,,de ,,la ,,cruaute ,,religieuse4 ,m>que d'imprimeur ,,p>is1 ,,*ez ,,les ,,m>*&s ,,de ,,n\veaut,s4 #ahbf4 ,,table4 ,introduction vij ,,section ,,premi,,re4 ,les hommes donn5t t\j\rs aux dieux qu'ils ador5t les passions qu'ils ont eux-mmes #a ,,sect4 ,,ii4 ,que les hommes devrai5t bi5 pr5dre g>de aux ides qu'ils se font de la div9it #ba ,,sect4 ,,iii4 ,des ,cruauts religieuses que les hommes ex]c5t sur eux-mmes #ca ,,sect4 ,,iv4 ,cruaut des ,sacrifices sanglans4 ,des ,sacrifices huma9s #dj ,,sect4 ,v4 ,des ,traitem5ts cruels que les hommes se font pr\v] les uns aux autres1 cause de la diffr5ce de leurs op9ions religieuses et de la div]sit de leur culte #eh ,,sect4 ,,vi4 ,en quoi consi/5t quelques-unes des qu]elles religieuses qui ont divis les *rti5s1 et combi5 les matires en dispute ont t in9telligibles p\r les disputans #fe ,,sect4 ,,vii4 ,de plusieurs sa9ts trs or?odoxes et pres de l'glise qui ont t de viol5s p]scuteurs #ia ,,sect4 ,,viii4 ,de la puissance du cl]g1 et de la tyrannie de l'vque de ,rome #ajd ,,sect4 ,,ix4 ,de l'inquisition et de ses cruauts #abf ,,sect4 ,x4 ,de l'excution de ceux que l'inquisition a condamns #adg ,,sect4 ,,xi4 ,des p]scutions excites p> les prtres prote/ans #aed ,,sect4 ,,xii4 ,re*]*es sur les causes de la cruaut et de l'esprit p]scuteur que l'on rem>que sur-t\t dans les prtres de l'glise roma9e #agc ,,suppl,,m5t la ,cruaut ,religieuse #ahg ,,section ,,premi,,re4 ,des op9ions errones et des crmonies sup]/itieuses que l'on tr\ve dans les pres de l'glise #ahi ,,sect4 ,,ii4 ,exemples des op9ions biz>res des pres de l'glise #bjc ,,sect4 ,,iii4 ,des int]prtations absurdes que les plus anci5s pres de l'glise ont donnes de l'criture #bai ,,sect4 ,,iv4 ,que/ions odieuses1 ridicules et indc5tes qui ont t agites4--,de la ?ologie s*ola/ique #bcj ,r,,flexions sur les p]scutions religieuses et sur les moy5s de les prv5ir4 ,,section ,,premi,,re4 ,de l'absurdit et de l'inju/ice de la p]scution #bci ,,sect4 ,,ii4 ,des s\rces de l'insol5ce et du p\voir des prtres de l'glise roma9e #bdh ,,sect4 ,,iii4 ,de la ,crdulit4 ,les g5s d'esprit sont s\v5t dupes des prjugs du vulgaire #bef ,,sect4 ,,iv4 ,des moy5s employs p> le cl]g p\r excit] les pr9ces la p]scution #bga ,,sect4 ,v4 ,des ,remdes que l'on peut oppos] la p]scution #bge ,,f9 ,,de ,,la ,,table4 ,,introduction4 ,je vais exam9] dans cet essai les diffr5tes espces de cruauts religieuses4 ,je compr5ds galem5t s\s ce nom1 soit les op9ions religieuses qui procd5t de la cruaut ou qui la font natre1 soit les actes de b>b>ie qu'impose la religion mme1 ou ceux dont ses zlateurs se font un devoir p\r son s]vice et p> am\r p\r elle4 ,la croyance en ,dieu tant le fondem5t de t\te religion1 c'e/ en gnral l'ide qu'on se fait de l'tre suprme qui imprime un c>actre au culte qu'on lui r5d3 si les hommes se figur5t un ,dieu tyrannique1 capricieux ou m*ant leur religion respir]a l'esclavage1 l'inconsqu5ce1 la cruaut4 ,mais s'ils reg>d5t s9crem5t la div9it comme un tre inf9im5t sage et bon1 l'on a droit d'en conclure que leur religion s]a ple9e de raison et de bi5veillance1 et dt]m9]a suivre une conduite honnte4 ,les adorateurs d'un seul ,dieu dis5t1 sans d\te1 que cet tre e/ d\ d'une sagesse et d'une bont inf9ies2 mais s'ils lui attribu5t des actions de cruaut1 s'ils s'imag95t qu'on peut lui plaire p> des pratiques va9es et puriles1 ou p> des actions b>b>es2 s'ils p5s5t que ,dieu lui-mme ait ordonn de telles *oses1 alors l'ide qu'ils ont rellem5t de la div9it s]a directem5t oppose ce qu'ils en dis5t1 et ce s]a cette ide qui con/itu]a l'ess5ce de leur religion4 ,bi5 des g5s sans s'en d\t] croi5t un ,dieu cruel1 et en consqu5ce ils sont cruels en fait de religion4 ,ils en impos5t l-dessus eux-mmes et aux autres4 ,mais qu'ils s'int]rog5t eux-mmes de bonne foi et qu'ils se dem&5t comm5t ils s'imag95t au fond de leur coeur que l'tre-,suprme trait]a dans l'autre monde la plus gr&e p>tie des hommes qu'il a crs et nommm5t les infidles quoiqu'9vitablem5t tels3 qu'ils se dem&5t comm5t eux-mmes1 s'ils en avai5t le p\voir1 trait]ai5t en ce monde les g5s qui ne s'accord5t pas avec eux sur le culte1 ou sur les dogmes de la religion3 ces que/ions mrem5t exam9es et rpondues avec c&eur f]ont voir l'op9ion des hommes t\*ant la div9it1 et leur religion dans un j\r trs diffr5t de celui s\s lequel on les avait d'abord envisages4 ,quoique la plup>t des hommes convi5n5t qu'il n'y a po9t d'op9ions plus importantes p> les consqu5ces que celles qui ont ,dieu et la religion p\r objet1 cep5dant il n'y en a po9t qu'on pr5ne plus communm5t sur p>ole4 ,on appr5d le symbole et le ca?*isme p> r\t9e a9si que des vaudevilles et des *ansons2 l'on ne raisonne pas plus sur les uns que sur les autres4 ,un gr& nombre d'articles de foi sont embrasss avec *aleur1 s\t5us ob/9m5t1 c\rageusem5t df5dus1 non p>ce qu'on les tr\ve raisonnables1 mais p>ce qu'on s'e/ acc\tum de bonne heure les respect]1 ou p>ce qu'ils s'accord5t soit avec le tempram5t1 soit avec les intrts qu'on peut avoir4 ,n\s sommes disposs p5s] que les op9ions dont on n\s a pntrs dans notre enfance et que l'habitude a fait en quelque faon crotre avec n\s1 sont des rsultats de nos propres raisonnem5s quoique n\s ne les ayons jamais exam9es4 ,il y en a quelques-unes qui sont si videmm5t vraies qu'il importe peu de savoir si elles ont t dc\v]tes p> n\s-mmes ou simplem5t acquises2 mais p\r celles qui peuv5t comport] le mo9dre d\te1 il e/ trs ess5tiel p\r n\s de ne les admettre qu'aprs le plus mr exam52 cela seul peut n\s donn] le droit de les reg>d] comme vritablem5t n\s4 ,aprs ce petit nombre d'obs]vations prlim9aires1 n\s allons p>tag] notre sujet dans les trois *efs suivans4 ,n\s exam9]ons3 ,premirem5t les op9ions que la plus gr&e p>tie du g5re huma9 a reues et reoit encore sur la cruaut des dieux qu'il adore4 ,secondem5t les dvotions b>b>es dont la pratique e/ ord9aire4 ,troisimem5t les traitem5s inhuma9s que les hommes se font rciproquem5t pr\v] cause de la diffr5ce de leurs cultes et de leurs op9ions en matire de religion4 ,,section ,,premi,,re4 ,les hommes donn5t t\j\rs aux dieux qu'ils ador5t les passions qu'ils ont eux-mmes4 ,n\s ne savons ri5 de clair ni de satisfaisant sur la cration de l'homme#a4 ,n\s ignorons donc l'op9ion premire qu'il eut de son crateur et quel fut au comm5cem5t l'objet de son adoration4 #a ,les relations de t\t les auteurs pay5s1 conc]nant l'orig9e de l'homme1 sont indubitablem5t des fables2 et le rcit qu'en fait le livre de la ,gnse1 attribu ,mose1 e/ reg>d p> plusieurs savans comme une pure allgorie2 en effet1 il ressemble plus une allgorie qu' une hi/oire2 au mo9s e/-il trs sr que ce rcit e/ trangl1 obscur et peu satisfaisant4 ,si nos premi]s pres ont admis l'exi/5ce d'un tre t]nel1 invisible1 t\t puissant1 d'une bont inf9ie1 crateur de l'univ]s1 il e/ vraisemblable que presque t\te la po/rit p]dit bi5tt et cette connaissance et t\t s5tim5t raisonnable sur la div9it#b4 ,selon les anci5s tmoignages que n\s ayons de l'hi/oire1 les hommes1 ds les premi]s ges du monde1 ont ador les plus tranges dieux3 ri5 de plus ridicule que leurs diffr5tes op9ions sur cette multitude de div9its2 elles sont si absurdes que1 si n\s n'en avions pas des preuves inconte/ables1 il n\s s]ait impossible de croire que l'homme1 d\ d'abord de quelque intellig5ce1 et pu se dprav] ce po9t et tomb] dans cet abme de draison2 ces notions fur5t galem5t absurdes et *angeantes1 et cela devait ncessairem5t arriv]2 en effet si la vrit e/ de sa nature circonscrite et t\j\rs la mme1 l'erreur n'a pas plus de =me fixe que de limites4 #b ,suivant ce qu'on n\s enseigne et l'op9ion communm5t reue1 t\s les hommes desc5d5t d'un seul homme et de sa femme2 mais cette op9ion p>at ins\t5able p> plusieurs raisons1 et surt\t p> l'impossibilit de faire sortir des mmes p>5t les hommes blancs et noirs4 ,mais qu'il y ait eu d'abord un ou plusieurs c\ples d'hommes crs1 cela ne fait ri5 la "q dont il s'agit4 ,mais les hommes en s'c>tant de la vrit p> diffr5tes r\tes se sont gnralem5t runis en un po9t sur le compte de leurs dieux2 ils leur ont attribu les dispositions et les passions qu'ils pr\vai5t eux-mmes1 et s\v5t leur ressemblance corporelle4 ,c> qu'y a-t-il eu de plus commun dans la plup>t des nations et des religions que de reprs5t] les dieux s\s la figure huma9e8#c #c ,les ,lacdmoni5s1 le peuple le plus belliqueux de la t]re1 reprs5tai5t t\j\rs leurs dieux et mme leurs desses en habit de gu]re4 ,pi]re ,kolbe1 dans sa relation du cap de ,bonne-,esprance1 n\s dit que quelques-uns des ,hott5tots1 les hommes les plus malpropres qui exi/5t1 qui se b>b\ill5t le corps avec de la suie incorpore dans de la graisse et ne se vtiss5t que de peaux de btes1 s\ti5n5t que ,dieu ressemble1 p> sa c\leur1 sa figure et son habillem5t1 aux plus beaux d'entr'eux4 ,p>mi les *rti5s mme1 et surt\t p>mi les mo9es d'gypte1 il y eut autrefois une secte qui pr(essait l'antropomorphisme2 elle fondait ce s5tim5t sur ce qu'il e/ dit que l'homme fut cr l'image de ,dieu4 ,l'op9ion de ces mo9es fut porte jusqu' un tel dgr de fureur1 qu'ils aurai5t assass9 ,?ophile1 leur vque1 qui avait crit et pr* contre elle1 s'il n'avait eu l'adresse de les calm] en leur disant3 lorsque je v\s vois je crois voir la face de ,dieu#d4 ,t]tulli5 et piphane1 ces deux gr&s antagoni/es des hrsies1 ont t accuss de cette erreur4 ,en effet qu'y a-t-il de plus commun p>mi ceux qu'on appelle *rti5s que de voir le t\t-puissant1 l'incomprh5sible1 l'invisible crateur de l'univ]s reprs5t s\s la figure d'un faible mortel#e8 #d ,voyez ,sozomne de la traduction franaise de ,c\s91 *4 #aa1 page #dgb4 #e ,les tableaux de ,dieu le pre s\s la figure d'un vieill>d1 sont trs communs dans les pays ca?oliques roma9s4 ,l'auteur de cet essai a vu ,lyon un ,dieu le pre coiff d'un *apeau la mode1 trois cts1 app>emm5t p\r reprs5t] la ,tr9it4 ,il e/ vid5t que la plup>t des hommes se pr5n5t eux-mmes p\r modles dans les ides qu'ils se font des dieux et mme d'un seul dieu2 ils agr&iss5t seulem5t leurs propres dim5sions2 un dieu n'e/ p\r eux qu'un homme colossal1 ou1 si l'on veut1 l'homme e/ un ,dieu pigme4 ,il e/ vraisemblable que si d'autres animaux1 soit reptiles1 soit insectes1 tai5t capables d'imag9] des dieux1 ils leur donn]ai5t aussi leur propre ressemblance2 ce s]ai5t des dieux lphans ou f\rmis1 des dieux brebis ou lions4 ,cette prop5sion gnrale que les hommes ont de donn] leurs div9its les dispositions et les passions qui les dom95t eux-mmes1 n\s r5d trs-bi5 raison de la cruaut qu'ils ont t\j\rs attribue leurs dieux4 ,elle e/ en mme temps une preuve trs =te de la cruaut naturelle du coeur huma94 ,les hommes s5t5t1 p> leur propre expri5ce et p> celle des autres1 combi5 le p\voir e/ troitem5t li avec la tyrannie et la cruaut4 ,ils ont l-dessus des exemples tirs de la conduite des matres avec leurs s]viteurs1 des m>is avec leurs femmes1 des pres avec leurs enfants1 des prcepteurs avec leurs pupilles1 des mon>ques absolus avec leurs esclaves1 et comme ils ont attribu leurs dieux un p\voir illimit1 ils ne mett5t aucunes bornes leur tyrannie et leur cruaut#f4 #f ,dans l'antiquit et dans les contres pay5nes1 la plup>t des s]viteurs tai5t esclaves et traits avec une extrme b>b>ie4 ,le docteur ,jort91 dans son excell5t ,disc\rs sur la religion *rti5ne1 obs]ve que le *ri/ianisme a proscrit un gr& nombre d'usages atroces et surt\t relativem5t au traitem5t des s]viteurs4 ,on aurait vraim5t une gr&e obligation au *ri/ianisme s'il et aboli t\tes les b>b>ies dont le docteur n\s p>le et spcialem5t de celle-l4 ,en ,europe1 o les s]viteurs ne sont pas esclaves1 o ils s]v5t de ple9 gr1 et sont s\s la protection des lois1 il n'e/ pas au p\voir des matres de les trait] aussi cruellem5t qu'ils le v\drai5t2 cep5dant il faut av\] que dans nos colonies en ,amrique1 beauc\p de *rti5s trait5t leurs esclaves avec une b>b>ie inconnue aux pay5s mmes4 ,le digne et savant auteur que je vi5s de cit]1 donne dans une note un exemple de la manire dont ,snque1 qui tait un pay51 plaide la cause des s]viteurs4 ,son plaidoy] e/ si raisonnable et si huma9 que je ne puis que le transcrire ici4 ,ils sont esclaves1 mais ils sont aussi des hommes4 ,ils sont esclaves1 mais vos comm5saux4 ,ils sont esclaves1 mais ce sont des amis malheureux4 ,ils sont esclaves1 mais ils sont vos confrres1 si v\s p5sez que la =tune p\vait v\s trait] t\t comme eux1 etc4 ,snque1 pit4 #dg1 au comm5cem5t4 ,n\s devons cep5dant conv5ir qu'il y a bi5 peu de s]viteurs assez fidles1 assez atta*s1 assez soigneux p\r tre ju/em5t reg>ds comme des amis malheureux4 ,il n'en e/ pas mo9s c]ta9 que leurs matres doiv5t t\j\rs se s\v5ir qu'ils sont de la mme espce qu'eux1 et p> consqu5t les trait] avec indulg5ce et humanit4 ,il e/ vid5t1 p> des exemples sans nombre1 que la plus gr&e p>tie du g5re huma91 dans t\s les temps1 dans t\tes les nations1 dans t\tes les religions1 a reg>d cette cruaut comme un attribut de ses dieux4 ,les pay5s ont gnralem5t suppos que les leurs les *tiai5t p> les plus gr&es calamits1 comme la fam9e ou la pe/e2 et cela communm5t p\r l'omission de quelque crmonie va9e et ridicule1 ou p\r avoir mpris quelque conte absurde de leurs dev9s ou de leurs prtres4 ,s'ils croyai5t leurs dieux capables de s'irrit] p\r des sujets aussi frivoles1 ils p5sai5t aussi p\voir les apais] p> des expiations du mme g5re4 ,on n'employait s\v5t p\r cela que quelques *ansons1 quelques danses ou quelques jeux en leur honneur#g4 ,les ,roma9s sur-t\t1 lorsqu'ils tai5t affligs de quelque contagion1 p\r expi] leurs p*s et apais] les dieux1 nommai5t un dictateur1 dont les fonctions se bornai5t atta*] un cl\ au temple de ,jupit]2 il abdiquait sa magi/rature aprs cette belle crmonie4 #g ,le lecteur v]ra sans d\te que dans ces sortes d'expiations1 aussi bi5 que dans beauc\p d'autres pratiques religieuses1 les pay5s ont t imits de bi5 prs p> un gr& nombre de *rti5s4 ,que des pay5s qui difiai5t s\v5t leurs semblables et p>ticulirem5t leurs pr9ces les plus odieux1 attribuass5t encore la cruaut des dieux fauteurs de leurs vices aussi bi5 que de leurs v]tus1 il ne faut pas s'en tonn]4 ,mais que les adorateurs d'un ,dieu inf9im5t bon lui fass5t la mme injure1 cela e/ aussi absurde qu'tonnant4 ,cep5dant il e/ notoire que les juifs1 les *rti5s et les mahomtans1 qui t\s prt5d5t croire un p>eil ,dieu1 le reprs5t5t comme plus cruel encore que les dieux pay5s4 ,l'op9ion enseigne p> les juifs1 adopte et propage p> les sages *rti5s1 e/ qu'un ,dieu misricordieux et bi5faisant1 rempli de pati5ce1 ri*e en bont1 ple9 d'une compassion t5dre1 prt p>donn] l'iniquit1 les transgressions1 les p*s1 ne laisse pas de v\loir *ti] cruellem5t les c\pables1 v5ge les iniquits des pres sur les enfans1 et sur les enfant des enfans1 jusqu' la troisime et quatrime gnration#h4 #h ,les *rti5s ont encore port cette op9ion beauc\p plus lo9 que la troisime et quatrime gnration4 ,ils ont t5du la v5geance div9e depuis le premi] homme jusqu'au d]ni]3 p\r le p* d',adam t\te la po/rit se tr\ve punie4 ,l'anci5 te/am5t n\s f\rnit beauc\p d'autres exemples de la croyance o tai5t les juifs que ,dieu punissait l'innoc5t p\r les crimes du c\pable4 ,un exemple inique1 mais rem>quable en ce g5re peut suffire4 ,on lit dans le livre des *roniques1 *ap4 #ba1 que le roi ,david ordonna le dnombrem5t du peuple d',isral4 ,il e/ vraisemblable que ce fut p> un motif de vanit2 nanmo9s ce n'tait pas un crime d'une pr(onde noirceur ni comp>able p\r l'atrocit beauc\p d'autres qu'avait commis cet homme selon le coeur de ,dieu4 ,cep5dant ,dieu en fut tellem5t irrit qu'il frappa ,isral de la pe/e1 et fit prir soixante-dix mille hommes4 ,si le dnombrem5t tait un crime1 c'tait celui de ,david et non celui du peuple3 lui-mme le s5tit si bi5 que voici quelle fut sa prire ,dieu3 ,n'e/-ce pas moi qui ai ordonn le dnombrem5t8 ,c'e/ donc moi qui ai p*1 mais p\r ce tr\peau qu'a-t-il fait8 ,il e/ vid5t que le peuple ne p\vait pas plus emp*] son dnombrem5t que le peut un tr\peau de m\tons et qu'il n'tait pas plus c\pable4 ,cep5dant aprs que ,dieu et dtruit p> ce motif jusqu' soixante-dix mille hommes1 il se rep5tit du mal qu'il avait fait et dit l',ange ext]m9ateur3 c'e/ assez1 que ta ma9 s'arrte prs5t4 ,telle e/ l'op9ion de la cruaut avec laquelle les pay5s et les juifs s'imag9ai5t que leurs dieux les punissai5t en ce monde2 cep5dant les plus =tes punitions temporelles ne sont que des afflictions lgres en comp>aison des t\rm5s t]nels rs]vs aux p*eurs dans l'autre monde p> le ,dieu de bont1 si l'on en croit ceux qui admett5t le dogme de la vie future3 en effet1 selon le plus gr& nombre des *rti5s1 un malheur t]nel doit tre le p>tage non-seulem5t des sclrats atroces et op9itres1 mais aussi des p*eurs qui1 t\tes circon/ances peses1 n'ont pu s'emp*] de tomb] dans quelques fautes1 suites ncessaires de leur fragilit4 ,les mmes pe9es sont dc]nes p\r l'omission1 mme absolum5t involontaire1 de c]ta9es crmonies qui ne peuv5t assurm5t purifi] ni le coeur ni la consci5ce4 ,c'e/ le cas des enfans qui meur5t sans baptme4 ,t\s les infidles et les incrdules sont encore galem5t m5acs de la damnation t]nelle2 a9si la croyance du vrai ,dieu ayant t p5dant un gr& nombre de sicles exclusivem5t accorde un peuple obscur1 mprisable1 m*ant 7comme le dpeign5t ses propres hi/ori5s et ses prophtes7 vu que ce peuple habitait une petite contre qui n'avait que peu de comm]ce avec ses vois9s1 il s'ensuit que faute d'avoir la connaissance du vrai ,dieu t\t le re/e du g5re huma9 a d tre t]nellem5t malheureux4 ,n\s sommes obligs de croire que les ,ari/ides1 les ,phocion1 les ,timolon1 les ,epam9ondas1 les ,socrates1 les ,platon1 en un mot que les hommes les plus excell5s du paganisme ont t envelopps dans cette cruelle s5t5ce4 ,depuis la v5ue du ,*ri/ n\s devons damn] et t\s ceux qui n'ont po9t cru en lui quoiqu'ils n'en ai5t jamais ent5du p>l]1 et ceux aussi qui le reconnaissant p\r ,dieu n'ont pas admis le mme g5re de culte ou de doctr9e enseign p> quelque secte p>ticulire2 c'e/ ce qu'os5t s\t5ir les ca?oliques roma9s1 et c'e/ au mo9s ce que prsume un gr& nombre de prote/ans3 voil1 si v\s en croyez les mahomtans1 la faon dont ,dieu trait]a t\s les hommes qui n'auront po9t reconnu leur prophte1 et qui n'auront po9t reg>d l',alcoran et sa doctr9e comme mans du ciel4 ,vraim5t1 dit ce livre prt5du cle/e1 n\s jett]ons dans le feu de l'enf] ceux qui mconnatront les signes de notre foi4 ,a mesure qu'ils s]ont bi5 grills1 n\s leur donn]ons des peaux n\velles en *ange1 af9 qu'ils puiss5t gt] des t\rm5s plus aigus3 c> ,dieu e/ puissant et sage4 ,et ailleurs3 ,ceux qui ne croiront pas s]ont envelopps de vtem5s de feu4 ,une eau b\illante tomb]a sur leurs ttes2 leurs entrailles et leur peau s]ont d*ires et ils s]ont cont9uellem5t battus avec des masses de f]4 ,t\tes les fois qu'ils s'ef=c]ont de sortir de l'enf] p\r se s\/raire la rigueur des t\rm5s1 ils y s]ont entrans et leurs b\rreaux leur diront3 sav\rez le t\rm5t du feu4 ,en un mot plusieurs *rti5s ont cru et enseign que ,dieu a condamn la plus gr&e p>tie du g5re huma91 des millions de millions de ses propres cratures s\ffrir dans un lieu o t\tes les facults de l'me et du corps s]ont t\rm5tes cont9uellem5t et sans rel*e4 ,c'e/ l1 p*eur6 que tu vivras dans une t]nelle prison de tnbres extrieures1 ou il n'y aura d'ordre que la confusion et l'horreur2 o l'on n'ent5dra que la voix des hurlem5s et des blasphmes1 d'autre bruit que le gr9cem5t des d5ts2 on l'on n'aura d'autre socit que celle du diable et de ses anges qui1 t\rm5ts eux-mmes1 n'auront d'autre s\lagem5t que de te faire pr\v] leur fureur1 ,/4-,ma?ieu1 *ap4 #ac1 vs4 #db1 et *ap4 #be1 v]s4 #cf1 etc4 ,c'e/ l que la punition s]a sans piti1 la misre sans grce1 la d\leur uns consolation1 la m*ancet sans mesure1 le t\rm5t sans repos4 ,apocalypse1 *ap4 #ad1 v]s4 #aj1 #aa4 ,la colre de ,dieu pntr]a l'me et le corps comme la flamme se saisit d'un bloc de s\ffre ou de poix4 ,daniel1 *4 #g1 v4 #aj4 ,dans cette flamme tu s]as t\j\rs brl1 sans jamais consum]1 t\j\rs m\rant sans jamais m\rir1 t\j\rs rugissant dans les angoisses de la mort sans jamais en tre dlivr ni sans p\voir espr] la f9 de tes pe9es3 de sorte qu'aprs les avoir endures autant de milli]s d'annes qu'il y a de br9s d'h]bes sur la t]re1 de sable dans la m]1 de *eveux sur la tte de t\s les enfans d',adam ns ou natre1 tu ne s]as pas plus prs de la f9 de tes t\rm5s que tu n'tais le j\r o tu y fus prcipit4 ,lo9 de f9ir1 ils ne f]ont *aque in/ant que comm5c]1 c> ce s]ait quelque s\lagem5t que d'envisag] une f9 possible ton malheur1 aprs tant de milli]s d'annes2 mais *aque fois que ton esprit se rappell]a ce mot1 jamais1 et il se le rappell]a t\s les in/ans1 ton coeur s]a d*ir p> la rage1 et p> un affreux dsespoir2 cette ide horrible aiguis]a encore tes d\leurs insupportables qui excdai5t dj t\t p\voir d'exprim] ou d'imag9]4 ,ce s]a un n\vel enf] au milieu de l'enf] mme#i4 ,avec quelle surprise ne doit-on pas lire un rcit si *oquant1 si t]rible1 et qui1 p> les ides qu'il donne de la manire dont ,dieu trait]a ses cratures1 semble s'tre propos de le trans=m] en un ,dmon6 #i ,c'e/ a9si que s'exprime un de nos docteurs dans une srieuse et pa?tique description du ciel et de l'enf] crayonne p> le ,/4-,esprit selon les meilleurs int]prtes1 etc41 qui se tr\ve dans le livre intitul3 ,t\s les devoirs du *rti51 imprim ,londres aux dp5s de l'hpital de ,*ri/1 #agbc1 p4 #ab1 #ac4 ,l'on obs]v]a que t\s les r5vois l'criture sont de mon auteur1 lequel p> consqu5t en demeure le g>ant4 ,je ne peux pas quitt] le sujet de ,dieu1 condamnant a9si les hommes des t\rm5s t]nels et in\s1 sans propos] une "q ceux qui sont assez malheureux p\r admettre une doctr9e aussi blasphmatoire et aussi diabolique4 ,je la propose sur-t\t ceux qui1 sans la croire1 sont assez l*es ou assez p]v]s p\r l'enseign] et la rp&re4 ,je leur dem&]ai donc quelle peut tre la f9 lgitime et avantageuse de t\te punition8 ,n'e/-ce pas en premi] lieu de corrig] les c\pables8 ce qui c]ta9em5t e/ trs =t dsir]3 en second lieu1 n'e/-ce pas de dt\rn] les hommes de commettre les crimes p\r lesquels ils en voy5t d'autres punis8 ,enf9 n'e/-ce pas d'loign] ou de retran*] de la socit des membres qui sont cra9dre p\r elle8 ,telles sont les notions inv>iables que les hommes doiv5t se =m] du b que les *tim5s doiv5t se propos]2 or des *tim5s t]nels ne rempliss5t aucune de ces vues lgitimes2 le c\pable ne peut pas tre corrig2 il le s]ait mme inutilem5t1 c>1 corrig on non1 il s]a t\j\rs t\rm5t4 ,son exemple ne peut pas en dt\rn] d'autres du crime2 sa conduite a9si que son de/9 sont irrvocablem5t dt]m9s4 ,enf9 l'on ne peut pas imag9] que p>mi les damns quelqu'un puisse tre dang]eux p\r la socit4 ,e/-il possible que les hommes puiss5t tomb] dans une contradiction aussi manife/e que de reprs5t] ,dieu comme un tre d'une bont inf9ie1 ou mme de l'quit la plus ord9aire1 et croire en mme tems ou enseign] qu'il punit a9si ses cratures8 ne devrai5t-ils pas plutt le reprs5t] comme un dmon b>b>e1 comme un tre inf9im5t inju/e et cruel8 ,il cre l'homme p> un acte de sa volont pure1 af9 de condamn] ensuite l'ouvrage de ses ma9s une t]nelle misre6 ,quelle e/ la cause de cette rigueur8 ,il e/ puni p\r des *oses qui n'ont aucunem5t dp5du de lui6 ,e/-il un seul homme assez froce p\r v\loir de sang froid1 p\r quelque raison que ce ft1 condamn] des t\rm5s t]nels ses propres enfans1 ou mme un ennemi dcl>8 ,en e/-il un assez impitoyable p\r ne pas p>gn] quelque tre que ce ft des t\rm5s sans mesure8 ,l'homme de bi5 ne v\drait-il pas au contraire rp&re le bonheur aussi lo9 qu'il p\rrait s't5dre8 ,t\t son dsir ne s]ait-il pas de procur] la flicit t\s les tres crs8 ,quoique ces notions indignes et absurdes sur la div9it soi5t orig9airem5t manes d'une disposition b>b>e que bi5 des g5s port5t en eux-mmes et qui e/ inspire d'autres p> diffr5s moy5s1 on leur enseigne ces op9ions et elles s'imprim5t plus ou mo9s pr(ondm5t dans leur me selon que1 p> tempram5t1 ils sont plus ou mo9s disposs la cruaut4 ,mais on devrait faire att5tion que lo9 de s]vir la religion en inculquant la doctr9e des pe9es t]nelles1 l'on f\rnit des armes l'a?isme qui anantit t\te religion1 et d'un autre ct l'on jette dans le dsespoir un gr& nombre d'mes honntes1 simples et timores1 sans cont5ir les m*ans intrpides et endurcis1 dont des cra9tes loignes ne peuv5t1 comme l'expri5ce le pr\ve1 rprim] les excs4 ,,section ,,ii4 ,que les hommes devrai5t bi5 pr5dre g>de aux ides qu'ils se font de la div9it4 ,je ne crois pas qu'on puisse raisonnablem5t ni] que les hommes en gnral ne =m5t leur religion et ne rgl5t leur conduite sur les ides qu'ils ont de la div9it3 il e/ donc trs important p\r eux d'exam9] avec so9 ces ides et de se =m] une ju/e op9ion des dieux qu'ils ador5t4 ,le pieux auteur de t\s les devoirs de l'homme a intitul un de ses *apitres3 ,des maux occasionns p> les erreurs sur la div9it4 ,en effet c'e/ la s\rce des plus gr&s maux4 ,si l'on croit que ,dieu soit p>tial1 inju/e1 colre1 v9dicatif1 tyrannique et cruel1 il faut bi51 p\r ressembl] son ,dieu1 ce qui e/ une ambition naturelle et raisonnable1 s'ef=c] de runir ces mmes qualits3 il e/ bi5 vrai que1 p\r tre m*ans1 les hommes n'ont pas beso9 d'tre excits p> cet exemple1 mais il ne l'e/ pas mo9s que de telles op9ions sont un aiguillon de plus la m*ancet naturelle4 ,prt5dre que ,dieu ait pu faire *oix de quelques p]sonnes ou mme d'un peuple1 de mme que les hommes *oisiss5t leurs favoris1 c'e/ attribu] la div9it une p>tialit et une folie indignes de ses p]fections4 ,si p> has>d ces prt5dus favoris se tr\vai5t les plus m*ans et les plus vils des hommes1 si l'on prt5dait qu'en leur faveur ,dieu a ext]m9 d'autres nations1 ce ne s]ait pas seulem5t lui attribu] de la p>tialit et de la folie1 mais encore ce s]ait l'accus] d'inju/ice et de cruaut1 ce s]ait blasphm]4 ,quelle ide doit-on se =m] de la div9it lorsqu'on voit un roi inju/e1 +rat1 adultre1 b>b>e1 tyran et meurtri]#aj appel l'homme selon le coeur de ,dieu8 #aj ,ce que l'on dit ici e/ amplem5t pr\v p> t\t ce que l'criture rapporte de ,david4 ,sans s'arrt] au d\ble crime d'adultre et de meurtres commis en la p]sonne d',urie et de ,betsabe si n]giquem5t reprs5t p> ,na?an dans la p>abole de l'agneau1 on y tr\ve encore bi5 d'autres tmoignages de b>b>ie4 ,qu& il eut pris la ville de ,rabbah1 il en fit sortir les habitans1 il fit sci] les uns1 il mit les autres s\s des h]ses de f]1 en fit ha*] d'autres1 ou les fit jet] dans des f\rs briques4 ,il traita a9si t\tes les villes des enfans d',ammon4 ,les ,rabb9s1 lo9 de *]*] extnu] la cruaut attribue ,david1 ne font aucune difficult d'assur] que l'excution des ,ammonites fut accomplie avec la d]nire b>b>ie3 cep5dant aprs cet aveu ils s'ef=c5t de ju/ifi] ,david de cette rigueur qui1 selon eux1 tait ncessaire p\r frapp] de t]reur les nations vois9es1 af9 qu'aucune ne mprist l'av5ir les ,isralites1 mais respectt plutt le peuple que le ,seigneur avait *oisi4 ,voyez ,mm4 de littrature1 p> de la ,ro*e1 vol4 #b1 art4 #hb1 d4 9-#h4 ,il e/ vrai que si en beauc\p d'endroits d'un c]ta9 livre on sub/ituait le mot prtres au mot ,dieu1 cela s]virait m]veilleusem5t claircir un gr& nombre de passages obscurs et leur donn] un s5s intelligible#aa4 ,un mon>que ou t\t autre homme1 quelque m*ant et p]v]s qu'il soit1 s'il favorise les prtres et se montre trs s\mis remplir leurs pratiques et leurs crmonies1 peut tre ju/em5t appel un homme selon le coeur des prtres1 et reg>d p> eux comme un sa9t et comme vraim5t religieux2 mais l'appell] un homme selon le coeur de ,dieu1 ou un homme religieux dans le vrai s5s du mot1 c'e/ donn] des ides trs-dsavantageuses et de ,dieu et de la religion4 ,ri5 ne peut tre plus contraire la vrit1 plus outrageant la gloire de ,dieu1 plus prjudiciable la vraie religion et la v]tu1 et p> consqu5t la paix1 au bon ordre et au bonheur du monde1 que de croire ou d'enseign] que ,dieu comm&e aux hommes des actions contraires aux rgles naturelles1 fondam5tales1 infaillibles de la raison et de la morale1 qu'il a crites dans le coeur de *acun de n\s1 et que t\s reconnaiss5t quoique peu les pratiqu5t4 ,un excell5t abrg de ces rgles1 que *acun devrait avoir cont9uellem5t s\s les yeux1 dans la spculation et dans la pratique1 c'e/ de ne faire autrui que ce que n\s v\drions qu'il n\s ft4 ,si les hommes p\vai5t se tromp] eux-mmes et les autres jusqu'au po9t de croire que ,dieu puisse quelquefois disp5s] de ces rgles et recomm&] des *oses qui leur s]ai5t contraires1 ce s]ait c]ta9em5t ouvrir les portes aux crimes les plus atroces4 #aa ,on p\rrait rapport] plusieurs exemples de ce g5re3 mais celui que n\s allons donn] suffira4 ,david et t\t le peuple d',isral en gr& conc\rs accompagnai5t l',ar*e en *antant et j\ant des in/rum5s2 l'on avait plac cette ,ar*e sur un *>iot neuf3 les boeufs qui la tirai5t ayant bron*1 l',ar*e fut branle1 et ,oza y porta la ma9 p\r la s\t5ir et l'emp*] de tomb]2 cette action p>at du mo9s innoc5te et peut-tre mritoire3 cep5dant on lit dans le *ap4 #b du livre de ,samuel que la colre du ,seigneur s'alluma contre ,oza1 que ,dieu le frappa p\r son erreur et que l'att\*em5t de l'ar*e le fit m\rir4 ,les critiques et les comm5tateurs sont pris de considr] si on ne p\rrait pas lire a9si ce passage3 ,la colre des prtres s'alluma contre ,oza1 etc4 ,ce qui suit pr\ve encore la ncessit d'ent5dre a9si ce passage1 c> il e/ dit que ,david se f*a de ce que le ,seigneur avait tu ,oza4 ,assurm5t ,david tait trop dvot p\r se f*] de ri5 que le ,seigneur et pu faire4 ,mais il avait droit de se f*] de cet acte s'il p>tait de la ma9 des prtres4 ,cela n'e/-il pas en effet arriv8 ,des nations entires n'ont-elles pas prt5du et cru1 sans d\te1 que ,dieu leur avait ordonn d'entrepr5dre les gu]res les plus inju/es1 de t\rm5t]1 d'assass9]1 jusqu' leurs propres enfans1 de dtruire des nations8 ,des b>b>ies de t\te espce n'ont-elles pas t commises au sa9t nom du ,seigneur8 ,il n'e/ sans d\te ni un livre1 ni un homme1 ni mme un ange desc5du du ciel qui mrit5t aucune crance s'ils enseign5t que ,dieu soit cruel ou comm&e aux hommes de l'tre4 ,tant que les hommes croiront que t\s les actes d'inju/ice1 de viol5ce1 de b>b>ie (f5s5t la div9it et sont contraires sa loi1 on p\rra se flatt] qu'ils s]ont dt\rns de les commettre2 mais quoi ne doit-on pas s'att5dre lorsqu'ils s]ont dans l'op9ion contraire8 ,que n'a-t-on pas cra9dre sur-t\t des s\v]a9s et des nations qui ne peuv5t tre cont5us p> les loix huma9es8 ,c'e/ une excuse bi5 faible et bi5 fausse que de dire que n\s ne connaissons po9t la pr(ondeur des dcrets de la div9it2 il n'e/ pas mo9s tmraire d'assur] que l'on puisse dmontr] que ,dieu comm&e de p>eilles actions4 ,la premire de ces raisons ne pr\ve ri54 ,dieu dans ses dcrets ne peut po9t avoir rsolu des crimes3 il rpugne t\te ide raisonnable de la div9it qu'elle puisse ordonn] des actions m*antes et crim9elles1 et p> consqu5t la preuve de fait ne doit jamais tre admise4 ,il e/ impossible d'admettre comme rvlation div9e ce qui r5v]se la c]titude de t\s les pr9cipes qui doiv5t tre supposs prcdemm5t t\te rvlation1 c> c'e/ dtruire les seuls moy5s p> lesquels n\s puissions jug] de la vrit d'une rvlation div9e4 ,comm5t suppos] que l'tre inf9im5t sage1 ju/e et bon pt se plaire tablir les loix les plus ncessaires p\r ses cratures1 telles que sont celles de la morale1 et leur ordonne ensuite d'enfre9dre ces mmes loix en appuyant ses ordres p> des miracles8 ,supposons une nation m*ante et dprave 7si jamais il y en a eu d'autres7 p\vons-n\s imag9] que ,dieu soit assez de/itu de moy5s de la punir p\r tre oblig de *>g] cet effet une autre nation de dev5ir encore plus m*ante et plus cruelle que la premire8 ,p\vons n\s croire qu'il ordonne de n'p>gn] ni les boeufs1 ni les nes ni les tr\peaux qui n'ont po9t p*1 et de massacr] indi/9ctem5t les hommes1 les femmes1 les vieill>ds et les enfans la mammelle8 ,la vrit e/ que1 qu& des en?\sia/es1 des fanatiques ou des hypocrites qui font hautem5t pr(ession d'tre dvots1 ont commis ou sont prts commettre quelque action dte/able1 lorsqu'ils ont intrt de la faire commettre d'autres1 ils se c\vr5t du nom de la div9it et prt5d5t qu'elle e/ ordonne ou inspire p> elle2 p> ce moy5 ils aj\t5t la b>b>ie l'impit et le blasphme4 ,les rgles naturelles1 les limites de la vrit sont la morale et le bon s5s2 ce sont l les loix de ,dieu qui ne sont po9t crites sur des tables de pi]re1 mais qui sont pr(ondm5t graves dans les coeurs des hommes4 ,mais si ces loix sont une fois c>tes ou enfre9tes1 alors l'erreur1 l'en?\siasme et le fanatisme1 semblables un torr5t1 r5v]s5t la vrit et entran5t avec elle t\t ce qu'il y a de plus sacr et de plus utile au g5re huma94 ,quelles op9ions extravagantes et mon/rueuses ne peuv5t pas tre dbites comme des rvlations div9es6 quelles actions1 quelque atroces qu'elles soi5t1 ne s]ont pas sanctifies s\s le nom de devoirs religieux1 et qu& on les f]a pass] p\r des comm&em5s de ,dieu6 ,c'e/ assurm5t le comble de la f\rb]ie et de l'impud5ce dans quelques hommes d'os] dire que ,dieu leur ordonne de viol] les lois sacres de la nature et de la socit en commettant des actions atroces et b>b>es2 c'e/ le d]ni] t]me de la folie et du dlire fanatique que de dev5ir fauteur d'une impo/ure aussi c>actrise4 ,prt5dre que ,dieu a fait des miracles p\r autoris] des ordres qui dtruis5t ses lois t]nelles et inviolables1 c'e/ employ] la fraude la plus indigne p\r s\t5ir la fausset la plus manife/e4 ,,section ,,iii4 ,des cruauts religieuses que les hommes ex]c5t sur eux-mmes4 ,aprs avoir1 en peu de mots1 expos les op9ions fatales que la plup>t des hommes se font communm5t1 soit des div9its1 soit du ,dieu qu'ils ador5t1 n\s allons pass] au second po9t1 et n\s exam9]ons les usages b>b>es et les rites cruels qu'ils ont s\v5t pratiqus dans leurs cultes div]s4 ,les pratiques de ces cultes doiv5t naturellem5t se con=m] aux ides que les hommes se font de leurs div9its2 d'ailleurs l'expri5ce le pr\ve4 ,en effet les peuples s'tant gnralem5t p]suads que leurs dieux1 ou leur ,dieu unique1 tai5t des tres cruels1 leur culte s'e/ presque t\j\rs s5ti de ces notions dang]euses4 ,ces pieuses cruauts ont t ex]ces p> les hommes1 tantt sur eux-mmes1 tantt sur des animaux1 tantt sur les tres de leur propre espce4 ,t\t le monde connat les tonnantes b>b>ies que les idoltres et les pay5s1 tant anci5s que mod]nes1 ont ex]ces sur eux-mmes2 le lecteur1 p\r peu qu'il soit in/ruit1 ne peut manqu] de s'en rappel] des exemples frappans1 mais comme dans un autre ouvrage je me suis t5du sur ce sujet1 je ne rapport]ai ici que quelques traits1 af9 de pass] ceux que l'on r5contre p>mi les *rti5s4 ,il e/ vrai que les cruauts pratiques p> ces d]ni]s ne p>aiss5t pas au premi] c\p d'oeil si rvoltantes que celles des pay5s2 on ne voit pas les *rti5s se prcipit]1 comme les ,japonnais1 t\t vivans dans des abmes2 on ne voit pas des gnraux *rti5s se dv\] une mort c]ta9e en se jetant au milieu d'une arme ennemie2 on ne voit po9t p>mi n\s des hommes se bris] contre des ro*]s1 ou comme les ,indi5s se faire cras] s\s les r\es d'un *>iot qui porte les dieux2 cep5dant en reg>dant la *ose de prs n\s tr\v]ons les pratiques des *rti5s plusieurs g>ds plus p]nicieuses que celles des pay5s mmes et drives comme les leurs des notions atroces qu'ils se font de la div9it qu'ils honor5t3 en effet1 si ces *rti5s ne s'imag9ai5t pas que leur ,dieu e/ trs cruel1 ils ne suppos]ai5t pas qu'il peut appr\v] et encore mo9s comm&] les t\rm5s rig\reux qu'ils s'inflig5t eux-mmes4 ,indp5damm5t des au/rits pratiques p> un gr& nombre de *rti5s qui se sont fait un mrite de vivre dans des ds]ts1 p>mi des ro*]s inaccessibles1 dans des cav]nes1 de se refus] les beso9s de la vie1 de se laiss] m\rir de faim1 etc1 combi5 ne voyons-n\s pas de g5s des deux sexes s'enf]m] p\r la vie dans des mona/res6 ,il e/ vrai que quelques-uns y viv5t dans l'aisance2 mais d'autres sembl5t s'tre condamns une prison p]ptuelle1 et se tr\v5t entirem5t privs des d\ceurs de la socit4 ,ces pauvres reclus se s\mett5t des au/rits pnibles1 une mal-propret brutale#ab2 ils ne port5t po9t de l+e1 ils g>d5t leurs habillem5s jusqu' dev5ir des objets dgtans les uns p\r les autres2 ils s'impos5t des *tim5s svres1 ils se donn5t frquemm5t la discipl9e2 on les voit dans de c]ta9s pays se flagell] publiquem5t dans les rues2 en un mot1 ils s'oblig5t p> des s]m5s et des voeux ne jamais travaill] leur bonheur4 #ab ,s4 ,a?anase n\s appr5d1 dans la vie de ,s4 ,anto9e1 l'un des premi]s fondateurs du mona*isme1 que ce sa9t homme portait sur sa *air un cilice1 ou une *emise de cr91 p> dessus laquelle il avait un habit de peau1 qu'il porta t\te sa vie4 ,il aj\te que jamais il ne se lavait les pi$s1 mo9s qu'en voyageant il ne vnt p> has>d les m\ill]4 ,quelle religion que celle qui fait un mrite de p>eilles indignits6 quelles ides doiv5t avoir de ,dieu des hommes qui s'imag95t qu'il faut tre malpropre p\r lui plaire6 ,la vie mona/ique et le clibat =c sont c]ta9em5t trs prjudiciables ceux qui les embrass5t2 ces in/itutions sont propres caus] des maladies dang]euses et nuire galem5t l'esprit et au corps3 elles sont trs nuisibles la socit1 p\r qui elles r5d5t un gr& nombre de ses membres totalem5t inutiles1 en mettant des ob/acles la population4 ,bi5 plus1 c'e/ un outrage l'espce huma9e et la nature#ac2 et1 ce qui e/ encore plus t]rible1 ces usages ins5ss sont s\v5t cause que des mres sont =ces de dtruire leurs enfans1 et que les mo9es se livr5t des crimes contre nature4 #ac ,on compte qu'en ,france les prtres1 les mo9es et les religieuses mont5t #ejj mille1 t&is que le nombre des habitans monte #bd millions4 ,en y comptant #f millions d'adultres1 on tr\v]a que p>mi ceux-ci un sixime e/ v\ au clibat4 ,il y a t\t lieu de croire qu'en ,italie1 en ,espagne et en ,portugal le nombre de ceux qui le m>iage e/ int]dit1 e/ encore proportionnellem5t plus gr& qu'en ,france4 ,n\s t]m9]ons ces rflexions en rapportant quelques exemples frappans des cruauts ex]ces contre eux-mmes p> des *rti5s pris de l'ide de se r5dre agrables un ,dieu dont la bont e/ inf9ie4 ,cressy1 dans son hi/oire de l'glise1 n\s dit que ,s4 ,egw9 se *>gea d'une *ane de f] et fit dans cet quipage un pl]9age ,rome4 ,acepsemas qui1 selon ,?odoret1 fut un homme au-dessus de t\s les loges1 se t9t p5dant soixante ans dans une cellule sans voir p]sonne et sans p>l] qui que ce soit4 ,le mme ,?odoret rapporte qu'un mo9e1 appel ,b>adatus1 imag9a p\r son habitation une espce de cage1 =me d'un treillage si peu s]r qu'il pt demeur] expos aux injures de l'air1 et si basse qu'il ne p\vait pas s'y t5ir deb\t1 de manire qu'il tait oblig de re/] t\j\rs c\rb4 ,un autre mo9e1 nomm ,?alalcus1 qui tait d'une taille =t gr&e1 s'enf]ma dans une autre cage si troite et si basse qu'il tait =c d'avoir cont9uellem5t la tte entre ses g5\x2 il avait t dix ans dans cette po/ure lorsque ,?odoret le vit4 ,le mme auteur n\s dit que ,sa9t ,simon ,/ylite1 trs-gr& p]sonnage1 qui faisait des miracles sans nombre1 qui gurissait les malades1 qui procurait des enfans aux femmes /riles1 et qui avait conv]ti des milli]s de pay5s au *ri/ianisme1 s'tait acc\tum s'ab/5ir totalem5t de n\rriture p5dant qu>ante j\rs conscutifs1 l'exemple d'lie et de ,jsus-,*ri/4 ,au tems o ,?odoret crivait1 il y avait dj v+t-huit ans qu'il obs]vait ce jeune rig\reux *aque anne2 durant les premi]s j\rs il se t5ait deb\t1 et lorsque faute de n\rriture il ne p\vait plus se s\t5ir sur ses jambes il s'asseyait1 et la f9 il tait =c de se c\*]1 tant rduit un puisem5t total3 il se t5ait sans cesse au haut d'une colonne1 dont la circonfr5ce tait pe9e de trois pi$s1 et aprs avoir pass bi5 des annes dans cette po/ure semblable une /atue sur son pide/al1 il f9it p> mont] sur une colonne de tr5te-six c\des1 sur laquelle il vcut durant tr5te ans4 ,joignez t\s ces exemples ceux que le mme ,?odoret rapporte des solitaires et des mo9es d',egypte et des pays vois9s3 les uns se n\rrissai5t de *>ognes1 af9 de n'pr\v] aucun plaisir en mangeant2 d'autres s'acc\tumai5t pass] t\te la nuit en prires2 d'autres m>*ai5t pi$s nuds sur des p9es1 p\r se rappell] les t\rm5s que ,jsus-,*ri/ avait s\ff]ts de la "p des cl\x qui lui avai5t p]c les pi$s et les ma9s2 d'autres enf9 passai5t des nuits entires les bras t5dus p\r imit] la po/ure de ,jsus-,*ri/4 ,enf9 de nos j\rs encore l'on r5contre dans les pays ca?oliques roma9s un gr& nombre de c\v5s des deux sexes qui r5f]m5t de pieux frntiques1 +nieux se t\rm5t] eux-mmes1 et qui font la div9it l'outrage de p5s] qu'ils lui plais5t et qu'ils entr5t dans ses vues en s'infligeant eux-mmes des jenes1 des macrations1 des supplices rig\reux2 ce qui ne pr\ve ri51 s9on que ces dvots extravagans se sont fait des ides atroces de la div9it qu'ils ador5t1 et que d'un autre ct ils suppos5t remplie de bont#ad4 #ad ,les mo9es appells ,*>treux1 ne mang5t jamais de vi&e et sont condamns un sil5ce p]ptuel4 ,les mo9es de l'abbaye de la ,trappe sont r5omms en ,france p> leurs extravagantes au/rits1 qui vont au po9t1 dit-on1 qu'ils peuv5t r>em5t les s\t5ir p5dant deux ou trois ans4 ,les ,capuc9s sont habills d'une t(fe grossire et se di/+u5t p> leur malpropret4 ,mais les pauvres religieuses surt\t1 condamnes une captivit p]ptuelle1 p>aiss5t tre de trs malheureuses cratures qu& la f]veur de l'imag9ation cesse de les s\t5ir4 ,,section ,,iv4 ,cruaut des sacrifices sanglans4 ,des sacrifices huma9s4 ,n\s v5ons de p>l] des cruauts que la pit religieuse a dt]m9 les hommes ex]c] contre eux-mmes2 exam9ons ma9t5ant celles qu'ils ont ex]ces sur d'autres cratures et sur les tres de leur propre espce4 ,les sacrifices sanglans ont fait de =t bonne heure et p5dant trs long-tems p>tie du culte div9 *ez presque t\s les peuples du monde2 ils n\s f\rniss5t une preuve indubitable de la cruaut des hommes2 en effet c'e/ visiblem5t cette disposition f*euse que ces sacrifices expiatoires ont d leur orig9e4 ,il e/ vrai qu'en voyant l'antiquit et l'univ]salit de cet usage rp&u *ez presque t\tes les nations1 quelques p]sonnes se sont imag9 que c'tait une preuve que ces sacrifices tai5t d'in/itution div9e2 cep5dant ceux qui sont de cette op9ion devrai5t se s\v5ir que l'idoltrie a t encore plus univ]sellem5t reue que ces sacrifices1 qu'elle n'e/ pas mo9s anci5ne qu'eux1 et qu'aucun *rti5 n'en conclura que l'idoltrie ait pu tre d'in/itution div9e4 ,le fait e/ que les hommes tant cruels et sup]/itieux1 et que leurs prtres tant t\j\rs prts tir] p>ti des vices1 des faiblesses1 des passions du g5re huma91 p\r les faire t\rn] au pr(it du sac]doce1 il ne faut po9t *]*] ailleurs que dans ces vices et dans la sup]/ition1 qui s'e/ montre s\s des =mes trs div]ses dans les diffr5s pays1 les causes auxquelles l'on peut attribu] l'univ]salit de ces sacrifices4 ,comme les hommes sont communm5t v9dicatifs1 cruels1 altrs de sang1 ils ont imag9 que leurs dieux tai5t dans les mmes dispositions4 ,il e/ difficile de dcid] si c'e/ l'extravagance ou la cruaut qui l'ont emport dans l'in/itution de ces pratiques absurdes et b>b>es3 en effet quoi de plus ins5s que d'imag9] qu'en gorgeant un t5dre agneau on p\vait expi] les crimes d'un homme m*ant6 ,n'e/-ce pas une cruaut rvoltante que de rp&re a9si du sang sans aucune ncessit8 ,on dem&]a1 peut-tre1 quel mal ou quelle cruaut il p\vait y avoir tu] des animaux dans des sacrifices1 puisqu'on en tue j\rnellem5t dans t\t l'univ]s p\r la n\rriture des hommes8 ,je rponds que si la *air des animaux e/ absolum5t ncessaire la subsi/ance de l'homme1 il e/ autoris le tu] faute de p\voir s'en pass]2 mais cela ne peut po9t ju/ifi] l'usage de les tu] p\r des pratiques sup]/itieuses1 qui bi5 lo9 d'tre ncessaires sont inf9im5t dang]euses3 or il e/ vid5t que l'usage de tu] des animaux tait une pratique sup]/itieuse2 l'criture sa9te des *rti5s et la raison s'accord5t le pr\v]2 t\t ce qui e/ reg>d comme un devoir religieux sans p\voir opr] l'effet qu'on se propose1 doit tre trait de pratique sup]/itieuse1 il e/ impassible1 dit ,/4-,paul1 que le sang des taureaux et des b\cs te les p*s4 ,la raison e/ en cela con=me ce que dit l'aptre4 ,il e/ rem>qu] que1 quoique la religion des juifs ft tant de cas des sacrifices sanglans1 nanmo9s plusieurs de leurs prophtes se sont1 a9si que ,/4-,paul1 dcl>s contre cette pratique cruelle et ridicule1 et ont reconnu que ,dieu ne l'exigeait nullem5t4 ,le ,psalmi/e dit ,dieu3 v\s n'avez po9t dsir le sacrifice ni l'(fr&e1 v\s n'avez po9t exig d'holocau/es4 ,voyez pseaume #df1 v]s4 #f4 ,jrmie p>lant au nom de ,dieu dit aux juifs3 je n'ai po9t p>l avec vos pres1 ni ne leur ai po9t donn de comm&em5s t\*ant les holocau/es et les sacrifices au j\r o je les ai fait sortir d'gypte4 ,voyez ,jrmie1 *apitre ,,vii1 v]s4 #bbae4 ,isae fait dire ,dieu3 qu'ai-je beso9 de la multitude de vos sacrifices8 *apitre #a1 v]s4 #aa4 ,le mme prophte av]tit les juifs qu'il vaudrait mieux cess] de faire le mal et d'appr5dre faire le bi51 de re*]*] la droiture1 etc4 ,ibid4 v]s4 #af1 #ag4 ,les pay5s ont s5ti la mme vrit p> les seules lumires du bon s5s4 ,cicron dit que le culte le plus agrable aux dieux e/ de les s]vir avec un coeur pur4 ,cultus autem ,deorum e/ optimus1 idemque ca/issimus1 atque sanctissimus1 pl5issimusque pietatis1 ut eos semp] pura1 integra1 incorrupta et m5te et voce v5]emur4 ,de ,natur4 ,deor4 ,lib4 ,,ii4 ,p]se s'e/ expliqu de la mme manire4 ,compositum jus1 fasque animi1 sanctoque recessus ,m5tis1 et incoctum g5]oso pectus hone/o3 ,hc c$o1 ut admoveam templis1 et f>re litabo4 ,,satyr4 ,,ii4 v]s #gc4 #ae ,il p>at difficile de concili] ces passages des pseaumes et des prophtes avec le lvitique de ,mose1 c'e/--dire ,dieu lui-mme p>at =t occup des sacrifices du peuple d',isral4 ,mais cont9uons d'exam9] l'absurdit et la b>b>ie de ces pratiques religieuses1 et les consqu5ces fatales qui en sont dc\les4 ,il e/ vid5t que l'usage de rp&re le sang gr&s flots dans les sacrifices a d contribu] r5dre les hommes cruels ou =tifi] en eux la disposition naturelle qu'ils ont la cruaut2 en effet n'tait-ce pas les famili>is] avec le sang8 ,quel dluge ne devait-on pas en rp&re lorsqu'on immolait la fois v+t-deux mille boeufs et c5t v+t mille brebis6 quel affreux c>nage qu'un p>eil sacrifice#af6 si de semblables spectacles tai5t propres dispos] la cruaut le peuple qui n'en tait que le tmo91 quel effet ces sacrifices ne devai5t-ils pas produire sur les prtres1 qui faisai5t les fonctions de b\*]s1 et qui j\ai5t le pr9cipal rle dans cette scne dgtante de c>nage et d'horreurs6 #af ,voyez liv4 ,i des rois1 *ap4 #h1 v]s4 #fc4 ,quelque ncessaire qu'il soit d'avoir des hommes dont la pr(ession soit de tu] des animaux p\r notre n\rriture1 l'expri5ce n\s pr\ve con/amm5t que ce mti] e/ trs propre les r5dre bi5 plus cruels que d'autres#ag4 ,notre lgislation s'en e/ ap]ue1 c> elle ne veut po9t que les b\*]s soi5t admis tre juges en matire crim9elle4 ,au re/e1 il n'e/ pas d\teux que bi5 des p]sonnes s'en ti5drai5t au rgime ,py?agorici5 si elles ne p\vai5t se procur] de la *air qu'en tuant elles-mmes des animaux4 ,j'en appelle t\t lecteur s5sible2 et je lui dem&e s'il n'a pas pr\v un s5tim5t trs d\l\reux qu& p> haz>d ses yeux se sont ports sur un innoc5t agneau l*ant la ma9 de celui qui lui enfonait le c\teau dans la gorge1 ou mme qu& il a vu un boeuf succomb] s\s des c\ps de massue1 et montr] p> ses m\vem5s convulsifs qu'il luttait contre la mort8 ,si des exemples de ce g5re sont si propres affect] une me s5sible1 quel po9t n'et-elle pas t t\*e la vue du c>nage inutile dont n\s avons p>l plus haut1 qui n'avait p\r objet que des pratiques sup]/itieuses8 #ag ,?omas ,morus1 dans son ,utopie1 liv4 #b1 dit que c'tait la fonction des esclaves de tu] les animaux1 qu'aucun citoy5 ne p\vait le faire1 vu que les ,utopi5s croyai5t cette pr(ession propre t\ff] la piti4 ,quoique ces ,utopi5s soi5t un peuple imag9aire1 ce passage s]t faire connatre la faon de p5s] de l'auteur4 ,quelque rvoltant que ft l'usage de sacrifi] des animaux1 il n'e/ pas beauc\p prs le plus cruel de ceux que les hommes ont pratiqu dans leurs cultes religieux2 n\s tr\vons en effet que c'tait une trs anci5ne c\tume *ez plusieurs nations1 telles que les ,cananens ou ,phnici5s1 les ,c>?ag9ois1 les ,scy!s1 les ,gaulois et mme les ,grecs et les ,roma9s plus civiliss1 de sacrifi] des tres de leur espce2 et mme *ez quelques peuples on immolait aux dieux ses propres enfans4 ,bo*>t et quelques autres auteurs assur5t que les ,cananens t5ai5t cette c\tume d',abraham2 mais l'vque ,cumb]l& croit que cet usage tait antrieur au dluge1 et se pratiquait p> les peuples de ,canaan long-tems avant qu',abraham vnt s'tablir *ez eux4 ,en supposant la raison du ct de l'vque1 qui p>at appuy] trs bi5 son s5tim5t1 p\rquoi n'imag9]ions-n\s pas qu',abraham fut dt]m9 immol] son fils en consqu5ce de la c\tume tablie dans le pays o il vivait1 plutt que de p5s] que ce ft ,dieu qui l'engagea commettre une action1 qu'huma9em5t p>lant l'on doit reg>d] comme un crime abom9able8 ,en p>tant de cette supposition ne p\rrait-on pas prsum] que l'ange qui mit ob/acle cette action n'tait autre *ose qu'un s5tim5t de raison et d'humanit qui1 s'levant dans le coeur d',abraham1 l'emp*a de commettre une cruaut familire aux ,cananens /upides et cruels p>mi lesquels il vivait8 ,ne put-il pas1 en rfl*issant ce qu'il allait faire1 imag9] qu'il tait impossible que ,dieu pt ordonn] un crime aussi affreux que le meurtre de son fils#ah8 ,je n'insi/]ai po9t sur cette faon d'expliqu] un passage1 qui a =t emb>rass les ?ologi5s1 qu& ils ont v\lu concili] cet ordre de la div9it avec les op9ions raisonnables que l'on doit s'en =m]2 j'obs]v]ai seulem5t que les gypti5s fur5t si op9itrem5t atta*s cet usage d'immol] des victimes huma9es1 que qu& les ,phnici5s1 de qui ils le t5ai5t1 fur5t *asss d'gypte p> ,te?mosis ou ,amois1 roi de ,?bes qui df5dit cet usage1 ce pr9ce fut oblig de cd] la c\tume en sub/ituant des hommes de cire des hommes rels4 #ah ,selon la ,g5se ,abraham tait sur le po9t d'immol] son fils4 ,peut-tre le lecteur ne s]a-t-il p> f* de comp>] avec la conduite d',abraham celle d'un roi pay5 dans une circon/ance -peu-prs p>eille4 ,le ,dieu tutlaire de ,?bes tant app>u ,sabbacon1 l'un des rois pa/eurs de l'gypte1 et lui ayant ordonn de mettre mort t\s les prtres du pays1 ce pr9ce jugea que les dieux ne v\lai5t plus qu'il demeurt sur le trne1 puisqu'il lui ordonnai5t des actions contraires leurs volonts ord9aires4 ,en consqu5ce il se retira en ?iopie4 ,voyez ,diodore de ,sicile1 lib4 ,,ii4 ,cep5dant il n'e/ pas d\teux que ce pr9ce n'et agi d'une faon plus s5se s'il et reg>d l'app>ition de son dieu comme une rv]ie ou une illusion1 comme elle tait effectivem5t1 et alors il n'aurait pas ab&onn son trne et son pays4 ,cs> n\s dit que les ,gaulois tant trs sup]/itieux1 ceux qui se s5tai5t attaqus de quelque maladie dang]euse1 ou qui se voyai5t exposs aux dang]s de la gu]re1 (frai5t des sacrifices huma9s1 ou bi5 s'immolai5t eux-mmes au pi$ des autels1 croyant que les dieux immortels ne p\vai5t tre appaiss que lorsqu'on leur sacrifiait la vie d'un homme p\r celle d'un autre4 ,les ,druides tai5t *>gs de ces sacrifices2 ils prp>ai5t p\r cet effet de gr&es figures d'osi] dans lesquelles ils r5f]mai5t des hommes vivans2 aprs quoi ils mettai5t le feu ces figures3 les malheureuses victimes prissai5t a9si dans les flammes4 ,il e/ vrai que les ,gaulois croyai5t que les voleurs et les malfaiteurs tai5t les victimes les plus agrables leurs dieux1 mais leur dfaut ils pr5ai5t des hommes innoc5s#ai4 #ai ,voyez de ,bello ,gallico1 lib4 ,,vi1 #af4 ,ils avai5t t\j\rs p\r maxime que la vie d'un homme devait tre expi p> la vie d'un autre homme2 quod pro vita hom9is1 nisi vita hom9is r$ditur1 non posse ,deorum immortalium num5 plac>i4 ,,ibidem4 ,c'tait l'usage ,tyr dans les gr&es calamits que les rois immolass5t leurs fils p\r appais] la colre des dieux4 ,les p>ticuli]s qui se piquai5t de n'tre pas mo9s dvots que leurs s\v]a9s1 sacrifiai5t p>eillem5t leurs enfans qu& il leur arrivait quelque gr& malheur2 lorsqu'ils n'avai5t po9t d'enfans ils a*etai5t ceux des pauvres1 af9 de ne pas p]dre les avantages d'une oeuvre si mritoire4 ,voici la m?ode pratique dans ces sortes de sacrifices2 il y avait une /atue colossale de bronze reprs5tant ,saturne qui e/ le mme ,dieu que le ,molo* dont il e/ p>l dans l'criture4 ,cette /atue tait creuse1 les enfans de/9s aux sacrifices y tai5t enf]ms aprs qu'elle avait t r\gie au feu2 d'o l'on voit que ces victimes in=tunes tai5t consumes dans des t\rm5s affreux4 ,p\r t\ff] leurs cris1 on faisait un gr& bruit de tamb\rs et de trompettes2 les mres se faisai5t un devoir religieux et un po9t d'honneur d'assi/] ces horribles spectacles sans v]s] des l>mes ou sans p\ss] aucuns s\pirs2 elles aurai5t cra9t que leurs regrets ne r5diss5t le sacrifice mo9s agrable aux dieux et mo9s utile p\r elles-mmes4 ,les ,c>?ag9ois avai5t appris cette c\tume des ,tyri5s leurs anctres2 qu& il rgnait *ez eux quelque maladie contagieuse1 ils sacrifiai5t sans piti un gr& nombre d'enfans2 sans g>d p\r des tres in=tuns dont l'ge t5dre excite la compassion dans les mes les plus froces1 ces sup]/itieux abrutis *]*ai5t dans leurs crimes des remdes contre leurs malheurs2 ils dev5ai5t b>b>es p\r excit] la piti des dieux4 ,diodore de ,sicile n\s dit que lorsqu',agatocle assigeait ,c>?age1 les habitans de cette ville se voyant rduits l'extrmit1 imputr5t leurs maux la ju/e colre de ,saturne1 p>ce qu'au lieu d'immol]1 suivant l'usage1 les enfans des p]sonnes les plus di/+ues1 on leur avait frauduleusem5t sub/itu des enfans d'trang]s et d'esclaves4 ,p\r rp>] cette faute1 ils sacrifir5t leur dieu deux c5ts enfans des familles les plus nobles et les plus qualifies de ,c>?age2 de plus1 trois c5ts citoy5s qui se s5tir5t c\pables de ce crime imag9aire1 fir5t leur div9it le sacrifice de leur vie4 ,les ,mexica9s sembl5t avoir surpass t\tes les autres nations dans l'usage inf]nal de sacrifi] des victimes huma9es4 ,l'auteur de l'hi/oire civile et morale des ,indes-,occid5tales1 dit que ces peuples ne sacrifiai5t jamais que les prisonni]s qu'ils faisai5t la gu]re4 ,montzuma ne v\lut po9t conqurir la prov9ce de ,tlascala af9 qu'elle pt f\rnir con/amm5t aux sacrifices4 ,ceux qui aidai5t immol] les victimes tai5t reg>ds comme des hommes sacrs1 leurs fonctions tai5t considres1 elles tai5t hrditaires4 ,leur *ef tait un prlat1 un vque1 ou un pape qui seul tait rs]v le droit de port] le c\p fatal4 ,les ,mexica9s avai5t de plus un sacrifice p>ticuli] d'un esclave1 que l'on traitait p5dant une anne de la faon la plus honorable2 il tait sup]bem5t vtu1 on lui donnait le nom de l'idole du pays1 on lui assignait un logem5t dans le temple1 on lui s]vait les mets les plus exquis qui lui tai5t prs5ts p> les pr9cipaux d'entre les prtres2 il tait g>d p> les plus gr&s seigneurs1 af9 d'emp*] qu'il n'*appt4 ,qu& il passait dans les rues il tait suivi p> des gr&s1 le peuple sortait des maisons p\r le voir1 et les femmes lui prs5tai5t leurs enfans p\r recevoir sa bndiction4 ,a la suite de ces honneurs1 ou plutt de cette f>ce cruelle1 lorsque le tems de la fte tait v5u1 on lui ouvrait l'e/omac1 dont on arra*ait le coeur que l'on (frait t\t fumant au soleil et l'on mangeait son corps4 ,aco/a n\s dit que les ,mexica9s sacrifiai5t t\s les ans deux de leurs idoles deux mille c9q c5ts hommes engraisss avec so91 et que lorsque leurs prtres les av]tissai5t de faire honneur leurs dieux1 on leur disait que ces dieux avai5t faim2 ils envoyai5t des armes p\r *]*] des prisonni]s de/9s aux sacrifices1 dont ils mangeai5t la *air ensuite4 ,le mme auteur assure que ,montzuma sacrifiait communm5t v+t mille hommes p> an1 et que ce nombre allait quelquefois jusqu' c9quante mille4 ,il p>at que les prtres de ce peuple tai5t si sangu9aires et avai5t un tel asc5dant sur les pr9ces1 qu'ils leur p]suadai5t que leurs dieux tai5t en colre et ne s'appais]ai5t qu'en cas qu'on leur immolt quatre ou c9q mille hommes en un j\r dans des tems m>qus2 a9si p\r les satisfaire il fallait1 tort ou raison1 faire la gu]re aux vois9s p\r se procur] un nombre suffisant de victimes4 ,telles ont t les cruauts que la religion a fait ex]c]2 ,les hommes ont commis les plus gr&s crimes p\r expi] leurs p*s1 p\r dt\rn] la colre et se concili] la faveur de leurs dieux2 mais sans le p5*ant qu'ils ont naturellem5t la cruaut et les impo/ures de leurs prtres1 les hommes n'aurai5t jamais imag9 que la div9it exiget d'eux d'autre sacrifice que celui de leurs passions drgles4 ,un honnte pay5 a dit avec raison3 si tu veux r5dre les dieux propices1 sois v]tueux4 ,vis ,deos propiti>e8 bonus e/o4 ,je t]m9]ai ce sujet si rvoltant des sacrifices huma9s p> les v]s que ,rac9e met dans la b\*e de ,clytemne/re p>lant son p\x ,agamemnon l'occasion du sacrifice d',iphignie2 les horribles crmonies de ces odieux sacrifices y sont dcrites de la manire la plus =te4 ,un prtre environn d'une f\le cruelle1 ,port]a sur ma fille une ma9 crim9elle1 ,d*ir]a son se91 et d'un oeil curieux ,dans son coeur palpitant consult]a les ,dieux6 ,,section ,v4 ,des traitem5s cruels que les hommes se font pr\v] les uns aux autres cause de la diffr5ce de leurs op9ions religieuses et de la div]sit de leur culte4 ,le troisime et le d]ni] po9t de vue s\s lequel on se propose d'envisag] la cruaut religieuse1 a p\r objet les traitem5s inhuma9s que les hommes se font rciproquem5t pr\v] cause de leurs diffr5s s5tim5s en matire de religion1 et des div]ses =mes de leurs cultes4 ,t\tes les religions qui n'avai5t pas totalem5t la sup]/ition p\r base1 ou qui n'tai5t pas de pures inv5tions politiques1 ou qui n'avai5t pas p\r objet de tromp] le plus gr& nombre p\r l'avantage du plus petit1 ont d se propos] le bi5-tre du g5re huma92 elles ont d surt\t avoir p\r b de leur appr5dre rprim] quelques passions1 d'en rgl] d'autres1 de r5dre les hommes paisibles1 huma9s1 indulg5s1 bi5faisans1 s5sibles la piti2 p\r qu'une religion ft bonne1 on aurait droit de s'att5dre lui voir produire ces fruits avantageux2 une religion que l'on n\s donne comme in/itue p> la div9it mme devrait surt\t ne jamais p]dre ces gr&s objets de vue4 ,cep5dant dans le fait t\tes les religions ont produit des effets t\t contraires2 elles ont fait clore des disputes1 des jal\sies1 des animosits1 des gu]res1 des p]scutions1 des meurtres et des c>nages1 et celle qui passe p\r la meilleure de t\tes e/ prcism5t celle qui a produit les plus gr&s dsordres2 en jug] p> ses effets1 il sembl]ait que la religion *rti5ne1 lo9 d'apport] la paix sur la t]re1 n'e/ v5ue y apport] que le glaive et la de/ruction4 ,un de nos ?ologi5s reconnat qu'il e/ aussi surpr5ant qu'affligeant de considr] le peu de bi5 que le *ri/ianisme a produit1 qu& on le comp>e avec celui qu'il aurait pu faire depuis son tablissem5t dans le monde#bj4 ,il dit ailleurs444 =ce d'abus et de p]v]sit il e/ arriv que l'vangile1 bi5 lo9 de produire les bons effets que l'on p\vait en att5dre1 a produit des maux sans nombre444 au lieu d'clair] les hommes1 de les r5dre indulg5s et bi5faisans1 il n'a s]vi qu' faire natre des qu]elles1 des erreurs1 des op9ions2 il a produit des ha9es invtres inconnues avant lui2 il a caus des tumultes et des dsordres que l'autorit civile n'a pu s\v5t ni rprim] ni calm]4 #bj ,v4 le livre intitul3 a reply1 etc41 p> ,ralph ,hea?coate1 pages #agb et #agd4 ,n\s f]ons voir p> la suite les causes de ces maux4 ,depuis le meurtre du ju/e ,abel jusqu' n\s1 l'hi/oire n\s montre la faon cruelle dont les hommes se sont traits rciproquem5t1 en vue de la div]sit de leurs op9ions religieuses et de leurs cultes2 elle n\s pr\ve que ces *oses ont en t\t tems et en t\s pays fait natre des p]scutions huma9es4 ,m4 ,*&l] a obs]v1 dans l'excell5te introduction qu'il a mise la tte de l'hi/oire de l'inquisition1 p> ,limbor*1 que l'on a t\t lieu de conclure d'un passage du livre de ,judi? que les anci5s juifs ont t p]scuts p\r cause de religion4 ,ce peuple1 dit ,a*ior ,holoph]ne1 e/ desc5du des ,*aldens1 et il habitait ci-devant la ,msopotamie1 p>ce qu'il ne v\lait pas suivre les dieux de ses pres qui vivai5t en ,*alde2 c> il quitta les voies de ses anctres1 et adora le ,dieu du ciel1 le ,dieu qu'il connaissait3 a9si il s'e/ dt\rn de la face de ces dieux1 et il se sauva dans la ,msopotamie1 o il sj\rna long-tems4 ,les juifs fur5t encore cruellem5t p]scuts p> ,antio*us piphane1 qui1 quoiqu'il ft un pr9ce trs m*ant1 ne laissait pas1 comme il arrive trs s\v5t1 d'avoir beauc\p de zle p\r sa religion3 ceux d'entre les juifs qui ne v\lai5t pas r5onc] au culte du vrai ,dieu p\r ador] ses idoles1 fur5t p> les ordres de ce tyran cruellem5t battus1 t\rm5ts1 mis en croix2 il fit m\rir les femmes qui contre ses ordres circoncisai5t leurs enfans1 il fit atta*] ceux-ci au col de leurs p>5s crucifis4 ,les supplices qu'il fit endur] laz> et aux frres ,ma*abes1 p>ce qu'ils refusr5t de r5onc] leur religion et de sacrifi] aux dieux des ,grecs1 sont des exemples affreux de la cruaut religieuse de ce mon>que p]v]s4 ,socrate1 l'un des hommes les plus sages et les plus v]tueux qui ai5t jamais exi/1 fut mis mort p> les ,a?ni5s1 ses compatriotes1 cause de sa faon de p5s] sur la religion4 ,ce que ,juv5al n\s dit dans sa ,x,ve satire pr\ve que les gypti5s tai5t s\v5t en qu]elle1 en v5ai5t mme aux c\ps1 se massacrai5t les uns et les autres l'occasion de leurs diffr5tes div9its4 ,lorsque la religion *rti5ne fit son entre dans le monde1 les juifs et les pay5s lui dcl>r5t la gu]re et se runir5t p\r l't\ff]4 ,les juifs s\mis eux-mmes une nation trangre1 quoiqu'ils euss5t la volont de l'extirp]1 n'en avai5t pas le p\voir2 mais les ,roma9s p]scutr5t les *rti5s p5dant prs de trois c5ts ans2 ils ur5t s\v5t contre eux de cruauts in\ies1 qui ne fur5t surpasses que p> celles que les *rti5s ont depuis ex]ces les uns contre les autres4 ,m4 ,*&l] obs]ve dans l'introduction que n\s avons dj cite que les *rti5s ds le b]ceau de l'glise eur5t des diss5sions et des qu]elles1 et qu'il s'en leva mme entre les *efs des ,aptres4 ,/4-,paul n\s appr5d lui-mme qu'il avait rsi/ en face ,cphas ou ,/4-,pi]re4 ,le mme ,/4-,paul repro*e aux ,cor9?i5s leur esprit de p>ti1 vu que *ez eux les uns se disai5t adhr5s de ,paul1 d'autres d',apollon1 d'autres de ,cphas1 et d'autres de ,jsus-,*ri/4 ,v4 pitre aux ,cor9?i5s1 *ap4 ,i1 v]s4 #aa1 #abba4 ,en consqu5ce de ces qu]elles beauc\p de *rti5s en v9r5t bi5tt s'injuri]1 se diffam]1 et se faire t\t le mal dont ils fur5t capables3 ds qu'ils eur5t du p\voir1 qu'ils vir5t un emp]eur de leur religion leur tte1 ds que de ri*es v*s et de gr&s rev5us fur5t dev5us les objets de leur ambition et de leurs cont5tions1 avec quelle inhumanit ne se sont-ils pas traits les uns les autres6 ,on ne voit alors que des emprisonnem5s1 des exils1 des combats1 des meurtres1 des p]scutions2 et p\r lors ils levr5t le masque et montrr5t l'univ]s l'esprit qui les animait4 #ba ,il e/ vid5t que ces ,cor9?i5s reg>dai5t ,paul1 ,apollo et ,cephas comme des *efs de secte2 mais ce qui e/ bi5 plus trange1 il sembl]ait que quelques-uns d'entr'eux ont reg>d p>eillem5t ,jsus comme un *ef de secte4 ,,section ,,vi4 ,en quoi consi/5t quelques-unes des qu]elles religieuses qui ont divis les *rti5s1 et combi5 les matires en dispute ont t in9telligibles p\r les disputans4 ,avant d'entr] dans l'exam5 de la manire dont un gr& nombre de *rti5s se sont traits les uns les autres l'occasion de leurs qu]elles religieuses1 il e/ propos de jett] un c\p-d'oeil sur les objets de leurs disputes et de montr] combi5 peu les que/ions disputes tai5t ent5dues p> ceux qui se croyai5t intresss dans ces dmls2 en effet les *oses qui n'tai5t po9t reg>des comme des po9ts ess5tiels ne mritai5t pas qu'on y mt tant de *aleur2 quant celles que l'on n'ent5dait pas1 il tait1 sans d\te1 inutile et ridicule d'en disput]#bb4 #bb ,si les hommes ne disputai5t que sur les matires qu'ils ent5d5t1 il e/ c]ta9 que les disputes sur la religion se rduirai5t bi5 peu de *oses2 si l'on v5ait dtruire t\s les livres qui trait5t des matires ou qui r5f]m5t les disputes dont les auteurs eux-mmes n'ont po9t eu d'ides claires1 on dtruirait un bi5 plus gr& nombre de livres que ceux qui fur5t consums dans la biblio?que d',alex&rie1 o nanmo9s l'on comptait jusqu' #ejj1jjj volumes4 ,une des premires disputes qui s'leva p>mi les *rti5s1 fut p\r savoir s'il fallait pratiqu] la circoncision et quelques autres crmonies judaques que l'on v\lait incorpor] dans la religion *rti5ne4 ,il p>at que ce fut l l'occasion de la qu]elle qui divisa les aptres ,/4-,pi]re et ,/4-,paul1 et qui subsi/a dans l'glise encore long-tems aprs eux4 ,ds les premi]s tems du *ri/ianisme1 et mme du vivant de plusieurs d'entre les aptres1 il y eut des disputes trs vives relativem5t la p]sonne du ,*ri/4 ,quelques-uns1 dit ,laur5t *>d1 niai5t sa div9it1 le croyant simplem5t fils de ,joseph et de ,m>ie1 et le reg>dant comme un p]sonnage m95t4 ,d'autres enseignai5t que comme ,jsus n'tait qu'un homme1 le ,*ri/ tait desc5du sur lui s\s la =me d'une colombe1 et que ce fut alors que ,jsus-,*ri/ fit connatre le pre1 inconnu jusque-l2 et qu' la f9 le ,*ri/1 qui tait impassible1 quitta ,jsus et lui laissa s\ffrir la mort4 ,enf9 il y en avait qui p5sai5t que son royaume subsqu5t s]ait t]re/re1 qu'il rgn]ait dans la ville de ,jrusalem1 o les hommes j\irai5t p5dant mille ans de t\tes sortes de plaisirs *>nels4 ,voyez *>d's ecclesia/ic hi/ory1 vol4 ,,ii1 page #cia4 ,n\s obs]v]ons en passant que cette doctr9e des ,mill5aires1 qui pr\ve que les ,sa9ts de ce tems n'tai5t occups que de bi5s temporels1 a9si que beauc\p d'autres op9ions galem5t absurdes1 fur5t avances et s\t5ues p> ,/4-,irne qui1 selon ,m4 ,dodwell1 vivait dans un tems si pro*e des aptres1 qu'il p\vait avoir reu d'eux sa doctr9e1 et la transmettre d'une faon sre la po/rit#bc4 ,cet ,irne ne fut pas le seul qui s\t9t ces op9ions1 elles fur5t adoptes p> les premi]s pres1 qui n\s les ont transmises comme v5ant des aptres et de leurs successeurs immdiats4 ,/4-,irne prt5dait p>eillem5t que les sa9tes critures avai5t t entirem5t dtruites durant la captivit de ,babylone1 mais avai5t t re/aures p> ,esdras1 que dieu avait inspir p\r cet effet4 ,le docteur ,middleton assure que ce s5tim5t fut suivi p> t\s les pr9cipaux pres de l'glise des sicles suivans4 #bc ,le docteur ,middleton dans ses re*]*es libres 7free inquiry71 pag4 #cf1 #ch et #ci1 a recueilli les op9ions mon/rueuses adoptes et s\t5ues p> les plus anci5s pres et surt\t p> ,/4 ,ju/9 et ,/4 ,irne4 ,entre autres absurdits1 ce d]ni] s\t5ait la doctr9e des ,mill5aires1 dans le s5s le plus grossi]1 et cela sur l'autorit d'une tradition qu'il t5ait de t\s les vieill>ds qui avai5t conv]s avec ,/4 ,jean2 ceux-ci avai5t ou dire cet aptre ce que notre ,sauveur lui-mme enseignait sur ce po9t4 ,voici un passage qu'il se rappelait4 ,il vi5dra un temps o il crotra des vignes qui auront *acune dix mille ceps1 *aque cep aura dix mille bran*es1 *aque bran*e aura dix mille rameaux1 et *aque rameau port]a dix mille grappes composes de dix mille rais9s1 et *aque grappe presse f\rnira v+t-c9q mesures de v92 et lorsqu'un des sa9ts ira cueillir du rais9 sur une grappe1 une autre grappe cri]a3 je suis meilleure1 pr5ez-moi1 et bnissez le ,seigneur4 ,de mme un gra9 de from5t f\rnira dix mille pis1 etc41 qui f\rniront *acun dix mille gra9s1 dont *acun produira dix mille livres de f>9e la plus pure1 et a9si des autres sem5ces et fruits4 ,le docteur ,middleton n\s appr5d que ,/4 ,irne confirme sa doctr9e p> le tmoignage des prophtes ,isae1 z*iel1 ,daniel1 et p> l',apocalypse de ,/4 ,jean1 et qu'il prt5dait que t\tes ces *oses n'tai5t po9t allgoriques1 mais s'accomplirai5t la lettre dans la ,jrusalem t]re/re4 ,mais rev5ons quelques-unes des op9ions qui ont occasionn des qu]elles et des p]scutions atroces p>mi les *rti5s4 ,ds le tems de ,/4-,polyc>pe qui tait disciple de ,/4-,jean1 il y eut une dispute trs vive r5\vele plusieurs fois depuis1 et qui absorba p5dant un gr& nombre d'annes l'att5tion du monde *rti53 il s'agissait de savoir si p\r la clbration de la ,pque l'on se rgl]ait sur les juifs qui suivai5t la ple9e lune1 ou si l'on se rgl]ait sur la rsurrection de ,jsus-,*ri/1 ou si on la clbr]ait un diman*e4 ,p> malheur dans le n\veau te/am5t ri5 ne semble oblig] les *rti5s obs]v] la ,pque2 cep5dant cette "q ne laissa pas d'excit] entre eux de furieuses qu]elles1 et fit mme rp&re beauc\p de sang4 ,il y eut encore une autre "q trs importante qui occasionna des disputes1 des meurtres1 et qui fit convoqu] le troisime concile cumnique2 il s'agissait de savoir si la vi]ge ,m>ie devait tre appelle mre de dieu#bd4 ,ne/orius1 patri>*e de ,con/ant9ople1 v\lut s'y oppos]1 disant que ,m>ie tait une femme1 et concluant de l que ,dieu n'avait pu natre d'elle2 c>1 disait-il1 je ne puis appell] ,dieu un enfant qui dans un c]ta9 tems n'a eu que deux ou trois mois4 ,a quoi ,ne/orius aurait pu aj\t] qu'il tait impossible que le dieu suprme1 le crateur de t\tes *oses1 qui exi/e p> lui-mme1 pt avoir ni pre ni mre4 ,cep5dant ce prlat prt5dait que c'tait blasphm] que de dire que dieu ft n d'une femme1 que ,dieu et s\ff]t1 que dieu ft mort4 #bd ,on a donn depuis le titre de gr&e-mre de ,dieu ,/e4-,anne1 mre de la vi]ge4 ,on sait les disputes qui se sont leves dans l'glise au sujet de l'immacule conception de la vi]ge4 ,on sait aussi qu'environ v]s l'an #djj il fut "q de savoir si la vi]ge ,m>ie ayant conue sans le sec\rs d'un homme1 avait p]du sa virg9it4 ,voyez ,b[]1 hi/4 des ,papes1 vol4 ,i4 ,on voit ,naples une inscription en l'honneur de la vi]ge o elle e/ appele ,nata1 ,soror1 conjux1 eadem g5itrixque tonantis4 ,v4 ,les voyages de ,keysl]4 ,s\s le rgne de l'emp]eur ,hraclius et de ,con/ance son petit-fils1 il s'leva une viol5te dispute p\r savoir si ,jsus-,*ri/ avait eu deux volonts1 l'une div9e et l'autre huma9e4 ,a la sollicitation de ,paul1 vque de ,con/ant9ople1 on p]scuta avec fureur p\r cet important article2 mais ,m>t91 vque de ,rome1 assembla un concile compos de c5t c9quante vques1 qui dcida que quiconque refus]ait de reconnatre deux volonts1 l'une div9e et l'autre huma9e1 dans le mme ,jsus-,*ri/1 devait tre ana?matis4 ,e/-il ri5 au monde de plus ridicule que de voir #aej graves prlats assembls p\r une p>eille "q#be8 #be ,cette "q n\s f\rnit un exemple frappant du j>gon mtaphysique des ?ologi5s4 ,les or?odoxes disai5t3 deux volonts annonc5t deux p]sonnes1 p> consqu5t une seule volont n'annonc]ait qu'une p]sonne2 mais dans la ,tr9it il n'y a qu'une seule volont1 vu que le pre n'a pas une volont diffr5te de celle du fils1 ni le fils du ,sa9t-,esprit4 ,ergo dans la ,sa9te-,tr9it il n'y aurait qu'une seule p]sonne1 ce qui s]ait impie1 absurde1 blasphmatoire4 ,les or?odoxes aj\tai5t que dans la ,tr9it le pre v\lait en tant que ,dieu 7quat5us ,deus7 et non comme pre2 sans cela comme il e/ une p]sonne di/+ue de celle du fils1 sa volont s]ait une volont di/+ue de celle du fils2 d'o ils concluai5t que la volont app>t5ait la nature et non la p]sonnalit2 et p> consqu5t que lorsque la nature tait la mme il ne p\vait y avoir qu'une volont1 quel que ft le nombre des p]sonnes1 et qu'au contraire lorsqu'il y avait plus d'une nature il devait y avoir plus d'une volont4 ,voyez ,b[]1 hi/4 des ,papes1 vol4 ,,iii1 page #aji4 ,dans le sixime concile cumnique auquel assi/r5t deux c5t quatre-v+t-neuf vques1 les pres du concile aprs avoir flicit l'emp]eur ,con/ant9 le fils an de ,con/ans1 qui v5ait de faire c\p] le nez ses deux frres puns1 af9 de les emp*] de pr5dre "p l'empire1 aprs l'avoir comp> un autre ,david suscit p> ,jsus-,*ri/1 et avoir dit qu'il tait selon le coeur de ,dieu1 p\r n'avoir po9t j\i du repos jusqu' ce qu'il les et assembls af9 de dc\vrir la vraie rgle de la foi3 aprs1 dis-je1 avoir a9si complim5t cet indigne emp]eur et avoir condamn l'hrsie des ,mono?lites1 c'e/--dire de ceux qui n'admettai5t qu'une seule volont en ,jsus-,*ri/1 ces prlats dcl>r5t qu'ils reconnaissai5t deux volonts naturelles et deux oprations1 qui se tr\vai5t indivisiblem5t1 inconv]tiblem5t1 sans confusion et insp>ables dans le mme ,jsus-,*ri/1 c'e/--dire qu'ils reconnaissai5t en lui l'opration div9e et l'opration huma9e4 ,il et t trs heureux s'il n'y avait eu que des ecclsia/iques qui se fuss5t mls dans ces absurdes qu]elles1 mais malheureusem5t p\r la *rti5t les emp]eurs s'y intressr5t trs vivem5t et t&is que les ,s>raz9s assaillai5t l'empire de t\s cts et en arra*ai5t des prov9ces les unes aprs les autres1 les emp]eurs au lieu d'assembl] des armes p\r les rep\ss]1 assemblai5t des conciles et faisai5t faire des canons1 des dcrets1 des ordonnances au sujet de spculations mtaphysiques qui n'avai5t aucun rapport avec la religion *rti5ne4 ,cette dispute mmorable en fit clore une autre2 il s'agissait de savoir si ,jsus-,*ri/ tait seulem5t de deux natures et non pas en deux natures4 ,cette importante "q p>tagea l'an #ejd la ville d',antio*e en deux factions3 la populace des deux p>tis fut enivre de rage et de folie p> ses guides spirituels2 on se battit sans avoir aucuns g>ds ni aux li5s de l'amiti ni ceux de la p>5t2 cep5dant les or?odoxes1 c'e/--dire les plus entts et les plus =ts l'emportr5t1 et la rivire d',oronte fut arrte dans son c\rs p> le gr& nombre de cadavres des ,euty*i5s qui fur5t gorgs sans piti4 ,la mme anne il s'leva une t]rible sdition ,con/ant9ople au sujet d'une addition faite une hymne appelle le ,trisagion4 ,les expressions primitives dont on se s]vait dans cette hymne1 tai5t ,dieu sa9t1 ,dieu puissant1 ,dieu immortel1 ayez piti de n\s4 ,cette hymne tait de/9e exprim] la croyance de la ,tr9it4 ,t\s les tr\bles fur5t occasionns p>ce qu'on y avait aj\t ces mots qui a t crucifi p\r n\s4 ,aprs plusieurs combats qui se livrr5t non seulem5t dans les rues1 mais mme dans les glises1 la populace or?odoxe1 s\t5ue p> une arme de mo9es1 remporta la victoire sur les ,euty*i5s1 qui avai5t p\rtant les soldats et la c\r de leur ct4 ,alors les or?odoxes donnr5t des ordres p\r massacr]1 sans di/9ction de sexe ou de rang1 t\s ceux qui avai5t assi/ l'emp]eur dans la gu]re qu'il avait faite la trs sa9te ,tr9it4 ,en consqu5ce dans l'espace de trois j\rs on gorgea dix mille ,euty*i5s1 leurs maisons fur5t pilles et brles1 a9si qu'une gr&e p>tie de la capitale4 ,dans la qu]elle au sujet du culte des images1 c'e/--dire lorsqu'il fut "q de savoir si les *rti5s devai5t tre idoltres ou non1 ceux qui s\t5ai5t l'affirmative l'emportr5t1 v que c'e/ ord9airem5t ceux qui ont tort qui se batt5t avec le plus de zle et de frnsie4 ,cette dispute se t]m9a donc p> l'tablissem5t de l'idoltrie1 qui subsi/e encore auj\rd'hui dans l'glise roma9e1 au gr& sc&ale de la *rti5t4 ,on ne f9irait po9t si l'on v\lait entr] dans le dtail de t\tes les conte/ations qui se sont leves au sujet de la grace1 des oeuvres1 de la ju/ification1 du libre arbitre1 etc4 ,l'on a disput p\r savoir si l'on devait recevoir la communion deb\t ou g5\x2 si le pa9 sacram5tal devait tre lev1 ou non lev2 si le v9 devait tre pur ou ml avec de l'eau2 si le baptme devait tre adm9i/r aux enfans ou aux adultes2 si p\r purifi] l'me il fallait plong] le corps dans l'eau ou s'il suffisait de jett] de l'eau sur la face ou sur la tte4 ,l'on se battit p\r savoir laquelle de ces deux m?odes tait la plus avantageuse au salut2 si le surplis et quelques autres habillem5s des prtres tai5t dc5s1 ncessaires et pieux1 ou s'ils tai5t indc5s1 impies1 anti-*rti5s1 abom9ables4 ,en un mot ce s]ait fatigu] la pati5ce du lecteur que de rapport] une inf9it de conte/ations galem5t intelligibles et intressantes1 qui ont nanmo9s occasionn des dbats trs viol5s et des p]scutions affreuses entre les *rti5s4 ,je me born]ai donc p>l] des qu]elles qui se sont leves au sujet du p* orig9el1 sur l'lection et la rprobation1 sur la nature de l'eu*>i/ie1 enf9 sur la ,tr9it2 je t*]ai cep5dant d'tre le plus concis qu'il me s]a possible4 ,l'on a beauc\p disput p\r savoir en quoi consi/ait le p* orig9el1 s'il fallait ent5dre la lettre la m&ucation du fruit df5du1 ou s'il fallait ent5dre p> l le comm]ce illicite entre les deux sexes4 ,quoique le g5re huma9 et t cr mle et femelle et indubitablem5t avec ses passions naturelles1 cep5dant on supposa qu'il lui tait df5du de j\ir4 ,l'on a de plus imag9 des op9ions div]ses p\r r5dre compte de la faon dont le p* d',adam s'e/ transmis sa po/rit1 si ce fut p> imputation ou p> une sorte de contagion1 de corruption1 de transfusion1 d'infection1 etc4 ,il y eut de t\t tems des disputes int]m9ables1 et il y en aura t\j\rs suivant les app>5ces au sujet de l'lection et de la rprobation2 on a allgu un gr& nombre de passages p\r et contre1 et *acun a1 comme de raison1 prt5du qu'ils tai5t clairs et dcisifs en sa faveur2 mais comme mon desse9 n'e/ po9t d'entr] dans ces sortes de discussions1 je me cont5t]ai d'expos] ici en peu de mots l'tat de la "q qui a la rprobation p\r objet4 ,dieu1 qui sait et prvoit t\t1 a cr t\s les hommes en consqu5ce d'un acte de sa volont2 il les a =cs d'exi/]1 quoique suivant l'op9ion de ceux qui s\ti5n5t la rprobation1 il st ou prvt trs bi51 et mme et ordonn que la plus gr&e p>tie des hommes s]ait t]nellem5t malheureuse4 ,tel e/ selon eux le dcret d'un ,dieu inf9im5t ju/e1 inf9im5t bon1 inf9im5t misricordieux4 ,il e/ c]ta9 que si l'on v\lait s\mettre cette "q au tribunal de la raison1 elle ne prt]ait gure la dispute1 elle devi5drait plutt un objet d'horreur4 ,le lecteur intellig5t p\rra probablem5t p\ss] o il v\dra ses rflexions l-dessus3 mais il ne peut les p\ss] trop lo91 s'il se laisse uniquem5t guid] p> la vrit4 ,dans les disputes sur l'eu*>i/ie1 il fut "q de savoir si le pa9 et le v91 adm9i/rs ceux qui les reoiv5t dignem5t et avec foi1 les font p>ticip] au corps et au sang de ,jsus-,*ri/1 ou si les espces ou lm5s sont consub/ancis avec ce corps et ce sang1 ou enf9 si1 suivant la doctr9e de l'glise roma9e qui e/ la plus nombreuse des sectes *rti5nes1 le pa9 et le v9 sont transub/ancis1 c'e/--dire *angs dans le vrai corps et le vrai sang de ,jsus-,*ri/1 dans le corps et le sang de ,dieu1 du crateur de l'univ]s#bf4 #bf ,il y a eu de gr&es conte/ations dans l'glise roma9e p\r savoir si le pa9 et le v9 reu dans le sacrem5t d',eu*>i/ie se *angeai5t p> la dige/ion en excrm5s comme les autres alim5s2 on donna le nom de ,/]corani/es ceux qui s\t5ai5t l'affirmative1 mot qui vi5t de ,/]cus4 ,le c>d9al ,humb]t1 dans sa rponse ,nicetas ,pectoratus1 le traite de ,/]corani/e p\r avoir s\t5u que l',eu*>i/ie rompait le jene4 ,le dogme de la tr9it1 tant un des plus ab/raits de la religion *rti5ne1 et p> consqu5t celui qui e/ le mo9s intelligible1 a excit les plus gr&es et les plus op9itres disputes4 ,il s'leva deux antagoni/es qui se qu]ellr5t sur cette matire2 l'un fut ,alex&re vque d',alex&rie1 et l'autre fut un prtre nomm ,arius4 ,l'vque ,alex&re1 en p>lant de la ,tr9it1 avana que le fils tait cot]nel et consub/anciel avec le pre et son gal en dignit4 ,arius lui opposa cet argum5t2 si le pre a eng5dr le fils1 celui qui e/ eng5dr doit avoir eu un comm5cem5t de son exi/5ce2 d'o il suit qu'il y eut un temps o le fils n'exi/ait pas4 ,arius en concluait que le fils t5ait sa sub/ance de *oses non exi/antes4 ,d'un autre ct ,arius1 au dire de l'vque ,alex&re1 prt5dait qu'il y avait eu un tems o il n'y avait pas de fils de ,dieu1 et que celui qui n'exi/ant pas aup>avant avait exi/ p> la suite1 devait tre reg>d sur le pi$ des hommes ord9aires1 et p> consqu5t tait d'une nature *angeante et susceptible de vices a9si que de v]tus4 ,selon ,arius la doctr9e d',alex&re tait que ,dieu a t\j\rs t et que son fils a t\j\rs t1 que le pre et le fils sont cot]nels1 que le fils coexi/e avec ,dieu sans tre eng5dr1 ayant t eng5dr de t\te t]nit1 c'e/--dire1 eng5dr1 sans tre eng5dr2 que ,dieu n'tait po9t avant son fils1 pas mme en ide ou dans aucun po9t du tems1 tant t\j\rs ,dieu et t\j\rs fils4 ,v4 ,*&l] dans son introduction1 pag4 #bb et #bc4 ,cette dispute1 galem5t intelligible de "p et d'autre1 galem5t difiante et in/ructive1 fut l'occasion des viol5ces1 des p]scutions1 des massacres les plus atroces1 et fit v]s] des flots de sang4 ,de notre temps on a vu encore bi5 des combats au sujet de la ,tr9it1 mais les combattans1 quoique trs a*>ns les uns contre les autres1 n'ayant po9t d'autres armes que leurs langues et leurs plumes1 n'ont gure pu se faire d'autre mal que de s'injuri]1 de se calomni]1 de s'outrag] rciproquem5t4 ,le lecteur p\rra facilem5t imag9] combi5 les disputans p\vai5t tre clairs sur les matires p\r lesquelles ils s'entrgorgeai5t les uns les autres4 ,cep5dant il e/ bon de faire voir combi5 leurs disputes tai5t ent5dues p> le peuple qui y pr5ait un trs vif intrt3 il e/ p\rtant prsum] que le vulgaire le plus grossi] tait p\r l'ord9aire autant au fait des que/ions que ses ?ologi5s les plus pr(onds4 ,aprs que quelques vques eur5t pieusem5t condamn ,dioscore1 vque d',alex&rie1 ils s'occupr5t du so9 d'tablir la foi1 con=mm5t au symbole de ,nice1 aux op9ions des pres1 la doctr9e de ,sa9t ,a?anase1 de ,sa9t ,cyrille1 de ,sa9t ,basile1 de ,sa9t ,grgoire1 de ,sa9t ,lon2 en consqu5ce il fut dcid que ,jsus-,*ri/ tait vrai ,dieu et vrai homme1 consub/anciel au pre quant sa div9it1 et consub/anciel n\s quant son humanit2 qu'il fallait reconnatre qu'il tait compos de deux natures sans mlange qui ne p\vai5t se conv]tir l'une dans l'autre1 et p\rtant indivisibles et insp>ables2 qu'il n'tait po9t p]mis p]sonne d'avanc]1 d'crire1 de p5s]1 d'enseign] aucune doctr9e contraire2 etc4 ,cette dcision fut suivie des acclamations du peuple1 qui cria que ,dieu bnisse l'emp]eur1 que ,dieu bnisse l'impratrice6 ,n\s croyons ce que croit le pape ,lon4 ,n\s condamnons et n\s damnons ceux qui divis5t ou qui confond5t les deux natures4 ,n\s croyons comme ,cyrille2 que le nom de ,cyrille soit immortel4 ,c'e/ a9si que croi5t les ,or?odoxes2 ana?me quiconque ne croit pas de mme4 ,voyez l'introduction de ,m4 ,*&l]1 pag4 #dg4 ,il suffira de rapport] encore un exemple de cette nature que n\s f\rnit le comm5cem5t de ce sicle4 ,une portion du cl]g de quelques cantons de la ,suisse ayant dress les articles d'un =mulaire appel le ,cons5sus1 il s'leva de gr&s dbats et des tr\bles son sujet4 ,il e/ con/ant1 dit l'auteur que je cite1 que la plup>t des fauteurs a9si que des ennemis de ce =mulaire ne l'avai5t ni vu ni lu1 et que1 s'ils en euss5t pris lecture1 ils ne l'aurai5t po9t ent5du2 cep5dant on en fut si all>m dans le pays de ,vaud que l'effroi n'et pas t plus gr& si l'ennemi et t sur la frontire4 ,le peuple croyait que ce ,cons5sus tait un homme de la ,suisse ,allem&e qui v5ait p\r dpos] les prdicans du pays de ,vaud1 et p\r introduire une n\velle doctr9e4 ,durant ce tr\ble on envoya quelques dputs de ,b]ne ,lausanne p\r rtablir la paix1 et ceux-ci ayant pris p\r secrtaire un homme =t gr& et =t maigre1 on prit celui-ci p\r le ,cons5sus1 et il fut s\v5t en dang] d'tre assomm p> la populace des villages qui ne faisai5t que le hu] en disant1 voil le ,cons5sus2 c'e/ ce gr& vila9-l qui e/ le ,cons5sus4 ,les femmes pleurai5t dans les rues1 comme si elles euss5t p]du t\s leurs bi5s et leur lib]t4 ,dans la ville de ,lausanne1 la con/]nation fut aussi gr&e que si t\s les habitans euss5t t condamns la mort4 ,voy4 l'tat et les dlices de la ,suisse1 tome ,,iv1 pag4 #cee et suivantes4 ,quelque pitoyables ou ridicules que ces disputes doiv5t p>atre t\t lecteur s5s2 quelque in9telligibles qu'elles p>aiss5t d'autres1 elles n'ont pas laiss a9si que bi5 d'autres qu]elles t\t aussi obscures1 de s]vir de prtextes des cruauts atroces depuis la fondation du *ri/ianisme4 ,p\r peu que l'on soit au fait de l'hi/oire ecclsia/ique1 l'on saura que les *efs de la dispute dans ces controv]ses ins5ses1 et que les pr9cipaux acteurs des sanglantes tragdies qui se passr5t dans l'glise primitive au sujet des op9ions religieuses et de la div]sit des =mes du culte1 ont communm5t mrit le titre de ,sa9ts et de ,pres de l'glise4 ,si n\s exam9ons imp>tialem5t et sans prjug la conduite de la plup>t de ces gr&s sa9ts et bi5 d'autres qui ont pass p\r des lumires de l'glise1 t&is qu'on aurait d les reg>d] comme les br&ons de la discorde2 n\s s]ons =cs de reconnatre qu'ils tai5t des hommes trs p]v]s et trs m*ans t\s g>ds1 et sur-t\t des p]scuteurs trs virul5s2 leur prt5du zle p\r la religion1 lo9 d'amortir en eux l'orgueil1 l'av>ice1 l'ambition1 l'envie1 la noirceur et la cruaut1 ne faisait qu'enflamm] ces passions en eux et les faire clat] sans pudeur et sans ret5ue4 ,il y a t\t lieu de croire que ces gr&s hommes1 a9si que la plup>t de leurs successeurs1 ont plutt reg>d la religion comme un moy5 de satisfaire leur vanit et leur cupidit que de se procur] la sa9tet4 ,on n\s dira peut-tre que beauc\p de ces qu]elleurs ou de ces sa9ts ont s\ff]t le m>tyre4 ,n\s en convi5drons2 mais il p>at vid5t qu'ils manquai5t de *>it et de beauc\p d'autres v]tus *rti5nes2 dans ce cas quoi p\vait-il leur s]vir de laiss] brl] leur corps8 ,le m>tyre seul ne pr\ve po9t qu'ils ai5t t des g5s de bi52 il y a t\t lieu de croire que l'orgueil et le dsir de pass] p\r des sa9ts ou d'acqurir une haute rputation fur5t les motifs de leur conduite2 ou bi5 peut-tre esprai5t-ils que leurs s\ffrances les aid]ai5t expi] les crimes dont ils se s5tai5t c\pables et leur vaudrai5t des rcomp5ses4 ,il peut encore se faire que la *aleur de leur tempramm5t et beauc\p de "p leur conduite2 en effet beauc\p d'hommes trs m*ans sont dev5us m>tyrs1 mme p\r des bagatelles ou dans de mauvaises causes4 ,l'a?isme lui-mme eut ses m>tyrs1 et l'on rapporte de ,philoxne que les m5aces des t\rm5s les plus rig\reux ne pur5t jamais l'engag] l\] les mauvais v]s d'un tyran4 ,m4 de la ,l\b]e n\s appr5d que lorsque le pr9ce ,t>t>e qui rgnait la ,*9e en #afhg1 v\lut =c] les ,*9ois se ras] la tte la faon des ,t>t>es1 un gr& nombre de ces ,*9ois aima mieux m\rir que de se con=m] cet ordre4 ,les ,bonzes de ce mme pays s'enf]m5t dans des *aises porteurs remplies de cl\x dont la po9te e/ t\rne en d$ans1 et s'inflig5t beauc\p de t\rm5s semblables1 uniquem5t p\r excit] l'admiration et la *>it du vulgaire4 ,des philosophes indi5s se sont brls eux-mmes p\r acqurir de la rputation2 les femmes de l',indo/an vont avec la plus gr&e gat se brl] vives sur les corps de leurs m>is dcds1 le t\t p>ce que c'e/ une c\tume tablie dans ces contres4 ,joignez cela que n\s ne devons pas suppos] que t\s les sa9ts qui fur5t mis mort s\s les emp]eurs roma9s ai5t t proprem5t p>l] des m>tyrs du *ri/ianisme2 on sait trs bi5 que plusieurs d'entre eux ont t punis p\r des att5tats contre le g\v]nem5t1 et que beauc\p d'autres le fur5t p>ce qu'ils avai5t excit la populace dmolir les temples des paens ou commettre d'autres dsordres trs contraires au repos de la socit4 ,,section ,,vii4 ,de plusieurs sa9ts trs or?odoxes et pres de l'glise qui ont t de viol5s p]scuteurs4 ,aprs avoir rapport quelques-uns des articles sur lesquels les *rti5s ont eu de viol5tes disputes2 aprs avoir montr combi5 ces articles ont t ent5dus p> les disputeurs et p> ceux qui se sont crus intresss dans ces qu]elles2 aprs avoir fait voir quelle espce d'hommes tai5t les *efs les plus zls et les plus dvots qui les excitai5t1 n\s allons cont9u] mettre s\s les yeux du lecteur quelques exemples des p]scutions atroces et des cruauts rvoltantes1 qu'un gr& nombre de ceux qui s'appell5t des *rti5s ont ex]c les uns contre les autres l'occasion de leurs op9ions div]ses4 ,si l'on v\lait entr] dans le dtail de ces infamies1 on s]ait oblig de transcrire des volumes imm5ses de m>tyrologes1 l'hi/oire ecclsia/ique t\t entire1 les lg5des1 les vies des pres et des sa9ts1 ouvrages remplis d'exemples de cruaut religieuse3 on y tr\v]ait des traits qui f]ai5t frmir les lecteurs en qui le fanatisme n'a po9t totalem5t te9t les s5tim5s d'humanit4 ,on se born]a donc ici rapport] en peu de mots quelques-uns de ces actes de frocit4 ,en effet1 si l'on p\vait admettre l'hyp]bole de ,sa9t ,jean1 l'on p\rrait dire que le monde s]ait trop petit p\r cont5ir les livres o l'on racont]ait fidlem5t t\s les dtails des cruauts ex]ces p> ceux qui ont l'impud5ce de se dire les disciples de ,jsus-,*ri/4 ,on a dj fait obs]v] que les qu]elles et les disputes ont comm5c ds les premi]s in/ans du *ri/ianisme1 et que les aptres eux-mmes ne fur5t po9t d'accord entr'eux2 p> la suite les *rti5s1 mesure qu'ils eur5t plus de p\voir et de lib]t1 fir5t clat] plus h>dim5t leur cupidit1 leur orgueil1 leur ambition1 leur frocit1 et se p]mir5t des viol5ces qui font r\gir la raison4 ,jusqu'au tems de ,con/ant91 qui fut le premi] emp]eur *rti51 les *rti5s tant s\s le g\v]nem5t des pay5s fur5t obligs de s'en t5ir se maudire1 s'injuri]1 se d*ir] et mme avec raison les uns les autres2 mais pe9e eur5t-ils obt5u la p]mission de se p]scut] d'une faon plus efficace1 qu'ils pr(itr5t de cette fatale lib]t p\r s'excommuni]1 se bannir1 s'emprisonn]1 se t\rm5t] et se mettre rciproquem5t mort4 ,indp5damm5t des essaims d'hrtiques qui s'levr5t1 qui s\t9r5t les op9ions les plus absurdes1 les plus mon/rueuses1 qui se r5dir5t c\pables des crimes les plus contraires aux moeurs1 l'glise fut encore divise en deux p>tis pr9cipaux1 di/+us p> les noms d',or?odoxes et d',ari5s2 ceux-ci fur5t dcl>s hrtiques p> les premi]s#bg4 #bg ,l'on a obs]v au sujet des hrtiques et des sectaires en gnral que mo9s ils diffrai5t entr'eux dans leurs op9ions1 plus ils avai5t d'antipa?ie les uns p\r les autres4 ,c'e/ app>emm5t la mme raison qui fait que quelques hommes ont une av]sion plus m>que p\r les s+es que p\r t\s les autres animaux4 ,selon que ces deux cabales j\ir5t alt]nativem5t du p\voir ou eur5t les emp]eurs de leur ct1 elles p]scutr5t leurs adv]saires avec t\te la fureur et la rage que le fanatisme peut excit]4 ,il e/ sur-t\t bon de rem>qu] que les ,or?odoxes fur5t bi5 loigns de donn] des exemples de d\ceur leurs adv]saires2 quoiqu'ils se plaigniss5t trs amrem5t de la cruaut des ,ari5s qu& ceux-ci pr5ai5t le dessus1 et quoique ,sa9t ,a?anase assurt que la p]scution tait une inv5tion diabolique1 cep5dant les ,or?odoxes ne mettai5t aucunes bornes leurs furies qu& ils dev5ai5t les plus =ts1 et mme ce fur5t eux qui les premi]s dc]nr5t la pe9e de mort contre ceux qui diffrai5t de leurs op9ions religieuses2 enf9 les hommes les plus di/+us des deux p>tis1 fur5t communm5t les p]scuteurs les plus cruels4 ,sa9t ,a?anase1 qui occupait un rang trs di/+u dans l'glise et qui se fit rem>qu] p> son zle ard5t p\r la foi ,or?odoxe1 ne se di/+ua pas mo9s p> son esprit turbul5t1 p]scuteur1 et p> ses actions cruelles4 ,ce prlat remuant fut dpos plusieurs fois p\r ses crimes normes et ses pratiques sditieuses2 son rtablissem5t fut communm5t accompagn de tumultes et de massacres1 excits p> lui-mme ou p> ses adhr5s4 ,plusieurs vques et prtres1 qui s'tai5t dcl>s p\r le p>ti or?odoxe1 accusai5t ce gr& sa9t auprs de l'emp]eur1 d'tre p> sa conduite emporte1 l'auteur de t\s les tr\bles de l'glise2 on lui imputait d'avoir fait fu/ig]1 mettre dans les f]s et mme assass9] quelques-uns de ses adv]saires4 ,ce sa9t homme se r5dit aussi c\pable de calomnie3 il fut accus d'avoir suborn de faux tmo9s p\r dtruire ses ennemis1 et entr'autres ,eusbe de ,nicomdie2 en effet il engagea une femme dire que ce prlat lui avait fait un enfant1 fausset qui fut dc\v]te au concile de ,tyr4 ,ce gr& docteur fut encore banni p\r avoir v5du le bl que l'emp]eur ,con/ant9 avait donn p\r la subsi/ance des pauvres d',alex&rie1 dont il tait vque4 ,la conduite de cet homme n\s pr\ve qu'il e/ trs possible de montr] beauc\p de zle1 mme p\r la religion or?odoxe1 de disput] avec beauc\p de subtilit sur les po9ts les plus ab/raits de la ?ologie1 de se r5dre fameux p> un symbole1 et d'tre en mme tems un sclrat dcid4 ,si ,dieu df5dit ,david de btir le temple des juifs1 p>ce qu'il avait v]s le sang1 combi5 plus =te raison un p]scuteur aussi sangu9aire que ,sa9t ,a?anase1 tait-il peu propre difi] l'glise *rti5ne8 ,cep5dant ce ,sa9t abom9able ne fut pas beauc\p prs le seul qui ex]t des p]scutions sangu9aires4 ,/4 ,*ryso/me1 a9si nomm cause de son loqu5ce extraord9aire1 se fit rem>qu] p> son humeur turbul5te4 ,/4 ,cyrille1 ,dioscore et bi5 d'autres le secondr5t avec *aleur dans ses excs et dans ses entreprises dte/ables4 ,le premi] 7,/4 ,jean ,*ryso/me7 fit pr\v] de trs-gr&es viol5ces aux vques ses confrres2 il les dposait d'une faon purem5t arbitraire1 il en sub/ituait d'autres en leur place contre le voeu des peuples2 il alla jusqu' insult] l'impratrice ,eudoxie4 ,il excita un s\lvem5t contre les ,go?s dans la ville de ,con/ant9ople2 l'on fut sur le po9t de faire mettre le feu au palais imprial et d'assass9] l'emp]eur2 ce tumulte se t]m9a p> le massacre de t\s les soldats ,go?s1 dont on brla l'glise avec un gr& nombre de ceux qui s'y tai5t rassembls p\r y *]*] un asile2 on les y enf]ma p\r les emp*] d'*app]4 ,le second de ces sa9ts1 c'e/--dire1 ,/4 ,cyrille1 vque d',alex&rie1 ne fut ni mo9s cruel ni mo9s tyran que le premi]3 il employa t\t son p\voir p\r cras] t\s ceux qu'il nommait hrtiques1 s'arrogeant une autorit illgitime1 et osant mme insult] le g\v]neur de la ville1 plac p> l'emp]eur4 ,il commit p> lui-mme et fit commettre p> d'autres les viol5ces les plus abom9ables2 ses adhr5s et son cl]g assass9r5t1 de la faon la plus b>b>e1 une femme v]tueuse remplie de sci5ce et de beaut1 appelle ,hypatia2 ces =c5s l'ayant r5contre au sortir d'une visite1 la saisir5t1 l'arra*r5t de sa voiture1 la tranr5t dans une glise1 la dp\illr5t t\te nue1 l'cor*r5t t\te vive1 la d*irr5t ensuite en pices1 et f9ir5t p> rduire son corps en c5dres4 ,dioscore1 successeur de ,cyrille1 s'emp>a d'une gr&e somme d'arg5t donne p> une femme de qualit aux hpitaux et aux pauvres d'gypte1 et fit transport] dans ses propres gr5i]s le bl$ que l'emp]eur accordait annuellem5t1 p\r la subsi/ance des pauvres *rti5s de ,lybie1 o il ne v5ait po9t de gra9s1 il le g>da t&is que ces malheureux m\rai5t de faim2 il att5dit une gr&e disette p\r le v5dre un prix exorbitant1 sans en donn] un gra9 aux pauvres4 ,il se conduisit en vrai tyran l'g>d du peuple d',alex&rie2 sans aucun scrupule il se saisissait des bi5s1 il faisait brl] les maisons1 il faisait abatre les arbres et dtruire les j>d9s2 il t5ait sa solde une tr\pe de spadass9s dont il se s]vait p\r faire assass9]1 tantt publiquem5t et tantt en secret1 ceux qui avai5t le malheur de lui dplaire4 ,les ,ari5s ne le cdr5t po9t en inju/ice et en cruaut aux vrais croyans2 leurs vques fur5t aussi turbul5s1 aussi cruels1 aussi inhuma9s que les premi]s4 ,un exemple suffira p\r en conva9cre2 l'auteur de la vie de l'emp]eur ,juli51 n\s dit que ,george1 vque d',alex&rie1 avait t tir de la lie du peuple2 il fit d'abord le mti] de p>asyte1 ensuite il fut plac dans les f]mes de l'emp]eur1 o il s'appropria les sommes qui passr5t p> ses ma9s2 la f91 aprs beauc\p d'av5tures1 le p>ti des ,ari5s le jugea digne de remplir le second sige de l'glise2 il ne possdait ni les v]tus d'un vque1 ni aucune bonne qualit2 il tait entrepr5ant1 audacieux1 sans pudeur et sans piti4 ,qu& il fut en place1 son fa/e1 sa cruaut et sa rapacit l'aurai5t fait pr5dre p\r un pay51 s'il n'et pill les temples1 c> c'tait dans cette dvotion lucrative que t\t son *ri/ianisme consi/ait4 ,les ,or?odoxes le dte/ai5t comme un ennemi sangu9aire1 et t\t le monde comme un voleur1 un oppresseur1 un sclrat2 les g5s en place tai5t =cs de se r5dre les m9i/res de ses tyrannies de peur d'en dev5ir les victimes4 ,ce portrait e/ confirm p> ,ammi5-,m>cell91 et p> les hi/ori5s ecclsia/iques ,sozomne1 ,socrate1 ,?odoret2 ce d]ni] dit1 en p>lant de ,george1 que c'tait un vrai l\p1 et qu'il dvorait ses brebis avec plus de cruaut qu'un l\p1 un ours1 ou un lop>d n'aurait pu faire4 ,plusieurs autres ,ari5s ont imit la conduite de ce prlat4 ,lorsqu'on dposait des vques ,or?odoxes p\r les remplac] p> des ,ari5s1 ces *angem5s tai5t p\r l'ord9aire accompagns d'une inf9it de massacres4 ,l'emp]eur ,juli5 n'avait-il donc pas raison de dire1 qu'il n'y avait pas de btes froces plus a*>nes contre les hommes1 que les *rti5s l'tai5t les uns contre les autres8 ,il p>at que l'emp]eur ,jovi5 tait au fait du c>actre d'un gr& nombre d'entre eux1 et du pr9cipal objet de leur dvotion1 lorsqu'il disait qu'ils n'adorai5t po9t ,dieu1 mais la p\rpre4 ,ammi5-,m>cell91 auteur pay51 en rapportant les combats sanglans qui se livrai5t ,rome1 qu& il s'agissait de l'lection d'un vque1 s'app]cevait bi5 du b que se proposai5t les c&idats1 lorsqu'il dit1 livre ,,xxii1 *ap4 ,v1 qu'il n'tait pas surpr5ant que des hommes qui ne *]*ai5t que des gr&eurs huma9es1 combatiss5t avec autant de *aleur et d'animosit1 p\r obt5ir cette dignit1 v que qu& ils l'avai5t obt5u1 ils tai5t srs de s'enri*ir p> les (fr&es des dames1 de p\voir se montr] avec clat1 de se faire admir] p> la magnific5ce de leurs quipages1 de leurs fe/9s somptueux1 et p> un luxe et une pr(usion qui surpassai5t ceux des pr9ces s\v]a9s4 ,grotius n'a-t-il donc pas raison de dire que celui qui lit l'hi/oire ecclsia/ique1 n'y tr\ve ri5 que les vices et les crimes des vques8 ,en effet comme cette hi/oire ne prs5te que les dtails des disputes ins5ses sur des po9ts ridicules1 in9telligibles et absurdes entre les *efs de l'glise1 et des p]scutions atroces qu'ils faisai5t rciproquem5t pr\v]1 on p\rrait dire que la satyre la plus sanglante qui ait jamais t faite contre l'glise1 c'e/ l'hi/oire de l'glise4 ,,section ,,viii4 ,de la puissance du cl]g1 et de la tyrannie de l'vque de ,rome4 ,ce ne fut que lorsque l'empire roma91 qui r5f]mait la plus gr&e p>tie du monde1 fut presqu'entirem5t conv]ti la religion *rti5ne1 que l'glise qui avait t longtems militante p>v9t aux honneurs du triomphe2 cep5dant le cl]g1 et en p>ticuli] l'vque de ,rome1 n'arrivr5t po9t encore ce degr de puissance dont ils ont j\i p> la suite4 ,en effet1 quoique peu de tems aprs l'tablissem5t du *ri/ianisme dans l'empire1 plusieurs emp]eurs accordass5t au cl]g un p\voir trs considrable1 nanmo9s celui-ci fut s\v5t cont5u p> la puissance s\v]a9e1 qui l'emp*a de faire t\t le mal dont il tait capable1 et de donn] un libre c\rs son humeur cruelle et intolrante4 ,cep5dant peu aprs l'vque de ,rome p>v9t se faire reconnatre vque univ]sel ou oecumnique2 p\r lors il se mit non-seulem5t au-dessus des pr9ces1 des rois1 des emp]eurs1 mais au-dessus de ,dieu lui-mme#bh4 ,non-seulem5t il fit la loi aux s\v]a9s1 mais mme il les dposa suivant son caprice1 il s'en s]vit comme de m>*e-pi$s#bi2 il leur imposa des *tim5s ignom9ieux1 il les fit prir#cj1 lorsqu'ils refusr5t de pli] s\s ses volonts tyranniques4 ,bi5 plus1 autant qu'il dp5dit de lui1 il se mit au-dessus de ,dieu lui-mme2 il dtrna le t\t-puissant en s'arrogeant un p\voir sur les consci5ces des hommes1 sur lesquelles il n'y a que ,dieu seul qui ait des droits4 #bh ,ho/i5sis assure que la dignit sac]dotale e/ #gfdd fois au dessus de la dignit royale1 vu que c'e/ la proportion de gr&eur qui se tr\ve entre le soleil et la lune4 #bi ,en #aafi1 le pape ,alex&re ,,iii mit le pi$ sur la gorge de ,frdric ,b>b]\sse1 en citant en mme tems ces p>oles du pseaume1 sup] aspidem et basilicum ambulabis1 etc4 #cj ,le pape ,grgoire ,,vii obligea l'emp]eur ,h5ri ,,iv1 durant un froid trs rig\reux1 de re/] p5dant trois j\rs expos aux frimats et aux injures de l'air dans la c\r du *teau du ,modnois1 revtu d'un sac et pi$s nuds1 sans boire ni mang]2 et en cette po/ure il fut =c d'implor] sa misricorde2 ce ne fut qu' ces conditions que le pape cons5tit l'admettre dans le se9 de l'glise4 ,clm5t ,,iv conseilla la mort du jeune ,conrad94 ,clm5t ,v fit empoisonn] l'emp]eur ,h5ri ,,vi dans une ho/ie4 ,en #abdi1 ,innoc5t ,,vi avait suborn un assass9 p\r tu] ,frdric4 ,durant ces dbats il n'y eut pas mo9s de #gh batailles livres entre les p>tisans des papes et les emp]eurs1 leurs lgitimes s\v]a9s4 ,ce despotisme insolemm5t usurp p> le pape ne s]vit qu' rp&re des t]reurs1 des calamits1 des cruauts religieuses1 d'abord dans t\te la *rti5t1 et ensuite jusqu'aux extrmits de la t]re2 les ,indi5s sauvages fur5t eux-mmes =cs de boire dans la c\pe de la p]scution qui leur fut prs5te p> les *rti5s dvots4 ,aussi tt que quelques-uns des sujets d'un pr9ce *rti5 refusai5t d'admettre les dogmes absurdes et anti-*rti5s1 ou d'adopt] les pratiques ridicules et idoltres1 imposes p> ce pontife despotique ou p> ses m9i/res insol5s1 le pr9ce recevait l'ordre de les =c] la s\mission2 qu& les peuples demeurai5t op9itres1 c'e/--dire1 qu& ils p]si/ai5t croire et agir suivant leurs consci5ces1 ces pr9ces tai5t obligs1 s\s pe9e d'tre excommunis et privs de leurs tats1 de se r5dre les vils in/rum5s d'un prtre1 de dev5ir les infmes p]scuteurs de leurs propres sujets1 de v5g] l'glise p> des bannissem5s1 des supplices1 des assass9ats1 des croisades1 etc4 ,a9si les pr9ces fur5t rduits la f*euse alt]native d'affaiblir leurs tats1 en bannissant ou dtruisant un gr& nombre des plus utiles et peut-tre des meilleurs de leurs sujets1 et mme d'agir s\v5t contre leur propre consci5ce1 ou bi5 ils c\rur5t le risque d'tre *tis eux-mmes p> un pontife cruel1 d'tre privs de leurs c\ronnes1 d'tre assass9s p> quelque sujet dvot et fanatique1 d'tre dtrns p> quelque pr9ce trang]1 anim p> le pape sa de/ruction4 ,lorsque des nations ou leurs *efs refusr5t de reconnatre la suprmacie ou la s\v]a9et de ce s]viteur des s]viteurs de ,dieu1 c'e/--dire1 de ce roi des rois2 lorsque des pr9ces et des peuples fur5t assez impies p\r refus] de se s\mettre aux ordres de ce pontife arrogant1 ou de reg>d] ses dcrets comme des oracles div9s1 ils fur5t dcl>s hrtiques1 ils fur5t livrs ,satan1 et leurs tats fur5t adjugs quelque pr9ce plus s\mis au pape1 qui celui-ci p]mit de s'en emp>] p> la =ce des armes4 ,c'e/ a9si que le pape ,sixte ,v en usa l'g>d de la re9e ,elisabe? et de notre nation2 il les dcl>a hrtiques1 il les condamna aux flammes t]nelles1 il excita et s\doya ,philippe ,,ii1 roi d',espagne1 p\r qu'il entreprt la conqute de ce royaume1 et si le succs et rpondu aux dsirs du trs sa9t pre1 il et j\i de la s\v]a9et de notre le en rcomp5se de ses pe9es4 ,p>mi les exemples sans nombre que l'on p\rrait rapport] de la conduite tyrannique et cruelle des papes l'g>d des s\v]a9s qui rsi/ai5t leurs ordres qu& ces pontifes v\lai5t qu'ils t\rm5tass5t et gorgeass5t leurs propres sujets1 n\s *oisirons l'exemple de ,raymond1 comte de ,t\l\se1 et de son fils4 ,ce pr9ce ayant t press p> le pape ,innoc5t ,,iii de bannir les ,albigeois de ses tats1 o ils tai5t en trs gr& nombre1 sur le refus que fit le comte de se priv] d'une si gr&e quantit de sujets1 ou mme de les t\rm5t]1 le pape le fit excommuni] et fit abs\dre t\s ses sujets du s]m5t de fidlit2 de plus il autorisa t\t pr9ce ca?olique de lui faire la gu]re1 de lui c\rir sus1 et de s'emp>] de ses t]res4 ,p\r r5dre ces dispositions plus efficaces1 on leva une arme de croiss1 c'e/--dire1 d'une espce de janissaires de l'glise1 p\r m>*] contre ,raymond4 ,/ ,dom9ique se mit la tte de ces dvots brig&s4 ,le comte1 effray de la s5t5ce pontificale et de l'arrive des croiss1 promit de se s\mettre et t5ta de se rconcili] avec l'glise2 mais le pape ne v\lut y cons5tir qu'a condition que le comte s]ait m5 la porte de la ca?drale d',agde1 que l il jur]ait d'obir aux ordres de la sa9te glise roma9e2 aprs quoi le lgat du pape lui ayant pass une tole au col le trana dans l'glise1 et aprs l'avoir rudem5t fu/ig lui donna l'absolution2 cep5dant le comte avait t si maltrait et son corps tait dev5u si enfl1 qu'il ne put po9t sortir p> la mme porte p> o il tait entr2 il fut oblig de pr5dre une autre r\te p\r all] subir le mme traitem5t ,ca/res4 ,nonob/ant cette rconciliation du comte de ,t\l\se1 l'arme des croiss attaqua p>-t\t les hrtiques1 s'emp>a de leurs villes1 les remplit de c>nage et d'horreurs1 et brla le plus gr& nombre des prisonni]s4 ,en #abji1 ,bzi]s s'tant r5du1 t\s les habitants fur5t passs au fil de l'pe1 et la ville fut rduite en c5dres2 la prise de cette place1 les croiss sa*ant qu'il y avait un gr& nombre de ca?oliques p>mi les hrtiques1 fur5t inc]ta9s de ce qu'ils devai5t faire4 ,mais ,arnaud1 un sa9t abb de l'ordre de ,cteaux1 leur dit de tu] t\t le monde1 vu que ,dieu saurait bi5 dml] les si5s4 ,sur l'ordre de ce mo9e1 les soldats gorgr5t t\t le monde sans di/9ction4 ,plusieurs villes du mme pays subir5t le mme sort2 il y eut des milli]s d'hommes qui fur5t p5dus1 brls1 ent]rs t\t vivans4 ,dans une ville des environs de ,t\l\se on en p5dit c9quante1 et quatre c5ts fur5t consums p> le feu4 ,on jetta dans un puits1 que l'on remplit ensuite de pi]res1 une dame d'une illu/re maison1 soeur du g\v]neur de ,lavaur4 ,a ,ca/res de ,t]mes1 l'on jetta ,raymond de ,t]mes en prison1 et l'on brla dans un gr& feu sa femme1 sa soeur et sa fille1 a9si que plusieurs autres dames qui l'on ne put faire embrass] la religion ca?olique4 ,aprs la mort du comte de ,t\l\se1 son fils eut le c\rage de rsi/] la tyrannie du pape1 il se remit en possession des tats de son pre1 et les df5dit avec beauc\p de valeur2 mais le pontife roma9 ayant fait pr5dre les armes au roi de ,france1 celui-ci contraignit le comte de se s\mettre et de subir une punition aussi rig\reuse que son pre4 ,sur quoi ,/4 ,b]n>d s'cria que c'tait un sa9t spectacle de voir un aussi gr& p]sonnage1 qui avait pu si long-tems rsi/] tant de nations puissantes1 conduit dp\ill de ses vtem5s1 et pi$s nuds l'autel6 ,quoique ces pr9ces osass5t rsi/] au pape et dsobir ses ordres1 ce pontife insol5t tr\vait dans presque t\s les autres s\v]a9s ca?oliques des esclaves et des b\rreaux1 prts s]vir ses caprices et son odieuse tyrannie4 ,les rois de ,france et d',espagne1 n'ont po9t r\gi de se prt] un gr& nombre de fois ses fureurs et se sont di/+us p> le zle imbcile avec lequel ils ont1 p> complaisance p\r un prtre hauta91 et p\r un cl]g ambitieux1 banni1 p]scut1 massacr une multitude de sujets utiles et v]tueux4 ,notre re9e ,m>ie1 pr9cesse en qui la sup]/ition avait totalem5t t\ff les s5tim5s de compassion et d'humanit si naturels son sexe1 fit gorg] avec la d]nire b>b>ie une f\le de ses sujets4 ,ceux qui v\dront s'in/ruire en dtail des cruauts ex]ces s\s le rgne de cette pr9cesse sangu9aire1 les tr\v]ont dans ,fox et dans d'autres criva9s1 o ils liront des *oses qui leur f]ont horreur4 ,cette re9e n\s pr\ve les effets t]ribles que la dvotion peut produire1 lorsqu'elle se tr\ve comb9e avec un tempramm5t cruel4 ,les rois de ,france ne l'ont cd p]sonne dans l'obissance qu'ils ont eue p\r les ordres du trs sa9t pre4 ,on sait les gu]res civiles que l'intolrance des ca?oliques roma9s fit clore dans ce royaume2 on se rappelle en frmissant l'horrible massacre que ,*>les ,,ix fit faire dans sa capitale1 de prs de c5t mille de ses sujets1 dont il avait attir plusieurs sa c\r s\s prtexte de se reconcili] avec eux4 ,ce roi sup]/itieux n'eut-il pas l'infamie de tremp] ses propres ma9s dans le sang des hrtiques1 sur lesquels il tirait des f5tres de son palais8 ,le pontife des ,roma9s1 r5onant t\te pudeur1 ne r5dit-il pas des actions de grces sol5nelles au ,dieu des misricordes1 p\r le massacre odieux commis p> les ordres du fils an de l'glise1 qui v5ait d'immol] tant de victimes la frocit sac]dotale8 ,cep5dant les rois ne tr\v5t grce aux yeux de ce pontife hauta91 que qu& ils se r5d5t ses esclaves et ses b\rreaux4 ,n\s voyons presque dans le mme tems ,h5ri ,,iii assass9 p> un mo9e2 cet assass9at prconis comme une action l\able1 l'assass9 reg>d comme un m>tyr p> le pape4 ,l'hi/oire de ,france n\s montre p5dant environ un demi-sicle ce royaume inond du sang des prote/ans1 sur lesquels des pr9ces aveugles ex]ai5t les v5geances du trs sa9t pre1 et la cruaut religieuse dans t\te son atrocit4 ,jusqu'au rgne d',h5ri ,,iv1 il prit dans les gu]res de religion plusieurs millions d'hommes1 et enf9 ce mon>que1 ju/em5t *ri des ,franais1 succomba lui-mme s\s les c\ps d'un fanatique1 arm p> des jsuites qui pr*r5t de t\t tems la cruaut1 la p]scution et le massacre des rois4 ,dans des tems po/rieurs ,l\is ,,xiv se montra le digne fils de l'glise3 aprs avoir dsol t\te l',europe p> ses conqutes1 ru9 son royaume p> ses folles entreprises et ses pr(usions1 brav le ciel et sc&alis la t]re p> ses dbau*es et ses adultres1 il crut t\t expi] en p]scutant1 en bannissant1 en faisant t\rm5t] des milli]s de prote/ans4 ,on prt5d que sa frocit religieuse =a huit c5t mille mes de s'expatri] p\r *app] aux prisons1 aux galres1 aux massacres que ce mon>que trs *rti5 de/9ait aux plus consci5cieux de ses sujets4 ,tels ont t en ,france les effets de la cruaut env5ime p> la religion #ca4 #ca ,je ti5s de p]sonnes trs digne de foi que s\s le m9i/re pacifique du c>d9al de ,fleuri1 qui passait p\r un homme trs d\x1 la c\r de ,france a fait expdi] plus de quatre-v+t mille lettres de ca*et1 p\r emprisonn] et t\rm5t] la secte des ,jansni/es4 ,il p>at cep5dant que les rois ca?oliques d',espagne l'ont emport sur t\s les autres p> l'obissance s]vile qu'ils ont eue p\r le pape et p> la cruaut dans laquelle ils ont surpass t\s les autres pr9ces *rti5s4 ,en effet les ,espagnols ont depuis long-tems mrit d'tre reg>ds comme la nation la plus dvote et la plus religieuse de l',europe1 suivant le s5s qu'on atta*e vulgairem5t a ces mots dans la *rti5t3 p\r p>l] plus exactem5t1 cette nation1 autrefois gnreuse et libre1 e/ dev5ue la plus abjecte1 la plus /upide1 la plus ignorante1 la plus sup]/itieuse1 et consquemm5t la plus cruelle4 ,les rois d',espagne ayant depuis long-tems =m le projet d'extirp] l'hrsie1 c'e/--dire1 les op9ions peu con=mes celles de l'glise roma9e1 s'y prir5t d'une faon trs c\rte p\r y p>v5ir2 ils proposr5t leurs sujets la religion ca?olique ou la mort4 ,cette m?ode leur a si bi5 russi que les prov9ces-unies des ,pays-,bas se sp>r5t entirem5t de la mon>*ie espagnole2 t\te la puissance de ,philippe ,,ii fut =ce d'*\] contre les habitans de quelques m>ais2 ce pr(ond politique puisa ses trsors imm5ses sans aucun fruit1 s9on de ma9t5ir la religion roma9e bi5 pure1 c'e/--dire1 bi5 ignorante et bi5 absurde1 dans ses tats dpeupls1 appauvris1 dvors p> des prtres et des mo9es1 dont le crdit e/ assez gr& p\r commettre impunm5t t\s les crimes1 et mme p\r s\lev] les peuples volont contre l'autorit s\v]a9e1 si elle manquait d'obissance p\r le cl]g4 ,philippe ,,ii tr\va dans le duc d',albe un fidle m9i/re de ses fureurs4 ,ce b\rreau sangu9aire fit m\rir des milli]s d'hommes dans les supplices1 sans compt] ceux qui prir5t dans les combats4 ,sa rputation tait si bi5 tablie1 que ds qu'on sut qu'il devait v5ir g\v]n] les ,pays-,bas1 plus de c5t mille familles les ab&onnr5t p\r se s\/raire la cruaut de ce dvot m9i/re des v5geances du ,/4-,pre4 ,dans la vue de rprim] des excs commis p> les prote/ans que la viol5ce avait irrits1 l'on rigea un tribunal que cet odieux g\v]neur nomma le ,conseil des tr\bles4 ,un ,espagnol1 nomm ,jean de ,v>gas1 en fut dcl> prsid5t2 celui-ci1 secondant m]veilleusem5t les vues du duc d',albe1 donna son op9ion dans un lat9 digne d'un sup]/itieux ignorant4 ,hretici frax]unt templa1 boni nihil fec]unt contra1 ergo deb5t omnes patibul>i3 les hrtiques ont dmoli les glises1 les bons ne s'y sont po9t opposs1 il faut les p5dre t\s4 ,dans une autre occasion1 un homme ayant t accus1 fut condamn la mort sans avoir t ni ent5du ni exam94 ,peu de tems aprs on dc\vrit l'innoc5ce de ce malheureux1 et les juges montrant du *agr9 de ce qui tait arriv1 ,v>gas leur dit qu'ils n'en devai5t po9t tre f*s1 p>ce que l'innoc5ce de cet homme t\rn]ait au pr(it de son me#cb4 ,un autre membre du mme tribunal1 nomm ,hessels1 avait c\tume de s'endormir p5dant qu'on jugeait les accuss1 et lorsqu'il se rveillait1 il criait1 en se frottant les yeux1 au gibet1 au gibet6 #cb ,v4 ,hi/oire des ,prov9ces-,unies p> ,le ,cl]c1 tom4 ,i1 pag4 #ad4 ,en l'an #aefb1 ,j4 ,tr\de1 avocat prote/ant1 fut dcapit ,t\l\se1 en ,france1 p> arrt du p>lem5t1 quoiqu'on ne le tr\vt po9t c\pable2 et voici ce qu'on lui dit3 ,m4 ,tr\de1 la c\r ne v\s tr\ve aucunem5t c\pable1 cep5dant bi5 in=m de l'intrieur de votre consci5ce1 et sa*ant trs bi5 que v\s auriez t trs *>m que ceux de votre malheureuse et rpr\ve religion euss5t remport la victoire1 elle v\s condamne avoir la tte tran*e et t\s vos bi5s sans exception confisqus4 ,v4 l',hi/oire ecclsia/ique des glises re=mes du royaume de ,france4 ,tome ,,iii1 liv4 #aj1 pag4 #cc et #cd4 ,il p>at que le p>lem5t de ,t\l\se actuel n'a po9t dgnr de l'inju/ice1 du fanatisme et de la frocit de ses prdcesseurs4 ,ce tribunal1 vraim5t digne de la ville o l'inquisition fut tablie p\r la premire fois1 condamna1 comme t\te l',europe le sait1 sans aucune preuve juridique1 le malheureux ,jean ,calas1 prote/ant1 tre rompu vif1 p\r avoir t vaguem5t accus d'avoir trangl son fils4 ,le conseil d'tat de ,france a depuis cass cet infme arrt et rhabilit la mmoire de ,calas4 ,mais ses juges excrables et v\s l'indignation publique ont eu l'effront]ie d'emp*] que l'arrt du conseil ne sortt son execution4 ,c'e/ aux so9s1 aux bi5faits et aux sollicitations de l'illu/re ,voltaire que la famille de ,calas a t r$evable de la ju/ice qui lui a t r5due4 ,note de l'diteur4 ,telles tai5t les procdures judiciaires des sub/ituts du duc d',albe2 quant lui1 il agissait d'une faon plus sommaire1 plus arbitraire et plus cruelle4 ,il envoyait sans =me de procs les accuss au supplice1 et suivant son caprice il les faisait ou p5dre ou dcapit] ou brl]2 il en faisait atta*] quelques-uns la queue d'un *eval1 les ma9s lies d]rire le dos1 p\r les faire conduire au lieu de l'excution2 d'autres fur5t c>tels4 ,en un mot1 ce sclrat se vantait d'avoir fait prir dix-huit mille hommes p> la ma9 du b\rreau4 ,p>mi ceux-ci se tr\v5t les noms clbres des comtes d',egmont et de ,hoorn1 du b>on de ,batemb\rg et de beauc\p de p]sonnes d'une trs illu/re naissance4 ,le crime unique des deux premi]s tait d'avoir p>u p5*] en faveur de la tolrance quoiqu'ils fuss5t ca?oliques eux-mmes4 ,ce mon/re n'p>gnait pas mme les femmes3 il fit prir sur l'*afaud une dame de qualit1 ge de #hd ans4 ,v4 ,le ,cl]c1 hi/4 des ,prov9ces-,unies1 pag4 #ae1 #ag1 #ch1 etc4 ,c'e/ a9si que le ,/4-,pre fut obi et s]vi p> les plus zls et les plus dvots de ses enfans ou de ses b\rreaux2 telles sont les cruauts pieusem5t ex]ces p> les *rti5s les uns contre les autres4 ,cep5dant les lois les plus sangu9aires1 les p]scutions les plus atroces p\r des op9ions1 les gu]res civiles les plus cruelles1 n'ont pu cont5t] la rage insatiable de quelques zlateurs1 qui ne sembl5t respir] qu'au milieu des flots de sang4 ,les prtres fur5t t\j\rs les conseill]s et les in/igateurs des scnes les plus horribles que le *ri/ianisme a fait j\] sur la t]re4 ,ces hommes div9s n\s appr5n5t eux-mmes que1 dans le fameux ,massacre d',irl&e1 il y eut c5t c9quante-quatre mille prote/ans d'gorgs p> les ca?oliques2 on n'p>gna ni les femmes1 ni les vieill>ds1 ni les enfans2 et leur mort fut s\v5t accompagne de circon/ances si cruelles1 que la plume tombe des ma9s qu& on veut les rapport]4 ,v4 ,ru%wor?'s collection1 vol4 ,v4 pag4 #cee4 ,quoique le massacre de la ,/4-,b>?lemy1 appell communm5t le massacre de ,p>is1 n'ait pas cot1 peut-tre1 la vie autant de monde que celui d',irl&e1 il fut p\rtant accompagn de circon/ances qui doiv5t le r5dre plus odieux que t\s les autres#cc4 ,ce massacre ne fut pas d un s\lvem5t subit de la populace1 il fut prmdit de sang froid2 conc]t dans le conseil d'un roi1 assi/ de sa mre1 du duc d',anj\1 qui depuis rgna s\s le nom d',h5ri ,,iii1 du c>d9al de ,lorra9e1 du duc de ,guise et du comte de ,retz4 ,*>les ,,ix n'avait alors que #bb ans1 et son frre1 le duc d',anj\1 tait plus jeune que lui2 cep5dant l'on voit qu' cet ge leur me tait dj mre la cruaut religieuse3 l'on employa les plus indignes artifices et les plus infmes trahisons p\r attir] ,p>is le roi et la re9e de ,nav>re1 le pr9ce de ,cond1 l'amiral de ,coligny et les *efs des prote/ans4 ,en consqu5ce1 on proposa un m>iage entre la soeur du roi et le pr9ce de ,nav>re2 on p>la d'une prt5due expdition dans les pays espagnols1 dans laquelle l'amiral devait comm&] en *ef et avoir s\s lui t\s les (fici]s prote/ans4 ,cette expdition n'eut pas lieu1 mais le m>iage fut accompli1 et l'on pr(ita de cette sol5nit p\r inond] ,p>is de sang2 celui de la plus haute noblesse c\la dans t\tes les rues4 ,prfixe1 dans la vie de ,h5ri-le-,gr&1 t\t vque qu'il tait1 p>le de cette j\rne qu'il appelle action excrable6 qui n'avait jamais eu et qui n'aura1 s'il plat ,dieu1 jamais de p>eille4 ,mais quoiqu'un prlat ca?olique condamne cette horrible action1 le pape1 comme on l'a dit1 n'en jugea pas de mme2 il fit publiquem5t l'loge de cet outrage fait l'humanit en prs5ce des c>d9aux de la sa9te glise roma9e4 ,le roi de ,france lui ayant fait "p de ce gr& vnem5t1 le trs sa9t pre lui en fit ses rem]cm5s1 l'en flicita1 l'exhorta de cont9u] extirp] l'hrsie2 ce qui pr\ve que sa sa9tet n'tait po9t encore cont5te du nombre des victimes que l'on v5ait d'immol] sa fureur4 ,peut-tre aussi le pape v\lait-il faire ent5dre p> l qu'il tait propos d'tablir en ,france le sacr tribunal de l'inquisition1 qui de t\tes les inv5tions imag9es p> la cruaut sac]dotale1 fut t\j\rs la plus efficace p\r t\rm5t] les consci5ces des hommes4 ,n\s allons donc p>l] de ce m]veilleux in/rum5t de la cruaut religieuse4 #cc ,ce massacre abom9able1 a9si que la rvocation de l'dit de ,nantes p> ,l\is ,,xiv1 ont t depuis quelques annes ju/ifis p> un prtre excrable1 nomm l'abb de ,caveyrac1 qui p> l a mrit la faveur de plusieurs membres illu/res du cl]g de ,france4 ,note du traducteur4 ,,section ,,ix4 ,de l'inquisition et de ses cruauts4 ,jusqu'au comm5cem5t du treizime sicle les pr9ces temporels fur5t seuls en droit de faire des lois et des dits p\r la suppression des hrsies et contre les hrtiques2 l'excution de ces lois tait confie aux magi/rats civils et aux vques2 mais environ v]s l'an #abjj1 longtems avant les massacres dont n\s v5ons de p>l]1 le pape ,innoc5t ,,iii s'tant ap]u qu'il y avait un gr& nombre d'hrtiques en ,france1 surt\t ,t\l\se et aux environs1 et que la plus t]rible des hrsies1 celle qui rsi/ait l'autorit des papes1 tait sur le po9t de se rp&re1 il vit clairem5t la s\rce de maux si dang]eux p\r lui4 ,les pr9ces sculi]s1 soit p> une sage politique1 soit p> humanit1 ngligeai5t s\v5t de punir les hrtiques1 de peur de dpeupl] et d'affaiblir leurs tats en bannissant ou en dtruisant de bons et d'utiles sujets1 les magi/rats civils n'tai5t pas t\j\rs disposs se s]vir de leur p\voir p\r t\rm5t] et opprim] des *rti5s leurs semblables1 des vques mme craignir5t quelquefois d'all] trop lo9 dans les *tim5s des hrtiques et d'en faire un c>nage1 qui aurait dim9u leurs tr\peaux s'ils euss5t v\lu totalem5t extirp] les hrsies4 ,en un mot ce pape1 voyant que l'on ne travaillait qu'avec tideur l'oeuvre du ,seigneur 7c'e/ a9si que l'impie appellait la p]scution71 t9t conseil avec l'abb de ,cteaux et avec un mo9e espagnol1 appell ,dom9ique1 qui e/ dev5u un sa9t depuis1 p\r savoir ce qu'il fallait faire af9 de prv5ir le dang] qu'il craignait4 ,ce triumvirat dcida qu'il fallait t] des ma9s des laques le droit de p]scut]2 l'arra*] t\s ceux qui s'tai5t conduits avec tant de tideur1 p\r le donn] des ecclsia/iques qui p> leur zle se montr]ai5t dignes de la confiance de l'glise et d'un emploi si sa9t4 ,en consqu5ce1 on tablit des inquisiteurs2 ,dom9ique1 l'un des mon/res les plus sangu9aires qui ai5t jamais exi/1 en fut dcl> le *ef1 et l'ordre de mo9es qu'il avait in/itu s'e/ depuis fidlem5t acquitt des fonctions odieuses imag9es p> son pieux fondateur4 ,peu de tems aprs l'tablissem5t de ces inquisiteurs on leur =ma un tribunal s\s le nom d',inquisition2 p> ce moy5 la p]scution fut rduite en sy/me4 ,on leva des difices dans lesquels on mnagea des app>tem5s somptueux p\r les inquisiteurs1 et l'on prp>a des prisons affreuses et des ca*ots t]ribles p\r les malheureux qui tomb]ai5t entre leurs ma9s2 on n'oublia pas des b\rreaux et des hommes de/9s leur donn] la torture2 enf9 il y eut des hommes pieux qui1 s\s le nom de ,famili]s du ,sa9t-,(fice1 se fir5t un honneur de dev5ir les ar*]s et les satellites des inquisiteurs1 qui s'engagr5t p> s]m5t les df5dre au pril mme de leur vie4 ,non cont5s de cette noble fonction1 ceux-ci se r5dir5t encore les espions et les dlateurs de leurs sa9ts matres1 et quelque infme que ce mti] puisse p>atre en t\te autre circon/ance1 il dev9t honorable qu& il fut ex]c en faveur de la religion2 les plus gr&s seigneurs1 des pr9ces mmes brigur5t cet emploi sublime1 et s'en glorifir5t dans les pays o cet infme tribunal e/ tabli4 ,quoique dans ces pays t\s les bons ca?oliques soi5t obligs d'in=m] l'inquisition de t\s les crimes dont elle pr5d connaissance1 cep5dant ce devoir e/ enjo9t plus /rictem5t encore aux ,famili]s4 ,c'e/ a9si que ce mon/re a plus d'yeux qu',argus p\r veill] aux intrts des prtres1 et p\r s'oppos] aux op9ions contraires celles d'o vi5n5t les trsors du cl]g2 celui-ci1 p> l1 comme ,bry>e1 a c5t bras p\r se df5dre et p\r faire une gu]re (f5sive ses ennemis4 ,outre cette tr\pe de g5s et cet app>eil de *oses ncessaires p\r conduire bi5 l'oeuvre infme et sangu9aire de la p]scution2 p\r assur] encore plus l'glise contre les attaques des hrtiques1 ce sa9t tribunal j\it du p\voir le plus illimit4 ,p>-t\t o il e/ tabli1 les rois et les pr9ces mmes sont s\mis sa juridiction et ont quelquefois pr\v des *tim5s de sa "p4 ,la rapacit1 l'inju/ice et la cruaut de ce tribunal ecclsia/ique sont aussi illimits que son p\voir4 ,lorsqu'un accus e/ conduit l'inquisition1 on comm5ce le dp\ill] de t\t et mme de ses habits2 on s'in=me ensuite exactem5t de ses bi5s tant meubles qu'immeubles1 et p\r l'engag] ne ri5 cl]1 on lui promet sol5nellem5t que t\t lui s]a r5du lorsqu'il sortira de la maison en cas qu'il se tr\ve innoc5t2 cep5dant il e/ r>e qu'on lui ti5ne p>ole1 surt\t s'il e/ opul5t2 il e/ aussi difficile p\r un homme bi5 ri*e de sortir de l'inquisition que p\r un cble de pass] p> le tr\ d'une aiguille4 ,si l'on ne tire pas de ple9 gr les aveux dont les inquisiteurs ont beso91 ils emploi5t les m5aces et ensuite les tortures2 qu& on leur a dc\v]t ce qu'on possde1 les inquisiteurs communm5t font v5dre sur-le-*amp les bi5s du prisonni] l'encan1 p>ce que1 suivant la rem>que de ,m4 ,dellon1 ces sclrats sont d'avance trs rsolus ne ri5 re/itu]4 ,ce tribunal e/ si inju/e que s\v5t des p]sonnes demeur5t plusieurs mois dans ses prisons sans qu'on leur appr5ne le crime dont elles sont accuses2 au lieu de les en in/ruire1 le tribunal leur dem&e elles-mmes si elles sav5t la cause de leur dt5tion3 comme s\v5t les prisonni]s l'ignor5t1 et p> consqu5t ne peuv5t la dire1 on les av]tit de t*] de se rappell] les crimes dont connat le tribunal du ,sa9t-,(fice1 et dont ils peuv5t s'tre r5dus c\pables1 et on les conjure p> les entrailles de la misricorde de ,jsus-,*ri/ 7c'e/ la =malit71 d'en faire une confession ple9e et entire1 vu que c'e/ l le seul moy5 de rec\vr] leur lib]t et leur vie4 ,si p> t\tes ces voies l'on ne peut dt]m9] le prisonni] confess] ou s'accus] lui-mme1 l'on a rec\rs aux m5aces et aux tortures p\r l'y =c]2 qu& elles ont t employes sans succs1 comme il arrive quelquefois1 on lui laisse entrevoir une p>tie de ce dont il e/ accus dans l'esprance de tir] quelque *ose de plus2 mais jamais on ne lui fait connatre ses accusateurs1 qui ne lui sont po9t confronts2 p> l il e/ s\v5t arriv que des p]sonnes p>faitem5t innoc5tes de ce dont elles avai5t t accuses1 ont subi les *tim5s les plus cruels et les plus inju/es1 et mme ont t mises mort4 ,une n\velle preuve de l'iniquit de cet odieux tribunal1 c'e/ que l'on y reoit le tmoignage et les dlations des p]sonnes infmes1 et mme de celles qui ont t conva9cues de p>jure4 ,en un mot telle e/ l'indignit et la b>b>ie de l'inquisition1 que non-seulem5t les m>is sont admis comme tmo9s contre leurs femmes dans le cas d'hrsie1 mais encore sont =cs de se r5dre leurs dlateurs2 p> la mme raison les femmes sont admises dpos] contre leurs m>is1 les p>5s contre leurs enfans1 les enfans contre leurs p>5s2 et mme p\r y invit] les enfans on leur promet s\v5t une portion des bi5s de leurs p>5s en cas que ceux-ci soi5t conva9cus4 ,c'e/ a9si que ce tribunal inf]nal enc\rage le p>ricide1 et s\doye les enfans p\r les dt]m9] faire expir] leurs p>5s dans des t\rm5s affreux4 ,d'o l'on voit clairem5t que les crimes les plus atroces1 qu& on les commet p\r le bi5 de l'glise1 *ang5t de nature1 sont sanctifis et devi5n5t des actions lgitimes et mritoires4 ,les cruauts ex]ces p> ce tribunal1 que l'on a l'impit de nomm] sa9t1 sont aussi surpr5antes que t]ribles4 ,il y en a1 sans d\te1 un gr& nombre que l'on a soigneusem5t drobes la connaissance du public2 mais il faudrait des volumes p\r dcrire ceux que l'on connat1 si l'on v\lait en donn] des dtails2 cep5dant on a beauc\p crit l-dessus2 quelques ouvrages ont t publis p> ceux mmes qui avai5t eu le bonheur de se tir] des ma9s de ces tigres altrs de sang2 on ne se propose donc ici que de donn] une ide de la sclratesse et de la b>b>ie de l'inquisition1 en faveur des p]sonnes qui n'aurai5t pas t porte de consult] les ouvrages qui trait5t de cette matire1 tels que l'hi/oire de l'inquisition p> ,limbor*1 de laquelle n\s avons tir la plup>t des faits qui sont ici rapports4 ,lorsqu'un accus e/ arrt p> ordre de l'inquisition1 on le jette dans un ca*ot obscur1 o il demeure quelquefois p5dant des annes entires1 et p\r l'ord9aire t\t seul2 on ne lui f\rnit aucun livre1 pas mme de dvotion1 ni ri5 de ce qui p\rrait contribu] ad\cir ses pe9es2 au contraire1 on s'tudie les aggrav] p> t\s les moy5s imag9ables4 ,un sil5ce pr(ond rgne dans cette rgion de la d\leur2 si un prisonni] rcite ses prires haute voix1 on a la tmrit de se pla9dre1 un goli] lui ordonne de se taire1 et en cas de rcidive il e/ battu sans misricorde4 ,un prisonni] incommod d'une t\x1 eut ordre de ne po9t t\ss]3 comme il rpondit qu'il ne p\vait faire autrem5t1 il fut tellem5t battu qu'il expira s\s les c\ps4 ,quoiqu'une p>eille prison accompagne de circon/ances si dsolantes soit dj un *tim5t trs rig\reux1 suffise quelquefois p\r faire t\rn] la c]velle aux malheureux qui l'pr\v5t1 en fasse prir d'autres1 en dt]m9e quelques-uns se donn] la mort#cd1 cep5dant t\t cela n'e/ encore qu'une trs petite p>tie des s\ffrances qu'endur5t ceux qui tomb5t entre les ma9s des inquisiteurs4 ,ces mon/res inflig5t les t\rm5s les plus in\is aux malheureuses victimes de leur rage3 l'objet de ces t\rm5s e/ de =c] les prisonni]s s'accus] eux-mmes ou d'autres1 et s\v5t ils s'accus5t eux-mmes et les autres faux4 #cd ,m4 ,dellon1 qui a crit une ,relation de l'inquisition de ,goa1 n\s dit que durant son sj\r dans les prisons de l'inquisition il p5sa dev5ir f\1 et que s\v5t il fut t5t de se donn] la mort4 ,dans le tems que l'inquisition tait tablie en ,fl&re1 des femmes accuses de sorcell]ie et d'avoir comm]ce avec le diable1 nir5t le fait l'int]rogatoire3 mais ayant t mises la torture1 elles confessr5t t\t ce dont on les accusait1 et dir5t entre autres *oses que le diable les avait connu *>nellem5t3 elles se rtractr5t ensuite lorsqu'on les conduisait au lieu de l'excution1 et l'on p\vait les en croire1 disant que c'tait la rigueur des t\rm5s qui leur avait arra* cet aveu1 ce qui ne les emp*a po9t d'tre brles vives4 ,les inquisiteurs n'omett5t ri5 p\r effray] les prt5dus crim9els qu'ils ont entre les ma9s1 et se font un devoir d'aggrav] t\tes leurs pe9es4 ,l'endroit o l'on donne la torture e/ communm5t une *ambre obscure et s\t]ra9e1 t5due de noir1 et claire p> des *&elles4 ,le b\rreau vtu de noir1 semblable un dmon1 p>at devant le prisonni] et lui montre les in/rum5s de la torture4 ,les accuss1 soit hommes1 soit femmes ou filles1 sans g>d p\r la pudeur1 sont dp\ills t\t nuds1 aprs quoi on les c\vre d'un habillem5t =t m9ce qui pr5d exactem5t les corps1 ou bi5 on ne leur donne qu'un calleon de toile p\r c\vrir leur nudit4 ,les tortures que l'on emploie sont de diffr5tes espces2 il y en a un trs gr& nombre et elles peuv5t pass] p\r vraim5t inf]nales4 ,l'une de ces tortures consi/e li] les ma9s de l'accus d]rire le dos2 on lui atta*e des poids normes aux pi$s1 aprs quoi on l'lve l'aide d'une p\lie laquelle on fait t\*] sa tte2 on le ti5t susp5du quelque tems de cette manire1 af9 de di/5dre t\s ses membres et ses jo9tures2 p\r lors on le laisse retomb] t\t d'un c\p de manire cep5dant que ses pi$s ne t\*5t po9t la t]re2 p> cette sec\sse subite ses bras et ses jambes se tr\v5t disloqus3 on rxre la mme *ose deux ou trois fois1 et suivant le rapport de ,piazza1 qui avait t lui-mme l'un des juges de l'inquisition1 on fu/ige cruellem5t ces malheureux p5dant qu'ils sont a9si susp5dus4 ,voici une autre m?ode dont l'inquisition se s]t p\r donn] la "q4 ,on place un r*aud rempli de *>bons ard5s s\s la plante des pi$s du malheureux que l'on applique la torture2 on les a pralablem5t frotts de l>d af9 que la *aleur devi5ne plus cuisante4 ,mais p\r ne po9t trop n\s arrt] sur un sujet si rvoltant1 n\s n\s cont5t]ons de rapport] encore un seul exemple de la cruaut sac]dotale des infmes suppts de l'inquisition4 ,ils ont une auge de bois creus1 assez ample p\r cont5ir un homme c\* dans t\te sa longueur2 au fond de cette auge e/ une b>re de f] fixe en trav]s1 sur laquelle on pose le prisonni] c\* sur son dos1 de manire que ses pi$s soi5t beauc\p plus levs que sa tte4 ,qu& il e/ dans cette po/ure1 ses cuisses et ses bras sont lis avec de petites ficelles que l'on peut s]r] p> des t\rniquets et que l'on fait entr] jusqu'aux os au po9t de les faire disp>atre4 ,cep5dant ce n'e/ l que le comm5cem5t des t\rm5s qu'on fait subir l'accus2 on lui met sur la b\*e et sur les n>9es une t(fe m9ce1 et p\r lors on fait tomb] de haut un petit filet d'eau sur la b\*e du malheureux1 ce qui fait enfonc] le morceau d't(fe jusqu'au fond de sa gorge1 ensorte qu'il lui e/ impossible de respir]1 p> l il semble entr] en agonie3 lorsqu'on a retir le morceau d't(fe1 ce que l'on fait p\r qu'il puisse rpondre l'int]rogatoire1 il e/ ord9airem5t rempli de sang1 et ceux qui ont s\ff]t ce g5re de supplice dis5t qu'il leur semblait qu'on leur faisait sortir les boyaux p> la b\*e4 ,la rptition de ces tortures semble tre une mort multiplie1 ou1 suivant l'expression de ,%akespe>e1 c'e/ m\rir plusieurs fois avant la mort4 ,telles sont les inv5tions inf]nales imag9es p> les prtres du ,dieu des misricordes6 en effet l'enf]1 l'exception de sa dure1 p\rrait-il tre pire que la sa9te inquisition8 ,les dmons les plus p]v]s peuv5t-ils tre plus cruels et plus inhuma9s que ces inquisiteurs religieux8 ,p\r cont9u] d'inspir] contre ces hommes excrables l'indignation qu'ils mrit5t1 je rapport]ai quelques exemples des supplices qu'ils ont fait s\ffrir des p]sonnes assez malheureuses p\r tomb] entre leurs ma9s4 ,m4 ,william ,li?g[1 cossais1 voyageant p\r satisfaire sa curiosit1 eut le malheur d'tre dfr cet infme tribunal4 ,aprs avoir s\ff]t des t\rm5s in\s1 il fut condamn tre brl vif comme hrtique1 mais les inquisiteurs1 peu cont5s de le condamn] une mort si d\l\reuse1 v\lur5t encore lui faire pr\v] onze tortures2 en voici une qu'il rapporte lui-mme4 ,on comm5a p> le dp\ill] nud1 on le fit mettre g5\x t&is que ses bras tai5t t5us en l'air2 on lui ouvrit la b\*e avec des outils de f]1 et on lui fit aval] de l'eau jusqu' ce qu'elle dc\lt de sa b\*e2 alors on lui passa une corde au col1 et on le fit r\l] sept fois la longueur de la *ambre1 ce qui p5sa l'trangl]4 ,p\r lors on lui atta*a une corde m9ce aut\r des deux gros doigts des pi$s1 on le susp5dit la tte en bas1 et puis on c\pa la corde qu'il avait aut\r du col2 on le laissa dans cet tat jusqu' ce qu'il et dgorg t\te l'eau qu'il avait bue1 aprs quoi il demeura long-tems t]re comme mort2 ce fut alors que p> un bonheur imprvu il fut dlivr de prison et rev9t en ,anglet]re4 ,une dame trs pieuse1 accuse d'hrsie1 fut mise l'inquisition de ,sville avec ses deux filles vi]ges1 et une nice m>ie4 ,on employa diffr5tes tortures p\r les engag] s'av\] c\pables1 p\r dc\vrir les p]sonnes de leur secte1 et sur-t\t p\r qu'elles s'accusass5t rciproquem5t2 mais ce fut va9em5t4 ,l'inquisiteur les tr\vant ob/9es1 fit v5ir devant lui une des filles1 s\s prtexte de confr] avec elle en p>ticuli]2 il lui dit qu'il pr5ait beauc\p de "p ses pe9es et feignit de v\loir la consol]2 aprs l'avoir a9si sduite1 lui avoir fait croire qu'il pr5ait un intrt trs s9cre aux malheurs de sa famille1 lui avoir fait espr] qu'il lui r5drait de bons (fices p\r rec\vr] la lib]t1 ce tratre l'exhorta d'av\] ce qui la reg>dait elle-mme et de dc\vrir t\t ce qu'elle savait sur sa mre1 ses soeurs1 sa tante et quelques autres p]sonnes qui n'avai5t po9t encore t arrtes1 promettant avec s]m5t que1 si elle v\lait lui p>l] avec fran*ise1 il tr\v]ait le moy5 de faire cess] leurs in=tunes et de les remettre en lib]t4 ,ces c>esses tirr5t de cette fille des aveux que les t\rm5s n'avai5t pu lui arra*]2 sduite p> les promesses et les s]m5s rxrs de l'inquisiteur1 elle lui dc\vrit t\t ce qu'il v\lait savoir4 ,alors cet infme p>jure1 une fois p>v5u ses f9s1 fit appliqu] cette in=tune la "q la plus cruelle1 elle *>gea p\r lors et sa mre et ses soeurs1 qui fur5t p>eillem5t appliques la "q1 et t\tes fur5t brles vives sur le mme b*]4 ,quelqu'horrible que soit l'exemple qui vi5t d'tre rapport1 celui qui suit ne lui cde en ri51 et mme il p>atra plus cruel de c]ta9s g>ds4 ,une femme de qualit1 nomme ,bohorquia1 p\se du seigneur d',higure en ,espagne1 quoique grosse de six mois1 fut arrte p> l'inquisition1 uniquem5t p>ce que sa soeur1 qui avait t p>eillem5t arrte et qui fut ensuite brle1 avait dcl> dans la torture qu'elle l'avait entret5ue de sa faon de p5s]4 ,la dame ,bohorquia acc\*a dans sa prison2 au b\t de qu9ze j\rs elle fut ress]re trs troitem5t et traite avec la mme duret que les autres prisonni]s2 la seule consolation qu'elle avait1 tait due une jeune fille qu'on lui avait donne p\r compagne et qui fut p> la suite brle p\r sa religion2 mais cette consolation fut bi5tt *ange dans la plus cruelle des afflictions1 c> cette malheureuse compagne fut arra*e d'auprs d'elle p\r subir la torture1 et on ne la lui ram5a qu'ayant t\s les membres disloqus1 spectacle affreux1 trs propre faire s5tir la dame le traitem5t qu'elle devait att5dre p\r elle-mme4 ,a pe9e la jeune fille eut-elle comm5c se rtablir1 que l'on v9t pr5dre madame ,bohorquia p\r lui faire subir les mmes tortures4 ,aprs avoir s\ff]t des t\rm5s qui p5sr5t lui cot] la vie1 elle fut remise t\te expirante dans sa prison o elle m\rut en effet au b\t de huit j\rs4 ,p\r combl] la mesure de la p]v]sit des inquisiteurs1 il se tr\va p> la suite que cette dame tait p>faitem5t innoc5te de ce dont on l'accusait2 et les inquisiteurs1 qui l'avai5t cruellem5t assass9e1 la dcl>r5t eux-mmes telle4 ,on a dj ci-devant obs]v que t\s ceux ou celles qui l'inquisition fait donn] la torture sont1 sans di/9ction de sexes1 dp\ills t\t nuds1 au mpris des rgles de la pudeur4 ,quelles rflexions ne fait pas natre une conduite si trange6 quel mlange abom9able de b>b>ie et de lubricit6 quelle doit tre la situation d'une femme honnte1 qu& elle se voit expose aux reg>ds avides de ces mon/res sacrs1 qui sans g>ds p\r la faiblesse de son sexe1 p\r ses *>mes1 p\r ses pleurs1 ass\viss5t sur elle leur tyrannie et leur rage6 ,non1 les peuples les plus sauvages ne n\s f\rniss5t po9t d'exemples d'une p>eille b>b>ie ex]ce sur un sexe en*anteur4 ,cep5dant c'e/ a9si que les femmes ont t traites au se9 des nations qui se dis5t *rti5nes et polices6 ,c'e/ a9si que des pr9ces et des peuples dvots p]mett5t que l'on t\rm5te s\v5t l'innoc5ce et la pit6 ,des sclrats c\pables de ces cruelles infamies1 que l'on devrait ext]m9] de dessus la surface de la t]re1 o ils sont un sc&ale p\r la religion en gnral et p\r le *ri/ianisme en p>ticuli]1 j\iss5t non-seulem5t de la vie1 mais encore sont combls d'honneurs1 de ri*esses et de p\voir4 ,,section ,x4 ,de l'excution de ceux que l'inquisition a condamns4 ,p\r t]m9] le tableau que l'on vi5t de trac] d'un tribunal qui semble avoir transport l'enf] sur notre globe1 il p>at ncessaire de dcrire en peu de mots la faon dont on fait m\rir les prt5dus crim9els que les inquisiteurs jug5t dignes de la mort4 ,lorsque l'inquisition a indiqu un auto da fe1 c'e/--dire1 un acte de foi 7c'e/ a9si que l'on nomme les j\rs o l'on excute les malheureux accuss71 ce j\r e/ un j\r de triomphe p\r l'glise et de rj\issances p\r le peuple d',espagne et de ,portugal4 ,les inquisiteurs se montr5t alors dans t\te leur insol5ce ou leur gloire1 et se prs5t5t la vnration d'une populace qui applaudit leurs =faits4 ,des rois et des re9es accompagns de t\tes leurs c\rs ont s\v5t assi/ cet horrible spectacle1 et ont t les tmo9s des t\rm5s que l'on fait subir en public ces malheureuses victimes du cl]g4 ,un inquisiteur espagnol lui-mme appelle cette sol5nit un spectacle horrible et qui fait trembl]4 ,les juges1 un gr& nombre de nobles1 d'(fici]s militaires1 de pieux dvots1 d'ecclsia/iques et de mo9es m>*5t en procession p\r accompagn] les in=tuns qui doiv5t tre immols la cruaut religieuse4 ,la faon dont on les excute e/ d'une cruaut qui rvolte1 et qui pr\ve1 jusqu' quel po9t le fanatisme et la sup]/ition sont capables d't\ff] dans des peuples enti]s les s5tim5s de la nature4 ,les femmes elles-mmes vont pr5dre "p ce spectacle2 lo9 d'en tre att5dries1 elles se font un mrite de contempl] les t\rm5s affreux de ceux que la religion proscrit4 ,que dis-je6 elles se croirai5t c\pables si elles ne donnai5t des signes d'approbation et de plaisir4 ,voici des dtails que l'on ti5t de deux tmo9s oculaires4 ,les malheureux1 qui ont t condamns tre brls vifs1 sont placs sur un banc ou sur une e/rade de d\ze pi$s de haut et atta*s des poteaux qui s\ti5n5t l'e/rade4 ,deux jsuites mont5t une *elle p\r s'appro*] des juifs ou des hrtiques af9 de les engag] se rconcili] arec la sa9te glise roma9e4 ,si aprs une exhortation rxre ils refus5t de le faire1 les jsuites leur dis5t que le diable e/ prt s'emp>] de leurs mes p\r les emport] en enf]4 ,aprs cet av]tissem5t *>itable1 le peuple dem&e gr&s cris qu'on les brle1 en disant que l'on fasse le poil ces *i5s#ce4 ,cela s'excute en leur p\ssant dans le visage des balais enflamms1 ce que l'on cont9ue jusqu' ce que les balais soi5t rduits en *>bons4 ,cette crmonie e/ accompagne d'acclamations que l'on n'ent5d dans aucune autre occasion2 en effet1 il n'y a po9t de spectacle qui p>aisse plus amusant un ,espagnol ou un ,portugais4 ,alors on met le feu aux fagots dont le b*] e/ compos2 mais comme on a so9 que la flamme ne monte pas plus haut que les g5\x1 les malheureux sont plutt grills que brls1 et s\v5t l'on fait dur] leurs t\rm5s p5dant deux heures entires4 #ce ,l'on voit p> l que les prtres sont p>v5us dprav] tellem5t les coeurs de ces dvots ca?oliques1 qu'un homme qui ne p5se pas comme eux ne leur p>at tre qu'un *i54 ,c'e/ a9si que les prtres inspir5t la *>it ceux qu'ils in/ruis5t6 ,je tr\ve dans l'auteur de qui j'emprunte ces dtails1 que durant une de ces excutions le feu roi de ,portugal1 accompagn de ses frres1 tait une f5tre si pro*e du b*] de l'un de ces malheureux qu'il fut porte d'ent5dre la h>angue pa?tique que celui-ci lui adressait1 t&is qu'on le brlait petit feu2 quoiqu'il dem&t p\r t\te grace qu'on lui donnt un plus gr& nombre de fagots af9 de t]m9] ses t\rm5s1 il ne put obt5ir cette grce de sa maje/4 ,un tmo9 oculaire de cette scne dit que p\r lors son dos et sa p>tie po/rieure tai5t dj entirem5t consums1 et que t&is qu'il p>lait encore son e/omac s'ouvrit t\t d'un c\p4 ,telle e/ la duret de ces cannibales *rti5s6 ,dans un de ces actes de foi que l'on clbrait en ,espagne1 la re9e1 qui tait la fille du roi de ,france1 se tr\va prs5te1 lorsqu'on allait brl] une fille juive d'une trs gr&e beaut et qui avait pe9e dix-sept ans4 ,cette pauvre in=tune s'adressant la re9e la conjura d'tre exempte d'un si cruel supplice4 ,gr&e re9e6 lui dit-elle1 votre prs5ce n'apport]a-t-elle po9t quelqu'ad\cissem5t ma pe9e8 considrez ma jeunesse2 faites att5tion que je suis condamne p\r une religion que j'ai suce avec le lait de ma mre4 ,la re9e dt\rna les yeux en pleurant1 et fit connatre qu'elle se s5tait vivem5t t\*e du sort de cette in=tune1 mais qu'elle n'osait int]cd] p\r elle1 ni dire un mot en sa faveur4 ,on dit que ,philippe ,,iii ayant ap]u un juif condamn p> l'inquisition1 qui m>*ait en *antant son supplice1 ne put s'emp*] de dire qu'il fallait que ce malheureux ft bi5 p]suad de sa religion4 ,les inquisiteurs sc&aliss de ce propos lui en dem&r5t une rp>ation sol5nelle3 on fit tir] une palette de sang au roi1 et ce sang fut brl p> la ma9 du b\rreau4 ,tels sont les effets de la cruaut religieuse2 c> c'e/ l vraim5t le nom que l'on doit donn] ces crimes commis s\s le prtexte de s]vir la religion4 ,mais il faut tre ou bi5 /upide ou bi5 endurci dans ses prjugs p\r ne pas s'ap]cevoir que c'e/ uniquem5t les intrts du cl]g que ces =faits ont p\r objet4 ,en effet n\s devons re/] conva9cus que le zle prt5du p\r la religion1 qui se montre p> des p]scutions et des viol5ces1 n'e/ fond que sur des vues temporelles2 ne se propose jamais que de satisfaire l'orgueil1 l'av>ice1 l'ambition2 ne peut p>tir que d'un c>actre cruel et corrompu4 ,des misrables sans religion et sans moeurs1 et privs des s5tim5s les plus communs de la probit1 ont inv5t et rp&u un gr& nombre de contes fabuleux et de dogmes absurdes1 propres faire pr5dre un petit nombre d'hommes p]v]s de l'asc5dant sur le re/e du g5re huma94 ,a l'aide de ces inv5tions1 ils tir5t l'arg5t des peuples1 ils s'enri*iss5t eux-mmes1 ils se font cra9dre et respect]4 ,c'e/ p\r cons]v] ces avantages usurps qu'ils p>vi5n5t bris] les li5s les plus sacrs de l'humanit et r5dre les rois1 les magi/rats et les peuples galem5t imbcilles1 les complices et les m9i/res de leurs horribles1 cruauts4 ,,section ,,xi4 ,des p]scutions excites p> les prtres prote/ans4 ,les p]scutions et les cruauts religieuses qui ont t rapportes jusqu'ici comme ex]ces p> les *rti5s1 sont empruntes des ca?oliques roma9s1 et se sont pratiques dans l'glise depuis le tems o le pape et son cl]g ont obt5u un p\voir sans bornes dans la *rti5t4 ,si n\s n'avions pas un si gr& nombre de preuves conva9cantes de la b>b>ie ex]ce p> des prtres de ,jsus-,*ri/1 comm5t aurait-on jamais pu s'imag9] que ceux qui s'tai5t si =t levs contre la p]scution et qui se donnai5t p\r les prdicateurs d'un vangile de paix1 dans le tems o ils tai5t eux-mmes p]scuts1 devi5drai5t un j\r des mon/res de cruaut et les plus viol5s des p]scuteurs8 ,cep5dant la *ose e/ s\v5t arrive et elle arriv]a t\j\rs4 ,il e/ vid5t que les plus di/+us p>mi les premi]s r=mateurs sont dev5us p]scuteurs en ?orie et dans la pratique t\tes les fois qu'ils ont eu le p\voir en ma92 p\r lors ils ont enseign de vive voix et p> crit que la p]scution tait une *ose l\able et ncessaire2 p> l ils ont contr$it t\t ce qu'ils avai5t antrieurem5t dit en faveur de la tolrance1 dans un tems o ils tai5t eux-mmes les victimes de la p]scution3 on leur doit la ju/ice de conv5ir qu'ils ont trs fidlem5t pratiqu les maximes viol5tes qu'ils ont enseignes4 ,lu!r1 ,mlan*ton1 ,zw+le1 ,buc]1 ,beze1 ,f>el et sur-t\t ,calv91 se sont montrs de trs ard5s p]scuteurs4 ,ce d]ni] s'e/ di/+u p> un infme trait1 qu'il crivit en faveur de la p]scution1 et encore plus p> les p]scutions qu'il suscita contre plusieurs hommes de mrite4 ,ca/illion ou ,ca/alion1 homme m95t p> son savoir et ses moeurs1 fut injuri et p]scut p> lui uniquem5t p>ce qu'il n'tait po9t de son avis sur la prde/9ation1 le libre arbitre1 l'lection1 le cantique des cantiques1 et la desc5te de ,jsus-,*ri/ aux enf]s4 ,ce fut encore p> les so9s de ,calv91 que ,s]vet fut emprisonn et brl comme hrtique#cf4 ,le pauvre ,s]vet fut trait dans la ville prote/ante de ,g5ve1 de la mme manire qu'il et pu l'tre dans l'inquisition roma9e2 on lui confisqua t\s ses bi5s et une somme considrable d'arg5t2 on l'enf]ma dans un ca*ot o il fut en proie la v]m9e1 et l'on f9it p> le faire prir sur un b*]4 #cf ,quelques j\rs avant le jugem5t de ,s]vet1 ,calv9 crivait un ami qu'il esprait que sa s5t5ce irait au mo9s la mort 7saltem =e capitalem74 ,?odore de ,beze crivit un trait p\r pr\v] la lgitimit de punir les hrtiques4 ,pi]re ,dum\l91 fameux ?ologi5 prote/ant et pa/eur de l'glise r=me de ,p>is1 publia en #afah un livre intitul l',anatomie de l',arm9ianisme1 dans lequel il appelle les remontrans1 des hrtiques1 des sectaires1 des novateurs1 des mon/res1 des sclrats1 des blasphmateurs1 des insol5s1 etc4 ,il aj\te que quiconque ne croit pas en ,jsus-,*ri/1 n'e/ po9t un enfant de ,dieu1 et p> consqu5t n'a aucun droit la possession des bi5s temporels1 qu& mme il possd]ait d'ailleurs t\tes les v]tus sociales4 ,voyez ,br&t4 ,hi/oire de la r=m44 ,p\r faire connatre l'esprit qui animait ,calv91 je vais rapport] les pla9tes que ,ca/alion faisait contre lui au sujet des traitem5s qu'il avait essuys1 de sa "p4 ,il dit en p>lant ,calv93 ,dans un libelle crit en franais1 v\s m'appellez un blasphmateur1 un calomniateur1 un m*ant1 un *i5 aboyant1 un ignorant1 une bte1 un impud5t1 un impo/eur1 un corrupteur impur de l'criture sa9te1 un homme qui se moque de ,dieu1 un contempteur de t\te religion1 un insol5t1 un *i5 impur1 un impie1 un lib]t91 un esprit dprav1 un vagabond1 un fripon1 etc4 ,n\s ne devons po9t tre surpris qu'un homme d'un c>actre aussi emport que ,calv91 ait pu enseign] que ,dieu prde/9ait un gr& nombre de ses cratures la damnation t]nelle4 ,une p>eille op9ion me p>at devoir naturellem5t dc\l] de la m*ancet du c>actre de cet homme2 il y a t\t lieu de s\ponn] qu'en gnral les op9ions des hommes1 dp5d5t bi5 plus qu'on ne p5se de leurs dispositions naturelles4 ,cette cruelle p]scution que ,calv9 fit pr\v] ,ca/alion fut appr\ve p> ,mlan*ton1 p> ,buc]1 p> ,f>el4 ,le premi] crivait dans une lettre ,bull+] que le snat de ,g5ve avait trs bi5 fait de mettre mort l'hrtique1 et qu'il tait surpris qu'il y et des g5s qui blmass5t une p>eille svrit4 ,le second dit *>itablem5t et pieusem5t dans un s]mon public qu'on aurait d lui arra*] les boyaux et les d*ir] en pices4 ,f>el1 le troisime1 dit avec autant de *>it *rti5ne qu'il et mrit de m\rir de dix mille morts4 ,il n'e/ pas d\teux que ,calv9 ne ft un homme de gr&s tal5s1 trs savant1 trs zl1 trs utile la r=mation2 mais il ne se faisait aucun scrupule d'accus]1 de diffam]1 de calomni] ses confrres2 de les trait] de prv>icateurs et d'hypocrites1 d'all] jusqu' pr5dre ,dieu tmo9 de faussets vid5tes1 de p]scut] ses ennemis jusqu' la mort4 ,c'e/ au lecteur donn] ce sublime r=mateur les qualifications qu'une p>eille conduite semble mrit]2 au mo9s e/-il c]ta9 que sa faon d'agir1 a9si que celle des ?ologi5s dont n\s v5ons de p>l]1 confirme le jugem5t que n\s avons ci-devant port des sa9ts et des pres de l'glise *rti5ne2 je veux dire qu'il y a des hommes qui ont beauc\p de religion dans la tte et qui n'ont po9t de v]tu dans le coeur4 ,cet esprit atroce et p]scuteur qui animait ces m]veilleux r=mateurs s'e/ assez gnralem5t emp> des glises r=mes4 ,il s]ait difficile et mme impossible de nomm] une seule glise ou secte p>mi les prote/ans1 qui1 ayant eu le p\voir en ma91 n'ait po9t p]scut4 ,la ,suisse1 la ,holl&e et notre propre pays n\s f\rniss5t une inf9it d'exemples de p]scutions prote/antes4 ,les glises de ,ble1 de ,b]ne1 de ,zuri*1 de ,s*affh\se1 dans les lettres qu'elles crivir5t aux magi/rats de ,g5ve1 applaudir5t au traitem5t odieux qu'ils avai5t fait ,s]vet1 et se r5dir5t c\pables elles-mmes de semblables cruauts4 ,val5t9 ,g5tilis1 natif de ,cozance en ,italie1 eut le malheur de tomb] dans quelques op9ions errones sur la tr9it3 il prt5dait que le pre seul tait dieu p> lui-mme1 qu'il tait incr1 ess5tiateur1 ou celui qui donne l'ess5ce t\s les tres1 mais que le fils tait ess5ti1 ou drivait son ess5ce du pre1 et p> consqu5t qu'il n'tait pas dieu p> lui-mme1 quoique p\rtant il le reconnt p\r vrai dieu4 ,il raisonnait -peu-prs de l mme manire sur le compte du sa9t-esprit2 il faisait des trois p]sonnes1 trois esprits t]nels di/+us p> une subord9ation graduelle1 en rs]vant la mon>*ie au pre qu'il appellait le seul dieu4 ,ce ?ologi51 =c de se sauv] de son pays cause de sa religion1 v9t se rfugi] ,g5ve1 comme dans un lieu d'asyle1 mais il se tr\va bi5 tromp2 il fut oblig d'abjur] ses op9ions1 condamn une rude pnit5ce3 on le conduisit dans les rues en *emise1 les pi$s et la tte nuds1 une tor*e au po+1 et on lui enjoignit de ne po9t sortir de la ville sans p]mission expresse4 ,nonob/ant ces df5ses1 il tr\va le moy5 de s'vad]1 et se retira dans le canton de ,b]ne1 o il fut encore bi5 plus maltrait1 c> il y fut arrt1 emprisonn1 dcapit#cg4 #cg ,m4 ,keysl] dit dans ses voyages que la faon de p5s] des ,g5vois e/ ma9t5ant bi5 *ange relativem5t la p]scution2 il assure que l'on n'y p>le qu'avec horreur du supplice de ,s]vet1 et que les ecclsia/iques eux-mmes dsir]ai5t que cette av5ture ft mise en oubli4 ,tome ,i1 p4 #agc4 ,cep5dant l'exemple du clbre ,jean-,jacques ,r\sseau qui1 p> ses crits1 s'e/ illu/r lui-mme1 a9si que sa patrie1 pr\ve que le leva9 de la p]scution e/ bi5 lo9 d'tre te9t dans le coeur des ,g5evois4 ,ce philosophe a essuy depuis des p]scutions trs vives de la "p du cl]g de la pr9cipaut de ,neuf*tel1 qui ne s'e/ po9t oubli dans cette occasion4 ,on sait que ce cl]g trs insol5t a1 nonob/ant la protection du roi de ,prusse1 son s\v]a91 p]scut ,m4 ,petitpi]re1 pa/eur r=m1 p\r avoir os s\t5ir que ,dieu tait trop bon p\r p]mettre que les pe9es de l'enf] fuss5t t]nelles2 mais le cl]g p\r ses intrts en ce monde s'ob/9e tre t]nellem5t damn dans l'autre4 ,note de l'diteur4 ,l'on p\rrait encore cit] un gr& nombre d'exemples de p]scutions ex]ces p> t\tes les glises prote/antes dont on vi5t de p>l]4 ,on publia ,zuri* un dit trs svre contre les anabapti/es1 ou contre t\s ceux qui se f]ai5t baptis] de n\veau2 plusieurs de ces hrtiques fur5t punis de mort2 l'un d'entr'eux fut condamn tre noy d'une faon trs burlesque p> ,zw+le1 qui dit en quatre mots qui it]um m]git1 m]gatur2 que celui qui se rebaptise soit noy4 ,l'esprit d'intolrance et de p]scution a long-tems rgn en ,holl&e p>mi les r=ms1 et s'e/ fait s5tir avec fureur dans ce pays4 ,les animosits clatr5t d'abord entre les ,lu?ri5s et les ,calv9i/es1 qui1 selon la rem>que de ,*&l]1 ds l'enfance de la r=mation s'ana?matisai5t les uns les autres1 cause de la div]sit de leurs op9ions au sujet de l'eu*>i/ie1 et qui reg>dai5t la d\ceur et la tolrance comme des *oses intolrables4 ,p> la suite ce zle se porta contre les anabapti/es dont plusieurs fur5t mis l'am5de1 emprisonns1 bannis4 ,enf9 il s'leva une qu]elle furieuse entre les gom>i/es ou vrais calv9i/es et les arm9i5s2 elle occasionna une viol5te p]scution1 dont les d]ni]s fur5t les victimes2 ceux-ci fur5t p> la suite appells remontrans4 ,jacob ,arm9ius1 l'un des pr(esseurs de ?ologie de l'univ]sit de ,leyde1 disputant sur la doctr9e de la prde/9ation1 s'avisa de s'c>t] de l'op9ion de ,calv9 ce sujet2 il tr\va dans ,gam>us1 son collgue1 un puissant adv]saire4 ,celui-ci s\t5ait que1 p> un dcret t]nel1 ,dieu avait dcid ceux d'entre les hommes qui s]ai5t sauvs ou damns4 ,comme ce d]ni] s5tim5t tait celui de la plus gr&e p>tie du cl]g des prov9ces-unies1 il s'ef=a de dcri] ,arm9ius et sa doctr9e2 on refusa t\s les accommodem5s1 on excita les magi/rats1 en leur montrant la ncessit d'extirp] l'arm9ianisme et de dtruire les arm9i5s1 que l'on traitait de pe/e1 de diables1 de mamlukes4 ,on disait hautem5t dans les *aires qu'il fallait t\t entrepr5dre1 qu'il fallait en us] comme lie avec les prtres de ,baal2 lorsque le tems de l'lection des n\veaux magi/rats fut arriv1 les prdicans dem&ai5t ,dieu des hommes dont le zle allt jusqu' rp&re le sang4 ,en un mot le magi/rat se con=mant l'humeur massacrante de ses guides spirituels1 de ses d\x pa/eurs1 p]scuta cruellem5t les pauvres remontrans2 plusieurs de leurs m9i/res fur5t *asss du pays si subitem5t1 qu'on ne leur laissa pas mme le tems de rgl] leurs affaires1 ou de se p\voir d'arg5t p\r vivre dans le lieu de leur bannissem5t4 ,beauc\p d'autres p]sonnes fur5t obliges de s'expatri]2 le savant ,grotius fut condamn une prison p]ptuelle1 dont il se tira p> l'adresse de sa femme2 le gr&-p5sionnaire ,b>nevelt1 p\r avoir favoris le p>ti des remontrans1 eut la tte tran*e4 ,p]sonne n'ignore avec quelle furie l'esprit p]scuteur ex]a ses ravages en ,anglet]re immdiatem5t aprs la r=mation1 et cet esprit s'y e/ depuis ranim trs vivem5t plusieurs reprises4 ,s\s le rgne de ,h5ri ,,viii1 ce pr9ce f\rnit la p]scution une pe deux tran*ans qui blessait galem5t les prote/ans et les ca?oliques4 d\>d ,,vi n'tant qu'un enfant1 fut g\v]n p> son conseil et sur-t\t p> ,cranm]1 qui engagea ce pr9ce faire prir plusieurs p]sonnes p\r leurs op9ions religieuses1 mais il ne s'y prta qu'avec tant de rpugnance1 que1 se tr\vant1 p\r a9si dire1 contra9t p> cet ar*evque de sign] un arrt qui condamnait ,jeanne ,bo*] tre brle vive p\r quelques op9ions fanatiques au sujet du ,*ri/1 d\>d ne put s'emp*] de v]s] des l>mes1 et dit que s'il faisait un p* ce s]ait l'ar*evque qui en rpondrait devant ,dieu4 ,comme ,cranm] lui-mme dev9t m>tyr s\s le rgne suivant1 n\s avons t\t lieu de croire que plusieurs de ceux qui ont s\ff]t le m>tyre ne manquai5t pas de la volont1 mais de la puissance ncessaire p\r faire d'autres m>tyrs4 ,la re9e lizabe?1 quoiqu' bi5 des g>ds elle fut trs gr&e pr9cesse1 avait dans son c>actre beauc\p de la hauteur et de la svrit de son pre1 et quoique s\s le rgne de sa soeur ,m>ie elle et vu et mme et pr\v les effets cruels de la p]scution au po9t qu'elle eut assez de pe9e sauv] sa propre vie1 elle ne laissa pas de p]scut] non-seulem5t ses propres sujets1 mais encore des trang]s1 qui tai5t v5us se rfugi] dans ses tats p\r *app] aux cruauts qui s'ex]ai5t dans leurs pays2 ils fur5t sans d\te bi5 tonns de tr\v] en ,anglet]re les mmes traitem5s2 en effet quelques-uns d'entr'eux fur5t f\etts1 emprisonns1 bannis1 et d'autres fur5t mis mort1 entr'autres deux dont l'un avait une femme et neuf enfans3 ce malheureux dem&ait p\r t\te grce1 qu'on lui p]mt de sortir du royaume avec sa famille1 mais ce fut va9em5t2 t\s deux anabapti/es fur5t brls vifs ,smi?field4 ,quoique le roi ,jacques ,i et t lev dans le presbytrianisme1 et r5dt graces ,dieu1 lorsqu'il tait en cosse1 d'tre la tte d'une glise la plus pure qui ft au monde2 cep5dant qu& il p>v9t la c\ronne d',anglet]re il p]scuta les membres de son anci5ne glise1 a9si que t\s ceux qui n'adoptai5t pas les op9ions des piscopaux d',anglet]re4 ,quelques vques avai5t tr\v le secret de flatt] sa vanit2 en reconnaissance il leur l*ait la bride contre ses sujets1 dont plusieurs fur5t traits p> eux avec la b>b>ie familire aux m9i/res du seigneur4 ,son fils et son successeur ,*>les ,i m>*a sur les traces de son pre4 ,laud1 prlat hauta91 turbul5t et sans piti1 ne v\lait que p]sonne et l'audace de s'oppos] l'introduction des rites et des crmonies de l'glise roma9e dont il tait =t pris2 en consqu5ce il traita d'une faon trs cruelle plusieurs ?ologi5s et g5til%ommes prote/ans qui ne v\lai5t pas se con=m] ses caprices2 mais ce prtre f\gueux fit tant p> ses excs qu'il eut la tte tran*e1 aprs avoir t la cause du r5v]sem5t total de l'glise et de l'tat4 ,qu& ceux qui avai5t t si rcemm5t p]scuts fur5t p>v5us leurs f9s ils se comportr5t avec autant de d\ceur1 d'indulg5ce et de *>it *rti5ne que t\tes les autres sectes qu& ils ont eu le p\voir en ma92 ils p]scutr5t t\s ceux qui ne p5sai5t pas comme eux2 mais leur rgne f9it p> le rtablissem5t de ,*>les ,,ii4 ,ce pr9ce n'avait lui-mme que peu ou po9t de religion2 cela n'emp*a pas qu'il ne p]mt ses vques de t\rm5t] et d'opprim] ses sujets de la faon la plus rvoltante4 ,au lieu de consol] son peuple con/]n d'un inc5die qui avait consum la plus gr&e p>tie de la capitale1 et d'une pe/e qui avait emport des milli]s d'hommes1 il aggrava les maux de ses peuples p> des confiscations1 des am5des et p> les p]scutions qu'il fit pr\v] un gr& nombre de p]sonnes di/+ues p> leur mrite et leur savoir4 ,il e/ bon de rem>qu] que les mmes p]sonnes qui p\r leur religion fur5t bannies dans la ,n\velle-,anglet]re1 o elles rev9r5t t\tes puissantes et en possession du p\voir1 p]scutr5t dans ce pays et p\rsuivir5t jusqu' la mort les pauvres quak]s ou trembleurs1 qui de t\tes les sectes du *ri/ianisme sont la plus d\ce1 la plus innoc5te1 la plus semblable aux premi]s *rti5s4 ,le roi ,jacques ,,ii1 en cont9uant p]scut]1 suivit l'exemple de son frre1 et agit en cela con=mm5t son c>actre cruel et aux pr9cipes sangu9aires de sa religion4 ,cep5dant peu aprs son avnem5t la c\ronne1 il publia une dcl>ation en faveur de la lib]t de consci5ce2 mais p> cette dm>*e il ne se proposait que d'introduire la pr(ession publique de la religion roma9e1 qu'il v\lait t\tes =ces tablir dans ses royaumes2 s'il et pu russir1 que p\vait-on att5dre d'un pr9ce naturellem5t froce1 g\v]n p> un jsuite1 esclave du pape1 enivr de dvotion1 de fanatisme ou de zle8 ,notre pays s]ait bi5tt dev5u la proie des oiseaux de proie1 des prtres et des mo9es1 n'aurait t qu'une scne de c>nage et d'horreurs4 ,mais une heureuse rvolution dt\rna ces maux de n\s1 et sauva la nation de la de/ruction dont elle tait m5ace4 ,durant le rgne de ,guillaume ,,iii1 qui n'tait nullem5t dvot1 mais1 qui semblable ,guillaume ,i1 pr9ce d',orange1 favorisait les g5s de mrite de quelque religion qu'ils fuss5t1 et qui d'ailleurs avait t plac sur le trne de la ,gr&e-,bretagne1 p> le cons5tem5t et les sec\rs de t\tes les sectes prote/antes qui sont p>mi n\s2 durant ce rgne1 dis-je1 t\te p]scution fut ass\pie jusqu' ce que v]s la f9 du rgne suivant1 un prtre fanatique#ch avant sem la discorde1 la p]scution prote/ante comm5a se ranim] et montr] ses griffes2 mais la mort de la re9e ,anne mit f9 aux projets s9i/res du p>ti qui g\v]nait alors1 et la p]scution fut ensevelie dans le mme tombeau qu'elle4 ,puisse-t-elle n'en jamais sortir1 et ne plus v5ir tr\bl] cet heureux pays6 #ch ,le docteur ,sa*ev]ell4 ,n\s voyons donc que les ca?oliques roma9s n'ont po9t t les seuls qui ont p]scut1 mais la p]scution1 cette desse inf]nale1 a t adore1 fom5te1 obie p> t\tes les sectes des *rti5s ds qu'elles ont eu le p\voir d'excut] ses volonts et ses caprices4 ,cep5dant il faut conv5ir qu'elle a p\r t\j\rs fix sa demeure1 et tabli son trne dans l'glise roma9e2 l elle rgne avec un sceptre de f]1 elle e/ environne de la t]reur1 elle tran*e sans ob/acle avec son glaive meurtri]4 ,,section ,,xii4 ,re*]*es sur les causes de la cruaut et de l'esprit p]scuteur que l'on rem>que surt\t dans les prtres de l'glise roma9e4 ,si n\s considrons les cruauts normes ex]ces p> les prtres de l'glise roma9e1 mme sans que ri5 p>t les y engag]1 et s\v5t sur des p]sonnes pieuses1 innoc5tes et v]tueuses1 dont t\t le crime tait de v\loir honor] ,dieu selon leurs consci5ces1 n\s demeur]ons conva9cus que p]sonne dans les nations civilises n'a p\ss aussi lo9 la frocit1 et n'a j\ un rle aussi b>b>e que le cl]g du pape4 ,l'on ne peut d\t] que dans l'espce huma9e il ne se tr\ve des individus dont les uns sont naturellem5t durs et cruels1 t&is que d'autres sont t5dres et compatissans2 cep5dant on ne peut pas suppos] que la plup>t de ceux qui se de/95t au s]vice des autels ne soi5t t\s *oisis que p>mi les hommes de la premire espce1 et qu'il ne s'en tr\ve que trs peu qui ai5t des s5tim5s d'humanit4 ,il faut nanmo9s conv5ir que si les prtres roma9s euss5t t\s t *oisis p>mi les tres les plus cruels1 ils ne p\rrai5t po9t agir autrem5t qu'ils ne font4 ,puis donc que la frocit p> laquelle ces hommes se di/+u5t de t\s les autres1 ne peut tre attribue quelque qualit naturellem5t inhr5te en eux ou qui leur soit p>ticulire1 il faut en *]*] la cause ailleurs4 ,quoique l'ducation que reoiv5t les ecclsia/iques de l'glise roma9e ne diffre pas d'une faon bi5 m>que de celle des autres p]sonnes de leur religion qui tudi5t les lettres1 cep5dant n\s tr\vons dans l'ducation des membres de ce cl]g1 des circon/ances plus ou mo9s loignes qui sembl5t de nature leur inspir] les dispositions b>b>es dont n\s p>lons4 ,l'on a sur-t\t gr& so9 d'enseign] la logique et l'art de disput] aux jeunes g5s de/9s aux fonctions ecclsia/iques2 on leur remplit la tte de que/ions mtaphysiques1 de subtilits1 de ?ologie s*ola/ique2 on leur fait tudi] les pres de l'glise2 on leur fait lire des lg5des et des vies des sa9ts4 ,la logique a sans d\te de l'utilit1 mais p> la faon dont on l'applique1 dans les tudes du cl]g1 au lieu de mettre les hommes porte de dc\vrir et de df5dre la vrit1 elle n'appr5d qu' l'obscurcir et r5dre l'erreur et l'impo/ure spcieuses et probables4 ,en un mot la logique que l'on enseigne aux jeunes ecclsia/iques ne semble tre que l'art de jett] de la p\dre aux yeux des autres1 mais cette p\dre revi5t s\v5t contre eux-mmes et les aveugle p\r la vie4 ,la mtaphysique n'e/ propre qu' leur remplir l'esprit de mots vides de s5s1 d'ides vagues1 de notions fausses1 d'op9ions arbitraires4 ,la s*ola/ique n'e/ qu'un tissu de que/ions inutiles1 ridicules et s\v5t indc5tes4 ,les ouvrages des pres1 p\r lesquels on leur inspire la vnration la plus pr(onde1 les infect5t p\r l'ord9aire d'op9ions errones1 leur inspir5t un esprit de p>ti1 des ides sup]/itieuses1 des maximes dang]euses2 en un mot excit5t en eux des animosits1 de la virul5ce1 de l'intolrance1 dont ces gr&s p]sonnages ont t eux-mmes anims contre ceux qu'ils traitai5t d'hrtiques4 ,enf9 les lg5des et les vies des sa9ts les confirm5t dans t\tes les ides fausses ou dang]euses qu'ils ont puises dans les pres1 leur rempliss5t le c]veau de faux miracles et de faits m]veilleux1 les acc\tum5t croire les romans les plus incroyables1 les m5songes les plus vid5s1 leur font pr5dre le fanatisme le plus dang]eux p\r la religion la plus pure1 et les c>ts de l'extravagance p\r de la vraie dvotion#ci4 #ci ,l'on a dj rapport dans cet essai diffr5s exemples qui pr\v5t l'orgueil1 l'humeur turbul5te1 l'esprit cruel et p]scuteur p> lequel un gr& nombre de pres de l'glise s'e/ di/+u2 cep5dant p\r r5dre ce tableau plus complet n\s jo9drons encore un supplm5t cet essai1 dans lequel n\s p>l]ons des maximes dang]euses1 des op9ions erronnes1 des ides biz>res1 des sup]/itions1 de la crdulit1 des int]prtations ridicules des critures que l'on tr\ve dans les ouvrages de ces gr&s hommes2 n\s y jo9drons en peu de mots les que/ions indc5tes et ridicules que l'on agite dans la ?ologie s*ola/ique2 n\s p>l]ons encore d'une f\le d'extravagances que les bons ca?oliques1 a9si que quelques autres *rti5s1 ont reg>d comme des effets de la plus sublime dvotion4 ,aj\tez t\t cela que ceux qui sont *>gs de l'in/ruction des jeunes g5s de/9s l'tat ecclsia/ique1 tant des prtres eux-mmes1 n'p>gn5t ri5 p\r inspir] leurs lves l'ide qu'ils sont inf9im5t suprieurs aux laques2 et que ceux-ci doiv5t avoir p\r eux le respect le plus pr(ond2 ils leur inculqu5t de plus que l'hrsie e/ le plus gr& des crimes1 que ri5 n'e/ plus ncessaire et plus lgitime que d'extirp] les hrtiques2 que l'on doit reg>d] les incrdules comme les hommes les plus dang]eux dans un tat2 que l'on doit employ] les moy5s les plus cruels et les plus sangu9aires p\r les rprim]2 que t\tes les voies dont on se s]t p\r y p>v5ir sont ju/es et trs agrables la div9it2 que le cl]g e/ de/9 p> tat s'acquitt] de la fonction la plus sublime de combattre les ennemis de l'glise4 ,a9si *>gs de connaissances inutiles1 remplis de zle et de frnsie p\r des op9ions fausses1 p\r des crmonies absurdes2 b\ffis d'orgueil et de vanit#dj1 empoisonns de pr9cipes p]nicieux1 les jeunes ecclsia/iques sort5t des sm9aires o ils ont t duqus2 s'ils entr5t ensuite dans quelqu'ordre mona/ique1 ils y mn5t une vie rcluse qui les r5d sombres et mlancoliques1 qui aigrit leur c>actre1 qui les porte la cruaut4 ,en effet que peut-on att5dre de p]sonnes sque/res du monde1 qui n'ont aucune occupation raisonnable1 qui sont prives de t\t amusem5t et des plaisirs mme les plus innoc5s8 ,mais soit qu'ils embrass5t la vie mona/ique1 soit qu'ils entr5t dans le cl]g sculi]1 les ecclsia/iques roma9s sont obligs de g>d] le clibat2 c'e/ aux mdec9s et aux naturali/es1 exam9] les effets physiques que l'obs]vation exacte de cette loi peut produire sur le tempramm5t2 ils dcid]ont si elle n'e/ pas propre r5dre quelques hommes *agr9s et cruels3 au mo9s e/-il c]ta9 que le clibat les isole1 il anantit p\r eux les li5s si d\x du m>iage1 de la pat]nit1 de la p>5t1 qui sont sans d\te1 propres n\rrir dans les hommes la bi5faisance1 la s5sibilit1 la piti4 ,comme un gr& nombre de mo9es et de prtres de l'glise roma9e sont =cs de s'int]dire t\te conv]sation avec le sexe1 t&is qu'elle e/ p]mise aux prtres des autres pays1 et qui sagem5t rgle t5d polir1 ad\cir1 humanis] les hommes3 cette circon/ance seule peut n\s faire dev9] p\rquoi les prtres de l'glise roma9e sont plus durs et plus froces que les laques4 ,il e/ bon d'obs]v] en passant que l'on r5contre plus de tri/esse1 de brutalit1 de cruaut *ez les ,mahomtans1 les ,turcs et les ,maures1 a9si que dans les autres nations o la conv]sation et le comm]ce famili] des deux sexes sont int]dits1 que dans les pays o les hommes et les femmes sont confondus et viv5t en socit4 #dj ,indp5damm5t de cette vanit que l'on inspire aux jeunes g5s de/9s l'glise1 les p]sonnes qui tudi5t les lettres sont dj disposes p> elles-mmes mpris] la p>tie ignorante du g5re huma94 ,dans le temps o le peu de savoir qui exi/ait dans le monde tait exclusivem5t possd p> les prtres1 ceux-ci tai5t trs fi]s1 et cela f\rnit au cl]g roma9 la facilit de tromp] et de tyrannis] les pauvres laques4 ,puisque cette conv]sation si agrable avec les femmes e/ d'une si gr&e utilit p\r les hommes1 quel dommage n'e/-ce pas p\r les deux sexes1 que les femmes ne soi5t pas p\r l'ord9aire leves de manire r5dre leur comm]ce plus utile1 et p\r n\s et p\r elles-mmes6 ,si1 au lieu de leur remplir la tte de bagatelles ou de *oses encore pires1 on leur inspirait de bonne heure le gt des objets vraim5t e/imables1 on ne les v]rait pas cont9uellem5t occupes de futilits et c\rir aprs des amusem5s enfant9s1 ridicules1 coteux et s\v5t crim9els2 leur conv]sation ne s]ait ni aussi insipide1 ni aussi imp]t95te qu'elle l'e/ trop communm5t2 au contraire1 si leur esprit tait cultiv et enri*i de connaissances1 dont il n'e/ pas d\teux qu'elles ne fuss5t trs susceptibles1 quelle satisfaction et quelles ress\rces ne tr\v]ai5t-elles pas en elles-mmes1 et quel po9t ne se r5drai5t-elles pas adorables nos yeux6 ,quel p\voir et quels *>mes n'aurait pas la beaut si elle tait orne de la bont1 de la raison1 de la sci5ce6 ,les attraits une fois fltris1 ne re/]ait-il donc pas encore aux femmes des qualits propres leur mrit] nos g>ds1 notre e/ime1 notre atta*em5t8 ,mais rev5ons notre sujet4 ,l'on a fait rem>qu] au comm5cem5t de cet ouvrage1 que plusieurs des passions auxquelles la nature huma9e e/ sujette1 f9iss5t p> se *ang] en cruaut qu& elles vont l'excs4 ,il n'e/ po9t de passions qui pr\v5t mieux cette vrit que l'orgueil et l'ambition2 or il n'y a p]sonne au monde qui soit plus sujet ces deux passions que le cl]g de l'glise roma9e4 ,l'on peut encore aj\t] cela qu'une tr\pe nombreuse de brig&s1 e/ plus effronte et plus cruelle1 que celle qui n'e/ compose que d'un petit nombre de fripons2 il en e/ de mme des prtres roma9s dont l'audace et la m*ancet sont augm5tes p> leur nombre4 ,enf9 il e/ bon d'obs]v] que les prtres et les mo9es sont tirs p\r la plup>t de la lie du peuple4 ,l'on a vu des papes mmes sortir de la fange p\r mont] sur le trne pontifical1 d'o ils ont insolemm5t donn des lois aux pot5tats de l',europe#da4 #da ,grgoire ,,vii tait d'une naissance trs obscure4 ,ce fut lui qui eut les dmls les plus sanglants avec l'emp]eur1 qu'il =a1 comme on a vu1 de v5ir implor] sa clm5ce4 ,ce fut ce mme pape qui s5tit qu'il tait de l'intrt de l'glise que les prtres ne fuss5t po9t m>is4 ,alex&re ,v dans son enfance avait t m5diant4 ,pie ,v tait fils d'un b\vi]4 ,sixte ,v avait g>d les p\rceaux4 ,presque t\s les mo9es sont tirs de la plus vile populace1 et n'ont jamais reu une ducation honnte2 d'ailleurs ils viv5t dans des c\v5s1 o rgn5t des cabales1 des ha9es1 des jal\sies1 des animosits peu propres leur =m] un bon c>actre4 ,quoique l'orgueil et l'ambition excit5t s\v5t les hommes la cruaut1 cep5dant sans p\voir ils ne peuv5t l'ex]c] impunm5t au gr de leurs dsirs4 ,malheureusem5t p\r la *rti5t1 comme on l'a fait obs]v] ailleurs1 les prtres de l'glise roma9e ont j\i d'un gr& p\voir1 et c'e/ l ce qui les a mis porte de remplir l'univ]s de leurs abom9ations1 de leurs p]scutions1 de leurs cruauts4 ,d'ailleurs les s\v]a9s1 aveugls p> la dvotion1 ou p> une fausse politique1 leur ont t\j\rs prt ma9 =te1 et se sont cru en consci5ce obligs d'immol] les victimes dsignes p> leur fureur4 ,dans presque t\s les tems1 les pr9ces et les magi/rats n'ont t1 p\r a9si dire1 que les m9i/res des v5geances et des passions des papes et du cl]g4 ,les dits les plus sangu9aires ont t t\j\rs ceux qui ont eu p\r objet de mettre c\v]t les intrts du sac]doce4 ,depuis la fondation du *ri/ianisme1 n\s voyons en t\t pays les rois presque uniquem5t occups tir] l'pe sur l'ordre de leurs prtres1 et travaill] contre leurs intrts les plus *]s p\r ma9t5ir des hommes oisifs et turbul5s dans la possession des droits qu'ils ont visiblem5t usurps sur leurs concitoy5s3 en un mot n\s voyons les pr9ces s'avilir au po9t de se r5dre les satellites et les b\rreaux de quelques spculateurs ignorans et prsomptueux1 qui sont p>v5us1 faire reg>d] leurs futiles dcisions comme ncessaires au bi5-tre des nations1 et comme des oracles du ciel4 ,c'e/ a9si que le cl]g roma91 qui fait pr(ession d'abhorr] le sang1 a tr\v le secret d'ext]m9] ses ennemis1 et de remplir la t]re de c>nage en c>tant de lui l'app>5ce de la cruaut4 ,les *efs des nations ont pris sur eux l'odieux f>deau de la p]scution2 ils se sont *>gs de la ha9e qui aurait d retomb] sur les prtres odieux dont ils n'tai5t que les in/rum5s aveugles1 et dont s\v5t ils sont les premires victimes4 ,quelque disposs que quelques hommes puiss5t tre la cruaut p> leur m*ant naturel1 il en e/ beauc\p qui n'os5t lui donn] un libre c\rs p> la cra9te de ,dieu et encore plus p> celle des hommes2 mais lorsqu'ils peuv5t ex]c] leurs fureurs p> les ma9s des autres1 lorsqu'ils sont au-dessus de la cra9te des hommes1 lorsqu'ils sont enc\rags p> leur nombre1 p> l'impunit1 p> l'aveuglem5t des peuples1 p> les usages reu p> les lois1 c'e/ alors que1 sans r\gir1 ils se p]mett5t les plus gr&s excs2 c'e/ alors qu'ils ont le front de prt5dre que ,dieu exige que l'on tr\ble les consci5ces1 que l'on t\rm5te les hommes1 que l'on porte p>t\t le f] et le feu4 ,il n'y a po9t de =faits que l'on ne soit en droit d'att5dre d'un ordre d'hommes dont le coeur e/ a9si dprav4 ,il semble que t\tes ces circon/ances att5tivem5t peses1 suffis5t p\r n\s r5dre raison de la conduite du cl]g roma93 ces reflexions peuv5t n\s dc\vrir les vraies raisons qui font qu'il surpasse en cruaut les laques et les p]sonnes qui ont reu une ducation honnte4 ,d'ailleurs les plus gr&s impo/eurs doiv5t tre les plus dfians1 et les hommes les plus dfians sont t\j\rs les plus cruels4 ,,suppl,,m5t ,a ,l',,essai ,,sur ,,la ,,cruaut ,,religieuse4 ,comme dans l'essai prcd5t l'on a dj fait s5tir les consqu5ces f*euses qui rsult5t de la vnration qu'ont les *rti5s1 et sur-t\t les ca?oliques roma9s que l'on de/9e l'glise1 p\r les ouvrages des pres2 comme on a dit que la ?ologie s*ola/ique1 dans laquelle on ex]ce les jeunes ecclsia/iques1 e/ remplie de que/ions futiles1 odieuses et mme indc5tes2 comme on a montr que la lecture des lg5des romanesques1 et des vies des sa9ts disposait une crdulit ridicule et faisait aj\t] foi des contes dp\rvus de vraisemblance et de bon s5s1 et faisait reg>d] l'en?\siasme et la sup]/ition comme la dvotion la plus p>faite2 je me crois oblig de pr\v] mes ass]tions p> des exemples4 ,je comm5c]ai donc p> rapport] les op9ions errones1 les crmonies sup]/itieuses1 les faux miracles que l'on tr\ve dans les ouvrages de plusieurs des premi]s pres de l'glise2 j'y jo9drai le rcit de quelques miracles raconts p> les plus anci5s hi/ori5s ecclsia/iques1 et je p>f]ai de la vie de quelques sa9ts illu/res4 ,,section ,,premi,,re4 ,des op9ions errones et des crmonies sup]/itieuses que l'on tr\ve dans les pres de l'glise4 ,b>beyrac1 dans son trait de la morale des pres de l'glise1 a fait voir clairem5t que plusieurs de ces docteurs1 en dclamant contre le m>iage1 et en faisant des loges outrs du clibat1 ont jet les fondem5s de la vie mona/ique1 et ont fait natre l'ide de ces voeux contre nature1 p> lesquels une multitude d'hommes et de femmes s'oblig5t transgress] l'ordre =mel de la div9it qui comm&e aux tres de l'espce huma9e de crotre et de multipli]4 ,le mme auteur obs]ve que les religieuses sont s\v5t qualifies p> les pres d'p\ses de ,jsus-,*ri/2 il rem>que que sa9t ,jrme donne s\v5t le titre de madame ,eu/o*ie qui tait religieuse1 comme p>lant l'p\se de ,jsus-,*ri/1 t&is qu'il donne sa mre le titre de belle-mre de ,dieu4 ,le mme criva9 obs]ve que c'e/ le j>gon in9telligible dont ,/4 ,cyrille se s]t p\r exalt] le sacrem5t de l',eu*>i/ie1 qui a produit p> dgrs la doctr9e mon/rueuse de la transub/antiation4 ,il rapporte la maxime abom9able de sa9t ,augu/9 que les ju/es ou les croyans ont droit t\t1 et que les mcrant n'ont droit ri54 ,ce pr9cipe p>at tre le fondem5t sur lequel l'glise roma9e a depuis lev ses prt5tions illimites sur l'autorit temporelle4 ,les p>oles de ce sa9t sont si rem>quables1 tant l'g>d du droit des fidles1 que relativem5t au p\voir qu'il attribue aux pr9ces sur les bi5s de leurs sujets1 que je ne puis me disp5s] de les rapport] ici4 ,ce gr& sa9t crivant aux donati/es1 leur dit3 ,et quamvis res quque t]r5a non rect quoquam possid]i possit1 nisi vel jure div9o1 quo cuncta ju/orum sunt1 vel jure humano1 quod 9 pote/ate regnum e/ t]r1 ideoque res ve/ras falso appelletis1 quas nec ju/i possidetis1 et secundm leges regum t]r5orum amitt]e jussi e/is2 fru/raque dicatis1 nos eis congreg&is laboravimus1 cm scriptum legatis labores impiorum ju/i ed5t1 etc4 ,le *evali] ,isaac ,newton1 dans le quatorzime *apitre de ses rem>ques sur les prophties de ,daniel1 a recueilli dans les ouvrages des pres un gr& nombre de dogmes errons1 de crmonies sup]/itieuses1 de faux miracles dbits p> ces sa9ts p]sonnages4 ,il cite sur-t\t p\r exemples les deux ,,ss4 ,grgoire de ,nysse et de ,nasianze1 ,s4 ,cypri51 ,s4 ,jrme1 ,s4 ,basile1 ,s4 ,*ryso/me1 ,s4 ,a?anase4 ,les pay5s1 dit ,newton1 tr\vai5t du plaisir et de l'amusem5t dans les ftes de leurs dieux1 et n'tai5t nullem5t disposs s'en priv]2 en consqu5ce ,grgoire1 p\r facilit] leur conv]sion1 in/itua des ftes annuelles en l'honneur des sa9ts et des m>tyrs2 a9si les ftes des *rti5s fur5t inv5tes p\r remplac] celles des pay5s4 ,a la fte de ,nol1 l'on imag9a de port] des guirl&es de li]re1 de se rj\ir et de faire bonne *re1 p\r que cette fte tnt lieu de saturnales et de bac*anales444 ,l'amusem5t que f\rnissai5t ces sol5nits augm5ta le nombre des *rti5s et les fit dcrotre en v]tus4 ,s4 ,a?anase1 qui m\rut en #cgc1 crivit un disc\rs sur les religions des #dj m>tyrs d',antio*e2 et lorsque les ossem5s de ,s4 ,jean-,bapti/e1 qui faisai5t tant de miracles1 fur5t transfrs en gypte1 ,s4 ,a?anase les ca*a dans le mur d'une glise1 af91 disait-il1 qu'ils procurass5t des avantages aux gnrations futures4 ,s4 ,*ryso/me1 dans une de ses homlies1 exhorte les fidles au culte des sa9ts4 ,peut-tre1 leur dit-il1 v\s s5tez-v\s exhausss d'un gr& am\r p\r ces m>tyrs2 dans ce cas1 tombons g5\x devant leurs reliques1 embrassons leurs c]cueils1 c> les tombeaux des m>tyrs ont un trs gr& p\voir4 ,en un mot cet illu/re auteur pr\ve clairem5t que la plup>t des dogmes et des crmonies idoltres enseigns et pratiqus p> l'glise roma9e1 ont t inv5ts et recomm&s p> les pres de l'glise4 ,il rem>que de plus que ces sa9ts ont eu l'adresse de rp&re la croyance aux prt5dus miracles oprs p> les reliques des m>tyrs et des sa9ts#db4 ,il fait en p>ticuli] m5tion de celui qui s'opra dans ,antio*e1 lorsque l'oracle d',apollon fut rduit au sil5ce1 aussitt que le corps de ,s4 ,babylas1 m>tyr1 fut ent]r prs du temple o l'on consultait ce ,dieu4 ,l'emp]eur ,juli5 le pressant de satisfaire ses que/ions1 ne put en tir] autre *ose s9on qu'il ne p\vait rpondre cause des ossem5s du m>tyr ,babylas1 qui tait ent]r dans le vois9age4 #db ,quelques admirateurs des pres de l'glise ont pris de l'humeur contre le *evali] ,newton1 p>ce qu'il avait dvoil leur sup]/ition1 peut-tre quelque *ose de pire encore1 que ces p>tisans ont v\lu df5dre3 ceux qui ont lu ces apologies et les crits des pres sans prjug1 sont en tat de jug] s'ils ont gr&em5t russi2 quoiqu'il en soit1 un homme d'esprit disait ce sujet4 ,qu'il n'avait po9t lu d'apologie p\r les pres qui n'augm5tt son av]sion p\r eux4 ,s4 ,*ryso/me1 qui rapporte ce d]ni] miracle1 dit que ,juli5 donna des ordres p\r qu'on tt les os de ,s4 ,babylas af9 qu'ils n'emp*ass5t plus ,apollon de r5dre ses oracles2 mais qu'aussitt que ces prcieuses reliques fur5t entres du faub\rg de ,daphn dans la ville d',antio*e1 le tonn]re dtruisit et la /atue du ,dieu et son temple4 ,s4 ,*ryso/me emploie une homlie entire1 et un trs long disc\rs qui la suit h>angu] au sujet de ,babylas1 et des miracles qui s'oprai5t j\rnellem5t p> le moy5 des reliques des m>tyrs1 p\r l'dification de l'glise et p\r confondre les incrdules1 et il assure que ces miracles pr\vai5t la c]titude de la rsurrection4 ,ce qui vi5t d'tre rapport e/ d au docteur ,middleton1 qui me f\rnit encore deux miracles rapports p> deux autres pres de l'glise4 ,/4 ,grgoire de ,nysse rapporte que ,/4 ,grgoire1 surnomm le ,taumaturge ou le faiseur de miracles1 tant en voyage1 fut =c de se rfugi] dans un temple pay5 fameux p> les oracles qui s'y r5dai5t1 et o les dmons se montrai5t visiblem5t aux prtres3 mais le sa9t ayant invoqu le nom de ,jsus1 les mit t\s en fuite2 ayant fait un signe de la croix1 il purifia l'air pollu p> la fume des sacrifices4 ,le mat9 du j\r suivant1 qu& le prtre v9t p\r remplir ses fonctions ord9aires1 les diables se montrr5t lui et lui apprir5t que la nuit prcd5te ils avai5t t *asss p> un trang] et qu'il ne leur tait po9t p]mis de rev5ir2 il ne fut po9t en tat de les rappel]1 ni p> ses en*antem5s1 ni p> ses sacrifices4 ,en consqu5ce le prtre en fureur se mit c\rir aprs ,grgoire1 et l'ayant atte9t sur la r\te il le m5aa de le maltrait]4 ,mais ,grgoire mprisant ses m5aces lui fit ent5dre qu'il avait un p\voir suprieur celui des dmons1 et qu'il p\vait les faire all] o il v\lait4 ,le prtre tonn de ce disc\rs lui dem&a p\r preuve de ce qu'il disait qu'il les ft r5tr] dans le temple d'o il les avait bannis4 ,grgoire le v\lut bi5 et se cont5ta d'crire un billet trs c\rt en ces mots3 ,grgoire ,satan1 r5tre4 ,le prtre1 *>g de ce billet1 le plaa sur l'autel1 et les diables reprir5t possession de leur anci5ne demeure4 ,/4 ,jrme1 qui passe p\r le pre de l'glise le plus di/+u p\r son savoir et son jugem5t pr(ond1 n\s dit1 dans la vie de ,/4 ,anto9e1 premi] ermite1 qu'allant faire visite un autre ermite nomm ,paul1 il r5contra d'abord un ,c5taure qui lui montra le *em91 et ensuite un satyre pi$s de *vre dont le front tait arm de cornes1 qui lui fit amiti et qui se recomm&a ses prires1 a9si que t\s ses confrres les satyres du pays4 ,/4 ,augu/9 dit positivem5t avoir vu en ?iopie un peuple compos d'hommes sans ttes1 ayant deux gros yeux sur la poitr9e1 et faits d'ailleurs comme les autres4 ,voyez1 ,augu/4 ,s]mones ad fratres suos 9 ,eremo4 ,s]m4 #cc1 page #bic4 ,ou ces sa9ts p]sonnages ont cru les faits m]veilleux qu'ils rapport5t1 ou ils ne les ont po9t crus3 s'il les ont crus1 il faut qu'ils ai5t t trangem5t ridicules2 s'ils ne les ont po9t crus1 c'e/ au lecteur dcid] du nom qu'on doit leur donn]1 et jug] combi5 on doit compt] sur leurs rcits4 ,cep5dant il n'e/ po9t difficile de dev9] ce qu'on doit p5s] de la bonne foi de ,/4 ,jrme1 qui reconnaissant qu'un fait calomnieux dbit sur les juifs p> les *rti5s de ,jrusalem tait totalem5t improbable1 aj\te nanmo9s que l'on ne doit pas condamn] une erreur qui a p\r pr9cipe la ha9e p\r les juifs et un zle pieux p\r la foi4 ,non condemnemus errorem qui de odio ,judorum et fidei pietate desc5det4 ,dans un autre endroit1 ce pre fait ent5dre que dans les disputes de controv]se dans lesquelles on se propose plutt de remport] la victoire que de tr\v] la vrit1 il tait p]mis de se s]vir de t\tes les fraudes qui p\vai5t contribu] va9cre son adv]saire4 ,on peut dire que l'exemple de ce gr& sa9t e/ fidlem5t suivi p> la plup>t des ?ologi5s2 ils sembl5t avoir trs soigneusem5t banni la bonne foi de leurs disputes1 dans lesquelles on ne tr\ve p\r l'ord9aire que des subtilits1 des sophismes et des piges que ces qu]elleurs se t5d5t rciproquem5t4 ,il p>at encore qu'un gr& nombre d'entre eux se sont propos ,/4 ,jrme p\r modle dans les invectives1 les injures1 les calomnies dont ils ont so9 de se *>g] les uns les autres4 ,en effet ri5 de plus atroce1 de plus sc&aleux1 de plus oppos la *>it *rti5ne que la faon dont ce pre traite le pauvre ,ruf9 qui avait le malheur de n'tre pas de son avis2 il lui prodigue les noms de s]p5t1 de vipre1 de dmon1 etc42 il le dv\e ,satan4 ,il faut conv5ir que de semblables modles ne sont pas propres inspir] ni la politesse1 ni la modration1 ni la *>it aux jeunes ?ologi5s qui puis]ont des pr9cipes dans les ouvrages de ces docteurs4 ,au re/e ,/4 ,jrme se r5d ju/ice lui-mme2 il ne r\git po9t d'av\] et de v\loir ju/ifi] son c>actre2 il disait une *ose et s'en ddisait ensuite2 il argum5tait p\r et contre suivant les occasions et selon que la *ose lui p>aissait utile2 il prt5d autoris] sa conduite p> l'exemple de ,/4 ,paul et de ,jsus-,*ri/ lui-mme1 qu'il reprs5te comme se s]vant de t\tes les armes qui se prs5tai5t sa ma91 sans avoir aucun g>d p\r la s9crit et la vrit1 auxquelles il ne croit pas que l'on soit a/re9t dans la dispute4 ,le savant ,mo%eim1 quoique p>tisan trs zl du *ri/ianisme1 a raison de cra9dre que ceux qui irai5t puis] des lumires dans les ouvrages des plus gr&s et des plus sa9ts docteurs du quatrime sicle1 ne les tr\vass5t t\s sans exception disposs tromp] et m5tir1 t\tes les fois qu'ils croyai5t que l'intrt de la religion l'exigeait4 ,cet auteur p\vait avoir assurm5t les mmes cra9tes p\r les docteurs des autres sicles2 il aurait pu dire avec notre gavant ,middleton3 ,si ces pres plus rc5s dt]m9s p> l'intrt ou p> un faux zle ont pu rp&re des m5songes avrs1 ou si avec t\t leur savoir ils ont pu tre d'une crdulit assez honteuse p\r croire eux-mmes les contes absurdes qu'ils atte/5t1 n\s aurons des raisons p\r s\ponn] que les mmes prjugs ont influ plus =tem5t sur les pres plus anci5s1 qui aux mmes intrts joign5t encore mo9s de savoir1 mo9s de jugem5t et plus de crdulit4 ,voyez les ,o,euvres du docteur ,middleton1 ,tome ,,iv1 pag4 #aac1 #abh et #acj4 ,quoiqu'il en soit1 on ne f9irait pas si l'on v\lait copi] t\s les miracles et les contes absurdes et ridicules rapports gravem5t p> ,eusbe1 ,?odoret1 ,sozomne1 vagrius et les autres hi/ori5s ecclsia/iques les plus accrdits4 ,ils n\s pr\v5t ou la f\rb]ie ou la crdulit de ceux qui racont5t de p>eilles fables4 ,au re/e ces rcits m]veilleux se sont p]ptus dans l'glise roma9e3 p\r s'en conva9cre l'on n'a qu' lire entre autres les confr5ces de ,cassi51 ouvrage rempli de prodiges et de miracles qui oblig5t d'admir] la =ce du fanatisme et l'tonnante /upidit des mo9es1 c'e/--dire1 des plus p>faits *rti5s4 ,on retr\ve le mme esprit dans la vie de ,/4 ,franois1 fondateur d'un ordre nombreux1 crite p> ,/4 ,bonav5ture1 qui l'a remplie de contes propres faire r\gir t\s ceux en qui l'en?\siasme n'a pas compltem5t te9t les lumires du bon s5s4 ,enf9 n\s tr\vons le mme fanatisme1 la mme crdulit1 la mme f\rb]ie dans un gr& nombre d'ouvrages publis p> les jsuites1 qui depuis deux sicles ne sembl5t v5us que p\r plong] ou ret5ir les ca?oliques dans l'ignorance et la b>b>ie dont nos anctres se sont heureusem5t tirs4 ,telles sont les lectures dont on orne l'esprit des jeunes g5s de/9s s]vir l'glise roma9e s\s les ordres du pape6 il ne faut po9t tre surpris aprs cela si1 l'exemple des gr&s sa9ts qu'on leur propose p\r modles1 ils se font un mrite d'tre f\rbes1 de mauvaise foi1 intolrants et cruels2 ou s'ils croi5t atte9dre la p]fection la plus sublime =ce de fanatisme1 d'extravagances et de crdulit4 ,voyons ma9t5ant si les op9ions qu'ils puis5t dans les pres de l'glise sont propres les r5dre plus s5ss et plus v]tueux4 ,,section ,,ii4 ,exemples des op9ions biz>res des pres de l'glise4 ,sa9t ,ju/91 m>tyr1 dans la vue de ju/ifi] le *ri/ianisme du sc&ale de la croix1 obs]ve trs judicieusem5t que ri5 ne se fait dans le monde sans la croix2 il cite p\r exemple les mats des vaisseaux1 la =me des *>rues1 les coignes et beauc\p d'autres outils des ouvri]s3 il aj\te que ce qui di/+ue l'homme d'une faon m>que des btes1 c'e/ que qu& il e/ deb\t il a la facult d't5dre les bras et de =m] avec son corps la figure d'une croix1 il obs]ve qu'il porte au milieu du visage un nez =mant une croix1 au trav]s de laquelle il e/ =c de respir]2 il en conclut que le crucifiem5t de ,jsus-,*ri/ a t prdit p> ces mots du prophte ,jrmie1 le s\ffle de nos n>9es1 l'o9t de l't]nel a t pris dans leurs fosses4 ,ce mme pre reg>dait le m>iage comme une *ose impure p> sa nature4 ,n\s voyons1 dit-il1 quelques p]sonnes qui r5onc5t l'usage illgitime de se m>i]1 p> lequel n\s satisfaisons le dsir de la *air4 ,dans un autre endroit1 il prt5d que le ,*ri/ a v\lu natre d'une vi]ge dans la vue d'abolir l'acte de la gnration qui e/ l'effet d'un dsir vicieux et illicite1 le seul dsir *>nel auquel le sauveur n'ait pas succomb4 ,sa9t ,irne prt5d que le s]m5t e/ t\j\rs une *ose crim9elle1 en cela il s'accorde avec ,sa9t ,ju/91 m>tyr1 comme il fait aussi sur l'article du m>iage1 qu'il assure n'avoir t p]mis p> l'vangile qu'en faveur de la duret des coeurs4 ,ce sa9t tablit p\r une rgle gnrale que t\tes les fois que l'criture sa9te rapporte une action sans la condamn]1 n\s ne devons po9t la blm] ou y tr\v] r$ire1 quelque odieuse qu'elle p>aisse1 mais qu'alors n\s devons la reg>d] comme un type1 ou une figure4 ,c'e/ d'aprs ce pr9cipe qu'il ju/ifie les ince/es des filles de ,lo? et de ,?am>2 c>1 dit-il1 n\s ne devons pas prt5dre tre plus sages que ,dieu4 ,ri5 de plus ridicule et de plus fa/idieux que les argum5s dont il se s]t p\r ju/ifi] les ,isralites d'avoir vol les gypti5s2 il se fonde sur-t\t sur le passage trange qui se tr\ve au *apitre ,,xvi1 v]s4 #i de ,/4 ,luc1 o ,jsus-,*ri/ dit3 faites-v\s des amis dans le ,ciel avec les ri*esses iniques1 af9 qu'ils v\s reoiv5t dans les tab]nacles t]nels4 ,c>1 dit ,/4 ,irne1 t\t ce que n\s acqurons1 quoiqu'inju/em5t1 tant pay5s1 si aprs notre conv]sion n\s l'employons au s]vice du ,seigneur1 n\s sommes p> l ju/ifis4 ,con=mm5t cette doctr9e n\s voyons qu'en #adig1 le pape donna ordre ,jean ,giglis1 vque de ,worce/] qu'il p]mt que l'on retnt les bi5s des autres de quelque manire que l'on s'en ft emp>1 p\rvu que l'on en donnt une c]ta9e portion aux commissaires du pape ou leurs sub/ituts4 ,v4 ,:>ton's ,anglia ,sacra4 ,au re/e le cl]g de l'glise roma9e semble avoir univ]sellem5t adopt cette maxime2 les prtres et les mo9es ne font aucune difficult de rconcili] ,dieu les voleurs et ceux-qui se sont enri*is p> les rap9es les plus criantes1 p\rvu qu'ils donn5t une portion des bi5s qu'ils ont inju/em5t acquis l'glise ou aux hpitaux4 ,il p>at que c'e/ cette belle doctr9e qu'ont t dues anci5nem5t les fondations de la plup>t des c\v5s et mona/res1 faites p> des seigneurs puissants et des pr9ces1 qui en m\rant donnai5t au cl]g et aux mo9es une portion plus ou mo9s considrable de ce qu'ils avai5t arra* aux hommes4 ,voici comm5t sa9t ,clm5t d',alex&rie int]prte l'av5ture d',abimele* qui de sa f5tre ap]ut ,isaac bad9ant avec ,rebecca4 ,abimele*1 dit-il1 ce roi curieux1 reprs5te la sagesse1 qui e/ au-dessus de celle du monde4 ,rebecca reprs5te la pati5ce2 or la sagesse considra att5tivem5t le my/re du bad9age4 bad9age div96 s'crie-t-il4 ,c'e/ le mme que celui qu',hraclite attribue ,jupit]1 etc4 ,il dit encore qu',abimele* e/ ,jsus-,*ri/ notre roi1 qui du haut des cieux considre nos jeux1 c'e/--dire1 nos actions de graces1 nos l\anges1 nos transports d'allgresse1 etc4 ,si on lui dem&e quelle e/ la f5tre au trav]s de laquelle le ,sauveur a reg>d1 il n\s dira que c'e/ la *air p> laquelle il s'e/ manife/4 ,ce pre prescrit trs rig\reusem5t le jene et l'ab/95ce des alim5s1 dont il assure que n\s devrions n\s s]vir que p\r cons]v] la vie et nullem5t un vue de satisfaire nos apptis4 ,d'o l'on voit que ces sa9ts1 a9si que les mo9es leurs disciples1 font consi/] en gr&e p>tie la religion dans des actions contraires ce que ,dieu prescrit notre nature4 ,dieu comm&e au g5re huma9 de crotre et de multipli]1 mais ces gr&s sa9ts n\s appr5n5t que le m>iage e/ impur et illgitime2 le crateur v\lut atta*] des dsirs notre nature et n\s a donn les moy5s de les satisfaire1 nanmo9s en les satisfaisant1 mme avec modration1 il p>at que n\s commettons un crime affreux6 ,cont9uons p\rtant exam9] les op9ions de ,/4 ,clm5t d',alex&rie4 ,n\s ne devons pas1 selon lui1 n\s livr] la bonne *re1 p>ce qu'il y a un c]ta9 diable trs g\rm& qui prside la table1 et c'e/ un des plus m*ans dmons4 ,il met au nombre des excs de mang] du pa9 blanc1 dont l'usage lui p>at effm91 et qui *ange un alim5t ncessaire en une volupt sc&aleuse4 ,il ne p]met pas aux jeunes g5s de boire du v91 et condamne t\s ceux qui en font v5ir des pays trang]s4 ,il proscrit la musique tant vocale qu'in/rum5tale1 mo9s que l'on ne v\lt *ant] des hymnes accompagns de la h>pe ou du lu?4 ,il en veut sur-t\t la flte1 qu'il dit tre plus conv5able aux btes qu'aux hommes1 et cela p\r une raison trs s+ulire1 c'e/1 dit-il1 p>ce que les bi*es en aim5t le son1 et p>ce que c'tait l'usage de j\] de la flte p5dant que les talons c\vrai5t les jum5s4 ,il blme la mode de port] des guirl&es1 et entre autres bonnes raisons1 il prt5d que c'e/ insult] ,jsus-,*ri/ et se moqu] de sa passion1 durant laquelle il portait une c\ronne d'p9es4 ,il croit que les *rti5s sont obligs d'imit] ce que ,jacob fit p> ncessit lorsqu'il se s]vit d'une pi]re comme d'un oreill]1 action qui1 selon ,/4 ,clm5t1 fut si mritoire qu'elle r5dit ce patri>*e digne d'avoir une vision cle/e4 ,il ne veut pas que l'on porte d'autre c\leur que le blanc1 la seule qui convi5ne la c&eur que doit avoir un *rti51 et dans laquelle ,dieu1 selon lui1 s'e/ t\j\rs montr4 ,quelles ides grossires et ridicules un tel homme devait-il avoir de la div9it6 ,/4 ,clm5t dclame contre les miroirs1 il prt5d que c'e/ une idoltrie de s'en s]vir1 vu que ,mose a df5du de se faire des images4 ,il reg>de l'usage de se faire ras] la b>be comme un crime dte/able1 p>ce que la b>be s]t di/+u] les deux sexes1 jo9t ce que t\s les *eveux de notre tte sont compts1 et p> consqu5t les poils de la b>be le sont a9si que t\s les autres poils du corps4 ,il reg>de les faux *eveux comme une impit abom9able2 il n'et pas fait grce aux p]ruques s'il y en avait eu de son temps2 il prt5d que port] de faux *eveux c'e/ en impos] aux hommes et faire outrage ,dieu1 vu que c'e/ l'accus] de ne n\s avoir pas donn de *eveux assez beaux2 il aj\te que lorsqu'un prtre donne la bndiction une femme qui porte de faux *eveux en lui imposant la ma9 sur la tte1 ce n'e/ po9t elle qu'il bnit1 p>ce que sa tte n'e/ po9t elle4 ,il attribue l'apa?ie des ,/oci5s son vrai ,gno/ique1 ou p>fait *rti51 qu'il reprs5te comme exempt de t\te passion1 comme ins5sible galem5t au plaisir et la d\leur2 il prt5d que ,jsus-,*ri/ tait a9si1 aussi bi5 que ses aptres1 aprs sa rsurrection4 ,jsus-,*ri/1 dit-il1 n'avait beso9 ni de boire1 ni de mang] p\r n\rrir son corps1 et qu& il le faisait1 c'tait uniquem5t p\r ne po9t pass] p\r un esprit4 ,/4 ,cypri5 tait de la mme op9ion que ,/4 ,clm5t sur l'importante matire de la *evelure4 ,il assure qu'une femme qui colore ses *eveux gte et corrompt l'ouvrage de ,dieu1 et se r5d p> l plus c\pable qu'une adultre2 il aj\te que c'e/ donn] un dm5ti ,dieu qui a dit que l'on ne p\vait r5dre blanc un *eveu noir4 ,aprs avoir obs]v qu'il e/ dit dans l',apocalypse1 que les *eveux du ,sauveur tai5t blancs comme de la neige et comme de la la9e1 voici comme il p>le au femmes3 ,quoi6 dit-il1 v\s avez en horreur ces *eveux blancs qui v\s font ressembl] au ,sauveur8 ,ne craignez-v\s donc pas que votre crateur ne v\s reconnaisse po9t au j\r de la rsurrection8 ,ne craignez-v\s pas qu'avec le visage svre d'un c5seur il ne v\s dise3 ,ce n'e/ pas l mon ouvrage1 ce n'e/ pas l mon image8 ,v\s avez pollu votre peau avec un f>d trompeur2 v\s avez te9t vos *eveux avec des c\leurs adultres2 v\s avez dtruit votre face p> la fraude1 votre figure e/ corrompue1 votre port e/ totalem5t altr4 ,v\s ne v]rez po9t ,dieu puisque v\s n'avez po9t les yeux que ,dieu v\s a faits1 mais ceux que le dmon a gts4 ,/4 ,cypri5 prt5d que les fidles doiv5t obir implicitem5t aux ordres des vques1 *oisis avec les =malits ord9aires1 comme le seul moy5 de prv5ir les hrsies2 il dit que quiconque leur dsobx1 dsobx ,dieu lui-mme1 mo9s que quelqu'un ne ft assez tmraire1 assez ins5s1 assez sacrilge p\r imag9] qu'un vque puisse tre tabli sans l'approbation de ,dieu1 t&is que ,dieu a dit lui-mme qu'un pass]eau ne tombe po9t t]re sans sa p]mission4 ,dans un autre endroit il fait dp5dre le salut du peuple de la validit de l'lection de son vque1 qu'il fait dp5dre des moeurs de cet vque4 ,dans ce cas les peuples ne sont-ils pas s\v5t en gr& dang]8 ,t]tulli5 condamne le mti] de la gu]re1 t\s les arts1 t\s les (fices1 t\tes les pr(essions1 le comm]ce de t\tes les *oses dont les pay5s p\vai5t faire un usage idoltre4 ,il e/ encore bon d'obs]v] que ce mme ,t]tulli5 suppose =mellem5t que ,dieu e/ corporel4 ,qui e/-ce1 dit-il1 qui ni]a que ,dieu ne soit un corps1 quoique ,dieu soit un esprit8 quis autem negabit ,deum esse corpus1 et si ,deus spiritus8444 ,origne a ins9u la mme *ose4 ,grec3 ,,z,,matos1 selon lui1 signifie quelque *ose de plus subtil que les corps grossi]s4 ,beausobre1 dans son hi/oire du ,mani*isme1 fait voir que les premi]s pres de l'glise avai5t des op9ions qui pass]ai5t auj\rd'hui p\r trs errones sur la nature de la div9it1 et suivai5t en cela les s5tim5s de la secte philosophique dans laquelle *acun d'eux avait t lev4 ,les uns en faisai5t un feu intellig5t2 d'autres lui donnai5t une figure et un corps2 d'autres1 et sur-t\t les ,platonici5s1 en faisai5t un tre incorporel1 dont t\t tait man1 qui pntrait t\t1 et dans lequel t\t tait =c de r5tr]4 ,lactance reg>de t\t comm]ce comme un effet de l'av>ice1 et comme peu conv5able la satisfaction1 la tranquillit1 au mpris du monde qui doit rgn] dans le coeur d'un bon *rti54 ,il blme de mme ceux qui plac5t leur arg5t intrt1 quelque faible qu'il soit1 ce qu'il reg>de comme une espce de vol4 ,/4 ,*ryso/me e/ de son s5tim5t sur le comm]ce1 il s'appuie d'un passage des pseaumes o ,david dit qu'il n'a po9t connu la m>*&ise4 ,lactance prt5d encore qu'il n'e/ jamais p]mis d't] la vie un homme1 soit judiciairem5t1 soit la gu]re1 soit son corps df5dant4 ,/4 ,bazile e/ aussi de cet avis2 il croit que t\t homme qui en tue un autre1 quelque ju/e raison qu'il ait de le faire1 se r5d c\pable d'un meurtre2 que t\t laque qui se df5d contre un voleur1 doit tre excommuni1 et qu'un prtre doit tre dpos2 c>1 dit-il1 suivant les p>oles du ,sauveur1 celui qui se s]t de l'pe prira p> l'pe4 ,quoiqu'il soit trs vid5t que ces docteurs ont t beauc\p trop lo91 il e/ p\rtant c]ta9 que l'on fait en gnral trop peu cas de la vie des hommes2 les gu]res si de/ructives et si peu ncessaires1 les duels et les combats1 sont sans d\te des actions abom9ables2 il p>at mme qu'il y a de la cruaut leur t] la vie p\r des vols3 l'humanit ne sembl]ait-elle pas exig] qu'il n'y et que l'assass9at1 et un petit nombre d'autres crimes atroces1 que l'on punt de mort8 ,un p>eil *tim5t rs]v de tels =faits seulem5t1 ne s]ait-il pas trs propre inspir] bi5 plus d'horreur p\r eux8 ,/4 ,bazile p\sse la pati5ce *rti5ne jusqu' dire qu'il n'e/ po9t p]mis de plaid] p\r df5dre ses droits4 ,il se fonde sur un passage de l'criture o il e/ dit3 si quelqu'un plaide contre v\s p\r avoir votre habit1 donnez lui encore votre manteau4 ,il proscrit de plus l'usage du s]m5t dans t\te occasion4 ,d'o l'on voit que les pr9cipes des ,quak]s ou ,trembleurs sont plus anci5s qu'on ne p5se2 cep5dant les hommes qui montr5t la plus gr&e vnration p\r les pres1 mpris5t les ,quak]s1 p>ce qu'ils ont les mmes s5tim5s que les pres8 ,t]tulli51 que n\s avons dj cit1 fait le procs t\s ceux qui accept5t des emplois publics1 sur-t\t dans les tribunaux2 il les reg>de comme incompatibles avec la pr(ession du *ri/ianisme qui ne p]met po9t de pr5dre "p la condamnation ou au *tim5t d'aucun crim9el1 et cela p>ce que dans l'orig9e l'habillem5t des juges1 la ,prtexte1 le ,laticlave1 les ,faisceaux1 etc41 tai5t en usage *ez les idoltres4 ,il fait de t\s les magi/rats les collgues des dmons1 qui sont1 selon lui1 les magi/rats de ce monde4 ,quoique les pres fuss5t assez gnralem5t de l'avis de ,t]tulli5 jusqu'au rgne de ,con/ant91 ils ne t>dr5t pas *ang] de /yle1 et ils employr5t t\te leur loqu5ce p\r pr\v] que ce pr9ce1 tant *rti51 devait tre le s\v]a9 lgitime de l'univ]s4 ,/4 ,*ryso/me fait de gr&s loges de la prud5ce d',abraham et de la =ce qu'il eut de va9cre sa propre jal\sie au po9t d'expos] la v]tu de ,s>ah4 ,il exalte beauc\p la dfr5ce et la complaisance de celle-ci p\r son m>i en cons5tant un adultre p\r lui sauv] la vie4 ,v\s voyez1 dit ce pre1 la proposition qu'il has>de de lui faire et de quelle manire elle l'accepta4 ,elle ne refuse po9t1 elle ne m>que po9t de rpugnance1 elle se prte son rle admirablem5t dans cette comdie444 ,comm5t assez la l\] p\r avoir cons5ti1 aprs une si longue cont95ce et dans un ge si avanc1 de livr] son corps des b>b>es af9 de sauv] son m>i8 ,cep5dant l'ge avanc de ,s>ah1 qui p\vait avoir alors soixante-c9q ans1 devrait plutt dim9u] qu'augm5t] le mrite de son action2 vu que p>mi ces b>b>es il p\vait y en avoir probablem5t de jeunes4 ,on peut lui appliqu] ce qu'un de nos potes a dit plaisamm5t de ,suzanne1 dont la *a/et fut attaque p> des vieill>ds3 ,elle n'et pas montr tant d'humeur s'ils euss5t t plus aimables4 ,,section ,,iii4 ,des int]prtations absurdes que les plus anci5s pres de l'glise ont donnes de l'criture4 ,je me suis t5du plus que je ne comptais d'abord dans la section prcd5te1 a9si je vais t*] d'tre plus concis dans le prs5t article2 je me born]ai rapport] deux exemples de la faon dont deux des pres les plus di/+us p> leur savoir ont int]prt l'criture4 ,/4 ,ju/91 m>tyr1 n\s appr5d plusieurs reprises que le tal5t d'int]prt] les critures sa9tes lui avait t accord p> une grce spciale de la div9it3 voyons quelle preuve il n\s f\rnira de cette faveur div9e4 c\tez1 dit-il1 comm5t ,jsus-,*ri/1 aprs avoir t crucifi1 accomplit le symbole de l'arbre du p>adis t]re/re1 et t\t ce qui devait ensuite arriv] aux ju/es4 ,c> ,mose fut envoy avec une v]ge p\r dlivr] son peuple2 avec cette v]ge il p>tagea la m]1 il fit sortir l'eau du ro*]1 et avec un morceau de bois il r5dit d\ces les eaux qui tai5t amres4 ,ce fut encore avec des btons que ,jacob p>v9t faire que les brebis de son oncle ,laban produisir5t des agneaux qui lui app>t9r5t lui-mme1 etc4 ,il cont9ue sur le mme ton faire des allusions et il tr\ve la croix de ,jsus-,*ri/ dans t\s les endroits de l'anci5 te/am5t o il s'agit de morceaux de bois2 en suivant le mme plan dans un autre endroit o il dcrit le combat des ,isralites avec ,amalec1 il dit que lorsque ,jsus1 fils de ,nun1 conduisit le peuple l'ennemi1 ,mose fut en prires1 ayant ses bras t5dus en =me de croix2 que tant qu'il demeurait dans cette po/ure1 ,amalec avait du dess\s2 mais que lorsqu'il cessait1 son peuple avait le dsavantage2 c> les ,isralites ne remportr5t pas la victoire p>ce que ,mose priait1 mais p>ce que t&is que le nom de ,jsus tait la tte des tr\pes1 ,mose reprs5tait la figure de la croix4 ,origne1 p>lant des (fr&es de paix1 dit que la graisse e/ l'me de ,jsus-,*ri/1 qui e/ l'glise de ses amis p\r lesquels il a s\ff]t la mort4 ,il e/ donc probable1 selon lui1 que qu& on n\s df5d de mang] de la graisse on veut n\s dire la mme *ose que lorsque le ,sauveur disait que n\s ne devons po9t (f5s] le mo9dre de ceux qui croi5t en lui4 ,selon le mme docteur le cr\pion1 tant l'extrmit du corps1 e/ une figure de la p]fection et de la p]svrance dans les bonnes oeuvres4 ,l'e/omac1 qui app>t5ait aux prtres1 dsigne un coeur rempli de sagesse1 d'intellig5ce et de sci5ce div9e1 ou plutt rempli de ,dieu lui-mme4 ,le prophte ,jrmie prdisant la captivit de ,babylone et ses suites1 dit au nom du ,seigneur3 ,je f]ai v5ir un gr& nombre de *asseurs1 et ils les *ass]ont de t\tes les montagnes1 de t\tes les coll9es1 et des creux des ro*]s4 ,p> les ro*]s ,origne ent5d les prophtes1 les aptres et les sa9ts anges4 ,p\rquoi8 p>ce que ,jsus-,*ri/ e/ appel le roc1 et p> consqu5t t\s ceux qui l'imit5t sont des rocs4 ,mais lorsque ,dieu dit ,mose3 je te plac]ai dans la f5te du ro*] et tu me v]ras p> d]rire1 mais tu ne v]ras pas ma face4 ,que croyez-v\s1 qu',origne ent5de p> cette f5te8 ,c'e/ la v5ue de ,jsus-,*ri/1 l'aide de laquelle n\s voyons les p>ties po/rieures de la div9it4 ,voil la manire dont ce gr& docteur int]prte l'anci5 te/am5t3 on p\rrait rapport] un gr& nombre d'explications semblables qu'il donne du n\veau te/am5t1 mais l'exemple suivant suffira p\r en donn] une ide4 ,lorsque le ,sauveur opra le miracle des c9q pa9s1 il fit asseoir le peuple sur l'h]be4 ,dev9]ait-on qu',origne dise qu'il le fit p>ce qu',isae avait dit que t\te *air n'e/ que de l'h]be8 ,ce n'e/ pas t\t encore2 en faisant asseoir le peuple sur l'h]be1 le ,sauveur v\lut indiqu] que n\s devons s\mettre la *air1 et subjugu] sa propre sagesse1 af9 de p>ticip] au pa9 qu'il a bni4 ,le peuple fut rang ou p> c5ta9es1 p>ce que c5t e/ un nombre sacr et consacr ,dieu cause de son unit1 ou p> c9quanta9es1 p>ce que c9quante e/ le symbole de la remission#dc1 suivant le my/re du jubil qui se clbrait t\s les c9quante ans2 ou enf9 cause de la ,p5tecte4 ,les d\ze corbeilles tai5t les d\ze siges sur lesquels les d\ze aptres devai5t s'asseoir p\r jug] les d\ze tribus d',isral4 #dc ,voyez ,b>beyrac1 ,trait de la morale des pres1 *ap4 ,,vii1 #ad et suivans4 ,il e/ bon d'obs]v] qu',origne a t durem5t c5sur p> plusieurs des pres de l'glise p\r ces int]prtations absurdes de l'criture2 mais il faut rem>qu] en mme tems que ceux qui l'ont le plus blm1 tels que ,/4 ,jrme1 ,/4 ,*ryso/me1 ,/4 ,augu/91 ,/4 ,hilaire1 ,/4 ,ambroise et ,/4 ,grgoire1 sont s\v5t tombs dans les mmes absurdits qu'ils repro*5t ce docteur4 ,cep5dant si ,origne a s\v5t allgoris des passages de l'criture qui devai5t tre pris dans un s5s littral1 il e/ c]ta9 qu'il en a pris beauc\p d'autres la lettre qui aurai5t d s'ent5dre allgoriquem5t4 ,c'e/ a9si que pr5ant la lettre le passage de ,/4 ,luc o il e/ dit de ne po9t song] la vie1 ni de ce que l'on mang]a1 ni de ce dont on se vtira1 ,eusbe n\s appr5d qu',origne n'avait qu'un seul habit1 allait t\j\rs nuds pi$s1 et ne songeait jamais au l5dema94 ,bi5 plus1 ce pauvre homme prit la lettre le passage qui se tr\ve dans le *apitre ,,xix1 v]s4 #ab1 de ,/4 ,ma?ieu1 o ,jsus-,*ri/ dit3 il y a des ,eunuques gui se sont faits eux-mmes ,eunuques p\r le royaume des cieux2 en consqu5ce il se priva de sa virilit4 ,si t\tes ces int]prtations ridicules des critures que n\s donn5t les pres de l'glise1 aux faux miracles qu'ils rapport5t1 aux op9ions extravagantes qu'ils dbit5t1 n\s joignons encore qu'ils ont presque t\j\rs enseign ou pratiqu la p]scution t\tes les fois qu'ils en ont eu le p\voir et que les intrts de leur p>ti l'exigeait1 n\s s5tirons p\rquoi les prtres de l'glise roma9e se font un devoir de p]scut]4 ,n\s avons fait voir ci-devant jusqu'o les ,a?anases1 les ,cyrilles1 les ,*ryso/mes ont port l'esprit d'intolrance1 la cruaut religieuse1 la sdition4 ,dans c]ta9es occasions ,/4 ,augu/9 s'e/ montr huma9 et pacifique1 il disait aux ,mani*ens3 que ceux-l sviss5t contre v\s qui ignor5t avec quelle difficult l'on p>vi5t gurir l'oeil intrieur de l'homme au po9t de p\voir envisag] son soleil4 ,mais depuis1 ce gr& sa9t a bi5 *ang de ton2 il prit l'esprit des vques ses confrres et se dcl>a comme eux p\r la viol5ce et la p]scution2 en consqu5ce1 ,b>beyrac le qualifie de patri>*e des *rti5s p]scuteurs1 v qu'il fut le premi] qui fit l'apologie de la p]scution1 et qu'il e/ l'auteur de t\s les sophismes dont les ?ologi5s se sont s]vis depuis p\r df5dre une conduite et des s5tim5s si contraires aux lumires du bon s5s1 l'quit naturelle1 la *>it *rti5ne1 la bonne politique1 l'esprit vanglique4 ,a9si c'e/ avec raison que ,b>beyrac dit des sa9ts pres1 ,dieu ne plaise que n\s pr5ions de tels docteurs p\r nos matres et nos guides en matire de morale4 ,il e/ ais de s5tir les effets que doit produire l'tude des ouvrages de ces hommes rvrs sur les ecclsia/iques de la communion roma9e et sur d'autres qui ont le mme respect p\r leurs dcisions4 ,ne soyons po9t tonns que ces pres soi5t reg>ds comme des oracles p> les adhr5s du pape1 c'e/ eux que sont dus la plup>t des dogmes ridicules1 des op9ions abom9ables et des crmonies sup]/itieuses dont la religion roma9e e/ remplie3 l'on a donc lieu d'tre surpris de voir des ?ologi5s prote/ans montr] p\r eux la mme dfr5ce2 cette faon de p5s] peut la longue faire adopt] aux prote/ans les mmes illusions1 les mmes doctr9es p]nicieuses lorsqu'elles s]ont inculques p> des hommes /upides ou fripons4 ,en consqu5ce1 n\s voyons que les prote/ans qui ont t les p>tisans les plus zls des pres et qui ont v\lu que l'on et la plus aveugle s\mission p\r leur autorit1 ont t gnralem5t p>lant les plus ports la sup]/ition1 des dogmes in9telligibles1 la p]scution4 ,il e/ encore facile de voir combi5 ces pres si vants sont propres t\ff]1 dans ceux qui les tudi5t1 le gt de la vraie sci5ce1 que la plup>t de ces sa9ts ont =tem5t dcrie4 ,les ?ologi5s1 t\j\rs anims du dsir de dom9]1 n'ont en effet ri5 de mieux faire que de dt\rn] les esprits des hommes des objets importans1 dont l'intrt du cl]g veut les occup] uniquem5t4 ,leur empire s]ait bi5tt dtruit si les laques v5ai5t s'clair]4 ,en consqu5ce1 n\s voyons les plus gr&es lumires de l'glise s'lev] avec =ce contre les sci5ces monda9es2 ,s4 ,jrme1 dans son comm5taire sur l'ptre de ,s4 ,paul1 montre un s\v]a9 mpris p\r la gomtrie1 l'ari?mtique1 la musique2 il veut qu'on s'en ti5ne la sci5ce de la pit4 ,s4 ,augu/9 dit p>eillem5t que les bons *rti5s doiv5t mpris] l'a/ronomie et la gomtrie1 p>ce que ces sci5ces ne contribu5t po9t au salut et ne s]v5t qu' jett] dans l'erreur4 ,ces deux sci5ces ont encore le malheur de dplaire ,s4 ,ambroise1 elles n'appr5n5t1 selon lui1 qu' s'g>]4 ,s4 ,grgoire1 pape1 s'e/ sur-t\t signal p> un zle vraim5t b>b>e contre les ouvrages des anci5s1 qu'il a dtruit1 peut-tre1 plus encore que le calife ,musulman1 qui fit brl] les livres de la fameuse biblio?que d',alex&rie4 ,enf9 le cl]g roma91 imbu des ides de ces pres1 a suivi leurs traces1 et p>-t\t o il en eut le p\voir1 il teignit t\tes les sci5ces1 les arts et l'indu/rie1 comme on peut sur-t\t s'en conva9cre en voyant la situation de l',espagne et du ,portugal4 ,,section ,,iv4 ,que/ions odieuses1 ridicules et indc5tes qui ont t agites4--,de la ?ologie s*ola/ique4 ,sa9t ,?omas d',aqu91 communm5t nomm le docteur anglique1 l'aigle de la ?ologie1 p>mi une inf9it de que/ions imp]t95tes1 a propos les suivantes3 ,p\rquoi ,jsus-,*ri/ ne s'tait pas fait h]maphrodite8 ,p\rquoi le ,sauveur n'avait pas pris le sexe fm998 ,si les sa9ts ressuscit]ai5t avec leurs inte/9s8 ,si ,jsus-,*ri/ e/ ressuscit avec la vsicule du fiel8 ,s'il y aurait des excrm5s en p>adis8 ,alb]t-le-,gr&1 qui fut le matre de ,sa9t ,?omas d',aqu91 emploie dans ses oeuvres v+t-quatre *apitres discut] les que/ions suivantes qui ont jadis gr&em5t occup les ?ologi5s s*ola/iques3 ,si l'ange ,gabriel e/ app>u la vi]ge ,m>ie s\s la =me d'un s]p5t1 d'un pigeon1 d'un homme1 ou d'une femme8 ,si cet ange se montra s\s la =me d'un jeune homme ou d'un vieill>d8 ,comm5t il tait vtu8 ,si son habillem5t tait blanc ou de deux c\leurs2 si son l+e tait blanc ou sale8 ,en quel mom5t il s'e/ montr8 ,si c'tait le mat91 midi1 ou le soir8 ,quelle tait la c\leur des *eveux de la vi]ge ,m>ie8 ,si ,m>ie tait v]se dans les arts libraux ou mcaniques8 ,si elle avait des connaissances dans la grammaire1 la r?orique1 la logique1 la musique1 l'a/ronomie8 etc41 etc41 etc4 ,s4 ,anton91 autre ?ologi5 s*ola/ique du premi] ordre1 se propose les que/ions suivantes3 ,si la mre de ,dieu1 tant un homme1 aurait pu dev5ir le pre naturel de ,jsus-,*ri/8 ,si ,m>ie1 tant ence9te et assise1 ,jsus-,*ri/ tait assis comme elle8 ,s'il tait c\* lorsqu'elle-mme tait c\*e8 ,l'on peut jo9dre ces que/ions un gr& nombre d'autres qui ont occup les ?ologi5s s*ola/iques2 elles ne le cd5t po9t celles qui ont t rapportes1 en imp]t95ce et en indc5ce1 au po9t que n\s n\s croyons obligs de les rapport] en lat94 ,les voici3 ,utrum sem5 ,*ri/i potu]it g5]>e8 ,utrum v]bum potuit hypo/atic uniri natur irrationali1 puta equi1 as9i1 etc48 ,utrum potuit uniri hypo/atic natur diabolic1 natur human damnat peccato1 etc48 ,9 quo casu v] ess5t h propositiones1 ,deus e/ equus1 as9us1 diabolus1 damnatus1 peccatum8 ,utrum ,*ri/us resurg5do resumpsit prputium1 si porro resumpsit1 quo pacto1 quove modo s]vatur 9 t]ris8#dd #dd ,le lecteur obs]v]a que ,sa9te ,brigitte1 au ,v,ie livre de ses rvlations ou rv]ies1 dit que la vi]ge ,m>ie lui a dit que peu de temps avant son assomption elle avait confi le sa9t prpuce de son fils ,/4 ,jean4 ,on dit que cette prcieuse relique e/ actuellem5t g>de dans l'glise de ,/4 ,jean de ,latran1 ,rome1 o t\t les ans1 durant la sema9e de ,pque1 on l'expose la vnration des fidles4 ,cep5dant le c>d9al ,tolet assure que ce prpuce fut jadis vol de cette glise et fut transport ,calcata1 en ,italie1 o il fit de gr&s miracles4 ,plusieurs villes d',allemagne prt5d5t nanmo9s le possd]1 et le pape ,innoc5t ,,iii n'osa pas dcid] cette importante "q4 ,voyez le ,i,ie disc\rs du docteur ,/ill+fleet4 ,telles sont les que/ions impud5tes qui ont long-tems occup les ?ologi5s6 ,jettons ma9t5ant un c\p d'oeil sur les pieuses extravagances et les notions fanatiques dont les p]sonnages les plus dvts de l'glise roma9e ont rempli leurs ouvrages2 je n'en rapport]ai que quelques exemples *oisis1 tirs du livre des maximes des sa9ts1 dont le clbre ,fnlon1 ar*evque de ,cambray1 e/ l'auteur4 ,la puret de l'am\r div91 selon ,s4 ,franois de ,sales1 consi/e ne ri5 v\loir p\r soi-mme1 ne *]*] que le bon plaisir de ,dieu1 au po9t de prfr]1 si c'tait son plaisir1 les t\rm5s t]nels la gloire4 ,le mme sa9t dit que1 s'il savait que sa propre damnation plt un peu plus ,dieu que son salut1 il quitt]ait son salut p\r c\rir la damnation444 ,il dit encore ailleurs3 ,je n'ai presqu'aucuns dsirs1 mais si j'avais r5atre1 je v\drais n'en avoir po9t du t\t4 ,si ,dieu v5ait moi1 j'irais aussi lui1 s'il ne v\lait po9t v5ir moi1 je me ti5drais tranquille et je n'irais po9t lui4 ,fnlon n\s appr5d que les ouvrages des sa9ts les plus e/ims des d]ni]s sicles se sont remplis de semblables expressions1 qui t\tes se rduis5t dire que l'on ne doit plus avoir de dsirs intresss1 pas mme p\r le mrite1 la p]fection ni p\r le salut t]nel2 il aj\te qu'il n'y a po9t d'quivoques l-dessus1 et que c'e/ le langage des pres1 des docteurs de l'cole et de t\s les sa9ts4 ,une me ds9tresse1 dit ,s4 ,franois de ,sales1 n'aime po9t les v]tus1 p>ce qu'elles sont belles et pures1 ni p>ce qu'elles sont aimables1 ni p>ce qu'elles orn5t et r5d5t aimables ceux qui les pratiqu5t1 ni p>ce qu'elles sont mritoires et r5d5t l'homme digne des rcomp5ses t]nelles1 mais uniquem5t p>ce qu'elles sont la volont de ,dieu4 ,le m>iage spirituel1 dit ,fnlon1 unit immdiatem5t l'p\se avec l'p\x1 ess5ce avec ess5ce1 sub/ance avec sub/ance1 c'e/--dire1 la volont la volont l'aide de cet am\r pur dont il e/ "q4 ,alors ,dieu et l'me ne font qu'un mme esprit1 de mme que dans le m>iage l'p\x et l'p\se ne font qu'une mme *air4 ,les ,soliloques de ,s4 ,augu/91 sont remplis d'un p>eil langage en?\sia/e et in9telligible que le fanatisme pr5d p\r de la dvotion1 et qui n'e/ rellem5t qu'un galima?ias extravagant4 ,s4 ,anto9e1 h]mite1 avait c\tume de dire que p\r que la prire ft p>faite1 il fallait que celui qui prie ne s'ent5dt pas lui-mme4 ,que dirons-n\s des dvotions my/iques d'une sa9te ,?rse1 qui s'e/ r5due fameuse p> sa f]veur1 ses visions et ses extases1 ses am\rs avec ,jsus-,*ri/8 ,il e/ vrai que cette sa9te n\s appr5d elle-mme la vraie cause de sa dvotion4 ,elle n\s dit que ceux qui l'environnai5t1 craignai5t s\v5t qu'elle ne ft folle1 tant tait gr&e sa mlancolie et ses vapeurs1 qui l'emp*ai5t s\v5t de pr5dre aucun repos1 soit la nuit1 soit le j\r4 ,l'on peut en dire autant de la fameuse sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 et de sa9te ,m>ie-,madela9e de ,pazzi1 qui t\tes deux ont prt5du avoir eu l'avantage d'p\s] ,jsus-,*ri/4 ,au re/e1 il e/ ais de s5tir de quelle nature tait le mal qui t\rm5tait ces malheureuses cratures4 ,l'tat de vapeurs et de mlancolie o ces sa9tes se tr\vai5t frquemm5t tait un effet trs naturel de leurs au/rits1 de leurs jenes1 de la retraite o elles vivai5t enf]mes dans leurs c\v5s3 il n'en faut pas davantage p\r r5dre p>faitem5t ins5ses de pauvres filles que la nature avait sans d\te p\rvues d'un tempramm5t ard5t et d'une c]velle trs faible1 empoisonne p> des in/ructions fanatiques et des exemples qui leur faisai5t pr5dre l'en?\siasme le plus ins5s p\r la vraie pit4 ,quoiqu'il en soit1 il faut av\] que1 qu& les hommes sont imbus de maximes d'une religion fanatique1 et veul5t la pr(ess]1 ils ne peuv5t se disp5s] de dev5ir des fanatiques et des f\s1 et que la lecture des vies des sa9ts rvrs p> une religion absurde1 cruelle et p]scutante1 e/ trs propre corrompre et l'esprit et le coeur de ceux qui s'en n\rriss5t4 ,tels sont les effets que doiv5t produire sur les ecclsia/iques et les mo9es de l'glise roma9e1 les lg5des1 la lecture de l'hi/oire ecclsia/ique1 la ?ologie s*ola/ique et les ouvrages des pres4 ,r,,flexions ,,sur ,,les ,,p]s,,cutions ,,religieuses ,,et ,,sur ,,les ,,moy5s ,,de ,,les ,,pr,,v5ir4 ,,section ,,premi,,re4 ,de l'absurdit et de l'inju/ice de la p]scution4 ,on peut voir p> t\t ce qui a t dit prcdemm5t de la cruaut religieuse1 que sur-t\t les ecclsia/iques ont t cont9uellem5t les b\tefeux du *ri/ianisme1 et ont allum p>mi les *rti5s les b*]s de la p]scution2 l'hi/oire et l'expri5ce j\rnalire confirm5t suffisamm5t cette vrit2 un gr& nombre qui prt5dai5t se dv\] entirem5t au s]vice de la religion1 ont fait de ce qu'ils appell5t la maison du ,seigneur une cav]ne de voleurs et de meurtri]s2 ils ont pill et dtruit les peuples2 ils ont ravag des villes opul5tes1 ils ont *ang des pays f]tiles en de va/es ds]ts4 ,il e/ vrai que les s\v]a9s et les magi/rats1 contre t\tes les rgles du bon s5s1 de la sa9e politique1 de l'humanit1 de la religion mme1 se sont laisss p]suad]1 ou mme1 ce qui e/ plus honteux1 se sont tr\vs =cs de leur prt] des sec\rs p\r opprim]1 t\rm5t] et dtruire leurs propres sujets1 des citoy5s1 des *rti5s4 ,n'e/-il pas bi5 trange que les pr9ces et ceux qui ex]c5t leur autorit1 ne voi5t pas que dans l'oeuvre inf]nal de la p]scution1 ils ne sont que les vils in/rum5s des prtres avides et sans piti8 ,quels motifs ont induit les g5s d'glise j\] un rle si fameux8 ,p> quels moy5s sont-ils dev5us assez nombreux p\r pr5dre un si gr& asc5dant dans le monde *rti58 ,qu'e/-ce qui les a mis en tat de p]scut] et de tyrannis] d'une faon si cruelle8 ,c'e/ ce que n\s avons suffisamm5t dvelopp ci-devant2 cep5dant n\s allons encore analys] ces causes d'une faon plus p>ticulire1 dans l'esprance que cet exam5 p\rra conduire la dc\v]te des remdes que l'on p\rrait oppos] un mal aussi t]rible que la p]scution p\r cause de religion4 ,avant d'all] plus lo91 il e/ bon de rem>qu] que comme le cl]g ca?olique roma9 s'e/ sur-t\t di/+u p> ses p]scutions atroces et anti-*rti5nes1 c'e/ lui que n\s aurons pr9cipalem5t en vue dans les *oses que n\s dirons p> la suite4 ,quant aux motifs qui excit5t les prtres la p]scution1 il e/ trs ncessaire de di/+u] les motifs fictifs et prt5dus de ceux qui sont rels3 leurs motifs prt5dus sont un gr& am\r p\r le bi5-tre du g5re huma91 qui les porte contra9dre t\s ceux qu'ils ne peuv5t p]suad] d'entr] dans le giron de l'glise1 et de les =c] de croire et de p5s] uni=mm5t sur la religion1 et de la pratiqu] de la mme manire2 projet bi5 s5s 7sans d\te71 et dont il e/ trs facile de se promettre l'excution6 ,les prtres prt5d5t p> l r5dre les hommes agrables ,dieu et les conduire au salut t]nel4 ,il e/ difficile de dcid] si ce projet ou ce sy/me e/ plus absurde et plus ins5s1 que tyrannique et m*ant4 ,en effet e/-il ri5 de plus extravagant que d'imag9] qu'il soit possible d'am5] t\s les hommes la mme faon de p5s] sur des po9ts ab/raits1 mtaphysiques1 in9telligibles1 tels que sont la plup>t des dogmes de la religion1 ou telle qu'on s'e/ ef=c de la r5dre8 ,en supposant la *ose possible1 la viol5ce s]ait-elle donc un moy5 d'y p>v5ir8 ,la =ce et la compulsion ne sont-elles donc pas propres faire natre l'av]sion plutt que la confiance8 ,la viol5ce peut bi5 faire et fait s\v5t des hypocrites2 mais a-t-elle jamais opr des conv]sions s9cres8 ,l'hypocrisie et la mauvaise loi peuv5t-elles tre agrables au ,dieu de la vrit8 ,d'un autre ct1 en t\rm5tant les corps des hommes1 en leur faisant pr\v] des supplices1 peut-on se flatt] de *ang] les s5tim5s de leurs mes8 ,voyons combi5 ces moy5s sont admirablem5t adapts leur f94 ,si un homme d\te d'un article de foi que l'glise a jug propos d'tablir1 son esprit s]a-t-il plus clair qu& on jett]a son corps dans un sombre ca*ot8 ,si ce premi] moy5 ne russit pas1 on n'aura qu' le mettre la torture1 et p\r remdi] au dfaut de son ent5dem5t1 ne s]a-t-on pas bi5 avanc en lui disloquant les membres8 ,ne s]a-ce pas une m?ode sre de le conva9cre1 que de lui di/5dre t\s les muscles et les n]fs1 et de lui faire pr\v] des d\leurs re*]*es8 ,si malgr t\t cela il cont9ue ne pas croire ce que v\s v\lez1 p> compassion p\r son me1 faites-lui s\ffrir la mort la plus cruelle1 p> l v\s emp*]ez que jamais il ne puisse se conv]tir2 d'ailleurs1 suivant les ides des inv5teurs de ces beaux sy/mes1 des p]scuteurs1 des assass9s religieux eux-mmes1 v\s les prcipit]ez p\r t\j\rs dans des malheurs t]nels4 ,si ces prt5dus moy5s de conva9cre l'esprit en t\rm5tant le corps et de propag] la religion en dtruisant les hommes1 sont d'une extravagance et d'une absurdit dmontres1 ils ne sont pas mo9s tyranniques et abom9ables4 ,les hommes ont des privilges et des droits inhr5s leur nature1 que l'on ne peut leur t] sans leur arra*] la vie4 ,deux de ces pr9cipaux droits sont de p5s] leur manire en matire de religion et de suivre leur consci5ce4 ,s'il se tr\ve des g5s qui p5s5t que d'autres se tromp5t ou sont dans l'erreur l-dessus1 c'e/ montr] de la *>it que de t*] p> ses conseils et ses raisons de les remettre dans le bon *em94 ,mais t\tes les t5tatives que l'on peut faire p\r viol] ces privilges sont absurdes1 p>ce qu'elles sont impossibles2 elles sont tyranniques1 p>ce qu'elles sont inju/es3 ni le s\v]a9 ni le cl]g ne peuv5t avoir le droit de p]scut]4 ,c'e/ une oppression trs odieuse que d'emprisonn] un homme cause de sa croyance religieuse1 ou1 p\r p>l] exactem5t1 p]sonne n'a le droit d'en us] de cette manire2 le condamn] l'am5de ou confisqu] ses bi5s p\r ce sujet1 c'e/ un vol2 le mettre mort p>ce qu'il ne veut po9t agir contre sa consci5ce1 c'e/ commettre un assass9at4 ,e/-il ri5 de plus abom9able que cette conduite8 ,cela pos1 l'on voit qu'il e/ trs difficile de dcid] si la p]scution p\r cause de religion e/ plus ins5se que crim9elle4 ,il n'y a qu'une impud5ce effrne qui puisse ju/ifi] une conduite si crim9elle1 et la c\vrir du prtexte de l'am\r du g5re huma91 et de procur] aux hommes le bi5-tre1 et dans ce monde et dans l'autre4 ,cette f\rb]ie e/ si palpable1 qu'elle n'e/ faite p\r en impos] qu' des hommes aveugls p> l'ignorance et la sup]/ition4 ,il e/ vid5t que ces motifs ne peuv5t tre rels2 voyons donc quels peuv5t tre les motifs vritables4 ,un tempramm5t cruel et sombre1 aigri et env5im p> les passions les plus nuisibles1 telles que la m*ancet1 l'envie1 l'av>ice1 l'orgueil1 l'ambition1 le dsir de dom9] et de tyrannis] les autres1 auxquelles on peut encore jo9dre les dlires de l'en?\siasme et du fanatisme3 voil les vrais motifs qui excit5t p]scut]1 et qu& ils sont comb9s avec un gr& fond d'hypocrisie1 ils r5d5t complet le portrait d'un p]scuteur4 ,il e/ vid5t que les plus viol5s p]scuteurs ont t s\v5t les hypocrites les plus consomms2 plusieurs d'entr'eux n'avai5t aucune religion4 ,n\s en avons des preuves dans un gr& nombre de membres du cl]g roma93 des papes1 des c>d9aux1 des inquisiteurs et des pr9ces1 ont visiblem5t p]scut p\r une religion qu'ils ne croyai5t pas4 ,t\t le monde sait le mot de ,lon ,x au c>d9al ,bembo3 ,combi5 n\s e/ pr(itable cette fable de ,jsus-,*ri/6 disait ce pr9ce des p]scuteurs et ce vicaire du ,*ri/2 cep5dant de son temps l'on voyait p>-t\t fum] les b*]s des hrtiques4 ,,section ,,ii4 ,des s\rces de l'insol5ce et du p\voir des prtres de l'glise roma9e4 ,aprs avoir fait voir que les g5s d'glise ont t\j\rs t les promoteurs et les trompettes de la p]scution p>mi les *rti5s2 aprs avoir fait connatre les motifs rels qui les ont anims2 n\s allons exam9] les moy5s p> lesquels les ecclsia/iques sont dev5us si nombreux1 et ont pris un si t]rible asc5dant dans la *rti5t4 ,p\r considr] la *ose dans son vrai po9t de vue1 il faut faire att5tion que les *rti5s admett5t d'une faon bi5 plus dcide que ne faisai5t les juifs le dogme de l'immortalit de l'me1 et celui des pe9es et des rcomp5ses de la vie future4 ,les pay5s sur-t\t n'avai5t l-dessus que des notions traditionnelles et des ides vagues1 qui les laissai5t dans une sorte d'inc]titude sur ces dogmes obscurs4 ,mais lorsque l'vangile eut promulgu le dogme de l'immortalit de l'me1 et qu& une gr&e p>tie du g5re huma9 fut p>v5ue croire f]mem5t que l'on p\vait tre p\r t\j\rs heureux ou malheureux au sortir de la vie prs5te2 cette notion1 comme de raison1 produisit de gr&es inquitudes dans t\s ceux qui l'adoptr5t2 p\r lors les ignorans s'adressr5t ceux qu'ils crur5t plus in/ruits qu'eux-mmes1 et leur dem&r5t ce qu'il fallait faire p\r tre sauvs4 ,cela aurait pu f\rnir ceux qui se voyai5t consults une belle occasion de leur dire que ce monde n'tait qu'un passage1 un sj\r d'preuves2 que les hommes p>vi5drai5t tre heureux dans l'autre monde s'ils pratiquai5t la ju/ice1 la temprance1 la *>it1 s'ils vivai5t en paix les uns avec les autres1 s'ils cultivai5t leur esprit p> la rflexion1 s'ils adorai5t ,dieu en esprit et en vrit1 mais qu'ils se r5drai5t t]nellem5t malheureux s'ils vivai5t dans le crime1 le dsordre et la crapule4 ,il e/ vrai que l'on dit quelque *ose de semblable aux hommes1 et qu'on leur recomm&e la pratique de ces devoirs2 mais au lieu de s'atta*] uniquem5t cette religion naturelle1 raisonnable1 bi5faisante1 des f\rbes et des p]v]s1 aprs avoir gagn la confiance des peuples1 inv5tr5t des fables absurdes et improbables1 imag9r5t des dogmes incomprh5sibles1 qu'ils ordonnr5t de croire s\s pe9e de la damnation t]nelle4 ,plus ces dogmes fur5t incroyables1 et incomprh5sibles1 plus on atta*a de mrite les croire3 les mmes impo/eurs y joignir5t encore une multitude de rites1 de pratiques1 de crmonies1 d'inv5tions dont ils prvir5t trs bi5 qu'ils p\rrai5t tir] un gr& pr(it4 ,la plup>t de ces dogmes obscurs1 de ces crmonies1 de ces fraudes dat5t des tems d'ignorance et de sup]/ition4 ,ce fut alors qu'on enseigna aux hommes des doctr9es effrayantes propres les s\mettre sans rs]ve l'autorit de leurs prtres4 ,ce fut alors qu'on leur p>la du purgatoire2 mais on leur apprit en mme temps que l'on p\vait s'en ra*et]1 et qu'en faisant des l>gesses l'glise1 celle-ci p\vait faire cess] les t\rm5s que la div9it faisait pr\v] aux mes des p>5s et amis1 et s'en dlivr] soi-mme4 ,ce fut alors qu'on p]suada aux hommes qu'il fallait se confess] de ses p*s un homme p*eur1 qui prt5dit avoir reu du ciel la facult de les remettre1 en v]tu du p\voir des clefs donn l'glise p> ,jsus-,*ri/1 qui s'e/ engag confirm] t\tes ses s5t5ces lorsqu'il promit ses aptres que t\t ce qu'ils aurai5t li ou dli sur la t]re1 s]ait li ou dli dans les cieux4 ,enf91 p\r combl] la mesure de l'insol5ce1 de l'effront]ie1 de l'impit sac]dotale1 a9si que celle de l'extravagance1 de l'imbcilit1 de la crdulit des laques1 le cl]g imag9a une absurdit religieuse qui surpassa t\tes celles du paganisme2 il p]suada des hommes raisonnables que les prtres avai5t le p\voir de faire le ,t\t-,puissant1 de crer le crateur de l',univ]s1 de l'aval] eux-mmes1 et de le donn] mang] aux autres3 et p\r que les prtres p>uss5t tre de la plus gr&e utilit p\r le g5re huma91 et p>-l pr5dre un gr& asc5dant sur lui1 ces mmes prtres enseignr5t qu' mo9s que la bonne int5tion du prtre ne ft jo9te ce repas cle/e1 il ne p\vait procur] aucun avantage ceux qui y p>ticipai5t#de4 #de ,si quelqu'un d\tait que l'glise de ,rome enseigne rellem5t cette doctr9e de la ncessit de l'int5tion du prtre p\r que le sacrem5t de l',eu*>i/ie sortisse son effet1 il n'aura qu' consult] l',hi/oire du concile de ,tr5te1 p> ,dup91 tome ,i1 page #aef1 o l'on voit que cet article de foi fut tabli aux conciles de ,flor5ce et de ,tr5te4 ,cep5dant quelques ca?oliques franais1 a9si que ,dup9 lui-mme1 ne sont po9t de cet avis4 ,ces op9ions1 crues malheureusem5t p> le vulgaire1 subordonnr5t entirem5t les laques au cl]g dans t\t ce qui conc]nait le salut t]nel#df4 ,cette s\mission des laques p\r les prtres ne p\vait manqu] de r5dre ceux-ci trs orgueilleux et trs insol5s4 ,ne soyons donc po9t surpris du propos qu'un jsuite espagnol t9t au duc de ,l]me4 ,c'e/ v\s1 lui dit-il1 qui me devez du respect1 puisque j'ai t\t les j\rs votre ,dieu dans mes ma9s1 et votre re9e mes pi$s4 ,un vque1 qui sans d\te a le droit d'tre plus insol5t qu'un prtre du commun1 fit savoir une impratrice qu'il n'irait pas la voir mo9s qu'elle ne promt de se pro/]n] devant lui p\r recevoir sa bndiction1 de se t5ir deb\t p5dant qu'il s]ait assis1 jusqu' ce qu'il lui et donn la p]mission de s'asseoir elle-mme4 ,v4 les rem>ques du ,dr4 ,jort9 sur l'hi/oire ecclsia/ique1 vol4 ,i1 pag4 #bcd4 ,n\s tr\vons encore que des prtres ont os dire qu'un vque e/ un ,dieu sur t]re1 qu'il e/ un roi bi5 au-dessus des rois temporels1 auxquels il a le droit de comm&]4 ,n\s voyons un pape assur] qu'il e/ lui-mme juge de t\s les hommes et qu'il ne peut tre jug p> p]sonne2 que les gr&s mon>ques ne sont que ses esclaves1 t&is qu'il e/ le roi des rois1 le mon>que du monde1 le seul1 seigneur et g\v]neur des *oses temporelles et spirituelles2 qu'il e/ tabli s\v]a9 de t\s les royaumes et de t\tes les nations2 que son p\voir e/ au-dessus de t\t p\voir1 qu'il fallait indisp5sablem5t lui tre s\mis p\r p\voir tre sauv4 ,voyez ,b[]1 hi/4 des papes1 vol4 ,i1 pag4 #bae4 #df ,on fait croire aux ,moscovites que1 lorsqu'ils meur5t1 p\r tre admis dans le ciel1 il e/ bon qu'ils pr5n5t un c]tificat sign ou scell p> le patri>*e ou l'vque3 en consqu5ce lorsqu'on ent]re un mort on lui met entre les ma9s un passeport p\r le ciel1 dans lequel on atte/e qu'il a vcu et qu'il e/ mort en bon *rti5 de la religion grecque1 qu'il s'e/ confess1 qu'il a t abs\s et a reu le sacrem5t de l',eu*>i/ie2 qu'il a r5du ,dieu et ses sa9ts le culte qui leur tait d4 ,v4 la ,religion anci5ne et mod]ne des ,moscovites1 page #aci4 ,les jsuites et beauc\p d'autres mo9es de l'glise roma9e sont dans l'usage d'expdi] de semblables passeports ceux qui veul5t bi5 les a*et]4 ,ala9 de la ,ro*e1 mo9e dom9ica91 ne fait pas difficult de dire que le p\voir d'un prtre surpasse celui de ,dieu lui-mme2 il se fonde sur ce que ,dieu employa une sema9e entire la cration du monde et son arrangem5t1 t&is qu'un prtre *aque fois qu'il dit la messe l'aide de deux ou trois p>oles peut produire non une crature1 mais l'tre suprme et incr qui e/ l'orig9e de t\tes *oses4 ,voyez son trait de dignitate et excell5tiis sac]dotum4 ,,section ,,iii4 ,de la crdulit4--,les g5s d'esprit sont s\v5t dupes des prjugs du vulgaire4 ,quoique le dogme de la ,transub/antiation dont n\s v5ons de p>l]1 a9si que plusieurs autres articles de foi de la mme trempe1 ait pris naissance dans des temps d'ignorance et de tnbres#dg1 cep5dant le monde en s'clairant n'a pas r5onc ses anci5nes folies1 et cette doctr9e e/ encore reue p> un trs gr& nombre d'hommes et mme de p]sonnes savantes et raisonnables sur t\te autre matire qui ne cess5t d'tre les dupes de leurs honteux prjugs2 ce qui n\s pr\ve combi5 peu l'on doit compt] sur les hommes en matire d'op9ions religieuses4 #dg ,pascase ,rabb]t1 abb de ,corbie en ,france1 au comm5cem5t du neuvime sicle1 fut le premi] qui s\t9t le dogme de la transub/antiation4 ,mais ce ne fut que v]s le milieu du onzime sicle que cette doctr9e fut confirme p> l'autorit du pape1 qui dcida que ceux qui refusai5t de l'admettre1 tai5t des hrtiques brl]4 ,cette op9ion fut vivem5t combattue p> ,brang]1 ar*idiacre d',ang]s3 depuis elle e/ unanimem5t adopte p> t\s les ca?oliques roma9s4 ,l'glise roma9e1 outre le privilge de faire son ,dieu1 se vante aussi de faire des miracles2 mais le plus gr& des miracles qu'elle ait jamais opr e/ celui d'tre p>v5ue faire croire aux hommes une absurdit aussi palpable et aussi grossire que le dogme de la ,transub/antiation4 ,cep5dant essayons si l'on ne p\rrait pas r5dre raison de ce phnomne surpr5ant sans rec\rir au miracle4 ,ri5 n'agit si =tem5t sur l'esprit des hommes que l'ducation1 le fanatisme1 le prjug4 ,la cra9te de faire de mauvaises affaires en ce monde et d'tre damn dans l'autre1 emp*e s\v5t d'exam9] ce qu'on dit de croire1 et mme de d\t] des prt5dues vrits que l'glise enseigne4 ,en effet si des p]sonnes1 je ne dis pas claires1 mais mme d\es du bon s5s le plus ord9aire1 osai5t rfl*ir cette doctr9e a9si qu' beauc\p d'autres impo/ures sac]dotales1 elles ne manqu]ai5t pas d'en dml] la fausset4 ,mais les g5s qui ont les yeux les plus p]ans cons5t5t s\v5t f]m] les yeux1 et les laiss] c\vrir d'un b&eau1 ils cess5t de voir et ne di/+u5t pas plus les objets que s'ils tai5t aveugles-ns4 ,de plus ce s]ait bi5 peu connatre la nature huma9e que d'imag9] que les p]sonnes les plus claires soi5t exemptes de faiblesses2 celles-ci ne se montr5t jamais d'une faon plus m>que que dans la cruaut religieuse1 p\r laquelle les hommes du plus gr& gnie ne sont s\v5t que des ins5ss et des /upides4 ,que de preuves tonnantes de sci5ce1 de sagesse1 de jugem5t1 ne tr\vons-n\s pas dans un gr& nombre de pay5s8 ,cep5dant beauc\p d'entre eux tai5t aussi esclaves de la sup]/ition que le peuple imbcille1 et adorai5t comme lui le bois et la pi]re1 ils croyai5t1 comme lui1 les fables les plus ridicules2 ils se s\mettai5t1 comme lui1 aux rites et aux crmonies les plus extravagantes de la religion4 ,combi5 p>mi les mod]nes d'hommes habiles1 di/+us p> leurs connaissances et leur savoir1 ont-ils crit et sonn le tocs9 de la p]scution1 p\r =c] les nations croire des doctr9es opposes au bon s5s8 ,quel sc&ale ne rsulte-t-il pas p\r le *ri/ianisme qui leur faisait a9si r5onc] aux lumires de la nature1 de la raison1 de l'humanit6 ,n\s avons fait voir que ce fur5t communm5t de trs gr&s sa9ts qui fur5t les plus gr&s inc5diaires2 ce fur5t des sa9ts qui j\r5t dans l'glise le rle de la discorde et des furies4 ,il e/ vrai que dans plusieurs de ces sa9ts la plus gr&e preuve de leur dlire fut d'avoir v\lu crire2 mo9s qu'on ne suppost que des fripons ont pris leurs noms p\r faire pass] des op9ions absurdes et dte/ables qu'ils avai5t intrt de faire croire aux hommes3 dans ce cas il faut conv5ir qu'ils ont p>faitem5t russi4 ,e/-il donc surpr5ant que des hommes savans et de beauc\p d'esprit puiss5t draisonn] comme les ignorans et les sots1 qu& ils s'occup5t de *oses qui ne sont po9t fondes sur la nature1 et dans lesquelles la sci5ce ou la raison ne peuv5t po9t les guid]8 ,ou bi5 si des g5s s5ss veul5t bi5 se laiss] guid] p> des fripons1 e/-il bi5 tonnant de les voir s'g>]8 ,en effet p>mi les savans ?ologi5s n\s en voyons beauc\p qui sont bi5 plus occups de se remplir la tte des op9ions des autres1 que du so9 de p5s] p> eux-mmes2 les p]sonnes qui ont beauc\p de sci5ce et d'rudition et peu de jugem5t et d'esprit1 se suiv5t communm5t les uns les autres comme les btes de somme2 et n\s tr\vons p\r l'ord9aire qu'ils ne sav5t tir] aucun fruit des connaissances dont ils se sont va9em5t sur*>gs4 ,comme les hommes qui ont le plus de tal5s et de lumires sont sujets des faiblesses1 ne sont po9t exempts des prjugs dont les autres sont imbus1 tomb5t dans des erreurs grossires et les p\ss5t mme plus lo91 il e/ plus difficile de les remettre dans le bon *em9 que les ignor5s eux-mmes4 ,font5elle dit avec raison1 que qu& les philosophes s'entt5t une fois d'un prjug1 ils sont plus incurables que le peuple lui-mme p>ce qu'ils s'entt5t galem5t et du prjug et des fausses raisons dont ils le s\ti5n5t4 ,il rapporte ce sujet l'hi/oire connue de la d5t d'or d'un enfant de ,silsie1 sur laquelle les savans disputr5t beauc\p1 jusqu' ce qu'un orfvre et dc\v]t que cette d5t avait t1 p> fraude1 rec\v]te d'une feuille d'or4 ,v4 l'hi/oire des oracles1 *ap4 #d et #h4 ,l'hi/oire de cette d5t d'or e/ celle de t\tes les disputes de controv]se qui s'lv5t dans la religion4 ,quel exemple plus frappant du p\voir de l'illusion sur les hommes les plus s5ss que les oracles du ,paganisme1 et la croyance la magie1 qui fur5t jadis adopts galem5t p> les gr&s et les petits1 les savans et les ignorans1 les philosophes et les femmelettes6 ,ces oracles p>tai5t de div9its qui n'avai5t jamais exi/ que dans l'imag9ation des potes1 et les op9ions sur la magie dans l'imag9ation des sots ou dans l'adresse des impo/eurs4 ,les *rti5s reconnaiss5t que les oracles des pay5s n'tai5t po9t dus la div9it1 mais plusieurs d'entre eux les attribu5t au dmon1 t&is qu'il e/ vid5t qu'ils tai5t dus la f\rb]ie des prtres4 ,beauc\p de *rti5s dvots ont bi5 de la pe9e se dgag] du prjug des rev5ans1 des esprits1 des app>itions1 des visions1 etc42 ils y voi5t des preuves de la rsurrection1 de l'exi/5ce d'un ,dieu et de la di/9ction des deux sub/ances dans l'homme4 ,que dirons-n\s1 en effet1 d'un de nos gr&s ?ologi5s 7le dr4 ,b>r[71 qui se s]t de ces app>itions p\r pr\v] l'exi/5ce de la div9it et celle de l'me di/+ue du corps8 ,ces *oses1 dit-il1 sont pr\ves p> les op9ions et les tmoignages du g5re huma9 sur les app>itions dont les anci5s potes et les hi/ori5s ont p>l si s\v5t1 et sur le p\voir que l'on supposait aux *>mes et aux en*antem5s1 qui devai5t tre les effets de quelque puissance invisible2 c'e/ de l que sont v5ues t\tes les ides sur la magie1 les sortilges1 sur les pactes avec les esprits mal9s2 v\loir les reg>d] comme des illusions1 ce s]ait accus] le g5re huma9 d'une /upidit et d'une crdulit trs extravagante p\r lui4 ,ce s]ait accus] la plup>t des lgislateurs de f\rb]ie et d'extravagance2 ce s]ait accus] un gr& nombre de tribunaux de cruaut et de sottise2 enf9 ce s]ait accus] un trop gr& nombre de tmo9s ou de folie ou d'une malice extrme4 ,voyez ,b>r['s ,works1 vol4 ,i1 p4 #cih et suiv4 ,d'o l'on voit que les ?ologi5s ne sont pas difficiles sur le *oix des preuves dont ils se s]v5t p\r appuy] leurs op9ions4 ,en effet1 n'en dplaise au docteur ,b>r[1 on p\rrait lgitimem5t et sans faire tort aux p]sonnes dont il cite le tmoignage1 les accus] ou de friponn]ie1 ou de sottise1 ou de malice1 ou de mauvaise foi4 ,on p\rrait lui dire que t\tes les op9ions et les tmoignages en faveur des conjurations1 des en*antem5s1 des sortilges1 ne sont dus qu' l'ignorance1 une crdulit excessive1 des pre/iges1 de mauvais desse9s4 ,ne voyons-n\s pas qu'une multitude de cratures innoc5tes la honte des tribunaux qui les jug5t et des s\v]a9s qui font des loix1 ont t inju/em5t mises mort p\r des crimes prt5dus dont il tait impossible qu'elles fuss5t c\pables8 ,ces infamies n'ont-elles pas cont9u mme dans notre nation1 jusqu' ce que notre p>lem5t1 p> un acte rc5t1 et ananti ces loix aussi folles que cruelles#dh8 #dh ,keyffl]1 dans ses ,voyages1 dit que ce sont les ,gnevois qui les premi]s dans l',europe ont aboli l'usage des procdures crim9elles contre les sorci]s2 depuis #afeb p]sonne n'a t *ez eux condamn la mort p\r sorcell]ie4 ,voyez tome ,i1 p4 #agd4 ,a l'g>d de la preuve que l'on tire des sortilges p\r pr\v] l'influ5ce des esprits mal9s sur les esprits des hommes2 les m*ancets que ceux-ci ex]c5t1 sur-t\t en faveur de la religion1 pr\v5t qu'ils n'ont pas beso9 du diable p\r p\ss] le crime l'excs4 ,l'on prt5d encore que les contes d'app>itions et de rev5ans s]v5t appuy] le dogme de la rsurrection1 de l'immortalit de l'me1 etc42 mais n\s rpondrons ceux qui se s]v5t de p>eilles preuves1 que c'e/ affaiblir une cause1 quelque bonne qu'elle puisse tre1 que de l'tay] p> de semblables purilits4 ,si tant d'absurdits ont t presque univ]sellem5t adoptes p> le g5re huma9 et crues p> des p]sonnes sages1 claires et s5ses d'ailleurs1 n\s ne devons tr\v] ni miraculeux ni surnaturel que des dogmes tels que celui de la ,transub/antiation1 a9si1 que beauc\p d'autres p>eils1 ai5t tr\v dans des gnies pr(onds des df5seurs ard5s1 et dans les peuples /upides1 des adhr5s aveugles1 capables de se prt] t\tes les extravagances et t\tes les cruauts qui leur tai5t conseilles p> leurs prtres1 sans jamais ent5dre un mot du fond de la "q4 ,qu& on eut vu que les hommes embrassai5t avec tant d'ardeur les dogmes et les crmonies1 l'aide desquelles on leur disait qu'ils obti5drai5t la flicit t]nelle et se g>antirai5t des *tim5s de l'av5ir2 qu& on vit le respect et la vnration pr(onde que montrai5t aux inv5teurs de ces doctr9es et de ces pratiques les s\v]a9s crdules autant que leurs sujets2 qu& on vit les privilges et les immunits accords aux g5s d'glise2 les honneurs et les ri*esses que l'on accumulait sur leurs ttes2 leur nombre dut naturellem5t s'accrotre3 voil sans d\te p\rquoi n\s voyons les prtres si multiplis *ez les *rti5s jusqu' ce j\r4 ,comme l'glise dev5ait si lucrative et procurait de si gr&s avantages1 une f\le d'hommes p>esseux1 avides1 orgueilleux s'empressa d'entr] son s]vice2 on entrevit des moy5s de bi5 vivre sans ri5 faire1 d'acqurir des ri*esses sans aucun travail1 des dignits et des honneurs sans mrite ni tal5s4 ,une ru*e remplie de miel ne peut manqu] d'attir] les gupes et les frlons4 ,un p>eil corps d'hommes1 a9si sp>s du re/e du g5re huma91 dev5u si nombreux1 eut des intrts non-seulem5t di/+us1 mais encore trs opposs ceux des nations2 le cl]g s'occupa donc uniquem5t du so9 de pill] et de subjugu] le monde *rti51 et aprs avoir acquis des bi5s imm5ses1 il ne songea qu' les augm5t] encore#di4 ,en consqu5ce ds que quelqu'un osait d\t] de la vrit des dogmes enseigns p> le cl]g1 ou de l'efficacit des pratiques et des crmonies qu'il avait ordonnes1 l'glise se tr\vait en dang]4 ,il fallait donc absolum5t y remdi]2 quel moy5 employ] p\r oblig] les hommes croire les *oses qu'il tait de l'intrt de l'glise ou du cl]g que l'on crt8 ,leur dire qu'ils s]ai5t damns s'ils osai5t en d\t]1 p\vait bi5 opr] quelque *ose2 mais ce moy5 ne suffisait pas encore2 il y a t\j\rs des g5s qui d\t5t1 mme malgr eux1 et qui du d\te peuv5t pass] l'incrdulit1 sans p\voir s'en emp*]4 ,il e/ donc impossible de v5ir b\t des hommes1 s9on en joignant des *tim5s futurs1 de =m] des d\tes1 et encore plus de faire connatre leurs d\tes et leur incrdulit2 p> l l'on p>vi5t les =c] de pr(ess] ce qu'ils ne peuv5t ni compr5dre ni croire et de se con=m] extrieurem5t aux volonts du cl]g4 #di ,je crois devoir rapport] ici un exemple qui pr\ve le p\voir tyrannique que le cl]g roma9 possda jadis dans notre nation1 et les moy5s qu'il mettait en usage p\r cons]v] ce qu'il nommait les droits et les immunits de l'glise4 ,en consqu5ce1 le lecteur tr\v]a ici la =mule du s]m5t que le roi ,h5ri ,,iii fut oblig de prt] sur les vangiles1 qui lui fur5t prs5ts p> un ar*evque1 t&is que lui1 a9si que t\s les vques prs5s1 t5ai5t des ci]ges allums4 ,cette crmonie e/ tire de ,ma?ieu ,p>is2 la voici telle qu'elle e/ rapporte4 ,p> l'autorit du ,dieu t\t-puissant1 du ,fils et du ,sa9t-,esprit1 n\s ana?matisons et n\s *assons des portes de notre ,sa9te ,mre glise1 t\s ceux qui sciemm5t et malicieusem5t priv]ont les glise de leurs droits4 ,aprs cela1 sur l'ordre de l'ar*evque1 on jetta les ci]ges t]re o ils s'teignir5t en rp&ant de la fume2 alors l'ar*evque dit ces mots3 qu'a9si soi5t te9tes1 priss5t et fum5t les mes damnes de t\t ceux qui viol]ont ces rgles ou qui les int]prt]ont d'une faon s9i/re4 ,alors t\t le monde s'cria1 et le roi plus s\v5t et plus =tem5t que t\s les autres ,am56 ,am56 ,am56 ,voil ce qui se passa dans la *apelle de ,sa9te-,ca!r9e ,we/m9/]4 ,voyez ,ma?ieu ,p>is dans la vie de ,h5ri ,,iii4 ,cela peut s]vir n\s faire dc\vrir p\rquoi les prtres insi/5t si =tem5t sur la ncessit de la foi et y atta*5t un si gr& mrite4 ,sans la foi1 il e/ impossible de plaire au cl]g ni d'avoir p\r lui la confiance aveugle dont il a beso9 p\r pill] et tyrannis] les peuples3 en effet que devi5drai5t les ri*esses1 la gr&eur1 le crdit1 la puissance des fripons1 sans la crdulit des sots8 ,,section ,,iv4 ,des moy5s employs p> le cl]g p\r excit] les pr9ces la p]scution4 ,c'e/ p\r s'assur] les avantages rsultant de la foi que le cl]g appella les pr9ces son sec\rs1 et les obligea d'inflig] les punitions les plus cruelles t\s ceux qui refusai5t de croire2 p\r conva9cre ces pr9ces1 il se s]vit de deux argum5t trs puissans2 l'un fut de leur dire que1 quelque inhuma9s que fuss5t les moy5s qu'ils emploirai5t p\r conv]tir les hrtiques1 ils r5drai5t ,dieu un s]vice trs agrable1 et qu'ils expi]ai5t p> l une multitude de p*s2 argum5t1 qui1 sans d\te1 dut faire une impression trs =te sur des sup]/itieux m*ans et zls4 ,l'autre fut de leur dire que ceux qui n'tai5t po9t s\mis l'glise ca?olique ne p\vai5t tre des sujets fidles d'un g\v]nem5t ca?olique4 ,cette calomnie1 malgr sa fausset1 produisit son effet1 et dans t\s les tats ca?oliques roma9s elle fit de t\s les pr9ces des p]scuteurs impitoyables de l'hrsie4 ,qu& des argum5t si conva9cans n'er5t pas la =ce de p]suad] quelques pr9ces qui osr5t prfr] les devoirs de l'humanit1 les rgles de la sa9e politique et de la vraie religion aux ordres sangu9aires du pape ou aux conseils abom9ables des prtres1 l'glise eut quelquefois rec\rs aux excommunications1 et s\v5t elle dposa ou fit assass9] les s\v]a9s qui manqur5t de complaisance on de zle p\r elle4 ,p> ces infmes moy5s et p> d'autres semblables1 la plup>t de ces pr9ces qui aurai5t d se dcl>] les protecteurs de la lib]t1 des bi5s et de la vie de leurs sujets1 se crur5t obligs de les opprim] et mme de les dtruire1 et dev9r5t1 comme on a vu1 les in/rum5s de l'ambition1 de l'av>ice1 de la cruaut des prtres4 ,cep5dant1 quoique les g5s d'glise fuss5t p>v5us mettre la puissance civile dans leurs intrts et lui faire tir] l'pe p\r eux1 voyant que la p]scution qu'ils avai5t l'impit de nomm] l'oeuvre de ,dieu1 ne se pratiquait pas assez vivem5t leur gr1 et que les laques n'y donnai5t pas t\te l'att5tion qu'ils dsirai5t1 ces ecclsia/iques t*r5t de se faire donn] un p\voir indp5dant et illimit3 ce p\voir les mit en tat d'excut] t\s leurs projets1 et l'on fut assez aveugle p\r les leur accord] dans un gr& nombre de pays4 ,l'usage que fir5t les ecclsia/iques de ce prs5t fatal1 de cette bote de ,p&ore1 fut de rp&re une inf9it de maux sur la t]re4 ,non-seulem5t ils tyrannisr5t les g5s du peuple1 et traitr5t avec la d]nire fureur t\s ceux que leur consci5ce emp*ait de s\scrire leurs dogmes1 leurs crmonies1 leurs sup]/itions2 mais encore ils fir5t s5tir leur p\voir ces pr9ces qui avai5t eu la faiblesse et la mauvaise politique de le leur accord]4 ,p> l les rois1 les emp]eurs1 les pr9ces fur5t obligs de pli] s\s le j\g du sac]doce et de se s\mettre eux-mmes la tyrannie du cl]g4 ,n\s avons fait connatre d'abord qui sont ceux qui sont dues les p]scutions p>mi les *rti5s2 n\s avons montr en second lieu quels ont t les motifs prt5dus et rels de leurs cruauts in\ies2 n\s avons ensuite fait connatre ce qui a r5du le cl]g si nombreux1 et ce qui lui a fait pr5dre un asc5dant si m>qu dans le monde *rti52 enf9 n\s avons expos les moy5s qui les ont mis porte de tyrannis] et de p]scut] avec la d]nire b>b>ie2 n\s allons *]*] les remdes ces maux4 ,,section ,v4 ,des remdes que l'on peut oppos] la p]scution4 ,les causes de la p]scution religieuse ayant t si videmm5t exposes1 il e/ ais d'en dc\vrir les remdes2 il s]ait s\hait] que l'on v\lt les appliqu] aussi promptem5t qu'ils sont faciles connatre4 ,les remdes qui p>atrai5t les plus efficaces et les plus naturels s]ai5t premirem5t de ram5] la religion ses premi]s pr9cipes1 de la dgag] des sup]fluits dont des impo/eurs l'ont sur*>ge1 en vue de leurs propres intrts4 ,en second lieu1 il s]ait bon de rduire les ecclsia/iques au rev5u qui s]ait absolum5t ncessaire3 l'tat en s'emp>ant de leurs bi5s normes p\rrait leur accord] une subsi/ance honnte1 sans s\ffrir jamais qu'ils vcuss5t dans le luxe et la pompe1 qui non-seulem5t sont peu conv5ables leur pr(ession1 mais encore qui sont les s\rces d'une inf9it d'abus et de calamits4 ,en troisime lieu1 le s\v]a9 devrait punir et rprim] avec svrit comme de vrais crim9els1 comme des p]turbateurs du repos de la socit1 t\s les prtres qui p> leurs s]mons ou leurs crits travaill]ai5t r5dre les hommes odieux les uns aux autres p\r leurs op9ions religieuses4 ,en quatrime lieu1 les pr9ces ne devrai5t jamais pr5dre p>ti dans les dmls obscurs des ?ologi5s2 ils devrai5t protg] galem5t t\s les citoy5s utiles et honntes et ne jamais s'occup] de leur faon de p5s]1 dans laquelle1 sans tyrannie1 ils n'ont pas le droit de f\ill]2 enf9 ces pr9ces devrai5t bi5 se g>d] de confi] jamais aucun p\voir des prtres4 ,n\s ne d\tons pas que la m?ode que l'on propose ne dplaise au plus gr& nombre des membres du cl]g1 mais n\s ne p\vons d\t] qu'elle ne soit applaudie p> t\s ceux en qui l'intrt et les passions n'auront pas totalem5t clips les s5tim5s de la raison et de l'humanit4 ,il e/ c]ta9 que l'opposition de ceux qui mconnaiss5t des s5tim5s si lgitimes1 ne s]virait qu' pr\v] de plus en plus la ncessit de limit] leur p\voir4 ,une raison trs =te semble encore devoir y dt]m9]1 elle e/ dicte p> l'expri5ce4 ,a-t-on jamais vu un corps de g5s d'glise j\ir du p\voir sans en abus]8 ,il n'e/ pas d\teux que dans le cl]g prote/ant de l'glise anglicane il se tr\ve quelques hommes m95s p> le savoir et la pit2 cep5dant ne voyons-n\s pas que ce cl]g t\tes les fois qu'il a j\i du p\voir en a fait un usage trs crim9el8 ,j'en appelle ceux de ses membres qui ont de la bonne foi et de l'humanit2 ils r\giront p\r leurs confrres des actes de tyrannie qu'ils ont tant de fois videmm5t ex]cs4 ,s\v5t ils ont p]scut les hommes les plus di/+us1 p> leurs v]tus et leurs lumires2 au po9t que l'on aurait lieu de s\ponn] que ce sont ces qualits mmes qui les r5dai5t odieux leurs confrres4 ,si un cl]g aussi bi5 compos que celui-l s'e/ s\v5t r5du c\pable d'excs rvoltans1 n'e/-il pas vid5t que le p\voir n'e/ nullem5t fait p\r les prtres8 ,une nation libre ne doit avoir des tyrans d'aucune espce2 la tyrannie sac]dotale n'e/ faite que p\r des esclaves de la tyrannie politique2 un citoy5 honnte doit j\ir de la lib]t de p5s] a9si que de celle qui reg>de sa p]sonne et ses bi5s4 ,dans un tat bi5 con/itu t\t homme qui agit bi5 doit j\ir de la sret4 ,j'obs]v]ai encore qu'un excell5t moy5 d'emp*] la p]scution s]ait d'oblig] les prtres pr*] la morale1 l'humanit1 la *>it1 la concorde1 au lieu d'entret5ir les peuples de que/ions obscures de ?ologie1 qui1 n'tant po9t comprises p> ceux-mmes qui les dbit5t1 le sont encore bi5 mo9s p> ceux qui les ent5d5t4 ,que les m9i/res du ,dieu de paix ne soi5t plus les trompettes de la fureur1 les organes de la discorde1 qu'ils apport5t la paix sur la t]re et qu'il ne leur soit plus p]mis de sonn] le tocs9 de la sdition1 d'allum] des ha9es inext+uibles1 d'appr5dre aux hommes se dte/] p\r des op9ions inutiles aux moeurs et au bi5-tre des nations4 ,en un mot que les guides des peuples n'ai5t plus le droit de les conduire l'erreur1 ni de leur p]suad] que p\r plaire la div9it ils doiv5t viol] les loix les plus sa9tes de l'humanit4 ,qu& nos prtres se t5ant dans les bornes du p\voir spirituel se conduiront d'une faon propre s]vir d'exemple aux autres ils n'en s]ont que plus respects2 on les reg>d]a comme les bi5faiteurs du g5re huma92 privs du p\voir de nuire ils n'auront que celui de faire du bi54 ,quel s]vice plus ess5tiel et plus rel peut-on r5dre au g5re huma9 que de lui p]suad] de r5onc] p\r t\j\rs ses ha9es1 ses animosits1 la p]scution1 et de vivre dans l'union1 la concorde et la paix8 ,,f94 ,,note ,,sur ,,la ,,transcription ,on a cons]v l'or?ographe de l'orig9al1 incluant ses incohr5ces 7p> exemple tems_/temps1 bl_/bl$1 enfants_/enfans74