,,soliloques ,,sceptiques ,illustration ,,soliloques ,,sceptiques par ,,la ,,mothe ,,le ,,vayer1 ,rimprim sur l'dition unique de #afgj ,illustration3 ,,scientia ,,duce ,,paris ,isidore ,,liseux1 #e1 ,rue ,scribe #ahge ,ce petit ouvrage ne se trouve pas dans les collections des ,oeuvres de ,la ,mothe ,le ,vayer1 notamment dans celle de #affi 7#ae vol4 in-#ab72 il ne fut publi que l'anne suivante#a1 en mme temps que l',hexamron rustique1 galement exclu de ces collections4 ,l'auteur avait alors #hb ans4 ,c'tait un sage la manire antique1 et nous ne pouvions mieux choisir que ces pages pour donner une ide de sa philosophie4 ,elles montrent comment le scepticisme absolu en toutes matires1 religions1 morale1 esthtique1 histoire1 se concilie aisment avec la soumission aux mystres du ,christianisme4 ,il n'y a1 pour cela1 qu' tre de son temps et de son pays4 ,on a un salon rempli d'idoles en or1 en marbre1 en pltre3 au milieu1 ce grand ,dieu pendu dont parle ,bossuet4 ,livr aux seules lumires de la science1 on hsite3 l'embarras est grand1 le choix difficile2 mais1 encore une fois1 on est de son poque1 et l'on se fait pardonner ses doutes en dclarant1 avec ,saint ,paul1 qu'on ne sait rien1 sinon ,jsus-,christ crucifi#b4 ,ainsi l'on vit1 tranquille et honor1 l'espace de quatre-vingt-quatre ans2 ainsi l'on est prcepteur de ,louis ,,xiv1 et1 plus heureux que certain philosophe de nos jours1 on a pour collgues l',acadmie ,franaise des vques1 ,bossuet lui-mme1 qui ne s'offensent pas de collaborer avec vous un dictionnaire1 parce que vous avez l'audace de penser et d'crire librement4 ,i4 ,l4 ,dcoration ,,au ,,lecteur ,ne vous estonnez pas que je me serve du mot de ,soliloques1 peu connu dans nostre langue2 il ne l'est gures davantage dans la ,latine o ,saint ,augustin l'a emploi2 et tous ceux qui ont traduit ses oeuvres en ,franois1 n'ont pas fait difficult de le retenir3 c'est un entretien secret avec soi-mesme1 qui respond aucunement aux parte si frquens sur le ,thtre des ,italiens1 et que le nostre1 aussi bien que celui des ,espagnols1 et des ,anglais1 n'ont pas rejett4 ,je sai bien qu'on les a condamnez comme ridicules1 veu le peu d'apparence qui se trouve prsupposer1 qu'un ,acteur puisse prononcer tout bas1 sans estre entendu de celui qui n'est qu' deux pas de lui1 ce que tous les ,auditeurs du parterre1 pour esloignez qu'ils soient1 doivent entendre4 ,mais puisque tout ce que les ,thtres des ,grecs et des ,latins ont represent1 aussi bien que les nostres par imitation1 n'est que fable1 et une pure imposition ou mensonge2 pourquoi n'admettra-t-on pas une chose de si peu de consquence1 cause qu'elle n'est pas vraisemblable8 ,on oblige bien les ,spectateurs prendre un chasteau de carte pour l',acrocorinthe1 ou quelque autre forteresse semblable2 et un petit coin du lieu o se joue la ,comdie1 pour tout le pas ,attique4 ,pourquoi1 encore un coup1 feraient-ils difficult de se laisser tromper par un parte1 prononc d'une voix contrainte1 comme l'on fait1 nonobstant que cela choque les sens1 de la faon que nous l'avons remarqu8 ,en vrit l'apparence est moindre1 et le raisonnement se trouve beaucoup plus offens aux premires tromperies1 et autres pareilles dont le ,thtre est continuellement rempli1 qu'aux parte qui sont rares1 et qui ne durent qu'un moment4 ,j'ai assez d'annes pour escrire qu'autrefois ces faons de parler estoient en usage3 j'ai dit part-moi1 et il a dit part-soi1 dont l'on ne se sert plus1 et qui respondent aux parte des ,italiens4 ,mais pour revenir aux ,soliloques1 il ne s'est pas trouv moins de personnes qui les ont voulu gnralement censurer1 que de celles dont nous venons de parler qui ont condamn les parte2 et les ,italiens mesme1 nonobstant la pratique de leur ,thtre1 n'ont pas laiss de prononcer en commun proverbe il parlar solo1 da pazzo1 comme s'il n'y avait que des fous qui parlassent eux-mesmes4 ,si est-ce que l'exemple des ,pythagoriciens dans leurs entretiens secrets1 et leur examen journalier de conscience1 que ,snque pratiquoit tout les soirs leur exemple1 me font estre d'un avis bien diffrent4 ,ce grand ,prcepteur de la ,morale de son sicle nous reprsente dans le sixime livre de la ,cholre1 qu'il addresse ,novatus1 au chapitre trente-sixime1 comme l'exemple du ,philosophe ,sextius1 il s'interrogeoit lui-mesme tous les soirs1 et s'addressant son me1 lui demandoit compte de ce qui s'estoit pass durant la journe3 quotidie1 dit-il1 apud me causam dico2 repassant sur ses fautes dans le secret du lict1 que sa femme ,pauline faite ce mystre ne troubloit jamais3 il ne se les pardonnoit qu' la charge de n'y plus retomber1 et se prononoit1 en forme de jugement1 ces propres termes3 ,vide ne istud amplius facias1 nunc tibi ignosco4 ,de tels ,soliloques1 et ceux du ,docteur de la ,grce1 m'empescheront bien de les condamner1 comme plusieurs ont fait4 ,mais puisqu'il n'y a rien de plus naturel1 ni aussi de plus ordinaire aux hommes1 que de se tromper1 pardonnons aux autres leurs erreurs1 afin qu'on excuse les nostres4 ,dcoration ,,soliloques ,,sceptiques ,,premier ,,soliloque ,le plus important prcepte de la science1 est de savoir qu'il y a des choses qui ne mritent pas d'estre sceues2 ce que ,quintilien a dit particulirement de quelques notions grammaticales4 ,mais il y en a d'autres qu'on peut dire estre absolument hors de la porte de nostre esprit1 qui est trop profondment plong dans la matire1 pour bien reconnoistre ce qui en est dgag4 ,cependant c'est une des principales1 et des plus ordinaires maladies de l'homme1 d'estre travaill d'une curiosit inquite pour des choses qu'il ne peut savoir1 et qu'il lui est vraisemblablement plus avantageux d'ignorer1 que d'en prendre connoissance1 puisque ,dieu a limit la sphre d'activit de son me1 qui ne peut pas pntrer jusques-l4 ,ainsi l'on peut soustenir que c'est une espce d'intemprance trs-pernicieuse1 de vouloir savoir plus qu'il ne faut1 et que le ,ciel ne nous le permet1 plus velle scire quant sit satis1 intemperanti genus est1 comme un ,payen mesme l'a reconnu4 ,saint ,augustin rapporte au septime livre de la ,cit de ,dieu la mesme pense explique par ,varron en termes diffrens1 quand ce savant ,romain dclare que s'il parle des choses ,divines1 c'est la faon de ,xnophanes ,colophonien1 qui protestoit que ce qu'il en escrivoit1 n'estoit pas pour le faire passer comme une chose certaine1 mais seulement comme une pense douteuse qu'il en avoit2 l'homme ne pouvant possder l-dessus que des opinions incertaines1 parce que la connoissance asseure en est rserve ,dieu seul4 ,quid putem1 non quid contendam1 ponam2 hominis enim est hc opinari1 ,dei scire4 ,cela me fait remarquer avec estime la prudence du ,mofti des ,turcs1 qui est peu prs parmi eux1 et dans leur ,religion1 ce qu'est parmi nous le souverain ,pontife4 ,il ne rend jamais de jugement sur ce qui lui est propos1 et ne prononce point sa sentence1 qui s'appelle en sa langue ,festa1 sans adjouter la fin3 ,dieu le sait mieux4 ,certes1 tout bien considr1 je me confirme dans cette doctrine1 que hors les vritez rvles d'en-haut1 et que la vraie ,religion nous enseigne1 l'on peut sans crime demeurer irrsolu1 et sans rien dterminer sur tout le reste4 ,je vois tous les hommes ainsi faits1 qu'ils se moquent1 en suivant leurs fantaisies1 les uns des autres1 au mesme tems qu'ils pensent tous avoir raison4 ,mais pour moi1 je ne veux pas me laisser emporter par le torrent de la multitude4 ,non posso accommodarmi a cantare1 e far concerto1 con quasi tutti gli altri huomini1 il questo particulare1 comme parle cet ,italien4 ,,second ,,soliloque ,j'avoue que le dsir d'apprendre et de savoir est naturel l'homme1 omnes homines scire desiderant1 dit le maistre de l',eschole4 ,mais j'adjouste cet axime1 que ce mesme dsir ne nous distingue pas moins des autres animaux1 que la raison1 dont nous faisons nostre prciput2 lorsque nous les nommons tous desraisonnables1 comme s'il n'y avoit que l'homme qui sceust bien discourir1 et tirer de bonnes et raisonnables consquences4 ,si est-ce que ceux qui ont pris la pene d'observer ces mesmes animaux1 ont apperceu en beaucoup d'entre eux des estincelles d'une raison que nous avons voulu nommer imparfaite1 bien que ,galien1 et assez d'autres ,philosophes n'aient pas fait difficult de prononcer1 qu'elle ne diffre de la nostre que selon le plus et le moins1 qui par la doctrine des ,collges ne change point l'espce1 plus et minus non mutant speciem4 ,il n'en est pas de mesme de ce dsir ardent de s'instruire1 tout particulier l'homme2 sans qu'il se remarque aucun vritable signe d'une pareille envie aux animaux4 ,au lieu donc de dfinir l'homme un animal raisonnable1 je trouverois moins d'inconvnient le nommer un animal dsireux de savoir1 et je penserois former par ces termes une plus juste dfinition4 ,mais si la ,nature n'imprime point dans nos mes de vains dsirs1 et qui ne puissent russir1 comme quelques-uns l'ont soustenu1 il s'ensuivroit que la science nous seroit comme naturelle1 et que nous pourrions tous l'acqurir2 ce qui n'est peut-estre pas vrai1 l'ignorance1 selon beaucoup des plus ingnus ,philosophes1 paroissant estre bien plutost de l'appennage de nostre humanit1 que la science1 comme je m'en suis souvent assez expliqu ailleurs4 ,en vrit1 si nous y prenons garde de prs1 et si nous voulons reconnoistre franchement ce qui en est1 l'homme n'est pas capable de savoir la raison d'autre chose1 que de ce qu'il excute sa mode1 ni comprendre d'autres sciences1 que celles dont il fait soi-mesme les principes2 ce qui se peut facilement prouver en considrant de bonne sorte les ,mathmatiques4 ,o la belle maxime d'tat1 qui fait1 ce semble1 subsister cette grande ,monarchie de ,moscovie6 d'estre dans l'ignorance de ce que nous appellons les belles lettres1 selon que toutes les relations qui en parlent le font voir4 ,hors ce que l'auteur de nostre estre nous a rvl1 et que la ,foi ,chrtienne nous oblige de tenir pour trs-certain1 il n'y a rien que l'esprit humain ne rende douteux et problmatique4 ,c'est ce qui a fait dire si excellemment ,saint ,paul crivant aux ,corinthiens#c1 qu'il ne savoit rien sinon ,j,,sus-,,christ crucifi4 ,,troisi,,me ,,soliloque ,je ne puis que je n'approuve beaucoup l'interprtation mystrieuse de quelques ,pres1 qui ont pris ce que rapporte ,ezchiel de certaines eaux qu'on passe aisment lorsqu'on n'en a que jusques aux talons1 et mesme que jusques aux genous et jusques aux reins2 mais qu'il n'est pas possible de traverser sans se perdre1 si l'on pense pntrer plus avant4 ,ils croient que le ,prophte veut signifier ce qui arrive aux personnes curieuses et tmraires1 qui peuvent bien prendre quelque connoissance d'abord des choses humaines1 et mesme pntrer jusques de certaines petites notions des ,divines2 mais qui se perdent indubitablement1 s'ils pensent aller plus avant1 et s'informer galement de celles que ,dieu a mises au-dessus de la capacit de nostre esprit1 hc nos ,deus mirari voluit1 scire noluit4 ,c'est-l qu'il faut dire ce que les ,turcs prononcent sur tout ce qui leur paroist douteux1 ,allah bilut1 ,dieu le sait4 ,nostre raison qui nous rend si glorieux1 est enfin contrainte d'avouer dans sa plus haute lvation1 qu'il y a une infinit de choses qui la surpassent1 et qu'il n'y a rien de si conforme elle-mesme1 si elle est juste et bien rgle1 que de dsavouer ses plus subtils discours en tout ce qui concerne la ,foi1 o elle ne sauroit trop s'humilier1 ni trop reconnoistre sa foiblesse1 ou1 pour mieux dire1 son aveuglement4 ,certes1 ,saint ,augustin a eu grand sujet d'escrire dans la ,cit de ,dieu1 qu' l'gard de la ,morale mesme1 il valoit beaucoup mieux tenir ses prceptes de la ,foi1 que de nostre raison humaine1 qui varie sans cesse1 et qui n'est constante que dans son inconstance4 ,elle ne peut faire ses oprations1 qu'elle ne s'appuie sur ce que nos sens lui suggrent2 et nous sommes enfin contraints d'avouer que ces mesmes sens1 et nostre raison1 s'entre-abusent qui mieux mieux4 ,en voulez-vous une plus forte preuve1 que de considrer comme ce qui est juste et approuv en ,france1 est rput mauvais et improuv1 je ne dirai pas1 la ,chine1 ni au ,japon1 mais parmi nos plus proches voisins8 ,estrange et ridicule ,morale1 que les ,alpes et les ,pyrnes diversifient1 ou un filet d'eau1 tel que celui qui nous spare de l',angleterre1 et celui qui divise l',espagne d'une ,province d',afrique qui lui est oppose6 ,,quatri,,me ,,soliloque ,il n'y a personne qui ne ressente je ne sai quoi de pnible dans son esprit1 lorsqu'il commence raisonner sur les choses du ,ciel1 o il ne trouve pas que sa ,logique et ses principes s'accordent avec ce qu'il avoit receu pour bon aveuglement jusques-l1 sans rien examiner4 ,horace exprime cela dans une de ses ,odes#d en ces termes3 ,parcus ,deorum cultor et infrequens1 ,insanientis dum sapienti ,consultus erro1 nunc retrorsum ,vela dare1 atque iterare cursus ,cogor relictos4 ,la secte de ,dmocrite1 la ,cyrnaque1 et celle d'picure1 lui avoient donn de mauvaises opinions de la ,providence1 comme si les choses d'ici-bas estoient indiffrentes ,dieu1 parce qu'elles paroissoient ces philosophes indignes de son occupation4 ,la syndrse et un remors de conscience fait qu',horace nomme bon droit cette pense insanientem sapientiam1 une folle sagesse4 ,et ,lucrce1 plus ancien que lui1 apprhendoit de parler mal des choses divines1 sur ces mesmes fondemens contraires toute sorte de ,religions3 ce qui lui fait dire son ,lecteur3 ,illud in his rebus vereor ne forte rearis ,impia te rationis inire elementa1 viamque ,endogredi sceleris4 ,tout le monde est touch de cette crainte1 si ,dieu ne l'a tout--fait abandonn un sens reprouv4 ,il n'y a que la ,foi qui1 dans la vraie ,religion1 nous empesche de dfrer aux tentations que l'ennemi de nostre repos et de nostre salut nous suggre sur ce qui regarde le ,ciel4 ,il a bientost sduit les plus grossiers1 parce que1 selon le mot de l',ecclsiastique1 les simples se rendent aux premires apparences trompeuses d'un dangereux discours1 et sont aussi faciles persuader1 qu'un enfant est aisment fait pleurer3 a facie verbi parturit fatuus1 tanquam gemitus partus infantis4 ,certes l'on se doit bien garder de soumettre les vritez constantes de la vraie ,religion1 qui nous ont est rvles d'en-haut1 au raisonnement humain1 parce que si vous pensez accommoder la foi au discours qu'on peut former sur ce qu'elle enseigne1 chacun prtendra avoir droit d'en penser sa mode1 n'y aiant rien de si divers que l'esprit de l'homme2 et ainsi cette foi ne sera plus une comme elle doit estre4 ,il faut avaler sans mascher ce qu'elle prescrit1 comme une mdecine salutaire qui gurit au dedans si on ne la rejette point1 ce qui arrive ceux qui la veulent trop savourer4 ,si vous voulez l'accorder de tout point avec les sciences humaines1 vous la ruinez absolument1 parce que selon le mot de l',eschole1 posita scientia tollitur fides1 sicut posita fruitione tollitur spes4 ,en effet on ne croit pas les choses qu'on sait1 ce qui donna lieu ,pomponace de se dlivrer des mains de l',inquisition o il estoit1 pour avoir dit nettement dans sa chaire de ,professeur en ,philosophie1 qu'il ne croioit pas l'immortalit de l'me4 ,ne pouvant pas nier d'avoir ainsi parl1 cause qu'on lui produisoit des tesmoins irrprochables1 il s'avisa d'interprter son dire en l'avouant1 avec cette solution1 qu'il savoit et enseignoit dmonstrativement que nos mes estoient immortelles2 ce qui faisoit qu'il ne tenoit pas cela de la foi1 par cette raison d',albert le ,grand1 emploie mesme par lui contre ,augustinus ,niphus#e1 quod credita cum scitis non conveniunt1 et principia fidei cum principiis naturalibus4 ,un serviteur nomm ,chalinus se sert de cette raison dans la ,cassine de ,plaute#f1 avec ces propres termes3 ,at pol ego haud credo1 sed certo scio2 voulant dire qu'on ne croit pas les choses que l'on sait4 ,aussi y a-t-il grande diffrence entre savoir1 et croire1 selon que ,saint-,thomas dfinit ce dernier3 ,credere est actus intellectus assentientis divin voluntati1 ex imperio voluntatis a ,deo mot per gratiam4 ,la foi donc qui rgle nostre crance1 est tout autrement seure que la science humaine1 o tout est incertain2 d'o vient la dtermination du ,concile de ,nice#g1 ,dubius in fide1 infidelis est4 ,on ne sauroit sans crime suspendre tant soit peu sa crance en ce qui touche la foi1 ni rvoquer en doute le moindre de ses articles sans pcher4 ,,cinqui,,me ,,soliloque ,mais n'est-il point craindre1 qu'establissant ainsi le doute partout1 except aux choses qui regardent nostre salut1 et qui nous ont est rvles d'en-haut selon que l'glise nous l'enseigne1 toute la socit civile n'en souffre beaucoup1 parce que ne restant plus rien au surplus dans la nature que de problmatique parmi les hommes1 selon que leur esprit est ingnieux dfendre opiniastrment ce qu'il s'est une fois imagin1 ils vivront dans des contestations perptuelles8 ,car personne n'ignore le mot de ,protagore1 que tout peut estre disput1 de omni re in utramque partem disputari posse ex quo1 et de hac ipsa1 an omnis res in utramque partem disputabilis sit4 ,combien de grands personnages y a-t-il eu1 que ,snque nomme dans une de ses pistres#h1 qui ont est du mesme sentiment1 ,nausiphane1 ,parmnide1 ,znon late1 avec une infinit de sectes entires qu'il cite1 dont l',eschole prsupposoit le mesme sentiment4 ,si l'on dit que ,platon1 et assez d'autres excellens ,philosophes ont est d'une opinion contraire1 c'est ce qui peut donner le plus d'inquitude1 s'il est soustenable qu'on doive croire chacun en son art1 puisqu'ils ont est tous d'une mesme profession1 qui alloit rechercher curieusement la vrit4 ,outre cela ,aristote1 le plus grand ,dogmatique de tous1 et le plus affirmatif1 nie cette proposition au troisieme livre de ses ,politiques1 chapitre onzime1 o il establit pour constant1 qu'en toute sorte d'arts1 ceux qui les ignorent1 jugent mieux de ce que ces mesmes arts produisent1 que les meilleurs ,artisans qui travaillent avec toute sorte d'industrie4 ,ainsi1 dit-il1 un pre de famille juge avec plus de discernement de la disposition commode d'une maison1 que son ,architecte4 ,un ,pilote reconnoist mieux si le gouvernail de son vaisseau est bien fabriqu1 que celui qui l'a fait4 ,et les convives dans un festin portent meilleur jugement de l'apprest des viandes qui s'y trouvent1 que le ,cuisinier qui les a assaisonnes4 ,il passe jusques-l que les ,musiciens1 ni les ,potes ne sont pas les plus capables juges de leurs ouvrages4 ,ne tenons donc pas pour indubitable1 que chacun doive toujours estre cru1 et prononcer dfinitivement dans sa profession4 ,,sixi,,me ,,soliloque ,l'opinion a est fort bien nomme par ,hraclite ,grec3 hieran noson1 sacrum morbum2 c'est une maladie populaire1 une pilepsie qui mrite ce nom1 puisqu'elle occupe et infecte la plus noble et la plus sacre partie de l'homme1 qui est l'me1 quod sanctissimam hominis partem1 hoc est1 anim rationalis domicilium prcipue infestet4 ,elle le fait avec tant d'attachement et de fermet1 qu'elle a donn lieu au mot d',opiniastret1 qui est un mal d'obstination presque insurmontable4 ,mais il ne faut pas croire1 que sous cette appellation de peuple1 il n'y ait que la plus vile partie des ,communautez de comprise4 ,le vulgaire1 puisqu'on se sert encore de ce terme pour dsigner des gens de la plus basse estoffe1 est souvent toute autre chose que ce que l'on pense4 ,la pourpre1 et le cordon bleu1 en font parfois partie1 quoique ceux qui s'en parent indignement1 se croient estre beaucoup au dessus4 ,tant y a que quand la pluspart du monde a une fois pous une opinion1 pour absurde qu'elle soit1 et que parlant comme l'on fait au del des ,alpes1 il ,mondo infinocchiato d'una opinione1 sa fausset ne la fait gures quiter2 au contraire l'on se roidit souvent d'autant plus la maintenir1 qu'elle est desraisonnable et absolument oppose la vrit1 qui n'est ni escoute ni comprise par la folle et ignorante multitude3 outre qu'on s'imagine qu'il y a plus d'adresse maintenir le faux que le vrai4 ,la piti est que cet entestement est fort contagieux1 et qu'il fait trbucher les uns sur les autres dans la foule ceux qui en sont touchez1 sans qu'ils sentent leur mal1 croiant toujours au contraire n'avoir que de trs-bonnes penses4 ,or ce n'est pas le moien de gurir leur infirmit d'establir l'incertitude de toutes choses1 puisque s'il n'y a rien que de douteux1 ils sont excusables de ne quiter pas leurs fantaisies erronnes1 pour en prendre d'autres qui ne valent pas mieux4 ,ainsi le meilleur sera de laisser le monde en l'estat qu'il est1 et de suivre le prcepte que ,saint ,paul donne ,timothe#i1 de ne s'eschauffer point en des disputes fascheuses1 non contendere verbis1 ,grec3 m logomachein1 comme estant une chose inutile4 ,si vous croiez avoir raison contre un antagoniste qui la mesprise1 ou qui ne l'entend pas1 cdez-lui la victoire en riant1 comme je l'ai veu faire avec adresse1 porrige herbam1 sed ut besti4 ,en vrit celui-l avoit quelque sujet1 ce semble1 de soustenir que la raison estoit contre l'ordre de nature1 veu que les hommes raisonnables ne lui paroissoient pas moins rares1 que les monstres4 ,quoi qu'il en soit1 la sentence d',aristote n'est pas ici peu considrable1 encore qu'il ne l'ait pas toujours suivie1 stultas opiniones admodum destruere stultissimum est4 ,il faut pardonner avec mespris des syncopes de raison1 et des bveues spirituelles ou d'entendement1 qui les ,grecs ont donn le nom de ,grec3 parorama1 et que nous remarquons parfois en ceux avec qui nous contestons1 soit de vive voix1 soit par crit1 puisqu'en tout cas on ne sauroit trop dfrer l'aphorisme de ce savant ,pre de l'glise1 melius est dubitare de occultis quam litigare de incertis4 ,nous ne nous repentirons jamais de nous y estre tenus4 ,,septi,,me ,,soliloque ,quelques-uns pourroient penser l-dessus1 qu'il est plus -propos de garder un perptuel silence1 que de l'expliquer en quelque faon que ce soit1 puisqu'on ne peut rien dire de solide1 toutes choses aiant deux anses1 et pouvant estres prises diversement comme incertaines et problmatiques4 ,j'avoue que le silence tient lieu souvent de nourriture l'me1 estant pour cette considration trs-recommandable1 quoi qu'il faille aussi tomber d'accord qu'il est parfois l'asyle et le refuge d'une parfaite ignorance1 qui se cache sous son ombre4 ,d'ailleurs gnralement parlant1 l'avantage du silence est tout visible1 en ce que celuy qui parle se vuide1 et que celuy qui coute se remplit4 ,j'ai fait plus d'une fois cette rflexion dont je me veus souvenir ici1 que l'cho mesme1 toute babillarde fille qu'elle est dans la fable1 nous fait leon du pril qu'il y a de communiquer d'autres des penses d'importance1 veu qu'estant une fois sorties de chez nous1 les pierres1 et les rochers ne s'en peuvent taire1 et les redisent4 ,le silence de cinq ans des ,pythagoriciens1 et celuy des ,cardinaux qui n'oseroient parler1 et sont comme muets1 jusques ce que le ,pape leur ouvre la bouche1 peuvent servir d'instruction l-dessus4 ,c'est ce qui fait prononcer proverbialement aux ,espagnols1 callar1 y obrar1 por la tierra1 y por la mar2 et les ,arabes ont cet adage qui va au mesme sens1 duobus modis pereunt homines1 abundantia opum1 et abundantia sermonis2 au lieu que selon ,salomon#aj1 qui custodit os suum1 custodit animam suam1 et que suivant sa doctrine1 stultus quoque si tacuit1 sapiens reputabitur1 et si compresserit labia sua1 intelligens4 ,si est-ce qu'outre qu'il y a des silences trompeurs et dissimulez1 on peut soustenir qu'on ne sauroit juger des hommes que par leurs actions1 et par leurs discours4 ,parle1 disoit un ancien1 si tu veux que je te connoisse1 loquere1 ut te videam4 ,en effet l'action1 qui comprend la parole1 est la mesure de l'estre1 et les choses ne sont1 le bien prendre1 qu'autant qu'elles agissent1 et qu'elles se font connoistre de l'une ou de l'autre manire1 en faisant ou en parlant4 ,cependant comme l'inaction et la fainantise1 qu',amasis vouloit estre punie de mort1 est nomme par les ,italiens le vice des honnestes gens1 et que selon eux1 il lavorar mestier da buoi2 le silence de mesme a ses partisans qui en font leur capital1 et d'autres qui ne le peuvent souffrir1 parce1 disent-ils1 qu'un oiseau muet ne fait point d'augure1 ave muda non haze aguero1 c'est l',espagnol qui parle ainsi4 ,certes il n'y a point de mdaille qui n'ait un revers1 ni de si beau prcepte de morale1 qui ne soit diversement envisag4 ,,huiti,,me ,,soliloque ,la beaut1 qui passe pour la plus aimable chose qui se puisse voir1 et qui appelle tout le monde soi1 ,grec3 kalon para to kalein1 nous fournira un bel exemple de ce divers envisagement4 ,les charmes de la beaut sont tels1 qu'elle se rend maistresse des sages les plus modrez1 et des conqurans les plus invincibles4 ,c'est ce qui la fit nommer ,socrate1 une tyrannie de peu de temps2 ce qui obligea ,platon de soustenir qu'il n'y avoit rien de beau1 qui ne fust encore bon2 et ce qui a contraint ,aristote d'crire que cette beaut portoit avec elle plus de recommandation1 que quelque lettre de faveur qu'on pust obtenir1 ,grec3 pantos epistoliou systatikoteron4 ,et vritablement elle donna lieu aux premires ,monarchies du sicle d'or1 les peuples obissant volontairement3 de sorte qu'alors on ne voioit point de rebelles qui ne fussent aveugles4 ,encore aujourd'huy toutes les conditions de la vie cherchent dans la beaut ce qui les doit faire estimer4 ,le ,soldat met sa gloire possder un beau cheval1 et des armes bien polies4 ,un ,peintre n'est en rputation1 que par la beaut de ses tableaux2 ni un ,orateur que par celle de ses priodes4 ,or ce n'est pas merveille que nostre humanit considre si fort un agrable aspect1 veu que la beaut du corps qui se voit1 est ordinairement l'image de l'esprit qui l'informe2 les perfections internes engendrant les externes1 jusques aux pierreries1 dont l'clat procde de la juste mixtion des lments au dedans4 ,cependant cause de l'infidelle compagnie qui se trouve entre la vertu et la beaut1 raram facit mixturam cum sapientia forma1 beaucoup de gens ont dress de grandes invectives contre la dernire1 qui se fait principalement estimer lors que le sexe feminin s'en peut prvaloir4 ,car pour les hommes ils doivent prendre ailleurs leur avantage2 ce qui a fait dire l',ecclsiastique3 ,non laudes virum in facie sua1 nec spernas hominem in visu suo4 ,et la rflexion de ,galien me semble fort juste1 qu',homre n'ayant parl qu'une fois de ,nire comme du plus beau des ,princes ,grecs1 il a voulu donner comprendre que les beaux hommes ne sont presque bons rien4 ,c'est contre les belles ,dames que la ,satyre s'exerce ici1 comme s'il n'y avoit que les laides qui pussent se garantir du vice1 casta quam nemo rogavit4 ,encore voudroit-on rendre injustement la pudicit de celles-cy mesprisable1 par cette mauvaise raison1 que leur me n'a pas toujours est chaste1 dans une volont corrompue3 ,qu malam faciem habent spius pudic sunt1 non animus illis deest1 sed corruptor1 comme en parle ,snque dans une de ses ,controverses4 ,je me souviens de la raillerie de celuy qui disoit d'une fille peu aimable1 que ,dieu pour la sauver avoit mis son me en sauvet1 dans un corps que personne ne pouvoit aimer4 ,on ne sauroit nier l'gard des belles1 que leur humeur superbe ne les fasse parfois har4 ,car comme l'avoue ,ovide1 leur plus grand amy#aa1 ,fastus inest pulchris1 sequiturque superbia formam4 ,et nantmoins l'on peut dire la plus agrable de toutes1 quid excolis formam8 cum omnia feceris1 a multis animalibus decore vinceris#ab4 ,il est impossible1 dit ,diodore ,sicilien1 d'avoir jamais autant de beaut1 que cet animal qui elle a fait donner le nom de ,cepus1 ,grec3 kpos1 parce que la veue de tous les jardins ne peut rjouir ni satisfaire comme la sienne4 ,ce sont nantmoins des beautez d'un ordre si diffrent1 que j'ay de la pene souffrir cette comparaison4 ,,neuvi,,me ,,soliloque ,si la ,beaut a eu des adversaires qui l'ont mesprise1 ce n'est pas merveille que quelques-uns aient pris plaisir prfrer une caduque vieillesse aux imptuositez d'une bouillante jeunesse4 ,car quoique le vieil ,caton#ac n'approuvast pas le proverbe dj usit de son tems1 qu'on se devoit rendre vieil de bonne heure1 afin de l'estre longtems1 ce qui semble donner de l'avantage l'ge avanc sur celui qui l'a prcd2 il est pourtant vrai que ses devanciers et ceux qui ont vescu depuis luy1 se sont dclarez pour le proverbe contre le sentiment de ,caton4 ,j'avoue que la jeunesse a des emportemens qu'on ne sauroit assez condamner1 ce qui a fait qu',aristote n'a pas feint d'escrire#ad1 que contrevenant au prcepte du sage ,chilon1 les jeunes gens font toutes choses avec excs1 omnia nimis agunt4 ,la modration des vieillards a quelque avantage pour ce regard1 quoique ,saint ,basile#ae ait prononc contre elle1 qu'elle estoit plutost une impuissance de continuer les dsordres de la jeunesse1 qu'une vraie temprance3 ,temperantia in senectute1 non temperantia est1 sed lasciviendi impotentia4 ,c'est une triste chose d'avoir recours la ,fable1 pour dire que les ,cygnes blancs qui tirent le char de ,vnus1 signifient qu'elle n'est pas ennemie des testes blanches1 qui peuvent encore se faire agrer4 ,on dit de mesme l'avantage des femmes qui sont avances dans l'ge1 qu'il y a des animaux qui mesprisent les jeunes femelles1 et leur prfrent les vieilles4 ,aristote l'asseure en ces termes#af3 ,arietes primum vetustiores oves ineunt1 novellas enim minus persequuntur4 ,pour moi qui me suis assez dclar l-dessus1 devant que j'eusse pass la grande anne climactrique1 je fais peu de cas de toutes ces observations1 et je trouve bien plus considrable la belle et lgante description que nous fait ,juvnal1 dans sa dixime ,satyre1 des imperfections de la vieillesse1 qui me font souscrire au mot de ,snque le ,tragique1 ,rarum est felix idemque senex4 ,l'honneur que beaucoup de ,nations ont dfr au grand ge1 a eu ses raisons3 mais comme s'escrie ,ausone sur cela1 ,quid refert8 ,cornix an ideo ante ,cygnum8 ,les tnbres sont plus anciennes que la lumire1 qui voudroit les luy prfrer pour cela8 ,je me suis trouv il y a peu de jours avec un ,macrobie si impertinent1 qu'il me confirma dans l'opinion o j'ay toujours est1 qu'on peut retourner en enfance par caducit1 et devenir comme celuy dont je parle1 ,senex bis puer1 ter fatuus1 quater improbus4 ,d'ailleurs1 il n'y a rien de plus misrable qu'un vieillard1 qui n'a rien dont il se puisse vanter1 que d'avoir esprouv une infinit d'adversitez1 et de s'estre veu comme il est encore1 semblable la ,fourmi de ,virgile1 444 ,inopi metuens ,formica senect ce qui plonge dans une infme avarice1 parce que1 selon le dire des ,italiens1 quanto pi l'uccello vecchio1 tanto pi mal volontieri lascia la piuma4 ,si le nom de ,snateurs a est honorable ,rome cause de leurs longues annes1 quod seniores2 et si celuy de ,seigneur en ,france procde d'une mesme origine1 il ne faut pas laisser de tomber d'accord1 qu'il n'y a que les belles actions1 au cas que nous ayons est assez heureux pour en produire1 qui nous puissent rendre dans la vieillesse plus considrables que les jeunes gens4 ,c'est le fondement de ce beau mot d',ovide escrivant ,livia sur la mort du jeune ,drusus son fils3 ,acta senem faciunt1 hc numeranda tibi4 ,le reste qui accompagne nostre caducit1 semble estre plutost digne de compassion qu'autrement4 ,,dixi,,me ,,soliloque ,quoi qu'il en soit1 nos jours estant comtez au ,ciel de toute ternit1 selon nostre plus commune croiance1 je ne voy pas bien le fondement des honneurs qu'on rend ceux qui ont veu rouler plus longtems sur leurs testes les sphres d'en-haut1 que le reste des autres hommes1 non plus que tout ce qui leur arrive2 cela dpendant d'un mesme principe1 sans qu'ils y aient pu rien contribuer4 ,ventidius quid enim1 quid ,tullius1 anne aliud quam ,sidus1 et occulti miranda potentia fati#ag8 ,car toutes nos destines1 dont les ,anciens ont tant parl1 dpendoient selon eux des corps suprieurs1 et du diffrent aspect des ,astres3 ce qu'observent encore aujourd'huy nos faiseurs d'horoscopes1 et tous ceux qui dfrent aveuglment l',astrologie ,judiciaire4 ,or tout est si frivole1 et si incertain dans cette prtendue science1 que le nombre des ,cieux n'y est pas constant1 assez de ,philosophes aiant prsuppos que les ,astres y estoient comme les oiseaux en l'air1 et les poissons dans l'eau4 ,il n'y a eu que les ,juifs qui aient bien asseur qu'il y avoit dix ,cieux1 de sorte qu'en leur langue le ,ciel n'a point de singulier1 et n'est jamais emploi qu'au pluriel4 ,selon leurs ,rabins les dix courtines du ,tabernacle de leur temple1 signifioient ces dix ,cieux2 et le passage du texte sacr1 qui dit1 opera digitorum tuorum sunt coeli1 tmoigne que nos deux mains n'aiant que dix doigts1 le nombre des ,cieux n'est ni moindre1 ni plus grand que celui-l4 ,quant aux ,astres1 et aux ,estoiles1 ,platon les establit dans son pinomis pour des ,dieux visibles1 ou du moins pour leurs images que nous devons respecter4 ,l'ordre1 selon luy1 que les ,plantes conservent entre elles1 monstre qu'elles sont animes4 ,et ,ovide1 conformment cette opinion commune1 n'a pas manqu de mettre ces ,animaux au ,ciel dans le premier livre de ses ,mtamorphoses1 ,neu regio foret ulla suis animalibus orba1 ,astra tenent coeleste solum1 formque ,deorum4 ,le ,soleil estant le principal d'entre eux1 ,apollon estoit nomm ,grec3 episkopos1 ou surveillant1 par les ,grecs1 comme il se peut voir dans ,phornutus4 ,tant y a qu' cause que les premiers ,pres de l'glise dfroient plus l',escole de ,platon qu' celle des autres ,philosophes1 ils admettoient l'animation des ,cieux1 et des ,estoiles2 et l'on comte entre les erreurs d',origne celle d'avoir creu ces mesmes ,estoiles capables du vice et de la vertu4 ,y a-t-il un ,art plus ridicule que celuy de la ,judiciaire1 quoiqu'aient pu faire ses suppos1 qui ont toujours tasch de rendre leurs prdictions apparemment vritables par des interprtations qui font piti tous ceux qui en considrent l'absurdit8 ,j'en ai assez produit d'exemples dans quelques crits imprimez1 je veux seulement me remettre ici en mmoire celuy qui regarde le ,pote ,eschile4 ,on luy avoit prdit par l'inspection du ,ciel qu'il mourroit de la cheute d'une maison1 et l'on voulut que la ,tortue qui porte toujours sa maison1 et qui luy crasa sa teste chauve1 eust est dsigne par la prdiction4 ,comment l',astrologie auroit-elle quelque chose de constant1 et o l'on se doive arrester1 puisque ses ,professeurs se contrarient les uns les autres1 et bastissent sur des fondemens diffrens8 ,le ,pre ,semedo observe que les ,chinois qui n'establissent que vingt-huit constellations1 ont nansmoins un bien plus grand nombre d',estoiles que nous n'en reconnoissons4 ,si est-ce que le ,pre ,adam1 ,astrologue ,roial1 y fonde ses jugemens sur les mesmes aphorismes que suivent les ,europens4 ,au fond si le mouvement de la ,terre est prsuppos1 comme le ,cardinal ,nicolas de ,cusa l'a tabli#ah1 et quatre-vingts ans depuis luy ,copernic1 suivi d'une infinit d'autres2 que pouvons-nous recueillir de toutes les maximes des ,anciens1 qui doive satisfaire un esprit solide au sujet dont nous parlons8 ,aussi voions-nous que les plus grands hommes se sont repentis d'avoir dfr la vanit de cette profession4 ,cardan avoue#ai que la connoissance qu'il avoit de l',astrologie1 luy fut fort prjudiciable1 parce qu'il croioit suivant ses plus constantes maximes1 ne devoir pas vivre plus de quarante ans1 et nous savons que sa vie a est de soixante et quinze moins trois jours4 ,mathieu ,paris fait un conte ridicule ce propos de l',empereur ,fridric second1 qu'entest de la vanit de cette science trompeuse1 il s'abstint la premire nuit de ses nopces de toucher sa femme ,isabelle1 fille d',angleterre1 que le matin ne fust venu1 et cela par le conseil de quelques ,astrologues1 donec competens hora ei ab ,astrologis nunciaretur4 ,et ,scaliger le pre escrit dans sa ,potique1 que rien ne peut tant fortifier l'opinion impie d'picure touchant la cration fortuite du monde par le concours et assemblage hazardeux des ,atomes1 que l'ingale et tmraire disposition des ,astres sur nos testes1 o ils ne font aucune figure ni arrangement qui semble raisonnable4 ,car les figures qu'on leur fait reprsenter sont toutes imaginaires1 et peine y voit-on un triangle assez imparfait sous le nom du ,delta ou ,deltoton1 non plus que de ligne bien droite1 si vous exceptez celle du baudrier d',orion1 qui multiplie sert mesurer toute l'tendue du ,ciel4 ,le ,chancelier ,bacon#bj a fait dj cette remarque1 et que rien ne se meut l-haut par des cercles parfaits4 ,le mespris ou j'ay toujours est des prdictions ,astrologiques1 m'a transport plus que je ne pensois1 adjoustant ceci ce que j'en ai escrit ailleurs4 ,,onzi,,me ,,soliloque ,ce peu que je viens d'observer touchant la ,judiciaire me fait penser l'opinion que les premiers ,philosophes ,grecs ont eue de ,dieu1 et de la ,nature1 qu'ils ont souvent confondus4 ,cicron#ba tient que ,straton de ,lampsaque ne reconnoissoit que la dernire1 puisqu'il n'y avoit point d'effets qu'il ne luy attribuast1 sans en rapporter aucun ,dieu1 ,lampsacenus ,strato omnia effecta ,natur1 nulla ,diis tribuebat4 ,et mesme cet ,orateur ,romain appelle ailleurs#bb la raison naturelle1 une loi divine et humaine3 ,natur ratio1 qu est lex divina et humana4 ,platon et ,aristote ont eu d'autres penses1 et ce dernier remarque au sixime ,livre de sa ,mtaphysique1 qu' n'admettre point d'autres substances que les matrielles1 selon qu'en usoient ses devanciers1 la ,physique seroit la premire ,philosophie1 et non pas celle qui suit et est au-del1 ce qui luy a fait donner le nom de ,mtaphysique4 ,mais en vrit les deux ,mondes de ,platon1 l'un sensible1 et l'autre intelligible o habite la ,vrit1 sont des viandes bien creuses2 de mesme que les nombres qui composoient la ,nature selon ,pythagore4 ,les deux matires d',aristote1 l'une sensible aussi1 et l'autre intelligible qui enveloppe les ,mathmatiques1 ne sont pas moins chimriques ceux qui veulent philosopher1 aussi bien que naviger seurement1 et toujours terre terre1 de peur de s'garer4 ,ceux-l s'empescheront toujours d'employer dans la ,physique des termes nouveaux et surnaturels1 comme quelques-uns ont voulu faire depuis peu4 ,mais il y a des esprits qui croient n'avoir jamais bien rencontr1 si contrariant les autres1 ils ne suivent une route diffrente de la leur2 semblables l',oiseau ,merops qui vole au rebours des autres1 avanant toujours vers sa queue3 ,merops1 avium sola1 retrorsus ac versus caudam fertur1 dit lien dans son histoire des animaux4 ,ainsi aux choses mesme d'aussi peu de consquence1 que celles dont nous venons de parler sont importantes1 on ne trouve que diversit d'opinions4 ,pline veut que les ,oiseaux nous aient enseign l'usage du gouvernail d'un vaisseau4 ,snque et ,possidonius l'attribuent aux ,poissons dans le mouvement de leur queue4 ,et cette inclination naturelle la nouveaut contentieuse1 autant que d'autres raisons morales qu'on pourroit rapporter1 ont engendr enfin l'animosit qui s'observe entre quelques ,nations1 dont je vais dire un mot aprs ceux qui l'ont observe devant moi4 ,il y a une antipathie physique1 ce semble1 entre l',alleman et le ,polonois1 le ,sudois et le ,danois1 l',anglois et l',escossois1 le ,galois ou habitant du pas de ,gales1 et l',irlandois4 ,le ,portugais ne s'accorde pas mieux avec le ,castillan1 non plus qu'autrefois le ,parisien avec le ,norman1 et le ,gnois avec le ,vnitien1 ou l',arragonois4 ,les ,arabes sont toujours en diffrend avec les ,abyssins1 les ,turcs avec les ,persans1 les ,mogoles avec les ,jusbegs1 les ,chinois avec les ,japonois1 les ,moscovites avec les ,tartares4 ,nos anciens ,gaulois estoient si has des ,romains1 qu'ils n'exemtoient de la guerre leurs sacrificateurs1 que quand il faloit aller au combat contre les ,gaulois1 in ,gallico tumultu3 ce que ,plutarque a remarqu dans la vie de ,camillus4 ,je laisse l'injustice des ,historiens d',italie contre nostre ,nation1 pour considrer simplement l'impertinence de ,ptrarque1 d'ailleurs fort priser1 quand il veut que la frocit seule de nos moeurs nous ait impos le nom de ,franois1 a feritate morum ,francos dictos4 ,mais quitons un sujet par trop odieux4 ,,douzi,,me ,,soliloque ,cette grande discordance des ,nations fait voir entre autres choses1 qu'il n'y a point1 le bien prendre1 de communes notions parmi les hommes1 qui pensent tous si diversement et avec une opiniastret si voisine de la haine1 que ,thognis a eu raison d'appeller ds son tems l',opinion un de nos plus grands maux1 ,grec3 ,doxa men anthrpousi kakon mega1 ,opinio quidem hominibus magnum malum est4 ,je ne sai point de meilleure rsolution prendre l-dessus1 que de suivre le conseil que ,saint ,paul donne ,timothe1 ,grec3 m logomachein1 de ne contester jamais avec des paroles ordinairement inutiles1 et qu'il nomme fort bien ,grec3 kenophnias1 inaniloquia4 ,a moins de dfrer cet avis salutaire1 il n'y a rien de plus tumultueux que nostre vie1 parce que tout ce que contient la ,nature est sujet controverse1 qui s'tend mesme plus loin dans cette considration d',aristote#bc1 opinabile latius patere quam ens1 quia et quod est1 et quod non est1 opinabile est4 ,certes c'est une chose pitoiable de voir d'un oeil exemt de prvention1 comme chacun prend les choses sa mode1 et comme il n'y a presque personne qui n'aime mieux reprendre ,dieu1 et la ,nature1 que de reconnoistre ingnuement l'ignorance o il est4 ,j'use de cette pense aprs ,cicron au livre cinquime de ses ,questions ,tusculanes1 rerum naturam1 quam errorem nostrum damnare malumus4 ,mais quoi1 il vaut mieux imiter l-dessus ,dmocrite1 qu',hraclite1 si nous en croions ,snque#bd1 cause que selon luy humanius est deridere vitam1 quam deplorare2 bien qu'il avoue qu'on se peut plus propos abstenir de l'un et de l'autre4 ,quoi qu'il en soit1 la maxime qu'il establit ailleurs1 de tenir toujours pour trs-mauvais ce que le peuple approuve1 nous est confirme par le tolle1 tolle1 crucifige des ,juifs1 qui montre bien que la voix du peuple n'est pas toujours la voix de ,dieu2 de sorte qu'il n'y a gures d'mes philosophiques qui ne disent avec le mesme ,snque#be1 argumentum pessimi turba est4 ,l',orateur ,romain que j'ai dj cit1 et que je citerai toujours trs-volontiers en de semblables matires1 tesmoigne encore ce sentiment en ces termes#bf3 ,philosophia paucis est contenta judicibus1 multitudinem consulto ipsa fugiens1 eique ipsi et suspecta et invisa4 ,c'est une merveille que sa profession d'loquence1 d'o il retiroit sa principale recommandation1 luy ait permis de reconnoistre si franchement cette vrit1 parce qu'elle paroist absolument contraire au bien-dire des ,orateurs1 qui est une facult populaire1 et qui ne vise qu' obtenir l'approbation d'un grand nombre d'auditeurs4 ,ce qui m'tonne davantage1 c'est que cela vienne de celuy qui avoit1 ds le premier livre de ces ,questions ,tusculanes1 voulu prouver l'existence des ,dieux1 et l'immortalit de nos ,ames1 par cette considration1 qu'une opinion gnrale peut estre prise pour la propre voix de la ,nature1 omnium consensus ,natur vox est1 n'y aiant rien de plus oppos que le sont ces textes l'un l'autre1 par des axiomes tout--fait diffrens4 ,il ne faut pas nanmoins le blasmer l-dessus4 ,le changement d'avis1 et la diversit d'opinion selon le sujet qu'on traite1 n'est condamnable ni en luy1 ni en tous ceux qui philosophant acadmiquement ne se rendent jamais esclaves de leurs premiers sentimens4 ,je veux me souvenir en sa faveur de ce que les ,anciens faisoient ,neptune1 sous le nom du ,dieu ,consus1 auteur de tous les bons avis4 ,or ils donnoient apparemment entendre par l1 que comme la ,mer que ce ,dieu gouvernoit1 change de face tous momens1 il n'estoit pas honteux ni mauvais de prendre des avis diffrens1 selon la diversit des tems et des sujets qui obligent le faire4 ,,trezi,,me ,,soliloque ,entre les choses dont la ,noblesse et le ,peuple sont le mieux d'accord1 c'est d'amasser du bien si faire se peut1 et de fuir la pauvret4 ,les ,philosophes#bg considrent que la vertu ne s'acquiert pas avec les biens2 mais qu'au contraire1 c'est assez souvent la vertu qui nous fait obtenir des biens4 ,et pour le regard de la pauvret1 l',ecclsiastique ne laisse rien dire pour l'esviter1 quand il asseure qu'il vaut mieux mourir1 que d'y tomber3 ,fili1 in tempore vi tu ne indigeas1 melius est enim mori1 quant indigere4 ,c'est pourquoi nous voions que tout le monde veut devenir riche en quelque manire que ce soit1 ,unde habeat qurit nemo1 sed oportet habere4 ,l'homme le plus vertueux1 le mieux sens1 et de la plus haute extraction1 s'il est mal vestu1 et que ses habits soient percez au coude1 n'oseroit parler en bonne compagnie1 au pril qu'il courroit d'estre moqu au mesme tems qu'on applaudit aux discours impertinens d'un fat1 qui a les rieurs de son cost1 parce qu'il s'est richement par4 ,et genus1 et virtus1 nisi cum re vilior alga est#bh4 ,car cette ,res des ,latins qui se trouve dans l'opulance1 donne des amis et des fauteurs partout1 ,res amicos invenit1 comme le fait si -propos remarquer ce vieillard ,antipho dans le ,stichon de ,plaute#bi4 ,c'est ici un lieu trop commun parmi les savans1 et trop facile estre amplifi1 pour s'y arrester davantage4 ,mais il n'a pas est moins ais1 ceux qui l'ont voulu contredire1 de prendre le parti1 sinon d'une extrme indigence1 au moins d'une tolrable et honneste pauvret4 ,culmen liberos tegit1 ont-ils dit aprs ,snque1 sub marmore atque auro servitus habitat4 ,un peu de ncessit aiguise l'esprit2 elle a ses gaietez plus parfaites souvent1 et plus fidelles1 que ne les a l'abondance4 ,et ,dieu soit lou qu'il y ait des jours dans la vie1 o le riche porte envie la condition du pauvre6 ,en vrit quelqu'un n'a pas mal rencontr d'escrire1 qu'on voit la pluspart des grands richars tenir dans leurs coffres le rachat des captifs1 la libert des prisonniers1 la sant des malades1 la joie des affligez1 et la vie des languissans1 sans qu'on puisse reprocher une telle maldiction ceux que la ,fortune a moins favorisez4 ,je me trompe de parler ainsi de cette ,desse aveugle4 ,le ,bien1 la ,noblesse1 et la ,science mesme1 sont des dons du ,ciel1 qui les jette parfois1 dit ,epictte1 comme l'on fait des noix et des figues aux enfans1 sans qu'il faille se battre comme eux qui en aura le plus1 quoiqu'il soit permis de s'en prvaloir quand ils se prsentent vous1 et qu'on le peut faire civilement4 ,en effet le ,chef des ,gymnosophistes ,mandanis ne pouvoit prononcer un plus bel axiome1 que celuy que nous lisons de luy dans ,strabon1 qu'il n'y a point de maison plus estimer1 que celle qui se contente de peu1 se passant de ce dont les autres abondent4 ,car on peut soustenir qu'il est mesme parfois avantageux1 de diminuer ses richesses1 pour devenir plus riche1 et d'imiter le bon vigneron1 qui coupe la vigne pour la faire mieux produire4 ,la pense de ,pline est excellente l-dessus dans la ,prface du quatorzime ,livre de son ,histoire naturelle1 que les ,sciences et les ,arts ,libraux sont tombez de la libert qui leur avoit donn le nom1 dans la servitude1 en ce qu'autrefois les plus accommodez des biens de ,fortune1 se plaisoient cultiver leurs esprits1 chose que l'opulence a depuis empesche1 rerum amplitudo damno fuit4 ,car il est arriv que les hommes seuls qui se sont veus rduits la pauvret et la servitude1 ont fait valoir les ,arts et les ,sciences1 parce qu'ils n'avoient que ce seul moyen pour se faire considrer1 et pour subsister3 ,quadam sterilitate fortun necesse erat animi bona exercere4 ,c'est ainsi que parle ,pline1 et qu'on balance toutes choses4 99 99 99 99 99 ,rogatus ,antisthenes quidnam ex philosophia lucratus esset1 mecum1 ait1 colloqui posse1 ,grec3 to dynastai heaut homilein4 99 99 99 99 99 ,qui plura novit1 eum majora sequuntur dubia4 ,arist4 ,extrait du ,privilge ,,par ,lettres de ,privilge du ,roy1 en datte du #i ,mars #afea1 signes ,,conrart1 il est permis ,monsieur ,,de ,,la ,,mothe ,,le ,,vayer1 ,conseiller du ,roy en ses ,conseils1 de faire imprimer1 vendre1 et dbiter tous les ,traitez1 ,lettres1 ,opuscules1 et autres pices de sa composition1 par tel ,imprimeur ou ,libraire qu'il voudra choisir1 conjointement ou sparment1 en un ou plusieurs volumes1 en telles marges1 en tels caractres1 et autant de fois que bon luy semblera1 durant l'espace de vingt ans3 ,et dfenses sont faites toutes personnes1 d'imprimer1 vendre1 ni dbiter aucun de ces ,traitez1 et ,opuscules1 sans son consentement1 ou de ceux qui auront droit de luy1 sur peine de trois mille livres d'amende1 et autre plus grande1 ainsi qu'il est plus amplement spcifi par lesdites ,lettres4 ,achev d'imprimer ,,sur ,,les ,,presses ,,de ,,motteroz ,,typographe ,a ,,paris1 ,,rue ,,du ,,dragon1 #ca ,le #bi ,janvier #ahge ,,notes3 #a ,paris1 ,louis ,billaine1 #afgj1 petit in-#ab4 #b ,page #h4 #c ,ep4 ,i4 ,c4 #b4 #d ,l4 ,i4 ode #cd4 #e ,in defensorio1 ,c4 #bg4 circa fin4 #f ,act4 #b4 ,,sc4 #bf4 #g ,baron4 tom4 ,,ii4 #h ,ep4 #hh4 #i ,ep4 #b4 ,c4 ,i4 #aj ,prov4 ,c4 #ac4 et #ag4 #aa ,fast4 l4 ,i4 #ab ,sen4 ep4 ult4 #ac ,cic4 lib4 de ,senect4 #ad ,rhet4 l4 #b4 v4 #ab4 #ae ,conc4 #h4 de ,poen4 #af ,de hist4 anim4 l4 #e4 ,c4 #ad4 #ag ,juven4 sat4 #g4 #ah ,de docta ignor4 l4 #b4 ,c4 #ab4 #ai ,lib4 de ,vita propria1 ,c4 #aj4 #bj ,de augm4 scient4 p4 #aff4 #ba ,qu4 ,academ4 l4 #d4 #bb ,de ,offic4 l4 #c4 #bc ,top4 l4 #d4 ,c4 #ae4 #bd ,de ,tranq4 ,i4 ,c4 #ae4 #be ,de vita beata1 ,c4 #b4 #bf ,tusc4 qu4 l4 #b4 #bg ,arist4 ,polit4 l4 #g4 ,c4 ,i4 #bh ,horat4 l4 ,i4 ,sat4 #f4 #bi ,act4 #d4 ,,sc4 ,i4 ,note de ,transcription3 ,les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges4 ,l'orthographe d'origine a t conserve et n'a pas t harmonise4