produc$ f images available at ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,le,,ons ,d',,hi/oire1 ,,prononc,,es ,a ,l',,cole ,,normale1 ,,en ,l',,an ,,iii ,,de ,,la ,r,,publique ,,fran,,aise4 ,,hi/oire ,,de ,,samuel1 ,,inv5teur ,,du ,,sacre ,,des ,,rois4 ,,tat ,,physique ,,de ,,la ,,corse4 ,,p> ,c4 ,f4 ,,volney1 ,,comte ,,et ,,pair ,,de ,,france1 ,,membre ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise1 ,,honoraire ,,de ,,la ,,soci,t ,s,,ante ,a ,,calcuta4 ,illu/ration3 colophon ,,p>is1 ,,p>manti]1 ,,libraire1 ,,rue ,,dauph9e4 ,,from5t1 ,,libraire1 ,,quai ,,des ,,augu/9s4 ,m ,,dccc ,,xxv4 ,,oeuvres ,,de ,c4 ,f4 ,,volney4 ,,deuxi,,me ,,dition ,,compl,,te4 ,,tome ,,vii4 ,,imprim]ie ,,de ,,firm9 ,,didot4 ,,rue ,,jacob1 ,n #bd4 ,,le,,ons ,d',,hi/oire1 ,,prononc,,es ,a ,l',,cole ,,normale1 ,,en ,l',,an ,,iii ,,de ,,la ,r,,publique ,,fran,,aise 7#agie74 ,,av]tissem5t ,,de ,l',,auteur4 ,les ,leons d',hi/oire que je prs5te au public sont les mmes qui1 l'an #c1 obt9r5t son suffrage l'cole ,normale#a3 j'aurais dsir de les en r5dre plus dignes p> plus de corrections et de dveloppem5ts1 mais j'ai pr\v qu'un n\veau travail gtait le mrite orig9al de l'anci51 celui d'une composition du premi] jet1 en quelque sorte improvise#b4 ,d'ailleurs1 dans nos circon/ances1 il s'agit mo9s de gloire littraire1 que d'utilit sociale2 et dans le sujet prs5t1 cette utilit e/ plus gr&e1 qu'elle ne le semble au premi] c\p d'il3 depuis que j'y ai atta* mes ides1 plus j'ai analys l'influ5ce j\rnalire qu'ex]ce l',hi/oire sur les actions et les op9ions des hommes1 plus je me suis conva9cu qu'elle tait l'une des s\rces les plus fcondes de leurs prjugs et de leurs erreurs4 ,c'e/ de l',hi/oire que drive la presque totalit des op9ions religieuses1 et en accordant l'orgueil de *aque secte d'except] les si5nes1 il n'en e/ pas mo9s vid5t que1 l o la religion e/ fausse1 l'imm5se quantit d'actions et de jugem5ts dont elle e/ la base1 porte aussi faux et cr\le avec elle4 ,c'e/ encore de l',hi/oire que driv5t la plup>t des maximes et des pr9cipes politiques qui dirig5t les g\v]nem5ts1 les r5v]s5t ou les consolid5t2 et l'on s5t quelle sphre d'actes civils et d'op9ions embrasse dans une nation ce second mobile4 ,enf9 ce sont les rcits que n\s ent5dons *aque j\r1 et qui sont une bran*e relle de l',hi/oire1 qui devi5n5t la cause plus ou mo9s mdiate d'une f\le d'ides et de dm>*es errones2 de manire que1 si l'on s\mettait au calcul les erreurs des hommes1 j'os]ais assur] que sur mille articles1 neuf c5t quatre-v+ts app>ti5n5t l',hi/oire2 et je pos]ais volonti]s en pr9cipe que ce que *aque homme possde de prjugs et d'ides fausses1 vi5t d'autrui1 p> la crdule confiance accorde aux rcits2 t&is que ce qu'il possde de vrits et d'ides exactes1 vi5t de lui-mme et de son expri5ce p]sonnelle4 ,je croirais donc avoir r5du un s]vice m95t1 si mon livre p\vait branl] le respect p\r l',hi/oire1 pass en dogme dans le sy/me d'ducation de l',europe2 si1 dev5ant l'avis prlim9aire1 la prface univ]selle de t\tes les hi/oires1 il prmunissait *aque lecteur contre l'empirisme des criva9s1 et contre ses propres illusions2 s'il engageait t\t homme p5sant s\mettre t\t homme raconteur un int]rogatoire svre sur ses moy5s d'in=mation1 et sur la s\rce premire des ou-dire2 s'il habituait *acun se r5dre compte de ses motifs de croyance1 se dem&]3 #a ,si1 lorsque n\s avons tant d'ins\ciance habituelle vrifi] les faits2 si1 lorsque l'entrepr5ant1 n\s y tr\vons tant de difficults1 il e/ raisonnable d'exig] d'autrui plus de dilig5ce et de succs que de n\s-mmes2 #b ,si1 lorsque n\s avons des notions si imp>faites ou si fausses de ce qui se passe s\s nos yeux1 n\s p\vons espr] d'tre mieux in/ruits de ce qui se passe ou s'e/ pass de gr&es di/ances de lieux ou de temps2 #c ,si1 lorsque n\s avons plus d'un exemple prs5t de faits quivoques ou faux1 envoys la po/rit avec t\s les passe-ports de la vrit1 n\s p\vons espr] que les hommes des sicles antrieurs ai5t eu mo9s d'audace ou plus de consci5ce2 #d ,si1 lorsqu'au milieu des factions1 *aque p>ti m5ace l'hi/ori5 qui crirait ce qui le blesse1 la po/rit ou l'ge prs5t ont le droit d'exig] un dv\em5t qui n'attir]ait p\r leur salaire que l'accusation d'imprud5ce ou l'honneur /rile d'une pompe funbre2 #e ,si1 lorsqu'il s]ait imprud5t et presque impossible t\t gnral d'crire ses campagnes1 t\t diplomate ses ngociations1 t\t homme public ses mmoires en face des acteurs et des tmo9s qui p\rrai5t le dm5tir ou le p]dre1 la po/rit peut se flatt]1 qu& les tmo9s et les acteurs morts ne p\rront plus rclam]1 que l'am\r-propre1 l'animosit1 la honte1 l'loignem5t du temps et le dfaut de mmoire lui transmettront plus fidlem5t l'exacte vrit2 #f ,si la prt5due in=mation et l'imp>tialit attribues la po/rit ne sont pas la consolation trompeuse de l'innoc5ce1 o la flatt]ie de la sduction ou de la peur2 #g ,s'il n'e/ pas vrai que s\v5t la po/rit reoit et consacre les dpositions du =t survivant1 qui t\ffe les rclamations du faible cras2 #h ,et si en morale il n'e/ pas aussi ridicule de prt5dre que les faits s'clairciss5t en vieillissant1 qu'en physique de s\t5ir que les objets1 =ce de s'loign]1 devi5n5t plus di/9cts4 ,je s]ais satisfait si les imp]fections mme de mon travail en provoquai5t un meilleur1 et dt]m9ai5t quelque esprit philosophique trait] fond t\tes les que/ions que je n'ai fait qu'indiqu]1 p>ticulirem5t celles de l'autorit des tmoignages1 et des conditions requises p\r la c]titude1 sur lesquelles n\s n'avons ri5 de premptoire1 et qui cep5dant sont le pivot de la plup>t de nos connaissances1 ou1 selon le mot d',helvtius1 de notre ignorance acquise4 ,p\r moi1 que la comp>aison des prjugs et des habitudes d'hommes et de peuples div]s a conva9cu et presque dp\ill de ceux de mon ducation et de ma propre nation2 qui1 voyageant d'un pays l'autre1 ai suivi les nuances et les altrations de rumeurs et de faits que je vis natre2 qui1 p> exemple1 ai tr\v accrdites aux tats-,unis des notions trs-fausses d'vnem5ts de la rvolution franaise dont je fus tmo91 de mme que j'ai reconnu l'erreur de celles que n\s avons en ,france sur beauc\p de dtails de la rvolution amrica9e1 dja dissimuls p> l'gsme national ou l'esprit de p>ti1 je ne puis m'emp*]1 d'av\] que *aque j\r je suis plus port refus] ma confiance aux hi/ori5s et l',hi/oire2 que *aque j\r je ne sais de quoi m'tonn] le plus1 ou de la lgret avec laquelles les hommes1 mme rfl*is1 croi5t sur les plus frivoles motifs1 ou de leur t5ace vhm5ce agir d'aprs ce premi] mobile adopt2 qu'enf9 *aque j\r je suis plus conva9cu que la disposition d'esprit la plus favorable l'in/ruction1 la dc\v]te de la vrit1 la paix et au bonheur des individus et des nations1 c'e/ de croire difficilem5t3 aussi1 en me prvalant du titre d'in/ituteur dont m'honora le g\v]nem5t1 si j'ose recomm&] un prcepte aux in/ituteurs de t\t ordre1 aux p>5ts1 in/ituteurs-ns de leurs enfants1 c'e/ de ne pas subjugu] leur croyance p> une autorit magi/rale2 c'e/ de ne pas les habitu] croire sur p>ole1 croire ce qu'ils ne conoiv5t pas2 c'e/1 au contraire1 de les prmunir contre ce d\ble p5*ant la crdulit et la c]titude1 d'autant plus puissant1 qu'il drive de l'ignorance1 de la p>esse et de l'orgueil1 naturels l'homme2 c'e/ enf9 d'asseoir le sy/me de l'in/ruction et de l'ducation1 non sur les faits du monde idal1 t\j\rs susceptibles d'aspects div]s et de controv]ses1 mais sur les faits du monde physique1 dont la connaissance1 t\j\rs rductible la dmon/ration et l'vid5ce1 (fre une base fixe au jugem5t ou l'op9ion1 et mrite seule le nom de philosophie et de sci5ce4 ,,le,,ons ,d',,hi/oire4 ,,premi,,re ,s,,ance#c1 #a;er ,pluvise4 ,,programme4 ,objet1 plan et di/ribution de l'tude de l'hi/oire4 ,l'hi/oire1 si l'on veut la considr] comme une sci5ce1 diffre absolum5t des sci5ces physiques et ma?matiques4 ,dans les sci5ces physiques1 les faits subsi/5t2 ils sont vivants1 et l'on peut les reprs5t] au spectateur et au tmo94 ,dans l'hi/oire1 les faits n'exi/5t plus2 ils sont morts et l'on ne peut les ressuscit] devant le spectateur1 ni les confront] au tmo94 ,les sci5ces physiques s'adress5t immdiatem5t aux s5s2 l'hi/oire ne s'adresse qu' l'imag9ation et la mmoire3 d'o rsulte entre les faits physiques1 c'e/--dire exi/ants1 et les faits hi/oriques1 c'e/--dire raconts1 une diffr5ce importante quant la croyance qu'ils peuv5t exig]4 ,les faits physiques port5t avec eux l'vid5ce et la c]titude1 p>ce qu'ils sont s5sibles et se montr5t en p]sonne sur la scne immuable de l'univ]s3 les faits hi/oriques1 au contraire1 p>ce qu'ils n'app>aiss5t qu'en fantmes dans la glace irrgulire de l'ent5dem5t huma9 o ils se pli5t aux projections les plus biz>res1 ne peuv5t arriv] qu' la vraisemblance et la probabilit4 ,il e/ donc ncessaire1 p\r valu] le degr de crdibilit qui leur app>ti5t1 de les exam9] soigneusem5t s\s un d\ble rapport3 #a celui de leur propre ess5ce1 c'e/--dire le rapport d'analogie ou d'incompatibilit avec des faits physiques de la mme espce1 encore subsi/ants et connus1 ce qui con/itue la possibilit2 #b s\s le rapport de leurs n>rateurs et de leurs tmo9s scruts dans leurs facults morales1 dans leurs moy5s d'in/ruction1 d'in=mation1 dans leur imp>tialit1 ce qui con/itue la probabilit morale2 et cette opration e/ le jugem5t compliqu d'une d\ble rfraction1 qui1 p> la mobilit des objets1 r5d le prononc trs-dlicat et susceptible de beauc\p d'erreurs4 ,appliquant ces obs]vations aux pr9cipaux hi/ori5s anci5s et mod]nes1 n\s n\s proposons1 dans le c\rs de ces leons1 d'exam9] quel c>actre prs5te l'hi/oire *ez diffr5ts peuples2 quel c>actre surt\t elle a pris en ,europe depuis environ un sicle4 ,n\s f]ons s5tir la diffr5ce rem>quable qui se tr\ve dans le gnie hi/orique d'une mme nation1 selon les progrs de sa civilisation1 selon la gradation de ses connaissances exactes et physiques2 et de ces re*]*es sortiront plusieurs que/ions importantes4 #a ,quel degr de c]titude1 quel degr de confiance doit-on atta*] aux rcits de l'hi/oire en gnral1 ou dans c]ta9s cas p>ticuli]s8 #b ,quelle importance doit-on attribu] aux faits hi/oriques1 et quels avantages ou quels inconvni5ts rsult5t de l'op9ion de cette importance8 #c ,quelle utilit sociale et pratique doit-on se propos]1 soit dans l'enseignem5t1 soit dans l'tude de l'hi/oire8 ,p\r dvelopp] les moy5s de remplir ce b d'utilit1 n\s re*]*]ons dans quel degr de l'in/ruction publique doit tre place l'tude de l'hi/oire2 si cette tude convi5t aux coles primaires1 et qu'elles p>ties de l'hi/oire peuv5t conv5ir selon l'ge et l'tat des citoy5s4 ,n\s considr]ons quels hommes doiv5t se livr] et quels hommes l'on doit appel] l'enseignem5t de l'hi/oire2 quelle m?ode p>at prfrable p\r cet enseignem5t2 dans quelles s\rces l'on doit puis] la connaissance de l'hi/oire1 ou en re*]*] les matriaux2 avec quelles prcautions1 avec quels moy5s on doit l'crire2 quelles sont les div]ses manires de l'crire1 selon ses sujets2 quelles sont les div]ses di/ributions de ces sujets2 enf9 quelle e/ l'influ5ce que les hi/ori5s ex]c5t sur le jugem5t de la po/rit1 sur les oprations des g\v]nem5ts1 sur le sort des peuples4 ,aprs avoir envisag l'hi/oire comme n>ration de faits1 envisageant les faits eux-mmes comme un c\rs d'expri5ces involontaires1 que le g5re huma9 subit lui-mme1 n\s essai]ons de trac] un tableau sommaire de l'hi/oire gnrale1 p\r en recueillir les vrits les plus intressantes4 ,n\s suivrons *ez les peuples les plus clbres la m>*e et les progrs2 #a ,des arts1 tels que l'agriculture1 le comm]ce1 la navigation2 #b ,de div]ses sci5ces1 telles que l'a/ronomie1 la gographie1 la physique2 #c ,de la morale prive et publique2 et n\s exam9]ons quelles ides l'on s'en e/ faites div]ses poques2 #d ,enf91 n\s obs]v]ons la m>*e et les progrs de la lgislation2 n\s considr]ons la naissance des codes civils et religieux les plus rem>quables2 n\s re*]*]ons quel ordre de transmission ces codes ont suivi de peuple peuple1 de gnration gnration2 quels effets ils ont produits dans les habitudes1 dans les murs1 dans le c>actre des nations2 quelle analogie les murs et le c>actre des nations obs]v5t avec leur climat et avec l'tat physique du sol qu'elles habit5t2 quels *angem5ts produis5t dans ces murs les mlanges des races et les transmigrations2 et jetant un c\p d'il gnral sur l'tat actuel du globe1 n\s t]m9]ons p> propos] l'exam5 de ces deux que/ions3 #a ,a quel degr de sa civilisation peut-on e/im] que soit arriv le g5re huma98 #b ,quelles indications gnrales rsult5t de l'hi/oire1 p\r le p]fectionnem5t de la civilisation1 et p\r l'amlioration du sort de l'espce8 ,,seconde ,s,,ance4 ,le s5s littral du mot hi/oire e/ re*]*e1 enqute 7de faits74--,mode/ie des hi/ori5s anci5s4--,tmrit des hi/ori5s mod]nes4 ,l'hi/ori5 qui crit sur tmoignages1 pr5d le rle de juge1 et re/e tmo9 int]mdiaire p\r ses lecteurs4--,extrme difficult de con/at] l'tat prcis d'un fait2 de la "p du spectateur1 difficult de le bi5 voir2 de la "p du n>rateur1 difficult de le bi51 pe9dre4--,nombreuses causes d'erreur prov5ant d'illusion1 de proccupation1 de nglig5ce1 d'oubli1 de p>tialit1 etc4 ,n\s v5ons de mesur] d'un c\p d'il rapide la c>rire que n\s avons p>c\rir2 elle e/ belle sans d\te p> son t5due1 p> son b2 mais il ne faut pas n\s dissimul] qu'elle ne soit en mme temps difficile4 ,cette difficult consi/e en trois po9ts pr9cipaux3 #a ,la n\veaut du sujet2 c> ce s]a une manire neuve de trait] l'hi/oire1 que de ne plus la born] un ou quelques peuples1 sur qui l'on accumule t\t l'intrt p\r en d%rit] les autres1 sans que l'on puisse r5dre d'autre raison de cette conduite1 que de ne les avoir pas tudis ou connus4 #b ,la complication qui nat naturellem5t de l't5due mme et de la gr&eur du sujet qui embrasse tant de faits et d'vnem5ts2 qui considre le g5re huma9 enti] comme une seule socit1 les peuples comme des individus1 et qui1 retraant la vie de ces individus et de ces socits1 y *]*e des faits nombreux et rpts1 dont les rsultats con/itu5t ce qu'on appelle des pr9cipes1 des rgles3 c> en *oses morales1 les pr9cipes ne sont pas des critres fixes et ab/raits1 exi/ants indp5damm5t de l'humanit1 les pr9cipes sont des faits sommaires et gnraux1 rsultant de l'addition des faits p>ticuli]s1 et dev5ant p>-l1 non pas des rgles tyranniques de conduite1 mais des bases de calculs approximatifs de vraisemblance et de probabilits#d4 #c ,enf9 la nature mme du sujet2 c> a9si que n\s l'avons dit dans le programme1 les faits hi/oriques ne p\vant pas se reprs5t] aux s5s1 mais seulem5t la mmoire1 ils n'entran5t pas avec eux cette conviction qui ne p]met pas de rplique2 ils laiss5t t\j\rs un retran*em5t d'inc]titude l'op9ion et au s5s intime1 et t\tes les fois que l'on vi5t au s5s intime et l'op9ion1 l'on t\*e des cordes dlicates et dang]euses1 p>ce qu' leur rsonnance1 l'am\r-propre e/ prompt s'arm]4 ,a cet g>d1 n\s obs]v]ons les rgles de sagesse que prescrit l'galit prise dans son vrai s5s1 celui de la ju/ice2 c>1 lorsque n\s n'adopt]ons pas1 ou que mme n\s s]ons obligs de rejet] les op9ions d'autrui1 n\s rappelant qu'il a un droit gal de les df5dre1 et qu'il n'a d1 comme n\s1 les adopt] que p> p]suasion1 n\s port]ons ses op9ions le respect et la tolrance que n\s avons le droit d'exig] p\r les ntres4 ,dans les autres sci5ces qui se trait5t en cet amphi?tre1 la r\te e/ trace1 soit p> l'ordre naturel des faits1 soit p> les m?odes savantes des auteurs4 ,dans l'hi/oire telle que n\s l'envisageons1 la r\te e/ neuve et sans modle4 ,n\s avons bi5 quelques livres avec le titre d',hi/oires univ]selles4 ,mais outre le repro*e d'un /yle dclamatoire de collge que l'on peut faire aux plus vantes1 elles ont encore le vice de n'tre que des hi/oires p>tielles de peuplades1 des pangyriques de familles4 ,nos classiques d',europe n'ont v\lu n\s p>l] que de ,grecs1 que de ,roma9s1 que de ,juifs2 p>ce que n\s sommes1 s9on les desc5dants1 du mo9s les hriti]s de ces peuples p\r les lois civiles et religieuses1 p\r le langage1 p\r les sci5ces1 p\r le t]ritoire2 en sorte qu'il ne me semble pas que l'hi/oire ait encore t traite avec cette univ]salit qu'elle comporte1 surt\t qu& une nation comme la ntre s'e/ leve un assez haut degr de connaissances et de philosophie1 p\r se dp\ill] de cet gsme sauvage et froce1 qui1 *ez les anci5s1 conc5trant l'univ]s dans une cit1 dans une peuplade1 y consacra la ha9e de t\tes les autres s\s le nom d'am\r de la patrie1 au lieu de jet] sur elles un reg>d de frat]nit1 lequel1 sans dtruire une ju/e df5se de soi-mme1 laisse cep5dant subsi/] t\s les s5tim5ts de famille et de p>5t4 ,les difficults dont n\s v5ons de p>l] n\s r5dant l'ordre et la m?ode inf9im5t ncessaires1 ce s]a p\r n\s un motif d'en t5ir soigneusem5t le fil dans un si va/e sujet4 ,p\r assur] notre premi] pas1 exam9ons ce que l'on doit ent5dre p> ce mot hi/oire3 c> les mots tant les signes des ides1 ils ont plus d'importance qu'on ne veut croire4 ,ce sont des tiquettes apposes sur des botes qui s\v5t ne conti5n5t pas les mmes objets p\r *acun2 il e/ t\j\rs sage de les ouvrir1 p\r s'en assur]4 ,le mot hi/oire p>at avoir t employ *ez les anci5s dans une acception assez diffr5te de celle des mod]nes3 les ,grecs1 ses auteurs1 dsignai5t p> lui une p]quisition1 une re*]*e faite avec so94 ,c'e/ dans ce s5s que l'emploie ,hrodote4 ,*ez les mod]nes au contraire1 le mot hi/oire a pris le s5s de n>ration1 de rcit1 mme avec la prt5tion de la vracit3 les anci5s *]*ai5t la vrit1 les mod]nes ont prt5du la t5ir2 prt5tion tmraire1 qu& on considre combi5 dans les faits1 surt\t les faits politiques1 elle e/ difficile tr\v]4 ,sans d\te c'tait p\r l'avoir s5ti1 que les anci5s avai5t adopt un t]me si mode/e2 et c'e/ avec le mme s5tim5t1 que p\r n\s le mot hi/oire s]a t\j\rs synonyme ceux de re*]*e1 exam51 tude des faits4 ,en effet1 l'hi/oire n'e/ qu'une vritable enqute de faits2 et ces faits ne n\s p>v5ant que p> int]mdiaires1 ils suppos5t un int]rogatoire1 une audition de tmo9s4 ,l'hi/ori5 qui a le s5tim5t de ses devoirs1 doit se reg>d] comme un juge qui appelle devant lui les n>rateurs et les tmo9s des faits1 les confronte1 les que/ionne1 et t*e d'arriv] la vrit1 c'e/--dire l'exi/5ce du fait1 tel qu'il a t4 ,or1 ne p\vant jamais voir le fait p> lui-mme2 ne p\vant en conva9cre ses s5s1 il e/ inconte/able qu'il ne peut jamais en acqurir de c]titude au premi] degr2 qu'il n'en peut jug] que p> analogie1 et de l1 cette ncessit de considr] ces faits s\s un d\ble rapport3 #a s\s le rapport de leur propre ess5ce2 #b s\s le rapport de leurs tmo9s4 ,s\s le rapport de leur ess5ce1 les faits n'ont dans la nature1 dans le sy/me de l'univ]s1 qu'une manire d'tre1 manire con/ante1 similaire2 et1 cet g>d1 la rgle de jugem5t e/ facile et inv>iable4 ,si les faits raconts ressembl5t l'ordre connu de la nature2 s'ils sont dans l'ordre des tres exi/ants o des tres possibles1 ils acquir5t dja p\r l'hi/ori5 la vraisemblance et la probabilit2 mais ceci mme introduit une diffr5ce dans les jugem5ts qui peuv5t en tre ports1 puisque *acun juge de la probabilit et de la vraisemblance1 selon l't5due et l'espce de ses connaissances3 en effet1 p\r appliqu] l'analogie d'un fait non connu1 il faut connatre le fait auquel on doit le comp>]2 il faut en avoir la mesure3 en sorte que la sphre des analogies e/ t5due ou ress]re1 en raison des connaissances exactes dja acquises1 ce qui ne laisse pas que de ress]r] le rayon du jugem5t1 et p> consqu5t de la c]titude dans beauc\p de cas3 mais cela mme1 il n'y a pas un gr& inconvni5t2 c> un trs-sage prov]be ori5tal dit3 ,qui croit beauc\p1 beauc\p se trompe4 ,s'il e/ un droit1 c'e/ sans d\te celui de ne pas livr] sa consci5ce ce qui la rep\sse2 c'e/ de d\t] de ce qu'on ne conoit pas4 ,hrodote n\s en donne un exemple digne d'tre cit1 lorsque p>lant du voyage d'un vaisseau phnici5 que ,ne*os1 roi d'gypte1 fit p>tir p> la m] ,r\ge1 et qui1 trois ans aprs1 rev9t p> la ,mdit]rane1 il dit3 ,les ,phnici5s racontr5t leur ret\r qu'en faisant voile aut\r de la ,libye ils avai5t eu le soleil 7levant7 leur droite4 ,ce fait ne me p>at nullem5t croyable1 mais peut-tre le p>atra-t-il quelque autre#e4 ,cette circon/ance n\s devi5t la preuve la plus =te du fait2 et ,hrodote1 qui s'e/ tromp dans son prononc1 ne me p>at que plus l\able de l'avoir1 #a rapporte sans altration1 et #b de n'avoir pas excd la mesure de ses connaissances1 en ne croyant pas sur p>ole ce qu'il ne concevait po9t p> ses lumires4 ,d'autres hi/ori5s et gographes anci5s plus prsomptueux1 ,/rabon p> exemple1 ont ni t\t le fait1 cause de sa circon/ance2 et leur erreur auj\rd'hui dmontre1 e/ p\r n\s un avis utile contre les prt5tions du demi-savoir2 et il en e/ d'autant mieux pr\v1 que refus] son ass5tim5t ce que l'on ne conoit pas1 e/ une maxime sage1 un droit naturel1 un devoir de raison1 p>ce que si l'on excdait la mesure de sa conviction1 rgle unique de t\t jugem5t1 on se tr\v]ait port d'inconnu en invraisemblable1 et d'invraisemblable en extravagances et en absurdits4 ,le second rapport s\s lequel les faits doiv5t tre exam9s1 e/ celui de leurs tmo9s2 et celui-l e/ bi5 plus compliqu et bi5 plus difficile que l'autre3 c> ici les rgles ne sont pas fixes et con/antes comme celles de la nature2 elles sont au contraire v>iables comme l'ent5dem5t huma92 et cet ent5dem5t huma9 je le comp>]ais volonti]s ces miroirs plans c\rbes et irrguli]s1 qui1 dans les leons de physique1 v\s ont amuss p> les biz>res dfigurations qu'ils font subir aux tableaux qu'on leur s\met3 cette comp>aison peut v\s sembl] d'autant plus heureuse1 qu'elle s'applique dans un d\ble s5s4 ,c> si d'un ct1 p> le cas malheureusem5t le plus frqu5t1 les tableaux de la nature1 t\j\rs rguli]s1 ont t d=ms en se peignant dans l'ent5dem5t2 d'un autre ct1 ces c>icatures qu'il a produites1 s\mises de n\veau sa rflexion1 peuv5t se r$ress] p> les mmes rgles en s5s inv]se1 et rec\vr] les =mes raisonnables de leur premi] type qui fut la nature444444 ,dans la si5ne propre l'ent5dem5t e/ une onde mobile o les objets se dfigur5t p> des ondulations de plus d'un g5re2 d'abord1 et le plus s\v5t1 p> celles des passions1 et encore p> la nglig5ce1 p> l'impuissance de voir mieux1 et p> l'ignorance4 ,ce sont-l autant d'articles sur lesquels l'inve/igateur de la vrit1 l'hi/ori5 doit int]rog] sans cesse les tmo9s3 et lui-mme e/-il exempt de leurs dfauts8 n'e/-il pas homme comme eux8 et n'e/-ce pas un apanage con/ant de l'humanit1 que la nglig5ce1 le dfaut de lumires1 et le prjug8 ,or1 exam9ez1 je v\s prie1 ce qui arrive dans les rcits qui ne n\s p>vi5n5t que de troisime ou quatrime b\*e4 ,ne v\s semble-t-il pas voir un objet naturel1 qui1 rfl*i p> une premire glace1 e/ p> elle rfl*i une autre2 a9si1 de glace en glace1 recevant les te9tes1 les dviations1 les ondulations de t\tes1 p5sez-v\s qu'il arrive exact8 ,la seule traduction d'une langue en une autre n'e/-elle pas dja une =te altration des p5ses1 de leurs te9tes2 sans compt] les erreurs des mots8 mais dans une mme langue1 dans un mme pays1 s\s vos propres yeux1 voyez ce qui se passe t\s les j\rs2 un vnem5t arrive prs de n\s1 dans la mme ville1 dans la mme ence9te3 ent5dez-en le rcit p> div]s tmo9s2 s\v5t pas un seul ne s'accord]a sur les circon/ances1 quelquefois sur le fonds4 ,on en fait une expri5ce assez piquante en voyageant4 ,un fait se s]a pass dans une ville2 soi-mme on l'aura vu2 eh bi58 dix lieues de l1 on l'ent5d racont] d'une autre manire1 et de ville en ville1 d'*o en *o1 on f9it p> ne plus le reconnatre1 et en voyant la confiance des autres1 on s]ait t5t de d\t] de la si5ne1 soi-mme4 ,or1 s'il e/ difficile de con/at] l'exi/5ce prcise1 c'e/--dire la vrit des faits p>mi n\s1 combi5 cette difficult n'a-t-elle pas t plus gr&e *ez les anci5s1 qui n'avai5t pas les mmes moy5s de c]titude que n\s8 ,je n'entr]ai pas auj\rd'hui dans les dtails intressants que comporte cette matire1 me proposant de l'appr(ondir dans une autre leon2 mais aprs avoir p>l des difficults naturelles de connatre la vrit1 j'insi/]ai sur celle qui ti5t aux passions du n>rateur et des tmo9s1 ce qu'on appelle p>tialit2 je la divise en deux bran*es2 p>tialit volontaire1 et p>tialit =ce3 cette d]nire1 inspire p> la cra9te1 se r5contre ncessairem5t dans t\s les tats despotiques2 o la manife/ation des faits s]ait la c5sure presque p]ptuelle du g\v]nem5t4 ,dans de tels tats1 qu'un homme ait le c\rage d'crire ce qu'il y a de plus notoire1 ce que l'op9ion publique con/ate le plus1 son livre ne p\rra s'imprim]2 s'il s'imprime1 il ne p\rra s\v5t se divulgu]1 et p> une suite de l'ordre tabli1 p]sonne n'os]a crire1 on crira avec dviation1 dissimulation1 ou m5songe3 et tel e/ le c>actre de la plus gr&e p>tie des hi/oires4 ,d'autre "p1 la p>tialit volontaire a des effets encore plus t5dus2 c> ayant p\r p>l]1 les motifs que l'autre a p\r se taire1 elle envisage son bi5-tre dans le m5songe et l'erreur4 ,les tyrans m5ac5t l'autre2 ils flatt5t celle-l2 ils pai5t ses l\anges1 suscit5t ses passions2 et aprs avoir m5ti leur sicle p> des actions1 ils m5t5t la po/rit p> des rcits /ip5dis4 ,je ne p>le po9t d'une autre p>tialit involontaire1 mais non mo9s puissante1 celle des prjugs civils ou religieux dans lesquels n\s naissons1 dans lesquels n\s sommes levs4 ,en jetant un c\p d'il gnral sur les n>rateurs1 pe9e en voit-on quelques-uns qui s'en soi5t montrs dgags4 ,*ez les anci5s mme1 les prjugs ont eu les plus =tes influ5ces2 et qu& on considre que ds l'ge le plus t5dre1 t\t ce qui n\s environne conspire n\s en imprgn]2 que l'on n\s infuse nos op9ions1 nos p5ses1 p> nos habitudes1 p> nos affections1 p> la =ce1 p> la p]suasion1 p> les m5aces et p> les promesses2 que l'on enveloppe notre raison de b>rires sacres au del desquelles il lui e/ df5du de reg>d]1 l'on s5t qu'il e/ impossible que p> l'organisation mme de l'tre huma91 il ne devi5ne pas une fabrique d'erreurs2 et lorsque1 p> un ret\r sur n\s-mmes1 n\s p5s]ons qu'en de telles circon/ances1 n\s en eussions t galem5t atte9ts2 que si p> has>d n\s possdons la vrit1 n\s ne la devons peut-tre qu' l'erreur de ceux qui n\s ont prcds2 lo9 d'en retir] un s5tim5t d'orgueil et de mpris1 n\s rem]ci]ons les j\rs de lib]t o il n\s a t p]mis de s5tir d'aprs la nature1 de p5s] d'aprs notre consci5ce2 et craignant1 p> l'exemple d'autrui1 que cette consci5ce mme ne soit en erreur1 n\s ne f]ons po9t de cette lib]t un usage contradictoirem5t tyrannique1 et n\s fond]ons1 s9on sur l'unit d'op9ions1 du mo9s sur leur tolrance1 l'utilit commune de la paix4 ,dans la pro*a9e leon1 n\s exam9]ons quels ont t1 *ez les peuples anci5s1 les matriaux de l'hi/oire et les moy5s d'in=mation2 et comp>ant leur tat civil et moral celui des mod]nes1 n\s f]ons s5tir l'espce de rvolution que l'imprim]ie a introduite dans cette bran*e de nos tudes et de nos connaissances4 ,,troisi,,me ,s,,ance4 ,cont9uation du mme sujet4--,quatre classes pr9cipales d'hi/ori5s avec des degrs d'autorit div]s3 #a hi/ori5s acteurs2 #b hi/ori5s tmo9s2 #c hi/ori5s auditeurs de tmo9s2 #d hi/ori5s sur ou-dire ou traditions4--,altration 9vitable des rcits passs de b\*e en b\*e4--,absurdit des traditions des temps reculs1 commune t\s les peuples4--,elle pr5d sa s\rce dans la nature de l'ent5dem5t huma94--,c>actre de l'hi/oire t\j\rs relatif au degr d'ignorance ou de civilisation d'un peuple4--,c>actre de l'hi/oire *ez les anci5s et *ez les peuples sans imprim]ie4--,effets de l'imprim]ie sur l'hi/oire4--,*angem5t qu'elle a produit dans les hi/ori5s mod]nes4--,disposition d'esprit la plus conv5able bi5 lire l'hi/oire4--,ridicule de d\t] de t\t1 mo9s dang]eux que de ne d\t] de ri54--tre sobre de croyance4 ,n\s avons vu que1 p\r apprci] la c]titude des faits hi/oriques1 l'on devait pes]1 dans les n>rateurs et dans les tmo9s1 #a ,les moy5s d'in/ruction et d'in=mation2 #b ,l't5due des facults morales1 qui sont la sagacit1 le disc]nem5t2 #c ,les intrts et les affections d'o peuv5t rsult] trois espces de p>tialits3 celle de la contra9te1 celle de la sduction1 et celle des prjugs de naissance et d'ducation4 ,cette d]nire1 p\r tre excusable1 n'en e/ que plus puissante et plus p]nicieuse1 en ce qu'elle drive et qu'elle s'autorise des passions mme et des intrts des nations entires1 qui1 dans leurs erreurs non mo9s op9itres et plus orgueilleuses que les individus1 ex]c5t sur leurs membres le plus arbitraire et le plus accablant des despotismes1 celui des prjugs nationaux1 soit civils1 soit religieux4 ,n\s aurons plus d'une occasion de rev5ir sur ces div]ses conditions de la valeur des tmoignages4 ,auj\rd'hui1 cont9uant de dvelopp] la mme "q1 n\s allons exam9] les div]s degrs d'autorit qui rsult5t de leur loignem5t plus ou mo9s gr&1 plus ou mo9s mdiat des faits et des vnem5ts4 ,en exam9ant les div]s tmo9s ou n>rateurs de l'hi/oire1 on les voit se rang] en plusieurs classes graduelles et successives1 qui ont plus ou mo9s de titres notre croyance3 la premire e/ celle de l'hi/ori5 acteur et auteur2 et de ce g5re sont la plup>t des criva9s de mmoires p]sonnels1 d'actes civils1 de voyages1 etc4 ,les faits en passant immdiatem5t d'eux n\s1 n'ont subi que la mo9dre altration possible4 ,le rcit a son plus gr& degr d'au!nticit2 mais ensuite la croyance en e/ s\mise t\tes les conditions morales d'intrt1 d'affection et de sagacit dont n\s avons p>l1 et son poids en reoit des dfalcations t\j\rs assez nombreuses1 p>ce que l se tr\ve agir au premi] degr l'intrt de la p]sonnalit4 ,aussi1 les criva9s autographes n'ont-ils droit notre croyance qu'autant que leurs rcits ont1 #a ,de la vraisemblance2 et il faut av\] qu'en quelques cas1 ils port5t avec eux un conc\rs si naturel d'vnem5ts et de circon/ances1 une srie si bi5 lie de causes et d'effets1 que notre confiance en e/ involontairem5t saisie1 et y reconnat1 comme l'on dit1 le ca*et de la vrit1 qui cep5dant e/ encore plus celui de la consci5ce2 #b ,autant qu'ils sont appuys p> d'autres tmoignages1 galem5t s\mis la loi des vraisemblances3 d'o il suit que1 mme en leur plus haut degr de crdibilit1 les rcits hi/oriques sont s\mis t\tes les =malits judiciaires d'exam5 et d'audition de tmo9s1 qu'une expri5ce longue et multiplie a introduites dans la jurisprud5ce des nations2 que p> consqu5t1 un seul criva91 un seul tmoignage1 n'ont pas le droit de n\s a/re9dre les croire2 et que c'e/ mme une erreur de reg>d] comme con/ant un fait qui n'a qu'un seul tmoignage1 puisque1 si l'on p\vait appel] plusieurs tmo9s1 il p\rrait y surv5ir1 il y survi5drait c]ta9em5t contradiction ou modification4 ,a9si l'on reg>de vulgairem5t les ,comm5taires de ,cs> comme un morceau d'hi/oire qui1 p> la qualit de son auteur1 et p>ce qu'il n'a pas t contr>i1 porte un c>actre m95t de c]titude4 ,cep5dant ,sutone n\s appr5d qu',as9ius ,pollion avait obs]v dans ses ,annales1 qu'un gr& nombre de faits cits p> ,cs>1 n'tai5t pas exactem5t tels qu'il les avait reprs5ts1 p>ce que trs-s\v5t il avait t induit en erreur p> les rapports de ses (fici]s2 et ,pollion1 que sa qualit d'homme consulaire et d'ami d',horace et de ,virgile r5d un tmo9 de poids1 indiquait que ,cs> avait eu des intrts p]sonnels de dguis] la vrit#f4 ,la seconde classe e/ celle des tmo9s immdiats et prs5ts l'action1 ne portant pas l'app>5ce d'un intrt p]sonnel1 comme l'auteur acteur2 leur tmoignage inspire1 en gnral1 une plus gr&e confiance1 et pr5d un plus haut degr de crdibilit1 t\j\rs avec la condition des vraisemblances1 #a selon le nombre de leurs tmoignages2 #b selon la concordance de ces tmoignages2 #c selon les rgles dom9antes que n\s avons tablies de jugem5t sa91 d'obs]vation exacte1 et d'imp>tialit4 ,or1 si l'expri5ce j\rnalire de ce qui se passe aut\r de n\s et s\s nos yeux1 pr\ve que l'opration de con/at] un fait1 mme notoire1 avec vid5ce et prcision1 e/ une opration dlicate et s\mise mille difficults1 il en rsulte1 p\r quiconque tudie l'hi/oire1 un conseil imprieux de ne pas admettre lgrem5t comme irrcusable1 t\t ce qui n'a pas subi l'preuve rig\reuse des tmoignages suffisants en qualit et en nombre4 ,la troisime classe e/ celle des auditeurs de tmo9s1 c'e/--dire1 de ceux qui ont ent5du les faits de la b\*e du tmo92 ils en sont encore bi5 prs1 et l cep5dant s'introduit t\t c\p une diffr5ce extrme dans l'exactitude du rcit et dans la prcision des tableaux4 ,les tmo9s ont vu et ent5du les faits2 leurs s5s en ont t frapps2 mais en les peignant dans leur ent5dem5t1 ils leur ont dja imprim1 mme contre leur gr1 des modifications qui en ont altr les =mes2 et ces =mes s'altr5t bi5 plus1 lorsque1 de cette premire glace ondulante et mobile1 ces faits sont rfl*is dans une seconde aussi v>iable4 ,l1 dev5u non plus un tre fixe et positif1 comme il l'tait dans la nature1 mais une image fanta/ique1 le fait pr5d d'esprit en esprit1 de b\*e en b\*e1 t\tes les altrations qu'introduis5t l'omission1 la confusion1 l'addition des circon/ances2 il e/ comm5t1 discut1 int]prt1 traduit2 t\tes oprations qui altr5t sa puret native1 mais qui exig5t que n\s fassions ici une di/9ction importante entre les deux moy5s employs le transmettre3 celui de la p>ole1 et celui de l'criture4 ,si le fait e/ transmis p> l'criture1 son tat e/1 ds ce mom5t1 fix1 et il cons]ve d'une manire immuable le g5re d'autorit qui drive du c>actre de son n>rateur4 ,il peut bi5 dja tre dfigur2 mais tel qu'il e/ crit1 tel il demeure2 et si1 comme il arrive1 div]s esprits lui donn5t div]ses acceptions1 il n'en e/ pas mo9s vrai qu'ils sont obligs de se raccord] sur ce type s9on orig9al1 du mo9s positif2 et tel e/ l'avantage que procure t\te pice crite1 qu'elle transmet immdiatem5t1 malgr les int]valles des temps et des lieux1 l'exi/5ce quelconque des faits2 elle r5d prs5t le n>rateur1 elle le ressuscite1 et des milli]s d'annes de di/ance1 elle fait conv]s] tte tte avec ,cicron1 ,homre1 ,confucius1 etc4 ,il ne s'agit plus que de con/at] que la pice n'e/ po9t apocryphe1 et qu'elle e/ rellem5t leur ouvrage4 ,si la pice e/ anonyme1 elle p]d un degr d'au!nticit1 et son tmoignage1 p> cela qu'il e/ masqu1 e/ s\mis t\tes les p]quisitions d'une svre critique1 t\s les s\pons que fait natre en t\te occasion la cl&e/9it4 ,si la pice a t traduite1 elle ne p]d ri5 de son au!nticit2 mais dans ce passage p> une glace n\velle1 les faits s'loign5t encore d'un degr de leur orig9e2 ils reoiv5t des te9tes plus faibles ou plus =tes1 selon l'habilet du traducteur2 mais du mo9s a-t-on la ress\rce de les vrifi] et de les r$ress]4 ,il n'en e/ pas a9si de la transmission des faits p> p>ole1 c'e/--dire de la tradition4 ,l se dploi5t t\s les caprices1 t\tes les divagations volontaires ou =ces de l'ent5dem5t2 et jugez quelles doiv5t tre les altrations des faits transmis de b\*e en b\*e1 de gnration en gnration1 lorsque n\s voyons s\v5t dans une mme p]sonne le rcit des mmes faits v>i] selon les poques1 selon le *angem5t des intrts et des affections4 ,aussi l'exactitude de la tradition e/-elle en gnral dcrie2 et elle le devi5t d'autant plus qu'elle s'loigne de sa s\rce primitive un plus gr& int]valle de temps et de lieu4 ,n\s en avons les preuves irrcusables s\s nos propres yeux3 que l'on aille dans les campagnes et mme dans les villes1 recueillir les traditions des anci5s sur les vnem5ts du sicle de ,l\is ,,xiv1 et mme des premires annes de ce sicle 7je suppos que l'on mette "p t\s les moy5s d'in/ruction prov5ant des pices crites71 l'on v]ra quelle altration1 quelle confusion se sont introduites1 quelle diffr5ce s'tablit de tmo9s tmo9s1 de conteurs conteurs6 ,n\s en avons une preuve vid5te dans l'hi/oire de la bataille de ,font5oy1 sur laquelle il y a quantit de v>iantes4 ,or1 si un tel tat d'oubli1 de confusion1 d'altration1 a lieu dans des temps d'ailleurs clairs1 au se9 d'une nation dja police1 et qui1 p> d'autres moy5s1 tr\ve le secret de le corrig] et de s'en g>antir1 concluez ce qui dut arriv] *ez les peuples o les arts tai5t ou sont dans l'enfance ou l'abt>dissem5t2 *ez qui le dsordre rgnait ou rgne encore dans le sy/me social1 l'ignorance dans le sy/me moral1 l'indiffr5ce dans t\t ce qui excde les premi]s beso9s4 ,aussi1 le tmoignage de voyageurs exacts n\s prs5te-t-il encore en ce mom5t *ez les peuples sauvages et mme *ez ceux que l'on appelle civiliss1 la preuve de cette invraisemblance de rcits1 de cette absurdit de traditions dont n\s p>lons2 et ces traditions sont nulles1 beauc\p d'g>ds1 mme dans le pays de l',asie1 o l'on en place plus p>ticulirem5t le foy] et la s\rce2 la preuve s'en tire de l'ignorance o les naturels viv5t des faits et des dates qui les intress5t le plus1 puisque les ,indi5s1 les ,arabes1 les ,turks1 les ,t>t>es ne sav5t pas mme r5dre compte de leur ge1 de l'anne de leur naissance1 ni de celle de leurs p>5ts4 ,cep5dant1 c'e/ p> des traditions1 c'e/ p> des rcits transmis de b\*e en b\*e de gnrations en gnrations1 qu'a d comm5c]1 qu'a ncessairem5t comm5c l'hi/oire2 et cette ncessit e/ dmontre p> les faits de la nature1 encore subsi/ants1 p> la propre organisation de l'homme1 p> le mcanisme de la =mation des socits4 ,en effet1 de ce qu'il e/ pr\v que l'homme nat compltem5t ignorant et sans art2 que t\tes ses ides sont le fruit de ses s5sations1 t\tes ses connaissances l'acquisition de son expri5ce p]sonnelle1 et de l'expri5ce accumule des gnrations antrieures2 de ce qu'il e/ pr\v que l'criture e/ un art extrmem5t compliqu dans les pr9cipes de son inv5tion2 que la p>ole mme e/ un autre art qui l'a prcd1 et qui seul a exig une imm5se srie de gnrations3 l'on en conclut1 avec c]titude physique1 que l'empire de la tradition s'e/ t5du sur t\te la dure des sicles qui ont prcd l'inv5tion de l'criture2 j'aj\te mme de l'criture alphabtique2 c> elle seule a su pe9dre t\tes les nuances des faits1 t\tes les modifications des p5ses2 au lieu que les autres critures qui peign5t les figures1 et non les sons1 telles que les hiroglyphes des gypti5s1 les nuds ou quippos des ,pruvi5s1 les tableaux des ,mexica9s1 n'ont pu pe9dre que le canevas et le noyau des faits1 et ont laiss dans le vague les circon/ances et les liaisons4 ,or1 puisqu'il e/ dmontr p> les faits et le raisonnem5t1 que t\s ces arts d'criture et de langage sont le rsultat de l'tat social1 qui lui-mme n'a t que le produit des circon/ances et des beso9s2 il e/ vid5t que t\t cet difice de beso9s1 de circon/ances1 d'arts et d'tat social1 a prcd l'empire de l'hi/oire crite4 ,ma9t5ant rem>quez que la preuve inv]se de ces faits physiques se tr\v dans la nature mme des premi]s rcits (f]ts p> l'hi/oire4 ,en effet1 si1 comme n\s le disons1 il e/ dans la con/itution de l'ent5dem5t huma9 de ne pas t\j\rs recevoir l'image des faits p>faitem5t semblable ce qu'ils sont2 de les altr] d'autant plus qu'il e/ mo9s ex]c et plus ignorant1 qu'il en compr5d mo9s les causes1 les effets et t\te l'action3 il s'ensuit1 p> une consqu5ce directe1 que plus les peuples ont t grossi]s1 et les gnrations novices et b>b>es1 plus leurs comm5cem5ts d'hi/oire1 c'e/--dire leurs traditions doiv5t tre draisonnables1 contraires la vritable nature1 au sa9 ent5dem5t4 ,or1 veuillez jet] un c\p d'il sur t\tes les hi/oires1 et considrez s'il n'e/ pas vrai que t\tes dbut5t p> un tat de *oses tel que je v\s le dsigne2 que leurs rcits sont d'autant plus *imriques1 reprs5t5t un tat d'autant plus biz>re1 qu'ils s'loign5t plus dans les temps anci5s2 qu'ils ti5n5t plus l'orig9e de la nation de qui ils provi5n5t2 qu'au contraire1 plus ils se rappro*5t des temps connus1 des sicles o les arts1 la police1 et t\t le sy/me moral ont fait des progrs1 plus ces rcits repr5n5t le c>actre de la vraisemblance1 et peign5t un tat de *oses physique et moral1 analogue celui que n\s voyons3 de manire que l'hi/oire de t\s les peuples comp>e1 n\s (fre ce rsultat gnral2 que ses tableaux sont d'autant plus loigns de l'ordre de la nature et de la raison1 que les peuples sont plus rappro*s de l'tat sauvage1 qui e/ p\r t\s l'tat primitif2 et qu'au contraire ses tableaux sont d'autant plus analogues l'ordre que n\s connaissons1 que ces mmes peuples s'clair5t1 se polic5t1 se civilis5t3 en sorte que1 lorsqu'ils arriv5t aux sicles o se dvelopp5t les sci5ces et les arts1 on voit la f\le des vnem5ts m]veilleux1 des prodiges et des mon/res de t\t g5re1 disp>atre devant leur lumire1 comme les fantmes1 les l>ves et les spectres1 dont les imag9ations peureuses et malades peupl5t les tnbres et le sil5ce de la nuit1 disp>aiss5t devant l'aube du j\r et les rayons de l'aurore4 ,posons donc cette maxime fconde en rsultats dans l'tude de l'hi/oire3 ,que l'on peut calcul]1 avec une sorte de ju/esse1 le degr de lumire et de civilisation d'un peuple1 p> la nature mme de ses rcits hi/oriques2 ou bi5 en t]mes plus gnraux3 ,que l'hi/oire pr5d le c>actre des poques et des temps o elle a t compose4 ,et ici se prs5te notre exam5 la comp>aison de deux gr&es priodes o l'hi/oire a t compose avec des circon/ances de moy5s et de sec\rs trs-diffr5ts3 je veux p>l] de la priode des manuscrits1 et de la priode des imprims4 ,v\s savez que1 jusque v]s la f9 du #ae;e sicle1 il n'avait exi/ de livres et de monum5ts qu'crits la ma92 que ce fut seulem5t v]s #addj que p>ur5t les premi]s essais de ,jean ,guttemb]g1 d'immortelle mmoire1 puis de ses associs ,fu/h et ,s*eff]1 p\r crire avec des c>actres1 d'abord de bois1 ensuite de mtal1 et p> cet art simple et +nieux obt5ir in/antanm5t un nombre inf9i de rptitions ou de copies d'un premi] modle ordonn4 ,cette heureuse innovation apporta1 dans le sujet que n\s traitons1 des *angem5ts qu'il e/ important de bi5 rem>qu]4 ,lorsque les crits1 actes ou livres se traai5t t\s la ma91 la l5teur de ce pnible travail1 les so9s qu'il r5\velait sans cesse1 les frais qu'il multipliait1 en r5dant les livres *]s1 les r5dai5t plus r>es1 plus difficiles crer1 plus faciles anantir4 ,un copi/e produisait l5tem5t un individu livre2 l'imprim]ie en produit rapidem5t une gnration3 il en rsultait p\r les compulsations1 et p> consqu5t p\r t\te in/ruction un conc\rs rebutant de difficults4 ,ne p\vant travaill] que sur des orig9aux1 et ces orig9aux n'exi/ant qu'en petit nombre dans les dpts publics et dans les ma9s de quelques p>ticuli]s1 les uns jal\x1 les autres av>es1 le nombre des hommes qui p\vai5t s'occup] d'crire l'hi/oire tait ncessairem5t trs-born2 ils avai5t mo9s de contradicteurs2 ils p\vai5t plus impunm5t ou nglig] ou altr]2 le c]cle des lecteurs tant trs-troit1 ils avai5t mo9s de juges1 mo9s de c5seurs2 ce n'tait po9t l'op9ion publique1 mais un esprit de faction ou de cot]ie qui prononait2 et alors c'tait bi5 mo9s le fonds des *oses que le c>actre de la p]sonne1 qui dt]m9ait le jugem5t4 ,au contraire1 depuis l'imprim]ie1 les monum5ts orig9aux une fois con/ats p\vant1 p> la multiplication de leurs copies1 tre s\mis l'exam51 la discussion d'un gr& nombre de lecteurs1 il n'a plus t possible ou du mo9s facile d'en attnu]1 d'en dvi] le s5s1 ni mme d'en altr] le manuscrit1 p> l'extrme publicit des rclamations2 et de ce ct la c]titude hi/orique a rellem5t acquis et gagn4 ,il e/ vrai que *ez les anci5s1 p> cela mme qu'un livre exigeait plusieurs annes p\r tre compos1 et davantage encore p\r se rp&re sans que p\r cela l'on pt dire qu'il ft divulgu1 il tait possible d'y dpos] des vrits plus h>dies1 p>ce que le temps avait dtruit ou loign les intresss1 et a9si la cl&e/9it favorisait la vracit de l'hi/ori52 mais elle favorisait aussi sa p>tialit2 s'il tablissait des erreurs1 il tait mo9s facile de les rfut]2 il y avait mo9s de ress\rce la rclamation3 or1 ce mme moy5 de cl&e/9it tant galem5t la disposition des mod]nes1 avec le moy5 d'en combattre les inconvni5ts1 l'avantage p>at tre entirem5t p\r eux de ce ct4 ,*ez les anci5s1 la nature des circon/ances dont je vi5s de p>l]1 soit dans l'tude1 soit dans la composition de l'hi/oire1 la conc5trait presque ncessairem5t dans un c]cle troit d'hommes ri*es1 puisque les livres tai5t trs-coteux1 et d'hommes publics et de magi/rats1 puisqu'il fallait avoir mani les affaires p\r connatre les faits2 et en effet n\s aurons l'occasion frqu5te d'obs]v] que la plup>t des hi/ori5s grecs et roma9s ont t des gnraux1 des magi/rats2 des hommes d'une =tune ou d'un rang di/+u4 ,*ez les ,ori5taux1 c'tai5t presque exclusivem5t les prtres1 c'e/--dire1 la classe qui s'tait attribu le plus puissant des monopoles1 celui des lumires et de l'in/ruction4 ,et de l1 ce c>actre d'lvation et de dignit dont on a fait de t\s temps la rem>que *ez les hi/ori5s de l'antiquit1 et qui fut le produit naturel et mme ncessaire de l'ducation cultive qu'ils avai5t reue4 ,*ez les mod]nes1 l'imprim]ie ayant multipli et facilit les moy5s de lecture et de composition2 cette composition mme tant dev5ue un objet de comm]ce1 une m>*&ise1 il en e/ rsult p\r les criva9s une h>diesse m]cantile1 une confiance tmraire qui a trop s\v5t raval ce g5re d'ouvrage1 et pr(an la sa9tet de son b4 ,il e/ vrai que l'antiquit a eu aussi ses compilateurs et ses *>latans2 mais l'a fatigue et l'ennui de copi] leurs ouvrages en ont dlivr les ges suivants1 et l'on peut dire cet g>d que les difficults ont s]vi la sci5ce4 ,mais d'autre "p cet avantage des anci5s se comp5se p> un inconvni5t grave1 le s\pon fond d'une p>tialit presque ncessite2 #a p> l'esprit de p]sonnalit dont les ramifications tai5t d'autant plus t5dues que l'criva9 acteur ou tmo9 avait eu plus de rapports d'intrts1 et de passions dans la *ose publique2 #b p> l'esprit de famille et de p>5t qui1 *ez les anci5s1 et surt\t dans la ,grce et dans l',italie1 con/ituait un esprit de faction gnral et indlbile4 ,et rem>quez qu'un ouvrage compos p> l'individu d'une famille en dev5ait la commune proprit2 qu'elle en p\sait les op9ions1 p>-l mme que l'auteur avait suc ses propres prjugs4 ,a9si un manuscrit de la famille des ,fabius1 des ,scipions1 se transmettait d'ge en ge et p> hritage2 et si un manuscrit contradictoire exi/ait dans une autre famille1 la plus puissante saisissait comme une victoire l'occasion de l'anantir3 c'tait en petit l'esprit des nations en gr&2 cet esprit d'gsme orgueilleux et intolrant1 p> lequel les ,roma9s et les ,grecs1 ennemis de l'univ]s1 ont ananti les livres des autres peuples1 et p> lequel n\s privant du plaidoy] de leurs p>ties adv]ses dans la cause clbre de leurs rap9es1 ils n\s ont r5dus presque complices de leur tyrannie1 p> l'admiration clatante1 et p> l'mulation secrte que n\s portons leurs triomphes crim9els4 ,*ez les mod]nes au contraire1 en va9 un ouvrage hi/orique s'environn]ait-il des moy5s de la cl&e/9it1 du crdit de la ri*esse1 du p\voir de l'autorit1 de l'esprit de faction ou de famille2 un seul j\r1 une seule rclamation suffis5t r5v]s] un difice de m5songe comb9 p5dant des annes2 et tel e/ le s]vice signal que la lib]t de la presse a r5du la vrit1 que le plus faible individu1 s'il a les v]tus et le tal5t de l'hi/ori51 p\rrait c5sur] les erreurs des nations jusque s\s leurs yeux1 frond] mme leurs prjugs malgr leur colre1 si d'ailleurs il n'tait pas vrai que ces erreurs1 ces prjugs1 cette colre que l'on attribue aux nations1 n'app>ti5n5t bi5 plus s\v5t qu' leurs g\v]nants4 ,dans l'habitude o n\s sommes de vivre s\s l'influ5ce de l'imprim]ie1 n\s ne s5tons po9t assez =tem5t t\t ce que la publicit qui en drive n\s procure d'avantages politiques et moraux2 il faut avoir vcu dans les pays o n'exi/e po9t l'art librateur de la presse1 p\r concevoir t\s les effets de sa privation1 p\r imag9] t\t ce que la disette de livres et de papi]s-n\velles jette de confusion dans les rcits1 d'absurdits dans les ou-dire1 d'inc]titude dans les op9ions1 d'ob/acles dans l'in/ruction1 d'ignorance dans t\s les esprits4 ,l'hi/oire doit des bndictions celui qui le premi]1 dans ,v5ise1 s'avisa de donn] lire des bullet9s de n\velles1 moy5nant la petite pice de monnaie appele gazetta1 dont ils ont ret5u le nom2 et en effet les gazettes sont des monum5ts in/ructifs et prcieux jusque dans leurs c>ts1 puisqu'elles peign5t l'esprit dom9ant du temps qui les a vues natre1 et que leurs contradictions prs5t5t des bases fixes la discussion des faits4 ,aussi lorsque l'on n\s dit que dans leurs n\veaux tablissem5ts les ,anglo-,amrica9s trac5t d'abord un *em91 et port5t une presse p\r avoir un papi]-n\velle1 me p>at-il que dans cette d\ble opration1 ils atteign5t le b1 et font l'analyse de t\t bon sy/me social1 puisque la socit n'e/ autre *ose que la communication facile et libre des p]sonnes1 des p5ses et des *oses2 et que t\t l'art du g\v]nem5t se rduit emp*] les frottem5ts viol5ts capables de la dtruire4 ,et qu&1 p> inv]se ce peuple dja civilis au b]ceau1 les tats de l',asie arriv5t leur dcrpitude sans avoir cess d'tre ignorants et b>b>es1 sans d\te c'e/ p>ce qu'ils n'ont eu ni imprim]ie1 ni *em9 de t]re ou d'eau3 telle e/ la puissance de l'imprim]ie1 telle e/ son influ5ce sur la civilisation1 c'e/--dire sur le dveloppem5t de t\tes les facults de l'homme dans le s5s le plus utile la socit1 que l'poque de son inv5tion divise en deux sy/mes di/9ctifs et div]s l'tat politique et moral des peuples antrieurs et des peuples po/rieurs elle1 a9si que de leurs hi/ori5s2 et son exi/5ce c>actrise tel po9t les lumires1 que p\r s'in=m] si un peuple e/ polic ou b>b>e1 l'on peut se rduire dem&]3 a-t-il l'usage de l'imprim]ie8 a-t-il la lib]t#g de la presse8 ,or1 si1 comme il e/ vrai1 l'tat de l'antiquit cet g>d fut inf9im5t semblable l'tat actuel de l',asie2 si mme *ez les peuples reg>ds comme libres1 les g\v]nem5ts eur5t presque t\j\rs un esprit my/rieux de corps et de faction1 et des intrts privilgis1 qui les isolai5t de la nation2 s'ils eur5t en ma9 les moy5s d'emp*] ou de p>alys] les crits qui les aurai5t c5surs1 il en rejaillit un s\pon raisonnable de p>tialit1 soit volontaire soit =ce1 sur les criva9s4 ,comm5t ,tite-,live1 p> exemple1 aurait-il os pe9dre dans t\t son odieux la politique p]v]se de ce snat roma91 qui1 p\r di/raire le peuple de ses dem&es long-temps ju/es et mesures1 fom5ta l'inc5die des gu]res qui p5dant c9q c5ts ans dvorr5t les gnrations1 et qui1 aprs que les dp\illes du monde eur5t t entasses dans ,rome comme dans un antre1 n'ab\tir5t qu' (frir le spectacle de brig&s enivrs de j\issances1 et t\j\rs insatiables1 qui s'entr'gorgr5t p\r le p>tage du but98 ,p>c\rez ,d5ys d',halic>nasse1 ,polybe et ,tacite lui-mme1 v\s n'y cit]ez pas un de ces m\vem5ts d'indignation que devait arra*] le tableau de tant d'horreurs qu'ils n\s ont transmises2 et malheur l'hi/ori5 qui n'a pas de ces m\vem5ts1 o malheur son sicle1 s'il se les refuse4 ,de t\tes ces considrations1 je conclus que dans l'tude de l'hi/oire1 le po9t prcis de la vrit e/ dlicat saisir1 difficile pos]1 et que la c]titude que n\s p\vons n\s p]mettre1 a beso91 p\r tre raisonnable1 d'un calcul de probabilits qu' ju/e titre l'on a class au rang des sci5ces les plus importantes qui v\s s]ont dmontres dans l'cole normale4 ,si j'ai insi/ sur ce premi] article1 c'e/ p>ce que j'ai s5ti son importance1 non po9t ab/raite et spculative1 mais usuelle et applicable t\t le c\rs de la vie3 la vie e/ p\r *acun de n\s son hi/oire p]sonnelle1 o le j\r d'hi] devi5t la matire du rcit d'auj\rd'hui et de la rsolution de dema94 ,si1 comme il e/ vrai1 le bonheur dp5d de ces rsolutions1 et si ces rsolutions dp5d5t de l'exactitude des rcits1 c'e/ donc une affaire importante que la disposition d'esprit propre les bi5 jug]2 et trois alt]natives se prs5t5t dans cette opration3 t\t croire1 ne ri5 croire1 ou croire avec poids et mesure4 ,entre ces trois p>tis1 *acun *oisit selon son gt1 je devrais dire selon ses habitudes et son tempram5t1 c> le tempram5t g\v]ne la f\le des hommes plus qu'ils ne s'en ap]oiv5t eux-mmes4 ,quelques-uns1 mais en trs-petit nombre1 arriv5t =ce d'ab/raction d\t] mme du rapport de leurs s5s2 et tel fut1 dit-on1 ,pyrrhon1 dont la clbrit en ce g5re d'erreur a s]vi la dsign] s\s le nom de ,pyrrhonisme4 ,mais si ,pyrrhon1 qui d\tait de son exi/5ce au po9t de se voir subm]g] sans plir1 et qui reg>dait la mort et la vie comme si gales et si quivoques1 qu'il ne se tuait pas1 disait-il1 faute de p\voir *oisir2 si1 dis-je1 ,pyrrhon a reu des ,grecs le nom de philosophe1 il reoit des philosophes celui d'ins5s1 et des mdec9s celui de malade3 la sa9e mdec9e appr5d en effet que cette apa?ie et ce trav]s d'esprit sont le produit physique d'un g5re n]veux obtus ou u1 soit p> les excs d'une vie trop contemplative1 dnue de s5sations1 soit p> les excs de t\tes les passions1 qui ne laiss5t que la c5dre d'une s5sibilit consume4 ,si d\t] de t\t e/ la maladie *ronique1 r>e et seulem5t ridicule1 des tempram5ts et des esprits faibles2 p> inv]se1 ne d\t] de ri5 e/ une maladie beauc\p plus dang]euse en ce qu'elle e/ du g5re des fivres ard5tes1 propres aux tempram5ts n]giques *ez qui1 acqurant p> l'exemple une int5sit contagieuse1 elle f9it p> excit] les convulsions de l'en?\siasme et la frnsie du fanatisme4 ,telles sont les priodes du progrs de cette maladie de l'esprit1 drivant de la nature1 et de celle du cur huma91 qu'une op9ion ayant d'abord t admise p> p>esse1 p> nglig5ce de l'exam9]1 l'on s'y atta*e1 l'on s'en ti5t c]ta9 p> habitude2 on la df5d p> am\r-propre1 p> op9itret2 et de l'a df5se passant l'attaque1 bi5tt l'on veut impos] sa croyance p> cette e/ime de soi appele orgueil1 et p> ce dsir de dom9ation qui1 dans l'ex]cice du p\voir1 ap]oit le libre cont5tem5t de t\tes ses passions4 ,il y a cette rem>que s+ulire faire sur le fanatisme et le pyrrhonisme1 qu'tant l'un et l'autre deux t]mes extrmes1 diamtralem5t opposs1 ils ont nanmo9s une s\rce commune1 l'ignorance2 avec cette seule diffr5ce que le pyrrhonisme e/ l'ignorance faible qui ne juge jamais2 et que le fanatisme e/ l'ignorance robu/e qui juge t\j\rs1 qui a t\t jug4 ,entre ces excs il e/ un t]me moy51 celui d'asseoir son jugem5t lorsqu'on a pes et exam9 les raisons qui le dt]m95t2 de le t5ir en susp5s tant qu'il n'y a pas de motif suffisant le pos]1 et de mesur] son degr de croyance et de c]titude sur les degrs de preuves et d'vid5ce1 dont *aque fait e/ accompagn4 ,si c'e/ l ce qu'on nomme scepticisme1 selon la valeur du mot qui signifie exam9]1 tt] aut\r d'un objet avec dfiance1 et si l'on me dem&e1 comme l'a fait un de v\s dans notre d]nire confr5ce1 si mon desse9 e/ de v\s conduire au scepticisme1 je dirai d'abord qu'en v\s prs5tant mes rflexions1 je ne pr*e pas une doctr9e2 mais que1 si j'avais en pr*] une1 ce s]ait la doctr9e du d\te tel que je le pe9s1 et je croirais s]vir en ce po9t1 comme en t\t autre1 la cause runie de la lib]t et de la philosophie1 puisque le c>actre spcial de la philosophie e/ de laiss] *acun la facult de jug] selon la mesure de sa s5sation et de sa conviction2 je pr*]ais le d\te exam9ateur1 p>ce que l'hi/oire entire m'a appris que la c]titude e/ la doctr9e de l'erreur ou du m5songe1 et l'arme con/ante de la tyrannie4 ,le plus clbre des impo/eurs et le plus audacieux des tyrans1 a comm5c son livre p> ces mots3 ,il n'y a po9t de d\te dans ce livre3 il conduit droit celui qui m>*e aveuglm5t1 celui qui reoit sans discussion ma p>ole qui sauve le simple et confond le savant#h2 p> ce seul db l'homme e/ dp\ill du libre usage de sa volont1 de ses s5s2 il e/ dv\ l'esclavage2 mais en rcomp5se1 d'esclave qu'il se fait1 le vrai croyant devi5t m9i/re du prophte1 et recevant de ,mahomet le sabre et le ,qoran1 il devi5t prophte son t\r1 et dit3 ,il n'y a po9t de d\te en ce livre2 y croire1 c'e/--dire1 p5s] comme moi1 ou la mort3 doctr9e commode1 il faut l'av\]1 puisqu'elle disp5se celui qui la pr*e des pe9es de l'tude3 elle a mme cet avantage que1 t&is que l'homme d\leur calcule1 exam9e1 le croyant fanatique excute et agit3 le premi] ap]cevant plusieurs r\tes la fois1 e/ oblig de s'arrt] p\r exam9] o elles le conduis5t2 le second ne voyant que celle qui e/ devant lui1 n'hsite pas4 ,il la suit1 semblable ces animaux op9itres dont on circonscrit la vue p> des cuirs c\sus leurs brides p\r les emp*] de s'c>t] droite ou gau*e et surt\t p\r les emp*] de voir le f\et qui les morigne2 mais malheur au conducteur s'ils vi5n5t se mut9]2 c>1 dans leur fureur dja demi-aveugles1 ils p\ss5t t\j\rs devant eux1 et f9iss5t p> le jet] avec eux dans les prcipices4 ,tel e/1 messieurs1 le sort que prp>e la c]titude prsomptueuse l'ignorance crdule2 p> inv]se1 l'avantage qui rsulte du d\te circonspect et obs]vateur e/ tel1 que rs]vant t\j\rs dans l'esprit une place p\r de n\velles preuves1 il le ti5t sans cesse dispos r$ress] un premi] jugem5t1 en confess] l'erreur4 ,de manire que si1 comme il faut s'y att5dre1 soit dans cette matire1 soit dans t\te autre1 je v5ais en nonc] quelqu'une1 les pr9cipes que je pr(esse me laiss]ai5t la ress\rce1 ou me donn]ai5t le c\rage de dire avec le philosophe anci53 ,je suis homme1 et ri5 de l'homme ne m'e/ trang]4 ,la pro*a9e sance tant de/9e une confr5ce1 je v\s invite1 messieurs1 re*]*] et rassembl] les meilleures obs]vations qui ont t faites sur le sujet que j'ai trait auj\rd'hui3 malheureusem5t p>ses dans une f\le de livres1 elle y sont noyes de que/ions futiles ou p>adoxales4 ,presque t\s les auteurs qui ont trait de la c]titude hi/orique1 en ont trait avec cette p>tialit de prjugs dont je v\s ai p>l2 et ils ont exagr cette c]titude1 et son importance1 p>ce que c'e/ sur elle que presque t\s les sy/mes religieux ont eu l'imprud5ce de fond] les que/ions de dogme1 au lieu de les fond] sur des faits naturels1 capables de procur] l'vid5ce2 il s]ait dsir] que quelqu'un traitt de n\veau et m?odiquem5t ce sujet1 il r5drait un vritable s]vice non-seulem5t aux lettres1 mais encore aux sci5ces morales et politiques4 ,,quatri,,me ,s,,ance4 ,rsum du sujet prcd5t4--,quelle utilit peut-on retir] de l'hi/oire8--,division de cette utilit en trois g5res3 #a utilit des bons exemples1 trop comp5se p> les mauvais2 #b transmission des objets d'arts et de sci5ces2 #c rsultats politiques des effets des lois1 et de la nature des g\v]nem5ts sur le sort des peuples4444--,l'hi/oire ne convi5t qu' trs-peu de p]sonnes s\s ce d]ni] rapport2 elle ne convi5t la jeunesse1 et la plup>t des classes de la socit1 que s\s le premi]4--,les romans bi5 faits sont prfrables4 ,jusqu'ici n\s n\s sommes occups de la c]titude de l'hi/oire1 et nos re*]*es1 cet g>d1 peuv5t se rsum] dans les propositions suivantes3 #a ,que les faits hi/oriques1 c'e/--dire les faits raconts1 ne n\s p>v5ant que p> l'int]mde des s5s d'autrui1 ne peuv5t avoir ce degr d'vid5ce1 ni n\s procur] cette conviction qui naiss5t du tmoignage de nos propres s5s4 #b ,que si1 comme il e/ vrai1 nos propres s5s peuv5t n\s induire en erreur1 et si leur tmoignage a quelquefois beso9 d'exam51 il s]ait inconsqu5t et att5tatoire notre lib]t1 notre proprit d'op9ions1 d'attribu] aux s5sations d'autrui une autorit plus =te qu'aux ntres4 #c ,que1 p> consqu5t1 les faits hi/oriques ne peuv5t jamais atte9dre aux deux premi]s degrs de notre c]titude1 qui sont la s5sation physique1 et le s\v5ir de cette s5sation2 qu'ils se plac5t seulem5t au troisime degr1 qui e/ celui de l'analogie1 ou comp>aison des s5sations d'autrui aux ntres2 et que l1 leur c]titude se di/ribue en div]ses classes1 dcroissantes selon le plus ou le mo9s de vraisemblance des faits1 selon le nombre et les facults morales des tmo9s1 et selon la di/ance qu'tablit entre le fait et son n>rateur1 le passage d'une ma9 l'autre4 ,les ma?matiques tant p>v5ues s\mettre t\tes ces conditions des rgles prcises1 et en =m] une bran*e p>ticulire de connaissances s\s le nom de calcul des probabilits1 c'e/ elles que n\s remettons le so9 de complt] vos ides sur la "q de la c]titude de l'hi/oire4 ,v5ons ma9t5ant la "q de l'utilit1 et la traitant selon qu'elle e/ pose dans le programme1 considrons quelle utilit sociale et pratique l'on doit se propos]1 soit dans l'tude1 soit dans l'enseignem5t de l'hi/oire4 ,je s5s bi5 que cette manire de prs5t] la "q n'e/ po9t la plus m?odique1 puisqu'elle suppose le fait pr9cipal dja tabli et pr\v2 mais elle e/ la plus conomique de temps1 p> consqu5t1 elle-mme la plus utile1 en ce qu'elle abrge beauc\p la discussion2 c> si je p>vi5s spcifi] le g5re d'utilit que l'on peut retir] de l'hi/oire1 j'aurai pr\v que cette utilit exi/e2 au lieu que1 si j'eusse mis en "q l'exi/5ce de cette utilit1 il et d'abord fallu faire la di/9ction de l'hi/oire1 telle qu'on l'a traite1 ou telle qu'elle p\rrait l'tre2 puis la di/9ction entre tels et tels livres d'hi/oire2 et peut-tre euss-je t emb>rass de pr\v] quelle utilit rsulte de quelques-uns1 mme des plus accrdits1 et des plus influ5ts que l'on et pu me cit]2 et p> l j'eusse donn lieu d'lev] et de s\t5ir une ?se assez piquante savoir si l'hi/oire n'a pas t plus nuisible qu'utile1 n'a pas caus plus de mal que de bi51 soit aux nations1 soit aux p>ticuli]s1 p> les ides fausses1 p> les notions errones1 p> les prjugs de t\te espce qu'elle a transmis et comme consacrs2 et cette ?se aurait eu sur la ntre l'avantage de s'emp>] de nos propres faits1 p\r pr\v] que l'utilit n'a pas mme t le b ni l'objet primitif de l'hi/oire2 que le premi] mobile des traditions grossires1 de qui elle e/ ne1 fut d'une "p dans les raconteurs1 ce beso9 mcanique qu'pr\v5t t\s les hommes de rpt] leurs s5sations1 d'en ret5tir comme un in/rum5t ret5tit de ses sons2 d'en rappel] l'image1 qu& la ralit e/ abs5te ou p]due3 beso9 qui1 p> cette raison1 e/ la passion spciale de la vieillesse qui ne j\it plus1 et con/itue l'unique g5re de conv]sation des g5s qui ne p5s5t po9t2 que1 d'autre "p1 dans les auditeurs1 ce mobile fut la curiosit1 second beso9 aussi naturel que n\s pr\vons de multipli] nos s5sations2 de suppler p> des images aux ralits3 beso9 qui fait de t\te n>ration un spectacle1 si j'ose le dire1 de lant]ne magique1 p\r lequel les hommes les plus raisonnables n'ont pas mo9s de gt que les enfants2 cette ?se n\s rappell]ait que les premi]s tableaux de l'hi/oire1 composs sans art et sans gt1 ont t recueillis sans disc]nem5t et sans b2 qu'elle ne fut d'abord qu'un ramas confus d'vnem5ts incohr5ts et surt\t m]veilleux1 p>-l mme excitant davantage l'att5tion2 que ce ne fut qu'aprs avoir t fixs p> l'criture1 et tre dj dev5us nombreux1 que les faits1 plus exacts et plus naturels1 donnr5t lieu des rflexions et des comp>aisons1 dont les rsultats fur5t applicables des situations ressemblantes2 et qu'enf9 ce n'e/ que dans des temps mod]nes1 et presque seulem5t depuis un sicle1 que l'hi/oire a pris ce c>actre de philosophie1 qui1 dans la srie des vnem5ts1 *]*e un ordre gnalogique de causes et d'effets1 p\r en dduire une ?orie de rgles et de pr9cipes propres dirig] les p>ticuli]s et les peuples v]s le b de leur cons]vation ou de leur p]fection4 ,mais1 en ouvrant la c>rire de semblables que/ions1 j'aurais cra9t de trop donn] lieu envisag] l'hi/oire s\s le rapport de ses inconvni5ts et de ses dfauts2 et puisqu'une critique trop appr(ondie peut quelquefois tre prise p\r de la satire2 puisque l'in/ruction a un c>actre si sa9t1 qu'elle ne doit pas se p]mettre mme les jeux du p>adoxe1 j'ai d en c>t] jusqu'aux app>5ces1 et j'ai d me born] la considration d'une utilit dja exi/ante1 ou du mo9s d'une utilit possible tr\v]4 ,je dis donc qu'en tudiant l'hi/oire avec l'int5tion et le dsir d'en retir] une utilit pratique1 il m'a p>u en voir natre trois espces3 ,l'une applicable aux individus1 et je la nomme utilit morale2 ,l'autre applicable aux sci5ces et aux arts1 je l'appelle utilit sci5tifique2 ,la troisime1 applicable aux peuples et leurs g\v]nem5ts1 je l'appelle utilit politique4 ,en effet1 si l'on analyse les faits dont se compose l'hi/oire1 on les voit se divis]1 comme d'eux-mmes1 en trois classes3 l'une de faits individuels1 ou actions des p>ticuli]s2 l'autre de faits publics1 ou d'ordre social et de g\v]nem5t2 et la troisime de faits d'arts et de sci5ces1 ou d'oprations de l'esprit4 ,relativem5t la premire classe1 *acun a pu rem>qu] que1 lorsque l'on se livre la lecture de l'hi/oire1 et que l'on y *]*e1 soit l'amusem5t qui nat de la v>it mobile des tableaux2 soit les connaissances qui naiss5t de l'expri5ce des temps antrieurs1 il arrive con/amm5t que l'on se fait l'application des actions individuelles qui sont racontes2 que l'on s'id5tifie en quelque sorte aux p]sonnages1 et que l'on ex]ce son jugem5t ou sa s5sibilit sur t\t ce qui leur arrive1 p\r en dduire des consqu5ces qui influ5t sur notre propre conduite4 ,a9si1 en lisant les faits de la ,grce et de l',italie1 il n'e/ po9t de lecteur qui n'atta*e un intrt p>ticuli] c]ta9s hommes qui y figur5t2 qui ne suive avec att5tion la vie prive ou publique d',ari/ide ou de ,?mi/ocle1 de ,socrate ou d',alcibiade1 de ,scipion ou de ,catil9a1 de ,cicron ou de ,cs>1 et qui1 de la comp>aison de leur conduite et de leur de/9e1 ne retire des rflexions1 des prceptes qui influ5t sur ses propres actions2 et ce g5re d'influ5ce1 et si j'ose le dire1 de prceptorat de l'hi/oire1 a surt\t lieu dans la p>tie appele biographique1 ou description de la vie des hommes1 soit publics1 soit p>ticuli]s1 dont ,plut>que et ,cornelius ,nepos n\s (fr5t des exemples dans leurs ,hommes illu/res2 mais il faut conv5ir que1 dans cette p>tie1 l'hi/oire e/ s\mise plus d'une difficult1 et que d'abord on peut l'accus] de se rappro*] s\v5t du roman2 c> on s5t que ri5 n'e/ plus difficile que de con/at] avec c]titude et de retrac] avec vrit les actions et le c>actre d'un homme quelconque4 ,p\r obt5ir cet effet1 il faudrait l'avoir habituellem5t suivi1 tudi1 connu1 mme avoir t li assez intimem5t avec lui2 et dans t\te liaison1 l'on sait combi5 il e/ difficile qu'il ne soit pas surv5u1 qu'il ne se soit pas ml des passions d'amiti ou de ha9e1 qui ds lors altr5t l'imp>tialit2 aussi1 les ouvrages de ce g5re ne sont-ils presque jamais que des pangyriques ou des satires2 et cette ass]tion tr\v]ait au beso9 ses preuves et son appui dans bi5 des mmoires de nos j\rs1 dont n\s p\vons p>l] comme tmo9s bi5 in=ms sur plusieurs articles4 ,en gnral1 les hi/oires individuelles ne saurai5t avoir d'exactitude et de vrit qu'autant qu'un homme crirait lui-mme sa vie1 et l'crirait avec consci5ce et fidlit4 ,or1 si l'on considre les conditions ncessaires cet effet1 on les tr\ve difficiles runir1 et presque contradictoires2 c> si c'e/ un homme immoral et m*ant1 comm5t cons5tira-t-il publi] sa honte1 et quel motif aura-t-on de lui croire la probit qu'exige cet acte8 ,si c'e/ un homme trs-v]tueux1 comm5t s'expos]a-t-il aux inculpations d'orgueil et de m5songe que ne manqu]ont pas de lui adress] le vice et l'envie8 ,si l'on a des faiblesses vulgaires1 ces faiblesses n'exclu5t-elles pas le c\rage ncessaire les rvl]8 ,qu& on *]*e t\s les motifs que les hommes peuv5t avoir de publi] leur vie1 on les voit se rduire1 ou l'am\r-propre bless qui df5d l'exi/5ce physique ou morale contre les attaques de la malveillance et de la calomnie3 et ce cas e/ le plus lgitime et le plus raisonnable3 ou l'am\r-propre ambitieux de gloire et de considration1 qui veut manife/] les titres auxquels il en e/ ou s'en croit digne4 ,telle e/ la puissance de ce s5tim5t de vanit1 que1 se repliant s\s t\tes les =mes1 il se ca*e mme s\s ces actes d'humilit religieuse et cnobitique1 o l'aveu des erreurs passes e/ l'loge indirect et tacite de la sagesse prs5te1 et o l'ef=t que suppose cet aveu devi5t un moy5 ncessaire et intressant d'obt5ir p>don1 grace ou rcomp5se1 a9si que n\s en voyons un exemple saillant dans les confessions de l'vque ,augu/93 il tait rs]v notre sicle de n\s en montr] un autre o l'am\r-propre s'immol]ait lui-mme1 uniquem5t p> l'orgueil d'excut] une entreprise qui n'eut jamais de modle2 de montr] ses semblables un homme qui ne ressemble aucun d'eux1 et qui1 tant unique en son g5re1 se dit p\rtant l'homme de la nature#i2 comme si le sort et v\lu qu'une vie passe dans le p>adoxe1 se t]m9t p> l'ide contradictoire d'arriv] l'admiration1 et presqu'au culte#aj1 p> le tableau d'une suite cont9ue d'illusions d'esprit et d'g>em5ts de cur4 ,ceci n\s mne une seconde considration de notre sujet1 qui e/ qu'en admettant la vracit dans de tels rcits1 il s]ait possible que p>-l mme l'hi/oire ft infrieure en utilit au roman2 et ce cas arriv]ait1 si des av5tures vritables (frai5t le spectacle immoral de la v]tu plus malheureuse que le vice1 puisque l'on n'e/ime dans les av5tures supposes1 que l'art qui prs5te le vice comme plus loign du bonheur que la v]tu2 si donc il exi/ait un livre ou un homme reg>d comme v]tueux1 et presque rig en patron de secte1 se ft pe9t comme trs-malheureux2 si cet homme1 confessant sa vie1 citait de lui un gr& nombre de traits d'avilissem5t1 d'infidlit1 d'+ratitude2 s'il n\s donnait de lui l'ide d'un c>actre *agr91 orgueilleux1 jal\x2 si1 non cont5t de relev] ses fautes1 qui lui app>ti5n5t1 il relevait celles d'autrui1 qui ne lui app>ti5n5t pas2 si cet homme1 d'ailleurs d\ de tal5t comme orateur et comme criva91 avait acquis une autorit comme philosophe2 s'il n'avait u de l'un et de l'autre que p\r pangyris] l'ignorance1 dtract] l'tat social1 ram5] les hommes la vie sauvage2 et si une doctr9e r5\vele d',om>#aa s'tait masque de son nom et de ses pr9cipes p\r pr*] l'inutilit des sci5ces et des arts1 p\r proscrire t\t tal5t1 t\te ri*esse1 et p> consqu5t t\t travail qui les cre1 peut-tre s]ait-il difficile dans cette trop vridique hi/oire1 de tr\v] un co9 d'utilit2 peut-tre convi5drait-on que c'e/ appr5dre trop haut prix1 que dans un individu organis d'une c]ta9e manire1 la s5sibilit p\sse l'excs peut dgnr] en alination d'esprit#ab1 et l'on regrett]ait sans d\te que l'auteur d'mile1 aprs avoir tant p>l de la nature1 n'ait pas imit sa sagesse1 qui1 montrant au dehors t\tes les =mes qui flatt5t nos s5s1 a ca* dans nos entrailles1 et c\v]t de voiles pais t\t ce qui m5aait de *oqu] notre dlicatesse4 ,ma conclusion sur cet article e/ que l'utilit morale que l'on peut retir] de l'hi/oire n'e/ po9t une utilit spontane qui s'(fre d'elle-mme2 mais qu'elle e/ le produit d'un art s\mis des pr9cipes et des rgles dont n\s trait]ons l'occasion des coles primaires4 ,le second g5re d'utilit1 celui qui e/ relatif aux sci5ces et aux arts1 a une sphre beauc\p plus v>ie1 beauc\p plus t5due1 et sujette bi5 mo9s d'inconvni5ts que celui dont n\s v5ons de p>l]4 ,l'hi/oire1 tudie s\s ce po9t de vue1 e/ une m9e fconde o *aque p>ticuli] peut *]*] et pr5dre son gr des matriaux conv5ables la sci5ce1 ou l'art qu'il affectionne1 qu'il cultive ou veut cultiv]3 les re*]*es de ce g5re ont le prcieux avantage de jet] t\j\rs une vritable lumire sur l'objet que l'on traite1 soit p> la confrontation des div]s procds ou m?odes1 employs des poques diffr5tes *ez des peuples div]s2 soit p> la vue des erreurs commises1 et p> la contradiction mme des expri5ces1 qu'il e/ t\j\rs possible de rpt]2 soit enf9 p> la seule connaissance de la m>*e qu'a suivie l'esprit huma91 tant dans l'inv5tion que dans les progrs de l'art ou de la sci5ce2 m>*e qui indique p> analogie celle suivre p\r les p]fectionn]4 ,c'e/ de telles re*]*es que n\s devons des dc\v]tes nombreuses1 tantt n\velles1 tantt seulem5t r5\veles1 mais qui mrit5t t\j\rs leurs auteurs des rem]cm5ts3 c'e/ p> elles que la mdec9e n\s a procur des m?odes1 des remdes2 la *irurgie1 des in/rum5ts2 la mcanique1 des outils1 des ma*9es2 l'ar*itecture1 des dcorations1 des ameublem5ts4 ,il s]ait dsir] que ce d]ni] art s'occupt d'un g5re de con/ruction dev5u le beso9 le plus pressant de notre situation1 la con/ruction des salles d'assembles1 soit dlibrantes1 soit pr(essantes4 ,novices cet g>d1 n\s n'avons encore obt5u depuis c9q ans que les essais les plus imp>faits1 que les ttonnem5ts les plus vicieux2 je n'ent5ds pas nanmo9s y compr5dre le vaisseau o n\s sommes rassembls#ac1 qui1 quoique trop petit p\r n\s1 qui il ne fut po9t de/91 remplit trs-bi5 d'ailleurs le b de son in/itution2 mais je dsigne ces salles o l'on voit l'ignorance de t\tes les rgles de l'art2 o le local n'a aucune proportion avec le nombre des dlibrants qu'il doit cont5ir2 o ces dlibrants sont dissm9s sur une va/e surface1 qu& t\t invite1 qu& t\t impose la loi de les ress]r] dans le plus petit espace2 o les lois de l'ac\/ique sont tellem5t mconnues1 que l'on a donn aux vaisseaux des =mes c>res et b>longues1 qu& la =me circulaire se prs5tait comme la plus simple et la seule propre aux effets d'audition dem&s2 o1 p> ce d\ble vice de trop d't5due et de figure c>re1 il faut des voix de ,/5tor p\r tre ent5du1 et p> consqu5t o t\te voix faible e/ exclue de fait1 e/ prive de son droit de conseil et d'influ5ce2 encore qu'une voix faible et une poitr9e frle soi5t s\v5t les rsultats de l'tude et de l'application1 et p> suite les signes prsums de l'in/ruction2 t&is qu'une voix trop clatante1 et de =ts p\mons1 sont ord9airem5t l'indice d'un tempram5t puissant1 qui ne s'accommode gure de la vie sd5taire du cab9et1 et qui invite1 ou plutt qui entrane malgr soi cultiv] ses passions plutt que sa raison3 j'ent5ds ces salles enf9 o1 p> la ncessit de faire du bruit p\r tre ent5du1 l'on provoque le bruit qui emp*e d'ent5dre2 de manire que p> une srie de consqu5ces troitem5t lies1 la con/ruction du vaisseau favorisant et mme ncessitant le tumulte1 et le tumulte emp*ant la rgul>it et le calme de la dlibration1 il arrive que les lois qui dp5d5t de cette dlibration1 et que le sort d'un peuple qui dp5d de ces lois1 dp5d5t rellem5t de la disposition physique d'une salle4 ,il e/ donc d'une vritable importance de s'occup] activem5t de re*]*es cet g>d1 et n\s avons t\t gagn]1 en consultant1 sur cette matire1 l'hi/oire et les monum5ts de la ,grce et de l',italie2 n\s appr5drons de leurs anci5s peuples1 qui avai5t une expri5ce longue et multiplie des gr&es assembles1 sur quels pr9cipes tai5t btis ces cirques et ces amphi?tres1 dans lesquels #ej1jjj ames ent5dai5t commodm5t la voix d'un acteur1 a9si que l'emp]eur ,joseph ,,ii en fit l'preuve1 il y a quelques annes1 dans l'amphi?tre1 re/aur de ,vrone4 ,n\s connatrons l'usage de ces conques qu'ils pratiquai5t dans c]ta9es p>ties des murailles2 de ces vases d'aira9 qui gonflai5t les sons dans l'imm5se cirque de ,c>acalla2 de ces bass9s fond de cuve1 soit en mtal1 soit en brique1 dont le mod]ne opra de ,rome a fait un usage si heureux1 que dans une salle plus gr&e qu'aucune des ntres1 un or*e/re de onze in/rum5ts seulem5t1 produit autant d'effet que nos c9quante in/rum5ts de l',opra2 n\s imit]ons ces vomitoires qui facilit5t l'entre et la sortie individuelles1 et mme l'vacuation totale du vaisseau1 sans bruit et sans confusion2 enf9 n\s p\rrons re*]*] t\t ce que l'art des anci5s a imag9 en ce g5re1 p\r en faire des applications immdiates1 ou des modifications heureuses#ad4 ,le troisime g5re d'utilit que l'on peut retir] de l'hi/oire1 celui que j'appelle d'utilit politique ou sociale1 consi/ recueillir et mdit] t\s les faits relatifs l'organisation des socits1 au mcanisme des g\v]nem5ts1 p\r en induire des rsultats gnraux ou p>ticuli]s1 propres s]vir de t]mes de comp>aison1 et de rgles de conduite en des cas analogues ou semblables2 s\s ce rapport1 l'hi/oire1 prise dans son univ]salit1 e/ un imm5se recueil d'expri5ces morales et sociales1 que le g5re huma9 fait involontairem5t et trs-disp5dieusem5t sur lui-mme2 dans lesquelles *aque peuple1 (frant des comb9aisons v>ies d'vnem5ts1 de passions1 de causes et d'effets1 dveloppe1 aux yeux de l'obs]vateur att5tif1 t\s les ressorts et t\t le mcanisme de la nature huma9e3 de manire que si l'on avait un tableau exact du jeu rciproque de t\tes les p>ties de *aque ma*9e sociale1 c'e/--dire1 des habitudes1 des murs1 des op9ions1 des lois1 du rgime intrieur et extrieur de *aque nation1 il s]ait possible d'tablir une ?orie gnrale de l'art de compos] ces ma*9es morales1 et de pos] des pr9cipes fixes et dt]m9s de lgislation1 d'conomie politique1 et de g\v]nem5t4 ,il n'e/ pas beso9 de faire s5tir t\te l'utilit d'un p>eil travail4 ,malheureusem5t il e/ s\mis beauc\p de difficults2 d'abord1 p>ce que la plup>t des hi/oires1 surt\t les anci5nes1 n'(fr5t que des matriaux incomplets ou vicieux2 ensuite1 p>ce que l'usage que l'on peut en faire1 les raisonnem5ts dont ils sont le sujet1 ne sont ju/es qu'autant que les faits sont reprs5ts exactem5t2 et n\s avons vu combi5 l'exactitude et la prcision sont p9euses obt5ir1 surt\t dans les faits privs et prlim9aires3 or1 il e/ rem>quable que dans l'hi/oire1 ce ne sont pas tant les faits majeurs et m>quants qui sont in/ructifs1 que les faits accessoires1 et que les circon/ances qui les ont prp>s ou produits2 c> ce n'e/ qu'en connaissant ces circon/ances prp>atoires1 que l'on peut p>v5ir vit] ou obt5ir de semblables rsultats3 a9si dans une bataille1 ce n'e/ pas son issue qui e/ in/ructive1 ce sont les div]s m\vem5ts qui en ont dcid le sort1 et qui1 quoique mo9s saillants1 sont p\rtant les causes1 t&is que l'vnem5t n'e/ que l'effet#ae4 ,telle e/ l'importance de ces notions de dtail1 que1 sans elles1 le t]me de comp>aison se tr\ve vicieux1 n'a plus d'analogie avec l'objet auquel on veut en faire l'application2 et cette faute1 si grave dans ses consqu5ces1 e/ p\rtant habituelle et presque gnrale en hi/oire3 on accepte des faits sans discussion2 on les comb9e sans rapports c]ta9s2 on dresse des hypo?ses qui manqu5t de fondem5t2 on en fait les applications qui manqu5t de ju/esse2 et de l1 des erreurs d'adm9i/ration et de g\v]nem5t1 faussem5t imitatives1 qui entran5t quelquefois les plus gr&s malheurs4 ,c'e/ donc un art et un art pr(ond1 que d'tudi] l'hi/oire s\s ce gr& po9t de vue2 et si1 comme il e/ vrai1 l'utilit qui en peut rsult] e/ du g5re le plus va/e1 l'art qui la procure e/ du g5re le plus lev2 c'e/ la p>tie transc5dante1 et1 s'il m'e/ p]mis de le dire1 ce sont les hautes ma?matiques de l'hi/oire4 ,ces div]ses considrations1 lo9 de faire digression mon sujet1 m'ont au contraire prp> une solution facile de la plup>t des que/ions qui y sont relatives4 ,dem&e-t-on si l'enseignem5t de l'hi/oire peut s'appliqu] aux coles primaires3 il e/ bi5 vid5t que ces coles tant composes d'enfants1 dont l'intellig5ce n'e/ po9t encore dveloppe1 qui n'ont aucune ide1 aucun moy5 de jug] des faits de l'ordre social1 ce g5re de connaissances ne leur convi5t po9t2 qu'il n'e/ propre qu' leur donn] des prjugs1 des ides fausses et errones1 qu' en faire des babill>ds et des p]roquets1 a9si que l'a pr\v1 depuis deux sicles1 le sy/me vicieux de l'ducation dans t\te l',europe4 ,qu'ent5dions-n\s dans notre jeunesse cette ,hi/oire de ,tite-,live1 ou de ,sallu/e1 ces ,comm5taires de ,cs>1 ces ,annales de ,tacite que l'on n\s =ait d'expliqu]8 ,quel fruit1 quelle leon en avons-n\s tirs8 ,d'habiles in/ituteurs avai5t si bi5 s5ti ce vice1 que malgr leur dsir d'introduire dans l'ducation la lecture des livres hbreux1 ils n'osr5t jamais le t5t]1 et fur5t obligs de leur donn] la =me du roman connu s\s le nom d',hi/oire du peuple de ,dieu2 d'ailleurs1 si la majeure p>tie des enfants des coles primaires e/ de/9e la pratique des arts et mti]s1 qui absorb]ont t\t leur temps p\r f\rnir leur subsi/ance1 p\rquoi leur donn] des notions qu'ils ne p\rront cultiv]1 qu'il leur s]a indisp5sable d'oubli]1 et qui ne leur laiss]ont qu'une prt5tion de faux savoir1 pire que l'ignorance8 ,les coles primaires rejett5t donc l'hi/oire s\s son gr& rapport politique2 elles l'admettrai5t davantage s\s le rapport des arts1 p>ce qu'il en e/ plusieurs qui se rappro*5t de l'intellig5ce du jeune ge1 et que le tableau de leur orig9e et de leur progrs p\rrait leur ins9u] l'esprit d'analyse2 mais il faudrait compos] en ce g5re des ouvrages exprs1 et le fruit que l'on en obti5drait1 n'en vaudrait peut-tre ni le so9 ni les frais4 ,le seul g5re d'hi/oire qui me p>aisse conv5ir aux enfans1 e/ le g5re biographique1 ou celui des vies d'hommes privs ou publics2 l'expri5ce a pr\v que cette sorte de lecture1 pratique dans les veilles1 au se9 des familles1 produisait un effet puissant sur ces jeunes c]veaux1 et excitait en eux ce dsir d'imitation1 qui e/ un attribut physique de notre nature1 et qui dt]m9e le plus nos actions4 ,ce sont s\v5t des traits reu dans de telles lectures1 qui ont dcid de la vocation et des p5*ants de t\te la vie2 et ces traits sont d'autant plus efficaces qu'ils sont mo9s prp>s p> l'art1 et que l'enfant1 qui fait une rflexion et porte un jugem5t1 a plus le s5tim5t de sa lib]t1 en ne se croyant ni dom9 ni influ5c p> une autorit suprieure4 ,nos anci5s l'avai5t bi5 s5ti1 lorsque1 p\r accrdit] leurs op9ions dogmatiques1 ils imag9r5t ce g5re d'ouvrage que l'on appelle ,vie des ,sa9ts4 ,il ne faut pas croire que t\tes ces compositions soi5t dp\rvues de mrite et de tal5t2 plusieurs sont faites avec beauc\p d'art1 et une gr&e connaissance du cur huma93 et la preuve en e/ qu'elles ont frquemm5t rempli leur objet1 celui d'imprim] aux ames un m\vem5t dans le s5s et la direction qu'elles avai5t en vue4 ,a mesure que les esprits se sont dgags des ides du g5re religieux1 on a pass aux ouvrages du g5re philosophique et politique2 et les ,hommes illu/res de ,plut>que et de ,cornelius ,nepos ont obt5u la prfr5ce sur les ,m>tyrs et les ,sa9ts ,pres du ds]t3 et du mo9s ne p\rra-t-on ni] que ces modles1 quoique dits pr(anes1 ne soi5t plus l'usage des hommes vivant en socit1 mais encore ont-ils l'inconvni5t de n\s loign] de nos murs1 et de donn] lieu des comp>aisons vicieuses1 et capables d'induire en de graves erreurs4 ,il faudrait que ces modles fuss5t pris *ez n\s1 dans nos murs1 et s'ils n'exi/ai5t pas il faudrait les crer2 c> c'e/ surt\t ici le cas d'appliqu] le pr9cipe que j'ai avanc1 que le roman peut tre suprieur l'hi/oire en utilit4 ,il e/ dsir] que le g\v]nem5t enc\rage des livres lm5taires de ce g5re2 et comme ils app>ti5n5t mo9s l'hi/oire qu' la morale1 je me born]ai rappel] leurs compositeurs deux prceptes fondam5taux de l'art1 dont ils ne doiv5t po9t s'c>t]3 concision et cl>t4 ,la multitude des mots fatigue les enfants1 les r5d babill>ds2 les traits concis les frapp5t1 les r5d5t p5seurs2 et ce sont mo9s les rflexions qu'on leur fait1 que celles qu'ils se font1 qui leur pr(it5t4 ,,c9qui,,me ,s,,ance4 ,de l'art de lire l'hi/oire2 cet art n'e/ po9t la porte des enfants3 l'hi/oire1 sans enseignem5t1 leur e/ plus dang]euse qu'utile4--,de l'art d'enseign] l'hi/oire4--,vues de l'auteur sur un c\rs d'tudes de l'hi/oire4--,de l'art d'crire l'hi/oire4--,exam5 des prceptes de ,luci5 et de ,mably4 ,n\s avons vu que les faits hi/oriques f\rniss5t matire trois g5res d'utilit3 l'une relative aux p>ticuli]s1 l'autre relative aux g\v]nem5ts et aux socits1 et la troisime applicable aux sci5ces et aux arts4 ,mais1 p>ce que cette utilit quelconque ne s'(fre po9t d'elle-mme1 ni sans le mlange d'inconvni5ts et de difficults2 p>ce que1 p\r tre recueillie1 elle exige des prcautions et un art p>ticuli]2 n\s avons comm5c l'exam5 des pr9cipes et des rgles de cet art1 et n\s allons cont9u] auj\rd'hui de les dvelopp] en les divisant en deux bran*es3 art d'tudi] l'hi/oire2 art de compos] et d'crire l'hi/oire4 ,j'ai dja indiqu que1 s\s aucun rapport1 l'tude de l'hi/oire ne me p>aissait conv5ir aux enfants1 p>ce que les faits dont elle se compose exig5t une expri5ce dja acquise1 et une maturit de jugem5t incompatible avec leur ge2 que p> consqu5t elle devait tre bannie des coles primaires1 avec d'autant plus de raison que la trs-gr&e majorit des citoy5s y e/ de/9e aux mti]s et aux arts1 dont ils doiv5t tir] leur subsi/ance1 et dont la pratique1 absorbant t\t leur temps1 leur f]a oubli]1 et leur1 r5dra absolum5t inutile t\te notion purem5t savante et spculative2 j'aj\te1 qu'obligs de croire sur p>ole et sur autorit magi/rale1 ils y p\rrai5t contract] des erreurs et des prjugs1 dont l'influ5ce s't5drait sur t\te leur vie4 ,il ne s'agit pas de savoir beauc\p1 mais de savoir bi52 c> le demi-savoir e/ un savoir faux1 c5t fois pire que l'ignorance4 ,ce qu'on peut se p]mettre d'hi/oire avec les enfants1 et j't5ds ce nom t\s les hommes simples et sans in/ruction1 doit se rduire la morale1 c'e/--dire aux prceptes de conduite leur usage2 et p>ce que ces prceptes1 tirs des faits et des exemples1 devi5n5t plus saillants1 l'on peut se p]mettre d'employ] des anecdotes et des rcits d'actions v]tueuses1 surt\t si l'on en use sobrem5t2 c> l'abondance e/ indige/e2 et1 p\r le dire en passant1 un vice majeur de l'ducation franaise1 e/ de v\loir trop dire et trop faire4 ,on appr5d aux hommes p>l]2 on devrait leur appr5dre se taire3 la p>ole dissipe la p5se1 la mditation l'accumule2 le p>lage n de l't\rd]ie eng5dre la discorde2 le sil5ce1 enfant de la sagesse1 e/ l'ami de la paix4 ,a?nes loqu5te ne fut qu'un peuple de br\illons2 ,sp>te sil5cieuse fut un peuple d'hommes poss et graves2 et ce fut sans d\te p\r avoir rig le sil5ce en v]tu1 que ,py?agore reut des deux ,grces le titre de sage4 ,au-dessus des coles primaires1 et dans le second degr de l'in/ruction1 l'esprit des jeunes g5s1 plus dvelopp1 devi5t plus capable de recevoir celle qui nat de l'hi/oire4 ,cep5dant1 si v\s v\s rappelez les impressions de notre jeune ge1 v\s v\s ress\vi5drez que1 p5dant long-temps1 la p>tie qui1 dans nos lectures1 excita le plus notre intrt1 qui l'atta*a presque exclusivem5t1 fut celle des combats et des anecdotes militaires4 ,v\s obs]v]ez qu'en lisant l'hi/oire anci5ne1 p> ,roll91 ou l'hi/oire de ,france1 p> ,velly1 n\s glissions rapidem5t1 ou n\s n\s tranions languissamm5t sur les articles de murs1 de lois1 de politique1 p\r arriv] aux siges1 aux batailles1 ou aux av5tures p>ticulires2 et dans ces av5tures et dans les hi/oires p]sonnelles1 n\s prfrions ord9airem5t celles des gu]ri]s gr&s m\vem5ts1 la vie paisible des lgislateurs et des philosophes1 ce qui m'amne deux rflexions3 l'une1 que l'tude de l'hi/oire ne devi5t que trs-t>divem5t utile aux jeunes g5s qui elle (fre peu de po9ts de contact2 l'autre1 que ne les t\*ant que p> le ct moral1 et surt\t p> celui des passions1 il s]ait dang]eux de les y livr] d'eux-mmes et sans guide4 ,l'on ne peut leur mettre en ma9 que des hi/oires prp>es ou *oisies dans une int5tion3 or1 en un tel cas1 e/-ce bi5 l'hi/oire que l'on enseigne8 sont-ce les faits tels qu'ils sont qu'on leur montre1 ou n'e/-ce pas plutt les faits tels qu'on les voit1 tels qu'on les veut faire voir#af8 ,et alors n'e/-ce pas un roman et un mode d'ducation8 ,sans d\te1 et le l'ai dja dit1 ce mode a des avantages1 mais il peut avoir des inconvni5ts2 c>1 de mme que nos anctres du moy5 ge se sont tromps en adoptant une morale qui contr>ie t\s les p5*ants de la nature au lieu de les dirig]1 de mme il e/ cra9dre que l'ge prs5t ne se trompe aussi en en pr5ant une qui ne t5d qu' exalt] les passions au lieu de les modr]2 de manire que1 passant d'un excs l'autre1 d'une crdulit aveugle une incrdulit f>\*e1 d'une apa?ie misan?ropique une cupidit dvorante1 d'une pati5ce s]vile un orgueil oppresseur et insociable1 n\s n'aurions fait que *ang] de fanatisme1 et quittant celui des ,go?s du neuvime sicle1 n\s ret\rn]ions celui des enfants d',od91 les ,francs et les ,celtes1 nos premi]s aeux2 et tels s]ai5t les effets de cette mod]ne doctr9e1 qui ne t5d qu' exalt] les c\rages1 qu' les p\ss] au del du b de df5se et de cons]vation qu'indique la nature2 qui ne pr*e que murs et v]tus gu]rires1 comme si l'ide de la v]tu1 dont l'ess5ce e/ de cons]v]1 p\vait s'alli] l'ide de la gu]re dont ess5ce e/ de dtruire2 qui appelle patriotisme une ha9e f>\*e de t\te autre nation1 comme si l'am\r exclusif des si5s n'tait pas la v]tu spciale des l\ps et des tigres2 comme si dans la socit gnrale du g5re huma9 il y avait une autre ju/ice1 d'autres v]tus p\r les peuples que p\r les individus2 comme si un peuple gu]ri] et conqurant diffrait d'un individu p]turbateur et m*ant1 qui s'emp>e du bi5 de son vois91 p>ce qu'il e/ le plus =t2 une doctr9e enf9 qui ne t5d qu' ram5] l',europe aux sicles et aux murs froces des ,cimbres et des ,teutons2 et cette doctr9e e/ d'autant plus dang]euse que l'esprit de la jeunesse1 ami du m\vem5t et port l'en?\siasme militaire1 adopte avidem5t ses prceptes4 ,in/ituteurs de la nation1 pesez bi5 un fait qui e/ s\s vos yeux3 si v\s1 si la gnration actuelle leve dans des murs d\ces1 et qui1 p\r ho*ets de son enfance1 ne connut que les p\pes et les petites *apelles2 si cette gnration a pris en si peu de temps un tel essor de murs sangu9aires#ag1 que s]a-ce de celle qui s'lve dans la rap9e et le c>nage1 et qui fait les jeux de son bas ge1 des horreurs que n\s inv5tons8 ,encore un pas1 et l'on ressuscit]a p>mi n\s les tranges effets de frnsie que la doctr9e d',od9 produisit jadis en ,europe1 et dont1 au dixime sicle1 l'cole danoise du g\v]neur de ,jomsb\rg (frit un exemple digne d'tre cit2 je le tire de l'un des meilleurs ouvrages de ce sicle1 l'hi/oire de ,danem>ck1 p> le pr(esseur ,mallet4 ,aprs avoir p>l1 dans son introduction1 liv4 #d1 de la passion que les ,sc&9aves1 comme t\s les ,celtes1 avai5t p\r la gu]re2 aprs en avoir montr la cause dans leurs lois1 dans leur ducation et dans leur religion1 il raconte le fait suivant3 ,l'hi/oire n\s appr5d que ,h>ald1 roi de ,danem>ck1 qui vivait dans le milieu du dixime sicle1 avait fond sur la cte de ,pomranie une ville nomme ,jul91 ou ,jomsb\rg2 qu'il y avait envoy une colonie de jeunes ,danois1 et en avait donne le g\v]nem5t un nomm ,palnatocko4 ,ce n\veau ,lycurgue avait fait de sa ville une seconde ,lacdmone2 t\t y tait uniquem5t dirig v]s le b de =m] des soldats2 il avait df5du1 dit l'auteur de l'hi/oire de cette colonie1 d'y prononc] seulem5t le nom de la peur1 mme dans les dang]s les plus imm95ts4 ,jamais un citoy5 de ,jul9 ne devait cd] au nombre1 quelque gr& qu'il ft1 mais se battre intrpidem5t1 sans pr5dre la fuite1 mme devant une multitude trs-suprieure2 la vue d'une mort prs5te n'et pas mme t une excuse p\r lui4 ,il p>at que ce lgislateur p>v9t en effet dtruire dans le plus gr& nombre de ses lves jusqu'au d]ni] re/e de ce s5tim5t si pr(ond et si naturel1 qui n\s fait r$\t] notre de/ruction3 ri5 ne le pr\ve mieux qu'un trait de leur hi/oire qui mrite d'avoir place ici p> sa s+ul>it4 ,quelques-uns d'entre eux1 ayant fait une irruption dans les tats d'un puissant seigneur norvgi51 nomm ,haqu91 fur5t va9cus1 malgr l'op9itret de leur rsi/ance2 et les plus di/+us1 ayant t faits prisonni]s1 les va9queurs les condamnr5t mort1 con=mm5t l'usage du temps2 cette n\velle au lieu de les afflig]1 fut p\r eux un sujet de joie2 le premi] se cont5ta de dire1 sans *ang] de visage1 et sans donn] le mo9dre signe d'effroi3 ,p\rquoi ne m'arriv]ait-il pas la mme *ose qu' mon pre8 il e/ mort1 et je m\rrai4 ,un gu]ri]1 nomm ,tor*ill1 qui leur tran*ait la tte1 ayant dem& au second ce qu'il p5sait1 il rpondit qu'il se s\v5ait trop bi5 des lois de ,jul91 p\r prononc] quelque p>ole qui m>qut la peur4 ,a la mme "q1 le troisime rpondit qu'il se rj\issait de m\rir avec sa gloire1 et qu'il la prfrait une vie infme comme celle de ,tor*ill4 ,le quatrime fit une rponse plus longue et plus s+ulire3 ,je s\ffre1 dit-il1 la mort de bon cur1 et cette heure m'e/ agrable2 je te prie seulem5t1 aj\ta-t-il en s'adressant ,tor*ill1 de me tran*] la tte le plus pre/em5t qu'il s]a possible1 c> c'e/ une "q que n\s avons s\v5t agite ,jul91 de savoir si l'on cons]ve quelque s5tim5t aprs avoir t dcapit2 c'e/ p\rquoi je vais pr5dre ce c\teau d'une ma91 et si1 aprs avoir t dcapit1 je le porte contre toi1 ce s]a une m>que que je n'ai pas entirem5t p]du le s5tim5t2 si je le laisse tomb]1 ce s]a une preuve du contraire2 hte-toi de dcid] cette "q4 ,tor*ill1 aj\te l'hi/ori51 se hta de lui tran*] la tte1 et le c\teau tomba#ah4 ,le c9quime montra la mme tranquillit1 et m\rut en raillant ses ennemis4 ,le sixime recomm&a ,tor*ill de le frapp] au visage3 ,je me ti5drai1 dit-il1 immobile1 tu obs]v]as si je f]me seulem5t les yeux2 c> n\s sommes habitus ,jomsb\rg ne pas remu]1 mme qu& on n\s donne le c\p de la mort2 n\s n\s sommes ex]cs cela les uns les autres4 ,il m\rut en t5ant sa promesse1 et en prs5ce de t\s les spectateurs4 ,le septime tait1 dit l'hi/ori51 un jeune homme d'une gr&e beaut1 et la fleur de l'ge2 sa longue *evelure blonde semblait de soie1 et flottait en b\cls sur ses paules3 ,tor*ill lui ayant dem& s'il r$\tait la mort3 ,je la reois volonti]s1 dit-il1 puisque j'ai rempli le plus gr& devoir de la vie1 et que j'ai vu m\rir t\s ceux qui je ne puis survivre2 je te prie seulem5t qu'aucun esclave ne t\*e mes *eveux1 et que mon sang ne les salisse po9t4 ,ce trait v\s pr\ve quelle e/ l puissance des prceptes de l'ducation1 dans un g5re mme aussi contraire la nature2 et il peut en mme temps pr\v] l'abus qu'il s]ait possible de faire de l'hi/oire1 puisqu'un tel exemple1 il y a plusieurs mois#ai1 n'eut pas manqu de s]vir autoris] le fanatisme2 et tel e/ le dang] qu'en effet je tr\ve l'hi/oire1 d'(frir presque t]nellem5t des scnes de folie1 de vice et de crime1 et p> consqu5t des modles et des enc\ragem5ts aux c>ts les plus mon/rueux4 ,en va9 dira-t-on que les maux qui en rsult5t suffis5t p\r en dt\rn]4 ,il e/ en morale une vrit pr(onde laquelle on ne fait po9t assez d'att5tion2 c'e/ que le spectacle du dsordre et du vice laisse t\j\rs de dang]euses impressions2 qu'il s]t mo9s en dt\rn]1 qu' y acc\tum] p> la vue1 et y enh>dir p> l'excuse que f\rnit l'exemple4 ,c'e/ le mme mcanisme physique qui fait qu'un rcit obscne jette le tr\ble dans l'ame la plus *a/e1 et que le meilleur moy5 de ma9t5ir la v]tu1 c'e/ de ne pas lui prs5t] les images du vice#bj4 ,dans le g5re dont je p>le1 je dirai volonti]s que les meilleurs ouvrages sont les mo9s mauvais1 et que le p>ti le plus sage s]ait d'att5dre que les jeunes g5s euss5t dj un jugem5t eux1 et libre de l'influ5ce magi/rale2 p\r les introduire la lecture de l'hi/oire2 leur esprit neuf1 mais non pas ignorant1 n'en s]ait que plus propre saisir des po9ts de vue n\veaux1 et ne po9t fl*ir devant les prjugs qu'inspire une ducation r\t9ire4 ,si j'avais trac] un plan d'tudes en ce g5re1 aprs avoir requis ces conditions1 voici la m>*e qui me p>atrait la plus conv5able4 ,d'abord1 j'exig]ais que mes lves euss5t des notions prlim9aires dans les sci5ces exactes1 telles que les ma?matiques1 la physique1 l'tat du ciel et du globe t]re/re1 c'e/--dire qu'ils euss5t l'esprit muni de moy5s et de t]mes de comp>aison1 p\r jug] des faits qui leur s]ai5t raconts3 j'ai dit l'tat du ciel et du globe t]re/re1 p>ce que1 sans quelques ides d'a/ronomie1 l'on ne conoit ri5 en gographie1 et que sans un ap]u de gographie1 l'on ne sait o plac] les scnes de l'hi/oire1 qui flott5t dans l'esprit comme les nuages dans l'air4 ,je ne tr\v]ais po9t ncessaire que mes lves euss5t appr(ondi les dtails de ces deux sci5ces3 l'hi/oire les leur f\rnira2 et je ne dem&]ais po9t qu'ils fuss5t exempts de prjugs1 soit en morale1 soit en ides religieuses2 il suffirait qu'ils ne fuss5t entts de ri52 qu'ils euss5t l'esprit ouv]t l'obs]vation2 et je ne d\te pas que le spectacle v>i de t\s les contra/es de l'hi/oire ne r$resst leurs ides en les t5dant4 ,c'e/ p\r ne connatre que soi et les si5s1 qu'on e/ op9itre2 c'e/ p\r n'avoir vu que son clo*]1 qu'on e/ intolrant1 p>ce que l'op9itret et l'intolrance ne sont que les fruits d'un gsme ignorant2 et que qu& on a vu beauc\p d'hommes1 qu& on a comp> beauc\p d'op9ions1 l'on s'ap]oit que *aque homme a son prix1 que *aque op9ion a ses raisons1 et l'on m\sse les angles tran*ants d'une vanit neuve p\r r\l] d\cem5t dans le torr5t de la socit2 ce fruit de sagesse et d'utilit que l'on recueille des voyages1 l'hi/oire le procure aussi2 c> l'hi/oire e/ un voyage qui se fait avec cet agrm5t1 que sans pril ni fatigue1 et sans *ang] de place1 on p>c\rt l'univ]s des temps et des lieux4 ,or1 de mme qu'un voyageur ne comm5ce pas p> s'all] plac] en ballon dans les t]res au/rales1 ni dans les pays inaccessibles et inconnus1 p\r pr5dre de l sa c\rse v]s la t]re habite2 de mme1 si j'en suis cru de mes lves en hi/oire1 ils ne se jett]ont po9t d'abord dans la nuit de l'antiquit ni dans les sicles incomm5surables1 p\r de l tomb]1 sans savoir comm5t1 dans des ges contigus au ntre1 qui n'ont aucune ressemblance avec les premi]s3 ils vit]ont donc t\s ces livres d'hi/oire qui d'un seul bond v\s transport5t l'orig9e du monde1 qui v\s en calcul5t l'poque comme du j\r d'hi]1 et qui v\s dcl>5t que l il n'y a po9t raisonn]1 et que l il faut croire sans conte/]4 ,or1 comme les conte/ations sont une mauvaise *ose1 et que cep5dant le raisonnem5t e/ une b\ssole que l'on ne peut quitt]1 il faut laiss] ces habitants des antipodes dans leur ple au/ral2 et imitant les navigateurs prud5ts1 p>tir d'abord de *ez n\s1 vogu] t]re t]re1 et n'avanc] qu' mesure que le pays n\s devi5t connu4 ,je s]ais donc d'avis que l'on tudit d'abord l'hi/oire du pays o l'on e/ n1 o l'on doit vivre1 et o l'on peut acqurir la preuve matrielle de faits1 et voir les objets de comp>aison4 ,et cep5dant je ne prt5drais pas blm] une m?ode qui comm5c]ait p> un pays trang]1 c> cet aspect d'un ordre de *oses1 de c\tumes1 de murs qui ne sont pas les ntres1 a un effet puissant p\r rompre le c\rs de nos prjugs1 et p\r n\s faire voir n\s-mmes s\s un j\r n\veau1 qui produit en n\s le ds9tressem5t et l'imp>tialit3 l'unique condition que je ti5ne p\r indisp5sable1 e/ que ce soit une hi/oire de temps et de pays bi5 connus1 et possible vrifi]4 ,que ce soit l'hi/oire d',espagne1 d',anglet]re1 de ,turkie ou de ,p]se1 t\t e/ gal1 avec cette seule diffr5ce qu'il p>at que jusqu'ici nos meilleures hi/oires ont t faites sur des pays d',europe1 p>ce que ce sont eux que n\s connaissons le mieux4 ,d'abords nos lves pr5drai5t une ide gnrale d'un pays et d'une nation donns1 dans l'criva9 le plus e/im qui en a trait4 ,p>-l1 ils acqu]rai5t une premire *elle de temps1 laquelle t\t vi5drait1 et t\t devrait se rapport]4 ,s'ils v\lai5t appr(ondir les dtails1 ils aurai5t dja tr\v dans ce premi] ouvrage l'indication des orig9aux1 et ils p\rrai5t les consult] et les compuls]3 ils le devrai5t mme sur les articles o leur auteur aurait tmoign de l'inc]titude et de l'emb>ras4 ,d'une premire nation1 ou d'une premire priode connues1 ils pass]ai5t une vois9e qui les aurait plus intresss1 qui aurait le plus de connexion avec des po9ts ncessaires claircir ou dvelopp]4 ,a9si de pro*e en pro*e1 ils pr5drai5t une connaissance suffisante de l',europe1 de l',asie1 de l',afrique et du ,n\veau-,monde2 c>1 suivant t\j\rs mon pr9cipe de ne procd] que du connu l'inconnu1 et du vois9 l'loign1 je ne v\drais pas qu'ils remontass5t dans les temps reculs1 avant d'avoir une ide complte de l'tat prs5t2 cette ide acquise1 n\s n\s emb>qu]ions p\r l'antiquit1 mais avec prud5ce1 et gagnant d'*elle en *elle1 de peur de n\s p]dre sur une m] prive de rivages et d'toiles arrivs aux conf9s extrmes des temps hi/oriques1 et l tr\vant quelques poques c]ta9es1 n\s n\s y plac]ions comme sur des promontoires1 et n\s t*]ions d'ap]cevoir1 dans l'ocan tnbreux de l'antiquit1 quelques-uns de ces po9t saillants1 qui1 tels que des les1 surnag5t aux flots des vnem5ts4 ,sans quitt] t]re1 n\s essay]ions de connatre p> div]s rapports1 comme p> des triangles1 la di/ance de quelques-uns2 et elle devi5drait p\r n\s une base *ronologique qui s]virait mesur] la di/ance des autres4 ,tant que n\s v]rions de tels po9ts c]ta9s1 et que n\s p\rrions en mesur] l'int]valle1 n\s avanc]ions1 le fil la ma92 mais alors que n\s ne v]rions plus que des br\ill>ds et des nuages1 et que les faiseurs de cosmogonies et de my?ologies vi5drai5t p\r n\s conduire aux pays des prodiges et des fes1 n\s ret\rn]ions sur nos pas2 c> ord9airem5t ces guides impos5t p\r condition de mettre un b&eau sur les yeux1 et alors on ne sait o l'on va2 de plus ils se disput5t entre eux qui v\s aura1 et il faut vit] les qu]elles3 ce s]ait pay] trop *] un peu de sci5ce1 que de l'a*et] au prix de la paix4 ,a la vrit1 mes lves revi5drai5t l'esprit ple9 de d\tes sur la *ronologie des ,assyri5s et des gypti5s2 ils ne s]ai5t pas srs de savoir1 #ajj ans prs1 l'poque de la gu]re de ,troie1 et s]ai5t mme trs-ports d\t]1 et de l'exi/5ce huma9e de t\s les demi-dieux1 et du dluge de ,deucalion1 et du vaisseau des ,argonautes1 et des #aae ans de rgne de ,fohi le ,*9ois1 et de t\s les prodiges indi5s1 *aldens1 arabes1 plus ressemblants aux ,mille et une ,nuits qu' l'hi/oire2 mais p\r se consol]1 ils aurai5t acquis des ides sa9es sur une priode d'environ #c1jjj ans1 qui e/ t\t ce que n\s connaissons de vritablem5t hi/orique2 et en compulsant leurs notes et t\s les extraits de lecture qu'ils aurai5t soigneusem5t faits1 ils aurai5t acquis les moy5s de retir] de l'hi/oire t\te l'unit dont elle e/ susceptible4 ,je s5s que l'on me dira qu'un tel plan d'tudes exige des annes p\r son excution1 et qu'il e/ capable d'absorb] le temps et les facults d'un individu2 que p> consqu5t il ne peut conv5ir qu' un petit nombre d'hommes1 qui soit p> leurs moy5s p]sonnels1 soit p> ceux que leur f\rnirait la socit1 p\rrai5t y consacr] t\t leur temps et t\tes leurs facults4 ,je convi5s de la vrit de cette obs]vation1 et j'en convi5s d'autant plus aism5t qu'elle e/ mon propre rsultat4 ,plus je considre la nature de l'hi/oire1 mo9s je la tr\ve propre dev5ir le sujet d'tudes vulgaires et rp&ues dans t\tes les classes4 ,je conois comm5t et p\rquoi t\s les citoy5s doiv5t tre in/ruits dans l'art de lire1 d'crire1 de compt]1 de dess9]2 comm5t et p\rquoi l'on doit leur donn] des notions des ma?matiques1 qui calcul5t les corps2 de la gomtrie1 qui les mesure2 de la physique1 qui r5d s5sibles leurs qualits2 de la mdec9e lm5taire1 qui n\s appr5d conduire notre propre ma*9e1 ma9t5ir notre sant2 de la gographie mme1 qui n\s fait connatre le co9 de l'univ]s o n\s sommes placs1 o il n\s faut vivre4 ,dans t\tes ces notions1 je vois bi5 des beso9s usuels1 pratiques1 communs t\s les temps de la vie1 t\s les in/ants du j\r1 t\s les tats de la socit2 j'y vois des objets d'autant plus utiles1 que sans cesse prs5ts l'homme1 sans cesse agissants sur lui1 il ne peut ni se s\/raire leurs lois p> sa volont1 ni lud] leur puissance p> des raisonnem5ts et p> des sophismes3 le fait e/ l2 il e/ s\s son doigt1 il le t\*e1 il ne peut le ni]2 mais dans l'hi/oire1 dans ce tableau fanta/ique de faits van\is dont il ne re/e que l'ombre1 quelle e/ la ncessit de connatre ces =mes fugaces1 qui ont pri1 qui ne r5atront plus8 ,qu'importe au lab\reur1 l'artisan1 au m>*&1 au ngociant1 qu'il ait exi/ un ,alex&re1 un ,attila1 un ,tam]lan1 un empire d',assyrie1 un royaume de ,bactriane1 une rpublique de ,c>?age1 de ,sp>te ou de ,rome8 ,qu'ont de commun ces fantmes avec son exi/5ce8 qu'aj\t5t-ils de ncessaire sa conduite1 d'utile son bonheur8 ,en s]ait-il mo9s sa91 mo9s cont5t1 p\r ignor] qu'il ait vcu de gr&s philosophes1 mme de gr&s lgislateurs1 appels ,py?agore1 ,socrate1 ,zoroa/re1 ,confucius1 ,mahomet8 ,les hommes sont passs1 les maximes re/5t1 et ce sont les maximes qui import5t et qu'il faut jug]1 sans g>d au m\le qui les produisit1 et que sans d\te p\r n\s in/ruire la nature elle-mme a bris3 elle n'a pas bris les modles2 et si la maxime intresse l'exi/5ce relle1 il faut la confront] aux faits naturels2 leur id5tit ou leur dissonance dcid]a de l'erreur ou de la vrit4 ,mais1 je le rpte1 je ne conois po9t la ncessit de connatre tant de faits qui ne sont plus1 et j'ap]ois plus d'un inconvni5t en faire le sujet d'une occupation gnrale et classique2 c'en e/ un que d'y employ] un temps1 et d'y consum] une att5tion qui s]ai5t bi5 plus utilem5t appliqus des sci5ces exactes et de premi] beso92 c'en e/ un autre que cette difficult de con/at] la vrit et la c]titude des faits1 difficult qui ouvre la porte aux dbats1 aux *icanes d'argum5tation2 qui1 la dmon/ration palpable des s5s1 sub/itue des s5tim5ts vagues de consci5ce intime et de p]suasion2 raisons de ceux qui ne raisonn5t po9t1 et qui1 s'appliquant l'erreur comme la vrit1 ne sont que l'expression de l'am\r-propre1 t\j\rs prt s'exaspr] p> la mo9dre contradiction1 et eng5dr] l'esprit de p>ti1 l'en?\siasme et le fanatisme4 ,c'e/ encore un inconvni5t de l'hi/oire de ne tre utile que p> des rsultats dont les lm5ts sont si compliqus1 si mobiles1 si capables d'induire en erreur1 que l'on n'a presque jamais une c]titude complte de s'en tr\v] exempt4 ,aussi p]si/-je reg>d] l'hi/oire1 non po9t comme une sci5ce1 p>ce que ce nom ne me p>at applicable qu' des connaissances dmontrables1 telles que celles des ma?matiques1 de la physique1 de la gographie1 mais comme un art sy/matique de calculs qui ne sont que probables1 tel qu'e/ l'art de la mdec9e3 or1 quoiqu'il soit vrai que dans le corps huma9 les lm5ts ai5t des proprits fixes1 et que leurs comb9aisons ai5t un jeu dt]m9 et con/ant1 cep5dant1 p>ce que ces comb9aisons sont nombreuses et v>iables1 qu'elles ne se manife/5t aux s5s que p> leurs effets1 il en rsulte p\r l'art de gurir un tat vague et conjectural1 qui =me sa difficult1 et l'lve au-dessus de la sphre de nos connaissances vulgaires4 ,de mme en hi/oire1 quoiqu'il soit c]ta9 que des faits ont produit de tels vnem5ts et de telles consqu5ces1 cep5dant1 comme l'tat positif de ces faits1 comme leurs rapports et leurs ractions ne sont pas dt]m9s ou connus1 il en rsulte une possibilit d'erreur2 qui r5d leurs applications1 leur comp>aison d'autres faits une opration dlicate1 qui exige des esprits trs-ex]cs dans ce g5re d'tude1 et d\s d'une gr&e f9esse de tact4 ,il e/ vrai que dans cette d]nire considration1 je dsigne p>ticulirem5t l'utilit politique de l'hi/oire1 et j'av\e qu' mes yeux cette utilit e/ son propre et unique b2 la morale individuelle1 le p]fectionnem5t des sci5ces et des arts ne me p>aiss5t que des pisodes et des accessoires2 l'objet pr9cipal1 l'art fondam5tal1 c'e/ l'application de l'hi/oire au g\v]nem5t1 la lgislation1 t\te l'conomie politique des socits2 de manire que j'appell]ais volonti]s l'hi/oire la sci5ce physiologique des g\v]nem5ts1 p>ce qu'en effet elle appr5d connatre1 p> la comp>aison des tats passs1 la m>*e des corps politiques1 futurs et prs5ts1 les symptmes de leurs maladies1 les indications de leur sant1 les prono/ics de leurs agitations et de leurs crises1 enf9 les remdes que l'on y peut apport]4 ,sans d\te ce fut p\r avoir s5ti sa difficult s\s ce po9t de vue imm5se1 que *ez les anci5s l'tude de l'hi/oire tait p>ticulirem5t affecte aux hommes qui se de/9ai5t aux affaires publiques2 que *ez eux1 comme *ez les mod]nes1 les meilleurs hi/ori5s fur5t1 ce que l'on appelle1 des hommes d'tat2 et que dans un empire clbre p\r plus d'un g5re d'in/itutions sages1 la ,*9e1 l'on a1 depuis des sicles1 =m un collge spcial d'hi/ori5s4 ,les ,*9ois ont p5s1 non sans raison1 que le so9 de recueillir et de transmettre les faits qui con/itu5t la vie d'un g\v]nem5t et d'une nation1 ne devait po9t tre ab&onn au has>d ni aux caprices des p>ticuli]s2 ils ont s5ti qu'crire l'hi/oire tait une magi/rature qui p\vait ex]c] la plus gr&e influ5ce sur la conduite des nations et de leurs g\v]nem5ts2 en consqu5ce1 ils ont v\lu que des hommes1 *oisis p\r leurs lumires et p\r leurs v]tus1 fuss5t *>gs de recueillir les vnem5ts de *aque rgne1 et d'en jet] les notes1 sans se communiqu]1 dans des botes scelles1 qui ne sont ouv]tes qu' la mort du pr9ce ou de sa dyna/ie4 ,ce n'e/ pas ici le lieu d'appr(ondir cette in/itution2 il me suffit d'indiqu] combi5 elle appuie l'ide leve que je me fais de l'hi/oire4 ,je vi5s l'art de la compos]4 ,deux criva9s di/+us ont trait spcialem5t de la manire d'crire l'hi/oire3 le premi]1 ,luci51 n ,samosate1 s\s le rgne de ,trajan1 a divis son trait en critique et en prceptes2 dans l'a premire p>tie1 il p]sifle1 avec cette gaiet piquante qui lui e/ propre1 le mauvais gt d'un essaim d'hi/ori5s que la gu]re de ,m>c-,aurle contre les ,p>!s fit subitem5t clore1 dit-il1 et vit prir comme un essaim de papillons aprs un orage4 ,p>mi les dfauts qu'il leur repro*e1 l'on rem>que surt\t l'amp\lure du /yle1 l'affectation des gr&s mots1 la sur*>ge des pi?tes1 et1 p> une suite naturelle de ce dfaut de gt1 la *ute dans l'excs contraire1 l'emploi d'expressions triviales1 les dtails bas et dgtants1 le m5songe h>di1 la l*e flatt]ie2 de manire que l'pidmie dont fur5t attaqus sur la f9 du second sicle les criva9s roma9s1 eut les mmes symptmes que celles dont l',europe mod]ne a montr des exemples presque *ez *aque peuple4 ,dans la seconde p>tie1 ,luci5 expose les qualits et les devoirs d'un bon hi/ori54 ,il veut qu'il soit d\ de sagacit2 qu'il ait le s5tim5t des conv5ances2 qu'il sa*e p5s] et r5dre ses p5ses2 qu'il soit v]s dans les affaires politiques et militaires2 qu'il soit libre de cra9te et d'ambition1 inaccessible la sduction ou la m5ace2 qu'il dise la vrit sans faiblesse et sans am]tume2 qu'il soit ju/e sans duret1 c5seur sans cret et sans calomnie2 qu'il n'ait ni esprit de p>ti1 ni mme esprit national2 je le veux1 dit-il1 citoy5 du monde1 sans matre1 sans loi1 sans g>d p\r l'op9ion de son temps1 et n'crivant que p\r l'e/ime des hommes s5ss1 et p\r le suffrage de la po/rit4 ,quant au /yle1 ,luci5 recomm&e qu'il soit facile1 pur1 clair1 proportionn au sujet2 habituellem5t simple comme n>ratif1 quelquefois noble1 agr&i1 presque potique1 comme les scnes qu'il pe9t2 r>em5t oratoire1 jamais dclamateur4 ,que les rflexions soi5t c\rtes2 que l'a matire soit bi5 di/ribue1 les tmoignages bi5 scruts1 bi5 pess1 p\r di/+u] le bon du mauvais aloi2 en un mot1 que l'esprit de l'hi/ori51 dit-il1 soit une glace fidle o soi5t rfl*is1 sans altration1 les faits2 s'il rapporte un fait m]veilleux1 qu'il l'expose nm5t1 sans affirm] ni ni]1 p\r ne po9t se r5dre responsable2 qu'en un mot1 il n'ait p\r b que la vrit2 p\r mobile que le dsir d'tre utile2 p\r rcomp5se que l'e/ime1 t\te /rile qu'elle puisse tre1 des g5s de bi5 et de la po/rit2 tel e/ le prcis des #id pages du trait de ,luci51 traduit p> ,massieu4 ,le second criva91 ,mably1 a donn son ouvrage la =me du dialogue1 et l'a divis en deux entreti5s4 ,on e/ d'abord assez surpris de voir trois int]locuteurs grecs p>l] de la gu]re des insurg5ts contre les ,anglais2 ,luci5 et raill ce mlange1 mais le svre ,mably n'ent5d pas raill]ie4 ,dans le premi] entreti51 il p>le des diffr5ts g5res d'hi/oire1 et d'abord des hi/oires univ]selles1 et de leurs tudes prlim9aires4 ,dans le second1 il traite des hi/oires p>ticulires1 de leur objet1 et de quelques obs]vations communes t\s les g5res4 ,en ouvrant le premi]1 l'on tr\ve p\r prcepte qu'il faut tre n hi/ori52 l'on e/ tonn d'une semblable phrase dans le frre de ,condillac2 mais ,condillac1 aimable et d\x1 analysait2 ,mably1 roide et pre1 jugeait et tran*ait4 ,il veut ensuite1 avec plus de raison1 que ses disciples ai5t tudi la politique1 dont il di/+ue deux espces3 l'une fonde sur les lois que la nature a tablies1 p\r procur] aux hommes le bonheur1 c'e/--dire celle qui e/ le vritable droit naturel2 l'autre1 ouvrage des hommes1 droit v>iable et conv5tionnel1 produit des passions1 de l'inju/ice1 de la =ce1 dont il ne rsulte que de faux bi5s et de gr&s rev]s4 ,la premire donn]a l'hi/ori5 des ides sa9es de la ju/ice1 des rapports des hommes1 des moy5s de les r5dre heureux2 la seconde lui f]a connatre la m>*e habituelle des affaires huma9es2 il appr5dra calcul] leurs m\vem5ts1 prvoir les effets1 et vit] les rev]s dans ces prceptes et dans quelques autres semblables1 ,mably e/ plus dvelopp1 plus in/ructif que ,luci52 mais il e/ f*eux qu'il n'en ait imit ni l'ordre ni la cl>t1 ni surt\t la gaiet4 ,t\t son ouvrage respire une morosit sombre et mcont5te2 aucun mod]ne ne tr\ve grace devant lui3 il n'y a de p>fait que les anci5s2 il se passionne p\r eux1 et cep5dant il prfre ,grotius1 dans son ,hi/oire des ,pays-,bas1 ,tacite4 ,tacite1 dit-il1 n'a tir aucune leon du rgne de ,tibre3 son p9ceau e/ =t1 son in/ruction nulle2 sa manire de pe9dre la conduite des ,roma9s env]s les peuples dits b>b>es1 l'on a de ju/es raisons de d\t] de sa philosophie4 ,mably ne voit1 ne connat de beau1 d'admirable1 que l',hi/oire roma9e de ,tite-,live1 qu'une ju/e critique a droit d'appel] un roman2 et comme il en a eu l'ap]u1 il v\drait en retran*] une f\le de morceaux qui le *agr95t4 ,il aime les h>angues que les acteurs de l'hi/oire n'ont jamais faites2 il vante ,bossuet p\r avoir prs5t un gr& tableau dramatique1 et il maltraite ,voltaire jusqu' la grossiret1 p\r avoir dit que l'hi/oire n'tait qu'un roman probable1 bon seulem5t qu& il peut dev5ir utile4 ,l'on ne peut le dissimul]1 l'ouvrage de ,mably1 diffus et r$ondant1 crit sans /yle1 sans m?ode1 n'e/ po9t digne de l'auteur des ,obs]vations sur l',hi/oire de ,france3 il n'a po9t cette concision didactique qui devait tre son pr9cipal mrite1 et qui1 la vrit1 manque aussi ,luci54 ,les c5t quatre-v+ts pages de ,mably se rduirai5t facilem5t v+t bonnes pages de prceptes3 l'on gagn]ait huit neuvimes de temps1 et l'on s'p>gn]ait t\t le *agr9 de sa bilieuse satire4 ,ne lui en faisons cep5dant pas un crime1 puisqu'elle faisait son t\rm5t4 ,on ne nat pas hi/ori51 mais on nat gai ou morose1 et malheureusem5t la culture des lettres1 la vie sd5taire1 les tudes op9itres1 les travaux d'esprit1 ne sont propres qu' paissir la bile1 qu' ob/ru] les entrailles1 qu' tr\bl] les fonctions de l'e/omac1 siges immuables de t\te gaiet et de t\t *agr94 ,on blme les g5s de lettres1 on devrait les pla9dre3 on leur repro*e des passions1 elles font leur tal5t1 et l'on en recueille les fruits3 ils n'ont qu'un tort1 celui de s'occup] plus des autres1 que d'eux-mmes2 d'avoir jusqu' ce j\r trop nglig la connaissance physique de leur corps1 de cette ma*9e anime p> laquelle ils viv5t2 et d'avoir mconnu les lois de la physiologie et de la dittique1 sci5ces fondam5tales de nos affections4 ,cette tude convi5drait surt\t aux criva9s d'hi/oires p]sonnelles1 et leur donn]ait un g5re d'utilit aussi important que n\veau2 c>1 si un obs]vateur1 la fois morali/e et physiologi/e1 tudiait les rapports qui exi/5t entre les dispositions de son corps et les situations de son esprit2 s'il exam9ait avec so91 quels j\rs1 quelles heures il a de l'activit dans la p5se1 ou de la langueur1 de la *aleur dans le s5tim5t1 ou de la roideur et de la duret1 de la v]ve ou de l'abattem5t1 il s'ap]cevrait que ces phases ord9airem5t priodiques de l'esprit1 correspond5t des phases galem5t priodiques du corps1 des dige/ions l5tes ou faciles1 bonnes ou mauvaises1 des alim5ts d\x ou cres1 /imulants ou calmants1 dont c]ta9es liqueurs en p>ticuli]1 telles que le v9 et le caf1 (fr5t des exemples frappants2 des transpirations arrtes ou prcipites3 il se conva9crait1 en un mot1 que le jeu bi5 ou mal rgl de la ma*9e corporelle e/ le puissant rgulateur du jeu de l'organe p5sant2 que1 p> consqu5t1 ce qu'on appelle vice d'esprit ou de c>actre1 n'e/ bi5 s\v5t que vice de tempram5t ou de fonctions1 qui1 p\r tre corrig1 n'aurait beso9 que d'un bon rgime2 et il rsult]ait d'un tel travail1 bi5 fait et bi5 prs5t1 cette utilit1 que1 n\s montrant dans des habitudes physiques la cause de bi5 des vices et de bi5 des v]tus1 il n\s f\rnirait des rgles prcieuses de conduite1 applicables selon les tempram5ts1 et qu'il n\s port]ait un esprit d'indulg5ce1 qui1 dans ces hommes que l'on appelle ac>itres et intolrants1 ne n\s f]ait voir ord9airem5t que des hommes malades ou mal con/itus1 qu'il faut envoy] aux eaux m9rales4 ,,sixi,,me ,s,,ance4 ,cont9uation du mme sujet4--,di/9ction de quatre m?odes de compos] l'hi/oire3 #a p> ordre de temps 7les annales et *roniques72 #b p> ordre dramatique ou sy/matique2 #c p> ordre de matires2 #d p> ordre analytique1 ou philosophique4--,dveloppem5t de ces div]ses m?odes2 supriorit de la d]nire3 ses rapports avec la politique et la lgislation4--,elle n'admet que des faits con/ats1 et ne peut conv5ir qu'aux temps mod]nes4--,les temps anci5s ne s]ont jamais que probables3 ncessit d'en refaire l'hi/oire s\s ce rapport4--,plan d'une socit littraire p\r recueillir dans t\te l',europe les monum5ts anci5s4--,combi5 de prjugs s]ai5t dtruits1 si l'on connaissait leur orig9e--,influ5ce des livres hi/oriques sur la conduite des g\v]nem5ts1 sur le sort des peuples4--,effet des livres juifs sur l',europe4--,effet des livres grecs et roma9s introduits dans l'ducation4--,conclusion4 ,luci5 a trait des qualits ncessaires l'hi/ori51 et du /yle conv5able l'hi/oire2 ,mably a aj\t des obs]vations sur les connaissances accessoires et prp>atoires qu'exige ce g5re de composition1 et il les a presque rduites au droit des g5s1 soit naturel1 soit factice et conv5tionnel1 dont il faisait son tude favorite et spciale4 ,le sujet ne me p>aissant pas beauc\p prs puis1 je vais jo9dre aux prceptes de ces deux auteurs1 quelques ap]u sur l'art de recueillir et de prs5t] les faits de l'hi/oire4 ,je conois quatre manires diffr5tes de trait] et de compos] l'hi/oire3 la premire1 p> ordre de temps1 que j'appelle m?ode didactique ou annali/e2 la seconde p> liaison et corrlation de faits1 et que j'appelle m?ode dramatique ou sy/matique2 la troisime p> ordre de matires2 et la quatrime p> l'exposition analytique de t\t le sy/me physique et moral d'un peuple3 je l'appelle m?ode analytique et philosophique2 je m'explique4 ,la premire m?ode p> ordre de temps1 consi/e rassembl] et class] les vnem5ts selon leurs dates1 en ne mlant un n>r pur et simple que peu ou po9t de rflexions4 ,ceux qui appell5t naturel t\t ce qui e/ brut et sans art1 p\rront donn] ce nom cette m?ode2 mais ceux qui1 dans t\te production1 voi5t t\j\rs la ma9 de la nature1 avec la seule diffr5ce du plus ou du mo9s de comb9aison1 ceux-l diront que cette m?ode e/ la plus simple1 la mo9s complique1 exigeant le mo9s de so9s de composition2 aussi p>at-elle tre la premire usite *ez t\tes les nations1 s\s le nom d'annales et de *roniques3 et cep5dant1 s\s cette =me mode/e1 elle s'e/ quelquefois leve un assez haut degr de mrite1 lorsque les criva9s on su1 comme ,tacite dans ses ,annales1 et comme ,?ucydides dans sa ,gu]re du ,ploponse1 *oisir des faits intressants1 et jo9dre la correction du tableau les c\leurs brillantes et f]mes de l'expression3 si1 au contraire1 les criva9s admettant des faits sans critique1 les entass5t ple-mle et sans gt1 s'ils les rduis5t des vnem5ts sommaires et /riles1 de rgnes1 de pr9ces1 de morts1 de gu]res1 de combats1 de pe/es1 de fam9es1 comme l'ont fait presque t\s les hi/ori5s de l',asie anci5ne et mod]ne1 et ceux du bas et moy5 ge de l',europe1 il faut conv5ir qu'alors ce g5re de composition1 priv d'in/ruction et de vie1 a t\te la fadeur1 et comporte l'ide de mpris qu'on atta*e vulgairem5t au nom de *roniques4 ,ce n'e/ plus qu'un canevas grossi] qui manque t\te sa brod]ie2 et dans t\s les cas1 mme lorsque les matriaux sont bi5 *oisis et complets1 ce travail n'e/ que le premi] pas t\s les autres g5res d'hi/oire1 dont il e/ seulem5t le portefeuille et le magas94 ,la seconde m?ode1 celle que j'appelle dramatique ou sy/matique1 consi/e faire entr]1 dans un c\rs de n>ration prdom9ant et fondam5tal1 t\tes les n>rations accessoires1 t\s les vnem5ts latraux qui vi5n5t se li] et se confondre au pr9cipal vnem5t4 ,n\s avons un exemple c>actris de cette m?ode dans l',hi/oire d',hrodote1 qui1 ayant pris p\r base de son texte la gu]re des ,p]ses contre les ,grecs1 en a tellem5t compass les incid5ts1 que1 remontant d'abord l'orig9e des deux peuples acteurs pr9cipaux1 il suit la =mation gradue de leur puissance dans t\s les rameaux qui v9r5t s'y confondre1 comme un gographe suit et repr5d leur orig9e t\s les c\rs d'eau qui se r5d5t dans un torr5t pr9cipal4 ,p> une srie habile d'incid5ts1 ,hrodote fait connatre son lecteur les ,lydi5s1 les ,mdes1 les ,babyloni5s s\mis p> ,cyrus au j\g des montagn>ds p]ses2 puis les gypti5s conquis p> ,cambyses1 puis les ,scy!s attaqus p> ,d>ius1 puis les ,indi5s2 et l'occasion des ,indi5s1 il jette un c\p d'il gnral sur les extrmits du monde connu de son temps2 enf9 il revi5t son objet dom9ant1 qu'il t]m9e p> l'vnem5t capital1 la glorieuse victoire des petits peuples grecs1 combattant ,salam9e et aux ,!rmopyles contre l'imm5se cohue de ,x]cs4 ,dans cette m?ode de composition1 t\t e/ la disposition de l'auteur2 t\t dp5d de son art et de son tal5t li]1 susp5dre1 comb9] ses sujets1 en faire un t\t correspondant en t\tes ses p>ties3 c'e/ ce que je dsigne p> le t]me de sy/matique2 et si l'hi/ori5 borne sa c\rse un vnem5t qui e/ la solution de t\t ce qui a prcd et qui en t]m9e la srie1 l'accroissem5t graduel d'intrt que ses pisodes et ses susp5sions ont su mnag]1 donne rellem5t son sujet le c>actre dramatique4 ,c'e/ m9emm5t le g5re des hi/oires de conjurations1 o t\t ab\tit un nud f9al et rsolutif4 ,ces avantages div]s et v>is de lib]t dans la m>*e1 de h>diesse dans l'excution1 d'agrm5t dans les dtails1 d'attrait de curiosit dans les rsultats1 p>aiss5t avoir mrit la prfr5ce cette m?ode auprs de la plup>t des criva9s1 surt\t les mod]nes2 il e/ f*eux que p> comp5sation elle ait l'inconvni5t d'tre sujette erreur1 en laissant trop de c>rire aux hypo?ses et l'imag9ation4 ,n\s en avons des exemples brillants dans les rvolutions de ,portugal1 de ,sude et de ,rome1 p> ,v]tot1 et dans un nombre inf9i d'autres hi/oires mo9s bi5 crites4 ,la troisime m?ode1 celle p> ordre de matires1 consi/e suivre un sujet quelconque d'art1 de sci5ce1 depuis son orig9e ou depuis une poque donne1 p\r le considr] sans di/raction dans sa m>*e et dans ses progrs4 ,tel a v\lu tre l'ouvrage de ,goguet1 intitul3 ,de l'orig9e des lois1 des arts et des sci5ces2 le *oix du sujet ne p\vait pas tre plus philosophique2 malheureusem5t la manire de le trait] ne p\vait pas l'tre mo9s4 ,avant d'tablir l'orig9e des lois1 des arts1 des sci5ces et de t\te socit au dluge de ,no1 racont p> la ,g5se1 il et fallu bi5 exam9] si1 p> cette base mme1 on ne r5v]sait pas t\t l'difice de l'hi/oire3 si1 en admettant des faits primitifs1 contraires t\te probabilit1 t\te physique et la concordance des meilleurs monum5ts de l'antiquit1 l'on ne s'tait pas la facult d'invoqu] ces mmes rgles de physique et de probabilit1 qui con/itu5t l'art de la critique et de l'analyse2 il et fallu con/at] que la ,g5se n'e/ pas une compilation de ma9 inconnue1 faite au ret\r de la captivit1 o l'on a ml aux *roniques nationales une cosmogonie purem5t *aldenne1 dont ,brose cite l'quival5t2 une vritable my?ologie de la nature de celles de t\tes les nations1 o des faits a/ronomiques dfigurs sont pris p\r des faits politiques ou physiques1 et o la prt5due hi/oire de la t]re n'e/ que l'hi/oire du cal5dri]4 ,cela mme et-il t pr\v1 il s]ait encore ridicule de pr5dre p\r texte la priode hbraque depuis le dluge jusqu' ,jacob1 et de n'us]1 p\r la remplir1 que de faits gypti5s1 syri5s1 *aldens1 grecs1 indi5s et *9ois1 qui1 s'ils tai5t bi5 analyss et comp>s1 pr\v]ai5t que les bois sacrs1 que les hauts lieux plants de *nes ,mambr1 que les sacrifices huma9s dont ,isaac faillit d'tre victime1 que les petites idoles des femmes de ,jacob1 tai5t autant d'usages du culte drudique et t>t>e1 ds lors rp&u des colonnes d',h]cule jusqu' la ,srique1 culte qui n'e/ que le sy/me du buddisme1 anci5 ou mod]ne lamisme1 dont le sige tait ds lors au ,?ibet1 *ez ces ,bra*manes rputs de t\te l'antiquit les pres de la ?ologie asiatique4 ,avec plus de critique et plus de pr(ondeur1 un ouvrage du g5re qui n\s occupe1 a trait de ces antiquits2 je p>le de l',a/ronomie anci5ne1 p> ,bailly1 dont les tal5ts et la v]tu ont reu de la rvolution un salaire qui ne s]a pas une des mo9dres ta*es de cette sanglante poque4 ,je cit]ai encore comme hi/oires p> ordre de matires propres s]vir de modle1 l',hi/oire d',anglet]re1 p> le docteur ,h5ry2 les ,re*]*es de ,rob]tson sur le comm]ce de l',inde2 l',hi/oire des f9ances de ,france1 p> ,=bonnais2 l',hi/oire du fatalisme1 p> ,pluquet1 qui1 avec son ,dictionnaire des hrsies1 a prp> le plus beau sujet d'une autre hi/oire de mme g5re1 l',hi/oire du fanatisme4 ,de t\s les sujets que l'on peut trait]1 il n'en e/ po9t qui runisse plus m9emm5t le c>actre hi/orique celui de la philosophie1 puisque1 dans ses causes et dans ses effets1 le fanatisme embrasse d'une "p la ?orie des s5sations1 des jugem5ts1 de la c]titude1 de la p]suasion commune l'erreur comme la vrit2 de cette d\ble disposition de l'esprit1 qui1 tantt passif et crdule1 reoit le j\g en esclave1 et tantt actif et conv]tisseur1 impose le j\g en tyran2 et que d'autre "p il (fre considr] *ez t\tes les nations les symptmes effrayants d'une maladie de l'esprit1 qui1 s'appliquant tantt aux op9ions1 tantt aux p]sonnes1 et pr5ant t\r t\r des noms religieux1 politiques et moraux1 e/ t\j\rs la mme dans sa nature comme dans ses rsultats1 qui sont1 la fureur des discordes civiles1 le c>nage des gu]res inte/9es ou trangres1 la dissolution de l'ordre social p> l'esprit de faction1 et le r5v]sem5t des empires p> le dlire de l'ignorance et de la prsomption4 ,la quatrime m?ode que j'appelle analytique ou philosophique1 e/ la mme que la prcd5te1 quant la manire de procd]2 mais elle en diffre1 en ce qu'au lieu de trait] un sujet d'art1 de sci5ce ou de passion1 etc41 elle embrasse un corps politique dans t\tes ses p>ties2 c'e/--dire que1 s'atta*ant un peuple1 une nation1 considrs comme individus id5tiques1 elle les suit pas pas dans t\te la dure de leur exi/5ce physique et morale1 avec cette circon/ance c>actri/ique1 que d'abord elle pose en ordre t\s les faits de cette exi/5ce1 p\r *]*] ensuite dduire de leur action rciproque les causes et les effets de l'orig9e1 des progrs et de la dcad5ce de ce g5re de comb9aison morale1 que l'on appelle corps politique et g\v]nem5t3 c'e/ en quelque sorte l'hi/oire biographique d'un peuple1 et l'tude physiologique des lois d'accroissem5t et de dcroissem5t de son corps social4 ,je ne puis cit] aucun modle de mon ide1 p>ce que je ne connais aucun ouvrage qui ait t fait et dirig sur le plan que je conois3 c'e/ un g5re neuf dont moi-mme je n'ai acquis l'ide bi5 complte1 que depuis quelques annes4 ,oblig de *]*] une m?ode p\r rdig] mon voyage en ,syrie1 je fus conduit1 comme p> in/9ct1 tablir d'abord l'tat physique du pays1 faire connatre ces circon/ances de sol et de climat si diffr5ts du ntre1 sans lesquels l'on ne p\vait bi5 ent5dre une f\le d'usages1 de c\tumes et de lois4 ,sur cette base1 comme sur un canevas1 v9t se rang] la population1 dont j'eus considr] les div]ses espces1 rappel] l'orig9e1 et suivre la di/ribution3 cette di/ribution am5a l'tat politique considr dans la =me du g\v]nem5t1 dans l'ordre d'adm9i/ration1 dans la s\rce des lois1 dans leurs in/rum5ts et moy5s d'excution4 ,arriv aux articles des murs1 du c>actre1 des op9ions religieuses et civiles1 je m'ap]u que sur un mme sol1 il exi/ait tantt des contra/es de secte secte et de race race1 et tantt des po9ts de ressemblance communs4 ,le problme se compliquait1 et plus je le sondai1 plus j'en ap]u l't5due et la pr(ondeur4 ,l'autorit de ,montesquieu v9t se montr] p\r le rs\dre p> une rgle gnrale de climat1 qui associait con/amm5t la *aleur1 la mollesse et la s]vilit d'une "p2 et de l'autre1 le froid1 l'n]gie et la lib]t2 mais l'autorit de ,montesquieu fut contr>ie p> une f\le de faits passs1 et p> des faits exi/ants qui m'(frai5t s\s un mme ciel1 dans un espace de mo9s de quatre degrs1 trois c>actres entirem5t opposs4 ,je rsi/ai donc l'empire d'un gr& nom1 et j'y pus rsi/] d'autant mieux1 que dja je tr\vais ,buffon visiblem5t en erreur sur les prt5dus puisem5ts du sol qui je voyais t\te la f]tilit qu'il a jamais pu avoir2 l'g>d de ,montesquieu1 il me dev9t vid5t p> le vague de ses expressions1 qu'il n'avait fait qu'adopt]1 et mme qu'altr] une op9ion que des philosophes anci5s1 et p>ticulirem5t ,hippocrate1 avai5t nonce dans un s5s beauc\p plus prcis et plus vrai4 ,je connaissais le clbre trait de cet obs]vateur sur les airs1 les lieux et les eaux4 ,j'avais con/at la ju/esse de ses ass]tions l'g>d de l'influ5ce qu'ex]c5t ces trois lm5ts sur la con/itution et le tempram5t4 ,je m'tais ap]u qu'une quantit d'habitudes physiques et morales des peuples que j'tudiais1 tai5t calques sur l'tat d'un sol aride ou m>cageux1 plane ou montueux1 ds]t ou f]tile2 sur la qualit1 la quantit de leurs alim5ts3 je conu que t\tes ces circon/ances entrai5t1 comme autant de donnes1 dans la solution du problme1 et depuis ce temps je n'ai cess de m'occup] de cette importante "q3 ,quelle influ5ce ex]ce sur les murs et le c>actre d'un peuple1 l'tat physique de son sol1 considr dans t\tes les circon/ances de froid ou de *aud1 de sec ou d'humide1 de pla9e ou de montagne1 de f]tile ou de /rile1 et dans la qualit de ses productions4 ,si c'e/ l ce que ,montesquieu a ent5du p> climat1 il aurait d le dire1 et alors il n'exi/]ait plus de dbats2 c> *aque j\r de n\veaux faits s'accumul5t p\r dmontr] que ce sont ces circon/ances qui modifi5t d'une manire puissante et v>ie la con/itution physique et morale des nations2 qui font que sans g>d aux zones et aux latitudes1 tantt des peuples loigns se ressembl5t1 et tantt des peuples vois9s sont contra/ants2 que dans leurs migrations1 des peuples cons]v5t long-temps des habitudes discordantes avec leur n\veau sj\r1 p>ce que ces habitudes agiss5t d'aprs un mcanisme d'organisation p]si/ant1 qui font enf9 que dans un mme corps de nation1 et s\s un mme climat1 le tempram5t et les murs se modifi5t selon le g5re des habitudes1 des ex]cices1 du rgime et des alim5ts2 d'o il suit que la connaissance de ces lois physiques devi5t un lm5t ncessaire de la sci5ce de g\v]n]1 d'organis] un corps social1 de le con/itu] en rapport avec le m\vem5t de la nature1 c'e/--dire que la lgislation politique n'e/ autre *ose que l'application des lois de la nature2 que les lois factices et conv5tionnelles ne doiv5t tre que l'expression des lois physiques et naturelles1 et non l'expression d'une volont capricieuse d'individu1 de corps1 ou de nation2 volont qui1 t5due mme l'univ]salit du g5re huma91 peut tre en erreur3 or1 comme dans ce g5re de re*]*es et dans cette sci5ce p\r a9si dire naissante1 il importe surt\t de n'admettre ri5 de sy/matique1 je vais expos] la m>*e qui me semble la plus propre conduire des rsultats de vrit4 ,pr5ant un peuple et un pays dt]m9s1 il faut d'abord dcrire son climat1 et1 p> climat1 j'ent5ds l'tat du ciel s\s lequel il vit1 sa latitude1 sa temprature1 selon les saisons2 le sy/me annuel des v5ts1 les qualits humides ou s*es1 froides ou *audes de *aque rumb2 la dure et les ret\rs priodiques ou irrguli]s2 la quantit d'eau qui tombe p> an2 les mtores1 les orages1 les br\ill>ds et les ouragans2 ensuite1 passant la con/itution physique du sol1 il faut faire connatre l'aspect et la configuration du t]ra91 le calcul] en surfaces planes ou montueuses1 boises ou dc\v]tes1 s*es ou aqueuses1 soit m>ais1 soit rivires et lacs2 dt]m9] l'lvation gnrale1 et les niveaux p>tiels au-dessus du niveau de la m]1 a9si que les p5tes des gr&es masses de t]re v]s les div]ses rgions du ciel2 puis exam9] la nature des div]ses b&es et c\*es du t]ra91 sa qualit argileuse ou calcaire1 sablonneuse1 rocailleuse1 luteuse ou vgtale2 ses bancs de pi]res s*i/euses1 ses granits1 ses m>bres1 ses m9es1 ses sal9es1 ses volcans1 ses eaux1 ses productions vgtales de t\te espce1 arbres1 plantes1 gra9s1 fruits2 ses animaux volatiles1 quadrupdes1 poissons et reptiles2 enf91 t\t ce qui compose l'tat physique du pays4 ,ce premi] canevas tabli1 on arrive considr] l'espce huma9e1 le tempram5t gnral des habitants1 puis les modifications locales1 l'espce et la quantit des alim5ts1 les qualits physiques et morales les plus saillantes2 alors1 embrassant la masse de la population s\s le rapport politique on considre sa di/ribution en habitants des campagnes et habitants des villes1 en lab\reurs1 artisans1 m>*&s1 militaires et ag5ts du g\v]nem5t3 l'on dtaille *acune de ces p>ties s\s le d\ble aspect1 et de l'art en lui-mme1 et de la condition des hommes qui l'ex]c5t4 ,enf91 l'on dveloppe le sy/me gnral du g\v]nem5t1 la nature et la ge/ion du p\voir dans les div]ses bran*es de la confection des lois1 de leur excution1 d'adm9i/ration de police1 de ju/ice1 d'in/ruction publique1 de balance de rev5us et de dp5ses1 de relations extrieures1 d'tat militaire sur t]re et sur m]1 de balance de comm]ce1 et t\t ce qui s'ensuit4 ,d'un tel tableau de faits bi5 positifs et bi5 con/ats1 rsult]ai5t d'abord t\tes les donnes ncessaires bi5 connatre la con/itution morale et politique d'une nation4 ,et alors ce jeu d'action et de raction de t\tes ses p>ties les unes sur les autres1 devi5drait le sujet non quivoque des rflexions et des comb9aisons les plus utiles la ?orie de l'art pr(ond de g\v]n] et de faire des lois4 ,de tels tableaux s]ai5t surt\t in/ructifs1 s'ils tai5t dresss sur des peuples et des pays div]s et dissemblants1 p>ce que les contra/es mme dans les rsultats f]ai5t mieux ressortir la puissance des faits physiques agissants comme causes2 il ne re/]ait plus qu'une opration1 celle de comp>] ces tableaux d'un mme peuple1 d'une mme nation div]ses poques1 p\r connatre l'action successive1 et l'ordre gnalogique qu'ont suivi les faits1 tant moraux que physiques1 p\r en dduire les lois de comb9aison et les rgles de probabilits raisonnables2 et1 en effet1 qu& on tudie dans cette int5tion ce que n\s avons dja d'hi/oires anci5nes et mod]nes1 l'on s'ap]oit qu'il exi/e dans la m>*e1 et1 si j'ose dire1 dans la vie des corps politiques1 un mcanisme qui indique l'exi/5ce des lois plus gnrales et plus con/antes qu'on me le croit vulgairem5t4 ,ce n'e/ pas que cette p5se n'ait dj t exprime p> la comp>aison que l'on a faite de cette vie des corps politiques la vie des individus1 en prt5dant tr\v] les phases de la jeunesse1 de la maturit et de la vieillesse dans les priodes d'accroissem5t de spl5deur et de dcad5ce des empires2 mais cette comp>aison1 vicieuse t\s g>ds1 a jet dans une erreur d'autant plus f*euse1 qu'elle a fait considr] comme une ncessit naturelle1 la de/ruction des corps politiques1 de quelque manire qu'ils fuss5t organiss2 t&is que cette de/ruction n'e/ que l'effet d'un vice radical des lgislations1 qui1 t\tes jusqu' ce j\r1 n'ont t dresses que dans l'une de ces trois int5tions1 ou d'accrotre1 ou de ma9t5ir1 ou de r5v]s]1 c'e/--dire qu'elles n'ont embrass que l'une des trois priodes1 dont se compose l'exi/5ce de t\te *ose2 et ce s]ait une sci5ce galem5t neuve et importante1 que de dt]m9] les phnomnes concomitants de *acune de ces trois priodes1 af9 d'en tir] une ?orie gnrale de lgislation qui embrasst t\s les cas d'un corps politique dans ses div]ses phases de =ce et de plnitude1 de faiblesse ou de vacuit1 et qui trat t\s les g5res de rgime conv5ables au regorgem5t ou au manque de population4 ,voil quel doit tre le b de l'hi/oire4 ,mais il faut av\] que ce b ne se peut bi5 remplir qu' l'g>d des peuples exi/ants1 et des temps mod]nes1 *ez qui t\s les faits analogues peuv5t se recueillir2 ceci m'a fait plus d'une fois p5s] que des voyages entrepris et excuts s\s ce po9t de vue1 s]ai5t les meilleurs matriaux d'hi/oire que n\s puissions dsir]1 non-seulem5t p\r les temps prs5ts1 mais encore p\r les temps passs2 c> ils s]virai5t recueillir et con/at] une f\le de faits p>s1 qui sont des monum5ts vivants de l'antiquit3 et ces monum5ts sont beauc\p plus nombreux qu'on ne le p5se2 c>1 outre les dbris1 les ru9es1 les inscriptions1 les mdailles1 et s\v5t mme les manuscrits que l'on dc\vre1 l'on tr\ve encore les usages1 les murs1 les rites1 les religions1 et surt\t les langues1 dont la con/ruction elle seule e/ une hi/oire complte de *aque peuple1 et dont la filiation et les analogies sont le fil d',ariane dans le labyr9! des orig9es4 ,l'on s'e/ trop press de faire des hi/oires univ]selles2 avant de v\loir lev] de si va/es difices1 il et fallu en avoir prp> t\s les dtails1 avoir clairci *acune des p>ties dont ils doiv5t se compos]2 il et fallu avoir une bonne hi/oire complte de *aque peuple1 ou du mo9s avoir rassembl et mis en ordre t\t ce que n\s avons de fragm5ts p\r en tir] les inductions raisonnables4 ,on ne s'e/ occup que des ,grecs et des ,roma9s1 en suivant s]vilem5t une m?ode troite et exclusive1 qui rapporte t\t au sy/me d'un petit peuple d',asie1 inconnu dans l'antiquit1 et au sy/me d',hrodote1 dont les limites sont inf9im5t ress]res2 l'on n'a v\lu voir que l'gypte1 la ,grce1 l',italie1 comme si l'univ]s tait dans ce petit espace2 et comme si l'hi/oire de ces petits peuples tait autre *ose qu'un faible et t>dif rameau de l'hi/oire de t\te l'espce4 ,l'on n'a os sortir de ce s5ti] que depuis mo9s de c5t ans2 et dja l'horizon s'agr&it au po9t que la borne la plus recule de nos hi/oires classiques se tr\ve n'tre que l'entre d'une c>rire de temps antrieurs1 o s'excut5t1 dans la ,haute-gypte1 la *ute d'un royaume de ,?bes qui prcda t\s ceux de l'gypte2 dans la ,haute-,asie1 la *ute de plusieurs tats bactri5s1 indi5s1 tibeta9s1 dja vieillis p> le laps des sicles2 et les migrations imm5ses de hordes scy!s qui1 des s\rces du ,gange et du ,sanp\1 se port5t aux les du ,danem>ck et de la ,gr&e-,bretagne2 et des sy/mes religieux du bramisme1 du lamisme ou buddisme encore plus antique1 et enf9 t\s les vnem5ts d'une priode qui n\s montre l'anci5 cont95t1 depuis les b\ts de l',espagne jusqu'aux conf9s de la ,t>t>ie1 c\v]t d'une mme =t1 et peupl d'une mme espce de sauvages nomades1 s\s les noms div]s de ,celtes1 de ,g]ma9s1 de ,cimbres1 de ,scy!s et de ,massagtes4 ,lorsque l'on s'enfonce dans ces pr(ondeurs la suite des criva9s anglais qui n\s ont fait connatre les livres sacrs des ,indi5s1 les ,vdas1 les ,p\rans1 les ,*a/rans2 lorsque l'on tudie les antiquits du ,?ibet et de la ,t>t>ie1 avec ,gorgi1 ,pallas1 ,/ralhemb]g1 et celles de la ,g]manie et de la ,sc&9avie1 avec ,hornius1 ,eli*man1 ,jablonski1 ,m>c[1 ,gebh>d et ,ihre1 l'on se conva9c que n\s ne faisons que d'ouvrir la m9e de l'hi/oire anci5ne1 et qu'avant un sicle1 t\tes nos compilations grco-roma9es1 t\tes ces prt5dues hi/oires univ]selles de ,roll91 de ,bossuet1 de ,fleury1 etc41 s]ont des livres refaire1 dont il ne re/]a pas mme les rflexions1 puisque les faits qui les bas5t sont faux ou altrs4 ,en prvoyant cette rvolution1 qui dja s'effectue1 j'ai quelquefois p5s aux moy5s qui s]ai5t les plus propres la dirig]2 et je vais mettre mes ides1 cet g>d1 avec d'autant plus de confiance1 qu'un meilleur tableau de l'antiquit aurait l'utilit morale de dsabus] de beauc\p de prjugs civils et religieux1 dont la s\rce n'e/ sacre que p>ce qu'elle e/ inconnue2 et cette autre utilit politique de faire reg>d] les peuples comme rellem5t frres1 en leur produisant des titres de gnalogie qui pr\v5t les poques et le degr de leur p>5t4 ,d'abord il e/ vid5t qu'un travail de ce g5re ne peut tre excut p> un seul individu1 et qu'il exige le conc\rs d'une f\le de collaborateurs4 ,il faudrait une socit nombreuse1 et qui1 p>tage en sections1 suivt m?odiquem5t *aque bran*e d'un plan id5tique de re*]*es4 ,les lm5ts de cette socit exi/5t mes yeux dans les div]ses acadmies de l',europe1 qui1 soit p> elles-mmes1 soit p> l'mulation qu'elles ont produite1 ont t1 quoi qu'on en puisse dire1 le gr& mobile de t\te in/ruction et de t\te sci5ce4 ,*acune de ces acadmies1 considre comme une section de la gr&e socit hi/orico-philosophique1 s'occup]ait spcialem5t de l'hi/oire et des monum5ts de son pays1 comme l'ont fait des savants de ,pt]sb\rg p\r la ,russie et la ,t>t>ie2 comme le fait la socit anglaise de ,calcutta p\r l',inde1 la ,*9e et le ,?ibet2 comme l'a fait une socit de savants allem&s p\r l'anci5ne ,g]manie et la ,s>matie2 et dja n\s devons cette masse rc5te de travaux1 des ouvrages qui honor]ont auprs de la po/rit1 et les p>ticuli]s qui les ont excuts1 et les g\v]nem5ts qui les ont favoriss et enc\rags4 ,dans le plan que je conois1 les re*]*es se p>tag]ai5t en sept pr9cipales sections3 la premire1 s\s le nom de celtique1 s'occup]ait de t\tes les langues et de t\tes les nations qui1 avec des c>actres d'aff9it de j\r en j\r plus s5tis1 p>aiss5t avoir occup la ,gaule1 la ,gr&e-,bretagne1 l',italie mme et t\te l',allemagne1 jusqu'aux ds]ts de la ,cimbrique et de la ,s>matie2 cette bran*e s'atta*]ai5t le bas-breton1 le gallois1 le vieux g]ma91 cons]v dans l'allem&1 le holl&ais1 l'anglais1 issus du go?ique1 dont les dialectes s't5dai5t depuis la ,sc&9avie jusqu' la ,?race1 et au cont95t de la ,grce4 ,des savants de ,sude et d',allemagne ont r5du s5sible1 depuis #cj annes1 que t\s les peuples aborignes de l',europe et de la ,grce n'tai5t qu'une race id5tique de sauvages1 ayant le mme g5re de vie1 *asseurs1 pa/eurs et nomades1 et usant d'un mme fonds de langage1 v>i seulem5t dans ses accessoires et ses ramifications4 ,*aque j\r il devi5t pr\v de plus en plus que les ,gaulois ou ,keltes1 qui ne sont qu'un mme nom1 p>lai5t une langue qui1 dans le nord1 s'appelait langue go?ique1 teutonique dans la ,g]manie1 scy?ique dans la ,?race1 et dans la ,grce et l',italie1 langue plasgique4 ,ces fameux ,plasges1 s\*e premire d',a?nes et de ,rome1 tai5t de vrais ,scy!s1 p>5ts de ceux de la ,?race1 dont ,hrodote ins9ue qu'ils p>lai5t l'idiome1 et p> consqu5t une race gtique ou go?ique2 c> gete1 go? et scy! tai5t p\r les anci5s un mme mot4 ,ce n'e/ pas leur faute1 si cette id5tit e/ masque p\r n\s dans le mot scy!3 elle tait manife/e p\r eux qui le prononai5t s-k\?1 t]me compos de l'article s1 qui vaut en go?ique notre article le1 et de g\? ou gae?1 c'e/--dire de go? ou gae?1 qui1 dans une f\le de dialectes antiques et mod]nes1 signifie un gu]ri]1 un homme vaillant#ba1 et p> transition1 un homme brave1 bon et ri*e1 un optimate 7good en anglais1 gut en allem&72 et cela p>ce que le gu]ri] vaillant et =t e/ aussi l'homme ri*e1 gnreux et bon1 dans le s5s oppos au mal de la pauvret et de la faiblesse4 ,le glossaire msogo?ique du docteur ,jean ,jhre1 publi ,upsal1 en #agfi1 (fre sur ce sujet des dtails auxquels les rem>ques de ,gatt]] et de ,s*loez] n'ont fait qu'aj\t] de n\velles lumires4 ,il e/ pr\v que la langue grecque a la plus troite aff9it avec l'anci5ne langue go?ique1 tant p\r les mots que p\r la syntaxe2 et les en?\sia/es des ,grecs vont se tr\v] dans l'alt]native d'accord] une p>tie de leur admiration aux ,?races et aux ,scy!s1 ou de la retir] aux ,grecs1 reconnus p\r frres utr9s des ,v&ales et des ,o/rogo?s4 ,cette p>5t e/ un po9t de contact o se =me une seconde section1 que j'appell]ai hellnique1 laquelle embrass]ait les langues grecque et lat9e1 qui ont p\r rameaux desc5dants t\s les idiomes du midi de notre mod]ne ,europe1 le portugais1 l'espagnol1 le franais1 l'itali51 et t\s les t]mes de sci5ce des peuples du nord1 *ez qui1 comme *ez n\s1 ces deux langues se sont mles au vieux go?2 t&is que leurs rameaux asc5dants sont un mlange de l'idiome plasgique avec les mots phnici5s1 gypti5s1 lydi5s et ioniques1 qu'apportr5t les colonies asiatiques1 dsignes s\s le nom de l'gypti5 ,danas et du ,sidoni5 ,cadmus4 ,il p>at que ces colonies fur5t p\r la ,grce et p\r l',italie1 ce que les ,europens ont t p\r l',amrique2 qu'elles apportr5t les arts et les sci5ces de l',asie police1 et qu'elles y dev9r5t une s\*e de population qui tantt s'id5tifia1 et tantt dtruisit totalem5t la race auto*?one4 ,leur trace e/ vid5te dans l'alphabet et les lettres grecs1 qui1 lors du sige de ,troie1 l'on aj\ta deux ou trois c>actres lydi5s ou troy5s1 dont l'un1 celui du ph1 se tr\ve encore dans l'alphabet armni54 ,les claircissem5ts ncessaires cette seconde section se tir]ai5t d'une troisime qui1 s\s le nom de phnici5ne1 embrass]ait les idiomes hbreu anci5 ou sam>ita91 hbreu du second ge ou *alden1 hbreu du bas ge ou syriaque1 et de plus le copte ou gypti51 mlange de grec et de vieil gypti51 l'arabe et l'?iopi5 qui n'en diffre que p> la figure3 cette section app>ti5drai5t les re*]*es sur ,c>?age et ses colonies1 tant en ,espagne et en ,sicile qu'en ,afrique1 o l'on comm5ce en retr\v] des traces s+ulires dans les pays de ,fezzan et de ,m\rz\q2 ce s]ait elle qui n\s appr5drait quelle bran*e app>ti5t l'idiome s+uli] des ,basques1 qui p>at avoir jadis occup t\te l',espagne1 et qui n'a aucune analogie avec le celte2 quel peuple il faut rapport] le langage des montagn>ds de l',atlas1 dits ,b]bres1 qui ne ressemble ri5 de connu2 et cette occasion1 je rem>qu]ai que c'e/ dans les montagnes que les dialectes anci5s se sont gnralem5t le plus cons]vs4 ,je possde un vocabulaire b]bre1 mais je n'ai po9t encore eu le temps de l'exam9]2 seulem5t j'y ai rem>qu un frqu5t usage de l'r grassey1 qui e/ le gamma des ,grecs1 le gan des ,arabes1 que l'on tr\ve dans t\t le midi de l',asie1 exclusivem5t aux peuples du ,nord4 ,je crois ce dialecte l'anci5 numide4 ,cette mme section1 p> la langue arabe1 s]ait en contact avec plusieurs dialectes de l',inde et de l',afrique1 et avec le p]san et le turk mod]nes1 dont la base e/ tat>e et scy! anci54 ,sur cette base se =m]ait une quatrime section1 que j'appell]ais tat>ique1 qui s]ait spcialem5t *>ge d'exam9] les nombreux dialectes qui ont des bran*es d'analogie1 depuis la ,*9e jusqu'en ,anglet]re3 elle n\s dirait p\rquoi l'anglo-saxon a la mme syntaxe que le p]san mod]ne1 issu de l'anci5 p>!1 peuple scy!2 p\rquoi une f\le de mots de premi] beso9 sont entirem5t semblables dans ces deux idiomes4 ,elle n\s appr5drait p\rquoi la ,sude et le ,danem>k ont une quantit de noms gographiques que l'on retr\ve *ez les ,mogols et dans l',inde2 p\rquoi le tat>e de ,crime1 cit p> ,busbeq1 ambassadeur de l'emp]eur prs ,soliman ,,ii1 ressemble au msogo?ique d',ulphilas1 c'e/--dire1 un dialecte des tribus mogoles de ,t*+uizkan1 un dialecte de l'anci5 scy! ou go?1 dont j'ai dja p>l4 ,c'e/ cette section que s]ait rs]ve la solution d'une f\le de problmes piquants1 dont n\s ne faisons encore qu'entrevoir les premires donnes2 en considrant ces analogies de langages1 en recueillant et confrontant les similitudes qui exi/5t dans les usages1 les c\tumes1 les murs1 les rites1 et mme dans la con/itution physique des peuples2 en considrant que les ,cimbres1 les ,teutons1 les ,g]ma9s1 les ,saxons1 les ,danois1 les ,sudois1 donn5t t\s les mmes c>actres de physionomie que cette race appele jadis massagtes ou gr&s gtes1 et de nos j\rs leutes et mongols1 c'e/--dire1 hommes blancs et occid5taux2 qu'ils ont t\s galem5t la taille haute1 le te9t blanc1 les yeux bleus1 les *eveux blonds1 on s5t bi5 que cette similitude de con/itution a p\r cause premire une similitude de g5re de vie et de climat2 mais l'on s'ap]oit aussi que les autres analogies sont dues des migrations opres p> les gu]res et p> les conqutes1 si rapides et si faciles p\r les peuples pa/eurs4 ,l'on v\drait connatre les dtails de ces migrations et de ces conqutes2 on v\drait savoir quelle poque1 p> exemple1 se rp&it jusqu'au fond du ,nord cette horde t]rible et puissante des ,ases qui y porta le nom de ,vod51 et son affreuse religion4 ,des ides sy/matiques veul5t la tr\v] au temps de ,mi?ridate1 qui1 fuyant devant ,pompe1 p\ssa devant lui les riv]a9s de l',eux91 qui1 leur t\r1 se p\ssr5t sur et trav]s les ,s>mates2 mais l'on a de solides raisons de s'lev] au-dessus de cette date1 et surt\t de ni] p\r *ef de cette invasion un prt5du homme ,od9 ou ,vod51 qui e/ la div9it prs5te s\s les noms div]s de ,budd1 ,b$da1 ,b\tta1 ,ft1 ,taut1 qui e/ ,m]cure1 comme le pr\ve le nom de ,vod51 cons]v dans le m]cr$i des peuples du ,nord1 appel vonsdag et vod5dag1 j\r de ,vod5#bb3 ce qui1 d'une "p1 lie ce sy/me celui des druides adorateurs de ,teutats2 de l'autre1 celui des ,gtes adorateurs de ,zalmoxis1 auj\rd'hui le lama des ,tibta9s et des ,tat>s4 ,qu& on considre que ,tibet ou ,bud-,tan1 pays de ,budd1 e/ l'anci5 pays des ,bra*manes2 que1 ds le temps d',alex&re1 ces ,bra*manes ou gymnosophi/es tai5t la ca/e la plus savante et la plus vnre des peuples indi5s2 que leur *ef-lieu ,lah-sa et ,p\tala e/ le plus anci5 pl]9age de t\te l',asie2 que1 de temps immmorial1 les hordes scy!s ou gtes s'y r5dai5t en f\le2 qu'auj\rd'hui leurs races1 cont9ues s\s le nom de ,tat>s1 en ont cons]v les dogmes et les rites1 et que ce culte a tantt caus entre eux des gu]res de s*ismes1 tantt les a arms contre les trang]s incroyants1 l'on s5t que ce dur5t tre des hordes migres des ds]ts du ,*amo et de la ,b\k>ie1 qui1 de pro*e en pro*e1 fur5t p\sses jusqu' la ,*]sonse cimbrique1 p> un m\vem5t semblable celui qui a am5 les ,turks actuels des monts ,alta1 et des s\rces de l',irti* aux rives du ,bosphore2 et alors une *ronique sudoise1 cite dans l'hi/oire de ,t*+uizkan1 page #ade1 aurait eu raison de dire que les ,sudois sont v5us de ,kasg>4 ,l'on s5t encore qu' cette mme section app>ti5drai5t les anci5nes langues de la ,p]se1 le z5d et le pehlev1 et peut-tre le mde2 mais il n'y a que des travaux ultrieurs qui puiss5t dt]m9] s'il e/ vrai que l'esclavon p>l en ,bohme1 en ,pologne1 en ,moscovie1 soit rellem5t v5u du ,caucase et du pays des ,mosques1 a9si que le font croire les murs asiatiques des nations qui le p>l5t4 ,c'e/ encore des travaux ultrieurs de faire di/+u] la bran*e mongole1 la bran*e calm\que et hunnique1 dont les dialectes se p>l5t en ,f9l&e1 en ,laponie1 en ,hongrie2 de dt]m9] si l'anci5ne langue de l',inde1 le sanscrit1 n'e/ pas le dialecte primitif du ,tibet et de l',indo/an1 et la s\*e d'une f\le de dialectes de l',asie moy5ne2 de dc\vrir quelle langue se rapport5t la langue *9oise et l'idiome malais1 qui s'e/ t5du dans t\tes les les de l',inde et dans l'ocan ,pacifique4 ,ce s]ai5t l les travaux de deux autres sections1 qui s]ai5t les c9quime et sixime1 t&is qu'une d]nire s'occup]ait de la confrontation des langues de l'e/ de l',asie avec celles de l'oue/ de l',amrique1 p\r con/at] la communication de leurs peuples4 ,p\r t\s ces travaux1 les meilleurs monum5ts s]ont les dictionnaires des langues et leurs grammaires2 je dirais presque que *aque langue e/ une hi/oire complte1 puisqu'elle e/ le tableau de t\tes les ides d'un peuple1 et p> consqu5t des faits dont ce tableau s'e/ compos4 ,aussi suis-je p]suad que c'e/ p> cette voie que l'on remont]a le plus haut dans la gnalogie des nations1 puisque la s\/raction successive de ce que *acune a emprunt ou f\rni1 conduira une ou plusieurs masses primitives et orig9elles1 dont l'analyse dc\vrira mme l'inv5tion de l'art du langage4 ,l'on ne peut donc ri5 faire de plus utile en re*]*es hi/oriques1 que de recueillir des vocabulaires et des grammaires2 et l'alphabet univ]sel dont j'ai conu le projet et dont je v\s ai entret5us dans une confr5ce1 s]a p\r cet effet1 d'une utilit vritable1 en ce que1 ram5ant t\tes les langues un mme tableau de signes1 il rduira leur tude au plus gr& degr de simplicit1 et r5dra palpable la ressemblance ou la diffr5ce des mots dont elles sont composes4 ,il me re/e p>l] de l'influ5ce qu'ex]c5t en gnral les livres d'hi/oire sur les op9ions des gnrations suivantes1 et sur la conduite des peuples et de leurs g\v]nem5ts4 ,quelques exemples vont r5dre s5sible la puissance de ce g5re de rcits et de la manire de les prs5t]4 ,t\t le monde connat l'effet qu'avait produit sur l'ame d',alex&re l',iliade d',homre1 qui e/ une hi/oire en v]s2 effet tel1 que le fils de ,philippe1 en?\siasm de la valeur d',a*ille1 en fit son modle1 et que1 portant le pome hi/orique dans une cassette d'or1 il alim5tait p> cette lecture ses gu]rires fureurs4 ,en remontant des effets aux causes1 il n'e/ po9t absurde de suppos] que la conqute de l',asie a dp5du de ce simple fait1 la lecture d',homre p> ,alex&re4 ,ma conjecture n'e/ que probable2 mais un autre trait non mo9s clbre1 et qui e/ c]ta91 c'e/ que l'hi/oire de ce mme ,alex&re1 crite p> ,qu9te-,curce1 e/ dev5ue le pr9cipe moteur des gu]res t]ribles qui1 sur la f9 du d]ni] sicle et le comm5cem5t de celui-ci1 ont agit t\t le nord de l',europe4 ,v\s avez t\s lu l',hi/oire de ,*>les ,,xii1 roi de ,sude1 et v\s savez que ce fut dans l'ouvrage de ,qu9te-,curce qu'il puisa cette manie d'imitation d',alex&re1 dont les effets fur5t d'abord l'branlem5t1 puis l'aff]missem5t de l'empire russe1 et en quelque sorte sa transplantation d',asie en ,europe1 p> la fondation de ,pt]sb\rg et l'ab&on de ,mosc\1 o1 sans cette crise1 le tz> ,pi]re ,i] et probablem5t re/4 ,que si l'hi/ori5 et le pote euss5t accompagn leurs rcits de rflexions judicieuses sur t\s les maux produits p> la manie des conqutes1 et qu'au lieu de blasphm] le nom de la v]tu1 en l'appliquant aux actions gu]rires1 ils en euss5t fait s5tir l'extravagance et le crime2 il e/ trs-probable que l'esprit des deux jeunes pr9ces en et reu une autre direction1 et qu'ils euss5t t\rn leur activit v]s une gloire solide1 dont le tz> ,pi]re ,i]1 malgr son dfaut de culture et d'ducation1 eut un s5tim5t inf9im5t plus noble et plus vrai4 ,je vi5s de cit] des exemples individuels1 je vais produire des exemples populaires et nationaux4 ,quiconque a lu avec att5tion l'hi/oire du ,bas-,empire d',occid5t et d',ori5t1 a9si que celle de l',europe mod]ne1 a pu rem>qu] que dans t\s les m\vem5ts des peuples1 depuis qu9ze c5ts ans1 dans les gu]res1 dans les traits de paix ou d'alliance1 les citations et les applications de traits hi/oriques des livres hbreux sont p]ptuelles2 si les papes prt5d5t o9dre et sacr] les rois1 c'e/ l'imitation de ,mel*isde* et de ,samuel2 si les emp]eurs pleur5t leurs p*s aux pi$s des pontifes1 c'e/ l'imitation de ,david et d'z*ias2 c'e/ l'imitation des ,juifs que les ,europens font la gu]re aux infidles2 c'e/ l'imitation d',ahod1 d'glon et de ,judi?1 que des p>ticuli]s tu5t les pr9ces1 et obti5n5t la palme du m>tyre4 ,lorsqu'au qu9zime sicle l'imprim]ie divulga ces livres jusqu'alors manuscrits1 et en fit des livres vulgaires et presque classiques1 ce fut un r$\blem5t d'influ5ce et une sorte d'pidmie d'imitation3 v\s en connaissez les fune/es effets dans les gu]res d',allemagne1 promues p> ,lu!r2 dans celles d',anglet]re1 conduites p> ,cromwell2 et dans celles de la ligue1 t]m9es p> ,h5ri ,,iv4 ,de nos j\rs mme1 ces effets ont t puissants dans la gu]re d',amrique2 et les passages de la ,bible1 o ,mose et ,samuel expos5t les abus de la royaut1 n'ont pas peu s]vi dt]m9] l'insurg5ce1 comme ils avai5t s]vi r5v]s] le trne de ,jacques et de ,*>les#bc4 ,a9si1 le pr9cipe moteur du de/9 de l'univ]s1 la rgle normale#bd d'une imm5sit de gnrations ont t puiss dans l'hi/oire d'un petit peuple presque inconnu de l'antiquit1 dont les d\ze tribus1 mlange d',arabes et de ,phnici5s1 n'occupai5t que #bge lieues c>res1 de manire que ,salomon1 dans t\te sa gloire1 n'en possda jamais plus de #djj moiti ds]tes1 et ne comm&a jamais #hjj1jjj ames1 ni p> consqu5t #bjj1jjj soldats4 ,supposez la non-exi/5ce de ces livres1 t\t le sy/me de ,mahomet1 s+ sur celui de ,mose1 n'et po9t exi/3 et t\t le m\vem5t du monde roma9 depuis dix sicles1 et pris une direction diffr5te4 ,supposez encore que les premires imprim]ies euss5t rp&u leur place de bons ouvrages de morale et de politique1 ou qu'eux-mmes en euss5t cont5u les prceptes1 l'esprit des nations et des g\v]nem5ts en et reu une autre impulsion2 et l'on peut dire que l'insuffisance et le vice de ces livres1 cet g>d1 ont t une cause1 s9on radicale1 du mo9s subsidiaire des maux qui ont dsol les nations4 ,enf91 la vraie philosophie1 la philosophie amie de la paix et de la tolrance univ]selle1 avait amorti ce f]m5t1 et le dix-huitime sicle croyait t\*] la plus belle poque de l'humanit1 lorsqu'une tempt n\velle1 emportant les esprits dans un extrme contraire1 a r5v]s l'difice naissant de la raison1 et n\s a f\rni un n\vel exemple de l'influ5ce de l'hi/oire1 et de l'abus de ses comp>aisons4 ,v\s s5tez que je veux p>l] de cette manie de citations et d'imitations grecques et roma9es qui1 dans ces d]ni]s temps1 n\s ont comme frapps de v]tige#be4 ,noms1 surnoms1 vtem5s1 usages1 lois1 t\t a v\lu tre sp>tiate ou roma92 de vieux prjugs effrays1 des passions rc5tes irrites1 ont v\lu voir la cause de ce phnomne dans l'esprit philosophique qu'ils ne connaiss5t pas2 mais l'esprit philosophique qui n'e/ que l'obs]vation dgage de passion et de prjug1 en tr\ve l'orig9e plus vraie dans le sy/me d'ducation qui prvaut en ,europe depuis un sicle et demi3 ce sont ces livres classiques si vants1 ces potes1 ces orateurs1 ces hi/ori5s1 qui1 mis sans disc]nem5t aux ma9s de la jeunesse1 l'ont imbue de leurs pr9cipes ou de leurs s5tim5ts4 ,ce sont eux qui1 lui (frant p\r modles c]ta9s hommes1 c]ta9es actions1 l'ont enflamme du dsir si naturel de l'imitation2 qui l'ont habitue s\s la frule collgiale se passionn] p\r des v]tus et des beauts relles ou supposes1 mais qui1 tant galem5t au-dessus de sa conception1 n'ont s]vi qu' l'affect] du s5tim5t aveugle appel en?\siasme4 ,on le voit cet en?\siasme1 au comm5cem5t du sicle1 se manife/] p> une admiration de la littrature et des arts anci5s1 porte jusqu'au ridicule2 et ma9t5ant que d'autres circon/ances l'ont t\rn v]s la politique1 il y dploie une vhm5ce proportionne aux intrts qu'elle met en action3 v>i dans ses =mes1 dans ses noms1 dans son objet1 il e/ t\j\rs le mme dans sa nature2 en sorte que n\s n'avons fait que *ang] d'idoles1 et que sub/itu] un culte n\veau au culte de nos aeux4 ,n\s leur repro*ons l'adoration sup]/itieuse des ,juifs1 et n\s sommes tombs dans une adoration non mo9s sup]/itieuse des ,roma9s et des ,grecs2 nos anctres jurai5t p> ,jrusalem et la ,bible1 et une secte n\velle a jur p> ,sp>te1 ,a?nes et ,tite-,live4 ,ce qu'il y a de biz>re dans ce n\veau g5re de religion1 c'e/ que ses aptres n'ont pas mme eu une ju/e ide de la doctr9e qu'ils pr*5t1 et que les modles qu'ils n\s ont proposs sont diamtralem5t contraires leur nonc ou leur int5tion2 ils n\s ont vant la lib]t1 l'esprit d'galit de ,rome et de la ,grce1 et ils ont oubli qu' ,sp>te une ari/ocratie de tr5te mille nobles t5ait s\s un j\g affreux deux c5t mille s]fs2 que p\r emp*] la trop gr&e population de ce g5re de ngres1 les jeunes ,lacdmoni5s allai5t de nuit la *asse des ,ilotes1 comme de btes fauves2 qu' ,a?nes1 ce sanctuaire de t\te lib]t1 il y avait quatre ttes esclaves contre une tte libre2 qu'il n'y avait pas une maison o le rgime despotique de nos colons d',amrique ne ft ex]c p> ces prt5dus dmocrates1 avec une cruaut digne de leurs tyrans3 que sur environ quatre millions d'ames qui dur5t peupl] l'anci5ne ,grce#bf1 plus de trois millions tai5t esclaves2 que l'9galit politique et civile des hommes tait le dogme des peuples1 des lgislateurs2 qu'il tait consacr p> ,lycurgue1 p> ,solon1 pr(ess p> ,ari/ote1 p> le div9 ,platon1 p> les gnraux et les ambassadeurs d',a?nes1 de ,sp>te et de ,rome1 qui1 dans ,polybe1 dans ,tite-,live1 dans ,?ucydide1 p>l5t comme les ambassadeurs d',attila et de ,t*+uizkan3 ils ont oubli que *ez les ,roma9s ces mmes murs1 ce mme rgime1 rgnr5t dans ce que l'on appelle les plus beaux temps de la rpublique2 que cette prt5due rpublique1 div]se selon les poques1 fut t\j\rs une olig>*ie compose d'un ordre de noblesse et de sac]doce1 matre presque exclusif des t]res et des emplois1 et d'une masse plbi5ne greve d'usures1 n'ayant pas quatre arp5ts p> tte1 et ne diffrant de ses propres esclaves1 que p> le droit de les fu/ig]1 de v5dre son suffrage1 et d'all] vieillir ou prir s\s le s>m5t des c5turions1 dans l'esclavage des camps et les rap9es militaires2 que dans ces prt5dus tats d'galit et de lib]t1 t\s les droits politiques tai5t conc5trs aux ma9s des habitants oisifs et factieux des mtropoles qui1 dans les allis et associs1 ne voyai5t que des tributaires4 ,oui1 plus j'ai tudi l'antiquit et ses g\v]nem5ts si vants1 plus j'ai conu que celui des ,maml\ks d'gypte et du dey d',alg]1 ne diffrai5t po9t ess5tiellem5t de ceux de ,sp>te et de ,rome2 et qu'il ne manque ces ,grecs et ces ,roma9s tant prns1 que le nom de ,huns et de ,v&ales1 p\r n\s en retrac] t\s les c>actres4 ,gu]res t]nelles1 gorgem5ts de prisonni]s2 massacres de femmes et d'enfants1 p]fidies1 factions intrieures1 tyrannie dome/ique1 oppression trangre3 voil le tableau de la ,grce et de l',italie p5dant #ejj ans1 tel que n\s le trac5t ,?ucydide1 ,polybe et ,tite-,live4 ,a pe9e la gu]re1 la seule gu]re ju/e et honorable1 celle contre ,x]cs1 e/-elle f9ie1 que comm5c5t les insol5tes vexations d',a?nes sur la m]2 puis l'horrible gu]re du ,ploponse1 puis celle des ,?ba9s1 puis celles d',alex&re et de ses successeurs1 puis celles des ,roma9s1 sans que jamais l'ame puisse tr\v] p\r se repos] une demi-gnration de paix4 ,on vante les lgislations des anci5s2 quel fut leur b1 quels fur5t leurs effets1 s9on d'ex]c] les hommes dans le s5s de ces animaux froces que l'on dresse au combat du lion et du taureau8 ,on admire leurs con/itutions2 quelle tait donc cette con/itution de ,sp>te1 qui1 c\le dans un m\le d'aira91 tait une vraie rgle de mo9es de la ,trappe1 qui condamnait absurdem5t une nation de #cj1jjj hommes ne jamais s'accrotre en population et en t]ra98 ,l'on a v\lu n\s donn] des modles grecs ou roma9s2 mais quelle analogie exi/e-t-il entre un tat qui1 comme la ,france1 conti5t #bg1jjj lieues c>res1 et #be1jjj1jjj de ttes de population1 et cette ,grce1 o le ,ploponse cont5ait six confdrations indp5dantes dans #gjj lieues c>res2 o cette fameuse ,laconie1 qui1 selon ,?ucydide1 =mait les deux c9quimes du ,ploponse1 ne cont5ait que #bhj lieues2 o l',attique1 y compris les #bj lieues de la ,mg>ide1 n'tait compose que de #afe lieues2 o t\t le cont95t grec n'avait pas plus de #c1hej lieues c>res en t\t1 y compris la ,macdo9e1 qui en a #aaj1 c'e/--dire le sixime de la ,france1 et cela en t]ra9 qui n'e/ pas gnralem5t f]tile4 ,quelle comp>aison tablira-t-on entre les murs et les habitudes de peuples demi sauvages#bg1 pauvres et pirates1 diviss et ennemis p> naissance et p> prjug1 et un gr& corps de nation qui1 le premi]1 (fre dans l'hi/oire une masse de #be1jjj1jjj d'hommes p>lant la mme langue1 ayant les mmes habitudes1 et dont t\s les frottem5ts1 depuis #aejj ans1 n'ont ab\ti qu' produire plus d'unit dans ses habitudes et son g\v]nem5t4 ,de mod]nes ,lycurgues n\s ont p>l de pa9 et de f]3 le f] des piques ne produit que du sang2 l'on n'a du pa9 qu'avec le f] des *>rues4 ,ils appell5t les potes p\r clbr] ce qu'ils nomm5t les v]tus gu]rires3 rpondons aux potes p> les cris des l\p et des oiseaux de proie qui dvor5t l'affreuse moisson des batailles2 ou p> les sanglots des veuves et des orphel9s1 m\rant de faim sur les tombeaux de leurs protecteurs4 ,on a v\lu n\s bl\ir de la gloire des combats3 malheur aux peuples qui rempliss5t les pages de l'hi/oire6 ,tels que les hros dramatiques1 ils pai5t leur clbrit du prix de leur honneur4 ,on a sduit les amis des arts p> l'clat de leurs *efs-d'uvre2 et l'on a oubli que ce fur5t ces difices et ces temples d',a?nes qui fur5t la premire cause de sa ru9e1 le premi] symptme de sa dcad5ce2 p>ce qu'tant le fruit d'un sy/me d'extorsions et de rap9es1 ils provoqur5t la fois le ress5tim5t et la dfection de ses allis1 la jal\sie et la cupidit de ses ennemis2 et p>ce que ces masses de pi]res1 quoique bi5 comp>ties1 sont p>t\t un emploi /rile du travail et absorbem5t ru9eux de la ri*esses4 ,ce sont les palais du ,l\vre1 de ,v]sailles1 et la multitude des temples#bh dont e/ sur*>ge la ,france1 qui ont aggrav nos impts et jet le dsordre dans nos f9ances4 ,si ,l\is ,,xiv et employ en *em9s et en canaux les #d1fjj1jjj1jjjbi1 qu'a cot son *teau dja en dgt1 la ,france n'et vu ni la banqu]\te de ,law1 ni ses consqu5ces reproduites p>mi n\s4 ,ah6 cessons d'admir] ces anci5s qui n'eur5t p\r con/itutions que des olig>*ies1 p\r politique que des droits exclusifs de cits1 p\r morale que la loi du plus =t et la ha9e de t\t trang]2 cessons de prt] cette antiquit gu]royeuse et sup]/itieuse une sci5ce de g\v]nem5t qu'elle n'eut po9t1 puisqu'il e/ vrai que c'e/ dans l',europe mod]ne que sont ns les pr9cipes +nieux et fconds du sy/me reprs5tatif1 du p>tage et de l'quilibre des p\voirs1 et ces analyses savantes de l'tat social1 qui1 p> une srie vid5te et simple de faits et de raisonnem5ts1 dmontr5t qu'il n'y a de ri*esse que dans les produits de la t]re1 qui alim5t5t1 vtiss5t et log5t les hommes2 que l'on n'obti5t ces produits que p> le travail2 que le travail tant une pe9e1 il n'e/ excit *ez les peuples libres que p> l'attrait des j\issances1 c'e/--dire p> la scurit des proprits2 que1 p\r ma9t5ir cette scurit1 il faut une =ce publique que l'on appelle g\v]nem5t2 en sorte que le g\v]nem5t peut se df9ir une banque d'assurance1 la cons]vation de laquelle *acun e/ intress p> les actions qu'il y possde1 et que ceux qui n'y en ont aucune peuv5t dsir] naturellem5t de bris]4 ,aprs n\s tre affran*is du fanatisme juif1 rep\ssons ce fanatisme v&ale ou roma91 qui1 s\s des dnom9ations politiques1 n\s retrace les fureurs du monde religieux2 rep\ssons cette doctr9e sauvage1 qui1 p> la rsurrection des ha9es nationales1 ramne dans l',europe police les murs des hordes b>b>es2 qui de la gu]re fait un moy5 d'exi/5ce1 qu& t\te l'hi/oire dpose que la gu]re conduit t\t peuple va9queur ou va9cu une ru9e gale2 p>ce que l'ab&on des cultures et des ateli]s1 effet des gu]res du dehors1 mne la disette1 aux sditions1 aux gu]res civiles1 et f9alem5t au despotisme militaire2 rep\ssons cette doctr9e qui place l'assass9at mme au rang des v]tus1 qu& t\te l'hi/oire pr\ve que les assass9ats n'ont jamais caus que de plus gr&s dsa/res1 p>ce que1 o se montr5t les poign>ds1 l s'clips5t les lois2 et qu&1 p>mi n\s1 l'assass9at mme de son plus vil aptre#cj n'a s]vi qu' g>] l'op9ion publique et faire prir #ajj1jjj des meilleurs citoy5s4 ,on tue les hommes1 on ne tue po9t les *oses1 ni les circon/ances dont ils sont le produit4 ,brutus et ,casca poign>d5t ,cs>1 et la tyrannie se consolide2 p\rquoi cela8 p>ce que1 depuis les tribuns1 il n'y avait plus d'quilibre de p\voirs2 p>ce que les volonts du peuple de ,rome tai5t dev5ues la loi2 p>ce que depuis la prise de ,cor9! et de ,c>?age1 ce peuple oisif1 pauvre et dbau* fut l'encan des gnraux1 des proconsuls1 des que/eurs1 gorgs de ri*esses4 ,brutus et ,casca sont dev5us p\r notre ge ce qu'tai5t ,ahod et les ,ma*abes p\r l'ge antrieur2 a9si1 s\s des noms div]s1 un mme fanatisme ravage les nations2 les acteurs *ang5t sur la scne2 les passions ne *ang5t pas1 et l'hi/oire entire n'(fre que la rotation d'un mme c]cle de calamits et d'erreurs444 mais comme en mme temps t\te l'hi/oire proclame que ces erreurs et ces calamits ont p\r cause gnrale et premire l'ignorance huma9e1 qui ne sait connatre ni ses vrais intrts1 ni les moy5s d'arriv] au b mme de ses passions2 il rsulte de nos rflexions1 non des motifs de dc\ragem5t1 ni une diatribe misan?ropique et anti-sociale1 mais des conseils plus pressants d'in/ruction politique et morale applique aux peuples et aux g\v]nem5t2 et c'e/ s\s ce po9t de vue p>ticulirem5t1 que l'tude de l'hi/oire pr5d son plus noble c>actre d'utilit1 en ce qu'(frant une imm5se collection de faits et d'expri5ces sur le dveloppem5t des facults et des passions de l'homme dans l'tat social1 elle f\rnit au philosophe des pr9cipes de lgislation plus gnraux et plus con=mes *aque hypo?se2 des bases de con/itution plus simples et plus conciliantes2 des ?ories de g\v]nem5t plus appropries au climat et aux murs2 des pratiques d'adm9i/ration plus habiles et plus pr\ves p> l'expri5ce2 en un mot1 des moy5s plus efficaces et plus pat]nels de p]fectionn] les gnrations v5ir1 en comm5ant p> amlior] le sort de la gnration prs5te4 ,dsormais j'ai puis plutt que complt mes considrations sur l'hi/oire2 il faudrait ma9t5ant que j'en fisse l'application quelques ouvrages rem>quables1 mod]nes ou anci5s1 et que je vrifiasse en pratique les rgles de critique que je v\s ai proposes2 mais le travail exagr et prcipit auquel j'ai t s\mis depuis deux mois1 ne me p]met pas de f\rnir cette seconde c>rire sans repr5dre hale9e2 et aprs avoir fait acte de dv\em5t la *ose publique#ca1 en f\rnissant la premire sans une prp>ation de plus de qu9ze j\rs1 priv mme de mes manuscrits1 il me devi5t indisp5sable de susp5dre ces leons1 p\r repos] mes =ces et avoir le temps d'assembl] de n\veaux matriaux4 ,nota4 ,l'cole ,normale ayant t diss\te peu de temps aprs1 l'auteur n'a plus eu de motifs de cont9u] ce travail4 ,,hi/oire ,,de ,,samuel1 ,,inv5teur ,,du ,,sacre ,,des ,,rois4 ,,preface ,,de ,l',,diteur4 ,au mom5t o un g\v]nem5t con/itutionnel se propose de donn] l',europe du dix-neuvime sicle le spectacle d'un roi lgitime requrant ou acceptant son titre d'inve/iture de la ma9 d'un prtre1 son sujet3 au mom5t o l'on tr\ve sage de rappel] aux ,franais qu'un sacre1 mme papal1 n'a pas eu la v]tu de conjur] la *ute d'un g\v]nem5t puissant1 mais illibral1 il ne s]a peut-tre pas sans intrt p\r beauc\p de lecteurs1 de connatre mieux qu'on ne l'a fait jusqu' ce j\r quelle a t l'orig9e gypti5ne ou juive de la biz>re crmonie1 qui1 au moy5 d'un peu d'huile v]se sur la tte d'un homme1 prt5d lui imprim] des droits indlbiles1 indp5dants de sa conduite et de sa capacit2 de connatre quels fur5t le c>actre p]sonnel1 les vues1 la moralit de l'individu prtre1 qui le premi] adm9i/ra de son *ef ce n\veau g5re de sacrem5t2 quels fur5t enf9 les effets de ce don p]fide1 et p\r les deux rivaux qui le reur5t1 et p\r la nation imprud5te et sup]/itieuse qui se le laissa impos]4 ,on mprise les ,juifs et on les imite2 on rep\sse leur code1 on g>de leurs rites2 on p>le doctr9e1 on n'e/ que passion2 on invoque la religion1 on ne veut que son moy52 on s'autorise des ,bibles1 on ne les a pas lues2 on les a lues1 on ne les a pas comprises2 on ne l'a pu1 c> aucune de leurs traductions n'e/ fidle2 aucune ne r5d con/amm5t le s5s vrai de l'orig9al4 ,quel homme in/ruit1 quel grammairi5 os]a ni] ce fait8 ,l'crit que n\s prs5tons en (fre une preuve n\velle2 il ne fut pas de/9 d'abord l'emploi que n\s en faisons auj\rd'hui2 mais il s'y adapte si bi5 que t\t ami du bon s5s et de l'honneur national1 disons mme de l'honneur royal1 n\s saura gr de l'y avoir appliqu4 ,le manuscrit orig9al p>at v5ir d'un voyageur amrica91 de la socit des amis dits ,free-,quak]s3 le traducteur a d supprim] la =mule du tutoiem5t qui e/ de mauvais gt1 et conv]tir les mesures anglaises en mesures franaises4 ,,hi/oire ,,de ,,samuel1 ,,inv5teur ,,du ,,sacre ,,des ,,rois4 #a;er4 ,prlim9aires du voyageur4--,motifs accid5tels de cette diss]tation4 ,au ,kaire1 en gypte1 #ahah1 second mois 7fvri]1 /yle des ,quak]s74 ,lettre de ,,josiah ,,nibbl] son ami ,,kaleb ,,li/5]1 ngociant ,philadelphie 7tat-,unis d',amrique47 ,enf9 j'ai vu ,jrusalem1 et la t]re de lait et de miel si vante#cb2 j'ai mesur le pays des fameux ,phili/9s1 qui pur5t possd] #ae lieues de long sur #g de l>ge2 j'ai calcul l'ence9te de la puissante ,tyr1 jadis situe sur un lot de rocailles1 dont le p\rt\r actuel n'e/ pas de plus de #afjj toises#cc2 j'ai trav]s deux fois le fleuve ,j\rda91 qui du plus au mo9s peut avoir #fj #hj pi$s de l>ge2 j'ai visit1 l'entre de l'gypte1 la t]re de ,go%51 sj\r anci5 des ,hbreux1 auj\rd'hui vallon de ,tomlt2 elle peut avoir #aa lieues d't5due44444 ,v\s le dirai-je1 mon ami8 j'ai p]du beauc\p d'illusions2 mais j'ai gagn beauc\p de faits positifs1 intressants1 que j'ai le droit d'appel] des vrits4 ,me voici en gypte1 dans cette t]re d'abondance1 b premi] de notre spculation4 ,ne me blmez po9t de mon pisode4 ,ayant t]m9 nos affaires ,tunis1 je tr\vai impossible de me r5dre au ,kaire sans c>avane1 p> t]re1 au mois d'aot2 une occasion de m] se prs5te p\r ,acre en ,syrie1 d'o l'on passe facilem5t ,damiette2 je la saisis3 un c\p de v5t n\s jette sur ,saide ou ,sidon2 j'y db>que1 et de suite voil que je conois le projet d'une t\rne intressante3 devant moi je voyais les montagnes des ,druzes2 sur ma gau*e1 au lo91 les cimes du ,liban2 ma droite1 l'anci5ne ,phnicie1 qui me m5ait aux dix ,tribus et la ,jude4 ,v\s savez combi5 notre ducation biblique a n\rri notre esprit des ides et des noms de ces contres3 je se pus rsi/] au dsir de les voir1 de les jug] p> moi mme2 j'tais enc\rag p> un moy5 prcieux4 ,p5dant les qu9ze mois de ngociations qu'il m'avait fallu pass] ,tunis1 j'avais employ mes loisirs appr5dre l'arabe vulgaire2 j'arrivai en ,syrie comme en pays connu2 au b\t de qu9ze j\rs j'ent5dis et je fus ent5du3 je me mis s\s la protection d'une autorit franaise2 j'eus bi5tt conv]ti mon dsir l'autorit turke2 un peu d'arg5t plac propos ne manque pas son b avec celle-ci2 la politesse1 les bons procds russiss5t avec l'autre3 je fus c5s un commis de maison *]*ant des db\*s de comm]ce2 j'eus des recomm&ations p\r la montagne ,druze2 bi5tt j'y acquis droit d'hospitalit2 quelques prs5ts me fir5t des amis2 j'eus l'air d'a*et] et de v5dre des bagatelles d'un lieu l'autre3 mon peu de botanique me fut trs-utile2 j'appliquai mme au beso9 l'ipcacuanha et l'mtique1 qui sont le gr& remde de ces g5s-l3 mais mon meilleur in/rum5t1 mon plus efficace passe-port fut de p>l] c\ramm5t la langue et d'agir directem5t sur les esprits2 l'on n'apprcie pas t\te la puissance de ce moy53 t\t e/ l4 ,le voyageur qui ne peut conv]s]1 e/ un s\rd et muet qui ne fait que des ge/es1 et de plus un demi-aveugle qui n'ap]oit les objets que s\s un faux j\r2 il a beau avoir un int]prte1 t\te traduction e/ un tapis vu rev]s3 la p>ole seule e/ un miroir de rflexion1 qui met en rapport deux mes s5sibles44444 ,la plus =te f9it p> matris] l'autre2 j'en ai fait d'heureuses preuves3 muni des connaissances sci5tifiques que donne l'ducation mod]ne n\s autres ,occid5taux1 j'ai imprim l'att5tion et le respect en veillant la curiosit4 ,le bon ton en ce pays e/ un air grave1 un ma9ti5 pos1 une indiffr5ce app>5te p\r ce qui ent\re2 avec ces manires on voit mieux et plus que les babill>ds et les empresss qui sm5t leur arg5t2 j'ai circul p5dant trois mois dans un intrieur peu connu4 ,je me joignis une c>avane v5ant de ,damas1 p\r m'introduire dans ,jrusalem2 l1 je me suis g>d d'tre pl]91 j'eusse t en proie l'av>ice turke1 et ce qui la vaut bi51 l'hypocrite m5dicit *rti5ne3 j'ai eu le bonheur de sortir sans dommage de ce foy] de sup]/ition et de f\rb]ie1 de malice et de pauvret4 ,je v\lais rejo9dre ,acre p> ,jafa3 un de ces has>ds qui ne manqu5t gure en voyage1 me fit tr\v] dans la g>nison de cette d]nire ville le frre de notre c5sal#cd1 ,maure de ,tunis2 il m'(frit ses s]vices avec cette gravit musulmane qui ne trompe po9t2 je lui confiai mon dsir de me r5dre au ,kaire3 l'aga prp>ait une petite c>avane p\r faire ce trajet has>deux2 j'y fus jo9t avec protection4 ,*em9 faisant1 je vis les ru9es d',azot et d',ascalon2 je trav]sai sec le torr5t d'gypte1 les anci5s m>ais de ,sirbon1 et depuis six sema9es je suis en cette ville d'abondance et de tranquillit3 j'y occupe mon repos digr] mes ides n\velles1 mettre en ordre les faits assez nombreux que j'ai acquis2 c'e/ de ce sujet que je veux v\s entret5ir auj\rd'hui4 ,je ne saurais v\s exprim] le *angem5t que cette t\rne de quelques mois a produit dans mon esprit1 et surt\t dans mes op9ions du g5re hi/orique2 presque ri5 de t\t ce que j'ai vu n'a ressembl aux images que je m'en tais faites1 aux ides que n\s en donne notre ducation3 et1 au fait1 que peuv5t en savoir plus que n\s nos docteurs d'cole et de cab9et8 ,auj\rd'hui il m'e/ dmontr que n\s autres ,occid5taux n'ent5dons ri5 aux *oses d',asie3 les usages1 les murs1 l'tat dome/ique1 politique1 religieux des peuples de cette contre1 diffr5t tellem5t des ntres1 que n\s ne p\vons n\s les reprs5t] sur de simples rcits2 il faut avoir vu soi-mme les objets1 p\r en saisir les rapports1 p\r en li] le sy/me2 cela veut du temps1 de la mditation3 un voyageur qui ne f]ait que pass] ne v]rait qu'incohr5ce1 n'emport]ait que surprise2 il recevrait les rcits sans apprci] les tmoignages2 il admettrait les faits sans les avoir discuts1 et1 p> nglig5ce ou p> am\r-propre1 il transmettrait d'autres les erreurs qu'il aurait acceptes2 il se dissimul]ait mme celles qu'il n'aurait pu r$ress]4 ,p\r moi1 j'av\e fran*em5t que je suis arriv ici imbu d'une f\le d'op9ions que ma9t5ant je reconnais p\r n'tre que des prjugs sans fondem5t2 p> exemple1 je croyais que ces traditions ori5tales1 dont on n\s vante l'autorit1 avai5t quelque *ose de rguli] et de c]ta9 dans leur orig9e et leur transmission2 auj\rd'hui il m'e/ dmontr que les habitants de ces contres1 juifs1 arabes1 *rti5s1 musulmans1 n'ont pas plus de sret dans la mmoire1 pas plus de fidlit et de bonne foi dans l'int5tion que n\s autres ,occid5taux1 que nos sauvages et nos paysans3 il m'e/ dmontr que l1 comme p>t\t1 l'homme ne g>de gure de s\v5ir que de ce qu'il a vu dans sa jeunesse2 que bi5 peu de ces g5s-l connaiss5t l'hi/oire de leur propre famille au-del de leur gr&-pre2 que la plup>t ne sav5t ni leur ge1 ni l'anne de leur naissance2 que *ez eux1 comme *ez n\s1 il n'y a de vrais moy5s de g>d]1 de transmettre les faits que p> les crits2 or1 ils en sont privs au po9t de ne t5ir regi/re de ri51 soit public1 soit p>ticuli]4 ,de plus1 la srie des gnrations ayant t plusieurs fois rompue p> des gu]res1 des invasions et des conqutes1 les traditions de faits anci5s1 auj\rd'hui rgnantes1 ne peuv5t tre le fruit d'une transmission orale1 mais driv5t d'une int]prtation faite aprs c\p de ces mmes livres anci5s que l'on prt5d ma9t5ant s\t5ir p> elles4 ,le pays de ,jrusalem1 plus que t\t autre1 f\rnit des preuves de cette vrit1 puisqu'on y tr\ve de ces prt5dues traditions1 les unes contraires aux propres textes des bibles#ce1 les autres portant sur des faits reconnus faux4 ,v\s n'avez pas d'ide de ce que l'esprit de secte et la rivalit de cli5telle font inv5t] de fraudes de cette espce4 ,en gnral1 ce que n\s ne compr5ons po9t assez1 n\s autres ,occid5taux1 ce qui m'a le plus surpris en mon p>ticuli] dans t\te cette contre1 c'e/ l'ignorance pr(onde et univ]selle en *oses physiques et naturelles1 jo9te l'enttem5t et la prsomption en *oses dites div9es1 c'e/--dire1 en *oses hors de notre porte2 c'e/ la crdulit la plus purile1 jo9te une dfiance cauteleuse2 c'e/ l'esprit de dissimulation1 de f\rb]ie1 jo9t une simplicit de murs app>5te1 quelquefois relle2 enf9 c'e/ l'esprit de s]vilit cra9tive qui n'att5d que l'occasion de dev5ir arrogance et audace4 ,expliqu] t\t ce mlange1 donn] les raisons d'un tel tat de *oses1 s]ait sans d\te un travail trs-intressant2 mais mon b en ce mom5t se borne v\s faire connatre comm5t la vue de l'tat prs5t e/ dev5ue p\r moi un moy5 d'apprci] l'tat pass1 cet tat idal p\r n\s1 et qui ne n\s e/ indiqu que p> des livres dont le s5s obscur e/ ou mconnu ou falsifi p> ceux qui s'en font les docteurs4 ,qu& je comp>e mes ides actuelles celles que m'avai5t imposes nos in/ituteurs1 je ne puis m'emp*] de rire de t\s les contre-s5s1 de t\tes les mprises dont matres et disciples1 n\s sommes galem5t les dupes4 ,on n\s fait lire ds l'enfance des rcits grossi]s1 sc&aleux1 absurdes1 et moy5nant les int]prtations my/iques qu'on leur donne1 les pieuses allgories qu'on y tr\ve1 on les ret\rne si bi5 que n\s f9issons p> tre difis de la sagesse ca*e et pr(onde3 notre enfance docile p> cra9te ou p> sduction se plie t\t1 s'habitue t\t1 et notre esprit f9it p> n'avoir plus le tact de la vrit et de la raison4--,je v\s l'av\]ai1 mon ami1 avant ce j\r je ne concevais ri5 la plup>t des vnem5ts qui compos5t l'hi/oire des ,juifs1 je les reg>dais comme app>t5ants un vieil ordre de *oses1 aboli comme l'anci5 ,te/am5t2 cette hi/oire d',abraham1 de sa famille errante qui devi5t un peuple1 de ce peuple qui d'esclave devi5t conqurant1 de ces conqurants qui retomb5t en an>*ie et en s]vitude1 puis sont recon/itus en mon>*ie p\r se divis] et se d*ir] encore1 t\t cela me semblait plutt romanesque que probable2 auj\rd'hui t\t cela me semble p>faitem5t naturel1 con=me ce que je vois1 explicable p> l'tat actuel4 ,dans les murs1 la vie1 les av5tures d'une tribu arabe1 d'un *ef b$\91 je vois la copie ou le modle des murs1 des av5tures de l'a horde hbraque fonde p> ,abraham et ,jacob4 ,je la vois errante d'abord1 se fix] ensuite sur la frontire d'gypte o on la tolre1 comme les pa*as tolr5t les ,b$\9s moy5nant des r$evances annuelles1 des tributs de nature quelconque2 je la vois se multipli] assez vite p> l'abondance de ce pays2 puis inquit] ses protecteurs comme nos ngres trop nombreux n\s inquit5t n\s-mmes2 puis1 raison de son malaise1 concevoir des ides de rebellion et d'indp5dance4 ,plaons cet tat de *oses dans le temps prs5t2 supposons s\s le rgne des ,maml\ks une horde de ,ouahbis tablie dans la ,basse-gypte1 entre en conte/ation avec les naturels p\r cause d'op9ions religieuses et de vexations dome/iques2 supposons qu'un homme de cette race ait voyag en quelque contre civilise de l',europe2 qu'il y ait puis quelques connaissances militaires1 lgislatives1 physiques1 qui le r5d5t suprieur ses compatriotes1 mme leurs oppresseurs2 il p\rra j\] le rle de ,mose1 il p\rra dev5ir *ef1 emm5] ses sectateurs dans le ds]t1 leur y donn] une organisation sy/matique1 religieuse et gu]rire1 au moy5 de laquelle leur race r5\vele de p]sonnes et de murs1 p\rra s'introduire en ,syrie1 s'y =tifi] dans les montagnes1 et enf91 trav]s bi5 des vicissitudes1 s'y p]ptu]1 comme font les ,druzes et les ,mot\lis4 ,ces ,druzes1 avec leur esprit exclusif1 my/rieux1 avec leur c>actre presque ho/ile aux trang]s1 (fr5t une analogie s+ulire avec l'anci5 peuple juif2 je dis plus1 ils en sont la vivante image3 leur manire d'tre m'explique t\t ce qu'il a pu tre au s5s moral1 religieux1 politique et militaire3 les intrigues de leur petit g\v]nem5t olig>*ique1 les manuvres secrtes de leur corporation religieuse1 appele les ,okkls 7,spirituels71 me donn5t la clef de celles qui ont d exi/] *ez les ,hbreux au temps des juges et mme de la mon>*ie3 p> exemple1 l'anecdote de ,samuel1 le rcit de son lvation1 de sa haute influ5ce1 puis l'obligation o il fut de se sub/itu] un roi1 de le consacr]1 enf9 le caprice qu'il eut de le *ang] p\r lui en sub/itu] un autre plus son gr1 t\t cela m'avait des long-temps donn le s\pon d'un jeu de causes naturelles1 diffr5t de celui que prs5te le n>rateur2 j'avais s\ponn des passions huma9es et mme sac]dotales l o l'hi/oriographe n\s prs5te des volonts mobiles1 irascibles1 v9dicatives dans la ,div9it4 ,en relisant ici ma ,bible mes heures de loisir et de repos1 j'ai t frapp de voir mon s\pon se conv]tir en p>faite vid5ce2 je me suis amus faire ce sujet un travail n\veau1 en appliquant au fond du rcit les rgles de notre critique hi/orique mod]ne1 et les calculs de probabilit raisonnable dduits des murs du temps1 du c>actre des tmo9s1 des intrts app>5ts ou ca*s du n>rateur2 il en e/ rsult un tableau piquant de navet et de vraisemblance4 ,je l'ai communiqu un ,europen qui voyage ici1 et qui se tr\ve tre v]s dans la langue hbraque 7il m'assure que1 p\r qui sait bi5 l'arabe1 cette langue e/ une bagatelle73 mon travail a tellem5t excit son intrt1 qu'il l'a enri*i de notes prcieuses en ce qu'elles r$ress5t en plusieurs endroits des fautes et des contre-s5s de nos traductions grecques et lat9es1 que d'ailleurs il accuse d'inexactitude habituelle2 il n'a pas meilleure op9ion de notre traduction anglaise1 et il ne conoit pas comm5t les socits bibliques1 avant de la tant prn] et propag]1 ne l'ont pas refaite meilleure4 ,c'e/ leur affaire2 la mi5ne auj\rd'hui e/ de v\s donn] un tmoignage de mon con/ant s\v5ir2 qu& v\s lirez le fragm5t que je v\s envoie1 j'espre que v\s ne jug]ez po9t l'ouvrage d'un simple m>*& avec la svrit due un lettr de pr(ession2 et que votre amiti recevra avec indulg5ce l'(fr&e que la mi5ne se plat lui adress] avec s9crit4 ,,ii4 ,hi/oire de ,samuel1 calcule sur les murs du temps et sur les probabilits naturelles4--,dispositions morales et politiques des ,hbreux au temps de ,samuel4 ,p\r bi5 ent5dre le drame hi/orique dans lequel ,samuel p>vi5t d'un grade trs-subalt]ne tre le premi] p]sonnage1 il e/ ncessaire de connatre l'tat des *oses et des esprits son poque2 et cela ne s'ent5d bi5 qu'en faisant connatre les antcd5ts dont cet tat ne fut que la consqu5ce4 ,aprs que les ,hbreux se fur5t emp>s de cette portion de la ,phnicie qui e/ entre le ,j\rda9 et la m]1 exception faite d'une lisire littorale qui leur rsi/a1 ils pr\vr5t dans leur manire d'tre un *angem5t qui mrite d'tre rem>qu4 ,p5dant leur long sj\r dans le ds]t1 ,mose les avait con/itus en un rgime la fois militaire et sac]dotal2 le sac]dotal n'a pas beso9 d'tre expliqu2 le militaire se pr\ve p> les rglem5ts que ,mose fit p\r la di/ribution intrieure du camp1 p> les manuvres de m>*es1 de campem5t et de dcampem5t1 enf9 p> les /ratagmes que l'on voit employs pass] le ,j\rda91 r5v]s] les murs de ,jri*o1 et qui indiqu5t des tudes militaires dont on n'a pas jug propos de faire m5tion4 ,les ,hbreux une fois tablis dans le pays qu'ils v5ai5t de conqurir1 n'eur5t plus le mme beso9 d'organisation militaire4 ,dans les pla9es du ds]t1 ils tai5t un corps d'arme sans cesse en m\vem5t1 p>ce que vivant pa/eurs1 il fallait *aque j\r *ang] de pturages3 dans les montagnes de ,phnicie et de ,jude1 ils fur5t t\t c\p cultivateurs fixs *acun sur la portion de t]ra9 qui leur *ut en lot de but9 et dont ils dev9r5t propritaires2 ce fut un peuple de paysans lab\reurs4 ,dans le ds]t1 il tait facile de m\voir1 de conduire une tr\pe errante3 dans le pays cultivable et cultiv1 *aque tribu1 *aque famille atta*e au sol qui la fit vivre1 ne fut plus disponible et maniable3 *acun eut des occupations qu'il ne put aism5t quitt]4 ,la masse nationale tait divise en d\ze tribus di/9ctes2 *aque tribu dev9t un petit peuple aspirant l'galit1 presque l'indp5dance3 dans *aque tribu1 t\te famille puissante p> le nombre de ses membres1 eut encore de cet esprit g/e qui t5d s'isol]3 le g\v]nem5t ne dut plus tre que fdratif1 et ce cas n'avait po9t t prvu p> le lgislateur2 aucun rapport de subord9ation n'avait t tabli p\r m\voir au beso9 les p>ties du corps politique2 on s'en ap]oit sitt aprs la mort du gnral ,josu et de cette gnration de vieill>ds qui avait t son tat-major4 ,l'on voit de suite natre une vritable an>*ie1 comme dans notre ,amrique la dissolution de notre arme s\s ,wa%+ton2 les petits peuples environnants en pr(it5t p\r attaqu] *acun la tribu qui leur e/ vois9e3 les ,ammonites1 les ,moabites vex5t1 s\mett5t au tribut celles qui sont l'e/ du ,j\rda92 les ,phili/9s en font autant celles qui leur sont contigus3 r>em5t les s]vitudes fur5t gnrales1 et voil p\rquoi l'hi/oire des ,juges n'a po9t d'unit de *ronologie4 ,en cet tat de *oses1 la nation hbraque et t diss\te1 si elle n'avait pas eu son li5 d'unit dans le sy/me sac]dotal comme dans la biz>re et indlbile coc>de#cf que lui avait imprime ,mose4 ,les devoirs du culte rappelr5t sans cesse t\s les individus au po9t c5tral de l'ar*e1 dont le gr&-prtre tait le g>di51 dont t\s les mles de la tribu de ,lvi tai5t la milice2 mais ce gr&-prtre et cette milice n'avai5t d'armes que les prires et un c]ta9 p\voir surnaturel de faire des miracles dont l'efficacit n'app>aissait pas t\j\rs au beso94 ,en lisant t\te l'hi/oire des ,juges1 on ne voit pas qu'aucun gr&-prtre ait dlivr la nation d'aucune s]vitude p> aucun moy5 div9 ni huma93 ces s]vitudes ne fur5t rep\sses et diss\tes que p> l'insurrection d'individus c\rageux1 qui1 irrits de vexations des incirconcis1 appelr5t la nation aux armes1 et qui1 p\r prix de leur audace et de leurs succs militaires1 tant reg>ds comme des envoys de ,dieu1 s'inve/ir5t eux-mmes ou fur5t inve/is p> l'op9ion publique1 s\s le nom de ,sufetes#cg 7,juges71 d'un p\voir suprme qui ne fut temporaire que faute d'hriti]s de leurs tal5ts2 alors l'autorit du gr&-prtre tait comme susp5due et limite aux fonctions de *ef des sacrifices et d'int]prte des oracles4 ,cet tat de *oses ressemblait celui du ,japon et de bi5 d'autres pays1 o le p\voir e/ p>tag en deux bran*es ayant p\r *efs l'une le ,c\bo ou *ef laque1 et l'autre le ,dari1 ou *ef ecclsia/ique4 ,tant que vivai5t les ,juges1 le peuple hbreu j\issait de la paix et de l'indp5dance3 tai5t-ils morts1 l'an>*ie ne t>dait pas r5atre et ram5] une s]vitude4 ,l'expri5ce et l'obs]vation de ces alt]natives ne pur5t manqu] de faire natre1 et de rp&re dans les esprits l'op9ion que1 p\r obt5ir un tat durable et solide1 il et fallu avoir un juge1 un *ef militaire p]man5t4 ,on s5t que les gr&s-prtres1 appels p> la simple naissance et le droit hrditaire au p\voir suprme1 n'y apportai5t pas galem5t la capacit requise3 on s5t qu'eux et t\te la ca/e sac]dotale1 n\rris aux frais de la nation1 dans une oisive abondance1 vivai5t presque ncessairem5t dans une mollesse et un rel*em5t de murs qui devai5t dim9u] leurs facults morales1 et p> suite leur crdit et leur considration4 ,le peuple dut rem>qu] que les trang]s qui le subjuguai5t1 avai5t t\j\rs des rois combattant la tte de leurs armes2 il dut attribu] leurs succs ce rgime qui effectivem5t en fut une cause2 p> une consqu5ce naturelle1 il dut concevoir l'ide et =m] le vu d'avoir aussi des rois4 ,un ob/acle ce vu se tr\vait dans l'habitude de la ?ocratie1 c'e/--dire dans le respect r5du aux prtres s\s le manteau de ,dieu1 et dans l'intrt qu'avai5t ces prtres de ma9t5ir un respect qui tait la base de leur autorit et de leur abondance4 ,a l'poque dont n\s p>lons1 le sige tait occup p> le gr&-prtre ,hli1 qui avait l'espoir de le transmettre ses enfants2 mais un conc\rs de circon/ances s+ulires1 o la sup]/ition vit le doigt de ,dieu1 introduisit dans sa maison et dans le p>vis du tab]nacle1 un enfant trang]1 une espce d'orphel9 qui1 p> son initiation aux my/res de l'art et p> la =ce p]sonnelle de son c>actre1 p>v9t tre plus que son successeur1 puisqu'il p>v9t cumul] les deux puissances4 ,cet enfant fut ,samuel3 p\r trac] son hi/oire1 je vais r5tr] dans la n>ration du texte mme1 en l'abrgeant quelquefois1 mais en cons]vant le plus que je p\rrai son coloris et son in/ructive navet4 ,,iii4 ,enfance de ,samuel1 circon/ances de son ducation2 son c>actre en devi5t le rsultat4 #ch,un homme des montagnes d'phram avait deux femmes4 ,une d'elles nomme ,hannah tait /rile2 sa compagne l'insultait et la t\rm5tait ce sujet 7la /rilit a de t\t temps t une honte *ez les peuples arabes74 ,*aque anne le m>i conduisait sa famille ,%iloh1 o tait la maison de ,dieu3 il y (frait des victimes et ne donnait qu'une seule portion sa femme /rile1 t&is que l'autre tait fire d'en avoir plusieurs4 ,hannah pleurait et ne mangeait po9t2 dans l'un de ces j\rs de sacrifice1 elle se r5dit la porte de la maison de ,dieu2 le gr&-prtre#ci ,hli tait assis cette porte sur son sige de juge3 elle s'y livra la prire avec tant d'effusion1 qu',hli la crut ivre2 il la rprim&a et lui ordonna de se retir]4 ,elle1 s'excusant1 lui exposa son *agr91 lui dit qu'elle dem&ait ,dieu un enfant mle1 et qu'elle faisait vu de le lui consacr] p\r la vie3 jamais le rasoir ne pass]a sur sa tte 7c'tait le signe de ce dv\em5t74 ,allez en paix1 rpondit ,hli1 ,dieu v\s donn]a un enfant3 en effet1 de ret\r *ez elle et dev5ue calme et cont5te1 elle conut peu aprs et elle eut un enfant mle qu'elle nomma ,samuel4 ,telle e/ la sub/ance du premi] *apitre dont les dtails sont de nature faire suppos] que quelqu'un aurait t5u procs-v]bal de la conv]sation d',hli et d',hannah2 je revi5drai ailleurs sur ce sujet4 ,on s5t que1 dans le petit b\rg1 dans le village o vivait cette famille1 les qu]elles de mnage1 causes p> sa /rilit1 avai5t fait bruit3 le vu ne put manqu] d'y tre galem5t divulgu1 ni son succs d'y caus] une vive s5sation4 ,ce peuple qui voyait le doigt de ,dieu en t\t1 qui1 selon notre hi/ori51 disait3 ,dieu a clos les entrailles d',hannah1 n'a pas manqu de dire que ,dieu lui avait donn cet enfant p> un don spcial4 ,cet enfant consacr dev9t l'objet de la curiosit et de l'att5tion publiques4--,suivons son hi/oire3 ,lorsque le temps de sevr] ,samuel fut v5u 7ceci dans les murs du pays comporte au mo9s deux ans71 ,hannah fut le prs5t] au gr&-prtre ,%iloh1 en y joignant une (fr&e de trois veaux1 de trois mesures de f>9e et d'une amphore de v94 ,hli accepta l'enfant1 qui de ce mom5t fut lev s\s sa surveillance4 ,ici1 le n>rateur n\s dit qu',hannah composa elle-mme un cantique qui remplit les dix premi]s v]sets du *apitre second4 ,la femme d'un cultivateur ais1 mme ri*e si l'on veut1 mais enf9 la femme d'un homme de campagne1 une paysanne peut-elle avoir compos un morceau qui a les =mes potiques8 cela n'e/ pas probable4 ,ce cantique a d tre fait p> quelque lvite du temps1 et mme aprs c\p p> l'criva9 de cette hi/oire4 ,cette lic5ce n\s av]tit de l'intrt p]sonnel et mme de la p>tialit que n\s devons tr\v] en t\t ce rcit4 ,la situation dome/ique de ,samuel dans la maison d',hli mrite une att5tion p>ticulire raison de l'influ5ce qu'ont d ex]c] sur son c>actre t\tes les circon/ances de son ducation3 cet enfant e/ comme orphel9 dans une famille trangre2 cette famille e/ compose d'une ou plusieurs femmes d',hli dja g1 puisque ses deux fils ,ophni et ,ph9es tai5t sacrificateurs en ex]cice2 ses deux fils dja m>is ont aussi des enfants sur qui doit se port] la t5dresse de t\te la maison4 ,selon les murs du pays et du temps1 ces div]s p]sonnages ont d vivre runis2 naturellem5t ,samuel n'a d recevoir que des so9s de *>it1 et il a pu tre expos des jal\sies4 ,son c>actre a d se conc5tr]1 le port] se suffire lui-mme1 ne s'pan*]1 ne se confi] p]sonne2 il a eu le temps de p5s] et de mdit]4 ,l'ge e/ v5u dvelopp] en lui cette d\ble facult2 il a d dev5ir obs]vateur de t\t ce qui se passait aut\r de lui1 et il a pu t\t voir1 p>ce qu'il a vcu s\s la protection du gr&-prtre1 dans une intimit de famille et dans un s]vice d'autel et de temple1 qui l'ont initi t\s les secrets4 ,v]s qu9ze ou seize ans1 ce s]vice du temple#dj l'a mis en rapport avec t\s les fonctionnaires1 avec t\s les lvites qui y tai5t employs3 ,%iloh1 situ en pays montueux et de difficile accs1 p\r cause de sret1 n'tait pas une ville1 mais un village dont la population dut se compos] uniquem5t de prtres et de lvites4 ,c'e/ un tat de *oses que l'on retr\ve *ez t\s les anci5s o les siges d'oracles1 les foy]s de culte tai5t t5us di/ance des reg>ds pr(anes et de l'inspection populaire2 dans t\t village1 on sait combi5 il y a de caquet1 de petites passions1 d'inimitis1 de jal\sies2 dans un village de prtres1 qui1 quoique m>is1 ne p>ticipai5t pas mo9s au c>actre des mo9es1 on s5t que si les =mes fur5t plus graves1 le fond ne fut gure mo9s agit p> des tracass]ies de t\t g5re4 ,dans le cas dont je traite1 des circon/ances p>ticulires dur5t y f\rnir un puissant alim5t4 ,le gr&-prtre ,hli dev5ait vieux2 on calculait son successeur3 ses deux fils ,ophni et ,ph9es avai5t aigri les esprits p> un g5re de vexation qui mrite d'tre textuellem5t cit3 ,or1 les fils d',hli tai5t des hommes de vice et de dbau*e qui ne connaissai5t ni ,dieu1 ni le devoir du prtre env]s le peuple4--,lorsqu'un ,hbreu (frait un sacrifice1 le s]viteur de l'un d'eux v5ait l'endroit o l'on faisait cuire la *air 7de la victime72 il plongeait une gr&e f\r*ette trois d5ts1 soit dans la *audire1 soit dans la m>mite1 et t\t ce qu'il en p\vait retir] du c\p1 il l'emportait p\r le prtre2 7de mme7 avant que l'on ft grill] les graisses1 il disait3 ,donnez-moi de la *air p\r le prtre1 il n'en veut po9t de cuite1 il la veut crue4 ,l'homme rpondait3 ,laissez-la-moi grill] selon l'usage1 et v\s en pr5drez ce que v\s v\drez4--,non1 disait le s]viteur1 donnez-la-moi de suite1 ou je la pr5drai de =ce2 et l'on traitait a9si t\s ceux qui v5ai5t ,%iloh4 ,,iv4 ,c>actre ess5tiel du prtre en t\t pays2 orig9e et motifs des corporations sac]dotales *ez t\te nation4 ,ce rcit naf prs5te div]s sujets d'in/ruction3 d'abord il pe9t la simplicit ou p\r mieux dire la grossiret des murs du temps1 trs-analogues au sicle d',homre2 j'ai dit que ce peuple hbreu n'tait compos que d'hommes ru/iques1 vivant sur de petites proprits qu'ils cultivai5t de leurs ma9s1 comme font auj\rd'hui les ,druzes4 ,la seule classe un peu b\rgeoise1 un peu mo9s ignorante1 tait la tribu des lvites1 c'e/--dire des prtres qui vivai5t oiseux1 entret5us p> les (fr&es volontaires ou =ces de la nation3 cette classe avait plutt le temps que les moy5s d'occup] son esprit4 ,cet esprit se montre ici dans le ton et le /yle du n>rateur qui1 p> son in/ruction en devoirs de prtre1 s'annonce p\r un homme du mti]4 ,on peut comp>] ce lvite aux mo9es du huitime et du neuvime sicles1 crivant leurs dvotes *roniques s\s les auspices de la sup]/ition et de la crdulit4 ,dans ce mme rcit1 on voit le c>actre ess5tiel du prtre1 dont le premi] et con/ant objet d'att5tion e/ cette m>mite ou *audire sur laquelle se fonde son exi/5ce1 et cela n\s rvle les motifs de t\t ce rgime de victimes et de sacrifices qui j\e un si gr& rle *ez les peuples anci5s4 ,jusqu'ici je n'avais pu concevoir le mrite et la conv5ance d'avoir conv]ti les c\rs et les p>vis des temples en b\*]ies j\rnalires1 en viv&]ies p]man5tes2 je ne conciliais pas l'ide du hideux spectacle de ces gorgem5ts d'animaux s5sibles1 de ce v]sem5t de flots de sang1 de ce nettoiem5t d'entrailles1 avec les ides que n\s n\s faisons de la maje/1 de la bont div9es qui rep\ss5t si lo9 les beso9s grossi]s que suppos5t ces pratiques4 ,en rfl*issant ce qui se passe ici1 je vois ma9t5ant la solution trs-naturelle de l'nigme2 je vois que dans leur tat primitif1 les anci5s peuples ont t1 comme sont encore les ,t>t>es d',asie et leurs frres nos sauvages d',amrique1 des hommes froces luttant incessamm5t contre des dang]s1 contre des beso9s dont la viol5ce exaltait t\s les s5tim5ts2 des hommes habitus v]s] le sang raison de la *asse sur qui se fondait leur subsi/ance3 dans cet tat1 les premires ides qu'ils se sont faites1 les seules qu'ils ai5t pu se faire de la ,div9it1 ont t de se la reprs5t] comme un tre plus puissant qu'eux1 mais raisonnant et s5tant comme eux1 ayant leurs passions et leur c>actre3 l'hi/oire entire dpose de la vrit de ce fait4 ,p> suite de ce raisonnem5t1 ces sauvages crur5t que t\t f*eux accid5t1 t\t mal qui leur arrivait1 avait p\r cause intime la ha9e1 le ress5tim5t1 l'envie de quelque ag5t ca*1 de quelque p\voir secret irascible1 v9dicatif comme eux-mmes et consquemm5t susceptible comme eux d'tre apais p> des prires et p> des dons4 ,de cette ide naquir5t ces habitudes spontanes d'(fr&es religieuses dont la pratique se montre *ez presque t\s les sauvages anci5s et mod]nes2 mais p>ce qu'en t\t temps1 en t\te socit1 il nat ou il se =me des individus plus subtils1 plus madrs que la multitude1 il se s]a de bonne heure tr\v quelque vieux sauvage qui1 ne p>tageant po9t cette croyance ou s'en tant dsabus1 aura conu l'ide de la t\rn] son pr(it1 et aura suppos avoir des moy5s secrets1 des recettes p>ticulires p\r calm] la colre des dieux1 des gnies ou esprits1 et p\r se les r5dre propices3 l'ignorance vulgaire1 t\j\rs crdule1 surt\t lorsqu'elle e/ mue de cra9te ou de dsir1 se s]a adresse ce mortel favoris1 et voil un mdiateur con/itu entre l'homme et la ,div9it3 voil un voyant1 un jongleur1 un prtre comme en ont t\s les ,t>t>es1 comme en ont la plup>t de nos sauvages et des peuples ngres3 ces jongleurs auront tr\v commode de vivre a9si aux dp5s d'autrui1 et ils auront cultiv et p]fectionn leur art de faire des illusions1 des tromp]ies3 la fantasmagorie sac]dotale s]a ne4 ,auj\rd'hui que ses moy5s physiques n\s sont connus1 n\s ap]cevons ses artifices dans les prodiges des anci5s oracles1 dans les miracles de l'anci5ne magie4 ,a l'poque o le mti] dev9t avantageux1 il se fit des associations d'adeptes1 et le rgime de ces associations dev9t la base du sac]doce3 or1 comme ces corporations de dev9s1 de voyants1 d'int]prtes et de m9i/res des dieux1 employai5t t\t leur temps leurs fonctions publiques1 leurs pratiqus secrtes1 il fut ncessaire que leur subsi/ance j\rnalire et annuelle ft organise en sy/me rguli]2 alors le rgime jusque-l casuel des (fr&es et des sacrifices volontaires fut con/itu en tribut obligatoire p> consci5ce1 rguli] p> lgislation2 le peuple am5a au pi$ des autels1 au p>vis des temples l'lite de ses brebis1 de ses agneaux1 mme de ses bufs et de ses veaux2 il apporta de la f>9e1 du v91 de l'huile3 la corporation sac]dotale eut des r5tes1 la nation eut des crmonies1 des prires1 et t\t le monde fut cont5t4 ,le re/e n'a pas beso9 d'explication#da3 seulem5t je rem>que que la division des animaux en purs et impurs p>at driv] de leur bont comme mangeables1 ou de leur inconv5ance comme nuisibles ou dsagrables mang]3 voil p\rquoi le b\c puant tait jet dans le ds]t2 p\rquoi le vieux bli] coriace et suiveux tait brl sans re/e2 p\rquoi le porc ladre et donnant la gale tait honni2 mais c'e/ assez p>l] de la cuis9e des prtres de ,%iloh1 suivons leur hi/oire4 ,v4 ,manuvres secrtes en faveur de ,samuel4--,quel a pu en tre l'auteur8 ,or ,hli tait trs-vieux2 il apprit ce que faisai5t ses fils2 il leur en fit des repro*es1 mais ils ne l'c\tr5t po9t1 p>ce que ,dieu v\lait les tu]4 ,quelle p5se sclrate et p]v]se6 endurcir les g5s p\r les tu]6 mais qui ,dieu a-t-il dit sa p5se8 si c'e/ l'homme seulem5t1 si c'e/ au prtre qui n\s la rpte1 n'avons n\s pas droit de l'attribu] ce porteur de p>ole lui-mme1 ce soi-disant int]prte8 ,il e/ clair que ceci ne vi5t po9t de ,dieu1 mais d'une b\*e juive1 d'un cur hbreu fanatique et froce1 ple9 des passions et des prjugs qu'il place dans son idole4--,rev5ons ,samuel4 ,il s'avanait 7en annes71 et croissait1 dit le texte1 et il tait agrable ,dieu et aux hommes4 ,ici1 t\tes les traductions commett5t une erreur2 elles qualifi5t ,samuel d'enfant2 ce n'e/ pas l le s5s du mot hbreu n>2 il signifie jeune homme adolesc5t1 et il peut s'appliqu] jusqu' l'ge de v+t v+t-c9q ans2 la preuve en e/ que le texte l'applique l'cuy] qui accompagne ,jona?as dans un c\p de ma9 militaire des plus audacieux2 ,david qu& il e/ prs5t ,sal comme un sujet dja =t et propre la gu]re2 aux s]viteurs des prtres qui p>l5t de pr5dre la *air p> viol5ce3 t\tes ces applications ncessit5t un ge de v+t ans au mo9s4 ,samuel n'a pu en avoir mo9s l'poque dont n\s p>lons1 et il a pu en avoir jusqu' v+t-quatre1 comme il rsulte du calcul de sa vie2 c>1 s\s peu1 n\s allons voir prir ,hli trs-vieux2 v+t ans et sept mois aprs1 ,samul va comm5c] sa propre judicature jusqu' ce qu'il devi5ne assez vieux p\r v\loir se sub/itu] ses enfants1 et il vivra encore environ dix-huit ans s\s ,sal3 enf9 il m\rut trs-g4 ,supposons-lui v+t ans d'adm9i/ration1 plus ces dix-huit ans1 plus les v+t entre son avnem5t et la mort d',hli1 voil c9quante-huit ans2 l'on ne peut lui donn] mo9s de v+t v+t-deux ans la mort d',hli1 p\r faire soixante-dix-huit ou quatre-v+ts ans qu'exige sa vie4 ,a cet ge de v+t-deux ans il a t dja capable de beauc\p de calculs et de raisonnem5ts2 il a t n\rri de t\s les disc\rs1 de t\tes les pla9tes1 de t\tes les intrigues1 de t\s les projets du c]cle sac]dotal dans lequel il vivait3 il a ent5du les vux s\v5t =ms de voir exclure les enfants d',hli2 de voir app>atre un de ces hommes de ,dieu envoys de temps autre p\r sauv] le peuple d',isral2 il a su ce qu'il fallait p\r tre un homme de ,dieu1 p\rquoi ne se s]ait-il pas lui-mme tr\v propre j\] ce rle8 ,la suite du rcit va n\s claircir cette "q4 ,sur ces entrefaites arrive un incid5t s+uli]2 un homme de ,dieu#db vi5t tr\v] ,hli2 il lui repro*e au nom de ,jehovah ou ,jeh: les prv>ications de ses enfants3 il lui annonce qu'ils ne lui succd]ont po9t1 et que ,jeh: s'e/ *oisi un autre prtre fidle4 ,je c\p]ai1 dit ,dieu1 ton bras 7c'e/--dire ton p\voir7 et le bras de ta maison1 en sorte qu'elle n'aura po9t de vieill>ds4 ,le signe que j'en donn]ai s]a que tes deux enfants ,ophni et ,ph9es m\rront en un mme j\r2 et je me suscit]ai un prtre selon mon cur et mon esprit p\r g\v]n] p5dant t\te sa vie4 ,les g5s de ta maison vi5dront se c\rb] devant lui1 et lui (frir une petite pice d'arg5t en le priant de les admettre au s]vice du temple4 ,que de *oses not] dans ce rcit6 ,d'abord voici un tte--tte divulgu2 p> qui8 ,hli ne s'en s]a pas vant3 c'e/ donc l'homme de ,dieu qui l'a bruit4 ,quel intrt a-t-il eu de prp>] les esprits un *angem5t dsir de plusieurs1 mme du plus gr& nombre8 ,en sa qualit de prophte et de prdiseur1 cet homme de ,dieu a d connatre le successeur annonc1 dja prsum2 n'agirait-il pas dja de conc]t avec lui8 ,sa prdiction va se tr\v] faite en faveur de ,samuel4--,samuel ne j\]ait-il pas un rle en cette affaire8 ,l'axiome de droit dit3 ,celui-l a fait qui a eu intrt de faire2 ici ne s]ait-ce pas ,samuel mme8 ,notez qu',hli tait aveugle1 et qu'on a pu lui p>l] sans qu'il ait reconnu la p]sonne4 ,il y a ici manuvre de f\rb]ie2 ,samuel n'e/ pas atte9t1 mais il e/ prv5u4 ,quant la prdiction de la mort des deux fils d',hli en un mme j\r1 on s5t combi5 il a t facile l'criva9 ou au copi/e de l'int]pol] aprs c\p3 o e/ le procs-v]bal primitif8 ,suivons le rcit4 ,*ap4 #c4 ,or ,samuel s]vait ,dieu prs d',hli 7il faisait le s]vice du temple71 la p>ole de ,dieu tait r>e en ce temps-l2 il n'app>aissait plus de visions#dc4 ,les yeux d',hli s'tai5t obscurcis1 il ne voyait plus2 et il arriva 7une nuit7 qu',hli tait c\* en son lieu2 la lampe n'tait pas te9te et ,samuel tait aussi c\* dans le temple du 7dieu7 ,jeh:1 o e/ l'ar*e sa9te2 et ,dieu appela ,samuel lequel c\rut v]s ,hli et lui dit3 ,me voil2 tu m'z appel4--,non1 dit ,hli1 je ne t'ai po9t appel1 ret\rne et dors4 ,une seconde fois ,jeh: appela ,samuel1 et ,samuel c\rut v]s ,hli qui dit encore3 ,je ne t'ai po9t appel2 ret\rne et dors4 ,or ,samuel ne connaissait po9t encore la p>ole de ,dieu4 ,appel une troisime fois1 il c\rut encore v]s ,hli qui comprit alors que c'tait ,dieu qui l'appelait4 ,ret\rne1 dit-il2 si l'on t'appelle de n\veau2 rponds3 ,p>le1 ,jeh:1 ton s]viteur c\te4 ,samuel ret\rna se c\*] et 7le dieu7 ,jeh: v9t se pos] deb\t et il lui cria deux fois1 ,samuel2 et ,samuel rpondit3 ,p>le1 ton s]viteur c\te4 7,voyez la note n #b47 ,p\r abrg] ce rcit1 il suffit de dire que le dieu ,jeh: rpta en sub/ance ce que l'homme de ,dieu avait dja dit ,hli1 savoir3 qu' raison des prv>ications de ses enfants et de sa faiblesse ne pas les rprim]1 il avait supplant sa maison et qu'il lui sub/itu]ait un trang] dans le p\voir suprme4 ,le l5dema9 mat91 ,samuel re/a sil5cieux sur la *ose1 mais ,hli le =a de t\t lui rcit]4 ,aprs l'avoir ent5du1 le vieill>d se cont5ta de dire3 ,il e/ ,jeh: 7le matre71 il f]a ce qui s]a bon ses yeux4 ,ma9t5ant1 p\r apprci] cette hi/oire1 je ne veux po9t raisonn] sur le fond du fait4 ,dieu1 v5ir dans une *ambre1 se pos] deb\t di/ance d'un lit1 p>l] comme une p]sonne de *air et d'os2 que p\rrais-je dire qui croirait un tel conte8 ,je ne m'occupe que de la conduite et du c>actre de ,samuel2 et d'abord1 je dem&e qui a vu1 qui a ent5du t\t ceci et surt\t qui l'a racont1 qui l'a bruit et r5du public8 ,ce n'e/ pas ,hli2 ce ne peut tre que ,samuel seul1 qui e/ ici acteur1 tmo91 n>rateur2 lui seul a eu intrt de faire1 intrt de racont]3 sans lui1 qui et pu spcifi] t\s les m5us dtails de cette av5ture#dd8 ,il e/ vid5t que n\s avons ici une scne de fantasmagorie du g5re de celles qui ont eu lieu *ez t\s les peuples anci5s1 dans les sanctuaires des temples et p\r l'mission des oracles4 ,le jeune adepte y a t enc\rag p> la caducit1 p> la faiblesse physique et morale du gr&-prtre ,hli2 peut-tre p> l'in/igation de quelques p]sonnages ca*s s\s la toile1 ayant des intrts1 des passions que n\s ne p\vons plus jug]2 nanmo9s le plus probable e/ que ,samuel ne s'e/ fi p]sonne1 et ce que p> la suite n\s v]rons de sa pr(onde dissimulation fixe la balance de ce ct4 ,la divulgation n'a pas t difficile2 il aura suffi de quelques confid5ces un s]viteur1 un ami dv\1 une vieille ou une jeune prtresse1 p\r que l'app>ition de ,dieu1 p\r que son oracle v5u de l'ar*e sa9te se soit rp&u en acqurant de b\*e en b\*e une my/rieuse int5sit de c]titude et de croyance4 ,or1 ,samuel gr&it1 aj\te le texte1 et ,dieu fut avec lui1 et aucune de ses p>oles ne tomba p> t]re2 et t\t ,isral connut qu'il tait dev5u prophte de ,dieu2 et ,dieu cont9ua d'app>atre dans ,%iloh4 ,sur ce mot1 prophte1 j'obs]ve que le n>rateur n\s dira bi5tt qu' cette poque le t]me hbreu nabia1 employ ici1 n'tait po9t connu2 que l'on ne se s]vait que du mot rh qui signifie voyant4 ,n\s avons donc ici un criva9 po/hume qui a rdig son gr les mmoires que ,samuel ou autres contempora9s avai5t composs au leur4 ,il lui a plu d'tablir en fait positif la croyance de t\t ,isral en ce conte2 mais il e/ seul dposant1 il n'e/ pas mme tmo94 ,si n\s avions de ce temps-l des mmoires de plusieurs ma9s1 n\s aurions matire jug] raisonnablem5t3 dja n\s en avons le moy5 dans le v]set o il n\s dit que depuis du temps la p>ole de ,dieu tait dev5ue r>e et qu'il n'app>aissait plus de visions3 p\rquoi cela8 p>ce qu'il y avait des incrdules2 p>ce qu'il tait arriv des sc&ales1 de faux oracles1 des divulgations de sup]*]ies sac]dotales qui avai5t veill le bon s5s de la classe ri*e ou aise du peuple4 ,l'aveugle et fanatique croyance tait re/e1 comme il arrive t\j\rs1 dans la multitude2 ce fut sur elle que ,samuel compta1 et n\s v]rons lors de l'in/allation de ,sal1 qu'il eut t\j\rs contre lui un p>ti de non croyants assez puissant p\r l'oblig] beauc\p de mnagem5ts1 p\r l'oblig] mme se dmettre4 ,,vi4 ,n\velle s]vitude des ,hbreux4--,samuel dans sa retraite prp>e leur insurrection et devi5t sufte ou juge4--,sup]/ition du temps4 ,a l'poque o n\s sommes1 c'e/--dire aprs sa vision1 voil ,samuel c&idat sur le trottoir de la puissance2 le peuple s'occupe de lui3 on att5d les vnem5s3 ,hli t\t vieux peut m\rir *aque in/ant2 le temps s'c\le2 supposons1 un ou au plus deux ans1 ,samuel a eu v+t-deux ans1 ou au plus v+t-quatre2 une gu]re survi5t1 les ,phili/9s1 p> motif quelconque1 la dcl>5t3 les ,hbreux s'assembl5t2 une bataille se livre au lieu nomm ,aphek2 ils sont battus2 leurs dvots imag95t d'am5] l'ar*e dans le camp1 af9 que ,dieu ,jeh: pulvrise les ,phili/9s2 ceux-ci d'abord effrays repr5n5t c\rage3 ils taill5t en pices les ,hbreux1 ils s'emp>5t de l'ar*e1 l'emmn5t dans leur pays et s\mett5t t\t ,isral au tribut4 ,dans cette bataille1 les deux fils d',hli sont tus2 le vieill>d re/ ,%iloh appr5d sur son haut sige de juge t\t ce dsa/re2 frapp de dsespoir1 il tombe r5v]s1 se disloque la nuque et re/e mort3 le sige e/ vacant1 ouv]t ,samuel2 mais sa f9e prud5ce juge le mom5t trop orageux3 il se retire sans bruit en son pays1 esprant avec raison que le peuple malheureux1 vex p> l'ennemi1 ne s]a que mieux dispos recevoir un librateur qu& il s]a temps4 ,ce temps fut long2 ,samuel eut le loisir et la ncessit de prp>] de longue ma9 les moy5s qui effectivem5t le ram5r5t sur la scne1 comme n\s le v]rons4 ,ce qui se passa dans cet int]valle ne lui e/ pas directem5t relatif1 mais p>ce qu'il (fre une vive image de l'esprit du temps1 il mrite de pr5dre place ici4 ,l'ar*e du ,dieu des ,juifs tait aux ma9s pr(anes des ,phili/9s2 il sembl]ait que ce peuple ennemi et d pr(it] de l'occasion de dtruire ce talisman dont il tait lui-mme p\vant2 mais cette poque la sup]/ition tait commune t\t peuple1 et *ez t\t peuple la corporation des prtres avait un intrt commun l'entret5ir1 de peur que le mpris d'une idole trangre n'am5t des gu]ri]s f>\*es exam9] de plus prs l'idole indigne4 ,l'ar*e e/ donc respecte2 les prtres phili/9s la plac5t dans le temple de leur dieu ,dagon en la ville d',azot4 ,le l5dema9 en se levant1 les g5s d',azot tr\v5t l'idole de ,dagon tombe sur le visage 7po/ure d'adoration7 ct de l'ar*e2 ils relv5t l'idole et la replac5t2 le l5dema9 ils la retr\v5t tombe1 encore2 mais cette fois ses ma9s et sa tte1 sp>es du corps1 tai5t poses sur le seuil du temple4--,on peut jug] de la rumeur4 ,d'o v9t ce t\r d'audace et de f\rb]ie secrte8 quelque ,juif s'tait-il introduit dans la ville avec cette ruse1 avec cette habilet de fil\t]ie dont les ,arabes et les paysans d'gypte et de ,pale/9e donn5t encore de nos j\rs d'tonnants exemples8 ,cela s]ait possible2 le fanatisme a pu y conduire2 il p>at que le temple n'avait po9t de s5t9elles1 que mme il tait ouv]t4 ,la scurit de la victoire aura banni t\te vigilance2 d'autre "p ne s]ait-il pas possible que mme les prtres de ,dagon euss5t calcul cette f\rb]ie p> le motif que j'ai indiqu ci-dessus8 ,leur conduite subsqu5te1 t\t--fait p>tiale1 va r5dre cette alt]native la plus probable4 ,le peuple d',azot n'a po9t d croire son ,dieu assez impuissant p\r se laiss] trait] a9si p> une =ce huma9e2 il aura dit1 c'e/ ,dagon lui-mme qui explique sa volont1 qui dcl>e son respect p\r son frre le ,dieu des ,juifs2 il ne veut po9t le t5ir captif4 ,l'al>me se rp&1 les prdiseurs annonc5t quelque calamit1 suite de la colre cle/e2 survi5t une maladie pidmique d'inte/9s 7notez qu'en ce pays1 les h]nies et les dyss5t]ies sont communes71 puis une irruption de rats et de mulots de/ructeurs2 les ttes s'*auff5t2 t\t e/ attribu la captivit de l'ar*e2 le peuple du lieu dem&e sa sortie2 le peuple d'une autre ville o on la mne1 appr5ant le motif1 en conoit un surcrot d'al>me2 la maladie survi5t p> contagion3 la t]reur devi5t gnrale4 ,enf91 aprs sept mois de dportation1 les *efs militaires des ,phili/9s appell5t devant eux leurs prtres et leurs dev9s2 ils leur dem&5t ce qu'ils doiv5t faire de l'ar*e2 c'tait le cas de la brl]2 mais rem>quez la rponse des prtres2 ils conseill5t non-seulem5t de la r5voy]1 mais encore d'y jo9dre une (fr&e expiatoire du p* des gu]ri]s4 ,ceux-ci 7p> un cas assez commun71 non mo9s crdules que braves1 dem&5t3 ,quelle (fr&e8 ,les prtres rpond5t3 ,faites fabriqu] c9q anus d'or et c9q rats aussi d'or1 selon le nombre de vos pr9cipauts1 p\r calm] le ,dieu des ,hbreux4 ,p\rquoi avez-v\s endurci vos curs comme le roi d'gypte8 ,v\s avez t frapps comme lui2 r5voyez de mme l'ar*e du ,dieu des ,hbreux4 ,ici l'esprit et le sy/me des prtres sont vid5ts2 ils n\rriss5t la crdulit publique en faveur de leur p\voir p>ticuli]1 aux dp5s mme des intrts de leur propre nation2 n'ai-je pas eu raison de dire que le t\r j\ ,dagon e/ v5u de leur ma98 ,la r5tre de l'ar*e *ez les ,hbreux e/1 comme de raison1 accompagne de prodiges2 mais leur exi/5ce pr\v]ait encore plus le manque de jugem5t de l'criva9 que la crdulit du peuple4 ,cet criva9 veut que dans un seul village1 o la curiosit engagea les paysans reg>d] dans l'ar*e1 ,dieu ait frapp de mort c9quante mille de ces curieux3 dans le /yle sac]dotal c'e/ t\j\rs ,dieu qui tue1 qui ext]m9e2 mais comme en ce pays-l il n'y a et il n'y eut jamais de village de c9q mille mes1 ni mme de trois mille1 il e/ clair qu'on doit supprim] plusieurs zros et peut-tre t\s2 le b de notre lvite a t d'effray] le vulgaire et de tu] cet esprit de re*]*e et d'exam5 qui e/ l'effroi des impo/eurs et des *>latans4 ,l'ar*e fut dpose au village de ,gabaa o elle re/a paisible p5dant v+t ans4 7,voy4 le *4 #g1 v4 #b47 ,a la mort d',hli1 ,samuel en avait v+t-deux v+t-quatre2 il tait donc ma9t5ant g de qu>ante-deux qu>ante-quatre ans1 dans la vigueur de l'esprit et de la maturit du jugem5t4 ,comm5t avait-il pass ce long int]valle8 ,le livre ne n\s le dit pas1 p>ce qu'il n'e/ habituellem5t qu'une *ronique s*e1 un vrai squelette dp\ill de ses ligam5ts2 mais l'issue va n\s pr\v] qu'il n'avait pas p]du son temps4 ,les circon/ances tai5t difficiles2 les ,hbreux1 accabls de deux dfaites meurtrires1 n'avai5t plus de =ce morale ni militaire2 l'ennemi1 matre du pays1 surveillait t\s leurs m\vem5ts2 sa jal\sie ne leur p]mettait pas mme d'avoir des =g]ons1 de peur qu'ils ne fiss5t des armes2 sa politique les puisait p> des tributs de t\te nature1 les divisait p> des prfr5ces p]fides4 ,samuel1 retir dans son pays natal o il avait apport sa rputation de prophte1 ne put manqu] d'y avoir des envieux1 des ennemis4 ,o e/-on prophte mo9s qu'en son pays8 ,il fallut calm] les passions dome/iques1 endormir l'espionnage trang]1 dissimul] son crdit1 sa capacit1 et cep5dant prp>] s\s ma9 les moy5s de sec\] un j\g insupportable p> une rvolte inatt5due qui n'allt pas tre un c\p manqu4 ,en effet1 au b\t des v+t ans cits1 cette rvolte clate2 t\t c\p un cri de gu]re appelle1 assemble les ,hbreux au camp de ,maspha#de4 ,les ,phili/9s arriv5t bi5tt p\r les combattre4 ,a la gu]re1 un des premi]s moy5s de succs e/ dans la confiance de l'homme qui se bat1 surt\t s'il n'a pas l'habitude et l'art de se battre2 ici ce n'tai5t que des paysans levs en masse1 prcism5t comme sont encore les ,druzes actuels4 ,en de tels hommes la confiance nat de l'ide qu'ils se font de l'habilet de leur *ef et de la bont de leur position2 ,samuel qui eut le *oix de ces deux moy5s1 eut dja un gr& avantage2 le local de ,maspha1 c\p de rav9s et de coteaux1 au bord d'une pla9e1 le mit en mesure d'accept] ou de refus] le combat2 a9si po/1 on s5t qu'il att5d le mom5t favorable4 ,il connat l'extrme sup]/ition des deux p>tis combattants2 il lui faut quelques prodiges1 quelques presages semblables ceux de t\s les anci5s peuples2 il pie ce qui l'ent\re2 il ap]oit dans l'atmosphre une indication d'orage2 des g5s apo/s le press5t d'invoqu] ,dieu en faveur du peuple *ri2 il annonce un sacrifice1 il immole un agneau2 il invoque ,jeh: gr& cris2 les ,phili/9s comm5c5t l'attaque2 le tonn]re clate2 les ,juifs sont p]suads que ,dieu rpond son prtre2 ils *>g5t avec transport1 et l'ennemi e/ battu4 ,telle e/ la sub/ance du *apitre #g1 revtue des probabilits omises p> le n>rateur4 ,le succs de cette j\rne fut tel1 que les ,phili/9s va9cus r5dir5t les b\rgs qu'ils avai5t depuis long-temps usurps1 et cessr5t de tr\bl] le peuple hbreu qu'ils avai5t dom94 ,ici comm5ce la judicature de ,samuel1 c'e/--dire l'ex]cice de ce p\voir suprme v]s lequel il t5dait depuis si long-temps4 ,cette victoire de ,maspha l'tablit en une position n\velle et meilleure2 mais il ne faut pas s'y tromp]3 dans un tat dmocratique comme tait celui des ,hbreux1 *ez un peuple de paysans rp&us sur un t]ritoire c\p de montagnes1 de bois1 de rav9s1 o *aque famille vivait sur sa proprit1 o il n'exi/ait ni subord9ation municipale1 ni =ce militaire organise1 ni mme une seule ville ayant une masse de six mille habitants1 on s5t que l'ex]cice du p\voir tait s\mis une op9ion morcele1 flottante1 susceptible de beauc\p de vicissitudes4 ,la seule sup]/ition tait le li5 gnral et commun2 mais cette sup]/ition n'e/ pas t\j\rs un ob/acle la lutte des intrts et des passions4 ,dans un tel ordre de *oses1 on ne peut disconv5ir que ,samuel n'ait g\v]n avec prud5ce et tal5t1 puisque t\t le temps de son adm9i/ration fut paisible au d$ans et au dehors2 la preuve de cette paix e/ que le n>rateur passe sans aucun dtail n\s dire que ,samuel ne cessa plus de jug]1 et qu'tant dev5u vieux1 il tablit ses enfants juges ct de lui 7p\r les prp>] lui succd]74 ,cette dure non exprime comporte une v+ta9e d'annes1 ce qui donne un ge de soixante-deux soixante-quatre ans ,samuel1 au mom5t o1 contre son att5te1 on va le =c] de nomm] un roi4 ,,vii4 ,le peuple rejette les enfants de ,samuel et le =ce de nomm] un roi4--,samuel a ex]c la pr(ession de dev94 ,ce contre-temps auquel il p>at que sa div9ation ne s'tait pas att5due1 fut caus p> la mauvaise conduite de ses enfants1 qui1 semblables ceux d',hli1 tr\vr5t le secret d'irrit]1 de sc&alis] le peuple p> leurs vexations1 leurs dbau*es1 leur impit2 de manire que n\s voyons ici ce mcanisme gnral de l'espce huma9e1 qui1 sans jamais pr(it] de l'exemple et de l'expri5ce1 retombe t\j\rs dans le c]cle des mmes habitudes1 des mmes passions4 ,les pres arriv5t au p\voir p> beauc\p de pe9es et de so9s2 les enfants1 ns dans l'abondance1 se livr5t aux c>ts et aux habitudes vicieuses qu'eng5dre la prosprit2 nanmo9s1 il e/ croire que dans cette occasion1 le mcont5tem5t de la multitude fut alim5t p> l'opposition et la ha9e secrtes de familles puissantes1 peut-tre mme sac]dotales1 *oques d'avoir p\r *ef et matre un homme de bas tage1 un intrus4 ,il e/ rem>qu] qu'encore auj\rd'hui1 *ez les ,druzes et *ez les ,arabes1 ce prjug de famille anci5ne1 de famille ri*e et p\r a9si dire noble1 ex]ce une gr&e influ5ce sur l'op9ion populaire4 ,t\j\rs e/-il vrai qu' l'poque dont il s'agit1 une sorte de conspiration fut =me1 puisque1 selon l'hi/ori51 une dputation des anci5s d',isral v9t tr\v] ,samuel sa rsid5ce pat]nelle de ,rama?a p\r lui dem&] un roi1 un g\v]nem5t royal con/itu comme *ez les peuples vois9s1 dont l'exemple gnral lui fut allgu4 ,la rponse qu'il fit cette dputation1 les dtails de la conduite qu'il t9t en cette affaire1 dcl5t le dpit d'une ambition trompe1 d'un orgueil pr(ondm5t mcont5t2 il lui fallut pli] s\s la =ce1 cd] la ncessit2 mais n\s allons le voir dans l'excution port] un esprit de ruse1 mme de p]fidie1 qui1 p> son analogie avec ses av5tures du temple1 ses prt5dues visions et rvlations nocturnes1 met dc\v]t t\t son c>actre4 ,on le =ce de nomm] un roi2 il p\rrait1 il devrait p> consci5ce *oisir l'homme le plus capable p> ses tal5ts1 p> ses moy5s de t\t g5re1 de remplir ce po/e m95t2 po9t du t\t3 un tel homme rgn]ait p> lui-mme et ne lui obirait pas2 il lui faut un sujet docile2 il le *]*e dans une famille de bas tage1 sans crdit1 sans ent\rs1 ayant la vrit cet extrieur qui en impose au peuple1 mais quant au moral1 n'ayant que la dose de s5s ncessaire un c\rs de *oses ord9aires1 en sorte qu'un tel homme aura le beso9 de rec\rir s\v5t un bi5faiteur qui cons]v]a la haute ma94 ,samuel1 en un mot1 va *]*] un bel homme de gu]re qui s]a son p\voir excutif1 son lieut5ant1 t&is que lui cont9u]a d'tre le p\voir lgislatif1 le rgnant4 ,voil le secret de t\te la conduite que n\s allons lui voir t5ir dans l'lection de ,sal1 puis dans la disgrace de ce roi et dans la sub/itution de ,david1 laquelle fut un d]ni] trait de ma*iavlisme sac]dotal4 c\tons l'hi/ori5 dont le rcit e/ t\j\rs d'une navet in/ructive et piquante4 ,il y avait dans la tribu de ,b5jam9 un homme appel ,kis1 gr& et =t2 son fils nomm ,sal1 tait le plus bel homme des enfants d',isral2 sa taille tait plus haute de t\te la tte que celle ord9aire4 ,il arriva que les nesses de ,kis disp>ur5t un j\r2 il dit son fils de pr5dre un valet et d'all] ensemble leur re*]*e4 ,ils trav]sr5t la montagne d'phram1 puis le canton de ,%el%ah1 sans ri5 tr\v]1 puis encore le canton de ,salim et celui de ,iem9i2 qu& ils fur5t celui de ,s\f1 o vivait ,samuel1 ,sal v\lut s'en ret\rn]1 mais son valet lui dit3 ,il y a ici dans le b\rg un homme de ,dieu trs-respect2 t\t ce qu'il dit arrive3 allons le consult]1 il n\s clair]a4 ,sal rpondit3 ,n\s n'avons ri5 lui prs5t]#df4 ,j'ai sur moi un qu>t de sicle d'arg5t1 reprit le valet1 je le donn]ai au voyant2 c> alors1 dit le texte1 on appelait voyant 7rh7 ce qui auj\rd'hui s'appelle prophte 7nabi74 ,notez bi5 ces dtails2 c'e/--dire qu'en ces temps d'ignorance gnrale et de crdulit ru/ique1 le peuple hbreu p>tageait avec les ,grecs d',homre1 avec les ,roma9s de ,numa1 avec t\s les peuples de l'antiquit1 la f]me croyance aux dev9s1 aux diseurs d'oracles et de bonne av5ture1 et que ,samuel fut un de ces dev9s-l4 ,nos bibli/es s'ef=c5t va9em5t d'imag9] des diffr5ces entre la div9ation des ,juifs et celle des ,paens#dg2 ce sont des subtilits sans fondem5t4 ,les murs tant religieuses que civiles fur5t les mmes2 les livres des ,juifs en f\rniss5t la preuve *aque page1 jusque dans le repro*e p]ptuel d'idoltrie qui leur e/ fait p> leurs propres criva9s2 oui1 cette manie de connatre l'av5ir1 qui e/ dans le cur huma91 cet art fripon de s'en prvaloir p\r se faire des r5tes sur la crdulit1 sont des maladies pidmiques qui n'ont pas cess de rgn] dans t\te l'antiquit4 ,voyez le tableau que ,cicron en trace dans son curieux livre de la ,div9ation2 voyez comm5t1 s\s le nom d',atticus1 il n\s dpe9t1 non le bas peuple seulem5t1 mais les g\v]nants1 les philosophes entts de cette croyance1 et la s\t5ant d'un app>eil d'argum5ts qui branl]ait encore auj\rd'hui bi5 des g5s qui s'en moqu5t2 et comm5t cette croyance n'et-elle pas dom9e dans les temps passs1 lorsque de nos j\rs1 au milieu de nos sci5ces et des nombreuses classes d'hommes clairs qui rsult5t du mod]ne sy/me social1 elle n'e/ pas te9te et se retr\ve encore dans les campagnes de l',italie1 de la ,suisse1 de la ,france mme o l'on consulte le sorci]2 lorsque les villes sont remplies de tireurs de c>tes1 et qu'au se9 mme des capitales il n'a cess d'exi/] des dev9s et des dev9]esses1 des voyants mles et femelles1 consults p> les b\rgeois comme p> les artisans1 p> les ri*es comme p> les pauvres1 p> les g5s d'glise mme comme p> les laques#dh4 ,il ne faut donc pas s'tonn] que *ez les montagn>ds juifs cette croyance ait t gnrale1 habituelle et mme autorise2 c> ou voit leur roi ,sal consult] une femme dev9]esse1 une vraie py?ie delphique 7*ap4 #bh71 p\r lui faire app>atre ,samuel4 ,du temps de ,jrmie1 le roi ,josias et les prtres vont consult] la dev9]esse ,holdah4 ,ce s]ait un utile et curieux travail en ce temps-ci de trait] de n\veau et fond le sujet des dev9s1 des oracles1 des rev5ants1 des esprits ari5s1 sujet que dans le sicle d]ni] des savants tels que le holl&ais ,van-,dale et le franais ,font5elle#di n'ont pu qu'effleur]2 il en rsult]ait sur les procds des anci5s s]viteurs et ag5ts des temples1 sur le sy/me de f\rb]ie gnralem5t adopt p> les m9i/res des cultes de t\te secte1 un j\r de reflet dont le sicle prs5t1 malgr son orgueil1 pr\ve encore le beso94 ,mais je ne veux pas p]dre de vue mon sujet2 je revi5s ,sal et son valet1 en *em9 p\r consult] le voyant4 ,ils mont5t v]s le b\rg2 ils r5contr5t des femmes et des filles qui v5ai5t la fonta9e *]*] de l'eau2 ils leur dis5t3 ,le voyant e/-il ici8 ,elles rpond5t3 ,il y e/ v5u1 p>ce qu'il fait auj\rd'hui un sacrifice sur le haut lieu2 en v\s pressant1 v\s le tr\v]ez avant qu'il y arrive p\r mang]1 c> il a invit du monde4 ,ils entr5t1 et bi5tt ils tr\v5t ,samuel qui v5ait en face d'eux1 s'a*em9ant v]s le haut lieu4 ,or ,dieu avait le j\r prcd5t rvl ,samuel l'arrive de ,sal1 en lui disant3 ,dema9 je t'env]rai l'homme de ,b5jam9 que tu sacr]as *ef de mon peuple2 et ,samuel ayant reg>d ,sal1 ,dieu lui dit 7 l'oreille73 ,voil cet homme4 ,sal s'avana et dit ,samuel3 ,indiquez-moi le logis du voyant4 ,samuel rpondit3 ,c'e/ moi2 montez devant moi au lieu haut1 v\s mang]ez auj\rd'hui avec moi2 dema9 je v\s r5v]rai aprs v\s avoir dit t\t ce qui e/ dans votre cur2 quant vos nesses g>es depuis trois j\rs1 n'en pr5ez s\ci1 elles sont tr\ves4 ,eh6 t\t ce qu'il y a de bon et de meilleur dans ,isral1 qui s]a-t-il1 s9on v\s et la maison de votre pre8 ,sal 7tonn7 rpondit3 ,ne suis-je pas un ,b5jamite de la mo9dre tribu d',isral1 et des mo9dres familles de la tribu8 ,p\rquoi me p>lez-v\s de la sorte8 ,et ,samuel fit entr] ,sal et son valet dans la salle du repas o tai5t environ tr5te convives2 et ,samuel dit au cuis9i]3 ,donnez ces deux trang]s le morceau que je v\s ai fait mettre "p2 et le cuis9i] leur donna une paule entire 7de m\ton7#ej4 ,ensuite tant rev5us au b\rg1 ,samuel entret9t ,sal sur la t]rasse 7t\te la soire71 et1 la po9te du j\r1 ,samuel v9t dire ,sal3 ,v\s p\vez p>tir4 ,et comme ils desc5dai5t du b\rg1 il lui dit encore3 ,faites pass] votre valet devant n\s1 mais v\s1 re/ez ici1 j'ai v\s dire la p>ole de ,dieu4 ,que p5sez-v\s1 mon ami1 de t\t ce n>r8 ,croyez-v\s que ce soit p> has>d que les nesses de ,kis ai5t disp>u1 et que ,sal ait t am5 la maison de ,samuel8 ,p]mis ceux qui croi5t aux voyants1 aux dev9s1 et la surveillance p>ticulire du ,dieu de l'univ]s p\r faire retr\v] des nesses2 mais p\r qui n'a pas p]du ou abjur le s5s le plus commun1 il e/ clair que t\t ceci e/ une manuvre a/ucieuse1 secrtem5t ourdie p\r arriv] un b projet4 ,on ne peut d\t] que ,samuel1 homme si rp&u dans ,isral1 n'ait dja connu la p]sonne de ,sal2 il a cru son c>actre propre ses f9s2 mais p\r s'en assur] prcism5t1 il a fallu caus] avec lui2 il n'a pu dcemm5t all] le tr\v]1 il a d le faire v5ir2 il a dit un dv\1 comme en ont t\j\rs les hommes de cette trempe3 ,dieu veut pr\v] son s]viteur ,kis2 va1 dt\rne ses nesses1 et mne-les tel endroit4 ,l'homme a obi3 voil ,sal en re*]*e4 ,il ne tr\ve ri54 ,en p>eil cas1 combi5 de paysans suisses1 bav>ois1 tyroli5s1 bretons1 v5dens1 irai5t *ez le dev98 ,or ri5 de plus facile ce dev9 que d'apo/] des g5s sur la r\te que dut suivre ,sal2 elle tait prvue p> ,samuel2 il projeta le sacrifice et le repas1 d'aprs ce calcul2 la portion mise "p p\r un convive abs5t en e/ la preuve4 ,lorsqu'il a eu ,sal en sa maison1 il a employ la soire le sond] de t\tes manires2 il l'a prp> son n\veau rle2 f9alem5t1 il c>te le s]viteur1 et my/rieusem5t1 sans tmo91 il excute la gr&e1 l'importante crmonie de lui v]s] un peu d'huile sur la tte1 7notez bi5 cette circon/ance1 il l'o9t sans tmo9s1 en secret1 p\r un effet qui s]a public72 il lui donne un bais]1 dit le texte2 il lui dcl>e que de ce mom5t ,dieu l'a sacr roi incommutable1 ineffaable d',isral4 ,a ce po9t de leur intimit1 on s5t que la confid5ce a t complte3 ,sal a connu et accept les propositions et les conditions de ,samuel4 ,celui-ci1 qui a mesur l'esprit de son cli5t1 p\r le subjugu] de plus en plus1 lui fait div]ses prdictions d'un accomplissem5t immdiat4 ,en ret\rnant *ez v\s1 lui dit-il1 v\s allez r5contr] tel endroit deux hommes qui v\s diront que votre pre a retr\v les nesses2 plus lo91 v\s tr\v]ez trois hommes allant ,beitel3 ils v\s diront telle *ose1 ils v\s f]ont tel prs5t4 ,plus lo91 la coll9e des ,phili/9s1 v\s tr\v]ez la procession des prophtes desc5dant du haut lieu1 au son des lyres1 des tamb\rs 7de basque71 des fltes 7 sept tuyaux7 et des guit>es4 ,l'esprit de ,dieu v\s saisira2 v\s prophtis]ez avec eux1 et v\s s]ez *ang en un autre homme4 ,qu& ces signes v\s s]ont arrivs1 v\s f]ez ce que v\s v\drez4 ,dieu s]a avec v\s2 v\s vi5drez me tr\v] ,galgala p\r faire un sacrifice2 j'y desc5drai p\r faire les (fr&es pacificatoires2 v\s att5drez sept j\rs mon arrive1 et je v\s f]ai connatre ce que v\s f]ez4 ,sal s'en alla1 et t\t ce que lui avait prdit ,samuel lui arriva4 ,si l'on pr5d g>de1 on ne v]ra l ri5 de miraculeux2 il fut facile ,samuel d'organis] t\tes ces r5contres1 et mme de calcul] le temps et le lieu de la procession des prophtes1 crmonie religieuse1 qui1 p> cette raison1 dut avoir ses j\rs et heures fixes4 ,,viii4 ,qu'tait-ce que les prophtes et la confrrie des prophtes *ez les anci5s ,juifs8 ,autre fois je ne compr5ais po9t ce que p\vai5t tre ces prophtes =mant un cordon#ea1 une file d'hommes nus ou presque nus1 dansant1 *antant1 *evels1 m>*ant au son des in/rum5ts 7comme ,david devant l'ar*e74 ,je ne p\vais alli] cette ide avec celle que je me faisais d',isae1 de ,jrmie1 d',amos1 de ,nahum1 etc41 qui n\s sont pe9ts comme des hommes graves1 c\tant en sil5ce le s\ffle de vrits sublimes4 ,auj\rd'hui que je connais ce pays1 le c>actre de ses habitants1 je vois dans les murs actuelles la solution la plus simple du problme4 ,il faut savoir que dans t\s les pays musulmans il exi/e des confrries de dvots qui s'associ5t p\r c]ta9es pratiques et crmonies1 qu'eux-mmes s'impos5t1 ou qui leur sont dictes p> des *efs2 le bi5 pr5dre1 la mme *ose n'a-t-elle pas lieu en ,espagne1 en ,italie8 n'a-t-elle pas eu lieu dans la ,france1 l',anglet]re1 l',allemagne1 dans t\te la *rti5t1 qu& y rgnait la f]veur religieuse8 ,si je re*]*e les motifs de ces associations volontaires1 j'en tr\ve plusieurs2 les uns naturels1 drivs de l'organisation mme de l'homme1 les autres artificiels1 drivs de l'tat social4 ,l'homme1 organis comme il l'e/1 ne peut vivre ni solitaire1 ni sil5cieux1 ni immobile4 ,ses n]fs ont le beso91 la ncessit d'agir1 comme son sang de circul]3 ces n]fs sont con/ruits de manire que si le fluide de s5sibilit y e/ en surabondance1 son vacuation1 sa scrtion devi5n5t aussi ncessaires que l'vacuation d'un excs de sang ou de sucs alim5taires4 ,d'autre "p1 la nature a v\lu1 p> un mcanisme s+uli]1 que deux tres huma9s ne puss5t tre en prs5ce l'un de l'autre sans que leur sy/me n]veux ne se mt rciproquem5t4 ,de ces bases physiques1 il a rsult que1 dans l'tat social1 les hommes ont eu le beso9 con/ant de se communiqu] leurs ides1 leurs s5sations1 leurs passions1 et de s'associ] selon les lois de sympa?ie1 ou d'intrt1 v>iables dans leur application4 ,la facilit ou la difficult de ces communications et associations =me ce que l'on appelle la lib]t civile et politique4 ,l o exi/e cette lib]t rgle p> les usages ou les lois1 le m\vem5t e/ paisible et sans sec\sses4 ,l o elle e/ contr>ie1 contra9te p> la =c1 l'homme s'agite en t\s s5s p\r va9cre ou lud] les ob/acles et p\r dp5s] d'une manire quelconque son activit1 sa s5sibilit2 alors se =m5t les associations p>tielles1 les confrries de factions ou de sectes qui f9iss5t en gnral p> tre la mme *ose1 et qui sont au fond un in/rum5t de p\voir re*]* p> les individus comme abri1 et p> les *efs comme levi]3 voil p\rquoi dans les tats despotiques1 il y a plus spcialem5t de ces associations et confrries qui se c\vr5t d'un manteau religieux p\r en impos] la viol5ce militaire2 t&is que dans les tats libres1 comme dans notre ,amrique1 il n'exi/e p\r a9si dire ri5 de semblable1 ou ce qui en exi/e n'a pas d'effet s5sible4 ,sans d\te encore1 voil p\rquoi ces confrries1 ces associations pieuses ont beauc\p de f]veur dans les temps d'ignorance1 de bigot]ie1 d'esclavage et de grossiret1 t&is qu'elles en ont mo9s en raison du progrs des lumires1 des sci5ces exactes et de la civilisation4 ,a ces titres1 v\s ap]cevez les motifs de leur activit dans t\s les pays musulmans1 o1 p> un in/9ct naturel1 les hommes se gr\p5t en confrries aut\r des mosques1 en mo9]ies dans des c\v5ts1 comme font entre autres les d]vi*es4 ,quelquefois le g\v]nem5t les favorise comme in/rum5t2 quelquefois il les r$\te comme rsi/ance1 p>ce que s'il frappe un membre1 t\t le corps ret5tit2 c'e/ une compagnie d'assurance de la sret des p]sonnes3 et qu'y a-t-il de diffr5t dans la *rti5t8 ,qu'tait-ce que le g\v]nem5t de la ,prov5ce qu& le roi ,r5 y in/ituait la procession des f\s1 qu& s'y =mait la confrrie des pnit5ts blancs1 des pnit5ts gris1 etc4 ,rem>quez encore que ces confrries sont surt\t du gt des mridionaux1 sans d\te p>ce que leur vivacit plus beso9 de se dissip] en cris1 en ge/es1 en spectacles1 en crmonies4 ,qu& j'ai eu pes t\tes ces considrations1 j'ai conu que de telles in/itutions ne pur5t manqu] d'exi/] *ez les anci5s ,hbreux1 o elles tr\vr5t des alim5ts gnraux et p>ticuli]s4 ,p> exemple1 la tribu ou ca/e sac]dotale1 ou lvitique1 vivait dans une oisivet absolue3 le nombre des prtres en fonctions tant limit1 t\t le re/e qui vivait aux frais de la nation1 c'e/--dire1 du produit des (fr&es et sacrifices1 n'avait s'occup]1 comme les ,brahmes et comme les ,druides1 que de rites et de pratiques dvotes qu'ils avai5t intrt de multipli] p\r provoqu] les dons des fidles2 de tels hommes dur5t avoir des confrries1 des processions et t\t ce qui s'ensuit4 ,d'autre "p1 *ez ce peuple livr une an>*ie con/ante1 c'e/--dire1 au p\voir drgl1 au despotisme transitoire de *aque individu1 de *aque famille turbul5te ou =te1 dans cet tat o fut le peuple hbreu p5dant t\te la priode des juges 7#djj ans au mo9s71 les confrries religieuses dur5t tre un abri1 et1 comme je l'ai dja dit1 une compagnie d'assurance contre les viol5ces et les brutalits dont le livre des ,juges (fre de *oquants exemples4 ,enf9 l'poque de ,samuel1 lorsque cet individu1 faible d'abord1 comm5a d'aspir] au p\voir1 et lorsque ensuite il y fut p>v5u1 les confrries lui (frir5t un moy5 d'appuy] sa m>*e1 d'aff]mir1 d't5dre son crdit2 et il dut d'autant mieux cultiv] ce moy51 qu'tant un intrus dans le sac]doce1 un usurpateur p> rapport la famille d',hli1 il eut un p>ti d'opposition1 dont n\s v]rons bi5tt les preuves1 et p>mi les hautes familles dont il blessait la vanit1 et p>mi les prtres qui dur5t savoir quoi s'en t5ir sur les visions4 ,de t\t ceci je dduis que la procession des prophtes *antants et dansants comme des d]vi*es1 dont ,samuel annonce la r5contre ,sal en le congdiant1 a d lui tre bi5 connue en ses m\vem5ts1 a d tre =me de ses amis1 de ses dv\s1 comme l'indique une anecdote po/rieure2 c> l'hi/ori5 n\s dit que lorsque ,sal roi v\lut faire tu] ,david1 qui s'tait rfugi prs de ,samuel dans le canton de ,nout1 ses missaires arms tr\vr5t la confrrie des prophtes dans l'acte de prophtis]1 et ,samuel deb\t qui les prsidait4 ,quant ce qu'aj\te l'hi/ori51 que ces missaires fur5t saisis de l'esprit de ,dieu et qu'ils se mir5t prophtis] aussi2 que mme *ose arriva deux autres esc\ades envoyes p> ,sal2 enf9 que ce roi lui-mme tant arriv ple9 de colre1 il fut galem5t saisi de l'esprit div9 et se mit prophtis] en prs5ce de ,samuel1 aprs avoir jet ses vtem5ts p\r demeur] nu p5dant un j\r et une nuit2 ces faits biz>res peuv5t sembl] incroyables des hommes de s5s rassis et de sang-froid comme n\s autres g5s du nord et de l'oue/2 moi-mme je les ai d'abord rejets comme non pr\vs2 et en effet ils manqu5t de tmo9s suffisants2 auj\rd'hui que je connais le pays1 je les admets comme probables p> plusieurs raisons naturelles4 ,d'abord j'obs]ve que ,david1 p5dant le temps qu'il a vcu prs de ,sal1 s'e/ fait beauc\p d'amis1 tmo91 entre autres1 ,jona?as 7fils du roi71 qui se dv\e p\r lui2 cette disposition a d port] plusieurs missaires *]*] des motifs d'lud] l'ordre2 d'autres ont pu tre influ5cs p> l'asc5dant religieux que ,samuel avait conquis sur les esprits1 et entre autres sur celui de leur pr9ce2 enf9 t\s1 et surt\t ,sal1 ont pu tre matriss p> ce mcanisme du sy/me n]veux1 p> ce magntisme animal qui1 encore auj\rd'hui1 ex]ce devant n\s de frqu5ts exemples de ses phnomnes4 ,veuillez rem>qu] ce qui se passe t\tes les fois que des hommes s'assembl5t dans l'int5tion et l'ex]cice d'un s5tim5t commun3 leurs reg>ds1 leurs cris1 leurs ge/es les lectris5t *aque in/ant davantage2 et p\r peur que la p>ole vi5ne y jo9dre des tableaux1 les ttes s'exalt5t au po9t de ne plus se possd]4 ,voyez ce qui arrive au ?tre tragique1 ou dans le meilleur drame2 si la salle e/ peu remplie de monde1 les spectateurs ne s'meuv5t que faiblem5t1 t&is que si elle e/ bi5 ple9e1 ils s'exalt5t progressivem5t jusqu' l'en?\siasme3 voyez encore ce qui arrive dans nos temples aux j\rs de prdication de nos zls purita9s et m?odi/es3 les auditeurs arriv5t froids2 peu peu leurs n]fs sont agacs p> les ge/es convulsifs de l'orateur acteur1 p> ses cris cres tires du fond de la gorge2 p> les tableaux de damnation et d'enf] dont il se fait un mrite et un art d'effray] les imag9ations2 une femme n]veuse tombe en convulsion1 et voil qu'une f\le d'autres l'imit5t et que t\t l'auditoire e/ en trpidation2 n'avons-n\s pas vu frquemm5t ces scnes ,philadelphie1 dans les prdications du diman*e1 surt\t celles qui se font la f9 du j\r#eb8 ,enf9 consultez les mdec9s1 et ils v\s diront qu'en nombre d'occasions1 l'aspect des convulsions1 mme pileptiques1 e/ dev5u contagieux p\r les sujets dlicats1 tels que les femmes et les enfants4 ,or1 cette irritabilit n]veuse exi/e pr9cipalem5t dans les pays *auds o elle e/ favorise et promue p> les alim5ts gnralem5t cres1 p> l'abondance du calorique et p> le jene1 qui e/ un des gr&s promoteurs de manies visionnaires et d'extase2 voil les div]ses causes du phnomne n]veux qui a eu lieu dans l'assemble *antante et hurlante des confrres prophtes ,ni\t et la coll9e des ,phili/9s4 ,quant l'acte de prophtis]1 ce n'e/ pas la faute des livres hbreux1 si n\s n\s en =mons des ides fausses2 ils dis5t t\t ce qu'il faut p\r les r$ress]2 d'abord ils peign5t les circon/ances1 le *ant1 ou plutt les cris1 la nudit2 ensuite le mot mme qu'ils emploi5t p\r signifi] prophte et prophtis] en e/ une df9ition1 une explication trs-claire2 c> le mot nabia e/ un driv de naba qui signifie littralem5t tre f\1 faire le f\ 7insanire71 cri]1 dclam] comme un pote qui *ante des v]s1 comme un prophte qui *ante des hymnes1 des psaumes1 des oracles notez que *ant] un psaume e/ un plonasme1 puisqu'en hbreu psaume se dit mazm\r1 qui signifie *ant et *ansons4 ,or1 qu'e/-ce que t\t ceci1 s9on ce que faisait la ,py?ie de ,delphes1 ce que faisai5t t\s les r5deurs d'oracles *ez les peuples de l'antiquit1 ce que font encore *ez les musulmans les d]vi*es et les ik\rs 7confrrie des cumeurs7 dont je vois ici les folies1 ce que font *ez n\s mme les ard5ts1 les illum9s de nos sectes bigotes8 ,p> cela mme que t\s ces g5s-l tai5t ou semblai5t tre hors d'eux-mmes1 hors de leur s5s naturel1 ils tai5t considrs comme saisis1 comme agits de l'esprit div94 ,c]tes1 si quelque *ose c>actrise l'ignorance populaire d'une "p1 l'impo/ure et la f\rb]ie sac]dotales d'une autre1 c'e/ cette ide biz>re1 cette op9ion mon/rueuse d'appel] esprit de ,dieu1 les drglem5ts maladifs de notre nature huma9e2 d'appel] l'pilepsie1 esprit div91 mal sacr1 comme il e/ encore nomm dans t\te la ,turquie p> les musulmans et p> les *rti5s4--,mais j'ai un peu quitt mon sujet sans nanmo9s le p]dre de vue2 m'y voici r5tr4 ,,ix4 ,suite de la conduite a/ucieuse de ,samuel4--,premire in/allation de ,sal ,maspha4--,sa victoire ,iabs4--,deuxime in/allation4--,motifs de ,samuel4 ,sal donc congdi p> ,samuel r5contra la procession des prophtes1 et la vue de ce cortge1 saisi de l'esprit de ,dieu1 il se mit prophtis] avec eux2 ce fut une rumeur dans le peuple d'appr5dre que ,sal ft dev5u prophte2 ceux qui l'avai5t connu se disai5t3 qu'e/-il donc arriv au fils de ,kis1 p\r tre aussi prophte8 ,et quelques g5s dir5t3 quel e/ leur pre eux#ec8 ,son beau-pre l'ayant int]rog sur les dtails de son voyage1 ,sal lui dit t\t1 except l'affaire de la royaut4 7,voil une conniv5ce entre ,sal et ,samuel47 ,il re/ait une scne publique j\] p\r capt] le respect et la crdulit du peuple cet effet ,samuel convoqua ,maspha une assemble gnrale3 aprs des repro*es de la "p de ,dieu 7c> ri5 ne se fait sans ce nom73 ,v\s avez v\lu1 dit-il1 un autre roi que votre ,dieu1 v\s l'aurez3 en mme temps1 il comm5a tir] au sort les d\ze tribus d',isral p\r savoir de quelle tribu sortirait ce roi4 ,le sort tomba sur la famille de ,b5jam93 il tire au sort les familles de ,b5jam92 le sort tombe sur la famille de ,matri1 puis enf9 dans cette famille1 sur la p]sonne de ,sal4 ,assurm5t s'il e/ une jongl]ie1 c'e/ celle de tir] au sort une *ose dja rsolue4 ,quant la ruse de dirig] ce sort1 on sait qu'il ne faut qu'un peu d'adresse de j\eur de gobelets2 p>t\t on en a vu1 on en voit encore des exemples4 ,en ce temps de civilisation1 la ,france n'a-t-elle pas vu ses c9q directeurs tirant au sort qui sortirait de *>ge1 lorsqu'entre eux le sortant tait conv5u8 ,eh bi51 moy5nant un lot de c5t mille francs comptant1 une voiture attele de deux bons *evaux1 et le brevet d'un emploi1 le sortant ne manquait pas1 sur les c9q b\les d'ivoire mises dans l'urne1 de pr5dre celle qui tait *aude1 et le monde tait difi4 ,il fallait ici quel le peuple hbreu crt que ,dieu lui-mme faisait *oix de ,sal1 af9 que ce *oix impost obissance t\s1 et respect aux mcont5ts dont l'opposition ne laissa pas encore de se montr]3 p> surcrot de jongl]ie1 ,sal ne se tr\va po9t prs5t3 il e/ clair que ,samuel l'avait fait ca*]2 on le *]*e1 bi5tt on le tr\ve dans sa ca*e que le voyant aura peut-tre encore eu le mrite de dev9]3 le peuple fut m]veill de voir un si bel homme1 et selon le rcit littral il cria3 vive le roi 7ahih malek74 ,alors ,samuel lut au peuple les /atuts de la royaut1 et il les crivit en un livre qu'il dposa 7sans d\te dans le temple74 ,aprs cette crmonie1 le peuple tant congdi1 ,sal rev9t en sa maison1 c'e/--dire1 en son doma9e rural1 en sa mtairie#ed1 et il rassembla aut\r de lui1 p\r faire une arme1 les hommes dont ,dieu t\*a le cur 7c'e/--dire1 les croyants1 les p>tisans de ,samuel73 mais des m*ants dir5t3 quoi6 c'e/ l celui qui n\s sauv]a6 ,et ils ne lui portr5t pas de prs5ts4 ,ces d]ni]s mots n\s montr5t un p>ti de mcont5ts qui e/ dans la nature des *oses2 l'esprit et le ton de dda9 de cette expression indiqu5t d'abord1 p\r son motif1 le bas tage1 la condition populaire o tait n ,sal1 et peut-tre ensuite la mdiocrit de ses tal5ts dja connus de ses vois9s1 sans compt] une infirmit secrte que n\s v]rons se dvelopp]4 ,on s5t alors que ces mcont5ts fur5t des g5s de la classe di/+ue p> la naissance et la ri*esse1 lesquels ne sont1 dans le texte1 qualifis de m*ants1 que p>ce que le rdacteur e/ un croyant1 un dvot qui abonde dans le s5s du prtre1 son hros1 et de la sup]/itieuse majorit de la nation4 ,d'autre "p1 un fait digne d'att5tion e/ ce livre des /atuts royaux crits p> ,samuel4 ,le mot hbreu e/ ma%fat#ee qui signifie s5t5ce r5due1 loi impose4 ,quelle fut cette loi1 cette con/itution de la royaut8 ,la rponse n'e/ pas d\teuse3 ce fut ce mme ma%fat m5tionn au *ap ,,viii1 v4 #aa1 o ,samuel 7irrit7 dit au peuple3 ,voici le ma%fat du roi qui rgn]a sur v\s2 il pr5dra vos enfants1 il les emplora au s]vice de son *> et de ses *evaux2 ils c\rront devant lui et devant ses attelages de gu]re2 il en f]a des 7soldats71 des *efs de mille1 des *efs de c9quante hommes2 il les emplora lab\r] ses *amps1 faire ses moissons1 fabriqu] ses in/rum5ts de combat1 et ses armes et ses *>s2 il pr5dra vos filles et en f]a ses p>fumeuses 7ou laveuses de vtem5ts71 ses cuis9ires1 ses b\langres2 il s'emp>]a de vos *amps de bls1 de vos v]g]s d'olivi]s1 de vos clos de vigne1 il les donn]a aux g5s de son s]vice2 il pr5dra la dme de vos gra9s et de vos v9s p\r la donn] ses eunuques1 ses s]viteurs2 il enlev]a vos esclaves ou s]viteurs1 mles et femelles1 a9si que vos nes1 et t\t ce que v\s avez de meilleur dans vos bi5s s]a son s]vice2 il dm]a sur vos tr\peaux1 et de vos propres p]sonnes il f]a ses esclaves#ef4 ,on se tromp]ait si l'on pr5ait ceci p\r de simples m5aces3 c'e/ t\t simplem5t le tableau de ce qui se passait *ez les peuples vois9s qui avai5t des rois2 c'e/ une esquisse in/ructive de l'tat civil et politique1 mme militaire de ce temps-l1 o n\s voyons les *>s1 les esclaves1 les eunuques1 les dmes1 les cultures de div]ses espces1 les compagnies et bataillons de mille et de c9quante1 etc41 comme dans les temps po/rieurs2 mais tels tai5t les maux rsultants du rgime ?ocratique1 c'e/--dire du g\v]nem5t p> les prtres1 s\s le manteau de ,dieu1 que les ,hbreux lui prfrr5t le despotisme militaire conc5tr dans la p]sonne d'un seul homme qui1 l'intrieur1 et le p\voir de ma9t5ir la paix1 et qui1 l'extrieur1 et celui de rep\ss] les agressions1 les oppressions trangres3 il faut n\s en rapport] eux p\r croire que de leur "p ce ne fut pas une rsolution si draisonnable d'insi/] comme ils le fir5t1 et de =c] le prtre ,samuel con/itu] une royaut#eg4 ,si ce prtre et t un homme quitable1 il et1 en tablissant les droits de roi1 con/itu aussi la balance de ses devoirs qui compos5t les droits du peuple2 il lui et impos1 comme il se pratiquait en gypte1 les devoirs de la temprance en t\tes *oses1 de l'ab/95ce du luxe1 de la rpression de ses passions1 de la surveillance de ses ag5ts1 de la ha9e de ses flatteurs1 de la f]met punir1 de l'imp>tialit jug] entre les op9ions et les sectes de ses sujets1 etc41 etc4 ,mais le prtre ,samuel1 irrit de se voir arra*] le sceptre qu'avait conquis sa f\rb]ie1 en aiguisa la po9te p\r en faire1 dans les ma9s de son successeur1 une lance ou un h>pon4 ,le plus f*eux de cette affaire fut que ,sal1 de son ct1 ne se tr\va po9t d\ d'assez de moy5s1 d'assez d'esprit p\r contre-m9] ce p]fide protecteur3 il l'et pu1 en feignant de se t5ir /rictem5t ses ordres1 en l'obligeant de les expliqu] nettem5t1 p\r rejet] sur lui les *ecs qui en euss5t rsult1 et p\r avoir lui-mme devant le peuple le mrite des succs qu'il et obt5us en s'en c>tant4 ,david1 sa place1 n'y et pas manqu2 mais ,sal fut t\t unim5t un brave gu]ri]1 qui1 ne se d\tant pas de la politique des temples1 dev9t la dupe et la victime d'un ma*iavlisme consomm4 ,l'art exi/a long-temps avant que l',italie en et crit les prceptes4 ,j'allais oubli] une d]nire rem>que1 importante s\s plusieurs rapports3 elle m'e/ suggre p> le contra/e frappant que je tr\ve entre la doctr9e de ,samuel et celle de ,mose sur la royaut4 ,n\s v5ons de voir que1 selon ,samuel1 le ma%fat ou /atut royal e/ un pur et dur despotisme1 une vraie tyrannie2 selon ,mose1 c'e/ t\t autre *ose4 ,p\r s'en conva9cre il suffit de lire ses prceptes consigns au #ag;e *apitre du ,deutronome1 v4 #ad et suivants4 ,le texte dit littralem5t3 ,qu& v\s s]ez entrs dans la t]re que ,ieh\h1 votre ,dieu1 v\s a donne1 et que v\s la possd]ez et l'habit]ez1 et que v\s direz3 ,je veux tablir sur moi un roi comme t\s les peuples qui m'environn5t1--v\s tablirez celui que *oisira ,ieh\h1 votre ,dieu2--v\s le pr5drez p>mi vos frres 7juifs72 v\s ne pr5drez po9t un trang]1 qui n'e/ po9t votre frre2--et 7ce roi7 ne possd]a po9t une multitude de *evaux2 il ne f]a po9t ret\rn] le peuple en gypte p\r avoir plus de *evaux2 il ne se donn]a po9t une multitude d'p\ses2 son cur ne dvi]a po9t44444 ,il n'entass]a po9t de trsors en or et en arg5t2 et lorsqu'il s'assira sur le trne1 il crira p\r lui-mme un d\ble de la loi 7copi7 sur le livre qui e/ devant les prtres lvites2--et cette copie re/]a entre ses ma9s2 il la lira t\s les j\rs de sa vie p\r appr5dre cra9dre ,ieh\h son ,dieu1 et p\r pratiqu] t\s ses prceptes4 ,quelle diffr5ce entre ce /atut de ,mose et celui de ,samuel6 ,notez bi5 ces mots3 ,le roi s]a un de vos frres1 un homme t\t simplem5t comme *acun de v\s2 et il s]a s\mis t\tes les lois qui g\v]n5t la nation6 ,comm5t se fait-il que ,samuel n'ait pas intim1 pas ins9u un seul mot d'une ordonnance si prcise1 si radicale du lgislateur8 ,comm5t p]sonne n'en a-t-il fait la mo9dre m5tion8 ,e/-ce que la loi de ,mose tait ignore1 oublie8 ,e/-ce que p> has>d cet article1 du mo9s1 n'y tait pas encore insr8 ,des s\pons raisonnables peuv5t s'lev] cet g>d4--,d'habiles critiques ont dja rem>qu que1 dans le ,p5tateuque1 plus de tr5te passages sont manife/em5t po/rieurs ,mose1 et po/rieurs de plusieurs sicles3 de ce nombre e/ le t]me nabia1 employ p\r dire prophte1 lequel1 de l'aveu de l'hi/ori5 des rois1 n'a t sub/itu que trs-t>d au mot rah 7voyant71 usit p> consqu5t au temps de ,mose3 or1 dans t\t le ,p5tateuque on n'emploie que le mot nabia3 dont cet ouvrage s]ait t>dif4 ,de plus1 ce qui e/ dit ici1 ne pas possd] une multitude de *evaux2 ne pas se donn] une multitude de femmes2 ne pas entass] des trsors d'or et d'arg5t2 ne pas laiss] dvi] son cur 7des voies d',ieh\h71 e/ une allusion si directe aux p*s de ,salomon1 qu'il en rsulte une preuve additionnelle de po/humit3 p> surcrot1 ces mots1 qu& v\s possd]ez la t]re 7promise7 et que v\s direz3 ,je veux tablir sur moi un roi comme t\s les autres peuples2 ces mots1 dis-je1 sont tellem5t la pe9ture de ce qui e/ arriv s\s ,samuel1 que l'on a droit de les pr5dre p\r un rcit hi/orique1 mtamorphos aprs c\p en prophtie4 ,qui jamais a fait m5tion d'aucun roi juif ayant copi de sa ma9 la loi1 mo9s que ce ne soit celui qui eut p\r rg5t et tuteur un gr&-prtre1 de la "p de qui un tel ordre vi5t admirablem5t bi5 7,helqiah78 ,si ce fut un prcepte de ,mose1 comm5t fut-il textuellem5t oubli p> ,samuel mme1 prophte et gr&-juge8 ,ne sont-ce pas-l autant d'argum5ts puissants en faveur de ceux qui s\ti5n5t que le ,p5tateuque e/ une composition t>dive1 et peu antrieure la captivit de ,babylone8 et que le fond des *roniques1 sur div]s po9ts et sur div]ses poques1 cons]ve plus rellem5t le c>actre de l'antiquit8 ,je vi5s mon sujet4 ,aprs l'in/allation du n\veau roi1 *acun ret\rne son village1 ses *amps4 ,bi5tt le roi des ,ammonites pr5d les armes1 et vi5t assig] la ville de ,jabs l'ori5t du ,j\rda94 ,les habitants hbreux (fr5t de se r5dre1 de pay] tribut4 ,ce roi ne veut les recevoir composition qu'en leur crevant t\s l'il droit1 p\r les livr]1 dit-il1 l'opprobre et au mpris d',isral4 ,ces malheureux dp*5t leurs frres d',isral des dputs que l'on conduit ,sal2 on le tr\ve ram5ant du lab\rage sa *>rue attele de deux bufs 7vive pe9ture des murs du temps72 ,sal e/ saisi de colre 7le n>rateur appelle cela l'esprit de ,dieu71 il c\pe ses deux bufs en morceaux qu'il envoie p> t\t ,isral1 avec ces p>oles3 ,quiconque ne vi5dra pas de suite rejo9dre ,sal1 ses bufs s]ont traits de la sorte4 ,le moy5 fut efficace2 t\t ,isral se rassembla1 comme un homme1 dit le texte2 ici l'hebreu dit #cj1jjj hommes de ,juda1 et #cjj1jjj des onze tribus2 le grec au contraire3 #gj1jjj de ,juda1 #fjj1jjj du re/e4 ,de telles v>iantes1 qui sont trs-rptes1 montr5t le crdit que mrit5t ces livres au moral1 qu& le matriel e/ a9si trait4 ,d'aprs le grec1 en comptant six ttes p\r f\rnir un homme de gu]re1 ce s]ait plus de trois millions d'habitants sur un t]ritoire de #ijj lieues c>res au plus1 p> consqu5t plus de #cjjj ames p> lieue c>re1 ce qui e/ contre t\te vraisemblance4 ,le plus raisonnable e/1 nombre moy51 peut-tre #bj1jjj pris p> lite p\r un c\p de ma9 qui dem&ait surt\t de la rapidit4 ,sal "p comme un trait2 il arrive la po9te du j\r 7sans d\te le sixime71 et fond sur le camp des ,ammonites1 qui1 habitus aux l5teurs fdrales des ,juifs1 n'att5dai5t ri5 de tel2 il les surpr5d1 les crase et dlivre la ville4 ,le peuple1 *>m de ce db1 le porte aux nues et propose ,samuel de tu] ceux qui ne l'avai5t po9t reconnu et salu roi4 ,sal1 brave1 et p> cette raison gnreux1 s'y oppose4 ,ce j\r-l1 ,samuel satisfait1 ordonne qu'il y ait un autre assemble gnrale ,galgala1 p\r y r5\vel] l'in/allation2 cela fut fait4 ,p\rquoi cette seconde crmonie8 ,e/-ce af9 de donn] aux opposants1 aux mcont5ts1 le moy5 de se ralli] la majorit du peuple et d't\ff] un s*isme qui eut plus de p>tisans qu'on ne l'indique2 c> n\s en rev]rons la trace1 lors de la pro*a9e gu]re des ,phili/9s1 dans le camp desquels se tr\vr5t beauc\p d'migrs hbreux1 portant les armes contre le p>ti de ,samuel et de ,sal4 ,voil un premi] motif app>5t1 dja habile2 mais n\s allons dc\vrir que ,samuel1 t\j\rs pr(ond et ple9 d'emb*es1 en eut un autre secret1 puis dans son intrt et son c>actre4 ,le texte n\s dit1 *ap4 ,,xii1 que l'assemble tant =me1 ,samuel deb\t devant t\t le peuple fit une h>angue dont la sub/ance e/ que1 il a gr les affaires avec une entire intgrit2 qu'il n'a pris le buf ni l'ne de p]sonne2 qu'il n'a opprim1 p]scut aucun habitant2 qu'il n'a po9t reu de prs5ts de sduction1 et cep5dant1 laisse-t-il ent5dre1 v\s m'avez =c de mettre un roi ma place4 ,il attribue ce repro*e ,dieu2 mais ,dieu1 c'e/ lui4--,or1 comme p> la nature du rgime royal tel qu'il l'a dpe9t1 ,sal ne p\vait manqu] de faire des vexations de ce g5re1 il en rsulte son dtrim5t un contra/e qui1 en ce mom5t mme1 t5d dim9u] le crdit qu'il v5ait d'acqurir1 et qui met en vid5ce la jal\sie qu'en avait conue ,samuel4 ,ce prtre insi/a sur l'ide que ,dieu avait jusque-l g\v]n la nation p> des lus spciaux tels que ,mose1 ,a>on1 ,sis>a1 ,gdon1 ,jepht1 etc41 et que le peuple1 rebelle auj\rd'hui1 v\lait se g\v]n] de lui-mme p> des hommes de son propre *oix2 or1 comme ce n\veau sy/me enlevait le p\voir suprme et arbitraire la ca/e des prtres dont ,samuel s'tait r5du le *ef1 on voit d'o lui vi5t le pr(ond dpit qu'il en cons]ve2 en mme temps que l'on voit l'arrogance sacrilge de ce c>actre sac]dotal qui s'tablit de son *ef int]prte et reprs5tant de la ,div9it sur la t]re4 ,ici le n>rateur 7prtre aussi7 a jo9t une circon/ance rem>quable3 ,v\s voyez1 dit ,samuel au peuple1 que n\s sommes dans le temps de la moisson 7c'e/--dire la f9 de ju9 et aux premi]s j\rs de juillet72 eh bi56 j'invoqu]ai ,dieu1 et il me donn]a rponse p> la voix du tonn]re et p> la pluie1 et v\s connatrez votre p* de dsobissance4 ,or il surv9t du tonn]re et de la pluie1 et le peuple fut saisi d'effroi2 il connut son p*1 il dem&a p>don ,samuel qui 7gnreusem5t7 rpondit qu'il ne cess]ait nanmo9s jamais de pri] ,dieu p\r eux1 etc4 ,c'e/ =t bi53 mais sur ce rcit1 n\s avons droit de dire d'abord1 o sont les tmo9s8 ,qui a vu cela8 ,qui n\s le dit8 ,un n>rateur de seconde ma93 fut-il tmo98 il e/ le seul1 il e/ p>tial2 et d'ailleurs une f\le de faits ou de rcits semblables se tr\v5t *ez les ,grecs1 *ez les ,roma9s1 *ez t\s les ,b>b>es anci5s1 et alors il faut croire que leurs voyants1 que leurs dev9s eur5t aussi le don des prodiges2 mais admettons le rcit et le fait3 n\s avons encore le droit de dire que ,samuel1 plus habile en t\tes *oses morales et physiques que son peuple de paysans sup]/itieux1 avait vu les indices prcurseurs d'un orage1 qui d'ailleurs n'e/ pas *ose r>e cette poque de l'anne4 ,moi-mme1 voyageur1 n'en ai-je pas vu aux d]ni]s j\rs de dcembre o le cas e/ bi5 plus s+uli]8 ,en rsultat1 le peuple prit une n\velle confiance dans la puissance de ,samuel1 et c'tait l ce que v\lait ce roi ecclsia/ique p\r ne pas p]dre la tutelle de son lieut5ant royal4 ,x4 ,br\ill]ie et rupture de ,samuel avec ,sal4--,ses motifs probables4 ,a cette poque ,sal devait tre un homme g1 p\r le mo9s1 de qu>ante ans2 c> dans la gu]re des ,phili/9s qui va clat] t\t l'heure1 son fils ,jona?as se montre un gu]ri] dja capable de faits d'armes h>dis et brillants4 ,comm5t se fait-il donc que le texte hbreu et t\tes ses v]sions n\s dis5t que ,sal tait g d'un an qu& il rgna8 ,les int]prtes ont v\lu corrig] cela p> div]ses subtilits2 il n'e/ cette erreur qu'une bonne solution4 ,le texte hbreu ne porte po9t le mot un1 il dit s*em5t3 ,sal tait g de444 an2 il e/ clair que dans le manuscrit premi]1 s\rce des autres1 le nombre e/ re/ en blanc1 p>ce que l'auteur 7prsum ,esdras7 oublia ou ne put tablir le nombre1 et la preuve ou l'indice de ce fait e/ que la v]sion grecque prsume faite sur ce manuscrit a totalem5t supprim l'article4 ,je revi5s ,sal4 ,il fut naturel ce n\veau roi d'tre enfl de son premi] et brillant succs1 de sa subite et haute =tune3 aussi le voit-on trs-peu de temps aprs cette assemble1 dcl>] la gu]re aux ,phili/9s2 div]s incid5ts m5tionns donn5t lieu de s\ponn] que ce fut contre l'avis de ,samuel1 et que de l1 naquit entre eux cette ms9tellig5ce que n\s allons voir clat]4 ,samuel put1 avec raison1 reprs5t] ,sal que les ,phili/9s tai5t puissants1 agu]ris1 r$\tables2 que leur comm]ce m>itime1 rival de celui des ,sidoni5s et des ,tyri5s#eh1 leur donnait des moy5s d'indu/rie suprieurs ceux des ,hbreux2 que ceux-ci1 quoique laisss en paix s\s sa judicature1 n'tai5t cep5dant pas en tat complet d'indp5dance ni de rsi/ance puisqu'ils n'avai5t pas mme la lib]t d'avoir des =g]ons 7*ap4 ,,xiii1 v4 #ai7 p\r fabriqu] leurs faux1 leurs socs de *> et plus =te raison des lances#ei1 que le mieux tait de temporis]4 ,t\t cela tait vrai et sage3 ,sal passa outre2 il tait ple9 de confiance dans l'ardeur du peuple2 il put rpondre aussi que ,dieu bi5veillant y p\rvoirait comme au temps de ,gdon et de ,jepht4--,il *oisit trois mille hommes p\r re/] sur pi$ avec lui1 il r5voie le re/e3 sur cette lite1 il donne mille hommes son fils ,jona?as2 bi5tt ce jeune homme attaque un po/e de ,phili/9s qui cri5t aux armes1 et se rassembl5t2 ,sal les voyant nombreux appelle t\s les ,hbreux4 ,selon l'hi/ori51 les ,phili/9s dploi5t tr5te mille *>s de gu]re1 six mille cavali]s et une multitude de pitons p>eille au sable de la m]2 n\s dem&ons qui a compt ces *>s et ces cavali]s2 en outre il y a ici une invraisemblance *oquante1 c> t\t le t]ritoire des ,phili/9s n'tait pas de plus de c5t lieues c>res1 qui ne comport5t pas plus de deux c5t mille ttes d'habitans3 l'on n\s suppos]ait ici plus de c5t mille gu]ri]s2 c'e/ une *ose t\t--fait rem>quable que les nombres soi5t gnralem5t enfls dans les livrs juifs un degr hors de croyance et presque t\j\rs en nombres ronds p> dcimales4 ,la peur saisit les ,hbreux2 ces paysans 7 la mode des ,druzes7 se disp]sr5t et fur5t se ca*] dans les montagnes et les cav]nes3 ,sal se tr\va dans un trs-gr& emb>ras2 il invoqua ,samuel3 celui-ci lui rpondit d'att5dre sept j\rs 7il v\lait voir comm5t cela t\rn]ait72 p5dant ce temps le peuple cont9ue de ds]t]4 ,sal1 croyant que le succs dp5dait surt\t du sacrifice propitiatoire1 en ordonna les prp>atifs2 et p>ce qu'il vit l'ennemi prt l'attaqu] sans que ,samuel ft arriv1 il se dcida faire lui-mme le sacrifice qui tait l'attribut du prtre4 ,enf9 ,samuel arrive3 ,qu'avez-v\s fait6 dit-il ,sal4 ,ce roi lui explique ses motifs4 ,samuel lui rpond3 ,v\s avez agi comme un ins5s2 v\s n'avez po9t obs]v les ordres que v\s a donns ,dieu2 il avait tabli votre rgne p\r t\j\rs3 ma9t5ant votre rgne ne s'aff]mira po9t2 ,dieu a *]* un homme selon son cur2 il l'a tabli *ef sur son peuple1 et ,samuel s'en alla4 ,une telle conduite1 un *angem5t si brusque1 n'ont pu avoir lieu sans de graves motifs2 il faut ncessairem5t suppos] qu'il s'tait pass entre eux quelque diss5tim5t1 quelque conte/ation grave du g5re que j'ai indiqu1 et cep5dant cela ne suffirait pas encore p\r expliqu] un p>ti si dcid1 p\r ju/ifi] tant d'orgueil et tant d'insol5ce3 j'ap]ois un autre motif3 la suite des actions publiques et prives de ,sal mettra en vid5ce qu'il fut attaqu d'une maladie n]veuse1 dont les symptmes sont ceux de l'pilepsie3 ne s]ait-ce pas que ce g5re de maladie si f*eux en lui-mme1 tant ord9airem5t t5u ca*1 ,samuel n'en eut po9t connaissance qu& il *oisit ,sal1 mais que l'ayant ensuite connu1 il se s5tit pris en dfaut devant l'op9ion publique1 devant ses propres ennemis1 et qu'alors il *]*a l'occasion et le moy5 de se ddire p\r se r$ress]8 ,il n'en e/ pas mo9s vrai qu'ici sa conduite e/ m*ante et blmable en ce qu'elle dtruit la confiance du peuple en son *ef et l'enc\rage le ds]t] p\r ouvrr le pays l'ennemi4 ,ce prtre a cru t\te victoire impossible1 et en immolant son protg va9cu1 il a v\lu se mnag] des capitulations p]sonnelles avec ses ennemis intrieurs et trang]s4 ,le sort trompa ses calculs3 ,sal re/ seul avec six c5ts hommes dt]m9s comme lui1 ne p]d po9t c\rage2 il pr5d po/e devant le camp ennemi en prohibant t\te attaque4 ,quelques j\rs se pass5t3 son fils ,jona?as se drobe son insu 7probablem5t de nuit7 suivi d'un seul cuy]#fj2 il se prs5te un po/e phili/91 situ sur un roc esc>p2 il e/ pris p\r un transfuge hbreu tel qu'il en tait arriv un gr& nombre depuis deux j\rs2 il grimpe avec son cuy]2 ils sont accueillis1 et l'in/ant t\s deux frapp5t avec tant d'audace et de bonheur qu'ils t5d5t morts v+t gu]ri]s sur un demi-arp5t de t]re3 la confusion et la peur se rp&5t dans le camp1 les ,phili/9s se croi5t trahis1 soit les uns p> les autres1 soit p> les transfuges hbreux3 on se bat d'homme homme2 ,sal av]ti p> le bruit1 acc\rt avec son monde1 la dr\te devi5t complte3 emport p> son b\illant c\rage1 ce roi proclame l'imprud5te df5se de ri5 mang] avant d'avoir f9i le j\r tu] et p\rsuivre4 ,son fils1 qui l'ignore1 rafra*it sa soif d'un peu de miel2 le pre veut l'immol] son s]m5t 7comme ,jepht71 mais le peuple s'y oppose et sauve ,jona?as4 ,voil une seconde victoire du n\veau roi2 mais celle-ci arrive contre t\te att5te1 dut dconc]t] ,samuel2 aussi ne le voit-on po9t se montr] sur la scne2 les ,phili/9s va9cus r5trr5t *ez eux4 ,il p>at qu'une trve fut admise1 puisque l'hi/ori5 ne p>le plus de gu]re de ce ct2 il spcifie au contraire que ,sal t\rna ses armes contre d'autres peuples3 qu'il attaqua1 l'un aprs l'autre1 les ,moabites1 les ,ammonites1 les ,idumens1 les rois syri5s de ,sobah 7au ,nord et p> del ,damas71 et que ce ne fut qu'ensuite qu'il rev9t contre les ,phili/9s et les ,amalekites3 p>t\t il fut heureux et va9queur4 ,on s5t que ces div]ses gu]res prir5t plusieurs annes1 et p\r le mo9s1 *acune d'elles une campagne3 aussi1 le n>rateur semble-t-il t]m9] l son hi/oire en dnombrant et nommant les femmes qu'p\sa ,sal1 les enfants qu'il eut de *acune d'elles1 les hommes qu'il tablit comm&ants de sa g>de et gnraux de ses tr\pes4 ,a la manire dont e/ t]m9 ce *apitre1 un lecteur1 habitu au /yle de ces livres1 croirait que l'hi/oire de ,sal e/ rellem5t f9ie1 c> leur =mule ord9aire p\r clore l'hi/oire des autres rois e/ galem5t de rec5s] leurs femmes1 leurs enfants et les p]sonnages m>quants de leur rgne2 et cep5dant le *apitre #ae qui e/ le suivant1 semble comm5c] une autre portion du rgne de ,sal cont5ant spcialem5t les dtails de la conscration et sub/itution de ,david dat] d'une scne de rupture f9ale qui eut lieu entre le roi et ,samuel4 ,ne s]ait-ce pas que le rdacteur f9al prsum ,esdras1 en compilant les mmoires orig9aux crits p> ,samuel1 ,na?an et ,gad selon le tmoignage des ,p>alipomnes1 *apitre #bi1 aurait c\su leurs rcits l'un l'autre sans beauc\p de so9s1 comme ont fait1 en gnral1 les anci5s8 ,n\s v]rons la preuve de cette ide se reproduire dans la prs5tation de ,david ,sal4 ,,xi4 ,de/itution du roi ,sal p> le prtre ,samuel4 ,quoi qu'il en soit1 plusieurs annes1 peut-tre huit ou dix se pass5t p5dant les gu]res de ,sal1 sans qu'il soit "q de ,samuel4 ,sans d\te les succs et la popul>it du roi en imposr5t au prophte4 ,enf91 il rep>at sur la scne2 il a *]* une occasion favorable ses vues3 il vi5t tr\v] ,sal2 il dbute p> lui rappel] qu'il l'a sacr roi3 c'e/ dja lui intim] l'obissance ce qu'il va lui dire1 ne ft-ce que p> un s5tim5t de gratitude3 ,puis voici1 lui dit-il1 ce qu'ordonne auj\rd'hui ,dieu qui m'ordonna autrefois de v\s sacr]4 ,je me suis rappel ce qu'a fait le peuple d',amalek contre mon peuple sa sortie d'gypte4 7,il y avait de cela quatre c5ts ans2 ,amalek s'tait oppos au passage des ,hbreux et en avait tu plusieurs47 ,allez ma9t5ant1 frappez ,amalek2 dtruisez t\t ce qui lui app>ti5t2 n'p>gnez ri51 v\s tu]ez hommes1 femmes1 enfants1 bufs1 agneaux1 *ameaux1 nes4 ,qui ne frissonne un tel rcit8 faire p>l] ,dieu p\r ext]m9] une nation cause d'une qu]elle de quatre c5ts ans de date1 dans laquelle les ,hbreux tai5t agresseurs1 c> ils v\lai5t =c] le passage sur le t]ritoire d',amaleck4 ,mais ici quel e/ le b de ,samuel8 ,il a un desse9 en vue2 il lui faut une occasion p\r l'excut]3 quelque rap9e rc5te des ,b$\9s amalekites aura aigri le peuple juif3 ,samuel y a vu un motif de gu]re populaire1 il le saisit4 ,sal =me une arme2 le texte hbreu y compte dix mille hommes de ,juda1 deux c5t mille pitons1 sans d\te des autres tribus1 le texte grec dit quatre c5t mille hommes de l'un et tr5te mille de l'autre#fa4 ,p\rquoi ces contradictions8 p\rquoi ces absurdits8 c> c'en e/ une que deux c5t mille hommes p\r faire un c\p de ma9 de surprise contre une petite tribu de ,b$\9s4 ,sal "p1 il surpr5d les ,amalekites dans le ds]t2 il tue t\t ce qui lui tombe s\s la ma91 saisit leur roi vivant1 le g>de avec une lite de be/iaux et de but92 revi5t triomphant au ,mont-,c>mel1 desc5d ,galgala1 o e/ un autel1 et se prp>e faire un sacrifice p\r (frir ,dieu1 dit le texte1 ce qu'il y a de meilleur eh son but92 c'e/--dire les dp\illes opimes selon les rites grec et roma94 ,samuel arrive2 or1 n\s dit l'hi/ori51 ,dieu avait p>l ,samuel 7p5dant la nuit7 et lui avait dit3 ,je me rep5s d'avoir fait ,sal roi1 c> il s'e/ dt\rn de moi et n'a pas suivi mes ordres2 et ,samuel1 effray1 avait cri ,dieu t\te la nuit4 ,encore une app>ition1 un colloque1 un rep5tir de ,dieu6 ,p5sez-v\s que nos ngres et nos sauvages puss5t ent5dre de tels contes sans rire8 ,les ,juifs digr5t t\t2 ils ne dem&5t ,samuel aucune preuve2 lui seul p\rtant e/ tmo92 lui seul peut avoir crit de tels dtails2 il e/ ici auteur1 acteur1 juge et p>tie2 re/e savoir qui veut tre juif p\r le croire sur sa p>ole4 ,il arrive1 et s'avance v]s ,sal3 ,quel e/1 lui dit-il1 ce bruit de tr\peaux que j'ent5ds ici8 ,sal rpond3 ,le peuple a p>gn ce qu'il y a de meilleur dans les bi5s d',amalek p\r l'(frir au ,seigneur votre ,dieu2 n\s avons dtruit le re/e4 ,p]mettez1 reprit ,samuel1 que je v\s rcite ce que m'a dit ,dieu cette nuit3 ,p>lez1 dit ,sal4--,qu& v\s tiez petit vos yeux1 dit le ,seigneur1 ne v\s ai-je pas fait roi d',isral1 et ma9t5ant ne v\s ai-je pas envoy contre ,amalek1 en v\s spcifiant de l'ext]m9]8 p\rquoi n'avez-v\s pas rempli mon comm&em5t8 p\rquoi avez-v\s p* et mis des dp\illes "p8--,j'ai obi1 j'ai m>*1 j'ai dtruit ,amalek1 j'amne son roi vivant1 mais le peuple a g>d des dp\illes et des victimes de be/iaux p\r les immol] l'autel de ,dieu ,galgala4 ,samuel rpond3 ,sont-ce des (fr&es et des victimes que ,dieu dem&e1 plutt que l'obissance ses ordres8 ,ici l'on *]*e connatre la bonne av5ture p> la victime1 en inspectant la graisse des beli]s2#fb mais sa*ez que le p* de la div9ation e/ une rvolt1 une *imre1 une idoltrie2 puisque v\s avez rejet l'ordre de ,dieu1 il rejette votre royaut4 ,sal1 faible et sup]/itieux1 s'av\e c\pable1 il supplie l'ambassadeur de ,dieu1 de pri] p\r effac] son p*2 le prtre rep\sse sa prire1 lui rxre sa de/itution et s'c>te de lui p\r p>tir3 ,sal saisit le pan de son manteau p\r le ret5ir3 le prtre implacable fait un ef=t p> lequel le pan se d*ire3 ,dieu1 rpte-t-il1 a d*ir votre royaut sur ,isral1 et l'a livr un autre meilleur2 il l'a a9si dcrt3 e/-il un homme p\r se rep5tir8 ,sal insi/e2 j'ai p*1 ne me d%onorez pas devant mon peuple et devant ses *efs2 rev5ez v]s moi1 je me c\rb]ai devant votre ,dieu#fc2 et ,samuel rev9t1 et ,sal se c\rba devant ,ieh\h2 et ,samuel dit3 ,faites appro*] de moi ,agag1 roi d',amalek2 et ,agag tant v5u1 ,samuel lui dit3 ,comme tu z fait aux enfants de nos mres1 il va tre fait au fils de la ti5ne2 et ,samuel le c\pa en morceaux#fd 7il semble1 avec une ha*e72 et ,samuel s'en ret\rna ,ramatah1 et plus de son vivant ne revit ,sal4 ,quelle scne b>b>e6 elle e/ horrible1 j'en convi5s2 mais j'en connais de plus horribles encore qui de nos j\rs se pass5t s\s nos yeux4 ,supposons que ,samuel et emm5 ,agag ,ramatah1 que l il l'et enf]m dans un ca*ot1 au fond d'une cit]ne2 que *aque j\r il ft v5u avec quelques acolytes lui faire subir des tortures v>ies2 lui grill] les pi$s1 les ma9s1 l't5dre sur un *evalet p\r le disloqu]1 etc41 t\t cela avec des =mules mielleuses1 en lui disant que c'tait p\r son bi52 e/-ce que le sort de la victime n'et pas t mille fois plus affreux8 ,ah6 vive la fran*e cruaut du prtre hbreu comp>e la *>it des prtres et mo9es que consacre ,rome6 ,et des g\v]nem5ts europens s\ffr5t1 autoris5t de telles abom9ations6 ,mais ,samuel se porta-t-il un tel acte sans motif1 sans b mdit8 ,cela ne s]ait pas con=me son c>actre pr(ond et calculateur3 il me semble ici ap]cevoir des motifs plausibles4 ,depuis dix d\ze ans1 ,sal1 p> ses victoires1 ne cessait d'accrotre1 d'aff]mir son crdit royal1 sur l'esprit de t\te la nation3 ,samuel se tr\vait clips2 ce prtre prit une occasion de flatt] la passion v9dicative des ,hbreux contre les ,amalekites4 ,la victoire de ,sal lui f\rnit un moy5 de pr5dre ce roi en faute1 en dsobissance l'ordre de ,dieu donn p> ,mose mme1 qui avait recomm& l'ext]m9ation d',amaleck3 c'tait le mom5t o ,samuel mditait le c\p audacieux de nomm]1 d'o9dre le sub/itut1 le rival de ,sal2 il reg>da comme utile1 comme ncessaire de frapp] les esprits de t]reur p> un c\p prlim9aire plus audacieux1 plus imposant1 qui pt faire cra9dre ,sal mme de voir tomb] sur lui quelque n\vel ana?me cle/e3 ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que ce b de ,samuel p>at avoir t rempli1 puisque ,sal n'osa jamais se port] contre lui p> la suite aucun acte de viol5ce4 ,en considrant l'action de ,samuel s\s un po9t de vue gnral1 politique et moral1 elle prs5te dans son auteur une runion tonnante de cruaut et d'orgueil1 d'audace et d'hypocrisie3 un petit orphel9 p>v5u1 dcrt]1 p\r sa fantaisie1 l'ext]m9ation d'un peuple enti] jusqu'au d]ni] tre vivant6 ,insult]1 avilir un roi c\v]t de lauri]s1 dev5u lgitime p> ses victoires1 p> l'ass5tim5t de la nation reconnaissante de la paix et du respect qu'il lui procure6 ,un prtre tr\bl] t\te cette nation p> un *angem5t de pr9ce1 p> l'intrusion d'un n\vel lu de son *oix unique1 p> le s*isme qui en doit rsult]1 et qui en effet en rsulta1 au po9t que l'on peut dire que l s'e/ tr\v le premi] g]me de cette division politique des ,hbreux qui1 comprime s\s ,david et s\s ,salomon1 clata s\s l'imprud5t ,roboam et prp>a la p]te de la nation en la d*irant en deux petits royaumes1 celui d',isral et celui de ,juda4 ,et voil les fruits de ce p\voir div9 ou visionnaire1 imprudemm5t cons5ti p> un peuple abruti de sup]/ition1 p> un roi1 d'ailleurs digne d'e/ime1 mais faible d'esprit1 au pr(it d'un impo/eur qui ose se dire l'envoy de ,dieu1 le reprs5tant de ,dieu1 enf9 ,dieu lui-mme2 7c> telle e/ la transition d'ides qui ne manque jamais d'arriv] qu& on tolre la premire47 ,le naf hi/ori5 a*ve1 sans le savoir1 de n\s trac] le portrait du c>actre de ,samuel1 en n\s disant3 ,samuel ne revit plus ,sal2 mais il pleura son malheur de ce que ,dieu l'avait rejet3 ,et quelque temps aprs1 ,dieu app>ut au sa9t prophte1 et lui dit3 ,p\rquoi cont9ues-tu de pleur] sur ,sal8 ,cesse de t'afflig]2 il faut en sacr] un autre4 ,a9si ,samuel1 p> ses cris nocturnes1 se donnait la rputation de pleur] sur le roi qu'il assass9ait2 l',espagne et l',italie1 dans la sci5ce de leurs sa9ts (fices1 ont-elles produit quelque inquisiteur plus t5dre ou plus sclrat8 ,,xii4 ,samul1 de sa seule autorit1 et sans aucune p>ticipation du peuple1 o9t le b]g] ,david et le sacre roi en exclusion de ,sal4 ,p> rflexion1 ,samuel rpondit son ,dieu3 ,si ,sal connat que j'ai sacr un autre1 il me f]a m\rir4 ,alors le ,dieu ,jeh[h lui explique comm5t il faut fe9dre un sacrifice *ez le nomm ,isa1 au village de ,betlhem1 et comm5t1 sur les huit enfants mles de cet homme1 il lui f]a connatre celui qu'il a *oisi p\r n\veau roi4 ,samuel donc remplit d'huile une petite corne#fe1 et il se r5dit au village de ,betlhem3 les vieill>ds surpris et inquiets sortir5t au-devant de lui et lui dir5t3 ,la paix avec v\s#ff2 et il rpondit3 la paix 7%elom74 ,je suis v5u immol]2 sanctifiez-v\s1 v\s vi5drez avec moi mang] la victime2 et il sanctifia ,isa et ses enfants1 et les appela au repas de la victime2 et mesure qu'ils entrr5t1 voyant ,elib l'an1 un bel homme1 il se dit3 ,voil srem5t l'o9t de ,dieu2 mais ,dieu lui dit 7t\t bas73 ,non1 ce n'e/ pas lui4 ,l'homme juge p> l'il1 je juge p> le cur4 ,samuel fit a9si pass] les sept fils d',isa et lui dit3 ,dieu ne fait pas de *oix2 e/-ce que tu n'z pas d'autres enfants8 ,isa rpondit3 ,il y a encore le plus jeune qui veille aux tr\peaux4 ,fais-le v5ir1 dit ,samuel1 c> n\s ne n\s assirons pas table sans lui3 on alla donc le *]*]2 c'tait un jeune homme r\x1 d'une bonne et belle physionomie2 et ,dieu dit ,samuel3 ,o9s-le1 c'e/ lui2 et ,samuel prit la corne d'huile et l'oignit ct de ses frres2 et de ce mom5t l'esprit de ,dieu prospra sur ,david2 et ,samuel ret\rna ,ramah 7*ez lui74 ,l'esprit de ,dieu se retira de ,sal et un esprit m*ant envoy p> ,dieu agita ce roi1 et ses s]viteurs lui proposr5t de lui am5] un homme sa*ant j\] de la lyre3 il accepta1 et l'un d'eux aj\ta3 ,j'ai vu un fils d',isa de ,betlhem qui en sait j\]2 c'e/ un jeune homme =t1 un homme de gu]re1 prud5t en ses disc\rs1 d'une belle m9e2 ,dieu e/ avec lui3 et ,sal envoya v]s ,isa dem&] ,david1 et ,isa prit des pa9s1 une outre de v9 et un jeune *evreau qu'il mit sur un ne1 et il envoya ,david 7avec ce prs5t7 ,sal4 ,sal l'ayant vu1 le prit en affection et lui donna l'emploi de port] ses armes2 et lorsque l'esprit de ,dieu saisissait ,sal1 ,david pr5ait sa lyre et ,sal respirait1 se tr\vait mieux1 et le m*ant esprit se retirait de lui4 ,ce rcit ne laisse pas de suscit] plusieurs difficults rs\dre4 ,d'abord je ne concilie pas cette prs5tation de ,david ,sal avec celle du *ap4 #ag1 qui1 l'occasion du combat de ,golia?1 po/rieur ceci1 n\s dit que lorsque le b]g] ,david s'(frit p\r combattre le gant1 et qu'il fut ce titre prs5t ,sal1 ce pr9ce lui fit dem&] qui il tait1 de qui il tait fils3 il ne le connaissait donc pas1 il ne l'avait donc pas encore vu2 la premire v]sion e/ donc fausse#fg4 ,p\r expliqu] cette contradiction1 je ne vois que le moy5 dont j'ai dja p>l1 savoir3 d'admettre que primitivem5t il y a eu deux ou trois mmoires d'auteurs contempora9s2 que ces auteurs ont rapport c]ta9s faits d'une manire diffr5te2 et que le compilateur f9al1 emb>rass de faire un *oix1 a consu ces div]s rcits la suite l'un de l'autre1 soit p> nglig5ce et dfaut de critique1 soit p>ce qu'il n'a os faire un *oix entre des autorits qui lui en imposai5t galem5t4 ,cette solution convi5drait beauc\p d'autres quiproquo4 ,en second lieu1 comm5t ,samuel1 qui a sembl cra9dre la v5geance du roi1 s'e/-il dt]m9 l'enc\rir1 la brav]8 ,il e/ clair qu'un homme de sa trempe ne s'e/ po9t av5tur sans avoir connu son t]ra91 sans avoir prp> ses voies1 ses issues3 voyez comm5t d'abord il a rempli son vois9age du bruit de ses pleurs nocturnes1 de ses cris ,dieu sur le malheur de ,sal1 sur la disgrace cle/e de son pupille *ri4 ,cette rumeur n'a pu manqu] d'arriv] aux oreilles de ,sal1 vivant paisible quelques lieues de l1 dans sa mtairie de ,gebaa3 il a appris que ,dieu p]scute le prophte p\r lui faire o9dre son successeur2 il connat le c>actre implacable de ce ,dieu1 qui ne veut jamais en va91 et qui peut-tre m5ace ,samuel de le tu]4 ,le sa9t homme1 entre deux dang]s1 se tr\ve dans un gr& emb>ras2 cep5dant il calcule que si ,sal e/ viol5t1 il e/ gnreux et bon1 que surt\t il e/ trs-religieux1 c'e/--dire trs-p]suad de la mission div9e de lui1 ,samuel2 trs-p]suad que si le ,dieu ,jeh[h a rsolu sa de/itution1 ri5 ne p\rra l'emp*]4 ,les dev9s ont beauc\p de ress\rces2 un homme comme ,samuel a d avoir quelque dv\ secret dans la maison et aut\r de ,sal#fh2 il aura connu ses dispositions2 il aura su que n'osant frapp] le reprs5tant de ,dieu1 le roi adresse plutt ses m5aces son futur rival4 ,dans cette position1 ,samuel aura calcul que1 le cas arrivant1 ses devoirs s]ont remplis2 qu'il s]a encore temps p\r lui de se retir]1 en disant que ,dieu a eu ses raisons p\r lev] et abaiss] qui lui a plu1 et que lui n'a plus qu' se taire4 ,il faut encore rem>qu] que depuis le sacrifice de ,maspha et la scne de rupture1 il s'e/ c\l un laps de temps suffisant t\s ces prlim9aires4 ,a9si la dm>*e de ,samuel1 en sacrant ,david1 n'e/ pas aussi imprud5te qu'on le croirait d'abord4 ,nanmo9s on a droit de p5s] qu'elle a d se faire sans sc&ale2 qu'elle a d exig] le secret3 et comm5t a-t-il pu tre g>d ce secret1 si l'onction a eu beauc\p de tmo9s8 ,l'objection e/ ju/e1 mais le texte n'e/ pas prcis sur ce po9t3 il dit bi5 que les vieill>ds fur5t invits au repas2 mais il ne fait aucune m5tion d'eux l'onction2 il n'e/ p>l que des frres2 et notez bi5 qu'il n'e/ pas dit en prs5ce des frres1 selon l'expression ord9aire et propre2 il e/ dit3 ct1 au vois9age de ses frres 7be k>b74 ,ce mot oblique e/ rem>quable3 ne s]ait-ce pas que l'onction n'a rellem5t eu p\r tmo9 qu',isa 7celle de ,sal n'en avait eu aucun1 ,samuel avait c>t le valet72 et qu'ici le n>rateur 7qui doit tre ,samuel mme71 n'osant insr] le mot en prs5ce1 a mis l'quivoque ct1 au vois9age8 ,mais supposons que les sept frres fuss5t prs5ts1 ils ont encore pu1 malgr leur jal\sie1 g>d] le secret2 d'abord1 p>ce que la dissimulation1 la discrtion en *oses dome/iques1 sont un trait fondam5tal des murs arabes2 ensuite1 p>ce qu'il y a eu intrt de cra9te p\r t\s3 c> le roi1 selon un usage asiatique que n\s retr\vons en t\t temps1 p\vait pr5dre le p>ti d'ext]m9] t\te la famille 7trs peu de temps aprs1 le cas arriva celle du gr&-prtre ,a*imelek1 que ,sal fit massacr] t\t entire1 p> cela seul que le *ef avait donn du pa9 ,david74 ,en rsultat1 il faut bi5 croire que le secret a t g>d1 puisque1 soit dans l'un1 soit dans l'autre rcit de prs5tation1 l'on ne voit ,sal comm5c] ses p]scutions qu'un c]ta9 temps aprs l'onction4 ,mais quelle raison ,samuel a-t-il pu avoir de faire le *oix1 si s+uli] en app>5ce1 d'un simple b]g] p\r le conv]tir en roi8 ,sans d\te ceci e/ biz>re dans nos murs mod]nes1 dans notre tat de civilisation1 qui a produit tant de classes d'hommes in/ruits et cultivs au se9 de *aque nation1 en ,europe et en ,amrique2 mais dans les murs asiatiques1 en gnral1 dans les murs arabes mme actuelles1 un tel *oix n'a ri5 d'trange ni de draisonnable3 ne voit-on pas encore t\s les j\rs *ose semblable en ,turkie1 ou des b\lang]s1 des *audronni]s devi5n5t pa*as1 mme vizirs8 ,il faut se rappel] que la nation hbraque n'tait compose que de cultivateurs paysans1 de quelques m>*&s peu ri*es1 peu considrs1 et d'une classe de prtres trs-peu cultivs4 ,la condition du pa/eur1 d'adm9i/rateur de gros et m5u btail1 qui =me une bran*e importante de la ri*esse et de la proprit d'une famille1 cette condition n'tait infrieure aucune autre ge/ion rurale1 et peut-tre exige-t-elle plus de tal5ts et d'habilet que la culture r\t9ire des olivi]s1 des vignes et des bls2 du mo9s laissait-elle bi5 plus de temps p\r la culture des facults intellectuelles4 ,ce so9 de conduire et de g\v]n] des tres anims1 qui ont leur sphre d'intellig5ce1 leurs passions1 leurs volonts1 e/ plus propre qu'on ne croit ex]c] le raisonnem5t d'une tte huma9e1 et le prp>] des fonctions semblables vis--vis d'tres d'un ordre plus lev1 mais d'une nature peu dissemblable4 ,le has>d v\lut ici que d'heureuses facults se tr\vass5t runies dans un simple b]g]2 combi5 n'a-t-il pas exi/ d'autres paysans non mo9s bi5 organiss1 qui il n'a manqu que l'occasion de les dvelopp]1 que les circon/ances d'en faire usage8 ,david1 n sur une frontire ennemie1 celle des ,phili/9s1 fut de bonne heure l'cole des al>mes1 des vexations1 des dang]s de t\t g5re2 il eut lutt] contre des voleurs h>dis1 contre des fil\s subtils1 tels que le pays en n\rrit encore3 il y prit des leons de ce c\rage et de cet esprit rus qu'il montra dans la suite4 ,les combats de lions et d'ours1 dont il se glorifia devant ,sal1 n'ont po9t d tre une *imre en ce temps-l1 puisqu'il e/ pr\v p> div]s passages qu'alors il exi/ait1 jusque sur la frontire du ds]t1 des =ts et des bois qui1 l comme p>t\t ailleurs1 ont disp>u p> l'effet de la population et le ravage des gu]res4 ,un tel jeune homme put tre rem>quable dans t\t le vois9age1 surt\t lorsqu' ces moy5s il joignit un tal5t d'agrm5t1 celui de j\] d'un in/rum5t de musique3 ce gt fut t\j\rs l'apanage des b]g]s1 p> la raison bi5 simple des longs loisirs dont il j\iss5t3 leurs yeux seuls sont occups la surveillance du tr\peau2 t\tes leurs autres facults re/5t libres p\r la mditation et la p5se4 ,nos savants de cab9et donn5t une gr&e et l\rde h>pe ,david1 sans faire att5tion qu'il portait la si5ne aux *amps1 et qu'avec elle il dansa lgrem5t devant l'ar*e3 il e/ clair que ce fut la lyre ou le lu? qu' la mme poque on retr\ve usit ou cit en ,grce4 ,l'age de ,david1 au temps dont n\s p>lons1 ne dut pas tre de mo9s de v+t ans1 quoi qu'en dis5t les traducteurs1 puisque les s]viteurs de ,sal le peign5t comme un jeune homme vig\reux et propre la gu]re4 ,si sa rputation put p>v5ir jusqu'au sj\r du roi1 o l'on avait peu d'intrt y song]1 combi5 n'a-t-elle pas d p>v5ir celui de ,samuel1 qui mettait tant d'intrt tr\v] un sujet capable de remplir ses vues8 ,ce dev91 si rp&u p> ses relations de t\t g5re1 aura ou p>l] d'un tel jeune homme si beau1 si brave1 si prud5t en t\s ses disc\rs2 il l'aura suivi de l'il et de la p5se p5dant un temps suffisant le bi5 connatre1 le bi5 apprci]2 il n'arriva po9t *ez ,isa sans bi5 savoir ce qu'il avait faire2 et qu& lui ou son copi/e n\s conte les p]ptuels colloques voix basse du ,dieu ,jeh[h1 il suppose avoir t\j\rs affaire des lecteurs juifs4 ,,xiii4 ,orig9e de l'onction 7 l'huile ou la graisse7#fi4 ,mais une autre difficult re/e expliqu]4 ,comm5t un acte aussi insignifiant en lui-mme1 aussi trivial que celui de v]s] sur la tte1 de frott] sur le front un peu d'huile ou de graisse1 a-t-il eu l'effet prodigieux non-seulem5t de p]suad] un simple ptre qu'il tait srieusem5t appel tre roi1 mais encore d't5dre cette p]suasion l'imm5se majorit d'une nation1 et jusqu' ,saul lui-mme et son fils ,jona?as1 qui en font la dcl>ation =melle au *ap4 ,,xxiii1 v4 #ag et *ap4 ,,xxiv1 v4 #ba8 ,il faut conv5ir qu'au premi] aspect1 un tel fait semble s+uli]2 mais qu& on l'exam9e dans ses accessoires et ses antcd5ts1 il r$evi5t naturel et simple comme t\s les autres de cette hi/oire1 p>ce qu'il se tr\ve tre l'effet d'une op9ion et d'un prjug qui1 depuis long-temps1 avai5t prp> les esprits4 ,il e/ bi5 vrai qu'avant cette poque aucun *ef laque et militaire n'avait reu la crmonie de l'onction et du frottem5t d'huile2 mais le rite n'en exi/ait pas mo9s1 ds long-temps public1 sol5nel1 ent\r de circon/ances les plus capables d'impos] respect1 puisqu'il tait le rite d'inauguration du gr&-prtre de ,dieu1 l'acte qui avait consacr le premi] gr&-prtre ,a>on p> la ma9 du lgislateur de l'tat1 du fondateur de la religion1 p> la ma9 de ,mose3 c'e/ ce que n\s appr5d le *ap4 ,,xix de l',exode1 avec des dtails dignes d'att5tion4 c\tons le texte3 ,dieu dit ,mose3 ,voici ce que v\s f]ez p\r consacr] ,a>on et ses enfants aux fonctions de prtres4 ,pr5ez un veau et deux beli]s sans ta*es1 du pa9 non lev1 des galettes non f]m5tes1 m\illes d'huile1 faites de f>9e et de from5t2 posez-les sur une corbeille1 prs5tez-les avec le veau et les deux beli]s2 faites appro*] ,a>on et ses enfants la porte de la t5te o e/ l'ar*e2 lavez-les avec de l'eau2 pr5ez les vtem5ts 7appropris71 et vtissez ,a>on d'une tunique1 d'une robe longue 7la *ape71 etc42 posez sur leurs ttes la ti>e 7ou mitre71 et appliquez le diadme de sa9tet sur la mitre2 et v\s pr5drez l'huile d'onction1 v\s la v]s]ez sur la tte d',a>on1 et v\s l'en frott]ez3 v\s f]ez appro*] aussi ses deux fils1 et les vtirez 7sans les o9dre d'huile71 et ils s]ont consacrs tre mes prtres p\r t\j\rs4 ,on voit ici t\t l'clat et l'app>eil de la crmonie de l'onction faite en face de l'ar*e du ,dieu ,jeh[h1 en prs5ce du peuple d',isral2 et l'on conoit comm5t il fut facile d'en faire pass] le respect religieux sur la tte d'un roi4 ,si c'et t une n\veaut de l'inv5tion de ,samuel1 c]ta9em5t il n'et po9t eu le crdit de lui inocul] ce c>actre2 il y a plus3 si de la "p de ,mose mme1 elle et t une n\veaut1 une *ose inv5te p> lui1 on peut assur] qu'elle n'et po9t produit l'effet qu'il dsirait2 mais ,mose1 lve des prtres gypti5s1 et qui emprunta d'eux1 s9on t\tes1 du mo9s la plup>t de ses ides et de ses crmonies1 ,mose leur emprunta galem5t celle-ci1 qui *ez eux dut t5ir d'une haute antiquit son c>actre sa9t et my/rieux4 ,nanmo9s1 puisque dans cette antiquit quelconque elle eut1 comme t\tes *oses1 un comm5cem5t1 un premi] motif d'orig9e1 quel a pu tre ce motif1 quelle ide a conduit son premi] ou ses premi]s inv5teurs imag9] cette s+ulire pratique8 ,ce motif a d tre un beso91 une *ose utile la socit qui la pratiqua4 ,or1 je tr\ve ce beso91 cette *ose utile dans la nature des *oses de ce temps-l1 dans les murs des nations encore demi-sauvages1 comm5ant d'entr] en socit rgulire4 ,je me figure une peuplade d'gypti5s de la ,haute-gypte1 nus ou presque nus raison du climat1 v\lant imprim] un ou plusieurs d'entre eux un signe p>ticuli] de comm&em5t1 de fonctions quelconques2 comm5t tabliront-ils ce signe8 ,s]a-ce une *>pe1 un bonnet d't(fe ou de plumes1 un petit bton-sceptre1 un b&eau sur le front8 ,t\s ces objets mobiles1 fragiles1 peuv5t s'arra*] p> la viol5ce du premi] v5u1 l'homme n'e/ plus ri52 ils auront rem>qu que c]ta9s liquides1 tels que la graisse et l'huile1 s'atta*ai5t1 se fixai5t la peau d'une manire t5ace1 difficile effac]2 l'eau ne p\vait ri52 la p\ssire r5dait la m>que plus visible2 ils auront tr\v cette m>que propre leur b2 l'effet de la p\ssire commune leur aura donn l'ide d'appliqu] des p\ssires de c\leur2 ils ont eu leur disposition le r\ge du corail1 du m9ium1 du c9abre1 le jaune des ocres1 le v]t de cuivre1 le bleu de c]ta9s coquillages et vgtaux2 la m>que colore qui en e/ rsulte s]a dev5ue *ez les premi]s peuples un signe d'utilit et de beaut1 que n\s retr\vons ensuite t\tes les poques et dans t\s les pays1 *ez la plup>t des peuples mme polics4 ,ce g5re de signe e/ frappant *ez les ,indi5s1 o il porte un c>actre religieux1 puisque les adorateurs des trois dieux se di/+u5t l'un de l'autre p> les c\leurs et la =me de ces m>ques sur le front4 ,il se retr\ve dans t\tes les les de l',ocan indi5 et pacifique2 n\s le voyons *ez nos sauvages d',amrique1 comme *ez leurs frres les ,t>t>es d',asie1 et comme *ez la plup>t des noirs d',afrique4 ,p\r le r5dre plus fixe1 l'art p]fectionn s'e/ avis de faire pntr] la c\leur dans le tissu de la peau en la piquant avec de f9es po9tes d'artes de poisson on d'aiguilles de mtal1 ce qui a con/itu l'art de tat\]1 que les relations des voyageurs mod]nes ont r5du si clbre4 ,a9si1 dans son orig9e et dans son b1 la crmonie d'onction sac]dotale et royale1 laquelle les peuples et les cultes judasans atta*5t une si haute et si my/rieuse importance1 n'a t et n'e/ t\t simplem5t que le tat\age ou le tat\em5t d'un individu1 af9 de le r5dre ineffaablem5t reconnaissable4 ,mais je dois t]m9] l'hi/oire de ,samuel2 et cep5dant je v\drais expliqu] encore p\rquoi il s'e/ ob/9 de/itu] le roi ,sal1 lui donn] un rival1 un successeur qui ne peut tre considr que comme un intrus1 un usurpateur4 ,j'admets un peu p\r premi] motif le ress5tim5t du prtre contre les prt5tions de ,sal s'immisc] aux fonctions de sacrificateur et de dev92 nanmo9s ce motif semble ne pas suffire1 lorsque l'on considre le rep5tir plus qu'expiatoire auquel le roi s'abaisse4 ,il faut qu'il y ait eu une autre cause plus radicale1 et je la tr\ve dans l'infirmit physique de ,sal1 laquelle1 exam9e mdicalem5t1 n'a pu tre que l'pilepsie4 ,le texte hbreu lui-mme autorise cette ide2 c>1 lorsqu'il dit qu'un m*ant esprit agita ou tr\bla ,sal1 le mot baat1 que l'on traduit p> agit et tr\bl1 signifie spcialem5t tr\ble avec effroi1 avec frisson et t]reur1 prcism5t comme il arrive dans les convulsions pileptiques4 ,un tel mal1 jo9t l'ide d'un m*ant esprit qui le cause1 n'a pu que dcrdit] ,sal dans les prjugs de son peuple2 et ce pr9ce a d a*ev] de se p]dre1 tant p> les viol5ts accs de colre auxquels on le voit livr de plus en plus1 que p> la mdiocrit de ses moy5s moraux et politiques4 ,samuel1 qui a fait le *oix erron d'un tel *ef1 ne s'e/ po9t p>donn sa mprise1 et c'e/ p\r la rp>] qu'il a imag9 les prtextes que n\s avons vus3 d'ailleurs1 dans l'excution f9ale de son desse91 il introduit un mnagem5t digne de rem>que2 c> il ne *oisit pas un homme g1 capable d'tre un comptiteur immdiat1 il pr5d un jeune homme de v+t v+t-quatre ans1 qui1 vis--vis de ,sal1 alors g d'environ c9quante-c9q1 laisse ce roi le temps d'a*ev] sa c>rire4 ,depuis l'onction de ,david1 l'on ne voit plus ,samuel qu'une seule fois en scne1 savoir1 lorsque le b]g] sacr1 dev5u g5dre de ,sal1 comm5ce d'tre p]scut p> ce roi1 et qu'il se rfugie ,ramata1 d'o ,samuel l'emmne *]*] un abri commun dans la confrrie des prophtes1 ,ni\t4 ,n\s avons vu ci-devant que ,sal irrit y acc\rut lui-mme3 le cas fut prilleux1 p>ce qu' cette poque il dut tre bi5 in=m de l'onction secrte de ,david2 mais ,samuel1 t\j\rs rus1 aura pr(it de cette entrevue p\r calm] le roi1 et faire avec lui sa paix2 il lui aura remontr qu'il n'avait pu se s\/raire aux ordres du t]rible ,jeh:2 il lui aura dcl> que dsormais c'tait l'affaire de ,dieu de dirig] son n\vel lu1 et que lui p]sonnellem5t ne se ml]ait plus de ri54 ,ce mme raisonnem5t l'aura db>rass de la tutelle de ,david1 qui dev9t de plus en plus dang]euse2 c> peu de temps aprs1 ,david ayant reu asile et sec\rs du gr&-prtre ,a*imelek1 t\te la famille de ce prtre fut massacre sans piti p> l'ordre et en prs5ce de ,sal lui-mme4 ,on a droit de p5s] qu'un homme aussi f9 que ,samuel1 et qui connaissait si bi5 le c>actre de son premi] pupille1 avait depuis du temps apprci le progrs de ses fureurs naturelles et maladives2 et la preuve de la conduite rs]ve du prophte depuis cette entrevue1 e/ qu'on le voit1 deux ans aprs1 m\rir paisible1 laissant dans l'esprit de ,sal une si haute vnration de sa mmoire1 que ce pr9ce1 la veille du combat o il prit1 n'espra de consolation et de sec\rs que de la "p de l'ombre de ,samuel1 qu'il fit voqu] p> la magici5ne de ,an-dor#gj4 ,l'exam5 de cette scne de fantasmagorie s]ait un n\veau morceau curieux et in/ructif des usages du temps2 mais il me mn]ait trop lo94 ,en rsum1 v\s voyez la conduite de ,samuel s'expliqu] dans t\s ses dtails p> des causes naturelles1 puises dans les murs et les prjugs de sa nation2 v\s voyez t\tes ses actions tr\v] leurs motifs palpables dans son c>actre p]sonnel t\j\rs le mme1 t\j\rs calculateur1 a/ucieux1 hypocrite1 ambitieux de p\voir1 et l\voyant trav]s les difficult de sa position avec autant d'art que les circon/ances le comport5t4 ,je v\drais qu'aprs avoir lu mon comm5taire1 v\s relussiez le texte qui me l'a f\rni2 v\s s5tiriez mieux combi5 e/ transp>5t le voile de prodiges et de m]veilles qui l'enveloppe2 v\s v\s conva9criez que ce m]veilleux n'a exi/ que dans le c]veau visionnaire d'un peuple ignorant2 et v\s v\s tonn]iez avec moi de l'enttem5t aveugle qui prt5d s\t5ir encore auj\rd'hui de si sauvages erreurs2 mais le monde1 qui *aque gnration r$evi5t enfant1 e/ t\j\rs g\v]n p> la r\t9e et p> les vieilles habitudes4 ,il faut croire que *acun y tr\ve son compte2 les uns dans les illusions voi5t une m9e exploit]1 et ils l'exploit5t la manire de ,samuel et de sa confrrie2 les autres y tr\v5t un alim5t1 une autorit au beso9 de croire1 qui semble un des attributs de la nature huma9e3 tel e/ le mcanisme de cette nature1 que lorsqu'en notre enfance nos n]fs ont t frapps de c]ta9es impressions1 ont t plis c]ta9es habitudes1 t\te la vie les sons mme et les mots qui s'y sont lis ont le p\voir magique d'excit] et ressuscit] en n\s les mmes m\vem5ts1 les mmes dispositions#ga4 ,on n\s a imprgns au b]ceau des rcits de la ,bible1 on a li les noms de ses p]sonnages c]ta9es op9ions1 c]ta9es ides2 et voil que les jugem5ts qui n\s ont t infuss1 s'incorpor5t avec n\s1 et p]si/5t ma*9alem5t t\te notre vie2 j'ai s\v5t p5s1 et j'en ai fait quelquefois l'expri5ce1 que si l'ge mr on n\s prs5tait ces mmes rcits1 revtus d'autres noms et comme v5ant de la ,*9e et des ,indes1 n\s en port]ions des jugem5ts trs-diffr5ts3 l e/ la solution d'un problme qui s\v5t tonne dans la socit1 et qui consi/e tr\v] en des p]sonnes d'ailleurs bi5 organises1 un jugem5t sa9 et droit sur t\tes les *oses qu'elles ont apprises p> elles-mmes1 mais con/amm5t faux sur ce qu'elles ont appris p> l'ducation du bas ge3 dans le premi] cas1 leur ame ou pr9cipe intellectuel a opr p> lui-mme1 il a t consqu5t en s5sation et en jugem5t2 dans le second cas1 il n'a t qu'une ma*9e rptition1 une horloge discordante1 dont la sonn]ie n'e/ pas d'accord avec le cadran que le soleil g\v]ne4#gb--,mais propos d'horloge1 voil que je crois1 comme dans les ,contes arabes1 ent5dre l'heure m'av]tir de clorre ma veille ou nuit3 heureux si1 ne l'ayant pas tr\ve si amusante que ses mille et une surs1 v\s la jugez du mo9s plus utile en ses rsultats6 ,je suis1 etc4 ,,conclusions ,,de ,l',,diteur4 ,que/ions de droit public sur la crmonie de l'onction royale4 ,notre voyageur a rempli ses fonctions d'hi/ori5 critique2 n\s s]a-t-il p]mis de remplir celles de jurisconsulte scrutant les consqu5ces des faits prs5ts8 ,n\s n'ent5dons pas n\s prvaloir du comm5taire qui vi5t d'tre lu2 n\s acceptons l'tat des *oses tel que le donne l'auteur orig9al1 encore qu'il ne soit po9t fond en titre lgal2 et1 n\s bornant raisonn] sur le seul fait de l'onction confre p> ,samuel1 n\s s\mettons nos lecteurs les que/ions suivantes3 #a ,le ,dieu que les ,juifs peign5t comme endurcissant les hommes1 af9 de les p]dre2 comme leur envoyant de m*ants esprits1 af9 d'g>] leur raison2 comme ext]m9ant t\t un peuple1 et faisant ha*] un roi en pices p\r un fait arriv #djj ans aup>avant2 ce ,dieu peut-il tre considr comme le mme qu'ador5t les *rti5s2 les ,europens du ,x,i,xe sicle de l're appele de grace1 de *>it et de lumires8--7,en d'autres t]mes37 ,les anci5s ,hbreux ou ,juifs se sont-ils fait de la ,div9it les mmes ides que s'en font les ,europens actuels8 #b ,peut-on reg>d] les op9ions des anci5s peuples1 sur n'importe quel sujet1 comme obligatoires p\r les peuples mod]nes8 ,et1 si dans le droit public un p>ticuli] ne peut en li] un autre ni dans ses actions ni dans ses p5ses1 peut-on admettre qu'une gnration qui n'tait pas ne1 ait t lie d'esprit et de s5sations p> le fait d'une gnration passe et dont la langue mme lui e/ une nigme8 #c ,si dans aucun pays1 si dans aucun code de ju/ice1 le fait le plus simple n'e/ admis comme vrai ou comme app>5t1 mo9s de deux tmo9s1 peut-on admettre des faits incroyables1 sans aucun tmo9 autre que leur acteur et n>rateur ncessairem5t p>tial8 #d ,si dans aucun pays1 si dans aucun code de ju/ice1 il n'e/ p]mis un individu de se con/itu]1 p\r le mo9dre acte civil1 le reprs5tant d'une autre p]sonne1 sans exhib] un titre positif d'autorisation de cette p]sonne1 peut-on admettre1 sans la plus /ricte enqute1 la prt5tion du premi] v5u qui se dit et se con/itue reprs5tant de ,dieu1 porteur de sa p>ole8 #e ,peut-on espr] aucune paix p>mi les hommes1 aucune pratique de ju/ice dans les socits1 tant qu'il s]a p]mis des individus quelconques de s'arrog] eux-mmes1 de se confr]1 de se g>antir les uns aux autres la facult de reprs5t] ,dieu1 de lui donn] des volonts1 de lui int]prt] des int5tions8--,t\te action de ce g5re n'e/-elle pas l'affectation du p\voir absolu1 le premi] pas au despotisme et la tyrannie8 #f ,t\te corporation fonde sur ce pr9cipe de reprs5tation ou d'autorisation div9e1 n'e/-elle pas une conjuration p]man5te contre les droits naturels de t\s les hommes1 contre l'galit et la lib]t des citoy5s1 contre l'autorit des g\v]nem5ts8 #g ,si1 *ez les ,juifs1 l'tablissem5t d'une royaut et d'un roi fut1 comme le dit l'hi/ori51 une *ose contraire la volont de ,dieu1 ne s'ensuit-il pas directem5t qu'au lieu d'tre de droit div91 la royaut n'e/ qu'une inv5tion de l'homme1 une rbellion du peuple contre ,dieu1 et que le seul g\v]nem5t sa9t et sacr e/ le g\v]nem5t de ,dieu p> les prtres1 c'e/--dire1 des prtres au nom de ,dieu8 #h ,si ,dieu1 qui p> sa t\te-puissance p\vait d'un s\ffle ext]m9] le petit peuple hbreu ou *ang] leurs curs p> l'envoi d'un bon esprit2 si ,dieu a prfr de se laiss] =c] la ma9 et de condesc5dre leurs volonts1 n'a-t-on pas droit d'en conclure que la ,div9it mme compte p\r quelque *ose la volont du peuple1 et qu'aucun p\voir n'a le droit de la mpris]8 #i ,en admettant que ,samuel n'ait pas t un usurpateur p> f\rb]ie2 en admettant que l'in/allation de ,sal p> lui soit dev5ue lgale raison de l'ass5tim5t du peuple1 ne s'ensuit-il pas que le *oix cl&e/9 de ,david1 fait sans aucune autorisation ni notion de ce mme peuple1 a t un acte illgal1 contraire t\t droit public1 et que le rgne de t\te la dyna/ie davidique e/ p> cela mme enta* d'usurpation8 #aj ,si dans le sy/me des ,juifs1 l'onction confre ,david p> ,samuel eut un c>actre indlbile titre de div91 p\rquoi1 aprs la mort de ce prtre et celle de ,sal1 le fils d',isa1 qui fut un gr& prophte ?ologi51 tr\va-t-il ncessaire d'assembl] les anci5s 7s5iores et s5atores7 d'abord de ,juda1 puis de t\t ,isral1 p\r se faire o9dre publiquem5t et sol5nellem5t p> eux#gc8 #aa ,si1 comme il rsulte des docum5ts hi/oriques1 le sacre des rois de ,france a t in/itu l'imitation de celui des rois juifs1 n'e/-il pas de /ricte obligation d'y obs]v] scrupuleusem5t les rites anci5s et les usages de nos pres8 ,alors1 puisque l'onction de ,sal et de ,david p> ,samuel fut faite en secret et nullem5t en prs5ce du peuple1 quel droit le gr&-aumni]1 ou t\t prtre *rti51 a-t-il de la r5dre publique8 #ab ,si *ez les ,juifs le sacre p> l'onction fut le transport du c>actre sac]dotal sur la tte du roi1 *ez les ,franais un roi qui se fait sacr] ent5d-il p>ticip] la prtrise8 #ac ,si un roi de ,france reconnat un prtre quelconque le droit de le sacr] auj\rd'hui1 n'e/-ce pas lui reconnatre aussi le droit d'en sacr] un autre dema91 l'imitation du prophte ,samuel8 #ad ,de quel droit un individu quelconque peut-il sacr] un roi de ,france8 ,ce droit vi5t-il de l'vque de ,rome8 ,le roi de ,france e/ donc le vassal d'un pr9ce trang]4 ,ce droit e/-il octroy au prtre p> le roi lui-mme8 ,le roi se donne donc des droits4 ,o les puise-t-il8 ,e/-ce dans la loi8 ,p> qui a-t-elle t faite8 ,e/-ce p> lui8 e/-ce p> le peuple8 ,la loi e/-elle un cons5tem5t mutuel de ces deux p\voirs8 ,n'e/-elle que la =ce militaire8--,pr5ez-y g>de2 hors la ,*>te1 t\t e/ remis en "q2 t\t r$evi5t prcaire et dang]4 #ae ,si un sacre e/ une affaire d'tat1 p\rquoi cette affaire e/-elle de pur arbitre8 ,si c'e/ une crmonie d'amusem5t1 p\rquoi la faire pay] au peuple plus qu'une p>tie de *asse8 ,si c'e/ une crmonie de pit1 p\rquoi en faire plus de bruit que de lav] les pi$s des pauvres et de t\*] les cr\elles8--,qu& t\te la morale de l'vangile n'e/ qu'humilit et simplicit1 p\rquoi sa pratique n'e/-elle que fa/e et dissipation8 ,un digne et curieux app5dice cette hi/oire du prtre ,samuel1 s]ait celle de son pupille le b]g] ,david dev5u roi4 ,il y a quelques annes qu'un essai de ce g5re fut publi ,londres s\s le titre de ,hi/ory ( man accord+ to ,god's own he>t1 ,hi/oire de l'homme selon le cur de ,dieu4 ,l'auteur a bi5 saisi le c>actre de cet homme1 et il ne faut que savoir lire sans prjug le livre juif p\r le bi5 connatre p> le rcit de ses actions2 mais cet auteur anonyme n'a pas su1 comme le ntre ici1 analys] et faire ressortir les motifs qui ont dirig ,david dans la plup>t de ses actions2 c'e/ l le plus piquant intrt de la *ose3 l'on y v]rait l'un des plus russ1 des plus subtils ma*iavli/es de l'antiquit3 l'on y v]rait que l'anci5ne ,asie a connu et pratique l'art raff9 de la tyrannie1 long-temps avant que la p]v]se ,italie mod]ne en et rdig les prceptes4 ,en fait de tal5ts militaires1 en a/uce politique1 il y a une ressemblance frappante entre l',hbreu ,david et le ,c>?ag9ois ,annibal1 qui t\s deux p>lr5t la mme langue1 fur5t levs dans les mmes usages nationaux1 et dans les mmes pr9cipes de morale4 ,p>mi les mod]nes1 la meilleure copie du roi hbreu e/ le premi] roi *rti5 des ,francs1 ,clovis1 tel que vi5t de le pe9dre un pote dans une tragdie qui e/ un portrait hi/orique4 ,un autre tableau s]ait celui du fils adultr9 de ,david1 ce ,salomon de si clbre sagesse4 ,il e/ rem>qu] que t\t ce que des voyageurs dignes de foi n\s ont fait connatre depuis quelque temps de l'adm9i/ration du pa*a d'gypte ,mehem$-,ali1 se rapporte trait p\r trait ce que l'on n\s raconte de celle de ,salomon4 ,comme ce roi1 le pa*a turc a conc5tr en lui seul le comm]ce intrieur et extrieur de t\t son peuple2 lui seul a*te et v5d les bls1 les riz1 les sucres1 t\tes les d5res que produit l'gypte2 lui seul reoit de l'trang] les cafs1 les draps1 les m>*&ises de t\t g5re1 qu'il rev5d son peuple4 ,il a1 comme ,salomon1 un h>em de plusieurs c5ta9es de femmes1 des curies de plusieurs milli]s de *evaux2 de manire que1 t\t bi5 comp>1 le pa*a ,mehem$-,ali e/ un ,salomon1 ou ,salomon fut un pa*a ,mehem$-,ali4 ,nos voyageurs aj\t5t que depuis long-temps le peuple d'gypte n'avait t plus malheureux1 vex1 pressur avec plus d'habilet et de p]v]sit4 ,les hi/ori5s juifs ne n\s ca*5t pas qu'aprs la mort de ,salomon1 le peuple se tr\va si mcont5t1 si irrit1 que1 ne p\vant obt5ir de son fils les s\lagem5ts dem&s1 il clata en rvolte et rejeta sa dyna/ie p\r pr5dre des rois plus modrs4 ,la sagesse de ,salomon porte en hbreu le mme nom que celle dont le ,ph>aon d'gypte dcl>a v\loir se s]vir p\r mieux accabl] les ,hbreux3 ,opprimons-les1 dit-il1 avec sagesse1 ,be ,hekmah4 ,nos docteurs draisonn5t sur ce mot2 le fait e/ que son vrai s5s e/ habilet1 emploi adroit et rus de la puissance4 ,mais ,salomon btit un magnifique temple o fur5t logs et ri*em5t dots de nombreux prtres2 et ces prtres ont t ses hi/ori5s4 ,n'e/-ce pas a9si qu'a t crite p> des mo9es l'hi/oire des rois francs de la premire et mme de la seconde race8 ,,notes4 ,n ,i]4 ,page #afi4--,un homme de ,dieu 7,elahim71 au nom de ,jehovah ou ,jeh:4 ,le mot ,jehovah n'e/ connu d'aucun indigne arabe1 d'aucun ,juif purem5t asiatique2 son orig9e mme *ez les ,europens qui le consacr5t1 n'e/ ni claire ni au!ntique3 lorsque l'on prs5te aux ,arabes1 transcrites en leur alphabet1 les quatre lettres hbraques qui le compos5t1 ils lis5t ah\ah ou h:2 ils ne peuv5t mme prononc] l'anglaise ou la franaise le mot ,jehovah1 p>ce qu'en leur langue ils n'ont ni j ni v4 ,le clbre auteur de la ,polyglotte anglaise1 le docteur ,rob]t ,walton1 l'un des plus savants et des plus s5ss bibli/es qui ai5t crit sur ces matires1 blme expressm5t la prononciation jehova comme in\e aux anci5s 7,prolegom41 pag4 #di74 ,il obs]ve que les diteurs des bibles ont eu l'audace de falsifi] cet g>d les manuscrits mmes2 p> exemple1 l'occasion du psaume #h1 lorsque ,jrme obs]ve qu'il faut lire le nom de ,dieu de telle manire1 les diteurs ont mis qu'il faut lire ,jehova1 t&is que le manuscrit compuls p> ,frob5ius1 porte ,juo4 ,le premi] auteur1 aj\te ,walton1 qui ait lu ,jehova1 fut ,pi]re ,galat91 en #aebj1 dans son trait de ,arcanis ca?olic v]itatis1 tome #a;er1 liv4 #b4 ,n\s avons vrifi cette citation sur l'orig9al1 qui dit seulem5t que1 selon les docteurs juifs1 il faut lire les quatre lettres p> quatre syllabes ah-h-ve-hu 7et cela p> des raisons cabali/iques qui n\s sont la preuve de leur ignorance en t\t g5re1 etc47 ,il p>at que ce sont les ?ologi5s allem&s qui1 les premi]s s'tant faits disciples des rabb9s1 ont donn involontairem5t lieu cette lecture2 n\s disons involontairem5t1 p>ce que *ez eux1 le gr& j ne vaut que notre petit i commun1 et leur u ne vaut que le franais ou1 de manire qu'en crivant jehuah1 ils prononc5t eh\ah1 et non ,jehovah2 mais les ,franais et les ,anglais lisant leur manire cette criture1 ont introduit l'usage de ,jehovah1 auquel leur imag9ation a ensuite atta* des ides my/rieuses et emphatiques qui rappell5t celles des anci5s ,juifs1 *ez lesquels la prononciation des quatre lettres h: tait c5se voqu] les esprits et tr\bl] t\te la nature2 p> suite de cette folle ide1 il tait df5du de jamais prononc] ce nom3 aussi les premi]s *rti5s grecs et lat9s1 tels qu',origne1 ,aquila1 ,jrme1 l'ont-ils t\j\rs traduit p> les noms de ,kyrios et ,adona2 c'e/--dire matre ou seigneur4 ,ce n'e/ que dans des cas p>ticuli]s1 que quelques anci5s *rti5s se sont p]mis d'entr] en explication cet g>d3 ce qu'ils en dis5t1 s'accorde p>faitem5t avec la lecture actuelle des ,arabes et des ,juifs d',asie2 p> exemple3 ,irne1 l'un des premi]s criva9s dits ecclsia/iques1 obs]ve 7liv4 #b1 contre les hrtiques1 *ap4 d]ni]7 que les ,grecs criv5t a1 ce qui se dit en hbreu ao?4 7,le t seul e/ de trop47 ,?odoret1 "q #ae sur l',exode1 dit3 ,le nom prononc a p> les ,juifs1 se prononce ab p> les ,sam>ita9s 7ici b e/ p\r v1 iav74 ,diodore de ,sicile1 liv4 #b1 avait dja rsolu la difficult1 en disant que ,mose avait fe9t 7comme ,lycurgue7 de recevoir ses lois du ,dieu aw4 ,avant ,diodore1 ,/rabon avait dit la mme *ose d'une manire encore plus explicative en ce passage digne d'tre cit3 ,mose1 l'un des prtres gypti5s1 enseigna que cela seul tait la ,div9it1 qui compose le ciel1 la t]re1 t\s les tres1 enf9 ce que n\s appelons le monde2 l'univ]salit des *oses1 la nature4 7,voy4 ,gograph4 lib4 ,,xvi1 pag4 #aajd1 dit4 de #agjg47 ,le grec ,philon1 traducteur du ,phnici5 ,san*onia?on1 se jo9t t\tes ces autorits1 qu& il dit que le dieu des ,hbreux s'appelait eu1 a9si que n\s l'appr5d ,eusbe en sa ,prp>ation vanglique4 ,il e/ donc c]ta9 que jamais les ,hbreux n'ont connu ce prt5du nom1 si emphatiquem5t dclam ,jehovah p> nos potes et nos ?ologi5s1 et ils ont d le prononc] comme les ,arabes actuels1 eh\h1 signifiant l'tre1 l'ess5ce1 l'exi/5ce1 la nature des *oses1 a9si que l'a trs-bi5 dit ,/rabon1 qui en cette affaire n'a d tre que l'int]prte des savants syri5s de son temps1 puisque trs-probablem5t il n'a po9t su ces langues4 ,si de ce mot h\h l'on te les deux h1 selon le gnie de la langue grecque1 il re/e ou1 base de ,jupit]1 ou u-pat] 7ou gnrateur1 l'ess5ce de la vie71 qui p>at avoir t connu trs-anci5nem5t des ,lat9s1 enfants des ,pelasgues4 ,cette bran*e de ?ologie e/ plus pr(onde et bi5 mo9s juive qu'on ne le p5se3 elle p>at v5ir des gypti5s ou des ,*aldens1 qui1 s\s le nom de ,b>b>es1 sont p\rtant reconnus p> les ,grecs p\r les auteurs de t\te sci5ce a/ronomique et physique1 base primitive et directe de la ?ologie444 ,p\r puis] ce sujet1 aj\tons que *ez les premi]s *rti5s1 la secte des gno/iques ou savants en traditions1 avait recueilli celle qui donnait le nom de a au premi] et au plus gr& des trois c5t soixante-c9q dieux qui g\v]nai5t le monde2 ce plus gr& rsidait dans le premi] et le plus gr& de t\s les cieux 7voy4 ,epiph4 contr4 hr4 c4 #bf72 or1 selon ,ari/ote1 ce premi] ciel e/ le sige et pr9cipe de t\t m\vem5t1 de t\te exi/5ce1 de t\te vie1 le vrai eh\h de ,mose4 ,quant au nom d',elahim ou ,elom1 traduit ,dieu1 au s+uli]1 il e/ inconte/able qu'en hbreu1 il e/ pluriel et signifie les ,dieux4 ,cette pluralit fut la doctr9e premire2 mais depuis que ,mose eut con/itu *ez eux le dogme de l'unit1 le nom d',elahim1 les ,dieux1 ne g\v]na plus que le s+uli]4 ,la div]sit d'emploi dans ces deux noms ,elahim et eh\h1 e/ digne d'att5tion en nombre d'endroits4 ,n ,,ii4 ,page #aga4--,p>le1 ,jeh:1 ton s]viteur c\te4 ,dans l'hbreu comme dans t\s les idiomes anci5s et dans l'arabe actuel1 le tutoiem5t e/ t\j\rs usit env]s la seconde p]sonne s+ulire1 jamais le pluriel v\s3 cette d]nire =mule e/ une inv5tion de notre ,europe1 dont l'orig9e ne s]ait pas indigne de re*]*es2 le tu et toi porte un c>actre d'galit entre les p]sonnes1 qui semble app>t5ir spcialem5t un tat de socit sauvage1 dans lequel *aque individu se s5t isol1 et considre comme tel son semblable2 le v\s1 au contraire1 semble indiqu] un tat de socit civilis et compliqu dans lequel *aque individu se s5t s\t5u d'une famille ou d'une faction dont il fait p>tie3 le sauvage dit moi t\t seul1 et toi de mme2 l'homme civilis dit3 moi et les mi5s1 n\s3 toi et les ti5s1 v\s3 l'homme en p\voir1 a d comm5c] ce rgime3 moi et mes g5s1 n\s v\lons1 n\s ordonnons3 en agissant contre l'homme faible1 isol1 il lui a dit1 toi qui es seul4 ,le v\s e/ dev5u un signe de puissance1 de supriorit1 un t]me de respect444 ,le toi e/ re/ un t]me d'galit non rvr5cieuse3 voil sans d\te p\rquoi le traducteur franais ca?olique l'a banni comme un indice de murs grossires2 mais p>ce que cette grossiret e/ un trait ess5tiel du tableau1 c'e/ commettre un faux matriel que de le dissimul]4--,il en e/ de mme de plusieurs expressions ordurires et obscnes que dissimul5t t\tes les traductions4 ,on a honte de la grossiret des mots et des murs2 et l'on n'a pas honte de la grossire absurdit des ides et des op9ions que l'on n\s fait digr]6 ,voil ce peuple *ri que l'on veut avoir t lu1 p\r attir] sur soi son manteau6 ,n ,,iii4 ,page #ahg4--,les dev9s consults p> les ri*es comme p> les pauvres1 etc4 ,a l'appui de notre voyageur1 et au sujet des ruses des dev9s et de la crdulit du peuple1 mme galonn1 n\s v\lons consign] ici une anecdote dont n\s g>antissons la vrit4 ,en #agha1 l'diteur du prs5t ouvrage rsidant ,p>is1 eut occasion de connatre un p>ticuli] qui avait ex]c et qui ex]ait encore quelquefois la pr(ession de dev92 le has>d de quelques intrts rciproques am5a entre eux assez d'intimit p\r que ce p>ticuli] s'ouvrt sur les my/res de son art1 en y mettant seulem5t la condition de n'tre jamais compromis3 cette condition a t fidlem5t remplie1 et auj\rd'hui mme p\r ne po9t l'enfre9dre1 n\s taisons les noms en citant les faits que voici4 ,v]s #agfe1 ,m9999991 employ dans les bureaux de police de ,m4 de ,s>t9es1 se tr\va r=m et p> suite assez emb>rass comm5t vivre3 t&is qu'il tait la police1 il avait d suivre entre autres affaires une sorte de procs que des plaignants1 escroqus1 avai5t int5t une femme tireuse de c>tes4 ,les int]rogatoires lui avai5t procur des dtails in/ructifs et curieux sur c]ta9s pr9cipes gnraux tablis comme bases de l'art3 il avait tr\v qu'au total1 cet art tait un calcul de probabilit qui1 mani avec adresse1 dev5ait susceptible d'applications heureuses2 l'ide lui v9t d'en faire une tude rgulire1 et d'en tir] le meilleur p>ti possible p\r sa situation2 il comm5a p> divis] et class] la matire exploitable1 c'e/--dire la crdulit publique1 #a en ses deux sexes1 hommes et femmes2 #b en ses quatre ges1 savoir1 enfance1 pub]t1 ge mr et vieillesse2 #c en m>is et non m>is1 en matres et en s]viteurs2 #d en cl]cs et laques1 nobles et roturi]s1 g5s de mti] et ri*es1 etc42 ensuite ayant tabli les accid5ts gnraux qui sont communs t\tes les classes1 il di/ribua les accid5ts spciaux plus habituels *acune1 et f9alem5t les accid5ts plus r>es et plus individuels4 ,de ce travail1 rsulta une masse d'environ quatre mille articles des accid5ts de la vie huma9e qui se r5contr5t le plus ord9airem5t4 ,t&is que ,m999999 excutait ce travail de cab9et et de ?orie1 il se livrait un autre de pratique non mo9s important2 il employait t\s ses loisirs c\rir le monde et les runions publiques p\r connatre de figure et de nom les p]sonnes m>quantes1 et p\r appr5dre t\t ce qui conc]nait les affaires de famille et celles d'tat2 il frqu5tait surt\t les aub]ges o mangeai5t les valets des gr&es maisons1 et celles o se runissai5t les m5diants4 ,il pr5ait div]s dguisem5ts1 mme de femme2 la nature l'avait favoris d'une figure propre j\] t\s les rles3 s\s un visage bn9 et presque niais1 il ca*ait un esprit vraim5t subtil1 ple9 de sagacit et de pntration4 ,lorsqu'il se vit =t de matriaux et de moy5s1 il s'tablit dans le qu>ti] de la ,place des ,victoires1 o il fut bi5tt consult p> les filles qui lui fir5t connatre les entret5ues1 qui1 elles-mmes1 lui adressr5t leurs amants de haut rang1 etc41 de manire qu'en quelques annes il acquit une somme assez considrable p\r assur] son indp5dance2 ses succs fur5t tels1 que p>mi ses cli5s il compta des p]sonnes de haut rang1 des g5s de c\r et de b>reau1 des ecclsia/iques1 et mme deux prlats qu'il reconnut trs-bi53 la plus curieuse de t\tes ces hi/oires1 fut celle de ,m4 le duc d',o9999994 ,en #aggi1 v]s les onze heures du soir1 notre dev9 ent5d frapp] la porte de sa *ambre trois c\ps en matre3 il v5ait de se c\*]2 il saute du lit1 allume sa *&elle sa veilleuse1 ouvre la porte1 et voit entr] un homme bi5 vtu1 de bonne taille1 et portant un *apeau rond si enfonc sur les yeux1 qu'il tait difficile de voir la figure4--,puisque v\s tes dev91 dit cet homme1 p\rquoi ne dev9iez-v\s pas ma v5ue8--,je ne dev9e pas1 rpondit ,m9999992 je consulte le sort au beso91 et le sort m'claire4--,eh bi51 consultez-le sur ce que je vi5s v\s dem&]4 ,notre dev9 pr5d ses c>tes1 assez inquiet de ce qui allait arriv]1 son *agr9 tait de ne pas voir la figure3 il jette des mots insignifiants p\r entam] conv]sation2 il fait tomb] les m\*ettes1 se baisse p\r les ramass]1 et dans ce m\vem5t1 il saisit les traits du p]sonnage qu'il reconnat p\r ,m4 le duc d',o9999994 ,ce fut p>tie gagne3 notre homme (fre un sige d'un air indiffr5t1 lui-mme s'assi$ sans faon1 avec recueillem5t2 il bat les c>tes1 en tire une premire qui annonce une affaire de famille2 la seconde1 il jette un cri d'effroi3--,ah6 ,dieu1 je suis p]du6--,comm5t cela8 dit le duc4--,un pige m'e/ t5du p> un homme puissant2 je ne puis cont9u] mon opration4--,le duc le rassure2 le dev9 tire une autre c>te qui dsigne plus spcialem5t le consultant2 le duc av\e qu'il vi5t p\r sa femme2 le dev9 savait comme t\t le monde1 que madame la du*esse tait grosse1 et mme peu prs de combi5 de mois3 il se d\te que le consultant veut savoir si l'enfant s]a mle ou femelle2 il tire une c>te en consqu5ce2 le sort dcl>e un enfant mle aprs un acc\*em5t un peu laborieux2 le duc se lve sans dire mot1 et aprs avoir ouv]t la porte3 ,c5t l\is1 dit-il1 si c'e/ vrai2 c5t c\ps de canne1 si c'e/ faux1 et il "p en p\ssant la porte4 ,voil notre dev9 sur le qui-vive3 p5dant plusieurs j\rs1 il rde aut\r de l'htel ou palais2 il t*e d'acco/] les g5s de s]vice2 il capte un jeune homme qu'il rgale plusieurs fois au caf vois92 il appr5d le t]me suppos p\r l'acc\*em5t2 il prtexte un intrt de l'annonc] une p]sonne qui a fait une =te gageure que ce s]a une fille1 il y aura quelque *ose p>tag]2 le jeune homme promet d'in=m] l'heure2 le t]me arrive2 le dev9 ne quitte plus le caf2 l'acc\*em5t se fait2 il e/ av]ti l'in/ant2 c'e/ un g>on 7qui a t feu ,m4 le comte de ,b44474 ,notre homme "p la c\rse1 monte sa *ambre1 allume vite sa veilleuse et se c\*e4 ,a pe9e une demi-heure s'tait c\le1 il ent5d mont] pas de l\p2 il fe9t un sommeil pr(ond2 les trois mmes c\ps l'veill5t3 il sollicite un peu de pati5ce1 fait de la lumire2 et ouvre4 ,le monsieur au *apeau enfonc entre et dit simplem5t bonsoir1 jette sur la table une b\rse qui sonne1 se ret\rne et "p2 le dev9 compte les l\is1 il y en avait ju/e c5t2 ce fut une indemnit p\r quelques autres av5tures4 ,elles n'tai5t pas t\tes aussi heureuses2 l'une d'elles l'avait br\ill avec la police4 ,un homme1 qu'elle p\rsuivait1 l'avait consult p\r sortir de ,p>is3 le sort avait rpondu1 sortez p> la porte haute2 l'homme avait russi p> la b>rire d',enf]2 mais il avait t repris2 il fallut1 p\r calm] cette affaire1 employ] des amis et de l'arg5t4 ,c'et t un recueil curieux que celui de t\tes les anecdotes qui lui tai5t arrives dans ce g5re de pr(ession2 il en avait retir des rsultats philosophiques trs-piquants sur les div]s degrs et dispositions de crdulit des div]s ges1 sexes1 tempram5ts et pr(essions4 ,le plus =t de sa cli5telle avait t en femmes1 surt\t de l'ge moy51 en j\eurs1 en plaideurs1 en militaires1 en entrepr5eurs de comm]ce2 il avait rem>qu que cette vivacit d'ides que l'on appelle de l'esprit1 lo9 d'emp*] la crdulit1 y tait plutt favorable2 que l'ignorance en *oses physiques en tait surt\t la cause ess5tielle2 que les plus r>es de t\s ses consultants avai5t t des physici5s1 des mdec9s et des ma?matici5s2 nanmo9s il en citait quelques exemples1 avec cette circon/ance que les individus tai5t ce qu'on appelle dvots2 du re/e1 il conv5ait que l'art n'tait qu'habilet et ruse2 il tait p]suad que les anci5s m9i/res des temples et des oracles y tai5t trs-v]ss1 et qu'ils en avai5t fait des tudes pr(ondes au moy5 desquelles ils avai5t pu pratiqu] des t\rs de fantasmagorie dont auj\rd'hui l'on n'a plus d'ide4 7,il n'avait pas vu ceux dont les ,rob]tson et les ,comte n\s ont tonn et in/ruit depuis quelques annes47 ,n ,,iv4 ,pag4 #bbd4 ,l'obscur laconisme de l'hbreu dans ce passage1 n'a t compris d'aucun traducteur3 le grec ne prs5te pas de s5s raisonnable2 le lat9 qui a v\lu en faire un1 et qui a t copi p> le franais1 l'anglais1 etc41 s'exprime a9si3--,sont-ce des holocau/es et des victimes que le ,seigneur dem&e8 n'e/-ce pas plutt que l'on obisse sa voix8 ,l'obissance e/ meilleure que les victimes2 il vaut mieux lui obir que de lui (frir les bli]s les plus gras1 c> c'e/ une espce de magie de ne v\loir pas se s\mettre2 et ne pas se r5dre sa volont1 c'e/ le crime de l'idoltrie4 ,l'on voit que ceci e/ un pur radotage priv de s5s4 ,voici le texte3 ,an voluntas ,dom9o 9 asc5sionibus et victimis1 sicut audi5s ,h ,hafs l'eh\h b alot oua zabahim ke som 9 v]bo ,dei8 ,hc audi5s ex victim bonum 7ou boni7 9 inspectione be ql eh\h h5eh sem me zabah t\b le heqsib adipis arietum2 quia peccatum div9ation rebellio et vacuitas mableb alm ki ,htat quesm m]i ou oun et idolis fiducia4 ou t>afim he fasr4 ,le lat9 ne r5d pas p>faitem5t le texte1 p>ce que dans l'hbreu les g5res manqu5t de signes comme dans l'anglais2 p> exemple1 t\b e/ comme good1 et peut signifi] bon1 bonne1 bont4 ,l'on voit la difficult de saisir le s5s d'un /yle si oraculaire2 mais quelle e/ ici la p5se de ,samul8 il se dit int]prte de ,dieu1 recevant sa p>ole tte tte comme ,mose2 si d'autres que lui p>v5ai5t connatre cette p>ole ou cette volont p> le moy5 des victimes1 son privilge s]ait p]du3 il a donc intrt de dcrdit] ce moy51 et comme il en connat la fausset1 en le dcrditant1 il met les prtres hors de pair avec lui sans qu'ils os5t s'en pla9dre2 ce doit tre l le s5s de ses p>oles ,sal4 ,le franais littral peut se dire a9si3 ,dieu veut-il des victimes et des 7fumes7 montantes 7de grillades72 7c> c'e/ le vrai s5s d'holocau/es71 autant que l'audition 7obissante7 sa p>ole8 ,ici l'on c\te 7on veut connatre7 le bon 7succs7 p> la victime en reg>dant avec att5tion la graisse des bli]s4 ,or1 ou mais 7le mot hbreu ki a une multitude de s5s1 mme le disjonctif71 or1 ou mais1 le p* de dev9ation e/ rvolte1 *imre1 confiance aux idoles1 etc4 ,du mo9s ici il y a un s5s raisonnable et non pas =c ou nul1 comme lorsque le mot t\b e/ traduit p> meilleur et que l'on r5v]se la phrase p\r le plac]4 ,on ne saurait le ni]1 les livres hbreux sont encore traduire4 ,on a beau n\s vant] nos pres en doctr9es2 les anci5s ont manqu totalem5t de critique1 et de plus1 ils ont manqu des moy5s sci5tifiques que le temps a cumuls en faveur des mod]nes3 il e/ dmontr que les prt5dus septante n'ont po9t ent5du l'hbreu1 malgr t\te la fable d'inspiration dont on a v\lu les ent\r]1 et dont la f\rb]ie e/ dmontre p> le savant bndict9 ,montfaucon1 dans les ,hexaples d',origne1 tom4 #a;er4 ,n ,v4 ,pag4 #bcj4--;,je ne concilie pas cette prs5tation avec celle du *apitre suivant1 qui e/ le ,,xvii4 ,p\r mettre le lecteur plus en tat de prononc] lui-mme cet g>d1 n\s lui s\mettons la sub/ance fidle de ce *apitre #ag1 un peu trop long p\r tre cit mot mot4--,il dbute p> mettre en prs5ce les deux armes et camps des ,phili/9s et des ,hbreux sans avoir dit un mot des causes ni des antcd5ts de cette gu]re1 ce qui dj indique qu'il n'e/ pas la suite positive du *apitre #af1 qui f9it p> le rcit de la premire prs5tation4 ,un ,phili/9 de taille gigantesque1 n bt>d1 et nomm ,golia?1 s'avance entre les deux camps1 et dfie au combat le plus vaillant des ,juifs4 7,le n>rateur dcrit d'une manire in/ructive et curieuse les dtails de son armure47 ,p5dant qu>ante j\rs1 soir et mat91 ,golia? recomm5ce son dfi en posant p\r condition que les compatriotes du va9cu devi5dront les esclaves des compatriotes du va9queur4 ,les ,hbreux re/5t /upfis de frayeur2 or1 un homme de ,be?lem avait huit enfants dont trois tai5t au camp1 et ,david1 le plus jeune1 allait et v5ait de la maison au camp leur port] des vivres3 et un mat9 qu'il en apportait1 il vit ,golia?1 le gant1 qui1 son ord9aire1 dfiait les ,hbreux4 ,il s'in=ma de ce que cela signifiait1 et un ,hbreu lui dit3 ,v\s voyez cet homme qui insulte ,isral2 si quelqu'un peut le va9cre1 le roi l'enri*ira1 il lui donn]a sa fille1 il affran*ira la maison de son pre1 et la r5dra libre 7les ,hbreux tai5t donc s]fs74 ,et le frre an de ,david l'ent5dant p>l] lui dit3 ,que fais-tu ici8 et p\rquoi z-tu quitt ce peu de tr\peaux que n\s avons8 ,je connais ton orgueil et la malice de ton cur4 7,ces d]ni]s mots sembl5t faire allusion aux prt5tions que l'onction royale aurait dja donnes ,david47 ,tu vi5s voir le combat1 ret\rne la maison4 ,et ,david alla d'un autre ct1 cont9uant de que/ionn] les uns et les autres1 tellem5t que ses disc\rs p>v9r5t aux oreilles du roi3 et il fut conduit devant ,sal1 qui il dit avec assurance qu'il combattrait le gant1 et qu'il le va9crait4 ,sal lui fit essay] les armes d'usage1 savoir la cuirasse1 le casque1 le b\cli]2 ,david dit que t\t cela le gnait1 et qu'il ne v\lait que sa fronde1 son bton et c9q pi]res polies qu'il *oisit dans le torr5t3 a9si arm1 il s'avance v]s le gant3 entre eux deux se passe un dialogue selon les murs du temps1 dans le /yle des gu]ri]s d',homre4 ,david pr5d son temps1 et de sa fronde lance une pi]re qui frappe le ,phili/9 au front et le r5v]se t]re 7le texte dit qu'elle entra dans le front2 cela ne se conoit pas2 une petite pi]re a eu trop peu de poids p\r cet effet2 une grosse pi]re a eu trop de volume72 il se prcipite sur le gant va9cu1 saisit son pe 7ou plutt son c\telas71 et lui c\pe la tte qu'il apporta ,jrusalem1 et il mit les armes du ,phili/9 dans le ,tab]nacle4 7,cette m5tion de ,jrusalem e/ tonnante2 le tab]nacle n'y fut pos que dans la suite p> ,david mme47 ,l'hi/ori5 cont9ue et dit1 qu'au mom5t o ,david m>*a contre le ,phili/91 ,sal dit du *ef de sa g>de1 ,abn]1 de qui e/ fils ce jeune homme 7n>78 ,abn] rpond3 ,sur ma vie je l'ignore4 ,dem&ez-le-lui1 dit le roi2 et qu& ,david rev9t1 ,abn] le prit et le m5a au roi1 t5ant la tte du gant2 et ,sal lui dit3 ,de qui es-tu fils8--,d',isa de ,be?lem1 rpondit ,david2 et de ce mom5t le cur de ,jona?as1 fils de ,sal1 s'atta*a ,david1 et il ne cessa de l'aim]4 ,or1 ,sal1 ce j\r-l1 prit ,david son s]vice et il ne le laissa plus ret\rn] *ez son pre 7ceci diffre entirem5t du *ap4 #af1 o ,sal envoie pr5dre ,david *ez son pre72 et il lui donna un comm&em5t1 puis div]ses entreprises prilleuses1 o ,david russit t\j\rs3 or1 qu& ,sal1 de ret\r de cette expdition 7qui avait f9i p> une dr\te complte des ,phili/9s71 passa dans les villes et villages des ,hbreux1 les femmes et les filles sortir5t au-devant de lui1 *antant3 ,sal en a tu mille1 ,david en a tu dix mille2 et ,sal bless de ce *ant1 dit en lui-mme3 ,ils m'en donn5t mille1 ils lui en donn5t dix mille2 bi5tt ils lui donn]ont le royaume1 et ds lors il v\lut le p]dre4--,et un j\r qu'il fut saisi du mal9 esprit de ,dieu1 et que ,david j\ait de la lyre en dansant devant lui1 ,sal t5ta deux fois de le p]c] de sa lance1 mais ,david l'vita1 et le f] frappa dans la muraille3 ,david cont9ua de prospr]1 et ,sal lui promit une de ses filles s'il tuait c5t ,phili/9s1 etc4 ,assurm5t le rcit de ce *apitre1 quant la prs5tation1 diffre matriellem5t du prcd5t3 dans le *ap4 #af1 aprs l'onction cl&e/9e de ,david1 en la maison de son pre1 ,be?lem1 ,sal l'envoie *]*] p\r j\] de la h>pe1 et il le reti5t son s]vice2 aucune m5tion n'e/ faite du combat1 ni de la gu]re phili/9e1 ce qui exige un laps de temps4 ,dans ce *apitre #ag1 o il devrait ce titre dja le bi5 connatre1 il le voit p\r la premire fois1 il s'enqui]t de sa famille et de son nom2 cela n'e/ pas conciliable et ne peut s'expliqu] qu'autant que l'on admet ici deux rcits orig9aux1 v5ant de deux ma9s diffr5tes1 que le compilateur a c\sus l'un l'autre sans raccord1 n'osant probablem5t ri5 *ang] deux autorits qui lui ont impos respect4 ,ce compilateur a d tre ,esdras1 et les n>rateurs premi]s ont pu tre ,samuel1 ,gad ou ,na?an1 comme l'ont dit les ,p>alipomnes4 ,n ,,vi4 ,pag4 #bdc4--,l'ombre de ,samuel voque p> la magici5ne de ,an-dor4 ,sam4 liv4 #a;er1 *ap4 #bh4 ,cette scne e/ si curieuse1 que le lecteur n\s saura gr de lui en donn] le rcit textuel4 ,samuel tait mort1 ,sal avait *ass les dev9s et les magici5s2 or1 les ,phili/9s s'tant assembls en armes1 v9r5t camp] ,sunam2 ,sal rassembla ,isral1 et campa ,gelba1 et voyant les dispositions des ,phili/9s1 il conut de gr&es cra9tes1 et il int]rogea ,dieu 7,ieh\h73 et ,dieu ne rpondit ni p> songes1 ni p> urim ou oracles de prtres1 ni p> prophtes4 7,voyez ce sujet le ,dictionnaire de la ,bible1 p> dom ,calmet1 tom4 ,,iv1 art4 urim et ?umim1 o l'on voit que le prtre r5dait l'oracle p> l'inspection des pi]res prcieuses qui1 ses yeux1 jetai5t ou ne jetai5t pas d'clat47 ,et ,sal dit ses s]viteurs3 ,*]*ez-moi une femme matresse des vocations1 que je l'int]roge2 ils lui rpondir5t3 ,il y en a une ,an-dor 7la fonta9e de ,dor72 ,sal *angea ses vtem5ts1 en prit d'autres1 et s'y a*em9a avec deux hommes2 ils arrivr5t de nuit *ez cette femme1 et il lui dit3 ,dev9ez-moi1 je v\s prie1 p> les esprits ou rev5ants1 et faites-moi mont] qui je vais v\s dire2 la femme rpondit3 ,v\s savez ce qu'a fait ,sal qui a dtruit les dev9s et g5s de mon art1 p\rquoi me t5dez-v\s un pige p\r me faire m\rir8 et ,sal lui jura p> ,ieh\h en lui disant3 ,vive ,dieu1 il ne v\s arriv]a pas de mal3 la femme reprit3 ,qui v\s f]ais-je mont]8 ,sal dit3 ,faites mont] ,samuel2 et 7bi5tt7 la femme vit ,samuel1 et elle s'cria3 ,p\rquoi m'avez-v\s trompe8 ,v\s tes ,sal2 et le roi dit3 ,ne craignez po9t1 qui avez-v\s vu8--,j'ai vu lahim 7les ,dieux7 montants 7du se97 de la t]re4 7,notez bi5 qu'ici le mot lahim g\v]ne le pluriel montants47 ,sal dit3 ,quelle e/ sa =me8 elle reprit3 ,un vieill>d c\v]t d'un manteau2 et ,sal reconnut que c'tait ,samuel1 et il s'incl9a v]s la t]re2 et ,samuel dit ,sal3 ,p\rquoi m'avez-v\s tr\bl en me faisant mont]8 ,sal rpondit3 ,je suis dans les angoisses1 les ,phili/9s me combatt5t2 ,dieu 7lahim7 s'e/ retir de moi1 il ne me rpond ni p> les prophtes1 ni p> les songes2 je v\s ai invoqu p\r m'clair] sur ce que je dois faire2 et ,samuel rpondit3 ,p\rquoi m'int]rogez-v\s qu& ,dieu s'e/ retir de v\s et qu'il s'e/ fait votre rival comme je v\s l'ai dit8 ,il a rompu le p\voir de votre ma9 et l'a donn ,david1 p>ce que v\s n'avez po9t c\t sa voix1 et que v\s l'avez irrit p\r ,amalek 7le texte dit irrit son nez72 ,dieu v\s livr]a auj\rd'hui avec ,isral1 aux ,phili/9s21 dema9 v\s et vos fils v\s s]ez avec moi4 ,a ces mots ,sal de sa haute taille tomba subitem5t p> t]re1 saisi de t]reur2 il fut sans =ce1 il n'avait pas mang de pa91 ni ce j\r1 ni la nuit 7prcd5te72 et la femme v9t lui1 et comme elle le vit p\vant1 elle lui dit3 ,votre s]vante v\s a ent5du1 elle a mis son ame dans sa ma92 elle v\s prie d'ent5dre ses p>oles1 elle v\s (fre une b\*e de pa91 af9 que v\s mangiez2 v\s repr5drez des =ces1 et v\s ret\rn]ez 7*ez v\s47 ,sal refusa et dit3 ,je ne mang]ai po9t2 et ses s]viteurs et cette femme le contraignir5t3 il se r5dit leurs prires2 il se releva de t]re et s'assit sur le lit 7matelas pos p> t]re72 et la femme avait un veau qu'elle engraissait1 elle se hta de l'gorg]2 elle prit de la f>9e1 fit cuire des gteaux ou galettes 7non leves faute de temps71 elle prs5ta ces alim5ts ,sal et ses s]viteurs2 ils mangr5t1 ils se levr5t et s'en allr5t p5dant cette nuit4--7,le *apitre f9it47 ,cette scne a t le sujet de beauc\p de raisonnem5ts de la "p de div]s criva9s *rti5s1 anci5s et mod]nes2 presque t\s y ont vu l'opration du diable au moy5 duquel ils expliqu5t t\t ce qui n'e/ pas div9 dans leur ligne4 ,le holl&ais ,van ,dale et le philosophe franais ,font5elle1 s'en sont p>ticulirem5t occups2 mais leur poque1 il n'y a eu ni assez de connaissances physiques1 ni assez de lib]t d'crire p\r qu'ils puss5t clairem5t s'expliqu]2 il e/ bi5 clair auj\rd'hui que cette femme n'a u que des pre/iges naturels dont nos physici5s mod]nes ont retr\v la sci5ce secrte3 elle n'a pas eu beso9 d'une gr&e magie p\r reconnatre le roi ,sal si connu de t\t ,isral1 p\r sa taille qui dom9ait le vulgaire de t\te la tte2 ni p\r faire app>atre une ombre au moy5 de ces lant]nes s\rdes places dans un rduit ca*1 d'o elles projett5t sur un mur ou sur une toile t5due1 un spectre lum9eux dess9 p> une feuille de mtal ou de bois accole la lampe2 l'antiquit de ce meuble e/ atte/e p> les ru9es d',h]culanum1 o on l'a tr\v comme une leon p\r n\s de ne pas dni] aux anci5s la connaissance de t\t ce que n\s ne voyons pas4 ,que de *oses les jongleurs de t\te robe ont eu intrt de ca*]6 ,cette femme n'a pas eu beso9 d'une gr&e magie p\r ca*] quelque complice qui a fait le dialogue 7si elle ne l'a pas fait elle-mme71 ni p\r subjugu] l'esprit de trois hommes dpe9ts si sup]/itieux1 si crdules1 si p\vants2 et comm5t ces t\rs de gobelet n'aurai5t-ils pas russi cette poque de pr(onde ignorance1 lorsqu'au milieu de n\s1 au dix-huitime sicle1 l'on a vu s\s le nom de loge gypti5ne1 des associations ou confrries d'hommes de haute qualit1 des comtes1 des m>quis1 des pr9ces1 en ,france1 en ,italie1 en ,allemagne1 se laiss] illum9] p> les f\rb]ies de quelques impo/eurs 7de ,caglio/ro p> exemple71 et cela1 au po9t de croire que l'ombre de ,sso/ris ou de ,nekepsos1 ou de ,smiramis1 p\vait v5ir assi/] leurs banquets nocturnes8 ,on p>le beauc\p de la crdulit du peuple1 on devrait dire de l'homme ignorant1 qui1 p\r tre vtu d'habits div]s1 tantt de haillons1 tantt de galons1 de p]cale ou de bure1 n'en e/ pas mo9s t\j\rs le mme animal ridicule p> ses prt5tions1 pitoyable p> sa faiblesse2 heureux qu& ses passions irrites n'en font pas une bte froce1 dang]euse surt\t lorsqu'elle ca*e la griffe du tigre s\s le vel\rs des =mes religieuses4 ,,n\veaux ,,claircissem5ts ,,sur ,,les ,,proph,,tes ,,m5tionn,s ,,au ,,viii1 page #aib4 ,les usages et les murs des peuples asiatiques1 et spcialem5t des races arabes au temps anci5 et mme actuel sont si peu connus en gnral de n\s autres occid5taux1 que beauc\p de lecteurs ont pu ou p\rront croire que notre voyageur hi/ori5 s'e/ livr quelques ides sy/matiques dans ce qu'il a dit1 ,,viii1 de la ,confrrie des ,prophtes4 ,n\s reg>dons comme un devoir de confirm] la ju/esse de ses vues cet g>d1 en joignant ici le tmoignage d'un autre voyageur rc5t qui1 dans une bro*ure intitule3 ,notice sur la c\r du gr&-seigneur1 suivie d'un ,essai hi/orique sur la religion mahomtane#gd1 a publi des faits notoires dja cits p> d'autres hi/ori5s1 tels que ,paul ,rica1 qui dmontr5t1 dans l'tat prs5t1 le miroir au!ntique et fidle de l'tat pass4 ,n\s allons copi] quelques articles de la page #adh4 ,,des ,,santons1 ,,aifaquis1 ,,s*eiks1 ,,hogis ,,et ,,talismans4 ,les trois premi]s ordres sont p>mi les ,turks les plus m95ts dans le sac]doce1 et ils l'ex]c5t avec beauc\p d'autorit2 les hogis et talismans ti5n5t le rang de diacres et s\s-diacres4 ,les santons assi/5t l'(fice 7de la mosque71 rcit5t les prires1 expliqu5t des textes du ,koran1 et sont quelquefois d'une telle vhm5ce1 qu'ils mani5t les esprits au gr de leurs passions4 ,on en vit un gr& exemple en #aefd1 lorsque ,soliman ,,ii hsitait d'all] assig] ,malte4 ,un de ces santons1 pr*ant un v5dr$i devant le sultan1 p>la avec tant de =ce1 que le peuple1 transport de ha9e contre les *rti5s1 dem&a la gu]re gr&s cris1 et contraignit ,soliman de la promettre sur-le-*amp4 ,on sait combi5 de milli]s de soldats y prir5t1 et combi5 fut honteuse la retraite de ,soliman4 ,en #afjj1 vivait dans la ville d',alep un vieill>d septuagnaire de l'ordre des santons1 qui s'tait acquis une telle rputation de sa9tet1 qu'elle attirait un gr& conc\rs de peuple dans sa maison1 quoique son humeur sauvage en r5dt l'accs difficile4 ,les gr&s de l'empire en avai5t seuls l'entre2 mais croyant en recevoir des bndictions1 ils n'en recevai5t que de =tes rprim&es4 ,ce vieill>d avait pass d\ze annes entires dans sa maison sans en sortir1 et depuis trois ans il n'avait pas seulem5t dpass le seuil de la porte de sa *ambre1 qu& un vu qu'il avait fait int]rompit sa solitude et le =a faire un voyage ,jrusalem4 ,le bruit s'en rp& bi5tt dans les environs d',alep2 le peuple acc\rt p\r le voir p>tir1 et se r5d en f\le sur son passage1 aux portes de la ville1 dans les rues1 devant sa maison3 il p>ut1 mont sur une mule que son fils m5ait p> la bride1 et t5ant les yeux f]ms p\r tre plus recueilli dans ses mditations2 il s'leva un cri univ]sel d'admiration4 ,les spectateurs se sp>ant ensuite en trois b&es1 m>*r5t devant lui1 et l'accompagnr5t p> honneur trois lieues de la ville4 ,le pa*a d',alep tait de cette tr\pe1 suivi de deux c5ts *evaux2 et celui du ,caire v9t au-devant de lui avec un app>eil pompeux4 ,ces deux pa*as abordr5t notre santon au milieu de la campagne1 et lui s\t9r5t les bras1 jusqu' ce qu'il les et pris de se retir]4 ,les lieux p> o il passait tai5t c\v]ts d'hommes acc\rus de t\s cts p\r voir un sa9t4 ,,des ,,mo9es ,,turks4 ,les mo9es turks se p>tag5t en quatre classes2 les gomail]s1 les d]vis1 les cal5d]s et les torlaquis4 ,les gomail]s sont des jeunes g5s de bonne maison1 polis1 =ms aux usages du monde3 ils voyag5t en ,b>b>ie1 en gypte1 en ,arabie1 en ,p]se et mme dans les ,indes ori5tales4 ,ils sont vtus d'une saye de p\rpre violette qui leur desc5d jusqu'aux g5\x1 et port5t une longue ce9ture d'or et de soie1 au b\t de laquelle sont susp5dues des cymbales d'arg5t1 dont le son jo9t leur voix1 =me une agrable h>monie4 ,une peau de lion ou de lop>d1 n\e avec les deux pattes de devant sur leur poitr9e1 leur s]t de manteau4 ,ils ont p\r *aussure des s&ales de corde2 ils vont tte nue1 et laiss5t crotre leurs *eveux qu'ils ont so9 de p>fum]4 ,un livre d'am\r ple9 de *ansons qu'ils ont composes en langue arabe ou p]sane1 e/ le seul qu'ils lis5t4 ,p> les *ansons et la musique de leurs cymbales1 ils amus5t les artisans qu'ils oblig5t a9si de leur donn] de l'arg5t4 ,ils sont t\s aussi savants qu'il e/ possible aux ,turcs de l'tre4 ,aussi criv5t-ils les relations de leurs voyages1 et leurs disc\rs sont-ils propres sduire les jolies femmes1 qui d'ailleurs ont beauc\p d'incl9ation p\r eux4 ,les d]vis sont vtus de deux peaux de m\ton ou de *vre1 s*es au soleil2 ils vont tte et pi$s nus1 se ras5t les *eveux1 la b>be et t\t le poil du re/e du corps1 et se brl5t les tempes avec un f] *aud1 ou un morceau de jaspe de div]ses c\leurs4 ,ils habit5t hors des villes1 dans les faub\rgs et dans les villages4 ,ils voyag5t au ret\r du pr9temps ou p5dant l'automne2 et p>t\t o ils pass5t1 ils laiss5t des m>ques de leur lubricit4 ,s'ils r5contr5t en leur *em9 un passant qu'ils jug5t un peu ais1 ils lui dem&5t l'aumne en l'honneur d',hali1 g5dre de ,mahomet2 s'il refuse1 ils lui c\p5t la gorge1 en l'assommant avec une petite ha*e qu'ils port5t la ce9ture4 ,ils viol5t les femmes qu'ils tr\v5t l'c>t1 et se livr5t entre eux aux excs les plus mon/rueux4 ,le *ef lieu de leur ordre e/ dans l',asie m9eure4 ,il e/ bti t\t prs de la tombe d'un p]sonnage de leur secte1 dont ils clbr5t la mmoire et rvr5t les ossem5ts4 ,leur gnral loge dans ce mona/re qui conti5t c9q c5ts religieux3 ils l'appell5t ,,assambaba1 c'e/--dire pre des pres4 ,le v5dr$i e/ leur j\r de fte4 ,aprs l'(fice1 ils se r5d5t dans les prairies qui environn5t leur mona/re2 ils y dress5t des tables1 et se livr5t aux plaisirs de la bonne *re4 ,le gnral e/ assis au milieu d'eux4 ,aprs le repas1 ils se lv5t et font leur prire d'actions de graces4 ,ensuite deux jeunes g>ons leur apport5t d'une c]ta9e p\dre enivrante1 et des feuilles d'une plante qu'ils nomm5t ma/a*4 ,aprs en avoir pris1 ils pass5t bi5tt de la joie la fureur4 ,dans cet tat1 ils allum5t un gr& feu1 et1 se t5ant p> la ma91 ils dans5t aut\r1 et p>vi5n5t un tel degr d'exaltation1 qu'ils se d*ir5t la peau de mille manires et y trac5t avec leurs c\teaux div]ses figures1 comme des fleurs ou la figure d'un cur1 ou des p>oles analogues leurs am\rs4 ,a ces extravagances1 ils aj\t5t une c]ta9e danse qu'ils excut5t en t\rnoyant avec une incroyable vitesse4 ,ils se =m5t en c]cle2 un de la tr\pe comm5ce battre un tamb\r9 et se mettre t\rn]4 ,les autres le suiv5t1 et t\rn5t si rapidem5t qu'il e/ impossible de disc]n] leurs traits4 ,tant que dure ce m\vem5t1 ils rcit5t l5tem5t c]ta9es prires1 jusqu' ce que les =ces v5ant leur manqu]1 ils tomb5t t]re comme morts4 ,qu& ils se sont relevs1 ils recueill5t les aumnes des assi/ants4 ,malgr t\s leurs ex]cices religieux1 les d]vis sont mpriss ,con/ant9ople2 on les reg>de mme comme des hommes dang]eux4 ,nanmo9s1 les habitants de cette ville ne refusant l'aumne p]sonne1 ils y tr\v5t de quoi remplir leurs besaces aussi bi5 qu'ailleurs4 ,les cal5d]s sont mo9s vicieux que les d]vis4 ,ils sont vtus d'une petite robe c\rte1 sans man*es1 peu diffr5te d'un cilice1 tant tissue de poil de *eval ou de *ameau1 ml avec de la la9e4 ,ils se ras5t le poil et se c\vr5t la tte d'un bonnet de feutre la grecque1 bord l'ent\r de franges longues de quatre doigts1 faites de cr9 de *eval4 ,ils port5t au c\ un gros anneau de f]1 en signe de l'obissance qu'il r5d5t leurs suprieurs4 ,leurs oreilles sont ornes d'anneaux du mme mtal4 ,ils font gloire du clibat1 et port5t d'normes anneaux de f] qui les mett5t dans l'impossibilit d'en enfre9dre les lois4 ,ils demeur5t dans de petites *apelles nommes te*ie4 ,ces mo9es ne sont pas plus exempts d'ambition que les autres hommes2 et leurs anneaux de f]1 et leur cilice1 et leur gr& bonnet1 n'emp*5t pas qu'ils n'entr5t dans les rvoltes contre l'autorit du s\v]a94 ,en #aebf1 l'emp]eur ,soliman tant occup la gu]re de ,hongrie1 les cal5d]s se prvalur5t de son abs5ce p\r se jo9dre aux d]vis1 et s\s la conduite d'un nomm ,zlbis1 s'emp>r5t de plusieurs places de l',asie m9eure4 ,le peuple entra avec une sorte de fureur dans leur rvolte1 et nombre de soldats s'enrlr5t s\s leurs drapeaux4 ,au ret\r de son expdition1 ,soliman1 p\r te9dre ce feu qui m5aait le re/e de l',asie d'un embrasem5t gnral1 envoya en dilig5ce contre les rebelles1 le pa*a ,ibrahim1 avec une p>tie de l'arme qui avait triomph de la ,hongrie4 ,les mo9es att5dir5t ce gnral avec t\tes leurs =ces et lui prs5tr5t la bataille4 ,quoiqu'ils ne fuss5t pas acc\tums aux ex]cices militaires1 ils combattir5t avec tant de c\rage1 qu'ils arrtr5t t\t c\rt les braves et vieux soldats de ,soliman1 et que la victoire re/a indcise jusqu' ce que le pa*a1 outr de la rsi/ance de cette canaille1 s'emp>a de l'enseigne la plus rem>quable de son arme1 et la jeta au milieu des ennemis1 en criant ses soldats3 ,laissez ces mo9es v\s ravir l'honneur de vos victoires1 et qu'ils se glorifi5t ma9t5ant d'avoir va9cu les va9queurs des ,hongrois4 ,a pe9e eut-il a*ev1 que les tr\pes1 animes d'une ardeur incroyable1 se prcipit5t sur les mo9es1 les enfonc5t1 leur arra*5t l'enseigne que le pa*a leur avait jete1 et les taill5t en pices4 ,le *ef de la rvolte fut tu2 et au lieu de ret\rn] dans leur mona/re1 les mo9es qui *appr5t au c>nage *]*r5t un asile dans les cav]nes et les ds]ts4 ,les torlaquis s'habill5t peu de *ose prs comme les d]vis2 ils port5t un bonnet de feutre sans bord1 de la =me d'un pa9 de sucre cannel2 le re/e de leur corps e/ nu3 ils ne sav5t ni lire1 ni crire1 sont grossi]s1 fa9ants1 et pass5t leur vie dans une honteuse m5dicit4 ,ils frqu5t5t les ba9s1 les cab>ets et les maisons de dbau*e p\r y tr\v] un dn] ou attrap] quelques pices d'arg5t1 t\t en m>mottant des prires4 ,a la campagne ou dans les bois1 s'ils r5contr5t un passant bi5 vtu1 ils le dp\ill5t1 ils lui enlv5t son arg5t1 et lui assur5t que la volont de ,dieu e/ qu'il aille nu comme eux4 ,ils se ml5t aussi de prdire l'av5ir2 et1 p\r tromp] le bas peuple1 ils reg>d5t dans les ma9s1 comme font nos diseuses de bonne av5ture4 ,ils mn5t ord9airem5t avec eux un vieill>d de leur ordre1 f\rbe habile1 qui ils affect5t de r5dre des honneurs presque div9s4 ,qu& ils arriv5t dans un village1 ils le log5t dans la meilleure maison1 et se rang5t aut\r de lui1 obs]vant ses ge/es et ses p>oles4 ,le vieill>d1 aprs avoir affect un gr& air de sa9tet et m>mott quelques prires1 se lve t\t c\p1 et1 jetant de pr(onds s\pirs1 invite ses collgues sortir promptem5t du village qui1 dit-il1 va tre dtruit1 en punition des p*s de ceux qui l'habit5t2 le peuple p\vant1 acc\rt de t\tes p>ts1 et comble les torlaquis d'aumnes1 p\r qu'ils obti5n5t la misricorde div9e4 ,,autres ,,religieux ,,turks4 ,outre les religieux dont n\s v5ons de p>l]1 les ,turks ont encore c]ta9s solitaires qui ne sont sujets aux lois d'aucun iman ni gnral d'ordre1 mais qui viv5t en leur p>ticuli]1 se log5t dans des espces de b\tiques1 en c\vr5t le pav de peaux de btes sauvages1 et tapiss5t les murailles de diffr5tes espces de cornes4 ,au milieu de cette loge ils plac5t un escabeau1 le c\vr5t d'un tapis v]t1 et mett5t dessus un *&eli] de laiton sans lumire3 ils tran5t avec eux un c]f1 un l\p1 un ours ou un aigle1 symboles de leur r5onciation au monde4 ,cep5dant ils viv5t au milieu des gr&es villes et des villages les plus peupls2 on en voit beauc\p ,&r9ople4 ,dans cette b\tique1 o ils ont pris leur logem5t1 ils reoiv5t de l'arg5t et des vivres que la *>it turke leur envoie3 s'ils n'y font pas leurs affaires1 ils se promn5t dans les rues avec un des animaux dont on a p>l plus haut1 au c\ duquel ils ont susp5du une clo*ette p\r av]tir les habitants de leur donn] l'aumne4 ,il ne faut pas oubli] les pl]9s de la ,mecque1 qui1 aprs un si sa9t voyage1 se dv\5t le re/e de leur vie port] de l'eau p> les c>ref\rs1 et donn] boire qui le dsire4 ,a cet effet1 ils port5t1 p5due en *>pe1 une outre de cuir c\v]te d'un drap de c\leur1 o sont brodes des feuilles de plusieurs sortes2 ils ont la ma9 une tasse de laiton dore et damasqu9e1 dont le fond e/ orn de jaspe ou de calcdo9e1 p\r r5dre l'eau plus agrable la vue4 ,t&is qu'ils la v]s5t1 ils exhort5t ceux qui la reoiv5t mpris] les vanits de la vie1 p5s] la mort2 ils ne dem&5t aucune rcomp5se p\r ce s]vice1 mais ils reoiv5t l'arg5t qu'on leur donne1 et rp&5t de l'eau de s5teur sur la b>be de celui qui le leur (fre4 ,il ne faut pas croire nanmo9s leur p>fait ds9tressem5t2 c> on les voit quelquefois attr\ps en gr& nombre et dem&ant une rtribution t\s ceux qu'ils r5contr5t1 en l'honneur de quelque sa9t dont ils clbr5t la fte ce j\r-l4 ,on voit p> ces tableaux comm5t de t\t temps un esprit d'a/uce et de f\rb]ie a suscit dans les tats mal polics1 *ez les peuples crdules et sup]/itieux1 des associations de fripons et d'escrocs qui1 s\s le manteau de la religion et les grimaces de la pit1 ont su s'affran*ir de la morale commune1 et lev] sur la multitude et mme sur l'autorit militaire et civile1 des contributions arbitraires au pr(it de leur passions et de leurs vices4 ,comme les hommes placs dans les mmes circon/ances1 pr5n5t presque t\j\rs des habitudes semblables1 on ne peut d\t] que *ez les ,hbreux il n'y ait eu des confrries d'un g5re analogue1 et que ces prdiseurs ou prophtes qui se montrai5t nus en public1 mme p> les processions1 comme le fit si notoirem5t ,david1 n'ai5t eu beauc\p d'analogie avec les mo9es musulmans que n\s v5ons de cit]2 surt\t lorsque la religion et les rites musulmans ne sont1 p\r a9si dire1 que le judasme modifi4 ,,note relative la page #bbi4 7,les ,hbreux s'tai5t clairs p> quelques progrs de civilisation47 ,*ez t\s les peuples anci5s1 les erreurs ncessaires que commir5t les prtres dans les prdictions ou oracles qu'ils tai5t obligs de faire trs-s\v5t1 ne pur5t manqu]1 p> leur rptition1 d'attnu] la confiance en leur vracit4 ,hrodote1 en p>lant des oracles div]s consults p> ,crsus1 n\s r5d s5sible cet tat de *oses1 d'ailleurs trs-naturel3 il eut lieu *ez les ,hbreux comme *ez les autres4 ,le livre des ,juges n\s (fre un exemple frappant de l'une de ces erreurs sac]dotales4 ,t\tes les tribus s'tant armes contre celle de ,b5jam91 p\r la punir du crime atroce commis env]s le lvite dont la femme avait t publiquem5t viole dans la ville de ,gabaa1 les *efs d',isral1 aprs une premire dfaite1 allr5t pleur] devant l'ar*e et consultr5t l'oracle1 en disant3 ,devons-n\s combattre encore les enfants de ,b5jam9 qui sont nos frres8 7*ap4 ,,xx1 v]s4 #bc7 et l'oracle rpondit3 ,m>*ez contre eux et leur livrez bataille4 ,il e/ vid5t que le prtre a ent5du qu'ils s]ai5t va9queurs3 il devait le croire1 vu leur imm5se supriorit de nombre2 cep5dant ils fur5t battus avec beauc\p de p]te2 le prtre leur aura dit3 ,c'e/ que v\s aviez p*1 et que ,dieu aura v\lu v\s purifi]4 ,mais ceci impliqu]ait une extrme inju/ice de ,dieu1 puisque le *tim5t et tomb sur beauc\p d'innoc5ts4 ,on s5t que ce ne sont l que des raisons vasives4--,les *efs rev9r5t encore pleur] et consult]3 alors l'oracle leur assura la victoire1 qui cette fois eut lieu2 mais la leon avait r5du le prtre et les *efs plus prud5ts2 ils avai5t conc]t un /ratagme auquel ils la dur5t4 ,dans la gu]re du prtre babyloni5 ,blsys contre ,s>danapale1 n\s voyons le mme cas arriv]4 ,,tat ,,physique ,,de ,,la ,,corse4 ,,tat ,,physique ,,de ,,la ,,corse4 ,la ,corse e/ une le de la ,mdit]rane1 situe obliquem5t entre l',italie1 qui l'avois9e au levant1 et la ,france qu'elle reg>de au nord1 et nord-oue/3 au sud1 elle n'e/ sp>e de la ,s>daigne1 que p> un dtroit de trois lieues1 t&is qu' l'oue/ sa cte e/ baigne p> une va/e m] qui ne tr\ve de limites qu'aux rivages de l',espagne4 ,sa latitude1 selon des obs]vations rc5tes et prcises des +nieurs du cada/re de cette le1 e/ entre les #da #ba' #jd1 et #dc #jj' #jd nord2 ce qui dt]m9e sa longueur #a #ci' #jd2 sa longitude entre les #f #aa' #dg1 et #g #ac' #jc1 pris du mridi5 de ,p>is1 fixe sa plus gr&e l>geur #a #ja' #af4 ,mais comme sa =me e/ ovale1 ab/raction faite de la longue saillie du cap ,corse1 il s'en faut beauc\p que le c>r rsultant de ces dim5sions soit ple94 ,les inc]titudes et les v>iantes des auteurs sur son valuation1 vi5n5t d'tre rsolues p> les +nieurs du cada/re2 et dsormais1 l'on devra1 sur leur autorit1 port] la sup]ficie de la ,corse #ddb lieues #hd_/ajj1 faisant #b1jgb1dda arp5ts #be p]*es 7l'arp5t de #bj pi$s p\r p]*e71 ou #hgd1gda hect>es #ai ares #bf c5ti>es4 ,cette sup]ficie1 qui ma9ti5t la ,corse au c9quime rang de gr&eur des les de la ,mdit]rane1 la place au premi] des dp>tem5ts de ,france2 mais lorsque n\s f]ons le calcul de ses rocs arides et incultivables1 elle ne s]a pas t5te de se prvaloir de ce mrite1 puisqu'elle se tr\ve au d]ni] rang des valeurs4 ,a proprem5t p>l]1 la ,corse n'e/ qu'un entassem5t de ro*]s1 dont les nombreux *anons s'lv5t brusquem5t des bords de la m]1 p\r all] v]s le c5tre de l'le1 se jo9dre une ligne dom9ante qui c\rt du midi au nord2 on la suit sans int]ruption depuis les cr\pes arides du ,cagna en face de ,bonifacio1 jusqu'aux sommets nuageux de ,monte-,grosso sur ,calvi2 dans t\t cet espace1 elle m>*e sur une hauteur de #hjj #adjj toises1 m>quant au lo9 sa r\te p> les po9tes leves de ,coscione1 la ,cappella1 ,d5oso1 d',oro-,rotondo1 ,paglia-,orba1 et ,monte-,grosso#ge2 l mme elle se replie l'e/1 jusqu'aux montagnes de ,t5da et d',a/o1 o elle tombe sur une bran*e infrieure de #f #gjj toises de hauteur1 qui vi5t du cap ,corse1 et va se t]m9] p> les sommets du ,san-,pietro et ,sant-,angelo1 la valle du ,tavignano2 de ces deux lignes de sommets1 mais pr9cipalem5t de la premire1 les eaux des neiges et des pluies se v]sant droite et gau*e1 plong5t dans des vallons qui vont en =me de conques se p]dre la m]2 et si l'on rem>que que de ses rivages au comble des monts1 il n'y a pas quelquefois quatre lieues de ligne droite1 et jamais plus de d\ze2 que p> consqu5t1 la p5te du t]ra9 e/ excessivem5t incl9e1 l'on concevra que les eaux s'y prcipit5t plutt qu'elles n'y c\l5t2 que leur m>*e s'y fait p> sauts et p> bonds2 que1 tantt p> les fontes des neiges et les gr&es pluies1 elles =m5t des torr5ts qui debord5t ple9es valles2 et que tantt puises1 elles laiss5t sec un lit de pi]res et de caill\x3 que p> ce jeu1 les t]res lgres sont emportes1 les p5tes d*ires1 les cimes dnudes1 les ro*]s m9s1 r5v]ss2 et que la nature y prs5te p>t\t une scne gr&s m\vem5ts viol5ts2 aj\tez ce tableau1 le coloris d'une b&e suprieure de sommets neigeux durant l'hiv]1 gristres l't2 d'une moy5ne rgion de p5tes1 tapisse d'arbres et arbu/es t\j\rs v]ts2 et d'une plage m>itime1 s\v5t m>cageuse1 o les eaux s'g>5t dans des sables qu'elles n'ont plus la =ce de r\l]2 jetez sur ce paysage des blocs de granit1 de m>bres1 de jaspes r\x et gris2 des cascades1 des sap9s1 des *taigni]s1 des *nes v]ts1 des l5tisques1 des az]oli]s1 des myrtes1 des bruyres1 et v\s aurez de la ,corse une ide pittoresque aussi ju/e qu'en puisse procur] le s\v5ir des objets passs4 ,rev5ons aux ides gographiques3 en trav]sant l'le dans sa longueur1 la haute *ane dont j'ai p>l1 la p>tage en deux portions trs-di/9ctes1 surt\t raison de la difficult de leurs communications rciproques3 l'on ne peut pass] de la cte d',ajaccio celle de ,ba/ia1 qu'en fran*issant la b>rire des ,monts1 p> des gorges appeles ju/e titre dans le pays des ,escali]s 7,scale74 ,une des plus clbres et la plus pratique de ces gorges1 celle dite de ,bogognano1 ou de ,vizzavona1 e/ un canal d'environ #ejj toises de l>geur1 et de #djjj de longueur1 sur une lvation de #ajjj au-dessus du niveau de la m]4 ,dans ce canal tapiss d'une =t de sap9s1 de htres1 et de quelques *taigni]s1 les neiges s'entass5t de deux1 trois1 et jusqu' six pi$s de hauteur2 et elles ob/ru]ai5t le passage p5dant des mois enti]s1 si une police s\v5t nglige ne les faisait dblay] p> les villages vois9s4 ,il rsulte donc de cet tat une division naturelle1 sur laquelle les ,itali5s ,gnois et ,pisans1 ont1 ds long-temps1 calqu leur division adm9i/rative de pays d'en-de1 et de pays d'au-del les monts2 ou encore de b&e intrieure1 et de b&e extrieure4 ,mais comme ces dnom9ations1 relatives au cont95t de l',italie1 cess5t de conv5ir en *angeant de lieux2 qu'en ,corse mme elles sont quivoques1 puisqu'elles sont rciproquem5t employes p> les deux p>ties1 je ne dsign]ai dsormais les deux ctes opposes1 que p> les noms de cte d'e/ ou ori5tale1 appliqu celle qui reg>de l',italie2 et de cte d'oue/1 ou occid5tale1 celle qui reg>de l',espagne4 ,dans l'usage des ,gnois et des ,corses1 l'en-de compr5ait aussi la cte du nord1 c'e/--dire le ,nebbio et la ,balagne raison de la facilit des communications et de l'unit de rgime3 et alors l'au-del ne =mait qu'un ti]s de la totalit de l'le1 puisqu'il ne comptait que v+t et un cantons ou pives contre qu>ante-c9q4 ,mais si l'on v\lait tablir une division raisonne1 il faudrait faire de cette cte du nord une troisime rgion1 puisqu'elle a d'ailleurs1 a9si que les deux autres1 des c>actres di/9ctifs et p>ticuli]s4 ,ceux de la cte d'e/1 sont une plage en gnral basse1 m>cageuse et dp\rvue de ports2 un air pesant et humide2 un sol mo9s lev et plus gras3 ceux de la cte d'oue/1 au contraire1 ont un air vif et v5til2 un t]ra9 sablonneux et trs-lev1 une plage s*e taille pic et ple9e de golfes et de ports3 et ceux de la cte du nord1 un air plus salubre1 plus tempr2 un ordre de saison plus gal4 ,mais ce qui tablit la diffr5ce la plus rem>quable entre ces rgions1 e/ la nature mme du sol1 qui1 dans la b&e d'e/ depuis le cap ,corse jusqu'au ,tavignano1 c'e/--dire dans t\te la *ane infrieure1 e/ gnralem5t calcaire1 t&is que dans la b&e d'oue/ et dans celle du nord1 c'e/--dire dans t\te la haute *ane1 il e/ purem5t graniteux1 l'exception de trois ou quatre po9ts calcaires1 tels que ,bonifacio1 ,sa9t-,flor5t1 et un des sommets de ,v5aco1 d'o l'on a tir la *aux des deux =ts de la gorge de ,viv>io4 ,ce s]ait l'occasion sans d\te1 de faire sur cette s+ul>it des re*]*es et des rflexions physiques2 mais cette p>tie tant trangre mon objet1 le lecteur me p]mettra de le r5voy] deux mmoires de ,m4 ,b>ral1 +nieur des ponts et *ausses en ,corse1 qui l'a spcialem5t traite1 et qui a donn une nom5clature dtaille de t\tes les espces de granits1 m>bres1 jaspes et autres pi]res dont la ,corse e/ malheureusem5t trop ri*e4 ,un article qui se lie mieux mon sujet p> son utilit e/ celui des eaux !rmales et des m9es4 ,quoique l'on ait p>l des m9es d'arg5t prs de ,caccia1 de plomb et de cuivre en d'autres endroits1 il p>at que la ,corse n'en possde que de f]rug9euses dans le ,nebbio ,nonza prs de ,fossa d',arco2 et la r>et du bois1 la *]t des transports1 et le vois9age de la ri*e m9e d',elbe1 ne leur laiss que bi5 peu de mrite4 ,les eaux m9rales et !rmales ont inf9im5t plus de prix2 l'on en compte plusieurs s\rces de div]ses espces3 l'une des plus clbres e/ celle de ,pietra-,pola1 ou ,fium',orbo2 cte d'e/1 sur le torr5t d',abatesco1 canton de ,ca/ello1 di/rict de ,c]vione4 ,ses eaux sont !rmales sulfureuses1 et port5t leur *aleur dans le puits pr9cipal1 jusqu'au #de degr de ,raumur4 ,des expri5ces multiplies ont con/at leur efficacit dans les maladies de la peau1 dans les ob/ructions des viscres1 dans les rhumatismes les plus invtrs1 et mme dans la g\tte et les maladies vnri5nes2 mais on y *ange ces maladies contre la fivre de m>ais1 p>ce que le lieu tant ds]t et sauvage1 l'on y manque de t\tes les commodits ncessaires2 l'on e/ oblig de s'y faire des cabanes de feuillages1 dans lesquelles le v5t saisit les malades et rp]cute la transpiration de la manire la plus dang]euse2 d'ailleurs le lieu e/ malsa91 p>ce qu'tant situ au fond d'un vallon1 t\tes les vapeurs des m>ais de la plage1 qui en e/ remplie1 vi5n5t s'y eng\ffr]4 ,il p>at que jadis les ,roma9s se s]vai5t de ces ba9s1 c> l'on y tr\ve des traces de btim5t1 des dbris de canaux enfoncs1 des grad9s1 et quelques re/es d'une salle qui fut revtue intrieurem5t de p\zzolane2 le t\t d'une telle paisseur et d'une telle solidit1 que l'on y reconnat s5siblem5t la ma9 des matres de l',italie4 ,au re/e1 il p>atra quelque j\r1 sur cette s\rce1 un mmoire analytique fait p> des g5s de l'art1 et dont on m'a communiqu le manuscrit4 ,une autre s\rce non mo9s clbre sur la cte d'oue/1 e/ celle de ,guagno deux lieues de ,vico2 l'on n'en a pas fait l'analyse1 mais ses effets sont absolum5t les mmes4 ,ses inconvni5ts aussi sont gaux1 c> l'on n'y tr\ve pas plus de sec\rs1 ni de commodits4 ,il n'y a de t\te con/ruction que les murs ru9s de deux petites *ambres sans toit1 et un bass9 rond en p\zzolane de huit pi$s de diamtre1 et de trois de pr(ondeur avec ses bancs ou grad9s4 ,le rob9et donne environ un p\ce cube d'eau qui m>que #db degrs de *aleur4 ,si l'on =mait1 soit l1 soit au ,fium',orbo1 un tablissem5t commode et bi5 dirig1 il procur]ait les sec\rs les plus prcieux1 non-seulem5t la ,corse1 mais encore l',italie et t\t le midi de la ,france4 ,l'article seul des soldats franais indemnis]ait de t\te dp5se2 c> on e/ime qu'il en cote plus de v+t mille livres p> an p\r envoy] les malades aux eaux du cont95t1 sans compt] la p]te du temps1 et la circonscription que l'on donne la li/e des malades4 ,il y a encore des eaux !rmales ,guitra1 canton de ,talavo2 mais l'on n'y tr\v]as mme de bass91 et il faut s'y baign] dans la b\e4 ,en eaux m9rales froides1 les plus ju/em5t vantes1 sont celles d',orezza1 cte d'e/1 di/rict de la ,porta1 prs des s\rces de ,fium',alto4 ,elles sont acidules et gazeuses tel po9t1 qu'elles bris5t les b\teilles1 et piqu5t le nez1 comme le v9 de ,*ampagne2 elles conti5n5t du f] et du sel m>92 elles sont s\v]a9em5t efficaces dans les cas d'ob/ructions1 d'hydropisie1 de maux d'e/omacs invtrs avec vomissem5t1 de migra9es1 de coliques1 de m>asme1 de suppression ou de p]tes dans les femmes1 etc4 ,on compte dans t\t le pays vois9 huit ou dix de ces s\rces1 mais la meilleure e/ celle de ,/azzona1 au lieu que j'ai indiqu2 elle a d'autant plus de prix1 qu'elle e/ la seule avec celle de ,vals qui exi/e dans le midi de la ,france1 et qu' leur dfaut on e/ oblig d'all] jusqu'en ,lorra9e4 ,l'hi/ori5 ,filipp9i rapporte qu'un savant et *>itable vque de ,nebbio avait fait des re*]*es sur t\tes les eaux m9rales de ,corse2 mais les lumires d'alors ne suffisai5t pas p\r cette p>tie1 difficile encore auj\rd'hui1 et ces re*]*es ne n\s procur5t que les noms des s\rces de ,c>ozzica1 ,pantone di ,cacci1 de ,m>anzana prs de ,m>iana2 de ,nebbio et ,campo ,c>detto1 qui veul5t tre prises *audes2 et d',attalla1 sur la r\te de ,s>t5o4 ,il semblait que ces eaux m9rales et !rmales duss5t t5ir des volcans2 mais l'on n'en ap]oit aucune trace en ,corse1 malgr le vois9age de l',italie4 ,l'on n'y connat pas davantage les tremblem5ts de t]re1 et du mo9s la nature1 en refusant cette le les ri*esses de ,naples et de ,mess9e1 lui a accord p\r ddommagem5t la scurit4 ,l'on ne peut pas non plus accus] la nature de l'avoir maltraite p\r le climat2 j'y en ai tr\v1 comme dans la ,syrie1 trois bi5 di/9cts1 mesurs p> les degrs d'lvation du t]ra93 le premi] qui e/ celui de t\te la plage m>itime embrasse la rgion infrieure de l'atmosphre depuis le niveau de la m]1 jusque v]s #cjj toises p]p5diculaires d'lvation1 et celui-l porte le c>actre qui convi5t la latitude de l'le1 c'e/--dire qu'il e/ *aud comme les ctes p>allles d',italie et d',espagne4 ,le second e/ celui de la rgion moy5ne1 qui s't5d depuis #cjj toises jusque v]s #ijj toises1 et mme v]s #ajjj toises2 et il ressemble notre climat de ,france1 p>ticulirem5t celui de la ,b\rgogne1 du ,morvan et de la ,bretagne4 ,le troisime e/ celui de la rgion suprieure1 ou cime des montagnes1 et ce d]ni] e/ froid et temptueux comme la ,norwge4 ,dans le premi] climat1 c'e/--dire1 sur t\te la cte de la m]1 il n'y a1 proprem5t p>l]1 que deux saisons3 le pr9temps et l't2 r>em5t le !rmomtre y desc5d au-dess\s d'un ou deux degrs s\s zro1 et il ne s'y ma9ti5t que peu d'heures4 ,sur t\tes les plages1 le soleil1 mme en janvi]1 se montre *aud1 si le v5t ne le tempre2 mais les nuits et l'ombre y sont froides1 et le sont en t\tes saisons4 ,si le ciel s'y voile1 ce n'e/ que p> int]valles2 le seul v5t de sud-e/1 le l\rd scirocco1 apporte les brumes tnaces que le viol5t sud-oue/ se plait *ass]4 ,s'il fait mauvais1 c'e/ p> temptes2 s'il pleut1 c'e/ p> ondes3 la nature n'y m>*e que p> extrmes4 ,a pe9e les froids modrs de janvi] sont-ils ramollis1 qu'un soleil caniculaire leur succde p\r huit mois1 et la temprature passe de huit degrs dix-huit1 et jusqu' v+t-six l'ombre4 ,malheur la vgtation1 s'il ne pleut dans les mois de m>s ou avril2 et ce malheur e/ frqu5t3 aussi dans t\te la ,corse1 les arbres et arbu/es sont-ils gnralem5t des espces feuilles dures et coriaces qui rsi/5t la s*]esse1 tels que le lauri]-c]ise1 le myrte1 le cy/e1 le l5tisque1 l'olivi] sauvage dont la v]dure vivace tapisse en t\t temps les p5tes1 et contra/e d'une manire pittoresque avec les blocs gris et r\x de granit et de m>bre4 ,dans ce climat infrieur sont situs les ports et villes pr9cipales de l'le1 tels que ,ba/ia1 ,porto-,vec*io1 ,bonifacio1 ,ajaccio1 ,calvi1 l',ile-,r\sse1 ,sa9t-,flor5t3 l1 comme ,hyres1 l'on peut cultiv] en ple9 sol1 des orang]s1 des citronni]s1 et t\tes les plantes des pays *auds2 le j>d9 de la famille ,ar5a l',ile-,r\sse1 et deux ou trois v]g]s prs d',ajaccio en (fr5t d'heureux exemples1 puisque l'on y cueille des oranges et des citrons de la plus gr&e beaut2 mais dans ces j>d9s1 il faut se g>d] de l'attrait des ombrages et de la fra*eur des eaux si re*]*es dans le nord de la ,france4 ,en ,corse1 comme dans t\s les climats *auds1 les vallons1 les eaux1 les ombrages1 sont presque pe/il5tiels2 l'on ne s'y promne po9t le soir sans y recueillir des fivres longues et cruelles1 qui1 mo9s de *ang] absolum5t d'air1 se t]m95t p> l'hydropisie et la mort4 ,n\s en avons fait de cruelles preuves dans nos colonies de ,gal]ia1 de ,*iav>i1 de ,pat]no1 au camp des ,lorra9s1 puisque de t\s les sujets envoys1 il n'en survivait au b\t de trois ans qu'un trs-petit nombre4 ,dans le second climat1 c'e/--dire1 dans les montagnes1 depuis le niveau de #cjj1 jusqu' #ijj et mme #ajjj toises1 les *aleurs sont plus modres1 les froids sont plus longs1 plus vifs2 la nature e/ mo9s extrme1 sans tre mo9s v>iable4 ,du j\r la nuit1 du mat9 midi1 de l'ombre au soleil1 du v5t l'abri1 les passages de temprature sont frqu5ts et brusques3 la neige et la gele1 qui se montr5t ds novembre1 p]si/5t quelquefois p5dant qu9ze ou v+t j\rs4 ,il e/ rem>quable qu'elles ne tu5t po9t les olivi]s jusqu' la hauteur d'environ #fjj toises2 que mme la neige les r5d plus fconds4 ,le *taigni] qui les accompagne depuis #cjj toises1 semble tre l'arbre spcial de ce climat1 puisqu'il f9it v]s mille toises1 et cde la place aux *nes v]ts1 aux sap9s1 aux htres1 aux buis1 aux g5evri]s plus robu/es contre la viol5ce des hiv]s4 ,c'e/ aussi dans ce climat qu'habite la majeure p>tie de la population ,corse1 disp]se dans des hameaux et villages situs la plup>t gnralem5t sur des po9tes1 et aux endroits v5tils4 ,une telle position e/ p\r eux une condition ncessaire de salubrit2 c> dans cette rgion comme dans l'infrieure1 les bas-fonds1 vallons1 et conques1 sont avec raison dcris p\r leur mauvais air1 soit raison de son humidit1 soit raison de ses excs de temprature oppose2 c> dans t\s les vallons et conques1 o l'air e/ /agnant1 le mo9dre soleil produit une *aleur qui prive la respiration de son alim5t4 ,c'e/ ce que l'on pr\ve en p>tie ,cort1 qui1 quoique au niveau de prs de #gjj toises1 pr\ve en t des ardeurs plus viol5tes et plus op9itres que la plage1 puisqu'elles ne se calm5t mme pas p5dant la nuit4 ,en juillet #ib1 l'on y a vu le !rmomtre #cj degrs l'ombre1 p5dant plusieurs j\rs1 t&is qu'en dcembre #hh1 il tait tomb jusqu' #d degrs s\s zro4 ,dans un mme j\r1 le #d fvri] #ib1 je l'ai vu midi m>qu] l'ombre et au v5t du nord1 #c degrs au-dessus de zro2 et prs5t au soleil au rev]s du mme mur1 il m>quait peu de m9utes aprs #bj degrs2 en sorte que l1 comme au ,mexique1 on peut dire avec l',espagnol1 que l'hiv] et l't ne sont sp>s que p> une cloison2 ce qui provi5t surt\t de la disposition du local en conque dont les p>ois composes de rocs nus1 reflt5t en t l'ardeur qui les brle1 et en hiv] la bise piquante des neiges dont elles se tr\v5t tapisses4 ,le troisime climat1 celui de la haute cime des monts e/ le sige des frimas et des ouragans p5dant #h mois de l'anne1 et d'un air p>faitem5t pur ou sem de nuages lg]s p5dant la saison d't4 ,les seuls lieux habits dans cette rgion1 sont le ,niolo1 et les deux =ts de ,viv>io et ,bogognano1 ou plus proprem5t de ,vizzavona1 situs aux deux extrmits de la gorge ou canal de ce nom4 ,les qu9ze v+t ,suisses qui viv5t en g>nison dans *acun1 se l\5t de la d\ceur du climat depuis mai jusque v]s septembre1 et de l'excell5ce de l'air en t\te saison4 ,il n'e/ po9t de fivre contracte la plage1 qui ne s'y gurisse en qu9ze j\rs4 ,mais p5dant l'hiv]1 ces =ts battus d'ouragans furieux1 et s\v5t clos p> six dix pi$s de neige1 sont une vraie prison o l'on vit de provisions sales comme dans un vaisseau4 ,il y a entre eux deux cette diffr5ce que dans celui de ,viv>io1 situ du ct de l'e/1 l'air e/ sec1 et que ni le pa9 ni le bois ne s'y moisiss5t1 t&is que dans celui de ,vizzavona1 situ #djjj toises seulem5t1 du ct de l'oue/1 les murs sont sans cesse humides1 et les plan*]s dja p\rris4 ,au-dessus de ces =ts1 l'il n'ap]oit plus de vgtaux que quelques sap9s susp5dus des ro*]s gristres3 sj\r sauvage1 il e/ vrai1 des oiseaux de proie et des btes fauves3 mais1 qui1 t\t affreux qu'il p>at1 (fre un puissant sujet d'intrt au contemplateur de la nature1 puisque c'e/ l qu'elle tablit p> les amas de neiges et de glace1 les provisions d'eau1 des s\rces et des rivires p\r t\te l'anne4 ,jadis ces cimes tant plus hautes encore et plus c\v]tes d'arbres1 il n'e/ pas d\teux que les neiges n'y fuss5t plus abondantes1 plus durables1 et que mme il n'y et des glaci]s1 puisqu'il en re/e encore un petit sur un rev]s du ,monte-,rotondo4 ,mais mesure que les rocs s'cr\l5t et se dp\ill5t1 ces utiles provisions dim9u5t2 et ce qui aj\te l'importance de l'obs]vation que j'ai faite sur la cons]vation des bois1 c'e/ qu'en mme temps que le pays e/ mo9s abreuv1 il e/ mo9s salubre1 puisque l'intemprie comm5ce et f9it prcism5t avec la disp>ition et le ret\r des neiges4 ,il rsulte de ce tableau que la ,corse peut se considr] comme une masse pyramidale divise en trois tran*es d'air horizontales1 dont l'infrieure e/ *aude et humide1 la suprieure froide et s*e1 et la moy5ne p>ticipant de ces qualits4 ,or1 si l'on obs]ve que ces c\*es d'air sont p> leur nature mobiles et flottantes1 et de plus que la c\*e infrieure1 dilate p> la *aleur1 fait sans cesse ef=t contre la suprieure que le froid cond5se1 l'on concevra qu'il doit arriv] de frqu5ts drangem5ts dans leur quilibre1 ou plutt que sans cesse elles se mlang5t et se confond5t2 et ceci explique t\s les phnomnes physiques de ce climat1 et entre autres un problme de vgtation rem>quable3 on s'e/ s\v5t tonn que la vgtation en ,corse1 tant pe9e susp5due p5dant l'hiv]1 et se ranimant ds la f9 de janvi]1 ft cep5dant aussi l5te dans ses rsultats que dans le milieu de la ,france2 que1 p> exemple1 le from5t sem en novembre et vgtant sans gele la plage1 ne ft cep5dant mr qu' la f9 de juillet2 que la vigne qui fleurit en m>s1 ne ft propre la v5dange qu' la f9 de septembre et mme en octobre1 comme sur les coteaux de la ,loire2 mais l'tonnem5t cesse qu& on rfl*it que le degr de *aleur ncessaire la fructification1 e/ sans cesse int]rompu p> le froid piquant des nuits1 et de t\tes les bises neigeuses4 ,et cette alt]native de *aud et de froid a un effet de dia/ole et de sy/ole1 qui sans d\te contribue la vigueur et l'n]gie que prs5te la vgtation des arbres2 c> ils ont ceci de rem>quable1 que leur dveloppem5t et leur =ce de sve surpass5t t\t ce que n\s voyons dans notre cont95t4 ,du se9 des rocs les plus secs1 p>t5t des troncs d'olivi]s qui lo9 d'tre rab\gris comme ceux de ,prov5ce1 s'lv5t droits et lisses la hauteur de #be #dj pi$s4 ,j'ai vu un sumac et un peupli]1 qui1 plants en fvri]1 n'ayant pas alors plus de dix-huit p\ces de hauteur1 avai5t au #be aot surpass celle de six pi$s4 ,a la pp9ire de l',ar5a en ,cas9ca1 les bran*es de citronni]s et d'orang]s tailles en aot1 et sur-le-*amp replantes1 donn5t des fruits l'anne suivante4 ,les mondes des poiri]s et des p*]s1 employes ram] des lgumes1 aprs tre re/es sur t]re p5dant dix et d\ze j\rs1 ont repris rac9e3 en sorte que l'+nieur franais qui r5dait compte de ce pays au m9i/re ,*oiseul1 avait presque raison de dire que si l'on y plantait un bton il pr5drait rac9e4 ,mais p\r rev5ir aux effets des div]ses c\*es d'air1 ils expliqu5t trs-bi5 p\rquoi la temprature en ,corse pr\ve les vicissitudes rapides dont j'ai p>l2 p\rquoi en t le v5t qui tombe des montagnes e/ brlant comme leurs ro*es1 t&is qu'en hiv] ce mme v5t e/ glacial comme la neige qui les c\vre2 p\rquoi dans un mme lieu1 et quelquefois dans un mme in/ant1 l'on pr\ve t\r t\r des c\rants d'air *aud et d'air frais qui pass5t comme des nuages4 ,et ceci m'amne naturellem5t p>l] du sy/me des v5ts dans cette le4 ,je ne rpt]ai po9t ce que j'ai dja dit de leur mcanisme dans mon voyage de ,syrie 7t4 #b71 et quoique j'aie tudi de n\veau cette matire sans avoir g>d mes op9ions antrieures1 il m'a p>u que mes n\velles obs]vations ne faisai5t qu'aj\t] la solidit des causes que je leur ai dveloppes4 ,en ,corse1 comme en ,syrie1 j'ai retr\v le v5t de t]re avec t\tes ses circon/ances2 tombant le soir des hautes montagnes1 mesure que l'air refroidi se cond5se et s'appesantit2 remontant de la m] le mat91 prcism5t lorsque le soleil *auffe la t]re1 et que l'air dilat grimpe le long des ro*es1 et dcle sa m>*e p> les flocons nbuleux qu'il entrane2 plus rguli]1 plus s5sible l't o les contra/es extrmes sont plus prononcs2 plus faible1 plus int]rompu l'hiv] o l'atmosphre se ressemble davantage1 et o les gr&s v5ts en occup5t l'empire4 ,ce v5t de t]re e/ surt\t rem>quable sur la cte d'oue/1 et dans le golfe d',ajaccio1 o il imite p>faitem5t les brises des ,antilles1 sans d\te p> la raison que dans cette p>tie la p5te des montagnes plus rapide1 essuie en outre la plus =te *aleur du j\r2 et lorsque je considre que le prolongem5t du golfe d',ajaccio dans l'intrieur des t]res1 e/ une valle droite et pr(onde1 o le v5t de m] remonte comme dans un tuyau1 il me p>at vid5t que c'e/ lui qui gorge d'humidit1 et fait au =t de ,vizzavona le dpt dont j'ai p>l1 et qui devi5t d'autant plus ncessaire1 que l1 il r5contre une =t de sap9s1 et habituellem5t un v5t contraire qui le =ce de dpos]4 ,en gnral1 il n'exi/e jamais p\r la ,corse un mme v5t1 un mme c\rant d'air2 alors mme que t\te l'atmosphre de la ,mdit]rane s'branle dans une mme direction1 ce gr& fleuve d'air produit p\r la ,corse des t\rnoiem5ts1 des contre-reflux1 des dviations absolum5t semblables ceux que l'on rem>que dans les fleuves d'eau1 aux piles des ponts1 aux grves aux ro*]s2 dans t\s les ob/acles de cette espce1 l'on peut obs]v] qu'il se fait aux po9tes d'avant1 mais surt\t celles d'arrire1 c'e/--dire au bas du c\rant1 des m\vem5ts de t\rbillon1 d'eng\ffrem5t1 de dviation1 trs-compliqus1 et cep5dant s\mis des lois fixes de frottem5t et de rapidit1 de la "p des lames d'eau qui se heurt5t ou qui gliss5t les unes contre les autres4 ,a la diffr5ce prs de lgret1 ces effets sont les mmes dans les c\rans d'air1 et les deux po9tes de la ,corse en (fr5t des preuves palpables2 c> il arrive t\s les j\rs qu'un vaisseau vogue p> un v5t d'oue/ v]s le ,cap-,corse ou ,bonifacio1 et qu' pe9e il a dpass la po9te1 il se voit pris p> un v5t deb\t1 qui lui plie ses voiles1 et le promne en lignes c\rbes et en circuit4 ,les m>9s sav5t qu' ces deux po9tes il rgne habituellem5t des v5ts opposs et t\j\rs viol5ts1 p>ce qu'ils y sont ress]rs comme dans un dtroit4 ,le canal ou b\*e de ,bonifacio e/ clbre p\r les v5ts t]ribles2 ceux du sud-oue/ y sont si con/ants1 que t\s les arbres y sont incl9s dans le s5s de leur s\ffle1 et que les olivi]s avec leurs bran*es jetes d'un seul ct1 prs5t5t l'aspect s+uli] de femmes *eveles dans les temptes de ,v]net4 ,la mme *ose arrive au ,cap-,corse1 et y r5d impossible la culture des gra9s et de t\tes plantes tiges faibles3 obs]vez d'ailleurs1 qu'un mme v5t *ange de direction selon les ctes qu'il r5contre1 et que le v5t qui e/ oue/ sur la b&e d',ajaccio1 devi5t sud-oue/ ,calvi et au ,cap-,corse4 ,c'e/ ce sud-oue/ qui rgne habituellem5t sur ces p>ages1 et qui1 lorsqu'il fran*it les montagnes de ,sa9t-,flor5t1 tombe avec tant de roideur sur ,ba/ia1 qui e/ au rev]s de la cte1 #ejj toises de pr(ondeur1 qu'il enlve quelquefois les toits des maisons1 et que l'on e/ jusqu' #h j\rs sans que l'on puisse sortir4 ,les vieill>ds du pays assur5t qu'autrefois ce v5t ne passait pas au del du ,bev9co1 et ma9t5ant il ravage au lo9 t\te la pla9e4 ,ce fait con/at tr\v]ait trs-bi5 sa solution dans le dp\illem5t du mont ,p5da1 et des hauteurs adjac5tes1 jadis c\v]tes des sap9s et des *nes de la =et de ,/ella1 auj\rd'hui rase4 ,l'on ne donne po9t assez d'att5tion l'importance des bois sur les cimes des hauteurs1 et il faudra que quelque j\r un g\v]nem5t clair dresse un code spcial sur cette p>tie de la ri*esse et de la sant publiques4 ,p> opposition aux v5ts d'oue/ et sud-oue/1 rgnants sur la b&e d',ajaccio1 les v5ts d'e/ et sud-oue/ dom95t sur celle de ,ba/ia4 ,d'aprs les obs]vations des +nieurs du cada/re du t]ri]1 ils y occup5t eux seuls les c9q siximes de l'anne3 leurs effets y sont diamtralem5t contraires ceux de leurs antagoni/es2 c> t&is que l'oue/ et sud-oue/ dess*5t t\t ,bonifacio1 ,calvi1 au ,cap-,corse1 l'e/ et surt\t le sud-e/ engraiss5t et fom5t5t la vgtation p> leurs br\ill>ds moites1 et p> leurs d\ces pluies1 depuis ,ba/ia jusqu' ,porto-,vec*io2 mais ils comp5s5t *rem5t ce bi5fait l'g>d des animaux p> le malaise et l'accablem5t dont ils les affect5t4 ,le sud-e/ p>ticulirem5t r5d la tte pesante1 le corps fivreux1 l'e/omac nausabond2 c'e/ lui qui e/ si ju/em5t dcri en ,italie s\s le nom de scirocco ou v5t syri51 et dans nos prov9ces du ,midi1 s\s le nom de v5t m>94 ,ses mauvaises qualits s'exalt5t sur la cte ori5tale de ,corse1 p> les nombreux m>ais dont elle e/ borde2 il contribue mme leur =mation1 en imprimant la m] un m\vem5t qui engorge de sable t\tes les emb\*ures des rivires1 et les f]me dans le s5s de sa direction4 ,p> ce mcanisme1 les eaux dbord5t facilem5t1 se rp&5t1 /agn5t1 se corromp5t2 et qu& la *aleur vi5t1 leurs exhalaisons p\sses p> l'e/ et le sud-e/ au pi$ des montagnes1 y caus5t l'insalubrit dont on s'y pla9t des hauteurs et des di/ances considrables2 elles remont5t mme dans l'intrieur du pays p> les canaux des vallons1 et on leur attribue entre autres ce qui se passe l'aub]ge de ,ponto-,nuovo sur le ,golo1 o l'air e/ tellem5t vici1 que l'on n'y c\*e pas deux nuits sans y pr5dre la fivre4 ,cep5dant si1 comme il e/ vrai1 t\t vallon en ,corse e/ malsa91 il faut admettre ce phnomne une raison plus gnrale1 et elle me p>at exi/] dans la /agnation de l'air1 dans l'alt]native du *aud et du froid1 mais p>-dessus t\t1 dans l'humidit excessive du soir et de la nuit4 ,au re/e1 en ,corse1 comme dans t\s les pays *auds1 t\t v5t qui passe sur un m>ais1 devi5t malsa9 une di/ance proportionne au volume des exhalaisons qu'il transporte4 ,porto-,vec*io (fre en ce g5re un fait vraim5t lum9eux4 ,l1 ce mme v5t d'e/ et presque de sud-e/1 qui empe/e les villages situs s\s la direction des m>ais de ,biguglia et d',alria1 e/ le v5t agrable et sa91 p>ce qu'il vi5t immdiatem5t de la m]2 t&is que le v5t d'oue/ et sud-oue/1 si sa9 ,bonifacio1 e/ pe/ifr ,porto-,vec*io1 p>ce qu'il y p\sse t\te la vapeur du m>ais qui e/ une demi-lieue dans le sud-oue/4 ,il y a plus1 ce mme v5t d'e/1 salubre ,porto-,vec*io1 devi5t en t pnible et malsa91 jusque sur les hauteurs de ,qu5za2 et1 lorsque de l il retombe sur ,s>tn et ,ajaccio1 il gale le kams9 d',egypte1 p>ce qu'il arrive *>g de t\t le feu des ro*es peles1 la ,rocca4 ,cet exemple seul dveloppe la ?orie des v5ts2 quant leurs qualits1 il suffit d'inspect] la c>te gographique p\r savoir quel v5t e/ humide1 et quel v5t e/ sec dans un pays4 ,si l'oue/ et le sud-oue/ sont si secs en ,corse1 on s5t que c'e/ p>ce qu'ils arriv5t du va/e cont95t de l',espagne1 o ils ont dpos leur humidit1 sans avoir eu le temps de la repomp] sur le bras troit de la ,mdit]rane qu'ils p>c\r5t4 ,si l'e/ et sud-e/1 au contraire1 sont les v5ts humides et pluvieux1 c'e/ p>ce qu'ils ont p>c\ru cette m] dans t\te sa longueur1 en provoquant p> leur *aleur son vaporation2 si le v5t du nord e/ frais et sec sur la cte de ,balagne1 o il rgne1 c'e/ qu'il vi5t du cont95t de ,france et des ,alpes2 et s'il e/ modr1 c'e/ qu'arrt p> la b>rire des monts1 et p> le ,cap-,corse1 il e/ =c de se t5ir dans un tat de /agnation et de rem\s4 ,d'aprs ces dtails1 il s]ait sup]flu de m'appesantir sur l'ordre des saisons4 ,j'ai assez indiqu qu'il se rappro*e de celui de ,france4 ,de mai en septembre1 des v5ts modrs d'oue/ sur la cte d',ajaccio1 et d'e/ sur celle de ,ba/ia1 p]mett5t une navigation commode en t\s s5s1 mais plus du nord au midi1 que du midi au nord4 ,p5dant le re/e de l'anne1 les v5ts sont v>iables et la m] trs-capricieuse4 ,l'qu9oxe d'automne =me une poque trs-rem>quable1 en ce qu'il arrive alors dans l'atmosphre une rupture d'quilibre qui amne sur la cime des monts1 des ouragans et la premire c\*e de neige4 ,cette premire neige e/ le signal du ret\r de la salubrit dans t\te l'le3 l'air se rafra*it1 les eaux se purifi5t1 les fivres se calm5t2 cet tat dure jusqu' la f9 de mai1 c'e/--dire1 jusqu' ce que ces mmes neiges soi5t entirem5t fondues4 ,alors l'intemprie de l'air et des eaux recomm5ce1 de manire qu'en ,corse1 la mauvaise saison e/ l't4 ,l'on a vu en c]ta9es annes jusqu' huit mois s'c\l] sans pluie2 cela n'emp*e pas qu'il n'en tombe communm5t #bb #bc p\ces1 c'e/--dire1 deux p\ces de plus qu' ,p>is4 ,mais l'9gale rp>tition de cette eau et son c\lem5t trop brusque1 en dim9u5t beauc\p le bi5fait3 les roses y supplent en p>tie2 la ,corse leur doit cet aspect de v]dure qui la r5d plus agrable au c\p d'il que les p5tes nues de la ,syrie4 ,en comp>ant ces deux pays s\s d'autres rapports1 je tr\ve qu'ils se ressembl5t en plusieurs2 mais la balance des avantages me p>at tre au d]ni]1 mme p\r l'article important des s\rces qui y sont aussi bonnes et plus abondantes qu'en ,corse4 ,j'ai plong le !rmomtre dans les plus fra*es d'entre elles 7aqua bottita et ,campotile71 et elles ont galem5t m>qu c9q degrs au-dessus de la glace1 le #ba juillet et le #ae novembre1 quoique dans un cas la neige c\vrt de dix p\ces la t]re1 et que dans l'autre1 l'air ft #ah degrs2 ce qui explique p\rquoi elles sembl5t *audes en hiv] et froides en t4 ,t&is que ces pluies1 ces roses1 ces eaux donn5t de l'alim5t la vgtation1 un soleil ard5t et un air sal9 lui donn5t une n]gie de sve et une activit qui se manife/5t dans t\s les produits4 ,nos fleurs y ont une vivacit de p>fum bi5 plus exalte4 ,le #d fvri]1 ayant cueilli ,cort une v+ta9e de violettes1 je fus oblig de les rejet] de ma *ambre au b\t de mo9s d'une heure1 p>ce qu'elles m'enttai5t4 ,les fruits ont de mme une saveur trs-prononce1 et gnralem5t excell5te3 le rais91 les figues y sont exquis2 mais les *taignes ne val5t pas nos m>rons ents4 ,ce que les ,franais ont apport de pommi]s1 p*]s1 abricoti]s1 etc41 donne des fruits suprieurs aux ntres p\r la qualit2 mais les ,corses en nglig5t le so92 ils n'ont pas encore su jusqu' ce j\r cueillir de bonnes gr5ades ni de bons melons2 et le j>d9 des ,ar5a prs de l',ile-,r\sse1 e/ le seul qui produise d'assez bonnes oranges4 ,le miel de ,caccia1 dur comme la cire1 n'a po9t l'am]tume dont se pla9t ,virgile1 et peut le disput] au ,mahon4 ,j'ai dja p>l des pr9cipaux arbres et arbu/es de l'le3 le *ne v]t1 le *taigni]1 le sap91 l'ariccio1 ou plutt1 le p9 de "l ,weim\?1 font avec les liges la base des =ts et des bois2 l'az]oli]1 le myrte1 le l5tisque1 l'olivi] sauvage1 le cy/e1 l'alat]ne1 la gr&e bruyre1 sont celle des br\ssailles ou makiz1 selon l'expression du pays4 ,ils y croiss5t depuis deux jusqu' dix pi$s de hauteur1 selon la qualit du t]ra94 ,j'ai tr\v1 dans les campagnes de ,c]vione1 beauc\p de bagu5audi]s1 de faux bnes1 de g5ts d',espagne1 et d'autres arbrisseaux r>es *ez n\s2 et je ne d\te pas qu'un botani/e ne r5contrt dans l't5due de l'le des objets utiles et trs-curieux4 ,le sp>!1 ou jonc d',espagne1 objet de comm]ce important1 crot naturellem5t dans plusieurs m>ais d',ajaccio1 et a f\rni depuis c9q ans une bonne p>tie des cordages p\r la p*e du corail4 ,la s\de abonde sur la plage d',al]ia1 et remplit surt\t les rivages1 de mme que l'h]be aux v]s2 l'orseil1 prcieux en te9ture1 crot sur la plup>t des ro*]s4 ,dans le rgne animal1 la ,corse ne j\it pas de mo9s d'avantages2 elle e/ exempt des l\ps et possde t\t notre gibi]4 ,l'ours qui se tr\vait dans les =ts du temps de ,filipp9i1 en a disp>u depuis plus d'un sicle2 il ne re/e d'animal c>nassi] que le r5>d qui ose attaqu] les m\tons et les *vres4 ,les oiseaux de proie1 aigles et milans1 sont r>es2 et l'on ne voit ni scorpions ni s]p5ts dang]eux que la vipre4 ,dans les m>ais1 le gibi] d'eau y e/ abondant1 et aussi bon que son espce le comporte4 ,sur t]re1 la p]drix r\ge1 la seule qui se tr\ve dans l'le1 e/ grosse1 mais elle e/ s*e4 ,le livre e/ meilleur4 ,le lap9 n'a pu se multipli] que sur un petit ro*] en m]1 vis--vis de l',ile-,r\sse4 ,le rami]1 la t\rt]elle1 la caille et autres oiseaux de passage1 sont excell5ts2 mais ri5 n'gale le m]le des cantons d',ajaccio et de ,c]vione1 qui1 se n\rrissant depuis dcembre des baies de l5tisque et de myrte1 e/ un vrai b\quet p>fum2 celui de ,balagne1 qui mange des olives1 n'e/ qu'am] et maigre4 ,la pla9e d',al]ia1 la plus ri*e en gibi]1 donne des c]fs et des sangli]s de trs-petite race1 mais d'une *air bi5 suprieure aux ntres1 et quelques faisans4 ,le muffoli1 qui ne se r5contre que dans les hautes montagnes1 e/ une espce de gazelle trs-lgre1 trs-h>die1 qui ose se prcipit] de #cj #dj pi$s en bas1 sur ses cornes1 sans jamais se bless]4 ,dans les animaux dome/iques1 il e/ rem>qu] que t\tes les espces sont extrmem5t petites2 les *evaux n'ont communm5t que quatre pi$s quatre pi$s deux p\ces2 ceux qui dpass5t cette taille vi5n5t de ,s>daigne4 ,les bufs et va*es sont dans cette proportion4 ,le m\ton ne pse pas vivant plus de v+t-quatre tr5te livres2 il a cela de trs-p>ticuli]1 que sa la9e e/ un vrai poil de *vre1 non fris1 et p5dant la longueur de prs de quatre p\ces4 ,les ,corses n'en lv5t que de noirs1 c\leur cul de b\teille1 p>ce qu' ce moy51 ils sont disp5ss de te9tures4 ,les *vres1 qui sont le flau de l'le1 ne diffr5t en ri5 des ntres4 ,t\t ce btail e/ maigre1 vagabond1 demi-sauvage4 ,qu& on engraisse le m\ton1 le *evreau1 le porc1 leur *air e/ excell5te2 celle du porc surt\t1 qui n'a po9t ce vaveux indige/e qu'elle a en ,france et dans le cont95t4 ,il en e/ de mme de la volaille2 mais les ,corses pr5n5t r>em5t ces so9s4 ,ils ne sav5t gure mieux pr(it] p> la p*e1 du bi5fait de la m] qui f\rnit cep5dant d'assez bon poisson avec assez d'abondance3 outre le r\get1 la sole1 le turbot1 le sa9t-pi]re1 il passe *aque anne quelques ?ons v]s ,sa9t-,flor5t1 et des s>d9es aut\r de t\te l'le4 ,prs d',al]ia1 l'tang de ,diana f\rnit des hutres trs-grosses et trs-e/imes ,gnes1 p>ce que l'on n'y connat pas nos espces qui sont c]ta9em5t plus dlicates4 ,quant aux poissons d'eau d\ce1 ne tr\vant ni asile1 ni alim5ts dans les torr5ts pavs et encaisss de caill\x1 il n'y a que la seule truite qui puisse y vivre p>mi les cascades4 ,dans la pla9e1 des petites tortues et de petites anguilles essai5t de se ca*] dans le sable1 et t\t le re/e de nos poissons e/ inconnu4 ,rsumons en peu de mots cet tat physique de la ,corse4 ,une *>p5te de rocs1 qui du nord au sud1 et de deux *anes pr9cipales1 jette droite et gau*e des rameaux scabreux et c\ps2 des cimes dnudes et con=mes s\v5t en cri/allisations normes qui sembl5t les flots congels d'une m] agite2 une division v]ticale d'une b&e calcaire l'e/1 et d'une autre graniteuse l'oue/4 ,une division horizontale de trois rgions ou c\*es1 l'une *aude et humide1 l'autre froide et s*e1 et la moy5ne tempre4 ,une cte basse et gale l'ori5t1 p>ce que la m] d',italie1 encaisse et /agnante1 protge les attrissem5ts2 une cte d5tele et leve pic au c\*ant1 p>ce que la m] d',espagne et des v5ts viol5ts1 dploi5t une action rongeante2 un sol gnralem5t maigre1 mais trs-vgtable2 des vallons pr(onds1 des p5tes rapides1 une v]dure con/ante nuance de b&es r\sses ou bruntres de t]res et de blocs de pi]res2 un aspect vraim5t pittoresque et paysagi/e2 un ciel vif1 s\v5t sem de nuages2 un air agit2 un climat v>iable2 une nature1 non pas ri*e1 mais propre le dev5ir2 non pas excell5te1 mais qui n'att5d que la ma9 de l'homme p\r rcomp5s] t\s ses so9s3 telle e/ la ,corse4 ,tels sont les lm5ts physiques dont se compose la condition de ses habitants1 soit p> l'influ5ce qu'ils en pr\v5t1 soit p> l'usage et l'emploi qu'ils en font#gf4 ,,pr,,cis ,,de ,l',,tat ,,de ,,la ,,corse4 7,extrait du ,,moniteur des #bj et #ba m>s #agic47 ,,pr,,cis ,,de ,l',,tat ,,de ,,la ,,corse4 ,arriv depuis peu de l'le de ,corse1 aprs y avoir rsid un an1 je reois de frqu5tes que/ions sur l'tat de ce dp>tem5t3 dja j'ai satisfait celles du conseil excutif et du comit de df5se gnrale sur ses moy5s militaires et sur ses dispositions4 ,je me propose de prs5t] la nation entire un tableau complet de cette portion d'elle-mme1 dont on l'occupe beauc\p et qu'elle connat peu2 mais ce travail exigeant du temps1 et la notorit de c]ta9s faits dev5ant de plus en plus urg5te1 je me suis dt]m9 anticip] quelques rsultats2 je le dois d'autant plus1 qu'appel en ,corse p> une assemble lectorale p\r rgnr] le pays1 je me tr\ve revtu d'un c>actre compt5t2 et qu'aprs avoir puis t\s les moy5s d'opr] le bi5 sans sc&ale1 il ne me re/e1 p\r demeur] digne de la confiance nationale dont j'ai t honor1 que de d*ir] le voile de m5songe s\s lequel un ma*iavlisme a/ucieux opprime la lib]t du peuple corse1 et dvore la =tune du peuple franais4 ,je dcl>e donc1 comme faits rsultants d'une anne d'obs]vations3 #a ,que la ,corse1 p> sa con/itution physique1 p> les murs et le c>actre de ses habitants1 diffre totalem5t du re/e de la ,france1 et que l'on n'en peut jug] p> la comp>aison de t\t autre dp>tem5t4 #b ,que p> la nature du g\v]nem5t s\s lequel ont vcu les ,corses1 ils ont contract des habitudes vicieuses1 p>ticipant de l'tat sauvage et d'une civilisation comm5ce4 #c ,que ne =mant qu'une petite socit de #aej1jjj ames1 pauvre p> le sol1 divise p> ha9es de famille1 agite de passions d'autant plus viol5tes qu'elles circul5t dans un c]cle troit1 corrompue p> le plus p]v]s des g\v]nem5ts1 le g\v]nem5t des ,gnois2 ass]vie p> le sceptre svre des ,franais2 la nation corse enf91 affran*ie p> la rvolution1 s'e/ tr\ve1 sans aucune1 in/ruction pralable1 saisie du droit de se g\v]n]2 et que1 p> ress5tim5t et p> esprit national1 ayant *ass t\s les employs franais1 les p\voirs sont tombs aux ma9s des *efs de famille qui1 pauvres1 avides et inexprim5ts1 ont commis beauc\p d'erreurs et de fautes1 et les ont t5ues secrtes p> cra9te et p> vanit4 #d ,que depuis trois ans il exi/e un sy/me de my/re p> lequel les dputations1 de conc]t avec le directoire du dp>tem5t1 n\s ont ca* l'tat intrieur de l'le1 de peur1 m'ont-ils dit1 que si les abus tai5t divulgus1 la ,corse ne ft dcrie1 et que la ,france ne se dgtt de sa possession4 ,or1 les effets de ce sy/me ont t de conc5tr] les places et les traitem5ts dans les ma9s de quelques *efs de leur p>5t1 et d'attir] du trsor franais un arg5t imm5se et mal employ4 #e ,que p> suite de ce sy/me1 les dp5ses du dp>tem5t de ,corse se tr\v5t portes au dcuple de sa contribution2 c'e/--dire1 que la ,corse cote annuellem5t plus #e1jjj1jjj1 savoir3 ,p\r le cl]g sculi] et p5sionn #a1bih1dbc fr4 ,et ses bi5s ne val5t pas #djj1jjj l4 de capital4 ,p\r le directoire de dp>tem5t et frais d'imprim]ie #aae1icj ,et le conseil s'e/ all\ de son *ef un traitem5t4 ,p\r neuf directoires de di/rict #ic1cej ,p\r neuf tribunaux #aag1aej ,p\r le tribunal crim9el #da1efj ,p\r soixante-deux juges de paix et greffi]s #di1fjj ,p\r tr5te-c9q brigades de g5d>m]ie#gg #aej1jjj ,p\r enfants tr\vs #ajg1jjj ,p\r six dputs l',assemble nationale1 les frais de po/e compris4 #df1jjj ,p\r quatre rgim5ts de tr\pes de ligne#gh #b1bjj1jjj ,p\r quatre bataillons de g>de nationale corse#gi #ijj1jjj ,total #e1aai1jac ,et je ne compte ni les po/es1 ni les bureaux de sant1 ni #aae1jjj liv4 de sec\rs extraord9aires en #agia1 ni #fj1jjj liv4 p\r le m>ais de ,sa9t-,flor5t1 ni #dj1jjj liv4 p\r ceux d',al]ia1 ni les frais de quatre bataillons n\veaux que le dput ,salicetti vi5t de faire crer1 ni les #bd1jjj livres avances la commission dont il e/ le promoteur et le guide4 ,et cep5dant les contributions foncires et mobilires ne se mont5t qu' #cjj1jjj liv41 et elles sont arrires de trois ans1 et le conseil corse1 en #agij1 les a dnatures et dim9ues d'un ti]s2 et les rles p\r #ia ne sont pas excuts dans plus de seize municipalits2 c> le #ai janvi] d]ni]1 il n'y en avait qu'un seul dans le di/rict d',ajaccio1 quoique l'tat de situation du #bc novembre1 envoy p> le procureur-gnral-syndic ,pozzo di ,borgo1 en atte/e quatorze2 et il n'y a po9t eu de contribution patriotique2 et de t\s les bi5s nationaux v5dus il n'e/ ri5 r5tr au trsor2 et #bjj1jjj liv4 sont empruntes la caisse du cl]g2 les pat5tes sont nulles2 les d\anes sont presque ananties1 except ce qu'il en faut p\r pay] les employs p>5ts et amis2 et la plup>t des adm9i/rateurs sont dbiteurs du trsor1 et ils se tolr5t de l'un l'autre t\s les abus1 n'ex]c5t ni rp>tition1 ni rec\vrem5ts1 p> mnagem5t de voix lectives1 p> esprit de p>ti et de p>5t2 et ils cri5t que la ,corse e/ pauvre1 et ne p\rra pay]1 quoique s\s le rgime antrieur1 sans tre f\le1 elle r5dt en *>ges de t\te espce1 la vrit en d5res1 p\r plus de #a1cjj1jjj liv42 et t\s ces fonds pass5t en ,italie p> l'ab&on des d\anes que le conseil du dp>tem5t a dim9ues de moiti1 etc41 etc4 #f ,malgr tant de fonds v]ss1 les r\tes et les *em9s sont sans rp>ations3 les travaux publics n'ont cot1 en #agia1 que #chd liv42 les traitem5ts et salaires des ecclsia/iques et des juges sont habituellem5t arrirs de six mois2 les assignats sont *angs ,t\lon et ,m>seille p\r du numraire1 qui s'enf\it ,cort s'il ne s'y dissipe4 ,la ju/ice e/ sans activit2 une seule excution a eu lieu1 quoique1 depuis trois ans1 il ait t commis plus de c5t tr5te assass9ats de v5geance et de guet-ap5s4 ,nul compte de f9ance n'e/ publi1 mo9s que l'on ne donne ce nom un *aos de *iffres sans rsultat1 que le directoire vi5t enf9 de faire imprim] p\r #agia4 ,l'on y tr\ve entre autres deux procureurs-gnraux pays en mme-temps1 dont l'un1 dput1 recevait encore d'autres gages2 deux membres du directoire cons]vant leur traitem5ts1 quoique employs une autre commission paye2 mais l'on y *]*e en va9 la solde des c9quante g>des de son excell5ce ,paoli#hj1 et l'emploi de t\s les fonds que le premi] conseil p>tagea ses membres1 titre de commissions1 etc41 etc4 #g ,il n'exi/e en ,corse aucune lib]t politique et civile2 la citadelle de ,cort e/ une ,ba/ille o plus de #cjj p]sonnes ont t r5f]mes sans =malits2 il n'y a pas de feuille publique circulant dans le dp>tem5t1 les j\rnaux franais sont ent5dus de peu de p]sonnes2 il n'y a aucun libraire v5dant des livres2 il n'y a qu'une imprim]ie entirem5t s\mise au directoire1 p> qui elle subsi/e2 les relations avec le cont95t sont l5tes et int]rompues jusqu' deux mois de suite2 les lettres sont habituellem5t int]ceptes p> le directoire2 nulle rclamation1 nulle pla9te ne peut p>v5ir p> cette voie4 ,les lections se font t\tes en armes1 /ylets1 pi/olets1 s\v5t avec meurtre1 t\j\rs avec viol5ce et s*isme de la "p de l'un des deux p>tis2 le p>ti va9queur accable et vexe l'autre dans la ge/ion de t\s les p\voirs dont il se saisit2 les voix s'y m5di5t1 s'y a*t5t1 s'y calcul5t comme une d5re2 elles s'y compt5t p> *efs de famille1 p>ce que l'ducation1 l'intrt et le prjug donn5t aux ,corses un dv\em5t si aveugle p\r leurs *efs de p>ti et de p>5t1 qu'ils n'en sont dans les assembles que les *os s]viles4 ,a9si j'ai vu deux assembles gnrales de #djj p]sonnes1 dom9es et mues p> dix d\ze *efs2 ces *efs =m5t entre eux des ligues ari/ocratiques1 au moy5 desquelles ils se p>tag5t1 se disput5t1 se donn5t les places et les traitem5ts2 ils se br\ill5t1 se rconcili5t avec une mobilit et une incon/ance incroyable2 mais la lib]t de la multitude et l'arg5t du trsor franais pai5t t\j\rs les frais de leurs qu]elles4 ,dans l'assemble qui a nomm la conv5tion1 j'ai vu le p>ti des adm9i/rateurs l'emport]1 en promettant aux lecteurs de les pay] en arg5t1 et #hj1jjj liv4 d'assignats fur5t conv]ties1 p\r cet effet1 en #de1jjj liv4 de numraire4 ,jamais on ne ti5t compte des qualits requises p> les dcrets4 ,dans la d]nire assemble1 plus de tr5te prtres ins]m5ts avai5t voix2 on y comptait plus de #aej ecclsia/iques1 t\s les lecteurs militaires qui p\vai5t contr>i] ,paoli ou plutt ses moteurs2 c> depuis sa d]nire maladie1 il n'e/ plus que le prte-nom de quelques intrigants#ha3 t\s ces lecteurs fur5t c>ts1 etc4 ,les bornes de cette feuille m'arrt5t ici2 j'aj\te seulem5t qu'en ,corse l'indu/rie e/ nulle2 on n'y a pas mme des allumettes2 t\t vi5t du dehors1 surt\t de ,gnes et de ,liv\rne4 ,l'agriculteur e/ misrable1 quoique le sol soit trs-fcond2 la campagne e/ inhabitable1 faute de sret habituelle2 les paysans port5t le fusil jusqu'en lab\rant2 les proprits sont sans cesse ravages p> les be/iaux vagabonds1 ce qui dgte de t\te culture1 etc41 etc4 ,quant aux dispositions du peuple env]s n\s1 je les pe9drai p> ce que j'en ai moi-mme ent5du dans mes voyages multiplis1 o1 recevant l'hospitalit la plus gnreuse s\s les toits des plus simples lab\reurs et pa/eurs1 je recueillais leurs vritables s5tim5s4 ,la ,corse e/ malheureuse1 me disai5t-ils1 p>ce qu'elle e/ faible3 ,franais1 s]vez-n\s d'appui1 in/ruisez-n\s2 c> n\s s5tons que l'in/ruction n\s manque1 et n\s la dsirons2 et g\v]nez-n\s1 c>1 avec notre esprit de p>ti1 jamais un ,corse ne r5dra ju/ice un autre4 ,le peuple a donc un vrai p5*ant p\r la ,france2 et j'ai t\t lieu de croire que si les ,russes ou les ,anglais se prs5t5t1 ils s]ont mal reu2 s'ils pr5n5t po/e1 ils ne le g>d]ont pas1 et ils dp5s]ont beauc\p d'arg5t4 ,mais p> la raison que les ,corses sont ess5tiellem5t diviss en deux p>tis1 il suffira que l'un se dise franais1 p\r que l'autre se montre opposant1 surt\t lorsque ,paoli depuis deux ans1 et ma9t5ant les petits ambitieux qui veul5t lui succd]1 s'ef=c5t d'intress] la vanit du peuple tre ce qu'ils appell5t peuple indp5dant4 ,et il faut av\] que les prt5dus patriotes ont abus et peut-tre abus]ont encore de l'autorit nationale1 de manire fom5t] les mcont5tem5ts4 ,les moy5s de ram5] l'ordre sont nanmo9s encore faciles2 mais p>ce qu'ils doiv5t tre employs en sy/me complet1 il ne m'e/ pas possible de les dtaill]4 ,je s5s que les vrits accumules dans ce tableau vont s\lev] des passions irritables2 dja le moy5 ord9aire des attaques secrtes a t employ auprs d'un m9i/re1 et en m'attribuant des motifs d'humeur et d'ambition mcont5te1 on en appelle aux trois commissaires comme suprmes rgulateurs4 ,sans d\te leur rapport s]a d'un gr& poids2 cep5dant1 p\r calcul] les moy5s d'in/ruction des deux ,franais1 il e/ bon d'obs]v] que leur collgue et int]prte corse 7,salicetti7 a t dput en #aghi et en mme temps procureur-gnral-syndic1 puis dput la ,conv5tion1 puis revtu de la commission actuelle qu'il a provoque1 et p\r laquelle il a su s'attir] lui presque seul la nom9ation de t\tes les places dans les quatre bataillons qu'il va lev]4 ,il e/ vrai qu'avec cette =ce il doit r5v]s] ,paoli2 mais la p]sonne de ,paoli n'e/ plus qu'un fantme1 et l'on s'e/ peut-tre donn des ob/acles eu lui prs5tant son rival4 ,au re/e la m>*e des ,corses e/ si incalculable1 qu'il s]ait trs-possible que t\t s'arranget ou ft arrang avec le procureur-gnral actuel1 ,pozzo di ,borgo1 moteur pr9cipal1 et que n\s en fussions quittes p\r pay] quatre n\veaux bataillons1 qui1 comme les quatres prcd5ts1 ne f]ont po9t de s]vice1 ne sortiront jamais de l'le1 consomm]ont un million1 sans tre trois c5ts hommes1 et cess]ont d'tre lab\reurs sans dev5ir soldats4 ,quant mon ambition mcont5te1 j'av\e que je regrette de n'avoir pu tr\v] en ,corse la paix agricole que j'y *]*ais1 et de n'avoir pu cons]v] le doma9e national o je comptais cultiv] le coton1 l'indigo1 le caf et le sucre1 et ouvrir la c>rire d'une indu/rie et d'un comm]ce n\veau sur cette m] ,mdit]rane1 si mal connue1 si nglige1 et p\rtant si ri*e1 qu'elle seule p\rrait n\s ddommag] de l',amrique p]due2 mais t\t le peuple corse m'e/ tmo9 que depuis trois ans p]sonne ne j\it *ez lui du bonheur *amptre que j'ai dsir2 et quant l'admission au conseil du dp>tem5t1 o l'intrt national m'ordonnait d'arriv]1 l'on croira difficilem5t en ,france que j'aie de l'humeur d'avoir t rep\ss d'un pays o les motifs publics de ma dfaveur ont t de pass] p\r un hrtique1 comme auteur des ,ru9es1 et p\r obs]vateur dang]eux1 titre de ,franais2 ce qui nanmo9s n'a po9t dim9u mon dsir d'tre utile un peuple que son heureuse organisation et son respect s+uli] p\r la ju/ice r5d5t capable de recevoir1 mais non de se donn] un bon g\v]nem5t4 ,,lettres ,a ,m4 ,,le ,,cte ,,lanju9ais1 ,,sur ,l',,antiquit ,,de ,l',,alphabet ,,ph,,nici54 ,,premi,,re ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,comte ,,lanju9ais1 ,,sur ,l',,antiquit ,,de ,l',,alphabet ,,ph,,nici54 ,,mon ,,*] ,,coll,,gue1 ,en composant mon livre de l',alphabet europen1 dont v\s appr\vez les pr9cipes2 en mditant sur la nature et les lm5ts de l'alphabet en gnral1 je suis naturellem5t arriv me dem&] quels ont pu tre les premi]s motifs de cette inv5tion vraim5t s+ulire1 quelle srie d'ides a pu y conduire l'esprit du premi] auteur2 et de suite le nom de ,kadmus s'e/ (f]t ma p5se4 ,je n'ai pas eu beso9 de beauc\p de rflexions p\r me conva9cre1 malgr le dire des potes et des hi/ori5s1 que jamais un tel p]sonnage n'exi/a comme homme3 il suffit d'avoir lu l'extravagante lg5de de ses actions1 p\r y reconnatre une de ces fables sacres1 de ces nigmes cabali/iques que les anci5s a/rologues se fir5t un devoir et un plaisir mal9 de compos]1 p\r drob] au vulgaire pr(ane les secrets de leur sci5ce1 a9si qu'ont fait depuis eux1 et sur leurs traces1 les *]*eurs d'or p> la sci5ce d'al*ymie2 mais le s\pon me v9t que quelque date *ronologique aurait pu se gliss] dans ces fictions1 et p\rrait s'en extraire p> analyse3 j'ai donc relu la fable de ,kadmus dans les anci5s my?ologues1 et dans leur +nieux int]prte mod]ne#hb4 ,p> un cas biz>re1 t&is que je *]*e un objet qui m'*appe1 un autre1 que je ne *]*e pas1 s'(fre moi1 et /imule ma curiosit3 ce sont des auteurs grecs qui me p>l5t1 et leurs rcits sont mls de mots et de noms b>b>es qu'ils n'ent5d5t pas2 j'analyse ces mots1 et j'en tr\ve un nombre de pur langage phnici51 ayant un s5s t\t--fait conv5able au sujet3 ce cas n'e/ pas neuf1 on l'a dja rem>qu1 v\s le savez1 dans plusieurs fables my?ologiques2 mais ici1 comme l1 il donne lieu des inductions qui me sembl5t neuves et dignes d'intress] les amateurs de l'antiquit4 ,avec eux1 mon *] collgue1 v\s m'accord]ez que l'idiome phnici5 a t1 comme l'hbreu1 le *alden1 le syri51 l'un des nombreux dialectes de cet antique et va/e langage arabique qui1 de temps immmorial1 rgne dans la rgion sud-oue/ de l',asie3 p> cette raison1 l'on a dja dit3 ,kadm-os signifie ori5t1 ori5tal4 ,il e/ vrai2 mais j'obs]ve d'abord que p\r la ,grce1 un homme v5u de ,tyr et de ,?bes d'gypte1 et t un mridional et non un ori5tal1 surt\t lorsque sa peau noire l'et class p>mi les ,africa9s1 si diffr5ts des naturels de l',asie m9eure2 ensuite1 on ne peut me ni] que ce mme ,kadm-os ne signifie t\t ce qui m>*e en tte1 qui prcde1 qui annonce1 qui e/ hraut1 t\s s5s spcialem5t appropris ,m]cure1 hraut des dieux1 *ef de la gr&e procession gypti5ne 7dcrite p> ,clm5t d',alex&rie1 etc474 ,or1 comme ,m]cure1 s\s ses noms d',h]ms1 ,?aut1 etc41 e/ *ez les anci5s1 mme dans ,san*onia?on1 l'inv5teur des lettres1 il y a lieu de croire qu'ici ,kadmus n'e/ que l'une de ses =mes1 l'un de ses quival5ts4 ,t\j\rs e/-il vrai que le mot e/ phnici52 et1 en ce mom5t1 cela suffit mon b4 ,kadm-os e/ fils d',ag5or1 roi de ,tyr4 ,en grec1 ,ag5or e/ le =t1 qualit spciale d',h]cule bi5 reconnu p\r tre le soleil1 et aussi p\r tre le dieu qui rgnait ,tyr4 ,en phnici51 n\r e/ la lumire2 ag n'(fre pas de s5s connu2 mais il a pu en avoir un qui s'y adaptait4 ,kadm-os a p\r sur ,europe3 cette prt5due femme e/ enleve p> un taureau blanc 7comme la lumire71 lequel e/ une mtamorphose de ,jupit]-,soleil1 l'qu9oxe du pr9temps4 ,le taureau ravisseur trav]se rapidem5t la ,mdit]rane1 et porte sur son dos la pr9cesse ,europe aux contres du c\*ant qui en pr5n5t leur nom4 ,l'on e/ d'accord qu',europe e/ la lune2 j'aj\te spcialem5t cette lune1 qui1 l'poque o le taureau fut le signe qu9oxial du pr9temps1 =mait avec lui une conjonction d'un c>actre p>ticuli]4 ,dans la mme anne o le soleil au pr9temps s'tait lev dans le signe du taureau1 il se c\*ait l'automne1 dans celui de la balance3 alors la lune du mois arrivait son ple91 se levait le soir dans le signe du taureau1 place comme sur son c\ ou sur son dos3 c'tait une importante affaire p\r les a/rologues et p\r le peuple a/roltre4 ,t\te la nuit on voyait la navigation ari5ne de ce c\ple de dieux qui1 arrivs l'horizon du c\*ant1 tai5t c5ss aux conf9s de la ,mdit]rane4 ,en pho5ico-hbreu1 m'arab e/ le c\*ant2 le radical 7rab17 qui e/ ici en rgime1 a pu tre sub/antif1 et =m] prcism5t or\b4 ,n\s allons voir un autre s5s4 ,ce taureau qu9oxial1 qui ouvrit l'anne avant le beli] aries1 depuis l'an #dfjj jusqu' l'an #bdbh1 a j\ le plus gr& rle *ez les anci5s4 ,au ,japon1 son image subsi/e1 ouvrant l'uf du monde avec ses cornes d'or4 ,en ,italie1 les potes ont dit1 la vrit bi5 hors de date#hc3 ,c&idus auratis ap]it cum cornibus annum4 ,ce taureau fut le buf osyr-is1 prononc os\r p> les ,grecs2 et en phnici51 hour#hd e/ le taureau4 ,il fut aussi le buf bac*us1 qui1 en ce mom5t1 e/ le ntre4 ,on n'a po9t expliqu ce nom 7bac*us72 ,plut>que n\s dit que les femmes grecques d'lis *antant ses hymnes antiques1 en t]m9ai5t les /rophes p> les mots rpts digne taureau1 digne taureau4 ,ce digne e/ une pi?te s+ulire3 en phnico-hbreu1 digne se dit h2 le grec1 qui n'admet pas l'h1 y sub/itue le x1 qui e/ une autre aspiration plus =te1 et dit qui e/ le lat9 iac*us2 mais1 si l'u et l'i lat9s se sont quelquefois *angs1 comme dans optimus1 maximus1 on aura pu prononc] uac*e1 2 et1 vu la frat]nit de ue et de be1 l'on voit clore bac*us4 ,n'e/-il pas s+uli] que son fm99 signifie la va*e2 bacca1 vacca8 ,de manire que ce mot1 vieux lat91 s]ait v5u de l'trang] avec la religion mme4 ,une pi?te con/ante de ,bac*us-,soleil e/ pat]1 pre1 a-pit]2 en phnici51 pre se dit ab\4 ,or1 comme b devi5t v aussi facilem5t que a devi5t 1 le fameux nom d'v n'a pu tre que eb\-i1 mon pre4--,et p\rquoi t\j\rs lib] 7pat]78 ,je rfl*is1 et je tr\ve que libre e/ synonyme de dgag de li5s1 mme de vtem5ts2 or1 en phnici51 un mme mot radical 7ntr7 signifie la fois dans]1 tre dgag de vtem5ts1 tre libre de ses membres3 solutus ve/ibus2 or1 dans un pays *aud1 la danse1 en temps de v5dange1 mme la nuit1 a exig des membres libres3 nunc e/ salt&um1 nunc p$e lib]o puls&a tellus4 ,de ces ides et de ces expressions physiques e/ v5u notre mot ab/rait dissolu3 solutus4 ,mais p\rquoi un buf symbole et dieu des v5danges8 ,p>ce qu' cette anci5ne poque sculaire1 lorsque le soleil du pr9temps s'tait lev dans le taureau qu'il masquait1 le soleil d'automne1 c\* dans la balance p5dant tr5te j\rs1 livrait le ciel nocturne ce mme taureau1 dont les brillantes et nombreuses toiles semblai5t prsid] aux jeux d'un peuple qui se dlassait de la *aleur du j\r1 p> le repos ou la danse1 la fra*eur de la nuit4 ,en un tel climat1 on s5t que la lune d'un tel mois dut tre une div9it d\ce1 gracieuse1 propice4 ,or1 le mot phnici5 reb ou rob1 d'o doit v5ir ,europe1 a ces div]s s5s1 et de plus celui de pass] la soire4 ,ici se tr\ve le po9t de p>5t de la pr9cesse ,europe avec la va*e o enleve aussi p> le taureau de upit]2 c>1 ce mot o n'e/ que le phnici5 ah signifiant digne1 conv5able1 beau 7la belle lune conjo9te au taureau2 donc sa femme1 donc une va*e74 ,voil donc sans cesse et de t\s cts des mots phnici5s4 ,ce n'e/ pas t\t3 ,kadmus1 c\rant 7dans le ciel7 aprs ,europe1 arrive un antre1 une cav]ne1 appels rim1 o l'impie ,typhon a surpris et dti5t la f\dre de u-pit] ds>m4 ,p\r ravir ,typhon cette f\dre1 le dieu conc]te avec ,kadmus une ruse p\r l'excution de laquelle celui-ci se dp\ille1 se met nu1 et pr5d d'autres vtem5ts4 ,la ruse russit3 mais il en rsulte un fracas t]rible dans la nature4 ,or1 en phnici51 le mot rim p> an signifie ruse1 nudit3 si le grec en supprime1 selon sa c\tume1 un h initial 7l'h dur71 ce s]ait h>am ou h>im1 qui signifie lieu d'ana?mes1 de de/ruction1 de dva/ation2 cela convi5t galem5t3 le pote phnici5 a pu j\] sur ces homonymes4 ,aprs avoir tabli l'ordre ou l'h>monie1 dont on fait une desse1 ,kadmus1 qui l'p\se1 veut immol] une va*e 7dev5ue inutile3 elle a f9i le mois72 il a beso9 d'eau p\r le sacrifice#he3 il la *]*e la fonta9e ,dirk1 laquelle e/ df5due ou g>de p> le dragon du ple4 ,en grec1 dirk signifie fonta9e3 p\rquoi ce plonasme1 la fonta9e fonta9e8 ,ne s]ait-ce pas que dirk s]ait un mot propre cons]v du pome orig9al phnici58 ,je tr\ve en phnici5 le mot irk1 qui1 mis en rgime gnitif1 pr5d le d syriaque et devi5t dirk3 or1 irk signifie la fois cuisse1 ft de colonne et de *&eli]1 gond de porte et de plus le ple2 c> l'hirophante ,jrmie1 p>lant des ,scy!s v5us du nord au temps de ,josias et de ,kyax>es1 dit en propres t]mes3 ,un peuple e/ v5u de ,saf\n 7le nord72 une gr&e nation e/ close des cuisses de la t]re#hf4 ,une telle figure semble biz>re dans nos murs2 mais si l'on considre que la =me de la cuisse e/ celle d'un ft lgrem5t conique1 en pa9 de sucre2 que cette =me fut celle de l'essieu dans les *>s anci5s2 que dans le ciel le po9t polaire a t\j\rs t pris p\r un essieu aut\r duquel t\rn5t div]ses con/ellations comme des r\es 7septem triones1 *> de ,david73 on reconnatra qu'ici1 comme p>t\t1 l'expression et l'ide de l'hbreu sont tires de la simple et grossire obs]vation de la nature4 ,t\j\rs e/-il vrai que n\s avons concid5ce absolue de mots et de *oses4 ,et v\s-mme1 mon *] collgue1 n'allez-v\s pas1 mon appui1 obs]v] que dans l'antique idiome du sanskrit1 dans cette langue d'un peuple scy! que l'gypti5 mme reconnut p\r lgitime rival d'antiquit#hg1 n'allez-v\s pas obs]v] que cette fameuse montagne ,mr\ n'e/ autre que la cuisse et le ple du nord8 ,ce n'e/ pas t\t2 n\s avons ici la clef d'une autre nigme que p]sonne n'a encore rsolue4 ,selon les my?ologues1 upit] ca*a dans sa cuisse le jeune ,bac*us1 n ayant t]me 7au db du #g;e mois73 supposons que p>mi les d\ze matresses de upit]1 c'e/--dire p>mi les d\ze lunes que le soleil visite *aque anne1 celle du sol/ice d't ait conu un gnie-solaire de/9 quelque rle a/rologique2 ce gnie1 arriv au sol/ice d'hiv]1 n'a encore que six mois de ge/ation1 et cep5dant1 comme t\t soleil1 il e/ c5s faire ici une naissance qui comm5ce sa c>rire annuelle4 ,le pote n'a-t-il pas pu fe9dre qu'tant alors comme ca* dans le ple 7au/ral71 il a t ca* dans la cuisse du ciel 7ou-pit]71 et cela p5dant les trois mois qui lui re/ai5t p\r atte9dre l'qu9oxe du pr9temps o nat le ,bac*us au pi$ de buf8 ,ce ,bac*us e/ ici fils de ,sml1 fille de ,kadmus3 n prs d'un s]p5t1 il pr5d le nom de ,dio-nusios4 ,en phnici51 nahf et nuhf signifie s]p5t 7dieu du s]p5t74 ,selon ,dupuis1 ,kadmus n'e/ autre *ose que la con/ellation du s]p5taire1 o e/ pe9t un gnie t5ant un long s]p5t1 d'o lui vi5t en grec son nom ,ophiu*os4 ,mais ceci vi5t de plus lo9 que du grec2 c>1 si ophis1 en cette langue1 signifie s]p5t1 le phnici5 ph et ph a le mme s5s1 et a d l'avoir antrieurem5t4 ,un autre nom du s]p5t en gnral e/1 en phnici51 rm ou reme4 ,si on lui jo9t l'article he 7le71 on a h]me 7le s]p5t71 qui e/ le nom de ,m]cure1 en grec1 o il n'a aucune rac9e1 et ,m]cure-,h]ms1 qui ti5t un caduce =m de deux s]p5ts1 et qui e/ l'inv5teur des lettres1 se tr\ve encore id5tique ,kadmus-,s]p5taire4 ,celui-ci1 cont9uant ses c\rses 7cle/es71 arrive au sommet d'une haute montagne2 il y btit ,?bes l'gypti5ne1 selon les uns2 la ,boti5ne1 selon les autres2 ni l'un ni l'autre1 selon le n>rateur lui-mme3 c> le pote ,nonnus1 copi/e des anci5ts#hh1 indique clairem5t que cette ville e/ le ciel qu& il dit que sa =me e/ ronde2 qu'elle a p\r porte sept /ations qui ont les noms des sept plantes2 et p\r di/ributions quatre gr&es rues qui se t]m95t aux quatre po9ts c>d9aux1 etc4 ,mais qu'e/-ce que ce nom ,?bes qui1 en grec1 ne signifie ri58 ,j'obs]ve qu'il e/ t\j\rs au pluriel ,?bai1 ,!b1 jamais au s+uli]4 ,le ? rpond plusieurs lettres phnici5nes1 entre autres au tsade1 ou sd1 et au s*94 ,le mot phnici5 sab signifie t\t ce qui brille1 comme les toiles1 dans la nuit1 comme les armes1 dans le *amp de bataille3 les ,sabi5s1 adorateurs des toiles1 en tir5t leur nom2 ce s]ait donc la ville des ,lum9aires2 la ville des toiles4 ,d'autre "p1 eb 7p> s*97 et eb signifie sept1 et s'ent5d spcialem5t des sept plantes et sept sphres3 ce s]ait donc la ville des plantes 7la ,cle/e71 nom ess5tiellem5t pluriel1 et t\t--fait dans les murs des anci5s a/roltres4 ,cette ,?bes du ciel aurait t le modle des ,?bes t]re/res di/ribues son imitation1 comme le fut plus t>d l'idale ,jrusalem des prophtes4 ,je me hte d'a*ev]4 ,selon nos ,phnici5s1 ,kadmus combat le dragon populaire1 le tue1 lui te les d5ts qu'il sme en des sillons 7lab\rs p> le buf73 ces d5ts devi5n5t des hommes arms qui d'abord l'accompagn5t1 puis s'entre-tu5t1 except c9q qui surviv5t4 ,d'autres dis5t que ces tres1 ns des sillons1 sont des s]p5ts que lui-mme moissonne mesure qu'ils naiss5t4 ,on s5t bi5 que ces folies sont un logogriphe donn dev9]4 ,la clef consi/e en ce que les mots phnici5s ont habituellem5t plusieurs s5s dont le pote a fait des quivoques1 de vrais calemb\rs4 ,a9si1 s51 d5t1 signifie aussi anne1 s5eh3--7awnah2 silon1 au pluriel awnaut1 e/ de la famille de 7awn1 le temps2 de 7an1 t\t ce qui e/ rond1 il1 fonta9e1 soleil1 c]cle1 d'o e/ v5u le lat9 ann-u1 annulus1 anneau4 ,le s5s prcis n'e/ pas clair2 mais l'on ap]oit que les d5ts du dragon sont les j\rs de l'anne1 qui s'entre-tu5t ou qui sont tus mesur qu'ils naiss5t1 except c9q qui sont les c9q pagomnes1 placs hors du nombre trois c5t soixante dont se composa l'anne anci5ne4 ,si ,kadmus combat1 va9c1 tue le dragon polaire1 c'e/ que va9cre signifie surmont]1 tre au-dessus2 que tu] c'e/ mettre sa f91 t]m9]2 *oses qui arrivai5t dans le c\rs de l'anne de la "p de l'une des con/ellations sur l'autre4 ,l'ess5tiel p\r mon b e/ que n\s reconnaissions sans cesse des mots phnici5s2 et l'on voit qu'ils abond5t de t\tes p>ts4 ,=t bi51 me dites-v\s1 mon *] collgue2 mais quel e/ le rapport f9al de t\t ceci l'alphabet8 ,le voici4 ,s'il e/ pr\v que les fables et drames my?o-a/rologiques1 n\s transmis p> les ,grecs1 sont remplis de mots app>t5ants au langage de la ,basse-,asie1 *aldo-phnico-arabe2 que ces mots donn5t habituellem5t des s5s explicatifs et appropris au sujet2 que les lieux et les p]sonnages de ces drames app>ti5n5t le plus s\v5t ces mmes contres3 n'a-t-on pas droit de conclure que primitivem5t les fables et drames ont t composs en langue phnico-arabe2 #b qu'ils y ont =m des pomes plus o-mo9s rguli]s du g5re des p\ranas1 *ez les ,indi5s2 #c que les plus anci5s ,grecs connus1 tels qu',orphe1 ,muse1 etc41 n'ont t que des traducteurs ou compilateurs de ces pomes1 que les *os de ces compositions dont ils ont pu quelquefois ne pas bi5 saisir le s5s2 #d que de la "p des ,asiatiques1 l'exi/5ce de ces pomes phnici5s-syri5s-*aldens1 en indiquant un degr de civilisation trs-avanc1 pr\v en mme temps1 d'une manire positive1 l'usage dja anci5 de l'alphabet1 att5du que les hiroglyphes sont incapables d'exprim] la p5se dans ces m9utieux et p\rtant indisp5sables dtails grammaticaux8--,ma9t5ant1 aj\tez que la contexture de ces rcits potiques suppose des obs]vations et des notions a/ronomiques compliques1 lesquelles de leur ct suppos5t l'exi/5ce non int]rompue d'une ou de plusieurs nations agricoles qui ont t conduites et presque =ces ce g5re d'tudes p> le puissant motif de leurs beso9s de subsi/ance et de ri*esse4--,de ceci rsulte p\r n\s un intressant problme rs\dre3 savoir1 quelles poques ont pu tre composs ces rcits potiques1 ces p\ranas *aldo-phnici5s4 ,il me semble que l'on p\rrait arriv] cette connaissance p> l'exam5 des positions respectives des a/res et des plantes que dcriv5t avec dtail les auteurs4 ,p> exemple1 dans ce pome de ,kadmus1 il e/ clair que le taureau e/ plac signe qu9oxial3 ce qui dja porte la date au-del de #bdbh ans avant notre re4 ,ensuite1 si l'on suppose que la projection du taureau1 dans les tr5te degrs de son signe1 ait t jadis la mme qu'auj\rd'hui 7ce dont je d\te7#hi1 il en rsult]a que p\r obt5ir les conjonctions de la ple9e lune sur son dos1 telles qu'elles sont cites1 il faut remont] dans le signe au mo9s dix degrs2 ce qui produit environ #gjj ans1 et n\s mne #cajj ans p\r le mo9s4--,je sais que l'on peut faire beauc\p d'objections mon hypo?se2 mais1 si elles ne se fondai5t elles-mmes que sur d'autres hypo?ses1 la "q s]ait r5voye au tribunal du bon s5s1 qui la dcid]ait p> le calcul des probabilits les plus naturelles4 ,je suis lo9 de p5s]1 comme ,pl9e1 que les lettres syri5nes ou assyri5nes exi/5t de t\te t]nit2 mais je suis galem5t lo9 de les croire aussi rc5tes que le prt5d une cole mod]ne4 ,si mes rv]ies sur ces matires v\s sembl5t dignes d'intrt1 je p\rrai v\s expos]1 un autre j\r1 p> quels motifs je suis port croire que l'alphabet phnici5 a pu tre1 s9on inv5t1 du mo9s rdig en sy/me1 entre les qu>ante et qu>ante-c9quime sicles avant notre re2 qu'il a d tre rp&u *ez les ,plasges et *ez les ,grecs plus de dix-huit gnrations avant le sige de ,troie1 p> consqu5t bi5 avant le faux ,kadmus1 du quatorzime sicle2 enf9 qu'il a d tre prcd de sy/mes d'criture fonds sur des pr9cipes diffr5ts1 tels que les hiroglyphes et les c>actres du g5re *9ois4 ,p>is1 #ae ju9 #ahai4 ,c4-,f4 ,,volney4 ,,seconde ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,comte ,,lanju9ais1 ,,sur ,l',,antiquit ,,de ,l',,alphabet ,,ph,,nici54 ,cont5ant div]ses que/ions hi/oriques1 proposes comme problmes rs\dre4 ,,mon ,,*] ,,et ,,honor ,,coll,,gue1 ,dans ma prcd5te1 j'ai dit qu'en tudiant l'hi/oire des alphabets1 je tr\ve des raisons de croire que le phnici51 qui me semble leur s\*e commune1 n'a pas d tre inv5t plus tt que le qu>ante ou le qu>ante-c9quime sicle avant notre re4 ,je n'ai pas de preuves directes de mon hypo?se1 7notez1 je v\s prie1 qu'en hi/oire je n'ai que des hypo?ses73 comm5t cit]ais-je des tmo9s8 qu& l'criture alphabtique n'exi/ait pas1 quel moy5 et pu not] qu'elle v5ait de natre8 ,me dira-t-on que l'hiroglyphique exi/ait8 ,je le crois2 mais l'hiroglyphe ne prcise aucun fait1 n'analyse aucune ide3 ses tableaux complexes1 p\r s'expliqu]1 veul5t la p>ole4--,me dira-t-on que l'criture alphabtique naquit subitem5t8 cela e/ contre nature2 et de plus une telle inv5tion si brusque et t rep\sse p> des habitudes rgnantes2 n'e/-ce pas le sort de t\te n\veaut8 n'e/-ce pas la nature de l'homme8 ,le vieill>d1 las et p>esseux1 l'adulte1 orgueilleux et passionn1 *ang5t-ils subitem5t leurs ides p\r se r5dre coli]s de doctr9es n\velles8 ,qu& j'exam9e l'hi/oire des innovations1 je tr\ve qu'elles s'tabliss5t dans le monde flot flot de gnration4 ,une op9ion nat1 la gnration mre la rep\sse3 la gnration naissante1 non imbue de prjugs1 l'exam9e et l'accueille2 il y a fluctuation et combat dans ce premi] degr3 qu& la gnration mre e/ te9te1 la n\velle op9ion rgne jusqu' ce qu'une suivante vi5ne l'attaqu]4 ,quant sa =mation1 c'e/ le beso9 qui inv5te2 c'e/ l'utilit ou l'usage qui consolide4 ,cette gradation a d tre celle de l'criture alphabtique4 ,v\loir qu'un art si subtil en sa ?orie1 si compliqu1 si l5t en sa pratique1 se soit tabli en peu d'annes1 ne peut tre qu'une hypo?se de collge3 sans d\te1 p\r concevoir l'ide lm5taire de reprs5t] le son de la p>ole1 p> de petits traits fixs sur un corps solide1 il n'a fallu qu'un in/ant1 qu'une heureuse inspiration2 mais1 de cet lm5t ses consqu5ces1 quelle srie d'oprations1 et d'ides graduelles et successives6--tudi] *aque son en p>ticuli]1 di/+u] la voyelle de la consonne1 class] l'aspiration1 df9ir et con/itu] la syllabe6444 ,il faut s'tre occup soi-mme de la *ose p\r en s5tir t\tes les difficults1 surt\t alors qu'aucun matre antcd5t ne s]vait de guide sur cette matire3 combi5 de ttonnem5ts1 avant d'avoir ri5 tabli de fixe6 ,supposons que l'inv5teur se soit fait une premire esquisse de sy/me1 un premi] essai d'alphabet1 que de temps p\r s'en inculqu] l'habitude6 ,voyez le temps qu'il faut nos enfants1 seulem5t p\r l'appr5dre6 ,lorsque cet homme a eu des disciples1 que de temps encore p\r les habitu]6 ,oui1 p\r tablir cet art1 p\r le divulgu]1 p\r l'am5] une usuelle pratique1 il a fallu un laps de temps capable de faire p]dre de vue ses auteurs4 ,voyez ce qui e/ arriv p\r l'art de l'imprim]ie1 qui1 comp>ativem5t1 n'e/ qu'un mcanisme simple et grossi]2 combi5 de re*]*es n'a-t-il pas fallu1 de nos j\rs1 p\r acqurir des notions claires ou approximatives sur son b]ceau6 ,c'e/ en calculant t\tes ces donnes que je raisonne sur l'poque de l'app>ition de l'alphabet et de l'art d'crire2 je me dis3 ,si1 avant l'criture alphabtique1 il n'a exi/ aucun moy5 de fix]1 de cons]v] la mmoire prcise et dtaille d'aucun fait hi/orique ou physique1 ne s'ensuit-il pas que1 remontant dans l'*elle de l'antiquit1 l o n\s cess]ons de tr\v] aucun rcit de ce c>actre1 n\s aurons le droit de dire que l'criture n'tait pas encore usite8 ,or1 si n\s tr\vons que dans les rcits a/ronomiques dguiss s\s les =mes de la my?ologie1 aucun rcit prcis et dtaill ne remonte au del de l'poque o le taureau tait signe qu9oxial du pr9temps1 n'avons n\s pas le droit de dire que l'alphabet phnici5 n'a pas t inv5t avant cette poque1 c'e/--dire1 plus tt que le qu>ante ou qu>ante-c9quime sicle avant notre re8 ,cette op9ion aurait beso91 sans d\te1 de beauc\p de dveloppem5ts2 il ne peuv5t tr\v] ici leur place2 mais ils sont dev5us dans ma p5se le sujet d'un travail de longue hale9e dont j'ai dja di/ribu les *apitres3 et p>ce que ce premi] ap]u de mes ides peut en faire natre d'autres encore plus ju/es *ez les savants qui se livr5t ce g5re d'tude1 je pr5ds cette occasion de les dpos] ici en =me de que/ions1 comme autant de sujets de diss]tation3 #a ,si1 comme n\s l'appr5n5t les anci5s savants1 p> l'organe de ,/rabon#ij1 le langage de t\s les peuples de la presqu'le arabe jusqu'aux conf9s de la ,p]se et de l',armnie1 ne fut qu'un mme langage#ia1 modifi en dialectes1 lequel de ces dialectes doit-on considr] comme le plus anci51 comme le plus vois9 de la s\*e orig9elle8--7,cette id5tit pose p> ,/rabon dcide la "q secondaire entre l'arabe1 l'hbreu1 le syriaque1 le *aldaque1 le phnici51 etc47 #b ,sur ce t]ra91 gr& comme les deux ti]s de l',europe1 comm5t tant de peuplades div]ses1 les unes sd5taires1 agricoles1 les autres errantes1 p>tie sauvages1 p>tie pa/orales1 la plup>t ennemies et s\v5t en gu]re1 comm5t ont-elles pu s'ent5dre p>l] un mme langage1 con/ruit sur les mmes pr9cipes1 compos des mmes lm5ts8 #c ,si1 comme il e/ vrai1 cette id5tit indique un foy] primitif et unique de population1 dont la surabondance aurait =m des colonies migrantes1 des essaims successivem5t conqurants1--o doit-on plac] ce foy] primitif8 #d ,si1 comme il e/ vrai1 la =mation et surt\t le dveloppem5t du langage ne peuv5t avoir lieu que dans une socit dont les membres sont en contact p>ticuli]1 en communication habituelle d'ides et d'actions2--un tel tat de *oses peut-il avoir eu lieu ailleurs que *ez un peuple agricole1 qui progressivem5t se compose un difice de beso9s1 d'arts1 de sci5ces1 d'ides en t\t g5re1 et p> consqu5t l'accompagne d'autant de signes p>ls ncessaires t\t exprim]8 #e ,peut-on admettre que des peuplades errantes d'hommes *asseurs ou p*eurs1 ou mme ptres1 qui1 p> la nature de leurs habitudes1 sont borns un c]cle troit d'actions1 d'ides et de beso9s1 *ez qui les divisions1 les disp]sions sont faciles raison des gu]res1 et p> consqu5t les int]ruptions de lignes et de traditions2 peut-on admettre que de telles peuplades ai5t eu la capacit1 la possibilit d'inv5t] et de con/ruire un sy/me de langage1 dont la con/ruction n\s prs5te un sy/me d'ides la fois t5du et rguli]8 #f ,admettant que de premi]s et simples rudim5ts de langage ai5t t =mes p> une famille sauvage qui a prospr1 et qui1 fixe sur un sol fcond1 y e/ dev5ue une nation agricole1 populeuse et puissante1 en quelle contre de l',iem51 de la ,syrie ou de la ,*alde1 doit-on plac] cette nation orig9elle1 ce foy] premi]8 #g ,supposons que ce soit la presqu'le du ,tigre et de l',euphrate1 cette contre babylonique qu',hrodote comp>e p\r la f]tilit et la population au ,delta d'gypte2 alors qu'une socit nombreuse et civilise y eut un langage dvelopp1 mme savant1 n'pr\va-t-elle pas *aque j\r le beso9 d'un moy5 quelconque de fix] ses s\v5irs1 de cons]v]1 de transmettre ses ides8--quel a pu tre ce moy5 le plus simple1 le plus naturellem5t prs5t l'esprit8 a-t-telle procd p> la m?ode hiroglyphique qui e/ la reprs5tation des ides p> images et figures1 ou p> la m?ode alphabtique qui e/ la reprs5tation des sons p> des traits conv5tionnels1 du g5re algbrique8 #h ,si1 dans l'action de p>l]1 *aque mot fait app>atre l'esprit l'image d'un objet2 si1 p\r deux hommes de langage diffr5t et qui ne s'ent5d5t po9t1 le premi] moy5 e/ de dess9] l'un devant l'autre la figure des objets dont ils veul5t p>l]1 ne s'ensuit-il pas que l'criture dite hiroglyphique a t ce premi] moy5 naturel8 ,et lorsqu'on la tr\ve employe galem5t *ez les gypti5s1 les ,mexica9s1 les ,*9ois et div]s sauvages1 ce fait gnral n'e/-il pas une preuve et une confirmation de cette op9ion8 #i ,en quelle circon/ance a pu natre l'criture alphabtique1 si diffr5te de l'hiroglyphique1 puisqu'au lieu des ides elle pe9t les sons8 ,si les inv5tions compliques et ab/raites ne sont le produit que des beso9s habituels *aque j\r plus s5tis1 p> quelle classe d'hommes a t plus s5ti le beso9 de pe9dre la p>ole1 de fix] le son qui retrace les ides8 #aj ,supposons une classe d'hommes livre au ngoce1 oblige de trait] avec des peuplades div]ses1 dont1 au premi] abord1 elle n'ent5d po9t le langage2 cette classe d'hommes m>*&s n'aura-t-elle pas le beso9 j\rnali] et pressant de ret5ir plus ou mo9s de mots de ces langues1 p\r s'en faire expliqu] le s5s1 quelquefois trs-important sa sret1 et p\r s'en s]vir elle-mme l'occasion8--,or1 comme p\r ces m>*&s voyageurs1 les sons trang]s1 les mots b>b>es ne port5t avec eux d'abord aucune valeur1 n'exprim5t aucune ide1 leur att5tion ne s]a-t-elle pas spcialem5t fixe sur le matriel de la p>ole1 sur le mcanisme du son et de la prononciation8 ,l'criture alphabtique aura donc t inv5te p> des m>*&s voyageurs8 #aa ,cela pos1 le tmoignage de l'hi/oire ne vi5t-il pas se jo9dre la logique du raisonnem5t p\r attribu] l'inv5tion de l'criture alphabtique aux ,phnici5s1 ess5tiellem5t m>*&s et ngociants1 p> navigation et p> c>avane1 et cela de temps immmorial8 #ab tant admis que l'inv5tion de l'criture alphabtique app>ti5ne aux ,phnici5s1 alors que le langage de ces ,phnici5s drive de la gr&e s\*e arabico-*aldo-syri5ne1 l'adoption et la propagation de l'alphabet *ez t\s les peuples p>5ts1 n'e/-elle pas dev5ue une consqu5ce naturelle de son inv5tion8 et alors cette race d'hommes1 cette masse de peuples n'a-t-elle pas acquis un moy5 spcial de faire des progrs dans les sci5ces et la civilisation8 #ac tant donn un premi] voyageur +nieux1 qui conut l'ide-mre d'attribu] des signes matriels aux sons lm5taires de la p>ole1 comm5t procda-t-il p\r tablir la =me des lettres8 ,p> exemple1 p\r pe9dre le son ,a1 n'a-t-il pas d pr5dre un mot de sa langue o ce son ft employ1 et dire3 ,la figure que voici reprs5te le son ,a1 tel qu'il e/ prononc dans tel mot1 p> exemple1 dans ,alef8 #ad ,ma9t5ant1 si le nom de *aque lettre de l'alphabet phnici5 comm5c p> la lettre qui s]t l'pel]2 p> exemple ,alef p\r ,a1 ,beit p\r ,b1 ,dalet p\r ,d1 ,mim p\r ,m1 ,ras p\r ,r1 etc41 n'e/-il pas app>5t que l'auteur s'en e/ fait une rgle gnrale qui rellem5t e/ naturelle et commode8 #ae ,si les v+t-deux mots appellatifs des v+t-deux lettres de l'alphabet phnici5 dsign5t *acun un objet physique dt]m9 et palpable1 tel que buf1 maison ou t5te1 porte1 *ameau1 tte1 etc41 ne peut-on pas s\ponn] que la figure primitive de *aque lettre a t celle de l'objet dsign1 rduite ses lignes pr9cipales8 ,et si ce s\pon tr\ve son appui dans la figure de plusieurs lettres1 telles que celle de ,a91 qui e/ un rond1 trait pr9cipal de l'il1 dans celle de ,alef qui p>at avoir t une tte de taureau1 dans celle de ,dalet qui e/ la porte triangulaire d'une t5te1 dans celle de ,mim qui pe9t l'ondulation des flots1 ne peut-on pas croire que les autres figures ont t altres p> le laps du temps1 de mme que les lettres phnici5nes n\s connues se sont altres en dev5ant lettres grecques et lat9es dans l',occid5t1 lettres *aldennes1 palmyrni5nes1 syri5nes c>res ou e/ranguelo1 et enf9 arabes actuelles8 #af ,si1 d'une "p1 l'alphabet phnici5 a t con/ruit sur un pr9cipe syllabique1 c'e/--dire1 que la consonne pe9te seule1 exprime p\rtant la voyelle ncessaire sa prononciation2--et si1 d'autre "p1 la diffr5ce entre les dialectes p>ls de la s\*e commune1 consi/e en cette voyelle qui v>ie selon *acun d'eux1 cette corrlation de pr9cipes entre la langue et sa pe9ture ne devi5t-elle pas un indice de l'orig9e phnici5ne1 attribue l'alphabet que l'on n\s donne s\s ce nom8 #ag ,si1 dans l',inde mod]ne1 les dix-huit ou v+t alphabets actuels1 drivs de l'antique sanskrit1 sont t\s1 comme leur modle1 con/ruits sur le pr9cipe syllabique1 ne s]ait-ce pas un motif de croire que primitivem5t l'alphabet sanskrit a eu un type phnici51 et cela surt\t si la langue sanskrite n'e/ pas elle-mme con/ruite syllabiquem5t1 d'une manire aussi positive que l'arabico-phnici5ne8 #ah ,dans l'alphabet phnici51 s'il n'exi/e aucun ordre rguli] de voyelles1 de consonnes1 d'aspirations2 si t\s ces lm5ts y sont ple-mle1 n'e/-ce pas une raison suffisante de p5s] que ceux qui l'ont dress n'ont po9t fait une tude1 n'ont po9t eu une connaissance appr(ondie de la *ose1 mais qu'ils ont agi mcaniquem5t1 d'aprs une r\t9e que dicta le beso98 ,qu& n\s voyons la lettre et voyelle ,a place sans aucun motif app>5t en tte des autres lettres1 et qu& le nom de cette voyelle 7,alef7 signifie taureau2 si sa figure e/ ou a t une tte de taureau en croquis1 du g5re de ces autres croquis qui peign5t les signes a/ronomiques1 ne p\rrait-on pas s\ponn] qu' l'poque o fur5t ranges les v+t-deux lettres1 le taureau occupait la tte des d\zes signes du zodiaque1 et qu'un motif a/rologique1 si gnral *ez les anci5s1 e/ entr p\r peu ou beauc\p dans le placem5t de cette lettre8 ,alors l'tablissem5t de l'alphabet ne s]ait-il pas indiqu l'poque o le taureau tait le signe du pr9temps1 c'e/--dire1 v]s le #dj ou #de;e sicle avant notre re8 #ai ,p>mi les monum5ts d'criture que f\rniss5t les dc\v]tes rc5tes en gypte1 laissant "p les hiroglyphes1 en exi/e-t-il quelqu'un qui prcde cette date8 et si l'on pr\ve qu'il en exi/e1 p\rra-t-on en induire quelque objection contre ce que j'ai dit1 tant qu'il ne s]a pas pr\v que ces critures gypti5nes sont rellem5t alphabtiques1 comme la phnici5ne1 et non pas un abrg d'hiroglyphes1 comme la *9oise8 #bj ,si les premi]s ,*9ois n'ont inv5t leur criture que v]s le #bh;e ou le #bi;e sicle avant notre re1 ne peut-on pas dire que1 dans l'tat d'isolem5t et de sp>ation o vivai5t alors t\s les peuples1 l'alphabet phnici5 n'avait pas eu le temps et l'occasion de leur p>v5ir1 et que1 s'ils l'euss5t connu1 ils n'aurai5t po9t pris la pe9e extrme de con/ruire leur sy/me si compliqu1 si dfectueux8 ,telles sont1 mon *] collgue1 mes rv]ies sur l'antiquit3 mes yeux1 cette antiquit ressemble une haute montagne dont les basses p5tes1 rappro*es de n\s1 (fr5t notre vue des objets assez di/9cts1 assez clairs2 mais1 mesure que ces p5tes mont5t et s'loign5t1 les objets devi5n5t embr\ills1 confus1 jusqu' ce qu'enf9 les hautes cimes1 p]dues dans une rgion de nuages1 ne laiss5t plus de prise qu' notre imag9ation4 ,la f\le spectatrice1 curieuse surt\t de ce qui e/ obscur1 dem&e ,qu'e/-ce qu'il y a l-haut8 ,les empresss1 comme il y en a p>t\t1 lui promett5t1 p\r se r5dre importants1 de lui en rapport] des n\velles2 mais1 jusqu' ce j\r1 ces prt5dus explorateurs1 semblables c]ta9s voyageurs anci5s et mme mod]nes 7qui ont fait leurs relations dans leur cab9et avant de voir les lieux71 ne n\s ont donn que des rcits vagues1 des ou-dire biz>res et discords4 ,p\r visit] les hautes rgions hi/oriques1 il faudrait des voyageurs de la trempe des ,humboldt et des ,saussure2 t\t se f]ait alors1 t\t se dirait d'aprs inspection et p> analyse4 ,p\r ma "p1 il ne m'a t accord d'appro*] que des rgions moy5nes1 et mes excursions m'ont seulem5t procur l'avantage de reconnatre les fausses r\tes1 et de dc\vrir des s5ti]s secrets1 des escali]s drobs1 dont les m>*es solides peuv5t conduire des po9ts levs4 ,je me suis ap]u que les gr&s *em9s battus n'tai5t t\s que des culs-de-sac1 au fond desquels on tr\ve de hautes murailles et des fosss1 g>ds p> des g5s d'un co/ume s+uli]1 qui v\s cri5t en lat91 en grec1 en hbreu1 etc43 ,on ne passe pas4 ,quant aux s5ti]s secrets ou escali]s drobs1 j'en ai compt c9q pr9cipaux1 l'entre desquels j'ai d*iffr quelques notes in/ructives1 laisses sans d\te p> des voyageurs qui m'ont prcd4 ,l'une de ces notes dit3 ,s5ti] des monum5ts a/ronomiques anci5s1 encombrs de fru/es my?ologiques et hiroglyphiques3 v\s tr\v]ez droite les f\illes entreprises p> ,bailly1 et sur la gau*e le cul-de-sac de ,d9999994 ,une autre note dit3 ,s5ti] des mesures longues1 c>res1 cubiques1 comp>es de peuple peuple1 d'poque poque2 suivez les f\illes entreprises p> ,gossel91 ,jom>d1 ,gir>d1 etc4 ,une troisime3 ,s5ti] des monnaies1 des mdailles1 comp>es et analyses1 a9si que de div]s arts indu/rieux des anci5s2 suivez les f\illes de ,g>ni] 7pair71 de ,mongez1 etc4 ,une quatrime3 ,s5ti] des alphabets1 considrs dans leurs rapports1 leurs diffr5ces1 leurs gnalogies4 ,bran*e occid5tale1 phnico-plasgue1 lat9e1 grecque1 etc4 ,bran*e ori5tale1 phnico-syro-*aldaque1 palmyrni5ne1 e/ranguelo-arabe2 *]*ez l'orig9e de l'?iopi51 du sanskrit4444 ,enf9 une c9quime3 ,s5ti] des langues1 analyses et comp>es dans leurs sy/mes grammaticaux1 dans leurs lm5ts de prononciation1 dans leurs mots usuels et sci5tifiques1 dans les onomatopes de leurs mots de premi]s beso9s1 etc4 ,analyse des oprations de l'ent5dem5t dans la =mation du langage1 etc41 etc4 ,voil de quoi occup] la gnration qui n\s suit3 je conois que1 *ez celles qui n\s ont prcds1 l'on ait quelquefois ent5du des littrateurs et des docteurs se pla9dre que t\t ft dit1 comme je conois que dans ,/-,pi]re de ,rome1 aux j\rs de gr&e fte1 des s\rds se plaign5t qu'on ne fait plus de musique1 qu& des accords cle/es rempliss5t les votes4 ,ah6 dans les tudes de la nature et de la vrit1 ce ne sont pas les objets qui manqu5t1 ce sont les s5s de l'homme affect de maladies physico-morales1 qui lui font voir dans son c]veau ce qui n'exi/e que l4 ,je puis en avoir ma "p comme un autre2 mais1 en ma qualit d'obs]vateur et de mdec91 je suis sur mes g>des2 et je me prs]ve surt\t du ttanos de l'intolrance4 ,c4-,f4 ,,volney4 ,,lettre ,,sur ,,une ,,n\velle ,,traduction ,d',h,,rodote4 ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,directeur ,,de ,,la ,,revue1 ,,sur ,,une ,,n\velle ,,traduction ,d',h,,rodote4 ,p>is1 #aj aot #ahai4 ,il y a quelques annes1 ,monsieur1 il me fut int5t une qu]elle1 dans laquelle1 selon les rgles de l'art militaire1 je passai de la df5se l'attaque1 p\r faire taire le feu de l'ennemi4 ,le fond n'tait pas de gr&e importance3 un acadmici5 de l'anci5 /yle m'accusait d'avoir pris de trav]s quelques passages grecs de son ,hrodote2 il concluait ce que je fusse dcl> ign>e en la langue3 l'arrt m'inquitait peu2 jamais je n'ai prt5du savoir le grec2 mais1 p>ce que la =me et l'int5tion du rquisitoire fur5t p> trop ho/iles1 je pris cette occasion de donn] mon t\r des leons de logique et de politesse1 mme de langues franaise et grecque un c5seur qui faisait mti] de g\rm&] t\t le monde3 ma9t5ant1 il ne s'agit plus des p]sonnes1 je n'en veux qu'aux *oses4 ,or1 ces *oses sont que1 malgr t\t ce qu'en a dit l'esprit de cot]ie1 cette fameuse traduction franaise d',hrodote en sept et en neuf volumes1 e/ un ouvrage radicalem5t vicieux de fond et de =me1 en ce qu'elle f\rmille d'altrations du texte1 mme de contre-s5s et de faux matriels1 introduits p> la prfr5ce que l'auteur donne t\j\rs ses propres ides et op9ions2 sans compt] que1 p> dfaut de tact et de gt1 s\s prtexte de francis] le grec1 il dcolore totalem5t son orig9al4 ,j'ai dmontr la vrit de ces ass]tions1 dans un premi] crit publi en #ahjh et ret\* en #ahjiib2 j'y ai jo9t de n\velles preuves dans un travail complet qui a p>u en #ahadic4 ,a cette poque1 je =mai le vu qu'une traduction n\velle plus consci5cieuse vnt n\s faire mieux connatre le plus consci5cieux des voyageurs anci5s4 ,eh bi56 ,monsieur1 voil que mon s\hait s'accomplit3 voil que l'on m'annonce une telle traduction1 faite1 non p> un lettr de pr(ession1 mais p> un amateur qui1 comme moi1 se dlasse des affaires du prs5t p> l'tude du pass4 ,un cas s+uli] veut que cet auteur n\veau1 mais nullem5t novice1 en dsirant de n'tre pas nomm1 dsire encore que ce soit moi qui mette au j\r sa production4 ,il a fait dpos] en mes ma9s1 titre d'*antillon1 le second des neuf livres d',hrodote1 af9 que je juge s'il a bi5 rempli des conditions que j'ai indiques comme bases de l'art de traduire4 ,j'ai cur de rpondre sa confiance et celle que le public franais accorde au successeur d',hrodote en gypte3 la langue grecque ne m'e/ po9t assez connue p\r prononc] sur une traduction2 je vois bi51 en lisant celle-ci1 que la c\pe des phrases diffre beauc\p de celle de ,l>*]1 et qu'elle se rappro*e plutt du lat9 de ,wessel+ et de ,s*weighaus]1 dont la fidlit e/ connue4 ,je tr\ve ce n\vel ,hrodote une physionomie plus antique1 une n>ration plus nave1 et un g5re de /yle tel1 qu'il me semble lire du grec trav]s du franais2 je me dis que ce /yle p\rrait avoir des t\rs plus lgants1 une di/ribution de priodes plus con=me nos habitudes2 je s5s que l'auteur s'ef=ce d'appro*] du littral1 et d'obs]v] ce gr& pr9cipe1 que l'hi/oire surt\t veut la prcision d'un procs-v]bal4 ,cette manire a mo9s d'clat2 mais le c>actre de l'auteur1 la m>*e de ses ides1 sont bi5 mieux s5tis4 ,dans une traduction1 comme dans un portrait1 le premi] de t\s les mrites e/ la ressemblance3 que s]ait ,cicron traduit en phrases de ,tacite6 ,p> ce motif1 je s\ti5s que l',homre de madame ,daci] e/ bi5 prfrable t\s ces ,homres en /yle gr&iose et fleuri1 o la simplicit1 la grossiret antique disp>at s\s de m5teurs ornem5ts3 autant vaudrait un bu/e de ,socrate1 avec le m5ton ras et les *eveux la ,l\is ,,xiv4 ,en rsultat1 c'e/ au public de jug] p> lui-mme3 p\r cet effet1 je ne vois qu'un moy5 efficace1 qui e/ de lui s\mettre des *antillons4 ,p> eux1 nos savants hellni/es p\rront apprci] t\t l'ouvrage3 sur leur prononc1 des libraires connaisseurs dress]ont leur spculation2 elle ne s]a pas prilleuse1 c> l'auteur n'ent5d pas gonfl] les deux volumes que comporte le texte1 de six ou sept volumes d'app5dices trang]s4 ,sont gt lui donn]a la mesure des notes ncessaires1 et n\s aurons en trois petits volumes1 au plus1 un vritable ,hrodote4 ,je rpondrai aux que/ions prp>atoires jusqu' ce que l'auteur tr\ve conv5able de conclure lui-mme4 ,je pr(ite donc1 ,monsieur1 de la place que v\s m'accordez dans votre e/imable ,revue1 p\r publi] quelques pages de la traduction n\velle1 en reg>d avec les mmes de ,l>*]4 ,je prie le lecteur de faire une comp>aison att5tive en lisant phrase phrase2 de bi5 pes] les diffr5ces de tableaux et de coloris1 qui se r5d5t plus s5sibles mesure qu'on les scrute4 ,traduction de ,l>*]4 ,cambyses1 fils de ,cyrus et de ,cass&ane1 fille de ,ph>naspes1 monta sur le trne aprs la mort de son pre4 ,cass&ane tant morte avant ,cyrus1 ce pr9ce avait t tellem5t afflig de sa p]te1 qu'il avait ordonn t\s ses sujets d'en port] le deuil4 ,cambyses reg>dait les ,ioni5s et les ,eoli5s comme esclaves de son pre2 mais il m>*a contre les gypti5s avec une arme qu'il leva p>mi les ,grecs de ses tats et p>mi ses autres sujets4444 99 99 99 99 99 ,les gypti5s se croyai5t1 avant le rgne de ,psammiti*us1 le plus anci5 peuple de la t]re4 ,ce pr9ce ayant v\lu savoir1 son avnem5t la c\ronne1 quelle nation avait le plus de droit ce titre1 ils p5s5t depuis ce temps-l que les ,phrygi5s sont plus anci5s qu'eux1 mais qu'ils le sont plus que t\tes les autres nations4 ,psammiti*us1 n'ayant pu dc\vrir p> ses re*]*es quels tai5t les premi]s hommes1 imag9a ce moy53 il prit deux enfants de basse extraction1 n\veau-ns1 les remit un b]g] p\r les lev] p>mi ses tr\peaux1 lui ordonna d'emp*]444 ,traduction n\velle4 ,aprs la mort de ,cyrus1 ,cambyse1 son fils1 qu'il avait eu de ,cass&ane1 fille de ,ph>aspe1 succda l'empire4 ,cass&ane tait morte avant ,cyrus2 et sa mort1 non-seulem5t ,cyrus avait montr la plus pr(onde affliction et port le deuil long-temps1 mais il avait encore prescrit ses sujets de le pr5dre4 ,cambyse1 ds qu'il fut mont sur le trne1 considrant les ,ioni5s et les oli5s comme des sujets que son pre lui avait lgus1 p5sa port] ses armes en gypte1 et composa l'arme qu'il m5a dans cette expdition des tr\pes que ses anci5s tats lui f\rnir5t1 et de celles qu'il tira des ,grecs n\vellem5t s\mis4444 ,les gypti5s1 avant le rgne de ,psammtique1 se reg>dai5t comme le premi] de t\s les peuples p> l'antiquit2 mais1 depuis ,psammtique1 qui v\lut appr(ondir quelle tait rellem5t la race d'hommes la plus anci5ne1 les ,phrygi5s fur5t reconnus p\r l'tre1 et les gypti5s ne v9r5t plus qu'aprs eux4 ,voici comm5t ce roi1 peu satisfait des re*]*es qu'il avait faites sur cette "q1 et qui ne lui avai5t ri5 f\rni de positif1 p>v9t la rs\dre4 ,il fit remettre deux enfants n\veau-ns1 pris au has>d1 entre les ma9s d'un b]g] *>g de les lev] au p*] qui que ce fut de prononc] un seul mot en leur prs5ce2 de les t5ir enf]ms dans une cabane dont l'entre ft int]dite t\t le monde2 de leur am5] des temps fixes des *vres p\r les n\rrir2 et1 lorsqu'ils aurai5t pris leur repas1 de vaqu] ses autres occupations4 ,en donnant ces ordres1 ce pr9ce v\lait savoir quel s]ait le premi] mot que prononc]ai5t ces enfants1 qu& ils aurai5t cess de r5dre des sons in>ticuls4 ,ce moy5 lui russit4 ,deux ans aprs que le b]g] eut comm5c en pr5dre so91 comme il ouvrait la porte1 et qu'il entrait dans la cabane1 ces deux enfans1 se tranant v]s lui1 se mir5t cri] becos1 en lui t5dant les ma9s4 ,la premire fois que le b]g] les ent5dit prononc] cette p>ole1 il re/a tranquille2 mais ayant rem>qu que1 lorsqu'il entrait p\r en pr5dre so91 ils rptai5t s\v5t le mme mot1 il en av]tit le roi1 qui lui ordonna de les lui am5]4 ,psammiti*us les ayant ent5dus p>l] lui-mme1 et s'tant in=m *ez quels peuples on se s]vait du mot becos1 et ce qu'il signifiait1 il apprit que les ,phrygi5s appelai5t a9si le pa94 ,les gypti5s1 aprs de mres rflexions1 cdr5t aux ,phrygi5s l'antriorit1 et les reconnur5t p\r plus anci5s qu'eux4 99 99 99 99 99 ,les prtres de ,vulca9 m'apprir5t ,memphis1 milieu de ses tr\peaux royaux1 avec l'injonction de ne jamais pr(r] devant eux une seule p>ole1 et de les laiss] con/amm5t seuls dans une habitation sp>e4 ,il devai5t leur am5] des *vres de c]ta9s int]valles1 les faire tt]1 et ne plus s'en occup] ensuite4 ,psammtique1 en prescrivant ces div]ses prcautions1 se proposait de connatre1 lorsque le temps des vagissem5ts du premi] ge s]ait pass1 dans quel langage ces enfants comm5c]ai5t s'exprim]4 ,les *oses s'tant excutes comme il l'avait ordonn1 il arriva qu'aprs deux ans c\ls1 au mom5t o le b]g]1 qui s'tait con=m aux in/ructions qu'il avait reues1 ouvrait la porte et se prp>ait entr]1 les deux enfants1 t5dant les ma9s v]s lui1 se mir5t cri] ensemble1 bekos4 ,le b]g] n'y fit d'abord pas beauc\p d'att5tion2 mais1 en rxrant ses visites et ses obs]vations1 il rem>qua que les enfants rptai5t t\j\rs le mme mot2 et il en in/ruisit le roi1 qui ordonna de les am5] en sa prs5ce4 ,psammtique ayant ou de leur b\*e le mot bekos1 fit re*]*] si cette expression avait un s5s dans la langue de quelque peuple1 et apprit que les ,phrygi5s s'en s]vai5t p\r dire du pa94 ,les gypti5s1 aprs avoir pes les consqu5ces de cette expri5ce1 cons5tir5t depuis reg>d] les ,phrygi5s comme d'une race plus anci5ne qu'eux4 ,c'e/ de cette manire que le fait m'a t rapque ce fait arriva de cette manire2 mais les ,grecs ml5t ce rcit un gr& nombre de circon/ances frivoles1 et entre autres1 que ,psammiti*us fit n\rrir et lev] ces enfants p> des femmes qui il avait fait c\p] la langue4 ,voil ce qu'ils me dir5t sur la manire dont ces enfants fur5t n\rris4 ,p5dant mon sj\r ,memphis1 j'appris encore d'autres *oses dans les entreti5s que j'eus avec les prtres de ,vulca92 mais1 comme les habitants d',hliopolis pass5t p\r les plus habiles de t\s les gypti5s1 je me r5dis ensuite en cette ville1 a9si qu' ,?bes1 p\r voir si leurs disc\rs s'accord]ai5t avec ceux des prtres de ,memphis4 ,de t\t ce qu'ils m'ont racont conc]nant les *oses div9es1 je ne rapport]ai que les noms des dieux1 tant p]suad que t\s les hommes en ont une gale connaissance2 et si je dis quelque *ose sur la religion1 ce ne s]a qu'autant que je m'y v]rai =c p> la suite de mon disc\rs4444 port p> les prtres de ,vulca9 ,memphis4 ,les ,grecs racont5t sur le mme sujet beauc\p d'absurdits3 entre autres que ,psammtique avait donn les enfants n\rrir des femmes1 auxquelles il avait fait c\p] la langue4 ,du re/e1 je n'ai ri5 su de plus sur ce qui les conc]ne2 mais1 dans les entreti5s que j'ai eus ,memphis avec les mmes prtres de ,vulca91 j'ai appris beauc\p d'autres p>ticul>its2 ensuite je suis all jusqu' ,?bes et ,hliopolis1 p\r vrifi] si les rapports que je recueill]ais dans ces deux villes s'accord]ai5t avec ceux qui m'avai5t t faits ,memphis4 ,les habitants d',hliopolis pass5t p\r les plus in/ruits de t\s les gypti5s4 ,mon int5tion n'e/ pas cep5dant de publi] t\t ce que j'ai appris d'eux sur la religion des gypti5s1 mais seulem5t de donn] les noms de leurs div9its1 p>ce que je p5se qu'ils sont connus gnralem5t de t\s4 ,au surplus1 je ne p>l]ai de ces div9its et de la religion que lorsque l'ordre de la n>ration m'y oblig]a ncessairem5t4 ,,volney4 ,,que/ions ,,de ,,/ati/ique ,a ,l',,usage ,,des ,,voyageurs4 ,,que/ions ,,de ,,/ati/ique ,a ,l',,usage ,,des ,,voyageurs4 ,l'art de que/ionn] e/ l'art de s'in/ruire2 mais p\r bi5 que/ionn]1 il faut avoir dja une ide des objets v]s lesquels t5d5t les que/ions3 les enfants sont gr&s que/ionneurs2 et p>ce qu'ils sont ignorants1 leurs que/ions sont mal assises ou mal diriges4 ,dans la socit1 un homme donne s\v5t sa mesure p> une "q bi5 ou mal faite2 dans le monde savant1 une classe ess5tiellem5t que/ionneuse e/ celle des voyageurs2 p> cette raison leur t*e devi5t difficile mesure qu'ils s'lv5t des connaissances mo9s vulgaires et plus t5dues4 ,p\r avoir pr\v ces difficults1 quelques-uns d'entre eux se sont cr des m?odes de re*]*es propres s\lag] leur esprit2 ils ont compos mme des livres de que/ions sur *aque matire4 ,le mrite de cette inv5tion semble app>t5ir nos vois9s du ,nord3 l'ouvrage de ce g5re le plus considrable1 e/ celui du comte ,lopold ,b]s*told1 noble de ,bohme1 l'un des philan?ropes les plus recomm&ables de l',allemagne1 qui en compte beauc\p4 ,l'int5tion du livre e/ digne d'e/ime1 mais sa =me a l'inconvni5t de fatigu] la mmoire p> la multitude des que/ions et p> la rptition des mmes ides4 ,en mditant ce volume1 un ami1 un admirateur du comte ,b]s*told1 crut conc\rir ses vues d'utilit publique1 s'il rduisait ses que/ions des lm5ts plus simples1 un sy/me plus concis4 ,de ce travail e/ n le tableau ress]r que n\s prs5tons ici1 qui n'e/ pas une production n\velle3 il y a bi5tt #bj ans qu'il fut dress p> ordre du ,g\v]nem5t franais1 et spcialem5t du m9i/re des relations extrieures2 cette poque 7#agie7 o le gt de l'in/ruction se ranima1 des *efs clairs s5tir5t d'autant plus le beso9 de dirig] leurs ag5ts qui rsidai5t en pays trang]s1 que beauc\p de ces ag5ts ex]ai5t p\r la premire fois leurs fonctions4 ,l'adm9i/ration les considra comme des voyageurs diplomatiques et comm]ciaux1 au moy5 desquels elle devait se procur] des in=mations plus compltes1 plus t5dues qu'aup>avant4 ,p\r dirig] leurs re*]*es1 elle s5tit la ncessit d'avoir un sy/me de que/ions bi5 ordonn4 ,l'op9ion publique dsignait un livre rc5t dans lequel se faisait rem>qu] ce g5re de mrite4 ,le m9i/re appela l'auteur et le *>gea de la rdaction du travail qu'il avait en vue4 ,les que/ions suivantes fur5t composes et bi5tt imprimes en un petit =mat1 dont les exemplaires fur5t borns un assez petit nombre4 ,dja le temps et les vnem5ts les ont r5dus r>es1 et p>ce que quelques p]sonnes en place en ont connu d'heureux rsultats1 et ont dsir de voir ce modle plus rp&u1 l'on s'e/ dt]m9 le rimprim] en un =mat susceptible d'tre jo9t la plup>t des livres de voyages4 ,on ne doit po9t rpt] ici l'in/ruction (ficielle qui s]vit de prlim9aire3 nanmo9s comme elle conti5t plusieurs ides qui conc\r5t au dveloppem5t du sujet1 l'on a cru conv5able d'en cons]v] la sub/ance4 ,l'adm9i/ration1 y e/-il dit1 p5se que les loisirs1 s\v5t assez longs1 dont j\iss5t ses ag5ts dans les pays trang]s1 leur laiss]ont le temps de vaqu] aux re*]*es qu'indiqu5t ces que/ions2 elle espre mme que ce travail ne s]a pas sans attrait p\r eux1 puisqu'il rp&ra sur t\s les objets qui les environn5t un intrt de curiosit1 qui bi5tt se *angeant en in/ruction1 les atta*]a de j\r en j\r davantage3 quelquefois p> leur position1 privs de socit1 ils en tr\v]ont une aussi utile qu'amusante dans leurs rapports et leurs entreti5s avec les arti/es et les hommes exprim5ts de t\t g5re qu'ils devront consult]2 et plus s\v5t encore privs de livres1 ces que/ions leur en f\rniront un presque fait1 puisqu'elles sont une table de *apitres qu'il ne s'agit que de remplir3 qui1 p\r tre remplie1 ne dem&e que de fix] leurs reg>ds sur le modle de t\s les livres1 sur le spectacle de la nature et sur celui des faits sans cesse prs5ts leurs yeux2 en sorte qu'en les recueillant1 ils se procur]ont un livre d'autant plus piquant1 qu'eux-mmes en s]ont les auteurs4 ,l'adm9i/ration a donc lieu de p5s] que ses ag5ts conc\rront avec zle atte9dre le b d'utilit qu'elle a en vue1 et qu'elle aime leur communiqu]4 ,p]suad que t\te vrit1 surt\t en g\v]nem5t1 n'e/ que le rsultat d'une longue expri5ce1 c'e/--dire1 de beauc\p de faits bi5 vus et judicieusem5t comp>s2 que ce qu'on nomme pr9cipes de g\v]nem5t ne sont que des faits sommaires1 que des rsums de faits p>ticuli]s2 qu'enf9 t\te bonne ?orie n'e/ que l'exposition d'une bonne pratique1 le m9i/re a dsir de rassembl]1 sur la sci5ce si importante de l'conomie publique1 un assez gr& nombre de faits p\r retir] de leur comp>aison mrem5t mdite1 soit des vrits neuves1 soit la confirmation des vrits connues1 soit enf9 la rfutation d'erreurs adoptes2 et ces faits s]ont d'autant plus in/ructifs1 qu'ils procd]ont de lieux plus div]s1 qu'ils s]ont obs]vs p> plus de spectateurs1 et qu'ils prs5t]ont plus de rapports ou mme de contra/es dans le climat1 le sol1 les produits naturels et t\tes les circon/ances physiques et morales4 ,c'e/ dans cette int5tion qu'ont t dresses les que/ions ci-jo9tes4 ,plus on les analys]a1 plus on se conva9cra qu'elles ne sont pas le fruit d'une va9e curiosit ou d'une p]quisition inquitante1 mais que t\tes t5d5t v]s des f9s d'utilit publique et sociale4 ,les ag5ts reconnatront ce c>actre mme dans les que/ions qui d'abord y sembl]ai5t trangres2 p> exemple1 celles sur les v5ts1 qu'on croirait n'app>t5ir qu' une sci5ce de physique ab/raite1 t\*5t cep5dant de prs l'adm9i/ration et le comm]ce2 c> si1 comme on a droit de l'espr]1 l'on p>v5ait connatre le sy/me gnral des c\rants de l'air2 si l'on s'assurait que lorsque le v5t rgne sur une plage1 il e/ le produit ou le correspondant de tel autre v5t sur telle autre plage2 qu'un mme v5t pluvieux et fcond sur telle cte de ,france ou d',espagne1 e/ sec et /rile sur telle cte oppose d',amrique et d',afrique1 il natrait de ces connaissances une ?orie aussi h>die que c]ta9e p\r des spculations d'approvisionnem5ts1 de comm]ce1 d'expditions m>itimes4 ,il en e/ a9si des que/ions sur l'tat physique d'un pays1 sur la nature de ses productions1 sur les alim5ts de son peuple et sur ses occupations4 ,ds long-temps des obs]vateurs pr(onds ont cru reconnatre que t\s ces objets avai5t une influ5ce puissante sur les habitudes1 les murs1 le c>actre des nations1 et p> suite sur la nature des g\v]nem5ts et le g5re des lois4 ,il s]ait inf9im5t important d'asseoir sur de telles que/ions un jugem5t dt]m9 dans un s5s quelconque2 et ce jugem5t ne peut se prononc] que d'aprs un exam5 suffisant des faits4 ,le rsultat1 atteignant aux bases fondam5tales de t\te lgislation1 intresse t\te l'humanit3 la nation franaise aurait bi5 mrit du g5re huma9 en con/atant des vrits d'un ordre si lev4 ,le m9i/re en adressant ces que/ions ses ag5ts1 n'a po9t ent5du les a/re9dre donn] la solution de t\tes p> eux-mmes4 ,il s5t trop bi5 que plusieurs d'entre elles exig5t des expri5ces et des travaux p\r lesquels ils n'ont pas un temps suffisant2 il e/ naturel1 et mme ncessaire1 qu'ils consult5t les habitus du pays o ils rsid5t4 ,mais le m9i/re dsire qu'ils port5t une circonspection scrupuleuse s'adress] aux plus in/ruits qui1 en mme temps1 joign5t l'exactitude l'am\r de la vrit4 ,il leur recomm&e cette exactitude dans la spcification des poids1 des mesures1 des quantits4 ,le pr9cipal mrite des expri5ces consi/e dans la prcision2 et si l'e/ime atta*e un travail e/ un premi] enc\ragem5t l'excut]1 ils doiv5t tre p]suads que le g\v]nem5t atta*e un gr& prix celui dont ils sont *>gs2 qu'il en connat les ob/acles1 les difficults1 et qu'il sait d'avance que telle rponse de deux lignes leur aura cot s\v5t un mois de re*]*es2 mais ces deux lignes s]ont une vrit1 et une vrit e/ un don t]nel l'humanit4 ,le m9i/re ne les borne pas non plus /rictem5t aux *efs des que/ions qui sont proposes2 ils peuv5t en jo9dre du mme g5re4 ,seulem5t il les invite ne pas trop les multipli]4 ,ce n'e/ pas la quantit qui fait le mrite des obs]vations1 c'e/ la ju/esse1 et la ju/esse veut beauc\p de temps4 ,p> cette raison1 ce ne sont po9t des mmoires rdigs qu'il leur dem&e1 ce sont des notes2 et p\r plus de prcision et de cl>t1 il les engage les accol] en face des que/ions4 ,,que/ions ,,de ,,/ati/ique4 ,,premi,,re ,,section4 ,,tat ,,physique ,,du ,,pays4 ,,article ,,premi]4 ,situation gographique4 #a4 ,quelle e/ la latitude du pays8 #b4 ,quelle e/ sa longitude8 #c4 ,quelles sont ses limites de t\tes p>ts8 #d4 ,combi5 de lieues c>res conti5t sa surface8 ,,art4 ,,ii4 ,climat1 c'e/--dire1 tat du ciel4 #e4 ,quel degr m>que le !rmomtre de ,raumur en *aque mois8 #f4 ,quelle diffr5ce m>que le !rmomtre en un mme j\r du mat9 midi8 #g4 ,quelle e/ la hauteur du b>omtre en *aque mois8 #h4 ,quelles sont ses plus gr&es v>iations8 #i4 ,quels sont les v5ts rgnants en *aque mois8 #aj4 ,sont ils gnraux et communs t\t le pays1 ou div]s selon les cantons8 #aa4 ,ont-ils des priodes fixes de dure et de ret\r8 #ab4 ,y a-t-il des v5ts j\rnali]s de m] et de t]re2 quelle e/ leur m>*e8 #ac4 ,p> o comm5ce *aque v5t se faire s5tir1 e/-ce du ct o il vi5t1 ou du ct o il va8 #ad4 ,quelles sont les qualits de *aque v5t1 c'e/--dire1 quel v5t e/ sec ou pluvieux1 *aud ou froid1 viol5t ou modr8 #ae4 ,en quel mois pleut-il davantage8 #af4 ,combi5 de p\ces d'eau tombe-t-il p> an8 #ag4 ,y a-t-il des br\ill>ds2 en quelle saison8 #ah4 ,y a-t-il des roses2 en quel lieu1 en quel temps sont-elles plus =tes8 #ai4 ,les pluies tomb5t-elles d\cem5t ou p> ondes8 #bj4 ,y a-t-il des neiges2 combi5 dur5t-elles8 #ba4 ,y a-t-il des grles2 en quelle saison8 #bb4 ,quels v5ts amn5t les neiges et les grles8 #bc4 ,y a-t-il des tonn]res2 en quel temps et p> quel v5t8 #bd4 ,de quel ct se dissip5t-ils ord9airem5t8 #be4 ,y a-t-il des ouragans2 p> quel v5t8 #bf4 ,y a-t-il des tremblem5ts de t]re2 en quelle saison2 quels sont leurs prsages2 vi5n5t-ils aprs les pluies8 #bg4 ,y a-t-il des m>es2 quelles sont leurs hauteurs2 quels v5ts les accompagn5t8 #bh4 ,y a-t-il des phnomnes p>ticuli]s au pays8 #bi4 ,le climat a-t-il subi des *angem5ts connus3 quels sont ces *angem5ts8 #cj4 ,la m] a-t-elle hauss on baiss sur les rivages2 de combi5 sa hausse ou sa baisse1 et depuis quel temps8 ,,art4 ,,iii4 tat du sol4 #ca4 ,le t]ra9 consi/e-t-il en pla9es ou en montagnes2 quelle e/ leur lvation au-dessus du niveau de la m]8 #cb4 ,le t]ra9 e/-il c\v]t d'arbres et de =ts1 ou e/-il nu et dc\v]t8 #cc4 ,quels sont les m>ais1 les lacs1 les rivires8 #cd4 ,peut-on calcul] combi5 il y a de lieues c>res en pla9es1 en montagnes1 en m>ais1 en lacs et rivires8 #ce4 ,y a-t-il des volcans allums ou te9ts8 #cf4 ,y a-t-il des m9es de *>bon8 ,,art4 ,,iv4 ,produits naturels4 #cg4 ,quelle e/ la qualit du t]ra92 e/-il argileux1 calcaire1 pi]reux1 sablonneux1 etc48 #ch4 ,quels sont les mtaux et leurs m9es8 #ci4 ,quels sont les sels et les sal9es8 #dj4 ,quelle e/ la disposition et l'incl9aison des div]ses c\*es de t]re considres dans les puits et dans les cav]nes8 #da4 ,quels sont les vgtaux les plus rp&us1 arbres1 arbu/es1 plantes1 gra9s1 etc48 #db4 ,quels sont les animaux les plus communs en quadrupdes1 en volatiles1 en poissons1 en insectes et reptiles8 #dc4 ,quels sont ceux p>ticuli]s au pays8 #dd4 ,quels sont les poids et gr&eurs de ces animaux comp>s aux ntres8 ,,deuxi,,me ,,section4 ,,tat ,,politique4 ,,article ,,premi]4 ,population4 #de4 ,quelle e/ la con/itution physique des habitants du pays2 quelle e/ leur taille ord9aire2 sont-ils maigres ou corpul5ts8 #df4 ,quelle e/ la c\leur de leur peau et de leurs *eveux8 #dg4 ,quelle e/ leur n\rriture2 quelle e/ sa quantit dans un j\r8 #dh4 ,de quelle boisson us5t-ils2 s'enivr5t-ils8 #di4 ,quelles sont leurs occupations2 sont-ils lab\reurs1 ou vign]ons1 ou pa/eurs1 ou m>9s1 ou habitants des villes8 #ej4 ,quelles sont leurs maladies habituelles ou accid5telles8 #ea4 ,quelles sont leurs qualits morales les plus frappantes2 sont-ils vifs ou l5ts1 spirituels ou obtus2 sil5cieux1 ou p>leurs8 #eb4 ,quelle e/ la masse totale de la population8 #ec4 ,quelle e/ celle des villes comp>e celle des campagnes8 #ed4 ,les habitants des campagnes viv5t-ils en villages1 ou disp]ss en f]mes isoles8 #ee4 ,quel e/ l'tat des *em9s et r\tes en t et en hiv]8 ,,art4 ,,ii4 ,agriculture4 ,n4 ,b4 ,les m?odes d'agriculture tant div]ses suivant les cantons1 la manire de les bi5 connatre e/ d'analys] fond deux ou trois villages d'espce div]se2 p> exemple1 un village en pla9e1 un autre en montagne1 un village vign]on et un autre lab\reur1 et dans *aque village1 d'analys] compltem5t une f]me4 #ef4 ,dans un village donn quel e/ le nombre des habitants1 hommes1 femmes1 vieill>ds1 enfants8 #eg4 ,quelles sont leurs occupations respectives8 #eh4 ,quelle e/ la quantit de t]ra9 cultiv p> le village8 #ei4 ,quelles sont les mesures de longueur et de capacit comp>es aux ntres8 #fj4 ,quel e/ le prix des come/ibles comp> celui de la ma9-d'uvre8 #fa4 ,les lab\reurs sont-ils propritaires ou f]mi]s2 pai5t-ils en arg5t ou en d5res8 #fb4 ,quelle e/ la dure des baux2 quelles sont leurs clauses pr9cipales8 #fc4 ,combi5 y a-t-il de corps de f]me ou d'hritages dp5dants du village8 #fd4 ,combi5 de t]ra9 conti5n5t-ils du =t au faible8 #fe4 ,quels sont les mieux cultivs des gr&s ou petits corps de f]me8 #ff4 ,les t]res d'une mme f]me sont-elles runies ou p>ses8 #fg4 ,les t]ra9s sont-ils enclos2 comm5t le sont-ils8 #fh4 ,y a-t-il des t]ra9s vagues et communs2 que r5d5t-ils8 #fi4 ,y a-t-il droit de p>c\rs sur les proprits p>ticulires8 7tant propose une f]me p\r tre dtaille17 #gj4 ,quels sont les logem5ts1 le nombre de ses habitants1 la quantit de ses t]res et de ses animaux8 #ga4 ,quelle e/ la di/ribution des t]res p\r les ensem5cem5ts8 #gb4 ,combi5 d'annes conscutives ensem5ce-t-on ou laisse-t-on repos] un t]ra98 #gc4 ,quels gra9s y sme-t-on *aque anne1 et quelle quantit p> arp5t8 #gd4 ,en quel temps sme-t-on et moissonne-t-on8 #ge4 ,quels sont t\s les frais et t\tes les faons de culture d'un arp5t1 comp>s son produit en nature8 #gf4 ,quelle e/ la quantit des pturages naturels ou artificiels8 #gg4 ,quelle quantit de t]ra9 faut-il p\r n\rrir un animal de *aque espce1 buf1 mulet1 *eval1 *ameau1 va*e ou m\ton2 que consomm5t-ils dans un seul j\r8 #gh4 ,avec quels animaux lab\re-t-on2 comm5t sont-ils attels8 #gi4 ,quels sont les in/rum5ts de lab\rage8 #hj4 ,quel e/ le prix de f]me comp> au prix de v5te ou d'e/imation de fonds8 #ha4 ,a quel intrt se prte l'arg5t8 #hb4 ,quelle e/ la n\rriture de la famille cultivante2 combi5 peut-on l'valu] p> an8 quel e/ son mobili]8 #hc4 ,quel e/ le poids de la toison d'un m\ton et celui de sa *air8 #hd4 ,quel bnfice e/ime-t-on retir] d'un m\ton a9si que d'une va*e8 #he4 ,quels sont les engrais dont on use8 #hf4 ,quel e/ l'emploi du temps de la famille dans les veilles2 quelle e/ son indu/rie8 #hg4 ,quelle diffr5ce rem>quable obs]ve-t-on entre les murs et le tempram5t d'un village vign]on ou d'un village cultivateur2 d'un village de pla9e ou d'un montagn>d8 #hh4 ,quelle e/ la culture de la vigne8 #hi4 ,quelles sont les faons du v92 comm5t le cons]ve-t-on2 quelle e/ sa qualit2 quelle e/ l'espce de rais92 quel e/ le produit d'un arp5t de vigne2 quel e/ le prix d'une mesure dt]m9e de v98 #ij4 ,quels sont les arbres que l'on cultive1 olivi]s1 mri]s1 *taigni]s1 etc42 quelles sont les m?odes p>ticulires de ces cultures2 quel e/ le produit moy5 de *aque arbre2 quel s]ait le produit d'un arp5t plant de cet arbre8 #ia4 ,quelles sont les autres cultures du pays1 soit en coton1 indigo1 caf1 sucre1 tabac1 etc42 quelles en sont les m?odes8 #ib4 ,quelles cultures n\velles et utiles p\rrait-on introduire8 ,,art4 ,,iii4 ,indu/rie4 #ic4 ,quels sont les arts les plus pratiqus dans le pays8 #id4 ,quels sont les plus lucratifs8 #ie4 ,quelles sont les m?odes rem>quables dans *aque art p> leur conomie et p> leurs bons effets8 #if4 ,quelles sont les fabriques et les manufactures le plus en vigueur8 #ig4 ,quelles sont celles que l'on p\rrait introduire8 #ih4 ,y a-t-il des m9es2 de quelle espce sont-elles2 comm5t exploite-t-on surt\t celles de f]8 ,,art4 ,,iv4 ,comm]ce4 #ii4 ,quels sont les objets d'importation1 et quels sont ceux d'exportation8 #ajj4 ,quelle e/ leur balance respective8 #aja4 ,comm5t se font les transports de t]re2 a-t-on des *>iots2 comm5t sont-ils faits2 combi5 port5t-ils8 #ajb4 ,quel poids porte un *eval1 un *ameau1 un mulet1 un ne1 etc48 #ajc4 ,quel e/ le prix des transports8 #ajd4 ,quelle e/ la navigation intrieure ou extrieure8 #aje4 ,quelles sont les rivires navigables2 y a-t-il des canaux2 p\rrait-on en faire8 #ajf4 ,quel e/ l'tat de la cte en gnral2 e/-elle haute ou basse2 la m] la ronge-t-elle ou la quitte-t-elle8 #ajg4 ,quels sont les ports1 les havres et les anses8 #ajh4 ,la sortie des gra9s e/-elle p]mise1 e/-elle dsire8 #aji4 ,quel e/ l'intrt comm]cial de l'arg5t8 ,,art4 ,v4 ,g\v]nem5t et ,adm9i/ration4 #aaj4 ,quelle e/ la =me du g\v]nem5t8 #aaa4 ,quelle e/ la di/ribution des p\voirs adm9i/ratif1 civil et judiciaire8 #aab4 ,quels sont les impts8 #aac4 ,comm5t s'assey5t-ils1 se rp>tiss5t-ils1 se p]oiv5t-ils8 #aad4 ,quels sont les frais de p]ception8 #aae4 ,en quelles proportions sont-ils tablis relativem5t au rev5u des contribuables8 #aaf4 ,quelle e/ la somme des impts d'un village1 comp>e celle de son rev5u8 #aag4 ,y a-t-il un code de lois civiles clair et prcis1 ou seulem5t des c\tumes et des usages8 #aah4 ,y a-t-il beauc\p de procs8 #aai4 ,p\r quel g5re de conte/ation y en a-t-il davantage1 soit dans les villes1 soit dans les campagnes8 #abj4 ,comm5t les proprits sont-elles con/ates2 les titres sont-ils en langue vulgaire et bi5 lisibles8 #aba4 ,y a-t-il beauc\p de g5s de loi8 #abb4 ,les p>ties plaid5t-elles en p]sonne8 #abc4 ,p> qui les juges sont-ils nomms et pays2 sont-ils vie8 #abd4 ,quel e/ l'ordre des successions et des hritages8 #abe4 ,y a-t-il des droits d'anesse1 des sub/itutions1 des te/am5ts8 #abf4 ,les enfants p>tag5t-ils p> galit1 n'importe quel bi52 qu'en rsulte-t-il p\r les bi5s de campagne8 #abg4 ,y a-t-il des bi5s de ma9-morte1 des legs l'glise1 des fondations8 #abh4 ,quelle e/ l'autorit des p>5ts sur leurs enfants1 des p\x sur leurs femmes8 #abi4 ,les femmes ont-elles beauc\p de luxe2 en quoi consi/e-t-il8 #acj4 ,quelle e/ l'ducation des enfants2 quels livres enseigne-t-on8 #aca4 ,y a-t-il des imprim]ies1 des papi]s-n\velles1 des biblio?ques8 #acb4 ,les citoy5s se rassembl5t-ils p\r des conv]sations et des lectures8 #acc4 ,y a-t-il une gr&e circulation de p]sonnes et de *oses dans le pays8 #acd4 ,y a-t-il des tablissem5ts de po/es aux *evaux et aux lettres8 #ace4 ,quels sont1 en un mot1 les tablissem5ts1 de n'importe que g5re1 p>ticuli]s au pays1 qui p> leur utilit1 soi5t dignes de l'obs]vation8 ,,f94 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,cont5ues ,,dans ,,ce ,,volume4 ,,le,,ons ,d',,hi/oire4 ,,av]tissem5t ,,de ,l',,auteur pag4 ,,iii ,,premi,,re ,s,,ance 7#a;er pluvise74--,programme4--,objet1 plan et di/ribution de l'tude de l'hi/oire4 ,,seconde ,s,,ance4--,le s5s littral du mot hi/oire e/ re*]*e1 enqute 7de faits74--,mode/ie des hi/ori5s anci5s4--,tmrit des hi/ori5s mod]nes4--,l'hi/ori5 qui crit sur tmoignages1 pr5d le rle de juge1 et re/e tmo9 int]mdiaire p\r ses lecteurs4--,extrme difficult de con/at] l'tat prcis d'un fait2 de la "p du spectateur1 difficult de le bi5 voir2 de la "p du n>rateur1 difficult de le bi5 pe9dre4--,nombreuses causes d'erreur prov5ant d'illusion1 de proccupation1 de nglig5ce1 d'oubli1 de p>tialit1 etc4 #f ,,troisi,,me ,s,,ance4--,cont9uation du mme sujet4--,quatre classes pr9cipales d'hi/ori5s avec des degrs d'autorit div]s3 #a hi/ori5s acteurs2 #b hi/ori5s tmo9s2 #c hi/ori5s auditeurs de tmo9s2 #d hi/ori5s sur ou-dire ou traditions4--,altration 9vitable des rcits passs de b\*e en b\*e4--,absurdit des traditions des temps reculs1 commune t\s les peuples4--,elle pr5d sa s\rce dans la nature de l'ent5dem5t huma94--,c>actre de l'hi/oire t\j\rs relatif au degr d'ignorance ou de civilisation d'un peuple--,c>actre de l'hi/oire *ez les anci5s et *ez les peuples sans imprim]ie4--,effets de l'imprim]ie sur l'hi/oire4--,*angem5t qu'elle a produit dans les hi/ori5s mod]nes4--,disposition d'esprit la plus conv5able bi5 lire l'hi/oire4--,ridicule de d\t] de t\t1 mo9s dang]eux que de ne d\t] de ri54--tre sobre de croyance4 #ah ,,quatri,,me ,s,,ance4--,rsum du sujet prcd5t4--,quelle utilit peut-on retir] de l'hi/oire8--,division de cette utilit en trois g5res3 #a utilit des bons exemples1 trop comp5se p> les mauvais2 #b transmission des objets d'arts et de sci5ces2 #c rsultats politiques des effets des lois1 et de la nature des g\v]nem5ts sur le sort des peuples4444444--,l'hi/oire ne convi5t qu' trs-peu de p]sonnes s\s ce d]ni] rapport2 elle ne convi5t la jeunesse1 et la plup>t des classes de la socit1 que s\s le premi]4--,les romans bi5 faits sont prfrables4 #dc ,,c9qui,,me ,s,,ance4--,de l'art de lire l'hi/oire2 cet art n'e/ po9t la porte des enfants3 l'hi/oire1 sans enseignem5t1 leur e/ plus dang]euse qu'utile4--,de l'art d'enseign] l'hi/oire4--,vues de l'auteur sur un c\rs d'tudes de l'hi/oire4--,de l'art d'crire l'hi/oire4--,exam5 des prceptes de ,luci5 et de ,mably4 #ff ,,sixi,,me ,s,,ance4--,cont9uation du mme sujet4--,di/9ction de quatre m?odes de compos] l'hi/oire3 #a p> ordre de temps 7les annales et *roniques72 #b p> ordre dramatique ou sy/matique2 #c p> ordre de matires2 #d p> ordre analytique ou philosophique4--,dveloppem5t de ces div]ses m?odes2 supriorit de la d]nire3 ses rapports avec la politique et la lgislation4--,elle n'admet que des faits con/ats1 et ne peut conv5ir qu'aux temps mod]nes4--,les temps anci5s ne s]ont jamais que probables3 ncessit d'en refaire l'hi/oire s\s ce rapport4--,plan d'une socit littraire p\r recueillir dans t\te l',europe les monum5ts anci5s4--,combi5 de prjugs s]ai5t dtruits1 si l'on connaissait leur orig9e4--,influ5ce des livres hi/oriques sur la conduite des g\v]nem5ts1 sur le sort des peuples4--,effet des livres juifs sur l',europe4--,effet des livres grecs et roma9s introduits dans l'ducation4--,conclusion4 #ic ,,hi/oire ,,de ,,samuel1 ,,inv5teur ,,du ,,sacre ,,des ,,rois4 ,,pr,,face ,,de ,l',,diteur4 #aci #a;er4 ,prlim9aires du voyageur4--,motifs accid5tels de cette diss]tation4 #ada ,,ii4 ,hi/oire de ,samuel1 calcule sur les murs du temps et sur les probabilits naturelles4--,dispositions morales et politiques des ,hbreux au temps de ,samuel4 #aeb ,,iii4 ,enfance de ,samuel4--,circon/ances de son ducation4--,son c>actre en devi5t le rsultat4 #aeh ,,iv4 ,c>actre ess5tiel du prtre en t\t pays2 orig9e et motifs des corporations sac]dotales *ez t\te nation4 #afc ,v4 ,manuvres secrtes en faveur de ,samuel4--,quel a pu en tre l'auteur8 #afg ,,vi4 ,n\velle s]vitude des ,hbreux4--,samuel dans sa retraite prp>e leur insurrection et devi5t suffte ou juge4--,sup]/ition du temps4 #age ,,vii4 ,le peuple rejette les enfants de ,samuel et le =ce de nomm] un roi4--,samuel ex]ce la pr(ession de dev9 #ahc ,,viii4 ,qu'tait-ce que les prophtes et la confrrie des prophtes *ez les anci5s ,juifs8 #aib ,,ix4 ,suite de la conduite a/ucieuse de ,samuel4--,premire in/allation de ,sal ,maspha4--,sa victoire ,iabs4--,deuxime in/allation4--,motifs de ,samuel4 #bja ,x4 ,br\ill]ie et rupture de ,samuel avec ,sal4--,ses motifs probables4 #bad ,,xi4 ,de/itution du roi ,sal p> le prtre ,samuel4 #bba ,,xii4 ,samuel1 de sa seule autorit1 et sans aucune p>ticipation du peuple1 o9t le b]g] ,david et le sacre roi en exclusion de ,sal #bbh ,,xiii4 ,orig9e de l'onction 7 l'huile ou la graisse7 #bcg ,,conclusions ,,de ,l',,diteur4--,que/ions de droit public sur la crmonie de l'onction royale #bdh ,,notes #bef ,n\veaux claircissem5ts sur les prophtes m5tionns au ,,viii1 page #aib #bgj ,,tat ,,physique ,,de ,,la ,,corse #bha ,,pr,,cis ,,de ,l',,tat ,,de ,,la ,,corse #cae ,,premi,,re ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,comte ,,lanju9ais1 sur l'antiquit de l'alphabet phnici5 #cbi ,,seconde ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,comte ,,lanju9ais1 sur l'antiquit de l'alphabet phnici52 cont5ant div]ses que/ions hi/oriques1 proposes comme problmes rs\dre #cde ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,directeur ,,de ,,la ,,revue1 sur une n\velle traduction d',hrodote #cfc ,,que/ions ,,de ,,/ati/ique1 l'usage des voyageurs #cgg ,idem4--------,,premi,,re ,,section4--tat physique du pays #che ----,,deuxi,,me ,,section4--tat politique #chh ,,f9 ,,de ,,la ,,table4 ,illu/ration3 ,,isle ,,de ,,corse ,illu/ration3 ,,port ,,et ,,t]ritoire ,d',,ajaccio4 ,illu/ration3 ,,etage ,,s\s ,,la ,,salle ,illu/ration3 ,,plan ,,de ,,la ,,salle ,illu/ration3 ,,c\pe ,,lat,,rale ,,footnotes3 #a ,les pr(esseurs de cette cole1 dev5ue clbre en peu de mois1 tai5t3 ,,mm4 ,,lagrange ,ma?matiques4 ,,laplace ,,hauy ,physique4 ,,monge ,gomtrie descriptive4 ,,daub5ton ,hi/oire naturelle4 ,,b]?ollet ,*imie4 ,,?\9 ,agriculture4 ,,bua*e ,gographie4 ,,m5telle ,,volney ,hi/oire4 ,,b]n>d9-,,de-,,/4-,,pi]re ,morale4 ,,sic>d ,grammaire4 ,,g>at ,analyse de l'ent5dem5t4 ,,lah>pe ,littrature4 #b ,le lecteur obs]v]a que les pr(esseurs de l'cole ,normale s'tai5t impos la loi de faire leurs leons sur de simples notes1 la manire des orateurs4 ,ces leons1 recueillies l'in/ant p> des criva9s aussi prompts que la p>ole1 tai5t lgrem5t rvises1 et de suite envoyes l'impression2 mes trois premires sont dans ce cas1 et je n'eus que #ae j\rs p\r m'y prp>]4 #c ,ce fut la sance d'ouv]ture1 dans laquelle fur5t lus t\s les programmes4 #d ,p> exemple1 analysez le pr9cipe fondam5tal des m\vem5ts actuels de l',europe3 ,t\s les hommes naiss5t gaux en droits2 qu'e/-ce que cette maxime1 s9on le fait collectif et sommaire dduit d'une multitude de faits p>ticuli]s1 d'aprs lesquels1 ayant exam9 et comp>e un un la totalit1 ou du mo9s une imm5se multitude d'individus1 et les ayant tr\vs munis d'organes et de facults semblables1 l'on en a conclu1 comme dans une addition1 le fait total1 qu'ils naiss5t t\s gaux en droits44444 ,re/e bi5 df9ir qu'e/-ce qu'un droit2 et cette df9ition e/ plus p9euse qu'on ne le p5se gnralem5t4 #e ,hrodote1 liv4 #d1 ,,xlii1 traduct4 de ,l>*]4 #f ,sutone1 ,vie de ,cs>1 ,,liv4 #g ,la lib]t1 et non la lic5ce4 #h ,voyez le #a;er *apitre du ,qoran1 v]set #a;er et suivants4 #i ,voyez le db des ,confessions de ,j4-,j4 ,r\sseau2 il n'e/ peut-tre aucun livre o tant d'orgueil ait t rassembl dans aussi peu de lignes que dans les dix premires4 #aj ,il y a cette diffr5ce c>actri/ique entre ,r\sseau et ,voltaire considrs comme *efs d'op9ions1 que si v\s attaquez ,voltaire devant ses p>tisans1 ils le df5d5t sans *aleur1 p> raisonnem5t et p> plaisant]ie1 et v\s reg>d5t t\t au plus comme un homme de mauvais gt4 ,mais si v\s attaquez ,r\sseau devant les si5s1 v\s leur causez une espce d'horreur religieuse1 et ils v\s considr5t comme un sclrat4 ,ayant moi-mme dans ma jeunesse pr\v ces impressions1 lorsque j'en ai re*]* la cause1 il m'a p>u que ,voltaire1 p>lant l'esprit plutt qu'au cur1 la p5se plutt qu'au s5tim5t1 n'*auffait l'ame d'aucune passion2 et p>ce qu'il s'occupait plutt de combattre l'op9ion d'autrui que d'tablir la si5ne1 il produisait l'habitude du d\te plutt que celle de l'affirmation1 ce qui mne la tolrance4 ,r\sseau1 au contraire1 s'adresse au cur plutt qu' l'esprit1 aux affections plutt qu'au raisonnem5t2 il exalte l'am\r de la v]tu et de la vrit 7sans les df9ir71 p> l'am\r des femmes1 si capable de faire illusion2 et p>ce qu'il a une =te p]suasion de sa droiture1 il suspecte en autrui d'abord l'op9ion1 et puis l'int5tion3 situation d'esprit d'o rsulte immdiatem5t l'av]sion qu& on e/ faible1 et l'intolrance p]scutrice lorsque l'on e/ =t4 ,il e/ rem>quable que p>mi les hommes qui1 dans ces d]ni]s temps1 ont le plus dploy ce d]ni] c>actre1 le gr& nombre tait ou se disait disciples et admirateurs de ,j4-,j4 ,r\sseau4 #aa ,frat]nit ou la mort1 c'e/--dire1 p5se comme moi ou je te tue2 ce qui e/ littralem5t la pr(ession de foi d'un mahomtan4 #ab ,l'on sait que ,r\sseau e/ mort dans cet tat1 r5du vid5t p> ses d]ni]s crits4 #ac ,l'amphi?tre de *imie au j>d9 des ,plantes donnant sur la rue de ,se9e4 #ad ,ce sujet e/ si important1 que le lecteur ne tr\v]a pas mauvais que j'insre ici les rsultats de mes obs]vations sur les diffr5tes salles o je me suis tr\v4 ,l'objet pr9cipal1 mme unique d'une salle dlibrante1 e/ que les discutants se p>l5t avec aisance1 s'ent5d5t avec cl>t2 dcoration1 con/ruction1 rgles de l'art1 t\t doit tre subordonn ce po9t f9al4 ,p\r l'obt5ir1 il faut3 #a ,que les dlibrants soi5t rappro*s les uns des autres1 dans le plus petit espace conciliable avec la salubrit et la commodit2 sans cette condition1 ceux qui ont des voix faibles sont dp\ills de fait de leur droit de vot]1 et il s'tablit une ari/ocratie de p\mons1 qui n'e/ pas l'une des mo9s dang]euses2 #b ,que les dlibrants sig5t dans l'ordre le plus propre mettre en vid5ce t\s leurs m\vem5s2 c>1 sans respect public1 il n'y a po9t de dignit individuelle2 ces deux premires conditions tabliss5t la =me circulaire et amphi?trale2 #c ,que les rangs des dlibrants =m5t une masse cont9ue1 sans division matrielle qui en fasse des qu>ti]s di/9cts2 c> ces divisions matrielles favoris5t et mme fom5t5t des divisions morales de p>ti et de faction2 #d ,que le p>quet de la salle soit int]dit t\te autre p]sonne qu'aux secrtaires et aux huissi]s2 ri5 ne tr\ble plus la dlibration1 que d'all] et v5ir dans ce p>quet2 #e ,que les issues d'entre et de sortie soi5t nombreuses1 indp5dantes les unes des autres1 de manire que la salle puisse s'vacu] ou se remplir rapidem5t et sans confusion2 #f ,que l'auditoire soit plac de manire ne gn] en ri5 les dlibrants4 ,comme cette d]nire condition p\rrait sembl] un problme1 voici le plan que j'ai calcul sur ces div]ses donnes1 et qu'il n'app>ti5t qu' des ar*itectes de rectifi] dans l'excution4 ,je trace une salle en f] *eval1 ou =mant un peu plus que le demi-c]cle2 je lui donne une aire suffisante plac] c9q c5ts dlibrants au plus2 c> des assembles plus nombreuses sont des cohues1 et peut-tre trois c5ts sont-ils un nombre prfrable4 ,j'lve c9q ou six rangs de grad9s en amphi?tre dont le rayon e/ de tr5te-six qu>ante pi$s au plus3 dans *acun de ces rangs1 je pratique une f\le d'issues dites vomitoires1 p\r entr] et sortir4 ,aut\r du p>quet1 rgne une balu/rade qui l'int]dit au d]ni] grad94 ,a l'un des b\ts du demi-c]cle1 et hors des rangs1 e/ le sige du prsid5t2 d]rire lui1 hors du c]cle1 e/ un app>tem5t son usage1 p> o il entre et sort3 devant lui sont les secrtaires2 l'autre b\t en face1 aussi hors des rangs1 e/ la tribune de lecture1 de/9e seulem5t lire les lois et les rapports2 *aque membre devant p>l] sans quitt] sa place3 cette tribune et le sige du prsid5t n l'amphi?tre4 ,au-dessus des rangs1 en retraite dans le mur1 sont des tribunes o sig5t les pr5eurs de notes1 dits j\rnali/es1 qui1 dans un g\v]nem5t rpublica9 me p>aissant des magi/rats trs-influants1 sont lus p>tie p> le peuple1 p>tie p> le g\v]nem5t3 enf91 j'admets quelques tribunes grilles p\r les ambassadeurs et p\r div]s magi/rats4 ,la vote de cette salle e/ non pas ronde1 mais aplatie et calcule p\r des effets suffisants d'audition3 nombre de *ssis y sont pratiqus p\r rafra*ir l'air de la salle1 et p\r y jet] de la lumire4 ,aucune f5tre latrale1 aucune colonne ne rompt l'unit de l'ence9te4 ,s'il y a trop d'*o1 l'on t5d des drap]ies4 ,le long des murs sont des !rmomtres p\r mesur] et t5ir un mme degr la *aleur des poles s\t]ra9s en hiv]1 et des conduits d'air en t2 cette p>tie e/ s\s l'inspection de trois mdec9s2 c> la sant des dlibrants e/ un des lm5ts des bonnes lois4 ,jusqu'ici l'on ne voit po9t d'auditoire1 et cep5dant j'en veux un avec la condition commode de le faire plus ou mo9s nombreux1 selon qu'on le v\dra3 p\r cet effet j'adapte l'ouv]ture du demi-c]cle ci-dessus1 un autre demi-c]cle plus petit1 ou plus gr&1 ou gal1 qui reprs5te une salle de spectacle sans gal]ies4 ,les dlibrants se tr\v5t son g>d comme dans un ?tre lev qui dom9e d'assez haut le p>t]re4 ,ces deux salles sont sp>es p> un passage et une balu/rade1 presque comme l'or*e/re1 p\r s'oppos]1 au beso91 t\t m\vem5t4 ,l'on entre p> ce passage p\r se prs5t] la b>re situe entre le prsid5t et la tribune de lecture3 enf91 une cloison latrale mobile vi5t1 dans les cas de dlibration secrte1 isol] en un cl9 d'il les dlibrants1 sans dplac] la masse des spectateurs4 ,il y a t\t lieue se reg>d5t pas1 mais sont un peu t\rns vis--vis le fond de croire qu'un tel difice ne cot]ait pas #ajj1jjj francs1 p>ce qu'il exclut t\te espce de luxe2 mais dt-il cot] le d\ble1 sa con/ruction e/ la *ose la plus praticable1 mme dans nos circon/ances2 c> sans t\*] au trsor public1 une s\scription de #ab #ae fr4 p> mois1 de la "p de *aque membre des ,conseils1 remplirait l'objet qu'ils dsir5t galem5t1 sans tre une *>ge onreuse sur leur traitem5t4 #ae ,a9si encore les dtails des ngociations1 de qui dp5d5t les gr&s vnem5ts de la paix et de la gu]re1 sont de t\s les faits hi/oriques les plus in/ructifs1 puisque l'on y voit nu t\t le jeu des intrigues et des passions2 et ces faits s]ont t\j\rs les mo9s connus1 p>ce qu'il n'e/ peut-tre aucun de leurs ag5ts qui ost en r5dre un compte exact1 p\r son propre honneur ou son intrt4 #af ,et en gnral1 t\te l'hi/oire n'e/-elle pas les faits tels que les a vus le n>rateur1 et n'e/-ce pas le cas d'appliqu] ce mot de ,font5elle3 ,l'hi/oire e/ le roman de l'esprit huma91 et les romans sont l'hi/oire du cur8 #ag ,lorsque j'crivais ceci1 en v5tse de l'an #c1 je v5ais de trav]s] la ,france depuis ,nice1 et j'avais vu trs-frquemm5t les enfants lant]nant les *ats1 guillot9ant les volailles et imitant les tribunaux rvolutionnaires4 #ah ,ces p>oles manqu5t dans l'dition 9-#ab1 qui e/ ple9e de fautes4 #ai ,avant !rmidor de l'an #b4 #bj ,les prtres l'ont si bi5 s5ti1 que1 p> une contradiction digne de leur sy/me1 ils ont t\j\rs int]dit la jeunesse1 et en gnral au peuple1 la lecture des ,bibles ple9es de rcits grossi]s et atroces1 et p\rtant dicts p> le ,sa9t-,esprit4 #ba ,c'e/ le g\z ori5tal1 dont le g reprs5te notre r grassey4 #bb ,w$nesday *ez les ,anglais4 #bc ,voyez le ,common ,s5se1 p> ,?omas ,payne4 #bd ,c'e/--dire directrice et conductrice1 qui sont les s5s du mot norma4 #be ,voyez l',hi/oire de #agic4 #bf ,la totalit des pays dsigns s\s le nom de ,grce conti5t environ #c1hej lieues c>res2 de ce nombre #a1ajj compos5t la ,macdo9e qui1 selon ,/rabon1 cont5ait1 au temps d',alex&re1 c'e/--dire au plus haut degr de prosprit1 #a1jjj1jjj de ttes2 c'e/ un peu mo9s de #a1jjj ames p> lieue c>re1 et cette proportion e/ en effet celle des pays les plus peupls3 je l'applique t\te la ,grce1 af9 de n'avoir pas de conte/ation avec les adorateurs de l'antiquit2 elle e/ d'ailleurs le cas le plus favorable des portions de la ,grce mod]ne2 c>1 d'aprs des re*]*es faites avec beauc\p de so9 et d'intellig5ce1 p> ,flix1 consul de ,salonique1 la ,macdo9e actuelle n'a que #gjj1jjj ames1 ce qui donne en mo9s trois diximes2 la ,more n'en a que #cjj1jjj p\r #gjj lieues c>res2 l',attique #bj1jjj1 et t\te la ,grce runie pas #b1jjj1jjj1 ce qui ne donne que #ejj ames p> lieue c>re1 et ce t]me e/ plus =t que l',espagne4 #bg ,ma9t5ant que j'ai vu les sauvages d',amrique1 je p]si/e de plus en plus dans cette comp>aison1 et je tr\ve que le premi] livre de ,?ucydide1 et t\t ce qu'il dit des murs des ,lacdmoni5s1 convi5n5t tellem5t aux c9q nations1 que j'appell]ais volonti]s les ,sp>tiates1 les ,iroquois de l'anci5 monde4 #bh ,lorsque je songe que l'glise dite ,sa9te-,g5evive1 auj\rd'hui le ,pan?on1 a cot plus de #cj millions2 que ,sa9t-,sulpice1 et v+t autres glises dans ,p>is en ont cot depuis c9q jusqu' dix2 qu'il n'e/ pas de ville de #aj1jjj ames en ,france qui n'ait p\r #a1jjj1jjj en con/ruction d'glises1 pas de p>oisse qui n'en ait p\r #fj #hj1jjj francs1 je suis port croire que la ,france a employ dix milli>ds entass] de petits monceaux de pi]res sans utilit2 c'e/--dire1 quatre ans de son rev5u actuel1 et plus du d\ble de son rev5u au temps des con/ructions3 et voil la sagesse des peuples et des g\v]nem5ts6 #bi ,il exi/ait *ez l'anci5 int5dant des btim5ts 7d',angivilli]s71 un volume manuscrit sup]bem5t reli1 qui tait le regi/re des frais de la con/ruction de ,v]sailles1 et dont le rsum au d]ni] feuillet1 tait de #a1djj1jjj1jjj de livres t\rnois3 mais l'arg5t tait #af francs le m>c1 il e/ de nos j\rs #eb francs4 #cj ,p> la ma9 de ,*>lotte ,corday3 cep5dant il e/ vrai que *ez les ,juifs l'assass9at des tyrans fut inspir et protg p> l',esprit sa9t2 que *ez les *rti5s il a t enseign et recomm& p> sa9t ,?omas d',aqu91 et p> les jsuites1 qui l'ont pratiqu sur des pr9ces qui n'tai5t pas tyrans444 ,auj\rd'hui1 que deux emp]eurs effrays de cette doctr9e en d'autres ma9s veul5t rtablir l'ordre des jsuites1 il p\rra se faire1 s'ils y russiss5t1 qu'ils ai5t un j\r plus de pe9e se db>rass] de ces bons pres1 que n'en ont eu les rois de ,france1 d',espagne et de ,portugal2 c> ils n'auront plus leur sec\rs ,voltaire1 ,helvtius1 d',alemb]t1 et tant d'autres philosophes anti-fanatiques1 has ma9t5ant p> les rois1 quoique ,frdric ,,ii ft de leur nombre4 #ca ,l'auteur1 aprs dix mois de dt5tion 7jusqu'au #f fructidor an #b71 se tr\vait exil de ,p>is1 p> le dcret contre les dt5us1 lorsqu'il reut ,nice1 au mois de frimaire1 sa nom9ation inop9e l'une des places de pr(esseur1 et l'invitation du comit d'in/ruction publique de v5ir sur-le-*amp la remplir4 #cb ,en ce mom5t t\t ,p>is1 grace l'art de ,m4 ,prvo/1 voit ou peut voir ,jrusalem aussi bi5 que notre voyageur3 l'illusion du ,panorama e/ complte1 mais elle dtruit celles de l'imag9ation2 *acun se dit3 ,quoi6 c'e/ l ,jrusalem6 ,les rflexions de notre auteur n'en s]ont que mieux apprcies4 ,il e/ f*eux que la vrit du tableau de ,m4 ,prvo/ soit gte p> une notice triviale1 ple9e d'erreurs populaires et de contes de pl]9s4 #cc ,au temps d',alex&re1 la ville de ,tyr1 selon les ,grecs1 avait #df1jjj habitants1 entasss dans des maisons quatre tages1 con/ruction r>e *ez les anci5s4 #cd ,c\rti]4 #ce ,dans l',it9raire ,jrusalem1 tome ,,ii1 le potique auteur cite1 page #abi1 le village de ,sa9t-,jrmie comme tant la patrie du prophte de ce nom1 et il reconnat que cette tradition e/ fausse1 puisque la ,bible tablit ,anatot4 ,page #abc1 selon les habitants1 t\s les monum5ts du pays s]ai5t dus sa9te ,hlne1 et il convi5t que cela n'e/ pas vrai444441 etc4 ,l'auteur et pu en cit] bi5 d'autres exemples1 mais ce n'tait ni son int5tion ni son b4 #cf ,la circoncision4 #cg ,c'tait aussi le nom des deux consuls de ,k>tage1 dont le peuple1 n phnici51 p>lait un langage t\t--fait analogue l'hbreu4 #ch ,samuel ou ,rois1 liv4 ,i1 *ap4 ,i4 #ci ,ce nom e/ le mme que l'arabe ,ali1 lettre p\r lettre4 ,le lat9 a introduit l'h p\r exprim] l'a94 #dj ,le texte emploie ce mot1 quoiqu'il n'y et po9t encore de temple comme celui de ,salomon3 c'tait ou ce dut tre un btim5t provisoire1 assez simple1 comme le fur5t les premi]s temples *ez les anci5s4 #da ,beauc\p d'ouvrages critiques et philosophiques ont t composs sur l'orig9e1 le droit1 le mrite ou l'abus de la royaut2 sur les vexations1 les vices1 les sc&ales des rois3 n'e/-il pas s+uli] que l'on en ait si peu compos de tels sur l'orig9e1 le droit1 l'abus de la prtrise1 sur les vices1 les sc&ales des prtres8 ,p\rquoi cela1 qu& le sujet e/ si ri*e8--,p>ce qu'en t\t pays1 la plup>t des criva9s ont t de la ca/e des prtres4 #db ,voyez la note la f91 n #a;er4 #dc ,les ,hbreux s'tai5t clairs p> quelques progrs de civilisation4--,voyez une note relative1 la f9 de cette hi/oire4 #dd ,l'auteur des ,p>alipomnes 7prsum tre le prtre ,ezdras7 n\s dit positivem5t1 liv4 #a1 *ap4 #bi1 v4 #bi3 ,t\tes les actions du roi ,david1 tant les premires que les d]nires1 sont crites dans le livre du prophte ,samuel1 dans celui du prophte ,na?an et dans celui du prophte ,gad4 #de ,de nos j\rs1 c'e/ encore le mme usage *ez les ,druzes et leurs vois9s du ,kasra\an4 ,des hommes se plac5t le soir sur les hauteurs1 et se transmett5t de l'un l'autre un cri1 qui1 en mo9s de deux heures1 e/ rp&u dans t\t le pays4 #df ,l'anci5 et indlbile usage de ces pays1 l'usage de t\s les peuples arabes1 e/1 comme l'on sait1 de ne jamais se prs5t] devant quelqu'un sans lui (frir un cadeau quelconque3 ici le qu>t de sicle e/ connu p\r avoir pes #ba gra9s d'arg5t f91 valant un peu mo9s de #e s\s de ,france2 mais cette poque1 l'arg5t plus r>e p\vait valoir dix fois plus qu'auj\rd'hui2 ce qu>t a pu reprs5t] en d5res #dj de nos s\s4 #dg ,paens1 pagani1 g5s du village1 paysans4 #dh ,et les illum9s de l',allemagne et du ,nord1 l'auteur les oublie-t-il8 ,voyez la note n #c1 la f9 de cette hi/oire4 #di ,t\t rcemm5t ,m4 ,clavi]1 dans son livre des ,oracles4 #ej ,l'paule et le bras tai5t l'emblme et mme l'expression de la =ce active et du p\voir4 #ea ,le mot hbreu habl signifie positivem5t un cble2 un cordon1 une *ane4 #eb ,et n\s autres ,franais1 ne le voyons-n\s pas auj\rd'hui dans les prdications des comdi5s missionnaires qui p>c\r5t les villes et les campagnes de nos prov9ces du ,midi1 o ils exploit5t la sottise populaire avec t\s les raff9em5ts d'escamotage et de pantomime qu'a inv5ts l',italie8 ,nos pres1 dans le sicle d]ni]1 ne l'ont-ils pas vu dans les scnes extravagantes1 dev5ues si clbres1 des miracles oprs au faub\rg ,sa9t-,m>cel p> les sectateurs du diacre ,pris1 etc48 #ec ,ce mot e/ quivoque2 e/-ce des prophtes1 e/-ce de ,kis et de ,sal dont on dem&e cela8 ,si c'e/ de ,kis et de ,sal1 cela v\dra dire3 sont-ils lvites8 ,si c'e/ des prophtes1 cela v\dra dire1 qu'eux-mmes n'y avai5t pas plus de droit p> naissance que ,sal1 et que la confrrie tait =me de g5s de t\tes classes4 ,ce d]ni] s5s n\s p>at le vritable2 autrem5t cette phrase ne s]ait que la rptition de la prcd5te4 #ed ,comme les rois de ,france de la premire race4 #ee ,compos du radical scafat1 il a jug1 il a r5du s5t5ce4 #ef ,dans l'hbreu1 il n'y a pas deux mots div]s p\r esclave et s]viteur1 c'e/ t\j\rs abd4 #eg ,il ne faut pas s'y mpr5dre3 c'e/ ici la vritable royaut patri>cale des anci5s temps2 *ez les peuples de race arabe1 le pre de famille a t\j\rs eu et a encore le droit de vie et de mort dans sa maison2 ses enfants1 ses femmes sont sa discrtion4 ,voyez comme ,abraham se dispose gorg] son fils sans aucun ob/acle huma91 et comme il =ce t\t son monde1 plus de #cjj mles1 esclaves ou libres1 se faire la d\l\reuse amputation du prpuce4 ,on ne rem>que po9t assez que le despotisme ori5tal a ses bases dans le despotisme dome/ique qui tire son orig9e de l'tat sauvage primitif4 #eh ,l'hi/ori5 ,ju/9 rem>que qu' une poque qui dut tre #aa ou #a1bjj ans avant notre re1 les ,phili/9s s'tai5t emp>s de ,sidon1 et que ce fut cette occasion que des migrs de cette ville btir5t la ville de ,tyr4 #ei ,lorsque ,sal ret\rne de la maison de ,samuel *ez son pre1 il e/ dit qu'il doit tr\v] sur sa r\te un corps-de-g>de phili/91 et la ligne de cette r\te e/ t\t--fait dans l'intrieur du pays4 #fj ,mot impropre3 on ne fait jamais ici m5tion de cavali]s1 t\t e/ piton4 #fa ,le manuscrit alex&r9 porte seulem5t dix mille de l'un1 dix mille de l'autre1 ce qui e/ le seul raisonnable4 #fb ,voyez la note #d1 la f9 de cette hi/oire4 #fc ,ce mot e/ rem>quable3 votre ,dieu6 il y avait donc *ez les ,hbreux d'autres dieux accrdits et vivant au pair du dieu ,jeh[h4 #fd ,t\s les textes et anci5s int]prtes sont d'accord sur ce po9t3 la ,vulgate lat9e dit3 ,9 fru/a concidit2 le grec dit3 ,jugulavit2 le syriaque et l'arabe port5t3 ,c\pa en morceaux4 ,le seul anglais ,walton1 auteur de la ,polyglotte1 a pris sur lui de traduire p> fit c\p]1 le mot hbreu qui ne p\rrait avoir ce s5s que p> une =me arabe qui n'a pas lieu en hbreu3 ,samuel c\pa de ses propres ma9s4 #fe ,meuble du pays1 encore ce j\r o le v]re e/ si commun3 il tait trs-r>e alors4 #ff ,%alam b\k4444 la paix sur votre arrive4 #fg ,voyez la note n #e1 la f9 de cette hi/oire4 #fh ,voyez la note n #c1 la f9 de cette hi/oire4 #fi ,le texte n'e/ pas clair ce sujet1 le mot hbreu %amn1 signifiant t\te matire grasse1 onctueuse1 huileuse2 et le mot samn1 dans l'arabe1 re/ant affect au beurre fondu4 #gj ,voyez la note n #f1 la f9 de cette hi/oire4 #ga ,qu'e/-ce que croire8 je le dem&e au plus habile mtaphysici52 n'e/-ce pas voir comme exi/ant ce qu'on n\s dit exi/]8 ,mais ce tableau que l'on voit ou que l'on se figure voir1 peut n'exi/] que dans notre c]veau3 p> exemple1 d'anci5s savants ont cru que le ciel tait une vote de cri/al3 il e/ clair que ce cri/al1 que cette vote n'exi/ai5t que dans leur c]veau o ils la voyai5t1 et non dans le firmam5t4 ,t\te la "q des croyances e/ l4 ,voir dans son c]veau3 cela ne drange ri5 dans la nature4 ,josu ou son hi/ori5 a-t-il vu autrem5t le soleil s'arrt]8 ,rpondez-moi1 bibli/es4 7,note de l'diteur47 #gb ,c'e/ encore p> ce mcanisme1 que l'on voit s\v5t dans la vieillesse rep>atre les impressions de l'enfance1 qui avai5t dormi p5dant t\t l'ge mr4 ,p> exemple1 le physici5 ,brisson1 lev dans le patois poitev91 l'avait p]du de vue dans sa trs-longue rsid5ce ,p>is44444 ,dev5u vieux1 il eut une attaque d'apoplexie1 qui1 en lui laissant d'ailleurs ses facults physiques1 effaa t\tes ses ides et connaissances acquises p> l'tude1 mme le s\v5ir de la langue franaise3 mais les impressions premires du patois de l'enfance rep>ur5t et cont9ur5t jusqu' sa mort1 arrive quelques mois aprs4 ,dans l'ge mr1 notre raison t5due1 rep\sse avec mpris les l\ps-g>\s et les esprits-rev5ants4 ,dans la vieillesse1 nos n]fs retombs dans l'tat de vgtation purem5t animale1 repr5n5t les t]reurs de l'enfance3 que d'exemples dans ce fameux sicle de ,l\is ,,xiv1 ri*e en arts d'imag9ation1 pauvre en sci5ces exactes et physiques6 7,note de l'diteur47 #gc ,liv4 ,,ii de ,samuel ou des ,rois1 *ap4 v4 #gd ,un volume 9-#h1 publi en #ahji1 ,p>is1 p> ,joseph-,eugne ,beauvois9s1 *ef d'escadron1 et juge militaire au tribunal spcial de ,naples4 #ge ,on tr\v]a1 dans le tableau suivant1 les pr9cipaux sommets de cette *ane avec leurs positions gographiques1 leurs hauteurs au-dessus du niveau de la m]1 et leurs di/ances du rivage le plus prs4 ,noms des sommets4 ,latitude4,longitude ,hauteur ,di/ance ,indication prise au-dessus du rivage du du mridi5 du niveau le plus rivage4 de ,p>is4 de la m]4 prs4 ' ' to4 to4 ,monte-,/ello au cap ,corse #db #dg #ba #g #jd #bf #gaj #bejj ,e/4 ,monte-,a/o #db #cd #ef #f #ea #eg #gai #fcjj ,nord4 ,monte-,grosso #db #cj #jh #f #cd #da #ied #fdjj ,oue/4 ,monte-,paglia-,orba #db #bj #cd #f #cb #jh #acfj #hhjj ,oue/4 ,monte-,rotondo #db #ac #jj #f #db #ee #adah #aegjj ,oue/4 ,monte-,r5oso #db #jc #cg #f #dg #cj #aaeh #accjj ,e/4 ,punta la ,cappella #da #ei #di #f #eb #bi #ajea #hfjj ,e/4 ,monte-l',in>d9e du ,coscione #da #ea #ja #f #ea #eh #ajee #hajj ,e/4 ,punta della ,calva #da #dc #af #f #ec #ja #hjc #fdjj ,e/4 ,punta d',ovace1 sommet le plus lev des montagnes de ,cagna #da #cd #ei #f #dd #bf #gff #fjjj ,sud4 ,monte-,sant',angelo de ,cas9ca #db #bg #eb #g #jc #ec #egc #ecjj ,e/4 ,monte-,san-,pietro #db #bc #ea #f #ei #hea #hgjj ,e/4 #gf ,c'e/ cette d\ble "q d'action et de raction rciproque que l'auteur se proposait d'exam9] dans les *apitres qui devai5t suivre celui qu'on vi5t de lire2--la mort l'a surpris au milieu de son travail2 et c'e/ d'autant plus regrett]1 que n\s sommes encore att5dre un bon ouvrage sur la ,corse4 ,m4 de ,volney crivait peu2 il se cont5tait de pr5dre quelques notes en =me d'argum5t et comme p\r se prmunir contre les infidlits de sa mmoire4--,un ouvrage tait t\t enti] dans sa tte avant qu'il en jett les premires lignes sur le papi]2 et lors qu'il comm5ait crire1 il le faisait avec tant d'ordre et de suite1 qu'on aurait cru qu'il copiait4--,il tait r>e qu'il *anget quelque *ose cette rdaction unique1 qu'il se cont5tait de faire recopi] p> son secrtaire4 ,n\s sommes rduits dplor] cette =ce de tte et cette facilit de rdaction1 puisqu'elles n\s priv5t de plusieurs ouvrages entirem5t t]m9s1 que ,m4 de ,volney se disposait crire1 lorsqu'il fut enlev1 en peu de j\rs1 ses amis et ses concitoy5s4 7,note des diteurs47 #gg ,je n'ai pu me procur] cet article que p> approximation4 #gh ,id4 #gi ,id4 #hj ,oui1 ,paoli a encore en ce mom5t des g>des1 et e/ gnralem5t trait d'excell5ce4 ,note de l'auteur4 ,m>s #agic4 #ha ,les socits populaires de ,m>seille et de ,t\lon1 qui ont dnonc ,paoli1 doiv5t bi5 rem>qu] cette circon/ance1 af9 de ne pas pr5dre le *ange sur les auteurs des tr\bles de la ,corse4 7,note de l'auteur4 ,m>s #agic47 #hb ,voyez le livre de ,dupuis1 table des matires1 au mot ,cadmus1 o sont les r5vois appropris *acun des deux =mats1 l'9-#d4 et l'9-#h4 #hc ,nos potes ne clbr5t-ils pas encore le beli]1 qui e/ hors de signe depuis plus de #b1bjj ans8 #hd ,le reprs5te la lettre s*94 #he ,voyez ,dupuis1 tome ,,iii1 9-#d1 page #dj4 #hf ,ici1 comme en tant d'autres passages1 aucune traduction n'a t fidle4 #hg ,voyez ,hrod41 lib4 ,,ii4 #hh ,voyez ,dupuis1 9-#d1 tome4 #c1 page #dj4 #hi ,il a plu nos mod]nes faiseurs de planisphres de plac] le taureau et le beli] tte contre tte4 ,le fait e/ prcism5t l'oppos *ez les anci5s qui plac5t ces deux figures dos dos4 ,cep5dant1 comme aucun de leurs atlas n'a t fait plus de #djj ans avant notre re1 j'ai des raisons de croire que jadis la tte du beli] fut o ils ont plac sa queue4 #ij ,geogr41 lib4 ,i1 page #da et #db2 dition de ,casaubon4 #ia ,ce que les ,allem&s appell5t langue semitique1 quoique ,kanan et ,ku% en fass5t p>tie4 #ib ,voyez ,supplm5t l',hrodote de ,l>*]2 #hj pages1 9-#h1 #ahjh4 ,*ronologie d',hrodote4 #a vol4 9-#h1 #ahji4 #ic ,voyez ,re*]*es n\velles sur l',hi/oire anci5ne2 #b vol4 9-#h4 ,le second volume se compose de ce qui avait dja p>u1 en #ahjh et #ahji1 s\s le titre ci-dessus4 ,seulem5t1 j'ai c>t quelques p]sonnalits4