,j4 ,,b>bey ,d',,aurevilly ,,les ,,oeuvres ,,et ,,les ,,hommes 7,x,i,xe ,,si,,cle7 ,,philosophes ,,et ,,criva9s ,,religieux ,,premi,,re ,s,,rie ,p>is ,alphonse ,lem]re1 diteur #bc-cc1 ,passage ,*oiseul1 #bc-cc ,m ,,dccccxii ,a ,,mon ,,fr,,re ,l',,abb ,l,,on ,,b>bey ,d',,aurevilly ,tu z le gr& honneur d'tre prtre et le gr& avantage de ne pas crire4 ,tu agis sur les mes de plus haut que n\s1 vulgaires criva9s444 ,voil p\rquoi je te ddie ce livre sur les philosophes et les philosophies de ce temps4 ,je te le ddie1 toi1 ?ologi51 que les *oses qu'il conti5t reg>d5t et qui z mieux que du gnie p\r en connatre1 puisque tu z grce d'tat p\r en jug]4 ,puisse ton jugem5t m'tre favorable et donn] mon livre un peu de ton autorit4 ,ton frre1 ,j4 ,b4 d',a4 ,e4 ,,grev9--,,imprim]ie ,,de ,,lagny ,,pr,,face ,voici le premi] volume d'un ouvrage qui doit en avoir beauc\p d'autres si la vie1 avec ses ironies et ses trahisons ord9aires1 p]met l'auteur de ralis]1 au mo9s en p>tie1 l'ide qu'il a en lui depuis longtemps4 ,cette ide s]ait de dress]1 dans un cadre qui pr5drait *aque anne plus de pr(ondeur et d'espace1 l'inv5taire intellectuel du ,x,i,xe sicle4 ,ce s]ait1 en un mot1 de faire p\r la littrature du ,x,i,xe sicle ce que ,la ,h>pe1 plus ambitieux que puissant1 essaya de faire p\r la littrature franaise t\t entire et p\r les deux littratures dont elle e/ issue4 ,malheureusem5t il fallait1 p\r ralis] l'ide de ,la ,h>pe1 tre un gant de critique et d'rudition1 et cette plante-l ne p\sse gures dans le pot fleurs de rhtorique d'un ,a?ne444 ,je ne veux pas dire du mal de ,la ,h>pe4 ,on n'en a que trop dit444 ,le petit pdant de ,gilb]t a gr&i depuis que n\s avons vu ses successeurs4 ,les mpris qu'on a t5dus sur son nom ne l'ont pas effac4 ,salive huma9e bi5tt s*e6 ,mais enf9 ,la ,h>pe a manqu1 avec tal5t1 ce qu'il v\lait faire1 et il fallait russir4 ,l'auteur des ,oeuvres et des ,hommes russira-t-il8444 ,il a dtripl l'ide de ,la ,h>pe1 et ce qu'il en a pris1 il l'a excut dj et cont9u]a de l'excut] s\s une =me lui et qui ne rappell]a nullem5t celle de ,la ,h>pe4 ,la ,h>pe fut un pr(esseur1 qui1 p\r la premire fois en ,france1 fit entr] l'loqu5ce dans la critique4 ,c'e/ l son mrite le plus net4 ,l'auteur des ,oeuvres et des ,hommes n'a jamais eu subir1 comme les orateurs de mti]1 la tyrannie t\j\rs abaissante d'un auditoire qu'ils croi5t m5] et qui les dom9e1 mme les plus fi]s6 ,quoique j\rnali/e1 il n'a jamais crit que dans l'indp5dance de sa p5se4 ,et d'un autre ct1 prcism5t p>ce qu'il e/ j\rnali/e1 il ne se meurt d'am\r ni d'e/ime p\r le j\rnalisme tel qu'il e/ con/itu1 si on peut dire ce mot-l du j\rnalisme1 cette fonction t\te mod]ne1 qui aurait pu tre si gr&e et qui s]a si petite devant la po/rit6 ,mais il reconnat cep5dant que1 dans la somme des acquisitions littraires de ce temps1 le j\rnalisme1 p]nicieux ailleurs1 n'aura pas t entirem5t /rile puisqu'il a introduit dans la littrature une =me de plus1--une =me svelte1 rapide1 retr\sse1 presque militaire1 et que cette traneuse de robe longs plis1 dans les livres1 ne connaissait pas4 ,au lieu de deux ailes qu'elle avait1 il en a donc donn quatre la p5se444 ,eh bi51 c'e/ s\s cette =me conc5tre et p>ticulire1 appele articles de j\rnal p> la vulg>it qui d%onore t\t qu& elle p>le de quelque *ose1 que les div]s *apitres de ce livre ont t crits6 ,les *angem5ts qu'on y tr\v]ait1 si la curiosit ret\rnait ces feuilles qui s'en vont *aque j\r1 sans tre des oracles1 o s'en allai5t les feuilles sibyll9es1 et les rattrapait dans le v5t1 les *angem5ts s]ai5t des accroissem5ts plutt que des *angem5ts rels4 ,ce s]ait1 en effet1 de temps en temps1 un mot1 ou un jugem5t1 ou mme un *apitre intgral devant lequel la rdaction en *ef1 cette hrone1 a eu froid dans le dos1 et qu'avec cette grce qui n'app>ti5t qu' elle elle a le/em5t supprim6 ,a9si1 un livre dans lequel la =me de l'criva9 7quelle qu'elle soit3 ce n'e/ pas la "q67 e/ matresse *ez elle1 qu& elle ne l'e/ pas dans les j\rnaux1 o1 comme p>t\t1 la =me emporte le fond 7ou l'empte71 tel e/ ce premi] volume des ,oeuvres et des ,hommes4 ,c'e/ de la critique qui peut se tromp]1 mais qui1 du mo9s1 ne tromp]a pas4 ,c'e/ de la critique sans mita9es1 sans s\li]s feutrs1 sans ca*e-nez et sans les tr5te-six attirails de la prud5ce1--de cette prud5ce qui e/ si cont5te d'elle qu& elle a pu p>v5ir1 en se tortillant1 se faire appel] la f9esse4 ,l'auteur de ceci n'accepte pas l'imm5se platitude1 dev5ue lieu commun1 qui fait encore lgislation cette heure1 savoir qu'on doit aux vivants des g>ds et qu'on ne doit qu'aux morts la vrit4 ,il p5se1 lui1 qu'on doit la vrit t\s1--sur t\t1--en t\t lieu et t\t mom5t1--et qu'on doit c\p] la ma9 ceux qui1 l'ayant dans cette ma91 la f]m5t4 ,il ne croit qu' la critique p]sonnelle1 irrvr5te et indiscrte1 qui ne s'arrte pas faire de l'e/htique1 frivole ou imbcille1 la porte de la consci5ce de l'criva9 dont elle exam9e l'oeuvre1 mais qui y pntre1 et quelquefois le f\et la ma91 p\r voir ce qu'il y a d$ans444 ,il ne p5se pas qu'il y ait plus se vant] d'tre imp]sonnel que d'tre incolore1 deux qualits aussi vivantes l'une que l'autre1 et qu'en littrature il faut r5voy] aux ,alb9os6 ,enf91 il n'a1 c]tes6 pas intitul son livre les ,oeuvres et les ,hommes p\r p>l] des oeuvres et laiss] les hommes de ct4 ,et1 d'ailleurs1 il n'imag9e pas que cela soit possible4 ,t\t livre e/ l'homme qui l'a crit1 tte1 coeur1 foie et entrailles4 ,la ,critique doit donc trav]s] le livre p\r arriv] l'homme ou l'homme p\r arriv] au livre1 et cl\] t\j\rs l'un sur l'autre1 ou bi5 c'e/444 qu'elle manqu]ait de cl\s6 ,quant aux pr9cipes sur lesquels elle s'appuie444 p\r cl\]444 cette ,critique1--qui n'e/1 telle que n\s la concevons1 ni la description1 ni l'analyse1 ni la nom5clature1 ni la s5sation morbide ou bi5 portante1 innoc5te ou dprave1 ni la consci5ce de l'homme de gt1 c'e/--dire le plus s\v5t la consci5ce du s5tim5t des autres1 t\tes *oses qu'on n\s a donnes successivem5t p\r la ,critique1--elle les expos]a c]ta9em5t dans leur gnralit la plus prcise1 mais lorsque l'auteur des ,oeuvres et des ,hommes arriv]a cette p>tie de son inv5taire intellectuel intitule3 ,les ,juges jugs ou la critique de la ,critique444 ,seulem5t1 d'ici-l1 sans les =mul]1 ces pr9cipes auront rayonn assez dru dans t\t ce qu'il aura crit p\r qu'on ne puisse pas s'y tromp]4 ,le livre des ,oeuvres et des ,hommes s]a1 en effet1 di/ribu en autant de catgories qu'il y a de fonctions spciales et de vocations dans l'esprit huma91 et *aque srie de fonctions aura autant de volumes que le ncessit]ont le nombre des criva9s et la valeur de leurs travaux4 ,on y obs]v]a l'ordre hir>*ique des connaissances et des gnies1 et c'e/ p\r cela qu'on comm5ce auj\rd'hui p> ce qu'il y a de plus gnral dans la p5se3 les ,philosophes et les criva9s religieux4 ,aprs les ,philosophes1 vi5dront les ,hi/ori5s2 aprs les ,hi/ori5s1 les ,potes2 aprs les ,potes1 les ,romanci]s2 aprs les ,romanci]s1 les ,femmes 7les ,bas-,bleus du ,x,i,xe sicle72 aprs les ,femmes1 les ,voyageurs2 aprs les ,voyageurs1 les ,critiques2 et a9si de suite1 de srie en srie1 jusqu' ce que le zodiaque de l'esprit huma9 ait t entirem5t p>c\ru4 ,enf9 un mot encore1 et le d]ni]4 ,l'auteur des ,oeuvres et des ,hommes ne faisant pas une hi/oire littraire1 mais un rsum critique des travaux contempora9s1 ne s'e/ po9t a/re9t l'ordre *ronologique4 ,son livre1 qui embrass]a t\t le ,x,i,xe sicle1 ne s'ouvrira po9t cep5dant #ahjj p\r s'avanc] a9si1 d'anne en anne1 jusqu' l'poque o n\s voil p>v5us4 ,il a cru mieux faire1 et attir] sur son oeuvre un intrt plus gr&1 en comm5ant la publication qu'il prp>e p> l'exam5 des livres les plus actuels1 quitte se repli] plus t>d sur les plus anci5s1 les ditions n\velles (frant une occasion t\te naturelle d'en p>l]4 ,t\te lacune dans l'exam5 des oeuvres et des hommes qui se sont fait une place quelconque au soleil de la publicit1 ou qui l'ont usurpe1 ne s]a donc jamais que provisoire4 ,un j\r1 le compte diffr aura lieu4 ,on se croit bi5 oblig de dire cela ceux qui s'tonn]ai5t de voir auj\rd'hui1 dans ce premi] volume consacr aux ,philosophes du ,x,i,xe sicle1 ,m4 ,c\s91 p> exemple1 qui fut si longtemps le *ef (ficiel de la philosophie franaise1 ne brill] que p> son abs5ce et p> quelques-uns de ses lves4 ,c'e/ que1 de fait1 ,c\s9 le philosophe n'exi/e plus ma9t5ant2 son tal5t e/ tomb en qu5\ille4 ,sans tre un ,h]cule1 il file aux pi$s d'une ,omphale qui ne lui p]mettrait mme pas de s'y asseoir si elle tait vivante2 mais n\s n'en aurons pas mo9s probablem5t l'occasion de n\s repli] sur ses anci5s travaux propos de quelque dition de ses oeuvres1 et alors il aura le jugem5t auquel il a droit1 comme ,lam5nais1 ,roy]-,coll>d1 ,ballan*e et tant d'autres1 qui-- quatre pas dans le pass--sembl5t dj s'enfonc] dans l'ombre d'un sicle4 ,j4 ,b4 d',a4 ,novembre #ahfj4 ,,sa9t ,,?omas ,d',,aqu9#a ,i ,si l',acadmie des sci5ces morales et politiques n'avait pas pris sur elle de mettre au conc\rs sa9t ,?omas d',aqu9 et sa doctr9e1 quel livre ou quel j\rnal1 avec la sup]ficialit de nos moeurs littraires1 et os jamais p>l] d'un tel sujet8 ,aucun sans nul d\te4 ,quoi6 sa9t ,?omas d',aqu96 un sa9t et un scola/ique6 ,oh6 c]tes1 il ne fallait ri5 mo9s que la prpondrance de l',acadmie des sci5ces morales et politiques sur l'op9ion p\r faire de sa9t ,?omas d',aqu9 une actualit4 ,son livre imm5se--qui s'appelle la ,somme1 et qui assomme1--sifflotait un voltairi5 au sicle d]ni]1 s]ait maje/ueusem5t re/ dans cette gloire ronge d'oubli o le nom de l'homme se voit encore1 mais o ses ides ne se voi5t plus4 #a ,la ,philosophie de sa9t ,?omas d',aqu91 p> ,*>les ,j\rda91 ouvrage c\ronn p> l',acadmie2 ,la ,somme ?ologique de sa9t ,?omas d',aqu91 traduite en franais et annote p> ,la*at1 avec le texte lat9 7,pays1 #ai avril #ahei74 ,des ides de ce gr& homme d'ides1 qui s'en occupe1 en effet1 depuis deux sicles8 ,qui en a pris s\ci depuis que ,desc>tes et ,bacon ont saisi le monde mod]ne et l'ont confisqu8 ,qui en p>le8 ,qui v\drait en p>l]8 ,p\r en p>l]1 il faudrait tre prtre et entre prtres4 ,mais entre laques1 in/ruits1 positifs1 de leur temps1 allons donc6 ,c'e/ matire de brviaire1 aurait dit ,rabelais4 ,on n'en dit mot ou l'on s'en moque4 ,t\t au plus peut-tre1 p>mi les moqueurs1 quelqu'un de poli et d'indulg5t p\r les /upidits du moy5 ge se risqu]ait-il rappel] le mot du bon ,leibnitz 7qui voyait t\t en beau d'ailleurs7 sur cette scola/ique dont le fumi] a des p>celles d'or4 ,ce s]ait l t\t4 ,on n'e/ pas ,h]cule4 ,on ne tracass]ait pas ce fumi] davantage et l'or s'y morfondrait1 en att5dant les coqs qui tr\v5t des p]les444 dans les fables1 si l',acadmie n'y avait bravem5t l* les si5s4 ,grces soi5t donc r5dues l',acadmie6 ,le sil5ce g>d1 deux sicles durant1 sur l'un des plus fi]s livres qu'ait produits non le gnie d'un homme1 mais le gnie des hommes1 tait en vrit p> trop honteux1 et c'e/ tre dlivr de la honte que d'tre autoris en p>l] auj\rd'hui sans qu'on v\s jette une s\tane sur la tte p\r mieux ent]r] vos admirations arrires6 ,en plaant l'exam5 de la doctr9e de sa9t ,?omas d',aqu9 p>mi les exam5s de son programme1 l',acadmie a obi1 volontairem5t ou involontairem5t1 cet esprit hi/orique qui e/ la =ce de cette poque sans inv5tion et livre t\s les rab*ages de la vieillesse4 ,qu& le gnie de l'inv5tion s'te9t1 le gnie de l'hi/oire s'veille1 et c'e/ ce gnie de l'hi/oire qui devra1 dans un temps donn1 ram5] avec respect les yeux des philosophes (ficiels sur les ides et les sy/mes honors le plus longtemps de leur mpris4 ,quoi qu'il en puisse tre1 du re/e1 rj\issons-n\s de ce qui arrive4 ,rj\issons-n\s de ce que1 grce l'initiative de l',acadmie1 n\s puissions p>l]1 sans tre mo9e et d'autres qu' des mo9es1 d'un des plus gr&s esprits du temps pass1 qui eut le malheur mod]ne d'tre mo9e4 ,en d'autres t]mes1 disons qu'il e/ heureux que sa9t ,?omas d',aqu9 r5tre p> cette petite porte dans le monde qu'il a autrefois rempli de sa r5omme1--et p> cela seul qu'il s'e/ tr\v ,p>is1 en l'an de grce #aheh1 un monsieur ,j\rda9 c\ronn]6 ,et ce n'e/ po9t une ironie4 ,n'allez pas croire que n\s v\lions rire de ce monsieur ,j\rda91 qui fait de la prose1 mais qui le sait444 ,n'allez pas v\s imag9] que n\s n\s inscrivions en faux contre sa c\ronne4 ,non pas6 ,il la mrite1 et il l'a mrite si bi5 qu'on s'tonne1 qu& on connat le tra9 in=tun de t\s les mrites1 que l',acadmie la lui ait donne4 ,ce que n\s v\lions seulem5t pos] auj\rd'hui1 c'e/ l'incroyable s+ul>it1 bi5 honorable p\r notre sicle1 qui exige que le nom de sa9t ,?omas d',aqu9 soit c\v]t p> celui de ,*>les ,j\rda9 p\r qu'on se p]mette d'en occup] l'op9ion4 ,et n\s ne dclamons pas4 ,n\s n'exagrons pas4 ,ceci e/ un fait4 ,bi5 avant que ,*>les ,j\rda9 et t mis au monde p> l',acadmie des sci5ces morales et politiques1 il se faisait1 depuis #ahed1 une traduction de la ,somme#b de sa9t ,?omas1 texte lat9 en reg>d1 avec notes1 comm5taires1 claircissem5ts et t\te l'armature ncessaires un p>eil vaisseau en matire de livre4 ,et qui l'a annonce8 ,p]sonne4 ,quel e/ le lettr de ce temps1 o les ,mmoires de mademoiselle ,cle/e ,mogador tr\v5t des plumes galantes qui en criv5t1 quel e/ le lettr qui1 p> un mot1 ait seulem5t donn une ide ju/e de ce beau et utile travail de bndict9 que ,la*at a entrepris et qui devrait honor] la littrature du pays o il s'e/ produit8444 ,qui1 except les cl]cs1 comme on disait au moy5 ge1 sait quelque *ose de cette dition pr9ceps dont il a dj p>u plus de dix volumes en quatre ans8 ,et qui saurait sans moi que ,cot9 a pr*8 disait ,boileau1 avec un orgueil qui n'en devait gures donn] au pauvre ,cot96 ,et qui saurait sans moi qu'aprs t\t sa9t ,?omas d',aqu9 n'tait pas un cui/re8 peut se dire l',acadmie1 avec un orgueil mo9s cruel1 elle qui1 auj\rd'hui1 la ma9 t5due sur la tte de ,j\rda91 son laurat et l'int]prte de sa p5se1 n\s assure sol5nellem5t que sa9t ,?omas d',aqu91 t\te rflexion faite1 avait vraim5t de la philosophie dans la tte1 quoiqu'il ft444 un ?ologi56 #b ,l\is ,vivs4 ,,ii ,tel e/1 en effet1 t\t l'esprit et t\te la porte du travail que ,j\rda9 vi5t de publi]4 ,pr\v] que sa9t ,?omas d',aqu91 l',ari/ote du ca?olicisme 7mais du ca?olicisme3 voil bi5 ce qui gte un peu l',ari/ote671 fut un philosophe plus et mieux que ,kant et ,hegel1 p> exemple1 les ,veaux non pas d'or1 mais d'ides1 de la philosophie contempora9e2 montr] qu'on peut trs bi5 dgag] de son oeuvre ?ologique une philosophie complte1 avec t\s ses comp>tim5ts1 et que le monde d'un in/ant qui l'a pris p\r une tte norme1 ce gr& ,boeuf de ,sicile dont les mugissem5ts ont branl l'univ]s1 ne fut dupe ni de l'illusion ni de l'ignorance2 dem&] enf9 p>don au ,x,i,xe sicle p\r une telle gloire3 voil le programme de l',acadmie et le livre de son laurat4 ,cela n'e/ pas trs ambitieux1 n'e/-ce pas8 et mme cela se cont5te d'tre mode/e4 ,cela mutile sa9t ,?omas1 le gant d'ensemble1 qui conc5tra dans une colossale unit la sci5ce div9e et la sci5ce huma9e4 ,cela r5v]se le s5s de la lorgnette et fait voir les *oses p> le petit ct1 non p> le gr&4 ,mais que v\lez-v\s8 ,t\t e/ relatif4 ,c'e/ beauc\p encore4 ,qui se s]ait att5du cela il y a seulem5t quelques annes3 sa9t ,?omas d',aqu9 exalt dans une acadmie de philosophes1 ,*>les de ,rmusat rapportant8 ,publi auj\rd'hui s\s la =me de deux gros volumes 9-#hc1 le travail de ,j\rda9 s'aju/e aux proportions du cadre trac p> l',acadmie4 #c ,ha*ette et ,cie4 ,l'auteur a l'esprit de sa consigne4 ,il n'e/ tmraire ni p\r p]sonne ni contre p]sonne4 ,il a des prud5ces1 quoiqu'il ne soit pas un s]p5t4 ,comme ,covielle1 on lui s\hait]ait d'en tre un1 et un lion aussi6 ,on lui s\hait]ait encore--comme ,covielle--que son rosi] ft plus fleuri4 ,mais enf9 le t\t de sa petite culture e/ =t propre4 ,philosophe qui se surveille et qui se lave beauc\p les ma9s ds qu'il a t\* la ?ologie1 il n'efface pas1 du mo9s1 sur son front la trace de son baptme1 et qu& il appro*e le plus de l',acadmie il se dit *rti5 avec une honnte r\geur4 ,c> il e/ *rti54 ,il e/ bi5 un peu paen aussi1 et de famille paenne p>-dessus le m>*1 ami de son temps2 mais il e/ pris d'une *rti5ne qu'il veut faire accept] p> les si5s4 ,son livre e/ trs diplomatique4 ,c'e/ un plaidoy] ins9uant1 adroit1 accordant quelque *ose p\r obt5ir beauc\p1 qutant la tolrance philosophique avec des airs aimables1--on qute t\j\rs dans un sac de vel\rs1--indiquant des rapports tranges et bons entre la philosophie de sa9t ,?omas d',aqu9 et les philosophes mod]nes1 et p\ssant ce qu'on se pr5ne la ma9 et qu'on s'embrasse4 ,le procd de ,j\rda9 e/ accommodatif4 ,il consi/e repr5dre d'une ma9 t\t d\cettem5t ce qu'il a donn de l'autre avec un gr& ge/e1 et ce qui suit va le faire compr5dre4 ,agrg la ,facult des lettres1 sorti de l',univ]sit p\r entr] l',acadmie dont il a v\lu le prix1 qu'il n'a pas manqu1 ayant p> consqu5t des t]reurs respectueuses =t naturelles p\r le progrs1 et non mo9s naturellem5t des affections intellectuelles p\r l'glise1 ,j\rda9 a t le juge de paix qui appelle les p>ties en conciliation dans son cab9et avec la plus gr&e politesse4 ,il y a m& les doctr9es les plus opposes1 et1 en v]tu de sa modration1 v]tu mod]ne1 et de ce /yle modr qui e/ le /yle de la maison dans laquelle il juge1 il a t\t arrang l'amiable entre la scola/ique et la philosophie1 entre les tnbres du moy5 ge et les lumires de cet ge-ci1 entre la foi et la raison444 ,les esprits absolus n'accept]ont probablem5t pas les dcisions onctueuses1 gracieuses et (ficieuses de ,j\rda91 c> les esprits absolus n'accept5t ri5 et veul5t t\t pr5dre2 mais l',acadmie les a acceptes4 ,qui p\rrait s'en tonn] n'aurait pas lu ,j\rda94 ,correct et grave1 mais surt\t trs grave1 ayant mme l'avantage d'tre l\rd p>fois1 ce qui aj\te encore la gravit1 cette =tune des criva9s actuels1 ,j\rda9 n'a ni une seule expression pittoresque ni une seule expression incisive1 ce qui s]ait une indc5ce en mtaphysique4 ,esprit de ju/e milieu1 qui se dmne--r5dons-lui cette ju/ice6--p\r tre ju/e1 il re/e milieu1 mais non ju/e1 peu prs en t\tes *oses1 et c'e/ p> l qu'il a triomph4 ,avec son /yle naturellem5t sans c\leur1 ce /yle blanc et d\x que l'ab/raction a blan*i encore1 il n'a fait aucun mal aux yeux des hommes cons]ves qui avai5t le jug]1 et ils ont t\s apprci inf9im5t cette flanelle4 ,c]ta9em5t1 p\r manqu] le prix il fallait s'y pr5dre de t\t autre manire4 ,mais ,j\rda9 n'avait pas l'ambition de manqu] le prix avec clat4 ,il aurait fallu une hauteur dans l'ap]u et une dcision dans la p5se qui n'tai5t pas dans les plans de ,j\rda91 euss5t-elles t dans ses puissances4 ,j\rda91 ne n\s y trompons pas6 e/1 de naissance comme d'tat1 un philosophe4 ,c'e/ un philosophe qui *asse de race1 un philosophe de pre en fils1 dont le pre eut autrefois aussi son prix d'acadmie1 et qui a v\lu cont9u] cette gloire pat]nelle4 ,c]tes6 ce n'e/ pas avec de telles proccupations que l'on peut dpass]1 p> la fi]t ou la s\da9et de l'ap]u1 p> l'indp5dance1 p> un /yle vivant et anti (ficiel1 les conditions du programme de l',acadmie1 cet tablissem5t de haute bi5faisance littraire1 qui n'exi/e que p\r mettre en lumire les tal5ts qui1 t\t seuls1 ne s'y mettrai5t pas4 ,,iii ,n\s l'avons dit dj1 du re/e1 le dfaut du programme de l',acadmie tait d'tre p> trop exclusivem5t philosophique qu& il s'agissait d'apprci] un homme qui1 comme sa9t ,?omas1 tait un gr& ?ologi5 bi5 avant d'tre un gr& philosophe4 ,la gloire de celui qui fut appel l',ange de l'cole1 son influ5ce in\e sur un temps o la foi primait encore la raison1 sa proccupation p]ptuelle et absorbante des intrts de l'glise1 et jusqu' son g5re de gnie1 qui ne fut vraim5t orig9al que p> sa s\v]a9e c]titude et la t\te-puissante cl>t de son or?odoxie1 fur5t une gloire1 une influ5ce1 une proccupation et un gnie ess5tiellem5t ?ologiques4 ,si sa9t ,?omas d',aqu9 n'avait t qu'un philosophe1 il n\s aurait dcalqu ,ari/ote avec une telle exactitude qu'on aurait dit qu'ils n'tai5t deux1 ces imm5ses ,mne*mes crbraux1 que p>ce qu'entre eux on aurait pu compt] les sicles4 ,sa9t ,?omas d',aqu91 c'e/ la ,nature se faisant *o elle-mme trav]s les temps1 recomm5ant un homme comme une cration1 et rem\lant un ,ari/ote sur l'exemplaire qu'elle avait g>d du premi]4 ,phnomne trange dont elle donne r>em5t le spectacle6 ,sa9t ,?omas d',aqu9 ne s]ait donc qu'un tome second d',ari/ote1 si le ?ologi51 l'homme de la sci5ce surnaturelle1 ne le frappait pas t\t c\p d'une diffr5ce sublime1--empre9te t]nelle qui emp*]a dsormais les sicles de confondre cette tte rase de mo9e avec la tte aux *eveux c\rts de la mdaille du ,/agyrite4 ,ce qui m>que la p]sonnalit de sa9t ,?omas d',aqu9 avec une incroyable pr(ondeur1 ce n'e/ pas l'inv5tion4 ,sa9t ,?omas d',aqu9 n'a presque ri5 inv5t4 ,il semble1 lui qui avait fait voeu de pauvret dans la vie1 avoir fait voeu aussi de pauvret en inv5tion4 ,mais ce qu'il possde1 c'e/ ju/em5t le bi5 des pauvres1 c'e/ la tradition de l'glise1 et1 p> l'tude ?ologique dont il a report les habitudes sur les *oses de la philosophie1 la prcision et le gnie de la =mule1--tellem5t claire1 dit trs heureusem5t ,*>les ,j\rda91 qu'elle peut se pass] de dmon/ration4 ,les qualits de cet esprit1 p\r lequel on p\vait inv5t]1 mieux que p\r p]sonne1 le mot d'esprit =t1 sont l'normit de la puissance dans la nuance1 la =ce d'quilibre1 la /atique1 la froideur du front4 ,croirait-on1 si ses oeuvres ne l'atte/ai5t1 qu'il n'a jamais v]s dans le my/icisme de ,malebran*e au ,x,v,i,ie sicle1 lui1 l'homme du ,x,i,i,ie et le sa9t8 ,n'e/-ce pas m]veilleux de =ce et de p\voir sur soi8 ,du haut des sommets de la mtaphysique1 sa9t ,?omas d',aqu9 peut reg>d] impunm5t dans t\s les g\ffres3 le v]tige lui e/ inconnu2 il re/e impassible4 ,aussi sa gloire1 sa gloire relle1 e/ bi5 mo9s de s'tre lev que de n'tre jamais tomb4 ,un mom5t peut-tre1 au comm5cem5t de son enseignem5t1 il incl9a v]s le ct qui e/ dev5u la p5te mod]ne et mme la *ute4 ,il alla du connu l'inconnu1 de l'homme l'ange et ,dieu4 ,mais bi5tt il r$ressa ce faux pli de m?ode1 il se ress\v9t qu'il tait ?ologi51 et il comm5a son sy/me p> la "q ?ologique des attributs de ,dieu4 ,alors la ?ologie1 comme un aigle qui a enf9 t\te la p\sse de ses ailes1 l'emporta v]s le monde d'o il n'e/ jamais desc5du4 ,p5dant que la philosophie *]*ait le ret5ir en bas1 il monta1 et telle fut l'indfectible scurit1 le matre aplomb de cet homme1--que les analogies1 ou1 p\r mieux p>l]1 les id5tits de sa p5se avec celle d',ari/ote1 entranai5t v]s les erreurs du pripattisme1--qu'il s'arrta t\j\rs temps p\r les vit]4 ,eh bi51 voil le ?ologi5 dans l'oeuvre duquel l',acadmie des sci5ces morales et politiques1 qui bat1 en ce mom5t1 le ban et l'arrire-ban de la philosophie en dtresse1 a donn l'ordre d'all] *]*] un philosophe1 et ,*>les ,j\rda91 ce t]re-neuve de l',acadmie1 l'a rapport6 ,il n\s a donn une analyse trs exacte de la ?odice1 de la mtaphysique et de la morale de l'illu/re auteur de la ,somme4 ,il a t\rn1 en homme qui compr5d ces que/ions et ces langages1 dans ce rond d'ides qui ne s'e/ pas l>gi d',ari/ote sa9t ,?omas d',aqu9 et de sa9t ,?omas d',aqu9 ,kant lui-mme4 ,impossible de suivre1 dans un seul *apitre d'un livre comme celui-ci1 le dtail inf9i d'un travail expos gr&'pe9e en deux volumes2 mais ce qui rsulte de ce travail1 c'e/ l'inutilit dmontre de la pe9e qu'on a prise au po9t de vue des acquts et des accroissem5ts de la philosophie4 ,que gagn]a-t-elle1 en effet1 dcl>] l',ange de l'cole un philosophe8444 ,elle lui aura t ses ailes4 ,mme sa9t ,?omas1 dans le problme huma91 dans l'ordre des connaissances naturelles1 ne peut ri5 qu& il s'agit d'aj\t] une c]titude celles que l'esprit de l'homme cra9t de ne pas avoir4 ,p\r tre le docteur des docteurs1 la lumire et la loi des esprits1 l'autorit irrfragable1 il faut sa9t ,?omas d',aqu9--le second ,ari/ote--l'glise1 la rvlation et l'hi/oire1 c'e/--dire t\t ce que ,j\rda9 ap]oit trs bi5 dans t\t le c\rs de son ouvrage1 mais dont il se dt\rne p\r ne pas contr>i] l',acadmie et444 manqu] son prix6 ,,jean ,,reynaud#d ,qu& la ,critique a devant elle un p>eil ouvrage1 elle n'e/ pas mdiocrem5t emb>rasse2 mais son emb>ras ne vi5t po9t de ce que l'am\r-propre de l'auteur p\rrait suppos]4 ,n\s le dirons1 sans fatuit d'aucune espce1 le livre de ,t]re et ,ciel#e de ,jean ,reynaud1 ce livre au titre colossal1 n'e/ pas1 nos yeux1 un colosse4 ,le sy/me qu'il dresse devant n\s ne n\s p>at po9t inexpugnable4 ,qu& on le lit et qu& on l'exam9e1 on tr\ve qu'il n'y a pas l intellectuellem5t de quoi trembl]4 ,le livre et le sy/me se compos5t1 en effet1 de deux affirmations sans preuves1 qu'on peut =t bi5 contr$ire sans insol5ce et rfut] sans beauc\p de pe9e4 ,la premire de ces affirmations1 c'e/444 le croira-t-on8444 la pluralit des mondes et l'habitation des toiles1 que ,jean ,reynaud n\s c]tifie1 avec une gravit de ,*ri/ophe ,colomb a/ronomique au dbott de son voyage1 et dont il n\s donne somptueusem5t sa p>ole d'honneur4 ,la seconde444 le croira-t-on davantage8444 c'e/ l'anci5ne r$ite d'une mtempsycose progressive laquelle la philosophie revi5t1--comme la vieillesse revi5t l'enfance4 ,dans t\t cela1 il faut en conv5ir1 il n'y a ri5 de bi5 bl\issant et de bi5 =midable1 ri5 qui =ce le plus mode/e des esprits philosophiques se croire petit et baiss] les yeux4 ,seulem5t1 voici o l'emb>ras comm5ce4 ,si la ,critique pr5d au srieux ce gros livre de ,t]re et ,ciel que d'aucuns reg>d5t comme un monum5t1 si elle se croit oblige d'entr] dans les discussions qu'il provoque et d'accept] ces =mes prmdites d'un langage sci5tifique assez semblable au lat9 de ,sgan>elle1 mais mo9s gai1 la voil expose asphyxi] d'ennui le lecteur comme elle a t elle-mme asphyxie4 ,et cep5dant1 d'un autre ct1 si on t\*e lgrem5t une *ose si pesante1 d'honntes esprits s'imag9]ont sans d\te que c'e/ difficult de la mani]4 #d ,t]re et ,ciel 7,pays1 #ac septembre #ahed74 #e ,furne et ,cie4 ,c>1 tort o raison1--et tort selon n\s1--le livre de ,jean ,reynaud passe en ce mom5t p\r une oeuvre trs =te4 ,on se le dit et on le croit4 ,on n'y reg>de pas4 ,je ne suis pas bi5 sr qu'on lise ce livre compact et sans lumire1 indige/ion de deux ou trois ruditions spciales1 et qui r\le1 dans un /yle pais1 de si misrables erreurs qu'elles ne sont plus que des lubies2 mais on le feuillette et on le vante1 et je le conois6 ,rationali/es1 pan?i/es1 clectiques1 voltairi5s1 t\tes les v>its de philosophes qui se ti5n5t entre eux comme des cru/acs1 sont intresss vant] un livre1 quel qu'il soit dont les ides ne vont ri5 mo9s qu' la de/ruction intgrale de nos dogmes et la ru9e de l'glise roma9e4 ,aussi nul d'entre eux n'y a-t-il manqu4 ,mme les voltairi5s1 trop spirituels p\r lire d'autres romans que ,c&ide et la ,pr9cesse de ,babylone1 ont p>l avec faveur de celui-ci dans le plus clbre de leurs j\rnaux4 ,ils ne l'ont pas discut1 il e/ vrai2 ils ne lui ont tmoign prudemm5t que ce g5re de respect qui ne t\*e pas aux *oses qu'on respecte2 mais ils l'ont trait avec la haute considration de t\s les m&>9s entre eux4 ,quoique eux surt\t1 les voltairi5s1 n'ai5t de gt p\r aucune espce d',apocalypse1--pas plus p\r celle de ,jean ,reynaud que p\r celle de l'autre ,jean1--quoique ri5 ne ressemble mo9s au v]re d'eau de leur /yle que le limon visqueux du /yle de ,jean ,reynaud1 ils n'ont pas mo9s apprci les trois gr&es puissances sur la tte huma9e qui se tr\v5t dans ce livre de ,t]re et ,ciel et qui en protg5t actuellem5t la =tune3 savoir l'app>eil des mots sci5tifiques p\r ca*] le vide de la p5se1 l'effront]ie gratuite de l'hypo?se et la maje/ de l'ennui4 ,c]tes6 dans un autre temps et p\r un autre livre1 ils aurai5t s\ri de ces trois puissances qui correspond5t des faiblesses4 ,ils aurai5t accompagn du petit fifre de leur ironie ord9aire cette l\rde ?orie a/ronomique et cosmologique1 qui n'e/ ni de la sci5ce ni de l'inv5tion4 ,mais1 une poque o le rationalisme s\ffre tant des blessures qu'il se fait lui-mme et o l'enseignem5t de l'glise comm5ce de repr5dre dans les esprits m95ts l'empire qu'il avait p]du au ,x,v,i,i,ie sicle1 ils se sont dit probablem5t qu'il ne fallait mpris] le sec\rs de p]sonne4 ,ils ont accueilli ,jean ,reynaud comme si c'tait ,py?agore4 ,ils ont c\t srieusem5t cet *o att>d1 que ,py?agore1 s'il l'ent5dait1 n'ador]ait plus6 ,et1 quittes se moqu] plus t>d d'un livre qui doit faire mal aux n]fs de leurs esprits positifs et lg]s1 ils ont p\ss au succs de ce livre en disant bi5 haut qu'il le mritait4 ,tel e/ t\t le secret de cette facile r5omme de deux j\rs1 faite si gnreusem5t un ouvrage qui ne saura pas la g>d]4 ,le livre de ,t]re et ,ciel de ,jean ,reynaud e/ un c\p port1 p> une ma9 philosophique de plus1 au *ri/ianisme et l'glise4 ,comm5t ceux qui hass5t l'glise et le *ri/ianisme n'en s]ai5t-ils pas reconnaissants8444 ,sans d\te1 avec plus de tal5t1 le c\p s]ait mieux assn2 mais enf9--il faut tre ju/e6--c'e/ un c\p de plus4 ,jean ,reynaud a un mrite que les philosophes doiv5t s+ulirem5t apprci]1 et qui ne ti5t ni ses ides ni la =ce de son gnie4 ,de t\s les ennemis de la religion de nos pres1 de t\s ceux qui dis5t que le ca?olicisme e/ une doctr9e dpasse p> l'esprit huma9 et qui a fait son temps 7comme les conscrits7 dans l'hi/oire1 cet excell5t ,jean ,reynaud e/ peut-tre le plus dang]eux4 ,il e/ d\x et il se dit *rti54 ,c'e/ au nom d'un *ri/ianisme meilleur qu'il vi5t pos] la ncessit de corrig] ce *tif ,symbole de ,nice1 qui1 dcemm5t1 ne convi5t plus des *rti5s aussi di/+us que n\s4 ,jean ,reynaud1 qu& il p>le du *ri/ianisme1 affecte une imp>tialit dup] beauc\p d'imbcilles4 ,il ne casse pas t\t1 comme ,pr\dhon4 ,il n'a pas le tal5t r\x et le c\p de corne de boeuf de ce robu/e bt>d d',hegel en dm5ce4 ,la =me de son exposition se recomm&e aux esprits modrs p> je ne sais quelle fausse bonhomie1 et jusqu' son tal5t d'criva91 trop empt p\r tre mordant1--trop mollusque p\r tre s]p5t1--ri5 n'av]tit et t\t rassure qu& il se dit *rti51 comme la plup>t des hrtiques1 du re/e1 qui n'ont jamais manqu de se dire *rti5s p\r mieux atte9dre le *ri/ianisme en ple9 coeur6 ,la seule orig9alit de ,jean ,reynaud e/ d'tre--au ,x,i,xe sicle--bi5 plus un hrtique qu'un philosophe4 ,aprs ,did]ot1 qui v\lait l>gir ,dieu1 il veut l>gir le *ri/ianisme4 ,n\s savons bi5--et lui aussi1 probablem5t1--ce qui re/]ait du *ri/ianisme aprs cet l>gissem5t la ,did]ot6 mais1 p\r les simples de coeur et d'esprit qui se laiss5t ptrir p> la ma9 de t\tes les propag&es1 un tel langage a sa sduction4 ,les philosophes ont le v]be pre et haut4 ,ils ne b>b\ill5t pas1 et quelquefois ils p\vant5t4 ,sp9oza1 ,voltaire1 ,hegel1 t\s ces insectes huma9s1 enivrs de la g\tte de gnie que ,dieu leur v]sa dans la tte et qu'ils ont rejete contre ,dieu1 j\5t leur rlet de titans-myrmidons jusqu'au b\t et visire leve4 ,mme qu& ,voltaire se fait capuc91 il rit1 le sacrilge6 mais il ne trompe pas4 ,t&is que ,jean ,reynaud1 le ?ologi5 de contreb&e qui "p du pi$ gau*e auj\rd'hui p\r dem&]--comme le pieux et pur ,sa9t-,bonnet--que la ?ologie se relve dans l'op9ion et les tudes du ,x,i,xe sicle1 ne rit pas et ne n\s fait pas rire1 mais il p\rrait bi5 n\s tromp]6 ,n\s tromp] comme il se trompe lui-mme6--c> il ne faut pas croire que cette tte1 aux notions confuses1 n'ait pas vis--vis d'elle-mme la bonne foi de ses confusions4 ,l'auteur de ,t]re et ,ciel1 dont la prt5tion le plus en relief e/ la ?ologie1 qui s'en croit l'aptitude et qui n'en a pas mme le rudim5t1 invoque navem5t dans son livre une ?ologie qui *ang]ait en dogmes ses erreurs4 ,esprit physiologiquem5t religieux1 t\rn de t5dance primitive et de tempram5t v]s les *oses de la contemplation intellectuelle1 mtaphysici5 et presque my/ique1 l'auteur de ,t]re et ,ciel n'tait po9t1 p> le fait de ses facults1 de/9 aux doctr9es de la philosophie mod]ne2 mais1 p\r des raisons qu'il connat mieux que n\s et qu'il retr\v]ait s'il faisait l'exam5 de consci5ce de sa p5se1 il n'a pu cep5dant y *app]4 ,il e/ le fils du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,avec sa foi dans le progrs indf9i du g5re huma91 c'e/ une b\ture de ,condorcet4 ,mais--disons-le son loge6--le ,x,v,i,i,ie sicle1 dont il procde1 n'a pu lui donn] ce mpris de brute p\r les problmes surnaturels qui di/+ue ses plus beaux gnies4 ,dieu1 l'me1 son ess5ce et ses de/9es1 les hir>*ies spirituelles1 etc41 sont re/s des que/ions p\r ,jean ,reynaud1 et des que/ions que le pan?isme contempora9 ne rs\d pas4 ,en v]tu de son g5re d'intellig5ce1 la notion ?ologique n'a donc pas t abolie en lui1 mais seulem5t obscurcie et fausse4 ,et voil ju/em5t ce qui a produit1 s\s la plume de ce philosophe s+uli] qui a le c\p de m>teau de la ?ologie1 un *aos galem5t mon/rueux p\r les ?ologi5s et p\r les philosophes6 ,voil p\rquoi il a mutil1 au nom de la ?ologie1 le triple monde que la ?ologie enseigne1 et qu'il le rduit un seul dans son livre1 malgr son d\ble titre de ,t]re et ,ciel6 ,en effet1 p\r qui sait l'embrass] et l'tre9dre1 ce livre1 au fond1 n'e/ autre *ose qu'une mutilation et un r5v]sem5t des ides *rti5nes4 ,c'e/ notre ,cr$o pris reb\rs et fond sur la pluralit des mondes t]nels1 sans royaume des cieux et sans enf]4 ,telle1 en deux mots1 la conception ?ologique du livre de ,jean ,reynaud2 mais ce n'e/ pas t\t au dtail4 ,l'auteur de ,t]re et ,ciel a beau s'en df5dre1 il n'e/ rellem5t qu'un pan?i/e de notre temps1 s\s les gu5illes de t\s les hrtiques de ce moy5 ge contre lequel il se p]met tant de mpris4 ,n'oublions pas que son livre n'e/1 avant t\t et aprs t\t1 qu'un essai de cosmologie444 ,p>ti du cosmos p\r all] au cosmos1 en passant sur le cosmos1 l'auteur s'agite1 mais /rilem5t1 p\r organis] plus qu'un cimetire444 ,le mot de ,ciel e/ de trop dans le titre de son ouvrage1 et la ,t]re mme comme il la conoit n'e/ pas la notion *rti5ne de la t]re4 ,ce n'e/ plus le lieu de l'expiation et de l'preuve1 le *amp de mort d'o une *rysalide de c5t c9quante milli>ds d'mes doit un j\r se dploy] et s'envol] dans les cieux4 ,cette d\ble notion de la t]re et du ciel1 la seule que puiss5t admettre galem5t l'intellig5ce des p5seurs et l'imag9ation des potes1 ,jean ,reynaud1 ?ologi5 agr&i p> la philosophie1 l'a rpute mesqu9e1 enfant9e et dborde p> ce triomphant ,esprit huma91 qui a le droit d'exig] mieux4 ,seulem5t1 p\r la remplac]1 cette notion infrieure et grossire1 l'm95t inv5teur n'a tr\v ri5 de plus puissant que de ramass]1 dans la p\ssire des rves de l'humanit les plus rongs p> les sicles et les plus transp>5ts de folie1 le sy/me rum9 p> l',inde--cette va*e de la philosophie--d'une mtempsycose progressive1 qui met l'homme aux galres p]ptuit de la mtamorphose et son immortalit en ha*is6 ,au mo9s1 p\r expliqu] de cette faon le problme surnaturel de l'homme et de sa de/9e1 p\r rev5ir1 en ple9 ,x,i,xe sicle1--aprs les travaux philosophiques de ,hegel et de ,s*ell+1-- ce risible sy/me de la mtempsycose1 digne t\t au plus d'inspir] une *anson au m>quis de ,b\ffl]s ou ,brang]1 qui l'a faite1 fallait-il se s5tir une =ce d'induction et de dduction irrsi/ible2 fallait-il que la gr&eur des facults philosophiques sauvt la misre du po9t de vue que l'on ne craignait pas de relev]4 ,et c'e/ ici qu'aprs la "q du po9t de vue1 gnral et dom9ateur1 qui emporte l'honneur d'un livre en philosophie1 devait se pos] la "q du tal5t et de ses ress\rces1 qui c\vre l'am\r-propre de l'auteur4 ,eh bi51 n\s le disons en t\te vrit et sans v\loir y faire de blessures1 l'am\r-propre de ,jean ,reynaud ne s]a pas c\v]t6 ,une fois le fond du livre c>t1 les qualits qui re/]ont p\r le df5dre n'impos]ont po9t p> leur clat aux vritables connaisseurs4 ,et n\s ne p>lons pas encore ici de la =me la plus extrieure de ce livre1 de sa con=mation littraire4 ,n\s re/ons mtaphysici54 ,en mtaphysique1 il s]a trs facilem5t con/at1 p> t\s ceux qui ont l'habitude ou l'am\r de ce g5re de mditation1 que les t5dances de ,reynaud sont plus vives et plus =tes que ses facults4 ,le trait de ,t]re et ,ciel1 qui rsume t\te sa vie intellectuelle1 c> il a t effeuill dans des revues et des j\rnaux depuis dix ans1 ce trait1 reg>d comme un sy/me t\te solution p> un petit nombre de g5s sol5nels et my/rieux qu'on p\rrait appel] les ,importants de la philosophie1 e/1 qu'on n\s passe le mot 7le seul qu'il y ait1 hlas6 p\r exprim] notre p5se76 un p]ptuel coq--l'ne sur les relations du temps l't]nit4 ,p\r un mtaphysici51 qui doit connatre les lm5ts de la sci5ce qu'il cultive et n'avoir pas de di/ractions1 ,jean ,reynaud e/ entirem5t trang] la conception de l't]nit1 ou1 s'il la pose p>fois1 il l'oublie4 ,c'e/ qu'au fond il n'a ri5 de net1 de f]me1 de premptoire et d'arrt dans l'esprit4 ,il patauge4 ,l'inf9it1--dit quelque "p ce pan?i/e malgr lui ou desse9 7lequel des deux871--l'inf9it e/ un des attributs de l'univ]s4 ,mais l'inf9it e/ le contraire de la mesure1 comme l't]nit e/ le contraire du nombre6 ,des coli]s saurai5t cela4 ,et voyez la s+ulire consqu5ce3 si l'on met l'inf9i la place de l't5due1 o pose-t-on l'axe du monde et que devi5t p\r ,jean ,reynaud cette gravitation dont il e/ si sr et si fi]8 ,dans le *apitre de l',homme1 o le rcit de la ,g5se e/ culbut p> l'hypo?se1 l't]nelle hypo?se du dveloppem5t progressif de la vie et de la cration graduelle1 ,jean ,reynaud mconnat l',absolu div94 ,il semble ignor] que ,dieu soit un acte pur1 et ce que c'e/ mme qu'un acte pur6 ,il s'imag9e que ,dieu1 comme l'homme1 a son *em9 faire et qu'il a beso9 d'expri5ce444 ,ce manque de prcision1 qui1 en mtaphysique1 se mue si vite en erreur ou s'tale si pompeusem5t en btise1 on le signal]ait t\tes pages dans le livre de ,t]re et ,ciel si on ne craignait pas de fatigu] le lecteur p> des citations trop ab/raites4 ,a9si donc1 en n\s rsumant1 n\s tr\vons1 ct de la donne vicieuse et purile du livre de ,jean ,reynaud1 des qualits mtaphysiques d'un degr infrieur1 sans puret et sans =ce relle1 un langage tr\ble t\j\rs et s\v5t contradictoire4 ,le trait de ,t]re et ,ciel e/ une petite ,babel btie p> un seul homme4 ,c'e/ la confusion des langues de plusieurs sci5ces1 qui se crois5t et s'embr\ill5t s\s la plume pesante de l'auteur4 ,sa p5se ne dom9e pas t\s ces div]s langages et ne les fait pas t\rn] aut\r d'elle1 avec leurs cl>ts diffr5tes1 dans la conv]g5ce de quelque puissante unit4 ,?ologi5 de prt5tion malgr son c>actre philosophique1 ?ologi5 quiqu5grogne en philosophie1 il peut avoir beauc\p lu les ?ologi5s ca?oliques1 mais il n'a po9t de connaissances accomplies1 lum9euses1 en ?ologie2 c>1 s'il en avait1 aurait-il paul le sy/me du progrs indf9i de ,condorcet avec la mtempsycose de ,py?agore8444 ,aurait-il pu jamais adopt] comme vrai ce sy/me du dveloppem5t progressif de la vie et de ses p]ptuelles mtamorphoses1 qui p>que l'homme sur son globe et applique la cration t\t entire1 l'oeuvre du ,dieu t\t-puissant1 lequel a cr spontanm5t l'homme complet1 innoc5t et libre1 ce procd de rap9 qui1 p> des *angem5ts imp]ceptibles et successifs1 se vante de faire une tte d',apollon avec le pr(il du crapaud8 ,le sophisme picuri51 le plus compromis des sophismes grecs1 qui donnait la ,div9it la =me de l'homme p>ce qu'on n'en connat pas de plus belle1 e/ le g5re de preuves le plus famili] de ,reynaud4 ,ne compr5ant jamais l'action div9e que comme il compr5d l'action huma9e1 l'auteur de ,t]re et ,ciel se croit fond tir] une imp]t95te induction de n\s ,dieu1 et cet abus de raisonnem5t1 qui revi5t dans son livre comme un tic de son intellig5ce1 produit p\r consqu5ce de ces normits qui c\p5t c\rt t\te discussion4 ,p\r n'en cit] qu'un seul exemple1 ,jean ,reynaud exige la pluralit des mondes ou il n'admet pas ,dieu1 p>ce que 7aj\te-t-il avec un srieux qui r5d la *ose plus comique encore71 sans la pluralit des mondes1 ,dieu e/ videmm5t ls dans son c>actre de crateur4 ,on conoit1 n'e/-il pas vrai8 qu'aprs des affirmations de cette nature un homme s5s ne discute plus4 ,n\s avons1 n\s1 pe9e discut4 ,n\s ne p\vions1 ni p\r le public ni p\r n\s1 ni p\r le livre mme dont il s'agit1 l'exam9] dans le dtail trop spcial1 trop te*nique1 des nombreuses que/ions qu'il s\lve2 mais le peu que n\s avons dit suffira4 ,si ce s+uli] trait de philosophie religieuse1 qui essaie de r5v]s] t\s nos dogmes1 sans exception1 s\s l'ide *imrique des trans=mations t]nelles et successives de l'humanit et s\s un pan?isme plus =t que l'auteur et qui le mne et le malmne2 si ce trait brillait au mo9s p> une exposition m?odique1 n\s aurions pu donn] le squelette de ce ma/odonte de contradictions et d'erreurs4 ,mais ,jean ,reynaud n'a po9t de m?ode4 ,son livre de ,t]re et ,ciel e/ une conv]sation1 btons rompus1 entre un philosophe ?ologi5 de l'av5ir1 ,c'e/ moi-mme1 messieurs1 sans nulle vanit6 et un pauvre ?ologi5 ca?olique 7et je v\s dem&e si le ca?olicisme e/ bi5 reprs5t671 lequel laisse pass] =t respectueusem5t t\tes les b\rdes1 dirait ,mi*el ,montaigne de l'auteur de ,t]re et ,ciel1 absolum5t comme on laisse pass]1 en se rangeant un peu1 les b\lets de canon auxquels il e/ df5du de ripo/]4 ,vieux livre s\s une peau n\velle1 l'ouvrage de ,jean ,reynaud a emprunt jusqu' sa peau4 ,en effet1 c'e/ l'opposition et la c>icature de ces ,soires de ,sa9t-,pt]sb\rg dans lesquelles l'auteur esquive aussi la difficult d'une exposition m?odique p> cette =me trop aise du dialogue1 mais1 du mo9s1 en sait ra*et] l'infriorit p> l'clat de la discussion1 le montant de la rep>tie1 la beaut de la ?se et de l'anti?se et une *>mante v>it de tons1 depuis la bonhomie accablante du ?ologi5 jusqu' la sveltesse militaire2 depuis l'aplomb du gr& seigneur qui bad9e avec la sci5ce comme il bad9]ait avec le ruban de son cra*at jusqu'au gnie de la plaisant]ie comme l'avait ,voltaire4 ,malheureusem5t l'esprit de ,jean ,reynaud n'a pas1 lui1 t\tes ces puissances4 ,il e/ monocorde1 et la corde sur laquelle il j\e n'e/ pas d'or4 ,ses longues diss]tations dialogues1 que ne brise jamais le mo9dre mot spirituel1 manqu5t pr(ondm5t de vie1 d'animation1 de passion en?\sia/e ou conva9cue1 et elles n\s v]s5t dans les ve9es je ne sais quelle torpeur mortelle4 ,on dirait le procd ,gannal appliqu notre esprit t\t vivant4 ,dsagrable s5sation6 ,au milieu de cette logoma*ie ?ologique1 si incroyablem5t ob/9e et dans laquelle p\rtant exclusion e/ faite des miracles1 de la virg9it1 des sacrem5ts1 de l'ide de famille1 il n'y a de clair1 p\r qui sait voir1 que la ha9e de ,jsus-,*ri/ s\s le nom de moy5 ge4 ,seulem5t cette ha9e entortille1 insidieuse1 n\s fait pay] p> un ennui n\s d=m] la figure les emb>ras de la p5se de l'auteur4 ,ah6 qu'on aim]ait mieux un peu de passion fran*e1 et1 comme disait ,%elley1 l'a?e1 que le s]p5t1 une bonne fois1 se dresst sur sa queue et sifflt t\s ses sifflem5ts4 ,au lieu de ces longueurs indcises1 de ces toiles d'araigne philosophiques1 de cette mosaque de fil&reuses diss]tations1 qui se lv5t p> plaques s\s les pi$s de l'esprit et qui en ret>d5t la m>*e1 qu'on aim]ait mieux quelques lignes de conclusion1 nettes et c\rageuses1 les articles 7enf9 arrts7 du ,symbole de la philosophie1 de ce ,symbole qu'on n\s jett]ait la tte1 n\s les arrirs1 comme les ,aptres eur5t autrefois l'impud5ce sublime de jet] le leur1 en bloc1 la tte du g5re huma96 ,mais ri5 de t\t cela4 ,le livre de ,jean ,reynaud e/ et re/e t\t simplem5t une hypo?se1 qu'on propose1 mais qu'on n'impose pas444 ,ils sav5t trs bi5 risqu] le faux1 les philosophes1 mais ils ne sont jamais assez srs que le faux qu'ils risqu5t e/ le vrai p\r avoir l'aplomb d'en faire un symbole4 ,ceci n'e/ rs]v qu'aux prtres4 ,n\s l'avons dit dj1 ce trait de ,t]re et ,ciel1 qui n'a de grave que le ton1 agr&it va9em5t et ca*e mal1 s\s le trompe-l'oeil des dtails sci5tifiques1 une ?orie qui1 rduite ses plus simples t]mes1 n'e/ que ridicule et444 immorale2 c> voil son ct srieux6 ,la mtempsycose1 ou la trans=mation successive de l'humanit1 emporte la morale huma9e dans sa visible absurdit4 ,si cette trans=mation qui recomm5ce t\j\rs e/ en effet la loi du monde1 t\s les crimes et mme l'assass9at ne sont plus que des drangem5ts de molcules qui sauront t\j\rs bi5 se recon/itu]1 et l'affreux pote du suicide avait bi5 raison qu& il *antait3 ,de son sort l'homme seul dispose6 ,il a t\j\rs1 qu& il lui plat1 ,dans la balle d'un pi/olet1 ,la clef de sa mtamorphose6 ,telle e/ la conclusion que les hommes pratiques tir]ont de la doctr9e du philosophe4 ,assurm5t1 on doit espr] que de si dgradantes consqu5ces1 une fois seulem5t indiques1 dim9u]ont un peu dans l'op9ion l'importance que le p>ti philosophique anti*rti5 veut crer au livre de ,jean ,reynaud4 ,et qu'on n\s p]mette d'aj\t] encore un d]ni] mot4 ,qu& on s'lve une c]ta9e hauteur1 il n'y a plus que deux sortes de livres1--deux gr&es catgories1 dans lesquelles t\s les g5res et t\s les sujets peuv5t r5tr]3 les livres faits p> l'obs]vation et les livres faits p> la rv]ie4 ,obs]vation et rv]ie1 voil les tiges-mres de t\tes les familles de l'esprit huma94 ,eh bi51 ni comme obs]vateur ni comme rveur ,jean ,reynaud n'occup]a une place leve dans la hir>*ie des intellig5ces de son temps6 ,t\t au plus donn]a-t-il le bras ,pi]re ,l]\x1 l'auteur de l',humanit1 avec lequel il a plus d'une analogie1 et s'en iront-ils t\s deux la fosse commune de l'oubli4 ,obs]vateur nul1 puisque son sy/me n'e/ qu'une induction1 et ri5 de plus1 il *oque pr(ondm5t en n\s la facult qui a soif de ralits et de vrit1 mais il n'intresse pas l'imag9ation davantage4 ,qu& on a lu cet imm5se volume d'hypo?ses sur la pluralit des mondes t]nels1 savez-v\s quoi l'on ret\rne p\r se dlass] d'une telle lecture8444 ,aux hi/oriettes a/ronomiques de ,font5elle et aux gasconnades de ,cyrano de ,b]g]ac4 ,,donoso ,,cort,s#f ,i ,intellectuellem5t1 c'e/ une frgate la m] que la publication de ces oeuvres#g de ,donoso ,corts4 ,*>gs de vrit et1 p\r a9si p>l]1 pavoiss des c\leurs d'un gr& tal5t1 dont le c>actre e/ l'clat1 ces trois volumes1 comme le vaisseau que montait l'aeul de ,corts p\r all] la conqute d'un monde1 s'en vont la conqute des mes1 qui sont aussi des mondes1 et peut-tre plus difficiles conqurir444 ,quelle que soit leur de/9e1 c'e/ un s]vice r5du l'glise que d'avoir p5s les traduire et les publi] dans cette langue franaise qui n'e/ pas seulem5t1 comme on l'a dit1 la langue de la diplomatie et de la philosophie1 mais qui e/ plus qu'une autre la langue de la propagation et de la foi4 #f ,oeuvres de ,donoso ,corts1 m>quis de ,valdegamas1 prcdes d'une introduction p> ,l\is ,veuillot 7,pays1 #f juillet #ahei74 #g ,vaton4 ,donoso ,corts1 m>quis de ,valdegamas1 e/ un des criva9s ca?oliques les plus m95ts de ces d]nires annes4 ,il a laiss1 presque ds son db1 des traces trop vives et trop pr(ondes dans l'op9ion contempora9e p\r qu'on pt oubli] de runir les crits dus cette plume brillante que la mort a si tt brise1 et qu'il et brise lui-mme s'il avait vcu davantage1 tant elle satisfaisait peu son me sa9te6 ,d'un bi5 autre gnie que ,silvio ,pellico1 mais d'une humilit non mo9s t\*ante1 le m>quis de ,valdegamas avait plus de confiance dans une diza9e de *apelet1 dite d'un coeur f]v5t1 que dans t\s les talages de la p5se4 ,et il avait raison6 ,mais ses amis qui le publi5t auj\rd'hui n'ont pas tort p\rtant de le publi]4 ,ils sav5t que ,dieu1 p\r trav]s] les coeurs1 met dans nos c>quois t\tes sortes de fl*es1 et que la fl*e du tal5t pntre encore aprs les plus p]antes1--celles de la prire et de la *>it6 ,du re/e1 ca?oliques avant t\t1 ils n'ont po9t publi les oeuvres compltes du m>quis de ,valdegamas4 ,ils ont laiss la littrature de l'homme exclusivem5t littraire 7,donoso ,corts l'avait t un mom5t71 et ils n'ont pris dans ses travaux que ce que le ca?olicisme a anim de son inspiration t\te-puissante4 ,ils se sont donc /rictem5t r5f]ms dans l'oeuvre ca?olique de ,donoso1 tr\vant le re/e de peu de signifiance1 mme p\r sa gloire4 ,en cela1 ils ont sa9em5t jug4 ,donoso ,corts1 cet criva9 inconte/ablem5t suprieur p> un tal5t qui t\*e au premi] ordre1 cet orateur qui a p\ss ces deux ou trois disc\rs dont l'air que n\s avons aut\r de la tte vibre encore1 l'illu/re ,donoso ,corts1 disons-le brutalem5t1 ne s]ait ri5 sans le ca?olicisme1 et ce n'e/ pas1 c]tes6 p\r l'abaiss] que n\s disons cela4 ,re/ l'homme des p5ses du temps1 il ne se s]ait jamais beauc\p lev au-dessus de la fonction vulgaire d'un mdiocre littrateur4 ,pitre de/9e6 ,mais1 avec le ca?olicisme1 son gnie a comm5c dans son me4 ,c'e/ le ca?olicisme qui lui a cr une p5se4 ,il a reu la langue de feu444 ,il ne l'avait pas6 ,,ii ,et la preuve1 elle e/ ici1 dans ces oeuvres qui ne sont pas compltes1 mais *oisies4 ,trop facile donn] si n\s exam9ions l'intgralit des crits de ,donoso ,corts1 cette preuve ne brille que mieux en ces oeuvres p>tielles1 runies p> ces deux soeurs pieuses1 l'admiration et l'amiti4 ,les diteurs de ,donoso ont publi1 avec son ouvrage pr9cipal3 l',essai sur le ca?olicisme1 le libralisme et le socialisme1 qui a fix sa gloire et qui la g>d]a1 beauc\p de disc\rs1 d'articles de j\rnaux1 de lettres dates de div]ses poques1 et il en e/ plusieurs de celles-l o1 comme tant de ses contempora9s1 ,donoso ,corts1 trop =t d'esprit p\r n'avoir pas le respect du ca?olicisme1 reculait encore devant la pratique1 cet effroi des l*es1 sans laquelle il e/ impossible au p5seur le plus =t de se ju/ifi] t\t son respect4 ,eh bi51 quoique t\s ces crits port5t1 des degrs diffr5ts1 la m>que de ce ca?olicisme qui f9it p> s'emp>] compltem5t de ,donoso ,corts et le fit natre =ce de le fcond]1 il saute aux yeux que les plus faibles ca?oliquem5t de ces crits sont1 au po9t de vue du tal5t seul1 d'une faiblesse plus que relative6444 ,on voit1 clair comme le j\r1 trav]s ces crits1 ce qu'aurait t t\te sa vie ,donoso ,corts sans ce ca?olicisme matrisant et transfigurateur qui fut le ciel p\r son tal5t4 ,il s]ait1 sans nul d\te1 re/1 en t\tes *oses1 l'homme de l'incroyable jugem5t sur ,talleyr& de ,la ,france en #ahdb1 et cet homme tait un rhteur4 ,il n'y a qu'un rhteur1 en effet1 et un rhteur de la pire espce1 qui puisse comp>] ,napolon et ,talleyr&1 et mettre ,talleyr& au-dessus de ,napolon6 ,oui6 cette ta*e de la rhtorique se s]ait t5due sur t\te la p5se1 et la taie et bi5tt c\v]t l'oeil4 ,cet esprit1 n brillant1 n'aurait bi5tt plus rsi/ la t5tation d'une seule anti?se4 ,la solidit ne s]ait pas v5ue1 ni la =ce simple ni la s9crit4 ,le tal5t de nature aurait gr&i1 plus ou mo9s m5songe ou c>esse2 le tal5t de grce n'aurait po9t p>u4 ,n\s aurions eu dans t\t son dveloppem5t le rhteur qui e/ au fond--t\t au fond--du tal5t de ,donoso ,corts2 c> il y e/1 le rhteur1--plus ou mo9s d\1 plus ou mo9s puissant1 ce n'e/ pas la "q6--mais il y e/4 ,malgr la grce du ca?olicisme1 la ,critique l'y voit encore s\s cette grce qui a t\t dompt4 ,donoso ,corts e/ du pays des gr&s rhteurs1 ,snque1 ,luca9 et ,gongora4 ,il l'e/ aussi1 mme qu& il croit et veut le mo9s l'tre1 mme qu& il insulte la beaut littraire3 ,j'ai eu--dit-il dans une lettre ,montalemb]t--le fanatisme de l'expression1 le fanatisme de la beaut dans les =mes1 et ce fanatisme e/ pass444 ,je ddaigne plutt que je n'admire ce tal5t qui e/ plus une maladie de n]fs qu'un tal5t de l'esprit444 ce qui e/ assez insol5t et assez faux1 p> p>5?se4 ,et au mom5t mme o il crit cela1 sans transition et comme p\r se punir1 il aj\te ce mot de rhteur inconsqu5t1 de rhteur incorrigible1 qui t\t c\p rep>at3 ,les =mes d'une lettre ne sont ni littraires ni belles4 ,misrable axiome de rhtorique1 non mo9s faux6 ,et p\rquoi ne s]ai5t-elles pas belles8444 ,mais laissons l ces dda9s factices qui n'ont pas le droit d'exi/]4 ,le ca?olicisme1 cette s\rce sublime d'inspiration1 a donn ,donoso ,corts une assez belle =me p\r qu'il ne puisse la ddaign] sans affectation ou sans inju/ice1 et il ne la lui a donne qu' la condition d'lev]1 d'pur]1 de gr&ir t\tes les =ces de sa p5se2 c> la p5se et la =me ne se sp>5t pas4 ,elles sont congnres et consub/antielles4 ,l'homme ne se dd\ble pas4 ,il y prirait4 ,les rhteurs seuls ont pu inv5t] cette platitude du vtem5t et du corps1 p\r dire le /yle et la p5se4 ,mais o cela s'e/-il vu8 ,p\r notre "p1 n\s ne croyons pas plus l'criva9 sans p5se qu'au p5seur sans /yle444 ,kant lui-mme a du /yle1 qu&1 p> r>et1 il a raison4 ,,iii ,donoso ,corts1 qui a t\j\rs raison qu& il e/ entirem5t ca?olique1 e/ donc un gr& criva9 dont la ,critique e/ appele1 auj\rd'hui qu'on publie ses oeuvres1 dire les dfauts et leur t5due1 les qualits et leur limite4 ,son mrite le plus net1 nos yeux1 le plus gr& honneur de sa p5se1 c'e/ d'avoir aj\t une preuve inf9ie2 c'e/1 aprs tant de p5seurs et d'apologi/es qui1 depuis dix-huit c5ts ans1 ont dvoil t\s les cts de la vrit *rti5ne1 d'avoir montr1 son t\r1 dans cette vrit1 des cts que le monde ne voyait pas2 c'e/1 enf91 d'avoir1 sur la *ute1 sur le mal1 sur la gu]re1 sur la socit dome/ique et politique1 t n\veau aprs le comte de ,mai/re et le vicomte de ,bonald1 ces imposants d]ni]s v5us6 ,la vrit a des fonds de sac tonnants et 9puisables4 ,on croit que c'e/ la f91 et voil que t\t recomm5ce1 sans se rpt]6 ,ce que le comte de ,mai/re et le vicomte de ,bonald fir5t contre les erreurs de leur temps1 le m>quis de ,valdegamas l'a fait contre les erreurs du si51 et il l'a fait avec des qualits t\t la fois semblables aux leurs et diffr5tes444 ,l'un 7le comte de ,mai/re7 tait un gr& esprit intuitif2 l'autre 7le vicomte de ,bonald7 un gr& esprit d'en*anem5t4 ,donoso ,corts a bi5 p>fois l'ap]u de ,joseph de ,mai/re1 mais cet ap]u n'arrive pas *ez lui1 comme *ez de ,mai/re1 p>eil un trait de lumire qui "p du fond de la p5se1 au rayon visuel qui jaillit du c5tre de l'oeil4 ,c'e/ lui plutt1 ,donoso1 qui arrive l'ap]u comme une lumire en dehors de sa p5se1 et1 =ce d'all] v]s elle1 de raisonnem5t en raisonnem5t4 ,on p\rrait dire de ,donoso ,corts qu'il a de l'ap]u p> dveloppem5t1 t&is que p\r de ,mai/re l'ap]u po9t d'abord et le dveloppem5t vi5t ensuite1 s'il en e/ beso94 ,p\r cette raison mme1 ,donoso ,corts a c]ta9em5t autant de logique que de ,bonald4 ,il y a plus3 on peut affirm] que c'e/ la logique1 entre t\tes les puissances de son esprit1 qui lui fait sa supriorit absolue4 ,il en a les =mes rigides et s\ples1 l'en?ymme1 l'numration1 le sorite4 ,c'e/ t\j\rs enf9 de la pure logique qu'il tire1 lorsqu'elle e/ belle1 t\te la beaut de sa p5se4 ,soit donc qu'il fasse acte d'criva9 tte repose ou d'orateur s'exprimant dans un p>lem5t1 ,donoso ,corts e/ p>t\t et surt\t un =midable logici51 et tellem5t logici5 qu'il ne cra9t pas d'tre scola/ique p> la =me1 c> il a assez d'expression son s]vice p\r ne jamais p>atre sec4 ,il a1 en effet1 les dons du gnie espagnol4 ,il en a la sol5nit1 qui e/ l'emphase cont5ue4 ,il en a la pompe1 l'h>monie1 le nombre1 la plnitude1 la sonorit4 ,c'e/ un l>ge c\rs de p5ses que ses p5ses1 en*anes les unes aux autres comme les flots aux flots1 mais auxquelles il faut de la place4 ,il faut ,donoso ,corts de l'espace p\r r\l] son fleuve6 ,il n'a pas le monosyllabe1 la paillette qui fait du fleuve un ,pactole1 la po9te acre et t9celante1 ce cl\ d'or1 qu& il n'e/ pas de diamant1 qu'avait ,joseph de ,mai/re1 et qu'il fi*ait si bi51 de sa ma9 spirituelle1 entre les blocs c>rs et lisses de son /yle au cim5t roma94 ,le /yle d'un homme1 lorsque cet homme n'e/ pas assez =t p\r le faire avec sa seule manire de s5tir1 a ses orig9es4 ,pascal1 p> exemple1 c'e/ ,montaigne1 plus la manire de s5tir de ,pascal1 et cette manire1 c'tait l'p\vante1 l'eff>em5t1 le cabrem5t devant l'abme4 ,l'orig9e du /yle de ,donoso ,corts e/ sa9t ,augu/9 dans ses ,confessions4 ,sa9t ,augu/9 l'attire p> sa t5dresse1 la gr&e qualit de son esprit et de son me4 ,il l'attire aussi p> son dfaut peut-tre1 c> sa9t ,augu/91 s\s les magnific5ces de son gnie1 comme ,donoso ,corts s\s le si51 ca*e son atome de rhteur4 ,,iv ,tel n\s tr\vons en ces trois volumes le tal5t du m>quis de ,valdegamas4 ,plus oratoire que littraire1 ,donoso ,corts a1 mme lorsqu'il s'ef=ce d'tre didactique1 comme dans son ,essai sur le ca?olicisme1 le libralisme et le socialisme1 les aspirations1 les apo/rophes1 le m\vem5t et le r$\blem5t anti?tique4 ,il a de l'orateur3 ,il doit avoir lu imm5sm5t les s]monnaires4 ,il a les gr&s mots oratoires qui une fois dits ne s'oubli5t plus3 ,ou un seul homme--dit-il un j\r--suffirait p\r sauv] la socit3 cet homme n'exi/e pas2 ou1 s'il exi/e1 ,dieu diss\t p\r lui un peu de poison dans les airs6 ,un autre j\r3 ,dieu a fait la *air p\r la p\rriture1 et le c\teau p\r la *air p\rrie4 ,et encore3 ,o que l'homme porte ses pas1 il la r5contre 7la d\leur71 /atue muette et en l>mes1 t\j\rs devant lui6 ,rappelez-v\s ce qu'il dit une fois de ,sa9te-,hlne3 ,napolon1 le matre du monde1 devait m\rir sp> du monde p> un foss dans lequel c\l]ait l',ocan4 ,il p>le quelque "p de je ne sais quelle doctr9e indigne de la maje/ de l'absurde4 ,un peu plus1 il s]ait dclamateur2 mais il s'arrte temps et le gt e/ sauv4 ,du re/e1 r>em5t f91 et ceci l'honore444 ,la f9esse de l'esprit n'e/ s\v5t qu'une ress\rce de sa l*et4 ,donoso e/ le c\rage mme4 ,il a la foi de ce qu'il dit1 et il ne se baiss]ait pas d'une ligne p\r ramass] t\t un monde de popul>it si ,dieu le mettait ses pi$s4 ,c'e/ le contraire d'un autre clatant1 de ,*ateaubri&1 sur lequel il l'emporte p> la puret1 le calme et la beaut de l'me1 s'il ne l'emporte pas p> la beaut de son gnie4 ,il se s\cie peu de la gloire4 ,je ne veux pas que mon nom rsonne--dit-il dans une de ses lettres2--je ne veux pas que les *os le rpt5t et qu'il ret5tisse sur les montagnes4 ,il n'e/ pas en mon p\voir d'emp*] mes adv]saires de le prononc]1 mais je suis rsolu emp*] mes amis de le faire1 et c'e/ le b de cette lettre4 ,et lorsqu'il crit cela il e/ trs vrai4 ,il e/ consqu5t ce qu'on tr\ve p>t\t1 ma9te page de ses oeuvres3 ,l'idal de la vie1--dit-il1--c'e/ la vie mona/ique4 ,ceux qui pri5t p\r le monde font plus que ceux qui combatt5t4 ,et1 en effet1 lui1 l'ambassadeur qui n'a jamais fait comme ,*ateaubri&1 ce fat d'affaires1 ce porteur d'empire sur le b\t du doigt1 ennuy la mort si on l'en croyait et lass de ce faucon qui pse si peu au po+ du gnie1 il allait1 lorsque la tombe le prit1 quitt] simplem5t ses co/umes de palais1 qu'il n'appelle nulle "p des gu5illes1 et revtir une s\tane4 ,dieu ne le p]mit po9t2 il lui g>dait un autre autel dess]vir4 ,il l'appela et en fit son prtre444 p\r l't]nit1 dans les cieux6 ,v ,n\s avons dit que l'ouvrage pr9cipal de ,donoso ,corts1 le seul qui lui g>d]a dans la po/rit cette gloire laquelle il ne t9t po9t durant sa vie1 tait son ,essai sur le ca?olicisme1 le libralisme et le socialisme1 et c'e/ mme le seul ouvrage rgulirem5t compos qu'il ait laiss p>mi ses oeuvres4 ,turbul5ces dans un temps turbul5t1 cris loqu5ts p\sss s\s la pression des circon/ances1 les autres crits de ,donoso ,corts1 disc\rs1 articles de j\rnaux ou lettres1 ne sont pas des livres proprem5t p>l] et dont la ,critique puisse donn] l'anatomie4 ,on les lira encore quelque temps1 puis ils tomb]ont des ma9s1 ne laissant dans les esprits d'autre impression que l'impression du bruit qu'ils fir5t1 et ce s]a bi5tt effac4 ,les j\rnali/es et les orateurs sont plus mortels que les autres hommes4 ,ils se rsolv5t mieux et plus vite en p\ssire4 ,voix de la b\*e1 voix de la plume1 qui se sont fies l'air1 cette petite b\ffe de v5t dans laquelle elles ont p>l444 ,le v5t ne les trahit pas1 et il les emporte6 ,quoiqu'il ait eu1 comme orateur1 ses deux trois mom5ts sublimes1 ,donoso ,corts1 ni dans le j\rnal ni la tribune1 n'a t un de ces voyants di/ance1 qu'on n\s passe le mot6 un de ces prophtes de longueur qu'il faut =cm5t tre si1 comme orateur ou comme j\rnali/e1 on a la prt5tion1 que je tr\ve un peu =te1 de ne pas m\rir4 ,dans ses ,lettres sur la ,france en #ahea1 il p>c\rt1 j\r p> j\r1 le c]cle que t\tes les intellig5ces de ce temps1 qu& elles n'tai5t pas folles1 ont pu p>c\rir2 mais je ne vois ri5 l de prdom9ant et de suprieur4 ,les vnem5ts lui donn5t dans les yeux de leur impalpable c5dre de *aque j\r et font cill] ses mlancoliques paupires1 qui n'ont pas l'immobilit de celles de l'aigle4 ,lorsque ailleurs1 je crois1 sur cette imm5se et noire t5ture de mort dans laquelle il voit l',europe enveloppe 7et qui l'e/444 peut-tre71 il se mle de dc\p] de petites prophties spciales1 il ne russit pas4 ,il manque son c\p3 ,si la ,russie--dit-il--entre en ,allemagne1 il n'y a plus qu' accept]1 en y aj\tant le mot de ,napolon3 ,l',europe s]a rpublica9e ou cosaque444 si elle n'e/ ca?olique1 et p\rtant ri5 de t\t cela n'e/ arriv4 ,la peur1 comme l'espoir1 voit plus gr& que nature4 ,le vieux monde s'e/ rassis sur ses vieux fondem5ts1 et 'a t t\t4 videmm5t1 la gloire vraie de ,donoso ,corts n'e/ po9t dans des p]spicacits de cet ordre4 ,elle e/ ailleurs1 et c'e/ dans son ,essai sur le ca?olicisme qu'il faut la *]*]4 ,elle e/ aussi dans cette philosophie de l'hi/oire qu'on tr\ve1 ds #ahdi1 dans la lettre1 date de ,b]l91 ,montalemb]t1 et qui e/ d'ailleurs la vue gnratrice de t\tes les vrits de l',essai1 lesquelles sont nombreuses4 ,cette vue exprime et dveloppe dj p> ,donoso ,corts1 et qu'il dmontre1 savoir3 le triomphe naturel du mal sur le bi51 et le triomphe surnaturel de ,dieu sur le mal1 p> le moy5 d'une action directe p]sonnelle et s\v]a9e1 n'avait jamais t =mule avec cette plnitude et cette vigueur4 ,c'e/ dans la radieuse cl>t de cette vue complte que ,donoso crivit l',essai1 qui e/ t\t ensemble la plus pr(onde apologie du dogme ca?olique et une attaque contre les doctr9es contempora9es dont le b e/ d'abattre ce dogme et de le ru9]4 ,p\r ,donoso ,corts comme p\r ,blanc-,sa9t-,bonnet 7une autre gloire ca?olique qui se fait prs5tem5t devant ,dieu1 et qui1 un j\r1 saisira l'att5tion des hommes71 la ?ologie e/ la seule sci5ce qui explique l'hi/oire1 qui la prp>e et puisse la g\v]n]1 et il le pr\va en en appliquant les notions t\s les problmes s\levs dans son livre4 ,l il dposa t\t son ef=t1 t\te sa =ce1 et sa vie presque4 ,il m\rut1 en effet1 quelque temps aprs qu'il eut f9i ce livre1 qu'on mettra dsormais entre les ,soires de ,sa9t-,pt]sb\rg et les ,re*]*es philosophiques de l'auteur de la ,lgislation primitive2-- ct1 mais un peu au-dess\s des ,soires2 ct des ,re*]*es1 mais aussi un peu au-dessus4 ,avec son seul livre de l',essai1 le m>quis de ,valdegamas s'e/ plac entre le comte de ,mai/re et le vicomte de ,bonald1 qu'on p\rrait presque appel] les ,pres laques de l'glise roma9e4 ,on s'en s\vi5t1 ils avai5t1 au ,x,v,i,i,ie sicle1 mis p>t\t leurs trois dieux3 ,voltaire1 ,r\sseau et ,frankl91 qu'ils appelai5t le ,flambeau de l'humanit1 dans le /yle du temps1 srieux et comique1 dclamatoire et plat4 ,n\s1 ca?oliques du ,x,i,xe sicle1 n\s n'avions oppos] aux trois colosses de la philosophie que deux hommes de hauteur1 qui en valai5t bi5 trois1 il e/ vrai3 de ,mai/re et de ,bonald2 mais il n\s manquait le troisime4 ,a prs5t1 n\s l'avons1 et ce s]a ,donoso ,corts4 ,dans cette rplique d'un sicle un autre p> ses plus gr&s hommes1 le comte de ,mai/re1--avec son esprit m]veilleux1 si ari/ocratique1 si franais1 et ce don de plaisant]ie *>mante qui tait comme la fleur de son pr(ond gnie1--le comte de ,mai/re ti5t naturellem5t la place de ,voltaire1 et c'e/ bi5 le ,voltaire du ca?olicisme1 en effet4 ,bonald1 qui en e/ le ,montesquieu1 ,bonald1 loqu5t =ce de dialectique1 s'y oppose vivem5t ,r\sseau1 et1 *ose s+ulire et piquante6 ,donoso ,corts1 du pays du ,cid et de sa9te ,?rse1 ,donoso ,corts1 qui a mis t\tes les sci5ces de la t]re aux pi$s de la ?ologie1 y fait vis--vis et contra/e au naturali/e ,frankl96 ,,vi ,les oeuvres *oisies de ,donoso ,corts sont prcdes d'une introduction de ,l\is ,veuillot1 qui1 comme il n\s l'appr5d1 fut l'ami du m>quis de ,valdegamas4 ,cette introduction e/ de la placidit ple9e de =ce qu'ont les *rti5s qu& ils reg>d5t deux *oses tri/es3--le monde et un tombeau4 ,elle n'a po9t de *tive petite mlancolie4 ,le monde ne sut po9t assez ce que valait ,donoso ,corts1 et ,veuillot l'a dit tranquillem5t1 sans ri5 surfaire4 ,au premi] rang de ce monde p> les titres et les relations1 ,donoso ,corts1 m>quis de ,valdegamas1 n'y ex]a pas t\te l'influ5ce laquelle1 de tal5t et d'me1 il avait droit1 et la faute en fut ju/em5t au monde de ce temps1 hasseur de t\te vigueur et de t\te vrit complte4 ,il fallait un homme comme ,donoso ,corts l'poque de ,xim5s1 et ,xim5s mme p\r m9i/re4 ,il ne l'eut po9t1 et1 comme tant d'autres1 il v9t trop t>d4 ,mais n'admirez-v\s pas cette l\ange amre8 ,le plus gr& honneur qu'on puisse faire aux hommes du ,x,i,xe sicle1 c'e/ de suppos] qu'ils n'en sont pas6 ,,saisset#h ,i ,l',essai de philosophie religieuse d'mile ,saisset veut t\te =ce tre mode/e4 ,c'e/ une composition trs travaille en mode/ie4 ,on s'att5dait peu ce ton1 agrable du re/e1 et conv5able surt\t1 de la "p de ,saisset1 un des diacres de ,c\s91 qui proclamait1 il y a peu d'annes1 que les philosophes tai5t dsormais les seuls prtres de l'av5ir1 et cela avec le cont5tem5t fa/ueux d'un homme qui en t5ait s\s clef t\t un petit sm9aire4 ,saisset1 pr(esseur1 et1 si je ne me trompe1 supplant de ,c\s91 lequel1 lui1 a donn sa dmission de philosophe entre les ma9s des dames et e/ entr dans les pages de madame de ,longueville1 ,saisset a baiss inf9im5t de note depuis le temps o il se croyait un prtre et1 qui sait8 peut-tre un vque des temps futurs4 ,sa religion de l'av5ir lui p>at1 en ce mom5t1 =t m5ace1 et son livre e/ un cri d'al>me2 mais un cri d'al>me discrtem5t p\ss1 c> t\t e/ discret dans ,saisset3 le ton1 le tal5t1 et mme la peur4 #h ,essai de ,philosophie religieuse 7,pays1 #h novembre #ahei74 ,il a peur1 en effet4 ,et il y a de quoi4 ,la philosophie qu'il adore 7sic7 e/ c]ne et va m\rir un de ces j\rs1 non pas1 comme ,con/ant9 ,palologue1 au c5tre d'un monceau d'ennemis circulairem5t immols aut\r d'elle1 c> la philosophie de ,saisset n'a jamais tu p]sonne3 elle n'e/ meurtrire que de vrit2 mais elle va m\rir au milieu d'ennemis *aque j\r plus nombreux1 plus prompts aux c\ps et plus puissants444 ,p>mi eux1 bi5 ent5du1 le ca?olicisme e/ l qui la presse1 et non pas seulem5t le ca?olicisme f>\*e1 ha9eux1 ?ocratique et rtrograde1 que hait mode/em5t ,saisset1 mais le d\x1 le rationnel1 le tolrant1 que les prtres des temps futurs s\ffr5t auprs d'eux en att5dant leur propre ord9ation df9itive4 ,il e/ assez simple et assez naturel que le ca?olicisme soit contre la philosophie1 qui veut lui succd]4 ,mais voici plus tonnant et plus t]rible4 ,la philosophie e/ attaque p> la philosophie elle-mme4 ,ses p>ricides entrailles se ret\rn5t contre elle4 ,tu quoque1 fili6 ,elle e/ frappe p> son fils ,brutus4 ,le fils ,brutus de la philosophie e/ le pan?isme1 et ce fils ,brutus mrite bi5 son nom4 ,il e/ brute et brutal4 ,et1 de fait1 le pan?isme1 v\s dira mile ,saisset1 e/ en tra9 de dev5ir t\t l'heure la philosophie univ]selle de l',europe4 ,que l',europe le sa*e ou l'ignore1 qu'elle en soit consci5te ou inconsci5te1 elle e/ en lui1 il e/ en elle1 il e/ p>t\t6 ,il e/ dans les p5seurs1 il e/ dans les arti/es1 il e/ mme dans les femmes1 qui croi5t la sub/ance et plaisant5t444 pan?i/iquem5t6 ,la ,france fut assez jeune1 dans le temps que ,c\s9 n'tait pas encore dans les pages de madame de ,longueville et commissionnait p\r le compte de la philosophie franaise1 la ,france fut assez nave 7ce n'e/ pas l p\rtant son habitude1 mais c'tait la ,france philosophique1 il e/ vrai17 p\r accept] comme une m]veille exotique les g]mes de l'hegelianisme rapports pieusem5t dans le *apeau ou s\s le *apeau de ,c\s91 et cette fleur a donn ses fruits4 ,qui a gt du ,pr\dhon1 du ,ta9e1 du ,r5an1 du ,va*]ot1 les connat1 ces fruits g]maniques1 cultivs p> des ma9s franaises sur un sol franais4 ,ce n'e/ pas bon1 mais c'e/ dem&1 et la philosophie telle que l'enseigne ,saisset comm5ce ne plus plac] ses produits4 ,ils p>aiss5t insuffisants1 fades et mme fadasses1 aux gts dvelopps et la fureur d'un temps dprav4 ,il y a des *oses qui font trembl] ,saisset4 ,l'accroissem5t de la p]sonnalit qui s'en va mon/rueux1 la rage univ]selle de j\ir1 et t\t de suite encore6 enf9 l'activit de l'esprit aiguillonne1 exaspre p> cette rage de j\ir1 voil ce que ne saurait dim9u]1 apais] ou cont5ir la philosophie1 un peu vieillotte1 ma9t5ant1 p\r ce faire1 qu'on appelle proprem5t la philosophie franaise1 celle-l qui sortit de ,desc>tes1--lequel1 lui1 ne sut jamais sortir de lui-mme6--qui fit un j\r sa gr&e fr$a9e de ,locke1 mais qui s'en e/ rep5tie qu& elle fut sur l'ge1 plus morale en cela qu'une de ses amies1 la gr&'mre de ,brang]4 ,eh bi51 cette philosophie e/-elle irrmdiablem5t f9ie8 ,doit-elle df9itivem5t cd] la place1 l'influ5ce et l'empire1 au ca?olicisme1 qui n\s ramn]a au moy5 ge ou au pan?isme1 qui n\s amn]a un ge comme l'hi/oire n'en a pas encore vu8 ,c> la "q se dbat1 selon ,saisset1 entre ces deux alt]natives3 ,il n'y a que deux espces de p5seurs consqu5ts1--dit-il textuellem5t la page ,,xxv de son introduction3--ceux qui ni5t la raison1 la sci5ce et le progrs et veul5t le ret\r de la ?ocratie du moy5 ge1 et ceux qui veul5t une recon/itution radicale de la socit et de la vie huma9e4 ,p\r lesquels n\s prononc]ons-n\s8444 ,aprs ces p>oles et la "q a9si pose1 qui ne croirait que ,saisset a *oisi8 ,qui ne croirait qu'il e/ un de ces radicaux c\rageux1 un de ces pan?i/es qui sembl5t les progressi/es rels en philosophie1 puisqu'ils sont les d]ni]s v5us8 ,et cep5dant1 non6 il ne l'e/ pas4 ,lo9 de *oisir1 il se drobe4 ,bi5 lo9 d'tre une dcl>ation de pan?isme1 le livre e/1 au contraire1 une discussion en =me contre le pan?isme et une doctr9e leve ct p\r *app] aux conclusions envahissantes de ce flau qui s't5d t\j\rs4 ,entre les ?ocrates du moy5 ge et les t]ribles sculi]s de l'av5ir1 qui a donc pu ret5ir ,saisset et lui faire trac] une tang5te p> laquelle il se sauve des uns et des autres8 ,cela e/ curieux1 mais cela doit tre c]ta9em5t la ?ocratie son usage1 cette ?ocratie philosophique qui n'e/ pas rtrograde1 celle-l1 et qu'il a rve p\r lui et p\r ses amis4 ,il ne veut pas manqu] sa prtrise4 ,il ne l*e pas sa "p de tr\peau1 et son livre1 intitul ,essai de ,philosophie religieuse#i1 n'a pas d'autre s5s que celui-l1 s\s ses =mes d'une simplicit pip]esse et d'une mode/ie qui pr\ve qu'on n'a plus la puissance1 c> l'humiliation n'e/ pas l'humilit6 #i ,*>p5ti]4 ,,ii ,mais1 si ,saisset a vu trs ju/e dans les circon/ances contempora9es1 et si la "q morale et intellectuelle du monde doit s'agit] entre les consqu5ts du ca?olicisme et les consqu5ts du pan?isme1 a-t-il vu galem5t ju/e en croyant possible d'tablir1 ou1 p\r p>l] aussi mode/em5t que lui1 de press5tir une troisime solution introduire1 en catim9i1 s\s les reg>ds de l'op9ion1 avec des patel9ages de plume qui montr5t au mo9s de la s\plesse dans son tal5t8 ,si la "q philosophique du temps prs5t e/1 comme il l'a dit et comme je le crois1 la "q de la p]sonnalit div9e2 si1 au t]me o e/ arriv l'esprit huma91 il faut1 de rigueur1 tre p\r l'homme-,dieu tel que la religion de ,jsus-,*ri/ n\s l'enseigne1 ou p\r le ,dieu-homme tel que l'tablit ,hegel1 ,saisset1 qui veut bi5 du s5tim5t *rti51 mais qui ne veut pas de la religion *rti5ne1 et qui1 non plus1 ne veut pas du pan?isme1 qu'il hait comme un voleur d'hritage p>ce qu'il le priv]ait de la succession sur laquelle il a compt1 ,saisset1 qui je ne dem&]ai pas plus qu'il ne peut me donn]1 a-t-il fait1 du mo9s1 dans son ,essai de philosophie religieuse1 p\r le compte de la p]sonnalit div9e1 quelque dc\v]te qui fasse avanc] cette "q8 ,je vi5s de lire cette longue mditation c>tsi5ne1 faite les yeux f]ms et les ma9s jo9tes avec les airs de recueillem5t d'un philosophe en oraison1 dans l'9 pace de la consci5ce1 dans le sil5ce pr(ond de la petite ,trappe psy*ologique que t\t philosophe porte en soi p\r y faire des retraites difiantes de temps en temps et s'y nettoy] l'ent5dem5t1 et1 je l'av\e1 je n'y ai ri5 tr\v qui m'clairt d'un j\r inconnu et fcond la p]sonnalit div9e que n\s autres ca?oliques n\s savons clair] du j\r surnaturel de la foi4 ,et il y a plus6 je n'ai tr\v1 dans cet ,essai de philosophie religieuse1 ni philosophie ni religion1 c> le disme n'e/ pas plus une religion que le spiritualisme n'e/ une philosophie1 et le mot mme d'essai n'e/ pas plus vrai que le re/e avec sa mode/ie1 c> un essai suppose qu'on s'ef=ce dire une *ose neuve1 et l'auteur en r$it une vieille dont n\s sommes blass1 tant n\s la connaissons6 ,en effet1 ,saisset1 dans ce livre n\veau1 quoiqu'il soit imit de ,desc>tes1 e/ t]nellem5t le ,saisset de la ,revue des ,deux ,mondes et des ,essais sur la religion et la philosophie au ,x,i,xe sicle4 ,les philosophes ont bi5 p>fois des vellxs de trans=mation1 mais ils ne russiss5t gures s'enlev] de la glu d'ides dans laquelle ils ont t pris une fois1 et leur p5se y re/e prise4 ,l'englum5t clectique n'a po9t manqu ,saisset4 ,il ne s'en retir]a jamais4 ,l'clectique qu'il fut dans sa jeunesse1 il l'e/ encore4 ,philosophiquem5t1 comme t\s ses p>eils1 les clectiques du comm5cem5t du sicle1 faits p> ,c\s9 son image1 il a t\j\rs eu un petit bagage d'ides =t lg]4 ,comme les clectiques1 ces emprunteurs t\t le monde1 il les doit1 ses ides1 ,desc>tes1 ,leibnitz ou ,reid1 et cela s'appelle la progression des tres1 le gr& optimisme1 la lib]t huma9e1 la ,provid5ce et l'tude des faits de consci5ce2 et voil la valise faite de ,saisset et de ces messieurs6 ,eh bi51 auj\rd'hui que cette philosophie c\rt-vtue et en s\li]s plats1 et =t plats1--comme la ,p]rette1 portant sur sa tte son pot au lait1 dans la fable1--auj\rd'hui que cette philosophie a une peur blme p\r ce pot au lait qui va tomb] peut-tre1 ,saisset a-t-il au mo9s aj\t quelque *ose son poids p\r en assur] l'quilibre8 ,y a-t-il mis le poids d'une ide de plus1 et n'e/-ce pas sans cesse le mme ballonnage de spirituali/e et de provid5tiel1 qui ne le/e ri51 n'assure ri5 et titube t\j\rs8444 ,son livre e/ divis en deux p>ties3 la premire e/ l'hi/oire discursive et critique des philosophes antrieurs et contempora9s et de leurs sy/mes3 ,desc>tes1 ,malebran*e1 ,sp9oza1 ,newton1 ,leibnitz1 ,kant1 ,fi*te1 ,s*ell+ et ,hegel1 et1 dans un temps o la philosophie n'e/ plus que l'hi/oire de la philosophie1 cette p>tie du livre1 dans laquelle il y a l'habitude des matires traites qui s+e assez bi5 le tal5t1 se recomm&e p> l'intrt d'une discussion m5e gr& tra9 et avec aisance2 mais1 d'importance de sujet1 elle e/ bi5 infrieure cette seconde p>tie o l'esprit s'att5d tr\v]1 contre t\tes les erreurs et les extravagances signales p> l'auteur dans t\tes les philosophies1 un b\lev>d doctr9al solide1 et s'a*oppe assez tri/em5t contre ces inf9im5t petits philosophiques3 le disme de la psy*ologie et ses consqu5ces inductives et probables1--ce disme dont ,bossuet disait1 avec la premptoire autorit de sa p>ole1 qu'il n'e/ qu'un a?isme dguis6 ,av\ez que c'e/ l une puissante manire de =tifi] aux yeux des hommes la p]sonnalit de ,dieu4 ,telle e/ p\rtant la ?orie d'mile ,saisset4 ,ce n'e/ pas mme une ?orie4 ,ce sont des affirmations peu c>res et peu appuyes1 mais rondes plutt et glissantes1 de ces inductions donnes c5t fois p> l'cole c>tsi5ne t\t entire1 cette cole du moi qui n'a jamais su jet] de pont d'elle ,dieu et dont l'auteur de l',essai d'une philosophie religieuse a rpt1 sans les v>i]1 les t]mes connus4 ,ce n'e/ ni plus ni mo9s qu'un petit cat*isme c>tsi5 l'usage des faibles qui ne veul5t pas dev5ir =ts1 c> la =ce1 c'e/ une tmrit p\r les prud5ts1 et la =ce s]ait1 sur cette "q de ,dieu1 de s'lev] plus haut qu'une philosophie qui la pose1 l'agite1 mais n'a jamais pu la rs\dre4 ,c]tes6 oui1 ,saisset a bi5 raison d'tre mode/e4 ,qu& il l'e/1 on peut le pr5dre au mot4 ,sans orig9alit d'aucune sorte1 trivial mme dans le faux1 p> exemple dans la "q des religions1 qui ne sont1 d'aprs lui1 que des amusettes et des symboles1 l'oeuvre de ,saisset n'ose ri5 de dogmatique et de rellem5t dcisif sur la p]sonnalit div9e1 d'abord p>ce que le disme pur ne le p]met pas1 et ensuite p>ce que1 sur cette "q de ,dieu1 l',in/itut ne se s\cie pas qu'on dpasse la ligne circonspecte d'une haute conv5ance sociale4 ,or1 ,saisset e/ un di/e qui vit t\j\rs1 de p5se1 de dsir et d'me1 en la prs5ce de l',in/itut4 ,,iii ,mais1 si le livre de ,saisset e/ d'une si pr(onde nullit dans sa p>tie affirmative1 n\s s]ons assez ju/e p\r rev5ir et p\r insi/] sur la valeur de la p>tie ngative ou critique de son ouvrage4 ,cette p>tie ngative1 d'ailleurs1 e/ t\j\rs la meilleure *ez t\s les philosophes1 ce qui1 p> p>5?se1 e/ un cruel arrt1 implicitem5t port p> les faits1 contre la philosophie elle-mme4 ,les philosophes ne sont vraim5t =ts que les uns contre les autres4 ,sans leurs erreurs mutuelles1 que s]ai5t-ils8444 ,saisset1 qui n'a jamais t une de ces supriorits qui ont1 de gnie1 le droit de haute et basse ju/ice sur les sy/mes c\v]ts du porte-respect des gr&s noms1 ,saisset1 qui ne fut jamais ri5 de beauc\p plus qu'un joli sujet en philosophie1 n'en a pas mo9s ex]c la magi/rature du bon s5s et de la raison1 en ma9t endroit de ses critiques1 contre des hommes de l'imposance d'un ,leibnitz1 d'un ,desc>tes1 d'un ,kant1 d'un ,sp9oza4 ,je sais bi5 qu'en relevant l'erreur il re/e c\rb devant celui qui l'a produite1 et je reconnais l le joli sujet dont je p>lais t\t l'heure1 respectueux p\r ses matres et ob/9 au respect p\r eux1 malgr leurs plus honteuses et leurs plus dang]euses folies4 ,un esprit plus vig\reux que celui de ,saisset ne vnr]ait pas la =ce jusque dans l'abus qu'on fait d'elle1 un bon s5s plus fi] n'aurait pas de ces attitudes devant les gau*issem5ts du gnie ou ses crimes1--c> les fautes intellectuelles d'un homme inve/i de facults transc5dantes peuv5t all] jusque-l2 mais il faut se rappel] que ,saisset e/ pr(esseur1 et je nomme ce respect dplac le mal de l'cole4 ,un pr(esseur n'a pas la re*]*e libre de la philosophie4 ,il e/ pr(esseur avant d'tre philosophe4 ,s'il tait plus philosophe1 il ne s]ait pas pr(esseur444 ,de plus1 qu& on vit en intimit d'tude avec les gr&s esprits philosophiques1 avec ces gr&s c]veaux1 t\s fausseurs ou corrupteurs1 plus ou mo9s1 de la tte huma9e1 si on leur arra*e p> la rflexion l'intgrit de sa p5se1 on leur laisse de sa dignit p> l'admiration qu'on ne leur arra*e pas1 et c'e/ ce qui e/ arriv ,saisset qu& il se sp>e des sophismes de ses matres et qu'il a le c\rage de les montr]4 ,a9si p\r ,sp9oza1 p> exemple1 dont il voit trs bi5 le vice radical et pr(ond1 le vice irrmissible1 il re/e sans conclure p> le mpris mrit avec ce fakir holl&ais et juif beauc\p trop vant1 n de la kabbale et du gno/icisme1 dans un co91 et qui ne fut jamais que le gnie obscur de l'ab/raction et de la gomtrie1 dvoy dans l'tude de l'homme4 ,l'en?\siasme du m&>91 et je dirai plus1 de l'coli]1 e/ ici plus =t que le bon s5s primitif1 et met un dfaut de proportion des plus *oquants entre la critique qu'on s'e/ p]mise et l'admiration qu'on g>de encore444 ,eh bi51 cela e/ infrieur6 ,il e/ infrieur aussi1 aprs avoir conclu au p>ticuli] dans *acune de ces biographies intellectuelles1 de n'avoir pas su conclure au gnral et1 aprs avoir fait pass] philosophes et sy/mes p> le creuset de l'analyse1 de n'avoir pas jaug d'un d]ni] reg>d la puissance en soi de la philosophie4 ,otez1 en effet1 les vrits indmontrables et ncessaires la vie et la p5se huma9es qu'on savait avant les philosophes et auxquelles ils n'ont pas donn un degr de c]titude de plus1--le nombre inf9i de leurs sophismes laborieux1--les =ces d',h]cule p]dues p> eux p\r saisir le faux ou le vide1--le mal social de leurs doctr9es1 qui n'ont pas mme beso9 d'tre gr&es p\r produire les plus gr&s maux1--tez cela1 aprs l'avoir pes1 et dites-moi ce qui re/e de t\s ces philosophes et de t\tes ces philosophies1 mme de ceux ou de celles qui p>aiss5t le plus des colosses6 ,je m'en vais v\s dire ce qui re/e4 ,il re/e de gr&s potes1 =t curieux d'abord et ensuite assez fatigants connatre1 des potes tranges1 les potes de l'ab/raction bi5 plus que des dc\vreurs de vrits4 ,depuis ,ari/ote jusqu' ,kant1 qui l'a complt1 depuis ,hegel1 le desc5dant1 jusqu' ,sp9oza1 l'aeul1 et qu'un autre pote1 mais qui valait mieux1 ,less+1 a rhabilit =ce de posie1 v\s n'avez1 pr5ez-y bi5 g>de6 dans t\s ces philosophes1 que des potes ab/raits4 ,voyez6 ils sont presque t\s gomtres1 p>ce que la gomtrie e/ suprmem5t la sci5ce de l'imag9ation1 et1 de l'aveu de ,saisset lui-mme1 c'e/ p> l qu'ils priss5t comme obs]vateurs4 ,avec leurs t\rbillons1 leur vide et leur ple91 leur dynamique1 leurs h>monies prtablies1 leurs idalismes impossibles1 ce sont de gr&s potes1 mais ab/raits1--des faiseurs1 comme dit le mot pote1 des crateurs de puissantes ou d'impuissantes *imres444 ,c> l'homme n'inv5te rellem5t que sur le t]ra9 de l'imag9ation2 mais ,dieu lui donne et il reoit seulem5t sur celui de la vrit4 ,ce sont d'normes potes ab/raits1 mais le mo9dre pote vivant1 avec la plus mode/e des fleurs la b\*e1 le mo9dre pote d'expression1 vaut mieux que t\t cela1 et--je f9irai p> ce blasphme philosophique1--fait plus vritablem5t que t\s ces ab/racteurs de qu9tess5ce p\r l'avancem5t moral du g5re huma96 ,,sa9t-,,r5 ,,taill&i]#aj ,i ,aprs la philosophie1 la littrature4 ,aprs mile ,saisset et son livre de ,philosophie religieuse1 voici ,sa9t-,r5 ,taill&i]1 qui publie son t\r un volume d'hi/oire et de philosophie1--religieuse aussi4 ,c'e/ comme un *o6 ,j'aurais pu trs bi5--n\s dit-il dans son introduction--appel] ce recueil la ,lib]t religieuse4 ,et c'e/ la vrit4 ,p\rquoi donc pas8 ,mais1 my/rieux et pr(ond1 il en re/e l t\t c\p de sa confid5ce et ne n\s appr5d pas p\rquoi il a prfr p\r son livre cet autre titre1 qui aura p>u probablem5t mo9s compromettant sa vaillance3 ,essai de philosophie religieuse444 ,hi/oire et philosophie religieuse#aa4 ,t\j\rs la religion mle la philosophie6 ,n'y a-t-il l qu'un rapport de titres entre deux ouvrages diffr5ts8444 mile ,saisset et ,sa9t-,r5 ,taill&i]1 s'ils ne sont pas g5s de mme doctr9e1 sont g5s de mme maison4 ,ils criv5t t\s les deux1 depuis longtemps1 la ,revue des ,deux ,mondes4 ,seulem5t ,saisset a le haut du pav sur ,taill&i]4 mile ,saisset e/ ,sa9t-,r5 ,taill&i] ce que le philosophe e/ l'homme de lettres4 ,il a dans la tte des con/ructions quelconques que l'autre n'a pas4 #aj ,hi/oire et ,philosophie religieuse 7,pays1 #bc novembre #ahei74 #aa ,lvy4 ,l'autre e/ un esprit entirem5t444 plane4 ,except un v5t ob/9 de lib]t qui y s\ffle p]ptuellem5t1 il n'y a pas gr&'*ose r5contr] dans cette c]velle t\t en surface4 ,la lib]t6 la lib]t6 voil la seule ide qui habite dans l'esprit de ,sa9t-,r5 ,taill&i]1--un /eppe4444 mo9s l't5due6 ,dans les huit articles de revue dont il a compos son livre1 ,sa9t-,r5 ,taill&i] ne cesse pas de n\s rpt]1 sur un ton qu'on v\drait plus v>i3 ,soyons religieux1 mais surt\t soyons libres1 libres mme de n'tre pas religieux du t\t1 si cela n\s plait4 ,c>1 avec la lib]t telle que la conoit ce libral imm5se1 la religion ne peut plus tre que la lib]t de n'avoir pas de religion4 ,de t\s les dilettanti de lib]t1 nombreux en ce sicle1 ,taill&i] e/1 sans contr$it1 un des plus ard5ts et des plus exigeants que n\s ayons connus4 ,en v\lez-v\s la preuve8 ,v\s aviez cru peut-tre avec n\s que n\s avions la lib]t religieuse en ,france4 ,eh bi51 non6 selon ,sa9t-,r5 ,taill&i]1 n\s ne l'avons pas444 ,he96 quel amateur6 ,n\s n'en avons gures qu'un pitre fragm5t1 un peu prs insuffisant4 ,ri5 de plus4--,mais ce que n\s en avons dj p\rra s]vir n\s en faire avoir encore2 et c'e/ l le b gr&iose auquel le devoir ou l'honneur du ,x,i,xe sicle e/ de p\ss] de t\tes ses =ces runies4 ,*ose plus difficile accept]6 c'e/ aussi--t\j\rs selon ,taill&i]--le devoir du *ri/ianisme lui-mme4 ,le *ri/ianisme doit tablir la lib]t contre sa propre p]sonne1 et il n'e/ mme le *ri/ianisme vrai qu' ce prix4 ,ne riez pas1 et ne croyez pas que ,sa9t-,r5 ,taill&i]1 qui crit cela1 soit un ennemi du *ri/ianisme6 ,non pas6 ,c'e/ un ami plutt4 ,il diffre p> un po9t de ,saisset4 ,il ne se cont5te pas de salu] avec un respect froid cette religion qui passe 7on l'espre bi571 et qu'on ne salue que p>ce qu'on croit qu'une fois passe elle ne revi5dra plus et que la philosophie p\rra s'in/all] sa place4 ,lui1 ,taill&i]1 s'ag5\ille encore devant elle444 ,critique d\x1 simple pr(esseur de littrature en prov9ce1 il n'a pas l'ambition du sac]doce philosophique4 ,il ne dem&e pas mieux que de re/] *rti5 et tranquille1--l'unique *rti51 je crois1 de la ,revue des ,deux ,mondes4 ,mais1 p\rtant1 c'e/ la condition que le *ri/ianisme se conduira bi51 c'e/--dire ira se rel*ant *aque j\r un peu plus dans une lib]t indf9ie4 ,tel e/ le *ri/ianisme1 l'idal de *ri/ianisme de ,sa9t-,r5 ,taill&i]1 et la ,revue des ,deux ,mondes1 qui1 comme on sait1 e/ rdige p> une socit de mne*mes1 c'e/ son orig9alit4 ,,ii ,il n'en a pas d'autre1 en effet4 ,il crit comme on crit dans cette maison-l1 avec la gravit pesante1 grise et uni=me qui n'y di/+ue p]sonne4 ,il a ce gros /yle qu'on appell]a dans c9quante ans /yle ,revue des ,deux ,mondes1 comme on dit le /yle rfugi1 ce /yle que *acun met sur sa p5se cette revue et qui ressemble une casaque p5due dans l'anti*ambre p\r le s]vice de t\s les dos4 ,sa9t-,r5 ,taill&i] e/ dj un des anci5s de la maison et de la casaque4 ,p5dant que les tal5ts qui fondr5t l'une et rejetr5t l'autre1 et qui avai5t trop de p]sonnalit et de vie p\r se laiss] grossirem5t te9dre1 s'en allai5t successivem5t la file1 il re/a1 et passa matre1 les matres p>tis4 ,il n'avait ri5 de ce qui avait br\ill les fondateurs de la maison avec un homme qui traitait ses criva9s comme un allumeur de qu9quets attaqu d'ophtalmie traite ses becs de gaz1 dont il hait et dim9ue la cl>t4 ,taill&i] tait1 lui1 un qu9quet =t sage1 de lumire modre1 de *aleur sans inconvni5t2 enf9 il tait comme il fallait tre p\r vivre t]nellem5t dans le clair-obscur de l'endroit4 ,*ose importante6 il russissait dans l'ennui4 ,en tal5t1 il tait le billon dont ,gu/ave ,plan*e tait la monnaie blan*e4 ,c'tait du ,gu/ave ,plan*e tomb dans de l'allem&1 une vase t]rible et de laquelle on n'a jamais pu le sortir6 ,s'il n'y avait pas d',allem&s au monde1 on peut se dem&] ce que s]ait ,sa9t-,r5 ,taill&i]4 ,il e/ bi5 probable que n\s s]ions privs de ce gr& homme4 ,auj\rd'hui1 les connaissances que son livre atte/e sont1 comme t\j\rs1 des importations d',allemagne1 sur lesquelles ne rayonne jamais l'ap]u qui les nationalis]ait4 ,la seule *ose en propre qui app>ti5ne donc ,taill&i]1 c'e/ son *ri/ianisme libre1 lequel ne lui a pas cot gr&'pe9e1 puisqu'il n'e/1 dans une tte ouv]te t\tes les *oses vagues1 que la notion confuse d'une lib]t sans limites4 ,ce *ri/ianisme sans gne e/ =t au-dess\s d'un prote/antisme quelconque1 c> le prote/antisme a des li5s qui l'embrass5t et qui le reti5n5t en des communions dt]m9es1 et comme le ca?olicisme1 mais avec mo9s de bonheur et de facilit que le ca?olicisme1 il a t\j\rs essay de df5dre son unit1 sans cesse m5ace et fausse d'ailleurs p> son pr9cipe mme4 ,non6 ,taill&i] n'a pas l'honneur d'tre prote/ant1 ou1 s'il l'e/1 c> t\t le monde qui dsobx peut l'tre1 c'e/ un prote/ant sans doctr9e1 comme il e/ un philosophe sans philosophie1 comme il e/ un fantaisi/e sans inv5tion1 et l'introduction de son livre d'hi/oire et de philosophie religieuse n\s met p>ticulirem5t au c\rant de cette fantaisie sans puissance4 ,dans cette introduction1 en effet1 ,taill&i]1 qui a la prt5tion de remu] ses petites ides gnrales t\t comme un autre1 s'ef=ce de rsum] et de bloqu] celles qu'il a disp]ses dans les articles de son livre1 et1 comme ici n\s n'avons pas de romans allem&s expos] ou des cancans d'rudition allem&e faire1 n\s montrons mieux ce que n\s sommes p> n\s-mme dans cette introduction1 d'une cl>t t\t la fois innoc5te et cruelle4 ,qu& on a lu ce tri/e et tratre morceau1 impossible de se mpr5dre sur l'incurable faiblesse d'esprit d'un homme qui a os crire au front de son livre les mots d'hi/oire et de philosophie religieuse1 et qui1 prcism5t dans ces deux gr&s ordres d'ides1 ne procde que p> sophismes vulgaires1 et a dmontr qu'il n'y avait en lui que la pauvret de l'erreur4 ,sa9t-,r5 ,taill&i] a repris une millime fois la ?se ma9t5ant ab&onne de t\t ce qui a quelque ress\rce de discussion dans la p5se1 cette di/9ction banale de l'avocass]ie philosophique d'un *ri/ianisme du pass mis en contra/e avec le *ri/ianisme de l'av5ir4 ,le *ri/ianisme du pass e/ judaque1--dit-il insolemm5t p\r les juifs1 nos anctres1 et p\r n\s2--il e/ judaque p>ce qu'il prt5d ma9t5ir1 sans hrsie1 sans atte9te la tradition1 l'intgrit de la croyance4 ,et p\r lgitim] cette affirmation1 qui1 v\s le voyez1 se dtruit seulem5t en s'exprimant1 et pr\v] qu'il e/ de l'ess5ce de la vrit t]nelle d'tre mo9s =te que le temps et de *ang] avec lui1 aprs avoir pos le pr9cipe faux du *angem5t ncessaire il le complte en l'appuyant sur des affirmations hi/oriques d'une gale fausset4 ,a9si--dit-il--l'glise de sa9t ,l\is n'tait pas l'glise de ,con/ant91 et on p\rrait le mettre au dfi de dire en quoi ces deux glises diffr5t6 ,a9si encore il assure ailleurs que le *ri/ianisme aurait pri au ,x,v,ie sicle sans la r=me prote/ante1 et il ne p>le pas de cette gr&e r=me du concile de ,tr5te qui1 p5dant que ,lu!r et les autres v\lai5t t\t anantir1 sauve t\t1 en sauveg>dant le dogme1--le dogme t]nel6 ,c]tes6 ,taill&i]1 qui e/ un pr(esseur et un lettr1 n'a pu re/] en de si pr(ondes ignorances ou tomb] dans des oublis si lg]s1 et je sais bi5 quel mot la ,critique p\rrait lui inflig] si elle ne savait aussi la tri/e facult de se faire illusion qu'ont les hommes1 et ceux-l mme dont la tte a le mo9s de fcondit4 ,du re/e1 il n'y a pas1 dans cette introduction aux fragm5ts d'hi/oire et de philosophie religieuse1 que l'erreur s\*e du po9t de vue pr9cipal4 ,sur la grosse erreur1 ,taill&i] en a brod =t bi5 de petites1 comme on brode sur un fond de p]les des p]les plus f9es4 ,il n'y a que les p]les qui manqu5t ici4 ,taill&i] n'a pas mme la p]le de l'erreur4 ,il n'en a que la v]rot]ie4 ,croira-t-on1 p> exemple1 que dans sa fameuse introduction il ait confondu honteusem5t le monde religieux et le monde politique8 ,croirait-on qu'il compte deux sortes d'esprits dans le ,x,v,i,i,ie sicle8 ,et p\rquoi pas trois8 p\rquoi pas dix8444 ,a quel fond de *oses relles vont ces vieilles rubriques1 ues comme pant\fles p> les sophi/es du temps1 et qui sont *ez ,taill&i] les procds ord9aires8444 ,spirituali/e de prt5tion1 spirituali/e que n\s connaissons bi51 et dont t\te la vise et t\t l'espoir e/ de spiritualis] tellem5t le *ri/ianisme qu'il n'en re/e absolum5t ri51 il p\vait s'p>gn] ces comdies de queue que les r5>ds j\5t aux d9dons2 il p\vait s'p>gn] les filires p> lesquelles il veut faire pass] sa p5se444 qui n'y passe pas et que n\s voyons t\j\rs6 ,p>lons ma9t5ant sans ironie4 ,l'am\r du *ri/ianisme de ,taill&i] e/ t\t simplem5t la ha9e du ca?olicisme1 comme le respect de ,saisset en e/ l'envie4 ,le *ri/ianisme prt5du de ,taill&i]1 c'e/ la tolrance de t\t1 sans cela1 il ne le tolr]ait pas4 ,ce *ri/ianisme rep\sse =mellem5t1 aprs l'avoir cit1 ce mot sublime3 le ,*ri/ aux bras troits1 de ,bossuet4 ,il veut que son ,*ri/1 lui1 ait les bras ouv]ts d'une c\rtisane6 ,je dem&e bi5 p>don de mettre de p>eils mots l'un en face de l'autre1 mme p> horreur des ides qu'ils exprim5t2 mais j'en r5voie le sacrilge la philan?ropie contempora9e1 qui1 =ce d'am\r p\r l'augu/e lib]t des hommes1 e/ p>v5ue faire de son ,dieu la pro/itue du g5re huma94 ,,iii ,telles sont les ides1 en propre1 de ,sa9t-,r5 ,taill&i]1 de cet homme qui1 p> la mdiocrit de son tal5t1 mrit]ait bi5 la misricorde de la ,critique1 mais qui1 p> le dogmatisme de ses affirmations errones1 mrite sa svrit4 ,telles sont la philosophie et l'hi/oire de cet optimi/e faux *rti5 qui croit1 dit-il1 la ,provid5ce div9e1 comme il croit la de/9e1 comme il croit ce ,x,i,xe sicle qui a rveill l'inf9i1 comme la sci5ce1 comme t\t1 et qui a le my/icisme de t\tes ces sornettes contempora9es1 lesquelles =m]ont un j\r une logoma*ie faire p\ff] de rire nos desc5dants6 ,hors ces ides gnrales1 dont n\s avons essay de donn] l'ide1 il y a dans le livre de ,taill&i] son tra9-tra9 de critique ord9aire1 et cette p>tie du livre n'a plus p\r n\s le mme intrt4 ,les op9ions d'un homme ne sont-elles pas t\t en cet homme8 ,qu'import5t ses relations et ses gts6 ,les relations de ,sa9t-,r5 ,taill&i]1 c'e/ t\t le p]sonnel1 anci5 et mod]ne1 de la ,revue des ,deux ,mondes1 p\r laquelle son livre e/ une p\vantable rclame de quatre c5ts pages environ1 et ses gts1 c'e/ ,r5an et ,edg> ,qu9et1 auxquels il a consacr t\te la p>tie du volume qu'il a pu arra*] aux ,allem&s4 ,il e/ vrai qu'il y a beauc\p d'allem& encore dans ,r5an et ,qu9et4 ,et voil p\rquoi1 sans nul d\te1 ces deux messieurs1 dont l'un tta ,h]d] et l'autre ,hegel1--le puissant ,hegel1 dit ,taill&i] avec tremblem5t1--lui p>aiss5t presque deux hommes de gnie4 ,l'op9ion p]sonnelle de ,taill&i] n\s tant assez indiffr5te1 n\s qui avons aussi notre op9ion sur ces messieurs1 n\s ne f]ons pas de la critique sur de la critique1 et n\s laiss]ons ,taill&i] au *>me de ses impressions4 ,ce qui e/ curieux1 ce n'e/ pas que deux rdacteurs de la ,revue des ,deux ,mondes p>aiss5t deux fi]s hommes un troisime rdacteur de la ,revue des ,deux ,mondes4 ,le curieux1 dans ces articles1 c'e/ ju/em5t ce qui se mle p>fois d'une manire t\t fait inatt5due l'loge de l'un et de l'autre4 ,p> exemple1 v\s aviez cru1 n'e/-ce pas8 qu',erne/ ,r5an1 quoique sorti du sm9aire1 n'tait pas prcism5t la gloire de ce respectable tablissem5t8 ,eh bi51 c'tait l une erreur6 ,c'e/ comme cette lib]t religieuse qui manque la ,france6 ,aux yeux de colombe de ,taill&i]1 ce t5dre ,fnelon de la religion libre de l'inf9i1 ,r5an1--qui a le s5tim5t de l'inf9i et qui e/ un sonneur de clo*es de cette religion de l'inf9i rveille1--,r5an e/ pr(ondm5t religieux1 et si ,sa9t-,r5 ,taill&i] ne s'aju/ait pas trs bi51 p> son g5re de tal5t1 la consigne absolue de la ,revue des ,deux ,mondes3 soyez gris et l\rd61 il aurait peut-tre t piquant et color p\r la premire fois de sa vie en n\s p>lant des s5tim5ts religieux de ,r5an2 mais ,buloz1 qui ne bad9e pas1 a t obi6 ,de mme1 dans l'article sur ,edg> ,qu9et4 ,qu9et1 le rvolutionnaire1 n'e/ pas seulem5t religieux1 lui1 il e/ patrici5 et sac]dotal1 ce qui1 p> p>5?se1 n'e/ pas une injure1 comme v\s p\rriez le croire1 s\s la plume du dvot libre au *ri/ianisme de l'inf9i6 ,ces inconsqu5ces1 ces titubations1 n'inquit5t pas beauc\p ,taill&i]4 ,elles sont nombreuses dans son livre1 mais p>mi t\tes il y en a une sur ,ma*iavel que je me p]mettrai de cit]444 ,il y a1 de p> le monde allem&1 un c]ta9 ,g]v9us qui a fait une ju/ification de ,ma*iavel1 comme ,macaulay en a fait une autre en ,anglet]re4 ,seulem5t ce ,g]v9us n'a pas le brillant c\p de batte de ,macaulay1 qui a t un peu1 ce j\r-l1 l',arlequ9 de l'hi/oire4 ,g]v9us e/ plus l\rd naturellem5t1 plus comp5dieusem5t travaill1 plus creus et plus creux que l'hi/ori5 anglais4 ,t\t le temps que ,taill&i] exam9e et dveloppe les ides de ,g]v9us1 il n'ose pas s'inscrire en faux contre cet ,allem&1 qui lui impose comme t\t ,allem&2 mais ailleurs1 qu& il a beso9 de fltrir1 je crois1 les vieux ca?oliques intolrants1 il oublie que ,ma*iavel e/ un gr& coeur pur de citoy51 f9em5t ironique seulem5t qu& il e/ atroce1 et il se p]met une t\rnure hauta9e3 ,quoi qu'en puiss5t p5s] les ,ma*iavel6 dit-il avec un mpris qui n'e/ pas p\r ,ma*iavel t\t seul1 mais qui cep5dant l'clab\sse6 ,aimable lgret1 et bi5 ju/ifie4 ,taill&i] e/ un homme de lettres1 et1 malgr ses fragm5ts de philosophie1 il n'e/ nullem5t un philosophe2 il a le droit du caprice qu'ont les hommes d'imag9ation et les jolies femmes4 ,or1 un homme de lettres e/ t\j\rs c5s avoir de l'imag9ation444 ,,iv ,mais f9issons4 ,aussi bi5 e/-ce assez comme cela sur ,sa9t-,r5 ,taill&i] et sur t\te cette littrature de pices et de morceaux qu'il n\s donne4 ,son livre n'aj\t]a ri5 l'op9ion qu'on a1 depuis qu'on la lit dans la ,revue des ,deux ,mondes1 de cette plume de pe9e de ,buloz4 ,il n'y a que la ,revue qui puisse rcomp5s] p> un loge semblable celui qu'il fait de t\te sa rdaction les s]vices que lui r5d ,taill&i]4 ,il faut tre ju/e1 p\rtant3 ,sa9t-,r5 ,taill&i] n'e/ pas le plus mauvais criva9 du gr\pe littraire dont il fait p>tie1 de ce gr\pe obscur1 sans c\leur1 sans sonorit1 de peu de n]f1 qui s'en va laissant sa critique sur les crits contempora9s et qu'on p\rrait appel] trs bi5 les colimaons de la littrature1 c> ils port5t aussi leur maison sur le dos et ils la tran5t p>t\t comme les criva9s de la ,revue des ,deux ,mondes1 qui ne sont jamais nulle "p que des criva9s de la ,revue des ,deux ,mondes4 ,seulem5t1 ce qu'ils laiss5t sur les littratures e/ mo9s brillant que la trace des colimaons des j>d9s sur les feuilles v]tes dplies4 ,et ,sa9t-,r5 ,taill&i] en e/ bi5 heureux6 ,sans cela on le congdi]ait4 ,,jules ,,simon#ab ,i ,dans le ,j\rnal des ,dbats1 qu& p>ur5t la ,religion naturelle et le ,devoir#ac1 ,ta9e crivit une pompeuse rclame sur ces deux livres1 se vantant1 p\r le compte de ,jules ,simon1 des deux c5t mille lecteurs qu'en moy5ne il devait avoir4 ,dans l'tat actuel du j\rnalisme et de nos moeurs1 une rclame quelconque ne saurait tonn] p]sonne1 mais celle-ci avait du c>actre1 et d'ailleurs1 qui sait8 peut-tre ne m5tait-elle pas4 ,ta9e1 qui l'avait signe1 e/ l'auteur des ,philosophes franais1 dans lesquels il n'e/ pas dit un mot de ce gr& philosophe franais1 ,jules ,simon1 dc\v]t depuis1 et dont il annonce les mrites avec un acc5t triomphal4 ,en les annonant1 ,ta9e n'a pas eu l'illusion d'une mme philosophie4 ,il n'e/ pas philosophe la manire de ,simon4 ,ce n'e/ pas un pan?i/e que ,ta9e1 c'e/ mieux1--c'e/--dire pis2 mais il a p\r le pan?isme les bonts qui convi5n5t un homme comme lui4 #ab ,la ,religion naturelle2 ,le ,devoir 7,pays1 #g fvri] #ahfj74 #ac ,ha*ette et ,cie4 ,or1 l'humble ,simon n'e/1 lui1 qu'un simple di/e2 mais1 t\t simple di/e qu'il soit1 il a1 prcism5t dans le livre dont ,ta9e e/ le cornac sonore1 appliqu au pan?isme ce d]ni] c\p de pi$ qui fait m\rir deux fois les lions m\rants444 ,quelle raison secrte a donc dict la rclame de ,ta9e8444 ,e/-ce le ra*at d'un anci5 sil5ce1 jug imp]t95t p> la maison dans laquelle ,ta9e et ,simon travaill5t t\s les deux8444 ,les philosophes aurai5t-ils leurs expiations ou leurs p>dons d'injures1 comme ces misrables *rti5s qu'ils mpris5t8444 ,ou ne s]ait-ce1 encore et t\j\rs1 que la coalition t]nellem5t prte se re=m] de t\tes les philosophies contre la religion *rti5ne8444 ,quoi qu'il en soit1 du re/e1 je ne rep\sse pas l'ari?mtique de la rclame4 ,eh6 p\rquoi ,jules ,simon n'aurait-il pas ses deux c5t mille lecteurs t\t comme un autre8444 ,h5ri ,m>t9 les a bi56 ,p\rquoi ,jules ,simon ne s]ait-il pas l',h5ri ,m>t9 de la philosophie8 ,il a t\t ce qu'il faut p\r cela4 ,pas t\t fait1 p\rtant4 ,ce s]ait vraim5t trop dire4 ,h5ri ,m>t9--on le v]ra mieux dans l'tude que n\s lui consacr]ons--a sur un fond t]ne un relief comique2 un seul1 il e/ vrai1 mais trs comique1 il faut l'av\]4 ,il a le rega9 d'imag9ation qui fut suffisant p\r produire cette ineffable plaisant]ie du druidisme1 gui d'un ridicule fabuleux que la ,critique doit c\p]1 avec une s]pette d'or1 sur les *nes de son hi/oire4 ,comme le dirait ,hugo1 mo9s abracadabrant qu',h5ri ,m>t91 ,jules ,simon n'a que le fond t]ne4 ,le relief lui manque1 et jamais *ez lui l'imag9ation ne n\s v5ge1 p> un c>t plus ou mo9s burlesque1 des longs dveloppem5ts1 trs consci5cieusem5t ennuyeux4 ,jules ,simon tait autrefois1 si je ne me trompe1 le supplant de ,c\s9 avant ,saisset4 ,c'tait un de ces supplants qui ne peuv5t inquit] l'am\r-propre de ceux qu'ils supplent1 et qui les rappell5t1 mais p> t\t ce qu'ils ne sont pas4 ,seulem5t1 il aurait d v5ir aprs ,saisset1 p\r l'ordre des nuances et des dgradations4 ,il l'aurait dim9u et il aurait t lui-mme4 ,g5s de mme cole1 de mme tude1 de mme doctr9e *tive1--c> une doctr9e doit tre une affirmation s\s pe9e de maigreur1--complices dans le travail d'un mme dictionnaire1 ces deux ,arcadi5s--,arcades ambo--avai5t bi5 des cts frat]nels4 ,mais ,simon tait un ,saisset444 effac4 ,il p5se peu prs les mmes *oses que ,saisset1 mais il les dit plus mollem5t2 il les empte un petit4 ,il fait plus gras et plus pesant le beignet philosophique4 ,ce n'e/ pas lui qui aurait dit cette nettet1 p> exemple3 ,les philosophes1 voil les seuls prtres de l'av5ir6 ,il n'aurait pas os4 ,il aurait donc d v5ir aprs ,saisset4 ,cet escali] d'une philosophie desc5dante1 dont les premi]s degrs sont p> en haut ,roy]-,coll>d et ,c\s91 et t plus rguli] si ,jules ,simon ft v5u aprs ,saisset et qu'il et t1 de l'escali]1 la d]nire m>*e4 ,qu'y a-t-il desc5dre aprs ,simon8 ,v\s tes ras de sol4 ,esprits1 du re/e1 t\s les deux1 qui sont des exemples1 et qui n\s font dire--et ce s]ait avec dsespoir si n\s croyions cette gr&e vanit de la philosophie--qu'il n'y aura pas de gloire qui s'appelle1 en ,france1 au ,x,i,xe sicle1 la gloire philosophique4 ,jules ,simon1 ce blond jeune homme qui n'a pas bruni1 a1 comme ,saisset1 pass t\te sa vie cit] des textes et comm5t] des doctr9es tombes en dsutude et dans le mpris de l'hi/oire1 si l'hi/oire n'tait pas une pdante qu& elle e/ crite p> des pr(esseurs6 ,n\s avons ent5du les hi/oriettes de ,simon lorsqu'il faisait son c\rs sur l'cole d',alex&rie4 ,jeunes et de bonne heure en po/ure1 cet ge o la tte e/ fconde1 ft-ce mme en folies1 ,jules ,simon et ,saisset ne fur5t que sages et ne crr5t ri54 ,ils j\r5t1 plus ou mo9s correctem5t1 ces ,arcadi5s1 de la s]9ette de l'cole4 ,mais ce fut t\t4 ,ils n'eur5t la crn]ie d'aucune hypo?se1 l'insol5ce d'aucune gnralisation1 qui les euss5t peut-tre g>s1 mais sur des hauteurs4 ,ils ne tur5t s\s eux aucun sy/me1 et ils passr5t leur temps et leur jeunesse faire1 sur la p5se et les sy/mes des autres1 le petit travail critique que fait sur lui-mme le pauvre enfant de ,murillo dont je veux leur p>gn] le nom6 ,auj\rd'hui1 arriv cet autre ge de la vie o l'on paquette son bagage p\r la po/rit1 ,jules ,simon1 dont il e/ plus p>ticulirem5t "q ici1 d'anci5 anecdoti] philosophique s'e/ fait morali/e p\r son propre compte1 et presque ?ologi54 ,s+ulire morale1 il e/ vrai1 et ?ologie plus trange encore6 ,il a crit un livre du ,devoir sans sanction1 et un autre livre de la ,religion naturelle qui n'e/ qu'un cat*isme l'usage de ceux qui n'ont pas la tte faite p\r la philosophie et de ceux qui n'ont pas le coeur fait p\r la religion4 ,,ii ,en effet1 ni philosophie positive ni religion positive1 et la manire de se pass] de t\tes les deux leve l'tat de ?orie1 voil d'un mot t\t le livre de ,jules ,simon qu'il appelle la ,religion naturelle1 et qui p\rrait trs bi51 sans jeu de mots1 disp5s] du ,devoir1 qui a d le suivre1 c>1 quel que soit l'ordre de succession dans la publicit1 il e/ c]ta9 que le ,devoir e/ la consqu5ce de la ,religion naturelle1 au mo9s dans la tte de l'auteur4 ,d'ailleurs1 dfaut d'une ide1 cette mre robu/e d'une ide1 c'e/ le mme s5tim5t qui les a inspirs4 ,si je p\vais1--n\s dit ,simon dans la prface de sa ,religion naturelle1 avec ce ton plus d\x qui n'app>ti5t qu' lui et qui fait de la voix de son confrre ,saisset un miaulem5t tigresque2--si je p\vais seulem5t ranim] une esprance444 pacifi] un coeur s\ffrant1 je croirais que ces humbles pages n'ont pas t entirem5t p]dues4 ,et dans la prface du ,devoir3 ,j'ai combattu ces impits--7l'impit d'avoir condamn cet hrtique d',abeil>d et ,desc>tes67--p5dant dix-sept ans d'enseignem5t444 ,je ddie cette t]nelle cause mon humble livre444 ,t\j\rs l'humilit6 ,jules ,simon e/ l'humble des humbles en philosophie3 ,le plus humble de ceux que son am\r inspire6 c> il y a en ce mom5t l'cole des humbles en philosophie1 et ce sont ceux-l qui1 comme ,simon1 au lieu de compliqu] et de tortill]1 la manire allem&e1 les arabesques dj si br\illes de la philosophie1 les simplifi5t1 au contraire1 jusqu' la ligne la plus m9ce et la plus diaphane1 af9 que cela devi5ne si facile d'tre philosophe que naturellem5t t\t le monde le soit6 ,et t\t le monde le s]a4 ,p\rquoi donc pas8444 ,le seul dogme de la ,religion naturelle de ,simon e/ l'incomprh5sibilit de ,dieu4 ,comme c'e/ commode p\r la haute pic]ie que d'y r5onc]6 ,jules ,simon1 qui a lu beauc\p et cit beauc\p ,pascal dans ses notes1 ne se rejette pas1 comme ,pascal1 de dsespoir1 devant cet abme du scepticisme qui gronde mais qui ne rpond pas1 au ,dieu positif de la ,rvlation et de l'glise4 ,il a la tte plus =te que ,pascal3 ,philosophiquem5t--dit-il--n\s ne savons le comm5t de ri52 mais voil p\rquoi--aj\te-t-il--il y a une religion naturelle4 ,moi1 je dirais plutt3 ,voil p\rquoi il doit y avoir une religion positive1 une religion qui1 sur t\tes les que/ions important l'homme et sa de/9e1 pr5d un p>ti net et lui impose une solution4 ,mais telle n'e/ pas l'op9ion de ,jules ,simon4 ,si1 selon lui1 le ,dieu philosophique n'e/ pas comprh5sible1 mme aux plus gr&s gnies philosophiques1 et si le ,dieu de la rvlation n'e/ pas digne d'occup] ces imm5ses esprits1 qui ne peuv5t tablir le leur p> le raisonnem5t1 eh bi51 t\t n'e/ pas p]du6 ,il y a le ,dieu de la consci5ce naturelle que *acun porte avec soi et en soi1 comme le sauvage porte son manit\ sa ce9ture4 ,c'e/ ce ,dieu excessivem5t peu compliqu du disme libre qu'il faut rev5ir4 ,c'e/ ce ,dieu m>ionnette1 dont *acun tire le fil comme il veut ou ne le tire pas du t\t1 que ,jules ,simon n\s r5voie4 ,c'e/ le ,dieu des bonnes g5s1--sans l'excuse de la *anson et du cab>et6 ,,iii ,c]tes6 je n'ai jamais1 p\r mon compte1 e/im beauc\p la philosophie1 mais je ne l'ai jamais mprise autant que le philosophe franais ,jules ,simon4 ,dans sa ,religion naturelle il l'a mise bi5 bas1 cette vieille mre qui avait son orgueil et v\lait rgn] comme ,agripp9e4 ,il l'a ravale jusqu'au niveau des intellig5ces galitaires les plus gales entre elles2 il l'a enf9 dmocratise4 ,et voil la cause d'un succs sonn sur le trombone de ,ta9e1 ce musici5 polonais de d5ti/e que le succs a donn ,jules ,simon6 ,la notion de la religion naturelle1 anti-philosophique et anti-?ologique1 comme l'ent5d le s5s trs commun de ,jules ,simon1 doit tr\v]1 c\p sr1 plus de deux c5t mille lecteurs4 ,mais je ne mprise pas assez la philosophie1 et je respecte trop t\te religion1 et en p>ticuli] la mi5ne1 p\r v\loir seulem5t discut] cette notion de religion naturelle que ,simon oppose1 d'un ct t\te religion positive1 et de l'autre t\te philosophie4 ,il doit suffire la ,critique de la signal]4 ,si cette ide tait n\velle1 peut-tre faudrait-il l'expos] dans ses m5us dtails1 c> t\te n\veaut1 p\r les esprits faibles1 e/ un *>me2 mais elle e/ dcrpite1 et ,jules ,simon ne l'a pas rajeunie4 ,dieu tr\v au fond du coeur1--qu& on l'y tr\ve2 ,dieu inn1 toile inconnue du monde invisible1 aimable et brillante1--pas trop brillante1 cep5dant1 si elle e/ aimable2 ,dieu qui promet1 p> la s\ffrance et le spectacle de l'inju/ice1 une immortalit444 probable1 et n'ayant p\r t\t culte qu'une prire qui ne dem&e ri51 p> respect p\r les lois gnrales du monde1 mais qui rem]cie1 on ne sait trop p\rquoi6 telle e/ cette religion naturelle1 mle d'un /ocisme inc]ta9 qui v\drait bi5 qu'on lui payt les appo9tem5ts de sa v]tu1 mais qui n'e/ pas sr de les t\*]4 ,telle e/ cette religion que ,jules ,simon a raju/e et retape1 comme ,h5ri ,m>t9 l',hi/oire de ,france1 p\r l'ducation de la b\rgeoisie du ,x,i,xe sicle4 videmm5t1 la notion d'une religion p>eille n'e/ pas trop dure p\r la foi1 ce ressort r\ill et dtraqu qui ne va plus4 ,elle ne brise pas non plus1 s\s une difficult paisse et accablante1 l'esprit qui aime la cl>t dans un petit espace4 ,enf91 elle n'en*ane pas de trop c\rt cette follette *evrette de lib]t1 la petite bte la plus aime de cette vieille fille que n\s appelons notre poque avec tant d'orgueil6 ,elle a donc1 il faut en conv5ir1 t\tes les conditions d'une popul>it imm5se1 c> il e/ des temps p\r niais]1 a dit ,pascal1--,pascal qui ne se d\tait gures1 qu& il criait sa torture de sceptique1 des citateurs qui devai5t lui v5ir1 et qui s'en s]ait all la ,trappe1 p\r ne plus ri5 dire1 s'il avait pu les dev9]6 ,mais ce n'e/ pas l'ide d'une religion naturelle1 inv5te p\r envoy] se prom5] t\tes les autres religions positives1 au nom d'une philosophie qui y va avec elles1 ce n'e/ pas cette ide que je blme le plus dans ce livre4 ,les notions sont ce qu'elles peuv5t tre dans les ttes huma9es4 ,la loi gomtrique n\s dit que le cont5u ne peut pas tre plus gr& que le cont5ant4 ,le disme1 l'ide la plus faible qu'il y ait en philosophie religieuse1 e/ proportionnel au c]veau de ,jules ,simon4 ,mais ce que je blme plus que ce disme1 peut-tre involontaire1 c'e/ de l'avoir capitonn1 p\r lui faire faire illusion1 avec des ides qu'on n'aurait jamais eues sans la religion positive qu'on rep\sse4 ,jules ,simon n'e/ pas1 comme on p\rrait le croire1 un ignorant en *ri/ianisme2 et1 malgr la simplicit1 *re aux esprits vulgaires1 de sa religion naturelle1 dont il n\s donne les preuves huma9es1 psy*ologiques1 individuelles1 et p> consqu5t peu obligatoires1 ce qu'il y a d'illusionnant et de dang]eux dans cette religion1 porte de t\tes les faiblesses1 c'e/ encore ce que le *ri/ianisme1 dont l'action n\s pntre comme la lumire1 y a v]s d'influ5ce secrte et dm5tie4 ,l e/ le mal1 un mal pr(ond1 que celui qui le fait n'ignore pas4 ,on doit t\t au *ri/ianisme1 mme les ides qui masqu5t le mieux la fausse ?orie qu'on dresse contre lui1 et t\t e/ bon l'+ratitude4 ,c'e/ p\r mieux lui pr5dre ses plumes qu'on veut tu] le div9 oiseau4 ,oui6 on gorge1 ou du mo9s on essaie d'gorg] le *ri/ianisme1 selon cette gr&e loi de prcaution que le plus sr e/ t\j\rs d'gorg] celui que l'on pille1 et la doctr9e assass9e se revt de la morale de la doctr9e assass9e et n\s s\ti5t que c'e/ elle1 cette morale vole dont elle ne peut pas mme se s]vir4 ,c> la punition des sophi/es qui viv5t sur les ides *rti5nes1 c'e/ de ne p\voir longtemps en vivre4 ,ils sont trop faibles p\r les mani]4 ,il faut une sanction la morale *rti5ne1 que seul le *ri/ianisme a tr\ve1 et qu'une doctr9e huma9e1 philosophique ou naturelle1 ne peut remplac]6 ,mais qu'importe1 du re/e8 l'effet e/ produit1 et il s'agit peut-tre plus p\r ,jules ,simon de tactique que de ?orie4 ,sa tactique1 c'e/ la sub/itution d'un ?ophilan?ropisme nom9alem5t religieux aux religions qui fur5t jusqu'ici l'honneur et la =ce morale du monde1 et c'e/ cette sub/itution qu'il e/ bon de ralis] sans c\p frir et sans dang]1 sans veill] les ju/es susceptibilits de ces religions1 puissantes encore1 et en leur tmoignant t\s les respects4 ,platon mettait les potes la porte de sa rpublique avec des c\ronnes2 le ,platon de la maison ,ha*ette veut mettre t\tes les religions la porte de t\s les coeurs1 en se pro/]nant devant t\s les sanctuaires4 ,depuis ,la ,rveillre-,lepeaux1 d'inepte et fade mmoire1 ri5 de p>eil ne s'tait vu4 ,jules ,simon e/ un ,la ,rveillre-,lepeaux sans les fleurs4 ,il e/1 dans l'ordre laque et philosophique1 dans un ordre t5du et pr(ond1 ce que fut l'abb ,*tel dans l'ordre ecclsia/ique et circonscrit4 ,non seulem5t il se fait prtre contre les prtres et trace lui-mme l'vangile de son ?ophilan?ropisme1 mais il va le pr*]4 ,il fait des t\rnes4 ,la ,belgique1 cette t]re spongieuse de t\te sottise d'incrdulit1 appelle s\v5t ce s+uli] missionnaire et boit avidem5t ses prdications album9euses1 c> l'loqu5ce de ,jules ,simon ressemble son /yle1 c'e/ du vicaire savoy>d2 mais baveux o l'autre e/ c\lant4 ,dans ces t\rnes p\r l'entreti5 de ce culte ais et rduit qu'il pr*e1 ,jules ,simon place des ,devoirs1 des ,lib]ts1 des ,religions naturelles1 comme les missionnaires prote/ants plac5t des ,bibles2 mais avec cette diffr5ce qu'il ne les donne pas444 ,v\s voyez bi5 qu'il n'y a plus l ni philosophie1 ni religion1 ni mme littrature1 ni ri5 qui puisse app>t5ir un exam5 ds9tress d'ides ou de langage4 ,la ,bibliographie peut enregi/r] une curiosit de plus1 mais la ,critique littraire doit se taire et faire place une autre critique1--la ,critique des moeurs4 ,on a p>l beauc\p de signes du temps en ces d]nires annes4 ,eh bi51 en voil un1 et qui n'e/ pas un mtore6 ,c'e/ ,simon4 ,ah6 n\s sommes bi5 lo9 ma9t5ant de ,saisset4 ,qu& n\s n\s ret\rnons v]s lui de ,jules ,simon1 n\s le tr\vons bi5 brave et bi5 franc1 et presque bi5 gr& philosophe1 ce pauvre ,saisset1 qui du mo9s1 lui1 ne baise po9t les pi$s du *ri/ianisme p\r le tir] p> l1 comme on tire soi un cadavre dont on veut nettoy] le sol6 ,je sais bi5 que le tal5t n'e/ pas dans ,jules ,simon et que l'ennui1 un imm5se ennui1 s'*appe de ses oeuvres2 mais raison de plus p\r t\t cra9dre4 ,l'ennui n'e/ pas une g>antie1 et n'avoir pas de tal5t du t\t en v\lant qu'il n'y ait plus du t\t de religion e/ un moy5 d'agir sur la reconnaissance des hommes1 et c'e/ la seule *ose d'esprit peut-tre dont on puisse1 dans son sy/me1 l\] ,jules ,simon4 ,,v]a#ad ,i ,ce sont les travaux de ,v]a--un nom heureux p\r un philosophe6--que n\s t5ons surt\t faire connatre ici bi5 plus que les travaux de ,hegel1 qui sont connus#ae et mis1 p> c]ta9es g5s1 dans la gloire4 ,lui1 ,hegel1 e/ bi5 plus que connu4 ,il e/ clbre4 ,il n'e/ plus1 il e/ vrai1 dans la priode asc5dante d'une clbrit qui monta comme la m]1 mais qui comm5ce de s'abaiss] et de recul] comme elle1 et non pas1 comme elle1 p\r rev5ir444 ,tr5te ans1--disait le plus positif des esprits de ce sicle positif1--tr5te ans1 voil ce que dure peu prs t\te gloire philosophique allem&e6 ,et il avait raison4 ,c'e/ mo9s long que la beaut d'une femme6 ,kant1 ,fi*te1 ,jacobi1 ,s*ell+ n'exi/5t plus444 que dans ,t5nemann4 ,mettons p\r ,hegel1 qui e/ le plus =t de t\s ces ,allem&s1 mettons quelque *ose comme quatre-v+ts c5t ans d'influ5ce malsa9e sur le monde1 quelque *ose comme la beaut de ,n9on qui1 vieille1 fit des conqutes jusqu' l'pe dans le v5tre1 c> on se tua p\r ses beaux vieux yeux *>gs de tant d'iniquits4 ,oui6 mettons cela1 si v\s l'exigez444 ,mais aprs1 et mme peut-tre avant1 ,hegel1 comme ,kant1 aura son ,h5ri ,he9e4 ,il lui surgira un ,he9e1 un ,yorick1 un b\ffon quelconque1 qui lui jett]a sa pellete de plaisant]ies sur la tte1 et c'en s]a p\r jamais6 #ad ,introduction la ,philosophie de ,hegel2 ,la logique de ,hegel 7,pays1 #bj m>s #ahfj74 #ae ,de rputation plus que de fait1 p\rtant4 ,il y a une trs curieuse traduction1 p> ,h4 ,sloman et ,j4 ,wallon1 de la ,logique subjective de ,hegel1 qui n'e/ pas la ,logique dont il e/ "q ici4 ,n\s en p>l]ons quelque j\r4 ,c'e/ de la plaisant]ie1 en effet1 que ressort5t t\s ces sy/mes de philosophie qui veul5t expliqu] ce monde de my/re et en supprim] le crpuscule4 ,c'e/ de la plaisant]ie4 ,la plaisant]ie1 qu'on croit lgre1 c'e/ si s\v5t du dsespoir6 ,a9si que t\s les d]ni]s v5us en philosophie1--et ni plus ni mo9s qu'eux1--le gr& ,hegel a cru n\s apport] le d]ni] mot des *oses4 ,la grosseur d'un tel ridicule s'e/ augm5te de t\te la gr&eur de son esprit1 et le ridicule n'en a t que plus gros4 ,cet esprit puissant1 mais dans un vide imm5se1 s'e/ tromp1 de la plus petite erreur et de la plus commune1 sur le compte de la de/9e huma9e1 que ,s*ell+--un philosophe comme lui1 p\rtant6--ne p\vait expliqu] sans la *ute4 ,p]du dans l'ab/raction o ils se p]d5t t\s1 il a ddaign de reg>d] cette tte de l'homme1 qui s'e/ d=me en tombant1 et dont les facults1 dev5ues inaptes saisir la vrit d'une prise s\v]a9e1 ne font plus p\r la pr5dre que de gau*es m\vem5ts4 ,il n'a vu ni le dehors ni le d$ans de ce condamn politique de ,dieu1 en prison dans ses organes et en prison sur sa mappemonde1 ce d\ble pnit5tiaire p>faitem5t con/ruit1 avec ses climats et ses langues1 qui1 lui seul1 dirait la faute1 qu& l'hi/oire1 plus c]ta9e que la philosophie1 ne n\s la dirait pas4 ,et il a eu la prt5tion sup]be1 froide1 mais nave1 de pntr] les ess5ces1 de saisir l'absolu dans sa notion la plus prcise et la plus pr(onde1 de con/ruire enf9 ici-bas sci5tifiquem5t la vrit 7je p>le sa langue1 non la mi5ne74 ,c'tait1 en d'autres t]mes1 la prt5tion de hauss] un peu la vote du ciel p\r n\s faire plus de j\r6 ,que v\lez-v\s8 ,si pdant1 si tri/e1 si ,allem& qu'on soit1 qu& on fait le ,titan on e/ t\j\rs burlesque4 ,l'atroce ennui qui s'*appe de sa logique1 et sa logique e/ t\t son sy/me1 ne s]vira pas de b\cli] ,hegel contre les ,he9e de l'av5ir qui l'att5d5t1 c>1 comme ,kant1 tu p> un ,allem&1 il ne m\rra pas d'une plaisant]ie franaise4 ,ce s]ait trop6 ,il e/ plus digne de l'esprit de la ,provid5ce qu'il meure s\s une plaisant]ie de son pays4 ,et cep5dant1 malgr cet ennui inconnu en ,allemagne1 mais p>t\t ailleurs insupportable1 d'une logique qui d*iquette l'ab/raction plus que t\tes les autres logiques qui ai5t jamais t publies p> les anatomi/es du raisonnem5t1 malgr l'effrayante spcialit de son langage et t\t ce qui n\s emp*e de pes] sur le texte mme de ,hegel1 n\s ne p\rrons pas ne po9t l'atte9dre puisque n\s v\lons v\s p>l] des travaux d'un criva9 qui en a fait le fond et le b de ses oeuvres4 ,v]a e/ n de ,hegel ou p\r ,hegel4 ,il respire et p5se p> ,hegel4 ,il a mal sa poitr9e1 c'e/--dire444 son c]veau4 ,je cra9s bi51 p\r ma "p1 qu'il ne lui ait donn sa p5se--comme on donne quelquefois sa vie6--de manire ne p\voir plus la repr5dre1 et1 fran*em5t1 je le regrett]ais4 ,c'e/ une intellig5ce trs noble et trs savante que celle de ,v]a1 am\reuse de la cl>t jusque dans les tnbres de son matre1 et la produisant--ce qui n'e/ pas facile dans un p>eil milieu-- =ce de l'aim]4 ,univ]sitaire franais s\s un nom espagnol 7desc5d-il de l'hi/ori5 ,v]a871 docteur et pr(esseur de philosophie1 ,v]a e/ tellem5t hegeli5 qu'il p\rrait bi5 re/] tel1 p> une de ces de/9es qui ti5n5t l'ordre hir>*ique des esprits1 dont les plus =ts1 dans un ordre d'ides1 sont les plus fidles2 mais1 s'il re/e hegeli51 n\s lui devrons t\j\rs ,hegel1--ce ,hegel auquel il devra1 lui1 sa philosophie4 ,non seulem5t il n\s l'aura traduit1 mais il n\s l'aura int]prt4 ,cet homme fameux1 mais mal expliqu dans l'arcane de son texte1 dont jusqu'ici on ne n\s a donn que des d*irures1 ce ,vieux de la ,montagne philosophique1 compromis p> les ,c\s9s et les ,pr\dhons et t\te la b&e d'assass9s littraires ou politiques1 ,v]a n\s l'aura dvoil4 ,il l'aura vulg>is1 sans jamais le compromettre1 et il aura pu quelquefois le suppler4 ,ce n'e/ pas l un m9ce s]vice4 ,p> lui1 le dieu p\r les uns1 le mon/re p\r les autres1 s]a mis deb\t1 les pi$s sur la t]re1 porte de ma94 ,n\s p\rrons en jug] l'organisation1 la musculature1 l'intgralit4 ,n\s saurons enf9 ce que c'e/ que le hegelianisme et ce qu'il doit t5ir de place dans l'hi/oire de l'esprit huma94 ,l'erreur au mo9s s]a mesure1 et1 ft-elle colossale1 t\te erreur mesure dim9ue t\j\rs4 ,,ii ,malheureusem5t1 cette mesure1 dont n\s sommes impati5ts1 ne peut tre prise immdiatem5t4 ,n\s ne p\vons que l'annonc]4 ,v]a1 qui n\s donn]a un j\r le ,hegel complet1 ne n\s donne encore qu'une p>tie des oeuvres1 et la p>tie la plus difficile compr5dre1 la plus aride1 et1 p\r a9si p>l]1 la mo9s traduisible3 cette affreuse ,logique#af dont ,hegel tire t\t1 en =ant t\t4 ,c'e/ p>ce que ,v]a e/ un philosophe qu'il a comm5c sa publication p> cette traduction de la ,logique4 ,mais1 s'il avait plus song l'ducation faire de l'intellig5ce du public1 qu'il doit1 avec ses convictions1 v\loir r5dre hegeli51 qu' l'ducation t\te faite des philosophes comme lui1 il et comm5c p> les autres oeuvres de ,hegel1 mo9s cruellem5t ab/raites 7p> exemple1 les ides sur la religion1 sur l'tat1 sur l'art1 etc471 et il s]ait remont de l v]s les pr9cipes philosophiques d'o dp5d t\te la philosophie de son matre1 et il et plac a9si le lecteur1 famili>is avec les ides et le langage hegeli51 la s\rce mme du sy/me4 #af ,ladrange4 ,il e/ vrai que1 dans l'ordre de ses travaux1 ,v]a a db p> une ,introduction gnrale la philosophie de ,hegel#ag1 cette philosophie compose de trois p>ties3 la logique1 la nature et l'esprit1 t]mes diffr5ts--comme il dit--du syllogisme absolu de la connaissance des tres1 et que cette ,introduction1 dans laquelle ,v]a a fait filtr] autant de cl>t qu'il en peut pass] trav]s cette =t g]manique d'ab/ractions1 de gnralits et de =mules1 e/ beauc\p plus intelligible que ces deux volumes de ,logique crits p> ,hegel lui-mme4 ,mais c'e/ aussi la p>tie de cette introduction qu'on v\drait la plus longue qui e/ ju/em5t la plus c\rte1 c'e/--dire la p>tie de la nature et de l'esprit4 ,faute norme1 mortelle la propagation des ides qu'un critique plus hegeli5 que je ne le suis ne p>donn]ait po9t ,v]a1 mo9s habile qu'il n'e/ philosophe1 et qui1 en l'ennuyant p> trop1 doit rat] son public4 #ag ,a4 ,franck4 ,il n'y a1 en effet1 que des philosophes vocation dt]m9e1 ou1 p\r mieux dire1 fr+ale furieuse1 qui puiss5t aval] cette pi]re1 digne de ,saturne1 que ,v]a leur (fre a9si en deux morceaux1 c'e/--dire en deux volumes4 ,v]a1 qui l'a pese1 a p\rtant fait t\t ce qu'il a pu p\r en dim9u] la d5sit et le poids4 ,il a traduit1 avec une expression franaise qui e/ l'allem& ce que l'opale e/ du grs1 cette ,logique1 qui n'e/ plus la logique des autres philosophies1 et laquelle ,hegel s'e/ vant de donn] une exi/5ce sub/antielle4 ,et ce n'e/ pas t\t6 ,non cont5t de cette traduction sueur de sang1 ,v]a1 dans des notes d'une transp>5ce pr(onde1 et1 selon moi1 bi5 suprieures au texte de sa traduction1 s'e/ ef=c n\veau de dgag] cette *tive lueur1 si c'en e/ une1 qui a tant de pe9e sortir de la langue obscure et rtracte d',hegel4 ,eh bi51 ces hroques ef=ts ne s]ont compts que p> ceux-l p\r qui on n'avait pas beso9 de les faire6 ,les philosophes abord]ont seuls cette dure logique sub/ance1 avec leurs fronts con/ruits1 disait ,j\b]t1 p\r cras] des oeufs d'autru*e4 ,les philosophes seuls auront le c\rage de s'enfonc] dans les tautologies et les logoma*ies de ce b\ddhi/e de la logique1 qui a cr la sci5ce absolue1 c'e/--dire la sci5ce qui se connat p> l'ide et dans l'ide1 cette ide qui enveloppe t\t l'esprit1 qui absorbe l'tre et la p5se1 l'expri5ce et la raison1 l'hi/oire et la sci5ce1 et qui e/ la raison des *oses1 leur f9 et leur pr9cipe2 cette ide qui unit l'me et le corps1 dont l'volution a trois mom5ts 7ce qui e/ exquis73 tre en soi1 tre contre soi et tre p\r soi 7sans d\te le mom5t le plus agrable672 l'ide qui a p\r ry?me la ?se1 l'anti?se et la syn?se 7on n\s a dj b]cs sur cette esc>polette72 enf91 les ides unes dans l'ide6 ,arrtons-n\s6 ,c]tes6 n\s p\rrions cont9u] longtemps des citations de cette espce2 mais quel lecteur franais cont9u]ait de lire un *apitre de cet allem&-l8 ,seulem5t1 disons-le en passant1 cette ?orie incroyable de l'ide1 qui dpasse p> sa f9esse de fils d'araigne les subtilits les plus tnues de la s*ola/ique1 cette ?orie qui1 selon les hegeli5s1 e/ la seule doctr9e qui ait le droit de s'appel] l'idalisme1 n'a qu'un malheur1 c'e/ d'arriv] promptem5t aux mmes consqu5ces p> en haut que le matrialisme p> en bas4 ,l'idalisme ou le matrialisme6 ,qu& ils ne sont que cela1 l'un et l'autre1 ils n'ont pas le droit de se mpris]4 ,l'un va au nihilisme1 l'autre au nant4 ,s\s des noms diffr5ts1 de/9e commune4 ,en philosophie1 les hommes eux-mmes1 si contraires qu'ils soi5t p> la doctr9e et p> t\t le re/e1 ont l'id5tit de la *imre4 ,did]ot1 qui tait presque un ,allem& du ,x,i,xe sicle p>mi les ,franais du ,x,v,i,i,ie1 crivait1 avec le mme aplomb que ,hegel3 ,on ne sait pas plus ce que les animaux tai5t autrefois qu'on ne sait ce qu'ils devi5dront444 ,l'homme e/ un clavec91 d\ de s5sibilit et de mmoire4 ,que ce clavec9 anim et s5sible soit d\ aussi de la facult de se n\rrir et de se reproduire1 et il produira de petits clavec9s4 ,il disait3 ,mme sub/ance1 diffremm5t organise3 la s]9ette e/ de bois1 l'homme de *air4 ,et encore3 ,nos organes ne sont que des animaux di/9cts que la loi de cont9uit ti5t dans une id5tit gnrale4 ,et il concluait1 comme s'il l'avait vu3 ,qu& on a vu la matire in]te pass] l'tat s5sible1 ri5 ne doit plus tonn]6 ,il se trompait4 ,il y avait encore s'tonn] des philosophes4 ,mais1 au fond1 dans t\tes ces /upides et loqu5tes matrialits de ,did]ot1 il n'y avait pas plus d'audace et de niais]ie que dans la ?orie idali/e de ,hegel1 cette ?orie qui croit all] du nant au dev5ir1 de l'tre la notion1 du sujet l'objet1 du f9i l'inf9i1 de la connaissance la volont1 bref1 de l'ide la nature1 et qui n'y va pas6 ,,iii ,audace et niais]ie444 ,ce sont l des mots bi5 insol5ts p\r le gnie4 ,did]ot1 dit-on encore1 en avait la flamme1 et ,v]a1 qui se connat en p5se1 appelle ,hegel le plus prodigieux des p5seurs qui ai5t jamais exi/4 ,mais c'e/ que le gnie lui-mme e/1 en philosophie1 dans des conditions trs p>ticulires et trs imprieuses4 ,il ne s'y agit pas de tal5t1 mais de vrit4 ,s'il ne s'y agissait que de tal5t1 que d'inv5tion quelconque1 que d'ef=t1 de ress\rce et de pr(ondeur dans l'inv5tion1 n\s dirions1 t\t aussi bi5 qu'un autre1 que ,hegel e/ un esprit =midablem5t puissant4 ,mais c'e/ prcism5t son inv5tion qui le p]d en philosophie4 ,il "p d'une prconception qui lui app>ti5t trop1 sans ju/esse et sans ralit4 ,il a une notion fausse et folle de la =ce huma9e4 ,il croit une sci5ce absolue que l'on peut con/ruire l'aide d'une m?ode absolue4 ,dification de la sci5ce et de l'homme1 t\t simplem5t6 ,une fois cela l*1 ri5 n'tonne plus1 et on a t\t ce gr& sy/me1 le pome pique de l'absurdit4 ,ce pome1 illisible sans la grce d'tat philosophique1 n'e/ dang]eux que p> fragm5ts4 ,aussi e/-ce p> fragm5ts qu'on n\s l'a donn jusqu'ici4 ,je l'ai dit plus haut1 mais il e/ bon d'insi/]6 les m&>9s seuls de la philosophie se sont risqus et cont9u]ont de se risqu] dans la logique de ,hegel2 mais ils ont rapport dj1 et cont9u]ont de rapport] de leur acco9tance avec les oeuvres du pr(esseur de ,b]l91 une m?ode hi/orique et des vues sur l'hi/oire qui p\rrai5t trs bi5 b\lev]s] le monde s\s prtexte de l'expliqu]4 ,la philosophie de ,hegel fait la mode/e1 en t5tant l'orgueil4 ,c'e/ le comble de l'art4 ,elle ne rompt pas avec le pass1 comme la philosophie de ,bacon et celle de ,desc>tes4 ,elle sort de ,kant et respecte son pre4 ,voil la mode/ie4 ,mais elle mprise ,reid et la philosophie du s5s commun1--avec ju/e raison1 je le crois1 et mme j'en suis sr2--mais c'e/ p\r pos] la ncessit d'une sci5ce suprieure t\t1 et voil qui t5te s+ulirem5t l'orgueil des petits ,nabu*odonosors de la cui/r]ie4 ,p\r elle1 il y a mieux et plus pr(ond que de condamn] le pass3 c'e/ de l'abs\dre2 c'e/ de prononc]1 de bi5 haut1 un bill d'indemnit suprme sur t\tes les horreurs et les infamies de l'hi/oire2 c'e/ enf9 d'admettre l'optimisme absolu d'une sci5ce absolue1 c>1 une fois admise1 cette t]rible notion d'absolu se rp]cute en mille *os et fait craqu] la cration t\t entire4 ,leibnitz aussi1--encore un philosophe6--qui crut un j\r p\voir =c] la porte du pnit5tiaire de ,dieu en m>iant les langues1 dans lesquelles n\s sommes dports1 p\r en faire une communaut et une langue univ]selle2 ,leibnitz aussi laissa se pr5dre sa religion et son gnie cette btise impie d'un optimisme int]dit ncessairem5t un monde en *ute4 ,mais c'e/ ,hegel qui devait lev] l'tat de pr9cipe le press5tim5t de ,leibnitz4 ,il se dit religieux1 p\rtant1--et ,v]a1 qui jur]ait p\r lui s'il en tait beso91 n\s l'assure4 ,mais cette religion de ,hegel1 n\s la connaissons4 ,c'e/ encore la sci5ce qui e/ cette religion1 comme elle e/ t\t1 puisqu'elle e/ absolue3 ,c'e/ la lumire de la p5se pure1--comme dit ,c\s93 ,c\s91 la rhtorique dans la philosophie1--ce n'e/ plus le demi-j\r du symbole4 ,qu& on abs\t l'humanit p>ce que1 dit-on1 on la compr5d1 qu& la meilleure ju/ification des *oses e/444 qu'elles sont ou qu'elles fur5t1 il faut bi5 accept] la religion avec t\t le re/e1 c> il y en a eu assez1 de religions1 sur la t]re de ce globe1 et assez de s5tim5t religieux dans les coeurs qui batt5t encore sa surface ou qui dorm5t glacs dess\s4 ,mais1 fran*em5t1 n\s autres *rti5s1 qui faisons notre philosophie avec nos rvlations et l'hi/oire1 p\vons-n\s t5ir gr& compte ,hegel et sa doctr9e de cette religion qu'il fait1 lui1 avec sa propre philosophie8444 ,p\vons-n\s admettre autrem5t que comme une prcaution1--que1 c]tes6 ,did]ot1 plus franc1 n'aurait pas eue1 et qui ti5t l'hypocrisie de ce sicle1 lequel a dplac ,t>tuffe1--p\vons-n\s admettre autrem5t que comme une prcaution ce respect p\r le *ri/ianisme1 cette religion qui n'e/ pas la sci5ce1 et que ,hegel a v\lu montr] en expliquant sa manire le dogme de la ,sa9te ,tr9it8444 ,c]tes6 p\r ma "p1 je ne connais ri5 de plus hideux que cette s+]ie2 mais aussi je ne connais ri5 de plus va94 ,laissez donc la ,sa9te ,tr9it tranquille1 sophi/es tracassi]s et peureux1 puisque v\s ne croyez pas la *ute6 ,p\rquoi invoquez-v\s ce dogme plutt que nos autres dogmes8 ,p\rquoi pr5ez-v\s p>tie1 entre t\s1 ce gr& my/re d'une religion qui a fait une v]tu p\r l'homme orgueilleux de la rsignation au my/re et qui l'a condamn la foi obissante1 si ce n'e/ p\r faire preuve de la possibilit de saisir t\t my/re s\s une =me sci5tifique et de l'expos] ce que v\s appelez le j\r8444 ,n\s n'en sommes pas rduits1 heureusem5t1 f\rnir des argum5ts aux hegeli5s6 ,,iv ,v]a1 qui e/ c]ta9em5t1 en ,france1 le plus di/+u1 le plus savant et le plus net de t\s1 ne s'e/ pas inscrit en faux une seule fois contre les ides et les t5tatives de son matre4 ,dans son ,introduction1 trop c\rte1 et dans ses belles notes1 dont il a presque d\bl les deux volumes de la ,logique1 il rapporte t\t1 explique t\t et cons5t t\t1 avec une docilit et une fidlit gales4 ,je n'ai jamais vu d'esprit si =t et mo9s indp5dant4 ,c'e/ l son orig9alit4 ,t\t de mme qu'on e/ p>fois mtaphysici5 malgr soi1 en raison d'une con=mation spciale de la tte1 et t\t en sa*ant trs bi5 que la mtaphysique e/ l'agitation in/9ctive et rfl*ie de problmes qui n'ont pas t\tes leurs solutions dans ce monde1 t\t de mme il y a des esprits qui1 de con=mation naturelle1 rfl*iss5t les mtaphysiques qu'ils n'ont pas cres1 et1 p\r n\s s]vir d'une expression hegeli5ne1 qui rep5s5t la p5se des autres4 ,v]a e/ un de ces purs miroirs intellectuels4 ,on s\ffre un peu de voir une intellig5ce d'une trempe si mle1 si solide et si claire1 port] p]ptuellem5t l'image d',hegel et la ret5ir1 comme la glace ne reti5t pas l'image mais comme le bronze reti5t l'effigie4 ,on s\ffre de voir un p>eil homme suivre ,hegel les pi$s dans la trace de ses pi$s et presque s]vilem5t1 si on p\vait tre s]vile qu& on suit ce qu' tort ou raison on a pris p\r la vrit4 ,mais on se dit1 malgr la cra9te que j'exprimais au comm5cem5t de ce *apitre1 qu'il n'y a pas plus de fatalit p\r l'esprit que p\r le coeur et que l'homme e/ son matre1 t\t en se donnant et mme aprs s'tre donn un matre6 ,d'ailleurs1 puisqu'il a l'orgueilleuse faiblesse de croire la sci5ce absolue1 ce ,v]a1 assez f]me de reg>d p\rtant p\r voir qu'elle ne peut jamais1 dans ce monde infrieur1 tre que relative1 cont+5te et borne1 autant p\r lui ,hegel qu'un autre6 ,autant mme p\r n\s1 si n\s y croyions6 ,il e/ vid5t que ,hegel e/ l'homme le plus m95t de la philosophie dans la nation la plus =te en philosophie qu'il y ait prs5tem5t dans le monde1 et si c'e/ l une mesure trs rassurante p\r ceux qui ti5n5t la philosophie p\r le peu qu'elle e/1 c'e/ une *ose tr\blante et trs entranante p\r ceux-l qui l'aim5t1 et qui l'exagr5t p>ce qu'ils l'aim5t4 ,seulem5t1 il y a deux manires d'aim] la philosophie3 comme sa matresse1--on lui passe t\t2 comme sa fille1--on devi5t exigeant p\r elle4 ,jusqu'ici1 comm5t ,v]a l'a-t-il aime1 et comm5t1 plus t>d1 l'aim]a-t-il8444 ,,du ,,my/icisme ,,et ,,de ,,sa9t ,,m>t9#ah ,voici une surprise4 ,lorsque n\s avons ouv]t le livre que ,c>o a publi sur ,sa9t ,m>t9#ai1 et qu' la premire page n\s avons tr\v1 ct du nom de l'auteur1 le titre1 t\j\rs suspect1 jusqu' l'inv5taire des doctr9es de celui qui le porte1 de pr(esseur de philosophie2 qu&1 la seconde page1 n\s avons lu une ddicace ,,mm4 ,jules ,simon et ,saisset1 traits respectueusem5t et affectueusem5t de matres et d'amis1 n\s avons naturellem5t p5s que le rationalisme contempora9 allait1 sans tre un aigle1 avoir beau jeu du bec et des griffes contre le my/icisme pris p>tie1 p\r l'excut] mieux et plus vite1 dans la p]sonne de ,sa9t ,m>t94 ,n\s n'avons pas hsit croire que ce gr& g> de ,sa9t ,m>t91 qui a fait un livre intitul ,ecce homo1 ne ft pris son t\r p\r l',ecce homo du my/icisme et outrageusem5t trait comme tel4 ,se m>i]1--disait le gr& "l ,bacon1--c'e/ t\j\rs donn] des otages la =tune4 ,entre philosophes1 la ddicace d'un livre1 n'e/-ce pas comme un m>iage d'ides8 ,et qu& cette ddicace e/ adresse ,saisset et ,jules ,simon1 n'e/-ce pas l un otage au rationalisme qu'ils reprs5t5t et qu'ils s]v5t1 au rationalisme qui e/ la mauvaise =tune de ce temps8 ,voil ce que n\s disions qu&1 heureusem5t1 la lecture de l'ouvrage de ,c>o a rpondu t\tes nos prvisions en les trompant4 ,ce livre1 qui1 de la p]sonne trs peu connue jusqu'ici et ma9t5ant plus tudie de ,sa9t ,m>t9 et de ses ides1 s'lve jusqu' la hauteur d'une discussion et d'un jugem5t sur le my/icisme en gnral1 e/ une oeuvre qui veut tre imp>tiale et svre4 ,la ,critique ne saurait l'oubli]4 ,c'e/ un de ces livres discrets et transp>5ts qui ne dis5t pas t\t ce qu'ils p\rrai5t dire1 mais qui le laiss5t entrevoir2 c'e/ un de ces sph9x1 au front de m>bre diaphane1 trav]s lequel p]ce le secret qu'on g>de encore mais qui doit un j\r en sortir4 ,ri51 en effet1 dans un ouvrage o la cl>t qu'on tr\ve r5d trs difficile sur la cl>t qui n'y e/ pas1 ne n\s atte/e d'une manire prcise et f]mem5t articule que l'auteur ait le bonheur d'tre ca?olique2 mais ri5 non plus n'affirme qu'il ne le soit pas4 ,au contraire4 ,t\tes les fois qu'il y p>le du ca?olicisme1 ce n'e/ pas seulem5t avec un respect qui e/ plus que de la conv5ance1 mais c'e/ avec une telle intellig5ce qu'on croirait presque la sagesse de la foi4 ,quoiqu'il juge le my/icisme au po9t de vue de la philosophie et de la mtaphysique huma9es1 et qu' ce po9t de vue il le rep\sse et le condamne comme n'apportant s\s le reg>d de la connaissance aucun sy/me vritablem5t digne de ce nom1 l'auteur e/ non mo9s net et non mo9s premptoire qu& il le pr5d et qu& il le juge au po9t de vue du ca?olicisme4 #ah ,c>o3 ,du ,my/icisme au ,x,v,i,i,ie sicle2 ,essai sur la vie et les doctr9es de ,sa9t ,m>t91 le philosophe inconnu 7,pays1 #bc mai #ahec74 #ai ,ha*ette et ,cie4 ,n\s l'affirmons1 avec une joie qu'un regret tempre3 un ca?olique qui se s]ait plus hautem5t av\ dans un tel livre et qui y aurait mis bravem5t le crucifix sur son coeur aurait dit davantage2 mais1 sur la limite o ,c>o s'arrte1 si un ca?olique avait pu s'y arrt] il n'aurait peut-tre pas dit mieux4 ,et1 vritablem5t1 p\r qui n'a pas ab&onn l'obs]vation et l'analyse1 le my/icisme--quelle que soit la =me qu'il revt--n'e/ jamais qu'une ab]ration du s5tim5t religieux en v]tu de sa propre =ce1 si une autorit extrieure ne le rgle pas et ne conti5t pas1 d'une ma9 s\v]a9e1 la turbul5ce de ses lans4 ,or1 n\s ne connaissons dans l'hi/oire du monde que le ca?olicisme qui ait jamais pu rgl] et cont5ir cet extravasem5t de la facult religieuse1 p>ce que le ca?olicisme1 cette =ce organise de la vrit1 a1 p> son glise1 l'autorit t]nellem5t prs5te et vigilante qui sauve l'homme de son propre excs et le ramne1 t\t frmissant1 l'unit1 qu& le malheureux s'en c>te1 ft-ce mme p> une tang5te sublime6 ,p>t\t ailleurs que s\s le g\v]nem5t de l'glise et en dehors de son or?odoxie le my/icisme1--et il en faut bi5 prv5ir les mes ard5tes et pures qu'une telle c\pe vid] t5t]ait1--le my/icisme n'a donc t et ne cont9u]a d'tre qu'une imm5se erreur et une bl\issante ivresse de cette facult de l'inf9i1 la gloire de l'homme et son dang]1 et qui fait de lui--dirai5t les naturali/es--un animal religieux4 ,c]tes6 la longue *ane du my/icisme a bi5 des anneaux2 mais1 depuis le fakir de l',inde1 livr aux volupts et aux m>tyres de l'extase1 jusqu' ces illum9s des voies intrieures dont p>le ,sa9t ,m>t9 en p>lant de lui-mme1 t\s les my/iques ne sont gures1 en f9 de compte1 que les victimes plus ou mo9s f\droyes du s5tim5t religieux1 trop =t p\r l'homme qu& il se confie sans rs]ve sa *tive et tratre p]sonnalit4 ,quel e/ donc l'ins5s qui ne se dfi]ait jamais de son me8 ,e/-ce que le roseau qui p]ce le mieux la ma9 huma9e n'e/ pas le roseau p5sant de ,pascal8 ,de t\tes les religions connues le ca?olicisme ayant le mieux trait la p]sonnalit de l'homme selon ce qu'elle vaut1 en lui arra*ant son orgueil1 a eu seul aussi la puissance de creus] un lit dans les mes p\r ce torr5t de l'inf9i qui subm]ge c]ta9es natures et f9irait p> les engl\tir4 ,lui seul1 dans cette balance si vite fausse de nos facults1 a fait quilibre au bass9 qui p5*e1 s\s le poids accablant de l'am\r1 en jetant dans l'autre bass9 la *>ge de l'obissance4 ,c'e/ a9si qu'il a cr1 au milieu de t\tes les contradictions de l'tre huma91 la plus div9e des h>monies1 et qu'en n\s donnant des sa9ts comme ,franois de ,sales1 ,b>?lemy des ,m>tyrs1 sa9te ,?rse1 sa9te ,brigitte1 sa9te ,ca!r9e de ,si5ne1 ,franois-,xavi]1 ,l\is de ,gonzague1 ,/anislas ,ko/ka1 ,philippe de ,nri1 ,jean de ,dieu1 ,angle de ,brescia et tant d'autres1 il a ralis p5dant un mom5t sur la t]re une vraie transposition du ciel6 ,telle e/ l'oeuvre1 et je dirais presque le miracle du ca?olicisme4 ,telle e/1 en v]tu de son incorruptible puissance1 l'assa9issem5t qu'il opre sur cette disposition la my/icit qui1 p\r c]ta9es mes1 e/ encore bi5 mo9s une facult qu'une maladie4 ,assurm5t1 ,c>o sait t\t cela aussi bi5 que n\s1 et il en t\*e mme un mot en passant dans son *apitre du my/icisme en gnral4 ,mais la ,critique1 qui a ses convictions1 qui n'exam9e1 ne raisonne et ne conclut que du milieu d'elles1 a le droit de dem&] au philosophe p\rquoi1 dans un livre o t\tes les que/ions lies son sujet sont t\*es de manire les faire vibr] dans les esprits1 il a nglig d'appuy] plus longtemps et plus =t sa ju/e et pntrante analyse sur le ct fcond et sanctifi du my/icisme4 ,le my/icisme des religions fausses1 le my/icisme htrodoxe1 et qui n'e/ qu'une des faces1 et la plus flamboyante1 du mon/re multiple de l'hrsie ou de l'erreur1 ,c>o n\s montre trs bi5 comm5t le ca?olicisme les traite et quel droit indfectible il a p\r les condamn] et p\r les punir4 ,mais1 ,c>o en convi5t1 il n'e/ pas au monde que ces sortes de my/icismes1 t\s plus ou mo9s faux1 plus ou mo9s individuels4 ,il y a aussi le my/icisme dans la rgle1 dans l'or?odoxie1 dans l'unit de la foi et du dogme1 dans l'obissance de la discipl9e1 le gr& my/icisme ca?olique enf94 ,n\s en avons nomm plus haut les plus glorieux reprs5tants et les plus spl5dides int]prtes4 ,celui-l n'e/ po9t une dviation de la facult religieuse1 il en e/ l'exaltation2 mais l'exaltation dirige1 l'en?\siasme ard5t et pr(ond et cep5dant g\v]n1 cette espce d'en?\siasme qui a le reg>d clair au lieu de l'avoir bl\i1 et qui1 multipliant p\r la premire fois son int5sit p> sa dure1 ne dfaille jamais p>ce qu'il se retrempe dans l'inext+uible flamme de l',unit comme la s\rce vive de la lumire4 ,un tel fait1 de quelque nom qu'on l'appelle1 de quelque explication qu'on l'taie1 mritait d'avoir une plus l>ge place que celle qui lui e/ accorde dans un livre ayant p\r b de desc5dre au fond de la "q du my/icisme4 ,cep5dant1 e/-ce prud5ce8 e/-ce inatt5tion8 ,c>o passe rapidem5t auprs de ce fait1 qu'il m5tionne1 mais qu'il ne creuse pas4 ,lui1 dont les yeux sont f9s et srs1 n'a-t-il pas s5ti que s'il les avait fixs pr(ondm5t sur ce qui n'e/ pas seulem5t une di/9ction nom9ale1 faite p> la haute sagesse g\v]nem5tale de l'glise1 il n'aurait pu s'emp*] de voir1 se dta*ant du fond commun des ides et des phnomnes imputs au my/icisme pris dans son acception la plus gnrale et la plus confuse1 un autre my/icisme1 ayant ses c>actres trs dt]m9s1--l'clatante ralit1 enf91 qui conti5t la vrit intgrale que la religion seule met s\s les ma9s de nos esprits1 mais dont la philosophie les dt\rne8444 ,alors le d]ni] mot du livre aurait t dit1 et ce mot n'et pas t une ngation4 ,c>1 en pressant bi51 voil la f9 et la conclusion d'un crit auquel n\s v\drions mo9s de rs]ve4 ,l'auteur1 dont n\s press5tons les op9ions c]ta9s acc5ts qui pass5t trav]s les surveillances de sa p5se1 l'auteur nie ,sa9t ,m>t9 et au my/icisme la vrit philosophique et religieuse1--ces deux vrits qui1 p\r n\s1 n'en font qu'une1 mais que les rationali/es croi5t trs habile de sp>]4 ,et il a raison s'il ne s'agit ici que de ,sa9t ,m>t91 le philosophe inconnu du ,x,v,i,i,ie sicle1 et du my/icisme hors l'or?odoxie1 du my/icisme de l'hrsie ou de l'erreur4 ,mais1 srieusem5t1 et p\r qui n'ignore pas la p5te des *oses et o la logique p\sse l'esprit encore plus qu'elle ne le mne1 p\r qui n\s a pr\v que le my/icisme de ,sa9t ,m>t91 comme t\t my/icisme en dehors de la rgle pose p> l'glise1 trane l'esprit jusqu'au pan?isme1 p\r un homme exprim5t en ces matires1 qui sait =t bi5 qu'il n'y a plus ma9t5ant face face1 en philosophie1 que le ca?olicisme et le pan?isme1 et que t\te ide se ramne =cm5t l'un ou l'autre de ces gr&s sy/mes sans p\voir jamais en sortir1 tait-ce bi5 la pe9e de s'int]rompre et de s'arrt]8 ,fallait-il re/] devant un mur si transp>5t1 dont l'impntrabilit peut-tre effrayait mo9s que la transp>5ce8 ,une vraie critique philosophique1 si elle avait v\lu mrit] l'honneur de son pi?te1 devait-elle1 aprs avoir accumul les ngations1 s'enfonc] et disp>atre dans le nant qu'elle avait fait1 et1 s\s pe9e de trop ressembl] t\t ce qu'elle avait pulvris1 n'tait-elle pas t5ue d'aj\t] et d'affirm] quelque *ose de plus8 ,que si elle n'affirmait pas1 ne retombait-elle po9t 9vitablem5t la monographie pure et simple1 aux petites analyses1 qui p9c5t les fibrilles des *oses au lieu de les bris] d'une seule et gr&e rupture dans leurs muscles les plus rsi/ants8 ,ne rev5ait-elle pas1 enf91 t\s ces procds microscopiques si *]s et si famili]s aux philosophies infcondes1 aux philosophies sur le ret\r8444 ,nonob/ant de si tri/es conditions acceptes1 le livre de ,c>o1 t\t incomplet qu'il soit p> la conclusion1 e/ d'un intrt trs vif encore4 ,n\s y avons tr\v ce qui vivifie t\s les livres philosophiques3 la v]ve de la discussion1 la proprit du langage1 et surt\t la n\veaut inatt5due et piquante du r5seignem5t4 ,on y tait t5u avec ,sa9t ,m>t9 plus qu'avec aucun autre4 ,sa9t ,m>t9 n'a po9t le r>e privilge des gr&s esprits nets1 des hommes dc\v]tes dans l'ordre de la p5se et rsultats positifs4 ,ceux-l1 on les tr\ve sans les *]*] dans ce qu'ils ont fait et dans les influ5ces qu'ils ont laisses aprs leur passage1 t&is que dj1 et la di/ance d'une moiti de sicle1 il n\s faut *]*] ,sa9t ,m>t9 p\r l'ap]cevoir4 ,de son vivant1 il aimait s'appel] le philosophe inconnu1 et il a bi5 manqu de sombr] s\s ce nom-l dans la mmoire des hommes1 puni ju/em5t1 d'ailleurs1 p> l'obscurit de t\s ces petits my/res de secte dans lesquels il avait comme entortill sa p5se4 ,sans le mot en?\sia/e de madame de ,/al dans son ,allemagne1 un autre mot plus grave et mieux pes de ,j4 de ,mai/re dans ses ,soires de ,sa9t-,pt]sb\rg1 l'image de ,j\b]t1 qui en fait un aigle avec des ailes de *auve-s\ris1 et quelques lignes imp]t95tes de ,*ateaubri& dans ses ,mmoires d'outre-tombe1 qui donc1 dans le monde du ,x,i,xe sicle1 connatrait de vue ,sa9t ,m>t91 s9on les curieux qui lis5t t\t et qui se font des biblio?ques de folies8 ,le temps a m>* sur les hommes qui croyai5t au gr& my/ique des voies intrieures et qui sympa?isai5t ses ides4 ,il a pri presque t\t enti]4 ,il n'a po9t laiss de trace et de cim5t p>mi eux1 comme ,sw$5borg1 cet autre my/ique1 qui passa aussi sa vie dans la contemplation et dans l'obscurit1 mais dont le sy/me1 plus h>di et plus exprim1 a jet un clat qui rappelle les aurores borales de son pays4 ,sw$5borg a encore des milli]s de disciples4 ,il e/ vrai qu'ils sont en ,amrique1--ce qui dim9ue le mrite d'en avoir1--dans le pays qui p>e sa jeunesse avec les oripeaux tombs de la tte branlante de la vieille ,europe4 ,sa9t ,m>t9 n'en a gures nulle "p444 ,le my/icisme1 qui e/ de t\t temps comme l'orgueil de l'homme1 sa p]sonnalit et sa soif d'inf9i1 a *ang de peau comme un s]p5t4 ,il n'en e/ plus o il en tait au ,x,v,i,i,ie sicle1 et ,c>o1 n\s dveloppant la doctr9e de ,sa9t ,m>t91 cette my/rieuse et nuageuse doctr9e qui p>tit de ,boehm p\r ab\tir misrablem5t une madame de ,krudn]1 n\s produit bi5 mo9s l'effet d'un philosophe que d'un antiquaire1 qui n\s ds5veloppe une momie et n\s fait compt] ses b&elettes4 ,du re/e1 philosophe ou antiquaire1 ,c>o s'e/ proccup1 surt\t et avant t\t1 d'tre hi/ori54 ,la biographie intellectuelle de ,sa9t ,m>t9 n'tait qu'une curiosit philosophique1 mais1 ratta*e l'hi/oire du ,x,v,i,i,ie sicle1 elle pr5ait presque aussitt de la consi/ance et de la valeur4 ,alors il ne s'agissait plus des exc5tricits de la p5se d'un homme plus ou mo9s d\ d'imag9ation ou de gnie1 il s'agissait du gnie mme ou de l'imag9ation de son poque1 dont un homme1 quels que soi5t sa =ce et son p>ti pris1 dp5d t\j\rs4 ,le gr& prjug contempora91 c'e/ de croire que le ,x,v,i,i,ie sicle fut uniquem5t le sicle de l'analyse1 de la philosophie d'expri5ce1 des sci5ces positives1 de la dmon/ration1 de la cl>t1 qu& la vrit e/ qu'il fut autant le sicle des syn?ses bl\issantes ou tnbreuses1 des priori audacieux1 des sci5ces m5teuses leur nom1 enf9 de l'indmontrable en t\tes *oses4 ,pr5dre un sicle comme un homme1 p> ses prt5tions1 e/ un mauvais moy5 de le connatre1 mme qu& il s'agit d'apprci] le mal qu'il a fait444 ce qui p>at t\j\rs facile4 ,c>o s'e/ bi5 g>d d'une vue si sup]ficielle et si confiante4 ,en dtaillant1 s\s son analyse1 l'individualit de ,sa9t ,m>t91 il a compris que cette plante trange avait p\rtant sa rac9e dans le t]ra9 de son sicle1 et1 p\r qu'on ne pt s'y mpr5dre1 il n\s a ret\rn le sicle en quelques traits ju/es et pr(onds et n\s en a a9si montr le fond et la sup]ficie4 ,or1 c'tait une poque de my/icisme1 autant et plus que les sicles dont on s'tait le plus moqu4 ,voltaire ricanait l-bas1 auprs de sa g\tte d'eau2 mais le monde r\lait son tra9 t]nel s\s le s\ffle de la croyance1 et de la croyance dvoye1 de la croyance ins5se1 sup]/itieuse et bte1 p>ce qu'elle tait individuelle1 p>ce qu'elle tait sortie du vrai dogme et de l'unit4 ,l'illum9isme s't5dait comme une longue nue sur l'horizon intellectuel du temps4 ,il avait le vague de la nue2 mais il en avait l'lectricit4 ,il tait p>t\t4 ,on ne le nommait pas p>t\t p> son vrai nom2 mais p>t\t1 du mo9s1 il se s5tait1 et les esprits les plus matriels1 les plus atta*s aux angles des *oses positives1 portai5t ses invisibles influ5ces1 comme on porte une temprature4 ,en ,allemagne1 o l'on n'a pas plus peur des mots que des ides1 il s'tait hautem5t et firem5t organis4 ,b]l9 avait vu natre une secte qui s'appela plus t>d la secte d',avignon et qui fut suivie de la gr&e socit des claireurs 7,aufklr]71 laquelle se rp&it dans l',allemagne entire et jusque sur les pics de la ,suisse4 ,c>o--et n\s pr5ons acte de ceci v5ant d'un philosophe--n\s les donne p\r les prcurseurs de ,hegel4 ,le *ef influ5t de cette secte tait le fameux ,nicola1 le libraire prussi51 assez oubli prs5t1 qui t5ait l'op9ion1 la critique et la littrature s\s la triple f\r*e de la ,gazette littraire d',ina1 du ,j\rnal de ,b]l9 et du ,musum allem&4 ,l'asc5dant de ,nicola ,b]l91 ,wei%aupt l'obt5ait en ,bavire4 ,c'tait un ,pr\dhon en action qui devanait la ?orie1 comme les potes devanc5t les potiques1 et qui v\lait dtruire t\s les g\v]nem5ts4 ,en ,suisse1 ,lavat] c\vrait de je ne sais quelles v]tus1 plus dang]euses que des vices1 c> elles font illusion1 un my/icisme qui t\*ait l'illum9isme allem& p> une extrmit et p> l'autre la ?urgie4 ,gasn]1 ,caglio/ro1 ,mesm]1 ces puissants jongleurs1 se j\ai5t de l'imag9ation et des passions de l',europe incrdule444 folle d'un beso9 de croire qu'elle avait v\lu supprim]4 ,en ,anglet]re1 il n'y avait pas1 il e/ vrai1 d'associations comme en ,allemagne1 mais une vogue imm5se ent\rait ,william ,law1 qui comm5tait ce vieux ,boehm1 si *] aux imag9ations des races g]maniques4 ,en ,sude1 ,sw$5borg clatait et j\issait d'une autorit illimite4 ,en ,france enf91 le pays des railleurs1 o les torr5ts de madame ,guyon ne s'tai5t pas c\ls sans laiss] les fanges molles et *audes du quitisme au fond de bi5 des mes1 les dispositions une my/icit sans guide et sans appui tai5t si gr&es que l'odieux jansnisme mme1 cette froide *ose1 arrivait aussi au my/icisme1 non p> la t5dresse1 mais p> l'orgueil4 ,tel tait en ralit le ,x,v,i,i,ie sicle qu& y app>ut ,sa9t ,m>t94 ,il ne fit aucun fracas t\t d'abord1 pas plus que depuis4 ,c'tait une intellig5ce recueillie1 une espce de s5sitive de la p5se qui fleurissait pudiquem5t dans la solitude1 la mditation et le my/re1 et qui se rtractait avec tr\ble1 et presque honteusem5t1 s\s le doigt si s\v5t famili]1 maladroit ou brutal1 de la publicit4 ,s'il eut des lueurs1--comme dit madame de ,/al1--il eut plus de p>fums encore1 et c'e/ qu'il e/ des fleurs dont le calice1 c]ta9s mom5ts1 semble v]s] de la lumire4 ,fleur rveuse de my/icit1 il ressemblait une de ces frax9elles1 une de ces capuc9es timidem5t phosphoresc5tes1 comme on en tr\ve p>fois le soir sur les murs disjo9ts des vieilles *apelles4 ,pntr1 ds sa jeunesse1 des influ5ces fatalem5t my/iques d'une socit qui1 comme le dit excellemm5t ,c>o1 ne p\vait sec\] le j\g de ses croyances que p\r tomb] s\s le j\g de ses illusions1 il ne monta po9t sur l'horizon intellectuel de son temps comme un a/re ple9 de puissance1 mais il s'y c\la furtivem5t1 comme un rayon qui s'g>e4 ,son nom mme1 il ne le donna po9t la secte qu'il allait crer4 ,il le tr\va et il le prit4 ,les m>t9i/es1 *ose s+ulire6 exi/ai5t avant ,sa9t ,m>t94 ,un juif portugais1 savant dans la cabale1 nomm ,m>t9ez ,pasqualis1 avait fond1 en #agfh1 la secte des m>t9i/es1 v\e aux oeuvres viol5tes de la ?urgie1 et c'e/ de cette cole que ,sa9t ,m>t9 fut le fils2 mais bi5tt le fils dissid5t4 ,m>t9ez mort1 il la modifia4 ,d\ d'une me qui fut son gnie1 on aurait pu dire de lui le mot *>mant du vieux ,mirabeau1 qu'il tait fait de la rognure des anges4 ,mais1 puisque des anges sont tombs1 une telle rognure ne g>antit pas les hommes1 et ,sa9t ,m>t91 si *rti5nem5t n1 se p]dit4 ,c]tes6 si l'glise a des mlancolies comme celles des mres1 ce doit tre en voyant se dta*] d'elle des mes comme celle de ,sa9t ,m>t94 ,dj t\t ple9 de ,sw$5borg1 qu'il n'acceptait pas dans t\te son audace1 en relation avec le comm5tateur ,william ,law1 il lut ,boehm1 et t\t fut dit4 ,sa vocation et sa *ute fur5t dcides4 ,voil le plus gr& vnem5t de sa vie1 dit-il1 et il a raison4 ,c'tait en #agha3 ,l'aurore naissante de ,boehm1 qui se leva dans l'!r de son me1 l'emp*a de voir cette autre et t]rible aurore qui allait s't5dre sur le monde des ralits et dans le ciel sanglant de l'hi/oire4 ,biographe avec scrupule1 ,c>o n\s montre ,sa9t ,m>t9 abrit contre la rvolution franaise dans le ds]t intrieur de sa spiritualit1 et1 qu& la tempte e/ passe1 plus t>d1 en #agie1 il suit avec un intrt ml d'loge le solitaire1 dev5u homme public1 rpondant sur la "q de l'enseignem5t1 agite alors (ficiellem5t p> le p\voir1 aux attaques cauteleuses de ,g>at1 le rhtorici5 de la s5sation4 ,c>o insi/e beauc\p sur cette discussion1 dans laquelle ,sa9t ,m>t9 dploya une aptitude philosophique vritablem5t suprieure4 ,mais n\s1 qui ne sommes ni pr(esseur ni philosophe1 ,dieu m]ci6 n\s qui la suite des temps a trop appris que le spiritualisme du ,x,i,xe sicle a fait autant de mal que le matrialisme du ,x,v,i,i,ie1 n\s n\s intressons =t peu ce dbat entre ,g>at et ,sa9t ,m>t94 ,a notre s5s1 le philosophe inconnu n'exi/e rellem5t que dans sa p5se religieuse1 et c'e/ exclusivem5t l qu'il faut le surpr5dre et le *]*]4 ,et1 n\s le rptons1 ,c>o l'y a saisi avec habilet4 ,il n\s a donn1 en quelques pages presses et ple9es1 t\te la sub/ance mdullaire des doctr9es de ,sa9t ,m>t94 ,en les lisant1 on e/ surt\t frapp de cette ide que le ,x,v,i,i,ie sicle1 dans sa ha9e contre le ca?olicisme1 n'a pas seulem5t tr\v1 p\r la s]vir1 des raisonneurs et des impies1 comme l'affreuse socit qui s\pait contre ,dieu *ez d',holba*1 mais aussi des mes d'lite1 des coeurs t5dres1 aux int5tions pures1 de nobles esprits qui croyai5t au ciel4 ,sa9t ,m>t9 fut un de ces ennemis du ca?olicisme qui le frappr5t d'une ma9 *rti5ne4 ,il avait au plus haut degr ce qui e/ le signe de l'hrsie depuis que l'hrsie e/ dans le monde1 c'e/--dire la ha9e du sac]doce et la fureur de sa propre int]prtation4 ,qu'avai5t de plus ,lu!r et ,calv98 ,c>o1 qu'il faut lire si l'on veut connatre cet hrsi>que au petit pi$ et qui se croyait et se disait n avec disp5se1 et qui peut-tre1 hlas6 aurait t un sa9t s'il avait eu l'obissance2 ,c>o t\rne contre ,sa9t ,m>t9 t\s ces gr&s argum5ts de l'glise contre le prote/antisme qui1 depuis ,bossuet1 sont notre muse d'artill]ie4 ,c'e/ qu'effectivem5t ,sa9t ,m>t9 n'e/ qu'un prote/ant modifi4 ,c'e/ un prote/ant p> l'esprit1 avec un tempram5t ca?olique4 ,comb9aison regrettable1 qui le r5d plus dang]eux et plus nuisible qu'un prote/ant6 ,en effet1 p\r n\s dgt] de l'erreur de son pr9cipe et de sa doctr9e1 le prote/ant a la s*]esse de sa raison et la sup]be de son orgueil4 ,mais ,sa9t ,m>t9 a l'imag9ation du pote1 l'am\r du croyant1 et son orgueil e/ si d\x 7c> il y a t\j\rs de l'orgueil dans un *ef de secte7 qu'on le pr5drait presque p\r cette v]tu qui e/ un *>me et qu'on appelle l'humilit4 ,voil p> quoi1 de son vivant1 il a entran les mes analogues la si5ne1 qui sont1 aprs t\t1 il faut bi5 le dire1 la meilleure p>tie de l'humanit4 ,portes t\j\rs en haut1 comme lui1 p> leur aspiration naturelle1 il a v\lu crer p\r elles un *ri/ianisme suprieur et indp5dant4 ,il a oubli que1 p\r l'homme1 l'abme le plus t]rible n'e/ pas celui qu'il a s\s les pi$s1 mais celui qu'il a sur la tte1 et que l'me1 comme le corps1 meurt aussi bi5 de trop mont] que de trop desc5dre4 ,tel a t le tort de ,sa9t ,m>t9 et le repro*e qu'on peut lui faire4 ,il a raff9 sur ce qui n'admet pas de raff9em5t1 c'e/--dire sur la vrit du ca?olicisme1 qui e/ la vrit absolue1 et il a t1 dans l'ordre des *oses religieuses1 ce que fur5t les prcieuses dans l'ordre des *oses littraires4 ,mais ce qui n'a que l'importance du ridicule en littrature1 en religion devi5t crim9el4 ,voil p\rquoi il faut tre implacable p\r ces t5tateurs d'une p]fection impossible1 et qu& ils ont1 comme ,sa9t ,m>t9 les avait1 les sductions de la puret dans le tal5t et dans la vie1 il faut l'tre p\r leur gnie1 et mme jusque p\r leurs v]tus4 ,l',,abb ,,mitraud#bj ,le livre#ba de l'abb ,?obald ,mitraud a t l'occasion d'un vritable phnomne4 ,ce livre d'un prtre qui pose la ncessit d'une ?ocratie a t salu p> t\s les ennemis de la ?ocratie et des prtres4 ,ils l'ont exalt presque l'gal d'une dc\v]te4 ,n'e/-ce pas s+uli]8444 ,t\s ces hasseurs de la vieille glise roma9e se sont pris de je ne sais quel gt--ou plutt d'un gt que je m'explique trs bi5--p\r un livre qui a la prt5tion d'tre un livre de sci5ce sociale en re/ant du *ri/ianisme4 ,t\s les critiques de notre temps1 qui n\s dis5t avec des v>iantes que ,joseph de ,mai/re n'e/ qu'un sublime brise-raison et ,bonald un antiquaire d'ides1 ont vant l'abb ,mitraud et en ont fait un colosse1 portable encore1 il e/ vrai1 mais un de ces j\rs trop l\rd1 mme p\r le triomphe4 ,la *ose e/ dev5ue si =te que ce ne sont plus les lauri]s de ,miltiade qui doiv5t emp*] de dormir ce n\veau ,?mi/ocle3 ce sont les si5s4 ,un j\rnal le comp>ait sa9t ,paul444 ,tant de gloire e/ bi5 compromettante4 ,p\r un prtre1 c'e/ une gloire faire peur4 #bj ,de la ,nature des ,socits huma9es 7,pays1 #aa janvi] #ahee74 #ba ,librairie n\velle4 ,c> l'abb ,mitraud--quel que soit son tal5t1 qui e/ rel1 et sa *>it1 qui doit tre ard5te1--n'a pas conv]ti ces messieurs4 ,il leur a plu4 ,il a mu leurs sympa?ies1 mais il ne les a pas *angs4 ,des philosophes ne se conv]tiss5t pas p> la v]tu des bro*ures4 ,qu& cela leur arrive1 il leur faut1 comme ,la ,h>pe1 le c\p de tonn]re dans le sang de la place ,l\is ,,xv et le *em9 de ,damas de la guillot9e6 ,mais1 quant des livres1 ils en font trop p\r que le ,pr5ds et lis du figui] d',augu/9 se r5\velle4 ,c'e/ donc du haut de leurs ides et de leur orgueil que les ennemis de l'glise ont fait tomb] l'loge sur le front pan\i de l'abb ,mitraud et qu'ils ont t5du leur ma9 de ,grecs 7,timeo ,danaos et dona f]5tes67 son ca?olicisme roma94 ,c]ta9em5t1 la montagne n'e/ pas v5ue lui4 ,faut-il donc conclure qu'il soit all la montagne8444 ,n\s aurions bi5 v\lu le ni]4 ,malheureusem5t1 c'e/ impossible4 ,n\s avons lu1 avec l'att5tion qu'il mrite1 le livre de l'abb ,mitraud sur la ,nature des ,socits huma9es1 comme il dit1 et ce livre1 dont t\t1 p\r n\s1 jusqu'au titre1 manque de rigueur et de vrit1 n\s a jet dans des p]plexits tranges4 ,a ce titre seul n\s avions reconnu le problme du temps prs5t1 la *imre du sicle1 comme disait sa9t ,b]n>d1--c> les littratures font beauc\p de ?ories sociales lorsque les peuples ont rel* ou bris t\s les li5s sociaux1 absolum5t comme on crit des potiques lorsque le temps des pomes piques e/ pass1--et il tait curieux de savoir comm5t le prtre avait remu son t\r le problme va9em5t agit si longtemps p> les philosophes4 ,tant de ma9s que l'on croyait puissantes s'tai5t blesses1 comme des ma9s d'enfant1 p\ss] ce c]ceau dans le vide1 que n\s n\s dem&ions s'il fallait accus] la faiblesse maladroite des hommes ou la difficult radicale du problme4 ,eh bi51 aprs y avoir reg>d1 n\s n\s le dem&ons encore6 ,le prtre1 auj\rd'hui1 n'a pas plus avanc la "q que les philosophes4 ,seulem5t ce n'e/ pas l'in=tune du rsultat qui les a r5dus si d\x p\r lui1 c> nul d'entre eux ne d\te de la virtualit de ses ides4 ,ils ne sont pas si btes que d'tre sceptiques sur leur propre compte6 ,la philosophie a remplac la foi religieuse1 qui p\r tant de g5s e/ une dup]ie1 p> l'infatuation de la vanit1 qui p\r t\t le monde e/ un pr(it4 ,mais si ce n'e/ pas le mme malheur et le mme s5tim5t d'impuissance qui uniss5t si t5drem5t1 p\r le qu>t d'heure1 les criva9s philosophiques de ce temps et l'abb ,mitraud1 il faut donc qu'il y ait dans le livre de ce d]ni] un fond de *oses qui soit un t]ra9 commun o ils se r5contr5t et s'embrass5t1 une petite le des ,faisans quelconque o le prtre et le philosophe pass5t leur trait des ,pyrnes4 ,voil ce que n\s dsirions et ce que n\s avons va9em5t *]* p\rtant dans le livre qui n\s occupe4 ,le croira-t-on8 dans ce trait qui s'intitule somptueusem5t ,de la ,nature des ,socits huma9es1 le fond des *oses1 s'il en e/ un1 n'e/ pas visible4 ,il n'e/ pas mis en lumire une seule fois4 ,ce livre qui n\s promet un sy/me ne le donne po9t3 il n\s l'annonce1 et1 aprs des rfutations t>dives de doctr9es puises1 rfutations qui ne peuv5t pas pass] dcemm5t p\r des prolgomnes1 il n\s r5voie au numro pro*a91 c'e/--dire un second volume qu'il n\s faut att5dre p\r jug] la valeur philosophique de ,mitraud4 ,c]tes6 p\r notre compte1 n\s att5drons trs volonti]s4 ,mais l'abb ,mitraud aurait t\t aussi bi5 pu s'att5dre lui-mme2 c> c'e/ s\v5t une =ce que de savoir s'att5dre1--a dit madame de ,/al4 ,l'auteur des ,socits huma9es a mieux aim envoy] devant lui ses premi]s bagages4 ,littrairem5t1 il a eu tort4 ,il a eu tort aussi dans l'intrt de ses ides444 futures4 ,qu'il le sa*e bi56 si libre que soit un auteur dans l'application de sa m?ode et dans l'exposition de ses ?ories att>des1 il e/ des =mes littraires qui sont comme les devoirs de politesse de la p5se4 ,n\s en prv5ons l'abb ,mitraud1 le public e/ un sultan blas et sup]be4 ,il aura mal aux n]fs d'une lecture qui le mne et le c\rbature p5dant quatre c5t c9quante pages p\r ne lui appr5dre que ce qu'il sait et p\r le laiss] o elle l'a pris4 ,mais1 sans prvoir les malheurs de si lo91 jusqu'ici1 il faut bi5 le dire1 t\t a russi ,mitraud4 ,cette abs5ce de ?orie1--n\s ne disons pas absolum5t d'ides1--ce r5voi aux cal5des grecques d'un second volume1 cette discrtion d'un homme qui sait g\v]n] sa philosophie intrieure1--c> s'il y avait un prix ,montyon de la rtic5ce il s]ait gagn p> l'abb ,mitraud1--t\t cela1 qui aurait p]du un autre homme devant la ,critique1 ne s'e/ pas ret\rn contre lui4 ,la ,critique a t p\r l'heureux auteur une dame ,mcne1 au lieu d'tre une dame ,xantippe1 comme elle l'e/1 hlas6 presque t\j\rs4 ,assurm5t il devait y avoir un mot ca* cette nigme4 ,n\s croyons l'avoir dev94 ,en effet1 si1 philosophiquem5t1 le fond des *oses manque au livre des ,socits huma9es1 si la ?orie n'y btit mme pas la premire ar*e du pont sur lequel elle doit pass]1 il y a nanmo9s1 dans cette oeuvre d'expectative1 des op9ions qui font pr5dre pati5ce aux plus presss et qui prvi5n5t sur ce qui doit suivre4 ,il e/ sr qu'il n'e/ en ret>d qu'en faveur du m\vem5t4 ,il y a des affirmations p>fois1 mais bi5 plus s\v5t des t5dances qui sont comme une aurore d'ides1 un peu brumeuse encore1 il e/ vrai1 mais trav]s laquelle les philosophes1 qui ont la vue bonne1 voi5t trs clair4 ,si enveloppes et si drapes qu'elles soi5t1 si +nieuses de rs]ves et d'explications qu'elles puiss5t tre1 il s'*appe des doctr9es des hommes1 il su9te1 p\r a9si p>l]1 de leur p5se et de leur expression1 de ces vapeurs intellectuelles qui pntr5t et qui av]tiss5t4 ,impossible de s'y tromp]6 ,la sonnette du lpreux s'ent5dait avant qu'on ne vt le pauvre malade444 ,l'abb ,mitraud1 qui a1 selon n\s1 dans la p5se1 la contagion des maladies spirituelles contempora9es1 fait ent5dre nos coeurs et nos esprits une tri/e sonnette dans ce premi] crit o sa p]sonnalit philosophique1 c'e/--dire sa ?orie1 ne p>at pas encore1 mais s'annonce4 ,ceux p\r qui elle n'a pas le mme timbre que p\r n\s ont bi5 reconnu l'homme qui s'annonait a9si1 et tel e/ le secret de leur accueil et de leurs loges4 ,ne l'oubliez pas6 il e/ si bi5 eux qu'ils l'ont laiss s'a*>n] t\t son aise contre les doctr9es plus ou mo9s mortes de ,c\s91 ,?i]s et ,pr\dhon1 et qu'ils ne l'ont nullem5t tr\bl dans ce pit9em5t de cadavres p> la trs excell5te raison que les philosophes ont le droit de se battre entre eux1 comme ,sgan>elle et sa femme1 sans que p]sonne y tr\ve r$ire4 ,selon n\s1 dfaut d'autres m>ques1 cela seul et pr\v qu'ils le reconnaissai5t p\r un des leurs1 c'e/--dire p\r un philosophe1 malgr sa foi et son titre de prtre1--et ils avai5t raison1 du re/e1 c>1 malgr t\t cela1 il en e/ un6 ,oui6 il en e/ un444 ,c'e/ un philosophe4 ,sa fonction de prtre ne l'a po9t prs]v4 ,il a bu cette c\pe de la philosophie comme le sicle d]ni] l'a faite1 de cette philosophie qui e/ dev5ue l'abreuvoir de t\s les esprits1 et mme des plus mdiocres1 et il s'y e/ enivr6 ,l'abb ,mitraud1 avec ses t5dances gnrales et son manque provisoire de ?orie c>re et rsolue1 n\s fait l'effet d'une espce d'abb de ,sa9t-,pi]re1 mais r5\vel1 rajeuni1 raju/ p> les =mes et le langage de la discussion au ,x,i,xe sicle4 ,c'e/ un utopi/e du mme g5re1 re/ utopi/e malgr des expri5ces qui aurai5t corrig l'abb de ,sa9t-,pi]re s'il avait vcu dans notre temps et si les prtres1 tombs de plus haut que les autres hommes dans l'ordre spirituel1 p\vai5t se relev] et n'tai5t pas presque t\j\rs incorrigibles6 ,tte que j'os]ai appel] anti hi/orique1 c]velle re*]*euse d'ab/ractions1 l'abb ,mitraud n'a ni le s5s de l'hi/oire ni le s5s de la nature huma9e4 ,t\te pr(onde ralit lui *appe4 ,comme l'homme au projet de paix p]ptuelle1 et comme beauc\p d'autres rveurs d'une date mo9s anci5ne et qu'il vante dans son livre1 il ne compr5d ri5 ce gr& fait de la gu]re1 qui1 lui seul1 e/ t\te une philosophie4 ,il ne le compr5d ni dans l'ordre politique1 ni dans l'ordre moral1 ni dans l'ordre dome/ique4 ,il le mconnat4 ,d'un autre ct1 va9em5t l'glise lui a-t-elle appris cette *>it *rti5ne qui a suffi au monde depuis l'vangile1 il ne s'en e/ pas mo9s laiss mordre p> la brebis enrage de la philan?ropie mod]ne1 et1 comme l'cole t\t entire du ,x,v,i,i,ie sicle1 qu'il essaie de combattre mais qui le ti5t s\s elle comme un va9cu1 il se proccupe1 t\te page de son livre philan?ropique1 du droit de *aque homme vis--vis de la socit1 et il va *]*] ce droit individuel dans des notions incompltes ou fausses p\r l'exprim] dans de nuageuses df9itions1 que le ,x,v,i,i,ie sicle n'aurait c]tes pas rep\sses6 ,le droit--n\s dit-il assez grossirem5t quelque "p--e/ la rsultante des droits de la nature4 ,e/-ce que le ,x,v,i,i,ie sicle n'aurait pas sign cette phrase-l8 ,l'abb ,mitraud e/ un de ces esprits qui croi5t au dveloppem5t futur ou possible sur la t]re d'une ju/ice et d'une lib]t absolues1 et qui comm5c5t p> oubli] les conditions de la nature de l'homme et les ides qu'il faut avoir de la lib]t et de la ju/ice2 c> la lib]t a ses trois limites1 de nombre1 de mesure et de poids1 qu'aucune ?orie ne saurait bris]1 et la ju/ice a son glaive ct de sa balance1 le glaive qui1 p> la rigueur du retran*em5t1 rtablit l'galit des proportions4 ,rvolutionnaire1 quoiqu'il dise p\r s'en df5dre1 l'auteur de la ,nature des ,socits huma9es a crit que les rvolutions sont les suprmes ef=ts du g5re huma9 p\r dc\vrir les vraies conditions de sa vie1 p\r les df9ir exactem5t et s'y s\mettre2 ce qui revi5t positivem5t dire que t\tes les ivrogn]ies de la colre doiv5t s]vir cl>ifi] la vue444 ,s+uli] collyre1 il faut en conv5ir6 ,enf91 comme t\s les utopi/es de ce temps et de t\s les temps qui ont r5v]s le gr& ap]u *rti51 l'abb ,mitraud semble pr5dre la socit p\r un tat df9itif au lieu de la concevoir comme un tat de passage1 et alors la "q devi5t p\r lui ce qu'elle fut1 p> exemple1 p\r ,f\ri]1 ,sa9t-,simon et tant d'autres r=mateurs1 c'e/--dire qu'elle consi/e tr\v] des in/itutions qui tabliss5t le ciel sur la t]re1--ce qu'on *]*]a probablem5t longtemps encore6--au lieu de faire mont] la t]re dans le ciel1 comme la religion n\s l'enseigne1 et1 dans son affran*issem5t des mes1 sait l'excut] t\s les j\rs4 ,telles sont les ides qui circul5t1 l'tat plus ou mo9s confus1 dans le livre de ,mitraud1 et qui crent une p>5t d'erreur pr(onde entre son ouvrage et tant d'autres crits fades et dang]eux4 ,le dang] des livres e/ relatif4 ,il ti5t autant ceux qui les lis5t qu' ceux qui les compos5t4 ,les peuples vig\reux et purs ont des livres svres comme de f]mes lgislations4 ,mais1 qu& ils s'n]v5t1 l'utopie de leurs p5seurs s'n]ve aussi et tombe au niveau de la moralit gnrale4 ,c'e/ ce qui e/ arriv l'abb ,mitraud4 ,la ?ologie1 qu'il a tudie et qui aurait d donn] de la trempe son esprit1 n'a pu l'emp*] d'tre et de re/] un mtaphysici5 d'un ordre infrieur1 qu'attire un problme qui *appe sa porte4 ,il e/ vid5t1 en effet1 qu'au-dess\s de t\te cette battologie philosophique l'auteur de la ,nature des ,socits huma9es ne sait pas ce qu'on doit ent5dre p> ce mot de socit dont il se s]t1 et qu'il en confond la notion mtaphysique avec la notion hi/orique des diffr5ts peuples qui se sont agits sur la t]re et se sont ef=cs de ralis] cet idal de socit qui1 p\r l'incrdule1 n'e/ qu'une ironie1 et p\r le *rti51 qu'une aspiration4 ,il a vu1 la vrit1 pass] trav]s l'hi/oire des masses d'hommes1 s\s la lance de leurs conducteurs4 ,mais cet tat des multitudes dans l'univ]s donne-t-il le droit d'affirm]1 un p5seur rig\reux1 que l'idal social exi/e rellem5t sur la t]re en dehors de cette socit--qu'on n\s passe le mot6--crpusculaire cre p> le *ri/ianisme1 entre les tnbres de l'anci5 monde et la lumire du ,j\r ,div98 ,c> voil la "q qu'un esprit plus m?odique et plus creusant que l'abb ,mitraud aurait pose la premire page de son livre1 et qui1 rsolue1 aurait clair t\tes les autres4 ,hors le *ri/ianisme y a-t-il un idal de socit1 en d'autres t]mes1 une socit digne de ce nom1 dans son s5s absolu et mtaphysique1 et s'il n'y en a pas d'autre cette unique socit e/-elle s\mise1 ou ne l'e/-elle pas1 la loi du progrs indf9i comme les philosophes la compr5n5t8444 ,mitraud ne s'e/ pas expliqu sur ce po9t fondam5tal avec une nettet suffisante4 ,il t\rne et pat9e aut\r de la "q en effaant sa p]sonne et sa p5se1 mais en le lisant on ne voit pas clairem5t 7quoiqu'on ait peur de le dev9]7 v]s quelle op9ion il se range1 en matire de p]fectibilit ou d'imp]fectibilit sociale4 ,cep5dant1 sur ce po9t-l1 il n'e/ pas loisible de balanc] ou de se voil]4 ,c]ta9em5t1 n\s ne croyons pas que l'abb ,mitraud puisse mconnatre l'unit de la tradition sociale1 plus ou mo9s viole *ez t\s les peuples1 mo9s un1 qui ont prcd le *ri/ianisme1 et qu'il ne sa*e pas tir] la conclusion =ce1 9vitable1 de ce fait imm5se qu'avant ,jsus-,*ri/ t\tes les socits1 except la socit juive1 tai5t en dehors de l'ordre moral4 ,seulem5t1 s'il la tire comme n\s1 cette conclusion2 si1 p\r lui comme p\r n\s1 la vrit sociale a t rvle ,mose p\r tre complte p> ,jsus-,*ri/1 n\s dem&]ons ,mitraud s'il y a et s'il peut y avoir des int]prtations ou des dveloppem5ts ultrieurs cette vrit sociale et au *ri/ianisme tels que l'glise les enseigne et les a t\j\rs enseigns4 ,n\s lui dem&]ons1 enf91 s'il y a un *ri/ianisme transc5dant1 suprieur1 un *ri/ianisme de l'av5ir qui ralis]a en ce monde une socit p>faite1 a9si que l'ont cru t\s les hrtiques1 t\s les illum9s et t\s les utopi/es de la t]re2 et s'il n\s rpond qu'il n'y en a pas1 n\s lui dem&]ons alors p\rquoi son livre8 ,oui6 p\rquoi ce livre1 o l'on *]*e en va9 ces ides =tes1 s5ses1 pratiques1 allant au coeur de la ralit1 les ides enf9 d'un prtre ca?olique qui vi5t1 aprs les philosophes1 p>l] socit son t\r8 ,p\rquoi l'abb ,mitraud1 re/ prtre 7n\s en conv5ons7 dans la lettre de son livre1 ne l'e/-il pas re/ dans son esprit8 ,p\rquoi les premi]s mots qui v\s frapp5t1 dans un crit ayant la prt5tion d'tre une solution *rti5ne la gr&e "q du temps prs5t1 sont-ils une df9ition orde et paenne de la notion de droit3 ,le droit e/ la rsultante des beso9s de la nature8 ,p\r un homme qui1 comme l'abb ,mitraud1 doit avoir de la ?ologie et de la tradition dans la tte1 le droit a-t-il son expression ailleurs que dans les relations de la famille8 ,or1 l'auteur des ,socits huma9es t\*e-t-il une seule fois cette "q de la famille1 type et pi]re angulaire de t\te socit1 et l'aide de laquelle un p5seur n]gique aurait t\t expliqu1--c> ,bonald n'a pas t\t dit1 et il a mme int]v]ti les t]mes de sa tr9it dome/ique8 ,mitraud1 qui p>le de socit et d'analyse comme il p>le de t\t1 sans rigueur1 sans s]r] la voile d'une expression qui l'emporte la drive de t\te p5se et le noie la f9 dans une cume de mots brillants1 a-t-il analys les lm5ts con/itutifs de t\te socit8 ,a-t-il vu quelles en tai5t les in/itutions ess5tielles1 ncessaires1 et au se9 desquelles les familles doiv5t se gr\p] et se m\voir8 ,s'il l'avait vu e/-ce une ?orie aprs laquelle il aurait c\ru 7et c\rt encore78 ,au lieu d'une ?orie n'aurait-il pas fait une hi/oire1 l'hi/oire de la con/itution ca?olique qui n'e/1 au fond1 que le jeu h>monieux des con/ellations de la famille dans le zodiaque de l'ordre1 et qu'il aurait oppose1 comme une suprme rponse1 t\s ces essais de socit mcanique rvs p> les philosophes du ,x,i,xe sicle en dehors du sociisme huma98 ,l'abb ,mitraud n\s dit bi51 il e/ vrai1 que le ca?olicisme r5f]me t\te vrit1 qu'il e/ l'affirmation univ]selle1 qu'il n'y a pas une loi qu'il ne conti5ne4 ,gnralits assez vulgaires1 qui ne signifi5t que qu& on les explique ou qu& on les fconde6 ,il fallait les dgag]1 ces lois dont on p>le1 et c'e/ ce que ,mitraud n'a pas fait4 ,le c>actre de son ouvrage e/ un vague imm5se sur t\tes *oses2 sorte de h>pe oli5ne philosophique1 qui donne des notes et ne j\e pas d'airs4 ,c'e/ peut-tre l'explication de son succs p>mi les esprits les plus diffr5ts d'op9ion4 ,*acun voit ce qu'il veut dans les nuages4 ,l'abb ,mitraud a *>m galem5t beauc\p d'esprits inexacts et innoc5ts1 et beauc\p d'autres1 cruellem5t logici5s1 et qui ne b\g5t pas cette heure1 mais dont il connatra peut-tre plus t>d la logique et la p]v]sit4 ,et qu'il ne s'y trompe pas6 l'loge que font ces d]ni]s de son livre n'a t comb9 que p\r cela4 ,p\ss] un esprit de bonne foi et de bonne volont1 mais sans connaissance de la pr(ondeur des p>tis et de leurs desse9s1 sur la voie dang]euse o il s'e/ imprudemm5t avanc1 lui ret\rn] un j\r ses ides contre ses int5tions1 compromettre un prtre1 compromettre ,dieu1 dans cette "q du socialisme contre laquelle un g\v]nem5t d'n]gie f]ait plus que t\s les criva9s runis1 voil ce que l'abb ,mitraud1 dans les illusions de sa *>it1 ne voit pas au fond des loges donns son livre p> t\s ceux-l qui devrai5t le plus le rep\ss]4 ,n\s l'avons dit dj1 mais il faut le cri]3 le livre de ,mitraud pose la ncessit d'une ?ocratie1 et les ennemis jurs de t\te ?ocratie l'acclam5t4 ,et ce n'e/ pas t\t6 ,le mme livre s'inscrit en faux contre la s\v]a9et politique de l'homme et contre la s\v]a9et philosophique de la raison1 et t\s ceux qui veul5t et pos5t dans leurs ?ories que les g\v]nem5ts p]sonnels et hir>*iques doiv5t tre remplacs p> des mcaniques sociales dont ils ont le devis t\t fait dans leur po*e1 et les rationali/es de t\te nuance1 prote/ants1 hegeli5s1 sceptiques1 l'accept5t comme la d]nire et la plus heureuse int]prtation de l'vangile des temps futurs4 videmm5t il y a une raison cette anomalie1 dont l'abb ,mitraud ne se d\te pas4 videmm5t il y a p\r les philosophes1 dans cette ?ocratie que l'abb ,mitraud appelle et qu'il ju/ifie1 je ne sais quoi qui n'e/ pas la ?ocratie du moy5 ge et du c>d9al ,bell>m91 mais quelque *ose qu'ils flair5t avec plaisir et qui odore1 comme la ?ocratie de ,giob]ti1 p> exemple1 de ,giob]ti1 cet autre abb *] cette ogresse d'abbs3 la rvolution6 ,il y a1 enf91 dans t\te cette dilatation des entrailles ca?oliques de ,mitraud1 qu'il ne faudrait pas cep5dant dilat] au po9t de le p]dre1 ce *ri/ianisme de l'utopie que la philosophie aime embusqu] p>t\t dans l'intrt de son s]vice1 et qui1 sur les dbris des in/itutions mon>*iques1 f]ait volonti]s desc5dre--et t\j\rs s\s la =me d'une colombe6--un ,sa9t-,esprit p> trop ds>m4 ,que l'abb ,?obald ,mitraud se ti5ne donc p\r av]ti6--et s'il a rellem5t un sy/me1 un second volume dans la p5se1 qu'il en surveille l'expression et qu'il ne le lance dans le monde qu'aprs y avoir reg>d4 ,la ,circ des p>tis lui v]se le philtre de l'loge p\r faire de lui un compagnon d',ulysse444 ce qui n'irait pas mal ce jurisconsulte des beso9s de la ,nature4 ,qu'il pr5ne g>de6 qu'il se dfie et qu'il soit plus =t que ,circ6 ,ce que n\s disons ici e/ au-dessus de t\te critique littraire4 ,mais1 qu& il s'agit d'un livre sur la ,nature des ,socits huma9es1 la ,critique1 s\s pe9e de n'tre pas au niveau de sa t*e1 a plus que des considrations de littrature faire valoir4 ,du re/e1 littrairem5t1 n\s ne s]ions pas mo9s svre p\r le livre de ,mitraud que n\s ne l'avons t p\r ce qu'il croit sa philosophie2 c>1 littrairem5t1 on ne tr\ve ni la dduction ni l'ordre d'un livre dans cet crit1 dc\su comme un pamphlet1 et qui n'a ni comm5cem5t1 ni milieu1 ni f94 ,la ,critique1 cette dissection sur le vif1 comme disait ,riv>ol1 n\s a trop appris la physiologie littraire p\r que n\s ne voyions pas trs bi51 s\s les lignes de la composition1 quel a d tre le procd de l'auteur4 ,or1 n\s ne s]ions pas tonn que ,mitraud1 au lieu de faire un livre dans sa complexe et =te unit1 n'et utilis d'anci5nes notes1 des fragm5ts p>s1 en les rappro*ant4 ,cep5dant1 n\s l'avons dit au comm5cem5t de ce *apitre1 l'abb ,mitraud a du tal5t1 et un tal5t dans lequel il entre du coeur4 ,il e/ criva91 il e/ n]veux1 il e/ mu1 il e/ loqu5t4 ,mais cela ne suffit pas sans l'intuition premire1 sans le po9t de d"p bi5 arrt et dom9ateur4 ,la logique mme1 qui conduit l'esprit du po9t de d"p au po9t d'arrive1 ne suffirait pas davantage1 et ,mitraud1 n\s le reconnaissons1 en a une trs dlie et trs =te contre les sophi/es contempora9s4 ,ce qui lui manque1 c'e/ donc le plus important3 c'e/ l'intuition1 l'obs]vation1 le pr9cipe net et subjuguant qui emp*e de se mpr5dre sur la p5se d'un livre et d'un homme et la lueur duquel les amis se reconnaiss5t1--et les ennemis aussi1 malgr la ruse de gu]re de leurs p]fides applaudissem5ts6 ,,erne/ ,,r5an#bb ,i ,les tudes religieuses#bc d',erne/ ,r5an ont dj p>u1 feuille p> feuille1 ici ou l1 dans des revues et dans des j\rnaux4 ,a proprem5t p>l]1 ce n'e/ pas un livre4 ,c'e/ une suite d'articles de critique sur des sujets consangu9s1 runis1 p\r t\t procd de composition1 p> le fil du bro*eur1 et s\s le c\v]t d'une prface2 c> faire un livre n'e/ pas ma9t5ant plus difficile que cela4 ,v\s enfilez les uns au b\t des autres les oeufs que v\s avez pondus1 et c'e/ un colli]444 p\r le public6 et v\s v\s croyez un gr& lama qui fait des bij\x avec les djections444 de sa p5se4 p>pill dans les j\rnaux en vue desquels il a t crit1 le livre d',erne/ ,r5an tait l sa vraie place p\r faire illusion4 ,quelques esprits ple9s de fra*eur1 mais ignorant p>faitem5t1 dans leur virg9it franaise1 t\t ce qui se brasse de p>adoxes outre-,rh91 avai5t p\ss leur petit cri d'admiration en humant le mat91 avec leur caf1 des ides qui leur semblai5t n\velles4 tonns et flatts de la s5sation1 ils se disai5t avec my/re3 ,quel e/ donc ce ,r5an8444 ,voil un critique r$\table6 ,il semblait que dans les jungles du j\rnalisme on ent5dt miaul]--d\cem5t encore1 il e/ vrai1--un tigre de la plus belle espce et dont la voix devait arriv] aux plus t]ribles diapasons4 ,si ,r5an tait re/ dans la publicit des j\rnaux1 cette publicit d'clairs suivis d'ombre1 n\s n'aurions pas eu la mesure de ses ides dans leurs /rictes proportions4 ,n\s aurions pu le croire =midable4 ,mais avec un livre n\s p\vons le jug]4 ,auj\rd'hui que le tigre e/ sorti de ses jungles1 n\s n\s ap]cevons qu'il a fait ses humanits en ,allemagne et qu'il n'e/ qu'un *at assez m\*et1 c> il a du /yle p> places1 mais ca*ant s\s sa robe f\rre et ses airs patel9s la trs gr&e peur et la petite tratrise de t\s les *ats1--ces tigres manqus6 #bb tudes d'hi/oire religieuse2 ,orig9e du ,langage 7,pays1 #ba avril #aheg2 #h avril #aheh74 #bc ,lvy frres4 ,oui6 peur et tratrise1 voil les deux seules orig9alits des tudes religieuses de ,r5an4 ,ord9airem5t1 en ,france1 on e/ plus brave4 ,s'il y a des poltrons d'ides1 ce ne sont pas du mo9s ceux qui les ont4 ,voyons6 ,r5an1 au fond1 e/ un philosophe4 ,c'e/ un rationali/e2 c'e/ un hegeli5 plus ou mo9s2 c'e/ l'ennemi du surnaturel2 c'e/ le critique qui montre comm5t cela p\sse dans l'humanit mais n'e/ jamais la vrit en soi1 indfectible1 absolue1 comme n\s y croyons1 n\s6 ,il p5se1 lui aussi1 comme ,did]ot#bd1 qu'il faut l>gir ,dieu p\r faire tomb] les murs des glises4 ,mais1 qu& ,did]ot attaquait l'glise1 il frappait bravem5t1 p> devant1 gr&s c\ps1 avec l'abom9able hrosme de son sacrilge4 ,qu& ,voltaire blasphmait ,jsus-,*ri/1 il ne bgayait pas4 ,il criait sur les toits3 crasons l'infme6 ,qu& l',allemagne elle-mme1 si longtemps nomme la d\ce et religieuse ,allemagne1 mais qui a d]nirem5t recomm5c le ,x,v,i,i,ie sicle en mettant de gr&s mots et des obscurits d'cole o le ,x,v,i,i,ie avait mis de petites phrases claires comme de l'eau 7c> il ne faut pas pr(an] ce mot de lumire72 qu& l',allemagne elle-mme attaque ,dieu1 elle n'y va pas de ma9 morte4 ,elle ne lui dem&e pas respectueusem5t la p]mission de le jet] p> la f5tre2 elle l'y jette1 voil t\t1 et elle f]me la porte p\r l'emp*] de remont] p> l'escali]4 ,mais cette manire d'agir1 au mo9s nette1 au mo9s vaillante1 et qui semble au mo9s conva9cue1 n'e/ pas celle que ,r5an emploie auj\rd'hui4 ,au contraire6 il la tr\ve imprud5te2 il ne cra9t pas de la blm]4 ,il repro*e ,feu]ba* et la jeune cole hegeli5ne leur viol5ce contre ,dieu4 ,il les accuse d'avoir le pdantisme de leur h>diesse et de ne pas mettre dans la ngation de la vrit *rti5ne assez de placidit et d'am\r4 ,o ,a?ni5s d',allemagne1 v\s n'tes que des enfants6 ,beauc\p d'esprits droits et honntes--dit-il--s'attribu5t sans les mrit] les honneurs de l'a?isme4 ,mais ne les a pas qui veut et qui s'en vante6 ,feu ,ma*iavel n\s a lgu son me4 ,il faut les mrit] et ne s'en vant] pas4 ,feu]ba*--n\s dit encore ,r5an avec un s\rire placide et sup]be--a crit en tte de la #b;e dition de son ,ess5ce du ,*ri/ianisme3 ,p> ce livre1 je me suis br\ill avec ,dieu et le monde4 ,n\s croyons que c'e/ un peu de sa faute1 et que1 s'il l'avait v\lu1 ,dieu et le monde lui aurai5t p>donn4 ,voil la sagesse p\r ,erne/ ,r5an4 ,faire p>donn] ,dieu les insol5ces qu'on lui dbite3 ,je crois bi51 entre n\s1 que v\s n'exi/ez pas6 n'e/ pas trs emb>rassant qu& on ne croit pas au ,dieu p]sonnel et t]rible4 ,mais les faire p>donn] au monde1 c'e/ plus difficile et plus grave1 et telles sont la prt5tion et la politique du livre de ,r5an4 ,arrang] l'a?isme dans un plat conv5able1 avec t\s les +rdi5ts de l'rudition1 et le faire tr\v] bon1 mme aux hommes religieux2 impos] la ngation de ,dieu au nom de ,dieu mme1 joli t\r de duplicit philosophique4 ,n\s allons voir comm5t ,r5an l'a excut6 #bd ,ri5 de plus /rile que la p5se philosophique au ,x,i,xe sicle4 ,c'e/ p> l que le mon/re se di/+u]a3 l'infcondit6 ,la p5se de ,did]ot3 l'l>gissem5t de ,dieu jusqu' ce qu'il en crve1 e/ l'ide que n\s retr\vons dans la plup>t des crits de ce pauvre temps4 ,on e/ oblig d'av]tir4 ,,ii ,mais1 n\s l'avons dit1 il n'a ri5 inv5t p\r cela4 ,l'excution e/ re/e au-dess\s de la prt5tion4 ,les ides sur lesquelles il s'appuie sont communes en ,allemagne1 o les ides cess5t de dom9] ds qu'elles sont populaires1 et en ,france dj elles se sont produites obscurm5t et sans succs4 ,r5an1 qui p>le1 dans ses tudes d'hi/oire religieuse1 de t\s ceux qui s'avisr5t les premi]s de lev]1 comme une catapulte1 le misrable ftu de leur critique contre les religions et leurs symboles1 et qui nomme des mdiocrits comme ,b\lang]1 ,dupuis1 m]ic-,david1 ,petit-,radel1 ,r5an a oubli de cit] l'homme qui1 dans un livre intelligible et franais1 a pos l'ide gnrale qui dom9e la critique de dtail dont on e/ si fi] auj\rd'hui et dont on att5d tant de ru9es4 ,et voici p\rquoi3 il l'imitait trop p\r le nomm]6 ,b5jam9 ,con/ant a crit un livre sur les religions1 et l'ide de ce livre1 trs simple et trs dang]euse dans un pays qui croit que la vrit ne peut jamais tre complique1 l'ide de ce livre e/ que les =mes religieuses pass5t1 mais que le s5tim5t religieux e/ t]nel4 ,eh bi51 c'e/ t\te la ?orie de ,r5an6 ,l'auteur des tudes1 et dans sa prface et dans v+t-c9q endroits de son livre1 repr5d l'ide de ,b5jam9 ,con/ant1 la ret\rne1 la comm5te1 l'explique et l'applique4 ,ri5 de plus4 ,la religion1--dit-il1--en mme temps qu'elle atte9t p> son sommet le ciel pur de l'idal1--p> exemple ,b5jam9 ,con/ant1 qui filtrait son eau du ,rh9 avant de la boire1 tait trop spirituel et trop ,franais1 lui1 p\r n\s p>l] de l'idal ailleurs que dans un roman6--la religion pose p> sa base sur le sol m\vant des *oses huma9es et p>ticipe ce qu'elles ont d'in/able et de dfectueux4 ,et plus bas3 t]nellem5t sacres dans leur esprit1 les religions ne peuv5t l'tre galem5t dans leurs =mes444 ,selon ,r5an1 l'humanit a le s5tim5t religieux1 ou le s5tim5t du surnaturel1 plus =t ici que l1 dans c]ta9es races que dans c]ta9es autres1 mais elle l'a inconte/ablem5t4 ,c'e/ un fait presque physiologique1 tant il e/ visible et impossible rejet]6 ,seulem5t1 les =mes trav]s lesquelles ce fait s'exprime sont plus ou mo9s m5teuses1 vieillies et tombes1 et elles tomb]ont t\tes de plus en plus jusqu'au j\r o l'humanit arriv]a la culture de l'idal p\r l'idal444 ,si elle y arrive6 c> l'humanit aura t\j\rs beso9 de symbolisme4 ,la religion de ,r5an n'e/ gures bonne que p\r des m&>9s et des savants1 et il en convi5t de bonne grce3 ,dites aux simples--dit-il de son ton protecteur--de vivre d'aspiration la vrit1 la beaut1 la bont morale1 ces mots n'auront p\r eux aucun s5s4 ,dites-leur d'aim] ,dieu1 de ne pas (f5s] ,dieu1 ils v\s compr5dront m]veille4 ,dieu1 ,provid5ce1 immortalit1 autant de bons vieux mots un peu l\rds que la philosophie int]prt]a dans des s5s de plus en plus raff9s1 mais qu'elle ne remplac]a pas avec avantage4 ,l'aveu e/ t\j\rs bon enregi/r]4 ,mais qu'import5t les simples6 ,r5an e/ l'ari/ocrate de la sci5ce4 ,c'e/ lui qui a os crire3 ,il ne faut pas sacrifi] ,dieu nos in/9cts sci5tifiques4 ,aprs cela1 v\s compr5ez trs bi5 le *>mant dt\r que l'auteur des tudes a pris1 ou l'imm5se illusion dont il e/ la dupe4 ,qu& on a dport ,dieu dans les culs de basse-fosse de l'intellig5ce1 on se lave les ma9s et on affirme que l'on n'a ri5 fait contre lui4 ,voil p\rtant le sy/me de ,r5an1 voil le dess\s de ce trait du ,pr9ce qui a la prt5tion d'tre si pr(ond contre les religions en gnral et le *ri/ianisme en p>ticuli]4 ,a ne pr5dre la *ose qu' son po9t de vue exclusivem5t philosophique1 une ?se p>eille1 dang]euse p> cela seul qu'elle e/ comprh5sible aux intellig5ces les plus basses1 n'e/1 aprs t\t1 qu'une pauvret4 ,b5jam9 ,con/ant1 qui n'avait pas dans ses livres le m]veilleux esprit qu'il avait de pla9-pi$ dans la vie1 l'avait en va9 revtue de ces =mes les plus sveltes et les plus clairem5t brillantes que l'on et vues depuis ,voltaire2 elle n'en tait pas mo9s tombe dans l'oubli avec le sil5ce des *oses lgres1 c> il faut de la consi/ance p\r1 mme en tombant1 ret5tir6 ,erne/ ,r5an1 rudit1 philologue1 *]*eur1 d'une va/e lecture1 mais1 comme t\s les hommes1 la crature d'une philosophie1 l'in/rum5t de deux ou trois ides mtaphysiques1 que n\s acceptons ou que n\s subissons1 mais qui n\s tyrannis5t et ne n\s l*5t jamais qu& elles n\s ont pris1 ,r5an n'a ri5 aj\t cette vue premire1 cette pitre gnralit dont il n'a pas ca* le nant s\s les applications hi/oriques qu'il en a faites4 ,ces applications--il faut bi5 le dire--n'ont po9t1 malgr les ef=ts de l'rudit1 plus de consi/ance1 de gr&eur et de solidit que la vue premire qui les a dt]m9es4 ,le critique n'a pas relev le philosophe4 ,en ces tudes d'hi/oire religieuse1 la ngation dans le dtail n'e/ ni plus imposante ni plus =te que l'affirmation dans les po9ts de d"p et les conclusions1 de sorte que le livre qui conti5t ces travaux1 con/ruits avec tant de petites notions si laborieusem5t accumules1 et qui se ma9ti5t avec tant de pe9e1 entre t\tes les op9ions1 dans un quilibre favorable son influ5ce1 cr\le1 p\r peu qu'on le t\*e d'une ma9 f]me1 de t\s les cts la fois4 ,en effet1 pr5ez-le1 et jugez6 ,les gr&s morceaux du livre de ,r5an sont au nombre de quatre3 les ,religions de l'antiquit2 l',hi/oire du peuple d',isral2 les ,hi/ori5s critiques de ,jsus2 ,mahomet et les ,orig9es de l',islamisme4 ,les autres ne sont p\r a9si dire que les satellites de ceux-l1 et c'e/ dans ceux-l que le critique a le mieux expos sa m?ode en l'appliquant4 ,eh bi51 soyons de bonne foi6 cette m?ode et les rsultats obt5us p> elle dans ces quatre articles ont-ils ri5 qui doive n\s faire trembl]1 et ne p\vons-n\s pas dire de cette m?ode ce que n\s avons dit de l'ide des tudes religieuses3 savoir que n\s la connaissons et que n\s avons trav]s dj t\s ces atomes de p\ssire8 ,r5an proclame1 avec l'orgueil d'un homme d'auj\rd'hui1 que la ,critique e/ d'hi] et qu'elle ti5t cette haute indiffr5ce 7p\rquoi haute87 dans laquelle se tr\ve actuellem5t l'esprit huma94 ,t\t en pr5ant ses prcautions contre eux1 il reconnat1 p> l'admiration qu'il leur a v\e1 que ,wolf et ,/rauss sont ses matres1--,/rauss1 le pre/idigitateur de l'rudition1 l'escamoteur hi/orique1 dont le livre apoplectique veut expliqu] t\s les faits de l'vangile p> des my!s purs1 comme on avait1 avant lui1 essay de les lucid] avec des explications naturelles4 ,quoique ,/rauss soit ma9t5ant dpass en ,allemagne1 c'e/ t\j\rs sa critique qu'on invoque1 c'e/ t\j\rs1 dans les ma9s de ,r5an comme dans celles de ,wilkes1 de ,weiss et de ,bruno ,bau]1 cette critique ess5tiellem5t ennemie du surnaturel et cette m?ode qui1 de nuance en nuance et d'effacem5t en effacem5t1 dp\ille et ple le fait hi/orique jusqu' ce qu'il n'en re/e absolum5t ri54 ,or1 cette critique qu'on v>ie1 mais qu'on ne *ange pas1 a-t-elle rellem5t entam ce qu'elle a cru si aism5t dtruire8 ,le bon s5s public s'e/-il pay de cette monnaie8 ,a-t-il de t\t cela jailli une lumire1 quelque gr&e c]titude1 devant lesquelles1 puisqu'il s'agit ici de la vie de ,jsus1 p> exemple1 la ,bible et l'vangile ne caus5t plus d'tonnem5t8444 ,r5an dit et rpte satit que la critique hi/orique e/ t\te dans les nuances1 qu'elle n'e/ pas ailleurs4 ,mais1 avec les procds de sa m?ode1 les nuances f9iss5t p> dev5ir si f9es qu'elles cess5t d'exi/] et que bi5tt on ne les voit plus2 ses hypo?ses manqu5t bi5tt du corps mme d'une hypo?se4 ,ass]tions has>des1 sy/mes l'tat de d5telles4 ,on n'invoqu]ait pas les raisons qui1 selon lui1 simplifi5t et clair5t l'hi/oire1 p\r se dcid] dans la plus vulgaire action de la vie6 ,on ne pai]ait pas le mmoire de sa blan*isseuse d'aprs cela6 ,mais le moy5 de faire pass] les *oses les plus risiblem5t affirmatives ou les plus tri/em5t vagues1 c'e/ le srieux avec lequel on les crit4 ,impossible1 dans un seul *apitre1 de suivre l'auteur des tudes dans les discussions auxquelles il se livre sur les quatre sujets que n\s avons signals4 ,seulem5t1 qu'il suffise de savoir que1 t\t en relevant de ,/rauss1 il se p]met de le critiqu]1 et tombe au-dess\s de lui dans sa mal5contreuse critique4 ,les lg5des des pays demi ouv]ts la culture rationnelle--dit-il1 page #fc du volume1--ont t =mes bi5 plus s\v5t p> la p]ception indcise1 p> le vague de la tradition1 p> les ou-dire grossissants1 p> l'loignem5t entre le fait et le rcit1 p> le dsir de glorifi] les hros1 que p> cration pure comme cela a pu avoir lieu p\r l'difice presque enti] des my?ologies indo-europennes4 ,et1 susp5du entre le je ne sais qui et le je ne sais quoi1 il aj\te alors cette incroyable phrase qu'il importe de recueillir3 ,t\s les procds ont contribu dans des proportions indisc]nables au tissu de ces brod]ies m]veilleuses1 qui mett5t en dfaut t\tes les catgories sci5tifiques et l'affirmation desquelles a prsid la plus insaisissable fantaisie4 ,proportions indisc]nables6 catgories sci5tifiques en dfaut6 insaisissables fantaisies6 ,ce n'e/ pas l seulem5t le scepticisme dans l'hi/oire1 c'e/ le plus bel aveu d'impuissance que la sci5ce inconsqu5te--c> elle s'expose en le faisant--ait jamais fait6 ,,iii ,mais le scepticisme dans l'hi/oire des religions1 c'e/ dj un rsultat p\r la philosophie1 et d'ailleurs ,r5an a mo9s crit son livre p\r rs\dre des difficults qu'au fond il reg>de lui-mme comme insolubles que p\r proclam] les droits de la ,critique indp5dante et ds9tresse1 de la ,critique en dehors de t\t dogmatisme et de t\te polmique1 comme il dit4 ,cette df9ition de la ,critique1 qui correspond la df9ition que ,ta9e1 dont n\s p>l]ons plus lo91 a donne de la sci5ce1 et qui p]mettrait t\tes les deux de faire leur travail de de/ruction dans la plus complte scurit et sans s'inquit] de savoir s'il y a une morale1 une socit1 des g\v]nem5ts1 un foy] dome/ique1 t\t un ensemble de *oses organises aut\r de soi respect]1 cette df9ition1 qu'il e/ si important de faire admettre t\t le monde1 e/ la gr&e affaire et le c\p d'tat actue des philosophes4 ,si la ple9e lib]t de la ,critique tait cons5tie1 si la sci5ce avait le droit d'agir en vue seulem5t des rsultats sci5tifiques1 on n'aurait plus beso9 de ri51 on aurait t\t1 et les vpres sicili5nes de la philosophie sonn]ai5t1 ple9es voles1 sur nos ttes6 ,voil p\rquoi le monde hsite admettre cette notion de la ,critique en dehors du monde et se s\cie mdiocrem5t qu'on le mette feu1 s\s prtexte de sci5ce1 dans l'intrt de la plus va9e et de la plus inepte curiosit4 ,n'y aurait-il cela que l'n]vation des =ces sociales1 en avons-n\s tant dj que n\s puissions impunm5t les dim9u]8444 ,le d\x ,r5an1 cet (fici] de paix de la ,critique1 qui blme ,bau] de ses colres comme il a blm ,feu]ba*1 revi5t t\tes les pages de son livre sur cette ide fixe de l'indp5dance absolue de la ,critique1 de la sp>ation complte des hommes et des *oses4 ,qu& l'hi/ori5 de ,jsus-,*ri/--dit-il--s]a aussi libre dans ses apprciations que l'hi/ori5 de ,mahomet et de ,b\ddha1 il ne song]a pas injuri] ceux qui ne p5s5t pas comme lui4 ,raison pitoyable6 ,n'insulte-t-on pas t\t ce qui contr>ie et rsi/e1 qu& on e/ viol5t et orgueilleux1 et les savants ont-ils l'habitude de manqu] de viol5ce ou d'orgueil8 ,seulem5t1 il faut bi5 essay] de ju/ifi] n'importe comm5t ce qu'on v\drait faire accept] l'op9ion4 ,les moy5s employs cette f9 p> ,r5an s]ai5t d'un tactici5 suprieur s'ils ne f9issai5t pas p> trop veill] la gaiet4 ,que diable6 il faut s'arrt] dans les nuances dont on p>le tant6 ,la critique des orig9es d'une religion--dit ,erne/ ,r5an--n'e/ pas l'oeuvre du libre p5seur1 mais des sectateurs les plus zls de cette religion4 ,c'e/ p\r cela sans d\te qu'il e/ sorti de ,sa9t-,sulpice4 ,manire de se retr\v] prtre qu& on a jet sa s\tane aux buissons du *em96 ,ailleurs1 il aj\te1 avec une componction d'me pntre3 ,la critique r5f]me l'acte du culte le plus pur4 ,c'e/ le my/icisme de la *ose6 ,mais n'e/-ce pas trop gai qu'un tel langage1 et le rire qui pr5d n'av]tit-il pas8 ,on en avait beso91 du re/e4 ,except deux ou trois endroits o l'hypocrisie monte jusqu'au comique1 le livre de ,r5an e/ d'une gr&e tri/esse2 il e/ tri/e comme un impuissant4 ,malgr l'expression qui veut les r*auff]1 on s5t comme un froid vipr9 s'exhalant de t\tes ces pages mortes et dj ftides1 de t\tes ces vsanies allem&es dont un ,franais avait mieux faire que de se faire le *iffonni]6 ,r5an les met1 il e/ vrai1 l'abri s\s cette tolrance *re aux philosophes1 s\s ce p>atonn]re o tombe le mpris4 ,sans conclusion f]me et qui satisfasse mme l'auteur1 ces tudes d'hi/oire religieuse ne sont gures qu'une collection glace de huit dix blasphmes qui =m5t un symbole d'insol5ces4 ,en va9 le rcite-t-on =t bas1 ce symbole1 on l'ent5d4 ,on veut tre habile1 on veut tre discret1 et on n'e/ pas mme spirituel4 ,les gr&s c\rants de la btise contempora9e trav]s5t maje/ueusem5t le livre de ,r5an3 l'optimisme bat1 la foi dans l'humanit en masse qui fait bi5 t\t ce qu'elle fait1 et aussi en l'homme individuel1 dont ,r5an ne cra9t pas de dire qu'il cre la sa9tet de ce qu'il croit et la beaut de ce qu'il aime4 ,il e/ presque incomprh5sible qu'avec du tal5t1 c> ,r5an n'en manque pas1 la p5se d'un homme incl9e fatalem5t ou de *oix v]s les ?ses les plus niaises et ma9t5ant les plus compromises4 ,anomalie s+ulire1 mais non r>e1 et dont la ,critique littraire e/ encore *]*] le mot4 crites avec puret et quelquefois avec une transp>5ce colore1 ces tudes1 logiquem5t et sci5tifiquem5t sans valeur1 ont des dtails qui attir]ont1 qui ont attir dj les esprits de peu de p5se et qui aim5t l'expression p>t\t o elle s'atta*e4 ,ils sont v5us ce livre2 mais ils n'y revi5dront pas4 ,quant au g5re d'effet qu'il produit1 c'e/ directem5t le contraire de celui qu'il avait en vue4 ,r5an v\lait faire les affaires de l'a?isme sans clat et sans emb>ras1 sans cass] les vitres1 comme on dit1 et il s'e/ trahi p> les prcautions mmes qu'il a prises p\r se ca*]4 ,il v\lait 7soi-disant71 dans un b lev de connaissances1 dgag] l'ide religieuse de ce qui la fait une religion positive telle heure de l'hi/oire1 oppos] le s5tim5t t]nel la =me passagre1 et en le lisant on n'a jamais plus s5ti que c'tait impossible2 que1 la =me enleve1 l'esprit suivait1 et qu'aprs t\t1 malgr le progrs et "p la vrit div9e1 socialem5t1 la d]nire des sup]/itions valait encore mieux que la premire des philosophies6 ,,iv ,le livre de l',orig9e du langage#be e/ po/rieur aux tudes religieuses1 non dans la publicit1 mais dans l'att5tion publique4 ,on dit que quelques p]sonnes l'avai5t lu dj avant que ,r5an1 qui le republie1 et attrap son petit b\t de r5omme4 ,il a t\j\rs t heureux1 ce ,r5an6 ,p>mi les trois ou quatre enfants gts 7qui re/]ont m>mots7 de ce sicle gt et que la ,=tune a pris p> le m5ton p\r les faire nag]1 ,erne/ ,r5an e/ un de ceux qu'elle a conduits t\t de cette manire4 ,sorti du sm9aire comme un c]ta9 emp]eur de ,con/ant9ople qui fuyait et qui se ret\rnait p\r cra*] sur les murs de sa ville1 ,r5an entra aism5t1 et p\r cette raison mme1 au ,j\rnal des ,dbats1 et il y e/ encore1 je crois1 les j\rs de gr&e fte2 de l1 il c+la v]s l',in/itut1 et le voil1 non pas sans travaux1 puisqu'il *iffonne dans l'rudition allem&e1 et c'e/ une t]rible besogne1 mais1 rapidem5t et sans luttes1 le voil reg>d comme un critique1 un rudit et un criva9 =midable1 mme p> ses ennemis4 ,avant de l'attaqu]1 ils le salu5t1 comme les ,franais saluai5t les ,anglais ,font5oy4 ,seulem5t1 les ,anglais n\s r5dir5t le salut et allai5t dev5ir des hros1 t&is que ,r5an g>de le salut sans le r5dre1 et1 dans l'ordre intellectuel1 n'e/1 je l'ai dit dj1 qu'un poltron d'ides1 qui1 comme le livre *ez les gr5\illes1 ne f]a jamais peur qu' de plus poltrons que lui444 ,telle e/1 en deux mots1 l'hi/oire de ,r5an2 ce n'e/ pas encore un illu/re1 mais c'e/ un gros ,monsieur1 et1 si on le laisse faire1 il s]a illu/re dema94 ,n\s sommes a9si en ,france4 ,ou n\s m>*&ons t\t un homme1 ou n\s ne lui m>*&ons ri54 ,c'e/ le pays des eng\em5ts4 ,or1 que fait un homme qui s'eng\e8 ,il t\sse un peu et il e/ dlivr4 ,c'e/ cette petite t\x salutaire que la ,critique v\drait provoqu] auj\rd'hui4 #be ,lvy frres4 ,et l'heure e/ bi5 *oisie p\r ce db>ras4 ,la surprise du premi] mom5t1 cette gr&e dup]ie1 e/ passe1 et ,r5an se prte lui-mme la circon/ance4 ,il en e/ l'heure des secondes ditions4 ,il fait cette r\e4 ,il revi5t sur ses premi]s livres4 ,il n\s rcapitule sa gloire2 il se rimprime2 il n'oublie ri5 de ce qu'on aurait oubli4 ,ses essais de jeunesse tr\v5t ma9t5ant les diteurs qu'ils *]*r5t1 et1 grce eux1 il n\s tale les premi]s co/umes de sa p5se avec la t5dresse que ,m4 ,d5is avait p\r son habit jaune en b\racan4 ,le b\racan de ,m4 ,r5an e/ remis s\s la vitr9e3 ,ah6 n\s ne v\lons pas p]dre nos rogatons6 ,l'essai sur le langage e/ de #ahdh4 ,c'e/ un enfant de d\ze ans qui n'a pas gr&i4 ,r5an ne l'a ni modifi1 ni augm5t1 ni raff]mi4 ,il s'e/ cont5t d'y jo9dre une prface o il se flicite d'avoir p5s comme ,,mm4 tel et tel d',allemagne1 et de ne diffr] que de quelques nuances de ces gr&s hommes qui ne sont encore que de gr&s ,allem&s4 ,or1 les nuances impliqu5t tant de *oses aux yeux de ces laborieux tisseurs de ri5s6 ,va9s et tri/es tissages4 ,on dirait1 les voir t\s dans cette prface1 des alins1 =ce de sci5ce1 occups *]*] la petite bte invisible1 la m\*e n>quoise de l'impalpable1 qui fuit leur ma94 ,ils sont l t\s1 ces happeurs de vide6 ,il y a l un ,m4 ,grimm1 qui croit aux langues monosyllabiques sans flexion1 mais agglut9es1 et qui compte trois ges dans le dveloppem5t du langage aprs tr5te mille ans de *ronologie4 ,il y a un ,m4 ,/e9?al1 trop subtil mme p\r ,m4 ,r5an1 qui l'accuse de s'van\ir dans un =malisme pr(ondm5t creux1--,m4 ,/e9?al1 qui a travaill normm5t p\r arriv] dire que le langage nat dans l'me d'une manire aveugle4 ,il y a encore ,,mm4 ,buns5 et ,max ,mull]1 qui ont inv5t une famille ,,t\rani5ne l'aide de laquelle ils *]*5t1 de l'aveu de ,r5an1 tablir un li5 de p>5t entre des langues entirem5t div]ses4 ,enf91 il y a ,r5an1 qui se prlasse et s'introduit lui-mme dans ce maje/ueux conclave de rudes travailleurs en fils d'araigne4 ,on dirait que le prtre manqu vise au mo9s une petite papaut philologique1 et1 au fait1 p\rquoi ne s]ait-il pas le premi] p>mi ces peseurs de diph?ongues8 ,ils sont t\s *imriques1 hypo?tiques et faux1 et il a sur eux l'avantage d'crire mme assez brillamm5t en franais444 ,du re/e1 cet essai n'entam]a en aucune faon son am\r-propre ou sa p]sonne1 c> dans ce mmoire d'acadmie1 long de #bdg pages1 ,r5an ti5t t\t enti] tel que n\s le connaissons1 tel que n\s v5ons de le voir dans ses tudes religieuses4 ,n\s craignons bi5 qu'il ne puisse jamais *ang]4 ,a consult] ce livre1 on voit que ds son db dans la sci5ce ,r5an tait de/9 port] t\te sa vie cette d\ble livre de ,hegel et de ,/rauss qu'il a endosse4 ,%akespe>e1 avec son ironie *>mante1 appelle quelque "p les laquais messieurs les *evali]s de l'arc-en-ciel4 ,avait-il dev9 les laquais de la philosophie du my!1 de la contradiction et du dev5ir1 ces nues colories et que le premi] v5t de bon s5s1 s'il vi5t s\ffl]1 emport]a8 ,la m?ode1 que ,r5an n'a po9t inv5te et qu'il a comm5c p> appliqu] la ?orie du langage1 e/ cette m?ode connue des tudes religieuses dont n\s p>lons p\r la premire et d]nire fois4 ,la ,critique n'a po9t crer d'importances en s'a*>nant sur des ?ories mprisables4 ,appliqu] t\s les ordres de faits le mme procd sup]ficiel et vicieux e/ une opration qu'on signale1 mais sur laquelle il n'y a po9t rev5ir4 ,dornavant1 qu& n\s p>l]ons d',erne/ ,r5an et de ses oeuvres1 c'e/ qu'il aura pris la pe9e de se trans=m]4 ,v ,en effet1 ,hegel auj\rd'hui1 ,hegel lui-mme e/ en "q1 compromis et la veille du d%onneur philosophique le plus complet1 malgr les transc5dantes aptitudes de sa p5se4 ,or1 s'il en e/ a9si1 que v\lez-v\s qu'on dise des esprits de second ou de troisime degr qui viv5t sur sa m?ode comme le puc]on dans sa feuille8 ,il y a cep5dant dire en faveur de ,r5an que1 de t\s ceux qui se sont s]vis de l'in/rum5t logique =g p> ,hegel1 il e/ celui qui a le plus entass de contradictions l'une sur l'autre et lev le plus haut la philosophie du ri5 sur des pyramides de peut-tres4 ,pr\dhon avait dj comm5c cette t]rible vulg>isation de la m?ode hegeli5ne qui doit la ru9]1 mais ,pr\dhon e/ un brutal et mme un be/ial1 qu& il n'e/ pas un ironique qui se moque de lui-mme et de son lecteur1 et qui a raison p\r t\s les deux6 ,il y a dans cet homme de gauss]ie pr(onde la c>rure d'un ngateur effroyable et d'un my/ificateur prodigieux1 t&is que dans ,r5an l'homme s'aju/e avec le sy/me1 l'esprit avec le c>actre1 p\r r$\bl] aut\r de soi l'indcision et la confusion4 ,m]cure qui saute et s'p>pille1 c\leuvre qui glisse1 ombre qui s'efface dans le br\ill>d1 il se dd\ble1 se r5v]se1 se drobe1 comme ce polype qui fuit s\s l'eau qu& il l'a tr\ble4 ,hegel m>iait la ?se et l'anti?se dans une syn?se faite de t\tes deux4 ,du mo9s c'tait sa prt5tion hauta9e4 ,mais ,r5an se cont5te1 lui1 de m>i] les extrmes dans une quivoque4 ,il adopte ce qu'il rfute et rfute ce qu'il adopte4 ,sa logique e/ de l'escamotage4 ,seulem5t1 p\r accomplir ses pre/idigitations1 ce ,rob]t ,h\d9 de la philologie se cont5te d'abaiss] la lampe4 ,son fiat lux1 c'e/ l'clipse sy/matique de la cl>t4 ,et n\s disons sy/matique en pesant sur le mot1 c> le manque de cl>t dans ,r5an n'e/ po9t l'impuissance d'tre clair4 ,c'e/ la consqu5ce d'une m?ode ins5se1 mais c'e/ aussi et c'e/ surt\t1 ne n\s y trompons pas6 la diplomatie sans c\rage d'un incrdule prmdit4 ,avant d'tre un philosophe1 avant d'tre un l+ui/e1 ,r5an tait un incrdule4 ,la foi de ses premires annes s'tait te9te sur les m>*es mmes de l'autel1 et1 qu& il les eut desc5dues1 la "q fut p\r lui de les dmolir4 ,le moy51 il allait le *]*]2 il le tr\v]ait peut-tre2 ce s]ait ceci ou ce s]ait cela4 ,mais la "q tait cet autel6 ,c'tait la gu]re ,dieu qu'il fallait faire1 arm de prud5ce1 c> cette gu]re a son dang] dans une socit o il exi/e un peu d'ordre encore4 ,alors ,r5an dev9t hegeli54 ,a l'ombre des =mules logiques de ,hegel1 de ce pr9ce de la =mule444 et des tnbres1 il ne dit pas l'infme comme l'avait dit ,voltaire1 cette coquette ou plutt cette coqu9e d'impit2 mais ce qu'il dit impliquait t\tes les ngations du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,sans cess] d'tre un hegeli51 ,erne/ ,r5an dev9t philologue4 ,ce fut l son tat1 le dessus de porte de sa p5se et de sa vie2 mais l'tude des langues1 p> laquelle il v\lait faire son *em91 n'en fut pas mo9s sa manire spciale de pr\v] cette non-exi/5ce de ,dieu qui e/ la gr&e affaire de la philosophie du temps4 ,l',orig9e du langage e/ le premi] essai de cette preuve qu'ait faite ,r5an1 qui l'a cont9ue avec a*>nem5t dans ses tudes d'hi/oire religieuse1 dans son ,hi/oire comp>e des langues smitiques1 dans ses ,essais de critique et de morale2 et1 quoique dans ce premi] livre1 plus peut-tre que dans les suivants1 ce jeune s]p5t de la sagesse ait eu les prcautions d'un vieux et les proccupations de sa spcialit1 cep5dant il e/ ais de voir que la *imre philologique1 le passage de la p5se au langage ou du langage la p5se1 les plu*ettes des premires syllabes que l'homme-enfant ait jetes dans ses premi]s cris1 ne sont1 en df9itive1 que des prtextes ou des manires p>ticulires d'arriv] la "q vraim5t importante1 la "q du fond et du t\t1 qui e/ de biff] insolemm5t ,mose et de se pass] dsormais p>faitem5t de ,dieu6 ,,vi ,on sait ce qu'affirme ,mose4 ,dans le rcit qu'il n\s a laiss1 on voit ,adam et ve1 vis--vis de leur de/9e1 tomb] dans la *ute et se faire les ducateurs du g5re huma91 qu'ils ont prcipit avec eux4 ,c'e/ l une ass]tion nette1 tran*e et puissante4 ,le bon s5s1 qu& on l'articule1 ne gmit pas dconc]t4 ,les expressions de ,mose sont ple9es et prcieuses4 ,puisqu'il s'agit de son langage3 ,l'univ]s--dit-il avec son t\r appropri et sublime--fut fait d'une seule lvre4 ,ce que dit hi/oriquem5t le gr& ,rvlateur1 la petite rvlation du s5s le plus infime le rpte1 avec une =ce in\e1 dans la consci5ce du g5re huma94 ,la socit a prexi/ l'homme1 ,dieu la socit1 et1 comme il leur prexi/ait1 il les a con/itus p> le langage1 cette condition s9e qua non de t\s nos dveloppem5ts en t\s g5res1 sans laquelle l'esprit de l'homme avort]ait4 ,ces simples et =tes notions1 que le ,x,v,i,i,ie sicle avait tr\bles1 fur5t reprises au comm5cem5t du ,x,i,xe et poses comme bases d'un sy/me auquel le gnie de ,bonald donna de sa propre solidit4 ,r5an1 qui tr\ve galem5t loigns d'une explication sci5tifique le sy/me du caprice individuel et des onomatopes de la brute1 qui fut la toquade du ,x,v,i,i,ie sicle1 et le sy/me religieux que n\s v5ons de signal]1 a donn le si5 son t\r1 et n\s ne croyons pas que1 dans des esprits passablem5t faits1 il puisse remplac] le sy/me de l'cole ?ologique1 comme dit ,r5an avec un dda9 assez cont5u1 mais il n'en a pas mo9s p\r vise de le remplac]4 ,ce sy/me1 qui consi/e affirm] sans preuves possibles1 du mo9s dans l'essai actuel de ,r5an1 que le langage de l'homme s'e/ comme =m d'un seul c\p et e/ comme sorti in/antanm5t du gnie de *aque race1 pose donc la div]sit de la race la premire ligne de son affirmation4 ,voil qui e/ acquis4 ,le langage fut con/itu ds le premi] j\r1 mais il faut savoir ce qu',erne/ ,r5an ent5d p> le premi] j\r3 ,cette expression de premi] j\r--dit-il la page #ai de sa prface--n'e/-elle qu'une mtaphore p\r dsign] un tat plus ou mo9s long durant lequel s'accomplit le my/re de l'app>ition de la consci5ce8 ,quant la langue primitive de cette priode mtaphore1 il e/ impossible de la retr\v]4 ,seulem5t1 p\r con/ruire sci5tifiquem5t la ?orie des premi]s ges de l'humanit1 il faut tudi] l'enfant et le sauvage4 ,c'e/--dire le s5s sur le contre-s5s1 la lumire sur les tnbres1 et la monte sur la desc5te4 ,n\s savons ce que l'enfant et le sauvage n\s donn5t1 quoique ,r5an prt5de que le s\rd-muet se cre t\t seul des moy5s d'expression 7page #ig7 suprieurs ceux qu'on lui enseigne2 ce qui pr\ve que l'abb de l'pe tait un sot4 ,sans le v]be qui leur allume l'esprit et le coeur1 le sauvage et l'enfant cr\pirai5t t]nellem5t dans l'argile de leur organisme1 comme avant ,pygmalion et l',am\r il n'y avait pas de ,galate6 ,mais1 autre hypo?se de ,r5an3 ,l'enfant humanitaire avait 7t\j\rs dans l'poque mtaphore7 des =ces que n'a plus l'homme individuel de notre temps4 ,il s]ait trop rig\reux--dit-il encore--d'exig] du l+ui/e la vrification de la loi d'onomatope dans *aque cas p>ticuli]4 ,il y a tant de relations imitatives qui n\s *app5t et qui frappai5t vivem5t les premi]s hommes6444 ,l'intellig5ce la plus claire et la plus pntrante--aj\te-t-il ailleurs--fut le p>tage de l'homme au comm5cem5t4 ,ce qui e/ vrai p\r n\s qui croyons la *ute1 ce qui e/ faux p\r lui qui n'y croit pas et qui inv5te auj\rd'hui un progrs abcdaire o ri5 n'e/ acquis1 o plus on recule plus on avance1 et o il faut remont] l'orig9e de t\t p\r savoir seulem5t quelque *ose6 ,et ce n'e/ l que la premire brume d'hypo?ses que l'auteur de l',orig9e du langage oppose la ralit svre de la mtaphysique de ,bonald1 en si magnifique con=mit avec le rcit de ,mose4 ,mais le br\ill>d1 sans tre plus saisissable p\r cela1 s'paissit1 et bi5tt on s'y p]d1 notions et langue mme6 ,en effet1 on d\te1 en lisant ,r5an1 s'il dit rellem5t ce qu'il veut dire et s'il croit ce qu'il affecte de savoir4 ,le primitif de ,r5an n'e/ po9t ,adam1 c> le risible my?ographe a depuis longtemps dcapit l'hi/oire avec son c\teau papi]6 ,il n'y a pas d'individus p\r lui1 mais des collections4 ,il n'y a pas d',homre1 il n'y a pas de ,lycurgue4 ,caligula philologique faire m\rir de rire1 qui v\drait que l'humanit n'et qu'une tte p\r la lui c\p]1 si cette tte portait un nom propre6 ,donc il n'y a pas d',adam4 ,mais son primitif1 quel e/-il8 homme ou enfant1 esprit huma91 race1 et quelle race1 ou autre *ose8 ,quoi1 enf98 ,il faudrait prcis] et df9ir1 et c'e/ ce que ne fait jamais ,r5an4 ,il sc9tille et passe1 f>fadet v]beux1 sur le dos fluant d'un peut-tre ou d'un il sembl]ait comme on en tr\ve dans son livre4 ,quelle autorit que cet homme6 ,inconsqu5t d'ailleurs autant qu'hypo?tique1 le fait qu'il rige en fondem5t de son sy/me c'e/ que le langage s'e/ =m d'un c\p1 et voil qu' la page #age de son essai il dit qu'aux poques primitives *acun p>lait sa faon1--ce qui tait ,babel avant ,babel1 ,babel ds la cration du monde1 mais t\tefois sans la confusion et la de/9e de ,babel4 ,r5an f9it p> s'trangl] dans les noeuds c\lants et r$\bls de ses hypo?ses4 ,a9si1 il suppose p\r un j\r l'homme la puissance de ,dieu1 dplaant le miracle p\r ne pas voir le miracle4 ,il fait de ce miracle une loi qui ne se reproduit plus qu' la *>ge p\r n\s de n\s retr\v] dans la mme position exceptionnelle4 ,p>alogisme1 tautologie1 misrable saut de c>pe t]nel6 ,a ses yeux br\ills1 qui dcompos5t les *oses en les reg>dant1 le my!1 qui e/ le roman individuel1 l'emporte sur l'hi/oire1 qui e/ le my! gnral4 ,prcisez1 si v\s p\vez1 ces nuances6 ,seulem5t1 si n\s devons mpris] l'hi/oire1 combi5 plus devons-n\s mpris] les romans et les conjectures l'aide desquelles on veut remplac] sci5tifiquem5t des traditions avres qui accabl]ai5t1 s'il ne fallait pas savoir o pr5dre un homme p\r l'accabl]4 ,mais1 n\s le rptons1 voil l'important1 le f9 du f9 de t\tes ces f9esses d'rudition bateleuse et dsosse4 bl\ir1 comme le r5>d de ,la ,fonta9e1 t\s les d9dons oisifs de la libre p5se qui le reg>d5t t\rn] en rond1 pr5dre ses p\ssires l'app>5ce et faire mont] cette vile fume sur le soleil de nos traditions1 tel e/ le ct srieux du p]sonnage qu',erne/ ,r5an n\s j\e auj\rd'hui4 ,cela n'e/ pas que va9 et que risible1 comme le crible aux diph?ongues1 cela e/ srieux4 ,dans l'tat actuel de la sci5ce et des grotesques respects qu'elle inspire la plup>t des hommes1 qui croi5t qu'elle leur donn]a la clef de ce monde que ,dieu a g>de1 il n'tait ni si indiffr5t ni si b\ffon de confisqu] ,mose au pr(it du sanscrit et de ram5] la "q de ,dieu1 si peu sci5tifique1 une simple "q de dehors et de d$ans1 qui l'e/ beauc\p plus6 ,,vii ,otez1 en effet1 l'a?isme1--l'a?isme masqu et la ha9e de la tradition *rti5ne qui font le s5s rel de ce livre et de t\s les livres crits jusqu'ici p> ,r5an1--et v\s n'avez plus ri5 dans ce rudim5t de sa jeunesse4 ,positivem5t1 il n'y a ri51 pas mme du tal5t4 ,la rputation qu'on a faite un peu vite ,r5an1 p\r quelques pages agrablem5t t\rnes sur les matires o les criva9s sont trs r>es1 ne n\s impose pas4 ,il n\s e/ impossible1 qu& il s'agit de sujets comme ceux qu'il traite1 de voir du tal5t l o manqu5t la nettet1 les preuves1 l'en*anem5t et la conclusion4 ,d'ailleurs1 le /yle n'e/ pas plus ici que le re/e4 ,dans cette ,orig9e du langage1 il n'y a encore que le br\illon sci5tifique1 lequel a p]si/4 ,r5an n'a pas su abord] p> les cts gr&s et fconds une "q o t\t se rduit savoir si la p5se1 l'acte p5sant1 l'intellectus ag5s1 a sa mappemonde encyclopdique et son pide/al d'quilibre en dehors de la p>ole qui la corporise2 absolum5t la mme "q que celle de l'me1 oblige au corps et la t]re dans la conqute successive de sa propre possession4 ,il n'a ri5 compris cette mtaphysique d'une si gr&e =ce dans sa simplicit4 ,il rpugne au simple4 ,c'e/ un esprit qui rapetisse et crispe ce qu'il t\*e4 ,comme t\s les savants qui n'ont po9t la hauteur de la vue adquate l'tat de leurs connaissances1 il aime les bagatelles difficiles4 ,p\r faire suite cet ,essai sur le langage *imrique et confus qu'il rimprime auj\rd'hui1 il e/ homme n\s donn] dema9 quelque autre essai sur ces intressants problmes3 ,qui n\s a c\p le filet8 ,quelle e/ l'orig9e du ge/e8 ,d'o procde l'articulation8 ,la gnration de l'inflexion e/-elle spontane8444 et gagn] p> l1 si on p\vait en avoir deux1 un second fauteuil l',in/itut6 ,hors l',in/itut 7et encore peut-tre71 qui pr5drait gt ces casse-tte *9ois de la sci5ce va9e et de l'analyse impossible8 ,du re/e1 le dang] du livre de ,r5an e/ dim9u p> l'ennui qu'il inspire4 ,il e/ ennuyeux444 illisiblem5t ennuyeux4 ,mme ceux qui ti5n5t p\r c]ta9 que le ca?olicisme doit prir1 et qui glorifi5t t\s ceux qui l'attaqu5t1 ou p> devant1 avec le glaive bravem5t tir des doctr9es fran*es1 ou p> d]rire1 avec le /ylet des rs]ves et des faux-fuyants1 ne f]ont pas ,r5an une gloire bi5 gr&e4 ,ce fuy>d de sm9aire n'a pas le tal5t d'un ,lam5nais p\r t(f] son apo/asie4 ,dans le mal1 on a vu plus =t1 soit comme action1 soit comme intellig5ce2 n\s avons eu ,v]g] et ,/5dhal1 et il ne vi5dra qu'aprs eux4 ,,gor9i#bf ,i ,ce n'e/ po9t un livre rellem5t compos que ces trois volumes#bg1 mais c'e/ un travail imm5se et trs tonnant de dtail4 ,l'auteur de ce travail1 l'abb ,sauveur ,gor9i1 ne peut pas pass] p\r un criva9 dans le s5s littraire du mot1 quoiqu'il ait s\v5t ce qui fait le fond de l'criva91--une manire de dire p]sonnelle1--mais c'e/ un rudit1 et un rudit d'une n\velle espce1 v5u en ple9e t]re1 la campagne1 comme une fleur sauvage ou comme un pote444 ,jusqu'ici v\s aviez cru1 n'e/-ce pas8 que les rudits fleurissai5t l'ombre des biblio?ques1 s\s ces c\*es de p\ssire savante qui sont la t]re vgtale de ces sortes de fleurs4 ,v\s aviez cru qu'il fallait la docte de/9ation du bndict9 p\r qu'un prtre1 p> exemple1 avec les sa9tes occupations de son m9i/re1 pt dev5ir1 p> la sci5ce1 un ,mabillon ou un ,pitra4 #bf ,df5se de l'glise contre les erreurs hi/oriques de ,,mm4 ,guizot1 ,augu/9 et ,amde ,?i]ry1 ,mi*elet1 ,ampre1 ,qu9et1 ,fauriel et ,h4 ,m>t9 7,pays1 #bf juillet #ahei74 #bg ,gir>d et ,joss]& 7,lyon74 ,eh bi51 c'tait l une erreur1 l'abb ,gor9i va n\s appr5dre qu'on peut dev5ir1 =ce d'att5tion1 de volont1 que dis-je6 de vocation1 cette re9e des miracles1 un rudit sans biblio?ques1 sans livres1 ou avec peu de livres1 au fond du plus mode/e presbytre1 dans une campagne p]due1 et t\t en remplissant les devoirs du pa/eur qui a *>ge d'mes et qui sait port] son f>deau6 ,jamais la vocation1 la =ce de la vocation1 n'a t\* de plus prs au gnie4 ,ce n'e/ donc pas un simple savant que l'abb ,gor9i1 c'e/ un savant exceptionnel1 et1 ma foi6 qu'il n\s passe le mot6 c'e/ presque un phnomne4 ,mais rassurons-n\s et rassurons-le3 c'e/ un phnomne sans aucun air de phnomne1 ,dieu m]ci6 un phnomne bon enfant1 sans *>latanisme1 sans tromp]ie1 sans trompe et sans trompette1 qui1 malgr la rputation qui lui vi5t de ,p>is1 t\t d\cem5t1 g\tte p> g\tte1 flot p> flot1 comme l'eau vi5t l'c\te-s'il-pleut de sa p>oisse1 n'a pas cess de vivre l'c>t1 au fond de sa prov9ce1 y cont9uant son petit tra9 7un tra9 sil5cieux7 de savant1 d'annotateur et de critique4 ,l'abb ,gor9i n'a pas fait t\t d'abord le bruit clatant et mrit que l'on doit1 p> exemple1 un de ces gr&s vaudevilli/es qui s]ont t\j\rs les premi]s hommes en ,france1 et cela ne se p\vait pas4 ,qui p\vait l'exig]8444 ,mais enf91 p\r un prov9cial et un prtre livr la dup]ie des travaux svres1 il faut en conv5ir1 il n'a pas t trop malheureux6 ,il n'a pas trop att5du la b>rire4 ,son nom a p]c ,p>is4 ,on l'y a prononc avec respect p>mi ceux qui sav5t4 ,il e/ vrai que ce n'e/ pas *ez beauc\p de g5s6 ,il y a plus1 la mode/ie de l'anci5 et pauvre cur de campagne e/1 dit on1 m5ace d'une place l',in/itut1 et je ne crois pas qu'elle s'en inquite4 ,les honneurs et la gloire ne peuv5t pas gr&'*ose1 j'imag9e1 sur ce casani] de l'rudition1 qui1 depuis qu'il n'e/ plus cur1 s'e/ clotr dans la sci5ce1 et qui doit jo9dre l'ins\ciante bonhomie du savant l'indiffr5ce du sa9t p\r les *oses du sicle4 ,qu'un j\r l',in/itut lui arrive 7et l'on dit que c'e/ p> ,guizot qu'il doit lui arriv]71 l',in/itut le tr\v]a comme ,montaigne v\lait que la mort n\s tr\vt t\s1 non*alant d'elle et de notre j>d9 ina*ev4 ,or1 le j>d9 de l'abb ,gor9i1 que je ti5s ce qu'il a*ve1 e/ le j>d9 public--trop public--de l'hi/oire contempora9e1 un potag] d'erreurs de t\te sorte1 et dans lequel prcism5t ce vig\reux s>cleur d'abb ,gor9i a ret\rn plus d'une plate-b&e p\r le compte de ,guizot4 ,c'e/ donc un procd gnreux ,guizot que de plac] l',in/itut le savant abb1 son critique2 c> ,guizot1 le politique de la paix t\t prix1 t\t gr& politique qu'il se contemple1 n'a pas pu p5s] opr] un ds>mem5t4 ,un homme1 un *ampion de la vrit hi/orique comme l'abb ,gor9i1 ne ds>me que qu& il n'y a plus le mo9dre petit mauvais texte tu]4 ,n\s n'en sommes pas l encore4 ,l'abb ,gor9i n'e/ pas un de ces savants pati5ce d'insecte qui p\sse imp]turbablem5t devant lui son petit tr\ dans sa p\tre4 ,s'il l'tait1 on l'arrt]ait bi51 ce savant-l6 ,on lui jett]ait1 cet insecte1 une prise de bon tabac d'acadmici5 sur la tte1 et t\t s]ait dit4 ,on aurait la paix4 ,l'abb ,gor9i n'a pas non plus cet am\r en c]cle de s]p5t qui se mord la queue qu'on appelle l'am\r de l'art p\r l'art ou de la sci5ce p\r la sci5ce4 ,sa sci5ce1 lui1 c'e/ l'glise4 ,s'il n'y avait pas d'glise1 peut-tre que p\r lui il n'y aurait pas de sci5ce du t\t4 ,quoiqu'il et quelque "p1 sans d\te1 dans un angle de son c]veau1 un pli o dormait cette vocation de savant que son am\r p\r l'glise n'a pas cre1 l'glise n'en n'a pas mo9s t l't9celle la p\dre qui a fait p>tir la vocation4 ,sans l'honneur de l'glise indignem5t mis en cause p> les hi/ori5s de ce temps1 ce simple et d\x abb ,gor9i n'aurait pas song int]rompre la plantureuse lecture de ce brviaire qui r5f]me assez d'rudition p\r un prtre1 et cela af9 de relev]1 un un1 dans les livres du ,x,i,xe sicle1 t\s les m5songes et sophismes qui s'y tal5t1 s\s cette app>5ce d'imp>tialit qui e/ l'hypocrisie de l'hi/oire qu& ce n'en e/ pas la trahison6 ,,ii ,et ce s]ait une intressante page de biographie crire et qui clair]ait la ,critique4 ,l'abb ,gor9i1 au d\x nom itali51 e/ un prtre de ,b\rg1 qui a pass la plus longue p>tie de sa jeunesse et de sa vie dans un des plus tri/es pays et une des plus pauvres p>oisses du dp>tem5t de l',a91 si p\r les prtres1 qui viv5t les yeux en haut et la p5se sur l'invisible1 il y avait1 comme p\r n\s1 des pays tri/es et de pauvres p>oisses1 et si mme la plus pauvre de t\tes n'tait pas la plus ri*e p\r eux6 ,en supposant que l'abb ,gor9i n'et pas t un prtre ayant l'esprit de son tat1 j'admettrais volonti]s que ce milieu morne1 ds]t1 insalubre1 dans lequel il fut oblig de vivre t\t le temps qu'il fut l'humble cur de la ,tran*re1 l'aurait rejet dsesprm5t la sci5ce p\r l'arra*] aux accablem5ts de la solitude2 mais de lui je ne le crois pas4 ,les prtres vraim5t prtres n'ont ni nos manires de jug] ni nos manires de s5tir la vie4 ,ils ne se laiss5t pas conduire p> l'influ5ce de nos misrables s5tim5talits1 et d'ailleurs peut-il y avoir une solitude p\r qui fait desc5dre son ,dieu1 t\s les mat9s1 dans sa poitr9e8 ,que l'abb ,gor9i1 ds cette poque1 lt assidm5t l'hi/oire de l'glise qu& il tait rev5u de sa *apelle ou de *ez ses pauvres1 ri5 l qui ft plus que l'ord9aire occupation d'un prtre intellig5t et s5s2 mais p\r qu'il devnt un hi/ori5 lui-mme1 comme il l'e/ dev5u1 dans cette solitude o les livres1 sans lesquels il n'y a pas d'hi/oire1 dur5t lui manqu]1 et o il ne dut s'en procur] que de trs r>es1 il fallait c]ta9em5t plus que le s5tim5t vulgaire ou maladif de cette solitude4 ,il fallut deux *oses1 et les deux *oses les plus puissantes que je connaisse dans une me huma9e3 la s5sation d'une p\vante et le s5tim5t d'un devoir4 ,en effet1 c'tait quelque temps aprs #ahcj4 ,a cette poque de rnovation littraire1 l'hi/oire1 si longtemps ho/ile l'glise1 et dev5ue presque innoc5te =ce d'imbcillit s\s les d]nires plumes qui l'avai5t crite1 l'hi/oire remonta dans l'op9ion des hommes p> le tal5t et p> le srieux des re*]*es2 mais elle remonta aussi dans le dang] dont l'abjection de beauc\p d'criva9s semblait avoir dlivr l'glise4 ,l'glise retr\vait t\t c\p ses ennemis du ,x,v,i,i,ie sicle1 non plus insol5ts1 pigrammatiques et frivoles1 comme au temps de ,voltaire et de ,montesquieu1 mais respectueux1 dogmatiques et pr(onds1 et qui avai5t inv5t p\r drap] leur ha9e deux sup]bes manteaux dont celui de ,t>tufe n'aurait t qu'un pan3 l'clectisme et l'imp>tialit4 ,jamais l'glise ne c\rut plus de dang] peut-tre qu'avec ces respectueux1 qui la saluai5t p\r mieux faire croire qu'elle tait morte2 et l'abb ,gor9i le comprit4 ,ce dut tre quelque publication d'alors qui lui montra1 comme un clair1 lat5te au fond de son esprit1 sa vocation de critique hi/orique4 ,c> il le dev9t1 malgr sa position isole1 loign des villes1 de t\te s\rce intellectuelle1 de t\t r5seignem5t2 impuissant en t\t6 ,il le dev9t1 et lui seul p\rrait n\s dire comm5t il s'y prit p\r le dev5ir4 ,il avait deux trois amis des po9ts assez di/ants dans le pays1 et qui possdai5t quelques b\qu9s comme on en a la campagne4 ,il les leur emprunta et il en *]*a encore4 ,il se fit un m5diant de livres6 un frre quteur1 un capuc9 d'rudition6 ,on le r5contrait p> les *em9s1 c\rb s\s le poids des volumes qu'il rapportait dos1 comme les pauvres rapport5t leur bois et leur pa94 ,ceux-l une fois lus1 il s'+niait p\r en dc\vrir d'autres plus lo9 dans la contre4 ,c'tait un ,rob9son de lecture dans son le ds]te1 f9issant1 comme l'autre ,rob9son1 p> se n\rrir et s'ameubl] =ce d'indu/rie1 de ress\rces dans la p5se et la volont4 ,il lisait1 d'ailleurs1 comme on lit qu& on n'a que trs peu de livres1 avec une mmoire qui reti5t t\t et une intellig5ce avive p> le beso9 et dev5ue intuitive1 qui dev9e ce qui manque et dgage l'inconnue de l'quation4 ,et c'e/ a9si qu'en v+t annes1 et sans sortir de l'aride milieu qu'il sut fcond]1 il put crire sa ,df5se de l'glise1 qu'il publia en #ahec et dont il n\s donne une seconde dition4 ,qui fut bi5 tonn8 qui fut /upfi8 ,les hi/ori5s mmes qu'il avait si bi5 passs au crible6 ,cela leur p>ut prodigieux1 et vraim5t cela l'tait4 ,c'tait plus tonnant que ,jasm9 le coiffeur1 que ,reb\l le b\lang]1 que ,mangiamel l'ari?mtici51 ce pauvre prtre de campagne p>a*ev rudit en v+t ans1 on ne sait comm5t1 mais qui c]ta9em5t s'tait donn plus que la pe9e de natre4 ,on ne rev5ait pas de cette succession de t\rs de =ce qu'il avait d faire p\r dev5ir une p]le de sci5ce1 positivem5t1 dans le ds]t444 p\r s't(f] savant comme la *vre se n\rrit au piquet1 en tondant seulem5t le diamtre de sa corde6 ,l'abb ,gor9i avait pris la lune avec ses d5ts1--la lune de l'rudition4 ,?i]ry lui crivit4 ,guizot en p>la dans une de ses n\velles prfaces4 ,ils avai5t s5ti le v5t des ailes d'un taon qui aurait pu dev5ir t]rible et qui p\vait transp]c] t\s leurs textes de son aiguillon4 ,mais heureusem5t p\r eux que le taon tait une m]veilleuse abeille1 qui b\*ait les tr\s qu'elle faisait avec du miel4 ,,iii ,en effet1 le critique tait prtre1 et jamais il ne l'oublia4 ,sa *>it1 p\r le mo9s1 galait sa sci5ce4 ,ce ne fut po9t une polmique passionne et p]sonnelle qu'il comm5a avec les hi/ori5s du ,x,i,xe sicle1 qui s'tai5t tromps ou avai5t tromp sur l'glise2 ce fut une *asse1 non aux hommes1 mais une *asse implacable seulem5t aux textes faux1 aux int]prtations irrfl*ies ou444 trop rfl*ies1 aux altrations imp]ceptibles4 ,il *assa t\t1 en fait d'erreurs1 la grosse et la petite bte1 et p>fois mme il prfra la petite1 comme plus difficile tir]4 ,il fut incroyable d'adresse1 de sagacit et d'a*>nem5t2 mais il respecta les p]sonnes1--et p\r n\s1 qui n'avons pas ses v]tus1 il les respecta trop4 ,ce lynx de texte1 qui d*iquetait si bi5 en dtail les livres de ce temps1 se fit myope1 plus que myope1 p\r les dfauts et les dbililits de l'auteur4 ,il se f\rra les deux po+s de sa *>it dans les yeux6 ,et cela fut quelquefois si =t qu'on put le croire un badaud en hommes1 cet esprit si f9 et si avis en textes1 ou bi51 s\s =me dissimule1 un moqueur4 ,les hommes qu'il a surfaits1 t\t en vannant leurs oeuvres1 n'ont pas1 eux1 vu la moqu]ie1 mais ils ont pris l'admiration1 et cela les a consols de la critique4 ,les hommes sont si petits1 ils ti5n5t si peu la vrit et tant leur p]sonne1 que1 p\r peu que v\s leur disiez qu'ils ont du tal5t1 ils v\s p>donn]ont d'avoir dit qu'ils en ont mal u4 ,et p\rtant1 si on compr5ait1 c'e/ la *ose mortelle6 ,p\r cette raison app>emm5t l'auteur de la ,df5se de l'glise1 livre d%onorant au fond1--c> l'honneur des hi/ori5s1 c'e/ l'exactitude6--n'a s\lev aucun des ress5tim5ts que la contradiction s\lve d'ord9aire entre rudits4 ,ils avai5t1 je l'ai dit1 s5ti les ailes du taon1 mais ce ne fut po9t comme dans ,la ,fonta9e1 o ,le quadrupde cume et son oeil t9celle2 les lions de l'hi/oire attaqus n'cumr5t ni ne rugir5t4 tait-ce de peur d'irrit] l'ennemi1 ces lions prud5ts1 ou le ton du livre en avait-il ad\ci les c\ps8 ,,iv ,il s]ait difficile d'en r5dre compte1 du re/e4 ,il s]ait difficile1 p\r ne pas dire impossible1 l'analyse de pr5dre1 p\r v\s la montr]1 dans le fond de sa ma91 t\te cette p\ssire de textes broys p> l'auteur de la ,df5se de l'glise sur t\tes les que/ions les plus v>ies et les mo9s lies les unes aux autres4 ,sur les sa9ts3 sa9t ,pi]re1 sa9t ,irne1 sa9t ,v9c5t de ,l]is1 sa9t ,boniface2 sur la biblio?que d',alex&rie1 sur la croyance religieuse des seigneurs gallo-roma9s aux ,i,ve et ,ve sicles1 sur l'glise celtique1 sur la hir>*ie ecclsia/ique1 sur les rapports de la papaut avec les glises p>ticulires1 itali5ne sept5trionale1 espagnole1 gallicane1 etc41 etc4 ,le gr& dfaut1 le seul dfaut1 capital peut-tre1 de l'ouvrage de l'abb ,gor9i1 qui l'emp*]a d'tre lu et gt du public1 n\s l'avons signal au comm5cem5t de ce *apitre3 c'e/ de n'tre pas un livre ayant son comm5cem5t1 son milieu1 sa f91 son organisme et son art4 ,c'e/ plutt une suite de diss]tations bonnes p\r le ,j\rnal des ,savants1 et encore ces diss]tations ont une exposition et des =mes p> trop scolaires4 ,il e/ trop primitif1 en vrit1 de mettre en capitales1 au haut ou au bas d'une page1 p\r la rfut]3 ,op9ion de ,guizot1 op9ion de ,?i]ry1 op9ion de ,fauriel1 et qu& on l'a discute1 cette op9ion1 de recomm5c] avec une autre1 prs5te id5tiquem5t de la mme manire4 ,on v\drait1 sans tre exigeant1 quelque *ose de plus +nieux dans la transition1--dans la transition t\t le /yle1 disait le svre ,boileau1 qui condamnait ,la ,bruyre6 ,boileau avait trop de rigueur1 mais1 s'il condamnait ,la ,bruyre1 que dirait-il de l'abb ,gor9i8 lequel a aussi son langage d'un al9a un autre1 et un langage d'une correction ple9e de cl>t o pass5t et l d'aimables s\rires4 ,je ne sais pas ce qu'il dirait1 mais je dis1 moi1 que c'e/ dommage de n'avoir pas fait desc5dre avec un peu d'art dans la publicit1 la gr&e et commune publicit1 une rudition trop conc5tre entre rudits p> la =me mme qu'elle a revtue1 une rudition qui ne ft alle ri5 mo9s1 s\s une =me plus agrable ou plus habile1 qu' discrdit] pr(ondm5t1 et une fois p\r t\tes1 l'hi/oire contempora9e en t\t ce qui t\*e l'glise4 ,l'ouvrage de l'abb ,gor9i1 malgr son titre1 e/ mo9s un plaidoy] et un jugem5t aprs plaidoy] sur les *oses de l'glise qu'un long mmoire consult]4 ,c'e/ un livre p\r faire d'autres livres2 mais en ,france on n'avance une ide qu'avec des livres qui sont faits4 ,l'ide que l'abb ,gor9i tait si apte tablir dans la majorit des ttes p> un livre autrem5t tricot que le si51 l'ide que l'hi/oire a t fausse tant de fois et sur tant de que/ions p> les ma9s rvres de ceux qui l'ont manie avec le plus de puissance1 p>]ait au mal actuel de son enseignem5t4 ,et je dis actuel1 c> plus t>d1 il n'y a po9t en d\t]1 la critique de l'abb ,gor9i port]a ses fruits contre ceux qui l'ont suscite4 ,cette critique1 qui s'en pr5d aux textes et qui s'e/ faite aussi f9e1 aussi dlie1 aussi imp]ceptible l'oeil nu ou inatt5tif que ce tas d'erreurs qui1 p\r peu qu'on les voie1 n\s aveugl5t bi5 s\v5t comme la p\ssire1 cette critique aigu1 suraigu1 mille c\ps d'aiguille qui p]c5t et d*iquett5t =ce de p]c]1 l'hi/oire contempora9e n'en a s\ffl mot4 ,elle ne s'en e/ pas plus pla9te que l'enfant qui avait le petit r5>d dans le v5tre4 ,il ne disait ri52 mais enf9 il l'avait6 ,et elle qui1 comme lui1 en a s\ff]t sans mot dire1 plus t>d1--dans l'av5ir1 elle en s\ffrira bi5 davantage4 ,les travaux de l'abb ,gor9i ne s'envol]ont pas4 ,s'il n'a pas su les mettre dans un livre que t\s puss5t lire avec plaisir1 un autre les y mettra4 ,la ,critique re/e sur les ru9es qu'elle fait1 et c'e/ un bon endroit p\r att5dre4 ,p]sonne n'aura donc plus amo9dri ou ru9 l'hi/oire de la premire moiti du ,x,i,xe sicle que l'abb ,gor9i1 qui rappelle la fronde du b]g] victorieux1 c> c'e/ un cur de b]g]s6 ,avec sa po9te d'p+le et son c\p d'oeil microscopique1 nul n'aura mieux frapp l'hi/oire4 ,son honneur1 elle1 aura c\l p> t\s ces petits tr\s d'aiguille qui n'tai5t ri51 ce qu'il semblait1 qu& elle les recevait1 et on l'en v]ra puise4 ,seulem5t1 c'e/ ce mom5t-l1 ce mom5t expiateur1 d'une joie suprme1 que j'aurais v\lu avanc]6 ,,d\blet ,,et ,,ta9e#bh ,i ,c'e/ une *ose assez r>e1 dans ce temps1 qu'un livre spcial de philosophie4 ,la philosophie manque d'int]prtes4 ,elle e/ p>t\t1 circulant dans beauc\p de livres1 comme c]ta9s poisons circul5t dans le sang2 mais elle ne se =mule nulle "p dans des oeuvres transc5dantes1 non pas seulem5t de fait mais mme de vise4 ,depuis la mort de ,j\ffroy et la publication de l',essai--re/ essai--de philosophie p> ,lam5nais1 on n'a plus vu que quelques livres de morale sans autorit et quelques maigres monographies4 ,d'oeuvres =tes1 aucune4 ,c\s91--qui a nomm l'clectisme1 mais qui ne l'a pas inv5t1 qui a donn une possession d'tat ce bt>d de l'optimisme de ,leibnitz1--,c\s9 ne dit plus ri51 p]du s\s les affiquets des gr&es dames du ,x,v,i,ie sicle4 ,il e/ plus que mort1 il e/ enseveli1 et d'antiques jupons d\bl5t son c]cueil4 ,en dehors du sa9t-simonisme et de la doctr9e de ,f\ri]1 qui fur5t mo9s des philosophies que des essais d'in/itutions sociales1 n\s vivons peu prs sur le fond d'ides qui s'e/ produit de #ahaa #ahbh4 ,n\s rongeons t\j\rs cette feuille d'orang] que voil suffisamm5t d*iquete4 ,n\s n'avons pas su la remplac]4 ,la bonne volont de la ,critique d't5dre son exam5 aux livres de philosophie pure lui e/ peu prs inutile4 ,il n'y en a pas4 #bh ,hi/oire de l',intellig5ce2 ,les ,philosophes franais du ,x,i,xe sicle 7,pays1 #bg juillet #aheg74 ,en voici deux p\rtant qui1 exceptionnellem5t1 n\s tomb5t s\s la ma9 et que n\s p\vons mettre ensemble4 ,l'un e/ l',hi/oire de l',intellig5ce1--de l'intellig5ce 9 se1 comme dis5t les ,allem&s4 ,livre grave1 qui se fronce et se donne un mal t]rible p\r tre pr(ond2 illisible d'ailleurs1 qu& on ne connat pas le *9ois de la philosophie mod]ne1 et qui1 p\r cette raison1 mrit]ait d'tre traduit4 ,l'autre3 ,les ,philosophes franais du ,x,i,xe sicle non y compris l'auteur1 7bi5 ent5du71 e/ encore1 s\s une autre =me1 une hi/oire de l'intellig5ce1 mais de l'intellig5ce en acte1 puisqu'il s'agit des sy/mes et des plus beaux esprits philosophiques contempora9s4 ,quant ce second livre1 il n'a pas le ton du premi]4 ,il n'e/ pas grave4 ,bi5 au contraire6 ,il veut tre lg]1 et il l'e/ trop4 ,l'auteur1 qui comm5ce p> imit] ,font5elle1 f9it1 ma foi6 p> se croire ,voltaire4 ,c'e/ un ricaneur p]ptuel qui fait j\j\ des plus grosses que/ions1 s'imag9ant les r\l] avec la plus gracieuse facilit du b\t de l'ongle long qu'il porte au petit doigt1 ,clit&re de la philosophie6 ,eh bi51 quelle que soit la diffr5ce de ton de ces deux ouvrages1 ils ont cela de commun qu'ils montr5t trs bi51 *acun sa faon1 l'tat actuel de la philosophie et sur quel pauvre grabat d'ides la malheureuse se s5t m\rir6 ,l',hi/oire de l',intellig5ce#bi de ,d\blet a t faite suivant une m?ode1 et le livre des ,philosophes franais#cj n\s donne p\r conclusion la si5ne1 sans avoir l'air d'y t5ir plus qu' t\t le re/e1 dans ce s+uli] livre4 ,or1 ces m?odes connues dj1 reprises c5t fois en s\s-oeuvre depuis ,desc>tes1--le pre de t\s les faiseurs de philosophie solitaires1--ces m?odes ret\rnes1 *anges de ct1 modifies1 ici ou l1 p> des travaux d'insecte1 mais t]nellem5t les mmes1 c'e/--dire p>tant du moi p\r all] au moi p> le moi1 donn]ont-elles enf9 la philosophie1 s\s la ma9 de ces deux d]ni]s v5us1 ,d\blet et ,ta9e1 ce qui lui a manqu jusqu' cette heure3--la vie et la fcondit8 ,d\blet et ,ta9e doiv5t tre deux jeunes g5s4 ,on le s5t en lisant leurs livres4 ,mais n\s apport5t-ils l'un et l'autre une si gr&e dc\v]te que l'un soit ju/e titre d'une satisfaction si orgueilleusem5t mode/e qu& il se reg>de1 et l'autre d'une si fr+ante imp]t95ce qu& il reg>de ses prdcesseurs et ses matres8444 #bi ,ha*ette et ,cie4 #cj ,ibid4 ,n\s comm5c]ons p> ,d\blet4 ,n\s ne le comp>]ons pas ,ta9e2 n\s croyons qu'il vaut beauc\p mieux4 ,d\blet1 quelque soit son ge d'ailleurs1 e/ un franc jeune homme en philosophie4 ,il y croit4 ,il peut donc un j\r tre dtromp4 ,fatigu d'une tre9te si va9e1 il peut un j\r pr5dre dans ses bras autre *ose que cette nue et produire une oeuvre vivante4 ,il a de la =ce1 de la volont1 de la rflexion1 et mme dans des proportions assez viriles2 t&is que ,ta9e1 esprit frivole1 ne croit absolum5t ri51 se moque de t\t1 et ne *ang]a pas4 ,ta9e n'e/ pas seulem5t un a?e de la gr&e manire3 il l'e/ de la petite2 il l'e/ de t\tes4 ,c'e/ l'a?e pur4 ,il l'e/ env]s ,dieu et env]s les hommes1--n'admettant que lui-mme et sa propre plaisant]ie4 ,or1 puisqu'il s'agit de cela1 et p\r le dire en passant1 n\s ne croyons pas beauc\p aux ravages de la plaisant]ie de ,ta9e4 ,ses ,philosophes franais sont un clat de rire dans l'eau4 ,on n'e/ pas un s]p5t p\r s\ffl] dans une clef =e6 ,d\blet1 lui1 qui ne s\ffle que de fatigue1 e/ au mo9s un esprit de bonne foi et d'a*>nem5t dans la re*]*e4 ,mcont5t 7on le conoit trs bi567 de ne ri5 compr5dre aux philosophies contempora9es1 il e/ desc5du en lui-mme p\r y *]*] l'affirmation qui ne s'y tr\ve pas4 ,mais l prcism5t a t le mal4 ,il e/ desc5du en lui-mme comme les philosophies contempora9es4 ,il s'e/ jet dans la psy*ologie1 le puits de l'abme p\r les philosophes3 la cave de ,ma9e de ,biran1 comme dit ,ta9e1--et il y e/ re/4 ,,ii ,jamais on n'a t t5t444 et trahi p> un plus beau sujet3 l',hi/oire de l',intellig5ce4 ,quel titre ptillant d'ambition et d'orgueil6 ,ce que ,bi*at a fait p\r la vie1 et a mal fait1 il faut bi5 le dire1 malgr le respect qu'on a p\r son gnie1 ,d\blet a v\lu le faire p\r l'intellig5ce1 et le psy*ologue1 qui n'tait pas ,bi*at1 a eu le mme sort que le gr& physiologi/e4 ,ni la physiologie1 ni la psy*ologie1 int]roges isolm5t1 ne peuv5t1 en effet1 rpondre ces deux gr&es que/ions3 qu'e/-ce que l'intellig5ce8 qu'e/-ce que la vie8 ,sur ce t]ra91 il n'y a jamais eu que deux hypo?ses3 l'hypo?se--qui e/ le fait dom9ateur--de la tradition et de l'hi/oire1 ou l'hypo?se sci5tifique et444 *imrique des philosophes4 ,p\r le malheur de sa p5se1 c'e/ celle-l que ,d\blet a *oisie4 ,laissant la ralit huma9e1 la socit et l'hi/oire1 p\r obs]v] les premires volutions de son esprit individuel1 ,d\blet s'e/ imag9 que l'hi/oire de l'intellig5ce tait crite en n\s1 dans quelque repli de notre tre1 et il s'e/ dv\ r5dre visible ce palimpse/e et le d*iffr]4 ,il a donc remu t\tes ces ombres et t\tes ces p\ssires qu'on appelle les faits de consci5ce4 ,il a dcrit avec d'ineffables m9uties les voyages de ,gulliv] de sa p5se1 et il a con/ruit1 comme ,kant1 et mme contre ,kant1 une ?orie4 ,cette ?orie de la p]ception1--de l'apprh5sion de l'ide1--de sa subsumption dans les concepts1 cette ?orie1 trs travaille1 trs allem&e1 trs subtile1 mais dans le dtail de laquelle n\s ne p\vons entr] sans donn] une conge/ion crbrale au lecteur1 se rduirait1 si on la dp\illait de sa logoma*ie d'cole1 une de ces inutilits logiques qu'un enfant de la ,doctr9e *rti5ne mpris]ait6 ,d\blet lui-mme n'e/ pas si conva9cu de la solidit de cette ?orie qu'il ne s5te le beso9 de l'appuy] sur autre *ose444 ,et v\s d\t]iez-v\s jamais sur quoi il l'appuie8 sur l'ide d'une vie antrieure1 c'e/--dire que le voil du c\p en ple9e mtempsycose comme ,py?agore et ,jean ,reynaud le py?agorici56 ,honteux d'tre oblig de rtrograd] jusque-l1 c> il a un bon s5s qui se rvolte probablem5t contre les conclusions de sa philosophie1 l'hi/ori5 de l',intellig5ce essaie de s'abrit] s\s l'op9ion 7d'ailleurs rtracte7 de sa9t ,augu/91 dont le gnie1 comme on le sait1 lev dans les coles1 oscilla plus d'une fois aux s\ffles de son temps avant de dev5ir la f]me lumire qui a brill dans le monde ca?olique1 ph>e immobile trav]s les sicles6 ,mais quel que soit1 du re/e1 le gr& nom dont on abuse en s'en c\vrant1 et n'importe qui elle app>ti5ne1 l'ide d'une vie antrieure p\r expliqu] l'intellig5ce actuelle de l'homme peut tre un sy/me1 mais n'e/ pas1 c]tes6 une solution4 ,d\bl] la "q n'e/ pas la rs\dre1 et la ,critique g>de le droit de dire au philosophe3 ,v\s reculez t\j\rs1 mais qu& saut]ez-v\s8 ,d\blet ne saut]a pas4 ,n\s le prdisons4 ,telle e/1 en quelques mots1 cette ,hi/oire de l',intellig5ce4 ,tel e/ le fond de ce livre1 dans lequel un esprit fait p\r mieux que cela se remue puissamm5t dans le vide et f9it p> m\rir1 faute d'air1 comme un robu/e oiseau pris s\s la ma*9e pneumatique4 ,selon n\s1 il n'y avait qu'un moy5 d'arriv] une solution dans cette "q de l'intellig5ce2 mais ce moy51 dont un philosophe ne se s]ait jamais avis1 aurait t de relev] intrpidem5t le lieu commun en face de la philosophie4 ,en place de l'homme individuel1 qui n'arriv]ait jamais l'intellig5ce s'il tait seul1 il fallait saisir t\te la p]sonne sociale4 ,au lieu de re*]*] microscopiquem5t dans la consci5ce ou dans la mmoire le fait primitif fondam5tal1 et qui con/itue l'intellig5ce huma9e1 il fallait en pr5dre le g]me my/rieux et complexe et montr] que1 sans la c\ve du pre et de la mre1 il s]ait non av5u1 puisqu'il ne se dvelopp]ait pas6 ,il fallait pr\v] que la plus haute s\rce de mmoire1 d'intellig5ce1 de bonne volont1 d'acquisition1 c'e/ la famille1 l'ducation et le langage4 ,la voix de l'homme e/ un fait ultra-monda9 trang] au cosmos et p>ticuli] l'homme1 v5ant1 n\s le v\lons bi51 d'une vie antrieure1 mais la condition que cette vie antrieure s]a ,dieu4 ,la p>ole r5f]me le my/re gnrateur de la p5se444 ,9 pr9cipio erat v]bum4 ,c'e/ donc p> une ?orie de la p>ole1 et non p> l'analyse de faits de consci5ce imp]ceptibles1 que ,d\blet devait comm5c] son hi/oire4 ,il ne l'a pas fait et n\s ne savons p\rquoi4 ,le ca?olicisme l'aurait enlev la philosophie1 et1 comme ,h]cule t\ffait ,ante en l'arra*ant la t]re1 la religion aurait t\ff le philosophe dans le ciel6 ,d\blet n'en dit pas un mot4 ,il e/ curieux de voir l'hi/ori5 de l'intellig5ce s'ab/raire de l'hi/oire t\t en critiquant l'ab/raction1 et1 p> suite1 nglig] le pr(ond enseignem5t de la tradition1 qui fait p>tie de l'homme cep5dant4 ,oui6 cela e/ curieux1 c> n\s n'imag9ons pas que1 p\r un esprit comme celui de ,d\blet1 s'ab/raire de l'hi/oire ce soit la ni]4 ,seul1 en effet1 cet enseignem5t de la tradition1 depuis qu'il exi/e des philosophies1 a su t\t compr5dre et t\t expliqu]4 c\tez-le6 ,ri5 de plus simple et de plus beau4 d5 e/ dans les rac9es de notre tre4 ,l'enfance en e/ une lueur *>mante encore4 ,puis t\t s'clipse avec l'app>ition de la lib]t4 ,l'homme tombe2 il p]d ,dieu1 la lumire1 l'intellig5ce4 ,qui peut lui r5dre ce ,dieu p]du8444 ,l'ducation1 la pdagogie1 c'e/ la ncessit d'appr5dre l'homme son malheur2 c'e/ le r$ressem5t de l'homme p> la pe9e4 ,malheur ce titan f\droy s'il n'a le f\et6 ,il faut le rompre sa condition et lui enseign] sa *ute1 s9on la cration arme l'cras]a1 puis le ciel arm2 c> ,adam1 le pdagogue et le pre1 rpond p\r ses enfants4 ,voil la magnifique donne que ,d\blet n'a pas mme ap]ue dans son t]nelle proccupation du moi4 ,timide dans sa conception de la vie comme t\s les philosophes1 qu'il accuse ju/em5t de pusillanimit1 il s'imag9e1--ide vulgaire6--comme t\s les philosophes1 que nos puissances se suraj\t5t les unes aux autres1 qu& c'e/ le contraire qui e/ vrai4 ,l'homme ne vit ici-bas qu'en s'cr\lant4 ,nos puissances tomb5t en p\ssire mesure que n\s avanons dans la vie1 et la vie elle-mme n'e/ qu'un g]me suprieur que n\s dcomposons jusqu' la mort4 ,quant aux procds de ,d\blet p\r apprh5d] l'ide1 comme il dit1 p> exemple l'ide de la ligne et de l't5due1 ils consi/5t dans des gnralisations et des ab/ractions si multiplies1 si difficiles et si inc]ta9es1 qu'avec un p>eil sy/me de re*]*e ,ma?usalem lui-mme s]ait mort sur la moiti du ba1 be1 bi1 bo1 bu1 et n\s ne croyons pas qu'il l'et apprise4 ,philosophie d'cole buissonnire1 bonne p\r les p>esseux sup]bes6 ,peu de g5s ont le temps de se p5*] a9si sur eux-mmes et d'obs]v] les inf9im5t petits--les fils de la ,vi]ge intellectuels--sur lesquels ,d\blet conc5tre apoplectiquem5t l'ef=t de son oeil et de son c]veau4 ,dans cette vie1 qui a un b sans d\te1 un b important et peut-tre t]rible1 puisque c'e/ le t\t de notre de/9e1 on a mo9s le temps d'appr5dre comm5t se font les *oses que le temps de les faire4 ,qu'on n\s laisse pass] avec notre ignorance6 la besogne presse4 ,mais ce n'e/ po9t le compte des philosophes4 ,l'un veut dev9] comme l'oeil voit1 et il se crve un oeil2 l'autre1 comm5t l'pi devi5t tel1 et il ne sme pas4 ,au mo9s le =mica-leo pr5d des insectes ncessaires sa vie en creusant son tr\ dans le sable1 mais les psy*ologues1 comme ,d\blet1 dans quoi creus5t-ils1 et que pr5n5t-ils1 que l'inanit8444 ,,iii ,c]tes6 qu& on t\*e de p>eils rsultats1 qu& on lit ce livre laborieux dans le ri5 o l'ab/raction met le monde en p\dre1 on compr5d que ,ta9e1 l'auteur des ,philosophes franais du ,x,i,xe sicle1 dise h>dim5t1 et p\r cette fois avec vrit1 que la psy*ologie e/ d%onore4 ,elle l'e/1 en effet1 et jamais4 ,aprs avoir1 p> la ma9 de ,desc>tes1--ce ,rob9son du moi enf]m dans son je comme dans une le ds]te1 mais sans aucune espce de ,v5dr$i1--dtrn la scola/ique1 qui valait mieux qu'elle1 la psy*ologie e/ tombe dans le mpris de la philosophie elle-mme1 et ,ta9e1 le lettr1 le docteur s lettres et l'lve de l'cole normale1 avec son livre des ,philosophes franais au ,x,i,xe sicle1 t\s psy*ologues au premi] *ef3 ,l>omiguire1 ,roy]-,coll>d1 ,ma9e de ,biran1 ,c\s91 ,j\ffroy1 e/ le tmoignage le plus frappant et le plus loqu5t de ce mpris4 ,le livre de ,ta9e e/ effectivem5t1 s\s des =mes qui veul5t tre gaies et amusantes avant t\t1 un s\fflet bi5 et dm5t appliqu sur les deux j\es de la philosophie contempora9e4 ,c'e/ un de ces s\fflets semblables ceux que le b\rreau donnait p>fois sa victime immole6 ,seulem5t1 comme on ne tue pas avec la batte d',arlequ91 le joyeux b\rreau n'a pas tu ici la philosophie1 qui cont9u]a d'all] ses affaires comme ,m4 de ,p\rceaugnac avec son s\fflet4 ,jamais1 depuis qu'on crit des articles de petits j\rnaux 7c'en e/ un de #cfb pages que ce livre71 on n'a trait avec un laiss]-all] plus irrespectueux1 avec un dtail d'anecdotes plus malhonntes 7sont-elles vraies871 les hommes et les *oses que les lettrs de ce pays-ci ont adors depuis qu>ante ans4 ,ta9e a p>faitem5t appris1 l'cole d'o il e/ sorti1 le dfaut de l'armure de ses matres1 la vacuit de leurs sy/mes1 le vice de leur enseignem5t et les grimaces de leurs prt5tions4 ,il sait t\t cela comme un de n\s1 et n\s ne lui repro*ons ni de le savoir ni de le dire4 ,dans la spl5deur anime du monde ca?olique1 o n\s assi/ons la vie1 les philosophes n\s sembl5t des ombres *9oises1 des m>ionnettes noires qui s'agit5t sur une toile blan*e tamise de lumire1 et cela n\s cause je ne sais quel frmissem5t de plaisir de les voir se livr] aux affreux amusem5ts de la discorde et se bris] des meubles sur leur maje/ueux angle facial4 ,ils se font a9si ju/ice eux-mmes4 ,et d'ailleurs1 avant t\t1 mme avant les conv5ances et les respects d'cole1 la vrit6 ,mais ce que n\s ne p\vons n\s emp*] de blm] dans le livre de ,ta9e1 c'e/ le manque absolu de srieux et le scepticisme de ton1 qui invalide la critique que l'on fait2 c'e/ surt\t une p]v]sit de doctr9es pire que celle des philosophies dont il se moque en les exposant4 ,ta9e e/ un homme du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,il l'e/ p> l'expression et p> le fond des *oses1 et1 comme il e/ tel dans le ,x,i,xe sicle1 il e/ trs au-dess\s1 en ralit1 des hommes du ,x,v,i,i,ie sicle1 c> l'erreur *ange d'poque ressemble un mon/re dt]r4 ,elle e/ plus laide qu'elle n'tait du temps de sa vie4 ,si on appliquait l'auteur des ,philosophes franais un des procds de son livre1 qui consi/e *ang] un homme de place1-- faire natre ,c\s91 p> exemple1 en #afdj et le mtamorphos] en abb1 en ?ologi5 et en successeur de ,bossuet1 espce de truc l'aide duquel il e/ facile de r5contr] des analogies d'imag9ation assez drlettes1--n\s dirions1 n\s1 que ,ta9e fut un ami de ,la ,mettrie et qu'il a s\p *ez d',holba*1 trs h>di qu& les dome/iques tai5t p>tis4 ,il a la prud5ce des s]p5ts d'alors1 qui tai5t =t plats2 il ne dduit pas longtemps ses ides1 il les ombrage qu& elles devi5n5t trop claires et les brise dans cette plaisant]ie qui e/ une ress\rce2 mais on n'en voit pas mo9s pass] la lueur4 ,ces petites prcautions ne tromp]ont p]sonne4 ,ta9e di/+ue pr(ondm5t la sci5ce1 cet objet d't]nelle re*]*e1 de la morale1 de la religion1 du g\v]nem5t4 ,la sci5ce1 dit-il1 ne s'occupe que de re*]*] les faits et de les dcrire analytiquem5t4 ,or1 comme il e/ime que la sci5ce doit faire1 dans un temps donn1 les de/9es du g5re huma91 il se tr\ve que la religion et la morale1 qui ne sont pas la vrit sci5tifique et sur lesquelles les philosophes ont pris l'avance1 s'en iront un j\r avec les vieilles lunes4 ,telle e/ la foi et l'esprance de ,ta9e4 ,s'il y avait quelque *ose qui ressemblt du respect dans sa p5se1 ce s]ait p\r ,condillac et p\r ,voltaire4 ,ses livres de *evet doiv5t tre la ,langue des calculs et ,c&ide4 ,c&ide p\r lui1 son livre de c\*ette1--et la ,langue des calculs p\r les badauds et qu& quelqu'un monte l'escali]4 ,*ose naturelle6 ,la philosophie qu'il galonne le mo9s de ses pigrammes e/ celle de ,l>omiguire1 p>ce qu'elle se rappro*e le plus de la philosophie du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,son ,dieu1--le plus gr& psy*ologue de ce temps1 dit-il1--c'e/ ,h5ri ,beyle 7,/5dhal72 ,h5ri ,beyle1 un esprit puissant1 c'e/ inconte/able1 mais d'un matrialisme presque crapuleux4 ,il faut bi5 le dire1 c'e/ le matrialisme aussi qu'exhale le livre de ,ta9e4 ,il n'y e/ pas =mul1 mais il y e/2 et s\s les fleurs de la rhtorique et les roses p9es de la plaisant]ie1 s\s les fadeurs et les fadaises de ce vieux pa/el effac1 on s5t l'infecte solfat>e444 ,quant au tal5t1 un tal5t littraire qui anime t\t cela1 il n'e/ pas norme4 ,il consi/e dans le programme assez bi5 tudi de la philosophie l'cole normale et dans cette fausse lgance qui j\e au d&y sur des sujets qui ne comport5t pas le d&ysme4 ,un j\r1 ,c\s91 en v]ve de pdagogie1 s'criait1 avec la sol5nit ?trale et l'emphase de voix et de ge/e qui font de lui le plus gr& comique involontaire qu'on ait vu3 ,surt\t1 mon *] ,labitte1 n'oublions jamais que n\s sommes des cui/res4 ,mais ,ta9e1 qui n'a pas l'esprit de son tat1 veut1 lui1 t\te =ce1 le faire oubli]4 ,c'e/ l',alfr$ de ,musset de la philosophie railleuse1--mo9s l'ari/ocratie naturelle du pote4 ,les cig>ettes de ,ta9e se fum]ai5t beauc\p mo9s longtemps4 ,qu& on l'a lu1 on e/ impati5t d'une atmosphre plus sa9e et plus pure4 ,on e/ impati5t de sortir de la sci5ce telle qu'il n\s la montre dans ce pr(il p]du1 mais qui fait trembl]1 et de r5tr] dans la famille1 dans l'ordre1 dans l'hi/oire1 t\tes *oses ignores du b\rgeois clibataire1 jongleur et p>isi51 lequel *]*e re*]*] un objet de re*]*e d'un gt re*]*2 c> voil t\te la philosophie de ,ta9e4 ,misrables hypoges philosophiques6 ,l'esprit solitaire y a froid1 malgr le rire qu'on affecte d'y faire ent5dre4 ,dj1 propos d'un premi] livre sur ,la ,fonta9e1 n\s avons conseill ,ta9e1 dans l'intrt de son esprit et de sa r5omme1 de ret\rn] cette traduction de ,%akespe>e dont il n\s a donn un j\r de si beaux fragm5ts4 ,aprs avoir lu les ,philosophes franais1 n\s l'av]tissons qu'il e/ plus pressant que jamais de ret\rn] au vieux ,%akespe>e4 ,mais n\s c\t]a-t-il1 et faudra-t-il donc l'y conduire1 comme ces jeunes filles qui ne veul5t pas *ant] p> ob/9ation de mode/ie et que l'on conduit au piano8444 ,,pascal#ca ,i ,les ,p5ses de ,pascal et l'tude littraire d',erne/ ,havet#cb ne sont po9t une publication n\velle4 ,elles dat5t de #aheb4 ,a cette poque1 les travaux sur ,pascal de ,c\s91 ,sa9te-,beuve1 ,nis>d1 ,v9et1 etc41 etc41 avai5t clat1 et1 sans prt5dre les rsum]1 cette publication les treignit t\s1 comme ides1 en un bloc consi/ant et trs f]me1 p\r le compte d'une dition spciale1 faite avec so9 sur les textes confronts1 et le rtablissem5t du s5s de ,pascal1 si longtemps obscurci et mutil4 ,quoique ple9e de *oses connues dj1 l'tude d',erne/ ,havet ne fut pas cep5dant uniquem5t la conc5tration n]gique et habile de ce qui avait t dit prcdemm5t dans le c\rant de cette moiti de sicle4 ,havet se p]mit d'avoir aussi son op9ion sur ,pascal4 ,il se p]mit d'avoir de la pntration s\v5t1--plus s\v5t de la solidit4 ,j'os]ai mme dire que1 dans l'tat actuel de la p5se du ,x,i,xe sicle sur ,pascal1 p]sonne n'e/ encore all plus avant qu',havet dans ce clair-obscur tonnant--plus tonnant que celui de ,rembr&t--qui s'appelle l'me et le gnie de ,pascal4 ,en vivant longtemps dans l'tude de ce gr& esprit1 ,havet a fait amiti1 je ne dirai pas avec ces tnbres1--comme disait ,augu/9 ,?i]ry de sa ccit1--mais avec cette pr(ondeur agite1 et1 s'il n'a pas t\j\rs dc\v]t ce qu'il n\s y montre1 il a p>fois aj\t ce qui dj y avait t dc\v]t4 ,qu'elles app>t9ss5t donc lui ou d'autres1 les op9ions qui donn5t la vie son tude sur ,pascal1 et qui n'ont t jusqu'ici dpasses p> aucune vue n\velle1 mritai5t l'att5tion d'une critique qui a bi5 le droit de se dem&] si ce sont l les d]ni]s mots qu'on puisse dire sur ,pascal1 et s'il y aura mme jamais un d]ni] mot dire sur cet homme qui fait l'effet d'un inf9i lui seul6 #ca ,les ,p5ses de ,pascal1 prcdes d'une tude littraire1 p> ,erne/ ,havet 7,pays1 #e ju9 #ahfj74 #cb ,dezobry et ,magdele9e4 ,pascal1 en effet1 a t plus retr\v1 plus re/aur1 plus racont que jug de ce jugem5t df9itif et suprme qui donne la raison suffisante d'un homme2 il a produit plus d'tonnem5t que d'admiration encore1 et presque plus de frayeur que d'tonnem5t4 ,les critiques classification et catgories1 les nom5clateurs qui croi5t aux familles d'esprits1 ont t compltem5t dr\ts p> ce gr& ,s+uli]1 sceptique et dvot1 gomtre et pote1 l'ordre et le dsordre1 qui se bat contre sa tte avec son coeur4 ,ils n'ont ri5 compris1 ou du mo9s ont compris peu de *ose ce solitaire1 plus solitaire que t\s les solitaires de ,port-,royal dont il faisait p>tie1 c> jamais la rgle et la communaut de doctr9e et de foi n'emp*r5t qu'il ne ft seul1 t]nellem5t seul1 sur la montagne de son esprit4 ,hlas6 il y re/a jusqu' son d]ni] j\r1 t5t comme le ,sauveur ,jsus1 aussi sur la montagne2 et son t5tateur1 lui1 fut son propre gnie1 affam de ce que les sci5ces de la t]re n'ont jamais donn3 la c]titude6 ,on l'a si peu compris que les uns le traitr5t comme un philosophe ab]rant et lui fir5t la petite leon philosophique2 les autres comme un *rti5 trbu*ant dans le jansnisme et lui fir5t la petite leon religieuse1 qu& il et mieux valu montr] les causes si p>ticulires et presque organiques de ce jansnisme de ,pascal4 ,en somme1 t\t cela fut assez pitoyable4 ,*acun1 avec son petit lumignon1 ne montrait1 en t\rnant al5t\r1 qu'un po9t isol du sph9x norme qui1 du fond de l'ombre o il tait aux trois qu>ts plong1 semblait dfi] t\s ces porteurs de bob*e6 ,nulle lumire1 en effet1 ne s'tait c\le aut\r de lui p\r l'embrass] dans la beaut entire de sa =me trange1 et ne le simplifiait en n\s l'clairant dans son irrductible unit et malgr ces incohr5ces de surface1 cet homme1 cet tre plutt que cet homme1 qui fut encore autre *ose qu'un gr& gomtre1 un gr& sceptique1 un gr& dvot6 ,mais quoi8444 ,c'e/ ce qu'il fallait dire1 et c'e/ l ce qu'on n'a po9t dit4 ,eh bi51 p\r notre compte et dans la mesure de nos =ces1 c'e/ ce que n\s v\lons essay] de dire auj\rd'hui6 ,n\s ne v\lons imit] p]sonne3 ni ,voltaire1 dont les ,rem>ques sur ,pascal ne sont qu'un v]re d'eau claire dans lequel il y a de petites raisons qui ressembl5t des animalcules2 ni ,c\s91 ce c>tsi5 con/itutionnel p\r qui #ahbh dure t\j\rs1 et qui1 propos de ,pascal1 bon ,dieu6 tablit le plus grotesque des rapports entre le scepticisme philosophique et l'opposition politique qui n'e/ pas con/itutionnelle2 ni mme ,sa9te-,beuve1 meilleur imit] cep5dant1 c> du mo9s celui-l e/ huma9 s\s sa littrature et re*]*e les influ5ces de la vie dans les rvlations de la p5se4 ,p\r n\s1 l n'e/ po9t la "q4 ,p\r n\s1 il s'agira bi5 mo9s ici des oeuvres de ,pascal et de sa valeur comp>ative ou absolue que de son entit1 que de ce qui le fait ,pascal1--ce prodige ou ce mon/re1 comme on v\dra1 mais1 quel que soit le mot qu'on *oisisse1 la crature d'exception jusqu' lui inconnue qui s'appelle ,pascal1 et mme ,blaise ,pascal6 ,blaise1 un nom de niais1 accol p> le has>d1 le roi des insol5ts et des ironiques1 cet autre nom de ,pascal que la gloire devait faire un j\r tellem5t respl5dir6 ,,ii ,a9si1 n\s prions in/amm5t qu'on ne l'oublie pas6 n\s n'avons po9t pr5dre la hauteur intellectuelle de ,pascal4 ,n\s v\lons seulem5t indiqu] quelle fut sa vraie ralit1--qu'on n\s passe le mot6 quoiqu'il ait l'air d'un plonasme4 ,d'ailleurs1 qu& on reg>de la lettre mme de ses oeuvres1 ,pascal n'e/ pas si gr& qu'on l'a cru p\r une ,critique qui n'e/ pas gte p> cette admiration traditionnelle que lui1 le plus fi] de t\s les gnies1 mprisait4 ,comme ma?matici51 en effet1 il fut p\r les m?odes anci5nes contre les m?odes n\velles1 dont il mconnut la porte1 ce qui lui mrita peut-tre que ,voltaire le mt1 comme gomtre1 trs au dess\s de ,condorcet4 ,comme criva91 oprant sur une langue qu'il n'inv5ta pas1 quoiqu'on l'ait dit1 c> n\s avons un si effroyable beso9 de flatt] que n\s f9issons p> flatt] la gloire1 il imita ,montaigne1 et l'imitateur ne fit pas oubli] l'imit4 ,sans ,montaigne1 et sans un s5tim5t dont n\s allons p>l] t\t l'heure1 ,pascal n'aurait jamais t que l'criva9 des ,prov9ciales1 ce *ef-d'oeuvre qui ne s]ait pas si gr& si les ,jsuites tai5t mo9s gr&s et mo9s has1 les ,prov9ciales1 o le comique de cet imm5se ,tri/e1 qui veut plaisant]1 consi/e dans une ironie rpte dix-huit fois en dix-huit lettres1 et dans cet heureux emploi de la =mule3 mon rvr5d pre1 qui--puisqu'on p>lait un jsuite--n'tait pas extrmem5t difficile tr\v]4 ,mais1 encore une fois1 ,pascal1 l'immortel phnomne1 n'e/ pas l4 ,avant de dire ce qu'e/ un homme1 il faut bi5 dire ce qu'il n'e/ pas4 ,le ,pascal pr(ond n'e/ pas plus dans son initiative sci5tifique que dans l'orig9alit de sa langue littraire4 ,ce n'e/ po9t l qu'il faut *]*] la c>actri/ique1 l'lm5t gnrateur de son gnie4 ,ce qui di/+ue ,pascal1 ce n'e/ pas la =ce de sa raison1 c> s\v5t il voit faux2 ce n'e/ pas non plus la puret de sa foi1 c> s\v5t elle e/ tr\ble4 ,un pas de plus du ct o il m>*e1 c'e/ dans l'hrsie qu'il tomb]ait4 ,non6 ce qui le cre ,pascal1 ce qui lui fait1 p> l'acc5t seul1 une langue lui trav]s celle de ,montaigne1 dont il a les t\rs et dont il s'assimile les qualits2 ce qui lui donne une orig9alit incomp>able entre t\s les esprits orig9aux de t\tes les littratures1 et le fait all] si lo9 dans l'orig9alit que p>fois il rase l'abme de la folie et donne le v]tige1 c'e/ un s5tim5t1--un s5tim5t unique1 un s5tim5t assez gnralem5t mpris p> le sup]ficiel orgueil des hommes1--et ce s5tim5t1 c'e/ la peur6 ,mais t\t ce qui e/ int5se e/ magnifique dans ce monde sans n]gie1 et1 d'ailleurs1 la peur1 ce n'e/ pas la l*et6 ,quel e/ le l*e qui n'a jamais eu peur8444 disait ,ney1 le brave des braves4 ,la peur de ,pascal tait digne de son me et de son esprit4 ,elle p\vait exi/] sans honte1 c> c'tait la peur du seul tre avec lequel on puisse bi5 n'tre pas brave3 c'tait la peur de ,dieu6 ,je n'ai po9t exam9] si cette peur1 qui tait p\r l'me immatrielle de ,pascal ce que s]ait une hyp]trophie p\r nos coeurs de *air1 tait lgitime ou exagre1 mauvaise ou salutaire2 si elle avait le droit philosophique ou religieux d'exi/]2 ou si elle n'tait pas plutt un manque d'quilibre et un g>em5t dans des facults t\tes puissantes4 ,je me cont5te de la con/at]1 c> elle me suffit p\r expliqu] le ,pascal sans gal1 le ,pascal des ,p5ses4 ,cette sublimit qu'on r5contre en ces quelques pages ina*eves1 et qui n'ont aucun modle quant l'inspiration qui les anime1 cette sublimit qui n'exi/ait plus depuis les eff>em5ts de quelques prophtes1 je la tr\ve en ,pascal dans la peur de ,dieu et de sa ju/ice1 la plus gr&e peur de la plus gr&e *ose qui pt exi/] dans la plus gr&e me3 l'me de ,pascal1 que j'appelais plus haut3 elle seule t\t un inf9i6 ,et il fallait qu'elle ft gr&e1 en effet1 cette me1 p\r tre plus =te que l'esprit dont elle tait accompagne2 c>1 cet esprit1 elle l'a va9cu1 elle l'a emport hors de la sci5ce et hors du monde1 comme un lion emporte un enfant6 ,l1 dans le ds]t1 le sa9t ds]t1 comme disai5t ces ana*ortes1 la t]rible lionne l'a f\l aux pi$s1 d*ir1 d*iquet1 et elle a rp&u aut\r d'elle ses lambeaux saignants avec une fureur de mpris dont v\s p\vez jug] encore2 c> ces lambeaux1 ce sont les ,p5ses de ,pascal6 ,dbris gr&ioses1 auxquels les articulations manqu5t2 mais quel prodigieux organisme ne font-ils pas suppos]8 ,l'ivresse de la t]reur1 d'une t]reur sans bornes1 a pu seule donn] l'me d'un homme la =ce de bris] un esprit p>eil2 c> l'me et l'esprit sont adquats *ez ,pascal4 ,c'e/ mme la raison1 p> p>5?se1 qui m'a t\j\rs emp* de croire qu'et-il vcu plus longtemps1 et n'et-il pas eu dans le coeur le nant de t\t qui emp*e de ri5 a*ev]1 ,pascal et pu lev] la religion le monum5t que l'on regrette4 ,non que l'ordonnance d'un beau livre ne ft dans les puissances de ce gr& esprit de dduction et de gomtrie1 mais la peur fait trembl] la ma9 et drange les comb9aisons de l'arti/e1 t&is que la t]reur1 t\t le temps qu'elle ne v\s glace pas1 fait p\ss] le cri pa?tique4 ,et le cri pa?tique1 *ez l'criva91 c'e/ l'expression2 ce n'e/ plus l'art1 c'e/ le gnie6 ,,iii ,le gnie donc1 mais le gnie de l'expression et du s5tim5t1 voil la supriorit nette 7re9a netta67 de ,pascal4 ,quelque pntrant qu'il soit1 il e/ plus pntr1 il e/ plus loqu5t encore4 ,dans ce livre qui saigne1 ce n'e/ pas la p5se qui dom9e1 c'e/ le pa?tique4 ,la p5se qui circule dans ces ,p5ses e/ bi5tt dite1 et c'e/ t\j\rs la mme p5se3 ,ri5 de c]ta91 ri5 qui se dmontre1 la philosophie radicalem5t impuissante1 la raison sotte1 ,dieu donc e/ ,dieu1 c'e/--dire ,jsus-,*ri/1--tel e/ le fond4 ,mais la =me1--et plus que la =me1 c>1 au po9t de vue extrieur1 cette =me1 c'e/ ,montaigne3 ,montaigne1 c'e/ l'corce du /yle de ,pascal2 mais l'me in\e qui circule dans t\t cela1 qui passe trav]s ce fond de si peu d'inv5tion et cette =me de tant de mmoire1 voil le ,pascal en propre1 voil l'orig9alit qu'on n'avait pas vue et qu'on ne rev]ra peut-tre jamais6 ,quoiqu'il y ait l de bi5 gr&es images qui frapp5t le front1 les yeux et l'esprit comme une ma91 ce qui e/ plus beau que l'image encore1--l'image1 d'un physique si puissant6--c'e/ l'acc5t1 l'intime acc5t4 ,jamais il n'en fut de plus tragique1 de plus am]1 de plus angoiss1 de plus mprisant1 qu&1 du pi$ de la croix1 cette gr&e me qui s\ffre la passion de la raison huma9e se ret\rne v]s le monde1 et aussi de plus humble qu&1 du monde1 au contraire1 elle se ret\rne v]s la croix6 ,telle e/ la beaut des ,p5ses4 ,ce n'e/ pas la p>tie des ,p5ses qui veut fond]1 qui essaie de con/ruire1 qui raisonne enf91 qui e/ la plus sublime en ,pascal3 c'e/ la p>tie qui tremble1 crie et d\te1 a horreur de d\t]1 d\te encore1 et s'p\vante de son d\te vis--vis de la seule cl>t qu'il y ait p\r elle1 l'p\vantable cl>t de ,dieu6 ,effrayant gnie que ,pascal6 a dit ,*ateaubri&4 ,ah6 il et d dire effray6 c> l'effroi qu'il ress5t e/ encore plus t]rible que celui qu'il cause4 ,c'e/ l'p\vante jusqu' la posie de l'p\vante4 ,oui6 s\s les lignes brises de ce gr& dess9 gomtrique qu'on ap]oit encore en ces ,p5ses1 comme le plan int]rompu d'une ,pomp quelconque aprs le tremblem5t de t]re qui l'a engl\tie1 il y a une posie1 une posie qu'on ne connaissait pas avant ,pascal1 dans son sicle rgl et tir quatre p+les3 la posie du dsespoir1 de la foi p> dsespoir1 de l'am\r de ,dieu p> dsespoir6 une posie faire plir celle de ce ,byron qui vi5dra un sicle plus t>d et de ce ,%akespe>e qui e/ v5u un sicle plus tt4 ,pascal1 en effet1 c'e/ le ,hamlet du ca?olicisme1 un ,hamlet plus mle et plus sombre que le beau damoysel de ,%akespe>e4 ,mais c'e/ t\t la fois le pome et le pote6 ,c'e/ un ,hamlet mort tr5te ans passs1 qui n'eut pas d',ophlie1 qui cause aussi1 et dans quelle langue1 gr& ,dieu6 avec la tte de mort que les solitaires mett5t auprs de leur crucifix1 et qui1 s'il se rejette1 comme l'autre ,hamlet1 en arrire1 devant le tr\ de la tombe1 c'e/ qu'au fond il voit l'enf]1 que l'autre ,hamlet n'y voyait pas6 ,a9si1 c'e/ un pote1 en df9itive1 que ,pascal4 ,c'e/ le pote de la peur1 qui a crit ce gr& mot c>actri/ique de son me3 ,le sil5ce des a/res m'p\vante6 ,c'e/ un pote1 qui a dvor1 dans sa flamme1 le gomtre1 le philosophe et mme le sceptique qui tait en lui1 et de cette c5dre il a fait jaillir sa posie4 ,posie nave s'il en fut1 celle-l1 c> elle ne se sait pas posie1 et qu& elle le saurait1 elle ne s'en s\ci]ait pas4 ,*ose prodigieuse6 dans une doctr9e qui t\*e p> un seul po9t celle de ,calv91 mais qui y t\*e1 ,pascal a su tre un gr& pote4 ,or1 le calv9isme te9t t\t1 except l'enf]4 ,c'e/ la seule or?odoxie qu'il ait g>de4 ,eh bi51 l'enf] a t la s\rce de la =midable posie de ,pascal6 ,c'e/ p> le s5tim5t1 mme qu& il e/ inexprim1 de cette posie t]rible1 plus que p> sa r\lette1 plus que p> un pamphlet t\j\rs populaire1 plus que p> t\t ce qu'il a fait jamais1 qu'il e/ re/ le dom9ateur des esprits et mme de ceux qui lui sont rebelles2 c> on a rpondu1 bi5 ou mal1 t\tes ses raisons1 et malgr l'accablante expression de son gnie l'intellig5ce huma9e n'e/ pas va9cue1 mais ses s5tim5ts emport5t t\t1 et ceux-l qu'il n'a pu conva9cre de ce qu'il croit il les a emports p> la beaut de ce qu'il crit1 et ils convi5n5t qu'ils sont emports6 ,qui sait1 du re/e8 peut-tre n'y a-t-il pas d'autre manire de mettre les pi$s sur ces deux rvolts t5aces3 le coeur de l'homme et son esprit6 ,,iv ,et c'e/ aussi p> l qu'il vivra t\j\rs1 le ,pascal des ,p5ses4 ,ri5 n'e/ plus immortel qu'un pote1 que la gr&eur de s5tim5t qui fait les potes et les hros2 c> les hros sont aussi des potes1 les potes de l'action6 ,les sci5ces vieilliss5t1 bonnes femmes qui radot5t en n\s p>lant de leur t]nelle jeunesse4 ,les philosophies se succd5t4 ,je ne veux pas dire que ,desc>tes ne soit plus2 mais il e/ bi5 *ang3 on en a fait un univ]sitaire4 ,quel aplatissem5t6 ,s'il rev5ait au monde1 il se tr\v]ait un peu v]di dans la mirette de ,c\s94 ,aprs ,kant1 d'ailleurs1 aprs ,s*ell+1 aprs ,hegel1 il faut conv5ir que1 mme sans ,c\s91 l'homme du cogito s]ait un peu t]ni4 ,mais ,pascal1 lui1 le ,pascal des ,p5ses1 n'a pas1 comme on dit1 pris un j\r4 ,t\te une arme de gomtres a pass p\rtant sur le gomtre du ,x,v,i,ie sicle1 et plant plus lo9 que la place o il tait tomb l't5d>d de la dc\v]te4 ,le jansnisme s'en e/ all en fume avec les autres p\ssires d'un sicle cr\l1 et jusqu'en ce beau livre des ,p5ses il s'e/ tr\v de va/es places qui ma9t5ant font tr\ dans le re/e1 comme dans un tableau caill4 ,la foi religieuse a pli4 ,la croyance au surnaturel1 qui tait le seul naturel p\r ,pascal1 a dim9u dans les esprits1 ret\rns v]s l'en-bas des *oses4 ,il y a donc t\t un ,pascal de mort dans ,pascal4 ,mais il y en a un autre qui ne m\rra pas1 c'e/ le pote des ,p5ses6 c'e/ le pote qui e/ p>-dess\s t\s ces raisonnem5ts1 t\s ces d\tes1 t\te cette syllogi/ique dsespre1 t\te cette algbre de feu qui *]*e l'inconnue et ne la tr\ve jamais1 et qui1 comme un phnix effray1 aveugl p> les c5dres du b*] o il s'e/ consum lui-mme1 se sauve t\t c\p dans le ciel6 ,du re/e1 on l'a trait en pote1 allez6 ,le ,x,v,i,i,ie sicle1 qui avait bi5 ses raisons p\r ne pas aim] la posie1 l'a assez insolemm5t tois du bas de sa prose1 de sa raison et de sa froideur6 ,un jsuite l'avait appel a?e1 ce ,pascal qui tue l'intellig5ce s\s ,dieu4 ,des philosophes l'appelr5t visionnaire4 ,ils en fir5t un malade et ils inv5tr5t mme une petite lg5de d'abme qu'il voyait incessamm5t ouv]t ses pi$s1 et cette lg5de1 qui rapetissait ,pascal1 a eu crdit longtemps1 et c'e/ un pote1 c'e/ ,sa9te-,beuve1 qui1 impati5t1 l'a mise la f9 en pices l'autre j\r6 ,poltron qui avait peur du diable6 ,voil comme on traduisait cette t]reur sa9te du ,dieu irrit et jal\x1 qui fconda ,pascal et en fit un pote incomprh5sible aux p\sseurs d'alex&r9s de tragdie4 ,voltaire1 ,voltaire qui se croyait1 avec raison1 plus philosophe que pote1 eut les pitis les plus imp]t95tes p\r ,pascal4 ,dans ces ,rem>ques1 dont j'ai p>l1 et dans lesquelles il fait t\r t\r le joli coeur et le ,t>tufe3 ,ne mettons po9t--dit-il d'un ton protecteur--de capu*on ,ar*imde444 tes-v\s f\1 mon gr& homme8 lui dit-il encore en se db\tonnant1 famili] et m>aud4 ,s'il l'tait1 c'tait de cette folie dont il faut avoir trois qu>ts avec un seul qu>t de raison p\r tre un homme de gnie1 disait ,roy]-,coll>d1 et cette folie-l1 avec ses trois qu>ts de raison1 ,voltaire ne l'avait pas6 ,devant la po/rit1 et cette p>tie de la po/rit qui aime les gr&s potes1 ,voltaire n'aura jamais l'honneur d'avoir t1 en t\te sa vie1 une seule m9ute f\ comme ,pascal6 ,,augu/e ,,m>t9#cc ,i ,de ,pascal ,augu/e ,m>t91 quelle cascade6 ,augu/e ,m>t9 e/ l'auteur d'une ,hi/oire de la ,morale#cd1 et si ,pascal e/ le pote de l'p\vante1 ,m>t9 e/ le philosophe de la scurit4 ,mon ,dieu1 oui6 l',hi/oire de la ,morale6 ,voil le sujet qu'aborde ,m>t91--auteur de plusieurs ouvrages1 comme il dit sur la c\v]ture de son livre4 ,les religions1 les g\v]nem5ts1 les ordres religieux1 les gr&s hommes et mme les gr&s sclrats1 ont eu leur hi/oire4 ,seule1 la morale1 cette *ose "p des religions et qu'on e/ pri in/amm5t de ne pas confondre avec elles1 seule1 la morale n'avait pas la si5ne4 ,ces t\rdis d'hommes n'y avai5t pas p5s6 #cc ,hi/oire de la ,morale1 p> ,l\is-,augu/e ,m>t91 auteur de plusieurs ouvrages 7sic7 7,pays1 #aa octobre #ahei74 #cd ,be/el4 ,elle avait bi5 ses philosophes4 ,jules ,simon1 avec son ,devoir1 sa ,lib]t et sa ,consci5ce1 tait un des philosophes actuels et prs5tem5t des plus compts de cette morale p> elle-mme1 de cet indp5dant quelque *ose qui s'appelle la morale1 sans ,dieu et sans sanction6 ,mais d'hi/ori51 aucun encore1 qu& ,m>t91 qui depuis qu9ze ans p\rsuit la morale *ez t\s les peuples de la t]re1 comme ,villema91 dont n\s p>l]ons qu& n\s p>l]ons des critiques1 y p\rsuit la posie lyrique1 ,m>t9 a pris possession de ce gr& sujet dans un premi] volume1 prcurseur de beauc\p d'autres444 ,l\is-,augu/e ,m>t91 comme il s'appelle lui-mme4 ,ne dirait-on pas un vque8444 ,v\s allez voir que ce n'en e/ pas un4 ,l',hi/oire de la ,morale comm5ce p> la morale de la ,*9e4 ,le livre que n\s annonons a mme p\r s\s-titre3 ,premire p>tie3--de la ,morale *ez les ,*9ois4 ,ce comm5cem5t n\s plat4 ,c'e/ une bonne ouv]ture1 et n\s en faisons s9crem5t notre complim5t l'auteur4 ,en tant qu'on se proccupe de la morale p> elle-mme1 il faut la pr5dre o elle brille le mieux1 o elle a son c>actre le plus saillant et le plus inconte/able1 l enf9 o elle a le plus rgn sans s'appuy] sur cette robu/e et grossire paule des religions dont elle n'a plus beso9 p\r all] t\te seule prs5t444 ,or1 qui ne le sait8 ,ce pays-l n'e/-il pas1 n'a-t-il pas t\j\rs t la ,*9e8 ,la ,*9e a bi5 vu p>-ci p>-l quelques ve/iges de ces 9vitables religions1 bran*es casses et disp]ses du c&labre primitivem5t allum et qui brl5t encore dans les div]ses p\ssires o les porta une tempte qui ne les teignit pas4 ,la ,*9e1 nonob/ant1 e/ de t\s les pays du globe celui-l o la philosophie et la sci5ce1 et p> consqu5t la morale1 leur fille /rile1 ont le plus pit9 ces dbris de flambeaux r5v]ss4 ,les bonzes de la ,*9e1 les bonzes1 qui sont les calot9s de l'endroit1 ont t effacs p> messieurs les m&>9s1 qui en sont les littrateurs et les philosophes4 ,m>t9 a donc agi avec une vigueur de procd qui l'honore en retraant d'abord1 et avant t\tes les autres nations1 la ,*9e et l'influ5ce qu'y ex]ce la morale p\r montr] que la morale e/ quelque *ose en soi1 c> elle y e/ t\t1 et aprs l'avoir montr ,l\is-,augu/e ,m>t91 l'auteur de plusieurs ouvrages1 p\rra se disp5s] d'en faire un de plus6 ,,ii ,et il n'y a po9t ici de confusion4 ,la morale qu'adore ,m>t9 et dont il entrepr5d l'hi/oire e/ bi5 la morale telle qu'on l'ent5d en ,*9e1 cette morale a?e qui *>ma1 qu& il la dc\vrit1 t\t le ,x,v,i,i,ie sicle1 qui se connaissait cette morale-l4 ,c'e/ cette morale1 enf91 que c]ta9s esprits du ,x,i,xe sicle pr(ess5t encore auj\rd'hui1 en pr5ant la pe9e de la dta*] adroitem5t de t\te philosophie comme elle tait dj dta*e de t\te religion4 ,or c'e/ prcism5t ce dta*em5t1 cet isolem5t de t\t sy/me de philosophie1 qui fait le dang] de cette morale1 crite seulem5t dans nos coeurs1 et peu importe p> quelle ma96 ,l'homme n'e/ pip que p> les ides les plus simples4 ,t\t sy/me de philosophie a des complications qui n'entr5t pas facilem5t dans d'esprit de l'homme1 ou des p>ties tellem5t ridicules 7voyez comme exemple seulem5t les monades du gr& et sage ,leibnitz67 que1 dcemm5t1 il ne peut les admettre sans tre lui-mme un philosophe1 apte aval] t\t en fait d'normits4 ,mais ce moralisme faux qui ne se rclame pas d'une ?odice1--une ?odice1 c'e/ de la ?ologie philosophique1--ce moralisme facile compr5dre1 lav et bross de t\t my/icisme1 brillant et transp>5t comme le vide1 qui prt5d n'tre ri5 de plus que la con/atation d'un pur fait de consci5ce1 et comm5t ne pas admettre un fait8 ce moralisme positif et bon g>on e/ la plus dang]euse erreur qu'il y ait p\r le commun des hommes1 p>ce qu'elle e/ de niveau avec eux et qu'elle entre1 sans avoir mme lev] le pi$1 dans la majorit des esprits4 ,eh bi51 c'e/ ce moralisme que pr(esse auj\rd'hui ,m>t91 comme ,jules ,simon et tant d'autres6 ,et encore je crois que ,m>t91 avec son air pos et d\x 7je ne dirai pas son air de colombe1 mais de bon gros pigeon pattu et pas trop r5gorg dans son jabot dormant71 e/ plus rsolu et tran*e plus net que ,jules ,simon1 lequel me fait l'effet d'tre bi5 empt encore de disme et de tran] aprs lui quelque *ose de ce pot au noir de fume4 ,m>t91 lui1 e/ p>faitem5t et tranquillem5t et s]e9em5t a?e1 comme un m&>9 qu>ante b\tons4 ,dans l'avant-propos de son livre il a df9i1 comme il le devait1 du re/e1 cette morale dont il a rsolu d'crire l'hi/oire4 ,il n\s a donn un petit sy/me qui m>*e sur les trois r\lettes que voici3 les devoirs de l'homme env]s lui-mme d'abord 7 t\t seigneur t\t honneur671 d'o la sagesse1--les devoirs de l'homme env]s la socit1 d'o l'am\r1--et les devoirs de la socit env]s *acun de ses membres1 d'o le droit4 ,e/-ce net8 ,e/-ce peu compliqu8 ,e/-ce r\lant8444 ,une si jolie petite mcanique enfile l'esprit comme une petite voiture enfile une alle de j>d96 ,de ,dieu1 pas un mot4 ,des devoirs env]s ,dieu1 pas l'ombre4 ,allons donc6 p\r qui n\s pr5ez-v\s8444 ,le nom mme de ,dieu1 ce diable de vieux mot qui emb>b\ille l'esprit et nuit sa cl>t suprme1 ,l\is-,augu/e ,m>t9 ne l'a pas mme crit p> di/raction une seule fois4 ,l\is-,augu/e ,m>t9 n'e/ pas un di/rait4 ,il e/ son affaire1 et son affaire1 c'e/ l'homme1 la sagesse de l'homme1 l'am\r de l'homme1 le droit de l'homme6 ,j'ai vu s\v5t de l'individualisme4 ,je n'en ai jamais vu d'aussi naf et d'aussi gros dans sa navet4 ,en v]tu de t\tes les raisons qu'il vi5t d'expos]1 ,m>t9 dem&e p\r l'homme une plus gr&e lib]t1 mo9s de pnalit1 et1 comme t\s ces messieurs les philan?ropes humanitaires1 un petit p>adis sur la t]re4 ,n\s connaissons cette anci5ne guit>e4 ,on n\s la rcle depuis assez longtemps6 ,tel e/ le sy/me de ,l\is-,augu/e ,m>t91 l'auteur de plusieurs ouvrages que je n'ai pas lus1 que je n'ai pas beso9 de lire1 celui-ci me suffisant p\r jug] l'homme1 qui doit tre1 j'en suis sr1 de la plus pr(onde unit4 ,tel e/ le sy/me la lueur duquel l'hi/ori5 va jet] ses reg>ds sur la ,*9e4 ,morali/e1 il e/ vrai1 dont la morale a cela de suprieur1 selon lui1--et d'infrieur1 selon n\s1-- la morale *9oise1 qu'il n'aime po9t le bamb\1 et que la ,*9e a t\j\rs j\ de ce gracieux bton noeuds avec l'alacrit1 la vigueur et la pre/esse d'un btonni/e4 ,mme le suave ,confucius ou ,kh\ng-,tseu1 si *] ,pau?i]1 dont ,m>t9 emprunte la traduction1 se s]vait du bton avec avantage1 c>1 un j\r1 tr\vant son meilleur ami d'enfance vieux et assis l'ori5tale sur ses talons au bord d'un *em93 ,qui1 vieux1 ne sait pas m\rir1 ne vaut ri51 dit l'aimable sage1 et il frappa en p]fection le trop vivant bonhomme1 tant la ,*9e1 jusque p> la ma9 de ses sages1 a l'habitude de bad9] avec le bamb\6 ,il y a dans ce bad9age1 il e/ vrai1 aux yeux du trs srieux ,l\is-,augu/e ,m>t91 quelque *ose de trs (f5sant p\r le droit huma91 et c'e/ l le gr& repro*e qu'il ait faire la ,*9e2 mais1 enf91 il n'en dit pas mo9s1 fi] p\r elle comme s'il tait lui-mme un ,*9ois3 ,ce qui c>actrise la civilisation en ,*9e1 c'e/ la morale4 ,c'e/ ce qui la di/+ue des autres civilisations444 ,*ez aucun autre peuple on ne tr\ve aussi compltem5t =mules les t]nelles lois du beau1 du vrai et du ju/e1 inscrites dans la consci5ce de l'homme4 ,on les retr\ve *aque page de son hi/oire1 invoques p> ses emp]eurs1 ses m9i/res1 ses philosophes et ses lettrs444 ,,iii ,et c'e/ la vrit4 ,m>t9 n\s analyse les livres sacrs1 les quatre livres de ,confucius1 le ,ta-,hio1 le ,t*ong-"y1 le ,lun-yu1 le ,yao-,k+ 7voil assez de cette musique1 n'e/-ce pas871 et t\t cela--c'e/ la vrit--e/ d'une maje/ laquelle1 dans l'hi/oire intellectuelle des nations1 il n'y a ri5 comp>]4 ,et cep5dant1 malgr ces invocations et ces =mules1 qu'a fait la morale de la ,*9e1 cette morale transc5dante rgnant en ,*9e plus que l'emp]eur lui-mme1 ce gr& morali/e en robe jaune qui1 s\s les inscriptions et les tiquettes1 e/ s\v5t un mon/re d'immoralit auprs duquel les ,cs>s de la dcad5ce roma9e ne s]ai5t que d'aimables jeunes g5s en goguette8 ,e/-ce que les ,*9ois1 ces poti*es1 pris en masse et de sicle en sicle1 ne ca*5t pas des hommes affreux8 ,e/-ce que ces grotesques dont on rit1 qui sont les m>ionnettes des ,occid5taux1 ne sont pas au fond l'abjection1 la trahison1 l'abom9ation1 l'infamie du globe8 ,e/-ce que d]nirem5t encore l'imm5se c>icature n'a pas t\rn au tragique1 et avions-n\s beso9 de cela p\r savoir ce qu'ils ont dans le v5tre1 ces p\ssahs au c]veau fig et la poitr9e vide de t\t s5tim5t d'humanit et d'honneur8 ,augu/e ,m>t9 av\e lui-mme que ,confucius1 le plus sage des ,*9ois1 ne put jamais p>v5ir ralis] les r=mes qu'il avait mdites1 tant dj les ,*9ois de son temps tai5t p\rris de vices1 morts sur pi$1 irrmdiablem5t f9is6 ,or1 depuis ,confucius1 la corruption1 qui va t\j\rs son tra91 n'a fait que rong] davantage ce cadavre de nation4 ,comm5t donc cette hi/oire politique et sociale de la ,*9e1 qu'il a tudie1 n'a-t-elle pas fait trembl] quelque peu l'intrpide ,m>t9 sur l'efficacit et la solidit de cette morale qui doit1 dans un av5ir heureux1 remplac] glorieusem5t ces drlesses de religions *ez t\s les peuples6 ,en effet1 il ne tremble pas4 ,c'e/ un hroque4 ,il croit la morale p> elle-mme1 et il y croit si dru qu'il n'e/ pas du t\t frapp comme il devrait l'tre de ce gr& fait qui se ret\rne contre sa pauvre morale1 la s\fflette et la conva9c d'impuissance1--le contra/e qui exi/e et n'a pas cess d'exi/] en ,*9e entre la moralit enfle ou s5tim5tale des p>oles et la sclratesse des actes4 ,incroyable1 ou plutt trs croyable proccupation6 ,la niais]ie mme de cette morale lui *appe2 c>1 v\s le savez1 le truism soleille en ,ori5t1 la btise a dans ces contres la beaut et la gr&eur du climat1 et les ,*9ois en p>ticuli] 7 un trs petit nombre prs de prov]bes qui font exception au re/e de leur littrature71 les ,*9ois sont d'incomm5surables ,la ,palisse4 ,seulem5t1 ces ,la ,palisse en fait de maximes1 ces tautologi/es d'une imbcillit gr&iose1 sont d\bls des coqu9s les plus dlis et les plus retors qui ai5t jamais exi/4 ,t\te cette morale dont ils se *am>r5t n'e/ donc p\r eux que de l'ornem5tation pure1 pices d'e/omac1 brod]ies de robe1 inscriptions de lambris1 pe9tures d'v5tail1 dessus de portes1 arabesques2 mais elle n'a aucune influ5ce relle sur leur c>actre et leurs actes et elle ne peut pas en avoir1 c> voici prcism5t o un homme qui n'aurait pas t ,l\is-,augu/e ,m>t9 aurait t am5 conclure de t\te cette hi/oire de la ,*9e4--,c'e/ que la morale ne peut pas exi/] p> elle-mme1 et qu'o elle e/ seule1 avec ses pr9cipes tirs de soi1 sans le ,dieu p]sonnel et rmunrateur qui punit ou qui rcomp5se1 elle n'e/ plus qu'une sotte et intolrable drision6 ,,iv ,mais1 p\r ,l\is-,augu/e ,m>t91 la conclusion devait tre et a t t\te diffr5te et mme contraire4 ,la morale qui a le plus m>qu une civilisation de son ca*et1 comme la civilisation *9oise1 a-t-il dit1 ne l'a m>que que p> dehors1 comme l'habit ou la peau d'un homme2 mais elle n'a jamais pntr dans ses moeurs4 ,eh bi51 ,l\is-,augu/e ,m>t9 n'en e/ nullem5t tonn6 ,il a rponse t\t4 ,c'e/ que la morale des ,*9ois n'e/ pas assez la morale p> elle-mme6 ,et probablem5t ce n'e/ pas *ez ce peuple cul-de-jatte qu'elle progress]a assez p\r le dev5ir4 ,oui6 ce qui l'emp*ait d'entr]1 cette morale1 dans les moeurs1 c'e/ d'abord le vila9 bamb\1 incompatible avec le droit huma94 ,puis c'tait aussi le droit de primogniture1 odieux p>t\t1 en ,ori5t et en ,occid5t 7encore une vieille guit>e connue76 ,enf91 c'tait la solid>it du fils et du pre1 ce cim5t social que ,m>t9 s'amuse gratt] avec son petit c\telet de morali/e et faire tomb] d'entre les pi]res d'un difice qui1 sans un re/e de ce cim5t1 depuis longtemps ne ti5drait plus4 ,ah6 ,l\is-,augu/e ,m>t9 e/ un homme de r>e consqu5ce4 ,il ne se dm5t pas4 ,il e/ un444 en plusieurs ouvrages2 mais si1 p> has>d1 il ne l'tait pas1 il l'e/ dans celui-ci4 ,une raison encore qu'il n\s donne du peu d'influ5ce de la morale *ez les ,*9ois1 ses civiliss et ses rgnicoles1 c'e/ ce qu'il appelle l'esclavage de la femme4 ,l\is-,augu/e ,m>t91 comme t\s les morali/es mod]nes1 qui ont remplac les *evali]s errants1--et qui p>fois err5t aussi1--veut l'mancipation de la femme1 mme en ,occid5t4 ,la femme1 crit-il1 doit j\] un rle gal celui de l'homme dans une civilisation bi5 faite3 ,mais ce j\r semble aj\rn l'poque o ne dom9]ont plus l'audace1 la valeur gu]rire1 incompatibles avec sa nature d\ce et rsigne444 ,seulem5t1 soyons tranquilles1 ce j\r arriv]a444 ,dites-le-v\s bi51 messieurs les (fici]s de spahis6 ,en va9 une femme1 une ,*9oise1 la seule ,*9oise bas-bleu ou bab\*e-bleue que l'on connaisse et qu'ait eue la ,*9e1 la clbre ,pan-,hoe-,pan1 a eu une op9ion contraire celle de ,l\is-,augu/e ,m>t9 et t\tes les femmes de lettres de notre ,occid5t ambitieux4 ,en va9 a-t-elle rappel la femme au s5tim5t t\t-puissant de sa faiblesse et a-t-elle dit1 avec un gr& bon s5s *9ois tonnant et qui tonn]ait mme en ,europe1 qu'il n'y avait p\r la femme que la mode/ie qui r\git et l'ombre du my/re qui voile cette r\geur *>mante1 ,l\is-,augu/e ,m>t9 n'a pas l'humble op9ion de madame ,pan-,hoe-,pan1 et il lui rsi/e v]tueusem5t1 au nom de la morale univ]selle1 comme un ,joseph444 intellectuel4 ,voil1 en somme1 le livre de ,m>t94 ,on n'y tr\ve gures plus que ce que n\s v5ons de voir1 comme ensemble et porte2 mais1 n\s l'avons dit1 n\s le t5ons p\r plus dang]eux qu'un livre plus =t4 ,c'e/ de l'hameon en masse dans le vivi] des sots1 qui ont une p5te inv9cible croire la morale sans bamb\ ou sans punition d'un autre g5re1 cette commode morale p> elle-mme qui s'accote dans ses remords1 qu& elle en a1 et fait bon mnage avec eux4 ,quant aux dtails *9ois du livre1 ils sont pris ,duhalde1 au pre ,amyot1 ,brosset1 loyalem5t cits1 du re/e1 et notre c\rageux et imp>tial voyageur1 le pre ,huc1 qui1 lui1 ne n\s donna pas sur la ,*9e des ides de troisime ma9444 ,il y a bi5 p>-ci1 p>-l1 deux ou trois manires assez inconv5antes de p>l] du *ri/ianisme et de son div9 fondateur qui tonn5t et dtonn5t dans l'auteur1 a?e discret qui surveille sa p>ole t\t en laissant pass] sa p5se1 et qui1 quoique badaud d'op9ion1 a quelquefois le s\rire f9444 ,l\is-,augu/e ,m>t9 se p]met de p>l] de ,notre-,seigneur ,jsus-,*ri/ comme il p>l]ait d'un morali/e *9ois4 ,c'e/ p> trop444 *9ois1 cela1 et mrite le bamb\ de t\te critique qui en a un6 ,a propos des prescriptions du ,div9 ,matre1 ,m>t91 cet arp5teur exact de l'me et de ses devoirs1 prononce que le *ri/ianisme a dpass la puissance de l'homme en lui ordonnant de faire le bi5 ses ennemis et de rpondre aux (f5ses p> des bi5faits4 ,sa petite morale p> elle-mme e/ dconc]te de cela1 et je le crois bi52 mais ce n'e/ pas l une raison p\r avoir1 en exprimant un jugem5t faux1 une famili>it qui n'e/ pas seulem5t un manque de respect1 mais une faute de gt4 ,et d'ailleurs il n'a donc lu aucune hi/oire1 pas mme celle de la ,*9e1 ce morali/e *9ois de ,m>t91 p\r dire que le *ri/ianisme dpasse la puissance de l'homme6 ,et le plus crasant dm5ti ne lui e/-il pas donn p> l'hi/oire t\t entire1 qui atte/e que le *ri/ianisme a c5tupl cette puissance l o il a saisi la nature huma9e1--en ,*9e mme1 comme ailleurs et p>t\t6 ,,buffon#ce ,i ,ce travail1 trs complet et trs intressant1 sur l'un des premi]s hommes du ,x,v,i,i,ie sicle1 conf9e deux mondes et embrasse galem5t la sci5ce et la littrature4 ,et lorsque je dis l'un des premi]s hommes du ,x,v,i,i,ie sicle1 ce n'e/ pas assez3 c'e/ le premi] qu'il faudrait dire4 ,c>1 dans l'ordre religieux1 suprieur t\t1 ,joseph de ,mai/re et ,bonald doiv5t tre compts comme tant du ,x,i,xe sicle1 et1 dans les sci5ces naturelles1 ,cuvi] et ,ge(froy ,sa9t-,hilaire en sont aussi4 ,buffon1 mo9s spirituel que ,voltaire1 dont l'esprit me fait1 d'ailleurs1 t\j\rs l'effet d'un bruit de grelots mis en vibration p> les m\vem5ts ptulants d'un s+e1 mo9s mme que ,montesquieu1 qui a le si5 f9issant en po9te sans tre p\r cela un oblisque 7c> un oblisque1 c'e/ un colosse671 ,buffon1 qui p\rrait bi51 si on y reg>de1 n'avoir pas d'esprit du t\t1 e/ p\rtant =t au-dessus de ces deux hommes1 bi5 plus vants que lui et p> la seule raison qu'ils ont plus tr\bl la moralit de leur sicle4 videmm5t il les dom9a p> la facult la plus leve d'entre les facults huma9es1 quel que soit l'objet auquel on l'applique1--p> cette facult de l'ordre1 que ,voltaire n'eut jamais qu'avec ses dome/iques et ses libraires1 et que ,montesquieu aurait pu avoir sans cet am\r mesqu9 de l'pigramme qui l'a tant rapetiss4 #ce ,hi/oire des travaux et des ides de ,buffon2 ,des manuscrits de ,buffon1 p> ,fl\r5s 7,pays1 #ca janvi] #ahfj74 ,buffon1 en effet1 e/ l'ordre mme1 l'ordre conc]t1 en*an1 lum9eux6 ,c'e/ l le c>actre le plus visible de son gnie4 ,inve/i de la d\ble aptitude de la sci5ce et de l'art d'crire1 le plus savant de t\s les arts1 ,buffon e/ au mo9s t\j\rs l'ordre1 s'il n'e/ pas t\j\rs la vrit4 ,gr& tal5t descriptif1 qui sait encore mieux di/ribu] et encadr] ses tableaux que les pe9dre1 il a prcism5t comme pe9tre le dfaut de sa qualit s\v]a9e3 il p*e p> l'ardeur2 il e/ froid444 comme l'exactitude et comme la maje/4 ,n en #agjg1 s\s ,l\is ,,xiv1 le roi rgl et clatant comme le soleil1 qu'il avait pris p\r son symbole1 ,buffon devait g>d] sur t\t lui-mme un imprissable reflet de ce gr& rgne1 qui expira sur son b]ceau1 et montr] ce re/e de gr&eur p> la rgle comme p\r faire leon en sa p]sonne la socit drgle au se9 de laquelle il ne vcut pas4 ,le croirait-on1 de lo98444 ,buffon1 l'homme aux man*ettes1 qu'il mettait p\r lui seul1 e/ presque un solitaire dans son sicle4 ,un solitaire en gr&e toilette6 ,il hassait ,p>is1 le dsordonn ,p>is1 dont les s\p]s faillir5t tu] jusqu'au gnie de ,montesquieu1--et il le fuyait4 ,qu& il n'tait plus au ,j>d9 du ,roi1 il tait ,montb>d1 dans ce pavillon ari5 qu'il avait fait btir au-dessus de t\tes les t]rasses et dans la lant]ne vitre duquel il passa c9quante ans son bureau4 ,c'e/ l1 et de l1 qu'il porta dans les rsultats de ses travaux et dans sa manire de travaill]1 dans son /yle1 qui tait l'homme1 et dans les mo9dres dtails de la vie1 cette hauteur tranquille et cette t]nelle proccupation de l'ordre et de la rgle qui fit sa gloire et son bonheur2 c> il fut heureux6 ,il ne le fut po9t la manire du *a/e ,newton1 ce clibataire sublime1 qui n'aima que ,dieu et ses lois4 ,il avait1 lui1 quelque *ose de trop tempr1 de trop h>monieux p\r se mutil] a9si le coeur1 p\r tre un si cruel ascte de la sci5ce4 ,non6 il se m>ia t>d1 dans sa beaut mrie1 et di/ribua ses j\rs entre la mditation et la nature1 entre l'am\r sans tr\ble du m>iage et les vigilances t5dres et lucides de la pat]nit4 ,il avait mis tant d'ordre dans sa vie qu'il put1 sans inconvni5t1 la p>tag]6 ,voil l'homme1--le seul homme calme1 comme un anci51 d'un temps ivre de v9 de ,*ampagne et de pire encore2 voil le ,buffon que ,fl\r5s a v\lu n\s pe9dre1 consacrant l'homme un tal5t trs vif de biographe et au savant une sci5ce qui a l'accroissem5t de presque un sicle de plus4 ,fl\r5s e/ un de ces esprits issus de ,buffon dont on p\rrait dire3 ,si ,buffon n'avait pas t1 exi/]ai5t-ils8 ,p\r moi1 je le crois1 quant ,fl\r5s4 ,il a une p]sonnalit trs di/9cte et p>faitem5t lui2 n\s la montr]ons t\t l'heure4 ,mais peut-tre1 lui1 ne le croit-il pas8 ,il adore ,buffon1 et depuis tr5te ans il lui a donn probablem5t bi5 plus de vie qu'il n'en a reu de ce gr& homme4 ,fl\r5s ne s'e/ pas seulem5t fait un arti/e en gloire p\r le compte de ,buffon3 il e/ le meilleur de sa gloire4 ,p>mi t\s les bonheurs et t\tes les somptuosits de cette prodigieuse de/9e que ,dieu1 aprs sa mort1 cont9ue cet heureux qui aurait pu jet] sa bague aux poissons du ,j>d9 des ,plantes1 le meilleur c'e/ cette gloire plus intellig5te et plus pure inc>ne dans l'admiration d'un r>e esprit qui sait1 lui1 p\rquoi il admire1 et qui se dta*e de ce fond d'loges traditionnels et de sots respects qui compose le gros de t\te r5omme4 ,en exprimant1 en filtrant cette d]nire g\tte de gloire exquise sur la mmoire de ,buffon1 ,fl\r5s semble avoir oubli la si5ne4 ,mais qu'il soit tranquille6 il ne l'aura pas mo9s p>-dessus le m>*#cf4 #cf ,on v]ra plus lo9 les titres cette gr&e *ose qu'a ,fl\r5s p> ses travaux p]sonnels4 ,,ii ,a9si1 d\ble biographie3--la biographie intrieure et la biographie extrieure de ,buffon1 les faits de sa vie et ceux de son intellig5ce1 tels sont les deux volumes de ,fl\r5s et qui se complt5t et s'appell5t4 ,publie dix ans d'int]valle de l',hi/oire des travaux et des ides de ,buffon#cg1 l',hi/oire des manuscrits#ch n'e/ qu'un d]ni] mot que ,fl\r5s1 aprs t\t ce qu'il avait dit dj1 p\vait ne pas dire sans faire prjudice l'homme de son culte1 mais qu'il a dit p>ce que l'am\r inf9i a soif de lumire inf9ie4 ,buffon1 on le savait1 avait des collaborateurs1 et ce n'tait l ni une infirmit ni une pauvret de son gnie1 mais1 au contraire1 une puissance de plus4 ,ce fur5t l'abb ,bexon1 ,guneau de ,montbli>d1 ,daub5ton1 ses lieut5ants en hi/oire naturelle auxquels il dc\pait le monde p\r leur en donn] *acun une prov9ce lui dcrire et lui rapport]4 ,eh bi51 ces collaborateurs ont un peu tr\bl les scrupules religieux de ,fl\r5s6 ,il ne s'e/ pas assez rappel le sort de ces collaborateurs de ,mirabeau1 qu'on repro*a aussi son gnie444 qui les a p>faitem5t dvors4 ,l',hi/oire des manuscrits a t commise en vue d'apais] cette pieuse et mme sup]/itieuse t]reur4 ,fl\r5s a v\lu montr]1 p> ces manuscrits dont il n\s cite beauc\p de passages1 quel po9t l'esprit att5tif de ,buffon s'imprimait encore1 en corrections1 sur les pages qu'il n'avait pas traces2 mais rellem5t1 p\r n\s1 peu importe6 #cg ,g>ni] frres4 #ch ,ibid4 ,outre qu'en bonne ju/ice ces corrections sont insignifiantes1 elles ne le s]ai5t pas qu'elles n'aj\rai5t ri5 au respect qu'on doit ,buffon1 qui1 aprs avoir pris la "p du lion dans cette hi/oire naturelle dont il a eu la gr&e p5se1 cra1 avec l'hi/oire1 des naturali/es p\r l'crire ct de lui4 ,et ne s]a-t-il pas1 d'ailleurs1 t\j\rs plus beau d'inspir] les hommes comme la ,muse que de les corrig] ou de leur dict] comme un pr(esseur8 ,seulem5t1 dans ce volume sur les ,manuscrits1 que je reg>de comme l'pi vid de l'autre beau volume si ple9 sur les ,ides et les travaux de ,buffon1 il y a cette biographie extrieure que ,fl\r5s n'avait encore jusqu'ici qu'bau*e et dont on peut se pass] d'autant mo9s1 qu& il s'agit de cet homme d'une si magnifique ordonnance1 que son tal5t explique sa vie comme sa vie explique son tal5t1 et que les triples p5tes de l'esprit1 du c>actre et de la de/9e se confond5t et =m5t son id5tit4 ,et il l'a bi5 compris1 le f9 biographe6 ,il s'e/ bi5 g>d de rem*] l'ide1 vieillotte de vulg>it1 de ce sup]ficiel ,voltaire1 qui disait3 ,l'exi/5ce des hommes des lettres e/ dans leurs crits et non ailleurs1 et il n\s a donn1 avec le dtail le plus po9tilleux et la *>mante petite monnaie des anecdotes1 dont on n'a jamais trop dp5s]1 la biographie de cet imposant homme de sci5ce et de lettres dont la vie reflta sans cesse la p5se1 mais qui e/ une vie s\s sa p5se1 comme il y a de l'eau s\s le bleu du ciel que reflt5t les eaux6 ,fl\r5s n\s l'a crite a9si qu'un homme d'action qui n'ab/rait pas l'action huma9e de l'exi/5ce du plus gr& des contemplateurs4 ,fl\r5s1 il e/ vrai1 n'e/ pas un savant de livres ou d'ides pures1 c'e/ un naturali/e1 un exprim5tateur1 c'e/--dire un esprit incessamm5t l'afft du c>actre int]ne ou ext]ne des *oses1 et1 p\r cette raison1 il ne p\vait gures oubli] les c>actres de l'homme dans le contemplateur du belvdre de ,montb>d4 ,ds les premires pages de cette biographie1 o le savant que n\s allons retr\v] dans les ,travaux et ides de ,buffon se s5t et pse si peu1 je vois1 avant t\te vocation sci5tifique1 cette facult de l'ordre que j'ai signale et qui e/ la matresse facult et la facult matresse dans ,buffon4 ,trs jeune1 l'ge o les autres jeunes g5s se dissip5t1 l'ge des c\ps d'pe 7il en donna un71 il se fait r5dre compte judiciairem5t p> son pre de la ge/ion de sa =tune1 en proie aux plus affreuses dilapidations1 ra*te la t]re de ,buffon que ce b\rreau d'arg5t avait v5due1 et le g>de t5drem5t *ez lui1 ce b\rreau qui se rem>ie et dont il g>de galem5t et lve les enfants4 ,c'e/1 jeune1 absolum5t le mme homme qui1 vieux1 envoyant son fils l'impratrice de ,russie et lui con/ituant presque une maison1 lui dit1 au milieu de ses l>gesses et de ses t5dresses3 ,et surt\t payez vos g5s t\tes les sema9es1 monsieur6 ,ri*e p> le fait de son n]gie1 il employa sa =tune =m] des relations ncessaires son ambition sans turbul5ce1 et il avait ds lors1 n\s dit son biographe1 l'aplomb de la ri*esse et de la beaut1 ces deux *oses qui font d'ord9aire p]dre leur quilibre aux hommes4 ,il s'occupait de ma?matiques1 traduisait les ,fluxions de ,newton1 mais dj il se mettait en mesure avec l'av5ir p> des mmoires sur les vgtaux qui le fir5t pass]1 l',acadmie1 de la classe de mcanique dans celle de botanique1 et dcidr5t plus t>d de sa nom9ation l'int5dance du ,j>d9 du ,roi1 qu'il visait depuis longtemps avec la tranquillit de reg>d de la prvoyance4 ,une fois nomm cette fonction1 l'homme d'ordre de l'intimit app>ut dans la vie publique4 ,buffon adm9i/ra le ,j>d9 comme il avait adm9i/r sa =tune4 ,c'e/ alors qu'il cra des naturali/es qui dur5t l'aid] dans le g\v]nem5t de ce ,j>d91 ouv]t aux produits des quatre rgnes de la nature1 et qui v9r5t de t\s les co9s du globe s'y accumul]6 ,comme les hommes qui sav5t *oisir ceux qui les remplac5t1 il fut invisible et prs5t au ,j>d9 du ,roi4 ,except quatre mois de l'anne1 il re/ait ,montb>d1 p]* comme un aigle dans cette aire de cri/al qu'il s'y tait btie p\r mieux y mdit] dans la lumire1 et ce ne fut qu'au b\t de dix ans qu'il en desc5dit1 rapportant1 imprgns1 tremps et saturs de cette lumire1 les trois premi]s volumes de son ,hi/oire naturelle4 ,a dat] de ce mom5t sa gloire comm5a1 sa vraie gloire4 ,jusque-l1 il n'avait t que clbre4 ,mais cette gloire c>essante1 dont les bais]s sonn5t1 ne l'emp*a pas de remont] les escali]s grills du pavillon ple9 de sil5ce o l'att5dait l'tude p5sive1 l'tude aprs laquelle--disait-il--vi5t la gloire1 si elle peut et si elle veut1 et elle vi5t t\j\rs6 ,je l'ai dit1 et ,fl\r5s l'a pr\v1 ce qui di/+ue ,buffon des hommes de son temps1 que la gloire r5dit f\s1 comme ,r\sseau et ,voltaire1--de vrais p>v5us1--c'e/ que sa belle tte calme sut rsi/] cette sirne4 ,il l'aima1 mais comme il aima t\t3 avec une raison bi5 autrem5t belle que l'ivresse4 ,il l'aima comme il aima sa femme1 comme il aima son fils1 comme il aima sa prov9ce1 qu'il ne quitta jamais4 ,la prov9ce o l'on e/ n1 patrie conc5tre1 patrie dans la patrie1 peut-tre plus pr(onde et plus *re encore que l'autre patrie6 ,ah6 ce n'e/ pas lui qui aurait quitt sa ,b\rgogne et ,montb>d p\r v5ir se faire c\ronn] ,p>is p> des cabot9es et p\r donn] des bndictions dclamatoires au m>mot de ,frankl94 ,fl\r5s cite un mot de cette madame de ,pompad\r que ,voltaire le famili] avait bi5 raison d'appel] ,pompad\rette1 qui rime grisette1 et qui dit bi5 le ton de fille de cette femme-l3 ,v\s tes un joli g>on1 monsieur de ,buffon1 on ne v\s voit jamais6 ,il tait un joli g>on comme ,corneille3 ,a mon gr1 le ,corneille e/ joli quelquefois6 ,mais quelle plus honorable accusation de solitude6 ,en effet1 il ne v5ait ,p>is que dans quelque occasion sol5nelle1 p> exemple p\r prononc] un j\r1 l',acadmie franaise1 le seul disc\rs de rception que la po/rit n'ait pas oubli444 et il s'en ret\rnait aprs repr5dre l'imm5se travail auquel il avait consacr sa vie4 ,il l'int]rompait1 cep5dant1 p\r recevoir dignem5t ceux qui v5ai5t visit] cette gloire1 qui n'tait pas sauvage1 mais qui s5tait qu'elle ne gr&irait que dans le labeur et l'isolem5t des hommes t\j\rs plus6 ,sa*ant le prix du temps1 le prix de t\t1 planant sur les proccupations de son me et les di/ractions de la vie1 ne p]mettant pas ces di/ractions d'emport] jamais sa p5se hors de l'atmosphre o1 sans ef=t1 il la ma9t5ait1 ,buffon1 comme ,r\sseau1 ne j\ait pas au hib\ de ,m9]ve4 ,ses manires de pos] tai5t plus aimables4 ,il avait beau tre un homme de gnie1 c'tait aussi un gr& seigneur de s5tim5t1 t\j\rs prt l'hospitalit1 v\s t5dant sa belle ma9 du fond de ses man*ettes1 qui se levait de son bureau p\r v\s faire accueil1 mis plutt comme un m>*al de ,france que comme un homme de lettres1 disait ,hume tonn2 c> il avait cette faiblesse d'aim] la p>ure qui fut la faiblesse de tant de gr&s hommes4 ,c'e/ a9si que vcut ,buffon1 c'e/ a9si qu'entre la socit et la nature1 mais plus lo9 de l'une que de l'autre1 il atteignit cette vieillesse qui devait tre longue et qui lui alla mieux que la jeunesse1 tant ce gr& esprit d'ordre et de paix maje/ueuse p>aissait plus gr&1 dans le rassoiem5t de sa puissance1 p> ces d]nires annes vois9es de la mort1 qu'au temps de la virilit6 ,de t\s les s5tim5ts qu'il p]mit son me1 je crois que le plus t\*ant et le plus pr(ond fut p\r son fils1 et c'e/ aussi la p5se de son biographe4 ,le s5tim5t pat]nel1 si protgeant et si lev1 r5trait dans sa nature ordonnante et s\v]a9e4 ,t\s les autres devai5t faire un peu grimac] son me1 comme les petits sujets faisai5t grimac] son /yle4 ,il ne s'y adaptait pas4 ,qu& il met sa gr&e robe sur les petits objets1 elle fait mille plis1 disait gracieusem5t1 p\r la premire fois de sa vie1 en p>lant de lui1 ce gtre de ,suisse1 madame ,neck]4 ,,iii ,telle e/ en abrg cette biographie dont on ne peut donn] l'ide en quelques mots2 telle e/ cette oeuvre d'agrable r5seignem5t et de piquante ju/esse qui1 selon n\s1 fait t\t le prix de l'inutile volume des ,manuscrits4 ,il n'en e/ po9t de mme de l'autre volume de ,fl\r5s3 ,des ides et des travaux de ,buffon4 ,ce n'e/ plus l seulem5t un ouvrage agrable ou piquant comme cette notice biographique dont n\s v5ons de r5dre compte1 mais c'e/ un livre dans lequel on con/ate une vritable supriorit4 ,l1 on tr\ve une critique de ,buffon ple9e de v]ve1 de m\vem5t1 de sagacit et de sci5ce1--une critique faite p> un am\r qui a d*ir son b&eau1 mais qui n'en e/ pas mo9s de l'am\r encore4 ,c'e/ le cas p\r ,fl\r5s4 ,assurm5t n\s ne croyons pas que jamais il sorte de cette critique de l'am\r1 qui e/ la si5ne qu& il s'agit de ,buffon1 et qu'il puisse entr] dans cette imp>tialit froide qui e/ la vraie temprature de t\te critique2 mais r5dons-lui ju/ice et conv5ons que p\r lui1 l'enfant de ,buffon1 le c>tsi5 comme ,buffon1 l'homme incessamm5t occup bross] comme un diamant la gloire de ,buffon p\r qu'elle brille davantage1 il a cep5dant dans le reg>d une f]met qui tonne qu& il le porte sur son matre4 ,il ose le reg>d]1 et trs s\v5t il le voit bi54 ,il le voit entre les ?ories et les sy/mes1 con/atant nettem5t que ,buffon1 tir deux philosophies1 t5ait de ,desc>tes le gt des hypo?ses1 et de ,newton le respect et la re*]*e des faits4 ,au fond1 en effet1 ,buffon n'tait pas1 malgr des qualits de gnie1 un de ces intuitifs qui sont les premi]s en t\t gnie huma94 ,le fait de son esprit1 qui f9it1 n\s le reconnaissons1 p> dev5ir t\t-puissant p> l'ordre 7t\j\rs l'ordre671 la cont9uit1 l'en*anem5t1 la gnration des ides1 tait plus un ttonnem5t sublime que cette intuition qui n'hsite jamais et va droit la dc\v]te4 ,buffon avait comm5c sa vie p5sante et savante p> les ma?matiques1 qui sont une sci5ce de dduction1 et il apporta les habitudes ma?matiques p>t\t o depuis s'engagea sa p5se1 et c'e/ cause de cela1 selon n\s1 bi5 plus qu' cause de ses acco9tances avec ,desc>tes1 qui avait t aussi un ma?matici5 bi5 avant d'tre un philosophe1 c'e/ cause de cela que ,buffon admit si s\v5t l'hypo?se comme une rgle de fausse position4 ,buffon1 n\s dit ,fl\r5s1 se trompa d'abord sur la m?ode1 ri5 n'tant mo9s dans la nature de son esprit que les nom5clatures et les c>actres gnraux4 ,seulem5t1 comme1 aprs l'avoir abaiss d'une ma91 ,fl\r5s relve ,buffon de l'autre1 en aj\tant qu'il se fit plus t>d une m?ode p>ce qu'il tait un esprit t\j\rs en m>*e1 progressif et se compltant1 ,fl\r5s n'attribue pas avec assez de rigueur1 notre s5s1 quoiqu'il l'indique1 l'abs5ce de vue p]ante de ,buffon1 en fait de m?ode1 une con=mation de tte qui n'avait ri5 de mtaphysique et des facults qui devai5t entran] celui qui les avait comme l'imag9ation entrane4 ,c'e/ un pe9tre1 en effet1 avant t\t1 que ,buffon1 et son gr& mrite1 qui e/ norme et que n\s ne v\lons pas plus dim9u] que ne le veut ,fl\r5s1 e/ d'avoir fond la p>tie descriptive et hi/orique des sci5ces naturelles4 ,mais la loi ab/raite1 la m?ode qui donne t\t dans un seul procd1 disons-le h>dim5t1 ne pntrait pas en cette tte pompeusem5t prise de gnralits1 de diffr5ces et de coloris4 ,buffon e/ bi5 plus une imag9ation qui reoit des impressions et qui en fait jaillir des tableaux vivants1 qu'un obs]vateur dans la =ce exacte de ce mot4 ,il n'tait pas anatomi/e1 ce myope sup]be4 ,n\s avons dit qu'il ttonnait4 ,le bton avec lequel il ttonna et sur lequel il s'appuya1 en anatomie1 p> exemple1 fut ,daub5ton2 mais p> ,daub5ton 7qu'importe le moy567 il crait l'anatomie comp>e--dit ,fl\r5s--et il en compr5ait l'importance4 ,c'tait l'habitude de son esprit1 et c'en tait aussi la =ce1 de compr5dre1 de fcond]1 d'l>gir les faits qu'il n'avait pas dc\v]ts4 ,mo9s exprim5tateur habile que gnralisateur =midable1 il prom5ait sa vue sur les expri5ces qu'il n'avait pas faites2 il en tirait les consqu5ces les plus loignes2 il en appuyait des conjectures4 ,et1--dit l'loqu5t ,fl\r5s1 qui v\drait c\vrir de sa tte t\t entire1 comme on c\vre de sa poitr9e celui qu'on aime1 les erreurs de ,buffon1 ces erreurs qui sont s\v5t gr&ioses1--et j'aime mieux1 t\t pr5dre1 une conjecture qui lve mon esprit1 qu'un fait exact qui le laisse t]re444 ,j'appell]ai t\j\rs gr&e l'a p5se qui me fait p5s]4 ,c'e/ l le gnie de ,buffon--aj\te-t-il encore--et le secret de son p\voir1 c'e/ qu'il a une =ce qui se communique1 c'e/ qu'il ose et qu'il inspire son lecteur quelque *ose de sa h>diesse4 ,et p\rtant e/-ce que les p>oles de ,fl\r5s ne sont pas s+ulires8 ,ensorcellem5t p> la beaut1 p> la gr&eur1 p> le *>me enf9 du gnie1 plus que p> la vrit qu'on lui doit444 ,si1 v\s autres savants1 v\s v\s laissez entran] a9si hors du vrai limit1 imprieux1 immuable1 que v\lez-v\s que n\s dev5ions1 n\s1 devant les beauts littraires de cet homme1 qui fut c]ta9em5t1 en df9itive1 plus un gr& arti/e dans l'ordre sci5tifique qu'un savant6 ,,iv ,c> voil ,buffon1--le vrai ,buffon1 p\r n\s6 ,buffon1 c'e/ le gr& pe9tre du ,x,v,i,i,ie sicle1 qui n'a pas inv5t seulem5t la description sci5tifique1 comme p>le ,fl\r5s1 mais la description naturelle1--l'art de pe9dre avec des mots1--et qui1 dans l'ordre hir>*ique de cet art n\veau1 prcda immdiatem5t ,*ateaubri&1 lequel comm5a sa c>rire d'criva9 p> tre aussi naturali/e4 ,en cette ,hi/oire des travaux et des ides de ,buffon1 ,fl\r5s s'occupe1 avec une compt5ce dont n\s ne sommes po9t juge1 du dtail de t\tes les que/ions te*niques que n\s ne saturions abord] dans ce livre1 n\s qui n'crivons ni p\r une spcialit ni p\r une acadmie4 ,les ides de ,buffon sur l'conomie animale1 sur la gnration et sur la dgnration des animaux1 etc41 etc41 etc41 t\tes ces div]ses vues sont passes au crible de la plus pati5te analyse4 ,mais1 la conclusion que n\s v5ons de cit] l'atte/e1 ce qui re/e au fond du crible c'e/ le gnie de l'homme qui a remu t\tes ces que/ions2 le rsultat qu'on atte9t1 c'e/ la dmon/ration de sa =ce2 mais1 fran*em5t1 ce n'e/ gures ri5 de plus6 ,except l'unit du g5re huma9 et la ?orie de la t]re1 les deux plus gr&es solidits de ,buffon1 l'actif de vrit1 dans son bilan1 e/ assez petit4 ,seulem5t1 n\s l'avons dit1 c'e/ bi5 mo9s l'hypo?se qui e/ admir] dans ce maje/ueux manieur d'hypo?ses1 que l'ordre dans lequel il les dresse et fait avec elles de gr&s spectacles6 ,or1 c'e/ l ce qui n\s importe1 n\s4 ,n\s n\s s\cions =t peu1 p\r notre compte1 que la sci5ce1 dont la preuve df9itive n'e/ jamais faite1 revi5ne ma9t5ant1 comme on le dit1 aux poques de la nature1 aprs les avoir insultes4 ,qu& elle y s]a rev5ue1 peut-tre s'en ret\rn]a-t-elle encore1 aprs y avoir laiss son respect et y avoir repris son mpris4 ,t\tes ces titubations1 ces *ancellem5ts1 ces alles et v5ues d'une sci5ce p]due et inc]ta9e1 n'emp*]ont pas que ces poques de la nature ne soi5t un monum5t littraire au pi$ duquel elle peut1 s'il lui plat1 s'agit]4 ,qu& les sci5ces naturelles1 qui sont d'hi]1 auront gr&i et s]ont dveloppes1 ,buffon en s]a probablem5t l',hsiode1--un ,hsiode dont les hypo?ses s]ont les fables1 mais qui s]ont inviolables au temps s\s la g>de d'un langage assez beau p\r tre immortel6 ,,sa9t-,,bonnet ,,et ,,le ,r4 ,p4 ,,daniel#ci ,i ,il e/ une "q qui brlait hi]1 et qui1 tide auj\rd'hui1 p\rrait1 d'un j\r l'autre1 repr5dre sa *aleur premire1 c> elle n'a pas t rsolue4 ,c'e/ cette "q des classiques grecs et lat9s1 en app>5ce t\te littraire1 mais dont le s5s pr(ond n'a frapp p]sonne qu& on l'a agite puisqu'elle ca*e1--et t\t le monde l'a s5ti1--s\s son intitul mode/e1 cet norme problme politique et social de l'ducation1 qui dj faisait s\rcill] le va/e et s]e9 gnie de ,leibnitz bi5 avant que l',europe n'et vu le ,x,v,i,i,ie sicle et la rvolution franaise6 ,r5du1 p> ce d\ble vnem5t1 bi5 plus difficile rs\dre1 un tel problme1 malgr t\t ce qu'il a inspir aux esprits les plus opposs1 n'tait pas cep5dant arriv ce po9t de dmon/ration qu'il pt impos] sa solution1 comme une loi1 l'tat lui-mme1 aprs l'avoir impose l'op9ion comme une vrit4 ,et il y avait plus4 ,sur cette "q de l'enseignem5t1 si grave1 si pressante1 si peu faite p\r att5dre puisqu'elle implique l'av5ir et le compromet1 c'tait surt\t l'op9ion qui tait re/e indcise4 ,elle s'tait mue1 il e/ vrai2 mais elle ne s'tait pas prononce4 ,les hommes qui devrai5t la conduire et ceux qui p\rrai5t l'g>] s'tai5t passionns4 ,on avait bataill de "p et d'autre2 mais d'aucun ct on n'avait va9cu4 ,d'aucun ct 7jusqu'ici du mo9s7 ne s'tait leve1 p\r en f9ir1 une de ces intellig5ces suprieures qui f]m5t les dbats sur une "q1 comme ,cromwell f]ma la porte du p>lem5t et en mit la clef dans sa po*e2 et la ,critique att5dait t\j\rs le mot concluant et df9itif qui devi5t1 au b\t d'un c]ta9 temps1 la p5se de t\t le monde1--ce mot qui e/ le c\p de canon de lumire aprs lequel il peut y avoir des ennemis encore1 mais aprs lequel il n'y a plus de combattants4 #ci ,de l',affaiblissem5t de la ,raison en ,europe2 ,des tudes classiques dans la socit *rti5ne 7,pays1 #a;er septembre #ahfa74 ,eh bi51 ce que la ,critique att5dait1 elle ne l'att5d plus6 ,le mot dictatorial dont n\s p>lons a t dit1 et1 comme n\s le prvoyions bi51 du re/e1 il vi5t d'tre dit p> une intellig5ce *rti5ne4 ,sa9t-,bonnet ne s]ait pas *rti5 que1 de nature et de physiologie intellectuelle1 il irait au fond des *oses et creus]ait les que/ions jusqu'au tuf4 ,il se ti5t si lo9 de la =ge aux rputations1 il fait si peu anti*ambre dans les b\tiques o n\s brassons la r5omme2 moiti aigle et moiti colombe1 c'e/ un esprit si haut et si *a/e1 dans la solitude de sa prov9ce1 qu'on e/ oblig de rappel] qu' v+t-trois ans il a*evait son ouvrage de l',unit spirituelle1 trois volumes tonnants d'ap]u1 malgr leurs erreurs1 et qui donnai5t du mo9s la puissance de jet et le ple9 c9tre de cet esprit qui s'lanait1 et que plus t>d il s'levait1 d'un adorable ,trait de la d\leur1 jusqu' cette ,re/auration franaise1 l'ouvrage le plus =t d'ides qu'on ait crit sur notre poque4 ,mtaphysici5 comme ,malebran*e1 avec la posie d'expression au s]vice de la mtaphysique que ,malebran*e1 malgr son *apitre des ,passions 7admiration d'cole671 n'avait pas1 ,sa9t-,bonnet e/ une de ces pompes intellectuelles qui vid5t t\te "q laquelle s'applique le =midable app>eil de leur c]veau4 ,quel qu'et t le c\rant d'ides dans lequel il et fonctionn1 n\s aurions eu t\j\rs sur cette "q de l'enseignem5t1 puisqu'il la traitait1 un livre rem>quable avec lequel il et fallu rudem5t discut]2 mais ,sa9t-,bonnet e/ *rti54 ,la discussion1 s'il y en a une1 ne n\s reg>de plus4 ,sa9t-,bonnet a aj\t la vigueur de l'ide *rti5ne aux =ces vives de son esprit1 et c'e/ a9si qu'il e/ arriv1 non la vrit p> clairs1 mais au ple9 j\r de la vrit4 ,et1 quel qu'ait t le r5=t de l'ide *rti5ne1 il y e/ arriv p\rtant p> sa voie propre d'tudes habituelles et de facults pr(ondes1 intuitives et rfl*ies t\r t\r4 ,on n'a pas oubli sans d\te que les prt5tions en prs5ce1 sur cette "q de l'enseignem5t1 c'tai5t1 d'une "p1 l'innocuit morale des classiques et leur conv5ance littraire1 et1 de l'autre1 le dang] auquel ils expos5t de jeunes esprits qui pr5n5t leurs premi]s plis et reoiv5t les t]ribles premires impressions de la vie1--t]ribles1 c> ce sont peut-tre les seules qui doiv5t leur re/]6 ,comme les autres criva9s qui ont discut l'influ5ce de la littrature anci5ne sur l'intellig5ce des gnrations mod]nes1 ,sa9t-,bonnet ne s'e/ pas cont5t de pos] une "q d'hi/oire et d'tablir sup]ficiellem5t un rapport de cause effet entre la moralit des auteurs paens1 dont les oeuvres sont livres trop tt de sympa?iques admirations1 et la moralit des hommes ns dans le se9 du *ri/ianisme et qu'a lavs1 mme intellectuellem5t1 le baptme4 ,sa9t-,bonnet a v\lu davantage4 ,habitu la mditation philosophique1 ce reploiem5t de la p5se qui s'aiguise en se pntrant1 il a entrepris de dgag] cette loi de dduction qui1 *ez les autres criva9s1 n'avait encore t qu'indique1 et de la faire t\*] p> tant de cts et tant de reprises ses lecteurs qu'il ft impossible de la ni]4 ,a notre s5s1 il a russi4 ,il a trav]s rapidem5t les faits d'expri5ce que de "p et d'autre on s'opposait1 puis1 enfonant la griffe de sa t\te-puissante analyse dans les flancs mmes de la "q psy*ologique1 il a sub/itu une "q de nature huma9e et d'9vitabilit logique un rappro*em5t dcevant dont on p\rrait galem5t dire3 ,cela e/-il ou cela n'e/-il pas8 ,consqu5t la manire des gr&s obs]vateurs1 qui gnralis5t qu& ils conclu5t1 anatomi/e de la p5se comme ,bi*at et ,cuvi] l'tai5t des organes1 il a pris la tte huma9e dans sa ma9 et il a dit3 ,cette tte tant con=me comme elle e/1 il e/ vid5t que telles ides ou tels s5tim5ts qu'on y infiltre qu& elle e/ vi]ge encore doiv5t produire tel effet fune/e1--absolum5t comme le *imi/e dit3 ,tel liquide v]s dans un autre liquide doit produire tel prcipit c\p sr4 ,et p> l il a donn une argum5tation puise le degr de solidit qui devait la r5dre inv9cible4 ,c]tes6 ne voir en bloc qu'un tel rsultat1 ce s]ait dj une *ose gr&e et belle que de l'avoir atte9t1 et la ,critique1 qui sait la pr(ondeur et la difficult des ides simples1 ne p\rrait oubli] de le signal] avec clat4 ,mais l ne se borne po9t le mrite du livre dont il e/ "q4 ,il faut entr] dans les dtails de ce n\vel ouvrage de ,sa9t-,bonnet p\r tre frapp comme il convi5t de t\tes les qualits d'excution de sa p5se4 ,alors seulem5t on compr5dra le magnifique titre qui surpr5d d'abord3 ,de l',affaiblissem5t de la ,raison en ,europe#dj1 donn une bro*ure sur la "q des classiques2 et ce titre1 si ple9 de *oses1 s]a compltem5t ju/ifi4 #dj ,l4 ,h]v4 ,en effet1 l'horizon de l'auteur de l',affaiblissem5t de la ,raison ne se circonscrit pas dans les limites1 si agr&ies et si f\illes qu'elles soi5t1 d'une "q de psy*ologie4 ,il e/ assez indiffr5t p\r le qu>t d'heure de savoir si c'e/ le mtaphysici5 qui veille en lui l'esprit politique ou si c'e/ l'esprit politique1 effray des temptes qui dorm5t s\s nos pi$s fleur de sol1 qui a rep\ss le mtaphysici5 sur lui-mme2 mais ce qui e/ visible jusqu' la spl5deur1 c'e/ que le mtaphysici5 et l'esprit politique1 dont l'union fait un homme presque aussi m]veilleux qu'une *imre1 =m5t en ,sa9t-,bonnet une exceptionnelle h>monie4 ,aux yeux de ce d\ble p5seur1 l'an>*ie1 fille de la rvolution franaise1 ne dans le sang affreusem5t fcond qu'avait essuy p\rtant un gr& homme1 l'an>*ie1 va9cue une seconde fois dans l'tat1 se rfugie actuellem5t dans la p5se1 dans la philosophie1 dans cette p>tie immatrielle et ab/raite de l'homme d'o1 au premi] j\r1 elle r$esc5dra dans les faits1 plus =te que jamais1 plus arme et plus m5aante6 ,on croit te9te la rvolution1--dit ,sa9t-,bonnet1 au comm5cem5t de son livre1 dans des lignes qui1 p\r tre un tocs91 n'en sonn5t pas mo9s aussi tri/em5t qu'une agonie1--c'e/ croire te9te l'antique envie que la foi comprimait autrefois dans les mes444 envie amoncele1 en ce mom5t1 comme la m]1 p> un v5t qui1 depuis un sicle1 s\ffle sur elle4 ,laissons les ,pangloss du progrs se vautr] dans la niais]ie de leur optimisme4 ,le vieux s]p5t de l'erreur ne prit pas p\r *ang] de peau4 ,au contraire1 en *ang]1 c'e/ p\r lui une des conditions de la vie4 ,dev5ue pan?i/e sur les sommets de la p5se et sociali/e dans le t]re--t]re de la pratique et de la ralit1 cette rvolution intellectuelle1 qui fait l'intrim de la rvolution politique en att5dant son ret\r1 e/ p\r ,sa9t-,bonnet1 comme p\r n\s1 du re/e1 comme p\r t\s ceux qui port5t un reg>d assur sur l',europe actuelle1 l'application complte de t\tes les doctr9es du ,x,v,i,i,ie sicle l'homme et la socit4 ,seulem5t1 plus frapp que p]sonne1 en v]tu de son t\r d'esprit1 de l'inutilit des *>ges fond excutes p> les meilleures intellig5ces contre la rvolution dans les sy/mes qu'elle a eng5drs p> la tte de ses plus illu/res p5seurs1 et voyant1 sur ces sy/mes rompus1 d%onors1 dfaits1 la rvolution vivre encore et cont9u] de ravag] la p5se sociale1 ,sa9t-,bonnet s'e/ dit qu'il fallait l'attaqu] plus pr(ondm5t1 plus intimem5t que dans ces sy/mes1 =t]esses de quelques j\rs6 ,il s'e/ dit qu'il fallait la p\rsuivre jusque dans son d]ni] retran*em5t1 jusque dans les facults de l'homme1 fausses et p]dues p> une ducation premire1 et qui n'en re/5t pas mo9s p]dues qu& l'homme ne croit plus la lettre de son enseignem5t4 ,or1 de t\tes les facults de l'homme1 la plus gau*ie1 la plus radicalem5t altre1 c'e/ prcism5t celle-l que la philosophie croit avoir le plus dveloppe1 c'e/ la facult qui s]t concevoir le vrai3--la raison6 ,p\r le pr\v]1 ,sa9t-,bonnet n\s en fait l'hi/oire4 ,il n\s en raconte les dfaillances4 ,t]rifiante et maje/ueuse pe9ture6 ,le propre des esprits vritablem5t suprieurs e/ d'lev] jusqu' eux les que/ions qu'ils pos5t et de n'en desc5dre pas mo9s jusqu'au fond de ces que/ions s\leves4 ,sa9t-,bonnet a pr\v quelle race d'esprits il app>t5ait en donnant p\r base une "q de r=me dans l'ducation publique cette hi/oire de l'affaiblissem5t de la raison en ,europe1 qui s]ait la plus sre prophtie de notre pro*a9e dcad5ce si le livre o elle e/ annonce ne r5f]mait pas les meilleurs moy5s de l'vit]4 ,et c'e/ ici que l'orig9alit du livre comm5ce2 c'e/ ici qu'on s5t quel mtaphysici5 on a affaire4 ,n\s avons nomm la raison4 ,mais1 comme t\s les gr&s esprits philosophiques1 qui sav5t que les mots reprs5t5t la p5se1 qui po9onn5t la langue et donn5t le vocabulaire de leurs conceptions1 ,sa9t-,bonnet n\s explique ce qu'il ent5d p> cette facult1 d'ord9aire si vaguem5t df9ie4 ,indp5damm5t de sa ju/esse1 n\s1 *ez qui bat le coeur de l'arti/e1 n\s ne savons ri5 de plus beau que cette df9ition de la raison1 qui a les proportions d'une analyse4 ,selon ,sa9t-,bonnet1 la raison1 c'e/ la facult div9e1 imp]sonnelle1 qui n\s met en rapport avec l'inf9i4 ,une des confusions les plus frqu5tes et les plus dplorables d'une fausse philosophie1 c'e/ la confusion de la raison et de l'intellig5ce1 qu'il faut si svrem5t di/+u]4 ,la raison1 c'e/ ce qui n\s e/ re/ du rayon div9 aprs la gr&e rupture de la *ute2 l'intellig5ce1 c'e/ la puissance de l'homme1 le rsultat1 soit du has>d1 soit du my/re de sa cont+5te organisation4 ,comme la s5sation e/ en l'homme le reprs5tant et la voix de la nature1 la raison e/ dans sa consci5ce le reprs5tant et la voix de ,dieu4 ,la fonction psy*ologique de la raison--dit ,sa9t-,bonnet--e/ de plac] cont9uellem5t la notion de l'tre1 la notion de la loi1 du ncessaire1 de l'unit1 du ju/e1 du bi5 en soi1 en un mot du div91 s\s les p]ceptions innombrables du phnomne du v>iable1 du relatif1 du f9i que lui transmet sans cesse l'intellig5ce1 recueillant le produit des s5s1 et d'emp*] que n\s ne re/ions de simples animaux4 ,la fonction de la raison1 en un mot1 e/ de rappel] con/amm5t l'homme des p]ceptions cont+5tes et p]sonnelles aux p]ceptions imp]sonnelles et immuables2 de la nature physique o le reti5t le corps la raison t]nelle d'o lui desc5d la vrit4 ,une telle facult1 qui s\de presque l'homme ,dieu1 s'il e/ p]mis de p>l] a9si1 devait tre la premire que la philosophie du ,x,v,i,i,ie sicle1 la philosophie du moi et de la *ose exclusivem5t huma9e1 dt fauss]4 ,et elle n'y manqua pas4 ,elle la brisa4 ,p\r cela1 la philosophie pesa sur l'esprit de l'homme de deux manires3 p> les sci5ces1 qui ne s'adress5t qu' l'esprit et qui f9iss5t p> lui donn] le v]tige de sa =ce1 et p> l'effet du paganisme sur l'me4 ,influ5ce--il faut le reconnatre--que le ,x,v,i,i,ie sicle n'avait pas cre1 qui exi/ait depuis la ,r5aissance2 mais qui1 grossie *aque j\r1 avait fait avalan*e sur la p5te esc>pe de ce sicle1 o t\tes les erreurs entasses avai5t f9i p> se prcipit]4 ,tel e/ le *em9 que l'auteur de l',affaiblissem5t de la ,raison p>c\rt1 aprs l'avoir creus1 p\r arriv] cette "q de l'influ5ce du paganisme sur de jeunes mes qui ne semble tre qu'une "q de rhtorique aux esprits sup]ficiels1 mais qui e/1 p\r les esprits pr(onds1 une "q de philosophie1 de g\v]nem5t1 d'av5ir du monde4 ,les esprits sup]ficiels1 n\s savons ce qu'ils sont dans une poque o le sy/me des majorits e/ une m?ode de vrit4 ,n\s savons que1 p\r peu qu'ils ai5t une misre de tal5t1 de palette1 et mme sans cela de r5omme1 les voil les conducteurs et les *auffeurs de l'op9ion sur t\s les rails4 ,mais qu'importe66 n\s r5v]rons ceux qui croi5t leurs p>oles lgres au livre de ,sa9t-,bonnet4 ,a qui suivra comme n\s ce gr& m9eur1 ce gr& /ratgi/e1 qui creuse si bi5 le dess\s des que/ions qu'il veut rs\dre1 il ne re/]a nulle inc]titude p\r les plus inquiets4 ,t\te anxit s]a dissipe6 ,la "q qui a d]nirem5t sc&alis ,,mm4 les d&ies littraires1 cette f9e fleur d'humani/es gants blancs de cette poque de doctr9aires en t\tes *oses1 lesquels prt5d5t savoir le lat9 et ne v\loir l'tudi] que dans les s\rces les plus pures1 cette "q1 qui n'e/ pas seulem5t une "q de pdagogue1 mais une "q d'me1 s]a plus que rsolue3 elle s]a puise4 ,sa9t-,bonnet l'a ret\rne dans t\s les s5s4 ,il en a sond t\tes les faces4 ,naturalisme d'abord1 scepticisme ensuite1 t\tes les influ5ces qui sort5t p\r l'enfant des premires impressions littraires1 des premires ivresses de son imag9ation ravie1 ,sa9t-,bonnet les a tudies1 les a p\rsuivies dans les mille canaux de l'me et de la vie1 comme un gr& mdec9 qui p\rsuivrait1 dans les rseaux des ve9es et au plus secret de nos organes1 le virus my/rieux de quelque horrible maladie4 ,oui6 cet obs]vateur si =t sur la nature morale de l'homme1 sur t\t ce qui la tr\ble et l'altre1 n\s fait l'effet d'un gr& mdec94 ,l o les autres voi5t la sant ou une hygine sans inconvni5t et sans pril1 le gr& mdec9 voit le mal1 l'empoisonnem5t et la mort4 ,du re/e1 le remde propos p> notre pa?ologi/e intellectuel e/ bi5 simple4 ,il dem&e que les premires motions1 que les premires admirations de l'enfant soi5t *rti5nes4 ,il ti5t ce que l'enfant soit littrairem5t et mme philosophiquem5t *rti51 dans sa mesure enfant9e1 avant de pntr] dans la littrature et la civilisation paennes4 ,il dsire que les sci5ces morales et dogmatiques l'emport5t dans l'ducation sur les sci5ces exprim5tales et naturelles1 et il rdige a9si son programme3 ,la littrature prise dans les sa9ts ,pres avant de pass] l'tude de l'antiquit2 la philosophie avant la rhtorique1 et surt\t la sci5ce p>faite et solide des doctr9es ?ologiques1 puises dans les auteurs appr\vs p> le sa9t-pre4 ,quelle plus gr&e simplicit6 ,et ces conclusions ne sont pas n\velles4 ,elles ont t exprimes dj p> beauc\p d'esprits dans la discussion dont n\s p>lions plus haut4 ,ce sont les conclusions p\r a9si dire ca?oliques de la "q4 ,mais ce qui e/ neuf1 ce qui app>ti5t en propre l'auteur de l',affaiblissem5t de la ,raison1 c'e/ la manire dont il ab\tit ces conclusions et dont il les impose4 ,livre de circon/ance p5s p> un esprit d'une orig9alit p]ante1 l',affaiblissem5t1 n\s le rptons1 dit avec asc5dant le mot dcisif qui doit influ] sur les de/9es d'une "q pose et en litige encore4 ,il ralli]a les intellig5ces =tes4 ,il f]a la lumire p> en haut4 ,seulem5t1 comme t\s les livres d'un tal5t trs lev ou trs pr(ond1 il a beso9 du temps p\r son succs4 ,il ne peut pas l'avoir immdiatem5t1 et voici p\rquoi3 il faut aux livres1 comme aux tal5ts de/9s au succs rapide1 au succs l'heure mme1 un ct de mdiocrit1 soit dans la =me1 soit dans le fond1 lequel ne dconc]te pas trop la masse des esprits qui se ml5t de les jug]4 ,qu& on n'a pas ce bi5heureux ct de mdiocrit dans le tal5t qui n\s vaut la sympa?ie vulgaire1 on a beso9 du temps p\r la r5omme de son nom ou la vrit qu'on annonce4 ,or1 le livre de ,sa9t-,bonnet e/ aussi gr&em5t et arti/em5t crit qu'il e/ f]mem5t p5s4 ,l'auteur le sait1 du re/e4 ,il sait que les gloires les plus pures et les plus solides1 espces de diamants d\l\reux1 se =m5t comme les plus l5tes et les plus belles cri/allisations4 ,quel que soit le ret5tissem5t ou le sil5ce du n\vel crit qu'il publie1 il ne s'en tonn]a pas2 il e/ trop mtaphysici5 p\r s'en tonn]4 ,seulem5t1 applaudi ou dlaiss du public1 ce livre n'en =mule pas mo9s1 sur la "q de l'enseignem5t classique1 les gr&es considrations qui doiv5t re/] et auxquelles il faudra bi5 rev5ir4 ,et ce n'e/ pas t\t4 ,en dehors de la "q pratique de l'enseignem5t1 l'ouvrage de ,sa9t-,bonnet se di/+ue p> une *ose d'un mrite absolu et imprissable comme la mtaphysique elle-mme1 et cette *ose1 ft-elle seule1 suffirait p\r class] trs haut l'crit o elle p>at p\r la premire fois4 ,n\s v\lons p>l] de cette analyse de la raison1 avec les huit facults qui la compos5t1 et qui s]a peut-tre p\r la gloire philosophique de ,sa9t-,bonnet ce que fut p\r ,kant le remaniem5t des catgories d',ari/ote4 ,en philosophie1 une bonne di/9ction a quelquefois l'importance d'une dc\v]te2 mais ici il y a plus qu'une di/9ction1 il y a une sy/matisation t\t entire1 avec laquelle on rpondra dsormais au rationalisme sur cette "q de la raison qu'il a si cruellem5t et si ma*iavliquem5t tr\ble en la sp>ant de la foi4 ,aj\tons qu'un autre bi5fait de la ?orie de ,sa9t-,bonnet s]a de mettre f9 la ?se du traditionalisme exclusif4 ,,ii ,si n\s avons uni s\s un titre commun l',affaiblissem5t de la ,raison et les tudes classiques dans la socit *rti5ne#da p> le ,rvr5d ,p4 ,daniel1 c'e/ qu' "p l'id5tit du sujet n\s ne connaissons pas d'ouvrage qui montre mieux la ju/esse des vues de ,sa9t-,bonnet que ce livre1 entrepris dans un b diffr5t du si54 ,assurm5t l'ducation classique1 l'ducation p> les anci5s1 a tr\v un df5seur bi5 savant1 bi5 +nieux et bi5 *rti5 p\rtant 7on n'en saurait d\t]7 dans le ,rvr5d ,p4 ,daniel1 le ,roll9 de la ,compagnie de ,jsus1 qui n\s donne un n\veau ,trait des tudes ple9 de r5seignem5t et de lumire4 ,mais le ,p4 ,daniel lui-mme1 appuy sur un livre qu'on ne saurait trop l\] au po9t de vue de l'in=mation hi/orique1 ne peut infirm] dans notre esprit la porte des raisons que ,sa9t-,bonnet a signales contre l'enseignem5t des anci5s tel qu'il a t pratiqu si longtemps dans notre ducation mod]ne4 #da ,juli5 ,lani]4 ,le ,p4 ,daniel a les entrailles de son ordre p\r un g5re d'enseignem5t qui en a fait la gloire4 ,ri5 donc de plus naturel un homme comme lui que de df5dre cet enseignem5t et de v\loir le ju/ifi]4 ,il y p>vi5drait presque si l'on ne s'en rapportait qu'aux faits qu'il cite1 si l'on oubliait que ces faits1 recueillis et morts dans l'hi/oire1 sont sp>s de leur rac9e1 c'e/--dire de l'poque laquelle ils se sont produits et de l'esprit qui l'animait4 ,membre de cette illu/re ,compagnie de ,jsus p\r laquelle on ne saurait avoir une trop pr(onde vnration1 le ,p4 ,daniel a oppos la tradition scolaire d'un temps o l',europe et la ,france tai5t *rti5nes comme1 hlas6 elle ne le sont plus1 aux esprits svres qui croi5t auj\rd'hui la foi et la civilisation p]dues si on ne refait pas l'homme dans son g]me1 c'e/--dire dans son exi/5ce intellectuelle4 ,le docte hi/ori5 n\s raconte1 avec un dtail qui honore sa sci5ce et son tal5t d'exposition1 ce que fut l'enseignem5t classique depuis le ,i,ve sicle jusqu' ,*>lemagne et ,alcu91 depuis ,raban ,maur jusqu' ,alex&re de ,vill$ieu1 et depuis le ,x,i,ie sicle jusqu' la ,r5aissance4 ,or1 dans cette longue priode1 il le montre p>t\t admis p> l'autorit religieuse1 qui n'avait qu' dire un seul mot p\r le supprim]4 ,il cite mme ce sujet les dcisions du concile de ,tr5te4 ,mais1 selon n\s1 si les faits cits sont inconte/ables1 n\s croyons que le savant jsuite en a tir de fausses conclusions2 et c'e/ surt\t qu& on a lu cette hi/oire des tudes classiques que ,sa9t-,bonnet p>at seul avoir saisi la "q l o elle e/ rellem5t1 c'e/--dire dans l'tat effrayant de la p5se europenne et dans la nature de l'esprit huma94 ,et1 n\s le rptons en f9issant1 il n'y a que l1 en effet1 qu'on puisse tr\v] la raison sans rplique qui dom9e t\t le dbat rappel p> n\s auj\rd'hui4 ,p>t\t ailleurs t\s les argum5ts sont enta*s de faiblesse4 ,ils pli5t qu& on les presse un peu4 ,mme le gr& argum5t invoqu p> le ,p4 ,daniel1 et le meilleur de t\te sa ?se3 ,que l'homme qui enseigne e/ plus que l'enseignem5t1 et que l o le matre e/ excell5t les mauvaises doctr9es devi5n5t innoc5tes1 cet argum5t n'e/ pas1 au fond1 beauc\p plus solide que les autres1 et l'hi/oire elle-mme ne s'e/-elle pas *>ge de le rfut]8 ,c]tes6 s'il fut jamais des hommes dignes de port] dans leurs sa9tes ma9s le coeur et le c]veau de l'enfant1 ces dlicats et purs calices que la vrit doit remplir et qui re/5t fls ou t]nis p\r t\j\rs ds qu'un peu de poison de l'erreur y c\le1 ne sont-ce pas les ,jsuites1 les pres de la foi1 les pres aussi de la p5se1 ces premi]s ducateurs du monde8444 ,eh bi51 ,voltaire et le ,x,v,i,i,ie sicle sont p\rtant sortis de *ez eux6 ,n\s ne dirons pas qu'ils en soi5t sortis comme l'enfant sort1 complet1 organis1 a*ev1 du se9 de la mre4 ,cela ne s]ait pas vrai et n\s n'avons pas beso9 d'exagr] la vrit dans l'intrt de la vrit mme4 ,mais1 enf91 l'ducation qui avait suffi jusque-l ne suffisait donc plus p\r que ,voltaire devnt444 ce qu'il e/ dev5u1 malgr ses matres1 et que le ,x,v,i,i,ie sicle ft possible8444 ,n\s prions ceux qui sp>5t la "q de l'ducation des beso9s et des prils du ,x,i,xe sicle1 p\r ne la considr] que dans la tradition de temps mo9s m5acs et mo9s pla9dre1 de v\loir bi5 song] cela4 ,,lacordaire#db ,i ,au mom5t o le ,rvr5d ,p4 ,lacordaire vi5t d'entr] l',acadmie1 la ,critique littraire doit se tr\v] heureuse d'avoir un livre du n\vel acadmici5 exam9]4 ,c'e/ deux fois une n\veaut4 ,les livres ne sont pas trs nombreux dans la vie du ,p4 ,lacordaire4 ,p\r ma "p1 il m'e/ impossible d'admettre comme un livre1 dans le s5s vritablem5t littraire du mot1 les ,confr5ces de ,notre-,dame1 improvises1 on n\s l'a dit assez en insi/ant sur ce mrite1 et si remanies depuis1 ma9 et tte reposes1 en vue de la publication4 ,re/e la ,vie de sa9t ,dom9ique1 livre mdiocre1 d'une rudition inc]ta9e1 et dont la clbrit du ,rvr5d ,p4 ,lacordaire comme orateur fit seulem5t respl5dir la mdiocrit4 ,aj\tez-y deux ou trois livres de ,mlanges1 =t l*s comme t\s les mlanges1 c'e/ l peu prs t\t1 et ce n'e/ pas bi5 gros4 ,v\s le voyez1 il fallait du r5=t peut-tre p\r expliqu] cette lection1 ds9tresse de t\t1 comme on le sait1 except de littrature1 et laquelle jusque-l p]sonne n'avait p5s1 pas mme le n\vel acadmici56 #db ,sa9te ,m>ie-,madele9e 7,pays1 #c juillet #ahfj74 ,en effet1 l'illu/ration1 trs mrite du re/e1 du ,p4 ,lacordaire1 n'e/ pas d'auj\rd'hui2 et l',acadmie1 qui1 comme t\tes les d\airires1 a t\j\rs aim les trs petits jeunes g5s et les fait t\t de suite acadmici5s leurs premi]s v]s de comdie ou de tragdie1 aurait pu1 il y a v+t-c9q ans1 avoir un jeune homme de plus dans son cr9 de jeunes hommes1 et un jeune homme qui lui aurait apport une r5omme clatante4 ,elle ddaigna d'y song]4 ,le tal5t qu'elle aurait reconnu en l'admettant dans son se9 tait1 il e/ vrai1 un tal5t oratoire2 mais l',acadmie1 qui donne des prix d'loqu5ce1 ne rpugne pas aux orateurs1 quoique le b de son in/itution ne soit pas le dveloppem5t de l'art oratoire1 mais bi5 de la littrature4 ,ne l'avait-on pas vue nomm] des vques p\r une seule oraison funbre1 et des avocats p\r des plaidoiries malheureusem5t plus nombreuses8 ,il e/ vrai que les vques sont de hauts dignitaires ecclsia/iques1 qui honor5t1 p> l'lvation de leur rang1 la compagnie dont ils font p>tie1 et il e/ vrai aussi que le fondateur de l',acadmie a v\lu honor] les lettres en les mlant ce qu'il y a1 socialem5t1 de plus lev4 ,quant aux avocats1 lorsqu'ils ont eu leur rgne dans un pays autrefois soldat1 et qui1 grce ,dieu6 l'e/ r$ev5u1 ils devai5t l'avoir aussi l',acadmie4 ,mais l'orateur que voici1 le ,p4 ,lacordaire1 n'tait qu'un simple dom9ica91 peu sympa?ique d'tat et d'op9ion messieurs les philosophes clectiques ou voltairi5s qui avai5t la bont d'lire des vques ou des rois du temps1 des avocats6 ,d'un ct1 lui1 le ,p4 ,lacordaire1 qui avait fait voeu d'humilit et qui t5ait trop son voeu p\r se donn] les so9s monda9s d'une c&idature1 p5sait encore mo9s l',acadmie que l',acadmie ne p5sait ,sa ,rvr5ce1 qu& t\t c\p l'lection1 provoque p> ,,mm4 de ,fall\x1 ,c\s9 et ,villema91 a eu lieu4 ,les titres littraires du ,p4 ,lacordaire ont donc fait pass] les philosophes sur le mo9e1 et mme le mo9e sur les philosophes1 c> le ,p4 ,lacordaire n'a pas t nomm l',acadmie avec disp5se de visite1 comme aurait pu l'tre ,brang]4 ,p>mi ces titres peu nombreux1 et encore plus nombreux qu'ap]u1 il a gliss ce livre sur ,m>ie-,madele9e1 et s'il ne l'a pas publi p\r les beso9s de son lection1 puisqu'il tait nomm qu& le livre a p>u1 on peut cep5dant trs bi5 croire qu'il l'a publi p\r la ju/ifi] ou p\r en tmoign] qui de droit sa reconnaissance4 ,malgr son sujet et son titre 7une vie de sa9te671 le livre de ,m>ie-,madele9e#dc devra t\*] l',acadmie comme un hommage4 ,cette vie de sa9te1 qui p\vait avoir le gr& c>actre f]me1 au/re1 et surnaturellem5t difiant des hagiographies dignes de ce nom1 n'a po9t cet effroyable et ennuyeux inconvni5t4 ,l'enseignem5t du prtre qu'on p\vait cra9dre y e/ remplac p> la s5tim5talit d'un philosophe1 *rti5 encore1 mais d'un *ri/ianisme qui n'e/ po9t f>\*e1 d'un *ri/ianisme humanis2 et le mo9e1 le mo9e qui inquite t\j\rs les yeux purs et dlicats de la philosophie1 s'y e/ enf9 suffisamm5t dcrass dans les ides mod]nes p\r qu'il n'en re/e ri5 absolum5t sur l'acadmici5 reluisant neuf6 #dc ,vve ,p\ssielgue-,rus&4 ,,ii ,mais ce que l',acadmie pr5dra bi5 gam5t1 je n'en d\te pas1 je le pr5ds1 moi1 avec tri/esse4 ,surprise agrable p\r elle1 le livre que voici s]a1 s9on une dception p\r qui connat fond le ,pre ,lacordaire1 au mo9s un malheur sur lequel on p\vait encore ne pas compt]4 ,religieusem5t1 ca?oliquem5t1 au po9t de vue de la doctr9e et de la direction imprim] aux esprits1 le livre du ,pre ,lacordaire e/ un malheur d'autant plus gr& que les mes sur lesquelles il n'opr]a pas1 les mes ennemies1 en v]ront trs bi5 la porte1 et s'empress]ont de la signal] comme 9vitable1 puisqu'un prtre la donne son livre4 ,or1 cette porte1 ne v\s y trompez pas6 c'e/ le s5s du sicle mme4 ,c'e/ son incl9aison v]s le t]re--t]re de t\tes *oses qui n\s emporte en bas1 hors du monde des *oses sa9tes et div9es1 et que le devoir d'un prtre de la religion surnaturelle de ,jsus-,*ri/ n'e/ pas1 je crois1 de prcipit]4 ,oui6 voil o va le livre du ,p4 ,lacordaire4 ,p5dant que son auteur va l',acadmie1 le livre1 s\s une =me respectueuse et croyante1 qui n'e/ qu'une =ce d'illusion de plus1 va au naturalisme du temps1 au rationalisme du temps1 l'humanisme du temps1 enf9 ce prosasme du temps qui doit tu] les religions comme la posie1 c> il tue les mes6 ,il y va p> une voie *rti5ne1 je le sais1 mais il n'y va pas mo9s que les livres qui y vont p> une voie impie1 que les livres de ,r5an1 de ,ta9e et de t\s les philosophes du qu>t d'heure1 p\r lesquels il n'y a plus dans le monde1 s\s une face ou s\s une autre1 que de l'humanit tudi]1 ri5 de plus4 ,qu'il aille mo9s lo9 que les livres de ces messieurs-l1 ce n'e/ pas d\teux6 ,qu'il s'arrte mi-*em91 je le vois bi52 mais qu'importe6 ,il n'en e/ pas mo9s dans la p5te1 sur laquelle t\t p5*e1 d'un univ]s qui fut si droit et si magnifiquem5t assis4 ,il y e/1 p\ssant dans cette p5te les intellig5ces re/es *rti5nes et faisant razzia d'elles1 que manqu]ai5t les livres des philosophes s'ils tai5t seuls1 et les y p\ssant au pr(it du plus t]rible entranem5t qui ait jamais m5ac le monde *rti54 ,cela p>at incroyable1 n'e/-ce pas8 v5ant d'un prtre1 d'un religieux1 du ,p4 ,lacordaire1 un gr& tal5t p>fois si lum9eux4 ,eh bi51 disons ce que c'e/ que le livre qu'il a intitul ,sa9te ,m>ie-,madele9e2 disons-le bi5 vite1 ne ft-ce que p\r tre cru6 ,,iii ,le livre de ,sa9te ,m>ie-,madele9e n'e/ pas une hi/oire la manire des *roniqueurs et des lg5daires1 lesquels pr5n5t simplem5t les faits et les rapport5t1 en les s5tant et en les exprimant *acun avec le g5re d'me et d'loqu5ce qu'il a4 ,c'e/ plus que cela et c'e/ mo9s aussi1 c> c'e/ mo9s naf4 ,c'e/ l'hi/oire intime et int]prte des s5tim5ts huma9s de sa9te ,madele9e p\r ,n4-,s4 ,jsus-,*ri/ et de ,n4-,s4 ,jsus-,*ri/ p\r elle4 ,ici1 avant d'all] plus lo91 la ,critique a beso9 de s'excus] sur le langage que le livre du ,r4 ,p4 ,lacordaire la =c]a p>l]4 ,la ,critique1 qui n'a po9t1 elle1 la ma9 sac]dotale du ,pre ,lacordaire1 tremble qu& il s'agit de t\*] cette *ose imm5se et div9e1 l'me de ,n4-,s4 ,jsus-,*ri/1 t&is que le ,r4 ,p4 ,lacordaire ne fait aucune difficult de la s\mettre1 cette me devant laquelle un ange se voil]ait1 aux re*]*es de son analyse4 ,la puret de son int5tion1 c]tes6 p]sonne n'en e/ plus sr que moi2 mais1 qu& il s'agit d'une de ces audaces d'obs]vation qui ressemble presque de l'irrvr5ce1 la puret d'int5tion sauve-t-elle t\t1 et suffit-elle p\r entr] dans ce secret1 g>d p> l'vangile1 de l'espce d'amiti qu'avait le ,sauveur p\r la ,madele9e8 ,or1 c'e/ bi5 d'amiti qu'il s'agit1 et d'amiti huma9e1 c> le livre s'ouvre ju/em5t p> la plus s+ulire ?orie sur l'amiti1 l'amiti que l'auteur met1 de son autorit prive de morali/e1 au-dessus de t\s les s5tim5ts de l'homme2 ce qui1 p> p>5?se1 e/ faux4 ,le s5tim5t de l'am\r religieux de ,dieu e/ un s5tim5t huma9 aussi1 et c'e/ l vritablem5t le plus beau2 c'e/ le premi]4 ,un prtre d'ailleurs1 et n\s sommes heureux d'avoir n\s c\vrir de l'autorit d'un prtre1 a rpondu dj cette ?orie du ,r4 ,p4 ,lacordaire1 inv5te peut-tre aprs c\p dans l'intrt de son hi/oire1--ou plutt de son roman d'amiti4 ,et j'ai dit le mot3 roman d'amiti2 c> il e/ impossible de voir l une hi/oire1 et1 malgr le fil dli de ses analyses la ,sa9te-,beuve1 le ,pre ,lacordaire n'e/ sr de ri54 ,l'hi/oire1 la vraie et la seule hi/oire des relations de ,notre-,seigneur et de sa9te ,madele9e1 c'e/ l'vangile1 l'vangile si sobre d'int]prtation1 si vivant de la seule vie du fait1 l'vangile dans lequel l'me div9e et huma9e de ,n4-,s4 ,jsus-,*ri/ se montre galem5t dans t\s ces actes que les morali/es appell5t s5sibles et sans qu'on puisse dire3 ,voici o l'homme f9it et o le ,dieu comm5ce6 tant l'homme et ,dieu sont sublimem5t consub/antiels4 ,en ne s'expliquant pas plus qu'il ne le fait sur les s5tim5ts purem5t huma9s de ,notre-,seigneur1 l'vangile1 qui e/ la vrit1 et qui devrait tre la rgle de ceux qui croi5t qu'il e/ la vrit1 l'vangile aurait d arrt] le ,r4 ,p4 ,lacordaire en ses curiosits psy*iques et l'emp*] d'all] p]dre son reg>d en cette my/rieuse spl5deur que l'vangile a pu seul rvl] dans la mesure o il fallait qu'elle ft rvle6 ,a9si1 curiosit indiscrte d'abord1 va9e ensuite1 c> elle n'ab\tit qu' des inf9im5t petits d'une apprciation444 impossible1 le livre du ,r4 ,p4 ,lacordaire n'e/ que le roman1 le roman pur1 introduit dans cette mle et simple *ose qu'on appelle l'hagiographie1 p> un esprit sans virilit6 ,c'e/ le roman mod]ne1 subtil1 maladif1 affect1 allem&1 le roman des aff9its lectives transport de ,goe! dans l'vangile1 p\r expliqu] les s5tim5ts que l'vangile avait assez expliqus1 en les voilant de son texte inviolable et sacr1 p\r la gloire de sa9te ,m>ie-,madele9e et l'dification de ceux qui croi5t en elle4 ,mais le ,pre ,lacordaire1 mod]ne lui-mme comme le roman1 a tr\v que ce n'tait pas assez que les quelques mots rayonnants dans les placidits du div9 rcit1 que les quelques faits qui donn5t ,dieu et l'homme en bloc2 il a v\lu1 qu'on me passe le mot6 y mettre plus d'homme1 et il l'a v\lu p\r m\voir les mes o il y a plus de crature huma9e que de *rti5ne2 c> ce livre--on le s5t p> t\s ses pores--e/ crit surt\t p\r les femmes1 et p\r les mes femmes1 quel que soit leur sexe4 ,prtre g> p> un bon motif1 je le veux bi51 mais g> p\rtant1 il a spcul sur le fond de la t5dresse huma9e p\r faire aim] son ,dieu en montrant l'homme aux mes dj si ple9es de l'homme qu'elles s'en vont faiblissant dans leur anci5 am\r de ,dieu6 ,eh bi51 en faisant cela1 il a risqu de faire un mal imm5se1 et1 dans l'ordre moral1 qui risque le mal l'a dj fait6 ,alors que l'homme e/ si avant dans la proccupation univ]selle1 ce n'e/ pas1 en effet1 le mom5t de lui montr] ce qu'il voit tant et de lui ca*] le ,dieu qu'il ne voit plus et ne veut plus voir4 ,non6 c'e/ le ,dieu qu'il n\s faut d'autant plus ma9t5ant6 ,c'e/ le ,dieu dans sa transc5dance1 dans son surnaturel1 son incomprh5sibilit accablante2--c> l'accablem5t vaut presque la lumire p\r une me1 puisqu'elle entre en n\s =ce de n\s cras]4 ,qu& les dogmes f9iss5t1 a9si que le dis5t insolemm5t les philosophes1 on ne les sauve pas en les dc\ronnant de leur my/re1 en dem&ant bi5 p>don p\r eux l'orgueil huma91 et en priant les philosophes d'excus] qu'il y ait un ,dieu dans ,notre-,seigneur ,jsus-,*ri/1 p>ce qu'il y avait un homme si aimable6 ,or1 voil c]ta9em5t ce que ne dit pas explicitem5t1 comme je le dis1 moi1 p\r en montr] le dang]1 le livre du ,r4 ,p4 ,lacordaire1 mais ce qu'il dit implicitem5t nanmo9s4 ,t\t ce petit roman de l'amiti de ,jsus-,*ri/ et de ,m>ie-,madele9e n\s (fre beauc\p trop ,notre-,seigneur ,jsus-,*ri/ s\s cette =me huma9e qui dem&e grce p\r sa div9it1 et qui l'obti5t de messieurs les philosophes 7de si bons pr9ces67 et des g5s bi5 levs1 des mes t5dres1 de la bonne compagnie de t\s les pays4 ,mais v\s savez bi5 quel prix6 ,dans le livre du ,r4 ,p4 ,lacordaire1 ,jsus-,*ri/ e/ t\j\rs1 c'e/ la vrit1 un tre adorable2 mais il n'e/ pas assez ,n4-,s4 ,jsus-,*ri/1 il e/ trop un homme1 un p>ticuli]1 un ami de la famille ,laz>e1 un convive avec qui1 ma foi6 il e/ trs agrable de s\p]4 ,si v\s p\ssiez un peu l'm95t dom9ica91 il v\s montr]ait peut-tre1 aprs l'ami1 dans ,jsus-,*ri/1 le bon cam>ade1 qui sait8444 ,p\r le faire plus homme1 il le f]ait peut-tre plus aimable compagnon444 ,oui6 peut-tre en f]ait-il quelque admirable compagnon du devoir du temps1 lui qui tait *>p5ti]6444 ,je m'arrte1 moi1 tremblant d'en dire trop2 mais le ,pre ,lacordaire s'arrt]ait-il dans ce dtail de l'humanit de ,jsus-,*ri/1 dans ce naturalisme d'apprciation sub/itu la difficult des my/res dont il faut p>l] mo9s p>ce que l'homme ne veut plus compr5dre que l'homme auj\rd'hui8 ,,iv ,tel e/ le livre du ,r4 ,p4 ,lacordaire4 ,je ne veux ri5 exagr]4 ,ce livre1 dont je cra9s le succs1 n'exprime pas1 la rigueur1 un t\t radicalem5t mauvais et qui doive tre rejet intgralem5t2 mais il a les corruptions du temps1 sa s5tim5talit malade1 son individualisme1 son my/icisme faux1 son rationalisme involontaire4 ,mme aprs l'avoir lu je n'ai assurm5t aucun d\te sur la foi et la pit de celui qui vi5t de l'crire2 mais je me dis que les milieux ps5t beauc\p sur les natures oratoires1 qui s'inspir5t ou se dconc]t5t s\s l'influ5ce du visage des hommes1 et le ,r4 ,p4 ,lacordaire a t un gr& orateur4 ,tal5t vibrant1 mo9s pur cep5dant que sonore1 nglig mais lgant1 frle et ple1 puis t\t c\p n]veux et brillant1 ayant l'audace d'un p>adoxe et la mollesse d'une concession1 le ,p4 ,lacordaire1 comme la plup>t des hommes1 qui sont beauc\p mieux faits qu'on ne p5se1 a les op9ions et les dfaillances d'un tal5t comme le si51 presque mulibrile1 qui se t5d ou se dt5d comme des n]fs4 ,plongez-le p> supposition dans le moy5 ge et appuyez-le sur sa9t ,?omas1 le ,p4 ,lacordaire p\rrait vis] sans inconvni5t la popul>it de ce temps-l1 sa9te ou innoc5te2 mais il e/ malheureusem5t du ,x,i,xe sicle1 o la popul>it n'e/ ni l'une ni l'autre et o il e/ plus dang]eux de la re*]*]4 ,et1 il faut bi5 le dire1 il l'a re*]*e1 et elle e/ encore1 cette heure1 l'cueil contre lequel vi5t de se heurt]1 dans sa maturit rfl*ie et qui devrait tre plus dta*e des op9ions du monde et de sa sotte e/ime1 le mme homme qui1 dans sa jeunesse1 y heurta1 hlas6 tant de tal5t1 tant de doctr9e1 et probablem5t tant de v]tus6 ,le prtre de l',oraison funbre d',o',connell2 le mo9e des clubs et de l',assemble nationale1 qui passa1 en sa robe blan*e de dom9ica91 des exam5s de civisme devant des tudiants en droit2 le j\rnali/e de l're n\velle que l'on croyait enf9 dt\rn du monde1 auquel1 disait-on1 il ne v\lait plus mme p>l] de cette voix dont le s\v5ir dev5ait plus gr& dans le sil5ce1 e/ ressorti de son clotre une fois de plus p\r dev5ir un c&idat d',acadmie1 et vi5t de pay] sa bi5v5ue dans la compagnie o il e/ entr entre deux philosophes avec ce livre de ,sa9te ,m>ie-,madele9e1 sacrifice aux ides les plus malsa9es d'une poque qui aime tant ses maladies6 ,j'ai p>l plus haut de ,r5an1 et p\rquoi faut-il que le ,r4 ,p4 ,lacordaire me le rappelle8 ,r5an1 si v\s v\s en s\v5ez1 s'e/ amus1 dans un de ses d]ni]s crits1 te9dre aut\r de la tte de nos sa9ts le nimbe d'or que la foi y allume1 malice philosophique assez semblable au mauvais s5tim5t du gam9 qui r5v]s]ait la lampe d'un sanctuaire6 ,le ,r4 ,p4 ,lacordaire ne l'te9t pas1 il e/ vrai1 ce nimbe du surnaturel et du div91 aut\r de la tte ple de ,notre-,seigneur ,jsus-,*ri/1 mais il le voile1 p\r qu'on ap]oive mieux combi5 cette tte e/ huma9em5t belle et p\r que ceux qui s\ri5t du nimbe soi5t t\*s au mo9s de la beaut du plus beau et du plus d\x des enfants des hommes4 ,en cela1 je le rpte sans avoir peur de me tromp]1 si le ,p4 ,lacordaire n'a pas fait oeuvre de philosophe complet encore il n'a pas fait oeuvre de prtre3 un prtre n'et pas tant att5dri1 tant mondanis et tant vulg>is la langue svre du ca?olicisme en abaissant1 devant les exig5ces publiques1 son surnaturel et m]veilleux idal2 un prtre ne dem&e pas p>don p\r la div9it de son ,dieu66 ,mais le prtre qui s'e/ oubli a t v5g p> l'arti/e qui n'a pas p>u2 c>1 au fond1 ri5 du tal5t d'autrefois du ,r4 ,p4 ,lacordaire n'a pass1 en brillant1 dans ce livre4 ,dev5u le ,ri*>dson trange de la ,madele9e dans cet inconcevable petit roman d'amiti entre elle et ,notre-,seigneur1 d\ comme le *evali] ,gr&isson de t\tes les p]fections huma9es1 le prtre qui a consomm une telle *ose l'a consomme dans un de ces /yles qu'on ne p\rra pas l\]1 mme l',acadmie1 mme le j\r de sa rception66 ,on le sait1 et sa vie et ses livres l'atte/5t1 le ,r4 ,p4 ,lacordaire1 comme t\s les arti/es1 et j'ai t t5t d'crire les artifici]s de la p>ole1 e/ beauc\p mo9s criva9 qu'orateur4 criva91 il e/ s\v5t faux et froid1 gu9d1 prt5tieux1 rhtorici51--oh6 rhtorici5 empoisonn de rhtorique6--et1 p> dessus t\t1 incorrect4 ,orateur1 sa langue e/ plus sa9e4 ,elle se place assez heureusem5t sur ses lvres p\r qu'elle y p>aisse plus f]me1 plus pure1 plus aile que qu& il crit4 ,d'ailleurs il y a l'motion et la voix1 transfigurant cette langue qui passe et dont il ne re/e dans le s\v5ir qu'un *o4 ,voil ce qui protge son /yle d'orateur1 mme dans ses ambitions les plus in=tunes4 ,mais sur ces pages qui re/5t l1 qu'on peut repr5dre et qu'on peut relire p\r les jug]1 ce tratre /yle crit1 qui n'a ni la voix1 ni le ge/e1 ni l'motion de la *aire qu'on a s\s les pi$s1 ni les mille yeux att5tifs du public qu'on a devant soi1 ce tratre /yle crit dnonce la mdiocrit1 ou le nant1 ou les dfauts de l'criva94 ,on les voit t\s4 ,or1 je vi5s de dire ce qu'tai5t ceux du ,r4 ,p4 ,lacordaire2 et1 v\s l'avez vu1 ils sont nombreux4 ,eh bi51 nulle "p1 ni dans sa ,vie de sa9t ,dom9ique ni dans ses ,mlanges1 les dfauts en "q n'ont t d'une plus tri/e vid5ce que dans le livre de ,sa9te ,m>ie-,madele9e1 et j'en veux donn] un exemple p> plusieurs citations1 plus conva9cantes que t\tes les critiques6 ,l'incorrection in\e du d]ni] livre du ,p4 ,lacordaire ne vi5t pas de l'ignorance de la langue ni de l'audace des nologismes ou des b>b>ismes1 qui ont quelquefois1 qu& l'criva9 a de la p5se et re/e intelligible1 la sauvage gr&eur de t\te b>b>ie4 ,elle ne vi5t pas non plus de la gau*]ie du t\r et de l'inhabitude d'crire4 ,non6 le mal e/ plus pr(ond3 elle vi5t de l'abs5ce de ju/esse dans un esprit brillant s\v5t1 mais jamais excessivem5t p> la ju/esse4 ,elle vi5t de la dclamation foncire de l'auteur dans ce livre faux de ,sa9te ,m>ie-,madele9e4 ,elle vi5t1 enf91 de ce que j'os]ai appel] dans l'criva9 le beso9 des amphig\ris4 c\tez et dites si j'ai tort6 ,voici des phrases du ,p4 ,lacordaire3 ,l'amiti--dit-il--n'a pas p\r portique un contrat qui lie des intrts4 ,ce portique de papi]1 fait p> un contrat1 qu'en p5sez-v\s8 lev] des v]tus inconnues l'humble aira9 d'une tranquille mmoire 7page #agh71 cela ne v\s e/-il pas p>faitem5t inconnu1 comme moi8 ,a la page #aj3 ,des vaisseaux sont p\sss sur la m]1 mo9s p> les v5ts que p> les trsors qu'ils port5t6 ,voil des trsors qui peuv5t remplac] la vapeur444 ,on fit mettre dans un reliquaire d'or le *ef qui reprs5tait p> excell5ce le coeur de la sa9te6 ,un *ef qui reprs5te un coeur6 ,c'e/ une n\velle anatomie2 mais je ne la crois pas excell5te6 ,voyageur aux s\v5irs de ,b?anie 7voyageur aux s\v5irs e/ aussi une n\velle espce de voyageur671 je puis fran*ir le ve/ibule 7page #fb7444 ,mais je n'ai jamais su le ve/ibule de quoi6 ,il y a des *oses qui peuv5t se rpt] p> les mes qui les ont conues1 mais qui ne peuv5t pas s'imit]4 ,si ceci veut dire quelque *ose1 ce ne peut tre qu'une fausset2 mais c'e/ l suprmem5t ce que j'appelais plus haut le beso9 des amphig\ris1 incorrection p>ticulire au livre du ,p4 ,lacordaire1 c> de ces incorrections qui ti5n5t l'abs5ce d'att5tion et la facilit dans le travail comme celle-ci1 p> exemple1 dont je p\rrais multipli] le nombre3 ,les premi]s disciples disp]ss p> la croix o ils tai5t ns 7p4 #afj71 de ces incorrections1 je n'en p>le pas4 ,ce s]ait trop long et il faut s'arrt]4 ,il faut f9ir4 ,seulem5t1 qu'on se rappelle bi5 dsormais que1 p> le temps qui c\rt1 les mo9es peuv5t entr] l',acadmie p\rvu qu'ils n'y soi5t pas trop mo9es1 et1 comme leur langue e/ p>ticulirem5t le lat91 l',acadmie1 qui e/ p>faitem5t bonne et aimable1 n'exige pas qu'ils sa*5t le franais4 ,,montalemb]t#dd ,i ,le comte de ,montalemb]t a publi les deux premi]s volumes d'un livre qu'on n'att5dait pas1 la place d'un livre qu'on n'att5dait plus4 ,les ,mo9es d',occid5t#de se sont dgags1 peu peu1 de la p5se de leur auteur4 ,ils n'tai5t po9t sa p5se premire4 ,la p5se premire de ,montalemb]t1 c'tait ,sa9t ,b]n>d4 ,t\t d'abord1 et ds sa jeunesse1 ,montalemb]t1 qui avait comm5c1 avec tant de has>d1 sa rputation p> ,sa9te lisabe? de ,hongrie1 ce vitrail de *apelle sans c\leur et sans navet1 s'tait promis d'crire plus t>d la vie de sa9t ,b]n>d4 ,ce devait tre l'oeuvre et la c\ronne de son ge mr4 ,l'ge mr e/ v5u1 mais n'a pas apport sa c\ronne4 ,le ,sa9t ,b]n>d de ,montalemb]t e/ re/ dans les mmes limbes1 peut-tre prud5tes1 o le ,grgoire ,,vii de ,villema9 e/ re/4 ,os]ai-je dire que je le conois et que je l'explique8 ,sa9t ,grgoire ,,vii et sa9t ,b]n>d sont deux gr&s et difficiles sujets1 qui dem&5t plus1 p\r les trait] dignem5t1 que de l'art oratoire1 et ,villema9 et ,montalemb]t sont p>ticulirem5t ce qu'on appelle des orateurs4 ,ils le sont de tal5t1 de gt1 et mme de prt5tion1 je crois4 #dd ,les mo9es d',occid5t 7,pays1 #ad aot #ahfj74 #de ,lec(fre et ,cie4 ,probablem5t ce fur5t les motions et les applaudissem5ts sur place de la tribune qui emp*r5t1 p5dant v+t annes1 ,montalemb]t de publi] son ,sa9t ,b]n>d et de prt5dre une gloire mo9s in/antane et plus svre4 ,la misre de t\t e/ que ri5 ne dure4 ,la misre de la gloire qui vi5t p> la p>ole1 c'e/ que1 de t\tes les gloires qui s'altr5t et qui pass5t1 elle e/ celle-l qui passe et qui s'altre le plus4 ,montalemb]t l'a-t-il compris1 dans le veuvage de la tribune dont il e/ l',artmise et qu'on ne se rappelle gures ma9t5ant que p>ce qu'il la pleure8 ,l'ennui des loisirs que lui a faits le g\v]nem5t de l'action1 sub/itu aux va9es p>ades de la p>ole1 lui a-t-il fait compr5dre qu'il faut rev5ir au livre si l'on veut vivre plus de deux j\rs dans la mmoire des hommes1 puisque enf9 l'y voil rev5u8 ,mais1 malheureusem5t1 le livre auquel il revi5t n'e/ pas ,sa9t ,b]n>d4 ,l'auteur a manqu la promesse de sa jeunesse et au rve de sa vie4 ,cela doit tre tri/e p\r lui4 ,cela doit tre tri/e p\r v\s4 ,c> ce qu'il publie ne vaut pas ce qu'il et publi s'il avait crit sur sa9t ,b]n>d4 ,et voici p\rquoi4 ,p> cela mme qu'un sujet a mo9s d't5due1 t\t homme intellig5t qui y t\*e le creuse davantage4 ,il fait comme ,napolon la gu]re3 il conc5tre ses =ces sur un po9t donn4 ,cela e/ d'autant plus vrai que t\t le monde1 mme intellig5t1 n'e/ pas taill p\r se p]mettre la gr&e hi/oire la ,tite-,live et la ,gibbon4 ,aux hi/ori5s d'hale9e c\rte1 il re/e la biographie4 ,montalemb]t1 qui n\s donne auj\rd'hui les ,mo9es d',occid5t1 n\s et plus donn en n\s donnant mo9s4 ,au lieu de t\s les mo9es1 n\s en aurions mieux aim un seul1 mais frapp comme il et pu l'tre4 ,montalemb]t a eu l'ambition plus gr&e1 ou peut-tre l'a-t-il eue plus petite444 ,qui sait8 ,aprs avoir tt ce fi] sujet de sa9t ,b]n>d1 qui n'e/ pas un aroli! tomb dans l'hi/oire1 mais qui a des rac9es dans le pass qu'il faut dc\vrir1 et d'autres rac9es dans l'av5ir qu'il faut suivre encore1 ,montalemb]t1 qui les habitudes oratoires ont t le degr d'att5tion ncessaire p\r appr(ondir un sujet1 a laiss l le si51 mais du mo9s a v\lu utilis] les lectures qu'il avait faites p\r le trait]4 ,les ,mo9es d',occid5t p\rrai5t bi5 n'tre que les docum5ts et les notes dont le ,sa9t ,b]n>d devait sortir4 ,au lieu de la /atue1 n\s avons444 quoi6 la glaise avec laquelle on la prp>e6 ,de cette glaise seulem5t le sculpteur a m\l1 d'un p\ce plus mode/e que h>di1 une f\le de petites /atuettes la file les unes des autres1 bonnes t\t au plus p\r la plan*ette d'un oratoire4 ,mais la /atue1 la gr&e /atue1--de m>bre ou de bronze1--n\s ne l'avons pas6 ,,ii ,et cette file de /atuettes-pygmes va cont9u]4 ,les deux volumes de ,montalemb]t se t]m95t avant l'an #hjj4 ,or1 l'ouvrage1 p\r remplir son titre1 doit all] jusqu' la rvolution franaise p\r le mo9s1 c> aprs la mort des mo9es d',occid5t il y a 7heureusem5t67 leur r5aissance4 ,n\s aurons donc--agrable av5ir6--p5dant dix volumes1 de c9q c5ts pages *acun1 une hi/oire faite avec des lg5des de v+t lignes1--et je ne me pla9s pas des lg5des1 je ne me pla9s que de leur brivet6--des lg5des qui ne sont pas dores1 celles-l1 c>1 v\s le v]rez t\t l'heure1 elles sont crites avec une ma9 l\rde et une encre opaque4 ,au lieu d'une hi/oire qui se ti5ne1 comme une fresque1 dans une unit brillante ou pr(onde1 n\s aurons une hi/oire morcele en panneaux troits1 avec un semis de petits mdaillons gr&s comme le fond de la ma9 et uni=mm5t petits1 quoique dj il y ait1 p>mi t\s ces mo9es oublis de l'hi/oire1 p>mi t\te cette masse imm5se de violettes de sa9tet humble qui tr\v5t1 elles6 leur naturelle encadrure dans la simple vignette d'un missel1 deux trois figures comme celles de sa9t ,b5ot1 de sa9t ,grgoire1 de sa9t ,colomban1 lesquelles1 de gr&eur1 rpugn5t entr] dans le c]cle tranglant d'un mdaillon1 et qui1 si on ose les y mettre1 le font clat]6 ,et ce n'e/ pas t\t le mal encore4 ,le mal n'e/ pas d'avoir crit une hi/oire des ,mo9es d',occid5t p\r les beso9s du microscope1 ce qui e/ la faute de ,montalemb]t4 ,il y en a un autre qui e/ la faute du sujet1 si faute on peut dire1 mais que ,montalemb]t n'a pas dim9ue4 ,cette faute1 c'e/ que t\s ces mdaillons multiplis outre mesure1 t\s ces pr(ils fuyants de mo9es qui ne fui5t pas assez1 manqu5t de v>it1--et je prie qu'on soit att5tif la raison que j'en vais donn]4 ,ils manqu5t de v>it p>ce que ces mo9es1 qui fur5t des sa9ts1 se ressembl5t de la ressemblance absolue de leur p]fection4 ,gr&s1 t\s6 devant ,dieu1 p> la foi1 p> l'abngation1 p> l'oeuvre collective1 ils ont comme l'id5tit de la mme v]tu1 de la mme sagesse1 de la mme sa9tet1 et on p\rrait t\s les pr5dre les uns p\r les autres si ,dieu n'avait pas donn quelques-uns d'entre eux la diffr5ce qui compte devant l'hi/oire1 la diffr5ce ou d'un de ces c>actres ou d'un de ces gnies qui1 en att5dant l'galit du ciel1 font la gloire et l'orig9alit p>mi n\s4 ,oui6 t\t de mme qu'en m]1 en pla9e ou sur le sommet d'une montagne1 une implacable lumire bl\it et f9it p> produire au reg>d une monotonie d\l\reuse1 de mme ici cette implacable p]fection des sa9ts n\s fatigue contempl] dans son inv>iabilit t]nelle4 ,je l'ai dit1 c'e/ la faute du sujet1 mais ri5 *ez celui qui n\s le montre n'irise le rayon de cette p]fection sans ta*e et sans nuance1 comme la lumire pure1 p\r n\s le faire support]6 ,montalemb]t1 dans la conception et la con/ruction de son livre1 s'e/ donc bris deux cueils4 ,il l'a dtaill et rapetiss1 croyant1 bi5 tort1 qu'en rapetissant et en dtaillant un sujet on le fait mieux voir et mieux t5ir1 et il n'a pas su vit] la monotonie1 la monotonie qui vi5t p>fois de la beaut et de la pr(ondeur des *oses1 mais que cette misrable petite crature phmre qui s'appelle l'homme ne peut pas longtemps support]4 ,tel e/ le d\ble dfaut capital de l'hi/oire de ,montalemb]t4 ,il en a1 du re/e1 s5ti la moiti4 ,il a s5ti le dfaut qui ne v5ait pas de lui3 la monotonie4 ,mais1 s'il conv5ait de celle-l1 c'tait une raison p\r ne pas y aj\t] la si5ne4 ,dans une trs longue introduction1 qui f9it humblem5t mais dont l'humilit se prolonge un peu trop et a l'air trop fanf>e 7je m'arrte ce mot qu'on p\rrait allong]71 ,montalemb]t a consci5ce de son oeuvre4 ,le pre e/ inquiet p\r l'enfant4 ,il ne tremble pas p\r son livre1 oh6 je ne le crois pas si pusillanime que cela6 ,mais il e/ visiblem5t emb>rass de ce qu'il devi5dra et surt\t de ce qu'il vaut4 ,emb>ras qui me t\*e1 que j'p\se et que je p>tage1 mais non t\t enti] et la manire pat]nelle4 ,en effet1 je ne sais gures--pas plus que ,montalemb]t--ce que devi5dra son hi/oire ici prs5te1 mais je crois savoir ce qu'elle vaut1 et je veux mme essay]1 s'il veut bi5 me le p]mettre1 de le lui montr]4 ,,iii ,eh bi51 d'abord1 c'e/ une bonne int5tion et une noble p5se6 ,c'e/ un livre *rti51 entrepris p\r exalt] l'oeuvre t]nellem5t glorieuse de l'glise1 un livre enf9 dont la doctr9e e/ pure et le s5tim5t trs droit4 ,mais1 le fond or?odoxe du livre mis de ct1 il re/e1 aux yeux de la ,critique littraire444 t\t le livre1 et le livre ne satisfait ni le critique ni mme le *rti51 qui sait ce que peut tre la prdication d'un livre bi5 fait4 ,le livre de ,montalemb]t a un tort suprme4 ,il rpte ce qui a t dit mieux444 ,c'e/ l'apologie des ordres religieux1 qu'on ne p\rra jamais trop faire1 qu& on la f]a bi52 mais cette apologie n\velle e/ sans n\veaut4 ,elle e/ sans clat1 sans posie1 sans manire de t\rn] les *oses ou de les ret\rn]1 c> on les a vues dans ce s5s-l bi5 des fois1--malheureusem5t bi5 des fois6 ,aprs ,*ateaubri&1 ce n'e/ pas le ,gnie du ,*ri/ianisme1 mais c'e/ le *ri/ianisme sans gnie4 ,assurm5t1 si n\s faisons de ce livre1 tel quel1 le cat*isme de l'ignorance1 il s]a intressant encore4 ,les faits qu'il voque sont si beaux6 ,mais il s'agit de livre et non de cat*isme1 de lettrs et non d'ignorants4 ,or1 p\r peu qu'on ait rafra*i ou brl son front aux sublimes *oses que le *ri/ianisme a fait jaillir de l'me huma9e en y dbordant1 p\r peu qu'on ait lu la ,vie des ,sa9ts1 les ,pres du ,ds]t1 la ,*ronique des mona/res1 dev5ue en ces d]ni]s temps de l'hi/oire sans laquelle il n'y a plus d'hi/oire d'aucune espce dans l',europe dsori5te1 l'hi/oire des ,mo9es d',occid5t de ,montalemb]t ne p>atra plus que ce qu'elle e/1 c'e/--dire plusieurs gr&s et puissants livres dim9us en un seul4 ,ne voil-t-il pas un magnifique rsultat6 ,laissons p\r le mom5t la composition mme du livre1 qui ne sait pas faire pr(ondm5t et magi/ralem5t l'hi/oire d'une influ5ce sans se p]dre dans les feux de file des faits1 ou qui1 faisant l'hi/oire des faits1 s'y p]d encore1 c> il ne peut les donn] t\s et il n'y a pas de raisons p\r qu'il *oisisse plus les uns que les autres2 laissons cette maladroite succession de lg5des qui ne fait pas l'unit d'un livre1 c> se suivre n'e/ pas s'en*an]1 et1 dans l'excution de l'hi/oire de ,montalemb]t1 dem&ons-n\s ce qu'il y a de plus que des traductions assez fidles et des transcriptions trs honntes1 c> les notes du bas des pages1 malgr leur place1 sont suprieures l'en-haut1 et l'auteur n'a pas cra9t la comp>aison4 ,traductions et transcriptions6 ri5 de plus4 ,mais ces traductions fragm5tes n\s aurions prfr une traduction intgrale des livres dont ces fragm5ts sont tirs1 et1 p\r les transcriptions1 c'e/ de mme4 ,n\s aim]ions mieux lire *ez eux qu'ici les auteurs que ,montalemb]t cite1 p>ce que1 *ez eux1 ils sont complets1 et qu'ici ils ne le sont pas4 ,p>fois1 cep5dant1 il e/ vrai1 ,montalemb]t aj\te quelque *ose de son cru aux allusions qu'il fait des autres4 ,je n'ai po9t oubli1 p> exemple1 l'ide heureuse qui ouvre aux mo9es la succession de ces deux gr&s trpasss hi/oriques dont l'un e/ t\*ant et l'autre sublime1 les esclaves et les m>tyrs4 ,je n'ai pas oubli non plus beauc\p de pages judicieuses2 mais judicieuses dans t\t ce que la signification de ce mot a de plus pde/re4 ,ne v\s y trompez pas6 ,si la vue de l'auteur des ,mo9es d',occid5t s'lve ou si son /yle s'avise de brill]1 c'e/ qu'un autre que lui reg>de p> son oeil et crit p> sa ma96 ,a9si1 qu& il dgage 7page #ed1 #b;e vol47 le rapport saisissant de la rgle de sa9t ,b5ot et de la fodalit qui va natre1 il e/ frappant2 mais il exprime1 de son aveu1 une ide du ,p4 ,pitra1 un mo9e de nos j\rs1 un ,mabillon mod]ne aussi savant que le ,mabillon anci51 mais avec la posie en sus4 ,a9si encore1 lorsqu'il rapporte quelque miracle et qu'il le raconte avec une expression imposante1 c'e/ que l'expression e/ de sa9t ,grgoire le ,gr&1 dont les lettres1 en cette hi/oire des ,mo9es d',occid5t1 font t\t plir6 ,ce n'e/ pas t\t4 ,si un mot t9celant ou pntrant y c>actrise avec clat ou pr(ondeur une in/itution ou un homme1 c'e/ que ce mot e/ de ,bossuet1 de ,bossuet1 qui fait r5tr] du c\p dans l'ombre t\te la page o il e/ cit6 ,si des erreurs y sont signales comme celles-l que ,mi*elet et ,alexis de ,sa9t-,prie/ s\fflr5t sur la mmoire de sa9t ,colomban1 de leurs b\*es puriles acc\tumes faire des bulles de savon1 c'e/ le doigt bni de cet adorable abb ,gor9i1 dont n\s sommes t\s en deuil1 qui les indique et qui les crve6 ,s'il y a un de ces traits de pe9tre qui re/5t1 vivants et t5aces1 sur la toile de nos esprits1 comme1 p> exemple1 celui de ces l\ps affams qui1 de leurs flancs amaigris1 faisai5t ce9ture aux mona/res1 et1 de leurs hurlem5ts1 repons aux psaumes *ants p> les mo9es1 aux (fices de nuit1 allez6 il n'e/ pas de ,montalemb]t1 ce trait pittoresque6 mais d'un criva9 f>\*em5t n]gique1 d'un pe9tre de pirates conv]tis1 d',ord]ic ,vital4 ,enf91 si le rcit de l'auteur des ,mo9es d',occid5t r\le1 comme une p]le1 quelque lg5de prise cette fonta9e de l>mes qui filtre l'image d'un ciel r5v]s entre t\tes les ru9es de l'hi/oire1 la lg5de a t tr\ve dj p> quelque p*eur aux lg5des et aux p]les comme ,m4 de la ,villem>qu4 ,lg5des1 pe9tures1 rfutations1 miracles raconts de manire c\p] l'insol5t sifflet des rieurs1 ap]u1 dom9ation petite ou gr&e de l'hi/oire1 de quelque ct que ce soit ri5 n'app>ti5t en propre et en premi] ,montalemb]t1 si ce n'e/ ce qui app>ti5t t\j\rs t\t homme dans t\t livre1--le /yle qu'il y met4 ,or1 le /yle de ,montalemb]t ne fut jamais trs littraire4 ,c'e/ un /yle d'orateur1 d\ p\r pr9cipale qualit de cette espce de =ce dans l'ide et l'expression vulgaires qui explique1 du re/e1 t\t l'asc5dant de l'orateur4 ,,iv ,c'e/ un orateur1 en effet1 et un orateur dpays dans la littrature1 que ,montalemb]t4 ,polmi/e1 antiquaire1 pair de ,france1 dput1 il n'a jamais t autre *ose qu'un orateur1 t\tes les poques de sa vie4 ,la =me s9e qua non de son esprit1 c'e/ le disc\rs4 ,j'ai p>l plus haut de ,villema91 qui n'e/ po9t c]ta9em5t un b>b>e comme le ,cimbre qui n'osa tu] ,m>ius1 mais qui n'a pas os non plus tu] ,grgoire ,,vii2 mais ,villema9 e/1 dans l'ordre des orateurs1 un p>leur trs arrang1 qui pile des phrases1 sceptique t\t si ce n'e/ la rhtorique et l'or?ographe1 t&is que ,montalemb]t e/ un homme conva9cu t\j\rs1 s\v5t passionn1 l\rd habituellem5t1 mais brusque et vrai1 en somme1 quoique de temps en temps dclamateur4 ,une seule fois dans sa vie1 p\rtant1 ,montalemb]t oublia qu'il tait orateur et se crut pote4 ,ce fut qu& il crivit cette ,sa9te lisabe? de ,hongrie1 s9cre peu prs comme les posies de ,clotilde de ,surville sont franaises4 ,mais cette di/raction ne dura pas1 et auj\rd'hui1 jusque dans cette ,hi/oire des ,mo9es d',occid5t1 l'orateur qu'il n'a jamais cess d'tre se montre plus que jamais et il y va mme jusqu' la faiblesse des prosopopes3 ,et ma9t5ant acc\rez1 b>b>es6 s'crie-t-il1 et ce qui acc\rt1 ce n'e/ pas le tal5t et le tal5t d'un hi/ori5 c\p sr4 ,mais qui s'en tonn]ait ne connatrait pas l'ess5ce oratoire4 ,t\t orateur a du dclamateur en lui4 ,c'e/ vice de con=mation et de nature4 ,mais alors qu'il ne dclame pas1 alors qu'il e/ le plus heureusem5t et le plus purem5t orateur1 il a1 de nature et de con=mation aussi1 cette =ce d'expression et d'ide vulgaire dont je p>lais t\t l'heure1 et qui l'emp*]a t\j\rs d'atte9dre la hauteur de p5se et la conc5tration de =me du gr& criva94 ,t\t gr& orateur1 ou plutt t\t orateur quelconque1 v]rait s'int]rompre t\t c\p et s'abolir le rapport qu'il y a entre lui et son public s'il n'tait pas un peu vulgaire comme ces f\les auxquelles il a affaire et avec lesquelles il doit s'ent5dre p\r les entran]4 ,pr5ez-les t\s1 si v\s v\lez1 et *]*ez s'ils n'avai5t pas t\s cette =ce dans la vulg>it qui e/ leur fond mme6 ,les plus gr&s1 je le sais1 comm5c5t p> ,dmo/hne 7mais ,dmo/hne1 quoi de plus que le bon s5s d'une place publique871 et f9iss5t p> ,o',connell1 un sublime b\ffon de ,%akespe>e qui a grimp sur les hu/+s6 ,quant ,bossuet1 n'en p>lons pas6 ,ce n'e/ pas un homme1 c'e/ un miracle4 ,il s'e/ c\* sur les prophtes morts comme ,samuel sur la femme qu'il rappela la vie1 et ces gr&s morts ressuscitr5t dans son gnie4 ,bossuet1 qui composait ses s]mons g5\x comme sa9t ,*>les ,borrome1 n'e/ pas un orateur huma94 ,c'e/ un inspir4 ,je dem&e donc une exception p\r ,bossuet6 ,lui n'a jamais beso9 d'tre vulgaire1 et1 qu& il l'e/ p> l'expression1 c'e/ p\r relev] d'autant sa p5se sur le contra/e4 ,mais ceux-l qui ne sont ni ,bossuet1 que ne peut tre p]sonne1 ni ,dmo/hnes1 ni ,o',connell1 ni mme ,mirabeau1 et qui desc5d5t jusqu' ,m4 ,l$ru-,roll91 avec leur "p de tal5t et d'influ5ce1 ceux-l ont beso9 de la v]ve ou de la =ce dans les ides communes4 ,or1 du temps que ,montalemb]t p>lait au lieu d'crire1 il les avait4 ,on ne voyait pas brill] sur sa lvre le rayon qui n'e/ pas s\s sa plume1 mais il y avait p>fois un mordant d'ironie qui brlait sans clair4 ,il avait le c\p de gorge /rid5t et le m\vem5t t\j\rs prt des =tes m*oires oratoires4 ,seulem5t1 on n'improvise pas avec cela1 du soir p\r le mat91 un tal5t rel de littrature ou d'hi/oire6 ,et voil p\rquoi les ,mo9es d',occid5t ne sont pas une hi/oire1 mais une oraison1--oratio444 pro mona*is1--et une oraison444 jaculatoire1 trs s\v5t1 c> la foi--une foi dont je ne s\ris pas1 mais que je respecte au contraire1--y avive les lancem5ts de l'orateur4 ,le seul tal5t que j'y reconnaisse1 c'e/ ce tal5t sonore et pais de l'orateur1 qui n'a ni les f9esses1 ni les nuances1 ni les mille =tunes savantes de l'art d'crire4 ,sans le ge/e de la phrase1 qui d'ailleurs ne v>ie pas et qui remue t\tes ces ides assez communes1 dbites p>t\t1 sur la *ute de l'empire roma91 sur les ,b>b>es1 sur les premires gr&eurs morales du *ri/ianisme1 v\s n'avez plus l1 s\s le nom de ,montalemb]t1 que le /yle et les ap]u du ,correspondant1 c'e/--dire de la ,revue des ,deux ,mondes en s\tane4 ,voil t\t6 ,dans des notes1 comb9es sans d\te p\r ress]r] des li5s dj *]s1 ,montalemb]t n'a pas manqu de n\s prs5t] t\t le p]sonnel du ,correspondant1 vivants et morts1 et sa scrupuleuse exactitude nomm] t\t le monde et n'oubli] p]sonne du cnacle dont il e/ l'oracle e/ telle qu'on f9it p> ne plus savoir si les ,mo9es d',occid5t1 cette suite de petites hi/oires transcrites et traduites d'hi/oires plus longues et mieux racontes1 sont1 tels que les voil1 une besogne faite p> un seul homme ou p> sa petite socit4 ,,philosophie ,,positive#df ,i ,e/-ce elle qui s'lve1 cette doctr9e1--si cela peut s'appel] une doctr9e8--ou plutt e/-ce le monde philosophique qui s'abaisse8 ,mais elle n'tait presque pas1 elle rasait la t]re1 on la voyait pe9e1 et voici que depuis quelque temps la rampante bte s'e/ r$resse1 qu'elle se nettoie comme elle peut de ses orig9es1 que l'aile lui p\sse1 cette aile de papi] sur laquelle les sottises vont si lo91 et qu'elle s]a peut-tre une hydre1 un dragon mille ttes sans c]velle dema96 ,le positivisme1 voil dj le nom qu'on donne ma9t5ant ce qui fut t\t d'abord la religion et la philosophie positive6 ,qu& l'ide enfonce la grammaire1 c'e/ qu'elle e/ dj =te dans les esprits4 ,le positivisme1 voil le nom b>b>e de cette *ose qui fut une folie p>faitem5t c>actrise dans le c]veau tr\bl qui la conut1 et dont auj\rd'hui les uns veul5t faire une religion encore1 et les autres1 plus mal9s1 simplem5t une philosophie4 ,cela suffirait bi56444 #df ,exposition de la religion et de la philosophie positive1 p> ,cle/9 de ,blignires2 ,p>oles de philosophie positive1 p> ,littr 7,pays1 #bi mai #ahfj74 ,or1 c'e/ de ceux-ci1 les mal9s1 que je veux exclusivem5t p>l] auj\rd'hui4 ,je ne veux m'occup] ni occup] mes lecteurs des ins5ss et des imbcilles qu',augu/e ,comte1 mort rcemm5t1 a laisss aprs lui p\r rp&re la religion qu'il a fonde1 et qui fonctionn5t1 eux et leur culte1 p\r le mom5t1 dans quelque gr5i]4 ,non6 je ne veux p>l] que des philosophes et non pas des prtres positivi/es1 des philosophes1 qui prt5d5t tir] une gr&e doctr9e des six volumes de fatras qu',augu/e ,comte a lgus444 aux v]s de la t]re1 et qui font actuellem5t de si gr&s ef=ts p\r ca*] le ridicule fondam5tal de leur gr& homme4 ,ce sont ceux-l1 en effet1 qui sont dang]eux2 ce sont ceux-l qui p\rrai5t faire croire1 si on les laissait faire1 au gnie d'un criva9 qui n'en avait pas1 mme ml de la folie1 et p> consqu5t p\rrai5t donn] ses ides un asc5dant que l'ide de gnie donne t\j\rs1 dans ce pays-ci1 aux op9ions d'un homme4 ,les autres444 les autres iront naturellem5t tomb] dans le gr& sac m>ionnettes o sont tombs1 successivem5t engl\tis1 t\s les dieux du ,x,i,xe sicle et leurs div]s cl]gs1 ,le ,mapah1 ,jean ,j\rnet1 ,?\reil1 les phalan/ri5s avec leur queue1 les sa9t-simoni5s et leur tunique1 et ils n'ont beso9 de p]sonne p\r les p\ss] dans ce sac-l4 ,,ii ,cette sp>ation trs m>que entre les ,talapo9s du positivisme et ses philosophes1 s9on plus positifs au mo9s plus rassis et surt\t plus habiles1 exi/ait dj du temps du prophte et du dieu2 mais c'e/ depuis sa mort que cette sp>ation s'e/ n]giquem5t accuse1 et on le conoit4 ,tant que le dieu tait l1 il n'tait pas prud5t de p>l] de sa sagesse1 c> il p\vait se livr] des inc>tades crbrales n\velles qui aurai5t t\t dconc]t4 ,une fois mort1 au contraire1 on ne le craignait plus2 on tait tranquille4 ,on connaissait exactem5t le bloc de folies qu'il fallait prudemm5t ent]r]4 ,on t5ait l'obus =midable qu'il fallait emp*]1 p> t\s les moy5s1 d'clat]4 ,jusque-l1 on avait eu assez de *ance1 ,augu/e ,comte n'a jamais eu la clbrit ret5tissante de ,sa9t-,simon ou de ,f\ri]4 ,le has>d avait paissi aut\r de lui cette obscurit qui r5d les hommes plus gr&s1 qu& ils sont gr&s1 comme l'ombre fait les diamants plus beaux4 ,t\t s'tait pass d'abord dans un co9 de l'cole polyte*nique1 d'o on l'avait *ass p\r cause de doctr9e malsante et malsa9e4 ,puis1 dans un c]cle =t troit1 on avait1 p5dant v+t ans1 ent5du cette voix pre1 ob/9e1 pesante1 ne portant pas lo91 et qui avait cep5dant la prt5tion d'in/ruire la t]re et de la *ang]4 ,mais1 hors de ce c]cle1 ri5 ou peu de *ose4 ,le monde1 auquel on avait s]vi tant de religions depuis un qu>t de sicle1 tait si repu de ce g5re de folies qu'il ne fit nulle att5tion celle d',augu/e ,comte1 laquelle ressortait nanmo9s en haute b\ffonn]ie sur celles qu'on lui avait s]vies jusque-l4 ,la religion de ce my/ique sans ,dieu tait l'humanisme1 c'e/--dire la dification de l'humanit 7ide commune1 du re/e1 t\s ces fabricants de religions672 mais c'tait la dification de l'humanit p> la femme1 et le culte de cette religion fut l'adoration de la femme1 qui1 dans un temps qu'on ne prcisait pas1 devait faire des enfants t\te seule444 ,je me cont5t]ai de ce lg] dtail p\r donn] une ide de cet illum9 tnbreux et t5dresse pleurni*euse1 malgr ses ma?matiques1 qui quelques vieilles femmes et quelques trs jeunes g5s fir5t une r5te1 mais dont le dv\em5t ne put le tir] du fond de son puits o il re/a2--seul rapport qu'il et jamais1 le pauvre homme6 avec la vrit4 ,mais1 encore une fois1 auj\rd'hui qu'il e/ mort1 et bi5 mort1 voil qu'on l'en tire1 et qu'aprs l'avoir bi5 lav1 pong et essuy de cette religion qui p\rrait bi5 t\t p]dre1 on le donne p\r un imm5se philosophe dont la philosophie doit tre la seule religion des temps futurs4 ,comme cela1 v\s compr5ez8 le t\r e/ fait4 ,laissons le my/agogue2 pr5ons le philosophe4 ,et on l'a pris4 ,les bro*ures se sont multiplies4 ,on s'e/ gliss et tortill dans quelques gr&s j\rnaux1 et hi] encore un homme considrable1 ,littr1 y crivait ces ,p>oles de philosophie positive#dg qu'il n\s donne en bro*ure auj\rd'hui1 et dans lesquelles il se vante d'tre le disciple de ,comte et le propagateur humble et dv\ du positivisme1 dont au fond il se croit peut-tre le sa9t ,paul4 ,que le plus gr& sa9t du ca?olicisme lui p>donne6 ,il n'en s]a jamais que le ,considrant4 #dg ,delahays4 ,or1 prcism5t1 ,littr e/ un de ces habiles dont n\s p>lions t\t l'heure qui font la bonne di/9ction1 dans ,augu/e ,comte1 du fondateur de religion et du philosophe4 ,homme d'esprit1 qui a le s5tim5t du ridicule1 ce s5tim5t prs]vateur1 ,littr cra9drait de jur] qu'il croit l'difice religieux et social bti p> ,comte p\r abrit]1 s\s sa c\pole1 les gnrations de l'av5ir4 ,il e/ mdec94 ,il se connat mieux en folies que ,cle/9 de ,blignires p> exemple1 plus en?\sia/e1 plus empaum1 et qui a os 7 imprud5ce67 intitul] son livre ,exposition de la philosophie et de la religion positive#dh1 au lieu de l'appel] ,exposition de la philosophie positive t\t simplem5t4 ,je sais qu'il y p>le peu de cette religion et qu'il la fond avec la philosophie dans les d]nires pages de son crit4 ,je sais que les gr&s ridicules y sont e/omps4 ,mais cep5dant on les y ap]oit encore s\s l'e/ompe de prcaution qui les c\vre4 #dh ,*am]ot4 ,et1 en effet1 n\s sommes pratiques1 et n\s v\lons tre populaires4 ,cle/9 de ,blignires e/1 en ,france1 le vulg>isateur philosophique d',augu/e ,comte comme miss ,m>t9eau l'e/ en ,anglet]re4 ,il ne doit donc /rictem5t p>l] que de philosophie et n'avoir pas de di/ractions4 ,dans le titre de son travail je tr\ve le mot expressif d'exposition abrge et populaire4 ,v\s le voyez6 n\s n'en sommes plus l'rudition et la p5se qui ddaign5t de desc5dre de leurs sommets6 ,non6 n\s v\lons mettre l',acadmie des sci5ces dans la rue1 en att5dant que n\s la mettions dans l'glise1 et vive la sci5ce6 comme dit ,m4 ,j\rda94 ,,iii ,c'e/ t\j\rs un vnem5t grave que l'app>ition dans ce monde d'une philosophie n\velle1 quelle qu'elle soit4 ,la mo9s =te et la mo9s fconde e/ encore prolifique et fait des petits4 ,si ces petits sont trs petits1 c'e/ t\j\rs au mo9s un g5re d'insectes incommodes1 une malpropret du c]veau4 ,mais ici les insectes qui m5ac5t s]ai5t trs gros s'ils v5ai5t natre444 ,la philosophie de ,comte e/ assez fausse p\r all] trs lo91 et elle n'a mme d'autre raison de s'arrt] que sa prt5tion d'tre une religion p>-dessus le m>* d'une philosophie4 ,dans l'tat actuel de ce pauvre esprit huma91 qui se croit un esprit trs =t1 ceci la compromet4 ,mais1 sans sa prt5tion tre une religion1 elle a bi51 je v\s assure1 t\t ce qu'il faut p\r dompt] la p5se publique4 ,elle doit lui plaire p> son app>5te simplicit de po9t de vue et de dduction1 et la faire trembl] p> les connaissances t]ribles qu'elle exige444 ,or1 la p5se publique1 en ,france surt\t1 ressemble aux femmes1 qui doiv5t t\j\rs un peu trembl] p\r bi5 n\s aim]4 ,t\te cette ma?matique1 voyez-v\s1 t\te cette a/ronomie1 t\te cette physique1 t\te cette *imie1 t\te cette biologie1 t\te cette sci5ce sociale1 p\r arriv] tre philosophe1 c'e/--dire savoir deux mots de morale1 deux simples mots sur ses devoirs1 ah6 voil qui produit un rude effet sur l'ignorant et qui l'ag5\ille6 ,t&is qu'au contraire la facilit de compr5dre le sy/me1 trs peu compliqu1 de ,comte1 comme v\s allez le voir1 *>me t\s les sup]ficiels1 t\s les g5s qui donn5t une *iqu5aude leur jabot et qui pir\ett5t4 ,or1 qui a p\r soi messieurs les ignorants et messieurs les sup]ficiels1 doit tre un homme firem5t accompagn6 ,et si v\s y joignez cette autre v>it florissante1 les jugeurs1 les sol5nels1 les hommes-tribunaux1 les ,p]r9s-,d&9s1 presque aussi communs que les ,georges1 pris assez subtilem5t la petite trappe de l'imp>tialit1 v\s avez l'op9ion t\t entire1 ou au mo9s ses =ces les plus vives1 et c'e/ le cas prs5t p\r ,comte4 ,il a la r\]ie d'tre imp>tial4 ,il se di/+ue des autres philosophes1 qui trait5t le pass avec l'insol5ce du prs5t1 et il le salue comme un mort1 il e/ vrai1 mais il le salue6 ,positivem5t1 dans la grossiret univ]selle1 il a la dc5ce du c\p de *apeau4 ,il e/ donc r$\table1 ou du mo9s p\rrait l'tre1 et voil p\rquoi n\s v\lons v\s p>l] de cet homme1 qui1 si on laissait faire ses amis1 devi5drait relativem5t puissant1 en raison de ses affectations et de ses impuissances4 ,voil p\rquoi n\s v\lons v\s expos] brivem5t1 mais intgralem5t p\rtant1 cette philosophie pdantesque et b\ffie1 qui ca*e un vide pr(ond s\s sa b\ffissure et son talage sci5tifique4 ,l'expos] suffira1 c> elle e/ ju/em5t de ces doctr9es auxquelles la meilleure rponse qu'il y ait faire e/ celle qu'on leur fait444 seulem5t en les exposant4 ,,iv ,il e/ des rappro*em5ts s+uli]s et gais444 mme en philosophie4 ,comte a p\r homonyme un homme dont on a beauc\p p>l autrefois4 ,comme ,comte le philosophe1 cet autre ,comte faisait aussi de la sci5ce sa manire1 c> il tait physici52 mais la physique qu'il faisait tait amusante4 ,disons le mot3 il escamotait4 ,eh bi51 voici qui a lieu d'tonn]6 ,comte1 le philosophe1 le grave1 celui qui n'amuse pas1 mais qui croit clair]1 e/ aussi un escamoteur1 et son sy/me de philosophie n'e/ qu'une longue suite de t\rs d'escamotage4 ,c'e/ trs curieux4 ,ne v\s rcriez pas6 ,comte1 le philosophe1 escamote littralem5t1 dans son sy/me de philosophie positive1--qui n'e/ que le vide positif1--d'abord ,dieu et t\t l'ordre surnaturel2 ensuite la mtaphysique t\t entire et le monde d'ab/ractions et d'explications qu'elle trane sa suite2 enf91 les causes f9ales et les causes premires4 ,t]ribles muscades sur lesquelles il s\ffle et qui disp>aiss5t1 comme les muscades de lige de l'autre ,comte2 mais avec ce dsavantage que lui1 l'escamoteur philosophique1 il ne sait pas les retr\v]4 ,ce dplorable escamoteur en second1 qui ne sait ri5 faire rev5ir s\s son gobelet de ce qu'il en te1 a1 p\r t\te baguette magique1 une affirmation sans preuve1 bte1 en effet1 comme un c\p de baguette444 ,mais en philosophie1 ce qu'on c>te n'e/ pas supprim4 ,on dit bi51 avec l'aplomb de l'escamoteur3 ,il n'y a plus1 en philosophie1 de transc5dance2 il n'y a plus que de l'imman5ce4 ,la transc5dance--c'e/--dire1 p\r tre clair1 la difficult dans les que/ions p> leur hauteur mme1--n'en exi/e pas mo9s de t\te son exi/5ce inde/ructible1 et l'esprit huma9 ne se ti5t pas p\r dit qu'elle n'e/ plus p>ce qu',augu/e ,comte a s\ffl4 ,on dit aussi1 t\tes les pages de l',exposition de ,blignires3 ,l'homme ne peut savoir le p\rquoi de ri52 le comm5t e/ seul sa porte4 ,ce n'e/ pas sur cette hauta9e p>ole de ,comte1 rapporte et enregi/re p> ,blignires et apo/ille p> ,littr 7,p>oles de ,philosophie positive71 que les lois qui rgiss5t l'humanit s]ont *anges et qu'elle se d%abitu]a d'all] *oqu] sa noble tte contre les problmes de sa de/9e1 insolubles1 dans ce monde-ci du mo9s1 mais que son t]nel honneur e/ d'incessamm5t agit]6 ,a9si1 v\s le voyez1 la simplification dont je p>lais e/ assez tt faite4 ,c'e/ une suppression3 voil t\t6 ,c'e/ un escamotage au pr(it des sci5ces physiques1 les seules au fond qu'admette ,comte1 ce fondateur de religion n\velle qui e/ a?e et qui ne reconnat de ,dieu que l'humanit4 ,l'induction sublime qui donne ,dieu en mtaphysique1 l'induction baconi5ne1 la dduction de ,desc>tes1 qui veut all] de l'homme ,dieu1 t\t ce haut sy/me de probabilits qui e/ t\te la philosophie p\r ceux dont l'inquitude d'esprit n'e/ pas apaise p> la d\ble cl>t de la rvlation et de l'hi/oire1 n'a p\r ,comte aucune valeur sci5tifique4 ,la sci5ce1 p\r tre de la sci5ce1 doit se born] con/at] des faits1 ce qui e/ encore un escamotage de la sci5ce1 mais le plus maladroit de t\s1 celui-l1 c> la sci5ce a t\j\rs t t5ue de faire plus1 mme dans ,comte1 et le voil inconsqu5t6 ,en effet1 ce ngateur des causes f9ales et premires1 p> ha9e de l'indmontr1 n'en "p pas mo9s de l'indmontr1 comme le plus mode/e d'entre n\s4 ,en supposant--dit-il--que t\t ce qui e/ jusqu'ici tomb dans le monde y soit tomb en raison des lois de la pesanteur1 ce qui tomb]a dema9 tomb]a-t-il de mme8444 ,nulle rponse que le beso9 qu'on a de faire admettre le pr9cipe de l'inv>iabilit des lois naturelles 7page #ha74 ,et il appelle cela nulle rponse6 ,et les conditions s9e qua non de l'exi/5ce de l'esprit huma9 ne lui p>aiss5t pas une raison assez premptoire1 cet escamoteur qui fait t\t disp>atre2 mais ici c'e/ le bon s5s qui e/ escamot4 ,et cette inconsqu5ce n'e/ pas la seule dans le sy/me de ,comte4 ,lui qui a crit1 selon ,blignires1 ou du mo9s qui a pr(ess1 qu'une sci5ce n'tait jamais que l'tude propre d'une classe de phnomnes dont l'analogie a t saisie1 prt5d cep5dant p>t\t que l'obs]vation e/ seule sci5tifique et dcompose l'art d'obs]v] en trois modes irrductibles3 l'obs]vation pure1--l'exprim5tation1--et la comp>aison4 ,ce qui e/ exclusif de t\te analogie1 comme preuve1 et fait de la m?ode soi-disant n\velle de ,comte quelque *ose d'aussi vieux et d'aussi born que la premire m?ode v5ue d'obs]vation pratique dans les sci5ces physiques4 ,ri5 de mo9s surpr5ant1 du re/e1 ,comte1 le philosophe1 n'tant1 bi5 le pr5dre t\t enti]1 qu'un physici56 ,malgr la gloire qu'on lui badigeonne en ce mom5t1 l'auteur de la ,philosophie positive n'e/ que la c5t-qu>antime inc>nation de ce matrialisme qui1 depuis ,la ,mettrie et son homme-*\ jusqu' ,littr1--qui n'a po9t l'audace de ce lgume1--s'e/ trans=m sans cesse et se trans=m]a encore1 mais qui e/ id5tiquem5t le mme que dans les livres du ,x,v,i,i,ie1 o il fait gr&e piti4 ,c'e/ en raison de cette piti1 sans d\te1 qu'on le rhabille et que ,comte s'e/ *>g de ce so9 et de cette dp5se4 ,il a eu cette v]tu p\r ce vice4 ,il lui a fait cette *>it4 ,il e/ vrai que le matrialisme la lui a r5due4 ,si ,comte a donn au matrialisme un habit neuf1 dont il avait gr& beso91 le pauvre diable 7et diable e/ le mot671 le matrialisme a donn ,augu/e ,comte une doctr9e2 c> on peut dem&] ce que s]ait ,comte sans le matrialisme1 si ,cabanis1 ,br\ssais et le docteur ,gall n'avai5t jamais exi/6444 ,tels sont les prdcesseurs dans la sci5ce et les matres de ,comte3 ,cabanis1 ,br\ssais et le docteur ,gall1 le docteur ,gall surt\t1 dont directem5t il procde et auquel il emprunte son sy/me de petites botes numrotes sur le crne p\r mettre l d$ans les facults de l'me1 qu'il y a vues1 probablem5t1 ce gr& obs]vateur qui n'inv5te ri5 et pas mme sa philosophie6 ,les facults de l'me et la morale1 qui e/ la consqu5ce de ces facults1 sort5t p\r ,comte de ces +nieuses petites botes numrotes1 ou plutt elles sont ces petites botes elles-mmes4 ,si elles ne sont pas ces petites botes elles-mmes1 qu'il n\s les montre1 ces facults de l'me indp5dantes1 ayant une exi/5ce elles1 quoique r5f]mes en ces petits eng9s6 ,mais1 allez6 en re/ant dans l'obs]vation et dans le connaissable1--comme il dit1 en gallois1 sans d\te1--on peut l'en dfi] et conclure que les petites botes numrotes ont my/ifi l'escamoteur4 ,v ,jusqu'ici n\s n'avons ri5 tr\v encore dans t\te cette philosophie positive1 dont il ne re/e ri51 positivem5t1 qu& on veut la t\*] et la pr5dre avec les ma9s de son esprit1 n\s n'y avons ri5 tr\v de p>ticuli] ,augu/e ,comte1 et1 s'il a eu l'orig9alit d'une ngation1 c'e/ la plus tri/e des orig9alits de l'erreur6 ,il e/ vrai1 comme n\s l'avons vu1 que cette ngation e/ assez va/e et laisse une l>ge tr\e1 un hiatus t]rible1 dans la proccupation de l'esprit huma94 ,ni ?ologie ni mtaphysique4 ,t\t cela balay du c]veau de l'homme d'un seul c\p4 ,he96 quel c\p de plumeau d',h]cule6 ,seulem5t1 p\r que le c\p de balai ft rel1 il faudrait un autre man*e que le gnie de ,comte1 qui1 vritablem5t1 n'e/ pas de longueur4 ,p\r cal] la ngation qu'il se p]met1 et qui a beso9 de solidit en raison mme de sa masse1 ,augu/e ,comte a une de ces explications arbitraires et communes t\tes les philosophies de l'hi/oire1 le seul g5re de philosophie que l'on fasse ma9t5ant3 ,l'intellig5ce huma9e--dit-il--a pass p> trois tats--7ri5 de plus1 ri5 de mo9s2 t\j\rs l'escamoteur673--l'tat ?ologique1 qui e/ la fiction2 l'tat mtaphysique1 qui e/ l'ab/raction2 et l'tat positif1 qui s]a la dmon/ration1 et auquel n\s sommes arrivs gr&es guides et avec ,augu/e ,comte p\r po/illon1 bi5 ent5du6 ,v\s v\s rappelez1 n'e/-ce pas8 la division sa9t simoni5ne du g5re huma91 en poques organique et critique8 ,augu/e ,comte se la rappelle bi51 lui6 si v\s ne v\s la rappelez pas4 ,eh bi51 c'e/ sur cette division des trois tats qu'il ap]oit successivem5t1 dans les annales du monde1 et qu'un autre hi/ori5 ne v]ra pas et trait]a de *imrique1 c'e/ sur cette division que ,comte appuie la ngation des deux premi]s tats du g5re huma9 qui ont exi/1 mais qui sont f9is3 la priode de la fiction1 c'e/--dire de t\tes les religions1 depuis le fti*isme jusqu' la religion positive1--exclusivem5t1--et la priode de la mtaphysique1 depuis ,ari/ote jusqu' ,hegel444 ,ma foi6 oui1 mme ,hegel6 qui du mo9s avait une philosophie t\t entire d]rire sa philosophie de l'hi/oire1 t&is qu',augu/e ,comte n'a qu'une philosophie de l'hi/oire et ri5 d]rire1 absolum5t ri51 en sa qualit de philosophe positif6 ,et1 vraim5t1 je ne v\drais pas rire dans ce sujet2 je v\drais tre srieux4 ,mais le comique positivi/e e/ plus =t que moi4 ,une nom5clature n'e/ pas1 n'a jamais t une philosophie1 et je ne reconnais d'autre mrite ,comte1 si mrite il a1 que celui d'une nom5clature4 ,otez ce p5seur pill>d et frelon celle qu'il a faite des sci5ces et dont j'ai p>l plus haut3 ma?matiques1 a/ronomie1 physique1 *imie1 biologie1 sci5ce sociale et morale1 qu'il classe en sci5ces ab/raites et concrtes1 et il n'a plus que les ides d'autrui1 qui ne se ca*5t pas4 ,en morale1 o il n'inv5te pas plus qu'en mtaphysique1 p> exemple ,comte donne ce que n\s1 *rti5s1 appelons de ce beau nom de *>it1 tomb du dictionnaire des anges dans la langue des hommes1 le nom grotesque1 inv5t p> lui1 d'altruisme4 ,eh bi51 en matire d'ides1 ,comte e/ un altrui/e6 ,c'e/ un altrui/e intellectuel4 ,quoi donc lui app>ti5t dans son sy/me8 ,e/-ce la division du p\voir en p\voir spirituel et p\voir temporel1 qu'il dit d'ordre majeur1 la gr&e affaire et que le moy5 ge a lgue au monde mod]ne8 ,e/-ce la conclusion laquelle il ab\tit3 la reconnaissance de cette di/9ction des p\voirs et l'abolition de t\te doctr9e (ficielle8 ,e/-ce l'ide que le g\v]nem5t actuel doit ab&onn] le rtablissem5t de l'ordre intellectuel la libre concurr5ce des p5seurs indp5dants1 ce qui pr\ve1 p> p>5?se1 qu'il n'y a ri5 de plus prs d'un imbcille qu'un sectaire8444 ,e/-ce mme sa df9ition du progrs1 qui a beso9 d'une autre df9ition p\r qu'on l'ent5de1 et qu'il appelle l'ordre cont9u8 ,e/-ce l'ide1 qu'il dit tre la plus gnrale de la philosophie positive1 que t\tes les connaissances huma9es doiv5t tre dom9es p> un petit nombre de sci5ces fondam5tales et =m] un t\t4448 ,e/-ce son mpris de la psy*ologie et de l'conomie politique8444 ,e/-ce son altruisme1 "p le mot1 que p]sonne ne lui dispute8 ,e/-ce sa morale sans ,dieu1 sans sanction1 sans immortalit1 sans esprance1 et p\r le plaisir d'tre agrable t\t le monde8 ,e/-ce sa religion de l'humanit8 ,mais t\t cela e/ vieux1 dtrior et branlant comme un pont qui cr\le4 ,t\t cela1 depuis des temps inf9is1 jon*e1 de la plus tri/e faon1 le *amp de la spculation huma9e4 ,et c'e/ avec t\t cela1 p\rtant1 que v\s v\lez clair] le monde jusqu'au f9 fond de sa d]nire illusion6 ,c'e/ avec cela que v\s v\s appelez ou qu'on v\s appelle le seul philosophe des temps futurs1 le dmon/rateur1 le positivi/e6 ,faites-v\s appel] poseur plutt6 ,ce s]a mrit et plus ju/e4 ,je ne sais ri5 de plus conte/able1 de mo9s appr(ondi1 de mo9s appro*ant du rel1 que cette philosophie de l'hi/oire quoi se rduit1 en somme1 l'oeuvre de ,comte dans ,blignires1 et qui vi5t aprs les escamotages de t\tes les que/ions vraim5t philosophiques3 ?odice1 mtaphysique1 vrits ab/raites1 comme les ombres *9oises v5ai5t aprs les t\rs de gobelet *ez l'autre escamoteur4 ,oui6 malgr ma rsolution de re/] grave en ce grave sujet de philosophie1 je n'ai pu rsi/] la mordante envie d'appel] les *oses p> leur nom1 et ce n'e/ po9t ma faute1 moi1 si ce nom n'e/ pas mlancolique6 ,augu/e ,comte tait de son vivant un =t savant homme en ma?matiques1 mais en philosophie c'tait un indig5t1 excusable peut-tre--c> *acun veut vivre--qu& il empruntait les ides qu'il n'avait pas4 ,c'tait encore une de ses manires d'escamot]1 cet infatigable escamoteur6 ,il se fit1 comme ,arlequ91 un habit de t\tes pices1 et ces pices avai5t malheureusem5t beauc\p s]vi4 ,mais il n'avait pas1 il faut bi5 le dire1 la grce d',arlequ94 ,un j\r1 v\s v\s rappelez la comdie8 ,arlequ9 s'escamote lui-mme1 et il n'y a plus ri5 dans son habit b>iol4 ,eh bi51 c'e/ le seul t\r d'escamotage que ,comte ne fasse pas6 ,mais l'av5ir s'en *>g]a1 et la r5omme qu'on arrange p\r lui auj\rd'hui disp>atra bi5tt1 d]nire muscade sur laquelle il ait oubli de s\ffl]4 ,,philosophie ,,politique#di ,i ,ce n'e/ pas la brivet du livre#ej de ,beauv]g] qui n\s dplat et mme qui n\s tonne4 ,s'il peut p>atre trange quelques p]sonnes1 et1 qui sait8 lgrem5t audacieux1 de faire un tableau hi/orique de t\s les progrs de la philosophie depuis qu'elle exi/e dans un petit volume1 assez propret1 de #bib pages1 ah6 c]ta9em5t1 ce n'e/ pas n\s6 ,n\s savons trop p\r n\s en tonn] quel ironique piquet de *vre ,dieu a atta* l'esprit huma91 et ce qu'il lui donne de cette corde au b\t de laquelle l'homme passe son temps rv] l'inf9i6 ,p\r montr] cela1 il ne suffit que de quelques pages4 ,il fut des arti/es en ,italie qui ont su faire t5ir un monde d'vnem5ts et de figures sur le diamtre d'un noyau de c]ise cisel de la po9te d'un canif4 ,n\s croyons ce t\r de =ce et de f9esse beauc\p plus emb>rassant que de conc5tr] en quelques pages les progrs de la philosophie1--politique ou autre4 ,la spirale de ,goe! e/ une plaisant]ie4 ,ce n'e/ qu'un tire-b\*on1 et encore p\r la longueur1 c> un tire-b\*on db\*e quelque *ose et n\s v\drions bi5 savoir quel flacon de vrits ess5tielles la philosophie a jamais db\*6 ,qu& ,goe! ne p5sait pas sa spirale1 il disait honntem5t3 ,si je v\lais consign] p> crit la somme de ce qui a quelque valeur dans les sci5ces dont je me suis occup t\te ma vie1 ce manuscrit s]ait si m9ce que v\s p\rriez l'emport] s\s une enveloppe de lettre4 ,t\te l'hi/oire de la philosophie1 qui en tait1 peut donc t5ir sur une c>te j\]4 ,il ne s'agit que de l'y faire t5ir4 #di ,tableau hi/orique des progrs de la philosophie politique1 suivi d'une tude sur ,sieys1 p> ,edmond de ,beauv]g] 7,pays1 #cj ju9 #aheh74 #ej ,leib]4 ,et ce n'e/ po9t difficile qu& on a la tte nette et qu'on ne se laisse pas envahir et entam] p> la niais]ie des phrases et des livres4 ,si1 dans t\te littrature1 il y a de l'inutile et du sup]flu1 il y en a surt\t en philosophie dans des proportions effroyables4 ,l les hommes ne sont gures que des *os1 des *os qui br\ill5t le son en le rptant4 ,v\lez-v\s en jug]8 ,pr5ez seulem5t le dictionnaire de ,bayle1 l'hi/oire de la philosophie de ,brck] et le vocabulaire de ,t5nemann1 et v\s v]rez quelle masse de rveurs inutiles1 de cra*eurs dans les puits p\r faire des ronds1 se tr\v5t mls1 p\r l'encombrem5t de nos mmoires1 aux quelques noms et aux quelques ides1 trs r>es1 trs clairsemes1--et p\r les raisons provid5tielles les plus hautes1--qui ont rellem5t allong la corde de l'esprit huma9 et un peu t5du la circonfr5ce de ses ef=ts4 ,v\s v]rez qu'il n'y a pas p\r l'homme de quoi pr5dre des airs si va9queurs6 ,pnlope sans ,ulysse1 qui1 dans l'oisivet du coeur et de l'action1 fait et dfait t]nellem5t sa tapiss]ie1 la philosophie n'a ri5 mis dans le monde qui n'y ft sans elle2 et1 si elle n'a ri5 t des vrits qu'elle n'a pas faites1 elle en a du mo9s beauc\p fauss1 et son mrite1 qu& elle en eut1 fut de r$ress] ses voies fausses et d'admettre enf9 ce qu'elle avait d'abord rep\ss4 ,voil p\rquoi les hi/ori5s qui s'occup5t d'elle peuv5t tre la fois humbles et concis4 ,beauv]g] a t concis2 mais a-t-il t humble8444 ,la philosophie dont il s'occupe dans son livre n'e/ pas cette philosophie gnrale qui a seule le droit de port] ce nom absolu de philosophie et qui a p\r prt5tion de donn] la loi de t\s les phnomnes4 ,c'e/ une philosophie spciale et applique1 et c'e/ une raison de plus p\r l'hi/ori5 d'tre trs mode/e1 c> de t\tes les t5tatives de la philosophie p\r rs\dre l'univ]salit des problmes1 c'e/ la plus va9e et la plus cruellem5t traite p> les faits4 ,l'hi/oire l'atte/e t\tes ses pages3 les faits ont t\j\rs plus ou mo9s f\l aux pi$s t\tes les philosophies politiques4 ,mode/e1 sans d\te1 en son propre nom1 ,beauv]g] croit trop la philosophie p\r l'tre qu& il p>le d'elle4 ,il a le respect de cette sci5ce mixte--7comme il dit1 hlas67--qui ratta*e les crations et les devoirs de la politique aux oprations de la logique et des pr9cipes univ]sels2 mais1 plus t>d1 peut-tre aura-t-il le mpris de t\te cette logoma*ie4 ,beauv]g] n\s fait l'effet d'un esprit ouv]t1--trop ouv]t p\r le mom5t1--mais s5s1 et qui se ref]m]a naturellem5t bi5 des ides qu'il accepte4 ,la vie intellectuelle ressemble la vie morale4 ,on ouvrait1 on t5dait beauc\p sa ma9 dans la jeunesse2 on la f]me et on la retire en vieillissant4 ,progrs am]6 ,p]sonne ne croit--n\s dit ,beauv]g] dans sa prface--que la politique spculative n'ait pas d'influ5ce sur la de/9e des empires et qu'il n'y ait pas d'enseignem5t retir] de ses travaux4 ,p]sonne ne le croit1 en effet4 ,seulem5t il s'agit de savoir quelle fut cette influ5ce1 si elle tait ncessaire1 si elle a t bonne ou fune/e1 et si t\s ses travaux valai5t plus ou mo9s1 de la "p des esprits qui dom95t ces sujets1 que les deux lignes de rsum qui p\vai5t tre l'ouvrage de ,beauv]g]1 et qui1 malheureusem5t1 ne le sont pas4 ,son livre e/ comme le press5tim5t d'un autre ouvrage1 qu'il f]a ou ne f]a pas plus t>d1 mais qui s]ait1 c\p sr1 s'il le faisait dans l'esprit des notes qu'il publie1 un de ces livres grossissants comme on en a tant publi et qui1 s\s le nom d'hi/oire d'une philosophie quelconque1 t5d5t surfaire l'action de t\te philosophie4 ,or1 ce n'e/ po9t d'ouvrages p>eils que n\s avons beso9 cette heure4 ,ce qu'il n\s faut plutt1 ce sont des livres qui pr5n5t exactem5t la mesure de t\te philosophie en la dim9uant4 ,,ii ,en effet1 depuis ,ari/ote jusqu' sa9t ,?omas d',aqu9 et depuis sa9t ,?omas d',aqu9 jusqu' ,kant1 que n\s pr5ons p\r une date et non p\r le gr& homme qu'on dit1 *]*ez p> quels noms et quelles oeuvres l'auteur du ,tableau des progrs de la philosophie politique a combl le vide d'un si long espace1 mais l'a combl sans le remplir6 ,il ne s'agit pas ici1 bi5 ent5du1 des tal5ts du gymna/e intellectuel que l'on appelle un philosophe1 ni mme de la dorure de bec de la gloire1 qui rpte p>fois et crie des noms1 comme les p]roquets1 sans ri5 y compr5dre2 mais il s'agit des hommes qui reprs5t5t1 p\r les avoir rellem5t exprimes1 le petit nombre de vrits ncessaires la vie et l'honneur de l'esprit huma94 ,eh bi51 fran*em5t1 que tr\v]ez-v\s1 s9on un t\rbillon d'atomes1 une p\ssire d'intellig5ces que le v5t de leur temps a s\leves1 mais qu'il faut laiss] ma9t5ant tranquilles au fond de leurs c]cueils6 ,dans l'antiquit1 ,beauv]g] n\s cite ,platon1 ,xnophon1 ,polybe1 ,cicron1 sa9t ,augu/92--mais ,platon n'e/ qu'un pote1 et sa9t ,augu/9 e/ un prtre *rti51 ce qui e/ t\t le contraire d'un philosophe4 ,or ,xnophon1 ,polybe1 ,cicron ps5t assez peu en philosophie4 ,au moy5 ge1 qu'e/-ce que ,buridan1 ,gilles de ,rome1 ,h5ri de ,g&1 ,m>sile de ,pad\e8 ,qu'e/-ce mme1 la ,r5aissance1 que ce ,ma*iavel dont on ne peut dire encore t\t l'heure si1 dans son ,trait du ,pr9ce1 il a p>l srieusem5t ou s'il a raill8 ,lu!r et ,calv9 sont des fondateurs de religion1 des btisseurs d'glise contre ,rome4 ,ils compt5t comme prtres et non comme philosophes4 ,mais qu'e/-ce que ,languet et ,hotman8 ,qu'e/-ce que ,al?usius et ,bo%orn8 ,qu'e/-ce mme que ,grotius8 ,qu'e/-ce que ,bynk]%oek1 ce nom qui n'e/ plus coass que dans les coles8 ,voici ,bacon et ,desc>tes1 il e/ vrai1 voici ,sp9oza4 ,mais le nant revi5t4 ,qu'e/-ce que ,?omas ,smi? et ,?omas ,morus1 et ,sidnay1 ,ne$ham et ,milton1 ,milton comme philosophe8 ,qu'e/-ce qu',h>r+ton et son ,oceana8 ,qu'e/-ce que ,h[ell et sa ,d5drologie8 ,qu'e/-ce que ,hobbes1 l'enfant robu/e de son sy/me8 ,qu'e/-ce que ,ramsay8 ,n\s arrivons au ,x,v,i,i,ie sicle1 dont la philosophie n'e/ plus qu'une ngation1 une critique de philosophie1 qui f9it et se r5\velle dans ,turgot1 ,condorcet1 ,h]d]1 ,kant et1 ,beauv]g] n\s dit3 ,sieys4 ,beauv]g] a p\r ,sieys une admiration trs logique1 et que l'on compr5d trs bi5 v5ant d'un homme qui croit que la philosophie politique e/ une des gr&es inv5tions de l'esprit huma92 c> ,sieys e/ l'expression la plus conc5tre1 la plus immobile et la plus dure de la philosophie politique4 ,c]tes6 qu& on desc5d d'une p>eille *ane d'esprits et qu'on va d',ari/ote 444 ,sieys1 trav]s le *ri/ianisme1 qui1 de t\tes les manires1 fut une rvlation1 on se dem&e ce qui aurait manqu l'humanit1 dev5ue *rti5ne1 qu& elle n'aurait pas eu1 p\r tracass] ses annales1 t\s ces gaill>ds-l8 ,elle s]ait alle son tra9 t\t de mme4 ,elle aurait1 au fond1 peu de *ose prs1 la mme hi/oire1 et ce sillage de quelques erreurs de plus ou de mo9s n'aurait gures altr ou *ang le miroir de cette m] imm5se4 ,et mme qu& les gr&s noms1--et v\s v5ez de voir si on peut les compt]6--qu& les noms dignes de leur bruit aurai5t manqu aussi comme les autres1 croit-on que c'et t un si gr& tort de vrit fait la t]re8 ,la t]re n'a pas dj tant beso9 de philosophie6 ,l'homme en fait comme il s'agite1 p>ce qu'il e/ une crature de passage1 d'inquitude et d'orgueil1 qui veut savoir p\r ne pas se s\mettre4 ,mais sa triple vie1 morale1 sociale1 intellectuelle1 ne dp5d pas de si peu que cela6 ,ce qu'il lui faut de vrit p\r vivre et de lumire p\r l'clair]1 il les tr\ve dans la tradition et dans l'hi/oire4 ,qu'e/-ce que t\tes les philosophies du monde ont aj\t aux traditions de la vrit primitive et celle qui les rsume t\tes1-- la doctr9e de ,jsus-,*ri/8 ,l'erreur1 l'adroite erreur de l'auteur des ,progrs de la philosophie politique1 e/ d'avoir confondu avec les philosophes les hommes qui ont dvelopp et appliqu leur faon les ides et les enseignem5ts de l'glise2 mais ces hommes1 n\s les rclamons6 ils n'app>ti5n5t pas son sy/me4 ,qu'il pr5ne1 s'il veut1 ,fnelon1 l'auteur du ,tlmaque et le prcepteur du duc de ,b\rgogne2 mais qu'il ne mette la ma9 ni sur ,su>ez1 ni sur ,bell>m91 ni sur ,bossuet lui-mme1 c> ,bossuet1 comme sa9t ,augu/91 n'a pas cess d'tre un vque1 et sa politique n'e/ po9t tire de l'ordre philosophique1 mais de l'criture ,sa9te4 ,de p>eils hommes ne peuv5t s'attel]1 ni de gr ni de =ce1 au j\g d'un sy/me qui reg>de comme un progrs l'esprit politique du ,x,v,i,i,ie sicle1 et qui le glorifie dans ce qu9ze-v+ts de sa propre p5se1 laiss1 p> le dda9 de ,bonap>te1 accr\pi dans les tnbres de sa con/itution impossible1--l'abb ,sieys4 ,,iii ,mdiocre et tri/e rsultat6 ,la foi en ces *oses que la philosophie travaille la ma9--les ,con/itutions--a incl9 ,beauv]g] une admiration compromettante1 p>faitem5t indigne d'un esprit qui a s\v5t de la critique et de ju/es apprciations4 ,c'e/ que ,beauv]g]--il faut bi5 le dire6--e/ un homme du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,il l'e/1 la vrit1 avec les rs]ves que font les honntes g5s dans ce temps-ci1 mais il l'e/1 nonob/ant1 de s5tim5t1 d'ides1 de rv]ies4 ,l'ab/raction lui voile1 t\te m9ute1 la ralit4 ,s'il e/ g5\x de fondation devant un si pauvre homme que ,sieys1 on ne peut plus dire sa position devant ,montesquieu1 et on le conoit4 ,montesquieu n'e/ pas seulem5t l'homme d'une con/itution comme ,sieys2 il l'e/ de t\tes les con/itutions possibles1 qu'il explique et dtaille dans son ,esprit des ,lois1 comme des mcanismes qu'on dmonte1 p\r en faire mieux compr5dre le jeu4 ,du re/e1 dans sa conception politique1 l'auteur du ,tableau hi/orique des progrs n'a pas dpass ,montesquieu4 ,il s'arrte la notion vague de lib]t qui suffisait t\s les esprits soi-disant politiques du ,x,v,i,i,ie sicle1 et qu'il df9it auj\rd'hui1 la d]nire page de son livre3 la lib]t p> les in/itutions4 ,l'utopie--n\s dit-il--t\rne1 depuis deux mille ans1 dans le mme c]cle sans ri5 produire1 comme si l'utopie n'tait pas ess5tiellem5t de la philosophie politique6 ,et il aj\te1 p> une opposition qu'il e/ difficile de compr5dre3 ,la philosophie politique ne vogue pas sans b\ssole sur cette m] des de/9es o ,dieu lui app>at comme ple et la vraie lib]t p\r port4 ,mais l'utopie aussi a p>l ce langage4 ,elle l'a p>l qu& elle a manqu de tempram5t ou de brav\re4 ,elle e/ re/e aussi1 comme une sage petite fille1 les yeux baisss et les ma9s jo9tes sur sa ce9ture1 dans cette ide prude ou hypocrite d'une vraie lib]t1 et elle a mis ,dieu p>-dessus4 ,mais quel ,dieu8 ,voil le noeud de t\te l'affaire4 ,le ,dieu de ,beauv]g] ne s]ait-il que le ,dieu du ,vicaire savoy>d de ,jean-,jacques1 et1 p>mi tant de lib]ts fausses1 quelle e/ donc sa vraie lib]t8444 ,,iv ,c'e/ l ce que son livre n'a pas dit4 ,fadeurs et fadaises6 ,disons1 n\s1 quelque *ose que les esprits impati5ts de nettet et de consi/ance puiss5t au mo9s saisir4 ,il n'y a que deux conomiques en prs5ce ici-bas1 celle de la tradition et celle des rveurs1 et1 ds leur priori1 elles s'oppos5t4 ,l'conomique de la tradition place la ri*esse dans le monde en g]me et dans le ciel en fleur4 ,l'conomique des rveurs la met1 elle1 dans l'action illimite de l'homme et dans la disposition des trois rgnes de la nature4 ,de l leurs conceptions si div]ses6 ,fatali/e au premi] *ef1 et au second inconsqu5te1 l'conomique des rveurs a encore ceci de p>ticulirem5t absurde qu'elle croit au bonheur absolu sur la t]re et qu'elle pose l'obligation /ricte p\r les g\v]nem5ts de le ralis]4 ,a9si1 d'une "p1 l'ide que l'homme fonction doit le bonheur l'homme individuel1 et1 d'autre "p1 l'ide de ce bonheur que v\s ne p\vez faire df9ir au plus mode/e et qui n'en s]a pas mo9s t\j\rs un inv5taire de ,dieu1 suprieur de t\t l'aurea m$iocritas d',horace1 voil la d\ble s\rce d'o sont sorties t\tes les utopies1 t\tes les rvolutions1 t\tes les dm5ces1 et cela dans t\s les temps1 mais plus p>ticulirem5t dans les temps mod]nes1 o la p]sonnalit huma9e a pris de si mon/rueuses dilatations4 ,or1 ri5 de plus radicalem5t faux que ces ides6 ,nul ne doit le bonheur p]sonne4 ,qu& l'homme dit3 ,je f]ai ton bonheur1 il dit une fatuit4 ,le bonheur e/ la dette de *acun soi-mme1 et nul n'en dispose que soi seul4 ,l'ordre univ]sel le r5f]me p> le libre arbitre2 il e/ au fond de nos consci5ces1 dans l'ex]cice de nos v]tus4 ,mais la fonction t]re/re ne doit que l'ordre matriel1 l'ordre dans les rues2--mais elle n\s le doit t\t prix1 et si n\s confondons notre dette1 n\s1 avec la si5ne1 t\s les sophismes vont se r$ress] avec fureur4 ,il n'y a qu'un bon g\v]nem5t qui soit possible dans la nature mme des *oses1 qu'un seul1 quels que soi5t les climats1 les c>actres1 les ides2 il ne n\s doit pas le bonheur cep5dant4 ,c'e/ ce que les philosophies politiques1 en dehors des ides *rti5nes1 n'ont pas compris1 et ce que celle de ,beauv]g]1 s'il en avait une lui1--c> il n'en a po9t1--ne compr5drait pas davantage4 ,t\tes les philosophies politiques1 sans exception1 n'ont jamais compris que le bonheur ici-bas e/ re/re9t1 relatif1 *tif et born1 et qu'il ne dp5d que de l'usage fait p> *acun de n\s de ses facults6 ,elles p>l5t t\tes du bonheur des peuples4 ,elles s'abreuv5t cet abreuvoir4 ,aveugle mconnaissance de la ralit huma9e6 ,aucune de ces orgueilleuses philosophies n'a su prvoir que la po/ulation t]nelle de l'impossible devait ab\tir au d*anem5t de t\s les tocs9s1 et que l'envie1 cette htesse de nos coeurs1 aurait t\j\rs le prtexte de la satisfaction des esprits sages p\r ju/ifi] ses horribles animosits4 ,eh bi51 c'tait l une ide1 c'tait l un crit]ium dont on p\vait p>tir1 puisqu'on s'occupait d'une hi/oire de la philosophie politique6 ,si une telle p5se1 p> exemple1 s'tait emp>e de l'esprit de l'auteur du ,tableau hi/orique des progrs1 et qu'il et exam9 sa lumire les doctr9es et les hommes dont il fait la revue dans son livre1 ses apprciations aurai5t l'in/ant mme revtu un c>actre d'orig9alit et de pr(ondeur qu'elles n'ont pas4 ,ce titre mme de ,tableau des progrs de la philosophie politique aurait contract le mordant d'une ironie1 et n'en s]ait a9si que mieux entr dans les esprits4 ,en effet1 avec ce po9t de vue des deux conomiques d'ici-bas1 qui simplifie t\t1 en embrassant p> leur ct le plus gnral t\s les philosophes et t\tes les philosophies1 la preuve et t suffisamm5t faite du peu de progrs que la philosophie e/ rellem5t en droit de compt]4 ,en dehors du *ri/ianisme1 ces progrs sont nuls1 et dans le c]cle du *ri/ianisme il ne peut pas y avoir progrs1 puisqu'il y a vrit4 ,le *ri/ianisme progressif e/ une expression des temps mod]nes1 injurieuse dans sa bi5veillance1 et ne t5dant ri5 mo9s qu' la ngation du *ri/ianisme1 qui e/ absolu puisqu'il e/ div94 ,malheureusem5t1 c'e/ le *ri/ianisme1 purem5t et svrem5t ent5du1 qui manque ,beauv]g]4 ,il n'e/ qu'un philosophe de demi-te9te1 de deuxime ou troisime degr1--n\s le v\lons bi51--mais il faut tre quelque *ose de plus qu'un philosophe1 mme en taille-d\ce1 p\r jug] la philosophie1 et p> la raison qu'il faut tre t\j\rs suprieur ce que l'on juge p\r le bi5 jug]6 ,p4 ,,enfant9#ea ,i ,de quelles catacombes sort5t-ils8 ,on n'y p5sait plus4 ,on les croyait f9is4 ,ce flot de v+t ans qui engl\tirait tant de *oses avait pass sur eux1 ne leur laissant qu'une pitaphe4 ,le sicle1 indulg5t p\r les folies de sa jeunesse1 n'avait plus p\r eux qu'un s\rire4 ,o folies6 c>naval6 desc5tes de t\tes les c\rtilles6 ,les tuniques bleues de #ahcj semblai5t susp5dues au cl\1 t]nel et immobile4 ,sa9t-,simon le prophtique1 comme ,f\ri] l'hiroglyphique1 comme ,cabet1 l'innoc5t ,cabet1 l'ic>ique1 ces gr&s exc5triques dans l'utopie1 n'tai5t plus que des curiosits intellectuelles1 mises au g>de-meuble du ,x,i,xe sicle1 le plus gr& m>*& de bric--brac de t\s les sicles6 #ea ,rponse au ,r4 ,p4 ,flix sur les quatrime1 c9quime et sixime confr5ces de ,notre-,dame 7,pays1 #g mai #aheh74 ,aprs les malheurs de ,mnilmontant1 les prtres de ,sa9t-,simon tai5t1 comme on le sait1 dev5us laques1 et ils avai5t mme grimp en quelques annes1 avec beauc\p d'agilit1 des positions qui ne manquai5t ni d'lvation ni d'influ5ce4 ,ils ne disai5t mot de la doctr9e1 du mo9s devant le public1 mais on rem>quait qu'ils se t5ai5t comme des cru/acs et s'appuyai5t les uns les autres4 ,ils n'avai5t pas p\r ri5 communi la salle de la rue ,taitb\t2 mais cela se compr5d et cela t\*e presque444 ,ce qui unit peut-tre le mieux les hommes p\r les j\rs de maturit et de sagesse1 ce sont les sottises faites en commun dans la jeunesse2 ce sont les btises de leur pr9temps6 ,mais on se trompait4 ,ils n'tai5t pas f9is4 ,le manife/e1 c> c'e/ un manife/e que le ,p4 ,enfant9 vi5t de publi] s\s ce titre s+uli]1 mais mode/e3 ,rponse au ,r4 ,p4 ,flix sur les quatrime1 c9quime et sixime ,confr5ces de ,notre-,dame#eb1 pr\ve1 p> sa t5eur1 ses t]mes exprs1 le ton qui l'anime1 que le sa9t-simonisme n'e/ pas mort ou que ce qui en survit n'e/ pas simplem5t une op9ion individuelle4 ,il pr\ve1 ce manife/e ironique ou patel9 7et peut-tre t\s les deux71 que le sa9t-simonisme a g>d la prt5tion d'tre une glise1 une glise ca*e et qui se croit p]scute sans d\te1 c> le mpris d'un temps qui a encore sa disposition les lucidits du ridicule et l'clat de rire peut p>atre c]ta9es g5s s5sibles une p]scution4 #eb ,capelle4 ,le manife/e dit n\s1 comme si ,enfant9 p>lait au nom de quelque *ose de con/itu1 de collectif et d'(ficiel1 avec quoi non seulem5t l'av5ir1 mais le prs5t ft oblig compt]4 ,quoique le paletot soit b\tonn p>-dessus la tunique1 l'incognito laque du ,p4 ,enfant9 ne veut pas tre g>d444 ,il y a dans cette mise en scne de jolies f9esses4 ,la signature de la bro*ure 7,p4 ,enfant97 veut aussi bi5 dire ,pre ,enfant9 que ,pi]re ou ,paul ,enfant94 ,un b\t du prtre passe1 comme un b\t de dcoration6 c\tez ces sol5nelles p>oles3 ,en p>lant de nos travaux productifs1--dit ,enfant9 7page #dd de sa bro*ure71--je peux les comp>] aux t5tes que sa9t ,paul tissait et v5dait p\r vivre1 p\r avoir la =ce de sem] p>t\t sa p>ole de vie444 ,alors1 p\r lui1 comme auj\rd'hui p\r n\s1 la foi ne donnait pas de quoi vivre4 ,ce fut longtemps aprs sa9t ,paul que l'on put dire3 ,le prtre vit de l'autel444 tes-v\s bi5 c]ta9 que n\s n'employons pas le produit de nos t5tes d'une "p protg] notre foi qui n'e/ pas sal>ie1 comme le sont plusieurs et spcialem5t la vtre1 de l'autre gurir1 s\t5ir1 relev] nos pauvres1 qui n\s n'infligeons pas la discipl9e et qui n\s ne conseillons pas de se l'inflig] eux-mmes8444 ,c'e/ a9si qu',enfant91 l'ex-pape sa9t-simoni51 se pose n\veau1 non pas en sa9t ,pi]re de cette foi1 mais en sa9t ,paul de l'glise future qui doit pro*a9em5t succd] la vieille glise *rti5ne1 et dcl>e auj\rd'hui avoir--comme prtre6--non pas *>ge d'mes 7le mot s]ait trop *rti571 mais *>ge de corps1 *>ge de *air s\ffrante4 ,oui6 en croire cette dcl>ation1 onctueusem5t sup]be1 o le pre suprme1 qui n'e/ plus vtu de bleu1 mais de noir1 p>le d\x1 comme l'huissi] de ,molire3 ,il e/ vtu de noir et p>le d'un ton d\x6 en croire cette dcl>ation1 l'glise sa9t-simoni5ne exi/]ait4 ,et non seulem5t elle exi/]ait1 mais elle f]ait ses oeuvres de misricorde2 elle fonctionn]ait1 elle (fici]ait comme glise p>mi n\s qui ne la voyions plus et qui la t5ions p\r morte et d%onore s\s des jugem5ts de police correctionnelle1--g5re de m>tyre1 celui-l1 qui n'aurait pas conva9cu ,pascal6 ,enfant9 n\s l'affirme4 ,seulem5t1 c'e/ trop peu ou ce n'e/ pas assez que sa dcl>ation4 ,puisqu'il apporte ici une p>ole dont il ne se s]vait plus depuis longtemps1 n\s lui dem&]ons o se ti5t cette glise dont il p>le comme d'une =ce organise et agissante8 ,puisqu'il dit n\s avec cette pompe1 n\s lui dem&]ons quel e/ le nombre des adhr5ts la foi sa9t-simoni5ne qui soi5t prts la confess]8 ,puisqu'il fait le sa9t ,paul1 qu'il l'imite jusqu'au b\t6 ,sa9t ,paul savait le nombre des *rti5s d'phse1 de ,cor9!1 de *ez les ,galates444 ,si vraim5t l'glise sa9t-simoni5ne e/ une ralit1 si effectivem5t ,enfant9 reprs5te la foi1 la volont1 le cons5tem5t de plusieurs en faisant la dcl>ation sc&aleuse qu'il vi5t d'oppos] t\t c\p l'enseignem5t d'un prtre ca?olique1 or?odoxe et respect1 n\s dirons qu'il n\s importe1 n\s *rti5s1 de savoir le dang] qui n\s m5ace1 et si t\t cela1 comme n\s le p5sons bi5 plutt1 n'e/ que rv]ie de visionnaire att>d qui ne peut gurir de son mal de jeunesse4 ,il importe qu'on le sa*e aussi af9 que ju/ice soit faite encore une fois de cette folie qui rep\sse1 aprs v+t-trois ans1 comme un polype inde/ructible1 dans les ttes dont on le croyait arra*1 et qu'enf9 on n'y revi5ne plus6 ,,ii ,en effet1 malgr les prcautions diplomatiques et sniles d',enfant9 p\r ca*] et faire accept] la pudeur publique1 qu'elle outrage1 une doctr9e qui se tr\vait plus religieuse d'all] t\te nue qu& elle tait plus jeune1 il ne faut pas p]dre de vue qu'il s'agit ici1 comme au temps o le sa9t-simonisme *]*ait la femme1 de la rhabilitation de la *air4 ,rhabilit] la *air1--l'expression e/ ma9t5ant consacre1--l'lev] au niveau de l'me1 qui ne doit plus lui comm&]1 cette ide an>*ique et grossire1 *re tant d'hrsies1 qui1 en l'infectant1 en ont p\vant le monde1 voil le premi] et le d]ni] mot de ,sa9t-,simon et de son vangli/e ,enfant94 ,campe audacieusem5t la tte d'une ?orie comme l'aurait lance ,sa9t-,simon t\t seul1 ce g5tilhomme imp]t95t et dprav qui se croyait sorti de la cuisse de ,*>lemagne1 dont il desc5dait peut-tre p> ,eg9h>d1 cette ide1 dans sa crudit1 et probablem5t rvolt jusqu'aux vices d'un temps aussi admirablem5t c\>d que le ntre1 sans le travail de haute confusion et d'imm5se hypocrisie que vi5t de lui faire subir ,m4 ,enfant94 ,le croirez-v\s8 dans cette rponse1 dont les confr5ces du ,p4 ,flix ne sont que le prtexte1 ,m4 ,enfant9 assimile1 avec une p]v]sion du s5s intellectuel qui p\rrait bi5 tre une p]v]sit1 sa p5se la p5se *rti5ne4 ,le ,v]be a t fait *air1 dit sa9t ,jean1 et il a habit p>mi n\s4 ,or1 c'e/ en tordant ce texte s\s une int]prtation qui m5t n\s ou elle-mme1 que le ?ologi5 du sa9t-simonisme essaie de n\s faire accept] la div9it de la *air3 ,cette div9it n'e/ plus dans l'ho/ie1--dit-il1 en comm5ant p> un blasphme1--symbole1 figure1 my/icit6 ,non6 elle e/ sur les *amps de bataille1 c\v]ts de frres blesss qui se sont gorgs entre eux444 ,elle e/ dans des b\ges infects o l'homme meurt de d\leur1 de honte et de misre444 ,elle e/ sur ces calvaires impies o l'homme condamne mort son frre444 ,elle e/ dans les ateli]s o l'on travaille444 dans les lupan>s o la fille du peuple v5d sa *air 7bi5 portante7 jusqu' ce qu'on la jette p\rrie l'hpital4 ,elle e/ en moi et dans l'homme du peuple1 qui e/ l',homme-,dieu du ,golgo?a444 ,telle e/ l'numration p> laquelle ,enfant9 ouvre son livre2 et ces huit premi]s p>agraphes1 dont n\s abrgeons le cont5u t\t en en signalant l'ide1 conti5n5t l'ess5ce de sa bro*ure4 ,la *air de l'homme1 dont la sub/ance e/ dvore p> les maladies qui la mn5t la mort1 et la *air du ,v]be1 prise p> lui1 le ,v]be1 dans des entrailles immacules1 et dont la sub/ance immortelle doit brav] la mort et donn] ici-bas un tmoignage de puissance et de t\te-puissance p> le fait clatant de la rsurrection1 ces deux contraires du t\t au t\t sont mls p> ,enfant9 dans les plateaux d'une seule balance1 et il en con/ate l'galit4 ,il en fait de mme de son esprit lui1 ,enfant96 et de l'esprit de ,jsus-,*ri/1 et il croit videmm5t que n\s admettrons de telles *oses4 ,il semble avoir un oeil qui grossit l'inf9im5t presque ri5 et un oeil qui rduit presque ri5 l'inf9im5t gr&4 ,son procd1 s'il e/ de bonne foi1 ce dont il e/ d'ailleurs p]mis de d\t] p\r l'honneur de son intellig5ce1 consi/e r5v]s] la pyramide1 mais en l>gissant la po9te qui =mait le haut et en en dim9uant la base4 ,c'e/ donc1 t\t en p>lant avec componction des ides *rti5nes1 le r5v]sem5t1 b\t p\r b\t1 de ces ides1 et la ru9e de la civilisation qu'elles ont faite4 ,on sait de re/e ce qu'a t cette civilisation1 fonde sur le pr9cipe de la pnit5ce1 qui n'e/ autre *ose que la sanction de la morale en ,dieu1 sans laquelle sanction il n'y aurait po9t de morale4 ,cette civilisation a donn des fruits dont n\s vivons t\j\rs1 quoique n\s les ayons empoisonns4 ,eh bi51 pr5ez-en auj\rd'hui t\tes les =ces vives1 et dem&ez-v\s ce qu'elles devi5n5t avec ce pan?isme *>nel qu',enfant9 proclame comme la religion du progrs6 ,e/-ce le si58 ,pauvres diables de dieux que les dieux d'auj\rd'hui6 ,enfant91 qui1 s'il n'a pas t ,dieu1 en a t bi5 prs1 condamne la gu]re1 p> am\r et respect de la *air1 avec ces l*ets d'humanitaire qui aurai5t fait recul] le droit huma9 de plus d'un sicle si elles avai5t eu d]nirem5t de l'action ,sba/opol6 ,il se jette g5\x p\r n\s dem&] grce en faveur des assass9s1 aimant mieux supprim] la morale que d'utilis] l'*afaud4 ,il s\rit aux pro/itues1 qu'il indulg5cie1 embrasse et p>donne1 mais la condition qu'elles ne fltriront jamais leur prcieuse *air p> le rep5tir3 ,ent5dez-v\s1 mesdemoiselles8 ,il voit le capuc9 de l'glise roma9e avec un dgt ple9 d'entrailles1 il e/ vrai1 c> ,enfant91 qui j\e la gr&e t5dresse du ,pre1 f\rre des entrailles p>t\t1 jusque dans ses dgts4 ,et comm5t p\rrait-il support] le capuc91 le hros des v]tus humbles1 simples et =tes1 qui dom95t le corps et le font magnifiquem5t obir8 ,la *air n'a pas ses joies dans le capuc94 ,enf91 il f9it p> cet idiotisme de t\tes les sectes du progrs1 quelque nom qu'elles port5t3 l'affirmation de l'actualit ou de l'v5tualit du royaume des cieux sur la t]re4 ,v\s le voyez1 le *angem5t qui s'e/ opr1 doctr9alem5t p>lant1 en ces v+t-trois annes1 n'a pas t imm5se4 ,l'esprit se modifie peu *ez les sa9t-simoni5s4 ,il n'y a que la *air qui *ange4 ,le bel ,enfant9 de la galle ,taitb\t ne se reconnatrait plus et ne p\rrait ma9t5ant fasc9] p]sonne2 mais1 quant la religion qu'il enseigne1 elle sort du sil5ce1 qu'elle a g>d si longtemps1 absolum5t la mme qu'elle y tait entre4 ,elle n'a ri5 gagn ce sil5ce1--si ce n'e/ p\rtant de l'avoir g>d4 ,il ressemblait tant l'oubli6 ,,iii ,encore une fois1 p\rquoi auj\rd'hui le rompt-elle8 ,on dit que les amis d',enfant91 scul>iss1 comme lui1 depuis prs d'un qu>t de sicle1 n'ont pas applaudi la dmon/ration inop9e de leur anci5 pontife1 et que1 ne p\vant plus le dpos]1 ils se s]ai5t cont5ts1 s'ils l'avai5t pu1 de l'int]dire4 ,sans donn] ce bruit plus de consi/ance qu'il n'en a1 t\j\rs e/-il qu'il e/ inconcevable qu' propos d'une des mille prdications de l'glise ca?olique ,enfant9 ait eu le beso9 de rpondre1 p\r le compte du sa9t-simonisme attaqu6 ,seulem5t1 "p l'inspiration de sac]doce rtrospectif qui l'a saisi1 il n'a pas t autrem5t inspir4 ,enfant9 n'a jamais eu de tal5t littraire4 ,autrefois1 celui qu'on lui reconnaissait tait dans sa figure1 qui ne lui avait pas cot un s\1 comme dit ,/]ne1 et qui lui avait procur cette sublime fonction d'hirophante sa9t-simoni51 qui ouvrait irrsi/iblem5t les bras en disant la femme libre et la *air qui se s5tait3 ,v5ez n\s6 ,la manire dont il le dit auj\rd'hui aura probablem5t mo9s de succs4 ,p]sonnalit pr(ondm5t tr\ble1 et qui l'e/ sans d\te p\r le re/e de sa vie p> le s\v5ir de sa fonction gr&iose1 ,enfant9 publia1 il y a quelques annes1 une autre bro*ure 7son s\ffle ne va pas jusqu'au livre71 dans laquelle il se comp>ait1 si n\s n\s en s\v5ons bi51 ,nicolas1 emp]eur de ,russie1 et n\s appr5ait que lui1 ,enfant91 la puissance morale1 tait n la mme anne que cette gr&e puissance matrielle4 ,il a donc prs5t quelque *ose comme soixante-deux ans4 ,a cet ge1 le tal5t littraire ne vi5t gures qu& il n'e/ pas v5u4 ,sa bro*ure e/ assez mdiocre4 ,les =mes qu'elle revt avec affectation n'app>ti5n5t ni ,enfant9 ni au sa9t-simonisme2 elles app>ti5n5t la littrature *rti5ne1 sans laquelle1 mme comme exposition d'ides1 le sa9t-simonisme n'aurait jamais dit deux mots444 ,il s]ait tolrable peut-tre que ces g5s-l 7s'ils le p\vai5t7 fiss5t leur affaire sans pr5dre niaisem5t notre dogme1 nos =mules1 notre /yle1 obligs imit] notre manire d'tre p\r n\s rpondre et n\s p>odi]4 ,du mo9s ils s]ai5t issus d'eux-mmes et non d'un plagiat hbt1 d'une contrefaon belge de l'vangile1 et d'un vol dont ils ne tr\v5t plus le pr(it et la proprit ds qu'il e/ une fois accompli4 ,,iv ,la ,critique qui exam9e les livres dans les j\rnaux a t jusqu' ce j\r inf9im5t discrte sur le compte d',enfant9 et de l'trange publication qu'il vi5t de risqu]4 ,e/-ce dda98 indiffr5ce8 emb>ras8444 ,mais elle ne s'e/ pas explique sur le compte d'un livre qui1 selon n\s1 et p\r des raisons plus hautes que le livre et ce qu'il conti5t1 mritait d'tre signal4 ,seul1 un j\rnal religieux1 de conviction ca?olique1 mais dont la qualit n'e/ pas prcism5t la h>diesse1 a donn sur la dmon/ration d',enfant9 un article d'un ton trs piquant1 trs rsolu et du dtail le plus r5seign4 ,la plume qui a crit ce petit *ef-d'oeuvre de polmique aiguise e/ une ma9 de femme1 qui a sign ,m>ie ,recurt4 ,le has>d1 ce n'e/ pas sa c\tume1 a t spirituel4 ,le seul adv]saire qu'il ait suscit ,enfant9 e/ une femme4 ,il en a longtemps *]* une1 sans la tr\v]4 ,en voici une autre1 qu'il tr\ve sans la *]*]1 et qu'il ne se flicit]a pas d'avoir r5contre4 ,madame ou mademoiselle ,m>ie ,recurt e/ une ,judi? *rti5ne1 dont la plume c\pe comme le glaive4 ,*rti5ne1 elle s'e/ leve p\r object] l'homme de la *air la *air corrompue1 et l'esprit de vie l'esprit de mort6 ,depuis que cette hroque1 qui a fait besogne d'homme qu& les hommes se sont ab/5us sur la "q du sa9t-simonisme ressuscit1 depuis1 disons-n\s1 que cette hroque a p>l1 ,enfant9 a-t-il intrieurem5t reconnu son matre8 ,t\j\rs e/-il qu'il n'a pas rpondu comme au pre ,flix444 et qu'il semble1 lui et ses amis1 recomm5c] un n\veau sil5ce4 ,en sortira-t-il encore une fois8444 ,fran*em5t1 n\s eussions aim le voir entr] en lice contre cette femme qu'il s'e/ attir1 lui qui dem&e l'mancipation de la femme et la dresse dogmatiquem5t d'gale gal avec l'homme4 ,e/-ce qu'il ne tr\ve pas que mademoiselle ,m>ie ,recurt soit assez mancipe et digne de se mesur] avec un pontife8444 ,n\s eussions sonn volonti]s la trompette de ce t\rnoi1--mais1 hlas6 les sa9t-simoni5s aim5t la paix et la veul5t444 univ]selle6 ,,le ,p,,re ,,v5tura#ec ,i ,le ,p4 ,v5tura a publi les s]mons qu'il a prononcs devant ,sa ,maje/ l',emp]eur1 la *apelle des ,tuil]ies1 en #aheg1 et l'illu/re ?at91 dont la p5se--comme l'on sait--e/ t\j\rs une p5se d'ensemble et d'unit pr(onde1 les a publis s\s un titre collectif qui dit bi51 en un seul mot1 le s5s p>ticuli] de ces disc\rs4 #ec ,le ,p\voir *rti53 ,disc\rs prononc la *apelle impriale des ,tuil]ies1 p5dant le ,c>me de #aheg7,pays1 #ac juillet #aheh74 ,ils ont1 en effet1 un s5s p>ticuli]4 ,ils sont bi51 comme t\s les s]mons des prtres *rti5s1 depuis sa9t ,paul jusqu' sa9t ,ambroise et depuis sa9t ,ambroise jusqu' ,b\rdal\e et ,bossuet1 la vrit de ,jsus-,*ri/ dans t\tes ses portes p\r le coeur et p\r l'esprit1 la vrit avec son c>actre absolu et univ]sel2 mais ils ont cep5dant quelque *ose de diffr5t aussi1 et qui n'e/ pas seulem5t une "q de tal5t1 d'orig9alit et de =me4 ,en si haute matire1 il s'agit vraim5t bi5 de cela6 ,l'enseignem5t du ,p4 ,v5tura a1 p\r la premire fois1 une direction qu'aucun prdicateur1 en s'adressant une de ces puissances qui ne g>d5t devant ,dieu que la maje/ du respect1 n'a donn au si51 et mme p>mi les plus imposants et les plus h>dis4 ,jusqu'ici1 t\s les s]monnaires qui pr*ai5t aux s\v]a9s les devoirs que leur gr&eur leur impose1 t\t en se plaant le plus prs possible du coeur qui les c\tait1 p> un autre ct se ma9t5ai5t di/ance4 ,ils ne desc5dai5t pas la m>*e qui sp>e la religion de la politique4 ,ils re/ai5t sur le haut du degr4 ,le ,p4 ,v5tura n'a pas cra9t de le desc5dre4 ,il savait qui il p>lait4 ,il n'a pas cra9t de se plac] aussi prs de l'esprit que du coeur1 aussi prs des *oses contempora9es que de celles de l't]nit1 en p>lant celui que n\s p\vons appel] l',homme du ,temps4 ,il a mis sa ma91 sa ma9 libre de prtre1 sur les que/ions du mom5t1 et il a t t\t la fois s>c]dotal et politique4 ,le livre qui a recueilli ses disc\rs s'appelle ma9t5ant le ,p\voir *rti5#ed4 #ed ,gaume frres et ,j4 ,duprey4 ,du re/e1 une telle n\veaut tait ju/ifie4 ,les vnem5ts qui se sont accomplis dans le monde mod]ne ont t si puissants et si t]ribles1 les esprits et les mes ont t remus de telles pr(ondeurs1 que le prtre lui-mme1 le prtre1 qui vit dans un c>t sublime et dans l'impassible lumire du sanctuaire1 en a ress5ti le contre-c\p4 ,ne croyez plus la *ronologie6 ,entre #aheg et #ageg il y a c]ta9em5t plus d'un sicle4 ,entre #aheg et #afeg il y en a c]ta9em5t plus de deux4 ,il y a plus que du temps1 il y a de l'vnem5t1--il y a la rvolution franaise et les ,napolon1 deux fois sauveurs4 ,si ,b\rdal\e et ,bossuet avai5t vu de telles *oses1 ils ne pr*]ai5t po9t1 croyez-le bi56 comme ils pr*ai5t devant un roi tranquille1 qui vivait et s'endormait dans la mort avec cette p5se que sa race tait immortelle4 ,ils n'aurai5t pas ma9t5ant exactem5t le g5re de prdication qu'ils avai5t lorsque les p\voirs huma9s n'avai5t pas reu les p\vantables atte9tes qui les ont briss et dont1 hlas6 ils saign5t t\j\rs4 ,quelque *ose de si incomp>able t\t s'e/ produit p>mi n\s que mme la situation du prtre1 de cet homme qui n'e/ qu'une voix1--vox clamantis6--en e/ modifie4 ,b\rdal\e et ,bossuet1 ressuscits p>mi n\s1 s]ai5t donc t5us de jet] sur le temps--sur le dtail des que/ions du temps--ce reg>d pntrant qui n'a jamais manqu au prtre1 si surnaturellem5t pratique4 ,ils n'enseign]ai5t plus seulem5t une royaut entre t\tes3 l'individu royal1 p\r a9si dire2 mais ils ref]ai5t les notions dfaites1 et leurs s]mons1 comme ceux du pre ,v5tura1 s'appell]ai5t le p\voir *rti54 ,le p\voir1 voil l',ucalgon qui brle2 le p\voir *rti51 c'e/ le p\voir tre9t et sauv6 ,b\rdal\e et ,bossuet1 au ,x,i,xe sicle1 aurai5t compris1 ces gr&s hommes1 quelle initiative e/ ma9t5ant de rigueur p\r ceux-l qui ti5n5t l'anneau de ,salomon dans leur ma94 ,ils aurai5t compris1 enf91 que si le *rti5 manque de prcision dans ses initiatives1 ,pr\dhon e/ dans son droit et qu'il dborde comme un flot4 ,l'individualisme qui veut se sauv]1 du mo9s jusqu' la mort1 int]vi5t avec ses fantmes1 et1 re/ muet s'il peut l'tre1 le *rti5 pr5d sa *>ge une p>tie des malheurs du temps et il en rpond devant ,dieu6 ,,ii ,c'e/ s\s l'empire de ces p5ses que n\s avons ouv]t le livre du ,r4 ,p4 ,v5tura4 ,n\s ne l'avons pas ent5du4 ,les s\v5irs de l'orateur1 plus ou mo9s brillant1 ne n\s voilai5t pas l'homme d'ide4 ,le ,p4 ,v5tura e/ bi5 l'un et l'autre4 ,il a la d\ble facult de la rflexion et de l'expression in/antane4 ,le *>bon d',isae s'allume sur ses lvres1 mais il n'en a pas mo9s le repli de la rflexion et les facults qui s]v5t creus] un sujet4 ,si l'on ne craignait pas d'(f5s] une tte ?ologique de sa =ce1 on dirait que le ,p4 ,v5tura e/ une intellig5ce philosophique4 ,il e/1 avec le ,p4 ,gratry1 un des esprits les plus aptes la lutte dans la gr&e bataille philosophique qui n'e/ pas f9ie4 ,indp5damm5t de la lumire que t\t prtre porte dans sa ma91 p> cela seul qu'il e/ prtre et qu'il allume son flambeau la s\rce de t\te spl5deur1 le ,p4 ,v5tura avait p\r la ,critique l'intrt d'un esprit de l'ordre le plus lev1 qui jusque-l s'tait illu/r dans de trs puissantes polmiques1 mais que l'vnem5t et le *oix de l',emp]eur mettai5t en demeure de se montr] fcond et net dans sa fcondit et de dire enf9 le mot suprme1 que1 sur t\tes les que/ions1 le *ri/ianisme1 s'il r5contre un homme de gnie1 n'a jamais manqu de prononc]6 ,,iii ,eh bi51 ce mot-l1 le ,p4 ,v5tura l'a-t-il fait ent5dre8 ,on le *]*e1 et un tel mot ne se *]*e pas1 dans cet norme volume de c9q c5t soixante pages o la lumire passe sur t\tes1 mais ne se cond5se dans aucune de manire =m] ce noyau qu'il faudrait p\r t\t clair]6 ,c]tes6 il y a l des acc5ts sup]bes1 un /yle tonnant1 remuant et remu1 et franais n\s faire p5s] que n\s avons l1 dans cet ,itali51 un loqu5t compatriote2 mais e/-ce t\t8 ,que l'illu/re ?at9 n\s le p>donne3 si la fran*ise e/ le devoir du prdicateur vis--vis des puissances1 elle e/ le devoir rig\reux de la "p du *rti5 vis--vis du prdicateur4 ,c'e/ l'in/rum5t de l'obs]vatoire ca?olique mettre au po9t du firmam5t4 ,dans ces c9q c5t soixante pages1 y a-t-il autre *ose que des gnralits vagues1 dans une excell5te direction il e/ vrai1 mais n'ab\tissant pas au conseil prcis que le lgislateur veut ent5dre puisque1 dans la magnanimit de son intellig5ce1 il vi5t s'asseoir l devant v\s8 ,or1 le conseil a-t-il imm]g dans le *amp du tlescope8 ,le sol de l'obs]vation n'a-t-il pas trembl s\s les pas de l'obs]vateur8 ,le ,p4 ,v5tura1 qui veut enseign] le p\voir politique au dt5teur provid5tiel de ce p\voir1 qui l'a ramass sur la plage comme une pave en miettes dont il faut rappro*] et rorganis] les dbris1 le ,p4 ,v5tura1 publici/e aprs c\p aprs le s]mon1 puisqu'il le fixe s\s nos yeux dans un livre qu'il revoit1 corrige1 orne de notes1 et qui e/ enf9 un trait1 ni plus ni mo9s que le livre du premi] publici/e v5u crivant dans la confiance de sa p5se1 le ,p4 ,v5tura ne s]ait-il pas un peu emb>rass si on lui disait3 ,c'e/ bi56 mais pr5ez la plume encore et =mulez vos conseils en lois4 ,voyons6 allez6 rdigez le dcret4 ,il faut lgu] la paix au monde avec une dyna/ie4 crivez le te/am5t politique qui va assur] cette survivance ncessaire au monde1 si le monde n'e/ pas condamn4 ,n\s sommes att5tifs1 mais v\s1 soyez =mel4 ,publici/e de ,celui qui a dit3 ,g>dez mes comm&em5ts et v\s vivrez1 sur quel article du ,dcalogue bas]ez-v\s la longvit politique de l'tablissem5t imprial8 ,t\t e/ l1 sans d\te1 p\r v\s1 prtre4 ,ce n'e/ pas t\t que de desc5dre du ,s9a2 il faut y remont]4 ,le ,pat] no/] a-t-il des *os ici-bas8 clairez-n\s444 ,e/-ce trop dem&]8 ,n'tes-v\s pas le canal de la ,con/ituante t]nelle1 le tru*em5t de ,dieu1 son porte-voix8 ,encore une fois1 si les s]mons du ,p4 ,v5tura n'tai5t que des s]mons1 n\s aurions dit3 ,ils ont la =ce p]suasive1 ils ont l'acc5t pntrant1 ils ont l'onction1 ils ont444 ce qu'ils aurai5t6 ,ce ne s]ait l qu'un compte rgl] sur les qualits et les ri*esses du tal5t de l'orateur2 mais dans la p5se vid5te1 catgorique et mme exprime dans ce titre que v\s avez pris1 c'e/ bi5 autre *ose4 ,c'e/ une rponse aux que/ions des novateurs du temps4 ,c'e/ une panace4 ,or1 qu'on n\s p>donne l'expression vulgaire6 une panace ne consi/e pas dire aux g5s3 ,portez-v\s bi51 et je pai]ai le mdec94 ,or1 encore1 "p la vrit morale et dogmatique du *ri/ianisme qui circule dans ces disc\rs et qui app>ti5t au premi] cur de village autant et au mme titre qu'au ,r4 ,p4 ,v5tura1 il n'y a vritablem5t pas l d'inspiration relle et efficace dont on puisse affirm] que ceci n'e/ pas le bi5 de t\s1 la gnralit ca?olique dans son ampleur flottante et dta*e1 mais la proprit exclusive et positive d'un esprit meilleur que les autres p>ce que le *ri/ianisme l'a plus pr(ondm5t clair6444 ,,iv ,le ,c>me1 comme l'on disait autrefois1 le ,c>me du ,p4 ,v5tura e/ compos de neuf disc\rs3 ,rapports entre ,dieu et les p\voirs huma9s2--,ncessit d'une r=me de l'enseignem5t public dans l'intrt de la religion2--,ncessit d'une r=me de l'enseignem5t public dans l'intrt de la littrature et de la politique2--,importance sociale du ca?olicisme2--,moeurs des ,gr&s2--,exemple des ,gr&s2--,l'glise et l'tat1 ou ,?ocratie et ,cs>isme2--,royaut de ,jsus-,*ri/ et ,re/auration de l',empire en ,france4 ,voil les neuf maje/ueux sujets que le ,p4 ,v5tura a du mo9s eu le mrite d'abord]4 ,ce n'e/ pas dans un *apitre d'un livre comme le ntre--un index des travaux philosophiques et religieux de ce temps--qu'on peut analys] ou seulem5t jaug] le flot de *oses qui pass5t trav]s ces sujets1 t\t la fois t]nels et contempora9s4 ,*>ri p> la crise qui n\s emporte1 le ,p4 ,v5tura a au front l'cume des vagues et de la tempte1 et du se9 de cette cume il crie loquemm5t3 ,seigneur6 ,seigneur6 ,mais l'vangile et la tradition ne lui f\rniss5t pas ce qu'ils aurai5t f\rni sa9t ,?omas d',aqu91 p> exemple1 si sa9t ,?omas1 tomb de son sicle dans le ntre1 n\s avait donn une loi sur la famille *rti5ne d*ire et l'ordre social branl4 ,le ,p4 ,v5tura1 qui a une clef p\r entr] p>t\t et qui n'entre nulle "p1 le ,p4 ,v5tura1 le ,guizot de la *aire1 qui compr5d1 comme ,guizot compr5ait1 qu'il y a quelque *ose faire1 ce refra9 qui depuis tr5te ans c\rt les rues mais qui ne dit pas rsolum5t quoi1 n'a que des aspirations1 des press5tim5ts et d'incohr5tes lueurs4 ,dans l'impossibilit de le suivre en ces neuf /ations qu'il trav]se1 n\s n\s p]mettrons de signal] l'homme d'ide le s]mon f9al de son ,c>me1 p>ce qu'il rsume1 en somme1 t\tes les que/ions agites dans les autres et qu'il pose celle-l qui n\s c\vre1 n\s protge et doit n\s df5dre dans les v5tualits que l'av5ir n\s g>de1 c'e/--dire la re/auration et l'aff]missem5t de l',empire4 ,eh bi51 dans ce disc\rs1 o les c>actres d'une re/auration provid5tielle sont exposs avec une autorit inconte/able1 le publici/e sacr1 aprs avoir fait la "p de ,dieu dans cet vnem5t1 arrive la "p de l'homme1 ce quelque *ose d'huma9 que n\s autres faibles cratures n\s sommes p\rtant t5us d'aj\t] dans l'hi/oire aux bonts et aux magnific5ces div9es1 et le voil qui se dem&e alors1 comme dans ses autres disc\rs il ne se l'tait jamais dem& jusque-l1 ce qu'il faut voir et ce qu'il faut faire p\r rs\dre cette "q de la fragilit1 de l'accid5t1 qui e/1 hlas6 au b\t de t\tes les *oses huma9es6 ,assurm5t1 ce mom5t du livre e/ imposant1 et n\s att5dions cette place1 dans ce disc\rs f9al1 quelque *ose de premptoire sur lequel le prdicateur n\s aurait laisss4 ,ret>de1 si l'initiative avait app>u elle n'en aurait t que plus frappante4 ,mais savez-v\s ce qu'e/ p\r le ,p4 ,v5tura1 p5seur hors de sa robe1 et qui dans sa robe devrait tre inspir1 l'initiative qui doit raff]mir le p\voir sec\ et bris p> tant de rvolutions successives8444 ,on s\rit presque en l'crivant6 ,c'e/ la dc5tralisation comme l'ent5d ,danj\ et le pr9cipe des sub/itutions p]ptuit4 ,en dehors de ces deux vues politiques trs connues1 trs discutes et encore trs discutables1 il ne voit plus ri51 cet homme de politique sacre1 et c'e/ p\r n\s rapport] de telles *oses1 qui sont au pi$ de t\tes les taup9ires politiques de notre ge1 qu'il e/ mont au ,s9a et qu'il en desc5d1 plus respl5dissant de tal5t que de vrit6 ,n\s ne croyons pas qu'effet de surprise plus dsagrable se soit jamais produit en lisant un homme sur lequel on avait compt4 ,quoi8 avoir pris le ton qu'il fallait pr5dre1 du re/e2 avoir t prtre jusque-l1 t\*ant1 poignant1 d'une gravit1 d'une pntration444--mais dans cette gnralit que n\s avons ne1 cette gnralit de l'enseignem5t ca?olique que le premi] v5u peut avoir comme le d]ni]1--et puis t\t c\p1 lorsqu'il s'agit du conseil exprs1 de la vue prcise1 se montr]444--comm5t dirons-n\s8 et il faut bi5 le dire444--si vulgaire et d'une initiative si morte6 ,c'e/ l une *ose presque d\l\reuse1 et qui1 nos yeux et aux yeux de t\s1 dcapite le titre ambitieux1 et qui p\vait tre ju/e1 du livre du ,p4 ,v5tura3 ,le ,p\voir *rti54 ,l'adjectif peut re/]1 mais le sub/antif ne mrite plus d'y tre4 ,c'e/ du *ri/ianisme loqu5t que fait l'illu/re ?at91 mais du p\voir444 non6 ,et cep5dant1 comme t\t homme qui a l't(fe ca?olique s\s la ma9 et qui p\rrait taill] l d$ans1 le ,p4 ,v5tura e/ pass bi5 prs de la vrit1 de la vrit illum9ante4 ,p\rquoi donc faut-il qu'il soit re/ sur son oeil la pellicule de la cat>acte8 ,la dc5tralisation dont il p>le e/ peut-tre1 en sa*ant l'ent5dre1 une vue qui a sa ju/esse1 mais elle n'a1 dans l'conomie des po/ulations du publici/e1 ni la grosseur ni la t\te-puissante efficacit qu'il lui attribue4 ,n\s n'en dirons pas assurm5t autant du p\voir pat]nel1 qu'il veut faire plus =t p> le pr9cipe des sub/itutions et la disposition te/am5taire2 n\s croyons que1 l1 le clbre prtre tait bi5 prs d'une solution4 ,mais il en tait d'autant plus lo9 qu'il en tait plus prs4 ,rappelons-n\s le prov]be3 ,lorsqu'il y a dix pas faire1 neuf e/ la moiti du *em94 ,p\r le prtre1 en effet1 et p\r t\t homme qui croit1 avec ju/e raison1 que la politique sort des flancs de la morale et ne peut pas sortir d'ailleurs1 la "q primaire1 la "q fondam5tale1 cette heure de l'hi/oire1 e/ la recon/itution de la famille *rti5ne1 brise p> l'individualisme du temps4 ,n\s aussi n\s p5sons1 comme le ,p4 ,v5tura1 que la famille doit pr5dre fonction dans l'tat4 ,n\s p5sons que si un p\voir *rti5 7et1 c]tes6 le p\voir devant lequel le ,p4 ,v5tura p>lait alors avait ce glorieux c>actre7 traduisait le ,pat] no/] dans ses lois et le quatrime comm&em5t1 il s]ait en mesure suffisante contre les rvolutions futures et p\rrait m>*] en bataille range contre elles4 ,n\s p5sons que si on opposait aux droits de l'homme de ,r\sseau la dcl>ation des droits de la famille franaise reprs5te p> le ,pre1 ceci n\s infus]ait un sang n\veau dans les ve9es et que le p\voir politique en bnfici]ait l'in/ant mme1 c> le ,notre pre ne s'adresse pas qu' ,dieu4 ,il se rfl*it jusque dans le se9 des m9eurs de la famille1 et c'e/ un rayon div9 qui trav]se le diamtre de l'espace et de l'inf9i6 ,v ,et dire comm5t et p> quels moy5s cette traduction tait possible1 le dire nettem5t1 voil la politique sacre comme en f]ait ,bossuet cette heure et que n\s att5dions du ,p4 ,v5tura4 ,quel sujet et quel auditoire6 ,l'imag9ation n\s le fait ent5dre3 ,plantez1 sire1 les rac9es de vos enfants dans le coeur de t\s les foy]s dome/iques4 ,enfoncez votre dyna/ie dans huit millions de dyna/ies4 ,rv]brez-les et qu'elles v\s rv]br5t6 ,a la /atue dyna/ique il faut un pide/al de granit comme elle4 ,quel texte in\ et quelle occasion spl5dide p\r un orateur qui et t plus qu'orateur6 ,hlas6 le ,p4 ,v5tura1 n\s le rptons1 n'a t que cela4 ,ce n'e/ pas cep5dant le c\rage qui lui a manqu4 ,la religion e/ une ,?tis qui trempe les coeurs dans des eaux dont ils ressort5t ,a*illes et qui leur dit3 ,la peur seule e/ mortelle4 ,et1 d'ailleurs1 avait-il beso9 de c\rage8 ,ne p>lait-il pas devant l'homme qui sait que le p\voir e/ la v]tu des rois et qui en a fait la si5ne8444 ,,vi ,un mot encore sur ces s]mons1 qui1 s'ils ne sont pas davantage1 re/]ont de trs beaux disc\rs prononcs devant ,sa ,maje/ l',emp]eur4 ,ils sont prcds d'une introduction de la plus maje/ueuse gravit1 due la plume de ,l\is ,veuillot1 dont le tal5t1 on peut le dire1 a pris depuis quelque temps un surcrot d'aplomb et le c>actre1 presque l'clat1 d'une popul>it4 ,ce rayon1 qui lui e/ v5u enf9 trav]s les prjugs de la ha9e1 et qu'il n'a pas *]*1 ,dieu m]ci6 il le cons]v]a1 s'il ne faut pas p\r cela dvi] de sa ligne droite1 et il le p]dra sans s\ci p\r ne pas en dvi]4 ,,le ,,docteur ,,tessi]#ee ,i ,les tudes de mdec9e#ef dont le docteur ,tessi] a publi la premire p>tie1 sont1 avant t\t1 un livre de discussion ard5te s\s des =mes svres1 une polmique corps corps et mortelle contre des hommes clbres et des doctr9es malheureusem5t pr(esses2 mais cette discussion e/1 en bi5 des po9ts1 si dtaille et si spciale1 le langage qui l'exprime e/ d'une proprit si te*nique et si pr(onde1 qu'au premi] abord elle semblait1 p> cela mme1 *app] notre exam54 ,c'e/ la rflexion seulem5t que n\s avons compris qu'un livre de cette importance et de cette porte ne p\vait tre pass s\s sil5ce4 ,les tudes du docteur ,tessi] n'intress5t pas1 en effet1 que les hommes d'une sci5ce dt]m9e4 ,elles mrit5t d'tre signales l'att5tion de t\t ce qui p5se4 #ee tudes de mdec9e gnrale1 #a;e p>tie3 ,de l'influ5ce du matrialisme sur les doctr9es mdicales de l'cole de ,p>is2 ,de la fixit des ess5ces et des espces morbides 7,pays1 #d fvri] #ahef74 #ef ,j4-,b4 ,baillire4 ,elles s'appui5t sur ces gr&es gnralits qui s\ti5n5t t\t dans le monde intellectuel et moral4 ,a trav]s les lignes droites ou les s9uosits de l'argum5tation suprieure de ,tessi]1 on voit que l'esprit de ce r$\table discuteur doit fom5t]1 depuis longtemps dj1 une va/e ?orie de son art1 et il e/ impossible de ne pas t5ir compte de ce qu'on ap]oit d'un sy/me qui1 sans d\te1 se dgag]a plus t>d avec la d\ble =ce de ses dveloppem5ts et de son ensemble4 ,si n\s p\vions1 p> le peu que n\s en dirons1 avanc] le mom5t o ce sy/me1 p>a*ev et complet1 sortira de l'esprit auquel il a donn tant de rsi/ance et de vigueur contre les t5dances d'un enseignem5t vicieux et fune/e1 n\s croirions avoir fait assez4 ,les prt5tions du temps actuel sont philosophiques4 ,c'e/ dans ces prt5tions qu'il faut le saisir p\r le r$ress]4 ,l'esprit philosophique a mis p>t\t sa ma9 insol5te2 il faut p>t\t la lui c\p]4 ,s\s prtexte d'indp5dance1 il a bris la *ane des traditions dans t\tes les directions de la p5se4 ,en hi/oire1 il a fauss les faits l'aide d'int]prtations m5songres1 et il a inv5t des philosophies de l'hi/oire4 ,tessi] e/ un de ces f]mes esprits qui ne donn5t pas dans ces maje/ueuses niais]ies4 ,il e/ de ceux qui croi5t que1 sur t\s les t]ra9s1--en mdec9e comme ailleurs1--l'hi/oire doit faire taire la philosophie et ti5t en rs]ve des rponses et des solutions t\tes prtes qu& la philosophie n'en a plus4 ,et qu'on n'infre pas de ces p>oles que le docteur ,tessi] e/ impropre ce qu'on appelle les *oses de la philosophie et qu'il a p\r elle ce dda9 qui e/ l'hypocrisie de l'impuissance6 ,on se tromp]ait assurm5t4 ,tessi] e/1 au contraire1 une intellig5ce philosophique4 ,c'e/ un mtaphysici5 d'un ordre lev4 ,le livre dont n\s p>lons en fait foi4 ,il aime et il invoque la mtaphysique4 ,il la tr\ve dans l'esprit huma9 et il ne veut po9t qu'on l'en arra*e4 ,il en ma9ti5t la ncessit4 ,il en reconnat la gr&eur1 qu& la plup>t des mdec9s mod]nes1 mtaphysici5s p\rtant1 mais malgr eux1 et aveugles1 l'insult5t et la rep\ss5t comme un pige1 ple9 de trahison1 que l'esprit huma9 se t5d lui-mme4 ,seulem5t1 t\t mtaphysici5 qu'il puisse tre1 l'auteur des tudes de mdec9e gnrale e/ encore plus traditionali/e que philosophe1 et il laisse sa vraie place la mtaphysique1 dans la hir>*ie de nos facults et de nos connaissances1 en homme qui sait que sans l'hi/oire les plus gr&s gnies philosophiques n'aurai5t jamais eu sur les premi]s pr9cipes que quelques sublimes s\pons444 ,le docteur ,tessi]1 qui croit la sci5ce mdicale1 qui la df5d contre les invasions sans cesse croissantes de la physique1 de la *imie et d'une physiologie usurpatrice1 donne p\r *evet ses ides le rcit mosiaque1 dont t\t doit p>tir p\r t\t expliqu]1 et l'enseignem5t ?ologique et dogmatique de l'glise4 ,en ple9 ,x,i,xe sicle1 lui1 mdec91 il se fait h>dim5t scola/ique1 et1 comme le robu/e et beau pa/eur du tableau de ,lopold ,rob]t1 acc\d si gr&iosem5t contre son attelage1 l'auteur des tudes de mdec9e gnrale1 appuy sur le front puissant du ,boeuf de ,sicile1 oppose firem5t sa9t ,?omas d',aqu9 ,cabanis4 ,il app>ti5t donc ce gr\pe d'esprits qui p5s5t que la ,r5aissance et l'exprim5talisme de ,bacon ont dt\rn les sci5ces1 aussi bi5 que les lettres1 de la voie qu'elles devai5t suivre au se9 d'une civilisation *rti5ne1 et qui sont dcids m\rir ou ne jamais vivre dans la popul>it de leur sicle p\r les y faire r5tr] si ,dieu lui-mme ne s'y oppose pas4 ,avec le g5re d'occupations et de proccupations auxquelles le docteur ,tessi] a dv\ sa vie1 on peut s'tonn] qu'il fasse p>tie de ces d]ni]s ,roma9s1 qui priront probablem5t la pe9e et l'honneur de la vrit2 mais s'il y a l une raison p\r tre surpris1 il y en a une autre p\r applaudir et p\r admir]6 ,,ii ,de t\s les esprits1 en effet1 qu'a fausss et corrompus le s5sualisme de la ,r5aissance et l'exprim5talisme de ,bacon1 qui en a t la doctr9e1 les mdec9s ont t et sont encore1 p> le mode sculaire de leur enseignem5t1 les plus pr(ondm5t atte9ts4 ,c'e/ qu'on ne t\*e pas impunm5t sans prcaution la matire6 ,l',h]cule intellectuel n'e/ pas comme l',h]cule de la *air4 ,il meurt de son bais] la t]re4 ,qu& il l'tre9t trop =t1 il t\ffe dans t\te cette p\ssire sa vig\reuse spiritualit4 ,aveugls p> leur long tte--tte avec des organes et des phnomnes1 la plup>t des mdec9s ont1 depuis ,bacon et son obs]vation racc\rcie1 dgrad la sci5ce dont ils relv5t1 et ils l'ont rduite n'tre plus qu'un empirisme sup]ficiel et grossi]4 ,le matrialisme paen1 qui1 en r5aissant1 devait rep>atre plus mon/rueux que la premire fois puisqu'il r5aissait dans une socit *rti5ne1 e/ sci5tifiquem5t plus gr& dans les crits de ,van ,helmont et de ,bo]haave qu'il ne l'tait1 p> exemple1 s\s la plume d',hippocrate et les traditions de l'cole de ,cos4 ,filtrant p>t\t1 comme la b\e du ,nil1 dans les inspirations des potes1 dans les *efs-d'oeuvre des arti/es1 dans les moeurs des classes leves1 p\r retomb] de l dans les peuples comme1 de l'lgante cuvette d'une fonta9e1 l'eau ruisselle dans les pr(ondeurs d'un bass91 le matrialisme1 qui *]*ait son lit1 en a enf9 tr\v un1 qui semble t]nel1 sur le m>bre des amphi?tres4 ,en supposant que l'intellig5ce huma9e soit un j\r nettoye de cette doctr9e immonde1 les mdec9s s]ont les d]ni]s en essuy] leur p5se4 ,a prdire cela1 croyez-le bi56 il n'y a ni exagration ni imprud5ce1 et la preuve en e/ dans le livre de ,tessi]4 ,n\s l'avons lu et n\s en sommes re/ accabl4 ,on y tr\ve1 exposes et rfutes1 les doctr9es des pr(esseurs les plus influ5ts sur l'enseignem5t et sur l'op9ion1 et ces doctr9es sont matriali/es1--immuablem5t matriali/es1--comme si n\s tions au l5dema9 de la ,r5aissance ou la veille de la ,rvolution franaise6 ,il faut dire cela1 et le dire bi5 haut4 ,n\s avons donc vcu en va94 ,les cynismes du ,x,v,i,i,ie sicle1 en dbau*e d'esprit comme de moeurs1 n'y ont ri5 *ang4 ,les honntes g5s ont eu horreur et dgt1 mais l'horreur n'a pas mont plus haut que le coeur4 ,la sci5ce probablem5t trempe la tte dans un ,/yx1 comme le corps d',a*ille1 af9 de faire ses enfants un s5tim5t moral invulnrable1 et 7le croiront-ils1 ceux-l qui ne sont pas mdec9s87 le matrialisme a cont9u d'tre1 peu de *ose prs1 cette heure1 ce qu'il tait qu& ,la ,mettrie publiait cette hi/oire naturelle de l'me qui fit tant de bruit1 et cet homme-ma*9e qui n'en fit pas mo9s6 ,en ce temps-l1 les habiles et les modrs du matrialisme dir5t que ,la ,mettrie avait l'esprit un peu drang2 et1 p\r se consol]1 il s'en alla1 ,trib\let de la philosophie1 b\ffonn] *ez le roi de ,prusse4 ,mais ,cabanis allait natre1 ,cabanis1 qui1 s\s une phrasologie encore plus l*e que honteuse1 devait n\s donn] la p5se comme une scrtion du c]veau4 ,p\r ma "p1 doctr9alem5t p>lant1 je ne vois pas nettem5t qui vaut le mieux de ,cabanis ou de ,la ,mettrie4 ,quant la politique1 mise au s]vice de la doctr9e1 c'e/ diffr5t6 ,cabanis1 qui a la froideur et les ins9uations du s]p5t1 e/ c\p sr trs suprieur ,la ,mettrie1 entran p> une expression outrance et un tempram5t dsordonn4 ,blaf>d et d\cetre criva91 lgant1 mais la manire des incroyables de son temps1 appliquant aux matires philosophico-mdicales la rhtorique efface de son ami ,g>at1 ,cabanis1 malgr une mdiocrit foncire1 a laiss un sillon pr(ond1 que d'autres ont fcond1 et a ex]c une influ5ce dcisive sur l'enseignem5t en ,france tel qu'il e/ encore auj\rd'hui4 ,comme le rem>que ,tessi] avec inf9im5t de ju/esse1 ,cabanis1 qui avait contre l'glise et les ides religieuses les ha9es p]v]ses de son poque1 v\lait1 dans la civilisation de l'av5ir1 remplac] les prtres1 dont le rle tait f9i 7p5sait-il71 p> les v+t mille mdec9s qui allai5t t\*]1 en haut et en bas1 t\tes les rclamations de la socit mod]ne et la g\v]n] en la ret\rnant sur son lit de d\leur4 ,le plan n'tait pas mal comb94 ,il valait mieux que la prtrise des philosophes de l'av5ir inv5te1 depuis1 p> ,c\s91 ,saisset et ,simon4 ,ce plan aurait1 s'il avait vcu1 ravi d'esprance ,condorcet4 ,sans le *rti5 ,napolon1 qui se mit t\t c\p faire les affaires de ,dieu1 et quelques esprits du plus haut p>age1 comme le vicomte de ,bonald1 qui1 p> p>5?se1 traita ,cabanis dans ses ,re*]*es philosophiques comme plus t>d de ,mai/re traita ,bacon1 le matrialisme passait presque l'tat d'in/itution politique4 ,nonob/ant l'ef=t de ces gr&s hommes1--de ces gr&s spirituels1--il re/a au fond de l'enseignem5t1 en s'aplatissant1 il e/ vrai1 en y rampant1 en s'y c\lant comme un reptile1 mais il y re/a4 ,un j\r1 la philosophie gnrale eut assez de cette auge et releva le front4 ,les philosophes du ,x,i,xe sicle ragir5t contre les philosophes du ,x,v,i,i,ie4 ,la ,romiguire abolissait ,condillac4 ,c\s91 t\j\rs poli1 en sa qualit d'clectique1 effaait ,locke444 d'un c\p de *apeau4 ,galvanis un in/ant1 le spiritualisme c>tsi5 disp>ut bi5tt dans ce va/e tr\ de =mica-leo1 cette logique de ,hegel1 qui tue la p5se p> le vide4 ,au milieu de t\t ce m\vem5t1 le matrialisme mdical ne b\geait pas4 ,il laissait dire et faire et se trans=m] la philosophie4 ,comme le voyageur de la fable1 craignant que le v5t ne ft pas p\r lui il s]ra son manteau aut\r de sa p]sonne1 et si bi5 qu' mo9s de le reg>d] de =t prs on ne p\vait le reconnatre4 ,c'tait son salut4 ,il ganta sa ma9 et masqua son visage1 et l'on vit jusqu' ce lion de ,br\ssais1 dont ,p>iset disait3 ,qur5s quem devoret1 dev5u t\t c\p d'une prud5ce antipa?ique son gnie1 mettre une s\rd9e sa voix rugissante1 et inv5t]1 p\r mieux ca*] le secret de la comdie1 ce mot d'ontologie qui signifiait t\tes les *imres et t\tes les sottises de la religion1 de la mtaphysique et de la spiritualit4 ,or1 si ,br\ssais s'humiliait a9si1 ,br\ssais1 le plus sup]be esprit qui se soit jamais pos sur des griffes entrecroises la guisa di leone1 comme dit le pote1 on se dem&e ce que dur5t faire les hommes qui v9r5t aprs lui et dont l'audace n'tait pas1 comme la si5ne1 mesure la gr&eur de l'intellig5ce4 ,eh bi51 ce qu'ils fir5t1 le docteur ,tessi] s'e/ donn la mission de n\s l'appr5dre en leur rpondant6 ,il a *oisi les plus compts d'entre eux et il a *]*1 s\s le masque f9 d'une phrase te9te1 qui jette de la c5dre p>-dessus la flamme af9 qu'on ne crie pas au feu61 la doctr9e1 l'immuable doctr9e1 qui a bi5 pu modifi] des vues de dtail1 mais qui e/ la mme dans ses conclusions qu'aux j\rs o elle ne se ca*ait pas4 ,encore une fois1 n\s ne p\vons entr] dans cette robu/e et longue discussion1 qu'il faut pr5dre o elle e/1 c'e/--dire dans le livre de ,tessi]4 ,les problmes sur lesquels r\le t\t l'enseignem5t mdical y sont exam9s avec les solutions qu'en donn5t les pr(esseurs actuels1 dont on cite les noms1 les disc\rs et les livres4 ,mconnaissance de la nature spirituelle de l'homme1 qu'on df9it un mammifre monodelphe bimane et ri5 de plus1 ngation de l'unit de la race huma9e1 affirmation de l'activit de la matire1 confusion de la physiologie et de l'hi/oire naturelle au mpris des traditions mdicales depuis ,hippocrate jusqu' nos j\rs1 enf9 l'op9ion qui implique le matrialisme le plus complet3 ,que la vie ne doit pas tre considre comme un pr9cipe1 mais comme un rsultat1 une proprit dont j\it la matire1 sans qu'il soit ncessaire de suppos] un autre ag5t dans le corps1 t\tes ces solutions1 et beauc\p d'autres de la mme normit1 sont attaques et ru9es de fond en comble p> le rude joteur des tudes4 ,il suit1 avec une longueur de vue et une implacabilit de logique auxquelles ri5 n'*appe1 les consqu5ces de ces doctr9es dont la sci5ce e/ empoisonne1 et1 ,dieu m]ci6 il n'e/ pas au b\t de son travail puisque n\s n'avons que la premire p>tie d'un ouvrage qui devra montr]1 dans t\s les rameaux de l'enseignem5t1 la filiation de ces erreurs4 ,le docteur ,tessi] n'e/ pas uniquem5t proccup de spiritualis] l'in/ruction et de t5ir compte de la magnifique duplicit huma9e1 mme dans l'intrt de l'obs]vation physiologique2 il va plus lo9 et plus haut444 ,le rationalisme dogmatique--dit-il--ne saurait coordonn] les phnomnes physiologiques et compr5dre les rapports de la physiologie et de la mdec9e2 mais1 sur le t]ra9 de la pa?ologie1 ce rationalisme devi5t la ngation de ,,t\te vrit4 ,a9si1 comme on le voit1 l'enseignem5t n'e/ pas seulem5t matriali/e2 il e/1 de plus1 arbitraire et antimdical1 et l'habile criva9 le pr\ve avec une rigueur dont1 c]tes6 il n'avait pas beso9 aux yeux de ceux qui sav5t jusqu'o peut port] une ide4 ,en effet1 les doctr9es matriali/es sont1 sci5tifiquem5t1 ce que sont politiquem5t les doctr9es dmagogiques1 tr\blant galem5t la tradition1 et les unes violant aussi bi5 l'hi/oire dans le monde des ides que les autres dans le monde des faits6 ,,iii ,et1 ici1 n\s t\*ons au plus beau ct d'un livre qui n\s en promet un autre1 dgag de t\te polmique1 et p> cela plus gr&444 ,esprit hi/orique1 comme on doit l'tre avant d'tre mtaphysici51 le docteur ,teissi] ne fait po9t la gu]re sans savoir comme il f]a la paix4 ,on a eu de =t gr&s critiques p\r la critique elle-mme1 et qui1 comme ,bayle1 appuyai5t leurs ttes d'or sur l'argile d'un scepticisme t\j\rs prs de s'cr\l]2 mais ,tessi] e/ or de p>t\t4 ,s'il veut dtruire le physiologisme mod]ne1 il sait aussi ce qu'il veut mettre la place1 et c'e/ prcism5t ce qui y tait4 ,le plus bel ef=t des esprits vig\reux e/ de r5\] les traditions1 en t\tes *oses1 qu& elles ont t rompues2 c'e/ de se ratta*] ce pass qui e/ t\j\rs une vrit ensevelie4 ,les *efs de dyna/ie le sav5t bi51 qu'il n'y a ri5 de plus difficile et de plus gr&6 ,tessi]1 qui e/ peut-tre1 sa manire1 un *ef de dyna/ie1--c>1 ou n\s n\s trompons beauc\p1 ou il a t\te une famille d'ides puissantes tablir1--,tessi] e/ une de ces intellig5ces qui travaill5t r5\] la *ane des enseignem5ts sci5tifiques1 et jamais il ne n\s a p>u plus heureux dans son ef=t qu'en posant 7p\rquoi n'e/-ce que de pr(il87 la gr&e "q de l'immutabilit des maladies4 ,le physiologisme1 qui rgne encore quoique son conqurant ne soit plus1 a inv5t un tat de sant qui ressemble =t ce qu'tait l'tat de nature *ez les publici/es du sicle d]ni]4 ,en id5tifiant1 comme il l'a fait1 la maladie avec le symptme ou la lsion1 il a supprim la maladie1 et1 de cette faon1 il a b\lev]s t\t ce qu'on savait et t\t ce qui tait =ce de loi sur cette "q fondam5tale3 ,le mot nature vi5t du mot nasci1--dit ,tessi] avec la simplicit de la lumire1--p> consqu5t1 t\tes les fois qu'une "q de nature e/ pose1 elle implique l'in/ant mme une "q d'orig9e4 ,donc la "q des maladies pose la "q de leur orig9e1 et p> suite de l'orig9e du mal4 ,rduit ses seules =ces et rpugnant reg>d] au fond de l'hi/oire1 le rationalisme devait considr] ces que/ions comme va9es et insolubles1 et il n'y a pas manqu2 en cela au-dess\s de l'antiquit paenne1 qui ne connaissait pas ,bacon1 mais qui n'en savait pas mo9s obs]v] et conclure4 ,hippocrate1 en effet1 ce vieill>d div91--c> l'hi/oire1 p\r honor] ce gr& obs]vateur1 n'a tr\v ri5 de mieux que de l'appel] comme le vieil ,homre1--avait reconnu l'immutabilit des maladies qu& il s'criait1 avec le press5tim5t d'une rvlation3 ,il y a l quelque *ose de ,dieu 7quid div9um76 ,et qu& aussi ,dmocrite1 t5ant de plus prs la vrit1 crivait ce mot s+uli]3 ,l'homme t\t enti] e/ une maladie1 comme s'il et dev9 ce dogme de la *ute aprs lequel il n'y a plus ri5 l'horizon de l'hi/oire ni l'horizon de l'esprit huma96 ,c'e/ cette immutabilit des maladies1 nie et mprise comme tant de gr&es traditions cette heure1 que ,tessi] a os relev] et s\t5ir4 ,il a *oisi cette =te ?se p>ce qu'il l'a r5contre sur la r\te de ses dductions1 mais surt\t p>ce que1 triomphante1 elle entran]ait la ru9e du matrialisme1--sa ru9e df9itive1 sans que dans ses dbris il pt retr\v] une pi]re p\r se faire un ba/ion4 ,l'immutabilit des maladies s'explique p> les prdispositions morbides2 les prdispositions morbides p> une hrdit qui1 elle-mme1 conf9e un tat antrieur dont l'homme n'e/ sorti qu'en se laissant crim9ellem5t tomb]4 ,t\t cela n'e/ pas n\veau4 ,mais rappelez-v\s le mot de ,pascal1 v\s qui avez au mo9s le respect des noms crasants1 et taisez-v\s6 ,le noeud de notre condition--crivait le p5seur t]rible--pr5d ses ret\rs et ses replis dans cet abme1 de sorte que l'homme e/ plus inconcevable sans ce my/re que ce my/re n'e/ inconcevable l'homme4 ,provoqu]1 p> des livres suprieurs comme l'e/ celui de ,tessi]1 le ret\r aux ides spirituelles et *rti5nes dans l'enseignem5t de cette sci5ce imm5se1--la mdec9e1--ce n'e/ donc pas de l'inv5tion1 mais c'e/ mieux4 ,c'e/ la pyramide r5v]se sur la po9te et replace sur la base1 comme le disait ce gr& criva91 qui1 p\r son compte1 a fait si bi5 un j\r ce qu'il avait dit4 ,,fl\r5s#eg ,i ,si ,fl\r5s n'avait qu'une seule importance1--s'il n'tait qu'un savant d'un ordre suprieur enf]m dans la c>apace d'une gr&e spcialit1 impntrable t\t ce qui ne s]ait pas savant1 s9on du mme niveau que lui1 au mo9s du mme c\rant d'tudes1--n\s ne n\s has>d]ions po9t v\s en p>l]444 ,n\s laiss]ions aux livres purem5t sci5tifiques1 ou aux mmoires de l',acadmie dont il e/ le secrtaire p]ptuel1 v\s entret5ir de ses dc\v]tes en anatomie et de ses travaux en physiologie et en hi/oire naturelle4 ,fl\r5s1 heureusem5t p\r lui1--encore plus heureusem5t p\r n\s1--n'e/ pas qu'un savant considrable et (ficiel4 ,c'e/ aussi un lettr1 un lettr autant qu'un de n\s4 ,c'e/ un lettr qui reporte sur la sci5ce1 p\r en ad\cir l'au/rit et sans ri5 dim9u] de sa beaut pr(onde1 t\t ce que le gnie littraire peut donn] la p5se d'un homme de clair1 d'lgant et de d\x4 ,et ces trois mots c>actris5t trs bi51 je v\s assure1 le g5re de tal5t de ,fl\r5s1 de cet homme qui aurait pu1 ma foi6 tre pesant sans se compromettre1 tant il savait de *oses1 et qui s'en e/ si bi5 g>d6 #eg ,oeuvres compltes 7,pays1 #g avril #ahfj74 ,mon ,dieu1 oui6 il aurait pu tre pesant t\t comme un autre4 ,il e/ savant4 ,il a donn la sci5ce t\te sa vie1 et1 v\s le v]rez t\t l'heure1 la sci5ce a trs bi5 agr ses hommages4 ,elle l'a r5du heureux2 elle ne l'a po9t trait comme un de ses patiti infconds qu'elle trane quelquefois aprs elle4 ,et cep5dant il n'a pas eu la fatuit de son bonheur1 c> la fatuit des savants heureux1 c'e/ la l\rdeur444 une l\rdeur g\rme1 pate1 inf9ie4 ,c'e/ leur turc>tisme1 eux6 ,au contraire1 il a t lg]2 mais lg] comme un ignorant *>mant1 qui n'a pas autre *ose faire que d'avoir de la grce1 de temps autre1 et de se montr] spirituel4 ,fl\r5s n'e/ po9t un rudit l'allem&e1 quoiqu'il soit de l',acadmie de ,muni* et de bi5 d'autres acadmies4 ,c'e/ un rudit des plus franais1 qui n'a pas p]du1 comme tant d'autres1 en cultivant la sci5ce1 sa qualit de ,franais4 ,orig9alit mi-p>tie1 dont *aque moiti vaut presque un t\t4 ,savez-v\s comm5t il procde8 il enlve la sci5ce1--cette puissante p]sonne la ,rub5s mo9s la c\leur1--il l'enlve dans les bras trs f9s de sa littrature et lui ouvre a9si dans le monde un *em9 que1 sans cette enlevante littrature1 la sci5ce peut-tre ne f]ait pas4 ,il la vulg>ise et la popul>ise4 ,il lui fait faire son t\r444 d'esprits6 ,arti/e dlicat1 il lui atta*e des ailes transp>5tes1 qui ne fond5t po9t comme celles d',ic>e1 et qui l'emport5t bi5 lo9 de t\s les malheureux culs-de-plomb qui peupl5t les ,acadmies4 ,voil ,fl\r5s6 et voil p\rquoi aussi les oeuvres d'un homme aussi savant que lui attir5t notre att5tion1 malgr t\t ce qu'on r5contre dans ces oeuvres de p>ticuli]1 de spcial1 de te*nique1 d'effrayant p\r n\s4 ,la fleur littraire1 qui n'e/ p>fois qu'un br9 de muguet1 ins9ue son p>fum dans ces livres de nom5clatures et de descriptions anatomiques qui devrai5t tre si secs et p>fois si nausabonds p\r t\t ce qui n'a pas l'ard5te et froce curiosit du savoir1 et cette petite odeur1 qui surpr5d l1 mais qui plat p>t\t1 invite les esprits les mo9s encl9s la sci5ce pr5dre ces livres et les ouvrir4 ,le langage facile1 pur1 agrable1 qu'on p>le ici ne rappelle en ri5 le langage rude1 incorrect et p>fois opaque1 que la sci5ce1 s\cieuse seulem5t de l'exactitude des faits1 e/ acc\tume de p>l]4 ,non que la sci5ce ne puisse avoir son loqu5ce1 une loqu5ce elle1--brusque ou calme1 mais c>re1 didactique1 imp]turbable1 ne craignant d'appuy] sur ri5 qu& elle croit1 en appuyant1 prcis] davantage4 ,seulem5t1 ce n'e/ pas l la langue de ,fl\r5s4 ,la si5ne n'a ri5 de cette sub/ance paisse et =te4 ,elle ne ressemble pas au bloc de cri/al qui absorbe le j\r qu'il r5v]ra plus t>d qu& il s]a taill et mis s\s son arc de lumire4 ,elle e/ taille1 elle1 mais m9ce et lum9euse comme la vitre trav]s laquelle v\s reg>dez les tagres d'un musum1 et1 il faut bi5 le dire1 depuis ,font5elle1--ce lg] dans la consi/ance comme ,fl\r5s1--ri5 de p>eil en fait de /yle sci5tifique ne s'e/ vu p\r la transp>5ce presque ari5ne de la phrase et cette prcision1 sre d'elle-mme1 qui n'a pas beso9 d'appuy]4 ,en effet1 il y a1 ds les premires pages de ces ,oeuvres compltes#eh1 qui r5f]m5t non seulem5t les dc\v]tes de la sci5ce mais les hommes qui les ont faites1 et la biographie aprs l'hi/oire1 il y a1 entre ,fl\r5s et ,font5elle1 un rapport qui saute aux yeux1 malgr et trav]s t\tes les diffr5ces de philosophie1 de s5tim5t et de de/9e qui exi/5t entre le secrtaire p]ptuel de l',acadmie des sci5ces du ,x,v,i,i,ie sicle et le secrtaire p]ptuel de l',acadmie des sci5ces d'auj\rd'hui1 et ce rapport1 c'e/ l'incomp>able diaphanx de leur exposition t\s deux4 ,c'e/ la sveltesse d'un /yle que le gt littraire a dgag et allg jusqu' la lgret d'un ,grammont ou d'un ,matta1 si de tels hommes avai5t pu crire sur les sci5ces4 ,c'e/ cette *ose dont on peut se pass] aussi en ,france1 mais non sans en s\ffrir3 l'agrm5t6 l'agrm5t jusque dans les matires qui comport5t le mo9s d'agrm5t6 l'agrm5t1 ce sup]flu si ncessaire l'esprit franais6 ,font5elle et ,fl\r5s1 et t\s les deux autant l'un que l'autre1 ont introduit et cr le joli dans la sci5ce1 sans la dgrad]4 #eh ,g>ni] frres4 ,p\r la premire fois1 le ,corneille a t joli sans sottise4 ,on a pu dire avec eux et en les lisant3 ,une jolie sci5ce1 une jolie expri5ce1 une jolie dc\v]te1 une jolie description de physiologie1--t\tes *oses qui autrefois faisai5t trembl] et qui1 autre "p que *ez eux1 r5d5t encore bi5 grave4 ,ils ont t attirants1 amusants1 atta*ants1 quelquefois brillants1 et on a pu se risqu] un j\r1 sur la foi de leurs livres1 aux sci5ces physiques ou naturelles sans avoir la vocation d'un hros1 d'un m>tyr1 d'un ,la ,pr\se qui n'en revi5dra pas et qui croit s'en all] bravem5t se faire mang] p> les sauvages6 ,c]tes6 ,il n'y aurait que cela dans ,fl\r5s1 il n'y aurait que cette ressemblance1 que ce rapport avec ,font5elle1 que ce s]ait assez p\r excit] en n\s la plus vive sympa?ie4 ,le progrs ne peut pas s'arrt]1 c'e/ bi5 ent5du1 et il pullule de rudes ouvri]s la sci5ce1 des pio*eurs et des dfri*eurs du sublime le plus amrica92 mais quelqu'un qui ressemble ,font5elle1 mais1 au plus pais de la sci5ce1 deux doigts d'esprit qui ti5n5t une plume lgre1 voil ce qu'on ne voit pas t\s les j\rs6 ,,ii ,et il n'y a pas que ces deux doigts d'esprit dans ,fl\r5s4 ,il n'y a pas que le gnie littraire de ,font5elle retr\v au fond de sa fonction1 comme une *ose oublie sa place dans l'intrt de son successeur4 ,il n'y a pas dans ,fl\r5s1 quoi qu'il y soit aussi1 qu'un hi/oriographe d'acadmie1 qu'un tabellion d'loges (ficiels dont l'orig9al re/e au greffe et dont l'expdition e/ donne la po/rit1 qui aim]a la lire p\r la faon dont elle e/ libelle1 je v\s en rponds6 ,il y a un autre homme1 qui n'e/ pas1 qui n'a jamais t dans ,font5elle4 ,font5elle1 lui1 qu&1 de ses deux doigts que j'adore1 il a f9i d'crire son loge d',acadmie ou son ,hi/oire de l',acadmie1 qui tait aussi un loge1 bi5 digne d'un anci5 madrigali/e comme il l'avait t en l'honneur des dames 7c> les acadmies sont des dames aussi1 quoique composes de plusieurs messieurs72 oui6 qu& ,font5elle a a*ev de t\rn] ce madrigal suprme1 et il le t\rne bi51 ayant eu jusqu'au d]ni] mom5t la grce et la cl>t1--cette grce de la lumire1 ayant t1 ce vieux ,ti?on1 aim jusque-l de l',aurore6--alors t\t e/ dit4 ,il e/ puis1 il a r5du son d]ni] s\ffle1 l'aimable bonhomme6 ,il n'e/ plus que le ,cladon1 plus pass que ses aiguillettes1 d'anci5nes bucoliques oublies1--un pa/eur d',arcadie ent]r en ,acadmie4 ,mais ,fl\r5s1 aprs ses loges1 e/ t\j\rs ,fl\r5s1 c'e/--dire ce qu'il a t t\te sa vie3 un anatomi/e1 un naturali/e1 un physiologi/e1 un pr(esseur4 ,ce n'e/ pas seulem5t qu'un secrtaire p]ptuel d'acadmie1 il e/ p]ptuel de tal5t en son propre nom1 ce qui vaut bi5 mieux6 ,il y a l1 dans cette publication de *ez les frres ,g>ni]1 huit dix volumes qui ne sont que la fleur d'un pani] trs ple9 et trs pr(ond1 dans le fond duquel je ne plong]ai pas mes ma9s indignes4 ,mais je me p]mettrai de t\*]1 sans appuy]1 au vel\t de t\te cette fleur4 ,je me p]mettrai de v\s faire rem>qu] cette p\dre t9celante1 tombe des ailes de cette rudition d'abeille1 qui a le vagabondage de l'abeille1 qui en a le miel1 mais qui n'en a pas l'aiguillon4 ,et1 d'abord1 voici trois quatre volumes de ,notices qui sont c]ta9em5t la p>tie la mo9s considrable et la mo9s travaille de cet esprit facile qui ri5 ne semble cot]1 tant il e/ veill et pre/e6 et dont plusieurs 7celles sur ,h5ri-,m>ie de ,bla9ville1 ,lopold de ,bu* et les ,jussieu7 sont de petits *efs-d'oeuvre d'apprciation attique4 ,puis1 aprs ces ,notices1 voici une ,hi/oire de la circulation du sang1 trav]s laquelle le lecteur1 et mme la lectrice1 v]ront circul] le leur dans leurs ve9es4 ,c'e/ peut-tre dans cette hi/oire que ,fl\r5s a le plus exhal sa petite odeur de muguet littraire qu&1 de savant en savant1 il e/ arriv jusqu' ,guy ,pat91 cette excell5te figure1 ce ,boileau-,despraux de la mdec9e1 qui aurait donn trs bi5 la monnaie de sa pice l'autre ,boileau1 le railleur de la ,facult4 ,ici1 le naturali/e1 le physiologi/e1 devi5t presque un critique comme l'un de n\s4 ,c'e/ un clair de lune de ,sa9te-,beuve2 mais c'e/ un clair de lune limpide6 ,aprs cette ,hi/oire de la circulation du sang1 v\s avez ,l',in/9ct et l'intellig5ce des animaux1 une "q qu'un fils de ,buffon comme ,fl\r5s devait trait] dans un de ses ouvrages2 c> v\s savez si ,fl\r5s e/ le fils de ,buffon et s'il mrite de port] le nom de ,buffonet que ,buffon donnait son fils6 ,puis encore un ,exam5 de la phrnologie1 trs c\rt1 comme il convi5t1 le mpris ayant une expression brve qu& il n'e/ pas sil5cieux1 et le mpris tant t\t ce que mrite cette doctr9e1 qui n'e/ plus qu'une amusette de salon depuis que ,br\ssais1 ce tribun mdical1 n'e/ plus l p\r la df5dre de sa voix pre4 ,fl\r5s1 qui ne pse sur ri51 a donn cela sa *iqu5aude1 et la *iqu5aude a suffi p\r enfonc] les protubrances2 mais il n'en a pas mo9s fait ju/ice ,gall qu& il s'agit des s]vices r5dus p> cet homme1 en dehors de son sy/me1 l'anatomie4 ,enf91 voici le livre qui a fait tant de bruit1 et qui1 je le crois1 a t p\r ,fl\r5s la queue du *i5 d',alcibiade3 le ,livre sur la longvit6 ,l',alcibiade de la physiologie se devait de c\p] la queue de son *i51 et il l'a c\pe en homme qui sait se s]vir du scalpel et de l'esprit franais4 ,mais j'ai g>d p\r le d]ni] le meilleur et le plus intressant des livres de ,fl\r5s1 celui-l qu'il a intitul3 ,de la ,vie et de l',intellig5ce1 et sur lequel je crois ncessaire de m'arrt]4 ,,iii ,qu& n\s avons r5du compte1 dans ce volume1 de l',hi/oire des manuscrits de ,buffon que ,fl\r5s a publie1 n\s avons dit que n\s revi5drions sur les s]vices r5dus p> l'm95t comm5tateur du gr& naturali/e la philosophie gnrale4 ,eh bi51 c'e/ ce livre3 ,de la ,vie et de l',intellig5ce1 qui fait le mieux m5tion de ces s]vices6 ,philosophiquem5t1 ,fl\r5s1 ce rayon intellectuel qui glisse plus sur la mtaphysique qu'il ne la pntre1 ,fl\r5s e/ c>tsi54 ,a t\te page il vante la ,m?ode de ,desc>tes1 et trop1 selon n\s4 ,il admire l'axiome assez vulgaire de cette m?ode3 qu'il ne faut admettre p\r vrai que ce qu'on connat videmm5t p\r tel4 ,comme si ce moy5 de connatre videmm5t le vrai1 la ,m?ode de ,desc>tes1 l'avait donn jamais p]sonne6 ,il e/ vrai que ,fl\r5s dit que ,desc>tes oublie sa m?ode en physique4 ,en e/-elle donc meilleure p\r cela8 ,desc>tes a t\j\rs fait des ef=ts enrags p\r sortir du moi1 et il y e/ re/4 ,mo9s heureux que le r5>d de la fable1 il n'a pas tr\v d'*9e de b\c p\r s'aid] sortir du puits dans lequel il tait desc5du et qui n'e/ pas le puits de la vrit4 ,fl\r5s1 fils de ,buffon1 e/ le petit-fils de ,desc>tes4 ,il a gr&i entre deux hypo?ses2 mais l'obs]vation et l'exprim5tation l'ont p>fois arra* aux influ5ces de sa naissance et de son ducation1 et de l'ap]u il e/ mont jusqu' la dc\v]te4 ,or1 il a fait deux dc\v]tes1 surt\t1 qui s]ont ses deux meilleurs titres d'honneur dans la tradition sci5tifique4 ,la premire e/ celle de la =mation des os dmontre l'aide d'expri5ces trs +nieuses et trs concluantes1 et la seconde1 c'e/ la localisation de l'intellig5ce dans le c]veau1 dont il pr\va physiologiquem5t l'unit4 ,avec sa ?orie exprim5tale sur les os1 ,fl\r5s jetait aux ,bi*ats de l'av5ir1 p\r le dvelopp]1 le g]me d'une n\velle *irurgie1 et ce n'tait l qu'un pr(it de la physiologie2 mais la ?orie posant l'axiome sup]be3 la matire passe et les =ces re/5t1 frappait le matrialisme1 d'un premi] c\p1 au v5tre mme4 ,v5trem f]i6 ,seulem5t1 au second1 la bte s'abattait1 et ce second c\p mortel et qui en f9issait fut la localisation de l'intellig5ce dans le c]veau6 ,ri5 de plus curieux que la dmon/ration de ,fl\r5s1 rapporte avec beauc\p de dtails dans le livre ,de la ,vie et de l',intellig5ce1 et avec cette cl>t qui e/ le don de son tal5t4 ,c'e/ l qu'il faudrait la *]*]4 ,lui1 l'anatomi/e c>tsi51 il n'invoqua pas la p5se1 la spiritualit1 la consci5ce1 cette ligne solitaire et impossible jo9dre de l'asymptote t]nelle6 ,non6 il prit t\t simplem5t et t\t brutalem5t le c]veau1 le dc\vrit1 le dissqua1 et1 s\s la po9te de ce scalpel qui e/ le seul in/rum5t de vrit p\r les matriali/es1 il montra que le c]veau tait le sige exclusif de l'intellig5ce2 que l'ablation d'un des tub]cules dt]m9ait la p]te du s5s de la vue1 mais que l'ablation d'un lobe laissait la s5sation et dtruisait seulem5t la p]ception4 ,il tablit que l'un tait un fait s5sorial1 l'autre un fait crbral1 et que la s5sibilit n'tait et ne p\vait jamais tre l'intellig5ce1 pas plus que l'ide la s5sation4 ,contrairem5t la ?orie de ,locke et de ,condillac1 mre de t\tes les autres ?ories s5suali/es1 il pr\va que p5s] e/ si peu s5tir qu'on peut c\p] le c]veau p> tran*es--et il le c\pa--sans produire aucune d\leur1 la s5sibilit n'exi/ant que dans les n]fs et dans la moelle p9ire1 et l'intellig5ce tant le c]veau o n'e/ pas la s5sibilit4 ,et il alla plus lo9 encore6 ,il dmontra que s5tir n'e/ pas mme p]cevoir et que le c]veau seul p]oit4 ,enf91 il analysa exprim5talem5t les facults1 les fonctions1 les =ces1 et donna la preuve sans rplique ses adv]saires 7c> c'tait une preuve physiologique7 de l'unit de l'intellig5ce1 concluant que la physiologie rptait le tmoignage du s5tim5t1 et qu'elle le confirmait en le rptant4 ,telle e/1 sauf les dveloppem5ts1 qui sont trs lum9eux et dont on ne peut donn] ici la longue *ane logique1 la gr&e dmon/ration faite p> ,fl\r5s contre le matrialisme1 et qui1 selon n\s1 doit f9ir et emport] le dbat4 ,c'e/1 comme on le voit1 le d]ni] mot philosophique prononc dans un ordre d'ides qu'il =clt et contre lequel nulle objection ne peut dsormais se relev]4 ,c'e/ la d]nire raison1--ou1 bi5 mieux6--c'e/ le d]ni] fait s\s lequel s'ent]r]a le matrialisme et cette philosophie de la s5sation qui a longtemps rgn1 et qui se raccro*e en ce mom5t au pan?isme p\r ne pas t\t fait prir et p\r retr\v] plus t>d le moy5 de vivre4 ,p> le pan?isme1 en effet1 le matrialisme a t\j\rs un pi$ et une ma9 dans la philosophie contempora9e1 et ce n'e/ pas le spiritualisme1 rduit ses seules =ces1 qui c\p]a jamais ce pi$ et cette ma9-l4 ,il l'a essay au comm5cem5t du sicle1 ce spiritualisme va9 qui1 en dehors des ides *rti5nes1 a l'insol5ce et l'+ratitude de se croire quelque *ose4 ,c'tait l'heure o la socit n'en p\vait plus1 *angeait d'erreur et se t\rnait de l'autre ct sur sa paillasse de sophismes4 ,mais ,c\s91 qui discutait ,locke1 n'emp*a pas ,br\ssais4 ,d'ailleurs1 il faut bi5 en conv5ir1 quelle que soit la doctr9e dont il e/ "q1 ce n'e/ jamais p> des argum5ts tirs d'un ordre d'ides dt]m9 qu'on peut enfonc] et ru9] les argum5ts tirs d'un bon ordre d'ides contraires1 et1 t\t de mme que le spiritualisme ne peut m\rir que s\s des raisons spirituali/es t\t de mme le matrialisme ne peut prir et cr\l] que s\s des raisons tires de lui-mme4 ,or1 l'honneur de ,fl\r5s e/ d'tre v5u n\s les donn]6 ,,iv ,encore une fois1 voil le vrai mrite de ,fl\r5s4 ,voil la gloire srieuse de cet esprit1 lg] seulem5t p> l'expression1 qui a port dans la sci5ce un s\rire inconnu et *>mant4 ,un j\r il a t t]rible et il a s\fflet le matrialisme avec un scalpel6 ,puis il a repris son s\rire1 dans lequel aucun scepticisme ne se j\e4 ,l'hi/ori5 de ,mag5die a l'orig9alit d'tre conva9cu4 ,non seulem5t il e/ spirituali/e1 puisqu'il e/ c>tsi51 et n\s av\ons que jamais ce spiritualisme-l ne n\s a p>u trs =midable et trs augu/e2 mais il e/ *rti51 et il a t\j\rs mis sa sci5ce d]rire le *ri/ianisme1 ce qui e/ sa place1 malgr les rbellions insol5tes de quelques savants4 ,sur la cration1 il e/ p\r ,mose1 et sur l'unit de la race dans le g5re huma94 ,il croit aux causes f9ales2 mais1 comme il le dit avec un s5s dli et pr(ond1 il ne conclut pas le desse9 suivi des causes f9ales1 mais les causes f9ales du desse9 suivi4 ,il n'e/ gures possible de dire plus ju/e et de p5s] plus f94 ,f9esse et ju/esse1 ce sont1 en effet1 les qualits suprieures de ,fl\r5s4 ,c'e/ de ju/esse dans l'expression et de f9esse dans la p5se qu'e/ faite sa lucidit1 c> ,fl\r5s n'e/ pas seulem5t un esprit lucide1 c'e/ mieux que cela3 c'e/ une lucidit4 ,n\s n'avons pas ent5du ,fl\r5s comme pr(esseur1 mais il doit port] dans son enseignem5t les qualits qui font de l'ex]cice du pr(essorat quelque *ose comme une cration cont9ue1 c> clair] les esprits1 c'e/ les crer une seconde fois4 ,c'e/ mme1 dirons-n\s1--et c'e/ la seule critique que n\s os]ons contre ces livres amusants comme s'ils n'tai5t pas savants et savants comme s'ils n'tai5t pas amusants1--c'e/ mme l'habitude du pr(essorat qui donne ces livres la ta*e de ces rptitions de faits ou d'ides qu'on pr5drait p\r des nglig5ces et qui sont plutt des scrupules de cl>t4 ,fl\r5s1 qui f]ait la classe avec beauc\p d'imposance des hommes comme lui1 la f]ait t\t aussi bi5 aux jeunes filles des ,oiseaux ou de l',abbaye-aux-,bois1 comme ,bossuet faisait le cat*isme aux petites bonnes g5s de la ville de ,meaux1 et1 comme on le sait1 ,bossuet n'en tait pas plus petit4 ,l'auteur de la ,vie et de l',intellig5ce n'e/ donc pas mo9s =t p>ce qu'il e/ gracieux1 il n'e/ pas mo9s docte p>ce qu'il e/ agrable et que t\t le monde peut lire ses livres et les gt]4 ,n\s croyons la provid5ce des noms comme y croyait ,/]ne1 et ,fl\r5s e/ l'homme de son nom4 ,il a mis la plus belle rose de son ,j>d9 des plantes au corsage un peu pais de la sci5ce1 et il en f]ait bi5 d'autres6 ,t\t ce qu'il t\*e1 il le fleurit4 ,,eug,,ne ,,pelletan#ei ,eugne ,pelletan e/1 comme on sait1 un des criva9s les plus dmocratiques de ce temps4 ,il y a plus1 il e/ peut-tre1 p> le tal5t de l'expression1 p> l'lvation de son s5tim5t1 p> l'en?\siasme pr(ond que lui inspire la cause de la dmocratie1 l'un des criva9s qui font le plus d'honneur son p>ti4 ,p\r t\tes ces raisons runies1 si le livre de ,pelletan ju/ifiait l'ambition navem5t montre de son titre 7et il n'y a ri5 dans cette navet fire qui n\s dplaise1 qu'on le croie bi5671 n\s aurions le symbole du ,x,i,xe sicle et n\s saurions prs5t quoi mettre la place de ce vieux symbole de ,nice1 tu p> l'analyse et p> la sci5ce1 et qui ne peut plus satisfaire--dis5t les philosophes--les beso9s de foi des peuples actuels4 #ei ,pr(ession de foi du dix-neuvime sicle 7,pays1 #a;er janvi] #ahec74 ,malheureusem5t p\r ceux qui aurai5t t curieux d'un tel rsultat1 la pr(ession de foi de ,pelletan re/]a la pr(ession de foi--isole--de son auteur aux incomp>ables gr&eurs et la vrit du ,x,i,xe sicle1 et n\s ne disons pas assez6 t\tes les gr&eurs et la vrit de t\s les sicles qui le suivront4 ,en effet1 qu'on ne s'y mpr5ne po9t6 ce n'e/ pas en ce que le ,x,i,xe sicle a de virtuel1 de progressif1 de relativem5t vrai que ,pelletan a la confiance qu'on p\rrait avoir en la vrit mme de ,dieu1 mais c'e/ dans t\s les sicles futurs1 gr&s1 selon lui1 impeccables et infaillibles1 leur date1 leur place dans la *ronologie univ]selle2 en d'autres t]mes1 c'e/ dans le progrs1 le progrs indf9i de l'humanit4 ,a ne voir que l'affirmation de ce fait1 qu'y a-t-il l de bi5 n\veau8 ,en ,france1 depuis ,condorcet1 cette foi au progrs e/ connue1 quoiqu'on ne la pr(esse t\t haut que s\s les rs]ves du bon s5s d'un peuple qui n'aime pas qu'on se moque de lui1 et en ,allemagne1 o l'on n'a ri5 cra9dre cet g>d1 cette foi a t r$\ble p> des sy/mes philosophiques qui sont du mo9s de =midables erreurs1 les ef=ts puissants de gr&s esprits faux4 ,ce qui e/ n\veau1 ce qui donne un mrite de h>diesse et d'initiative ,pelletan1 c'e/ d'crire un livre p\r dmontr] la ncessit rationnelle de cette croyance4 ,seulem5t1 nulle "p1 ni en ,allemagne ni en ,france1 les deux pays ides1--l',anglet]re n'e/ qu'un pays intrts1--les hommes qui s'appell5t humanitaires n'accept]ont1 p\r l'explication de leur dogme et le d]ni] mot de leur foi1 la pr(ession de ,pelletan4 ,elle p\rra lui s]vir1 lui1 c> l'esprit gagne t\j\rs se mettre bi5 en face de sa p5se en l'exprimant4 ,mais1 comme propag&e d'ides1 elle se p]dra3 en ,france1 p> son lyrisme et sa c&eur mme2 en ,allemagne1 p> son manque de sci5ce relle et de pr(ondeur4 ,c'e/ que1 p\r un livre p>eil1 il ne sufft pas d'en avoir l'audace4 crire la pr(ession de foi d'un sicle qui semblait ne plus en avoir2 proclam] la seule croyance re/e deb\t sur t\tes les autres1 la seule religion qui convi5ne des titans intellectuels de notre =ce2 proclam] la foi au progrs1 la foi sci5tifique au progrs1 impose t\t ce qui p5se de p> l'autorit mme de l'hi/oire2--en trois mots1 repr5dre en s\s-oeuvre et refaire l'hi/oire des civilisations successives1 de l'homme et de la cration1 tait1 n'importe p\r quel esprit1 une t5tative dang]eusem5t gr&iose4 ,pelletan1 qui a l'esprit ard5t des hommes faits p\r la vrit1 a mesur la difficult avec son c\rage4 ,mais l'audace ne fait pas t\j\rs la puissance1 et le malheur e/ que1 qu& elle ne la fait pas1 l'audace e/ dconsidre4 ,qu'on n\s p]mette de l'affirm]6 il n'y avait que deux manires de trait] l'imm5se et difficile sujet qui a t5t ,pelletan4 ,et n\s disons deux seules manires1 et non pas trois4 ,ou bi5 il fallait l'abord] comme n\s l'aurions abord1 n\s *rti5s1 p\r qui nul m\vem5t de civilisation n'a dpass le *ri/ianisme2 comme n\s qui avons une rvlation religieuse primitive1 crite1 9branlable dans ses textes1 une hi/oire1 un en*anem5t de faits1 des s\rces nombreuses1 t\te une exgse1 t\te une critique1 et une autorit s\v]a9e p\r emp*] t\s ces dv]gondages d'exam5 qui ont f9i1 en ,allemagne1 p> le suicide de la ,critique sur les cadavres444 qu'elle n'a pas faits4 ,ou bi5 il fallait trait] ce t]rible sujet rsolum5t1 en homme qui a pris son po9t de vue de plus haut ou de plus avant que des textes2 comme un philosophe1 c>r p> la base1 qui dit firem5t l'hi/oire3 ,tu m5s1 qu& tu n'es pas trompe2 tu es trompe1 qu& tu ne m5s pas6 ,mais alors1 rsultat s+uli]1 dans le premi] cas une telle hi/oire--impossible ,pelletan1 facile peut-tre ,bossuet1 ,cuvi]1 t\t gr& c]veau gnralisateur qui admettrait une rvlation1--ni]ait1 en dtail et en bloc1 t\t ce que ,pelletan admet comme vrai6 ,elle ni]ait le progrs4 ,elle ni]ait la p]fectibilit indf9ie et cette asc5sion *imrique de l'humanit on ne sait v]s quoi444 c> le mot n'a pas encore t dit4 ,du sy/me de ,pelletan il ne re/]ait pas un atome4 ,dans le second cas1 au contraire1 ri5 de p>eil sans d\te1 mais quel prix8 la /ricte condition d'avoir tabli la foi au progrs sur une ?orie assez =te p\r dm5tir l'hi/oire1 et c'e/ l prcism5t ce que ,pelletan n'a pas fait4 ,il n'a t ni assez hi/ori5 ni assez philosophe1 et il a v\lu tre l'un et l'autre4 ,il n'a pas vu que ce d\ble rle tait incompatible2 que sur cette "q my/rieuse1 mais non impntrable1 de la de/9e de l'humanit1 l'hi/oire tuait la philosophie ou que la philosophie tuait l'hi/oire4 ,il n'a pas t assez hi/ori52 quoi d'tonnant cela8 mais il n'a pas t non plus assez philosophe1 et ceci tonne davantage4 ,sur cette "q1 que le pan?isme mod]ne a pose et qu' plusieurs reprises il a essay de rs\dre1 ,pelletan1 dmocrate1 prote/ant1 hegeli5 plus ou mo9s1 le sa*ant ou sans le savoir1 a trahi la philosophie1 la seule puissance dont il relve1--c> si ,pelletan n'e/ pas philosophe1 qu'e/-il donc8 ,en quelle classe d'esprits le rang]ons-n\s8444 ,dans son livre il n'a pas procd une seule fois la manire de ses matres2 c> il a des matres1 n\s les connaissons4 ,eux sont1 avant t\t1 des anatomi/es de la p5se4 ,t\s leurs sy/mes sort5t des abmes d'une psy*ologie qui leur semblait1 en t\t sujet1 le po9t de d"p 9vitable1 mais qui les a p]dus p>ce que qui desc5d dans l'homme sans la ma9 de ,dieu ne remonte plus6 ,pelletan n'invoque po9t1 lui1 cette m?ode svre4 ,il ne comm5ce po9t p> creus] dans les facults de l'homme p\r mieux jug] du b de l'humanit4 ,avec cette lgret enflamme d'un pote1 qui ne consume ri5 et qui n'claire pas1 il p>le1 au db de son livre1 du s5tim5t et de la raison1 ces deux ailes de l'me2 mais il n'en dcrit pas les fonctions1 il n'en montre pas l'orig9e4 ,cep5dant1 la ?orie de la connaissance doit =cm5t s'lev] d]rire t\te philosophie4 ,il n'y a que n\s1 les enfants d'une rvlation positive1 qui puissions n\s pass] de con/ruire une ?orie de la connaissance p\r donn] de l'autorit nos ass]tions4 ,n\s1 n\s comm5ons p> ,dieu l'hi/oire de t\tes *oses1 et cette vue-l simplifie t\t4 ,mais ce dont n\s sommes disp5ss1 n\s1 les hommes du pass et les my/iques1 comme n\s appell5t nos ennemis1 ,pelletan y e/ t5u4 ,eh bi51 de cette obligation philosophique il ne se proccupe mme pas6 ,il affirme et va4 ,il raconte sa manire ce que la ,g5se raconte mieux que lui4 ,mais1 arriv l'homme1 il brise la ,g5se1 et l'erreur mon/rueuse monte sur les dbris de l'hypo?se4 ,la *ute1 ce cataclysme de l'me1 qui a laiss sa trace dans la mmoire de t\s les peuples1 comme le dluge1 ce cataclysme de la matire1 a laiss la si5ne t\s les po9ts1 t\tes les fissures de ce globe1 e/ nie d'un mot1 au mpris de t\tes les traditions connues4 ,le premi] homme1 cet ,adam qui avait la lumire d'une innoc5ce sortie fra*em5t1 comme un lis1 des ma9s du ,seigneur1 ,adam1 dans l'd51 p\r ,pelletan1 e/ un peu plus que les btes1 mais ce n'e/ encore qu'une organisation imbcille dans les rudim5ts du progrs4 ,et ve8--ve eut beso9 de sortir du ,p>adis p\r conqurir sa premire v]tu4 ,n\s citons444 mais sans colre4 ,ne savions-n\s pas qu'il devait en tre a9si1 qu'il ne p\vait pas en tre autrem5t p\r le ?orici5 ou le my/agogue du progrs8 ,l'erreur a des manires d'atta*] le colli] de =ce aux plus gnreux esprits et de les tran] aprs elle4 ,la *ute admise1 le progrs ne s]ait plus6 ,les enfants v]rai5t cela444 ,seulem5t1 p\r r5dre son s\fflet l'hi/oire il fallait re/] dans la philosophie1 n\s donn]1 d'aprs la nature de l'homme et l'tude de ses in/9cts et de ses facults1 la preuve philosophique de l'impossibilit radicale1 huma9e1 de la *ute4 ,or1 voil ce que ,pelletan a oubli4 ,de la "q philosophique1 qu'il n'a pas t\*e comme on et t en droit de l'att5dre d'un homme qui a conu l'ide de son livre1 il a gliss t\t c\p dans l'hi/oire sans texte contre une hi/oire qui en a un4 ,mais une hi/oire sans texte p\rrait =t bi5 tre un roman4 ,et qu& on e/ sorti de la ,g5se le roman cont9ue1 ou du mo9s une hi/oire que ri5 n'aff]mit ni ne pr\ve2 qui1 lorsqu'elle n'e/ pas entirem5t fausse1 qu& les faits et les textes ne la dm5t5t pas1 n'a p\r elle que des inductions et des analogies1 assez peut-tre p\r donn] le d\te1 pas assez p\r donn] la foi4 ,a9si--p\r ne pr5dre qu'un dtail entre t\s--o ,pelletan a-t-il vu1 ailleurs que dans les arrangem5ts de sa p5se ou sur l'*iqui] idal dans lequel il enca/re les vnem5ts et ploie l'hi/oire du monde sa fantaisie1 que l'homme fut *asseur avant d'tre pa/eur1 que ce fut le tr\peau qui lui donna l'ide de la famille1 la *asse et les p>tages de la proie l'ide de la proprit8444 ,le j\r o l'homme laissa les agneaux auprs de la brebis1 il g>da auprs de lui ses enfants1 et la famille fut fonde4 ,c'e/ la phrase mme de ,pelletan4 ,en n\s t5ant en dehors des livres qui sont p\r n\s la vrit1 les premi]s dveloppem5ts huma9s des socits comme ,pelletan les raconte ne s]ai5t encore que des probabilits de simple bon s5s1 et1 malgr notre respect p\r le bon s5s1 il faut plus que cela p\r expliqu] l'homme4 ,des probabilits1 qu& il s'agit de l'*eveau br\ill des orig9es6 ,la philosophie en a beauc\p accumul1 mais sa honte4 ,elle y a rong son fre91 cass sa sangle1 bu son cume4 ,elle y a puis son ef=t4 ,n\s avons d'elle t\te une biblio?que bleue de sy/mes que l'hi/oire a balays de son pi$ tranquille1 comme une p\ssire qui ne devait pas mont] jusqu' son front4 ,pelletan n\s les rappelle4 ,mais1 fran*em5t1 et p\r p>l] comme lui1 e/-ce avoir progress que de n\s donn] sur l'orig9e du langage le fonds d'ide de ,condillac8 sur la "q du feu d'tre au-dess\s de ,bory de ,sa9t-,v9c5t1 dans un dictionnaire des sci5ces naturelles8 ,et a9si de t\tes les que/ions1 c> n\s ne p\vons qu'indiqu]4 ,c]tes6 c'e/ ici le cas ou jamais de cit] le beau mot du philosophe ,jacobi1 qui savait1 comme ,pascal1 ce que vaut1 sur les que/ions premires1 la philosophie rduite elle seule3 ,la philosophie1 comme telle seulem5t1--disait-il1--e/ un jeu que l'esprit huma9 a imag9 p\r se ds5nuy]2 mais1 en l'imag9ant1 l'esprit n'a pas fait autre *ose que d'organis] son ignorance4 ,et encore y a-t-il moy5 de l'organis] plus ou mo9s solidem5t1 cette ignorance6444 ,voyez les gr&s esprits sy/me qui se mlr5t de p5s] sur le dveloppem5t des socits huma9es3 ,ari/ote1 ,platon1 ,hobbes1 ,fi*te1 ,hegel et tant d'autres6 ,aucun d'eux ne s'e/ cont5t des gnralits fleur d'ides1 et le plus s\v5t fleur d'images1 qui satisfont ,pelletan dans sa re*]*e d'une trs difficile vrit4 ,ils n'ont po9t fait si bon m>* une philosophie de l'hi/oire4 ,leur successeur1 qui avait pr(it] de leurs travaux1 ,pelletan1--lequel1 p> p>5?se1 e/ bi5 pittoresque et a le sang bi5 *aud p\r tre un mtaphysici51 un oeil ret\rn en d$ans1 comme disait l'abb ,morellet avec une spirituelle exactitude1--pose des lois absolues qu'il tire de t\t ce qu'il y a de mo9s absolu au monde3 l'analogie6 l'analogie6 cette fille trompeuse de l'imag9ation1 qui a si s\v5t donn le v]tige aux plus f]mes obs]vateurs4 ,cette fasc9ation de l'analogie le mne1 trav]s t\te l'hi/oire1 dans l',inde1 en gypte1 en ,grce1 dans le monde roma91 dans la ,gaule1 p>t\t enf9 o le progrs comme il l'ent5d a glorifi l'humanit4 ,elle le mne1 mais1 comme t\te fasc9ation1 elle l'g>e aussi quelquefois4 ,dans l'impossibilit de refaire un livre sur lequel ici on ne doit que plan] du haut d'un exam5 bi5 rapide1 n\s ne p\vons discut]1 dtail p> dtail1 l'hi/oire comp>tim5ts de dami] que ,pelletan a con/ruite dans l'intrt de ses ides4 ,sans cela il n\s s]ait facile de montr]1 les faits en ma91 qu'il n'a pas plus creus dans l'esprit des diffr5tes poques du monde qu'il n'a f\ill1 au db1 dans les orig9es et les facults de l'homme1 et qu'en cela trop s\v5t son livre1 empre9t de ce fatalisme gographique qui explique les fonctions des peuples p> le milieu dans lequel ils se meuv5t 7fatalisme ressuscit de t\s les matriali/es de fait1 d'int5tion ou d'aveuglem5t71 a donn1 en preuve de ses dires1 l'app>5ce p\r la ralit et la sup]ficie p\r le fond4 ,a9si donc1 mme p\r ceux qui p5s5t comme ,pelletan 7et que d'esprits p5s5t comme lui cette heure ou du mo9s incl95t p5s] comme lui671 son livre1 ,pr(ession de foi du ,x,i,xe sicle#fj1 e/ refaire4 ,c'e/ un c\p manqu dans l'ordre de la p5se4 ,un symbole de foi s'arrte dans une =me nette1 au trav]s de laquelle on voit l'ide jusque dans ses rac9es4 ,une pr(ession de foi--de foi sci5tifique1 de foi rationnelle1 la seule foi possible aux facults mries du ,x,i,xe sicle1--doit repos] sur un en*anem5t de ralits inconte/ables et n'avoir ri5 de vague1 ri5 d'inc]ta91 ri5 d'obscur4 ,pelletan ca*e plus d'une obscurit s\s la c\leur de son /yle1 ori5tal d'clat1 brillant comme les esc>b\cles du diadme de ,salomon1 dont il n'a malheureusem5t pas la sagesse4 ,p\r pr\v] aux hommes1 mme les plus p]mables aux influ5ces de la philosophie pan?i/ique de notre poque1 que la solution du problme de l'humanit c'e/ son progrs incessant1 t]nel1 sans po9t d'arrt et sans dfaillance1 il faut plus que la conviction loquemm5t enflamme du plus brillant des sectaires ou l'en?\siasme ivre d'un ,?riaki4 #fj ,pagn]re4 ,n\s sommes dupes des mots qu'on rpte4 ,le progrs incessant et t]nel de l'humanit6 ,on ent5d cela p>t\t1 et on l'accepte1 comme on accepte t\t1 condition de n'y pas trop reg>d] et de n'y pas trop compr5dre4 ,et p\rquoi ne l'accept]ait-on pas8 ,cela p>at si simple l'esprit et cela e/ si d\x l'orgueil4 ,mais1 allez6 qu& on veut lev] ce mot la hauteur d'une dmon/ration qui =ce la foi et en m\le n]giquem5t l'expression dans un symbole1 il se tr\ve des difficults emb>rassantes auxquelles t\t d'abord on ne p5sait pas444 ,et n\s ne p>lons pas p\r n\s1 qui n'avons ni dans le coeur ni dans l'esprit la mme foi que ,pelletan1 qui ne p5sons pas comme lui que le progrs soit l'expansion illimite de t\tes les =ces passionnes de l'homme avec t\tes leurs excitations et leurs ralisations dans l'tat1 dans l'art1 dans l'indu/rie1 dans les moeurs2 mais qui croyons1 au contraire1 que le progrs c'e/ la v]tu p> le sacrifice en vue de quelque *ose qui n'e/ ni dans l'hi/oire ni dans la vie visible de l'humanit6 ,p\r n\s1 t\te conv]sion aux ides de ,pelletan e/ impossible1 mais n\s disons que sa ?se e/ rude s\t5ir1 mme vis--vis de ses amis intellectuels4 ,logiquem5t1 il e/ vrai1 et de philosophie philosophie1 d'augure augure1 la *ose s]ait bi5 mo9s ardue1 c> la porte d'une p>eille ?se n'*appe pas4 ,l',allemagne1 qui a l'intrpidit des crimes ab/raits1 l'a rvle depuis longtemps3 c'e/ le dtrnem5t de ,dieu p> l'humanit1 c'e/ la rvolution dmocratique contre ,dieu4 ,qu'on ne s'y mpr5ne pas6 on n'a inv5t le progrs indf9i que p\r se pass] de ,dieu au comm5cem5t1 au milieu et la f9 de t\tes *oses4 ,voil la porte du sy/me4 ,seulem5t1 p\r ins9u] dans les esprits honntes et confiants qui v\s lis5t ces consqu5ces voiles1 la ma91 qui n'e/ pas trs =te1 tremble un peu444 ttonne dans les faits qu'elle mle et se blesse des inconsqu5ces mortelles4 ,selon n\s1 c'e/ l ce qui e/ arriv ,pelletan4 ,son tal5t ne l'a pas sauv4 ,il s'e/ pris lui-mme son prisme2 le flambeau qu'il portait l'a bl\i4 ,a ct des cl>ts aveuglantes et des mirages de p]spective1 il y a aussi dans son livre de ces inconsqu5ces qui sont des blessures p> lesquelles saigne et meurt un sy/me4 ,citons-en une seule1 en passant3 ,il 7l'homme7--dit-il--recruta d'abord ces races purem5t alim5taires1 expiatoires1 qui devai5t rgnr] l'homme en donnant leur vie p\r lui et le ra*et]1 p> leur sang1 de sa pauvret444 ,n\s ne discutons pas le fait1 n\s citons la phrase4 ,fran*em5t1 n'e/-elle pas un peu compromettante8 ,qu& on a ni la *ute et qu'on sait quel degr les ides se ti5n5t et se comm&5t1 il ne faudrait s\s aucun prtexte risqu] ces mots d'expiation et de ra*at1 qui f]ai5t1 s'il vivait1 s\rire le t]rible ,joseph de ,mai/re de son s\rire le plus cruellem5t indulg5t4 ,telle e/1 p\r n\s1 cette ,pr(ession de foi du ,x,i,xe sicle4 ,pelletan n\s p>donn]a la rigueur de notre critique4 ,c'e/ un noble esprit1--on le s5t bi5 qu& on le lit1--un de ces esprits qui ne veul5t pas tre les crateurs1 mais les cratures de la ,vrit1 et c'e/ p\rquoi n\s avons dit avec fran*ise ce que son livre n\s a inspir en le lisant4 ,quant au tal5t d'criva9 dont ce livre clate1 il e/ presque aussi gr& que les erreurs dont il e/ ple94 ,il e/ ju/e de le reconnatre4 ,mais qu'import]a peut-tre l'auteur8 ,hlas6 n\s savons trop ce que1 dans les proccupations presque religieuses du p5seur1 devi5t ce gnie de la =me qui v\s aime et que l'on n'aime plus6 ,+ratitude de l'intellig5ce1 prise de l'ab/raction et de la dc\v]te1 elle re/e ins\ciante p\r la =me qui la f]a vivre et qui emporte l'ide v]s l'av5ir sur ses ailes6 ,peut-tre le /yle de ,pelletan e/ mo9s p\r lui1 en ce mom5t1 que sa philosophie1 et p\r n\s1 au contraire1 le /yle1 dans son ouvrage1 e/ t\t4 ,c]tes6 on peut regrett] l'emploi de cette plume1 d'une coloration si ard5te que l'on dirait un p9ceau1 mais on n'en saurait conte/] l'clat4 ,il y a plus3 avec la s*]esse des mes de nos j\rs froids et t]nis1 n\s disons qu'il e/ impossible ceux qui n'ont po9t aboli en eux la facult de l'en?\siasme de ne pas regrett] de voir ,pelletan f\rvoy] le si5 dans de misrables ?ories1 comme on regrett]ait de voir la gra9e de l'encans tomb] p> t]re au lieu d'all] s'embras] sur les trpi$s des tab]nacles4 ,pelletan e/ de cette race d'mes qui ont le s5s my/ique en elles1 et1 selon n\s1 c'e/ l une supriorit4 ,assurm5t on peut abus] de cette supriorit-l comme de t\tes les autres2 c> c'e/ une obs]vation qui n'a pas t assez faite1 que plus les facults sont r>es et gr&es1 plus l'usage en peut t\rn] vite l'abus1 app>emm5t p> la raison qu'il e/ plus ais de tomb] mesure qu'on s'lve4 ,mais1 quoi qu'il en puisse tre1 l'auteur de la ,pr(ession de foi du ,x,i,xe sicle e/ un my/ique2 c'e/ un my/ique dans l'erreur1 comme il y a des my/iques dans la vrit4 ,dprav p> la philosophie1 qui a remplac p\r le ,x,i,xe sicle le matrialisme du ,x,v,i,i,ie1 c'e/ une espce de sa9t ,m>t9 du pan?isme4 ,il veut1 comme t\s les illum9s de la philosophie1 ralis] une foi sci5tifique1 et il n'y a pas d'me mieux cre p\r la foi intuitive que son me4 ,il y a en lui des t5dresses de coeur1 des =ces de s5tim5t qui ne sav5t plus que dev5ir dans ce sy/me1 sans ,dieu p]sonnel1 de l'humanit progressive4 ,en va9 transpose-t-il ,dieu et s'ef=ce-t-il d'en remplac] l'am\r p> l'am\r de l'humanit2 en va9 s'enf]me-t-il dans cette prison des sicles dont il a beau recul] les murs1 il n'a jamais l'espace qui convi5drait l'n]gie de son me immortelle4 ,et si p> impossible il p\vait russir dans sa t5tative de philosophie1 il s\lv]ait encore1 p\r respir]1 ce ciel qu'il croirait avoir abattu sur lui444 ,le ton des polmiques de j\rnaux ne n\s impose po9t4 ,n\s s5tons battre le coeur s\s t\tes ces cuirasses1 qu& il bat =t comme celui de ,pelletan4 ,naturellem5t1 il df9irait sa philosophie comme elle e/ df9ie dans le trait des *oses div9es3 ,j'ent5ds p> le vrai quelque *ose qui e/ antrieur au savoir et hors du savoir4 ,mais volontairem5t1 artificiellem5t1 il s'a*>ne des dmon/rations extrieures qui ne p>t5t que du pi$ des faits et qui y succomb5t4 ,de/9e s+ulire1 et mo9s r>e qu'on ne p5se1 que ce contre-s5s suprme entre les ides et les facults6 ,c'e/ la seule explication qu'on puisse donn] de ce tri/e phnomne3 un homme si bi5 d\ produisant un sy/me qui rpond si peu aux ambitions de sa p5se4 ,l'esprit1 qu'on a mconnu en soi1 s'e/ v5g6 ,,sa9t ,,anselme ,,de ,,cantorb,,ry#fa ,si le tal5t seul faisait la de/9e des livres1 n\s p\rrions n\s disp5s] peut-tre de p>l] de ce d]ni] ouvrage de ,*>les de ,rmusat4 ,le tal5t dont il brille n'e/ pas assez clatant p\r port] bi5 lo9 les ides qu'il exprime4 ,mais en fait d'ides1 qui l'ignore8 c'e/ mo9s l'auteur et la =ce de son esprit qui crent le succs que les circon/ances4 ,s'il e/ vrai1 comme le disait ,napolon1 que les hommes1 gr&s ou petits1 sont fils des circon/ances1 le mot e/ encore plus vrai des ides444 ,fl*es l\rdes ou lgres1 aigus ou m\sses1 le v5t qui les p\sse1 l'air qu'elles trav]s5t1 le po9t d'o elles sont aju/es1 font plus p\r elles que la corde de l'arc qui les *assa ou la ma9 qui les a lances4 ,*ose s+ulire6 le b vi5t plus s\v5t v]s elles qu'elles ne vont elles-mmes v]s le b4 ,et voil la raison1 sans d\te1 p\rquoi il n'e/ pas d'homme ou de livre1 si infime qu'il soit p> l'intellig5ce1 qui ne puisse tre dang]eux4 ,l'imbcillit mme1 en matire d'ides1 n'e/ pas une innoc5ce2 et l'esprit huma9 e/ con=m de sorte que la btise peut1 dans un j\r donn1 avoir le tri/e honneur d'tre un flau4 #fa ,sa9t ,anselme de ,cantorbry1 p> ,*>les de ,rmusat 7,pays1 #ac fvri] #ahec74 ,et si cela e/ d'une manire absolue1 si les circon/ances ont sur le sort des livres une influ5ce plus gr&e que le tal5t qu'ils atte/5t1 on peut assur] qu' l'heure prs5te ,rmusat e/ plac dans la situation la plus favorable au rayonnem5t de t\t ce qu'il publie1 que ce qu'il publie soit1 d'ailleurs1 vrai ou faux1 mdiocre ou suprieur4 ,son pass1 son anci5ne lvation m9i/rielle1 ses relations de monde et d'cole1 son titre littraire d'acadmici51 t\t1 jusqu' sa position de va9cu politique1--c>1 en ,france1 c'e/ p>fois une assez belle position que celle-l1--facilite m]veilleusem5t la diffusion actuelle de ses ides et de ses crits4 ,il e/ mme p5s] que sans cette circon/ance de va9cu qui t\*e la *eval]ie franaise1 la ,critique1 trop spirituelle p\r ne pas v\loir tre populaire1 aurait pass bi5 vite p>-dessus le ,sa9t ,anselme de ,cantorbry#fb de ,rmusat1 sujet philosophique et qui ne peut intress] qu'un trs petit nombre d'esprits4 ,seulem5t1 si elle a t\* cet ouvrage avec une gravit et une considration qui l'honore1 elle a t bi5 paye de sa politesse1 c> elle a tr\v dans le livre de ,rmusat les ides qui lui sont le plus *res1 ce rationalisme contempora9 qu'on voit p>t\t ma9t5ant1 de quelque ct qu'on se t\rne1 et qu'il n\s faut bi5 appel] p> son nom puisque1 auj\rd'hui1 n\s avons p>l] de philosophie4 #fb ,didi] et ,cie4 ,du re/e1 ce qui dim9uait bi5 un peu le mrite de la ,critique1 si bi5veillante p\r ,rmusat et p\r son livre1 c'e/ qu'elle dev9ait l'avance ce qu'un tel livre devait cont5ir4 ,la =me sci5tifique des ides que l'auteur y expose p\vait bi5 ne pas l'attir] avec puissance1 mais ces ides1 elle les press5tait4 ,en effet1 ,rmusat a un pass philosophique comme il a un pass politique1 et on les connat t\s les deux4 ,si1 dans un temps de scepticisme ou d'clectisme comme le ntre1 on n'ose pas dire qu'il y ait autre *ose dans les ttes affaiblies que des t5dances la place d'op9ions1 on sait bi5 au mo9s quelles t5dances a t\j\rs app>t5u la p5se de ,*>les de ,rmusat4 ,cet lgant n\rrisson de madame de ,/al qui n'a po9t puis sa n\rrice1 trop jeune du temps du ,globe p\r s'asseoir sur le canap doctr9aire1 mais qui s'e/ t5u sur le tab\ret d' ct1 e/ un de ces esprits non sans mrite1 c\p sr1 mais qui manqu5t de l'espce d'n]gie ncessaire p\r donn] un dm5ti leur vie et r5v]s] dans leur intellig5ce des convictions fausses1 mme qu& elles y manqu5t de pr(ondeur4 ,p> la nature de ses facults1 il tait de/9 t\j\rs all] devant soi dans le s5s de ses premires p5tes4 ,or1 c'e/ ce qui e/ arriv4 ,le ,sa9t ,anselme d'auj\rd'hui e/ bi5 de la mme ma9 qui crivit l',abl>d1 et1 il y a quelques annes1 cet ,essai de philosophie en plusieurs volumes qui1 erreurs "p1 accusait plus d'ap]u et de v]ve crbrale que les livres publis depuis p> l'auteur4 ,la maturit ne porte pas t\j\rs bonheur t\t le monde4 ,l'esprit de ,*>les de ,rmusat a eu la maturit des femmes blondes1--il a pass4 ,a l'poque1 lo9ta9e dj1 o ,rmusat crivait son ,essai de philosophie1 il y avait en lui ce ptillem5t d'ides qui f]ait croire la =ce d'individualit d'une intellig5ce2 mais ce n'tait l qu'une illusion1 due probablem5t sa jeunesse4 ,en ralit1 ,rmusat tait bi5 plus ptri p> les philosophies qu'il maniait qu'il ne les ptrissait lui-mme4 ,il recevait alors1 comme un homme plus gr&em5t d\ que lui1 ,c\s91 l'influ5ce de ces sy/mes allem&s1--b>b>es de la p5se civilise et savante1--contre lesquels il n'y a plus ma9t5ant que le ca?olicisme p\r refuge1 comme il n'y avait non plus que le ca?olicisme du temps des b>b>es matriels6 ,l'unique diffr5ce tait peut-tre que ,c\s91 avec son ard5te s5sibilit et l'clat *aleureux de son esprit1 recevait l'impression de la p5se allem&e comme une cire b\illante et spl5dide reoit l'empre9te dans laquelle j\]a la lumire1 t&is que ,rmusat la g>dait comme une cire ple et tide1 sans cohsion et sans solidit4 ,n'importe6 l'un comme l'autre1 l'esprit qui vivait le plus comme celui qui vivait le mo9s1 ils devai5t si bi5 ret5ir en eux la m>que de cette philosophie que1 malgr le temps1 la rflexion et la peur inspire p> des doctr9es qui ont f9i p> donn] ,arnold ,ruge l',allemagne et ,pr\dhon la ,france1 on la retr\ve p>t\t en eux cette heure1 aussi bi5 dans le plus puissant1 dev5u le plus prud5t et qui affecte1 p\r dsori5t] l'op9ion et n'y pas rpondre1 de sculpt] avec un am\r comiquem5t idoltre le bu/e d'une femme sur un tombeau1 que dans le plus faible1 re/ le plus h>di1--puisqu'il e/ re/ philosophe1--s'ef=ant va9em5t1 dans son int]prtation de la mtaphysique de sa9t ,anselme1 d'*app] aux consqu5ces1 ma9t5ant dvoiles1 de la philosophie qui les a galem5t ass]vis6 ,c> tel e/ le b1 s9on atte9t1 du mo9s vis1 du n\vel ouvrage de ,rmusat4 ,ma9t5ir le fondem5t de la philosophie rationali/e1 de cette philosophie qui n'e/ pas autre *ose que le prote/antisme en mtaphysique1 mais *app] aux consqu5ces pan?i/iques de cette philosophie1 devant lesquelles le monde1 plus *rti5 encore qu'il ne p5se1 se cabre encore avec effroi1 tel e/ le b que s'e/ propos ,rmusat dans sa monographie intellectuelle de sa9t ,anselme4 ,p\rquoi s'e/-il donn un p>eil b8 ,a-t-il trembl1 dans sa consci5ce logique ou dans sa consci5ce morale1 en voyant les consqu5ces t]ribles dgages enf9 de ce qu'il crut la vrit si longtemps8 ,e/-ce la *ose en soi qui l'a rvolt1 ou l'effet actuel de cette *ose sur le monde qui lui a p>u compromettant8 ,n\s n'avons po9t faire un travail d',h]cule en sondant les re9s ou le coeur des philosophes1 ces tables d',augias huma9es4 ,mais t\j\rs e/-il que ce b impossible d'une *>te taille entre un pr9cipe et sa conclusion1 ,rmusat se l'e/ donn4 ,trs au c\rant du m\vem5t d'ides qui s'e/ produit du ct du ,rh91 et modifi p> ces ides1 c'e/ p> l',allemagne et sur les pas de l',allemagne qu'il e/ entr dans l'tude du moy5 ge et de la scola/ique4 ,mauvaise porte et mauvais guide p\r y pntr]6 ,ce n'e/ pas l'in/9ct de la p5se *rti5ne qui l'a p\ss de ce ct et qui l'a fait all] d',abl>d1 de l'hrtique ,abl>d1 jusqu' l'or?odoxe ,anselme4 ,l',allemagne1 curieuse comme si elle n'avait pas d'ides elle1 et p]sonnelle au po9t de *]*] ses ides p>t\t1 l',allemagne depuis longtemps *]*ait l'or que ,leibnitz avait dit brill] dans le fumi] du moy5 ge4 ,elle l'avait tr\v2 mais en mettant la ma9 dessus1 comme ,galate t\*ant ,pygmalion1 elle avait dit3 ,c'e/ moi encore6 ,rmusat1 plus ou mo9s hegeli51 avait pu lire dans ,hegel3 ,anselme1 dans son clbre argum5t de l'exi/5ce de ,dieu1 montra1 le premi]1 la p5se dans son opposition l'tre et *]*a en pr\v] l'id5tit4 ,aprs un p>eil hommage r5du p> le gr& ?orici5 de l'id5tit de la p5se et de l'tre1 qui semblait reconnatre dans le sa9t mtaphysici5 une pat]nit loigne1 comm5t ne pas se proccup] de cet homme1 qui1 quoique sa9t1 avait t philosophe1 et qui1 p> ,desc>tes1 t\*ait ,hegel8 ,rmusat a beau n\s dire1 avec une int5tion qui ne trompe p]sonne3 ,desc>tes ne s]ait pas aism5t conv5u que sa9t ,anselme fut un de ses matres1 t\t ce qui s'occupe de philosophie n'en sait pas mo9s que l'argum5t de sa9t ,anselme sur l'exi/5ce de ,dieu 7et l'exi/5ce de ,dieu c'e/ t\tes les que/ions de la philosophie dans une seule7 e/ le mme dans le ,monologium que dans les ,mditations4 ,p> la nature de son esprit1 p> la prt5tion de son sy/me1 p> l'isolante =ce ou faiblesse de son pr9cipe3 ,je p5se1 donc je suis1 ,desc>tes e/ l'orgueil de la p]sonnalit solitaire4 ,avec la ha*e de son scepticisme il a c\p t\s les cbles qui atta*5t la p5se huma9e la tradition4 ,rob9son intellectuel d'un ds]t qu'il a fait aut\r de sa propre p5se1 il a v\lu crer t\t dans le vide qu'il avait creus4 ,il e/ vid5t qu'un tel homme n'admet ni anctres ni prdcesseurs2 mais il n'e/ pas mo9s vid5t non plus que si la p>5t n'e/ pas reconnue p> la volont elle subsi/e dans la p5se1 c> si elle n'y tait pas1 croyez-le bi56 les philosophes mod]nes1 plus ou mo9s issus de ,desc>tes1 aurai5t laiss bi5 tranquille dans sa ni*e de sa9t le gr& ,anselme de ,cantorbry1 et ne lui aurai5t pas fait cette gloire po/hume qu'ils se sont mis lui faire1 mo9s p\r lui encore que p\r eux6 ,et1 en effet1 au simple po9t de vue de la tactique1 aprs t\tes les inju/ices et t\tes les ignorances du ,x,v,i,i,ie sicle1 n'tait-il pas habile et spirituel t\t ensemble d'enrgim5t] jusqu'aux sa9ts s\s la bannire de la philosophie8 ,mais n\s irons plus lo94 ,si ce n'tait pas l une simple tactique1 s'il tait vrai1 s'il tait rel1 que la mtaphysique d'un sa9t1 et1 p> exemple1 de sa9t ,anselme1 et des rac9es secrtes1 9vitables1 ncessaires avec t\te cette mtaphysique transc5dante qui doit un j\r remplac]1 p> la cl>t de l'ide pure1 le demi-j\r des religions1 une telle analogie1 une telle r5contre ne s]ait-elle pas encore meilleure montr]1 dmontr]1 proclam] de t\tes les manires possibles1 comme une de ces preuves1 grosses de bi5 d'autres1 qu'on jette dans les esprits dducteurs et qui y doiv5t dev5ir fcondes8 ,qu& un ?ologi5 prote/ant comme ,hasse1 qu& un hegeli5 nettem5t accus comme ,franck1 qu& un rationali/e comme ,b\*itt1 qu& enf9 ,rmusat1 pr5n5t p>tie la mtaphysique de sa9t ,anselme1 la comm5t5t t\r t\r et l'int]prt5t1 ils sav5t bi5 ce qu'ils font et ils font bi54 ,il faut tre assez imp>tial p\r le reconnatre4 ,ni les ef=ts de ,moehl]1 le ?ologi5 ca?olique qui s'e/ occup1 dans un autre b1 de la mtaphysique de l'illu/re ar*evque1 ni les petites *icanes d'une revue e/imable 7la ,revue de ,l\va971 qui prt5dait et montrait plaisamm5t un j\r que ,rmusat n'ent5dait pas mme le lat9 du texte qu'il traduisait1 ne n\s f]ont p]dre de vue la vrit dans cette "q de la mtaphysique de sa9t ,anselme4 ,or1 la vrit1 la voici6 ,c'e/ que sa9t ,anselme1 p> cela mme qu'il se dt\rnait de la ?ologie v]s la mtaphysique1 posait au ,x,ie sicle1 dans l'innoc5ce et la scurit de sa foi1 les problmes que la mtaphysique agite depuis qu'elle exi/e sans les rs\dre1 et que1 les posant ncessairem5t comme les mtaphysici5s les pos5t1 il tait ju/iciable des mtaphysici5s1 et qu'ils ont eu p>faitem5t le droit de dire comme ils l'ont dit dans quelle mesure ils admettai5t sa p5se et dans quelle mesure ils ne l'admettai5t pas4 ,a9si1 p\r rev5ir ,hegel1 ,hegel a eu le droit d'crire cette arrogante rs]ve3 ,il ne manque l'argum5t de sa9t ,anselme que la consci5ce de l'unit de l'tre et de la p5se dans l'inf9i1 et ,rmusat a eu le droit aussi1 la f9 de son ouvrage1 de repr5dre l'argum5t du ,prologium af9 de le purifi] de t\t sp9ozisme et de lui donn] cette valeur philosophique que n\s avons indique1 et qui s]ait si gr&e si elle n'tait pas *imrique1 savoir3 le rationalisme du pr9cipe sans le pan?isme de la dduction6 ,mais si ,rmusat a eu le droit d'agir a9si dans son int]prtation de la mtaphysique de sa9t ,anselme1 a-t-il russi8 ,et il y a plus3 p\vait-il mme russir8 ,ce n'e/ pas assurm5t en passant qu'on peut trait] comme il le faudrait de la vrit absolue ou relative de t\te philosophie1 de cette sci5ce qui n'en e/ pas une1 c> elle se *]*e t]nellem5t sans se tr\v]4 ,seulem5t1 p\r t\s ceux qui ont t\* ces que/ions dvorantes1 on s]a suffisamm5t fond affirm] que ce n'e/ pas la mtaphysique1 qu'elle s'appelle des plus beaux noms que le gnie ait eus dans l'hi/oire1 qui peut combl] l'abme exi/ant entre l'homme et ,dieu et trac] p\r l'homme un *em9 au-dessus de ce g\ffre4 ,n\s avons dit plus haut3 ,t\te philosophie gt dans une seule "q3 l'exi/5ce de ,dieu en face de l'exi/5ce du monde4 ,et il s]ait ais de montr] que quelque solution qu'on adopte sur cette "q1--et t\tes peuv5t se ram5] deux pr9cipales1--en d'autres t]mes1 soit que ,dieu et la matire soi5t congnres1 soit que ,dieu l'ait tire de lui-mme1 le pan?isme 9vitable et m5aant revi5t t\j\rs4 ,eh bi51 si tel e/ le rsultat que donne la rflexion de l'homme livre elle-mme sur ce problme fondam5tal1 il n'y a plus qu' rep\ss] lo9 de soi la mtaphysique comme *ose va9e1 t\t au mo9s1 qu& elle n'e/ pas dang]euse1 et rev5ir l'enseignem5t1 l'autorit1 la rvlation surnaturelle1 t\t ce que la philosophie appelle ddaigneusem5t le my/icisme2 c> le my/icisme seul e/ assez =t p\r rpondre qu& le rationalisme re/e muet6 ,en se limitant dans l'ordre des *oses naturelles1 la sci5ce de ,dieu n'exi/e pas proprem5t p>l]2 c> p\r qu'une sci5ce soit1 il faut en connatre t\s les t]mes1 et ,dieu1 c'e/ le t]me inf9i4 ,mais la croyance en ,dieu sci5tifiquem5t doit tre1 p>ce que si cette croyance n'tait pas1 aucune explication ne s]ait possible1 et que ri5 de ce qui ne s]ait pas ,dieu ne s'ent5drait4 ,qu& sa9t ,anselme posait l'argum5t purem5t mtaphysique1 le ?ologi51 le mo9e inspir l*ait donc la ralit p\r c\rir aprs l'ombre4 ,il entrait dans le doma9e des discussions huma9es1 fatalem5t entrec\pes de tnbres et de lueurs flottantes1 et il y apportait son gnie4 ,s'il n'branla pas en lui les robu/es c]titudes de sa foi1 c'e/ que le sa9t prs]vait l'homme des d\tes du mtaphysici52 mais si le dang] ne fut pas p\r lui1 il e/ p\r d'autres1 cette heure et dans un sicle o l'obissance en t\tes *oses *]*e va9em5t des sa9t ,anselme1 qui f\l5t aux pi$s leur propre p5se lorsqu'il s'agit d'obir4 ,a9si le sa9t1 l'homme de la foi et de l'obissance1 voil le gr& ct de sa9t ,anselme1 qu'un hi/ori5 qui n'et pas t philosophe aurait =tem5t clair4 ,si ,rmusat s'en tait t5u1 p\r les beso9s d'une cause qui e/ la si5ne1 un comm5taire sur les diss]tations mtaphysiques du gr& abb du ,bec1 n\s n'aurions ri5 aj\t] ce que n\s avons dit de ce comm5taire4 ,mais ,rmusat n'a pas seulem5t t philosophe dans son livre2 il a essay d'tre hi/ori54 ,il n'a pas crit une biographie intellectuelle du p5seur et replac1 aprs c\p1 les ides de l'homme s\s le jeu de ses facults1 bi5 tudies et p> l'tude r$ev5ues vivantes1 p\r voir comm5t ces ides s'tai5t =mes1 dveloppes et fixes dans l'action et s\s la pression de ces facults4 ,il n'a pas fait p\r sa9t ,anselme ce que ,ma9e de ,biran a fait p\r ,leibnitz4 ,non4 ,il a aim mieux pr5dre l'homme t\t enti]1 dans le multiple ensemble de sa vie1 et sa place dans t\s les vnem5ts de son temps1 et il a crit un ouvrage qui n'a pas p\r titre unique le nom d',anselme et qui e/ aussi le tableau de la vie mona/ique et politique au ,x,ie sicle4 ,en cela ,rmusat a eu raison4 ,on ne saurait blm] sa m?ode4 ,il a cd un in/9ct ju/e4 ,si1 du temps de ,leibnitz1 en effet1 et aprs ,leibnitz surt\t1 l'homme se spcialise *aque j\r davantage et peut s'ab/raire de t\t ce qui n'e/ pas sa p5se et le m\vem5t extrieur de sa p5se1 il n'en tait po9t a9si au moy5 ge1 o la socit t5ait bi5 plus d'espace que l'homme1--mre aux bras puissants dans lesquels l'homme se tassait1 et1 si gr& qu'il ft1 p>aissait petit6 ,mais si ,rmusat a eu raison d'crire l'hi/oire du temps de sa9t ,anselme p\r mieux compr5dre sa9t ,anselme1 peut-on av\] qu'il l'ait compris8 ,fran*em5t1 qu& on a lu att5tivem5t son travail1 peut-on dire que le mtaphysici51 avec les grles propositions de son analyse habituelle1 ait vu rellem5t ce mle ,x,ie sicle1 qui dem&]ait tant de vigueur de gnie et de l>geur d'apprciation8 ,non6 c]ta9em5t6 ,p>l] des hommes et des *oses d'une poque avec cette politesse qui e/ l'uni=me des hommes d'tat et un uni=me qui ne ca*e pas une brav\re1 avec ce respect des faits accomplis qui e/ le c>actre de l'cole dont ,rmusat e/ sorti1 n'e/ pas plus compr5dre cette poque que t\*] un objet avec l'extrmit des doigts n'e/ le saisir et le s\lev]6 ,sa9t ,anselme vivait dans un temps o le ca?olicisme n'tait plus seulem5t un ensemble de nobles et pieuses aspirations v]s le bi5 et v]s le ciel4 ,hildebr&1 ou ,grgoire ,,vii 7c> il e/ si gr&1 cet homme1 que la gloire le connat s\s t\s ses noms71 avait fait du ca?olicisme le plus organis des g\v]nem5ts4 ,du temps d',anselme galem5t1 les ,croisades avai5t opr le rappro*em5t des t5dances religieuses de l',europe et de son premi] intrt t]re/re4 ,grce cette ?ocratie que ,rmusat condamne dans son livre1 p> la raison trs philosophique que l'op9ion de l',europe mod]ne1 qui a la tte d=me p> les philosophes1 lui e/ en ce mom5t ho/ile1 l'influ5ce du monde *rti5 avait pris le monde musulman et pntr l',asie et l',afrique4 ,c'tai5t l des faits prodigieux6 ,une individualit aussi leve que celle de sa9t ,anselme devait se ratta*] ces faits1 et elle s'y ratta*ait1 non pas en v]tu de son gnie qui l'antidatait de plusieurs sicles1 mais en v]tu de ses v]tus4 ,sa9t ,anselme tait li au gr& et dcisif m\vem5t du progrs ca?olique p> ce qui se nomme1 entre *rti5s1 la sa9te v]tu de l'obissance4 ,*ass de son palais piscopal1 dans les tr\bles religieux et politiques de son pays1 sa9t ,anselme ne se consola pas seulem5t de ce rev]s3 il fut heureux de ne plus tre dsormais condamn comm&] aux autres4 ,p\r s'ex]c]1 gymna/ique sublime6 cette v]tu si pr(ondm5t sociale de l'obissance1 sa9t ,anselme1 respect p> le pape1 sa9t ,anselme1 le primat d',anglet]re1 prit un simple mo9e p\r matre1 et1 le croirez-v\s1 esprits de nos j\rs8 ce mo9e lui prescrivait le nombre de fois qu'il devait se ret\rn] dans son lit4 ,rmusat a trop d'esprit p\r insult] cette surhuma9e humilit1 que ,voltaire aurait traite444 n\s savons comm5t2 mais1 s\s le srieux indulg5t qu'il g>de1 ,rmusat ne ca*e pas autre *ose que la vue mesqu9e et errone d'un philosophe qui compr5d t\s les prjugs d'un sicle et d'un gr& homme1 et qui ne les leur repro*e pas4 ,tant de bont ne n\s f]a pas hsit] cep5dant4 ,au fond1 l'intellig5ce pr(onde de la d\ble gr&eur du temps et de l'homme lui *appe4 ,il n'a pas l'apprciation de cette obissance qui1 p>tir de ,grgoire ,,vii et des ,croisades1 fit triomph] la foi dogmatique1 et1 on peut le dire1 organisa politiquem5t la religion4 ,l'action de la foi p> l'obissance e/ huma9em5t1 si on peut risqu] l'expression1 la physique du ca?olicisme4 ,la vritable gloire de sa9t ,anselme e/ d'avoir donn t\s les fidles de son temps1 du haut d'une position qui leur imposait et les entranait1 l'exemple du respect de l'obissance p\ss jusqu'au fanatisme1 mais un fanatisme p\r la premire fois ds9tress4 ,or1 qu& un homme p]sonnifie en lui cette physique du ca?olicisme1 l'in/rum5tum regni p> lequel il s'e/ con/itu et a g\v]n1 n'tudi] dans cet homme que le travail de son esprit appliqu aux /riles contemplations de la mtaphysique1 c'e/ pr\v] assurm5t qu'on e/ un mtaphysici51 mais c'e/ aussi dc\vrir en soi la p5te fatale ne voir que les petites *oses1 qu& il y a les gr&es ct4 ,*tive organisation du reg>d6 ,la myopie vaudrait mieux1 c> la myopie ne sc9de ri51 et c'e/ ce qui e/ gr& qui1 d'abord1 la frappe4 ,rmusat a-t-il jamais eu la facult des esprits nets et droits qui vont de prime saut aux ralits importantes8 ,n\s ne savons4 ,mais s'il l'a eue jamais1 il l'a bi5 p]due dans les tudes microscopiques d'une philosophie qui analyse l'homme dans les mo9dres nuances de son ondoyante p]sonnalit4 ,et il e/ p]mis1 on en convi5dra1 de s'tonn] qu'un homme qui fut m9i/re autrefois s'imag9e probablem5t1 s9on de repr5dre le g\v]nem5t qu'il a p]du1 au mo9s l'influ5ce dans les esprits1 qui e/ du g\v]nem5t aussi1 en traitant de la rsurrection de sy/mes philosophiques au ,x,ie sicle4 ,sy/mes qui m\rront et ressuscit]ont plus d'une fois encore si les hommes doiv5t s'occup] longtemps de ce que les philosophes appell5t des vrits t]nelles1 lesquelles n'ont d't]nel1 peut-tre1 que leur inutilit6 ,l',,int]nelle ,,consolacion#fc ,i ,voici un de ces ouvrages que la critique n'e/ pas oblige d'aju/]1 en se pressant1 au passage4 ,un p>eil livre ne passe pas4 ,il exi/e depuis #adda peu prs1 et il e/ bi5 probable qu'il vivra autant que le s5tim5t du *ri/ianisme qui l'a inspir et que le s5tim5t de la langue *>mante dans laquelle il a t traduit4 ,c'e/ le livre de l',int]nelle ,consolacion#fd1 sorti au ,x,ve sicle de l',imitation de ,jsus-,*ri/4 ,traduction1 imitation1 p>aphrase de cet ouvrage clbre1 dans la langue nave et prime-sautire que le moy5 ge a cre1 ceci1 tel qu'on n\s l'exhume et tel que ,*>les d',hricault et ,mol& le publi5t1 n\s p>at suprieur1 non seulem5t t\tes les traductions que l'on a faites1 depuis1 de l',imitation1 mais1 le croira-t-on1 et n'e/-ce pas l une de ces *oses qui vont p>atre d'une s+ul>it un peu =te beauc\p d'esprits8 suprieur au texte mme si vant de l'orig9al4 #fc ,pays1 #aa mai #aheh4 #fd ,p4 ,jannet4 ,en effet1 l',imitation de ,jsus-,*ri/ e/ reg>de presque p> t\t le monde comme un incomp>able *ef-d'oeuvre4 ,ce livre de mo9e1 crit dans le clair et pr(ond sil5ce d'une cellule1 a r5contr la gloire1 cette fille de la f\le et qui passe comme sa mre 7sic transit gloria mundi71 mais qui1 p\r lui1 s'e/ arrte4 ,ce n'tait pas assez4 ,de la gloire la popul>it1 il n'y a que quelques m>*es444 desc5dre4 ,de glorieux1 le livre e/ dev5u populaire4 ,et ce n'tait pas assez encore3 il a pris les colossales proportions d'un lieu commun4 ,or1 le lieu commun1 cette *ose respecte1 c'e/ la gloire dev5ue momie1 c'e/ son embaumem5t p\r l'immortalit1 et qui y t\*e semble faire du p>adoxe et du sacrilge4 ,n\s l'os]ons p\rtant auj\rd'hui1 puisque l'occasion s'en prs5te4 ,n\s os]ons reg>d] dans cette gloire p\r en *]*] le mot1 s'il y en a un au succs d'un livre univ]sellem5t accept p> les g5s pieux1 et mme p> les impies4 ,les *rti5s1 qui veul5t1 eux1 imit] ,jsus-,*ri/1 n'ont pas travaill seuls ce succs4 ,les philosophes1 qui n'ont pas prcism5t la mme vise1 y ont travaill autant que les *rti5s4 tai5t-ils va9cus p> le *>me qui s'exhalait de ce livre d'une simplicit si pntrante8 ,quelques bonnes mes un peu badaudes l'ont cru peut-tre2 mais non6 ils n'tai5t pas va9cus4 ,,ii ,c'e/ ,font5elle1 cette belle autorit religieuse et mme littraire1 qui a crit le mot fameux et qu'on cite t\j\rs qu& il e/ "q de l',imitation3 ,l',imitation e/ le premi] des livres huma9s1 puisque l'vangile n'e/ pas de ma9 d'homme4 ,seulem5t1 rappelons-n\s que qu& il grava cette +nieuse inscription lapidaire p\r les rhtoriques des temps futurs il s'agissait de la traduction de monsieur son oncle1 le gr& ,corneille1 et que1 sans cette circon/ance de famille1 l',imitation lui aurait p>u mo9s sublime4 ,de plus1 avec t\t son esprit1 ,font5elle disait deux btises dans son mot fameux1 si ce n'e/ trois1 ce pauvre ,tircis6 ,d'abord1 l'vangile n'e/ po9t crit des ma9s de ,jsus-,*ri/1 mais de la ma9 de sa9t ,ma?ieu1 de sa9t ,luc1 de sa9t ,m>c et de sa9t ,jean1 et1 d'ailleurs1 ,jsus-,*ri/ tait aussi un homme4 ,inspirs1 oui6 m>tyrs plus t>d1 c'e/--dire tmo9s1 les vangli/es ne sont que des hommes444 inspirs6 et p> ce ct le mot de ,font5elle e/ p\rpr et faux comme l'e/ un madrigal4 ,il n'en tait pas un p\rtant2--c'tait une prcaution4 ,on sait s'ils s'ent5d5t en prcautions1 messieurs les philosophes6 ,font5elle1 impie et l*e comme t\te la secte qu'il prcdait et dont il e/ un des anctres1 crivait alors ,m]o et ngu1 ou ,rome et ,g5ve1 et le s\rnois se prp>ait1 avec son mot sur l',imitation1 un b\cli] contre ,l\is ,,xiv et la rg5ce4 ,sa9t-vremond1 qui ne valait pas mieux que ,font5elle p> la moralit rfl*ie ou p> la moralit in/9ctive1 mais qui lui tait trs suprieur p> le tal5t1 ,sa9t-vremond tait plus h>di2--mais il tait en ,anglet]re1 cet asile contre la ,france t\j\rs4 ,,iii ,mais1 faux p> l'accessoire1 le mot e/ faux aussi en lui-mme4 ,l',imitation n'e/ po9t et ne saurait tre le premi] des livres huma9s1 c> il n'e/ pas huma9 de confondre la cit dome/ique et la cit mona/ique comme le faisait le vieux ,tircis1 qui ne compr5ait pas plus l'une que l'autre1 et comme le f]ai5t t\s ceux qui ne v]rai5t pas que l',imitation e/ une oeuvre exclusivem5t monacale4 ,p\r qui la lit1 en effet1 avec le g5re d'esprit et d'att5tion qui pntre les livres1 celui-ci1 ple1 exsangue1 d'un am\r extnu1 avec son expression bi5 plus mtaphysique que vivante1 s'adresse =mellem5t et ess5tiellem5t des mo9es1 t\rnant le dos au monde proprem5t dit1 v\lant r5dre le correct plus correct1 proposant--et il ne faut pas s'y tromp]6 c> la mprise s]ait grossire1--la vie p>faite et de conseil1 et non pas la vie de prcepte4 ,si l'on avait dit de l',imitation qu'elle tait le premi] des livres de mo9es1 l'erreur et t mo9dre2 mais ce n'et pas t le vrai encore4 ,n'y et-il que la gr&e sa9te ,?rse1--et il y en a d'autres1--il e/ des my/iques d'un ordre bi5 plus translucide1 bi5 plus embras1 bi5 plus enlevant que l'auteur de l',imitation1 quel qu'il ait t444 ,on dit mme1 *ose trange et assez ignore6 que son my/icisme ne p>ut pas t\j\rs sr ,rome4 ,un j\r on l'y a signal comme incl9ant v]s l'erreur qui s'e/ appele ,jansnisme1 sur cette t]rible "q de la nature et de la grce4 ,mais le succs c\vrit t\t de son bruit1 et il n'e/ pas jusqu'au nom du *anceli] ,g]son1 sur le compte duquel on mit ce livre d'asctisme d\x1 qui ne dut lui tre une fire rclame1--comme n\s disons ma9t5ant1--aprs le deuxime concile de ,con/ance4 ,c'e/ lui encore auj\rd'hui1 ,jean ,g]son1 dont ils ont fait un gr& portrait1 trop flatt1 dans leur introduction1 que ,*4 d',hricault et ,mol& attribu5t l'honneur de ce livre1 malgr les g]manismes qui rvl5t videmm5t une autre ma94 ,du re/e1 ce nom mme tait inutile4 ,rig\reusem5t p>lant1 le ton seul du livre suffisait p\r expliqu] son succs1 c> le monde e/ p\r les livres ce qu'il e/ p\r les hommes4 ,il ressemble l'ombre du pote p]san3 fuyez-le1 il v\s suit2 suivez-le1 il v\s fuit4 ,et voil p\rquoi surt\t le monde s'e/ prcipit1 sans l'atte9dre1 v]s cette ombre vague de mo9e blanc masqu jusqu'aux yeux de son capu*on1 et qui fuit t\t l-bas1 dans les entre-colonnem5ts d'on ne sait plus quel mona/re6 ,l'ombre blan*e e/ re/e p\r jamais une ombre fuyante4 ,quelles que soi5t les raisons d'affirm] la p]sonnalit de l'auteur de l',imitation1 elles ne sont pas telles cep5dant qu'on puisse les admettre en t\te c]titude1 et cet inconnu que quelques-uns appell5t ,jean ,g]son1 d'autres ,a4 ,kempis1 d'autres encore ,jean ,g]s51 abb de ,v]ceil1 n'en e/ pas mo9s t\j\rs un anonyme de l'hi/oire4 ,on ne l'a po9t assez rem>qu1 le monde1 cet ennuy et ce capricieux1 aime la fureur les contra/es4 ,il aime les langages tranges et trang]s1 et cette voix de mo9e en tait une1 p> son calme mme4 ,le monde1 puisqu'il s'agit de son gt p\r une oeuvre qui ne fut jamais faite p\r lui1 lit avec avidit l',imitation et ne veut pas lire l'vangile1 et les raisons de cela ne vi5n5t pas de l',imitation4 ,l'vangile e/ littrairem5t b>b>e1 p>abolique1 miraculeux1 ardemm5t imag1 et il ne se compr5d bi5 qu' l'glise et dans la lumire de l'enseignem5t sac]dotal1 t&is que l',imitation1 n\s l'avons dit1 e/ mtaphysique et dcolore comme le v]re d'eau claire qu'on boit sans avoir soif et qui ne n\rrit pas davantage4 ,d'un autre ct1 comme l',imitation place la v]tu trs haut1 le monde y applaudit1 p\r se disp5s] d'y atte9dre4 ,c'e/ si haut que c'e/ impossible1 et l'on se rassi$ dans la vie commode1 en jetant l'idal intangible le reg>d le plus tranquillem5t rsign444 la p]te de cet idal4 ,telles sont1 en fait1 les raisons de cette popul>it monda9e d'un livre qui a sa valeur sans aucun d\te1 mais que l'op9ion a exagre4 ,l'op9ion a fait de l',imitation un livre ess5tiel1 et1 sans ni] ses mrites raff9s en pit pratique1 cela e/-il ju/e1 cela e/-il sage1 une poque comme la ntre1 o tant d'esprits incl95t1 hlas6 se crer une glise sans sacrem5ts et un vangile sans surnaturel8444 ,une p>eille disposition effraie assez les esprits qui tudi5t les p5tes du sicle p\r donn] le c\rage de ragir contre un livre bi5 plus utile des asctes avancs dans la voie de la p]fection *rti5ne qu' des g5s du monde1 vivant dans les ralits et les paisseurs de ce temps4 ,n\s v\drions pos] la "q qui aurait autorit p\r y rpondre1 mais n\s ne la rsolvons pas4 ,seulem5t1 si n\s n'entrons pas plus avant dans ce po9t de vue pratique qu'il e/ impossible de ne pas ouvrir qu& il s'agit d'un livre *rti51 il n\s re/e connatre le ct littraire de l',imitation comme oeuvre huma9e1 et n\s allons l'exam9]4 ,,iv ,eh bi51 p> ce ct-l comme p> l'autre1 p> la =me comme p> le fond1 l',imitation n'e/ pas en rapport avec l'admiration traditionnelle qu'elle a inspire6 ,un homme de nos j\rs1 t\t ensemble mtaphysici5 et pote1 et dont l'habitude n'e/ pas de cd] aux influ5ces du monde qui l'ent\re1 a dit de l',imitation qu'elle avait t laisse sur le seuil du moy5 ge p\r donn] l'envie d'y pntr]4 ,s'il avait p>l en ces t]mes de l',int]nelle ,consolacion1 dans sa langue arti/e et populaire1 le mot aurait peut-tre t vrai2 mais1 appliqu au texte lat9 de l'orig9al1 un tel mot n'e/ plus que potique4 ,non6 l',imitation ne traduit pas le moy5 ge avec cette puissance qu'il e/ impossible d'y rsi/]4 ,cette vignette de l'me et de ,jsus-,*ri/1 qui ressemble la pati5te enlum9ure des m>ges d'un missel1 n'gale pas1 s\s son lat9 de clotre h>monieux et limpide1 les figures idales1 mais si pr(ondm5t t\*antes dans leur sa9tet macie et spl5dide1 de frre ,ange de ,fiesole 7un mo9e aussi71 le plus pr(ond int]prte du moy5 ge1 ni mme les lignes expressives et nettes d',ov]beck1 aussi lo9 p\rtant que l'homme l'e/ de l'ange1 du mona/ique ,angelico4 ,dans l',imitation1 ri5 de p>eil4 ,t\te int5tion y e/ dim9ue4 ,l'vangile y e/ s\s le prcepte1 mais comme le feu d]rire un cran1 comme la vrit d]rire un voile1 comme le ,s9a d]rire un pote sonore et pur4 ,on dirait du ,lam>t9e1 ma9t5u p> la rgle1 avec des adjectifs de mo9s et une simplicit plus au/re4 ,quant la pr(ondeur1 qu'on a s\v5t prt5du y voir1 ce n'a jamais t qu'un mirage1 c> ce qu'elle e/ le mo9s peut-tre1 cette conv]sation intrieure d'un coeur presque vi]ge dans un co9 de *apelle1 c'e/ d'tre un livre f\ill et pr(ond4 ,p\r les mes circoncises qui habit5t la ?bade des mona/res1 ce qui e/ dit dans l',imitation de l'am\r et des autres passions huma9es peut sembl] des dc\v]tes t]ribles et le coeur huma9 montr jusque dans ses fondem5ts2 mais qui a pass p> les vieilles civilisations1 qui a lu les morali/es mod]nes1 n'e/ ni rvolt ni surpris de cette balbutie4 ,ceux qui ont reu les c\ps du monde et les morsures du monde1 tr\v5t ce livre sans =te connaissance du f9 fond du coeur4 ,il ne desc5d pas dans cette vase saignante1 et c'e/1 en somme1 un innoc5t enfantelet de livre1 mme dans sa conception du p*4 ,telles sont les qualits et les dfauts de l',imitation1 que n\s retr\vons auj\rd'hui1 avec des qualits qui s'aj\t5t aux si5nes1 dans cette langue aimable de l',int]nelle ,consolacion1 bi5 prfrable1 selon n\s1 au lat9 d*>n et ab/rait de l'orig9al4 ,la langue du ,x,ve sicle1 plus t(fe1 plus concrte1 plus vivante enf91 a un m\vem5t1 une mollesse et des images que l'asctique auteur de l',imitation se s]ait peut-tre int]dites comme un p* et qui t5t sa p5se sa rigidit et la frigidit monacales4 ,comme on voit t\t ce que l'on veut dans les livres qu'on aime1 l'imag9ation de ceux qui sont pris de l',imitation y a mis aussi de la t5dresse2 mais il n'y en a pas plus que dans t\s les livres d'oraison1 et mme il y en a beauc\p mo9s4 ,on a pris le ton du g5re p\r une qualit individuelle du livre et de l'auteur4 ,eh bi51 dans la langue de l',int]nelle ,consolacion s'e/ c\le cette t5dresse abs5te et cette grce *a/e dont le livre manquait primitivem5t6 ,la p5se droite et byzant9e du mo9e a tr\v une drap]ie flottante qui lui va bi54 ,il n'en e/ que mieux g5\x sur sa dalle d'y tran] cette robe longs plis444 ,ici donc1 et p\r la premire fois1 voici une traduction qui aj\te la valeur de l'orig9al4 ,l'criva9 de l',int]nelle ,consolacion1 qui a p>tag la de/9e de l'auteur de l',imitation 7l'anonyme conv5ant1 comme le sil5ce de leur rgle1 ces hommes humbles qui ne vivai5t1 comme dis5t les sa9tes *roniques1 que sur la montagne de l't]nit1 9 monte t]nitatis71 l'criva9 ignor de l',int]nelle ,consolacion ne s'e/ po9t atta* la glbe du mot mot de son auteur4 ,il n'en a pris que l'esprit mme et l'a vtu comme un pauvre qu'on veut r*auff]4 ,avec sa langue feuillue et abondante il s'e/ r\l aut\r de la p5se simple et nue de l'orig9al1 et il a fait de cette p5se s*e ce que la guirl&e de pampre et de vigne fait d'un ?yrse qui1 primitivem5t1 n'tait qu'un bton4 ,v ,a9si1 n\s n'hsitons po9t le rpt]1 de t\tes les traductions qui ont t faites du livre de l',imitation1 et elles sont nombreuses1--depuis celle du *anceli] de ,m>illac1 rdite de nos j\rs1 et dans laquelle on a une navet bi5 infrieure celle de la traduction du ,x,ve sicle1 jusqu' celle que s'imposa ,lam5nais 7il tait *rti5 alors71 p\r mortifi]1 je crois1 son gnie1--la meilleure1 celle-l qui complte le mieux son auteur en le traduisant1 e/ celle que d',hricault et ,mol& n\s ressuscit5t4 ,t\tes les autres ne val5t pas le texte1 p>ce qu'elles veul5t seulem5t n\s le donn]4 ,malgr le succs qui s'e/ atta* l'entreprise de ,lam5nais1 comme s'il tait de la de/9e de l',imitation1 ce livre heureux1 de crer des succs ses traducteurs eux-mmes1 combi5 n'avons-n\s pas s\ff]t de voir le gnie clatant et sombre de l'auteur de l',indiffr5ce se dbattre dans un g5re de travail si antipa?ique sa nature6 ,le p>ti qu'il a pris d'tre simple en traduisant cette simplicit l'a fait v]s] dans ce que n\s appelons l'inconvni5t de l',imitation1 c'e/--dire la mtaphysique4 ,s'il en e/ a9si de ,lam5nais1 que p\vons-n\s dire de ,beauze le grammairi51 et de ,le ,mai/re de ,sacy le jansni/e6 ,quant ,corneille1 ce n'e/ pas un traducteur1 quoiqu'il ait v\lu l'tre3 c'e/ ,corneille4 ,il y a des *oses c5t fois dignes de l'auteur de ,polyeucte dans sa p>aphrase1 mais c'e/ prcism5t p\r cela qu'il ne traduit pas ce livre d'ombre1 fait p> une ombre qui n'a qu'une voix comme un s\ffle1--la voix de l'esprit1--et qui semble sortir d'un 9 pace4 ,le gnie de ,corneille dborde t\t1 et l'agrafe de son v]s ne le reti5t pas mme son auteur4 videmm5t cet homme-l n'e/ pas fait p\r suivre4 ,l'criva9 quelconque de l',int]nelle ,consolacion dborde aussi son texte1 mais il ne le trans=me pas1 il ne le transfigure pas avec cette t\te-puissance qui fait qu'il n'y a plus l que du ,corneille4 ,il l'orne1 il l'at\rne1 il l'amollit1 il lui communique de c]ta9s *>mes2 mais il ne le dvore pas1 comme ,corneille1 p\r en jet]1 aprs1 les c5dres aux v5ts4 ,,vi ,les diteurs actuels de l',int]nelle ,consolacion1 ,*>les d',hricault et ,mol&1 connus dj p> des travaux d'une rudition qui ne se cont5te pas de re*]*]1 mais qui p5se1 ont fait prcd] leur travail d'une ,introduction trs f]mem5t crite1 dans laquelle ils ont agit t\tes les que/ions littraires qui se ratta*ai5t1 soit l',imitation elle-mme1 soit l',int]nelle ,consolacion qui en e/ sortie4 ,quoique t\*es en bi5 des po9ts avec compt5ce et sagacit1 ces que/ions n'ont pas cep5dant t am5es p> les spirituels diteurs au po9t de lumire qu'ils aurai5t s\hait et qu'une critique plus m9utieuse que la ntre p\rrait exig]4 ,n\s sommes1 n\s1 trs c\lants sur ces sortes de que/ions3 quel fut l'auteur de l',imitation8 quel fut l'auteur de l',int]nelle ,consolacion8 ces deux anonymes4 ,p\rvu que n\s ne tombions pas dans le sy/me ras de bi5 prs p> les diteurs1 la page #ad de leur ,introduction1 dans cette imm5se b\rde allem&e1 qui a dcapit ,homre et qui rpugne la con/itution mme de l'esprit huma91 que n\s importe de savoir si l'auteur de l',imitation s'appelait ,a4 ,kempis ou de t\te autre runion de syllabes6 ,c'e/ une "q de bal masqu4 ,ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que ce fut un mo9e1 comme ,homre fut un pote1 un mo9e dont l'individualit n'eut probablem5t de nom que devant ,dieu1 et ce qu'il y a de c]ta9 encore c'e/ que ce ne fut po9t ,g]son1 malgr la croyance des diteurs1 mle p\rtant d'un inv9cible d\te4 ,g]son1 notre e/ime1 ne fut ni l'auteur de l',imitatio ,*ri/i ni celui de l',int]nelle ,consolacion4 ,les g]manismes du texte lat9 le pr\v5t suffisamm5t p\r l',imitation1 et1 p\r l',int]nelle ,consolacion1 le gnie de ,g]son lui-mme1 qui n'eut jamais le moelleux et le laiss]-all] du livre dlicieux remis en lumire auj\rd'hui4 ,il n'y a pas de mal1 d'ailleurs1 ce qu'un peu de my/re et de l'esprit du moy5 ge re/5t sur ces po9ts en litige4 ,le gnie du moy5 ge e/ ess5tiellem5t sil5cieux4 ,ces hommes1 qui vivai5t les yeux au ciel ou baisss sur la p\ssire de leurs s&ales1 se s\ciai5t bi5 de cette bav>d]ie qu'on appelle la gloire et des commrages que l'av5ir devait faire1 un j\r1 sur leur tombeau6 ,,f9 ,,table ,d,,dicace ,v ,,pr,,face ,,viii ,sa9t ,?omas d',aqu9 #a ,jean ,reynaud #ab ,donoso ,corts #bi ,saisset #de ,sa9t-,r5 ,taill&i] #ei ,jules ,simon #gc ,v]a #hf ,du my/icisme et de ,sa9t ,m>t9 #ii ,l'abb ,mitraud #aag ,erne/ ,r5an #acc ,gor9i #afa ,d\blet et ,ta9e #age ,pascal #ahi ,augu/e ,m>t9 #bjc ,buffon #bag ,sa9t-,bonnet et le ,pre ,daniel #bcc ,le ,p4 ,lacordaire #bdi ,montalemb]t #bfe ,philosophie positive #bgi ,philosophie politique #big ,p4 ,enfant9 #caa ,le ,p4 ,v5tura #cbc ,le docteur ,tessi] #ccg ,fl\r5s #cea ,eugne ,pelletan #cfe ,sa9t ,anselme de ,cantorbry #cha ,l',int]nelle ,consolacion #cig 99 99 99 99 99 ,note du ,transcripteur ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont ete corrigees ,l'or?ographe d'orig9e a ete cons]vee et n'a pas ete h>monisee4 ,c]ta9es p>ties de *apitres ont t r5ommes af9 de respect] l'ordre *ronologique et facilit] la lecture3 ,p #aeh p>tie ,v dans l'orig9al1 r5omme ,,vii1 ,p #afe p>tie ,i dans l'orig9al1 r5omme ,,ii1 ,p #ahi r5omme ,i1 numrotation inexi/ante dans l'orig9al1 ,p #aif p>tie ,i dans l'orig9al1 r5omme ,,iii1 ,p #bab p>tie ,,vi dans l'orig9al1 r5omme ,,iv1 ,p #bfe r5omme ,i1 numrotation inexi/ante dans l'orig9al1 ,p #big r5omme ,i1 numrotation inexi/ante dans l'orig9al1 ,p #cbc r5omme ,i1 numrotation inexi/ante dans l'orig9al1 ,p #ccd p>tie ,,vi dans l'orig9al1 r5omme ,v1 ,p #cce p>tie ,,vii dans l'orig9al1 r5omme ,,vi1 ,p #djh p>tie ,,iv dans l'orig9al1 r5omme ,,vi4