,,soliloques ,,sceptiques ,illu/ration ,,soliloques ,,sceptiques p> ,,la ,,mo! ,,le ,,vay]1 ,rimprim sur l'dition unique de #afgj ,illu/ration3 ,,sci5tia ,,duce ,,p>is ,isidore ,,liseux1 #e1 ,rue ,scribe #ahge ,ce petit ouvrage ne se tr\ve pas dans les collections des ,oeuvres de ,la ,mo! ,le ,vay]1 notamm5t dans celle de #affi 7#ae vol4 9-#ab72 il ne fut publi que l'anne suivante#a1 en mme temps que l',hexamron ru/ique1 galem5t exclu de ces collections4 ,l'auteur avait alors #hb ans4 ,c'tait un sage la manire antique1 et n\s ne p\vions mieux *oisir que ces pages p\r donn] une ide de sa philosophie4 ,elles montr5t comm5t le scepticisme absolu en t\tes matires1 religions1 morale1 e/htique1 hi/oire1 se concilie aism5t avec la s\mission aux my/res du ,*ri/ianisme4 ,il n'y a1 p\r cela1 qu' tre de son temps et de son pays4 ,on a un salon rempli d'idoles en or1 en m>bre1 en pltre3 au milieu1 ce gr& ,dieu p5du dont p>le ,bossuet4 ,livr aux seules lumires de la sci5ce1 on hsite3 l'emb>ras e/ gr&1 le *oix difficile2 mais1 encore une fois1 on e/ de son poque1 et l'on se fait p>donn] ses d\tes en dcl>ant1 avec ,sa9t ,paul1 qu'on ne sait ri51 s9on ,jsus-,*ri/ crucifi#b4 ,a9si l'on vit1 tranquille et honor1 l'espace de quatre-v+t-quatre ans2 a9si l'on e/ prcepteur de ,l\is ,,xiv1 et1 plus heureux que c]ta9 philosophe de nos j\rs1 on a p\r collgues l',acadmie ,franaise des vques1 ,bossuet lui-mme1 qui ne s'(f5s5t pas de collabor] avec v\s un dictionnaire1 p>ce que v\s avez l'audace de p5s] et d'crire librem5t4 ,i4 ,l4 ,dcoration ,,au ,,lecteur ,ne v\s e/onnez pas que je me s]ve du mot de ,soliloques1 peu connu dans no/re langue2 il ne l'e/ gures davantage dans la ,lat9e o ,sa9t ,augu/9 l'a emploi2 et t\s ceux qui ont traduit ses oeuvres en ,franois1 n'ont pas fait difficult de le ret5ir3 c'e/ un entreti5 secret avec soi-mesme1 qui respond aucunem5t aux p>te si frqu5s sur le ,?tre des ,itali5s1 et que le no/re1 aussi bi5 que celui des ,espagnols1 et des ,anglais1 n'ont pas rejett4 ,je sai bi5 qu'on les a condamnez comme ridicules1 veu le peu d'app>5ce qui se tr\ve prsuppos]1 qu'un ,acteur puisse prononc] t\t bas1 sans e/re ent5du de celui qui n'e/ qu' deux pas de lui1 ce que t\s les ,auditeurs du p>t]re1 p\r esloignez qu'ils soi5t1 doiv5t ent5dre4 ,mais puisque t\t ce que les ,?tres des ,grecs et des ,lat9s ont repres5t1 aussi bi5 que les no/res p> imitation1 n'e/ que fable1 et une pure imposition ou m5songe2 p\rquoi n'admettra-t-on pas une *ose de si peu de consqu5ce1 cause qu'elle n'e/ pas vraisemblable8 ,on oblige bi5 les ,spectateurs pr5dre un *a/eau de c>te p\r l',acrocor9!1 ou quelque autre =t]esse semblable2 et un petit co9 du lieu o se j\e la ,comdie1 p\r t\t le pas ,attique4 ,p\rquoi1 encore un c\p1 f]ai5t-ils difficult de se laiss] tromp] p> un p>te1 prononc d'une voix contra9te1 comme l'on fait1 nonob/ant que cela *oque les s5s1 de la faon que n\s l'avons rem>qu8 ,en vrit l'app>5ce e/ mo9dre1 et le raisonnem5t se tr\ve beauc\p plus (f5s aux premires tromp]ies1 et autres p>eilles dont le ,?tre e/ cont9uellem5t rempli1 qu'aux p>te qui sont r>es1 et qui ne dur5t qu'un mom5t4 ,j'ai assez d'annes p\r escrire qu'autrefois ces faons de p>l] e/oi5t en usage3 j'ai dit "p-moi1 et il a dit "p-soi1 dont l'on ne se s]t plus1 et qui respond5t aux p>te des ,itali5s4 ,mais p\r rev5ir aux ,soliloques1 il ne s'e/ pas tr\v mo9s de p]sonnes qui les ont v\lu gnralem5t c5sur]1 que de celles dont n\s v5ons de p>l] qui ont condamn les p>te2 et les ,itali5s mesme1 nonob/ant la pratique de leur ,?tre1 n'ont pas laiss de prononc] en commun prov]be il p>l> solo1 da pazzo1 comme s'il n'y avait que des f\s qui p>lass5t eux-mesmes4 ,si e/-ce que l'exemple des ,py?agorici5s dans leurs entreti5s secrets1 et leur exam5 j\rnali] de consci5ce1 que ,snque pratiquoit t\t les soirs leur exemple1 me font e/re d'un avis bi5 diffr5t4 ,ce gr& ,prcepteur de la ,morale de son sicle n\s reprs5te dans le sixime livre de la ,*olre1 qu'il addresse ,novatus1 au *apitre tr5te-sixime1 comme l'exemple du ,philosophe ,sextius1 il s'int]rogeoit lui-mesme t\s les soirs1 et s'addressant son me1 lui dem&oit compte de ce qui s'e/oit pass durant la j\rne3 quotidie1 dit-il1 apud me causam dico2 repassant sur ses fautes dans le secret du lict1 que sa femme ,paul9e faite ce my/re ne tr\bloit jamais3 il ne se les p>donnoit qu' la *>ge de n'y plus retomb]1 et se prononoit1 en =me de jugem5t1 ces propres t]mes3 ,vide ne i/ud amplius facias1 nunc tibi ignosco4 ,de tels ,soliloques1 et ceux du ,docteur de la ,grce1 m'empes*]ont bi5 de les condamn]1 comme plusieurs ont fait4 ,mais puisqu'il n'y a ri5 de plus naturel1 ni aussi de plus ord9aire aux hommes1 que de se tromp]1 p>donnons aux autres leurs erreurs1 af9 qu'on excuse les no/res4 ,dcoration ,,soliloques ,,sceptiques ,,premi] ,,soliloque ,le plus important prcepte de la sci5ce1 e/ de savoir qu'il y a des *oses qui ne mrit5t pas d'e/re sceues2 ce que ,qu9tili5 a dit p>ticulirem5t de quelques notions grammaticales4 ,mais il y en a d'autres qu'on peut dire e/re absolum5t hors de la porte de no/re esprit1 qui e/ trop pr(ondm5t plong dans la matire1 p\r bi5 reconnoi/re ce qui en e/ dgag4 ,cep5dant c'e/ une des pr9cipales1 et des plus ord9aires maladies de l'homme1 d'e/re travaill d'une curiosit inquite p\r des *oses qu'il ne peut savoir1 et qu'il lui e/ vraisemblablem5t plus avantageux d'ignor]1 que d'en pr5dre connoissance1 puisque ,dieu a limit la sphre d'activit de son me1 qui ne peut pas pntr] jusques-l4 ,a9si l'on peut s\/5ir que c'e/ une espce d'intemprance trs-p]nicieuse1 de v\loir savoir plus qu'il ne faut1 et que le ,ciel ne n\s le p]met1 plus velle scire quant sit satis1 intemp]anti g5us e/1 comme un ,pay5 mesme l'a reconnu4 ,sa9t ,augu/9 rapporte au septime livre de la ,cit de ,dieu la mesme p5se explique p> ,v>ron en t]mes diffr5s1 qu& ce savant ,roma9 dcl>e que s'il p>le des *oses ,div9es1 c'e/ la faon de ,xnophanes ,colophoni51 qui prote/oit que ce qu'il en escrivoit1 n'e/oit pas p\r le faire pass] comme une *ose c]ta9e1 mais seulem5t comme une p5se d\teuse qu'il en avoit2 l'homme ne p\vant possd] l-dessus que des op9ions inc]ta9es1 p>ce que la connoissance asseure en e/ rs]ve ,dieu seul4 ,quid putem1 non quid cont5dam1 ponam2 hom9is enim e/ hc op9>i1 ,dei scire4 ,cela me fait rem>qu] avec e/ime la prud5ce du ,m(ti des ,turcs1 qui e/ peu prs p>mi eux1 et dans leur ,religion1 ce qu'e/ p>mi n\s le s\v]a9 ,pontife4 ,il ne r5d jamais de jugem5t sur ce qui lui e/ propos1 et ne prononce po9t sa s5t5ce1 qui s'appelle en sa langue ,fe/a1 sans adj\t] la f93 ,dieu le sait mieux4 ,c]tes1 t\t bi5 considr1 je me confirme dans cette doctr9e1 que hors les vritez rvles d'en-haut1 et que la vraie ,religion n\s enseigne1 l'on peut sans crime demeur] irrsolu1 et sans ri5 dt]m9] sur t\t le re/e4 ,je vois t\s les hommes a9si faits1 qu'ils se moqu5t1 en suivant leurs fantaisies1 les uns des autres1 au mesme tems qu'ils p5s5t t\s avoir raison4 ,mais p\r moi1 je ne veux pas me laiss] emport] p> le torr5t de la multitude4 ,non posso accommod>mi a cant>e1 e f> conc]to1 con quasi tutti gli altri huom9i1 il que/o p>ticul>e1 comme p>le cet ,itali54 ,,second ,,soliloque ,j'av\e que le dsir d'appr5dre et de savoir e/ naturel l'homme1 omnes hom9es scire desid]ant1 dit le mai/re de l',es*ole4 ,mais j'adj\/e cet axime1 que ce mesme dsir ne n\s di/+ue pas mo9s des autres animaux1 que la raison1 dont n\s faisons no/re prciput2 lorsque n\s les nommons t\s desraisonnables1 comme s'il n'y avoit que l'homme qui sceu/ bi5 disc\rir1 et tir] de bonnes et raisonnables consqu5ces4 ,si e/-ce que ceux qui ont pris la p5e d'obs]v] ces mesmes animaux1 ont app]ceu en beauc\p d'entre eux des e/9celles d'une raison que n\s avons v\lu nomm] imp>faite1 bi5 que ,gali51 et assez d'autres ,philosophes n'ai5t pas fait difficult de prononc]1 qu'elle ne diffre de la no/re que selon le plus et le mo9s1 qui p> la doctr9e des ,collges ne *ange po9t l'espce1 plus et m9us non mutant speciem4 ,il n'en e/ pas de mesme de ce dsir ard5t de s'in/ruire1 t\t p>ticuli] l'homme2 sans qu'il se rem>que aucun vritable signe d'une p>eille envie aux animaux4 ,au lieu donc de df9ir l'homme un animal raisonnable1 je tr\v]ois mo9s d'inconvni5t le nomm] un animal dsireux de savoir1 et je p5s]ois =m] p> ces t]mes une plus ju/e df9ition4 ,mais si la ,nature n'imprime po9t dans nos mes de va9s dsirs1 et qui ne puiss5t russir1 comme quelques-uns l'ont s\/5u1 il s'ensuivroit que la sci5ce n\s s]oit comme naturelle1 et que n\s p\rrions t\s l'acqurir2 ce qui n'e/ peut-e/re pas vrai1 l'ignorance1 selon beauc\p des plus +nus ,philosophes1 p>oissant e/re bi5 pluto/ de l'app5nage de no/re humanit1 que la sci5ce1 comme je m'en suis s\v5t assez expliqu ailleurs4 ,en vrit1 si n\s y pr5ons g>de de prs1 et si n\s v\lons reconnoi/re fran*em5t ce qui en e/1 l'homme n'e/ pas capable de savoir la raison d'autre *ose1 que de ce qu'il excute sa mode1 ni compr5dre d'autres sci5ces1 que celles dont il fait soi-mesme les pr9cipes2 ce qui se peut facilem5t pr\v] en considrant de bonne sorte les ,ma?matiques4 ,o la belle maxime d'tat1 qui fait1 ce semble1 subsi/] cette gr&e ,mon>*ie de ,moscovie6 d'e/re dans l'ignorance de ce que n\s appellons les belles lettres1 selon que t\tes les relations qui en p>l5t le font voir4 ,hors ce que l'auteur de no/re e/re n\s a rvl1 et que la ,foi ,*rti5ne n\s oblige de t5ir p\r trs-c]ta91 il n'y a ri5 que l'esprit huma9 ne r5de d\teux et problmatique4 ,c'e/ ce qui a fait dire si excellemm5t ,sa9t ,paul crivant aux ,cor9?i5s#c1 qu'il ne savoit ri5 s9on ,j,,sus-,,*ri/ crucifi4 ,,troisi,,me ,,soliloque ,je ne puis que je n'appr\ve beauc\p l'int]prtation my/rieuse de quelques ,pres1 qui ont pris ce que rapporte ,ez*iel de c]ta9es eaux qu'on passe aism5t lorsqu'on n'en a que jusques aux talons1 et mesme que jusques aux g5\s et jusques aux re9s2 mais qu'il n'e/ pas possible de trav]s] sans se p]dre1 si l'on p5se pntr] plus avant4 ,ils croi5t que le ,prophte veut signifi] ce qui arrive aux p]sonnes curieuses et tmraires1 qui peuv5t bi5 pr5dre quelque connoissance d'abord des *oses huma9es1 et mesme pntr] jusques de c]ta9es petites notions des ,div9es2 mais qui se p]d5t indubitablem5t1 s'ils p5s5t all] plus avant1 et s'in=m] galem5t de celles que ,dieu a mises au-dessus de la capacit de no/re esprit1 hc nos ,deus mir>i voluit1 scire noluit4 ,c'e/-l qu'il faut dire ce que les ,turcs prononc5t sur t\t ce qui leur p>oi/ d\teux1 ,allah bilut1 ,dieu le sait4 ,no/re raison qui n\s r5d si glorieux1 e/ enf9 contra9te d'av\] dans sa plus haute lvation1 qu'il y a une inf9it de *oses qui la surpass5t1 et qu'il n'y a ri5 de si con=me elle-mesme1 si elle e/ ju/e et bi5 rgle1 que de dsav\] ses plus subtils disc\rs en t\t ce qui conc]ne la ,foi1 o elle ne sauroit trop s'humili]1 ni trop reconnoi/re sa foiblesse1 ou1 p\r mieux dire1 son aveuglem5t4 ,c]tes1 ,sa9t ,augu/9 a eu gr& sujet d'escrire dans la ,cit de ,dieu1 qu' l'g>d de la ,morale mesme1 il valoit beauc\p mieux t5ir ses prceptes de la ,foi1 que de no/re raison huma9e1 qui v>ie sans cesse1 et qui n'e/ con/ante que dans son incon/ance4 ,elle ne peut faire ses oprations1 qu'elle ne s'appuie sur ce que nos s5s lui suggr5t2 et n\s sommes enf9 contra9ts d'av\] que ces mesmes s5s1 et no/re raison1 s'entre-abus5t qui mieux mieux4 ,en v\lez-v\s une plus =te preuve1 que de considr] comme ce qui e/ ju/e et appr\v en ,france1 e/ rput mauvais et impr\v1 je ne dirai pas1 la ,*9e1 ni au ,japon1 mais p>mi nos plus pro*es vois9s8 ,e/range et ridicule ,morale1 que les ,alpes et les ,pyrnes div]sifi5t1 ou un filet d'eau1 tel que celui qui n\s sp>e de l',anglet]re1 et celui qui divise l',espagne d'une ,prov9ce d',afrique qui lui e/ oppose6 ,,quatri,,me ,,soliloque ,il n'y a p]sonne qui ne ress5te je ne sai quoi de pnible dans son esprit1 lorsqu'il comm5ce raisonn] sur les *oses du ,ciel1 o il ne tr\ve pas que sa ,logique et ses pr9cipes s'accord5t avec ce qu'il avoit receu p\r bon aveuglem5t jusques-l1 sans ri5 exam9]4 ,horace exprime cela dans une de ses ,odes#d en ces t]mes3 ,p>cus ,deorum cultor et infrequ5s1 ,insani5tis dum sapi5ti ,consultus erro1 nunc retrorsum ,vela d>e1 atque it]>e cursus ,cogor relictos4 ,la secte de ,dmocrite1 la ,cyrnaque1 et celle d'picure1 lui avoi5t donn de mauvaises op9ions de la ,provid5ce1 comme si les *oses d'ici-bas e/oi5t indiffr5tes ,dieu1 p>ce qu'elles p>oissoi5t ces philosophes indignes de son occupation4 ,la syndrse et un remors de consci5ce fait qu',horace nomme bon droit cette p5se insani5tem sapi5tiam1 une folle sagesse4 ,et ,lucrce1 plus anci5 que lui1 apprh5doit de p>l] mal des *oses div9es1 sur ces mesmes fondem5s contraires t\te sorte de ,religions3 ce qui lui fait dire son ,lecteur3 ,illud 9 8 rebus v]eor ne =te re>is ,impia te rationis inire elem5ta1 viamque ,endogr$i scel]is4 ,t\t le monde e/ t\* de cette cra9te1 si ,dieu ne l'a t\t--fait ab&onn un s5s repr\v4 ,il n'y a que la ,foi qui1 dans la vraie ,religion1 n\s empes*e de dfr] aux t5tations que l'ennemi de no/re repos et de no/re salut n\s suggre sur ce qui reg>de le ,ciel4 ,il a bi5to/ sduit les plus grossi]s1 p>ce que1 selon le mot de l',ecclsia/ique1 les simples se r5d5t aux premires app>5ces trompeuses d'un dang]eux disc\rs1 et sont aussi faciles p]suad]1 qu'un enfant e/ aism5t fait pleur]3 a facie v]bi p>turit fatuus1 tanquam gemitus p>tus infantis4 ,c]tes l'on se doit bi5 g>d] de s\mettre les vritez con/antes de la vraie ,religion1 qui n\s ont e/ rvles d'en-haut1 au raisonnem5t huma91 p>ce que si v\s p5sez accommod] la foi au disc\rs qu'on peut =m] sur ce qu'elle enseigne1 *acun prt5dra avoir droit d'en p5s] sa mode1 n'y aiant ri5 de si div]s que l'esprit de l'homme2 et a9si cette foi ne s]a plus une comme elle doit e/re4 ,il faut aval] sans mas*] ce qu'elle prescrit1 comme une mdec9e salutaire qui gurit au d$ans si on ne la rejette po9t1 ce qui arrive ceux qui la veul5t trop sav\r]4 ,si v\s v\lez l'accord] de t\t po9t avec les sci5ces huma9es1 v\s la ru9ez absolum5t1 p>ce que selon le mot de l',es*ole1 posita sci5tia tollitur fides1 sicut posita fruitione tollitur spes4 ,en effet on ne croit pas les *oses qu'on sait1 ce qui donna lieu ,pomponace de se dlivr] des ma9s de l',inquisition o il e/oit1 p\r avoir dit nettem5t dans sa *aire de ,pr(esseur en ,philosophie1 qu'il ne croioit pas l'immortalit de l'me4 ,ne p\vant pas ni] d'avoir a9si p>l1 cause qu'on lui produisoit des tesmo9s irrpro*ables1 il s'avisa d'int]prt] son dire en l'av\ant1 avec cette solution1 qu'il savoit et enseignoit dmon/rativem5t que nos mes e/oi5t immortelles2 ce qui faisoit qu'il ne t5oit pas cela de la foi1 p> cette raison d',alb]t le ,gr&1 emploie mesme p> lui contre ,augu/9us ,niphus#e1 quod cr$ita cum scitis non conv5iunt1 et pr9cipia fidei cum pr9cipiis naturalibus4 ,un s]viteur nomm ,*al9us se s]t de cette raison dans la ,cass9e de ,plaute#f1 avec ces propres t]mes3 ,at pol ego haud cr$o1 s$ c]to scio2 v\lant dire qu'on ne croit pas les *oses que l'on sait4 ,aussi y a-t-il gr&e diffr5ce entre savoir1 et croire1 selon que ,sa9t-,?omas df9it ce d]ni]3 ,cr$]e e/ actus intellectus ass5ti5tis div9 voluntati1 ex imp]io voluntatis a ,deo mot p] gratiam4 ,la foi donc qui rgle no/re crance1 e/ t\t autrem5t seure que la sci5ce huma9e1 o t\t e/ inc]ta92 d'o vi5t la dt]m9ation du ,concile de ,nice#g1 ,dubius 9 fide1 infidelis e/4 ,on ne sauroit sans crime susp5dre tant soit peu sa crance en ce qui t\*e la foi1 ni rvoqu] en d\te le mo9dre de ses articles sans p*]4 ,,c9qui,,me ,,soliloque ,mais n'e/-il po9t cra9dre1 qu'e/ablissant a9si le d\te p>t\t1 except aux *oses qui reg>d5t no/re salut1 et qui n\s ont e/ rvles d'en-haut selon que l'glise n\s l'enseigne1 t\te la socit civile n'en s\ffre beauc\p1 p>ce que ne re/ant plus ri5 au surplus dans la nature que de problmatique p>mi les hommes1 selon que leur esprit e/ +nieux df5dre op9ia/rm5t ce qu'il s'e/ une fois imag91 ils vivront dans des conte/ations p]ptuelles8 ,c> p]sonne n'ignore le mot de ,protagore1 que t\t peut e/re disput1 de omni re 9 utramque p>tem disput>i posse ex quo1 et de hac ipsa1 an omnis res 9 utramque p>tem disputabilis sit4 ,combi5 de gr&s p]sonnages y a-t-il eu1 que ,snque nomme dans une de ses pi/res#h1 qui ont e/ du mesme s5tim5t1 ,nausiphane1 ,p>mnide1 ,znon late1 avec une inf9it de sectes entires qu'il cite1 dont l',es*ole prsupposoit le mesme s5tim5t4 ,si l'on dit que ,platon1 et assez d'autres excell5s ,philosophes ont e/ d'une op9ion contraire1 c'e/ ce qui peut donn] le plus d'inquitude1 s'il e/ s\/5able qu'on doive croire *acun en son art1 puisqu'ils ont e/ t\s d'une mesme pr(ession1 qui alloit re*]*] curieusem5t la vrit4 ,outre cela ,ari/ote1 le plus gr& ,dogmatique de t\s1 et le plus affirmatif1 nie cette proposition au troisieme livre de ses ,politiques1 *apitre onzime1 o il e/ablit p\r con/ant1 qu'en t\te sorte d'arts1 ceux qui les ignor5t1 jug5t mieux de ce que ces mesmes arts produis5t1 que les meilleurs ,artisans qui travaill5t avec t\te sorte d'indu/rie4 ,a9si1 dit-il1 un pre de famille juge avec plus de disc]nem5t de la disposition commode d'une maison1 que son ,ar*itecte4 ,un ,pilote reconnoi/ mieux si le g\v]nail de son vaisseau e/ bi5 fabriqu1 que celui qui l'a fait4 ,et les convives dans un fe/9 port5t meilleur jugem5t de l'appre/ des vi&es qui s'y tr\v5t1 que le ,cuis9i] qui les a assaisonnes4 ,il passe jusques-l que les ,musici5s1 ni les ,potes ne sont pas les plus capables juges de leurs ouvrages4 ,ne t5ons donc pas p\r indubitable1 que *acun doive t\j\rs e/re cru1 et prononc] df9itivem5t dans sa pr(ession4 ,,sixi,,me ,,soliloque ,l'op9ion a e/ =t bi5 nomme p> ,hraclite ,grec3 hi]an noson1 sacrum morbum2 c'e/ une maladie populaire1 une pilepsie qui mrite ce nom1 puisqu'elle occupe et infecte la plus noble et la plus sacre p>tie de l'homme1 qui e/ l'me1 quod sanctissimam hom9is p>tem1 hoc e/1 anim rationalis domicilium prcipue infe/et4 ,elle le fait avec tant d'atta*em5t et de f]met1 qu'elle a donn lieu au mot d',op9ia/ret1 qui e/ un mal d'ob/9ation presque insurmontable4 ,mais il ne faut pas croire1 que s\s cette appellation de peuple1 il n'y ait que la plus vile p>tie des ,communautez de comprise4 ,le vulgaire1 puisqu'on se s]t encore de ce t]me p\r dsign] des g5s de la plus basse e/(fe1 e/ s\v5t t\te autre *ose que ce que l'on p5se4 ,la p\rpre1 et le cordon bleu1 en font p>fois p>tie1 quoique ceux qui s'en p>5t indignem5t1 se croi5t e/re beauc\p au dessus4 ,tant y a que qu& la plusp>t du monde a une fois p\s une op9ion1 p\r absurde qu'elle soit1 et que p>lant comme l'on fait au del des ,alpes1 il ,mondo inf9oc*iato d'una op9ione1 sa fausset ne la fait gures quit]2 au contraire l'on se roidit s\v5t d'autant plus la ma9t5ir1 qu'elle e/ desraisonnable et absolum5t oppose la vrit1 qui n'e/ ni esc\te ni comprise p> la folle et ignorante multitude3 outre qu'on s'imag9e qu'il y a plus d'adresse ma9t5ir le faux que le vrai4 ,la piti e/ que cet ente/em5t e/ =t contagieux1 et qu'il fait trbu*] les uns sur les autres dans la f\le ceux qui en sont t\*ez1 sans qu'ils s5t5t leur mal1 croiant t\j\rs au contraire n'avoir que de trs-bonnes p5ses4 ,or ce n'e/ pas le moi5 de gurir leur infirmit d'e/ablir l'inc]titude de t\tes *oses1 puisque s'il n'y a ri5 que de d\teux1 ils sont excusables de ne quit] pas leurs fantaisies erronnes1 p\r en pr5dre d'autres qui ne val5t pas mieux4 ,a9si le meilleur s]a de laiss] le monde en l'e/at qu'il e/1 et de suivre le prcepte que ,sa9t ,paul donne ,timo?e#i1 de ne s'es*auff] po9t en des disputes fas*euses1 non cont5d]e v]bis1 ,grec3 m logoma*e91 comme e/ant une *ose inutile4 ,si v\s croiez avoir raison contre un antagoni/e qui la mesprise1 ou qui ne l'ent5d pas1 cdez-lui la victoire en riant1 comme je l'ai veu faire avec adresse1 porrige h]bam1 s$ ut be/i4 ,en vrit celui-l avoit quelque sujet1 ce semble1 de s\/5ir que la raison e/oit contre l'ordre de nature1 veu que les hommes raisonnables ne lui p>oissoi5t pas mo9s r>es1 que les mon/res4 ,quoi qu'il en soit1 la s5t5ce d',ari/ote n'e/ pas ici peu considrable1 encore qu'il ne l'ait pas t\j\rs suivie1 /ultas op9iones admodum de/ru]e /ultissimum e/4 ,il faut p>donn] avec mespris des syncopes de raison1 et des bveues spirituelles ou d'ent5dem5t1 qui les ,grecs ont donn le nom de ,grec3 p>orama1 et que n\s rem>quons p>fois en ceux avec qui n\s conte/ons1 soit de vive voix1 soit p> crit1 puisqu'en t\t cas on ne sauroit trop dfr] l'aphorisme de ce savant ,pre de l'glise1 melius e/ dubit>e de occultis quam litig>e de inc]tis4 ,n\s ne n\s rep5tirons jamais de n\s y e/re t5us4 ,,septi,,me ,,soliloque ,quelques-uns p\rroi5t p5s] l-dessus1 qu'il e/ plus -propos de g>d] un p]ptuel sil5ce1 que de l'expliqu] en quelque faon que ce soit1 puisqu'on ne peut ri5 dire de solide1 t\tes *oses aiant deux anses1 et p\vant e/res prises div]sem5t comme inc]ta9es et problmatiques4 ,j'av\e que le sil5ce ti5t lieu s\v5t de n\rriture l'me1 e/ant p\r cette considration trs-recomm&able1 quoi qu'il faille aussi tomb] d'accord qu'il e/ p>fois l'asyle et le refuge d'une p>faite ignorance1 qui se ca*e s\s son ombre4 ,d'ailleurs gnralem5t p>lant1 l'avantage du sil5ce e/ t\t visible1 en ce que celuy qui p>le se vuide1 et que celuy qui c\te se remplit4 ,j'ai fait plus d'une fois cette rflexion dont je me veus s\v5ir ici1 que l'*o mesme1 t\te babill>de fille qu'elle e/ dans la fable1 n\s fait leon du pril qu'il y a de communiqu] d'autres des p5ses d'importance1 veu qu'e/ant une fois sorties de *ez n\s1 les pi]res1 et les ro*]s ne s'en peuv5t taire1 et les r$is5t4 ,le sil5ce de c9q ans des ,py?agorici5s1 et celuy des ,c>d9aux qui n'os]oi5t p>l]1 et sont comme muets1 jusques ce que le ,pape leur ouvre la b\*e1 peuv5t s]vir d'in/ruction l-dessus4 ,c'e/ ce qui fait prononc] prov]bialem5t aux ,espagnols1 call>1 y obr>1 por la ti]ra1 y por la m>2 et les ,arabes ont cet adage qui va au mesme s5s1 duobus modis p]eunt hom9es1 abundantia opum1 et abundantia s]monis2 au lieu que selon ,salomon#aj1 qui cu/odit os suum1 cu/odit animam suam1 et que suivant sa doctr9e1 /ultus quoque si tacuit1 sapi5s reputabitur1 et si compress]it labia sua1 intellig5s4 ,si e/-ce qu'outre qu'il y a des sil5ces trompeurs et dissimulez1 on peut s\/5ir qu'on ne sauroit jug] des hommes que p> leurs actions1 et p> leurs disc\rs4 ,p>le1 disoit un anci51 si tu veux que je te connoisse1 loqu]e1 ut te videam4 ,en effet l'action1 qui compr5d la p>ole1 e/ la mesure de l'e/re1 et les *oses ne sont1 le bi5 pr5dre1 qu'autant qu'elles agiss5t1 et qu'elles se font connoi/re de l'une ou de l'autre manire1 en faisant ou en p>lant4 ,cep5dant comme l'inaction et la fa9antise1 qu',amasis v\loit e/re punie de mort1 e/ nomme p> les ,itali5s le vice des honne/es g5s1 et que selon eux1 il lavor> me/i] da buoi2 le sil5ce de mesme a ses p>tisans qui en font leur capital1 et d'autres qui ne le peuv5t s\ffrir1 p>ce1 dis5t-ils1 qu'un oiseau muet ne fait po9t d'augure1 ave muda non haze agu]o1 c'e/ l',espagnol qui p>le a9si4 ,c]tes il n'y a po9t de mdaille qui n'ait un rev]s1 ni de si beau prcepte de morale1 qui ne soit div]sem5t envisag4 ,,huiti,,me ,,soliloque ,la beaut1 qui passe p\r la plus aimable *ose qui se puisse voir1 et qui appelle t\t le monde soi1 ,grec3 kalon p>a to kale91 n\s f\rnira un bel exemple de ce div]s envisagem5t4 ,les *>mes de la beaut sont tels1 qu'elle se r5d mai/resse des sages les plus modrez1 et des conqurans les plus inv9cibles4 ,c'e/ ce qui la fit nomm] ,socrate1 une tyrannie de peu de temps2 ce qui obligea ,platon de s\/5ir qu'il n'y avoit ri5 de beau1 qui ne fu/ encore bon2 et ce qui a contra9t ,ari/ote d'crire que cette beaut portoit avec elle plus de recomm&ation1 que quelque lettre de faveur qu'on pu/ obt5ir1 ,grec3 pantos epi/oli\ sy/atikot]on4 ,et vritablem5t elle donna lieu aux premires ,mon>*ies du sicle d'or1 les peuples obissant volontairem5t3 de sorte qu'alors on ne voioit po9t de rebelles qui ne fuss5t aveugles4 ,encore auj\rd'huy t\tes les conditions de la vie *]*5t dans la beaut ce qui les doit faire e/im]4 ,le ,soldat met sa gloire possd] un beau *eval1 et des armes bi5 polies4 ,un ,pe9tre n'e/ en rputation1 que p> la beaut de ses tableaux2 ni un ,orateur que p> celle de ses priodes4 ,or ce n'e/ pas m]veille que no/re humanit considre si =t un agrable aspect1 veu que la beaut du corps qui se voit1 e/ ord9airem5t l'image de l'esprit qui l'in=me2 les p]fections int]nes eng5drant les ext]nes1 jusques aux pi]r]ies1 dont l'clat procde de la ju/e mixtion des lm5ts au d$ans4 ,cep5dant cause de l'infidelle compagnie qui se tr\ve entre la v]tu et la beaut1 r>am facit mixturam cum sapi5tia =ma1 beauc\p de g5s ont dress de gr&es invectives contre la d]nire1 qui se fait pr9cipalem5t e/im] lors que le sexe fem99 s'en peut prvaloir4 ,c> p\r les hommes ils doiv5t pr5dre ailleurs leur avantage2 ce qui a fait dire l',ecclsia/ique3 ,non laudes virum 9 facie sua1 nec sp]nas hom9em 9 visu suo4 ,et la rflexion de ,gali5 me semble =t ju/e1 qu',homre n'ayant p>l qu'une fois de ,nire comme du plus beau des ,pr9ces ,grecs1 il a v\lu donn] compr5dre que les beaux hommes ne sont presque bons ri54 ,c'e/ contre les belles ,dames que la ,satyre s'ex]ce ici1 comme s'il n'y avoit que les laides qui puss5t se g>antir du vice1 ca/a quam nemo rogavit4 ,encore v\droit-on r5dre inju/em5t la pudicit de celles-cy mesprisable1 p> cette mauvaise raison1 que leur me n'a pas t\j\rs e/ *a/e1 dans une volont corrompue3 ,qu malam faciem hab5t spius pudic sunt1 non animus illis dee/1 s$ corruptor1 comme en p>le ,snque dans une de ses ,controv]ses4 ,je me s\vi5s de la raill]ie de celuy qui disoit d'une fille peu aimable1 que ,dieu p\r la sauv] avoit mis son me en sauvet1 dans un corps que p]sonne ne p\voit aim]4 ,on ne sauroit ni] l'g>d des belles1 que leur humeur sup]be ne les fasse p>fois har4 ,c> comme l'av\e ,ovide1 leur plus gr& amy#aa1 ,fa/us ine/ pul*ris1 sequiturque sup]bia =mam4 ,et nantmo9s l'on peut dire la plus agrable de t\tes1 quid excolis =mam8 cum omnia fec]is1 a multis animalibus decore v9c]is#ab4 ,il e/ impossible1 dit ,diodore ,sicili51 d'avoir jamais autant de beaut1 que cet animal qui elle a fait donn] le nom de ,cepus1 ,grec3 kpos1 p>ce que la veue de t\s les j>d9s ne peut rj\ir ni satisfaire comme la si5ne4 ,ce sont nantmo9s des beautez d'un ordre si diffr5t1 que j'ay de la p5e s\ffrir cette comp>aison4 ,,neuvi,,me ,,soliloque ,si la ,beaut a eu des adv]saires qui l'ont mesprise1 ce n'e/ pas m]veille que quelques-uns ai5t pris plaisir prfr] une caduque vieillesse aux imptuositez d'une b\illante jeunesse4 ,c> quoique le vieil ,caton#ac n'appr\va/ pas le prov]be dj usit de son tems1 qu'on se devoit r5dre vieil de bonne heure1 af9 de l'e/re longtems1 ce qui semble donn] de l'avantage l'ge avanc sur celui qui l'a prcd2 il e/ p\rtant vrai que ses devanci]s et ceux qui ont vescu depuis luy1 se sont dcl>ez p\r le prov]be contre le s5tim5t de ,caton4 ,j'av\e que la jeunesse a des emportem5s qu'on ne sauroit assez condamn]1 ce qui a fait qu',ari/ote n'a pas fe9t d'escrire#ad1 que contrev5ant au prcepte du sage ,*ilon1 les jeunes g5s font t\tes *oses avec excs1 omnia nimis agunt4 ,la modration des vieill>ds a quelque avantage p\r ce reg>d1 quoique ,sa9t ,basile#ae ait prononc contre elle1 qu'elle e/oit pluto/ une impuissance de cont9u] les dsordres de la jeunesse1 qu'une vraie temprance3 ,temp]antia 9 s5ectute1 non temp]antia e/1 s$ lascivi5di impot5tia4 ,c'e/ une tri/e *ose d'avoir rec\rs la ,fable1 p\r dire que les ,cygnes blancs qui tir5t le *> de ,vnus1 signifi5t qu'elle n'e/ pas ennemie des te/es blan*es1 qui peuv5t encore se faire agrer4 ,on dit de mesme l'avantage des femmes qui sont avances dans l'ge1 qu'il y a des animaux qui mespris5t les jeunes femelles1 et leur prfr5t les vieilles4 ,ari/ote l'asseure en ces t]mes#af3 ,arietes primum vetu/iores oves ineunt1 novellas enim m9us p]sequuntur4 ,p\r moi qui me suis assez dcl> l-dessus1 devant que j'eusse pass la gr&e anne climactrique1 je fais peu de cas de t\tes ces obs]vations1 et je tr\ve bi5 plus considrable la belle et lgante description que n\s fait ,juvnal1 dans sa dixime ,satyre1 des imp]fections de la vieillesse1 qui me font s\scrire au mot de ,snque le ,tragique1 ,r>um e/ felix idemque s5ex4 ,l'honneur que beauc\p de ,nations ont dfr au gr& ge1 a eu ses raisons3 mais comme s'escrie ,ausone sur cela1 ,quid ref]t8 ,cornix an ideo ante ,cygnum8 ,les tnbres sont plus anci5nes que la lumire1 qui v\droit les luy prfr] p\r cela8 ,je me suis tr\v il y a peu de j\rs avec un ,macrobie si imp]t95t1 qu'il me confirma dans l'op9ion o j'ay t\j\rs e/1 qu'on peut ret\rn] en enfance p> caducit1 et dev5ir comme celuy dont je p>le1 ,s5ex bis pu]1 t] fatuus1 quat] improbus4 ,d'ailleurs1 il n'y a ri5 de plus misrable qu'un vieill>d1 qui n'a ri5 dont il se puisse vant]1 que d'avoir espr\v une inf9it d'adv]sitez1 et de s'e/re veu comme il e/ encore1 semblable la ,f\rmi de ,virgile1 444 ,inopi metu5s ,=mica s5ect ce qui plonge dans une infme av>ice1 p>ce que1 selon le dire des ,itali5s1 quanto pi l'uccello vec*io1 tanto pi mal volonti]i lascia la piuma4 ,si le nom de ,snateurs a e/ honorable ,rome cause de leurs longues annes1 quod s5iores2 et si celuy de ,seigneur en ,france procde d'une mesme orig9e1 il ne faut pas laiss] de tomb] d'accord1 qu'il n'y a que les belles actions1 au cas que n\s ayons e/ assez heureux p\r en produire1 qui n\s puiss5t r5dre dans la vieillesse plus considrables que les jeunes g5s4 ,c'e/ le fondem5t de ce beau mot d',ovide escrivant ,livia sur la mort du jeune ,drusus son fils3 ,acta s5em faciunt1 hc num]&a tibi4 ,le re/e qui accompagne no/re caducit1 semble e/re pluto/ digne de compassion qu'autrem5t4 ,,dixi,,me ,,soliloque ,quoi qu'il en soit1 nos j\rs e/ant comtez au ,ciel de t\te t]nit1 selon no/re plus commune croiance1 je ne voy pas bi5 le fondem5t des honneurs qu'on r5d ceux qui ont veu r\l] plus longtems sur leurs te/es les sphres d'en-haut1 que le re/e des autres hommes1 non plus que t\t ce qui leur arrive2 cela dp5dant d'un mesme pr9cipe1 sans qu'ils y ai5t pu ri5 contribu]4 ,v5tidius quid enim1 quid ,tullius1 anne aliud quam ,sidus1 et occulti mir&a pot5tia fati#ag8 ,c> t\tes nos de/9es1 dont les ,anci5s ont tant p>l1 dp5doi5t selon eux des corps suprieurs1 et du diffr5t aspect des ,a/res3 ce qu'obs]v5t encore auj\rd'huy nos faiseurs d'horoscopes1 et t\s ceux qui dfr5t aveuglm5t l',a/rologie ,judiciaire4 ,or t\t e/ si frivole1 et si inc]ta9 dans cette prt5due sci5ce1 que le nombre des ,cieux n'y e/ pas con/ant1 assez de ,philosophes aiant prsuppos que les ,a/res y e/oi5t comme les oiseaux en l'air1 et les poissons dans l'eau4 ,il n'y a eu que les ,juifs qui ai5t bi5 asseur qu'il y avoit dix ,cieux1 de sorte qu'en leur langue le ,ciel n'a po9t de s+uli]1 et n'e/ jamais emploi qu'au pluriel4 ,selon leurs ,rab9s les dix c\rt9es du ,tab]nacle de leur temple1 signifioi5t ces dix ,cieux2 et le passage du texte sacr1 qui dit1 op]a digitorum tuorum sunt coeli1 tmoigne que nos deux ma9s n'aiant que dix doigts1 le nombre des ,cieux n'e/ ni mo9dre1 ni plus gr& que celui-l4 ,quant aux ,a/res1 et aux ,e/oiles1 ,platon les e/ablit dans son p9omis p\r des ,dieux visibles1 ou du mo9s p\r leurs images que n\s devons respect]4 ,l'ordre1 selon luy1 que les ,plantes cons]v5t entre elles1 mon/re qu'elles sont animes4 ,et ,ovide1 con=mm5t cette op9ion commune1 n'a pas manqu de mettre ces ,animaux au ,ciel dans le premi] livre de ses ,mtamorphoses1 ,neu regio =et ulla suis animalibus orba1 ,a/ra t55t coele/e solum1 =mque ,deorum4 ,le ,soleil e/ant le pr9cipal d'entre eux1 ,apollon e/oit nomm ,grec3 episkopos1 ou surveillant1 p> les ,grecs1 comme il se peut voir dans ,phornutus4 ,tant y a qu' cause que les premi]s ,pres de l'glise dfroi5t plus l',escole de ,platon qu' celle des autres ,philosophes1 ils admettoi5t l'animation des ,cieux1 et des ,e/oiles2 et l'on comte entre les erreurs d',origne celle d'avoir creu ces mesmes ,e/oiles capables du vice et de la v]tu4 ,y a-t-il un ,art plus ridicule que celuy de la ,judiciaire1 quoiqu'ai5t pu faire ses suppos1 qui ont t\j\rs tas* de r5dre leurs prdictions app>emm5t vritables p> des int]prtations qui font piti t\s ceux qui en considr5t l'absurdit8 ,j'en ai assez produit d'exemples dans quelques crits imprimez1 je veux seulem5t me remettre ici en mmoire celuy qui reg>de le ,pote ,es*ile4 ,on luy avoit prdit p> l'inspection du ,ciel qu'il m\rroit de la *eute d'une maison1 et l'on v\lut que la ,tortue qui porte t\j\rs sa maison1 et qui luy crasa sa te/e *auve1 eu/ e/ dsigne p> la prdiction4 ,comm5t l',a/rologie auroit-elle quelque *ose de con/ant1 et o l'on se doive arre/]1 puisque ses ,pr(esseurs se contr>i5t les uns les autres1 et ba/iss5t sur des fondem5s diffr5s8 ,le ,pre ,sem$o obs]ve que les ,*9ois qui n'e/abliss5t que v+t-huit con/ellations1 ont nansmo9s un bi5 plus gr& nombre d',e/oiles que n\s n'en reconnoissons4 ,si e/-ce que le ,pre ,adam1 ,a/rologue ,roial1 y fonde ses jugem5s sur les mesmes aphorismes que suiv5t les ,europens4 ,au fond si le m\vem5t de la ,t]re e/ prsuppos1 comme le ,c>d9al ,nicolas de ,cusa l'a tabli#ah1 et quatre-v+ts ans depuis luy ,cop]nic1 suivi d'une inf9it d'autres2 que p\vons-n\s recueillir de t\tes les maximes des ,anci5s1 qui doive satisfaire un esprit solide au sujet dont n\s p>lons8 ,aussi voions-n\s que les plus gr&s hommes se sont rep5tis d'avoir dfr la vanit de cette pr(ession4 ,c>dan av\e#ai que la connoissance qu'il avoit de l',a/rologie1 luy fut =t prjudiciable1 p>ce qu'il croioit suivant ses plus con/antes maximes1 ne devoir pas vivre plus de qu>ante ans1 et n\s savons que sa vie a e/ de soixante et qu9ze mo9s trois j\rs4 ,ma?ieu ,p>is fait un conte ridicule ce propos de l',emp]eur ,fridric second1 qu'ente/ de la vanit de cette sci5ce trompeuse1 il s'ab/9t la premire nuit de ses nopces de t\*] sa femme ,isabelle1 fille d',anglet]re1 que le mat9 ne fu/ v5u1 et cela p> le conseil de quelques ,a/rologues1 donec compet5s hora ei ab ,a/rologis nunci>etur4 ,et ,scalig] le pre escrit dans sa ,potique1 que ri5 ne peut tant =tifi] l'op9ion impie d'picure t\*ant la cration =tuite du monde p> le conc\rs et assemblage haz>deux des ,atomes1 que l'9gale et tmraire disposition des ,a/res sur nos te/es1 o ils ne font aucune figure ni arrangem5t qui semble raisonnable4 ,c> les figures qu'on leur fait reprs5t] sont t\tes imag9aires1 et pe9e y voit-on un triangle assez imp>fait s\s le nom du ,delta ou ,deltoton1 non plus que de ligne bi5 droite1 si v\s exceptez celle du baudri] d',orion1 qui multiplie s]t mesur] t\te l't5due du ,ciel4 ,le ,*anceli] ,bacon#bj a fait dj cette rem>que1 et que ri5 ne se meut l-haut p> des c]cles p>faits4 ,le mespris ou j'ay t\j\rs e/ des prdictions ,a/rologiques1 m'a transport plus que je ne p5sois1 adj\/ant ceci ce que j'en ai escrit ailleurs4 ,,onzi,,me ,,soliloque ,ce peu que je vi5s d'obs]v] t\*ant la ,judiciaire me fait p5s] l'op9ion que les premi]s ,philosophes ,grecs ont eue de ,dieu1 et de la ,nature1 qu'ils ont s\v5t confondus4 ,cicron#ba ti5t que ,/raton de ,lampsaque ne reconnoissoit que la d]nire1 puisqu'il n'y avoit po9t d'effets qu'il ne luy attribua/1 sans en rapport] aucun ,dieu1 ,lampsac5us ,/rato omnia effecta ,natur1 nulla ,diis tribuebat4 ,et mesme cet ,orateur ,roma9 appelle ailleurs#bb la raison naturelle1 une loi div9e et huma9e3 ,natur ratio1 qu e/ lex div9a et humana4 ,platon et ,ari/ote ont eu d'autres p5ses1 et ce d]ni] rem>que au sixime ,livre de sa ,mtaphysique1 qu' n'admettre po9t d'autres sub/ances que les matrielles1 selon qu'en usoi5t ses devanci]s1 la ,physique s]oit la premire ,philosophie1 et non pas celle qui suit et e/ au-del1 ce qui luy a fait donn] le nom de ,mtaphysique4 ,mais en vrit les deux ,mondes de ,platon1 l'un s5sible1 et l'autre intelligible o habite la ,vrit1 sont des vi&es bi5 creuses2 de mesme que les nombres qui composoi5t la ,nature selon ,py?agore4 ,les deux matires d',ari/ote1 l'une s5sible aussi1 et l'autre intelligible qui enveloppe les ,ma?matiques1 ne sont pas mo9s *imriques ceux qui veul5t philosoph]1 aussi bi5 que navig] seurem5t1 et t\j\rs t]re t]re1 de peur de s'g>]4 ,ceux-l s'empes*]ont t\j\rs d'employ] dans la ,physique des t]mes n\veaux et surnaturels1 comme quelques-uns ont v\lu faire depuis peu4 ,mais il y a des esprits qui croi5t n'avoir jamais bi5 r5contr1 si contr>iant les autres1 ils ne suiv5t une r\te diffr5te de la leur2 semblables l',oiseau ,m]ops qui vole au reb\rs des autres1 avanant t\j\rs v]s sa queue3 ,m]ops1 avium sola1 retrorsus ac v]sus caudam f]tur1 dit li5 dans son hi/oire des animaux4 ,a9si aux *oses mesme d'aussi peu de consqu5ce1 que celles dont n\s v5ons de p>l] sont importantes1 on ne tr\ve que div]sit d'op9ions4 ,pl9e veut que les ,oiseaux n\s ai5t enseign l'usage du g\v]nail d'un vaisseau4 ,snque et ,possidonius l'attribu5t aux ,poissons dans le m\vem5t de leur queue4 ,et cette incl9ation naturelle la n\veaut cont5tieuse1 autant que d'autres raisons morales qu'on p\rroit rapport]1 ont eng5dr enf9 l'animosit qui s'obs]ve entre quelques ,nations1 dont je vais dire un mot aprs ceux qui l'ont obs]ve devant moi4 ,il y a une antipa?ie physique1 ce semble1 entre l',alleman et le ,polonois1 le ,sudois et le ,danois1 l',anglois et l',escossois1 le ,galois ou habitant du pas de ,gales1 et l',irl&ois4 ,le ,portugais ne s'accorde pas mieux avec le ,ca/illan1 non plus qu'autrefois le ,p>isi5 avec le ,norman1 et le ,gnois avec le ,vniti51 ou l',arragonois4 ,les ,arabes sont t\j\rs en diffr5d avec les ,abyss9s1 les ,turcs avec les ,p]sans1 les ,mogoles avec les ,jusbegs1 les ,*9ois avec les ,japonois1 les ,moscovites avec les ,t>t>es4 ,nos anci5s ,gaulois e/oi5t si has des ,roma9s1 qu'ils n'exemtoi5t de la gu]re leurs sacrificateurs1 que qu& il faloit all] au combat contre les ,gaulois1 9 ,gallico tumultu3 ce que ,plut>que a rem>qu dans la vie de ,camillus4 ,je laisse l'inju/ice des ,hi/ori5s d',italie contre no/re ,nation1 p\r considr] simplem5t l'imp]t95ce de ,ptr>que1 d'ailleurs =t pris]1 qu& il veut que la frocit seule de nos moeurs n\s ait impos le nom de ,franois1 a f]itate morum ,francos dictos4 ,mais quitons un sujet p> trop odieux4 ,,d\zi,,me ,,soliloque ,cette gr&e discordance des ,nations fait voir entre autres *oses1 qu'il n'y a po9t1 le bi5 pr5dre1 de communes notions p>mi les hommes1 qui p5s5t t\s si div]sem5t et avec une op9ia/ret si vois9e de la ha9e1 que ,?ognis a eu raison d'appell] ds son tems l',op9ion un de nos plus gr&s maux1 ,grec3 ,doxa m5 an?rp\si kakon mega1 ,op9io quidem hom9ibus magnum malum e/4 ,je ne sai po9t de meilleure rsolution pr5dre l-dessus1 que de suivre le conseil que ,sa9t ,paul donne ,timo?e1 ,grec3 m logoma*e91 de ne conte/] jamais avec des p>oles ord9airem5t inutiles1 et qu'il nomme =t bi5 ,grec3 k5ophnias1 inaniloquia4 ,a mo9s de dfr] cet avis salutaire1 il n'y a ri5 de plus tumultueux que no/re vie1 p>ce que t\t ce que conti5t la ,nature e/ sujet controv]se1 qui s't5d mesme plus lo9 dans cette considration d',ari/ote#bc1 op9abile latius pat]e quam ens1 quia et quod e/1 et quod non e/1 op9abile e/4 ,c]tes c'e/ une *ose pitoiable de voir d'un oeil exemt de prv5tion1 comme *acun pr5d les *oses sa mode1 et comme il n'y a presque p]sonne qui n'aime mieux repr5dre ,dieu1 et la ,nature1 que de reconnoi/re +nuem5t l'ignorance o il e/4 ,j'use de cette p5se aprs ,cicron au livre c9quime de ses ,que/ions ,tusculanes1 r]um naturam1 quam errorem no/rum damn>e malumus4 ,mais quoi1 il vaut mieux imit] l-dessus ,dmocrite1 qu',hraclite1 si n\s en croions ,snque#bd1 cause que selon luy humanius e/ d]id]e vitam1 quam deplor>e2 bi5 qu'il av\e qu'on se peut plus propos ab/5ir de l'un et de l'autre4 ,quoi qu'il en soit1 la maxime qu'il e/ablit ailleurs1 de t5ir t\j\rs p\r trs-mauvais ce que le peuple appr\ve1 n\s e/ confirme p> le tolle1 tolle1 crucifige des ,juifs1 qui montre bi5 que la voix du peuple n'e/ pas t\j\rs la voix de ,dieu2 de sorte qu'il n'y a gures d'mes philosophiques qui ne dis5t avec le mesme ,snque#be1 argum5tum pessimi turba e/4 ,l',orateur ,roma9 que j'ai dj cit1 et que je cit]ai t\j\rs trs-volonti]s en de semblables matires1 tesmoigne encore ce s5tim5t en ces t]mes#bf3 ,philosophia paucis e/ cont5ta judicibus1 multitud9em consulto ipsa fugi5s1 eique ipsi et suspecta et invisa4 ,c'e/ une m]veille que sa pr(ession d'loqu5ce1 d'o il retiroit sa pr9cipale recomm&ation1 luy ait p]mis de reconnoi/re si fran*em5t cette vrit1 p>ce qu'elle p>oi/ absolum5t contraire au bi5-dire des ,orateurs1 qui e/ une facult populaire1 et qui ne vise qu' obt5ir l'approbation d'un gr& nombre d'auditeurs4 ,ce qui m'tonne davantage1 c'e/ que cela vi5ne de celuy qui avoit1 ds le premi] livre de ces ,que/ions ,tusculanes1 v\lu pr\v] l'exi/5ce des ,dieux1 et l'immortalit de nos ,ames1 p> cette considration1 qu'une op9ion gnrale peut e/re prise p\r la propre voix de la ,nature1 omnium cons5sus ,natur vox e/1 n'y aiant ri5 de plus oppos que le sont ces textes l'un l'autre1 p> des axiomes t\t--fait diffr5s4 ,il ne faut pas nanmo9s le blasm] l-dessus4 ,le *angem5t d'avis1 et la div]sit d'op9ion selon le sujet qu'on traite1 n'e/ condamnable ni en luy1 ni en t\s ceux qui philosophant acadmiquem5t ne se r5d5t jamais esclaves de leurs premi]s s5tim5s4 ,je veux me s\v5ir en sa faveur de ce que les ,anci5s faisoi5t ,neptune1 s\s le nom du ,dieu ,consus1 auteur de t\s les bons avis4 ,or ils donnoi5t app>emm5t ent5dre p> l1 que comme la ,m] que ce ,dieu g\v]noit1 *ange de face t\s mom5s1 il n'e/oit pas honteux ni mauvais de pr5dre des avis diffr5s1 selon la div]sit des tems et des sujets qui oblig5t le faire4 ,,trezi,,me ,,soliloque ,entre les *oses dont la ,noblesse et le ,peuple sont le mieux d'accord1 c'e/ d'amass] du bi5 si faire se peut1 et de fuir la pauvret4 ,les ,philosophes#bg considr5t que la v]tu ne s'acqui]t pas avec les bi5s2 mais qu'au contraire1 c'e/ assez s\v5t la v]tu qui n\s fait obt5ir des bi5s4 ,et p\r le reg>d de la pauvret1 l',ecclsia/ique ne laisse ri5 dire p\r l'esvit]1 qu& il asseure qu'il vaut mieux m\rir1 que d'y tomb]3 ,fili1 9 tempore vi tu ne indigeas1 melius e/ enim mori1 quant indig]e4 ,c'e/ p\rquoi n\s voions que t\t le monde veut dev5ir ri*e en quelque manire que ce soit1 ,unde habeat qurit nemo1 s$ oportet hab]e4 ,l'homme le plus v]tueux1 le mieux s5s1 et de la plus haute extraction1 s'il e/ mal ve/u1 et que ses habits soi5t p]cez au c\de1 n'os]oit p>l] en bonne compagnie1 au pril qu'il c\rroit d'e/re moqu au mesme tems qu'on applaudit aux disc\rs imp]t95s d'un fat1 qui a les rieurs de son co/1 p>ce qu'il s'e/ ri*em5t p>4 ,et g5us1 et virtus1 nisi cum re vilior alga e/#bh4 ,c> cette ,res des ,lat9s qui se tr\ve dans l'opulance1 donne des amis et des fauteurs p>t\t1 ,res amicos inv5it1 comme le fait si -propos rem>qu] ce vieill>d ,antipho dans le ,/i*on de ,plaute#bi4 ,c'e/ ici un lieu trop commun p>mi les savans1 et trop facile e/re amplifi1 p\r s'y arre/] davantage4 ,mais il n'a pas e/ mo9s ais1 ceux qui l'ont v\lu contr$ire1 de pr5dre le p>ti1 s9on d'une extrme indig5ce1 au mo9s d'une tolrable et honne/e pauvret4 ,culm5 lib]os tegit1 ont-ils dit aprs ,snque1 sub m>more atque auro s]vitus habitat4 ,un peu de ncessit aiguise l'esprit2 elle a ses gaietez plus p>faites s\v5t1 et plus fidelles1 que ne les a l'abondance4 ,et ,dieu soit l\ qu'il y ait des j\rs dans la vie1 o le ri*e porte envie la condition du pauvre6 ,en vrit quelqu'un n'a pas mal r5contr d'escrire1 qu'on voit la plusp>t des gr&s ri*>s t5ir dans leurs c(fres le ra*at des captifs1 la lib]t des prisonni]s1 la sant des malades1 la joie des affligez1 et la vie des languissans1 sans qu'on puisse repro*] une telle maldiction ceux que la ,=tune a mo9s favorisez4 ,je me trompe de p>l] a9si de cette ,desse aveugle4 ,le ,bi51 la ,noblesse1 et la ,sci5ce mesme1 sont des dons du ,ciel1 qui les jette p>fois1 dit ,epictte1 comme l'on fait des noix et des figues aux enfans1 sans qu'il faille se battre comme eux qui en aura le plus1 quoiqu'il soit p]mis de s'en prvaloir qu& ils se prs5t5t v\s1 et qu'on le peut faire civilem5t4 ,en effet le ,*ef des ,gymnosophi/es ,m&anis ne p\voit prononc] un plus bel axiome1 que celuy que n\s lisons de luy dans ,/rabon1 qu'il n'y a po9t de maison plus e/im]1 que celle qui se cont5te de peu1 se passant de ce dont les autres abond5t4 ,c> on peut s\/5ir qu'il e/ mesme p>fois avantageux1 de dim9u] ses ri*esses1 p\r dev5ir plus ri*e1 et d'imit] le bon vign]on1 qui c\pe la vigne p\r la faire mieux produire4 ,la p5se de ,pl9e e/ excell5te l-dessus dans la ,prface du quatorzime ,livre de son ,hi/oire naturelle1 que les ,sci5ces et les ,arts ,libraux sont tombez de la lib]t qui leur avoit donn le nom1 dans la s]vitude1 en ce qu'autrefois les plus accommodez des bi5s de ,=tune1 se plaisoi5t cultiv] leurs esprits1 *ose que l'opul5ce a depuis empes*e1 r]um amplitudo damno fuit4 ,c> il e/ arriv que les hommes seuls qui se sont veus rduits la pauvret et la s]vitude1 ont fait valoir les ,arts et les ,sci5ces1 p>ce qu'ils n'avoi5t que ce seul moy5 p\r se faire considr]1 et p\r subsi/]3 ,quadam /]ilitate =tun necesse erat animi bona ex]c]e4 ,c'e/ a9si que p>le ,pl9e1 et qu'on balance t\tes *oses4 99 99 99 99 99 ,rogatus ,anti/h5es quidnam ex philosophia lucratus esset1 mecum1 ait1 colloqui posse1 ,grec3 to dyna/ai heaut homile94 99 99 99 99 99 ,qui plura novit1 eum majora sequuntur dubia4 ,ari/4 ,extrait du ,privilge ,,p> ,lettres de ,privilge du ,roy1 en datte du #i ,m>s #afea1 signes ,,conr>t1 il e/ p]mis ,monsieur ,,de ,,la ,,mo! ,,le ,,vay]1 ,conseill] du ,roy en ses ,conseils1 de faire imprim]1 v5dre1 et dbit] t\s les ,traitez1 ,lettres1 ,opuscules1 et autres pices de sa composition1 p> tel ,imprimeur ou ,libraire qu'il v\dra *oisir1 conjo9tem5t ou sp>m5t1 en un ou plusieurs volumes1 en telles m>ges1 en tels c>actres1 et autant de fois que bon luy sembl]a1 durant l'espace de v+t ans3 ,et df5ses sont faites t\tes p]sonnes1 d'imprim]1 v5dre1 ni dbit] aucun de ces ,traitez1 et ,opuscules1 sans son cons5tem5t1 ou de ceux qui auront droit de luy1 sur pe9e de trois mille livres d'am5de1 et autre plus gr&e1 a9si qu'il e/ plus amplem5t spcifi p> lesdites ,lettres4 ,a*ev d'imprim] ,,sur ,,les ,,presses ,,de ,,mott]oz ,,typographe ,a ,,p>is1 ,,rue ,,du ,,dragon1 #ca ,le #bi ,janvi] #ahge ,,notes3 #a ,p>is1 ,l\is ,billa9e1 #afgj1 petit 9-#ab4 #b ,page #h4 #c ,ep4 ,i4 ,c4 #b4 #d ,l4 ,i4 ode #cd4 #e ,9 def5sorio1 ,c4 #bg4 circa f94 #f ,act4 #b4 ,,sc4 #bf4 #g ,b>on4 tom4 ,,ii4 #h ,ep4 #hh4 #i ,ep4 #b4 ,c4 ,i4 #aj ,prov4 ,c4 #ac4 et #ag4 #aa ,fa/4 l4 ,i4 #ab ,s54 ep4 ult4 #ac ,cic4 lib4 de ,s5ect4 #ad ,rhet4 l4 #b4 v4 #ab4 #ae ,conc4 #h4 de ,po54 #af ,de hi/4 anim4 l4 #e4 ,c4 #ad4 #ag ,juv54 sat4 #g4 #ah ,de docta ignor4 l4 #b4 ,c4 #ab4 #ai ,lib4 de ,vita propria1 ,c4 #aj4 #bj ,de augm4 sci5t4 p4 #aff4 #ba ,qu4 ,academ4 l4 #d4 #bb ,de ,(fic4 l4 #c4 #bc ,top4 l4 #d4 ,c4 #ae4 #bd ,de ,tranq4 ,i4 ,c4 #ae4 #be ,de vita beata1 ,c4 #b4 #bf ,tusc4 qu4 l4 #b4 #bg ,ari/4 ,polit4 l4 #g4 ,c4 ,i4 #bh ,horat4 l4 ,i4 ,sat4 #f4 #bi ,act4 #d4 ,,sc4 ,i4 ,note de ,transcription3 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,l'or?ographe d'orig9e a t cons]ve et n'a pas t h>monise4