lise ,reclus ,l',,an>*ie ,,p>is ,au ,bureau des ,,temps ,,n\veaux #adj1 ,,rue ,,m\ffet>d1 #adj #ahif ,,notice ,,pr,,lim9aire ,les p>oles qui suiv5t fur5t prononces en #ahid dans la loge maonnique des ,amis ,philan?ropes de ,bruxelles1 quoique depuis tr5te-six annes l'orateur1 simple appr5ti 1 n'et jamais1 p> pr9cipe1 collabor en quoi que ce soit l'uvre de la socit f]me des ,francs-,maons4 ,d'autant plus doit-il rem]ci] les ,frres qui1 ce j\r-l1 invitr5t le ,pr(ane v5ir expos] ses ides4 ,ce disc\rs a t reproduit dans les livraisons #c1 #d et #e de la premire anne des ,temps ,n\veaux 7mai et ju9 #ahie74 ,l',,an>*ie ,l'an>*ie n'e/ po9t une ?orie n\velle4 ,le mot lui-mme pris dans l'acception d' abs5ce de g\v]nem5t 1 de socit sans *efs 1 e/ d'orig9e anci5ne et fut employ bi5 avant ,pr\dhon4 ,d'ailleurs qu'import5t les mots8 ,il y eut des acrates avant les an>*i/es1 et les acrates n'avai5t pas encore imag9 leur nom de =mation savante que d'innombrables gnrations s'tai5t succd4 ,de t\s temps il y eut des hommes libres1 des contempteurs de la loi1 des hommes vivant sans matres1 de p> le droit primordial de leur exi/5ce et de leur p5se4 ,mme aux premi]s ges n\s retr\vons p>t\t des tribus composes d'hommes se grant leur guise1 sans loi imposes1 n'ayant d'autre rgle de conduite que leur v\loir et franc arbitre 1 p\r p>l] avec ,rabelais1 et p\sss mme p> leur dsir de fond] la foi pr(onde comme les *evali]s tant preux et les dames tant mignonnes qui s'tai5t runis dans l'abbaye de ,?lme4 ,mais si l'an>*ie e/ aussi anci5ne que l'humanit1 du mo9s ceux qui la reprs5t5t apport5t-ils quelque *ose de n\veau dans le monde4 ,ils ont la consci5ce prcise du b p\rsuivi et1 d'une extrmit de la t]re l'autre1 s'accord5t dans leur idal p\r rep\ss] t\te =me de g\v]nem5t4 ,le rve de lib]t mondiale a cess d'tre une pure utopie philosophique et littraire1 comme il l'tait p\r les fondateurs des cits du ,soleil ou de ,jrusalem n\velles2 il e/ dev5u le b pratique1 activem5t re*]*1 p\r des multitudes d'hommes unis1 qui collabor5t rsolum5t la naissance d'une socit dans laquelle il n'y aurait plus de matres1 plus de cons]vateurs (ficiels de la morale publique1 plus de geli]s ni de b\rreaux1 plus de ri*es ni de pauvres1 mais des frres ayant t\s leur "p quotidi5ne de pa91 des gaux en droit1 et se ma9t5ant en paix et en cordiale union1 non p> l'obissance des lois1 qu'accompagn5t t\j\rs des m5aces r$\tables1 mais p> le respect mutuel des intrts et l'obs]vation sci5tifique des lois naturelles4 ,sans d\te1 cet idal semble *imrique plusieurs d'entre v\s1 mais je suis sr aussi qu'il p>at dsirable la plup>t et que v\s ap]cevez au lo9 l'image ?re d'une socit pacifique o les hommes dsormais rconcilis laiss]ont r\ill] leurs pes1 refondront leurs canons et ds>m]ont leurs vaisseaux4 ,d'ailleurs n'tes-v\s pas de ceux qui depuis longtemps1 depuis des milli]s d'annes1 dites-v\s1 travaill5t con/ruire le temple de l'galit8 ,v\s tes maons 1 seule f9 de maonn] un difice de proportions p>faites1 o n'entr5t que des hommes libres1 gaux et frres1 travaillant sans cesse leur p]fectionnem5t et r5aissant p> la =ce de l'am\r une vie n\velle de ju/ice et de bont4 ,c'e/ bi5 cela1 n'e/-ce pas1 et v\s n'tes pas seuls8 ,v\s ne prt5dez po9t au monopole d'un esprit de progrs et de r5\vellem5t4 ,v\s ne commettez pas mme l'inju/ice d'oubli] vos adv]saires spciaux1 ceux qui v\s maudiss5t et v\s excommuni5t1 les ca?oliques ard5ts qui v\5t l'enf] les ennemis de la ,sa9te glise1 mais qui n'en prophtis5t pas mo9s la v5ue d'un ge de paix df9itive4 ,franois d',assise1 ,ca!r9e de ,si5ne1 ,?rse d',avila et tant d'autres encore p>mi les fidles d'une foi qui n'e/ po9t la vtre1 aimr5t c]ta9em5t l'humanit de l'am\r le plus s9cre et n\s devons les compt] au nombre de ceux qui vivai5t p\r un idal de bonheur univ]sel4 ,et ma9t5ant1 les millions et les millions de sociali/es1 quelque cole qu'ils app>ti5n5t1 lutt5t aussi p\r un av5ir o la puissance du capital s]a brise et o les hommes p\rront enf9 se dire gaux sans ironie4 ,le b des an>*i/es leur e/ donc commun avec beauc\p d'hommes gnreux1 app>t5ant aux religions1 aux sectes1 aux p>tis les plus div]s1 mais ils se di/+u5t nettem5t p> les moy5s1 a9si que leur nom l'indique de la manire la mo9s d\teuse4 ,la conqute du p\voir fut presque t\j\rs la gr&e proccupation des rvolutionnaires1 mmes des mieux int5tionns4 ,l'ducation reue ne leur p]mettrait pas de s'imag9] une socit libre fonctionnant sans g\v]nem5t rguli]1 et1 ds qu'ils avai5t r5v]s des matres has1 ils s'empressai5t de les remplac] p> d'autres matres1 de/9s suivant la =mule consacre1 faire le bonheur de leur peuples 4 ,d'ord9aire on ne se p]mettait mme pas de prp>] un *angem5t de pr9ce ou de dyna/ie sans avoir fait hommage de son obissance quelque s\v]a9 futur3 ,le roi e/ tu6 ,vive le roi6 s'criai5t les sujets t\j\rs fidles mme dans leur rvolte4 ,p5dant des sicles et des sicles tel fut immanquablem5t le c\rs de l'hi/oire4 ,comm5t p\rrait-on vivre sans matres8 disai5t les esclaves1 les p\ses1 les enfants1 les travailleurs des villes et des campagnes1 et1 de propos dlibr1 ils se plaai5t la tte s\s le j\g comme le fait le buf qui trane la *>rue4 ,on se rappelle les insurgs de #ahcj rclamant la meilleure des ,rpubliques dans la p]sonne d'un n\veau roi1 et les rpublica9s de #ahdh se retirant discrtem5t dans leur taudis aprs avoir mis trois mois de misre au s]vice du g\v]nem5t provisoire 4 ,a la mme poque1 une rvolution clatait en ,allemagne1 et un p>lem5t populaire se runissait ,franc=t3 ,l'anci5ne autorit e/ un cadavre6 clamait un des reprs5tants4 ,oui1 rpliquait le prsid5t1 mais n\s allons le ressuscit]4 ,n\s appell]ons des hommes n\veaux qui sauront reconqurir p\r le p\voir la puissance de la nation4 ,n'e/-ce pas ici le cas de rpt] le v]s de ,victor ,hugo3 ,un vieil in/9ct huma9 mne la turpitude8 ,contre cet in/9ct1 l'an>*ie reprs5te vraim5t un esprit n\veau4 ,on ne peut po9t repro*] aux lib]taires qu'ils *]*5t se db>rass] d'un g\v]nem5t p\r se sub/itu] lui3 ,ote-toi de l que je m'y mette6 e/ une p>ole qu'ils aurai5t horreur de prononc]1 et1 d'avance1 ils v\5t la honte et au mpris1 ou du mo9s la piti1 celui d'entre eux qui1 piqu de la t>5tule du p\voir1 se laiss]ait all] brigu] quelque place s\s prtexte de faire1 lui aussi1 le bonheur de ses concitoy5s 4 ,les an>*i/es pr(ess5t en s'appuyant sur l'obs]vation1 que l',etat et t\t ce qui s'y ratta*e n'e/ pas une pure entit ou bi5 quelque =mule philosophique1 mais un ensemble d'individus placs dans un milieu spcial et en subissant l'influ5ce4 ,ceux-ci1 levs en dignit1 en p\voir1 en traitem5t au-dessus de leurs concitoy5s1 sont p> cela mme =cs1 p\r a9si dire1 de se croire suprieurs aux g5s du commun1 et cep5dant les t5tations de t\te sorte qui les assig5t les font *oir presque fatalem5t au-dess\s du niveau gnral4 ,c'e/ l ce que n\s rptons sans cesse nos frres1 -- p>fois des frres ennemis -- les sociali/es d',etat3 ,pr5ez g>de vos *efs et m&ataires6 ,comme v\s c]ta9em5t ils sont anims des plus pures int5tions2 ils veul5t ardemm5t la suppression de la proprit prive et de l',etat tyrannique2 mais les relations1 les occasions n\velles les modifi5t peu peu2 leur morale *ange avec leurs intrts1 et1 se croyant t\j\rs fidles la cause de leurs m&ants1 ils devi5n5t =cm5t infidles4 ,eux aussi1 dt5teurs du p\voir1 devront se s]vir des in/rum5ts du p\voir3 arme1 morali/es1 magi/rats1 polici]s et m\*>ds4 ,depuis plus de trois mille ans1 le pote h9d\ du ,mah ,bhrata a =mul sur ce sujet l'expri5ce des sicles3 ,l'homme qui r\le dans un *> ne s]a jamais l'ami de l'homme qui m>*e pi$6 999999 ,a9si les an>*i/es ont cet g>d les pr9cipes les plus arrts3 d'aprs eux1 la conqute du p\voir ne peut s]vir qu' en prolong] la dure avec celle de l'esclavage correspondant4 ,ce n'e/ donc pas sans raison que le nom d' an>*i/es qui1 aprs t\t1 n'a qu'une signification ngative1 re/e celui p> lequel n\s sommes univ]sellem5t dsigns4 ,on p\rrait n\s dire lib]taires 1 a9si que plusieurs d'entre n\s se qualifi5t volonti]s1 ou bi5 h>moni/es cause de l'accord libre des v\loirs qui1 d'aprs n\s1 con/itu]a la socit future2 mais ces appellations ne n\s diffr5ci5t pas assez des sociali/es4 ,c'e/ bi5 la lutte contre t\t p\voir (ficiel qui n\s di/+ue ess5tiellem5t2 *aque individualit n\s p>at tre le c5tre de l'univ]s1 et *acune a les mmes droits son dveloppem5t intgral1 sans int]v5tion d'un p\voir qui la dirige1 la morigne ou la *tie4 999999 ,v\s connaissez notre idal4 ,ma9t5ant la premire "q qui se pose e/ celle-ci3 ,cet idal e/-il vraim5t noble et mrite-t-il le sacrifice des hommes dv\s1 les risques t]ribles que t\tes les rvolutions entran5t aprs elles8 ,la morale an>*i/e e/-elle pure1 et dans la socit lib]taire1 si elle se con/itue1 l'homme s]a-t-il meilleur que dans une socit reposant sur la cra9te du p\voir ou des lois8 ,je rponds en t\te assurance et j'espre que bi5tt v\s rpondrez avec moi3 ,oui1 la morale an>*i/e e/ celle qui correspond le mieux la conception mod]ne de la ju/ice et de la bont4 ,le fondem5t de l'anci5ne morale1 v\s le savez1 n'tait autre que l'effroi1 le tremblem5t 1 comme dit la ,bible et comme ma9ts prceptes v\s l'ont appris dans votre jeune temps4 ,la cra9te de ,dieu e/ le comm5cem5t de la sagesse 1 tel fut nagure le po9t de d"p de t\te ducation3 la socit dans son ensemble reposait sur la t]reur4 ,les hommes n'tai5t pas des citoy5s1 mais des sujets ou des ouailles2 les p\ses tai5t des s]vantes1 les enfants des esclaves1 sur lesquels les p>5ts avai5t un re/e de l'anci5 droit de vie et de mort4 ,p>t\t1 dans t\tes les relations sociales1 se montrai5t les rapports de supriorit et de subord9ation2 enf91 de nos j\rs encore1 le pr9cipe mme de l',etat et de t\s les ,etats p>tiels qui le con/itu5t1 e/ la hir>*ie1 ou l'ar*ie sa9te 1 l'autorit sacre 1 -- c'e/ le vrai s5s du mot4 -- ,et cette dom9ation sacro-sa9te comporte t\te une succession de classes sup]poses dont les plus hautes ont t\tes le droit de comm&]1 et les infrieures t\tes le devoir d'obir4 ,la morale (ficielle consi/e s'incl9] devant le suprieur1 se r$ress] firem5t devant le subordonn4 ,*aque homme doit avoir deux visages1 comme ,janus1 deux s\rires1 l'un flatteur1 empress1 p>fois s]vile1 l'autre sup]be et d'une noble condesc5dance4 ,le pr9cipe d'autorit -- c'e/ a9si que cette *ose-l se nomme -- exige que le suprieur n'ait jamais l'air d'avoir tort1 et que1 dans t\t *ange de p>oles1 il ait le d]ni] mot4 ,mais surt\t il faut que ses ordres soi5t obs]vs4 ,cela simplifie t\t3 plus beso9 de raisonnem5ts1 d'explications1 d'hsitations1 de dbats1 de scrupules4 ,les affaires m>*5t alors t\tes seules1 mal ou bi54 ,et1 qu& un matre n'e/ pas l p\r comm&]1 n'a-t-on pas des =mules t\tes faites1 des ordres1 dcrets ou lois1 dicts aussi p> des matres absolus ou des lgislateurs plusieurs degrs8 ,ces =mules remplac5t les ordres immdiats et on les obs]ve sans avoir *]*] si elles sont con=mes la voix intrieure de la consci5ce4 ,entre gaux1 l'uvre e/ plus difficile1 mais elle e/ plus haute3 il faut *]*] prem5t la vrit1 tr\v] le devoir p]sonnel1 appr5dre se connatre soi-mme1 faire cont9uellem5t sa propre ducation1 se conduire en respectant les droits et les intrts des cam>ades4 ,alors seulem5t on devi5t un tre rellem5t moral1 on nat au s5tim5t de sa responsabilit4 ,la morale n'e/ pas un ordre auquel on se s\met1 une p>ole que l'on rpte1 une *ose purem5t extrieure l'individu2 elle devi5t une p>tie de l'tre1 un produit mme de la vie4 ,c'e/ a9si que n\s compr5ons la morale1 n\s1 an>*i/es4 ,n'avons-n\s pas le droit de la comp>] avec satisfaction celle que n\s ont lgue les anctres8 ,peut-tre me donn]ez-v\s raison8 ,mais encore ici1 plusieurs d'entre v\s prononc]ont le mot de *imre 4 ,heureux dj1 que v\s y voyiez du mo9s une noble *imre1 je vais plus lo91 et j'affirme que notre idal1 notre conception de la morale e/ t\t fait dans la logique de l'hi/oire1 am5e naturellem5t p> l'volution de l'humanit4 ,p\rsuivis jadis p> la t]reur de l'inconnu aussi bi5 que p> le s5tim5t de leur impuissance dans la re*]*e des causes1 les hommes avai5t cr p> l'int5sit de leur dsir1 une ou plusieurs div9its sec\rables qui reprs5tai5t la fois leur idal in=me et le po9t d'appui de t\t ce monde my/rieux visible1 et invisible1 des *oses environnantes4 ,ces fantmes de l'imag9ation1 revtus de la t\te-puissance1 dev9r5t aussi aux yeux des hommes le pr9cipe de t\te ju/ice et de t\te autorit3 matres du ciel1 ils eur5t naturellem5t leurs int]prtes sur la t]re1 magici5s1 conseill]s1 *efs de gu]re1 devant lesquels on apprit se pro/]n] comme devant les reprs5tants d'en haut4 ,c'tait logique1 mais l'homme dure plus que ses uvres1 et ces dieux qu'il cra n'ont cess de *ang] comme des ombres projetes sur l'inf9i4 ,visibles d'abord1 anims de passions huma9es1 viol5ts et r$\tables1 ils reculr5t peu peu dans un imm5se lo9ta92 ils f9ir5t p> dev5ir des ab/ractions1 des ides sublimes1 auxquelles on ne donnait mme plus de nom1 puis ils arrivr5t se confondre avec les lois naturelles du monde2 ils r5trr5t dans cet univ]s qu'ils tai5t c5ss avoir fait jaillir du nant1 et ma9t5ant l'homme se retr\ve seul sur la t]re1 au-dessus de laquelle il avait dress l'image colossale de ,dieu4 ,t\te la conception des *oses *ange donc en mme temps4 ,si ,dieu s'van\it1 ceux qui tirai5t de lui leurs titres l'obissance voi5t aussi se t]nir leur clat emprunt3 eux aussi doiv5t r5tr] graduellem5t dans les rangs1 s'accommod] de leur mieux l'tat des *oses4 ,on ne tr\v]ait plus auj\rd'hui de ,tam]lan qui comm&t ses qu>ante c\rtisans de se jet] du haut d'une t\r1 sr que1 dans un cl9 d'il1 il v]rait des crneaux les qu>ante cadavres sanglants et briss4 ,la lib]t de p5s] fait de t\s les hommes des an>*i/es sans le savoir4 ,qui ne se rs]ve ma9t5ant un petit co9 de c]veau p\r rfl*ir8 ,or1 c'e/ l prcism5t le crime des crimes1 le p* p> excell5ce1 symbolis p> le fruit de l'arbre qui rvla aux hommes la connaissance du bi5 et du mal4 ,de l la ha9e de la sci5ce que pr(essa t\j\rs l'glise4 ,de l cette fureur que ,napolon1 un ,tam]lan mod]ne1 eut t\j\rs p\r les idologues 4 ,mais les idologues sont v5us4 ,ils ont s\ffl sur les illusions d'autrefois comme sur une bue1 recomm5ant n\veau t\t le travail sci5tifique p> l'obs]vation et l'expri5ce4 ,un d'eux mme1 nihili/e avant nos ,ages1 an>*i/e s'il en fut1 du mo9s en p>oles1 dbuta p> faire table rase de t\t ce qu'il avait appris4 ,il n'e/ ma9t5ant gure de savant1 gure de littrateur1 qui ne pr(esse d'tre lui-mme son propre matre et modle1 le p5seur orig9al de sa p5se1 le morali/e de sa morale4 ,si tu veux surgir1 surgis de toi-mme6 disait ,goe!4 ,et les arti/es ne *]*5t-ils pas r5dre la nature telle qu'ils la voi5t1 telle qu'ils la s5t5t et la compr5n5t8 ,c'e/ l d'ord9aire1 il e/ vrai1 ce qu'on p\rrait appel] une an>*ie ari/ocratique 1 ne rev5diquant la lib]t que p\r le peuple *oisi des ,musagtes1 que p\r les gravisseurs du ,p>nasse4 ,*acun d'eux veut p5s] librem5t1 *]*] son gr son idal dans l'inf9i1 mais t\t en disant qu'il faut une religion p\r le peuple6 ,il veut vivre en homme indp5dant1 mais l'obissance e/ faite p\r les femmes 2 il veut crer des uvres orig9ales1 mais la f\le d'en bas doit re/] ass]vie comme une ma*9e l'ignoble fonctionnem5t de la division du travail6 ,t\tefois1 ces ari/ocrates du gt et de la p5se n'ont plus la =ce de f]m] la gr&e cluse p> laquelle se dv]se le flot4 ,si la sci5ce1 la littrature et l'art sont dev5us an>*i/es1 si t\t progrs1 t\te n\velle =me de la beaut sont dus l'pan\issem5t de la p5se libre1 cette p5se travaille aussi dans les pr(ondeurs de la socit et ma9t5ant il n'e/ plus possible de la cont5ir4 ,il e/ trop t>d p\r arrt] le dluge4 ,la dim9ution du respect n'e/-elle pas le phnomne p> excell5ce de la socit contempora9e8 j'ai vu jadis en ,anglet]re des f\les se ru] p> milli]s p\r contempl] l'quipage vide d'un gr& seigneur4 ,je ne le v]rais plus ma9t5ant4 ,en ,inde1 les p>ias s'arrtai5t dvotem5t aux c5t qu9ze pas rglem5taires qui les sp>ai5t de l'orgueilleux brahmane3 depuis que l'on se presse dans les g>es1 il n'y a plus entre eux que la p>oi de clture d'une salle d'att5te4 ,les exemples de bassesse1 de reptation vile ne manqu5t pas dans le monde1 mais p\rtant il y a progrs dans le s5s de l'galit4 ,avant de tmoign] son respect1 on se dem&e quelquefois si l'homme ou l'in/itution sont vraim5t respectables4 ,on tudie la valeur des individus1 l'importance des uvres4 ,la foi dans la gr&eur a disp>u2 or1 l o la foi n'exi/e plus1 les in/itutions disp>aiss5t leur t\r4 ,la suppression de l',etat e/ naturellem5t implique dans l'ext9ction du respect4 ,l'uvre de critique frondeuse laquelle e/ s\mis l'tat s'ex]ce galem5t contre t\tes les in/itutions sociales4 ,le peuple ne croit plus l'orig9e sa9te de la proprit prive1 produite1 n\s disai5t les conomi/es1 -- on n'ose plus le rpt] ma9t5ant -- p> le travail p]sonnel des propritaires2 il n'ignore po9t que le labeur individuel ne cre jamais des millions aj\ts des millions1 et que cet enri*issem5t mon/rueux e/ t\j\rs la consqu5ce d'un faux tat social1 attribuant l'un le produit du travail de milli]s d'autres2 il respect]a t\j\rs le pa9 que le travailleur a durem5t gagn1 la cabane qu'il a btie de ses ma9s1 le j>d9 qu'il a plant1 mais il p]dra c]ta9em5t le respect des mille proprits fictives que reprs5t5t les papi]s de t\tes espces cont5us dans les banques4 ,le j\r vi5dra1 je n'en d\te po9t1 o il repr5dra tranquillem5t possession de t\s les produits du labeur commun1 m9es et doma9es1 us9es et *teaux1 *em9s de f]1 navires et c>gaisons4 ,qu& la multitude1 cette multitude vile p> son ignorance et la l*et qui en e/ la consqu5ce fatale1 aura cess de mrit] le qualificatif dont on l'insulta1 qu& elle saura1 en t\te c]titude que l'accap>em5t de cet imm5se avoir repose uniquem5t sur une fiction *irographique1 sur la foi en des pap]asses bleues1 l'tat social actuel s]a bi5 m5ac6 ,en prs5ce de ces volutions pr(ondes1 irrsi/ibles1 qui se font dans t\tes les c]velles huma9es1 combi5 niaises1 combi5 dp\rvues de s5s p>atront nos desc5dants ces clameurs =c5es qu'on lance contre les novateurs6 ,qu'import5t les mots orduri]s dv]ss p> une presse oblige de pay] ses subsides en bonne prose1 qu'import5t mme les insultes honntem5t pr(res contre n\s1 p> ces dvotes sa9tes mais simples qui portai5t du bois au b*] de ,jean ,huss6 ,le m\vem5t qui n\s emporte n'e/ pas le fait de simples n]gumnes1 ou de pauvres rveurs1 il e/ celui de la socit dans son ensemble4 ,il e/ ncessit p> la m>*e de la p5se1 dev5ue ma9t5ant fatale1 9luctable1 comme le r\lem5t de la t]re et des cieux4 ,p\rtant un d\te p\rrait subsi/] dans les esprits si l'an>*ie n'avait jamais t qu'un idal1 qu'un ex]cice intellectuel1 un lm5t de dialectique1 si jamais elle n'avait eu de ralisation concrte1 si jamais un organisme spontan n'avait surgi1 mettant en action les =ces libres de cam>ades travaill5t en commun1 sans matre p\r les comm&]4 ,mais ce d\te peut tre facilem5t c>t4 ,oui des organismes lib]taires ont exi/ de t\t temps2 oui1 il s'en =me incessamm5t de n\veaux1 et *aque anne plus nombreux1 suivant les progrs de l'initiative individuelle4 ,je p\rrais cit] en premi] lieu div]ses peuplades dites sauvages1 qui mme de nos j\rs viv5t en p>faite h>monie sociale sans avoir beso9 de *efs ni de lois1 ni d'enclos1 ni de =ce publique2 mais je n'insi/e pas sur ces exemples1 qui ont p\rtant leur importance3 je cra9drais qu'on ne m'objectt le peu de complexit de ces socits primitives1 comp>es notre monde mod]ne1 organisme imm5se o s'entreml5t tant d'autres organismes avec une complication inf9ie4 ,laissons donc de ct ces tribus primitives p\r n\s occup] seulem5t des nations dj con/itues1 ayant t\t un app>eil politique et social4 ,sans d\te1 je ne p\rrais v\s en montr] aucune dans le c\rs de l'hi/oire qui se soit con/itue en socit purem5t an>*ique1 c> t\tes se tr\vai5t alors dans leur priode de lutte entre des lm5ts div]s non encore associs2 mais ce qu'il s]a facile de con/at]1 c'e/ que *acune de ces socits p>tielles1 quoique non fondues en un ensemble h>monique1 fut d'autant plus prospre1 d'autant plus cratice qu'elle tait plus libre1 que la valeur p]sonnelle de l'individu y tait le mieux reconnue4 ,depuis les ges prhi/oriques1 o nos socits naquir5t aux arts1 aux sci5ces1 l'indu/rie1 sans que des annales crites ai5t pu n\s en apport] la mmoire1 t\tes les gr&es priodes de la vie des nations ont t celles o les hommes1 agits p> les rvolutions1 eur5t le mo9s s\ffrir de la longue et pesante tre9te d'un g\v]nem5t rguli]4 ,les deux gr&es priodes de l'humanit1 p> le m\vem5t des dc\v]tes1 p> l'effloresc5ce de la p5se1 p> la beaut de l'art1 fur5t des poques tr\bles1 des ges de prilleuse lib]t 4 ,l'ordre rgnait dans l'imm5se empire des ,mdes et des ,p]ses1 mais ri5 de gr& n'en sortit1 t&is que la ,grce rpublica9e1 sans cesse agite1 branle p> de cont9uelles sec\sses1 a fait natre les initiateurs de t\t ce que n\s avons de haut et de noble dans la civilisation mod]ne3 il n\s e/ impossible de p5s]1 d'labor] une uvre quelconque sans que notre esprit ne se reporte v]s ces ,hellnes libres qui fur5t nos devanci]s et qui sont encore nos modles4 ,deux mille annes plus t>d1 aprs des tyrannies1 aprs des temps sombres d'oppression1 qui ne semblai5t devoir jamais f9ir1 l',italie1 les ,fl&res1 l',allemagne1 t\te l',europe des communi]s s'essaya de n\veau repr5dre hale9e2 des rvolutions innombrables sec\r5t le monde4 ,f]r>i ne compta pas mo9s de sept mille sec\sses locales p\r la seule ,italie2 mais aussi le feu de la p5se libre se mit flamb] et l'humanit refleurir3 avec les ,raphal1 les ,v9ci1 les ,mi*el-,ange1 elle se s5tit jeune p\r la deuxime fois4 ,puis v9t le gr& sicle de l',encyclopdie avec les rvolutions mondiales qui s'ensuivir5t et la proclamation des ,droits de l',homme4 ,or essayez1 si v\s le p\vez1 d'numr] t\s les progrs qui se sont accomplis depuis cette gr&e sec\sse de l'humanit4 ,on se dem&e si p5dant ce d]ni] sicle ne s'e/ pas conc5tre plus de la moiti de l'hi/oire4 ,le nombre des hommes s'e/ accru de plus d'un demi-milli>d2 le comm]ce a plus que dcupl1 l'indu/rie s'e/ comme transfigure1 et l'art de modifi] les produits naturels s'e/ m]veilleusem5t enri*i2 des sci5ces n\velles ont fait leur app>ition1 et1 quoi qu'on en dise1 une troisime priode de l'art a comm5c2 le socialisme consci5t et mondial e/ n dans son ampleur4 ,au mo9s se s5t-on vivre dans le sicle des gr&s problmes et des gr&es luttes4 ,remplacez p> la p5se les c5t annes issues de la philosophie du dix-huitime sicle1 remplacez-les p> une priode sans hi/oire o quatre c5ts millions de pacifiques ,*9ois euss5t vcu s\s la tutelle d'un ,pre du peuple 1 d'un tribunal des rites et de m&>9s munis de leurs diplmes4 ,lo9 de vivre avec lan comme n\s l'avons fait1 n\s n\s s]ions graduellem5t rappro*s de l'in]tie et de la mort4 ,si ,galile1 encore t5u dans les prisons de l',inquisition1 ne put que murmur] s\rdem5t3 ,p\rtant elle se meut6 n\s p\vons ma9t5ant1 grce aux rvolutions1 grce aux viol5ces de la p5se libre1 n\s p\vons le cri] sur les toits ou sur les places publiques3 ,le monde se meut et il cont9u]a de se m\voir6 ,en dehors de ce gr& m\vem5t qui trans=me graduellem5t la socit t\t entire dans le s5s de la p5se libre1 de la morale libre1 de l'action libre1 c'e/--dire de l'an>*ie dans son ess5ce1 il exi/e a9si un travail d'expri5ces directes qui se manife/e p> la fondation de colonies lib]taires et communi/es3 ce sont autant de petites t5tatives que l'on peut comp>] aux expri5ces de laboratoire que font les *imi/es et les +nieurs4 ,ces essais de communes modles ont t\tes le dfaut capital d'tre faits en dehors des conditions ord9aires de la vie1 c'e/--dire lo9 des cits o se brass5t les hommes1 o surgiss5t les ides1 o se r5\vell5t les intellig5ces4 ,et p\rtant on peut cit] nombre de ces entreprises qui ont ple9em5t russi1 entre autres celle de la ,jeune ,ic>ie 1 trans=mation de la colonie de ,cabet1 fonde il y a bi5tt un demi-sicle sur les pr9cipes d'un communisme autoritaire3 de migration en migration1 le gr\pe des communi]s dev5u purem5t an>*i/e1 vit ma9t5ant d'une exi/5ce mode/e dans une campagne de l',i[a1 prs de la rivire ,desmo9es4 ,mais l o la pratique an>*i/e triomphe1 c'e/ dans le c\rs ord9aire de la vie1 p>mi les g5s du populaire1 qui c]ta9em5t ne p\rrai5t s\t5ir la t]rible lutte de l'exi/5ce s'ils ne s'entr'aidai5t spontanm5t1 ignorant les diffr5ces et les rivalits des intrts4 ,qu& l'un d'entre eux tombe malade1 d'autres pauvres pr5n5t ses enfants *ez eux3 on le n\rrit1 on p>tage la maigre pitance de la sema9e1 on t*e de faire sa besogne1 en d\blant les heures4 ,entre les vois9s une sorte de communisme s'tablit p> le prt1 le va-et-vi5t con/ant de t\s les u/5siles de mnage et des provisions4 ,la misre unit les malheureux en une ligue frat]nelle3 ensemble ils ont faim1 ensemble ils se rassasi5t4 ,la morale et la pratique an>*i/es sont la rgle mme dans les runions b\rgeoises d'o1 au premi] abord1 elles n\s sembl5t compltem5t abs5tes4 ,que l'on s'imag9e une fte de campagne o quelqu'un1 soit l'hte1 soit l'un des invits1 affecte des airs de matre1 se p]mettant de comm&] ou de faire prvaloir indiscrtem5t son caprice6 ,n'e/-ce pas la mort de t\te joie1 la f9 de t\t plaisir8 ,il n'e/ de gaiet qu'entre gaux et libres1 entre g5s qui peuv5t s'amus] comme il leur convi5t1 p> gr\pes di/9cts1 si cela leur plat1 mais rappro*s les uns des autres et s'entremlant leur guise1 p>ce que les heures passes a9si leur sembl5t plus d\ces4 ,ici je me p]mettrais de v\s n>r] un s\v5ir p]sonnel4 ,n\s voguions sur un de ces beaux navires mod]nes qui f5d5t les flots sup]bem5t avec la vitesse de #ae ou #bj nuds l'heure1 et qui trac5t une ligne droite de cont95t cont95t malgr v5t et m>e4 ,l'air tait calme1 le soir tait d\x et les toiles s'allumai5t une une dans le ciel noir4 ,on causait la dunette1 et de quoi p\vait-on caus] si ce n'e/ de cette t]nelle "q sociale1 qui n\s tre9t1 qui n\s saisit la gorge comme la sphynge d',o$ipe4 ,le ractionnaire du gr\pe tait vivem5t press p> ses int]locuteurs1 t\s plus ou mo9s sociali/es4 ,il se ret\rna s\da9 v]s le capita9e1 le *ef1 le matre1 esprant tr\v] en lui un df5seur n des bons pr9cipes3 ,v\s comm&ez ici6 ,votre p\voir n'e/-il pas sacr1 que devi5drait le navire s'il n'tait dirig p> votre volont con/ante8 -- ,homme naf que v\s tes1 rpondit le capita9e4 ,entre n\s1 je puis v\s dire que d'ord9aire je ne s]s absolum5t ri54 ,l'homme la b>re ma9ti5t le navire dans sa ligne droite2 dans quelques m9utes un autre pilote lui succd]a1 puis d'autres encore1 et n\s suivrons rgulirem5t1 sans mon int]v5tion1 la r\te acc\tume4 ,en bas les *auffeurs et les mcanici5s travaill5t sans mon aide1 sans mon avis1 et mieux que si je m'+rais leur donn] conseil4 ,et t\s ces gabi]s1 ces matelots sav5t aussi quelle besogne ils ont faire1 et1 l'occasion je n'ai qu' faire concord] ma petite "p de travail avec la leur1 plus pnible quoique mo9s rtribue que la mi5ne4 ,sans d\te1 je suis c5s guid] le navire4 ,mais ne voyez-v\s pas que c'e/ l une simple fiction8 ,les c>tes sont l et ce n'e/ pas moi qui les ai dresses4 ,la b\ssole n\s dirige et ce n'e/ pas moi qui l'inv5tai4 ,on a creus p\r n\s le *5al du port d'o n\s v5ons1 celui du port dans lequel n\s entr]ons4 ,et le navire sup]be1 se plaignant pe9e dans ses membrures s\s la pression des vagues1 se balanant avec maje/ dans la h\le1 c+lant puissamm5t s\s la vapeur1 ce n'e/ pas moi qui l'ai con/ruit4 ,que suis-je ici en prs5ce des gr&s morts1 des inv5teurs et des savants1 nos devanci]s1 qui n\s apprir5t trav]s] les m]s8 ,n\s sommes t\s leurs associs1 n\s1 et les matelots mes cam>ades1 et v\s aussi les passag]s1 c> c'e/ p\r v\s que n\s *evau*ons les vagues1 et1 en cas de pril1 n\s comptons sur v\s p\r n\s aid] frat]nellem5t4 ,notre uvre e/ commune1 et n\s sommes solidaires les uns des autres6 ,t\s se tur5t et je recueillis prcieusem5t dans le trsor de ma mmoire les p>oles de ce capita9e comme on n'en voit gure4 ,a9si ce navire1 ce monde flottant o1 d'ailleurs les punitions sont inconnues1 porte une rpublique modle trav]s l',ocan malgr les *9ois]ies hir>*iques4 ,et ce n'e/ po9t l un exemple isol4 ,*acun de v\s connat du mo9s p> ou-dire1 des coles o le pr(esseur1 en dpit des svrits du rglem5t1 t\j\rs inappliques1 a t\s les lves p\r amis et collaborateurs heureux4 ,t\t e/ prvu p> l'autorit compt5te p\r mat] les petits sclrats1 mais leur gr& ami n'a pas beso9 de t\t cet attirail de rpression2 il traite les enfants comme des hommes faisant con/amm5t appel leur bonne volont1 leur comprh5sion des *oses1 leur s5s de la ju/ice1 et t\s rpond5t avec joie4 ,une m9uscule socit an>*ique1 vraim5t huma9e1 se tr\ve a9si con/itue1 quoique t\t semble ligu dans le monde ambiant p\r en emp*] l'closion3 lois1 rglem5ts1 mauvais exemples1 immoralit publique4 ,des gr\pes an>*i/es surgiss5t donc sans cesse1 malgr les vieux prjugs et le poids mort des murs anci5nes4 ,notre monde n\veau po9te aut\r de n\s1 comme g]m]ait une flore n\velle s\s le dtritus des ges4 ,non seulem5t il n'e/ pas *imrique1 comme on le rpte sans cesse1 mais il se montre dj s\s mille =mes2 aveugle e/ l'homme qui ne sait pas l'obs]v]4 ,en revan*e1 s'il e/ une socit *imrique1 impossible1 c'e/ bi5 le p&monium dans lequel n\s vivons4 ,v\s me r5drez cette ju/ice que je n'ai pas abus de la critique1 p\rtant si facile l'g>d du monde actuel1 tel que l'ont con/itu le soi-disant pr9cipe d'autorit et la lutte froce p\r l'exi/5ce4 ,mais enf91 s'il e/ vrai que1 d'aprs la df9ition mme1 une socit e/ un gr\pem5t d'individus qui se rappro*5t et se conc]t5t p\r le bi5-tre commun1 on ne peut dire sans absurdit que la masse *aotique ambiante con/itue une socit4 ,d'aprs ses avocats1 -- c> t\te mauvaise cause a les si5s -- elle aurait p\r b l'ordre p>fait p> la satisfaction des intrts de t\s4 ,or n'e/-ce pas une rise que de voir une socit ordonne dans ce monde de la civilisation europenne1 avec la suite cont9ue de ses drames inte/9s1 meurtres et suicides1 viol5ces et fusillades1 dprissem5ts et fam9es1 vols1 dols et tromp]ies de t\te espce1 faillites1 effondrem5ts et ru9es4 ,qui de n\s1 en sortant d'ici1 ne v]ra se dress] ct de lui les spectres du vice et de la faim8 ,dans notre ,europe1 il y a c9q millions d'hommes n'att5dant qu'un signe p\r tu] d'autres hommes1 p\r brl] les maisons et les rcoltes2 dix autres millions d'hommes en rs]ve hors des cas]nes sont t5us dans la p5se d'avoir accomplir la mme uvre de de/ruction2 c9q millions de malheureux viv5t ou1 du mo9s1 vgt5t dans les prisons1 condamns des pe9es div]ses1 dix millions meur5t p> an de morts anticipes1 et sur #cgj millions d'hommes1 #cej1 p\r ne pas dire t\s1 frmiss5t dans l'inquitude ju/ifie du l5dema93 malgr l'imm5sit des ri*esses sociales1 qui de n\s peut affirm] qu'un revirem5t brusque du sort ne lui enlv]a pas son avoir8 ,ce sont l des faits que nul ne peut conte/]1 et qui devrai5t1 ce me semble1 n\s inspir] t\s la f]me rsolution de *ang] cet tat de *oses1 gros de rvolutions incessantes4 ,j'avais un j\r l'occasion de m'entret5ir avec un haut fonctionnaire1 entran p> la r\t9e de la vie dans le monde de ceux qui dict5t des lois et des pe9es3 ,mais df5dez donc votre socit6 lui disais-je4 -- ,comm5t v\lez v\s que je la df5de1 me rpondit-il1 elle n'e/ pas df5dable6 ,elle se df5d p\rtant1 mais p> des argum5ts qui ne sont pas des raisons1 p> la s*lague1 le ca*ot et l'*afaud4 ,d'autre "p1 ceux qui l'attaqu5t peuv5t le faire dans t\te la srnit de leur consci5ce4 ,sans d\te le m\vem5t de trans=mation entran]a des viol5ces et des rvolutions1 mais dj le monde ambiant e/-il autre *ose que viol5ce cont9ue et rvolution p]man5te8 ,et dans les alt]natives de la gu]re sociale1 quels s]ont les hommes responsables8 ,ceux qui proclam5t une re de ju/ice et d'galit p\r t\s1 sans di/9ction de classes ni d'individus1 ou ceux qui veul5t ma9t5ir les sp>ations et p> consqu5t les ha9es de ca/es1 ceux qui aj\t5t lois rpressives lois rpressives1 et qui ne sav5t rs\dre les que/ions que p> l'infant]ie1 la caval]ie1 l'artill]ie6 ,l'hi/oire n\s p]met d'affirm] en t\te c]titude que la politique de ha9e eng5dre t\j\rs la ha9e1 aggravant fatalem5t la situation gnrale1 ou mme entranant une ru9e df9itive4 ,que de nations prir5t a9si1 oppresseurs aussi bi5 qu'opprims6 ,prirons-n\s notre t\r8 ,j'espre que non1 grce la p5se an>*i/e qui se fait j\r de plus en plus1 r5\velant l'initiative huma9e4 ,v\s-mmes n'tes-v\s pas1 s9on an>*i/es1 du mo9s =tem5t nuancs d'an>*isme8 ,qui de v\s1 dans son me et consci5ce1 se dira le suprieur de son vois91 et ne reconnatra pas en lui son frre et son gal8 ,la morale qui ft tant de fois proclame ici en p>oles plus ou mo9s symboliques devi5dra c]ta9em5t une ralit4 ,c> n\s1 an>*i/es1 n\s savons que cette morale de ju/ice p>faite1 de lib]t et d'galit1 e/ bi5 la vraie1 et n\s la vivons de t\t cur1 t&is que nos adv]saires sont inc]ta9s4 ,ils ne sont pas srs d'avoir raison2 au fond1 ils sont mme conva9cus d'tre dans leur tort1 et1 d'avance1 ils n\s livr5t le monde4