et que c'est l'homme primitif et naturel qui tait dans le vrai2 mais il sauve la morale en la retrouvant dans l'homme primitif et naturel1 en prtendant l'y retrouver et en assurant qu'elle y est4 ,il croit qu'on a chang l'homme et cr un homme artificiel2 mais il ne met pas la morale au nombre des choses qu'on lui a apprises1 qu'on a introduites en lui pour le changer2 et1 tout au contraire1 il considre la morale comme la chose qui est la plus naturelle l'homme et comme une des choses dont la civilisation le dpouille et le vide4 ,l'homme est n moral et il est devenu corrompu4 ,rousseau1 tout en croyant l'homme artificiel1 est donc moraliste trs convaincu et1 du reste1 comme on sait1 trs passionn et trs loquent4 ,diderot1 non2 et la morale1 cette ,circ des philosophes1 comme dit ,nietzsche1 ne l'a pas enchant4 ,il a t jusqu'au bout1 devanant d',holbach1 devanant ,stirner1 devanant ,nietzsche1 et il a rang la morale au nombre des prjugs4 ,c'est qu'il a bien vu1 comme ,nietzsche l'a vu plus tard1 qu'il est trs probable qu'on ne vient bout de la religion1 des religions1 de l'esprit religieux1 qu'en venant bout de la morale1 et que si l'on n'a pas fait cela1 il n'y a rien de fait1 nil actum reputans si quid superesset agendum4 ,car enfin1 selon les cas1 la religion cre la morale1 ou la morale cre la religion1 et quand ce n'est pas l'une qui cre l'autre1 c'est celle-ci qui cre celle-l1 et il parat quelquefois qu'elles se crent rciproquement l'une l'autre1 et il semble1 certains moments1 qu'elles ne sont pas autre chose que le mme aspect de la mme ide ou du mme sentiment ou du mme besoin4 ,la religion enfante la morale4 ,les hommes1 inquiets1 mus et effrays des grandes forces de la nature qui les entourent1 prennent ses forces pour des tres puissants et redoutables4 ,ils cherchent se les concilier4 ,ils les apaisent par des sacrifices et des dons et des offrandes4 ,puis ils s'imaginent que ces tres exigent quelque chose d'eux1 leur donnent des ordres qu'il s'agit de comprendre4 ,et cela est assez naturel1 puisqu'eux-mmes commandent certaines choses ceux qui sont au-dessous d'eux1 leurs femmes1 leurs enfants1 leurs animaux domestiques4 ,ils se voient naturellement1 relativement aux dieux1 comme leurs femmes1 leurs enfants1 leurs serviteurs1 leurs animaux domestiques sont relativement eux4 ,ils se persuadent donc qu'ils doivent1 non seulement plaire aux dieux1 comme tout l'heure1 mais leur obir1 et que leur obir est sans doute la meilleure faon de leur plaire4 ,mais ces dieux1 que commandent-ils8 ,probablement et srement ce que les hommes commandent ceux qui sont sous leur pouvoir4 ,fidlit1 loyaut1 ne pas mentir1 ne pas drober1 ne pas frapper1 ne pas tuer1 concourir l'ordre de la maison1 ne pas avoir de passions gostes ou les rprimer4 ,et voil toute la morale qui est constitue4 ,elle est ne de la terreur des dieux4 ,elle est ne de la croyance aux dieux1 de la crainte des dieux1 et de cette tendance bien naturelle d'imaginer les dieux semblables des hommes1 et de ce raisonnement lmentaire qu'ils doivent commander aux hommes ce que les hommes commandent ceux qu'ils dominent et qui les craignent4 ,la religion enfante la morale4 ,d'autre part1 la morale enfante la religion4 ,l'homme veut qu'on lui obisse autour de lui2 il veut maintenir le bon ordre autour de lui4 ,rien de plus jusqu' prsent4 ,pour cela il a recours d'abord la force1 puis la persuasion1 puis l'exemple1 et ce sont peut-tre trois stades1 trs longs1 de l'humanit primitive4--,la force ne suffit pas1 elle s'puise2 elle rencontre des rsistances dans les faiblesses coalises qui sont des forces leur tour2 elle ne suffit pas4 ,la persuasion vient au secours4 ,l'homme s'efforce de dmontrer que ce qu'il commande est le bien gnral et que non seulement lui1 mais tous en profitent4 ,cela ne laisse pas de russir3 mais cela s'puise aussi1 rencontre des rsistances dans le sophisme ou l'ironie ou l'indiffrence2 la persuasion ne suffit pas4 ,l'homme s'avise que l'exemple est d'une grande force et mme est la seule force morale un peu srieuse4 ,il plie les autres l'obissance en obissant lui-mme1 c'est--dire1 ce qu'il veut qui soit fait il en fait une rgle permanente laquelle il obit le premier4 ,cela a une trs grande influence2 mais ne suffit pas2 d abord parce que la force de l'exemple est combattue par l'individualisme1 par les passions personnelles2 ensuite parce qu'aucun homme ou presque aucun ne peut donner un bon exemple permanent1 indfectible1 auquel il soit lui-mme absolument et ternellement fidle4 ,ni la force1 ni la persuasion1 ni l'exemple ne suffisent4 ,alors l'homme s'avise de chercher une autorit en dehors de lui4 ,ces rgles qu'il a prescrites1 il les donne comme venant de plus grand et de plus fort et de plus haut que lui4 ,il s'appuie d'une autorit suprieure4 ,il dit3 ,ce que je commande1 ce sont ces forces qui vous entourent et qui sont si redoutables1 qui vous l'ordonnent et qui l'ordonnent moi-mme2 car s'il n'en tait pas ainsi1 pourquoi obirais-je moi-mme ce que je vous prescris8 ,l'ordre du pre de famille1 du chef de tribu1 c'est l'ordre du ciel4 ,et remarquez qu'en disant cela1 il n'est pas fourbe4 ,ce n'est pas un mensonge diplomatique4 ,ce serait un mensonge diplomatique s'il n'avait1 pour se faire obir1 employ que la force4 ,mais il a employ la persuasion et le bon exemple1 c'est--dire qu'il est entr dans l'ordre des forces morales et c'est--dire des forces mystiques4 ,il a t loquent et il a t consciencieux4 ,il s'est fait un instrument d'argumentation et il s'est fait une conscience4 ,ds que l'homme emploie autre chose que la force1 il sent un ,dieu en lui4 ,habitat ,deus4 ,il sent en lui quelque chose qui ne se mesure pas1 dont il ne connat pas les limites1 qui est spirituel et qu'il ne sent pas absolument lui comme son poing ou son bras4 ,il se sent inspir4 ,il crot l'tre4 ,et ce ,dieu qu'il invoque comme autorit appuyant sa parole et sa pense1 il y croit comme l'inspirateur secret qui a dict sa pense et sa parole4 ,la religion est ne4 ,elle est ne de la morale4 ,elle est ne de la ncessit de l'ordre ici-bas4 ,cet ordre1 pour se faire respecter1 a pris toutes les armes3 il a pris la force1 il a pris la persuasion1 il a pris le bon exemple4 ,ds qu'il a pris le bon exemple pour arme1 il est devenu conscience4 ,ds qu'il est devenu conscience1 ,dieu est n1 car la conscience s'appuie sur ,dieu comme sur son autorit et le suppose comme son auteur1 et la divinit est pour elle comme une conscience universelle4 ,la morale enfante la religion4 ,et rien ne dit que ces choses soient chronologiques1 qu'elles se soient succd dans le temps1 que3 ou la religion primitive ait peu peu cr la morale2 ou la morale primitive1 de par la ncessit de l'ordre1 se soit peu peu forme elle-mme et ait enfin cr la religion4 ,ces choses peuvent avoir coexist et s'tre cres l'une l'autre rciproquement1 la morale crant la religion pour ses besoins et la religion en mme temps crant la morale par son seul dveloppement2 la religion n'ayant pas besoin de la morale mais la suggrant1 comme on a vu plus haut1 et la morale sentant le besoin de la religion pour s'assurer1 mais1 du reste1 la supposant presque ncessairement1 comme je l'ai montr2 et toutes les deux s'enfantant l'une l'autre ds le commencement et se compltant l'une l'autre travers les sicles2 et ces deux suites d'vnements que je dcrivais sparment pour la clart de l'analyse1 on peut les considrer comme jointes et s'entrelaant1 et1 de tout temps1 non seulement parallles1 mais comme engrenes4 ,c'est mme ce que je suis port croire comme tant le vrai4 ,en tout cas1 la religion et la morale ont de tels liens1 de telles connexions qu'il est trs difficile et d'atteindre l'une sans toucher l'autre et1 dtruisant l'une1 de sauver l'autre1 et1 maintenant l'une1 de ne pas donner l'autre un involontaire mais puissant secours4 ,le pril est donc grand1 pour qui veut dtruire ,dieu1 de prtendre garder la morale2 comme il serait grand pour qui voudrait dtruire la morale de prtendre garder ,dieu2 et les religions qui ont t immorales et qui n'ont pas suivi la morale dans son dveloppement et dans son progrs ont d prir et ont pri4 ,au fond1 la religion et la morale n'ont pas toujours t1 et il s'en est fallu1 les deux aspects de la mme ide2 mais elles sont devenues les deux aspects de la mme ide4 ,la preuve1 c'est qu'elles se convertissent l'une en l'autre4 ,la religion devient une morale et la morale devient une religion4--,la religion devient une morale4 ,avez-vous remarqu que le croyant passionn1 exalt1 n'a point de morale8 ,a proprement parler1 il n'en a pas2 car il ne se croit oblig qu'envers ,dieu1 et cela1 c'est de la religion et non pas de la morale4 ,il ne se croit oblig qu'envers ,dieu1 ne respire que ,dieu1 ne vit que par ,dieu et pour ,dieu4 ,mais ce ,dieu1 que naturellement il imagine sur le modle perfectionn de l'homme1 il le croit bon1 juste1 misricordieux1 secourable1 aim des hommes1 et il croit qu'il faut l'imiter2 et1 cause de cela1 il agit comme s'il avait une morale proprement dite4 ,chez cet homme la religion est devenue une morale4 ,dans un cerveau mal fait et qui se figurerait1 qui s'imaginerait un ,dieu mchant1 la religion ne deviendrait pas une morale1 il est vrai1 et cela n'a pas laiss de se produire quelquefois2 mais dans un cerveau normal1 ressortissant la moyenne de l'humanit1 la quantit d'humain que nous sommes comme forcs de mettre dans notre conception de ,dieu1 fait que1 par cela seul que nous aimons ,dieu1 nous sommes moraux sans avoir de morale et en n'ayant que de la religion4 ,c'est la religion qui est devenue une morale ou qui en tient lieu1 et c'est la mme chose4 ,a l'inverse1 la morale devient une religion chez celui qui sent fortement la morale1 sans avoir1 du reste1 de la religion4 ,l'homme qui se croit oblig1 qui est et qui veut tre esclave de sa conscience1 qui a le scrupuleux respect du devoir1 qui s'y sacrifie2 c'est un homme qui obit un ,dieu1 un ,dieu intrieur1 mais un ,dieu2 un ,dieu qu'il n'extriorise pas1 mais un ,dieu4 ,il obit quelque chose qui n'exerce pas de contrainte physique2 il obit quelque chose de spirituel1 il obit1 sans autre raison que la vnration dont il est rempli l'gard de cela1 quelque chose de mystique qui ne dit point ses raisons et qui s'impose4 ,ce quelque chose qu'est-ce donc1 sinon un ,dieu8 ,cet homme est parfaitement en tat religieux4 ,se sentir oblig1 c'est adorer4 ,l'impratif catgorique de ,kant1 la conscience1 le devoir1 sont des dieux4 ,il ne s'en faut que de rien2 savoir il ne s'en faut que d'une mtaphore4 ,impratif1 conscience1 devoir1 sont des dieux sur lesquels n'a point pass l'opration mtaphorique qui d'une ide fait un tre4 ,ce sont des dieux1 on pourrait mme dire1 qui n'ont pas t dgrads par une matrialisation que l'on peut juger grossire ou enfantine4 ,a cela prs1 et c'est--dire rien prs1 ce sont des dieux4 ,il n'y a pas d'homme plus religieux que l'homme qui1 sans religion1 est passionn de morale4 --,mais il peut y avoir une morale sans obligation1 et1 dans ce cas1 point d'assimilation possible entre moralit et religion1 et la morale sans obligation ne peut pas devenir une religion4 ,le raisonnement est juste2 mais c'est prcisment qu'il puisse y avoir une morale sans ide d'obligation que je ne crois point4 ,j'espre le dmontrer un jour et que la morale sans obligation est un pur rien1 parce qu'elle n'a aucune force et que la thorie de la morale sans obligation n'est qu'un dtour prudent ou une illusion honnte de ceux qui n'ont pas os nier tout simplement la morale et l'attaquer de front2 mais c'est une dmonstration que je n'ai pas faire pour le moment1 ne voulant que montrer que jusqu' prsent l'humanit n'a pas trouv le moyen d'tre religieuse sans tre en mme temps morale1 ni d'tre morale sans tre en mme temps religieuse2 ne voulant que montrer que la religion se mtamorphose en morale et la morale en religion1 l'une et l'autre comme naturellement2 ne voulant que montrer qu'il y a eu jusqu' prsent entre elles des liens intimes de cration rciproque et de substitution et mme d'identit1 sinon primitive1 du moins acquise2 ne voulant que montrer enfin que qui veut dtruire l'une doit s'attacher dtruire les deux4 ,c'est ce que n'avaient fait1 ni voulu faire1 ni ,montesquieu1 ni ,voltaire1 ni ,rousseau4 ,c'est ce que1 prudemment encore1 obliquement le plus souvent1 mais non sans adresse et non sans force1 s'est attach faire ,diderot4 ,de tous ceux qui s'attelaient l'uvre anticlricale1 c'est lui qui avait l'il le plus juste4 ,il a eu beaucoup d'influence1 non pas au ,x,v,i,i,ie sicle1 ses uvres les plus athistiques et immorales n'ayant du reste t connues qu'au ,x,i,xe2 et d'autre part le ,x,v,i,i,ie sicle1 comme la premire moiti du ,x,i,xe1 tant rest assez fermement diste2 mais il a eu une assez forte influence sur le ,x,i,xe sicle et particulirement sur la gnration qui est venue au jour vers #ahej4 ,il s'est rencontr alors avec les athes et les immoralistes modernes dont il a sembl tre le prcurseur et dont1 au fait1 il avait prvu et devanc les ides et les dmarches gnrales4 ,on doit le compter parmi les plus importants facteurs de l'anticlricalisme contemporain4 99 99 99 99 99 ,en rsum1 car je nglige les d',holbach1 les ,helvtius et autres disciples et hommes la suite1 le ,x,v,i,i,ie sicle1 le considrer dans ses crivains et dans ses directeurs d'esprit1 a t1 divers titres1 trs antireligieux2 mais1 comme j'en ai prvenu1 on se tromperait croire que l'esprit irrligieux1 que mme la rpulsion l'endroit du catholicisme aient t trs rpandus dans les masses4 ,a la veille mme de la ,rvolution la ,france tait travaille de passions antireligieuses et particulirement anticatholiques2 mais elle tait trs religieuse et trs catholique encore dans son ensemble4 ,,chapitre ,,iv ,l',,anticl,,ricalisme ,,pendant ,,la ,p,,riode ,r,,volutionnaire4 ,en immense majorit1 d'aprs tout ce que l'on en connat1 les cahiers de #aghi furent trs favorables la religion catholique4 ,ils ne rclamrent que la tolrance1 c'est--dire le droit pour les protestants et les juifs d'exercer librement leurs cultes et d'tre les gaux des catholiques devant l'tat civil4 ,mais la religion catholique1 maintenue comme religion d'tat1 tait encore l'ide dominante et presque universelle4 ,a la vrit1 la ,constituante n'en eut pas une autre2 et mme elle eut cette pense-l l'tat d'ide matresse et d'ide fixe4 ,elle voulut tellement que la religion catholique ft une religion d'tat qu'elle voulut que la religion catholique ft une religion nationale4 ,la ,constituante tait catholique gallicane4 ,c'tait un contresens dans les termes mmes2 mais c'tait son principe1 dont aucune observation ne put la dtacher4 ,selon elle1 il devait y avoir une glise catholique de ,france1 professant les dogmes catholiques1 mais autonome1 indpendante1 spare entirement ou presque entirement de ,rome1 n'en relevant pas1 ne lui obissant pas et n'en recevant qu'une inspiration gnrale#b4 #b ,il est dfendu toute glise ou paroisse de ,france et tout citoyen franais de reconnatre en aucun cas et sous quelque prtexte que ce soit l'autorit d'un vque dont le sige serait tabli sous la domination d'une puissance trangre444 le tout sans prjudice de l'unit de foi et de communion qui sera entretenue avec le chef visible de l'glise universelle4 7,constitution civile du clerg1 ,i1 #d47--,le nouvel vque ne pourra s'adresser au pape pour en obtenir aucune confirmation2 mais il lui crira comme au chef visible de l'glise universelle en tmoignage de l'unit de foi et de la communion qu'il doit entretenir avec lui 7,,ii1 #ai74 ,cette glise catholique particulariste devait tre organise dmocratiquement4 ,les vques et les curs devaient tre lus par la population et1 chose remarquable1 par les mmes lecteurs que ceux qui nommaient les membres de l'assemble dpartementale et les membres de l'assemble du district1 c'est--dire par des catholiques1 des protestants1 des juifs et des athes4 ,il n'y a rien de plus logique et de plus naturel1 quand on y rflchit1 que cette absurdit4 ,elle montre prcisment le fond de la pense de l',assemble constituante4 ,les ,constituants considraient tellement l'glise qu'ils tablissaient comme une glise nationale et comme une glise d'tat qu'ils trouvaient tout juste et tout rationnel d'appeler la constituer tous les citoyens actifs de ,france sans aucune distinction4 ,c'est la ,france entire qui choisit1 parmi les catholiques1 ceux en qui elle a confiance pour diriger religieusement les catholiques4 ,l'glise n'a un caractre vritablement national que prcisment cette condition4 ,ce qui prsidait cette constitution civile du clerg1 ce n'tait ni l'ide de ,montesquieu1 ni l'ide de ,voltaire1 ni l'ide de ,rousseau4 ,c'tait une ide confusment jansniste4 ,d'aprs les ides de ,montesquieu1 il me semble qu'on aurait spar l'glise de l'tat et fait de l'glise un de ces corps intermdiaires autonomes destins servir de barrires la souverainet du gouvernement central4 ,il me semble ainsi1 et il ne faudrait pas beaucoup me pousser pour me faire dire que j'en suis sr4 ,cependant il n'est pas impossible que1 magistrat tendances jansnistes et semi-protestantes1 il ne se ft ralli la constitution civile du clerg en demandant seulement qu'vques et curs ne fussent nomms que par les catholiques et surtout que les vques fussent nomms par les curs2 car c'est seulement ainsi que se peut constituer un corps autonome4 ,il est possible4 ,d'aprs les ides de ,voltaire1 on aurait tout simplement fait nommer les vques et les curs par le ministre de l'intrieur1 avec1 pour le ministre de l'intrieur1 droit de rvocation ad nutum4 ,enfin1 d'aprs ,rousseau1 on aurait tout simplement exil tous les catholiques4 ,l'ide de la ,constituante tait donc une ide jansniste mle d'ide dmocratique3 l'glise de ,france est autonome2 elle est lue par tous les ,franais quelque confession qu'ils appartiennent et quelques ides qu'ils professent1 comme les assembles politiques4 ,c'est bien une constitution civile de l'glise4 ,je n'ai pas besoin de dire que cette invention1 en son principe mme1 choquait les catholiques franais de telle sorte qu'il leur tait impossible de l'accepter4 ,de l sont venus tous les dsordres intrieurs et aussi toutes les fureurs qui suivirent4 ,le monde catholique franais1 qui avait t en majorit trs favorable la ,rvolution de #aghi1 se retourna tout entier contre elle1 beaucoup moins cause de la confiscation des biens du clerg qu' cause d'une constitution de l'glise qui obligeait celle-ci renoncer son chef et n'entretenir avec lui que des rapports de politesse4 ,ce n'est pas1 comme le croyaient les ,constituants1 une mesure sans importance l'gard de catholiques que de prtendre en faire des protestants4 ,la guerre du catholicisme contre la ,rvolution tait dclare1 dater du #bd aot #agij4 ,mon intention n'est point du tout d'en retracer les pisodes tragiques2 mais1 faisant surtout l'histoire des ides1 j'attirerai l'attention sur ce point qu'en dehors de la guerre au couteau faite par les catholiques contre les hommes qui dtruisaient leur glise et par les parlementaires contre des hommes qui taient devenus leurs adversaires lectoraux1 la pense philosophique de la ,convention l'gard de l'glise catholique tait toujours la mme que celle de la ,constituante4 ,la ,convention compltait l'invention de la ,constituante par une srie de mesures1 vexatoires aussi2 mais--c'est cela que je m'attache pour le moment--qui montraient encore trs bien l'tat d'esprit des parlementaires sur ce sujet4 ,elle voulait si bien1 elle encore1 que l'glise ft nationale1 que l'glise ft d'tat1 qu'elle lgifrait dans l'glise1 qu'elle faisait des lois religieuses et ecclsiastiques que curs et vques devaient appliquer4 ,par exemple1 elle prtendait forcer les curs marier des gens qui n'taient pas baptiss1 qui ne s'taient pas confesss1 qui avaient divorc1 qui taient prtres4 ,elle tenait surtout ce dernier point et dcrtait 7juillet #agic7 que les vques qui apporteraient1 soit directement1 soit indirectement1 quelque obstacle au mariage des prtres seraient dports ou remplacs4 ,on conoit trs bien que de semblables prtentions rvoltassent les prtres asserments1 les prtres constitutionnels eux-mmes4 ,ce n'tait cependant que la suite trs logique de l'ide qui avait prsid la ,constitution civile elle-mme4 ,l'glise est d'tat1 elle est1 comme nous-mmes1 nomme par le corps de la nation4 ,donc ce ne sont pas ses ides1 ses principes et ses dogmes qu'elle doit appliquer1 mais ceux de la nation1 c'est--dire les ntres4 ,la ,constitution civile du clerg tait1 dans l'esprit des rvolutionnaires1 en apparence1 une libration1 en ralit un transfert d'obissance4 ,l'glise catholique obissait autrefois au concile et au pape2 en la faisant nationale1 les rvolutionnaires n'entendaient qu'une chose1 c'est que dsormais elle leur obt et que1 relativement l'glise1 l'assemble des dputs franais ft le concile4 ,c'tait la religion catholique elle-mme qui tait supprime1 sans qu'ils eussent l'air de s'en douter4 ,ce malentendu formidable amena peu peu1 assez vite du reste1 l'ide de la sparation de l'glise et de l'tat4 ,cette sparation fut accomplie par le dcret du #bi septembre #agie1 qui peut tre rsum ainsi3 l'tat n'empche l'exercice d'aucun culte2 il n'en salarie aucun2 il empche que qui que ce soit trouble l'exercice des cultes2 il dfend qu'on clbre aucun culte en dehors des locaux dclars comme affects l'exercice d'un culte2 il croit devoir punir d'une faon particulirement svre les attaques au gouvernement qui seraient faites par les ministres d'un culte dans l'enceinte affecte aux crmonies religieuses2 il exige des ministres de tous les cultes la dclaration qu'ils reconnaissent la souverainet du peuple et qu'ils se soumettent aux lois de l'tat4 ,c'tait la sparation absolue1 et c'tait1 mon avis1 la loi la plus sense qu'on ait jamais faite sur cet objet4 ,mais c'tait une loi qui1 librant l'glise catholique1 la faisait trs forte2 qui1 laissant l'glise catholique strictement l'autorit qu'elle pourrait tirer d'elle-mme1 lui en donnait une immense et trs redoutable pour le gouvernement d'alors2 car l'glise1 en #agie1 tait forte de toute l'autorit qu'elle avait garde sur les consciences catholiques et1 en outre1 de tout le prestige que les perscutions rcentes lui avaient donn et de toute l'horreur qu'une partie de la ,france prouvait pour les terroristes4 ,aussi la loi de sparation1 ou1 en d'autres termes1 la loi de neutralit ne fut nullement applique1 ni en sa lettre ni en son esprit1 par le gouvernement du ,directoire4 ,la perscution des catholiques et particulirement des prtres catholiques1 plus ou moins dguise1 plus ou moins violente aussi1 il faut le noter1 fut continuelle de #agie #ahjj4 ,en #agif1 arm des lois trs comprhensives sur les rebelles et insurgs1 arm d'une loi aussi lastique que possible contre toute provocation la dissolution du gouvernement rpublicain et tout crime attentatoire la sret publique1 le ,directoire faisait fusiller par ses colonnes mobiles de l',ouest les prtres estims complices des brigands1 ou il les faisait juger et guillotiner4 ,une trentaine1 ce qu'estime ,m4 ,debidour#c1 prirent ainsi en #agif4 ,c'tait bien peu1 comme le fait remarquer l'auteur1 si l'on compare ce chiffre celui des prtres excuts pendant la ,terreur1 et certainement le ,directoire tait un gouvernement trop modr2 mais enfin il continuait la tradition1 un peu gn par les deux ,conseils o l'esprit de #agic n'tait presque plus reprsent4 ,il usait des lois en vigueur contre les prtres inserments qui s'obstinaient clbrer le culte1 et il ne cessait pas d'en dporter autant qu'il pouvait4 #c ,histoire des rapports de l'glise et de l'tat en ,france de #aghi #ahgj4 ,cela trana ainsi jusqu'au #ah fructidor2 mais1 partir de cette date1 la perscution1 qui n'avait jamais cess1 reprit avec une vigueur toute nouvelle4 ,le gouvernement dictatorial de ,fructidor s'tait1 ds le premier jour 7#ai fructidor71 accord par loi spciale le droit de dporter sans jugement et par simples arrts individuels les ecclsiastiques qui troubleraient la tranquillit publique4 ,c'tait purement et simplement mettre hors la loi tous les prtres de ,france et faire dpendre leur libert et leur vie 7car la dportation tait le plus souvent la mort1 et on l'appelait la guillotine sche7 du seul caprice d'un gouvernement qui les dtestait4 ,le gouvernement ne se priva point d'appliquer cette loi de proscription4 ,il dcrta la dportation en masse de six mille prtres de ,belgique4 ,il dporta1 surtout partir de prairial 7#agii71 un nombre difficile calculer de prtres franais4 ,dans l',ouest1 dans la ,normandie1 dans le ,midi1 les catholiques1 trs approuvs1 mme par les vques constitutionnels et rpublicains1 rpondirent par la guerre civile4 ,on peut dire sans exagration qu' la veille du coup d'tat de ,bonaparte quiconque en ,france tait catholique pratiquant tait1 non seulement un suspect1 mais un proscrit4 ,c'tait1 peu prs1 le rve de ,jean-,jacques ,rousseau ralis4 ,il ne faut pas s'y tromper3 c'tait le rsultat naturel et presque forc1 je dis en ,france1 de la loi de sparation de l'glise et de l'tat4 ,il n'y a rien de plus sens et de plus juste que la sparation de l'glise et de l'tat4 ,dans le monde moderne c'est la solution vraie1 c'est la vrit4 ,ni le gouvernement1 dans un pays partag entre protestants1 juifs1 catholiques et libres penseurs1 ne peut avoir une religion d'tat2 ni il ne peut1 sans de grands inconvnients1 partager le gouvernement de l'glise catholique avec un chef spirituel qui est un tranger2 ni il ne peut se mler de lgifrer ecclsiastiquement et imposer l'glise catholique des lois religieuses selon son got lui et contre son got elle4 ,il doit considrer l'glise comme une association spirituelle indpendante o il n'a rien voir et l'gard de laquelle il n'a que des fonctions de simple police l'effet de maintenir l'ordre matriel4 ,l'tat n'empche la clbration d'aucun culte1 il n'en salarie aucun1 il n'en gouverne ni en rglemente aucun3 voil la vrit1 laquelle avait t lumineusement dfinie par la loi de sparation1 c'est--dire par la loi de libert de #agie4 ,mais prcisment la loi de sparation est une loi de libert4 ,et d'abord une ide de libert entre trs difficilement dans l'esprit d'un ,franais2 et ensuite une loi de libert donne une glise aussi ancienne que l'glise catholique en ,france et aussi enracine1 une puissance norme1 une puissance qu'il est difficile de mesurer1 mais que je ne serais pas tonn qui ft plus grande ou devnt plus grande que celle dont l'glise jouissait sous l'ancien rgime1 sous le rgime des concordats4 ,a cela un catholique dit3 ,tant mieux6 ,a cela un libral dit3 ,soit6 ,il n'y a rien dire4 ,on n'a pas le droit d'empcher une force toute spirituelle d'tre forte2 on n'a pas le droit d'empcher une ide d'avoir de l'influence4 ,combattez l'ide par l'ide4 ,faites une association de libres penseurs et d'athes qui recrute autant de partisans que l'glise catholique4 ,le gouvernement n'a pas s'occuper de cela4 ,mais le ,franais raisonne rarement ainsi1 et ds qu'il s'est aperu que par une loi de libert il a fortifi l'glise ou l'a mise en tat de se fortifier1 il prend peur4 ,il voudrait d'une loi de sparation qui ft contre l'glise et qui ne contnt rien qui ft pour elle4 ,il voudrait les bnfices pour lui d'une loi de sparation1 sans aucun bnfice1 pour l'glise1 de cette mme sparation4 ,ds lors1 ou il maintient la sparation1 mais en compensant tout ce qu'elle peut avoir d'avantageux pour l'glise par des mesures de perscution et d'oppression contre l'glise1 et c'est ce qui est arriv de #agie #ahjj2 ou il se remet rver d'un retour en arrire1 d'un nouveau concordat1 par exemple1 dispos de telle sorte qu'il replace l'glise sous la main du pouvoir central1 et c'est ce qui est arriv de #ahjj #ahjd4 ,dans les dispositions d'esprit o taient les rvolutionnaires de la fin du ,x,v,i,i,ie sicle1 la sparation de l'glise et de l'tat ne pouvait tre qu'une occasion de perscuter plus que jamais les catholiques et qu'un motif de les opprimer plus que jamais4 ,il est probable que toute sparation de l'glise et de l'tat aura toujours en ,france les mmes effets4 ,mais n'anticipons pas et voyons comment le ,consulat et l',empire ont compris le problme4 ,,chapitre ,v ,l',,anticl,,ricalisme ,,sous ,,le ,,consulat ,,et ,l',,empire4 ,les rvolutionnaires1 relativement au problme religieux1 avaient t1 un peu ttonnant et trbuchant1 des ides de ,montesquieu celles de ,rousseau et celles des jansnistes4 ,napolon ,bonaparte1 tant un ,frdric ,,ii1 alla tout droit celle de ,voltaire3 les prtres doivent tre des grenadiers vtements longs et ides courtes4 ,ils doivent tre sous la main du gouvernement1 solds par lui1 gouverns et dirigs par lui1 enseigner la morale1 un peu de dogme1 s'ils y tiennent1 la fidlit et l'obissance au gouvernement2 et avoir de la tenue4 ,il n'y a pas autre chose dans la question religieuse4 ,et c'est pour cela qu'il fit le ,concordat de #ahjb4 ,il est assez probable que presque personne en ,france ne le dsirait4 ,comme ,m4 ,debidour l'a fort lumineusement dmontr1 qui aurait pu le dsirer8 ,ni le clerg constitutionnel1 qui n'avait besoin que d'un gouvernement fort2 ni le clerg rfractaire1 qui n'avait besoin que d'un gouvernement libral qui ne le fusillt point2 ni la masse des fidles1 qui n'avait besoin de rien1 sinon que les glises fussent ouvertes et qu'on ne la fouettt point quand elle y allait4 ,ce qu'on dsirait1 c'tait la fin des perscutions et la libert religieuse assure par une bonne police1 et c'est--dire que ce que l'on dsirait1 c'tait la loi de #agie avec un gouvernement qui la ft respecter2 ce que l'on voulait1 c'tait que la loi de sparation ft dsormais une vrit4 ,mme de ,stal semble dans le vrai1 elle qui connat fort bien l'opinion publique de cette poque1 en disant3 ,a l'poque de l'avnement de ,bonaparte1 les partisans les plus sincres du catholicisme1 aprs avoir t si longtemps victimes de l'inquisition politique1 n'aspiraient qu' une parfaite libert religieuse4 ,le vu gnral de la nation se bornait ce que toute perscution cesst dsormais contre les prtres et que l'on n'exiget plus d'eux aucune espce de serment1 enfin que l'autorit politique ne se mlt plus en rien des opinions religieuses de personne4 ,le gouvernement consulaire et content l'opinion en maintenant en ,france la tolrance telle qu'elle existe en ,amrique4 ,c'est prcisment ce que le ,premier ,consul donna la ,france pendant deux ans1 laissant rouvrir celles des glises qui n'avaient pas encore t rouvertes2 laissant sonner les cloches1 ce qui pour les campagnes fut le signal officiel de la libert rendue au culte2 ne dportant plus1 rappelant les dports1 permettant la clbration du dimanche comme jour fri1 substituant l'ancien serment exig des prtres celui-ci3 ,je promets fidlit la ,constitution2 garantissant aux insurgs de l',ouest la pleine libert dans l'exercice de leur culte4 ,on peut et on doit dire que le rgime de la sparation de l'glise et de l'tat ne fut appliqu en son esprit et en sa lettre en ,france que pendant deux ans et demi1 c'est savoir de #agii #ahjb4 ,mais l'application du rgime de la sparation n'tait pas ce que dsirait ,napolon ,bonaparte2 et ce dont se contentait la ,france n'tait pas et ne pouvait pas tre ce qu'il estimt lui suffire4 ,il voulait1 comme ,louis ,,xiv1 comme ,frdric ,,ii et comme ,voltaire1 que le chef de la nation ft le chef de l'glise dans son pays et qu'il s'en servt comme d'une arme ses ordres4 ,il voulait1 lui chef de la ,france1 tre le matre de l'glise franaise4 ,louis ,,xiv n'a jamais cess d'tre devant ses yeux et dans son esprit comme modle et comme idal4 ,comment voudrait-on1 du reste1 qu'un despote raisonnt autrement qu'un dmocrate8 ,pour le dmocrate1 tout le monde doit obir en toutes choses la volont de la majorit2 et le croyant doit avoir la croyance de la majorit2 et le prtre doit enseigner au croyant la croyance de la majorit2 et il ne saurait y avoir rien de plus ni rien autre4 ,pour le despote1 toute la nation doit obir en toute chose lui et croire ce qu'il croit et penser ce qu'il pense4 ,il n'y a aucune raison pour que le despotisme individuel et le despotisme collectif ne raisonnent pas exactement de la mme faon4 ,donc ,bonaparte ne pouvait pas entendre parler d'un clerg indpendant4 ,la conclusion logique devait donc tre celle des constituants1 ou peu prs3 une glise nationale1 spare de ,rome1 gouverne par un patriarche sous l'autorit suprieure du chef de l'tat4 videmment2 mais1 averti par le mauvais succs de la ,constitution civile du clerg1 chec qui avait dmontr que le premier principe des catholiques franais tait d'obir1 en matire de religion1 au pape et aux conciles2 qui avait dmontr que le premier principe des catholiques franais tait d'tre catholiques2 il dut carter tout de suite l'ide d'une glise schismatique et se ramener celle-ci3 tre le matre de l'glise catholique en ,france autant qu'on pourra l'tre en laissant au pape autorit sur l'glise de ,france4 ,cette ide contenait le ,concordat2 cette ide1 c'tait le ,concordat lui-mme4 ,bonaparte dut tre concordataire ds le #ah brumaire an ,,viii4 ,de fait1 il commena ngocier avec ,pie ,,vii ds #ahjj4 ,ces ngociations1 aprs bien des discussions et bien des pripties et mme bien des luttes1 aboutirent au ,concordat de #ahjb1 ou1 pour l'appeler par son nom officiel1 la ,convention entre le gouvernement franais et ,sa ,saintet ,pie ,,vii du #ah germinal an ,x4 ,cette convention1 pour la rsumer en ses lignes gnrales1 reconnaissait la religion catholique comme la religion de la grande majorit des ,franais2 portait que la religion catholique serait librement et publiquement exerce en ,france en se conformant aux rglements de police que le gouvernement jugerait ncessaires pour la tranquillit publique2 que1 sous le nouveau gouvernement1 comme sous l'ancien1 les vques seraient nomms et par le gouvernement franais et par le pape1 en ce sens qu'ils seraient nomms par le gouvernement et recevraient du pape l'institution canonique et ne pourraient exercer qu'aprs cette double investiture2 que les curs seraient nomms par les vques1 mais la condition d'tre agrs par le gouvernement franais2 que le clerg franais serait pay par l'tat franais et que les catholiques franais auraient le droit de faire des fondations en faveur des glises2 enfin que les vques et les curs prteraient au gouvernement un serment de fidlit et d'obissance1 serment allant jusqu' l'engagement de dnoncer au gouvernement les conspirations ou les trames pouvant lui porter prjudice4 ,c'tait l'glise de ,france1 non dtache1 sans doute1 de ,rome2 mais attache au gouvernement franais plus troitement qu'au gouvernement du ,saint-,sige4 ,cela ne suffisait point1 cependant1 au ,premier ,consul qui1 de sa grce et de son chef1 complta le ,concordat par des ,articles organiques1 lesquels1 quoique n'ayant jamais t accepts par le ,saint-,sige1 eurent toujours force de loi en ,france4 ,les articles organiques dans lesquels figurent1 non sans intention sans doute1 les mots d'glise gallicane1 pour les rsumer en leurs dispositions essentielles1 portaient que3 aucune bulle1 aucun bref1 rescrit1 dcret1 mandat ni autres expditions de la ,cour de ,rome1 mme ne concernant que des particuliers1 ne pourraient tre reus1 publis1 ni imprims en ,france sans la permission du gouvernement2 que les dcrets des conciles ne pourraient tre publis en ,france sans l'examen et sans la permission du gouvernement2 que la dclaration faite par le clerg franais en #afhb 7liberts de l',eglise gallicane7 serait souscrite par les professeurs des sminaires1 qu'ils s'engageraient l'enseigner et qu'ils l'enseigneraient en effet2 que tous les ecclsiastiques franais auraient pour costume de ville l'habit la franaise2 que les cloches des glises ne devraient sonner que pour l'appel des fidles au service divin et ne devraient sonner pour autre cause qu'avec permission de la police locale2 que tout autre tablissement ecclsiastique que les sminaires serait interdit et que par consquent les ordres monastiques1 l'glise rgulire1 demeuraient abolis4 ,c'tait la mise en tutelle de l'glise de ,france aux mains du gouvernement4 ,m4 ,debidour n'exagre point en crivant que c'tait l'asservissement de l'glise de ,france4 ,l'glise de ,france1 par le ,concordat et par les ,articles organiques1 tait soumise au gouvernement nouveau beaucoup plus qu'elle ne l'avait jamais t au gouvernement royal4 ,je ne retracerai pas les longs dmls1 si dramatiques1 entre le pape et l'empereur jusqu'en #ahac4 ,ils n'entranrent aucune modification importante dans le rgime de l'glise franaise1 et ce n'est que l'histoire de ce rgime que j'cris4 #ahjb est la date la plus importante de toute l'histoire de l'glise de ,france4 ,l'glise de ,france avait t un corps de l'tat2 elle avait cess de l'tre et le ,concordat ne la replaait pas1 et tant s'en faut1 dans cette situation4 ,elle avait t1 quelques annes1 une glise indpendante1 traque1 perscute1 mais1 selon la loi1 indpendante et qui pouvait rester telle1 moins les perscutions et vexations1 et devenir une des forces libres de la nation4 ,elle devenait une administration1 un agrgat de fonctionnaires dirigs par un ministre1 trs analogue l',universit2 et1 d'une part1 tout ce qui pouvait la relier l'glise universelle tait soigneusement limit et presque aboli2 d'autre part1 tout ce qui pouvait constituer1 ct d'elle1 une glise autonome1 non fonctionnaire1 non solde1 non assermente1 non domestique 7ordres monastiques71 tait absolument interdit4 ,de #agij #agie et de #agie #ahjb1 l'glise de ,france avait t de chute en chute et de diminution en diminution4 ,ceux qui se sont tonns du rtablissement1 malgr toutes les lois restrictives1 des ordres monastiques en ,france1 au cours du ,x,i,xe sicle1 et de leur multiplication1 et de leurs rapides succs1 et de leur rapide progrs1 et de leur enrichissement1 n'ont pas compris que c'tait la suite naturelle de #ahjb et du dclassement de l'glise sculire4 ,une glise n'a une vritable influence sur les mes que si elle est spare de l'tat ou plutt du gouvernement1 soit par sa puissance1 soit par sa libert4 ,corps de l'tat1 ordre de l'tat1 l'glise d'avant #agij tait spare du gouvernement2 elle n'en dpendait pas2 elle traitait avec lui de puissance puissance2 elle tait un gouvernement spirituel ct d'un gouvernement d'administration1 d'arme et de police4 ,elle pouvait1 elle devait avoir de l'influence sur les mes et de l'empire sur les consciences4 ,l'glise de #agie1 dont1 au reste1 on ne peut gure tirer des conclusions bien prcises1 parce qu'elle a trop peu dur1 tant spare du gouvernement et n'tant pas une puissance1 tait une association libre1 pleine de feu et de zle1 enivre d'esprit de propagande1 ardente de passion dsintresse1 analogue aux premires glises du christianisme primitif4 ,elle pouvait1 elle devait avoir un trs grand empire sur les esprits4 ,ce que les mes croyantes et pieuses ne peuvent aimer que d'une affection tide1 c'est une glise confondue avec l'tat et solde et dirige par le gouvernement1 une glise de fonctionnaires timides1 craintifs1 plis aux habitudes bureaucratiques et l'obissance1 et1 sinon terroriss1 du moins assagis par la considration des honoraires garder ou perdre4 ,ces prtres-l peuvent tre de trs dignes officiers de morale2 ils peuvent tre de trs honntes et trs dignes dbitants de sacrements2 ils peuvent1 ne chicanons point1 tre de trs bons prtres2 ils ne peuvent gure tre des aptres4 ,et c'est pourquoi1 sans mpriser aucunement l'glise sculire1 la partie ardente1 la partie passionne1 la partie vivante de la population catholique1 en ,france1 s'est porte vers l'glise rgulire1 vers les moines1 vers cette glise libre1 autonome1 sans attache et sans soumission au pouvoir civil1 qui1 aprs tout1 avait les vritables caractres d'une glise1 et a fait cette glise1 en si peu de temps1 une si grande fortune4 ,la foi vive ne s'attachera jamais qu' une glise qui ne sera pas le gouvernement4 #ahjb a prpar la fortune des nouveaux moines d',occident4 ,il parat bien qu'il le prvoyait2 car il leur interdisait de reparatre1 et c'tait bien vu4 ,tout gouvernement qui s'attachera dchristianiser la ,france devra3 #a domestiquer nergiquement l'glise officielle2 #b interdire1 liminer1 proscrire et exterminer infatigablement toute glise extra-officielle4 --,c'est--dire faire du despotisme de deux manires4 --,sans doute1 et l',empire ne comprenait pas la politique autrement que par le despotisme de toutes les manires4 ,quoi qu'il en soit1 pour rsumer1 ,napolon ,bonaparte a fait de l'glise un corps de fonctionnaires soumis2 il a empch que toute autre glise ou quasi glise existt en ,france2 il a prpar ainsi les voies1 sous des gouvernements moins autoritaires1 une rsurrection ou un rajeunissement trs puissant des corps religieux non asserments au gouvernement4 ,,chapitre ,,vi ,l',,anticl,,ricalisme ,,sous ,,la ,,restauration4 ,napolon avait dit3 ,les ,bourbons1 quand ils reviendront aux ,tuileries1 seront bien aviss de se coucher dans mon lit4 ,il est trs bien fait4 ,les ,bourbons n'y manqurent point1 autant qu'ils purent4 ,aprs un essai malheureux de remise en vigueur du ,concordat de ,franois ,ier1 la ,restauration vcut provisoirement pendant quinze ans sous le rgime du ,concordat de #ahjb4 ,au fond1 elle ne le trouvait pas mauvais4 ,aucun gouvernement ne trouve mauvais un instrument de despotisme4 ,seulement ce fut sous la ,restauration que ce rgime commena de produire les effets que j'ai annonc plus haut qu'il devait sortir4 ,l'glise officielle commena baisser et l'glise extra-gouvernementale1 l'glise ct de l'glise1 l'glise latrale commena se dvelopper et grandir4 ,cette glise latrale se composait1 d'une part des ordres monastiques et compagnies ecclsiastiques 7jsuites et autres72 d'autre part des associations non seulement sculires1 mais laques4 ,les jsuites rentrrent sous diffrents noms2 les autres ordres religieux se montrrent aussi et enfin des congrgations s'tablirent1 civiles et militaires1 dans le dessein de rpandre la foi et l'esprit religieux4 ,c'tait invitable4 ,c'tait tout simplement l'esprit religieux qui crait son organe1 c'tait une glise nouvelle qui se formait1 au service du reste de la foi ancienne2 mais c'tait une glise nouvelle qui se formait2 parce qu'il est de l'essence d'une glise1 l o il y a un esprit religieux1 d'tre libre et de se sentir gne dans les cadres et dans l'enrgimentation gouvernementale4 ,napolon avait dit ou au moins pens3 ,l'glise sera une caserne1 ou elle ne sera pas4 ,la ,restauration pensait1 trs peu prs1 de la mme faon4 ,l'esprit religieux rpondait3 ,l'glise sortira de la caserne3 si elle y restait1 elle ne serait pas une glise4 ,deux partis1 trs diffrents du reste entre eux1 ne comprirent pas cela ou ne voulurent pas y entendre2 c'est savoir le parti purement gouvernemental et le parti rvolutionnaire4 ,le parti gouvernemental1 quoique s'appuyant sur la population religieuse1 ou voulant s'appuyer sur elle1 ne voulait pas cependant d'une glise latrale1 parce qu'il tait gouvernement et gouvernement franais et ce titre pntr beaucoup plus qu'il ne le croyait d'ides napoloniennes2 et ainsi1 tir et sollicit en divers sens1 il tait trs embarrass4 ,le parti rvolutionnaire se serait accommod peu prs d'une glise officielle1 c'est--dire sans ressort2 mais il tait pouvant de la formation d'une glise latrale1 c'est--dire vivante4 ,payez l'glise2 mais n'en souffrez pas qui soit gratuite4 ,ce sont ceux qu'on ne paie pas qui sont les plus dangereux4 ,le raisonnement1 instinctif ou mdit1 tait trs juste4 ,aussi1 c'est sous la ,restauration que s'est cr dfinitivement le parti anticlrical1 parce que c'est sous la ,restauration qu'une glise vivante1 beaucoup plus vivante que celle de l'ancien rgime1 s'est forme4 --,autrement dit1 font remarquer les anticlricaux1 le parti anticlrical s'est fond sous la ,restauration1 parce que sous la ,restauration s'est fond le parti clrical4 ,certainement1 rpondrai-je2 et une religion1 dans un pays qui n'est pas tout entier religieux1 ne peut tre qu'un parti4 ,je serais assez curieux de savoir ce qu'elle pourrait tre4 ,toujours est-il que le parti anticlrical dnonait avec fureur et grands cris l'immense pril que le parti prtre faisait courir la ,france4 ,quel tait ce pril8 ,le parti prtre voulait rpandre ses ides par la prdication1 par la propagande et par l'enseignement1 exactement comme vous ou moi1 comme le premier citoyen venu peut le dsirer4 ,c'tait1 ce semble1 son droit2 et s'il y avait pril1 il tait facile conjurer4 ,ils veulent rpandre leurs ides par la prdication3 ne les coutez pas2 par la propagande3 ne les frquentez pas2 par l'enseignement3 ne leur envoyez pas vos enfants4 ,mais le ,franais raisonne rarement ainsi4 ,il en appelle toujours au gouvernement et il disait au gouvernement d'alors1 comme il a continu de dire3 ,forcez-moi ne pas les entendre2 forcez-moi ne pas les frquenter2 forcez-moi ne pas envoyer mes enfants chez eux4 --,pourquoi ces mesures de contrainte contre vous-mmes8 aurait pu rpondre le gouvernement4 --,parce que1 auraient pu rpliquer les anticlricaux1 ces gens-l1 tant organiss1 sont une force1 et on ne peut lutter contre une force que par une force4 ,j'en appelle la vtre4 --,eh bien1 si ces messieurs ont organis une force1 organisez-en une4 --,c'est bien pnible4 ,nous ne sommes pas trs actifs4 ,nous n'aimons pas nous gouverner nous-mmes4 ,nos principes1 mme1 nous le dfendent4 ,a nous organiser1 nous aurions l'air de faire un tat dans l'tat1 ce qui est infme4 ,forcez-nous ne pas entendre ces messieurs2 forcez-nous ne pas avoir commerce avec eux2 forcez-nous ne pas leur envoyer nos enfants4 ,nous sommes le parti libral4 ,le gouvernement1 pour les raisons que j'ai dites1 accda partiellement ce dsir4 ,le grand effort du parti religieux et de l'glise latrale portant du ct de l'enseignement et les rcriminations du parti libral portant principalement sur la mme question1 le gouvernement de ,charles ,x1 plus autoritaire que l'ancien rgime1 s'inquita de rprimer l'invasion clricale dans l'enseignement4--,il faut bien s'entendre3 toujours fidle aux ides napoloniennes1 il voulait bien de l'ingrence de l'glise officielle dans l'enseignement officiel1 et cette ingrence il l'avait assure et continuait de la maintenir par toute une srie de mesures trs favorables l'glise officielle2 mais que l'glise latrale enseignt elle-mme ou qu'elle s'introduist dans les coles de l'glise officielle 7sminaires71 voil ce qu'il voyait de trs mauvais il et ce sur quoi il tait d'accord avec le parti rvolutionnaire et ce qu'il voulait enrayer4 ,de l les clbres ordonnances de #ahbh4 ,par l'une1 dont le titre est trs significatif3 ,ordonnance sur les coles secondaires ecclsiastiques 7petits sminaires7 et sur l'immixtion des congrgations dans la direction de ces coles1 il tait dfendu aux congrganistes de diriger les petits sminaires et d'y enseigner2 et il tait enjoint tout professeur1 soit de l',universit1 soit des coles secondaires ecclsiastiques1 d'affirmer par crit qu'il n'appartenait aucune congrgation religieuse4 ,par l'autre1 qui restreignait les droits mmes de l'glise officielle1 le nombre des lves des petits sminaires tait limit svrement2 dfense tait faite ces tablissements de recevoir des lves externes2 ordre leur tait donn d'habiller leurs lves en ecclsiastiques ds l'ge de quatorze ans2 le baccalaurat tait interdit aux lves des petits sminaires et remplac par un diplme particulier1 lequel ne pouvait se transformer en diplme de bachelier que quand celui qui le dtiendrait serait entr dans les ordres4 ,en un mot1 on voulait que l'glise1 mme officielle1 n'enseignt1 trs limitativement1 que de futurs prtres4 ,la ,restauration en venait dfendre nergiquement le monopole de l',universit napolonienne4 ,le principe tait le mme3 l'tat ne reconnat que l'glise de l'tat1 soumise ses ordres2 l'tat enseigne et ne veut pas que d'autres que lui puissent enseigner4 ,,chapitre ,,vii ,l',,anticl,,ricalisme ,,sous ,,louis-,,philippe4 ,la ,rvolution de #ahcj fut une victoire pour le parti religieux1 quelque paradoxale que puisse paratre tout d'abord cette assertion4 ,elle fut une victoire1 d'abord parce que1 comme le dit trs bien ,m4 ,debidour1 la majorit de la nation1 satisfaite d'avoir renvers les ,bourbons1 ne s'acharna pas sur l'glise1 qu'elle dtestait beaucoup moins et que mme elle ne dtestait pas4 ,satisfaite d'avoir bris le trne1 elle ne songea pas briser l'autel4 ,et la ,rvolution de #ahcj fut une victoire pour le parti religieux parce qu'elle inscrivit dans la ,charte la libert de l'enseignement1 ce qui autorisait toutes les revendications du parti religieux en ce sens1 ce qui liait les mains au gouvernement1 ou tout au moins l'embarrassait fort au cas o il voult revenir la conception napolonienne2 ce qui enfin faisait du droit d'enseigner une loi constitutionnelle de l'tat et du monopole de l',universit un abus contraire la constitution et condamn par elle4 ,au point de vue religieux1 toute l'histoire de la monarchie de ,juillet1 c'est la lutte du parti religieux rclamant le droit d'enseigner en s'appuyant sur la ,constitution et du parti rvolutionnaire s'insurgeant contre la ,constitution en refusant aux non-universitaires le droit d'enseigner4 ,au point de vue religieux1 l'histoire de la monarchie de ,juillet1 c'est ceux qui avaient t vaincus en apparence en #ahcj criant3 ,vive la ,charte6 et ceux qui avaient fait la ,charte de #ahcj criant3 ,violons la ,charte6 ,la solution1 c'tait la sparation librale et loyale de l'glise et de l'tat4 ,elle tait conforme la ,charte2 car il n'y avait rien qui pt mieux assurer la libert de l'enseignement que l'glise livre elle-mme et enseignant sa guise1 ses risques et ses prils1 au gr de la confiance des pres de famille4 ,elle et t1 je crois1 un principe d'apaisement2 car1 cette poque surtout1 o les passions antireligieuses n'taient pas encore ou n'taient plus leur dernier degr de violence1 avec la sparation de l'glise et de l'tat il y aurait eu fusion ncessaire entre l'glise officielle et l'glise latrale1 et cette fusion et t salutaire1 l'glise hier officielle modrant l'glise latrale1 et celle-ci vivifiant l'glise hier officielle1 et l'glise latrale cessant d'tre aussi batailleuse et agressive qu'elle l'tait et surtout qu'elle le devint quelques annes plus tard4 ,mais la sparation ne fut demande peu prs par personne4 ,gouvernement et hommes du juste milieu en taient toujours la conception napolonienne lgrement modifie3 payer l'glise1 la tenir en bride1 la mnager et caresser4 ,les hommes du parti religieux en taient toujours leur erreur sculaire3 maintenir l'glise son caractre1 sinon d'ordre de l'tat1 du moins de corps de l'tat1 pour lui conserver son prestige4 ,seuls1 d'une part1 quelques rpublicains demandrent la sparation comme mesure vexatoire contre l'glise2 et1 d'autre part1 ,lamennais la demandait passionnment comme principe et comme condition de la rgnration de l'glise4 ,a mon avis1 ,lamennais seul avait raison4 ,le ,concordat fut donc maintenu4 ,concordat maintenu et promesse faite par la ,charte de la libert d'enseignement1 c'est sur ce terrain qu'on se battit pendant dix-huit ans4 ,on se battit fort4 ,l'glise latrale1 multipliant ses associations1 largissait sa propagande et crait plus ou moins subrepticement autant de maisons d'instruction et d'ducation qu'elle pouvait2 et du reste1 forte du texte de la ,charte1 d'une part rclamait une organisation rgulire de la libert d'enseignement1 d'autre part affirmait que d'ores et dj toutes les crations de maisons religieuses d'instruction taient en conformit avec l'esprit de la ,constitution4 ,les partis avancs faisaient1 de leur ct1 une guerre acharne l'esprit clrical1 au parti prtre1 au jsuite de robe longue ou de robe courte par le pamphlet1 par le livre1 par le roman1 par le cours public2 et inventaient cet argument sur lequel ils ont vcu jusqu' nos jours1 qu'il ne doit pas y avoir de libert pour les ennemis de la libert et que1 par consquent1 le libral ne doit accorder la libert qu' lui-mme4 ,quant au gouvernement1 il atermoyait4 ,il atermoya pendant dix-huit ans4 ,pendant dix-huit ans il reconnut que la libert d'enseignement tait dans la ,charte et s'engagea la faire passer dans la loi au premier jour4 ,il fut renvers avant d'avoir commenc de mettre ce projet excution4 ,,chapitre ,,viii ,l',,anticl,,ricalisme ,,sous ,,la ,,seconde ,r,,publique ,,et ,,le ,,second ,,empire4 ,l'avnement brusque du suffrage universel changea les choses4 ,il porta aux assembles lgislatives des hommes qui en majorit taient catholiques1 ou croyaient que la religion est une chose bonne4 ,il apparut trs vite que si #ahcj avait t une victoire pour les catholiques1 ce que j'ai dit1 mais ce qui peut tre contest1 #ahdh en tait certainement une autre4 ,m4 ,debidour fait remarquer avec douleur1 mais avec raison1 combien la ,constitution de #ahdh fut clricale4 ,elle fut place sous l'invocation de ,dieu6 ,elle tint dclarer dans son prambule qu'il existe des droits et des devoirs antrieurs aux lois positives6 ,elle tint dclarer que le citoyen doit tre protg dans sa religion6 ,elle repoussa la sparation de l'glise et de l'tat4 ,la ,charte de #ahcj n'avait que promis la libert d'enseignement1 la constitution de #ahdh la proclama6 ,pour ce qui est de la libert d'association1 de ptitionnement1 de la libert de la presse1 elle les assurait largement tous1 et l'ide ne lui vint pas de les restreindre au prjudice des catholiques6--,en un mot1 elle violait formellement tous les principes des vrais rpublicains4 ,quant au ,concordat1 aprs quelques tentatives timides et mal coordonnes dans le dessein d'arriver le modifier1 il fut purement et simplement maintenu pendant toute la dure de la seconde ,rpublique4 ,les faits suivirent1 en conformit avec les ides rgnantes3 expdition de la ,rpublique franaise en ,italie pour relever le pouvoir temporel du pape et expdition de ,rome l'intrieur1 comme on disait alors1 c'est--dire organisation de la libert d'enseignement4 ,l'expdition de ,rome ne se justifiait mon avis nullement1 l'intrt de la ,france n'tant pas d'intervenir dans les affaires du peuple italien1 si ce n'est pour y contrebalancer l'influence autrichienne2 mais on pouvait la contrebalancer tout autrement et sans jouer en ,italie prcisment le rle de l',autriche2 et l'expdition de ,rome ne fut qu'un acte de l'ambition personnelle du prince-prsident dsirant s'appuyer en ,france sur le parti conservateur4 ,quant l'organisation de la libert d'enseignement1 elle n'tait que l'excution du programme libral1 que l'excution des promesses de la ,charte de #ahcj et de la ,constitution de #ahdh et une raction contre le rgime autocratique de ,napolon ,ier4 ,elle rtablissait en ,france une libert qui avait exist sous l'ancien rgime1 une libert qui tait indique trs nettement dans la ,dclaration des ,droits de l'homme1 une libert qui avait t inscrite dans les deux constitutions de #ahcj et de #ahdh2 et elle n'tait en opposition qu'avec les ides napoloniennes4 ,cette organisation de la libert d'enseignement 7loi ,falloux1 #ahej7 admettait d'une part des coles publiques1 coles d'tat1 coles dont les chefs et les professeurs seraient nomms par le gouvernement1 d'autre part des coles libres1 diriges soit par des particuliers1 soit par des associations4 ,ces dernires taient encore soumises l'tat1 en ce sens qu'elles devaient tre inspectes par les agents du gouvernement et surveilles par eux1 tout particulirement au point de vue politique2 car il tait spcifi que l'inspection devait avoir pour objet la moralit1 l'hygine1 la salubrit et ne porter sur l'enseignement que pour vrifier s'il n'tait pas contraire la morale1 la constitution et aux lois4 ,c'tait donc une libert trs limite encore2 car un gouvernement autoritaire aurait pu faire fermer1 conformment cet article1 toute cole libre o l'on n'aurait pas enseign le culte du gouvernement1 toute cole libre frquente par les enfants des familles de l'opposition et o ces enfants auraient fait ,m4 l'inspecteur des rponses conformes leurs sentiments1 rponses qu'on aurait supposes dictes par les professeurs4 ,il l'aurait pu2 car il aurait traduit le directeur devant le conseil acadmique1 lequel avait le droit d'interdire l'exercice de la profession tout dlinquant2 et les conseils acadmiques taient composs de telle sorte que les fonctionnaires ou membres dsigns par le gouvernement y taient en majorit4 ,il faut reconnatre du reste que la loi ,falloux tait favorable au clerg en ce sens qu'elle permettait d'enseigner1 sans brevet de capacit1 tout ministre d'un culte reconnu par l'tat ou tout religieux qui aurait fait un stage de trois ans dans un tablissement libre4 ,c'tait dispenser les religieux1 non seulement du brevet de capacit1 mais de capacit4 ,il est vrai2 mais encore de quel droit l'tat prtendrait-il me dfendre de confier mon fils un ignorant ou prtendu tel8 ,c'est moi d'en juger4 ,si l'tat a le droit et mme le devoir d'interdire la profession de mdecin un non-diplm parce que ceci est de salubrit publique2 il n'a aucunement le droit d'interdire l'enseignement qui que ce soit4 ,en matire d'enseignement1 les diplmes qu'il dcerne ne sont que des indications3 ,je dsigne monsieur un tel comme ayant t jug par moi apte enseigner4 ,je ferai peut-tre bien1 moi1 particulier1 de me fier cette indication2 mais j'ai le droit de n'en avoir cure et de confier mon fils un homme que j'ai jug1 moi1 apte enseigner mon fils2 et c'est un abus norme que de prtendre m'obliger ne le confier qu' celui que vous avez estampill4 ,je vous remercie de l'indication que vous me donnez et j'en pourrai tenir compte1 mais je vous en remercie la condition que je conserverai mon droit de n'en point profiter4 ,on juge bien1 du reste1 que l'intrt de l'glise tait que ses instituteurs et professeurs fussent aussi bons que les instituteurs et professeurs de l'tat1 et c'tait prcisment un bienfait de la libert qu'elle tablt la concurrence4 ,de fait1 pendant le quart de sicle qui suivit1 si les professeurs religieux de l'enseignement secondaire1 ,jsuites et autres1 furent 7peut-tre7 infrieurs aux professeurs universitaires de l'enseignement secondaire1 les frres des coles chrtiennes furent incomparablement plus instruits que les instituteurs de l'tat4 ,et1 encore une fois1 le citoyen prtendu libre d'un tat prtendu libre a le droit de prendre pour l'aider lever son fils qui il veut1 et l'tat ne doit avoir sur les professeurs qu'un droit d'inspection strictement relatif l'hygine du local et la moralit de l'enseignement et de l'enseignant4 ,la loi ,falloux tait donc certainement favorable au clerg1 mais elle tait formellement conforme aux principes du libralisme4 ,c'tait une loi la marque de #aghi4 ,ceux qui la firent pouvaient dire aux rpublicains3 ,nous vous combattons1 certainement2 mais nous vous servons selon vos principes1 selon les principes que vous invoquez toujours quand vous tes les plus faibles1 et que vous oubliez toujours1 comme il est naturel1 quand vous tes les plus forts4 ,mais prcisment1 en ce moment1 vous tes les plus faibles4 ,de quoi donc vous plaignez-vous8 ,et en effet1 les lgislateurs de #ahej auraient pu faire du despotisme ractionnaire1 supprimer l',universit et confier l'enseignement l'glise4 ,ils faisaient de la libert2 et ce qu'on leur demandait1 c'tait de faire du despotisme rpublicain4 ,en vrit1 c'tait leur demander trop4 ,remarquez bien que1 mme1 ils ne faisaient pas de la libert pure et simple4 ,la libert pure et simple consiste en ceci3 l'enseignement n'est pas une affaire de l'tat2 enseigne qui veut2 l'tat n'enseigne pas2 l'tat surveille les maisons d'enseignement au point de vue de l'hygine et de la moralit4--,ce qu'instituaient les lgislateurs de #ahej tait trs loin de cela4 ,ils maintenaient l'enseignement d'tat2 et1 ct de lui1 ils permettaient que les particuliers enseignassent librement4 ,ce n'tait qu'une demi-libert de l'enseignement4 ,oui1 ce n'tait qu'une demi-libert de l'enseignement2 car remarquez bien que permettre une entreprise commerciale1--ceci n'est qu'une comparaison1--la permettre1 et puis en faire soi-mme une du mme genre laquelle on force tous les contribuables cooprer de leurs deniers1 c'est permettre l'entreprise libre de vivre1 mais lui faire la vie extrmement dure1 et c'est presque la condamner mort au moment mme qu'on lui donne le droit de natre4 ,je l'ai dit1 je crois1 quelque part1 c'est comme si l'tat1 qui a une ligne de chemin de fer de ,paris ,bordeaux1 permettait1 sans doute1 la ,compagnie d',orlans d'avoir une ligne de ,paris ,bordeaux1 mais forait tous les voyageurs de la ,compagnie d',orlans payer l'tat une redevance pour entretenir la ligne d'tat ,paris-,bordeaux4 ,il y aurait quelque chance pour qu'on ne voyaget plus que sur la ligne de l'tat4 ,d'autant plus que les moyens pour l'tat enseignant de faire concurrence l'enseignement libre sont illimits4 ,a un universitaire qui tait partisan--naturellement--du monopole universitaire1 je disais1 il y a trente-cinq ans3 ,il y a un moyen bien simple d'assurer en pratique le monopole universitaire1 tout en affirmant qu'on ne monopolise rien et que la libert d'enseignement est pleine et entire4 ,donnez tout l'enseignement pour rien1 primaire1 secondaire1 professionnel1 suprieur1 tout pour rien4 ,tous les tablissements libres seront ruins4 --,non1 ils ne le seraient pas compltement4 ,il y aura toujours des gens qui aimeront mieux payer deux fois1 une fois comme contribuables pour nous entretenir1 une fois comme parents la caisse des professeurs libres1 que de venir nous4 ,il n'y a que le monopole qui vaille4 ,peut-tre2 mais enfin ceux qui maintenaient l'enseignement de l'tat comme concurrence redoutable et pouvant devenir quasi mortelle l'enseignement libre2 ceux qui n'admettaient qu'un enseignement libre trs surveill par l'tat et luttant contre l'enseignement de l'tat armes trs ingales2 ceux qui faisaient payer deux fois1 comme s'ils leur imposaient une amende1 les parents usant de l'enseignement libre2 ceux1 donc1 qui accordaient une libert trs limite en maintenant sinon le monopole1 du moins le privilge de l'enseignement de l'tat2 ceux-l non seulement ne pouvaient tre incrimins de livrer l'enseignement l'glise2 non seulement ne pouvaient tre incrimins de faire balance gale l'glise et l'tat2 non seulement ne pouvaient tre incrimins d'accorder la pleine libert d'enseignement2 mais ils pouvaient l'tre de n'accorder cet gard qu'une tolrance lgale2 et ce n'est pas autre chose1 en ralit1 qu'ils avaient fait4 ,les rclamations et accusations de la part des vrais rpublicains n'en furent pas moins bruyantes et furieuses1 comme il est naturel1 puisque le temprament du dmocrate est d'tre purement et simplement absolutiste2 et c'est propos de cette loi que ,victor ,hugo ne manqua point de dire qu'elle constituait un monopole au profit de la sacristie et du confessionnal4 ,les effets du nouveau rgime furent les suivants4 ,la bonne intelligence de l'glise et du gouvernement d'abord prsidentiel1 puis imprial1 dura jusqu'en #ahei4 ,extrieurement au moins1 l'glise catholique eut le prestige officiel qu'elle avait eu sous le premier ,empire et sous la ,restauration4 ,m4 ,debidour note avec regret les processions se droulant dans les villes avec participation des fonctionnaires et de l'arme1 le travail suspendu le dimanche dans les chantiers publics et les cabarets ferms pendant les offices6 ,les moines rentrrent en foule1 y compris les ,jsuites1 qui n'taient du reste jamais sortis compltement2 l',universit fut intimide et moleste2 les professeurs anticlricaux mal nots2 une vritable raction clricale1 encourage1 il faut le dire1 et ce que je blme parfaitement1 par le gouvernement1 qui doit toujours en ces matires n'tre absolument d'aucun ct1 mena assez durement le pays4 ,on ne comprend pas trs bien comment un gouvernement qui avait pour lui la quasi unanimit de la nation1 qui tait sorti d'un plbiscite o il avait obtenu huit millions de voix contre un million1 qui dans la ,chambre lective avait trois cent cinquante partisans dvous et trois ou cinq opposants1 sentit le besoin de s'appuyer sur le parti clrical et de l'appuyer4 ,il tait persuad sans doute que la ,france1 parce qu'elle dtestait les rvolutionnaires de #ahdh1 ce qui tait vrai1 tait clricale1 ce qui tait faux4 ,la ,france de #ahdh #ahei1 et mme plus tard1 ne voulait que l'ordre et la rpression1 sans rigueurs du reste1 des dsordonns4 ,l'tat d'esprit du gouvernement prsidentiel et imprial fut cependant celui que je viens de dire jusqu'en #ahei1 par cette aberration sans doute qui consiste grossir l'ennemi et ne trouver jamais que l'on a assez de soutiens2 et1 non satisfait d'avoir ces deux appuis formidables1 le peuple et l'arme1 ce gouvernement voulait encore s'appuyer sur l'glise4 ,a partir de #ahei1 sa politique fut toute diffrente1 mais cette fois encore plus inintelligible4 ,il fit la guerre d',italie1 qui tait avant tout une guerre anticlricale1 qui dchanait la rvolution dans la ,pninsule et qui fut salue avec enthousiasme par tout le parti anticlrical franais1 toujours plus soucieux1 naturellement1 des intrts de l'anticlricalisme que des intrts de la ,france2--et d'autre part il prtendit soutenir et dfendre le pouvoir1 tant spirituel que temporel1 du souverain pontife4 ,je ne sais pas quel tait son dessein1 travers cette incohrence1 ni s'il en avait un2 mais les effets furent ceci3 l'extrieur1 l'unit de l',italie1 qui ne contenait point du tout1 comme on a trop dit1 l'unit de l',allemagne1 et les deux grandes fautes sont indpendantes l'une de l'autre2 mais qui tait en elle-mme un chec pour la ,france1 celle-ci n'ayant aucun intrt crer sur ses flancs une grande puissance susceptible de devenir l'allie d'un de nos ennemis2-- l'intrieur1 le parti bonapartiste coup en deux et par l sensiblement affaibli et n'offrant plus un appui1 une base aussi solide qu'auparavant4 ,c'est partir de #ahei1 en effet1 qu'il y eut des bonapartistes clricaux et des bonapartistes anticlricaux4--,il y eut des bonapartistes clricaux1 gens la manire et la mode de #ahej1 conservateurs et clricaux comme fond permanent1 rallis l',empire comme un pouvoir fort1 dompteur de rvolutionnaires4--,il y eut des bonapartistes anticlricaux1 gens la mode de #ahaj ou de #ahbj1 nouveaux exemplaires des libraux de la ,restauration1 autoritaires et despotistes comme fond permanent1 mais dsirant que l'on ft despotique en dehors de l'glise et un peu contre elle4 ,c'est ainsi qu'en #ahfj1 une commission compose du ministre d'tat1 du prsident du conseil d'tat1 du ministre de l'intrieur1 du ministre de l'instruction et du garde des sceaux1 fit un rapport qui n'eut pas de suite1 mais o tait signal le danger de la libert d'enseignement avec tous les arguments dont en #aijc les rpublicains1 comme il va de soi1 se sont servis leur tour3 ,la libert d'enseignement1 qui semble consacrer un grand principe d'quit1 a cet immense inconvnient de perptuer dans notre pays1 par la diversit de l'ducation donne la jeunesse1 toutes les divisions sociales et politiques qui s'effaceraient avec le temps dans l'unit de l'enseignement de l'tat4 ,les tablissements religieux sont le refuge des enfants appartenant des familles qui n'adoptent ni les principes de #hi ni le gouvernement imprial4 ,l'instruction qui s'y distribue est conforme ces regrettables tendances4--,c'tait l'argument des deux ,frances4--,quant l'argument des deux glises1 il y tait aussi1 et cette ancienne volont napolonienne qu'il n'y et qu'une glise1 officielle1 domestique et obissante au gouvernement franais1 se retrouve dans ce document3 ,les congrgations religieuses visent1 en multipliant leurs noviciats et leurs couvents1 remplacer notre clerg sculier1 c'est--dire les curs et les desservants qui sortent de nos sminaires1 qui sont originaires de notre pays et qui reconnaissent la direction de leur vque attach lui-mme au pays et l'empereur par sa nationalit et par son serment4 ,or1 le clerg rgulier est tout simplement une milice romaine1 secouant le joug de l',ordinaire1 n'ayant ni patrie ni personnalit1 obissant1 perinde ac cadaver1 au gouvernement absolu d'un tranger444 ,ce rapport est1 suppose-t-on1 de ,m4 ,baroche4 ,on le dirait rdig par ,m4 ,georges ,clmenceau4 ,c'est ainsi encore qu' un certain moment1 un peu plus tard1 en #ahfb1 on vit des prfets ultrabonapartistes protger nergiquement ou imposer la reprsentation du ,fils de ,giboger sur les thtres de province et y applaudir avec ostentation4 ,les bonapartistes anticlricaux taient les uns trs convaincus1 il faut toujours faire cette part1 les autres trs malins4 ,ces derniers recueillaient le double bnfice d'tre fort bien avec le pouvoir comme bonapartistes et d'tre populaires et d'tre qualifis de libraux comme anticlricaux4 ,j'en ai connu de ces saints-l6 ,l'attitude tait excellente1 point trs difficile soutenir et assez rmunratrice4 ,cependant le parti bonapartiste tait bifurqu et ce lui tait une faiblesse4 ,les bonapartistes anticlricaux voyaient de mauvais il les bonapartistes clricaux et dploraient les services rendus encore au ,saint-,pre1 l'occupation de ,rome par nos troupes1 le maintien des ,jsuites en ,france1 etc41 et1--je parle des convaincus1--se dtachaient un peu de l',empire pour incliner vers le rpublicanisme4 ,les bonapartistes clricaux1 se prtendant dtenteurs de la tradition de #ahej et vritables appuis1 soutiens et mme fondateurs du second ,empire1 regardaient avec colre les bonapartistes anticlricaux1 dploraient l'expdition d',italie1 rendaient1 avec raison du reste1 le gouvernement responsable de l'unit de l',italie et du triomphe de la ,rvolution en ,italie1 et se refroidissaient singulirement l'gard de l',empire1 et inclinaient vers la lgitimit ou l'orlanisme4 ,a partir de #ahei1 l',empire eut deux armes au lieu d'une1 comme on dit pour se consoler quand on a vu son arme coupe en deux par l'ennemi2 mais il eut deux armes peu solides1 dfiantes l'une de l'autre1 et dfiantes mme de lui1 et qui ne valaient pas son arme unique d'auparavant4 ,je suis de ceux qui sont persuads que l',empire tait encore infiniment fort en #ahgj et que ce n'est que la guerre de #ahgj qui l'a tu2 mais enfin il tait un peu plus faible de #ahei #ahgj que de #ahej #ahei1 et il fallait l'indiquer pour tre complet4 ,quant aux effets de la loi sur l'enseignement1 vous pouvez demander tout anticlrical1 de #ahfj environ #aijf1 quels ils ont t4 ,vous aurez cette rponse ne varietur et qui n'a pas vari et ne variera point3 ,la libert de l'enseignement a fait deux ,frances1 et tous nos malheurs viennent de l4 ,un snateur franais qui1 du reste1 est trs intelligent1 mais qui1 lorsqu'il s'agit de clricalisme1 parat l'tre moins1 disait rcemment3 ,avant #ahej l'unit morale de la ,france existait1 depuis elle n'existe plus4 ,et l'on sait ce qu'tait l'unit morale de la ,france au ,x,v,i,i,ie sicle1 sous la ,rvolution1 sous la ,restauration et sous ,louis-,philippe4 ,elle tait figure par le mot d',horace3 ,tot capita1 tot sensus4 ,je ne vois que deux poques o il y ait eu en ,france une unit morale1 trs relative encore2 c'est l'poque de ,louis ,,xiv et l'poque de ,napolon ,ier4 ,sous ,louis ,,xiv1 malgr les jansnistes et les protestants1 on peut dire la rigueur qu'il y a une unit morale1 que toute la ,france1 trs peu prs1 est runie dans un mme sentiment3 le culte du roi et le dsir d'extension du territoire4--,sous ,napolon1 malgr ,chateaubriand1 ,mme de ,stal et quelques migrs l'extrieur ou l'intrieur1 on peut dire1 la rigueur1 que la ,france est runie dans un mme sentiment3 l'idoltrie de l'empereur et le dsir de conqutes et de gloire4 ,sauf ces deux poques1 o il a exist une unit morale1 qui1 du reste1 n'est pas du tout de mon got1 l'unit morale de la ,france n'a jamais t4 ,et c'est un bien4 ,c'est un bien videmment dans une certaine limite que j'indiquerai tout l'heure2 mais c'est un bien4 ,la diversit des sentiments et des ides1 c'est la vie mme1 intellectuelle et morale1 d'un peuple4 ,celui qui a dit3 ,il faut qu'il y ait des hrsies1 a dit une des paroles les plus profondes qui aient t dites dans ce monde4 ,il faut qu'il y ait des hrsies1 c'est--dire il est bon qu'on pense1 et la seule chose qui indique qu'un peuple pense1 c'est ceci qu'il pense de diffrentes manires4 ,un peuple qui tout entier penserait exactement la mme chose--rve de nos dmocrates autoritaires et unitaires--c'est qu'il ne penserait pas du tout1 ce qui peut-tre n'est pas trs sain4 ,la multiplicit des sectes religieuses prouve la vitalit du sentiment religieux1 et la multiplicit des coles et partis politiques1 philosophiques1 conomiques1 prouve simplement qu'un peuple s'occupe de philosophie1 de politique et d'conomie1 et n'est pas absolument abruti4 ,il y a une limite1 sans doute1 et je crois la connatre4 ,il peut arriver qu'un homme1 et ceci ne serait rien1 mais il peut arriver qu'un groupe considrable soit tellement entt de son ide1 religieuse1 philosophique1 conomique1 qu'il la prfre la patrie4 ,un catholique peut tre papiste avant d'tre franais2 un protestant peut tre genevois plutt que franais2 un socialiste peut tre proltaire cosmopolite et n'tre point franais du tout4 ,des groupes plus catholiques que franais ou plus protestants que franais1 ce point que les uns et les autres appelaient l'tranger leur secours sur le sol franais1 cela s'est vu au ,x,v,ie sicle4 ,des groupes plus socialistes que franais1 ce point qu'ils n'appartiennent qu'au proltariat universel et non la ,france1 qu'ils sont d'une classe et qu'ils ne sont point d'un pays1 cela se voit de nos jours4 ,par parenthse1 on se demande toujours quand le patriotisme a commenc en ,france4 ,je le crois trs ancien1 mais j'estime qu'il a commenc trs nettement1 trs prcisment et sans rien qui restt confus1 qu'il a commenc dfinitivement1 si l'on me permet de parler ainsi1 qu'il a t constitu1 le jour o cela a paru un crime de prfrer son parti la ,france1 ou de prfrer ses droits de caste la ,france2 le jour o cela a paru un crime qu'un protestant ou un catholique appelt l'tranger sur le territoire franais2 le jour o cela a paru un crime qu'un grand seigneur passt l'tranger et combattt contre les ,franais pour venger mme une injustice commise son gard2 et j'estime donc que le patriotisme franais a t constitu au commencement du ,x,v,i,ie sicle4 ,la catholicisation d',henri ,,iv me parat un des actes les plus srieux1 les plus philosophiques1 les plus profondment conus par une grande intelligence1 qui aient jamais t4 ,paris vaut bien une messe est une boutade de ,barnais qui doit se traduire ainsi3 ,je suis l'tat1 ou tout au moins je le reprsente1 et il se rsume et il s'exprime en moi4 ,or cet tat est en majorit catholique4 ,je dois donc tre officiellement catholique1 non pas1 et je le prouverai1 pour n'admettre que les catholiques comme citoyens franais2 mais pour prouver qu'aucun de nous ne doit prfrer ses faons particulires de penser au bien de l'tat4 ,particulier1 je resterais protestant et bon franais2 chef de l'tat1 je serais souponn de n'tre qu'un parti au pouvoir et de prfrer ce parti l'ensemble de la nation1 si je restais protestant4 ,je me fais catholique pour prouver que le particularisme protestant n'est plus mon fait4 ,je me fais catholique1 non pas1 au vrai1 pour me faire catholique1 mais pour dclarer que1 politiquement1 je ne suis plus huguenot1 ce qui est prcisment mon devoir4 ,l'acte d',henri ,,iv fut une dclaration de patriotisme2 ce fut la nationalisation d',henri ,,iv4 ,il y a donc1 en effet1 une limite la diversit intellectuelle et morale4 ,la diversit intellectuelle et morale est un bien en soi2 elle devient un mal lorsqu'elle va jusqu' prfrer une ide particulire1 ou de groupe1 la patrie4 ,peuples mauvais et qui ont un germe de mort3 d'une part1 ceux qui n'ont qu'une faon de penser et qui1 par consquent1 ne pensent point2 d'autre part1 ceux dans lesquels des groupes considrables prfrent leur faon de penser la patrie4 ,peuples excellents 7,angleterre1 tats-,unis1 ,allemagne71 ceux qui pensent beaucoup et par consquent de faons diverses1 mais dans lesquels aucun groupe ne prfre sa pense la patrie4 ,et c'est bien prcisment pour cela qu'il ne faut pas violenter les faons de penser et que la libert de penser1 de parler1 d'crire1 d'enseigner est une mesure patriotique et une mesure de salut public4 ,comment cela8 ,mais parce que ces migrations1 ces scessions1 ces renoncements la patrie1 ces dterminations extrmes de l'intelligence et de la conscience qui consistent prfrer son ide son pays1 vous les crez1 en gnant les liberts de pense et de croyance4 ,un sentiment peut tre fort quand il est libre1 mais il est violent quand il est contrari et opprim4 ,en accordant la libert de penser et de rpandre sa pense1 vous maintenez donc tel sentiment dans la mesure o il est actif1 mais non vhment et o il ne se prfre pas l'ide de patrie et l'amour de la patrie4 ,en rprimant1 en proscrivant la libert de pense1 vous poussez tel sentiment ce degr d'acuit o il se prfre l'ide de patrie et s'insurge contre une patrie qui l'opprime4 ,en perscutant un catholique1 vous en faites naturellement et ncessairement un ultramontain2 en perscutant un protestant1 vous en faites naturellement un genevois ou un hollandais2 en perscutant ,mme de ,stal1 vous en faites une444 europenne2 en supprimant la libert de pense en ,france1 vous faites d'un simple libral un homme qui aimerait autant tre amricain ou tre belge4 ,voil ce qui me fait appeler la libert une mesure de salut public4 ,il est trs vrai que la diversit de pense peut aller jusqu' rompre le faisceau national2 mais il est aussi vrai que l'unit morale impose pousse tout simplement les penses indpendantes devenir antipatriotiques et rompt le faisceau national bien plus compltement4 ,la libert est consolidatrice du patriotisme2 le despotisme est destructeur de l'ide de patrie4 ,en un mot1 la seule unit morale qu'il faille dsirer et quoi il faille tenir1 c'est l'unit patriotique2 et cette unit morale1 celle-ci1 la libert ne la dtruit pas2 elle la confirme4 ,voil pour moi la vrit absolue4 ,or--revenons--les deux ,frances que la libert d'enseignement tait prtendue avoir cres taient-elles vritablement deux ,frances ennemies l'une de l'autre8 ,l'une des deux tait-elle trangre ou amie de l'tranger1 ou cosmopolite8 ,la diversit des penses allait-elle jusqu' seulement dtendre et relcher le lien national8 ,pas le moins du monde et d'abord pour la raison que j'ai dite4 ,les ,franais catholiques1 levs trs librement dans des maisons catholiques1 n'avaient aucune raison d'tre froids l'gard d'un pays qui ne violentait ni ne contrariait leurs ides et sentiments et qui ne leur demandait que de rester ,franais4 ,j'ai connu beaucoup de jeunes gens levs dans ces maisons4 ,ils taient les meilleurs ,franais du monde2 et c'est depuis les violences de la ,rpublique autoritaire qu'ils le sont moins1 ce que1 sans l'approuver1 je ne puis m'empcher de comprendre et de trouver assez naturel4 ,je n'ai pas besoin de rappeler ce qui a t reconnu par tous et proclam par tous1 savoir qu'il n'y a eu aucune diffrence entre le patriotisme des anciens lves des maisons religieuses et celui des anciens lves de l'tat pendant la guerre de #ahgj2 et je ne sache pas qu' l'heure o j'cris les antipatriotes soient d'anciens lves ou d'anciens professeurs des maisons religieuses4 ,remarquez de plus que les enfants et jeunes gens qui taient confis aux ducateurs religieux appartenaient en majorit ce qu'on appelle plus ou moins exactement les hautes classes4 ,or tout le monde1 certes1 a intrt tre patriote1 mais particulirement les citoyens appartenant aux classes hautes2 par la trs bonne raison1 qu'il ne leur est pas difficile de comprendre ou de sentir1 qu'en cas de conqute de la patrie1 ce sont eux qui seraient remplacs comme dirigeants et comme personnages considrables par des citoyens du peuple vainqueur4 ,ce n'est pas1 par exemple1 un futur saint-cyrien ou polytechnicien1 ou son pre1 qu'il faudrait venir dire que ,france ou ,allemagne c'est indiffrent et que l'on doit avoir des objets de proccupation plus considrables4 ,les hautes classes d'une nation sont1 comme les pays frontires1 non pas plus patriotes1 mais patriotes avec plus d'inquitude1 comme premires proies de l'invasion4 ,si tout se rglait par l'intrt1 les hautes classes seraient trs patriotes et le peuple le serait peu4 ,comme tout se rgle par l'intrt et le sentiment mls1 ce n'est pas ainsi que vont les choses2 mais il reste encore que les hautes classes sont patriotes plus srement1 parce qu'elles le sont forcment4 ,ce n'est donc pas aux enfants des classes dites suprieures que des professeurs1 religieux ou autres1 pourraient1 le voulussent-ils1 enseigner l'antipatriotisme ou un patriotisme trs tempr4 ,aussi ne l'ont-ils pas fait et ne le feront-ils jamais4 ,les deux ,frances1 au point de vue de l'unit patriotique1 n'ont donc jamais exist4 ,qu'elles aient exist au point de vue de la fameuse unit morale1 je ne le nie point4 ,on n'enseignait pas dans les coles religieuses l'amour de la ,rvolution et on l'enseignait dans les coles de l'tat4 ,c'est incontestable4 ,les professeurs des lyces1 ou taient secrtement rpublicains1 ou appartenaient ce bonapartisme anticlrical dont j'ai parl plus haut4 ,par contrepartie1 les professeurs des maisons religieuses ou taient lgitimistes1 ou appartenaient ce bonapartisme clrical que j'ai indiqu plus haut galement4 ,je demandais1 en ,bretagne1 vers #aheh1 un lve de petit sminaire3 tes-vous d'accord en politique8 --,non6 ,il y a deux camps1 les blancs et les bleus4 --,qu'est-ce qu'ils sont1 les blancs8 --,ils sont pour ,henri ,v4 --,et les bleus8 --,ils sont pour l'empereur4 --,et des rpublicains8 --,il n'y en a pas4 ,rpublicains et bonapartistes anticlricaux1 c'tait la population des lyces2 lgitimistes et bonapartistes clricaux1 c'tait la population des maisons ecclsiastiques4 ,voil1 au vrai1 les deux ,frances de #ahej #ahgj4 ,voil ce qui exasprait les partis avancs4 ,et il n'y a pas de quoi s'exasprer4 ,d'abord parce que1 comme on l'a bien vu1 cela n'empchait pas tous ces jeunes gens d'tre de trs bons ,franais1 ce que j'avoue qui me suffit2 ensuite parce que le pril est1 prcisment1 comme je l'ai dit1 de faire de mauvais ,franais en tracassant les gens2 enfin parce que1 non seulement la concurrence matrielle1 pour ainsi parler1 est une bonne chose1 et quand il y a deux enseignements dans un pays ils sont bons tous deux2 mais encore et enfin parce que la concurrence morale1 si je puis dire ainsi1 est excellente4 ,ces jeunes gens1 tous bons ,franais1 tous patriotes1 ayant ainsi un lien commun1 ncessaire et suffisant1 ayant ainsi une unit ncessaire et suffisante1 se rencontraient dans la vie1 discutaient1 remuaient des ides et se faisaient1 par la discussion1 des ides personnelles1 et il n'y a que les ides personnelles qui soient des ides-forces1 et des ides fortes1 et des ides fcondes4 ,supposez1 par impossible du reste1 du moins dans le monde vraiment civilis1 un peuple qui des ducateurs n'ayant qu'une manire de penser inculqueraient indfiniment cette conception gnrale2 et qui du reste n'aurait pas une force intellectuelle suffisante pour ragir2 c'est le peuple que semblent rver les partisans de l'unit morale1 et ce peuple1 je n'en pense qu'une chose1 c'est qu'il deviendrait promptement idiot4 ,tels furent1 avec leurs inconvnients peut-tre1 avec celui surtout d'tre dsagrables ceux qui veulent mener la ,france comme un ternel enfant1 tels furent1 beaucoup meilleurs mon avis que mauvais1 les effets de la libert de l'enseignement en ,france sous le second ,empire4 99 99 99 99 99 ,la politique gnrale de la fin du second empire fut ce que l'on sait trop4 ,au point de vue des choses religieuses1 il y a un point assez important claircir4 ,les anticlricaux1 croyant ou feignant de croire que tous les maux et toutes les catastrophes viennent du catholicisme et ne peuvent venir d'autre source1 ont assur que les dsastres de #ahgj sont imputables aux catholiques4 ,ils ne pouvaient y manquer4 ,quand on lit dans un ouvrage de ,m4 ,edme ,champion3 ,la pente qui loigne de ,voltaire aboutit ,sedan1 on ne comprend pas trs bien1 parce que c'est une sorte de rsum de philosophie historique plutt qu'un rquisitoire prcis4 ,mais les journalistes et les historiens du parti sont entrs dans le dtail de cette considration et l'ont expose minutieusement4 ,voici comment ils raisonnent1 je puis dire tous2 car j'ai retrouv l'argumentation un peu partout presque dans les mmes termes4 ,l',empire s'est obstin jusqu'au bout maintenir et soutenir le pape ,rome1 dfendre les restes du pouvoir temporel1 refuser ,rome aux ,italiens4 ,aux approches de la guerre de #ahgj1 l',empire chercha des allis4 ,il en trouva un1 c'est savoir l',autriche2 mais l',autriche ne voulait entrer en campagne contre la ,prusse qu'avec le concours de l',italie1 pour n'tre pas attaque par celle-ci1 une dixime fois1 pendant qu'elle serait occupe ailleurs4 ,mais l',italie ne voulait entrer dans cette triple alliance que si on lui laissait ,rome4 ,l'alliance franco-autrichienne dpendait donc de l'agrment de l',italie1 et l'agrment de l',italie dpendait de l'abandon de ,rome aux ,italiens4 ,jusqu'au dernier moment1 ,napolon ,,iii tergiversa1 recula4 ,a la veille de l'entre en campagne1 ne s'agissant plus d'alliance austro-franaise1 mais seulement d'alliance italienne1 il hsita encore abandonner le ,saint-,pre par un engagement formel3 l'alliance n'eut pas lieu4 ,la ,france fut vaincue4 ,c'est ainsi1 dit loquemment ,m4 ,debidour1 que1 conduit ,sedan par la justice immanente des choses1 ,napolon ,,iii paya1 au bout de plus de vingt ans1 le tort de s'tre abandonn l'glise par ambition et fit1 du mme coup1 payer la ,france la faiblesse qu'elle avait eue de s'abandonner lui4 ,son alliance avec le pape l'avait lev au trne2 elle contribuait maintenant l'en faire descendre4 ,quant la ,france1 elle lui avait valu dix-huit ans de servitude1 elle lui valait maintenant d'tre envahie en attendant d'tre dmembre4 ,cette argumentation et ces conclusions sont assez douteuses4 ,laissons de ct la servitude intrieure3 la ,france a t asservie l',empire1 non pas cause de l'alliance de l',empire avec le catholicisme1 mais parce qu'elle a voulu l'tre1 depuis #ahdi2 il n'y a pas d'exemple d'asservissement volontaire plus net et plus clatant2 la ,france de #ahdi #ahgj tait bonapartiste1 et cela suffit pour qu'on soit asservi un ,bonaparte4 ,quant aux alliances in extremis1 je crois qu'on n'aurait jamais eu l'alliance ni de l',autriche ni de l',italie1 mme en livrant ,rome aux ,italiens1 et que jamais ces deux puissances n'ont t srieusement disposes soutenir la ,france4 ,l',autriche l'a montr prcisment si elle a dit3 ,j'en serai si l',italie en est1 ce qui est un atermoiement et mme une dfaite4 ,quant l',italie1 qui ne voit que son intrt en tout tat de cause tait d'attendre1 pour se mettre ensuite du ct du vainqueur8 ,qu'avait-elle gagner entrer dans une guerre o elle ne pouvait que trs peu secourir la ,france1 o la ,france avait autant de chances d'tre vaincue avec le concours de l',italie que sans ce concours1 et o la ,france vaincue1 l',italie se ft trouve compromise du ct du victorieux8 ,l',italie1 possesseur de ,rome1 qu'a-t-elle gagner entrer en guerre contre la ,prusse en notre faveur8 ,je ne le vois pas4 ,je ne le vois d'aucun ct4 ,je dirai presque au contraire2 car l',italie tant possesseur de ,rome1 c'est du ct du ,trentin1 de ,trieste1 etc41 que son ambition tourne les yeux4 ,au point de vue de cette ambition1 ce qu'il lui faut1 c'est une ,autriche affaiblie2 or la ,prusse victorieuse fait une ,autriche faible4 ,une fois dtentrice de ,rome1 c'est plutt de la ,prusse que de la ,france que l',italie doit dsirer le succs4 ,cela pourrait se soutenir et n'est point du tout draisonnable4 ,contentons-nous de dire1 sans vouloir trop prouver1 que1 possdant ,rome ou ne le possdant pas1 l'intrt de l',italie tait certainement d'attendre et de voir venir les vnements4 ,une guerre engage par l',italie en faveur de la ,france et t une guerre purement sentimentale1 ce dont l',italie a peu l'habitude4 ,l',autriche1 elle1 avait certainement un intrt nous soutenir pour empcher que la ,prusse n'absorbt tous les pays allemands et ne relevt son profit l'empire d',allemagne2 mais il faut songer que l',autriche est en partie pays allemand elle-mme1 et que faire marcher des ,allemands contre des ,allemands en faveur des ,franais est chose trs difficile1 sinon impossible4 ,les ,allemands peuvent se battre les uns contre les autres2 c'est ce qu'ils ont fait ,sadowa2 mais mener des ,allemands contre des ,allemands pour des ,franais1 ce serait presque une folie que de le vouloir entreprendre4 ,il me parat donc certain qu'il n'y a eu1 de #ahfh #ahgj1 aucune espce de bonne intention1 mme conditionnelle1 notre gard1 ni de la part de l',autriche ni de la part de l',italie1 et qu'il n'y en aurait eu ni plus ni moins si nous avions abandonn ,rome aux ,italiens4 ,il y a eu des sollicitations de la part des ,tuileries auprs des cours de ,vienne et de ,florence4 ,ces sollicitations ont t reues avec politesse2 ces politesses1 mles de considrations diverses et de prtextes allgus1 ont pu tre prises pour des promesses conditionnelles2 mais il me semble bien qu'il n'y a pas eu autre chose et que l'intention ferme de l',autriche et de l',italie a t1 quoi qu'il arrivt du ct de ,rome1 de ne pas secourir la ,france4 ,pour les raisons que j'ai dites plus haut1 la triplice1 la triple alliance prusso-italo-autrichienne est naturelle et1 pour ces raisons1 on peut dire qu'elle existait en #ahfi-ahgj l'tat latent4 ,elle ne dpendait pas du tout de la question romaine et ne s'y rattachait point4 ,si nous avons chou en #ahfi-ahgj trouver un alli1 c'est que nous nous sommes heurts dj contre la triple alliance4 ,abandonner ,rome1 ce que du reste je crois qu'on aurait d faire beaucoup plus tt1 aurait t cette poque1 au moment o nous tions en posture de solliciteurs1 un manque de dignit trs inutile4 ,en tout cas1 la question romaine n'a pes d'aucun poids dans les vnements de cette poque4 ,pie ,,ix et le parti clrical responsables de ,sedan est quelque chose que l'on doit considrer comme une lgende anticlricale sans aucun caractre scientifique4 ,nous avons t vaincus en #ahgj parce que notre organisation militaire tait la plus faible1 parce que nous n'tions pas prts1 ce que je crois que nous sommes destins n'tre jamais1 et parce que nous ne pouvions pas1 quelque sacrifice que nous consentissions1 avoir d'allis3 voil le vrai4 --,mais peut-on concevoir un malheur de la ,france qui ne vienne pas des ,jsuites1 le peut-on8 --,je reconnais que pour beaucoup de ,franais cette conception est absolument impossible4 ,,chapitre ,,ix ,l',,anticl,,ricalisme ,,sous ,,la ,,troisi,,me ,r,,publique ,,jusqu',,en #aijd4 ,les lections de #ahga furent une troisime victoire pour le clricalisme4 ,aprs les dsastres de #ahgj1 une ,assemble1 la plus remarquable du reste1 comme runion de talents et de lumires1 que nous ayons jamais eue1 avait t nomme1 uniquement1 dans la pense des lecteurs1 pour faire la paix et pourvoir aux ncessits urgentes4 ,elle voulut1 de plus1 faire une constitution et des lois gnrales4 ,c'tait son droit absolu2 car il est vident qu'aprs une rvolution la premire ,assemble qui est nomme par la nation a tous les droits politiques et est constituante et lgislative par le fait mme de sa nomination4 ,il n'y a personne qui ait qualit pour lui contester ces droits et pour limiter sa souverainet4 ,mais peut-tre l',assemble de #ahga et-elle bien fait de se limiter elle-mme et1 la paix conclue1 d'appeler la nation de nouvelles lections qui eussent t faites sur une nouvelle plateforme1 sur des questions constitutionnelles et sur des questions politiques4 ,elle ne le voulut point1 tort ou raison1 et elle fit des lois 7et plus tard une constitution71 comme si elle avait t nomme pour en faire et comme si1 en la nommant1 la nation avait eu en son esprit la considration de ces lois4 ,ce fut une faute1 mon avis1 parce que1 tant monarchique1 quand la nation1 comme le prouvrent tout de suite les lections complmentaires de juillet #ahga1 tendait devenir rpublicaine1 toutes les lois de l',assemble de #ahga devaient plus tard prendre dans l'opinion un caractre monarchique et comme une mauvaise odeur monarchique et devenir suspectes la nation4 ,la raction anticlricale de la troisime rpublique a pour un de ses fondements le souvenir de l',assemble monarchique de #ahga et le souvenir des tentatives monarchiques du #bd mai #ahgc et du #af mai #ahgg4 ,quoi qu'il en soit1 l',assemble de #ahga labora une nouvelle loi de libert de l'enseignement4 ,la seconde ,rpublique avait tabli la libert de l'enseignement primaire et la libert de l'enseignement secondaire4 ,elle n'avait rien fait l'gard de l'enseignement suprieur4 ,l',assemble de #ahga tablit et organisa la libert de l'enseignement suprieur4 ,le droit fut reconnu aux particuliers ou aux associations de donner l'enseignement suprieur qui voudrait le recevoir d'eux4 ,la libert d'enseignement tait enfin tablie en ,france tous les degrs 7#ag juin #ahge74 ,les effets1 excellents mon avis1 de cette nouveaut1 ne se firent pas attendre4 ,l'enseignement suprieur tel qu'il existait l'tat de monopole1 depuis le premier ,empire jusqu'en #ahge1 tait une des hontes de la ,france4 ,il vgtait4 ,il tait inactif et presque amorphe4 ,professeurs fatigus ou nonchalants1 public rare et endormi1 d'tudiants point4 ,sous l'aiguillon de la concurrence1 l'enseignement suprieur franais1 qui a rencontr du reste des directeurs intelligents1 zls et hardis dans l'innovation1 est devenu le plus actif1 le plus laborieux et le plus illustre peut-tre de l',europe entire4 ,je ne puis pas m'empcher de croire que la loi de #ahge soit une des causes au moins de cet heureux changement4 ,mais l'anticlricalisme veillait1 et vigilante aussi restait cette pense de ,louis ,,xiv que l'on trouve dans toutes les pices relatives la rvocation de l'dit de ,nantes et qui est le ,credo mme de tout le parti dmocratique3 ,un seul troupeau sous un seul pasteur4 ,le parti dmocratique et anticlrical franais ne peut pas concevoir la ,france autrement que comme un troupeau4 ,aussi1 ds #ahhj1 cinq ans aprs la loi de libert de l'enseignement1 ,jules ,ferry lanait1 trs inopinment du reste1 son projet de loi sur l'enseignement suprieur contenant le fameux article ,,vii4 ,l'article ,,vii1 c'tait l'expulsion des ,jsuites et des congrgations enseignantes non autorises4 ,l'article ,,vii n'ayant pas t adopt par le ,snat1 le gouvernement1 en vertu d'anciennes lois remontant au ,x,v,i,i,ie sicle1 dcrta contre les congrgations non autorises et excuta violemment les dcrets1 de juin novembre #ahhj4 ,rien de plus lgal1 puisqu'on peut toujours excuter une loi qui n'a pas t abroge2 mais1 d'une part1 c'tait montrer quelque dsinvolture l'gard du ,parlement que de substituer une loi dsute une loi qu'on lui avait prsente et dont il n'avait pas voulu1 pour arriver un but qu'on tenait atteindre et qu'il avait suffisamment indiqu qu'il ne voulait pas qu'on poursuivt2 et en ce sens c'tait un vritable coup d'tat2--d'autre part1 c'tait une premire atteinte la libert d'enseignement1 le principe de la libert d'enseignement tant que tout ,franais a le droit d'enseigner1 s'il est honnte homme1 si son enseignement n'est pas immoral1 si son enseignement n'est pas dirig contre les lois4 ,la campagne ,ferry fit1 du reste1 beaucoup plus de bruit qu'elle n'eut de grands effets4 ,jsuites et congrganistes ne furent expulss ou inquits que pour la forme et restrent1 trs peu prs1 plus ou moins ouvertement1 sur leurs positions4 ,les temps n'taient pas venus4 ,la ,france tait peu convaincue de l'immensit du pril catholique4 ,m4 ,jules ,ferry lui-mme n'avait men cette campagne que pour se faire une popularit et eut dans la suite s'occuper de beaucoup d'autres choses qui1 du reste1 la lui firent perdre4 99 99 99 99 99 ,jusqu'en #aijj1 il n'y a rien relever de trs important pour ce qui est de l'histoire de l'anticlricalisme en ,france4 ,en #aijj la campagne anticlricale recommena avec vigueur1 et ce qui prouve1 chose du reste qu'il est naf de faire remarquer1 que cette guerre n'est inspire que par des intrts lectoraux1 ce fut propos d'ingrence du monde religieux dans les lections que les hostilits reprirent4 ,les moines assomptionnistes s'taient mls des lections de #ahih4 ,il tait difficile de leur pardonner cela4 ,ils furent poursuivis pour violation de l'article du ,code pnal interdisant les runions de plus de vingt personnes4--,comme sous l',empire8--,naturellement1 comme sous l',empire4 ,mais ce que le procureur imprial leur reprocha1 ce ne fut pas d'tre plus de vingt1 mais d'avoir favoris des candidats1 du reste rpublicains pour la plupart1 mais d'un rpublicanisme qui n'agrait pas au gouvernement4 ,le procureur ,bulot cita dans son rquisitoire les noms de trente et un dputs qu'il affirmait qui avaient d leur lection l'influence des ,pres de l',assomption4 ,les dputs crirent et les ,assomptionnistes furent condamns et leur congrgation dissoute comme illicite4 ,ce fut le premier coup de cloche4 ,l'anne suivante1 le gouvernement 7ministre ,waldeck-,rousseau7 apporta un projet de loi sur les associations4 ,ce projet tait trs confus et n'a jamais t trs compltement lucid4 ,au fond1 ,m4 ,waldeck-,rousseau voulait rgulariser la situation des congrgations en ,france4 ,il voulait que les congrgations d'ores et dj autorises restassent dans la situation o elles taient2 que les congrgations non autorises montrassent leurs statuts1 demandassent l'autorisation1 fussent autorises par une loi ou ne le fussent pas2 que celles qui seraient autorises subsistassent et que celles qui ne le seraient pas disparussent4 ,il voulait1 semble-t-il1 faire ce qu'on a spirituellement appel un concordat congrganiste4 ,mais ce qui tait prvoir1 c'tait que le parti antireligieux profitt prcisment de cette occasion pour refuser toute autorisation aux congrgations1 surtout aux congrgations enseignantes1 et admt la proposition d'un concordat congrganiste1 prcisment pour ne pas le faire1 pour le rejeter1 et du mme coup pour supprimer par mesure lgale toute libert de congrgation4 ,il le pouvait d'autant plus qu'il lui tait loisible1 pour ainsi agir1 de s'appuyer sur le texte mme du projet du gouvernement4 ,ce projet commenait par dclarer illicites toutes les congrgations religieuses possibles1 sous prtexte3 que les membres de ces associations vivent en commun1 qu'ils font vu de chastet1 de clibat et de pauvret1 et que l'article #aaah du ,code civil dclare que seules les choses qui sont dans le commerce peuvent faire l'objet d'une convention et que la communaut1 la chastet1 la pauvret et le clibat ne sont pas choses qui sont dans le commerce4 ,cette argumentation tait comme fourmillante de sophismes4 ,d'abord elle transportait dans le ,code pnal une disposition du ,code civil et elle faisait un crime de ce qui n'est qu'une incapacit judiciaire3 le contractant qui a fait un contrat sur une chose qui n'est pas dans le commerce ne peut exiger judiciairement l'excution de ce contrat si son co-contractant s'y refuse1 et voil tout ce que signifie l'article #aaah1 et il n'y a aucune pnalit contre un homme qui a fait un contrat non conforme l'article #aaah du ,code civil4 ,a raisonner ainsi1 le mariage serait illicite2 car il est une convention d'obissance1 de protection et de fidlit entre deux personnes1 et ni l'obissance1 ni la protection1 ni la fidlit ne sont choses qui sont dans le commerce1 et donc le mariage est contraire l'article #aaah du ,code civil4 ,mais est illicite aussi toute convention qui est contraire aux bonnes murs4 ,sans doute2 mais il est difficile de considrer comme contraire aux bonnes murs le fait de vivre en commun1 le fait de s'engager la pauvret1 au clibat et la chastet4 ,et enfin il y avait dans cette position de la question une confusion volontaire entre la convention et le vu4 ,un vu n'est pas un contrat1 c'est une rsolution que l'on prend et dans laquelle on persiste4 ,d'aucune faon1 l'article #aaah du ,code civil n'a rien voir dans la question des associations et congrgations4 ,voil par o commenait le projet de loi2 mais il continuait en affirmant que1--nonobstant le caractre illicite de toute association religieuse si nergiquement proclam plus haut1--les associations religieuses pourraient exister et subsister si elles obtenaient l'autorisation de l'tat par une loi4 ,c'tait dire3 ,les associations religieuses sont par elles-mmes illgales et criminelles4 ,mais vous pouvez autoriser vivre ces associations qui sont criminelles et illgales par le seul fait d'exister4 ,elles sont1 toutes1 contraires aux lois2 mais vous pouvez permettre certaines d'entre elles de vivre contrairement aux lois et en insurrection contre les lois4 ,c'tait une nouveaut juridique un peu trange4 ,c'tait surtout1 en mme temps qu'on invitait le pouvoir lgislatif autoriser certaines congrgations1 lui fournir des arguments dtestables la vrit1 mais lui fournir des arguments1 pour les proscrire toutes2 c'tait1 en mme temps qu'on tablissait les bases d'un concordat congrganiste1 inciter par des considrations gnrales le pouvoir lgislatif repousser tout concordat et toute concorde et frapper les congrganistes comme des criminels2 c'tait1 en mme temps qu'on affichait l'intention de faire entrer rgulirement les congrganistes dans la socit1 crier du haut de sa tte qu'ils taient des ennemis sociaux4 ,incohrence involontaire1 ou incohrence volontaire8 ,inadvertance ou perfidie8 ,m4 ,waldeck-,rousseau le faisait-il exprs ou le faisait-il par mgarde8 ,on ne sait2 car rien jamais ne fut plus lucide que la parole de ,m4 ,waldeck-,rousseau et ne fut plus obscur et plus difficile comprendre que sa conduite4 ,mais ce qui est clair1 c'est que rien n'tait plus facile que de repousser la seconde partie de son projet en s'appuyant sur la premire1 et de conclure logiquement de la premire partie de son projet une condamnation absolue de la seconde4 ,on n'y manqua point4 ,le parti antireligieux ne voulut voir en ,m4 ,waldeck-,rousseau que l'homme qui mettait tous les congrganistes hors la loi en les considrant comme y tant et le salua comme l'ennemi acharn de tous les congrganistes1 ce qu'il n'tait pas et ce que1 bon gr mal gr1 il se donnait comme tant4 ,quant la partie antireligieuse de la ,chambre et du ,snat1 elle saisit avec empressement l'occasion de recommencer l'uvre traditionnelle1 l'uvre de la dchristianisation de la ,france4 ,elle limitait encore la porte de ses desseins et de ses esprances4 ,elle restait1 en gnral1 sur le terrain napolonien4 ,elle prtendait n'en vouloir qu' l'glise latrale1 qu' l'glise irrgulire1 c'est--dire l'glise rgulire4 ,elle restait concordataire4 ,tout le monde en ce temps-l se prtendait concordataire et s'appuyait sur le ,concordat et s'enfermait dans le ,concordat comme dans un fort pour tirer sur les rguliers4 ,m4 ,waldeck-,rousseau1 le premier1 se rclamait du ,concordat1 il prenait la dfense du clerg paroissial contre le clerg monastique1 et de l'glise contre la chapelle2 mais en mme temps il montrait les congrgations comme l'arme de la contre-,rvolution et conviait voter son projet tous ceux qui voulaient assurer la paix et le dveloppement rgulier de la ,rvolution franaise4 ,et c'tait toujours la mme duplicit volontaire ou inconsciente3 n'attaquer que les uns1 mais avec des arguments qui peuvent s'appliquer tous et qui peuvent tre invoqus pour proscrire tous4 ,dire que les congrgations sont l'arme de la contre-,rvolution et que l'existence des congrgations est incompatible avec le dveloppement pacifique et rgulier de la ,rvolution1 c'est placer la question en dehors de toute considration juridique et de toute considration de justice2 c'est dire3 frappez tous ceux qui vous paratront contre-rvolutionnaires2 en langage pratique1 c'est dire3 frappez tous vos adversaires lectoraux2 et des paroles de ,m4 ,waldeck-,rousseau on pouvait tirer une raison suffisante de proscrire toute l'glise sculire comme toute l'glise rgulire1 quelque attach au ,concordat que ,m4 ,waldeck-,rousseau prtendt tre4 ,de mme qu'en prtendant ne toucher qu'aux moines factieux1 ,m4 ,waldeck-,rousseau instituait une thorie qui frappait tout moine quel qu'il ft comme tant hors la loi et contre la loi2 de mme1 en affectant de ne suspecter que les congrganistes1 il donnait un argument aux termes duquel tous les ecclsiastiques et mme tous les catholiques taient dclars suspects4 ,en attendant1 il s'affirmait concordataire4 ,concordataire aussi tait ,m4 ,camille ,pelletan1 qui raisonnait ainsi3 ,nous sommes profondment attachs au ,concordat4 ,or il n'y a rien dans le ,concordat qui concerne les moines4 ,donc c'est tre conformes au ,concordat que de proscrire les moines1 et ce serait violer le ,concordat que de les tolrer4 ,la suppression des ordres religieux est la contre-partie des garanties accordes l',eglise4 ,si1 donc1 on rtablissait les ordres religieux1 le ,concordat n'existerait plus4--,d'o il faudrait conclure l'heure o nous sommes que1 le ,concordat n'existant plus1 on doit rtablir les ordres religieux4 ,j'ignore si cette conclusion1 qui s'impose en bonne logique1 est accepte l'heure o nous sommes par ,m4 ,camille ,pelletan4 ,au milieu de tous ces sophismes1 je n'ai pas besoin de dire que le groupe libral1 surtout par l'loquent organe de ,m4 ,ribot1 posa les vrais principes3 l'association religieuse est une association comme une autre1 les hommes ayant le droit de vivre en commun1 d'tre pauvres1 d'tre clibataires et d'tre chastes2 il ne faut que limiter l'accumulation des biens de mainmorte dans les associations religieuses comme dans les autres associations2 il faut surveiller les biens et laisser tranquilles les personnes4 ,la loi fut vote peu prs telle que ,m4 ,waldeck-,rousseau l'avait prsente4 ,toutes les congrgations non autorises devaient demander l'autorisation d'exister1 ou disparatre4 ,par disposition lgislative1 les congrgations seraient autorises exister ou ne le seraient point4 ,certaines congrgations 7,jsuites1 ,bndictins1 etc47 ne jugrent pas expdient de demander l'autorisation et se dispersrent tout de suite4 ,d'autres prirent leurs dispositions pour demander tre autorises4 ,on verra plus loin ce qu'il en advint4 ,subsidiairement la loi sur les congrgations avait port une grave atteinte la libert de l'enseignement4 ,dans le projet primitif il n'y avait rien de spcial pour ou contre cette libert2 il n'y avait que ceci1 implicitement1 savoir qu'une congrgation enseignante1 si elle n'tait pas autorise1 n'enseignerait plus1 naturellement1 puisqu'elle aurait cess d'tre4 ,mais la gauche avait exig davantage4 ,elle avait voulu qu'il ft interdit d'enseigner toute personne appartenant une congrgation mme dissoute1 c'est--dire toute personne ayant appartenu une congrgation1 c'est--dire tout congrganiste1 mme qui ne le serait plus4 ,autrement dit1 cet article nouveau1 trs nouveau en effet1 proclamait la perptuit des vux1 alors que la loi ne reconnat pas de vux perptuels4 ,il disait3 ,la loi ne reconnat pas de vux perptuels1 mais moi1 non seulement je les reconnais1 mais je les impose4 ,vous avez t congrganiste2 vous prtendez ne plus l'tre1 vous voulez ne plus l'tre2 mais moi je veux que vous le soyez4 ,du reste1 j'ai dissous votre congrgation2 mais quand il s'agit de vous1 je la tiens pour existant encore1 afin que vous en soyez1 et je vous dfends d'tre professeur parce que vous en tes4 ,cela devenait absolument fou4 ,ce fut dnonc comme tel1 en mme temps que comme tyrannique1 et ce fut cingl trs vigoureusement par plusieurs orateurs du centre1 notamment par ,m4 ,aynard4 ,mais les orateurs de gauche rpondirent par l'argument irrsistible des deux jeunesses1 des deux ,frances1 par cette affirmation de ,danton et probablement de ,lycurgue1 que les enfants appartiennent la ,rpublique avant d'appartenir leurs parents1 et par cette raison sans rplique que la tolrance n'est pas due aux intolrants4 ,d'o il suit que la tolrance ne doit exister nulle part sur la terre1 les intolrants tant intolrants et les tolrants devant tre intolrants pour rprimer ceux qui le sont ou qui le seraient s'ils pouvaient l'tre4 ,on a vu du reste plus haut que cette ide est de ,jean-,jacques ,rousseau lui-mme4 ,l'article tait absurde en soi2 mais comme il tait despotique1 il passa trs facilement4 99 99 99 99 99 ,de quelle faon cette loi sur les associations fut applique1 c'est une chose que le cabinet ,waldeck-,rousseau aurait pu prvoir et que peut-tre il prvoyait2 car lorsque l'arbitraire est dj dans la loi il se dchane dans l'application de la loi beaucoup plus violemment encore4 ,les lections de #aijb ayant renforc quelque peu la partie antireligieuse de la ,chambre des dputs1 ,m4 ,waldeck-,rousseau1 fatigu et peut-tre voyant qu'aprs l'avoir men dj plus loin qu'il ne lui plaisait d'aller1 on le mnerait encore beaucoup plus outre1 se retira volontairement du ministre4 ,mais ce qui laisse souponner qu'il n'tait point fch que les iniquits qu'il ne voulait pas commettre1 fussent commises pourvu qu'elles le fussent par un autre--et on trouvera toujours du je ne sais quoi dans la conduite de ,m4 ,waldeck-,rousseau1 et l'on ne saura jamais s'il fut plus ingnu ou plus perfide1--c'est qu'il dsigna pour lui succder le plus born et le plus violent des hommes politiques1 ,m4 ,combes1 qui ,m4 ,loubet1 qui ne pouvait pas le souffrir1 mais qui a pass sa vie faire ce qu'il dsapprouvait et blmer dans ses discours la politique qu'il signait au bas de tous ses dcrets1 s'empressa de confier la prsidence du conseil et la direction du gouvernement4 99 99 99 99 99 ,ce fut un gouvernement de combat4 ,les tablissements congrganistes furent ferms par dcrets1 prcipitamment1 comme au hasard1 sans respect des dlais spcifis par la loi1 contrairement des jugements de la magistrature1 qui1 dans les commencements1 fit quelque rsistance au gouvernement et dsira que la loi ft excute au moins comme elle tait rdige4--,des excutions furent faites contre des tablissements religieux1 mme ne comprenant qu'un seul membre d'une congrgation et encore d'une congrgation autorise4 ,les tribunaux furent mats par l'intimidation et surtout par ce fait que tout jugement man d'eux1 non conforme au bon plaisir du gouvernement1 tait annul par un arrt de conflit qui leur enlevait le droit de s'occuper de l'affaire dont s'agissait4 ,le gouvernement1 sr de la ,chambre et encore plus1 s'il tait possible1 du ,snat1 allait droit de l'avant1 ne gardant aucune mesure dans les actes1 comme aucune forme1 mme hypocrite1 dans les paroles4 ,il y eut une insurrection1 oratoire du moins1 des rpublicains libraux et mme des rpublicains les plus authentiquement radicaux4 ,non seulement ,m4 ,charles ,benoist1 mais ,m4 ,gabriel ,monod1 ,m4 ,ren ,goblet protestrent4 ,m4 ,gabriel ,monod crivit3 ,ceux qui1 comme moi1 sont partisans d'une libert absolue d'association et en mme temps de la sparation de l'glise et de l'tat1 persuads qu'alors c'est l'glise mme qui imposerait des limites au dveloppement indfini des ordres religieux1 sont effrays et navrs de voir les anticlricaux d'aujourd'hui manifester l'gard de l'glise catholique des sentiments et des doctrines identiques ceux que les catholiques ont manifests nagure l'gard des protestants et des hrtiques de tout ordre4 ,on lit aujourd'hui dans certains journaux qu'il n'est pas possible de laisser l'glise continuer lever la jeunesse franaise dans l'erreur2 j'ai mme lu qu'il n'tait pas possible d'admettre la libert de l'erreur4 ,comme si la libert de l'erreur n'tait pas l'essence mme de la libert6 ,et dire que ceux qui crivent ces phrases protestent contre le ,syllabus1 tout en le copiant6 ,sommes-nous condamns tre ternellement ballotts entre deux incohrences8 et le cri de ,vive la libert6 ne sera-t-il jamais que le cri des oppositions perscutes1 au lieu d'tre la devise des majorits triomphantes8 ,de son ct1 ,m4 ,goblet crivait3 444 ,je ne souhaite mme pas la suppression complte des congrgations enseignantes1 non seulement parce qu'il n'existe pas actuellement assez d'coles et de matres laques pour recueillir tous les enfants qui reoivent l'instruction congrganiste2 mais parce que je suis un partisan dtermin de la libert d'enseignement et que1 tout en demandant que l'tat ouvre aussi largement que possible ses tablissements tous les enfants1 je ne lui reconnais pas le droit d'empcher les parents de faire donner1 s'ils le prfrent1 l'instruction leurs enfants dans des tablissements privs1 mme tenus par des religieux444 ,comment donc est-ce que j'entends qu'on peut combattre le clricalisme8 ,d'abord en faisant ce qui a toujours t un des articles essentiels du programme rpublicain3 la sparation des glises et de l'tat2 en enlevant aux glises la force qu'elles tirent de leur union avec l'tat et les ressources qu'elles puisent dans le budget1 et en laissant aux associations le soin de subvenir aux besoins des diffrents cultes444 ,en second lieu1 je voudrais qu'on laisst les congrgations libres de se former moyennant une simple dclaration2 mais en rservant le droit d'inspection de l'tat et en limitant strictement leur facult d'acqurir et de possder444 ,et je persiste penser que le rgime de libert1 joint l'exacte application des lois scolaires1 servirait infiniment mieux la cause de la ,rpublique et de la lacit que le systme de contrainte1 je ne veux pas dire de perscution1 irritant autant qu'inefficace1 dans lequel je vois avec regret le parti rpublicain s'engager4 ,ces avertissements1 comme il arrive quand on a affaire de certaines gens1 ne servirent qu' pousser plus vivement le parti despotiste dans le systme de contrainte et dans la manire forte4 ,les fermetures de couvents se multiplirent pendant toute l'anne #aijb2 et ,m4 ,combes1 dans ses discours-manifestes1 talait avec orgueil les chiffres de #bb4jjj ou #bc4jjj couvents mis sous scells et annonait le jour prochain o il n'y aurait plus un moine en ,france1 ce qui ferait de la ,france la premire nation du monde4 ,cependant restait la question des demandes d'autorisation4 ,d'aprs la loi de #aija1 il fallait une disposition lgislative pour dcider de l'autorisation accorder ou refuser une congrgation qui l'aurait demande4 ,m4 ,combes1 qui avait dj montr par ses actes qu'il estimait la loi de #aija beaucoup trop librale1 trouva que discuter chaque demande d'autorisation1 alors qu'on voulait n'autoriser personne1 tait une grande perte de temps4 ,il fit donc dcider par le ,parlement qu'on n'examinerait point du tout les demandes d'autorisation1 je veux dire qu'on ne les examinerait point sparment1 ce qui tait sans doute la seule manire de les examiner1 mais qu'on rpartirait en trois groupes les congrgations demandant tre autorises3 congrgations enseignantes1 congrgations prdicantes1 congrgations commerantes2 puis que1 sur chacun de ces groupes1 pris en bloc1 on prendrait une dtermination4 ,c'tait les trois charrettes1 et la faon dont on les amnageait et attelait1 il n'tait pas difficile de voir o l'on voulait qu'elles conduisissent4 ,cette application de la loi de #aija parut une violation de la loi de #aija l'auteur de la loi de #aija4 ,m4 ,waldeck-,rousseau protesta contre la manire de sa crature1 ,m4 ,combes4 ,il dit au ,snat3 ,l'application de la loi de #aija soulve1 l'gard de toutes les congrgations en instance d'autorisation1 une mme question4 ,il faut considrer les garanties qu'elles prsentent1 leur utilit au point de vue matriel et moral4 ,c'est l un examen individuel dont aucune ne doit tre dispense et dont aucune ne peut tre exclue4 ,la loi de #aija1 tant une loi de procdure en mme temps qu'une loi de principe1 ce serait la mconnatre que d'opposer une demande d'autorisation une sorte de question pralable4 ,ce serait la mconnatre aussi que d'admettre l'autorisation sans examiner1 comme on n'a jamais manqu de le faire sous le rgime antrieur #aija1 quel est le vritable caractre de la congrgation et si elle est en mesure de raliser son objet444 ,mais ,m4 ,waldeck-,rousseau tait depuis longtemps dpass2 il n'avait plus qu'une faible autorit2 il avait ouvert les outres2 et si ,m4 ,combes effrayait ,m4 ,waldeck--patrem suus conterruit infans--la majorit du parti rpublicain ne suivait plus que ,m4 ,combes1 que mconnaissait l'il de son pre4 ,successivement le ,snat et la ,chambre adoptrent la manire forte de ,m4 ,combes4 ,a la ,chambre ce fut surtout ,m4 ,ferdinand ,buisson qui exposa en toute sa prcision la thorie despotiste4 ,pour lui1 au fond1 la loi de #aija n'existait pas4 ,ce qui tait toujours en vigueur c'tait la lgislation de #agib1 qui avait supprim toutes les congrgations1 quelles qu'elles fussent4 ,la loi de #aija avait suppos1 sans doute1 que des congrgations pouvaient tre autorises2 mais elle n'obligeait nullement en autoriser une seule4 ,et1 de fait1 il n'en fallait pas autoriser une seule1 parce que toutes taient en dehors de la vie familiale et de la vie sociale4 ,et c'tait un argument faire frmir les clibataires1 lesquels1 vivant en dehors de la vie familiale1 pouvaient s'attendre tre chasss du territoire franais pour cause de conduite antisociale4 ,pour ce qui est de la libert du pre de famille1 ,m4 ,buisson rpondait1 en bon platonicien1 que l'enfant n'appartient pas aux parents2 mais l'tat1 que l'tat est son tuteur et doit le dfendre comme il doit dfendre tous les faibles4 ,m4 ,buisson tait ainsi1 en bon clectique1 familial dans la premire partie de son argumentation et antifamilial dans la seconde4 ,dans la premire partie il disait aux religieux3 ,vous ne pouvez pas enseigner1 parce que vous n'tes pas pres4 ,dans la seconde il disait aux pres de famille3 ,vous ne pouvez pas choisir l'enseignement donner vos enfants1 parce que vous tes pres4 ,dans la premire partie de l'argumentation1 n'tre pas pre tait un droit2 dans la seconde1 tre pre n'en donnait aucun4 ,logique au fond1 malgr les contradictions formelles1 tait cette thorie2 puisque1 selon les dmocrates1 personne n'a aucun droit1 personne1 except le gouvernement4 ,m4 ,combes reproduisit cette argumentation avec moins d'clat1 mais non moins de force4 ,il assura1 chose peut-tre tonnante au premier abord1 qu'interdire l'enseignement un congrganiste ou l'interdire un homme n'ayant pas de grades universitaires1 c'tait absolument la mme chose3 ,du moment qu'on admet la lgitimit des garanties1 ne ft-ce que celle des grades1 et des prcautions1 ne ft-ce que celle de la surveillance de l'tat1 il n'y a pas de raison pour que l'tat1 certaines poques1 ne puisse interdire l'enseignement certaines catgories de personnes444 ,les motifs dont l'tat peut tayer cette interdiction sont de mme nature que ceux en vertu desquels il interdit l'enseignement ceux qui ne remplissent pas les conditions voulues de grades1 de stage1 de moralit444 ,il et t plus simple de dire3 ,nous n'admettons enseigner que ceux qui ont des grades1 une moralit reconnue et qui nous plaisent4 ,et ,m4 ,combes ne disait pas autre chose2 seulement il s'efforait d'tablir une identit singulire entre le fait d'tre bachelier et le fait de plaire au gouvernement1 choses qui semblent bien n'tre pas tout fait de mme nature4 ,ces puissantes argumentations convainquirent parfaitement la majorit1 qui refusa en bloc toutes les autorisations demandes4 ,les trois charrettes taient arrives destination4 99 99 99 99 99 ,paralllement le gouvernement atteignait encore la libert d'enseignement en faisant supprimer par le ,snat la loi ,falloux1 la loi de #ahej4 ,a la vrit1 de cette loi il ne restait que peu de chose1 aprs un certain nombre de modifications de dtail antrieures mme l'anne #aijj1 et aprs la loi de #aija1 et particulirement aprs l'article de cette loi qui interdisait l'enseignement tout membre d'une congrgation mme dissoute4 ,mais il importait1 sans doute pour le principe1 que la libert d'enseignement ft attaque directement et de face2 et que la charte de la libert d'enseignement en ,france ft dchire avec une certaine solennit2 et que les rpublicains de #aijc dclarassent trs nettement qu'ils n'avaient rien de commun avec ceux de #ahej4 ,une proposition dpose par ,m4 ,braud tranait au ,snat depuis #aija1 sur le sujet de l'abrogation de l'article de la loi ,falloux1 subsistant encore1 qui reconnaissait la libert de l'enseignement secondaire4 ,ce projet ,braud exigeait le vote d'une loi spciale pour autoriser l'avenir l'ouverture de quelque tablissement d'enseignement priv que ce ft4 ,le gouvernement ne fit pas sien ce projet4 ,il en apporta un autre1 moins liberticide1 quoique trs restrictif encore de la libert d'enseignement4 ,ce projet maintenait comme de droit gnral la libert de fonder un tablissement d'enseignement priv4 ,mais il exigeait un certificat d'aptitude qui laissait qui devait le donner une singulire et inquitante latitude d'arbitraire et la quasi libert de le refuser par bon plaisir4 ,il organisait du reste l'inspection des tablissements d'enseignement priv1 et la rglementation des petits sminaires1 et la surveillance de l'enseignement secondaire1 etc4 ,c'tait ce projet1 extrmement dfiant l'gard de l'enseignement libre1 qui rvoltait la gauche1 parce qu'au moins en principe il maintenait ou paraissait maintenir la libert d'enseignement4 ,la commission snatoriale fut pour le projet ,braud1 et la droite1 faute de mieux1 pour le projet du gouvernement1 dit projet ,chaumi4 ,m4 ,charles ,dupuy fit un discours gnral1 trs chaleureux1 en faveur de la libert d'enseignement4 ,il n'y avait pas selon lui pril du ct de l'enseignement congrganiste1 puisque la loi de #aija1 avec application de #aijc1 venait de supprimer les congrgations4 ,donc ce que voulait la commission1 c'tait le rgime antrieur #ahej1 c'est--dire le monopole de l'tat4 ,pourquoi8 ,pour tablir la fameuse unit morale du pays4 ,mais cette unit morale est une chimre qui inspirait autrefois la rvocation de l'dit de ,nantes1 qui a inspir quelques autres sottises nationales et dont on devrait bien abandonner la poursuite4 ,m4 ,braud rpondit que ,rome tait l'unique objet de son ressentiment et qu'il s'agissait d'arracher la jeunesse franaise l'treinte jsuitique4 ,m4 ,eugne ,lintilhac1 avec citation d',aristote1 reproduisit l'argumentation de ,m4 ,ferdinand ,buisson1 affirma que l'tat avait tous les droits1 que le libralisme tait une utopie dangereuse et que le pre de famille n'avait pas le droit monstrueux de mettre son fils en travers de la route que suit l'humanit4 ,m4 ,thzard1 rapporteur de la commission1 mit une fois de plus en avant l'unit morale1 en affirmant qu'avant #ahej l'unit morale existait en ,france2 mais que depuis #ahej elle n'existait plus1 ce qui tait d'un gnralisateur hardi et d'un artiste amoureux de la symtrie1 mais d'un historien peut-tre insuffisamment inform4 ,m4 ,clmenceau osa se moquer de ,m4 ,lintilhac1 dire que la citation d',aristote1 rapporte du reste sous forme de rbus1 lui avait paru tre de ,loyola4 ,il osa peut-tre plus1 c'est savoir qu'il se permit de dire que les anticlricaux ne faisaient que transfrer la puissance spirituelle du pape l'tat4 ,et ainsi1 pour viter la ,congrgation1 nous faisons de la ,france une immense congrgation444 ,nos pres ont cru qu'ils faisaient la ,rvolution pour s'affranchir2 nullement3 c'tait pour changer de matres444 ,aujourd'hui1 quand nous avons dtrn les rois et les papes1 on veut que nous fassions l'tat roi et pape4 ,je ne suis ni de cette politique ni de cette philosophie4--,en consquence1 et cette logique particulire n'tonnera aucun de ceux qui sont familiers avec la mentalit anticlricale1 ,m4 ,clmenceau concluait interdire l'enseignement tout congrganiste1 tout congrganiste tant un morceau de la socit romaine et non de la socit franaise4 ,m4 ,waldeck-,rousseau vint une fois de plus1 peut-tre avec je ne sais quoi qui ressemblait un peu du ridicule1 gmir sur l'closion de l'oiseau qu'il avait couv4 ,l'intention 7que venait de manifester le prsident du conseil7 d'interdire l'enseignement tout congrganiste tait contraire au texte et l'esprit de la loi de #aija4 ,celle-ci n'avait pas indiqu ni entendu que certaines congrgations fussent autorises sauf dduction du droit d'enseigner4 ,on s'appuyait sur la loi de #aija pour en tirer des consquences qui allaient contre elle4 ,cruellement1 ,m4 ,clmenceau rpliqua que ,m4 ,waldeck-,rousseau avait tort de s'en prendre aux autres quand il n'avait s'en prendre qu' lui-mme3 qu'il avait ouvert la voie de telle sorte qu'il tait difficile qu'on n'allt point jusqu'au bout du chemin1 et au del des prvisions que ,m4 ,waldeck-,rousseau avait eu le tort de ne point avoir2 que1 si ,m4 ,combes avait mal appliqu la loi de ,m4 ,waldeck1 la faute en tait ,m4 ,waldeck qui avait confi ,m4 ,combes le soin d'appliquer la loi de ,m4 ,waldeck1 alors que rien ni personne n'avait empch ,m4 ,waldeck de l'appliquer lui-mme4--,a quoi ,m4 ,waldeck trouva certainement quelque chose rpondre1 mais ne rpondit rien4 ,finalement le projet ,chaumi1 trs transform et trs aggrav1 contenant notamment un paragraphe exigeant que tout ,franais voulant ouvrir un tablissement libre d'instruction doit produire la dclaration qu'il n'appartient pas une congrgation1 fut vot par le ,snat4 ,la question de savoir si le droit d'enseigner serait accord ou refus aux membres du clerg sculier tait rserve4 ,du reste1 ce qui restait de libert dans la loi vote par le ,snat en premire lecture en #aijc n'tait garanti par rien1 puisqu'il avait t stipul par cette loi mme que le gouvernement peut fermer toute cole libre1 mme contre l'avis du conseil suprieur1 si l'enseignement de cette cole lui parat contraire la morale1 la constitution et aux lois4 ,or aucun homme sens ne veut qu'une cole puisse donner un enseignement contraire la constitution1 la morale et aux lois2 mais tout homme sens veut que ce soit un tribunal ou un arbitre quelconque1 indpendant du gouvernement1 et non le gouvernement lui-mme1 qui soit juge en cette question4 ,la loi revint en seconde lecture au ,snat en #aijd4 ,le dbat fut court4 ,il porta sur l'interdiction d'enseigner faite tout congrganiste1 et cette interdiction fut maintenue4 ,m4 ,chaumi1 s'appropriant les ides philosophiques de ,m4 ,buisson1 assura que les congrganistes n'taient point mis hors la loi cause de leurs sentiments religieux1 ce qui serait contraire la libert de conscience1 laquelle est sacre2 ni cause de leur incapacit1 car il y en a de bien intelligents2 mais parce qu'ils sont dociles et qu'ils obissent leurs chefs et qu'ils ne sont pas des tres d'volution4 ,qu'ils cessent d'tre congrganistes et alors ils seront des tres d'volution et pourront enseigner4--,la capacit d'enseigner se mesurant l'indocilit1 on peut esprer que le gouvernement rpublicain donnera un avancement rapide tout professeur de l',universit enseignant des choses dsagrables au gouvernement4 ,le dbat porta encore sur l'article qui permettait au gouvernement de fermer les tablissements d'enseignement libre1 mme contre l'avis du conseil suprieur1 en cas d'enseignement contraire la morale1 la constitution et aux lois4 ,cet article donnait pleine facult d'arbitraire et de bon plaisir au gouvernement4 ,mais ,m4 ,thzard ayant dclar1 comme s'il l'avait su1 que le gouvernement ne fermerait qu'exceptionnellement un tablissement contrairement l'avis du conseil suprieur1 le ,snat fut pleinement rassur et l'article fut maintenu4 ,bref1 la loi fut vote en seconde lecture telle qu'elle l'avait t en premire4 99 99 99 99 99 ,en #aijd1 nouveau progrs4 ,m4 ,combes1 au cours de la discussion devant le ,snat de la loi abrogatrice de la loi ,falloux1 s'tait engag dposer un projet global et dfinitif supprimant dcidment tout enseignement congrganiste de quelque ordre et de quelque nature qu'il ft1 et si autorise qu'et t et que ft encore la congrgation laquelle il appartenait4 ,c'tait le dernier tour de vis4 ,cette loi fut immdiatement dpose la ,chambre des dputs1 et l'ouverture de la discussion eut lieu fin fvrier et la discussion se prolongea jusqu'au #bh mars4 ,elle ne pouvait que rditer toutes les argumentations qui s'taient produites depuis quatre ans4 ,m4 ,buisson ne manqua pas de dire qu'il tait permis d'tre moine isol1 mais non d'tre moine associ1 parce que1 quand une association est religieuse1 elle perd tout droit la libert d'association4 ,m4 ,combes ne manqua point d'affirmer que les moines ne sont pas des citoyens et ne peuvent revendiquer les droits de l'homme1 ni celui d'enseigner ni celui de s'associer4 ,m4 ,ribot1 mieux plac que ne l'avait t ,m4 ,waldeck-,rousseau lui-mme1 pour montrer combien les lois de #aijc et #aijd taient contraires la loi de #aija1 mesura les pas de gant que l'anticlricalisme avait faits depuis trois ou quatre ans et montra que ce qu'il avait reconstitu de toutes pices1 c'tait le pur et simple arbitraire1 et que rien de pareil n'avait t rv ni par ,m4 ,waldeck-,rousseau ni par ceux qui l'avaient suivi4 largissant la question1 il s'en prit la formule scularisation complte de l'tat et demanda si les tats-,unis taient un tat scularis1 eux qui accordent la libert la plus complte tous les citoyens sans leur demander quelle robe ils portent ni quels vux ils ont faits4 ,il fit remarquer spirituellement qu'il y a en ,france1 sinon une grande science thologique1 du moins un sentiment thologique pouss une singulire vhmence1 savoir la haine thologique1 invidia theologica1 et que beaucoup de libres penseurs n'ont pas d'autre conception de la libre pense que de prendre l'envers du clricalisme qu'ils combattent avec tant d'nergie1 si bien que1 gardant toutes les habitudes d'esprit qu'ils reprochent leurs adversaires1 ils ne sont que des clricaux rebours4 ,il termina ainsi1 en donnant comme le programme1 non seulement du libralisme franais1 mais de la politique religieuse de tout tat moderne et civilis3 ,je m'inquite et je m'attriste de voir que dans notre pays il y ait cette tendance revenir toujours vers le pass1 ne pouvoir sortir des ornires o nous nous sommes trans1 ne pouvoir renouveler nos ides et nos conceptions de la libert moderne4 ,nous retardons singulirement sur beaucoup d'autres peuples1 et je ne sais pas s'il y a deux parlements en ,europe o des discussions comme celles auxquelles nous avons assist puissent s'ouvrir4 ,ce qui m'inquite et m'attriste aussi1 c'est qu' mesure que ces vieilles ides reparaissent et que se renouvellent ces vieilles pratiques si souvent condamnes par nos chefs1 chaque jour dclinent ces grandes ides librales qui sont l'essence mme de cette ,rpublique franaise qui n'est rien si elle n'est pas la libert organise4 ,on commence aimer dans ce pays l'usage de la force1 mme et surtout quand elle est accompagne d'un peu de brutalit3 on aime les coups de majorit4 ,permettez-moi de vous dire que cela1 c'est l'affaiblissement1 l'oubli du vritable esprit rpublicain et que1 sous prtexte de dfendre la ,rpublique1 on aboutit abolir ce qui est notre honneur et ce qui est notre force3 l'esprit de large tolrance1 l'esprit d'quit1 le respect de tous les droits444 ,quant nous1 libraux1 nous n'avons pas dire ce que nous sommes et ce que nous voulons4 ,nous avons toujours1 et ds la premire heure1 dfendu nos ides cette tribune4 ,nous y restons fidles4 ,nous savons1 parce que nous avons tudi l'histoire1 parce que nous avons jet les yeux en dehors de chez nous1 vers les pays qui marchent1 qui progressent1--tandis que nous nous attardons dans les luttes1 dans les querelles striles1--nous savons o va le progrs humain et nous avons la conviction que nous sommes dans la bonne voie4 ,le prsent peut nous rserver encore quelques tristesses et quelques dceptions2 mais l'avenir nous donnera raison4 ,la loi fut vote4 ,elle dcidait1 en somme1 que toute congrgation enseignante1 qu'elle et t autorise ou qu'elle n'et pas t autorise1 devait avoir disparu dans le dlai de dix annes4 ,ce qui rsume peut-tre le mieux l'uvre de cette dernire loi et de toutes les lois prcdentes1 c'est cette dclaration que ,m4 ,henri ,maret lut avant le vote dfinitif de la loi3 ,je ne voterai pas cette loi pour plusieurs raisons4 ,la premire1 c'est que la loi est une loi contre la libert4 ,c'est une loi de combat1 et toutes les lois de ce genre finissent toujours par se retourner contre leurs auteurs4 ,ensuite vous faites une loi un peu jsuitique4 ,vous faites une loi contre les personnes1 puisque vous laissez subsister l'enseignement2 vous ne l'interdisez qu' une certaine catgorie de personnes4 ,en troisime lieu1 vous faites une loi inutile2 car l'enseignement congrganiste subsistera sans les congrgations4 ,enfin la loi que vous avez vote porte une telle atteinte la libert d'enseignement que cette libert ne sera plus qu'un leurre1 surtout pour les pauvres4 99 99 99 99 99 ,mais dj 7commencement de #aijd71 une autre campagne anticlricale d'un tout autre genre avait commenc4 ,pendant quelques annes1 le parti anticlrical s'tait tenu trs ferme sur le terrain du ,concordat1 en tirant mme des arguments du ,concordat contre l'glise latrale1 l'glise rgulire1 l'glise congrganiste1 ainsi que nous avons vu4 ,a partir de #aijd1 il aiguilla vers la suppression du ,concordat1 vers la sparation de l'glise et de l'tat4 ,il n'y eut du reste que contradiction apparente entre ces deux dmarches1 puisqu'au fond le dessein du parti anticlrical tait de combattre et de dtruire en ,france la religion chrtienne elle-mme1 et puisque1 l'glise latrale dtruite ou musele1 ce qui restait1 c'tait de foudroyer et pulvriser l'glise sculire elle-mme4 ,c'est ici que les rpublicains despotistes se sparaient de ,napolon ,ier1 celui-ci ayant tenu au maintien d'une glise asservie son gouvernement et les rpublicains despotistes voulant la suppression de l'glise quelle qu'elle ft et1 du reste1 de la religion chrtienne elle-mme4 ,c'est ce dessein que n'avait point cach ,m4 ,jaurs dans un discours qui premire vue avait pu paratre trange1 mais qui1 intentionnellement ou non1 livrait le secret1 lequel1 du reste1 n'tait un mystre pour personne4 ,dans la discussion sur la loi interdisant l'enseignement tout congrganiste1 ,m4 ,jaurs1 pour conclure simplement contre la capacit ducatrice du moine1 avait fait son procs au christianisme tout entier depuis ses origines jusqu' nos jours3 ,au moment o le christianisme est apparu la surface du monde1 au moment o l'ide divine a tenu1 selon la religion catholique1 se manifester dans une personne humaine1 ce moment la face du monde a chang4 ,un double et contradictoire effet allait natre de cet vnement historique2 il allait en rsulter1 la fin1 une concentration1 un assainissement de la pense humaine et l'exaltation mme de cette pense2 et ce contraste montre combien court et misrable doit rester1 dans le prolongement des vnements1 un effort1 si puissant soit-il1 de la logique abstraite4 ,un ,dieu tait venu sauver les hommes2 l'infini divin s'tait ml un instant aux contingences humaines2 la loi qu'il avait dicte quelques disciples allait tre et devait rester l'intangible enseignement qu'aucune autre doctrine ne pourrait venir remplacer1 qu'aucune autre leon ne devait mme attnuer ou expliquer4 ,le ,syllabus est en germe dans l'vangile3 il fallait que l'homme aveugle recueillt la clart rvle un jour par le ,dieu qui tait venu la lui apporter et ne la perdt jamais de vue1 dt-on la lui imposer de force1 dt-on proscrire tout autre enseignement4 ,il fallait rpandre cette vrit de cerveau cerveau2 et pour cela se rclamer de la libert1 puisque seule elle permettait de la propager4 ,mais il fallait aussi refuser cette libert aux autres1 puisque le cerveau qui en tait un jour tout clair de cette vrit ne devait plus jamais rechercher d'autre lumire4 ,voil comment le christianisme devait asservir la pense humaine2 et en mme temps il allait l'exalter en lui donnant de son origine1 puisqu'un ,dieu tait venu pour le sauver1 en lui donnant de son but dans une autre existence1 la plus haute ide4 ,l'homme avait le droit de s'exalter1 et c'est cette double loi1 condense dans le christianisme naissant1 qui allait se dvelopper au cours de l'histoire4 ,c'est elle qui explique l'lan passionn du fidle agenouill dans la ferveur mystique--et les abominables crimes de l',inquisition4 ,c'est elle qui fait comprendre toute une longue priode de notre histoire qui resterait incomprhensible4 ,c'est elle qui nous montre1 dans les nuits loignes et troubles du moyen ge1 la douce lueur de l'toile du matin vers laquelle on prie et les flammes sinistres des bchers autour desquels on tue4 ,mais par l'accomplissement de cette double loi le christianisme a puis sa force4 ,il a ruin le droit de la personne humaine1 et c'est la personne humaine qui1 affranchie aujourd'hui1 veut d'autres enseignements4 ,c'est ainsi que la communaut laque a t conduite intervenir pour inculquer la jeunesse les principes de la raison4 ,ces principes1 nous avons le devoir d'en faire une ralit1 et c'est dans cet esprit que nous voterons la loi4 ,ce discours tait d'une clart douteuse et il semblait dpasser singulirement son objet1 si attaquer tout le christianisme1 attaquer l'vangile--et y trouver le ,syllabus--pour aboutir carter de l'enseignement les frres des coles chrtiennes1 est d'une dialectique disproportionne son objet4 ,mais1 au fond1 le discours tait pertinent1 et s'il tait nbuleux dans l'exposition1 il tait clair en son dessein4 ,il tait mme trs loyal4 ,il voulait dire3 ,point de surprise6 ,soyez prvenus4 ,ceci n'est qu'un pisode4 ,nous frappons aujourd'hui les congrganistes parce qu' chaque jour suffit sa proscription2 mais c'est au christianisme tout entier que nous en voulons et mme toute religion1 puisque1 ce que nous voulons qui disparaisse1 c'est l'exaltation religieuse1 c'est le sentiment religieux4 ,ce jour-l1 et il fut trs bien compris1 ,m4 ,jaurs dirigeait le parti anticlrical vers la sparation de l'glise et de l'tat1 considre elle-mme comme un pisode de la guerre sans merci la religion chrtienne4 ,a la vrit1 la sparation de l'glise et de l'tat tait un trs ancien article du programme rpublicain4 ,la ,convention1 comme on a vu plus haut1 l'avait tablie1 par lassitude1 il est vrai1 de la ,constitution civile du clerg2 elle avait t rclame en #ahcj et en #ahdh par une fraction du parti rpublicain2 et1 sous l',empire1 surtout par esprit d'opposition l'occupation de ,rome par les troupes franaises1 elle tait son rang dans les manifestes du parti dmocratique4 ,sous la troisime ,rpublique1 un grand nombre de rpublicains et quelques hommes aussi qui ne l'taient point1 tenaient la sparation pour souhaitable4 ,peu de propositions parlementaires1 cependant1 ma connaissance1 furent faites en ce sens4 ,la premire que je connaisse et1 en tout cas1 la premire qui ait eu quelque retentissement ou plutt qui l'on ait fait attention1 est celle de ,m4 ,holtz1 dput de la ,seine1 en janvier #aija4 ,il dposa un projet de rsolution portant qu'aussitt aprs la promulgation de la loi sur les associations 7loi ,waldeck71 la ,chambre poursuivrait la sparation des glises et de l'tat4 ,mais le temps n'tait pas venu4 ,le parti anticlrical tait alors concordataire ou affectait de l'tre1 ayant appris quelque peu l'art de srier les questions4 ,le parti radical resta insensible4 ,m4 ,brisson1 ,m4 ,trouillot s'abstinrent4 ,m4 ,lon ,bourgeois vota mme contre la proposition1 qui n'obtint que #adf voix contre #cbh4 ,il est vrai qu'immdiatement aprs1 ,m4 ,gauthier 7de ,clagny71 voulant faire comme confirmer et renforcer ce vote et ayant propos une rsolution par laquelle l',assemble s'engageait maintenir le ,concordat1 sa proposition fut repousse par #bfa voix contre #bdf4 ,il n'y avait pas l prcisment incohrence et il ne faudrait pas dire que la ,chambre manifesta le mme jour son dsir de maintenir le ,concordat et de le supprimer4 ,la vrit est que l',assemble repoussait une manifestation de gauche et une manifestation de droite1 ce qui tait une manire de rester et d'indiquer qu'elle voulait rester dans le statu quo2 et cette attitude tait encore concordataire1 sans l'tre passionnment2 et tel tait bien l'tat d'me de l',assemble de #ahih-aijb4 ,celle de #aijb eut un esprit un peu diffrent4 ,non pas que les lections eussent marqu aucunement un esprit anticoncordataire4 ,a peine une centaine de candidats--et qui ne furent pas tous lus--avaient mis la sparation de l'glise et de l'tat dans leurs professions de foi4 ,mais l'assemble populaire de #aijb tait un peu plus radicale que celle de #ahih et1 de plus1 ,m4 ,waldeck-,rousseau1 trs concordataire et mme trs conservateur1 avait choisi ,m4 ,combes pour la diriger4 ,a la vrit1 ,m4 ,combes n'tait pas anticoncordataire1 lui non plus1 en #aijb1 et il n'avait pas souffl mot dans son discours-programme de la sparation de l'glise et de l'tat2 mais il est de ces hommes qui vont devant eux beaucoup plus loin qu'ils ne veulent aller1 par emportement et colre1 comme ,m4 ,waldeck tait de ceux qui vont beaucoup plus loin qu'ils ne veulent aller1 parce qu'ils ne savent pas o ils veulent aller1 sachant seulement o ils veulent parvenir4 ,tant y a qu'une certaine agitation s'tant produite dans quelques glises de ,paris propos d'anciens congrganistes qui y prchaient1 les anticlricaux ayant d'abord frapp les fidles1 puis ayant t vigoureusement corrigs leur tour1 et le gouvernement ayant supprim le traitement des curs de ces glises1 il y eut la ,chambre interpellation et proposition1 faite par ,m4 ,mass et ,m4 ,hubbard1 de sparation de l'glise et de l'tat 7mai #aijc74 ,les interpellateurs eux-mmes1 ,,mm4 ,gayraud1 rpublicain catholique1 ,m4 ,x4 ,reille1 ,m4 de ,grandmaison1 ,m4 ,grousseau 7de mme nuance7 reconnaissaient que la conduite du gouvernement depuis un an menait droit la sparation et que1 sans en tre partisans1 ils s'y rsignaient sans crainte4 ,m4 ,combes parla4 ,pour la premire fois1 il laissa entrevoir la sparation comme pouvant entrer dans les prvisions des hommes politiques4 ,il se plaignit de la rbellion de l'glise2 il exprima cette ide que le ,concordat n'avait pas donn l'tat des armes suffisantes contre l'glise et il envisagea la sparation comme possible en s'exprimant ainsi3 ,devant le spectacle de cette rbellion1 l'opinion publique s'interroge avec inquitude et1 pour peu que ce spectacle se prolonge1 elle sera fatalement amene rejeter sur le ,concordat la responsabilit d'un tat de choses o les carts de conduite sont encourags par l'insuffisance mme des moyens de rpression4 ,l'opinion sera ainsi amene considrer que le ,concordat de #ahja a fait son temps1 et envisager une de ces deux solutions3 ou bien la sparation de l'glise et de l'tat444 ,on l'interrompit1 on lui cria3 des glises6 ,il en profita pour bien montrer que ce qu'il dsirerait1 le cas chant1 c'tait bien la sparation d'avec l'tat de l'glise catholique seule1 de telle sorte que l'glise protestante et l'glise juive devinssent religions d'tat et l'glise catholique religion prive2 car il reprit ainsi3 444 de l'glise catholique et de l'tat2 ou bien1 si elle pense que cette sparation n'a pas t suffisamment prpare1 une rvision srieuse et efficace des rglements sur la police des cultes4 ,la ,chambre n'accepta point la proposition tendant la sparation et vota un ordre du jour conciliateur de ,m4 tienne2 mais la question tait pose et le gouvernement1 pour la premire fois1 avait eu un sourire favorable pour la sparation4 ,s'il n'avait pas t plus loin1 c'est que le parti rpublicain1 comme tous les autres1 du reste1 tait divis sur cette question et d'ailleurs1 comme tous les autres1 l'est encore4 ,il y a des rpublicains antisparatistes2 il y a des libraux antisparatistes et il y a des ractionnaires sparatistes4 ,les rpublicains sparatistes sont des autoritaires qui ne prennent la sparation que pour une mesure de spoliation l'gard de l'glise 7suppression du budget des cultes7 et pour une mesure qui permettra de traiter l'glise sculire comme on a trait l'glise rgulire1 en s'appuyant sur les mmes arguments4 ,pour eux1 la sparation est une prface de l'extermination4 ,les rpublicains antisparatistes 7,m4 ,thzard par exemple1 dans un remarquable discours prononc devant ses commettants en aot #aijc et qu'il a repris en le dveloppant devant le ,snat en novembre #aije7 sont des autoritaires aussi1 fidles la conception napolonienne et qui se disent que la sparation1 c'est1 quoi qu'on fasse1 la libert et qu'avec la libert on ne sait jamais ce qui peut arriver2 que la sparation1 quelque complte qu'elle puisse tre par toutes les mesures possibles d'extermination1 commence toujours par mettre l'glise hors des mains de l'tat et que cela seul est dj dangereux2 que mieux vaut garder un esclave enchan que l'affranchir en se promettant de l'assommer ensuite4 ,ces considrations n'ont jamais t sans faire hsiter un peu les plus sparatistes des rpublicains4 ,les libraux antisparatistes 7,m4 ,ribot7 sont des hommes qui1 d'une part1 n'aiment jamais les rsolutions extrmes et qui1 d'autre part1 savent trs bien qu'une sparation ne pourrait tre librale que faite par eux1 et que faite par des radicaux1 elle n'est qu'une mesure de guerre ajoute d'autres et devant tre suivie par d'autres indfiniment2 et que1 par consquent1 il n'y a que des raisons thoriques et il n'y a aucune raison pratique affranchir l'esclave pour qu'il soit assomm le lendemain4 ,les libraux sparatistes1 dont je suis1 n'ont pas la navet de croire qu'une sparation faite par des rpublicains despotistes puisse tre arrire-pense librale et sont parfaitement convaincus qu'elle est toujours arrire-pense d'crasement4 ,seulement ils croient que1 mme organise contre la religion et destine tre complte dans le mme sens1 la sparation vaut mieux que la domestication1 parce qu'elle est la libert1 la libert trs menace1 mais encore la libert4 ,ils disent3 ,malo periculosam libertatem4 ,ils croient que dans cette libert mme prilleuse1 que dans cette libert de combat1 l'glise puisera des forces nouvelles et qui sont celles mmes qui font qu'une glise est vivante4 ,en un mot1 ils croient qu'une glise est une force autonome1 indpendante de l'tat1 ou qu'elle n'est rien4 ,ils croient encore que l'glise indpendante de l'tat1 mme tourmente1 mme perscute1 suscitera l'tat1 sans mme le vouloir1 mais parce que l'tat en ,france sera toujours autoritaire1 de tels embarras1 lui donnera de telles impatiences1 que lui-mme en reviendra1 comme en #ahja1 dsirer passionnment un ,concordat1 ce qu'ils ne souhaitent pas1 mais ce qu'ils prvoient4 ,en somme1 ils raisonnent exactement1 pour conclure la sparation1 comme les rpublicains antisparatistes pour la repousser4 ,et enfin les ractionnaires sparatistes raisonnent comme les libraux sparatistes1 pendant que les ractionnaires antisparatistes1 timors ou prudents1 traitent leurs amis sparatistes de risquons-tout et de casse-cou4 ,voil quel est encore1 voil quel tait en mai #aijc l'tat des partis dans cette question4 ,il y avait donc hsitation un peu partout4 ,que les rpublicains en sortissent1 cela dpendait du gouvernement2 car ,m4 ,combes inspirait une extraordinaire confiance un parti peu intelligent1 peu rflchi et que la violence d'attitudes et de paroles sduit presque toujours4 ,or ,m4 ,combes1 trs peu sparatiste au dbut de son ministre1 trs peu sparatiste encore en mai #aijc1 comme on vient de le voir1 inclina trs rapidement vers la sparation1 comme un homme que mnent les circonstances interprtes par un temprament colrique4 ,il eut avec la cour de ,rome quelques dmls qu'un gouvernement conciliant ou simplement matre de soi1 non seulement aurait rsolus en quelques minutes1 mais mme aurait considrs comme n'existant pas2 car en vrit ils n'taient que de trs lgers dissentiments4 ,deux vques1 ,m4 ,geay1 vque de ,laval1 ,m4 ,le ,nordez1 vque de ,dijon1 taient agrables au gouvernement franais et suspects1 soit pour leur conduite prive1 soit pour leur administration1 la ,curie4 ,de ,rome on avertit ,m4 ,le ,nordez de se dmettre de ses fonctions4 ,la lettre romaine fut communique par l'vque au gouvernement franais1 qui protesta auprs du ,saint-,sige1 allguant que1 d'aprs le ,concordat1 les nominations des vques devant tre faites par le gouvernement franais1 sauf institution canonique rserve au ,saint-,sige1 il en devait tre des rvocations comme des nominations et que le ,saint-,sige n'avait pas le droit de dposer un vque franais4 ,exactement la mme procdure avait t suivie l'gard de ,m4 ,geay et exactement les mmes protestations1 relativement l'affaire de ,m4 ,geay1 taient faites par le gouvernement franais4 ,en mme temps1 ordre tait donn par le gouvernement franais et ,m4 ,geay et ,m4 ,le ,nordez d'avoir ne pas quitter leurs postes4 ,le sous-secrtaire d'tat romain rpondit qu'autre chose tait une dposition d'vque et un avertissement donn un vque de se dmettre pour un temps de ses fonctions et de venir s'expliquer et se justifier devant la ,curie romaine2 que de pareils avertissements taient du droit du ,saint-,sige1 devant qui les vques1 canoniquement institus par lui1 taient toujours responsables4 ,la question tait discutable et videmment1 avec un peu de diplomatie et de temporisation1 tait susceptible d'arrangement4 ,le gouvernement franais fut cassant1 brusqua les choses1 rappela l'ambassadeur franais et remit ses passeports au nonce4 ,c'tait la guerre dclare4 ,les deux vques1 qui avaient eu jusqu'alors choisir entre l'obissance l'gard du gouvernement franais et l'obissance l'gard du ,saint-,sige1 se dcidrent pour celle-ci1 partirent furtivement pour ,rome1 se soumirent la ,curie et donnrent leur dmission d'vques franais4 ,m4 ,combes vit dans tout cela des motifs suffisants1 non seulement pour rompre toutes relations diplomatiques avec le ,saint-,sige1 mais encore pour dnoncer le ,concordat et pour sparer l'glise de l'tat1 en rejetant formellement--il l'a fait vingt fois--toute la responsabilit de ces graves mesures sur le gouvernement pontifical4 ,aussi1 ds le #d septembre1 discourant ,auxerre1 il fit cette dclaration importante qu'il croyait sincrement que le parti rpublicain1 clair enfin pleinement par l'exprience des deux dernires annes1 accepterait sans rpugnance la pense du divorce entre l'glise et l'tat4 ,la proposition de sparation de l'glise et de l'tat tait dpose devant le peuple4 ,elle le fut deux mois aprs 7#aj novembre7 sur le bureau de la ,chambre des dputs4 ,quelque opinion que l'on puisse avoir sur le fond de la question1 il y a certainement affirmer que la responsabilit de la sparation ne doit pas tre rejete sur ,rome et que cette mesure a t engage sur les plus futiles motifs1 s'il ne faut pas dire sans motifs1 et avec une prcipitation qui sent la colre infantile4 ,ce n'est pas que les avertissements fermes en mme temps que respectueux eussent manqu ,m4 ,combes et ,m4 ,delcass1 ministre des affaires trangres4 ,a propos d'un premier rappel de notre ambassadeur accrdit auprs du pape1 ,m4 ,ribot avait approuv cette mesure en tant que provisoire1 mais il avait montr les dangers d'une rupture qui ft dfinitive avec le ,saint-,sige et1 envisageant cette escarmouche comme le prlude de la sparation de l'glise et de l'tat1 il avait manifest ses inquitudes patriotiques3 ,les gouvernements trangers444 peuvent chercher profiter d'une brouille un peu prolonge entre le ,saint-,sige et le gouvernement franais pour se faire accorder quelques avantages ou oprer quelque demi-rconciliation nos dpens4 ,je ne saurais1 quant moi1 leur en vouloir3 ils font leur mtier de gouvernements4 ,c'est nous ne point nous prter bnvolement ce que ce malentendu1 cette brouille1 qui1 je l'espre1 sera aussi courte que possible1 puisse donner nos concurrents dans le monde des avantages qu'il vaut mieux garder pour nous444 ,j'ai cout avec beaucoup d'intrt le discours de l'honorable ,m4 ,briand4 ,il m'a charm par certains cts1 je le dis sans ironie4 ,m4 ,briand fait en moment-ci un travail que je serai le premier discuter dans un esprit trs large1 parce que notre collgue est en train de dcouvrir et de nous montrer les difficults d'une question qu'on prsente depuis trente ans sous une forme trop simplifie--il l'a dit lui-mme--aux lecteurs1 en risquant ainsi de les tromper4 ,il est en train de dcouvrir les difficults du problme de la sparation de l'glise et de l'tat4 ,nous avons peut-tre sur ,m4 ,briand cet avantage que nous les avons dcouvertes avant lui444 ,quand le moment sera venu1 je montrerai quelles conditions on peut s'acheminer vers une indpendance plus grande de l'glise et de l'tat1 et nous discuterons fond sur tous ces points4 ,la seule chose que je retienne et sur laquelle nous sommes d'accord maintenant 7871 c'est que ce serait une folie et une folie criminelle de vouloir procder une rupture violente avec le ,saint-,sige et de dcrter la sparation sans avoir prpar les esprits par toutes les mesures ncessaires4 ,gambetta1 quand on lui parlait de la sparation de l'glise et de l'tat1 avait coutume de dire3 ,oh6 ,ce serait la fin de tout4 ,il me semble que vous commencez comprendre que ce serait au moins la fin d'une foule de choses auxquelles je tiens et auxquelles nous devons tous tenir4 ,ce serait la fin de ce qui reste de paix religieuse dans ce pays1 et c'est pourquoi vous tes prudents1 vous n'tes que prudents1 en demandant des dlais1 en ne voulant pas tirer des consquences imprvues1 en ne demandant pas la rupture dfinitive avec le ,saint-,sige444 7#bg mai #aijd47 ,et sur la rupture1 qui prcisment devait tre dfinitive1 ,m4 ,ribot parlait ainsi cinq mois aprs4 ,il s'attachait surtout dmontrer que c'tait un sophisme que de prtendre que le ,saint-,sige tait responsable de la rupture3 444 ,vous pouviez prendre un de ces moyens qui1 tout en maintenant avec la dernire fermet les droits de la ,france1 ne compromettent pas tout1 ne brisent pas tout en une heure4 ,mais1 vous venez de le dire vous-mme la tribune1 vous avez donn vingt quatre heures au pape pour vous rpondre4 ,vous avez voulu la rupture4 ,j'ai le droit de le dire1 la prcipitation avec laquelle vous l'avez opre ne laisse aucun doute sur le but que vous poursuiviez4 ,vous vouliez la sparation de l'glise et de l'tat2 c'tait votre nouvelle politique1 qui avait pris naissance il y a quelques jours peine1 et il vous fallait comme prface et comme prtexte cette sparation dont vous tiez dsormais le partisan1 il vous fallait une rupture publique1 officielle avec ,rome1 et alors vous avez tout press1 vous avez tout bris1 vous n'avez pas laiss le temps de vous rpondre4 ,vous porterez devant le pays et devant l'histoire la responsabilit des consquences de votre conduite4 ,c'est une singulire prface la sparation que cette rupture totale avec le ,saint-,sige6 ,elle la rend singulirement dangereuse6 ,elle contribue lui donner ce caractre qui suffirait lui seul empcher beaucoup de nos collgues de la voter444 ,la sparation pourra se faire le jour o l'tat des esprits le permettra2 elle se fera comme une mesure de pacification4 ,mais si elle est faite en pleine guerre contre l'glise1 elle prend un tout autre caractre et elle doit faire reculer les plus hardis dans cette ,chambre444 ,quand mme nous serions d'accord sur le papier1 quand vous auriez fait le plan de cette cit future o l'tat et l'glise seront compltement spars1 vous n'auriez pas rsolu la plus grande difficult1 qui est de faire passer ce nouveau rgime dans les murs d'un pays aussi vieux que le ntre1 de donner la libert totale un clerg qui a t tenu en tutelle jusqu' ce jour et de faire comprendre vos amis et tous les citoyens de ce pays1 habitus rclamer contre l'ingrence du clerg dans la politique1 que tout est chang et que dsormais il faut qu'ils s'y rsignent6444 ,fussions-nous en tat1 demain1 de faire la sparation de l'glise et de l'tat1 ce serait encore une faute impardonnable d'avoir1 la veille de cette sparation1 demande par vous1 rompu violemment toutes relations avec le ,saint-,sige4 ,il est trs certain que l'opration1 trs grave1 je le reconnais1 de la sparation de l'glise et de l'tat1 a t engage prcisment dans les conditions qui lui donnaient et qui lui laissent le caractre qu'elle ne devrait pas avoir4 ,la sparation a t une mesure de combat au cours d'une bataille4 ,elle a t un coup de canon rpondant une attitude de mcontentement1 assez justifie du reste4 ,elle a t une mesure de reprsailles et de vengeance4 ,dans ces conditions1 il est possible qu'il en sorte1 mais il est difficile et il est infiniment peu probable qu'il en sorte une excution1 une pratique domine par des sentiments libraux1 domine1 mme1 par des sentiments de loyaut4 ,qui ne voit que1 en raison1 en bon sens froid1 le ,concordat est un rgime rgulier et pacifique et la sparation un autre rgime pacifique et rgulier2 que1 par consquent1 la prface une sparation doit tre exactement la mme qu'une prface un concordat2 qu'une sparation doit tre faite1 pour tre bien faite et sortir de bons effets1 par des ngociations longues1 prudentes et rciproquement respectueuses et bienveillantes1 entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel2 qu'elle doit tre faite aprs un examen bilatral et une discussion bilatrale de toute la question de principe1 de toute la question de forme et de toute la question de consquences2 et que c'est prcisment d'une faon toute contraire celle que nous venons d'indiquer que la sparation a t engage et qu'elle a t accomplie8 ,si le ,concordat1 rgime du reste dtestable mon avis1 je l'ai dit assez1 a t cependant un rgime viable1 tout au moins1 et sur lequel on a pu vivre rgulirement et se tenir peu prs en quilibre1 c'est qu'il avait t dbattu entre les deux parties contractantes1 sinon avec beaucoup de sagesse1 sinon1 mme1 avec une extrme bonne foi1 du moins avec une certaine prudence1 du moins avec cet avantage1 qu'a toujours une tractation contradictoire1 que tous les cts et tous les aspects de la question avaient t envisags4 ,qu'on ne me dise point3 ,eh6 ,il faut dlibrer ensemble et finalement s'entendre pour contracter2 mais c'est bien inutile pour dcider qu'on n'est plus contractants4 ,il est besoin d'un contrat pour un mariage2 il n'en est pas besoin pour un divorce4 ,il est besoin de convenir pour savoir comment on vivra ensemble2 il n'est pas besoin de convenir pour savoir comment on vivra spars et chacun de son ct1 sans jamais se voir4 ,je rpondrais3 ,pardon6 ,dans un pays o est tablie la sparation de l'glise et de l'tat1 l'glise et l'tat sont indpendants l'un de l'autre1 mais ils vivent ensemble2 ils ne sont spars que de biens2 ils habitent la mme maison4 ,il faut donc qu'il y ait des conventions entre eux4 ,ces conventions sont fondes sur la sparation1 c'est--dire sur l'indpendance rciproque1 au lieu de l'tre sur le concordat1 c'est--dire sur un partage des pouvoirs2 mais il faut encore qu'il y ait conventions4 ,il faut qu'il y ait conventions passes une fois pour toutes et auxquelles on se conforme1 et il faut qu'il y ait tout le temps relations rgulires et pacifiques pour rgler les points de dtail et circonstanciels4 ,c'est donc prcisment quand on fait la sparation qu'il faudrait la faire aprs dlibration bilatrale et aprs conventions prises de commun accord2 et c'est1 aussi1 prcisment quand on a fait la sparation qu'il faut entretenir de constantes relations diplomatiques avec le chef de l'glise2 et ce sont surtout les pays de sparation de l'glise et de l'tat qui ont besoin d'tre1 d'une faon ou d'une autre1 d'ailleurs1 en conversation et commerce continuels avec le souverain pontife4 ,c'est donc et dans les pires conditions du monde que la sparation a t faite en ,france et dans les pires conditions du monde qu'elle existe1 et ce dbut et cette situation ne peuvent qu'tre fconds en embarras inextricables et ne peuvent tre fconds qu'en cela2 et il y aurait souponner1 si l'on inclinait tre mfiant1 que c'est justement dans cet esprit1 dans ces prvisions et dans ce dessein que la sparation a t faite4 ,en tout cas1 elle est destine porter toujours ou trs longtemps la marque1 le poids et la peine de son origine4 ,,chapitre ,x ,,la ,,situation ,,actuelle4 ,la sparation est faite maintenant4 ,elle est faite par la loi de #aije1 dite loi ,briand4 ,cette loi1 imite en partie de la loi de #agie1 est1 mon avis1 acceptable pour les libraux et pour les catholiques4 ,elle est beaucoup plus librale qu'on n'aurait pu l'attendre de la majorit qui l'a vote1 ce qui fait honneur et ,m4 ,briand lui-mme1 qui a d la dfendre contre les attaques de ses propres amis1 et ,m4 ,ribot1 qui l'a discute pied pied et point par point avec un incomparable talent4 ,elle est plus librale1 tout compte fait1 que la loi de la ,convention4 ,elle permet une glise catholique de se former et de se dvelopper en ,france en autorisant des associations cultuelles1 organiser le culte1 recueillir des cotisations et des offrandes1 percevoir des fonds par qutes et location de bancs et chaises1 en un mot1 possder et administrer1 mme en s'aidant les uns les autres1 ce qui tablit une cohsion et un organisme de l'glise catholique franaise4 ,la restriction par laquelle les associations cultuelles ne peuvent consacrer leur argent1 exclusivement1 qu'aux frais du culte1 est une prcaution assez juste prise contre les biens de mainmorte1 est conforme aux ides traditionnelles de toute l'cole librale et semble directement inspire du mot heureux de ,m4 ,ribot3 ,surveiller les biens1 laisser libres les personnes4 ,d'autres restrictions qui ne me plaisent point du tout peuvent1 la rigueur1 tre considres comme des mesures de transition qui seraient destines disparatre avec le temps1 si la loi tait destine elle-mme tre applique dans un esprit libral4 ,par exemple 7art4 #ce71 si un discours prononc ou un crit affich ou distribu publiquement dans les lieux o s'exerce le culte tend soulever ou armer une partie des citoyens contre les autres1 le ministre du culte qui s'en sera rendu coupable sera puni d'un emprisonnement de trois mois deux ans4 ,dbarrass de la phrasologie lgislative1 ce texte veut dire que tout propos politique tenu dans l'glise par un prtre sera puni de l'emprisonnement4 ,or on peut1 en raison pure et en logique pure1 raisonner ainsi3 ,c'est monstrueux6 ,s'il est naturel et mme obligatoire d'interdire au prtre rmunr par l'tat et1 par consquent1 sinon fonctionnaire1 du moins subordonn au gouvernement1 tout propos politique1 comment peut-on interdire toute parole de politique un homme qui est chez lui1 absolument chez lui1 avec ses amis et qui n'est rmunr1 s'il l'est1 que par ses amis1 lesquels1 autour de lui1 sont galement chez eux1 absolument chez eux8 ,rien de plus juste2 mais on peut rpondre3 ,pendant un certain temps1 le prtre devenu prtre libre conservera1 mme malgr lui1 aux yeux des populations1 quelque chose du caractre du prtre officiel2 et1 pendant ce temps1 ce caractre pseudo-officiel les paroles qu'il peut prononcer devant emprunter une autorit particulire1 il faut1 pendant ce temps et pour ce temps seulement1 interdire au prtre ce qui est permis un simple citoyen dans une runion publique4 ,comme mesure de transition cette entrave peut donc1 la rigueur1 tre accepte4 ,cette loi est donc relativement librale4 ,elle met l'glise catholique peu prs1 je ne dis pas trs peu prs1 dans la situation de l'glise catholique amricaine4 ,je crois qu'il y a dans cette loi pour l'glise catholique non seulement facult d'exister1 mais principe ou occasion d'une vritable rnovation et d'un magnifique rajeunissement4 ,c'est ce que1 selon le parti dont on est1 il est possible1 d'aprs cette loi1 ou d'esprer ou de craindre4 ,au fond1 il me semble bien que cette loi n'a vritablement inquit que ceux qui l'ont faite4 ,les rpublicains despotistes y ont t amens au gr de circonstances interprtes tout de travers par des frntiques1 et1 maintenant qu'ils l'ont faite1 ils ne sont pas tout fait srs qu'elle ne soit pas contre eux4--,et de mme ceux qui l'ont repousse ne sont pas tout fait srs qu'elle ne leur soit pas favorable et se demandent un peu s'ils n'auraient pas d la proposer4 ,en somme1 on ne l'a gure repousse droite que parce qu'elle venait de la gauche1 et on l'aurait certainement repousse gauche si elle tait venue du ct droit4 ,la raison des rsistances qui se sont produites a t le ,timeo ,danaos et dona ferentes1 et l'on n'a suspect le don qu' cause des donateurs4 ,a ne regarder que le don seulement1 comme un homme qui s'obstine n'appartenir aucun parti1 je ne puis pas dire que je ne sois point relativement satisfait4 ,en somme1 c'est bien l une sparation de l'glise et de l'tat rationnelle1 sinon gnreuse1 et pacifique1 en soi1 sinon bienveillante4 ,or la sparation est pour moi la vrit1 et je crois que1 comme j'en ai toujours t1 je serai toujours de l'avis de ,lamartine en #ahca et en #ahdc4 ,en #ahca1 il crivait1 en son ,mmoire sur la politique rationnelle3 ,la sparation de l'glise et de l'tat est l'heureuse et incontestable ncessit d'une poque o le pouvoir appartient tous et non quelques-uns3 incontestable1 car sous un gouvernement universel et libre1 un culte ne peut tre exclusif et privilgi2 heureuse1 car la religion n'a de force et de vertu que dans la conscience4 ,si l'tat s'interpose1 la religion devient pour l'homme quelque chose de palpable et de matriel1 qu'on lui jette ou qu'on lui retire au caprice de toutes les tyrannies4 ,elle participe est-ce assez vrai considrer l'tat de l'opinion de #ahae #ahcj8 de l'amour ou de la haine que le pouvoir humain inspire2 c'est le feu sacr de l'autel aliment avec les corruptions des cours et les immondices des places publiques4 ,et il crivait en #ahdc1 avec cette horreur du rgime napolonien qu'il eut toujours et qui1 s'il n'est pas le commencement de toute sagesse politique1 est le commencement de tout libralisme et de toute conception gnreuse de la chose politique1 il crivait dans sa brochure l'tat1 l'glise et l',enseignement3 ,napolon1 ce grand destructeur de toutes les uvres de la philosophie1 s'est ht de renverser cette libert1 fondement mme de toutes les autres4 ,il a fond de nouveau l'glise dans l'tat1 l'tat dans l'glise2 il a fait subir un sacre au pouvoir civil2 il a fait un ,concordat3 il a dclar une glise nationale et par l mme ou plutt paralllement un enseignement aussi444 ,il a vendu faux poids son peuple l'glise et l'glise ensuite son peuple4 ,cet acte a recul d'un sicle peut-tre le rgne de la libert des mes qui approchait4 ,il me semble que ces fortes paroles du grand homme1 que personne ne peut incriminer ou souponner d'hostilit1 ni mme de malveillance l'gard de la religion catholique1 sont mditer aujourd'hui et portent considrer comme un progrs toute mesure qui1 mme maladroitement1 mme parcimonieusement1 dlivre l'glise des chanes lourdes et peu dores de l'tat4 99 99 99 99 99 ,quoi qu'il en puisse tre1 la situation actuelle est celle-ci4 ,au point de vue des congrgations religieuses1 despotisme absolu1 proscription absolue4 ,c'est peine si quelques ordres hospitaliers sont tolrs encore4 ,au point de vue de la libert de l'enseignement1 interdiction absolue tout congrganiste d'enseigner quoi que ce soit4 ,les prtres sculiers peuvent enseigner encore4 ,au point de vue du culte1 de la prdication et de l'administration des sacrements1 glise libre1 relativement1 assez largement1 non paye par l'tat1 vivant des ressources qu'elle se crera par le mcanisme des associations cultuelles4 ,dans cette situation y a-t-il solution trouve et acquise8 ,en d'autres termes1 la question du clricalisme et de l'anticlricalisme est-elle ferme ou reste-t-elle ouverte8 ,elle reste ouverte pleinement4 ,car ce qui reste reconqurir pour les catholiques1 les considrer comme libraux1 le voici3 ,c'est la libert d'association pour les religieux1 lesquels ont parfaitement le droit de vivre en commun et de possder en commun1 sous rserve de prcautions prendre contre l'accroissement des biens de mainmorte4 ,c'est la libert d'enseignement pour les religieux1 lesquels ont parfaitement le droit d'enseigner1 ou plutt c'est la libert pour les pres de famille de faire enseigner leurs enfants par qui ils veulent1 pourvu que l'enseignement ne soit ni immoral ni dirig contre la patrie ou contre les lois4 ,c'est enfin1 quoique beaucoup moins important1 la libert pour le prtre sculier1 qui dsormais est un prtre libre1 de dire1 dans la chaire libre o il parlera dsormais1 tout ce qu'il voudra1 sauf des choses immorales ou des choses contre la patrie2 de dire mme des choses contre les lois1 car il est permis de discuter les lois entre hommes libres dans le dessein de faire amender celles qu'on trouve mauvaises1 pourvu qu'on n'insulte pas le lgislateur4 ,et1 d'autre part1 ce que les rpublicains la fois autoritaires et anticlricaux ont conqurir3 c'est la dispersion1 proscription et destruction des dernires congrgations religieuses encore pargnes1 si rares soient-elles4 ,c'est l'interdiction d'enseigner tout prtre sculier2 car exactement les mmes raisons existent d'empcher un prtre1 chaste1 pauvre et docile1 d'enseigner quoi que ce soit1 que d'empcher un moine1 chaste1 pauvre et docile1 d'enseigner quoi que ce puisse tre4 ,c'est enfin la dispersion1 destruction et suppression de l'glise libre elle-mme1 quand on s'apercevra1 ce dont on ne pourra pas manquer de s'apercevoir1 qu'elle est un lment de libert2 qu'elle ne dit pas exactement et littralement ce que le gouvernement pense et veut qu'on pense et que1 par consquent1 elle rompt l'unit morale de la ,france et est contraire la formule de ,louis ,,xiv1 reprise par ,m4 ,combes3 ,une loi1 une foi4 ,or pourquoi les catholiques1 les considrer comme libraux1 ce qu'ils sont pour le moment obligs d'tre1 et les tenir pour actifs et nergiques1 ce qu'ils sont1 renonceraient-ils ce qu'ils ont reconqurir2 et pourquoi les rpublicains despotistes et anticatholiques renonceraient-ils aux conqutes si vastes qu'ils ont encore faire8 ,il n'y a aucune raison ni pour ceci ni pour cela4 ,je laisse de ct cette partie du sujet3 les choses que les catholiques ou simplement les libraux ont reconqurir2 cela n'a pas besoin de dmonstration4 ,je m'attache cette partie du sujet3 ce que les rpublicains despotistes ont conqurir encore et les raisons pourquoi ils ne voudront ni ne pourront renoncer la poursuite de cette conqute4 ,qu'ils aient conqurir encore1 on vient de le voir suffisamment2 qu'ils veuillent conqurir encore1 ils l'ont dit d'une faon gnrale dans la dclaration de l'extrme gauche avant le vote de la loi de #aije la ,chambre des dputs3 ,la loi n'est que provisoire3 elle marque seulement une tape ncessaire dans la marche de la lacit intgrale2 et ils l'ont dit en dtail mille fois1 ainsi qu'on verra plus loin4--,et qu'ils soient dsormais comme obligs de conqurir encore1 c'est de quoi l'on verra toutes les raisons1 ou du moins les plus videntes1 dans les pages qui vont suivre4 ,il est trs vident et il n'est pas besoin de dduire longuement que les rpublicains despotistes voudront dtruire et voudront ensuite ternellement empcher de renatre ce qui reste encore des congrgations1 puisque pour eux1 ils l'ont assez dit1 le congrganiste est un tre1 non seulement antisocial1 mais antihumain4 ,l'homme1 ou la femme1 docile1 pauvre et chaste1 est pour le rpublicain despotiste1 pour le dmocrate1 un tre qui ne doit plus enseigner4 ,et pourquoi ne doit-il pas enseigner8 ,parce qu'il est un tre contre nature4 ,c'est leur argument mille fois rpt4 ,il est clair que l'argument va plus loin qu' interdire l'enseignement au congrganiste2 il va jusqu' interdire au congrganiste d'exister4 ,si le congrgatisme fait du congrganiste un tre contre nature1 le congrgatisme est un dlit1 est un crime4 ,si permettre un tel tre d'enseigner est monstrueux1 lui permettre d'tre est au moins illicite1 est au moins indigne4 ,songez qu'il y a mme identit entre le crime d'enseigner quand on est dans certaines conditions et le crime d'exister quand on est dans ces mmes conditions4 ,car on enseigne par l'enseignement1 mais tout autant 7peut-tre plus7 par l'exemple4 tre ou enseigner1 au fond1 c'est donc la mme chose4 ,celui qui donne1 dans la socit moderne1 l'exemple de la docilit1 de la pauvret et de la chastet est donc et aussi dangereux et aussi coupable que s'il donnait l'ducation proprement dite4 ,au fond1 le crime1 d'aprs l'argumentation des anticlricaux1 ce n'est pas d'enseigner1 tant moine2 c'est d'tre moine4 ,et les anticlricaux n'ont pas tort1 se placer leur point de vue2 car le moine1 tre docile1 tre pauvre et tre chaste1 donne l'exemple de vertus--il les appelle ainsi--qui sont contraires au dveloppement et l'affermissement de la socit dmocratique4 ,une socit dmocratique1 telle que l'entendent les dmocrates modernes1 est une socit o toute force individuelle est supprime4 ,rien ne donne force individuelle comme le dsintressement1 et celui-l est une personnalit trs forte qui n'est l'esclave ni du dsir de possder1 ni du dsir de commander personnellement1 ni du dsir de jouir4 ,un tel homme se soustrait en quelque sorte l'tat par le peu de besoin ou par le nul besoin qu'il a de l'tat4 ,homme dangereux par ceci qu'il est indpendant4 ,vertueux peut-tre1 mais de vertus qui1 tant antisociales1 peuvent et doivent tre appeles des vices sociaux4 ,un tel homme n'a pas de place en rgime despotique et1 par consquent1 il doit tre proscrit de la ,rpublique telle que la comprennent la plupart des rpublicains4 ,ils y mettent moins de dialectique2 mais l'instinct a sa logique qui1 pour tre confuse1 n'en est pas moins sre4 ,le congrganiste est1 de par un instinct qui ne se trompe aucunement1 un tre monstrueux et redoutable pour le dmocrate4 ,il doit1 non seulement ne plus enseigner1 mais cesser d'tre4 ,il n'y a aucun doute que les rpublicains despotistes ne poursuivent et ne consomment la destruction totale de toute espce de congrgation1 quelle qu'elle puisse tre et si anodine en apparence qu'elle soit4 ,je suis mme persuad que si la dmocratie se dveloppe dans le sens o elle se dirige1 elle inventera un ostracisme1 contre le citoyen1 mme isol1 qui par son indpendance1 son obissance une loi personnelle1 sa pauvret1 sa sobrit1 sa chastet1 sera un homme qui ne prsentera plus de prises1 pour ainsi dire1 l'tat et sera une espce de protestation contre la servilit gnrale que l'tat sera parvenu tablir4 ,croit-on que la dmocratie dteste et redoute l'homme riche parce qu'il est riche8 ,point du tout4 ,elle le dteste et elle le redoute1 parce qu'il est fort2 et parce qu'tant fort1 il n'a aucun besoin de se soumettre elle et lui chappe4 ,or le dsintressement1 l'abngation1 c'est une force2 c'est mme la plus grande force qui soit3 la dmocratie ne peut donc pas ou ne pourra donc pas souffrir le dsintressement et l'abngation4 ,les rpublicains despotistes poursuivront de mme la destruction complte de la libert d'enseignement et1 progressivement1 ils interdiront d'enseigner #a aux prtres sculiers1 #b aux laques non enregiments dans l',universit1 #c aux universitaires qui montreront quelque indpendance1 soit dans leur enseignement1 soit en dehors de leur enseignement4 ,la raison en est simple4 ,c'est qu' chaque destruction partielle et limite de la libert d'enseignement1 ils s'apercevront qu'ils n'ont rien fait qui soit adquat1 ni mme qui soit accommod1 leur dessein et qu'il leur reste tout faire nil actum reputans si quid superesset agendum1 et ainsi ils seront comme acculs au monopole1 eussent-ils commenc par n'en pas vouloir1 et au monopole exerc strictement selon leurs ides4 ,on commence par ne pas vouloir du jsuite et on le chasse4 ,qu'y gagne-t-on8 ,le jsuite est remplac par l'oratorien1 par le mariste ou par tel autre ducateur qui donne le mme enseignement1 peu de chose prs1 on en conviendra1 que le jsuite4 ,on chasse le mariste et l'oratorien4 ,il est remplac par le prtre sculier qui donne le mme enseignement que le mariste ou l'oratorien4 ,on interdit l'enseignement au prtre sculier4 ,il est remplac par le laque catholique qui a exactement les mmes ides que le prtre sculier4 ,on chasse le laque catholique et l'on arrive au monopole1 auquel on a t comme adoss4 ,c'est la libert qu'on ne fait pas sa part1 surtout en choses intellectuelles4 ,elle reste entire tant qu'elle n'est pas nulle4 ,cela est tellement senti par tous les rpublicains despotistes que tous ou le proclament ou en conviennent1 soit par leur silence1 soit par leur embarras en sortir4 ,m4 ,ferdinand ,buisson a toujours t ou a toujours cru tre l'adversaire et l'adversaire indign du monopole4 ,il a dit un jour3 ,le rtablissement du monopole universitaire1 c'est un aveu d'impuissance dans la lutte contre les congrgations4 ,c'est le recours un biais pour viter la lutte directe4 ,c'est une diversion pour masquer une dfaite4 ,c'est l'abandon de la politique anticlricale que l'on remplacerait par la politique antilibrale444 ,je suis prt parler du monopole1 en examiner l'utilit1 l'opportunit1 l'efficacit2 mais aprs la suppression relle des congrgations enseignantes1 le jour o la ,rpublique ayant lacis pour tout de bon coles publiques et coles prives1 ayant dissous les congrgations1 dispers leurs membres et ferm leurs noviciats1 il sera dmontr que nous nous retrouvons en prsence1 comme on l'assure1 du mme pril clrical4 ,on lui a rpondu3 mais1 sans aucun doute1 vous vous retrouverez en prsence du mme pril clrical4 ,m4 ,buisson abolit toutes les congrgations enseignantes4 ,il les abolit parce que congrgations4 ,entendu6 ,abolit-il aussi pour les prtres le droit d'enseigner8 ,abolit-il pour les moines le droit de se sculariser et d'endosser la soutane8 ,s'il n'abolit pas tous ces droits1 ce sera comme s'il n'avait rien fait4 ,m4 ,buisson dtruirait-il l'enseignement clrical parce qu'il dtruirait l'enseignement congrganiste8 ,il me semble que nous ne serions pas mieux lotis quand le mme enseignement serait distribu par des ecclsiastiques en robe sculire ou par d'anciens moines qui auraient fait simplement l'emplette d'un veston4 ,l'enseignement congrganiste n'est qu'une forme de l'enseignement clrical1 la forme la plus visible2 mais il n'est pas l'enseignement clrical lui mme4 7,dpche de ,toulouse47--,le raisonnement ne me parat pas trs facilement rfutable4 ,de mme1 ,m4 ,ferdinand ,buisson se flicitait de ce que la ,chambre avait rejet un amendement interdisant l'enseignement aussi bien aux prtres sculiers qu'aux congrganistes2 et1 pour dmontrer qu'il avait raison de se rjouir1 il employait des arguments qui prcisment1 en s'appliquant aux congrganistes1 s'appliquaient tout aussi bien aux sculiers4 ,il disait3 ,nous voulons seulement enlever aux matres catholiques le privilge de se grouper dans des conditions exceptionnelles qui les transforment en une masse militairement constitue4 --,fort bien1 lui rpondait-on 7,sigismond ,lacroix1 ,radical72 mais qui ne voit que les prtres sculiers sont1 aussi eux1 groups dans des conditions exceptionnelles1 qu'ils forment eux aussi une masse militairement constitue8 ,il disait3 ,il faut et il suffit que la socit laque retire l'enseignement clrical la seule chose qui en fasse une force abusive1 savoir le droit d'enrgimentation1 grce auquel les matres catholiques forment une masse homogne pesant de son poids mort sur la socit laque4 ,on lui rpondait3 ,mais le clerg sculier est enrgiment comme l'autre4 ,il disait444 la mme chose en d'autres termes4 ,on lui rpondait3 ,s'il est juste et ncessaire d'interdire l'enseignement aux membres des congrgations1 il est non moins juste et ncessaire de prendre la mme prcaution l'gard des prtres sculiers2 car l'glise est une congrgation1 ou qu'est-ce qu'elle est donc8 ,et l'on concluait en disant trs justement que ,m4 ,buisson avait donn des arguments pour l'avenir1 c'est--dire contre les prtres sculiers1 et des arguments dmontrant trs exactement le contraire de la thse soutenue par lui4 ,m4 ,buisson disait3 ,ce n'est pas cause de leur enseignement que je proscris les moines2 car je suis partisan de la libert d'enseignement et je reconnais quiconque le droit d'enseigner ce qu'il voudra comme il voudra4 ,si je proscris les moines1 #a c'est parce qu'une socit monastique donne ses membres un idal trop diffrent d'une socit dmocratique2 #b c'est parce que les moines exercent sur l'enfant une pression qui est de nature compromettre le dveloppement normal de son esprit4 ,on lui rpondait3 ,mais c'est une partie de leur enseignement que leur respect et leur culte pour l'idal auquel ils sont soumis et qui est trop diffrent de la socit dmocratique2 et donc1 quand mme ils ne le voudraient pas1 ils enseignent la contre-dmocratie4 ,et c'est bien aussi 7ou de quoi parlons-nous87 une partie de leur enseignement que la pression qu'ils exercent sur l'enfant de manire compromettre le dveloppement normal de son esprit4 ,c'est probablement leur mthode mme4 ,c'est donc bien en raison de leur enseignement que vous leur interdisez d'enseigner4 ,eh bien6 si c'est pour la qualit de leur enseignement que ,m4 ,buisson frappe les congrgations enseignantes1 pourquoi tolre-t-il le mme enseignement de la part de l'ancien congrganiste1 de la part du prtre sculier1 de la part du tiers ordre8 ,ce qui est dtestable de la part d'une congrgation est-il moins dtestable de la part des individus8 ,en supportant chez les individus ce qui est condamn chez les congrgations1 ce sera absolument comme si rien n'tait fait contre le danger de ces dernires4 ,si vous n'excluez de l'enseignement que les communauts religieuses et si vous n'en excluez pas tous les ducateurs qui sont leur image1 qu'aurez-vous fait pour barrer la route l'enseignement clrical8444 ,l'abolition de l'enseignement congrganiste n'aura servi de rien si cet enseignement doit se survivre sous une forme quelconque1 soit sculire1 soit laque4 ,pourquoi il faut combattre l'enseignement clrical1 c'est parce qu'il est partial2 c'est parce qu'il est exclusif4 ,cet argument nous donne le moyen de mater l'glise tout entire1 de ses moines jusqu' ses prtres et de ses prtres jusqu' ses dvots4 7,dpche de ,toulouse47 ,enfin ,m4 ,ferdinand ,buisson1 se rfutant lui-mme ou plutt se renonant et s'abandonnant et se laissant aller jusqu'o sa doctrine conduit tout homme logique et par consquent devait le conduire lui-mme1 ,m4 ,ferdinand ,buisson1 dans le mme article 7,temps du #ag septembre #aijb7 d'une part1 aprs avoir marqu que seule la congrgation1 par sa constitution mme1 tait inapte enseigner1 dniait ensuite ce droit tout autant au prtre sculier qu'au congrganiste2--d'autre part1 quand il en arrivait au prtre sculier1 confessait que c'tait parfaitement en raison de la qualit de son enseignement qu'il dniait le droit d'enseigner au simple prtre4 ,en effet1 il disait d'abord3 ,la socit a le droit de dire au congrganiste3 ,vous rclamez la libert de vous retirer du monde1 de vous enfermer au clotre1 aprs avoir jur par tout ce que vous avez de plus sacr de renoncer au mariage1 la proprit de vos biens1 la libert de votre personne4 ,je vous y autorise4 ,mais1 peine en possession de cette autorisation1 vous rapparaissez1 rclamant vos droits d'homme et de citoyen et tout d'abord celui d'instruire et d'lever les enfants destins vivre au sein de cette socit dont vous tes isol4 ,voil qui est trange4 ,vous ne sortez du monde que pour y mieux rentrer2 vous ne renoncez aux charges et aux conditions ordinaires de la vie de vos concitoyens que pour prendre aussitt par l'ducation la direction de la socit de demain1 sinon de celle d'aujourd'hui4 ,choisissez4 ,l'une de ces deux liberts suppose que l'on renonce l'autre4 ,vivez si bon vous semble cette vie exceptionnelle du couvent1 vie extra-familiale et extra-sociale4 ,mais tant qu'il vous plaira d'y rester1 trouvez bon que je ne vous charge pas de prparer nos enfants la vie familiale et sociale de tout le monde2 444 qu'en tout cas je ne vous autorise pas1 sans plus ample examen1 vous ddoubler ainsi en deux hommes1 dont l'un vit en dehors de ce monde et dont l'autre aspire le gouverner4 ,voil ce que ,m4 ,buisson disait d'abord1 et c'tait bien la thse ,buisson no #a1 cette thse qui consiste soutenir que le congrganiste vivant en congrgation est inapte enseigner et indigne d'enseigner cause de sa manire de vivre4 ,sans doute1 cette thse est fausse4 ,elle repose sur ce principe qu'on ne peut prparer les enfants vivre dans le monde qu' la condition de lui ressembler trait pour trait2 qu'on ne peut prparer les enfants vivre dans le monde qu' la condition de n'tre pas meilleur que lui3 vous tes docile1 vous ne pouvez pas lever mon enfant2 vous mprisez l'argent1 vous ne pouvez pas lever mon enfant2 vous tes chaste1 vous ne pouvez pas lever mon enfant4 ,l'ide est contestable4 ,et1 d'autre part1 cette thse repose sur cette ide qu'user d'une libert suppose que l'on renonce l'autre2 qu'user de la libert d'association implique que l'on renonce la libert d'enseignement4 ,si je vis associ1 videmment je ne puis tre professeur2 si je suis professeur il est vident1 il va de soi que je ne puis tre associ d'autres professeurs4 ,voil une nouveaut4 ,cette incompatibilit entre les divers droits de l'homme n'avait pas encore t releve4 ,faut-il dire aussi que si j'use du droit de proprit je renonce par cela mme mon droit de libert individuelle1 et que si j'use du droit d'aller et devenir je ne puis plus tre propritaire8 ,ce serait tout aussi juste4 ,l'incompatibilit du droit d'association et du droit enseigner est une trouvaille bien remarquable4 ,la thse est donc fausse1 et quelques-uns pourraient aller jusqu' la trouver ridicule4 ,mais encore c'est bien la thse ,buisson no #a3 le congrganiste est inhabile enseigner cause de son genre de vie2 et cette thse rserve et respecte le droit enseigner du prtre sculier1 lequel n'a pas du tout le mme genre de vie que le congrganiste4 ,or1 dans le mme article1 comme j'ai dit1 cent cinquante lignes plus loin1 ,m4 ,buisson en vient refuser le droit d'enseigner au prtre sculier1 au prtre qui vit dans le monde1 au prtre mondain1 et c'est la thse no #b1 celle des crivains qui taient tout l'heure les adversaires assez mordants de ,m4 ,buisson1 et celle qui1 comme les adversaires de ,m4 ,buisson l'avaient parfaitement vu1 est bien force de dnier le droit d'enseigner1 non en raison du genre de vie de ceux qui enseignent1 mais en raison de la qualit de l'enseignement de ceux qui prtendent enseigner3 ,envisageons donc de sang-froid le moment1 prochain peut-tre1 o la conscience publique1 s'tant ressaisie1 acceptera1 approuvera1 dcrtera une dernire et non moins naturelle incompatibilit3 celle des fonctions religieuses et des fonctions enseignantes4 ,le prtre1 et encore plus le moine1 est l'homme de la foi2 le professeur est l'homme de la raison1 par consquent1 du libre examen4 ,s'engager tre professeur c'est s'engager penser librement et faire penser librement4 ,c'est promettre d'veiller et d'exercer le sens critique1 l'habitude de la discussion1 l'esprit de recherche sans limite et sans rserve2 c'est dclarer que1 quelle que soit la vrit1 on l'acceptera le jour o la science la fera clater1 dt-elle renverser toutes les thories reues4 ,peut-on soutenir que cet tat d'esprit soit celui d'un prtre8 ,et voil la thse no #b1 et voil les incompatibilits naturelles qui se multiplient4 ,il y avait incompatibilit naturelle entre le droit d'association et le droit d'enseigner4 ,il y a maintenant incompatibilit naturelle entre1 non pas l'tat de vie1 mais l'tat d'me du prtre et le droit d'enseigner4 ,pour parler net1 et non pas plus net que ,m4 ,buisson1 mais plus court1 on n'a pas le droit d'enseigner quand on a la foi2 on n'a le droit d'enseigner que quand on est libre penseur2 les libres penseurs seuls peuvent enseigner et en ont le droit2 la libert d'enseignement existera et nul n'en est plus partisan que ,m4 ,buisson2 mais1 naturellement1 elle ne peut exister que pour les libres penseurs4 ,donc on la refusera tout prtre catholique1 bien entendu4 ,pour ce qui est des prtres protestants1 c'est trs dlicat4 ,comme c'est une question d'tat d'me et comme il est trs difficile de savoir quel est l'tat d'me d'un prtre protestant1 il faudra voir et il y aura matire examen4 ,comme le prtre protestant1 selon qu'il est plus ou moins prs de ,calvin1 est plus homme de foi ou plus homme de libre examen1 mais est toujours en partie foi1 et en partie libre examen1 il faudra lui demander si dcidment il a encore la foi1 ou s'il ne l'a plus du tout et s'il est sans rserve et sans retour libre penseur comme ,m4 ,berthelot4 ,s'il a encore un peu de foi1 on lui dira3 ,perdez cela1 et vous pourrez tre professeur4 ,il en serait de mme du prtre isralite et1 remarquez-le bien1 il ne pourra pas en tre diffremment du laque catholique1 du laque protestant et du laque juif4 ,du moment que l'incompatibilit naturelle1 c'est--dire l'incapacit d'enseigner1 est fonde et qu'on avoue qu'on la fonde sur l'tat d'me du prtendant ducateur et sur l'enseignement qu' cause de cet tat d'me il doit donner1 non seulement tout prtre qui a la foi1 mais tout homme qui a la foi ou qui est suspect de l'avoir est proscrit de l'enseignement4 ,il n'y a absolument aucune raison pour qu'un laque sentiments religieux1 qu'il soit1 du reste1 catholique1 protestant ou juif1 soit plus apte enseigner qu'un prtre catholique1 protestant ou juif4 ,l'incompatibilit signale par ,m4 ,buisson avec une nettet qui ne laisse rien souhaiter1 c'est l'incompatibilit du sentiment religieux et du droit d'enseigner4 ,le premier acte du futur professeur ou du futur instituteur doit donc tre une abjuration4 ,la premire dclaration que devra faire le futur professeur ou le futur instituteur sera1 non seulement3 ,je ne serai pas docile1 je ne serai pas pauvre1 je ne serai pas chaste1 ce qui va de soi et est indispensable2 mais encore3 ,je n'ai aucune foi religieuse2 s'il m'en vient une je dmissionnerai1 ce qui1 d'aprs la doctrine1 est indispensable tout autant et ni plus ni moins4 ,on voit donc bien que si1 par la force des choses1 les rpublicains despotistes doivent tre obligs d'en venir la suppression de toute libert d'enseignement et au pur et simple monopole1 s'apercevant qu' interdire l'enseignement aux congrganistes ils n'ont rien gagn tant que les prtres sculiers pourront enseigner et enseigneront1 et qu' interdire l'enseignement aux prtres sculiers ils n'auront rien gagn tant que les laques croyants pourront enseigner et enseigneront2 selon la doctrine1 aussi1 la libert d'enseignement s'effondre et doit s'effondrer ds que la doctrine prend conscience d'elle-mme et s'aperoit qu'elle vise non pas telle ou telle faon de vivre de tels hommes1 mais leur tat d'me lui-mme1 leur conception de la vie et du monde1 leur mentalit et leur conscience1 et ds qu'elle s'aperoit qu'elle est en son fond la libre pense pure et simple oppose toute espce de foi et toute espce de croyance1 et la libre pense qui refuse toute libert de pense tout ce qui n'est pas elle-mme4 ,entre la libert d'enseignement et le pur et simple et rude monopole de l'enseignement aux mains de l'tat il n'y a rien du tout1 rien1 si ce n'est des subtilits d'opportunisme ou de polmique et des sophismes un peu ridicules dont ne sont pas dupes ceux-l mme qui les alignent et auxquels ils renoncent sitt1 ou qu'ils sont vivement presss1 ou qu'ils prennent plus nettement conscience et matrise de leur pense mme4 ,et non seulement les rpublicains despotistes seront acculs par la force des choses et conduits tout droit par leurs principes autant que par leurs passions au monopole de l'enseignement2 mais encore il serait tonnant qu'ils ne s'avisassent point un jour et prochainement qu'ils doivent interdire aux prtres mme l'enseignement religieux et qu'il n'est que logique et aussi qu'il est ncessaire1 aprs avoir ferm l'cole au prtre1 de lui fermer l'glise et de l'empcher de parler de quelque faon que ce soit et sur quoi que ce puisse tre4 ,c'est ce que le pasteur ,farel a trs lumineusement dmontr1 chose qui n'tait pas trs difficile1 dans une lettre la ,dpche de ,toulouse4 ,il crivait1 sans se fcher1 et trs pertinemment1 en homme qui sait que le logique et intgral ,calvin n'a pas interdit aux catholiques seulement l'enseignement gnral1 mais tout enseignement et surtout l'enseignement de leur religion3 ,monsieur1 voici ce que je lis dans votre article du #g novembre #aijc3 ,ce que nous voulons mater1 ce n'est pas l'enseignement en soutane4 ,c'est l'enseignement sectaire de l'glise1 sous quelque vtement qu'il se cache1 c'est l'enseignement confessionnel444 ,nous entendons protger l'enfant contre toutes les mainmises1 plus ou moins dissimules1 plus ou moins hypocrites1 de l'glise4 ,j'aurais pu relever des citations de mme nature dans d'autres articles de vous sur la question de l'enseignement4 ,vous voulez donc pour l'tat le monopole complet de l'enseignement et vous le voulez dans l'intrt de la libert de l'enfant que vous dsirez soustraire l'influence de l'glise4 ,non sans doute que vous pensiez que l'glise a une grammaire ou une arithmtique diffrentes de celles des coles de l'tat1 mais parce que vous craignez que1 la faveur de la grammaire et de l'arithmtique1 ou concurremment avec elles1 l'glise ne glisse son enseignement religieux4 ,je me demande alors comment vous faites--avec les arguments dont vous appuyez le droit et le devoir de l'tat d'accaparer l'enseignement--pour ne pas aboutir l'interdiction l'glise de donner son enseignement religieux lui-mme la jeunesse4 ,vous lui contestez le droit de donner l'enseignement que nous appellerons profane2 vous le lui contestez par dfiance1 videmment1 de l'enseignement religieux1 que l'glise pourrait donner sous le couvert de l'autre444 ,cet enseignement vous paratra-t-il moins dangereux quand il sera donn tout seul1 que lorsqu'il est donn concurremment avec d'autres leons8 ,je voudrais bien savoir1 en un mot1 comment vous faites1 avec vos principes1 pour respecter la libert de l'enseignement religieux4 ,et voil qui est raisonn et quoi il n'y a rien rpondre1 et il serait plus logique de dire aux glises3 ,comme c'est de votre enseignement religieux que nous nous dfions1 vous enseignerez tout ce que vous voudrez1 except votre religion1 que de leur dire3 ,comme c'est de votre enseignement religieux que nous nous dfions1 vous n'enseignerez rien du tout1 except votre religion4 ,et le plus logique encore est de leur dire3 ,comme c'est de votre enseignement religieux que nous nous dfions1 et comme nous ne l'aimons ni lui-mme ni se glissant sous le couvert de l'enseignement de l'histoire1 de la physique ou de la trigonomtrie1 vous n'enseignerez ni votre religion ni autre chose4 ,et c'est invitablement1 d'aprs leurs principes et par les ncessits de leur dessein1 ce que les anticlricaux en arriveront dire en effet4 ,comme le proclamait sans fard la ,lanterne du #ag mars #aijc3 ,un jour viendra o les socits polices poursuivront les marchands de messes comme des malfaiteurs4 ,ajoutez ceci1 qui n'a que peu d'importance1 tant que les socialistes sont en minorit assez faible2 mais ce qui pourra tre considrable un jour1 et qui ds prsent doit compter3 les socialistes sont dans les mmes ides au point de vue religieux que les radicaux1 et cela par conformit et par fidlit leurs principes les plus profonds et leurs ides les plus gnrales4 ,la grande diffrence entre le radical et le socialiste1 c'est que pour le radical il n'y a qu'une question1 la question religieuse1 et qu'un dessein poursuivre1 l'crasement des religions2 et que1 ds qu'il est question de socialisme1 le radical ne comprend plus et1 du reste1 se mfie et1 du reste1 a peur4 ,mais si le radical n'est pas socialiste 7et malgr certains essais d'alliance et certaines tiquettes de caractre tout lectoral1 personne n'est plus antisocialiste que le radical71 si le radical n'est pas socialiste1 le socialiste est radical1 c'est--dire anticlrical et antireligieux4 ,pourquoi cela8 ,trs conformment ses principes1 comme je le disais4 ,c'est parce qu'il voit trs bien que le monopole de l'enseignement aux mains de l'tat et1 d'une faon plus gnrale1 le monopole de toute pense attribu l'tat est du mme ordre et du mme systme que le monopole de toute proprit aux mains de l'tat et est un acheminement l'tablissement de ce monopole de proprit4 ,le socialisme1 c'est le retour ,louis ,,xiv4 ,or1 ,louis ,,xiv prtendait tout aussi bien tre le propritaire de tous les biens de ses sujets qu'il prtendait que tous ses sujets n'eussent qu'une religion et qu'une manire de penser1 savoir la sienne4 ,ce rapport parfaitement juste entre des monopolisations et des socialisations du reste si diffrentes1 est remarquer et mditer4 ,m4 ,jean ,izoulet1 radical sans doute1 a dit ce mot1 que je cite souvent en lui demandant la permission de le trouver abominable3 ,ce ne sont pas les biens qu'il faut socialiser2 ce sont les personnes4 ,et voil ce que disent les radicaux4 ,socialisons les personnes en faisant de telle sorte qu'elles n'aient qu'une pense1 celle que l'tat leur dictera4 ,le socialiste dit1 lui3 ,il faut socialiser les biens et les personnes1 et qu'on socialise les personnes avant les biens1 nous en sommes1 parce que1 tout au moins1 la socialisation des personnes achemine la socialisation des biens et1 en attendant1 en rend l'ide familire et habitue la conception de l'tat souverain4 ,l'essentiel1 aprs tout1 c'est que la libert recule4 ,qu'elle recule ici ou l1 c'est toujours gain4 ,c'est ce que ,m4 ,brousse tablissait nagure dans un article qu'il faut lire lentement2 car ,m4 ,brousse n'est pas lumineux2 mais qui n'est ni sans porte1 ni sans profondeur1 ni sans justesse3 ,inou que des amis aussi proches de nous que les citoyens ,aulard et ,buisson soient amens dfendre1 sous couleur de libert d'enseigner1 la suprmatie des ternels adversaires de la ,rpublique et de la ,dmocratie6444 ,leur libert d'enseigner ressemble trangement la fameuse libert de travail de ,messieurs les conomistes444 ,je le proclame ici sans ambages1 le pre ,combes parviendrait-il nettoyer le territoire de toutes congrgations1 en aurait-il fini avec les comdies de scularisations1 je demeurerais partisan du monopole de l'enseignement de l'tat1 tous les degrs1 parce que c'est uniquement avec un service public de l'enseignement qu'il sera loisible d'assurer tous les gens capables le droit d'enseigner4 ,on croira que je tiens une gageure2 mais je ne sais pas si1 tout prendre1 il ne vaudrait pas mieux pour la ,dmocratie subir perptuit la suprmatie de l'enseignement congrganiste444 que l'enseignement victorieux de telle grande compagnie mmire ou laque1 telle que les sceptiques la ,jules ,lematre seraient fort capables d'en crer444 ,ce n'est pas le caractre confessionnel seulement de la ,congrgation qui constitue un danger1 mais le fait mme du monopole religieux1 et je le rpte1 il pourrait se former tel monopole laque caractre religieux dont l'enseignement serait pour notre avenir plus dangereux encore que le congrganiste4 ,le clerg rgulier1 par la cration d'un monopole de l'enseignement1 joue le mme rle social que celui qui est dvolu dans le monde capitaliste aux grandes compagnies industrielles4 ,et de mme qu'on n'assurera tous le droit au travail que par la nationalisation des moyens de production1 de mme on ne pourra garantir quiconque le droit d'enseigner que par le monopole de renseignement aux mains de l'tat4 ,que demain1 dans le monde conomique1 quelqu'un fasse table rase des fortunes et que partout l'intgrale concurrence s'exerce3 avant un quart de sicle1 de vastes monopoles privs1 de grandes compagnies industrielles se seront cres sur l'crasement des plus faibles dans la lutte pour la vie444 ,il en serait de mme le jour o la libert intgrale de l'enseignement serait proclame4 ,a dfaut de la corporation congrganiste1 il se formerait un grand nombre de monopoles privs dsireux de conduire la jeunesse leur gr4 ,et un seul remde serait efficace3 l'expropriation et la nationalisation de tout cet enseignement particulier1 aux vues gostes444 ,la question1 au point de vue socialiste1 est trs bien pose dans cet article1 quoique lourdement4 ,plus habile crire en franais et trouver la formule nette1 ,m4 ,jaurs a dit1 de son ct1 exactement la mme chose d'une faon plus forte4 ,il a dit1 et le mot doit rester3 ,le monopole universitaire1 c'est le collectivisme de l'enseignement4--,certainement cette troite parent entre la socialisation intellectuelle et la socialisation matrielle1 cette connexit indiscutable entre la socialisation des personnes et la socialisation des proprits1 sera peu du got des radicaux quand1 l'un des deux termes acquis1 on passera l'autre2 certainement ils diront3 ce n'est pas du tout la mme chose2 certainement ,m4 ,jaurs a raison de dire1 en souriant dans sa barbe3 ,peut-tre les radicaux1 qui demandent aujourd'hui avec nous le collectivisme de l'enseignement1 seront-ils embarrasss un jour pour combattre le collectivisme de la production4 ,peut-tre1 aprs avoir dmontr et proclam que la nation enseignante ne menace dans une dmocratie aucune libert1 devront-ils reconnatre que la mme nation possdante ne menacerait dans une dmocratie aucune initiative et aucun droit4 ,mais j'en suis mettre en lumire1 d'une part que les socialistes1 consquents avec eux-mmes1 seront les allis des radicaux dans l'uvre de la destruction de la libert de l'enseignement tant que de cette libert il restera un vestige ou une ombre2 d'autre part que toutes les socialisations sont solidaires comme toutes les liberts se tiennent1 et que par le chemin du monopole de l'enseignement on va tout droit la nation possdante1 c'est--dire l'abolition de la proprit et la confiscation des proprits4 ,et qu'est-ce1 en effet1 que le droit de penser1 le droit de parler1 le droit d'crire1 le droit d'enseigner1 si ce n'est proprits intellectuelles8 99 99 99 99 99 ,et enfin j'ai dit qu'aprs avoir interdit aux congrganistes d'enseigner1 aprs avoir interdit aux prtres sculiers d'enseigner1 pour les mmes raisons qui s'appliquaient aux congrganistes2 aprs avoir interdit aux laques sentiments religieux d'enseigner1 pour les mmes raisons qui s'appliquaient aux prtres sculiers--voir l'argumentation de ,m4 ,brousse2 voir le mot de la ,dpche3 ,aussi bien leurs dvots qu' leurs prtres--aprs avoir tabli le monopole universitaire absolu1 les anticlricaux en viendraient1 dans le monopole mme1 dans l',universit1 dans leur ,universit mme1 tablir et faire rgner un despotisme absolu et une absolue conformit et servilit leur manire de voir1 au credo qu'ils dicteraient4 ,c'est ce que l'on conteste beaucoup4 ,une formule assez bien trouve1 assez spcieuse1 a eu beaucoup de succs et a t rpte1 avec variantes ngligeables1 par tous les ennemis secrets ou dclars de la libert de l'enseignement1 depuis ,m4 ,buisson jusqu' la ,dpche de ,toulouse1 et depuis la ,dpche jusqu' ,m4 ,brousse3 ,a la libert de l'enseignement nous voulons substituer la libert dans l'enseignement4 ,nous ne voulons pas de la libert de l'enseignement2 nous voulons la libert dans l'enseignement2 le seul enseignement libre1 c'est l'enseignement monopolis par l'tat1 mais o la libert rgnera4 ,je ne veux jamais suspecter la sincrit de mes adversaires2 mais en laissant d'autres de dclarer que cette formule est hypocrite1 j'affirme qu'il n'en est pas de plus dcevante1 ni de plus creuse4 ,soit2 vous avez parfaitement1 en toute sincrit et mme en toute conviction1 en y tenant1 l'intention1 d'abord de n'avoir en ,france qu'une ,universit d'tat1 ensuite de laisser les professeurs de cette ,universit d'tat enseigner ce qu'ils voudront1 comme ils voudront4 ,soit2 c'est bien votre intention et1 si cela vous peut plaire que je vous le dise1 je reconnatrai que je suis moi-mme assez persuad que vous laisserez une certaine latitude de doctrine et d'enseignement dans l',universit qui sera vous1 malgr la tentation bien naturelle d'imposer ses ides aux gens qu'on paie4 ,soit donc4 ,mais cette latitude1 vous ne la laisserez videmment que dans certaines limites444 --,non2 sans limites6 --,comment6 ,mais alors pourquoi faites-vous votre ,universit et lui donnez-vous le monopole8 ,ce n'est donc pas pour arracher la jeunesse l'influence clricale8 ,ce n est donc pas pour qu'il n'y ait plus deux jeunesses et deux ,frances8 ,ce n'est donc pas pour tablir l',unit morale8 ,si c'est pour cela1 et vous ne pouvez pas dire1 aprs toutes vos dclarations1 que ce ne soit pas pour cela2 si c'est pour cela1 ne voyez-vous pas que tout ce qui dtruit l'unit morale1 que tout ce qui fait deux jeunesses1 que tout ce qui fait deux ,frances1 que l'influence contre-rvolutionnaire1 que l'influence religieuse1 que l'influence clricale va rentrer dans votre ,universit et y svir et que vous n'aurez fait que transporter chez vous ce que vous aurez voulu dtruire ailleurs8 ,doutez-vous que vos ennemis1 leurs coles dtruites1 n'entrent dans les vtres1 prcisment parce que dtruites auront t les leurs1 comme ils ont mis soin et ardeur entrer l'cole polytechnique et l'cole ,saint-,cyr8 ,vous les connaissez2 vous ne doutez pas de cela4 ,eh bien alors1 qu'aurez-vous fait et quoi de gagn8 ,la libert de l'enseignement1 c'tait la ,france moiti infeste2 la libert dans l'enseignement1 ce sera l',universit moiti infeste1 et la ,france1 par suite1 moiti infeste comme auparavant4 ,on pourrait mme dire3 un peu plus2 car la moiti des professeurs de l',universit clricalisant la jeunesse1 les clricalisera avec plus d'autorit que des professeurs libres1 parce qu'ils auront comme l'estampille et l'apostille de l'tat et feront comme partie du gouvernement2 et l'on aura ce spectacle curieux d'un gouvernement affranchissant et libralisant la ,france par une moiti de ses professeurs et la christianisant et clricalisant par l'autre moiti4 ,avouez que ce spectacle et ce rsultat1 vous n'en voudrez pas4 ,vous ne pourrez pas en vouloir1 puisque prcisment ce que vous aurez voulu viter en monopolisant l'enseignement1 vous vous trouverez le faire vous-mme par votre enseignement monopolis et parce que vous l'aurez monopolis4 ,on ne russit pas ce point contre son dessein et contre toutes les raisons de son dessein1 sans regimber contre soi-mme et sans dire3 ,ah6 ,cependant6 ,ah6 mais non6 ,et ds lors vous serez amens imposer un credo1 c'est--dire supprimer la libert dans l'enseignement1 aprs avoir supprim la libert de l'enseignement4 ,ce credo1 j'admets que vous ne l'imposerez pas par un programme1 par une dclaration1 par une bulle1 par un ,syllabus2 je l'admets2 mais vous l'imposerez par vos inspecteurs1 proviseurs1 doyens1 directeurs et les avertissements qu'ils donneront aux professeurs hrtiques ou dissidents1 et ce sera exactement la mme chose qu'un credo affich sur les murailles ou insr l',officiel4 ,je reconnais encore que ce credo aura un caractre particulier3 il aura un caractre ngatif4 ,vous admettrez trs bien une certaine libert de penser en dehors de la mentalit chrtienne et de la mentalit contre-rvolutionnaire4 ,qu'un professeur enseigne ,kant ou enseigne ,spencer1 cela vous sera peu prs indiffrent2 qu'un professeur enseigne ,danton ou enseigne ,robespierre1 vous n'y regarderez pas de trs prs4 ,mais qu'un professeur enseigne la foi prouve par la raison2 ou la ncessit de la foi1 la raison tant infirme2 ou1 comme veut ,m4 ,bourget1 la destruction mthodique de l'uvre de la ,rvolution2 il est clair comme le jour que vous ne le laisserez pas se livrer ces exercices4 ,votre credo sera donc ngatif4 ,en sera-t-il moins imprieux1 moins exclusif1 moins tyrannique8 ,pas le moins du monde4 ,il sera comme celui de l'glise1 qui laisse toute libert de penser et d'enseigner dans certaines limites1 celles au del desquelles les hrsies commencent4 ,la libert que vous laisserez sera celle d'tre libre penseur comme on voudra et rvolutionnaire comme on l'entendra2 elle ne sera jamais celle d'tre ancien-rgime ou d'tre croyant4 ,cela veut dire que le seul moyen d'avoir la libert dans l'enseignement1 c'est d'avoir la libert de l'enseignement1 et qu'en dehors de la libert de l'enseignement il n'y a plus de libert du tout4 ,et1 tout au fond1 vous le savez bien4 ,je ne veux pas de la libert des autres2 je veux tre libral moi-mme4 ,navet ou hypocrisie1 c'est un joli mot de comdie1 que personne ne prendra un instant au srieux4 ,pour ce qui est de la libert d'enseignement1 ce qui reste encore faire aux rpublicains despotistes et ce qu'ils sont condamns faire1 c'est supprimer la libert d'enseignement pour les prtres1 supprimer la libert d'enseignement pour les laques croyants1 tablir le monopole universitaire1 exclure toute libert vritable de l',universit monopolise4 ,donc la bataille continue4 99 99 99 99 99 ,elle continuera galement sur la question de l'existence mme de l'glise catholique libre1 sur la question de l'existence de l'glise catholique1 quelque spare qu'elle ait t de l'tat4 ,il ne faut se faire aucune illusion l-dessus4 ,la loi de sparation1 la loi de #aije1 n'a satisfait personne1 sans doute1 ni les hommes de droite ni les hommes de gauche2 mais ce sont surtout les hommes de gauche qu'elle n'a pas satisfaits4 ,la question1 avant la loi de #aije1 se posait ainsi3 on sparera l'glise de l'tat2 mais1 une fois spare1 lui appliquera-t-on tout simplement le droit commun1 ou lui imposera-t-on un rgime exceptionnel8 ,les rpublicains libraux1 groupe insignifiant dans l'arme rpublicaine1 rpondaient3 ,on la mettra simplement dans le droit commun4 ,les rpublicains despotistes rpondaient3 ,jamais de la vie6 ,on lui imposera un rgime exceptionnel et aussi dur que possible4 ,les rpublicains libraux avaient leur reprsentant le plus net et leur interprte le plus prcis en la personne du regrett ,m4 ,goblet4 ,m4 ,goblet disait1 dans les ,annales de la ,jeunesse laque 7#aijc73 ,si je reste fidle l'ide de la sparation1 dont j'ai toujours t le partisan convaincu1 c'est avant tout pour affranchir l'tat d'un lien qui lui est plus nuisible qu' la religion et aux glises elles-mmes2 mais c'est aussi sous cette rserve que l'tat1 en reprenant sa libert1 devra respecter celle des croyances religieuses et aussi celle des glises4 ,son rle est1 suivant moi1 de les ignorer4 ,le jour o l'tat aura cess de subventionner les glises et de leur communiquer la force qu'elles tirent de leur union avec lui1 il n'aurait plus les considrer que comme des associations ordinaires soumises la loi commune4 ,les sectes diverses qui ne manqueraient pas de se former auraient bientt rduit l'autorit de l'glise catholique ce qu'est aujourd'hui celle des glises protestantes4 ,les unes et les autres pourraient bien exercer encore1 et peut-tre mme plus qu'aujourd'hui1 une influence morale que je ne veux nullement leur enlever2 elles auraient perdu l'influence politique que seule il importe de dtruire4 ,je ne vois mme pas1 sous ce rgime1 la ncessit d'une loi sur la police des cultes2 car les mandements des vques1 comme les prdications des membres du clerg1 n'auraient pas plus de valeur alors que les articles de journaux ou les discours de runions publiques4 ,les dispositions de la loi pnale suffiraient pour les rprimer4 ,voil la pure doctrine librale en cette matire1 la doctrine librale intgrale et absolue4 ,mais de cette doctrine les rpublicains despotistes1 les rpublicains autoritaires et mme beaucoup de rpublicains modrs taient aussi loigns que possible1 comme on peut croire1 et tenaient la doctrine de ,m4 ,goblet pour une doctrine ultra-clricale4 ,dans le mme temps1 ,m4 ,aulard crivait3 ,j'entends bien dire que c'est violer les principes du rpublicanisme que de refuser quiconque le bnfice de la libert et du droit commun4 ,mais je rponds que l'glise catholique n'est pas quiconque4 ,cette glise internationale1 dirige par un monarque tranger1 par un monarque tout-puissant et qui se dit infaillible1 par un monarque auquel ses sujets font profession de soumettre toute leur conscience1 toute leur personne morale2 cette glise organise en une solide et serre hirarchie despotique2 cette glise qui prtend tre elle-mme une cit1 une socit1 un tat1 l'tat parfait1 l'tat dans lequel devraient s'absorber tous les tats2 cette glise qui affecte un rle mondial1 la fois politique et social1 le rle de conductrice de peuples1 et qui conduit en effet les peuples un idal oppos celui des socits modernes1 affichant la haine et le mpris de la civilisation actuelle1 de la libert de conscience1 de toutes les liberts1 de la raison2 cette glise1 enfin1 qui complote ouvertement la destruction de l'difice politique et social lev par la ,rvolution franaise et l'abolition des ,droits de l'homme qu'elle appelle sataniques2 comment cette glise pourrait-elle se rclamer du droit commun8 ,quel droit a-t-elle au droit commun1 puisqu'elle n'existe1 ne parle et n'agit que pour renverser ce droit commun8 ,cette dclaration1 qui1 moins l'loquence1 se ramne cette formule3 ,je n'accorde la libert qu' ceux qui sont si faibles qu'ils me sont inoffensifs et qu' ceux qui ont le mme idal que moi1 tait l'expression mme de l'esprit gnral du parti rpublicain2 je n'ai pas besoin1 aprs tout ce que j'ai rapport dans ce volume1 de le prouver1 ni mme de le dire4 ,elle concluait un rgime exceptionnel et trs rigoureux pour cette association tout fait exceptionnelle qui s'appelle l'glise catholique4 ,de son ct1 le rdacteur ordinaire de la ,dpche de ,toulouse1 avec les mmes arguments et avec d'autres1 prenant plus prcisment partie ,m4 ,goblet1 crivait3 444 les associations catholiques ne sont pas et ne seront jamais des associations comme les autres4 ,elles obissent1 elles sont tenues d'obir un mot d'ordre tranger4 ,cela suffit1 et amplement1 leur donner un caractre exceptionnel4 ,elles ne peuvent donc tre soumises qu' un rgime d'exception4 ,m4 de ,pressens l'a compris4 ,avec beaucoup de prvoyance1 il limite leur dveloppement d'abord et ensuite leurs richesses4 ,m4 de ,pressens n'a pas tort4 ,ce dveloppement1 ces richesses1 si on ne leur assignait des limites1 pourraient prcisment devenir des instruments de rgne de l'glise temporelle4 ,ils pourraient tre des facteurs de cette influence politique que1 de l'aveu mme de ,m4 ,goblet1 il importe de dtruire4 ,et allant1 cette fois1 droit au point1 avec un remarquable esprit de prcision1 le rdacteur ajoutait3 ,le lgislateur 7de #aijc7 a pris le plus grand soin de surveiller et d'endiguer les associations religieuses constitues par les congrgations4 ,n'aura-t-il pas les mmes motifs de surveiller et d'endiguer les associations religieuses que le clerg sculier constituera au lendemain de la sparation8 ,voil prcisment le fond des choses4 ,les associations religieuses1 les associations cultuelles qui seront la contexture mme de l'glise aprs la sparation1 ces associations1 trs peu prs1 seront la mme chose que ce qu'taient les associations de congrganistes2 et il y aura pour les rpublicains1 d'aprs leurs ides et leurs passions1 exactement les mmes raisons de surveiller1 puis d'endiguer1 puis de dtruire les associations cultuelles1 qu'il y a eu pour surveiller1 puis endiguer1 puis dtruire les associations congrganistes4 ,pourquoi oui1 cela saute aux yeux2 et pourquoi non1 il m'est impossible de l'entrevoir4 ,cherchant1 pour conclure1 une formule qui exprimt au plus juste la mentalit rpublicaine en matire ecclsiastique1 le rdacteur s'arrtait ceci3 ,pour ce qui est de la propagande1 glise libre dans l'tat neutre2 mais pour ce qui est de l'association1 glise libre dans l'tat souverain4 ,c'est--dire que l'glise pourra dire ce qu'elle voudra2 mais que1 pour exister1 l'association tant dsormais son seul mode possible d'existence1 elle sera libre dans l'tat ayant tout droit de la supprimer4 ,et tel me semble bien tre depuis une dizaine d'annes l'esprit gnral et presque universel du parti rpublicain4 ,or1 depuis ces changes de vue1 la loi de #aije a t faite4 ,cette loi1 comme nous l'avons vu1 s'est place entre les deux doctrines exposes ci-dessus4 ,elle s'est place entre le droit commun et le rgime exceptionnel dur2 et elle est1 mon avis1 quoique tablissant un rgime d'exception1 plus prs du droit commun que du rgime exceptionnel rigoureux4 ,cela ne peut aucunement satisfaire le parti rpublicain et1 s'il l'a dj inquit au cours des discussions de la loi1 l'irritera et lui sera insupportable dans la pratique4 ,il n'y a pas de raison pour que son esprit change et il y a toutes sortes de raisons pour que les faits qui doivent sortir du rgime nouveau tabli par la loi de #aije1 vus l'exasprent1 puisque1 seulement prvus1 ils l'ont alarm4 ,oui1 sans doute1 il se trouvera en face d'associations cultuelles qui lui paratront des foyers de raction et des antres d'obscurantisme4 ,lui qui n'a pas pu supporter jadis la ,socit de ,saint-,vincent-de-,paul1 comment pourrait-il supporter des associations qui1 avec un maniement de fonds1 limit1 sans doute1 mais encore considrable1 auront clientle1 subordonns1 allis1 hirarchie1 seront ce que les rpublicains appellent tout de suite des tats dans l'tat et ce que1 ce titre1 ils dtestent d'une haine sauvage et d'une horreur qui leur te tout usage de la raison8 ,remarquez encore que ce que le ,concordat avait interdit1 savoir les communications1 non contrles par le gouvernement franais1 entre le ,saint-,sige et l'glise franaise1 n'est plus interdit par la loi nouvelle4 ,la loi de sparation ne connat pas le ,saint-,sige1 elle l'ignore1 et1 parce qu'elle l'ignore1 elle le passe sous silence1 et il le faut bien1 car si elle en parlait1 elle serait une manire de ,concordat2 elle serait un ,concordat unilatral1 si l'on peut parler ainsi2 mais elle serait une manire de ,concordat1 en ce qu'elle connatrait des relations entre le ,saint-,sige et l'glise franaise et les rglerait4 ,les communications du ,saint-,sige l'glise de ,france1 sous le rgime nouveau1 ne tombent plus que sous l'article #cd de la loi de sparation3 comme tous les autres discours prononcs1 lectures faites1 crits distribus1 affiches apposes1 elles ne sont poursuivies que si elles outragent ou diffament un citoyen charg d'un service public1 ou si elles constituent une provocation directe rsister l'excution des lois1 ou si elles tendent soulever ou armer une partie des citoyens contre les autres4 ,mais1 sauf ces cas1 elles sont permises4 ,de quel il les rpublicains verront-ils des communications du ,saint-,sige aux fidles de ,france lues en chaire sans avoir pass par la censure du gouvernement franais8 ,ils trouveront videmment que la loi nouvelle a dsarm la ,france1 la ,rpublique franaise1 l',unit morale de la ,france1 devant le ,saint-,sige1 devant la ,rome pontificale4 ,ils regretteront le ,concordat1 la digue du ,concordat4 ,remarquez encore le mot1 parfait pour moi1 inquitant pour eux1 de ,m4 ,goblet3 ,les sectes diverses lisez3 associations cultuelles1 d'esprits diffrents peut-tre pourraient bien exercer encore et peut-tre plus qu'aujourd'hui une influence morale que je ne veux nullement leur enlever2 elles auraient perdu l'influence politique4 ,ceci est si juste1 probablement1 ceci est si vraisemblable qu'un article de la ,semaine religieuse de ,paris1 d peut-tre la plume et assurment l'inspiration de l'archevque de ,paris1 se rencontre absolument avec ces quelques lignes de ,m4 ,goblet3 ,ne se pourrait-il pas que l'obligation o nous allons nous trouver de recourir l'association pour sauvegarder les intrts de l'glise de ,france tourne en dfinitive l'avantage de nos paroisses et que nous retrouvions par l cette cohsion que l'organisation trop administrative du ,concordat nous a fait perdre en nous dchargeant de trop de soucis8 ,qui peut dire s'il n'y aura pas l un vaste champ ouvert des initiatives jusque-l comprimes et si ce ne sera pas1 pour bien des vocations laques1 en particulier1 l'occasion de se rvler8 ,s'il devait en tre ainsi et qu'on pt arriver dans chaque paroisse grouper dans un faisceau unique1 sous l'autorit du cur1 les uvres devenues plus nombreuses2 si l'on pouvait1 ensuite1 constituer1 sous l'autorit de l'vque1 une union de tous ces organismes bien vivants qui chapperaient ainsi l'individualisme et centupleraient par l leur action2 ne serait-on pas en droit d'esprer qu'aprs les tristesses de demain des jours meilleurs pourraient se lever pour l'glise de ,france8 ,je suis persuad1 pour mon compte1 encore que je puisse me tromper1 qu'en brisant le ,concordat et en permettant les associations cultuelles1 les rpublicains franais ont rapproch les fidles de leurs pasteurs1 cr entre eux un lien et une communication troite qui manquait et qui ne pouvait que manquer sous le rgime du ,concordat et que le ,concordat avait t fait pour dtruire4 ,je suis persuad que la loi ,briand a rtabli l'glise dans ses vritables conditions de vie1 c'est--dire dans les conditions o il faut qu'elle soit pour qu'elle soit vivante2 et si je l'ai dit longtemps avant1 ce n'est pas une raison suffisante pour que je ne le pense pas aprs4 ,je suis persuad que si l'glise latrale1 l'glise congrganiste1 a t si puissante et si riche n'ayant pour soutien que les fidles1 l'glise officielle devenue l'glise libre trouvera dans les fidles le mme appui et le mme viatique2 et je ne vois pas les raisons pourquoi il en serait autrement4 ,je suis persuad que la loi ,briand1 telle qu'elle est1 est encore un bienfait pour l'glise et qu'elle sera regarde comme une faute par les rpublicains et qu'ils ne tarderont pas beaucoup l'appeler la loi des dupes4 ,mais1 prcisment cause de cela1 la perscution l'endroit de l'glise va recommencer et ne peut que recommencer plus vive et plus ardente4 ,le procd en quelque sorte automatique des rvolutionnaires l'gard de l'glise catholique est celui-ci3 spolier l'glise2 puis1 en compensation de la mesure spoliatrice1 lui accorder certains avantages2 puis supprimer ces avantages1 sans revenir1 bien entendu1 au rgime prcdent4 ,l'glise tait possdante3 on lui prend ses biens et en compensation on lui donne le budget des cultes garanti par un ,concordat4 ,elle a un budget des cultes garanti par le ,concordat3 on supprime le ,concordat et le budget des cultes1 et en compensation on donne l'glise la libert1 en lui disant3 cela vaut mieux2 ce que1 du reste1 je crois4 ,demain1 si l'on voit que cela vaut mieux1 et d'autant plus que l'on constatera que cela vaut mieux1 et mme1 du reste1 si cela valait moins1 et sauf le cas o cela ne vaudrait rien du tout1 on supprimera la libert de l'glise4 99 99 99 99 99 ,autre aspect3 il y a deux glises1 l'glise officielle et l'glise latrale4 ,on supprime l'glise latrale et l'on dit l'glise officielle3 ,c'est un cadeau que nous vous faisons1 car tout l'argent qui allait l'glise latrale ira vous et toute l'influence dont elle jouissait1 c'est vous qui l'aurez4 ,mais quand l'glise latrale est supprime on ne permet pas l'glise officielle de possder autant que cela tait permis l'glise latrale1 et quant son influence1 on surveillera celle qu'elle pourra prendre et on la matera1 c'est le mot constamment employ1 dans la mesure prcisment de l'influence prise4 ,d'ailleurs la munificence accorde1 toujours rvocable1 doit se mesurer1 pour ce qu'elle doit devenir1 aux ides gnrales et aux principes du bienfaiteur4 ,les rpublicains accordent l'glise la libert1 ou peu prs2 mais les rpublicains1 neuf sur dix1 sont gens qui la libert est odieuse1 insupportable et du reste inintelligible4 ,le seul cadeau que les rpublicains dmocrates ne puissent pas faire de telle manire qu'on y puisse croire1 c'est la libert1 et il y a soit ironie1 soit distraction1 soit hypocrisie1 soit1 et en tout cas1 inconsquence de leur part l'accorder ou prtendre qu'ils la donnent4 ,la libert accorde par des dmocrates1 c'est un serment de fidlit prt par ,don ,juan4 ,autre aspect3 c'est sous forme d'association1 et ce ne pouvait pas tre autrement1 que les rpublicains ont accord la libert l'glise4 ,or l'association est toujours pour les rpublicains un objet de dfiance invincible1 depuis ,rousseau jusqu' ,m4 ,jaurs4 ,ce sont eux1 je l'ai montr bien souvent1 qui ont invent le contresens qui consiste appeler aristocratie tout ce qui est association4 ,une vraie aristocratie1 c'est une association qui gouverne1 qui a des soldats1 des juges1 des gendarmes et des collecteurs d'impts4 ,mais pour les rpublicains franais est corps aristocratique toute association1 sans soldats1 sans juges1 sans gendarmes et sans publicains1 par cela seul qu'elle est association et se distingue un peu de la vaste association qui est l'tat4 ,le mot tat dans l'tat1 qui fait frmir tout dmocrate franais1 n'a pas d'autre sens4 ,il veut dire association particulire au sein de l'association gnrale2 et c'est cela qui fait horreur aux rpublicains4 ,ceux-ci1 en donnant licence l'glise de s'organiser en association1 en l'organisant eux-mmes1 pour ainsi dire1 en association1 ont donc fait quelque chose qui est si contraire leurs passions et leurs principes qu'en le faisant ils ont comme promis et jur de ne pas le faire1 ou qu'en l'tablissant ils ont comme jur de n'y point persvrer4 ,royer-,collard1 je crois1 discutant un projet de loi qu'il estimait abominable1 dclarait3 ,si vous faites cette loi1 je jure de lui dsobir4 ,les rpublicains de #aije1 en faisant la loi ,briand1 ont dit1 par tout leur pass1 par toutes leurs ides mille fois exprimes et par toute leur coutume3 ,je fais cette loi avec le ferme propos de la dtruire4 ,c'est ce que ,m4 ,bepmale a dclar formellement2 c'est ce que presque tous les rpublicains ont pens4 ,donc1 sur ce terrain encore1 la bataille continue4 ,le parti rpublicain achvera les congrgations1 si tant est que quelqu'une de ces blesses respire encore4 ,il dtruira ce qui reste de la libert d'enseignement et en arrivera l'tablissement pur et simple du monopole universitaire1 qui est son idal4 ,il dtruira pice par pice la loi ,briand considre comme trop librale et tenue pour seconde loi ,falloux1 et il rduira l'glise catholique la situation qui tait celle de l'glise protestante au ,x,v,i,i,ie sicle1 comme c'est aussi son idal4 ,le catholique est toujours un factieux2 il faut le cantonner lgalement dans l'tat de factieux1 voil le fond de la pense rpublicaine4 ,le clricalisme1 c'est l'ennemi2 il faut et le traiter en ennemi et le forcer n'tre dans l'tat qu'un ennemi1 voil1 depuis ,gambetta1 le principe mme de la socit laque et de la socit moderne4 99 99 99 99 99 ,remarquez1 du reste1 ce qui est le plus important1 que si1 par leurs principes1 ides et passions1 les rpublicains despotistes dtestent tout catholique et mme tout chrtien croyant1 en pratique1 quand bien mme ils n'auraient ni ces ides ni ces passions1 ils seraient peu prs forcs de se conduire comme s'ils les avaient et de faire la guerre au catholicisme comme s'ils l'excraient en effet4 ,car c'est1 en vrit1 leur seule ressource lectorale1 et ils ne vivent que d'lections4 ,il s'agit pour le parti rpublicain1 ou plutt pour le syndicat des politiciens rpublicains1 d'tre populaires4 ,or1 ils n'ont aucun autre moyen de l'tre que l'anticlricalisme4 ,ils ne peuvent pas l'tre par des rformes utiles1 salutaires et fcondes4 ,d'abord parce qu'ils sont peu en tat de les imaginer et de les accomplir1 presque aucun n'tant homme d'tat4 ,ensuite parce que le systme parlementaire tel qu'il est organis en ,france1 extrmement lent pour l'laboration d'une rforme quelconque et extrmement prompt remettre le dput en face de ses lecteurs1 ne permet pas au dput d'tre rformateur d'une faon utile pour lui1 de faon qu'il recueille en popularit le fruit de la rforme laquelle il se sera attel4 ,supposez un dput qui tudie une bonne rforme faire1 consciencieusement1 srieusement4 ,avant qu'elle soit discute1 les quatre ans de la lgislature seront puiss et notre homme se retrouvera en prsence de ses lecteurs qui lui diront3 ,vous n'avez rien fait4 ,cela n'encourage pas2 cela dgote4 ,il faudrait tre hroque1 en ,france1 pour s'occuper d'une rforme utile quand on est dput4 ,tous ceux1 peu d'exceptions prs1 en ,france1 qui s'occupent de rformes1 sont trangers au ,parlement4 ,c'est quand on n'a pas affaire aux lecteurs qu'on peut tre1 non un politicien1 mais un homme politique studieux4 ,cette popularit1 qui est le pain dont ils vivent1 les politiciens se l'assureront-ils tout simplement1 tout humblement1 par une bonne administration du pays8 ,ceci regarde surtout le gouvernement et aussi les parlementaires en tant que contrlant1 surveillant et inspirant le travail administratif du gouvernement4 ,or1 non1 la popularit ne s'acquiert pas1 en ,france1 par une bonne administration1 parce que le pays ne fait presque aucune attention la faon dont il est administr4 ,nul peuple au monde n'est plus indiffrent cet gard4 ,ce n'est pas un peuple pratique2 ce n'est pas un peuple raliste1 c'est un peuple uniquement proccup d'ides gnrales1 d'ides gnrales trs simples et trs grossires1 comme l'galit1 l'abolition des supriorits1 le nivellement des fortunes1 la destruction des religions2 mais enfin d'ides gnrales et uniquement d'ides gnrales4 ,il semble qu'il vive de cela4 ,toutes les conversations que vous coutez roulent sur des thories4 ,jamais ou presque jamais vous n'entendez1 au caf1 en chemin de fer1 sur le pont d'un bateau1 parler d'une question administrative1 d'une amlioration pratique1 d'un meilleur amnagement de la maison commune4 ,les ,franais sont un peuple qui ne parle que de politique gnrale ou de femmes4 ,ce n'est pas absolument toujours ainsi4 ,on a remarqu et j'ai beaucoup1 non sans complaisance1 insist sur ce fait1 qu'en #aghi les ,franais par leurs cahiers n'ont presque absolument demand qu'une chose3 tre bien administrs1 tre administrs d'une faon rgulire2 et que le grand succs du #ah ,brumaire est venu de ce qu'il apportait en #agii justement ce que les ,franais avaient rclam et presque uniquement rclam dix ans auparavant4 ,mais1 prcisment1 remarquez aussi qu'une rvolution qui avait t faite pour obtenir des rformes administratives1 a roul tout entire sur des ides gnrales1 n'a poursuivi clairement1 travers ses convulsions sanglantes1 que deux desseins3 l'galit et la souverainet du peuple2 et a t aussi abstraite et aussi idaliste que possible en son esprit4 ,et1 prcisment1 remarquez aussi que le #ah ,brumaire1 agrable la nation franaise parce qu'il satisfaisait ses dsirs de #aghi et rpondait son tat d'me de #aghi1 a inaugur un rgime tout inspir encore d'ides gnrales3 grandeur et gloire de la ,france1 diffusion par les armes1 travers le monde1 des principes rvolutionnaires1 galit1 souverainet du peuple1 antiaristocratisme1 anticlricalisme1 etc4 ,et1 prcisment1 remarquez encore que le second ,empire1 accueilli favorablement en ,france tout simplement parce qu'il muselait l'anarchie et par consquent dans un esprit tout raliste et tout pratique1 a presque immdiatement eu besoin d'une ide gnrale1 parfaitement contraire du reste aux intrts matriels de la ,france1 c'est savoir du principe des nationalits1 pour maintenir sa popularit1 ou plutt pour se faire une popularit d'un genre nouveau1 la premire s'tant puise parce qu'avaient disparu les circonstances qui l'avaient produite4 ,d'abondant remarquez encore que le seul gouvernement franais1 au ,x,i,xe sicle1 qui n'ait pas t du tout populaire est le gouvernement de #ahcj-ahdh1 parce que1 sans aucun idal1 il ne s'est occup absolument que de bien administrer et d'assurer la prosprit matrielle du pays4 ,en ,france1 bien gouverner la maison est une duperie1 et ce que le ,franais demande le moins un gouvernement1 c'est d'tre une bonne mnagre4 ,les hommes politiques franais feraient donc une pure folie et montreraient une colossale navet s'ils cherchaient la popularit par la pratique d'une bonne administration intrieure1 soit1 ministres1 en administrant bien1 soit1 parlementaires1 en exigeant des ministres qu'ils administrent sagement et en contrlant svrement leur gestion4 ,comment donc les hommes politiques s'assureront-ils la popularit dont ils ont besoin comme d'air et de nourriture8 ,uniquement en exploitant une ide gnrale et1 selon les temps1 celle-ci ou celle-l1 celle qui1 un moment donn1 a les faveurs de la foule ou d'une partie au moins trs considrable du pays4 ,or1 en ce moment1 j'entends depuis #ahga jusqu' nos jours et jusqu'aux jours qui vont venir1 quelle est l'ide gnrale exploiter8 ,est-ce l'ide de souverainet du peuple8 ,non2 elle n'est plus exploiter1 parce qu'elle est acquise4 ,le peuple se sent souverain trs suffisamment4 ,on pourrait1 sans doute1 lui faire remarquer qu'il ne l'est pas1 qu'il ne le serait que sans dputs et sans juges nomms par le gouvernement2 qu'il ne le serait que par le gouvernement direct et la magistrature lue4 ,le moment viendra peut-tre o l'on exploitera cette ide gnrale trs spcieuse et trs exploitable2 mais il n'est pas venu2 cette ide1 quand on y touche1 ne rend pas2 il est de fait que le peuple franais se sent trs suffisamment souverain1 en quoi on peut reconnatre qu'il n'a pas absolument tort4 ,les hommes politiques1 pour se faire une popularit ou pour entretenir celle qu'ils ont1 exploiteront-ils l'ide d'galit8 ,il en est qui font ainsi4 ,ce sont les socialistes4 ,ils s'attachent dmontrer1 et ils n'ont aucune peine dmontrer1 que l'galit n'existe point du tout1 puisqu'il y a des ingalits de fortune1 et normes1 et puisqu'aucune galit lgale et juridique n'est que leurre et ombre pour proie1 tant qu'il y a ingalit de fortunes4 ,ils ont raison1 admis le principe d'o ils partent1 et ils sont trs couts4 ,seulement il y a trop de possdants en ,france pour que la ,france soit socialiste en majorit1 et l'on ne se fait1 avec le socialisme1 qu'une popularit locale1 qu'une popularit de minorit1 en dfinitive1 ce qui n'est jamais tout fait du got d'un homme politique4 ,l'ide gnrale de l'galit1 de l'galit relle1 n'est pas d'un trs bon rapport4 ,les hommes politiques exploiteront-ils les ides de grandeur et gloire de la ,france1 de diffusion des principes rvolutionnaires travers le monde1 ou la thorie des nationalits8 ,depuis #ahga1 tout cela est cruellement dmod et hors d'usage4 ,la ,france se sent nation de second rang1 ne rve plus d'aucune conqute1 ne se sent plus appele par les peuples asservis1 ou ne peut pas raisonnablement s'imaginer qu'elle soit appele par eux2 et quant au principe des nationalits1 quelque idaliste qu'elle soit1 il lui a t trop terriblement funeste pour qu'elle ne l'ait pas quelque peu cart de son cur4 ,en d'autres termes1 il n'y a plus ici de popularit se faire avec la politique trangre4 ,la consquence principale des vnements de #ahgj a t que la ,france ne s'est plus occupe du tout de politique trangre4 ,c'est partir de #ahga qu'elle aurait d s'en occuper plus que jamais2 mais ne s'intressant qu' ce qui est glorieux et non ce qui est utile1 elle ne s'est plus applique la politique trangre du moment que la politique trangre n'tait plus matire de gloire et entretien de vastes desseins4 ,il y a eu cet gard comme une dpression intellectuelle et morale en ,france4 ,aprs avoir t la nation mgalomane1 la ,france est devenue la nation1 non seulement prudente1 en quoi elle aurait bien raison1 mais timore et parlant bas4 ,on se faisait une popularit vers #ahdj en agitant les souvenirs de l',empire et en jetant toujours1 par mtaphore1 l'pe de la ,france au del des frontires4 ,m4 ,mauguin1 bien oubli1 s'tait fait une spcialit de ce jeu-l et y avait rcolt presque de la gloire4 ,on se faisait une popularit1 vers #ahei et un peu plus tard1 en appelant l',italie l'indpendance et l'unit et en rclamant le guerre contre la ,russie pour dlivrer la ,pologne 7,havin et ,guroult74 ,tout cela est absolument pass4 ,il n'y a aucune popularit se faire avec la politique trangre4 ,un ministre des affaires extrieures1 en ,france1 est un ministre souterrain4 ,on voit donc bien qu'un homme politique qui veut tre populaire1 et aucun ne peut ne pas le vouloir1 est comme forc de se rabattre sur l'anticlricalisme comme sur son unique ressource4 ,le dput ne peut mme mettre en coupe rgle que cela d'une faon srieuse et lucrative4 ,les services rendus aux lecteurs1 les faveurs gouvernementales obtenues pour l'arrondissement ne font presque que blanchir1 tant1 si multiplis qu'ils soient1 ils sont toujours infiniment disproportionns la demande1 et tant1 chaque bienfait qu'il dispense1 il peut dire comme ,louis ,,xiv3 ,je me fais cent ennemis et un ingrat4 ,c'est mme prcisment pour se faire pardonner le peu de services gnraux ou particuliers qu'il a pu rendre1 puisqu'on trouve toujours qu'il en a rendu trop peu1 que le dput se montre1 d'autant1 anticlrical rsolu et opinitre1 pour pouvoir dire3 ,il est vrai1 je n'ai pas rendu tous les services que j'aurais voulu rendre2 je n'ai pas donn autant que j'aurais dsir2 je n'ai pas fait ma circonscription tout le bien que je souhaitais lui faire2 mais j'ai t si anticlrical6 ,l'anticlricalisme est la tarte la crme que l'on prodigue quand on ne peut pas en donner une autre4 ,quant au gouvernement1 il n'a1 pour se soutenir contre ses ennemis et pour tayer ou rparer sa popularit1 rien autre chose que l'anticlricalisme4 ,hors de la guerre l'glise1 pas de salut4 ,ne pouvant donner au peuple ni la gloire1 ni la prosprit1 ni1 jusqu' nouvel ordre1 les proprits de la bourgeoisie1 ni une reconstitution sociale o le peuple se trouverait plus l'aise1 cette uvre1 peut-tre impossible1 souffrant au moins de trs grandes difficults2 il ne peut lui donner que des satisfactions de haine assouvie1 et il faut bien qu'il les lui donne3 il bat le clerg devant lui4 ,ce sont les circenses de notre temps4 ,c'est le recours des ,csars modernes4 ,voyez-les tous1 successivement1 quand ils sentent le terrain chancelant1 se diriger vers ce fort et1 quand ils se sentent dmunis1 ramasser cette arme4 ,m4 ,jules ,ferry1 trs en faveur avant #ahgj1 mais impopulaire depuis le sige de ,paris1 sentant du reste que son caractre difficile augmentait de jour en jour dans le ,parlement le nombre de ses ennemis1 brusquement1 sans antcdent1 sans entente1 du reste1 avec ses collgues du ministre1 invente le fameux article ,,vii et fait la campagne des dcrets pour reconqurir d'un coup toute la popularit qu'il avait perdue1 pour parcourir la ,france entire la ,gambetta1 et pour faire crier sur son passage3 ,vive l'article ,,vii1 mme par les petits enfants 7c'est un mot de lui74 ,m4 ,waldeck-,rousseau1 trs mal accueilli la ,chambre lors de la constitution de son ministre1 par suite de la double bizarrerie qu'il avait eue de mettre dans son ministre un socialiste pour irriter le centre et le gnral de ,galliffet pour exasprer la gauche1 entreprend tout aussitt sa campagne anticongrganiste pour se faire une popularit et s'en fait une1 en effet1 en moins d'un instant2 et un ministre qui avait l'air de devoir durer deux semaines dure trois ans1 uniquement sur la question anticlricale4 ,m4 ,combes1 enfin1 considr unanimement comme born1 choisi1 on ne sait dans quel dessein secret1 par ,m4 ,waldeck-,rousseau1 peut-tre pour que le prsident du conseil ne ft pas1 le cas chant1 un concurrent srieux la prsidence de la ,rpublique2 ,m4 ,combes1 subi1 on ne sait par quelle faiblesse1 par ,m4 ,loubet1 qui n'avait pour lui que le contraire de la sympathie2 ,m4 ,combes1 ministre incapable1 de l'avis et de l'aveu de tous1 se maintient au pouvoir aussi longtemps1 plus longtemps que ,m4 ,waldeck-,rousseau1 malgr faute sur faute1 malgr des collaborateurs aussi incapables que lui1 malgr la dlation employe systmatiquement comme instrument de rgne1 uniquement parce qu'il est anticlrical rsolu1 entt et brutal1 que rien ne l'arrte dans la poursuite furieuse de ce dessein et prcisment parce que1 comme il l'a dit lui-mme1 il n'a pris le pouvoir que pour cela et qu'il est absolument incapable de voir autre chose dans le gouvernement de la ,france et dans toute l'histoire moderne4 ,et1 non seulement il dure trois ans1 mais il n'est jamais renvers1 non plus que ,m4 ,waldeck-,rousseau1 et c'est spontanment qu'il se retire1 et personne ne peut assurer qu'en s'en allant il n'ait fait que prendre les devants et anticiper sur une disgrce4 ,ah6 qu'un anticlrical est dur abattre6 ,les gouvernements savent cela et que faire une campagne anticlricale1 c'est prendre une assurance sur la vie et une assurance contre les accidents de voyage4 --,mais cela n'est pas une ressource indfinie4 --,si1 prcisment1 c'est une ressource ternelle4 ,m4 ,henry ,maret a dit spirituellement3 ,radicaux1 mes frres1 ne solutionnez jamais la question clricale2 vous vous teriez le pain de la bouche4 ,le mot est piquant2 mais il est faux2 parce qu'on n'puise jamais la question clricale1 attendu qu'elle est inpuisable4 ,j'ai montr qu'elle durera1 et avec une vivacit et une intensit toujours croissantes1 tant qu'il y aura un catholique en ,france1 comme la lutte contre les ,maures en ,espagne a dur tant qu'il y a eu un ,maure dans la ,pninsule4 ,il y aura un pril clrical en ,france tant qu'il y aura un clerg1 puis tant qu'il y aura des croyants1 tant que la mentalit romaine ne sera pas teinte4 ,et tant qu'il y aura ou qu'on affectera de croire qu'il y a un pril clrical1 les campagnes anticlricales continueront et se succderont les unes aux autres4 ,il y aura des accalmies1 comme il y en a eu1 par cette seule raison qu'en ,france surtout on ne peut pas dire toujours la mme chose1 ni faire toujours la mme chose1 et que mme l'anticlricalisme a son point de saturation2 mais le moment reviendra toujours o un gouvernement dans l'embarras1 et j'ai montr qu'ils sont destins y tre tous1 viendra dire3 ,le pril clrical renat2 la raction clricale relve la tte2 et ce sera toujours vrai ou toujours tenu pour exact4 ,aprs les congrganistes on poursuivra les prtres sculiers2 aprs les prtres sculiers1 les laques croyants1 tenus pour jsuites de robe courte2 aprs les jsuites de robe courte1 tout pre de famille qui aura trouv ou cherch le moyen de faire donner son fils une ducation autre qu'antireligieuse et athe2 aprs ceux-ci1 les pres de famille qui auront donn eux-mmes leurs enfants une ducation de couleur dsagrable au gouvernement4 ,j'ai dit en ne plaisantant qu' moiti3 la seule solution efficace de la question clricale1 c'est d'interdire aux hommes qui ne pensent pas comme le ministre de l'instruction publique d'avoir des enfants4 ,et1 en effet1 la question clricale n'tant pour les anticlricaux qu'une question lectorale1 ce que les anticlricaux poursuivront toujours1 infatigablement1 ce sont ceux1 quels qu'ils puissent tre et quels qu'ils doivent tre1 qui leur prpareront des lecteurs adverses4 ,dans ces conditions1 la guerre anticlricale est ternelle ou1 du moins1 de nature se prolonger au del de toutes les prvisions possibles4 ,un anticlrical me disait3 ,je ne crois pas1 tout de mme1 que nous en ayons pour plus d'un sicle4 ,il a t dit1 au cours de la discussion sur la loi de la sparation1 que si les socialistes donnaient dans cette loi et avec ardeur1 ce n'tait pas seulement par conviction2 mais parce que1 la question clricale tant rsolue1 les radicaux1 leurs ennemis non avous1 mais rels1 ne pourraient plus amuser le peuple avec la bataille anticlricale et seraient acculs aux rformes sociales et obligs enfin de se prononcer sur elles1 obligs enfin devenir socialistes pratiques ou devenir impopulaires4 ,si les socialistes ont raisonn ainsi1 ils ont raisonn trs mal1 ou ils n'ont raisonn qu' moiti bien4 ,ils n'ont raisonn juste que pour un temps trs court1 infiniment court1 ce qui est une manire encore de prendre l'ombre pour la proie4 ,oui1 sans doute1 pour quelque temps1 et encore je ne sais1 et encore je ne crois pas1 la sparation de l'glise et de l'tat paratra une solution et permettra aux socialistes de dire aux radicaux3 ,et maintenant1 voyons si1 l'anticlricalisme t1 vous avez quelque chose dans votre sac4 ,mais1 d'une part1 les essais de socialisation tents par les socialistes avec concours timide1 gauche et de mauvaise grce des radicaux1 tant probablement destins mal aboutir1 et1 d'autre part1 le clricalisme renaissant1 puisqu'il renat toujours d'une faon ou d'une autre2 les radicaux1 enchants de s'vader1 crieront tout du haut de leur tte3 le pril clrical est toujours l1 il y est plus que jamais depuis que la sparation a donn l'glise une vie nouvelle1 et nous nous occupons d'autre chose6 ,courons au pril clrical6 ,et il n'y a aucun doute1 tant donne la mentalit franaise1 que les radicaux ne soient couts et que cette diversion ne russisse presque immdiatement4 ,sans doute1 les socialistes1 qui comprendront trs bien le secret du jeu et qui le comprennent dj parfaitement1 ne manqueront pas de dire1 pour sauver leur influence3 ,mais1 faisons1 certes1 les deux choses la fois2 et d'un ct matons l'glise et de l'autre oprons de profondes rformes sociales2 il n'y a aucune incompatibilit entre ces deux uvres4 ,seulement1 un peu partout1 et surtout en ,france1 il n'y a jamais mouvement gnral pour faire deux choses la fois4 ,un gouvernement peut faire plusieurs choses la fois2 un peuple ne poursuit pas la fois plusieurs objets2 et longtemps1 peut-tre toujours1 la diversion sur le clricalisme fera son effet et amusera les masses4 ,voil les raisons pourquoi et partis politiques et gouvernements seront longtemps encore comme forcs de revenir priodiquement l'anticlricalisme comme une ressource prcieuse et comme une condition d'existence4 ,ce dada est le cheval de ,troie2 on s'y cache pour vaincre et mme on s'y cache parce qu'on ne peut pas faire autre chose4 ,et remarquez que ce ne sont pas seulement les gouvernements et les politiciens qui ont le plus grand intrt du monde tenir toujours pendante1 toujours actuelle1 la question du clricalisme1 la tenir1 pour ainsi dire1 toujours sur le feu4 ,c'est la bourgeoisie franaise elle-mme1 non politicienne1 non politiquante et qui aimerait ne s'occuper aucunement de politique4 ,je ne comprends pas du tout comment un certain nombre de publicistes1 dont le dernier en date est ,m4 ,paul ,seippel 7,les ,deux ,frances et leurs origines historiques7 s'obstinent rpter cette vieille vrit que la bourgeoisie franaise s'est jete entre les bras de l'glise pour y trouver une dfense contre la ,rvolution1 pour appuyer aussi et soutenir ceux qui peuvent museler la ,rvolution et l'endormir4 ,c'est une vieille vrit et c'est une erreur d'aujourd'hui4 'a pu tre vrai1 mais c'est faux actuellement plus qu' moiti1 plus qu'aux trois quarts4 ,la bourgeoisie franaise tout entire1 depuis ses plus hautes rgions jusqu' celles de la toute petite bourgeoisie possdante1 n'a qu'une peur et n'a qu'une antipathie4 ,et le seul objet de cette antipathie et de cette peur1 c'est le socialisme4 ,par consquent1 elle n'a ou ne croit avoir qu'un intrt3 dtourner le peuple des proccupations socialistes1 driver les passions populaires aussi loin que possible du socialisme1 amuser le peuple avec quelque chose qui ne soit pas le socialisme4 ,or1 avec quoi l'amuser8 ,avec une de ses passions4 ,il n'en a que deux1 l'abolition de la proprit individuelle et la haine du cur4 ,c'est donc exclusivement1 et l'on n'a pas le choix1 avec la haine du cur qu'il faut dtourner son attention et le divertir4 ,la bourgeoisie secoue la robe noire devant le peuple comme le torador secoue la cape rouge devant le taureau4 ,c'est le procd du ,snat romain4 ,ds que le peuple demandait un peu impatiemment une rforme sociale1 le ,snat lui montrait un peuple conqurir ou un roi tranger menaant4 ,de mme1 ,m4 ,waldeck-,rousseau montrait au peuple le milliard des congrganistes partager1 milliard qui s'est rduit en dfinitive rien1 si l'on en juge par ce fait que les impts n'ont pas diminu1 mais se sont accrus2 et de mme ,m4 ,clmenceau dnonce tous les matins ,rome--,rome l'unique objet de son ressentiment--comme la dangereuse puissance trangre qui est toujours sur le point de conqurir la ,france1 de l'opprimer et de la rduire en servitude4 ,plaise ,dieu1 dit soir et matin la bourgeoisie franaise1 que ,rome soit longtemps1 soit toujours l'unique objet du ressentiment du peuple franais4 ,c'est elle qui est entre le peuple et nous4 ,c'est elle qui nous couvre4 ,tant que le peuple regardera avec colre du ct du monastre et du ct de l'glise1 il ne regardera pas trop du ct de nos proprits ou du ct du grand livre4 ,enivrons-le d'anticlricalisme4 ,c'est un stupfiant qui ne nous cote rien et qui nous donne la scurit4 ,anticlricalisme1 amusement du peuple et tranquillit des bourgeois4 ,cela ne peut pas durer indfiniment1 dira-t-on4 ,non1 sans doute2 mais c'est bien prcisment parce que cela ne peut pas durer toujours que la bourgeoisie tient ce que cela dure le plus possible2 et c'est bien prcisment pour cela qu'elle fera de l'anticlricalisme jusqu' puisement absolu de la question clricale et pour ainsi dire par del2 c'est bien prcisment pour cela qu'elle la fera renatre de ses cendres et qu'elle affirmera toujours qu'elle existe toujours1 et plus grave et plus redoutable que jamais2 c'est bien prcisment pour cela qu'aprs avoir dnonc comme pril clrical les congrgations1 qu'aprs avoir dnonc comme pril clrical le ,concordat1 qu'aprs avoir dnonc comme pril clrical le clerg sculier ultramontain1 elle dnoncera comme pril clrical le clerg sculier le plus particulariste et le plus gallican du monde2 elle dnoncera comme pril clrical les laques les plus laques1 pourvu qu'ils aient des sentiments religieux1 et les libres penseurs1 oui1 les libres penseurs les plus libres1 pourvu qu'ils mettent la prtention de faire lever leurs enfants comme ils voudront1 et les libres penseurs sans enfants1 les plus libres--croyez que j'en sais quelque chose--pourvu qu'ils soient libres penseurs de telle manire--manire assurment trs rare--qu'ils revendiquent la libert pour tout le monde4 ,l'anticlricalisme1 mais voyez donc que c'est les dernires cartouches de la bourgeoisie4 ,elle en usera tant que la cartouchire ne sera pas vide1 et ensuite elle fabriquera des cartouches tant qu'il y aura quelque chose sa porte qui ressemblera de la poudre4 ,comprenez donc la suite des choses3 ,la bourgeoisie lance le peuple contre un ennemi autre qu'elle tant que cet autre ennemi existe ou qu'elle peut faire croire qu'il est4 ,trs longtemps1 pendant trois quarts de sicle1 elle a excit1 soulev et lanc le peuple contre l'aristocratie1 contre les nobles4 ,l'aristocratie n'existait plus2 les nobles existaient1 mais n'avaient absolument aucun privilge et ne constituaient aucun danger4 ,n'importe3 en vertu de cette loi qui fait qu'une gnration poursuit de sa haine les descendants de ceux dont a souffert la gnration d'il y a cent ans1 la bourgeoisie obtenait du peuple qu'il dtestt les descendants ou les pseudo-descendants des ,lauzun ou des ,montmorency4 ,c'taient les morts qui parlaient par la bouche de leurs arrire-neveux4 ,tel un protestant de #aije ne peut pas voir un catholique sans avoir la fivre de la ,saint-,barthlemy et sans croire obscurment que ce catholique qu'il rencontre a pris part ce massacre4 ,cependant l'aristocratie et les nobles et les ci-devant1 cela a fini par s'user4 ,par habitude1 les bourgeois daubent encore sur le thtre la noblesse franaise2 mais cela a peu de retentissement4 ,il fallait chercher ou retenir autre chose4 ,le clerg catholique et le catholicisme en gnral taient la dernire ressource2 ils sont encore la dernire ressource4 ,exploiter contre eux le ressentiment sculaire du peuple contre les abbs trop gras et les vques trop riches du ,x,v,i,i,ie sicle1 c'est le dernier jeu que peut jouer la bourgeoisie pour dtourner les regards du peuple loin des gras d'aujourd'hui et loin des riches de maintenant4 ,littralement1 pour la bourgeoisie franaise actuelle1 hors de la haine de l'glise point de salut4 ,on peut donc croire qu'elle ne cessera de suivre cette tactique qu' la dernire extrmit4 ,quand8 ,comme pour l'aristocratie et la noblesse3 lorsqu'il n'y aura plus d'glise et plus de catholiques1 comme il n'y a plus maintenant1 bien visiblement1 n'en pas douter1 d'aristocratie ni de nobles4 ,la limite aura t la mme dans les deux cas4 ,or il y aura une glise1 et peut-tre plus forte1 plus inquitante comme probabilit de survie1 tant qu'on n'aura pas tout simplement interdit le culte catholique en ,france2 et il y aura des catholiques toujours menaants1 c'est--dire toujours dsireux de s'entendre entre eux1 c'est--dire de crer une glise et toujours sur le point de la fonder1 tant qu'il y aura des catholiques et tant qu'on ne les aura pas chasss du territoire franais1 comme le voulait ,rousseau2 tout au moins tant qu'on ne leur aura pas t toute libert1 non seulement d'enseignement1 mais d'association1 de parole1 de presse et d'criture4 ,on voit comme se prolonge devant nous1 sans qu'on exagre rien et tout simplement en calculant ce que devra forcment vouloir la bourgeoisie et ce qu'elle fera si le peuple la suit1 la priode de lutte1 de bataille et de perscution sans merci contre le catholicisme de ,france4 ,a mon sens1 les choses se passeront peu prs de la manire suivante3 abolition de l'glise catholique considre comme un tat dans l'tat1 prcisment parce qu'elle ne sera plus lie l'tat1 comme une association trop cohrente et trop forte1 c'est--dire comme une aristocratie1 analogue la franc-maonnerie1 mais moins agrable4 ,puis longue perscution contre les glises locales1 fragmentaires1 isoles1 les glises au dsert1 qui auront russi tant bien que mal se former et qui seront considres comme des socits secrtes1 ce que1 du reste1 elles seront parfaitement1 par impossibilit d'tre autre chose4 ,puis longue perscution contre les catholiques isols qui auront survcu toutes les vexations et rigueurs et qui seront la dernire proie ou le dernier ennemi signal au peuple par la bourgeoisie cramponne sa dernire ressource4 ,et ce sera1 ralis1 le rve du doux ,edgar ,quinet1 qui n'a jamais rien vu autre chose en politique et dans toute l'histoire moderne que le catholicisme exterminer par tous les mmes moyens que le christianisme vainqueur avait employs pour exterminer la religion paenne2 et cette politique est d'une grande simplicit1 encore qu'elle ne soit pas vanglique4 ,peut-tre avant cette troisime priode1 peut-tre avant la seconde1 la bourgeoisie aura t balaye par le peuple4 ,mais1 pour se placer dans cette hypothse1 il faut supposer le peuple franais devenu collectiviste1 ce qu'il devient1 sans doute2 mais avec une extrme lenteur1 pour toutes sortes de raisons1 et ce qu'il ne sera peut-tre jamais4 ,il est croire que le stade anticlrical qui reste devant nous et qu'on peut prsumer qui sera parcouru tout entier1 est extrmement long encore4 99 99 99 99 99 ,a le parcourir1 la ,france continuera s'affaiblir de plus en plus4 ,l'anticlricalisme lui a fait un mal norme2 il continuera lui en faire un qui est difficilement calculable4 ,a parler en gnral1 d'abord1 l'anticlricalisme a sur une nation1 et sur une nation particulirement nerveuse1 tous les effets d'une passion exclusive sur un homme nerveux4 ,elle le dtourne tout simplement de tout4 ,l'homme passionn pour les femmes ou pour le jeu ou pour l'alcool1 ne songe rien qu' l'alcool1 au jeu ou aux femmes4 ,il ne nglige pas ses affaires3 il ne les connat plus2 elles n'existent plus pour lui4 ,il est hypnotis4 ,chose trs remarquable et trs vraie1 que j'ai parfaitement observe1 l'homme passionn1 non seulement est en proie matriellement sa passion et n'y peut point rsister2 mais il s'en fait une espce de religion3 il la spiritualise et il la mystifie1 si l'on me permet d'employer le mot dans son acception tymologique1 ou1 si vous voulez1 il la mysticise4 ,propos de ,don ,juan au premier acte de la pice de ,molire1 propos du ,joueur dans ,regnard1 propos de ,thausettes dans la ,denise de ,dumas fils3 ,oh6 la sensation6444--,j'ai connu des alcooliques qui parlaient des ivrognes avec vnration1 de leurs souvenirs d'orgies avec tendresse1 des libations avec une sorte d'extase1 et qui disaient3 ,cet homme n'aime rien3 il n'aime mme pas boire6 ,l'anticlricalisme n'est pas une passion d'une autre nature2 il est une passion2 il est d'ordre pathologique4 ,j'ai entendu un homme du peuple1 qui n'tait pas mchant1 peut-tre1 mais qui avait sa conception de la libert1 dire3 ,la libert6 ,elle est jolie1 la libert6 ,on n'a pas seulement le droit de tuer un cur4 ,la passion parle l toute pure4 ,eh bien1 la passion anticlricale rend la ,france insensible tout1 except l'anticlricalisme4 ,elle lui ferme les yeux sur ses intrts1 sur ses affaires1 sur ses droits 7je n'ai pas besoin de dire sur ses devoirs7 et sur ses moindres commodits4 ,elle l'aveugle et la paralyse4 ,a l'tranger on dit3 ,qu'est-ce que c'est que la ,france8--,c'est un pays o l'on ne s'occupe que du ,vatican4 ,un mot de ,m4 ,ribot est admirable1 ou du moins excellent4 ,il parlait sur une question trs importante4 ,on lui cria3 ,et l'affaire ,dreyfus8 ,l'affaire ,dreyfus tait prcisment une affaire trs mle d'anticlricalisme4 ,m4 ,ribot1 personnellement1 tait plutt du ct des ,dreyfusistes4 ,il rpondit3 ,j'ai mon opinion sur l'affaire dont vous me parlez2 mais je n'admets pas que toute la politique de la ,france pivote sur l'affaire ,dreyfus4 ,c'est prcisment la sottise de la ,france que pour elle toute la politique roule sur le clricalisme et qu'elle n'admette pas qu'il y ait autre chose dont on ait s'occuper4 ,j'ai entendu souhaiter que le catholicisme dispart1 pour que la ,france1 n'ayant plus se passionner pour ou contre lui1 s'avist de s'occuper de ses affaires4 ,le malheur1 c'est que pendant que nous cdons ce travers trs franais et cette habitude trs franaise de mener notre barque comme si nous tions seuls au monde1 les trangers profitent de nos fautes et de notre aveuglement et de notre hypnotisation pour faire leurs affaires notre dtriment4 ,il est excellent pour eux qu'il y ait un peuple en ,europe qui se conduise comme celui qui a les yeux bands au jeu de colin-maillard1 pendant que tous les autres ont les yeux ouverts4 ,en #aije nous fmes tout prs d'avoir la guerre avec l',allemagne4 ,qu'il ft expdient de la faire ou trs inopportun de l'entreprendre ou de l'accepter1 c'est ce qui peut tre matire discussion4 ,un parti1 en ,france1 la dsirait1 considrant que l',allemagne tait trs isole et qu'elle pouvait ne l'tre pas toujours1 et c'tait la politique personnelle du ministre des affaires trangres1 peut-tre du prsident de la ,rpublique4 ,un parti la repoussait de toutes ses forces1 considrant1 non sans raison1 que peut-tre1 malgr nos bons rapports avec l',italie et l',autriche1 l',allemagne tait moins isole qu'on ne croyait et qu' coup sr notre principal alli1 la ,russie1 nous manquait absolument1 et qu'enfin l',angleterre ne nous servirait pas grand'chose et qu'en rsum c'tait plutt le bon moment pour l',allemagne que pour la ,france4 ,mais l n'tait pas vraiment la question4 ,la question essentielle tait de savoir si nous tions prts4 ,or1 on peut le dire maintenant1 de tous les propos qui s'changrent au conseil suprieur de la guerre1 de tous les rapports qui parvinrent des commandements au gouvernement1 de toutes les confidences qui furent faites1 et j'en ai reu1 il rsulta que nous n'tions pas prts le moins du monde4 ,a la vrit1 nous ne le sommes jamais1 c'est une chose dire pour essayer de secouer l'incroyable force d'apathie et l'incroyable incurie dont nous sommes affligs depuis un demi-sicle4 ,mais1 si nous ne sommes jamais prts1 en #aije nous l'tions moins que jamais2 nous tions le contraire comme jamais nous ne l'avions t2 nous l'tions souhait4 ,pourquoi8 ,parce que nous avions eu pendant trois ou quatre ans un ministre de la guerre et un ministre de la marine qui en fait de marine et de guerre n'avaient song qu' combattre la raction et le clricalisme dans les armes de terre et de mer et qui n'avaient t choisis que pour cela4 ,que l'anticlricalisme dsorganise une arme1 dsorganise une marine1 tarisse les approvisionnements1 dmunisse les magasins de munitions1 laisse en dplorable tat les forts de l',est1 dcouvre et ouvre la frontire1 au premier abord cela parat singulier4 ,c'est un fait pourtant1 parfaitement indiscutable1 et c'est tout naturel4 ,si ,louis ,,xiv1 l'poque de la rvocation de l'dit de ,nantes1 avait disgraci ,louvois comme insuffisamment partisan des ,dragonnades et l'avait remplac par un homme n'ayant pour tout mrite que d'tre un jsuite1 peut-tre l'administration de l'arme aurait-elle souffert de cette mesure4 ,comme toute passion1 l'anticlricalisme est terriblement exclusif1 et toute passion1 quelle qu'elle soit1 fait d'un homme ou d'un peuple un tre qui perd jusqu' l'instinct de sa conservation1 de sa dfense et de sa persvrance dans l'tre4 ,le fanatisme antireligieux produit les mmes effets que le fanatisme religieux pourrait produire et certainement produirait4 ,tant que nous serons dvors d'anticlricalisme1 nous ne pourrons pas faire la guerre1 mme attaqus4 99 99 99 99 99 ,en attendant1 mme en paix1 nous nous diminuons de jour en jour4 ,nous perdons notre influence et notre prpondrance1 au moins morale1 en ,orient1 comme protecteurs reconnus des chrtiens d',orient1 et c'est merveille et il est trs significatif comme ,m4 ,combes est indiffrent la perte de notre influence en ,orient3 ,d'abord les deux questions sparation de l'glise et de l'tat et ,protectorat des chrtiens d',orient ne sont pas ncessairement lies ensemble1 l'une concernant nos rapports avec la ,papaut1 l'autre nos relations diplomatiques avec d'autres puissances4 ,mais je veux1 sans m'arrter cette considration1 envisager directement l'ventualit dont on cherche nous effrayer4 ,si la croyance des sicles passs a attach au protectorat une ide de pieux dvouement la grandeur chrtienne2 si elle a servi notre influence une poque de foi2 il s'est trouv alors aussi1 qu'on ne l'oublie pas1 d'autres motifs1 trs positifs et trs humains1 qui ont contribu largement faire attribuer l'ancienne ,france un privilge1 glorieux1 j'en conviens1 dans l'esprit de ce temps1 mais toutefois encore plus embarrassant que glorieux4 ,il fallait1 pour l'exercer1 une puissance militaire et navale de premier ordre4 ,la ,france runissait cette double condition4 ,notre pays a rempli honorablement les obligations dcoulant des capitulations et des traits1 et il peut s'tonner bon droit de la menace dont il est l'objet4 ,mais la ,papaut s'abuse si elle s'imagine nous amener1 par ce procd comminatoire1 quelque acte de rsipiscence4 ,nous n'avons plus la mme prtention au titre de fille ane de l'glise1 dont la monarchie se faisait un sujet d'orgueil pour la ,france1 et nous avons la conviction absolue que notre considration et notre ascendant dpendent exclusivement aujourd'hui de notre puissance matrielle1 ainsi que des principes d'honneur1 de justice et de solidarit humaine qui ont valu la ,france moderne1 hritire des grandes maximes sociales de la ,rvolution1 une place part dans le monde4 ,impossible de mieux dire1 ou peut-tre de plus mal dire1 mais de dire plus formellement3 ,le protectorat de la ,france sur les chrtiens d',orient1 au fond je suis ravi d'en tre dbarrass4 ,cela tait bon1 et encore c'tait embarrassant d'une part quand nous tions chrtiens1 d'autre part quand nous tions forts4 ,mais vous ne tenez ni tre chrtiens ni tre forts4 ,donc advienne que pourra du protectorat6 ,qu'il passe une nation qui ait cette force militaire et cette force navale laquelle nous ne tenons pas4 ,nous restons1 nous1 en contemplation devant les immortels ,principes de #hi4 ,il est difficile de perdre plus gaiement un protectorat4 ,pendant ce temps-l1 l',allemagne1 que nous nous obstinons sottement considrer comme une puissance protestante1 et qui est une puissance moiti catholique1 moiti protestante1 se tient en bons termes avec ,rome1 comme c'est son devoir et son intrt1 et s'achemine1 et le chemin est moiti fait1 vers la conqute du protectorat des chrtiens d',orient1 qui est une affaire d'extension commerciale1 autant qu'une affaire d'extension d'influence morale4 ,mais que ne sacrifierait-on pas l'imprieux devoir de faire la guerre au ,vatican8 ,l',orient1 pour des ,franais1 est bien loin2 mais nos portes1 il y a l',alsace4 ,or1 le rsultat le plus clair de notre gnreux anticlricalisme a t de nous faire perdre l',alsace une seconde fois4 ,nous ne l'avions perdue que matriellement en #ahgj4 ,cela ne nous suffisait pas4 ,nous nous sommes attachs de tout notre cur la perdre moralement1 nous l'aliner4 ,l',alsace est profondment catholique1 et de plus1 ce qui n'est pas tout fait la mme chose et ce qui1 dans l'espce1 est plus important1 le clerg catholique a sur elle un trs grand empire4 ,le cur alsacien est un petit roi dans son village4 ,et enfin le clerg catholique alsacien tait profondment patriote et antiallemand4 ,en consquence1 considrant que l',alsace est catholique1 que son clerg catholique a de l'empire sur elle et que son clerg tait antiallemand1 nous avons mis tous nos soins montrer l',alsace que nous tions les ennemis forcens de la religion catholique et les ennemis enrags du clerg catholique4 ,nous avons mis tous nos soins montrer l',alsace que nous tions1 sinon ses ennemis1 du moins1 ce qui n'est pas si loin d'tre la mme chose1 les ennemis de tout ce qu'elle aime4 ,ce n'est peut-tre pas trs adroit4 ,cela rentre dans notre habitude1 qui est de ne jamais nous occuper de ce qui se passe de l'autre ct de notre frontire4 ,cette habitude est franaise2 elle est particulirement parlementaire et politicienne1 les politiciens ne songeant qu' tre lus et rlus et les trangers n'tant pas lecteurs en ,france3 ,que nous font les gens d',allemagne ou d',angleterre8 ,ils ne votent pas4 ,un dput ou un aspirant dput ne regarde jamais que dans sa circonscription4 ,aussitt que l',alsace a t matriellement allemande1 il a t absolument impossible un politicien franais de s'en occuper4 ,toujours est-il que de l'indisposer ou de la mnager nous n'avons pas eu la moindre cure1 si ce n'est qu'on pourrait dire que plutt nous avons apport grande diligence l'indisposer4 ,nous aurions voulu--et cela est peut-tre la vrit et ce n'est pas ici le lieu de dmontrer pourquoi1 mais c'est peut-tre la vrit et je pourrai le dmontrer une autre fois--nous aurions voulu1 de ferme propos1 de dessein prmdit et de forte persvrance1 nous aliner l',alsace et la pousser doucement du ct de l',allemagne que nous n'aurions pas parl1 agi et lgifr autrement4 ,et1 bien entendu1 pendant ce temps-l1 car nous sommes peut-tre les seuls en ,europe qui depuis un demi-sicle agissions continuellement droit contre-fil de nos intrts1 l',allemagne qui1 je le rpte1 n'est pas une puissance protestante1 mais une puissance mi-partie protestante1 mi-partie catholique1 et qui n'est pas une puissance qui ait pris l'habitude d'agir contre ses intrts1 et qui n'est pas une puissance dnue d'intelligence lmentaire1 l',allemagne comprenait trs bien qu'il fallait montrer la plus grande bienveillance l'gard des catholiques alsaciens4 ,l'empereur allemand multipliait--ces dernires annes surtout1 c'est--dire mesure que l'anticlricalisme svissait plus furieusement en ,france--les avances1 les amabilits et les grces l'endroit des catholiques alsaciens4 ,l',allemagne1 il est vrai1 parce qu'elle considrait cela comme une mesure ncessaire de rattachement et de centralisation1 supprimait le sminaire de ,strasbourg1 pour que les jeunes clercs catholiques reussent l'instruction de professeurs allemands de l',universit1 ce qui1 aprs tout1 peut se dfendre2 mais ds #ahgb elle levait trs fortement les traitements des ecclsiastiques catholiques2 elle les levait une seconde fois en #ahhd4 ,les chanoines1 qui en #ahga recevaient #abhj marks1 en reurent #aibj en #ahgb et #bjjj en #ahhd4 ,les curs reurent une augmentation1 suivant leur ge et leur anciennet1 de #ejj marks ou de #gjj marks4 ,l',allemagne a voulu qu'on dit3 ,il n'y a qu'un pays franais o le clerg catholique soit bien trait2 ce pays est en ,allemagne4 ,les catholiques alsaciens ont t mnags et caresss par l',allemagne en proportion juste des mauvais traitements que la ,france faisait subir aux catholiques franais1 et c'est de la politique lmentaire4 ,les rsultats favorables l',allemagne1 je ne dirai point ne se sont pas fait attendre1 selon la formule1 car1 ,dieu merci1 l',alsacien est entt2 mais ils arrivent1 et c'est maintenant l'affaire d'une gnration et peut-tre de beaucoup moins4 ,le temps n'est plus o1 confondant ,rome et la ,france1 selon l'esprit bismarckien1 un inspecteur prussien disait aux instituteurs3 ,on ftera l'anniversaire de ,sedan en souvenir de ceux qui sont tombs pour l'unit allemande2 on le ftera pour rappeler que l'empire a devant lui dans la ,papaut un second ennemi hrditaire 7#ahhb74 ,non1 beaucoup plus intelligemment1 les catholiques allemands1 en #aije1 choisissent ,strasbourg pour sige de leur ,congrs annuel et entretiennent leurs coreligionnaires alsaciens1 de quoi8 ,de la ,france considre1 avec quelque raison1 comme l'ennemi du catholicisme1 de tout clerg catholique et de toute croyance religieuse et de tout sentiment religieux4 ,et les ,alsaciens1 que rpondent ils8 ,quelque chose qui dj est trs grave4 ,jusqu' prsent1 au ,reichstag1 les catholiques alsaciens formaient groupe intransigeant et intangible4 ,ils reprsentaient la protestation4 ,ils se rencontraient quelquefois dans leurs votes avec le centre catholique allemand2 mais ils restaient absolument indpendants de lui4 ,maintenant ils manifestent l'intention de s'unir au centre catholique allemand1 de faire cause commune avec lui et presque de se confondre avec lui4 ,c'est plus qu'une nuance4 ,c'est une dmarche d'une porte considrable1 d'une suite immense4 ,l',alsace devient allemande4 ,elle devient allemande catholique1 mais elle devient allemande4 ,elle y voit surtout un intrt local2 c'est vident2 elle veut avoir sa part efficace et relle dans les dlibrations de la grande assemble allemande2 mais elle n'est plus aussi arrte qu'elle l'tait par les scrupules de sa conscience traditionnelle et1 pour ainsi parler1 de sa conscience historique4 ,elle se fond peu peu dans la partie catholique de l'empire allemand1 mais enfin et tout compte fait dans l'empire allemand lui-mme4 ,voil le fruit de la politique relativement habile et intelligente de l',allemagne en ,alsace1 ou du moins voil quoi a contribu cette politique2 voil le fruit de la politique intrieure--et extrieure malgr elle et sans qu'elle y songet--de la ,france2 ou du moins voil quoi n'a pas mal contribu cette politique1 la plus troite et la plus aveugle que j'aie jamais rencontre4 99 99 99 99 99 ,c'est cette politique qu'il ne faut pas continuer4 ,c'est de cette politique qu'il faut prendre exactement le contrepied4 ,il en faut prendre le contrepied pour toutes les raisons que j'ai dites et pour celle-ci1 par laquelle je terminerai4 ,en rgime despotique ou en tat d'esprit despotique1 ce qui revient trs peu prs au mme1 tout ce qui semble le dfaut d'une mesure quelconque en est le principe4 ,tout ce qui parat vicieux1 mauvais1 dangereux1 absurde dans une dmarche du gouvernement despotique ou du parti despotique1 en est le principe intime1 la raison secrte1 l'inspiration mme1 profonde1 quelque fois inconsciente1 consciente souvent1 mais enfin en est la source4 ,lorsque ,louis ,,xiv perscutait les protestants1 si l'on avait dit1 non pas peut-tre lui1 mais ses ministres1 que cette perscution pouvait avoir pour effet de jeter un million de protestants l'tranger1 ils auraient sans doute rpondu3 ,c'est prcisment pour cela que nous les perscutons4 ,que la plbe protestante migre l'tranger1 nous n'y tenons pas du tout et nous nous efforcerons1 mme par la force1 de la retenir 7c'est ce qu'ils ont fait74 ,mais l'migration des chefs protestants et des sommits intellectuelles du parti1 c'est la dcapitation de la faction protestante1 et c'est ce que nous souhaitons2 car ce que nous voulons1 c'est qu'il n'y ait pas de partis en ,france4 ,nous savons1 par l'exemple de l',angleterre1 qu'un parti religieux est toujours un parti politique et que les partis politiques dcapitent les rois quand ils le peuvent1 et nous aimons mieux dcapiter les partis quand nous le pouvons4 ,nous disons comme ,bossuet1 qui est conseiller d'tat3 444 la loi ne permettait pas aux hrtiques de s'assembler en public1 et le clerg1 qui veillait sur eux1 les empchait de le faire en particulier1 de sorte que la plus grande partie se runissait l'glise orthodoxe et que les opinitres mouraient sans laisser de postrit1 parce qu'ils ne pouvaient ni communiquer entre eux ni enseigner librement leurs dogmes4 ,nous disons comme ,bossuet3 ,nous avons vu444 leurs faux pasteurs les abandonner sans mme en attendre l'ordre et heureux d'avoir leur allguer leur bannissement pour excuse4 ,nous disons comme ,bossuet3 ,quelque chose de plus violent se remue dans le fond des curs des hrtiques1 c'est un dgot secret de tout ce qui a de l'autorit et une dmangeaison d'innover sans fin1 aprs qu'on en a vu le premier exemple4 ,nous disons comme ,bossuet3 ,il ne faut pas s'tonner s'ils perdirent le respect de la majest et des lois ni s'ils devinrent factieux1 rebelles et opinitres444 ,on ne laisse plus rien mnager aux peuples quand on leur permet de se rendre matres de leur religion1 et c'est de l que nous est n ce prtendu rgne du ,christ qui devait anantir toute royaut et galer tous les hommes4 ,nous nous disons tout cela et qu'il n'y a donc aucune diffrence sensible entre un protestant et un factieux1 entre un protestant et un rpublicain1 entre un protestant et un anarchiste1 et si l'on nous reproche de rejeter au del des frontires les matres d'anarchie1 nous rpondons que c'est prcisment l ce que nous voulons4 ,lorsque ,louis ,,xv1 aprs ,louis ,,xiv1 perscutait les jansnistes1 si on lui avait dit que1 tout compte fait1 les jansnistes taient ce qu'il y avait de plus pur1 de plus lev1 de plus noble et de plus croyant dans la religion catholique et que le jansnisme1 plus ou moins bien compris1 tait la faon de croire de la haute bourgeoisie franaise et du monde parlementaire1 partie singulirement recommandable de la nation1 il aurait rpondu1 s'il avait pu prendre sur sa nonchalance de rpondre3 ,c'est prcisment pour cela que je rprime et combats les jansnistes et que je n'en veux plus4 ,ils sont comme l'me d'une partie de la nation qui est trop indpendante pour moi et trop puissante et trop vivante1 qui n'est pas une simple poussire d'hommes1 qui s'entend1 qui se comprend1 qui se sent vivre en commun1 dont les diffrents lments et les diffrents groupes ont des intelligences entre eux1 qui par consquent forme presque une association1 et l'on sait bien qu'une association est un tat dans l'tat1 ce qui est insupportable4 ,et c'est prcisment parce que le jansnisme est la religion de la haute bourgeoisie indpendante et du monde parlementaire1 toujours sur le point d'tre rebelle1 que je ne veux point de jansnisme et que je ne veux qu'un peuple docile1 ayant simplement la religion du confesseur du roi et ne s'avisant pas de vouloir tre matre de sa religion4 ,que les jansnistes aient pour eux la haute bourgeoisie et le monde parlementaire1 c'est ce qui les condamne4 ,si l'on avait dit ,napolon ,ier3 ,point de libert religieuse2 les prtres asservis aux vques et les vques asservis vous2 voil quelle est votre ide et voil quel est votre systme4 ,c'est fort bien peut-tre1 un certain point de vue2 seulement ce n'est pas une religion2 ce n'est pas du tout une religion4 ,c'est une administration gnrale de la morale publique et ce n'est rien que cela444 ,il aurait rpondu3 ,eh bien6 si vous croyez que je veux une religion6 ,c'est prcisment ce dont je ne veux pas du tout4 ,un pouvoir spirituel1 n'est-ce pas8 ,l'empire partag1 le gouvernement partag6 ,quelqu'un commandant aux mes et quelqu'un commandant aux corps1 c'est--dire chacun de mes sujets coup en deux6 ,non pas1 s'il vous plat6 ,moi seul gouvernant1 je ne sors pas de l et je n'entends pas autre chose4 ,alors dtruire la religion chrtienne8 ,point du tout1 s'il vous plat encore4 ,ceux qui ont rv cela taient des sots4 ,ils ne savaient pas qu'on ne dtruit pas les religions tout d'un coup1 ni mme vite4 ,elles ne meurent que de vieillesse1 d'puisement de leur principe vital4 ,tant qu'elles n'ont pas compltement perdu ce principe1 en essayant de les dtruire on le leur rend4 ,tant qu'elles ne sont pas mortes1 en les tuant on les ressuscite4 ,il faut savoir cela4 ,c'est du reste lmentaire4 ,il faut tre un avocat pour l'ignorer ou le mconnatre4 ,non6 non6 ,je ne veux pas dtruire la religion4 ,seulement je veux qu'elle n'existe pas4 ,elle n'existera pas1 sans que rien soit fait pour la dtruire1 si l'glise est organise de telle sorte qu'elle ne puisse pas et qu'elle ne veuille pas enseigner la religion4 ,j'y mettrai ordre4 ,l'glise sera tellement attache moi1 rive moi1 qu'elle enseignera la religion dans les limites o la religion ne me gnera pas et ne me contredira pas4 ,ds lors1 ce qui sera enseign sous couleur de religion1 ce sera bons propos de morale courante et bonnes vieilles histoires attendrissantes relativement ,jsus et aux martyrs4 ,vous me dites que ce n'est gure une religion et que mme ce n'en est pas une4 ,je l'espre bien1 et c'est justement ainsi que je l'entends4 ,ce que vous me signalez comme le dfaut de mon systme en est le principe4 ,si l'on avait dit ,napolon3 ,ni libert de parole1 ni libert de presse ni libert d'enseignement1 ni libert d'association3 c'est bien votre pense4 ,elle peut tre soutenue4 ,il y a pourtant tout cela cet inconvnient qu'une nation vit de libert1 qu'elle ne tient elle-mme qu'en raison des liberts dont elle jouit et dans l'exercice desquelles elle se sent vivre1 qu'elle prend conscience d'elle-mme dans cet exercice et qu' n'en plus avoir l'usage elle s'abandonne1 s'endort1 languit1 n'est plus une nation1 moins que1 tout entire l'action extrieure1 elle ne bataille et conquire sans cesse1 ce qui ne peut point1 sans doute1 tre rgime ternel2 il aurait rpondu probablement3 ,prcisment ce que je ne veux pas1 c'est que la ,france soit une nation1 une nation comme vous l'entendez1 vous1 avec vos propos d'idologue4 ,une nation6 ,j'entends bien3 une nation comme l',angleterre ou la ,hollande1 une nation distincte de son gouvernement et ayant rellement une vie propre en dehors de ceux qui la rgissent4 ,c'est cela que vous appelez une nation4 ,c'est ce que je ne veux pas que soit la ,france4 ,je veux qu'elle vive en moi1 de ma pense qu'elle pousera et de ma volont laquelle elle s'associera4 ,d'elle-mme1 de ses penses elle1 multiples et diverses1 jamais6 ,de ses volonts multiples et divergentes1 jamais6 ,vous me dites3 ,dans ces conditions1 elle s'affaissera sur elle-mme1 moins qu'elle ne combatte et conquire toujours4 ,tout juste6 ,comme ,rome4 ,un peuple de commerce1 de science1 de lettres et de beaux-arts peut avoir besoin de liberts2 un peuple se destinant la conqute du monde et l'administration du monde1 non seulement n'en a pas besoin1 mais en serait gn dans son uvre4 ,si jamais j'accepte les liberts1 c'est que j'aurai renonc mon rle de conqurant et de ,csar travaillant par la guerre la pacification future du monde1 la pax romana per orbem4 ,il est possible que ce moment de renoncement arrive4 ,alors ce ne seront point mes ides qui auront chang1 ce sera mon dessein4 ,mais tant que mon dessein sera celui que vous me voyez1 ne me parlez pas d'une nation4 ,parbleu6 ce que je veux autour de moi1 ce n'est pas une nation2 c'est une arme4 ,ce que vous me signalez comme le dfaut de mon systme en est le principe4 ,tout de mme1 de nos jours1 o l'instinct despotique reparat sous une nouvelle forme et svit de toutes ses forces1 ce qui parat le dfaut de chaque mesure1 gnrale ou particulire1 dont on se plaint1 en est le principe inspirateur1 que ceux1 du reste1 qui prennent cette mesure s'en aperoivent ou qu'ils ne s'en aperoivent point4 ,a quoi songerons-nous pour prendre des exemples8 ,au systme parlementaire8 ,soit4 ,qu'est-ce qu'on lui reproche8 ,d'tre1 de la manire dont il est organis1 le contraire mme du systme reprsentatif2 d'arriver1 par toute suppression de la reprsentation des minorits1 ce rsultat que le pays est gouvern par une majorit toute factice et1 au vrai1 par une minorit4 ,c'est ce qu'on a appel1 trs justement1 le mensonge du gouvernement parlementaire4 ,car enfin s'il est prouv1 et il l'a t1 qu'en tenant compte de toutes les voix exprimes par le pays1 les groupes de gauche qui gouvernent depuis huit ans reprsentent la minorit du pays1 il est dmontr que la faon de compter est mauvaise et que la ,france est gouverne depuis huit ans par ceux qui devraient obir1 ou tout au moins ne pas commander4 ,c'est le mot d'un tranger aristocrate3 ,en choses de science1 et la politique est une science1 il faut peser les suffrages et non les compter4 ,vous1 vous comptez au lieu de peser2--mais encore vous comptez mal4 ,sans doute2 mais remarquez que cette faon de compter est minemment dmocratique et radicale4 ,si vous tenez compte des voix des minorits1 qu'est-ce que vous faites8 ,vous tenez compte1 dans chaque circonscription1 des voix de ceux qui n'obissent pas aux grands courants1 qui ne suivent pas la foule1 qui ne sont pas1 comme dit ,nietzsche1 btes de troupeau4 ,eh6 mais6 justement1 ces voix1 il faut les supprimer6 ,ce sont des suffrages fortement suspects d'tre aristocrates4 ,ils se dsignent eux-mmes1 en quelque sorte1 comme tant tels4 ,supprimons-les2 tenons-les comme n'existant pas4 ,autre aspect de la mme question3 ,si 7par exemple7 dcidant que sera dclar dput tout homme qui1 dans tout le pays1 aura runi tel nombre de suffrages suffisant pour tre lu dans une circonscription moyenne1 vous amenez ainsi la ,chambre des hommes qui n'auraient t lus dans aucune circonscription1 mais qui sont connus1 aims et admirs un peu partout dans le pays tout entier1 que faites-vous8 ,vous tenez compte du suffrage des minorits1 videmment2 mais vous amenez la ,chambre des hommes beaucoup trop connus1 beaucoup trop admirs et beaucoup trop aims1 des espces d'hommes suprieurs1 des illustrations politiques1 scientifiques1 littraires4 ,or1 l'homme suprieur n'est pas chose dmocratique4 ,il reprsente cette slection intellectuelle dont la dmocratie a horreur et terreur1 non sans raison2 il est l'homme1 qu'au contraire de l'lire ou de le considrer comme lu1 la dmocratie devrait liminer par ostracisme4 ,il ne faut donc point de reprsentation des minorits4 ,de quelque faon qu'on la mette en pratique1 elle servira1 au moins un peu1 les intrts aristocratiques4 ,il ne s'agit pas de dire1 sottement1 que toutes les voix des minorits se portent sur des gens qui appartiennent une lite2 non2 mais les gens qui appartiennent une lite trouvent le plus grand nombre des suffrages qui vont eux dans les bulletins des minorits4 ,en rayant de compte tous les bulletins des minorits1 on liminera donc toujours un certain nombre de gens d'lite4 ,le suffrage universel n'est vraiment dmocratique qu' la condition d'tre brutal4 ,conservons-lui1 sous des apparences trs lgales et trs lgitimes1 son caractre de brutalit4 ,ainsi raisonnent les dmocrates#d1 avec un trs grand sens1 si l'on se place leur point de vue4 ,ils sentent vaguement1 peut-tre avec prcision1 que le prtendu dfaut du systme en est le principe ou du moins est trs conforme l'esprit mme du systme4 #d ,il y a des exceptions3 ,m4 ,jaurs entre autres 7peut-tre parce qu'il est une supriorit intellectuelle7 est partisan de la reprsentation des minorits4 ,qu'est-ce qu'on reproche encore au systme parlementaire franais8 ,de rduire rien la fameuse division des pouvoirs et de concentrer1 au contraire1 tous les pouvoirs dans le ,parlement1 de lgifrer1 de gouverner et d'administrer1 le tout ensemble4 ,eh bien mais1 ce n'est pas pour autre chose que les politiciens se font nommer dputs4 ,ils ne se font pas nommer dputs pour faire des lois--si ce n'est des lois de circonstance1 qui sont prcisment des actes de gouvernement et de gouvernement despotique--ils se font nommer pour gouverner1 par l'intermdiaire de leurs ministres1 d'une manire conforme leurs intrts2 et1 d'autre part1 pour peser1 chacun chez eux1 sur l'administration de leur dpartement et pour y tre de petits rois4 ,sans cela1 ils ne tiendraient pas le moins du monde tre lus dputs4 ,le dfaut ou l'abus du systme parlementaire que vous leur signalez est pour eux l'essence mme du systme parlementaire et sa principale1 sinon sa seule raison d'tre4 ,le systme parlementaire1 direz-vous encore1 tel qu'il est pratiqu en ,france1 a de singuliers rsultats de temps en temps et mme toujours3 il met un avocat la marine1 un homme de lettres la guerre1 un financier la justice1 un commerant l'instruction publique et ainsi de suite4 ,quoi de plus naturel1 puisqu'il s'agit1 pour un ministre1 non pas de bien administrer1 mais de ne pas tre renvers1 et que ds lors ce qu'il doit chercher c'est distribuer les portefeuilles1 non de manire qu'ils soient bien tenus1 mais de manire que les diffrents groupes de la chambre aient1 chacun1 peu prs satisfaction8 ,montesquieu disait3 ,en tel cas444 la ,rpublique est une dpouille4 ,en style moins noble on peut dire3 ,en ,france le ministre est un gteau4 ,quand il s'agit de partager1 il ne s'agit pas d'attribuer4 ,on partage comme on peut4 ,de l ces attributions singulires1 amusantes et parfaitement dsastreuses pour les intrts du pays4 ,mais quoi8 le principe pour les politiciens1 c'est de partager le pouvoir et l'influence4 ,les politiciens franais sont toujours les fils de ces conventionnels qui n'admettaient pas que la ,france cesst jamais d'tre leur proprit et qui se prorogeaient eux-mmes dans les assembles qui devaient succder la leur et qui cartaient par la proscription ceux qui y pntraient leur tour2 pour qui enfin la ,rpublique n'tait qu'un syndicat de propritaires de la ,rpublique4 ,de l un systme parlementaire qui1 dans la pratique1 est le contraire mme de la dfinition du systme parlementaire4 ,voyez encore quelques mesures rcentes ou quelques projets en voie de ralisation4 ,la caisse de retraite pour l'invalidit et la vieillesse est un projet1 certes1 excellent en soi4 ,quelques-uns lui adressent pourtant cette critique3 ,qui profitera de ces secours ou de ces retraites8 --,les invalides et les vieillards4 --,sans doute2 mais lesquels8 --,ceux que nous estimerons en avoir le plus besoin4 ,a ceux-l nous pargnerons tout dlai dans la liquidation de leur retraite4 ,pour les autres on saura voir444 --,c'est--dire que vous faites la loi pour vos protgs et vos clients ou ceux dont vous voudrez faire vos clients et vos protgs4 ,c'est donc un simple instrumentum regni1 une sportule distribuer titre1 soit de rcompense1 soit d'encouragement1 un moyen de vous conqurir des lecteurs4 ,n'est-ce pas cela8--,a certaines dispositions des projets en discussion1 cela en a l'air4 ,pour que tout soupon de ce genre ft cart1 il faudrait que les caisses de retraite pour l'invalidit ou la vieillesse ne fussent pas d'tat1 fussent aux mains de mutualits parfaitement indpendantes de l'tat1 auxquelles l'tat1 cette fois incontestablement par humanit pure et sans pouvoir tre souponn d'intrt politique1 accorderait toutes les subventions qu'il voudrait4 ,mais faites adopter ce systme nos hommes politiques4 ,je doute que vous y russissiez4 ,c'est trs vraisemblablement pour se crer un instrument de rgne de plus qu'ils organisent cette administration de secours4 ,ce qui est pour vous1 ce qui est en soi le dfaut de la mesure en est pour eux la raison d'tre4 ,l'impt sur le revenu n'a rien1 assurment1 que de trs acceptable2 mais on fait remarquer qu' moins de se contenter d'une dclaration1 qui1 hlas1 tant donne la nature humaine1 serait toujours fausse1 l'impt sur le revenu ne pourrait s'exercer qu'avec une inquisition continuelle sur les sources de revenus de chacun1 ou par une fixation tout arbitraire et faite pour ainsi dire au hasard4 ,ou se contenter de cette affirmation du contribuable3 ,mon revenu8 ,il est de tant4 ,ou fouiller1 et sans cesse1 dans tous les papiers d'affaires et mme dans la correspondance du contribuable4 ,ou s'en rapporter aux signes visibles et extrieurs de la fortune4 ,ou taxer au hasard le contribuable4 ,je ne crois pas qu'on puisse sortir de ces quatre partis4 ,or le premier est purement vain2 il ne rendrait rien du tout ou quasi rien4--,le second1 sans compter qu'il est pouvantablement vexatoire1 est impraticable4 ,il exigerait une arme de commis1 douaniers l'intrieur et douaniers domestiques1 plus nombreux que celle des contributions indirectes4--,le troisime est trompeur3 les signes extrieurs de la fortune ne signifient rien1 l'avare ne manifestant sa fortune par aucun signe extrieur et l'homme plac dans une certaine situation qui exige de la reprsentation1 du prestige et de la poudre aux yeux1 montrant des signes extrieurs de fortune1 alors qu'il n'a pas de fortune du tout4 ,reste donc la fixation arbitraire3 ,nous supposons que ,monsieur un tel est millionnaire4 ,nous le croyons4--,sur quoi le croyez-vous8--,nous le croyons sur ce que nous le croyons4 ,or1 ceci est du pur despotisme4 ,eh bien1 il est croire que c'est prcisment parce qu'il n'y a1 en impt sur le revenu1 que la taxation arbitraire qui soit pratique1 que certain parti tient tellement l'impt sur le revenu4 ,l'impt sur le revenu sera un moyen de frapper qui dplat et d'pargner qui plat4 ,c'est justement ce qui en fait le mrite aux yeux d'un certain parti4 ,cela pourra avoir d'admirables consquences lectorales4 ,ici encore1 ce qui est le dfaut de la mesure en est le principe pour ceux qui la proposent4 ,les ides du parti radical sur l'arme et l'organisation de l'arme sont exactement les mmes en leur fond et drivent exactement de la mme pense secrte4 ,rduire successivement le service militaire de sept ans cinq ans1 de cinq ans trois ans1 de trois ans deux ans1 tout le monde le sait1 aussi bien ceux qui sont favorables ce mouvement que ceux qui lui sont opposs1 c'est abolir l'esprit militaire1 c'est--dire la cohsion1 l'entente cordiale1 la communion d'esprit entre l'officier1 lment permanent de l'arme1 et le soldat1 qui ne fait plus qu'y passer4 ,il est vident que le soldat qui ne passe que deux ans dans l'arme n'a que deux sentiments successifs3 la premire anne1 le regret d'avoir quitt sa famille et son village2 la seconde anne1 l'impatience d'y rentrer4 ,en deux annes1 qui1 dans la pratique1 seront rduites vingt mois1 un troisime sentiment n'a pas le temps de se former4 ,dans un pays ardemment patriote1 comme l',allemagne ou l',angleterre1 l'inconvnient est ou serait moindre4 ,il est clair que si le sentiment patriotique et l'esprit militaire sont dvelopps ds l'cole primaire et ds le gymnase1 il n'est pas besoin d'un long temps pass sous les armes pour le former4 ,il existe l'avance1 il persiste pendant le temps du service militaire1 il reste ensuite4 ,mais dans un pays o l'cole primaire et le lyce sont hostiles au sentiment patriotique ou tout au moins ne s'appliquent aucunement l'entretenir1 o l'cole primaire et le lyce sont hostiles l'esprit militaire ou tout au moins songent tout autre chose qu' le faire natre1 il n'est que trs vraisemblable que le service militaire court1 non seulement ne crera pas l'esprit militaire1 mais l'empchera d'clore l o il aurait pu se produire1 ne retenant le jeune homme sous les drapeaux que juste le temps de lui faire d'abord regretter1 puis dsirer la vie civile4 ,une arme sans esprit militaire1 c'est ce que va crer notre nouvelle loi sur l'arme4 ,mais c'est que prcisment l'esprit militaire est ce que dteste et redoute le plus le parti dmocratique4 ,il est trs embarrass3 il n'est pas prcisment antipatriote2 car1 aprs tout1 la disparition de la ,france comme nation ne lui profiterait gure1 puisque ce serait la ,france exploite par d'autres et non plus par lui2 et l'on n'envisage jamais une pareille perspective de gat de cur2 mais1 d'autre part1 il est antimilitariste fatalement et comme forcment2 car il redoute toujours le despotisme militaire1 le tyran militaire1 celui qui dtruit ou annihile le rgime parlementaire et exploite le pays pour lui-mme1 pour ses favoris1 pour ses gnraux1 pour ses officiers et non plus au profit des orateurs de village et des politiciens de sous-prfecture4 ,ainsi partag1 le parti dmocratique est donc dans un certain embarras2 mais envisageant la disparition de la ,france comme une chose lointaine1 par suite de cette tendance qu'on a toujours considrer un grand changement europen comme une chose lointaine1 tendance instinctive et du reste absurde2 et envisageant le despotisme militaire comme une chose qui peut se produire demain1 mme en pleine paix 7et l'aventure du gnral ,boulanger l'a confirm dans cette ide71 il a pour l'esprit militaire une aversion sans aucun mlange et ne tient rien tant qu' le dtruire partout o il est et l'empcher de natre partout o il pourrait germer4 ,c'est le plus press2 et pour le reste1 selon la formule de tous les esprits borns1 pour le reste1 on verra plus tard4 ,n'exprimez donc pas cette crainte qu'avec les nouvelles lois militaires l'esprit militaire ne s'affaiblisse et ne tende disparatre3 c'est prcisment pour diminuer l'esprit militaire que les nouvelles lois militaires ont t faites1 que les nouvelles lois militaires se font et que se feront de nouvelles lois militaires1 jusqu' ce qu'il n'y ait plus en ,france que des milices ou une garde nationale4 ,il est vrai que1 selon toute apparence1 la ,france aura disparu auparavant2 mais je ne voulais dmontrer que ceci qu'en cette question encore1 ce qui parat le dfaut de la mesure prise en est justement l'esprit directeur et la cause efficiente et aussi la cause finale4 ,or1 pour y revenir1 dans cette grande affaire du clricalisme et de l'anticlricalisme il en va tout de mme4 ,ce qui rend l'anticlricalisme incurable1 c'est que toutes les sottises dont il est compos sont les raisons mmes pour quoi il est chri et caress par ses partisans2 c'est que tous les prils qu'il renferme sont considrs par ses partisans comme des chances qu'il ne serait pas mauvais de courir2 c'est que toutes ses dsastreuses consquences sont1 plus ou moins consciemment1 considres par ses partisans comme des progrs1 ou tout au moins comme des choses qui ne seraient pas si mauvaises qu'on affecte de le croire4 ,qu'ai-je dit1 que disons-nous pour persuader la ,france de ne pas s'hypnotiser dans la passion antireligieuse8 ,nous lui disons que d'opprimer1 de molester1 de perscuter une partie1 et importante1 de la population franaise pour ses opinions religieuses et pour sa manire de faire lever ses enfants1 cela supprime des ,franais1 cela diminue le nombre des ,franais1 cela aline des ,franais qui ne demanderaient qu' aimer la ,france1 cela fait des trangers l'intrieur4 --,c'est prcisment ce qu'il faut1 nous rpondent nos adversaires1 ou nous rpondraient-ils s'ils allaient net jusqu'au bout de leur pense ou s'ils se rendaient nettement compte du principe mme de leur pense4 ,c'est prcisment ce qu'il faut4 ,l'unit morale le veut4 ,nous ne considrons comme ,franais que ceux qui pensent comme nous1 que ceux qui datent de #agic1 que ceux qui ne croient qu' la dmocratie et la libre pense1 que ceux qui ont rejet toute superstition et qui sont dlivrs de cette maladie mentale qu'on appelle le sentiment religieux4 ,voil ceux qui constituent l'unit morale1 c'est--dire la ,france4 ,les autres sont des antiunitaires1 c'est--dire des antifranais4 ,il ne faut donc pas nous dire que nous supprimons des ,franais2 nous frappons des gens qui ne sont pas des ,franais1 qui dj ne sont pas des ,franais4 ,nous n'alinons pas des compatriotes1 nous dfendons la ,france contre des gens qui ne sont pas des compatriotes4 ,nous ne crons pas des trangers l'intrieur2 nous trouvons des trangers l'intrieur1 et nous leur dfendons de l'tre1 et nous les prions ou de cesser de l'tre ou de dguerpir4 ,on ne peut pas tre plus patriotes que nous le sommes4 ,le vritable patriotisme consiste ne compter pour ,franais que ceux qui le sont4 ,ceux qui prtendent la fois tre franais et romains1 leur prtention l'gard du titre de citoyen franais est monstrueuse4 ,qu'ils choisissent4 ,ils n'aimeront pas la ,france si nous leur dfendons de faire lever leurs enfants par des prtres8 ,oh6 ,tant mieux6 ,qu'ils ne l'aiment point et qu'ils la quittent4 ,il n'y a que profit pour elle1 ou ce qu'ils y restent en ne l'aimant point1 car ils ne demanderont point ses faveurs1 ses places1 ses postes et ne les obtiendront pas et laisseront les vrais ,franais se partager tout cela2 ou ce qu'ils la quittent1 car ils supprimeront ainsi le scandale de l'tranger camp et organis en ,france contre la ,france1 contre son esprit1 contre ses principes et contre son unit4 ,nous prfrons une ,france une et serre en faisceau une ,france de population plus nombreuse1 mais divise1 dchire et incohrente4 ,voil en son fond le vritable esprit du ,franais unitaire4 ,ce que nous signalons comme le point faible de sa mentalit en est le fond mme4 ,comprendre que l'unit morale1 aux temps modernes1 ne peut tre que dans la libert1 dans le sentiment1 rpandu chez tous les citoyens1 que1 quoi qu'ils pensent1 quoi qu'ils disent et quoi qu'ils fassent1 except contre la patrie1 ils trouveront dans la patrie une gale bienveillance leur endroit2 comprendre que c'est l1 dsormais1 le vrai lien1 le vrai faisceau et la vraie unit2 comprendre que si l'unit amricaine existe1 c'est que les citoyens amricains sentent et prouvent que1 quelles que soient leurs ides et leurs tendances particulires1 la ,rpublique s'en dsintresse absolument et ne leur demande que d'tre des ,amricains2 comprendre que si l'unit anglaise existe1 c'est que le citoyen anglais sent dans sa patrie une protectrice de tous ses droits et de toutes ses faons de penser1 si diffrentes qu'elles soient de celles du voisin2 comprendre que si l'unit allemande existe1 c'est que catholiques allemands sont aussi libres d'tre catholiques que les protestants sont libres d'tre protestants et protestants allemands aussi libres d'tre protestants que les catholiques sont libres d'tre catholiques et que1 par consquent1 les uns et les autres sont avant tout allemands3 l',allemagne au-dessus de tout62--comprendre tout cela1 voil ce qui est absolument impossible l'unitaire franais1 avec son me du ,x,v,ie sicle4 ,il est remarquable comme le got de l'unit ne donne que la passion de la guerre civile4 ,pourtant il en est ainsi4 ,on voit que ce qui est le dfaut essentiel du raisonnement de nos unitaires en est la majeure4 ,que disons-nous encore8 ,que l'anticlricalisme mne peu peu une conception et une organisation de l'enseignement qui rendraient les ,franais idiots4 ,oui1 nous disons cela1 peu prs1 et je crois bien que nous le pensons tout fait4 ,l'unit effrne d'enseignement1 si l'on me permet de parler ainsi1 ne peut avoir en effet pour rsultat qu'une profonde dbilitation de l'intelligence nationale4 ,un peuple qui l'on n'enseigne qu'une manire de voir finit bientt par n'avoir aucune manire de voir4 ,assez plaisamment1 quoique avec un esprit un peu gros1 ,victor ,hugo disait en #ahej aux ,jsuites3 ,vous demandez la libert d'enseignement8 ,ce que vous voulez1 c'est la libert de ne pas instruire4 ,tous les arguments l'adresse de la ,france noire se retournant mathmatiquement contre la ,france rouge1 je dirai1 un peu lourdement aussi1 aux partisans du monopole de l'enseignement3 ,vous prtendez instruire seuls2 c'est vouloir ne pas enseigner2 c'est vouloir1 force de n'enseigner qu'une chose et fermer les esprits toutes les autres1 les fermer toutes4 ,car on n'a une ide1 on ne la possde vraiment1 on ne la voit avec clart1 que quand on a fait le tour de toutes les ides et quand on en a choisi une4 ,intelligence1 c'est comparaison1 puis prfrence4 ,les partisans intelligents du monopole sentent si bien la force de cette objection et ce qu'elle contient de vrit1 qu'ils ne manquent pas d'assurer de tout leur courage que c'est dans l'enseignement monopolis que l'on trouvera l'exposition de toutes les ides1 les plus diffrentes1 et pour l'lve la libert la plus large de comparaison1 de choix et de prfrence4 ,j'ai discut plus haut1 avec le plus grand srieux1 cette plaisanterie1 et je n'y reviens que pour rappeler que personne n'en peut tre dupe1 non pas mme ceux qui en sont les auteurs1 s'il n'y a pas dire plutt que surtout ceux qui en sont les auteurs n'en peuvent croire un mot4 ,donc1 cette objection carte1 nous prtendons que les partisans du monopole de l'enseignement veulent surtout ne pas instruire1 j'entends ne pas mettre les jeunes esprits mme de choisir entre les ides4 ,notez que cela se dmontre dj par une foule de signes4 ,dans les programmes universitaires il y a tendance trs visible n'enseigner l'histoire que depuis #aghi et laisser le jeune homme dans l'ignorance la plus profonde sur tout ce qui s'est pass auparavant4 ,voil ce que j'appelle ne pas enseigner4 ,l'homme qui ne connat l'histoire que depuis #aghi est un homme si limit qu'il en est bouch4 ,il ne comprend rien du tout et non pas mme #aghi4 ,il est absolument inintelligent en humanit4 ,il a une complte inintelligence de l'histoire et une ignorance encyclopdique du genre humain1 y compris celui o il vit4 ,cet homme-l1 c'est l'homme que veulent les partisans du monopole de l'enseignement2 c'est pour eux l'homme de l'avenir4 ,de mme au congrs de ,lige1 en septembre #aije1 ,m4 ,salomon ,reinach insistait pour que l'on limint dcidment de l'enseignement littraire les auteurs du ,x,v,i,ie sicle1 si profondment arrirs et qui ne peuvent rien apprendre1 du moins de bon1 aux gnrations du ,x,xe sicle4 ,voil qui va fort bien1 et je crois vous entendre4 ,mais si l'on croit que le jeune studieux comprendra un mot l',essai sur les murs s'il n'a pas lu le ,discours sur l'histoire universelle1 et ,montesquieu s'il n'a pas lu la ,politique tire de l',ecriture sainte1 et1 pour sortir un instant de la politique1 ,marivaux s'il n'a pas lu ,racine1 et ,jean-,jacques ,rousseau s'il n'a pas lu ,fnelon1 etc41 etc41 il faut tre un peu inexpriment soi-mme en matire d'enseignement et en matire intellectuelle4 ,ce n'est donc pas conjecture de notre part1 ni induction1 du reste lgitime1 ni procs de tendances1 du reste fond1 quand nous disons aux partisans du monopole de l'enseignement3 ,vous ne voulez pas plus de libert dans l'enseignement que de la libert de l'enseignement4 ,vous ne voulez de libert de choix1 et c'est--dire de libert d'intelligence1 nulle part4 ,un peu partout1 et particulirement dans un pays comme le ntre1 la libert dans l'enseignement ne peut tre obtenue que par la libert de l'enseignement4 ,si les clercs seuls enseignaient1 ils enseigneraient l'histoire jusqu'en #aghi et jetteraient un voile sur tout ce qui s'est pass depuis2 ils enseigneraient la littrature avec ,bossuet1 ,nicole1 ,bourdaloue et peut-tre ,corneille2 ne feraient lire aucun auteur du ,x,v,i,i,ie sicle1 et du ,x,i,xe sicle ne mettraient sous les yeux de leurs lves que de ,maistre et ,veuillot 7je n'invente rien3 lisez le livre de ,m4 l'abb ,delfour1 ,catholicisme et ,romantisme71 et ils feraient des lves stupides4 ,inversement1 si vous1 antireligieux1 vous enseigniez seuls1 vous n'enseigneriez que #aghi1 #agic1 #ahdh et #ahgj1 vous laisseriez ignorer le ,x,v,i,ie sicle1 et vous enseigneriez la littrature avec ,voltaire1 ,diderot1 ,helvtius1 d',holbach1 ,stendhal et ,victor ,hugo dernire manire2 et vous feriez des lves stupides4 ,et1 donc1 nous avons le droit de dire3 ,en rclamant le monopole de l'enseignement1 vous rclamez1 non le privilge d'instruire seuls1 mais le droit de ne pas instruire du tout4 ,voil ce que nous disons1 et ce qui ne sera jamais tout fait vrai1 mais ce qui se rapprochera de plus en plus de la vrit3 c'est asymptotique4 ,oui1 que le monopole de l'enseignement ait pour effet de mener un peuple un tat trs voisin de l'ignorance et trs proche de l'incomprhension universelle1 cela me parat incontestable2 mais c'est prcisment pour cela1 sans peut-tre s'en rendre bien compte1 que les rpublicains despotistes n'ont aucune rpugnance pour le monopole de l'enseignement4 ,aucun despotisme n'aime le savoir1 aucun despotisme n'aime l'intelligence4 ,montesquieu l'a rpt satit pour le despotisme ancien style1 c'est--dire pour le despotisme d'un seul4 ,il n'y a aucune raison pour que ce ne soit pas tout aussi vrai du despotisme collectif4 ,la ,rpublique n'a pas besoin de savants est peut-tre un mot lgendaire et1 pour mon compte1 j'incline croire qu'il a t invent par un ractionnaire spirituel1 par quelque ,rivarol2 mais il exprime bien la pense de la dmocratie1 de la plus basse1 la vrit2 mais le malheur est que la basse dmocratie force la haute tomber sans cesse un peu au-dessous du niveau de la basse4 ,tant y a que le dmocrate moyen1 si vous voulez1 ne pense point prcisment du mal du savoir et de l'intelligence1 mais se dit3 ,aprs tout1 ce n'est pas de grand savoir et de fine intelligence que nous avons le plus besoin2 avant tout1 ce qu'il nous faut1 ce sont des hommes dvous la dmocratie et le plus antireligieux possible1 parce que1 quand on n'est antireligieux qu' demi1 si l'on n'est pas prcisment avec les prtres1 du moins on les mnage4 ,or il est constat que le vaste savoir et l'intelligence trs exerce mnent souvent cet tat d'esprit sinon favorable1 du moins indulgent1 aux hommes de religion4 ,c'est trs frquent4 ,il y a donc lieu de ne pas tenir essentiellement ce qu'il y ait dans ce pays beaucoup d'hommes de haute culture4 ,en somme1 vous ne voulez que des ignorants1 parce que vous ne voulez que des fanatiques4 ,c'est l'arrire-pense de tous les sectaires4 --,vous exagrez6 --,eh6 non6 ,je prcise4 ,il y a bien1 sans qu'on en convienne et1 je le reconnais1 sans qu'on s'en rende compte1 quelque chose comme cela4 ,ici encore1 la plus grande erreur que l'on puisse trouver dans le systme n'est pas autre chose que le principe secret du systme4 ,et enfin1 pour abrger1 car on pourrait poursuivre cette analyse en beaucoup de sens1 nous assurons que l'anticlricalisme pouss fond1 comme les radicaux veulent l'y pousser en effet1 mne tout droit au despotisme4 ,il y mne de toutes les faons4 ,il habitue les esprits considrer qu'un homme n'a pas les droits de l'homme quand il pense d'autre manire que le gouvernement4 ,il habitue les esprits considrer qu'un homme peut tre proscrit parce qu'il vit d'une manire honorable1 mais diffrente de la faon commune4 ,il habitue les esprits mpriser la libert et aussi l'galit4 ,la libert1 puisque je n'ai pas celle de faire des vux de morale svre et de m'associer ceux qui font les mmes vux2 la libert1 puisque je n'ai pas le droit d'enseigner ce que je crois vrai et qui1 du reste1 n'est pas contraire la constitution de ce pays2 la libert1 puisque je n'ai pas le droit de faire instruire mon fils par qui me plat1 du reste honnte homme4 ,mais l'anticlricalisme habitue aussi les esprits mpriser l'galit2 parce qu'il cre des classes4 ,il en cre au moins deux3 premire classe1 qui a toutes sortes de droits1 l'exclusion de l'autre1 c'est--dire qui a toutes sortes de privilges1 droit d'enseigner1 droit de prcher1 droit de faire des processions et de haranguer les foules dans la rue autour de la statue d'un martyr et d'entraver la circulation2--seconde classe1 qui est prive du droit d'enseigner1 du droit de s'associer1 du droit de vivre en commun1 du droit de faire des processions dans la rue et des meetings sur la place publique1 dernier droit du reste que je n'accorderais personne1 mais qu'enfin il est constant que vous attribuez aux uns et que vous refusez aux autres4--,l'anticlricalisme cre donc des classes3 les unes privilgies1 les autres dnues2 les unes avantages1 les autres frustres2 les unes accaparantes1 les autres spolies2 les unes oppressives1 les autres opprimes4 ,il fait des parias4 ,c'est le signe mme du despotisme ou plutt c'en est bien le fait2 c'en est la ralisation nette1 pure et simple4 --,mais le genre de despotisme que l'anticlricalisme institue s'arrte l6 --,ce serait dj suffisant1 mon avis1 et il y a oppression du corps social1 dit la trs ractionnaire ,dclaration des droits de l'homme1 ds qu'un seul de ses membres est opprim2 mais le genre de despotisme que l'anticlricalisme institue va plus loin encore dans ses consquences et dans ses consquences prochaines4 ,le mot de ,m4 ,jaurs est trs profond3 ,le collectivisme intellectuel mne tout droit au collectivisme conomique4 ,ce qui veut dire3 ,l'tat omniscient1 cela mne l'tat omnipossesseur2 le monopole de l'enseignement1 c'est le collectivisme intellectuel1 c'est la collectivit se substituant1 pour instruire1 aux individus ou aux associations2--du mme principe sortira ceci3 la collectivit se substituant1 pour possder1 aux individus ou aux associations2 il n'y a pas plus de raison pour que vous possdiez individuellement ou par socits particulires que pour que vous enseigniez individuellement ou par socits particulires2 l'tat aujourd'hui enseigne seul2 l'tat demain1 du mme droit1 possdera seul2 il n'y a aujourd'hui d'autre professeur que l'tat2 il n'y aura pas demain d'autre propritaire que l'tat2 collectivit partout2 le collectivisme intellectuel n'est qu'un essai1 heureux du reste1 du collectivisme des biens2 tout compte fait1 collectivisme de l'enseignement et collectivisme des biens1 c'est la mme chose1 c'est le collectivisme des droits4 ,c'est--dire la suppression des droits1 c'est--dire le despotisme pur et simple4 ,il est trs vrai que supprimer le droit du citoyen comme pre de famille mne directement supprimer son droit comme propritaire4 ,il dit aujourd'hui3 ,je suis pre de famille2 on lui rpond3 a ne compte pas4 ,il dira demain3 ,je suis propritaire2 on lui rpondra3 a ne signifie rien4 ,le droit minent d'enseignement appartenant l'tat et le droit minent de proprit appartenant l'tat1 c'est absolument la mme thorie1 la mme doctrine et le mme dogme4 ,par toutes sortes de chemins1 l'anticlricalisme mne donc au despotisme et de toutes sortes de faons il le renferme en lui4 ,ai-je besoin de faire remarquer encore une fois que ce n'est son dfaut que parce que c'est la source mme d'o il drive8 ,l'anticlrical est despotiste4 ,ce n'est pas o il arrive1 c'est de quoi il part2 ce n'est pas la consquence inattendue de ses dmarches1 c'est le premier pas de sa course2 ou plutt c'est la fois d'o il part et o il arrive2 car c'est de quoi il ne sort jamais4 ,il n'est autre chose1 comme il a t dit mille fois1 qu'un clrical retourn1 et son ,syllabus est exactement aussi contraire la ,dclaration des droits de l'homme que le ,syllabus romain4 ,un plaisant dirait3 ,il n'y a qu'une ,dclaration des droits de l'homme1 mais il y a deux dclarations des droits de ,rome4 ,que voulez-vous que celle-l fasse contre les deux autres4 ,l'anticlrical n'est qu'un clrical retourn1 comme cela se voit1 mme historiquement1 par ce fait que les contres de ,france qui contiennent le plus d'anticlricaux effrns sont celles qui contenaient1 il n'y a pas un sicle1 le plus de clricaux enfivrs2 mais c'est un clrical d'autant plus violent et d'autant plus dangereux1 ce me semble1 qu'il ne compte pas1 ou qu'il compte assez peu sur l'association prive1 et qu'il ne compte que sur l'tat1 et que1 par consquent1 il a tout intrt ce que l'tat soit passionnment despotique pour qu'il le soit au service des passions antireligieuses4 ,il est possible qu'un catholique soit libral4 ,il place ou peut placer sa volont de puissance ailleurs que dans l'tat3 ,je serai fort par corporation1 par mon association1 par mon glise4 ,il est possible un homme qui n'est ni clrical ni anticlrical d'tre libral3 on peut tre autoritaire tout en n'tant ni clrical ni anticlrical1 mais au moins on a une raison de moins pour l'tre4 ,il est impossible un anticlrical d'tre libral et il verse toujours dans le despotisme1 si tant est qu'il n'y soit pas toujours4 ,entre catholiques et anticatholiques la lutte continuera donc trs longtemps1 puisque toutes les erreurs que l'on peut signaler aux anticatholiques dans leurs doctrines sont les principes mmes de leurs doctrines et les sources profondes et secrtes qui les alimentent4 ,entre les catholiques--soutenus par les libraux tant que les catholiques seront mis hors du droit--et les anticatholiques soutenus par tout ce qui1 en ce pays1 a des tendances vers le despotisme dmocratique sous une forme ou sous une autre1 la bataille1 commence depuis si longtemps1 n'est pas prs ni de finir1 ni de se relcher1 ni de s'interrompre4 ,,conclusions ,pour la faire finir1 cette bataille sculaire qui nous puise1 il faudrait qu'il se constitut un parti de modrs trs nergiques1 chose du reste qui ne s'est jamais vue4 ,ce parti ne serait ni clrical ni anticlrical et ne permettrait pas que l'on ft ni l'un ni l'autre4 ,il serait patriote et libral1 et libral par patriotisme4 ,il serait convaincu de cette vrit que tout peuple a intrt1 non seulement n'liminer hors de la cit1 ne dtruire1 en l'liminant ainsi1 aucune des forces nationales1 mais encore qu'il a intrt convertir en forces nationales tous les lments d'nergie intellectuelle et morale qui se trouvent en lui4 ,or1 tant donne l'infinie diversit de tempraments1 de caractres1 de tendances1 de croyances1 d'opinions et d'ides qui existe dans le monde moderne1 la patrie ne peut tre aime par tous1 que si elle admet cette diversit1 c'est--dire que si elle respecte la libert et la favorise2 et la patrie ne peut tre aime que de quelques-uns1 ce qui est un danger pouvantable1 si1 dans cette diversit d'opinions1 elle en prend une pour la faire sienne et pour l'imposer4 ,il en rsulte d'abord qu'il n'y a rien de plus rtrograde et de plus ractionnaire que de rebrousser1 au ,x,xe sicle1 vers l'tat antique1 vers l'tat romain et vers l'tat grec1 qui a une doctrine religieuse lui1 qui l'impose1 qui l'assne et qui fait boire la cigu ou prendre le chemin de l'exil ceux qui en ont une autre1 dmarche d'autant plus ractionnaire et rtrograde que jamais1 mme ,athnes et ,rome1 on n'a proscrit la libert d'enseigner1 d'une faon permanente et continue1 aussi rigoureusement qu'on le fait en ,france au temps o nous sommes4 ,il en rsulte ensuite que le patriotisme s'teindrait bientt si la patrie n'tait plus1 dans l'esprit des citoyens1 qu'un tre tracassier1 imprieux et tyrannique1 d'esprit troit du reste et qui veut1 comme un grand-pre autoritaire et ttu1 qu'on ne pense dans sa maison que comme il pense et qu'on ne parle qu'en rptant ce qu'il dit4 ,c'est ainsi que les familles s'aigrissent et du reste se dsunissent et se dissolvent4 ,et l'on peut remarquer ceci1 qui peut-tre est fcheux3 c'est au moment o les hommes d'opinions dites avances renoncent au patriotisme ou l'attidissent singulirement dans leurs curs1 qu'on s'arrange d'autre part de manire refroidir le patriotisme chez les hommes d'opinions dites arrires1 de sorte qu'on peut se demander o1 bientt1 le patriotisme se rfugiera4 ,le parti libral1 et libral par patriotisme1 que je suppose1 dirait donc1 autant par patriotisme que par dvotion la ,dclaration des droits de l'homme1 d'une part la ,france noire3 ,il vous est permis d'tre noirs1 la condition que vous soyez patriotes4 ,il vous est permis de croire en ,dieu et de dire que vous y croyez et pourquoi vous y croyez4 ,il vous est permis de vous associer en une communion de croyances1 de penses1 d'espoirs et d'efforts1 dite l'glise catholique1 et de prcher et d'enseigner ce que vous croyez2 parce que ce sont des droits de l'homme et qu'il ne suffit pas d'tre catholique pour cesser d'tre tenu pour un tre humain4 ,il vous est permis de ne pas croire que la ,rvolution franaise est la vrit absolue et dfinitive et la seule religion que l'humanit doive embrasser2 et il vous est permis de donner toutes les raisons pourquoi vous ne croyez point cela4 ,il vous est permis de discuter toutes les lois que font les reprsentants de la majorit du peuple franais2 car ces lois n'ont rien de divin1 de sacr1 ni mme d'irrvocable2 il vous est permis de les discuter1 la condition que1 de fait1 vous y obissiez et que vous disiez que1 de fait1 il y faut obir4 ,il vous est permis de discuter la ,constitution1 comme font les professeurs de droit constitutionnel dans leurs cours et les philosophes sociologues dans leurs leons2 il vous est permis de la discuter tout entire1 la condition que1 de fait1 vous y obissiez et que vous disiez que1 de fait1 il y faut obir4 ,il vous est permis de faire vos doctrines1 ides et opinions1 autant d'adhrents que vous en pourrez faire et d'intervenir dans les lections1 sauf par corruption1 tout autant que vous le voudrez2 et nous considrons que1 non seulement c'est votre droit1 mais que c'est mme votre devoir1 comme il est le ntre et parce qu'il est le ntre1 car mon droit c'est le tien et ton droit c'est le mien1 et user de son droit est un devoir4 ,il ne vous est dfendu que de dtacher les citoyens de la patrie4 ,vous pouvez aller jusqu' dire du mal de la patrie1 entendons par l jusqu' lui dire des vrits dures1 mais de telle faon qu'il soit visible que vous n'en dites du mal que pour la rendre meilleure1 et par consquent par profonde affection pour elle1 et la condition que votre conclusion soit toujours qu'il faut aimer sa patrie1 mme1 quand elle se trompe1 plus diligemment1 mme1 quand elle se trompe et ne jamais la renoncer1 mme dans le secret du cur4 ,voil tout ce qui vous est permis4 ,voil la seule chose qui vous soit dfendue4 ,allez1 ,messieurs4 99 99 99 99 99 ,il dirait d'autre part la ,france rouge3 ,il vous est permis d'tre rouges1 la condition d'tre patriotes4 ,il vous est permis d'tre athes et de faire profession et propagande d'athisme4 ,il vous est permis de considrer le sentiment religieux comme une maladie mentale que les gens bien portants doivent mettre tous leurs efforts gurir chez ceux qui en sont atteints4 ,il vous est permis de dire la nation la plus intelligente de l'univers que l'vque de ,rome l'opprime et qu'elle gmit encore sous le joug accablant du pontife romain4 ,il vous est permis de vous associer en corporations puissantes pour combattre les menes infmes et dangereuses de la congrgation et pour rpandre vos doctrines4 ,cela vous est mme recommand2 car si vous russissiez1 peut-tre1 combattant par vous-mmes et par les corporations dont vous seriez membres et que vous soutiendriez1 perdriez-vous l'habitude de vous adresser toujours l'tat et de le perscuter pour qu'il se charge de vos querelles1 de vos vengeances et de l'exercice de vos haines et pour qu'il consacre toutes ses forces combattre une partie considrable de la nation franaise1 ce qui donne celle-ci le dsir et presque le droit d'en faire autant quand elle a la majorit4 ,il vous est permis d'user de la parole1 du livre1 de la brochure1 de la revue et du journal1 de tout enfin1 except de la rue 7exception qui frappera aussi vos adversaires71 pour faire connatre1 faire juger et faire accepter les vrits politiques1 religieuses1 conomiques et sociologiques dont vous tes dtenteurs4 ,il ne vous est dfendu que de dtacher les citoyens de la patrie4 ,et1 comme vos adversaires1 il vous est mme permis d'en dire du mal1 la condition que vous n'en concluiez jamais1 quelque faute qu'elle puisse commettre1 qu'il faut la quitter1 la renoncer1 dserter son drapeau et tirer des coups de fusil sur ceux qui le tiennent4 ,voil tout ce qui vous est permis2 voil la seule chose qui vous soit dfendue4 ,allez1 ,messieurs4 ,le parti libral dirait enfin au gouvernement1 quel qu'il ft3 ,vous n'tes o l'on vous a mis que pour dfendre la patrie et l'administrer1 c'est--dire pour pourvoir l'arme1 la marine1 aux finances1 la police et la justice4 ,l se bornent votre rle et votre fonction et1 du reste1 votre capacit4 ,quand vous vous mlez d'autre chose1 vous sortez de vos droits et1 du reste1 vous le faites mal4 ,vous devriez n'avoir qu'un budget de la guerre et de la marine1 qu'un budget de l'administration intrieure1 qu'un budget de la justice et de la police et qu'un budget des affaires trangres4 ,ds que vous vous mlez de religion1 d'enseignement et mme d'industrie et de beaux-arts1 vous devenez un parti1 et c'est au profit d'un parti1 blanc1 rouge ou noir1 selon les saisons1 que vous vous mlez de tout cela2 de sorte que1 cr pour assurer la concorde entre les citoyens1 vous tes toujours1 plus ou moins vivement1 un gouvernement de guerre civile2 et que1 cr pour dfendre1 maintenir et agrandir la patrie1 vous mettez au moins une partie de vos efforts la diminuer4 ,restreignez-vous donc votre rle et votre emploi1 pour n'tre du reste que plus fort dans votre emploi et dans votre rle4 ,assurez l'extrieur la dfense1 l'intrieur l'ordre et les bonnes finances4 ,c'est tout4 ,vous n'avez pas autre chose faire4 ,ne vous considrez pas comme le premier thologien de ,france1 le premier moraliste de ,france1 le premier professeur de ,france et le premier amateur d'art de ,france4 ,o avez-vous pris que vous fussiez tout cela8 ,il n'en est rien1 je vous assure1 et la fois vous avez trop de prtention et vous vous donnez trop de mal4 ,ne vous rduisez pas1 nous le concdons par crainte des changements trop brusques1 ne vous rduisez pas1 du jour au lendemain1 ce simple rle de soldat sur la frontire et de gendarme l'intrieur que nous disons qui est le vtre2 mais1 en attendant une simplification plus complte1 au moins sur les domaines qui ne sont pas les vtres1 o vous avez empit et o vous vous trouvez install1 soyez neutre1 vritablement neutre2 n'ayez pas d'opinion2 ne servez aucun parti4 ,n'imposez aucune doctrine vos professeurs1 ne leur en interdisez aucune1 sauf l'antipatriotisme2 car cela rentre prcisment dans votre rle d'interdire celle-l4 ,n'exigez de vos fonctionnaires1 quels qu'ils soient1 aucune qualit confessionnelle1 aucune doctrine et aucune pratique soit religieuse1 soit antireligieuse4 ,n'exigez de vos fonctionnaires1 quels qu'ils soient1 aucune opinion politique1 et soyez absolument indiffrent celles qu'ils peuvent avoir1 pourvu qu'ils s'acquittent bien de leurs fonctions et qu'ils soient dvous au pays4 ,laissez la magistrature1 quoique nomme par vous1 une indpendance absolue et ne la mettez jamais1 par promesses1 encouragements1 intimidation et autres influences1 au service d'un parti1 quelque bon que puisse tre vos yeux ce parti4 ,pour ce qui est de la masse des citoyens1 qu'ils sentent bien1 tous1 que vous ne voulez pas mme savoir quel parti ils appartiennent et que ce serait en vain que1 pour obtenir des faveurs et bnficier d'injustices1 ils se mettraient dans celui-ci1 dans celui-l ou dans un troisime4 ,vous aimez rpandre des ides4 ,n'en rpandez qu'une1 c'est que vous tes la justice et l'impartialit absolues4 ,a cause de l'exprience acquise1 on ne vous croira pas tout de suite1 mais on finira par s'apercevoir que vous dites vrai4 ,a ce discours1 il est infiniment probable que le gouvernement rpondrait3 ,je dpends des lecteurs4 ,avec votre systme1 j'en aurais pour moi trois mille sur huit millions4 ,souffrez que je sois le gouvernement d'un parti1 comme tous les gouvernements depuis #aghi2 et du parti le plus fort4 --,mais tre le gouvernement d'un parti1 c'est tre gouvern par un parti4 ,omnia serviliter pro dominatione4 --,a qui le dites-vous8 ,c'est pourtant le seul moyen d'exister4 ,il faudrait voir4 ,ce n'est pas si certain qu'on s'obstine le croire4 ,un gouvernement de parti est vite dvor par son parti mme1 dont il ne russit jamais satisfaire tous les apptits4 ,un gouvernement de justice impose beaucoup4 ,il a1 dans une ,rpublique1 quelque chose de la majest du gouvernement royal1 lequel est par dfinition et quelquefois en ralit1 au-dessus de tous les partis2 et1 naturellement1 c'est dans une ,rpublique qu'on est le plus sensible ce qui est le bon aspect du gouvernement royal4 ,mon scepticisme ne va peut-tre pas assez loin1 et c'est toujours ce que je suis tent de lui reprocher2 mais j'ai tendance croire qu'un gouvernement de justice se crerait assez vite un trs grand parti et pourrait ainsi tre1 lui aussi1 un gouvernement de parti1 mais d'un parti juste4 ,en tout cas1 pour continuer un instant le dialogue1 le parti libral dit au gouvernement3 ,soyez libral4 ,le gouvernement rpond aux libraux3 ,soyez les plus nombreux1 et je vous jure bien que je serai libral4 ,je ne pourrai mme pas faire autrement4 ,c'est donc aux libraux tre les plus nombreux4 ,c'est pour en augmenter le nombre que j'ai crit ces quelques pages1 aprs d'autres1 au cas que je pourrais avoir quelque force de persuasion4--,mais c'est sur ce point que mon scepticisme est radical4 ,aot-,novembre #aije4 ,table des ,matires ,,chapitre ,ier4--,l'irrligion nationale #a ,,chapitre ,,ii4--,l'anticlricalisme au ,x,v,i,ie sicle #ec ,,chapitre ,,iii4--,l'anticlricalisme au ,x,v,i,i,ie sicle #hi ,,chapitre ,,iv4--,l'anticlricalisme pendant la priode rvolutionnaire #abf ,,chapitre ,v4--,l'anticlricalisme sous le ,consulat et l',empire #ach ,,chapitre ,,vi4--,l'anticlricalisme sous la ,restauration #adi ,,chapitre ,,vii4--,l'anticlricalisme sous ,louis-,philippe #aef ,,chapitre ,,viii4--,l'anticlricalisme sous la seconde ,rpublique et le second ,empire #afj ,,chapitre ,,ix4--,l'anticlricalisme sous la troisime ,rpublique jusqu'en #aijd #aia ,,chapitre ,x4--,la situation actuelle #bdg ,,conclusions #cga ,paris4--,socit franaise d',imprimerie et de ,librairie4 99 99 99 99 99 ,note sur la transcription3 ,les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges4 ,l'orthographe d'origine a t conserve et n'a pas t harmonise4