,,de ,,la ,,cruaute ,,religieuse4 ,marque d'imprimeur ,,paris1 ,,chez ,,les ,,marchands ,,de ,,nouveaut,s4 #ahbf4 ,,table4 ,introduction vij ,,section ,,premi,,re4 ,les hommes donnent toujours aux dieux qu'ils adorent les passions qu'ils ont eux-mmes #a ,,sect4 ,,ii4 ,que les hommes devraient bien prendre garde aux ides qu'ils se font de la divinit #ba ,,sect4 ,,iii4 ,des ,cruauts religieuses que les hommes exercent sur eux-mmes #ca ,,sect4 ,,iv4 ,cruaut des ,sacrifices sanglans4 ,des ,sacrifices humains #dj ,,sect4 ,v4 ,des ,traitements cruels que les hommes se font prouver les uns aux autres1 cause de la diffrence de leurs opinions religieuses et de la diversit de leur culte #eh ,,sect4 ,,vi4 ,en quoi consistent quelques-unes des querelles religieuses qui ont divis les chrtiens1 et combien les matires en dispute ont t inintelligibles pour les disputans #fe ,,sect4 ,,vii4 ,de plusieurs saints trs orthodoxes et pres de l'glise qui ont t de violens perscuteurs #ia ,,sect4 ,,viii4 ,de la puissance du clerg1 et de la tyrannie de l'vque de ,rome #ajd ,,sect4 ,,ix4 ,de l'inquisition et de ses cruauts #abf ,,sect4 ,x4 ,de l'excution de ceux que l'inquisition a condamns #adg ,,sect4 ,,xi4 ,des perscutions excites par les prtres protestans #aed ,,sect4 ,,xii4 ,recherches sur les causes de la cruaut et de l'esprit perscuteur que l'on remarque sur-tout dans les prtres de l'glise romaine #agc ,,suppl,,ment la ,cruaut ,religieuse #ahg ,,section ,,premi,,re4 ,des opinions errones et des crmonies superstitieuses que l'on trouve dans les pres de l'glise #ahi ,,sect4 ,,ii4 ,exemples des opinions bizarres des pres de l'glise #bjc ,,sect4 ,,iii4 ,des interprtations absurdes que les plus anciens pres de l'glise ont donnes de l'criture #bai ,,sect4 ,,iv4 ,questions odieuses1 ridicules et indcentes qui ont t agites4--,de la thologie scholastique #bcj ,r,,flexions sur les perscutions religieuses et sur les moyens de les prvenir4 ,,section ,,premi,,re4 ,de l'absurdit et de l'injustice de la perscution #bci ,,sect4 ,,ii4 ,des sources de l'insolence et du pouvoir des prtres de l'glise romaine #bdh ,,sect4 ,,iii4 ,de la ,crdulit4 ,les gens d'esprit sont souvent dupes des prjugs du vulgaire #bef ,,sect4 ,,iv4 ,des moyens employs par le clerg pour exciter les princes la perscution #bga ,,sect4 ,v4 ,des ,remdes que l'on peut opposer la perscution #bge ,,fin ,,de ,,la ,,table4 ,,introduction4 ,je vais examiner dans cet essai les diffrentes espces de cruauts religieuses4 ,je comprends galement sous ce nom1 soit les opinions religieuses qui procdent de la cruaut ou qui la font natre1 soit les actes de barbarie qu'impose la religion mme1 ou ceux dont ses zlateurs se font un devoir pour son service et par amour pour elle4 ,la croyance en ,dieu tant le fondement de toute religion1 c'est en gnral l'ide qu'on se fait de l'tre suprme qui imprime un caractre au culte qu'on lui rend3 si les hommes se figurent un ,dieu tyrannique1 capricieux ou mchant leur religion respirera l'esclavage1 l'inconsquence1 la cruaut4 ,mais s'ils regardent sincrement la divinit comme un tre infiniment sage et bon1 l'on a droit d'en conclure que leur religion sera pleine de raison et de bienveillance1 et dterminera suivre une conduite honnte4 ,les adorateurs d'un seul ,dieu disent1 sans doute1 que cet tre est dou d'une sagesse et d'une bont infinies2 mais s'ils lui attribuent des actions de cruaut1 s'ils s'imaginent qu'on peut lui plaire par des pratiques vaines et puriles1 ou par des actions barbares2 s'ils pensent que ,dieu lui-mme ait ordonn de telles choses1 alors l'ide qu'ils ont rellement de la divinit sera directement oppose ce qu'ils en disent1 et ce sera cette ide qui constituera l'essence de leur religion4 ,bien des gens sans s'en douter croient un ,dieu cruel1 et en consquence ils sont cruels en fait de religion4 ,ils en imposent l-dessus eux-mmes et aux autres4 ,mais qu'ils s'interrogent eux-mmes de bonne foi et qu'ils se demandent comment ils s'imaginent au fond de leur coeur que l'tre-,suprme traitera dans l'autre monde la plus grande partie des hommes qu'il a crs et nommment les infidles quoiqu'invitablement tels3 qu'ils se demandent comment eux-mmes1 s'ils en avaient le pouvoir1 traiteraient en ce monde les gens qui ne s'accordent pas avec eux sur le culte1 ou sur les dogmes de la religion3 ces questions mrement examines et rpondues avec candeur feront voir l'opinion des hommes touchant la divinit1 et leur religion dans un jour trs diffrent de celui sous lequel on les avait d'abord envisages4 ,quoique la plupart des hommes conviennent qu'il n'y a point d'opinions plus importantes par les consquences que celles qui ont ,dieu et la religion pour objet1 cependant il n'y en a point qu'on prenne plus communment sur parole4 ,on apprend le symbole et le cathchisme par routine ainsi que des vaudevilles et des chansons2 l'on ne raisonne pas plus sur les uns que sur les autres4 ,un grand nombre d'articles de foi sont embrasss avec chaleur1 soutenus obstinment1 courageusement dfendus1 non parce qu'on les trouve raisonnables1 mais parce qu'on s'est accoutum de bonne heure les respecter1 ou parce qu'ils s'accordent soit avec le temprament1 soit avec les intrts qu'on peut avoir4 ,nous sommes disposs penser que les opinions dont on nous a pntrs dans notre enfance et que l'habitude a fait en quelque faon crotre avec nous1 sont des rsultats de nos propres raisonnemens quoique nous ne les ayons jamais examines4 ,il y en a quelques-unes qui sont si videmment vraies qu'il importe peu de savoir si elles ont t dcouvertes par nous-mmes ou simplement acquises2 mais pour celles qui peuvent comporter le moindre doute1 il est trs essentiel pour nous de ne les admettre qu'aprs le plus mr examen2 cela seul peut nous donner le droit de les regarder comme vritablement nous4 ,aprs ce petit nombre d'observations prliminaires1 nous allons partager notre sujet dans les trois chefs suivans4 ,nous examinerons3 ,premirement les opinions que la plus grande partie du genre humain a reues et reoit encore sur la cruaut des dieux qu'il adore4 ,secondement les dvotions barbares dont la pratique est ordinaire4 ,troisimement les traitemens inhumains que les hommes se font rciproquement prouver cause de la diffrence de leurs cultes et de leurs opinions en matire de religion4 ,,section ,,premi,,re4 ,les hommes donnent toujours aux dieux qu'ils adorent les passions qu'ils ont eux-mmes4 ,nous ne savons rien de clair ni de satisfaisant sur la cration de l'homme#a4 ,nous ignorons donc l'opinion premire qu'il eut de son crateur et quel fut au commencement l'objet de son adoration4 #a ,les relations de tout les auteurs payens1 concernant l'origine de l'homme1 sont indubitablement des fables2 et le rcit qu'en fait le livre de la ,gnse1 attribu ,mose1 est regard par plusieurs savans comme une pure allgorie2 en effet1 il ressemble plus une allgorie qu' une histoire2 au moins est-il trs sr que ce rcit est trangl1 obscur et peu satisfaisant4 ,si nos premiers pres ont admis l'existence d'un tre ternel1 invisible1 tout puissant1 d'une bont infinie1 crateur de l'univers1 il est vraisemblable que presque toute la postrit perdit bientt et cette connaissance et tout sentiment raisonnable sur la divinit#b4 ,selon les anciens tmoignages que nous ayons de l'histoire1 les hommes1 ds les premiers ges du monde1 ont ador les plus tranges dieux3 rien de plus ridicule que leurs diffrentes opinions sur cette multitude de divinits2 elles sont si absurdes que1 si nous n'en avions pas des preuves incontestables1 il nous serait impossible de croire que l'homme1 dou d'abord de quelque intelligence1 et pu se dpraver ce point et tomber dans cet abme de draison2 ces notions furent galement absurdes et changeantes1 et cela devait ncessairement arriver2 en effet si la vrit est de sa nature circonscrite et toujours la mme1 l'erreur n'a pas plus de forme fixe que de limites4 #b ,suivant ce qu'on nous enseigne et l'opinion communment reue1 tous les hommes descendent d'un seul homme et de sa femme2 mais cette opinion parat insoutenable par plusieurs raisons1 et surtout par l'impossibilit de faire sortir des mmes parent les hommes blancs et noirs4 ,mais qu'il y ait eu d'abord un ou plusieurs couples d'hommes crs1 cela ne fait rien la question dont il s'agit4 ,mais les hommes en s'cartant de la vrit par diffrentes routes se sont gnralement runis en un point sur le compte de leurs dieux2 ils leur ont attribu les dispositions et les passions qu'ils prouvaient eux-mmes1 et souvent leur ressemblance corporelle4 ,car qu'y a-t-il eu de plus commun dans la plupart des nations et des religions que de reprsenter les dieux sous la figure humaine8#c #c ,les ,lacdmoniens1 le peuple le plus belliqueux de la terre1 reprsentaient toujours leurs dieux et mme leurs desses en habit de guerre4 ,pierre ,kolbe1 dans sa relation du cap de ,bonne-,esprance1 nous dit que quelques-uns des ,hottentots1 les hommes les plus malpropres qui existent1 qui se barbouillent le corps avec de la suie incorpore dans de la graisse et ne se vtissent que de peaux de btes1 soutiennent que ,dieu ressemble1 par sa couleur1 sa figure et son habillement1 aux plus beaux d'entr'eux4 ,parmi les chrtiens mme1 et surtout parmi les moines d'gypte1 il y eut autrefois une secte qui professait l'antropomorphisme2 elle fondait ce sentiment sur ce qu'il est dit que l'homme fut cr l'image de ,dieu4 ,l'opinion de ces moines fut porte jusqu' un tel dgr de fureur1 qu'ils auraient assassin ,thophile1 leur vque1 qui avait crit et prch contre elle1 s'il n'avait eu l'adresse de les calmer en leur disant3 lorsque je vous vois je crois voir la face de ,dieu#d4 ,tertullien et piphane1 ces deux grands antagonistes des hrsies1 ont t accuss de cette erreur4 ,en effet qu'y a-t-il de plus commun parmi ceux qu'on appelle chrtiens que de voir le tout-puissant1 l'incomprhensible1 l'invisible crateur de l'univers reprsent sous la figure d'un faible mortel#e8 #d ,voyez ,sozomne de la traduction franaise de ,cousin1 ch4 #aa1 page #dgb4 #e ,les tableaux de ,dieu le pre sous la figure d'un vieillard1 sont trs communs dans les pays catholiques romains4 ,l'auteur de cet essai a vu ,lyon un ,dieu le pre coiff d'un chapeau la mode1 trois cts1 apparemment pour reprsenter la ,trinit4 ,il est vident que la plupart des hommes se prennent eux-mmes pour modles dans les ides qu'ils se font des dieux et mme d'un seul dieu2 ils agrandissent seulement leurs propres dimensions2 un dieu n'est pour eux qu'un homme colossal1 ou1 si l'on veut1 l'homme est un ,dieu pigme4 ,il est vraisemblable que si d'autres animaux1 soit reptiles1 soit insectes1 taient capables d'imaginer des dieux1 ils leur donneraient aussi leur propre ressemblance2 ce seraient des dieux lphans ou fourmis1 des dieux brebis ou lions4 ,cette propension gnrale que les hommes ont de donner leurs divinits les dispositions et les passions qui les dominent eux-mmes1 nous rend trs-bien raison de la cruaut qu'ils ont toujours attribue leurs dieux4 ,elle est en mme temps une preuve trs forte de la cruaut naturelle du coeur humain4 ,les hommes sentent1 par leur propre exprience et par celle des autres1 combien le pouvoir est troitement li avec la tyrannie et la cruaut4 ,ils ont l-dessus des exemples tirs de la conduite des matres avec leurs serviteurs1 des maris avec leurs femmes1 des pres avec leurs enfants1 des prcepteurs avec leurs pupilles1 des monarques absolus avec leurs esclaves1 et comme ils ont attribu leurs dieux un pouvoir illimit1 ils ne mettent aucunes bornes leur tyrannie et leur cruaut#f4 #f ,dans l'antiquit et dans les contres payennes1 la plupart des serviteurs taient esclaves et traits avec une extrme barbarie4 ,le docteur ,jortin1 dans son excellent ,discours sur la religion chrtienne1 observe que le christianisme a proscrit un grand nombre d'usages atroces et surtout relativement au traitement des serviteurs4 ,on aurait vraiment une grande obligation au christianisme s'il et aboli toutes les barbaries dont le docteur nous parle et spcialement de celle-l4 ,en ,europe1 o les serviteurs ne sont pas esclaves1 o ils servent de plein gr1 et sont sous la protection des lois1 il n'est pas au pouvoir des matres de les traiter aussi cruellement qu'ils le voudraient2 cependant il faut avouer que dans nos colonies en ,amrique1 beaucoup de chrtiens traitent leurs esclaves avec une barbarie inconnue aux payens mmes4 ,le digne et savant auteur que je viens de citer1 donne dans une note un exemple de la manire dont ,snque1 qui tait un payen1 plaide la cause des serviteurs4 ,son plaidoyer est si raisonnable et si humain que je ne puis que le transcrire ici4 ,ils sont esclaves1 mais ils sont aussi des hommes4 ,ils sont esclaves1 mais vos commensaux4 ,ils sont esclaves1 mais ce sont des amis malheureux4 ,ils sont esclaves1 mais ils sont vos confrres1 si vous pensez que la fortune pouvait vous traiter tout comme eux1 etc4 ,snque1 pit4 #dg1 au commencement4 ,nous devons cependant convenir qu'il y a bien peu de serviteurs assez fidles1 assez attachs1 assez soigneux pour tre justement regards comme des amis malheureux4 ,il n'en est pas moins certain que leurs matres doivent toujours se souvenir qu'ils sont de la mme espce qu'eux1 et par consquent les traiter avec indulgence et humanit4 ,il est vident1 par des exemples sans nombre1 que la plus grande partie du genre humain1 dans tous les temps1 dans toutes les nations1 dans toutes les religions1 a regard cette cruaut comme un attribut de ses dieux4 ,les payens ont gnralement suppos que les leurs les chtiaient par les plus grandes calamits1 comme la famine ou la peste2 et cela communment pour l'omission de quelque crmonie vaine et ridicule1 ou pour avoir mpris quelque conte absurde de leurs devins ou de leurs prtres4 ,s'ils croyaient leurs dieux capables de s'irriter pour des sujets aussi frivoles1 ils pensaient aussi pouvoir les apaiser par des expiations du mme genre4 ,on n'employait souvent pour cela que quelques chansons1 quelques danses ou quelques jeux en leur honneur#g4 ,les ,romains sur-tout1 lorsqu'ils taient affligs de quelque contagion1 pour expier leurs pchs et apaiser les dieux1 nommaient un dictateur1 dont les fonctions se bornaient attacher un clou au temple de ,jupiter2 il abdiquait sa magistrature aprs cette belle crmonie4 #g ,le lecteur verra sans doute que dans ces sortes d'expiations1 aussi bien que dans beaucoup d'autres pratiques religieuses1 les payens ont t imits de bien prs par un grand nombre de chrtiens4 ,que des payens qui difiaient souvent leurs semblables et particulirement leurs princes les plus odieux1 attribuassent encore la cruaut des dieux fauteurs de leurs vices aussi bien que de leurs vertus1 il ne faut pas s'en tonner4 ,mais que les adorateurs d'un ,dieu infiniment bon lui fassent la mme injure1 cela est aussi absurde qu'tonnant4 ,cependant il est notoire que les juifs1 les chrtiens et les mahomtans1 qui tous prtendent croire un pareil ,dieu1 le reprsentent comme plus cruel encore que les dieux payens4 ,l'opinion enseigne par les juifs1 adopte et propage par les sages chrtiens1 est qu'un ,dieu misricordieux et bienfaisant1 rempli de patience1 riche en bont1 plein d'une compassion tendre1 prt pardonner l'iniquit1 les transgressions1 les pchs1 ne laisse pas de vouloir chtier cruellement les coupables1 venge les iniquits des pres sur les enfans1 et sur les enfant des enfans1 jusqu' la troisime et quatrime gnration#h4 #h ,les chrtiens ont encore port cette opinion beaucoup plus loin que la troisime et quatrime gnration4 ,ils ont tendu la vengeance divine depuis le premier homme jusqu'au dernier3 pour le pch d',adam toute la postrit se trouve punie4 ,l'ancien testament nous fournit beaucoup d'autres exemples de la croyance o taient les juifs que ,dieu punissait l'innocent pour les crimes du coupable4 ,un exemple inique1 mais remarquable en ce genre peut suffire4 ,on lit dans le livre des chroniques1 chap4 #ba1 que le roi ,david ordonna le dnombrement du peuple d',isral4 ,il est vraisemblable que ce fut par un motif de vanit2 nanmoins ce n'tait pas un crime d'une profonde noirceur ni comparable pour l'atrocit beaucoup d'autres qu'avait commis cet homme selon le coeur de ,dieu4 ,cependant ,dieu en fut tellement irrit qu'il frappa ,isral de la peste1 et fit prir soixante-dix mille hommes4 ,si le dnombrement tait un crime1 c'tait celui de ,david et non celui du peuple3 lui-mme le sentit si bien que voici quelle fut sa prire ,dieu3 ,n'est-ce pas moi qui ai ordonn le dnombrement8 ,c'est donc moi qui ai pch1 mais pour ce troupeau qu'a-t-il fait8 ,il est vident que le peuple ne pouvait pas plus empcher son dnombrement que le peut un troupeau de moutons et qu'il n'tait pas plus coupable4 ,cependant aprs que ,dieu et dtruit par ce motif jusqu' soixante-dix mille hommes1 il se repentit du mal qu'il avait fait et dit l',ange exterminateur3 c'est assez1 que ta main s'arrte prsent4 ,telle est l'opinion de la cruaut avec laquelle les payens et les juifs s'imaginaient que leurs dieux les punissaient en ce monde2 cependant les plus fortes punitions temporelles ne sont que des afflictions lgres en comparaison des tourmens ternels rservs aux pcheurs dans l'autre monde par le ,dieu de bont1 si l'on en croit ceux qui admettent le dogme de la vie future3 en effet1 selon le plus grand nombre des chrtiens1 un malheur ternel doit tre le partage non-seulement des sclrats atroces et opinitres1 mais aussi des pcheurs qui1 toutes circonstances peses1 n'ont pu s'empcher de tomber dans quelques fautes1 suites ncessaires de leur fragilit4 ,les mmes peines sont dcernes pour l'omission1 mme absolument involontaire1 de certaines crmonies qui ne peuvent assurment purifier ni le coeur ni la conscience4 ,c'est le cas des enfans qui meurent sans baptme4 ,tous les infidles et les incrdules sont encore galement menacs de la damnation ternelle2 ainsi la croyance du vrai ,dieu ayant t pendant un grand nombre de sicles exclusivement accorde un peuple obscur1 mprisable1 mchant 7comme le dpeignent ses propres historiens et ses prophtes7 vu que ce peuple habitait une petite contre qui n'avait que peu de commerce avec ses voisins1 il s'ensuit que faute d'avoir la connaissance du vrai ,dieu tout le reste du genre humain a d tre ternellement malheureux4 ,nous sommes obligs de croire que les ,aristides1 les ,phocion1 les ,timolon1 les ,epaminondas1 les ,socrates1 les ,platon1 en un mot que les hommes les plus excellens du paganisme ont t envelopps dans cette cruelle sentence4 ,depuis la venue du ,christ nous devons damner et tous ceux qui n'ont point cru en lui quoiqu'ils n'en aient jamais entendu parler1 et ceux aussi qui le reconnaissant pour ,dieu n'ont pas admis le mme genre de culte ou de doctrine enseign par quelque secte particulire2 c'est ce qu'osent soutenir les catholiques romains1 et c'est au moins ce que prsume un grand nombre de protestans3 voil1 si vous en croyez les mahomtans1 la faon dont ,dieu traitera tous les hommes qui n'auront point reconnu leur prophte1 et qui n'auront point regard l',alcoran et sa doctrine comme mans du ciel4 ,vraiment1 dit ce livre prtendu cleste1 nous jetterons dans le feu de l'enfer ceux qui mconnatront les signes de notre foi4 ,a mesure qu'ils seront bien grills1 nous leur donnerons des peaux nouvelles en change1 afin qu'ils puissent goter des tourmens plus aigus3 car ,dieu est puissant et sage4 ,et ailleurs3 ,ceux qui ne croiront pas seront envelopps de vtemens de feu4 ,une eau bouillante tombera sur leurs ttes2 leurs entrailles et leur peau seront dchires et ils seront continuellement battus avec des masses de fer4 ,toutes les fois qu'ils s'efforceront de sortir de l'enfer pour se soustraire la rigueur des tourmens1 ils y seront entrans et leurs bourreaux leur diront3 savourez le tourment du feu4 ,en un mot plusieurs chrtiens ont cru et enseign que ,dieu a condamn la plus grande partie du genre humain1 des millions de millions de ses propres cratures souffrir dans un lieu o toutes les facults de l'me et du corps seront tourmentes continuellement et sans relche4 ,c'est l1 pcheur6 que tu vivras dans une ternelle prison de tnbres extrieures1 ou il n'y aura d'ordre que la confusion et l'horreur2 o l'on n'entendra que la voix des hurlemens et des blasphmes1 d'autre bruit que le grincement des dents2 on l'on n'aura d'autre socit que celle du diable et de ses anges qui1 tourments eux-mmes1 n'auront d'autre soulagement que de te faire prouver leur fureur1 ,st4-,mathieu1 chap4 #ac1 vs4 #db1 et chap4 #be1 vers4 #cf1 etc4 ,c'est l que la punition sera sans piti1 la misre sans grce1 la douleur uns consolation1 la mchancet sans mesure1 le tourment sans repos4 ,apocalypse1 chap4 #ad1 vers4 #aj1 #aa4 ,la colre de ,dieu pntrera l'me et le corps comme la flamme se saisit d'un bloc de souffre ou de poix4 ,daniel1 ch4 #g1 v4 #aj4 ,dans cette flamme tu seras toujours brl1 sans jamais consumer1 toujours mourant sans jamais mourir1 toujours rugissant dans les angoisses de la mort sans jamais en tre dlivr ni sans pouvoir esprer la fin de tes peines3 de sorte qu'aprs les avoir endures autant de milliers d'annes qu'il y a de brins d'herbes sur la terre1 de sable dans la mer1 de cheveux sur la tte de tous les enfans d',adam ns ou natre1 tu ne seras pas plus prs de la fin de tes tourmens que tu n'tais le jour o tu y fus prcipit4 ,loin de finir1 ils ne feront chaque instant que commencer1 car ce serait quelque soulagement que d'envisager une fin possible ton malheur1 aprs tant de milliers d'annes2 mais chaque fois que ton esprit se rappellera ce mot1 jamais1 et il se le rappellera tous les instans1 ton coeur sera dchir par la rage1 et par un affreux dsespoir2 cette ide horrible aiguisera encore tes douleurs insupportables qui excdaient dj tout pouvoir d'exprimer ou d'imaginer4 ,ce sera un nouvel enfer au milieu de l'enfer mme#i4 ,avec quelle surprise ne doit-on pas lire un rcit si choquant1 si terrible1 et qui1 par les ides qu'il donne de la manire dont ,dieu traitera ses cratures1 semble s'tre propos de le transformer en un ,dmon6 #i ,c'est ainsi que s'exprime un de nos docteurs dans une srieuse et pathtique description du ciel et de l'enfer crayonne par le ,st4-,esprit selon les meilleurs interprtes1 etc41 qui se trouve dans le livre intitul3 ,tous les devoirs du chrtien1 imprim ,londres aux dpens de l'hpital de ,christ1 #agbc1 p4 #ab1 #ac4 ,l'on observera que tous les renvois l'criture sont de mon auteur1 lequel par consquent en demeure le garant4 ,je ne peux pas quitter le sujet de ,dieu1 condamnant ainsi les hommes des tourmens ternels et inous1 sans proposer une question ceux qui sont assez malheureux pour admettre une doctrine aussi blasphmatoire et aussi diabolique4 ,je la propose sur-tout ceux qui1 sans la croire1 sont assez lches ou assez pervers pour l'enseigner et la rpandre4 ,je leur demanderai donc quelle peut tre la fin lgitime et avantageuse de toute punition8 ,n'est-ce pas en premier lieu de corriger les coupables8 ce qui certainement est trs fort dsirer3 en second lieu1 n'est-ce pas de dtourner les hommes de commettre les crimes pour lesquels ils en voyent d'autres punis8 ,enfin n'est-ce pas d'loigner ou de retrancher de la socit des membres qui sont craindre pour elle8 ,telles sont les notions invariables que les hommes doivent se former du but que les chtimens doivent se proposer2 or des chtimens ternels ne remplissent aucune de ces vues lgitimes2 le coupable ne peut pas tre corrig2 il le serait mme inutilement1 car1 corrig on non1 il sera toujours tourment4 ,son exemple ne peut pas en dtourner d'autres du crime2 sa conduite ainsi que son destin sont irrvocablement dtermins4 ,enfin l'on ne peut pas imaginer que parmi les damns quelqu'un puisse tre dangereux pour la socit4 ,est-il possible que les hommes puissent tomber dans une contradiction aussi manifeste que de reprsenter ,dieu comme un tre d'une bont infinie1 ou mme de l'quit la plus ordinaire1 et croire en mme tems ou enseigner qu'il punit ainsi ses cratures8 ne devraient-ils pas plutt le reprsenter comme un dmon barbare1 comme un tre infiniment injuste et cruel8 ,il cre l'homme par un acte de sa volont pure1 afin de condamner ensuite l'ouvrage de ses mains une ternelle misre6 ,quelle est la cause de cette rigueur8 ,il est puni pour des choses qui n'ont aucunement dpendu de lui6 ,est-il un seul homme assez froce pour vouloir de sang froid1 pour quelque raison que ce ft1 condamner des tourmens ternels ses propres enfans1 ou mme un ennemi dclar8 ,en est-il un assez impitoyable pour ne pas pargner quelque tre que ce ft des tourmens sans mesure8 ,l'homme de bien ne voudrait-il pas au contraire rpandre le bonheur aussi loin qu'il pourrait s'tendre8 ,tout son dsir ne serait-il pas de procurer la flicit tous les tres crs8 ,quoique ces notions indignes et absurdes sur la divinit soient originairement manes d'une disposition barbare que bien des gens portent en eux-mmes et qui est inspire d'autres par diffrens moyens1 on leur enseigne ces opinions et elles s'impriment plus ou moins profondment dans leur me selon que1 par temprament1 ils sont plus ou moins disposs la cruaut4 ,mais on devrait faire attention que loin de servir la religion en inculquant la doctrine des peines ternelles1 l'on fournit des armes l'athisme qui anantit toute religion1 et d'un autre ct l'on jette dans le dsespoir un grand nombre d'mes honntes1 simples et timores1 sans contenir les mchans intrpides et endurcis1 dont des craintes loignes ne peuvent1 comme l'exprience le prouve1 rprimer les excs4 ,,section ,,ii4 ,que les hommes devraient bien prendre garde aux ides qu'ils se font de la divinit4 ,je ne crois pas qu'on puisse raisonnablement nier que les hommes en gnral ne forment leur religion et ne rglent leur conduite sur les ides qu'ils ont de la divinit3 il est donc trs important pour eux d'examiner avec soin ces ides et de se former une juste opinion des dieux qu'ils adorent4 ,le pieux auteur de tous les devoirs de l'homme a intitul un de ses chapitres3 ,des maux occasionns par les erreurs sur la divinit4 ,en effet c'est la source des plus grands maux4 ,si l'on croit que ,dieu soit partial1 injuste1 colre1 vindicatif1 tyrannique et cruel1 il faut bien1 pour ressembler son ,dieu1 ce qui est une ambition naturelle et raisonnable1 s'efforcer de runir ces mmes qualits3 il est bien vrai que1 pour tre mchans1 les hommes n'ont pas besoin d'tre excits par cet exemple1 mais il ne l'est pas moins que de telles opinions sont un aiguillon de plus la mchancet naturelle4 ,prtendre que ,dieu ait pu faire choix de quelques personnes ou mme d'un peuple1 de mme que les hommes choisissent leurs favoris1 c'est attribuer la divinit une partialit et une folie indignes de ses perfections4 ,si par hasard ces prtendus favoris se trouvaient les plus mchans et les plus vils des hommes1 si l'on prtendait qu'en leur faveur ,dieu a extermin d'autres nations1 ce ne serait pas seulement lui attribuer de la partialit et de la folie1 mais encore ce serait l'accuser d'injustice et de cruaut1 ce serait blasphmer4 ,quelle ide doit-on se former de la divinit lorsqu'on voit un roi injuste1 ingrat1 adultre1 barbare1 tyran et meurtrier#aj appel l'homme selon le coeur de ,dieu8 #aj ,ce que l'on dit ici est amplement prouv par tout ce que l'criture rapporte de ,david4 ,sans s'arrter au double crime d'adultre et de meurtres commis en la personne d',urie et de ,betsabe si nergiquement reprsent par ,nathan dans la parabole de l'agneau1 on y trouve encore bien d'autres tmoignages de barbarie4 ,quand il eut pris la ville de ,rabbah1 il en fit sortir les habitans1 il fit scier les uns1 il mit les autres sous des herses de fer1 en fit hacher d'autres1 ou les fit jeter dans des fours briques4 ,il traita ainsi toutes les villes des enfans d',ammon4 ,les ,rabbins1 loin de chercher extnuer la cruaut attribue ,david1 ne font aucune difficult d'assurer que l'excution des ,ammonites fut accomplie avec la dernire barbarie3 cependant aprs cet aveu ils s'efforcent de justifier ,david de cette rigueur qui1 selon eux1 tait ncessaire pour frapper de terreur les nations voisines1 afin qu'aucune ne mprist l'avenir les ,isralites1 mais respectt plutt le peuple que le ,seigneur avait choisi4 ,voyez ,mm4 de littrature1 par de la ,roche1 vol4 #b1 art4 #hb1 d4 in-#h4 ,il est vrai que si en beaucoup d'endroits d'un certain livre on substituait le mot prtres au mot ,dieu1 cela servirait merveilleusement claircir un grand nombre de passages obscurs et leur donner un sens intelligible#aa4 ,un monarque ou tout autre homme1 quelque mchant et pervers qu'il soit1 s'il favorise les prtres et se montre trs soumis remplir leurs pratiques et leurs crmonies1 peut tre justement appel un homme selon le coeur des prtres1 et regard par eux comme un saint et comme vraiment religieux2 mais l'appeller un homme selon le coeur de ,dieu1 ou un homme religieux dans le vrai sens du mot1 c'est donner des ides trs-dsavantageuses et de ,dieu et de la religion4 ,rien ne peut tre plus contraire la vrit1 plus outrageant la gloire de ,dieu1 plus prjudiciable la vraie religion et la vertu1 et par consquent la paix1 au bon ordre et au bonheur du monde1 que de croire ou d'enseigner que ,dieu commande aux hommes des actions contraires aux rgles naturelles1 fondamentales1 infaillibles de la raison et de la morale1 qu'il a crites dans le coeur de chacun de nous1 et que tous reconnaissent quoique peu les pratiquent4 ,un excellent abrg de ces rgles1 que chacun devrait avoir continuellement sous les yeux1 dans la spculation et dans la pratique1 c'est de ne faire autrui que ce que nous voudrions qu'il nous ft4 ,si les hommes pouvaient se tromper eux-mmes et les autres jusqu'au point de croire que ,dieu puisse quelquefois dispenser de ces rgles et recommander des choses qui leur seraient contraires1 ce serait certainement ouvrir les portes aux crimes les plus atroces4 #aa ,on pourrait rapporter plusieurs exemples de ce genre3 mais celui que nous allons donner suffira4 ,david et tout le peuple d',isral en grand concours accompagnaient l',arche en chantant et jouant des instrumens2 l'on avait plac cette ,arche sur un chariot neuf3 les boeufs qui la tiraient ayant bronch1 l',arche fut branle1 et ,oza y porta la main pour la soutenir et l'empcher de tomber2 cette action parat du moins innocente et peut-tre mritoire3 cependant on lit dans le chap4 #b du livre de ,samuel que la colre du ,seigneur s'alluma contre ,oza1 que ,dieu le frappa pour son erreur et que l'attouchement de l'arche le fit mourir4 ,les critiques et les commentateurs sont pris de considrer si on ne pourrait pas lire ainsi ce passage3 ,la colre des prtres s'alluma contre ,oza1 etc4 ,ce qui suit prouve encore la ncessit d'entendre ainsi ce passage1 car il est dit que ,david se fcha de ce que le ,seigneur avait tu ,oza4 ,assurment ,david tait trop dvot pour se fcher de rien que le ,seigneur et pu faire4 ,mais il avait droit de se fcher de cet acte s'il partait de la main des prtres4 ,cela n'est-il pas en effet arriv8 ,des nations entires n'ont-elles pas prtendu et cru1 sans doute1 que ,dieu leur avait ordonn d'entreprendre les guerres les plus injustes1 de tourmenter1 d'assassiner1 jusqu' leurs propres enfans1 de dtruire des nations8 ,des barbaries de toute espce n'ont-elles pas t commises au saint nom du ,seigneur8 ,il n'est sans doute ni un livre1 ni un homme1 ni mme un ange descendu du ciel qui mritent aucune crance s'ils enseignent que ,dieu soit cruel ou commande aux hommes de l'tre4 ,tant que les hommes croiront que tous les actes d'injustice1 de violence1 de barbarie offensent la divinit et sont contraires sa loi1 on pourra se flatter qu'ils seront dtourns de les commettre2 mais quoi ne doit-on pas s'attendre lorsqu'ils seront dans l'opinion contraire8 ,que n'a-t-on pas craindre sur-tout des souverains et des nations qui ne peuvent tre contenus par les loix humaines8 ,c'est une excuse bien faible et bien fausse que de dire que nous ne connaissons point la profondeur des dcrets de la divinit2 il n'est pas moins tmraire d'assurer que l'on puisse dmontrer que ,dieu commande de pareilles actions4 ,la premire de ces raisons ne prouve rien4 ,dieu dans ses dcrets ne peut point avoir rsolu des crimes3 il rpugne toute ide raisonnable de la divinit qu'elle puisse ordonner des actions mchantes et criminelles1 et par consquent la preuve de fait ne doit jamais tre admise4 ,il est impossible d'admettre comme rvlation divine ce qui renverse la certitude de tous les principes qui doivent tre supposs prcdemment toute rvlation1 car c'est dtruire les seuls moyens par lesquels nous puissions juger de la vrit d'une rvlation divine4 ,comment supposer que l'tre infiniment sage1 juste et bon pt se plaire tablir les loix les plus ncessaires pour ses cratures1 telles que sont celles de la morale1 et leur ordonne ensuite d'enfreindre ces mmes loix en appuyant ses ordres par des miracles8 ,supposons une nation mchante et dprave 7si jamais il y en a eu d'autres7 pouvons-nous imaginer que ,dieu soit assez destitu de moyens de la punir pour tre oblig de charger cet effet une autre nation de devenir encore plus mchante et plus cruelle que la premire8 ,pouvons nous croire qu'il ordonne de n'pargner ni les boeufs1 ni les nes ni les troupeaux qui n'ont point pch1 et de massacrer indistinctement les hommes1 les femmes1 les vieillards et les enfans la mammelle8 ,la vrit est que1 quand des enthousiastes1 des fanatiques ou des hypocrites qui font hautement profession d'tre dvots1 ont commis ou sont prts commettre quelque action dtestable1 lorsqu'ils ont intrt de la faire commettre d'autres1 ils se couvrent du nom de la divinit et prtendent qu'elle est ordonne ou inspire par elle2 par ce moyen ils ajoutent la barbarie l'impit et le blasphme4 ,les rgles naturelles1 les limites de la vrit sont la morale et le bon sens2 ce sont l les loix de ,dieu qui ne sont point crites sur des tables de pierre1 mais qui sont profondment graves dans les coeurs des hommes4 ,mais si ces loix sont une fois cartes ou enfreintes1 alors l'erreur1 l'enthousiasme et le fanatisme1 semblables un torrent1 renversent la vrit et entranent avec elle tout ce qu'il y a de plus sacr et de plus utile au genre humain4 ,quelles opinions extravagantes et monstrueuses ne peuvent pas tre dbites comme des rvlations divines6 quelles actions1 quelque atroces qu'elles soient1 ne seront pas sanctifies sous le nom de devoirs religieux1 et quand on les fera passer pour des commandemens de ,dieu6 ,c'est assurment le comble de la fourberie et de l'impudence dans quelques hommes d'oser dire que ,dieu leur ordonne de violer les lois sacres de la nature et de la socit en commettant des actions atroces et barbares2 c'est le dernier terme de la folie et du dlire fanatique que de devenir fauteur d'une imposture aussi caractrise4 ,prtendre que ,dieu a fait des miracles pour autoriser des ordres qui dtruisent ses lois ternelles et inviolables1 c'est employer la fraude la plus indigne pour soutenir la fausset la plus manifeste4 ,,section ,,iii4 ,des cruauts religieuses que les hommes exercent sur eux-mmes4 ,aprs avoir1 en peu de mots1 expos les opinions fatales que la plupart des hommes se font communment1 soit des divinits1 soit du ,dieu qu'ils adorent1 nous allons passer au second point1 et nous examinerons les usages barbares et les rites cruels qu'ils ont souvent pratiqus dans leurs cultes divers4 ,les pratiques de ces cultes doivent naturellement se conformer aux ides que les hommes se font de leurs divinits2 d'ailleurs l'exprience le prouve4 ,en effet les peuples s'tant gnralement persuads que leurs dieux1 ou leur ,dieu unique1 taient des tres cruels1 leur culte s'est presque toujours senti de ces notions dangereuses4 ,ces pieuses cruauts ont t exerces par les hommes1 tantt sur eux-mmes1 tantt sur des animaux1 tantt sur les tres de leur propre espce4 ,tout le monde connat les tonnantes barbaries que les idoltres et les payens1 tant anciens que modernes1 ont exerces sur eux-mmes2 le lecteur1 pour peu qu'il soit instruit1 ne peut manquer de s'en rappeler des exemples frappans1 mais comme dans un autre ouvrage je me suis tendu sur ce sujet1 je ne rapporterai ici que quelques traits1 afin de passer ceux que l'on rencontre parmi les chrtiens4 ,il est vrai que les cruauts pratiques par ces derniers ne paraissent pas au premier coup d'oeil si rvoltantes que celles des payens2 on ne voit pas les chrtiens se prcipiter1 comme les ,japonnais1 tout vivans dans des abmes2 on ne voit pas des gnraux chrtiens se dvouer une mort certaine en se jetant au milieu d'une arme ennemie2 on ne voit point parmi nous des hommes se briser contre des rochers1 ou comme les ,indiens se faire craser sous les roues d'un chariot qui porte les dieux2 cependant en regardant la chose de prs nous trouverons les pratiques des chrtiens plusieurs gards plus pernicieuses que celles des payens mmes et drives comme les leurs des notions atroces qu'ils se font de la divinit qu'ils honorent3 en effet1 si ces chrtiens ne s'imaginaient pas que leur ,dieu est trs cruel1 ils ne supposeraient pas qu'il peut approuver et encore moins commander les tourmens rigoureux qu'ils s'infligent eux-mmes4 ,indpendamment des austrits pratiques par un grand nombre de chrtiens qui se sont fait un mrite de vivre dans des dserts1 parmi des rochers inaccessibles1 dans des cavernes1 de se refuser les besoins de la vie1 de se laisser mourir de faim1 etc1 combien ne voyons-nous pas de gens des deux sexes s'enfermer pour la vie dans des monastres6 ,il est vrai que quelques-uns y vivent dans l'aisance2 mais d'autres semblent s'tre condamns une prison perptuelle1 et se trouvent entirement privs des douceurs de la socit4 ,ces pauvres reclus se soumettent des austrits pnibles1 une mal-propret brutale#ab2 ils ne portent point de linge1 ils gardent leurs habillemens jusqu' devenir des objets dgotans les uns pour les autres2 ils s'imposent des chtimens svres1 ils se donnent frquemment la discipline2 on les voit dans de certains pays se flageller publiquement dans les rues2 en un mot1 ils s'obligent par des sermens et des voeux ne jamais travailler leur bonheur4 #ab ,s4 ,athanase nous apprend1 dans la vie de ,s4 ,antoine1 l'un des premiers fondateurs du monachisme1 que ce saint homme portait sur sa chair un cilice1 ou une chemise de crin1 par dessus laquelle il avait un habit de peau1 qu'il porta toute sa vie4 ,il ajoute que jamais il ne se lavait les pieds1 moins qu'en voyageant il ne vnt par hasard les mouiller4 ,quelle religion que celle qui fait un mrite de pareilles indignits6 quelles ides doivent avoir de ,dieu des hommes qui s'imaginent qu'il faut tre malpropre pour lui plaire6 ,la vie monastique et le clibat forc sont certainement trs prjudiciables ceux qui les embrassent2 ces institutions sont propres causer des maladies dangereuses et nuire galement l'esprit et au corps3 elles sont trs nuisibles la socit1 pour qui elles rendent un grand nombre de ses membres totalement inutiles1 en mettant des obstacles la population4 ,bien plus1 c'est un outrage l'espce humaine et la nature#ac2 et1 ce qui est encore plus terrible1 ces usages insenss sont souvent cause que des mres sont forces de dtruire leurs enfans1 et que les moines se livrent des crimes contre nature4 #ac ,on compte qu'en ,france les prtres1 les moines et les religieuses montent #ejj mille1 tandis que le nombre des habitans monte #bd millions4 ,en y comptant #f millions d'adultres1 on trouvera que parmi ceux-ci un sixime est vou au clibat4 ,il y a tout lieu de croire qu'en ,italie1 en ,espagne et en ,portugal le nombre de ceux qui le mariage est interdit1 est encore proportionnellement plus grand qu'en ,france4 ,nous terminerons ces rflexions en rapportant quelques exemples frappans des cruauts exerces contre eux-mmes par des chrtiens pris de l'ide de se rendre agrables un ,dieu dont la bont est infinie4 ,cressy1 dans son histoire de l'glise1 nous dit que ,s4 ,egwin se chargea d'une chane de fer et fit dans cet quipage un plerinage ,rome4 ,acepsemas qui1 selon ,thodoret1 fut un homme au-dessus de tous les loges1 se tint pendant soixante ans dans une cellule sans voir personne et sans parler qui que ce soit4 ,le mme ,thodoret rapporte qu'un moine1 appel ,baradatus1 imagina pour son habitation une espce de cage1 forme d'un treillage si peu serr qu'il pt demeurer expos aux injures de l'air1 et si basse qu'il ne pouvait pas s'y tenir debout1 de manire qu'il tait oblig de rester toujours courb4 ,un autre moine1 nomm ,thalalcus1 qui tait d'une taille fort grande1 s'enferma dans une autre cage si troite et si basse qu'il tait forc d'avoir continuellement la tte entre ses genoux2 il avait t dix ans dans cette posture lorsque ,thodoret le vit4 ,le mme auteur nous dit que ,saint ,simon ,stylite1 trs-grand personnage1 qui faisait des miracles sans nombre1 qui gurissait les malades1 qui procurait des enfans aux femmes striles1 et qui avait converti des milliers de payens au christianisme1 s'tait accoutum s'abstenir totalement de nourriture pendant quarante jours conscutifs1 l'exemple d'lie et de ,jsus-,christ4 ,au tems o ,thodoret crivait1 il y avait dj vingt-huit ans qu'il observait ce jeune rigoureux chaque anne2 durant les premiers jours il se tenait debout1 et lorsque faute de nourriture il ne pouvait plus se soutenir sur ses jambes il s'asseyait1 et la fin il tait forc de se coucher1 tant rduit un puisement total3 il se tenait sans cesse au haut d'une colonne1 dont la circonfrence tait peine de trois pieds1 et aprs avoir pass bien des annes dans cette posture semblable une statue sur son pidestal1 il finit par monter sur une colonne de trente-six coudes1 sur laquelle il vcut durant trente ans4 ,joignez tous ces exemples ceux que le mme ,thodoret rapporte des solitaires et des moines d',egypte et des pays voisins3 les uns se nourrissaient de charognes1 afin de n'prouver aucun plaisir en mangeant2 d'autres s'accoutumaient passer toute la nuit en prires2 d'autres marchaient pieds nuds sur des pines1 pour se rappeller les tourmens que ,jsus-,christ avait soufferts de la part des cloux qui lui avaient perc les pieds et les mains2 d'autres enfin passaient des nuits entires les bras tendus pour imiter la posture de ,jsus-,christ4 ,enfin de nos jours encore l'on rencontre dans les pays catholiques romains un grand nombre de couvens des deux sexes qui renferment de pieux frntiques1 ingnieux se tourmenter eux-mmes1 et qui font la divinit l'outrage de penser qu'ils lui plaisent et qu'ils entrent dans ses vues en s'infligeant eux-mmes des jenes1 des macrations1 des supplices rigoureux2 ce qui ne prouve rien1 sinon que ces dvots extravagans se sont fait des ides atroces de la divinit qu'ils adorent1 et que d'un autre ct ils supposent remplie de bont#ad4 #ad ,les moines appells ,chartreux1 ne mangent jamais de viande et sont condamns un silence perptuel4 ,les moines de l'abbaye de la ,trappe sont renomms en ,france par leurs extravagantes austrits1 qui vont au point1 dit-on1 qu'ils peuvent rarement les soutenir pendant deux ou trois ans4 ,les ,capucins sont habills d'une toffe grossire et se distinguent par leur malpropret4 ,mais les pauvres religieuses surtout1 condamnes une captivit perptuelle1 paraissent tre de trs malheureuses cratures quand la ferveur de l'imagination cesse de les soutenir4 ,,section ,,iv4 ,cruaut des sacrifices sanglans4 ,des sacrifices humains4 ,nous venons de parler des cruauts que la pit religieuse a dtermin les hommes exercer contre eux-mmes2 examinons maintenant celles qu'ils ont exerces sur d'autres cratures et sur les tres de leur propre espce4 ,les sacrifices sanglans ont fait de fort bonne heure et pendant trs long-tems partie du culte divin chez presque tous les peuples du monde2 ils nous fournissent une preuve indubitable de la cruaut des hommes2 en effet c'est visiblement cette disposition fcheuse que ces sacrifices expiatoires ont d leur origine4 ,il est vrai qu'en voyant l'antiquit et l'universalit de cet usage rpandu chez presque toutes les nations1 quelques personnes se sont imagin que c'tait une preuve que ces sacrifices taient d'institution divine2 cependant ceux qui sont de cette opinion devraient se souvenir que l'idoltrie a t encore plus universellement reue que ces sacrifices1 qu'elle n'est pas moins ancienne qu'eux1 et qu'aucun chrtien n'en conclura que l'idoltrie ait pu tre d'institution divine4 ,le fait est que les hommes tant cruels et superstitieux1 et que leurs prtres tant toujours prts tirer parti des vices1 des faiblesses1 des passions du genre humain1 pour les faire tourner au profit du sacerdoce1 il ne faut point chercher ailleurs que dans ces vices et dans la superstition1 qui s'est montre sous des formes trs diverses dans les diffrens pays1 les causes auxquelles l'on peut attribuer l'universalit de ces sacrifices4 ,comme les hommes sont communment vindicatifs1 cruels1 altrs de sang1 ils ont imagin que leurs dieux taient dans les mmes dispositions4 ,il est difficile de dcider si c'est l'extravagance ou la cruaut qui l'ont emport dans l'institution de ces pratiques absurdes et barbares3 en effet quoi de plus insens que d'imaginer qu'en gorgeant un tendre agneau on pouvait expier les crimes d'un homme mchant6 ,n'est-ce pas une cruaut rvoltante que de rpandre ainsi du sang sans aucune ncessit8 ,on demandera1 peut-tre1 quel mal ou quelle cruaut il pouvait y avoir tuer des animaux dans des sacrifices1 puisqu'on en tue journellement dans tout l'univers pour la nourriture des hommes8 ,je rponds que si la chair des animaux est absolument ncessaire la subsistance de l'homme1 il est autoris le tuer faute de pouvoir s'en passer2 mais cela ne peut point justifier l'usage de les tuer pour des pratiques superstitieuses1 qui bien loin d'tre ncessaires sont infiniment dangereuses3 or il est vident que l'usage de tuer des animaux tait une pratique superstitieuse2 l'criture sainte des chrtiens et la raison s'accordent le prouver2 tout ce qui est regard comme un devoir religieux sans pouvoir oprer l'effet qu'on se propose1 doit tre trait de pratique superstitieuse1 il est impassible1 dit ,st4-,paul1 que le sang des taureaux et des boucs te les pchs4 ,la raison est en cela conforme ce que dit l'aptre4 ,il est remarquer que1 quoique la religion des juifs ft tant de cas des sacrifices sanglans1 nanmoins plusieurs de leurs prophtes se sont1 ainsi que ,st4-,paul1 dclars contre cette pratique cruelle et ridicule1 et ont reconnu que ,dieu ne l'exigeait nullement4 ,le ,psalmiste dit ,dieu3 vous n'avez point dsir le sacrifice ni l'offrande1 vous n'avez point exig d'holocaustes4 ,voyez pseaume #df1 vers4 #f4 ,jrmie parlant au nom de ,dieu dit aux juifs3 je n'ai point parl avec vos pres1 ni ne leur ai point donn de commandemens touchant les holocaustes et les sacrifices au jour o je les ai fait sortir d'gypte4 ,voyez ,jrmie1 chapitre ,,vii1 vers4 #bbae4 ,isae fait dire ,dieu3 qu'ai-je besoin de la multitude de vos sacrifices8 chapitre #a1 vers4 #aa4 ,le mme prophte avertit les juifs qu'il vaudrait mieux cesser de faire le mal et d'apprendre faire le bien1 de rechercher la droiture1 etc4 ,ibid4 vers4 #af1 #ag4 ,les payens ont senti la mme vrit par les seules lumires du bon sens4 ,cicron dit que le culte le plus agrable aux dieux est de les servir avec un coeur pur4 ,cultus autem ,deorum est optimus1 idemque castissimus1 atque sanctissimus1 plenissimusque pietatis1 ut eos semper pura1 integra1 incorrupta et mente et voce veneremur4 ,de ,natur4 ,deor4 ,lib4 ,,ii4 ,perse s'est expliqu de la mme manire4 ,compositum jus1 fasque animi1 sanctoque recessus ,mentis1 et incoctum generoso pectus honesto3 ,hc cedo1 ut admoveam templis1 et farre litabo4 ,,satyr4 ,,ii4 vers #gc4 #ae ,il parat difficile de concilier ces passages des pseaumes et des prophtes avec le lvitique de ,mose1 c'est--dire ,dieu lui-mme parat fort occup des sacrifices du peuple d',isral4 ,mais continuons d'examiner l'absurdit et la barbarie de ces pratiques religieuses1 et les consquences fatales qui en sont dcoules4 ,il est vident que l'usage de rpandre le sang grands flots dans les sacrifices a d contribuer rendre les hommes cruels ou fortifier en eux la disposition naturelle qu'ils ont la cruaut2 en effet n'tait-ce pas les familiariser avec le sang8 ,quel dluge ne devait-on pas en rpandre lorsqu'on immolait la fois vingt-deux mille boeufs et cent vingt mille brebis6 quel affreux carnage qu'un pareil sacrifice#af6 si de semblables spectacles taient propres disposer la cruaut le peuple qui n'en tait que le tmoin1 quel effet ces sacrifices ne devaient-ils pas produire sur les prtres1 qui faisaient les fonctions de bouchers1 et qui jouaient le principal rle dans cette scne dgotante de carnage et d'horreurs6 #af ,voyez liv4 ,i des rois1 chap4 #h1 vers4 #fc4 ,quelque ncessaire qu'il soit d'avoir des hommes dont la profession soit de tuer des animaux pour notre nourriture1 l'exprience nous prouve constamment que ce mtier est trs propre les rendre bien plus cruels que d'autres#ag4 ,notre lgislation s'en est aperue1 car elle ne veut point que les bouchers soient admis tre juges en matire criminelle4 ,au reste1 il n'est pas douteux que bien des personnes s'en tiendraient au rgime ,pythagoricien si elles ne pouvaient se procurer de la chair qu'en tuant elles-mmes des animaux4 ,j'en appelle tout lecteur sensible2 et je lui demande s'il n'a pas prouv un sentiment trs douloureux quand par hazard ses yeux se sont ports sur un innocent agneau lchant la main de celui qui lui enfonait le couteau dans la gorge1 ou mme quand il a vu un boeuf succomber sous des coups de massue1 et montrer par ses mouvemens convulsifs qu'il luttait contre la mort8 ,si des exemples de ce genre sont si propres affecter une me sensible1 quel point n'et-elle pas t touche la vue du carnage inutile dont nous avons parl plus haut1 qui n'avait pour objet que des pratiques superstitieuses8 #ag ,thomas ,morus1 dans son ,utopie1 liv4 #b1 dit que c'tait la fonction des esclaves de tuer les animaux1 qu'aucun citoyen ne pouvait le faire1 vu que les ,utopiens croyaient cette profession propre touffer la piti4 ,quoique ces ,utopiens soient un peuple imaginaire1 ce passage sert faire connatre la faon de penser de l'auteur4 ,quelque rvoltant que ft l'usage de sacrifier des animaux1 il n'est pas beaucoup prs le plus cruel de ceux que les hommes ont pratiqu dans leurs cultes religieux2 nous trouvons en effet que c'tait une trs ancienne coutume chez plusieurs nations1 telles que les ,cananens ou ,phniciens1 les ,carthaginois1 les ,scythes1 les ,gaulois et mme les ,grecs et les ,romains plus civiliss1 de sacrifier des tres de leur espce2 et mme chez quelques peuples on immolait aux dieux ses propres enfans4 ,bochart et quelques autres auteurs assurent que les ,cananens tenaient cette coutume d',abraham2 mais l'vque ,cumberland croit que cet usage tait antrieur au dluge1 et se pratiquait par les peuples de ,canaan long-tems avant qu',abraham vnt s'tablir chez eux4 ,en supposant la raison du ct de l'vque1 qui parat appuyer trs bien son sentiment1 pourquoi n'imaginerions-nous pas qu',abraham fut dtermin immoler son fils en consquence de la coutume tablie dans le pays o il vivait1 plutt que de penser que ce ft ,dieu qui l'engagea commettre une action1 qu'humainement parlant l'on doit regarder comme un crime abominable8 ,en partant de cette supposition ne pourrait-on pas prsumer que l'ange qui mit obstacle cette action n'tait autre chose qu'un sentiment de raison et d'humanit qui1 s'levant dans le coeur d',abraham1 l'empcha de commettre une cruaut familire aux ,cananens stupides et cruels parmi lesquels il vivait8 ,ne put-il pas1 en rflchissant ce qu'il allait faire1 imaginer qu'il tait impossible que ,dieu pt ordonner un crime aussi affreux que le meurtre de son fils#ah8 ,je n'insisterai point sur cette faon d'expliquer un passage1 qui a fort embarrass les thologiens1 quand ils ont voulu concilier cet ordre de la divinit avec les opinions raisonnables que l'on doit s'en former2 j'observerai seulement que les gyptiens furent si opinitrement attachs cet usage d'immoler des victimes humaines1 que quand les ,phniciens1 de qui ils le tenaient1 furent chasss d'gypte par ,tethmosis ou ,amois1 roi de ,thbes qui dfendit cet usage1 ce prince fut oblig de cder la coutume en substituant des hommes de cire des hommes rels4 #ah ,selon la ,gense ,abraham tait sur le point d'immoler son fils4 ,peut-tre le lecteur ne sera-t-il par fch de comparer avec la conduite d',abraham celle d'un roi payen dans une circonstance -peu-prs pareille4 ,le ,dieu tutlaire de ,thbes tant apparu ,sabbacon1 l'un des rois pasteurs de l'gypte1 et lui ayant ordonn de mettre mort tous les prtres du pays1 ce prince jugea que les dieux ne voulaient plus qu'il demeurt sur le trne1 puisqu'il lui ordonnaient des actions contraires leurs volonts ordinaires4 ,en consquence il se retira en thiopie4 ,voyez ,diodore de ,sicile1 lib4 ,,ii4 ,cependant il n'est pas douteux que ce prince n'et agi d'une faon plus sense s'il et regard l'apparition de son dieu comme une rverie ou une illusion1 comme elle tait effectivement1 et alors il n'aurait pas abandonn son trne et son pays4 ,csar nous dit que les ,gaulois tant trs superstitieux1 ceux qui se sentaient attaqus de quelque maladie dangereuse1 ou qui se voyaient exposs aux dangers de la guerre1 offraient des sacrifices humains1 ou bien s'immolaient eux-mmes au pied des autels1 croyant que les dieux immortels ne pouvaient tre appaiss que lorsqu'on leur sacrifiait la vie d'un homme pour celle d'un autre4 ,les ,druides taient chargs de ces sacrifices2 ils prparaient pour cet effet de grandes figures d'osier dans lesquelles ils renfermaient des hommes vivans2 aprs quoi ils mettaient le feu ces figures3 les malheureuses victimes prissaient ainsi dans les flammes4 ,il est vrai que les ,gaulois croyaient que les voleurs et les malfaiteurs taient les victimes les plus agrables leurs dieux1 mais leur dfaut ils prenaient des hommes innocens#ai4 #ai ,voyez de ,bello ,gallico1 lib4 ,,vi1 #af4 ,ils avaient toujours pour maxime que la vie d'un homme devait tre expi par la vie d'un autre homme2 quod pro vita hominis1 nisi vita hominis redditur1 non posse ,deorum immortalium numen placari4 ,,ibidem4 ,c'tait l'usage ,tyr dans les grandes calamits que les rois immolassent leurs fils pour appaiser la colre des dieux4 ,les particuliers qui se piquaient de n'tre pas moins dvots que leurs souverains1 sacrifiaient pareillement leurs enfans quand il leur arrivait quelque grand malheur2 lorsqu'ils n'avaient point d'enfans ils achetaient ceux des pauvres1 afin de ne pas perdre les avantages d'une oeuvre si mritoire4 ,voici la mthode pratique dans ces sortes de sacrifices2 il y avait une statue colossale de bronze reprsentant ,saturne qui est le mme ,dieu que le ,moloch dont il est parl dans l'criture4 ,cette statue tait creuse1 les enfans destins aux sacrifices y taient enferms aprs qu'elle avait t rougie au feu2 d'o l'on voit que ces victimes infortunes taient consumes dans des tourmens affreux4 ,pour touffer leurs cris1 on faisait un grand bruit de tambours et de trompettes2 les mres se faisaient un devoir religieux et un point d'honneur d'assister ces horribles spectacles sans verser des larmes ou sans pousser aucuns soupirs2 elles auraient craint que leurs regrets ne rendissent le sacrifice moins agrable aux dieux et moins utile pour elles-mmes4 ,les ,carthaginois avaient appris cette coutume des ,tyriens leurs anctres2 quand il rgnait chez eux quelque maladie contagieuse1 ils sacrifiaient sans piti un grand nombre d'enfans2 sans gard pour des tres infortuns dont l'ge tendre excite la compassion dans les mes les plus froces1 ces superstitieux abrutis cherchaient dans leurs crimes des remdes contre leurs malheurs2 ils devenaient barbares pour exciter la piti des dieux4 ,diodore de ,sicile nous dit que lorsqu',agatocle assigeait ,carthage1 les habitans de cette ville se voyant rduits l'extrmit1 imputrent leurs maux la juste colre de ,saturne1 parce qu'au lieu d'immoler1 suivant l'usage1 les enfans des personnes les plus distingues1 on leur avait frauduleusement substitu des enfans d'trangers et d'esclaves4 ,pour rparer cette faute1 ils sacrifirent leur dieu deux cents enfans des familles les plus nobles et les plus qualifies de ,carthage2 de plus1 trois cents citoyens qui se sentirent coupables de ce crime imaginaire1 firent leur divinit le sacrifice de leur vie4 ,les ,mexicains semblent avoir surpass toutes les autres nations dans l'usage infernal de sacrifier des victimes humaines4 ,l'auteur de l'histoire civile et morale des ,indes-,occidentales1 dit que ces peuples ne sacrifiaient jamais que les prisonniers qu'ils faisaient la guerre4 ,montzuma ne voulut point conqurir la province de ,tlascala afin qu'elle pt fournir constamment aux sacrifices4 ,ceux qui aidaient immoler les victimes taient regards comme des hommes sacrs1 leurs fonctions taient considres1 elles taient hrditaires4 ,leur chef tait un prlat1 un vque1 ou un pape qui seul tait rserv le droit de porter le coup fatal4 ,les ,mexicains avaient de plus un sacrifice particulier d'un esclave1 que l'on traitait pendant une anne de la faon la plus honorable2 il tait superbement vtu1 on lui donnait le nom de l'idole du pays1 on lui assignait un logement dans le temple1 on lui servait les mets les plus exquis qui lui taient prsents par les principaux d'entre les prtres2 il tait gard par les plus grands seigneurs1 afin d'empcher qu'il n'chappt4 ,quand il passait dans les rues il tait suivi par des grands1 le peuple sortait des maisons pour le voir1 et les femmes lui prsentaient leurs enfans pour recevoir sa bndiction4 ,a la suite de ces honneurs1 ou plutt de cette farce cruelle1 lorsque le tems de la fte tait venu1 on lui ouvrait l'estomac1 dont on arrachait le coeur que l'on offrait tout fumant au soleil et l'on mangeait son corps4 ,acosta nous dit que les ,mexicains sacrifiaient tous les ans deux de leurs idoles deux mille cinq cents hommes engraisss avec soin1 et que lorsque leurs prtres les avertissaient de faire honneur leurs dieux1 on leur disait que ces dieux avaient faim2 ils envoyaient des armes pour chercher des prisonniers destins aux sacrifices1 dont ils mangeaient la chair ensuite4 ,le mme auteur assure que ,montzuma sacrifiait communment vingt mille hommes par an1 et que ce nombre allait quelquefois jusqu' cinquante mille4 ,il parat que les prtres de ce peuple taient si sanguinaires et avaient un tel ascendant sur les princes1 qu'ils leur persuadaient que leurs dieux taient en colre et ne s'appaiseraient qu'en cas qu'on leur immolt quatre ou cinq mille hommes en un jour dans des tems marqus2 ainsi pour les satisfaire il fallait1 tort ou raison1 faire la guerre aux voisins pour se procurer un nombre suffisant de victimes4 ,telles ont t les cruauts que la religion a fait exercer2 ,les hommes ont commis les plus grands crimes pour expier leurs pchs1 pour dtourner la colre et se concilier la faveur de leurs dieux2 mais sans le penchant qu'ils ont naturellement la cruaut et les impostures de leurs prtres1 les hommes n'auraient jamais imagin que la divinit exiget d'eux d'autre sacrifice que celui de leurs passions drgles4 ,un honnte payen a dit avec raison3 si tu veux rendre les dieux propices1 sois vertueux4 ,vis ,deos propitiare8 bonus esto4 ,je terminerai ce sujet si rvoltant des sacrifices humains par les vers que ,racine met dans la bouche de ,clytemnestre parlant son poux ,agamemnon l'occasion du sacrifice d',iphignie2 les horribles crmonies de ces odieux sacrifices y sont dcrites de la manire la plus forte4 ,un prtre environn d'une foule cruelle1 ,portera sur ma fille une main criminelle1 ,dchirera son sein1 et d'un oeil curieux ,dans son coeur palpitant consultera les ,dieux6 ,,section ,v4 ,des traitemens cruels que les hommes se font prouver les uns aux autres cause de la diffrence de leurs opinions religieuses et de la diversit de leur culte4 ,le troisime et le dernier point de vue sous lequel on se propose d'envisager la cruaut religieuse1 a pour objet les traitemens inhumains que les hommes se font rciproquement prouver cause de leurs diffrens sentimens en matire de religion1 et des diverses formes de leurs cultes4 ,toutes les religions qui n'avaient pas totalement la superstition pour base1 ou qui n'taient pas de pures inventions politiques1 ou qui n'avaient pas pour objet de tromper le plus grand nombre pour l'avantage du plus petit1 ont d se proposer le bien-tre du genre humain2 elles ont d surtout avoir pour but de leur apprendre rprimer quelques passions1 d'en rgler d'autres1 de rendre les hommes paisibles1 humains1 indulgens1 bienfaisans1 sensibles la piti2 pour qu'une religion ft bonne1 on aurait droit de s'attendre lui voir produire ces fruits avantageux2 une religion que l'on nous donne comme institue par la divinit mme devrait surtout ne jamais perdre ces grands objets de vue4 ,cependant dans le fait toutes les religions ont produit des effets tout contraires2 elles ont fait clore des disputes1 des jalousies1 des animosits1 des guerres1 des perscutions1 des meurtres et des carnages1 et celle qui passe pour la meilleure de toutes est prcisment celle qui a produit les plus grands dsordres2 en juger par ses effets1 il semblerait que la religion chrtienne1 loin d'apporter la paix sur la terre1 n'est venue y apporter que le glaive et la destruction4 ,un de nos thologiens reconnat qu'il est aussi surprenant qu'affligeant de considrer le peu de bien que le christianisme a produit1 quand on le compare avec celui qu'il aurait pu faire depuis son tablissement dans le monde#bj4 ,il dit ailleurs444 force d'abus et de perversit il est arriv que l'vangile1 bien loin de produire les bons effets que l'on pouvait en attendre1 a produit des maux sans nombre444 au lieu d'clairer les hommes1 de les rendre indulgens et bienfaisans1 il n'a servi qu' faire natre des querelles1 des erreurs1 des opinions2 il a produit des haines invtres inconnues avant lui2 il a caus des tumultes et des dsordres que l'autorit civile n'a pu souvent ni rprimer ni calmer4 #bj ,v4 le livre intitul3 a reply1 etc41 par ,ralph ,heathcoate1 pages #agb et #agd4 ,nous ferons voir par la suite les causes de ces maux4 ,depuis le meurtre du juste ,abel jusqu' nous1 l'histoire nous montre la faon cruelle dont les hommes se sont traits rciproquement1 en vue de la diversit de leurs opinions religieuses et de leurs cultes2 elle nous prouve que ces choses ont en tout tems et en tous pays fait natre des perscutions humaines4 ,m4 ,chandler a observ1 dans l'excellente introduction qu'il a mise la tte de l'histoire de l'inquisition1 par ,limborch1 que l'on a tout lieu de conclure d'un passage du livre de ,judith que les anciens juifs ont t perscuts pour cause de religion4 ,ce peuple1 dit ,achior ,holopherne1 est descendu des ,chaldens1 et il habitait ci-devant la ,msopotamie1 parce qu'il ne voulait pas suivre les dieux de ses pres qui vivaient en ,chalde2 car il quitta les voies de ses anctres1 et adora le ,dieu du ciel1 le ,dieu qu'il connaissait3 ainsi il s'est dtourn de la face de ces dieux1 et il se sauva dans la ,msopotamie1 o il sjourna long-tems4 ,les juifs furent encore cruellement perscuts par ,antiochus piphane1 qui1 quoiqu'il ft un prince trs mchant1 ne laissait pas1 comme il arrive trs souvent1 d'avoir beaucoup de zle pour sa religion3 ceux d'entre les juifs qui ne voulaient pas renoncer au culte du vrai ,dieu pour adorer ses idoles1 furent par les ordres de ce tyran cruellement battus1 tourments1 mis en croix2 il fit mourir les femmes qui contre ses ordres circoncisaient leurs enfans1 il fit attacher ceux-ci au col de leurs parens crucifis4 ,les supplices qu'il fit endurer lazar et aux frres ,machabes1 parce qu'ils refusrent de renoncer leur religion et de sacrifier aux dieux des ,grecs1 sont des exemples affreux de la cruaut religieuse de ce monarque pervers4 ,socrate1 l'un des hommes les plus sages et les plus vertueux qui aient jamais exist1 fut mis mort par les ,athniens1 ses compatriotes1 cause de sa faon de penser sur la religion4 ,ce que ,juvenal nous dit dans sa ,x,ve satire prouve que les gyptiens taient souvent en querelle1 en venaient mme aux coups1 se massacraient les uns et les autres l'occasion de leurs diffrentes divinits4 ,lorsque la religion chrtienne fit son entre dans le monde1 les juifs et les payens lui dclarrent la guerre et se runirent pour l'touffer4 ,les juifs soumis eux-mmes une nation trangre1 quoiqu'ils eussent la volont de l'extirper1 n'en avaient pas le pouvoir2 mais les ,romains perscutrent les chrtiens pendant prs de trois cents ans2 ils usrent souvent contre eux de cruauts inouies1 qui ne furent surpasses que par celles que les chrtiens ont depuis exerces les uns contre les autres4 ,m4 ,chandler observe dans l'introduction que nous avons dj cite que les chrtiens ds le berceau de l'glise eurent des dissensions et des querelles1 et qu'il s'en leva mme entre les chefs des ,aptres4 ,st4-,paul nous apprend lui-mme qu'il avait rsist en face ,cphas ou ,st4-,pierre4 ,le mme ,st4-,paul reproche aux ,corinthiens leur esprit de parti1 vu que chez eux les uns se disaient adhrens de ,paul1 d'autres d',apollon1 d'autres de ,cphas1 et d'autres de ,jsus-,christ4 ,v4 pitre aux ,corinthiens1 chap4 ,i1 vers4 #aa1 #abba4 ,en consquence de ces querelles beaucoup de chrtiens en vinrent bientt s'injurier1 se diffamer1 et se faire tout le mal dont ils furent capables3 ds qu'ils eurent du pouvoir1 qu'ils virent un empereur de leur religion leur tte1 ds que de riches vchs et de grands revenus furent devenus les objets de leur ambition et de leurs contentions1 avec quelle inhumanit ne se sont-ils pas traits les uns les autres6 ,on ne voit alors que des emprisonnemens1 des exils1 des combats1 des meurtres1 des perscutions2 et pour lors ils levrent le masque et montrrent l'univers l'esprit qui les animait4 #ba ,il est vident que ces ,corinthiens regardaient ,paul1 ,apollo et ,cephas comme des chefs de secte2 mais ce qui est bien plus trange1 il semblerait que quelques-uns d'entr'eux ont regard pareillement ,jsus comme un chef de secte4 ,,section ,,vi4 ,en quoi consistent quelques-unes des querelles religieuses qui ont divis les chrtiens1 et combien les matires en dispute ont t inintelligibles pour les disputans4 ,avant d'entrer dans l'examen de la manire dont un grand nombre de chrtiens se sont traits les uns les autres l'occasion de leurs querelles religieuses1 il est propos de jetter un coup-d'oeil sur les objets de leurs disputes et de montrer combien peu les questions disputes taient entendues par ceux qui se croyaient intresss dans ces dmls2 en effet les choses qui n'taient point regardes comme des points essentiels ne mritaient pas qu'on y mt tant de chaleur2 quant celles que l'on n'entendait pas1 il tait1 sans doute1 inutile et ridicule d'en disputer#bb4 #bb ,si les hommes ne disputaient que sur les matires qu'ils entendent1 il est certain que les disputes sur la religion se rduiraient bien peu de choses2 si l'on venait dtruire tous les livres qui traitent des matires ou qui renferment les disputes dont les auteurs eux-mmes n'ont point eu d'ides claires1 on dtruirait un bien plus grand nombre de livres que ceux qui furent consums dans la bibliothque d',alexandrie1 o nanmoins l'on comptait jusqu' #ejj1jjj volumes4 ,une des premires disputes qui s'leva parmi les chrtiens1 fut pour savoir s'il fallait pratiquer la circoncision et quelques autres crmonies judaques que l'on voulait incorporer dans la religion chrtienne4 ,il parat que ce fut l l'occasion de la querelle qui divisa les aptres ,st4-,pierre et ,st4-,paul1 et qui subsista dans l'glise encore long-tems aprs eux4 ,ds les premiers tems du christianisme1 et mme du vivant de plusieurs d'entre les aptres1 il y eut des disputes trs vives relativement la personne du ,christ4 ,quelques-uns1 dit ,laurent chard1 niaient sa divinit1 le croyant simplement fils de ,joseph et de ,marie1 et le regardant comme un personnage minent4 ,d'autres enseignaient que comme ,jsus n'tait qu'un homme1 le ,christ tait descendu sur lui sous la forme d'une colombe1 et que ce fut alors que ,jsus-,christ fit connatre le pre1 inconnu jusque-l2 et qu' la fin le ,christ1 qui tait impassible1 quitta ,jsus et lui laissa souffrir la mort4 ,enfin il y en avait qui pensaient que son royaume subsquent serait terrestre1 qu'il rgnerait dans la ville de ,jrusalem1 o les hommes jouiraient pendant mille ans de toutes sortes de plaisirs charnels4 ,voyez chard's ecclesiastic history1 vol4 ,,ii1 page #cia4 ,nous observerons en passant que cette doctrine des ,millenaires1 qui prouve que les ,saints de ce tems n'taient occups que de biens temporels1 ainsi que beaucoup d'autres opinions galement absurdes1 furent avances et soutenues par ,st4-,irne qui1 selon ,m4 ,dodwell1 vivait dans un tems si proche des aptres1 qu'il pouvait avoir reu d'eux sa doctrine1 et la transmettre d'une faon sre la postrit#bc4 ,cet ,irne ne fut pas le seul qui soutint ces opinions1 elles furent adoptes par les premiers pres1 qui nous les ont transmises comme venant des aptres et de leurs successeurs immdiats4 ,st4-,irne prtendait pareillement que les saintes critures avaient t entirement dtruites durant la captivit de ,babylone1 mais avaient t restaures par ,esdras1 que dieu avait inspir pour cet effet4 ,le docteur ,middleton assure que ce sentiment fut suivi par tous les principaux pres de l'glise des sicles suivans4 #bc ,le docteur ,middleton dans ses recherches libres 7free inquiry71 pag4 #cf1 #ch et #ci1 a recueilli les opinions monstrueuses adoptes et soutenues par les plus anciens pres et surtout par ,st4 ,justin et ,st4 ,irne4 ,entre autres absurdits1 ce dernier soutenait la doctrine des ,millenaires1 dans le sens le plus grossier1 et cela sur l'autorit d'une tradition qu'il tenait de tous les vieillards qui avaient convers avec ,st4 ,jean2 ceux-ci avaient ou dire cet aptre ce que notre ,sauveur lui-mme enseignait sur ce point4 ,voici un passage qu'il se rappelait4 ,il viendra un temps o il crotra des vignes qui auront chacune dix mille ceps1 chaque cep aura dix mille branches1 chaque branche aura dix mille rameaux1 et chaque rameau portera dix mille grappes composes de dix mille raisins1 et chaque grappe presse fournira vingt-cinq mesures de vin2 et lorsqu'un des saints ira cueillir du raisin sur une grappe1 une autre grappe criera3 je suis meilleure1 prenez-moi1 et bnissez le ,seigneur4 ,de mme un grain de froment fournira dix mille pis1 etc41 qui fourniront chacun dix mille grains1 dont chacun produira dix mille livres de farine la plus pure1 et ainsi des autres semences et fruits4 ,le docteur ,middleton nous apprend que ,st4 ,irne confirme sa doctrine par le tmoignage des prophtes ,isae1 zchiel1 ,daniel1 et par l',apocalypse de ,st4 ,jean1 et qu'il prtendait que toutes ces choses n'taient point allgoriques1 mais s'accompliraient la lettre dans la ,jrusalem terrestre4 ,mais revenons quelques-unes des opinions qui ont occasionn des querelles et des perscutions atroces parmi les chrtiens4 ,ds le tems de ,st4-,polycarpe qui tait disciple de ,st4-,jean1 il y eut une dispute trs vive renouvele plusieurs fois depuis1 et qui absorba pendant un grand nombre d'annes l'attention du monde chrtien3 il s'agissait de savoir si pour la clbration de la ,pque l'on se rglerait sur les juifs qui suivaient la pleine lune1 ou si l'on se rglerait sur la rsurrection de ,jsus-,christ1 ou si on la clbrerait un dimanche4 ,par malheur dans le nouveau testament rien ne semble obliger les chrtiens observer la ,pque2 cependant cette question ne laissa pas d'exciter entre eux de furieuses querelles1 et fit mme rpandre beaucoup de sang4 ,il y eut encore une autre question trs importante qui occasionna des disputes1 des meurtres1 et qui fit convoquer le troisime concile cumnique2 il s'agissait de savoir si la vierge ,marie devait tre appelle mre de dieu#bd4 ,nestorius1 patriarche de ,constantinople1 voulut s'y opposer1 disant que ,marie tait une femme1 et concluant de l que ,dieu n'avait pu natre d'elle2 car1 disait-il1 je ne puis appeller ,dieu un enfant qui dans un certain tems n'a eu que deux ou trois mois4 ,a quoi ,nestorius aurait pu ajouter qu'il tait impossible que le dieu suprme1 le crateur de toutes choses1 qui existe par lui-mme1 pt avoir ni pre ni mre4 ,cependant ce prlat prtendait que c'tait blasphmer que de dire que dieu ft n d'une femme1 que ,dieu et souffert1 que dieu ft mort4 #bd ,on a donn depuis le titre de grande-mre de ,dieu ,ste4-,anne1 mre de la vierge4 ,on sait les disputes qui se sont leves dans l'glise au sujet de l'immacule conception de la vierge4 ,on sait aussi qu'environ vers l'an #djj il fut question de savoir si la vierge ,marie ayant conue sans le secours d'un homme1 avait perdu sa virginit4 ,voyez ,bower1 hist4 des ,papes1 vol4 ,i4 ,on voit ,naples une inscription en l'honneur de la vierge o elle est appele ,nata1 ,soror1 conjux1 eadem genitrixque tonantis4 ,v4 ,les voyages de ,keysler4 ,sous le rgne de l'empereur ,hraclius et de ,constance son petit-fils1 il s'leva une violente dispute pour savoir si ,jsus-,christ avait eu deux volonts1 l'une divine et l'autre humaine4 ,a la sollicitation de ,paul1 vque de ,constantinople1 on perscuta avec fureur pour cet important article2 mais ,martin1 vque de ,rome1 assembla un concile compos de cent cinquante vques1 qui dcida que quiconque refuserait de reconnatre deux volonts1 l'une divine et l'autre humaine1 dans le mme ,jsus-,christ1 devait tre anathmatis4 ,est-il rien au monde de plus ridicule que de voir #aej graves prlats assembls pour une pareille question#be8 #be ,cette question nous fournit un exemple frappant du jargon mtaphysique des thologiens4 ,les orthodoxes disaient3 deux volonts annoncent deux personnes1 par consquent une seule volont n'annoncerait qu'une personne2 mais dans la ,trinit il n'y a qu'une seule volont1 vu que le pre n'a pas une volont diffrente de celle du fils1 ni le fils du ,saint-,esprit4 ,ergo dans la ,sainte-,trinit il n'y aurait qu'une seule personne1 ce qui serait impie1 absurde1 blasphmatoire4 ,les orthodoxes ajoutaient que dans la ,trinit le pre voulait en tant que ,dieu 7quatenus ,deus7 et non comme pre2 sans cela comme il est une personne distingue de celle du fils1 sa volont serait une volont distingue de celle du fils2 d'o ils concluaient que la volont appartenait la nature et non la personnalit2 et par consquent que lorsque la nature tait la mme il ne pouvait y avoir qu'une volont1 quel que ft le nombre des personnes1 et qu'au contraire lorsqu'il y avait plus d'une nature il devait y avoir plus d'une volont4 ,voyez ,bower1 hist4 des ,papes1 vol4 ,,iii1 page #aji4 ,dans le sixime concile cumnique auquel assistrent deux cent quatre-vingt-neuf vques1 les pres du concile aprs avoir flicit l'empereur ,constantin le fils an de ,constans1 qui venait de faire couper le nez ses deux frres puns1 afin de les empcher de prendre part l'empire1 aprs l'avoir compar un autre ,david suscit par ,jsus-,christ1 et avoir dit qu'il tait selon le coeur de ,dieu1 pour n'avoir point joui du repos jusqu' ce qu'il les et assembls afin de dcouvrir la vraie rgle de la foi3 aprs1 dis-je1 avoir ainsi compliment cet indigne empereur et avoir condamn l'hrsie des ,monothlites1 c'est--dire de ceux qui n'admettaient qu'une seule volont en ,jsus-,christ1 ces prlats dclarrent qu'ils reconnaissaient deux volonts naturelles et deux oprations1 qui se trouvaient indivisiblement1 inconvertiblement1 sans confusion et insparables dans le mme ,jsus-,christ1 c'est--dire qu'ils reconnaissaient en lui l'opration divine et l'opration humaine4 ,il et t trs heureux s'il n'y avait eu que des ecclsiastiques qui se fussent mls dans ces absurdes querelles1 mais malheureusement pour la chrtient les empereurs s'y intressrent trs vivement et tandis que les ,sarrazins assaillaient l'empire de tous cts et en arrachaient des provinces les unes aprs les autres1 les empereurs au lieu d'assembler des armes pour les repousser1 assemblaient des conciles et faisaient faire des canons1 des dcrets1 des ordonnances au sujet de spculations mtaphysiques qui n'avaient aucun rapport avec la religion chrtienne4 ,cette dispute mmorable en fit clore une autre2 il s'agissait de savoir si ,jsus-,christ tait seulement de deux natures et non pas en deux natures4 ,cette importante question partagea l'an #ejd la ville d',antioche en deux factions3 la populace des deux partis fut enivre de rage et de folie par ses guides spirituels2 on se battit sans avoir aucuns gards ni aux liens de l'amiti ni ceux de la parent2 cependant les orthodoxes1 c'est--dire les plus entts et les plus forts l'emportrent1 et la rivire d',oronte fut arrte dans son cours par le grand nombre de cadavres des ,eutychiens qui furent gorgs sans piti4 ,la mme anne il s'leva une terrible sdition ,constantinople au sujet d'une addition faite une hymne appelle le ,trisagion4 ,les expressions primitives dont on se servait dans cette hymne1 taient ,dieu saint1 ,dieu puissant1 ,dieu immortel1 ayez piti de nous4 ,cette hymne tait destine exprimer la croyance de la ,trinit4 ,tous les troubles furent occasionns parce qu'on y avait ajout ces mots qui a t crucifi pour nous4 ,aprs plusieurs combats qui se livrrent non seulement dans les rues1 mais mme dans les glises1 la populace orthodoxe1 soutenue par une arme de moines1 remporta la victoire sur les ,eutychiens1 qui avaient pourtant les soldats et la cour de leur ct4 ,alors les orthodoxes donnrent des ordres pour massacrer1 sans distinction de sexe ou de rang1 tous ceux qui avaient assist l'empereur dans la guerre qu'il avait faite la trs sainte ,trinit4 ,en consquence dans l'espace de trois jours on gorgea dix mille ,eutychiens1 leurs maisons furent pilles et brles1 ainsi qu'une grande partie de la capitale4 ,dans la querelle au sujet du culte des images1 c'est--dire lorsqu'il fut question de savoir si les chrtiens devaient tre idoltres ou non1 ceux qui soutenaient l'affirmative l'emportrent1 v que c'est ordinairement ceux qui ont tort qui se battent avec le plus de zle et de frnsie4 ,cette dispute se termina donc par l'tablissement de l'idoltrie1 qui subsiste encore aujourd'hui dans l'glise romaine1 au grand scandale de la chrtient4 ,on ne finirait point si l'on voulait entrer dans le dtail de toutes les contestations qui se sont leves au sujet de la grace1 des oeuvres1 de la justification1 du libre arbitre1 etc4 ,l'on a disput pour savoir si l'on devait recevoir la communion debout ou genoux2 si le pain sacramental devait tre lev1 ou non lev2 si le vin devait tre pur ou ml avec de l'eau2 si le baptme devait tre administr aux enfans ou aux adultes2 si pour purifier l'me il fallait plonger le corps dans l'eau ou s'il suffisait de jetter de l'eau sur la face ou sur la tte4 ,l'on se battit pour savoir laquelle de ces deux mthodes tait la plus avantageuse au salut2 si le surplis et quelques autres habillemens des prtres taient dcens1 ncessaires et pieux1 ou s'ils taient indcens1 impies1 anti-chrtiens1 abominables4 ,en un mot ce serait fatiguer la patience du lecteur que de rapporter une infinit de contestations galement intelligibles et intressantes1 qui ont nanmoins occasionn des dbats trs violens et des perscutions affreuses entre les chrtiens4 ,je me bornerai donc parler des querelles qui se sont leves au sujet du pch originel1 sur l'lection et la rprobation1 sur la nature de l'eucharistie1 enfin sur la ,trinit2 je tcherai cependant d'tre le plus concis qu'il me sera possible4 ,l'on a beaucoup disput pour savoir en quoi consistait le pch originel1 s'il fallait entendre la lettre la manducation du fruit dfendu1 ou s'il fallait entendre par l le commerce illicite entre les deux sexes4 ,quoique le genre humain et t cr mle et femelle et indubitablement avec ses passions naturelles1 cependant on supposa qu'il lui tait dfendu de jouir4 ,l'on a de plus imagin des opinions diverses pour rendre compte de la faon dont le pch d',adam s'est transmis sa postrit1 si ce fut par imputation ou par une sorte de contagion1 de corruption1 de transfusion1 d'infection1 etc4 ,il y eut de tout tems des disputes interminables1 et il y en aura toujours suivant les apparences au sujet de l'lection et de la rprobation2 on a allgu un grand nombre de passages pour et contre1 et chacun a1 comme de raison1 prtendu qu'ils taient clairs et dcisifs en sa faveur2 mais comme mon dessein n'est point d'entrer dans ces sortes de discussions1 je me contenterai d'exposer ici en peu de mots l'tat de la question qui a la rprobation pour objet4 ,dieu1 qui sait et prvoit tout1 a cr tous les hommes en consquence d'un acte de sa volont2 il les a forcs d'exister1 quoique suivant l'opinion de ceux qui soutiennent la rprobation1 il st ou prvt trs bien1 et mme et ordonn que la plus grande partie des hommes serait ternellement malheureuse4 ,tel est selon eux le dcret d'un ,dieu infiniment juste1 infiniment bon1 infiniment misricordieux4 ,il est certain que si l'on voulait soumettre cette question au tribunal de la raison1 elle ne prterait gure la dispute1 elle deviendrait plutt un objet d'horreur4 ,le lecteur intelligent pourra probablement pousser o il voudra ses rflexions l-dessus3 mais il ne peut les pousser trop loin1 s'il se laisse uniquement guider par la vrit4 ,dans les disputes sur l'eucharistie1 il fut question de savoir si le pain et le vin1 administrs ceux qui les reoivent dignement et avec foi1 les font participer au corps et au sang de ,jsus-,christ1 ou si les espces ou lmens sont consubstancis avec ce corps et ce sang1 ou enfin si1 suivant la doctrine de l'glise romaine qui est la plus nombreuse des sectes chrtiennes1 le pain et le vin sont transubstancis1 c'est--dire changs dans le vrai corps et le vrai sang de ,jsus-,christ1 dans le corps et le sang de ,dieu1 du crateur de l'univers#bf4 #bf ,il y a eu de grandes contestations dans l'glise romaine pour savoir si le pain et le vin reus dans le sacrement d',eucharistie se changeaient par la digestion en excrmens comme les autres alimens2 on donna le nom de ,stercoranistes ceux qui soutenaient l'affirmative1 mot qui vient de ,stercus4 ,le cardinal ,humbert1 dans sa rponse ,nicetas ,pectoratus1 le traite de ,stercoraniste pour avoir soutenu que l',eucharistie rompait le jene4 ,le dogme de la trinit1 tant un des plus abstraits de la religion chrtienne1 et par consquent celui qui est le moins intelligible1 a excit les plus grandes et les plus opinitres disputes4 ,il s'leva deux antagonistes qui se querellrent sur cette matire2 l'un fut ,alexandre vque d',alexandrie1 et l'autre fut un prtre nomm ,arius4 ,l'vque ,alexandre1 en parlant de la ,trinit1 avana que le fils tait coternel et consubstanciel avec le pre et son gal en dignit4 ,arius lui opposa cet argument2 si le pre a engendr le fils1 celui qui est engendr doit avoir eu un commencement de son existence2 d'o il suit qu'il y eut un temps o le fils n'existait pas4 ,arius en concluait que le fils tenait sa substance de choses non existantes4 ,d'un autre ct ,arius1 au dire de l'vque ,alexandre1 prtendait qu'il y avait eu un tems o il n'y avait pas de fils de ,dieu1 et que celui qui n'existant pas auparavant avait exist par la suite1 devait tre regard sur le pied des hommes ordinaires1 et par consquent tait d'une nature changeante et susceptible de vices ainsi que de vertus4 ,selon ,arius la doctrine d',alexandre tait que ,dieu a toujours t et que son fils a toujours t1 que le pre et le fils sont coternels1 que le fils coexiste avec ,dieu sans tre engendr1 ayant t engendr de toute ternit1 c'est--dire1 engendr1 sans tre engendr2 que ,dieu n'tait point avant son fils1 pas mme en ide ou dans aucun point du tems1 tant toujours ,dieu et toujours fils4 ,v4 ,chandler dans son introduction1 pag4 #bb et #bc4 ,cette dispute1 galement intelligible de part et d'autre1 galement difiante et instructive1 fut l'occasion des violences1 des perscutions1 des massacres les plus atroces1 et fit verser des flots de sang4 ,de notre temps on a vu encore bien des combats au sujet de la ,trinit1 mais les combattans1 quoique trs acharns les uns contre les autres1 n'ayant point d'autres armes que leurs langues et leurs plumes1 n'ont gure pu se faire d'autre mal que de s'injurier1 de se calomnier1 de s'outrager rciproquement4 ,le lecteur pourra facilement imaginer combien les disputans pouvaient tre clairs sur les matires pour lesquelles ils s'entrgorgeaient les uns les autres4 ,cependant il est bon de faire voir combien leurs disputes taient entendues par le peuple qui y prenait un trs vif intrt3 il est pourtant prsumer que le vulgaire le plus grossier tait pour l'ordinaire autant au fait des questions que ses thologiens les plus profonds4 ,aprs que quelques vques eurent pieusement condamn ,dioscore1 vque d',alexandrie1 ils s'occuprent du soin d'tablir la foi1 conformment au symbole de ,nice1 aux opinions des pres1 la doctrine de ,saint ,athanase1 de ,saint ,cyrille1 de ,saint ,basile1 de ,saint ,grgoire1 de ,saint ,lon2 en consquence il fut dcid que ,jsus-,christ tait vrai ,dieu et vrai homme1 consubstanciel au pre quant sa divinit1 et consubstanciel nous quant son humanit2 qu'il fallait reconnatre qu'il tait compos de deux natures sans mlange qui ne pouvaient se convertir l'une dans l'autre1 et pourtant indivisibles et insparables2 qu'il n'tait point permis personne d'avancer1 d'crire1 de penser1 d'enseigner aucune doctrine contraire2 etc4 ,cette dcision fut suivie des acclamations du peuple1 qui cria que ,dieu bnisse l'empereur1 que ,dieu bnisse l'impratrice6 ,nous croyons ce que croit le pape ,lon4 ,nous condamnons et nous damnons ceux qui divisent ou qui confondent les deux natures4 ,nous croyons comme ,cyrille2 que le nom de ,cyrille soit immortel4 ,c'est ainsi que croient les ,orthodoxes2 anathme quiconque ne croit pas de mme4 ,voyez l'introduction de ,m4 ,chandler1 pag4 #dg4 ,il suffira de rapporter encore un exemple de cette nature que nous fournit le commencement de ce sicle4 ,une portion du clerg de quelques cantons de la ,suisse ayant dress les articles d'un formulaire appel le ,consensus1 il s'leva de grands dbats et des troubles son sujet4 ,il est constant1 dit l'auteur que je cite1 que la plupart des fauteurs ainsi que des ennemis de ce formulaire ne l'avaient ni vu ni lu1 et que1 s'ils en eussent pris lecture1 ils ne l'auraient point entendu2 cependant on en fut si allarm dans le pays de ,vaud que l'effroi n'et pas t plus grand si l'ennemi et t sur la frontire4 ,le peuple croyait que ce ,consensus tait un homme de la ,suisse ,allemande qui venait pour dposer les prdicans du pays de ,vaud1 et pour introduire une nouvelle doctrine4 ,durant ce trouble on envoya quelques dputs de ,berne ,lausanne pour rtablir la paix1 et ceux-ci ayant pris pour secrtaire un homme fort grand et fort maigre1 on prit celui-ci pour le ,consensus1 et il fut souvent en danger d'tre assomm par la populace des villages qui ne faisaient que le huer en disant1 voil le ,consensus2 c'est ce grand vilain-l qui est le ,consensus4 ,les femmes pleuraient dans les rues1 comme si elles eussent perdu tous leurs biens et leur libert4 ,dans la ville de ,lausanne1 la consternation fut aussi grande que si tous les habitans eussent t condamns la mort4 ,voy4 l'tat et les dlices de la ,suisse1 tome ,,iv1 pag4 #cee et suivantes4 ,quelque pitoyables ou ridicules que ces disputes doivent paratre tout lecteur sens2 quelque inintelligibles qu'elles paraissent d'autres1 elles n'ont pas laiss ainsi que bien d'autres querelles tout aussi obscures1 de servir de prtextes des cruauts atroces depuis la fondation du christianisme4 ,pour peu que l'on soit au fait de l'histoire ecclsiastique1 l'on saura que les chefs de la dispute dans ces controverses insenses1 et que les principaux acteurs des sanglantes tragdies qui se passrent dans l'glise primitive au sujet des opinions religieuses et de la diversit des formes du culte1 ont communment mrit le titre de ,saints et de ,pres de l'glise4 ,si nous examinons impartialement et sans prjug la conduite de la plupart de ces grands saints et bien d'autres qui ont pass pour des lumires de l'glise1 tandis qu'on aurait d les regarder comme les brandons de la discorde2 nous serons forcs de reconnatre qu'ils taient des hommes trs pervers et trs mchans tous gards1 et sur-tout des perscuteurs trs virulens2 leur prtendu zle pour la religion1 loin d'amortir en eux l'orgueil1 l'avarice1 l'ambition1 l'envie1 la noirceur et la cruaut1 ne faisait qu'enflammer ces passions en eux et les faire clater sans pudeur et sans retenue4 ,il y a tout lieu de croire que ces grands hommes1 ainsi que la plupart de leurs successeurs1 ont plutt regard la religion comme un moyen de satisfaire leur vanit et leur cupidit que de se procurer la saintet4 ,on nous dira peut-tre que beaucoup de ces querelleurs ou de ces saints ont souffert le martyre4 ,nous en conviendrons2 mais il parat vident qu'ils manquaient de charit et de beaucoup d'autres vertus chrtiennes2 dans ce cas quoi pouvait-il leur servir de laisser brler leur corps8 ,le martyre seul ne prouve point qu'ils aient t des gens de bien2 il y a tout lieu de croire que l'orgueil et le dsir de passer pour des saints ou d'acqurir une haute rputation furent les motifs de leur conduite2 ou bien peut-tre espraient-ils que leurs souffrances les aideraient expier les crimes dont ils se sentaient coupables et leur vaudraient des rcompenses4 ,il peut encore se faire que la chaleur de leur tempramment et beaucoup de part leur conduite2 en effet beaucoup d'hommes trs mchans sont devenus martyrs1 mme pour des bagatelles ou dans de mauvaises causes4 ,l'athisme lui-mme eut ses martyrs1 et l'on rapporte de ,philoxne que les menaces des tourmens les plus rigoureux ne purent jamais l'engager louer les mauvais vers d'un tyran4 ,m4 de la ,loubere nous apprend que lorsque le prince ,tartare qui rgnait la ,chine en #afhg1 voulut forcer les ,chinois se raser la tte la faon des ,tartares1 un grand nombre de ces ,chinois aima mieux mourir que de se conformer cet ordre4 ,les ,bonzes de ce mme pays s'enferment dans des chaises porteurs remplies de cloux dont la pointe est tourne en dedans1 et s'infligent beaucoup de tourmens semblables1 uniquement pour exciter l'admiration et la charit du vulgaire4 ,des philosophes indiens se sont brls eux-mmes pour acqurir de la rputation2 les femmes de l',indostan vont avec la plus grande gat se brler vives sur les corps de leurs maris dcds1 le tout parce que c'est une coutume tablie dans ces contres4 ,joignez cela que nous ne devons pas supposer que tous les saints qui furent mis mort sous les empereurs romains aient t proprement parler des martyrs du christianisme2 on sait trs bien que plusieurs d'entre eux ont t punis pour des attentats contre le gouvernement1 et que beaucoup d'autres le furent parce qu'ils avaient excit la populace dmolir les temples des paens ou commettre d'autres dsordres trs contraires au repos de la socit4 ,,section ,,vii4 ,de plusieurs saints trs orthodoxes et pres de l'glise qui ont t de violens perscuteurs4 ,aprs avoir rapport quelques-uns des articles sur lesquels les chrtiens ont eu de violentes disputes2 aprs avoir montr combien ces articles ont t entendus par les disputeurs et par ceux qui se sont crus intresss dans ces querelles2 aprs avoir fait voir quelle espce d'hommes taient les chefs les plus zls et les plus dvots qui les excitaient1 nous allons continuer mettre sous les yeux du lecteur quelques exemples des perscutions atroces et des cruauts rvoltantes1 qu'un grand nombre de ceux qui s'appellent des chrtiens ont exerc les uns contre les autres l'occasion de leurs opinions diverses4 ,si l'on voulait entrer dans le dtail de ces infamies1 on serait oblig de transcrire des volumes immenses de martyrologes1 l'histoire ecclsiastique tout entire1 les lgendes1 les vies des pres et des saints1 ouvrages remplis d'exemples de cruaut religieuse3 on y trouverait des traits qui feraient frmir les lecteurs en qui le fanatisme n'a point totalement teint les sentimens d'humanit4 ,on se bornera donc ici rapporter en peu de mots quelques-uns de ces actes de frocit4 ,en effet1 si l'on pouvait admettre l'hyperbole de ,saint ,jean1 l'on pourrait dire que le monde serait trop petit pour contenir les livres o l'on raconterait fidlement tous les dtails des cruauts exerces par ceux qui ont l'impudence de se dire les disciples de ,jsus-,christ4 ,on a dj fait observer que les querelles et les disputes ont commenc ds les premiers instans du christianisme1 et que les aptres eux-mmes ne furent point d'accord entr'eux2 par la suite les chrtiens1 mesure qu'ils eurent plus de pouvoir et de libert1 firent clater plus hardiment leur cupidit1 leur orgueil1 leur ambition1 leur frocit1 et se permirent des violences qui font rougir la raison4 ,jusqu'au tems de ,constantin1 qui fut le premier empereur chrtien1 les chrtiens tant sous le gouvernement des payens furent obligs de s'en tenir se maudire1 s'injurier1 se dchirer et mme avec raison les uns les autres2 mais peine eurent-ils obtenu la permission de se perscuter d'une faon plus efficace1 qu'ils profitrent de cette fatale libert pour s'excommunier1 se bannir1 s'emprisonner1 se tourmenter et se mettre rciproquement mort4 ,indpendamment des essaims d'hrtiques qui s'levrent1 qui soutinrent les opinions les plus absurdes1 les plus monstrueuses1 qui se rendirent coupables des crimes les plus contraires aux moeurs1 l'glise fut encore divise en deux partis principaux1 distingus par les noms d',orthodoxes et d',ariens2 ceux-ci furent dclars hrtiques par les premiers#bg4 #bg ,l'on a observ au sujet des hrtiques et des sectaires en gnral que moins ils diffraient entr'eux dans leurs opinions1 plus ils avaient d'antipathie les uns pour les autres4 ,c'est apparemment la mme raison qui fait que quelques hommes ont une aversion plus marque pour les singes que pour tous les autres animaux4 ,selon que ces deux cabales jouirent alternativement du pouvoir ou eurent les empereurs de leur ct1 elles perscutrent leurs adversaires avec toute la fureur et la rage que le fanatisme peut exciter4 ,il est sur-tout bon de remarquer que les ,orthodoxes furent bien loigns de donner des exemples de douceur leurs adversaires2 quoiqu'ils se plaignissent trs amrement de la cruaut des ,ariens quand ceux-ci prenaient le dessus1 et quoique ,saint ,athanase assurt que la perscution tait une invention diabolique1 cependant les ,orthodoxes ne mettaient aucunes bornes leurs furies quand ils devenaient les plus forts1 et mme ce furent eux qui les premiers dcernrent la peine de mort contre ceux qui diffraient de leurs opinions religieuses2 enfin les hommes les plus distingus des deux partis1 furent communment les perscuteurs les plus cruels4 ,saint ,athanase1 qui occupait un rang trs distingu dans l'glise et qui se fit remarquer par son zle ardent pour la foi ,orthodoxe1 ne se distingua pas moins par son esprit turbulent1 perscuteur1 et par ses actions cruelles4 ,ce prlat remuant fut dpos plusieurs fois pour ses crimes normes et ses pratiques sditieuses2 son rtablissement fut communment accompagn de tumultes et de massacres1 excits par lui-mme ou par ses adhrens4 ,plusieurs vques et prtres1 qui s'taient dclars pour le parti orthodoxe1 accusaient ce grand saint auprs de l'empereur1 d'tre par sa conduite emporte1 l'auteur de tous les troubles de l'glise2 on lui imputait d'avoir fait fustiger1 mettre dans les fers et mme assassiner quelques-uns de ses adversaires4 ,ce saint homme se rendit aussi coupable de calomnie3 il fut accus d'avoir suborn de faux tmoins pour dtruire ses ennemis1 et entr'autres ,eusbe de ,nicomdie2 en effet il engagea une femme dire que ce prlat lui avait fait un enfant1 fausset qui fut dcouverte au concile de ,tyr4 ,ce grand docteur fut encore banni pour avoir vendu le bl que l'empereur ,constantin avait donn pour la subsistance des pauvres d',alexandrie1 dont il tait vque4 ,la conduite de cet homme nous prouve qu'il est trs possible de montrer beaucoup de zle1 mme pour la religion orthodoxe1 de disputer avec beaucoup de subtilit sur les points les plus abstraits de la thologie1 de se rendre fameux par un symbole1 et d'tre en mme tems un sclrat dcid4 ,si ,dieu dfendit ,david de btir le temple des juifs1 parce qu'il avait vers le sang1 combien plus forte raison un perscuteur aussi sanguinaire que ,saint ,athanase1 tait-il peu propre difier l'glise chrtienne8 ,cependant ce ,saint abominable ne fut pas beaucoup prs le seul qui exert des perscutions sanguinaires4 ,st4 ,chrysostme1 ainsi nomm cause de son loquence extraordinaire1 se fit remarquer par son humeur turbulente4 ,st4 ,cyrille1 ,dioscore et bien d'autres le secondrent avec chaleur dans ses excs et dans ses entreprises dtestables4 ,le premier 7,st4 ,jean ,chrysostme7 fit prouver de trs-grandes violences aux vques ses confrres2 il les dposait d'une faon purement arbitraire1 il en substituait d'autres en leur place contre le voeu des peuples2 il alla jusqu' insulter l'impratrice ,eudoxie4 ,il excita un soulvement contre les ,goths dans la ville de ,constantinople2 l'on fut sur le point de faire mettre le feu au palais imprial et d'assassiner l'empereur2 ce tumulte se termina par le massacre de tous les soldats ,goths1 dont on brla l'glise avec un grand nombre de ceux qui s'y taient rassembls pour y chercher un asile2 on les y enferma pour les empcher d'chapper4 ,le second de ces saints1 c'est--dire1 ,st4 ,cyrille1 vque d',alexandrie1 ne fut ni moins cruel ni moins tyran que le premier3 il employa tout son pouvoir pour craser tous ceux qu'il nommait hrtiques1 s'arrogeant une autorit illgitime1 et osant mme insulter le gouverneur de la ville1 plac par l'empereur4 ,il commit par lui-mme et fit commettre par d'autres les violences les plus abominables2 ses adhrens et son clerg assassinrent1 de la faon la plus barbare1 une femme vertueuse remplie de science et de beaut1 appelle ,hypatia2 ces forcens l'ayant rencontre au sortir d'une visite1 la saisirent1 l'arrachrent de sa voiture1 la tranrent dans une glise1 la dpouillrent toute nue1 l'corchrent toute vive1 la dchirrent ensuite en pices1 et finirent par rduire son corps en cendres4 ,dioscore1 successeur de ,cyrille1 s'empara d'une grande somme d'argent donne par une femme de qualit aux hpitaux et aux pauvres d'gypte1 et fit transporter dans ses propres greniers le bled que l'empereur accordait annuellement1 pour la subsistance des pauvres chrtiens de ,lybie1 o il ne venait point de grains1 il le garda tandis que ces malheureux mouraient de faim2 il attendit une grande disette pour le vendre un prix exorbitant1 sans en donner un grain aux pauvres4 ,il se conduisit en vrai tyran l'gard du peuple d',alexandrie2 sans aucun scrupule il se saisissait des biens1 il faisait brler les maisons1 il faisait abatre les arbres et dtruire les jardins2 il tenait sa solde une troupe de spadassins dont il se servait pour faire assassiner1 tantt publiquement et tantt en secret1 ceux qui avaient le malheur de lui dplaire4 ,les ,ariens ne le cdrent point en injustice et en cruaut aux vrais croyans2 leurs vques furent aussi turbulens1 aussi cruels1 aussi inhumains que les premiers4 ,un exemple suffira pour en convaincre2 l'auteur de la vie de l'empereur ,julien1 nous dit que ,george1 vque d',alexandrie1 avait t tir de la lie du peuple2 il fit d'abord le mtier de parasyte1 ensuite il fut plac dans les fermes de l'empereur1 o il s'appropria les sommes qui passrent par ses mains2 la fin1 aprs beaucoup d'aventures1 le parti des ,ariens le jugea digne de remplir le second sige de l'glise2 il ne possdait ni les vertus d'un vque1 ni aucune bonne qualit2 il tait entreprenant1 audacieux1 sans pudeur et sans piti4 ,quand il fut en place1 son faste1 sa cruaut et sa rapacit l'auraient fait prendre pour un payen1 s'il n'et pill les temples1 car c'tait dans cette dvotion lucrative que tout son christianisme consistait4 ,les ,orthodoxes le dtestaient comme un ennemi sanguinaire1 et tout le monde comme un voleur1 un oppresseur1 un sclrat2 les gens en place taient forcs de se rendre les ministres de ses tyrannies de peur d'en devenir les victimes4 ,ce portrait est confirm par ,ammien-,marcellin1 et par les historiens ecclsiastiques ,sozomne1 ,socrate1 ,thodoret2 ce dernier dit1 en parlant de ,george1 que c'tait un vrai loup1 et qu'il dvorait ses brebis avec plus de cruaut qu'un loup1 un ours1 ou un lopard n'aurait pu faire4 ,plusieurs autres ,ariens ont imit la conduite de ce prlat4 ,lorsqu'on dposait des vques ,orthodoxes pour les remplacer par des ,ariens1 ces changemens taient pour l'ordinaire accompagns d'une infinit de massacres4 ,l'empereur ,julien n'avait-il donc pas raison de dire1 qu'il n'y avait pas de btes froces plus acharnes contre les hommes1 que les chrtiens l'taient les uns contre les autres8 ,il parat que l'empereur ,jovien tait au fait du caractre d'un grand nombre d'entre eux1 et du principal objet de leur dvotion1 lorsqu'il disait qu'ils n'adoraient point ,dieu1 mais la pourpre4 ,ammien-,marcellin1 auteur payen1 en rapportant les combats sanglans qui se livraient ,rome1 quand il s'agissait de l'lection d'un vque1 s'appercevait bien du but que se proposaient les candidats1 lorsqu'il dit1 livre ,,xxii1 chap4 ,v1 qu'il n'tait pas surprenant que des hommes qui ne cherchaient que des grandeurs humaines1 combatissent avec autant de chaleur et d'animosit1 pour obtenir cette dignit1 v que quand ils l'avaient obtenu1 ils taient srs de s'enrichir par les offrandes des dames1 de pouvoir se montrer avec clat1 de se faire admirer par la magnificence de leurs quipages1 de leurs festins somptueux1 et par un luxe et une profusion qui surpassaient ceux des princes souverains4 ,grotius n'a-t-il donc pas raison de dire que celui qui lit l'histoire ecclsiastique1 n'y trouve rien que les vices et les crimes des vques8 ,en effet comme cette histoire ne prsente que les dtails des disputes insenses sur des points ridicules1 inintelligibles et absurdes entre les chefs de l'glise1 et des perscutions atroces qu'ils faisaient rciproquement prouver1 on pourrait dire que la satyre la plus sanglante qui ait jamais t faite contre l'glise1 c'est l'histoire de l'glise4 ,,section ,,viii4 ,de la puissance du clerg1 et de la tyrannie de l'vque de ,rome4 ,ce ne fut que lorsque l'empire romain1 qui renfermait la plus grande partie du monde1 fut presqu'entirement converti la religion chrtienne1 que l'glise qui avait t longtems militante parvint aux honneurs du triomphe2 cependant le clerg1 et en particulier l'vque de ,rome1 n'arrivrent point encore ce degr de puissance dont ils ont joui par la suite4 ,en effet1 quoique peu de tems aprs l'tablissement du christianisme dans l'empire1 plusieurs empereurs accordassent au clerg un pouvoir trs considrable1 nanmoins celui-ci fut souvent contenu par la puissance souveraine1 qui l'empcha de faire tout le mal dont il tait capable1 et de donner un libre cours son humeur cruelle et intolrante4 ,cependant peu aprs l'vque de ,rome parvint se faire reconnatre vque universel ou oecumnique2 pour lors il se mit non-seulement au-dessus des princes1 des rois1 des empereurs1 mais au-dessus de ,dieu lui-mme#bh4 ,non-seulement il fit la loi aux souverains1 mais mme il les dposa suivant son caprice1 il s'en servit comme de marche-pieds#bi2 il leur imposa des chtimens ignominieux1 il les fit prir#cj1 lorsqu'ils refusrent de plier sous ses volonts tyranniques4 ,bien plus1 autant qu'il dpendit de lui1 il se mit au-dessus de ,dieu lui-mme2 il dtrna le tout-puissant en s'arrogeant un pouvoir sur les consciences des hommes1 sur lesquelles il n'y a que ,dieu seul qui ait des droits4 #bh ,hostiensis assure que la dignit sacerdotale est #gfdd fois au dessus de la dignit royale1 vu que c'est la proportion de grandeur qui se trouve entre le soleil et la lune4 #bi ,en #aafi1 le pape ,alexandre ,,iii mit le pied sur la gorge de ,frdric ,barberousse1 en citant en mme tems ces paroles du pseaume1 super aspidem et basilicum ambulabis1 etc4 #cj ,le pape ,grgoire ,,vii obligea l'empereur ,henri ,,iv1 durant un froid trs rigoureux1 de rester pendant trois jours expos aux frimats et aux injures de l'air dans la cour du chteau du ,modnois1 revtu d'un sac et pieds nuds1 sans boire ni manger2 et en cette posture il fut forc d'implorer sa misricorde2 ce ne fut qu' ces conditions que le pape consentit l'admettre dans le sein de l'glise4 ,clment ,,iv conseilla la mort du jeune ,conradin4 ,clment ,v fit empoisonner l'empereur ,henri ,,vi dans une hostie4 ,en #abdi1 ,innocent ,,vi avait suborn un assassin pour tuer ,frdric4 ,durant ces dbats il n'y eut pas moins de #gh batailles livres entre les partisans des papes et les empereurs1 leurs lgitimes souverains4 ,ce despotisme insolemment usurp par le pape ne servit qu' rpandre des terreurs1 des calamits1 des cruauts religieuses1 d'abord dans toute la chrtient1 et ensuite jusqu'aux extrmits de la terre2 les ,indiens sauvages furent eux-mmes forcs de boire dans la coupe de la perscution qui leur fut prsente par les chrtiens dvots4 ,aussi tt que quelques-uns des sujets d'un prince chrtien refusaient d'admettre les dogmes absurdes et anti-chrtiens1 ou d'adopter les pratiques ridicules et idoltres1 imposes par ce pontife despotique ou par ses ministres insolens1 le prince recevait l'ordre de les forcer la soumission2 quand les peuples demeuraient opinitres1 c'est--dire1 quand ils persistaient croire et agir suivant leurs consciences1 ces princes taient obligs1 sous peine d'tre excommunis et privs de leurs tats1 de se rendre les vils instrumens d'un prtre1 de devenir les infmes perscuteurs de leurs propres sujets1 de venger l'glise par des bannissemens1 des supplices1 des assassinats1 des croisades1 etc4 ,ainsi les princes furent rduits la fcheuse alternative d'affaiblir leurs tats1 en bannissant ou dtruisant un grand nombre des plus utiles et peut-tre des meilleurs de leurs sujets1 et mme d'agir souvent contre leur propre conscience1 ou bien ils coururent le risque d'tre chtis eux-mmes par un pontife cruel1 d'tre privs de leurs couronnes1 d'tre assassins par quelque sujet dvot et fanatique1 d'tre dtrns par quelque prince tranger1 anim par le pape sa destruction4 ,lorsque des nations ou leurs chefs refusrent de reconnatre la suprmacie ou la souverainet de ce serviteur des serviteurs de ,dieu1 c'est--dire1 de ce roi des rois2 lorsque des princes et des peuples furent assez impies pour refuser de se soumettre aux ordres de ce pontife arrogant1 ou de regarder ses dcrets comme des oracles divins1 ils furent dclars hrtiques1 ils furent livrs ,satan1 et leurs tats furent adjugs quelque prince plus soumis au pape1 qui celui-ci permit de s'en emparer par la force des armes4 ,c'est ainsi que le pape ,sixte ,v en usa l'gard de la reine ,elisabeth et de notre nation2 il les dclara hrtiques1 il les condamna aux flammes ternelles1 il excita et soudoya ,philippe ,,ii1 roi d',espagne1 pour qu'il entreprt la conqute de ce royaume1 et si le succs et rpondu aux dsirs du trs saint pre1 il et joui de la souverainet de notre le en rcompense de ses peines4 ,parmi les exemples sans nombre que l'on pourrait rapporter de la conduite tyrannique et cruelle des papes l'gard des souverains qui rsistaient leurs ordres quand ces pontifes voulaient qu'ils tourmentassent et gorgeassent leurs propres sujets1 nous choisirons l'exemple de ,raymond1 comte de ,toulouse1 et de son fils4 ,ce prince ayant t press par le pape ,innocent ,,iii de bannir les ,albigeois de ses tats1 o ils taient en trs grand nombre1 sur le refus que fit le comte de se priver d'une si grande quantit de sujets1 ou mme de les tourmenter1 le pape le fit excommunier et fit absoudre tous ses sujets du serment de fidlit2 de plus il autorisa tout prince catholique de lui faire la guerre1 de lui courir sus1 et de s'emparer de ses terres4 ,pour rendre ces dispositions plus efficaces1 on leva une arme de croiss1 c'est--dire1 d'une espce de janissaires de l'glise1 pour marcher contre ,raymond4 ,st ,dominique se mit la tte de ces dvots brigands4 ,le comte1 effray de la sentence pontificale et de l'arrive des croiss1 promit de se soumettre et tenta de se rconcilier avec l'glise2 mais le pape ne voulut y consentir qu'a condition que le comte serait men la porte de la cathdrale d',agde1 que l il jurerait d'obir aux ordres de la sainte glise romaine2 aprs quoi le lgat du pape lui ayant pass une tole au col le trana dans l'glise1 et aprs l'avoir rudement fustig lui donna l'absolution2 cependant le comte avait t si maltrait et son corps tait devenu si enfl1 qu'il ne put point sortir par la mme porte par o il tait entr2 il fut oblig de prendre une autre route pour aller subir le mme traitement ,castres4 ,nonobstant cette rconciliation du comte de ,toulouse1 l'arme des croiss attaqua par-tout les hrtiques1 s'empara de leurs villes1 les remplit de carnage et d'horreurs1 et brla le plus grand nombre des prisonniers4 ,en #abji1 ,bziers s'tant rendu1 tous les habitants furent passs au fil de l'pe1 et la ville fut rduite en cendres2 la prise de cette place1 les croiss sachant qu'il y avait un grand nombre de catholiques parmi les hrtiques1 furent incertains de ce qu'ils devaient faire4 ,mais ,arnaud1 un saint abb de l'ordre de ,cteaux1 leur dit de tuer tout le monde1 vu que ,dieu saurait bien dmler les siens4 ,sur l'ordre de ce moine1 les soldats gorgrent tout le monde sans distinction4 ,plusieurs villes du mme pays subirent le mme sort2 il y eut des milliers d'hommes qui furent pendus1 brls1 enterrs tout vivans4 ,dans une ville des environs de ,toulouse on en pendit cinquante1 et quatre cents furent consums par le feu4 ,on jetta dans un puits1 que l'on remplit ensuite de pierres1 une dame d'une illustre maison1 soeur du gouverneur de ,lavaur4 ,a ,castres de ,termes1 l'on jetta ,raymond de ,termes en prison1 et l'on brla dans un grand feu sa femme1 sa soeur et sa fille1 ainsi que plusieurs autres dames qui l'on ne put faire embrasser la religion catholique4 ,aprs la mort du comte de ,toulouse1 son fils eut le courage de rsister la tyrannie du pape1 il se remit en possession des tats de son pre1 et les dfendit avec beaucoup de valeur2 mais le pontife romain ayant fait prendre les armes au roi de ,france1 celui-ci contraignit le comte de se soumettre et de subir une punition aussi rigoureuse que son pre4 ,sur quoi ,st4 ,bernard s'cria que c'tait un saint spectacle de voir un aussi grand personnage1 qui avait pu si long-tems rsister tant de nations puissantes1 conduit dpouill de ses vtemens1 et pieds nuds l'autel6 ,quoique ces princes osassent rsister au pape et dsobir ses ordres1 ce pontife insolent trouvait dans presque tous les autres souverains catholiques des esclaves et des bourreaux1 prts servir ses caprices et son odieuse tyrannie4 ,les rois de ,france et d',espagne1 n'ont point rougi de se prter un grand nombre de fois ses fureurs et se sont distingus par le zle imbcile avec lequel ils ont1 par complaisance pour un prtre hautain1 et pour un clerg ambitieux1 banni1 perscut1 massacr une multitude de sujets utiles et vertueux4 ,notre reine ,marie1 princesse en qui la superstition avait totalement touff les sentimens de compassion et d'humanit si naturels son sexe1 fit gorger avec la dernire barbarie une foule de ses sujets4 ,ceux qui voudront s'instruire en dtail des cruauts exerces sous le rgne de cette princesse sanguinaire1 les trouveront dans ,fox et dans d'autres crivains1 o ils liront des choses qui leur feront horreur4 ,cette reine nous prouve les effets terribles que la dvotion peut produire1 lorsqu'elle se trouve combine avec un tempramment cruel4 ,les rois de ,france ne l'ont cd personne dans l'obissance qu'ils ont eue pour les ordres du trs saint pre4 ,on sait les guerres civiles que l'intolrance des catholiques romains fit clore dans ce royaume2 on se rappelle en frmissant l'horrible massacre que ,charles ,,ix fit faire dans sa capitale1 de prs de cent mille de ses sujets1 dont il avait attir plusieurs sa cour sous prtexte de se reconcilier avec eux4 ,ce roi superstitieux n'eut-il pas l'infamie de tremper ses propres mains dans le sang des hrtiques1 sur lesquels il tirait des fentres de son palais8 ,le pontife des ,romains1 renonant toute pudeur1 ne rendit-il pas des actions de grces solennelles au ,dieu des misricordes1 pour le massacre odieux commis par les ordres du fils an de l'glise1 qui venait d'immoler tant de victimes la frocit sacerdotale8 ,cependant les rois ne trouvent grce aux yeux de ce pontife hautain1 que quand ils se rendent ses esclaves et ses bourreaux4 ,nous voyons presque dans le mme tems ,henri ,,iii assassin par un moine2 cet assassinat prconis comme une action louable1 l'assassin regard comme un martyr par le pape4 ,l'histoire de ,france nous montre pendant environ un demi-sicle ce royaume inond du sang des protestans1 sur lesquels des princes aveugles exeraient les vengeances du trs saint pre1 et la cruaut religieuse dans toute son atrocit4 ,jusqu'au rgne d',henri ,,iv1 il prit dans les guerres de religion plusieurs millions d'hommes1 et enfin ce monarque1 justement chri des ,franais1 succomba lui-mme sous les coups d'un fanatique1 arm par des jsuites qui prchrent de tout tems la cruaut1 la perscution et le massacre des rois4 ,dans des tems postrieurs ,louis ,,xiv se montra le digne fils de l'glise3 aprs avoir dsol toute l',europe par ses conqutes1 ruin son royaume par ses folles entreprises et ses profusions1 brav le ciel et scandalis la terre par ses dbauches et ses adultres1 il crut tout expier en perscutant1 en bannissant1 en faisant tourmenter des milliers de protestans4 ,on prtend que sa frocit religieuse fora huit cent mille mes de s'expatrier pour chapper aux prisons1 aux galres1 aux massacres que ce monarque trs chrtien destinait aux plus consciencieux de ses sujets4 ,tels ont t en ,france les effets de la cruaut envenime par la religion #ca4 #ca ,je tiens de personnes trs digne de foi que sous le ministre pacifique du cardinal de ,fleuri1 qui passait pour un homme trs doux1 la cour de ,france a fait expdier plus de quatre-vingt mille lettres de cachet1 pour emprisonner et tourmenter la secte des ,jansnistes4 ,il parat cependant que les rois catholiques d',espagne l'ont emport sur tous les autres par l'obissance servile qu'ils ont eue pour le pape et par la cruaut dans laquelle ils ont surpass tous les autres princes chrtiens4 ,en effet les ,espagnols ont depuis long-tems mrit d'tre regards comme la nation la plus dvote et la plus religieuse de l',europe1 suivant le sens qu'on attache vulgairement a ces mots dans la chrtient3 pour parler plus exactement1 cette nation1 autrefois gnreuse et libre1 est devenue la plus abjecte1 la plus stupide1 la plus ignorante1 la plus superstitieuse1 et consquemment la plus cruelle4 ,les rois d',espagne ayant depuis long-tems form le projet d'extirper l'hrsie1 c'est--dire1 les opinions peu conformes celles de l'glise romaine1 s'y prirent d'une faon trs courte pour y parvenir2 ils proposrent leurs sujets la religion catholique ou la mort4 ,cette mthode leur a si bien russi que les provinces-unies des ,pays-,bas se sparrent entirement de la monarchie espagnole2 toute la puissance de ,philippe ,,ii fut force d'chouer contre les habitans de quelques marais2 ce profond politique puisa ses trsors immenses sans aucun fruit1 sinon de maintenir la religion romaine bien pure1 c'est--dire1 bien ignorante et bien absurde1 dans ses tats dpeupls1 appauvris1 dvors par des prtres et des moines1 dont le crdit est assez grand pour commettre impunment tous les crimes1 et mme pour soulever les peuples volont contre l'autorit souveraine1 si elle manquait d'obissance pour le clerg4 ,philippe ,,ii trouva dans le duc d',albe un fidle ministre de ses fureurs4 ,ce bourreau sanguinaire fit mourir des milliers d'hommes dans les supplices1 sans compter ceux qui prirent dans les combats4 ,sa rputation tait si bien tablie1 que ds qu'on sut qu'il devait venir gouverner les ,pays-,bas1 plus de cent mille familles les abandonnrent pour se soustraire la cruaut de ce dvot ministre des vengeances du ,st4-,pre4 ,dans la vue de rprimer des excs commis par les protestans que la violence avait irrits1 l'on rigea un tribunal que cet odieux gouverneur nomma le ,conseil des troubles4 ,un ,espagnol1 nomm ,jean de ,vargas1 en fut dclar prsident2 celui-ci1 secondant merveilleusement les vues du duc d',albe1 donna son opinion dans un latin digne d'un superstitieux ignorant4 ,hretici fraxerunt templa1 boni nihil fecerunt contra1 ergo debent omnes patibulari3 les hrtiques ont dmoli les glises1 les bons ne s'y sont point opposs1 il faut les pendre tous4 ,dans une autre occasion1 un homme ayant t accus1 fut condamn la mort sans avoir t ni entendu ni examin4 ,peu de tems aprs on dcouvrit l'innocence de ce malheureux1 et les juges montrant du chagrin de ce qui tait arriv1 ,vargas leur dit qu'ils n'en devaient point tre fchs1 parce que l'innocence de cet homme tournerait au profit de son me#cb4 ,un autre membre du mme tribunal1 nomm ,hessels1 avait coutume de s'endormir pendant qu'on jugeait les accuss1 et lorsqu'il se rveillait1 il criait1 en se frottant les yeux1 au gibet1 au gibet6 #cb ,v4 ,histoire des ,provinces-,unies par ,le ,clerc1 tom4 ,i1 pag4 #ad4 ,en l'an #aefb1 ,j4 ,troude1 avocat protestant1 fut dcapit ,toulouse1 en ,france1 par arrt du parlement1 quoiqu'on ne le trouvt point coupable2 et voici ce qu'on lui dit3 ,m4 ,troude1 la cour ne vous trouve aucunement coupable1 cependant bien inform de l'intrieur de votre conscience1 et sachant trs bien que vous auriez t trs charm que ceux de votre malheureuse et rprouve religion eussent remport la victoire1 elle vous condamne avoir la tte tranche et tous vos biens sans exception confisqus4 ,v4 l',histoire ecclsiastique des glises reformes du royaume de ,france4 ,tome ,,iii1 liv4 #aj1 pag4 #cc et #cd4 ,il parat que le parlement de ,toulouse actuel n'a point dgnr de l'injustice1 du fanatisme et de la frocit de ses prdcesseurs4 ,ce tribunal1 vraiment digne de la ville o l'inquisition fut tablie pour la premire fois1 condamna1 comme toute l',europe le sait1 sans aucune preuve juridique1 le malheureux ,jean ,calas1 protestant1 tre rompu vif1 pour avoir t vaguement accus d'avoir trangl son fils4 ,le conseil d'tat de ,france a depuis cass cet infme arrt et rhabilit la mmoire de ,calas4 ,mais ses juges excrables et vous l'indignation publique ont eu l'effronterie d'empcher que l'arrt du conseil ne sortt son execution4 ,c'est aux soins1 aux bienfaits et aux sollicitations de l'illustre ,voltaire que la famille de ,calas a t redevable de la justice qui lui a t rendue4 ,note de l'diteur4 ,telles taient les procdures judiciaires des substituts du duc d',albe2 quant lui1 il agissait d'une faon plus sommaire1 plus arbitraire et plus cruelle4 ,il envoyait sans forme de procs les accuss au supplice1 et suivant son caprice il les faisait ou pendre ou dcapiter ou brler2 il en faisait attacher quelques-uns la queue d'un cheval1 les mains lies derrire le dos1 pour les faire conduire au lieu de l'excution2 d'autres furent cartels4 ,en un mot1 ce sclrat se vantait d'avoir fait prir dix-huit mille hommes par la main du bourreau4 ,parmi ceux-ci se trouvent les noms clbres des comtes d',egmont et de ,hoorn1 du baron de ,batembourg et de beaucoup de personnes d'une trs illustre naissance4 ,le crime unique des deux premiers tait d'avoir paru pencher en faveur de la tolrance quoiqu'ils fussent catholiques eux-mmes4 ,ce monstre n'pargnait pas mme les femmes3 il fit prir sur l'chafaud une dame de qualit1 ge de #hd ans4 ,v4 ,le ,clerc1 hist4 des ,provinces-,unies1 pag4 #ae1 #ag1 #ch1 etc4 ,c'est ainsi que le ,st4-,pre fut obi et servi par les plus zls et les plus dvots de ses enfans ou de ses bourreaux2 telles sont les cruauts pieusement exerces par les chrtiens les uns contre les autres4 ,cependant les lois les plus sanguinaires1 les perscutions les plus atroces pour des opinions1 les guerres civiles les plus cruelles1 n'ont pu contenter la rage insatiable de quelques zlateurs1 qui ne semblent respirer qu'au milieu des flots de sang4 ,les prtres furent toujours les conseillers et les instigateurs des scnes les plus horribles que le christianisme a fait jouer sur la terre4 ,ces hommes divins nous apprennent eux-mmes que1 dans le fameux ,massacre d',irlande1 il y eut cent cinquante-quatre mille protestans d'gorgs par les catholiques2 on n'pargna ni les femmes1 ni les vieillards1 ni les enfans2 et leur mort fut souvent accompagne de circonstances si cruelles1 que la plume tombe des mains quand on veut les rapporter4 ,v4 ,rushworth's collection1 vol4 ,v4 pag4 #cee4 ,quoique le massacre de la ,st4-,barthlemy1 appell communment le massacre de ,paris1 n'ait pas cot1 peut-tre1 la vie autant de monde que celui d',irlande1 il fut pourtant accompagn de circonstances qui doivent le rendre plus odieux que tous les autres#cc4 ,ce massacre ne fut pas d un soulvement subit de la populace1 il fut prmdit de sang froid2 concert dans le conseil d'un roi1 assist de sa mre1 du duc d',anjou1 qui depuis rgna sous le nom d',henri ,,iii1 du cardinal de ,lorraine1 du duc de ,guise et du comte de ,retz4 ,charles ,,ix n'avait alors que #bb ans1 et son frre1 le duc d',anjou1 tait plus jeune que lui2 cependant l'on voit qu' cet ge leur me tait dj mre la cruaut religieuse3 l'on employa les plus indignes artifices et les plus infmes trahisons pour attirer ,paris le roi et la reine de ,navarre1 le prince de ,cond1 l'amiral de ,coligny et les chefs des protestans4 ,en consquence1 on proposa un mariage entre la soeur du roi et le prince de ,navarre2 on parla d'une prtendue expdition dans les pays espagnols1 dans laquelle l'amiral devait commander en chef et avoir sous lui tous les officiers protestans4 ,cette expdition n'eut pas lieu1 mais le mariage fut accompli1 et l'on profita de cette solennit pour inonder ,paris de sang2 celui de la plus haute noblesse coula dans toutes les rues4 ,prfixe1 dans la vie de ,henri-le-,grand1 tout vque qu'il tait1 parle de cette journe qu'il appelle action excrable6 qui n'avait jamais eu et qui n'aura1 s'il plat ,dieu1 jamais de pareille4 ,mais quoiqu'un prlat catholique condamne cette horrible action1 le pape1 comme on l'a dit1 n'en jugea pas de mme2 il fit publiquement l'loge de cet outrage fait l'humanit en prsence des cardinaux de la sainte glise romaine4 ,le roi de ,france lui ayant fait part de ce grand vnement1 le trs saint pre lui en fit ses remercmens1 l'en flicita1 l'exhorta de continuer extirper l'hrsie2 ce qui prouve que sa saintet n'tait point encore contente du nombre des victimes que l'on venait d'immoler sa fureur4 ,peut-tre aussi le pape voulait-il faire entendre par l qu'il tait propos d'tablir en ,france le sacr tribunal de l'inquisition1 qui de toutes les inventions imagines par la cruaut sacerdotale1 fut toujours la plus efficace pour tourmenter les consciences des hommes4 ,nous allons donc parler de ce merveilleux instrument de la cruaut religieuse4 #cc ,ce massacre abominable1 ainsi que la rvocation de l'dit de ,nantes par ,louis ,,xiv1 ont t depuis quelques annes justifis par un prtre excrable1 nomm l'abb de ,caveyrac1 qui par l a mrit la faveur de plusieurs membres illustres du clerg de ,france4 ,note du traducteur4 ,,section ,,ix4 ,de l'inquisition et de ses cruauts4 ,jusqu'au commencement du treizime sicle les princes temporels furent seuls en droit de faire des lois et des dits pour la suppression des hrsies et contre les hrtiques2 l'excution de ces lois tait confie aux magistrats civils et aux vques2 mais environ vers l'an #abjj1 longtems avant les massacres dont nous venons de parler1 le pape ,innocent ,,iii s'tant aperu qu'il y avait un grand nombre d'hrtiques en ,france1 surtout ,toulouse et aux environs1 et que la plus terrible des hrsies1 celle qui rsistait l'autorit des papes1 tait sur le point de se rpandre1 il vit clairement la source de maux si dangereux pour lui4 ,les princes sculiers1 soit par une sage politique1 soit par humanit1 ngligeaient souvent de punir les hrtiques1 de peur de dpeupler et d'affaiblir leurs tats en bannissant ou en dtruisant de bons et d'utiles sujets1 les magistrats civils n'taient pas toujours disposs se servir de leur pouvoir pour tourmenter et opprimer des chrtiens leurs semblables1 des vques mme craignirent quelquefois d'aller trop loin dans les chtimens des hrtiques et d'en faire un carnage1 qui aurait diminu leurs troupeaux s'ils eussent voulu totalement extirper les hrsies4 ,en un mot ce pape1 voyant que l'on ne travaillait qu'avec tideur l'oeuvre du ,seigneur 7c'est ainsi que l'impie appellait la perscution71 tint conseil avec l'abb de ,cteaux et avec un moine espagnol1 appell ,dominique1 qui est devenu un saint depuis1 pour savoir ce qu'il fallait faire afin de prvenir le danger qu'il craignait4 ,ce triumvirat dcida qu'il fallait ter des mains des laques le droit de perscuter2 l'arracher tous ceux qui s'taient conduits avec tant de tideur1 pour le donner des ecclsiastiques qui par leur zle se montreraient dignes de la confiance de l'glise et d'un emploi si saint4 ,en consquence1 on tablit des inquisiteurs2 ,dominique1 l'un des monstres les plus sanguinaires qui aient jamais exist1 en fut dclar le chef1 et l'ordre de moines qu'il avait institu s'est depuis fidlement acquitt des fonctions odieuses imagines par son pieux fondateur4 ,peu de tems aprs l'tablissement de ces inquisiteurs on leur forma un tribunal sous le nom d',inquisition2 par ce moyen la perscution fut rduite en systme4 ,on leva des difices dans lesquels on mnagea des appartemens somptueux pour les inquisiteurs1 et l'on prpara des prisons affreuses et des cachots terribles pour les malheureux qui tomberaient entre leurs mains2 on n'oublia pas des bourreaux et des hommes destins leur donner la torture2 enfin il y eut des hommes pieux qui1 sous le nom de ,familiers du ,saint-,office1 se firent un honneur de devenir les archers et les satellites des inquisiteurs1 qui s'engagrent par serment les dfendre au pril mme de leur vie4 ,non contens de cette noble fonction1 ceux-ci se rendirent encore les espions et les dlateurs de leurs saints matres1 et quelque infme que ce mtier puisse paratre en toute autre circonstance1 il devint honorable quand il fut exerc en faveur de la religion2 les plus grands seigneurs1 des princes mmes brigurent cet emploi sublime1 et s'en glorifirent dans les pays o cet infme tribunal est tabli4 ,quoique dans ces pays tous les bons catholiques soient obligs d'informer l'inquisition de tous les crimes dont elle prend connaissance1 cependant ce devoir est enjoint plus strictement encore aux ,familiers4 ,c'est ainsi que ce monstre a plus d'yeux qu',argus pour veiller aux intrts des prtres1 et pour s'opposer aux opinions contraires celles d'o viennent les trsors du clerg2 celui-ci1 par l1 comme ,bryare1 a cent bras pour se dfendre et pour faire une guerre offensive ses ennemis4 ,outre cette troupe de gens et cet appareil de choses ncessaires pour conduire bien l'oeuvre infme et sanguinaire de la perscution2 pour assurer encore plus l'glise contre les attaques des hrtiques1 ce saint tribunal jouit du pouvoir le plus illimit4 ,par-tout o il est tabli1 les rois et les princes mmes sont soumis sa juridiction et ont quelquefois prouv des chtimens de sa part4 ,la rapacit1 l'injustice et la cruaut de ce tribunal ecclsiastique sont aussi illimits que son pouvoir4 ,lorsqu'un accus est conduit l'inquisition1 on commence le dpouiller de tout et mme de ses habits2 on s'informe ensuite exactement de ses biens tant meubles qu'immeubles1 et pour l'engager ne rien cler1 on lui promet solennellement que tout lui sera rendu lorsqu'il sortira de la maison en cas qu'il se trouve innocent2 cependant il est rare qu'on lui tienne parole1 surtout s'il est opulent2 il est aussi difficile pour un homme bien riche de sortir de l'inquisition que pour un cble de passer par le trou d'une aiguille4 ,si l'on ne tire pas de plein gr les aveux dont les inquisiteurs ont besoin1 ils emploient les menaces et ensuite les tortures2 quand on leur a dcouvert ce qu'on possde1 les inquisiteurs communment font vendre sur-le-champ les biens du prisonnier l'encan1 parce que1 suivant la remarque de ,m4 ,dellon1 ces sclrats sont d'avance trs rsolus ne rien restituer4 ,ce tribunal est si injuste que souvent des personnes demeurent plusieurs mois dans ses prisons sans qu'on leur apprenne le crime dont elles sont accuses2 au lieu de les en instruire1 le tribunal leur demande elles-mmes si elles savent la cause de leur dtention3 comme souvent les prisonniers l'ignorent1 et par consquent ne peuvent la dire1 on les avertit de tcher de se rappeller les crimes dont connat le tribunal du ,saint-,office1 et dont ils peuvent s'tre rendus coupables1 et on les conjure par les entrailles de la misricorde de ,jsus-,christ 7c'est la formalit71 d'en faire une confession pleine et entire1 vu que c'est l le seul moyen de recouvrer leur libert et leur vie4 ,si par toutes ces voies l'on ne peut dterminer le prisonnier confesser ou s'accuser lui-mme1 l'on a recours aux menaces et aux tortures pour l'y forcer2 quand elles ont t employes sans succs1 comme il arrive quelquefois1 on lui laisse entrevoir une partie de ce dont il est accus dans l'esprance de tirer quelque chose de plus2 mais jamais on ne lui fait connatre ses accusateurs1 qui ne lui sont point confronts2 par l il est souvent arriv que des personnes parfaitement innocentes de ce dont elles avaient t accuses1 ont subi les chtimens les plus cruels et les plus injustes1 et mme ont t mises mort4 ,une nouvelle preuve de l'iniquit de cet odieux tribunal1 c'est que l'on y reoit le tmoignage et les dlations des personnes infmes1 et mme de celles qui ont t convaincues de parjure4 ,en un mot telle est l'indignit et la barbarie de l'inquisition1 que non-seulement les maris sont admis comme tmoins contre leurs femmes dans le cas d'hrsie1 mais encore sont forcs de se rendre leurs dlateurs2 par la mme raison les femmes sont admises dposer contre leurs maris1 les parens contre leurs enfans1 les enfans contre leurs parens2 et mme pour y inviter les enfans on leur promet souvent une portion des biens de leurs parens en cas que ceux-ci soient convaincus4 ,c'est ainsi que ce tribunal infernal encourage le parricide1 et soudoye les enfans pour les dterminer faire expirer leurs parens dans des tourmens affreux4 ,d'o l'on voit clairement que les crimes les plus atroces1 quand on les commet pour le bien de l'glise1 changent de nature1 sont sanctifis et deviennent des actions lgitimes et mritoires4 ,les cruauts exerces par ce tribunal1 que l'on a l'impit de nommer saint1 sont aussi surprenantes que terribles4 ,il y en a1 sans doute1 un grand nombre que l'on a soigneusement drobes la connaissance du public2 mais il faudrait des volumes pour dcrire ceux que l'on connat1 si l'on voulait en donner des dtails2 cependant on a beaucoup crit l-dessus2 quelques ouvrages ont t publis par ceux mmes qui avaient eu le bonheur de se tirer des mains de ces tigres altrs de sang2 on ne se propose donc ici que de donner une ide de la sclratesse et de la barbarie de l'inquisition1 en faveur des personnes qui n'auraient pas t porte de consulter les ouvrages qui traitent de cette matire1 tels que l'histoire de l'inquisition par ,limborch1 de laquelle nous avons tir la plupart des faits qui sont ici rapports4 ,lorsqu'un accus est arrt par ordre de l'inquisition1 on le jette dans un cachot obscur1 o il demeure quelquefois pendant des annes entires1 et pour l'ordinaire tout seul2 on ne lui fournit aucun livre1 pas mme de dvotion1 ni rien de ce qui pourrait contribuer adoucir ses peines2 au contraire1 on s'tudie les aggraver par tous les moyens imaginables4 ,un silence profond rgne dans cette rgion de la douleur2 si un prisonnier rcite ses prires haute voix1 on a la tmrit de se plaindre1 un golier lui ordonne de se taire1 et en cas de rcidive il est battu sans misricorde4 ,un prisonnier incommod d'une toux1 eut ordre de ne point tousser3 comme il rpondit qu'il ne pouvait faire autrement1 il fut tellement battu qu'il expira sous les coups4 ,quoiqu'une pareille prison accompagne de circonstances si dsolantes soit dj un chtiment trs rigoureux1 suffise quelquefois pour faire tourner la cervelle aux malheureux qui l'prouvent1 en fasse prir d'autres1 en dtermine quelques-uns se donner la mort#cd1 cependant tout cela n'est encore qu'une trs petite partie des souffrances qu'endurent ceux qui tombent entre les mains des inquisiteurs4 ,ces monstres infligent les tourmens les plus inouis aux malheureuses victimes de leur rage3 l'objet de ces tourmens est de forcer les prisonniers s'accuser eux-mmes ou d'autres1 et souvent ils s'accusent eux-mmes et les autres faux4 #cd ,m4 ,dellon1 qui a crit une ,relation de l'inquisition de ,goa1 nous dit que durant son sjour dans les prisons de l'inquisition il pensa devenir fou1 et que souvent il fut tent de se donner la mort4 ,dans le tems que l'inquisition tait tablie en ,flandre1 des femmes accuses de sorcellerie et d'avoir commerce avec le diable1 nirent le fait l'interrogatoire3 mais ayant t mises la torture1 elles confessrent tout ce dont on les accusait1 et dirent entre autres choses que le diable les avait connu charnellement3 elles se rtractrent ensuite lorsqu'on les conduisait au lieu de l'excution1 et l'on pouvait les en croire1 disant que c'tait la rigueur des tourmens qui leur avait arrach cet aveu1 ce qui ne les empcha point d'tre brles vives4 ,les inquisiteurs n'omettent rien pour effrayer les prtendus criminels qu'ils ont entre les mains1 et se font un devoir d'aggraver toutes leurs peines4 ,l'endroit o l'on donne la torture est communment une chambre obscure et souterraine1 tendue de noir1 et claire par des chandelles4 ,le bourreau vtu de noir1 semblable un dmon1 parat devant le prisonnier et lui montre les instrumens de la torture4 ,les accuss1 soit hommes1 soit femmes ou filles1 sans gard pour la pudeur1 sont dpouills tout nuds1 aprs quoi on les couvre d'un habillement fort mince qui prend exactement les corps1 ou bien on ne leur donne qu'un calleon de toile pour couvrir leur nudit4 ,les tortures que l'on emploie sont de diffrentes espces2 il y en a un trs grand nombre et elles peuvent passer pour vraiment infernales4 ,l'une de ces tortures consiste lier les mains de l'accus derrire le dos2 on lui attache des poids normes aux pieds1 aprs quoi on l'lve l'aide d'une poulie laquelle on fait toucher sa tte2 on le tient suspendu quelque tems de cette manire1 afin de distendre tous ses membres et ses jointures2 pour lors on le laisse retomber tout d'un coup de manire cependant que ses pieds ne touchent point la terre2 par cette secousse subite ses bras et ses jambes se trouvent disloqus3 on ritre la mme chose deux ou trois fois1 et suivant le rapport de ,piazza1 qui avait t lui-mme l'un des juges de l'inquisition1 on fustige cruellement ces malheureux pendant qu'ils sont ainsi suspendus4 ,voici une autre mthode dont l'inquisition se sert pour donner la question4 ,on place un rchaud rempli de charbons ardens sous la plante des pieds du malheureux que l'on applique la torture2 on les a pralablement frotts de lard afin que la chaleur devienne plus cuisante4 ,mais pour ne point trop nous arrter sur un sujet si rvoltant1 nous nous contenterons de rapporter encore un seul exemple de la cruaut sacerdotale des infmes suppts de l'inquisition4 ,ils ont une auge de bois creus1 assez ample pour contenir un homme couch dans toute sa longueur2 au fond de cette auge est une barre de fer fixe en travers1 sur laquelle on pose le prisonnier couch sur son dos1 de manire que ses pieds soient beaucoup plus levs que sa tte4 ,quand il est dans cette posture1 ses cuisses et ses bras sont lis avec de petites ficelles que l'on peut serrer par des tourniquets et que l'on fait entrer jusqu'aux os au point de les faire disparatre4 ,cependant ce n'est l que le commencement des tourmens qu'on fait subir l'accus2 on lui met sur la bouche et sur les narines une toffe mince1 et pour lors on fait tomber de haut un petit filet d'eau sur la bouche du malheureux1 ce qui fait enfoncer le morceau d'toffe jusqu'au fond de sa gorge1 ensorte qu'il lui est impossible de respirer1 par l il semble entrer en agonie3 lorsqu'on a retir le morceau d'toffe1 ce que l'on fait pour qu'il puisse rpondre l'interrogatoire1 il est ordinairement rempli de sang1 et ceux qui ont souffert ce genre de supplice disent qu'il leur semblait qu'on leur faisait sortir les boyaux par la bouche4 ,la rptition de ces tortures semble tre une mort multiplie1 ou1 suivant l'expression de ,shakespeare1 c'est mourir plusieurs fois avant la mort4 ,telles sont les inventions infernales imagines par les prtres du ,dieu des misricordes6 en effet l'enfer1 l'exception de sa dure1 pourrait-il tre pire que la sainte inquisition8 ,les dmons les plus pervers peuvent-ils tre plus cruels et plus inhumains que ces inquisiteurs religieux8 ,pour continuer d'inspirer contre ces hommes excrables l'indignation qu'ils mritent1 je rapporterai quelques exemples des supplices qu'ils ont fait souffrir des personnes assez malheureuses pour tomber entre leurs mains4 ,m4 ,william ,lithgow1 cossais1 voyageant pour satisfaire sa curiosit1 eut le malheur d'tre dfr cet infme tribunal4 ,aprs avoir souffert des tourmens inous1 il fut condamn tre brl vif comme hrtique1 mais les inquisiteurs1 peu contens de le condamner une mort si douloureuse1 voulurent encore lui faire prouver onze tortures2 en voici une qu'il rapporte lui-mme4 ,on commena par le dpouiller nud1 on le fit mettre genoux tandis que ses bras taient tenus en l'air2 on lui ouvrit la bouche avec des outils de fer1 et on lui fit avaler de l'eau jusqu' ce qu'elle dcoult de sa bouche2 alors on lui passa une corde au col1 et on le fit rouler sept fois la longueur de la chambre1 ce qui pensa l'trangler4 ,pour lors on lui attacha une corde mince autour des deux gros doigts des pieds1 on le suspendit la tte en bas1 et puis on coupa la corde qu'il avait autour du col2 on le laissa dans cet tat jusqu' ce qu'il et dgorg toute l'eau qu'il avait bue1 aprs quoi il demeura long-tems terre comme mort2 ce fut alors que par un bonheur imprvu il fut dlivr de prison et revint en ,angleterre4 ,une dame trs pieuse1 accuse d'hrsie1 fut mise l'inquisition de ,sville avec ses deux filles vierges1 et une nice marie4 ,on employa diffrentes tortures pour les engager s'avouer coupables1 pour dcouvrir les personnes de leur secte1 et sur-tout pour qu'elles s'accusassent rciproquement2 mais ce fut vainement4 ,l'inquisiteur les trouvant obstines1 fit venir devant lui une des filles1 sous prtexte de confrer avec elle en particulier2 il lui dit qu'il prenait beaucoup de part ses peines et feignit de vouloir la consoler2 aprs l'avoir ainsi sduite1 lui avoir fait croire qu'il prenait un intrt trs sincre aux malheurs de sa famille1 lui avoir fait esprer qu'il lui rendrait de bons offices pour recouvrer la libert1 ce tratre l'exhorta d'avouer ce qui la regardait elle-mme et de dcouvrir tout ce qu'elle savait sur sa mre1 ses soeurs1 sa tante et quelques autres personnes qui n'avaient point encore t arrtes1 promettant avec serment que1 si elle voulait lui parler avec franchise1 il trouverait le moyen de faire cesser leurs infortunes et de les remettre en libert4 ,ces caresses tirrent de cette fille des aveux que les tourmens n'avaient pu lui arracher2 sduite par les promesses et les sermens ritrs de l'inquisiteur1 elle lui dcouvrit tout ce qu'il voulait savoir4 ,alors cet infme parjure1 une fois parvenu ses fins1 fit appliquer cette infortune la question la plus cruelle1 elle chargea pour lors et sa mre et ses soeurs1 qui furent pareillement appliques la question1 et toutes furent brles vives sur le mme bcher4 ,quelqu'horrible que soit l'exemple qui vient d'tre rapport1 celui qui suit ne lui cde en rien1 et mme il paratra plus cruel de certains gards4 ,une femme de qualit1 nomme ,bohorquia1 pouse du seigneur d',higure en ,espagne1 quoique grosse de six mois1 fut arrte par l'inquisition1 uniquement parce que sa soeur1 qui avait t pareillement arrte et qui fut ensuite brle1 avait dclar dans la torture qu'elle l'avait entretenue de sa faon de penser4 ,la dame ,bohorquia accoucha dans sa prison2 au bout de quinze jours elle fut resserre trs troitement et traite avec la mme duret que les autres prisonniers2 la seule consolation qu'elle avait1 tait due une jeune fille qu'on lui avait donne pour compagne et qui fut par la suite brle pour sa religion2 mais cette consolation fut bientt change dans la plus cruelle des afflictions1 car cette malheureuse compagne fut arrache d'auprs d'elle pour subir la torture1 et on ne la lui ramena qu'ayant tous les membres disloqus1 spectacle affreux1 trs propre faire sentir la dame le traitement qu'elle devait attendre pour elle-mme4 ,a peine la jeune fille eut-elle commenc se rtablir1 que l'on vint prendre madame ,bohorquia pour lui faire subir les mmes tortures4 ,aprs avoir souffert des tourmens qui pensrent lui coter la vie1 elle fut remise toute expirante dans sa prison o elle mourut en effet au bout de huit jours4 ,pour combler la mesure de la perversit des inquisiteurs1 il se trouva par la suite que cette dame tait parfaitement innocente de ce dont on l'accusait2 et les inquisiteurs1 qui l'avaient cruellement assassine1 la dclarrent eux-mmes telle4 ,on a dj ci-devant observ que tous ceux ou celles qui l'inquisition fait donner la torture sont1 sans distinction de sexes1 dpouills tout nuds1 au mpris des rgles de la pudeur4 ,quelles rflexions ne fait pas natre une conduite si trange6 quel mlange abominable de barbarie et de lubricit6 quelle doit tre la situation d'une femme honnte1 quand elle se voit expose aux regards avides de ces monstres sacrs1 qui sans gards pour la faiblesse de son sexe1 pour ses charmes1 pour ses pleurs1 assouvissent sur elle leur tyrannie et leur rage6 ,non1 les peuples les plus sauvages ne nous fournissent point d'exemples d'une pareille barbarie exerce sur un sexe enchanteur4 ,cependant c'est ainsi que les femmes ont t traites au sein des nations qui se disent chrtiennes et polices6 ,c'est ainsi que des princes et des peuples dvots permettent que l'on tourmente souvent l'innocence et la pit6 ,des sclrats coupables de ces cruelles infamies1 que l'on devrait exterminer de dessus la surface de la terre1 o ils sont un scandale pour la religion en gnral et pour le christianisme en particulier1 jouissent non-seulement de la vie1 mais encore sont combls d'honneurs1 de richesses et de pouvoir4 ,,section ,x4 ,de l'excution de ceux que l'inquisition a condamns4 ,pour terminer le tableau que l'on vient de tracer d'un tribunal qui semble avoir transport l'enfer sur notre globe1 il parat ncessaire de dcrire en peu de mots la faon dont on fait mourir les prtendus criminels que les inquisiteurs jugent dignes de la mort4 ,lorsque l'inquisition a indiqu un auto da fe1 c'est--dire1 un acte de foi 7c'est ainsi que l'on nomme les jours o l'on excute les malheureux accuss71 ce jour est un jour de triomphe pour l'glise et de rjouissances pour le peuple d',espagne et de ,portugal4 ,les inquisiteurs se montrent alors dans toute leur insolence ou leur gloire1 et se prsentent la vnration d'une populace qui applaudit leurs forfaits4 ,des rois et des reines accompagns de toutes leurs cours ont souvent assist cet horrible spectacle1 et ont t les tmoins des tourmens que l'on fait subir en public ces malheureuses victimes du clerg4 ,un inquisiteur espagnol lui-mme appelle cette solennit un spectacle horrible et qui fait trembler4 ,les juges1 un grand nombre de nobles1 d'officiers militaires1 de pieux dvots1 d'ecclsiastiques et de moines marchent en procession pour accompagner les infortuns qui doivent tre immols la cruaut religieuse4 ,la faon dont on les excute est d'une cruaut qui rvolte1 et qui prouve1 jusqu' quel point le fanatisme et la superstition sont capables d'touffer dans des peuples entiers les sentimens de la nature4 ,les femmes elles-mmes vont prendre part ce spectacle2 loin d'en tre attendries1 elles se font un mrite de contempler les tourmens affreux de ceux que la religion proscrit4 ,que dis-je6 elles se croiraient coupables si elles ne donnaient des signes d'approbation et de plaisir4 ,voici des dtails que l'on tient de deux tmoins oculaires4 ,les malheureux1 qui ont t condamns tre brls vifs1 sont placs sur un banc ou sur une estrade de douze pieds de haut et attachs des poteaux qui soutiennent l'estrade4 ,deux jsuites montent une chelle pour s'approcher des juifs ou des hrtiques afin de les engager se rconcilier arec la sainte glise romaine4 ,si aprs une exhortation ritre ils refusent de le faire1 les jsuites leur disent que le diable est prt s'emparer de leurs mes pour les emporter en enfer4 ,aprs cet avertissement charitable1 le peuple demande grands cris qu'on les brle1 en disant que l'on fasse le poil ces chiens#ce4 ,cela s'excute en leur poussant dans le visage des balais enflamms1 ce que l'on continue jusqu' ce que les balais soient rduits en charbons4 ,cette crmonie est accompagne d'acclamations que l'on n'entend dans aucune autre occasion2 en effet1 il n'y a point de spectacle qui paraisse plus amusant un ,espagnol ou un ,portugais4 ,alors on met le feu aux fagots dont le bcher est compos2 mais comme on a soin que la flamme ne monte pas plus haut que les genoux1 les malheureux sont plutt grills que brls1 et souvent l'on fait durer leurs tourmens pendant deux heures entires4 #ce ,l'on voit par l que les prtres sont parvenus dpraver tellement les coeurs de ces dvots catholiques1 qu'un homme qui ne pense pas comme eux ne leur parat tre qu'un chien4 ,c'est ainsi que les prtres inspirent la charit ceux qu'ils instruisent6 ,je trouve dans l'auteur de qui j'emprunte ces dtails1 que durant une de ces excutions le feu roi de ,portugal1 accompagn de ses frres1 tait une fentre si proche du bcher de l'un de ces malheureux qu'il fut porte d'entendre la harangue pathtique que celui-ci lui adressait1 tandis qu'on le brlait petit feu2 quoiqu'il demandt pour toute grace qu'on lui donnt un plus grand nombre de fagots afin de terminer ses tourmens1 il ne put obtenir cette grce de sa majest4 ,un tmoin oculaire de cette scne dit que pour lors son dos et sa partie postrieure taient dj entirement consums1 et que tandis qu'il parlait encore son estomac s'ouvrit tout d'un coup4 ,telle est la duret de ces cannibales chrtiens6 ,dans un de ces actes de foi que l'on clbrait en ,espagne1 la reine1 qui tait la fille du roi de ,france1 se trouva prsente1 lorsqu'on allait brler une fille juive d'une trs grande beaut et qui avait peine dix-sept ans4 ,cette pauvre infortune s'adressant la reine la conjura d'tre exempte d'un si cruel supplice4 ,grande reine6 lui dit-elle1 votre prsence n'apportera-t-elle point quelqu'adoucissement ma peine8 considrez ma jeunesse2 faites attention que je suis condamne pour une religion que j'ai suce avec le lait de ma mre4 ,la reine dtourna les yeux en pleurant1 et fit connatre qu'elle se sentait vivement touche du sort de cette infortune1 mais qu'elle n'osait intercder pour elle1 ni dire un mot en sa faveur4 ,on dit que ,philippe ,,iii ayant aperu un juif condamn par l'inquisition1 qui marchait en chantant son supplice1 ne put s'empcher de dire qu'il fallait que ce malheureux ft bien persuad de sa religion4 ,les inquisiteurs scandaliss de ce propos lui en demandrent une rparation solennelle3 on fit tirer une palette de sang au roi1 et ce sang fut brl par la main du bourreau4 ,tels sont les effets de la cruaut religieuse2 car c'est l vraiment le nom que l'on doit donner ces crimes commis sous le prtexte de servir la religion4 ,mais il faut tre ou bien stupide ou bien endurci dans ses prjugs pour ne pas s'apercevoir que c'est uniquement les intrts du clerg que ces forfaits ont pour objet4 ,en effet nous devons rester convaincus que le zle prtendu pour la religion1 qui se montre par des perscutions et des violences1 n'est fond que sur des vues temporelles2 ne se propose jamais que de satisfaire l'orgueil1 l'avarice1 l'ambition2 ne peut partir que d'un caractre cruel et corrompu4 ,des misrables sans religion et sans moeurs1 et privs des sentimens les plus communs de la probit1 ont invent et rpandu un grand nombre de contes fabuleux et de dogmes absurdes1 propres faire prendre un petit nombre d'hommes pervers de l'ascendant sur le reste du genre humain4 ,a l'aide de ces inventions1 ils tirent l'argent des peuples1 ils s'enrichissent eux-mmes1 ils se font craindre et respecter4 ,c'est pour conserver ces avantages usurps qu'ils parviennent briser les liens les plus sacrs de l'humanit et rendre les rois1 les magistrats et les peuples galement imbcilles1 les complices et les ministres de leurs horribles1 cruauts4 ,,section ,,xi4 ,des perscutions excites par les prtres protestans4 ,les perscutions et les cruauts religieuses qui ont t rapportes jusqu'ici comme exerces par les chrtiens1 sont empruntes des catholiques romains1 et se sont pratiques dans l'glise depuis le tems o le pape et son clerg ont obtenu un pouvoir sans bornes dans la chrtient4 ,si nous n'avions pas un si grand nombre de preuves convaincantes de la barbarie exerce par des prtres de ,jsus-,christ1 comment aurait-on jamais pu s'imaginer que ceux qui s'taient si fort levs contre la perscution et qui se donnaient pour les prdicateurs d'un vangile de paix1 dans le tems o ils taient eux-mmes perscuts1 deviendraient un jour des monstres de cruaut et les plus violens des perscuteurs8 ,cependant la chose est souvent arrive et elle arrivera toujours4 ,il est vident que les plus distingus parmi les premiers rformateurs sont devenus perscuteurs en thorie et dans la pratique toutes les fois qu'ils ont eu le pouvoir en main2 pour lors ils ont enseign de vive voix et par crit que la perscution tait une chose louable et ncessaire2 par l ils ont contredit tout ce qu'ils avaient antrieurement dit en faveur de la tolrance1 dans un tems o ils taient eux-mmes les victimes de la perscution3 on leur doit la justice de convenir qu'ils ont trs fidlement pratiqu les maximes violentes qu'ils ont enseignes4 ,luther1 ,mlanchton1 ,zwingle1 ,bucer1 ,beze1 ,farel et sur-tout ,calvin1 se sont montrs de trs ardens perscuteurs4 ,ce dernier s'est distingu par un infme trait1 qu'il crivit en faveur de la perscution1 et encore plus par les perscutions qu'il suscita contre plusieurs hommes de mrite4 ,castillion ou ,castalion1 homme minent par son savoir et ses moeurs1 fut injuri et perscut par lui uniquement parce qu'il n'tait point de son avis sur la prdestination1 le libre arbitre1 l'lection1 le cantique des cantiques1 et la descente de ,jsus-,christ aux enfers4 ,ce fut encore par les soins de ,calvin1 que ,servet fut emprisonn et brl comme hrtique#cf4 ,le pauvre ,servet fut trait dans la ville protestante de ,genve1 de la mme manire qu'il et pu l'tre dans l'inquisition romaine2 on lui confisqua tous ses biens et une somme considrable d'argent2 on l'enferma dans un cachot o il fut en proie la vermine1 et l'on finit par le faire prir sur un bcher4 #cf ,quelques jours avant le jugement de ,servet1 ,calvin crivait un ami qu'il esprait que sa sentence irait au moins la mort 7saltem fore capitalem74 ,thodore de ,beze crivit un trait pour prouver la lgitimit de punir les hrtiques4 ,pierre ,dumoulin1 fameux thologien protestant et pasteur de l'glise rforme de ,paris1 publia en #afah un livre intitul l',anatomie de l',arminianisme1 dans lequel il appelle les remontrans1 des hrtiques1 des sectaires1 des novateurs1 des monstres1 des sclrats1 des blasphmateurs1 des insolens1 etc4 ,il ajoute que quiconque ne croit pas en ,jsus-,christ1 n'est point un enfant de ,dieu1 et par consquent n'a aucun droit la possession des biens temporels1 quand mme il possderait d'ailleurs toutes les vertus sociales4 ,voyez ,brandt4 ,histoire de la rform44 ,pour faire connatre l'esprit qui animait ,calvin1 je vais rapporter les plaintes que ,castalion faisait contre lui au sujet des traitemens qu'il avait essuys1 de sa part4 ,il dit en parlant ,calvin3 ,dans un libelle crit en franais1 vous m'appellez un blasphmateur1 un calomniateur1 un mchant1 un chien aboyant1 un ignorant1 une bte1 un impudent1 un imposteur1 un corrupteur impur de l'criture sainte1 un homme qui se moque de ,dieu1 un contempteur de toute religion1 un insolent1 un chien impur1 un impie1 un libertin1 un esprit dprav1 un vagabond1 un fripon1 etc4 ,nous ne devons point tre surpris qu'un homme d'un caractre aussi emport que ,calvin1 ait pu enseigner que ,dieu prdestinait un grand nombre de ses cratures la damnation ternelle4 ,une pareille opinion me parat devoir naturellement dcouler de la mchancet du caractre de cet homme2 il y a tout lieu de souponner qu'en gnral les opinions des hommes1 dpendent bien plus qu'on ne pense de leurs dispositions naturelles4 ,cette cruelle perscution que ,calvin fit prouver ,castalion fut approuve par ,mlanchton1 par ,bucer1 par ,farel4 ,le premier crivait dans une lettre ,bullinger que le snat de ,genve avait trs bien fait de mettre mort l'hrtique1 et qu'il tait surpris qu'il y et des gens qui blmassent une pareille svrit4 ,le second dit charitablement et pieusement dans un sermon public qu'on aurait d lui arracher les boyaux et les dchirer en pices4 ,farel1 le troisime1 dit avec autant de charit chrtienne qu'il et mrit de mourir de dix mille morts4 ,il n'est pas douteux que ,calvin ne ft un homme de grands talens1 trs savant1 trs zl1 trs utile la rformation2 mais il ne se faisait aucun scrupule d'accuser1 de diffamer1 de calomnier ses confrres2 de les traiter de prvaricateurs et d'hypocrites1 d'aller jusqu' prendre ,dieu tmoin de faussets videntes1 de perscuter ses ennemis jusqu' la mort4 ,c'est au lecteur donner ce sublime rformateur les qualifications qu'une pareille conduite semble mriter2 au moins est-il certain que sa faon d'agir1 ainsi que celle des thologiens dont nous venons de parler1 confirme le jugement que nous avons ci-devant port des saints et des pres de l'glise chrtienne2 je veux dire qu'il y a des hommes qui ont beaucoup de religion dans la tte et qui n'ont point de vertu dans le coeur4 ,cet esprit atroce et perscuteur qui animait ces merveilleux rformateurs s'est assez gnralement empar des glises rformes4 ,il serait difficile et mme impossible de nommer une seule glise ou secte parmi les protestans1 qui1 ayant eu le pouvoir en main1 n'ait point perscut4 ,la ,suisse1 la ,hollande et notre propre pays nous fournissent une infinit d'exemples de perscutions protestantes4 ,les glises de ,ble1 de ,berne1 de ,zurich1 de ,schaffhouse1 dans les lettres qu'elles crivirent aux magistrats de ,genve1 applaudirent au traitement odieux qu'ils avaient fait ,servet1 et se rendirent coupables elles-mmes de semblables cruauts4 ,valentin ,gentilis1 natif de ,cozance en ,italie1 eut le malheur de tomber dans quelques opinions errones sur la trinit3 il prtendait que le pre seul tait dieu par lui-mme1 qu'il tait incr1 essentiateur1 ou celui qui donne l'essence tous les tres1 mais que le fils tait essenti1 ou drivait son essence du pre1 et par consquent qu'il n'tait pas dieu par lui-mme1 quoique pourtant il le reconnt pour vrai dieu4 ,il raisonnait -peu-prs de l mme manire sur le compte du saint-esprit2 il faisait des trois personnes1 trois esprits ternels distingus par une subordination graduelle1 en rservant la monarchie au pre qu'il appellait le seul dieu4 ,ce thologien1 forc de se sauver de son pays cause de sa religion1 vint se rfugier ,genve1 comme dans un lieu d'asyle1 mais il se trouva bien tromp2 il fut oblig d'abjurer ses opinions1 condamn une rude pnitence3 on le conduisit dans les rues en chemise1 les pieds et la tte nuds1 une torche au poing1 et on lui enjoignit de ne point sortir de la ville sans permission expresse4 ,nonobstant ces dfenses1 il trouva le moyen de s'vader1 et se retira dans le canton de ,berne1 o il fut encore bien plus maltrait1 car il y fut arrt1 emprisonn1 dcapit#cg4 #cg ,m4 ,keysler dit dans ses voyages que la faon de penser des ,genvois est maintenant bien change relativement la perscution2 il assure que l'on n'y parle qu'avec horreur du supplice de ,servet1 et que les ecclsiastiques eux-mmes dsireraient que cette aventure ft mise en oubli4 ,tome ,i1 p4 #agc4 ,cependant l'exemple du clbre ,jean-,jacques ,rousseau qui1 par ses crits1 s'est illustr lui-mme1 ainsi que sa patrie1 prouve que le levain de la perscution est bien loin d'tre teint dans le coeur des ,genevois4 ,ce philosophe a essuy depuis des perscutions trs vives de la part du clerg de la principaut de ,neufchtel1 qui ne s'est point oubli dans cette occasion4 ,on sait que ce clerg trs insolent a1 nonobstant la protection du roi de ,prusse1 son souverain1 perscut ,m4 ,petitpierre1 pasteur rform1 pour avoir os soutenir que ,dieu tait trop bon pour permettre que les peines de l'enfer fussent ternelles2 mais le clerg pour ses intrts en ce monde s'obstine tre ternellement damn dans l'autre4 ,note de l'diteur4 ,l'on pourrait encore citer un grand nombre d'exemples de perscutions exerces par toutes les glises protestantes dont on vient de parler4 ,on publia ,zurich un dit trs svre contre les anabaptistes1 ou contre tous ceux qui se feraient baptiser de nouveau2 plusieurs de ces hrtiques furent punis de mort2 l'un d'entr'eux fut condamn tre noy d'une faon trs burlesque par ,zwingle1 qui dit en quatre mots qui iterum mergit1 mergatur2 que celui qui se rebaptise soit noy4 ,l'esprit d'intolrance et de perscution a long-tems rgn en ,hollande parmi les rforms1 et s'est fait sentir avec fureur dans ce pays4 ,les animosits clatrent d'abord entre les ,luthriens et les ,calvinistes1 qui1 selon la remarque de ,chandler1 ds l'enfance de la rformation s'anathmatisaient les uns les autres1 cause de la diversit de leurs opinions au sujet de l'eucharistie1 et qui regardaient la douceur et la tolrance comme des choses intolrables4 ,par la suite ce zle se porta contre les anabaptistes dont plusieurs furent mis l'amende1 emprisonns1 bannis4 ,enfin il s'leva une querelle furieuse entre les gomaristes ou vrais calvinistes et les arminiens2 elle occasionna une violente perscution1 dont les derniers furent les victimes2 ceux-ci furent par la suite appells remontrans4 ,jacob ,arminius1 l'un des professeurs de thologie de l'universit de ,leyde1 disputant sur la doctrine de la prdestination1 s'avisa de s'carter de l'opinion de ,calvin ce sujet2 il trouva dans ,gamarus1 son collgue1 un puissant adversaire4 ,celui-ci soutenait que1 par un dcret ternel1 ,dieu avait dcid ceux d'entre les hommes qui seraient sauvs ou damns4 ,comme ce dernier sentiment tait celui de la plus grande partie du clerg des provinces-unies1 il s'effora de dcrier ,arminius et sa doctrine2 on refusa tous les accommodemens1 on excita les magistrats1 en leur montrant la ncessit d'extirper l'arminianisme et de dtruire les arminiens1 que l'on traitait de peste1 de diables1 de mamlukes4 ,on disait hautement dans les chaires qu'il fallait tout entreprendre1 qu'il fallait en user comme lie avec les prtres de ,baal2 lorsque le tems de l'lection des nouveaux magistrats fut arriv1 les prdicans demandaient ,dieu des hommes dont le zle allt jusqu' rpandre le sang4 ,en un mot le magistrat se conformant l'humeur massacrante de ses guides spirituels1 de ses doux pasteurs1 perscuta cruellement les pauvres remontrans2 plusieurs de leurs ministres furent chasss du pays si subitement1 qu'on ne leur laissa pas mme le tems de rgler leurs affaires1 ou de se pouvoir d'argent pour vivre dans le lieu de leur bannissement4 ,beaucoup d'autres personnes furent obliges de s'expatrier2 le savant ,grotius fut condamn une prison perptuelle1 dont il se tira par l'adresse de sa femme2 le grand-pensionnaire ,barnevelt1 pour avoir favoris le parti des remontrans1 eut la tte tranche4 ,personne n'ignore avec quelle furie l'esprit perscuteur exera ses ravages en ,angleterre immdiatement aprs la rformation1 et cet esprit s'y est depuis ranim trs vivement plusieurs reprises4 ,sous le rgne de ,henri ,,viii1 ce prince fournit la perscution une pe deux tranchans qui blessait galement les protestans et les catholiques4 douard ,,vi n'tant qu'un enfant1 fut gouvern par son conseil et sur-tout par ,cranmer1 qui engagea ce prince faire prir plusieurs personnes pour leurs opinions religieuses1 mais il ne s'y prta qu'avec tant de rpugnance1 que1 se trouvant1 pour ainsi dire1 contraint par cet archevque de signer un arrt qui condamnait ,jeanne ,bocher tre brle vive pour quelques opinions fanatiques au sujet du ,christ1 douard ne put s'empcher de verser des larmes1 et dit que s'il faisait un pch ce serait l'archevque qui en rpondrait devant ,dieu4 ,comme ,cranmer lui-mme devint martyr sous le rgne suivant1 nous avons tout lieu de croire que plusieurs de ceux qui ont souffert le martyre ne manquaient pas de la volont1 mais de la puissance ncessaire pour faire d'autres martyrs4 ,la reine lizabeth1 quoiqu' bien des gards elle fut trs grande princesse1 avait dans son caractre beaucoup de la hauteur et de la svrit de son pre1 et quoique sous le rgne de sa soeur ,marie elle et vu et mme et prouv les effets cruels de la perscution au point qu'elle eut assez de peine sauver sa propre vie1 elle ne laissa pas de perscuter non-seulement ses propres sujets1 mais encore des trangers1 qui taient venus se rfugier dans ses tats pour chapper aux cruauts qui s'exeraient dans leurs pays2 ils furent sans doute bien tonns de trouver en ,angleterre les mmes traitemens2 en effet quelques-uns d'entr'eux furent fouetts1 emprisonns1 bannis1 et d'autres furent mis mort1 entr'autres deux dont l'un avait une femme et neuf enfans3 ce malheureux demandait pour toute grce1 qu'on lui permt de sortir du royaume avec sa famille1 mais ce fut vainement2 tous deux anabaptistes furent brls vifs ,smithfield4 ,quoique le roi ,jacques ,i et t lev dans le presbytrianisme1 et rendt graces ,dieu1 lorsqu'il tait en cosse1 d'tre la tte d'une glise la plus pure qui ft au monde2 cependant quand il parvint la couronne d',angleterre il perscuta les membres de son ancienne glise1 ainsi que tous ceux qui n'adoptaient pas les opinions des piscopaux d',angleterre4 ,quelques vques avaient trouv le secret de flatter sa vanit2 en reconnaissance il leur lchait la bride contre ses sujets1 dont plusieurs furent traits par eux avec la barbarie familire aux ministres du seigneur4 ,son fils et son successeur ,charles ,i marcha sur les traces de son pre4 ,laud1 prlat hautain1 turbulent et sans piti1 ne voulait que personne et l'audace de s'opposer l'introduction des rites et des crmonies de l'glise romaine dont il tait fort pris2 en consquence il traita d'une faon trs cruelle plusieurs thologiens et gentilshommes protestans qui ne voulaient pas se conformer ses caprices2 mais ce prtre fougueux fit tant par ses excs qu'il eut la tte tranche1 aprs avoir t la cause du renversement total de l'glise et de l'tat4 ,quand ceux qui avaient t si rcemment perscuts furent parvenus leurs fins ils se comportrent avec autant de douceur1 d'indulgence et de charit chrtienne que toutes les autres sectes quand ils ont eu le pouvoir en main2 ils perscutrent tous ceux qui ne pensaient pas comme eux2 mais leur rgne finit par le rtablissement de ,charles ,,ii4 ,ce prince n'avait lui-mme que peu ou point de religion2 cela n'empcha pas qu'il ne permt ses vques de tourmenter et d'opprimer ses sujets de la faon la plus rvoltante4 ,au lieu de consoler son peuple constern d'un incendie qui avait consum la plus grande partie de la capitale1 et d'une peste qui avait emport des milliers d'hommes1 il aggrava les maux de ses peuples par des confiscations1 des amendes et par les perscutions qu'il fit prouver un grand nombre de personnes distingues par leur mrite et leur savoir4 ,il est bon de remarquer que les mmes personnes qui pour leur religion furent bannies dans la ,nouvelle-,angleterre1 o elles revinrent toutes puissantes et en possession du pouvoir1 perscutrent dans ce pays et poursuivirent jusqu' la mort les pauvres quakers ou trembleurs1 qui de toutes les sectes du christianisme sont la plus douce1 la plus innocente1 la plus semblable aux premiers chrtiens4 ,le roi ,jacques ,,ii1 en continuant perscuter1 suivit l'exemple de son frre1 et agit en cela conformment son caractre cruel et aux principes sanguinaires de sa religion4 ,cependant peu aprs son avnement la couronne1 il publia une dclaration en faveur de la libert de conscience2 mais par cette dmarche il ne se proposait que d'introduire la profession publique de la religion romaine1 qu'il voulait toutes forces tablir dans ses royaumes2 s'il et pu russir1 que pouvait-on attendre d'un prince naturellement froce1 gouvern par un jsuite1 esclave du pape1 enivr de dvotion1 de fanatisme ou de zle8 ,notre pays serait bientt devenu la proie des oiseaux de proie1 des prtres et des moines1 n'aurait t qu'une scne de carnage et d'horreurs4 ,mais une heureuse rvolution dtourna ces maux de nous1 et sauva la nation de la destruction dont elle tait menace4 ,durant le rgne de ,guillaume ,,iii1 qui n'tait nullement dvot1 mais1 qui semblable ,guillaume ,i1 prince d',orange1 favorisait les gens de mrite de quelque religion qu'ils fussent1 et qui d'ailleurs avait t plac sur le trne de la ,grande-,bretagne1 par le consentement et les secours de toutes les sectes protestantes qui sont parmi nous2 durant ce rgne1 dis-je1 toute perscution fut assoupie jusqu' ce que vers la fin du rgne suivant1 un prtre fanatique#ch avant sem la discorde1 la perscution protestante commena se ranimer et montrer ses griffes2 mais la mort de la reine ,anne mit fin aux projets sinistres du parti qui gouvernait alors1 et la perscution fut ensevelie dans le mme tombeau qu'elle4 ,puisse-t-elle n'en jamais sortir1 et ne plus venir troubler cet heureux pays6 #ch ,le docteur ,sacheverell4 ,nous voyons donc que les catholiques romains n'ont point t les seuls qui ont perscut1 mais la perscution1 cette desse infernale1 a t adore1 fomente1 obie par toutes les sectes des chrtiens ds qu'elles ont eu le pouvoir d'excuter ses volonts et ses caprices4 ,cependant il faut convenir qu'elle a pour toujours fix sa demeure1 et tabli son trne dans l'glise romaine2 l elle rgne avec un sceptre de fer1 elle est environne de la terreur1 elle tranche sans obstacle avec son glaive meurtrier4 ,,section ,,xii4 ,recherches sur les causes de la cruaut et de l'esprit perscuteur que l'on remarque surtout dans les prtres de l'glise romaine4 ,si nous considrons les cruauts normes exerces par les prtres de l'glise romaine1 mme sans que rien part les y engager1 et souvent sur des personnes pieuses1 innocentes et vertueuses1 dont tout le crime tait de vouloir honorer ,dieu selon leurs consciences1 nous demeurerons convaincus que personne dans les nations civilises n'a pouss aussi loin la frocit1 et n'a jou un rle aussi barbare que le clerg du pape4 ,l'on ne peut douter que dans l'espce humaine il ne se trouve des individus dont les uns sont naturellement durs et cruels1 tandis que d'autres sont tendres et compatissans2 cependant on ne peut pas supposer que la plupart de ceux qui se destinent au service des autels ne soient tous choisis que parmi les hommes de la premire espce1 et qu'il ne s'en trouve que trs peu qui aient des sentimens d'humanit4 ,il faut nanmoins convenir que si les prtres romains eussent tous t choisis parmi les tres les plus cruels1 ils ne pourraient point agir autrement qu'ils ne font4 ,puis donc que la frocit par laquelle ces hommes se distinguent de tous les autres1 ne peut tre attribue quelque qualit naturellement inhrente en eux ou qui leur soit particulire1 il faut en chercher la cause ailleurs4 ,quoique l'ducation que reoivent les ecclsiastiques de l'glise romaine ne diffre pas d'une faon bien marque de celle des autres personnes de leur religion qui tudient les lettres1 cependant nous trouvons dans l'ducation des membres de ce clerg1 des circonstances plus ou moins loignes qui semblent de nature leur inspirer les dispositions barbares dont nous parlons4 ,l'on a sur-tout grand soin d'enseigner la logique et l'art de disputer aux jeunes gens destins aux fonctions ecclsiastiques2 on leur remplit la tte de questions mtaphysiques1 de subtilits1 de thologie scholastique2 on leur fait tudier les pres de l'glise2 on leur fait lire des lgendes et des vies des saints4 ,la logique a sans doute de l'utilit1 mais par la faon dont on l'applique1 dans les tudes du clerg1 au lieu de mettre les hommes porte de dcouvrir et de dfendre la vrit1 elle n'apprend qu' l'obscurcir et rendre l'erreur et l'imposture spcieuses et probables4 ,en un mot la logique que l'on enseigne aux jeunes ecclsiastiques ne semble tre que l'art de jetter de la poudre aux yeux des autres1 mais cette poudre revient souvent contre eux-mmes et les aveugle pour la vie4 ,la mtaphysique n'est propre qu' leur remplir l'esprit de mots vides de sens1 d'ides vagues1 de notions fausses1 d'opinions arbitraires4 ,la scholastique n'est qu'un tissu de questions inutiles1 ridicules et souvent indcentes4 ,les ouvrages des pres1 pour lesquels on leur inspire la vnration la plus profonde1 les infectent pour l'ordinaire d'opinions errones1 leur inspirent un esprit de parti1 des ides superstitieuses1 des maximes dangereuses2 en un mot excitent en eux des animosits1 de la virulence1 de l'intolrance1 dont ces grands personnages ont t eux-mmes anims contre ceux qu'ils traitaient d'hrtiques4 ,enfin les lgendes et les vies des saints les confirment dans toutes les ides fausses ou dangereuses qu'ils ont puises dans les pres1 leur remplissent le cerveau de faux miracles et de faits merveilleux1 les accoutument croire les romans les plus incroyables1 les mensonges les plus videns1 leur font prendre le fanatisme le plus dangereux pour la religion la plus pure1 et les carts de l'extravagance pour de la vraie dvotion#ci4 #ci ,l'on a dj rapport dans cet essai diffrens exemples qui prouvent l'orgueil1 l'humeur turbulente1 l'esprit cruel et perscuteur par lequel un grand nombre de pres de l'glise s'est distingu2 cependant pour rendre ce tableau plus complet nous joindrons encore un supplment cet essai1 dans lequel nous parlerons des maximes dangereuses1 des opinions erronnes1 des ides bizarres1 des superstitions1 de la crdulit1 des interprtations ridicules des critures que l'on trouve dans les ouvrages de ces grands hommes2 nous y joindrons en peu de mots les questions indcentes et ridicules que l'on agite dans la thologie scholastique2 nous parlerons encore d'une foule d'extravagances que les bons catholiques1 ainsi que quelques autres chrtiens1 ont regard comme des effets de la plus sublime dvotion4 ,ajoutez tout cela que ceux qui sont chargs de l'instruction des jeunes gens destins l'tat ecclsiastique1 tant des prtres eux-mmes1 n'pargnent rien pour inspirer leurs lves l'ide qu'ils sont infiniment suprieurs aux laques2 et que ceux-ci doivent avoir pour eux le respect le plus profond2 ils leur inculquent de plus que l'hrsie est le plus grand des crimes1 que rien n'est plus ncessaire et plus lgitime que d'extirper les hrtiques2 que l'on doit regarder les incrdules comme les hommes les plus dangereux dans un tat2 que l'on doit employer les moyens les plus cruels et les plus sanguinaires pour les rprimer2 que toutes les voies dont on se sert pour y parvenir sont justes et trs agrables la divinit2 que le clerg est destin par tat s'acquitter de la fonction la plus sublime de combattre les ennemis de l'glise4 ,ainsi chargs de connaissances inutiles1 remplis de zle et de frnsie pour des opinions fausses1 pour des crmonies absurdes2 bouffis d'orgueil et de vanit#dj1 empoisonns de principes pernicieux1 les jeunes ecclsiastiques sortent des sminaires o ils ont t duqus2 s'ils entrent ensuite dans quelqu'ordre monastique1 ils y mnent une vie rcluse qui les rend sombres et mlancoliques1 qui aigrit leur caractre1 qui les porte la cruaut4 ,en effet que peut-on attendre de personnes squestres du monde1 qui n'ont aucune occupation raisonnable1 qui sont prives de tout amusement et des plaisirs mme les plus innocens8 ,mais soit qu'ils embrassent la vie monastique1 soit qu'ils entrent dans le clerg sculier1 les ecclsiastiques romains sont obligs de garder le clibat2 c'est aux mdecins et aux naturalistes1 examiner les effets physiques que l'observation exacte de cette loi peut produire sur le tempramment2 ils dcideront si elle n'est pas propre rendre quelques hommes chagrins et cruels3 au moins est-il certain que le clibat les isole1 il anantit pour eux les liens si doux du mariage1 de la paternit1 de la parent1 qui sont sans doute1 propres nourrir dans les hommes la bienfaisance1 la sensibilit1 la piti4 ,comme un grand nombre de moines et de prtres de l'glise romaine sont forcs de s'interdire toute conversation avec le sexe1 tandis qu'elle est permise aux prtres des autres pays1 et qui sagement rgle tend polir1 adoucir1 humaniser les hommes3 cette circonstance seule peut nous faire deviner pourquoi les prtres de l'glise romaine sont plus durs et plus froces que les laques4 ,il est bon d'observer en passant que l'on rencontre plus de tristesse1 de brutalit1 de cruaut chez les ,mahomtans1 les ,turcs et les ,maures1 ainsi que dans les autres nations o la conversation et le commerce familier des deux sexes sont interdits1 que dans les pays o les hommes et les femmes sont confondus et vivent en socit4 #dj ,indpendamment de cette vanit que l'on inspire aux jeunes gens destins l'glise1 les personnes qui tudient les lettres sont dj disposes par elles-mmes mpriser la partie ignorante du genre humain4 ,dans le temps o le peu de savoir qui existait dans le monde tait exclusivement possd par les prtres1 ceux-ci taient trs fiers1 et cela fournit au clerg romain la facilit de tromper et de tyranniser les pauvres laques4 ,puisque cette conversation si agrable avec les femmes est d'une si grande utilit pour les hommes1 quel dommage n'est-ce pas pour les deux sexes1 que les femmes ne soient pas pour l'ordinaire leves de manire rendre leur commerce plus utile1 et pour nous et pour elles-mmes6 ,si1 au lieu de leur remplir la tte de bagatelles ou de choses encore pires1 on leur inspirait de bonne heure le got des objets vraiment estimables1 on ne les verrait pas continuellement occupes de futilits et courir aprs des amusemens enfantins1 ridicules1 coteux et souvent criminels2 leur conversation ne serait ni aussi insipide1 ni aussi impertinente qu'elle l'est trop communment2 au contraire1 si leur esprit tait cultiv et enrichi de connaissances1 dont il n'est pas douteux qu'elles ne fussent trs susceptibles1 quelle satisfaction et quelles ressources ne trouveraient-elles pas en elles-mmes1 et quel point ne se rendraient-elles pas adorables nos yeux6 ,quel pouvoir et quels charmes n'aurait pas la beaut si elle tait orne de la bont1 de la raison1 de la science6 ,les attraits une fois fltris1 ne resterait-il donc pas encore aux femmes des qualits propres leur mriter nos gards1 notre estime1 notre attachement8 ,mais revenons notre sujet4 ,l'on a fait remarquer au commencement de cet ouvrage1 que plusieurs des passions auxquelles la nature humaine est sujette1 finissent par se changer en cruaut quand elles vont l'excs4 ,il n'est point de passions qui prouvent mieux cette vrit que l'orgueil et l'ambition2 or il n'y a personne au monde qui soit plus sujet ces deux passions que le clerg de l'glise romaine4 ,l'on peut encore ajouter cela qu'une troupe nombreuse de brigands1 est plus effronte et plus cruelle1 que celle qui n'est compose que d'un petit nombre de fripons2 il en est de mme des prtres romains dont l'audace et la mchancet sont augmentes par leur nombre4 ,enfin il est bon d'observer que les prtres et les moines sont tirs pour la plupart de la lie du peuple4 ,l'on a vu des papes mmes sortir de la fange pour monter sur le trne pontifical1 d'o ils ont insolemment donn des lois aux potentats de l',europe#da4 #da ,grgoire ,,vii tait d'une naissance trs obscure4 ,ce fut lui qui eut les dmls les plus sanglants avec l'empereur1 qu'il fora1 comme on a vu1 de venir implorer sa clmence4 ,ce fut ce mme pape qui sentit qu'il tait de l'intrt de l'glise que les prtres ne fussent point maris4 ,alexandre ,v dans son enfance avait t mendiant4 ,pie ,v tait fils d'un bouvier4 ,sixte ,v avait gard les pourceaux4 ,presque tous les moines sont tirs de la plus vile populace1 et n'ont jamais reu une ducation honnte2 d'ailleurs ils vivent dans des couvens1 o rgnent des cabales1 des haines1 des jalousies1 des animosits peu propres leur former un bon caractre4 ,quoique l'orgueil et l'ambition excitent souvent les hommes la cruaut1 cependant sans pouvoir ils ne peuvent l'exercer impunment au gr de leurs dsirs4 ,malheureusement pour la chrtient1 comme on l'a fait observer ailleurs1 les prtres de l'glise romaine ont joui d'un grand pouvoir1 et c'est l ce qui les a mis porte de remplir l'univers de leurs abominations1 de leurs perscutions1 de leurs cruauts4 ,d'ailleurs les souverains1 aveugls par la dvotion1 ou par une fausse politique1 leur ont toujours prt main forte1 et se sont cru en conscience obligs d'immoler les victimes dsignes par leur fureur4 ,dans presque tous les tems1 les princes et les magistrats n'ont t1 pour ainsi dire1 que les ministres des vengeances et des passions des papes et du clerg4 ,les dits les plus sanguinaires ont t toujours ceux qui ont eu pour objet de mettre couvert les intrts du sacerdoce4 ,depuis la fondation du christianisme1 nous voyons en tout pays les rois presque uniquement occups tirer l'pe sur l'ordre de leurs prtres1 et travailler contre leurs intrts les plus chers pour maintenir des hommes oisifs et turbulens dans la possession des droits qu'ils ont visiblement usurps sur leurs concitoyens3 en un mot nous voyons les princes s'avilir au point de se rendre les satellites et les bourreaux de quelques spculateurs ignorans et prsomptueux1 qui sont parvenus1 faire regarder leurs futiles dcisions comme ncessaires au bien-tre des nations1 et comme des oracles du ciel4 ,c'est ainsi que le clerg romain1 qui fait profession d'abhorrer le sang1 a trouv le secret d'exterminer ses ennemis1 et de remplir la terre de carnage en cartant de lui l'apparence de la cruaut4 ,les chefs des nations ont pris sur eux l'odieux fardeau de la perscution2 ils se sont chargs de la haine qui aurait d retomber sur les prtres odieux dont ils n'taient que les instrumens aveugles1 et dont souvent ils sont les premires victimes4 ,quelque disposs que quelques hommes puissent tre la cruaut par leur mchant naturel1 il en est beaucoup qui n'osent lui donner un libre cours par la crainte de ,dieu et encore plus par celle des hommes2 mais lorsqu'ils peuvent exercer leurs fureurs par les mains des autres1 lorsqu'ils sont au-dessus de la crainte des hommes1 lorsqu'ils sont encourags par leur nombre1 par l'impunit1 par l'aveuglement des peuples1 par les usages reus par les lois1 c'est alors que1 sans rougir1 ils se permettent les plus grands excs2 c'est alors qu'ils ont le front de prtendre que ,dieu exige que l'on trouble les consciences1 que l'on tourmente les hommes1 que l'on porte partout le fer et le feu4 ,il n'y a point de forfaits que l'on ne soit en droit d'attendre d'un ordre d'hommes dont le coeur est ainsi dprav4 ,il semble que toutes ces circonstances attentivement peses1 suffisent pour nous rendre raison de la conduite du clerg romain3 ces reflexions peuvent nous dcouvrir les vraies raisons qui font qu'il surpasse en cruaut les laques et les personnes qui ont reu une ducation honnte4 ,d'ailleurs les plus grands imposteurs doivent tre les plus dfians1 et les hommes les plus dfians sont toujours les plus cruels4 ,,suppl,,ment ,a ,l',,essai ,,sur ,,la ,,cruaut ,,religieuse4 ,comme dans l'essai prcdent l'on a dj fait sentir les consquences fcheuses qui rsultent de la vnration qu'ont les chrtiens1 et sur-tout les catholiques romains que l'on destine l'glise1 pour les ouvrages des pres2 comme on a dit que la thologie scholastique1 dans laquelle on exerce les jeunes ecclsiastiques1 est remplie de questions futiles1 odieuses et mme indcentes2 comme on a montr que la lecture des lgendes romanesques1 et des vies des saints disposait une crdulit ridicule et faisait ajouter foi des contes dpourvus de vraisemblance et de bon sens1 et faisait regarder l'enthousiasme et la superstition comme la dvotion la plus parfaite2 je me crois oblig de prouver mes assertions par des exemples4 ,je commencerai donc par rapporter les opinions errones1 les crmonies superstitieuses1 les faux miracles que l'on trouve dans les ouvrages de plusieurs des premiers pres de l'glise2 j'y joindrai le rcit de quelques miracles raconts par les plus anciens historiens ecclsiastiques1 et je parferai de la vie de quelques saints illustres4 ,,section ,,premi,,re4 ,des opinions errones et des crmonies superstitieuses que l'on trouve dans les pres de l'glise4 ,barbeyrac1 dans son trait de la morale des pres de l'glise1 a fait voir clairement que plusieurs de ces docteurs1 en dclamant contre le mariage1 et en faisant des loges outrs du clibat1 ont jet les fondemens de la vie monastique1 et ont fait natre l'ide de ces voeux contre nature1 par lesquels une multitude d'hommes et de femmes s'obligent transgresser l'ordre formel de la divinit qui commande aux tres de l'espce humaine de crotre et de multiplier4 ,le mme auteur observe que les religieuses sont souvent qualifies par les pres d'pouses de ,jsus-,christ2 il remarque que saint ,jrme donne souvent le titre de madame ,eustochie qui tait religieuse1 comme parlant l'pouse de ,jsus-,christ1 tandis qu'il donne sa mre le titre de belle-mre de ,dieu4 ,le mme crivain observe que c'est le jargon inintelligible dont ,st4 ,cyrille se sert pour exalter le sacrement de l',eucharistie1 qui a produit par dgrs la doctrine monstrueuse de la transubstantiation4 ,il rapporte la maxime abominable de saint ,augustin que les justes ou les croyans ont droit tout1 et que les mcrant n'ont droit rien4 ,ce principe parat tre le fondement sur lequel l'glise romaine a depuis lev ses prtentions illimites sur l'autorit temporelle4 ,les paroles de ce saint sont si remarquables1 tant l'gard du droit des fidles1 que relativement au pouvoir qu'il attribue aux princes sur les biens de leurs sujets1 que je ne puis me dispenser de les rapporter ici4 ,ce grand saint crivant aux donatistes1 leur dit3 ,et quamvis res quque terrena non rect quoquam possideri possit1 nisi vel jure divino1 quo cuncta justorum sunt1 vel jure humano1 quod in potestate regnum est terr1 ideoque res vestras falso appelletis1 quas nec justi possidetis1 et secundm leges regum terrenorum amittere jussi estis2 frustraque dicatis1 nos eis congregandis laboravimus1 cm scriptum legatis labores impiorum justi edent1 etc4 ,le chevalier ,isaac ,newton1 dans le quatorzime chapitre de ses remarques sur les prophties de ,daniel1 a recueilli dans les ouvrages des pres un grand nombre de dogmes errons1 de crmonies superstitieuses1 de faux miracles dbits par ces saints personnages4 ,il cite sur-tout pour exemples les deux ,,ss4 ,grgoire de ,nysse et de ,nasianze1 ,s4 ,cyprien1 ,s4 ,jrme1 ,s4 ,basile1 ,s4 ,chrysostme1 ,s4 ,athanase4 ,les payens1 dit ,newton1 trouvaient du plaisir et de l'amusement dans les ftes de leurs dieux1 et n'taient nullement disposs s'en priver2 en consquence ,grgoire1 pour faciliter leur conversion1 institua des ftes annuelles en l'honneur des saints et des martyrs2 ainsi les ftes des chrtiens furent inventes pour remplacer celles des payens4 ,a la fte de ,nol1 l'on imagina de porter des guirlandes de lierre1 de se rjouir et de faire bonne chre1 pour que cette fte tnt lieu de saturnales et de bacchanales444 ,l'amusement que fournissaient ces solennits augmenta le nombre des chrtiens et les fit dcrotre en vertus4 ,s4 ,athanase1 qui mourut en #cgc1 crivit un discours sur les religions des #dj martyrs d',antioche2 et lorsque les ossemens de ,s4 ,jean-,baptiste1 qui faisaient tant de miracles1 furent transfrs en gypte1 ,s4 ,athanase les cacha dans le mur d'une glise1 afin1 disait-il1 qu'ils procurassent des avantages aux gnrations futures4 ,s4 ,chrysostme1 dans une de ses homlies1 exhorte les fidles au culte des saints4 ,peut-tre1 leur dit-il1 vous sentez-vous exhausss d'un grand amour pour ces martyrs2 dans ce cas1 tombons genoux devant leurs reliques1 embrassons leurs cercueils1 car les tombeaux des martyrs ont un trs grand pouvoir4 ,en un mot cet illustre auteur prouve clairement que la plupart des dogmes et des crmonies idoltres enseigns et pratiqus par l'glise romaine1 ont t invents et recommands par les pres de l'glise4 ,il remarque de plus que ces saints ont eu l'adresse de rpandre la croyance aux prtendus miracles oprs par les reliques des martyrs et des saints#db4 ,il fait en particulier mention de celui qui s'opra dans ,antioche1 lorsque l'oracle d',apollon fut rduit au silence1 aussitt que le corps de ,s4 ,babylas1 martyr1 fut enterr prs du temple o l'on consultait ce ,dieu4 ,l'empereur ,julien le pressant de satisfaire ses questions1 ne put en tirer autre chose sinon qu'il ne pouvait rpondre cause des ossemens du martyr ,babylas1 qui tait enterr dans le voisinage4 #db ,quelques admirateurs des pres de l'glise ont pris de l'humeur contre le chevalier ,newton1 parce qu'il avait dvoil leur superstition1 peut-tre quelque chose de pire encore1 que ces partisans ont voulu dfendre3 ceux qui ont lu ces apologies et les crits des pres sans prjug1 sont en tat de juger s'ils ont grandement russi2 quoiqu'il en soit1 un homme d'esprit disait ce sujet4 ,qu'il n'avait point lu d'apologie pour les pres qui n'augmentt son aversion pour eux4 ,s4 ,chrysostme1 qui rapporte ce dernier miracle1 dit que ,julien donna des ordres pour qu'on tt les os de ,s4 ,babylas afin qu'ils n'empchassent plus ,apollon de rendre ses oracles2 mais qu'aussitt que ces prcieuses reliques furent entres du faubourg de ,daphn dans la ville d',antioche1 le tonnerre dtruisit et la statue du ,dieu et son temple4 ,s4 ,chrysostme emploie une homlie entire1 et un trs long discours qui la suit haranguer au sujet de ,babylas1 et des miracles qui s'opraient journellement par le moyen des reliques des martyrs1 pour l'dification de l'glise et pour confondre les incrdules1 et il assure que ces miracles prouvaient la certitude de la rsurrection4 ,ce qui vient d'tre rapport est d au docteur ,middleton1 qui me fournit encore deux miracles rapports par deux autres pres de l'glise4 ,st4 ,grgoire de ,nysse rapporte que ,st4 ,grgoire1 surnomm le ,taumaturge ou le faiseur de miracles1 tant en voyage1 fut forc de se rfugier dans un temple payen fameux par les oracles qui s'y rendaient1 et o les dmons se montraient visiblement aux prtres3 mais le saint ayant invoqu le nom de ,jsus1 les mit tous en fuite2 ayant fait un signe de la croix1 il purifia l'air pollu par la fume des sacrifices4 ,le matin du jour suivant1 quand le prtre vint pour remplir ses fonctions ordinaires1 les diables se montrrent lui et lui apprirent que la nuit prcdente ils avaient t chasss par un tranger et qu'il ne leur tait point permis de revenir2 il ne fut point en tat de les rappeler1 ni par ses enchantemens1 ni par ses sacrifices4 ,en consquence le prtre en fureur se mit courir aprs ,grgoire1 et l'ayant atteint sur la route il le menaa de le maltraiter4 ,mais ,grgoire mprisant ses menaces lui fit entendre qu'il avait un pouvoir suprieur celui des dmons1 et qu'il pouvait les faire aller o il voulait4 ,le prtre tonn de ce discours lui demanda pour preuve de ce qu'il disait qu'il les ft rentrer dans le temple d'o il les avait bannis4 ,grgoire le voulut bien et se contenta d'crire un billet trs court en ces mots3 ,grgoire ,satan1 rentre4 ,le prtre1 charg de ce billet1 le plaa sur l'autel1 et les diables reprirent possession de leur ancienne demeure4 ,st4 ,jrme1 qui passe pour le pre de l'glise le plus distingu pour son savoir et son jugement profond1 nous dit1 dans la vie de ,st4 ,antoine1 premier ermite1 qu'allant faire visite un autre ermite nomm ,paul1 il rencontra d'abord un ,centaure qui lui montra le chemin1 et ensuite un satyre pieds de chvre dont le front tait arm de cornes1 qui lui fit amiti et qui se recommanda ses prires1 ainsi que tous ses confrres les satyres du pays4 ,st4 ,augustin dit positivement avoir vu en thiopie un peuple compos d'hommes sans ttes1 ayant deux gros yeux sur la poitrine1 et faits d'ailleurs comme les autres4 ,voyez1 ,august4 ,sermones ad fratres suos in ,eremo4 ,serm4 #cc1 page #bic4 ,ou ces saints personnages ont cru les faits merveilleux qu'ils rapportent1 ou ils ne les ont point crus3 s'il les ont crus1 il faut qu'ils aient t trangement ridicules2 s'ils ne les ont point crus1 c'est au lecteur dcider du nom qu'on doit leur donner1 et juger combien on doit compter sur leurs rcits4 ,cependant il n'est point difficile de deviner ce qu'on doit penser de la bonne foi de ,st4 ,jrme1 qui reconnaissant qu'un fait calomnieux dbit sur les juifs par les chrtiens de ,jrusalem tait totalement improbable1 ajoute nanmoins que l'on ne doit pas condamner une erreur qui a pour principe la haine pour les juifs et un zle pieux pour la foi4 ,non condemnemus errorem qui de odio ,judorum et fidei pietate descendet4 ,dans un autre endroit1 ce pre fait entendre que dans les disputes de controverse dans lesquelles on se propose plutt de remporter la victoire que de trouver la vrit1 il tait permis de se servir de toutes les fraudes qui pouvaient contribuer vaincre son adversaire4 ,on peut dire que l'exemple de ce grand saint est fidlement suivi par la plupart des thologiens2 ils semblent avoir trs soigneusement banni la bonne foi de leurs disputes1 dans lesquelles on ne trouve pour l'ordinaire que des subtilits1 des sophismes et des piges que ces querelleurs se tendent rciproquement4 ,il parat encore qu'un grand nombre d'entre eux se sont propos ,st4 ,jrme pour modle dans les invectives1 les injures1 les calomnies dont ils ont soin de se charger les uns les autres4 ,en effet rien de plus atroce1 de plus scandaleux1 de plus oppos la charit chrtienne que la faon dont ce pre traite le pauvre ,rufin qui avait le malheur de n'tre pas de son avis2 il lui prodigue les noms de serpent1 de vipre1 de dmon1 etc42 il le dvoue ,satan4 ,il faut convenir que de semblables modles ne sont pas propres inspirer ni la politesse1 ni la modration1 ni la charit aux jeunes thologiens qui puiseront des principes dans les ouvrages de ces docteurs4 ,au reste ,st4 ,jrme se rend justice lui-mme2 il ne rougit point d'avouer et de vouloir justifier son caractre2 il disait une chose et s'en ddisait ensuite2 il argumentait pour et contre suivant les occasions et selon que la chose lui paraissait utile2 il prtend autoriser sa conduite par l'exemple de ,st4 ,paul et de ,jsus-,christ lui-mme1 qu'il reprsente comme se servant de toutes les armes qui se prsentaient sa main1 sans avoir aucun gard pour la sincrit et la vrit1 auxquelles il ne croit pas que l'on soit astreint dans la dispute4 ,le savant ,mosheim1 quoique partisan trs zl du christianisme1 a raison de craindre que ceux qui iraient puiser des lumires dans les ouvrages des plus grands et des plus saints docteurs du quatrime sicle1 ne les trouvassent tous sans exception disposs tromper et mentir1 toutes les fois qu'ils croyaient que l'intrt de la religion l'exigeait4 ,cet auteur pouvait avoir assurment les mmes craintes pour les docteurs des autres sicles2 il aurait pu dire avec notre gavant ,middleton3 ,si ces pres plus rcens dtermins par l'intrt ou par un faux zle ont pu rpandre des mensonges avrs1 ou si avec tout leur savoir ils ont pu tre d'une crdulit assez honteuse pour croire eux-mmes les contes absurdes qu'ils attestent1 nous aurons des raisons pour souponner que les mmes prjugs ont influ plus fortement sur les pres plus anciens1 qui aux mmes intrts joignent encore moins de savoir1 moins de jugement et plus de crdulit4 ,voyez les ,o,euvres du docteur ,middleton1 ,tome ,,iv1 pag4 #aac1 #abh et #acj4 ,quoiqu'il en soit1 on ne finirait pas si l'on voulait copier tous les miracles et les contes absurdes et ridicules rapports gravement par ,eusbe1 ,thodoret1 ,sozomne1 vagrius et les autres historiens ecclsiastiques les plus accrdits4 ,ils nous prouvent ou la fourberie ou la crdulit de ceux qui racontent de pareilles fables4 ,au reste ces rcits merveilleux se sont perptus dans l'glise romaine3 pour s'en convaincre l'on n'a qu' lire entre autres les confrences de ,cassien1 ouvrage rempli de prodiges et de miracles qui obligent d'admirer la force du fanatisme et l'tonnante stupidit des moines1 c'est--dire1 des plus parfaits chrtiens4 ,on retrouve le mme esprit dans la vie de ,st4 ,franois1 fondateur d'un ordre nombreux1 crite par ,st4 ,bonaventure1 qui l'a remplie de contes propres faire rougir tous ceux en qui l'enthousiasme n'a pas compltement teint les lumires du bon sens4 ,enfin nous trouvons le mme fanatisme1 la mme crdulit1 la mme fourberie dans un grand nombre d'ouvrages publis par les jsuites1 qui depuis deux sicles ne semblent venus que pour plonger ou retenir les catholiques dans l'ignorance et la barbarie dont nos anctres se sont heureusement tirs4 ,telles sont les lectures dont on orne l'esprit des jeunes gens destins servir l'glise romaine sous les ordres du pape6 il ne faut point tre surpris aprs cela si1 l'exemple des grands saints qu'on leur propose pour modles1 ils se font un mrite d'tre fourbes1 de mauvaise foi1 intolrants et cruels2 ou s'ils croient atteindre la perfection la plus sublime force de fanatisme1 d'extravagances et de crdulit4 ,voyons maintenant si les opinions qu'ils puisent dans les pres de l'glise sont propres les rendre plus senss et plus vertueux4 ,,section ,,ii4 ,exemples des opinions bizarres des pres de l'glise4 ,saint ,justin1 martyr1 dans la vue de justifier le christianisme du scandale de la croix1 observe trs judicieusement que rien ne se fait dans le monde sans la croix2 il cite pour exemple les mats des vaisseaux1 la forme des charrues1 les coignes et beaucoup d'autres outils des ouvriers3 il ajoute que ce qui distingue l'homme d'une faon marque des btes1 c'est que quand il est debout il a la facult d'tendre les bras et de former avec son corps la figure d'une croix1 il observe qu'il porte au milieu du visage un nez formant une croix1 au travers de laquelle il est forc de respirer2 il en conclut que le crucifiement de ,jsus-,christ a t prdit par ces mots du prophte ,jrmie1 le souffle de nos narines1 l'oint de l'ternel a t pris dans leurs fosses4 ,ce mme pre regardait le mariage comme une chose impure par sa nature4 ,nous voyons1 dit-il1 quelques personnes qui renoncent l'usage illgitime de se marier1 par lequel nous satisfaisons le dsir de la chair4 ,dans un autre endroit1 il prtend que le ,christ a voulu natre d'une vierge dans la vue d'abolir l'acte de la gnration qui est l'effet d'un dsir vicieux et illicite1 le seul dsir charnel auquel le sauveur n'ait pas succomb4 ,saint ,irne prtend que le serment est toujours une chose criminelle1 en cela il s'accorde avec ,saint ,justin1 martyr1 comme il fait aussi sur l'article du mariage1 qu'il assure n'avoir t permis par l'vangile qu'en faveur de la duret des coeurs4 ,ce saint tablit pour une rgle gnrale que toutes les fois que l'criture sainte rapporte une action sans la condamner1 nous ne devons point la blmer ou y trouver redire1 quelque odieuse qu'elle paraisse1 mais qu'alors nous devons la regarder comme un type1 ou une figure4 ,c'est d'aprs ce principe qu'il justifie les incestes des filles de ,loth et de ,thamar2 car1 dit-il1 nous ne devons pas prtendre tre plus sages que ,dieu4 ,rien de plus ridicule et de plus fastidieux que les argumens dont il se sert pour justifier les ,isralites d'avoir vol les gyptiens2 il se fonde sur-tout sur le passage trange qui se trouve au chapitre ,,xvi1 vers4 #i de ,st4 ,luc1 o ,jsus-,christ dit3 faites-vous des amis dans le ,ciel avec les richesses iniques1 afin qu'ils vous reoivent dans les tabernacles ternels4 ,car1 dit ,st4 ,irne1 tout ce que nous acqurons1 quoiqu'injustement1 tant payens1 si aprs notre conversion nous l'employons au service du ,seigneur1 nous sommes par l justifis4 ,conformment cette doctrine nous voyons qu'en #adig1 le pape donna ordre ,jean ,giglis1 vque de ,worcester qu'il permt que l'on retnt les biens des autres de quelque manire que l'on s'en ft empar1 pourvu que l'on en donnt une certaine portion aux commissaires du pape ou leurs substituts4 ,v4 ,wharton's ,anglia ,sacra4 ,au reste le clerg de l'glise romaine semble avoir universellement adopt cette maxime2 les prtres et les moines ne font aucune difficult de rconcilier ,dieu les voleurs et ceux-qui se sont enrichis par les rapines les plus criantes1 pourvu qu'ils donnent une portion des biens qu'ils ont injustement acquis l'glise ou aux hpitaux4 ,il parat que c'est cette belle doctrine qu'ont t dues anciennement les fondations de la plupart des couvens et monastres1 faites par des seigneurs puissants et des princes1 qui en mourant donnaient au clerg et aux moines une portion plus ou moins considrable de ce qu'ils avaient arrach aux hommes4 ,voici comment saint ,clment d',alexandrie interprte l'aventure d',abimelech qui de sa fentre aperut ,isaac badinant avec ,rebecca4 ,abimelech1 dit-il1 ce roi curieux1 reprsente la sagesse1 qui est au-dessus de celle du monde4 ,rebecca reprsente la patience2 or la sagesse considra attentivement le mystre du badinage4 badinage divin6 s'crie-t-il4 ,c'est le mme que celui qu',hraclite attribue ,jupiter1 etc4 ,il dit encore qu',abimelech est ,jsus-,christ notre roi1 qui du haut des cieux considre nos jeux1 c'est--dire1 nos actions de graces1 nos louanges1 nos transports d'allgresse1 etc4 ,si on lui demande quelle est la fentre au travers de laquelle le ,sauveur a regard1 il nous dira que c'est la chair par laquelle il s'est manifest4 ,ce pre prescrit trs rigoureusement le jene et l'abstinence des alimens1 dont il assure que nous devrions nous servir que pour conserver la vie et nullement un vue de satisfaire nos apptis4 ,d'o l'on voit que ces saints1 ainsi que les moines leurs disciples1 font consister en grande partie la religion dans des actions contraires ce que ,dieu prescrit notre nature4 ,dieu commande au genre humain de crotre et de multiplier1 mais ces grands saints nous apprennent que le mariage est impur et illgitime2 le crateur voulut attacher des dsirs notre nature et nous a donn les moyens de les satisfaire1 nanmoins en les satisfaisant1 mme avec modration1 il parat que nous commettons un crime affreux6 ,continuons pourtant examiner les opinions de ,st4 ,clment d',alexandrie4 ,nous ne devons pas1 selon lui1 nous livrer la bonne chre1 parce qu'il y a un certain diable trs gourmand qui prside la table1 et c'est un des plus mchans dmons4 ,il met au nombre des excs de manger du pain blanc1 dont l'usage lui parat effmin1 et qui change un aliment ncessaire en une volupt scandaleuse4 ,il ne permet pas aux jeunes gens de boire du vin1 et condamne tous ceux qui en font venir des pays trangers4 ,il proscrit la musique tant vocale qu'instrumentale1 moins que l'on ne voult chanter des hymnes accompagns de la harpe ou du luth4 ,il en veut sur-tout la flte1 qu'il dit tre plus convenable aux btes qu'aux hommes1 et cela pour une raison trs singulire1 c'est1 dit-il1 parce que les biches en aiment le son1 et parce que c'tait l'usage de jouer de la flte pendant que les talons couvraient les jumens4 ,il blme la mode de porter des guirlandes1 et entre autres bonnes raisons1 il prtend que c'est insulter ,jsus-,christ et se moquer de sa passion1 durant laquelle il portait une couronne d'pines4 ,il croit que les chrtiens sont obligs d'imiter ce que ,jacob fit par ncessit lorsqu'il se servit d'une pierre comme d'un oreiller1 action qui1 selon ,st4 ,clment1 fut si mritoire qu'elle rendit ce patriarche digne d'avoir une vision cleste4 ,il ne veut pas que l'on porte d'autre couleur que le blanc1 la seule qui convienne la candeur que doit avoir un chrtien1 et dans laquelle ,dieu1 selon lui1 s'est toujours montr4 ,quelles ides grossires et ridicules un tel homme devait-il avoir de la divinit6 ,st4 ,clment dclame contre les miroirs1 il prtend que c'est une idoltrie de s'en servir1 vu que ,mose a dfendu de se faire des images4 ,il regarde l'usage de se faire raser la barbe comme un crime dtestable1 parce que la barbe sert distinguer les deux sexes1 joint ce que tous les cheveux de notre tte sont compts1 et par consquent les poils de la barbe le sont ainsi que tous les autres poils du corps4 ,il regarde les faux cheveux comme une impit abominable2 il n'et pas fait grce aux perruques s'il y en avait eu de son temps2 il prtend que porter de faux cheveux c'est en imposer aux hommes et faire outrage ,dieu1 vu que c'est l'accuser de ne nous avoir pas donn de cheveux assez beaux2 il ajoute que lorsqu'un prtre donne la bndiction une femme qui porte de faux cheveux en lui imposant la main sur la tte1 ce n'est point elle qu'il bnit1 parce que sa tte n'est point elle4 ,il attribue l'apathie des ,stociens son vrai ,gnostique1 ou parfait chrtien1 qu'il reprsente comme exempt de toute passion1 comme insensible galement au plaisir et la douleur2 il prtend que ,jsus-,christ tait ainsi1 aussi bien que ses aptres1 aprs sa rsurrection4 ,jsus-,christ1 dit-il1 n'avait besoin ni de boire1 ni de manger pour nourrir son corps1 et quand il le faisait1 c'tait uniquement pour ne point passer pour un esprit4 ,st4 ,cyprien tait de la mme opinion que ,st4 ,clment sur l'importante matire de la chevelure4 ,il assure qu'une femme qui colore ses cheveux gte et corrompt l'ouvrage de ,dieu1 et se rend par l plus coupable qu'une adultre2 il ajoute que c'est donner un dmenti ,dieu qui a dit que l'on ne pouvait rendre blanc un cheveu noir4 ,aprs avoir observ qu'il est dit dans l',apocalypse1 que les cheveux du ,sauveur taient blancs comme de la neige et comme de la laine1 voici comme il parle au femmes3 ,quoi6 dit-il1 vous avez en horreur ces cheveux blancs qui vous font ressembler au ,sauveur8 ,ne craignez-vous donc pas que votre crateur ne vous reconnaisse point au jour de la rsurrection8 ,ne craignez-vous pas qu'avec le visage svre d'un censeur il ne vous dise3 ,ce n'est pas l mon ouvrage1 ce n'est pas l mon image8 ,vous avez pollu votre peau avec un fard trompeur2 vous avez teint vos cheveux avec des couleurs adultres2 vous avez dtruit votre face par la fraude1 votre figure est corrompue1 votre port est totalement altr4 ,vous ne verrez point ,dieu puisque vous n'avez point les yeux que ,dieu vous a faits1 mais ceux que le dmon a gts4 ,st4 ,cyprien prtend que les fidles doivent obir implicitement aux ordres des vques1 choisis avec les formalits ordinaires1 comme le seul moyen de prvenir les hrsies2 il dit que quiconque leur dsobit1 dsobit ,dieu lui-mme1 moins que quelqu'un ne ft assez tmraire1 assez insens1 assez sacrilge pour imaginer qu'un vque puisse tre tabli sans l'approbation de ,dieu1 tandis que ,dieu a dit lui-mme qu'un passereau ne tombe point terre sans sa permission4 ,dans un autre endroit il fait dpendre le salut du peuple de la validit de l'lection de son vque1 qu'il fait dpendre des moeurs de cet vque4 ,dans ce cas les peuples ne sont-ils pas souvent en grand danger8 ,tertullien condamne le mtier de la guerre1 tous les arts1 tous les offices1 toutes les professions1 le commerce de toutes les choses dont les payens pouvaient faire un usage idoltre4 ,il est encore bon d'observer que ce mme ,tertullien suppose formellement que ,dieu est corporel4 ,qui est-ce1 dit-il1 qui niera que ,dieu ne soit un corps1 quoique ,dieu soit un esprit8 quis autem negabit ,deum esse corpus1 et si ,deus spiritus8444 ,origne a insinu la mme chose4 ,grec3 ,,as,,matos1 selon lui1 signifie quelque chose de plus subtil que les corps grossiers4 ,beausobre1 dans son histoire du ,manichisme1 fait voir que les premiers pres de l'glise avaient des opinions qui passeraient aujourd'hui pour trs errones sur la nature de la divinit1 et suivaient en cela les sentimens de la secte philosophique dans laquelle chacun d'eux avait t lev4 ,les uns en faisaient un feu intelligent2 d'autres lui donnaient une figure et un corps2 d'autres1 et sur-tout les ,platoniciens1 en faisaient un tre incorporel1 dont tout tait man1 qui pntrait tout1 et dans lequel tout tait forc de rentrer4 ,lactance regarde tout commerce comme un effet de l'avarice1 et comme peu convenable la satisfaction1 la tranquillit1 au mpris du monde qui doit rgner dans le coeur d'un bon chrtien4 ,il blme de mme ceux qui placent leur argent intrt1 quelque faible qu'il soit1 ce qu'il regarde comme une espce de vol4 ,st4 ,chrysostme est de son sentiment sur le commerce1 il s'appuie d'un passage des pseaumes o ,david dit qu'il n'a point connu la marchandise4 ,lactance prtend encore qu'il n'est jamais permis d'ter la vie un homme1 soit judiciairement1 soit la guerre1 soit son corps dfendant4 ,st4 ,bazile est aussi de cet avis2 il croit que tout homme qui en tue un autre1 quelque juste raison qu'il ait de le faire1 se rend coupable d'un meurtre2 que tout laque qui se dfend contre un voleur1 doit tre excommuni1 et qu'un prtre doit tre dpos2 car1 dit-il1 suivant les paroles du ,sauveur1 celui qui se sert de l'pe prira par l'pe4 ,quoiqu'il soit trs vident que ces docteurs ont t beaucoup trop loin1 il est pourtant certain que l'on fait en gnral trop peu cas de la vie des hommes2 les guerres si destructives et si peu ncessaires1 les duels et les combats1 sont sans doute des actions abominables2 il parat mme qu'il y a de la cruaut leur ter la vie pour des vols3 l'humanit ne semblerait-elle pas exiger qu'il n'y et que l'assassinat1 et un petit nombre d'autres crimes atroces1 que l'on punt de mort8 ,un pareil chtiment rserv de tels forfaits seulement1 ne serait-il pas trs propre inspirer bien plus d'horreur pour eux8 ,st4 ,bazile pousse la patience chrtienne jusqu' dire qu'il n'est point permis de plaider pour dfendre ses droits4 ,il se fonde sur un passage de l'criture o il est dit3 si quelqu'un plaide contre vous pour avoir votre habit1 donnez lui encore votre manteau4 ,il proscrit de plus l'usage du serment dans toute occasion4 ,d'o l'on voit que les principes des ,quakers ou ,trembleurs sont plus anciens qu'on ne pense2 cependant les hommes qui montrent la plus grande vnration pour les pres1 mprisent les ,quakers1 parce qu'ils ont les mmes sentimens que les pres8 ,tertullien1 que nous avons dj cit1 fait le procs tous ceux qui acceptent des emplois publics1 sur-tout dans les tribunaux2 il les regarde comme incompatibles avec la profession du christianisme qui ne permet point de prendre part la condamnation ou au chtiment d'aucun criminel1 et cela parce que dans l'origine l'habillement des juges1 la ,prtexte1 le ,laticlave1 les ,faisceaux1 etc41 taient en usage chez les idoltres4 ,il fait de tous les magistrats les collgues des dmons1 qui sont1 selon lui1 les magistrats de ce monde4 ,quoique les pres fussent assez gnralement de l'avis de ,tertullien jusqu'au rgne de ,constantin1 ils ne tardrent pas changer de style1 et ils employrent toute leur loquence pour prouver que ce prince1 tant chrtien1 devait tre le souverain lgitime de l'univers4 ,st4 ,chrysostme fait de grands loges de la prudence d',abraham et de la force qu'il eut de vaincre sa propre jalousie au point d'exposer la vertu de ,sarah4 ,il exalte beaucoup la dfrence et la complaisance de celle-ci pour son mari en consentant un adultre pour lui sauver la vie4 ,vous voyez1 dit ce pre1 la proposition qu'il hasarde de lui faire et de quelle manire elle l'accepta4 ,elle ne refuse point1 elle ne marque point de rpugnance1 elle se prte son rle admirablement dans cette comdie444 ,comment assez la louer pour avoir consenti1 aprs une si longue continence et dans un ge si avanc1 de livrer son corps des barbares afin de sauver son mari8 ,cependant l'ge avanc de ,sarah1 qui pouvait avoir alors soixante-cinq ans1 devrait plutt diminuer qu'augmenter le mrite de son action2 vu que parmi ces barbares il pouvait y en avoir probablement de jeunes4 ,on peut lui appliquer ce qu'un de nos potes a dit plaisamment de ,suzanne1 dont la chastet fut attaque par des vieillards3 ,elle n'et pas montr tant d'humeur s'ils eussent t plus aimables4 ,,section ,,iii4 ,des interprtations absurdes que les plus anciens pres de l'glise ont donnes de l'criture4 ,je me suis tendu plus que je ne comptais d'abord dans la section prcdente1 ainsi je vais tcher d'tre plus concis dans le prsent article2 je me bornerai rapporter deux exemples de la faon dont deux des pres les plus distingus par leur savoir ont interprt l'criture4 ,st4 ,justin1 martyr1 nous apprend plusieurs reprises que le talent d'interprter les critures saintes lui avait t accord par une grce spciale de la divinit3 voyons quelle preuve il nous fournira de cette faveur divine4 coutez1 dit-il1 comment ,jsus-,christ1 aprs avoir t crucifi1 accomplit le symbole de l'arbre du paradis terrestre1 et tout ce qui devait ensuite arriver aux justes4 ,car ,mose fut envoy avec une verge pour dlivrer son peuple2 avec cette verge il partagea la mer1 il fit sortir l'eau du rocher1 et avec un morceau de bois il rendit douces les eaux qui taient amres4 ,ce fut encore avec des btons que ,jacob parvint faire que les brebis de son oncle ,laban produisirent des agneaux qui lui appartinrent lui-mme1 etc4 ,il continue sur le mme ton faire des allusions et il trouve la croix de ,jsus-,christ dans tous les endroits de l'ancien testament o il s'agit de morceaux de bois2 en suivant le mme plan dans un autre endroit o il dcrit le combat des ,isralites avec ,amalec1 il dit que lorsque ,jsus1 fils de ,nun1 conduisit le peuple l'ennemi1 ,mose fut en prires1 ayant ses bras tendus en forme de croix2 que tant qu'il demeurait dans cette posture1 ,amalec avait du dessous2 mais que lorsqu'il cessait1 son peuple avait le dsavantage2 car les ,isralites ne remportrent pas la victoire parce que ,mose priait1 mais parce que tandis que le nom de ,jsus tait la tte des troupes1 ,mose reprsentait la figure de la croix4 ,origne1 parlant des offrandes de paix1 dit que la graisse est l'me de ,jsus-,christ1 qui est l'glise de ses amis pour lesquels il a souffert la mort4 ,il est donc probable1 selon lui1 que quand on nous dfend de manger de la graisse on veut nous dire la mme chose que lorsque le ,sauveur disait que nous ne devons point offenser le moindre de ceux qui croient en lui4 ,selon le mme docteur le croupion1 tant l'extrmit du corps1 est une figure de la perfection et de la persvrance dans les bonnes oeuvres4 ,l'estomac1 qui appartenait aux prtres1 dsigne un coeur rempli de sagesse1 d'intelligence et de science divine1 ou plutt rempli de ,dieu lui-mme4 ,le prophte ,jrmie prdisant la captivit de ,babylone et ses suites1 dit au nom du ,seigneur3 ,je ferai venir un grand nombre de chasseurs1 et ils les chasseront de toutes les montagnes1 de toutes les collines1 et des creux des rochers4 ,par les rochers ,origne entend les prophtes1 les aptres et les saints anges4 ,pourquoi8 parce que ,jsus-,christ est appel le roc1 et par consquent tous ceux qui l'imitent sont des rocs4 ,mais lorsque ,dieu dit ,mose3 je te placerai dans la fente du rocher et tu me verras par derrire1 mais tu ne verras pas ma face4 ,que croyez-vous1 qu',origne entende par cette fente8 ,c'est la venue de ,jsus-,christ1 l'aide de laquelle nous voyons les parties postrieures de la divinit4 ,voil la manire dont ce grand docteur interprte l'ancien testament3 on pourrait rapporter un grand nombre d'explications semblables qu'il donne du nouveau testament1 mais l'exemple suivant suffira pour en donner une ide4 ,lorsque le ,sauveur opra le miracle des cinq pains1 il fit asseoir le peuple sur l'herbe4 ,devinerait-on qu',origne dise qu'il le fit parce qu',isae avait dit que toute chair n'est que de l'herbe8 ,ce n'est pas tout encore2 en faisant asseoir le peuple sur l'herbe1 le ,sauveur voulut indiquer que nous devons soumettre la chair1 et subjuguer sa propre sagesse1 afin de participer au pain qu'il a bni4 ,le peuple fut rang ou par centaines1 parce que cent est un nombre sacr et consacr ,dieu cause de son unit1 ou par cinquantaines1 parce que cinquante est le symbole de la remission#dc1 suivant le mystre du jubil qui se clbrait tous les cinquante ans2 ou enfin cause de la ,pentecte4 ,les douze corbeilles taient les douze siges sur lesquels les douze aptres devaient s'asseoir pour juger les douze tribus d',isral4 #dc ,voyez ,barbeyrac1 ,trait de la morale des pres1 chap4 ,,vii1 #ad et suivans4 ,il est bon d'observer qu',origne a t durement censur par plusieurs des pres de l'glise pour ces interprtations absurdes de l'criture2 mais il faut remarquer en mme tems que ceux qui l'ont le plus blm1 tels que ,st4 ,jrme1 ,st4 ,chrysostme1 ,st4 ,augustin1 ,st4 ,hilaire1 ,st4 ,ambroise et ,st4 ,grgoire1 sont souvent tombs dans les mmes absurdits qu'ils reprochent ce docteur4 ,cependant si ,origne a souvent allgoris des passages de l'criture qui devaient tre pris dans un sens littral1 il est certain qu'il en a pris beaucoup d'autres la lettre qui auraient d s'entendre allgoriquement4 ,c'est ainsi que prenant la lettre le passage de ,st4 ,luc o il est dit de ne point songer la vie1 ni de ce que l'on mangera1 ni de ce dont on se vtira1 ,eusbe nous apprend qu',origne n'avait qu'un seul habit1 allait toujours nuds pieds1 et ne songeait jamais au lendemain4 ,bien plus1 ce pauvre homme prit la lettre le passage qui se trouve dans le chapitre ,,xix1 vers4 #ab1 de ,st4 ,mathieu1 o ,jsus-,christ dit3 il y a des ,eunuques gui se sont faits eux-mmes ,eunuques pour le royaume des cieux2 en consquence il se priva de sa virilit4 ,si toutes ces interprtations ridicules des critures que nous donnent les pres de l'glise1 aux faux miracles qu'ils rapportent1 aux opinions extravagantes qu'ils dbitent1 nous joignons encore qu'ils ont presque toujours enseign ou pratiqu la perscution toutes les fois qu'ils en ont eu le pouvoir et que les intrts de leur parti l'exigeait1 nous sentirons pourquoi les prtres de l'glise romaine se font un devoir de perscuter4 ,nous avons fait voir ci-devant jusqu'o les ,athanases1 les ,cyrilles1 les ,chrysostmes ont port l'esprit d'intolrance1 la cruaut religieuse1 la sdition4 ,dans certaines occasions ,st4 ,augustin s'est montr humain et pacifique1 il disait aux ,manichens3 que ceux-l svissent contre vous qui ignorent avec quelle difficult l'on parvient gurir l'oeil intrieur de l'homme au point de pouvoir envisager son soleil4 ,mais depuis1 ce grand saint a bien chang de ton2 il prit l'esprit des vques ses confrres et se dclara comme eux pour la violence et la perscution2 en consquence1 ,barbeyrac le qualifie de patriarche des chrtiens perscuteurs1 v qu'il fut le premier qui fit l'apologie de la perscution1 et qu'il est l'auteur de tous les sophismes dont les thologiens se sont servis depuis pour dfendre une conduite et des sentimens si contraires aux lumires du bon sens1 l'quit naturelle1 la charit chrtienne1 la bonne politique1 l'esprit vanglique4 ,ainsi c'est avec raison que ,barbeyrac dit des saints pres1 ,dieu ne plaise que nous prenions de tels docteurs pour nos matres et nos guides en matire de morale4 ,il est ais de sentir les effets que doit produire l'tude des ouvrages de ces hommes rvrs sur les ecclsiastiques de la communion romaine et sur d'autres qui ont le mme respect pour leurs dcisions4 ,ne soyons point tonns que ces pres soient regards comme des oracles par les adhrens du pape1 c'est eux que sont dus la plupart des dogmes ridicules1 des opinions abominables et des crmonies superstitieuses dont la religion romaine est remplie3 l'on a donc lieu d'tre surpris de voir des thologiens protestans montrer pour eux la mme dfrence2 cette faon de penser peut la longue faire adopter aux protestans les mmes illusions1 les mmes doctrines pernicieuses lorsqu'elles seront inculques par des hommes stupides ou fripons4 ,en consquence1 nous voyons que les protestans qui ont t les partisans les plus zls des pres et qui ont voulu que l'on et la plus aveugle soumission pour leur autorit1 ont t gnralement parlant les plus ports la superstition1 des dogmes inintelligibles1 la perscution4 ,il est encore facile de voir combien ces pres si vants sont propres touffer1 dans ceux qui les tudient1 le got de la vraie science1 que la plupart de ces saints ont fortement dcrie4 ,les thologiens1 toujours anims du dsir de dominer1 n'ont en effet rien de mieux faire que de dtourner les esprits des hommes des objets importans1 dont l'intrt du clerg veut les occuper uniquement4 ,leur empire serait bientt dtruit si les laques venaient s'clairer4 ,en consquence1 nous voyons les plus grandes lumires de l'glise s'lever avec force contre les sciences mondaines2 ,s4 ,jrme1 dans son commentaire sur l'ptre de ,s4 ,paul1 montre un souverain mpris pour la gomtrie1 l'arithmtique1 la musique2 il veut qu'on s'en tienne la science de la pit4 ,s4 ,augustin dit pareillement que les bons chrtiens doivent mpriser l'astronomie et la gomtrie1 parce que ces sciences ne contribuent point au salut et ne servent qu' jetter dans l'erreur4 ,ces deux sciences ont encore le malheur de dplaire ,s4 ,ambroise1 elles n'apprennent1 selon lui1 qu' s'garer4 ,s4 ,grgoire1 pape1 s'est sur-tout signal par un zle vraiment barbare contre les ouvrages des anciens1 qu'il a dtruit1 peut-tre1 plus encore que le calife ,musulman1 qui fit brler les livres de la fameuse bibliothque d',alexandrie4 ,enfin le clerg romain1 imbu des ides de ces pres1 a suivi leurs traces1 et par-tout o il en eut le pouvoir1 il teignit toutes les sciences1 les arts et l'industrie1 comme on peut sur-tout s'en convaincre en voyant la situation de l',espagne et du ,portugal4 ,,section ,,iv4 ,questions odieuses1 ridicules et indcentes qui ont t agites4--,de la thologie scholastique4 ,saint ,thomas d',aquin1 communment nomm le docteur anglique1 l'aigle de la thologie1 parmi une infinit de questions impertinentes1 a propos les suivantes3 ,pourquoi ,jsus-,christ ne s'tait pas fait hermaphrodite8 ,pourquoi le ,sauveur n'avait pas pris le sexe fminin8 ,si les saints ressusciteraient avec leurs intestins8 ,si ,jsus-,christ est ressuscit avec la vsicule du fiel8 ,s'il y aurait des excrmens en paradis8 ,albert-le-,grand1 qui fut le matre de ,saint ,thomas d',aquin1 emploie dans ses oeuvres vingt-quatre chapitres discuter les questions suivantes qui ont jadis grandement occup les thologiens scholastiques3 ,si l'ange ,gabriel est apparu la vierge ,marie sous la forme d'un serpent1 d'un pigeon1 d'un homme1 ou d'une femme8 ,si cet ange se montra sous la forme d'un jeune homme ou d'un vieillard8 ,comment il tait vtu8 ,si son habillement tait blanc ou de deux couleurs2 si son linge tait blanc ou sale8 ,en quel moment il s'est montr8 ,si c'tait le matin1 midi1 ou le soir8 ,quelle tait la couleur des cheveux de la vierge ,marie8 ,si ,marie tait verse dans les arts libraux ou mcaniques8 ,si elle avait des connaissances dans la grammaire1 la rthorique1 la logique1 la musique1 l'astronomie8 etc41 etc41 etc4 ,s4 ,antonin1 autre thologien scholastique du premier ordre1 se propose les questions suivantes3 ,si la mre de ,dieu1 tant un homme1 aurait pu devenir le pre naturel de ,jsus-,christ8 ,si ,marie1 tant enceinte et assise1 ,jsus-,christ tait assis comme elle8 ,s'il tait couch lorsqu'elle-mme tait couche8 ,l'on peut joindre ces questions un grand nombre d'autres qui ont occup les thologiens scholastiques2 elles ne le cdent point celles qui ont t rapportes1 en impertinence et en indcence1 au point que nous nous croyons obligs de les rapporter en latin4 ,les voici3 ,utrum semen ,christi potuerit generare8 ,utrum verbum potuit hypostatic uniri natur irrationali1 puta equi1 asini1 etc48 ,utrum potuit uniri hypostatic natur diabolic1 natur human damnat peccato1 etc48 ,in quo casu ver essent h propositiones1 ,deus est equus1 asinus1 diabolus1 damnatus1 peccatum8 ,utrum ,christus resurgendo resumpsit prputium1 si porro resumpsit1 quo pacto1 quove modo servatur in terris8#dd #dd ,le lecteur observera que ,sainte ,brigitte1 au ,v,ie livre de ses rvlations ou rveries1 dit que la vierge ,marie lui a dit que peu de temps avant son assomption elle avait confi le saint prpuce de son fils ,st4 ,jean4 ,on dit que cette prcieuse relique est actuellement garde dans l'glise de ,st4 ,jean de ,latran1 ,rome1 o tout les ans1 durant la semaine de ,pque1 on l'expose la vnration des fidles4 ,cependant le cardinal ,tolet assure que ce prpuce fut jadis vol de cette glise et fut transport ,calcata1 en ,italie1 o il fit de grands miracles4 ,plusieurs villes d',allemagne prtendent nanmoins le possder1 et le pape ,innocent ,,iii n'osa pas dcider cette importante question4 ,voyez le ,i,ie discours du docteur ,stillingfleet4 ,telles sont les questions impudentes qui ont long-tems occup les thologiens6 ,jettons maintenant un coup d'oeil sur les pieuses extravagances et les notions fanatiques dont les personnages les plus dvts de l'glise romaine ont rempli leurs ouvrages2 je n'en rapporterai que quelques exemples choisis1 tirs du livre des maximes des saints1 dont le clbre ,fnlon1 archevque de ,cambray1 est l'auteur4 ,la puret de l'amour divin1 selon ,s4 ,franois de ,sales1 consiste ne rien vouloir pour soi-mme1 ne chercher que le bon plaisir de ,dieu1 au point de prfrer1 si c'tait son plaisir1 les tourmens ternels la gloire4 ,le mme saint dit que1 s'il savait que sa propre damnation plt un peu plus ,dieu que son salut1 il quitterait son salut pour courir la damnation444 ,il dit encore ailleurs3 ,je n'ai presqu'aucuns dsirs1 mais si j'avais renatre1 je voudrais n'en avoir point du tout4 ,si ,dieu venait moi1 j'irais aussi lui1 s'il ne voulait point venir moi1 je me tiendrais tranquille et je n'irais point lui4 ,fnlon nous apprend que les ouvrages des saints les plus estims des derniers sicles se sont remplis de semblables expressions1 qui toutes se rduisent dire que l'on ne doit plus avoir de dsirs intresss1 pas mme pour le mrite1 la perfection ni pour le salut ternel2 il ajoute qu'il n'y a point d'quivoques l-dessus1 et que c'est le langage des pres1 des docteurs de l'cole et de tous les saints4 ,une me dsintresse1 dit ,s4 ,franois de ,sales1 n'aime point les vertus1 parce qu'elles sont belles et pures1 ni parce qu'elles sont aimables1 ni parce qu'elles ornent et rendent aimables ceux qui les pratiquent1 ni parce qu'elles sont mritoires et rendent l'homme digne des rcompenses ternelles1 mais uniquement parce qu'elles sont la volont de ,dieu4 ,le mariage spirituel1 dit ,fnlon1 unit immdiatement l'pouse avec l'poux1 essence avec essence1 substance avec substance1 c'est--dire1 la volont la volont l'aide de cet amour pur dont il est question4 ,alors ,dieu et l'me ne font qu'un mme esprit1 de mme que dans le mariage l'poux et l'pouse ne font qu'une mme chair4 ,les ,soliloques de ,s4 ,augustin1 sont remplis d'un pareil langage enthousiaste et inintelligible que le fanatisme prend pour de la dvotion1 et qui n'est rellement qu'un galimathias extravagant4 ,s4 ,antoine1 hermite1 avait coutume de dire que pour que la prire ft parfaite1 il fallait que celui qui prie ne s'entendt pas lui-mme4 ,que dirons-nous des dvotions mystiques d'une sainte ,thrse1 qui s'est rendue fameuse par sa ferveur1 ses visions et ses extases1 ses amours avec ,jsus-,christ8 ,il est vrai que cette sainte nous apprend elle-mme la vraie cause de sa dvotion4 ,elle nous dit que ceux qui l'environnaient1 craignaient souvent qu'elle ne ft folle1 tant tait grande sa mlancolie et ses vapeurs1 qui l'empchaient souvent de prendre aucun repos1 soit la nuit1 soit le jour4 ,l'on peut en dire autant de la fameuse sainte ,catherine de ,sienne1 et de sainte ,marie-,madelaine de ,pazzi1 qui toutes deux ont prtendu avoir eu l'avantage d'pouser ,jsus-,christ4 ,au reste1 il est ais de sentir de quelle nature tait le mal qui tourmentait ces malheureuses cratures4 ,l'tat de vapeurs et de mlancolie o ces saintes se trouvaient frquemment tait un effet trs naturel de leurs austrits1 de leurs jenes1 de la retraite o elles vivaient enfermes dans leurs couvens3 il n'en faut pas davantage pour rendre parfaitement insenses de pauvres filles que la nature avait sans doute pourvues d'un tempramment ardent et d'une cervelle trs faible1 empoisonne par des instructions fanatiques et des exemples qui leur faisaient prendre l'enthousiasme le plus insens pour la vraie pit4 ,quoiqu'il en soit1 il faut avouer que1 quand les hommes sont imbus de maximes d'une religion fanatique1 et veulent la professer1 ils ne peuvent se dispenser de devenir des fanatiques et des fous1 et que la lecture des vies des saints rvrs par une religion absurde1 cruelle et perscutante1 est trs propre corrompre et l'esprit et le coeur de ceux qui s'en nourrissent4 ,tels sont les effets que doivent produire sur les ecclsiastiques et les moines de l'glise romaine1 les lgendes1 la lecture de l'histoire ecclsiastique1 la thologie scholastique et les ouvrages des pres4 ,r,,flexions ,,sur ,,les ,,pers,,cutions ,,religieuses ,,et ,,sur ,,les ,,moyens ,,de ,,les ,,pr,,venir4 ,,section ,,premi,,re4 ,de l'absurdit et de l'injustice de la perscution4 ,on peut voir par tout ce qui a t dit prcdemment de la cruaut religieuse1 que sur-tout les ecclsiastiques ont t continuellement les boutefeux du christianisme1 et ont allum parmi les chrtiens les bchers de la perscution2 l'histoire et l'exprience journalire confirment suffisamment cette vrit2 un grand nombre qui prtendaient se dvouer entirement au service de la religion1 ont fait de ce qu'ils appellent la maison du ,seigneur une caverne de voleurs et de meurtriers2 ils ont pill et dtruit les peuples2 ils ont ravag des villes opulentes1 ils ont chang des pays fertiles en de vastes dserts4 ,il est vrai que les souverains et les magistrats1 contre toutes les rgles du bon sens1 de la saine politique1 de l'humanit1 de la religion mme1 se sont laisss persuader1 ou mme1 ce qui est plus honteux1 se sont trouvs forcs de leur prter des secours pour opprimer1 tourmenter et dtruire leurs propres sujets1 des citoyens1 des chrtiens4 ,n'est-il pas bien trange que les princes et ceux qui exercent leur autorit1 ne voient pas que dans l'oeuvre infernal de la perscution1 ils ne sont que les vils instrumens des prtres avides et sans piti8 ,quels motifs ont induit les gens d'glise jouer un rle si fameux8 ,par quels moyens sont-ils devenus assez nombreux pour prendre un si grand ascendant dans le monde chrtien8 ,qu'est-ce qui les a mis en tat de perscuter et de tyranniser d'une faon si cruelle8 ,c'est ce que nous avons suffisamment dvelopp ci-devant2 cependant nous allons encore analyser ces causes d'une faon plus particulire1 dans l'esprance que cet examen pourra conduire la dcouverte des remdes que l'on pourrait opposer un mal aussi terrible que la perscution pour cause de religion4 ,avant d'aller plus loin1 il est bon de remarquer que comme le clerg catholique romain s'est sur-tout distingu par ses perscutions atroces et anti-chrtiennes1 c'est lui que nous aurons principalement en vue dans les choses que nous dirons par la suite4 ,quant aux motifs qui excitent les prtres la perscution1 il est trs ncessaire de distinguer les motifs fictifs et prtendus de ceux qui sont rels3 leurs motifs prtendus sont un grand amour pour le bien-tre du genre humain1 qui les porte contraindre tous ceux qu'ils ne peuvent persuader d'entrer dans le giron de l'glise1 et de les forcer de croire et de penser uniformment sur la religion1 et de la pratiquer de la mme manire2 projet bien sens 7sans doute71 et dont il est trs facile de se promettre l'excution6 ,les prtres prtendent par l rendre les hommes agrables ,dieu et les conduire au salut ternel4 ,il est difficile de dcider si ce projet ou ce systme est plus absurde et plus insens1 que tyrannique et mchant4 ,en effet est-il rien de plus extravagant que d'imaginer qu'il soit possible d'amener tous les hommes la mme faon de penser sur des points abstraits1 mtaphysiques1 inintelligibles1 tels que sont la plupart des dogmes de la religion1 ou telle qu'on s'est efforc de la rendre8 ,en supposant la chose possible1 la violence serait-elle donc un moyen d'y parvenir8 ,la force et la compulsion ne sont-elles donc pas propres faire natre l'aversion plutt que la confiance8 ,la violence peut bien faire et fait souvent des hypocrites2 mais a-t-elle jamais opr des conversions sincres8 ,l'hypocrisie et la mauvaise loi peuvent-elles tre agrables au ,dieu de la vrit8 ,d'un autre ct1 en tourmentant les corps des hommes1 en leur faisant prouver des supplices1 peut-on se flatter de changer les sentimens de leurs mes8 ,voyons combien ces moyens sont admirablement adapts leur fin4 ,si un homme doute d'un article de foi que l'glise a jug propos d'tablir1 son esprit sera-t-il plus clair quand on jettera son corps dans un sombre cachot8 ,si ce premier moyen ne russit pas1 on n'aura qu' le mettre la torture1 et pour remdier au dfaut de son entendement1 ne sera-t-on pas bien avanc en lui disloquant les membres8 ,ne sera-ce pas une mthode sre de le convaincre1 que de lui distendre tous les muscles et les nerfs1 et de lui faire prouver des douleurs recherches8 ,si malgr tout cela il continue ne pas croire ce que vous voulez1 par compassion pour son me1 faites-lui souffrir la mort la plus cruelle1 par l vous empcherez que jamais il ne puisse se convertir2 d'ailleurs1 suivant les ides des inventeurs de ces beaux systmes1 des perscuteurs1 des assassins religieux eux-mmes1 vous les prcipiterez pour toujours dans des malheurs ternels4 ,si ces prtendus moyens de convaincre l'esprit en tourmentant le corps et de propager la religion en dtruisant les hommes1 sont d'une extravagance et d'une absurdit dmontres1 ils ne sont pas moins tyranniques et abominables4 ,les hommes ont des privilges et des droits inhrens leur nature1 que l'on ne peut leur ter sans leur arracher la vie4 ,deux de ces principaux droits sont de penser leur manire en matire de religion et de suivre leur conscience4 ,s'il se trouve des gens qui pensent que d'autres se trompent ou sont dans l'erreur l-dessus1 c'est montrer de la charit que de tcher par ses conseils et ses raisons de les remettre dans le bon chemin4 ,mais toutes les tentatives que l'on peut faire pour violer ces privilges sont absurdes1 parce qu'elles sont impossibles2 elles sont tyranniques1 parce qu'elles sont injustes3 ni le souverain ni le clerg ne peuvent avoir le droit de perscuter4 ,c'est une oppression trs odieuse que d'emprisonner un homme cause de sa croyance religieuse1 ou1 pour parler exactement1 personne n'a le droit d'en user de cette manire2 le condamner l'amende ou confisquer ses biens pour ce sujet1 c'est un vol2 le mettre mort parce qu'il ne veut point agir contre sa conscience1 c'est commettre un assassinat4 ,est-il rien de plus abominable que cette conduite8 ,cela pos1 l'on voit qu'il est trs difficile de dcider si la perscution pour cause de religion est plus insense que criminelle4 ,il n'y a qu'une impudence effrne qui puisse justifier une conduite si criminelle1 et la couvrir du prtexte de l'amour du genre humain1 et de procurer aux hommes le bien-tre1 et dans ce monde et dans l'autre4 ,cette fourberie est si palpable1 qu'elle n'est faite pour en imposer qu' des hommes aveugls par l'ignorance et la superstition4 ,il est vident que ces motifs ne peuvent tre rels2 voyons donc quels peuvent tre les motifs vritables4 ,un tempramment cruel et sombre1 aigri et envenim par les passions les plus nuisibles1 telles que la mchancet1 l'envie1 l'avarice1 l'orgueil1 l'ambition1 le dsir de dominer et de tyranniser les autres1 auxquelles on peut encore joindre les dlires de l'enthousiasme et du fanatisme3 voil les vrais motifs qui excitent perscuter1 et quand ils sont combins avec un grand fond d'hypocrisie1 ils rendent complet le portrait d'un perscuteur4 ,il est vident que les plus violens perscuteurs ont t souvent les hypocrites les plus consomms2 plusieurs d'entr'eux n'avaient aucune religion4 ,nous en avons des preuves dans un grand nombre de membres du clerg romain3 des papes1 des cardinaux1 des inquisiteurs et des princes1 ont visiblement perscut pour une religion qu'ils ne croyaient pas4 ,tout le monde sait le mot de ,lon ,x au cardinal ,bembo3 ,combien nous est profitable cette fable de ,jsus-,christ6 disait ce prince des perscuteurs et ce vicaire du ,christ2 cependant de son temps l'on voyait par-tout fumer les bchers des hrtiques4 ,,section ,,ii4 ,des sources de l'insolence et du pouvoir des prtres de l'glise romaine4 ,aprs avoir fait voir que les gens d'glise ont toujours t les promoteurs et les trompettes de la perscution parmi les chrtiens2 aprs avoir fait connatre les motifs rels qui les ont anims2 nous allons examiner les moyens par lesquels les ecclsiastiques sont devenus si nombreux1 et ont pris un si terrible ascendant dans la chrtient4 ,pour considrer la chose dans son vrai point de vue1 il faut faire attention que les chrtiens admettent d'une faon bien plus dcide que ne faisaient les juifs le dogme de l'immortalit de l'me1 et celui des peines et des rcompenses de la vie future4 ,les payens sur-tout n'avaient l-dessus que des notions traditionnelles et des ides vagues1 qui les laissaient dans une sorte d'incertitude sur ces dogmes obscurs4 ,mais lorsque l'vangile eut promulgu le dogme de l'immortalit de l'me1 et quand une grande partie du genre humain fut parvenue croire fermement que l'on pouvait tre pour toujours heureux ou malheureux au sortir de la vie prsente2 cette notion1 comme de raison1 produisit de grandes inquitudes dans tous ceux qui l'adoptrent2 pour lors les ignorans s'adressrent ceux qu'ils crurent plus instruits qu'eux-mmes1 et leur demandrent ce qu'il fallait faire pour tre sauvs4 ,cela aurait pu fournir ceux qui se voyaient consults une belle occasion de leur dire que ce monde n'tait qu'un passage1 un sjour d'preuves2 que les hommes parviendraient tre heureux dans l'autre monde s'ils pratiquaient la justice1 la temprance1 la charit1 s'ils vivaient en paix les uns avec les autres1 s'ils cultivaient leur esprit par la rflexion1 s'ils adoraient ,dieu en esprit et en vrit1 mais qu'ils se rendraient ternellement malheureux s'ils vivaient dans le crime1 le dsordre et la crapule4 ,il est vrai que l'on dit quelque chose de semblable aux hommes1 et qu'on leur recommande la pratique de ces devoirs2 mais au lieu de s'attacher uniquement cette religion naturelle1 raisonnable1 bienfaisante1 des fourbes et des pervers1 aprs avoir gagn la confiance des peuples1 inventrent des fables absurdes et improbables1 imaginrent des dogmes incomprhensibles1 qu'ils ordonnrent de croire sous peine de la damnation ternelle4 ,plus ces dogmes furent incroyables1 et incomprhensibles1 plus on attacha de mrite les croire3 les mmes imposteurs y joignirent encore une multitude de rites1 de pratiques1 de crmonies1 d'inventions dont ils prvirent trs bien qu'ils pourraient tirer un grand profit4 ,la plupart de ces dogmes obscurs1 de ces crmonies1 de ces fraudes datent des tems d'ignorance et de superstition4 ,ce fut alors qu'on enseigna aux hommes des doctrines effrayantes propres les soumettre sans rserve l'autorit de leurs prtres4 ,ce fut alors qu'on leur parla du purgatoire2 mais on leur apprit en mme temps que l'on pouvait s'en racheter1 et qu'en faisant des largesses l'glise1 celle-ci pouvait faire cesser les tourmens que la divinit faisait prouver aux mes des parens et amis1 et s'en dlivrer soi-mme4 ,ce fut alors qu'on persuada aux hommes qu'il fallait se confesser de ses pchs un homme pcheur1 qui prtendit avoir reu du ciel la facult de les remettre1 en vertu du pouvoir des clefs donn l'glise par ,jsus-,christ1 qui s'est engag confirmer toutes ses sentences lorsqu'il promit ses aptres que tout ce qu'ils auraient li ou dli sur la terre1 serait li ou dli dans les cieux4 ,enfin1 pour combler la mesure de l'insolence1 de l'effronterie1 de l'impit sacerdotale1 ainsi que celle de l'extravagance1 de l'imbcilit1 de la crdulit des laques1 le clerg imagina une absurdit religieuse qui surpassa toutes celles du paganisme2 il persuada des hommes raisonnables que les prtres avaient le pouvoir de faire le ,tout-,puissant1 de crer le crateur de l',univers1 de l'avaler eux-mmes1 et de le donner manger aux autres3 et pour que les prtres parussent tre de la plus grande utilit pour le genre humain1 et par-l prendre un grand ascendant sur lui1 ces mmes prtres enseignrent qu' moins que la bonne intention du prtre ne ft jointe ce repas cleste1 il ne pouvait procurer aucun avantage ceux qui y participaient#de4 #de ,si quelqu'un doutait que l'glise de ,rome enseigne rellement cette doctrine de la ncessit de l'intention du prtre pour que le sacrement de l',eucharistie sortisse son effet1 il n'aura qu' consulter l',histoire du concile de ,trente1 par ,dupin1 tome ,i1 page #aef1 o l'on voit que cet article de foi fut tabli aux conciles de ,florence et de ,trente4 ,cependant quelques catholiques franais1 ainsi que ,dupin lui-mme1 ne sont point de cet avis4 ,ces opinions1 crues malheureusement par le vulgaire1 subordonnrent entirement les laques au clerg dans tout ce qui concernait le salut ternel#df4 ,cette soumission des laques pour les prtres ne pouvait manquer de rendre ceux-ci trs orgueilleux et trs insolens4 ,ne soyons donc point surpris du propos qu'un jsuite espagnol tint au duc de ,lerme4 ,c'est vous1 lui dit-il1 qui me devez du respect1 puisque j'ai tout les jours votre ,dieu dans mes mains1 et votre reine mes pieds4 ,un vque1 qui sans doute a le droit d'tre plus insolent qu'un prtre du commun1 fit savoir une impratrice qu'il n'irait pas la voir moins qu'elle ne promt de se prosterner devant lui pour recevoir sa bndiction1 de se tenir debout pendant qu'il serait assis1 jusqu' ce qu'il lui et donn la permission de s'asseoir elle-mme4 ,v4 les remarques du ,dr4 ,jortin sur l'histoire ecclsiastique1 vol4 ,i1 pag4 #bcd4 ,nous trouvons encore que des prtres ont os dire qu'un vque est un ,dieu sur terre1 qu'il est un roi bien au-dessus des rois temporels1 auxquels il a le droit de commander4 ,nous voyons un pape assurer qu'il est lui-mme juge de tous les hommes et qu'il ne peut tre jug par personne2 que les grands monarques ne sont que ses esclaves1 tandis qu'il est le roi des rois1 le monarque du monde1 le seul1 seigneur et gouverneur des choses temporelles et spirituelles2 qu'il est tabli souverain de tous les royaumes et de toutes les nations2 que son pouvoir est au-dessus de tout pouvoir1 qu'il fallait indispensablement lui tre soumis pour pouvoir tre sauv4 ,voyez ,bower1 hist4 des papes1 vol4 ,i1 pag4 #bae4 #df ,on fait croire aux ,moscovites que1 lorsqu'ils meurent1 pour tre admis dans le ciel1 il est bon qu'ils prennent un certificat sign ou scell par le patriarche ou l'vque3 en consquence lorsqu'on enterre un mort on lui met entre les mains un passeport pour le ciel1 dans lequel on atteste qu'il a vcu et qu'il est mort en bon chrtien de la religion grecque1 qu'il s'est confess1 qu'il a t absous et a reu le sacrement de l',eucharistie2 qu'il a rendu ,dieu et ses saints le culte qui leur tait d4 ,v4 la ,religion ancienne et moderne des ,moscovites1 page #aci4 ,les jsuites et beaucoup d'autres moines de l'glise romaine sont dans l'usage d'expdier de semblables passeports ceux qui veulent bien les acheter4 ,alain de la ,roche1 moine dominicain1 ne fait pas difficult de dire que le pouvoir d'un prtre surpasse celui de ,dieu lui-mme2 il se fonde sur ce que ,dieu employa une semaine entire la cration du monde et son arrangement1 tandis qu'un prtre chaque fois qu'il dit la messe l'aide de deux ou trois paroles peut produire non une crature1 mais l'tre suprme et incr qui est l'origine de toutes choses4 ,voyez son trait de dignitate et excellentiis sacerdotum4 ,,section ,,iii4 ,de la crdulit4--,les gens d'esprit sont souvent dupes des prjugs du vulgaire4 ,quoique le dogme de la ,transubstantiation dont nous venons de parler1 ainsi que plusieurs autres articles de foi de la mme trempe1 ait pris naissance dans des temps d'ignorance et de tnbres#dg1 cependant le monde en s'clairant n'a pas renonc ses anciennes folies1 et cette doctrine est encore reue par un trs grand nombre d'hommes et mme de personnes savantes et raisonnables sur toute autre matire qui ne cessent d'tre les dupes de leurs honteux prjugs2 ce qui nous prouve combien peu l'on doit compter sur les hommes en matire d'opinions religieuses4 #dg ,pascase ,rabbert1 abb de ,corbie en ,france1 au commencement du neuvime sicle1 fut le premier qui soutint le dogme de la transubstantiation4 ,mais ce ne fut que vers le milieu du onzime sicle que cette doctrine fut confirme par l'autorit du pape1 qui dcida que ceux qui refusaient de l'admettre1 taient des hrtiques brler4 ,cette opinion fut vivement combattue par ,branger1 archidiacre d',angers3 depuis elle est unanimement adopte par tous les catholiques romains4 ,l'glise romaine1 outre le privilge de faire son ,dieu1 se vante aussi de faire des miracles2 mais le plus grand des miracles qu'elle ait jamais opr est celui d'tre parvenue faire croire aux hommes une absurdit aussi palpable et aussi grossire que le dogme de la ,transubstantiation4 ,cependant essayons si l'on ne pourrait pas rendre raison de ce phnomne surprenant sans recourir au miracle4 ,rien n'agit si fortement sur l'esprit des hommes que l'ducation1 le fanatisme1 le prjug4 ,la crainte de faire de mauvaises affaires en ce monde et d'tre damn dans l'autre1 empche souvent d'examiner ce qu'on dit de croire1 et mme de douter des prtendues vrits que l'glise enseigne4 ,en effet si des personnes1 je ne dis pas claires1 mais mme doues du bon sens le plus ordinaire1 osaient rflchir cette doctrine ainsi qu' beaucoup d'autres impostures sacerdotales1 elles ne manqueraient pas d'en dmler la fausset4 ,mais les gens qui ont les yeux les plus perans consentent souvent fermer les yeux1 et les laisser couvrir d'un bandeau1 ils cessent de voir et ne distinguent pas plus les objets que s'ils taient aveugles-ns4 ,de plus ce serait bien peu connatre la nature humaine que d'imaginer que les personnes les plus claires soient exemptes de faiblesses2 celles-ci ne se montrent jamais d'une faon plus marque que dans la cruaut religieuse1 pour laquelle les hommes du plus grand gnie ne sont souvent que des insenss et des stupides4 ,que de preuves tonnantes de science1 de sagesse1 de jugement1 ne trouvons-nous pas dans un grand nombre de payens8 ,cependant beaucoup d'entre eux taient aussi esclaves de la superstition que le peuple imbcille1 et adoraient comme lui le bois et la pierre1 ils croyaient1 comme lui1 les fables les plus ridicules2 ils se soumettaient1 comme lui1 aux rites et aux crmonies les plus extravagantes de la religion4 ,combien parmi les modernes d'hommes habiles1 distingus par leurs connaissances et leur savoir1 ont-ils crit et sonn le tocsin de la perscution1 pour forcer les nations croire des doctrines opposes au bon sens8 ,quel scandale ne rsulte-t-il pas pour le christianisme qui leur faisait ainsi renoncer aux lumires de la nature1 de la raison1 de l'humanit6 ,nous avons fait voir que ce furent communment de trs grands saints qui furent les plus grands incendiaires2 ce furent des saints qui jourent dans l'glise le rle de la discorde et des furies4 ,il est vrai que dans plusieurs de ces saints la plus grande preuve de leur dlire fut d'avoir voulu crire2 moins qu'on ne suppost que des fripons ont pris leurs noms pour faire passer des opinions absurdes et dtestables qu'ils avaient intrt de faire croire aux hommes3 dans ce cas il faut convenir qu'ils ont parfaitement russi4 ,est-il donc surprenant que des hommes savans et de beaucoup d'esprit puissent draisonner comme les ignorans et les sots1 quand ils s'occupent de choses qui ne sont point fondes sur la nature1 et dans lesquelles la science ou la raison ne peuvent point les guider8 ,ou bien si des gens senss veulent bien se laisser guider par des fripons1 est-il bien tonnant de les voir s'garer8 ,en effet parmi les savans thologiens nous en voyons beaucoup qui sont bien plus occups de se remplir la tte des opinions des autres1 que du soin de penser par eux-mmes2 les personnes qui ont beaucoup de science et d'rudition et peu de jugement et d'esprit1 se suivent communment les uns les autres comme les btes de somme2 et nous trouvons pour l'ordinaire qu'ils ne savent tirer aucun fruit des connaissances dont ils se sont vainement surchargs4 ,comme les hommes qui ont le plus de talens et de lumires sont sujets des faiblesses1 ne sont point exempts des prjugs dont les autres sont imbus1 tombent dans des erreurs grossires et les poussent mme plus loin1 il est plus difficile de les remettre dans le bon chemin que les ignorens eux-mmes4 ,fontenelle dit avec raison1 que quand les philosophes s'enttent une fois d'un prjug1 ils sont plus incurables que le peuple lui-mme parce qu'ils s'enttent galement et du prjug et des fausses raisons dont ils le soutiennent4 ,il rapporte ce sujet l'histoire connue de la dent d'or d'un enfant de ,silsie1 sur laquelle les savans disputrent beaucoup1 jusqu' ce qu'un orfvre et dcouvert que cette dent avait t1 par fraude1 recouverte d'une feuille d'or4 ,v4 l'histoire des oracles1 chap4 #d et #h4 ,l'histoire de cette dent d'or est celle de toutes les disputes de controverse qui s'lvent dans la religion4 ,quel exemple plus frappant du pouvoir de l'illusion sur les hommes les plus senss que les oracles du ,paganisme1 et la croyance la magie1 qui furent jadis adopts galement par les grands et les petits1 les savans et les ignorans1 les philosophes et les femmelettes6 ,ces oracles partaient de divinits qui n'avaient jamais exist que dans l'imagination des potes1 et les opinions sur la magie dans l'imagination des sots ou dans l'adresse des imposteurs4 ,les chrtiens reconnaissent que les oracles des payens n'taient point dus la divinit1 mais plusieurs d'entre eux les attribuent au dmon1 tandis qu'il est vident qu'ils taient dus la fourberie des prtres4 ,beaucoup de chrtiens dvots ont bien de la peine se dgager du prjug des revenans1 des esprits1 des apparitions1 des visions1 etc42 ils y voient des preuves de la rsurrection1 de l'existence d'un ,dieu et de la distinction des deux substances dans l'homme4 ,que dirons-nous1 en effet1 d'un de nos grands thologiens 7le dr4 ,barrow71 qui se sert de ces apparitions pour prouver l'existence de la divinit et celle de l'me distingue du corps8 ,ces choses1 dit-il1 sont prouves par les opinions et les tmoignages du genre humain sur les apparitions dont les anciens potes et les historiens ont parl si souvent1 et sur le pouvoir que l'on supposait aux charmes et aux enchantemens1 qui devaient tre les effets de quelque puissance invisible2 c'est de l que sont venues toutes les ides sur la magie1 les sortilges1 sur les pactes avec les esprits malins2 vouloir les regarder comme des illusions1 ce serait accuser le genre humain d'une stupidit et d'une crdulit trs extravagante pour lui4 ,ce serait accuser la plupart des lgislateurs de fourberie et d'extravagance2 ce serait accuser un grand nombre de tribunaux de cruaut et de sottise2 enfin ce serait accuser un trop grand nombre de tmoins ou de folie ou d'une malice extrme4 ,voyez ,barrow's ,works1 vol4 ,i1 p4 #cih et suiv4 ,d'o l'on voit que les thologiens ne sont pas difficiles sur le choix des preuves dont ils se servent pour appuyer leurs opinions4 ,en effet1 n'en dplaise au docteur ,barrow1 on pourrait lgitimement et sans faire tort aux personnes dont il cite le tmoignage1 les accuser ou de friponnerie1 ou de sottise1 ou de malice1 ou de mauvaise foi4 ,on pourrait lui dire que toutes les opinions et les tmoignages en faveur des conjurations1 des enchantemens1 des sortilges1 ne sont dus qu' l'ignorance1 une crdulit excessive1 des prestiges1 de mauvais desseins4 ,ne voyons-nous pas qu'une multitude de cratures innocentes la honte des tribunaux qui les jugent et des souverains qui font des loix1 ont t injustement mises mort pour des crimes prtendus dont il tait impossible qu'elles fussent coupables8 ,ces infamies n'ont-elles pas continu mme dans notre nation1 jusqu' ce que notre parlement1 par un acte rcent1 et ananti ces loix aussi folles que cruelles#dh8 #dh ,keyffler1 dans ses ,voyages1 dit que ce sont les ,gnevois qui les premiers dans l',europe ont aboli l'usage des procdures criminelles contre les sorciers2 depuis #afeb personne n'a t chez eux condamn la mort pour sorcellerie4 ,voyez tome ,i1 p4 #agd4 ,a l'gard de la preuve que l'on tire des sortilges pour prouver l'influence des esprits malins sur les esprits des hommes2 les mchancets que ceux-ci exercent1 sur-tout en faveur de la religion1 prouvent qu'ils n'ont pas besoin du diable pour pousser le crime l'excs4 ,l'on prtend encore que les contes d'apparitions et de revenans servent appuyer le dogme de la rsurrection1 de l'immortalit de l'me1 etc42 mais nous rpondrons ceux qui se servent de pareilles preuves1 que c'est affaiblir une cause1 quelque bonne qu'elle puisse tre1 que de l'tayer par de semblables purilits4 ,si tant d'absurdits ont t presque universellement adoptes par le genre humain et crues par des personnes sages1 claires et senses d'ailleurs1 nous ne devons trouver ni miraculeux ni surnaturel que des dogmes tels que celui de la ,transubstantiation1 ainsi1 que beaucoup d'autres pareils1 aient trouv dans des gnies profonds des dfenseurs ardens1 et dans les peuples stupides1 des adhrens aveugles1 capables de se prter toutes les extravagances et toutes les cruauts qui leur taient conseilles par leurs prtres1 sans jamais entendre un mot du fond de la question4 ,quand on eut vu que les hommes embrassaient avec tant d'ardeur les dogmes et les crmonies1 l'aide desquelles on leur disait qu'ils obtiendraient la flicit ternelle et se garantiraient des chtimens de l'avenir2 quand on vit le respect et la vnration profonde que montraient aux inventeurs de ces doctrines et de ces pratiques les souverains crdules autant que leurs sujets2 quand on vit les privilges et les immunits accords aux gens d'glise2 les honneurs et les richesses que l'on accumulait sur leurs ttes2 leur nombre dut naturellement s'accrotre3 voil sans doute pourquoi nous voyons les prtres si multiplis chez les chrtiens jusqu' ce jour4 ,comme l'glise devenait si lucrative et procurait de si grands avantages1 une foule d'hommes paresseux1 avides1 orgueilleux s'empressa d'entrer son service2 on entrevit des moyens de bien vivre sans rien faire1 d'acqurir des richesses sans aucun travail1 des dignits et des honneurs sans mrite ni talens4 ,une ruche remplie de miel ne peut manquer d'attirer les gupes et les frlons4 ,un pareil corps d'hommes1 ainsi spars du reste du genre humain1 devenu si nombreux1 eut des intrts non-seulement distingus1 mais encore trs opposs ceux des nations2 le clerg s'occupa donc uniquement du soin de piller et de subjuguer le monde chrtien1 et aprs avoir acquis des biens immenses1 il ne songea qu' les augmenter encore#di4 ,en consquence ds que quelqu'un osait douter de la vrit des dogmes enseigns par le clerg1 ou de l'efficacit des pratiques et des crmonies qu'il avait ordonnes1 l'glise se trouvait en danger4 ,il fallait donc absolument y remdier2 quel moyen employer pour obliger les hommes croire les choses qu'il tait de l'intrt de l'glise ou du clerg que l'on crt8 ,leur dire qu'ils seraient damns s'ils osaient en douter1 pouvait bien oprer quelque chose2 mais ce moyen ne suffisait pas encore2 il y a toujours des gens qui doutent1 mme malgr eux1 et qui du doute peuvent passer l'incrdulit1 sans pouvoir s'en empcher4 ,il est donc impossible de venir bout des hommes1 sinon en joignant des chtimens futurs1 de former des doutes1 et encore plus de faire connatre leurs doutes et leur incrdulit2 par l l'on parvient les forcer de professer ce qu'ils ne peuvent ni comprendre ni croire et de se conformer extrieurement aux volonts du clerg4 #di ,je crois devoir rapporter ici un exemple qui prouve le pouvoir tyrannique que le clerg romain possda jadis dans notre nation1 et les moyens qu'il mettait en usage pour conserver ce qu'il nommait les droits et les immunits de l'glise4 ,en consquence1 le lecteur trouvera ici la formule du serment que le roi ,henri ,,iii fut oblig de prter sur les vangiles1 qui lui furent prsents par un archevque1 tandis que lui1 ainsi que tous les vques prsens1 tenaient des cierges allums4 ,cette crmonie est tire de ,mathieu ,paris2 la voici telle qu'elle est rapporte4 ,par l'autorit du ,dieu tout-puissant1 du ,fils et du ,saint-,esprit1 nous anathmatisons et nous chassons des portes de notre ,sainte ,mre glise1 tous ceux qui sciemment et malicieusement priveront les glise de leurs droits4 ,aprs cela1 sur l'ordre de l'archevque1 on jetta les cierges terre o ils s'teignirent en rpandant de la fume2 alors l'archevque dit ces mots3 qu'ainsi soient teintes1 prissent et fument les mes damnes de tout ceux qui violeront ces rgles ou qui les interprteront d'une faon sinistre4 ,alors tout le monde s'cria1 et le roi plus souvent et plus fortement que tous les autres ,amen6 ,amen6 ,amen6 ,voil ce qui se passa dans la chapelle de ,sainte-,catherine ,westminster4 ,voyez ,mathieu ,paris dans la vie de ,henri ,,iii4 ,cela peut servir nous faire dcouvrir pourquoi les prtres insistent si fortement sur la ncessit de la foi et y attachent un si grand mrite4 ,sans la foi1 il est impossible de plaire au clerg ni d'avoir pour lui la confiance aveugle dont il a besoin pour piller et tyranniser les peuples3 en effet que deviendraient les richesses1 la grandeur1 le crdit1 la puissance des fripons1 sans la crdulit des sots8 ,,section ,,iv4 ,des moyens employs par le clerg pour exciter les princes la perscution4 ,c'est pour s'assurer les avantages rsultant de la foi que le clerg appella les princes son secours1 et les obligea d'infliger les punitions les plus cruelles tous ceux qui refusaient de croire2 pour convaincre ces princes1 il se servit de deux argument trs puissans2 l'un fut de leur dire que1 quelque inhumains que fussent les moyens qu'ils emploiraient pour convertir les hrtiques1 ils rendraient ,dieu un service trs agrable1 et qu'ils expieraient par l une multitude de pchs2 argument1 qui1 sans doute1 dut faire une impression trs forte sur des superstitieux mchans et zls4 ,l'autre fut de leur dire que ceux qui n'taient point soumis l'glise catholique ne pouvaient tre des sujets fidles d'un gouvernement catholique4 ,cette calomnie1 malgr sa fausset1 produisit son effet1 et dans tous les tats catholiques romains elle fit de tous les princes des perscuteurs impitoyables de l'hrsie4 ,quand des argument si convaincans n'erent pas la force de persuader quelques princes qui osrent prfrer les devoirs de l'humanit1 les rgles de la saine politique et de la vraie religion aux ordres sanguinaires du pape ou aux conseils abominables des prtres1 l'glise eut quelquefois recours aux excommunications1 et souvent elle dposa ou fit assassiner les souverains qui manqurent de complaisance on de zle pour elle4 ,par ces infmes moyens et par d'autres semblables1 la plupart de ces princes qui auraient d se dclarer les protecteurs de la libert1 des biens et de la vie de leurs sujets1 se crurent obligs de les opprimer et mme de les dtruire1 et devinrent1 comme on a vu1 les instrumens de l'ambition1 de l'avarice1 de la cruaut des prtres4 ,cependant1 quoique les gens d'glise fussent parvenus mettre la puissance civile dans leurs intrts et lui faire tirer l'pe pour eux1 voyant que la perscution qu'ils avaient l'impit de nommer l'oeuvre de ,dieu1 ne se pratiquait pas assez vivement leur gr1 et que les laques n'y donnaient pas toute l'attention qu'ils dsiraient1 ces ecclsiastiques tchrent de se faire donner un pouvoir indpendant et illimit3 ce pouvoir les mit en tat d'excuter tous leurs projets1 et l'on fut assez aveugle pour les leur accorder dans un grand nombre de pays4 ,l'usage que firent les ecclsiastiques de ce prsent fatal1 de cette bote de ,pandore1 fut de rpandre une infinit de maux sur la terre4 ,non-seulement ils tyrannisrent les gens du peuple1 et traitrent avec la dernire fureur tous ceux que leur conscience empchait de souscrire leurs dogmes1 leurs crmonies1 leurs superstitions2 mais encore ils firent sentir leur pouvoir ces princes qui avaient eu la faiblesse et la mauvaise politique de le leur accorder4 ,par l les rois1 les empereurs1 les princes furent obligs de plier sous le joug du sacerdoce et de se soumettre eux-mmes la tyrannie du clerg4 ,nous avons fait connatre d'abord qui sont ceux qui sont dues les perscutions parmi les chrtiens2 nous avons montr en second lieu quels ont t les motifs prtendus et rels de leurs cruauts inouies2 nous avons ensuite fait connatre ce qui a rendu le clerg si nombreux1 et ce qui lui a fait prendre un ascendant si marqu dans le monde chrtien2 enfin nous avons expos les moyens qui les ont mis porte de tyranniser et de perscuter avec la dernire barbarie2 nous allons chercher les remdes ces maux4 ,,section ,v4 ,des remdes que l'on peut opposer la perscution4 ,les causes de la perscution religieuse ayant t si videmment exposes1 il est ais d'en dcouvrir les remdes2 il serait souhaiter que l'on voult les appliquer aussi promptement qu'ils sont faciles connatre4 ,les remdes qui paratraient les plus efficaces et les plus naturels seraient premirement de ramener la religion ses premiers principes1 de la dgager des superfluits dont des imposteurs l'ont surcharge1 en vue de leurs propres intrts4 ,en second lieu1 il serait bon de rduire les ecclsiastiques au revenu qui serait absolument ncessaire3 l'tat en s'emparant de leurs biens normes pourrait leur accorder une subsistance honnte1 sans souffrir jamais qu'ils vcussent dans le luxe et la pompe1 qui non-seulement sont peu convenables leur profession1 mais encore qui sont les sources d'une infinit d'abus et de calamits4 ,en troisime lieu1 le souverain devrait punir et rprimer avec svrit comme de vrais criminels1 comme des perturbateurs du repos de la socit1 tous les prtres qui par leurs sermons ou leurs crits travailleraient rendre les hommes odieux les uns aux autres pour leurs opinions religieuses4 ,en quatrime lieu1 les princes ne devraient jamais prendre parti dans les dmls obscurs des thologiens2 ils devraient protger galement tous les citoyens utiles et honntes et ne jamais s'occuper de leur faon de penser1 dans laquelle1 sans tyrannie1 ils n'ont pas le droit de fouiller2 enfin ces princes devraient bien se garder de confier jamais aucun pouvoir des prtres4 ,nous ne doutons pas que la mthode que l'on propose ne dplaise au plus grand nombre des membres du clerg1 mais nous ne pouvons douter qu'elle ne soit applaudie par tous ceux en qui l'intrt et les passions n'auront pas totalement clips les sentimens de la raison et de l'humanit4 ,il est certain que l'opposition de ceux qui mconnaissent des sentimens si lgitimes1 ne servirait qu' prouver de plus en plus la ncessit de limiter leur pouvoir4 ,une raison trs forte semble encore devoir y dterminer1 elle est dicte par l'exprience4 ,a-t-on jamais vu un corps de gens d'glise jouir du pouvoir sans en abuser8 ,il n'est pas douteux que dans le clerg protestant de l'glise anglicane il se trouve quelques hommes minens par le savoir et la pit2 cependant ne voyons-nous pas que ce clerg toutes les fois qu'il a joui du pouvoir en a fait un usage trs criminel8 ,j'en appelle ceux de ses membres qui ont de la bonne foi et de l'humanit2 ils rougiront pour leurs confrres des actes de tyrannie qu'ils ont tant de fois videmment exercs4 ,souvent ils ont perscut les hommes les plus distingus1 par leurs vertus et leurs lumires2 au point que l'on aurait lieu de souponner que ce sont ces qualits mmes qui les rendaient odieux leurs confrres4 ,si un clerg aussi bien compos que celui-l s'est souvent rendu coupable d'excs rvoltans1 n'est-il pas vident que le pouvoir n'est nullement fait pour les prtres8 ,une nation libre ne doit avoir des tyrans d'aucune espce2 la tyrannie sacerdotale n'est faite que pour des esclaves de la tyrannie politique2 un citoyen honnte doit jouir de la libert de penser ainsi que de celle qui regarde sa personne et ses biens4 ,dans un tat bien constitu tout homme qui agit bien doit jouir de la sret4 ,j'observerai encore qu'un excellent moyen d'empcher la perscution serait d'obliger les prtres prcher la morale1 l'humanit1 la charit1 la concorde1 au lieu d'entretenir les peuples de questions obscures de thologie1 qui1 n'tant point comprises par ceux-mmes qui les dbitent1 le sont encore bien moins par ceux qui les entendent4 ,que les ministres du ,dieu de paix ne soient plus les trompettes de la fureur1 les organes de la discorde1 qu'ils apportent la paix sur la terre et qu'il ne leur soit plus permis de sonner le tocsin de la sdition1 d'allumer des haines inextinguibles1 d'apprendre aux hommes se dtester pour des opinions inutiles aux moeurs et au bien-tre des nations4 ,en un mot que les guides des peuples n'aient plus le droit de les conduire l'erreur1 ni de leur persuader que pour plaire la divinit ils doivent violer les loix les plus saintes de l'humanit4 ,quand nos prtres se tenant dans les bornes du pouvoir spirituel se conduiront d'une faon propre servir d'exemple aux autres ils n'en seront que plus respects2 on les regardera comme les bienfaiteurs du genre humain2 privs du pouvoir de nuire ils n'auront que celui de faire du bien4 ,quel service plus essentiel et plus rel peut-on rendre au genre humain que de lui persuader de renoncer pour toujours ses haines1 ses animosits1 la perscution1 et de vivre dans l'union1 la concorde et la paix8 ,,fin4 ,,note ,,sur ,,la ,,transcription ,on a conserv l'orthographe de l'original1 incluant ses incohrences 7par exemple tems_/temps1 bl_/bled1 enfants_/enfans74