produced from images available at the ,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,le,,ons ,d',,histoire1 ,,prononc,,es ,a ,l',,cole ,,normale1 ,,en ,l',,an ,,iii ,,de ,,la ,r,,publique ,,fran,,aise4 ,,histoire ,,de ,,samuel1 ,,inventeur ,,du ,,sacre ,,des ,,rois4 ,,tat ,,physique ,,de ,,la ,,corse4 ,,par ,c4 ,f4 ,,volney1 ,,comte ,,et ,,pair ,,de ,,france1 ,,membre ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise1 ,,honoraire ,,de ,,la ,,soci,t ,s,,ante ,a ,,calcuta4 ,illustration3 colophon ,,paris1 ,,parmantier1 ,,libraire1 ,,rue ,,dauphine4 ,,froment1 ,,libraire1 ,,quai ,,des ,,augustins4 ,m ,,dccc ,,xxv4 ,,oeuvres ,,de ,c4 ,f4 ,,volney4 ,,deuxi,,me ,,dition ,,compl,,te4 ,,tome ,,vii4 ,,imprimerie ,,de ,,firmin ,,didot4 ,,rue ,,jacob1 ,n #bd4 ,,le,,ons ,d',,histoire1 ,,prononc,,es ,a ,l',,cole ,,normale1 ,,en ,l',,an ,,iii ,,de ,,la ,r,,publique ,,fran,,aise 7#agie74 ,,avertissement ,,de ,l',,auteur4 ,les ,leons d',histoire que je prsente au public sont les mmes qui1 l'an #c1 obtinrent son suffrage l'cole ,normale#a3 j'aurais dsir de les en rendre plus dignes par plus de corrections et de dveloppements1 mais j'ai prouv qu'un nouveau travail gtait le mrite original de l'ancien1 celui d'une composition du premier jet1 en quelque sorte improvise#b4 ,d'ailleurs1 dans nos circonstances1 il s'agit moins de gloire littraire1 que d'utilit sociale2 et dans le sujet prsent1 cette utilit est plus grande1 qu'elle ne le semble au premier coup d'il3 depuis que j'y ai attach mes ides1 plus j'ai analys l'influence journalire qu'exerce l',histoire sur les actions et les opinions des hommes1 plus je me suis convaincu qu'elle tait l'une des sources les plus fcondes de leurs prjugs et de leurs erreurs4 ,c'est de l',histoire que drive la presque totalit des opinions religieuses1 et en accordant l'orgueil de chaque secte d'excepter les siennes1 il n'en est pas moins vident que1 l o la religion est fausse1 l'immense quantit d'actions et de jugements dont elle est la base1 porte aussi faux et croule avec elle4 ,c'est encore de l',histoire que drivent la plupart des maximes et des principes politiques qui dirigent les gouvernements1 les renversent ou les consolident2 et l'on sent quelle sphre d'actes civils et d'opinions embrasse dans une nation ce second mobile4 ,enfin ce sont les rcits que nous entendons chaque jour1 et qui sont une branche relle de l',histoire1 qui deviennent la cause plus ou moins mdiate d'une foule d'ides et de dmarches errones2 de manire que1 si l'on soumettait au calcul les erreurs des hommes1 j'oserais assurer que sur mille articles1 neuf cent quatre-vingts appartiennent l',histoire2 et je poserais volontiers en principe que ce que chaque homme possde de prjugs et d'ides fausses1 vient d'autrui1 par la crdule confiance accorde aux rcits2 tandis que ce qu'il possde de vrits et d'ides exactes1 vient de lui-mme et de son exprience personnelle4 ,je croirais donc avoir rendu un service minent1 si mon livre pouvait branler le respect pour l',histoire1 pass en dogme dans le systme d'ducation de l',europe2 si1 devenant l'avis prliminaire1 la prface universelle de toutes les histoires1 il prmunissait chaque lecteur contre l'empirisme des crivains1 et contre ses propres illusions2 s'il engageait tout homme pensant soumettre tout homme raconteur un interrogatoire svre sur ses moyens d'information1 et sur la source premire des ou-dire2 s'il habituait chacun se rendre compte de ses motifs de croyance1 se demander3 #a ,si1 lorsque nous avons tant d'insouciance habituelle vrifier les faits2 si1 lorsque l'entreprenant1 nous y trouvons tant de difficults1 il est raisonnable d'exiger d'autrui plus de diligence et de succs que de nous-mmes2 #b ,si1 lorsque nous avons des notions si imparfaites ou si fausses de ce qui se passe sous nos yeux1 nous pouvons esprer d'tre mieux instruits de ce qui se passe ou s'est pass de grandes distances de lieux ou de temps2 #c ,si1 lorsque nous avons plus d'un exemple prsent de faits quivoques ou faux1 envoys la postrit avec tous les passe-ports de la vrit1 nous pouvons esprer que les hommes des sicles antrieurs aient eu moins d'audace ou plus de conscience2 #d ,si1 lorsqu'au milieu des factions1 chaque parti menace l'historien qui crirait ce qui le blesse1 la postrit ou l'ge prsent ont le droit d'exiger un dvouement qui n'attirerait pour leur salaire que l'accusation d'imprudence ou l'honneur strile d'une pompe funbre2 #e ,si1 lorsqu'il serait imprudent et presque impossible tout gnral d'crire ses campagnes1 tout diplomate ses ngociations1 tout homme public ses mmoires en face des acteurs et des tmoins qui pourraient le dmentir ou le perdre1 la postrit peut se flatter1 quand les tmoins et les acteurs morts ne pourront plus rclamer1 que l'amour-propre1 l'animosit1 la honte1 l'loignement du temps et le dfaut de mmoire lui transmettront plus fidlement l'exacte vrit2 #f ,si la prtendue information et l'impartialit attribues la postrit ne sont pas la consolation trompeuse de l'innocence1 o la flatterie de la sduction ou de la peur2 #g ,s'il n'est pas vrai que souvent la postrit reoit et consacre les dpositions du fort survivant1 qui touffe les rclamations du faible cras2 #h ,et si en morale il n'est pas aussi ridicule de prtendre que les faits s'claircissent en vieillissant1 qu'en physique de soutenir que les objets1 force de s'loigner1 deviennent plus distincts4 ,je serais satisfait si les imperfections mme de mon travail en provoquaient un meilleur1 et dterminaient quelque esprit philosophique traiter fond toutes les questions que je n'ai fait qu'indiquer1 particulirement celles de l'autorit des tmoignages1 et des conditions requises pour la certitude1 sur lesquelles nous n'avons rien de premptoire1 et qui cependant sont le pivot de la plupart de nos connaissances1 ou1 selon le mot d',helvtius1 de notre ignorance acquise4 ,pour moi1 que la comparaison des prjugs et des habitudes d'hommes et de peuples divers a convaincu et presque dpouill de ceux de mon ducation et de ma propre nation2 qui1 voyageant d'un pays l'autre1 ai suivi les nuances et les altrations de rumeurs et de faits que je vis natre2 qui1 par exemple1 ai trouv accrdites aux tats-,unis des notions trs-fausses d'vnements de la rvolution franaise dont je fus tmoin1 de mme que j'ai reconnu l'erreur de celles que nous avons en ,france sur beaucoup de dtails de la rvolution amricaine1 dja dissimuls par l'gosme national ou l'esprit de parti1 je ne puis m'empcher1 d'avouer que chaque jour je suis plus port refuser ma confiance aux historiens et l',histoire2 que chaque jour je ne sais de quoi m'tonner le plus1 ou de la lgret avec laquelles les hommes1 mme rflchis1 croient sur les plus frivoles motifs1 ou de leur tenace vhmence agir d'aprs ce premier mobile adopt2 qu'enfin chaque jour je suis plus convaincu que la disposition d'esprit la plus favorable l'instruction1 la dcouverte de la vrit1 la paix et au bonheur des individus et des nations1 c'est de croire difficilement3 aussi1 en me prvalant du titre d'instituteur dont m'honora le gouvernement1 si j'ose recommander un prcepte aux instituteurs de tout ordre1 aux parents1 instituteurs-ns de leurs enfants1 c'est de ne pas subjuguer leur croyance par une autorit magistrale2 c'est de ne pas les habituer croire sur parole1 croire ce qu'ils ne conoivent pas2 c'est1 au contraire1 de les prmunir contre ce double penchant la crdulit et la certitude1 d'autant plus puissant1 qu'il drive de l'ignorance1 de la paresse et de l'orgueil1 naturels l'homme2 c'est enfin d'asseoir le systme de l'instruction et de l'ducation1 non sur les faits du monde idal1 toujours susceptibles d'aspects divers et de controverses1 mais sur les faits du monde physique1 dont la connaissance1 toujours rductible la dmonstration et l'vidence1 offre une base fixe au jugement ou l'opinion1 et mrite seule le nom de philosophie et de science4 ,,le,,ons ,d',,histoire4 ,,premi,,re ,s,,ance#c1 #a;er ,pluvise4 ,,programme4 ,objet1 plan et distribution de l'tude de l'histoire4 ,l'histoire1 si l'on veut la considrer comme une science1 diffre absolument des sciences physiques et mathmatiques4 ,dans les sciences physiques1 les faits subsistent2 ils sont vivants1 et l'on peut les reprsenter au spectateur et au tmoin4 ,dans l'histoire1 les faits n'existent plus2 ils sont morts et l'on ne peut les ressusciter devant le spectateur1 ni les confronter au tmoin4 ,les sciences physiques s'adressent immdiatement aux sens2 l'histoire ne s'adresse qu' l'imagination et la mmoire3 d'o rsulte entre les faits physiques1 c'est--dire existants1 et les faits historiques1 c'est--dire raconts1 une diffrence importante quant la croyance qu'ils peuvent exiger4 ,les faits physiques portent avec eux l'vidence et la certitude1 parce qu'ils sont sensibles et se montrent en personne sur la scne immuable de l'univers3 les faits historiques1 au contraire1 parce qu'ils n'apparaissent qu'en fantmes dans la glace irrgulire de l'entendement humain o ils se plient aux projections les plus bizarres1 ne peuvent arriver qu' la vraisemblance et la probabilit4 ,il est donc ncessaire1 pour valuer le degr de crdibilit qui leur appartient1 de les examiner soigneusement sous un double rapport3 #a celui de leur propre essence1 c'est--dire le rapport d'analogie ou d'incompatibilit avec des faits physiques de la mme espce1 encore subsistants et connus1 ce qui constitue la possibilit2 #b sous le rapport de leurs narrateurs et de leurs tmoins scruts dans leurs facults morales1 dans leurs moyens d'instruction1 d'information1 dans leur impartialit1 ce qui constitue la probabilit morale2 et cette opration est le jugement compliqu d'une double rfraction1 qui1 par la mobilit des objets1 rend le prononc trs-dlicat et susceptible de beaucoup d'erreurs4 ,appliquant ces observations aux principaux historiens anciens et modernes1 nous nous proposons1 dans le cours de ces leons1 d'examiner quel caractre prsente l'histoire chez diffrents peuples2 quel caractre surtout elle a pris en ,europe depuis environ un sicle4 ,nous ferons sentir la diffrence remarquable qui se trouve dans le gnie historique d'une mme nation1 selon les progrs de sa civilisation1 selon la gradation de ses connaissances exactes et physiques2 et de ces recherches sortiront plusieurs questions importantes4 #a ,quel degr de certitude1 quel degr de confiance doit-on attacher aux rcits de l'histoire en gnral1 ou dans certains cas particuliers8 #b ,quelle importance doit-on attribuer aux faits historiques1 et quels avantages ou quels inconvnients rsultent de l'opinion de cette importance8 #c ,quelle utilit sociale et pratique doit-on se proposer1 soit dans l'enseignement1 soit dans l'tude de l'histoire8 ,pour dvelopper les moyens de remplir ce but d'utilit1 nous rechercherons dans quel degr de l'instruction publique doit tre place l'tude de l'histoire2 si cette tude convient aux coles primaires1 et qu'elles parties de l'histoire peuvent convenir selon l'ge et l'tat des citoyens4 ,nous considrerons quels hommes doivent se livrer et quels hommes l'on doit appeler l'enseignement de l'histoire2 quelle mthode parat prfrable pour cet enseignement2 dans quelles sources l'on doit puiser la connaissance de l'histoire1 ou en rechercher les matriaux2 avec quelles prcautions1 avec quels moyens on doit l'crire2 quelles sont les diverses manires de l'crire1 selon ses sujets2 quelles sont les diverses distributions de ces sujets2 enfin quelle est l'influence que les historiens exercent sur le jugement de la postrit1 sur les oprations des gouvernements1 sur le sort des peuples4 ,aprs avoir envisag l'histoire comme narration de faits1 envisageant les faits eux-mmes comme un cours d'expriences involontaires1 que le genre humain subit lui-mme1 nous essaierons de tracer un tableau sommaire de l'histoire gnrale1 pour en recueillir les vrits les plus intressantes4 ,nous suivrons chez les peuples les plus clbres la marche et les progrs2 #a ,des arts1 tels que l'agriculture1 le commerce1 la navigation2 #b ,de diverses sciences1 telles que l'astronomie1 la gographie1 la physique2 #c ,de la morale prive et publique2 et nous examinerons quelles ides l'on s'en est faites diverses poques2 #d ,enfin1 nous observerons la marche et les progrs de la lgislation2 nous considrerons la naissance des codes civils et religieux les plus remarquables2 nous rechercherons quel ordre de transmission ces codes ont suivi de peuple peuple1 de gnration gnration2 quels effets ils ont produits dans les habitudes1 dans les murs1 dans le caractre des nations2 quelle analogie les murs et le caractre des nations observent avec leur climat et avec l'tat physique du sol qu'elles habitent2 quels changements produisent dans ces murs les mlanges des races et les transmigrations2 et jetant un coup d'il gnral sur l'tat actuel du globe1 nous terminerons par proposer l'examen de ces deux questions3 #a ,a quel degr de sa civilisation peut-on estimer que soit arriv le genre humain8 #b ,quelles indications gnrales rsultent de l'histoire1 pour le perfectionnement de la civilisation1 et pour l'amlioration du sort de l'espce8 ,,seconde ,s,,ance4 ,le sens littral du mot histoire est recherche1 enqute 7de faits74--,modestie des historiens anciens4--,tmrit des historiens modernes4 ,l'historien qui crit sur tmoignages1 prend le rle de juge1 et reste tmoin intermdiaire pour ses lecteurs4--,extrme difficult de constater l'tat prcis d'un fait2 de la part du spectateur1 difficult de le bien voir2 de la part du narrateur1 difficult de le bien1 peindre4--,nombreuses causes d'erreur provenant d'illusion1 de proccupation1 de ngligence1 d'oubli1 de partialit1 etc4 ,nous venons de mesurer d'un coup d'il rapide la carrire que nous avons parcourir2 elle est belle sans doute par son tendue1 par son but2 mais il ne faut pas nous dissimuler qu'elle ne soit en mme temps difficile4 ,cette difficult consiste en trois points principaux3 #a ,la nouveaut du sujet2 car ce sera une manire neuve de traiter l'histoire1 que de ne plus la borner un ou quelques peuples1 sur qui l'on accumule tout l'intrt pour en dshriter les autres1 sans que l'on puisse rendre d'autre raison de cette conduite1 que de ne les avoir pas tudis ou connus4 #b ,la complication qui nat naturellement de l'tendue mme et de la grandeur du sujet qui embrasse tant de faits et d'vnements2 qui considre le genre humain entier comme une seule socit1 les peuples comme des individus1 et qui1 retraant la vie de ces individus et de ces socits1 y cherche des faits nombreux et rpts1 dont les rsultats constituent ce qu'on appelle des principes1 des rgles3 car en choses morales1 les principes ne sont pas des critres fixes et abstraits1 existants indpendamment de l'humanit1 les principes sont des faits sommaires et gnraux1 rsultant de l'addition des faits particuliers1 et devenant par-l1 non pas des rgles tyranniques de conduite1 mais des bases de calculs approximatifs de vraisemblance et de probabilits#d4 #c ,enfin la nature mme du sujet2 car ainsi que nous l'avons dit dans le programme1 les faits historiques ne pouvant pas se reprsenter aux sens1 mais seulement la mmoire1 ils n'entranent pas avec eux cette conviction qui ne permet pas de rplique2 ils laissent toujours un retranchement d'incertitude l'opinion et au sens intime1 et toutes les fois que l'on vient au sens intime et l'opinion1 l'on touche des cordes dlicates et dangereuses1 parce qu' leur rsonnance1 l'amour-propre est prompt s'armer4 ,a cet gard1 nous observerons les rgles de sagesse que prescrit l'galit prise dans son vrai sens1 celui de la justice2 car1 lorsque nous n'adopterons pas1 ou que mme nous serons obligs de rejeter les opinions d'autrui1 nous rappelant qu'il a un droit gal de les dfendre1 et qu'il n'a d1 comme nous1 les adopter que par persuasion1 nous porterons ses opinions le respect et la tolrance que nous avons le droit d'exiger pour les ntres4 ,dans les autres sciences qui se traitent en cet amphithtre1 la route est trace1 soit par l'ordre naturel des faits1 soit par les mthodes savantes des auteurs4 ,dans l'histoire telle que nous l'envisageons1 la route est neuve et sans modle4 ,nous avons bien quelques livres avec le titre d',histoires universelles4 ,mais outre le reproche d'un style dclamatoire de collge que l'on peut faire aux plus vantes1 elles ont encore le vice de n'tre que des histoires partielles de peuplades1 des pangyriques de familles4 ,nos classiques d',europe n'ont voulu nous parler que de ,grecs1 que de ,romains1 que de ,juifs2 parce que nous sommes1 sinon les descendants1 du moins les hritiers de ces peuples pour les lois civiles et religieuses1 pour le langage1 pour les sciences1 pour le territoire2 en sorte qu'il ne me semble pas que l'histoire ait encore t traite avec cette universalit qu'elle comporte1 surtout quand une nation comme la ntre s'est leve un assez haut degr de connaissances et de philosophie1 pour se dpouiller de cet gosme sauvage et froce1 qui1 chez les anciens1 concentrant l'univers dans une cit1 dans une peuplade1 y consacra la haine de toutes les autres sous le nom d'amour de la patrie1 au lieu de jeter sur elles un regard de fraternit1 lequel1 sans dtruire une juste dfense de soi-mme1 laisse cependant subsister tous les sentiments de famille et de parent4 ,les difficults dont nous venons de parler nous rendant l'ordre et la mthode infiniment ncessaires1 ce sera pour nous un motif d'en tenir soigneusement le fil dans un si vaste sujet4 ,pour assurer notre premier pas1 examinons ce que l'on doit entendre par ce mot histoire3 car les mots tant les signes des ides1 ils ont plus d'importance qu'on ne veut croire4 ,ce sont des tiquettes apposes sur des botes qui souvent ne contiennent pas les mmes objets pour chacun2 il est toujours sage de les ouvrir1 pour s'en assurer4 ,le mot histoire parat avoir t employ chez les anciens dans une acception assez diffrente de celle des modernes3 les ,grecs1 ses auteurs1 dsignaient par lui une perquisition1 une recherche faite avec soin4 ,c'est dans ce sens que l'emploie ,hrodote4 ,chez les modernes au contraire1 le mot histoire a pris le sens de narration1 de rcit1 mme avec la prtention de la vracit3 les anciens cherchaient la vrit1 les modernes ont prtendu la tenir2 prtention tmraire1 quand on considre combien dans les faits1 surtout les faits politiques1 elle est difficile trouver4 ,sans doute c'tait pour l'avoir senti1 que les anciens avaient adopt un terme si modeste2 et c'est avec le mme sentiment1 que pour nous le mot histoire sera toujours synonyme ceux de recherche1 examen1 tude des faits4 ,en effet1 l'histoire n'est qu'une vritable enqute de faits2 et ces faits ne nous parvenant que par intermdiaires1 ils supposent un interrogatoire1 une audition de tmoins4 ,l'historien qui a le sentiment de ses devoirs1 doit se regarder comme un juge qui appelle devant lui les narrateurs et les tmoins des faits1 les confronte1 les questionne1 et tche d'arriver la vrit1 c'est--dire l'existence du fait1 tel qu'il a t4 ,or1 ne pouvant jamais voir le fait par lui-mme2 ne pouvant en convaincre ses sens1 il est incontestable qu'il ne peut jamais en acqurir de certitude au premier degr2 qu'il n'en peut juger que par analogie1 et de l1 cette ncessit de considrer ces faits sous un double rapport3 #a sous le rapport de leur propre essence2 #b sous le rapport de leurs tmoins4 ,sous le rapport de leur essence1 les faits n'ont dans la nature1 dans le systme de l'univers1 qu'une manire d'tre1 manire constante1 similaire2 et1 cet gard1 la rgle de jugement est facile et invariable4 ,si les faits raconts ressemblent l'ordre connu de la nature2 s'ils sont dans l'ordre des tres existants o des tres possibles1 ils acquirent dja pour l'historien la vraisemblance et la probabilit2 mais ceci mme introduit une diffrence dans les jugements qui peuvent en tre ports1 puisque chacun juge de la probabilit et de la vraisemblance1 selon l'tendue et l'espce de ses connaissances3 en effet1 pour appliquer l'analogie d'un fait non connu1 il faut connatre le fait auquel on doit le comparer2 il faut en avoir la mesure3 en sorte que la sphre des analogies est tendue ou resserre1 en raison des connaissances exactes dja acquises1 ce qui ne laisse pas que de resserrer le rayon du jugement1 et par consquent de la certitude dans beaucoup de cas3 mais cela mme1 il n'y a pas un grand inconvnient2 car un trs-sage proverbe oriental dit3 ,qui croit beaucoup1 beaucoup se trompe4 ,s'il est un droit1 c'est sans doute celui de ne pas livrer sa conscience ce qui la repousse2 c'est de douter de ce qu'on ne conoit pas4 ,hrodote nous en donne un exemple digne d'tre cit1 lorsque parlant du voyage d'un vaisseau phnicien que ,nechos1 roi d'gypte1 fit partir par la mer ,rouge1 et qui1 trois ans aprs1 revint par la ,mditerrane1 il dit3 ,les ,phniciens racontrent leur retour qu'en faisant voile autour de la ,libye ils avaient eu le soleil 7levant7 leur droite4 ,ce fait ne me parat nullement croyable1 mais peut-tre le paratra-t-il quelque autre#e4 ,cette circonstance nous devient la preuve la plus forte du fait2 et ,hrodote1 qui s'est tromp dans son prononc1 ne me parat que plus louable de l'avoir1 #a rapporte sans altration1 et #b de n'avoir pas excd la mesure de ses connaissances1 en ne croyant pas sur parole ce qu'il ne concevait point par ses lumires4 ,d'autres historiens et gographes anciens plus prsomptueux1 ,strabon par exemple1 ont ni tout le fait1 cause de sa circonstance2 et leur erreur aujourd'hui dmontre1 est pour nous un avis utile contre les prtentions du demi-savoir2 et il en est d'autant mieux prouv1 que refuser son assentiment ce que l'on ne conoit pas1 est une maxime sage1 un droit naturel1 un devoir de raison1 parce que si l'on excdait la mesure de sa conviction1 rgle unique de tout jugement1 on se trouverait port d'inconnu en invraisemblable1 et d'invraisemblable en extravagances et en absurdits4 ,le second rapport sous lequel les faits doivent tre examins1 est celui de leurs tmoins2 et celui-l est bien plus compliqu et bien plus difficile que l'autre3 car ici les rgles ne sont pas fixes et constantes comme celles de la nature2 elles sont au contraire variables comme l'entendement humain2 et cet entendement humain je le comparerais volontiers ces miroirs plans courbes et irrguliers1 qui1 dans les leons de physique1 vous ont amuss par les bizarres dfigurations qu'ils font subir aux tableaux qu'on leur soumet3 cette comparaison peut vous sembler d'autant plus heureuse1 qu'elle s'applique dans un double sens4 ,car si d'un ct1 par le cas malheureusement le plus frquent1 les tableaux de la nature1 toujours rguliers1 ont t dforms en se peignant dans l'entendement2 d'un autre ct1 ces caricatures qu'il a produites1 soumises de nouveau sa rflexion1 peuvent se redresser par les mmes rgles en sens inverse1 et recouvrer les formes raisonnables de leur premier type qui fut la nature444444 ,dans la sienne propre l'entendement est une onde mobile o les objets se dfigurent par des ondulations de plus d'un genre2 d'abord1 et le plus souvent1 par celles des passions1 et encore par la ngligence1 par l'impuissance de voir mieux1 et par l'ignorance4 ,ce sont-l autant d'articles sur lesquels l'investigateur de la vrit1 l'historien doit interroger sans cesse les tmoins3 et lui-mme est-il exempt de leurs dfauts8 n'est-il pas homme comme eux8 et n'est-ce pas un apanage constant de l'humanit1 que la ngligence1 le dfaut de lumires1 et le prjug8 ,or1 examinez1 je vous prie1 ce qui arrive dans les rcits qui ne nous parviennent que de troisime ou quatrime bouche4 ,ne vous semble-t-il pas voir un objet naturel1 qui1 rflchi par une premire glace1 est par elle rflchi une autre2 ainsi1 de glace en glace1 recevant les teintes1 les dviations1 les ondulations de toutes1 pensez-vous qu'il arrive exact8 ,la seule traduction d'une langue en une autre n'est-elle pas dja une forte altration des penses1 de leurs teintes2 sans compter les erreurs des mots8 mais dans une mme langue1 dans un mme pays1 sous vos propres yeux1 voyez ce qui se passe tous les jours2 un vnement arrive prs de nous1 dans la mme ville1 dans la mme enceinte3 entendez-en le rcit par divers tmoins2 souvent pas un seul ne s'accordera sur les circonstances1 quelquefois sur le fonds4 ,on en fait une exprience assez piquante en voyageant4 ,un fait se sera pass dans une ville2 soi-mme on l'aura vu2 eh bien8 dix lieues de l1 on l'entend raconter d'une autre manire1 et de ville en ville1 d'cho en cho1 on finit par ne plus le reconnatre1 et en voyant la confiance des autres1 on serait tent de douter de la sienne1 soi-mme4 ,or1 s'il est difficile de constater l'existence prcise1 c'est--dire la vrit des faits parmi nous1 combien cette difficult n'a-t-elle pas t plus grande chez les anciens1 qui n'avaient pas les mmes moyens de certitude que nous8 ,je n'entrerai pas aujourd'hui dans les dtails intressants que comporte cette matire1 me proposant de l'approfondir dans une autre leon2 mais aprs avoir parl des difficults naturelles de connatre la vrit1 j'insisterai sur celle qui tient aux passions du narrateur et des tmoins1 ce qu'on appelle partialit2 je la divise en deux branches2 partialit volontaire1 et partialit force3 cette dernire1 inspire par la crainte1 se rencontre ncessairement dans tous les tats despotiques2 o la manifestation des faits serait la censure presque perptuelle du gouvernement4 ,dans de tels tats1 qu'un homme ait le courage d'crire ce qu'il y a de plus notoire1 ce que l'opinion publique constate le plus1 son livre ne pourra s'imprimer2 s'il s'imprime1 il ne pourra souvent se divulguer1 et par une suite de l'ordre tabli1 personne n'osera crire1 on crira avec dviation1 dissimulation1 ou mensonge3 et tel est le caractre de la plus grande partie des histoires4 ,d'autre part1 la partialit volontaire a des effets encore plus tendus2 car ayant pour parler1 les motifs que l'autre a pour se taire1 elle envisage son bien-tre dans le mensonge et l'erreur4 ,les tyrans menacent l'autre2 ils flattent celle-l2 ils paient ses louanges1 suscitent ses passions2 et aprs avoir menti leur sicle par des actions1 ils mentent la postrit par des rcits stipendis4 ,je ne parle point d'une autre partialit involontaire1 mais non moins puissante1 celle des prjugs civils ou religieux dans lesquels nous naissons1 dans lesquels nous sommes levs4 ,en jetant un coup d'il gnral sur les narrateurs1 peine en voit-on quelques-uns qui s'en soient montrs dgags4 ,chez les anciens mme1 les prjugs ont eu les plus fortes influences2 et quand on considre que ds l'ge le plus tendre1 tout ce qui nous environne conspire nous en imprgner2 que l'on nous infuse nos opinions1 nos penses1 par nos habitudes1 par nos affections1 par la force1 par la persuasion1 par les menaces et par les promesses2 que l'on enveloppe notre raison de barrires sacres au del desquelles il lui est dfendu de regarder1 l'on sent qu'il est impossible que par l'organisation mme de l'tre humain1 il ne devienne pas une fabrique d'erreurs2 et lorsque1 par un retour sur nous-mmes1 nous penserons qu'en de telles circonstances1 nous en eussions t galement atteints2 que si par hasard nous possdons la vrit1 nous ne la devons peut-tre qu' l'erreur de ceux qui nous ont prcds2 loin d'en retirer un sentiment d'orgueil et de mpris1 nous remercierons les jours de libert o il nous a t permis de sentir d'aprs la nature1 de penser d'aprs notre conscience2 et craignant1 par l'exemple d'autrui1 que cette conscience mme ne soit en erreur1 nous ne ferons point de cette libert un usage contradictoirement tyrannique1 et nous fonderons1 sinon sur l'unit d'opinions1 du moins sur leur tolrance1 l'utilit commune de la paix4 ,dans la prochaine leon1 nous examinerons quels ont t1 chez les peuples anciens1 les matriaux de l'histoire et les moyens d'information2 et comparant leur tat civil et moral celui des modernes1 nous ferons sentir l'espce de rvolution que l'imprimerie a introduite dans cette branche de nos tudes et de nos connaissances4 ,,troisi,,me ,s,,ance4 ,continuation du mme sujet4--,quatre classes principales d'historiens avec des degrs d'autorit divers3 #a historiens acteurs2 #b historiens tmoins2 #c historiens auditeurs de tmoins2 #d historiens sur ou-dire ou traditions4--,altration invitable des rcits passs de bouche en bouche4--,absurdit des traditions des temps reculs1 commune tous les peuples4--,elle prend sa source dans la nature de l'entendement humain4--,caractre de l'histoire toujours relatif au degr d'ignorance ou de civilisation d'un peuple4--,caractre de l'histoire chez les anciens et chez les peuples sans imprimerie4--,effets de l'imprimerie sur l'histoire4--,changement qu'elle a produit dans les historiens modernes4--,disposition d'esprit la plus convenable bien lire l'histoire4--,ridicule de douter de tout1 moins dangereux que de ne douter de rien4--tre sobre de croyance4 ,nous avons vu que1 pour apprcier la certitude des faits historiques1 l'on devait peser1 dans les narrateurs et dans les tmoins1 #a ,les moyens d'instruction et d'information2 #b ,l'tendue des facults morales1 qui sont la sagacit1 le discernement2 #c ,les intrts et les affections d'o peuvent rsulter trois espces de partialits3 celle de la contrainte1 celle de la sduction1 et celle des prjugs de naissance et d'ducation4 ,cette dernire1 pour tre excusable1 n'en est que plus puissante et plus pernicieuse1 en ce qu'elle drive et qu'elle s'autorise des passions mme et des intrts des nations entires1 qui1 dans leurs erreurs non moins opinitres et plus orgueilleuses que les individus1 exercent sur leurs membres le plus arbitraire et le plus accablant des despotismes1 celui des prjugs nationaux1 soit civils1 soit religieux4 ,nous aurons plus d'une occasion de revenir sur ces diverses conditions de la valeur des tmoignages4 ,aujourd'hui1 continuant de dvelopper la mme question1 nous allons examiner les divers degrs d'autorit qui rsultent de leur loignement plus ou moins grand1 plus ou moins mdiat des faits et des vnements4 ,en examinant les divers tmoins ou narrateurs de l'histoire1 on les voit se ranger en plusieurs classes graduelles et successives1 qui ont plus ou moins de titres notre croyance3 la premire est celle de l'historien acteur et auteur2 et de ce genre sont la plupart des crivains de mmoires personnels1 d'actes civils1 de voyages1 etc4 ,les faits en passant immdiatement d'eux nous1 n'ont subi que la moindre altration possible4 ,le rcit a son plus grand degr d'authenticit2 mais ensuite la croyance en est soumise toutes les conditions morales d'intrt1 d'affection et de sagacit dont nous avons parl1 et son poids en reoit des dfalcations toujours assez nombreuses1 parce que l se trouve agir au premier degr l'intrt de la personnalit4 ,aussi1 les crivains autographes n'ont-ils droit notre croyance qu'autant que leurs rcits ont1 #a ,de la vraisemblance2 et il faut avouer qu'en quelques cas1 ils portent avec eux un concours si naturel d'vnements et de circonstances1 une srie si bien lie de causes et d'effets1 que notre confiance en est involontairement saisie1 et y reconnat1 comme l'on dit1 le cachet de la vrit1 qui cependant est encore plus celui de la conscience2 #b ,autant qu'ils sont appuys par d'autres tmoignages1 galement soumis la loi des vraisemblances3 d'o il suit que1 mme en leur plus haut degr de crdibilit1 les rcits historiques sont soumis toutes les formalits judiciaires d'examen et d'audition de tmoins1 qu'une exprience longue et multiplie a introduites dans la jurisprudence des nations2 que par consquent1 un seul crivain1 un seul tmoignage1 n'ont pas le droit de nous astreindre les croire2 et que c'est mme une erreur de regarder comme constant un fait qui n'a qu'un seul tmoignage1 puisque1 si l'on pouvait appeler plusieurs tmoins1 il pourrait y survenir1 il y surviendrait certainement contradiction ou modification4 ,ainsi l'on regarde vulgairement les ,commentaires de ,csar comme un morceau d'histoire qui1 par la qualit de son auteur1 et parce qu'il n'a pas t contrari1 porte un caractre minent de certitude4 ,cependant ,sutone nous apprend qu',asinius ,pollion avait observ dans ses ,annales1 qu'un grand nombre de faits cits par ,csar1 n'taient pas exactement tels qu'il les avait reprsents1 parce que trs-souvent il avait t induit en erreur par les rapports de ses officiers2 et ,pollion1 que sa qualit d'homme consulaire et d'ami d',horace et de ,virgile rend un tmoin de poids1 indiquait que ,csar avait eu des intrts personnels de dguiser la vrit#f4 ,la seconde classe est celle des tmoins immdiats et prsents l'action1 ne portant pas l'apparence d'un intrt personnel1 comme l'auteur acteur2 leur tmoignage inspire1 en gnral1 une plus grande confiance1 et prend un plus haut degr de crdibilit1 toujours avec la condition des vraisemblances1 #a selon le nombre de leurs tmoignages2 #b selon la concordance de ces tmoignages2 #c selon les rgles dominantes que nous avons tablies de jugement sain1 d'observation exacte1 et d'impartialit4 ,or1 si l'exprience journalire de ce qui se passe autour de nous et sous nos yeux1 prouve que l'opration de constater un fait1 mme notoire1 avec vidence et prcision1 est une opration dlicate et soumise mille difficults1 il en rsulte1 pour quiconque tudie l'histoire1 un conseil imprieux de ne pas admettre lgrement comme irrcusable1 tout ce qui n'a pas subi l'preuve rigoureuse des tmoignages suffisants en qualit et en nombre4 ,la troisime classe est celle des auditeurs de tmoins1 c'est--dire1 de ceux qui ont entendu les faits de la bouche du tmoin2 ils en sont encore bien prs1 et l cependant s'introduit tout coup une diffrence extrme dans l'exactitude du rcit et dans la prcision des tableaux4 ,les tmoins ont vu et entendu les faits2 leurs sens en ont t frapps2 mais en les peignant dans leur entendement1 ils leur ont dja imprim1 mme contre leur gr1 des modifications qui en ont altr les formes2 et ces formes s'altrent bien plus1 lorsque1 de cette premire glace ondulante et mobile1 ces faits sont rflchis dans une seconde aussi variable4 ,l1 devenu non plus un tre fixe et positif1 comme il l'tait dans la nature1 mais une image fantastique1 le fait prend d'esprit en esprit1 de bouche en bouche1 toutes les altrations qu'introduisent l'omission1 la confusion1 l'addition des circonstances2 il est comment1 discut1 interprt1 traduit2 toutes oprations qui altrent sa puret native1 mais qui exigent que nous fassions ici une distinction importante entre les deux moyens employs le transmettre3 celui de la parole1 et celui de l'criture4 ,si le fait est transmis par l'criture1 son tat est1 ds ce moment1 fix1 et il conserve d'une manire immuable le genre d'autorit qui drive du caractre de son narrateur4 ,il peut bien dja tre dfigur2 mais tel qu'il est crit1 tel il demeure2 et si1 comme il arrive1 divers esprits lui donnent diverses acceptions1 il n'en est pas moins vrai qu'ils sont obligs de se raccorder sur ce type sinon original1 du moins positif2 et tel est l'avantage que procure toute pice crite1 qu'elle transmet immdiatement1 malgr les intervalles des temps et des lieux1 l'existence quelconque des faits2 elle rend prsent le narrateur1 elle le ressuscite1 et des milliers d'annes de distance1 elle fait converser tte tte avec ,cicron1 ,homre1 ,confucius1 etc4 ,il ne s'agit plus que de constater que la pice n'est point apocryphe1 et qu'elle est rellement leur ouvrage4 ,si la pice est anonyme1 elle perd un degr d'authenticit1 et son tmoignage1 par cela qu'il est masqu1 est soumis toutes les perquisitions d'une svre critique1 tous les soupons que fait natre en toute occasion la clandestinit4 ,si la pice a t traduite1 elle ne perd rien de son authenticit2 mais dans ce passage par une glace nouvelle1 les faits s'loignent encore d'un degr de leur origine2 ils reoivent des teintes plus faibles ou plus fortes1 selon l'habilet du traducteur2 mais du moins a-t-on la ressource de les vrifier et de les redresser4 ,il n'en est pas ainsi de la transmission des faits par parole1 c'est--dire de la tradition4 ,l se dploient tous les caprices1 toutes les divagations volontaires ou forces de l'entendement2 et jugez quelles doivent tre les altrations des faits transmis de bouche en bouche1 de gnration en gnration1 lorsque nous voyons souvent dans une mme personne le rcit des mmes faits varier selon les poques1 selon le changement des intrts et des affections4 ,aussi l'exactitude de la tradition est-elle en gnral dcrie2 et elle le devient d'autant plus qu'elle s'loigne de sa source primitive un plus grand intervalle de temps et de lieu4 ,nous en avons les preuves irrcusables sous nos propres yeux3 que l'on aille dans les campagnes et mme dans les villes1 recueillir les traditions des anciens sur les vnements du sicle de ,louis ,,xiv1 et mme des premires annes de ce sicle 7je suppos que l'on mette part tous les moyens d'instruction provenant des pices crites71 l'on verra quelle altration1 quelle confusion se sont introduites1 quelle diffrence s'tablit de tmoins tmoins1 de conteurs conteurs6 ,nous en avons une preuve vidente dans l'histoire de la bataille de ,fontenoy1 sur laquelle il y a quantit de variantes4 ,or1 si un tel tat d'oubli1 de confusion1 d'altration1 a lieu dans des temps d'ailleurs clairs1 au sein d'une nation dja police1 et qui1 par d'autres moyens1 trouve le secret de le corriger et de s'en garantir1 concluez ce qui dut arriver chez les peuples o les arts taient ou sont dans l'enfance ou l'abtardissement2 chez qui le dsordre rgnait ou rgne encore dans le systme social1 l'ignorance dans le systme moral1 l'indiffrence dans tout ce qui excde les premiers besoins4 ,aussi1 le tmoignage de voyageurs exacts nous prsente-t-il encore en ce moment chez les peuples sauvages et mme chez ceux que l'on appelle civiliss1 la preuve de cette invraisemblance de rcits1 de cette absurdit de traditions dont nous parlons2 et ces traditions sont nulles1 beaucoup d'gards1 mme dans le pays de l',asie1 o l'on en place plus particulirement le foyer et la source2 la preuve s'en tire de l'ignorance o les naturels vivent des faits et des dates qui les intressent le plus1 puisque les ,indiens1 les ,arabes1 les ,turks1 les ,tartares ne savent pas mme rendre compte de leur ge1 de l'anne de leur naissance1 ni de celle de leurs parents4 ,cependant1 c'est par des traditions1 c'est par des rcits transmis de bouche en bouche de gnrations en gnrations1 qu'a d commencer1 qu'a ncessairement commenc l'histoire2 et cette ncessit est dmontre par les faits de la nature1 encore subsistants1 par la propre organisation de l'homme1 par le mcanisme de la formation des socits4 ,en effet1 de ce qu'il est prouv que l'homme nat compltement ignorant et sans art2 que toutes ses ides sont le fruit de ses sensations1 toutes ses connaissances l'acquisition de son exprience personnelle1 et de l'exprience accumule des gnrations antrieures2 de ce qu'il est prouv que l'criture est un art extrmement compliqu dans les principes de son invention2 que la parole mme est un autre art qui l'a prcd1 et qui seul a exig une immense srie de gnrations3 l'on en conclut1 avec certitude physique1 que l'empire de la tradition s'est tendu sur toute la dure des sicles qui ont prcd l'invention de l'criture2 j'ajoute mme de l'criture alphabtique2 car elle seule a su peindre toutes les nuances des faits1 toutes les modifications des penses2 au lieu que les autres critures qui peignent les figures1 et non les sons1 telles que les hiroglyphes des gyptiens1 les nuds ou quippos des ,pruviens1 les tableaux des ,mexicains1 n'ont pu peindre que le canevas et le noyau des faits1 et ont laiss dans le vague les circonstances et les liaisons4 ,or1 puisqu'il est dmontr par les faits et le raisonnement1 que tous ces arts d'criture et de langage sont le rsultat de l'tat social1 qui lui-mme n'a t que le produit des circonstances et des besoins2 il est vident que tout cet difice de besoins1 de circonstances1 d'arts et d'tat social1 a prcd l'empire de l'histoire crite4 ,maintenant remarquez que la preuve inverse de ces faits physiques se trouv dans la nature mme des premiers rcits offerts par l'histoire4 ,en effet1 si1 comme nous le disons1 il est dans la constitution de l'entendement humain de ne pas toujours recevoir l'image des faits parfaitement semblable ce qu'ils sont2 de les altrer d'autant plus qu'il est moins exerc et plus ignorant1 qu'il en comprend moins les causes1 les effets et toute l'action3 il s'ensuit1 par une consquence directe1 que plus les peuples ont t grossiers1 et les gnrations novices et barbares1 plus leurs commencements d'histoire1 c'est--dire leurs traditions doivent tre draisonnables1 contraires la vritable nature1 au sain entendement4 ,or1 veuillez jeter un coup d'il sur toutes les histoires1 et considrez s'il n'est pas vrai que toutes dbutent par un tat de choses tel que je vous le dsigne2 que leurs rcits sont d'autant plus chimriques1 reprsentent un tat d'autant plus bizarre1 qu'ils s'loignent plus dans les temps anciens2 qu'ils tiennent plus l'origine de la nation de qui ils proviennent2 qu'au contraire1 plus ils se rapprochent des temps connus1 des sicles o les arts1 la police1 et tout le systme moral ont fait des progrs1 plus ces rcits reprennent le caractre de la vraisemblance1 et peignent un tat de choses physique et moral1 analogue celui que nous voyons3 de manire que l'histoire de tous les peuples compare1 nous offre ce rsultat gnral2 que ses tableaux sont d'autant plus loigns de l'ordre de la nature et de la raison1 que les peuples sont plus rapprochs de l'tat sauvage1 qui est pour tous l'tat primitif2 et qu'au contraire ses tableaux sont d'autant plus analogues l'ordre que nous connaissons1 que ces mmes peuples s'clairent1 se policent1 se civilisent3 en sorte que1 lorsqu'ils arrivent aux sicles o se dveloppent les sciences et les arts1 on voit la foule des vnements merveilleux1 des prodiges et des monstres de tout genre1 disparatre devant leur lumire1 comme les fantmes1 les larves et les spectres1 dont les imaginations peureuses et malades peuplent les tnbres et le silence de la nuit1 disparaissent devant l'aube du jour et les rayons de l'aurore4 ,posons donc cette maxime fconde en rsultats dans l'tude de l'histoire3 ,que l'on peut calculer1 avec une sorte de justesse1 le degr de lumire et de civilisation d'un peuple1 par la nature mme de ses rcits historiques2 ou bien en termes plus gnraux3 ,que l'histoire prend le caractre des poques et des temps o elle a t compose4 ,et ici se prsente notre examen la comparaison de deux grandes priodes o l'histoire a t compose avec des circonstances de moyens et de secours trs-diffrents3 je veux parler de la priode des manuscrits1 et de la priode des imprims4 ,vous savez que1 jusque vers la fin du #ae;e sicle1 il n'avait exist de livres et de monuments qu'crits la main2 que ce fut seulement vers #addj que parurent les premiers essais de ,jean ,guttemberg1 d'immortelle mmoire1 puis de ses associs ,fusth et ,scheffer1 pour crire avec des caractres1 d'abord de bois1 ensuite de mtal1 et par cet art simple et ingnieux obtenir instantanment un nombre infini de rptitions ou de copies d'un premier modle ordonn4 ,cette heureuse innovation apporta1 dans le sujet que nous traitons1 des changements qu'il est important de bien remarquer4 ,lorsque les crits1 actes ou livres se traaient tous la main1 la lenteur de ce pnible travail1 les soins qu'il renouvelait sans cesse1 les frais qu'il multipliait1 en rendant les livres chers1 les rendaient plus rares1 plus difficiles crer1 plus faciles anantir4 ,un copiste produisait lentement un individu livre2 l'imprimerie en produit rapidement une gnration3 il en rsultait pour les compulsations1 et par consquent pour toute instruction un concours rebutant de difficults4 ,ne pouvant travailler que sur des originaux1 et ces originaux n'existant qu'en petit nombre dans les dpts publics et dans les mains de quelques particuliers1 les uns jaloux1 les autres avares1 le nombre des hommes qui pouvaient s'occuper d'crire l'histoire tait ncessairement trs-born2 ils avaient moins de contradicteurs2 ils pouvaient plus impunment ou ngliger ou altrer2 le cercle des lecteurs tant trs-troit1 ils avaient moins de juges1 moins de censeurs2 ce n'tait point l'opinion publique1 mais un esprit de faction ou de coterie qui prononait2 et alors c'tait bien moins le fonds des choses que le caractre de la personne1 qui dterminait le jugement4 ,au contraire1 depuis l'imprimerie1 les monuments originaux une fois constats pouvant1 par la multiplication de leurs copies1 tre soumis l'examen1 la discussion d'un grand nombre de lecteurs1 il n'a plus t possible ou du moins facile d'en attnuer1 d'en dvier le sens1 ni mme d'en altrer le manuscrit1 par l'extrme publicit des rclamations2 et de ce ct la certitude historique a rellement acquis et gagn4 ,il est vrai que chez les anciens1 par cela mme qu'un livre exigeait plusieurs annes pour tre compos1 et davantage encore pour se rpandre sans que pour cela l'on pt dire qu'il ft divulgu1 il tait possible d'y dposer des vrits plus hardies1 parce que le temps avait dtruit ou loign les intresss1 et ainsi la clandestinit favorisait la vracit de l'historien2 mais elle favorisait aussi sa partialit2 s'il tablissait des erreurs1 il tait moins facile de les rfuter2 il y avait moins de ressource la rclamation3 or1 ce mme moyen de clandestinit tant galement la disposition des modernes1 avec le moyen d'en combattre les inconvnients1 l'avantage parat tre entirement pour eux de ce ct4 ,chez les anciens1 la nature des circonstances dont je viens de parler1 soit dans l'tude1 soit dans la composition de l'histoire1 la concentrait presque ncessairement dans un cercle troit d'hommes riches1 puisque les livres taient trs-coteux1 et d'hommes publics et de magistrats1 puisqu'il fallait avoir mani les affaires pour connatre les faits2 et en effet nous aurons l'occasion frquente d'observer que la plupart des historiens grecs et romains ont t des gnraux1 des magistrats2 des hommes d'une fortune ou d'un rang distingu4 ,chez les ,orientaux1 c'taient presque exclusivement les prtres1 c'est--dire1 la classe qui s'tait attribu le plus puissant des monopoles1 celui des lumires et de l'instruction4 ,et de l1 ce caractre d'lvation et de dignit dont on a fait de tous temps la remarque chez les historiens de l'antiquit1 et qui fut le produit naturel et mme ncessaire de l'ducation cultive qu'ils avaient reue4 ,chez les modernes1 l'imprimerie ayant multipli et facilit les moyens de lecture et de composition2 cette composition mme tant devenue un objet de commerce1 une marchandise1 il en est rsult pour les crivains une hardiesse mercantile1 une confiance tmraire qui a trop souvent raval ce genre d'ouvrage1 et profan la saintet de son but4 ,il est vrai que l'antiquit a eu aussi ses compilateurs et ses charlatans2 mais l'a fatigue et l'ennui de copier leurs ouvrages en ont dlivr les ges suivants1 et l'on peut dire cet gard que les difficults ont servi la science4 ,mais d'autre part cet avantage des anciens se compense par un inconvnient grave1 le soupon fond d'une partialit presque ncessite2 #a par l'esprit de personnalit dont les ramifications taient d'autant plus tendues que l'crivain acteur ou tmoin avait eu plus de rapports d'intrts1 et de passions dans la chose publique2 #b par l'esprit de famille et de parent qui1 chez les anciens1 et surtout dans la ,grce et dans l',italie1 constituait un esprit de faction gnral et indlbile4 ,et remarquez qu'un ouvrage compos par l'individu d'une famille en devenait la commune proprit2 qu'elle en pousait les opinions1 par-l mme que l'auteur avait suc ses propres prjugs4 ,ainsi un manuscrit de la famille des ,fabius1 des ,scipions1 se transmettait d'ge en ge et par hritage2 et si un manuscrit contradictoire existait dans une autre famille1 la plus puissante saisissait comme une victoire l'occasion de l'anantir3 c'tait en petit l'esprit des nations en grand2 cet esprit d'gosme orgueilleux et intolrant1 par lequel les ,romains et les ,grecs1 ennemis de l'univers1 ont ananti les livres des autres peuples1 et par lequel nous privant du plaidoyer de leurs parties adverses dans la cause clbre de leurs rapines1 ils nous ont rendus presque complices de leur tyrannie1 par l'admiration clatante1 et par l'mulation secrte que nous portons leurs triomphes criminels4 ,chez les modernes au contraire1 en vain un ouvrage historique s'environnerait-il des moyens de la clandestinit1 du crdit de la richesse1 du pouvoir de l'autorit1 de l'esprit de faction ou de famille2 un seul jour1 une seule rclamation suffisent renverser un difice de mensonge combin pendant des annes2 et tel est le service signal que la libert de la presse a rendu la vrit1 que le plus faible individu1 s'il a les vertus et le talent de l'historien1 pourrait censurer les erreurs des nations jusque sous leurs yeux1 fronder mme leurs prjugs malgr leur colre1 si d'ailleurs il n'tait pas vrai que ces erreurs1 ces prjugs1 cette colre que l'on attribue aux nations1 n'appartiennent bien plus souvent qu' leurs gouvernants4 ,dans l'habitude o nous sommes de vivre sous l'influence de l'imprimerie1 nous ne sentons point assez fortement tout ce que la publicit qui en drive nous procure d'avantages politiques et moraux2 il faut avoir vcu dans les pays o n'existe point l'art librateur de la presse1 pour concevoir tous les effets de sa privation1 pour imaginer tout ce que la disette de livres et de papiers-nouvelles jette de confusion dans les rcits1 d'absurdits dans les ou-dire1 d'incertitude dans les opinions1 d'obstacles dans l'instruction1 d'ignorance dans tous les esprits4 ,l'histoire doit des bndictions celui qui le premier1 dans ,venise1 s'avisa de donner lire des bulletins de nouvelles1 moyennant la petite pice de monnaie appele gazetta1 dont ils ont retenu le nom2 et en effet les gazettes sont des monuments instructifs et prcieux jusque dans leurs carts1 puisqu'elles peignent l'esprit dominant du temps qui les a vues natre1 et que leurs contradictions prsentent des bases fixes la discussion des faits4 ,aussi lorsque l'on nous dit que dans leurs nouveaux tablissements les ,anglo-,amricains tracent d'abord un chemin1 et portent une presse pour avoir un papier-nouvelle1 me parat-il que dans cette double opration1 ils atteignent le but1 et font l'analyse de tout bon systme social1 puisque la socit n'est autre chose que la communication facile et libre des personnes1 des penses et des choses2 et que tout l'art du gouvernement se rduit empcher les frottements violents capables de la dtruire4 ,et quand1 par inverse ce peuple dja civilis au berceau1 les tats de l',asie arrivent leur dcrpitude sans avoir cess d'tre ignorants et barbares1 sans doute c'est parce qu'ils n'ont eu ni imprimerie1 ni chemin de terre ou d'eau3 telle est la puissance de l'imprimerie1 telle est son influence sur la civilisation1 c'est--dire sur le dveloppement de toutes les facults de l'homme dans le sens le plus utile la socit1 que l'poque de son invention divise en deux systmes distinctifs et divers l'tat politique et moral des peuples antrieurs et des peuples postrieurs elle1 ainsi que de leurs historiens2 et son existence caractrise tel point les lumires1 que pour s'informer si un peuple est polic ou barbare1 l'on peut se rduire demander3 a-t-il l'usage de l'imprimerie8 a-t-il la libert#g de la presse8 ,or1 si1 comme il est vrai1 l'tat de l'antiquit cet gard fut infiniment semblable l'tat actuel de l',asie2 si mme chez les peuples regards comme libres1 les gouvernements eurent presque toujours un esprit mystrieux de corps et de faction1 et des intrts privilgis1 qui les isolaient de la nation2 s'ils eurent en main les moyens d'empcher ou de paralyser les crits qui les auraient censurs1 il en rejaillit un soupon raisonnable de partialit1 soit volontaire soit force1 sur les crivains4 ,comment ,tite-,live1 par exemple1 aurait-il os peindre dans tout son odieux la politique perverse de ce snat romain1 qui1 pour distraire le peuple de ses demandes long-temps justes et mesures1 fomenta l'incendie des guerres qui pendant cinq cents ans dvorrent les gnrations1 et qui1 aprs que les dpouilles du monde eurent t entasses dans ,rome comme dans un antre1 n'aboutirent qu' offrir le spectacle de brigands enivrs de jouissances1 et toujours insatiables1 qui s'entr'gorgrent pour le partage du butin8 ,parcourez ,denys d',halicarnasse1 ,polybe et ,tacite lui-mme1 vous n'y citerez pas un de ces mouvements d'indignation que devait arracher le tableau de tant d'horreurs qu'ils nous ont transmises2 et malheur l'historien qui n'a pas de ces mouvements1 o malheur son sicle1 s'il se les refuse4 ,de toutes ces considrations1 je conclus que dans l'tude de l'histoire1 le point prcis de la vrit est dlicat saisir1 difficile poser1 et que la certitude que nous pouvons nous permettre1 a besoin1 pour tre raisonnable1 d'un calcul de probabilits qu' juste titre l'on a class au rang des sciences les plus importantes qui vous seront dmontres dans l'cole normale4 ,si j'ai insist sur ce premier article1 c'est parce que j'ai senti son importance1 non point abstraite et spculative1 mais usuelle et applicable tout le cours de la vie3 la vie est pour chacun de nous son histoire personnelle1 o le jour d'hier devient la matire du rcit d'aujourd'hui et de la rsolution de demain4 ,si1 comme il est vrai1 le bonheur dpend de ces rsolutions1 et si ces rsolutions dpendent de l'exactitude des rcits1 c'est donc une affaire importante que la disposition d'esprit propre les bien juger2 et trois alternatives se prsentent dans cette opration3 tout croire1 ne rien croire1 ou croire avec poids et mesure4 ,entre ces trois partis1 chacun choisit selon son got1 je devrais dire selon ses habitudes et son temprament1 car le temprament gouverne la foule des hommes plus qu'ils ne s'en aperoivent eux-mmes4 ,quelques-uns1 mais en trs-petit nombre1 arrivent force d'abstraction douter mme du rapport de leurs sens2 et tel fut1 dit-on1 ,pyrrhon1 dont la clbrit en ce genre d'erreur a servi la dsigner sous le nom de ,pyrrhonisme4 ,mais si ,pyrrhon1 qui doutait de son existence au point de se voir submerger sans plir1 et qui regardait la mort et la vie comme si gales et si quivoques1 qu'il ne se tuait pas1 disait-il1 faute de pouvoir choisir2 si1 dis-je1 ,pyrrhon a reu des ,grecs le nom de philosophe1 il reoit des philosophes celui d'insens1 et des mdecins celui de malade3 la saine mdecine apprend en effet que cette apathie et ce travers d'esprit sont le produit physique d'un genre nerveux obtus ou us1 soit par les excs d'une vie trop contemplative1 dnue de sensations1 soit par les excs de toutes les passions1 qui ne laissent que la cendre d'une sensibilit consume4 ,si douter de tout est la maladie chronique1 rare et seulement ridicule1 des tempraments et des esprits faibles2 par inverse1 ne douter de rien est une maladie beaucoup plus dangereuse en ce qu'elle est du genre des fivres ardentes1 propres aux tempraments nergiques chez qui1 acqurant par l'exemple une intensit contagieuse1 elle finit par exciter les convulsions de l'enthousiasme et la frnsie du fanatisme4 ,telles sont les priodes du progrs de cette maladie de l'esprit1 drivant de la nature1 et de celle du cur humain1 qu'une opinion ayant d'abord t admise par paresse1 par ngligence de l'examiner1 l'on s'y attache1 l'on s'en tient certain par habitude2 on la dfend par amour-propre1 par opinitret2 et de l'a dfense passant l'attaque1 bientt l'on veut imposer sa croyance par cette estime de soi appele orgueil1 et par ce dsir de domination qui1 dans l'exercice du pouvoir1 aperoit le libre contentement de toutes ses passions4 ,il y a cette remarque singulire faire sur le fanatisme et le pyrrhonisme1 qu'tant l'un et l'autre deux termes extrmes1 diamtralement opposs1 ils ont nanmoins une source commune1 l'ignorance2 avec cette seule diffrence que le pyrrhonisme est l'ignorance faible qui ne juge jamais2 et que le fanatisme est l'ignorance robuste qui juge toujours1 qui a tout jug4 ,entre ces excs il est un terme moyen1 celui d'asseoir son jugement lorsqu'on a pes et examin les raisons qui le dterminent2 de le tenir en suspens tant qu'il n'y a pas de motif suffisant le poser1 et de mesurer son degr de croyance et de certitude sur les degrs de preuves et d'vidence1 dont chaque fait est accompagn4 ,si c'est l ce qu'on nomme scepticisme1 selon la valeur du mot qui signifie examiner1 tter autour d'un objet avec dfiance1 et si l'on me demande1 comme l'a fait un de vous dans notre dernire confrence1 si mon dessein est de vous conduire au scepticisme1 je dirai d'abord qu'en vous prsentant mes rflexions1 je ne prche pas une doctrine2 mais que1 si j'avais en prcher une1 ce serait la doctrine du doute tel que je le peins1 et je croirais servir en ce point1 comme en tout autre1 la cause runie de la libert et de la philosophie1 puisque le caractre spcial de la philosophie est de laisser chacun la facult de juger selon la mesure de sa sensation et de sa conviction2 je prcherais le doute examinateur1 parce que l'histoire entire m'a appris que la certitude est la doctrine de l'erreur ou du mensonge1 et l'arme constante de la tyrannie4 ,le plus clbre des imposteurs et le plus audacieux des tyrans1 a commenc son livre par ces mots3 ,il n'y a point de doute dans ce livre3 il conduit droit celui qui marche aveuglment1 celui qui reoit sans discussion ma parole qui sauve le simple et confond le savant#h2 par ce seul dbut l'homme est dpouill du libre usage de sa volont1 de ses sens2 il est dvou l'esclavage2 mais en rcompense1 d'esclave qu'il se fait1 le vrai croyant devient ministre du prophte1 et recevant de ,mahomet le sabre et le ,qoran1 il devient prophte son tour1 et dit3 ,il n'y a point de doute en ce livre2 y croire1 c'est--dire1 penser comme moi1 ou la mort3 doctrine commode1 il faut l'avouer1 puisqu'elle dispense celui qui la prche des peines de l'tude3 elle a mme cet avantage que1 tandis que l'homme douleur calcule1 examine1 le croyant fanatique excute et agit3 le premier apercevant plusieurs routes la fois1 est oblig de s'arrter pour examiner o elles le conduisent2 le second ne voyant que celle qui est devant lui1 n'hsite pas4 ,il la suit1 semblable ces animaux opinitres dont on circonscrit la vue par des cuirs cousus leurs brides pour les empcher de s'carter droite ou gauche et surtout pour les empcher de voir le fouet qui les morigne2 mais malheur au conducteur s'ils viennent se mutiner2 car1 dans leur fureur dja demi-aveugles1 ils poussent toujours devant eux1 et finissent par le jeter avec eux dans les prcipices4 ,tel est1 messieurs1 le sort que prpare la certitude prsomptueuse l'ignorance crdule2 par inverse1 l'avantage qui rsulte du doute circonspect et observateur est tel1 que rservant toujours dans l'esprit une place pour de nouvelles preuves1 il le tient sans cesse dispos redresser un premier jugement1 en confesser l'erreur4 ,de manire que si1 comme il faut s'y attendre1 soit dans cette matire1 soit dans toute autre1 je venais en noncer quelqu'une1 les principes que je professe me laisseraient la ressource1 ou me donneraient le courage de dire avec le philosophe ancien3 ,je suis homme1 et rien de l'homme ne m'est tranger4 ,la prochaine sance tant destine une confrence1 je vous invite1 messieurs1 rechercher et rassembler les meilleures observations qui ont t faites sur le sujet que j'ai trait aujourd'hui3 malheureusement parses dans une foule de livres1 elle y sont noyes de questions futiles ou paradoxales4 ,presque tous les auteurs qui ont trait de la certitude historique1 en ont trait avec cette partialit de prjugs dont je vous ai parl2 et ils ont exagr cette certitude1 et son importance1 parce que c'est sur elle que presque tous les systmes religieux ont eu l'imprudence de fonder les questions de dogme1 au lieu de les fonder sur des faits naturels1 capables de procurer l'vidence2 il serait dsirer que quelqu'un traitt de nouveau et mthodiquement ce sujet1 il rendrait un vritable service non-seulement aux lettres1 mais encore aux sciences morales et politiques4 ,,quatri,,me ,s,,ance4 ,rsum du sujet prcdent4--,quelle utilit peut-on retirer de l'histoire8--,division de cette utilit en trois genres3 #a utilit des bons exemples1 trop compense par les mauvais2 #b transmission des objets d'arts et de sciences2 #c rsultats politiques des effets des lois1 et de la nature des gouvernements sur le sort des peuples4444--,l'histoire ne convient qu' trs-peu de personnes sous ce dernier rapport2 elle ne convient la jeunesse1 et la plupart des classes de la socit1 que sous le premier4--,les romans bien faits sont prfrables4 ,jusqu'ici nous nous sommes occups de la certitude de l'histoire1 et nos recherches1 cet gard1 peuvent se rsumer dans les propositions suivantes3 #a ,que les faits historiques1 c'est--dire les faits raconts1 ne nous parvenant que par l'intermde des sens d'autrui1 ne peuvent avoir ce degr d'vidence1 ni nous procurer cette conviction qui naissent du tmoignage de nos propres sens4 #b ,que si1 comme il est vrai1 nos propres sens peuvent nous induire en erreur1 et si leur tmoignage a quelquefois besoin d'examen1 il serait inconsquent et attentatoire notre libert1 notre proprit d'opinions1 d'attribuer aux sensations d'autrui une autorit plus forte qu'aux ntres4 #c ,que1 par consquent1 les faits historiques ne peuvent jamais atteindre aux deux premiers degrs de notre certitude1 qui sont la sensation physique1 et le souvenir de cette sensation2 qu'ils se placent seulement au troisime degr1 qui est celui de l'analogie1 ou comparaison des sensations d'autrui aux ntres2 et que l1 leur certitude se distribue en diverses classes1 dcroissantes selon le plus ou le moins de vraisemblance des faits1 selon le nombre et les facults morales des tmoins1 et selon la distance qu'tablit entre le fait et son narrateur1 le passage d'une main l'autre4 ,les mathmatiques tant parvenues soumettre toutes ces conditions des rgles prcises1 et en former une branche particulire de connaissances sous le nom de calcul des probabilits1 c'est elles que nous remettons le soin de complter vos ides sur la question de la certitude de l'histoire4 ,venons maintenant la question de l'utilit1 et la traitant selon qu'elle est pose dans le programme1 considrons quelle utilit sociale et pratique l'on doit se proposer1 soit dans l'tude1 soit dans l'enseignement de l'histoire4 ,je sens bien que cette manire de prsenter la question n'est point la plus mthodique1 puisqu'elle suppose le fait principal dja tabli et prouv2 mais elle est la plus conomique de temps1 par consquent1 elle-mme la plus utile1 en ce qu'elle abrge beaucoup la discussion2 car si je parviens spcifier le genre d'utilit que l'on peut retirer de l'histoire1 j'aurai prouv que cette utilit existe2 au lieu que1 si j'eusse mis en question l'existence de cette utilit1 il et d'abord fallu faire la distinction de l'histoire1 telle qu'on l'a traite1 ou telle qu'elle pourrait l'tre2 puis la distinction entre tels et tels livres d'histoire2 et peut-tre euss-je t embarrass de prouver quelle utilit rsulte de quelques-uns1 mme des plus accrdits1 et des plus influents que l'on et pu me citer2 et par l j'eusse donn lieu d'lever et de soutenir une thse assez piquante savoir si l'histoire n'a pas t plus nuisible qu'utile1 n'a pas caus plus de mal que de bien1 soit aux nations1 soit aux particuliers1 par les ides fausses1 par les notions errones1 par les prjugs de toute espce qu'elle a transmis et comme consacrs2 et cette thse aurait eu sur la ntre l'avantage de s'emparer de nos propres faits1 pour prouver que l'utilit n'a pas mme t le but ni l'objet primitif de l'histoire2 que le premier mobile des traditions grossires1 de qui elle est ne1 fut d'une part dans les raconteurs1 ce besoin mcanique qu'prouvent tous les hommes de rpter leurs sensations1 d'en retentir comme un instrument retentit de ses sons2 d'en rappeler l'image1 quand la ralit est absente ou perdue3 besoin qui1 par cette raison1 est la passion spciale de la vieillesse qui ne jouit plus1 et constitue l'unique genre de conversation des gens qui ne pensent point2 que1 d'autre part1 dans les auditeurs1 ce mobile fut la curiosit1 second besoin aussi naturel que nous prouvons de multiplier nos sensations2 de suppler par des images aux ralits3 besoin qui fait de toute narration un spectacle1 si j'ose le dire1 de lanterne magique1 pour lequel les hommes les plus raisonnables n'ont pas moins de got que les enfants2 cette thse nous rappellerait que les premiers tableaux de l'histoire1 composs sans art et sans got1 ont t recueillis sans discernement et sans but2 qu'elle ne fut d'abord qu'un ramas confus d'vnements incohrents et surtout merveilleux1 par-l mme excitant davantage l'attention2 que ce ne fut qu'aprs avoir t fixs par l'criture1 et tre dj devenus nombreux1 que les faits1 plus exacts et plus naturels1 donnrent lieu des rflexions et des comparaisons1 dont les rsultats furent applicables des situations ressemblantes2 et qu'enfin ce n'est que dans des temps modernes1 et presque seulement depuis un sicle1 que l'histoire a pris ce caractre de philosophie1 qui1 dans la srie des vnements1 cherche un ordre gnalogique de causes et d'effets1 pour en dduire une thorie de rgles et de principes propres diriger les particuliers et les peuples vers le but de leur conservation ou de leur perfection4 ,mais1 en ouvrant la carrire de semblables questions1 j'aurais craint de trop donner lieu envisager l'histoire sous le rapport de ses inconvnients et de ses dfauts2 et puisqu'une critique trop approfondie peut quelquefois tre prise pour de la satire2 puisque l'instruction a un caractre si saint1 qu'elle ne doit pas se permettre mme les jeux du paradoxe1 j'ai d en carter jusqu'aux apparences1 et j'ai d me borner la considration d'une utilit dja existante1 ou du moins d'une utilit possible trouver4 ,je dis donc qu'en tudiant l'histoire avec l'intention et le dsir d'en retirer une utilit pratique1 il m'a paru en voir natre trois espces3 ,l'une applicable aux individus1 et je la nomme utilit morale2 ,l'autre applicable aux sciences et aux arts1 je l'appelle utilit scientifique2 ,la troisime1 applicable aux peuples et leurs gouvernements1 je l'appelle utilit politique4 ,en effet1 si l'on analyse les faits dont se compose l'histoire1 on les voit se diviser1 comme d'eux-mmes1 en trois classes3 l'une de faits individuels1 ou actions des particuliers2 l'autre de faits publics1 ou d'ordre social et de gouvernement2 et la troisime de faits d'arts et de sciences1 ou d'oprations de l'esprit4 ,relativement la premire classe1 chacun a pu remarquer que1 lorsque l'on se livre la lecture de l'histoire1 et que l'on y cherche1 soit l'amusement qui nat de la varit mobile des tableaux2 soit les connaissances qui naissent de l'exprience des temps antrieurs1 il arrive constamment que l'on se fait l'application des actions individuelles qui sont racontes2 que l'on s'identifie en quelque sorte aux personnages1 et que l'on exerce son jugement ou sa sensibilit sur tout ce qui leur arrive1 pour en dduire des consquences qui influent sur notre propre conduite4 ,ainsi1 en lisant les faits de la ,grce et de l',italie1 il n'est point de lecteur qui n'attache un intrt particulier certains hommes qui y figurent2 qui ne suive avec attention la vie prive ou publique d',aristide ou de ,thmistocle1 de ,socrate ou d',alcibiade1 de ,scipion ou de ,catilina1 de ,cicron ou de ,csar1 et qui1 de la comparaison de leur conduite et de leur destine1 ne retire des rflexions1 des prceptes qui influent sur ses propres actions2 et ce genre d'influence1 et si j'ose le dire1 de prceptorat de l'histoire1 a surtout lieu dans la partie appele biographique1 ou description de la vie des hommes1 soit publics1 soit particuliers1 dont ,plutarque et ,cornelius ,nepos nous offrent des exemples dans leurs ,hommes illustres2 mais il faut convenir que1 dans cette partie1 l'histoire est soumise plus d'une difficult1 et que d'abord on peut l'accuser de se rapprocher souvent du roman2 car on sent que rien n'est plus difficile que de constater avec certitude et de retracer avec vrit les actions et le caractre d'un homme quelconque4 ,pour obtenir cet effet1 il faudrait l'avoir habituellement suivi1 tudi1 connu1 mme avoir t li assez intimement avec lui2 et dans toute liaison1 l'on sait combien il est difficile qu'il ne soit pas survenu1 qu'il ne se soit pas ml des passions d'amiti ou de haine1 qui ds lors altrent l'impartialit2 aussi1 les ouvrages de ce genre ne sont-ils presque jamais que des pangyriques ou des satires2 et cette assertion trouverait au besoin ses preuves et son appui dans bien des mmoires de nos jours1 dont nous pouvons parler comme tmoins bien informs sur plusieurs articles4 ,en gnral1 les histoires individuelles ne sauraient avoir d'exactitude et de vrit qu'autant qu'un homme crirait lui-mme sa vie1 et l'crirait avec conscience et fidlit4 ,or1 si l'on considre les conditions ncessaires cet effet1 on les trouve difficiles runir1 et presque contradictoires2 car si c'est un homme immoral et mchant1 comment consentira-t-il publier sa honte1 et quel motif aura-t-on de lui croire la probit qu'exige cet acte8 ,si c'est un homme trs-vertueux1 comment s'exposera-t-il aux inculpations d'orgueil et de mensonge que ne manqueront pas de lui adresser le vice et l'envie8 ,si l'on a des faiblesses vulgaires1 ces faiblesses n'excluent-elles pas le courage ncessaire les rvler8 ,quand on cherche tous les motifs que les hommes peuvent avoir de publier leur vie1 on les voit se rduire1 ou l'amour-propre bless qui dfend l'existence physique ou morale contre les attaques de la malveillance et de la calomnie3 et ce cas est le plus lgitime et le plus raisonnable3 ou l'amour-propre ambitieux de gloire et de considration1 qui veut manifester les titres auxquels il en est ou s'en croit digne4 ,telle est la puissance de ce sentiment de vanit1 que1 se repliant sous toutes les formes1 il se cache mme sous ces actes d'humilit religieuse et cnobitique1 o l'aveu des erreurs passes est l'loge indirect et tacite de la sagesse prsente1 et o l'effort que suppose cet aveu devient un moyen ncessaire et intressant d'obtenir pardon1 grace ou rcompense1 ainsi que nous en voyons un exemple saillant dans les confessions de l'vque ,augustin3 il tait rserv notre sicle de nous en montrer un autre o l'amour-propre s'immolerait lui-mme1 uniquement par l'orgueil d'excuter une entreprise qui n'eut jamais de modle2 de montrer ses semblables un homme qui ne ressemble aucun d'eux1 et qui1 tant unique en son genre1 se dit pourtant l'homme de la nature#i2 comme si le sort et voulu qu'une vie passe dans le paradoxe1 se termint par l'ide contradictoire d'arriver l'admiration1 et presqu'au culte#aj1 par le tableau d'une suite continue d'illusions d'esprit et d'garements de cur4 ,ceci nous mne une seconde considration de notre sujet1 qui est qu'en admettant la vracit dans de tels rcits1 il serait possible que par-l mme l'histoire ft infrieure en utilit au roman2 et ce cas arriverait1 si des aventures vritables offraient le spectacle immoral de la vertu plus malheureuse que le vice1 puisque l'on n'estime dans les aventures supposes1 que l'art qui prsente le vice comme plus loign du bonheur que la vertu2 si donc il existait un livre ou un homme regard comme vertueux1 et presque rig en patron de secte1 se ft peint comme trs-malheureux2 si cet homme1 confessant sa vie1 citait de lui un grand nombre de traits d'avilissement1 d'infidlit1 d'ingratitude2 s'il nous donnait de lui l'ide d'un caractre chagrin1 orgueilleux1 jaloux2 si1 non content de relever ses fautes1 qui lui appartiennent1 il relevait celles d'autrui1 qui ne lui appartiennent pas2 si cet homme1 d'ailleurs dou de talent comme orateur et comme crivain1 avait acquis une autorit comme philosophe2 s'il n'avait us de l'un et de l'autre que pour pangyriser l'ignorance1 dtracter l'tat social1 ramener les hommes la vie sauvage2 et si une doctrine renouvele d',omar#aa s'tait masque de son nom et de ses principes pour prcher l'inutilit des sciences et des arts1 pour proscrire tout talent1 toute richesse1 et par consquent tout travail qui les cre1 peut-tre serait-il difficile dans cette trop vridique histoire1 de trouver un coin d'utilit2 peut-tre conviendrait-on que c'est apprendre trop haut prix1 que dans un individu organis d'une certaine manire1 la sensibilit pousse l'excs peut dgnrer en alination d'esprit#ab1 et l'on regretterait sans doute que l'auteur d'mile1 aprs avoir tant parl de la nature1 n'ait pas imit sa sagesse1 qui1 montrant au dehors toutes les formes qui flattent nos sens1 a cach dans nos entrailles1 et couvert de voiles pais tout ce qui menaait de choquer notre dlicatesse4 ,ma conclusion sur cet article est que l'utilit morale que l'on peut retirer de l'histoire n'est point une utilit spontane qui s'offre d'elle-mme2 mais qu'elle est le produit d'un art soumis des principes et des rgles dont nous traiterons l'occasion des coles primaires4 ,le second genre d'utilit1 celui qui est relatif aux sciences et aux arts1 a une sphre beaucoup plus varie1 beaucoup plus tendue1 et sujette bien moins d'inconvnients que celui dont nous venons de parler4 ,l'histoire1 tudie sous ce point de vue1 est une mine fconde o chaque particulier peut chercher et prendre son gr des matriaux convenables la science1 ou l'art qu'il affectionne1 qu'il cultive ou veut cultiver3 les recherches de ce genre ont le prcieux avantage de jeter toujours une vritable lumire sur l'objet que l'on traite1 soit par la confrontation des divers procds ou mthodes1 employs des poques diffrentes chez des peuples divers2 soit par la vue des erreurs commises1 et par la contradiction mme des expriences1 qu'il est toujours possible de rpter2 soit enfin par la seule connaissance de la marche qu'a suivie l'esprit humain1 tant dans l'invention que dans les progrs de l'art ou de la science2 marche qui indique par analogie celle suivre pour les perfectionner4 ,c'est de telles recherches que nous devons des dcouvertes nombreuses1 tantt nouvelles1 tantt seulement renouveles1 mais qui mritent toujours leurs auteurs des remercments3 c'est par elles que la mdecine nous a procur des mthodes1 des remdes2 la chirurgie1 des instruments2 la mcanique1 des outils1 des machines2 l'architecture1 des dcorations1 des ameublements4 ,il serait dsirer que ce dernier art s'occupt d'un genre de construction devenu le besoin le plus pressant de notre situation1 la construction des salles d'assembles1 soit dlibrantes1 soit professantes4 ,novices cet gard1 nous n'avons encore obtenu depuis cinq ans que les essais les plus imparfaits1 que les ttonnements les plus vicieux2 je n'entends pas nanmoins y comprendre le vaisseau o nous sommes rassembls#ac1 qui1 quoique trop petit pour nous1 qui il ne fut point destin1 remplit trs-bien d'ailleurs le but de son institution2 mais je dsigne ces salles o l'on voit l'ignorance de toutes les rgles de l'art2 o le local n'a aucune proportion avec le nombre des dlibrants qu'il doit contenir2 o ces dlibrants sont dissmins sur une vaste surface1 quand tout invite1 quand tout impose la loi de les resserrer dans le plus petit espace2 o les lois de l'acoustique sont tellement mconnues1 que l'on a donn aux vaisseaux des formes carres et barlongues1 quand la forme circulaire se prsentait comme la plus simple et la seule propre aux effets d'audition demands2 o1 par ce double vice de trop d'tendue et de figure carre1 il faut des voix de ,stentor pour tre entendu1 et par consquent o toute voix faible est exclue de fait1 est prive de son droit de conseil et d'influence2 encore qu'une voix faible et une poitrine frle soient souvent les rsultats de l'tude et de l'application1 et par suite les signes prsums de l'instruction2 tandis qu'une voix trop clatante1 et de forts poumons1 sont ordinairement l'indice d'un temprament puissant1 qui ne s'accommode gure de la vie sdentaire du cabinet1 et qui invite1 ou plutt qui entrane malgr soi cultiver ses passions plutt que sa raison3 j'entends ces salles enfin o1 par la ncessit de faire du bruit pour tre entendu1 l'on provoque le bruit qui empche d'entendre2 de manire que par une srie de consquences troitement lies1 la construction du vaisseau favorisant et mme ncessitant le tumulte1 et le tumulte empchant la rgularit et le calme de la dlibration1 il arrive que les lois qui dpendent de cette dlibration1 et que le sort d'un peuple qui dpend de ces lois1 dpendent rellement de la disposition physique d'une salle4 ,il est donc d'une vritable importance de s'occuper activement de recherches cet gard1 et nous avons tout gagner1 en consultant1 sur cette matire1 l'histoire et les monuments de la ,grce et de l',italie2 nous apprendrons de leurs anciens peuples1 qui avaient une exprience longue et multiplie des grandes assembles1 sur quels principes taient btis ces cirques et ces amphithtres1 dans lesquels #ej1jjj ames entendaient commodment la voix d'un acteur1 ainsi que l'empereur ,joseph ,,ii en fit l'preuve1 il y a quelques annes1 dans l'amphithtre1 restaur de ,vrone4 ,nous connatrons l'usage de ces conques qu'ils pratiquaient dans certaines parties des murailles2 de ces vases d'airain qui gonflaient les sons dans l'immense cirque de ,caracalla2 de ces bassins fond de cuve1 soit en mtal1 soit en brique1 dont le moderne opra de ,rome a fait un usage si heureux1 que dans une salle plus grande qu'aucune des ntres1 un orchestre de onze instruments seulement1 produit autant d'effet que nos cinquante instruments de l',opra2 nous imiterons ces vomitoires qui facilitent l'entre et la sortie individuelles1 et mme l'vacuation totale du vaisseau1 sans bruit et sans confusion2 enfin nous pourrons rechercher tout ce que l'art des anciens a imagin en ce genre1 pour en faire des applications immdiates1 ou des modifications heureuses#ad4 ,le troisime genre d'utilit que l'on peut retirer de l'histoire1 celui que j'appelle d'utilit politique ou sociale1 consist recueillir et mditer tous les faits relatifs l'organisation des socits1 au mcanisme des gouvernements1 pour en induire des rsultats gnraux ou particuliers1 propres servir de termes de comparaison1 et de rgles de conduite en des cas analogues ou semblables2 sous ce rapport1 l'histoire1 prise dans son universalit1 est un immense recueil d'expriences morales et sociales1 que le genre humain fait involontairement et trs-dispendieusement sur lui-mme2 dans lesquelles chaque peuple1 offrant des combinaisons varies d'vnements1 de passions1 de causes et d'effets1 dveloppe1 aux yeux de l'observateur attentif1 tous les ressorts et tout le mcanisme de la nature humaine3 de manire que si l'on avait un tableau exact du jeu rciproque de toutes les parties de chaque machine sociale1 c'est--dire1 des habitudes1 des murs1 des opinions1 des lois1 du rgime intrieur et extrieur de chaque nation1 il serait possible d'tablir une thorie gnrale de l'art de composer ces machines morales1 et de poser des principes fixes et dtermins de lgislation1 d'conomie politique1 et de gouvernement4 ,il n'est pas besoin de faire sentir toute l'utilit d'un pareil travail4 ,malheureusement il est soumis beaucoup de difficults2 d'abord1 parce que la plupart des histoires1 surtout les anciennes1 n'offrent que des matriaux incomplets ou vicieux2 ensuite1 parce que l'usage que l'on peut en faire1 les raisonnements dont ils sont le sujet1 ne sont justes qu'autant que les faits sont reprsents exactement2 et nous avons vu combien l'exactitude et la prcision sont pineuses obtenir1 surtout dans les faits privs et prliminaires3 or1 il est remarquable que dans l'histoire1 ce ne sont pas tant les faits majeurs et marquants qui sont instructifs1 que les faits accessoires1 et que les circonstances qui les ont prpars ou produits2 car ce n'est qu'en connaissant ces circonstances prparatoires1 que l'on peut parvenir viter ou obtenir de semblables rsultats3 ainsi dans une bataille1 ce n'est pas son issue qui est instructive1 ce sont les divers mouvements qui en ont dcid le sort1 et qui1 quoique moins saillants1 sont pourtant les causes1 tandis que l'vnement n'est que l'effet#ae4 ,telle est l'importance de ces notions de dtail1 que1 sans elles1 le terme de comparaison se trouve vicieux1 n'a plus d'analogie avec l'objet auquel on veut en faire l'application2 et cette faute1 si grave dans ses consquences1 est pourtant habituelle et presque gnrale en histoire3 on accepte des faits sans discussion2 on les combine sans rapports certains2 on dresse des hypothses qui manquent de fondement2 on en fait les applications qui manquent de justesse2 et de l1 des erreurs d'administration et de gouvernement1 faussement imitatives1 qui entranent quelquefois les plus grands malheurs4 ,c'est donc un art et un art profond1 que d'tudier l'histoire sous ce grand point de vue2 et si1 comme il est vrai1 l'utilit qui en peut rsulter est du genre le plus vaste1 l'art qui la procure est du genre le plus lev2 c'est la partie transcendante1 et1 s'il m'est permis de le dire1 ce sont les hautes mathmatiques de l'histoire4 ,ces diverses considrations1 loin de faire digression mon sujet1 m'ont au contraire prpar une solution facile de la plupart des questions qui y sont relatives4 ,demande-t-on si l'enseignement de l'histoire peut s'appliquer aux coles primaires3 il est bien vident que ces coles tant composes d'enfants1 dont l'intelligence n'est point encore dveloppe1 qui n'ont aucune ide1 aucun moyen de juger des faits de l'ordre social1 ce genre de connaissances ne leur convient point2 qu'il n'est propre qu' leur donner des prjugs1 des ides fausses et errones1 qu' en faire des babillards et des perroquets1 ainsi que l'a prouv1 depuis deux sicles1 le systme vicieux de l'ducation dans toute l',europe4 ,qu'entendions-nous dans notre jeunesse cette ,histoire de ,tite-,live1 ou de ,salluste1 ces ,commentaires de ,csar1 ces ,annales de ,tacite que l'on nous forait d'expliquer8 ,quel fruit1 quelle leon en avons-nous tirs8 ,d'habiles instituteurs avaient si bien senti ce vice1 que malgr leur dsir d'introduire dans l'ducation la lecture des livres hbreux1 ils n'osrent jamais le tenter1 et furent obligs de leur donner la forme du roman connu sous le nom d',histoire du peuple de ,dieu2 d'ailleurs1 si la majeure partie des enfants des coles primaires est destine la pratique des arts et mtiers1 qui absorberont tout leur temps pour fournir leur subsistance1 pourquoi leur donner des notions qu'ils ne pourront cultiver1 qu'il leur sera indispensable d'oublier1 et qui ne leur laisseront qu'une prtention de faux savoir1 pire que l'ignorance8 ,les coles primaires rejettent donc l'histoire sous son grand rapport politique2 elles l'admettraient davantage sous le rapport des arts1 parce qu'il en est plusieurs qui se rapprochent de l'intelligence du jeune ge1 et que le tableau de leur origine et de leur progrs pourrait leur insinuer l'esprit d'analyse2 mais il faudrait composer en ce genre des ouvrages exprs1 et le fruit que l'on en obtiendrait1 n'en vaudrait peut-tre ni le soin ni les frais4 ,le seul genre d'histoire qui me paraisse convenir aux enfans1 est le genre biographique1 ou celui des vies d'hommes privs ou publics2 l'exprience a prouv que cette sorte de lecture1 pratique dans les veilles1 au sein des familles1 produisait un effet puissant sur ces jeunes cerveaux1 et excitait en eux ce dsir d'imitation1 qui est un attribut physique de notre nature1 et qui dtermine le plus nos actions4 ,ce sont souvent des traits reus dans de telles lectures1 qui ont dcid de la vocation et des penchants de toute la vie2 et ces traits sont d'autant plus efficaces qu'ils sont moins prpars par l'art1 et que l'enfant1 qui fait une rflexion et porte un jugement1 a plus le sentiment de sa libert1 en ne se croyant ni domin ni influenc par une autorit suprieure4 ,nos anciens l'avaient bien senti1 lorsque1 pour accrditer leurs opinions dogmatiques1 ils imaginrent ce genre d'ouvrage que l'on appelle ,vie des ,saints4 ,il ne faut pas croire que toutes ces compositions soient dpourvues de mrite et de talent2 plusieurs sont faites avec beaucoup d'art1 et une grande connaissance du cur humain3 et la preuve en est qu'elles ont frquemment rempli leur objet1 celui d'imprimer aux ames un mouvement dans le sens et la direction qu'elles avaient en vue4 ,a mesure que les esprits se sont dgags des ides du genre religieux1 on a pass aux ouvrages du genre philosophique et politique2 et les ,hommes illustres de ,plutarque et de ,cornelius ,nepos ont obtenu la prfrence sur les ,martyrs et les ,saints ,pres du dsert3 et du moins ne pourra-t-on nier que ces modles1 quoique dits profanes1 ne soient plus l'usage des hommes vivant en socit1 mais encore ont-ils l'inconvnient de nous loigner de nos murs1 et de donner lieu des comparaisons vicieuses1 et capables d'induire en de graves erreurs4 ,il faudrait que ces modles fussent pris chez nous1 dans nos murs1 et s'ils n'existaient pas il faudrait les crer2 car c'est surtout ici le cas d'appliquer le principe que j'ai avanc1 que le roman peut tre suprieur l'histoire en utilit4 ,il est dsirer que le gouvernement encourage des livres lmentaires de ce genre2 et comme ils appartiennent moins l'histoire qu' la morale1 je me bornerai rappeler leurs compositeurs deux prceptes fondamentaux de l'art1 dont ils ne doivent point s'carter3 concision et clart4 ,la multitude des mots fatigue les enfants1 les rend babillards2 les traits concis les frappent1 les rendent penseurs2 et ce sont moins les rflexions qu'on leur fait1 que celles qu'ils se font1 qui leur profitent4 ,,cinqui,,me ,s,,ance4 ,de l'art de lire l'histoire2 cet art n'est point la porte des enfants3 l'histoire1 sans enseignement1 leur est plus dangereuse qu'utile4--,de l'art d'enseigner l'histoire4--,vues de l'auteur sur un cours d'tudes de l'histoire4--,de l'art d'crire l'histoire4--,examen des prceptes de ,lucien et de ,mably4 ,nous avons vu que les faits historiques fournissent matire trois genres d'utilit3 l'une relative aux particuliers1 l'autre relative aux gouvernements et aux socits1 et la troisime applicable aux sciences et aux arts4 ,mais1 parce que cette utilit quelconque ne s'offre point d'elle-mme1 ni sans le mlange d'inconvnients et de difficults2 parce que1 pour tre recueillie1 elle exige des prcautions et un art particulier2 nous avons commenc l'examen des principes et des rgles de cet art1 et nous allons continuer aujourd'hui de les dvelopper en les divisant en deux branches3 art d'tudier l'histoire2 art de composer et d'crire l'histoire4 ,j'ai dja indiqu que1 sous aucun rapport1 l'tude de l'histoire ne me paraissait convenir aux enfants1 parce que les faits dont elle se compose exigent une exprience dja acquise1 et une maturit de jugement incompatible avec leur ge2 que par consquent elle devait tre bannie des coles primaires1 avec d'autant plus de raison que la trs-grande majorit des citoyens y est destine aux mtiers et aux arts1 dont ils doivent tirer leur subsistance1 et dont la pratique1 absorbant tout leur temps1 leur fera oublier1 et leur1 rendra absolument inutile toute notion purement savante et spculative2 j'ajoute1 qu'obligs de croire sur parole et sur autorit magistrale1 ils y pourraient contracter des erreurs et des prjugs1 dont l'influence s'tendrait sur toute leur vie4 ,il ne s'agit pas de savoir beaucoup1 mais de savoir bien2 car le demi-savoir est un savoir faux1 cent fois pire que l'ignorance4 ,ce qu'on peut se permettre d'histoire avec les enfants1 et j'tends ce nom tous les hommes simples et sans instruction1 doit se rduire la morale1 c'est--dire aux prceptes de conduite leur usage2 et parce que ces prceptes1 tirs des faits et des exemples1 deviennent plus saillants1 l'on peut se permettre d'employer des anecdotes et des rcits d'actions vertueuses1 surtout si l'on en use sobrement2 car l'abondance est indigeste2 et1 pour le dire en passant1 un vice majeur de l'ducation franaise1 est de vouloir trop dire et trop faire4 ,on apprend aux hommes parler2 on devrait leur apprendre se taire3 la parole dissipe la pense1 la mditation l'accumule2 le parlage n de l'tourderie engendre la discorde2 le silence1 enfant de la sagesse1 est l'ami de la paix4 ,athnes loquente ne fut qu'un peuple de brouillons2 ,sparte silencieuse fut un peuple d'hommes poss et graves2 et ce fut sans doute pour avoir rig le silence en vertu1 que ,pythagore reut des deux ,grces le titre de sage4 ,au-dessus des coles primaires1 et dans le second degr de l'instruction1 l'esprit des jeunes gens1 plus dvelopp1 devient plus capable de recevoir celle qui nat de l'histoire4 ,cependant1 si vous vous rappelez les impressions de notre jeune ge1 vous vous ressouviendrez que1 pendant long-temps1 la partie qui1 dans nos lectures1 excita le plus notre intrt1 qui l'attacha presque exclusivement1 fut celle des combats et des anecdotes militaires4 ,vous observerez qu'en lisant l'histoire ancienne1 par ,rollin1 ou l'histoire de ,france1 par ,velly1 nous glissions rapidement1 ou nous nous tranions languissamment sur les articles de murs1 de lois1 de politique1 pour arriver aux siges1 aux batailles1 ou aux aventures particulires2 et dans ces aventures et dans les histoires personnelles1 nous prfrions ordinairement celles des guerriers grands mouvements1 la vie paisible des lgislateurs et des philosophes1 ce qui m'amne deux rflexions3 l'une1 que l'tude de l'histoire ne devient que trs-tardivement utile aux jeunes gens qui elle offre peu de points de contact2 l'autre1 que ne les touchant que par le ct moral1 et surtout par celui des passions1 il serait dangereux de les y livrer d'eux-mmes et sans guide4 ,l'on ne peut leur mettre en main que des histoires prpares ou choisies dans une intention3 or1 en un tel cas1 est-ce bien l'histoire que l'on enseigne8 sont-ce les faits tels qu'ils sont qu'on leur montre1 ou n'est-ce pas plutt les faits tels qu'on les voit1 tels qu'on les veut faire voir#af8 ,et alors n'est-ce pas un roman et un mode d'ducation8 ,sans doute1 et le l'ai dja dit1 ce mode a des avantages1 mais il peut avoir des inconvnients2 car1 de mme que nos anctres du moyen ge se sont tromps en adoptant une morale qui contrarie tous les penchants de la nature au lieu de les diriger1 de mme il est craindre que l'ge prsent ne se trompe aussi en en prenant une qui ne tend qu' exalter les passions au lieu de les modrer2 de manire que1 passant d'un excs l'autre1 d'une crdulit aveugle une incrdulit farouche1 d'une apathie misanthropique une cupidit dvorante1 d'une patience servile un orgueil oppresseur et insociable1 nous n'aurions fait que changer de fanatisme1 et quittant celui des ,goths du neuvime sicle1 nous retournerions celui des enfants d',odin1 les ,francs et les ,celtes1 nos premiers aeux2 et tels seraient les effets de cette moderne doctrine1 qui ne tend qu' exalter les courages1 qu' les pousser au del du but de dfense et de conservation qu'indique la nature2 qui ne prche que murs et vertus guerrires1 comme si l'ide de la vertu1 dont l'essence est de conserver1 pouvait s'allier l'ide de la guerre dont essence est de dtruire2 qui appelle patriotisme une haine farouche de toute autre nation1 comme si l'amour exclusif des siens n'tait pas la vertu spciale des loups et des tigres2 comme si dans la socit gnrale du genre humain il y avait une autre justice1 d'autres vertus pour les peuples que pour les individus2 comme si un peuple guerrier et conqurant diffrait d'un individu perturbateur et mchant1 qui s'empare du bien de son voisin1 parce qu'il est le plus fort2 une doctrine enfin qui ne tend qu' ramener l',europe aux sicles et aux murs froces des ,cimbres et des ,teutons2 et cette doctrine est d'autant plus dangereuse que l'esprit de la jeunesse1 ami du mouvement et port l'enthousiasme militaire1 adopte avidement ses prceptes4 ,instituteurs de la nation1 pesez bien un fait qui est sous vos yeux3 si vous1 si la gnration actuelle leve dans des murs douces1 et qui1 pour hochets de son enfance1 ne connut que les poupes et les petites chapelles2 si cette gnration a pris en si peu de temps un tel essor de murs sanguinaires#ag1 que sera-ce de celle qui s'lve dans la rapine et le carnage1 et qui fait les jeux de son bas ge1 des horreurs que nous inventons8 ,encore un pas1 et l'on ressuscitera parmi nous les tranges effets de frnsie que la doctrine d',odin produisit jadis en ,europe1 et dont1 au dixime sicle1 l'cole danoise du gouverneur de ,jomsbourg offrit un exemple digne d'tre cit2 je le tire de l'un des meilleurs ouvrages de ce sicle1 l'histoire de ,danemarck1 par le professeur ,mallet4 ,aprs avoir parl1 dans son introduction1 liv4 #d1 de la passion que les ,scandinaves1 comme tous les ,celtes1 avaient pour la guerre2 aprs en avoir montr la cause dans leurs lois1 dans leur ducation et dans leur religion1 il raconte le fait suivant3 ,l'histoire nous apprend que ,harald1 roi de ,danemarck1 qui vivait dans le milieu du dixime sicle1 avait fond sur la cte de ,pomranie une ville nomme ,julin1 ou ,jomsbourg2 qu'il y avait envoy une colonie de jeunes ,danois1 et en avait donne le gouvernement un nomm ,palnatocko4 ,ce nouveau ,lycurgue avait fait de sa ville une seconde ,lacdmone2 tout y tait uniquement dirig vers le but de former des soldats2 il avait dfendu1 dit l'auteur de l'histoire de cette colonie1 d'y prononcer seulement le nom de la peur1 mme dans les dangers les plus imminents4 ,jamais un citoyen de ,julin ne devait cder au nombre1 quelque grand qu'il ft1 mais se battre intrpidement1 sans prendre la fuite1 mme devant une multitude trs-suprieure2 la vue d'une mort prsente n'et pas mme t une excuse pour lui4 ,il parat que ce lgislateur parvint en effet dtruire dans le plus grand nombre de ses lves jusqu'au dernier reste de ce sentiment si profond et si naturel1 qui nous fait redouter notre destruction3 rien ne le prouve mieux qu'un trait de leur histoire qui mrite d'avoir place ici par sa singularit4 ,quelques-uns d'entre eux1 ayant fait une irruption dans les tats d'un puissant seigneur norvgien1 nomm ,haquin1 furent vaincus1 malgr l'opinitret de leur rsistance2 et les plus distingus1 ayant t faits prisonniers1 les vainqueurs les condamnrent mort1 conformment l'usage du temps2 cette nouvelle au lieu de les affliger1 fut pour eux un sujet de joie2 le premier se contenta de dire1 sans changer de visage1 et sans donner le moindre signe d'effroi3 ,pourquoi ne m'arriverait-il pas la mme chose qu' mon pre8 il est mort1 et je mourrai4 ,un guerrier1 nomm ,torchill1 qui leur tranchait la tte1 ayant demand au second ce qu'il pensait1 il rpondit qu'il se souvenait trop bien des lois de ,julin1 pour prononcer quelque parole qui marqut la peur4 ,a la mme question1 le troisime rpondit qu'il se rjouissait de mourir avec sa gloire1 et qu'il la prfrait une vie infme comme celle de ,torchill4 ,le quatrime fit une rponse plus longue et plus singulire3 ,je souffre1 dit-il1 la mort de bon cur1 et cette heure m'est agrable2 je te prie seulement1 ajouta-t-il en s'adressant ,torchill1 de me trancher la tte le plus prestement qu'il sera possible1 car c'est une question que nous avons souvent agite ,julin1 de savoir si l'on conserve quelque sentiment aprs avoir t dcapit2 c'est pourquoi je vais prendre ce couteau d'une main1 et si1 aprs avoir t dcapit1 je le porte contre toi1 ce sera une marque que je n'ai pas entirement perdu le sentiment2 si je le laisse tomber1 ce sera une preuve du contraire2 hte-toi de dcider cette question4 ,torchill1 ajoute l'historien1 se hta de lui trancher la tte1 et le couteau tomba#ah4 ,le cinquime montra la mme tranquillit1 et mourut en raillant ses ennemis4 ,le sixime recommanda ,torchill de le frapper au visage3 ,je me tiendrai1 dit-il1 immobile1 tu observeras si je ferme seulement les yeux2 car nous sommes habitus ,jomsbourg ne pas remuer1 mme quand on nous donne le coup de la mort2 nous nous sommes exercs cela les uns les autres4 ,il mourut en tenant sa promesse1 et en prsence de tous les spectateurs4 ,le septime tait1 dit l'historien1 un jeune homme d'une grande beaut1 et la fleur de l'ge2 sa longue chevelure blonde semblait de soie1 et flottait en boucls sur ses paules3 ,torchill lui ayant demand s'il redoutait la mort3 ,je la reois volontiers1 dit-il1 puisque j'ai rempli le plus grand devoir de la vie1 et que j'ai vu mourir tous ceux qui je ne puis survivre2 je te prie seulement qu'aucun esclave ne touche mes cheveux1 et que mon sang ne les salisse point4 ,ce trait vous prouve quelle est l puissance des prceptes de l'ducation1 dans un genre mme aussi contraire la nature2 et il peut en mme temps prouver l'abus qu'il serait possible de faire de l'histoire1 puisqu'un tel exemple1 il y a plusieurs mois#ai1 n'eut pas manqu de servir autoriser le fanatisme2 et tel est le danger qu'en effet je trouve l'histoire1 d'offrir presque ternellement des scnes de folie1 de vice et de crime1 et par consquent des modles et des encouragements aux carts les plus monstrueux4 ,en vain dira-t-on que les maux qui en rsultent suffisent pour en dtourner4 ,il est en morale une vrit profonde laquelle on ne fait point assez d'attention2 c'est que le spectacle du dsordre et du vice laisse toujours de dangereuses impressions2 qu'il sert moins en dtourner1 qu' y accoutumer par la vue1 et y enhardir par l'excuse que fournit l'exemple4 ,c'est le mme mcanisme physique qui fait qu'un rcit obscne jette le trouble dans l'ame la plus chaste1 et que le meilleur moyen de maintenir la vertu1 c'est de ne pas lui prsenter les images du vice#bj4 ,dans le genre dont je parle1 je dirai volontiers que les meilleurs ouvrages sont les moins mauvais1 et que le parti le plus sage serait d'attendre que les jeunes gens eussent dj un jugement eux1 et libre de l'influence magistrale2 pour les introduire la lecture de l'histoire2 leur esprit neuf1 mais non pas ignorant1 n'en serait que plus propre saisir des points de vue nouveaux1 et ne point flchir devant les prjugs qu'inspire une ducation routinire4 ,si j'avais tracer un plan d'tudes en ce genre1 aprs avoir requis ces conditions1 voici la marche qui me paratrait la plus convenable4 ,d'abord1 j'exigerais que mes lves eussent des notions prliminaires dans les sciences exactes1 telles que les mathmatiques1 la physique1 l'tat du ciel et du globe terrestre1 c'est--dire qu'ils eussent l'esprit muni de moyens et de termes de comparaison1 pour juger des faits qui leur seraient raconts3 j'ai dit l'tat du ciel et du globe terrestre1 parce que1 sans quelques ides d'astronomie1 l'on ne conoit rien en gographie1 et que sans un aperu de gographie1 l'on ne sait o placer les scnes de l'histoire1 qui flottent dans l'esprit comme les nuages dans l'air4 ,je ne trouverais point ncessaire que mes lves eussent approfondi les dtails de ces deux sciences3 l'histoire les leur fournira2 et je ne demanderais point qu'ils fussent exempts de prjugs1 soit en morale1 soit en ides religieuses2 il suffirait qu'ils ne fussent entts de rien2 qu'ils eussent l'esprit ouvert l'observation2 et je ne doute pas que le spectacle vari de tous les contrastes de l'histoire ne redresst leurs ides en les tendant4 ,c'est pour ne connatre que soi et les siens1 qu'on est opinitre2 c'est pour n'avoir vu que son clocher1 qu'on est intolrant1 parce que l'opinitret et l'intolrance ne sont que les fruits d'un gosme ignorant2 et que quand on a vu beaucoup d'hommes1 quand on a compar beaucoup d'opinions1 l'on s'aperoit que chaque homme a son prix1 que chaque opinion a ses raisons1 et l'on mousse les angles tranchants d'une vanit neuve pour rouler doucement dans le torrent de la socit2 ce fruit de sagesse et d'utilit que l'on recueille des voyages1 l'histoire le procure aussi2 car l'histoire est un voyage qui se fait avec cet agrment1 que sans pril ni fatigue1 et sans changer de place1 on parcourt l'univers des temps et des lieux4 ,or1 de mme qu'un voyageur ne commence pas par s'aller placer en ballon dans les terres australes1 ni dans les pays inaccessibles et inconnus1 pour prendre de l sa course vers la terre habite2 de mme1 si j'en suis cru de mes lves en histoire1 ils ne se jetteront point d'abord dans la nuit de l'antiquit ni dans les sicles incommensurables1 pour de l tomber1 sans savoir comment1 dans des ges contigus au ntre1 qui n'ont aucune ressemblance avec les premiers3 ils viteront donc tous ces livres d'histoire qui d'un seul bond vous transportent l'origine du monde1 qui vous en calculent l'poque comme du jour d'hier1 et qui vous dclarent que l il n'y a point raisonner1 et que l il faut croire sans contester4 ,or1 comme les contestations sont une mauvaise chose1 et que cependant le raisonnement est une boussole que l'on ne peut quitter1 il faut laisser ces habitants des antipodes dans leur ple austral2 et imitant les navigateurs prudents1 partir d'abord de chez nous1 voguer terre terre1 et n'avancer qu' mesure que le pays nous devient connu4 ,je serais donc d'avis que l'on tudit d'abord l'histoire du pays o l'on est n1 o l'on doit vivre1 et o l'on peut acqurir la preuve matrielle de faits1 et voir les objets de comparaison4 ,et cependant je ne prtendrais pas blmer une mthode qui commencerait par un pays tranger1 car cet aspect d'un ordre de choses1 de coutumes1 de murs qui ne sont pas les ntres1 a un effet puissant pour rompre le cours de nos prjugs1 et pour nous faire voir nous-mmes sous un jour nouveau1 qui produit en nous le dsintressement et l'impartialit3 l'unique condition que je tienne pour indispensable1 est que ce soit une histoire de temps et de pays bien connus1 et possible vrifier4 ,que ce soit l'histoire d',espagne1 d',angleterre1 de ,turkie ou de ,perse1 tout est gal1 avec cette seule diffrence qu'il parat que jusqu'ici nos meilleures histoires ont t faites sur des pays d',europe1 parce que ce sont eux que nous connaissons le mieux4 ,d'abords nos lves prendraient une ide gnrale d'un pays et d'une nation donns1 dans l'crivain le plus estim qui en a trait4 ,par-l1 ils acquerraient une premire chelle de temps1 laquelle tout viendrait1 et tout devrait se rapporter4 ,s'ils voulaient approfondir les dtails1 ils auraient dja trouv dans ce premier ouvrage l'indication des originaux1 et ils pourraient les consulter et les compulser3 ils le devraient mme sur les articles o leur auteur aurait tmoign de l'incertitude et de l'embarras4 ,d'une premire nation1 ou d'une premire priode connues1 ils passeraient une voisine qui les aurait plus intresss1 qui aurait le plus de connexion avec des points ncessaires claircir ou dvelopper4 ,ainsi de proche en proche1 ils prendraient une connaissance suffisante de l',europe1 de l',asie1 de l',afrique et du ,nouveau-,monde2 car1 suivant toujours mon principe de ne procder que du connu l'inconnu1 et du voisin l'loign1 je ne voudrais pas qu'ils remontassent dans les temps reculs1 avant d'avoir une ide complte de l'tat prsent2 cette ide acquise1 nous nous embarquerions pour l'antiquit1 mais avec prudence1 et gagnant d'chelle en chelle1 de peur de nous perdre sur une mer prive de rivages et d'toiles arrivs aux confins extrmes des temps historiques1 et l trouvant quelques poques certaines1 nous nous y placerions comme sur des promontoires1 et nous tcherions d'apercevoir1 dans l'ocan tnbreux de l'antiquit1 quelques-uns de ces point saillants1 qui1 tels que des les1 surnagent aux flots des vnements4 ,sans quitter terre1 nous essayerions de connatre par divers rapports1 comme par des triangles1 la distance de quelques-uns2 et elle deviendrait pour nous une base chronologique qui servirait mesurer la distance des autres4 ,tant que nous verrions de tels points certains1 et que nous pourrions en mesurer l'intervalle1 nous avancerions1 le fil la main2 mais alors que nous ne verrions plus que des brouillards et des nuages1 et que les faiseurs de cosmogonies et de mythologies viendraient pour nous conduire aux pays des prodiges et des fes1 nous retournerions sur nos pas2 car ordinairement ces guides imposent pour condition de mettre un bandeau sur les yeux1 et alors on ne sait o l'on va2 de plus ils se disputent entre eux qui vous aura1 et il faut viter les querelles3 ce serait payer trop cher un peu de science1 que de l'acheter au prix de la paix4 ,a la vrit1 mes lves reviendraient l'esprit plein de doutes sur la chronologie des ,assyriens et des gyptiens2 ils ne seraient pas srs de savoir1 #ajj ans prs1 l'poque de la guerre de ,troie1 et seraient mme trs-ports douter1 et de l'existence humaine de tous les demi-dieux1 et du dluge de ,deucalion1 et du vaisseau des ,argonautes1 et des #aae ans de rgne de ,fohi le ,chinois1 et de tous les prodiges indiens1 chaldens1 arabes1 plus ressemblants aux ,mille et une ,nuits qu' l'histoire2 mais pour se consoler1 ils auraient acquis des ides saines sur une priode d'environ #c1jjj ans1 qui est tout ce que nous connaissons de vritablement historique2 et en compulsant leurs notes et tous les extraits de lecture qu'ils auraient soigneusement faits1 ils auraient acquis les moyens de retirer de l'histoire toute l'unit dont elle est susceptible4 ,je sens que l'on me dira qu'un tel plan d'tudes exige des annes pour son excution1 et qu'il est capable d'absorber le temps et les facults d'un individu2 que par consquent il ne peut convenir qu' un petit nombre d'hommes1 qui soit par leurs moyens personnels1 soit par ceux que leur fournirait la socit1 pourraient y consacrer tout leur temps et toutes leurs facults4 ,je conviens de la vrit de cette observation1 et j'en conviens d'autant plus aisment qu'elle est mon propre rsultat4 ,plus je considre la nature de l'histoire1 moins je la trouve propre devenir le sujet d'tudes vulgaires et rpandues dans toutes les classes4 ,je conois comment et pourquoi tous les citoyens doivent tre instruits dans l'art de lire1 d'crire1 de compter1 de dessiner2 comment et pourquoi l'on doit leur donner des notions des mathmatiques1 qui calculent les corps2 de la gomtrie1 qui les mesure2 de la physique1 qui rend sensibles leurs qualits2 de la mdecine lmentaire1 qui nous apprend conduire notre propre machine1 maintenir notre sant2 de la gographie mme1 qui nous fait connatre le coin de l'univers o nous sommes placs1 o il nous faut vivre4 ,dans toutes ces notions1 je vois bien des besoins usuels1 pratiques1 communs tous les temps de la vie1 tous les instants du jour1 tous les tats de la socit2 j'y vois des objets d'autant plus utiles1 que sans cesse prsents l'homme1 sans cesse agissants sur lui1 il ne peut ni se soustraire leurs lois par sa volont1 ni luder leur puissance par des raisonnements et par des sophismes3 le fait est l2 il est sous son doigt1 il le touche1 il ne peut le nier2 mais dans l'histoire1 dans ce tableau fantastique de faits vanouis dont il ne reste que l'ombre1 quelle est la ncessit de connatre ces formes fugaces1 qui ont pri1 qui ne renatront plus8 ,qu'importe au laboureur1 l'artisan1 au marchand1 au ngociant1 qu'il ait exist un ,alexandre1 un ,attila1 un ,tamerlan1 un empire d',assyrie1 un royaume de ,bactriane1 une rpublique de ,carthage1 de ,sparte ou de ,rome8 ,qu'ont de commun ces fantmes avec son existence8 qu'ajoutent-ils de ncessaire sa conduite1 d'utile son bonheur8 ,en serait-il moins sain1 moins content1 pour ignorer qu'il ait vcu de grands philosophes1 mme de grands lgislateurs1 appels ,pythagore1 ,socrate1 ,zoroastre1 ,confucius1 ,mahomet8 ,les hommes sont passs1 les maximes restent1 et ce sont les maximes qui importent et qu'il faut juger1 sans gard au moule qui les produisit1 et que sans doute pour nous instruire la nature elle-mme a bris3 elle n'a pas bris les modles2 et si la maxime intresse l'existence relle1 il faut la confronter aux faits naturels2 leur identit ou leur dissonance dcidera de l'erreur ou de la vrit4 ,mais1 je le rpte1 je ne conois point la ncessit de connatre tant de faits qui ne sont plus1 et j'aperois plus d'un inconvnient en faire le sujet d'une occupation gnrale et classique2 c'en est un que d'y employer un temps1 et d'y consumer une attention qui seraient bien plus utilement appliqus des sciences exactes et de premier besoin2 c'en est un autre que cette difficult de constater la vrit et la certitude des faits1 difficult qui ouvre la porte aux dbats1 aux chicanes d'argumentation2 qui1 la dmonstration palpable des sens1 substitue des sentiments vagues de conscience intime et de persuasion2 raisons de ceux qui ne raisonnent point1 et qui1 s'appliquant l'erreur comme la vrit1 ne sont que l'expression de l'amour-propre1 toujours prt s'exasprer par la moindre contradiction1 et engendrer l'esprit de parti1 l'enthousiasme et le fanatisme4 ,c'est encore un inconvnient de l'histoire de ne tre utile que par des rsultats dont les lments sont si compliqus1 si mobiles1 si capables d'induire en erreur1 que l'on n'a presque jamais une certitude complte de s'en trouver exempt4 ,aussi persist-je regarder l'histoire1 non point comme une science1 parce que ce nom ne me parat applicable qu' des connaissances dmontrables1 telles que celles des mathmatiques1 de la physique1 de la gographie1 mais comme un art systmatique de calculs qui ne sont que probables1 tel qu'est l'art de la mdecine3 or1 quoiqu'il soit vrai que dans le corps humain les lments aient des proprits fixes1 et que leurs combinaisons aient un jeu dtermin et constant1 cependant1 parce que ces combinaisons sont nombreuses et variables1 qu'elles ne se manifestent aux sens que par leurs effets1 il en rsulte pour l'art de gurir un tat vague et conjectural1 qui forme sa difficult1 et l'lve au-dessus de la sphre de nos connaissances vulgaires4 ,de mme en histoire1 quoiqu'il soit certain que des faits ont produit de tels vnements et de telles consquences1 cependant1 comme l'tat positif de ces faits1 comme leurs rapports et leurs ractions ne sont pas dtermins ou connus1 il en rsulte une possibilit d'erreur2 qui rend leurs applications1 leur comparaison d'autres faits une opration dlicate1 qui exige des esprits trs-exercs dans ce genre d'tude1 et dous d'une grande finesse de tact4 ,il est vrai que dans cette dernire considration1 je dsigne particulirement l'utilit politique de l'histoire1 et j'avoue qu' mes yeux cette utilit est son propre et unique but2 la morale individuelle1 le perfectionnement des sciences et des arts ne me paraissent que des pisodes et des accessoires2 l'objet principal1 l'art fondamental1 c'est l'application de l'histoire au gouvernement1 la lgislation1 toute l'conomie politique des socits2 de manire que j'appellerais volontiers l'histoire la science physiologique des gouvernements1 parce qu'en effet elle apprend connatre1 par la comparaison des tats passs1 la marche des corps politiques1 futurs et prsents1 les symptmes de leurs maladies1 les indications de leur sant1 les pronostics de leurs agitations et de leurs crises1 enfin les remdes que l'on y peut apporter4 ,sans doute ce fut pour avoir senti sa difficult sous ce point de vue immense1 que chez les anciens l'tude de l'histoire tait particulirement affecte aux hommes qui se destinaient aux affaires publiques2 que chez eux1 comme chez les modernes1 les meilleurs historiens furent1 ce que l'on appelle1 des hommes d'tat2 et que dans un empire clbre pour plus d'un genre d'institutions sages1 la ,chine1 l'on a1 depuis des sicles1 form un collge spcial d'historiens4 ,les ,chinois ont pens1 non sans raison1 que le soin de recueillir et de transmettre les faits qui constituent la vie d'un gouvernement et d'une nation1 ne devait point tre abandonn au hasard ni aux caprices des particuliers2 ils ont senti qu'crire l'histoire tait une magistrature qui pouvait exercer la plus grande influence sur la conduite des nations et de leurs gouvernements2 en consquence1 ils ont voulu que des hommes1 choisis pour leurs lumires et pour leurs vertus1 fussent chargs de recueillir les vnements de chaque rgne1 et d'en jeter les notes1 sans se communiquer1 dans des botes scelles1 qui ne sont ouvertes qu' la mort du prince ou de sa dynastie4 ,ce n'est pas ici le lieu d'approfondir cette institution2 il me suffit d'indiquer combien elle appuie l'ide leve que je me fais de l'histoire4 ,je viens l'art de la composer4 ,deux crivains distingus ont trait spcialement de la manire d'crire l'histoire3 le premier1 ,lucien1 n ,samosate1 sous le rgne de ,trajan1 a divis son trait en critique et en prceptes2 dans l'a premire partie1 il persifle1 avec cette gaiet piquante qui lui est propre1 le mauvais got d'un essaim d'historiens que la guerre de ,marc-,aurle contre les ,parthes fit subitement clore1 dit-il1 et vit prir comme un essaim de papillons aprs un orage4 ,parmi les dfauts qu'il leur reproche1 l'on remarque surtout l'ampoulure du style1 l'affectation des grands mots1 la surcharge des pithtes1 et1 par une suite naturelle de ce dfaut de got1 la chute dans l'excs contraire1 l'emploi d'expressions triviales1 les dtails bas et dgotants1 le mensonge hardi1 la lche flatterie2 de manire que l'pidmie dont furent attaqus sur la fin du second sicle les crivains romains1 eut les mmes symptmes que celles dont l',europe moderne a montr des exemples presque chez chaque peuple4 ,dans la seconde partie1 ,lucien expose les qualits et les devoirs d'un bon historien4 ,il veut qu'il soit dou de sagacit2 qu'il ait le sentiment des convenances2 qu'il sache penser et rendre ses penses2 qu'il soit vers dans les affaires politiques et militaires2 qu'il soit libre de crainte et d'ambition1 inaccessible la sduction ou la menace2 qu'il dise la vrit sans faiblesse et sans amertume2 qu'il soit juste sans duret1 censeur sans cret et sans calomnie2 qu'il n'ait ni esprit de parti1 ni mme esprit national2 je le veux1 dit-il1 citoyen du monde1 sans matre1 sans loi1 sans gard pour l'opinion de son temps1 et n'crivant que pour l'estime des hommes senss1 et pour le suffrage de la postrit4 ,quant au style1 ,lucien recommande qu'il soit facile1 pur1 clair1 proportionn au sujet2 habituellement simple comme narratif1 quelquefois noble1 agrandi1 presque potique1 comme les scnes qu'il peint2 rarement oratoire1 jamais dclamateur4 ,que les rflexions soient courtes2 que l'a matire soit bien distribue1 les tmoignages bien scruts1 bien pess1 pour distinguer le bon du mauvais aloi2 en un mot1 que l'esprit de l'historien1 dit-il1 soit une glace fidle o soient rflchis1 sans altration1 les faits2 s'il rapporte un fait merveilleux1 qu'il l'expose nment1 sans affirmer ni nier1 pour ne point se rendre responsable2 qu'en un mot1 il n'ait pour but que la vrit2 pour mobile que le dsir d'tre utile2 pour rcompense que l'estime1 toute strile qu'elle puisse tre1 des gens de bien et de la postrit2 tel est le prcis des #id pages du trait de ,lucien1 traduit par ,massieu4 ,le second crivain1 ,mably1 a donn son ouvrage la forme du dialogue1 et l'a divis en deux entretiens4 ,on est d'abord assez surpris de voir trois interlocuteurs grecs parler de la guerre des insurgents contre les ,anglais2 ,lucien et raill ce mlange1 mais le svre ,mably n'entend pas raillerie4 ,dans le premier entretien1 il parle des diffrents genres d'histoire1 et d'abord des histoires universelles1 et de leurs tudes prliminaires4 ,dans le second1 il traite des histoires particulires1 de leur objet1 et de quelques observations communes tous les genres4 ,en ouvrant le premier1 l'on trouve pour prcepte qu'il faut tre n historien2 l'on est tonn d'une semblable phrase dans le frre de ,condillac2 mais ,condillac1 aimable et doux1 analysait2 ,mably1 roide et pre1 jugeait et tranchait4 ,il veut ensuite1 avec plus de raison1 que ses disciples aient tudi la politique1 dont il distingue deux espces3 l'une fonde sur les lois que la nature a tablies1 pour procurer aux hommes le bonheur1 c'est--dire celle qui est le vritable droit naturel2 l'autre1 ouvrage des hommes1 droit variable et conventionnel1 produit des passions1 de l'injustice1 de la force1 dont il ne rsulte que de faux biens et de grands revers4 ,la premire donnera l'historien des ides saines de la justice1 des rapports des hommes1 des moyens de les rendre heureux2 la seconde lui fera connatre la marche habituelle des affaires humaines2 il apprendra calculer leurs mouvements1 prvoir les effets1 et viter les revers dans ces prceptes et dans quelques autres semblables1 ,mably est plus dvelopp1 plus instructif que ,lucien2 mais il est fcheux qu'il n'en ait imit ni l'ordre ni la clart1 ni surtout la gaiet4 ,tout son ouvrage respire une morosit sombre et mcontente2 aucun moderne ne trouve grace devant lui3 il n'y a de parfait que les anciens2 il se passionne pour eux1 et cependant il prfre ,grotius1 dans son ,histoire des ,pays-,bas1 ,tacite4 ,tacite1 dit-il1 n'a tir aucune leon du rgne de ,tibre3 son pinceau est fort1 son instruction nulle2 sa manire de peindre la conduite des ,romains envers les peuples dits barbares1 l'on a de justes raisons de douter de sa philosophie4 ,mably ne voit1 ne connat de beau1 d'admirable1 que l',histoire romaine de ,tite-,live1 qu'une juste critique a droit d'appeler un roman2 et comme il en a eu l'aperu1 il voudrait en retrancher une foule de morceaux qui le chagrinent4 ,il aime les harangues que les acteurs de l'histoire n'ont jamais faites2 il vante ,bossuet pour avoir prsent un grand tableau dramatique1 et il maltraite ,voltaire jusqu' la grossiret1 pour avoir dit que l'histoire n'tait qu'un roman probable1 bon seulement quand il peut devenir utile4 ,l'on ne peut le dissimuler1 l'ouvrage de ,mably1 diffus et redondant1 crit sans style1 sans mthode1 n'est point digne de l'auteur des ,observations sur l',histoire de ,france3 il n'a point cette concision didactique qui devait tre son principal mrite1 et qui1 la vrit1 manque aussi ,lucien4 ,les cent quatre-vingts pages de ,mably se rduiraient facilement vingt bonnes pages de prceptes3 l'on gagnerait huit neuvimes de temps1 et l'on s'pargnerait tout le chagrin de sa bilieuse satire4 ,ne lui en faisons cependant pas un crime1 puisqu'elle faisait son tourment4 ,on ne nat pas historien1 mais on nat gai ou morose1 et malheureusement la culture des lettres1 la vie sdentaire1 les tudes opinitres1 les travaux d'esprit1 ne sont propres qu' paissir la bile1 qu' obstruer les entrailles1 qu' troubler les fonctions de l'estomac1 siges immuables de toute gaiet et de tout chagrin4 ,on blme les gens de lettres1 on devrait les plaindre3 on leur reproche des passions1 elles font leur talent1 et l'on en recueille les fruits3 ils n'ont qu'un tort1 celui de s'occuper plus des autres1 que d'eux-mmes2 d'avoir jusqu' ce jour trop nglig la connaissance physique de leur corps1 de cette machine anime par laquelle ils vivent2 et d'avoir mconnu les lois de la physiologie et de la dittique1 sciences fondamentales de nos affections4 ,cette tude conviendrait surtout aux crivains d'histoires personnelles1 et leur donnerait un genre d'utilit aussi important que nouveau2 car1 si un observateur1 la fois moraliste et physiologiste1 tudiait les rapports qui existent entre les dispositions de son corps et les situations de son esprit2 s'il examinait avec soin1 quels jours1 quelles heures il a de l'activit dans la pense1 ou de la langueur1 de la chaleur dans le sentiment1 ou de la roideur et de la duret1 de la verve ou de l'abattement1 il s'apercevrait que ces phases ordinairement priodiques de l'esprit1 correspondent des phases galement priodiques du corps1 des digestions lentes ou faciles1 bonnes ou mauvaises1 des aliments doux ou cres1 stimulants ou calmants1 dont certaines liqueurs en particulier1 telles que le vin et le caf1 offrent des exemples frappants2 des transpirations arrtes ou prcipites3 il se convaincrait1 en un mot1 que le jeu bien ou mal rgl de la machine corporelle est le puissant rgulateur du jeu de l'organe pensant2 que1 par consquent1 ce qu'on appelle vice d'esprit ou de caractre1 n'est bien souvent que vice de temprament ou de fonctions1 qui1 pour tre corrig1 n'aurait besoin que d'un bon rgime2 et il rsulterait d'un tel travail1 bien fait et bien prsent1 cette utilit1 que1 nous montrant dans des habitudes physiques la cause de bien des vices et de bien des vertus1 il nous fournirait des rgles prcieuses de conduite1 applicables selon les tempraments1 et qu'il nous porterait un esprit d'indulgence1 qui1 dans ces hommes que l'on appelle acaritres et intolrants1 ne nous ferait voir ordinairement que des hommes malades ou mal constitus1 qu'il faut envoyer aux eaux minrales4 ,,sixi,,me ,s,,ance4 ,continuation du mme sujet4--,distinction de quatre mthodes de composer l'histoire3 #a par ordre de temps 7les annales et chroniques72 #b par ordre dramatique ou systmatique2 #c par ordre de matires2 #d par ordre analytique1 ou philosophique4--,dveloppement de ces diverses mthodes2 supriorit de la dernire3 ses rapports avec la politique et la lgislation4--,elle n'admet que des faits constats1 et ne peut convenir qu'aux temps modernes4--,les temps anciens ne seront jamais que probables3 ncessit d'en refaire l'histoire sous ce rapport4--,plan d'une socit littraire pour recueillir dans toute l',europe les monuments anciens4--,combien de prjugs seraient dtruits1 si l'on connaissait leur origine--,influence des livres historiques sur la conduite des gouvernements1 sur le sort des peuples4--,effet des livres juifs sur l',europe4--,effet des livres grecs et romains introduits dans l'ducation4--,conclusion4 ,lucien a trait des qualits ncessaires l'historien1 et du style convenable l'histoire2 ,mably a ajout des observations sur les connaissances accessoires et prparatoires qu'exige ce genre de composition1 et il les a presque rduites au droit des gens1 soit naturel1 soit factice et conventionnel1 dont il faisait son tude favorite et spciale4 ,le sujet ne me paraissant pas beaucoup prs puis1 je vais joindre aux prceptes de ces deux auteurs1 quelques aperus sur l'art de recueillir et de prsenter les faits de l'histoire4 ,je conois quatre manires diffrentes de traiter et de composer l'histoire3 la premire1 par ordre de temps1 que j'appelle mthode didactique ou annaliste2 la seconde par liaison et corrlation de faits1 et que j'appelle mthode dramatique ou systmatique2 la troisime par ordre de matires2 et la quatrime par l'exposition analytique de tout le systme physique et moral d'un peuple3 je l'appelle mthode analytique et philosophique2 je m'explique4 ,la premire mthode par ordre de temps1 consiste rassembler et classer les vnements selon leurs dates1 en ne mlant un narr pur et simple que peu ou point de rflexions4 ,ceux qui appellent naturel tout ce qui est brut et sans art1 pourront donner ce nom cette mthode2 mais ceux qui1 dans toute production1 voient toujours la main de la nature1 avec la seule diffrence du plus ou du moins de combinaison1 ceux-l diront que cette mthode est la plus simple1 la moins complique1 exigeant le moins de soins de composition2 aussi parat-elle tre la premire usite chez toutes les nations1 sous le nom d'annales et de chroniques3 et cependant1 sous cette forme modeste1 elle s'est quelquefois leve un assez haut degr de mrite1 lorsque les crivains on su1 comme ,tacite dans ses ,annales1 et comme ,thucydides dans sa ,guerre du ,ploponse1 choisir des faits intressants1 et joindre la correction du tableau les couleurs brillantes et fermes de l'expression3 si1 au contraire1 les crivains admettant des faits sans critique1 les entassent ple-mle et sans got1 s'ils les rduisent des vnements sommaires et striles1 de rgnes1 de princes1 de morts1 de guerres1 de combats1 de pestes1 de famines1 comme l'ont fait presque tous les historiens de l',asie ancienne et moderne1 et ceux du bas et moyen ge de l',europe1 il faut convenir qu'alors ce genre de composition1 priv d'instruction et de vie1 a toute la fadeur1 et comporte l'ide de mpris qu'on attache vulgairement au nom de chroniques4 ,ce n'est plus qu'un canevas grossier qui manque toute sa broderie2 et dans tous les cas1 mme lorsque les matriaux sont bien choisis et complets1 ce travail n'est que le premier pas tous les autres genres d'histoire1 dont il est seulement le portefeuille et le magasin4 ,la seconde mthode1 celle que j'appelle dramatique ou systmatique1 consiste faire entrer1 dans un cours de narration prdominant et fondamental1 toutes les narrations accessoires1 tous les vnements latraux qui viennent se lier et se confondre au principal vnement4 ,nous avons un exemple caractris de cette mthode dans l',histoire d',hrodote1 qui1 ayant pris pour base de son texte la guerre des ,perses contre les ,grecs1 en a tellement compass les incidents1 que1 remontant d'abord l'origine des deux peuples acteurs principaux1 il suit la formation gradue de leur puissance dans tous les rameaux qui vinrent s'y confondre1 comme un gographe suit et reprend leur origine tous les cours d'eau qui se rendent dans un torrent principal4 ,par une srie habile d'incidents1 ,hrodote fait connatre son lecteur les ,lydiens1 les ,mdes1 les ,babyloniens soumis par ,cyrus au joug des montagnards perses2 puis les gyptiens conquis par ,cambyses1 puis les ,scythes attaqus par ,darius1 puis les ,indiens2 et l'occasion des ,indiens1 il jette un coup d'il gnral sur les extrmits du monde connu de son temps2 enfin il revient son objet dominant1 qu'il termine par l'vnement capital1 la glorieuse victoire des petits peuples grecs1 combattant ,salamine et aux ,thermopyles contre l'immense cohue de ,xercs4 ,dans cette mthode de composition1 tout est la disposition de l'auteur2 tout dpend de son art et de son talent lier1 suspendre1 combiner ses sujets1 en faire un tout correspondant en toutes ses parties3 c'est ce que je dsigne par le terme de systmatique2 et si l'historien borne sa course un vnement qui est la solution de tout ce qui a prcd et qui en termine la srie1 l'accroissement graduel d'intrt que ses pisodes et ses suspensions ont su mnager1 donne rellement son sujet le caractre dramatique4 ,c'est minemment le genre des histoires de conjurations1 o tout aboutit un nud final et rsolutif4 ,ces avantages divers et varis de libert dans la marche1 de hardiesse dans l'excution1 d'agrment dans les dtails1 d'attrait de curiosit dans les rsultats1 paraissent avoir mrit la prfrence cette mthode auprs de la plupart des crivains1 surtout les modernes2 il est fcheux que par compensation elle ait l'inconvnient d'tre sujette erreur1 en laissant trop de carrire aux hypothses et l'imagination4 ,nous en avons des exemples brillants dans les rvolutions de ,portugal1 de ,sude et de ,rome1 par ,vertot1 et dans un nombre infini d'autres histoires moins bien crites4 ,la troisime mthode1 celle par ordre de matires1 consiste suivre un sujet quelconque d'art1 de science1 depuis son origine ou depuis une poque donne1 pour le considrer sans distraction dans sa marche et dans ses progrs4 ,tel a voulu tre l'ouvrage de ,goguet1 intitul3 ,de l'origine des lois1 des arts et des sciences2 le choix du sujet ne pouvait pas tre plus philosophique2 malheureusement la manire de le traiter ne pouvait pas l'tre moins4 ,avant d'tablir l'origine des lois1 des arts1 des sciences et de toute socit au dluge de ,no1 racont par la ,gense1 il et fallu bien examiner si1 par cette base mme1 on ne renversait pas tout l'difice de l'histoire3 si1 en admettant des faits primitifs1 contraires toute probabilit1 toute physique et la concordance des meilleurs monuments de l'antiquit1 l'on ne s'tait pas la facult d'invoquer ces mmes rgles de physique et de probabilit1 qui constituent l'art de la critique et de l'analyse2 il et fallu constater que la ,gense n'est pas une compilation de main inconnue1 faite au retour de la captivit1 o l'on a ml aux chroniques nationales une cosmogonie purement chaldenne1 dont ,brose cite l'quivalent2 une vritable mythologie de la nature de celles de toutes les nations1 o des faits astronomiques dfigurs sont pris pour des faits politiques ou physiques1 et o la prtendue histoire de la terre n'est que l'histoire du calendrier4 ,cela mme et-il t prouv1 il serait encore ridicule de prendre pour texte la priode hbraque depuis le dluge jusqu' ,jacob1 et de n'user1 pour la remplir1 que de faits gyptiens1 syriens1 chaldens1 grecs1 indiens et chinois1 qui1 s'ils taient bien analyss et compars1 prouveraient que les bois sacrs1 que les hauts lieux plants de chnes ,mambr1 que les sacrifices humains dont ,isaac faillit d'tre victime1 que les petites idoles des femmes de ,jacob1 taient autant d'usages du culte drudique et tartare1 ds lors rpandu des colonnes d',hercule jusqu' la ,srique1 culte qui n'est que le systme du buddisme1 ancien ou moderne lamisme1 dont le sige tait ds lors au ,thibet1 chez ces ,brachmanes rputs de toute l'antiquit les pres de la thologie asiatique4 ,avec plus de critique et plus de profondeur1 un ouvrage du genre qui nous occupe1 a trait de ces antiquits2 je parle de l',astronomie ancienne1 par ,bailly1 dont les talents et la vertu ont reu de la rvolution un salaire qui ne sera pas une des moindres taches de cette sanglante poque4 ,je citerai encore comme histoires par ordre de matires propres servir de modle1 l',histoire d',angleterre1 par le docteur ,henry2 les ,recherches de ,robertson sur le commerce de l',inde2 l',histoire des finances de ,france1 par ,forbonnais2 l',histoire du fatalisme1 par ,pluquet1 qui1 avec son ,dictionnaire des hrsies1 a prpar le plus beau sujet d'une autre histoire de mme genre1 l',histoire du fanatisme4 ,de tous les sujets que l'on peut traiter1 il n'en est point qui runisse plus minemment le caractre historique celui de la philosophie1 puisque1 dans ses causes et dans ses effets1 le fanatisme embrasse d'une part la thorie des sensations1 des jugements1 de la certitude1 de la persuasion commune l'erreur comme la vrit2 de cette double disposition de l'esprit1 qui1 tantt passif et crdule1 reoit le joug en esclave1 et tantt actif et convertisseur1 impose le joug en tyran2 et que d'autre part il offre considrer chez toutes les nations les symptmes effrayants d'une maladie de l'esprit1 qui1 s'appliquant tantt aux opinions1 tantt aux personnes1 et prenant tour tour des noms religieux1 politiques et moraux1 est toujours la mme dans sa nature comme dans ses rsultats1 qui sont1 la fureur des discordes civiles1 le carnage des guerres intestines ou trangres1 la dissolution de l'ordre social par l'esprit de faction1 et le renversement des empires par le dlire de l'ignorance et de la prsomption4 ,la quatrime mthode que j'appelle analytique ou philosophique1 est la mme que la prcdente1 quant la manire de procder2 mais elle en diffre1 en ce qu'au lieu de traiter un sujet d'art1 de science ou de passion1 etc41 elle embrasse un corps politique dans toutes ses parties2 c'est--dire que1 s'attachant un peuple1 une nation1 considrs comme individus identiques1 elle les suit pas pas dans toute la dure de leur existence physique et morale1 avec cette circonstance caractristique1 que d'abord elle pose en ordre tous les faits de cette existence1 pour chercher ensuite dduire de leur action rciproque les causes et les effets de l'origine1 des progrs et de la dcadence de ce genre de combinaison morale1 que l'on appelle corps politique et gouvernement3 c'est en quelque sorte l'histoire biographique d'un peuple1 et l'tude physiologique des lois d'accroissement et de dcroissement de son corps social4 ,je ne puis citer aucun modle de mon ide1 parce que je ne connais aucun ouvrage qui ait t fait et dirig sur le plan que je conois3 c'est un genre neuf dont moi-mme je n'ai acquis l'ide bien complte1 que depuis quelques annes4 ,oblig de chercher une mthode pour rdiger mon voyage en ,syrie1 je fus conduit1 comme par instinct1 tablir d'abord l'tat physique du pays1 faire connatre ces circonstances de sol et de climat si diffrents du ntre1 sans lesquels l'on ne pouvait bien entendre une foule d'usages1 de coutumes et de lois4 ,sur cette base1 comme sur un canevas1 vint se ranger la population1 dont j'eus considrer les diverses espces1 rappeler l'origine1 et suivre la distribution3 cette distribution amena l'tat politique considr dans la forme du gouvernement1 dans l'ordre d'administration1 dans la source des lois1 dans leurs instruments et moyens d'excution4 ,arriv aux articles des murs1 du caractre1 des opinions religieuses et civiles1 je m'aperus que sur un mme sol1 il existait tantt des contrastes de secte secte et de race race1 et tantt des points de ressemblance communs4 ,le problme se compliquait1 et plus je le sondai1 plus j'en aperus l'tendue et la profondeur4 ,l'autorit de ,montesquieu vint se montrer pour le rsoudre par une rgle gnrale de climat1 qui associait constamment la chaleur1 la mollesse et la servilit d'une part2 et de l'autre1 le froid1 l'nergie et la libert2 mais l'autorit de ,montesquieu fut contrarie par une foule de faits passs1 et par des faits existants qui m'offraient sous un mme ciel1 dans un espace de moins de quatre degrs1 trois caractres entirement opposs4 ,je rsistai donc l'empire d'un grand nom1 et j'y pus rsister d'autant mieux1 que dja je trouvais ,buffon visiblement en erreur sur les prtendus puisements du sol qui je voyais toute la fertilit qu'il a jamais pu avoir2 l'gard de ,montesquieu1 il me devint vident par le vague de ses expressions1 qu'il n'avait fait qu'adopter1 et mme qu'altrer une opinion que des philosophes anciens1 et particulirement ,hippocrate1 avaient nonce dans un sens beaucoup plus prcis et plus vrai4 ,je connaissais le clbre trait de cet observateur sur les airs1 les lieux et les eaux4 ,j'avais constat la justesse de ses assertions l'gard de l'influence qu'exercent ces trois lments sur la constitution et le temprament4 ,je m'tais aperu qu'une quantit d'habitudes physiques et morales des peuples que j'tudiais1 taient calques sur l'tat d'un sol aride ou marcageux1 plane ou montueux1 dsert ou fertile2 sur la qualit1 la quantit de leurs aliments3 je conus que toutes ces circonstances entraient1 comme autant de donnes1 dans la solution du problme1 et depuis ce temps je n'ai cess de m'occuper de cette importante question3 ,quelle influence exerce sur les murs et le caractre d'un peuple1 l'tat physique de son sol1 considr dans toutes les circonstances de froid ou de chaud1 de sec ou d'humide1 de plaine ou de montagne1 de fertile ou de strile1 et dans la qualit de ses productions4 ,si c'est l ce que ,montesquieu a entendu par climat1 il aurait d le dire1 et alors il n'existerait plus de dbats2 car chaque jour de nouveaux faits s'accumulent pour dmontrer que ce sont ces circonstances qui modifient d'une manire puissante et varie la constitution physique et morale des nations2 qui font que sans gard aux zones et aux latitudes1 tantt des peuples loigns se ressemblent1 et tantt des peuples voisins sont contrastants2 que dans leurs migrations1 des peuples conservent long-temps des habitudes discordantes avec leur nouveau sjour1 parce que ces habitudes agissent d'aprs un mcanisme d'organisation persistant1 qui font enfin que dans un mme corps de nation1 et sous un mme climat1 le temprament et les murs se modifient selon le genre des habitudes1 des exercices1 du rgime et des aliments2 d'o il suit que la connaissance de ces lois physiques devient un lment ncessaire de la science de gouverner1 d'organiser un corps social1 de le constituer en rapport avec le mouvement de la nature1 c'est--dire que la lgislation politique n'est autre chose que l'application des lois de la nature2 que les lois factices et conventionnelles ne doivent tre que l'expression des lois physiques et naturelles1 et non l'expression d'une volont capricieuse d'individu1 de corps1 ou de nation2 volont qui1 tendue mme l'universalit du genre humain1 peut tre en erreur3 or1 comme dans ce genre de recherches et dans cette science pour ainsi dire naissante1 il importe surtout de n'admettre rien de systmatique1 je vais exposer la marche qui me semble la plus propre conduire des rsultats de vrit4 ,prenant un peuple et un pays dtermins1 il faut d'abord dcrire son climat1 et1 par climat1 j'entends l'tat du ciel sous lequel il vit1 sa latitude1 sa temprature1 selon les saisons2 le systme annuel des vents1 les qualits humides ou sches1 froides ou chaudes de chaque rumb2 la dure et les retours priodiques ou irrguliers2 la quantit d'eau qui tombe par an2 les mtores1 les orages1 les brouillards et les ouragans2 ensuite1 passant la constitution physique du sol1 il faut faire connatre l'aspect et la configuration du terrain1 le calculer en surfaces planes ou montueuses1 boises ou dcouvertes1 sches ou aqueuses1 soit marais1 soit rivires et lacs2 dterminer l'lvation gnrale1 et les niveaux partiels au-dessus du niveau de la mer1 ainsi que les pentes des grandes masses de terre vers les diverses rgions du ciel2 puis examiner la nature des diverses bandes et couches du terrain1 sa qualit argileuse ou calcaire1 sablonneuse1 rocailleuse1 luteuse ou vgtale2 ses bancs de pierres schisteuses1 ses granits1 ses marbres1 ses mines1 ses salines1 ses volcans1 ses eaux1 ses productions vgtales de toute espce1 arbres1 plantes1 grains1 fruits2 ses animaux volatiles1 quadrupdes1 poissons et reptiles2 enfin1 tout ce qui compose l'tat physique du pays4 ,ce premier canevas tabli1 on arrive considrer l'espce humaine1 le temprament gnral des habitants1 puis les modifications locales1 l'espce et la quantit des aliments1 les qualits physiques et morales les plus saillantes2 alors1 embrassant la masse de la population sous le rapport politique on considre sa distribution en habitants des campagnes et habitants des villes1 en laboureurs1 artisans1 marchands1 militaires et agents du gouvernement3 l'on dtaille chacune de ces parties sous le double aspect1 et de l'art en lui-mme1 et de la condition des hommes qui l'exercent4 ,enfin1 l'on dveloppe le systme gnral du gouvernement1 la nature et la gestion du pouvoir dans les diverses branches de la confection des lois1 de leur excution1 d'administration de police1 de justice1 d'instruction publique1 de balance de revenus et de dpenses1 de relations extrieures1 d'tat militaire sur terre et sur mer1 de balance de commerce1 et tout ce qui s'ensuit4 ,d'un tel tableau de faits bien positifs et bien constats1 rsulteraient d'abord toutes les donnes ncessaires bien connatre la constitution morale et politique d'une nation4 ,et alors ce jeu d'action et de raction de toutes ses parties les unes sur les autres1 deviendrait le sujet non quivoque des rflexions et des combinaisons les plus utiles la thorie de l'art profond de gouverner et de faire des lois4 ,de tels tableaux seraient surtout instructifs1 s'ils taient dresss sur des peuples et des pays divers et dissemblants1 parce que les contrastes mme dans les rsultats feraient mieux ressortir la puissance des faits physiques agissants comme causes2 il ne resterait plus qu'une opration1 celle de comparer ces tableaux d'un mme peuple1 d'une mme nation diverses poques1 pour connatre l'action successive1 et l'ordre gnalogique qu'ont suivi les faits1 tant moraux que physiques1 pour en dduire les lois de combinaison et les rgles de probabilits raisonnables2 et1 en effet1 quand on tudie dans cette intention ce que nous avons dja d'histoires anciennes et modernes1 l'on s'aperoit qu'il existe dans la marche1 et1 si j'ose dire1 dans la vie des corps politiques1 un mcanisme qui indique l'existence des lois plus gnrales et plus constantes qu'on me le croit vulgairement4 ,ce n'est pas que cette pense n'ait dj t exprime par la comparaison que l'on a faite de cette vie des corps politiques la vie des individus1 en prtendant trouver les phases de la jeunesse1 de la maturit et de la vieillesse dans les priodes d'accroissement de splendeur et de dcadence des empires2 mais cette comparaison1 vicieuse tous gards1 a jet dans une erreur d'autant plus fcheuse1 qu'elle a fait considrer comme une ncessit naturelle1 la destruction des corps politiques1 de quelque manire qu'ils fussent organiss2 tandis que cette destruction n'est que l'effet d'un vice radical des lgislations1 qui1 toutes jusqu' ce jour1 n'ont t dresses que dans l'une de ces trois intentions1 ou d'accrotre1 ou de maintenir1 ou de renverser1 c'est--dire qu'elles n'ont embrass que l'une des trois priodes1 dont se compose l'existence de toute chose2 et ce serait une science galement neuve et importante1 que de dterminer les phnomnes concomitants de chacune de ces trois priodes1 afin d'en tirer une thorie gnrale de lgislation qui embrasst tous les cas d'un corps politique dans ses diverses phases de force et de plnitude1 de faiblesse ou de vacuit1 et qui trat tous les genres de rgime convenables au regorgement ou au manque de population4 ,voil quel doit tre le but de l'histoire4 ,mais il faut avouer que ce but ne se peut bien remplir qu' l'gard des peuples existants1 et des temps modernes1 chez qui tous les faits analogues peuvent se recueillir2 ceci m'a fait plus d'une fois penser que des voyages entrepris et excuts sous ce point de vue1 seraient les meilleurs matriaux d'histoire que nous puissions dsirer1 non-seulement pour les temps prsents1 mais encore pour les temps passs2 car ils serviraient recueillir et constater une foule de faits pars1 qui sont des monuments vivants de l'antiquit3 et ces monuments sont beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense2 car1 outre les dbris1 les ruines1 les inscriptions1 les mdailles1 et souvent mme les manuscrits que l'on dcouvre1 l'on trouve encore les usages1 les murs1 les rites1 les religions1 et surtout les langues1 dont la construction elle seule est une histoire complte de chaque peuple1 et dont la filiation et les analogies sont le fil d',ariane dans le labyrinthe des origines4 ,l'on s'est trop press de faire des histoires universelles2 avant de vouloir lever de si vastes difices1 il et fallu en avoir prpar tous les dtails1 avoir clairci chacune des parties dont ils doivent se composer2 il et fallu avoir une bonne histoire complte de chaque peuple1 ou du moins avoir rassembl et mis en ordre tout ce que nous avons de fragments pour en tirer les inductions raisonnables4 ,on ne s'est occup que des ,grecs et des ,romains1 en suivant servilement une mthode troite et exclusive1 qui rapporte tout au systme d'un petit peuple d',asie1 inconnu dans l'antiquit1 et au systme d',hrodote1 dont les limites sont infiniment resserres2 l'on n'a voulu voir que l'gypte1 la ,grce1 l',italie1 comme si l'univers tait dans ce petit espace2 et comme si l'histoire de ces petits peuples tait autre chose qu'un faible et tardif rameau de l'histoire de toute l'espce4 ,l'on n'a os sortir de ce sentier que depuis moins de cent ans2 et dja l'horizon s'agrandit au point que la borne la plus recule de nos histoires classiques se trouve n'tre que l'entre d'une carrire de temps antrieurs1 o s'excutent1 dans la ,haute-gypte1 la chute d'un royaume de ,thbes qui prcda tous ceux de l'gypte2 dans la ,haute-,asie1 la chute de plusieurs tats bactriens1 indiens1 tibetains1 dja vieillis par le laps des sicles2 et les migrations immenses de hordes scythes qui1 des sources du ,gange et du ,sanpou1 se portent aux les du ,danemarck et de la ,grande-,bretagne2 et des systmes religieux du bramisme1 du lamisme ou buddisme encore plus antique1 et enfin tous les vnements d'une priode qui nous montre l'ancien continent1 depuis les bouts de l',espagne jusqu'aux confins de la ,tartarie1 couvert d'une mme fort1 et peupl d'une mme espce de sauvages nomades1 sous les noms divers de ,celtes1 de ,germains1 de ,cimbres1 de ,scythes et de ,massagtes4 ,lorsque l'on s'enfonce dans ces profondeurs la suite des crivains anglais qui nous ont fait connatre les livres sacrs des ,indiens1 les ,vdas1 les ,pourans1 les ,chastrans2 lorsque l'on tudie les antiquits du ,thibet et de la ,tartarie1 avec ,gorgi1 ,pallas1 ,stralhemberg1 et celles de la ,germanie et de la ,scandinavie1 avec ,hornius1 ,elichman1 ,jablonski1 ,marcow1 ,gebhard et ,ihre1 l'on se convainc que nous ne faisons que d'ouvrir la mine de l'histoire ancienne1 et qu'avant un sicle1 toutes nos compilations grco-romaines1 toutes ces prtendues histoires universelles de ,rollin1 de ,bossuet1 de ,fleury1 etc41 seront des livres refaire1 dont il ne restera pas mme les rflexions1 puisque les faits qui les basent sont faux ou altrs4 ,en prvoyant cette rvolution1 qui dja s'effectue1 j'ai quelquefois pens aux moyens qui seraient les plus propres la diriger2 et je vais mettre mes ides1 cet gard1 avec d'autant plus de confiance1 qu'un meilleur tableau de l'antiquit aurait l'utilit morale de dsabuser de beaucoup de prjugs civils et religieux1 dont la source n'est sacre que parce qu'elle est inconnue2 et cette autre utilit politique de faire regarder les peuples comme rellement frres1 en leur produisant des titres de gnalogie qui prouvent les poques et le degr de leur parent4 ,d'abord il est vident qu'un travail de ce genre ne peut tre excut par un seul individu1 et qu'il exige le concours d'une foule de collaborateurs4 ,il faudrait une socit nombreuse1 et qui1 partage en sections1 suivt mthodiquement chaque branche d'un plan identique de recherches4 ,les lments de cette socit existent mes yeux dans les diverses acadmies de l',europe1 qui1 soit par elles-mmes1 soit par l'mulation qu'elles ont produite1 ont t1 quoi qu'on en puisse dire1 le grand mobile de toute instruction et de toute science4 ,chacune de ces acadmies1 considre comme une section de la grande socit historico-philosophique1 s'occuperait spcialement de l'histoire et des monuments de son pays1 comme l'ont fait des savants de ,ptersbourg pour la ,russie et la ,tartarie2 comme le fait la socit anglaise de ,calcutta pour l',inde1 la ,chine et le ,thibet2 comme l'a fait une socit de savants allemands pour l'ancienne ,germanie et la ,sarmatie2 et dja nous devons cette masse rcente de travaux1 des ouvrages qui honoreront auprs de la postrit1 et les particuliers qui les ont excuts1 et les gouvernements qui les ont favoriss et encourags4 ,dans le plan que je conois1 les recherches se partageraient en sept principales sections3 la premire1 sous le nom de celtique1 s'occuperait de toutes les langues et de toutes les nations qui1 avec des caractres d'affinit de jour en jour plus sentis1 paraissent avoir occup la ,gaule1 la ,grande-,bretagne1 l',italie mme et toute l',allemagne1 jusqu'aux dserts de la ,cimbrique et de la ,sarmatie2 cette branche s'attacheraient le bas-breton1 le gallois1 le vieux germain1 conserv dans l'allemand1 le hollandais1 l'anglais1 issus du gothique1 dont les dialectes s'tendaient depuis la ,scandinavie jusqu' la ,thrace1 et au continent de la ,grce4 ,des savants de ,sude et d',allemagne ont rendu sensible1 depuis #cj annes1 que tous les peuples aborignes de l',europe et de la ,grce n'taient qu'une race identique de sauvages1 ayant le mme genre de vie1 chasseurs1 pasteurs et nomades1 et usant d'un mme fonds de langage1 vari seulement dans ses accessoires et ses ramifications4 ,chaque jour il devient prouv de plus en plus que les ,gaulois ou ,keltes1 qui ne sont qu'un mme nom1 parlaient une langue qui1 dans le nord1 s'appelait langue gothique1 teutonique dans la ,germanie1 scythique dans la ,thrace1 et dans la ,grce et l',italie1 langue plasgique4 ,ces fameux ,plasges1 souche premire d',athnes et de ,rome1 taient de vrais ,scythes1 parents de ceux de la ,thrace1 dont ,hrodote insinue qu'ils parlaient l'idiome1 et par consquent une race gtique ou gothique2 car gete1 goth et scythe taient pour les anciens un mme mot4 ,ce n'est pas leur faute1 si cette identit est masque pour nous dans le mot scythe3 elle tait manifeste pour eux qui le prononaient s-kouth1 terme compos de l'article s1 qui vaut en gothique notre article le1 et de gouth ou gaeth1 c'est--dire de goth ou gaeth1 qui1 dans une foule de dialectes antiques et modernes1 signifie un guerrier1 un homme vaillant#ba1 et par transition1 un homme brave1 bon et riche1 un optimate 7good en anglais1 gut en allemand72 et cela parce que le guerrier vaillant et fort est aussi l'homme riche1 gnreux et bon1 dans le sens oppos au mal de la pauvret et de la faiblesse4 ,le glossaire msogothique du docteur ,jean ,jhre1 publi ,upsal1 en #agfi1 offre sur ce sujet des dtails auxquels les remarques de ,gatterer et de ,schloezer n'ont fait qu'ajouter de nouvelles lumires4 ,il est prouv que la langue grecque a la plus troite affinit avec l'ancienne langue gothique1 tant pour les mots que pour la syntaxe2 et les enthousiastes des ,grecs vont se trouver dans l'alternative d'accorder une partie de leur admiration aux ,thraces et aux ,scythes1 ou de la retirer aux ,grecs1 reconnus pour frres utrins des ,vandales et des ,ostrogoths4 ,cette parent est un point de contact o se forme une seconde section1 que j'appellerai hellnique1 laquelle embrasserait les langues grecque et latine1 qui ont pour rameaux descendants tous les idiomes du midi de notre moderne ,europe1 le portugais1 l'espagnol1 le franais1 l'italien1 et tous les termes de science des peuples du nord1 chez qui1 comme chez nous1 ces deux langues se sont mles au vieux goth2 tandis que leurs rameaux ascendants sont un mlange de l'idiome plasgique avec les mots phniciens1 gyptiens1 lydiens et ioniques1 qu'apportrent les colonies asiatiques1 dsignes sous le nom de l'gyptien ,danas et du ,sidonien ,cadmus4 ,il parat que ces colonies furent pour la ,grce et pour l',italie1 ce que les ,europens ont t pour l',amrique2 qu'elles apportrent les arts et les sciences de l',asie police1 et qu'elles y devinrent une souche de population qui tantt s'identifia1 et tantt dtruisit totalement la race autochthone4 ,leur trace est vidente dans l'alphabet et les lettres grecs1 qui1 lors du sige de ,troie1 l'on ajouta deux ou trois caractres lydiens ou troyens1 dont l'un1 celui du ph1 se trouve encore dans l'alphabet armnien4 ,les claircissements ncessaires cette seconde section se tireraient d'une troisime qui1 sous le nom de phnicienne1 embrasserait les idiomes hbreu ancien ou samaritain1 hbreu du second ge ou chalden1 hbreu du bas ge ou syriaque1 et de plus le copte ou gyptien1 mlange de grec et de vieil gyptien1 l'arabe et l'thiopien qui n'en diffre que par la figure3 cette section appartiendraient les recherches sur ,carthage et ses colonies1 tant en ,espagne et en ,sicile qu'en ,afrique1 o l'on commence en retrouver des traces singulires dans les pays de ,fezzan et de ,mourzouq2 ce serait elle qui nous apprendrait quelle branche appartient l'idiome singulier des ,basques1 qui parat avoir jadis occup toute l',espagne1 et qui n'a aucune analogie avec le celte2 quel peuple il faut rapporter le langage des montagnards de l',atlas1 dits ,berbres1 qui ne ressemble rien de connu2 et cette occasion1 je remarquerai que c'est dans les montagnes que les dialectes anciens se sont gnralement le plus conservs4 ,je possde un vocabulaire berbre1 mais je n'ai point encore eu le temps de l'examiner2 seulement j'y ai remarqu un frquent usage de l'r grassey1 qui est le gamma des ,grecs1 le gan des ,arabes1 que l'on trouve dans tout le midi de l',asie1 exclusivement aux peuples du ,nord4 ,je crois ce dialecte l'ancien numide4 ,cette mme section1 par la langue arabe1 serait en contact avec plusieurs dialectes de l',inde et de l',afrique1 et avec le persan et le turk modernes1 dont la base est tatare et scythe ancien4 ,sur cette base se formerait une quatrime section1 que j'appellerais tatarique1 qui serait spcialement charge d'examiner les nombreux dialectes qui ont des branches d'analogie1 depuis la ,chine jusqu'en ,angleterre3 elle nous dirait pourquoi l'anglo-saxon a la mme syntaxe que le persan moderne1 issu de l'ancien parthe1 peuple scythe2 pourquoi une foule de mots de premier besoin sont entirement semblables dans ces deux idiomes4 ,elle nous apprendrait pourquoi la ,sude et le ,danemark ont une quantit de noms gographiques que l'on retrouve chez les ,mogols et dans l',inde2 pourquoi le tatare de ,crime1 cit par ,busbeq1 ambassadeur de l'empereur prs ,soliman ,,ii1 ressemble au msogothique d',ulphilas1 c'est--dire1 un dialecte des tribus mogoles de ,tchinguizkan1 un dialecte de l'ancien scythe ou goth1 dont j'ai dja parl4 ,c'est cette section que serait rserve la solution d'une foule de problmes piquants1 dont nous ne faisons encore qu'entrevoir les premires donnes2 en considrant ces analogies de langages1 en recueillant et confrontant les similitudes qui existent dans les usages1 les coutumes1 les murs1 les rites1 et mme dans la constitution physique des peuples2 en considrant que les ,cimbres1 les ,teutons1 les ,germains1 les ,saxons1 les ,danois1 les ,sudois1 donnent tous les mmes caractres de physionomie que cette race appele jadis massagtes ou grands gtes1 et de nos jours leutes et mongols1 c'est--dire1 hommes blancs et occidentaux2 qu'ils ont tous galement la taille haute1 le teint blanc1 les yeux bleus1 les cheveux blonds1 on sent bien que cette similitude de constitution a pour cause premire une similitude de genre de vie et de climat2 mais l'on s'aperoit aussi que les autres analogies sont dues des migrations opres par les guerres et par les conqutes1 si rapides et si faciles pour les peuples pasteurs4 ,l'on voudrait connatre les dtails de ces migrations et de ces conqutes2 on voudrait savoir quelle poque1 par exemple1 se rpandit jusqu'au fond du ,nord cette horde terrible et puissante des ,ases qui y porta le nom de ,voden1 et son affreuse religion4 ,des ides systmatiques veulent la trouver au temps de ,mithridate1 qui1 fuyant devant ,pompe1 poussa devant lui les riverains de l',euxin1 qui1 leur tour1 se poussrent sur et travers les ,sarmates2 mais l'on a de solides raisons de s'lever au-dessus de cette date1 et surtout de nier pour chef de cette invasion un prtendu homme ,odin ou ,voden1 qui est la divinit prsente sous les noms divers de ,budd1 ,bedda1 ,boutta1 ,ft1 ,taut1 qui est ,mercure1 comme le prouve le nom de ,voden1 conserv dans le mercredi des peuples du ,nord1 appel vonsdag et vodendag1 jour de ,voden#bb3 ce qui1 d'une part1 lie ce systme celui des druides adorateurs de ,teutats2 de l'autre1 celui des ,gtes adorateurs de ,zalmoxis1 aujourd'hui le lama des ,tibtains et des ,tatars4 ,quand on considre que ,tibet ou ,bud-,tan1 pays de ,budd1 est l'ancien pays des ,brachmanes2 que1 ds le temps d',alexandre1 ces ,brachmanes ou gymnosophistes taient la caste la plus savante et la plus vnre des peuples indiens2 que leur chef-lieu ,lah-sa et ,poutala est le plus ancien plerinage de toute l',asie2 que1 de temps immmorial1 les hordes scythes ou gtes s'y rendaient en foule2 qu'aujourd'hui leurs races1 continues sous le nom de ,tatars1 en ont conserv les dogmes et les rites1 et que ce culte a tantt caus entre eux des guerres de schismes1 tantt les a arms contre les trangers incroyants1 l'on sent que ce durent tre des hordes migres des dserts du ,chamo et de la ,boukarie1 qui1 de proche en proche1 furent pousses jusqu' la ,chersonse cimbrique1 par un mouvement semblable celui qui a amen les ,turks actuels des monts ,alta1 et des sources de l',irtich aux rives du ,bosphore2 et alors une chronique sudoise1 cite dans l'histoire de ,tchinguizkan1 page #ade1 aurait eu raison de dire que les ,sudois sont venus de ,kasgar4 ,l'on sent encore qu' cette mme section appartiendraient les anciennes langues de la ,perse1 le zend et le pehlev1 et peut-tre le mde2 mais il n'y a que des travaux ultrieurs qui puissent dterminer s'il est vrai que l'esclavon parl en ,bohme1 en ,pologne1 en ,moscovie1 soit rellement venu du ,caucase et du pays des ,mosques1 ainsi que le font croire les murs asiatiques des nations qui le parlent4 ,c'est encore des travaux ultrieurs de faire distinguer la branche mongole1 la branche calmouque et hunnique1 dont les dialectes se parlent en ,finlande1 en ,laponie1 en ,hongrie2 de dterminer si l'ancienne langue de l',inde1 le sanscrit1 n'est pas le dialecte primitif du ,tibet et de l',indostan1 et la souche d'une foule de dialectes de l',asie moyenne2 de dcouvrir quelle langue se rapportent la langue chinoise et l'idiome malais1 qui s'est tendu dans toutes les les de l',inde et dans l'ocan ,pacifique4 ,ce seraient l les travaux de deux autres sections1 qui seraient les cinquime et sixime1 tandis qu'une dernire s'occuperait de la confrontation des langues de l'est de l',asie avec celles de l'ouest de l',amrique1 pour constater la communication de leurs peuples4 ,pour tous ces travaux1 les meilleurs monuments seront les dictionnaires des langues et leurs grammaires2 je dirais presque que chaque langue est une histoire complte1 puisqu'elle est le tableau de toutes les ides d'un peuple1 et par consquent des faits dont ce tableau s'est compos4 ,aussi suis-je persuad que c'est par cette voie que l'on remontera le plus haut dans la gnalogie des nations1 puisque la soustraction successive de ce que chacune a emprunt ou fourni1 conduira une ou plusieurs masses primitives et originelles1 dont l'analyse dcouvrira mme l'invention de l'art du langage4 ,l'on ne peut donc rien faire de plus utile en recherches historiques1 que de recueillir des vocabulaires et des grammaires2 et l'alphabet universel dont j'ai conu le projet et dont je vous ai entretenus dans une confrence1 sera pour cet effet1 d'une utilit vritable1 en ce que1 ramenant toutes les langues un mme tableau de signes1 il rduira leur tude au plus grand degr de simplicit1 et rendra palpable la ressemblance ou la diffrence des mots dont elles sont composes4 ,il me reste parler de l'influence qu'exercent en gnral les livres d'histoire sur les opinions des gnrations suivantes1 et sur la conduite des peuples et de leurs gouvernements4 ,quelques exemples vont rendre sensible la puissance de ce genre de rcits et de la manire de les prsenter4 ,tout le monde connat l'effet qu'avait produit sur l'ame d',alexandre l',iliade d',homre1 qui est une histoire en vers2 effet tel1 que le fils de ,philippe1 enthousiasm de la valeur d',achille1 en fit son modle1 et que1 portant le pome historique dans une cassette d'or1 il alimentait par cette lecture ses guerrires fureurs4 ,en remontant des effets aux causes1 il n'est point absurde de supposer que la conqute de l',asie a dpendu de ce simple fait1 la lecture d',homre par ,alexandre4 ,ma conjecture n'est que probable2 mais un autre trait non moins clbre1 et qui est certain1 c'est que l'histoire de ce mme ,alexandre1 crite par ,quinte-,curce1 est devenue le principe moteur des guerres terribles qui1 sur la fin du dernier sicle et le commencement de celui-ci1 ont agit tout le nord de l',europe4 ,vous avez tous lu l',histoire de ,charles ,,xii1 roi de ,sude1 et vous savez que ce fut dans l'ouvrage de ,quinte-,curce qu'il puisa cette manie d'imitation d',alexandre1 dont les effets furent d'abord l'branlement1 puis l'affermissement de l'empire russe1 et en quelque sorte sa transplantation d',asie en ,europe1 par la fondation de ,ptersbourg et l'abandon de ,moscou1 o1 sans cette crise1 le tzar ,pierre ,ier et probablement rest4 ,que si l'historien et le pote eussent accompagn leurs rcits de rflexions judicieuses sur tous les maux produits par la manie des conqutes1 et qu'au lieu de blasphmer le nom de la vertu1 en l'appliquant aux actions guerrires1 ils en eussent fait sentir l'extravagance et le crime2 il est trs-probable que l'esprit des deux jeunes princes en et reu une autre direction1 et qu'ils eussent tourn leur activit vers une gloire solide1 dont le tzar ,pierre ,ier1 malgr son dfaut de culture et d'ducation1 eut un sentiment infiniment plus noble et plus vrai4 ,je viens de citer des exemples individuels1 je vais produire des exemples populaires et nationaux4 ,quiconque a lu avec attention l'histoire du ,bas-,empire d',occident et d',orient1 ainsi que celle de l',europe moderne1 a pu remarquer que dans tous les mouvements des peuples1 depuis quinze cents ans1 dans les guerres1 dans les traits de paix ou d'alliance1 les citations et les applications de traits historiques des livres hbreux sont perptuelles2 si les papes prtendent oindre et sacrer les rois1 c'est l'imitation de ,melchisdech et de ,samuel2 si les empereurs pleurent leurs pchs aux pieds des pontifes1 c'est l'imitation de ,david et d'zchias2 c'est l'imitation des ,juifs que les ,europens font la guerre aux infidles2 c'est l'imitation d',ahod1 d'glon et de ,judith1 que des particuliers tuent les princes1 et obtiennent la palme du martyre4 ,lorsqu'au quinzime sicle l'imprimerie divulga ces livres jusqu'alors manuscrits1 et en fit des livres vulgaires et presque classiques1 ce fut un redoublement d'influence et une sorte d'pidmie d'imitation3 vous en connaissez les funestes effets dans les guerres d',allemagne1 promues par ,luther2 dans celles d',angleterre1 conduites par ,cromwell2 et dans celles de la ligue1 termines par ,henri ,,iv4 ,de nos jours mme1 ces effets ont t puissants dans la guerre d',amrique2 et les passages de la ,bible1 o ,mose et ,samuel exposent les abus de la royaut1 n'ont pas peu servi dterminer l'insurgence1 comme ils avaient servi renverser le trne de ,jacques et de ,charles#bc4 ,ainsi1 le principe moteur du destin de l'univers1 la rgle normale#bd d'une immensit de gnrations ont t puiss dans l'histoire d'un petit peuple presque inconnu de l'antiquit1 dont les douze tribus1 mlange d',arabes et de ,phniciens1 n'occupaient que #bge lieues carres1 de manire que ,salomon1 dans toute sa gloire1 n'en possda jamais plus de #djj moiti dsertes1 et ne commanda jamais #hjj1jjj ames1 ni par consquent #bjj1jjj soldats4 ,supposez la non-existence de ces livres1 tout le systme de ,mahomet1 sing sur celui de ,mose1 n'et point exist3 et tout le mouvement du monde romain depuis dix sicles1 et pris une direction diffrente4 ,supposez encore que les premires imprimeries eussent rpandu leur place de bons ouvrages de morale et de politique1 ou qu'eux-mmes en eussent contenu les prceptes1 l'esprit des nations et des gouvernements en et reu une autre impulsion2 et l'on peut dire que l'insuffisance et le vice de ces livres1 cet gard1 ont t une cause1 sinon radicale1 du moins subsidiaire des maux qui ont dsol les nations4 ,enfin1 la vraie philosophie1 la philosophie amie de la paix et de la tolrance universelle1 avait amorti ce ferment1 et le dix-huitime sicle croyait toucher la plus belle poque de l'humanit1 lorsqu'une tempt nouvelle1 emportant les esprits dans un extrme contraire1 a renvers l'difice naissant de la raison1 et nous a fourni un nouvel exemple de l'influence de l'histoire1 et de l'abus de ses comparaisons4 ,vous sentez que je veux parler de cette manie de citations et d'imitations grecques et romaines qui1 dans ces derniers temps1 nous ont comme frapps de vertige#be4 ,noms1 surnoms1 vtemens1 usages1 lois1 tout a voulu tre spartiate ou romain2 de vieux prjugs effrays1 des passions rcentes irrites1 ont voulu voir la cause de ce phnomne dans l'esprit philosophique qu'ils ne connaissent pas2 mais l'esprit philosophique qui n'est que l'observation dgage de passion et de prjug1 en trouve l'origine plus vraie dans le systme d'ducation qui prvaut en ,europe depuis un sicle et demi3 ce sont ces livres classiques si vants1 ces potes1 ces orateurs1 ces historiens1 qui1 mis sans discernement aux mains de la jeunesse1 l'ont imbue de leurs principes ou de leurs sentiments4 ,ce sont eux qui1 lui offrant pour modles certains hommes1 certaines actions1 l'ont enflamme du dsir si naturel de l'imitation2 qui l'ont habitue sous la frule collgiale se passionner pour des vertus et des beauts relles ou supposes1 mais qui1 tant galement au-dessus de sa conception1 n'ont servi qu' l'affecter du sentiment aveugle appel enthousiasme4 ,on le voit cet enthousiasme1 au commencement du sicle1 se manifester par une admiration de la littrature et des arts anciens1 porte jusqu'au ridicule2 et maintenant que d'autres circonstances l'ont tourn vers la politique1 il y dploie une vhmence proportionne aux intrts qu'elle met en action3 vari dans ses formes1 dans ses noms1 dans son objet1 il est toujours le mme dans sa nature2 en sorte que nous n'avons fait que changer d'idoles1 et que substituer un culte nouveau au culte de nos aeux4 ,nous leur reprochons l'adoration superstitieuse des ,juifs1 et nous sommes tombs dans une adoration non moins superstitieuse des ,romains et des ,grecs2 nos anctres juraient par ,jrusalem et la ,bible1 et une secte nouvelle a jur par ,sparte1 ,athnes et ,tite-,live4 ,ce qu'il y a de bizarre dans ce nouveau genre de religion1 c'est que ses aptres n'ont pas mme eu une juste ide de la doctrine qu'ils prchent1 et que les modles qu'ils nous ont proposs sont diamtralement contraires leur nonc ou leur intention2 ils nous ont vant la libert1 l'esprit d'galit de ,rome et de la ,grce1 et ils ont oubli qu' ,sparte une aristocratie de trente mille nobles tenait sous un joug affreux deux cent mille serfs2 que pour empcher la trop grande population de ce genre de ngres1 les jeunes ,lacdmoniens allaient de nuit la chasse des ,ilotes1 comme de btes fauves2 qu' ,athnes1 ce sanctuaire de toute libert1 il y avait quatre ttes esclaves contre une tte libre2 qu'il n'y avait pas une maison o le rgime despotique de nos colons d',amrique ne ft exerc par ces prtendus dmocrates1 avec une cruaut digne de leurs tyrans3 que sur environ quatre millions d'ames qui durent peupler l'ancienne ,grce#bf1 plus de trois millions taient esclaves2 que l'ingalit politique et civile des hommes tait le dogme des peuples1 des lgislateurs2 qu'il tait consacr par ,lycurgue1 par ,solon1 profess par ,aristote1 par le divin ,platon1 par les gnraux et les ambassadeurs d',athnes1 de ,sparte et de ,rome1 qui1 dans ,polybe1 dans ,tite-,live1 dans ,thucydide1 parlent comme les ambassadeurs d',attila et de ,tchinguizkan3 ils ont oubli que chez les ,romains ces mmes murs1 ce mme rgime1 rgnrent dans ce que l'on appelle les plus beaux temps de la rpublique2 que cette prtendue rpublique1 diverse selon les poques1 fut toujours une oligarchie compose d'un ordre de noblesse et de sacerdoce1 matre presque exclusif des terres et des emplois1 et d'une masse plbienne greve d'usures1 n'ayant pas quatre arpents par tte1 et ne diffrant de ses propres esclaves1 que par le droit de les fustiger1 de vendre son suffrage1 et d'aller vieillir ou prir sous le sarment des centurions1 dans l'esclavage des camps et les rapines militaires2 que dans ces prtendus tats d'galit et de libert1 tous les droits politiques taient concentrs aux mains des habitants oisifs et factieux des mtropoles qui1 dans les allis et associs1 ne voyaient que des tributaires4 ,oui1 plus j'ai tudi l'antiquit et ses gouvernements si vants1 plus j'ai conu que celui des ,mamlouks d'gypte et du dey d',alger1 ne diffraient point essentiellement de ceux de ,sparte et de ,rome2 et qu'il ne manque ces ,grecs et ces ,romains tant prns1 que le nom de ,huns et de ,vandales1 pour nous en retracer tous les caractres4 ,guerres ternelles1 gorgements de prisonniers2 massacres de femmes et d'enfants1 perfidies1 factions intrieures1 tyrannie domestique1 oppression trangre3 voil le tableau de la ,grce et de l',italie pendant #ejj ans1 tel que nous le tracent ,thucydide1 ,polybe et ,tite-,live4 ,a peine la guerre1 la seule guerre juste et honorable1 celle contre ,xercs1 est-elle finie1 que commencent les insolentes vexations d',athnes sur la mer2 puis l'horrible guerre du ,ploponse1 puis celle des ,thbains1 puis celles d',alexandre et de ses successeurs1 puis celles des ,romains1 sans que jamais l'ame puisse trouver pour se reposer une demi-gnration de paix4 ,on vante les lgislations des anciens2 quel fut leur but1 quels furent leurs effets1 sinon d'exercer les hommes dans le sens de ces animaux froces que l'on dresse au combat du lion et du taureau8 ,on admire leurs constitutions2 quelle tait donc cette constitution de ,sparte1 qui1 coule dans un moule d'airain1 tait une vraie rgle de moines de la ,trappe1 qui condamnait absurdement une nation de #cj1jjj hommes ne jamais s'accrotre en population et en terrain8 ,l'on a voulu nous donner des modles grecs ou romains2 mais quelle analogie existe-t-il entre un tat qui1 comme la ,france1 contient #bg1jjj lieues carres1 et #be1jjj1jjj de ttes de population1 et cette ,grce1 o le ,ploponse contenait six confdrations indpendantes dans #gjj lieues carres2 o cette fameuse ,laconie1 qui1 selon ,thucydide1 formait les deux cinquimes du ,ploponse1 ne contenait que #bhj lieues2 o l',attique1 y compris les #bj lieues de la ,mgaride1 n'tait compose que de #afe lieues2 o tout le continent grec n'avait pas plus de #c1hej lieues carres en tout1 y compris la ,macdoine1 qui en a #aaj1 c'est--dire le sixime de la ,france1 et cela en terrain qui n'est pas gnralement fertile4 ,quelle comparaison tablira-t-on entre les murs et les habitudes de peuples demi sauvages#bg1 pauvres et pirates1 diviss et ennemis par naissance et par prjug1 et un grand corps de nation qui1 le premier1 offre dans l'histoire une masse de #be1jjj1jjj d'hommes parlant la mme langue1 ayant les mmes habitudes1 et dont tous les frottements1 depuis #aejj ans1 n'ont abouti qu' produire plus d'unit dans ses habitudes et son gouvernement4 ,de modernes ,lycurgues nous ont parl de pain et de fer3 le fer des piques ne produit que du sang2 l'on n'a du pain qu'avec le fer des charrues4 ,ils appellent les potes pour clbrer ce qu'ils nomment les vertus guerrires3 rpondons aux potes par les cris des loup et des oiseaux de proie qui dvorent l'affreuse moisson des batailles2 ou par les sanglots des veuves et des orphelins1 mourant de faim sur les tombeaux de leurs protecteurs4 ,on a voulu nous blouir de la gloire des combats3 malheur aux peuples qui remplissent les pages de l'histoire6 ,tels que les hros dramatiques1 ils paient leur clbrit du prix de leur honneur4 ,on a sduit les amis des arts par l'clat de leurs chefs-d'uvre2 et l'on a oubli que ce furent ces difices et ces temples d',athnes qui furent la premire cause de sa ruine1 le premier symptme de sa dcadence2 parce qu'tant le fruit d'un systme d'extorsions et de rapines1 ils provoqurent la fois le ressentiment et la dfection de ses allis1 la jalousie et la cupidit de ses ennemis2 et parce que ces masses de pierres1 quoique bien comparties1 sont partout un emploi strile du travail et absorbement ruineux de la richesses4 ,ce sont les palais du ,louvre1 de ,versailles1 et la multitude des temples#bh dont est surcharge la ,france1 qui ont aggrav nos impts et jet le dsordre dans nos finances4 ,si ,louis ,,xiv et employ en chemins et en canaux les #d1fjj1jjj1jjjbi1 qu'a cot son chteau dja en dgt1 la ,france n'et vu ni la banqueroute de ,law1 ni ses consquences reproduites parmi nous4 ,ah6 cessons d'admirer ces anciens qui n'eurent pour constitutions que des oligarchies1 pour politique que des droits exclusifs de cits1 pour morale que la loi du plus fort et la haine de tout tranger2 cessons de prter cette antiquit guerroyeuse et superstitieuse une science de gouvernement qu'elle n'eut point1 puisqu'il est vrai que c'est dans l',europe moderne que sont ns les principes ingnieux et fconds du systme reprsentatif1 du partage et de l'quilibre des pouvoirs1 et ces analyses savantes de l'tat social1 qui1 par une srie vidente et simple de faits et de raisonnements1 dmontrent qu'il n'y a de richesse que dans les produits de la terre1 qui alimentent1 vtissent et logent les hommes2 que l'on n'obtient ces produits que par le travail2 que le travail tant une peine1 il n'est excit chez les peuples libres que par l'attrait des jouissances1 c'est--dire par la scurit des proprits2 que1 pour maintenir cette scurit1 il faut une force publique que l'on appelle gouvernement2 en sorte que le gouvernement peut se dfinir une banque d'assurance1 la conservation de laquelle chacun est intress par les actions qu'il y possde1 et que ceux qui n'y en ont aucune peuvent dsirer naturellement de briser4 ,aprs nous tre affranchis du fanatisme juif1 repoussons ce fanatisme vandale ou romain1 qui1 sous des dnominations politiques1 nous retrace les fureurs du monde religieux2 repoussons cette doctrine sauvage1 qui1 par la rsurrection des haines nationales1 ramne dans l',europe police les murs des hordes barbares2 qui de la guerre fait un moyen d'existence1 quand toute l'histoire dpose que la guerre conduit tout peuple vainqueur ou vaincu une ruine gale2 parce que l'abandon des cultures et des ateliers1 effet des guerres du dehors1 mne la disette1 aux sditions1 aux guerres civiles1 et finalement au despotisme militaire2 repoussons cette doctrine qui place l'assassinat mme au rang des vertus1 quand toute l'histoire prouve que les assassinats n'ont jamais caus que de plus grands dsastres1 parce que1 o se montrent les poignards1 l s'clipsent les lois2 et quand1 parmi nous1 l'assassinat mme de son plus vil aptre#cj n'a servi qu' garer l'opinion publique et faire prir #ajj1jjj des meilleurs citoyens4 ,on tue les hommes1 on ne tue point les choses1 ni les circonstances dont ils sont le produit4 ,brutus et ,casca poignardent ,csar1 et la tyrannie se consolide2 pourquoi cela8 parce que1 depuis les tribuns1 il n'y avait plus d'quilibre de pouvoirs2 parce que les volonts du peuple de ,rome taient devenues la loi2 parce que depuis la prise de ,corinthe et de ,carthage1 ce peuple oisif1 pauvre et dbauch fut l'encan des gnraux1 des proconsuls1 des questeurs1 gorgs de richesses4 ,brutus et ,casca sont devenus pour notre ge ce qu'taient ,ahod et les ,machabes pour l'ge antrieur2 ainsi1 sous des noms divers1 un mme fanatisme ravage les nations2 les acteurs changent sur la scne2 les passions ne changent pas1 et l'histoire entire n'offre que la rotation d'un mme cercle de calamits et d'erreurs444 mais comme en mme temps toute l'histoire proclame que ces erreurs et ces calamits ont pour cause gnrale et premire l'ignorance humaine1 qui ne sait connatre ni ses vrais intrts1 ni les moyens d'arriver au but mme de ses passions2 il rsulte de nos rflexions1 non des motifs de dcouragement1 ni une diatribe misanthropique et anti-sociale1 mais des conseils plus pressants d'instruction politique et morale applique aux peuples et aux gouvernement2 et c'est sous ce point de vue particulirement1 que l'tude de l'histoire prend son plus noble caractre d'utilit1 en ce qu'offrant une immense collection de faits et d'expriences sur le dveloppement des facults et des passions de l'homme dans l'tat social1 elle fournit au philosophe des principes de lgislation plus gnraux et plus conformes chaque hypothse2 des bases de constitution plus simples et plus conciliantes2 des thories de gouvernement plus appropries au climat et aux murs2 des pratiques d'administration plus habiles et plus prouves par l'exprience2 en un mot1 des moyens plus efficaces et plus paternels de perfectionner les gnrations venir1 en commenant par amliorer le sort de la gnration prsente4 ,dsormais j'ai puis plutt que complt mes considrations sur l'histoire2 il faudrait maintenant que j'en fisse l'application quelques ouvrages remarquables1 modernes ou anciens1 et que je vrifiasse en pratique les rgles de critique que je vous ai proposes2 mais le travail exagr et prcipit auquel j'ai t soumis depuis deux mois1 ne me permet pas de fournir cette seconde carrire sans reprendre haleine2 et aprs avoir fait acte de dvouement la chose publique#ca1 en fournissant la premire sans une prparation de plus de quinze jours1 priv mme de mes manuscrits1 il me devient indispensable de suspendre ces leons1 pour reposer mes forces et avoir le temps d'assembler de nouveaux matriaux4 ,nota4 ,l'cole ,normale ayant t dissoute peu de temps aprs1 l'auteur n'a plus eu de motifs de continuer ce travail4 ,,histoire ,,de ,,samuel1 ,,inventeur ,,du ,,sacre ,,des ,,rois4 ,,preface ,,de ,l',,diteur4 ,au moment o un gouvernement constitutionnel se propose de donner l',europe du dix-neuvime sicle le spectacle d'un roi lgitime requrant ou acceptant son titre d'investiture de la main d'un prtre1 son sujet3 au moment o l'on trouve sage de rappeler aux ,franais qu'un sacre1 mme papal1 n'a pas eu la vertu de conjurer la chute d'un gouvernement puissant1 mais illibral1 il ne sera peut-tre pas sans intrt pour beaucoup de lecteurs1 de connatre mieux qu'on ne l'a fait jusqu' ce jour quelle a t l'origine gyptienne ou juive de la bizarre crmonie1 qui1 au moyen d'un peu d'huile verse sur la tte d'un homme1 prtend lui imprimer des droits indlbiles1 indpendants de sa conduite et de sa capacit2 de connatre quels furent le caractre personnel1 les vues1 la moralit de l'individu prtre1 qui le premier administra de son chef ce nouveau genre de sacrement2 quels furent enfin les effets de ce don perfide1 et pour les deux rivaux qui le reurent1 et pour la nation imprudente et superstitieuse qui se le laissa imposer4 ,on mprise les ,juifs et on les imite2 on repousse leur code1 on garde leurs rites2 on parle doctrine1 on n'est que passion2 on invoque la religion1 on ne veut que son moyen2 on s'autorise des ,bibles1 on ne les a pas lues2 on les a lues1 on ne les a pas comprises2 on ne l'a pu1 car aucune de leurs traductions n'est fidle2 aucune ne rend constamment le sens vrai de l'original4 ,quel homme instruit1 quel grammairien osera nier ce fait8 ,l'crit que nous prsentons en offre une preuve nouvelle2 il ne fut pas destin d'abord l'emploi que nous en faisons aujourd'hui2 mais il s'y adapte si bien que tout ami du bon sens et de l'honneur national1 disons mme de l'honneur royal1 nous saura gr de l'y avoir appliqu4 ,le manuscrit original parat venir d'un voyageur amricain1 de la socit des amis dits ,free-,quakers3 le traducteur a d supprimer la formule du tutoiement qui est de mauvais got1 et convertir les mesures anglaises en mesures franaises4 ,,histoire ,,de ,,samuel1 ,,inventeur ,,du ,,sacre ,,des ,,rois4 #a;er4 ,prliminaires du voyageur4--,motifs accidentels de cette dissertation4 ,au ,kaire1 en gypte1 #ahah1 second mois 7fvrier1 style des ,quakers74 ,lettre de ,,josiah ,,nibbler son ami ,,kaleb ,,listener1 ngociant ,philadelphie 7tat-,unis d',amrique47 ,enfin j'ai vu ,jrusalem1 et la terre de lait et de miel si vante#cb2 j'ai mesur le pays des fameux ,philistins1 qui purent possder #ae lieues de long sur #g de large2 j'ai calcul l'enceinte de la puissante ,tyr1 jadis situe sur un lot de rocailles1 dont le pourtour actuel n'est pas de plus de #afjj toises#cc2 j'ai travers deux fois le fleuve ,jourdain1 qui du plus au moins peut avoir #fj #hj pieds de large2 j'ai visit1 l'entre de l'gypte1 la terre de ,goshen1 sjour ancien des ,hbreux1 aujourd'hui vallon de ,tomlt2 elle peut avoir #aa lieues d'tendue44444 ,vous le dirai-je1 mon ami8 j'ai perdu beaucoup d'illusions2 mais j'ai gagn beaucoup de faits positifs1 intressants1 que j'ai le droit d'appeler des vrits4 ,me voici en gypte1 dans cette terre d'abondance1 but premier de notre spculation4 ,ne me blmez point de mon pisode4 ,ayant termin nos affaires ,tunis1 je trouvai impossible de me rendre au ,kaire sans caravane1 par terre1 au mois d'aot2 une occasion de mer se prsente pour ,acre en ,syrie1 d'o l'on passe facilement ,damiette2 je la saisis3 un coup de vent nous jette sur ,saide ou ,sidon2 j'y dbarque1 et de suite voil que je conois le projet d'une tourne intressante3 devant moi je voyais les montagnes des ,druzes2 sur ma gauche1 au loin1 les cimes du ,liban2 ma droite1 l'ancienne ,phnicie1 qui me menait aux dix ,tribus et la ,jude4 ,vous savez combien notre ducation biblique a nourri notre esprit des ides et des noms de ces contres3 je se pus rsister au dsir de les voir1 de les juger par moi mme2 j'tais encourag par un moyen prcieux4 ,pendant les quinze mois de ngociations qu'il m'avait fallu passer ,tunis1 j'avais employ mes loisirs apprendre l'arabe vulgaire2 j'arrivai en ,syrie comme en pays connu2 au bout de quinze jours j'entendis et je fus entendu3 je me mis sous la protection d'une autorit franaise2 j'eus bientt converti mon dsir l'autorit turke2 un peu d'argent plac propos ne manque pas son but avec celle-ci2 la politesse1 les bons procds russissent avec l'autre3 je fus cens un commis de maison cherchant des dbouchs de commerce2 j'eus des recommandations pour la montagne ,druze2 bientt j'y acquis droit d'hospitalit2 quelques prsents me firent des amis2 j'eus l'air d'acheter et de vendre des bagatelles d'un lieu l'autre3 mon peu de botanique me fut trs-utile2 j'appliquai mme au besoin l'ipcacuanha et l'mtique1 qui sont le grand remde de ces gens-l3 mais mon meilleur instrument1 mon plus efficace passe-port fut de parler couramment la langue et d'agir directement sur les esprits2 l'on n'apprcie pas toute la puissance de ce moyen3 tout est l4 ,le voyageur qui ne peut converser1 est un sourd et muet qui ne fait que des gestes1 et de plus un demi-aveugle qui n'aperoit les objets que sous un faux jour2 il a beau avoir un interprte1 toute traduction est un tapis vu revers3 la parole seule est un miroir de rflexion1 qui met en rapport deux mes sensibles44444 ,la plus forte finit par matriser l'autre2 j'en ai fait d'heureuses preuves3 muni des connaissances scientifiques que donne l'ducation moderne nous autres ,occidentaux1 j'ai imprim l'attention et le respect en veillant la curiosit4 ,le bon ton en ce pays est un air grave1 un maintien pos1 une indiffrence apparente pour ce qui entoure2 avec ces manires on voit mieux et plus que les babillards et les empresss qui sment leur argent2 j'ai circul pendant trois mois dans un intrieur peu connu4 ,je me joignis une caravane venant de ,damas1 pour m'introduire dans ,jrusalem2 l1 je me suis gard d'tre plerin1 j'eusse t en proie l'avarice turke1 et ce qui la vaut bien1 l'hypocrite mendicit chrtienne3 j'ai eu le bonheur de sortir sans dommage de ce foyer de superstition et de fourberie1 de malice et de pauvret4 ,je voulais rejoindre ,acre par ,jafa3 un de ces hasards qui ne manquent gure en voyage1 me fit trouver dans la garnison de cette dernire ville le frre de notre censal#cd1 ,maure de ,tunis2 il m'offrit ses services avec cette gravit musulmane qui ne trompe point2 je lui confiai mon dsir de me rendre au ,kaire3 l'aga prparait une petite caravane pour faire ce trajet hasardeux2 j'y fus joint avec protection4 ,chemin faisant1 je vis les ruines d',azot et d',ascalon2 je traversai sec le torrent d'gypte1 les anciens marais de ,sirbon1 et depuis six semaines je suis en cette ville d'abondance et de tranquillit3 j'y occupe mon repos digrer mes ides nouvelles1 mettre en ordre les faits assez nombreux que j'ai acquis2 c'est de ce sujet que je veux vous entretenir aujourd'hui4 ,je ne saurais vous exprimer le changement que cette tourne de quelques mois a produit dans mon esprit1 et surtout dans mes opinions du genre historique2 presque rien de tout ce que j'ai vu n'a ressembl aux images que je m'en tais faites1 aux ides que nous en donne notre ducation3 et1 au fait1 que peuvent en savoir plus que nous nos docteurs d'cole et de cabinet8 ,aujourd'hui il m'est dmontr que nous autres ,occidentaux n'entendons rien aux choses d',asie3 les usages1 les murs1 l'tat domestique1 politique1 religieux des peuples de cette contre1 diffrent tellement des ntres1 que nous ne pouvons nous les reprsenter sur de simples rcits2 il faut avoir vu soi-mme les objets1 pour en saisir les rapports1 pour en lier le systme2 cela veut du temps1 de la mditation3 un voyageur qui ne ferait que passer ne verrait qu'incohrence1 n'emporterait que surprise2 il recevrait les rcits sans apprcier les tmoignages2 il admettrait les faits sans les avoir discuts1 et1 par ngligence ou par amour-propre1 il transmettrait d'autres les erreurs qu'il aurait acceptes2 il se dissimulerait mme celles qu'il n'aurait pu redresser4 ,pour moi1 j'avoue franchement que je suis arriv ici imbu d'une foule d'opinions que maintenant je reconnais pour n'tre que des prjugs sans fondement2 par exemple1 je croyais que ces traditions orientales1 dont on nous vante l'autorit1 avaient quelque chose de rgulier et de certain dans leur origine et leur transmission2 aujourd'hui il m'est dmontr que les habitants de ces contres1 juifs1 arabes1 chrtiens1 musulmans1 n'ont pas plus de sret dans la mmoire1 pas plus de fidlit et de bonne foi dans l'intention que nous autres ,occidentaux1 que nos sauvages et nos paysans3 il m'est dmontr que l1 comme partout1 l'homme ne garde gure de souvenir que de ce qu'il a vu dans sa jeunesse2 que bien peu de ces gens-l connaissent l'histoire de leur propre famille au-del de leur grand-pre2 que la plupart ne savent ni leur ge1 ni l'anne de leur naissance2 que chez eux1 comme chez nous1 il n'y a de vrais moyens de garder1 de transmettre les faits que par les crits2 or1 ils en sont privs au point de ne tenir registre de rien1 soit public1 soit particulier4 ,de plus1 la srie des gnrations ayant t plusieurs fois rompue par des guerres1 des invasions et des conqutes1 les traditions de faits anciens1 aujourd'hui rgnantes1 ne peuvent tre le fruit d'une transmission orale1 mais drivent d'une interprtation faite aprs coup de ces mmes livres anciens que l'on prtend maintenant soutenir par elles4 ,le pays de ,jrusalem1 plus que tout autre1 fournit des preuves de cette vrit1 puisqu'on y trouve de ces prtendues traditions1 les unes contraires aux propres textes des bibles#ce1 les autres portant sur des faits reconnus faux4 ,vous n'avez pas d'ide de ce que l'esprit de secte et la rivalit de clientelle font inventer de fraudes de cette espce4 ,en gnral1 ce que nous ne comprenons point assez1 nous autres ,occidentaux1 ce qui m'a le plus surpris en mon particulier dans toute cette contre1 c'est l'ignorance profonde et universelle en choses physiques et naturelles1 jointe l'enttement et la prsomption en choses dites divines1 c'est--dire1 en choses hors de notre porte2 c'est la crdulit la plus purile1 jointe une dfiance cauteleuse2 c'est l'esprit de dissimulation1 de fourberie1 joint une simplicit de murs apparente1 quelquefois relle2 enfin c'est l'esprit de servilit craintive qui n'attend que l'occasion de devenir arrogance et audace4 ,expliquer tout ce mlange1 donner les raisons d'un tel tat de choses1 serait sans doute un travail trs-intressant2 mais mon but en ce moment se borne vous faire connatre comment la vue de l'tat prsent est devenue pour moi un moyen d'apprcier l'tat pass1 cet tat idal pour nous1 et qui ne nous est indiqu que par des livres dont le sens obscur est ou mconnu ou falsifi par ceux qui s'en font les docteurs4 ,quand je compare mes ides actuelles celles que m'avaient imposes nos instituteurs1 je ne puis m'empcher de rire de tous les contre-sens1 de toutes les mprises dont matres et disciples1 nous sommes galement les dupes4 ,on nous fait lire ds l'enfance des rcits grossiers1 scandaleux1 absurdes1 et moyennant les interprtations mystiques qu'on leur donne1 les pieuses allgories qu'on y trouve1 on les retourne si bien que nous finissons par tre difis de la sagesse cache et profonde3 notre enfance docile par crainte ou par sduction se plie tout1 s'habitue tout1 et notre esprit finit par n'avoir plus le tact de la vrit et de la raison4--,je vous l'avouerai1 mon ami1 avant ce jour je ne concevais rien la plupart des vnements qui composent l'histoire des ,juifs1 je les regardais comme appartenants un vieil ordre de choses1 aboli comme l'ancien ,testament2 cette histoire d',abraham1 de sa famille errante qui devient un peuple1 de ce peuple qui d'esclave devient conqurant1 de ces conqurants qui retombent en anarchie et en servitude1 puis sont reconstitus en monarchie pour se diviser et se dchirer encore1 tout cela me semblait plutt romanesque que probable2 aujourd'hui tout cela me semble parfaitement naturel1 conforme ce que je vois1 explicable par l'tat actuel4 ,dans les murs1 la vie1 les aventures d'une tribu arabe1 d'un chef bedouin1 je vois la copie ou le modle des murs1 des aventures de l'a horde hbraque fonde par ,abraham et ,jacob4 ,je la vois errante d'abord1 se fixer ensuite sur la frontire d'gypte o on la tolre1 comme les pachas tolrent les ,bedouins moyennant des redevances annuelles1 des tributs de nature quelconque2 je la vois se multiplier assez vite par l'abondance de ce pays2 puis inquiter ses protecteurs comme nos ngres trop nombreux nous inquitent nous-mmes2 puis1 raison de son malaise1 concevoir des ides de rebellion et d'indpendance4 ,plaons cet tat de choses dans le temps prsent2 supposons sous le rgne des ,mamlouks une horde de ,ouahbis tablie dans la ,basse-gypte1 entre en contestation avec les naturels pour cause d'opinions religieuses et de vexations domestiques2 supposons qu'un homme de cette race ait voyag en quelque contre civilise de l',europe2 qu'il y ait puis quelques connaissances militaires1 lgislatives1 physiques1 qui le rendent suprieur ses compatriotes1 mme leurs oppresseurs2 il pourra jouer le rle de ,mose1 il pourra devenir chef1 emmener ses sectateurs dans le dsert1 leur y donner une organisation systmatique1 religieuse et guerrire1 au moyen de laquelle leur race renouvele de personnes et de murs1 pourra s'introduire en ,syrie1 s'y fortifier dans les montagnes1 et enfin1 travers bien des vicissitudes1 s'y perptuer1 comme font les ,druzes et les ,motoulis4 ,ces ,druzes1 avec leur esprit exclusif1 mystrieux1 avec leur caractre presque hostile aux trangers1 offrent une analogie singulire avec l'ancien peuple juif2 je dis plus1 ils en sont la vivante image3 leur manire d'tre m'explique tout ce qu'il a pu tre au sens moral1 religieux1 politique et militaire3 les intrigues de leur petit gouvernement oligarchique1 les manuvres secrtes de leur corporation religieuse1 appele les ,okkls 7,spirituels71 me donnent la clef de celles qui ont d exister chez les ,hbreux au temps des juges et mme de la monarchie3 par exemple1 l'anecdote de ,samuel1 le rcit de son lvation1 de sa haute influence1 puis l'obligation o il fut de se substituer un roi1 de le consacrer1 enfin le caprice qu'il eut de le changer pour lui en substituer un autre plus son gr1 tout cela m'avait des long-temps donn le soupon d'un jeu de causes naturelles1 diffrent de celui que prsente le narrateur2 j'avais souponn des passions humaines et mme sacerdotales l o l'historiographe nous prsente des volonts mobiles1 irascibles1 vindicatives dans la ,divinit4 ,en relisant ici ma ,bible mes heures de loisir et de repos1 j'ai t frapp de voir mon soupon se convertir en parfaite vidence2 je me suis amus faire ce sujet un travail nouveau1 en appliquant au fond du rcit les rgles de notre critique historique moderne1 et les calculs de probabilit raisonnable dduits des murs du temps1 du caractre des tmoins1 des intrts apparents ou cachs du narrateur2 il en est rsult un tableau piquant de navet et de vraisemblance4 ,je l'ai communiqu un ,europen qui voyage ici1 et qui se trouve tre vers dans la langue hbraque 7il m'assure que1 pour qui sait bien l'arabe1 cette langue est une bagatelle73 mon travail a tellement excit son intrt1 qu'il l'a enrichi de notes prcieuses en ce qu'elles redressent en plusieurs endroits des fautes et des contre-sens de nos traductions grecques et latines1 que d'ailleurs il accuse d'inexactitude habituelle2 il n'a pas meilleure opinion de notre traduction anglaise1 et il ne conoit pas comment les socits bibliques1 avant de la tant prner et propager1 ne l'ont pas refaite meilleure4 ,c'est leur affaire2 la mienne aujourd'hui est de vous donner un tmoignage de mon constant souvenir2 quand vous lirez le fragment que je vous envoie1 j'espre que vous ne jugerez point l'ouvrage d'un simple marchand avec la svrit due un lettr de profession2 et que votre amiti recevra avec indulgence l'offrande que la mienne se plat lui adresser avec sincrit4 ,,ii4 ,histoire de ,samuel1 calcule sur les murs du temps et sur les probabilits naturelles4--,dispositions morales et politiques des ,hbreux au temps de ,samuel4 ,pour bien entendre le drame historique dans lequel ,samuel parvient d'un grade trs-subalterne tre le premier personnage1 il est ncessaire de connatre l'tat des choses et des esprits son poque2 et cela ne s'entend bien qu'en faisant connatre les antcdents dont cet tat ne fut que la consquence4 ,aprs que les ,hbreux se furent empars de cette portion de la ,phnicie qui est entre le ,jourdain et la mer1 exception faite d'une lisire littorale qui leur rsista1 ils prouvrent dans leur manire d'tre un changement qui mrite d'tre remarqu4 ,pendant leur long sjour dans le dsert1 ,mose les avait constitus en un rgime la fois militaire et sacerdotal2 le sacerdotal n'a pas besoin d'tre expliqu2 le militaire se prouve par les rglements que ,mose fit pour la distribution intrieure du camp1 par les manuvres de marches1 de campement et de dcampement1 enfin par les stratagmes que l'on voit employs passer le ,jourdain1 renverser les murs de ,jricho1 et qui indiquent des tudes militaires dont on n'a pas jug propos de faire mention4 ,les ,hbreux une fois tablis dans le pays qu'ils venaient de conqurir1 n'eurent plus le mme besoin d'organisation militaire4 ,dans les plaines du dsert1 ils taient un corps d'arme sans cesse en mouvement1 parce que vivant pasteurs1 il fallait chaque jour changer de pturages3 dans les montagnes de ,phnicie et de ,jude1 ils furent tout coup cultivateurs fixs chacun sur la portion de terrain qui leur chut en lot de butin et dont ils devinrent propritaires2 ce fut un peuple de paysans laboureurs4 ,dans le dsert1 il tait facile de mouvoir1 de conduire une troupe errante3 dans le pays cultivable et cultiv1 chaque tribu1 chaque famille attache au sol qui la fit vivre1 ne fut plus disponible et maniable3 chacun eut des occupations qu'il ne put aisment quitter4 ,la masse nationale tait divise en douze tribus distinctes2 chaque tribu devint un petit peuple aspirant l'galit1 presque l'indpendance3 dans chaque tribu1 toute famille puissante par le nombre de ses membres1 eut encore de cet esprit goste qui tend s'isoler3 le gouvernement ne dut plus tre que fdratif1 et ce cas n'avait point t prvu par le lgislateur2 aucun rapport de subordination n'avait t tabli pour mouvoir au besoin les parties du corps politique2 on s'en aperoit sitt aprs la mort du gnral ,josu et de cette gnration de vieillards qui avait t son tat-major4 ,l'on voit de suite natre une vritable anarchie1 comme dans notre ,amrique la dissolution de notre arme sous ,washington2 les petits peuples environnants en profitent pour attaquer chacun la tribu qui leur est voisine3 les ,ammonites1 les ,moabites vexent1 soumettent au tribut celles qui sont l'est du ,jourdain2 les ,philistins en font autant celles qui leur sont contigus3 rarement les servitudes furent gnrales1 et voil pourquoi l'histoire des ,juges n'a point d'unit de chronologie4 ,en cet tat de choses1 la nation hbraque et t dissoute1 si elle n'avait pas eu son lien d'unit dans le systme sacerdotal comme dans la bizarre et indlbile cocarde#cf que lui avait imprime ,mose4 ,les devoirs du culte rappelrent sans cesse tous les individus au point central de l'arche1 dont le grand-prtre tait le gardien1 dont tous les mles de la tribu de ,lvi taient la milice2 mais ce grand-prtre et cette milice n'avaient d'armes que les prires et un certain pouvoir surnaturel de faire des miracles dont l'efficacit n'apparaissait pas toujours au besoin4 ,en lisant toute l'histoire des ,juges1 on ne voit pas qu'aucun grand-prtre ait dlivr la nation d'aucune servitude par aucun moyen divin ni humain3 ces servitudes ne furent repousses et dissoutes que par l'insurrection d'individus courageux1 qui1 irrits de vexations des incirconcis1 appelrent la nation aux armes1 et qui1 pour prix de leur audace et de leurs succs militaires1 tant regards comme des envoys de ,dieu1 s'investirent eux-mmes ou furent investis par l'opinion publique1 sous le nom de ,sufetes#cg 7,juges71 d'un pouvoir suprme qui ne fut temporaire que faute d'hritiers de leurs talents2 alors l'autorit du grand-prtre tait comme suspendue et limite aux fonctions de chef des sacrifices et d'interprte des oracles4 ,cet tat de choses ressemblait celui du ,japon et de bien d'autres pays1 o le pouvoir est partag en deux branches ayant pour chefs l'une le ,coubo ou chef laque1 et l'autre le ,dari1 ou chef ecclsiastique4 ,tant que vivaient les ,juges1 le peuple hbreu jouissait de la paix et de l'indpendance3 taient-ils morts1 l'anarchie ne tardait pas renatre et ramener une servitude4 ,l'exprience et l'observation de ces alternatives ne purent manquer de faire natre1 et de rpandre dans les esprits l'opinion que1 pour obtenir un tat durable et solide1 il et fallu avoir un juge1 un chef militaire permanent4 ,on sent que les grands-prtres1 appels par la simple naissance et le droit hrditaire au pouvoir suprme1 n'y apportaient pas galement la capacit requise3 on sent qu'eux et toute la caste sacerdotale1 nourris aux frais de la nation1 dans une oisive abondance1 vivaient presque ncessairement dans une mollesse et un relchement de murs qui devaient diminuer leurs facults morales1 et par suite leur crdit et leur considration4 ,le peuple dut remarquer que les trangers qui le subjuguaient1 avaient toujours des rois combattant la tte de leurs armes2 il dut attribuer leurs succs ce rgime qui effectivement en fut une cause2 par une consquence naturelle1 il dut concevoir l'ide et former le vu d'avoir aussi des rois4 ,un obstacle ce vu se trouvait dans l'habitude de la thocratie1 c'est--dire dans le respect rendu aux prtres sous le manteau de ,dieu1 et dans l'intrt qu'avaient ces prtres de maintenir un respect qui tait la base de leur autorit et de leur abondance4 ,a l'poque dont nous parlons1 le sige tait occup par le grand-prtre ,hli1 qui avait l'espoir de le transmettre ses enfants2 mais un concours de circonstances singulires1 o la superstition vit le doigt de ,dieu1 introduisit dans sa maison et dans le parvis du tabernacle1 un enfant tranger1 une espce d'orphelin qui1 par son initiation aux mystres de l'art et par la force personnelle de son caractre1 parvint tre plus que son successeur1 puisqu'il parvint cumuler les deux puissances4 ,cet enfant fut ,samuel3 pour tracer son histoire1 je vais rentrer dans la narration du texte mme1 en l'abrgeant quelquefois1 mais en conservant le plus que je pourrai son coloris et son instructive navet4 ,,iii4 ,enfance de ,samuel1 circonstances de son ducation2 son caractre en devient le rsultat4 #ch,un homme des montagnes d'phram avait deux femmes4 ,une d'elles nomme ,hannah tait strile2 sa compagne l'insultait et la tourmentait ce sujet 7la strilit a de tout temps t une honte chez les peuples arabes74 ,chaque anne le mari conduisait sa famille ,shiloh1 o tait la maison de ,dieu3 il y offrait des victimes et ne donnait qu'une seule portion sa femme strile1 tandis que l'autre tait fire d'en avoir plusieurs4 ,hannah pleurait et ne mangeait point2 dans l'un de ces jours de sacrifice1 elle se rendit la porte de la maison de ,dieu2 le grand-prtre#ci ,hli tait assis cette porte sur son sige de juge3 elle s'y livra la prire avec tant d'effusion1 qu',hli la crut ivre2 il la rprimanda et lui ordonna de se retirer4 ,elle1 s'excusant1 lui exposa son chagrin1 lui dit qu'elle demandait ,dieu un enfant mle1 et qu'elle faisait vu de le lui consacrer pour la vie3 jamais le rasoir ne passera sur sa tte 7c'tait le signe de ce dvouement74 ,allez en paix1 rpondit ,hli1 ,dieu vous donnera un enfant3 en effet1 de retour chez elle et devenue calme et contente1 elle conut peu aprs et elle eut un enfant mle qu'elle nomma ,samuel4 ,telle est la substance du premier chapitre dont les dtails sont de nature faire supposer que quelqu'un aurait tenu procs-verbal de la conversation d',hli et d',hannah2 je reviendrai ailleurs sur ce sujet4 ,on sent que1 dans le petit bourg1 dans le village o vivait cette famille1 les querelles de mnage1 causes par sa strilit1 avaient fait bruit3 le vu ne put manquer d'y tre galement divulgu1 ni son succs d'y causer une vive sensation4 ,ce peuple qui voyait le doigt de ,dieu en tout1 qui1 selon notre historien1 disait3 ,dieu a clos les entrailles d',hannah1 n'a pas manqu de dire que ,dieu lui avait donn cet enfant par un don spcial4 ,cet enfant consacr devint l'objet de la curiosit et de l'attention publiques4--,suivons son histoire3 ,lorsque le temps de sevrer ,samuel fut venu 7ceci dans les murs du pays comporte au moins deux ans71 ,hannah fut le prsenter au grand-prtre ,shiloh1 en y joignant une offrande de trois veaux1 de trois mesures de farine et d'une amphore de vin4 ,hli accepta l'enfant1 qui de ce moment fut lev sous sa surveillance4 ,ici1 le narrateur nous dit qu',hannah composa elle-mme un cantique qui remplit les dix premiers versets du chapitre second4 ,la femme d'un cultivateur ais1 mme riche si l'on veut1 mais enfin la femme d'un homme de campagne1 une paysanne peut-elle avoir compos un morceau qui a les formes potiques8 cela n'est pas probable4 ,ce cantique a d tre fait par quelque lvite du temps1 et mme aprs coup par l'crivain de cette histoire4 ,cette licence nous avertit de l'intrt personnel et mme de la partialit que nous devons trouver en tout ce rcit4 ,la situation domestique de ,samuel dans la maison d',hli mrite une attention particulire raison de l'influence qu'ont d exercer sur son caractre toutes les circonstances de son ducation3 cet enfant est comme orphelin dans une famille trangre2 cette famille est compose d'une ou plusieurs femmes d',hli dja g1 puisque ses deux fils ,ophni et ,phines taient sacrificateurs en exercice2 ses deux fils dja maris ont aussi des enfants sur qui doit se porter la tendresse de toute la maison4 ,selon les murs du pays et du temps1 ces divers personnages ont d vivre runis2 naturellement ,samuel n'a d recevoir que des soins de charit1 et il a pu tre expos des jalousies4 ,son caractre a d se concentrer1 le porter se suffire lui-mme1 ne s'pancher1 ne se confier personne2 il a eu le temps de penser et de mditer4 ,l'ge est venu dvelopper en lui cette double facult2 il a d devenir observateur de tout ce qui se passait autour de lui1 et il a pu tout voir1 parce qu'il a vcu sous la protection du grand-prtre1 dans une intimit de famille et dans un service d'autel et de temple1 qui l'ont initi tous les secrets4 ,vers quinze ou seize ans1 ce service du temple#dj l'a mis en rapport avec tous les fonctionnaires1 avec tous les lvites qui y taient employs3 ,shiloh1 situ en pays montueux et de difficile accs1 pour cause de sret1 n'tait pas une ville1 mais un village dont la population dut se composer uniquement de prtres et de lvites4 ,c'est un tat de choses que l'on retrouve chez tous les anciens o les siges d'oracles1 les foyers de culte taient tenus distance des regards profanes et de l'inspection populaire2 dans tout village1 on sait combien il y a de caquet1 de petites passions1 d'inimitis1 de jalousies2 dans un village de prtres1 qui1 quoique maris1 ne participaient pas moins au caractre des moines1 on sent que si les formes furent plus graves1 le fond ne fut gure moins agit par des tracasseries de tout genre4 ,dans le cas dont je traite1 des circonstances particulires durent y fournir un puissant aliment4 ,le grand-prtre ,hli devenait vieux2 on calculait son successeur3 ses deux fils ,ophni et ,phines avaient aigri les esprits par un genre de vexation qui mrite d'tre textuellement cit3 ,or1 les fils d',hli taient des hommes de vice et de dbauche qui ne connaissaient ni ,dieu1 ni le devoir du prtre envers le peuple4--,lorsqu'un ,hbreu offrait un sacrifice1 le serviteur de l'un d'eux venait l'endroit o l'on faisait cuire la chair 7de la victime72 il plongeait une grande fourchette trois dents1 soit dans la chaudire1 soit dans la marmite1 et tout ce qu'il en pouvait retirer du coup1 il l'emportait pour le prtre2 7de mme7 avant que l'on ft griller les graisses1 il disait3 ,donnez-moi de la chair pour le prtre1 il n'en veut point de cuite1 il la veut crue4 ,l'homme rpondait3 ,laissez-la-moi griller selon l'usage1 et vous en prendrez ce que vous voudrez4--,non1 disait le serviteur1 donnez-la-moi de suite1 ou je la prendrai de force2 et l'on traitait ainsi tous ceux qui venaient ,shiloh4 ,,iv4 ,caractre essentiel du prtre en tout pays2 origine et motifs des corporations sacerdotales chez toute nation4 ,ce rcit naf prsente divers sujets d'instruction3 d'abord il peint la simplicit ou pour mieux dire la grossiret des murs du temps1 trs-analogues au sicle d',homre2 j'ai dit que ce peuple hbreu n'tait compos que d'hommes rustiques1 vivant sur de petites proprits qu'ils cultivaient de leurs mains1 comme font aujourd'hui les ,druzes4 ,la seule classe un peu bourgeoise1 un peu moins ignorante1 tait la tribu des lvites1 c'est--dire des prtres qui vivaient oiseux1 entretenus par les offrandes volontaires ou forces de la nation3 cette classe avait plutt le temps que les moyens d'occuper son esprit4 ,cet esprit se montre ici dans le ton et le style du narrateur qui1 par son instruction en devoirs de prtre1 s'annonce pour un homme du mtier4 ,on peut comparer ce lvite aux moines du huitime et du neuvime sicles1 crivant leurs dvotes chroniques sous les auspices de la superstition et de la crdulit4 ,dans ce mme rcit1 on voit le caractre essentiel du prtre1 dont le premier et constant objet d'attention est cette marmite ou chaudire sur laquelle se fonde son existence1 et cela nous rvle les motifs de tout ce rgime de victimes et de sacrifices qui joue un si grand rle chez les peuples anciens4 ,jusqu'ici je n'avais pu concevoir le mrite et la convenance d'avoir converti les cours et les parvis des temples en boucheries journalires1 en vivanderies permanentes2 je ne conciliais pas l'ide du hideux spectacle de ces gorgements d'animaux sensibles1 de ce versement de flots de sang1 de ce nettoiement d'entrailles1 avec les ides que nous nous faisons de la majest1 de la bont divines qui repoussent si loin les besoins grossiers que supposent ces pratiques4 ,en rflchissant ce qui se passe ici1 je vois maintenant la solution trs-naturelle de l'nigme2 je vois que dans leur tat primitif1 les anciens peuples ont t1 comme sont encore les ,tartares d',asie et leurs frres nos sauvages d',amrique1 des hommes froces luttant incessamment contre des dangers1 contre des besoins dont la violence exaltait tous les sentiments2 des hommes habitus verser le sang raison de la chasse sur qui se fondait leur subsistance3 dans cet tat1 les premires ides qu'ils se sont faites1 les seules qu'ils aient pu se faire de la ,divinit1 ont t de se la reprsenter comme un tre plus puissant qu'eux1 mais raisonnant et sentant comme eux1 ayant leurs passions et leur caractre3 l'histoire entire dpose de la vrit de ce fait4 ,par suite de ce raisonnement1 ces sauvages crurent que tout fcheux accident1 tout mal qui leur arrivait1 avait pour cause intime la haine1 le ressentiment1 l'envie de quelque agent cach1 de quelque pouvoir secret irascible1 vindicatif comme eux-mmes et consquemment susceptible comme eux d'tre apais par des prires et par des dons4 ,de cette ide naquirent ces habitudes spontanes d'offrandes religieuses dont la pratique se montre chez presque tous les sauvages anciens et modernes2 mais parce qu'en tout temps1 en toute socit1 il nat ou il se forme des individus plus subtils1 plus madrs que la multitude1 il se sera de bonne heure trouv quelque vieux sauvage qui1 ne partageant point cette croyance ou s'en tant dsabus1 aura conu l'ide de la tourner son profit1 et aura suppos avoir des moyens secrets1 des recettes particulires pour calmer la colre des dieux1 des gnies ou esprits1 et pour se les rendre propices3 l'ignorance vulgaire1 toujours crdule1 surtout lorsqu'elle est mue de crainte ou de dsir1 se sera adresse ce mortel favoris1 et voil un mdiateur constitu entre l'homme et la ,divinit3 voil un voyant1 un jongleur1 un prtre comme en ont tous les ,tartares1 comme en ont la plupart de nos sauvages et des peuples ngres3 ces jongleurs auront trouv commode de vivre ainsi aux dpens d'autrui1 et ils auront cultiv et perfectionn leur art de faire des illusions1 des tromperies3 la fantasmagorie sacerdotale sera ne4 ,aujourd'hui que ses moyens physiques nous sont connus1 nous apercevons ses artifices dans les prodiges des anciens oracles1 dans les miracles de l'ancienne magie4 ,a l'poque o le mtier devint avantageux1 il se fit des associations d'adeptes1 et le rgime de ces associations devint la base du sacerdoce3 or1 comme ces corporations de devins1 de voyants1 d'interprtes et de ministres des dieux1 employaient tout leur temps leurs fonctions publiques1 leurs pratiqus secrtes1 il fut ncessaire que leur subsistance journalire et annuelle ft organise en systme rgulier2 alors le rgime jusque-l casuel des offrandes et des sacrifices volontaires fut constitu en tribut obligatoire par conscience1 rgulier par lgislation2 le peuple amena au pied des autels1 au parvis des temples l'lite de ses brebis1 de ses agneaux1 mme de ses bufs et de ses veaux2 il apporta de la farine1 du vin1 de l'huile3 la corporation sacerdotale eut des rentes1 la nation eut des crmonies1 des prires1 et tout le monde fut content4 ,le reste n'a pas besoin d'explication#da3 seulement je remarque que la division des animaux en purs et impurs parat driver de leur bont comme mangeables1 ou de leur inconvenance comme nuisibles ou dsagrables manger3 voil pourquoi le bouc puant tait jet dans le dsert2 pourquoi le vieux blier coriace et suiveux tait brl sans reste2 pourquoi le porc ladre et donnant la gale tait honni2 mais c'est assez parler de la cuisine des prtres de ,shiloh1 suivons leur histoire4 ,v4 ,manuvres secrtes en faveur de ,samuel4--,quel a pu en tre l'auteur8 ,or ,hli tait trs-vieux2 il apprit ce que faisaient ses fils2 il leur en fit des reproches1 mais ils ne l'coutrent point1 parce que ,dieu voulait les tuer4 ,quelle pense sclrate et perverse6 endurcir les gens pour les tuer6 mais qui ,dieu a-t-il dit sa pense8 si c'est l'homme seulement1 si c'est au prtre qui nous la rpte1 n'avons nous pas droit de l'attribuer ce porteur de parole lui-mme1 ce soi-disant interprte8 ,il est clair que ceci ne vient point de ,dieu1 mais d'une bouche juive1 d'un cur hbreu fanatique et froce1 plein des passions et des prjugs qu'il place dans son idole4--,revenons ,samuel4 ,il s'avanait 7en annes71 et croissait1 dit le texte1 et il tait agrable ,dieu et aux hommes4 ,ici1 toutes les traductions commettent une erreur2 elles qualifient ,samuel d'enfant2 ce n'est pas l le sens du mot hbreu nar2 il signifie jeune homme adolescent1 et il peut s'appliquer jusqu' l'ge de vingt vingt-cinq ans2 la preuve en est que le texte l'applique l'cuyer qui accompagne ,jonathas dans un coup de main militaire des plus audacieux2 ,david quand il est prsent ,sal comme un sujet dja fort et propre la guerre2 aux serviteurs des prtres qui parlent de prendre la chair par violence3 toutes ces applications ncessitent un ge de vingt ans au moins4 ,samuel n'a pu en avoir moins l'poque dont nous parlons1 et il a pu en avoir jusqu' vingt-quatre1 comme il rsulte du calcul de sa vie2 car1 sous peu1 nous allons voir prir ,hli trs-vieux2 vingt ans et sept mois aprs1 ,samul va commencer sa propre judicature jusqu' ce qu'il devienne assez vieux pour vouloir se substituer ses enfants1 et il vivra encore environ dix-huit ans sous ,sal3 enfin il mourut trs-g4 ,supposons-lui vingt ans d'administration1 plus ces dix-huit ans1 plus les vingt entre son avnement et la mort d',hli1 voil cinquante-huit ans2 l'on ne peut lui donner moins de vingt vingt-deux ans la mort d',hli1 pour faire soixante-dix-huit ou quatre-vingts ans qu'exige sa vie4 ,a cet ge de vingt-deux ans il a t dja capable de beaucoup de calculs et de raisonnements2 il a t nourri de tous les discours1 de toutes les plaintes1 de toutes les intrigues1 de tous les projets du cercle sacerdotal dans lequel il vivait3 il a entendu les vux souvent forms de voir exclure les enfants d',hli2 de voir apparatre un de ces hommes de ,dieu envoys de temps autre pour sauver le peuple d',isral2 il a su ce qu'il fallait pour tre un homme de ,dieu1 pourquoi ne se serait-il pas lui-mme trouv propre jouer ce rle8 ,la suite du rcit va nous claircir cette question4 ,sur ces entrefaites arrive un incident singulier2 un homme de ,dieu#db vient trouver ,hli2 il lui reproche au nom de ,jehovah ou ,jehwh les prvarications de ses enfants3 il lui annonce qu'ils ne lui succderont point1 et que ,jehwh s'est choisi un autre prtre fidle4 ,je couperai1 dit ,dieu1 ton bras 7c'est--dire ton pouvoir7 et le bras de ta maison1 en sorte qu'elle n'aura point de vieillards4 ,le signe que j'en donnerai sera que tes deux enfants ,ophni et ,phines mourront en un mme jour2 et je me susciterai un prtre selon mon cur et mon esprit pour gouverner pendant toute sa vie4 ,les gens de ta maison viendront se courber devant lui1 et lui offrir une petite pice d'argent en le priant de les admettre au service du temple4 ,que de choses noter dans ce rcit6 ,d'abord voici un tte--tte divulgu2 par qui8 ,hli ne s'en sera pas vant3 c'est donc l'homme de ,dieu qui l'a bruit4 ,quel intrt a-t-il eu de prparer les esprits un changement dsir de plusieurs1 mme du plus grand nombre8 ,en sa qualit de prophte et de prdiseur1 cet homme de ,dieu a d connatre le successeur annonc1 dja prsum2 n'agirait-il pas dja de concert avec lui8 ,sa prdiction va se trouver faite en faveur de ,samuel4--,samuel ne jouerait-il pas un rle en cette affaire8 ,l'axiome de droit dit3 ,celui-l a fait qui a eu intrt de faire2 ici ne serait-ce pas ,samuel mme8 ,notez qu',hli tait aveugle1 et qu'on a pu lui parler sans qu'il ait reconnu la personne4 ,il y a ici manuvre de fourberie2 ,samuel n'est pas atteint1 mais il est prvenu4 ,quant la prdiction de la mort des deux fils d',hli en un mme jour1 on sent combien il a t facile l'crivain ou au copiste de l'interpoler aprs coup3 o est le procs-verbal primitif8 ,suivons le rcit4 ,chap4 #c4 ,or ,samuel servait ,dieu prs d',hli 7il faisait le service du temple71 la parole de ,dieu tait rare en ce temps-l2 il n'apparaissait plus de visions#dc4 ,les yeux d',hli s'taient obscurcis1 il ne voyait plus2 et il arriva 7une nuit7 qu',hli tait couch en son lieu2 la lampe n'tait pas teinte et ,samuel tait aussi couch dans le temple du 7dieu7 ,jehwh1 o est l'arche sainte2 et ,dieu appela ,samuel lequel courut vers ,hli et lui dit3 ,me voil2 tu m'as appel4--,non1 dit ,hli1 je ne t'ai point appel1 retourne et dors4 ,une seconde fois ,jehwh appela ,samuel1 et ,samuel courut vers ,hli qui dit encore3 ,je ne t'ai point appel2 retourne et dors4 ,or ,samuel ne connaissait point encore la parole de ,dieu4 ,appel une troisime fois1 il courut encore vers ,hli qui comprit alors que c'tait ,dieu qui l'appelait4 ,retourne1 dit-il2 si l'on t'appelle de nouveau2 rponds3 ,parle1 ,jehwh1 ton serviteur coute4 ,samuel retourna se coucher et 7le dieu7 ,jehwh vint se poser debout et il lui cria deux fois1 ,samuel2 et ,samuel rpondit3 ,parle1 ton serviteur coute4 7,voyez la note n #b47 ,pour abrger ce rcit1 il suffit de dire que le dieu ,jehwh rpta en substance ce que l'homme de ,dieu avait dja dit ,hli1 savoir3 qu' raison des prvarications de ses enfants et de sa faiblesse ne pas les rprimer1 il avait supplant sa maison et qu'il lui substituerait un tranger dans le pouvoir suprme4 ,le lendemain matin1 ,samuel resta silencieux sur la chose1 mais ,hli le fora de tout lui rciter4 ,aprs l'avoir entendu1 le vieillard se contenta de dire3 ,il est ,jehwh 7le matre71 il fera ce qui sera bon ses yeux4 ,maintenant1 pour apprcier cette histoire1 je ne veux point raisonner sur le fond du fait4 ,dieu1 venir dans une chambre1 se poser debout distance d'un lit1 parler comme une personne de chair et d'os2 que pourrais-je dire qui croirait un tel conte8 ,je ne m'occupe que de la conduite et du caractre de ,samuel2 et d'abord1 je demande qui a vu1 qui a entendu tout ceci et surtout qui l'a racont1 qui l'a bruit et rendu public8 ,ce n'est pas ,hli2 ce ne peut tre que ,samuel seul1 qui est ici acteur1 tmoin1 narrateur2 lui seul a eu intrt de faire1 intrt de raconter3 sans lui1 qui et pu spcifier tous les menus dtails de cette aventure#dd8 ,il est vident que nous avons ici une scne de fantasmagorie du genre de celles qui ont eu lieu chez tous les peuples anciens1 dans les sanctuaires des temples et pour l'mission des oracles4 ,le jeune adepte y a t encourag par la caducit1 par la faiblesse physique et morale du grand-prtre ,hli2 peut-tre par l'instigation de quelques personnages cachs sous la toile1 ayant des intrts1 des passions que nous ne pouvons plus juger2 nanmoins le plus probable est que ,samuel ne s'est fi personne1 et ce que par la suite nous verrons de sa profonde dissimulation fixe la balance de ce ct4 ,la divulgation n'a pas t difficile2 il aura suffi de quelques confidences un serviteur1 un ami dvou1 une vieille ou une jeune prtresse1 pour que l'apparition de ,dieu1 pour que son oracle venu de l'arche sainte se soit rpandu en acqurant de bouche en bouche une mystrieuse intensit de certitude et de croyance4 ,or1 ,samuel grandit1 ajoute le texte1 et ,dieu fut avec lui1 et aucune de ses paroles ne tomba par terre2 et tout ,isral connut qu'il tait devenu prophte de ,dieu2 et ,dieu continua d'apparatre dans ,shiloh4 ,sur ce mot1 prophte1 j'observe que le narrateur nous dira bientt qu' cette poque le terme hbreu nabia1 employ ici1 n'tait point connu2 que l'on ne se servait que du mot rh qui signifie voyant4 ,nous avons donc ici un crivain posthume qui a rdig son gr les mmoires que ,samuel ou autres contemporains avaient composs au leur4 ,il lui a plu d'tablir en fait positif la croyance de tout ,isral en ce conte2 mais il est seul dposant1 il n'est pas mme tmoin4 ,si nous avions de ce temps-l des mmoires de plusieurs mains1 nous aurions matire juger raisonnablement3 dja nous en avons le moyen dans le verset o il nous dit que depuis du temps la parole de ,dieu tait devenue rare et qu'il n'apparaissait plus de visions3 pourquoi cela8 parce qu'il y avait des incrdules2 parce qu'il tait arriv des scandales1 de faux oracles1 des divulgations de supercheries sacerdotales qui avaient veill le bon sens de la classe riche ou aise du peuple4 ,l'aveugle et fanatique croyance tait reste1 comme il arrive toujours1 dans la multitude2 ce fut sur elle que ,samuel compta1 et nous verrons lors de l'installation de ,sal1 qu'il eut toujours contre lui un parti de non croyants assez puissant pour l'obliger beaucoup de mnagements1 pour l'obliger mme se dmettre4 ,,vi4 ,nouvelle servitude des ,hbreux4--,samuel dans sa retraite prpare leur insurrection et devient sufte ou juge4--,superstition du temps4 ,a l'poque o nous sommes1 c'est--dire aprs sa vision1 voil ,samuel candidat sur le trottoir de la puissance2 le peuple s'occupe de lui3 on attend les vnemens3 ,hli tout vieux peut mourir chaque instant2 le temps s'coule2 supposons1 un ou au plus deux ans1 ,samuel a eu vingt-deux ans1 ou au plus vingt-quatre2 une guerre survient1 les ,philistins1 par motif quelconque1 la dclarent3 les ,hbreux s'assemblent2 une bataille se livre au lieu nomm ,aphek2 ils sont battus2 leurs dvots imaginent d'amener l'arche dans le camp1 afin que ,dieu ,jehwh pulvrise les ,philistins2 ceux-ci d'abord effrays reprennent courage3 ils taillent en pices les ,hbreux1 ils s'emparent de l'arche1 l'emmnent dans leur pays et soumettent tout ,isral au tribut4 ,dans cette bataille1 les deux fils d',hli sont tus2 le vieillard rest ,shiloh apprend sur son haut sige de juge tout ce dsastre2 frapp de dsespoir1 il tombe renvers1 se disloque la nuque et reste mort3 le sige est vacant1 ouvert ,samuel2 mais sa fine prudence juge le moment trop orageux3 il se retire sans bruit en son pays1 esprant avec raison que le peuple malheureux1 vex par l'ennemi1 ne sera que mieux dispos recevoir un librateur quand il sera temps4 ,ce temps fut long2 ,samuel eut le loisir et la ncessit de prparer de longue main les moyens qui effectivement le ramenrent sur la scne1 comme nous le verrons4 ,ce qui se passa dans cet intervalle ne lui est pas directement relatif1 mais parce qu'il offre une vive image de l'esprit du temps1 il mrite de prendre place ici4 ,l'arche du ,dieu des ,juifs tait aux mains profanes des ,philistins2 il semblerait que ce peuple ennemi et d profiter de l'occasion de dtruire ce talisman dont il tait lui-mme pouvant2 mais cette poque la superstition tait commune tout peuple1 et chez tout peuple la corporation des prtres avait un intrt commun l'entretenir1 de peur que le mpris d'une idole trangre n'ament des guerriers farouches examiner de plus prs l'idole indigne4 ,l'arche est donc respecte2 les prtres philistins la placent dans le temple de leur dieu ,dagon en la ville d',azot4 ,le lendemain en se levant1 les gens d',azot trouvent l'idole de ,dagon tombe sur le visage 7posture d'adoration7 ct de l'arche2 ils relvent l'idole et la replacent2 le lendemain ils la retrouvent tombe1 encore2 mais cette fois ses mains et sa tte1 spares du corps1 taient poses sur le seuil du temple4--,on peut juger de la rumeur4 ,d'o vint ce tour d'audace et de fourberie secrte8 quelque ,juif s'tait-il introduit dans la ville avec cette ruse1 avec cette habilet de filouterie dont les ,arabes et les paysans d'gypte et de ,palestine donnent encore de nos jours d'tonnants exemples8 ,cela serait possible2 le fanatisme a pu y conduire2 il parat que le temple n'avait point de sentinelles1 que mme il tait ouvert4 ,la scurit de la victoire aura banni toute vigilance2 d'autre part ne serait-il pas possible que mme les prtres de ,dagon eussent calcul cette fourberie par le motif que j'ai indiqu ci-dessus8 ,leur conduite subsquente1 tout--fait partiale1 va rendre cette alternative la plus probable4 ,le peuple d',azot n'a point d croire son ,dieu assez impuissant pour se laisser traiter ainsi par une force humaine2 il aura dit1 c'est ,dagon lui-mme qui explique sa volont1 qui dclare son respect pour son frre le ,dieu des ,juifs2 il ne veut point le tenir captif4 ,l'alarme se rpand1 les prdiseurs annoncent quelque calamit1 suite de la colre cleste2 survient une maladie pidmique d'intestins 7notez qu'en ce pays1 les hernies et les dyssenteries sont communes71 puis une irruption de rats et de mulots destructeurs2 les ttes s'chauffent2 tout est attribu la captivit de l'arche2 le peuple du lieu demande sa sortie2 le peuple d'une autre ville o on la mne1 apprenant le motif1 en conoit un surcrot d'alarme2 la maladie survient par contagion3 la terreur devient gnrale4 ,enfin1 aprs sept mois de dportation1 les chefs militaires des ,philistins appellent devant eux leurs prtres et leurs devins2 ils leur demandent ce qu'ils doivent faire de l'arche2 c'tait le cas de la brler2 mais remarquez la rponse des prtres2 ils conseillent non-seulement de la renvoyer1 mais encore d'y joindre une offrande expiatoire du pch des guerriers4 ,ceux-ci 7par un cas assez commun71 non moins crdules que braves1 demandent3 ,quelle offrande8 ,les prtres rpondent3 ,faites fabriquer cinq anus d'or et cinq rats aussi d'or1 selon le nombre de vos principauts1 pour calmer le ,dieu des ,hbreux4 ,pourquoi avez-vous endurci vos curs comme le roi d'gypte8 ,vous avez t frapps comme lui2 renvoyez de mme l'arche du ,dieu des ,hbreux4 ,ici l'esprit et le systme des prtres sont vidents2 ils nourrissent la crdulit publique en faveur de leur pouvoir particulier1 aux dpens mme des intrts de leur propre nation2 n'ai-je pas eu raison de dire que le tour jou ,dagon est venu de leur main8 ,la rentre de l'arche chez les ,hbreux est1 comme de raison1 accompagne de prodiges2 mais leur existence prouverait encore plus le manque de jugement de l'crivain que la crdulit du peuple4 ,cet crivain veut que dans un seul village1 o la curiosit engagea les paysans regarder dans l'arche1 ,dieu ait frapp de mort cinquante mille de ces curieux3 dans le style sacerdotal c'est toujours ,dieu qui tue1 qui extermine2 mais comme en ce pays-l il n'y a et il n'y eut jamais de village de cinq mille mes1 ni mme de trois mille1 il est clair qu'on doit supprimer plusieurs zros et peut-tre tous2 le but de notre lvite a t d'effrayer le vulgaire et de tuer cet esprit de recherche et d'examen qui est l'effroi des imposteurs et des charlatans4 ,l'arche fut dpose au village de ,gabaa o elle resta paisible pendant vingt ans4 7,voy4 le ch4 #g1 v4 #b47 ,a la mort d',hli1 ,samuel en avait vingt-deux vingt-quatre2 il tait donc maintenant g de quarante-deux quarante-quatre ans1 dans la vigueur de l'esprit et de la maturit du jugement4 ,comment avait-il pass ce long intervalle8 ,le livre ne nous le dit pas1 parce qu'il n'est habituellement qu'une chronique sche1 un vrai squelette dpouill de ses ligaments2 mais l'issue va nous prouver qu'il n'avait pas perdu son temps4 ,les circonstances taient difficiles2 les ,hbreux1 accabls de deux dfaites meurtrires1 n'avaient plus de force morale ni militaire2 l'ennemi1 matre du pays1 surveillait tous leurs mouvements2 sa jalousie ne leur permettait pas mme d'avoir des forgerons1 de peur qu'ils ne fissent des armes2 sa politique les puisait par des tributs de toute nature1 les divisait par des prfrences perfides4 ,samuel1 retir dans son pays natal o il avait apport sa rputation de prophte1 ne put manquer d'y avoir des envieux1 des ennemis4 ,o est-on prophte moins qu'en son pays8 ,il fallut calmer les passions domestiques1 endormir l'espionnage tranger1 dissimuler son crdit1 sa capacit1 et cependant prparer sous main les moyens de secouer un joug insupportable par une rvolte inattendue qui n'allt pas tre un coup manqu4 ,en effet1 au bout des vingt ans cits1 cette rvolte clate2 tout coup un cri de guerre appelle1 assemble les ,hbreux au camp de ,maspha#de4 ,les ,philistins arrivent bientt pour les combattre4 ,a la guerre1 un des premiers moyens de succs est dans la confiance de l'homme qui se bat1 surtout s'il n'a pas l'habitude et l'art de se battre2 ici ce n'taient que des paysans levs en masse1 prcisment comme sont encore les ,druzes actuels4 ,en de tels hommes la confiance nat de l'ide qu'ils se font de l'habilet de leur chef et de la bont de leur position2 ,samuel qui eut le choix de ces deux moyens1 eut dja un grand avantage2 le local de ,maspha1 coup de ravins et de coteaux1 au bord d'une plaine1 le mit en mesure d'accepter ou de refuser le combat2 ainsi post1 on sent qu'il attend le moment favorable4 ,il connat l'extrme superstition des deux partis combattants2 il lui faut quelques prodiges1 quelques presages semblables ceux de tous les anciens peuples2 il pie ce qui l'entoure2 il aperoit dans l'atmosphre une indication d'orage2 des gens aposts le pressent d'invoquer ,dieu en faveur du peuple chri2 il annonce un sacrifice1 il immole un agneau2 il invoque ,jehwh grand cris2 les ,philistins commencent l'attaque2 le tonnerre clate2 les ,juifs sont persuads que ,dieu rpond son prtre2 ils chargent avec transport1 et l'ennemi est battu4 ,telle est la substance du chapitre #g1 revtue des probabilits omises par le narrateur4 ,le succs de cette journe fut tel1 que les ,philistins vaincus rendirent les bourgs qu'ils avaient depuis long-temps usurps1 et cessrent de troubler le peuple hbreu qu'ils avaient domin4 ,ici commence la judicature de ,samuel1 c'est--dire l'exercice de ce pouvoir suprme vers lequel il tendait depuis si long-temps4 ,cette victoire de ,maspha l'tablit en une position nouvelle et meilleure2 mais il ne faut pas s'y tromper3 dans un tat dmocratique comme tait celui des ,hbreux1 chez un peuple de paysans rpandus sur un territoire coup de montagnes1 de bois1 de ravins1 o chaque famille vivait sur sa proprit1 o il n'existait ni subordination municipale1 ni force militaire organise1 ni mme une seule ville ayant une masse de six mille habitants1 on sent que l'exercice du pouvoir tait soumis une opinion morcele1 flottante1 susceptible de beaucoup de vicissitudes4 ,la seule superstition tait le lien gnral et commun2 mais cette superstition n'est pas toujours un obstacle la lutte des intrts et des passions4 ,dans un tel ordre de choses1 on ne peut disconvenir que ,samuel n'ait gouvern avec prudence et talent1 puisque tout le temps de son administration fut paisible au dedans et au dehors2 la preuve de cette paix est que le narrateur passe sans aucun dtail nous dire que ,samuel ne cessa plus de juger1 et qu'tant devenu vieux1 il tablit ses enfants juges ct de lui 7pour les prparer lui succder74 ,cette dure non exprime comporte une vingtaine d'annes1 ce qui donne un ge de soixante-deux soixante-quatre ans ,samuel1 au moment o1 contre son attente1 on va le forcer de nommer un roi4 ,,vii4 ,le peuple rejette les enfants de ,samuel et le force de nommer un roi4--,samuel a exerc la profession de devin4 ,ce contre-temps auquel il parat que sa divination ne s'tait pas attendue1 fut caus par la mauvaise conduite de ses enfants1 qui1 semblables ceux d',hli1 trouvrent le secret d'irriter1 de scandaliser le peuple par leurs vexations1 leurs dbauches1 leur impit2 de manire que nous voyons ici ce mcanisme gnral de l'espce humaine1 qui1 sans jamais profiter de l'exemple et de l'exprience1 retombe toujours dans le cercle des mmes habitudes1 des mmes passions4 ,les pres arrivent au pouvoir par beaucoup de peines et de soins2 les enfants1 ns dans l'abondance1 se livrent aux carts et aux habitudes vicieuses qu'engendre la prosprit2 nanmoins1 il est croire que dans cette occasion1 le mcontentement de la multitude fut aliment par l'opposition et la haine secrtes de familles puissantes1 peut-tre mme sacerdotales1 choques d'avoir pour chef et matre un homme de bas tage1 un intrus4 ,il est remarquer qu'encore aujourd'hui1 chez les ,druzes et chez les ,arabes1 ce prjug de famille ancienne1 de famille riche et pour ainsi dire noble1 exerce une grande influence sur l'opinion populaire4 ,toujours est-il vrai qu' l'poque dont il s'agit1 une sorte de conspiration fut forme1 puisque1 selon l'historien1 une dputation des anciens d',isral vint trouver ,samuel sa rsidence paternelle de ,ramatha pour lui demander un roi1 un gouvernement royal constitu comme chez les peuples voisins1 dont l'exemple gnral lui fut allgu4 ,la rponse qu'il fit cette dputation1 les dtails de la conduite qu'il tint en cette affaire1 dclent le dpit d'une ambition trompe1 d'un orgueil profondment mcontent2 il lui fallut plier sous la force1 cder la ncessit2 mais nous allons le voir dans l'excution porter un esprit de ruse1 mme de perfidie1 qui1 par son analogie avec ses aventures du temple1 ses prtendues visions et rvlations nocturnes1 met dcouvert tout son caractre4 ,on le force de nommer un roi2 il pourrait1 il devrait par conscience choisir l'homme le plus capable par ses talents1 par ses moyens de tout genre1 de remplir ce poste minent2 point du tout3 un tel homme rgnerait par lui-mme et ne lui obirait pas2 il lui faut un sujet docile2 il le cherche dans une famille de bas tage1 sans crdit1 sans entours1 ayant la vrit cet extrieur qui en impose au peuple1 mais quant au moral1 n'ayant que la dose de sens ncessaire un cours de choses ordinaires1 en sorte qu'un tel homme aura le besoin de recourir souvent un bienfaiteur qui conservera la haute main4 ,samuel1 en un mot1 va chercher un bel homme de guerre qui sera son pouvoir excutif1 son lieutenant1 tandis que lui continuera d'tre le pouvoir lgislatif1 le rgnant4 ,voil le secret de toute la conduite que nous allons lui voir tenir dans l'lection de ,sal1 puis dans la disgrace de ce roi et dans la substitution de ,david1 laquelle fut un dernier trait de machiavlisme sacerdotal4 coutons l'historien dont le rcit est toujours d'une navet instructive et piquante4 ,il y avait dans la tribu de ,benjamin un homme appel ,kis1 grand et fort2 son fils nomm ,sal1 tait le plus bel homme des enfants d',isral2 sa taille tait plus haute de toute la tte que celle ordinaire4 ,il arriva que les nesses de ,kis disparurent un jour2 il dit son fils de prendre un valet et d'aller ensemble leur recherche4 ,ils traversrent la montagne d'phram1 puis le canton de ,shelshah1 sans rien trouver1 puis encore le canton de ,salim et celui de ,iemini2 quand ils furent celui de ,souf1 o vivait ,samuel1 ,sal voulut s'en retourner1 mais son valet lui dit3 ,il y a ici dans le bourg un homme de ,dieu trs-respect2 tout ce qu'il dit arrive3 allons le consulter1 il nous clairera4 ,sal rpondit3 ,nous n'avons rien lui prsenter#df4 ,j'ai sur moi un quart de sicle d'argent1 reprit le valet1 je le donnerai au voyant2 car alors1 dit le texte1 on appelait voyant 7rh7 ce qui aujourd'hui s'appelle prophte 7nabi74 ,notez bien ces dtails2 c'est--dire qu'en ces temps d'ignorance gnrale et de crdulit rustique1 le peuple hbreu partageait avec les ,grecs d',homre1 avec les ,romains de ,numa1 avec tous les peuples de l'antiquit1 la ferme croyance aux devins1 aux diseurs d'oracles et de bonne aventure1 et que ,samuel fut un de ces devins-l4 ,nos biblistes s'efforcent vainement d'imaginer des diffrences entre la divination des ,juifs et celle des ,paens#dg2 ce sont des subtilits sans fondement4 ,les murs tant religieuses que civiles furent les mmes2 les livres des ,juifs en fournissent la preuve chaque page1 jusque dans le reproche perptuel d'idoltrie qui leur est fait par leurs propres crivains2 oui1 cette manie de connatre l'avenir1 qui est dans le cur humain1 cet art fripon de s'en prvaloir pour se faire des rentes sur la crdulit1 sont des maladies pidmiques qui n'ont pas cess de rgner dans toute l'antiquit4 ,voyez le tableau que ,cicron en trace dans son curieux livre de la ,divination2 voyez comment1 sous le nom d',atticus1 il nous dpeint1 non le bas peuple seulement1 mais les gouvernants1 les philosophes entts de cette croyance1 et la soutenant d'un appareil d'arguments qui branlerait encore aujourd'hui bien des gens qui s'en moquent2 et comment cette croyance n'et-elle pas domine dans les temps passs1 lorsque de nos jours1 au milieu de nos sciences et des nombreuses classes d'hommes clairs qui rsultent du moderne systme social1 elle n'est pas teinte et se retrouve encore dans les campagnes de l',italie1 de la ,suisse1 de la ,france mme o l'on consulte le sorcier2 lorsque les villes sont remplies de tireurs de cartes1 et qu'au sein mme des capitales il n'a cess d'exister des devins et des devineresses1 des voyants mles et femelles1 consults par les bourgeois comme par les artisans1 par les riches comme par les pauvres1 par les gens d'glise mme comme par les laques#dh4 ,il ne faut donc pas s'tonner que chez les montagnards juifs cette croyance ait t gnrale1 habituelle et mme autorise2 car ou voit leur roi ,sal consulter une femme devineresse1 une vraie pythie delphique 7chap4 #bh71 pour lui faire apparatre ,samuel4 ,du temps de ,jrmie1 le roi ,josias et les prtres vont consulter la devineresse ,holdah4 ,ce serait un utile et curieux travail en ce temps-ci de traiter de nouveau et fond le sujet des devins1 des oracles1 des revenants1 des esprits ariens1 sujet que dans le sicle dernier des savants tels que le hollandais ,van-,dale et le franais ,fontenelle#di n'ont pu qu'effleurer2 il en rsulterait sur les procds des anciens serviteurs et agents des temples1 sur le systme de fourberie gnralement adopt par les ministres des cultes de toute secte1 un jour de reflet dont le sicle prsent1 malgr son orgueil1 prouve encore le besoin4 ,mais je ne veux pas perdre de vue mon sujet2 je reviens ,sal et son valet1 en chemin pour consulter le voyant4 ,ils montent vers le bourg2 ils rencontrent des femmes et des filles qui venaient la fontaine chercher de l'eau2 ils leur disent3 ,le voyant est-il ici8 ,elles rpondent3 ,il y est venu1 parce qu'il fait aujourd'hui un sacrifice sur le haut lieu2 en vous pressant1 vous le trouverez avant qu'il y arrive pour manger1 car il a invit du monde4 ,ils entrent1 et bientt ils trouvent ,samuel qui venait en face d'eux1 s'acheminant vers le haut lieu4 ,or ,dieu avait le jour prcdent rvl ,samuel l'arrive de ,sal1 en lui disant3 ,demain je t'enverrai l'homme de ,benjamin que tu sacreras chef de mon peuple2 et ,samuel ayant regard ,sal1 ,dieu lui dit 7 l'oreille73 ,voil cet homme4 ,sal s'avana et dit ,samuel3 ,indiquez-moi le logis du voyant4 ,samuel rpondit3 ,c'est moi2 montez devant moi au lieu haut1 vous mangerez aujourd'hui avec moi2 demain je vous renverrai aprs vous avoir dit tout ce qui est dans votre cur2 quant vos nesses gares depuis trois jours1 n'en prenez souci1 elles sont trouves4 ,eh6 tout ce qu'il y a de bon et de meilleur dans ,isral1 qui sera-t-il1 sinon vous et la maison de votre pre8 ,sal 7tonn7 rpondit3 ,ne suis-je pas un ,benjamite de la moindre tribu d',isral1 et des moindres familles de la tribu8 ,pourquoi me parlez-vous de la sorte8 ,et ,samuel fit entrer ,sal et son valet dans la salle du repas o taient environ trente convives2 et ,samuel dit au cuisinier3 ,donnez ces deux trangers le morceau que je vous ai fait mettre part2 et le cuisinier leur donna une paule entire 7de mouton7#ej4 ,ensuite tant revenus au bourg1 ,samuel entretint ,sal sur la terrasse 7toute la soire71 et1 la pointe du jour1 ,samuel vint dire ,sal3 ,vous pouvez partir4 ,et comme ils descendaient du bourg1 il lui dit encore3 ,faites passer votre valet devant nous1 mais vous1 restez ici1 j'ai vous dire la parole de ,dieu4 ,que pensez-vous1 mon ami1 de tout ce narr8 ,croyez-vous que ce soit par hasard que les nesses de ,kis aient disparu1 et que ,sal ait t amen la maison de ,samuel8 ,permis ceux qui croient aux voyants1 aux devins1 et la surveillance particulire du ,dieu de l'univers pour faire retrouver des nesses2 mais pour qui n'a pas perdu ou abjur le sens le plus commun1 il est clair que tout ceci est une manuvre astucieuse1 secrtement ourdie pour arriver un but projet4 ,on ne peut douter que ,samuel1 homme si rpandu dans ,isral1 n'ait dja connu la personne de ,sal2 il a cru son caractre propre ses fins2 mais pour s'en assurer prcisment1 il a fallu causer avec lui2 il n'a pu dcemment aller le trouver1 il a d le faire venir2 il a dit un dvou1 comme en ont toujours les hommes de cette trempe3 ,dieu veut prouver son serviteur ,kis2 va1 dtourne ses nesses1 et mne-les tel endroit4 ,l'homme a obi3 voil ,sal en recherche4 ,il ne trouve rien4 ,en pareil cas1 combien de paysans suisses1 bavarois1 tyroliens1 bretons1 vendens1 iraient chez le devin8 ,or rien de plus facile ce devin que d'aposter des gens sur la route que dut suivre ,sal2 elle tait prvue par ,samuel2 il projeta le sacrifice et le repas1 d'aprs ce calcul2 la portion mise part pour un convive absent en est la preuve4 ,lorsqu'il a eu ,sal en sa maison1 il a employ la soire le sonder de toutes manires2 il l'a prpar son nouveau rle2 finalement1 il carte le serviteur1 et mystrieusement1 sans tmoin1 il excute la grande1 l'importante crmonie de lui verser un peu d'huile sur la tte1 7notez bien cette circonstance1 il l'oint sans tmoins1 en secret1 pour un effet qui sera public72 il lui donne un baiser1 dit le texte2 il lui dclare que de ce moment ,dieu l'a sacr roi incommutable1 ineffaable d',isral4 ,a ce point de leur intimit1 on sent que la confidence a t complte3 ,sal a connu et accept les propositions et les conditions de ,samuel4 ,celui-ci1 qui a mesur l'esprit de son client1 pour le subjuguer de plus en plus1 lui fait diverses prdictions d'un accomplissement immdiat4 ,en retournant chez vous1 lui dit-il1 vous allez rencontrer tel endroit deux hommes qui vous diront que votre pre a retrouv les nesses2 plus loin1 vous trouverez trois hommes allant ,beitel3 ils vous diront telle chose1 ils vous feront tel prsent4 ,plus loin1 la colline des ,philistins1 vous trouverez la procession des prophtes descendant du haut lieu1 au son des lyres1 des tambours 7de basque71 des fltes 7 sept tuyaux7 et des guitares4 ,l'esprit de ,dieu vous saisira2 vous prophtiserez avec eux1 et vous serez chang en un autre homme4 ,quand ces signes vous seront arrivs1 vous ferez ce que vous voudrez4 ,dieu sera avec vous2 vous viendrez me trouver ,galgala pour faire un sacrifice2 j'y descendrai pour faire les offrandes pacificatoires2 vous attendrez sept jours mon arrive1 et je vous ferai connatre ce que vous ferez4 ,sal s'en alla1 et tout ce que lui avait prdit ,samuel lui arriva4 ,si l'on prend garde1 on ne verra l rien de miraculeux2 il fut facile ,samuel d'organiser toutes ces rencontres1 et mme de calculer le temps et le lieu de la procession des prophtes1 crmonie religieuse1 qui1 par cette raison1 dut avoir ses jours et heures fixes4 ,,viii4 ,qu'tait-ce que les prophtes et la confrrie des prophtes chez les anciens ,juifs8 ,autre fois je ne comprenais point ce que pouvaient tre ces prophtes formant un cordon#ea1 une file d'hommes nus ou presque nus1 dansant1 chantant1 chevels1 marchant au son des instruments 7comme ,david devant l'arche74 ,je ne pouvais allier cette ide avec celle que je me faisais d',isae1 de ,jrmie1 d',amos1 de ,nahum1 etc41 qui nous sont peints comme des hommes graves1 coutant en silence le souffle de vrits sublimes4 ,aujourd'hui que je connais ce pays1 le caractre de ses habitants1 je vois dans les murs actuelles la solution la plus simple du problme4 ,il faut savoir que dans tous les pays musulmans il existe des confrries de dvots qui s'associent pour certaines pratiques et crmonies1 qu'eux-mmes s'imposent1 ou qui leur sont dictes par des chefs2 le bien prendre1 la mme chose n'a-t-elle pas lieu en ,espagne1 en ,italie8 n'a-t-elle pas eu lieu dans la ,france1 l',angleterre1 l',allemagne1 dans toute la chrtient1 quand y rgnait la ferveur religieuse8 ,si je recherche les motifs de ces associations volontaires1 j'en trouve plusieurs2 les uns naturels1 drivs de l'organisation mme de l'homme1 les autres artificiels1 drivs de l'tat social4 ,l'homme1 organis comme il l'est1 ne peut vivre ni solitaire1 ni silencieux1 ni immobile4 ,ses nerfs ont le besoin1 la ncessit d'agir1 comme son sang de circuler3 ces nerfs sont construits de manire que si le fluide de sensibilit y est en surabondance1 son vacuation1 sa scrtion deviennent aussi ncessaires que l'vacuation d'un excs de sang ou de sucs alimentaires4 ,d'autre part1 la nature a voulu1 par un mcanisme singulier1 que deux tres humains ne pussent tre en prsence l'un de l'autre sans que leur systme nerveux ne se mt rciproquement4 ,de ces bases physiques1 il a rsult que1 dans l'tat social1 les hommes ont eu le besoin constant de se communiquer leurs ides1 leurs sensations1 leurs passions1 et de s'associer selon les lois de sympathie1 ou d'intrt1 variables dans leur application4 ,la facilit ou la difficult de ces communications et associations forme ce que l'on appelle la libert civile et politique4 ,l o existe cette libert rgle par les usages ou les lois1 le mouvement est paisible et sans secousses4 ,l o elle est contrarie1 contrainte par la forc1 l'homme s'agite en tous sens pour vaincre ou luder les obstacles et pour dpenser d'une manire quelconque son activit1 sa sensibilit2 alors se forment les associations partielles1 les confrries de factions ou de sectes qui finissent en gnral par tre la mme chose1 et qui sont au fond un instrument de pouvoir recherch par les individus comme abri1 et par les chefs comme levier3 voil pourquoi dans les tats despotiques1 il y a plus spcialement de ces associations et confrries qui se couvrent d'un manteau religieux pour en imposer la violence militaire2 tandis que dans les tats libres1 comme dans notre ,amrique1 il n'existe pour ainsi dire rien de semblable1 ou ce qui en existe n'a pas d'effet sensible4 ,sans doute encore1 voil pourquoi ces confrries1 ces associations pieuses ont beaucoup de ferveur dans les temps d'ignorance1 de bigoterie1 d'esclavage et de grossiret1 tandis qu'elles en ont moins en raison du progrs des lumires1 des sciences exactes et de la civilisation4 ,a ces titres1 vous apercevez les motifs de leur activit dans tous les pays musulmans1 o1 par un instinct naturel1 les hommes se groupent en confrries autour des mosques1 en moineries dans des couvents1 comme font entre autres les derviches4 ,quelquefois le gouvernement les favorise comme instrument2 quelquefois il les redoute comme rsistance1 parce que s'il frappe un membre1 tout le corps retentit2 c'est une compagnie d'assurance de la sret des personnes3 et qu'y a-t-il de diffrent dans la chrtient8 ,qu'tait-ce que le gouvernement de la ,provence quand le roi ,ren y instituait la procession des fous1 quand s'y formait la confrrie des pnitents blancs1 des pnitents gris1 etc4 ,remarquez encore que ces confrries sont surtout du got des mridionaux1 sans doute parce que leur vivacit plus besoin de se dissiper en cris1 en gestes1 en spectacles1 en crmonies4 ,quand j'ai eu pes toutes ces considrations1 j'ai conu que de telles institutions ne purent manquer d'exister chez les anciens ,hbreux1 o elles trouvrent des aliments gnraux et particuliers4 ,par exemple1 la tribu ou caste sacerdotale1 ou lvitique1 vivait dans une oisivet absolue3 le nombre des prtres en fonctions tant limit1 tout le reste qui vivait aux frais de la nation1 c'est--dire1 du produit des offrandes et sacrifices1 n'avait s'occuper1 comme les ,brahmes et comme les ,druides1 que de rites et de pratiques dvotes qu'ils avaient intrt de multiplier pour provoquer les dons des fidles2 de tels hommes durent avoir des confrries1 des processions et tout ce qui s'ensuit4 ,d'autre part1 chez ce peuple livr une anarchie constante1 c'est--dire1 au pouvoir drgl1 au despotisme transitoire de chaque individu1 de chaque famille turbulente ou forte1 dans cet tat o fut le peuple hbreu pendant toute la priode des juges 7#djj ans au moins71 les confrries religieuses durent tre un abri1 et1 comme je l'ai dja dit1 une compagnie d'assurance contre les violences et les brutalits dont le livre des ,juges offre de choquants exemples4 ,enfin l'poque de ,samuel1 lorsque cet individu1 faible d'abord1 commena d'aspirer au pouvoir1 et lorsque ensuite il y fut parvenu1 les confrries lui offrirent un moyen d'appuyer sa marche1 d'affermir1 d'tendre son crdit2 et il dut d'autant mieux cultiver ce moyen1 qu'tant un intrus dans le sacerdoce1 un usurpateur par rapport la famille d',hli1 il eut un parti d'opposition1 dont nous verrons bientt les preuves1 et parmi les hautes familles dont il blessait la vanit1 et parmi les prtres qui durent savoir quoi s'en tenir sur les visions4 ,de tout ceci je dduis que la procession des prophtes chantants et dansants comme des derviches1 dont ,samuel annonce la rencontre ,sal en le congdiant1 a d lui tre bien connue en ses mouvements1 a d tre forme de ses amis1 de ses dvous1 comme l'indique une anecdote postrieure2 car l'historien nous dit que lorsque ,sal roi voulut faire tuer ,david1 qui s'tait rfugi prs de ,samuel dans le canton de ,nout1 ses missaires arms trouvrent la confrrie des prophtes dans l'acte de prophtiser1 et ,samuel debout qui les prsidait4 ,quant ce qu'ajoute l'historien1 que ces missaires furent saisis de l'esprit de ,dieu et qu'ils se mirent prophtiser aussi2 que mme chose arriva deux autres escouades envoyes par ,sal2 enfin que ce roi lui-mme tant arriv plein de colre1 il fut galement saisi de l'esprit divin et se mit prophtiser en prsence de ,samuel1 aprs avoir jet ses vtements pour demeurer nu pendant un jour et une nuit2 ces faits bizarres peuvent sembler incroyables des hommes de sens rassis et de sang-froid comme nous autres gens du nord et de l'ouest2 moi-mme je les ai d'abord rejets comme non prouvs2 et en effet ils manquent de tmoins suffisants2 aujourd'hui que je connais le pays1 je les admets comme probables par plusieurs raisons naturelles4 ,d'abord j'observe que ,david1 pendant le temps qu'il a vcu prs de ,sal1 s'est fait beaucoup d'amis1 tmoin1 entre autres1 ,jonathas 7fils du roi71 qui se dvoue pour lui2 cette disposition a d porter plusieurs missaires chercher des motifs d'luder l'ordre2 d'autres ont pu tre influencs par l'ascendant religieux que ,samuel avait conquis sur les esprits1 et entre autres sur celui de leur prince2 enfin tous1 et surtout ,sal1 ont pu tre matriss par ce mcanisme du systme nerveux1 par ce magntisme animal qui1 encore aujourd'hui1 exerce devant nous de frquents exemples de ses phnomnes4 ,veuillez remarquer ce qui se passe toutes les fois que des hommes s'assemblent dans l'intention et l'exercice d'un sentiment commun3 leurs regards1 leurs cris1 leurs gestes les lectrisent chaque instant davantage2 et pour peur que la parole vienne y joindre des tableaux1 les ttes s'exaltent au point de ne plus se possder4 ,voyez ce qui arrive au thtre tragique1 ou dans le meilleur drame2 si la salle est peu remplie de monde1 les spectateurs ne s'meuvent que faiblement1 tandis que si elle est bien pleine1 ils s'exaltent progressivement jusqu' l'enthousiasme3 voyez encore ce qui arrive dans nos temples aux jours de prdication de nos zls puritains et mthodistes3 les auditeurs arrivent froids2 peu peu leurs nerfs sont agacs par les gestes convulsifs de l'orateur acteur1 par ses cris cres tires du fond de la gorge2 par les tableaux de damnation et d'enfer dont il se fait un mrite et un art d'effrayer les imaginations2 une femme nerveuse tombe en convulsion1 et voil qu'une foule d'autres l'imitent et que tout l'auditoire est en trpidation2 n'avons-nous pas vu frquemment ces scnes ,philadelphie1 dans les prdications du dimanche1 surtout celles qui se font la fin du jour#eb8 ,enfin consultez les mdecins1 et ils vous diront qu'en nombre d'occasions1 l'aspect des convulsions1 mme pileptiques1 est devenu contagieux pour les sujets dlicats1 tels que les femmes et les enfants4 ,or1 cette irritabilit nerveuse existe principalement dans les pays chauds o elle est favorise et promue par les aliments gnralement cres1 par l'abondance du calorique et par le jene1 qui est un des grands promoteurs de manies visionnaires et d'extase2 voil les diverses causes du phnomne nerveux qui a eu lieu dans l'assemble chantante et hurlante des confrres prophtes ,niout et la colline des ,philistins4 ,quant l'acte de prophtiser1 ce n'est pas la faute des livres hbreux1 si nous nous en formons des ides fausses2 ils disent tout ce qu'il faut pour les redresser2 d'abord ils peignent les circonstances1 le chant1 ou plutt les cris1 la nudit2 ensuite le mot mme qu'ils emploient pour signifier prophte et prophtiser en est une dfinition1 une explication trs-claire2 car le mot nabia est un driv de naba qui signifie littralement tre fou1 faire le fou 7insanire71 crier1 dclamer comme un pote qui chante des vers1 comme un prophte qui chante des hymnes1 des psaumes1 des oracles notez que chanter un psaume est un plonasme1 puisqu'en hbreu psaume se dit mazmour1 qui signifie chant et chansons4 ,or1 qu'est-ce que tout ceci1 sinon ce que faisait la ,pythie de ,delphes1 ce que faisaient tous les rendeurs d'oracles chez les peuples de l'antiquit1 ce que font encore chez les musulmans les derviches et les ikours 7confrrie des cumeurs7 dont je vois ici les folies1 ce que font chez nous mme les ardents1 les illumins de nos sectes bigotes8 ,par cela mme que tous ces gens-l taient ou semblaient tre hors d'eux-mmes1 hors de leur sens naturel1 ils taient considrs comme saisis1 comme agits de l'esprit divin4 ,certes1 si quelque chose caractrise l'ignorance populaire d'une part1 l'imposture et la fourberie sacerdotales d'une autre1 c'est cette ide bizarre1 cette opinion monstrueuse d'appeler esprit de ,dieu1 les drglements maladifs de notre nature humaine2 d'appeler l'pilepsie1 esprit divin1 mal sacr1 comme il est encore nomm dans toute la ,turquie par les musulmans et par les chrtiens4--,mais j'ai un peu quitt mon sujet sans nanmoins le perdre de vue2 m'y voici rentr4 ,,ix4 ,suite de la conduite astucieuse de ,samuel4--,premire installation de ,sal ,maspha4--,sa victoire ,iabs4--,deuxime installation4--,motifs de ,samuel4 ,sal donc congdi par ,samuel rencontra la procession des prophtes1 et la vue de ce cortge1 saisi de l'esprit de ,dieu1 il se mit prophtiser avec eux2 ce fut une rumeur dans le peuple d'apprendre que ,sal ft devenu prophte2 ceux qui l'avaient connu se disaient3 qu'est-il donc arriv au fils de ,kis1 pour tre aussi prophte8 ,et quelques gens dirent3 quel est leur pre eux#ec8 ,son beau-pre l'ayant interrog sur les dtails de son voyage1 ,sal lui dit tout1 except l'affaire de la royaut4 7,voil une connivence entre ,sal et ,samuel47 ,il restait une scne publique jouer pour capter le respect et la crdulit du peuple cet effet ,samuel convoqua ,maspha une assemble gnrale3 aprs des reproches de la part de ,dieu 7car rien ne se fait sans ce nom73 ,vous avez voulu1 dit-il1 un autre roi que votre ,dieu1 vous l'aurez3 en mme temps1 il commena tirer au sort les douze tribus d',isral pour savoir de quelle tribu sortirait ce roi4 ,le sort tomba sur la famille de ,benjamin3 il tire au sort les familles de ,benjamin2 le sort tombe sur la famille de ,matri1 puis enfin dans cette famille1 sur la personne de ,sal4 ,assurment s'il est une jonglerie1 c'est celle de tirer au sort une chose dja rsolue4 ,quant la ruse de diriger ce sort1 on sait qu'il ne faut qu'un peu d'adresse de joueur de gobelets2 partout on en a vu1 on en voit encore des exemples4 ,en ce temps de civilisation1 la ,france n'a-t-elle pas vu ses cinq directeurs tirant au sort qui sortirait de charge1 lorsqu'entre eux le sortant tait convenu8 ,eh bien1 moyennant un lot de cent mille francs comptant1 une voiture attele de deux bons chevaux1 et le brevet d'un emploi1 le sortant ne manquait pas1 sur les cinq boules d'ivoire mises dans l'urne1 de prendre celle qui tait chaude1 et le monde tait difi4 ,il fallait ici quel le peuple hbreu crt que ,dieu lui-mme faisait choix de ,sal1 afin que ce choix impost obissance tous1 et respect aux mcontents dont l'opposition ne laissa pas encore de se montrer3 par surcrot de jonglerie1 ,sal ne se trouva point prsent3 il est clair que ,samuel l'avait fait cacher2 on le cherche1 bientt on le trouve dans sa cache que le voyant aura peut-tre encore eu le mrite de deviner3 le peuple fut merveill de voir un si bel homme1 et selon le rcit littral il cria3 vive le roi 7ahih malek74 ,alors ,samuel lut au peuple les statuts de la royaut1 et il les crivit en un livre qu'il dposa 7sans doute dans le temple74 ,aprs cette crmonie1 le peuple tant congdi1 ,sal revint en sa maison1 c'est--dire1 en son domaine rural1 en sa mtairie#ed1 et il rassembla autour de lui1 pour faire une arme1 les hommes dont ,dieu toucha le cur 7c'est--dire1 les croyants1 les partisans de ,samuel73 mais des mchants dirent3 quoi6 c'est l celui qui nous sauvera6 ,et ils ne lui portrent pas de prsents4 ,ces derniers mots nous montrent un parti de mcontents qui est dans la nature des choses2 l'esprit et le ton de ddain de cette expression indiquent d'abord1 pour son motif1 le bas tage1 la condition populaire o tait n ,sal1 et peut-tre ensuite la mdiocrit de ses talents dja connus de ses voisins1 sans compter une infirmit secrte que nous verrons se dvelopper4 ,on sent alors que ces mcontents furent des gens de la classe distingue par la naissance et la richesse1 lesquels ne sont1 dans le texte1 qualifis de mchants1 que parce que le rdacteur est un croyant1 un dvot qui abonde dans le sens du prtre1 son hros1 et de la superstitieuse majorit de la nation4 ,d'autre part1 un fait digne d'attention est ce livre des statuts royaux crits par ,samuel4 ,le mot hbreu est mashfat#ee qui signifie sentence rendue1 loi impose4 ,quelle fut cette loi1 cette constitution de la royaut8 ,la rponse n'est pas douteuse3 ce fut ce mme mashfat mentionn au chap ,,viii1 v4 #aa1 o ,samuel 7irrit7 dit au peuple3 ,voici le mashfat du roi qui rgnera sur vous2 il prendra vos enfants1 il les emplora au service de son char et de ses chevaux2 ils courront devant lui et devant ses attelages de guerre2 il en fera des 7soldats71 des chefs de mille1 des chefs de cinquante hommes2 il les emplora labourer ses champs1 faire ses moissons1 fabriquer ses instruments de combat1 et ses armes et ses chars2 il prendra vos filles et en fera ses parfumeuses 7ou laveuses de vtements71 ses cuisinires1 ses boulangres2 il s'emparera de vos champs de bls1 de vos vergers d'oliviers1 de vos clos de vigne1 il les donnera aux gens de son service2 il prendra la dme de vos grains et de vos vins pour la donner ses eunuques1 ses serviteurs2 il enlevera vos esclaves ou serviteurs1 mles et femelles1 ainsi que vos nes1 et tout ce que vous avez de meilleur dans vos biens sera son service2 il dmera sur vos troupeaux1 et de vos propres personnes il fera ses esclaves#ef4 ,on se tromperait si l'on prenait ceci pour de simples menaces3 c'est tout simplement le tableau de ce qui se passait chez les peuples voisins qui avaient des rois2 c'est une esquisse instructive de l'tat civil et politique1 mme militaire de ce temps-l1 o nous voyons les chars1 les esclaves1 les eunuques1 les dmes1 les cultures de diverses espces1 les compagnies et bataillons de mille et de cinquante1 etc41 comme dans les temps postrieurs2 mais tels taient les maux rsultants du rgime thocratique1 c'est--dire du gouvernement par les prtres1 sous le manteau de ,dieu1 que les ,hbreux lui prfrrent le despotisme militaire concentr dans la personne d'un seul homme qui1 l'intrieur1 et le pouvoir de maintenir la paix1 et qui1 l'extrieur1 et celui de repousser les agressions1 les oppressions trangres3 il faut nous en rapporter eux pour croire que de leur part ce ne fut pas une rsolution si draisonnable d'insister comme ils le firent1 et de forcer le prtre ,samuel constituer une royaut#eg4 ,si ce prtre et t un homme quitable1 il et1 en tablissant les droits de roi1 constitu aussi la balance de ses devoirs qui composent les droits du peuple2 il lui et impos1 comme il se pratiquait en gypte1 les devoirs de la temprance en toutes choses1 de l'abstinence du luxe1 de la rpression de ses passions1 de la surveillance de ses agents1 de la haine de ses flatteurs1 de la fermet punir1 de l'impartialit juger entre les opinions et les sectes de ses sujets1 etc41 etc4 ,mais le prtre ,samuel1 irrit de se voir arracher le sceptre qu'avait conquis sa fourberie1 en aiguisa la pointe pour en faire1 dans les mains de son successeur1 une lance ou un harpon4 ,le plus fcheux de cette affaire fut que ,sal1 de son ct1 ne se trouva point dou d'assez de moyens1 d'assez d'esprit pour contre-miner ce perfide protecteur3 il l'et pu1 en feignant de se tenir strictement ses ordres1 en l'obligeant de les expliquer nettement1 pour rejeter sur lui les checs qui en eussent rsult1 et pour avoir lui-mme devant le peuple le mrite des succs qu'il et obtenus en s'en cartant4 ,david1 sa place1 n'y et pas manqu2 mais ,sal fut tout uniment un brave guerrier1 qui1 ne se doutant pas de la politique des temples1 devint la dupe et la victime d'un machiavlisme consomm4 ,l'art exista long-temps avant que l',italie en et crit les prceptes4 ,j'allais oublier une dernire remarque1 importante sous plusieurs rapports3 elle m'est suggre par le contraste frappant que je trouve entre la doctrine de ,samuel et celle de ,mose sur la royaut4 ,nous venons de voir que1 selon ,samuel1 le mashfat ou statut royal est un pur et dur despotisme1 une vraie tyrannie2 selon ,mose1 c'est tout autre chose4 ,pour s'en convaincre il suffit de lire ses prceptes consigns au #ag;e chapitre du ,deutronome1 v4 #ad et suivants4 ,le texte dit littralement3 ,quand vous serez entrs dans la terre que ,iehouh1 votre ,dieu1 vous a donne1 et que vous la possderez et l'habiterez1 et que vous direz3 ,je veux tablir sur moi un roi comme tous les peuples qui m'environnent1--vous tablirez celui que choisira ,iehouh1 votre ,dieu2--vous le prendrez parmi vos frres 7juifs72 vous ne prendrez point un tranger1 qui n'est point votre frre2--et 7ce roi7 ne possdera point une multitude de chevaux2 il ne fera point retourner le peuple en gypte pour avoir plus de chevaux2 il ne se donnera point une multitude d'pouses2 son cur ne dviera point44444 ,il n'entassera point de trsors en or et en argent2 et lorsqu'il s'assira sur le trne1 il crira pour lui-mme un double de la loi 7copi7 sur le livre qui est devant les prtres lvites2--et cette copie restera entre ses mains2 il la lira tous les jours de sa vie pour apprendre craindre ,iehouh son ,dieu1 et pour pratiquer tous ses prceptes4 ,quelle diffrence entre ce statut de ,mose et celui de ,samuel6 ,notez bien ces mots3 ,le roi sera un de vos frres1 un homme tout simplement comme chacun de vous2 et il sera soumis toutes les lois qui gouvernent la nation6 ,comment se fait-il que ,samuel n'ait pas intim1 pas insinu un seul mot d'une ordonnance si prcise1 si radicale du lgislateur8 ,comment personne n'en a-t-il fait la moindre mention8 ,est-ce que la loi de ,mose tait ignore1 oublie8 ,est-ce que par hasard cet article1 du moins1 n'y tait pas encore insr8 ,des soupons raisonnables peuvent s'lever cet gard4--,d'habiles critiques ont dja remarqu que1 dans le ,pentateuque1 plus de trente passages sont manifestement postrieurs ,mose1 et postrieurs de plusieurs sicles3 de ce nombre est le terme nabia1 employ pour dire prophte1 lequel1 de l'aveu de l'historien des rois1 n'a t substitu que trs-tard au mot rah 7voyant71 usit par consquent au temps de ,mose3 or1 dans tout le ,pentateuque on n'emploie que le mot nabia3 dont cet ouvrage serait tardif4 ,de plus1 ce qui est dit ici1 ne pas possder une multitude de chevaux2 ne pas se donner une multitude de femmes2 ne pas entasser des trsors d'or et d'argent2 ne pas laisser dvier son cur 7des voies d',iehouh71 est une allusion si directe aux pchs de ,salomon1 qu'il en rsulte une preuve additionnelle de posthumit3 par surcrot1 ces mots1 quand vous possderez la terre 7promise7 et que vous direz3 ,je veux tablir sur moi un roi comme tous les autres peuples2 ces mots1 dis-je1 sont tellement la peinture de ce qui est arriv sous ,samuel1 que l'on a droit de les prendre pour un rcit historique1 mtamorphos aprs coup en prophtie4 ,qui jamais a fait mention d'aucun roi juif ayant copi de sa main la loi1 moins que ce ne soit celui qui eut pour rgent et tuteur un grand-prtre1 de la part de qui un tel ordre vient admirablement bien 7,helqiah78 ,si ce fut un prcepte de ,mose1 comment fut-il textuellement oubli par ,samuel mme1 prophte et grand-juge8 ,ne sont-ce pas-l autant d'arguments puissants en faveur de ceux qui soutiennent que le ,pentateuque est une composition tardive1 et peu antrieure la captivit de ,babylone8 et que le fond des chroniques1 sur divers points et sur diverses poques1 conserve plus rellement le caractre de l'antiquit8 ,je viens mon sujet4 ,aprs l'installation du nouveau roi1 chacun retourne son village1 ses champs4 ,bientt le roi des ,ammonites prend les armes1 et vient assiger la ville de ,jabs l'orient du ,jourdain4 ,les habitants hbreux offrent de se rendre1 de payer tribut4 ,ce roi ne veut les recevoir composition qu'en leur crevant tous l'il droit1 pour les livrer1 dit-il1 l'opprobre et au mpris d',isral4 ,ces malheureux dpchent leurs frres d',isral des dputs que l'on conduit ,sal2 on le trouve ramenant du labourage sa charrue attele de deux bufs 7vive peinture des murs du temps72 ,sal est saisi de colre 7le narrateur appelle cela l'esprit de ,dieu71 il coupe ses deux bufs en morceaux qu'il envoie par tout ,isral1 avec ces paroles3 ,quiconque ne viendra pas de suite rejoindre ,sal1 ses bufs seront traits de la sorte4 ,le moyen fut efficace2 tout ,isral se rassembla1 comme un homme1 dit le texte2 ici l'hebreu dit #cj1jjj hommes de ,juda1 et #cjj1jjj des onze tribus2 le grec au contraire3 #gj1jjj de ,juda1 #fjj1jjj du reste4 ,de telles variantes1 qui sont trs-rptes1 montrent le crdit que mritent ces livres au moral1 quand le matriel est ainsi trait4 ,d'aprs le grec1 en comptant six ttes pour fournir un homme de guerre1 ce serait plus de trois millions d'habitants sur un territoire de #ijj lieues carres au plus1 par consquent plus de #cjjj ames par lieue carre1 ce qui est contre toute vraisemblance4 ,le plus raisonnable est1 nombre moyen1 peut-tre #bj1jjj pris par lite pour un coup de main qui demandait surtout de la rapidit4 ,sal part comme un trait2 il arrive la pointe du jour 7sans doute le sixime71 et fond sur le camp des ,ammonites1 qui1 habitus aux lenteurs fdrales des ,juifs1 n'attendaient rien de tel2 il les surprend1 les crase et dlivre la ville4 ,le peuple1 charm de ce dbut1 le porte aux nues et propose ,samuel de tuer ceux qui ne l'avaient point reconnu et salu roi4 ,sal1 brave1 et par cette raison gnreux1 s'y oppose4 ,ce jour-l1 ,samuel satisfait1 ordonne qu'il y ait un autre assemble gnrale ,galgala1 pour y renouveler l'installation2 cela fut fait4 ,pourquoi cette seconde crmonie8 ,est-ce afin de donner aux opposants1 aux mcontents1 le moyen de se rallier la majorit du peuple et d'touffer un schisme qui eut plus de partisans qu'on ne l'indique2 car nous en reverrons la trace1 lors de la prochaine guerre des ,philistins1 dans le camp desquels se trouvrent beaucoup d'migrs hbreux1 portant les armes contre le parti de ,samuel et de ,sal4 ,voil un premier motif apparent1 dja habile2 mais nous allons dcouvrir que ,samuel1 toujours profond et plein d'embches1 en eut un autre secret1 puis dans son intrt et son caractre4 ,le texte nous dit1 chap4 ,,xii1 que l'assemble tant forme1 ,samuel debout devant tout le peuple fit une harangue dont la substance est que1 il a gr les affaires avec une entire intgrit2 qu'il n'a pris le buf ni l'ne de personne2 qu'il n'a opprim1 perscut aucun habitant2 qu'il n'a point reu de prsents de sduction1 et cependant1 laisse-t-il entendre1 vous m'avez forc de mettre un roi ma place4 ,il attribue ce reproche ,dieu2 mais ,dieu1 c'est lui4--,or1 comme par la nature du rgime royal tel qu'il l'a dpeint1 ,sal ne pouvait manquer de faire des vexations de ce genre1 il en rsulte son dtriment un contraste qui1 en ce moment mme1 tend diminuer le crdit qu'il venait d'acqurir1 et qui met en vidence la jalousie qu'en avait conue ,samuel4 ,ce prtre insista sur l'ide que ,dieu avait jusque-l gouvern la nation par des lus spciaux tels que ,mose1 ,aaron1 ,sisara1 ,gdon1 ,jepht1 etc41 et que le peuple1 rebelle aujourd'hui1 voulait se gouverner de lui-mme par des hommes de son propre choix2 or1 comme ce nouveau systme enlevait le pouvoir suprme et arbitraire la caste des prtres dont ,samuel s'tait rendu le chef1 on voit d'o lui vient le profond dpit qu'il en conserve2 en mme temps que l'on voit l'arrogance sacrilge de ce caractre sacerdotal qui s'tablit de son chef interprte et reprsentant de la ,divinit sur la terre4 ,ici le narrateur 7prtre aussi7 a joint une circonstance remarquable3 ,vous voyez1 dit ,samuel au peuple1 que nous sommes dans le temps de la moisson 7c'est--dire la fin de juin et aux premiers jours de juillet72 eh bien6 j'invoquerai ,dieu1 et il me donnera rponse par la voix du tonnerre et par la pluie1 et vous connatrez votre pch de dsobissance4 ,or il survint du tonnerre et de la pluie1 et le peuple fut saisi d'effroi2 il connut son pch1 il demanda pardon ,samuel qui 7gnreusement7 rpondit qu'il ne cesserait nanmoins jamais de prier ,dieu pour eux1 etc4 ,c'est fort bien3 mais sur ce rcit1 nous avons droit de dire d'abord1 o sont les tmoins8 ,qui a vu cela8 ,qui nous le dit8 ,un narrateur de seconde main3 fut-il tmoin8 il est le seul1 il est partial2 et d'ailleurs une foule de faits ou de rcits semblables se trouvent chez les ,grecs1 chez les ,romains1 chez tous les ,barbares anciens1 et alors il faut croire que leurs voyants1 que leurs devins eurent aussi le don des prodiges2 mais admettons le rcit et le fait3 nous avons encore le droit de dire que ,samuel1 plus habile en toutes choses morales et physiques que son peuple de paysans superstitieux1 avait vu les indices prcurseurs d'un orage1 qui d'ailleurs n'est pas chose rare cette poque de l'anne4 ,moi-mme1 voyageur1 n'en ai-je pas vu aux derniers jours de dcembre o le cas est bien plus singulier8 ,en rsultat1 le peuple prit une nouvelle confiance dans la puissance de ,samuel1 et c'tait l ce que voulait ce roi ecclsiastique pour ne pas perdre la tutelle de son lieutenant royal4 ,x4 ,brouillerie et rupture de ,samuel avec ,sal4--,ses motifs probables4 ,a cette poque ,sal devait tre un homme g1 pour le moins1 de quarante ans2 car dans la guerre des ,philistins qui va clater tout l'heure1 son fils ,jonathas se montre un guerrier dja capable de faits d'armes hardis et brillants4 ,comment se fait-il donc que le texte hbreu et toutes ses versions nous disent que ,sal tait g d'un an quand il rgna8 ,les interprtes ont voulu corriger cela par diverses subtilits2 il n'est cette erreur qu'une bonne solution4 ,le texte hbreu ne porte point le mot un1 il dit schement3 ,sal tait g de444 an2 il est clair que dans le manuscrit premier1 source des autres1 le nombre est rest en blanc1 parce que l'auteur 7prsum ,esdras7 oublia ou ne put tablir le nombre1 et la preuve ou l'indice de ce fait est que la version grecque prsume faite sur ce manuscrit a totalement supprim l'article4 ,je reviens ,sal4 ,il fut naturel ce nouveau roi d'tre enfl de son premier et brillant succs1 de sa subite et haute fortune3 aussi le voit-on trs-peu de temps aprs cette assemble1 dclarer la guerre aux ,philistins2 divers incidents mentionns donnent lieu de souponner que ce fut contre l'avis de ,samuel1 et que de l1 naquit entre eux cette msintelligence que nous allons voir clater4 ,samuel put1 avec raison1 reprsenter ,sal que les ,philistins taient puissants1 aguerris1 redoutables2 que leur commerce maritime1 rival de celui des ,sidoniens et des ,tyriens#eh1 leur donnait des moyens d'industrie suprieurs ceux des ,hbreux2 que ceux-ci1 quoique laisss en paix sous sa judicature1 n'taient cependant pas en tat complet d'indpendance ni de rsistance puisqu'ils n'avaient pas mme la libert d'avoir des forgerons 7chap4 ,,xiii1 v4 #ai7 pour fabriquer leurs faux1 leurs socs de char et plus forte raison des lances#ei1 que le mieux tait de temporiser4 ,tout cela tait vrai et sage3 ,sal passa outre2 il tait plein de confiance dans l'ardeur du peuple2 il put rpondre aussi que ,dieu bienveillant y pourvoirait comme au temps de ,gdon et de ,jepht4--,il choisit trois mille hommes pour rester sur pied avec lui1 il renvoie le reste3 sur cette lite1 il donne mille hommes son fils ,jonathas2 bientt ce jeune homme attaque un poste de ,philistins qui crient aux armes1 et se rassemblent2 ,sal les voyant nombreux appelle tous les ,hbreux4 ,selon l'historien1 les ,philistins dploient trente mille chars de guerre1 six mille cavaliers et une multitude de pitons pareille au sable de la mer2 nous demandons qui a compt ces chars et ces cavaliers2 en outre il y a ici une invraisemblance choquante1 car tout le territoire des ,philistins n'tait pas de plus de cent lieues carres1 qui ne comportent pas plus de deux cent mille ttes d'habitans3 l'on nous supposerait ici plus de cent mille guerriers2 c'est une chose tout--fait remarquable que les nombres soient gnralement enfls dans les livrs juifs un degr hors de croyance et presque toujours en nombres ronds par dcimales4 ,la peur saisit les ,hbreux2 ces paysans 7 la mode des ,druzes7 se dispersrent et furent se cacher dans les montagnes et les cavernes3 ,sal se trouva dans un trs-grand embarras2 il invoqua ,samuel3 celui-ci lui rpondit d'attendre sept jours 7il voulait voir comment cela tournerait72 pendant ce temps le peuple continue de dserter4 ,sal1 croyant que le succs dpendait surtout du sacrifice propitiatoire1 en ordonna les prparatifs2 et parce qu'il vit l'ennemi prt l'attaquer sans que ,samuel ft arriv1 il se dcida faire lui-mme le sacrifice qui tait l'attribut du prtre4 ,enfin ,samuel arrive3 ,qu'avez-vous fait6 dit-il ,sal4 ,ce roi lui explique ses motifs4 ,samuel lui rpond3 ,vous avez agi comme un insens2 vous n'avez point observ les ordres que vous a donns ,dieu2 il avait tabli votre rgne pour toujours3 maintenant votre rgne ne s'affermira point2 ,dieu a cherch un homme selon son cur2 il l'a tabli chef sur son peuple1 et ,samuel s'en alla4 ,une telle conduite1 un changement si brusque1 n'ont pu avoir lieu sans de graves motifs2 il faut ncessairement supposer qu'il s'tait pass entre eux quelque dissentiment1 quelque contestation grave du genre que j'ai indiqu1 et cependant cela ne suffirait pas encore pour expliquer un parti si dcid1 pour justifier tant d'orgueil et tant d'insolence3 j'aperois un autre motif3 la suite des actions publiques et prives de ,sal mettra en vidence qu'il fut attaqu d'une maladie nerveuse1 dont les symptmes sont ceux de l'pilepsie3 ne serait-ce pas que ce genre de maladie si fcheux en lui-mme1 tant ordinairement tenu cach1 ,samuel n'en eut point connaissance quand il choisit ,sal1 mais que l'ayant ensuite connu1 il se sentit pris en dfaut devant l'opinion publique1 devant ses propres ennemis1 et qu'alors il chercha l'occasion et le moyen de se ddire pour se redresser8 ,il n'en est pas moins vrai qu'ici sa conduite est mchante et blmable en ce qu'elle dtruit la confiance du peuple en son chef et l'encourage le dserter pour ouvrr le pays l'ennemi4 ,ce prtre a cru toute victoire impossible1 et en immolant son protg vaincu1 il a voulu se mnager des capitulations personnelles avec ses ennemis intrieurs et trangers4 ,le sort trompa ses calculs3 ,sal rest seul avec six cents hommes dtermins comme lui1 ne perd point courage2 il prend poste devant le camp ennemi en prohibant toute attaque4 ,quelques jours se passent3 son fils ,jonathas se drobe son insu 7probablement de nuit7 suivi d'un seul cuyer#fj2 il se prsente un poste philistin1 situ sur un roc escarp2 il est pris pour un transfuge hbreu tel qu'il en tait arriv un grand nombre depuis deux jours2 il grimpe avec son cuyer2 ils sont accueillis1 et l'instant tous deux frappent avec tant d'audace et de bonheur qu'ils tendent morts vingt guerriers sur un demi-arpent de terre3 la confusion et la peur se rpandent dans le camp1 les ,philistins se croient trahis1 soit les uns par les autres1 soit par les transfuges hbreux3 on se bat d'homme homme2 ,sal averti par le bruit1 accourt avec son monde1 la droute devient complte3 emport par son bouillant courage1 ce roi proclame l'imprudente dfense de rien manger avant d'avoir fini le jour tuer et poursuivre4 ,son fils1 qui l'ignore1 rafrachit sa soif d'un peu de miel2 le pre veut l'immoler son serment 7comme ,jepht71 mais le peuple s'y oppose et sauve ,jonathas4 ,voil une seconde victoire du nouveau roi2 mais celle-ci arrive contre toute attente1 dut dconcerter ,samuel2 aussi ne le voit-on point se montrer sur la scne2 les ,philistins vaincus rentrrent chez eux4 ,il parat qu'une trve fut admise1 puisque l'historien ne parle plus de guerre de ce ct2 il spcifie au contraire que ,sal tourna ses armes contre d'autres peuples3 qu'il attaqua1 l'un aprs l'autre1 les ,moabites1 les ,ammonites1 les ,idumens1 les rois syriens de ,sobah 7au ,nord et par del ,damas71 et que ce ne fut qu'ensuite qu'il revint contre les ,philistins et les ,amalekites3 partout il fut heureux et vainqueur4 ,on sent que ces diverses guerres prirent plusieurs annes1 et pour le moins1 chacune d'elles une campagne3 aussi1 le narrateur semble-t-il terminer l son histoire en dnombrant et nommant les femmes qu'pousa ,sal1 les enfants qu'il eut de chacune d'elles1 les hommes qu'il tablit commandants de sa garde et gnraux de ses troupes4 ,a la manire dont est termin ce chapitre1 un lecteur1 habitu au style de ces livres1 croirait que l'histoire de ,sal est rellement finie1 car leur formule ordinaire pour clore l'histoire des autres rois est galement de recenser leurs femmes1 leurs enfants et les personnages marquants de leur rgne2 et cependant le chapitre #ae qui est le suivant1 semble commencer une autre portion du rgne de ,sal contenant spcialement les dtails de la conscration et substitution de ,david dater d'une scne de rupture finale qui eut lieu entre le roi et ,samuel4 ,ne serait-ce pas que le rdacteur final prsum ,esdras1 en compilant les mmoires originaux crits par ,samuel1 ,nathan et ,gad selon le tmoignage des ,paralipomnes1 chapitre #bi1 aurait cousu leurs rcits l'un l'autre sans beaucoup de soins1 comme ont fait1 en gnral1 les anciens8 ,nous verrons la preuve de cette ide se reproduire dans la prsentation de ,david ,sal4 ,,xi4 ,destitution du roi ,sal par le prtre ,samuel4 ,quoi qu'il en soit1 plusieurs annes1 peut-tre huit ou dix se passent pendant les guerres de ,sal1 sans qu'il soit question de ,samuel4 ,sans doute les succs et la popularit du roi en imposrent au prophte4 ,enfin1 il reparat sur la scne2 il a cherch une occasion favorable ses vues3 il vient trouver ,sal2 il dbute par lui rappeler qu'il l'a sacr roi3 c'est dja lui intimer l'obissance ce qu'il va lui dire1 ne ft-ce que par un sentiment de gratitude3 ,puis voici1 lui dit-il1 ce qu'ordonne aujourd'hui ,dieu qui m'ordonna autrefois de vous sacrer4 ,je me suis rappel ce qu'a fait le peuple d',amalek contre mon peuple sa sortie d'gypte4 7,il y avait de cela quatre cents ans2 ,amalek s'tait oppos au passage des ,hbreux et en avait tu plusieurs47 ,allez maintenant1 frappez ,amalek2 dtruisez tout ce qui lui appartient2 n'pargnez rien1 vous tuerez hommes1 femmes1 enfants1 bufs1 agneaux1 chameaux1 nes4 ,qui ne frissonne un tel rcit8 faire parler ,dieu pour exterminer une nation cause d'une querelle de quatre cents ans de date1 dans laquelle les ,hbreux taient agresseurs1 car ils voulaient forcer le passage sur le territoire d',amaleck4 ,mais ici quel est le but de ,samuel8 ,il a un dessein en vue2 il lui faut une occasion pour l'excuter3 quelque rapine rcente des ,bedouins amalekites aura aigri le peuple juif3 ,samuel y a vu un motif de guerre populaire1 il le saisit4 ,sal forme une arme2 le texte hbreu y compte dix mille hommes de ,juda1 deux cent mille pitons1 sans doute des autres tribus1 le texte grec dit quatre cent mille hommes de l'un et trente mille de l'autre#fa4 ,pourquoi ces contradictions8 pourquoi ces absurdits8 car c'en est une que deux cent mille hommes pour faire un coup de main de surprise contre une petite tribu de ,bedouins4 ,sal part1 il surprend les ,amalekites dans le dsert2 il tue tout ce qui lui tombe sous la main1 saisit leur roi vivant1 le garde avec une lite de bestiaux et de butin2 revient triomphant au ,mont-,carmel1 descend ,galgala1 o est un autel1 et se prpare faire un sacrifice pour offrir ,dieu1 dit le texte1 ce qu'il y a de meilleur eh son butin2 c'est--dire les dpouilles opimes selon les rites grec et romain4 ,samuel arrive2 or1 nous dit l'historien1 ,dieu avait parl ,samuel 7pendant la nuit7 et lui avait dit3 ,je me repens d'avoir fait ,sal roi1 car il s'est dtourn de moi et n'a pas suivi mes ordres2 et ,samuel1 effray1 avait cri ,dieu toute la nuit4 ,encore une apparition1 un colloque1 un repentir de ,dieu6 ,pensez-vous que nos ngres et nos sauvages pussent entendre de tels contes sans rire8 ,les ,juifs digrent tout2 ils ne demandent ,samuel aucune preuve2 lui seul pourtant est tmoin2 lui seul peut avoir crit de tels dtails2 il est ici auteur1 acteur1 juge et partie2 reste savoir qui veut tre juif pour le croire sur sa parole4 ,il arrive1 et s'avance vers ,sal3 ,quel est1 lui dit-il1 ce bruit de troupeaux que j'entends ici8 ,sal rpond3 ,le peuple a pargn ce qu'il y a de meilleur dans les biens d',amalek pour l'offrir au ,seigneur votre ,dieu2 nous avons dtruit le reste4 ,permettez1 reprit ,samuel1 que je vous rcite ce que m'a dit ,dieu cette nuit3 ,parlez1 dit ,sal4--,quand vous tiez petit vos yeux1 dit le ,seigneur1 ne vous ai-je pas fait roi d',isral1 et maintenant ne vous ai-je pas envoy contre ,amalek1 en vous spcifiant de l'exterminer8 pourquoi n'avez-vous pas rempli mon commandement8 pourquoi avez-vous pch et mis des dpouilles part8--,j'ai obi1 j'ai march1 j'ai dtruit ,amalek1 j'amne son roi vivant1 mais le peuple a gard des dpouilles et des victimes de bestiaux pour les immoler l'autel de ,dieu ,galgala4 ,samuel rpond3 ,sont-ce des offrandes et des victimes que ,dieu demande1 plutt que l'obissance ses ordres8 ,ici l'on cherche connatre la bonne aventure par la victime1 en inspectant la graisse des beliers2#fb mais sachez que le pch de la divination est une rvolt1 une chimre1 une idoltrie2 puisque vous avez rejet l'ordre de ,dieu1 il rejette votre royaut4 ,sal1 faible et superstitieux1 s'avoue coupable1 il supplie l'ambassadeur de ,dieu1 de prier pour effacer son pch2 le prtre repousse sa prire1 lui ritre sa destitution et s'carte de lui pour partir3 ,sal saisit le pan de son manteau pour le retenir3 le prtre implacable fait un effort par lequel le pan se dchire3 ,dieu1 rpte-t-il1 a dchir votre royaut sur ,isral1 et l'a livr un autre meilleur2 il l'a ainsi dcrt3 est-il un homme pour se repentir8 ,sal insiste2 j'ai pch1 ne me dshonorez pas devant mon peuple et devant ses chefs2 revenez vers moi1 je me courberai devant votre ,dieu#fc2 et ,samuel revint1 et ,sal se courba devant ,iehouh2 et ,samuel dit3 ,faites approcher de moi ,agag1 roi d',amalek2 et ,agag tant venu1 ,samuel lui dit3 ,comme tu as fait aux enfants de nos mres1 il va tre fait au fils de la tienne2 et ,samuel le coupa en morceaux#fd 7il semble1 avec une hache72 et ,samuel s'en retourna ,ramatah1 et plus de son vivant ne revit ,sal4 ,quelle scne barbare6 elle est horrible1 j'en conviens2 mais j'en connais de plus horribles encore qui de nos jours se passent sous nos yeux4 ,supposons que ,samuel et emmen ,agag ,ramatah1 que l il l'et enferm dans un cachot1 au fond d'une citerne2 que chaque jour il ft venu avec quelques acolytes lui faire subir des tortures varies2 lui griller les pieds1 les mains1 l'tendre sur un chevalet pour le disloquer1 etc41 tout cela avec des formules mielleuses1 en lui disant que c'tait pour son bien2 est-ce que le sort de la victime n'et pas t mille fois plus affreux8 ,ah6 vive la franche cruaut du prtre hbreu compare la charit des prtres et moines que consacre ,rome6 ,et des gouvernements europens souffrent1 autorisent de telles abominations6 ,mais ,samuel se porta-t-il un tel acte sans motif1 sans but mdit8 ,cela ne serait pas conforme son caractre profond et calculateur3 il me semble ici apercevoir des motifs plausibles4 ,depuis dix douze ans1 ,sal1 par ses victoires1 ne cessait d'accrotre1 d'affermir son crdit royal1 sur l'esprit de toute la nation3 ,samuel se trouvait clips2 ce prtre prit une occasion de flatter la passion vindicative des ,hbreux contre les ,amalekites4 ,la victoire de ,sal lui fournit un moyen de prendre ce roi en faute1 en dsobissance l'ordre de ,dieu donn par ,mose mme1 qui avait recommand l'extermination d',amaleck3 c'tait le moment o ,samuel mditait le coup audacieux de nommer1 d'oindre le substitut1 le rival de ,sal2 il regarda comme utile1 comme ncessaire de frapper les esprits de terreur par un coup prliminaire plus audacieux1 plus imposant1 qui pt faire craindre ,sal mme de voir tomber sur lui quelque nouvel anathme cleste3 ce qu'il y a de certain1 c'est que ce but de ,samuel parat avoir t rempli1 puisque ,sal n'osa jamais se porter contre lui par la suite aucun acte de violence4 ,en considrant l'action de ,samuel sous un point de vue gnral1 politique et moral1 elle prsente dans son auteur une runion tonnante de cruaut et d'orgueil1 d'audace et d'hypocrisie3 un petit orphelin parvenu1 dcrter1 pour sa fantaisie1 l'extermination d'un peuple entier jusqu'au dernier tre vivant6 ,insulter1 avilir un roi couvert de lauriers1 devenu lgitime par ses victoires1 par l'assentiment de la nation reconnaissante de la paix et du respect qu'il lui procure6 ,un prtre troubler toute cette nation par un changement de prince1 par l'intrusion d'un nouvel lu de son choix unique1 par le schisme qui en doit rsulter1 et qui en effet en rsulta1 au point que l'on peut dire que l s'est trouv le premier germe de cette division politique des ,hbreux qui1 comprime sous ,david et sous ,salomon1 clata sous l'imprudent ,roboam et prpara la perte de la nation en la dchirant en deux petits royaumes1 celui d',isral et celui de ,juda4 ,et voil les fruits de ce pouvoir divin ou visionnaire1 imprudemment consenti par un peuple abruti de superstition1 par un roi1 d'ailleurs digne d'estime1 mais faible d'esprit1 au profit d'un imposteur qui ose se dire l'envoy de ,dieu1 le reprsentant de ,dieu1 enfin ,dieu lui-mme2 7car telle est la transition d'ides qui ne manque jamais d'arriver quand on tolre la premire47 ,le naf historien achve1 sans le savoir1 de nous tracer le portrait du caractre de ,samuel1 en nous disant3 ,samuel ne revit plus ,sal2 mais il pleura son malheur de ce que ,dieu l'avait rejet3 ,et quelque temps aprs1 ,dieu apparut au saint prophte1 et lui dit3 ,pourquoi continues-tu de pleurer sur ,sal8 ,cesse de t'affliger2 il faut en sacrer un autre4 ,ainsi ,samuel1 par ses cris nocturnes1 se donnait la rputation de pleurer sur le roi qu'il assassinait2 l',espagne et l',italie1 dans la science de leurs saints offices1 ont-elles produit quelque inquisiteur plus tendre ou plus sclrat8 ,,xii4 ,samul1 de sa seule autorit1 et sans aucune participation du peuple1 oint le berger ,david et le sacre roi en exclusion de ,sal4 ,par rflexion1 ,samuel rpondit son ,dieu3 ,si ,sal connat que j'ai sacr un autre1 il me fera mourir4 ,alors le ,dieu ,jehowh lui explique comment il faut feindre un sacrifice chez le nomm ,isa1 au village de ,betlhem1 et comment1 sur les huit enfants mles de cet homme1 il lui fera connatre celui qu'il a choisi pour nouveau roi4 ,samuel donc remplit d'huile une petite corne#fe1 et il se rendit au village de ,betlhem3 les vieillards surpris et inquiets sortirent au-devant de lui et lui dirent3 ,la paix avec vous#ff2 et il rpondit3 la paix 7shelom74 ,je suis venu immoler2 sanctifiez-vous1 vous viendrez avec moi manger la victime2 et il sanctifia ,isa et ses enfants1 et les appela au repas de la victime2 et mesure qu'ils entrrent1 voyant ,elib l'an1 un bel homme1 il se dit3 ,voil srement l'oint de ,dieu2 mais ,dieu lui dit 7tout bas73 ,non1 ce n'est pas lui4 ,l'homme juge par l'il1 je juge par le cur4 ,samuel fit ainsi passer les sept fils d',isa et lui dit3 ,dieu ne fait pas de choix2 est-ce que tu n'as pas d'autres enfants8 ,isa rpondit3 ,il y a encore le plus jeune qui veille aux troupeaux4 ,fais-le venir1 dit ,samuel1 car nous ne nous assirons pas table sans lui3 on alla donc le chercher2 c'tait un jeune homme roux1 d'une bonne et belle physionomie2 et ,dieu dit ,samuel3 ,oins-le1 c'est lui2 et ,samuel prit la corne d'huile et l'oignit ct de ses frres2 et de ce moment l'esprit de ,dieu prospra sur ,david2 et ,samuel retourna ,ramah 7chez lui74 ,l'esprit de ,dieu se retira de ,sal et un esprit mchant envoy par ,dieu agita ce roi1 et ses serviteurs lui proposrent de lui amener un homme sachant jouer de la lyre3 il accepta1 et l'un d'eux ajouta3 ,j'ai vu un fils d',isa de ,betlhem qui en sait jouer2 c'est un jeune homme fort1 un homme de guerre1 prudent en ses discours1 d'une belle mine2 ,dieu est avec lui3 et ,sal envoya vers ,isa demander ,david1 et ,isa prit des pains1 une outre de vin et un jeune chevreau qu'il mit sur un ne1 et il envoya ,david 7avec ce prsent7 ,sal4 ,sal l'ayant vu1 le prit en affection et lui donna l'emploi de porter ses armes2 et lorsque l'esprit de ,dieu saisissait ,sal1 ,david prenait sa lyre et ,sal respirait1 se trouvait mieux1 et le mchant esprit se retirait de lui4 ,ce rcit ne laisse pas de susciter plusieurs difficults rsoudre4 ,d'abord je ne concilie pas cette prsentation de ,david ,sal avec celle du chap4 #ag1 qui1 l'occasion du combat de ,goliath1 postrieur ceci1 nous dit que lorsque le berger ,david s'offrit pour combattre le gant1 et qu'il fut ce titre prsent ,sal1 ce prince lui fit demander qui il tait1 de qui il tait fils3 il ne le connaissait donc pas1 il ne l'avait donc pas encore vu2 la premire version est donc fausse#fg4 ,pour expliquer cette contradiction1 je ne vois que le moyen dont j'ai dja parl1 savoir3 d'admettre que primitivement il y a eu deux ou trois mmoires d'auteurs contemporains2 que ces auteurs ont rapport certains faits d'une manire diffrente2 et que le compilateur final1 embarrass de faire un choix1 a consu ces divers rcits la suite l'un de l'autre1 soit par ngligence et dfaut de critique1 soit parce qu'il n'a os faire un choix entre des autorits qui lui en imposaient galement4 ,cette solution conviendrait beaucoup d'autres quiproquo4 ,en second lieu1 comment ,samuel1 qui a sembl craindre la vengeance du roi1 s'est-il dtermin l'encourir1 la braver8 ,il est clair qu'un homme de sa trempe ne s'est point aventur sans avoir connu son terrain1 sans avoir prpar ses voies1 ses issues3 voyez comment d'abord il a rempli son voisinage du bruit de ses pleurs nocturnes1 de ses cris ,dieu sur le malheur de ,sal1 sur la disgrace cleste de son pupille chri4 ,cette rumeur n'a pu manquer d'arriver aux oreilles de ,sal1 vivant paisible quelques lieues de l1 dans sa mtairie de ,gebaa3 il a appris que ,dieu perscute le prophte pour lui faire oindre son successeur2 il connat le caractre implacable de ce ,dieu1 qui ne veut jamais en vain1 et qui peut-tre menace ,samuel de le tuer4 ,le saint homme1 entre deux dangers1 se trouve dans un grand embarras2 cependant il calcule que si ,sal est violent1 il est gnreux et bon1 que surtout il est trs-religieux1 c'est--dire trs-persuad de la mission divine de lui1 ,samuel2 trs-persuad que si le ,dieu ,jehowh a rsolu sa destitution1 rien ne pourra l'empcher4 ,les devins ont beaucoup de ressources2 un homme comme ,samuel a d avoir quelque dvou secret dans la maison et autour de ,sal#fh2 il aura connu ses dispositions2 il aura su que n'osant frapper le reprsentant de ,dieu1 le roi adresse plutt ses menaces son futur rival4 ,dans cette position1 ,samuel aura calcul que1 le cas arrivant1 ses devoirs seront remplis2 qu'il sera encore temps pour lui de se retirer1 en disant que ,dieu a eu ses raisons pour lever et abaisser qui lui a plu1 et que lui n'a plus qu' se taire4 ,il faut encore remarquer que depuis le sacrifice de ,maspha et la scne de rupture1 il s'est coul un laps de temps suffisant tous ces prliminaires4 ,ainsi la dmarche de ,samuel1 en sacrant ,david1 n'est pas aussi imprudente qu'on le croirait d'abord4 ,nanmoins on a droit de penser qu'elle a d se faire sans scandale2 qu'elle a d exiger le secret3 et comment a-t-il pu tre gard ce secret1 si l'onction a eu beaucoup de tmoins8 ,l'objection est juste1 mais le texte n'est pas prcis sur ce point3 il dit bien que les vieillards furent invits au repas2 mais il ne fait aucune mention d'eux l'onction2 il n'est parl que des frres2 et notez bien qu'il n'est pas dit en prsence des frres1 selon l'expression ordinaire et propre2 il est dit3 ct1 au voisinage de ses frres 7be karb74 ,ce mot oblique est remarquable3 ne serait-ce pas que l'onction n'a rellement eu pour tmoin qu',isa 7celle de ,sal n'en avait eu aucun1 ,samuel avait cart le valet72 et qu'ici le narrateur 7qui doit tre ,samuel mme71 n'osant insrer le mot en prsence1 a mis l'quivoque ct1 au voisinage8 ,mais supposons que les sept frres fussent prsents1 ils ont encore pu1 malgr leur jalousie1 garder le secret2 d'abord1 parce que la dissimulation1 la discrtion en choses domestiques1 sont un trait fondamental des murs arabes2 ensuite1 parce qu'il y a eu intrt de crainte pour tous3 car le roi1 selon un usage asiatique que nous retrouvons en tout temps1 pouvait prendre le parti d'exterminer toute la famille 7trs peu de temps aprs1 le cas arriva celle du grand-prtre ,achimelek1 que ,sal fit massacrer tout entire1 par cela seul que le chef avait donn du pain ,david74 ,en rsultat1 il faut bien croire que le secret a t gard1 puisque1 soit dans l'un1 soit dans l'autre rcit de prsentation1 l'on ne voit ,sal commencer ses perscutions qu'un certain temps aprs l'onction4 ,mais quelle raison ,samuel a-t-il pu avoir de faire le choix1 si singulier en apparence1 d'un simple berger pour le convertir en roi8 ,sans doute ceci est bizarre dans nos murs modernes1 dans notre tat de civilisation1 qui a produit tant de classes d'hommes instruits et cultivs au sein de chaque nation1 en ,europe et en ,amrique2 mais dans les murs asiatiques1 en gnral1 dans les murs arabes mme actuelles1 un tel choix n'a rien d'trange ni de draisonnable3 ne voit-on pas encore tous les jours chose semblable en ,turkie1 ou des boulangers1 des chaudronniers deviennent pachas1 mme vizirs8 ,il faut se rappeler que la nation hbraque n'tait compose que de cultivateurs paysans1 de quelques marchands peu riches1 peu considrs1 et d'une classe de prtres trs-peu cultivs4 ,la condition du pasteur1 d'administrateur de gros et menu btail1 qui forme une branche importante de la richesse et de la proprit d'une famille1 cette condition n'tait infrieure aucune autre gestion rurale1 et peut-tre exige-t-elle plus de talents et d'habilet que la culture routinire des oliviers1 des vignes et des bls2 du moins laissait-elle bien plus de temps pour la culture des facults intellectuelles4 ,ce soin de conduire et de gouverner des tres anims1 qui ont leur sphre d'intelligence1 leurs passions1 leurs volonts1 est plus propre qu'on ne croit exercer le raisonnement d'une tte humaine1 et le prparer des fonctions semblables vis--vis d'tres d'un ordre plus lev1 mais d'une nature peu dissemblable4 ,le hasard voulut ici que d'heureuses facults se trouvassent runies dans un simple berger2 combien n'a-t-il pas exist d'autres paysans non moins bien organiss1 qui il n'a manqu que l'occasion de les dvelopper1 que les circonstances d'en faire usage8 ,david1 n sur une frontire ennemie1 celle des ,philistins1 fut de bonne heure l'cole des alarmes1 des vexations1 des dangers de tout genre2 il eut lutter contre des voleurs hardis1 contre des filous subtils1 tels que le pays en nourrit encore3 il y prit des leons de ce courage et de cet esprit rus qu'il montra dans la suite4 ,les combats de lions et d'ours1 dont il se glorifia devant ,sal1 n'ont point d tre une chimre en ce temps-l1 puisqu'il est prouv par divers passages qu'alors il existait1 jusque sur la frontire du dsert1 des forts et des bois qui1 l comme partout ailleurs1 ont disparu par l'effet de la population et le ravage des guerres4 ,un tel jeune homme put tre remarquable dans tout le voisinage1 surtout lorsqu' ces moyens il joignit un talent d'agrment1 celui de jouer d'un instrument de musique3 ce got fut toujours l'apanage des bergers1 par la raison bien simple des longs loisirs dont il jouissent3 leurs yeux seuls sont occups la surveillance du troupeau2 toutes leurs autres facults restent libres pour la mditation et la pense4 ,nos savants de cabinet donnent une grande et lourde harpe ,david1 sans faire attention qu'il portait la sienne aux champs1 et qu'avec elle il dansa lgrement devant l'arche3 il est clair que ce fut la lyre ou le luth qu' la mme poque on retrouve usit ou cit en ,grce4 ,l'age de ,david1 au temps dont nous parlons1 ne dut pas tre de moins de vingt ans1 quoi qu'en disent les traducteurs1 puisque les serviteurs de ,sal le peignent comme un jeune homme vigoureux et propre la guerre4 ,si sa rputation put parvenir jusqu'au sjour du roi1 o l'on avait peu d'intrt y songer1 combien n'a-t-elle pas d parvenir celui de ,samuel1 qui mettait tant d'intrt trouver un sujet capable de remplir ses vues8 ,ce devin1 si rpandu par ses relations de tout genre1 aura ou parler d'un tel jeune homme si beau1 si brave1 si prudent en tous ses discours2 il l'aura suivi de l'il et de la pense pendant un temps suffisant le bien connatre1 le bien apprcier2 il n'arriva point chez ,isa sans bien savoir ce qu'il avait faire2 et quand lui ou son copiste nous conte les perptuels colloques voix basse du ,dieu ,jehowh1 il suppose avoir toujours affaire des lecteurs juifs4 ,,xiii4 ,origine de l'onction 7 l'huile ou la graisse7#fi4 ,mais une autre difficult reste expliquer4 ,comment un acte aussi insignifiant en lui-mme1 aussi trivial que celui de verser sur la tte1 de frotter sur le front un peu d'huile ou de graisse1 a-t-il eu l'effet prodigieux non-seulement de persuader un simple ptre qu'il tait srieusement appel tre roi1 mais encore d'tendre cette persuasion l'immense majorit d'une nation1 et jusqu' ,saul lui-mme et son fils ,jonathas1 qui en font la dclaration formelle au chap4 ,,xxiii1 v4 #ag et chap4 ,,xxiv1 v4 #ba8 ,il faut convenir qu'au premier aspect1 un tel fait semble singulier2 mais quand on l'examine dans ses accessoires et ses antcdents1 il redevient naturel et simple comme tous les autres de cette histoire1 parce qu'il se trouve tre l'effet d'une opinion et d'un prjug qui1 depuis long-temps1 avaient prpar les esprits4 ,il est bien vrai qu'avant cette poque aucun chef laque et militaire n'avait reu la crmonie de l'onction et du frottement d'huile2 mais le rite n'en existait pas moins1 ds long-temps public1 solennel1 entour de circonstances les plus capables d'imposer respect1 puisqu'il tait le rite d'inauguration du grand-prtre de ,dieu1 l'acte qui avait consacr le premier grand-prtre ,aaron par la main du lgislateur de l'tat1 du fondateur de la religion1 par la main de ,mose3 c'est ce que nous apprend le chap4 ,,xix de l',exode1 avec des dtails dignes d'attention4 coutons le texte3 ,dieu dit ,mose3 ,voici ce que vous ferez pour consacrer ,aaron et ses enfants aux fonctions de prtres4 ,prenez un veau et deux beliers sans taches1 du pain non lev1 des galettes non fermentes1 mouilles d'huile1 faites de farine et de froment2 posez-les sur une corbeille1 prsentez-les avec le veau et les deux beliers2 faites approcher ,aaron et ses enfants la porte de la tente o est l'arche2 lavez-les avec de l'eau2 prenez les vtements 7appropris71 et vtissez ,aaron d'une tunique1 d'une robe longue 7la chape71 etc42 posez sur leurs ttes la tiare 7ou mitre71 et appliquez le diadme de saintet sur la mitre2 et vous prendrez l'huile d'onction1 vous la verserez sur la tte d',aaron1 et vous l'en frotterez3 vous ferez approcher aussi ses deux fils1 et les vtirez 7sans les oindre d'huile71 et ils seront consacrs tre mes prtres pour toujours4 ,on voit ici tout l'clat et l'appareil de la crmonie de l'onction faite en face de l'arche du ,dieu ,jehowh1 en prsence du peuple d',isral2 et l'on conoit comment il fut facile d'en faire passer le respect religieux sur la tte d'un roi4 ,si c'et t une nouveaut de l'invention de ,samuel1 certainement il n'et point eu le crdit de lui inoculer ce caractre2 il y a plus3 si de la part de ,mose mme1 elle et t une nouveaut1 une chose invente par lui1 on peut assurer qu'elle n'et point produit l'effet qu'il dsirait2 mais ,mose1 lve des prtres gyptiens1 et qui emprunta d'eux1 sinon toutes1 du moins la plupart de ses ides et de ses crmonies1 ,mose leur emprunta galement celle-ci1 qui chez eux dut tenir d'une haute antiquit son caractre saint et mystrieux4 ,nanmoins1 puisque dans cette antiquit quelconque elle eut1 comme toutes choses1 un commencement1 un premier motif d'origine1 quel a pu tre ce motif1 quelle ide a conduit son premier ou ses premiers inventeurs imaginer cette singulire pratique8 ,ce motif a d tre un besoin1 une chose utile la socit qui la pratiqua4 ,or1 je trouve ce besoin1 cette chose utile dans la nature des choses de ce temps-l1 dans les murs des nations encore demi-sauvages1 commenant d'entrer en socit rgulire4 ,je me figure une peuplade d'gyptiens de la ,haute-gypte1 nus ou presque nus raison du climat1 voulant imprimer un ou plusieurs d'entre eux un signe particulier de commandement1 de fonctions quelconques2 comment tabliront-ils ce signe8 ,sera-ce une charpe1 un bonnet d'toffe ou de plumes1 un petit bton-sceptre1 un bandeau sur le front8 ,tous ces objets mobiles1 fragiles1 peuvent s'arracher par la violence du premier venu1 l'homme n'est plus rien2 ils auront remarqu que certains liquides1 tels que la graisse et l'huile1 s'attachaient1 se fixaient la peau d'une manire tenace1 difficile effacer2 l'eau ne pouvait rien2 la poussire rendait la marque plus visible2 ils auront trouv cette marque propre leur but2 l'effet de la poussire commune leur aura donn l'ide d'appliquer des poussires de couleur2 ils ont eu leur disposition le rouge du corail1 du minium1 du cinabre1 le jaune des ocres1 le vert de cuivre1 le bleu de certains coquillages et vgtaux2 la marque colore qui en est rsulte sera devenue chez les premiers peuples un signe d'utilit et de beaut1 que nous retrouvons ensuite toutes les poques et dans tous les pays1 chez la plupart des peuples mme polics4 ,ce genre de signe est frappant chez les ,indiens1 o il porte un caractre religieux1 puisque les adorateurs des trois dieux se distinguent l'un de l'autre par les couleurs et la forme de ces marques sur le front4 ,il se retrouve dans toutes les les de l',ocan indien et pacifique2 nous le voyons chez nos sauvages d',amrique1 comme chez leurs frres les ,tartares d',asie1 et comme chez la plupart des noirs d',afrique4 ,pour le rendre plus fixe1 l'art perfectionn s'est avis de faire pntrer la couleur dans le tissu de la peau en la piquant avec de fines pointes d'artes de poisson on d'aiguilles de mtal1 ce qui a constitu l'art de tatouer1 que les relations des voyageurs modernes ont rendu si clbre4 ,ainsi1 dans son origine et dans son but1 la crmonie d'onction sacerdotale et royale1 laquelle les peuples et les cultes judasans attachent une si haute et si mystrieuse importance1 n'a t et n'est tout simplement que le tatouage ou le tatouement d'un individu1 afin de le rendre ineffaablement reconnaissable4 ,mais je dois terminer l'histoire de ,samuel2 et cependant je voudrais expliquer encore pourquoi il s'est obstin destituer le roi ,sal1 lui donner un rival1 un successeur qui ne peut tre considr que comme un intrus1 un usurpateur4 ,j'admets un peu pour premier motif le ressentiment du prtre contre les prtentions de ,sal s'immiscer aux fonctions de sacrificateur et de devin2 nanmoins ce motif semble ne pas suffire1 lorsque l'on considre le repentir plus qu'expiatoire auquel le roi s'abaisse4 ,il faut qu'il y ait eu une autre cause plus radicale1 et je la trouve dans l'infirmit physique de ,sal1 laquelle1 examine mdicalement1 n'a pu tre que l'pilepsie4 ,le texte hbreu lui-mme autorise cette ide2 car1 lorsqu'il dit qu'un mchant esprit agita ou troubla ,sal1 le mot baat1 que l'on traduit par agit et troubl1 signifie spcialement trouble avec effroi1 avec frisson et terreur1 prcisment comme il arrive dans les convulsions pileptiques4 ,un tel mal1 joint l'ide d'un mchant esprit qui le cause1 n'a pu que dcrditer ,sal dans les prjugs de son peuple2 et ce prince a d achever de se perdre1 tant par les violents accs de colre auxquels on le voit livr de plus en plus1 que par la mdiocrit de ses moyens moraux et politiques4 ,samuel1 qui a fait le choix erron d'un tel chef1 ne s'est point pardonn sa mprise1 et c'est pour la rparer qu'il a imagin les prtextes que nous avons vus3 d'ailleurs1 dans l'excution finale de son dessein1 il introduit un mnagement digne de remarque2 car il ne choisit pas un homme g1 capable d'tre un comptiteur immdiat1 il prend un jeune homme de vingt vingt-quatre ans1 qui1 vis--vis de ,sal1 alors g d'environ cinquante-cinq1 laisse ce roi le temps d'achever sa carrire4 ,depuis l'onction de ,david1 l'on ne voit plus ,samuel qu'une seule fois en scne1 savoir1 lorsque le berger sacr1 devenu gendre de ,sal1 commence d'tre perscut par ce roi1 et qu'il se rfugie ,ramata1 d'o ,samuel l'emmne chercher un abri commun dans la confrrie des prophtes1 ,niout4 ,nous avons vu ci-devant que ,sal irrit y accourut lui-mme3 le cas fut prilleux1 parce qu' cette poque il dut tre bien inform de l'onction secrte de ,david2 mais ,samuel1 toujours rus1 aura profit de cette entrevue pour calmer le roi1 et faire avec lui sa paix2 il lui aura remontr qu'il n'avait pu se soustraire aux ordres du terrible ,jehwh2 il lui aura dclar que dsormais c'tait l'affaire de ,dieu de diriger son nouvel lu1 et que lui personnellement ne se mlerait plus de rien4 ,ce mme raisonnement l'aura dbarrass de la tutelle de ,david1 qui devint de plus en plus dangereuse2 car peu de temps aprs1 ,david ayant reu asile et secours du grand-prtre ,achimelek1 toute la famille de ce prtre fut massacre sans piti par l'ordre et en prsence de ,sal lui-mme4 ,on a droit de penser qu'un homme aussi fin que ,samuel1 et qui connaissait si bien le caractre de son premier pupille1 avait depuis du temps apprci le progrs de ses fureurs naturelles et maladives2 et la preuve de la conduite rserve du prophte depuis cette entrevue1 est qu'on le voit1 deux ans aprs1 mourir paisible1 laissant dans l'esprit de ,sal une si haute vnration de sa mmoire1 que ce prince1 la veille du combat o il prit1 n'espra de consolation et de secours que de la part de l'ombre de ,samuel1 qu'il fit voquer par la magicienne de ,an-dor#gj4 ,l'examen de cette scne de fantasmagorie serait un nouveau morceau curieux et instructif des usages du temps2 mais il me mnerait trop loin4 ,en rsum1 vous voyez la conduite de ,samuel s'expliquer dans tous ses dtails par des causes naturelles1 puises dans les murs et les prjugs de sa nation2 vous voyez toutes ses actions trouver leurs motifs palpables dans son caractre personnel toujours le mme1 toujours calculateur1 astucieux1 hypocrite1 ambitieux de pouvoir1 et louvoyant travers les difficult de sa position avec autant d'art que les circonstances le comportent4 ,je voudrais qu'aprs avoir lu mon commentaire1 vous relussiez le texte qui me l'a fourni2 vous sentiriez mieux combien est transparent le voile de prodiges et de merveilles qui l'enveloppe2 vous vous convaincriez que ce merveilleux n'a exist que dans le cerveau visionnaire d'un peuple ignorant2 et vous vous tonneriez avec moi de l'enttement aveugle qui prtend soutenir encore aujourd'hui de si sauvages erreurs2 mais le monde1 qui chaque gnration redevient enfant1 est toujours gouvern par la routine et par les vieilles habitudes4 ,il faut croire que chacun y trouve son compte2 les uns dans les illusions voient une mine exploiter1 et ils l'exploitent la manire de ,samuel et de sa confrrie2 les autres y trouvent un aliment1 une autorit au besoin de croire1 qui semble un des attributs de la nature humaine3 tel est le mcanisme de cette nature1 que lorsqu'en notre enfance nos nerfs ont t frapps de certaines impressions1 ont t plis certaines habitudes1 toute la vie les sons mme et les mots qui s'y sont lis ont le pouvoir magique d'exciter et ressusciter en nous les mmes mouvements1 les mmes dispositions#ga4 ,on nous a imprgns au berceau des rcits de la ,bible1 on a li les noms de ses personnages certaines opinions1 certaines ides2 et voil que les jugements qui nous ont t infuss1 s'incorporent avec nous1 et persistent machinalement toute notre vie2 j'ai souvent pens1 et j'en ai fait quelquefois l'exprience1 que si l'ge mr on nous prsentait ces mmes rcits1 revtus d'autres noms et comme venant de la ,chine et des ,indes1 nous en porterions des jugements trs-diffrents3 l est la solution d'un problme qui souvent tonne dans la socit1 et qui consiste trouver en des personnes d'ailleurs bien organises1 un jugement sain et droit sur toutes les choses qu'elles ont apprises par elles-mmes1 mais constamment faux sur ce qu'elles ont appris par l'ducation du bas ge3 dans le premier cas1 leur ame ou principe intellectuel a opr par lui-mme1 il a t consquent en sensation et en jugement2 dans le second cas1 il n'a t qu'une machine rptition1 une horloge discordante1 dont la sonnerie n'est pas d'accord avec le cadran que le soleil gouverne4#gb--,mais propos d'horloge1 voil que je crois1 comme dans les ,contes arabes1 entendre l'heure m'avertir de clorre ma veille ou nuit3 heureux si1 ne l'ayant pas trouve si amusante que ses mille et une surs1 vous la jugez du moins plus utile en ses rsultats6 ,je suis1 etc4 ,,conclusions ,,de ,l',,diteur4 ,questions de droit public sur la crmonie de l'onction royale4 ,notre voyageur a rempli ses fonctions d'historien critique2 nous sera-t-il permis de remplir celles de jurisconsulte scrutant les consquences des faits prsents8 ,nous n'entendons pas nous prvaloir du commentaire qui vient d'tre lu2 nous acceptons l'tat des choses tel que le donne l'auteur original1 encore qu'il ne soit point fond en titre lgal2 et1 nous bornant raisonner sur le seul fait de l'onction confre par ,samuel1 nous soumettons nos lecteurs les questions suivantes3 #a ,le ,dieu que les ,juifs peignent comme endurcissant les hommes1 afin de les perdre2 comme leur envoyant de mchants esprits1 afin d'garer leur raison2 comme exterminant tout un peuple1 et faisant hacher un roi en pices pour un fait arriv #djj ans auparavant2 ce ,dieu peut-il tre considr comme le mme qu'adorent les chrtiens2 les ,europens du ,x,i,xe sicle de l're appele de grace1 de charit et de lumires8--7,en d'autres termes37 ,les anciens ,hbreux ou ,juifs se sont-ils fait de la ,divinit les mmes ides que s'en font les ,europens actuels8 #b ,peut-on regarder les opinions des anciens peuples1 sur n'importe quel sujet1 comme obligatoires pour les peuples modernes8 ,et1 si dans le droit public un particulier ne peut en lier un autre ni dans ses actions ni dans ses penses1 peut-on admettre qu'une gnration qui n'tait pas ne1 ait t lie d'esprit et de sensations par le fait d'une gnration passe et dont la langue mme lui est une nigme8 #c ,si dans aucun pays1 si dans aucun code de justice1 le fait le plus simple n'est admis comme vrai ou comme apparent1 moins de deux tmoins1 peut-on admettre des faits incroyables1 sans aucun tmoin autre que leur acteur et narrateur ncessairement partial8 #d ,si dans aucun pays1 si dans aucun code de justice1 il n'est permis un individu de se constituer1 pour le moindre acte civil1 le reprsentant d'une autre personne1 sans exhiber un titre positif d'autorisation de cette personne1 peut-on admettre1 sans la plus stricte enqute1 la prtention du premier venu qui se dit et se constitue reprsentant de ,dieu1 porteur de sa parole8 #e ,peut-on esprer aucune paix parmi les hommes1 aucune pratique de justice dans les socits1 tant qu'il sera permis des individus quelconques de s'arroger eux-mmes1 de se confrer1 de se garantir les uns aux autres la facult de reprsenter ,dieu1 de lui donner des volonts1 de lui interprter des intentions8--,toute action de ce genre n'est-elle pas l'affectation du pouvoir absolu1 le premier pas au despotisme et la tyrannie8 #f ,toute corporation fonde sur ce principe de reprsentation ou d'autorisation divine1 n'est-elle pas une conjuration permanente contre les droits naturels de tous les hommes1 contre l'galit et la libert des citoyens1 contre l'autorit des gouvernements8 #g ,si1 chez les ,juifs1 l'tablissement d'une royaut et d'un roi fut1 comme le dit l'historien1 une chose contraire la volont de ,dieu1 ne s'ensuit-il pas directement qu'au lieu d'tre de droit divin1 la royaut n'est qu'une invention de l'homme1 une rbellion du peuple contre ,dieu1 et que le seul gouvernement saint et sacr est le gouvernement de ,dieu par les prtres1 c'est--dire1 des prtres au nom de ,dieu8 #h ,si ,dieu1 qui par sa toute-puissance pouvait d'un souffle exterminer le petit peuple hbreu ou changer leurs curs par l'envoi d'un bon esprit2 si ,dieu a prfr de se laisser forcer la main et de condescendre leurs volonts1 n'a-t-on pas droit d'en conclure que la ,divinit mme compte pour quelque chose la volont du peuple1 et qu'aucun pouvoir n'a le droit de la mpriser8 #i ,en admettant que ,samuel n'ait pas t un usurpateur par fourberie2 en admettant que l'installation de ,sal par lui soit devenue lgale raison de l'assentiment du peuple1 ne s'ensuit-il pas que le choix clandestin de ,david1 fait sans aucune autorisation ni notion de ce mme peuple1 a t un acte illgal1 contraire tout droit public1 et que le rgne de toute la dynastie davidique est par cela mme entach d'usurpation8 #aj ,si dans le systme des ,juifs1 l'onction confre ,david par ,samuel eut un caractre indlbile titre de divin1 pourquoi1 aprs la mort de ce prtre et celle de ,sal1 le fils d',isa1 qui fut un grand prophte thologien1 trouva-t-il ncessaire d'assembler les anciens 7seniores et senatores7 d'abord de ,juda1 puis de tout ,isral1 pour se faire oindre publiquement et solennellement par eux#gc8 #aa ,si1 comme il rsulte des documents historiques1 le sacre des rois de ,france a t institu l'imitation de celui des rois juifs1 n'est-il pas de stricte obligation d'y observer scrupuleusement les rites anciens et les usages de nos pres8 ,alors1 puisque l'onction de ,sal et de ,david par ,samuel fut faite en secret et nullement en prsence du peuple1 quel droit le grand-aumnier1 ou tout prtre chrtien1 a-t-il de la rendre publique8 #ab ,si chez les ,juifs le sacre par l'onction fut le transport du caractre sacerdotal sur la tte du roi1 chez les ,franais un roi qui se fait sacrer entend-il participer la prtrise8 #ac ,si un roi de ,france reconnat un prtre quelconque le droit de le sacrer aujourd'hui1 n'est-ce pas lui reconnatre aussi le droit d'en sacrer un autre demain1 l'imitation du prophte ,samuel8 #ad ,de quel droit un individu quelconque peut-il sacrer un roi de ,france8 ,ce droit vient-il de l'vque de ,rome8 ,le roi de ,france est donc le vassal d'un prince tranger4 ,ce droit est-il octroy au prtre par le roi lui-mme8 ,le roi se donne donc des droits4 ,o les puise-t-il8 ,est-ce dans la loi8 ,par qui a-t-elle t faite8 ,est-ce par lui8 est-ce par le peuple8 ,la loi est-elle un consentement mutuel de ces deux pouvoirs8 ,n'est-elle que la force militaire8--,prenez-y garde2 hors la ,charte1 tout est remis en question2 tout redevient prcaire et danger4 #ae ,si un sacre est une affaire d'tat1 pourquoi cette affaire est-elle de pur arbitre8 ,si c'est une crmonie d'amusement1 pourquoi la faire payer au peuple plus qu'une partie de chasse8 ,si c'est une crmonie de pit1 pourquoi en faire plus de bruit que de laver les pieds des pauvres et de toucher les crouelles8--,quand toute la morale de l'vangile n'est qu'humilit et simplicit1 pourquoi sa pratique n'est-elle que faste et dissipation8 ,un digne et curieux appendice cette histoire du prtre ,samuel1 serait celle de son pupille le berger ,david devenu roi4 ,il y a quelques annes qu'un essai de ce genre fut publi ,londres sous le titre de ,history of man according to ,god's own heart1 ,histoire de l'homme selon le cur de ,dieu4 ,l'auteur a bien saisi le caractre de cet homme1 et il ne faut que savoir lire sans prjug le livre juif pour le bien connatre par le rcit de ses actions2 mais cet auteur anonyme n'a pas su1 comme le ntre ici1 analyser et faire ressortir les motifs qui ont dirig ,david dans la plupart de ses actions2 c'est l le plus piquant intrt de la chose3 l'on y verrait l'un des plus russ1 des plus subtils machiavlistes de l'antiquit3 l'on y verrait que l'ancienne ,asie a connu et pratique l'art raffin de la tyrannie1 long-temps avant que la perverse ,italie moderne en et rdig les prceptes4 ,en fait de talents militaires1 en astuce politique1 il y a une ressemblance frappante entre l',hbreu ,david et le ,carthaginois ,annibal1 qui tous deux parlrent la mme langue1 furent levs dans les mmes usages nationaux1 et dans les mmes principes de morale4 ,parmi les modernes1 la meilleure copie du roi hbreu est le premier roi chrtien des ,francs1 ,clovis1 tel que vient de le peindre un pote dans une tragdie qui est un portrait historique4 ,un autre tableau serait celui du fils adultrin de ,david1 ce ,salomon de si clbre sagesse4 ,il est remarquer que tout ce que des voyageurs dignes de foi nous ont fait connatre depuis quelque temps de l'administration du pacha d'gypte ,mehemed-,ali1 se rapporte trait pour trait ce que l'on nous raconte de celle de ,salomon4 ,comme ce roi1 le pacha turc a concentr en lui seul le commerce intrieur et extrieur de tout son peuple2 lui seul achte et vend les bls1 les riz1 les sucres1 toutes les denres que produit l'gypte2 lui seul reoit de l'tranger les cafs1 les draps1 les marchandises de tout genre1 qu'il revend son peuple4 ,il a1 comme ,salomon1 un harem de plusieurs centaines de femmes1 des curies de plusieurs milliers de chevaux2 de manire que1 tout bien compar1 le pacha ,mehemed-,ali est un ,salomon1 ou ,salomon fut un pacha ,mehemed-,ali4 ,nos voyageurs ajoutent que depuis long-temps le peuple d'gypte n'avait t plus malheureux1 vex1 pressur avec plus d'habilet et de perversit4 ,les historiens juifs ne nous cachent pas qu'aprs la mort de ,salomon1 le peuple se trouva si mcontent1 si irrit1 que1 ne pouvant obtenir de son fils les soulagements demands1 il clata en rvolte et rejeta sa dynastie pour prendre des rois plus modrs4 ,la sagesse de ,salomon porte en hbreu le mme nom que celle dont le ,pharaon d'gypte dclara vouloir se servir pour mieux accabler les ,hbreux3 ,opprimons-les1 dit-il1 avec sagesse1 ,be ,hekmah4 ,nos docteurs draisonnent sur ce mot2 le fait est que son vrai sens est habilet1 emploi adroit et rus de la puissance4 ,mais ,salomon btit un magnifique temple o furent logs et richement dots de nombreux prtres2 et ces prtres ont t ses historiens4 ,n'est-ce pas ainsi qu'a t crite par des moines l'histoire des rois francs de la premire et mme de la seconde race8 ,,notes4 ,n ,ier4 ,page #afi4--,un homme de ,dieu 7,elahim71 au nom de ,jehovah ou ,jehwh4 ,le mot ,jehovah n'est connu d'aucun indigne arabe1 d'aucun ,juif purement asiatique2 son origine mme chez les ,europens qui le consacrent1 n'est ni claire ni authentique3 lorsque l'on prsente aux ,arabes1 transcrites en leur alphabet1 les quatre lettres hbraques qui le composent1 ils lisent ahouah ou hwh2 ils ne peuvent mme prononcer l'anglaise ou la franaise le mot ,jehovah1 parce qu'en leur langue ils n'ont ni j ni v4 ,le clbre auteur de la ,polyglotte anglaise1 le docteur ,robert ,walton1 l'un des plus savants et des plus senss biblistes qui aient crit sur ces matires1 blme expressment la prononciation jehova comme inoue aux anciens 7,prolegom41 pag4 #di74 ,il observe que les diteurs des bibles ont eu l'audace de falsifier cet gard les manuscrits mmes2 par exemple1 l'occasion du psaume #h1 lorsque ,jrme observe qu'il faut lire le nom de ,dieu de telle manire1 les diteurs ont mis qu'il faut lire ,jehova1 tandis que le manuscrit compuls par ,frobenius1 porte ,juo4 ,le premier auteur1 ajoute ,walton1 qui ait lu ,jehova1 fut ,pierre ,galatin1 en #aebj1 dans son trait de ,arcanis catholic veritatis1 tome #a;er1 liv4 #b4 ,nous avons vrifi cette citation sur l'original1 qui dit seulement que1 selon les docteurs juifs1 il faut lire les quatre lettres par quatre syllabes ah-h-ve-hu 7et cela par des raisons cabalistiques qui nous sont la preuve de leur ignorance en tout genre1 etc47 ,il parat que ce sont les thologiens allemands qui1 les premiers s'tant faits disciples des rabbins1 ont donn involontairement lieu cette lecture2 nous disons involontairement1 parce que chez eux1 le grand j ne vaut que notre petit i commun1 et leur u ne vaut que le franais ou1 de manire qu'en crivant jehuah1 ils prononcent ehouah1 et non ,jehovah2 mais les ,franais et les ,anglais lisant leur manire cette criture1 ont introduit l'usage de ,jehovah1 auquel leur imagination a ensuite attach des ides mystrieuses et emphatiques qui rappellent celles des anciens ,juifs1 chez lesquels la prononciation des quatre lettres hwh tait cense voquer les esprits et troubler toute la nature2 par suite de cette folle ide1 il tait dfendu de jamais prononcer ce nom3 aussi les premiers chrtiens grecs et latins1 tels qu',origne1 ,aquila1 ,jrme1 l'ont-ils toujours traduit par les noms de ,kyrios et ,adona2 c'est--dire matre ou seigneur4 ,ce n'est que dans des cas particuliers1 que quelques anciens chrtiens se sont permis d'entrer en explication cet gard3 ce qu'ils en disent1 s'accorde parfaitement avec la lecture actuelle des ,arabes et des ,juifs d',asie2 par exemple3 ,irne1 l'un des premiers crivains dits ecclsiastiques1 observe 7liv4 #b1 contre les hrtiques1 chap4 dernier7 que les ,grecs crivent a1 ce qui se dit en hbreu aoth4 7,le t seul est de trop47 ,thodoret1 question #ae sur l',exode1 dit3 ,le nom prononc a par les ,juifs1 se prononce ab par les ,samaritains 7ici b est pour v1 iav74 ,diodore de ,sicile1 liv4 #b1 avait dja rsolu la difficult1 en disant que ,mose avait feint 7comme ,lycurgue7 de recevoir ses lois du ,dieu aw4 ,avant ,diodore1 ,strabon avait dit la mme chose d'une manire encore plus explicative en ce passage digne d'tre cit3 ,mose1 l'un des prtres gyptiens1 enseigna que cela seul tait la ,divinit1 qui compose le ciel1 la terre1 tous les tres1 enfin ce que nous appelons le monde2 l'universalit des choses1 la nature4 7,voy4 ,gograph4 lib4 ,,xvi1 pag4 #aajd1 dit4 de #agjg47 ,le grec ,philon1 traducteur du ,phnicien ,sanchoniathon1 se joint toutes ces autorits1 quand il dit que le dieu des ,hbreux s'appelait eu1 ainsi que nous l'apprend ,eusbe en sa ,prparation vanglique4 ,il est donc certain que jamais les ,hbreux n'ont connu ce prtendu nom1 si emphatiquement dclam ,jehovah par nos potes et nos thologiens1 et ils ont d le prononcer comme les ,arabes actuels1 ehouh1 signifiant l'tre1 l'essence1 l'existence1 la nature des choses1 ainsi que l'a trs-bien dit ,strabon1 qui en cette affaire n'a d tre que l'interprte des savants syriens de son temps1 puisque trs-probablement il n'a point su ces langues4 ,si de ce mot houh l'on te les deux h1 selon le gnie de la langue grecque1 il reste ou1 base de ,jupiter1 ou u-pater 7ou gnrateur1 l'essence de la vie71 qui parat avoir t connu trs-anciennement des ,latins1 enfants des ,pelasgues4 ,cette branche de thologie est plus profonde et bien moins juive qu'on ne le pense3 elle parat venir des gyptiens ou des ,chaldens1 qui1 sous le nom de ,barbares1 sont pourtant reconnus par les ,grecs pour les auteurs de toute science astronomique et physique1 base primitive et directe de la thologie444 ,pour puiser ce sujet1 ajoutons que chez les premiers chrtiens1 la secte des gnostiques ou savants en traditions1 avait recueilli celle qui donnait le nom de a au premier et au plus grand des trois cent soixante-cinq dieux qui gouvernaient le monde2 ce plus grand rsidait dans le premier et le plus grand de tous les cieux 7voy4 ,epiph4 contr4 hr4 c4 #bf72 or1 selon ,aristote1 ce premier ciel est le sige et principe de tout mouvement1 de toute existence1 de toute vie1 le vrai ehouh de ,mose4 ,quant au nom d',elahim ou ,elom1 traduit ,dieu1 au singulier1 il est incontestable qu'en hbreu1 il est pluriel et signifie les ,dieux4 ,cette pluralit fut la doctrine premire2 mais depuis que ,mose eut constitu chez eux le dogme de l'unit1 le nom d',elahim1 les ,dieux1 ne gouverna plus que le singulier4 ,la diversit d'emploi dans ces deux noms ,elahim et ehouh1 est digne d'attention en nombre d'endroits4 ,n ,,ii4 ,page #aga4--,parle1 ,jehwh1 ton serviteur coute4 ,dans l'hbreu comme dans tous les idiomes anciens et dans l'arabe actuel1 le tutoiement est toujours usit envers la seconde personne singulire1 jamais le pluriel vous3 cette dernire formule est une invention de notre ,europe1 dont l'origine ne serait pas indigne de recherches2 le tu et toi porte un caractre d'galit entre les personnes1 qui semble appartenir spcialement un tat de socit sauvage1 dans lequel chaque individu se sent isol1 et considre comme tel son semblable2 le vous1 au contraire1 semble indiquer un tat de socit civilis et compliqu dans lequel chaque individu se sent soutenu d'une famille ou d'une faction dont il fait partie3 le sauvage dit moi tout seul1 et toi de mme2 l'homme civilis dit3 moi et les miens1 nous3 toi et les tiens1 vous3 l'homme en pouvoir1 a d commencer ce rgime3 moi et mes gens1 nous voulons1 nous ordonnons3 en agissant contre l'homme faible1 isol1 il lui a dit1 toi qui es seul4 ,le vous est devenu un signe de puissance1 de supriorit1 un terme de respect444 ,le toi est rest un terme d'galit non rvrencieuse3 voil sans doute pourquoi le traducteur franais catholique l'a banni comme un indice de murs grossires2 mais parce que cette grossiret est un trait essentiel du tableau1 c'est commettre un faux matriel que de le dissimuler4--,il en est de mme de plusieurs expressions ordurires et obscnes que dissimulent toutes les traductions4 ,on a honte de la grossiret des mots et des murs2 et l'on n'a pas honte de la grossire absurdit des ides et des opinions que l'on nous fait digrer6 ,voil ce peuple chri que l'on veut avoir t lu1 pour attirer sur soi son manteau6 ,n ,,iii4 ,page #ahg4--,les devins consults par les riches comme par les pauvres1 etc4 ,a l'appui de notre voyageur1 et au sujet des ruses des devins et de la crdulit du peuple1 mme galonn1 nous voulons consigner ici une anecdote dont nous garantissons la vrit4 ,en #agha1 l'diteur du prsent ouvrage rsidant ,paris1 eut occasion de connatre un particulier qui avait exerc et qui exerait encore quelquefois la profession de devin2 le hasard de quelques intrts rciproques amena entre eux assez d'intimit pour que ce particulier s'ouvrt sur les mystres de son art1 en y mettant seulement la condition de n'tre jamais compromis3 cette condition a t fidlement remplie1 et aujourd'hui mme pour ne point l'enfreindre1 nous taisons les noms en citant les faits que voici4 ,vers #agfe1 ,m9999991 employ dans les bureaux de police de ,m4 de ,sartines1 se trouva rform et par suite assez embarrass comment vivre3 tandis qu'il tait la police1 il avait d suivre entre autres affaires une sorte de procs que des plaignants1 escroqus1 avaient intent une femme tireuse de cartes4 ,les interrogatoires lui avaient procur des dtails instructifs et curieux sur certains principes gnraux tablis comme bases de l'art3 il avait trouv qu'au total1 cet art tait un calcul de probabilit qui1 mani avec adresse1 devenait susceptible d'applications heureuses2 l'ide lui vint d'en faire une tude rgulire1 et d'en tirer le meilleur parti possible pour sa situation2 il commena par diviser et classer la matire exploitable1 c'est--dire la crdulit publique1 #a en ses deux sexes1 hommes et femmes2 #b en ses quatre ges1 savoir1 enfance1 pubert1 ge mr et vieillesse2 #c en maris et non maris1 en matres et en serviteurs2 #d en clercs et laques1 nobles et roturiers1 gens de mtier et riches1 etc42 ensuite ayant tabli les accidents gnraux qui sont communs toutes les classes1 il distribua les accidents spciaux plus habituels chacune1 et finalement les accidents plus rares et plus individuels4 ,de ce travail1 rsulta une masse d'environ quatre mille articles des accidents de la vie humaine qui se rencontrent le plus ordinairement4 ,tandis que ,m999999 excutait ce travail de cabinet et de thorie1 il se livrait un autre de pratique non moins important2 il employait tous ses loisirs courir le monde et les runions publiques pour connatre de figure et de nom les personnes marquantes1 et pour apprendre tout ce qui concernait les affaires de famille et celles d'tat2 il frquentait surtout les auberges o mangeaient les valets des grandes maisons1 et celles o se runissaient les mendiants4 ,il prenait divers dguisements1 mme de femme2 la nature l'avait favoris d'une figure propre jouer tous les rles3 sous un visage bnin et presque niais1 il cachait un esprit vraiment subtil1 plein de sagacit et de pntration4 ,lorsqu'il se vit fort de matriaux et de moyens1 il s'tablit dans le quartier de la ,place des ,victoires1 o il fut bientt consult par les filles qui lui firent connatre les entretenues1 qui1 elles-mmes1 lui adressrent leurs amants de haut rang1 etc41 de manire qu'en quelques annes il acquit une somme assez considrable pour assurer son indpendance2 ses succs furent tels1 que parmi ses cliens il compta des personnes de haut rang1 des gens de cour et de barreau1 des ecclsiastiques1 et mme deux prlats qu'il reconnut trs-bien3 la plus curieuse de toutes ces histoires1 fut celle de ,m4 le duc d',o9999994 ,en #aggi1 vers les onze heures du soir1 notre devin entend frapper la porte de sa chambre trois coups en matre3 il venait de se coucher2 il saute du lit1 allume sa chandelle sa veilleuse1 ouvre la porte1 et voit entrer un homme bien vtu1 de bonne taille1 et portant un chapeau rond si enfonc sur les yeux1 qu'il tait difficile de voir la figure4--,puisque vous tes devin1 dit cet homme1 pourquoi ne deviniez-vous pas ma venue8--,je ne devine pas1 rpondit ,m9999992 je consulte le sort au besoin1 et le sort m'claire4--,eh bien1 consultez-le sur ce que je viens vous demander4 ,notre devin prend ses cartes1 assez inquiet de ce qui allait arriver1 son chagrin tait de ne pas voir la figure3 il jette des mots insignifiants pour entamer conversation2 il fait tomber les mouchettes1 se baisse pour les ramasser1 et dans ce mouvement1 il saisit les traits du personnage qu'il reconnat pour ,m4 le duc d',o9999994 ,ce fut partie gagne3 notre homme offre un sige d'un air indiffrent1 lui-mme s'assied sans faon1 avec recueillement2 il bat les cartes1 en tire une premire qui annonce une affaire de famille2 la seconde1 il jette un cri d'effroi3--,ah6 ,dieu1 je suis perdu6--,comment cela8 dit le duc4--,un pige m'est tendu par un homme puissant2 je ne puis continuer mon opration4--,le duc le rassure2 le devin tire une autre carte qui dsigne plus spcialement le consultant2 le duc avoue qu'il vient pour sa femme2 le devin savait comme tout le monde1 que madame la duchesse tait grosse1 et mme peu prs de combien de mois3 il se doute que le consultant veut savoir si l'enfant sera mle ou femelle2 il tire une carte en consquence2 le sort dclare un enfant mle aprs un accouchement un peu laborieux2 le duc se lve sans dire mot1 et aprs avoir ouvert la porte3 ,cent louis1 dit-il1 si c'est vrai2 cent coups de canne1 si c'est faux1 et il part en poussant la porte4 ,voil notre devin sur le qui-vive3 pendant plusieurs jours1 il rde autour de l'htel ou palais2 il tche d'accoster les gens de service2 il capte un jeune homme qu'il rgale plusieurs fois au caf voisin2 il apprend le terme suppos pour l'accouchement2 il prtexte un intrt de l'annoncer une personne qui a fait une forte gageure que ce sera une fille1 il y aura quelque chose partager2 le jeune homme promet d'informer l'heure2 le terme arrive2 le devin ne quitte plus le caf2 l'accouchement se fait2 il est averti l'instant2 c'est un garon 7qui a t feu ,m4 le comte de ,b44474 ,notre homme part la course1 monte sa chambre1 allume vite sa veilleuse et se couche4 ,a peine une demi-heure s'tait coule1 il entend monter pas de loup2 il feint un sommeil profond2 les trois mmes coups l'veillent3 il sollicite un peu de patience1 fait de la lumire2 et ouvre4 ,le monsieur au chapeau enfonc entre et dit simplement bonsoir1 jette sur la table une bourse qui sonne1 se retourne et part2 le devin compte les louis1 il y en avait juste cent2 ce fut une indemnit pour quelques autres aventures4 ,elles n'taient pas toutes aussi heureuses2 l'une d'elles l'avait brouill avec la police4 ,un homme1 qu'elle poursuivait1 l'avait consult pour sortir de ,paris3 le sort avait rpondu1 sortez par la porte haute2 l'homme avait russi par la barrire d',enfer2 mais il avait t repris2 il fallut1 pour calmer cette affaire1 employer des amis et de l'argent4 ,c'et t un recueil curieux que celui de toutes les anecdotes qui lui taient arrives dans ce genre de profession2 il en avait retir des rsultats philosophiques trs-piquants sur les divers degrs et dispositions de crdulit des divers ges1 sexes1 tempraments et professions4 ,le plus fort de sa clientelle avait t en femmes1 surtout de l'ge moyen1 en joueurs1 en plaideurs1 en militaires1 en entrepreneurs de commerce2 il avait remarqu que cette vivacit d'ides que l'on appelle de l'esprit1 loin d'empcher la crdulit1 y tait plutt favorable2 que l'ignorance en choses physiques en tait surtout la cause essentielle2 que les plus rares de tous ses consultants avaient t des physiciens1 des mdecins et des mathmaticiens2 nanmoins il en citait quelques exemples1 avec cette circonstance que les individus taient ce qu'on appelle dvots2 du reste1 il convenait que l'art n'tait qu'habilet et ruse2 il tait persuad que les anciens ministres des temples et des oracles y taient trs-verss1 et qu'ils en avaient fait des tudes profondes au moyen desquelles ils avaient pu pratiquer des tours de fantasmagorie dont aujourd'hui l'on n'a plus d'ide4 7,il n'avait pas vu ceux dont les ,robertson et les ,comte nous ont tonn et instruit depuis quelques annes47 ,n ,,iv4 ,pag4 #bbd4 ,l'obscur laconisme de l'hbreu dans ce passage1 n'a t compris d'aucun traducteur3 le grec ne prsente pas de sens raisonnable2 le latin qui a voulu en faire un1 et qui a t copi par le franais1 l'anglais1 etc41 s'exprime ainsi3--,sont-ce des holocaustes et des victimes que le ,seigneur demande8 n'est-ce pas plutt que l'on obisse sa voix8 ,l'obissance est meilleure que les victimes2 il vaut mieux lui obir que de lui offrir les bliers les plus gras1 car c'est une espce de magie de ne vouloir pas se soumettre2 et ne pas se rendre sa volont1 c'est le crime de l'idoltrie4 ,l'on voit que ceci est un pur radotage priv de sens4 ,voici le texte3 ,an voluntas ,domino in ascensionibus et victimis1 sicut audiens ,h ,hafs l'ehouh b alot oua zabahim ke som in verbo ,dei8 ,hc audiens ex victim bonum 7ou boni7 in inspectione be ql ehouh heneh sem me zabah toub le heqsib adipis arietum2 quia peccatum divination rebellio et vacuitas mableb alm ki ,htat quesm meri ou oun et idolis fiducia4 ou tarafim he fasr4 ,le latin ne rend pas parfaitement le texte1 parce que dans l'hbreu les genres manquent de signes comme dans l'anglais2 par exemple1 toub est comme good1 et peut signifier bon1 bonne1 bont4 ,l'on voit la difficult de saisir le sens d'un style si oraculaire2 mais quelle est ici la pense de ,samul8 il se dit interprte de ,dieu1 recevant sa parole tte tte comme ,mose2 si d'autres que lui parvenaient connatre cette parole ou cette volont par le moyen des victimes1 son privilge serait perdu3 il a donc intrt de dcrditer ce moyen1 et comme il en connat la fausset1 en le dcrditant1 il met les prtres hors de pair avec lui sans qu'ils osent s'en plaindre2 ce doit tre l le sens de ses paroles ,sal4 ,le franais littral peut se dire ainsi3 ,dieu veut-il des victimes et des 7fumes7 montantes 7de grillades72 7car c'est le vrai sens d'holocaustes71 autant que l'audition 7obissante7 sa parole8 ,ici l'on coute 7on veut connatre7 le bon 7succs7 par la victime en regardant avec attention la graisse des bliers4 ,or1 ou mais 7le mot hbreu ki a une multitude de sens1 mme le disjonctif71 or1 ou mais1 le pch de devination est rvolte1 chimre1 confiance aux idoles1 etc4 ,du moins ici il y a un sens raisonnable et non pas forc ou nul1 comme lorsque le mot toub est traduit par meilleur et que l'on renverse la phrase pour le placer4 ,on ne saurait le nier1 les livres hbreux sont encore traduire4 ,on a beau nous vanter nos pres en doctrines2 les anciens ont manqu totalement de critique1 et de plus1 ils ont manqu des moyens scientifiques que le temps a cumuls en faveur des modernes3 il est dmontr que les prtendus septante n'ont point entendu l'hbreu1 malgr toute la fable d'inspiration dont on a voulu les entourer1 et dont la fourberie est dmontre par le savant bndictin ,montfaucon1 dans les ,hexaples d',origne1 tom4 #a;er4 ,n ,v4 ,pag4 #bcj4--;,je ne concilie pas cette prsentation avec celle du chapitre suivant1 qui est le ,,xvii4 ,pour mettre le lecteur plus en tat de prononcer lui-mme cet gard1 nous lui soumettons la substance fidle de ce chapitre #ag1 un peu trop long pour tre cit mot mot4--,il dbute par mettre en prsence les deux armes et camps des ,philistins et des ,hbreux sans avoir dit un mot des causes ni des antcdents de cette guerre1 ce qui dj indique qu'il n'est pas la suite positive du chapitre #af1 qui finit par le rcit de la premire prsentation4 ,un ,philistin de taille gigantesque1 n btard1 et nomm ,goliath1 s'avance entre les deux camps1 et dfie au combat le plus vaillant des ,juifs4 7,le narrateur dcrit d'une manire instructive et curieuse les dtails de son armure47 ,pendant quarante jours1 soir et matin1 ,goliath recommence son dfi en posant pour condition que les compatriotes du vaincu deviendront les esclaves des compatriotes du vainqueur4 ,les ,hbreux restent stupfis de frayeur2 or1 un homme de ,bethlem avait huit enfants dont trois taient au camp1 et ,david1 le plus jeune1 allait et venait de la maison au camp leur porter des vivres3 et un matin qu'il en apportait1 il vit ,goliath1 le gant1 qui1 son ordinaire1 dfiait les ,hbreux4 ,il s'informa de ce que cela signifiait1 et un ,hbreu lui dit3 ,vous voyez cet homme qui insulte ,isral2 si quelqu'un peut le vaincre1 le roi l'enrichira1 il lui donnera sa fille1 il affranchira la maison de son pre1 et la rendra libre 7les ,hbreux taient donc serfs74 ,et le frre an de ,david l'entendant parler lui dit3 ,que fais-tu ici8 et pourquoi as-tu quitt ce peu de troupeaux que nous avons8 ,je connais ton orgueil et la malice de ton cur4 7,ces derniers mots semblent faire allusion aux prtentions que l'onction royale aurait dja donnes ,david47 ,tu viens voir le combat1 retourne la maison4 ,et ,david alla d'un autre ct1 continuant de questionner les uns et les autres1 tellement que ses discours parvinrent aux oreilles du roi3 et il fut conduit devant ,sal1 qui il dit avec assurance qu'il combattrait le gant1 et qu'il le vaincrait4 ,sal lui fit essayer les armes d'usage1 savoir la cuirasse1 le casque1 le bouclier2 ,david dit que tout cela le gnait1 et qu'il ne voulait que sa fronde1 son bton et cinq pierres polies qu'il choisit dans le torrent3 ainsi arm1 il s'avance vers le gant3 entre eux deux se passe un dialogue selon les murs du temps1 dans le style des guerriers d',homre4 ,david prend son temps1 et de sa fronde lance une pierre qui frappe le ,philistin au front et le renverse terre 7le texte dit qu'elle entra dans le front2 cela ne se conoit pas2 une petite pierre a eu trop peu de poids pour cet effet2 une grosse pierre a eu trop de volume72 il se prcipite sur le gant vaincu1 saisit son pe 7ou plutt son coutelas71 et lui coupe la tte qu'il apporta ,jrusalem1 et il mit les armes du ,philistin dans le ,tabernacle4 7,cette mention de ,jrusalem est tonnante2 le tabernacle n'y fut pos que dans la suite par ,david mme47 ,l'historien continue et dit1 qu'au moment o ,david marcha contre le ,philistin1 ,sal dit du chef de sa garde1 ,abner1 de qui est fils ce jeune homme 7nar78 ,abner rpond3 ,sur ma vie je l'ignore4 ,demandez-le-lui1 dit le roi2 et quand ,david revint1 ,abner le prit et le mena au roi1 tenant la tte du gant2 et ,sal lui dit3 ,de qui es-tu fils8--,d',isa de ,bethlem1 rpondit ,david2 et de ce moment le cur de ,jonathas1 fils de ,sal1 s'attacha ,david1 et il ne cessa de l'aimer4 ,or1 ,sal1 ce jour-l1 prit ,david son service et il ne le laissa plus retourner chez son pre 7ceci diffre entirement du chap4 #af1 o ,sal envoie prendre ,david chez son pre72 et il lui donna un commandement1 puis diverses entreprises prilleuses1 o ,david russit toujours3 or1 quand ,sal1 de retour de cette expdition 7qui avait fini par une droute complte des ,philistins71 passa dans les villes et villages des ,hbreux1 les femmes et les filles sortirent au-devant de lui1 chantant3 ,sal en a tu mille1 ,david en a tu dix mille2 et ,sal bless de ce chant1 dit en lui-mme3 ,ils m'en donnent mille1 ils lui en donnent dix mille2 bientt ils lui donneront le royaume1 et ds lors il voulut le perdre4--,et un jour qu'il fut saisi du malin esprit de ,dieu1 et que ,david jouait de la lyre en dansant devant lui1 ,sal tenta deux fois de le percer de sa lance1 mais ,david l'vita1 et le fer frappa dans la muraille3 ,david continua de prosprer1 et ,sal lui promit une de ses filles s'il tuait cent ,philistins1 etc4 ,assurment le rcit de ce chapitre1 quant la prsentation1 diffre matriellement du prcdent3 dans le chap4 #af1 aprs l'onction clandestine de ,david1 en la maison de son pre1 ,bethlem1 ,sal l'envoie chercher pour jouer de la harpe1 et il le retient son service2 aucune mention n'est faite du combat1 ni de la guerre philistine1 ce qui exige un laps de temps4 ,dans ce chapitre #ag1 o il devrait ce titre dja le bien connatre1 il le voit pour la premire fois1 il s'enquiert de sa famille et de son nom2 cela n'est pas conciliable et ne peut s'expliquer qu'autant que l'on admet ici deux rcits originaux1 venant de deux mains diffrentes1 que le compilateur a cousus l'un l'autre sans raccord1 n'osant probablement rien changer deux autorits qui lui ont impos respect4 ,ce compilateur a d tre ,esdras1 et les narrateurs premiers ont pu tre ,samuel1 ,gad ou ,nathan1 comme l'ont dit les ,paralipomnes4 ,n ,,vi4 ,pag4 #bdc4--,l'ombre de ,samuel voque par la magicienne de ,an-dor4 ,sam4 liv4 #a;er1 chap4 #bh4 ,cette scne est si curieuse1 que le lecteur nous saura gr de lui en donner le rcit textuel4 ,samuel tait mort1 ,sal avait chass les devins et les magiciens2 or1 les ,philistins s'tant assembls en armes1 vinrent camper ,sunam2 ,sal rassembla ,isral1 et campa ,gelba1 et voyant les dispositions des ,philistins1 il conut de grandes craintes1 et il interrogea ,dieu 7,iehouh73 et ,dieu ne rpondit ni par songes1 ni par urim ou oracles de prtres1 ni par prophtes4 7,voyez ce sujet le ,dictionnaire de la ,bible1 par dom ,calmet1 tom4 ,,iv1 art4 urim et thumim1 o l'on voit que le prtre rendait l'oracle par l'inspection des pierres prcieuses qui1 ses yeux1 jetaient ou ne jetaient pas d'clat47 ,et ,sal dit ses serviteurs3 ,cherchez-moi une femme matresse des vocations1 que je l'interroge2 ils lui rpondirent3 ,il y en a une ,an-dor 7la fontaine de ,dor72 ,sal changea ses vtements1 en prit d'autres1 et s'y achemina avec deux hommes2 ils arrivrent de nuit chez cette femme1 et il lui dit3 ,devinez-moi1 je vous prie1 par les esprits ou revenants1 et faites-moi monter qui je vais vous dire2 la femme rpondit3 ,vous savez ce qu'a fait ,sal qui a dtruit les devins et gens de mon art1 pourquoi me tendez-vous un pige pour me faire mourir8 et ,sal lui jura par ,iehouh en lui disant3 ,vive ,dieu1 il ne vous arrivera pas de mal3 la femme reprit3 ,qui vous ferais-je monter8 ,sal dit3 ,faites monter ,samuel2 et 7bientt7 la femme vit ,samuel1 et elle s'cria3 ,pourquoi m'avez-vous trompe8 ,vous tes ,sal2 et le roi dit3 ,ne craignez point1 qui avez-vous vu8--,j'ai vu lahim 7les ,dieux7 montants 7du sein7 de la terre4 7,notez bien qu'ici le mot lahim gouverne le pluriel montants47 ,sal dit3 ,quelle est sa forme8 elle reprit3 ,un vieillard couvert d'un manteau2 et ,sal reconnut que c'tait ,samuel1 et il s'inclina vers la terre2 et ,samuel dit ,sal3 ,pourquoi m'avez-vous troubl en me faisant monter8 ,sal rpondit3 ,je suis dans les angoisses1 les ,philistins me combattent2 ,dieu 7lahim7 s'est retir de moi1 il ne me rpond ni par les prophtes1 ni par les songes2 je vous ai invoqu pour m'clairer sur ce que je dois faire2 et ,samuel rpondit3 ,pourquoi m'interrogez-vous quand ,dieu s'est retir de vous et qu'il s'est fait votre rival comme je vous l'ai dit8 ,il a rompu le pouvoir de votre main et l'a donn ,david1 parce que vous n'avez point cout sa voix1 et que vous l'avez irrit pour ,amalek 7le texte dit irrit son nez72 ,dieu vous livrera aujourd'hui avec ,isral1 aux ,philistins21 demain vous et vos fils vous serez avec moi4 ,a ces mots ,sal de sa haute taille tomba subitement par terre1 saisi de terreur2 il fut sans force1 il n'avait pas mang de pain1 ni ce jour1 ni la nuit 7prcdente72 et la femme vint lui1 et comme elle le vit pouvant1 elle lui dit3 ,votre servante vous a entendu1 elle a mis son ame dans sa main2 elle vous prie d'entendre ses paroles1 elle vous offre une bouche de pain1 afin que vous mangiez2 vous reprendrez des forces1 et vous retournerez 7chez vous47 ,sal refusa et dit3 ,je ne mangerai point2 et ses serviteurs et cette femme le contraignirent3 il se rendit leurs prires2 il se releva de terre et s'assit sur le lit 7matelas pos par terre72 et la femme avait un veau qu'elle engraissait1 elle se hta de l'gorger2 elle prit de la farine1 fit cuire des gteaux ou galettes 7non leves faute de temps71 elle prsenta ces aliments ,sal et ses serviteurs2 ils mangrent1 ils se levrent et s'en allrent pendant cette nuit4--7,le chapitre finit47 ,cette scne a t le sujet de beaucoup de raisonnements de la part de divers crivains chrtiens1 anciens et modernes2 presque tous y ont vu l'opration du diable au moyen duquel ils expliquent tout ce qui n'est pas divin dans leur ligne4 ,le hollandais ,van ,dale et le philosophe franais ,fontenelle1 s'en sont particulirement occups2 mais leur poque1 il n'y a eu ni assez de connaissances physiques1 ni assez de libert d'crire pour qu'ils pussent clairement s'expliquer2 il est bien clair aujourd'hui que cette femme n'a us que des prestiges naturels dont nos physiciens modernes ont retrouv la science secrte3 elle n'a pas eu besoin d'une grande magie pour reconnatre le roi ,sal si connu de tout ,isral1 pour sa taille qui dominait le vulgaire de toute la tte2 ni pour faire apparatre une ombre au moyen de ces lanternes sourdes places dans un rduit cach1 d'o elles projettent sur un mur ou sur une toile tendue1 un spectre lumineux dessin par une feuille de mtal ou de bois accole la lampe2 l'antiquit de ce meuble est atteste par les ruines d',herculanum1 o on l'a trouv comme une leon pour nous de ne pas dnier aux anciens la connaissance de tout ce que nous ne voyons pas4 ,que de choses les jongleurs de toute robe ont eu intrt de cacher6 ,cette femme n'a pas eu besoin d'une grande magie pour cacher quelque complice qui a fait le dialogue 7si elle ne l'a pas fait elle-mme71 ni pour subjuguer l'esprit de trois hommes dpeints si superstitieux1 si crdules1 si pouvants2 et comment ces tours de gobelet n'auraient-ils pas russi cette poque de profonde ignorance1 lorsqu'au milieu de nous1 au dix-huitime sicle1 l'on a vu sous le nom de loge gyptienne1 des associations ou confrries d'hommes de haute qualit1 des comtes1 des marquis1 des princes1 en ,france1 en ,italie1 en ,allemagne1 se laisser illuminer par les fourberies de quelques imposteurs 7de ,cagliostro par exemple71 et cela1 au point de croire que l'ombre de ,ssostris ou de ,nekepsos1 ou de ,smiramis1 pouvait venir assister leurs banquets nocturnes8 ,on parle beaucoup de la crdulit du peuple1 on devrait dire de l'homme ignorant1 qui1 pour tre vtu d'habits divers1 tantt de haillons1 tantt de galons1 de percale ou de bure1 n'en est pas moins toujours le mme animal ridicule par ses prtentions1 pitoyable par sa faiblesse2 heureux quand ses passions irrites n'en font pas une bte froce1 dangereuse surtout lorsqu'elle cache la griffe du tigre sous le velours des formes religieuses4 ,,nouveaux ,,claircissements ,,sur ,,les ,,proph,,tes ,,mentionn,s ,,au ,,viii1 page #aib4 ,les usages et les murs des peuples asiatiques1 et spcialement des races arabes au temps ancien et mme actuel sont si peu connus en gnral de nous autres occidentaux1 que beaucoup de lecteurs ont pu ou pourront croire que notre voyageur historien s'est livr quelques ides systmatiques dans ce qu'il a dit1 ,,viii1 de la ,confrrie des ,prophtes4 ,nous regardons comme un devoir de confirmer la justesse de ses vues cet gard1 en joignant ici le tmoignage d'un autre voyageur rcent qui1 dans une brochure intitule3 ,notice sur la cour du grand-seigneur1 suivie d'un ,essai historique sur la religion mahomtane#gd1 a publi des faits notoires dja cits par d'autres historiens1 tels que ,paul ,rica1 qui dmontrent1 dans l'tat prsent1 le miroir authentique et fidle de l'tat pass4 ,nous allons copier quelques articles de la page #adh4 ,,des ,,santons1 ,,aifaquis1 ,,scheiks1 ,,hogis ,,et ,,talismans4 ,les trois premiers ordres sont parmi les ,turks les plus minents dans le sacerdoce1 et ils l'exercent avec beaucoup d'autorit2 les hogis et talismans tiennent le rang de diacres et sous-diacres4 ,les santons assistent l'office 7de la mosque71 rcitent les prires1 expliquent des textes du ,koran1 et sont quelquefois d'une telle vhmence1 qu'ils manient les esprits au gr de leurs passions4 ,on en vit un grand exemple en #aefd1 lorsque ,soliman ,,ii hsitait d'aller assiger ,malte4 ,un de ces santons1 prchant un vendredi devant le sultan1 parla avec tant de force1 que le peuple1 transport de haine contre les chrtiens1 demanda la guerre grands cris1 et contraignit ,soliman de la promettre sur-le-champ4 ,on sait combien de milliers de soldats y prirent1 et combien fut honteuse la retraite de ,soliman4 ,en #afjj1 vivait dans la ville d',alep un vieillard septuagnaire de l'ordre des santons1 qui s'tait acquis une telle rputation de saintet1 qu'elle attirait un grand concours de peuple dans sa maison1 quoique son humeur sauvage en rendt l'accs difficile4 ,les grands de l'empire en avaient seuls l'entre2 mais croyant en recevoir des bndictions1 ils n'en recevaient que de fortes rprimandes4 ,ce vieillard avait pass douze annes entires dans sa maison sans en sortir1 et depuis trois ans il n'avait pas seulement dpass le seuil de la porte de sa chambre1 quand un vu qu'il avait fait interrompit sa solitude et le fora faire un voyage ,jrusalem4 ,le bruit s'en rpand bientt dans les environs d',alep2 le peuple accourt pour le voir partir1 et se rend en foule sur son passage1 aux portes de la ville1 dans les rues1 devant sa maison3 il parut1 mont sur une mule que son fils menait par la bride1 et tenant les yeux ferms pour tre plus recueilli dans ses mditations2 il s'leva un cri universel d'admiration4 ,les spectateurs se sparant ensuite en trois bandes1 marchrent devant lui1 et l'accompagnrent par honneur trois lieues de la ville4 ,le pacha d',alep tait de cette troupe1 suivi de deux cents chevaux2 et celui du ,caire vint au-devant de lui avec un appareil pompeux4 ,ces deux pachas abordrent notre santon au milieu de la campagne1 et lui soutinrent les bras1 jusqu' ce qu'il les et pris de se retirer4 ,les lieux par o il passait taient couverts d'hommes accourus de tous cts pour voir un saint4 ,,des ,,moines ,,turks4 ,les moines turks se partagent en quatre classes2 les gomailers1 les dervis1 les calenders et les torlaquis4 ,les gomailers sont des jeunes gens de bonne maison1 polis1 forms aux usages du monde3 ils voyagent en ,barbarie1 en gypte1 en ,arabie1 en ,perse et mme dans les ,indes orientales4 ,ils sont vtus d'une saye de pourpre violette qui leur descend jusqu'aux genoux1 et portent une longue ceinture d'or et de soie1 au bout de laquelle sont suspendues des cymbales d'argent1 dont le son joint leur voix1 forme une agrable harmonie4 ,une peau de lion ou de lopard1 noue avec les deux pattes de devant sur leur poitrine1 leur sert de manteau4 ,ils ont pour chaussure des sandales de corde2 ils vont tte nue1 et laissent crotre leurs cheveux qu'ils ont soin de parfumer4 ,un livre d'amour plein de chansons qu'ils ont composes en langue arabe ou persane1 est le seul qu'ils lisent4 ,par les chansons et la musique de leurs cymbales1 ils amusent les artisans qu'ils obligent ainsi de leur donner de l'argent4 ,ils sont tous aussi savants qu'il est possible aux ,turcs de l'tre4 ,aussi crivent-ils les relations de leurs voyages1 et leurs discours sont-ils propres sduire les jolies femmes1 qui d'ailleurs ont beaucoup d'inclination pour eux4 ,les dervis sont vtus de deux peaux de mouton ou de chvre1 sches au soleil2 ils vont tte et pieds nus1 se rasent les cheveux1 la barbe et tout le poil du reste du corps1 et se brlent les tempes avec un fer chaud1 ou un morceau de jaspe de diverses couleurs4 ,ils habitent hors des villes1 dans les faubourgs et dans les villages4 ,ils voyagent au retour du printemps ou pendant l'automne2 et partout o ils passent1 ils laissent des marques de leur lubricit4 ,s'ils rencontrent en leur chemin un passant qu'ils jugent un peu ais1 ils lui demandent l'aumne en l'honneur d',hali1 gendre de ,mahomet2 s'il refuse1 ils lui coupent la gorge1 en l'assommant avec une petite hache qu'ils portent la ceinture4 ,ils violent les femmes qu'ils trouvent l'cart1 et se livrent entre eux aux excs les plus monstrueux4 ,le chef lieu de leur ordre est dans l',asie mineure4 ,il est bti tout prs de la tombe d'un personnage de leur secte1 dont ils clbrent la mmoire et rvrent les ossements4 ,leur gnral loge dans ce monastre qui contient cinq cents religieux3 ils l'appellent ,,assambaba1 c'est--dire pre des pres4 ,le vendredi est leur jour de fte4 ,aprs l'office1 ils se rendent dans les prairies qui environnent leur monastre2 ils y dressent des tables1 et se livrent aux plaisirs de la bonne chre4 ,le gnral est assis au milieu d'eux4 ,aprs le repas1 ils se lvent et font leur prire d'actions de graces4 ,ensuite deux jeunes garons leur apportent d'une certaine poudre enivrante1 et des feuilles d'une plante qu'ils nomment mastach4 ,aprs en avoir pris1 ils passent bientt de la joie la fureur4 ,dans cet tat1 ils allument un grand feu1 et1 se tenant par la main1 ils dansent autour1 et parviennent un tel degr d'exaltation1 qu'ils se dchirent la peau de mille manires et y tracent avec leurs couteaux diverses figures1 comme des fleurs ou la figure d'un cur1 ou des paroles analogues leurs amours4 ,a ces extravagances1 ils ajoutent une certaine danse qu'ils excutent en tournoyant avec une incroyable vitesse4 ,ils se forment en cercle2 un de la troupe commence battre un tambourin et se mettre tourner4 ,les autres le suivent1 et tournent si rapidement qu'il est impossible de discerner leurs traits4 ,tant que dure ce mouvement1 ils rcitent lentement certaines prires1 jusqu' ce que les forces venant leur manquer1 ils tombent terre comme morts4 ,quand ils se sont relevs1 ils recueillent les aumnes des assistants4 ,malgr tous leurs exercices religieux1 les dervis sont mpriss ,constantinople2 on les regarde mme comme des hommes dangereux4 ,nanmoins1 les habitants de cette ville ne refusant l'aumne personne1 ils y trouvent de quoi remplir leurs besaces aussi bien qu'ailleurs4 ,les calenders sont moins vicieux que les dervis4 ,ils sont vtus d'une petite robe courte1 sans manches1 peu diffrente d'un cilice1 tant tissue de poil de cheval ou de chameau1 ml avec de la laine4 ,ils se rasent le poil et se couvrent la tte d'un bonnet de feutre la grecque1 bord l'entour de franges longues de quatre doigts1 faites de crin de cheval4 ,ils portent au cou un gros anneau de fer1 en signe de l'obissance qu'il rendent leurs suprieurs4 ,leurs oreilles sont ornes d'anneaux du mme mtal4 ,ils font gloire du clibat1 et portent d'normes anneaux de fer qui les mettent dans l'impossibilit d'en enfreindre les lois4 ,ils demeurent dans de petites chapelles nommes techie4 ,ces moines ne sont pas plus exempts d'ambition que les autres hommes2 et leurs anneaux de fer1 et leur cilice1 et leur grand bonnet1 n'empchent pas qu'ils n'entrent dans les rvoltes contre l'autorit du souverain4 ,en #aebf1 l'empereur ,soliman tant occup la guerre de ,hongrie1 les calenders se prvalurent de son absence pour se joindre aux dervis1 et sous la conduite d'un nomm ,zlbis1 s'emparrent de plusieurs places de l',asie mineure4 ,le peuple entra avec une sorte de fureur dans leur rvolte1 et nombre de soldats s'enrlrent sous leurs drapeaux4 ,au retour de son expdition1 ,soliman1 pour teindre ce feu qui menaait le reste de l',asie d'un embrasement gnral1 envoya en diligence contre les rebelles1 le pacha ,ibrahim1 avec une partie de l'arme qui avait triomph de la ,hongrie4 ,les moines attendirent ce gnral avec toutes leurs forces et lui prsentrent la bataille4 ,quoiqu'ils ne fussent pas accoutums aux exercices militaires1 ils combattirent avec tant de courage1 qu'ils arrtrent tout court les braves et vieux soldats de ,soliman1 et que la victoire resta indcise jusqu' ce que le pacha1 outr de la rsistance de cette canaille1 s'empara de l'enseigne la plus remarquable de son arme1 et la jeta au milieu des ennemis1 en criant ses soldats3 ,laissez ces moines vous ravir l'honneur de vos victoires1 et qu'ils se glorifient maintenant d'avoir vaincu les vainqueurs des ,hongrois4 ,a peine eut-il achev1 que les troupes1 animes d'une ardeur incroyable1 se prcipitent sur les moines1 les enfoncent1 leur arrachent l'enseigne que le pacha leur avait jete1 et les taillent en pices4 ,le chef de la rvolte fut tu2 et au lieu de retourner dans leur monastre1 les moines qui chapprent au carnage cherchrent un asile dans les cavernes et les dserts4 ,les torlaquis s'habillent peu de chose prs comme les dervis2 ils portent un bonnet de feutre sans bord1 de la forme d'un pain de sucre cannel2 le reste de leur corps est nu3 ils ne savent ni lire1 ni crire1 sont grossiers1 fainants1 et passent leur vie dans une honteuse mendicit4 ,ils frquentent les bains1 les cabarets et les maisons de dbauche pour y trouver un dner ou attraper quelques pices d'argent1 tout en marmottant des prires4 ,a la campagne ou dans les bois1 s'ils rencontrent un passant bien vtu1 ils le dpouillent1 ils lui enlvent son argent1 et lui assurent que la volont de ,dieu est qu'il aille nu comme eux4 ,ils se mlent aussi de prdire l'avenir2 et1 pour tromper le bas peuple1 ils regardent dans les mains1 comme font nos diseuses de bonne aventure4 ,ils mnent ordinairement avec eux un vieillard de leur ordre1 fourbe habile1 qui ils affectent de rendre des honneurs presque divins4 ,quand ils arrivent dans un village1 ils le logent dans la meilleure maison1 et se rangent autour de lui1 observant ses gestes et ses paroles4 ,le vieillard1 aprs avoir affect un grand air de saintet et marmott quelques prires1 se lve tout coup1 et1 jetant de profonds soupirs1 invite ses collgues sortir promptement du village qui1 dit-il1 va tre dtruit1 en punition des pchs de ceux qui l'habitent2 le peuple pouvant1 accourt de toutes parts1 et comble les torlaquis d'aumnes1 pour qu'ils obtiennent la misricorde divine4 ,,autres ,,religieux ,,turks4 ,outre les religieux dont nous venons de parler1 les ,turks ont encore certains solitaires qui ne sont sujets aux lois d'aucun iman ni gnral d'ordre1 mais qui vivent en leur particulier1 se logent dans des espces de boutiques1 en couvrent le pav de peaux de btes sauvages1 et tapissent les murailles de diffrentes espces de cornes4 ,au milieu de cette loge ils placent un escabeau1 le couvrent d'un tapis vert1 et mettent dessus un chandelier de laiton sans lumire3 ils tranent avec eux un cerf1 un loup1 un ours ou un aigle1 symboles de leur renonciation au monde4 ,cependant ils vivent au milieu des grandes villes et des villages les plus peupls2 on en voit beaucoup ,andrinople4 ,dans cette boutique1 o ils ont pris leur logement1 ils reoivent de l'argent et des vivres que la charit turke leur envoie3 s'ils n'y font pas leurs affaires1 ils se promnent dans les rues avec un des animaux dont on a parl plus haut1 au cou duquel ils ont suspendu une clochette pour avertir les habitants de leur donner l'aumne4 ,il ne faut pas oublier les plerins de la ,mecque1 qui1 aprs un si saint voyage1 se dvouent le reste de leur vie porter de l'eau par les carrefours1 et donner boire qui le dsire4 ,a cet effet1 ils portent1 pendue en charpe1 une outre de cuir couverte d'un drap de couleur1 o sont brodes des feuilles de plusieurs sortes2 ils ont la main une tasse de laiton dore et damasquine1 dont le fond est orn de jaspe ou de calcdoine1 pour rendre l'eau plus agrable la vue4 ,tandis qu'ils la versent1 ils exhortent ceux qui la reoivent mpriser les vanits de la vie1 penser la mort2 ils ne demandent aucune rcompense pour ce service1 mais ils reoivent l'argent qu'on leur donne1 et rpandent de l'eau de senteur sur la barbe de celui qui le leur offre4 ,il ne faut pas croire nanmoins leur parfait dsintressement2 car on les voit quelquefois attroups en grand nombre et demandant une rtribution tous ceux qu'ils rencontrent1 en l'honneur de quelque saint dont ils clbrent la fte ce jour-l4 ,on voit par ces tableaux comment de tout temps un esprit d'astuce et de fourberie a suscit dans les tats mal polics1 chez les peuples crdules et superstitieux1 des associations de fripons et d'escrocs qui1 sous le manteau de la religion et les grimaces de la pit1 ont su s'affranchir de la morale commune1 et lever sur la multitude et mme sur l'autorit militaire et civile1 des contributions arbitraires au profit de leur passions et de leurs vices4 ,comme les hommes placs dans les mmes circonstances1 prennent presque toujours des habitudes semblables1 on ne peut douter que chez les ,hbreux il n'y ait eu des confrries d'un genre analogue1 et que ces prdiseurs ou prophtes qui se montraient nus en public1 mme par les processions1 comme le fit si notoirement ,david1 n'aient eu beaucoup d'analogie avec les moines musulmans que nous venons de citer2 surtout lorsque la religion et les rites musulmans ne sont1 pour ainsi dire1 que le judasme modifi4 ,,note relative la page #bbi4 7,les ,hbreux s'taient clairs par quelques progrs de civilisation47 ,chez tous les peuples anciens1 les erreurs ncessaires que commirent les prtres dans les prdictions ou oracles qu'ils taient obligs de faire trs-souvent1 ne purent manquer1 par leur rptition1 d'attnuer la confiance en leur vracit4 ,hrodote1 en parlant des oracles divers consults par ,crsus1 nous rend sensible cet tat de choses1 d'ailleurs trs-naturel3 il eut lieu chez les ,hbreux comme chez les autres4 ,le livre des ,juges nous offre un exemple frappant de l'une de ces erreurs sacerdotales4 ,toutes les tribus s'tant armes contre celle de ,benjamin1 pour la punir du crime atroce commis envers le lvite dont la femme avait t publiquement viole dans la ville de ,gabaa1 les chefs d',isral1 aprs une premire dfaite1 allrent pleurer devant l'arche et consultrent l'oracle1 en disant3 ,devons-nous combattre encore les enfants de ,benjamin qui sont nos frres8 7chap4 ,,xx1 vers4 #bc7 et l'oracle rpondit3 ,marchez contre eux et leur livrez bataille4 ,il est vident que le prtre a entendu qu'ils seraient vainqueurs3 il devait le croire1 vu leur immense supriorit de nombre2 cependant ils furent battus avec beaucoup de perte2 le prtre leur aura dit3 ,c'est que vous aviez pch1 et que ,dieu aura voulu vous purifier4 ,mais ceci impliquerait une extrme injustice de ,dieu1 puisque le chtiment et tomb sur beaucoup d'innocents4 ,on sent que ce ne sont l que des raisons vasives4--,les chefs revinrent encore pleurer et consulter3 alors l'oracle leur assura la victoire1 qui cette fois eut lieu2 mais la leon avait rendu le prtre et les chefs plus prudents2 ils avaient concert un stratagme auquel ils la durent4 ,dans la guerre du prtre babylonien ,blsys contre ,sardanapale1 nous voyons le mme cas arriver4 ,,tat ,,physique ,,de ,,la ,,corse4 ,,tat ,,physique ,,de ,,la ,,corse4 ,la ,corse est une le de la ,mditerrane1 situe obliquement entre l',italie1 qui l'avoisine au levant1 et la ,france qu'elle regarde au nord1 et nord-ouest3 au sud1 elle n'est spare de la ,sardaigne1 que par un dtroit de trois lieues1 tandis qu' l'ouest sa cte est baigne par une vaste mer qui ne trouve de limites qu'aux rivages de l',espagne4 ,sa latitude1 selon des observations rcentes et prcises des ingnieurs du cadastre de cette le1 est entre les #da #ba' #jd1 et #dc #jj' #jd nord2 ce qui dtermine sa longueur #a #ci' #jd2 sa longitude entre les #f #aa' #dg1 et #g #ac' #jc1 pris du mridien de ,paris1 fixe sa plus grande largeur #a #ja' #af4 ,mais comme sa forme est ovale1 abstraction faite de la longue saillie du cap ,corse1 il s'en faut beaucoup que le carr rsultant de ces dimensions soit plein4 ,les incertitudes et les variantes des auteurs sur son valuation1 viennent d'tre rsolues par les ingnieurs du cadastre2 et dsormais1 l'on devra1 sur leur autorit1 porter la superficie de la ,corse #ddb lieues #hd_/ajj1 faisant #b1jgb1dda arpents #be perches 7l'arpent de #bj pieds pour perche71 ou #hgd1gda hectares #ai ares #bf centiares4 ,cette superficie1 qui maintient la ,corse au cinquime rang de grandeur des les de la ,mditerrane1 la place au premier des dpartements de ,france2 mais lorsque nous ferons le calcul de ses rocs arides et incultivables1 elle ne sera pas tente de se prvaloir de ce mrite1 puisqu'elle se trouve au dernier rang des valeurs4 ,a proprement parler1 la ,corse n'est qu'un entassement de rochers1 dont les nombreux chanons s'lvent brusquement des bords de la mer1 pour aller vers le centre de l'le1 se joindre une ligne dominante qui court du midi au nord2 on la suit sans interruption depuis les croupes arides du ,cagna en face de ,bonifacio1 jusqu'aux sommets nuageux de ,monte-,grosso sur ,calvi2 dans tout cet espace1 elle marche sur une hauteur de #hjj #adjj toises1 marquant au loin sa route par les pointes leves de ,coscione1 la ,cappella1 ,denoso1 d',oro-,rotondo1 ,paglia-,orba1 et ,monte-,grosso#ge2 l mme elle se replie l'est1 jusqu'aux montagnes de ,tenda et d',asto1 o elle tombe sur une branche infrieure de #f #gjj toises de hauteur1 qui vient du cap ,corse1 et va se terminer par les sommets du ,san-,pietro et ,sant-,angelo1 la valle du ,tavignano2 de ces deux lignes de sommets1 mais principalement de la premire1 les eaux des neiges et des pluies se versant droite et gauche1 plongent dans des vallons qui vont en forme de conques se perdre la mer2 et si l'on remarque que de ses rivages au comble des monts1 il n'y a pas quelquefois quatre lieues de ligne droite1 et jamais plus de douze2 que par consquent1 la pente du terrain est excessivement incline1 l'on concevra que les eaux s'y prcipitent plutt qu'elles n'y coulent2 que leur marche s'y fait par sauts et par bonds2 que1 tantt par les fontes des neiges et les grandes pluies1 elles forment des torrents qui debordent pleines valles2 et que tantt puises1 elles laissent sec un lit de pierres et de cailloux3 que par ce jeu1 les terres lgres sont emportes1 les pentes dchires1 les cimes dnudes1 les rochers mins1 renverss2 et que la nature y prsente partout une scne grands mouvements violents2 ajoutez ce tableau1 le coloris d'une bande suprieure de sommets neigeux durant l'hiver1 gristres l't2 d'une moyenne rgion de pentes1 tapisse d'arbres et arbustes toujours verts2 et d'une plage maritime1 souvent marcageuse1 o les eaux s'garent dans des sables qu'elles n'ont plus la force de rouler2 jetez sur ce paysage des blocs de granit1 de marbres1 de jaspes roux et gris2 des cascades1 des sapins1 des chtaigniers1 des chnes verts1 des lentisques1 des azeroliers1 des myrtes1 des bruyres1 et vous aurez de la ,corse une ide pittoresque aussi juste qu'en puisse procurer le souvenir des objets passs4 ,revenons aux ides gographiques3 en traversant l'le dans sa longueur1 la haute chane dont j'ai parl1 la partage en deux portions trs-distinctes1 surtout raison de la difficult de leurs communications rciproques3 l'on ne peut passer de la cte d',ajaccio celle de ,bastia1 qu'en franchissant la barrire des ,monts1 par des gorges appeles juste titre dans le pays des ,escaliers 7,scale74 ,une des plus clbres et la plus pratique de ces gorges1 celle dite de ,bogognano1 ou de ,vizzavona1 est un canal d'environ #ejj toises de largeur1 et de #djjj de longueur1 sur une lvation de #ajjj au-dessus du niveau de la mer4 ,dans ce canal tapiss d'une fort de sapins1 de htres1 et de quelques chtaigniers1 les neiges s'entassent de deux1 trois1 et jusqu' six pieds de hauteur2 et elles obstrueraient le passage pendant des mois entiers1 si une police souvent nglige ne les faisait dblayer par les villages voisins4 ,il rsulte donc de cet tat une division naturelle1 sur laquelle les ,italiens ,gnois et ,pisans1 ont1 ds long-temps1 calqu leur division administrative de pays d'en-de1 et de pays d'au-del les monts2 ou encore de bande intrieure1 et de bande extrieure4 ,mais comme ces dnominations1 relatives au continent de l',italie1 cessent de convenir en changeant de lieux2 qu'en ,corse mme elles sont quivoques1 puisqu'elles sont rciproquement employes par les deux parties1 je ne dsignerai dsormais les deux ctes opposes1 que par les noms de cte d'est ou orientale1 appliqu celle qui regarde l',italie2 et de cte d'ouest1 ou occidentale1 celle qui regarde l',espagne4 ,dans l'usage des ,gnois et des ,corses1 l'en-de comprenait aussi la cte du nord1 c'est--dire le ,nebbio et la ,balagne raison de la facilit des communications et de l'unit de rgime3 et alors l'au-del ne formait qu'un tiers de la totalit de l'le1 puisqu'il ne comptait que vingt et un cantons ou pives contre quarante-cinq4 ,mais si l'on voulait tablir une division raisonne1 il faudrait faire de cette cte du nord une troisime rgion1 puisqu'elle a d'ailleurs1 ainsi que les deux autres1 des caractres distinctifs et particuliers4 ,ceux de la cte d'est1 sont une plage en gnral basse1 marcageuse et dpourvue de ports2 un air pesant et humide2 un sol moins lev et plus gras3 ceux de la cte d'ouest1 au contraire1 ont un air vif et ventil2 un terrain sablonneux et trs-lev1 une plage sche taille pic et pleine de golfes et de ports3 et ceux de la cte du nord1 un air plus salubre1 plus tempr2 un ordre de saison plus gal4 ,mais ce qui tablit la diffrence la plus remarquable entre ces rgions1 est la nature mme du sol1 qui1 dans la bande d'est depuis le cap ,corse jusqu'au ,tavignano1 c'est--dire dans toute la chane infrieure1 est gnralement calcaire1 tandis que dans la bande d'ouest et dans celle du nord1 c'est--dire dans toute la haute chane1 il est purement graniteux1 l'exception de trois ou quatre points calcaires1 tels que ,bonifacio1 ,saint-,florent1 et un des sommets de ,venaco1 d'o l'on a tir la chaux des deux forts de la gorge de ,vivario4 ,ce serait l'occasion sans doute1 de faire sur cette singularit des recherches et des rflexions physiques2 mais cette partie tant trangre mon objet1 le lecteur me permettra de le renvoyer deux mmoires de ,m4 ,barral1 ingnieur des ponts et chausses en ,corse1 qui l'a spcialement traite1 et qui a donn une nomenclature dtaille de toutes les espces de granits1 marbres1 jaspes et autres pierres dont la ,corse est malheureusement trop riche4 ,un article qui se lie mieux mon sujet par son utilit est celui des eaux thermales et des mines4 ,quoique l'on ait parl des mines d'argent prs de ,caccia1 de plomb et de cuivre en d'autres endroits1 il parat que la ,corse n'en possde que de ferrugineuses dans le ,nebbio ,nonza prs de ,fossa d',arco2 et la raret du bois1 la chert des transports1 et le voisinage de la riche mine d',elbe1 ne leur laiss que bien peu de mrite4 ,les eaux minrales et thermales ont infiniment plus de prix2 l'on en compte plusieurs sources de diverses espces3 l'une des plus clbres est celle de ,pietra-,pola1 ou ,fium',orbo2 cte d'est1 sur le torrent d',abatesco1 canton de ,castello1 district de ,cervione4 ,ses eaux sont thermales sulfureuses1 et portent leur chaleur dans le puits principal1 jusqu'au #de degr de ,raumur4 ,des expriences multiplies ont constat leur efficacit dans les maladies de la peau1 dans les obstructions des viscres1 dans les rhumatismes les plus invtrs1 et mme dans la goutte et les maladies vnriennes2 mais on y change ces maladies contre la fivre de marais1 parce que le lieu tant dsert et sauvage1 l'on y manque de toutes les commodits ncessaires2 l'on est oblig de s'y faire des cabanes de feuillages1 dans lesquelles le vent saisit les malades et rpercute la transpiration de la manire la plus dangereuse2 d'ailleurs le lieu est malsain1 parce qu'tant situ au fond d'un vallon1 toutes les vapeurs des marais de la plage1 qui en est remplie1 viennent s'y engouffrer4 ,il parat que jadis les ,romains se servaient de ces bains1 car l'on y trouve des traces de btiment1 des dbris de canaux enfoncs1 des gradins1 et quelques restes d'une salle qui fut revtue intrieurement de pouzzolane2 le tout d'une telle paisseur et d'une telle solidit1 que l'on y reconnat sensiblement la main des matres de l',italie4 ,au reste1 il paratra quelque jour1 sur cette source1 un mmoire analytique fait par des gens de l'art1 et dont on m'a communiqu le manuscrit4 ,une autre source non moins clbre sur la cte d'ouest1 est celle de ,guagno deux lieues de ,vico2 l'on n'en a pas fait l'analyse1 mais ses effets sont absolument les mmes4 ,ses inconvnients aussi sont gaux1 car l'on n'y trouve pas plus de secours1 ni de commodits4 ,il n'y a de toute construction que les murs ruins de deux petites chambres sans toit1 et un bassin rond en pouzzolane de huit pieds de diamtre1 et de trois de profondeur avec ses bancs ou gradins4 ,le robinet donne environ un pouce cube d'eau qui marque #db degrs de chaleur4 ,si l'on formait1 soit l1 soit au ,fium',orbo1 un tablissement commode et bien dirig1 il procurerait les secours les plus prcieux1 non-seulement la ,corse1 mais encore l',italie et tout le midi de la ,france4 ,l'article seul des soldats franais indemniserait de toute dpense2 car on estime qu'il en cote plus de vingt mille livres par an pour envoyer les malades aux eaux du continent1 sans compter la perte du temps1 et la circonscription que l'on donne la liste des malades4 ,il y a encore des eaux thermales ,guitra1 canton de ,talavo2 mais l'on n'y trouveras mme de bassin1 et il faut s'y baigner dans la boue4 ,en eaux minrales froides1 les plus justement vantes1 sont celles d',orezza1 cte d'est1 district de la ,porta1 prs des sources de ,fium',alto4 ,elles sont acidules et gazeuses tel point1 qu'elles brisent les bouteilles1 et piquent le nez1 comme le vin de ,champagne2 elles contiennent du fer et du sel marin2 elles sont souverainement efficaces dans les cas d'obstructions1 d'hydropisie1 de maux d'estomacs invtrs avec vomissement1 de migraines1 de coliques1 de marasme1 de suppression ou de pertes dans les femmes1 etc4 ,on compte dans tout le pays voisin huit ou dix de ces sources1 mais la meilleure est celle de ,stazzona1 au lieu que j'ai indiqu2 elle a d'autant plus de prix1 qu'elle est la seule avec celle de ,vals qui existe dans le midi de la ,france1 et qu' leur dfaut on est oblig d'aller jusqu'en ,lorraine4 ,l'historien ,filippini rapporte qu'un savant et charitable vque de ,nebbio avait fait des recherches sur toutes les eaux minrales de ,corse2 mais les lumires d'alors ne suffisaient pas pour cette partie1 difficile encore aujourd'hui1 et ces recherches ne nous procurent que les noms des sources de ,carozzica1 ,pantone di ,cacci1 de ,maranzana prs de ,mariana2 de ,nebbio et ,campo ,cardetto1 qui veulent tre prises chaudes2 et d',attalla1 sur la route de ,sarteno4 ,il semblait que ces eaux minrales et thermales dussent tenir des volcans2 mais l'on n'en aperoit aucune trace en ,corse1 malgr le voisinage de l',italie4 ,l'on n'y connat pas davantage les tremblements de terre1 et du moins la nature1 en refusant cette le les richesses de ,naples et de ,messine1 lui a accord pour ddommagement la scurit4 ,l'on ne peut pas non plus accuser la nature de l'avoir maltraite pour le climat2 j'y en ai trouv1 comme dans la ,syrie1 trois bien distincts1 mesurs par les degrs d'lvation du terrain3 le premier qui est celui de toute la plage maritime embrasse la rgion infrieure de l'atmosphre depuis le niveau de la mer1 jusque vers #cjj toises perpendiculaires d'lvation1 et celui-l porte le caractre qui convient la latitude de l'le1 c'est--dire qu'il est chaud comme les ctes parallles d',italie et d',espagne4 ,le second est celui de la rgion moyenne1 qui s'tend depuis #cjj toises jusque vers #ijj toises1 et mme vers #ajjj toises2 et il ressemble notre climat de ,france1 particulirement celui de la ,bourgogne1 du ,morvan et de la ,bretagne4 ,le troisime est celui de la rgion suprieure1 ou cime des montagnes1 et ce dernier est froid et temptueux comme la ,norwge4 ,dans le premier climat1 c'est--dire1 sur toute la cte de la mer1 il n'y a1 proprement parler1 que deux saisons3 le printemps et l't2 rarement le thermomtre y descend au-dessous d'un ou deux degrs sous zro1 et il ne s'y maintient que peu d'heures4 ,sur toutes les plages1 le soleil1 mme en janvier1 se montre chaud1 si le vent ne le tempre2 mais les nuits et l'ombre y sont froides1 et le sont en toutes saisons4 ,si le ciel s'y voile1 ce n'est que par intervalles2 le seul vent de sud-est1 le lourd scirocco1 apporte les brumes tnaces que le violent sud-ouest se plait chasser4 ,s'il fait mauvais1 c'est par temptes2 s'il pleut1 c'est par ondes3 la nature n'y marche que par extrmes4 ,a peine les froids modrs de janvier sont-ils ramollis1 qu'un soleil caniculaire leur succde pour huit mois1 et la temprature passe de huit degrs dix-huit1 et jusqu' vingt-six l'ombre4 ,malheur la vgtation1 s'il ne pleut dans les mois de mars ou avril2 et ce malheur est frquent3 aussi dans toute la ,corse1 les arbres et arbustes sont-ils gnralement des espces feuilles dures et coriaces qui rsistent la scheresse1 tels que le laurier-cerise1 le myrte1 le cyste1 le lentisque1 l'olivier sauvage dont la verdure vivace tapisse en tout temps les pentes1 et contraste d'une manire pittoresque avec les blocs gris et roux de granit et de marbre4 ,dans ce climat infrieur sont situs les ports et villes principales de l'le1 tels que ,bastia1 ,porto-,vecchio1 ,bonifacio1 ,ajaccio1 ,calvi1 l',ile-,rousse1 ,saint-,florent3 l1 comme ,hyres1 l'on peut cultiver en plein sol1 des orangers1 des citronniers1 et toutes les plantes des pays chauds2 le jardin de la famille ,arena l',ile-,rousse1 et deux ou trois vergers prs d',ajaccio en offrent d'heureux exemples1 puisque l'on y cueille des oranges et des citrons de la plus grande beaut2 mais dans ces jardins1 il faut se garder de l'attrait des ombrages et de la fracheur des eaux si recherches dans le nord de la ,france4 ,en ,corse1 comme dans tous les climats chauds1 les vallons1 les eaux1 les ombrages1 sont presque pestilentiels2 l'on ne s'y promne point le soir sans y recueillir des fivres longues et cruelles1 qui1 moins de changer absolument d'air1 se terminent par l'hydropisie et la mort4 ,nous en avons fait de cruelles preuves dans nos colonies de ,galeria1 de ,chiavari1 de ,paterno1 au camp des ,lorrains1 puisque de tous les sujets envoys1 il n'en survivait au bout de trois ans qu'un trs-petit nombre4 ,dans le second climat1 c'est--dire1 dans les montagnes1 depuis le niveau de #cjj1 jusqu' #ijj et mme #ajjj toises1 les chaleurs sont plus modres1 les froids sont plus longs1 plus vifs2 la nature est moins extrme1 sans tre moins variable4 ,du jour la nuit1 du matin midi1 de l'ombre au soleil1 du vent l'abri1 les passages de temprature sont frquents et brusques3 la neige et la gele1 qui se montrent ds novembre1 persistent quelquefois pendant quinze ou vingt jours4 ,il est remarquable qu'elles ne tuent point les oliviers jusqu' la hauteur d'environ #fjj toises2 que mme la neige les rend plus fconds4 ,le chtaignier qui les accompagne depuis #cjj toises1 semble tre l'arbre spcial de ce climat1 puisqu'il finit vers mille toises1 et cde la place aux chnes verts1 aux sapins1 aux htres1 aux buis1 aux genevriers plus robustes contre la violence des hivers4 ,c'est aussi dans ce climat qu'habite la majeure partie de la population ,corse1 disperse dans des hameaux et villages situs la plupart gnralement sur des pointes1 et aux endroits ventils4 ,une telle position est pour eux une condition ncessaire de salubrit2 car dans cette rgion comme dans l'infrieure1 les bas-fonds1 vallons1 et conques1 sont avec raison dcris pour leur mauvais air1 soit raison de son humidit1 soit raison de ses excs de temprature oppose2 car dans tous les vallons et conques1 o l'air est stagnant1 le moindre soleil produit une chaleur qui prive la respiration de son aliment4 ,c'est ce que l'on prouve en partie ,cort1 qui1 quoique au niveau de prs de #gjj toises1 prouve en t des ardeurs plus violentes et plus opinitres que la plage1 puisqu'elles ne se calment mme pas pendant la nuit4 ,en juillet #ib1 l'on y a vu le thermomtre #cj degrs l'ombre1 pendant plusieurs jours1 tandis qu'en dcembre #hh1 il tait tomb jusqu' #d degrs sous zro4 ,dans un mme jour1 le #d fvrier #ib1 je l'ai vu midi marquer l'ombre et au vent du nord1 #c degrs au-dessus de zro2 et prsent au soleil au revers du mme mur1 il marquait peu de minutes aprs #bj degrs2 en sorte que l1 comme au ,mexique1 on peut dire avec l',espagnol1 que l'hiver et l't ne sont spars que par une cloison2 ce qui provient surtout de la disposition du local en conque dont les parois composes de rocs nus1 refltent en t l'ardeur qui les brle1 et en hiver la bise piquante des neiges dont elles se trouvent tapisses4 ,le troisime climat1 celui de la haute cime des monts est le sige des frimas et des ouragans pendant #h mois de l'anne1 et d'un air parfaitement pur ou sem de nuages lgers pendant la saison d't4 ,les seuls lieux habits dans cette rgion1 sont le ,niolo1 et les deux forts de ,vivario et ,bogognano1 ou plus proprement de ,vizzavona1 situs aux deux extrmits de la gorge ou canal de ce nom4 ,les quinze vingt ,suisses qui vivent en garnison dans chacun1 se louent de la douceur du climat depuis mai jusque vers septembre1 et de l'excellence de l'air en toute saison4 ,il n'est point de fivre contracte la plage1 qui ne s'y gurisse en quinze jours4 ,mais pendant l'hiver1 ces forts battus d'ouragans furieux1 et souvent clos par six dix pieds de neige1 sont une vraie prison o l'on vit de provisions sales comme dans un vaisseau4 ,il y a entre eux deux cette diffrence que dans celui de ,vivario1 situ du ct de l'est1 l'air est sec1 et que ni le pain ni le bois ne s'y moisissent1 tandis que dans celui de ,vizzavona1 situ #djjj toises seulement1 du ct de l'ouest1 les murs sont sans cesse humides1 et les planchers dja pourris4 ,au-dessus de ces forts1 l'il n'aperoit plus de vgtaux que quelques sapins suspendus des rochers gristres3 sjour sauvage1 il est vrai1 des oiseaux de proie et des btes fauves3 mais1 qui1 tout affreux qu'il parat1 offre un puissant sujet d'intrt au contemplateur de la nature1 puisque c'est l qu'elle tablit par les amas de neiges et de glace1 les provisions d'eau1 des sources et des rivires pour toute l'anne4 ,jadis ces cimes tant plus hautes encore et plus couvertes d'arbres1 il n'est pas douteux que les neiges n'y fussent plus abondantes1 plus durables1 et que mme il n'y et des glaciers1 puisqu'il en reste encore un petit sur un revers du ,monte-,rotondo4 ,mais mesure que les rocs s'croulent et se dpouillent1 ces utiles provisions diminuent2 et ce qui ajoute l'importance de l'observation que j'ai faite sur la conservation des bois1 c'est qu'en mme temps que le pays est moins abreuv1 il est moins salubre1 puisque l'intemprie commence et finit prcisment avec la disparition et le retour des neiges4 ,il rsulte de ce tableau que la ,corse peut se considrer comme une masse pyramidale divise en trois tranches d'air horizontales1 dont l'infrieure est chaude et humide1 la suprieure froide et sche1 et la moyenne participant de ces qualits4 ,or1 si l'on observe que ces couches d'air sont par leur nature mobiles et flottantes1 et de plus que la couche infrieure1 dilate par la chaleur1 fait sans cesse effort contre la suprieure que le froid condense1 l'on concevra qu'il doit arriver de frquents drangements dans leur quilibre1 ou plutt que sans cesse elles se mlangent et se confondent2 et ceci explique tous les phnomnes physiques de ce climat1 et entre autres un problme de vgtation remarquable3 on s'est souvent tonn que la vgtation en ,corse1 tant peine suspendue pendant l'hiver1 et se ranimant ds la fin de janvier1 ft cependant aussi lente dans ses rsultats que dans le milieu de la ,france2 que1 par exemple1 le froment sem en novembre et vgtant sans gele la plage1 ne ft cependant mr qu' la fin de juillet2 que la vigne qui fleurit en mars1 ne ft propre la vendange qu' la fin de septembre et mme en octobre1 comme sur les coteaux de la ,loire2 mais l'tonnement cesse quand on rflchit que le degr de chaleur ncessaire la fructification1 est sans cesse interrompu par le froid piquant des nuits1 et de toutes les bises neigeuses4 ,et cette alternative de chaud et de froid a un effet de diastole et de systole1 qui sans doute contribue la vigueur et l'nergie que prsente la vgtation des arbres2 car ils ont ceci de remarquable1 que leur dveloppement et leur force de sve surpassent tout ce que nous voyons dans notre continent4 ,du sein des rocs les plus secs1 partent des troncs d'oliviers qui loin d'tre rabougris comme ceux de ,provence1 s'lvent droits et lisses la hauteur de #be #dj pieds4 ,j'ai vu un sumac et un peuplier1 qui1 plants en fvrier1 n'ayant pas alors plus de dix-huit pouces de hauteur1 avaient au #be aot surpass celle de six pieds4 ,a la ppinire de l',arena en ,casinca1 les branches de citronniers et d'orangers tailles en aot1 et sur-le-champ replantes1 donnent des fruits l'anne suivante4 ,les mondes des poiriers et des pchers1 employes ramer des lgumes1 aprs tre restes sur terre pendant dix et douze jours1 ont repris racine3 en sorte que l'ingnieur franais qui rendait compte de ce pays au ministre ,choiseul1 avait presque raison de dire que si l'on y plantait un bton il prendrait racine4 ,mais pour revenir aux effets des diverses couches d'air1 ils expliquent trs-bien pourquoi la temprature en ,corse prouve les vicissitudes rapides dont j'ai parl2 pourquoi en t le vent qui tombe des montagnes est brlant comme leurs roches1 tandis qu'en hiver ce mme vent est glacial comme la neige qui les couvre2 pourquoi dans un mme lieu1 et quelquefois dans un mme instant1 l'on prouve tour tour des courants d'air chaud et d'air frais qui passent comme des nuages4 ,et ceci m'amne naturellement parler du systme des vents dans cette le4 ,je ne rpterai point ce que j'ai dja dit de leur mcanisme dans mon voyage de ,syrie 7t4 #b71 et quoique j'aie tudi de nouveau cette matire sans avoir gard mes opinions antrieures1 il m'a paru que mes nouvelles observations ne faisaient qu'ajouter la solidit des causes que je leur ai dveloppes4 ,en ,corse1 comme en ,syrie1 j'ai retrouv le vent de terre avec toutes ses circonstances2 tombant le soir des hautes montagnes1 mesure que l'air refroidi se condense et s'appesantit2 remontant de la mer le matin1 prcisment lorsque le soleil chauffe la terre1 et que l'air dilat grimpe le long des roches1 et dcle sa marche par les flocons nbuleux qu'il entrane2 plus rgulier1 plus sensible l't o les contrastes extrmes sont plus prononcs2 plus faible1 plus interrompu l'hiver o l'atmosphre se ressemble davantage1 et o les grands vents en occupent l'empire4 ,ce vent de terre est surtout remarquable sur la cte d'ouest1 et dans le golfe d',ajaccio1 o il imite parfaitement les brises des ,antilles1 sans doute par la raison que dans cette partie la pente des montagnes plus rapide1 essuie en outre la plus forte chaleur du jour2 et lorsque je considre que le prolongement du golfe d',ajaccio dans l'intrieur des terres1 est une valle droite et profonde1 o le vent de mer remonte comme dans un tuyau1 il me parat vident que c'est lui qui gorge d'humidit1 et fait au fort de ,vizzavona le dpt dont j'ai parl1 et qui devient d'autant plus ncessaire1 que l1 il rencontre une fort de sapins1 et habituellement un vent contraire qui le force de dposer4 ,en gnral1 il n'existe jamais pour la ,corse un mme vent1 un mme courant d'air2 alors mme que toute l'atmosphre de la ,mditerrane s'branle dans une mme direction1 ce grand fleuve d'air produit pour la ,corse des tournoiements1 des contre-reflux1 des dviations absolument semblables ceux que l'on remarque dans les fleuves d'eau1 aux piles des ponts1 aux grves aux rochers2 dans tous les obstacles de cette espce1 l'on peut observer qu'il se fait aux pointes d'avant1 mais surtout celles d'arrire1 c'est--dire au bas du courant1 des mouvements de tourbillon1 d'engouffrement1 de dviation1 trs-compliqus1 et cependant soumis des lois fixes de frottement et de rapidit1 de la part des lames d'eau qui se heurtent ou qui glissent les unes contre les autres4 ,a la diffrence prs de lgret1 ces effets sont les mmes dans les courans d'air1 et les deux pointes de la ,corse en offrent des preuves palpables2 car il arrive tous les jours qu'un vaisseau vogue par un vent d'ouest vers le ,cap-,corse ou ,bonifacio1 et qu' peine il a dpass la pointe1 il se voit pris par un vent debout1 qui lui plie ses voiles1 et le promne en lignes courbes et en circuit4 ,les marins savent qu' ces deux pointes il rgne habituellement des vents opposs et toujours violents1 parce qu'ils y sont resserrs comme dans un dtroit4 ,le canal ou bouche de ,bonifacio est clbre pour les vents terribles2 ceux du sud-ouest y sont si constants1 que tous les arbres y sont inclins dans le sens de leur souffle1 et que les oliviers avec leurs branches jetes d'un seul ct1 prsentent l'aspect singulier de femmes cheveles dans les temptes de ,vernet4 ,la mme chose arrive au ,cap-,corse1 et y rend impossible la culture des grains et de toutes plantes tiges faibles3 observez d'ailleurs1 qu'un mme vent change de direction selon les ctes qu'il rencontre1 et que le vent qui est ouest sur la bande d',ajaccio1 devient sud-ouest ,calvi et au ,cap-,corse4 ,c'est ce sud-ouest qui rgne habituellement sur ces parages1 et qui1 lorsqu'il franchit les montagnes de ,saint-,florent1 tombe avec tant de roideur sur ,bastia1 qui est au revers de la cte1 #ejj toises de profondeur1 qu'il enlve quelquefois les toits des maisons1 et que l'on est jusqu' #h jours sans que l'on puisse sortir4 ,les vieillards du pays assurent qu'autrefois ce vent ne passait pas au del du ,bevinco1 et maintenant il ravage au loin toute la plaine4 ,ce fait constat trouverait trs-bien sa solution dans le dpouillement du mont ,penda1 et des hauteurs adjacentes1 jadis couvertes des sapins et des chnes de la foret de ,stella1 aujourd'hui rase4 ,l'on ne donne point assez d'attention l'importance des bois sur les cimes des hauteurs1 et il faudra que quelque jour un gouvernement clair dresse un code spcial sur cette partie de la richesse et de la sant publiques4 ,par opposition aux vents d'ouest et sud-ouest1 rgnants sur la bande d',ajaccio1 les vents d'est et sud-ouest dominent sur celle de ,bastia4 ,d'aprs les observations des ingnieurs du cadastre du terrier1 ils y occupent eux seuls les cinq siximes de l'anne3 leurs effets y sont diamtralement contraires ceux de leurs antagonistes2 car tandis que l'ouest et sud-ouest desschent tout ,bonifacio1 ,calvi1 au ,cap-,corse1 l'est et surtout le sud-est engraissent et fomentent la vgtation par leurs brouillards moites1 et par leurs douces pluies1 depuis ,bastia jusqu' ,porto-,vecchio2 mais ils compensent chrement ce bienfait l'gard des animaux par le malaise et l'accablement dont ils les affectent4 ,le sud-est particulirement rend la tte pesante1 le corps fivreux1 l'estomac nausabond2 c'est lui qui est si justement dcri en ,italie sous le nom de scirocco ou vent syrien1 et dans nos provinces du ,midi1 sous le nom de vent marin4 ,ses mauvaises qualits s'exaltent sur la cte orientale de ,corse1 par les nombreux marais dont elle est borde2 il contribue mme leur formation1 en imprimant la mer un mouvement qui engorge de sable toutes les embouchures des rivires1 et les ferme dans le sens de sa direction4 ,par ce mcanisme1 les eaux dbordent facilement1 se rpandent1 stagnent1 se corrompent2 et quand la chaleur vient1 leurs exhalaisons pousses par l'est et le sud-est au pied des montagnes1 y causent l'insalubrit dont on s'y plaint des hauteurs et des distances considrables2 elles remontent mme dans l'intrieur du pays par les canaux des vallons1 et on leur attribue entre autres ce qui se passe l'auberge de ,ponto-,nuovo sur le ,golo1 o l'air est tellement vici1 que l'on n'y couche pas deux nuits sans y prendre la fivre4 ,cependant si1 comme il est vrai1 tout vallon en ,corse est malsain1 il faut admettre ce phnomne une raison plus gnrale1 et elle me parat exister dans la stagnation de l'air1 dans l'alternative du chaud et du froid1 mais par-dessus tout1 dans l'humidit excessive du soir et de la nuit4 ,au reste1 en ,corse1 comme dans tous les pays chauds1 tout vent qui passe sur un marais1 devient malsain une distance proportionne au volume des exhalaisons qu'il transporte4 ,porto-,vecchio offre en ce genre un fait vraiment lumineux4 ,l1 ce mme vent d'est et presque de sud-est1 qui empeste les villages situs sous la direction des marais de ,biguglia et d',alria1 est le vent agrable et sain1 parce qu'il vient immdiatement de la mer2 tandis que le vent d'ouest et sud-ouest1 si sain ,bonifacio1 est pestifr ,porto-,vecchio1 parce qu'il y pousse toute la vapeur du marais qui est une demi-lieue dans le sud-ouest4 ,il y a plus1 ce mme vent d'est1 salubre ,porto-,vecchio1 devient en t pnible et malsain1 jusque sur les hauteurs de ,quenza2 et1 lorsque de l il retombe sur ,sartn et ,ajaccio1 il gale le kamsin d',egypte1 parce qu'il arrive charg de tout le feu des roches peles1 la ,rocca4 ,cet exemple seul dveloppe la thorie des vents2 quant leurs qualits1 il suffit d'inspecter la carte gographique pour savoir quel vent est humide1 et quel vent est sec dans un pays4 ,si l'ouest et le sud-ouest sont si secs en ,corse1 on sent que c'est parce qu'ils arrivent du vaste continent de l',espagne1 o ils ont dpos leur humidit1 sans avoir eu le temps de la repomper sur le bras troit de la ,mditerrane qu'ils parcourent4 ,si l'est et sud-est1 au contraire1 sont les vents humides et pluvieux1 c'est parce qu'ils ont parcouru cette mer dans toute sa longueur1 en provoquant par leur chaleur son vaporation2 si le vent du nord est frais et sec sur la cte de ,balagne1 o il rgne1 c'est qu'il vient du continent de ,france et des ,alpes2 et s'il est modr1 c'est qu'arrt par la barrire des monts1 et par le ,cap-,corse1 il est forc de se tenir dans un tat de stagnation et de remous4 ,d'aprs ces dtails1 il serait superflu de m'appesantir sur l'ordre des saisons4 ,j'ai assez indiqu qu'il se rapproche de celui de ,france4 ,de mai en septembre1 des vents modrs d'ouest sur la cte d',ajaccio1 et d'est sur celle de ,bastia1 permettent une navigation commode en tous sens1 mais plus du nord au midi1 que du midi au nord4 ,pendant le reste de l'anne1 les vents sont variables et la mer trs-capricieuse4 ,l'quinoxe d'automne forme une poque trs-remarquable1 en ce qu'il arrive alors dans l'atmosphre une rupture d'quilibre qui amne sur la cime des monts1 des ouragans et la premire couche de neige4 ,cette premire neige est le signal du retour de la salubrit dans toute l'le3 l'air se rafrachit1 les eaux se purifient1 les fivres se calment2 cet tat dure jusqu' la fin de mai1 c'est--dire1 jusqu' ce que ces mmes neiges soient entirement fondues4 ,alors l'intemprie de l'air et des eaux recommence1 de manire qu'en ,corse1 la mauvaise saison est l't4 ,l'on a vu en certaines annes jusqu' huit mois s'couler sans pluie2 cela n'empche pas qu'il n'en tombe communment #bb #bc pouces1 c'est--dire1 deux pouces de plus qu' ,paris4 ,mais l'ingale rpartition de cette eau et son coulement trop brusque1 en diminuent beaucoup le bienfait3 les roses y supplent en partie2 la ,corse leur doit cet aspect de verdure qui la rend plus agrable au coup d'il que les pentes nues de la ,syrie4 ,en comparant ces deux pays sous d'autres rapports1 je trouve qu'ils se ressemblent en plusieurs2 mais la balance des avantages me parat tre au dernier1 mme pour l'article important des sources qui y sont aussi bonnes et plus abondantes qu'en ,corse4 ,j'ai plong le thermomtre dans les plus fraches d'entre elles 7aqua bottita et ,campotile71 et elles ont galement marqu cinq degrs au-dessus de la glace1 le #ba juillet et le #ae novembre1 quoique dans un cas la neige couvrt de dix pouces la terre1 et que dans l'autre1 l'air ft #ah degrs2 ce qui explique pourquoi elles semblent chaudes en hiver et froides en t4 ,tandis que ces pluies1 ces roses1 ces eaux donnent de l'aliment la vgtation1 un soleil ardent et un air salin lui donnent une nergie de sve et une activit qui se manifestent dans tous les produits4 ,nos fleurs y ont une vivacit de parfum bien plus exalte4 ,le #d fvrier1 ayant cueilli ,cort une vingtaine de violettes1 je fus oblig de les rejeter de ma chambre au bout de moins d'une heure1 parce qu'elles m'enttaient4 ,les fruits ont de mme une saveur trs-prononce1 et gnralement excellente3 le raisin1 les figues y sont exquis2 mais les chtaignes ne valent pas nos marrons ents4 ,ce que les ,franais ont apport de pommiers1 pchers1 abricotiers1 etc41 donne des fruits suprieurs aux ntres pour la qualit2 mais les ,corses en ngligent le soin2 ils n'ont pas encore su jusqu' ce jour cueillir de bonnes grenades ni de bons melons2 et le jardin des ,arena prs de l',ile-,rousse1 est le seul qui produise d'assez bonnes oranges4 ,le miel de ,caccia1 dur comme la cire1 n'a point l'amertume dont se plaint ,virgile1 et peut le disputer au ,mahon4 ,j'ai dja parl des principaux arbres et arbustes de l'le3 le chne vert1 le chtaignier1 le sapin1 l'ariccio1 ou plutt1 le pin de lord ,weimouth1 font avec les liges la base des forts et des bois2 l'azerolier1 le myrte1 le lentisque1 l'olivier sauvage1 le cyste1 l'alaterne1 la grande bruyre1 sont celle des broussailles ou makiz1 selon l'expression du pays4 ,ils y croissent depuis deux jusqu' dix pieds de hauteur1 selon la qualit du terrain4 ,j'ai trouv1 dans les campagnes de ,cervione1 beaucoup de baguenaudiers1 de faux bnes1 de gents d',espagne1 et d'autres arbrisseaux rares chez nous2 et je ne doute pas qu'un botaniste ne rencontrt dans l'tendue de l'le des objets utiles et trs-curieux4 ,le sparthe1 ou jonc d',espagne1 objet de commerce important1 crot naturellement dans plusieurs marais d',ajaccio1 et a fourni depuis cinq ans une bonne partie des cordages pour la pche du corail4 ,la soude abonde sur la plage d',aleria1 et remplit surtout les rivages1 de mme que l'herbe aux vers2 l'orseil1 prcieux en teinture1 crot sur la plupart des rochers4 ,dans le rgne animal1 la ,corse ne jouit pas de moins d'avantages2 elle est exempt des loups et possde tout notre gibier4 ,l'ours qui se trouvait dans les forts du temps de ,filippini1 en a disparu depuis plus d'un sicle2 il ne reste d'animal carnassier que le renard qui ose attaquer les moutons et les chvres4 ,les oiseaux de proie1 aigles et milans1 sont rares2 et l'on ne voit ni scorpions ni serpents dangereux que la vipre4 ,dans les marais1 le gibier d'eau y est abondant1 et aussi bon que son espce le comporte4 ,sur terre1 la perdrix rouge1 la seule qui se trouve dans l'le1 est grosse1 mais elle est sche4 ,le livre est meilleur4 ,le lapin n'a pu se multiplier que sur un petit rocher en mer1 vis--vis de l',ile-,rousse4 ,le ramier1 la tourterelle1 la caille et autres oiseaux de passage1 sont excellents2 mais rien n'gale le merle des cantons d',ajaccio et de ,cervione1 qui1 se nourrissant depuis dcembre des baies de lentisque et de myrte1 est un vrai bouquet parfum2 celui de ,balagne1 qui mange des olives1 n'est qu'amer et maigre4 ,la plaine d',aleria1 la plus riche en gibier1 donne des cerfs et des sangliers de trs-petite race1 mais d'une chair bien suprieure aux ntres1 et quelques faisans4 ,le muffoli1 qui ne se rencontre que dans les hautes montagnes1 est une espce de gazelle trs-lgre1 trs-hardie1 qui ose se prcipiter de #cj #dj pieds en bas1 sur ses cornes1 sans jamais se blesser4 ,dans les animaux domestiques1 il est remarquer que toutes les espces sont extrmement petites2 les chevaux n'ont communment que quatre pieds quatre pieds deux pouces2 ceux qui dpassent cette taille viennent de ,sardaigne4 ,les bufs et vaches sont dans cette proportion4 ,le mouton ne pse pas vivant plus de vingt-quatre trente livres2 il a cela de trs-particulier1 que sa laine est un vrai poil de chvre1 non fris1 et pendant la longueur de prs de quatre pouces4 ,les ,corses n'en lvent que de noirs1 couleur cul de bouteille1 parce qu' ce moyen1 ils sont dispenss de teintures4 ,les chvres1 qui sont le flau de l'le1 ne diffrent en rien des ntres4 ,tout ce btail est maigre1 vagabond1 demi-sauvage4 ,quand on engraisse le mouton1 le chevreau1 le porc1 leur chair est excellente2 celle du porc surtout1 qui n'a point ce vaveux indigeste qu'elle a en ,france et dans le continent4 ,il en est de mme de la volaille2 mais les ,corses prennent rarement ces soins4 ,ils ne savent gure mieux profiter par la pche1 du bienfait de la mer qui fournit cependant d'assez bon poisson avec assez d'abondance3 outre le rouget1 la sole1 le turbot1 le saint-pierre1 il passe chaque anne quelques thons vers ,saint-,florent1 et des sardines autour de toute l'le4 ,prs d',aleria1 l'tang de ,diana fournit des hutres trs-grosses et trs-estimes ,gnes1 parce que l'on n'y connat pas nos espces qui sont certainement plus dlicates4 ,quant aux poissons d'eau douce1 ne trouvant ni asile1 ni aliments dans les torrents pavs et encaisss de cailloux1 il n'y a que la seule truite qui puisse y vivre parmi les cascades4 ,dans la plaine1 des petites tortues et de petites anguilles essaient de se cacher dans le sable1 et tout le reste de nos poissons est inconnu4 ,rsumons en peu de mots cet tat physique de la ,corse4 ,une charpente de rocs1 qui du nord au sud1 et de deux chanes principales1 jette droite et gauche des rameaux scabreux et coups2 des cimes dnudes et conformes souvent en cristallisations normes qui semblent les flots congels d'une mer agite2 une division verticale d'une bande calcaire l'est1 et d'une autre graniteuse l'ouest4 ,une division horizontale de trois rgions ou couches1 l'une chaude et humide1 l'autre froide et sche1 et la moyenne tempre4 ,une cte basse et gale l'orient1 parce que la mer d',italie1 encaisse et stagnante1 protge les attrissements2 une cte dentele et leve pic au couchant1 parce que la mer d',espagne et des vents violents1 dploient une action rongeante2 un sol gnralement maigre1 mais trs-vgtable2 des vallons profonds1 des pentes rapides1 une verdure constante nuance de bandes rousses ou bruntres de terres et de blocs de pierres2 un aspect vraiment pittoresque et paysagiste2 un ciel vif1 souvent sem de nuages2 un air agit2 un climat variable2 une nature1 non pas riche1 mais propre le devenir2 non pas excellente1 mais qui n'attend que la main de l'homme pour rcompenser tous ses soins3 telle est la ,corse4 ,tels sont les lments physiques dont se compose la condition de ses habitants1 soit par l'influence qu'ils en prouvent1 soit par l'usage et l'emploi qu'ils en font#gf4 ,,pr,,cis ,,de ,l',,tat ,,de ,,la ,,corse4 7,extrait du ,,moniteur des #bj et #ba mars #agic47 ,,pr,,cis ,,de ,l',,tat ,,de ,,la ,,corse4 ,arriv depuis peu de l'le de ,corse1 aprs y avoir rsid un an1 je reois de frquentes questions sur l'tat de ce dpartement3 dja j'ai satisfait celles du conseil excutif et du comit de dfense gnrale sur ses moyens militaires et sur ses dispositions4 ,je me propose de prsenter la nation entire un tableau complet de cette portion d'elle-mme1 dont on l'occupe beaucoup et qu'elle connat peu2 mais ce travail exigeant du temps1 et la notorit de certains faits devenant de plus en plus urgente1 je me suis dtermin anticiper quelques rsultats2 je le dois d'autant plus1 qu'appel en ,corse par une assemble lectorale pour rgnrer le pays1 je me trouve revtu d'un caractre comptent2 et qu'aprs avoir puis tous les moyens d'oprer le bien sans scandale1 il ne me reste1 pour demeurer digne de la confiance nationale dont j'ai t honor1 que de dchirer le voile de mensonge sous lequel un machiavlisme astucieux opprime la libert du peuple corse1 et dvore la fortune du peuple franais4 ,je dclare donc1 comme faits rsultants d'une anne d'observations3 #a ,que la ,corse1 par sa constitution physique1 par les murs et le caractre de ses habitants1 diffre totalement du reste de la ,france1 et que l'on n'en peut juger par la comparaison de tout autre dpartement4 #b ,que par la nature du gouvernement sous lequel ont vcu les ,corses1 ils ont contract des habitudes vicieuses1 participant de l'tat sauvage et d'une civilisation commence4 #c ,que ne formant qu'une petite socit de #aej1jjj ames1 pauvre par le sol1 divise par haines de famille1 agite de passions d'autant plus violentes qu'elles circulent dans un cercle troit1 corrompue par le plus pervers des gouvernements1 le gouvernement des ,gnois2 asservie par le sceptre svre des ,franais2 la nation corse enfin1 affranchie par la rvolution1 s'est trouve1 sans aucune1 instruction pralable1 saisie du droit de se gouverner2 et que1 par ressentiment et par esprit national1 ayant chass tous les employs franais1 les pouvoirs sont tombs aux mains des chefs de famille qui1 pauvres1 avides et inexpriments1 ont commis beaucoup d'erreurs et de fautes1 et les ont tenues secrtes par crainte et par vanit4 #d ,que depuis trois ans il existe un systme de mystre par lequel les dputations1 de concert avec le directoire du dpartement1 nous ont cach l'tat intrieur de l'le1 de peur1 m'ont-ils dit1 que si les abus taient divulgus1 la ,corse ne ft dcrie1 et que la ,france ne se dgott de sa possession4 ,or1 les effets de ce systme ont t de concentrer les places et les traitements dans les mains de quelques chefs de leur parent1 et d'attirer du trsor franais un argent immense et mal employ4 #e ,que par suite de ce systme1 les dpenses du dpartement de ,corse se trouvent portes au dcuple de sa contribution2 c'est--dire1 que la ,corse cote annuellement plus #e1jjj1jjj1 savoir3 ,pour le clerg sculier et pensionn #a1bih1dbc fr4 ,et ses biens ne valent pas #djj1jjj l4 de capital4 ,pour le directoire de dpartement et frais d'imprimerie #aae1icj ,et le conseil s'est allou de son chef un traitement4 ,pour neuf directoires de district #ic1cej ,pour neuf tribunaux #aag1aej ,pour le tribunal criminel #da1efj ,pour soixante-deux juges de paix et greffiers #di1fjj ,pour trente-cinq brigades de gendarmerie#gg #aej1jjj ,pour enfants trouvs #ajg1jjj ,pour six dputs l',assemble nationale1 les frais de poste compris4 #df1jjj ,pour quatre rgiments de troupes de ligne#gh #b1bjj1jjj ,pour quatre bataillons de garde nationale corse#gi #ijj1jjj ,total #e1aai1jac ,et je ne compte ni les postes1 ni les bureaux de sant1 ni #aae1jjj liv4 de secours extraordinaires en #agia1 ni #fj1jjj liv4 pour le marais de ,saint-,florent1 ni #dj1jjj liv4 pour ceux d',aleria1 ni les frais de quatre bataillons nouveaux que le dput ,salicetti vient de faire crer1 ni les #bd1jjj livres avances la commission dont il est le promoteur et le guide4 ,et cependant les contributions foncires et mobilires ne se montent qu' #cjj1jjj liv41 et elles sont arrires de trois ans1 et le conseil corse1 en #agij1 les a dnatures et diminues d'un tiers2 et les rles pour #ia ne sont pas excuts dans plus de seize municipalits2 car le #ai janvier dernier1 il n'y en avait qu'un seul dans le district d',ajaccio1 quoique l'tat de situation du #bc novembre1 envoy par le procureur-gnral-syndic ,pozzo di ,borgo1 en atteste quatorze2 et il n'y a point eu de contribution patriotique2 et de tous les biens nationaux vendus il n'est rien rentr au trsor2 et #bjj1jjj liv4 sont empruntes la caisse du clerg2 les patentes sont nulles2 les douanes sont presque ananties1 except ce qu'il en faut pour payer les employs parents et amis2 et la plupart des administrateurs sont dbiteurs du trsor1 et ils se tolrent de l'un l'autre tous les abus1 n'exercent ni rpartition1 ni recouvrements1 par mnagement de voix lectives1 par esprit de parti et de parent2 et ils crient que la ,corse est pauvre1 et ne pourra payer1 quoique sous le rgime antrieur1 sans tre foule1 elle rendt en charges de toute espce1 la vrit en denres1 pour plus de #a1cjj1jjj liv42 et tous ces fonds passent en ,italie par l'abandon des douanes que le conseil du dpartement a diminues de moiti1 etc41 etc4 #f ,malgr tant de fonds verss1 les routes et les chemins sont sans rparations3 les travaux publics n'ont cot1 en #agia1 que #chd liv42 les traitements et salaires des ecclsiastiques et des juges sont habituellement arrirs de six mois2 les assignats sont changs ,toulon et ,marseille pour du numraire1 qui s'enfouit ,cort s'il ne s'y dissipe4 ,la justice est sans activit2 une seule excution a eu lieu1 quoique1 depuis trois ans1 il ait t commis plus de cent trente assassinats de vengeance et de guet-apens4 ,nul compte de finance n'est publi1 moins que l'on ne donne ce nom un chaos de chiffres sans rsultat1 que le directoire vient enfin de faire imprimer pour #agia4 ,l'on y trouve entre autres deux procureurs-gnraux pays en mme-temps1 dont l'un1 dput1 recevait encore d'autres gages2 deux membres du directoire conservant leur traitements1 quoique employs une autre commission paye2 mais l'on y cherche en vain la solde des cinquante gardes de son excellence ,paoli#hj1 et l'emploi de tous les fonds que le premier conseil partagea ses membres1 titre de commissions1 etc41 etc4 #g ,il n'existe en ,corse aucune libert politique et civile2 la citadelle de ,cort est une ,bastille o plus de #cjj personnes ont t renfermes sans formalits2 il n'y a pas de feuille publique circulant dans le dpartement1 les journaux franais sont entendus de peu de personnes2 il n'y a aucun libraire vendant des livres2 il n'y a qu'une imprimerie entirement soumise au directoire1 par qui elle subsiste2 les relations avec le continent sont lentes et interrompues jusqu' deux mois de suite2 les lettres sont habituellement interceptes par le directoire2 nulle rclamation1 nulle plainte ne peut parvenir par cette voie4 ,les lections se font toutes en armes1 stylets1 pistolets1 souvent avec meurtre1 toujours avec violence et schisme de la part de l'un des deux partis2 le parti vainqueur accable et vexe l'autre dans la gestion de tous les pouvoirs dont il se saisit2 les voix s'y mendient1 s'y achtent1 s'y calculent comme une denre2 elles s'y comptent par chefs de famille1 parce que l'ducation1 l'intrt et le prjug donnent aux ,corses un dvouement si aveugle pour leurs chefs de parti et de parent1 qu'ils n'en sont dans les assembles que les chos serviles4 ,ainsi j'ai vu deux assembles gnrales de #djj personnes1 domines et mues par dix douze chefs2 ces chefs forment entre eux des ligues aristocratiques1 au moyen desquelles ils se partagent1 se disputent1 se donnent les places et les traitements2 ils se brouillent1 se rconcilient avec une mobilit et une inconstance incroyable2 mais la libert de la multitude et l'argent du trsor franais paient toujours les frais de leurs querelles4 ,dans l'assemble qui a nomm la convention1 j'ai vu le parti des administrateurs l'emporter1 en promettant aux lecteurs de les payer en argent1 et #hj1jjj liv4 d'assignats furent converties1 pour cet effet1 en #de1jjj liv4 de numraire4 ,jamais on ne tient compte des qualits requises par les dcrets4 ,dans la dernire assemble1 plus de trente prtres inserments avaient voix2 on y comptait plus de #aej ecclsiastiques1 tous les lecteurs militaires qui pouvaient contrarier ,paoli ou plutt ses moteurs2 car depuis sa dernire maladie1 il n'est plus que le prte-nom de quelques intrigants#ha3 tous ces lecteurs furent carts1 etc4 ,les bornes de cette feuille m'arrtent ici2 j'ajoute seulement qu'en ,corse l'industrie est nulle2 on n'y a pas mme des allumettes2 tout vient du dehors1 surtout de ,gnes et de ,livourne4 ,l'agriculteur est misrable1 quoique le sol soit trs-fcond2 la campagne est inhabitable1 faute de sret habituelle2 les paysans portent le fusil jusqu'en labourant2 les proprits sont sans cesse ravages par les bestiaux vagabonds1 ce qui dgote de toute culture1 etc41 etc4 ,quant aux dispositions du peuple envers nous1 je les peindrai par ce que j'en ai moi-mme entendu dans mes voyages multiplis1 o1 recevant l'hospitalit la plus gnreuse sous les toits des plus simples laboureurs et pasteurs1 je recueillais leurs vritables sentimens4 ,la ,corse est malheureuse1 me disaient-ils1 parce qu'elle est faible3 ,franais1 servez-nous d'appui1 instruisez-nous2 car nous sentons que l'instruction nous manque1 et nous la dsirons2 et gouvernez-nous1 car1 avec notre esprit de parti1 jamais un ,corse ne rendra justice un autre4 ,le peuple a donc un vrai penchant pour la ,france2 et j'ai tout lieu de croire que si les ,russes ou les ,anglais se prsentent1 ils seront mal reus2 s'ils prennent poste1 ils ne le garderont pas1 et ils dpenseront beaucoup d'argent4 ,mais par la raison que les ,corses sont essentiellement diviss en deux partis1 il suffira que l'un se dise franais1 pour que l'autre se montre opposant1 surtout lorsque ,paoli depuis deux ans1 et maintenant les petits ambitieux qui veulent lui succder1 s'efforcent d'intresser la vanit du peuple tre ce qu'ils appellent peuple indpendant4 ,et il faut avouer que les prtendus patriotes ont abus et peut-tre abuseront encore de l'autorit nationale1 de manire fomenter les mcontentements4 ,les moyens de ramener l'ordre sont nanmoins encore faciles2 mais parce qu'ils doivent tre employs en systme complet1 il ne m'est pas possible de les dtailler4 ,je sens que les vrits accumules dans ce tableau vont soulever des passions irritables2 dja le moyen ordinaire des attaques secrtes a t employ auprs d'un ministre1 et en m'attribuant des motifs d'humeur et d'ambition mcontente1 on en appelle aux trois commissaires comme suprmes rgulateurs4 ,sans doute leur rapport sera d'un grand poids2 cependant1 pour calculer les moyens d'instruction des deux ,franais1 il est bon d'observer que leur collgue et interprte corse 7,salicetti7 a t dput en #aghi et en mme temps procureur-gnral-syndic1 puis dput la ,convention1 puis revtu de la commission actuelle qu'il a provoque1 et pour laquelle il a su s'attirer lui presque seul la nomination de toutes les places dans les quatre bataillons qu'il va lever4 ,il est vrai qu'avec cette force il doit renverser ,paoli2 mais la personne de ,paoli n'est plus qu'un fantme1 et l'on s'est peut-tre donn des obstacles eu lui prsentant son rival4 ,au reste la marche des ,corses est si incalculable1 qu'il serait trs-possible que tout s'arranget ou ft arrang avec le procureur-gnral actuel1 ,pozzo di ,borgo1 moteur principal1 et que nous en fussions quittes pour payer quatre nouveaux bataillons1 qui1 comme les quatres prcdents1 ne feront point de service1 ne sortiront jamais de l'le1 consommeront un million1 sans tre trois cents hommes1 et cesseront d'tre laboureurs sans devenir soldats4 ,quant mon ambition mcontente1 j'avoue que je regrette de n'avoir pu trouver en ,corse la paix agricole que j'y cherchais1 et de n'avoir pu conserver le domaine national o je comptais cultiver le coton1 l'indigo1 le caf et le sucre1 et ouvrir la carrire d'une industrie et d'un commerce nouveau sur cette mer ,mditerrane1 si mal connue1 si nglige1 et pourtant si riche1 qu'elle seule pourrait nous ddommager de l',amrique perdue2 mais tout le peuple corse m'est tmoin que depuis trois ans personne ne jouit chez lui du bonheur champtre que j'ai dsir2 et quant l'admission au conseil du dpartement1 o l'intrt national m'ordonnait d'arriver1 l'on croira difficilement en ,france que j'aie de l'humeur d'avoir t repouss d'un pays o les motifs publics de ma dfaveur ont t de passer pour un hrtique1 comme auteur des ,ruines1 et pour observateur dangereux1 titre de ,franais2 ce qui nanmoins n'a point diminu mon dsir d'tre utile un peuple que son heureuse organisation et son respect singulier pour la justice rendent capable de recevoir1 mais non de se donner un bon gouvernement4 ,,lettres ,a ,m4 ,,le ,,cte ,,lanjuinais1 ,,sur ,l',,antiquit ,,de ,l',,alphabet ,,ph,,nicien4 ,,premi,,re ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,comte ,,lanjuinais1 ,,sur ,l',,antiquit ,,de ,l',,alphabet ,,ph,,nicien4 ,,mon ,,cher ,,coll,,gue1 ,en composant mon livre de l',alphabet europen1 dont vous approuvez les principes2 en mditant sur la nature et les lments de l'alphabet en gnral1 je suis naturellement arriv me demander quels ont pu tre les premiers motifs de cette invention vraiment singulire1 quelle srie d'ides a pu y conduire l'esprit du premier auteur2 et de suite le nom de ,kadmus s'est offert ma pense4 ,je n'ai pas eu besoin de beaucoup de rflexions pour me convaincre1 malgr le dire des potes et des historiens1 que jamais un tel personnage n'exista comme homme3 il suffit d'avoir lu l'extravagante lgende de ses actions1 pour y reconnatre une de ces fables sacres1 de ces nigmes cabalistiques que les anciens astrologues se firent un devoir et un plaisir malin de composer1 pour drober au vulgaire profane les secrets de leur science1 ainsi qu'ont fait depuis eux1 et sur leurs traces1 les chercheurs d'or par la science d'alchymie2 mais le soupon me vint que quelque date chronologique aurait pu se glisser dans ces fictions1 et pourrait s'en extraire par analyse3 j'ai donc relu la fable de ,kadmus dans les anciens mythologues1 et dans leur ingnieux interprte moderne#hb4 ,par un cas bizarre1 tandis que je cherche un objet qui m'chappe1 un autre1 que je ne cherche pas1 s'offre moi1 et stimule ma curiosit3 ce sont des auteurs grecs qui me parlent1 et leurs rcits sont mls de mots et de noms barbares qu'ils n'entendent pas2 j'analyse ces mots1 et j'en trouve un nombre de pur langage phnicien1 ayant un sens tout--fait convenable au sujet3 ce cas n'est pas neuf1 on l'a dja remarqu1 vous le savez1 dans plusieurs fables mythologiques2 mais ici1 comme l1 il donne lieu des inductions qui me semblent neuves et dignes d'intresser les amateurs de l'antiquit4 ,avec eux1 mon cher collgue1 vous m'accorderez que l'idiome phnicien a t1 comme l'hbreu1 le chalden1 le syrien1 l'un des nombreux dialectes de cet antique et vaste langage arabique qui1 de temps immmorial1 rgne dans la rgion sud-ouest de l',asie3 par cette raison1 l'on a dja dit3 ,kadm-os signifie orient1 oriental4 ,il est vrai2 mais j'observe d'abord que pour la ,grce1 un homme venu de ,tyr et de ,thbes d'gypte1 et t un mridional et non un oriental1 surtout lorsque sa peau noire l'et class parmi les ,africains1 si diffrents des naturels de l',asie mineure2 ensuite1 on ne peut me nier que ce mme ,kadm-os ne signifie tout ce qui marche en tte1 qui prcde1 qui annonce1 qui est hraut1 tous sens spcialement appropris ,mercure1 hraut des dieux1 chef de la grande procession gyptienne 7dcrite par ,clment d',alexandrie1 etc474 ,or1 comme ,mercure1 sous ses noms d',herms1 ,thaut1 etc41 est chez les anciens1 mme dans ,sanchoniathon1 l'inventeur des lettres1 il y a lieu de croire qu'ici ,kadmus n'est que l'une de ses formes1 l'un de ses quivalents4 ,toujours est-il vrai que le mot est phnicien2 et1 en ce moment1 cela suffit mon but4 ,kadm-os est fils d',agenor1 roi de ,tyr4 ,en grec1 ,agenor est le fort1 qualit spciale d',hercule bien reconnu pour tre le soleil1 et aussi pour tre le dieu qui rgnait ,tyr4 ,en phnicien1 nour est la lumire2 ag n'offre pas de sens connu2 mais il a pu en avoir un qui s'y adaptait4 ,kadm-os a pour sur ,europe3 cette prtendue femme est enleve par un taureau blanc 7comme la lumire71 lequel est une mtamorphose de ,jupiter-,soleil1 l'quinoxe du printemps4 ,le taureau ravisseur traverse rapidement la ,mditerrane1 et porte sur son dos la princesse ,europe aux contres du couchant qui en prennent leur nom4 ,l'on est d'accord qu',europe est la lune2 j'ajoute spcialement cette lune1 qui1 l'poque o le taureau fut le signe quinoxial du printemps1 formait avec lui une conjonction d'un caractre particulier4 ,dans la mme anne o le soleil au printemps s'tait lev dans le signe du taureau1 il se couchait l'automne1 dans celui de la balance3 alors la lune du mois arrivait son plein1 se levait le soir dans le signe du taureau1 place comme sur son cou ou sur son dos3 c'tait une importante affaire pour les astrologues et pour le peuple astroltre4 ,toute la nuit on voyait la navigation arienne de ce couple de dieux qui1 arrivs l'horizon du couchant1 taient censs aux confins de la ,mditerrane4 ,en phoenico-hbreu1 m'arab est le couchant2 le radical 7rab17 qui est ici en rgime1 a pu tre substantif1 et former prcisment oroub4 ,nous allons voir un autre sens4 ,ce taureau quinoxial1 qui ouvrit l'anne avant le belier aries1 depuis l'an #dfjj jusqu' l'an #bdbh1 a jou le plus grand rle chez les anciens4 ,au ,japon1 son image subsiste1 ouvrant l'uf du monde avec ses cornes d'or4 ,en ,italie1 les potes ont dit1 la vrit bien hors de date#hc3 ,candidus auratis aperit cum cornibus annum4 ,ce taureau fut le buf osyr-is1 prononc osour par les ,grecs2 et en phnicien1 hour#hd est le taureau4 ,il fut aussi le buf bacchus1 qui1 en ce moment1 est le ntre4 ,on n'a point expliqu ce nom 7bacchus72 ,plutarque nous dit que les femmes grecques d'lis chantant ses hymnes antiques1 en terminaient les strophes par les mots rpts digne taureau1 digne taureau4 ,ce digne est une pithte singulire3 en phnico-hbreu1 digne se dit h2 le grec1 qui n'admet pas l'h1 y substitue le x1 qui est une autre aspiration plus forte1 et dit qui est le latin iacchus2 mais1 si l'u et l'i latins se sont quelquefois changs1 comme dans optimus1 maximus1 on aura pu prononcer uacche1 2 et1 vu la fraternit de ue et de be1 l'on voit clore bacchus4 ,n'est-il pas singulier que son fminin signifie la vache2 bacca1 vacca8 ,de manire que ce mot1 vieux latin1 serait venu de l'tranger avec la religion mme4 ,une pithte constante de ,bacchus-,soleil est pater1 pre1 a-piter2 en phnicien1 pre se dit abou4 ,or1 comme b devient v aussi facilement que a devient 1 le fameux nom d'v n'a pu tre que ebou-i1 mon pre4--,et pourquoi toujours liber 7pater78 ,je rflchis1 et je trouve que libre est synonyme de dgag de liens1 mme de vtements2 or1 en phnicien1 un mme mot radical 7ntr7 signifie la fois danser1 tre dgag de vtements1 tre libre de ses membres3 solutus vestibus2 or1 dans un pays chaud1 la danse1 en temps de vendange1 mme la nuit1 a exig des membres libres3 nunc est saltandum1 nunc pede libero pulsanda tellus4 ,de ces ides et de ces expressions physiques est venu notre mot abstrait dissolu3 solutus4 ,mais pourquoi un buf symbole et dieu des vendanges8 ,parce qu' cette ancienne poque sculaire1 lorsque le soleil du printemps s'tait lev dans le taureau qu'il masquait1 le soleil d'automne1 couch dans la balance pendant trente jours1 livrait le ciel nocturne ce mme taureau1 dont les brillantes et nombreuses toiles semblaient prsider aux jeux d'un peuple qui se dlassait de la chaleur du jour1 par le repos ou la danse1 la fracheur de la nuit4 ,en un tel climat1 on sent que la lune d'un tel mois dut tre une divinit douce1 gracieuse1 propice4 ,or1 le mot phnicien reb ou rob1 d'o doit venir ,europe1 a ces divers sens1 et de plus celui de passer la soire4 ,ici se trouve le point de parent de la princesse ,europe avec la vache o enleve aussi par le taureau de upiter2 car1 ce mot o n'est que le phnicien ah signifiant digne1 convenable1 beau 7la belle lune conjointe au taureau2 donc sa femme1 donc une vache74 ,voil donc sans cesse et de tous cts des mots phniciens4 ,ce n'est pas tout3 ,kadmus1 courant 7dans le ciel7 aprs ,europe1 arrive un antre1 une caverne1 appels rim1 o l'impie ,typhon a surpris et dtient la foudre de u-piter dsarm4 ,pour ravir ,typhon cette foudre1 le dieu concerte avec ,kadmus une ruse pour l'excution de laquelle celui-ci se dpouille1 se met nu1 et prend d'autres vtements4 ,la ruse russit3 mais il en rsulte un fracas terrible dans la nature4 ,or1 en phnicien1 le mot rim par an signifie ruse1 nudit3 si le grec en supprime1 selon sa coutume1 un h initial 7l'h dur71 ce serait haram ou harim1 qui signifie lieu d'anathmes1 de destruction1 de dvastation2 cela convient galement3 le pote phnicien a pu jouer sur ces homonymes4 ,aprs avoir tabli l'ordre ou l'harmonie1 dont on fait une desse1 ,kadmus1 qui l'pouse1 veut immoler une vache 7devenue inutile3 elle a fini le mois72 il a besoin d'eau pour le sacrifice#he3 il la cherche la fontaine ,dirk1 laquelle est dfendue ou garde par le dragon du ple4 ,en grec1 dirk signifie fontaine3 pourquoi ce plonasme1 la fontaine fontaine8 ,ne serait-ce pas que dirk serait un mot propre conserv du pome original phnicien8 ,je trouve en phnicien le mot irk1 qui1 mis en rgime gnitif1 prend le d syriaque et devient dirk3 or1 irk signifie la fois cuisse1 ft de colonne et de chandelier1 gond de porte et de plus le ple2 car l'hirophante ,jrmie1 parlant des ,scythes venus du nord au temps de ,josias et de ,kyaxares1 dit en propres termes3 ,un peuple est venu de ,safoun 7le nord72 une grande nation est close des cuisses de la terre#hf4 ,une telle figure semble bizarre dans nos murs2 mais si l'on considre que la forme de la cuisse est celle d'un ft lgrement conique1 en pain de sucre2 que cette forme fut celle de l'essieu dans les chars anciens2 que dans le ciel le point polaire a toujours t pris pour un essieu autour duquel tournent diverses constellations comme des roues 7septem triones1 char de ,david73 on reconnatra qu'ici1 comme partout1 l'expression et l'ide de l'hbreu sont tires de la simple et grossire observation de la nature4 ,toujours est-il vrai que nous avons concidence absolue de mots et de choses4 ,et vous-mme1 mon cher collgue1 n'allez-vous pas1 mon appui1 observer que dans l'antique idiome du sanskrit1 dans cette langue d'un peuple scythe que l'gyptien mme reconnut pour lgitime rival d'antiquit#hg1 n'allez-vous pas observer que cette fameuse montagne ,mrou n'est autre que la cuisse et le ple du nord8 ,ce n'est pas tout2 nous avons ici la clef d'une autre nigme que personne n'a encore rsolue4 ,selon les mythologues1 upiter cacha dans sa cuisse le jeune ,bacchus1 n ayant terme 7au dbut du #g;e mois73 supposons que parmi les douze matresses de upiter1 c'est--dire parmi les douze lunes que le soleil visite chaque anne1 celle du solstice d't ait conu un gnie-solaire destin quelque rle astrologique2 ce gnie1 arriv au solstice d'hiver1 n'a encore que six mois de gestation1 et cependant1 comme tout soleil1 il est cens faire ici une naissance qui commence sa carrire annuelle4 ,le pote n'a-t-il pas pu feindre qu'tant alors comme cach dans le ple 7austral71 il a t cach dans la cuisse du ciel 7ou-piter71 et cela pendant les trois mois qui lui restaient pour atteindre l'quinoxe du printemps o nat le ,bacchus au pied de buf8 ,ce ,bacchus est ici fils de ,sml1 fille de ,kadmus3 n prs d'un serpent1 il prend le nom de ,dio-nusios4 ,en phnicien1 nahf et nuhf signifie serpent 7dieu du serpent74 ,selon ,dupuis1 ,kadmus n'est autre chose que la constellation du serpentaire1 o est peint un gnie tenant un long serpent1 d'o lui vient en grec son nom ,ophiuchos4 ,mais ceci vient de plus loin que du grec2 car1 si ophis1 en cette langue1 signifie serpent1 le phnicien ph et ph a le mme sens1 et a d l'avoir antrieurement4 ,un autre nom du serpent en gnral est1 en phnicien1 rm ou reme4 ,si on lui joint l'article he 7le71 on a herme 7le serpent71 qui est le nom de ,mercure1 en grec1 o il n'a aucune racine1 et ,mercure-,herms1 qui tient un caduce form de deux serpents1 et qui est l'inventeur des lettres1 se trouve encore identique ,kadmus-,serpentaire4 ,celui-ci1 continuant ses courses 7clestes71 arrive au sommet d'une haute montagne2 il y btit ,thbes l'gyptienne1 selon les uns2 la ,botienne1 selon les autres2 ni l'un ni l'autre1 selon le narrateur lui-mme3 car le pote ,nonnus1 copiste des ancients#hh1 indique clairement que cette ville est le ciel quand il dit que sa forme est ronde2 qu'elle a pour porte sept stations qui ont les noms des sept plantes2 et pour distributions quatre grandes rues qui se terminent aux quatre points cardinaux1 etc4 ,mais qu'est-ce que ce nom ,thbes qui1 en grec1 ne signifie rien8 ,j'observe qu'il est toujours au pluriel ,thbai1 ,theb1 jamais au singulier4 ,le th rpond plusieurs lettres phniciennes1 entre autres au tsade1 ou sd1 et au schin4 ,le mot phnicien sab signifie tout ce qui brille1 comme les toiles1 dans la nuit1 comme les armes1 dans le champ de bataille3 les ,sabiens1 adorateurs des toiles1 en tirent leur nom2 ce serait donc la ville des ,luminaires2 la ville des toiles4 ,d'autre part1 eb 7par schin7 et eb signifie sept1 et s'entend spcialement des sept plantes et sept sphres3 ce serait donc la ville des plantes 7la ,cleste71 nom essentiellement pluriel1 et tout--fait dans les murs des anciens astroltres4 ,cette ,thbes du ciel aurait t le modle des ,thbes terrestres distribues son imitation1 comme le fut plus tard l'idale ,jrusalem des prophtes4 ,je me hte d'achever4 ,selon nos ,phniciens1 ,kadmus combat le dragon populaire1 le tue1 lui te les dents qu'il sme en des sillons 7labours par le buf73 ces dents deviennent des hommes arms qui d'abord l'accompagnent1 puis s'entre-tuent1 except cinq qui survivent4 ,d'autres disent que ces tres1 ns des sillons1 sont des serpents que lui-mme moissonne mesure qu'ils naissent4 ,on sent bien que ces folies sont un logogriphe donn deviner4 ,la clef consiste en ce que les mots phniciens ont habituellement plusieurs sens dont le pote a fait des quivoques1 de vrais calembours4 ,ainsi1 sen1 dent1 signifie aussi anne1 seneh3--7awnah2 silon1 au pluriel awnaut1 est de la famille de 7awn1 le temps2 de 7an1 tout ce qui est rond1 il1 fontaine1 soleil1 cercle1 d'o est venu le latin ann-us1 annulus1 anneau4 ,le sens prcis n'est pas clair2 mais l'on aperoit que les dents du dragon sont les jours de l'anne1 qui s'entre-tuent ou qui sont tus mesur qu'ils naissent1 except cinq qui sont les cinq pagomnes1 placs hors du nombre trois cent soixante dont se composa l'anne ancienne4 ,si ,kadmus combat1 vainc1 tue le dragon polaire1 c'est que vaincre signifie surmonter1 tre au-dessus2 que tuer c'est mettre sa fin1 terminer2 choses qui arrivaient dans le cours de l'anne de la part de l'une des constellations sur l'autre4 ,l'essentiel pour mon but est que nous reconnaissions sans cesse des mots phniciens2 et l'on voit qu'ils abondent de toutes parts4 ,fort bien1 me dites-vous1 mon cher collgue2 mais quel est le rapport final de tout ceci l'alphabet8 ,le voici4 ,s'il est prouv que les fables et drames mytho-astrologiques1 nous transmis par les ,grecs1 sont remplis de mots appartenants au langage de la ,basse-,asie1 chaldo-phnico-arabe2 que ces mots donnent habituellement des sens explicatifs et appropris au sujet2 que les lieux et les personnages de ces drames appartiennent le plus souvent ces mmes contres3 n'a-t-on pas droit de conclure que primitivement les fables et drames ont t composs en langue phnico-arabe2 #b qu'ils y ont form des pomes plus o-moins rguliers du genre des pouranas1 chez les ,indiens2 #c que les plus anciens ,grecs connus1 tels qu',orphe1 ,muse1 etc41 n'ont t que des traducteurs ou compilateurs de ces pomes1 que les chos de ces compositions dont ils ont pu quelquefois ne pas bien saisir le sens2 #d que de la part des ,asiatiques1 l'existence de ces pomes phniciens-syriens-chaldens1 en indiquant un degr de civilisation trs-avanc1 prouv en mme temps1 d'une manire positive1 l'usage dja ancien de l'alphabet1 attendu que les hiroglyphes sont incapables d'exprimer la pense dans ces minutieux et pourtant indispensables dtails grammaticaux8--,maintenant1 ajoutez que la contexture de ces rcits potiques suppose des observations et des notions astronomiques compliques1 lesquelles de leur ct supposent l'existence non interrompue d'une ou de plusieurs nations agricoles qui ont t conduites et presque forces ce genre d'tudes par le puissant motif de leurs besoins de subsistance et de richesse4--,de ceci rsulte pour nous un intressant problme rsoudre3 savoir1 quelles poques ont pu tre composs ces rcits potiques1 ces pouranas chaldo-phniciens4 ,il me semble que l'on pourrait arriver cette connaissance par l'examen des positions respectives des astres et des plantes que dcrivent avec dtail les auteurs4 ,par exemple1 dans ce pome de ,kadmus1 il est clair que le taureau est plac signe quinoxial3 ce qui dja porte la date au-del de #bdbh ans avant notre re4 ,ensuite1 si l'on suppose que la projection du taureau1 dans les trente degrs de son signe1 ait t jadis la mme qu'aujourd'hui 7ce dont je doute7#hi1 il en rsultera que pour obtenir les conjonctions de la pleine lune sur son dos1 telles qu'elles sont cites1 il faut remonter dans le signe au moins dix degrs2 ce qui produit environ #gjj ans1 et nous mne #cajj ans pour le moins4--,je sais que l'on peut faire beaucoup d'objections mon hypothse2 mais1 si elles ne se fondaient elles-mmes que sur d'autres hypothses1 la question serait renvoye au tribunal du bon sens1 qui la dciderait par le calcul des probabilits les plus naturelles4 ,je suis loin de penser1 comme ,pline1 que les lettres syriennes ou assyriennes existent de toute ternit2 mais je suis galement loin de les croire aussi rcentes que le prtend une cole moderne4 ,si mes rveries sur ces matires vous semblent dignes d'intrt1 je pourrai vous exposer1 un autre jour1 par quels motifs je suis port croire que l'alphabet phnicien a pu tre1 sinon invent1 du moins rdig en systme1 entre les quarante et quarante-cinquime sicles avant notre re2 qu'il a d tre rpandu chez les ,plasges et chez les ,grecs plus de dix-huit gnrations avant le sige de ,troie1 par consquent bien avant le faux ,kadmus1 du quatorzime sicle2 enfin qu'il a d tre prcd de systmes d'criture fonds sur des principes diffrents1 tels que les hiroglyphes et les caractres du genre chinois4 ,paris1 #ae juin #ahai4 ,c4-,f4 ,,volney4 ,,seconde ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,comte ,,lanjuinais1 ,,sur ,l',,antiquit ,,de ,l',,alphabet ,,ph,,nicien4 ,contenant diverses questions historiques1 proposes comme problmes rsoudre4 ,,mon ,,cher ,,et ,,honor ,,coll,,gue1 ,dans ma prcdente1 j'ai dit qu'en tudiant l'histoire des alphabets1 je trouve des raisons de croire que le phnicien1 qui me semble leur souche commune1 n'a pas d tre invent plus tt que le quarante ou le quarante-cinquime sicle avant notre re4 ,je n'ai pas de preuves directes de mon hypothse1 7notez1 je vous prie1 qu'en histoire je n'ai que des hypothses73 comment citerais-je des tmoins8 quand l'criture alphabtique n'existait pas1 quel moyen et pu noter qu'elle venait de natre8 ,me dira-t-on que l'hiroglyphique existait8 ,je le crois2 mais l'hiroglyphe ne prcise aucun fait1 n'analyse aucune ide3 ses tableaux complexes1 pour s'expliquer1 veulent la parole4--,me dira-t-on que l'criture alphabtique naquit subitement8 cela est contre nature2 et de plus une telle invention si brusque et t repousse par des habitudes rgnantes2 n'est-ce pas le sort de toute nouveaut8 n'est-ce pas la nature de l'homme8 ,le vieillard1 las et paresseux1 l'adulte1 orgueilleux et passionn1 changent-ils subitement leurs ides pour se rendre coliers de doctrines nouvelles8 ,quand j'examine l'histoire des innovations1 je trouve qu'elles s'tablissent dans le monde flot flot de gnration4 ,une opinion nat1 la gnration mre la repousse3 la gnration naissante1 non imbue de prjugs1 l'examine et l'accueille2 il y a fluctuation et combat dans ce premier degr3 quand la gnration mre est teinte1 la nouvelle opinion rgne jusqu' ce qu'une suivante vienne l'attaquer4 ,quant sa formation1 c'est le besoin qui invente2 c'est l'utilit ou l'usage qui consolide4 ,cette gradation a d tre celle de l'criture alphabtique4 ,vouloir qu'un art si subtil en sa thorie1 si compliqu1 si lent en sa pratique1 se soit tabli en peu d'annes1 ne peut tre qu'une hypothse de collge3 sans doute1 pour concevoir l'ide lmentaire de reprsenter le son de la parole1 par de petits traits fixs sur un corps solide1 il n'a fallu qu'un instant1 qu'une heureuse inspiration2 mais1 de cet lment ses consquences1 quelle srie d'oprations1 et d'ides graduelles et successives6--tudier chaque son en particulier1 distinguer la voyelle de la consonne1 classer l'aspiration1 dfinir et constituer la syllabe6444 ,il faut s'tre occup soi-mme de la chose pour en sentir toutes les difficults1 surtout alors qu'aucun matre antcdent ne servait de guide sur cette matire3 combien de ttonnements1 avant d'avoir rien tabli de fixe6 ,supposons que l'inventeur se soit fait une premire esquisse de systme1 un premier essai d'alphabet1 que de temps pour s'en inculquer l'habitude6 ,voyez le temps qu'il faut nos enfants1 seulement pour l'apprendre6 ,lorsque cet homme a eu des disciples1 que de temps encore pour les habituer6 ,oui1 pour tablir cet art1 pour le divulguer1 pour l'amener une usuelle pratique1 il a fallu un laps de temps capable de faire perdre de vue ses auteurs4 ,voyez ce qui est arriv pour l'art de l'imprimerie1 qui1 comparativement1 n'est qu'un mcanisme simple et grossier2 combien de recherches n'a-t-il pas fallu1 de nos jours1 pour acqurir des notions claires ou approximatives sur son berceau6 ,c'est en calculant toutes ces donnes que je raisonne sur l'poque de l'apparition de l'alphabet et de l'art d'crire2 je me dis3 ,si1 avant l'criture alphabtique1 il n'a exist aucun moyen de fixer1 de conserver la mmoire prcise et dtaille d'aucun fait historique ou physique1 ne s'ensuit-il pas que1 remontant dans l'chelle de l'antiquit1 l o nous cesserons de trouver aucun rcit de ce caractre1 nous aurons le droit de dire que l'criture n'tait pas encore usite8 ,or1 si nous trouvons que dans les rcits astronomiques dguiss sous les formes de la mythologie1 aucun rcit prcis et dtaill ne remonte au del de l'poque o le taureau tait signe quinoxial du printemps1 n'avons nous pas le droit de dire que l'alphabet phnicien n'a pas t invent avant cette poque1 c'est--dire1 plus tt que le quarante ou quarante-cinquime sicle avant notre re8 ,cette opinion aurait besoin1 sans doute1 de beaucoup de dveloppements2 il ne peuvent trouver ici leur place2 mais ils sont devenus dans ma pense le sujet d'un travail de longue haleine dont j'ai dja distribu les chapitres3 et parce que ce premier aperu de mes ides peut en faire natre d'autres encore plus justes chez les savants qui se livrent ce genre d'tude1 je prends cette occasion de les dposer ici en forme de questions1 comme autant de sujets de dissertation3 #a ,si1 comme nous l'apprennent les anciens savants1 par l'organe de ,strabon#ij1 le langage de tous les peuples de la presqu'le arabe jusqu'aux confins de la ,perse et de l',armnie1 ne fut qu'un mme langage#ia1 modifi en dialectes1 lequel de ces dialectes doit-on considrer comme le plus ancien1 comme le plus voisin de la souche originelle8--7,cette identit pose par ,strabon dcide la question secondaire entre l'arabe1 l'hbreu1 le syriaque1 le chaldaque1 le phnicien1 etc47 #b ,sur ce terrain1 grand comme les deux tiers de l',europe1 comment tant de peuplades diverses1 les unes sdentaires1 agricoles1 les autres errantes1 partie sauvages1 partie pastorales1 la plupart ennemies et souvent en guerre1 comment ont-elles pu s'entendre parler un mme langage1 construit sur les mmes principes1 compos des mmes lments8 #c ,si1 comme il est vrai1 cette identit indique un foyer primitif et unique de population1 dont la surabondance aurait form des colonies migrantes1 des essaims successivement conqurants1--o doit-on placer ce foyer primitif8 #d ,si1 comme il est vrai1 la formation et surtout le dveloppement du langage ne peuvent avoir lieu que dans une socit dont les membres sont en contact particulier1 en communication habituelle d'ides et d'actions2--un tel tat de choses peut-il avoir eu lieu ailleurs que chez un peuple agricole1 qui progressivement se compose un difice de besoins1 d'arts1 de sciences1 d'ides en tout genre1 et par consquent l'accompagne d'autant de signes parls ncessaires tout exprimer8 #e ,peut-on admettre que des peuplades errantes d'hommes chasseurs ou pcheurs1 ou mme ptres1 qui1 par la nature de leurs habitudes1 sont borns un cercle troit d'actions1 d'ides et de besoins1 chez qui les divisions1 les dispersions sont faciles raison des guerres1 et par consquent les interruptions de lignes et de traditions2 peut-on admettre que de telles peuplades aient eu la capacit1 la possibilit d'inventer et de construire un systme de langage1 dont la construction nous prsente un systme d'ides la fois tendu et rgulier8 #f ,admettant que de premiers et simples rudiments de langage aient t formes par une famille sauvage qui a prospr1 et qui1 fixe sur un sol fcond1 y est devenue une nation agricole1 populeuse et puissante1 en quelle contre de l',iemen1 de la ,syrie ou de la ,chalde1 doit-on placer cette nation originelle1 ce foyer premier8 #g ,supposons que ce soit la presqu'le du ,tigre et de l',euphrate1 cette contre babylonique qu',hrodote compare pour la fertilit et la population au ,delta d'gypte2 alors qu'une socit nombreuse et civilise y eut un langage dvelopp1 mme savant1 n'prouva-t-elle pas chaque jour le besoin d'un moyen quelconque de fixer ses souvenirs1 de conserver1 de transmettre ses ides8--quel a pu tre ce moyen le plus simple1 le plus naturellement prsent l'esprit8 a-t-telle procd par la mthode hiroglyphique qui est la reprsentation des ides par images et figures1 ou par la mthode alphabtique qui est la reprsentation des sons par des traits conventionnels1 du genre algbrique8 #h ,si1 dans l'action de parler1 chaque mot fait apparatre l'esprit l'image d'un objet2 si1 pour deux hommes de langage diffrent et qui ne s'entendent point1 le premier moyen est de dessiner l'un devant l'autre la figure des objets dont ils veulent parler1 ne s'ensuit-il pas que l'criture dite hiroglyphique a t ce premier moyen naturel8 ,et lorsqu'on la trouve employe galement chez les gyptiens1 les ,mexicains1 les ,chinois et divers sauvages1 ce fait gnral n'est-il pas une preuve et une confirmation de cette opinion8 #i ,en quelle circonstance a pu natre l'criture alphabtique1 si diffrente de l'hiroglyphique1 puisqu'au lieu des ides elle peint les sons8 ,si les inventions compliques et abstraites ne sont le produit que des besoins habituels chaque jour plus sentis1 par quelle classe d'hommes a t plus senti le besoin de peindre la parole1 de fixer le son qui retrace les ides8 #aj ,supposons une classe d'hommes livre au ngoce1 oblige de traiter avec des peuplades diverses1 dont1 au premier abord1 elle n'entend point le langage2 cette classe d'hommes marchands n'aura-t-elle pas le besoin journalier et pressant de retenir plus ou moins de mots de ces langues1 pour s'en faire expliquer le sens1 quelquefois trs-important sa sret1 et pour s'en servir elle-mme l'occasion8--,or1 comme pour ces marchands voyageurs1 les sons trangers1 les mots barbares ne portent avec eux d'abord aucune valeur1 n'expriment aucune ide1 leur attention ne sera-t-elle pas spcialement fixe sur le matriel de la parole1 sur le mcanisme du son et de la prononciation8 ,l'criture alphabtique aura donc t invente par des marchands voyageurs8 #aa ,cela pos1 le tmoignage de l'histoire ne vient-il pas se joindre la logique du raisonnement pour attribuer l'invention de l'criture alphabtique aux ,phniciens1 essentiellement marchands et ngociants1 par navigation et par caravane1 et cela de temps immmorial8 #ab tant admis que l'invention de l'criture alphabtique appartienne aux ,phniciens1 alors que le langage de ces ,phniciens drive de la grande souche arabico-chaldo-syrienne1 l'adoption et la propagation de l'alphabet chez tous les peuples parents1 n'est-elle pas devenue une consquence naturelle de son invention8 et alors cette race d'hommes1 cette masse de peuples n'a-t-elle pas acquis un moyen spcial de faire des progrs dans les sciences et la civilisation8 #ac tant donn un premier voyageur ingnieux1 qui conut l'ide-mre d'attribuer des signes matriels aux sons lmentaires de la parole1 comment procda-t-il pour tablir la forme des lettres8 ,par exemple1 pour peindre le son ,a1 n'a-t-il pas d prendre un mot de sa langue o ce son ft employ1 et dire3 ,la figure que voici reprsente le son ,a1 tel qu'il est prononc dans tel mot1 par exemple1 dans ,alef8 #ad ,maintenant1 si le nom de chaque lettre de l'alphabet phnicien commenc par la lettre qui sert l'peler2 par exemple ,alef pour ,a1 ,beit pour ,b1 ,dalet pour ,d1 ,mim pour ,m1 ,ras pour ,r1 etc41 n'est-il pas apparent que l'auteur s'en est fait une rgle gnrale qui rellement est naturelle et commode8 #ae ,si les vingt-deux mots appellatifs des vingt-deux lettres de l'alphabet phnicien dsignent chacun un objet physique dtermin et palpable1 tel que buf1 maison ou tente1 porte1 chameau1 tte1 etc41 ne peut-on pas souponner que la figure primitive de chaque lettre a t celle de l'objet dsign1 rduite ses lignes principales8 ,et si ce soupon trouve son appui dans la figure de plusieurs lettres1 telles que celle de ,ain1 qui est un rond1 trait principal de l'il1 dans celle de ,alef qui parat avoir t une tte de taureau1 dans celle de ,dalet qui est la porte triangulaire d'une tente1 dans celle de ,mim qui peint l'ondulation des flots1 ne peut-on pas croire que les autres figures ont t altres par le laps du temps1 de mme que les lettres phniciennes nous connues se sont altres en devenant lettres grecques et latines dans l',occident1 lettres chaldennes1 palmyrniennes1 syriennes carres ou estranguelo1 et enfin arabes actuelles8 #af ,si1 d'une part1 l'alphabet phnicien a t construit sur un principe syllabique1 c'est--dire1 que la consonne peinte seule1 exprime pourtant la voyelle ncessaire sa prononciation2--et si1 d'autre part1 la diffrence entre les dialectes parls de la souche commune1 consiste en cette voyelle qui varie selon chacun d'eux1 cette corrlation de principes entre la langue et sa peinture ne devient-elle pas un indice de l'origine phnicienne1 attribue l'alphabet que l'on nous donne sous ce nom8 #ag ,si1 dans l',inde moderne1 les dix-huit ou vingt alphabets actuels1 drivs de l'antique sanskrit1 sont tous1 comme leur modle1 construits sur le principe syllabique1 ne serait-ce pas un motif de croire que primitivement l'alphabet sanskrit a eu un type phnicien1 et cela surtout si la langue sanskrite n'est pas elle-mme construite syllabiquement1 d'une manire aussi positive que l'arabico-phnicienne8 #ah ,dans l'alphabet phnicien1 s'il n'existe aucun ordre rgulier de voyelles1 de consonnes1 d'aspirations2 si tous ces lments y sont ple-mle1 n'est-ce pas une raison suffisante de penser que ceux qui l'ont dress n'ont point fait une tude1 n'ont point eu une connaissance approfondie de la chose1 mais qu'ils ont agi mcaniquement1 d'aprs une routine que dicta le besoin8 ,quand nous voyons la lettre et voyelle ,a place sans aucun motif apparent en tte des autres lettres1 et quand le nom de cette voyelle 7,alef7 signifie taureau2 si sa figure est ou a t une tte de taureau en croquis1 du genre de ces autres croquis qui peignent les signes astronomiques1 ne pourrait-on pas souponner qu' l'poque o furent ranges les vingt-deux lettres1 le taureau occupait la tte des douzes signes du zodiaque1 et qu'un motif astrologique1 si gnral chez les anciens1 est entr pour peu ou beaucoup dans le placement de cette lettre8 ,alors l'tablissement de l'alphabet ne serait-il pas indiqu l'poque o le taureau tait le signe du printemps1 c'est--dire1 vers le #dj ou #de;e sicle avant notre re8 #ai ,parmi les monuments d'criture que fournissent les dcouvertes rcentes en gypte1 laissant part les hiroglyphes1 en existe-t-il quelqu'un qui prcde cette date8 et si l'on prouve qu'il en existe1 pourra-t-on en induire quelque objection contre ce que j'ai dit1 tant qu'il ne sera pas prouv que ces critures gyptiennes sont rellement alphabtiques1 comme la phnicienne1 et non pas un abrg d'hiroglyphes1 comme la chinoise8 #bj ,si les premiers ,chinois n'ont invent leur criture que vers le #bh;e ou le #bi;e sicle avant notre re1 ne peut-on pas dire que1 dans l'tat d'isolement et de sparation o vivaient alors tous les peuples1 l'alphabet phnicien n'avait pas eu le temps et l'occasion de leur parvenir1 et que1 s'ils l'eussent connu1 ils n'auraient point pris la peine extrme de construire leur systme si compliqu1 si dfectueux8 ,telles sont1 mon cher collgue1 mes rveries sur l'antiquit3 mes yeux1 cette antiquit ressemble une haute montagne dont les basses pentes1 rapproches de nous1 offrent notre vue des objets assez distincts1 assez clairs2 mais1 mesure que ces pentes montent et s'loignent1 les objets deviennent embrouills1 confus1 jusqu' ce qu'enfin les hautes cimes1 perdues dans une rgion de nuages1 ne laissent plus de prise qu' notre imagination4 ,la foule spectatrice1 curieuse surtout de ce qui est obscur1 demande ,qu'est-ce qu'il y a l-haut8 ,les empresss1 comme il y en a partout1 lui promettent1 pour se rendre importants1 de lui en rapporter des nouvelles2 mais1 jusqu' ce jour1 ces prtendus explorateurs1 semblables certains voyageurs anciens et mme modernes 7qui ont fait leurs relations dans leur cabinet avant de voir les lieux71 ne nous ont donn que des rcits vagues1 des ou-dire bizarres et discords4 ,pour visiter les hautes rgions historiques1 il faudrait des voyageurs de la trempe des ,humboldt et des ,saussure2 tout se ferait alors1 tout se dirait d'aprs inspection et par analyse4 ,pour ma part1 il ne m'a t accord d'approcher que des rgions moyennes1 et mes excursions m'ont seulement procur l'avantage de reconnatre les fausses routes1 et de dcouvrir des sentiers secrets1 des escaliers drobs1 dont les marches solides peuvent conduire des points levs4 ,je me suis aperu que les grands chemins battus n'taient tous que des culs-de-sac1 au fond desquels on trouve de hautes murailles et des fosss1 gards par des gens d'un costume singulier1 qui vous crient en latin1 en grec1 en hbreu1 etc43 ,on ne passe pas4 ,quant aux sentiers secrets ou escaliers drobs1 j'en ai compt cinq principaux1 l'entre desquels j'ai dchiffr quelques notes instructives1 laisses sans doute par des voyageurs qui m'ont prcd4 ,l'une de ces notes dit3 ,sentier des monuments astronomiques anciens1 encombrs de frustes mythologiques et hiroglyphiques3 vous trouverez droite les fouilles entreprises par ,bailly1 et sur la gauche le cul-de-sac de ,d9999994 ,une autre note dit3 ,sentier des mesures longues1 carres1 cubiques1 compares de peuple peuple1 d'poque poque2 suivez les fouilles entreprises par ,gosselin1 ,jomard1 ,girard1 etc4 ,une troisime3 ,sentier des monnaies1 des mdailles1 compares et analyses1 ainsi que de divers arts industrieux des anciens2 suivez les fouilles de ,garnier 7pair71 de ,mongez1 etc4 ,une quatrime3 ,sentier des alphabets1 considrs dans leurs rapports1 leurs diffrences1 leurs gnalogies4 ,branche occidentale1 phnico-plasgue1 latine1 grecque1 etc4 ,branche orientale1 phnico-syro-chaldaque1 palmyrnienne1 estranguelo-arabe2 cherchez l'origine de l'thiopien1 du sanskrit4444 ,enfin une cinquime3 ,sentier des langues1 analyses et compares dans leurs systmes grammaticaux1 dans leurs lments de prononciation1 dans leurs mots usuels et scientifiques1 dans les onomatopes de leurs mots de premiers besoins1 etc4 ,analyse des oprations de l'entendement dans la formation du langage1 etc41 etc4 ,voil de quoi occuper la gnration qui nous suit3 je conois que1 chez celles qui nous ont prcds1 l'on ait quelquefois entendu des littrateurs et des docteurs se plaindre que tout ft dit1 comme je conois que dans ,st-,pierre de ,rome1 aux jours de grande fte1 des sourds se plaignent qu'on ne fait plus de musique1 quand des accords clestes remplissent les votes4 ,ah6 dans les tudes de la nature et de la vrit1 ce ne sont pas les objets qui manquent1 ce sont les sens de l'homme affect de maladies physico-morales1 qui lui font voir dans son cerveau ce qui n'existe que l4 ,je puis en avoir ma part comme un autre2 mais1 en ma qualit d'observateur et de mdecin1 je suis sur mes gardes2 et je me prserve surtout du ttanos de l'intolrance4 ,c4-,f4 ,,volney4 ,,lettre ,,sur ,,une ,,nouvelle ,,traduction ,d',h,,rodote4 ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,directeur ,,de ,,la ,,revue1 ,,sur ,,une ,,nouvelle ,,traduction ,d',h,,rodote4 ,paris1 #aj aot #ahai4 ,il y a quelques annes1 ,monsieur1 il me fut intent une querelle1 dans laquelle1 selon les rgles de l'art militaire1 je passai de la dfense l'attaque1 pour faire taire le feu de l'ennemi4 ,le fond n'tait pas de grande importance3 un acadmicien de l'ancien style m'accusait d'avoir pris de travers quelques passages grecs de son ,hrodote2 il concluait ce que je fusse dclar ignare en la langue3 l'arrt m'inquitait peu2 jamais je n'ai prtendu savoir le grec2 mais1 parce que la forme et l'intention du rquisitoire furent par trop hostiles1 je pris cette occasion de donner mon tour des leons de logique et de politesse1 mme de langues franaise et grecque un censeur qui faisait mtier de gourmander tout le monde3 maintenant1 il ne s'agit plus des personnes1 je n'en veux qu'aux choses4 ,or1 ces choses sont que1 malgr tout ce qu'en a dit l'esprit de coterie1 cette fameuse traduction franaise d',hrodote en sept et en neuf volumes1 est un ouvrage radicalement vicieux de fond et de forme1 en ce qu'elle fourmille d'altrations du texte1 mme de contre-sens et de faux matriels1 introduits par la prfrence que l'auteur donne toujours ses propres ides et opinions2 sans compter que1 par dfaut de tact et de got1 sous prtexte de franciser le grec1 il dcolore totalement son original4 ,j'ai dmontr la vrit de ces assertions1 dans un premier crit publi en #ahjh et retouch en #ahjiib2 j'y ai joint de nouvelles preuves dans un travail complet qui a paru en #ahadic4 ,a cette poque1 je formai le vu qu'une traduction nouvelle plus consciencieuse vnt nous faire mieux connatre le plus consciencieux des voyageurs anciens4 ,eh bien6 ,monsieur1 voil que mon souhait s'accomplit3 voil que l'on m'annonce une telle traduction1 faite1 non par un lettr de profession1 mais par un amateur qui1 comme moi1 se dlasse des affaires du prsent par l'tude du pass4 ,un cas singulier veut que cet auteur nouveau1 mais nullement novice1 en dsirant de n'tre pas nomm1 dsire encore que ce soit moi qui mette au jour sa production4 ,il a fait dposer en mes mains1 titre d'chantillon1 le second des neuf livres d',hrodote1 afin que je juge s'il a bien rempli des conditions que j'ai indiques comme bases de l'art de traduire4 ,j'ai cur de rpondre sa confiance et celle que le public franais accorde au successeur d',hrodote en gypte3 la langue grecque ne m'est point assez connue pour prononcer sur une traduction2 je vois bien1 en lisant celle-ci1 que la coupe des phrases diffre beaucoup de celle de ,larcher1 et qu'elle se rapproche plutt du latin de ,wesseling et de ,schweighauser1 dont la fidlit est connue4 ,je trouve ce nouvel ,hrodote une physionomie plus antique1 une narration plus nave1 et un genre de style tel1 qu'il me semble lire du grec travers du franais2 je me dis que ce style pourrait avoir des tours plus lgants1 une distribution de priodes plus conforme nos habitudes2 je sens que l'auteur s'efforce d'approcher du littral1 et d'observer ce grand principe1 que l'histoire surtout veut la prcision d'un procs-verbal4 ,cette manire a moins d'clat2 mais le caractre de l'auteur1 la marche de ses ides1 sont bien mieux sentis4 ,dans une traduction1 comme dans un portrait1 le premier de tous les mrites est la ressemblance3 que serait ,cicron traduit en phrases de ,tacite6 ,par ce motif1 je soutiens que l',homre de madame ,dacier est bien prfrable tous ces ,homres en style grandiose et fleuri1 o la simplicit1 la grossiret antique disparat sous de menteurs ornements3 autant vaudrait un buste de ,socrate1 avec le menton ras et les cheveux la ,louis ,,xiv4 ,en rsultat1 c'est au public de juger par lui-mme3 pour cet effet1 je ne vois qu'un moyen efficace1 qui est de lui soumettre des chantillons4 ,par eux1 nos savants hellnistes pourront apprcier tout l'ouvrage3 sur leur prononc1 des libraires connaisseurs dresseront leur spculation2 elle ne sera pas prilleuse1 car l'auteur n'entend pas gonfler les deux volumes que comporte le texte1 de six ou sept volumes d'appendices trangers4 ,sont got lui donnera la mesure des notes ncessaires1 et nous aurons en trois petits volumes1 au plus1 un vritable ,hrodote4 ,je rpondrai aux questions prparatoires jusqu' ce que l'auteur trouve convenable de conclure lui-mme4 ,je profite donc1 ,monsieur1 de la place que vous m'accordez dans votre estimable ,revue1 pour publier quelques pages de la traduction nouvelle1 en regard avec les mmes de ,larcher4 ,je prie le lecteur de faire une comparaison attentive en lisant phrase phrase2 de bien peser les diffrences de tableaux et de coloris1 qui se rendent plus sensibles mesure qu'on les scrute4 ,traduction de ,larcher4 ,cambyses1 fils de ,cyrus et de ,cassandane1 fille de ,pharnaspes1 monta sur le trne aprs la mort de son pre4 ,cassandane tant morte avant ,cyrus1 ce prince avait t tellement afflig de sa perte1 qu'il avait ordonn tous ses sujets d'en porter le deuil4 ,cambyses regardait les ,ioniens et les ,eoliens comme esclaves de son pre2 mais il marcha contre les gyptiens avec une arme qu'il leva parmi les ,grecs de ses tats et parmi ses autres sujets4444 99 99 99 99 99 ,les gyptiens se croyaient1 avant le rgne de ,psammitichus1 le plus ancien peuple de la terre4 ,ce prince ayant voulu savoir1 son avnement la couronne1 quelle nation avait le plus de droit ce titre1 ils pensent depuis ce temps-l que les ,phrygiens sont plus anciens qu'eux1 mais qu'ils le sont plus que toutes les autres nations4 ,psammitichus1 n'ayant pu dcouvrir par ses recherches quels taient les premiers hommes1 imagina ce moyen3 il prit deux enfants de basse extraction1 nouveau-ns1 les remit un berger pour les lever parmi ses troupeaux1 lui ordonna d'empcher444 ,traduction nouvelle4 ,aprs la mort de ,cyrus1 ,cambyse1 son fils1 qu'il avait eu de ,cassandane1 fille de ,pharaspe1 succda l'empire4 ,cassandane tait morte avant ,cyrus2 et sa mort1 non-seulement ,cyrus avait montr la plus profonde affliction et port le deuil long-temps1 mais il avait encore prescrit ses sujets de le prendre4 ,cambyse1 ds qu'il fut mont sur le trne1 considrant les ,ioniens et les oliens comme des sujets que son pre lui avait lgus1 pensa porter ses armes en gypte1 et composa l'arme qu'il mena dans cette expdition des troupes que ses anciens tats lui fournirent1 et de celles qu'il tira des ,grecs nouvellement soumis4444 ,les gyptiens1 avant le rgne de ,psammtique1 se regardaient comme le premier de tous les peuples par l'antiquit2 mais1 depuis ,psammtique1 qui voulut approfondir quelle tait rellement la race d'hommes la plus ancienne1 les ,phrygiens furent reconnus pour l'tre1 et les gyptiens ne vinrent plus qu'aprs eux4 ,voici comment ce roi1 peu satisfait des recherches qu'il avait faites sur cette question1 et qui ne lui avaient rien fourni de positif1 parvint la rsoudre4 ,il fit remettre deux enfants nouveau-ns1 pris au hasard1 entre les mains d'un berger charg de les lever au pcher qui que ce fut de prononcer un seul mot en leur prsence2 de les tenir enferms dans une cabane dont l'entre ft interdite tout le monde2 de leur amener des temps fixes des chvres pour les nourrir2 et1 lorsqu'ils auraient pris leur repas1 de vaquer ses autres occupations4 ,en donnant ces ordres1 ce prince voulait savoir quel serait le premier mot que prononceraient ces enfants1 quand ils auraient cess de rendre des sons inarticuls4 ,ce moyen lui russit4 ,deux ans aprs que le berger eut commenc en prendre soin1 comme il ouvrait la porte1 et qu'il entrait dans la cabane1 ces deux enfans1 se tranant vers lui1 se mirent crier becos1 en lui tendant les mains4 ,la premire fois que le berger les entendit prononcer cette parole1 il resta tranquille2 mais ayant remarqu que1 lorsqu'il entrait pour en prendre soin1 ils rptaient souvent le mme mot1 il en avertit le roi1 qui lui ordonna de les lui amener4 ,psammitichus les ayant entendus parler lui-mme1 et s'tant inform chez quels peuples on se servait du mot becos1 et ce qu'il signifiait1 il apprit que les ,phrygiens appelaient ainsi le pain4 ,les gyptiens1 aprs de mres rflexions1 cdrent aux ,phrygiens l'antriorit1 et les reconnurent pour plus anciens qu'eux4 99 99 99 99 99 ,les prtres de ,vulcain m'apprirent ,memphis1 milieu de ses troupeaux royaux1 avec l'injonction de ne jamais profrer devant eux une seule parole1 et de les laisser constamment seuls dans une habitation spare4 ,il devaient leur amener des chvres de certains intervalles1 les faire tter1 et ne plus s'en occuper ensuite4 ,psammtique1 en prescrivant ces diverses prcautions1 se proposait de connatre1 lorsque le temps des vagissements du premier ge serait pass1 dans quel langage ces enfants commenceraient s'exprimer4 ,les choses s'tant excutes comme il l'avait ordonn1 il arriva qu'aprs deux ans couls1 au moment o le berger1 qui s'tait conform aux instructions qu'il avait reues1 ouvrait la porte et se prparait entrer1 les deux enfants1 tendant les mains vers lui1 se mirent crier ensemble1 bekos4 ,le berger n'y fit d'abord pas beaucoup d'attention2 mais1 en ritrant ses visites et ses observations1 il remarqua que les enfants rptaient toujours le mme mot2 et il en instruisit le roi1 qui ordonna de les amener en sa prsence4 ,psammtique ayant ou de leur bouche le mot bekos1 fit rechercher si cette expression avait un sens dans la langue de quelque peuple1 et apprit que les ,phrygiens s'en servaient pour dire du pain4 ,les gyptiens1 aprs avoir pes les consquences de cette exprience1 consentirent depuis regarder les ,phrygiens comme d'une race plus ancienne qu'eux4 ,c'est de cette manire que le fait m'a t rapque ce fait arriva de cette manire2 mais les ,grecs mlent ce rcit un grand nombre de circonstances frivoles1 et entre autres1 que ,psammitichus fit nourrir et lever ces enfants par des femmes qui il avait fait couper la langue4 ,voil ce qu'ils me dirent sur la manire dont ces enfants furent nourris4 ,pendant mon sjour ,memphis1 j'appris encore d'autres choses dans les entretiens que j'eus avec les prtres de ,vulcain2 mais1 comme les habitants d',hliopolis passent pour les plus habiles de tous les gyptiens1 je me rendis ensuite en cette ville1 ainsi qu' ,thbes1 pour voir si leurs discours s'accorderaient avec ceux des prtres de ,memphis4 ,de tout ce qu'ils m'ont racont concernant les choses divines1 je ne rapporterai que les noms des dieux1 tant persuad que tous les hommes en ont une gale connaissance2 et si je dis quelque chose sur la religion1 ce ne sera qu'autant que je m'y verrai forc par la suite de mon discours4444 port par les prtres de ,vulcain ,memphis4 ,les ,grecs racontent sur le mme sujet beaucoup d'absurdits3 entre autres que ,psammtique avait donn les enfants nourrir des femmes1 auxquelles il avait fait couper la langue4 ,du reste1 je n'ai rien su de plus sur ce qui les concerne2 mais1 dans les entretiens que j'ai eus ,memphis avec les mmes prtres de ,vulcain1 j'ai appris beaucoup d'autres particularits2 ensuite je suis all jusqu' ,thbes et ,hliopolis1 pour vrifier si les rapports que je recueillerais dans ces deux villes s'accorderaient avec ceux qui m'avaient t faits ,memphis4 ,les habitants d',hliopolis passent pour les plus instruits de tous les gyptiens4 ,mon intention n'est pas cependant de publier tout ce que j'ai appris d'eux sur la religion des gyptiens1 mais seulement de donner les noms de leurs divinits1 parce que je pense qu'ils sont connus gnralement de tous4 ,au surplus1 je ne parlerai de ces divinits et de la religion que lorsque l'ordre de la narration m'y obligera ncessairement4 ,,volney4 ,,questions ,,de ,,statistique ,a ,l',,usage ,,des ,,voyageurs4 ,,questions ,,de ,,statistique ,a ,l',,usage ,,des ,,voyageurs4 ,l'art de questionner est l'art de s'instruire2 mais pour bien questionner1 il faut avoir dja une ide des objets vers lesquels tendent les questions3 les enfants sont grands questionneurs2 et parce qu'ils sont ignorants1 leurs questions sont mal assises ou mal diriges4 ,dans la socit1 un homme donne souvent sa mesure par une question bien ou mal faite2 dans le monde savant1 une classe essentiellement questionneuse est celle des voyageurs2 par cette raison leur tche devient difficile mesure qu'ils s'lvent des connaissances moins vulgaires et plus tendues4 ,pour avoir prouv ces difficults1 quelques-uns d'entre eux se sont cr des mthodes de recherches propres soulager leur esprit2 ils ont compos mme des livres de questions sur chaque matire4 ,le mrite de cette invention semble appartenir nos voisins du ,nord3 l'ouvrage de ce genre le plus considrable1 est celui du comte ,lopold ,berschtold1 noble de ,bohme1 l'un des philanthropes les plus recommandables de l',allemagne1 qui en compte beaucoup4 ,l'intention du livre est digne d'estime1 mais sa forme a l'inconvnient de fatiguer la mmoire par la multitude des questions et par la rptition des mmes ides4 ,en mditant ce volume1 un ami1 un admirateur du comte ,berschtold1 crut concourir ses vues d'utilit publique1 s'il rduisait ses questions des lments plus simples1 un systme plus concis4 ,de ce travail est n le tableau resserr que nous prsentons ici1 qui n'est pas une production nouvelle3 il y a bientt #bj ans qu'il fut dress par ordre du ,gouvernement franais1 et spcialement du ministre des relations extrieures2 cette poque 7#agie7 o le got de l'instruction se ranima1 des chefs clairs sentirent d'autant plus le besoin de diriger leurs agents qui rsidaient en pays trangers1 que beaucoup de ces agents exeraient pour la premire fois leurs fonctions4 ,l'administration les considra comme des voyageurs diplomatiques et commerciaux1 au moyen desquels elle devait se procurer des informations plus compltes1 plus tendues qu'auparavant4 ,pour diriger leurs recherches1 elle sentit la ncessit d'avoir un systme de questions bien ordonn4 ,l'opinion publique dsignait un livre rcent dans lequel se faisait remarquer ce genre de mrite4 ,le ministre appela l'auteur et le chargea de la rdaction du travail qu'il avait en vue4 ,les questions suivantes furent composes et bientt imprimes en un petit format1 dont les exemplaires furent borns un assez petit nombre4 ,dja le temps et les vnements les ont rendus rares1 et parce que quelques personnes en place en ont connu d'heureux rsultats1 et ont dsir de voir ce modle plus rpandu1 l'on s'est dtermin le rimprimer en un format susceptible d'tre joint la plupart des livres de voyages4 ,on ne doit point rpter ici l'instruction officielle qui servit de prliminaire3 nanmoins comme elle contient plusieurs ides qui concourent au dveloppement du sujet1 l'on a cru convenable d'en conserver la substance4 ,l'administration1 y est-il dit1 pense que les loisirs1 souvent assez longs1 dont jouissent ses agents dans les pays trangers1 leur laisseront le temps de vaquer aux recherches qu'indiquent ces questions2 elle espre mme que ce travail ne sera pas sans attrait pour eux1 puisqu'il rpandra sur tous les objets qui les environnent un intrt de curiosit1 qui bientt se changeant en instruction1 les attachera de jour en jour davantage3 quelquefois par leur position1 privs de socit1 ils en trouveront une aussi utile qu'amusante dans leurs rapports et leurs entretiens avec les artistes et les hommes expriments de tout genre qu'ils devront consulter2 et plus souvent encore privs de livres1 ces questions leur en fourniront un presque fait1 puisqu'elles sont une table de chapitres qu'il ne s'agit que de remplir3 qui1 pour tre remplie1 ne demande que de fixer leurs regards sur le modle de tous les livres1 sur le spectacle de la nature et sur celui des faits sans cesse prsents leurs yeux2 en sorte qu'en les recueillant1 ils se procureront un livre d'autant plus piquant1 qu'eux-mmes en seront les auteurs4 ,l'administration a donc lieu de penser que ses agents concourront avec zle atteindre le but d'utilit qu'elle a en vue1 et qu'elle aime leur communiquer4 ,persuad que toute vrit1 surtout en gouvernement1 n'est que le rsultat d'une longue exprience1 c'est--dire1 de beaucoup de faits bien vus et judicieusement compars2 que ce qu'on nomme principes de gouvernement ne sont que des faits sommaires1 que des rsums de faits particuliers2 qu'enfin toute bonne thorie n'est que l'exposition d'une bonne pratique1 le ministre a dsir de rassembler1 sur la science si importante de l'conomie publique1 un assez grand nombre de faits pour retirer de leur comparaison mrement mdite1 soit des vrits neuves1 soit la confirmation des vrits connues1 soit enfin la rfutation d'erreurs adoptes2 et ces faits seront d'autant plus instructifs1 qu'ils procderont de lieux plus divers1 qu'ils seront observs par plus de spectateurs1 et qu'ils prsenteront plus de rapports ou mme de contrastes dans le climat1 le sol1 les produits naturels et toutes les circonstances physiques et morales4 ,c'est dans cette intention qu'ont t dresses les questions ci-jointes4 ,plus on les analysera1 plus on se convaincra qu'elles ne sont pas le fruit d'une vaine curiosit ou d'une perquisition inquitante1 mais que toutes tendent vers des fins d'utilit publique et sociale4 ,les agents reconnatront ce caractre mme dans les questions qui d'abord y sembleraient trangres2 par exemple1 celles sur les vents1 qu'on croirait n'appartenir qu' une science de physique abstraite1 touchent cependant de prs l'administration et le commerce2 car si1 comme on a droit de l'esprer1 l'on parvenait connatre le systme gnral des courants de l'air2 si l'on s'assurait que lorsque le vent rgne sur une plage1 il est le produit ou le correspondant de tel autre vent sur telle autre plage2 qu'un mme vent pluvieux et fcond sur telle cte de ,france ou d',espagne1 est sec et strile sur telle cte oppose d',amrique et d',afrique1 il natrait de ces connaissances une thorie aussi hardie que certaine pour des spculations d'approvisionnements1 de commerce1 d'expditions maritimes4 ,il en est ainsi des questions sur l'tat physique d'un pays1 sur la nature de ses productions1 sur les aliments de son peuple et sur ses occupations4 ,ds long-temps des observateurs profonds ont cru reconnatre que tous ces objets avaient une influence puissante sur les habitudes1 les murs1 le caractre des nations1 et par suite sur la nature des gouvernements et le genre des lois4 ,il serait infiniment important d'asseoir sur de telles questions un jugement dtermin dans un sens quelconque2 et ce jugement ne peut se prononcer que d'aprs un examen suffisant des faits4 ,le rsultat1 atteignant aux bases fondamentales de toute lgislation1 intresse toute l'humanit3 la nation franaise aurait bien mrit du genre humain en constatant des vrits d'un ordre si lev4 ,le ministre en adressant ces questions ses agents1 n'a point entendu les astreindre donner la solution de toutes par eux-mmes4 ,il sent trop bien que plusieurs d'entre elles exigent des expriences et des travaux pour lesquels ils n'ont pas un temps suffisant2 il est naturel1 et mme ncessaire1 qu'ils consultent les habitus du pays o ils rsident4 ,mais le ministre dsire qu'ils portent une circonspection scrupuleuse s'adresser aux plus instruits qui1 en mme temps1 joignent l'exactitude l'amour de la vrit4 ,il leur recommande cette exactitude dans la spcification des poids1 des mesures1 des quantits4 ,le principal mrite des expriences consiste dans la prcision2 et si l'estime attache un travail est un premier encouragement l'excuter1 ils doivent tre persuads que le gouvernement attache un grand prix celui dont ils sont chargs2 qu'il en connat les obstacles1 les difficults1 et qu'il sait d'avance que telle rponse de deux lignes leur aura cot souvent un mois de recherches2 mais ces deux lignes seront une vrit1 et une vrit est un don ternel l'humanit4 ,le ministre ne les borne pas non plus strictement aux chefs des questions qui sont proposes2 ils peuvent en joindre du mme genre4 ,seulement il les invite ne pas trop les multiplier4 ,ce n'est pas la quantit qui fait le mrite des observations1 c'est la justesse1 et la justesse veut beaucoup de temps4 ,par cette raison1 ce ne sont point des mmoires rdigs qu'il leur demande1 ce sont des notes2 et pour plus de prcision et de clart1 il les engage les accoler en face des questions4 ,,questions ,,de ,,statistique4 ,,premi,,re ,,section4 ,,tat ,,physique ,,du ,,pays4 ,,article ,,premier4 ,situation gographique4 #a4 ,quelle est la latitude du pays8 #b4 ,quelle est sa longitude8 #c4 ,quelles sont ses limites de toutes parts8 #d4 ,combien de lieues carres contient sa surface8 ,,art4 ,,ii4 ,climat1 c'est--dire1 tat du ciel4 #e4 ,quel degr marque le thermomtre de ,raumur en chaque mois8 #f4 ,quelle diffrence marque le thermomtre en un mme jour du matin midi8 #g4 ,quelle est la hauteur du baromtre en chaque mois8 #h4 ,quelles sont ses plus grandes variations8 #i4 ,quels sont les vents rgnants en chaque mois8 #aj4 ,sont ils gnraux et communs tout le pays1 ou divers selon les cantons8 #aa4 ,ont-ils des priodes fixes de dure et de retour8 #ab4 ,y a-t-il des vents journaliers de mer et de terre2 quelle est leur marche8 #ac4 ,par o commence chaque vent se faire sentir1 est-ce du ct o il vient1 ou du ct o il va8 #ad4 ,quelles sont les qualits de chaque vent1 c'est--dire1 quel vent est sec ou pluvieux1 chaud ou froid1 violent ou modr8 #ae4 ,en quel mois pleut-il davantage8 #af4 ,combien de pouces d'eau tombe-t-il par an8 #ag4 ,y a-t-il des brouillards2 en quelle saison8 #ah4 ,y a-t-il des roses2 en quel lieu1 en quel temps sont-elles plus fortes8 #ai4 ,les pluies tombent-elles doucement ou par ondes8 #bj4 ,y a-t-il des neiges2 combien durent-elles8 #ba4 ,y a-t-il des grles2 en quelle saison8 #bb4 ,quels vents amnent les neiges et les grles8 #bc4 ,y a-t-il des tonnerres2 en quel temps et par quel vent8 #bd4 ,de quel ct se dissipent-ils ordinairement8 #be4 ,y a-t-il des ouragans2 par quel vent8 #bf4 ,y a-t-il des tremblements de terre2 en quelle saison2 quels sont leurs prsages2 viennent-ils aprs les pluies8 #bg4 ,y a-t-il des mares2 quelles sont leurs hauteurs2 quels vents les accompagnent8 #bh4 ,y a-t-il des phnomnes particuliers au pays8 #bi4 ,le climat a-t-il subi des changements connus3 quels sont ces changements8 #cj4 ,la mer a-t-elle hauss on baiss sur les rivages2 de combien sa hausse ou sa baisse1 et depuis quel temps8 ,,art4 ,,iii4 tat du sol4 #ca4 ,le terrain consiste-t-il en plaines ou en montagnes2 quelle est leur lvation au-dessus du niveau de la mer8 #cb4 ,le terrain est-il couvert d'arbres et de forts1 ou est-il nu et dcouvert8 #cc4 ,quels sont les marais1 les lacs1 les rivires8 #cd4 ,peut-on calculer combien il y a de lieues carres en plaines1 en montagnes1 en marais1 en lacs et rivires8 #ce4 ,y a-t-il des volcans allums ou teints8 #cf4 ,y a-t-il des mines de charbon8 ,,art4 ,,iv4 ,produits naturels4 #cg4 ,quelle est la qualit du terrain2 est-il argileux1 calcaire1 pierreux1 sablonneux1 etc48 #ch4 ,quels sont les mtaux et leurs mines8 #ci4 ,quels sont les sels et les salines8 #dj4 ,quelle est la disposition et l'inclinaison des diverses couches de terre considres dans les puits et dans les cavernes8 #da4 ,quels sont les vgtaux les plus rpandus1 arbres1 arbustes1 plantes1 grains1 etc48 #db4 ,quels sont les animaux les plus communs en quadrupdes1 en volatiles1 en poissons1 en insectes et reptiles8 #dc4 ,quels sont ceux particuliers au pays8 #dd4 ,quels sont les poids et grandeurs de ces animaux compars aux ntres8 ,,deuxi,,me ,,section4 ,,tat ,,politique4 ,,article ,,premier4 ,population4 #de4 ,quelle est la constitution physique des habitants du pays2 quelle est leur taille ordinaire2 sont-ils maigres ou corpulents8 #df4 ,quelle est la couleur de leur peau et de leurs cheveux8 #dg4 ,quelle est leur nourriture2 quelle est sa quantit dans un jour8 #dh4 ,de quelle boisson usent-ils2 s'enivrent-ils8 #di4 ,quelles sont leurs occupations2 sont-ils laboureurs1 ou vignerons1 ou pasteurs1 ou marins1 ou habitants des villes8 #ej4 ,quelles sont leurs maladies habituelles ou accidentelles8 #ea4 ,quelles sont leurs qualits morales les plus frappantes2 sont-ils vifs ou lents1 spirituels ou obtus2 silencieux1 ou parleurs8 #eb4 ,quelle est la masse totale de la population8 #ec4 ,quelle est celle des villes compare celle des campagnes8 #ed4 ,les habitants des campagnes vivent-ils en villages1 ou disperss en fermes isoles8 #ee4 ,quel est l'tat des chemins et routes en t et en hiver8 ,,art4 ,,ii4 ,agriculture4 ,n4 ,b4 ,les mthodes d'agriculture tant diverses suivant les cantons1 la manire de les bien connatre est d'analyser fond deux ou trois villages d'espce diverse2 par exemple1 un village en plaine1 un autre en montagne1 un village vigneron et un autre laboureur1 et dans chaque village1 d'analyser compltement une ferme4 #ef4 ,dans un village donn quel est le nombre des habitants1 hommes1 femmes1 vieillards1 enfants8 #eg4 ,quelles sont leurs occupations respectives8 #eh4 ,quelle est la quantit de terrain cultiv par le village8 #ei4 ,quelles sont les mesures de longueur et de capacit compares aux ntres8 #fj4 ,quel est le prix des comestibles compar celui de la main-d'uvre8 #fa4 ,les laboureurs sont-ils propritaires ou fermiers2 paient-ils en argent ou en denres8 #fb4 ,quelle est la dure des baux2 quelles sont leurs clauses principales8 #fc4 ,combien y a-t-il de corps de ferme ou d'hritages dpendants du village8 #fd4 ,combien de terrain contiennent-ils du fort au faible8 #fe4 ,quels sont les mieux cultivs des grands ou petits corps de ferme8 #ff4 ,les terres d'une mme ferme sont-elles runies ou parses8 #fg4 ,les terrains sont-ils enclos2 comment le sont-ils8 #fh4 ,y a-t-il des terrains vagues et communs2 que rendent-ils8 #fi4 ,y a-t-il droit de parcours sur les proprits particulires8 7tant propose une ferme pour tre dtaille17 #gj4 ,quels sont les logements1 le nombre de ses habitants1 la quantit de ses terres et de ses animaux8 #ga4 ,quelle est la distribution des terres pour les ensemencements8 #gb4 ,combien d'annes conscutives ensemence-t-on ou laisse-t-on reposer un terrain8 #gc4 ,quels grains y sme-t-on chaque anne1 et quelle quantit par arpent8 #gd4 ,en quel temps sme-t-on et moissonne-t-on8 #ge4 ,quels sont tous les frais et toutes les faons de culture d'un arpent1 compars son produit en nature8 #gf4 ,quelle est la quantit des pturages naturels ou artificiels8 #gg4 ,quelle quantit de terrain faut-il pour nourrir un animal de chaque espce1 buf1 mulet1 cheval1 chameau1 vache ou mouton2 que consomment-ils dans un seul jour8 #gh4 ,avec quels animaux laboure-t-on2 comment sont-ils attels8 #gi4 ,quels sont les instruments de labourage8 #hj4 ,quel est le prix de ferme compar au prix de vente ou d'estimation de fonds8 #ha4 ,a quel intrt se prte l'argent8 #hb4 ,quelle est la nourriture de la famille cultivante2 combien peut-on l'valuer par an8 quel est son mobilier8 #hc4 ,quel est le poids de la toison d'un mouton et celui de sa chair8 #hd4 ,quel bnfice estime-t-on retirer d'un mouton ainsi que d'une vache8 #he4 ,quels sont les engrais dont on use8 #hf4 ,quel est l'emploi du temps de la famille dans les veilles2 quelle est son industrie8 #hg4 ,quelle diffrence remarquable observe-t-on entre les murs et le temprament d'un village vigneron ou d'un village cultivateur2 d'un village de plaine ou d'un montagnard8 #hh4 ,quelle est la culture de la vigne8 #hi4 ,quelles sont les faons du vin2 comment le conserve-t-on2 quelle est sa qualit2 quelle est l'espce de raisin2 quel est le produit d'un arpent de vigne2 quel est le prix d'une mesure dtermine de vin8 #ij4 ,quels sont les arbres que l'on cultive1 oliviers1 mriers1 chtaigniers1 etc42 quelles sont les mthodes particulires de ces cultures2 quel est le produit moyen de chaque arbre2 quel serait le produit d'un arpent plant de cet arbre8 #ia4 ,quelles sont les autres cultures du pays1 soit en coton1 indigo1 caf1 sucre1 tabac1 etc42 quelles en sont les mthodes8 #ib4 ,quelles cultures nouvelles et utiles pourrait-on introduire8 ,,art4 ,,iii4 ,industrie4 #ic4 ,quels sont les arts les plus pratiqus dans le pays8 #id4 ,quels sont les plus lucratifs8 #ie4 ,quelles sont les mthodes remarquables dans chaque art par leur conomie et par leurs bons effets8 #if4 ,quelles sont les fabriques et les manufactures le plus en vigueur8 #ig4 ,quelles sont celles que l'on pourrait introduire8 #ih4 ,y a-t-il des mines2 de quelle espce sont-elles2 comment exploite-t-on surtout celles de fer8 ,,art4 ,,iv4 ,commerce4 #ii4 ,quels sont les objets d'importation1 et quels sont ceux d'exportation8 #ajj4 ,quelle est leur balance respective8 #aja4 ,comment se font les transports de terre2 a-t-on des chariots2 comment sont-ils faits2 combien portent-ils8 #ajb4 ,quel poids porte un cheval1 un chameau1 un mulet1 un ne1 etc48 #ajc4 ,quel est le prix des transports8 #ajd4 ,quelle est la navigation intrieure ou extrieure8 #aje4 ,quelles sont les rivires navigables2 y a-t-il des canaux2 pourrait-on en faire8 #ajf4 ,quel est l'tat de la cte en gnral2 est-elle haute ou basse2 la mer la ronge-t-elle ou la quitte-t-elle8 #ajg4 ,quels sont les ports1 les havres et les anses8 #ajh4 ,la sortie des grains est-elle permise1 est-elle dsire8 #aji4 ,quel est l'intrt commercial de l'argent8 ,,art4 ,v4 ,gouvernement et ,administration4 #aaj4 ,quelle est la forme du gouvernement8 #aaa4 ,quelle est la distribution des pouvoirs administratif1 civil et judiciaire8 #aab4 ,quels sont les impts8 #aac4 ,comment s'asseyent-ils1 se rpartissent-ils1 se peroivent-ils8 #aad4 ,quels sont les frais de perception8 #aae4 ,en quelles proportions sont-ils tablis relativement au revenu des contribuables8 #aaf4 ,quelle est la somme des impts d'un village1 compare celle de son revenu8 #aag4 ,y a-t-il un code de lois civiles clair et prcis1 ou seulement des coutumes et des usages8 #aah4 ,y a-t-il beaucoup de procs8 #aai4 ,pour quel genre de contestation y en a-t-il davantage1 soit dans les villes1 soit dans les campagnes8 #abj4 ,comment les proprits sont-elles constates2 les titres sont-ils en langue vulgaire et bien lisibles8 #aba4 ,y a-t-il beaucoup de gens de loi8 #abb4 ,les parties plaident-elles en personne8 #abc4 ,par qui les juges sont-ils nomms et pays2 sont-ils vie8 #abd4 ,quel est l'ordre des successions et des hritages8 #abe4 ,y a-t-il des droits d'anesse1 des substitutions1 des testaments8 #abf4 ,les enfants partagent-ils par galit1 n'importe quel bien2 qu'en rsulte-t-il pour les biens de campagne8 #abg4 ,y a-t-il des biens de main-morte1 des legs l'glise1 des fondations8 #abh4 ,quelle est l'autorit des parents sur leurs enfants1 des poux sur leurs femmes8 #abi4 ,les femmes ont-elles beaucoup de luxe2 en quoi consiste-t-il8 #acj4 ,quelle est l'ducation des enfants2 quels livres enseigne-t-on8 #aca4 ,y a-t-il des imprimeries1 des papiers-nouvelles1 des bibliothques8 #acb4 ,les citoyens se rassemblent-ils pour des conversations et des lectures8 #acc4 ,y a-t-il une grande circulation de personnes et de choses dans le pays8 #acd4 ,y a-t-il des tablissements de postes aux chevaux et aux lettres8 #ace4 ,quels sont1 en un mot1 les tablissements1 de n'importe que genre1 particuliers au pays1 qui par leur utilit1 soient dignes de l'observation8 ,,fin4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,contenues ,,dans ,,ce ,,volume4 ,,le,,ons ,d',,histoire4 ,,avertissement ,,de ,l',,auteur pag4 ,,iii ,,premi,,re ,s,,ance 7#a;er pluvise74--,programme4--,objet1 plan et distribution de l'tude de l'histoire4 ,,seconde ,s,,ance4--,le sens littral du mot histoire est recherche1 enqute 7de faits74--,modestie des historiens anciens4--,tmrit des historiens modernes4--,l'historien qui crit sur tmoignages1 prend le rle de juge1 et reste tmoin intermdiaire pour ses lecteurs4--,extrme difficult de constater l'tat prcis d'un fait2 de la part du spectateur1 difficult de le bien voir2 de la part du narrateur1 difficult de le bien peindre4--,nombreuses causes d'erreur provenant d'illusion1 de proccupation1 de ngligence1 d'oubli1 de partialit1 etc4 #f ,,troisi,,me ,s,,ance4--,continuation du mme sujet4--,quatre classes principales d'historiens avec des degrs d'autorit divers3 #a historiens acteurs2 #b historiens tmoins2 #c historiens auditeurs de tmoins2 #d historiens sur ou-dire ou traditions4--,altration invitable des rcits passs de bouche en bouche4--,absurdit des traditions des temps reculs1 commune tous les peuples4--,elle prend sa source dans la nature de l'entendement humain4--,caractre de l'histoire toujours relatif au degr d'ignorance ou de civilisation d'un peuple--,caractre de l'histoire chez les anciens et chez les peuples sans imprimerie4--,effets de l'imprimerie sur l'histoire4--,changement qu'elle a produit dans les historiens modernes4--,disposition d'esprit la plus convenable bien lire l'histoire4--,ridicule de douter de tout1 moins dangereux que de ne douter de rien4--tre sobre de croyance4 #ah ,,quatri,,me ,s,,ance4--,rsum du sujet prcdent4--,quelle utilit peut-on retirer de l'histoire8--,division de cette utilit en trois genres3 #a utilit des bons exemples1 trop compense par les mauvais2 #b transmission des objets d'arts et de sciences2 #c rsultats politiques des effets des lois1 et de la nature des gouvernements sur le sort des peuples4444444--,l'histoire ne convient qu' trs-peu de personnes sous ce dernier rapport2 elle ne convient la jeunesse1 et la plupart des classes de la socit1 que sous le premier4--,les romans bien faits sont prfrables4 #dc ,,cinqui,,me ,s,,ance4--,de l'art de lire l'histoire2 cet art n'est point la porte des enfants3 l'histoire1 sans enseignement1 leur est plus dangereuse qu'utile4--,de l'art d'enseigner l'histoire4--,vues de l'auteur sur un cours d'tudes de l'histoire4--,de l'art d'crire l'histoire4--,examen des prceptes de ,lucien et de ,mably4 #ff ,,sixi,,me ,s,,ance4--,continuation du mme sujet4--,distinction de quatre mthodes de composer l'histoire3 #a par ordre de temps 7les annales et chroniques72 #b par ordre dramatique ou systmatique2 #c par ordre de matires2 #d par ordre analytique ou philosophique4--,dveloppement de ces diverses mthodes2 supriorit de la dernire3 ses rapports avec la politique et la lgislation4--,elle n'admet que des faits constats1 et ne peut convenir qu'aux temps modernes4--,les temps anciens ne seront jamais que probables3 ncessit d'en refaire l'histoire sous ce rapport4--,plan d'une socit littraire pour recueillir dans toute l',europe les monuments anciens4--,combien de prjugs seraient dtruits1 si l'on connaissait leur origine4--,influence des livres historiques sur la conduite des gouvernements1 sur le sort des peuples4--,effet des livres juifs sur l',europe4--,effet des livres grecs et romains introduits dans l'ducation4--,conclusion4 #ic ,,histoire ,,de ,,samuel1 ,,inventeur ,,du ,,sacre ,,des ,,rois4 ,,pr,,face ,,de ,l',,diteur4 #aci #a;er4 ,prliminaires du voyageur4--,motifs accidentels de cette dissertation4 #ada ,,ii4 ,histoire de ,samuel1 calcule sur les murs du temps et sur les probabilits naturelles4--,dispositions morales et politiques des ,hbreux au temps de ,samuel4 #aeb ,,iii4 ,enfance de ,samuel4--,circonstances de son ducation4--,son caractre en devient le rsultat4 #aeh ,,iv4 ,caractre essentiel du prtre en tout pays2 origine et motifs des corporations sacerdotales chez toute nation4 #afc ,v4 ,manuvres secrtes en faveur de ,samuel4--,quel a pu en tre l'auteur8 #afg ,,vi4 ,nouvelle servitude des ,hbreux4--,samuel dans sa retraite prpare leur insurrection et devient suffte ou juge4--,superstition du temps4 #age ,,vii4 ,le peuple rejette les enfants de ,samuel et le force de nommer un roi4--,samuel exerce la profession de devin #ahc ,,viii4 ,qu'tait-ce que les prophtes et la confrrie des prophtes chez les anciens ,juifs8 #aib ,,ix4 ,suite de la conduite astucieuse de ,samuel4--,premire installation de ,sal ,maspha4--,sa victoire ,iabs4--,deuxime installation4--,motifs de ,samuel4 #bja ,x4 ,brouillerie et rupture de ,samuel avec ,sal4--,ses motifs probables4 #bad ,,xi4 ,destitution du roi ,sal par le prtre ,samuel4 #bba ,,xii4 ,samuel1 de sa seule autorit1 et sans aucune participation du peuple1 oint le berger ,david et le sacre roi en exclusion de ,sal #bbh ,,xiii4 ,origine de l'onction 7 l'huile ou la graisse7 #bcg ,,conclusions ,,de ,l',,diteur4--,questions de droit public sur la crmonie de l'onction royale #bdh ,,notes #bef ,nouveaux claircissements sur les prophtes mentionns au ,,viii1 page #aib #bgj ,,tat ,,physique ,,de ,,la ,,corse #bha ,,pr,,cis ,,de ,l',,tat ,,de ,,la ,,corse #cae ,,premi,,re ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,comte ,,lanjuinais1 sur l'antiquit de l'alphabet phnicien #cbi ,,seconde ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,comte ,,lanjuinais1 sur l'antiquit de l'alphabet phnicien2 contenant diverses questions historiques1 proposes comme problmes rsoudre #cde ,,lettre ,a ,m4 ,,le ,,directeur ,,de ,,la ,,revue1 sur une nouvelle traduction d',hrodote #cfc ,,questions ,,de ,,statistique1 l'usage des voyageurs #cgg ,idem4--------,,premi,,re ,,section4--tat physique du pays #che ----,,deuxi,,me ,,section4--tat politique #chh ,,fin ,,de ,,la ,,table4 ,illustration3 ,,isle ,,de ,,corse ,illustration3 ,,port ,,et ,,territoire ,d',,ajaccio4 ,illustration3 ,,etage ,,sous ,,la ,,salle ,illustration3 ,,plan ,,de ,,la ,,salle ,illustration3 ,,coupe ,,lat,,rale ,,footnotes3 #a ,les professeurs de cette cole1 devenue clbre en peu de mois1 taient3 ,,mm4 ,,lagrange ,mathmatiques4 ,,laplace ,,hauy ,physique4 ,,monge ,gomtrie descriptive4 ,,daubenton ,histoire naturelle4 ,,berthollet ,chimie4 ,,thouin ,agriculture4 ,,buache ,gographie4 ,,mentelle ,,volney ,histoire4 ,,bernardin-,,de-,,st4-,,pierre ,morale4 ,,sicard ,grammaire4 ,,garat ,analyse de l'entendement4 ,,laharpe ,littrature4 #b ,le lecteur observera que les professeurs de l'cole ,normale s'taient impos la loi de faire leurs leons sur de simples notes1 la manire des orateurs4 ,ces leons1 recueillies l'instant par des crivains aussi prompts que la parole1 taient lgrement rvises1 et de suite envoyes l'impression2 mes trois premires sont dans ce cas1 et je n'eus que #ae jours pour m'y prparer4 #c ,ce fut la sance d'ouverture1 dans laquelle furent lus tous les programmes4 #d ,par exemple1 analysez le principe fondamental des mouvements actuels de l',europe3 ,tous les hommes naissent gaux en droits2 qu'est-ce que cette maxime1 sinon le fait collectif et sommaire dduit d'une multitude de faits particuliers1 d'aprs lesquels1 ayant examin et compare un un la totalit1 ou du moins une immense multitude d'individus1 et les ayant trouvs munis d'organes et de facults semblables1 l'on en a conclu1 comme dans une addition1 le fait total1 qu'ils naissent tous gaux en droits44444 ,reste bien dfinir qu'est-ce qu'un droit2 et cette dfinition est plus pineuse qu'on ne le pense gnralement4 #e ,hrodote1 liv4 #d1 ,,xlii1 traduct4 de ,larcher4 #f ,sutone1 ,vie de ,csar1 ,,liv4 #g ,la libert1 et non la licence4 #h ,voyez le #a;er chapitre du ,qoran1 verset #a;er et suivants4 #i ,voyez le dbut des ,confessions de ,j4-,j4 ,rousseau2 il n'est peut-tre aucun livre o tant d'orgueil ait t rassembl dans aussi peu de lignes que dans les dix premires4 #aj ,il y a cette diffrence caractristique entre ,rousseau et ,voltaire considrs comme chefs d'opinions1 que si vous attaquez ,voltaire devant ses partisans1 ils le dfendent sans chaleur1 par raisonnement et par plaisanterie1 et vous regardent tout au plus comme un homme de mauvais got4 ,mais si vous attaquez ,rousseau devant les siens1 vous leur causez une espce d'horreur religieuse1 et ils vous considrent comme un sclrat4 ,ayant moi-mme dans ma jeunesse prouv ces impressions1 lorsque j'en ai recherch la cause1 il m'a paru que ,voltaire1 parlant l'esprit plutt qu'au cur1 la pense plutt qu'au sentiment1 n'chauffait l'ame d'aucune passion2 et parce qu'il s'occupait plutt de combattre l'opinion d'autrui que d'tablir la sienne1 il produisait l'habitude du doute plutt que celle de l'affirmation1 ce qui mne la tolrance4 ,rousseau1 au contraire1 s'adresse au cur plutt qu' l'esprit1 aux affections plutt qu'au raisonnement2 il exalte l'amour de la vertu et de la vrit 7sans les dfinir71 par l'amour des femmes1 si capable de faire illusion2 et parce qu'il a une forte persuasion de sa droiture1 il suspecte en autrui d'abord l'opinion1 et puis l'intention3 situation d'esprit d'o rsulte immdiatement l'aversion quand on est faible1 et l'intolrance perscutrice lorsque l'on est fort4 ,il est remarquable que parmi les hommes qui1 dans ces derniers temps1 ont le plus dploy ce dernier caractre1 le grand nombre tait ou se disait disciples et admirateurs de ,j4-,j4 ,rousseau4 #aa ,fraternit ou la mort1 c'est--dire1 pense comme moi ou je te tue2 ce qui est littralement la profession de foi d'un mahomtan4 #ab ,l'on sait que ,rousseau est mort dans cet tat1 rendu vident par ses derniers crits4 #ac ,l'amphithtre de chimie au jardin des ,plantes donnant sur la rue de ,seine4 #ad ,ce sujet est si important1 que le lecteur ne trouvera pas mauvais que j'insre ici les rsultats de mes observations sur les diffrentes salles o je me suis trouv4 ,l'objet principal1 mme unique d'une salle dlibrante1 est que les discutants se parlent avec aisance1 s'entendent avec clart2 dcoration1 construction1 rgles de l'art1 tout doit tre subordonn ce point final4 ,pour l'obtenir1 il faut3 #a ,que les dlibrants soient rapprochs les uns des autres1 dans le plus petit espace conciliable avec la salubrit et la commodit2 sans cette condition1 ceux qui ont des voix faibles sont dpouills de fait de leur droit de voter1 et il s'tablit une aristocratie de poumons1 qui n'est pas l'une des moins dangereuses2 #b ,que les dlibrants sigent dans l'ordre le plus propre mettre en vidence tous leurs mouvemens2 car1 sans respect public1 il n'y a point de dignit individuelle2 ces deux premires conditions tablissent la forme circulaire et amphithtrale2 #c ,que les rangs des dlibrants forment une masse continue1 sans division matrielle qui en fasse des quartiers distincts2 car ces divisions matrielles favorisent et mme fomentent des divisions morales de parti et de faction2 #d ,que le parquet de la salle soit interdit toute autre personne qu'aux secrtaires et aux huissiers2 rien ne trouble plus la dlibration1 que d'aller et venir dans ce parquet2 #e ,que les issues d'entre et de sortie soient nombreuses1 indpendantes les unes des autres1 de manire que la salle puisse s'vacuer ou se remplir rapidement et sans confusion2 #f ,que l'auditoire soit plac de manire ne gner en rien les dlibrants4 ,comme cette dernire condition pourrait sembler un problme1 voici le plan que j'ai calcul sur ces diverses donnes1 et qu'il n'appartient qu' des architectes de rectifier dans l'excution4 ,je trace une salle en fer cheval1 ou formant un peu plus que le demi-cercle2 je lui donne une aire suffisante placer cinq cents dlibrants au plus2 car des assembles plus nombreuses sont des cohues1 et peut-tre trois cents sont-ils un nombre prfrable4 ,j'lve cinq ou six rangs de gradins en amphithtre dont le rayon est de trente-six quarante pieds au plus3 dans chacun de ces rangs1 je pratique une foule d'issues dites vomitoires1 pour entrer et sortir4 ,autour du parquet1 rgne une balustrade qui l'interdit au dernier gradin4 ,a l'un des bouts du demi-cercle1 et hors des rangs1 est le sige du prsident2 derrire lui1 hors du cercle1 est un appartement son usage1 par o il entre et sort3 devant lui sont les secrtaires2 l'autre bout en face1 aussi hors des rangs1 est la tribune de lecture1 destine seulement lire les lois et les rapports2 chaque membre devant parler sans quitter sa place3 cette tribune et le sige du prsident n l'amphithtre4 ,au-dessus des rangs1 en retraite dans le mur1 sont des tribunes o sigent les preneurs de notes1 dits journalistes1 qui1 dans un gouvernement rpublicain me paraissant des magistrats trs-influants1 sont lus partie par le peuple1 partie par le gouvernement3 enfin1 j'admets quelques tribunes grilles pour les ambassadeurs et pour divers magistrats4 ,la vote de cette salle est non pas ronde1 mais aplatie et calcule pour des effets suffisants d'audition3 nombre de chssis y sont pratiqus pour rafrachir l'air de la salle1 et pour y jeter de la lumire4 ,aucune fentre latrale1 aucune colonne ne rompt l'unit de l'enceinte4 ,s'il y a trop d'cho1 l'on tend des draperies4 ,le long des murs sont des thermomtres pour mesurer et tenir un mme degr la chaleur des poles souterrains en hiver1 et des conduits d'air en t2 cette partie est sous l'inspection de trois mdecins2 car la sant des dlibrants est un des lments des bonnes lois4 ,jusqu'ici l'on ne voit point d'auditoire1 et cependant j'en veux un avec la condition commode de le faire plus ou moins nombreux1 selon qu'on le voudra3 pour cet effet j'adapte l'ouverture du demi-cercle ci-dessus1 un autre demi-cercle plus petit1 ou plus grand1 ou gal1 qui reprsente une salle de spectacle sans galeries4 ,les dlibrants se trouvent son gard comme dans un thtre lev qui domine d'assez haut le parterre4 ,ces deux salles sont spares par un passage et une balustrade1 presque comme l'orchestre1 pour s'opposer1 au besoin1 tout mouvement4 ,l'on entre par ce passage pour se prsenter la barre situe entre le prsident et la tribune de lecture3 enfin1 une cloison latrale mobile vient1 dans les cas de dlibration secrte1 isoler en un clin d'il les dlibrants1 sans dplacer la masse des spectateurs4 ,il y a tout lieue se regardent pas1 mais sont un peu tourns vis--vis le fond de croire qu'un tel difice ne coterait pas #ajj1jjj francs1 parce qu'il exclut toute espce de luxe2 mais dt-il coter le double1 sa construction est la chose la plus praticable1 mme dans nos circonstances2 car sans toucher au trsor public1 une souscription de #ab #ae fr4 par mois1 de la part de chaque membre des ,conseils1 remplirait l'objet qu'ils dsirent galement1 sans tre une charge onreuse sur leur traitement4 #ae ,ainsi encore les dtails des ngociations1 de qui dpendent les grands vnements de la paix et de la guerre1 sont de tous les faits historiques les plus instructifs1 puisque l'on y voit nu tout le jeu des intrigues et des passions2 et ces faits seront toujours les moins connus1 parce qu'il n'est peut-tre aucun de leurs agents qui ost en rendre un compte exact1 pour son propre honneur ou son intrt4 #af ,et en gnral1 toute l'histoire n'est-elle pas les faits tels que les a vus le narrateur1 et n'est-ce pas le cas d'appliquer ce mot de ,fontenelle3 ,l'histoire est le roman de l'esprit humain1 et les romans sont l'histoire du cur8 #ag ,lorsque j'crivais ceci1 en ventse de l'an #c1 je venais de traverser la ,france depuis ,nice1 et j'avais vu trs-frquemment les enfants lanternant les chats1 guillotinant les volailles et imitant les tribunaux rvolutionnaires4 #ah ,ces paroles manquent dans l'dition in-#ab1 qui est pleine de fautes4 #ai ,avant thermidor de l'an #b4 #bj ,les prtres l'ont si bien senti1 que1 par une contradiction digne de leur systme1 ils ont toujours interdit la jeunesse1 et en gnral au peuple1 la lecture des ,bibles pleines de rcits grossiers et atroces1 et pourtant dicts par le ,saint-,esprit4 #ba ,c'est le gouz oriental1 dont le g reprsente notre r grassey4 #bb ,wednesday chez les ,anglais4 #bc ,voyez le ,common ,sense1 par ,thomas ,payne4 #bd ,c'est--dire directrice et conductrice1 qui sont les sens du mot norma4 #be ,voyez l',histoire de #agic4 #bf ,la totalit des pays dsigns sous le nom de ,grce contient environ #c1hej lieues carres2 de ce nombre #a1ajj composent la ,macdoine qui1 selon ,strabon1 contenait1 au temps d',alexandre1 c'est--dire au plus haut degr de prosprit1 #a1jjj1jjj de ttes2 c'est un peu moins de #a1jjj ames par lieue carre1 et cette proportion est en effet celle des pays les plus peupls3 je l'applique toute la ,grce1 afin de n'avoir pas de contestation avec les adorateurs de l'antiquit2 elle est d'ailleurs le cas le plus favorable des portions de la ,grce moderne2 car1 d'aprs des recherches faites avec beaucoup de soin et d'intelligence1 par ,flix1 consul de ,salonique1 la ,macdoine actuelle n'a que #gjj1jjj ames1 ce qui donne en moins trois diximes2 la ,more n'en a que #cjj1jjj pour #gjj lieues carres2 l',attique #bj1jjj1 et toute la ,grce runie pas #b1jjj1jjj1 ce qui ne donne que #ejj ames par lieue carre1 et ce terme est plus fort que l',espagne4 #bg ,maintenant que j'ai vu les sauvages d',amrique1 je persiste de plus en plus dans cette comparaison1 et je trouve que le premier livre de ,thucydide1 et tout ce qu'il dit des murs des ,lacdmoniens1 conviennent tellement aux cinq nations1 que j'appellerais volontiers les ,spartiates1 les ,iroquois de l'ancien monde4 #bh ,lorsque je songe que l'glise dite ,sainte-,genevive1 aujourd'hui le ,panthon1 a cot plus de #cj millions2 que ,saint-,sulpice1 et vingt autres glises dans ,paris en ont cot depuis cinq jusqu' dix2 qu'il n'est pas de ville de #aj1jjj ames en ,france qui n'ait pour #a1jjj1jjj en construction d'glises1 pas de paroisse qui n'en ait pour #fj #hj1jjj francs1 je suis port croire que la ,france a employ dix milliards entasser de petits monceaux de pierres sans utilit2 c'est--dire1 quatre ans de son revenu actuel1 et plus du double de son revenu au temps des constructions3 et voil la sagesse des peuples et des gouvernements6 #bi ,il existait chez l'ancien intendant des btiments 7d',angivilliers71 un volume manuscrit superbement reli1 qui tait le registre des frais de la construction de ,versailles1 et dont le rsum au dernier feuillet1 tait de #a1djj1jjj1jjj de livres tournois3 mais l'argent tait #af francs le marc1 il est de nos jours #eb francs4 #cj ,par la main de ,charlotte ,corday3 cependant il est vrai que chez les ,juifs l'assassinat des tyrans fut inspir et protg par l',esprit saint2 que chez les chrtiens il a t enseign et recommand par saint ,thomas d',aquin1 et par les jsuites1 qui l'ont pratiqu sur des princes qui n'taient pas tyrans444 ,aujourd'hui1 que deux empereurs effrays de cette doctrine en d'autres mains veulent rtablir l'ordre des jsuites1 il pourra se faire1 s'ils y russissent1 qu'ils aient un jour plus de peine se dbarrasser de ces bons pres1 que n'en ont eu les rois de ,france1 d',espagne et de ,portugal2 car ils n'auront plus leur secours ,voltaire1 ,helvtius1 d',alembert1 et tant d'autres philosophes anti-fanatiques1 has maintenant par les rois1 quoique ,frdric ,,ii ft de leur nombre4 #ca ,l'auteur1 aprs dix mois de dtention 7jusqu'au #f fructidor an #b71 se trouvait exil de ,paris1 par le dcret contre les dtenus1 lorsqu'il reut ,nice1 au mois de frimaire1 sa nomination inopine l'une des places de professeur1 et l'invitation du comit d'instruction publique de venir sur-le-champ la remplir4 #cb ,en ce moment tout ,paris1 grace l'art de ,m4 ,prvost1 voit ou peut voir ,jrusalem aussi bien que notre voyageur3 l'illusion du ,panorama est complte1 mais elle dtruit celles de l'imagination2 chacun se dit3 ,quoi6 c'est l ,jrusalem6 ,les rflexions de notre auteur n'en seront que mieux apprcies4 ,il est fcheux que la vrit du tableau de ,m4 ,prvost soit gte par une notice triviale1 pleine d'erreurs populaires et de contes de plerins4 #cc ,au temps d',alexandre1 la ville de ,tyr1 selon les ,grecs1 avait #df1jjj habitants1 entasss dans des maisons quatre tages1 construction rare chez les anciens4 #cd ,courtier4 #ce ,dans l',itinraire ,jrusalem1 tome ,,ii1 le potique auteur cite1 page #abi1 le village de ,saint-,jrmie comme tant la patrie du prophte de ce nom1 et il reconnat que cette tradition est fausse1 puisque la ,bible tablit ,anatot4 ,page #abc1 selon les habitants1 tous les monuments du pays seraient dus sainte ,hlne1 et il convient que cela n'est pas vrai444441 etc4 ,l'auteur et pu en citer bien d'autres exemples1 mais ce n'tait ni son intention ni son but4 #cf ,la circoncision4 #cg ,c'tait aussi le nom des deux consuls de ,kartage1 dont le peuple1 n phnicien1 parlait un langage tout--fait analogue l'hbreu4 #ch ,samuel ou ,rois1 liv4 ,i1 chap4 ,i4 #ci ,ce nom est le mme que l'arabe ,ali1 lettre pour lettre4 ,le latin a introduit l'h pour exprimer l'ain4 #dj ,le texte emploie ce mot1 quoiqu'il n'y et point encore de temple comme celui de ,salomon3 c'tait ou ce dut tre un btiment provisoire1 assez simple1 comme le furent les premiers temples chez les anciens4 #da ,beaucoup d'ouvrages critiques et philosophiques ont t composs sur l'origine1 le droit1 le mrite ou l'abus de la royaut2 sur les vexations1 les vices1 les scandales des rois3 n'est-il pas singulier que l'on en ait si peu compos de tels sur l'origine1 le droit1 l'abus de la prtrise1 sur les vices1 les scandales des prtres8 ,pourquoi cela1 quand le sujet est si riche8--,parce qu'en tout pays1 la plupart des crivains ont t de la caste des prtres4 #db ,voyez la note la fin1 n #a;er4 #dc ,les ,hbreux s'taient clairs par quelques progrs de civilisation4--,voyez une note relative1 la fin de cette histoire4 #dd ,l'auteur des ,paralipomnes 7prsum tre le prtre ,ezdras7 nous dit positivement1 liv4 #a1 chap4 #bi1 v4 #bi3 ,toutes les actions du roi ,david1 tant les premires que les dernires1 sont crites dans le livre du prophte ,samuel1 dans celui du prophte ,nathan et dans celui du prophte ,gad4 #de ,de nos jours1 c'est encore le mme usage chez les ,druzes et leurs voisins du ,kasraouan4 ,des hommes se placent le soir sur les hauteurs1 et se transmettent de l'un l'autre un cri1 qui1 en moins de deux heures1 est rpandu dans tout le pays4 #df ,l'ancien et indlbile usage de ces pays1 l'usage de tous les peuples arabes1 est1 comme l'on sait1 de ne jamais se prsenter devant quelqu'un sans lui offrir un cadeau quelconque3 ici le quart de sicle est connu pour avoir pes #ba grains d'argent fin1 valant un peu moins de #e sous de ,france2 mais cette poque1 l'argent plus rare pouvait valoir dix fois plus qu'aujourd'hui2 ce quart a pu reprsenter en denres #dj de nos sous4 #dg ,paens1 pagani1 gens du village1 paysans4 #dh ,et les illumins de l',allemagne et du ,nord1 l'auteur les oublie-t-il8 ,voyez la note n #c1 la fin de cette histoire4 #di ,tout rcemment ,m4 ,clavier1 dans son livre des ,oracles4 #ej ,l'paule et le bras taient l'emblme et mme l'expression de la force active et du pouvoir4 #ea ,le mot hbreu habl signifie positivement un cble2 un cordon1 une chane4 #eb ,et nous autres ,franais1 ne le voyons-nous pas aujourd'hui dans les prdications des comdiens missionnaires qui parcourent les villes et les campagnes de nos provinces du ,midi1 o ils exploitent la sottise populaire avec tous les raffinements d'escamotage et de pantomime qu'a invents l',italie8 ,nos pres1 dans le sicle dernier1 ne l'ont-ils pas vu dans les scnes extravagantes1 devenues si clbres1 des miracles oprs au faubourg ,saint-,marcel par les sectateurs du diacre ,pris1 etc48 #ec ,ce mot est quivoque2 est-ce des prophtes1 est-ce de ,kis et de ,sal dont on demande cela8 ,si c'est de ,kis et de ,sal1 cela voudra dire3 sont-ils lvites8 ,si c'est des prophtes1 cela voudra dire1 qu'eux-mmes n'y avaient pas plus de droit par naissance que ,sal1 et que la confrrie tait forme de gens de toutes classes4 ,ce dernier sens nous parat le vritable2 autrement cette phrase ne serait que la rptition de la prcdente4 #ed ,comme les rois de ,france de la premire race4 #ee ,compos du radical scafat1 il a jug1 il a rendu sentence4 #ef ,dans l'hbreu1 il n'y a pas deux mots divers pour esclave et serviteur1 c'est toujours abd4 #eg ,il ne faut pas s'y mprendre3 c'est ici la vritable royaut patriarcale des anciens temps2 chez les peuples de race arabe1 le pre de famille a toujours eu et a encore le droit de vie et de mort dans sa maison2 ses enfants1 ses femmes sont sa discrtion4 ,voyez comme ,abraham se dispose gorger son fils sans aucun obstacle humain1 et comme il force tout son monde1 plus de #cjj mles1 esclaves ou libres1 se faire la douloureuse amputation du prpuce4 ,on ne remarque point assez que le despotisme oriental a ses bases dans le despotisme domestique qui tire son origine de l'tat sauvage primitif4 #eh ,l'historien ,justin remarque qu' une poque qui dut tre #aa ou #a1bjj ans avant notre re1 les ,philistins s'taient empars de ,sidon1 et que ce fut cette occasion que des migrs de cette ville btirent la ville de ,tyr4 #ei ,lorsque ,sal retourne de la maison de ,samuel chez son pre1 il est dit qu'il doit trouver sur sa route un corps-de-garde philistin1 et la ligne de cette route est tout--fait dans l'intrieur du pays4 #fj ,mot impropre3 on ne fait jamais ici mention de cavaliers1 tout est piton4 #fa ,le manuscrit alexandrin porte seulement dix mille de l'un1 dix mille de l'autre1 ce qui est le seul raisonnable4 #fb ,voyez la note #d1 la fin de cette histoire4 #fc ,ce mot est remarquable3 votre ,dieu6 il y avait donc chez les ,hbreux d'autres dieux accrdits et vivant au pair du dieu ,jehowh4 #fd ,tous les textes et anciens interprtes sont d'accord sur ce point3 la ,vulgate latine dit3 ,in frusta concidit2 le grec dit3 ,jugulavit2 le syriaque et l'arabe portent3 ,coupa en morceaux4 ,le seul anglais ,walton1 auteur de la ,polyglotte1 a pris sur lui de traduire par fit couper1 le mot hbreu qui ne pourrait avoir ce sens que par une forme arabe qui n'a pas lieu en hbreu3 ,samuel coupa de ses propres mains4 #fe ,meuble du pays1 encore ce jour o le verre est si commun3 il tait trs-rare alors4 #ff ,shalam bouk4444 la paix sur votre arrive4 #fg ,voyez la note n #e1 la fin de cette histoire4 #fh ,voyez la note n #c1 la fin de cette histoire4 #fi ,le texte n'est pas clair ce sujet1 le mot hbreu shamn1 signifiant toute matire grasse1 onctueuse1 huileuse2 et le mot samn1 dans l'arabe1 restant affect au beurre fondu4 #gj ,voyez la note n #f1 la fin de cette histoire4 #ga ,qu'est-ce que croire8 je le demande au plus habile mtaphysicien2 n'est-ce pas voir comme existant ce qu'on nous dit exister8 ,mais ce tableau que l'on voit ou que l'on se figure voir1 peut n'exister que dans notre cerveau3 par exemple1 d'anciens savants ont cru que le ciel tait une vote de cristal3 il est clair que ce cristal1 que cette vote n'existaient que dans leur cerveau o ils la voyaient1 et non dans le firmament4 ,toute la question des croyances est l4 ,voir dans son cerveau3 cela ne drange rien dans la nature4 ,josu ou son historien a-t-il vu autrement le soleil s'arrter8 ,rpondez-moi1 biblistes4 7,note de l'diteur47 #gb ,c'est encore par ce mcanisme1 que l'on voit souvent dans la vieillesse reparatre les impressions de l'enfance1 qui avaient dormi pendant tout l'ge mr4 ,par exemple1 le physicien ,brisson1 lev dans le patois poitevin1 l'avait perdu de vue dans sa trs-longue rsidence ,paris44444 ,devenu vieux1 il eut une attaque d'apoplexie1 qui1 en lui laissant d'ailleurs ses facults physiques1 effaa toutes ses ides et connaissances acquises par l'tude1 mme le souvenir de la langue franaise3 mais les impressions premires du patois de l'enfance reparurent et continurent jusqu' sa mort1 arrive quelques mois aprs4 ,dans l'ge mr1 notre raison tendue1 repousse avec mpris les loups-garous et les esprits-revenants4 ,dans la vieillesse1 nos nerfs retombs dans l'tat de vgtation purement animale1 reprennent les terreurs de l'enfance3 que d'exemples dans ce fameux sicle de ,louis ,,xiv1 riche en arts d'imagination1 pauvre en sciences exactes et physiques6 7,note de l'diteur47 #gc ,liv4 ,,ii de ,samuel ou des ,rois1 chap4 v4 #gd ,un volume in-#h1 publi en #ahji1 ,paris1 par ,joseph-,eugne ,beauvoisins1 chef d'escadron1 et juge militaire au tribunal spcial de ,naples4 #ge ,on trouvera1 dans le tableau suivant1 les principaux sommets de cette chane avec leurs positions gographiques1 leurs hauteurs au-dessus du niveau de la mer1 et leurs distances du rivage le plus prs4 ,noms des sommets4 ,latitude4,longitude ,hauteur ,distance ,indication prise au-dessus du rivage du du mridien du niveau le plus rivage4 de ,paris4 de la mer4 prs4 ' ' to4 to4 ,monte-,stello au cap ,corse #db #dg #ba #g #jd #bf #gaj #bejj ,est4 ,monte-,asto #db #cd #ef #f #ea #eg #gai #fcjj ,nord4 ,monte-,grosso #db #cj #jh #f #cd #da #ied #fdjj ,ouest4 ,monte-,paglia-,orba #db #bj #cd #f #cb #jh #acfj #hhjj ,ouest4 ,monte-,rotondo #db #ac #jj #f #db #ee #adah #aegjj ,ouest4 ,monte-,renoso #db #jc #cg #f #dg #cj #aaeh #accjj ,est4 ,punta la ,cappella #da #ei #di #f #eb #bi #ajea #hfjj ,est4 ,monte-l',inardine du ,coscione #da #ea #ja #f #ea #eh #ajee #hajj ,est4 ,punta della ,calva #da #dc #af #f #ec #ja #hjc #fdjj ,est4 ,punta d',ovace1 sommet le plus lev des montagnes de ,cagna #da #cd #ei #f #dd #bf #gff #fjjj ,sud4 ,monte-,sant',angelo de ,casinca #db #bg #eb #g #jc #ec #egc #ecjj ,est4 ,monte-,san-,pietro #db #bc #ea #f #ei #hea #hgjj ,est4 #gf ,c'est cette double question d'action et de raction rciproque que l'auteur se proposait d'examiner dans les chapitres qui devaient suivre celui qu'on vient de lire2--la mort l'a surpris au milieu de son travail2 et c'est d'autant plus regretter1 que nous sommes encore attendre un bon ouvrage sur la ,corse4 ,m4 de ,volney crivait peu2 il se contentait de prendre quelques notes en forme d'argument et comme pour se prmunir contre les infidlits de sa mmoire4--,un ouvrage tait tout entier dans sa tte avant qu'il en jett les premires lignes sur le papier2 et lors qu'il commenait crire1 il le faisait avec tant d'ordre et de suite1 qu'on aurait cru qu'il copiait4--,il tait rare qu'il changet quelque chose cette rdaction unique1 qu'il se contentait de faire recopier par son secrtaire4 ,nous sommes rduits dplorer cette force de tte et cette facilit de rdaction1 puisqu'elles nous privent de plusieurs ouvrages entirement termins1 que ,m4 de ,volney se disposait crire1 lorsqu'il fut enlev1 en peu de jours1 ses amis et ses concitoyens4 7,note des diteurs47 #gg ,je n'ai pu me procurer cet article que par approximation4 #gh ,id4 #gi ,id4 #hj ,oui1 ,paoli a encore en ce moment des gardes1 et est gnralement trait d'excellence4 ,note de l'auteur4 ,mars #agic4 #ha ,les socits populaires de ,marseille et de ,toulon1 qui ont dnonc ,paoli1 doivent bien remarquer cette circonstance1 afin de ne pas prendre le change sur les auteurs des troubles de la ,corse4 7,note de l'auteur4 ,mars #agic47 #hb ,voyez le livre de ,dupuis1 table des matires1 au mot ,cadmus1 o sont les renvois appropris chacun des deux formats1 l'in-#d4 et l'in-#h4 #hc ,nos potes ne clbrent-ils pas encore le belier1 qui est hors de signe depuis plus de #b1bjj ans8 #hd ,le reprsente la lettre schin4 #he ,voyez ,dupuis1 tome ,,iii1 in-#d1 page #dj4 #hf ,ici1 comme en tant d'autres passages1 aucune traduction n'a t fidle4 #hg ,voyez ,hrod41 lib4 ,,ii4 #hh ,voyez ,dupuis1 in-#d1 tome4 #c1 page #dj4 #hi ,il a plu nos modernes faiseurs de planisphres de placer le taureau et le belier tte contre tte4 ,le fait est prcisment l'oppos chez les anciens qui placent ces deux figures dos dos4 ,cependant1 comme aucun de leurs atlas n'a t fait plus de #djj ans avant notre re1 j'ai des raisons de croire que jadis la tte du belier fut o ils ont plac sa queue4 #ij ,geogr41 lib4 ,i1 page #da et #db2 dition de ,casaubon4 #ia ,ce que les ,allemands appellent langue semitique1 quoique ,kanan et ,kush en fassent partie4 #ib ,voyez ,supplment l',hrodote de ,larcher2 #hj pages1 in-#h1 #ahjh4 ,chronologie d',hrodote4 #a vol4 in-#h1 #ahji4 #ic ,voyez ,recherches nouvelles sur l',histoire ancienne2 #b vol4 in-#h4 ,le second volume se compose de ce qui avait dja paru1 en #ahjh et #ahji1 sous le titre ci-dessus4 ,seulement1 j'ai cart quelques personnalits4