available by the ,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,manuel ,,de ,,la ,,politesse ,,des ,,usages ,,du ,,monde ,,et ,,du ,,savoir-,,vivre ,,par ,madame ,j4-,j4 ,,lambert ,,paris ,,delarue1 ,,libraire-,,diteur #e1 ,,rue ,,des ,,grands-,,augustins1 #e ,,le ,,savoir-,,vivre ,appliquez-vous surtout1 c'est le grand livre1 ,a vous former dans l'art du savoir-vivre4 ,j4-,b4 ,,rousseau4 ,soyez toujours la pense d'autrui1 c'est en cela surtout que consiste le savoir-vivre4 ,,boileau4 444 ,il parlait comme un livre1 ,toujours d'un ton confit en savoir-vivre4 ,,gresset4 ,faire connatre les usages1 les convenances1 tous les gards de politesse que les hommes se doivent rciproquement dans la socit1--c'est le but de ce livre4 ,son titre l'annonce assez clairement pour dispenser de tous prolgomnes4 ,cela dit1 nous entrons en matire4 ,l',,tiquette ,il y a deux sortes d'tiquette3 l'tiquette de cour et l'tiquette des salons4 ,l'tiquette des salons1 est1 proprement parler1 le cachet1 l'estampille qui distingue la bonne compagnie4 ,c'est l'ensemble des obligations1 des biensances1 qu'elle a cru devoir s'imposer dans les relations sociales1 afin de les rendre plus agrables4 ,l'tiquette prside tous les salons3 svre1 rigoureuse dans quelques-uns1 mitige dans d'autres2 c'est l'homme du monde qui les frquente1 consulter ce thermomtre et rgler ses allures en consquence4 ,quant l'tiquette de cour1 elle a disparu avec la monarchie2 elle n'est plus qu'une tradition1 qu'un souvenir des temps passs4 ,mais comme ce souvenir revient souvent encore sous la plume des ennemis de la royaut1 comme ils se plaisent le charger et le noircir1 il est bon de lui restituer ses vritables couleurs4 ,c'est pourquoi1 si vous le voulez bien1 nous allons nous rendre ,versailles et pntrer un instant dans les grands et petits appartements4 ,,une ,,journ,e ,,de ,,louis ,,xiv ,nous sommes dans une grande chambre carre1 tendue de soie et d'or1 devant un lit resplendissant de velours3 c'est la chambre du roi4 ,bontemps1 premier valet de chambre1 qui a pass la nuit1 couch sur un lit de camp1 auprs de ,sa ,majest1 est all s'habiller dans l'antichambre4 ,il rentre et attend en silence que la pendule ait marqu sept heures1 selon la consigne qu'il a reue4 ,alors il s'approche du lit1 tire les rideaux en disant3 ,sire1 l'horloge a sonn4 ,et il s'en va aussitt annoncer le rveil du roi4 ,c'est le petit lever2 ou1 suivant l'expression des courtisans3 ,il fait petit jour chez le roi4 ,la porte s'ouvre deux battants pour livrer passage au ,dauphin et ses enfants1 ,monsieur1 et au duc de ,chartres1 qui viennent souhaiter le bonjour ,sa ,majest et s'enqurir de sa sant4 ,le duc du ,maine1 le comte de ,toulouse1 le duc de ,beauvilliers1 premier gentilhomme de la chambre1 le duc de la ,rochefoucauld1 grand-matre de la garde-robe1 entrent1 suivis du premier valet de la garde-robe et d'autres officiers1 qui tiennent les habits du roi4 ,le premier mdecin et le premier chirurgien sont prsents3 ils assistent toujours au lever ainsi qu'au coucher4 ,bontemps prend une soucoupe de vermeil et verse de l'eau spiritueuse sur les mains du roi4 ,le duc de ,beauvilliers prsente le bnitier1 et ,sa ,majest1 aprs une courte prire1 quitte son lit4 ,le duc lui aide passer une somptueuse robe de chambre2 ,m4 de ,saint-,quentin tale plusieurs perruques aux yeux du roi1 qui en choisit une et l'ajuste lui-mme4 ,bontemps lui passe ses chaussons1 ses bas1 et le duc de ,beauvilliers offre de nouveau le bnitier4 ,le roi sort de la balustrade qui entoure le lit1 et va s'asseoir dans un fauteuil4 ,il donne l'ordre de la premire entre1 ordre que le duc rpte haute voix4 ,immdiatement un page introduit ceux qui1 par leur charge ou par une faveur toute spciale1 sont admis au petit lever4 ,en tte figurent les quatre secrtaires3 le marchal de ,villeroy1 le comte de ,grammont1 le marquis de ,dangeau et ,m4 de ,beringhem2 puis viennent ,colin et ,baurepas1 lecteurs de la chambre2 le baron de ,breteuil et quelques officiers de la garde-robe1 dont ce n'est pas le jour de service2 enfin les gardes de la vaisselle d'or et d'argent4 ,voici l'heure de la barbe4 ,bontemps tient la glace1 ,charles de ,guignes le bassin2 ,saint-,quentin ajuste la serviette et procde l'opration4 ,il lave ensuite le visage du roi1 d'abord avec une ponge trempe dans de l'eau de senteur1 puis avec de l'eau pure3 le roi s'essuie4 ,pendant que le marquis de la ,salle et le marquis de ,louvois1 tous deux matres de la garde-robe1 s'occupent de complter la toilette1 le roi ordonne les grandes entres1 autrement dit le grand lever4 ,on sait combien cet honneur tait ambitionn et recherch des gens de cour4 ,a mesure qu'un personnage se prsentait dans l'antichambre1 un des huissiers1 le sieur de ,rass1 aprs avoir pris son nom1 le transmettait voix basse au duc de ,beauvilliers1 qui le rptait au roi4 ,si ,sa ,majest ne faisait aucune objection1 l'introduction avait lieu4 ,ainsi dfilrent successivement marchaux de ,france1 cardinaux et vques1 gouverneurs de province1 prsidents de parlements1 etc41 etc4 ,tout coup l'on entendit frapper discrtement un petit coup1 suivi d'un second4 ,le duc de ,beauvilliers s'tait peine dtourn pour recevoir le nom du nouveau venu1 que la porte s'ouvrait toute large comme pour un prince du sang4 ,alors1 la stupfaction gnrale1 l'on vit entrer tout de go1 sans tre le moins du monde annoncs3--,racine d'abord1 puis ,boileau1 puis ,molire1 puis enfin l'architecte ,jules ,mansard4 ,c'tait une surprise mnage par ,louis ,,xiv tous ces grands seigneurs1 si fiers d'tre admis en sa prsence4 ,il voulait leur faire comprendre que le gnie doit marcher de pair avec la naissance et les plus hautes dignits4 99 99 99 99 99 ,cependant le roi se trouvait engag dans les grands apprts de sa toilette4 ,il mit ses bas et agraffa ses jarretires de diamants4 ,un officier lui passa le haut-de-chausses2 un autre mit les souliers4 ,puis deux pages1 magnifiquement vtus1 enlevrent les habits que ,sa ,majest venait de quitter4 ,le djeuner est prt4 ,louis ,,xiv ordonne ,racine de s'asseoir sa table4 ,deux officiers du gobelet apportent le service4 ,le ,dauphin te son chapeau et ses gants1 les remet au premier gentilhomme de la chambre1 et donne la serviette au roi4 ,alors1 sur un signe1 l'cuyer tranchant dcoupe les viandes dont un gentilhomme fait l'essai1 avant d'en servir au roi4 ,quand ,sa ,majest manifeste le dsir de boire1 l'officier de l'chansonnerie crie aussitt3 ,a boire au roi6 ,et il s'en va prendre au buffet deux carafes de cristal contenant1 l'une du vin1 l'autre de l'eau1 et gote ce double breuvage4 ,le duc de ,beauvilliers prsente ,sa ,majest une coupe de vermeil dans laquelle elle verse sa guise de l'eau et du vin4 ,et1 aprs avoir bu1 elle reoit des mains du ,dauphin une nouvelle serviette pour essuyer ses lvres4 ,le djeuner fini1 le roi1 l'aide du marquis de la ,salle et de ,bontemps1 quitte sa robe de chambre et sa veste de nuit4 ,il remet sa bourse ,bontemps1 qui la transmet ,franois de ,belloc1 pour tre renferme dans une bote1 dont celui-ci a la garde spciale4 ,arrivons maintenant la crmonie de la chemise4 ,l'honneur de la servir appartient de droit un fils de ,france ou1 en son absence1 un prince du sang4 ,c'est donc le ,dauphin qui va remplir encore cette fonction4 ,le duc de la ,rochefoucauld aide au roi mettre sa soubreveste2 puis on apporte la veste1 l'pe et le ruban bleu1 avec les croix du ,saint-,esprit et de ,saint-,louis4 ,le duc agraffe l'pe1 le marquis de la ,salle soutient l'habit que ,sa ,majest endosse1 et lui passe une riche cravate de dentelle qu',elle attache elle-mme4 ,enfin le sieur de ,saint-,michel lui prsente sur une salve ou plateau d'argent1 trois mouchoirs bords de points1 dont ,elle prend un ou deux4 ,le roi repasse alors derrire la balustrade1 s'agenouille et dit une prire4 ,les cardinaux et les vques prsents l'accompagnent voix basse4 ,on jette une courte-pointe sur le lit1 et l'on tire le rideau en avant et au pied4 ,maintenant ,louis ,,xiv est prt recevoir ceux des ambassadeurs qui en ont fait la demande4 ,il se place sur un fauteuil1 ayant ses cts les princes du sang1 et prs de lui le duc de ,beauvilliers1 le duc de la ,rochefoucauld1 et le marquis de la ,salle4 ,ensuite il ordonne qu'on introduise l'ambassadeur d',espagne4 ,l'ambassadeur1 son entre1 fait un profond salut2 aprs quelques pas1 un second salut aussi respectueux2 et1 une fois arriv devant ,sa ,majest1 un troisime pareil aux deux autres4 ,louis ,,xiv se lve1 se dcouvre et salue2 puis il remet son chapeau et se rassied4 ,cependant l'ambassadeur1 qui a commenc sa harangue1 se couvre son tour1 et les princes du sang font de mme4 ,l'audience termine1 l'ambassadeur se retira reculons1 en s'inclinant profondment trois reprises diffrentes4 ,un lieutenant gnral1 commandant une des provinces du royaume1 fut ensuite introduit pour prter le serment d'office4 ,ayant remis son pe1 son chapeau et ses gants un officier de la chambre1 il s'agenouilla et1 les mains places dans celles du roi1 lui jura obissance et fidlit4 ,ce fut la fin de la crmonie des grandes entres4 99 99 99 99 99 ,louis ,,xiv s'tait lev en prononant haute voix ces mots3 ,au ,conseil6 ,il se dirigea aussitt vers son cabinet o l'attendaient plusieurs officiers de service1 et leur donna ses ordres pour le jour4 ,il dit l'vque d',orlans1 premier aumnier1 qu'il entendrait la messe midi1 au lieu de dix heures et demie1 comme il en avait eu l'intention2 au marquis de ,sivry1 son premier matre d'htel1 qu'il dnerait dans son appartement particulier1 et souperait au ,grand ,couvert2 ,bontemps1 qui lui prsentait sa montre et son reliquaire1 qu'il visiterait le jeu de paume2 l'officier de la garde-robe1 qu'il ferait un tour de promenade aprs son dner1 et qu'il revtirait son manteau4 ,sa ,majest alla s'asseoir au bout de la table que recouvrait un tapis de velours vert4 ,le ,dauphin1 les ministres et autres grands personnages se rangrent ses cts dans l'ordre hirarchique4 ,la discussion commena1 et ,louis ,,xiv ne laissa passer aucune affaire sans l'avoir mrement examine1 sans avoir expos et motiv son avis4 ,ainsi faisait-il pour toutes les ordonnances qu'il discutait article par article2 jamais il n'a sign une lettre sans se l'tre fait lire4 ,aprs le ,conseil1 il se rendit la chapelle1 et1 en passant1 donna le mot d'ordre aux gendarmes1 aux dragons et aux mousquetaires4 ,pendant la messe les musiciens du ,roi excutrent un motet compos par l'abb ,robert4 ,a une heure1 le marquis de ,sivry1 bton en main1 vint annoncer que le dner tait servi4 ,le roi y fit honneur1 selon son habitude1 car il tait dou d'un robuste apptit4 ,aprs le repas1 ayant reu son manteau des mains du matre de la garde-robe1 il descendit dans la cour de marbre1 au milieu d'une double haie de seigneurs1 rangs de chaque ct de l'escalier1 monta dans son carrosse et se rendit au jeu de paume1 o il s'entretint quelque temps avec les ducs de ,chartres1 de ,bourgogne et du ,maine4 ,de l ,sa ,majest alla faire sa visite ,madame de ,maintenon1 et la trouva en grande conversation avec ,racine et ,boileau4 ,il s'agissait de l'art thtral4 ,racine1 qui possdait son sujet plein fond1 l'assaisonna si bien d'anecdotes piquantes1 que ,louis ,,xiv1 pris au charme1 faillit oublier l'heure du souper4 ,il tait prs de dix heures lorsqu'il sortit pour se rendre au grand ,couvert4 ,a son entre dans le salon1 toutes choses tant disposes1 les plats furent dresss l'instant mme4 ,ayant pris place1 le roi dit au ,dauphin et aux princes de s'aller ranger l'autre extrmit de la table1 o chacun des augustes convives trouva1 debout derrire son sige1 un gentilhomme pour le servir4 ,aprs la rcitation du bndicit par le grand aumnier1 et la prsentation de la serviette par le ,dauphin1 le souper commena4 ,on a vu plus haut le crmonial en usage pour la distribution du manger et du boire4 ,ces formalits ne variaient pas4 ,seulement1 au grand couvert1 le service tait fait par un personnel beaucoup plus nombreux1 et l'on y dployait un luxe1 un apparat des plus imposants4 ,quant aux menus1 ils taient toujours composs de mme4 ,pour le dner3 deux grands potages1 deux moyens potages1 quatre petits potages1 hors-d'uvre2--deux grandes entres1 deux moyennes entres six petites entres1 hors-d'uvre2--deux grands plats de rt1 deux plats de rt1 hors-d'uvre4 ,a souper1 le mme nombre de plats1 mais deux potages en moins4 ,plusieurs morceaux de musique furent excuts pendant le repas auquel assistait un groupe d'hommes de la cour1 de seigneurs1 se tenant debout ou occupant des siges autour de la table4 ,le ,roi se leva et1 aprs les grces dites par l'aumnier1 passa dans le grand salon4 ,l1 il s'entretint familirement avec quelques personnes1 puis salua les dames1 et rejoignit sa famille4 99 99 99 99 99 ,cependant les prparatifs se faisaient pour le coucher4 ,on apportait la collation de nuit2 on mettait tout en ordre1 le fauteuil et la toilette de ,sa ,majest4 ,minuit sonne6 ,le ,roi1 prcd d'un huissier qui ouvre la foule1 entre dans sa chambre3 c'est le grand coucher4 ,il donne son chapeau1 ses gants et sa canne au marquis de la ,salle1 et tandis qu'il dtache le ceinturon de son pe par devant1 la ,salle le dtache par derrire4 ,l'pe est place sur la table de toilette4 ,pendant que l'aumnier rcite voix basse des oraisons1 le ,roi s'agenouille et prie4 ,ensuite1 prcd toujours d'un huissier qui fait faire place1 il s'approche de son fauteuil1 donne sa montre et son reliquaire ,bontemps1 et dsigne le duc de ,chartres pour porter le bougeoir1 ce qui tait1 comme on le sait1 une trs haute faveur4 ,sa ,majest enlve alors son cordon bleu et te son justaucorps4 ,puis s'tant assise1 ,bontemps et ,bachelin dtachent les jarretires2 deux valets dchaussent chacun un soulier1 tirent chacun un bas4 ,un page de la chambre droite1 un page de la chambre gauche1 lui mettent chacun une pantoufle4 ,le ,roi retire son haut-de-chausses qu'un valet de chambre enveloppe dans une toilette de taffetas rouge4 ,le ,dauphin prsente ensuite la chemise de nuit au ,roi1 qui1 aprs avoir endoss sa robe de chambre1 fait une rvrence la compagnie4 ,aussitt l'huissier crie3 ,allons1 ,messieurs1 passez4 ,la foule s'coule4 ,nous voici au petit coucher4 ,il n'est rest que les princes et ceux qui le matin ont assist au petit lever4 ,le ,roi1 assis sur un pliant1 est peign par un valet de chambre4 ,le duc de la ,rochefoucauld lui prsente1 sur un plat d'argent1 un bonnet de nuit avec deux mouchoirs unis2 le duc de ,beauvilliers lui apporte1 entre deux assiettes de vermeil1 une serviette dont un coin est mouill1 et avec laquelle le ,roi se lave et s'essuie le visage4 ,sa ,majest donne ensuite ses ordres pour l'heure du lever4 ,tout le monde se retire4 ,seul1 le mdecin et le chirurgien demeurent quelques instants4 ,aprs leur sortie1 le ,roi se couche1 ,bontemps tire les rideaux1 visite les portes et se jette sur le lit prpar pour lui dans la mme chambre4 ,silence profond jusqu'au lendemain4 99 99 99 99 99 ,voil ce qui a soulev si fort la colre des beaux-esprits de l'cole librale1 ce qui a excit outre mesure leur verve sarcastique4 ,ils n'ont vu ou voulu voir qu'une mascarade1 l1 o se rvle bien clairement une ide politique profonde1 un instrument de rgne puissant4 ,en effet1 c'est grce l'tiquette1 cette vaste hirarchie de rangs1 de prsances et de fonctions1 o tout tait rgl comme les heures sur un cadran1 mais o chaque heure1 chaque minute qui s'coulait1 rapportait gros au titulaire1 que ,louis ,,xiv tint en haleine toutes les ambitions1 toutes les convoitises1 qu'il arriva avoir toute sa noblesse dans les mains1 et par sa noblesse1 le royaume1 si bien qu'un jour il a pu dire3 ,l'tat1 c'est moi6 ,naturellement cela ne faisait pas le compte de nos galitaires2 aussi quand ,louis ,courier eut crit3 ,l'tiquette est la muraille de ,chine des ,tuileries et de ,versailles2 elle spare le roi de son peuple1 la chose fut aussitt rpte par les journaux1 colporte dans toute la ,france1 crie sur tous les toits4 ,l'esprit tout fait est si facile faire4 ,en admettant mme que le mot soit spirituel1 toujours est-il qu'il est faux1 compltement faux4 ,l'tiquette n'existait en ralit que pour le crmonial de cour2 elle ne visait que les grands et ne s'appliquait jamais au peuple4 ,un grand seigneur1 un prince du sang1 n'auraient pas t admis adresser la parole au ,roi1 alors qu'il sortait de ses appartements pour se rendre soit la promenade1 soit au conseil des ministres ou ailleurs4 ,mais voici une pauvre vieille femme qui1 un placet la main1 aborde ,louis ,,xiv1 se rendant la chapelle de ,versailles4 --,retirez-vous1 fit brusquement un capitaine des gardes4 ,on ne parle pas au ,roi6 --,vous avez tort1 on parle au ,roi1 reprit ,louis ,,xiv d'un ton svre4 ,cette femme a un placet me prsenter4 ,et la faisant approcher1 il lui prit des mains sa requte1 laquelle il fut rpondu favorablement1 le lendemain mme4 ,voltaire qui rapporte le fait ajoute que ,louis ,,xiv renfermait les ptitions qu'on lui adressait dans une cassette dont lui seul avait la clef4 ,passant seul un matin dans un appartement peu frquent du chteau de ,versailles1 il y vit un ouvrier qui1 mont sur une chelle1 dtachait une magnifique pendule4 ,le parquet cir tait trs glissant et le ,roi1 consultant beaucoup plus les lois de l'quilibre1 que les rgles de l'tiquette1 tint le pied de l'chelle pour l'empcher de tomber4 ,le plus drle de l'aventure1 c'est que le prtendu ouvrier n'tait qu'un hardi voleur1 qui emporta la pendule4 ,le soir1 on raconta l'aventure dans les petits appartements1 et le ,roi en rit tout le premier2 il ordonna mme de ne point poursuivre le coupable4 ,un jour1 le ,dauphin1 fils de ,louis ,,xiv1 tant la chasse1 vit une pauvre femme qui tchait de faire sortir son nesse d'un foss o elle tait tombe4 ,il descendit de cheval et lui aida remettre l'animal sur pied4 ,autre fait3 ,le ,ntre1 charm de ce que ,louis ,,xiv lui disait de bienveillant et de flatteur pour sa cration du jardin des ,tuileries1 chef-d'uvre de grandeur et d'harmonie1 sauta au cou du ,roi et l'embrassa1 ce dont les courtisans se montrrent trs scandaliss4 ,laissez faire1 dit ,louis ,,xiv1 le bon le ,ntre est heureux de me voir content4 ,voil ce qu'tait l'tiquette la cour de ,versailles4 ,aujourd'hui--par ce bienheureux temps de libert1 d'galit et de fraternit1 qui court--nous serions curieux de savoir de quelle faon seraient reus le jardinier de l',elyse ou le jardinier des ,tuileries1 s'ils s'avisaient jamais l'un ou l'autre de sauter au cou de ,m4 le ,prsident de la ,rpublique ou de ,m4 le prfet de la ,seine4 99 99 99 99 99 ,une trs jolie histoire qui nous revient l'occasion de la cassette du ,roi3 ,un jour1 le #ad mars #afgj1 ,louis ,,xiv reut un mmoire sur l'utilit qu'il y aurait convertir l'ancien rempart en un boulevard devant servir de promenade aux ,parisiens4 ,l'auteur de ce ,mmoire1 nomm ,louis ,pasquier1 contrleur au sel1 signalait galement quelques abus administratifs et en sollicitait le redressement4 ,le ,roi que ce rapport avait vivement intress1 crivit en marge du ,mmoire3 ,a renvoyer au prvt des marchands1 ,claude ,le ,peletier4--,l'auteur ferait un excellent chevin6444 ,malheureusement1 ,louis ,pasquier avait eu la fcheuse ide d'adresser une copie de son ,mmoire au lieutenant-gnral de police4 ,le magistrat qui dirigeait alors cette administration1 s'appelait ,gabriel ,nicolas de la ,reynie4 ,c'tait un homme de grand talent1 un administrateur vraiment habile1 mais trs chatouilleux l'endroit de ses prrogatives4 ,la ,reynie examina avec la plus grande attention le document administratif qui lui tait soumis4 ,la lecture acheve1 le lieutenant-gnral de police prit un papier imprim1 dont il remplit les blancs avec rapidit4 ,voici ce que contenait ce papier1 criture et imprim3 ,l'exempt ,sarrazin conduira aujourd'hui1 #ag mars #afgj1 au ,for-l',evque1 le nomm ,louis ,pasquier1 pour avoir insult le gouvernement du ,roy4 ,le pauvre crivain qui traitait dans son ,mmoire des embellissements de ,paris1 n'tait pas un conspirateur bien redoutable4 ,le trne de ,france n'tait pas mis en pril par la franchise spirituelle du contrleur du grenier sel1 dont toute l'intervention dans la politique s'tait borne crire que ,paris pouvait tre plus heureusement clair et mieux assaini4 ,le lieutenant-gnral n'avait pas t de cet avis1 et le contrleur mditait dans sa prison sur le malheur d'avoir dplu ,m4 de la ,reynie1 et l'inconvnient d'avoir mis un peu trop de sel dans un mets administratif que nos magistrats n'assaisonnent gure de cette faon4 ,heureusement1 ,louis ,pasquier avait pour protecteur et parrain le duc de ,gesvres4 ,etonn de l'absence de son filleul1 il en chercha la cause et finit par dcouvrir qu'il tait claquemur au ,for-l',evque4 ,a l'instant le gentilhomme alla conter l'affaire ,louis ,,xiv1 qui fit mander le lieutenant-gnral de police4 --,monsieur1 qu'avez-vous fait1 dit ,sa ,majest1 d'un nomm ,louis ,pasquier8 --,sire1 rpliqua le magistrat1 j'ai fait conduire en prison cet crivailleur1 pour s'tre permis d'insulter le gouvernement de ,votre ,majest4 --,entendons-nous1 monsieur de la ,reynie3 serait-ce pour ce ,mmoire que vous avez emprisonn son auteur8 --,oui1 sire4 --,monsieur le lieutenant-gnral de police1 continua ,louis le ,grand d'un ton svre1 je vous ai choisi pour faire respecter mon gouvernement1 non pour le faire har4 ,le ,mmoire de ,louis ,pasquier est l'uvre d'un fidle sujet1 d'un homme de talent et de cur2 mon devoir sera de rcompenser celui qu'un faux amour-propre vous a fait punir injustement4--,allez bien vite rparer votre faute1 et gardez-vous dsormais de tirer sur les soldats du ,roi444 ,de la ,reynie s'inclina et sortit4 ,le lieutenant-gnral de police se fit conduire dans la rue ,saint-,germain-l',auxerrois1 o s'levait le ,for-l',evque4 --,monsieur ,pasquier1 vous tes libre1 dit le magistrat au prisonnier2 permettez-moi de vous reconduire dans mon carrosse votre domicile4 99 99 99 99 99 ,le #af aot #afga1 le contrleur au grenier sel1 l'crivailleur ,louis ,pasquier1 tait lu l'unanimit1 moins sa voix1 chevin de la bonne ville de ,paris1 en rcompense du ,mmoire qui l'avait fait emprisonner4 ,quelques jours aprs cette nomination1 il y avait fte l',htel de ville4 ,dans le cabinet qui prcde la grande salle des prvts1 deux hommes parlaient voix basse2 l'un tait le lieutenant-gnral de police1 l'autre l'chevin ,louis ,pasquier4 --,monsieur de la ,reynie1 dit l'ancien prisonnier du magistrat1 un chevin vaut un lieutenant-gnral de police1 n'est-ce pas8 --,c'est selon1 matre ,pasquier4 --,j'ai vous rclamer le payement d'une dette4 ,tenez1 reconnaissez-vous ce billet8 --,je ne nie jamais ma signature1 rpliqua le lieutenant-gnral de police4 --,trs bien1 monsieur2 en ce cas1 j'espre que vous viendrez vous acquitter sept heures du matin1 derrire le clos des ,chartreux4 --,j'y serai avec ce qu'il faut pour cela4 --,c'est une galanterie dont je vous tiendrai compte4 ,le lendemain soir1 le lieutenant-gnral de police et l'chevin assistaient au souper du ,roi4 --,mais qu'a donc ,m4 de la ,reynie pour porter chaque instant sa main gauche sur son bras droit8 demanda ,louis ,,xiv au duc de ,gesvres4 --,sire1 peu de chose1 une lgre piqre que lui a faite l'chevin ,pasquier4 --,matre ,louis ,pasquier1 dit le ,roi en s'adressant l'chevin1 allez serrer la main du lieutenant-gnral de police1 celle que vous n'avez pas endommage4 ,rappelez-vous dsormais1 l'un et l'autre1 que je ne vous ai pas fait magistrats pour tirer l'pe1 mais bien et uniquement pour utiliser au profit de la ville de ,paris vos talents et votre prud'hommie4 ,,la ,,politesse ,c'est la cour de ,louis ,,xiv1 dit ,voltaire1 la socit qui s'est forme de son temps que l',europe a d la politesse et l'esprit de sociabilit qu'on y a vus rgner depuis4 ,louis ,,xiv leva1 en effet1 la cour de ,versailles un tel degr de splendeur que l',europe la reconnut dsormais comme l'arbitre du bon got1 des grces et des belles manires1 comme le type1 le prototype des biensances dans le monde4 ,aujourd'hui mme1 aprs deux sicles rvolus1 quand il s'agit de beau langage1 de questions de haute lgance1 d'tiquette de cour1 de crmonial diplomatique1 ,versailles fait encore autorit4 ,nous aurons occasion de lui emprunter plus d'un modle1 plus d'un exemple4 ,la politesse est une faon de s'exprimer ou d'agir qui suppose une culture suivie des qualits de l'me ou l'art de les feindre2 beaucoup de bont et de douceur dans le caractre1 de finesse1 d'esprit1 de dlicatesse1 afin de pouvoir discerner l'instant ce qu'il y a de mieux faire1 dans telle ou telle circonstance4 ,etre affable et prvenant envers tout le monde1 ne montrer ni raideur1 ni obsquiosit avec ses suprieurs1 ni hauteur1 ni familiarit avec ses infrieurs1 constitue une des obligations de la politesse4 ,elle s'impose nous dans la vie prive comme dans la vie publique1 dans les rapports d'intrieur ou de famille1 comme dans ceux du dehors4 ,entre femme et mari1 il existe une politesse qui les unit jusqu' la fin4 ,c'est un change ncessaire1 indispensable1 d'gards et de bons procds4 ,veut-on arriver la somme possible du bonheur domestique8 il faut alors s'astreindre1 de part et d'autre1 aux mmes petits soins qu'avant le mariage4 ,s'il vient s'lever quelque diffrend1 quelque contestation1 que l'on se garde d'en rendre les enfants tmoins3 ce serait leur donner prise1 et compromettre le respect et l'obissance auxquels ils sont tenus4 ,cultivez leur cur et leur esprit2 inspirez-leur le sentiment des vertus morales2 faites marcher de pair l'ducation et l'instruction1 c'est--dire1 joignez aux connaissances scolastiques celle du savoir-vivre1 de l'usage de la bonne compagnie1 et ainsi formerez-vous des sujets qui vous feront honneur dans le monde4 ,,le ,,tutoiement ,c'est une question trs controverse que celle du tutoiement4 ,un mari et une femme1 appartenant au grand monde1 pourront bien se tutoyer dans l'intimit1 mais jamais devant une tierce personne1 et encore moins en public4 ,il est encore beaucoup de familles qui persistent repousser cette circonstance attnuante de l'intimit4 ,autrefois1 dans la classe bourgeoise et mme parmi le peuple1 les enfants ne tutoyaient pas leurs parents1 et certes ils ne les aimaient pas moins pour cela4 ,mais vinrent les ,immortels principes1 qui supprimrent1 avec tant d'autres choses1 cette marque de respect4 ,le vous chappa la guillotine1 mais non pas la proscription4 ,un trait de politesse prsent la ,convention1 porte en toutes lettres3 ,article premier4--,la politesse de la ,rpublique est celle de la nature4 ,article second4--,il n'y a pas de vous dans la ,rpublique2 tous les citoyens sont des tu1 des toi4 ,est-ce assez grotesque8 ,le ,vaudeville n'eut garde de laisser chapper cette occasion de bon rire4 ,nous nous rappelons avoir vu jouer1 sous la ,restauration1 une pice intitule les ,trois ,innocents1 dans laquelle un des personnages1 se jetant aux pieds de sa matresse1 lui disait avec autant d'esprit que de bonheur3 ,je ne connais vos genoux ,que toi de plus joli que vous4 ,les partisans1 les dfenseurs du tutoiement auront beau dire4 ,il est tout au moins choquant d'entendre un jeune homme de vingt ans tutoyer son grand-pre1 vieillard de soixante-dix ou quatre-vingts ans1 ou bien un oncle1 une tante du mme ge4 ,l'on rencontre mme aujourd'hui des gendres qui poussent l'oubli des convenances jusqu' tutoyer leur belle-mre4 ,o s'arrtera le progrs8 99 99 99 99 99 ,la politesse entre amis est surtout ncessaire4 ,l'on se voit tous les jours1 plusieurs fois mme par jour2--raison de plus pour apporter dans ces entrevues une certaine rserve de ton et de manires4 ,le tutoiement conduit une grande familiarit1 laquelle mne son tour des brouilles plus ou moins fcheuses4 ,on fera donc bien de ne se point laisser aller cette privaut de langage qui1 du reste1 n'est pas une preuve probante d'affection1 d'une sincre et solide amiti4 ,mme de ,svign n'a jamais tutoy sa fille1 et ,dieu sait si elle l'aimait6 ,ma fille1 aimez-moi donc toujours1 c'est ma vie1 c'est mon me que votre amiti444 ,je ne puis me reprsenter d'amiti au del de celle que je sens pour vous2 ce sont des terres inconnues444 ,que d'autres personnages clbres1 qui furent lis entre eux d'une troite amiti1 ne pourrait-on pas citer l'appui6 ,et puis notons qu'il y a danger1 et danger srieux notre poque1 de trop se familiariser4 ,ce temps est si fertile en naufrages de toute sorte1 que l'on s'y trouve expos de terribles avaries4 ,votre ami du jour peut tre reconnu1 le lendemain1 pour un homme tout fait indigne d'estime4 ,quelques conseils pour en finir avec les amis4 ,rgle gnrale et sans exception3 ,ne prtez ni n'empruntez jamais d'argent vos amis1 si vous ne voulez pas vous exposer de fcheux mcomptes4 ,conduisez-vous avec votre ami1 dit un sage de l'antiquit1 comme si vous deviez tre un jour ennemis1 et avec votre ennemi1 comme si plus tard vous deviez devenir amis4 ,tout attach qu'il nous paraisse1 le cur d'un ami peut changer4 ,mme de ,maintenon devait en avoir fait la douloureuse preuve1 lorsqu'elle a crit ces mots3 ,on est souvent tromp par des amis de trente ans4 ,,le ,,costume ,,ou ,v,,tement ,le costume6 cette science qui demande tant d'art et de got1 pour arriver une simplicit savante1 cette espce de laisser-aller1 qui n'est point le nglig1 ce rsultat lgant et harmonieux1 qui est presque du gnie444 ,nos pres en avaient bien compris l'importance4 ,ils en avaient fait un tout complet jusque dans ses moindres dtails4 ,rappelez-vous ces somptueux habits de velours ou de soie1 ces vestes de drap d'or et de toile d'argent2 cette cravate d'un tissu si fin1 roule nonchalamment autour du cou1 pour laisser la tte toute sa grce et son balancement naturel2 et ces manchettes en points d',angleterre1 ces jabots en point de ,venise qui cotaient jusqu' mille cus2 et ces chapeaux1 empanachs de plumes1 avec broderies1 galons et diamants2 et la poudre qui faisait la tte si gracieuse1 si odorante2 et ces bas de soie coins brods1 ces souliers talons rouges et boucles d'or2 et ces riches pes1 la garde tincelante1 si artistement travaille4 ,nous avons remplac tout cela par une mesquinerie sans nom4 ,nous avons jet sur nos paules un morceau de drap noir--habit ou redingote--qui nous sert pour le salon et la rue1 le bal et l'enterrement4 ,nos jambes1 nous les insrons dans un double entonnoir1 afin d'en dissimuler les grosseurs ou les indigences4 ,nos bottes et bottines1 bien gentilles1 ma foi6 elles nous font un pied en forme de sole4 ,et le chapeau1 ce fameux tuyau de pole1 qui n'abrite ni du soleil1 ni de la pluie1 qui crase la tte en t1 ne la tient pas chaude en hiver1 ne dirait-on pas qu'il a t invent pour rsoudre un problme d'quilibre sur notre occiput8 ,n'oublions pas la cravate blanche qui1 jointe cet accoutrement1 nous donne l'air d'un croque-mort1 en deuil de quelqu'un ou de quelque chose4 ,quand on pense que toutes ces belles choses-l nous sont venues en ligne directe de la perfide ,albion1 on serait tent de s'crier comme le vieux ,caton3 ,delenda est ,albion6 ,heureusement1 nos femmes se sont gardes de nous suivre dans cette voie du laid et du ridicule4 ,elles crent1 elles inventent tous les jours et toute heure4 ,elles prennent partout1 empruntent tous les sicles et tous les pays4 ,la soie1 le velours1 le satin1 le cachemire1 les dentelles1 les toffes trames d'or et d'argent1 les diamants et les fleurs1 sont par elles mis contribution4 ,il y a de l'imprvu et de la varit dans la toilette des femmes4 ,notre costume1 nous1 est strotyp3 toujours le mme1 part quelques minces changements1--et le mme pour tous6 ,avec lui1 plus de luxe possible4 ,l'habit d'un millionnaire ou d'un descendant des ,croiss ressemble s'y tromper1 l'habit du premier ou du dernier venu4 ,allez trouver le tailleur le plus en renom2 moyennant cent cus1 il vous fournira un habillement complet1 tout pareil celui de ,m4 le baron de ,rothschild ou de ,m4 le prsident de la ,rpublique4 ,or1 quel est le bourgeois1 quel est l'ouvrier1 qui1 pour cette modique somme1 ne voudra pas se donner la satisfaction d'tre mis comme un archimillionnaire1 ou comme le chef de l'tat8 ,oui1 avec de l'argent1 on peut se passer ce petit luxe de vanit1 et mieux encore1 se livrer aux fantaisies les plus somptueuses4 ,mais ce que l'on ne saurait se procurer contre cus1 c'est l'lgance et le savoir-vivre4 ,aussi conseillerons-nous aux parvenus de la fortune1 ainsi qu'aux parvenus des rvolutions1 de refaire de fond en comble leur ducation4 ,ils apprendront1 avec le temps1 se familiariser avec cette grande existence qui est venue les surprendre tout coup2 ils arriveront1 la longue1 faonner leur nature commune aux dlicatesses et aux belles manires1 qui sont chez ceux qui les possdent le rsultat des traditions de famille4 ,,types ,,de ,l',l,,gance ,,parisienne ,de tout temps1 en ,france1 un nom plus ou moins fantaisiste a servi dsigner ceux que l'lgance relle ou la prtention au succs en ce genre1 mettaient particulirement en relief4 ,on compte une trs longue succession de ces types4 ,les raffins1 les mignons1 les muguets1 sous ,charles ,,ix et ,henri ,,iii2 les beaux fils1 sous la ,fronde2 les menins1 sous ,louis ,,xiv2 les rous1 pendant la ,rgence2 les hommes bonnes fortunes1 sous ,louis ,,xv et ,louis ,,xvi2 les incroyables1 les merveilleux du ,directoire2 les fashionables1 et les dandys de la ,restauration2 sous ,louis-,philippe1 les lions et les tigres dont nous allons nous occuper4 ,puis vinrent1 aprs la rvolution de ,fvrier1 les daims1 les gandins1 puis les cocods1 puis enfin les gommeux1 qui forment aujourd'hui la dynastie rgnante4 ,cette dynastie se partage en deux branches2 branche ane--,haute gomme2 branche cadette1--gomme4 ,jusqu' prsent1 elles n'ont produit aucune clbrit marquante4 ,nous ne nous y arrterons donc pas plus longtemps1 et nous passerons aux lions et tigres civiliss4 ,,lions ,,et ,,tigres ,,civilis,s ,le mot lion1 venu du monde anglais1 indique un personnage sorti de la ligne ordinaire par ses aventures1 ses excentricits1 sa beaut1 ou simplement par un faste bizarre et hardiment exceptionnel4 ,le tigre se distingue par un luxe effrn1 par sa mise1 par son langage1 et des manires qui ne sont qu' lui4 ,c'est un fantaisiste de haute vole1 qui se met au-dessus de toutes les convenances sociales4 ,bien que l'aristocratie anglaise ait t fconde en tigres1 le roi ,georges ,,iv et ,brumell1 surnomm le roi de ,bath1 sont encore cits comme les spcimens les plus remarquables de l'espce4 ,ils luttaient entre eux d'excentricits les plus extravagantes4 ,le roi s'avisait-il de porter un pantalon de daim tellement collant1 qu'il fallait deux domestiques pour le prcipiter dans ce double entonnoir1 o il ne pntrait que par la force d'impulsion3 ,brumell se faisait coudre le sien 7son pantalon7 sur place4 ,si le tigre royal ornait son parc de temples et de mosques1 le tigre domestique mettait le feu son chteau pour en chasser les rats4 ,l'un dpensait des milliers de livres sterling pour entretenir des poissons dans un ruisseau bourbeux2 l'autre1 pour pcher plus commodment les siens1 lchait les cluses de ses tangs et inondait dix lieues de pays4 ,le roi d',angleterre attachait des fausses queues ses chevaux2 le roi de ,bath coupait les oreilles aux siens4 ,georges ,,iv s'habillait en chef cossais2 le beau ,brumell arriva ne pas s'habiller du tout1 et se promena un jour dans ce costume adamique ,saint-,james-,park4 ,cette excentricit fut la dernire4 ,a quelques jours de l1 dans une orgie1 le tigre domestique osa dire au tigre royal3 ,georges1 sonnez pour avoir ma voiture6 ,soit que le tigre royal et pris1 ce soir-l1 plus que sa pture habituelle1 soit par toute autre raison1 il accueillit fort mal cette innocente familiarit1 lui qui en avait tolr d'autres que l'on n'oserait raconter4 ,sa ,majest fline rompit avec son ami2 et quand il devint officiel que le brillant ,brumell n'tait plus l'heureux mule du roi1 la faveur publique l'abandonna4 ,a cette funeste nouvelle1 ses cranciers le menacrent de faire saisir ses revenus4 ,devant un commencement d'excution1 il s'enfuit ,boulogne-sur-mer1 mettant ainsi la ,manche entre lui et les poursuites de cette sotte espce d'individus1 qui s'imaginent que les dettes sont faites pour tre payes6 ,c'est l que s'est teint le vieux beau1 cet astre de la fashion britannique1 entour encore son coucher des admirations de la foule3 ,le tigre s'tait fait lion4 99 99 99 99 99 ,aprs la mort de ,brumell et celle de ,georges ,,iv1 le trne de la mode demeura vide4 ,ce fut lord ,byron qui s'en empara4 ,le dandysme anglais conserve encore ses belles traditions de luxe1 et le cite comme l'un des plus grands novateurs1 l'un des puissants gnies en matire de got et d'lgance4 ,de #ahcj #ahde1 trois ou quatre tigres se disputrent le sceptre1 parmi lesquels ,m4 ,haine tint le premier rang4 ,jeunesse1 beaut1 fortune1 il avait tout pour lui4 ,les journaux n'taient occups que de son luxe et de ses prodigalits2 on parlait de sa toilette en palissandre qu'il paya quarante mille francs4 ,il a longtemps brill ,paris1 o nous le vmes porter un habit vert-pomme1 au printemps de #ahbe1 et un habit feuille-morte1 pendant l'automne de la mme anne4 ,il fut remplac par ,m4 ,bayly1 que la trop grande splendeur de son luxe rejeta bientt sur le continent4 ,quand vint le dernier jour de cette magnifique excentricit1 lorsque les membres du jury furent appels prononcer sur les droits des parfumeurs1 des tailleurs1 etc41 etc41 dont il avait us et abus pendant son rgne1 des mystres incroyables se rvlrent3 un seul tailleur 7et il en occupait six7 produisit un compte d'une anne sur lequel figuraient quatre-vingt-quatre habits1--cent vingt-six pantalons1--trois cent cinquante-deux gilets blancs1--trois cent seize idem de fantaisie1--et deux mille trois cent cinquante cravates4 ,mais le tigre par excellence1 celui auquel toutes les cours de l',europe ont accord des lettres de naturalisation1 fut assurment le comte d',orsay1 notre compatriote4 ,d'un consentement unanime1 on l'a proclam le plus parfait modle de l'espce4 ,il n'appartenait aucune cole2 ses crations1 ses inventions fantastiques1 droutaient ses mules aussi bien que ses imitateurs2 quoi qu'ils fissent1 il tait toujours en avance sur eux4 ,surpris un jour par un violent orage1 il n'eut d'autre ressource pour s'en prserver un peu1 que d'emprunter une lourde capote un invalide de la marine4 ,il sut si bien assouplir ses mouvements ce drap grossier et rebelle1 et lui imprimer le cachet de sa propre distinction1 qu'il en fit un vtement la mode4 ,le vritable lgant procde de lui-mme1 il n'attend pas les inspirations de son tailleur4 99 99 99 99 99 ,la vie du tigre est impossible en ,france4 ,indpendamment de la fortune fabuleuse qu'en fin de compte il faut se rsoudre y engloutir1 elle a des exigences de mouvement et de plaisir1 des obligations forces1 qui ne permettent pas de distraire la moindre parcelle de son temps pour se livrer d'autres occupations1 d'autres proccupations que les siennes2 on lui appartient corps et me1 on s'absorbe1 on s'identifie compltement en elle4 ,confessons donc en toute humilit que le tigre pur sang n'existe pas en ,france4 ,contentons-nous des varits ou sous-varits de l'espce1 et des lions que l'on y a vus fleurir1 depuis les dernires annes du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,en voici une esquisse assez complte3 ,nous avons eu ,david en costume romain1 ,garat avec ses cravates monstres1 ses gilets microscopiques et ses bottes jaunes4 ,peut-tre aurions-nous eu notre tigre royal1 dans la personne de ,murat1 si ,napolon n'et rprim ses gots de parure somptueuse et thtrale4 ,allez mettre votre habit de marchal de ,france1 lui dit-il1 le jour de l'entrevue des deux empereurs sur le ,nimen2 vous ressemblez ,franconi4 ,murat s'tait prsent1 ruisselant d'or sur toutes les coutures1 le chef surmont d'une toque1 avec force plumes clatantes et une grosse perle par devant4 ,chodruc-,duclos1 dans sa jeunesse1 fut un instant assez bon tigre2 mais son rgne fut court4 ,il passa bientt aux lions et conserva ce titre jusqu' sa mort4 ,balzac essaya de se classer parmi les tigres1 l'aide de sa fameuse canne et d'un habit bleu boutons d'or4 ,il eut voiture et groom2 il donna des djeuners fabuleux1 endossa trente gilets diffrents en un mois444 ,tout cela en pure perte6 ,,la ,,loge ,,des ,,lions ,cette loge1 qui a fait tant de bruit1 s'est d'abord appele la loge des mauvais sujets4 ,les dames en particulier ne la dsignaient pas autrement1 ce qui ne les empchait pas de lorgner avec beaucoup d'attention tous ceux qui s'y montraient4 ,or ces jeunes gens1 au nombre de huit1 ne mritaient pas cette qualification1 bien qu'ils affectassent des airs tout fait rgence4 ,venus parfois au thtre1 aprs une orgie de limonade ou d'eau sucre1 ils interrompaient la reprsentation par leurs rires ou leurs conversations haute voix2 mais le public se montrait si mal dispos leur gard qu'ils durent changer de rle4 ,c'est alors qu'ils affichrent la prtention de remplacer le ,coin du roi et le ,coin de la reine2 qu'ils se posrent en juges et arbitres du bon got4 ,c'est de ce moment l aussi1 que les figurantes du corps de ballet leur donnrent ce nom de lions qui leur est rest4 ,ils arrivaient pimpants et frais1 tirs quatre pingles1 les cheveux artistement boucls1 la fleur la boutonnire1 talant avec affectation leurs gants sur le devant de la loge1 gants glacs1 jaune serin1 jaune citron1 jaune jonquille2 jaune patte-de-canard pour les petits jours4 ,parmi eux figurait un journaliste du petit format1 ,lautour-,mezeray4 ,nous le signalons en toutes lettres1 car ce fut un bien grand coupable4 ,c'est lui qui mit la mode ces pantalons d'une longueur et d'une ampleur si disgracieuses4 ,il est mort prfet d',alger1 sous l',empire4 ,dieu veuille avoir son me444 et ses pantalons6 ,le comte ,gilbert des ,voisins tait un des habitus les plus assidus de la loge4 ,gentilhomme parfait et de haute lgance1 don ,juan aussi heureux que prodigue1 il savait rpandre l'or avec une dlicatesse exquise4 ,un jour1 ou plutt un soir1 qu'il offrait un bal ses amis et aux premiers sujets du chant et de la danse1 au foyer de l',opra1 il fit circuler sur des plateaux1 en guise de glaces1 de boissons chaudes ou froides1 de gteaux et de bonbons1 tout un assortiment de riches bijoux3 broches1 boucles d'oreille1 bagues1 bracelets2 il y en avait pour quarante mille francs6 ,vous pensez quel bruit cela dut faire2 le lendemain1 il n'tait question que de cela dans ,paris4 ,une autre fois1 il assistait une soire chez un honnte bourgeois du ,marais4 ,dans ce monde1 les choses ne se pratiquent pas prcisment comme au faubourg ,saint-,germain4 ,quand l'heure de se retirer est venue1 on n'entend pas crier3--,les gens de monsieur le comte6--les gens de madame la duchesse6 ,de grands valets de pied ne se prsentent pas1 tenant sur leur bras la sortie de bal qu'on pose sur les paules1 en attendant que la voiture soit avance4 ,non6 tout se fait beaucoup plus simplement4 ,la bonne de la maison apporte les chapeaux1 les chles1 les socques ou mme les chaussons1 que l'on a dposs au vestiaire1 et chacun reprend son bien1 s'il le trouve2 on se couvre1 on s'emmitouffle de son mieux1 pendant que le matre ou la matresse de la maison vous recommande1--suprme attention de son hospitalit6--de prendre garde au chaud et froid4 ,les trois quarts des invits s'en vont pied1 surtout si le temps est beau4 ,par les temps douteux1 il y a des files de parapluies en guise de files de voitures4 ,les plus hupps s'en retournent en fiacre4 ,cette simplicit n'empche pas la grce et la sduction de s'panouir en ces modestes logis1 tout aussi bien que dans les salons les plus distingus4 ,la beaut a des duchesses dans tous les quartiers et tous les tages4 ,c'est sans doute en vertu de ce principe galitaire que le comte ,gilbert des ,voisins se trouvait dans l'antichambre de cette maison bourgeoise1 o il avait t pri un concert d'amateurs4 ,il venait d'offrir son bras une jeune et jolie femme qui ne pouvait retrouver son chle4 ,le mari s'impatientait et la tanait de belle sorte3 ,c'tait toujours la mme chose6444 ,elle ne savait jamais o elle mettait ses affaires444 son tourderie serait cause qu'il faudrait payer une heure de fiacre1 quand une simple course aurait pu suffire444 ,et patati et patata444 ,la pauvre dame au chle1 ou plutt sans chle1 souffrait pniblement de ces reproches de mauvaise humeur1 faits en prsence du cavalier accompli qui l'honorait de ses soins1 et le trouble o la jetait son mari paralysait d'autant ses recherches4 ,on y voyait d'ailleurs fort mal4 ,dans ces runions la bonne franquette1 le salon n'est pas clair a giorno et l'antichambre ne possde souvent qu'un quinquet fumeux4 ,madame n'y voit pas bien1 dit le comte ,gilbert1 au moment o le mari sans vergogne dplorait les quelques sous de dpense en plus que sa femme allait lui occasionner4 ,l-dessus1 sortant de son portefeuille un billet de cinq cents francs1 le gentilhomme le roula entre ses doigts2 puis1 l'ayant allum1 il claira1 de cette torche en miniature1 la dame qui retrouva son chle4 ,cette allumette de vingt-cinq louis1 brle son intention1 blouit la candide bourgeoise4 ,elle se sentit superbement venge de l'humeur parcimonieuse de son mari2 aussi1 en descendant l'escalier1 la main qui avait tenu l'allumette fut-elle rcompense par la pression reconnaissante et mue d'une petite main qui tremblait4 99 99 99 99 99 ,la loge des lions s'ouvrait rarement pour des dames4 ,or il advint qu'un jour1--c'tait un mardi gras1--elle se trouva exclusivement occupe par des femmes4 ,qu'taient devenus ses htes habituels8 o diable avaient-ils pass8 ,mystre et chuchotement gnral4 ,cependant la reprsentation de ,gustave ,,iii n'en poursuivait pas moins son cours4 ,tout coup1 au cinquime acte1 voil qu'apparaissent huit ours se tenant gravement par la main1 ou plutt par la patte4 ,ils s'avancent vers la rampe et saluent le public2 puis1 se mlant au groupe des danseurs1 ils prennent part assez gauchement au galop gnral4 ,de temps autre on voyait un d'eux lever brusquement la patte de derrire2 cette patte1 qui n'tait pas toujours lance en mesure1 avait subi le contact un peu rude d'un pied de figurant4 ,la plaisanterie n'et pas t complte si le public n'avait pas su qui il avait affaire4 ,voici donc que nos ours se runissent en troupe1 prennent leur tte sous le bras1 et1 tirant de leur manche un norme ventail1 se mettent en jouer avec toute la dsinvolture d'une marquise de l'ancien rgime3 ,les lions s'taient faits ours6 ,jamais acteurs ne furent accueillis par de plus vifs applaudissements4 99 99 99 99 99 ,revenons aux tigres4 ,l'espce la plus vivace dans le genre1 c'est encore celle des auteurs et des artistes2 mais bien qu'elle runisse les physionomies les plus tranches1 les penchants les plus bizarres1 les barbes les plus splendides1 elle n'offre aucun type complet4 ,on peut citer feu ,pradier1 le sculpteur1 que tout ,paris a pu voir en pantalon de tricot blanc1 et en habit de velours bleu de ciel1 ou vert cladon1 pcher des goujons sur les bateaux amarrs le long du quai ,voltaire4 ,eugne ,sue ne soutint ses prtentions au titre de tigre qu' l'aide de nombreuses chanes d'or et de boutons plus nombreux encore1 gars dans les volutes d'une chemise fantastique4 ,il ressemblait un ,mondor de l'ancien rpertoire4 ,parlerons-nous maintenant de ceux qui essayrent de se singulariser par un dguisement perptuel8 ,horace ,vernet1 qui s'efforait de ressembler un vieux de la vieille2 ,duret1 un ,arabe1 etc41 etc4 ,ces nuances-l chappent la foule1 qui a besoin d'tre frappe profondment par une faon d'tre et d'agir tout fait exceptionnelle1 par des procds qui s'adressent son imagination1 la soulvent d'tonnement1 la sduisent et l'entranent d'admiration4 ,ce n'est qu' ce prix qu'on peut se hisser la hauteur du tigre britannique4 ,,du ,,salut ,,et ,,de ,,son ,,importance ,le salut a une haute importance dans les relations sociales2 c'est la pierre de touche qui sert reconnatre l'homme de bon ton1 de l'homme sans ducation4 ,le salut se rgle d'aprs l'ge1 la condition et le sexe des personnes auxquelles il s'adresse4 ,dans la rue1 sur les boulevards ou toute autre promenade1 saluez le premier les gens de votre connaissance1 et n'allez pas calculer la valeur de votre salut4 ,laissez au faquin1 l'enrichi1 au nouveau venu1 toutes ces distinctions1 ces faons de s'y prendre1 qui sont d'un homme mal lev4 ,avez-vous t prvenu dans cet acte de politesse8 rpondez-y avec empressement1 quand bien mme il manerait d'une personne inconnue1 que vous ne vous rappelez pas avoir rencontre dans le monde4 ,le prince de ,cond avait pour principe que l'on doit toujours rendre politesse pour politesse4 ,comme il entrait dans ,avignon et qu'il traversait ce beau pont dont la ville est si fire qu'elle en a fait une chanson3 ,sur le pont d',avignon ,l'on y danse tout en rond444 le prince reut de belles rvrences de quelques demoiselles qui le regardaient passer1 et y rpondit par un salut plein de courtoisie4 ,un de ses compagnons lui ayant dit3 --,il me semble1 ,monseigneur1 que vous saluez l des femmes bien lgres6444 --,monsieur1 rpondit le prince1 un salut en vaut un autre1 et de la sorte je ne suis pas expos ne pas saluer les honntes femmes4 ,c'tait bien dire4 ,et en ceci il suivait l'exemple du roi ,louis ,,xiv qui ne passa jamais devant une femme1--ft-elle de la domesticit du chteau1 sans se dcouvrir4 ,voil ce qui s'appelle un grand roi6 s'criait ,mme de ,svign1 voulant dire par l un roi bien lev4 ,en fait de royaut1 c'est mme chose4 99 99 99 99 99 ,la question du salut a donn lieu de nombreuses controverses4 ,on s'en est occup au ,jockey-,club1 et voici comment elle fut rsolue d'un commun accord3 ,a qui incombe1 disait-on1 l'initiative du salut lorsque deux hommes1 accompagns chacun d'une dame1 se rencontrent sur les degrs d'un escalier8 ,c'est videmment celui des deux qui tient passer pour le mieux lev4 ,c'est de ce principe1 l'poque o nous sommes1 qu'il faut ncessairement s'inspirer dans les relations du monde4 ,il n'existe plus de hirarchie sociale que dans les corps constitus2 il ne peut donc rsulter pour personne1 en dehors des fonctions officielles1 l'obligation de saluer le premier4 ,l'initiative du salut rsulte du dsir de manifester tout la fois le respect d'autrui et l'oubli de soi4 ,autrefois il tait de rgle que l'homme d'un rang modeste salut le premier celui qui appartenait une classe suprieure2 aujourd'hui aucune prminence n'est impose par l'organisation sociale4 ,il n'y a plus que la supriorit individuelle qui tablisse une diffrence4 ,mais comment la dterminer1 par exemple1 entre un avocat1 un mdecin1 un professeur1 un millionnaire honnte1 un manufacturier1 un armateur1 un grand artiste1 un crivain de renom ou un homme de naissance indpendant par caractre et par position8 ,nul n'oserait prononcer1 tous sont galement honorables4 ,le manant d'autrefois tait tenu de se dcouvrir devant son seigneur2 aujourd'hui il n'y a plus de seigneur2 plus on a de valeur1 moins on doit paratre le savoir4 ,saluer le premier1 c'est faire acte de dignit et de modestie2 c'est faire preuve d'une certaine abngation de fiert1 et mme souvent d'orgueil1 ce qui est de bon got4 ,remarquez bien que sur dix personnes qui se posent et attendent qu'on prenne leur gard l'initiative du salut1 neuf cdent des prtentions non justifies1 ou bien ce sont des parvenus1 des enrichis d'hier1 des gens de condition douteuse et qui veulent se donner un air de rang1 une importance qu'ils n'ont pas4 ,jamais cette restriction ne se rencontre chez un homme de race et de grande ducation4 ,il existe des procds de convenance entre gens comme il faut1 que le simple bon sens indique et explique sans avoir besoin d'tudier le crmonial4 ,ainsi1 lorsque deux personnes se croisent dans un escalier1 l'une montant1 l'autre descendant1 celle qui1 aprs avoir pris sa droite1 se trouve du ct de la muraille1 devra se ranger pour laisser passer l'autre1 plus empche1 qui est du ct de la rampe4 ,pour nous rsumer1 disons que1 si deux hommes qui se connaissent et se rencontrent1 le mieux lev sera toujours le plus empress saluer le premier4 ,si un homme rencontre une femme qui est de sa socit habituelle1 il saluera le premier2 s'il n'est pour elle qu'une simple connaissance1 il attendra au contraire1 qu'elle le salue4 ,et maintenant que cette question du salut est vide1 rappelons quelques faits historiques o il a jou un rle considrable4 ,en ,suisse1 le tyran ,gessler fait placer son chapeau sur un poteau portant une inscription qu'ordonne1 sous peine de mort1 tout passant de s'incliner et de se dcouvrir devant cet emblme du pouvoir4 ,guillaume ,tell1 indign1 se rvolte et refuse le salut2 il en appelle aux armes1 renverse le tyran1 et assure ainsi par son courageux refus la libert de l',helvtie4 ,cinq cents ans aprs1 ,rossini1 qui s'est empar du sujet1 lui a d son plus beau chef-d'uvre4 ,il est telle famille1 riche et puissante aujourd'hui dont la fortune a pour origine un coup de chapeau donn par un de ses aeux4 ,un roi d',espagne--son nom nous chappe--tant un jour la chasse avec un de ses courtisans1 fut contraint de se retirer dans une chaumire pour viter la pluie qui tombait torrents4 ,le toit de la chaumire tait en si mauvais tat que l'eau passait travers4 ,touch de la situation dsagrable de son compagnon1 situation laquelle s'ajoutait encore un rhume trs violent1 le roi lui dit3 ,couvrez-vous6 ,le courtisan se couvrit2 et1 au retour de la chasse un dcret royal lui confra le titre de ,grand d',espagne1 afin qu'il ne ft pas dit qu'un sujet de ,sa ,majest catholique et manqu la majest du trne1 avec l'assentiment du roi4 ,l'on sait jusqu' quel point ,louis ,,xiv poussait la politesse du salut4 ,le sort lui devait bien de l'en rcompenser dignement un jour2 c'est ce qui arriva dans les dernires annes de son rgne4 ,les finances taient alors compltement puises1 la ,france ruine et aux abois4 ,dj la noblesse avait d vendre son argenterie1 et le ,roi1 le ,grand ,roi lui-mme1 tait sur le point d'envoyer la sienne la ,monnaie pour subvenir aux frais de sa ,maison4 ,le contrleur-gnral n'ignorait pas la prsence ,paris d'un fameux banquier1 nomm ,samuel ,bernard1 le ,rothschild de ce temps-l1 et qui jouissait d'un crdit illimit en ,europe4 ,lui seul pouvait sauver le ,roi et le royaume2 mais on lui avait si souvent manqu de parole1 qu'il ne voulait plus donner ni fonds1 ni papier4 ,en vain ,desmarets lui reprsentait l'urgence1 l'excs des besoins de l'tat2 en vain essaya-t-il de le toucher au cur avec les grands mots de patrie1 du salut du royaume1 etc4 ,un financier ne connat que les chiffres1 il n'est sensible qu'aux signatures et aux endos de bon aloi3--,samuel demeurait inbranlable4 --,cependant1 disait ,desmarets au roi1 il n'y a que lui1 que lui seul1 qui puisse nous tirer de l2 mais il faudrait peut-tre que ,votre ,majest lui parlt elle-mme4 --,eh bien6 finit par rpondre le ,roi1 invitez-le de ma part venir me trouver ,marly1 je lui parlerai4 ,le lendemain ,samuel tait prsent au ,roi1 la promenade4 ,louis ,,xiv1 du plus loin qu'il le vit1 lui ta son chapeau et lui dit3 --,vous tes bien homme n'avoir jamais vu ,marly444 ,venez1 nous allons le visiter ensemble4 ,le banquier rentr chez lui1 ne pouvait trouver d'expressions capables d'exalter un prince si bon1 si grand1 si affable1 si gnreux1 etc4 ,il courut offrir au contrleur-gnral ses caisses1 ses billets1 son crdit et sa signature sur toutes les banques de l',europe1 ne cessant de rpter tout venant3 ,le grand ,roi6 il m'a t son chapeau66 ,ma vie1 mes trsors1 tous mes biens1 sont lui444 ,il m'a t son chapeau666 ,et la ,france fut sauve par un coup de chapeau4 ,,la ,,poign,e ,,de ,,main ,tandis que le salut s'envoie respectueusement distance1 la poigne de main1 familire de sa nature1 se distribue bout portant--et bout de champ4 ,elle a cela de commun avec le tutoiement1 qu'elle est comme lui un vrai trompe-l'il4 ,elle semble dire3 ,je suis votre ami1 votre ami tout dvou4--,eh bien6 ne vous fiez pas trop cette affirmation2 vous pourriez avoir vous en repentir4 ,autrefois1 dans les relations de la vie1 la poigne de main jouissait d'une juste considration4 ,elle avait la force d'un contrat rput inviolable4 ,l'on se montrait plus fidle un engagement pris de la sorte1 qu' un engagement par crit4 ,molire lui reconnaissait ce pouvoir1 lorsqu'il fait dire ,gros-,ren1 dans le ,dpit amoureux3 ,un hymen qu'on souhaite1 entre gens comme nous1 est chose bientt faite4 ,je te veux1 me veux-tu8 ,,marinette ,avec plaisir6 ,,gros ,,ren1 tendant la main3 ,touche1 il suffit4 ,marinette touche et le mariage est conclu2 et cette treinte l'emportera sur la paille qu'ils veulent rompre et qu'ils ne rompront pas4 ,mais alors la poigne de main n'avait rien de commun avec cette chose banale1 importe en ,france par les ,anglais1 et qui1 par sa prodigalit mme1 a perdu toute valeur4 ,dans un certain monde1 cet usage a envahi jusqu'au beau sexe2 et c'est d'autant plus regretter1 qu'en dehors de sa familiarit de mauvais got1 il se traduit par un geste trs disgracieux4 ,il est tout au plus tolrable chez une femme d'un certain ge4 ,au moins peut-il avoir l'air1 en pareille circonstance1 d'tre une preuve de bienveillance et d'affection vritable4 99 99 99 99 99 ,bonnes et vigilantes mres qui1 dans un bal1 couvrez votre fille bien-aime de votre sauvegarde1 qui suivez avec une attentive sollicitude tous ses mouvements1 veillez bien au contact magntique1 cette treinte de deux mains qui se parlent et se rpondent la muette1 qui1 grce l'agitation de la contredanse1 et surtout l'emportement du galop1 peuvent se dire sans que personne l'entende3 ,je vous aime6--,m'aimez-vous8 ,mres prudentes1 surveillez le langage des mains6 ,,les ,,visites ,les visites sont un des devoirs les plus importants de la socit4 ,il y a deux sortes de visites3 les unes obligatoires1 les autres que l'on rend de son plein gr et ses heures4 ,au nombre des premires il faut ranger3 #a ,les visites de digestion qui ont lieu dans la huitaine1 la suite d'un djeuner ou d'un dner pri4 ,si un motif quelconque vous empchait de remplir ce devoir1 excusez-vous par lettre4 #b ,avez-vous accept une invitation un grand bal ou une grande soire8 vous tes tenu rendre visite1 dans les huit jours1 la personne qui vous a fait cette politesse4 #c ,apprenez-vous qu'un vnement heureux est arriv un de vos amis ou une personne de votre connaissance8 ,visite de flicitation4 ,le plus tt est le mieux4 #d ,les visites de condolance pour tmoigner de la part qu'on prend la mort de quelqu'un1 se font aux amis intimes1 le jour mme de l'enterrement2 pour toute autre personne1 quinze jours au plus4 #e ,les visites de noces doivent tre rendues dans la quinzaine au pre et la mre qui vous ont invit la bndiction nuptiale de leur enfant4 ,vous attendrez la visite des nouveaux maris pour la leur rendre4 #f ,les visites du jour de l'an ont lieu le jour mme1 pour les pre et mre1 oncle et tante1 frre et sur ans2 c'est la veille que l'on va voir les grands parents4 ,inscrivez votre nom chez vos suprieurs1 ou dposez votre carte4 ,on a les huit premiers jours de janvier pour faire sa visite ses amis1 et la quinzaine pour les personnes moins intimes4 ,telles sont les rgles suivre1 si l'on veut conserver de bonnes relations4 ,maintenant est-il ncessaire de dire qu'une toilette soigne1 pour les hommes comme pour les femmes1 est de rigueur8 ,assurez-vous donc bien de celle qui est adopte pour le quart d'heure1 sans quoi vous vous exposeriez vous trouver en faute4 ,l'on est si friand d'innovations en ,france1 que tout y change souvent1 du soir au matin3--,modes et gouvernement4 99 99 99 99 99 ,il est gnralement reu dans la ,socit de ne pas faire de visites avant trois heures1 et aprs six heures4 ,arriver trop tt1 ce serait courir le risque de gner la matresse de la maison dans les apprts de sa toilette2 et trop tard1 de la dranger galement4 ,un peu de rpit est toujours ncessaire avant le dner4 ,en outre1 il est bon de ne pas se donner l'air d'un parasite en qute4 ,rgle gnrale3 ,ne drangeons jamais personne l'heure de son dner1 et encore moins pendant son dner4 ,le marchal de ,thmines en fit l'preuve un jour qu'il tait all rendre visite un surintendant des finances4 ,il fut reu de fort mauvaise grce et peine reconduit4 --,vous m'excuserez1 ,monsieur le marchal1 lui dit le financier1 si je ne vous accompagne pas jusqu' votre carrosse1 mais vous savez1 il est l'heure dnatoire4 --,il est vrai1 ,monsieur1 rpliqua le marchal2 et de plus1 la rue est fort crotatoire4 ,autre preuve3 ,henri ,,ii1 prince de ,cond et pre du grand ,cond1 s'tait rendu la ,fert-,milon pour y affermer une de ses terres1 la terre de ,muret4 ,il tait midi1 quand le prince se prsenta en habit de voyage chez le tabellion de l'endroit1 ,me ,arnould ,cocault4 ,arnould dnait1 et sa femme1 qui tait sortie de table1 se trouvait sur le pas de la porte1 attendant que le garde-notes et fini son repas4 ,le prince demanda matre ,arnould4 --,y daine1 rpondit la chre femme4 --,mais ne pourrait-on pas lui parler8 --,y daine2 et quand ,arnould daine1 on ne l'y parle pas4 ,le prince insiste3 --,je vous dis que non1 encore une fois2 il faut qu',arnould daine2 assisez-vous sur c'banc1 en attendant4 ,le dner termin1 le prince est enfin introduit et dit au tabellion de dresser un bail pour la terre de ,muret4 --,vous tes le fond de pouvoirs8 --,oui4 --,vos nom et prnoms8 --,henri de ,bourbon4 --,henri de ,bourbon6--,vos qualits8 --,prince de ,cond1 premier prince du sang1 seigneur de ,muret4 ,le tabellion1 tout abasourdi1 se jeta aux pieds de ,son ,altesse1 excusant de son mieux sa femme et lui1 de leur ignorance et de leur erreur4 --,il n'y a pas de mal1 s'cria le prince en riant3 ,il faut qu',arnould daine6 ,l'aventure passa de bouche en bouche1 et donna lieu au proverbe qui est encore rest dans le pays4 ,quand on est forc d'attendre1 on se dit en manire de consolation3 ,il faut qu',arnould daine6 99 99 99 99 99 ,revenons notre sujet3 ,vous vous prsentez dans un salon4 ,le matre et la matresse1 ou seulement l'un des deux1 vous reoivent4 ,aprs les salutations d'usage1 vous vous informez de leur sant et de celle de la famille4 ,c'est le prliminaire oblig de toute visite comme de toute rencontre la ville2--formule banale1 si l'on veut1 mais trs commode videmment pour entrer en conversation4 ,si1 au contraire1 lorsque vous arrivez1 plusieurs personnes sont dj runies au salon1 faites une trs lgre inclination de tte1 et allez droit au matre ou la matresse du logis4 ,vous leur adressez un salut particulier1 et vous tournant aussitt vers le demi-cercle form par la compagnie1 vous vous inclinez de nouveau1 mais silencieusement4 ,ne quittez pas votre chapeau moins d'une ncessit absolue1 auquel cas vous le poserez terre ou sur une chaise1--jamais sur un meuble4 ,vous pouvez tre dgant d'une main2 mais ne partez pas sans avoir remis votre gant4 ,lorsqu'aprs un laps de temps convenable1 vous jugez propos de prendre cong1 retirez-vous discrtement et sans attirer l'attention4 ,dans une runion quelconque o la foule est nombreuse1 on peut la rigueur s'clipser4 ,le procd est un peu leste2 mais il est tolr1 grce son estampille britannique4 ,cela s'appelle le ,dpart l',anglaise4 ,a l',anglaise6 mot vritablement magique1 qui comprend tout1 qui explique tout1 qui dispense de tout aujourd'hui4 ,dj1 sous ,louis ,,xv1 le prononait-on4 ,un jour que le ,roi se rendait ,marly1 un jeune seigneur de sa suite trottait la portire1 sur un cheval trs fringant4 ,la bte1 avec ses soubresauts1 lanait de la boue jusque dans l'intrieur de la voiture4 ,alors ,sa ,majest se penchant quelque peu en dehors1 cria l'cuyer4 --,vous me crottez1 ,monsieur6 ,mais notre anglomane1 tout entier sa nouvelle manire de monter cheval1 crut que le roi l'en flicitait et rpondit aussitt3 --,oui1 sire6 ,a l',anglaise6 99 99 99 99 99 ,quand vous vous levez pour prendre cong1 si vous tes seul1 laissez-vous reconduire jusqu' la porte du salon1 mais pas au del4 ,dans le cas o votre hte insisterait1 cdez de bonne grce1 afin de couper court ses faons crmonieuses2 ne vous exposez pas renouveler1--quoique dans des proportions minuscules1--la lutte que soutint le duc de ,coislin4 ,le duc passait juste titre pour le modle le plus complet de l'homme de cour1 sous ,louis ,,xiv4 ,c'est ce point que sa politesse tait devenue proverbiale4 ,il arriva cependant qu'il eut affaire un jour quelqu'un de mme force que lui4 ,un ambassadeur tant venu lui rendre visite1 le duc le voulut reconduire jusqu' la rue4 ,refus et prire de l'ambassadeur4 ,insistance acharne du duc4 ,si bien que l'ambassadeur1 voyant qu'il n'aurait pas le dernier mot1 prit le parti de fermer double tour la porte du vestibule1 et d'empcher ainsi ,m4 de ,coislin d'aller plus loin4 ,jamais renard pris au pige ne fut plus stupfait4 ,comment se sortir de l8 ,le duc s'y perdait1 lorsqu'une ide lui traversa le cerveau4 ,il ouvre la fentre de l'antichambre1 et ne trouvant pas l'espace franchir trop considrable1 il saute dans la rue1 court au carrosse de l'tranger1 et s'y prsente encore assez temps pour le saluer une dernire fois avant qu'il ne soit mont sur le marchepied4 --,eh6 ,monsieur le duc1 c'est donc le diable qui vous a port ici8 --,c'est le respect que je vous dois1 ,monsieur l'ambassadeur1 rpondit ,m4 de ,coislin1 et pas autre chose4 --,mais vous avez dchir vos chausses2 hlas6 vous seriez-vous bless8 --,n'y prenez pas garde1 je vous prie2 il suffit que je vous aie rendu mes devoirs4 ,mais souvenez-vous une autre fois de ne plus vous opposer mes dsirs4 ,m4 de ,coislin s'tait dmis le pouce de la main droite en sautant par la fentre4 ,louis ,,xiv ayant appris la chose1 envoya son chirurgien ,flix4 ,aprs un pansement assez douloureux1 le duc voulut faire honneur au praticien et le reconduire jusqu'aux escaliers4 ,celui-ci s'y refusa naturellement1 et les voil aux prises1 tirant la porte1 l'un par la clef1 l'autre par la serrure4 ,m4 de ,coislin se dmit de nouveau le pouce1 et il fallut procder immdiatement une seconde opration1 plus douloureuse que la premire4 ,l'excs en tout est un dfaut1 comme le dit un vieil adage4 ,,la ,,carte ,,de ,,visite ,cette petite monnaie de convention1 qui sert nous allger dans nos obligations si nombreuses1 ne laisse pas que d'avoir une importance relative trs relle4 ,il faut donc savoir la placer propos4 ,dans les occasions o la carte peut tenir lieu d'une visite personnelle1 on devra la remettre soi-mme1 en la marquant d'une petite corne au coin4 ,immdiatement aprs avoir reu une invitation pour un bal ou une grande soire1 on portera sa carte1 ou on l'enverra par un domestique1 chez la personne qui nous a fait cette gracieuset4 ,ce n'est qu'au nouvel an qu'il est permis d'adresser sa carte par la poste1 sous enveloppe4 ,les uns en mettent autant qu'il y a de personnes dans la famille2 d'autres se contentent d'une seule3 d'autres enfin plient la carte par le milieu1 ce qui veut dire qu'elle est pour toute la famille4 ,a cette poque du renouvellement de l'anne1 il faut envoyer sa carte non seulement ses amis1 mais tous ceux avec qui l'on a entretenu des rapports dont on n'a eu qu' se louer4 ,cela ne vous dispensera pas1 pour la plupart d'entre eux1 de la visite de rigueur2 mais on vous en saura trs bon gr4 ,rappelons-nous toujours que si l'on fait attention aux cartes qu'on reoit1 on fait beaucoup plus encore attention celles qu'on ne reoit pas4 ,bien des gens ont eu se repentir de l'avoir oubli1 et il est de bonne pratique1 en toute circonstance1 d'observer les obligations consacres par l'usage4 ,,la ,,presentation ,encore un usage qui nous vient de l',angleterre1 ,quousque tandem1 etc48 ,on sait que nos aimables voisins ne se parleraient pas de toute une soire1 avant d'avoir t l'un l'autre prsents4 ,plutt mourir1 plutt scher d'ennui sur place1 que de manquer cette crmonie4 ,etonnez-vous aprs cela des ravages du spleen1 du nombre des victimes qu'il fait chaque anne ,londres4 ,ce sont autant de prsentations manques1 autant de prsentations rentres4 ,voici le rite suivi en pareille circonstance3 ,un lgant1 un gommeux--appelez-le comme vous voudrez--arrive1 flanqu d'un sien ami4 ,aprs les salutations d'usage1 il le prsente la matresse de la maison4 --,madame la baronne1 mon ami intime1 monsieur de 9999994 ,la baronne s'incline gracieusement et avec un sourire aimable3 --,monsieur6444 ,nouvelle rvrence respectueuse du rcipiendaire1 qui rpond3 --,madame6444 ,quelquefois1 on allonge ce discours2 on l'agrmente d'une formule banale emprunte la civilit purile et honnte3 --,je suis enchant1 ou je suis trs reconnaissant ,madame1 de l'honneur que vous voulez bien me faire1 etc4 ,elle rpondra3 --,votre nom1 ,monsieur1 ne m'est pas inconnu2 je l'ai souvent entendu prononcer chez madame de 9999991 etc4 ,et tout est dit3 voil qui est fait4 ,il n'en allait pas ainsi autrefois4 ,un gentilhomme se prsentait bien diffremment4 ,tout d'abord il avait envoy un message pour solliciter la faveur d'tre reu4 ,puis1 au jour fix1 il arrivait en habit de gala4 ,aprs une rvrence des plus dcentes et des plus gracieuses1--car l'on apprenait alors la politesse du corps1 des bras et des jambes1 de la tte et des yeux1--il s'approchait de la dame1 lui prenait la main1 qu'il portait respectueusement ses lvres1 puis il lui adressait un compliment des mieux tourns4 ,alors1 c'tait une affaire d'tat que le compliment6 ,chacun s'y escrimait de son mieux1 chacun y voulait raffiner4 ,convenons que les monsieur et madame d'aujourd'hui sont bien plus expditifs et surtout plus faciles dbiter4 ,cela met la prsentation la porte de tout le monde4 ,et1 par ce temps de dmocratie qui dborde1 de trs prochain avnement des nouvelles couches1 la prcaution n'est pas inutile4 ,en attendant1 il faut se conformer aux rgles tablies4 ,si donc1 aprs votre rception1 on vous a invit revenir1 remettez ou faites remettre votre carte1 le lendemain mme1 en ayant soin de la marquer d'une petite corne1 ou de la plier par le milieu4 ,une prsentation qui eut dans le monde un grand succs d'esprit1 est celle du marquis de ,jaucourt ,louis ,,xviii4 ,elle se rattache une aventure tragi-comique1 arrive quelque temps avant la premire rvolution1 et qui caractrise bien la diffrence des murs galantes de l'ancien rgime avec celles de nos jours4 ,le marquis de ,jaucourt tait beau et trs aimable de sa personne1 mais de cette beaut mlancolique et douce qui l'avait fait surnommer la cour ,clair de ,lune4 ,bien venu de la duchesse de ,la ,chtre1 dont il tait le chevalier assidu1 un soir1 une heure assez avance de la nuit1 il dut la quitter par suite du retour inopin du duc4 ,pour ne pas dranger les gens de la duchesse1 le marquis avait appris manuvrer le ressort d'une petite porte situe au bout du parc4 ,mais1 press comme il l'tait de disparatre au plus vite1 il ngligea la prcaution indispensable1 et la porte en se refermant1 saisit et arrta net au passage un de ses doigts4 ,quelque vive que ft la douleur1 elle n'tait rien comparativement au cruel embarras o se trouvait plac le marquis4 ,impossible d'appeler son aide4441 c'et t compromettre la duchesse4 ,que faire alors8 ,m4 de ,jaucourt se posa la question et l'eut bientt rsolue4 ,quand on ne peut pas dnouer le nud1 se dit-il1 il ne reste qu' le trancher4 ,et tirant aussitt son pe1 il se coupa le doigt la jointure demeure prisonnire4 ,grce ce sacrifice1 le marquis croyait bien avoir sauv la situation moralement4 ,mais il avait compt sans le jardinier1 qui1 en faisant sa tourne du matin1 aperut et ramassa ce dbris sanguinolent4 --,mon ,dieu6 s'cria notre homme tout effar1 ,qu'est-ceci8 ,qu'a-t-il bien pu se passer cans8 ,quelque lutte assurment1 entre voleurs et assassins qui n'auront pas pu s'entendre4 ,et tout aussitt il courut1 la pice de conviction en main1 conter la chose au duc de ,la ,chtre4 ,a la vue de ce doigt bien blanc1 ongle ros1 le duc comprit tout de suite que ce n'tait ni sa bourse1 ni sa vie1 qu'on en voulait4 ,mais pour ne point se trahir aux yeux du jardinier1 il abonda dans son sens1 exagra mme sa frayeur1 et1 aprs l'avoir gnreusement rcompens1 il le congdia en lui recommandant le secret le plus absolu4 ,le duc tenait garder pour lui le mot de l'nigme qu'il avait parfaitement devine4 ,la rvolution clata4 ,le duc et la duchesse migrrent1 et convinrent entre eux de divorcer4 ,m4 de ,jaucourt1 qui tait rest leur ami1 pousa la duchesse4 ,puis vint la ,restauration4 ,le marquis ayant sollicit d'tre prsent ,louis ,,xviii1 le hasard voulut que1 le jour mme de la prsentation1 le duc de ,la ,chtre ft de service auprs de ,sa ,majest4 ,c'tait donc lui qu'incombaient les fonctions d'introducteur2 et voici la faon spirituelle dont il s'y prit3 --,sire1 dit-il1 je prsente au roi le mari de ma femme4 ,louis ,,xviii1 malgr son humeur peu joviale1 ne put s'empcher de rire1 et les assistants firent de mme4 ,le mot eut un grand succs et fut rpt le soir1 de bouche en bouche1 au cercle du roi et des princes4 ,c'est que l'esprit tait tenu alors en grande estime1 la cour aussi bien que dans la haute socit4 ,,les ,,salons ,,jadis ,,et ,,aujourd',,hui ,de l'esprit1 il y en a toujours beaucoup en ,france2 mais il est dispers1 abandonn lui-mme2 il se dpense en petite monnaie4 ,ce qui lui manque1 ce sont ces centres de runion1 ces foyers d'autrefois1 o il venait se former1 se polir au contact de l'intelligence1 du gnie et de la beaut1 et o il rencontrait des modles de perfection en tout genre4 ,depuis bientt un sicle1 nous assistons la ruine continue de toutes les distinctions sociales2 et les femmes1 malheureusement1 n'ont pas t pargnes dans le naufrage4 ,le glas de la haute socit a sonn1 disait un jour le prince de ,talleyrand un personnage de l',empire1 et le premier coup qui a tint est votre mot moderne de femme comme il faut6444 ,le prince avait raison4 ,en effet1 cette femme1 venue de la noblesse ou de la bourgeoisie1 pourra bien runir le bon got1 la grce et la distinction1 en tre proclame l'oracle1 et donner ce que l'on appelle le ton2 mais il lui manquera toujours ce cachet particulier1 ce parfum de dlicatesse1 qui ne se rencontraient que dans le monde de la cour4 ,il en est de mme pour les hommes4 ,demandez aux vieillards qui il a t donn de voir les derniers types du grand seigneur et de la grande dame de ,versailles1 et dites-vous bien que leur admiration n'est pas exagre4 99 99 99 99 99 ,un des salons o se runissaient de prfrence ces dbris de l'ancienne cour1 tait celui de la princesse de ,vaudemont1 si spirituelle1 si bonne1 si parfaitement distingue1 que ces qualits morales faisaient oublier en elle les disgrces physiques4 ,elle portait1 en ,montmorency1 dans sa personne aussi bien que dans ses armes4 ,l venaient les ,montmorency1 les ,noailles1 les ,grammont1 les ,vaudreuil1 les ,mouchy1 les ,polignac1 les ,louvois1 les ,maill1 les ,la ,chtre1 les ,jaucourt1 etc41 tous les grands noms de la monarchie4 ,il y avait le salon de madame la comtesse de ,vaudreuil1 o se trouvaient la plupart de ces personnages4 ,le comte de ,vaudreuil1 malgr son ge1 rappelait on ne peut mieux le type de l'homme de l'ancienne cour4 ,d'un dvouement toute preuve1 il eut un jour une discussion assez vive avec le comte d',artois4 ,il lui crivit presque aussitt pour lui exprimer la peine qu'il ressentait d'tre ainsi brouills aprs trente ans d'amiti4 --,tais-toi1 vieux fou1 lui rpondit le prince2 tu as perdu la mmoire1 car il y a quarante ans que je suis ton meilleur ami4 ,il y avait aussi le salon de madame de ,montcalm1 sur du duc de ,richelieu4 ,c'tait le rendez-vous de l'aristocratie intelligente1 ce groupe modr et pratique de l'aristocratie1 qui acceptait les conqutes de la ,rvolution dans ce qu'elles avaient de bon et de raisonnable1 qui prenait l'honneur national pour drapeau1 et pour devise--l'galit par le talent4 ,l1 se rencontraient presque tous les jours ,,mm4 ,lain1 ,mol1 ,pasquier1 ,pozzo-di-,borgo1 l'ambassadeur de ,russie1 l'abb de ,fletz1 ,villemain1 etc41 etc4 ,chez madame la duchesse de ,duras1 l'lment aristocratique dominait1 mais toutes les sommits de l'intelligence y taient parfaitement accueillies4 ,c'tait un temple o brlait sans cesse une cassolette en l'honneur de ,chateaubriand4 ,madame de ,duras s'tait fait en quelque sorte le machiniste passionn de la politique et de la gloire de son ami4 ,dans le salon de madame de ,saint-,aulaire1 la littrature tenait plus de place que la politique4 ,toutes les intelligences1 toutes les clbrits y avaient accs1 sans acception de partis4 ,le duc ,decazes1 le comte ,beugnot2 ,,mm4 ,villemain1 ,cousin1 de ,barante2 les amis du prince de ,talleyrand et la belle duchesse de ,dino4 ,des libraux1 des doctrinaires1 taient les htes habituels de ce salon1 o affluaient aussi un grand nombre de jeunes et jolies femmes1 lgantes et lettres4 ,citons galement le salon de la duchesse de ,broglie1 fille de madame de ,stal4 ,c'tait le foyer de l'opposition parlementaire et des sympathies orlanistes4 ,l'on y coudoyait ,lafayette1 ,benjamin ,constant1 des tribuns1 des publicistes1 des pamphltaires2 on et dit d'un salon de la ,ligue1 o l'on jouait la popularit1 comme les enfants jouent avec le feu4 ,on recevait chez madame ,gay1 o trnait dj sa fille1 la belle ,delphine1 qui fut plus tard madame ,emile de ,girardin1 et dont vers ce temps et son insu1 quelques personnages de la cour voulaient unir1 par un mariage secret1 l'blouissante jeunesse la vieillesse mlancolique du comte d',artois1 rest fidle la mmoire de la marquise de ,polastron4 ,,mm4 de ,lamartine1 ,victor ,hugo1 ,balzac1 ,nodier1 ,alfred de ,vigny1 ,mrime1 ,sainte-,beuve1 de ,girardin1--nous en passons--s'y rencontraient cte cte avec les dbris du ,directoire1 dont les entretiens n'taient pas moins curieux qu'instructifs4 ,le salon de madame ,rcamier mrite une place part1 en raison de sa clbrit et du rle considrable qu'il a tenu pendant prs de quarante ans4 ,pour s'en rendre compte1 il faut lire dans ,lamartine le rcit des ,soires de l',abbaye-au-,bois4 ,en voici un fragment qui1 certes1 est un des beaux morceaux de la langue franaise4 ,aprs avoir pass en revue la vie de son hrone1 l'auteur conclut par les rflexions suivantes3 ,ainsi tout finit1 et les toiles d'araignes tapissent maintenant les salons vides o brillrent nagure toute la grce1 toute la passion1 tout le gnie de la moiti d'un sicle4 ,quand je repasse par hasard dans cette grande rue suburbaine et tumultuaire de ,svres1 devant la petite porte de la maison o vcut et mourut ,ballanche1 je m'arrte machinalement devant la grille de fer de la cour silencieuse de l'abbaye1 sur laquelle ouvrait l'escalier de ,julienne4 ,je regarde et j'coute si personne ne monte ou ne descend encore les marches de cet escalier4 ,voil pourtant1 me dis-je moi-mme1 ce seuil qu'ont foul tous les jours1 pendant tant d'annes1 les pas de tant de femmes charmantes1 de tant d'hommes illustres1 aimables ou lettrs1 dont les noms1 groups par l'histoire1 formeront bientt la gloire intellectuelle des cinq rgnes sous lesquels la ,france a saign1 pleur1 gmi1 chant1 parl1 crit2 tantt libre1 tantt esclave1 mais toujours la ,france1 l'cho prcurseur de l',europe1 le rveille-matin du monde4 ,voil ce seuil que ,chateaubriand1 vieilli et infirme de corps1 mais valide d'esprit et devenu tendre de cur1 foula deux fois par jour pendant trente annes de sa vie2 ce seuil qu'abordrent tour tour ,victor ,hugo1 d'autant plus respectueux pour les gloires teintes qu'il se sentait plus confiant dans sa renomme future2 ,branger qui souriait trop malignement des aristocraties sociales1 mais qui s'inclinait plus bas qu'aucun autre devant les aristocraties de ,dieu3 la vertu1 les talents1 la beaut2 ,mathieu de ,montmorency1 le prince de ,lon1 le duc de ,doudeauville1 ,sosthne de ,larochefoucauld1 son fils1 ,camille ,jordan1 leur ami2 ,m4 de ,genoude1 une de leurs plumes apportant dans ces salons les pits actives de leur foi2 ,lamennais1 dvor de la fivre intermittente des ides contradictoires1 mais sincres1 dans lesquelles il vcut et mourut1 du oui et du non1 sans cesse en lutte sur ses lvres2 ,m4 de ,frayssinous1 prtre politique1 ennemi de tous les excs et prchant la modration dans ses vrits1 pour que la foi ne scandalist jamais sa raison2 ,madame ,swetchine1 matresse d'un salon religieux tout voisin de ce salon profane1 lve du comte de ,maistre1 femme virile1 mais douce1 dont la bont temprait l'orthodoxie1 dont l'agrment attique amollissait les controverses1 et qui pardonnait de croire autrement qu'elle1 pourvu qu'on ft par l'amour au diapason de ses vertus2 ,l'empereur ,alexandre de ,russie1 vainqueur demandant pardon de son triomphe ,paris1 comme le premier ,alexandre demandait pardon ,athnes ou ,thbes2 la reine ,hortense1 jouet de fortunes contraires1 favorite d'un premier ,bonaparte1 mre alors bien imprvue d'un second2 la reine dtrne de ,naples1 ,caroline ,murat1 descendue d'un trne1 luttant de grce avec madame ,rcamier dans son salon2 la marquise de ,lagrange1 amie de cette reine1 quoique ornement d'une autre cour1 crivant dans l'intimit1 comme la duchesse de ,duras1 des nouvelles1 des pomes fminins1 qui ne cherchent leur publicit que dans le cur2 ,madame ,desbordes-,valmore1 femme saphique et pindarique1 trempant sa plume dans ses larmes et chante par ,branger1 le pote du rire amer2 madame ,tastu1 aux beaux yeux maintenant aveugls1 auxquels il ne reste que la voix de mre qui fait son inspiration2 madame ,delphine de ,girardin1 ne disputant d'esprit qu'avec sa mre1 disputant de posie avec tout le sicle1 hlas6 morte avant la premire ride sur son beau visage et sur son esprit2 ,la duchesse de ,maill1 me srieuse1 qui faisait penser en l'coutant2 son amie insparable1 la duchesse de ,larochefoucauld1 d'une trempe aussi forte1 mais plus souple de conversation2 la princesse de ,belgiojoso1 belle et tragique comme la ,cinci du ,guide1 loquente et patricienne comme une hrone du moyen-ge de ,rome ou de ,milan2 mademoiselle ,rachel1 ressuscitant ,corneille devant ,hugo et ,racine devant ,chateaubriand2 ,liszt1 ce ,beethoven du clavier1 jetant sa posie gerbes de notes dans l'oreille et dans l'imagination d'un auditoire ivre de sons2 ,vigny1 rveur comme son gnie trop haut entre ciel et terre2 ,sainte-,beuve1 caprice flottant et charmant que tout le monde se flattait d'avoir fix et qui ne se fixait pour personne2 ,emile ,deschamps1 crivain exquis1 improvisateur lger quand il tait debout1 pote pathtique quand il s'asseyait1 vritable pendant en homme de madame de ,girardin en femme1 seul capable de donner la rplique aux femmes de cour1 aux femmes d'esprit1 comme aux hommes de gnie2 ,m4 de ,fresnel1 modeste comme le silence1 mais roulant dj des hauteurs o l'art et la politique se confondent dans son jeune front de la politique et de l'art2 ,ballanche1 le dieu ,terme de ce salon2 ,aim ,martin1 son compatriote de ,lyon et son ami1 qui y conduisait sa femme1 veuve de ,bernardin de ,saint-,pierre et modle de l'immortelle ,virginie3 il tait le plus cher de mes amis1 un de ces amis qui vous comprennent tout entier1 et dont le souvenir est une providence que vous invoquez1 aprs leur disposition d'ici-bas dans le ciel2 ,ampre1 savant aussi profond que brillant crivain2 ,brifaut1 esprit gt par des succs prcoces et par des femmes de cour1 qui tait devenu morose et grondeur contre le sicle1 mais dont les pigrammes mousses amusaient et ne blessaient pas2 de ,latouche1 esprit rpublicain qui exhumait ,andr ,chnier1 esprit grec en ,france1 et qui jouait1 dans sa retraite de la ,valle-aux-,loups1 tantt avec ,anacron1 tantt avec ,branger1 tantt avec ,chateaubriand1 insoucieux de tout1 hormis de renomme1 mais incapable de dompter le monstre1 c'est--dire la gloire4 ,enfin1 une ou deux fois1 le prince ,louis-,napolon1 entre deux fortunes1 esprit qui ne se rvlait qu'en nigmes1 et qui offrait avec bon got l'hommage d'un neveu de ,napolon ,chateaubriand1 l'anti-napolonien converti par popularit4 ,l'oppresseur1 l'opprim n'ont que mme asile2 moi-mme enfin1 de temps en temps1 quand le hasard me ramenait ,paris4 ,a ces hommes retentissants du pass et de l'avenir se joignaient1 comme un fond de table ou de chemine1 quelques hommes assidus1 quotidiens1 modestes1 tels que le marquis de ,srac1 le comte de ,belisle2 ceux-l personnages de conversation et non de littrature1 apportant dans ce salon le plus facile des caractres1 une amabilit relle et dsintresse1 ce que l'on appelle les hommes sans prtention4 ,c'tait la tapisserie des clbrits1 le parterre1 juge intelligent de la scne1 souvent plus dignes d'y figurer que les acteurs4 ,et maintenant1 clbrits politiques1 clbrits littraires1 hommes de gloire1 hommes d'agrment1 femmes illustres et charmantes1 acteurs de cette scne ou parterre de ce salon1 qu'est-ce que tout cela est devenu1 depuis le jour o un modeste cercueil1 couvert d'un linceul blanc et suivi d'un cortge d'amis1 est sorti de cette grille de l',abbaye-au-,bois8 ,chateaubriand1 qui s'tait prpar depuis longtemps son tombeau1 comme une scne ternelle de sa mmoire1 sur un cueil de la rade de ,saint-,malo1 dort dans son lit de granit battu par l'cume vaine et par le murmure aussi vain de l',ocan breton2 ,ballanche repose1 comme un serviteur fidle1 dans le caveau de famille des ,rcamier1 couch aux pieds de la morte laquelle il n'aurait pas voulu survivre6 ,ampre voyage1 pareil l'esprit errant1 des dserts d',amrique aux dserts d',egypte1 sans trouver le repos dans le silence ni l'oubli dans la foule1 et rapportant de loin en loin dans sa patrie de la science1 de la posie1 de l'histoire1 qu'il jette comme les fleurs de la vie1 sur le cercueil de son amie4 ,les ,mathieu de ,montmorency dorment dans une terre jonche des dbris du trne qu'ils ont tant aim2 le sauvage ,sainte-,beuve crit1 dans une retraite de faubourg qu'il a referme jeune sur lui1 des critiques quelquefois amres d'humeur1 toujours tincelantes de bile1 splendida bilis 7,horace72 il tudie l'envers des vnements et des hommes1 en se moquant souvent de l'endroit1 et il n'a pas toujours tort1 car dans la vie humaine l'endroit est le ct des hommes1 l'envers est le ct de ,dieu4 ,hugo1 exil volontaire et envelopp1 comme ,csar mourant1 du manteau de sa renomme1 crit dans une le de l',ocan l'pope des sicles auxquels il assiste du haut de son gnie4 ,branger a t enseveli1 comme il avait vcu1 dans l'apothose ambigu du peuple et de l'arme1 de la ,rpublique et de l',empire6 ,le prince ,louis-,napolon1 rapport par le reflux d'une orageuse libert qui a eu lchement peur d'elle-mme2 rgne sur le pays qui s'tait confi son nom1 nom qui est devenu depuis ,marengo jusqu' ,waterloo1 le d de la fortune avec lequel les soldats des ,gaules jouent sur leur tambour le sort du monde1 la veille des batailles6 ,et moi1 comme un ouvrier lev avant le jour pour gagner le salaire quotidien de ceux qu'il doit nourrir de son travail1 cras d'angoisses et d'humiliations par la justice ou l'injustice de ma patrie1 je cherche en vain quelqu'un qui veuille mettre un prix mes dpouilles1 et j'cris ceci avec ma sueur1 non pour la gloire1 mais pour le pain6444 ,avril #ahfi4 99 99 99 99 99 ,a cette liste des salons marquants de la ,restauration1 l'on pourrait en ajouter bien d'autres qui furent1 pour la jeunesse d'alors1 autant d'coles vivantes o elle se formait la vie politique et littraire1 en mme temps qu'aux traditions lgantes du monde4 ,toutes les supriorits s'y rencontraient1 sans acception de partis1 de condition sociale4 ,le mrite et le talent y marchaient de pair avec le blason4 ,c'est ainsi qu'aux soires du comte de ,chabrol1 prfet de la ,seine1 et aux ftes de l',htel-de-,ville1 on voyait les crivains en renom1 les hommes minents dans les arts et dans les sciences1 mls et confondus avec les premiers personnages de l'tat4 ,il en tait de mme chez le duc d',aumont1 un des quatre premiers gentilshommes de la chambre du roi1 cordon-bleu1 grand d',espagne1 etc4 ,ses bals et ses concerts runissaient l'lite de la population parisienne4 ,une particularit de trs bon got les faisait rechercher avec fureur3 ainsi1 ct des grandes dames de la cour et de la ville1 on voyait figurer les grandes dames du thtre4 ,mesdames ,malibran1 ,pradher1 de l',opra-,comique1 mademoiselle ,noblet1 la danse si suave et si dcente2 mademoiselle ,cinti-,montaland1 qui fut depuis madame ,cinti-,damoreau1 etc41 s'y montraient dans tout l'clat de leur beaut et de leur talent1 et les femmes les plus titres les accueillaient et les traitaient d'gales gales4 ,si nous insistons de nouveau sur ce point1 c'est cause des accusations sans cesse renouveles contre la prtendue arrogance de l'ancienne aristocratie et contre l'tiquette de cour4 ,voici un dernier fait qui fera justice de ces attaques ridicules3 ,le duc de ,berry avait contract l'habitude1 pendant l'migration1 de souper tous les ans1 le soir de sa fte1 chez le comte de ,vaudreuil4 ,cette habitude continua aprs le retour de la famille royale en ,france1 et chaque anne la comtesse prenait soin d'arranger une soire qui pt amuser le prince4 ,sachant qu'il dsirait entendre ,garat1 elle invita l'artiste venir chanter chez elle4 ,a cette poque1 ,garat1 qui commenait vieillir1 avait pous une jeune personne dont la voix tait fort belle2 et tous deux1 tant sans fortune1 vivaient de leur talent4 ,en consquence1 il est inutile de dire qu'ils avaient t rmunrs d'avance trs largement1 et plus inutile encore d'ajouter qu'ils chantrent ravir l'un et l'autre4 ,le concert fini1 le duc s'aperut que ,garat se disposait partir4 --,est-ce que ,garat ne soupe pas avec nous8 demanda-t-il la comtesse4 --,monseigneur1 rpondit-elle1 je n'ai pas os prendre sur moi de l'inviter la table de ,votre ,altesse ,royale4 --,allons donc1 reprit vivement le prince1 je ne veux point de ces choses-l2 je vais l'inviter moi-mme4 ,et s'approchant de ,garat1 qui tenait son chapeau la main3 --,est-ce que vous ne nous restez pas1 monsieur ,garat8 lui dit-il avec une aimable familiarit4 ,quand on chante comme vous venez de le faire1 avec une voix aussi jeune1 on est loin de l'ge o c'est un besoin de se coucher de bonne heure2 et puis1 je vous avertis que nous garderions ,madame4 ,garat et sa femme prirent place table1 et furent pendant tout le repas1 l'objet des attentions les plus courtoises de la part du prince4 ,garat s'en montra profondment touch2 il rappelait souvent le fait dans ses conversations1 et toujours avec une motion nouvelle4 99 99 99 99 99 ,la rvolution de ,juillet vint jeter une grande perturbation dans le monde parisien4 ,elle lui enleva toutes ses notabilits1 toutes les personnes de distinction qui se faisaient remarquer par cette dlicatesse de ton lgante1 par cette dignit simple et naturelle qu'on ne rencontrait qu' la cour des ,bourbons de la branche ane4 ,les hros de ,juillet n'taient pas prcisment des hros de salon4 ,ils ne brillaient ni par l'lgance1 ni par le savoir-vivre4 ,c'est ce point que1 dans les premiers temps1 on en vit beaucoup se prsenter aux ,tuileries dans un nglig de toilette singulier vraiment remarquable4 ,ils y venaient en redingote1 pantalon de couleur1 cravate item1 et bottes crottes4 ,les aides-de-camp de ,louis-,philippe qui remplissaient alors les fonctions de chambellans1 furent obligs--ceci est la lettre--d'tablir au bas du grand escalier1 des dcrotteurs en permanence4 ,et ce n'est pas sans peine qu'on obtenait de ces tranges visiteurs de se laisser approprier1 tout au moins par les pieds4 ,disons1 leur dcharge1 qu'ils pouvaient en quelque sorte se croire autoriss ce laisser aller par l'exemple mme de ,louis-,philippe4 ,sans parler des poignes de main devenues lgendaires1 le roi-citoyen1 dans ses faons d'tre et d'agir1 poussait la simplicit jusqu' l'oubli complet de la ,majest royale4 ,il se donnait en spectacle sur le balcon du ,palais-,royal1 il s'y montrait1 entour de ses enfants1 jeunes filles vtues de blanc1 jeunes princes revenant du collge4 ,puis1 comme intermde1 il chantait la ,parisienne ou la ,marseillaise1 aux applaudissements ritrs de la multitude4 ,dans la rue1 on le rencontrait1 coiff d'un chapeau gris maill d'une cocarde tricolore1 portant son parapluie sous le bras1 comme un bon bourgeois du ,marais4 ,ce qui fit dire l'ambassadeur d'une grande puissance trangre1 qu'il et mieux valu abolir tout de suite la royaut que de la rabaisser ainsi aux yeux du peuple4 ,il faut bien le reconnatre1 un gouvernement a quelque ressemblance avec le thtre2 il commet toujours une faute en ngligeant la mise en scne4 ,du reste1 toutes ces concessions faites en vue de flatter la vanit des masses1 de conqurir leur sympathie et leur appui1 ne servirent rien4 ,elles ne sauvrent pas plus le trne de ,juillet1 au jour du danger1 que le dveloppement donn par lui aux intrts matriels et la prosprit publique4 ,c'est de cette poque que date l're des affaires et de l'agiotage4 ,un got de luxe et de bien-tre excessif1 et par contre un besoin imprieux d'argent1 se rpandirent dans toutes les classes4 ,enrichissez-vous6 avait dit1 dans un banquet fameux1 le ministre dirigeant du rgne4 ,le mot fut l'ordre du jour2 il devint le guide des consciences1 le but de tous les efforts4 ,nos murs1 dj fort entames1 en reurent une funeste atteinte2 elles s'altrrent profondment sous l'action dissolvante de cette fivre de l'or4 ,puis clata la rvolution de ,fvrier1 qui livrait la ,socit aux mains de la dmocratie4 ,l'air malsain de la rue pntra dans les appartements1 et en chassa ce qui restait encore de l'lgance et de la courtoisie franaises4 ,musele par ,napolon ,,iii1 la dmocratie reparut triomphante au #d ,septembre4 ,depuis lors1 elle n'a cess de grandir1 de s'tendre comme une lpre3 c'est assez dire o en est aujourd'hui la politesse4 ,en vain quelques mes d'lite ont tent de lui ouvrir un dernier refuge4 ,les lundis de madame de ,blocqueville1 les jeudis acadmiques de madame d',haussonville1 les raots intimes de madame de ,janz1 les rceptions de madame ,drouyn de ,lhuys et de la princesse ,lise de ,troubetzkoi1 n'avaient pas d'autre but que de recueillir les paves de ce qui fut autrefois le monde4 ,on sait le sort qu'ont eu ces tentatives4 ,la dmocratie a tu le rgne des femmes et des salons4 ,elle n'a que faire d'lgance et de belles manires1 qui la gneraient dans ses allures4 ,pour elle le savoir-vivre consiste en ceci3 s'affranchir de toutes les biensances publiques et prives1 parler un langage qui n'est rien moins que parfum2 en un mot agir sa guise1 sans le moindre gard pour les convenances d'autrui4 ,telle est la note dominante du jour4 ,cependant1 les grandes traditions de l'ancienne ,socit subsistent encore chez quelques familles1 qui les gardent trs soigneusement1 comme ces conserves de fruits excellents qu'on renferme dans des botes1 pour les soustraire l'influence de l'air du dehors4 ,,la ,,conversation ,en tuant les salons1 la dmocratie a tu du mme coup la conversation1 et priv la socit de son charme le plus puissant4 ,le mlange de toutes les classes a fait du monde un assemblage confus1 htrogne1 un ple-mle inextricable4 ,quel rapprochement1 quels entretiens sont possibles dsormais entre gens de condition toute diffrente1 qui n'ont reu ni la mme instruction1 ni la mme ducation8 ,il n'en peut rsulter que des contacts1 des froissements d'amour-propre tout fait dsagrables1--tmoin l'aventure suivante arrive dans un bal de la cour1 en #ahcd ou #ahce4 ,une jeune femme charmante1 marie depuis peu un lieutenant-gnral1 avait t invite valser par un capitaine de la garde nationale4 ,elle venait de lui donner la main1 lorsqu'elle reconnut en lui un de ses fournisseurs attitrs4 ,une subite rougeur couvrit son visage1 mais il tait trop tard pour dgager sa parole4 ,dj le coup d'archet avait retenti1 et les groupes tourbillonnaient4 ,pique au vif d'un tel manque de savoir-vivre1 elle rsolut d'en punir l'auteur4 ,en consquence1 aprs quelques tours de valse1 elle feignit de se trouver indispose1 et demanda son cavalier de vouloir bien la reconduire sa place4 ,quel fcheux contre-temps pour la vanit de notre homme6 ,en vain s'effora-t-il de retenir sa charmante partenaire1 de lui prouver que l'agitation mme de la valse ferait disparatre ce malaise passager4 --,non1 rpondit-elle1 je souffre trop4 --,mais o souffrez-vous1 ,madame8 --,eh6 mon ,dieu1 capitaine1 ne voyez-vous pas que vous m'avez fait ma chaussure beaucoup trop juste8 99 99 99 99 99 ,aprs l'aventure du ,cordonnier pour dames1 celle du ,changeur du ,palais-,royal3 ,un sergent de la garde nationale avait t invit au chteau1 son tour de lgion4 ,il ne manquait jamais1 quand cette bonne fortune lui arrivait1 de se poser gracieusement devant le matre de la maison et de lui sourire avec une bienveillance affecte4 ,ce mange s'tant renouvel diverses reprises1 pendant la soire1 l'auguste amphytrion voulut en avoir le cur net4 ,il s'approche du sergent-major et l'interroge sur ce qui peut lui valoir ses politesses ritres4 ,celui-ci1 sans se dconcerter1 rpond aussitt3 --,sire1 nous sommes de vieilles connaissances4 ,c'est chez moi que1 depuis dix ans1 ,altesse ,royale ou ,majest1 vous envoyez chaque mois changer vos pices d'or contre des pices de cent sous444 ,le roi se mordit les lvres et tourna le dos4 ,que si l'on demande maintenant3 ,comment en vil argent l'or pur se changeait-il8 ,nous dirons que le ,trsor public avait l'habitude de payer en or la ,liste ,civile4 ,et comme il y avait raliser sur le change un bnfice assez rondelet1 le roi des ,franais n'avait garde d'y manquer1 tous les #cj ou #ca du mois4 99 99 99 99 99 ,ce fut l'htel de ,rambouillet1 dit l'historien de ,mme de ,maintenon1 que naquit rellement la conversation3 cet art si charmant1 dont les rgles ne peuvent se dire1 qui s'apprend la fois par la tradition et par un sentiment de l'exquis et de l'agrable2 o la bienveillance1 la simplicit1 la politesse nuance1 s'tiquette mme et la science des usages1 la varit des tons et des sujets1 le choc des ides diffrentes1 les rcits piquants et anims1 une certaine forme de dire et de conter1 les bons mots qui se rptent1 la finesse1 la grce1 la malice1 l'abandon1 l'imprvu1 se trouvent sans cesse mls1 et forment un des plaisirs les plus vifs que les esprits dlicats peuvent goter4 ,essayons d'indiquer1 tout au moins par aperu1 ce qu'tait la conversation du ,x,v,i,ie sicle4 ,gnralement on s'en fait une fausse ide2 on croit que1 soumise aux exigences d'une inflexible tiquette1 elle tait gourme et solennelle4 ,on va voir qu'il n'en est rien et qu'elle se distingue1 au contraire1 par une grande libert d'allure et de mouvement4 ,le marquis de ,vardes est rappel de son gouvernement d',aigues-,mortes1 la suite d'un exil de vingt ans4 ,aprs une premire entrevue1 raconte ,mme de ,svign1 le ,roi fit appeler le ,dauphin et le prsenta comme un jeune courtisan4 ,m4 de ,vardes le reconnut et le salua4 ,le ,roi lui dit en riant3 --,vardes1 voil une sottise2 vous savez bien qu'on ne salue personne devant moi4 --,sire1 je ne sais plus rien1 j'ai tout oubli2 il faut que ,votre ,majest me pardonne jusqu' trente sottises4 --,eh bien6 je le veux1 dit le ,roi2 reste vingt neuf444 ,et tout se passe sur ce ton de libert et d'agrment4 ,partons maintenant pour ,saint-,cyr2 allons voir jouer ,esther4 ,nous voici dans la compagnie du ,roi1 de ,mme de ,maintenon1 de ,mme de ,svign1 du marchal de ,bellefond1 etc41 etc4 ,il s'agit d'une premire reprsentation2 et l'on peut juger la manire dont en parlent ses augustes auditeurs1 combien leur langage diffre de celui des feuilletons d'aujourd'hui1 du ton du monde actuel4 ,j'en fus charme1 crit ,mme de ,svign1 et le marchal de ,bellefond aussi1 qui sortit de sa place pour aller dire au ,roi combien il tait content1 et qu'il se trouvait auprs d'une dame qui tait bien digne d'avoir vu ,esther4 ,le ,roi vint vers nos places et1 aprs avoir tourn1 il s'adressa moi et me dit3 --,madame1 je suis assur que vous avez t contente4 ,moi1 sans m'tonner1 je rpondis3 --,sire1 je suis charme2 ce que je ressens est au-dessus des paroles4 ,le ,roi me dit3 --,racine a bien de l'esprit444 --,sire1 il en a beaucoup1 mais en vrit les jeunes personnes en ont beaucoup aussi2 elles entrent dans le sujet comme si elles n'avaient jamais fait autre chose4 --,ah6 pour cela1 reprit-il1 il est vrai4 ,et puis ,sa ,majest s'en alla1 et me laissa l'objet de l'envie4 ,comme il n'y avait que moi de nouvelle venue1 le ,roi eut plaisir de voir mes sincres admirations sans bruit et sans clat4 ,m4 le ,prince et ,mme la ,princesse vinrent me dire un mot4 ,mme de ,maintenon un clair2 elle s'en allait avec le ,roi4 ,quel got dans cette admiration sans bruit et sans clat6 ,remarquons d'abord que l'auteur de ce dlicieux compte-rendu ne se livre aucune thorie sur la tragdie ou sur l'art scnique4 ,rien n'empchait1 cependant1 ,mme de ,svign de citer1 avec toute l'autorit voulue1 ,sophocle1 ,euripide1 ou ,lopez de ,vega4 ,ensuite1 pas d'exclamation1 pas d'pithte admirative4 ,elle est charme1 c'est tout4 ,racine a bien de l'esprit1 dit le ,roi4--,il en a beaucoup1 rpond ,mme de ,svign4 ,pas d'tonnement de leur part4 ,n'est-ce pas parce qu'ils se sentent naturellement de plain-pied avec le gnie8 ,nous souponnerions fort ,racine1 s'il ressuscitait1 d'tre plus flatt de cet loge sec que des dissertations prolixes et exaltes faites depuis sur ses uvres4 ,aujourd'hui1 veut-on complimenter un auteur sur le succs de sa pice8 on y dpense plus de transports que n'en excitrent de leur temps ,corneille et ,racine4 ,et les artistes donc6 comparez les applaudissements frntiques et les couronnes dont on les accable1 avec cet loge si simple1 si concis1 et qui pourtant dit tout3 ,les jeunes personnes entrent dans le sujet1 comme si elles n'avaient jamais fait autre chose4 ,n'est-ce pas nous1 plutt qu'au ,x,v,i,ie sicle1 qu'on pourrait adresser le reproche d'emphase8 99 99 99 99 99 ,ce langage simple et naturel tait tellement dans les habitudes de la ,socit d'alors qu'on ne s'en dpartait mme pas en traitant les affaires les plus srieuses4 ,ecoutons ce rcit4 ,le ,roi fit appeler dans son cabinet le marchal de ,bellefond1 dont il connaissait les embarras extrmes4 --,monsieur le marchal1 lui dit-il1 je veux savoir pourquoi vous voulez me quitter4 ,est-ce dvotion1 envie de vous retirer la ,trappe8 ou bien serait-ce l'accablement de vos dettes8 si c'est ce dernier motif1 j'y veux donner ordre et entrer dans le dtail de vos affaires4 ,le marchal fut sensiblement touch de cette gnrosit4 --,sire1 rpondit-il1 ce sont mes dettes3 ,je suis abm4 ,je ne puis voir souffrir quelques-uns de mes amis qui m'ont assist et que je ne puis satisfaire4 --,eh bien6 ajouta le ,roi1 il faut assurer leurs crances2 je vous donne444 etc4 ,voil certes qui fait honneur la bont de ,louis ,,xiv2 mais voici qui n'est pas moins l'honneur du caractre du marchal1 charg du poids de sa reconnaissance4 ,quelque temps aprs1 le ,roi parla de nouveau au marchal4 ,il lui dit que son intention tait que dans la prochaine campagne1 il obt ,m4 de ,turenne1 sans que cela toutefois pt tirer consquence4 ,le marchal1 sans demander du temps et chercher voiler son refus1 rpondit qu'il ne serait point digne de la haute faveur que ,sa ,majest avait bien voulu lui confrer antrieurement1 s'il se dshonorait par une obissance sans exemple4 ,le ,roi le pria fort bonnement de bien peser ses paroles1 ajoutant qu'il attendait cette preuve de son amiti1 et qu'il la dsirait d'autant plus vivement qu'il y allait de sa disgrce4 ,le marchal rpliqua qu'il voyait bien qu'il perdait les bonnes grces de ,sa ,majest et sa fortune1 mais qu'il s'y rsignait plutt que de perdre son estime4 ,il ne pouvait se placer sous les ordres de ,m4 de ,turenne1 sans compromettre la dignit dont le ,roi avait daign l'investir4 --,alors1 monsieur le marchal1 il faut se sparer4 ,le marchal fit une profonde rvrence et sortit4 ,il est abm1 mais il est content1 ajoute ,mme de ,svign1 et l'on ne doute pas qu'il ne se retire la ,trappe4 ,en prsence de ce sentiment de la dignit personnelle pouss jusqu' l'abngation complte de la fortune1 les rflexions naissent en foule4 ,que la balle serait belle renvoyer tous ces gens qui1 prosterns et aplatis aux pieds de la plbe1 osent parler encore de la servilit des courtisans6 ,nous ne pouvons mieux finir ce court expos de la conversation au ,x,v,i,ie sicle que par le passage suivant extrait d'une tude de ,sainte-,beuve sur le marchal de ,villars4 ,c'est un modle achev de ce beau langage de la cour dans lequel ,louis ,,xiv tait pass matre3 ,villars1 en #agab1 n'allait plus avoir affaire qu'au seul prince ,eugne1 et la ,cour aussi devait lui laisser plus de libert d'action4 ,louis ,,xiv1 en le recevant ,marly1 dans le courant de mars1 au plus fort de tous ses deuils de famille1 lui avait dit ces paroles qu'il faut savoir gr au marchal de nous avoir textuellement conserves3 ,vous voyez mon tat1 monsieur le marchal4 ,il y a peu d'exemples de ce qui m'arrive1 et que l'on perde dans la mme semaine son petit-fils1 sa petite-belle-fille et leurs fils1 tous de grande esprance et trs aims4 ,dieu me punit1 je l'ai bien mrit4 ,j'en souffrirai moins dans l'autre monde4 ,mais suspendons mes douleurs sur les malheurs domestiques1 et voyons ce qui se peut faire pour prvenir ceux du royaume4 ,la confiance que j'ai en vous est bien marque1 puisque je vous remets les forces et le salut de l'tat4 ,je connais votre zle et la valeur de mes troupes3 mais enfin la fortune peut vous tre contraire4 ,s'il arrivait ce malheur l'arme que vous commandez1 quel serait votre sentiment sur le parti que j'aurais prendre pour ma personne8444 ,je sais les raisonnements des courtisans3 presque tous veulent que je me retire ,blois et que je n'attende pas que l'arme ennemie s'approche de ,paris1 ce qui lui serait possible si la mienne tait battue4 ,pour moi je sais que des armes aussi considrables ne sont jamais assez dfaites pour que la grande partie de la mienne ne pt se retirer sur la ,somme4 ,je connais cette rivire3 elle est trs difficile passer2 il y a des places qu'on peut rendre bonnes4 ,je compterais aller ,pronne ou ,saint-,quentin y ramasser tout ce que j'aurais de troupes1 faire un dernier effort avec vous1 et prir ensemble ou sauver l'tat2 car je ne consentirai jamais laisser approcher l'ennemi de ma capitale4 ,voil comme je raisonne3 dites-moi prsentement votre avis4 ,sainte-,beuve fait suivre ces paroles de ,louis ,,xiv1 aussi touchantes qu'hroques1 des observations qui suivent3 ,notez bien une distinction trs essentielle1 selon moi4 ,si ,louis ,,xiv nous parat un peu auguste et solennel1 il tait naturel aussi1 il n'tait jamais emphatique1 il ne visait pas l'effet4 ,dans le cas prsent1 ces paroles du grand ,roi sont d'autant plus belles qu'elles lui sortaient du cur et n'taient pas faites pour tre redites4 ,et on en a la preuve particulire3 ,lorsqu'en #agad ,villars fut nomm de l',acadmie franaise et qu'il fit son discours de rception1 il eut l'ide de l'orner de ces paroles gnreuses de ,louis ,,xiv1 lui adresses avant la campagne de ,denain1 et qui l'y avaient enhardi4 ,il demanda au ,roi la permission de les citer et de s'en dcorer4 ,le ,roi rva un moment et lui rpondit3 ,on ne croira jamais que1 sans m'en avoir demand la permission1 vous parliez de ce qui s'est pass entre vous et moi4 ,vous le permettre et vous l'ordonner serait la mme chose1 et je ne veux pas que l'on puisse penser ni l'un ni l'autre4 ,ce n'est pas ,louis ,,xiv1 ajoute ,sainte-,beuve1 dont certes le jugement n'est pas suspect1 qui manquera jamais une noble et dlicate convenance4 ,tout s'ajoute donc1 et mme une sorte de modestie1 pour rendre plus respectable et plus digne de mmoire le sentiment qui dicta ces royales et patriotiques paroles4 ,nous accusera-t-on de partialit quand nous dirons notre tour que rien n'est plus noble et plus vritablement patriotique1 que ce langage de ,louis ,,xiv8 ,il y a des sentiments et des ides que l'on ne commente pas1 parce qu'ils parlent assez d'eux-mmes tous les curs1 tous les esprits4 ,bornons-nous ajouter que ,louis ,,xiv avait soixante-treize ans quand il manifestait ainsi sa rsolution de combattre avec ,villars et de prir avec lui1 s'il ne sauvait l'tat4 ,le grand ,roi avait donc bien raison de dire3 ,l'tat1 c'est moi6 ,il prouva en cette mmorable circonstance1 qu'il ne faisait qu'un avec la nation1 qu'il s'tait compltement identifi avec son honneur et sa gloire4 ,,de ,l',a-,,propos ,l'-propos tient une place brillante dans la conversation4 ,c'est une fuse qui part soudain1 et illumine le discours ou la situation d'une douce et agrable lumire4 ,vaugelas travaillait au ,dictionnaire de l',acadmie1 lorsque le cardinal de ,richelieu lui accorda une pension4 ,il vint pour l'en remercier4 --,j'espre1 dit le cardinal en l'apercevant1 que vous n'oublierez pas le mot ,pension dans votre dictionnaire4 --,non1 ,monseigneur1 rpliqua l'acadmicien1 et encore moins celui de ,reconnaissance4 ,un jour la suite d'un grand dner1 o ,fontenelle avait dploy toutes les grces de son esprit pour faire sa cour madame ,helvtius1 il passa par inadvertance devant elle sans s'arrter4 --,eh bien6 ,monsieur le galant1 lui dit-elle1 quel cas voulez-vous donc que je fasse de vos dclarations8 ,vous passez devant moi1 sans mme me regarder4 --,madame1 rpondit aussitt ,fontenelle1 si je vous avais regarde1 je ne serais pas pass4 ,personne n'a jamais su mieux que ,louis ,,xiv s'identifier la situation du moment1 et personne n'a jamais exprim en de meilleurs termes ce qu'il avait dire4 ,il incrustait en quelque sorte ses penses et ses sentiments dans des paroles en relief et faites pour l'histoire4 ,c'est ainsi qu'aprs la victoire de ,senef1 voyant le prince de ,cond monter l'escalier de ,versailles1 le roi qui l'attendait en haut des marches1 lui dit avec cette prsence d'esprit et cette politesse toute royale qui ne l'abandonnaient jamais3 --,mon cousin1 quand on est charg de lauriers comme vous1 on ne peut marcher bien vite4 ,plus tard1 dans des temps malheureux1 ,louis ,,xiv trouvera un de ces mots partis du cur1 pour consoler le marchal de ,villeroi de ses dfaites successives3 --,monsieur le marchal1 notre ge1 on n'est plus heureux4 ,racine fut trs bien inspir le jour o1 accompagn de ,boileau1 il causait du passage du ,rhin avec le roi4 ,louis ,,xiv leur ayant dit3 --,je suis fch que vous ne soyez point venus cette dernire campagne1 vous auriez vu la guerre et votre voyage n'et pas t long4 ,racine rpondit aussitt3 --,sire1 nous ne sommes que deux bourgeois qui n'avons que des habits de ville2 nous en commandmes de campagne1 mais les places que vous attaquiez furent plus tt prises que nos habits ne furent faits4 ,cela fut reu trs agrablement4 ,,la ,r,,plique ,venant propos1 la rplique est d'autant plus piquante qu'elle rpond une attaque imprvue4 ,notre temprament national veut que nous nous portions de prfrence du ct de celui qui est attaqu4 ,voici1 par exemple1 deux potes--,lebrun 7,ecouchard7 et ,baour-,lormian--qui croisent la plume4 ,c'est ,lebrun qui porte le premier coup3 ,sottise entretient la sant1 ,baour s'est toujours bien port4 --,touch6 s'crient les tmoins4 ,mais la riposte ne se fait pas attendre3 ,lebrun de gloire se nourrit1 ,aussi voyez comme il maigrit4 --,bravo6 fait la galerie qui se range en riant du ct de ,baour4 ,m4 de ,talleyrand eut son tour regretter de s'tre lanc la lgre1 sans provocation aucune1 contre ,fouch4 ,on parlait de la police gnrale1 de son rle si compliqu1 si ardu4 ,fouch faisait observer que pour le bien remplir1 il y faudrait un coquin devenu honnte homme4 --,voil pourquoi1 dit aussitt ,talleyrand1 monsieur le duc d',otrante est un excellent ministre de la police gnrale4 --,et voil comme quoi1 reprit ,fouch1 monsieur le prince de ,bnvent n'aurait pas encore toutes les qualits requises pour faire un bon ministre de la police4 ,la ,fontaine1 dans ses fables les plus hardies1 n'avait jamais os mettre deux renards en prsence4 ,,les ,,nuances ,les nuances consistent rgler ses manires et son langage sur le degr d'estime et de considration que l'on doit aux personnes avec lesquelles l'on se trouve en rapport4 ,l'art des nuances ne s'apprend pas1 on n'en saurait fixer la pratique4 ,c'est une chose d'instinct et d'apprciation4 ,l'on a souvent cit ce propos la ,leon du buf1--les cinq ou six manires imagines par ,m4 de ,talleyrand1 pour offrir du buf ses convives3 #a ,monseigneur1 disait-il avec une grande dfrence1 et en choisissant le meilleur morceau1 aurai-je l'honneur d'offrir du buf ,votre ,altesse8 #b ,monsieur le marquis 7avec un sourire plein de grce71 aurai-je le plaisir de vous offrir du buf8 #c ,cher comte 7avec un signe d'affabilit familire71 vous offrirai-je du buf8 #d ,baron 7avec bienveillance71 accepterez-vous du buf8 #e ,monsieur le conseiller1--non titr et de noblesse de robe--voulez-vous du buf8 #f ,enfin le prince1 en indiquant le plat avec son couteau1 disait un monsieur plac au bout de la table3 un peu de buf8 et il accompagnait ces quatre mots d'un petit signe de tte et d'un lger sourire4 ,n'en dplaise leurs admirateurs1 ces sortes de nuances nous ont toujours paru d'un ridicule achev4 ,si c'est un honneur d'offrir du buf1 que sera-ce quand vous aurez prsenter quelqu'un8 et de quelle expression vous servirez-vous alors8 ,cette assimilation d'un morceau de buf bouilli ou rti un tre vivant1 est d'une bouffonnerie exhilarante4 ,quant au plaisir d'offrir du buf444 c'est un comble que le proverbe ,chacun prend son plaisir o il le trouve pourrait seul expliquer4 ,mais voici qui va nous ddommager des nuances de ,m4 de ,talleyrand1 et qui1 en mme temps1 aura l'avantage de faire ressortir jusqu' quel point extrme ,napolon portait le sentiment de la dignit impriale3 ,c'tait ,montereau444 raconte ,balzac4 ,l'empereur fut oblig de donner personnellement pour se dgager d'une place o il pouvait tre surpris4 ,il regarde ceux qui l'entouraient2 il aperoit les dbris d'un rgiment de la vieille-garde1 et les restes de cette brillante garde d'honneur1 commande par ,m4 de ,mathan4 ,cette garde fut alors la dernire goutte de sang de la ,france1 ses derniers fils de famille1 ses derniers chevaux4 ,malheureusement il n'y en eut pas encore assez6 ,s'il y avait eu alors plus de dvouement1 les immenses efforts de ,bautzen et de ,lutzen1 n'eussent pas t nuls faute de cavalerie4 ,on ne comptait que des gens comme il faut dans les ,gardes d'honneur4 ,napolon vit encore prs de lui son escorte2 elle tait heureusement complte4 ,aprs avoir mesur le danger par un coup d'il d'aigle1 il sent la ncessit d'encourager ces trois masses d'hommes3 --,soldats1 cria-t-il ses grenadiers1 sauvons la ,france6 ,compagnons1 cria-t-il son escorte1 faisons notre devoir6 ,puis1 se tournant vers les ,gardes d'honneur1 il leur dit3 ,et vous1 ,messieurs1 suivez-moi6 ,assurment1 trouver de pareilles nuances au milieu de la mitraille et du feu1 c'est tre la fois un homme de gnie et parler en ,louis ,,xiv4 ,,des ,,cueils ,a ,,viter4 ,l'esprit de la conversation1 dit ,labruyre1 consiste bien moins montrer beaucoup d'esprit qu' en faire trouver aux autres4 ,il ne suffit donc pas de mler l'utile l'agrable1 selon le prcepte d',horace1 il faut encore intresser l'amour-propre de ses auditeurs1 de manire qu'en nous quittant1 ils soient aussi satisfaits d'eux-mmes que de nous4 ,les hommes cherchent moins s'amuser et s'instruire qu' tre gots et applaudis4 ,la premire rgle observer dans la conversation c'est de s'abstenir de tout sujet irritant1 de toute discussion politique ou religieuse4 ,ces controverses amnent presque toujours des scissions fcheuses1 mme entre amis1 sans aboutir jamais convaincre l'adversaire auquel on s'adresse4 ,evitez de vous prononcer pour l'un ou pour l'autre des discoureurs4 ,si l'on vous prend pour juge1 apportez dans cette tche dlicate tous les mnagements possibles2 cherchez concilier le diffrend plutt qu' le trancher4 ,laissez le d de la conversation aux mains des virtuoses de la parole2 ne le ramassez qu'autant que vous vous sentez en passe de le tenir avec avantage4 ,si toutefois vous tes forc de rompre le silence renfermez-vous autant que possible dans les gnralits4 ,c'est encore faire preuve de savoir-vivre que de parler sans rien dire4 ,on a mme vu des gens1 rompus ce mtier1 arriver n'en penser pas plus qu'ils n'en disent4 ,lorsque quelqu'un a la parole1 gardez-vous de l'interrompre1 si c'est un vieillard surtout4 ,ecoutez avec attention1 ou tout au moins ayez-en l'air4 ,le prince ,k4441 conteur fort agrable1 adressait un jour des compliments au marquis de ,custine sur la manire avec laquelle il semblait prendre plaisir entendre ses rcits4 ,on reconnat1 lui disait-il1 l'homme bien lev l'air dont vous paraissez couter4 --,prince1 rpliqua-t-il avec autant d'esprit que de politesse1 la meilleure faon de paratre couter1 c'est444 d'couter4 ,une dernire recommandation3 ,un homme d'honneur s'abstiendra de tout propos lger1 inconsidr1 qui pourrait compromettre la rputation d'autrui4 ,celle d'une femme surtout1 devra toujours trouver en lui un dfenseur4 ,c'est ainsi que se montra le colonel d',entragues dans l'occasion suivante4 ,entendant un jour dnigrer l'honntet d'une femme qui on donnait pour amant un homme qu'elle recevait habituellement chez elle1 il demanda celui qui tenait cet imprudent propos1 s'il avait t tmoin du fait4 --,non444 ,mais444 --,alors1 rpliqua le colonel1 vous nous mettez l'aise en nous permettant de croire que ceux qui vous l'ont dit s'en sont rapports1 comme cela arrive trop frquemment1 de fausses apparences1 ou qu'ils ont eu quelque intrt vous tromper dans une circonstance qui touche d'aussi prs la rputation d'une femme4 ,un peu confus1 notre homme crut pouvoir se tirer de ce mauvais pas en affirmant la chose4 --,et si je vous disais1 colonel1 que je l'ai vu8 --,en ce cas1 rpondit celui-ci1 cette femme a d compter sur la discrtion d'un galant homme1 et nous ne pouvons que vous savoir trs bon gr d'avoir la mme confiance en la ntre4 ,,des ,,lettres ,,diverses ,,des ,p,,titions1 ,,billets1 ,,etc4 ,une lettre n'est pas autre chose qu'une conversation par crit entre deux personnes que l'loignement empche de communiquer de vive voix3 ,absentium mutuus sermo1 comme disaient les anciens4 ,il faut donc prendre ce ton ais et naturel qui fait le charme des entretiens1 en se rglant toutefois d'aprs les circonstances et la position de la personne laquelle on crit4 ,cette facilit de style s'acquiert par la frquentation de la bonne compagnie1 et aussi par la lecture des crivains-modle dans le genre1 tels que les ,svign1 les ,maintenon1 les ,voltaire1 etc4 ,,lettres ,,de ,,demande ,une lettre de demande doit tre trs courte1 exposer les faits d'une manire simple et concise1 en mme temps que respectueuse4 ,quelque juste et fonde que soit votre requte1 laissez toujours entrevoir la personne qui vous l'adressez1 que le mrite du succs lui en reviendra4 ,bussy-,rabutin crivit plus de cinquante lettres ,louis ,,xiv pour qu'il lui permt d'aller se faire tuer l'arme1 au lieu de le laisser se morfondre dans un exil strile4 ,il rappelait son dvouement1 il parlait de sa condition1 il vantait son esprit444 ,il n'obtint rien4 ,c'est que l'amour-propre demande tre flatt4 ,celui qui rend un service tient ce qu'il lui soit compt comme une grce1 comme une faveur1 et non pas comme une chose due4 ,louez donc avec finesse ceux qui vous avez recours1 intressez leur vanit4 ,pour obtenir quelque chose des hommes1 le plus sr moyen est de parler leurs passions4 ,nous sommes tous un peu comme ,m4 ,jourdain du ,bourgeois gentilhomme1 qui se serait fait un scrupule de laisser sans rcompense les termes obligeants que lui prodiguait son tailleur4 99 99 99 99 99 ,ce serait une impolitesse marque que de ne rien dire quelqu'un qui nous adresserait la parole dans une runion2 c'en serait une non moins grande que de ne pas rpondre une lettre4 ,il y a mme impolitesse trop tarder1 moins de motifs srieux1 et alors on doit les faire connatre et s'en excuser4 ,une seule chose peut dispenser d'une rponse1 c'est quand la lettre reue est inconvenante4 ,le silence est ce qu'il y a de mieux opposer2 c'est un blme tacite qui en dit plus que tout ce que l'on pourrait crire4 ,si dans une affaire quelconque1 vous avez rpondre d'une manire entirement contraire ce que l'on attendait de vous1 rejetez-en la faute sur les circonstances1 sur les entraves que vous avez rencontres2 tmoignez enfin tous vos regrets de la non-russite4 ,s'agit-il d'un emprunt d'argent auquel on ne peut ou l'on ne veut pas satisfaire8 ,opposez1 dans le premier cas1 votre bonne volont--malheureusement impuissante2 dans l'autre1 colorez votre refus des raisons les plus vraisemblables4 ,c'est bien le moins que d'accorder cette fiche de consolation et de s'abstenir de la franchise par trop franche de feu le marquis d',aligre4 ,en pareille occurrence1 le marquis ne manquait jamais de prendre dans son secrtaire un livre de comptes dont les feuillets taient couverts de chiffres et de signatures4 ,puis1 il priait l'emprunteur d'y ajouter son nom et la somme qu'il dsirait4 ,ces prliminaires accomplis1 il serrait le livre en disant3 --,cette somme ajoute aux autres1 forme un total de444 ,ce total tait norme6 --,eh bien6 reprenait-il1 c'est ce qui m'a t demand depuis un an4 ,si j'avais souscrit toutes ces demandes1 il y a longtemps que je serais ruin4 ,j'ai donc t oblig de faire pour les autres ce que je fais pour vous444 de refuser nettement6 ,et le marquis vous reconduisait1 avec une extrme politesse1 jusqu' l'escalier4 ,,des ,p,,titions ,les ptitions ne diffrent des lettres de demande que par les formules et les formalits auxquelles elles sont astreintes4 ,elles doivent tre crites sur grand papier ou papier ministre1 que l'on plie en deux dans toute sa longueur4 ,tout en haut de la page1 se place le nom du personnage auquel on s'adresse2 puis1 au milieu1 sur le ct droit1 et en vedette3 ,sire1 ou ,madame1 quand c'est une tte couronne4 ,entre la vedette et le commencement de la ptition1 il faut laisser un espace assez grand1 n'crire que trois ou quatre lignes pour laisser un blanc au bas de la page4 ,la premire ligne du verso ne doit venir qu'au dessous de la vedette4 ,l'adresse se place au bas de la page2 et1 de l'autre ct sur la mme ligne1 la date1 le jour1 le mois et l'anne4 ,on plie alors la ptition en quatre1 et on la met sous enveloppe que l'on cachte avec de la cire4 ,voici le protocole suivi de nos jours par la ,rpublique ,franaise3 ,,aux ,,souverains ,,trangers ,sur papier carr1 ,,sire 7ou ,madame71 dor sur tranches ,en vedette 7,deux ou trois lignes de texte au bas du #a;er recto47 ,traitement ,votre ,majest 7ou ,votre ,majest ,impriale--,majest ,impriale et ,royale47 ,fin ,je suis avec respect1 ,,sire 7ou ,madame71 ,de ,votre ,majest1 le trs humble et trs obissant serviteur1 ,a ,paris1 le444 ,on donne le titre d',altesse ,impriale ou ,royale1 ou les deux la fois1 aux fils et petits-fils des souverains4 ,quand on crit au ,pape1 on le qualifie de3 ,trs-,saint-,pre1 et l'on se sert dans le courant de la ptition ou de la lettre1 des termes de3 ,votre ,saintet1 ,votre ,batitude4 ,une femme ne doit jamais crire directement au pape4 ,continuons faire connatre le formulaire en usage dans la ,chancellerie franaise3 ,,aux ,,cardinaux ,inscription ,monsieur le ,cardinal1 en vedette ,traitement ,votre ,eminence1 ,agrez les assurances de la respectueuse considration avec laquelle j'ai l'honneur d'tre1 ,courtoisie ,monsieur le ,cardinal1 ,de ,votre ,eminence1 ,le trs humble et trs obissant serviteur1 ,date ,a ,paris1 le444 ,rclame ,a ,son ,eminence ,monsieur le ,cardinal et adresse ,n444 ,si les cardinaux sont princes1 on crira3 ,votre ,altesse minentissime et1 dans le courant de la lettre ou de la ptition1 ,monseigneur4 ,la ,rpublique a supprim le ,monseigneur aux archevques et vques2 elle les appelle3 ,monsieur4 ,c'est plus court444 de trois lettres4 ,elle leur a enlev aussi la ,grandeur4 ,la ,rpublique n'admet pas la grandeur4 ,en fait de courtoisie1 les archevques1 vques1 n'ont droit qu' la haute considration1 du reste1 comme les marchaux1 les amiraux1 le grand chancelier de la ,lgion d'honneur1 les snateurs et les dputs4 ,ce qui n'empche pas les particuliers1 dans leurs rapports intimes avec les archevques et vques1 de continuer leur donner du ,monseigneur et de la ,grandeur4 ,le mot ,excellence ayant paru jurer par trop avec la ,r4 ,f41 le protocole l'a supprim4 ,dans ses formules de courtoisie1 le protocole accorde du profond respect au prsident de la ,rpublique2 de la trs haute considration aux ,prsidents du snat et de la chambre des dputs4 ,le chef du cabinet du ,prsident a la considration la plus distingue1 de mme que les conseillers d',etat et les prfets4 ,les maires des grandes villes et les premiers secrtaires d'ambassade l'ont trs distingue1 et les simples particuliers l'ont parfaite4 ,c'est parfait6 ,ce qui ne l'est pas moins1 c'est le sentiment de convenance de la ,rpublique envers les dames4 ,a ,athnes1 l'on ne devait pas tre plus galant4 ,,aux ,,dames#a ,en vedette ,madame1 ,courtoisie ,agrez1 ,madame1 l'hommage de mon respect1 ou ,en ligne ,madame1 vous444 ,courtoisie ,j'ai l'honneur d'tre1 ,madame1 votre trs humble serviteur1 ,note #a3 ,pour les dames1 les titres hraldiques la rclame et sur l'adresse seulement4 ,vous avez bien lu3 les titres hraldiques6 la ,rpublique a daign les conserver4 ,on pourrait mme l'accuser de quelque faiblesse ce sujet2 on pourrait lui reprocher de laisser prendre des titres des gens qui n'y ont aucun droit1 de les y encourager1 pourvu toutefois qu'ils endossent la livre rpublicaine4 ,jamais1 en effet1 on ne vit autant de faux nobles1 autant d'usurpations1 de fabrications de noms1 que de nos jours4 ,nanmoins il faut savoir gr au gouvernement d'avoir retenu quelques formules de l'ancien protocole1 quelques-uns des gards de la vieille courtoisie franaise4 ,lors donc que vous crirez une personne qui a un titre nobiliaire1 n'oubliez pas de le mentionner dans votre lettre3 ,monsieur le duc1 ,monsieur le comte1 etc4 ,pour les personnages de trs haute dignit1 il tait d'usage en ,france1 et il l'est encore l'tranger1 de substituer la seconde personne ,vous1 une priphrase1 comme par exemple3 ,j'ai obi aux ordres que ,votre ,eminence1 que ,votre ,excellence m'a donns4 99 99 99 99 99 ,ce crmonial n'est pas de mise dans les lettres ordinaires4 ,leur rdaction varie selon le rang1 la position des destinataires2 leur formulaire est calqu sur ceux qu'on a vus plus haut4 ,quand on ne donne pas la ligne1 il est essentiel de placer le nom de ,monsieur ou ,madame le plus tt possible1 et de le rappeler dans le courant de la lettre4 ,c'est une impolitesse que de le trop reculer4 ,exemple3 ,je regrette bien1 ,monsieur1 etc4--,madame1 vous avez mille fois raison1 etc4 ,vous adressez-vous une personne avec laquelle vous entretenez des rapports familiers8 un collgue1 un camarade de classe ou de rgiment1 supprimez le mot ,monsieur et remplacez le par3 ,mon cher collgue1 ,mon cher camarade1 etc4 ,un homme qui crit une femme1 mme d'un rang infrieur au sien1 doit toujours le faire avec une forme respectueuse4 ,une femme1 quand elle crit ou parle un homme1 ne doit jamais se servir des expressions suivantes3 ,avoir l'honneur1 etc41 ou de vouloir bien lui faire l'honneur1 etc4 ,dans une lettre1 comme dans une visite ou une rencontre1 l'on ne chargera la personne laquelle on s'adresse1 de prsenter ses hommages ou ses compliments un tiers1 que s'il appartient sa famille2 et encore fera-t-on bien de se servir dans la lettre d'un correctif3 ,permettez que ,madame 999999 reoive ici les assurances de mon respect1 etc4 ,abstenez-vous de post-scriptum1 moins d'une circonstance imprvue et subite qui vous y force4 ,autrefois1 l'on se donnait beaucoup de peine pour amener avec esprit la fin d'une lettre2 aujourd'hui1 l'on n'y fait pas tant de faon1 et l'on finit en mettant l'alina3 ,je suis1 ou3 ,j'ai l'honneur d'tre1 etc4 ,on y joint l'expression de quelque sentiment3 ,je suis avec respect1 ou3 avec le plus profond respect1 etc41 ou encore3 ,recevez1 ,monsieur1 ou ,veuillez recevoir1 ,monsieur1 l'assurance de ma considration distingue4 ,a un suprieur1 on dirait3 de ma haute ou1 selon son caractre sacerdotal ou magistral1 ou mme son ge3 de ma respectueuse considration1 ou encore3 de mes sentiments les plus respectueux4 ,ce sont l autant de formules1 autant de rgles1 consacres par la politesse1 qu'il faut observer4 ,,lettres ,,de ,,remerciement ,c'est au cur parler dans ces sortes de lettres1 puisque le remerciement n'est autre chose1 comme l'observe ,bossuet1 qu'un acte de reconnaissance4 ,le service rendu1 les circonstances qui l'ont accompagn1 la gnrosit de celui qui oblige1 la sensibilit de celui qui reoit1 sa profonde gratitude1 sont autant de thmes dvelopper dans une lettre de remerciement4 ,quelques fragments de lettres l'appui3 ,le marchal de ,tallard ,mme de ,maintenon4 ,madame1 ,recevez1 s'il vous plat1 ici mes trs humbles remerciements du mot que vous me ftes l'honneur de me dire hier4 ,rien n'gale vos bonts3 rien n'gale ma reconnaissance1 etc4 ,lettre de ,saint-,evremont4 ,je suis un serviteur si inutile que je n'oserais mme parler de reconnaissance2 mais je ne suis pas moins sensible l'obligation1 etc4 ,lettre de ,mme de ,maintenon4 ,vous ne serez pas remercie1 puisque vous ne voulez pas l'tre2 mais la reconnaissance ne perd rien au silence que vous m'imposez4 ,lettre du comte de ,bussy4 ,je suis pntr du service que vous m'avez rendu2 et ce qui me charme dans votre procd1 c'est que vous m'ayez accord votre protection sans me l'avoir promise4 ,par la noblesse de votre action1 jugez1 ,madame1 de ma reconnaissance et de mon respect4 ,,des ,,lettres ,,de ,f,,licitation ,elles s'adressent soit des amis1 soit des suprieurs ou des gaux4 ,l'on se rjouit avec ses amis1 parce que l'on s'intresse sincrement tout ce qui peut leur arriver d'heureux1 et il n'est besoin1 pour cela que de laisser courir la plume4 ,il n'en est pas de mme des flicitations adresses ses suprieurs ou ses gaux4 ,comme les convenances en font presque tous les frais1 que le sentiment n'y est pour rien1 force est de se rejeter sur ces lieux communs que la politesse place chaque jour sur nos lvres1 de les tourner et retourner jusqu' ce que l'on puisse amener dcemment le3--,je suis1 ou--,j'ai l'honneur d'tre1 etc4 ,un peu d'enjouement ne gte rien dans une lettre de flicitation1 il ne fait que donner une saveur plus piquante aux compliments4 ,mme de ,svign crit au duc de ,chaulnes1 ambassadeur ,rome3 ,mais1 mon ,dieu6 quel homme vous tes1 mon cher ,duc6 on ne pourra plus vivre avec vous2 vous tes d'une difficult pour le pas qui nous jettera dans de furieux embarras4 ,quelle peine ne donntes-vous point l'autre jour ce pauvre ambassadeur d',espagne6 ,pensez-vous que ce soit une chose bien agrable de reculer tout le long d'une rue8 ,et quelle tracasserie faites-vous encore celui de l',empereur sur ses franchises8 ,vous tes devenu tellement pointilleux1 que l',europe songera deux fois comme elle se devra conduire avec ,votre ,excellence1 etc4 ,,lettres ,,de ,,condol,,ance ,on se borne gnralement1 dans ces lettres1 tmoigner la part que l'on prend la perte qui en fait le sujet4 ,si celui ou celle qui vous adressez vos compliments1 pleure une personne qui lui tait chre plus d'un titre1 ne craignez pas de lui en parler longuement4 ,la tristesse aime se replier sur elle-mme1 se nourrir de sa douleur4 ,quelques courtes rflexions de pit font trs bien dans une lettre de condolance4 ,la religion1 cette grande chose1 a seule des consolations qui nous lvent au-dessus des regrets et des misres humaines4 ,madame la duchesse de ,ventadour1 gouvernante des enfants de ,france1 venait d'crire ,louis ,,xv1 qui tait tomb malade ,metz1 pour le fliciter sur sa convalescence4 ,au mme moment1 elle reoit un courrier qui lui annonce la mort de ,madame ,sixime ,fontrevault1 o ,mesdames taient leves4 ,il devenait donc indispensable de joindre la lettre de flicitation une lettre de condolance4 ,madame de ,ventadour trouva une faon fort ingnieuse de les runir en une seule3 ,sire1 ,aprs la grce que le ,seigneur vient d'accorder la ,france1 en lui conservant ,votre ,majest1 il ne fallait rien moins qu'un ange en ambassade pour l'en aller remercier4 ,,des ,,billets ,ce qui distingue un billet d'une lettre1 c'est sa contexture1 son sans faon4 ,il n'y a qu'une supriorit bien marque ou une familiarit bien tablie qui puisse autoriser crire un billet4 ,on a souvent cit celui de ,louis ,,xiv au duc de ,la ,rochefoucauld qu'il venait de nommer ,grand-,matre de la ,garde-robe3 ,je me rjouis avec vous1 comme votre ami1 du prsent que je vous ai fait comme votre matre4 ,en voici un trs spirituel qui est crit la troisime personne4 ,il fut adress par ,m4 ,villemain une dame qui lui avait prt les posies d',andr ,chnier et qu'il lui renvoyait4 ,tous deux demeuraient porte porte3 ,madame1 un acadmicien malade1 qui ne lit plus de vers et ne sait plus par cur que les vtres1 se fait scrupule de garder ce volume que vous lui avez prt il y a quelques mois4 ,il a l'honneur de le faire remettre votre porte1 inutilement voisine de la sienne2 et il saisit cette occasion de vous offrir l'hommage de son respect1 et l'assurance qu'il n'est mort ou imbcile qu'officiellement4 ,pour comprendre ce dernier trait1 il faut se rappeler que ,m4 ,villemain relevait alors d'une longue maladie pendant laquelle on avait essay1 la cour de ,louis-,philippe1 de le faire passer pour fou4 ,cette faon d'crire la troisime personne a donn lieu par son ambigut plus d'une mprise assez drle1--tmoin l'anecdote suivante3 ,c'tait un dner o se trouvaient runis plusieurs hommes de lettres4 ,on causait style pistolaire1 et l'un d'eux attaquait vivement les billets crits la troisime personne4 ,un autre les dfendait1 prtendant qu'ils taient plus crmonieux1 plus polis4 --,bah6 reprit le premier1 un des mrites de la politesse1 c'est d'tre claire1 et rien ne l'est moins que vos diables de billets la troisime personne4 ,tenez1 voici ce qui m'est arriv moi qui vous parle1 il y a quelques annes4 ,je reus un beau matin de mon ami ,d4441 chef de division au ministre de4441 un petit mot conu en ces termes3 ,m4 ,d4441 chef de division1 s'empresse d'informer son ami ,a444 7votre trs humble67 qu'il vient d'tre nomm chevalier de la ,lgion d'honneur4 ,vous jugez de ma joie1 continue ,a4441 si j'tais l'homme le plus heureux du monde6 ,je courus chez mon graveur1 et lui commandai des cartes portant la flatteuse mention3 ,m4 ,a4441 chevalier de la ,lgion d'honneur4 ,je courus chez mon bijoutier1 et je choisis une croix du plus lgant module444 ,je courus chez un marchand de rubans et lui achetai une pice du plus beau moir rouge4 ,je courus chez tous mes amis pour recevoir leurs flicitations2 enfin je courus au ministre pour remercier mon ami ,d4441 et je me jetai dans ses bras3 --,ah6 mon ami1 que je suis heureux1 et combien je vous remercie de la bonne nouvelle4 --,cet excellent ,a4441 s'cria ,d4441 quelle part il prend mon bonheur6 --,merci pour le mot3 c'est moi qu'on dcore1 et le bonheur est pour vous6 --,comment6 c'est vous qu'on dcore8 --,mais oui1 n'est-ce pas8 --,mais non1 mon ami1 c'est moi qui suis dcor4 --,vous8 --,oui444 ,vous le mritez sans aucun doute plus que moi2 mais enfin1 c'est moi qui le suis4 ,je compris alors quel sens il fallait donner la phrase ambigu4 --,que le diable vous emporte avec votre troisime personne4 ,ne pouviez-vous pas m'crire tout simplement3 ,mon cher ami1 j'ai le plaisir de vous annoncer1 que je viens d'tre dcor4 ,je le quittai1 furieux1 et ne le revis que deux ans aprs1 lorsque je fus rellement dcor4 ,et voil cependant les consquences que peut amener cette prtentieuse troisime personne6 ,,lettres ,d',,invitation ,les invitations dner1 une soire1 un bal1 peuvent se faire de vive voix ou par crit4 ,dans ce dernier cas1 il faut varier la rdaction des billets1 selon le degr d'intimit qui nous lie aux personnes1 et d'aprs le rang et la position qu'elles occupent dans le monde4 ,trois ou quatre brouillons que l'on fera recopier y suffiront4 ,on ajoute au bas3 ,vous tes pri de rpondre4 ,ces invitations devront tre envoyes quatre ou cinq jours d'avance1 afin que l'invit ne prenne pas d'autre engagement4 ,s'il ne peut accepter1 il ira le jour mme ou le lendemain au plus tard1 s'en excuser1 ou bien il s'en excusera par lettre4 ,ne pas rpondre quivaut une acceptation4 ,il est de trs bon ton1 alors1 de remettre ou de faire remettre sa carte chez l'amphitryon1 l'avant-veille du jour dsign pour le dner ou la soire4 ,du temps de nos pres1 on avait quelquefois recours la posie pour les invitations4 ,voltaire1 charg par madame la duchesse du ,maine de prier souper chez elle l'auteur de l',art d'aimer1 lui crivit cet ingnieux quatrain3 ,au nom du ,pinde et de ,cythre1 ,gentil-,bernard est averti ,que l',art d'aimer doit samedi1 ,venir souper chez l',art de plaire4 ,,lettres ,,de ,,faire ,,part ,les lettres de faire part pour un mariage1 un enterrement ont une formule adopte que connaissent les imprimeurs ou lithographes4 ,il sera bon toutefois d'en revoir le contexte pour s'assurer qu'il ne s'y est rien gliss contre les convenances4 ,il faut se garder d'taler avec complaisance les titres et dcorations des personnes qui figurent dans ces billets4 ,ce n'est pas le lieu de faire argent de sa vanit1 lorsqu'on doit tre tout entier sa douleur4 ,la qualit de parent suffit en pareille circonstance4 ,les lettres d'avis pour la naissance d'un enfant doivent tre envoyes au nom du pre1 l'exclusion de la mre et des grands parents4 ,,des ,,diners ,,en ,g,n,,ral ,de mme qu'il y a fagots et fagots1 il y a dners et dners1 depuis le dner d'apparat1--dner grand seigneur1 haute banque1 ministre1 etc41 dont le cot varie de cent cent cinquante francs par personne1--jusqu'au repas frugal #j fr4 #hj ou #ij c4 ,,menu ,potage au pain ou ,julienne4 ,bouilli1 bifteck1 lapin saut4 ,pommes de terre ou haricots4 ,fromage ou pruneaux4 ,pain discrtion4 ,vin--un carafon 7le cr n'est pas indiqu74 ,par cachet1 #j fr4 #je c4 de diminution4 ,caf avec petit verre1 #j fr4 #cj c4 ,entre ces deux extrmes--cent cent cinquante francs1 et quatre-vingts ou quatre-vingt-dix centimes1--il y a bien de la marge1 bien des intermdiaires2 voyons3 ,le repas de noce1 le repas de corps1 qui se font l'un et l'autre sur commande1 et o l'on mange fort mal2 ,le dner en ville1 galement de commande3 premire1 deuxime1 troisime classe1 etc41 comme pour les enterrements4 ,les menus ne varient pas3 ,potage ,julienne ou pure ,crcy2--,turbot1 sauce aux cpres1 ou sauce genevoise2--,filet de buf aux champignons2--,poularde truffe1 la ,prigueux1 etc4 ,toujours et toujours les mmes mets1 avec ce got d'tuv bien prononc qui accuse leur cuisson au four2 les mmes sauces banales1 les mmes vins frelats2 les mmes verres1 les mmes plats2 car dans ces usines culinaires on fournit tout ce dont on peut avoir besoin3 linge de table1 ruolz1 porcelaines1 etc4 ,on prtend mme que ces honntes industriels tiennent en rserve un stock de quatorzimes1 prts toute heure1 pour les cas o l'absence accidentelle d'un invit rduit les convives au nombre fatidique de treize6 ,personne n'ignore quel point ces repas confectionns sur mesure1 horripilaient ,roqueplan2 aussi les a-t-il fltris de bonne encre3 ,une des plus grandes douleurs du dner en ville1 c'est l'uniformit de l'organisation de son menu4 ,qui en a mang un1 en a mang cent4 ,aprs cette soupe ridicule1 compose d'un bouillon ple et sans yeux1 et dans lequel s'entrechoquent de petits losanges blancs1 --,madre6 s'crie1 sans rire1 un valet de pied qui fait semblant de croire qu'il tient la main du vin de ,madre1 et non pas une dcoction de fleurs de sureau tendue d'eau-de-vie de pomme de terre4 --,chteau-,yquem #dg6 s'crie un autre mystificateur1 comme s'il ne savait pas qu'il verse du petit vin de ,lunel coup de ,grave4 --,turbot1 sauce aux cpres6 sauce genevoise6 ,la rage vous saisit4--,nous sommes pincs1 disent les gens d'exprience1 nous n'viterons pas le filet de buf aux champignons6 ,puis1 le dlire vous prend3 on mange de tout un peu1 on s'empoisonne avec varit1 on grignote sa mort6 ,dans la gnralit1 le dner en ville est mauvais et pernicieux4 ,par cette premire raison que presque personne ,paris n'a de cave1 et que la plupart des donneurs de dners achtent du vin pour la circonstance1 comme certains rudits ne prennent que dans ,bouillet la science dont ils ont besoin pour le jour mme4 ,c'est la cave ,bouillet4 ,pauvre ,roqueplan6 lui qui recevait jusqu' deux et trois invitations par jour1 il a fini par succomber la peine4 ,les dners en ville et le faux madre l'ont tu avant le temps1 ainsi qu'il l'affirmait ses amis la veille de sa mort4 99 99 99 99 99 ,reprenons l'numration des dners3 ,le dner de famille1 o l'on mange comme l'on veut1 quelquefois mme comme l'on peut4 ,le dner sans faon1 ou la fortune du pot1 444444 ,mal que le ciel en sa fureur ,inventa pour punir les gourmands de la terre4 gardez-vous en comme de la peste2 ,souvenez-vous toujours1 dans le cours de la vie1 ,qu'un dner sans faon est une perfidie4 c'est le lgislateur du ,parnasse franais qui le dit4 ,le banquet populaire1 l'usage des ,robert ,macaire et des ,gogos de la politique1 o l'on se repat de veau et de salade1 o l'on s'abreuve de petit bleu4 ,passons des sujets plus relevs ,paul majora canamus4 ,,les ,,grands ,,diners ,les gens qui ont un grand tat de maison1 qui font ce que l'on appelle figure dans le monde1 peuvent seuls donner de ces dners4 ,tout d'abord il faut avoir un htel soi1 un chef de cuisine de premier ordre1 avec une arme de marmitons2 une cave bien fournie1 une cave vcue2 puis quelque chose comme trois ou quatre cent mille livres de rente1 et mme davantage--ce ne sera pas de trop4 ,vous avez tout cela444 trs bien6 parfait6 ,mais si vous n'y joignez l'ducation1 l'esprit1 le tact et le got2 si vous n'avez pas t initi en famille aux secrets de la grande existence1 aux dlicatesses1 aux raffinements qu'elle comporte1 c'est comme si vous n'aviez rien4 ,vous aurez beau tenir table ouverte1 dployer tout le luxe possible1--ce ne sera pas a444 l'on mangera vos dners1 mais on se moquera de vous en arrire1 on vous traitera de ,californien4 ,sans doute les lingots psent dans la balance1 mais ils ne sont pas tout1 ce n'est qu'un accessoire4 ,la fortune1 dit ,la ,rochefoucauld1 est un pidestal qui montre mieux nos mrites et dvoile davantage nos dfauts4 99 99 99 99 99 ,l'on ne s'imagine pas ce qu'il faut d'intelligence et d'art pour composer et dresser un dner parfait1 un de ces dners dont tous les dtails sont tudis1 pess avec soin4 ,le prince de ,talleyrand qui1 pendant quarante ans1 a reu et trait sa table toute l',europe politique1 militaire1 savante1 artistique1 confrait chaque matin avec son matre d'htel et son cuisinier2 il discutait avec eux la composition du dner1 car il ne djeunait jamais4 ,il prenait deux ou trois tasses de camomille avant de se mettre au travail4 ,ses grands dners sont rests lgendaires dans le monde diplomatique1 et l'on consulte encore aujourd'hui leurs menus4 ,peut-tre ne lira-t-on pas sans intrt la description de son ordinaire pour une table de dix douze couverts4 ,il se composait de deux potages2 de deux relevs1 dont un de poisson2 de quatre entres2 de deux rts2 de quatre entremets et du dessert4 ,le prince mangeait avec apptit du potage1 du poisson1 d'une entre de boucherie1 qui tait presque toujours une noix de veau1 ou de ctelettes de mouton braises1 ou un peu de poulet1 ou de la poularde au consomm4 ,il mangeait parfois un peu de rti4 ,ses entremets habituels taient les pinards ou les cardons1 les ufs ou les lgumes de primeur1 et comme entremets de sucreries1 les pommes ou poires gratines4 ,un autre jour1 c'tait un peu de crme au caf4 ,il ne buvait que d'excellent vin de ,bordeaux1 lgrement tremp d'eau1 et un peu de xrs2 son dessert1 il demandait un petit verre de vieux malaga4 ,rentr au salon1 on lui prsentait une grande tasse qu'il emplissait lui-mme de morceaux de sucre1 puis on lui versait le caf4 ,avec ce rgime-l1 le prince a vcu quatre-vingt-deux ans4 ,que ceux qui veulent arriver jusque-l observent la recette3 nous la leur livrons gratis4 99 99 99 99 99 ,les dners se sont servis tour tour la franaise et la russe4 ,aujourd'hui le service russe a prvalu4 ,cependant le service franais est encore en usage dans quelques bonnes maisons de la capitale1 mais surtout en province1 parmi les familles de vieille souche4 coutons ce que dit ce sujet le ,carnet d'un mondain3 ,la mode franaise ne plaait pas le dessert sur la table4 ,on en disposait les friandises sur un dressoir4 ,un surtout d'argenterie1 de vieux saxe1 de cristal de ,venise ou de biscuit de ,svres avec des montures ciseles1 composait le seul ornement de la table1 sur laquelle on plaait des rchauds dont le nombre augmentait suivant l'importance du dner4 ,cette vieille mode avait bien son mrite4 ,elle exigeait un plus grand nombre de plats et un soin plus attentif dans la manire de les monter4 ,elle indiquait une hospitalit plus large4 ,aujourd'hui1 les fruits1 les fleurs1 les bonbons remplacent les antiques rchauds4 ,c'est peut-tre plus agrable1 plus flatteur l'il2 mais quel prix8 ,au dtriment des mets qui veulent tre servis et mangs aussitt qu'on les retire du feu4 ,on a sacrifi aussi les hors-d'uvre1 qu'on passait aprs le potage1 et qui stimulaient1 qui prparaient si bien l'estomac4 ,esprons qu'on y reviendra4 ,quelques plats nouveaux1 ou renouvels du ,x,v,i,i,ie sicle1 ont apparu cette anne sur la table de quelques maisons du high-life4 ,voici la nomenclature qu'en donne le ,carnet3 ,les laitances de carpes l',indienne2 ,les pattes d'oie bottes l',intendant2 ,les oreilles de cerf en menus-droits2 ,les crtes de coq la gauloise2 ,les glaces au pain bis et au beurre frais2 ,les trains de livre la ,saint-,hubert 7 la gele de confiture de ,bar74 ,les deux menus qui suivent sont galement emprunts au ,carnet4 ,le premier est celui du dner du ,jour de l'an1 offert au grand-duc ,constantin l'ambassade de ,russie4 ,l'autre est le menu d'un dner intime de dix-huit personnes chez un grand financier4 ,,grand ,,diner ,potage crme d'orge aux quenelles4 ,soupe tortue l'anglaise4 ,petite croustade ,rgence4 ,sterlets la ,russe4 ,selle de chevreuil garnie4 ,filets de poularde petits pois nouveaux4 ,aspic de crustacs la ,bagration4 ,sorbets au kirsch4 99 99 99 99 99 ,faisans truffs4 ,pts de foie gras de ,strasbourg4 ,asperges en branches4 ,gteau de ,compigne aux cerises4 ,glace d'ananas4 ,,diner ,,intime ,hutres4 ,potage princesse et tortue4 ,laitances de carpes aux truffes4 ,ctelettes de chevreuil pure ,soubise4 ,faisans la ,godard4 ,chaufroix de cailles et de bcasses4 ,rti d'ortolans4 ,dinde truffe4 ,salade ,impratrice4 ,bombe royale4 ,dessert4 ,,le ,,diner ,,entre ,,gastronomes ,le gastronome n'aime pas les grands dners4 ,ces repas solennels1 o l'on donne plus l'tiquette qu' l'art1 o l'on s'attache plus charmer les yeux qu' flatter le got2 ces runions nombreuses de gens inconnus pour la plupart les uns aux autres1 o rgnent la froideur et la contrainte1 n'ont pour lui aucun attrait4 ,le gastronome par excellence pousse l'amour de la table jusqu' l'exclusion de toute autre passion4 ,il n'admet pas l'lment fminin ses agapes4 ,a tort ou raison1 il prtend que la plus belle moiti du genre humain veut tre sans cesse admire1 et il ne saurait distraire la moindre parcelle de son admiration1 il la rserve tout entire pour les mets dlicats4 ,le marquis de ,cussy1 un des derniers reprsentants de l'exquise politesse de l'ancienne cour1 partageait cette doctrine de l'exclusion des femmes aux dners des gastronomes4 ,il est vrai que nous ne l'avons connu que dans les derniers temps de sa vie4 ,peut-tre n'avait-il pas toujours pens de mme8 ,chaque ge a ses plaisirs1 son esprit et ses murs4 ,c'tait bien le type du gastronome le plus accompli1 le plus parfait de tous points4 ,ruin par les vnements politiques1 aprs avoir eu une immense fortune1 il lui restait peine cette mdiocrit dont parle ,horace2 elle lui suffisait cependant pour vivre avec dignit et recevoir quelques amis4 ,il donnait un dner toutes les semaines et faisait lui-mme son march4 ,ce jour-l1 il tait la halle ds quatre heures du matin4 ,ses dners duraient trois heures4 ,jamais plus de onze convives1 jamais moins de cinq4 ,puis sept1 puis neuf4 ,pourquoi ces nombres impairs8 tait-ce pour se conformer au vieil adage romain3 ,numero ,deus impare gaudet8 ,on ne sait pas4 ,m4 de ,cussy a emport son secret dans la tombe4 ,voici quelques-uns de ses aphorismes3 ,ne runissez dner que les gens qui s'affilient en morale et en penses2 ,mangez avec mesure1 buvez petits traits2 ,ne faites rien de trop pour votre estomac1 ou il vous abandonnera1 car il est ingrat2 ,en hiver1 votre salle manger sera chaude2 treize degrs2 baignez-l de lumire4 ,c'tait un aimable et gai causeur1 aimant assez la controverse4 ,il s'attaquait volontiers ,brillat-,savarin2 il le considrait comme un gros mangeur et ne lui reconnaissait pas les qualits qui constituent le gastronome fin et dlicat4 ,l'entendant1 un jour1 demander deux douzaines d'hutres par couvert1 dtaches et places d'avance3 ,professeur1 lui dit-il1 vous n'y songez pas2 des hutres ouvertes et dtaches6 ,je ne vous excuse que parce que vous tes n dans le dpartement de l',ain6 ,brillat-,savarin soutenait qu'une salle manger devait tre orne de glaces4 ,m4 de ,cussy rsistait1 parce que ce n'est qu' jeun qu'on doit s'tudier dans son miroir4 ,le professeur conseillait la musique pendant le dner2 ,m4 de ,cussy l'admettait1 mais la condition que les instruments vent y domineraient4 ,aussi passionn pour la musique que pour la bonne chre1 il passa trois heures1 la veille de sa mort1 rpter avec sa fille des scnes entires d'opras1 et le jour mme o il expira1 il avait mang et digr un perdreau rouge en entier4 ,c'tait mourir au champ d'honneur6 ,,le ,,diner ,,bourgeois ,c'est le dner d'autrefois1 le dner du vieux temps1 lorsqu'il existait une haute bourgeoisie1 compose de l'lite des citoyens vous aux professions librales1 qu'ils honoraient de leur mrite et de leurs vertus4 ,bien habile qui pourrait dire aujourd'hui o commence et o finit ce que l'on nomme la bourgeoisie4 ,il tait d'usage1 dans cette ancienne bourgeoisie1 de donner tous les ans un ou plusieurs dners qu'on appelait de crmonie4 ,cela se pratique toujours en province1 de mme que dans certaines familles parisiennes1 pour qui ces dners sont une obligation d'tat1 de position de fortune4 ,le nombre des convives varie de dix dix-huit au maximum1 en ayant soin de ne s'arrter jamais au chiffre redout de treize1 qui n'est cependant craindre1 comme le remarque ,grimod de la ,reynire1 qu'autant qu'il n'y aurait manger que pour douze4 ,c'est un dner de crmonie que vous tes invit4 ,la tenue de rigueur est3 l'habit noir1 la cravate blanche1 les gants blancs ou paille4 ,dj quelques personnes sont runies1 votre entre dans le salon4 ,vous faites les salutations d'usage et vous restez debout1 en causant avec vos voisins1 jusqu'au moment o le matre d'htel ou le domestique qui en tient lieu1 ouvre les deux battants de la porte et prononce les mots sacramentels3 ,madame est servie6 ,le matre de la maison offre alors le bras la femme qui1 en raison de son ge ou de sa position sociale1 a droit cette marque de respect ou de dfrence4 ,il passe le premier4 ,la matresse de la maison donne le bras l'homme le plus g ou le plus considrable4 ,elle vient en second4 ,les invits prennent la file1 en se conformant aux rgles prescrites par l'tiquette4 ,c'est le bras droit que le cavalier doit toujours offrir4 ,au passage d'une porte1 il s'avancera en s'effaant un peu gauche1 afin de laisser plus d'espace sa dame1 et de ne point amener de rencontre fcheuse avec la trane ou les garnitures de la robe4 ,arrivs tous deux dans la salle manger1 il saluera sa compagne qui rpondra par une lgre inclination4 ,ils attendront qu'on leur dsigne leurs places1 moins que celles-ci ne soient indiques par des cartes poses sur les serviettes4 ,le cavalier ne s'assira que lorsque ses voisines de droite et de gauche se seront parfaitement installes--toujours en vertu de cette extrme attention que commandent l'agencement et les ondulations coquettes des robes4 ,le matre et la matresse de la maison occupent le milieu de la table1 en face l'un de l'autre4 ,les places d'honneur sont leur droite d'abord1 puis la gauche4 ,les convives se rangent la suite1 de chaque ct1 en observant toujours les prescriptions des diverses hirarchies sociales4 ,c'est un trs grand art de savoir placer son monde1 que de bien assortir les ges1 les positions et les sympathies1 de manire ne froisser personne1 ne blesser aucun amour-propre4 ,nous avons entendu un matre dans la science du savoir-vivre1--,magister elegantiarum--critiquer cette faon de numroter les convives1 de les mesurer la toise hirarchique4 ,a son avis1 tous les invits tant gens d'ducation1 devraient tre traits sur le pied d'galit4 ,il n'admettait de prsance que pour les ministres de ,dieu et les vieillards des deux sexes4 ,cette prsance de l'habit ecclsiastique est du reste consacre par l'usage4 ,quand il se trouve un prtre parmi les assistants1 c'est lui que revient de droit la premire place d'honneur ct de la matresse de la maison1 de mme qu'elle appartient de droit aussi1 dans le corps diplomatique1 au ,nonce du ,pape4 99 99 99 99 99 ,vous voil donc parfaitement install4 ,vous vous tes inclin droite et gauche1 en changeant quelques paroles banales4 ,n'oubliez pas que votre position de cavalier servant vous oblige rendre la personne que vous avez accompagne tous les petits services possibles4 ,vous lui verserez boire1 si les vins sont sur la table2 vous veillerez attentivement ce que rien ne lui manque4 ,soyez aimable et prvenant1 mais sans familiarit4 ,pesez bien vos paroles1 et1 pour plus de sret1 renfermez-vous dans les gnralits4 ,si le matre de la maison offre lui-mme d'un plat1 ou la matresse de la maison d'une ptisserie1 d'une friandise quelconque confectionne par elle1 on est tenu de faire honneur cette attention toute gracieuse4 ,quand la conversation devient gnrale1 si vous tenez y prendre part1 faites-le en homme de bon ton4 ,n'interrompez pas1 et surtout n'interpellez jamais personne d'un bout de la table l'autre4 ,assez ordinairement l'amphitryon a eu soin d'inviter un de ces beaux esprits1 joyeux conteurs1 qui ont toujours quelque nouvelle et merveilleuse histoire4 ,mry s'tait fait une rputation hors ligne en ce genre4 ,nous nous rappelons qu' une certaine poque un grand nombre de lettres d'invitation dner se terminaient invariablement par cette formule allchante3 ,nous aurons ,mry4 ,le procd tait des plus cavaliers1 mais qui la faute8 ,mry se vantait de devoir ,dieu et au ,diable3 c'taient les seuls peut-tre qu'il n'et pas fait contribuer4 ,par ses emprunts ritrs1 il s'tait mis la discrtion de ses cranciers1 et ceux-ci taient excusables1 et mme tout prendre1 trs louables1 de consentir se rembourser en racontars4 ,est-il beaucoup de gens aujourd'hui qui se contenteraient d'une pareille monnaie8 ,il lui arriva un jour d'emprunter contre signature une somme1 relativement assez forte1 un banquier qui fut depuis dput de l'arrondissement de ,saint-,denis4 ,bien entendu qu' l'chance le susdit billet revint sans tre pay4 ,c'tait une habitude laquelle ,mry ne drogeait gure2 mais il eut le tort de ne point reparatre chez son crancier4 ,celui-ci donna ordre son huissier de poursuivre outrance3 si bien que1 de petit papier en petit papier1 le dbiteur un beau matin fut apprhend au corps et conduit444 la prison pour dettes8--,non pas6 ,mais bellement chez son crancier4 --,monsieur1 fit celui-ci d'un air courrouc1 vous tes mon prisonnier de par la loi2 cependant1 en faveur de nos anciennes relations1 je veux bien vous laisser libre sur parole1 la condition expresse que vous comparatrez ma table1 toutes les fois que vous en serez requis1 et ce--jusqu'au jour o vous m'aurez rembours intgralement--capital et intrt4 --,accept6 rpliqua ,mry4 ,au fait1 vous me devez les aliments4 ,a peu prs la mme poque1 ,dumas pre1 ayant appris que1 dans une maison o il n'allait que fort rarement1 l'on s'tait servi de son nom1 au bas des invitations1 imagina cette vengeance spirituelle de n'ouvrir la bouche que pour manger4 ,a toutes les questions qu'on lui adressait1 il rpondait par des oui1 des non1 ou quelques mots des plus laconiques4 ,vivement contrari de ce mutisme auquel il ne s'attendait pas1 l'amphitryon prit le parti d'interpeller directement son hte4 --,monsieur ,dumas1 lui dit-il1 est-ce que vous n'allez pas nous raconter quelque chose8 --,trs volontiers1 cher ,monsieur1 mais la condition que chacun y mettra du sien et servira un plat de son mtier4 ,mon voisin1 par exemple1 qui est capitaine d'artillerie1 tirera d'abord un coup de canon1 et aussitt je commencerai une histoire4 99 99 99 99 99 ,revenons notre dner4 ,une gaiet expansive circule avec les vins de dessert2 la joie rayonne sur tous les visages4 ,aujourd'hui1 l'on ne porte plus gure de toasts que dans les banquets politiques4 ,pourtant si l'amphitryon offrait une sant1 tous les convives s'inclineraient pour saluer la personne qui elle est adresse1 et videraient entirement leurs verres4 ,mais voici que le signal de quitter la table est donn4 ,chacun se lve en dposant sa serviette sur son assiette1 et offre le bras sa voisine de droite4 ,le retour au salon s'effectue de la mme manire que pour la sortie1 cette diffrence prs que la matresse de maison laisse passer tout le monde devant elle4 ,son mari ouvre la marche comme avant le dner4 ,les convives le suivent1 et chacun d'eux ramne sa place la dame qu'il a conduite table4 ,un instant aprs1 on apporte le caf3 c'est la matresse de la maison qui en fait les honneurs4 ,ne versez pas votre caf dans votre soucoupe2 laissez votre cuiller dans la tasse4 ,etes-vous du nombre de ceux qui ne peuvent se priver du cigare ou de la cigarette aprs avoir mang8 ,suivez le matre de la maison au fumoir1 et rentrez au salon le plus tt possible4 ,la politesse exige que vous contribuiez pour votre part l'agrment du reste de la soire4 ,si la matresse de la maison parle de faire un peu de musique1 les amateurs s'empresseront de dfrer son dsir4 ,c'est elle ne point abuser de leur complaisance4 ,on n'a pas oubli la piquante rponse de ,chopin son amphitryon qui se croyait en quelque sorte en droit de tenir le grand artiste au piano pendant toute la soire4 --,ah6 ,monsieur1 dit ,chopin1 aprs avoir jou une mazurka1 j'ai si peu mang6 99 99 99 99 99 ,il faut pourvoir tout1 quand on s'est charg1 comme le dit ,brillat-,savarin1 du bonheur de ses invits durant cinq ou six heures4 ,en consquence1 des tables de jeu ont t dresses dans un petit salon1 pour les personnes dont c'est la passion favorite1 et mme l'unique amusement1 de remuer les cartes4 ,le matre ou la matresse de la maison engageront les parties entre les amateurs qui ne se mettront au jeu qu'aprs en avoir t pris4 ,les dames choisissent leurs places2 les hommes attendent pour s'asseoir qu'elles aient fait ce choix4 ,il est d'usage que la personne qui distribue les cartes pour la premire fois1 s'incline et que chacun lui rende son salut avant de relever son jeu4 ,les jeunes gens doivent s'abstenir de jouer4 ,une jeune femme ne paratra une table de jeu1 qu'autant que sa prsence sera ncessaire pour remplir une place vacante4 ,pendant que chacun est ses plaisirs1 on a servi le th dont la matresse de la maison a fait les honneurs comme pour le caf4 ,la soire s'avance1 et dj quelques personnes se sont leves1 bien que la matresse de la maison ait cherch les retenir4 ,il est l'heure1 plus que l'heure de se retirer4 ,vous prenez alors cong de vos htes auxquels vous devez une visite dans les huit jours4 ,n'oubliez pas1 au cours de cette visite1 de faire l'loge du dner et des convives4 ,appuyez surtout sur la gracieuse hospitalit du matre1 et de la matresse de la maison4 ,,les ,d,,jeuners ,les djeuners dits la fourchette sont peu usits ,paris1 en raison de l'heure qu'il faudrait leur consacrer1 et qui est due forcment aux affaires4 ,il n'en est pas de mme en province1 o l'on a beaucoup plus de temps soi4 ,l1 les djeuners-dnatoires sont en grand honneur4 ,l'on se met table midi et l'on y reste jusqu' trois ou quatre heures4 ,la bonne chre fait les dlices de ces repas2 l'on y mange une cuisine excellente confectionne par un vritable cordon bleu1 des sauces qui ne sont point frelates1 des viandes qui sont rties la broche et n'ont rien dmler avec cet ignoble four1--sans contredit la plus dsastreuse conqute de la civilisation moderne4 ,ajoutez cela qu'en province il n'est pas de propritaire1 de rentier un peu riche1 qui n'ait un caveau rserv1 avec ses vins bien rangs et tiquets par rcolte3 toutes choses fort rares ,paris et qui tendent le devenir davantage chaque jour4 ,a bien dire1 les djeuners pris ,paris sont des djeuners d'affaires1 entre hommes4 ,aussi est-il reu qu'aprs le dessert les dames quittent la table pour laisser ces messieurs leurs conversations srieuses et leurs cigares4 ,les hommes y assistent en redingote noire1 cravate item2 ,les femmes en toilettes mixtes1 ou toilettes d'intrieur4 ,,le ,,tabac ,le tabac1 soit qu'on le prenne en poudre ou qu'on l'aspire en fume1 occupe une si large place dans nos habitudes1 il y a opr un changement si considrable1 si funeste l'existence mme de la bonne compagnie1 qu'il nous est impossible de n'en pas dire quelques mots4 99 99 99 99 99 ,le tabac en poudre1 malgr ,aristote et sa docte cabale1 est rest divin pour les priseurs4 ,il est remarquer toutefois que sa consommation tend diminuer1 tandis que celle du tabac fumer va sans cesse en progressant4 ,cela tient ce que la clientle des priseurs qui se compose en trs grande majorit de vieillards des deux sexes1 est loin de se recruter en proportion des vides qu'elle prouve4 ,depuis que la tabatire a cess d'tre un objet de luxe et d'ostentation1 depuis qu'elle n'est plus la mode1 la fameuse poudre la reine a t frappe de discrdit4 ,elle a perdu cent pour cent dans l'estime des nez priser1 ou1 pour viter un mauvais jeu de mot1 des nez qui prisent4 ,le tabac fumer a vu1 au contraire1 s'accrotre son empire2 chaque jour il fait de nouvelles conqutes4 ,c'est qu'aussi il flatte et caresse bien mieux les apptences de l'homme1 chez qui tout est fume3 fume de la gloire1 fume des richesses1 fume des honneurs1 etc41 etc4 ,chacun poursuit ici-bas sa fume avec la mme ardeur que ce pauvre ,ixion poursuivait sa nue4 ,on fume partout--au dehors et au dedans1 dans la rue comme chez soi1 la ville et aux champs4 ,c'est une pidmie qui prend les gnrations presque au sortir du berceau1 et s'tend sur elles comme une plaie incurable4 ,en vain des socits se sont fondes1 des mdecins1 des savants1 des acadmiciens1 des journalistes1 se sont runis pour conjurer le mal2 en vain ont-ils fait paratre brochures sur brochures1 articles sur articles1 pour signaler les dangers du tabac1--ce poison aussi fatal la sant de l'homme que prjudiciable sa bourse4 ,le tabac1 crivait ,charles ,fourier1 est l'opium de l'esprit humain3 ,peuple qui fume1 peuple qui prit4 ,stendhal 7,beyle71 cet esprit si fin et en mme temps si profond1 a pouss plus avant et surtout plus en avant ses observations3 ,si la ,turquie1 dit-il1 porte la nuit sur son visage1 si l',allemagne rve dans l'espace1 si l',espagne dort d'un sommeil entrecoup de somnambulisme1 si la ,hollande touffe dans son embonpoint1 si la ,france enfin laisse flotter son regard1 nous devons dsormais accuser de ce mystrieux suicide national1 le chibouque1 la pipe1 le cigare et la cigarette4 ,pour peu que la chose dure encore un sicle ou deux1 l'intelligence du monde finira en fume1 et le singe pourra traiter avec l'homme d'gal gal4 ,ces sages avertissements n'ont servi rien4 ,les fumeurs n'en ont tenu aucun compte2 ils ont allum leur tabac avec les feuillets des brochures1 avec les articles des journaux1 et le feu des cigares et de la cigarette a continu sur toute la ligne avec plus d'intensit que jamais4 ,aujourd'hui1 le cigare rgne et gouverne en matre absolu4 ,de ,paris ,pkin1 de ,londres ,philadelphie1 de ,lisbonne ,ptersbourg1 de ,brest ,stamboul1 c'est qui se rangera ,sous le sceptre cendr de ce tyran en feu4 ,il est devenu le commensal de tous les logis1 et s'assied tous les foyers1 se mle tous les propos mme aux entretiens les plus doux4 ,il est l'ami1 le confident de nos penses1 le compagnon de nos travaux2 il a sa part de toutes nos peines1 de tous nos plaisirs4 ,comme les lettres de ,pline1 il nous suit la ville1 la campagne1 aux eaux2 il est de tous les voyages1 monte en chemin de fer1 et secoue sa cendre sur la robe des dames4 ,parfois1 il veut bien encore leur demander la permission de s'allumer2 mais c'est pour la forme1 et il le fait de faon n'tre pas refus4 ,encore un peu de temps1 et le cigare s'allumera tout seul6 ,o cela s'arrtera-t-il8 ,cela ne s'arrtera pas4 ,les choses prendront mme un dveloppement que les circonstances n'ont pas permis jusqu' prsent4 ,a l'aide du progrs1--n'en doutez pas--les coles1 les collges1 un peu bien situs dans l',universit1 finiront par possder des professeurs asserments de fumerie4 ,on fumera partout et toujours3 en se couchant1 en se levant1 en mangeant1 en vaquant toutes ses occupations4 ,le cigare deviendra le flambeau de l'hymne3 on se mariera le cigare la bouche4 ,le monde enfin ne sera plus qu'un vaste appareil fumivore1 et les feux du tabac nous consumeront1 ainsi qu'il est dit dans l',apocalypse3 ,et circumdabit gentes fumus1 et perebunt6 ,et la fume envahira les nations1 et elles priront6 ,cette fume aperue travers les ges par saint ,jean ne peut tre que la fume du tabac1 moins pourtant que ce ne soit celle de la dynamite6 ,c,r,,monies ,,du ,,bapt,,me1 ,,du ,,mariage ,,et ,,de ,l',,enterrement ,nous n'avons pas entrer ici dans tous les dtails de ces diverses crmonies2 nous nous bornerons rappeler les principaux usages que l'tiquette prescrit pour chacune d'elles4 ,,le ,,bapt,,me ,le baptme est une crmonie purement religieuse4 ,c'est l'entre dans le giron de l'glise de l'enfant qui vient de natre1 et qui son parrain et sa marraine servent d'introducteurs4 ,le grand-pre paternel et la grand'mre maternelle sont de droit parrain et marraine du premier n4 ,on alterne pour le second4 ,le pre de la jeune femme en est le parrain1 et la mre du mari la marraine4 ,a dfaut de l'un ou de l'autre1 ou de tous les deux1 on choisit toujours l'ascendant le plus proche et le plus g dans la ligne paternelle et dans la ligne maternelle4 ,il est d'usage de laisser la marraine le choix de son compre4 ,quelquefois cependant on lui dsigne la personne qu'on dsirerait donner pour parrain l'enfant2 mais elle est libre de refuser4 ,avant d'offrir le parrainage une personne1 les parents auront soin de s'assurer si cette proposition lui agre4 ,dans le cas o il ne vous conviendrait pas d'accepter une pareille demande1 apportez dans votre refus toutes les formes et la bonne grce possibles4 ,on ne doit pas refuser de servir de parrain ou de marraine l'enfant d'une personne qui est dans une situation peu aise4 ,ce serait manquer tout la fois de charit et de savoir-vivre4 ,ne vous offrez jamais personnellement pour tre parrain ou marraine dans une famille d'une condition gale la vtre1 et encore moins d'une condition suprieure4 ,la qualit de parrain et de marraine implique une sorte de responsabilit presque paternelle2 elle est tout la fois une charge matrielle et morale4 ,ainsi elle oblige des frais de crmonie1 des dpenses diverses pour cadeaux4 ,nous ne parlerons pas des cadeaux qui varient selon les localits1 et qui sont en outre subordonns la position de fortune de ceux qui donnent et de ceux qui reoivent4 ,le parrain est le grand dispensateur de drages4 ,la veille du jour du baptme1 il envoie sa commre une ou plusieurs douzaines de botes1 selon qu'il tient faire les choses plus ou moins largement4 ,il distribue des cornets de bonbons avec pices d'argent la garde-malade et aux domestiques4 ,voici comment se rglent les choses1 le jour de la crmonie3 ,le pre se charge du service des voitures4 ,il en envoie une au parrain qui va lui-mme chercher la marraine et la fait monter avec lui4 ,le pre1 la nourrice ou la garde1 occupent une seconde voiture2 mais1 la rigueur1 une seule peut suffire4 ,dans ce cas1 la marraine occupe le fond de la voiture avec l'enfant et la nourrice4 ,le pre et le parrain se plaent sur la banquette du devant4 ,si c'est l'enfant d'un haut personnage que l'on va faire baptiser1 l'enfant occupera le fond de la voiture avec la marraine1 et mme on lui donnera la droite comme place d'honneur4 ,en arrivant l'glise1 la femme qui porte l'enfant1 entre la premire4 ,le parrain et la marraine la suivent1 sans se donner le bras2 puis viennent le pre1 les parents et les amis de la famille4 ,quand la crmonie commence1 le parrain se place droite de l'enfant1 la marraine gauche4 ,la nourrice tient la tte de l'enfant appuye sur le bras droit4 ,le prtre fait les questions voulues et exorcise le nouveau-n4 ,le parrain et la marraine rcitent voix basse1 et en franais1 le ,pater et le ,credo1 et prennent les engagements chrtiens pour le compte du bb4 ,de l l'obligation qu'ils contractent de surveiller la faon dont il sera lev et de le suivre dans le dveloppement graduel de son existence4 ,l'enfant a reu trois noms3 un de sa marraine1 un autre du parrain1 et le troisime choisi par la mre2 et c'est sous ces trois noms1 qui doivent se trouver dans le calendrier des ,saints1 que le prtre baptise l'enfant4 ,on se rend alors la sacristie pour y signer l'acte de baptme4 ,il faut veiller trs attentivement ce que les noms donns l'enfant soient les mmes que ceux qui figurent sur les registres de la mairie1 sans quoi il serait expos par la suite toute sorte d'embarras1 chaque fois qu'il aurait se servir de ces deux actes4 ,le pre envoie une bote de bonbons l'ecclsiastique qui a administr le baptme1 et y ajoute quelques pices d'or ou d'argent1 selon sa fortune4 ,il y a encore le suisse1 le sacristain1 l'enfant de chur ainsi que les pauvres1 qui vous attendent la sortie de l'glise1 et auxquels il est d'usage de distribuer quelque argent3 c'est l'affaire du parrain4 ,le parrain et la marraine reconduisent l'enfant sa mre1 et reoivent ses remerciements en change de leurs flicitations4 ,gnralement1 un repas de gala a lieu aprs la crmonie4 ,si la mre est encore trop faible pour y assister1 l'on se borne une collation1 et l'on attend son rtablissement1 afin qu'elle puisse participer au repas et en faire les honneurs4 ,a partir de ce jour1 le parrain et la marraine sont considrs comme membres de la famille4 ,ils s'occuperont de leur filleul ou filleule qui1 de leur ct1 n'oublieront jamais le respect et la reconnaissance qu'ils doivent l'un et l'autre4 ,,le ,,mariage ,mariage la ,mairie4 ,passons sur les prliminaires pour arriver tout de suite aux crmonies civile et religieuse4 ,le contrat a t sign par les deux parties4 ,le sacrifice est fait1 d'un ct comme de l'autre2 le notaire y a pass1 comme on le dit encore dans certaines provinces2 en d'autres termes1 il n'y a plus y revenir4 ,la publication des bans se fait l'glise1 en mme temps que le mariage est affich la mairie4 ,il ne peut avoir lieu que dans la commune o l'un des deux contractants a son domicile1 lequel s'tablit par six mois de rsidence continue4 ,les pices fournir la mairie1 sont3 #a ,un certificat constatant que la publication des bans a t faite dans les localits o la loi l'exige2 #b ,les extraits de naissance des conjoints1 et en cas d'impossibilit1 un acte de notorit dlivr sur le lieu de leur naissance1 ou de leur domicile4 ,cet acte devra tre lgalis sans le moindre vice de forme4 #c ,le consentement par acte notari des pre et mre1 dans le cas o ils ne pourraient assister la clbration du mariage2 et1 dans le cas o ils auraient refus ce consentement1 la preuve lgale que les soumissions respectueuses ont t faites suivant les prescriptions de la loi2 #d ,le futur est tenu de fournir son acte de libration du service militaire2 #e ,s'il appartient l'arme1 l'autorisation du ministre de la guerre4 ,a ,paris1 le mariage la mairie a presque toujours lieu la veille du jour de sa clbration l'glise4 ,cependant la clbration l'glise peut tre retarde de plusieurs jours4 ,aujourd'hui1 il n'y a gure que les parents des futurs et leurs tmoins qui assistent au mariage civil4 ,ces tmoins au nombre de quatre1--deux pour le mari1 deux pour la marie1--sont pris parmi les plus proches parents2 quelquefois aussi ce sont des personnages dont on dsire se faire honneur et appui4 ,on se rend la mairie en voitures ordinaires et en toilette de ville1 qui est laisse au got de chacun4 ,le maire ou l'adjoint lisent la loi aux futurs et leur font prononcer le ,oui sacramental4 ,aprs quoi1 ils sont dclars unis devant la loi4 ,c'est la marie qui signe la premire2 puis elle passe la plume son mari qui1 en la recevant1 salue et dit3 ,merci1 ,madame6 ,a partir de ce moment1 chacun l'appelle ,madame4 ,l'poux et ses parents reconduisent la marie son domicile4 ,le soir1 un dner auquel les tmoins seuls assistent1 runit les deux familles4 ,le ,mariage l'glise4 ,pour se marier l'glise1 on devra fournir3 #a ,un certificat constatant la publication des bans dans les glises o elle est exigible2 #b ,un extrait de l'acte de baptme1 ou son dfaut1 une attestation que l'on a fait sa premire communion2 #c ,un billet de confession4 ,le mari et sa famille vont chercher la marie et les siens leur domicile2 ,le mari offre celle-ci le bouquet de noces qui doit tre entirement blanc2 ,il porte galement avec lui l'anneau et la pice de mariage1 laquelle peut tre d'or ou d'argent1 selon la fortune des conjoints4 ,les lettres d'invitation faites en double1 ont d tre envoyes huit jours au moins avant le mariage2 ,les lettres de faire part ne s'envoient que dans la quinzaine qui suit4 ,elles sont destines aux personnes habitant une autre rsidence1 celles avec qui l'on n'a pas de relations suivies1 tous ceux enfin dont on n'espre pas1 ou mme dont on ne dsire pas la prsence la crmonie4 ,on expdie ces lettres dans de grandes enveloppes1 en ayant soin de placer en dessus la lettre des parents ou tuteurs qui en font l'envoi4 ,voici dans quel ordre le cortge se rend l'glise3 ,la premire voiture est occupe par la marie qui s'installe au fond et droite1 ayant sa mre sa gauche4 ,le pre s'assied sur la banquette du devant2 ,dans la seconde voiture1 prennent place le mari et sa famille4 ,il occupe le fond1 gauche1 sa mre sa droite1 et le pre sur le devant2 ,puis vient la voiture de la demoiselle d'honneur2 et aprs celles des tmoins et des autres membres de la famille4 ,c'est une sur de la marie1 ou une des plus proches parentes1 ou encore une amie intime qui remplit le rle de la demoiselle d'honneur2 ,de mme pour le mari1 c'est son frre ou un ami qui lui sert de garon d'honneur4 ,la demoiselle et le garon d'honneur doivent tre clibataires4 ,la qute est toujours faite par la demoiselle d'honneur4 ,s'il y a deux quteuses1 cette fonction en double revient la plus jeune parente du mari1 et le plus jeune parent de la marie lui donne la main pour quter4 ,il est de bon got d'indiquer trs exactement sur les lettres l'heure de la crmonie1 afin de ne pas faire attendre les invits2 ,ceux-ci doivent tre rendus l'glise pour le moment de l'entre des jeunes poux4 ,quand les voitures arrivent devant le portail1 le suisse dispose aussitt le cortge sur deux rangs1 de manire que la jeune marie1 en passant au milieu1 soit protge contre les regards indiscrets des curieux2 ,le pre de la marie lui offre la main pour la conduire l'autel4 ,le mari la suit avec sa mre2 la mre de la marie est au bras du pre du jeune homme4 ,puis viennent la demoiselle et le garon d'honneur2 les tmoins avec les plus proches parents et les autres membres de la famille4 ,arrivs devant les siges qui leur sont rservs1 le mari se place droite1 la marie gauche4 ,les parents de chaque famille1 les amis et les invits1 se rangent dans le mme ordre2 droite1 ceux du jeune homme2 gauche1 ceux de la jeune femme4 ,a l',offertoire1 le pole est tenu par les deux plus jeunes garons de la famille4 ,si l'un d'eux est trop petit1 on le hisse droit sur une chaise4 ,aux questions adresses par le prtre1 le mari et la marie rpondent demi-voix et en s'inclinant avec respect4 ,au moment de la bndiction de l'anneau1 les poux tent leurs gants1 et le mari prend de la main droite l'anneau que lui prsente le prtre et le passe au doigt annulaire de la main gauche de la marie4 ,la messe termine1 on se rend dans l'ordre suivant la sacristie pour signer les actes du mariage3 ,le pre du mari donne le bras la marie2 la mre de la marie au jeune poux2 et ainsi de suite en intervertissant les rles4 ,aprs la signature1 le mari prsente les personnes de sa connaissance la marie qui1 autant que possible1 adresse chacune d'elles un mot aimable4 ,les parents de la marie prsentent leur gendre4 ,chacun adresse son petit compliment aux deux poux en leur serrant la main avec effusion1 tout en passant assez vite3 un mot du cur suffit4 ,il est bien d'attendre les maris la sortie de l'glise2 c'est un dernier hommage4 ,le mari donne le bras sa femme2 ,le pre de la marie suit en donnant le bras la mre du mari2 puis le pre du mari la mre de la marie1 etc4 ,l'on mle et l'on confond ainsi les deux familles4 ,avons-nous besoin de dire que les gens de bonne compagnie ne font pas de noces chez les restaurateurs8 ,on invite moins de monde1 mais l'on reoit chez soi4 ,il s'est introduit depuis quelque temps un nouvel usage qui rompt ouvertement en visire aux vieux us et coutumes1 si fatigants1 si gnants pour les jeunes maris4 ,en sortant de l'glise1 ceux-ci montent seuls dans une voiture1 et rentrent chez eux4 ,c'est une manire de rapt de bon ton de la part du mari4 ,la jeune femme reoit alors la famille et les amis intimes2 et nul autre que ceux qui ont t pris1 n'assiste la runion4 ,il arrive mme aux nouveaux poux de se soustraire cette dernire obligation1 et de laisser leurs parents le soin de faire les honneurs du djeuner ou du lunch que l'on offre la famille4 ,aprs s'tre esquivs1 ils partent pour un voyage rel l'tranger ou simplement pour une rsidence peu loigne1 o ils pourront au moins jouir en libert du premier quartier de la lune de miel4 ,les visites de noces ne commencent gure que dans le mois qui suit le mariage4 ,les nouveaux maris ne rendent de visites qu'aux invits avec lesquels ils veulent avoir et entretenir des relations2 aux autres1 ils envoient leurs cartes4 ,les personnes ayant reu une lettre d'invitation ou seulement une lettre de faire part1--qu'elles aient on non assist au mariage1--sont tenues remettre ou envoyer dans la huitaine leurs cartes au membre de la famille qui leur a adress cette lettre d'invitation ou de faire part4 ,si c'est par suite d'un cas de force majeure qu'elles n'ont pas paru la crmonie1 les convenances veulent qu'elles le fassent savoir et s'en excusent par lettre4 ,on ne rend jamais de visite aux nouveaux maris avant d'avoir reu la leur4 ,l',,enterrement ,l1 d'un enterrement la funbre ordonnance ,d'un pas lugubre et lent vers l'glise s'avance4 ,,boileau4 ,les crmonies de l'enterrement sont les dernires marques d'affection que l'on donne celui qui s'en va4 ,a moins d'un empchement absolu1 c'est manquer toutes les convenances que de ne pas assister un enterrement auquel on est pri par une lettre spciale4 ,les lettres d'invitation doivent tre remises la veille du jour du convoi4 ,les lettres de faire part aux personnes loignes s'envoient aussitt aprs4 ,on y supprime depuis quelque temps les noms des membres fminins de la famille4 ,il est plus respectueux de faire porter domicile les lettres d'invitation4 ,sauf quelques rares exceptions1 on peut toutefois les mettre la poste4 ,quand les relations du dfunt sont trop nombreuses1 et que le temps manque pour crire les adresses1 il convient de faire insrer dans les journaux les plus rpandus une invitation gnrale2 c'est le meilleur moyen de rparer les omissions qu'on peut commettre4 ,les hommes se rendent la maison mortuaire2 les femmes vont directement l'glise4 ,les proches parentes restent au domicile4 ,chacun sera vtu de noir ou tout au moins de couleur fonce2 les hommes1 autant que possible1 en habit noir1 cravate blanche et gants noirs4 ,il tait d'usage autrefois qu'une femme n'assistt point au convoi de son mari1 ni de son enfant1--le mari celui de sa femme4 ,cet usage tend disparatre ,paris1 malgr tout ce qu'il peut y avoir de douloureux pour une pouse1 pour une mre1 d'accompagner sa dernire demeure son mari ou son enfant4 ,au dpart du cortge1 les parents les plus proches sortent les premiers et se rangent derrire la personne qui conduit le deuil2 puis viennent les invits1 les amis et les connaissances4 ,si la temprature est douce1 il faut1 par respect pour le mort1 tenir son chapeau la main4 ,s'il fait froid ou qu'il pleuve1 on reste couvert1 en ayant soin toutefois de se dcouvrir au moment o l'on descend le corps pour l'entrer l'glise4 ,les hommes se rangent droite1 les femmes gauche2 elles n'accompagnent que fort rarement le convoi au cimetire4 ,on ne monte dans les voitures de deuil qu'au sortir de l'glise1 et l'on y monte indistinctement avec des personnes qu'on ne connat pas4 ,dans la premire1 se trouve le clerg2 ,dans celles qui suivent les parents1 puis les gens de la maison1 et enfin les invits4 ,la famille devra toujours se pourvoir d'un nombre de voitures en rapport avec celui des invits2 et ces voitures reconduiront leur domicile tous ceux qui auront suivi le convoi jusqu'au cimetire4 ,on donne un modeste pourboire au cocher4 ,le jour mme ou le lendemain au plus tard1 les invits1 hommes et femmes1 remettront chez la personne de la famille qui leur a adress le billet d'invitation1 leur carte plie ou brise l'envers ainsi qu'il est indiqu la rubrique ,cartes de visite4 ,dans quelques maisons1--en bien petit nombre1 il est vrai1--le veuf1 la veuve ou les proches parents1 reoivent le jour mme de l'enterrement2 on fera donc bien de se renseigner chez le concierge1 en dposant sa carte4 ,les personnes qui ont reu une lettre de faire part1 envoient leurs cartes par la poste4 ,si elles tiennent tmoigner de leur sympathie particulire1 elles criront une lettre de condolance4 ,il est toujours trs convenable de faire acte de cur dans ces circonstances douloureuses4 ,on est tenu1 dans les cinq ou six semaines qui suivent1 de renvoyer des cartes toutes les personnes qui vous en ont adress ou qui vous ont crit4 ,quant aux visites1 elles ne se rendent qu' l'expiration du grand deuil4 ,,chapitres ,,compl,,mentaires ,nous avons runi1 sous ce titre1 plusieurs sujets nouveaux qui sont du ressort du savoir-vivre1 et d'autres qui1 bien que traits dj dans l'ouvrage1 appelaient un supplment pour rparer les omissions invitables4 ,,au ,,dehors ,la ,rue1 les ,boulevards1 la ,promenade4 ,il faut tre poli1 gracieux et serviable en tout lieu et en toute circonstance4 ,si vous voyez venir vous1 sur le trottoir1 une femme1 un prtre1 un vieillard1 un infirme ou un homme charg d'un fardeau1 vous leur cderez le haut du pav1 c'est--dire le ct des maisons4 ,donnez toujours le haut du pav la femme que vous accompagnez4 ,rglez votre pas sur le sien1 et veillez ce qu'elle ne soit pas heurte par les passants4 ,si vous tes seul et que vous rencontriez un ami1 saluez-le et remettez votre chapeau1 quand bien mme vous vous arrteriez pour causer avec lui4 ,si c'est un suprieur ou un vieillard1 restez dcouvert jusqu' ce que l'on vous ait pri de remettre votre chapeau4 ,si vous entamez une conversation1 parlez voix basse pour ne pas attirer l'attention des passants4 ,l'entretien doit tre trs court1 et c'est la personne la plus ge ou la plus considrable le rompre la premire1 et prendre cong4 ,un homme qui rencontre une dame de sa connaissance1 la saluera1 mais ne s'arrtera point causer avec elle1 surtout si l'un et l'autre sont jeunes4 ,la discrtion veut que l'on ne salue pas un homme qui donne le bras une dame1 moins qu'il ne vous y autorise par un signe4 ,on saluera bien moins encore une femme qui serait accompagne par un cavalier que l'on ne connat pas4 ,les rgles de la bonne compagnie s'opposent ce qu'un homme donne le bras deux dames la fois1 et ce qu'une dame se tienne aux bras de deux cavaliers2 ,il y a exception toutefois pour le premier cas c'est lorsque l'obscurit de la nuit et le pav glissant et mauvais1 peuvent ncessiter un appui1 un soutien4 ,un fumeur qui aborde une femme doit jeter son cigare aussitt4 ,il serait plus qu'inconvenant de le garder la main en parlant une personne qu'on respecte4 ,dans la rue et la promenade1 un pre peut donner le bras sa fille1 au lieu de le donner sa femme2 ,un jeune homme l'offrira sa mre1 et non pas sa sur2 ,un oncle sa nice1 un neveu sa tante1 et non sa cousine4 ,un cavalier peut accompagner plusieurs dames la promenade2 mais il y aurait inconvenance de sa part s'implanter en quelque sorte au milieu de la famille1 moins de prtendre la main de la jeune fille4 ,il ne faut pas non plus quitter son monde avec trop de prcipitation1 ce serait impoli4 ,le tact est le meilleur juge en pareille circonstance4 ,montez-vous en voiture pour accompagner une ou plusieurs personnes8 ,faites-les passer devant vous2 offrez la main aux dames et soutenez les vieillards par le bras4 ,a l'arrive de la voiture1 descendez le premier1 et usez des mmes attentions4 ,quoi qu'il soit reu aujourd'hui qu'un cavalier garde son chapeau dans une voiture1 mme ferme1 il sera de bon ton d'en faire la demande4 ,maintenant est-il besoin d'ajouter que l'on doit toujours1 par politesse1 offrir les places du fond et s'installer sur la banquette du devant4 ,si vous vous trouvez en tte tte avec une dame dans une voiture1 ne vous asseyez pas son ct avant qu'elle ne vous en ait pri4 ,agissez de mme envers un suprieur ou un vieillard4 ,si l'on veut vous faire monter le premier1 refusez d'abord2 si l'on insiste1 montez4 ,on ne doit mme pas hsiter1 quand c'est un suprieur ou un haut personnage qui vous y convie4 ,un jour1 ,louis ,,xiv avait invit un ,mortemart l'accompagner la promenade4 ,a cette poque dj1 les ,mortemart taient rputs pour leur grand ton et leurs manires lgantes4 ,on disait en parlant d'eux3 ,l'esprit et la politesse des ,mortemart4 ,le carrosse du roi s'tant approch1 ,louis ,,xiv fit signe de la main au duc de passer le premier4 ,tout autre peut-tre et fait des crmonies2 le duc monta aussitt1 ce qui lui valut les flicitations du grand roi4 ,l'invitation d'un souverain est un ordre4 ,,en ,,famille ,,devoirs ,,des ,,poux ,le savoir-vivre en famille comprend les devoirs des poux entre eux et envers leurs enfants1 et les devoirs de ceux-ci envers leurs parents4 ,en bonne rgle de conduite1 les poux ne devraient jamais se dpartir entre eux des attentions1 des petits soins qu'ils se prodiguaient1 avant et pendant les premiers temps de leur mariage4 ,se regarder comme affranchi de toute contrainte1 se relcher de l'observation scrupuleuse des gards et des convenances qu'on se doit mutuellement1 c'est compromettre le bonheur conjugal4 ,un excellent moyen de le conserver1 sera toujours de suivre le prcepte du ,fabuliste3 ,soyez-vous l'un l'autre un monde toujours beau1 ,toujours divers1 toujours nouveau4 ,la vie prive1 plus encore que la vie publique1 exige ce maintien rigoureux des convenances1 puisqu'elle nous place en tte--tte continuel4 ,de l ces concessions qu'il faut se faire de bonne grce1 sans acrimonie aucune1 afin de ne blesser jamais l'amour-propre qui pardonne si difficilement4 ,ecartez avec le plus grand soin dans vos entretiens tout sujet sur lequel vous tes en dsaccord4 ,ce serait une insigne maladresse un mari de chercher dtourner sa femme de ses devoirs religieux1 surtout lorsque leur accomplissement ne nuit en rien aux devoirs domestiques4 ,de son ct1 la femme fera bien1 dans l'intrt de la paix et de la tranquillit du mnage1 de ne point vouloir convertir son mari4 ,qu'elle se contente de lui donner le bon exemple1 de le rendre heureux dans son intrieur3 le temps et les circonstances feront mieux que toutes les controverses4 ,bien d'autres sujets encore peuvent donner lieu des altercations dans le mnage4 ,evitez-les autant que possible4 ,que jamais ces dbats ne dpassent le seuil de la chambre coucher4 ,n'en rendez tmoins1 ni vos enfants1 ni vos domestiques3 ce serait diminuer d'autant votre autorit et le respect qui vous est d4 ,les poux doivent toujours observer entre eux la dcence1 mme dans leurs rapports les plus intimes4 ,beaucoup de maris ont le tort trs grave de l'oublier1 de perdre toute retenue aprs un certain temps de mariage4 ,en cela1 ils se montrent aussi inconvenants qu'imprudents4 ,c'est courir de soi-mme au-devant du danger1 c'est ressembler ce fou qui1 aprs avoir mis le feu aux poudres1 se plaignait de l'explosion4 ,si vous voulez qu'on respecte votre femme1 commencez par la respecter vous-mme2 honorez-la1 si vous voulez qu'elle soit honore4 ,la femme1 dans toutes les circonstances de la vie1 obira son mari1 moins qu'il ne lui commande des choses contraires l'honntet1 et ses devoirs de mre et de chrtienne4 ,de son ct1 le mari ne doit pas oublier que sa femme est son gale devant ,dieu et devant la nature4 ,il ne prendra donc pas son gard ces airs de supriorit1 ce ton impratif1 qui sont le fait d'un homme sans ducation4 ,s'il a des observations lui faire1 qu'il les prsente avec toute la courtoisie possible2 mais qu'il les maintienne avec d'autant plus de fermet qu'elles sont justes et fondes4 ,toute faiblesse de sa part serait coupable1 et pourrait avoir des consquences dsastreuses4 ,ecoutez plutt cette histoire toute moderne que racontait1 il y a quelque temps1 un chroniqueur du ,figaro3 ,j'tais1 dit-il1 trs li autrefois avec le baron de ,c4441 le plus charmant et le meilleur des hommes4 ,nom illustre1 fortune1 esprit1 savoir1 il avait tout4 ,il se maria trs jeune1 suivant les inclinations de son cur4 ,sa femme tait pauvre1 mais belle1 de cette beaut qui en fit1 en peu de temps1 la femme la plus fte1 la plus recherche de ,paris4 ,coquette1 cela va sans dire1 et jalouse des succs et du luxe de ses amies1 son unique ambition tait d'attirer elle tous les hommages1 et de possder le salon le plus suivi de ,paris4 ,elle monta sa maison royalement1 sans se proccuper si tout son luxe se trouvait en rapport avec sa fortune1--cent mille francs de rente1 pas davantage4 ,mais pourvu qu'on parlt de ses chevaux1 de ses voitures1 de ses domestiques1 de ses toilettes1 de ses dners et de ses bals1 elle se tenait pour satisfaite4 ,un hiver1 elle voulut clipser les plus riches de ses amies et donner un bal costum1 o le compte des fleurs1 seul1 s'levait quarante mille francs4 ,le reste l'avenant4 ,le baron essaya de parler raison sa femme1 lui montra le gouffre ouvert1 au bout de toutes ces folies1 lui dit qu'il avait d vendre dj des proprits1 et que si ces dpenses continuaient1 c'tait la ruine1 la ruine complte en deux ans4 ,elle ne voulut rien entendre1 et loin de restreindre son train de vie1 elle le chargea encore de nouvelles dpenses4 ,le baron adorait sa femme1 il et tout sacrifi pour elle4 ,il se rsigna d'autant plus qu'il tait convaincu que ses remontrances n'aboutiraient qu' se faire dtester par elle4 ,et ce qu'il dsirait avant tout1 c'est qu'elle l'aimt1 c'est qu'elle lui sourt1 c'est qu'elle l'enveloppt toujours de ces tendresses dont il avait tant besoin4 ,et puis on verrait quand le malheur serait venu4 ,il arriva vite4 ,la baronne fut trs tonne4 ,non seulement il n'y avait plus d'argent1 mais il y avait des dettes4 ,que faire8 ,renoncer cette existence6 ,elle n'y songea pas un instant4 ,elle et prfr se tuer4 ,il fallait prendre une dcision1 car les fournisseurs refusaient du crdit1 et commenaient devenir insolents et remplir l'htel du bruit de leurs dolances4 --,va jouer1 dit-elle un matin1 son mari1 va jouer4 ,hier encore1 ,d444 a gagn deux cent mille francs1 tu le sais bien4 ,le malheureux avait horreur du jeu4 ,de sa vie il n'avait touch une carte4 ,le jeu lui semblait une chose sinistre1 et bien des fois1 au club1 il avait frissonn1 en contemplant cette salle spacieuse et cette longue table verte autour de laquelle des mains blmes remuaient des piles d'or et des jetons4 ,il semblait qu'il entendt dans le tintement de l'or1 le fracas des fortunes qui s'effondrent1 et la voix du banquier abattant neuf lui donnait l'impression terrifiante d'un arrt de cour d'assises4 --,va jouer1 lui disait sa femme1 comme la marquise de ,presles disait son mari3 ,va te battre4 ,il y alla4 ,je l'ai vu1 le pauvre diable1 et jamais spectacle ne fut plus navrant4 ,il passait toute ses nuits au cercle1 dans les tripots les plus ignobles4 ,et il jouait4 ,ses paupires s'taient cercles de rouge1 ses joues avaient pli1 ses mains amaigries ramassaient l'or et les plaques avec des mouvements trembls1 des mouvements de fou4 ,il enroulait ses jambes aux barreaux de sa chaise et se mordait les lvres1 comme s'il et voulu s'empcher de crier4 ,il gagna d'abord1 puis perdit1 puis regagna1 puis perdit de nouveau4 ,chaque fois qu'il rentrait chez lui1 ses poches vides1 hve et dfait1 sa femme s'emportait en de folles colres1 lui reprochait de la ruiner4 ,quand il avait t heureux1 elle le dpouillait4 ,cette existence dura deux autres annes4 ,finalement la dveine fut complte4 ,chass de son club1 n'osant plus pntrer dans les tripots o il devait tout le monde d'importantes sommes1 voyant que tout tait fini1 il tenta de se brler la cervelle4 ,mais il ne mourut pas1 hlas6 ,il s'est spar de sa femme1 ou plutt sa femme l'a quitt1 etc41 etc4 ,n'allons pas plus loin4 ,ce que nous voulions dmontrer1 ressort surabondamment de ce rcit qui n'est malheureusement pas l'unique en son genre4 ,le baron de ,c444 a fait preuve de la plus coupable faiblesse2 il a manqu tous ses devoirs de chef de la communaut4 ,le jour o sa femme n'a tenu aucun compte de ses sages avertissements1 il devait1 sans attendre le lendemain1 faire acte d'autorit souveraine4 ,il et vit ainsi sa ruine et son dshonneur4 ,pour la bonne gouverne de toute maison1 dit un vieil adage fort sens1 il faut que le coq chante plus haut que la poule4 ,,devoirs ,,des ,p,,res ,,et ,m,,res ,le grand point de l'ducation1 dit ,turgot1 c'est de prcher d'exemple4 ,la premire rgle observer par les parents1 sera donc de ne donner leurs enfants que de bons exemples1 soit en parole1 soit en action4 ,elevez-les dans la connaissance de ,dieu2 dposez de bonne heure dans leur me le germe de toutes les qualits morales1 la bont1 la charit1 etc41 etc4 ,accoutumez-les faire l'aumne1 s'imposer des privations pour secourir les malheureux4 ,combattez leurs mauvais penchants4 ,ne permettez jamais qu'en votre prsence1 ils tourmentent et fassent souffrir un animal4 ,comme le remarque ,bernardin de ,saint-,pierre3 ,les enfants qui sont barbares avec les btes innocentes1 ne tardent pas le devenir avec les hommes4 ,tenez la main ce qu'ils soient polis envers tout le monde2 forcez-les demander pardon celui qu'ils auront offens4 ,cette petite humiliation leur sera trs sensible1 et les empchera trs probablement de recommencer4 ,inspirez-leur1 autant que possible1 l'horreur du mensonge qui est le pre de tous les vices4 ,il faut apprendre l'enfant l'amour de la vrit comme on lui apprend la pudeur4 ,le plus difficile dans l'ducation des enfants1 c'est le choix et l'application des punitions4 ,autant d'individus1 autant de natures diffrentes4 ,tel moyen qui russit avec l'un1 chouera avec l'autre4 ,c'est une tude qui exige une patience1 une galit de caractre dont malheureusement peu de personnes sont doues4 ,en thse gnrale1 il ne faut passer aux enfants aucun de leurs caprices1 aucune de leurs fautes1 sous peine de perdre sur eux toute autorit1 et d'en faire de mauvais sujets4 ,soyez donc svres1 mais justes autant que possible1 car l'enfant a le sentiment de la justice4 ,toute punition inflige tort1 toute prfrence accorde au dtriment de l'un ou de l'autre1 l'aigrissent et le dcouragent4 ,employez tous vos efforts le ramener par le raisonnement1 par la douceur2 ne le frappez jamais2 vous obtiendrez plus par l'affection que par la crainte4 ,les remonstrances d'un pre faites doucement1 dit saint ,franois de ,sales1 ont beaucoup plus de pouvoir sur les enfants pour les corriger1 que non pas les colres et les courroux4 ,gardez-vous bien toutefois de montrer de la faiblesse2 ne menacez jamais en vain2 ne revenez jamais sur une dcision prise4 ,tout se rsume enfin dans ces deux mots3 ,douceur et fermet4 ,a mesure que les enfants grandissent1--nous ne parlons ici que des garons--ils appellent une attention plus active et plus tendue4 ,il faut surveiller leurs passions qui se dveloppent1 leur interdire toute frquentation dangereuse1 toute lecture malsaine1 s'occuper tout la fois de leur instruction littraire et scientifique1 de leur ducation proprement dite1--leur apprendre les rgles et les usages du monde1 ce que l'on nglige beaucoup trop malheureusement4 ,quant aux filles1 leur ducation appartient exclusivement aux mres1 qui s'efforceront de la diriger au mieux des rsultats4 ,le premier soin de la mre est d'inspirer sa fille la pratique de toutes les vertus que commande la religion et que la socit honore et respecte4 ,elle habituera sa fille1 ds son enfance1 n'avoir point de secrets pour elle1 lui faire ses petites confidences4 ,elle veillera trs attentivement la tenir loigne de toute conversation qu'une jeune fille ne doit pas entendre4 ,toute lecture de romans doit tre svrement proscrite4 ,nous signalons ce danger en premire ligne4 ,que d'unions troubles et mme rompues1 parce que la jeune fille n'a pas rencontr dans son mari le hros imaginaire de ses lectures6 ,un autre cueil encore1 c'est la passion du paratre qui svit de nos jours tous les chelons de la socit4 ,les parents sont en cela les premiers coupables4 ,ce sont eux qui donnent l'exemple de cette funeste manie de briller4 ,la jeune fille y est en quelque sorte dresse1 faonne par tout ce qu'elle voit1 par tout ce qu'elle entend autour d'elle4 ,l'on y parle souvent toilettes et plaisirs1 et on lui en inspire le got ruineux1 bien avant son entre dans le monde4 ,une mre qui a souci de l'avenir et du bonheur de sa fille1 se gardera de ces errements4 ,elle l'accoutumera de bonne heure aux ides d'ordre et d'conomie2 elle lui enseignera conduire sa maison1 l'initiera aux plus minutieux dtails du mnage4 ,tous ses efforts enfin auront pour but de faire de sa fille une digne et excellente compagne pour son futur mari1 une digne et excellente mre pour ses enfants4 ,comme dit un pote3 ,heureux est le mari dont la femme humble et sage ,elve ses enfants et rgle son mnage4 ,,devoirs ,,des ,,enfants ,le premier devoir des enfants est de ne jamais oublier l'amour et le respect qu'ils doivent leurs parents4 ,s'en affranchir1 c'est se montrer ingrat2 c'est commettre la faute la plus dplaisante ,dieu1 la moins pardonnable aux yeux du monde4 ,quels que soient les torts des parents1 il n'appartient pas aux enfants de les leur reprocher4 ,qui nous prouve que nous ne nous trompons pas1 et que ces torts sont rellement fonds8 ,ne jugeons pas1 si nous ne voulons pas tre jugs1 a dit l'vangile4 ,ecartons tout nuage qui pourrait s'interposer entre nos parents et nous4 ,si nous leur venons en aide1 que ce soit avec la plus extrme dlicatesse1 afin de ne point les blesser4 ,efforons-nous de leur complaire4 ,entrons dans leurs gots et leurs plaisirs1 de mme que dans leurs chagrins et leurs souffrances4 ,s'ils sont malades1 prodiguons-leur tous nos soins4 ,ne laissons jamais entrevoir les incommodits que nous pouvons en ressentir4 ,entourons-les1 jusqu'au dernier moment1 de toutes nos tendresses1 de toutes les consolations possibles4 ,tout ce que nous ferons ici-bas pour nos parents1 nous sera compt devant ,dieu4 ,a ,l',,glise ,une des premires rgles du savoir-vivre est de respecter les convictions de chacun1 plus forte raison ses croyances religieuses4 ,vouloir pour soi la libert de conscience tout en portant atteinte celle d'autrui1 c'est faire acte de despotisme4 ,si vous entrez dans une glise1 dans un temple ou une synagogue1 que votre maintien soit des plus convenables4 ,il n'y a qu'un sot ou un homme mal lev qui puisse faire parade de son incrdulit4 ,observez de tous points les pratiques des crmonies auxquelles vous assistez1 ne ft-ce que par respect humain4 ,n'est-il pas regrettable de voir de jeunes maris accompagnant leur femme l'glise1 de grands coliers accompagns de leur instituteur1 tmoigner les uns et les autres par leur attitude distraite et ennuye1 qu'ils n'assistent au service divin que par complaisance ou contrainte8 ,et que dire aussi de ces femmes qui arrivent avec fracas et en grande toilette1 au milieu des offices en drangeant tout le monde1 comme si elles ne venaient absolument que pour se faire remarquer8 ,la premire obligation1 en entrant dans une glise1 est de prendre de l'eau bnite4 ,si vous accompagnez une femme1 c'est vous de lui en offrir le premier4 ,vous agirez de mme envers un vieillard1 un pauvre ou un infirme4 ,l'ge et l'infortune ont droit cette dfrence4 ,il serait inconvenant de refuser l'eau bnite parce qu'elle vous serait prsente par une personne d'un rang infrieur au vtre4 ,l',eglise n'admet pas ces distinctions4 ,devant ,dieu nous sommes tous gaux4 ,les prtres1 de mme que les ministres de toute religion1 ont droit aux plus grands gards4 ,a l'glise comme ailleurs1 on doit leur cder le pas4 ,ce n'est pas l'homme que s'adressent ces hommages1 mais aux fonctions qu'il remplit4 ,il n'est pas d'usage de donner la main un prtre1 encore bien moins un vque et un cardinal4 ,on demande leur bndiction1 et l'on baise l'anneau des prlats4 ,les esprits forts1 quand ils sont polis1 ce qui ne se rencontre pas toujours1 se bornent un simple salut4 ,a ,,propos ,,des ,,pr,,sentations ,revenons sur ce chapitre pour ajouter quelques conseils et renseignements nouveaux3 ,ne faites jamais de prsentations un personnage considrable1 sans qu'il vous y ait pralablement autoris4 ,en gnral1 on ne doit prsenter deux personnes l'une l'autre qu'aprs les avoir consultes sparment4 ,c'est toujours la personne la plus jeune qu'on prsente la plus ge1 l'infrieur son suprieur4 ,on prsente un homme une femme1 et jamais une femme un homme1 moins qu'il n'occupe une position trs leve ou qu'il n'appartienne au clerg4 ,voici la formule en usage3 ,si c'est un homme qui fait la prsentation3 --,j'ai l'honneur de vous prsenter ,monsieur ou ,madame 7puis on ajoute les nom et titres de la personne74 ,si c'est une femme1 elle dira3 --,permettez-moi ou3 ,veuillez me permettre1 etc41 et jamais3 ,j'ai l'honneur1 etc4 ,l'homme prsent saluera respectueusement1 la femme s'inclinera gracieusement1 et tous deux rpondront par quelques paroles aimables l'accueil qui leur est fait4 ,lorsqu'il rgne une certaine familiarit1 ou qu'il s'agit de procder rapidement1 on se contente de nommer les personnes l'une l'autre4 ,c'est ce qui a lieu le plus ordinairement4 ,quand on prsente quelqu'un un personnage lev1 on ne nomme jamais celui-ci4 ,,des ,,pr,s,,ances ,nous avons eu dj l'occasion de faire observer combien il est difficile1 dans une grande runion1 de placer son monde au mieux et la satisfaction de chacun4 ,entrons ce sujet dans quelques dtails3 ,les places d'honneur sont celles qui se rapprochent le plus du matre et de la matresse de la maison1 en commenant par la droite4 ,ainsi la femme la plus notable ou la plus ge1 s'assira la droite du matre du logis1 et le personnage qui l'on veut faire honneur1 la droite de la matresse4 ,a leur gauche1 prennent place les autres invits1 par ordre de rang et d'ge1 en ayant soin d'alterner les sexes4 ,rien de plus simple et de plus facile en apparence2 cependant lorsqu'on vient l'application de ces petites grandes choses1 l'on est souvent fort embarrass4 ,en pareil cas1 ce qu'il y a de mieux faire1 c'est de s'en rfrer aux rgles prescrites par le dcret de messidor an ,,xii4 ,en voici un extrait succinct1 mais suffisant pour se guider3 ,la premire place1 la place d'honneur1 appartient aux cardinaux1 aux ministres de l'tat1 aux marchaux1 aux amiraux4 ,immdiatement aprs viennent3 ,le gnral commandant en chef2 le premier prsident de cour2 l'archevque2 le gnral de division2 le prfet1-- moins que celui-ci ne soit conseiller d'tat1 auquel cas il passe avant le gnral2 puis l'vque1 puis le gnral de brigade1 puis le maire de la localit4 ,en ce qui concerne la magistrature1 celle qui est assise a le pas sur la magistrature debout4 ,c'est d'abord le prsident de la cour de cassation avec les membres de la cour2 ensuite le conseil d'tat et les procureurs gnraux2 puis la cour d'appel1 ses avocats et ses avous2 les tribunaux civils avec leurs avous1 les greffiers et huissiers4 ,s'il arrive qu'il y ait cumul de fonctions1 c'est naturellement la plus leve qui fait titre et passe la premire4 ,a galit de grades dans l'arme1 la prsance revient de droit l'anciennet du grade4 ,les femmes bnficient de la position hirarchique de leur mari4 ,notons en passant que si l'arme a le pas sur la magistrature1 cette prsance est tout individuelle4 ,en tant que corps constitu1 dans les crmonies publiques1 l'arme ne vient qu'aprs la magistrature4 ,c'est l'application du vieux principe3 ,cedant arma tog4 ,notons aussi que1 dans les runions prives1 toutes deux1 par un juste sentiment des convenances sociales1 se font un devoir de toujours cder la place d'honneur un prlat1 et mme un simple cur4 ,c'est un hommage respectueux que l'on rend la robe du prtre1 au ministre du ,trs-,haut4 ,l',,entr,e ,,dans ,,le ,,monde ,c'est le rve que les jeunes filles caressent avec le plus d'amour4 ,elles soupirent aprs ce bienheureux jour1 comme les collgiens aprs leur sortie du collge4 ,jusque l1 la jeune enfant a t tenue en charte prive1 elle a vcu fort retire4 ,c'est peine si1 de rares intervalles1 on lui permettait de paratre un instant au salon4 ,ses distractions1 ses seuls plaisirs1 se bornaient quelques matines1 goters et soires1 quelques sauteries chez les camarades de son ge2 mais le temps a march4 ,la petite fille est devenue une grande demoiselle4 ,il faut songer l'tablir1 lui trouver un parti convenable1 avantageux4 ,pour cela1 il est indispensable de la mener dans le monde1 de l'y prsenter4 ,grosse affaire1 affaire d'tat1 qui demande une longue et laborieuse prparation4 ,chaque matin1 on voit arriver le matre de danse et de maintien dont c'est la mission de parfaire sur ce point l'ducation de la jeune personne4 ,il lui fait rpter ses pas1 lui enseigne le laisser aller des mouvements1 les poses gracieuses1 les diffrents saluts et rvrences1 la manire de tenir son mouchoir et son ventail1 d'appuyer en valsant le bras gauche sur l'paule de son cavalier1 etc4 ,puis1 c'est la mre qui vient apporter l'appui de son exprience et de ses conseils4 ,elle initie sa fille aux petits secrets de la coquetterie permise2 elle l'claire1 la met en garde contre les surprises1 contre les ruses et les propos des galants trop empresss2 elle lui apprend le langage et les formules voulus dans telle ou telle circonstance4 ,toutes deux ensuite passent en revue les diffrentes toilettes1 se creusent la tte pour en imaginer1 en combiner une1 dont la simplicit et l'lgance exquise soient de nature soulever l'admiration1 conqurir tous les suffrages4 ,quand on est la veille d'affronter les feux de la rampe1 l'on ne saurait trop soigner son entre en scne4 ,enfin le grand jour est arriv4 ,la jeune fille fait son entre au bras de son pre qui la prsente ses amis intimes et ses connaissances4 ,on l'entoure1 on la fte avec l'enthousiasme qui accueille d'habitude toutes les nouveauts4 ,a partir de ce jour1 elle a pris rang sur la liste des demoiselles marier4 ,les candidats-maris peuvent la rechercher et s'offrir4 ,il s'opre alors dans son existence une de ces mtamorphoses aussi rapide qu'un changement vue dans une pice ferique4 ,on la traite avec tous les gards1 toutes les convenances que commande sa situation nouvelle4 ,elle est de toutes les rceptions1 de toutes les ftes1 de tous les grands dners2 elle aide sa mre faire les honneurs du salon2 elle l'accompagne partout1 dans ses visites1 au thtre1 au concert1 etc4 ,dsormais1 lorsqu'on remettra une carte pour ,madame1 on aura bien soin d'en joindre une pour ,mademoiselle2 son nom enfin sera inscrit sur toutes les lettres d'invitation4 ,maintenant que la voil lance dans le tourbillon du monde et des plaisirs1 il ne nous reste qu' former des vux pour son bonheur1 qu' lui souhaiter de trouver le plus tt possible un mari--selon son got et selon son cur4 ,,le ,,bal ,quel bonheur de bondir1 perdue en la foule1 ,de sentir par le bal ses sens multiplis1 ,et de ne pas savoir si dans la nue on roule ,si l'on chasse1 en fuyant1 la terre1 ou si l'on foule ,un flot tournoyant ses pieds4 ,,victor ,,hugo4 ,a ,paris1 les bals commencent fort tard4 ,votre invitation porte onze heures4 ,il y aurait indiscrtion venir avant1 et impolitesse se prsenter trop tard3 ce serait tmoigner peu d'empressement4 ,a votre entre1 vous avez rendu vos hommages au matre et la matresse de la maison4 ,vous circulez dans le salon et saluez successivement les personnages de votre connaissance4 ,un coup d'il rapide1 jet sur les banquettes1 vous a fait distinguer les femmes et les jeunes filles auxquelles1 par devoir ou par tout autre motif1 vous devez adresser vos premires invitations4 ,empressez-vous1 vous n'avez que le temps1 voici l'orchestre qui prlude4 ,n'oubliez pas les formules voulues3 ,madame1 ou ,mademoiselle1 oserai-je esprer que vous voudrez bien me faire l'honneur1 etc42--ou serai-je assez heureux pour obtenir la faveur1 etc4 ,la personne vous rpondra affirmativement1 ou1 si elle tait dj engage1 elle exprimera ses regrets de ne pouvoir accepter4 ,elle se lve1 vous dposez votre chapeau sur son sige1 ou votre pe1 si vous tes militaire2 vous offrez votre bras droit et1 tous deux1 vous allez prendre place4 ,lorsque la danse est finie1 vous reconduisez votre partenaire que vous saluez trs respectueusement4 ,elle rpond votre salut par une profonde rvrence4 ,il serait indiscret un cavalier d'inviter plus de trois fois dans la mme soire une femme ou une demoiselle1 moins d'tre en petit comit et qu'il n'y ait pnurie de danseurs4 ,cette rserve qu'exigent les convenances1 n'est pas obligatoire pour les jeunes gens qui sont fiancs4 ,un cavalier ne doit pas passer son bras autour de la taille d'une demoiselle1 cela n'est permis qu'envers une femme marie4 ,il posera donc sa main plat au milieu du dos1 et ne tiendra pas sa danseuse trop rapproche de lui4 ,celle-ci1 de son ct1 ne s'abandonnera pas sur l'paule de son valseur1 pas plus qu'elle ne se rejettera trop en arrire4 ,ces deux extrmes sont viter4 ,toute danseuse est tenue d'agrer indistinctement ceux qui se prsentent4 ,elle apportera la plus grande attention ne pas prendre deux engagements pour la mme danse1 et si1 par mgarde1 elle avait commis cette maladresse1 le seul moyen de la rparer1 serait de s'abstenir pour cette fois1 et de demeurer assise4 ,quant au cavalier1 assez oublieux pour laisser se morfondre une personne qu'il aurait invite1 il s'expose de fcheuses consquences3 ,un si blessant oubli ne saurait s'excuser4 ,,toilette ,,des ,,femmes ,une ,parisienne pour se parer1 dit ,voltaire1 ne craint pas de mettre contribution les quatre parties du monde4 ,cette profusion de richesses ne suffit pas toutefois constituer la vritable lgance3 il faut savoir en outre assortir avec got ces lments divers1 et en former un ensemble harmonieux qui ait son style soi1 son cachet particulier4 ,toutes les femmes possdent ce secret un degr plus ou moins intime1 et toutes en font un usage plus ou moins raisonnable1 plus ou moins dispendieux4 ,l'on ne saurait donc leur recommander avec trop d'insistance la modration en matire de toilette3 ,que toujours elles la rglent sur la fortune qu'elles ont1 sur la position qu'elles occupent4 ,ni trop de luxe1 ni trop de simplicit2 ,ni trop d'avance1 ni trop de retard sur les modes courantes3 c'est entre ces extrmes qu'il est sage de se placer4 ,,toilette ,,des ,,hommes ,le vtement des hommes n'exige pas de folles dpenses4 ,il demeure toujours aussi noir1 aussi triste1 aussi disgracieux4 ,mais c'est prcisment cette uniformit dsesprante qui le rend si difficile porter4 ,quelle lgance fine1 quelle recherche laborieuse ne faut-il pas pour se distinguer du commun des martyrs6 ,le vulgaire s'attife1 se charge1 se bte1 l'homme du monde seul sait s'habiller4 ,l'homme du monde a des grces de tenue comme d'autres ont des grces d'tat4 ,il pare ses vtements1 les chiffonne1 les assouplit tous les mouvements de son corps2 il sait imprimer son habit1 son gilet un chic1 un je ne sais quoi qui lui appartient en propre4 ,trs sobre de bijoux1 il abandonne volontiers ce faux clat1 cet affichage de chanes et de breloques aux courtiers enrichis4 ,a ce propos1 que vont devenir ces pauvres hres1 si on leur enlve cet unique moyen qu'ils ont de se faire remarquer8 ,voici ce qu'on lisait1 il y a quelque temps1 dans un journal de haut high-life3 ,c'est une faute de got de porter une chane1 quelque prcieuse qu'elle soit1 ds qu'on se met en habit noir2 car paratre s'inquiter de l'heure dans un salon est une impolitesse l'gard du matre et de ses htes4 ,et le chroniqueur concluait en ces termes3 ,un manquement cette rgle de haute convenance suffit classer1 ou pour mieux dire1 dclasser son homme4 ,il y a peut-tre l toute une rvolution sociale4 ,mais il est bon d'attendre pour savoir si l'arrt ne sera pas cass4 99 99 99 99 99 ,et1 maintenant1 quelques indications sur le vtement des hommes1 dans certaines runions et crmonies4 ,l'habit1 le gilet et le pantalon noirs avec la cravate blanche1 sont de rigueur dans les grands dners1 les bals et les soires1 les reprsentations thtrales1 toute runion enfin o les femmes se montrent coiffes en cheveux et en robes dcolletes4 ,mme tenue pour les messes de mariage1 d'enterrement1 et autres solennits officielles4 ,pour une visite de condolance1 la redingote noire croise et les gants foncs4 ,une visite de jour qui n'est pas officielle1 se fait en redingote4 ,le gilet blanc a t abandonn dans toute toilette de crmonie2 on ne le porte plus qu'avec la redingote croise4 ,,visites ,,et ,,cartes ,,de ,,visite ,les visites du jour de l'an1 les plus intimes comme les plus crmonieuses1 se font le jour mme4 ,il est admis1 pour ce jour-l seulement1 que les dames reoivent partir de dix heures du matin4 ,les hommes doivent tre en habit noir et cravate blanche4 ,dans la matine1 les parents enverront les enfants prsenter leurs vux et bons souhaits leurs ascendants1 ainsi qu'aux parrains et marraines4 ,au cours d'une visite1 quand une autre personne se prsente1 ne vous levez pas immdiatement2 attendez deux ou trois minutes4 ,ne sortez jamais en mme temps qu'une jeune femme pour ne pas donner prise la mdisance4 ,si la personne que l'on va voir1 a un jour dtermin pour ses rceptions1 c'est ce jour naturellement qu'il faut prendre4 ,a moins d'intimit1 l'on ne fera point de visite le ,vendredi-,saint1 le jour des ,morts1 le mercredi des ,cendres1 et mme la veille des grandes ftes religieuses4 ,c'est un usage reu dans la ,socit4 ,une visite de crmonie ne doit pas se prolonger au del de vingt minutes4 ,quand on se prsente dans une maison1 on doit soulever son chapeau en s'adressant la personne qui vient ouvrir1 et l'ter en entrant dans l'antichambre4 ,c'est une marque de respect envers les matres du logis1 laquelle il serait inconvenant de manquer4 ,les fonctionnaires civils qui arrivent dans une ville pour s'y fixer1 les militaires pour y tenir garnison1 sont tenus de rendre visite leurs suprieurs1 dans le plus bref dlai4 99 99 99 99 99 ,il n'en est pas de la remise des cartes de visite comme des visites elles-mmes4 ,l'envoi des cartes doit toujours tre fait pour le premier de l'an1 moins d'un empchement srieux4 ,nous avons dj dit que la carte ne dispensait pas de la visite1 mais on ne saurait trop le rpter4 ,la politesse veut que l'on dpose sous enveloppe autant de cartes qu'il y a de personnes dans la famille1 avec les nom et prnom de chacune d'elles4 ,une femme n'en remet que pour les personnes de son sexe4 ,le mari et la femme doivent avoir des cartes spares et des cartes collectives4 ,un homme ne fera jamais prcder son nom du mot ,monsieur4 ,il mettra l'initiale de son prnom et ajoutera sa profession4 ,une femme1 au contraire1 placera toujours le titre de ,madame avant son nom1 et ne prendra jamais d'autre prnom que celui de son mari4 ,la carte collective portera3 ,monsieur et ,madame 9999994 ,on doit porter soi-mme sa carte chez un suprieur ou un personnage important4 ,chez les hauts fonctionnaires1 les dignitaires de l'tat1 il y a un registre ouvert chez le concierge o les hommes s'inscrivent4 ,une femme peut envoyer sa carte4 ,si l'on a oubli quelques personnes sur la liste de ses visites1 il faut rparer cet oubli aussitt qu'on s'en aperoit4 ,une carte que l'on dpose par simple politesse1 ne doit porter ni corne ni pli4 ,c'est seulement lorsqu'on se prsente avec l'intention de faire une visite1 et que l'on ne rencontre personne1 qu'il faut marquer sa carte d'un pli transversal1 sur le ct gauche4 ,pour une visite de condolance1 aprs dcs1 ce sera de l'autre ct1 droite1 et en sens contraire4 ,a toutes les politesses que l'on peut recevoir1 telles qu'invitations1 lettres de faire part pour un vnement quelconque1 on doit rpondre par une visite ou tout au moins par la remise d'une carte4 ,si1 aprs une visite qu'on a reue1 on juge propos de ne pas lier de relations avec le visiteur1 on lui envoie simplement sa carte4 ,quittez-vous votre rsidence pour un laps de temps assez long1 remettez une carte chez vos amis et chez vos connaissances1 avec ces trois lettres au bas--,p4 ,p4 ,c4 c'est--dire ,pour prendre cong4 ,on fera connatre son retour par l'envoi d'une nouvelle carte avec son adresse4 ,a ,,table ,nous ne rditerons pas ici toutes les infractions au savoir-vivre notes dans la conversation si connue de l'abb ,delisle avec l'abb ,cosson4 ,les usages se modifient sans cesse4 ,pour n'en citer qu'un exemple1 il tait admis alors qu'on devait briser sur son assiette la coquille d'un uf mang la coque4 ,aujourd'hui cette petite opration1 assez dplaisante et malpropre en soi1 serait fort mal vue4 ,nous nous bornerons donc aux recommandations les plus essentielles1 aux choses que peut ignorer un colier en rupture de ban ou de bancs4 99 99 99 99 99 ,ds que vous vous tes assis table1 prenez une attitude dcente et convenable4 ,evitez de gner vos voisins par des mouvements trop brusques4 ,ne mettez pas vos coudes sur la table4 ,ne vous balancez pas sur votre chaise2 ne vous appuyez pas sur le dossier4 ,n'agitez pas vos pieds sous la table4 ,si votre potage est trop chaud1 attendez qu'il soit refroidi2 ne soufflez pas dessus4 ,laissez votre cuiller dans votre assiette1 et soulevez toujours celle-ci1 pour faciliter son enlvement par le domestique de service4 ,quand on vous prsente un plat1 servez-vous avec discrtion2 n'ayez pas l'air de faire un choix4 ,tenez votre fourchette de la main gauche1 et votre couteau de la main droite4 ,coupez votre viande par petits morceaux1 et mangez-les au fur et mesure4 ,ne portez jamais la lame du couteau votre bouche4 ,ne coupez pas votre pain1 rompez-le au-dessus de votre assiette4 ,n'essuyez jamais la sauce qui est sur votre assiette avec de la mie de pain4 ,ne parlez ni ne buvez la bouche pleine4 ,ne mangez ni trop vite ni trop lentement2 mais n'eussiez-vous pas fini1 laissez enlever votre assiette quand le domestique se prsente4 ,si l'on renouvelle l'argenterie chaque service1 comme cela se pratique dans certaines maisons1 dposez votre fourchette et votre couteau sur l'assiette2 en cas contraire1 replacez-les ct de vous1 mais de manire ne pas salir la nappe4 ,n'essuyez jamais votre verre avec votre serviette4 ,ce serait une accusation tacite de malpropret contre le service de la maison4 ,s'il vous arrivait de trouver un cheveu dans un mets1 gardez-vous de le faire remarquer1 afin de ne point dgoter les convives4 ,le gibier vous parat-il trop faisand1 le poisson un peu avanc8 ,n'en mangez pas1 et si l'on vous demande la raison1 dites que vous n'aimez point cette espce de gibier ou de poisson4 ,ne vous servez jamais des mots de bouilli1 au lieu de buf2 de volaille1 au lieu de poularde ou de dinde2 de bordeaux1 de bourgogne1 de champagne1 au lieu de vin de ,bordeaux1 vin de ,bourgogne1 vin de ,champagne4 ,quand le matre ou la matresse de la maison font les honneurs de la table1 et que l'un d'eux vous envoie une assiette servie1 conservez-la2 ce serait une impolitesse que de l'offrir votre voisin4 ,ne critiquez jamais un plat2 n'tablissez jamais de comparaison avec un mets semblable que vous auriez mang ailleurs et qui vous aurait paru de meilleur got4 ,ne buvez pas sans vous tre bien essuy les lvres1 afin de ne pas graisser les bords de votre verre1 ce qui est trs malpropre voir4 ,ne faites ni tartines de beurre1 ni tartines de confitures4 ,la tartine de beurre n'est admise qu'au djeuner avec le th4 ,ne flairez pas votre vin1 ne le dgustez pas petites gorges comme un marchand de l',entrept4 ,il n'y a que les commis-voyageurs qui frappent avec la paume de la main un verre vin de ,champagne pour en faire jaillir la mousse1 au risque de casser le verre et de se blesser grivement4 ,ne vous avisez pas de faire brler votre eau-de-vie dans la tasse caf ou dans la soucoupe4 ,cela n'est de mise qu'au cabaret ou l'estaminet4 ,au dessert1 ne mettez jamais ni bonbons ni friandises d'aucune sorte dans votre poche1 c'est contraire toutes les convenances4 ,une poire ou une pomme ne se plent jamais en spirale4 ,on les divise longitudinalement d'abord1 puis en quatre quartiers que l'on ple1 mesure qu'on les mange4 ,gardez-vous d'offrir une dame de partager un fruit que vous auriez sur votre assiette4 ,ce procd serait trop cavalier4 ,il peut arriver cependant qu'il n'y ait pas assez de fruits pour tout le monde4 ,dans ce cas1 c'est la plus forte partie de la poire1 celle laquelle adhre la queue1 que l'on doit offrir4 ,ne parlez jamais bas1 et d'un air mystrieux1 l'oreille de votre voisine2 c'est tout fait de mauvais ton4 ,ajouterons-nous qu'il ne faut jamais dsigner personne avec le doigt8 ,si un usage vous est inconnu1 observez comment font les autres convives1 ne vous exposez pas commettre quelque incongruit par trop de prcipitation4 ,rappelez-vous ce pauvre garon frachement moulu du collge1 qui l'on avait servi la fin du repas un bol d'eau tide1 parfum d'un peu d'essence de menthe1 et qui l'avala d'un trait en croyant faire comme tout le monde4 ,,au ,,th,,atre ,le respect d'autrui devrait tre la mesure et la rgle de toute libert4 ,malheureusement1 par ce temps de dmocratie dvergonde1 une foule de gens se figurent qu'tre libres1 c'est pouvoir agir sa guise et sans aucun gard pour les convenances des autres4 ,ainsi1 au thtre1 le rideau est lev4 ,un monsieur arrive en retard4 ,il drangera sans vergogne quinze1 vingt assistants1 vous rudoiera les genoux pour gagner sa place4 ,si vous vous permettez la plus petite observation1 il vous rpondra qu'il a pay sa place et qu'il a le droit d'arriver son heure4 ,autre exemple3 ,le spectacle tire sa fin4 ,il y a encore deux ou trois scnes jouer4 ,cependant vingt1 quarante1 cent personnes se lvent la fois1 font un vacarme d'enfer1 et empchent les autres spectateurs d'entendre le dnouement4 ,ces messieurs le connaissent1 et ils vous brlent la politesse4 ,a leurs yeux1 le fait d'avoir pay en entrant implique tout1 rpond tout4 ,ainsi le veut la libert444 rpublicaine6 ,que d'autres griefs il y aurait encore porter au compte de ces fcheux mal-appris6 ,les uns mchonnent un cure-dent pendant toute la reprsentation1 sans piti pour vos nerfs2 les autres battent la mesure faux1 au dtriment de vos oreilles4 ,ceux-ci fredonnent satit l'air du chanteur2 ceux-l se mouchent grand bruit1 tandis que l'amoureuse et l'amoureux s'vertuent moduler leurs plaintes ou leurs tendres dclarations1 etc1 etc4 ,elle serait longue la liste des et ctera4 ,vraiment1 c'est vous faire prendre le thtre en aversion4 ,,fumeurs ,,et ,,priseurs ,les parents ne sauraient apporter trop de soins1 trop de vigilance empcher leurs enfants de priser ou de fumer4 ,ceux-ci le font d'abord par amusement1 puis ils s'y accoutument1 et il leur devient fort difficile par la suite1 pour ne pas dire impossible1 de se dfaire de cette funeste habitude4 ,les priseurs sont tenus une excessive propret4 ,ils doivent toujours se munir de deux mouchoirs3 l'un de couleur1 pour leur usage particulier1 l'autre en toile blanche qu'ils peuvent exhiber au besoin4 ,il est trs impoli de prendre ou de demander une prise1 de mme qu'il est de trs mauvais ton d'en offrir une4 ,on doit s'abstenir de priser table1 et si toutefois on ne peut s'en dispenser1 prendre bien garde alors de ne pas laisser tomber du tabac sur la nappe4 ,quand vous tes chez quelqu'un1 ne posez jamais votre tabatire sur un meuble1 pas plus que votre chapeau4 ,un jour ,m4 de ,corbire1 ministre de l'intrieur1 tait venu soumettre ,louis ,,xviii un projet de loi1 dont il s'efforait de faire ressortir les avantages4 ,entran par la chaleur de l'argumentation1 il s'oublia jusqu' dposer sa tabatire et son mouchoir sur le petit meuble qui servait de bureau ,sa ,majest4 --,ah a1 mon cher ministre1 s'cria tout coup le roi qui tait trs svre sur l'article de l'tiquette1 vous n'allez pas1 je pense1 vider toutes vos poches devant moi4 --,sire1 rpondit ,m4 de ,corbire aprs s'tre excus1 je le pourrais en tout bien tout honneur1 car l'on ne m'accusera point de les avoir emplies au service de ,votre ,majest4 --,c'est bien6 reprit ,louis ,,xviii avec bont1 continuons la lecture4 ,quant aux fumeurs1 que pourrions-nous ajouter ce que nous avons dj dit8 ,leur recommander de s'abstenir de fumer dans tout lieu public o des femmes peuvent se prsenter1 quand bien mme il n'y en aurait pas pour le moment4 ,ils ne l'ignorent point1 et s'ils n'en font rien1 c'est qu'il leur plat de passer outre envers et contre toutes les convenances4 ,le temps n'est plus1 hlas6 o une dame a pu rpondre la personne qui lui demandait si la fume l'incommodait3 --,je n'en sais rien1 ,monsieur1 car l'on n'a jamais fum devant moi4 ,aujourd'hui le cigare a pntr partout4 ,il a conquis le boudoir1 la salle manger2 on prtend mme qu'il a forc les portes de quelques salons4 ,ce n'est peut-tre l qu'une calomnie2 mais gare que demain ce ne soit une vrit6 ,,en ,,voyage ,les voyageurs sont astreints des gards et des concessions rciproques1--par politesse d'abord1 et ensuite par intrt personnel1--s'ils veulent allger les ennuis et les fatigues du parcours4 ,chacun doit ranger ses bagages dans les filets ou grillages1 ou sous la banquette4 ,il n'a droit qu' l'espace correspondant au-dessus et au-dessous de la place qu'il occupe4 ,abstenez-vous de manger en wagon ou en voiture publique1 moins d'une ncessit absolue2 et faites-le alors avec discrtion et le plus promptement possible4 ,vous n'tes pas libre1 en effet1 d'incommoder vos voisins de l'odeur et de la vue de vos victuailles et pluchures4 ,vous ne l'tes pas davantage de les interroger tout bout de champ1 non plus que d'entamer haute voix des conversations sur vos propres affaires1 qui ne peuvent intresser d'aucune manire les assistants4 ,il s'lve assez frquemment des contestations au sujet des glaces que les uns veulent tenir ouvertes et les autres fermes4 ,beaucoup de gens se figurent qu'ils ont la libre disposition de la fentre prs de laquelle ils sont placs--cela arrive surtout en wagon4 ,eh bien6 c'est une erreur complte4 ,votre vis--vis1 qui est l au mme titre que vous1 a parfaitement le droit d'tre d'un avis contraire au vtre4 ,il faut donc que chacun y mette du sien4 ,deux choses seulement sont exigibles3 la fermeture de l'une de deux fentres quand il y a un courant d'air2 et1 d'autre part1 l'abstention de fumer4 ,du reste1 la politesse la plus lmentaire nous fait un devoir de dfrer sur-le-champ la demande d'une dame ou de toute personne qui se dclarerait incommode4 ,il est toujours galant et de bon ton d'offrir le coin que l'on occupe une dame ou un vieillard2 mais on peut s'en dispenser1 lorsqu'on se trouve en famille1 et plac ct de l'un des siens4 ,,aux ,,eaux ,les eaux sont devenues un des besoins imprieux de la vie moderne4 ,cela s'explique4 ,il y a de si bons arguments1 de si excellentes raisons en faveur de ce dplacement annuel4 ,le docteur n'a-t-il pas ordonn l'eau et les senteurs de la mer1 l'usage de telle ou telle source thermale1 pour refaire la sant affaiblie de ,madame1 et fortifier la complexion si frle des enfants8 ,les eaux ont pour cela1--nul ne l'ignore1--des qualits spcifiques1 des vertus souveraines4 ,elles gurissent de toutes les maladies1 mme de celles qu'on n'a pas1--de celles-l surtout4 ,autre considration non moins prpondrante3 ,dans les stations balnaires1 les femmes n'ont plus s'occuper des soins fastidieux du mnage4 ,elles sont en pleine possession d'elles-mmes1 affranchies du contrle marital1 en un mot1 libres comme l'air4 ,les maris sont retenus la ville par leurs affaires1 quelques-uns par d'autres obligations qui1 pour tre plus lgres1 n'en sont pas moins attachantes4 ,tout au plus1 peuvent-ils se permettre une visite hebdomadaire1 ou semi-mensuelle ou seulement mensuelle2 cela dpend de la distance4 ,ils montent en chemin de fer1 le samedi1 en sortant de la ,bourse1 et s'en reviennent1 le surlendemain ou plusieurs jours aprs1 reprendre le harnais4 ,c'est ce que l'on appelle1 en langage boursier1 mener de front les affaires et les convenances conjugales4 ,donc1 en prsence de la libert si complte et de l'isolement que cette situation fait aux femmes1 peut-tre n'est-il pas hors de propos de soumettre ici quelques observations et recommandations4 99 99 99 99 99 ,la premire de toutes1 c'est de s'observer rigoureusement1 de ne se lier qu'avec des personnes dont on connat l'origine1 ainsi que la situation prsente4 ,mais1 s'criera-t-on1 l'on ne va pas aux eaux pour se condamner la vie claustrale1 et se priver de relations plus ou moins agrables1 qu'aprs tout on n'est pas tenu d'emporter avec soi1 boucles dans sa valise4 ,eh bien6 c'est ce qui vous trompe4 ,vous envisagez les choses trop lgrement4 ,parmi ces rencontres fortuites1 il se trouvera naturellement des gens honorables4 ,vous les avez admis par circonstance1 pour les besoins et les distractions du moment1 quoique n'tant pas de votre monde2 eux1 ont pris cet accueil au srieux et1 de retour ,paris1 ils ne manqueront pas de vous rendre visite4 ,comment ferez-vous pour les vincer8 ,si vous leur refusez votre porte1--autant d'ennemis mortels3 leur amour-propre bless ne vous le pardonnera jamais4 ,mais ce n'est pas l que gt le plus grand danger4 ,admettons pour un instant que vous avez eu le malheur de tomber sur un mnage interlope1 ou sur quelqu'un de ces aigrefins1 homme ou femme1 qui font mtier de capter la confiance des familles pour s'en parer en public1 et exploiter le reflet de leur honorabilit4 ,vous vous tes laiss prendre des dehors sduisants1 vous avez t circonvenu1 sans aller toutefois jusqu' l'intimit4 ,toutes les apparences sont contre vous1 vous voil compromis3 vous en subirez les consquences4 99 99 99 99 99 ,l'on ne saurait donc tre trop circonspect dans ses relations de villgiature1 mme les plus passagres4 ,se tenir sur une extrme rserve1 apporter beaucoup de tact et de jugement dans sa conduite1--telles sont les rgles suivre4 ,ne vous modelez pas sur ce qui se pratique dans les salons de ,paris1 les conditions de la vie balnaire sont tout autres4 ,ainsi1 par exemple1 une jeune personne ne devra point accepter1 dans un bal de casino1 l'invitation d'un cavalier qui n'a pas t prsent ses parents4 ,jamais elle n'ira seule au salon2 elle n'y restera que trs peu de temps1 afin de n'tre pas expose entendre certaines conversations1 et se voir adresser la parole par le premier venu4 ,mmes recommandations en ce qui concerne les tables d'hte1 o il rgne un ton familier de mauvais got1 et parfois trs embarrassant4 ,toute mre prudente1 toute jeune femme qui n'est pas accompagne1 feront bien de prendre leurs repas dans leur appartement4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,l'tiquette ,une journe de ,louis ,,xiv ,la politesse ,le tutoiement ,le costume ou vtement ,types de l'lgance parisienne ,lions et tigres civiliss ,la loge des lions ,du salut et de son importance ,la poigne de main ,les visites ,la carte de visite ,la prsentation ,les salons ,la conversation ,de l'-propos ,la rplique ,les nuances ,des cueils viter ,lettres de demande ,ptitions ,lettres de remerciement ,lettres de flicitation ,lettres de condolance ,des billets ,des invitations ,lettres de faire part ,des dners en gnral ,les grands dners ,le dner entre gastronomes ,le dner bourgeois ,les djeuners ,du tabac ,crmonie du baptme ,le mariage la mairie ,le mariage l'glise ,l'enterrement ,,chapitres ,,compl,,mentaires ,,au ,,dehors3 ,la rue1 les boulevards1 la promenade ,,en ,,famille3 ,devoirs des poux ,devoirs des pres et mres ,devoirs des enfants ,a l'glise ,a propos des prsentations ,des prsances ,l'entre dans le monde ,le bal ,toilette des femmes ,toilette des hommes ,visites et cartes de visite ,a table ,au thtre ,fumeurs et priseurs ,en voyage ,aux eaux