,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,note sur la transcription3 ,les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges4 ,l'orthographe d'origine a t conserve et n'a pas t harmonise4 ,,la ,,vie ,,en ,,famille ,,comment ,,vivre ,a ,,deux8 ,,par ,b4-,h4 ,,gausseron ,,deux ,,moities ,,font ,,un ,,entier ,a ,,la ,d,,couverte--,,les ,,ennemis ,,miel ,,et ,,fiel ,,sables ,,mouvants--,,craquements ,,et ,,ruine ,,ce ,,qui ,,me ,,soutient--,,aimer ,,et ,,croire ,,le ,,nerf ,,de ,,la ,,guerre ,,le ,,minist,,re ,,des ,,affaires ,,trang,,res ,,la ,f,e ,,du ,,foyer--,,la ,,grande ,,joie ,,home1 ,,sweet ,,home6 ,,paris ,a ,,la ,,librairie ,,illustr,e #h1 ,,rue ,,saint-,,joseph1 #h ,tous droits rservs4 ,,comment ,,vivre ,a ,,deux8 ,,du ,m,,me ,,auteur ,,doit-,,on ,,se ,,marier8 ,un beau volume in-#ah jsus #c fr4 #ej ,,comment ,,lever ,,nos ,,enfants8 ,un beau volume in-#ah jsus #c fr4 #ej ,,que ,,faire ,,de ,,nos ,,filles8 ,un beau volume in-#ah jsus #c fr4 #ej ,,que ,,feront ,,nos ,,gar,,ons8 ,un beau volume in-#ah jsus #c fr4 #ej ,,ou ,,est ,,le ,,bonheur8 ,un beau volume in-#ah jsus #c fr4 #ej ,,mile ,,colin4--,,imprimerie ,,de ,,lagny ,,la ,,vie ,,en ,,famille ,,comment ,,vivre ,a ,,deux8 ,,par ,b4-,h4 ,,gausseron ,illustration ,,paris ,a ,,la ,,librairie ,,illustr,e #h1 ,,rue ,,saint-,,joseph1 #h ,tous droits rservs4 ,,comment ,,vivre ,a ,,deux8 ,,chapitre ,,premier ,,deux ,,moiti,s ,,font ,,un ,,entier ,le lecteur qui nous a suivi bienveillamment dans le cours de ces tudes de morale pratique et familire1 sait ce que nous pensons sur la question du mariage#a4 ,nous n'y revenons ici que comme entre en matire et pour mmoire4 ,il serait1 en effet1 assez oiseux de rechercher les conditions de la vie heureuse deux1 si l'on n'avait1 au pralable1 acquis la conviction que ni l'homme1 d'un ct1 ni la femme1 de l'autre1 ne sont faits pour vivre seuls4 ,or cette vie deux--homme et femme--c'est justement1 avec toutes les diffrences1 profondes et troublantes parfois1 qu'y apportent les climats1 les races1 les religions et les degrs de civilisation1--le mariage4 #a ,voir ,doit-on se marier8 ,paris1 ,librairie illustre2 #a vol4 in-#ah4 ,il y a deux manires bien tranches de le considrer1 ou plutt d'en parler4 ,les uns y cherchent matire raillerie1 et1 rditant avec constance des plaisanteries et des satires aussi vieilles que l'institution1 font de l'esprit ou de l'humour bon march4 ,les autres le prennent pour ce qu'il est1 c'est--dire pour l'lment primordial et constitutif de nos socits4 ,les premiers1 d'ailleurs1 ne s'en marient pas moins que les seconds4 ,sans nous attarder aux plaisanteries et gausseries dont le thme gnral et les donnes ordinaires sont connus de tous1 nous citerons1 comme spcimen plus rare1 une boutade d',anglais atrabilaire recueillie dans le ,spectator3 ,je ne trouve1 dit l'crivain1 dans cette premire partie du sicle dix-huitime1 que deux couples qui aient russi3 le premier est un capitaine de navire et sa femme qui1 depuis le soir de leur mariage1 ne se sont plus vus du tout4 ,le second est un honnte couple du voisinage2 le mari1 homme d'un bon sens solide et un peu vulgaire1 d'un temprament paisible3 la femme1 muette4 ,ceci n'est donn que comme un fait d'observation4 ,mais la consquence en dcoule tout naturellement1 et l'on a vite fait de la formuler en loi4 ,est-ce qu'il y a du mal aimer son mari8 demande1 dans une comdie de la mme poque1 une jeune femme l'indispensable marquis4 ,et le marquis de rpondre3 ,du moins1 il y a du ridicule4 ,a la cour1 un homme se marie pour avoir des hritiers1 une femme pour avoir un nom1 et c'est tout ce qu'elle a de commun avec son mari#b4 #b ,d',allainval3 ,l',ecole des ,maris4 #agbh4 ,ces deux moitis-l ont beau se rapprocher3 elles ne sauraient videmment constituer un tout4 ,une demi-poire et une demi-pche ne feront jamais un fruit complet4 ,un autre critique prtentions moralisantes ne va pas jusqu' nier que1 dans l'union conjugale1 l'homme et la femme ne se doivent l'un l'autre4 ,mais il fait une remarque qui mrite d'autant plus d'tre signale qu'elle a t refaite plus tard par un des plus fameux thoriciens de l'avenir4 ,je n'ai point1 dit-il1 connu de mari qui ne ft plus ou moins touch de la mort de sa femme4 ,les plus imprieuses et les plus acaritres sont presque toujours celles qu'on regrette le plus3 on ne s'en console point4 ,l'humeur et la patience des hommes ont vraisemblablement besoin d'tre exerces4 ,la perte d'une femme douce et compatissante ne laisse pas le mme vuide#c4 #c ,doutes sur diffrentes opinions reues dans la ,socit4 ,nlle d4 ,londres et ,paris1 #aghc1 #b vol4 in-#af4 ,de mme ,stendhal3 ,en ,france1 les hommes qui ont perdu leur femme sont tristes2 les veuves1 au contraire1 gaies et heureuses4 ,il y a un proverbe parmi les femmes sur les flicits de cet tat4 ,et il conclut3 ,il n'y a donc pas d'galit dans le contrat d'union4 ,on voit avec les yeux qu'on a1 et ce qui parat bleu au grand nombre semble rouge quelques-uns4 ,pour mon compte1 j'ai rencontr au moins autant de veuves dsoles que de veufs accabls de regrets4 ,je crois mme que1 lorsque le veuvage survient aprs plusieurs annes de mnage1 si l'impression ressentie diffre selon les sexes1 c'est chez la femme qu'elle est le plus durable4 ,je ne parle1 est-il besoin de le dire1 ni des cerveles1 ni des nvroses1 ni de celles qui se font appeler les grandes mondaines par les journaux4 ,il est des esprits plus srieux1 qui ne discutent pas les mrites1 la ncessit physique et sociale de la vie deux1 mais qui reculent devant le mariage cause de son caractre perptuel1 de son indissolubilit4 ,le mariage1 dit ,selden1 est une affaire dsespre3 les grenouilles1 chez ,esope1 taient extrmement sages3 elles avaient bien envie d'un peu d'eau1 mais elles ne voulaient pas sauter dans le puits1 parce qu'elles n'auraient plus t capables d'en sortir4 ,il n'entre point dans notre plan d'examiner ici cette question4 ,mariage religieux1 mariage civil1 union libre mme avec les garanties que les enfants et la socit peuvent rclamer3 sparation1 annulation1 divorce1--toutes ces formes diverses de conscration ou de dissolution de la vie deux ne sont pas ce qui nous occupe4 ,nous n'avons qu' rpondre ce que rpondait nagure ,m4 ,alexandre ,dumas un journal anglais3 ,le mariage tant un acte qui dpend absolument de la volont des individus1 que ceux qui veulent se marier se marient2 que ceux qui ne veulent pas se marier ne se marient pas4 ,quant ceux qui ont t mal et malgr eux maris1 disent-ils1 le divorce existant dans tous les pays rgis par la loi civile et l'annulation du mariage dans tous les pays rgis par la loi ecclsiastique1 qu'ils fassent rompre leur mariage par la magistrature ou qu'ils le fassent annuler par l'glise4 ,comme c'est simple6 ,ce n'est peut-tre pas tout fait aussi simple qu'il plat au grand crivain de le dire2 mais1 enfin1 c'est la vrit4 ,on raconte que ,socrate ayant fait un discours sur le mariage1 tous les clibataires dans l'auditoire prirent la rsolution de se marier la premire occasion1 et tous les hommes maris montrent immdiatement cheval pour se rendre auprs de leurs femmes au galop4 ,et ,socrate est un des plus fameux mal maris dont l'histoire fasse mention4 ,ce doit tre sous le coup de quelque discours ou objurgation semblable que le rdacteur du ,tattler crivait3 ,ce ne serait pas une mauvaise chose que le vieux clibataire1 qui vit dans le mpris du mariage1 ft oblig de donner sa dot la vieille fille qui est dispose y entrer4 ,c'est ce que chantait ,thrsa3 ,nous voulons un impt ,sur les clibataires6 ,le caustique ,chamfort ne voit point de moyen de gurir le mal du mariage2 il est de l'avis d',arlequin dans la farce italienne1 lorsqu'il dit1 propos des travers de chaque sexe1 que nous serions tous parfaits si nous n'tions ni hommes ni femmes4 ,il est piquant d'entendre il signore ,arlequino souhaiter tous d'tre changs en ,auvergnats4 ,le mme ,chamfort rapporte ce mot1 qui a d tre repris depuis1 pour servir de lgende quelque caricature de journal pour rire3 ,vous billez1 disait une femme son mari4--,ma chre amie1 lui dit celui-ci1 le mari et la femme ne sont qu'un1 et quand je suis seul1 je m'ennuie4 ,cela ne prouve pas en faveur de l'esprit du personnage4 ,on ne s'ennuie gure que dans la compagnie d'un sot4 ,mais nous touchons ici1 travers l'enveloppe d'une assez grossire ironie1 la vritable formule de la vie deux4 ,vivre deux c'est se complter1 se fondre1 s'unir1 en un mot1 c'est--dire n'tre qu'un4 ,aussi n'est-il pas tonnant que le mariage1 l'union lgale et quasi indissoluble de l'homme et de la femme1 ait t si souvent compar la fois au paradis et l'enfer3 ,nous voyons bon nombre de gens tant heureux ceste rencontre1 dit ,rabelais1 qu'en leur mariage semble reluire quelque ide et reprsentation des joyes du paradis4 ,autres y sont tant malheureux1 que les diables qui tentent les hermites par les desers ne le sont davantage4 ,que pensez-vous du mariage8 dit la duchesse de ,malfy dans une pice de ,webster2 et ,antonio rpond3 ,je le considre comme ceux qui nient le purgatoire2 il contient1 ou le ciel1 ou l'enfer2 il n'y a point un troisime lieu en lui4 ,le risque est gros courir1 moins qu'il n'y ait l quelque exagration1 comme il arrive frquemment aux imaginations vives qui1 d'un bond1 vont de l'une l'autre extrmit d'un sujet4 ,il me semble bien que l'atmosphre conjugale n'est pas toujours et exclusivement ou blouissante de soleil1 ou bouleverse par la tempte4 ,il y a des temps gris et doux1 qui ne sont pas les moins agrables1 au got de bien des gens4 ,je suis mari1 j'ai prs de cinquante ans1 ma femme en a vingt-cinq1 dit ,m4 ,guizot1 dans l'ouvrage posthume intitul3 ,le ,temps pass2 point de commentaire1 je vous prie2 nous sommes des gens raisonnables et heureux1 cela n'est pas si rare qu'on le pense4 ,il faut croire que le tableau de ce bonheur serait moins fidlement peint en couleurs clatantes qu'en grisaille4 ,quoi qu'il en soit1 on ne peut que se ranger l'avis du vicaire de ,goldsmith1 lequel pensait que l'honnte homme qui se marie et lve une nombreuse famille rend plus de services que celui qui reste clibataire et se contente de parler de la population4 ,malthus ferait des objections et des calculs4 ,mais qui est-ce qui croit aujourd'hui aux objections et aux calculs de ,malthus1 hors ceux que leur intrt de caste ou leur gosme personnel entrane y croire8 ,le vieux proverbe part d'un point de vue moins gnral1 mais non moins pratique1 lorsqu'il dit3 ,de bonnes armes est arm ,qui bonne femme est mari4 ,et comme rien n'est malicieux comme la sagesse des nations1 le vieux proverbe ajoute3 ,tel homme1 telle femme2 montrant ainsi que c'est l'tre le plus fort de former le plus faible1 et que1 dans le mnage1 le rle d'ducateur appartient au mari4 ,il y a1 d'ailleurs1 rciprocit1 et ce que la force--j'entends l'nergie de caractre--de l'homme doit faire sur la femme1 la douceur de la femme le doit faire sur l'homme4 ,quand la femme traite bien son mari1 il en vaut mieux#d4 #d ,encyclopdie des ,proverbes4 ,cette action mutuelle est trop vidente pour qu'il soit ncessaire d'y insister4 ,mais elle est trop intressante aussi pour que les moralistes et les sociologues--excusez le mot--ne l'aient pas tudie sous tous ses aspects et dans tous ses effets4 ,l'vque ,landriot a dit avec un vrai bonheur d'expression3 ,le frottement du caractre de la femme sur celui de l'homme imite l'action de la pierre ponce3 il enlve les asprits1 il polit4 ,ailleurs1 en ces termes pompeux qu'affectionne l'loquence de la chaire1 mais avec beaucoup de justesse et de nettet1 il fait le dpart entre le rle de l'homme et celui de la femme dans le mcanisme de la vie deux4 ,a l'homme la force1 dit-il1 le courage et une certaine austrit dans l'intrieur de la famille4 ,cette austrit1 je n'en veux pas dire de mal1 car elle est ncessaire1 et sans elle la famille se dissoudrait dans un excs de molle bont2 mais elle ne suffit pas1 et son complment est dans le coeur et sur les lvres de la femme4 ,quand le mari fait entendre cette voix pleine d'autorit qui met partout le mouvement et la vie1 la femme arrive et1 comme l'huile de suavit1 elle se glisse travers les rouages1 elle adoucit les frottements1 elle facilite l'excution444 ,a une parole nergique et paternelle1 elle joint un conseil de mre1 un mot de son coeur1 un regard affectueux2 et cette sage combinaison d'efforts continus fait que tout va bien dans la famille4 ,c'est ce que madame ,necker avait essay d'exprimer1 sans pouvoir viter une subtilit et une scheresse aussi peu propres convaincre qu' persuader4 ,voici la phrase3 ,pour ajouter aux synonymes mener et conduire1 il me semble qu'on pourrait dire3 dans un mnage bien assorti1 la femme doit mener et le mari doit conduire2 l'un tient au sentiment et l'autre la rflexion4 ,quelle que soit la forme donne la pense1 le fond en est toujours le mme3 la femme et l'homme sont ncessaires l'un l'autre4 ,de mme qu'il faut que deux nuages se rencontrent pour que se dgage de chacun d'eux l'lectricit qu'ils renferment1 de mme les nergies1 les puissances1 les qualits de l'homme et de la femme ne se manifestent en leur plein que lorsqu'ils sont unis et qu'ils s'influencent mutuellement4 ,une femme n'est jamais par elle-mme tout ce qu'elle peut tre1 dit ,ch4 de ,rmusat2 il importe sa perfection qu'elle soit aime et qu'elle soit heureuse4 ,heureuse dans son amour et par son amour1--cela ne va-t-il pas de soi8 ,ce n'est pas dire1 rptons-le1 que le mariage ait en soi1 et indpendamment de toute circonstance extrieure et de tout effort personnel1 la vertu de donner chacun des poux runis ce qui lui manquait lorsqu'il tait seul4 ,c'est une condition--la meilleure1 sans doute--pour l'acqurir2 mais l encore nous sommes les artisans de notre propre bonheur4 ,aussi ,h4 ,raisson dit-il fort justement3 ,le mariage donne de l'tendue ou notre bonheur ou nos misres4 ,addison l'avait dit avant lui3 ,le mariage agrandit le thtre de notre bonheur et de nos misres4 ,un mariage d'amour est agrable2 un mariage d'intrt commode2 et un mariage o les deux choses se rencontrent1 heureux4 ,un heureux mariage a en soi tous les plaisirs de l'amiti1 toutes les jouissances du bon sens et de la raison1 et1 de fait1 toutes les douceurs de la vie4 ,un des plus anciens et des plus nobles dpts de la sagesse humaine chez les hommes de notre race1 le livre des ,vdas1 contient cette maxime3 ,l'homme n'est complet que par la femme1 et tout homme qui ne se marie pas ds l'ge de la virilit doit tre not d'infamie4 ,il dit encore3 ,la femme est l'me de l'humanit4 ,belle parole qui1 comme le fait remarquer ,m4 ,armand ,hayem dans son livre ,le ,mariage1 remet en mmoire un mot de ,prudhon frapp au mme coin3 ,la femme est la conscience de l'homme personnifie4 ,ainsi1 ajoute ,m4 ,hayem1 c'est une manire de l'homme de se complter que de s'unir la femme4 ,c'est mme la seule1 dclarons-le4 ,il y a1 sur les vieilles filles et les vieux garons1 un double proverbe rimes trop triviales pour que je le rapporte ici1 mais qui dnote bien le sentiment populaire cet gard4 ,ce sentiment n'clate-t-il pas1 d'ailleurs1 avec une force irrsistible dans l'unanimit de toutes les langues faire du mot moiti le synonyme d'poux8 ,une anecdote1 raconte par ,m4 ,lordan ,larchey dans son ouvrage intitul3 ,nos vieux ,proverbes1 fait sentir d'une faon poignante que cette mtaphore apparente est bien1 aprs tout1 l'expression d'une ralit4 ,on nous saura gr de la transcrire3 ,un jour1 dans la ,loire-,infrieure1 nous vmes une pauvre petite vieille filant solitaire la porte d'une chaumire perdue sur les rives du lac de ,grandlieu4 ,au moment o nous passions1 une pluie d'orage la contraignit de rentrer1 en nous offrant l'abri de son toit4 ,tout1 dans l'unique pice1 tait d'une extrme propret2 et1 comme on l'en complimentait1 elle dit3 --,h6 mon ,dieu6 je n'y ai point de mrite1 je suis toute seule4 --,et vous avez toujours t de mme8 --,dame1 non6 j'avais un mari1 mais1 hlas6 sa compagnie m'a quitte4 ,elle se tut en essuyant une larme4 ,et je n'oublierai jamais comment elle avait su1 en trois mots1 faire mesurer le vide profond laiss par la mort de son homme4 ,le couple humain1 souche de la famille et embryon de la socit1 est donc un tout parfait1 form de deux moitis distinctes4 ,mais pour que l'entier se constitue et se maintienne1 il est indispensable que ces deux moitis s'adaptent de telle sorte que ni tiraillements ni chocs ne parviennent les sparer4 ,,chapitre ,,ii ,a ,,la ,d,,couverte ,ce que je sais le mieux c'est mon commencement1 s'criait l',intim4 ,il n'est gure de jeune mari qui puisse en dire autant4 ,on se trouve1 du jour au lendemain1 lanc dans des eaux inconnues1 o il faut naviguer la dcouverte4 ,la moindre imprudence peut tre funeste4 ,toute fausse manoeuvre peut faire prendre une direction qui loignera jamais du port1 si elle n'amne pas du premier coup le naufrage4 ,on ne saurait donc trop consulter la boussole et se conformer aux rgles de la navigation1 au dbut de ce voyage au long cours dans des mers ignores4 ,ce sont ces dangers qu'ont en vue les moralistes et les pres de famille lorsqu'ils mettent en garde contre les unions prcipites4 ,dans la jeunesse1 dit ,ferrand dans ses conseils son fils1 on est expos souvent se laisser sduire par les apparences2 on croit voir des avantages rels dans ce qui n'en a que les dehors4 ,on contracte tourdiment un lien indissoluble2 on reconnat trop tard son erreur3 l'union se perd1 l'aigreur s'en mle1 de l les sparations1 les scandales publics1 et la mauvaise ducation que reoivent presque toujours des enfants ns d'un mariage mal assorti4 ,il dit encore3 ,il est affreux d'tre uni un tre dont la socit est un tourment qui ne doit finir qu'avec la vie2 surtout gardez-vous de vous laisser sduire par les charmes de sa figure1 avant de savoir quel est son caractre444 ,la figure passe1 le caractre reste2 et l'on se trouve condamn aux regrets d'avoir t tromp1 et de l'tre pour toujours4 ,beaut de femme n'enrichit homme1 dit le proverbe4 ,pour viter cet cueil1 on a conseill de n'arriver au mariage qu'aprs de longues fianailles1 permettant aux futurs poux de bien se connatre avant de s'engager4 ,c'est ainsi que nous lisons dans un des ,essais du ,spectator3 ,gnralement les mariages o il y a le plus d'amour et de constance sont ceux qu'une longue cour a prcds4 ,il faut que la passion jette des racines et acquire de la force1 avant d'y greffer le mariage4 ,une longue suite d'esprance et d'attente fixe l'ide dans notre esprit1 et nous habitue la tendresse pour la personne aime4 ,l'crivain anglais ne s'arrte pas l4 ,il nous donne les indices d'aprs lesquels on pourra pronostiquer l'avenir du mnage3 ,un bon naturel et une humeur gale vous donneront pour la vie une compagne--ou un compagnon--facile2 la vertu et le bon sens1 un ami agrable2--l'amour et la constance1 une bonne femme--ou un bon mari4 ,il est vrai qu'il ajoute cette remarque amre3 ,pour une personne que l'on rencontre avec ces qualits la fois1 on en trouve cent qui n'en ont pas mme une4 ,esprons que la proportion n'est pas exacte1 et ne soyons pas trop exigeants1 chacun de notre ct4 ,si le jeune mari ne se sent pas toutes les qualits requises1 de quel droit les rclamerait-il chez sa femme8 ,et rciproquement4 ,que celles qu'on a fassent oublier celles qu'on n'a pas1 et que l'indulgence mutuelle supple finalement ce qui fait dfaut4 ,et puis1 s'il est bon d'avoir un idal trs lev et d'en poursuivre la ralisation1 c'est chez soi et en vue de sa propre amlioration1 bien plus que chez autrui4 ,dans les rves du jeune homme1 la fiance prend des allures d'ange2 et quand la jeune fille voque l'image de celui qui sera son mari1 peine les flamboyants chrubins ou les sraphins doux et charmants de ,jhovah paraissent-ils dignes de lui tre compars4 ,mais1 comme le dit excellemment ,fontenelle1 les choses ne passent point de l'imagination la ralit1 qu'il n'y ait de la perte1 et c'est ce qu'il est bien important de ne point oublier4 ,c'est le meilleur moyen de ne pas donner raison au proverbe3 ,aujourd'hui mari1 demain marri4 ,la grande part de responsabilit--je ne dis pas toute la responsabilit1-- cette poque des dbuts1 appartient celui des deux poux qui a1 d'ordinaire1 le plus d'exprience1 le plus de sang-froid1 la volont la plus nette et la plus ferme1 c'est--dire l'homme4 ,le bonheur d'un mnage1 fait dire fort justement un de ses personnages un romancier contemporain1 dpend plus souvent du mari que de la femme3 lui de bien diriger sa barque1 de savoir o il veut aller4 ,a moins de se heurter une nature exceptionnelle1 un temprament terrible1 on doit pouvoir se crer l'existence que l'on cherche en se mariant#e4 #e ,g4 ,toudouze1 ,le ,train jaune4 ,le spirituel auteur d'un petit livre publi chez ,j4-,p4 ,roret1 en #ahbi1 sous le titre de ,code ,conjugal1 ,horace ,raisson1 claire d'une comparaison saisissante ce que nous voulons faire comprendre ici4 ,s'il faut en tout temps1 crit-il1 tre attentif carter les sujets de dsordre1 on doit s'y appliquer davantage encore dans le commencement de son union4 ,rien n'est plus ais que de sparer deux pices de bois frachement unies ensemble3 au bout de quelque temps1 on a peine les dtacher par le fer et le feu4 ,il insiste et ajoute avec un grand bon sens3 ,la lune de miel est le vritable moment critique du mariage4 ,tout en en savourant la douceur1 il faut se tracer pour l'avenir une ligne de conduite fixe et immuable1 et ne pas imiter ces maris1 charmants durant le premier quartier1 et dtestables ds la pleine lune4 444 ,en mnage 7et la lune de miel est dj du mnage71 il faut1 avant tout1 du naturel4 ,la seule manire de prolonger la lune de miel est donc de ne pas jouer le rle d'amant-mari1 et de se montrer ds le premier jour ce que l'on sera constamment4 ,c'est une pense analogue qui fait dire madame de ,lambert dans son opuscule sur l'amiti3 ,nous sommes d'ordinaire avec les autres comme nous sommes avec nous-mmes4 ,les personnes sages savent tablir la paix chez eux1 et la communiquent aux autres4 ,snque dit3 ,j'ai assez profit pour apprendre tre mon ami4 ,quiconque sait vivre avec soi-mme1 sait vivre avec les autres4 ,les caractres doux et paisibles rpandent de l'onction sur tout ce qui les approche4 ,montrons-nous donc tels que nous sommes1 mais tchons d'tre bons et commodes vivre4 ,ce serait pallier le mal pour un temps plus ou moins bref1 mais nullement le gurir1 que se revtir d'un masque1 changer artificiellement et artificieusement nos allures1 exprimer des sentiments qui ne sont point ntres1 faire1 en un mot1 ft-ce pour le plus louable des motifs1 le personnage de ,faux-,semblant4 ,croyons-en l'observation de madame de ,rmusat3 ,dans un nouveau mnage1 si un caractre se prononce avec rudesse1 le plus doux plie et ruse2 c'est assurment la femme qui se soumet ainsi le plus souvent2 mais quelquefois aussi c'est l'homme4 ,au surplus1 alors1 quel que soit le trompeur ou le tromp1 le but de l'association est manqu2 je n'espre plus de tendresse1 ni d'estime1 l o je ne vois ni confiance ni sincrit4 ,ce n'est pas qu'il soit interdit d'tre adroit4 ,c'est fourbe et vil qu'il ne faut pas tre4 ,la vie isole est1 dans toutes les conditions1 un art complexe et difficile2 combien plus la vie deux6 ,nous n'hsiterons donc pas transcrire les conseils1 la fois mondains1 sages et pratiques1 qu',horace ,raisson donne au nouvel poux qui rencontre inopinment chez sa jeune femme des habitudes et des gots opposs aux siens ou en dsaccord avec son tat dans le monde4 ,un mari1 suppose-t-il1 aime l'tude1 la simplicit1 la retraite2 sa femme ne se plat que dans le monde1 le faste1 la dissipation2 sera-t-il ncessaire que l'un sacrifie son bonheur au caprice de l'autre8 ,la philosophie conjugale n'est-elle pas alors un devoir1 presque une vertu8 ,il y a toujours danger contrarier un vif dsir ou une habitude ds longtemps contracte2 le plus sage est de laisser une jeune femme satisfaire ses gots de danse1 de parure1 de spectacles1 au lieu de s'opposer sa volont4 ,on fait ainsi natre la satit1 o l'on aurait aiguillonn le caprice1 et la soumission se montre bientt1 o se ft stimule la rsistance4 ,je ne sais au juste ce que ,raisson entendait par soumission et rsistance1 et je ne veux point revenir sur ce que j'ai eu l'occasion de dclarer propos de l'obissance1 dont le code fait aux femmes une obligation au bnfice des maris4 ,pour nous1 l'arbitraire est toujours de la tyrannie1 et le mari n'a de droit sur la conduite de sa femme que celui qu'il puise dans une raison plus mre et une exprience plus tendue4 ,c'est dans ces limites seulement et avec cette interprtation que je me range la mthode prconise par ,horace ,raisson dans le passage qui prcde2 et je conclus d'autant plus facilement avec lui que l'art d'obtenir beaucoup consiste ne rien exiger4 ,de tout ce qui vient d'tre dit1--insistons sur ce point1--la femme peut et doit faire son profit1 aussi bien que l'homme4 ,les prjugs ds une ducation suranne1 mais laquelle bien peu de jeunes filles chappent encore1 une timidit exagre et hors de place1 des scrupules d'autant plus tenaces qu'ils sont dicts par l'ignorance1 des maladresses de parole ou d'action qui sont des navets et que le mari ressent parfois comme des injures1 des riens de mille sortes qui tirent une importance capitale du moment et du lieu1 sont souvent des semences que la jeune femme jette tourdiment sur le terrain conjugal1 encore inexplor1 et qui1 si le mari ne sarcle ces mauvaises herbes mesure qu'elles germent1 porteront une moisson de querelles1 de dsordre et de destruction4 ,si donc le jeune mari1 en raison de son ducation physique1 intellectuelle et morale1 encore plus qu'en raison d'une supriorit quelconque de nature dont il serait vain d'arguer1 est presque toujours le plus directement responsable1 des deux cts la tche est gale2 car les doigts dlicats de la femme peuvent1 aussi bien que la rude main de l'homme1 briser1 ds le dpart1 le vase trop fragile du bonheur commun4 ,,chapitre ,,iii ,,les ,,ennemis ,les parages o les jeunes maris ont diriger le navire conjugal leur sont inconnus2 mais ils sont1 en outre1 sillonns de courants perfides et sems d'cueils4 ,les personnes mmes qui1 jusqu'alors1 avaient t pour le jeune homme et la jeune fille les guides et les appuis les plus srs1 deviennent trop souvent1 sinon des ennemis dclars1 du moins des amis gostes dont les conseils sont pernicieux et les prtentions destructrices de la paix entre les poux4 ,loin de nous la pense de rompre les liens de famille pour mieux resserrer le noeud conjugal4 ,un mariage devrait tre1 vrai dire1 la greffe d'une famille sur une autre1 et les parents des deux maris devraient se sentir intimement unis les uns aux autres dans l'intime union de leurs enfants4 ,malheureusement il n'en va pas toujours ainsi4 ,il semble au pre et la mre1 lorsque l'enfant--surtout la fille--forme un nouveau mnage1 que c'est leur bien dont on les prive4 ,les plus raisonnables se font difficilement l'ide de ne plus exercer de contrle1 de ne plus tre les guides et les matres de leur enfant4 ,aprs avoir si longtemps remorqu--au prix souvent de combien de peines et de sacrifices6--la jeune barque1 ils sont tout dsols et dconcerts de la voir voguer de ses propres voiles1 de conserve avec un autre vaisseau qui leur est inconnu4 ,de l des douleurs et des regrets infiniment respectables1 mais qui se traduisent quelquefois dans la vie pratique par des efforts inconsidrs pour garder la haute influence1 dont ils usent naturellement en sens inverse de celle qui devrait lgitimement dominer la leur4 ,la lutte qui s'ensuit ncessairement n'est pas de nature tablir l'harmonie dans le jeune mnage4 ,on a vu des femmes1 incapables de se soustraire la domination--disons1 si vous voulez1 la tendresse--de leur mre1 se mettre1 ce propos1 en rvolte ouverte contre le mari et quitter la maison conjugale1 pour reprendre1 dans la maison paternelle1 la posture d'enfant soumise dont l'ducation leur avait donn le pli4 ,parmi les garons1 de tels exemples sont infiniment plus rares1 mais on en trouverait4 ,les parents sont bien coupables ou bien aveugles qui1 ne sachant pas vaincre leurs sentiments d'affection goste1 ne se rsignent pas abdiquer ce qu'ils appellent leurs droits1 mme au lendemain du mariage de leurs enfants4 ,qu'on ne se mprenne pas sur notre pense6 ,personne plus que nous n'est touch du spectacle qu'offrent certaines familles1 plus nombreuses qu'on ne le croit1 o la plus douce entente rgne entre tous1 depuis les grands parents jusqu'aux petits-enfants4 ,le respect des uns1 la condescendance des autres1 l'affection de tous unissent admirablement les coeurs sans entraver les volonts4 ,c'est ce rsultat qu'il faut tendre1 et l'on peut toujours esprer d'y arriver4 ,il vaut bien1 d'ailleurs1 qu'on se gne un peu dans les commencements1 que l'on consente des concessions1 qu'on se soumette des sacrifices4 ,il faut se conformer aux habitudes1 au ton1 la manire de la famille dans laquelle on entre1 sous peine de voir la paix bannie de son mnage1 dit fort sagement ,horace ,raisson4 ,je gote moins cet autre conseil prsent sous forme de maxime3 ,si les belles-mres savaient dissimuler1 les brus se taire1 et les maris prendre patience1 toutes les familles seraient en paix4 ,se taire1 quand on n'a rien de bon ou d'agrable dire1 est1 coup sr1 fort sage2 et1 quoi qu'on ait racont de la langue des femmes1 la jeune pouse1 en songeant que le bonheur de celui qu'elle aime et le sien propre sont en jeu1 ne devra pas trouver l'effort au-dessus d'elle4 ,mais pourquoi la belle-mre dissimulerait-elle1 et qu'a-t-elle dissimuler8 ,le mot est vilain et la chose plus vilaine encore4 ,pourquoi lui supposer des sentiments inavouables1 de la jalousie1 du dpit1 de la haine1 contre celle que son fils a choisie pour compagne8 ,si son coeur est agit de telles passions1 ce n'est pas les dissimuler qu'elle doit travailler de toutes ses forces2 c'est les combattre1 les draciner1 les dtruire4 ,elle y parviendra assurment1 si c'est son fils qu'elle aime1 et non pas elle en son fils4 ,une ,anglaise1 ,mrs4 ,chapone1 donne d'excellents conseils la jeune marie propos des relations qu'elle aura entretenir avec la famille et les amis de son mari4 ,nous ne pouvons mieux faire que de les transcrire4 ,votre conduite vis--vis de ses amis particuliers et de ses proches parents1 dit-elle la nouvelle pouse1 auront le plus important effet sur votre bonheur mutuel4 ,si vous n'adoptez pas ses sentiments en ce qui les concerne1 votre union restera trs imparfaite1 et mille incidents dsagrables en surgiront constamment444 ,il faut prendre grand soin de partager1 extrieurement du moins1 votre respect et votre affection d'une manire gale et honnte entre les parents de votre mari et les vtres4 ,il serait heureux que vos sentiments pussent tre les mmes pour les uns comme pour les autres2 mais1 que cela soit ou non1 le devoir et la sagesse vous obligent cultiver autant que possible le bon vouloir et l'amiti de la famille qui vous a adopte1 sans prjudice de l'affection et de la gratitude dont vous ne pouvez manquer1 j'en suis sr1 l'gard de la vtre4 ,que la bru fasse preuve de ces sentiments1 et1 si la belle-mre lui refuse une part dans son affection1--que voulez-vous8--la belle-mre mritera tous les sarcasmes et toutes les maldictions que la satire populaire lui a toujours si libralement octroys4 ,c'est bien regret que nous avons d commencer par les parents cette revue des ennemis que doit redouter le jeune mnage4 ,mais quand on a dire une vrit dsagrable1 mieux vaut la dire du premier coup4 ,c'est eux1 d'un ct1 et aux nouveaux maris de l'autre1 de ne pas changer en un flau1 galement funeste au bonheur de tous1 l'affection profonde par laquelle le pre1 la mre et les enfants se sentent lis les uns aux autres4 ,il suffit de s'imposer1 d'une part1 des mnagements et des respects dont les fils et les filles ne se doivent dpartir jamais1 et1 de l'autre1 un peu de dsintressement1 disons mme1 si vous voulez1 d'abngation4 ,le problme n'est insoluble pour personne1 et on le voit bien1 aprs tout1 au grand nombre de ceux qui le rsolvent4 ,une autre catgorie d'ennemis1 moins intressants et plus perfides1 est celle des amies d'enfance4 ,il faut lire1 dans le ,code conjugal d',horace ,raisson1 les pages de fine physiologie qu'il leur consacre4 ,ds qu'il est question dans le monde du mariage d'une jeune personne1 les amies de pension accourent3 leurs questions volubiles1 on juge que c'est la curiosit bien plus qu'un tendre intrt qui les excite444 ,tu te maries8 ton prtendu est-il aimable1 beau8444 l'aimes-tu8444 voyons la corbeille8 ,puis viennent les commentaires1 les projets4 ,on se quitte3 celles qui sont filles lvent au ciel un regard d'envie2 celles qui sont maries poussent un soupir de regret ou de souvenance4 ,aprs la noce1 o les amies de pension se sont fait remarquer par leur petit air important1 les visites deviennent plus frquentes2 chaque jour on propose1 on engage quelque partie nouvelle4 ,la promenade1 les marchands1 la campagne1 le spectacle s'emparent si bien de tous les moments de la jeune femme1 que son mari trouve peine le temps de l'entrevoir dans le cours de la journe4 ,c'est l le moindre inconvnient de ce redoublement de tendresse renouvele du pensionnat4 ,mais le mari hasarde un lger reproche2 sa femme reconnat son tort involontaire1 et promet sincrement de ne plus se laisser ainsi ravir le temps qu'elle peut passer si heureuse prs de l'poux qu'elle aime4 ,elle refuse donc les invitations que ses amies viennent lui faire4 ,celles-ci s'tonnent1 se piquent1 la pressent de questions2 la jeune femme avoue enfin que son mari parat dsirer la voir plus souvent prs de lui4--,ah6 ,monsieur est jaloux6--,non1 il m'aime4--,le despote6 laisse-le faire1 ce sera bientt une tyrannie2 que tu seras heureuse1 ainsi claquemure6 ,mon mari a voulu me mener ainsi2 j'ai bien souffert le contrarier2 maintenant il en passe par o je veux4--,mais1 mes amies1 vous vous mprenez2 mon mari n'exige rien1 ne se plaint de rien2 je pense seulement que1 sans fuir le plaisir1 je puis lui consacrer plus d'instants4--,pauvre petite6 si douce1 si rsigne444 ,puis arrive le chapitre des conseils4 ,leur instance est d'abord bien faible2 mais1 force de revenir la charge1 de rpter des plaintes1 de faire des comparaisons1 de saisir de fausses apparences1 elles tournent bientt la tte de la jeune pouse1 qui troque enfin le bonheur contre la dissipation4 ,le tableau qui prcde1 et qui n'est point charg1 explique et justifie cet autre passage qui pourrait sembler1 au premier abord1 dpasser la vrit4 ,beaucoup de maris redoutent pour leurs femmes la socit des jeunes gens1 et prfrent les voir entoures de femmes2 ils ont tort4 ,on pourrait dire avec justesse3 ,les amies de pension ont plus dsuni de mnages que les galants4 ,il est clair que ces remarques sont applicables tous les degrs de l'chelle sociale4 ,il n'est pas ncessaire d'avoir t en pension pour avoir des dangers analogues redouter et fuir4 ,les amies d'atelier1 les voisines1 les habitues de la loge de la concierge oprent1 dans un milieu diffrent1 de la mme manire pour amener les mmes rsultats4 ,l'homme1 de son ct1 n'a pas veiller avec moins de soin ne pas se laisser circonvenir par ses amis de la veille qui1 s'ils ne l'entranent pas conserver en dehors de chez lui les habitudes de la vie de garon1 ont vite fait de les apporter avec eux dans son intrieur1 qu'ils envahissent et o ils s'installent avec le sans-faon et l'empressement de clibataires convaincus qu'on ne se marie qu' leur bnfice4 ,les nouveaux maris doivent apporter un soin svre dans le choix des personnes qui1 reues habituellement chez eux1 passeront dans le monde pour les amis de la maison4 ,on juge de la porte1 des opinions1 du caractre des gens1 par les liaisons qu'ils forment2 et souvent les amitis d'un mari compromettent la rputation et le bonheur de sa femme4 ,sans prendre la lettre l'exclamation d'un misanthrope3 ,o mes amis1 n'ayez jamais d'amis6 on peut dire que les jeunes poux ne sauraient1 chacun pour leur part1 tre trop rservs dans le choix des amis qu'ils admettent dans leur intimit1 et qu'il doit suffire qu'une personne ne plaise pas l'un d'eux pour que la maison lui soit irrvocablement ferme4 ,depuis qu'il y a des gens qui commandent et des gens qui obissent--bien ou mal1--on rpte sur tous les tons et avec toutes les variantes3 ,notre ennemi1 c'est notre matre4 ,il serait tout aussi exact de renverser la proposition et de dire3 ,notre ennemi1 c'est qui nous sert4 ,il n'est point de mtier plus mal fait1 ni plus chrement pay que celui de domestique1 dit l'auteur des ,doutes sur diffrentes opinions reues dans la ,socit4 ,il en tait ainsi bien avant lui1 et je crois que1 depuis la fin de l'poque patriarcale1 le bon serviteur a toujours t une perle rare et de grand prix4 ,on a pu dire avec raison qu'au dix-huitime sicle le mtier de valet menait tout1 mme aux plus grands honneurs et aux plus hautes charges de l'tat4 ,aujourd'hui les avenues sont encombres par d'autres professions1 chacun le sait2 mais les exigences des domestiques n'en vont pas moins croissant4 ,une chronique signe ,alfred ,baude1 que je lisais nagure dans le journal l',estafette1 m'en fournit deux exemples amusants4 ,je ne saurais en garantir l'authenticit1 mais ils n'ont1 par le temps qui court1 rien d'invraisemblable4 ,le duc de ,b444 avait besoin d'un valet de chambre4 ,un monsieur se prsente avec la physionomie et la tenue d'un notaire4 --,monsieur le duc1 je souffre d'une dyspepsie1 je ne puis manger de boeuf et ne peux boire que du bordeaux4 --,soit6 --,monsieur le duc1 mon mdecin me dfend de veiller le soir et exige que je sois toujours couch dix heures4 --,soit6 --,monsieur le duc1 j'ai quelques amis que je reois une fois par semaine1 et une fois par semaine aussi j'ai l'habitude d'aller au spectacle2 j'espre que vous voudrez bien me donner ces deux soires4 --,mon cher1 reprit froidement le duc de ,b4441 ma maison ne saurait vous convenir1 cherchez-en une autre1 et si par hasard vous trouviez une seconde place comme celle-l1 dites-le-moi1 j'y mettrai mon fils4 ,lord ,henry ,seymour racontait qu'il avait trouv une fois un valet de chambre qui lui plaisait beaucoup4 ,au moment de l'arrter1 le valet s'inclina et dit3 ,je ne peux entrer au service de ,votre ,seigneurie4 --,pourquoi donc8 fit lord ,henry1 fort intrigu4 ,votre ,seigneurie a le pied trop petit1 je ne pourrais jamais entrer dans ses bottes4 ,leurs investigations vont au del de la chaussure1 au del mme de la garde-robe et de l'office4 ,le caractre1 la nature morale de leurs matres et de leurs matresses est scrute et analyse par eux1 non sans perspicacit1 en ce qui se rapporte leurs intrts immdiats4 ,voici un document prcieux1 trouv providentiellement dans un livre de cuisine3 ,la femme de chambre du premier nous a dit hier3 ,retenez bien ceci3 ,toute matresse grasse est pleurnicheuse et collante2 toute matresse maigre est agace et agaante2 toute matresse petite est volontaire et hautaine2 toute matresse grande et mince est orgueilleuse et dfiante4 ,nous laissons la responsabilit de ce morceau de physio-psychologie ,m4 ,alfred ,baude1 qui l'a mis au jour4 ,mais nous nous associons volontiers aux rflexions suivantes3 ,nous nous plaignons de ce que nos domestiques nous dtestent1 et comment voulez-vous qu'ils nous aiment4 ,nous inquitons-nous d'eux8 ,quand leur vient-il de notre part un mot affectueux1 une parole qui prouve que nous nous intressons eux8--,jamais6 ,nourris--blanchis--logs--clairs--c'est tout4--,et cependant1 l'tre humain a besoin d'autre chose4 ,les domestiques ne trouvant plus dans leurs matres que des automates1 absolument sans coeur1 se groupent entre eux et forment une espce de franc-maonnerie dont l'unique but est de piller et de ridiculiser l'ennemi commun1 le ,matre4 ,que faire8 ,avant tout1 traitez vos serviteurs comme on traite de grands enfants4 ,ils le sont par leur ducation si rudimentaire et par leur position infrieure4 ,de temps en temps une bonne parole1 un bon sourire1 un encouragement2 vous ne souponnez pas combien vous vous en trouverez mieux4 ,puis1 pour combattre cette dplorable habitude qu'ont les domestiques de changer chaque instant de place1 n'acceptez jamais un nouveau serviteur s'il ne vous apporte pas la preuve qu'il est rest au minimum deux ans dans la maison d'o il sort4 ,ah6 si chacun de nous prenait cet engagement1 quelle rapide amlioration dans notre mal6 ,et puis1 songez quelquefois l'axiome de ,beaumarchais3 ,aux qualits qu'on exige d'un domestique1 connaissez-vous beaucoup de matres qui fussent dignes d'tre valets8444 ,en finissant1 il est de toute justice de dire qu'il y a souvent de nobles coeurs dans la livre4 ,que d'exemples ne pourrait-on citer3 je n'en connais pas de plus touchant que celui-ci3 ,un ancien ngociant avait tout perdu3 sa femme1 ses enfants1 sa fortune2 il ne lui restait qu'une vieille domestique4 ,cette pauvre femme s'attacha lui avec un admirable dvouement4 ,il tait atteint d'une affreuse maladie de la peau2 elle le soigna nuit et jour4 ,ce n'est pas tout2 elle allait voir les vieux amis de son matre son insu1 et obtenait quelques secours4 ,un matin elle rentrait harasse2 elle entend des clats de voix et des rires1 elle s'arrte et coute3 on se moquait d'elle1 son vieux matre contrefaisait sa voix4 --,ah6 dit-elle1 mon premier mouvement fut de m'en aller en courant1 puis je songeai qu'il tait vieux1 malade1 qu'il avait besoin de moi2 je retins mes larmes et remuai bruyamment la clef dans la serrure avant d'entrer4 ,un honneste serviteur1 dit le vieux gentilhomme franais de ,la ,hoguette1 dans son ,testament1 est le surveillant de son matre1 et un bon matre l'exemplaire de son serviteur4 ,c'est pourquoi il n'y a point de combinaison entre les hommes1 aprs celle du mari et de la femme1 qui ait plus besoin d'estre bien faite que celle-ci4 ,j'ai rarement vu la moralit du contrat entre matre et serviteur dgage avec plus de nettet1 d'lvation et d'loquence que dans ces lignes1 que je suis heureux d'exhumer3 ,que penses-tu que fasse pour moi celui que tu crois un serviteur8 ,il me sert2 tu te trompes1 il se sert3 le mme travail qu'il feroit en sa maison pour vivre1 il le fait en la mienne2 s'il m'engage sa volont pour me rendre quelque service1 la mienne lui demeure en tage pour son salaire2 si je trouve mon compte en ce qu'il fait pour moi1 il y trouve le sien aussi2 s'il se mle de mes affaires1 on s'aperoit qu'il ne nglige pas les siennes2 s'il fait valoir ma terre1 il en partage les fruits l'aise avec moi2 s'il m'appreste manger1 il en taste le premier1 il y contribu de sa peine1 et moi de toute la dpense4 ,notre communaut se dcouvre en tant de choses1 que tout bien considr1 je trouve que l'assemblage du serviteur avec le matre n'est autre chose qu'une socit qui se fait entre le pauvre et le riche pour leur utilit commune1 en laquelle il n'y a aucune diffrence que le nom4 ,un peu plus loin1 de ,la ,hoguette dit encore3 ,tout service fait sans affection est sans got2 si on me le rend regret1 quoi qu'il me soit d1 je le reois encore plus regret2 il n'y a que la chaleur du coeur toute seule qui le puisse bien assaisonner4 ,cela tant1 faisons-nous aimer de nos serviteurs2 pour en estre aim il les faut aimer3 l'amiti ne reoit que ce seul change4 ,charron avait exprim plus didactiquement la mme pense3 ,traitter humainement ses serviteurs1 et chercher plustost se faire aimer que craindre est tesmoignage de bonne nature3 les rudoyer par trop1 monstre une ame cruelle1 et que la volont est toute pareille envers les autres hommes1 mais que le defaut de puissance empesche l'execution4 ,aussi avoir soin de leur sant et instruction de ce qui est requis pour leur bien et salut4 ,fnelon y revient souvent4 ,nous avons eu l'occasion1 dans les livres qui ont prcd celui-ci1 de toucher plus d'une fois la question des domestiques1 et d'en parler dans le mme sens#f4 #f ,doit-on se marier8 p4 #afi et suiv4--,comment lever nos enfants8 p4 #bac et suiv4--,que faire de nos filles8 pp4 #bca et suiv41 #big1 #cjh4 ,il rsume tout1 pour ainsi dire1 dans ce passage3 ,tchez de vous faire aimer de vos gens sans aucune basse familiarit3 n'entrez pas en conversation avec eux2 mais aussi ne craignez pas de leur parler assez souvent avec affection et sans hauteur sur leurs besoins4 ,qu'ils soient assurs de trouver du conseil et de la compassion3 ne les reprenez point aigrement de leurs dfauts2 n'en paraissez ni surpris ni rebut1 tant que vous esprez qu'ils ne seront pas incorrigibles2 faites-leur entendre doucement raison1 et souffrez d'eux souvent pour le service1 afin d'tre en tat de les convaincre de sang-froid que c'est sans chagrin et sans impatience que vous leur parlez1 bien moins pour votre service que pour leur intrt4 ,on comprend que la conduite des domestiques et notre conduite vis vis d'eux soient une difficult de chaque instant dans le mnage4 ,cela introduit une complication extrme et de trs dsagrable nature dans la vie deux2 et si nous ne tenions1 pour de dlicates raisons de discrtion que l'on apprciera sans doute1 rester dans les gnralits1 il nous serait facile de mettre le doigt sur bien des plaies1 ouvertes et entretenues dans le coeur des poux par les domestiques ou leur occasion4 ,nous nous contenterons de citer ce qu',horace ,raisson dit de la femme de chambre3 ,la femme de chambre a une grande influence sur la fidlit conjugale4 ,confidente ne des secrets du mnage1 adroite et fire1 elle sera toujours dispose en abuser2 sotte1 elle commettra tous propos des inconsquences ou des balourdises4 ,c'est un art difficile et rare1 que celui de bien styler une femme de chambre4 ,bien style ou non1 la femme de chambre est souvent un instrument de dsunion entre les poux4 ,son service1 plus personnel1 qui la met chaque instant en contact avec les matres1 la rend plus dangereuse en lui donnant plus de moyens pour faire du mal4 ,mais ses collgues des deux sexes1 la cuisine1 l'curie1 dans l'antichambre1 la loge1 ne lui cdent en rien lorsque l'occasion se prsente ou qu'elle peut se faire natre4 ,le nombre de mnages branls1 chagrins1 disloqus1 dtruits par les jalousies que ces gens suscitent1 par leurs faux rapports1 leurs insinuations perfides1 leurs lettres anonymes1 leurs complaisances insinuantes1 leurs manoeuvres de toutes sortes1 la fois basses et audacieuses1 est littralement inimaginable4 ,certes ce n'est pas nous qui trouverons mauvais que les matres rendent aux serviteurs la vie plus douce1 en s'intressant eux et en leur accordant une affectueuse attention4 ,mais qu'ils prennent garde8 ,la pente de la familiarit est facile1 et s'ils s'y laissent une fois glisser1 ils ne pourront plus retenir ni leurs domestiques ni eux3 ,ds que vous oubliez votre place vis--vis d'un domestique1 vous l'autorisez oublier la sienne vis--vis de vous1 dit ,ferrand1 et il dit vrai4 ,c'est ainsi que le bonheur conjugal1 comme toutes les choses prcieuses et dlicates1 est entour1 assig par une foule d'ennemis avides4 ,on croirait voir des gupes attaquant un beau fruit1 au moment o sa maturit parfaite le rend le plus dlicieux4 ,mais que de fois1 sans compter les gupes et autres insectes de l'extrieur1 le fruit ne porte-t-il pas en lui son ver rongeur6 ,le plus dangereux ennemi du bonheur des jeunes femmes1 et par contre-coup du repos des maris1 dit le ,code conjugal1 c'est l'imagination4 ,le jour o elles se croient opprimes1 il n'est rien qu'elles ne soient capables d'entreprendre pour s'affranchir1 ou du moins se venger2 leur refuser une chose juste1 c'est allumer en elles la volont de l'obtenir et le dsir d'en abuser4 ,rien n'est plus dsolant que de voir des jeunes femmes1 entoures de tout ce qui donne et assure le bonheur1 devenir ainsi les victimes d'elles-mmes1 et empoisonner ceux qu'elles aiment le mieux du chagrin de leurs imaginaires griefs4 ,dans tous les cas1 si la passion n'est pas porte au point que tout ce qui n'est pas elle soit indiffrent1 si l'on a encore quelque souci de l'opinion du monde1 quelque respect de soi1 quelque espoir ou quelque dsir que les maux dont on souffre se gurissent un jour1 ayons toujours prsent l'esprit ce conseil dont on sent de plus en plus la justesse mesure que l'exprience nous instruit3 ,on agit sagement en cachant avec un soin gal les douceurs et les amertumes du mariage#g4 #g ,h4 ,raisson3 ,code conjugal4 ,pour clore ce chapitre1 nous rpterons la prire factieusement judicieuse que des proccupations de mme ordre inspiraient au vieux compilateur de proverbes ,g4 ,meurier3 ,de toute femme qui se farde1 ,de personne double et languarde1 ,de fille qui se recommande1 ,de vallet qui commande1 ,de chair sall sans moutarde4 ,de petit disner qui trop tarde1-- ,de languards en nos maisons1 ,de fille oiseuse et menteuse1444 ,de serviteur remply de paresse1 ,de chambrire mal soigneuse1 ,de bourse vuide et creuse1-- ,de maison envine1-- ,de chausse dchire1 ,de fiebvre aigue enracine1 ,d'ennemy familier et priv1 ,d'amy simul et rconcili1 ,et de choir en deptes toute cette anne1 ,libera nos1 ,domine6 ,,chapitre ,,iv ,,miel ,,et ,,fiel ,chez les anciens1 les jeunes gens qui sacrifiaient ,junon nuptiale taient le fiel de la victime immole1 et le jetaient au loin1 pour tmoigner leur rsolution de bannir de leur union la colre et l'amertume#h4 #h ,horace ,raisson1 ,code ,conjugal4 ,l'auteur ne nous dit pas si le symbole tait vridique ou menteur4 ,mais l'histoire des moeurs1 qui domine l'histoire des gouvernements1 le dit pour lui4 ,les plus anciens tmoignages prouvent assez que les passions humaines ont1 de tout temps et partout1 fait peu prs la mme somme de ravages1 et que beaucoup de ceux qui avaient jet au loin le fiel de la victime avaient conserv leur propre fiel en leurs flancs4 ,c'est cela qu'il faut arracher1 ds le seuil du mariage1 et jeter au vent pour qu'il le dessche et l'emporte4 ,on l'a proclam bien des fois3 le temps des symboles et des mythes est accompli2 nous sommes arrivs l'poque du fait4 ,c'est nous de faire passer cette image des rites antiques dans la ralit1 et c'est ce prix seul que la vie deux donnera sa pleine source de joies individuelles et de forces actives contribuant au bien social4 ,je trouve1 dans les crits d'une ,anglaise1 ,mrs4 ,chapone1 que j'ai dj eu l'occasion de citer1 une page qui dveloppe avec une calme lvation et un rare bon sens la pense que je viens d'indiquer4 ,se reportant aux conditions qui s'imposent aux maris1 vis--vis de leur famille respective1 ,mrs4 ,chapone demande la jeune femme3 ,si c'est un devoir important d'viter toute discussion et tous dsagrments avec ceux qui sont de la proche parent de votre mari1 de quelle consquence n'est-il pas d'viter toutes les occasions d'avoir du ressentiment l'un contre l'autre6 ,elle poursuit3 ,quoi qu'on puisse dire des querelles d'amoureux1 croyez-moi1 celles des gens maris ont toujours d'pouvantables consquences1 pour peu qu'elles aient quelque dure ou quelque gravit4 ,si on les laisse amener des expressions d'amertume ou de mpris1 ou trahir chez l'un des poux un sentiment habituel d'aversion ou de rpugnance pour quelque particularit physique ou morale de l'autre1 ce sont l des blessures qui ne se gurissent presque jamais compltement444 ,le souvenir douloureux de ce qui s'est pass surviendra souvent aux heures les plus tendres1 et la moindre bagatelle le rveillera et le renouvellera4 ,il faut1 ds le dbut1 tre particulirement en garde contre cette source de malheur4 ,de nouveaux maris1 dans l'excs mme de leur amour1 se laissent parfois aller de petites scnes de jalousie et des querelles puriles1 qui1 tout d'abord1 aboutissent peut-tre un redoublement de tendresse1 mais qui1 souvent rptes1 perdent leurs agrables effets1 et ne tardent pas en produire d'autres d'une nature tout oppose4 ,la dispute devient chaque fois plus srieuse2 la jalousie et la dfiance poussent des racines2 le caractre se gte des deux cts2 les habitudes d'aigreur1 de contradiction1 d'interprtation mchante prennent le dessus et finissent par dominer toute autre affection qui leur a donn naissance4 ,ne perdez jamais de vue que le bonheur du mariage repose tout entier sur une solide et permanente amiti1-- quoi rien n'est plus oppos que la jalousie et la dfiance4 ,ces dfauts ne sont pas moins contraires aux vrais intrts de la passion4 ,vous ne gagnerez jamais rien exiger de l'affection de votre mari plus qu'elle ne peut naturellement vous donner2 la peur d'alarmer votre jalousie et d'amener une querelle pourra bien le forcer feindre une tendresse plus vive que celle qu'il ressent2 mais cet effort1 cette contrainte mme diminue et par degrs teint rellement cette tendresse4 ,si donc il paraissait moins affectueux et moins attentif que vous ne le dsirez1 il faut ou rveiller sa passion en dployant quelque grce nouvelle1 quelque charme irrsistible de douceur et de sensibilit1 ou bien vous conformer1 du moins en apparence1 au degr d'affection que son exemple prescrit2 car c'est votre rle de suivre modestement sa direction1 plutt que de lui faire sentir le dsagrment de ne pas tre capable de marcher du mme pas que lui4 ,la vrit est que c'est l'orgueil1 plutt que la tendresse1 qui d'ordinaire dicte une personne susceptible ses draisonnables exigences2 et cet orgueil est rcompens1 comme il le mrite1 par des mortifications et le froid loignement de ceux qui en souffrent4 ,ce qu'il y a de particulier dans cet tat1 et ce que ,mrs4 ,chapone fait bien ressortir1 c'est que l'amour travaille ici contre lui-mme4 ,or l'amour tant aveugle1 comme chacun sait1 ni l'un ni l'autre des poux ne s'aperoivent du dommage caus1 de la sape de plus en plus profonde qui se creuse et fera crouler l'difice4 ,au contraire1 il arrive qu'ils prennent got ces reproches et ces querelles1 sachant quels rapprochements1 quels lans de passion les suivent4 ,comme ces gourmands au palais blas qui ont besoin de tous les feux du poivre1 du piment et du curry pour goter la saveur d'un mets1 les caresses de l'amour leur semblent fades s'ils ne les font prcder de l'orage des paroles injurieuses ou amres1 et parfois--je le dis quoi qu'il m'en cote--de la grle des coups4 ,mais1 de mme que ces abus de condiments gtent l'estomac1 les scnes de mnage1 quelque tendre qu'en soit le dnouement ordinaire1 gtent le coeur4 ,un jour vient o la rcompense ne parat pas valoir le prix dont on l'achte1 et le moindre mal qui puisse rsulter de telles coutumes matrimoniales1 c'est que l'impression de lassitude et de dgot se produise chez les deux poux la fois4 ,ils sont1 du moins1 en condition de reconnatre en mme temps leur tort et de s'en corriger1 ou1 s'ils s'en sentent incapables1 de s'entendre pour se crer1 soit dans le mariage1 soit en dehors1 un modus vivendi o la part du scandale1 toujours trop grande1 sera rduite son minimum4 ,il n'y a gure de gens plus aigres que ceux qui sont doux par intrt1 dit ,vauvenargues4 ,aussi ne faisons-nous pas appel au seul intrt4 ,c'est l'intelligence et au coeur que nous nous adressons la fois pour mettre en garde les nouveaux poux contre ces mouvements dsordonns de la passion qui s'use elle-mme et1 comme le fruit dcevant des rivages de la ,mer ,morte1 ne laisse qu'une cendre amre dans la bouche des tourdis qui pensaient y puiser des jouissances toujours renouveles et sans cesse de plus haut got4 ,il faut tre doux parce qu'on a du plaisir l'tre3 parce qu'il n'est rien de meilleur au monde que d'tre agrable qui l'on aime1 et que1 quand le mari trouve que sa femme est bonne et que la femme trouve que son mari est bon1 ils ont eux deux ramen sur terre1 pour eux et ceux qui les entourent1 le paradis4 ,le sujet est trop grave pour admettre la plaisanterie vulgaire qui n'a pour effet que le rire physique1 lorsque son ineptie ou sa trivialit ne font pas hausser les paules d'impatience et d'ennui4 ,on ne s'attend donc pas trouver ici la rptition des ternelles sottises sur la couleur du mnage et autres gaudrioles de la mme farine4 ,on ne m'en voudra pourtant pas1 je l'espre1 de rapporter1 dans un intrt de curiosit d'autant plus permise qu'elle se rattache troitement la question qui nous occupe1 une explication assez ingnieuse et inattendue de la couleur jaune prise comme symbole conjugal4 ,l'auteur des ,mmoires historiques et galans pense qu',ovide1 en reprsentant l',hymen croceo velatus amictu1 a voulu sans doute nous faire une leon de ce qui est si essentiel au mariage4 ,les soucis d'une famille dont vous vous chargez1 le risque que vous courez de tant de coups de fortune1 la jalousie invitable que vous avez d'une femme1 pour peu qu'elle vous agre1 ou que votre honneur vous touche1 ne sont-ce pas autant de sujets de jaunisse6 et n'est-ce pas une merveille1 si le temprament le plus vigoureux et le plus enjou ne tombe pas dans un tat ictrique8 ,la jalousie est1 coup sr1 la disposition morale la plus propre faire natre cet tat1 et il n'est gure de description de jaloux ou de jalouse qui ne soit marque de ce trait3 jaune comme un coing4 ,c'est en effet celle qui met le plus de bile dans le sang1 la passion fielleuse par excellence4 ,toute jalousie1 dit un ancien pote anglais#i1 doit toujours tre trangle sa naissance2 ou le temps conspirera bientt la rendre assez forte pour surmonter la vrit4 #i ,sir ,william ,davenant4 ,le propre de la jalousie1 en effet1 est de donner aux visions que le soupon fait surgir dans l'esprit le relief et la certitude de la ralit4 ,le jaloux objective les images qui hantent son cerveau avec une intensit curieuse pour l'observateur et formidable pour les poux4 ,car1 sans insister sur cette facilit qu'a le jaloux--ou la jalouse-- se croire certain de ce qu'il imagine1 surtout si c'est incroyable et monstrueux1--la jalousie cre1 dans la vie deux1 tous les maux1 et ne saurait en gurir un seul4 ,c'est ce que voyait ,fuller lorsqu'il crivait3 ,l o la jalousie est le gelier1 beaucoup s'chappent de leur prison2 elle ouvre plus de voies au vice qu'elle n'en ferme4 ,la comdie de tous les ges et de tous les peuples a trouv dans cette ide une source inpuisable de situations plaisantes et douloureuses la fois1 qui1 dfaut des exemples que fournit en abondance l'exprience journalire de la vie1 peuvent servir de documents et d'enseignement4 ,le dicton populaire3 ,on n'est jaloux que de ce qu'on aime n'est vrai que par rapport un amour goste qui1 tout en se portant sur autrui1 n'est proprement que l'amour-propre ou l'amour de soi4 ,nous concevons la douleur immense1 l'irrmdiable dsespoir que peut jeter dans un coeur aimant la dcouverte de la trahison de l'tre aim4 ,nous concevons encore1 tout en les blmant et en les regrettant1 les mouvements imptueux qui poussent en ces circonstances les personnes violentes et passionnes des excs que les cours d'assises condamnent ou acquittent1 au hasard de l'impression produite sur des jurs sensibles4 ,mais nous ne saurions considrer la jalousie priori1 si l'on peut dire1 celle qui obsde l'esprit au fort mme de l'amour partag et qui1 dfaut de motifs1 se forge des catastrophes chimriques et se nourrit avidement du poison des soupons1 que comme une maladie morale dont il faut se gurir tout prix1 si l'on ne veut faire son propre malheur en mme temps que le malheur de celui ou de celle qu'on aime plus que tout au monde1 bien qu'en l'aimant fort mal4 ,en de pareilles maladies1 il n'y a gure qu'un mdecin et qu'un remde1 savoir la volont4 ,mais1 hlas6 on ne veut pas1 ou l'on ne peut pas vouloir4 ,il y a des maux o l'on se complat1 des plaies qu'on prend un cre plaisir aviver1 des douleurs dont il est voluptueux de souffrir4 ,la jalousie est une de ces tortures qui font goter leurs victimes les dlices de la damnation4 ,on rapporte de ,ninon de ,lenclos cette parole3 ,jamais une femme ne sait mauvais gr son mari de plaire plusieurs femmes1 pourvu qu'elle soit toujours prfre4 ,malheureusement1 en fait de mariage1 l'autorit de ,ninon est mdiocre4 ,et puis de son temps1 le fatalisme de la passion et l'irresponsabilit de la nvrose taient choses peu connues1 qui ne troublaient gure la raison des gens4 ,en ce temps-l1 et mme plus tard1 on pouvait esprer convaincre et persuader par un dilemme1 et l'auteur des ,considrations sur le ,gnie et les ,moeurs de ce sicle ne perdait pas sa peine en crivant3 ,c'est faire une cruelle injure une femme sage1 que de lui tmoigner de la jalousie2 c'est faire trop d'honneur une femme galante1 et donner beau jeu une coquette4 ,il laissait au lecteur le soin facile de retourner la proposition l'usage de la femme envers le mari4 ,aujourd'hui l'arsenal du raisonnement ne fournit point d'arme capable de porter un coup sr1 et1 pour combattre les erreurs du sentiment1 c'est au sentiment qu'il faut avoir recours4 ,la seule considration qui puisse1 croyons-nous1 contrebalancer la jalousie dans une me infeste de ce venin1 c'est le dsir de faire le bonheur de l'tre aim4 ,si la passion maudite laisse au jaloux une minute de clairvoyance et qu'il ait conscience des tourments qu'il inflige1 il se gurira ou se dominera4 ,s'il ne le faisait1 son amour serait mprisable1 car ce ne serait1 rptons-le1 qu'un gosme sans piti4 ,,chapitre ,v ,,sables ,,mouvants ,comment assurer la navigation de la barque conjugale sur les eaux mal sondes de la vie8 ,on relve et l des cueils1 des rcifs1 des promontoires o la mer se brise avec les paves qu'elle entrane1 des points fixes o le pril est constant4 ,on y tablit des signaux2 on y allume des phares2 des pilotes indiquent les passes1 les heures de mare1 les courants1 les tourbillons et les remous1 et conduisent au port prochain4 ,mais ce que feux1 balises1 ancres1 conseils de pilote sont impuissants signaler1 ce sont les hauts fonds changeants1 les bancs de sable que le jusant dplace1 qui1 l o tout l'heure les vaisseaux grand tirant passaient voiles dehors et barre au vent1 arrtent les humbles barques sans leur laisser mme l'espoir de se renflouer au flot prochain4 ,contre ce danger de tous les parages et de tous les instants1 il n'y a qu'une dfense3 la prudence et l'adresse des navigateurs4 ,il faut avoir la sonde en main1 l'oeil au guet1 tre prt la manoeuvre et ne pas s'y tromper d'un brin de fil4 ,notre tche1 nous1 est de dterminer1 aussi exactement que possible1 les circonstances dans lesquelles on est le plus expos donner dans ces sables mouvants4 ,souvent la peur d'un mal fait tomber dans un pire1 a versifi le sage ,boileau4 ,gardons-nous donc galement de la disposition habituelle la pusillanimit1 et des sursauts de frayeur qui branlent les nerfs et troublent le cerveau4 ,mais ne nous laissons pas aller une scurit qui est trompeuse ds qu'elle endort4 ,les conditions qui semblent le mieux faites pour loigner toute alarme1 sont quelquefois grosses d'accidents4 ,il ne suffit pas1 dit avec raison le ,spectator1 pour faire un mariage heureux1 que l'humeur des deux poux soit semblable2 je pourrais citer cent couples qui n'ont pas gard le moindre sentiment d'amour l'un pour l'autre et qui sont pourtant tellement semblables d'humeur que1 s'ils n'taient pas dj maris1 le monde entier les dclarerait faits pour tre mari et femme4 ,qui se ressemble s'assemble2 les angles sortants s'adaptent aux angles rentrants2 les lectricits de nom contraire s'attirent et celles de mme nom se repoussent2 on se plat par les contrastes1 et on se complte par les diffrences2 tout s'accepte plutt que les incompatibilits d'humeur4--,voil une liste de termes contradictoires qu'on pourrait indfiniment allonger4 ,les maximes se dmentent les unes les autres et elles n'en sont pas moins vraies chacune en son particulier4 ,on voit ds lors sur quel terrain mouvant nous marchons1 et de quelle absolue ncessit sont la nettet du coup d'oeil et la souplesse des allures dans ce domaine du relatif4 ,pour l'homme1 le premier soin1 c'est de jeter au rebut un stock d'opinions et d'ides courantes sur la femme1 dont les jeunes gens et les vieux clibataires font leur vangile quotidien4 ,on lit dans les ,vdas3 ,celui qui mprise une femme mprise sa mre4 ,beaucoup d'hommes ne croient pas manquer leur mre en entretenant sur les femmes en gnral des thories plus que sceptiques4 ,qu'ils mditent le prcepte des ,vdas4 ,le ,franais a trop vive dans l'esprit la vieille logique des races dont il est un rejeton1 pour ne pas comprendre la rigoureuse vrit de cette parole de nos anctres aryens4 ,il y ajoutera finement ce corollaire3 ,qui mprise une femme mprise sa femme2 et il concluera que le respect de la femme est une condition essentielle dans la constitution de la famille1 car si le mari1 ayant eu commerce avant le mariage avec tant de femmes qu'il se croyait le droit de mpriser1 gnralise les donnes plus ou moins exactes de son exprience de jeune homme1 et n'accorde son estime sa femme que sous bnfice d'inventaire1 comment l'lvera-t-il ou la maintiendra-t-il la hauteur de sa mission1 et pourquoi ses enfants ne la mpriseraient-ils pas aussi8 ,ce respect se traduit de diverses faons1 suivant les positions sociales et l'ducation reue4 ,il suffit qu'il existe4 ,un critrium peu prs certain1 c'est le ton de politesse qui rgne entre les poux4 ,l'intimit1 dit l'auteur des ,doutes sur diffrentes opinions reues dans la socit1 qui doit exclure le compliment et la crmonie1 se dtruit infailliblement ds qu'on en bannit la politesse4 ,on entend bien--l'auteur prend soin de l'indiquer--qu'il ne s'agit pas ici de formules banales et de conventionnalits mondaines1 mais bien de cette politesse de coeur qui inspire l'amnit des manires et rpand autour d'elle comme une chaude atmosphre de bienveillance et d'affection4 ,cette politesse entre poux manque souvent4 ,on en a fait mille fois la remarque4 ,si1 dans une compagnie1 un homme nglige avec affectation une femme et s'efforce d'tre aimable avec les autres1 il y a gros parier qu'il est le mari de la premire4 ,j'tais1 raconte ,chamfort1 table ct d'un homme qui me demanda si la femme qu'il avait devant lui n'tait pas la femme de celui qui tait ct d'elle4 ,j'avais remarqu que celui-ci ne lui avait pas dit un mot2 c'est ce qui me fit rpondre mon voisin3 ,monsieur1 ou il ne la connat pas1 ou c'est sa femme4 ,s'il ne l'avait pas connue1 il n'aurait eu de cesse qu'il n'et fait sa connaissance3 c'tait bien sa femme4 ,les rsultats d'une telle conduite sont faciles prvoir4 ,la femme1 justement froisse1 se sent loigne et s'loigne2 et les privauts1 souvent grossires1 du tte tte1 par lesquelles tant de malotrus pensent compenser les froideurs et les ddains marqus en public1 sont1 dans les circonstances1 le contraire de ce qu'il faudrait pour la ramener4 ,les rudesses1 les mots qui bafouent ou rabrouent dans l'intimit1 doivent avoir1 et ont1 un effet analogue4 ,si on savait1 dit une romancire contemporaine qui se cache sous le pseudonyme d',ary ,ecilaw1 combien1 pour une femme qui son mari n'en accorde jamais1 la sympathie a une attirance6 combien il est doux et dangereux de se voir comprise par un autre1 ou bien de s'entendre rpter qu'on est une sotte6 ,on voit o cela mne1 et ce qui se trouve fatalement au bout4 ,vous creusez un foss1 vous y poussez votre compagne1 et vous vous indignez de la culbute6444 ,vous tes de plaisants compagnons6 ,ce que nous venons de dire ne s'applique pas moins aux dames qu'aux messieurs4 ,les femmes1 mme les mieux leves et les plus entiches de belles manires1 ont une remarquable propension lcher la bride aux gros mots dans l'intimit du foyer1 en s'adressant leurs maris4 ,l'tre idal1 immatriel1 qui1 dirait-on1 ne touche pas terre1 se nourrit d'ambroisie1 et apparat avec de vagues ailes d'ange dans le dos1 sait1 l'occasion1 se servir d'un vocabulaire dont rougirait le plumage du ,vert-,vert des nonnes de ,gresset4 ,les mots sont comme de fines flches empennes et barbeles4 ,ils pntrent profondment et restent dans la blessure qu'ils enveniment4 ,on a de l'indulgence1 de l'indiffrence2 on secoue les paules2 on rit ou l'on a piti4 ,mais1 si fort qu'on soit1 on est atteint1 et1 si l'amour y rsiste1 ce n'est pas sans s'affaiblir ou sans y prendre de l'aigreur4 ,cette grossiret provocante et acerbe n'est1 d'ailleurs1 pas plus redouter que je ne sais quelle vulgarit de propos1 assez commune chez les femmes1 et dont l'effet le plus certain chez le mari est l'impatience ou l'coeurement4 ,l'auteur de ,a ,woman's ,thoughts upon ,women 7,penses d'une femme sur les femmes7 a reprsent en traits assez vifs ce ct du caractre fminin4 ,celle qui1 l'instant o l'infortun mari rentre la maison1 s'attache lui avec un long rcit de griefs domestiques1 rels ou imaginaires1--lui disant que le boucher n'apporte jamais sa viande l'heure1 que le boulanger marque des pains en trop1 qu'elle est sre que la cuisinire boit1 que le cousin de ,mary a prlev son dner hier sur le gigot de mouton1--eh bien1 une telle femme mrite ce qu'elle reoit3 froideur1 paroles aigres1 empressement se plonger dans quelque journal2 quelquefois un cigare allum de colre1 une promenade dehors1 sans invitation de l'accompagner1 ou le cercle4 ,pauvre petite femme6 ,elle reste pleurer sur son foyer solitaire1 ne s'avouant pas qu'elle a tort1 mais seulement qu'elle est trs malheureuse et trs mal traite4 ,pourrait-on se permettre de recommander son attention une maxime qui vaut de l'or8--,n'importunez jamais un homme de choses auxquelles il ne peut remdier ou qu'il ne comprend pas4444--,et quand il revient1 l'honnte homme6 peut-tre un peu repentant de son ct1 il n'y a qu'une conduite que je conseille toutes les femmes senses3 l'entourer de ses bras et retenir sa langue4 ,le bonheur conjugal1 dit ,carmen ,sylva 7on sait que tel est le nom dont il plat la reine de ,roumanie de signer ses crits71 est souvent compromis par une simple diffrence de vocabulaire4 ,efforcez-vous donc1 jeunes poux1 de parler la mme langue1 et1 s'il est ncessaire1 que celui des deux qui sait le moins prenne des leons de l'autre1 simplement1 naturellement1 avec la navet du coeur et la docilit de l'amour4 ,on trouve1 dans ,henri ,heine1 cette trs juste remarque1 suivie d'une comparaison que chacun peut varier suivant ses sensations et son got3 ,rien de triste1 pour un homme instruit1 comme de vivre avec une femme qui ne sait rien4 ,il prouve l'ennui vague et trs rel que donne dans une chambre la vue d'une pendule qui ne va pas4 ,ou qui va trop et bat la berloque4 ,telles ces bonnes bourgeoises1 que montre ,mercier dans son ,tableau de ,paris1 qui dissertent perte de vue sur des riens1 rigent en vnements les moindres incidents domestiques1 parlent des mfaits de leurs servantes comme de crimes publics et ne trouvent d'autre diversion une conversation oiseuse qu'un jeu non moins oiseux4 ,plus d'un homme intelligent1 cultiv1 vou1 par got ou par ncessit de position1 la science1 ou aux lettres1 ou aux arts1 s'est trouv1 avant de s'en tre rendu compte1 attel une bourgeoise de cette sorte4 ,quelquefois le courage manque1 on jette le manche aprs la cogne1 et1 le mariage tant un pige1 on s'en dptre comme on peut4 ,le plus souvent on fait la part du feu1 on s'arrange pour ddoubler son existence1 et1 content de trouver l'intrieur certaines satisfactions matrielles au-del desquelles il serait vain de rien prtendre1 on cherche au dehors l'accomplissement des promesses que le mariage n'a pas tenues4 ,la chose ne se fait ni sans tiraillements1 ni sans douleurs4 ,car si rien n'est plus embarrassant que d'avoir pour femme ou pour mari une personne ridicule1 lorsqu'on ne l'est pas soi-mme1 et si c'est un sujet habituel d'humiliation1 ou tout au moins d'inquitude#aj1 il est difficile d'en prendre son parti1 et encore plus difficile de faire entendre raison celui des deux qui prte rire1 la nature humaine tant ainsi faite que les prtentions sont d'autant plus tendues et exigeantes que le mrite est mince et de mauvais aloi4 #aj ,doutes sur diffrentes opinions reues dans la ,socit4 ,c'est bien l ce tourment de toutes les minutes dont parle ,philarte ,chasles1 qui s'empare de nous quand nulle sympathie d'intelligence ne nous attache ce que notre coeur aime4 ,jean-,paul ,richter a trac le tableau poignant de ce supplice en des pages que je demande la permission de reproduire dans la traduction que le grand critique que je viens de citer en donnait il y a prs de cinquante ans#aa4 #aa ,ph4 ,chasles1 ,caractres et ,paysages2 p4 #fg4 ,paris1 #ahhc1 in-#ho4 ,une mort intellectuelle saisit le jeune homme2 il s'assit dans le vieux fauteuil et couvrit ses yeux de ses mains4 ,il vit se soulever cette brume qui nous cache l'avenir2 ses regards se rvla sa vie future1 vaste espace aride1 couvert de cendres et des dbris de feux teints2 perspective dsole1 jonche de feuillages jaunis1 de rameaux desschs et d'ossements qui blanchissent sur le sable4 ,il reconnut que l'abme entre son coeur et celui de ,lenette irait toujours se creusant1 il le reconnut avec un dsespoir profond1 avec une nettet dsolante4 ,jamais tu ne peux revenir1 ancien amour1 amour si pur et si beau4 ,lenette ne quittera jamais son obstination1 sa froide rserve1 ses habitudes troites4 ,son coeur est jamais frapp de mort1 sa tte est ferme jamais toute pense2 elle est destine ne le comprendre jamais1 ne jamais l'aimer444 ,lenette tait assise et continuait de travailler sans rien dire4 ,son coeur bless reculait devant les regards et les paroles1 comme on se garantirait de l'atteinte des vents glacs4 ,la nuit tombait2 elle n'alla pas chercher de lumire1 elle aimait mieux l'obscurit4 ,alors on entendit tout coup un musicien errant s'accompagner avec la harpe1 pendant que son enfant jouait de la flte444 ,leurs coeurs taient pleins et serrs4 ,l'harmonie vint les frapper comme de mille piqres4 ,jamais notre me ne parle plus haut que lorsque la musique l'veille2 rossignol1 qui ne chante jamais mieux qu'aprs un cho sonore4 ,ah6 que d'anciennes esprances surgissent tout coup6 ,combien de souvenirs il retrouva quand les arpges de la harpe rappelrent les temps passs sa mmoire6 ,il se revoyait jeune1 plein de dsirs1 confiant en l'avenir1 cherchant un coeur fait pour l'aimer1 un esprit fait pour le comprendre444 ,joies perdues6 promesses menteuses6 que de dsappointements6 ,o est celle qui devait lui payer son amour par du bonheur8 ,je ne l'ai point trouve6 ,ces mots retentissaient comme une dissonance au milieu de la mlodie4 ,ses parents bien-aims1 les bocages de la maison maternelle reparaissaient ses yeux2 la musique les voquait1 ainsi que les amis et les affections de son premier ge444 ,et maintenant pas une me pour l'entendre1 pas un tre qui l'aime6444 ,les musiciens se turent4 ,cette pause solennelle augmenta son motion2 il s'approcha de ,lenette1 et d'une voix tremblante il lui dit3 ,allez donner cela aux musiciens4 ,a peine les derniers mots furent intelligibles4 ,la clart des bougies de la maison situe en face frappait le visage de ,lenette2 elle avait1 son approche1 affect d'essuyer la vitre que son haleine avait ternie4 ,il s'aperut que des torrents de larmes muettes s'chappaient de ses yeux4 ,lenette1 dit-il plus doucement1 je vous en prie1 portez-leur cela1 ils vont s'en aller4 ,elle prit la pice de monnaie2 leurs regards se rencontrrent1 mais ceux de la femme taient dj secs1 tant leurs mes taient devenues trangres l'une l'autre6 ,ils taient parvenus cet tat dplorable1 o une motion commune n'chauffe et ne rconcilie pas4 ,le besoin d'affections partages inondait son tre1 mais le coeur de ,lenette n'tait plus lui4 ,il aurait voulu l'aimer1 il en sentait l'impossibilit dchirante2 il connaissait cette nature aride et vulgaire4 ,il s'assit dans l'embrasure de la fentre1 sur laquelle il appuya son front brlant4 ,lenette y avait par hasard plac son mouchoir tremp de ses larmes2 car la malheureuse crature1 aprs une journe de contrainte1 avait beaucoup pleur4 ,ce mouchoir humide frappa le jeune homme comme un remords4 ,les musiciens recommencrent2 la voix et la flte seules chantaient3 ,les morts sont morts1 c'en est fait pour toujours6 ,une angoisse nouvelle le saisit comme un linceul de glace4 ,il pressa le mouchoir sur ses yeux humides1 et rpta en sanglotant3 --,oui1 oui1 c'en est fait pour toujours6 ,la pense du trpas se prsenta lui2 ce fut une esprance2 il lui sembla que les musiciens1 en marquant la mesure1 sonnaient les dernires heures de sa vie2 il se vit descendre dans le tombeau et respira4 ,bientt il entendit ,lenette entrer et allumer une chandelle4 ,il alla vers elle et lui donna le mouchoir4 ,si dsol1 si navr1 si abattu1 il avait besoin de se rattacher un tre humain quel qu'il ft4 ,lenette n'tait plus la femme de son choix2 mais elle souffrait1 mais elle avait pleur4 ,lentement1 sans se baisser1 sans prononcer un mot1 il l'enlaa de ses bras et l'attira2 mais elle dtourna la tte froidement1 avec dgot1 se drobant son baiser4 ,il en ressentit une peine aigu4 ,suis-je donc plus heureux que toi8 dit-il4 ,puis1 laissant tomber sa tte sur celle de ,lenette1 il la pressa sur son sein4 ,vains embrassements6 ,alors des profondeurs de son me1 mille voix jaillirent et rptrent3 ,c'en est fait pour toujours8 ,le besoin de distractions extrieures1 de divertissements1 de ftes1 de plaisirs mondains est un cueil trop connu et contre lequel on est1 de toute part1 trop mis en garde pour que nous y insistions4 ,pour tre intressant et vraiment pratique1 il faudrait entrer dans le dtail4 ,mais la revue1 mme rapide1 des occasions et des formes de dissipation que la vie du monde offre chaque jour1 remplirait tout un volume aisment4 ,force nous est donc de nous en tenir l'expression gnralise de notre pense4 ,eh quoi6 dira-t-on4 ,vous ne permettez mme pas qu'on danse8444--,si vraiment1 faites de la musique1 chantez1 dansez1 amusez-vous de mille manires1 mais faites-le franchement1 sans apprt ni arrire-pense1 et surtout dans des conditions telles que vos devoirs ne restent pas en souffrance la maison4 ,ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile1 s'il faut en croire le ,code conjugal d',horace ,raisson3 ,le bal1 tel que nos usages l'ont fait1 a cess d'tre une distraction agrable2 les apprts en sont un travail1 le plaisir en est une fatigue1 et le rsultat un danger4 ,je retrouve1 dans de vieux papiers1 des vers juvniles qu'en raison du sujet trait je me hasarde transcrire4 ,a dfaut d'autre mrite1 ils ont celui d'tre indits3 ,i ,un bal est1 vrai dire1 une superbe chose4 ,tournoyer en ayant sur la tte une rose1 ,un bleuet1 des pis1 des fruits ou du foin vert ,artistement monts avec du fil de fer1 ,c'est un bonheur auquel s'abandonnent les femmes ,sans pouvoir rsister4 ,l'horizon que les flammes ,du soleil d',orient empourprent au matin1 ,ne brille gure auprs des habits de satin ,iriss de reflets par la lueur des lustres1 ,les larges escaliers1 les piliers1 les balustres1 ,les salles o l'on se presse1 et les parquets cirs ,o le novice tombe1 et les vieux murs dors1 ,et l'orchestre entass dans une loge troite1 ,les hommes saluant du geste1 gauche1 droite1 ,les femmes portant rouge et dents et cheveux faux1 ,se cherchant l'une l'autre1 en riant1 des dfauts1-- ,oh6 c'est un beau coup d'oeil6 plus beau que1 dans les plaines1 ,les sapins se courbant aux nocturnes haleines2 ,que les buissons d'avril pleins de fleurs et d'oiseaux1 ,et la chanson du vent travers les roseaux4 ,le pote est un fou que l'on comprend peine2 ,il croit donc la femme une me plus qu'humaine1 ,puisqu'il l'adore ainsi qu'on adorerait ,dieu1 ,et qu'il souffre de voir tant d'hommes au milieu ,de ces femmes faisant1 pour cela seul venues1 ,des exhibitions de leurs paules nues6 ,ces regards1 ces souris que l'on jette en passant2 ,ces valses o le sein palpite1 frmissant ,sous la main d'un butor qui raille ou qui s'enivre2 ,cette cole o la nuit1 pour apprendre bien vivre1 ,va la fille au front pur que sa mre conduit1-- ,il croit que tout cela ne vaut pas un rduit ,obscur1 sous le feuillage1 alors que le ciel sombre ,s'illumine des feux lointains d'astres sans nombre1 ,et que l'air1 se chargeant de la rose en pleurs1 ,fait monter au cerveau le doux parfum des fleurs4 ,,ii ,en bas3 des murs1 des fleurs1 du sable1 des feuillages2 ,un filet d'eau tombant d'un roc en coquillages2 ,une glace au milieu d'arbrisseaux enlacs 7,meuble tout pastoral672 des lampions bercs ,au vent qui souffle frais sous l'troit pristyle4 ,en haut1 de grands salons empire1 d'un beau style1 ,o l'or des murs fait mal aux yeux enthousiasms ,de voir des fleurs parmi des flambeaux allums2 ,les hautbois de l'orchestre envoient des notes aigres4 ,des vieux1 en cheveux teints1 verts-galants1 trs allgres1 ,choisissent pour danser les filles de quinze ans1 ,et leur tiennent1 tout bas1 de ces discours plaisants ,qui font rougir toujours1 et quelquefois sourire2 --,le grand ge1 en effet1 autorise tout dire4-- ,les jeunes vont tranant parmi le tourbillon ,des mamans de grand poids1 au teint de vermillon1 ,ou portent en leurs bras de laides filles maigres1 ,exhalant les parfums1 les sels et les vinaigres ,du lointain ,orient1 fabriqus ,paris2 ,et l'amour1 le chagrin1 les haines1 les mpris ,s'enchanent par les mains en dansant1 face face1 ,l'orage dans le fond1 le calme la surface2 ,calme plus effrayant que1 dans les hautes mers1 ,l'pre lutte des vents contre les flots amers4 ,,iii ,oh6 ce qui vaut bien mieux que ces bals o l'on sue1 ,o l'air vous pse au front ainsi qu'une massue2 ,o pour mieux respirer1 on brise d'un bton ,les fentres#ab2 o fleurs1 tulle1 fil de laiton1 ,satin1 franges1 rubans1 paillettes et dentelles ,dont s'enorgueillissaient follement les plus belles1 ,sur le parquet fumant sont couchs au matin1 ,comme de vains flacons aprs un grand festin2 ,o d'apptit la femme l'homme le dispute1 ,engloutissant gteaux et sorbets dans la lutte2-- ,oh6 ce qui vaut bien mieux1 c'est un profond amour ,o l'toile la nuit1 et le soleil le jour1 ,comme en un lac d'azur calme1 se rflchissent4 ,lorsque les rameaux verts en cadence flchissent1 ,que le ramier gmit auprs du nid natal1-- ,loin des vaines rumeurs qui bourdonnent au bal1 ,il est bon1 il est doux1 au fond des solitudes1 ,a l'abri du mensonge et de ses turpitudes1 ,de voir s'panouir1 comme une douce fleur1 ,une femme ingnue1 l'me grande1 au coeur ,pur1 et croyant encore au bien dans ce vieux monde2 ,de sentir1 en ce sicle o l'gosme abonde1 ,que l'on vit pour une autre1 et qu'on ne va pas seul1 ,mais que1 si le trpas vous jetait son linceul1 ,un doux tre mourrait de votre mort peut-tre4 ,l'amour--oui1 je le sais--est le sublime matre ,qui rpand l'harmonie flots sur l'univers1 ,et met une aurole aux fronts d'ombre couverts444 #ab ,historique3 l'auteur a t tmoin du fait dans un grand bal officiel de province4 ,de la dissipation la paresse1 il n'y a qu'un pas4 ,la femme dissipe1 lorsqu'elle ne trouve pas au dehors l'aliment propre la frivolit de son esprit1 lorsqu'elle est oblige1 pour une raison ou pour une autre1 de rester chez elle au lieu de se rpandre dans le monde1 se rfugie dans les rves de la nonchalance et devient invariablement paresseuse4 ,de mme dans toute femme d'intrieur paresseuse il y a l'toffe d'une dissipe4 ,o femme1 s'crie potiquement l',amricain ,washington ,irving1 tu sais l'heure o revient le brave chef de la maison1 lorsque la chaleur et le fardeau du jour sont passs4 ,ne le laisse pas alors1 harass de fatigue et accabl de dcouragement1 trouver1 en arrivant sa demeure1 que les pieds qui doivent accourir sa rencontre errent au loin1 que la douce main qui doit essuyer la sueur de son front frappe la porte de maisons trangres4 ,ceci pour les mesdames ,benoton4 ,ecoutons ,michelet nous parler des casanires oisives1 dont le cercle d'oprations s'tend du cabinet de toilette la salle manger1 de la salle manger la chaise longue du boudoir1 et de la chaise longue au lit4 ,les personnes malades1 par suite souvent d'une activit trop grande1 qui ce programme est un supplice impos1 sont naturellement en dehors de nos apprciations4 ,la femme qui laisse tout le soin du mnage ses domestiques1 et reste dans sa propre maison comme un hors-d'oeuvre1 perd bientt l'quilibre1 disait ds sa jeunesse l'illustre historien4 ,elle est prise d'ennui1 elle bille ou se fche injustement tort et travers1 comme il arrive chez ce pauvre ,t444 qui n'a pas mme son cabinet lui pour s'y rfugier et s'y faire un peu de silence4 ,rien de plus triste4 ,une femme dsoeuvre ou mal occupe1 ce qui revient peu prs au mme1 est un vritable flau pour le travailleur4 ,je ne saurais seul ordonner ma maison1 la parer1 mais je sens trs bien que l'ordre1 l'harmonie dans l'ameublement est1 comme dans la toilette1 une des puissances de la femme pour enserrer l'homme1 assurer sa fidlit4 ,combien on doit se draciner plus aisment d'un amour qui n'a pas ses harmonies6#ac #ac ,j4 ,michelet3 ,mon ,journal4 ,stendhal pousse le procs plus loin1 et dcouvre une des causes pour lesquelles les mnages des riches sont si trangement sujets la dsunion1 la dsaffection1 l'indiffrence et au dgot4 ,il pose d'abord en principe que sans travail il n'y a pas de bonheur4 ,passant l'application1 il ajoute3 ,une femme qui a quatre enfants et dix mille livres de rente travaille en faisant des bas ou une robe pour ses filles4 ,mais il est impossible d'accorder qu'une femme qui a carrosse elle travaille en faisant une broderie ou un meuble de tapisserie4 ,a part quelques petites lueurs de vanit1 il est impossible qu'elle y mette aucun intrt2 elle ne travaille pas4 ,donc1 son bonheur est gravement compromis4 ,quant celui du mari1 mieux vaut ne pas en parler4 ,je trouve1 dans un livre anglais d'observation fine et juste1 d une femme1 une srie de portraits pris dans le vif du mnage et prsentant1 non sans une pointe de satire1 les principales varits de la matresse de maison4 ,nos lecteurs y prendront plaisir et nos lectrices en feront leur profit4 ,voici ,mrs4 ,smith4 ,vous n'entrerez jamais chez cette dame sans entendre parler de changements dans son organisation domestique2 vous ne frapperez gure quatre fois sa porte sans qu'une fille inconnue vienne vous ouvrir4 ,compter le nombre de servantes que ,mrs4 ,smith a eues depuis son mariage embarrasserait son fils an lui-mme1 bien qu'il commence apprendre la table de ,pythagore4 ,sur plusieurs vingtaines il est absolument impossible que toutes aient t si absolument mauvaises2 pourtant1 l'entendre1 des suppts de ,satan sous forme femelle n'auraient pas t pires que celles par qui sa maison a toujours t hante2--cuisinires qui vendent les fritures et donnent au policeman les restes du rti2 femmes de chambre qui ne savent que frotter et rcurer1 servir table1 laver la vaisselle1 et se tenir propres pour rpondre la porte1 mais qui--le croiriez-vous8--n'ont jamais pu apprendre bien coudre et repasser le linge fin6 ,bonnes d'enfant vicieusement jolies1 ou se croyant telles1 qui ont l'impudence de s'acheter des chapeaux exactement comme mon dernier1 avec des fleurs l'intrieur6 ,pauvre ,mrs4 ,smith6 ,la question des servantes absorbe son me entire4 ,toute sa vie est un combat domestique1 combat de petitesses1 coups d'pingles1 coups de dents et de griffes4 ,elle a une bonne maison2 elle--je veux dire le mari1 qui est gnreux--donne de bons gages2 mais pas une servante ne veut rester son service4 ,et pourquoi8 ,parce qu'elle n'a pas ce qu'il faut pour tre matresse4 ,elle ne sait pas gouverner2 elle ne sait que donner des ordres au hasard2 elle ne sait pas blmer1--elle ne sait que gronder4 ,sans dignit relle1 elle essaie constamment d'en assumer l'apparence4 ,elle n'a que peu ou point d'ducation1 mais personne ne porte sur l'ignorance des jugements aussi durs qu'elle444 ,une servante un peu intelligente a vite fait de dcouvrir qu'elle n'est pas une dame2 que1 de fait1 si on la dpouillait de ses robes de satin1 qu'on vendt sa voiture et qu'on lui ft habiter le sous-sol au lieu du salon1 ,mrs4 ,smith ne serait pas d'un brin suprieure sa cuisinire444 ,la maison de ,miss ,brown est tablie sur un plan tout diffrent4 ,on n'y entendra jamais les petites querelles domestiques1 les mesquines discussions entre la matresse et la bonne1 injustice d'un ct et impertinence de l'autre4 ,miss ,brown n'aurait jamais l'ide de chercher querelle une servante1 pas plus qu' son chien ou son chat1 ou toute autre crature infrieure4 ,elle remplit strictement son devoir de matresse2 elle paie rgulirement les gages1--gages trs modrs1 certainement1--car ses revenus sont fort au-dessous de sa naissance et de son ducation2 elle n'exige aucun service extra2 elle est d'une stricte exactitude accorder ses servantes les congs qu'elle doit1-- savoir le temps de l'office1 de deux dimanches l'un1 et une journe par mois4 ,son administration est conome sans tre ladre4 ,il faut que tout aille avec la rgularit d'une horloge2 sinon1 un renvoi immdiat s'ensuit1 car ,miss ,brown n'aime pas avoir des reproches adresser1 mme la distance hautaine o elle se tient4 ,c'est une personne consciencieuse et honorable1 qui ne demande pas plus qu'elle ne donne elle-mme2 et ses servantes la respectent4 ,mais elles ressentent de l'effroi devant elle2 elles ne l'aiment pas4 ,il y a comme un large gouffre entre leur humanit et la sienne4 ,on ne croirait jamais que ses servantes et elle sont des femmes de mme chair et de mme sang1 et qu'elles finiront de mme en poussire et en cendres4 ,elle est bien servie1 bien obie1 et c'est justice2 mais--et c'est justice encore--elle n'obtient ni sympathie ni confiance444 ,dans la famille trs considre de ,jones1 il y a les servantes les plus considres du monde1 adroites1 vives1 attentives1 trs convaincues de leur valeur et de leurs capacits4 ,elles s'habillent avec tout autant d'lgance que la famille2 elles sortent avec des ombrelles le dimanche et sur l'adresse de leurs lettres elles font mettre ,mademoiselle4 ,elles conservent jalousement leurs privilges et titres acquis1 depuis les cadeaux des fournisseurs et la conversation1 devant la porte entr'ouverte1 avec un nombre illimit de soupirants1 jusqu'au droit chrement apprci de rpondre vertement madame quand celle-ci risque une plainte4 ,et madame--bonne et facile crature--n'ose pas trop en risquer2 elle souffre maint dsagrment1 sans compter quelques dommages rels1 plutt que de donner un quitable coup de balai dans sa maison et d'anantir en leur germe des flaux qui bientt envahiront tout comme des tranes d'herbes parasites444 ,voici maintenant le gouvernement de ,mrs4 ,robinson4 ,depuis longtemps elle laisse aller les rnes1 se renverse en arrire et sommeille4 ,o son mnage ira1 ,dieu seul le sait6 ,la maison est absolument livre elle-mme4 ,la matresse est trop bonne pour blmer personne propos de n'importe quoi1--elle est aussi trop inactive pour faire quoi que ce soit par elle-mme ou pour montrer le faire4 ,je suppose qu'elle a des yeux1 et cependant on pourrait crire son nom dans la poussire sur tous les meubles de la maison4 ,sans doute elle aime avoir le visage propre et porter une robe dcente1 car elle n'est pas sans avoir des gots dlicats2 cependant1 pour ,betty1 sa bonne tout faire1 ces deux avantages paraissent tre un luxe impossible atteindre4 ,mrs4 ,robinson ne peut pas1 ou se figure qu'elle ne peut pas1 se procurer une bonne servante1--c'est--dire une femme capable1 responsable1 qui demande des gages en rapport avec ses services2--en consquence1 elle se contente de la pauvre ,betty1 fille pleine de bonnes intentions1 mais incapable de remplir les fonctions dont elle s'est charge1 et qui ne semble pas susceptible d'apprendre jamais le devenir444 ,mais1 quelle que soit l'insuffisance des servantes1 toute matresse n'a-t-elle pas toujours1 pour y suppler en une certaine mesure1 l'intelligence de son cerveau1 et1 au pis aller1 l'activit de ses deux mains8 ,avez-vous jamais considr cette dernire ventualit1 ma bonne ,mrs4 ,robinson8 ,betty aurait-elle moins de respect pour vous si elle vous voyait1 tous les matins1 pousseter une ou deux chaises ou abattre quelques araignes tapies dans leurs toiles1--faisant entrer en elle1 en mme temps que la honte de sa ngligence1 la conviction que ce qu'elle ne fait pas1 sa matresse le fera6 ,seriez-vous moins aimable aux yeux de votre mari1 s'il dcouvrait que c'est vous qui avez fait d'abord1 et qui avez ensuite enseign ,betty faire1 le dner qui lui agre8 ,aurait-il moins de plaisir caresser vos doigts dlicats1 s'il y apercevait quelques piqres d'aiguille gagnes orner ou raccommoder les choses du mnage8444 ,voyez plutt ,mrs4 ,johnson4 ,je doute qu'elle soit plus riche que ,mrs4 ,robinson4 ,elle s'est marie dix-neuf ans1 ignorante comme une pensionnaire4 ,elle et sa cuisinire se sont instruites ensemble4 ,aujourd'hui encore1 j'imagine que si l'on complimentait celle-ci sur quelque dner de crmonie1 elle recevrait modestement les loges en disant3 ,c'est nous deux qui l'avons fait1 madame et moi4 ,et cependant tout est si bien ordonn et va si rgulirement que l'arrive inopine d'un hte ne ncessiterait qu'un couvert de plus sur la table et une paire de draps blancs dans le lit de la chambre de rserve4 ,quant aux bonnes d'enfant1 ,mrs4 ,johnson les a supprimes ds que ses fils ont pu marcher seuls4 ,si elle n'a pas d'autres enfants1 ces deux garons goteront le bonheur infini de n'avoir jamais eu pour les soigner et les conduire d'autre femme que leur mre4 ,sans doute1 c'est pour elle une vie trs laborieuse1 souvent pnible1 et ses servantes le savent4 ,elles la voient occupe du matin au soir1 toujours heureuse et gaie1 mais toujours occupe4 ,elles auraient honte de rester oisives et feraient tout au monde pour rendre les choses moins pnibles madame#ad4 #ad ,a ,woman's ,thoughts upon ,women4 ,la galerie n'est peut-tre pas complte1 mais elle se termine bien par une figure qui toute femme doit vouloir ressembler4 ,que si quelqu'une n'y parvient pas1 ou si mme elle est trop dvoye ou trop indiffrente pour y tcher1 elle n'aura qu'elle blmer de la perte du bonheur qu'on a le droit d'attendre de la vie deux4 ,le pire1 c'est que le blme lui viendra d'autre part4 ,je laisse de ct l'opinion du monde1 d'autant plus svre qu'on lui sacrifie davantage2 mais le mari n'est pas aveugle1 et il sait d'o proviennent les ennuis1 les mcomptes1 les dsagrments et les dsillusions de toute espce qu'il rencontre chaque jour et tout propos dans son mnage1 et qui finissent par lui en rendre le sjour insupportable1 sinon odieux4 ,comment en saurait-il gr celle qui devait faire de sa maison un lieu de repos et de dlices1 et qui en fait l'habitacle du gaspillage1 du dsordre et de la confusion8 ,l'amour le plus robuste n'y rsiste qu'un temps4 ,que faire8 ,se plaindre1 s'emporter1 parler en matre irrit1 mais impuissant8 ,a quoi bon8 ,quereller en mariage ,n'accroist grain1 bien n'hritage1 non plus qu'il ne donne les qualits dont manquent les poux4 ,le plus sage prend patience1 supporte tout ce qu'il peut le plus longtemps qu'il le peut1 et1 lorsqu'il est bout1 prend son chapeau et s'en va4 ,o va-t-il8 ,on peut le supposer1 et la femme en a l'instinct1 lorsque1 seule et dpite1 elle se dit3 ,s'il ne se plat plus chez lui1 c'est qu'il ne m'aime plus1 car s'il m'aimait1 comment se trouverait-il mieux ailleurs8 ,le raisonnement peut tre bon1 mais il y manque l'aveu qu'elle ne se rend pas aimable1 et que le rsultat dont elle souffre tant1 elle a tout fait pour l'obtenir4 ,c'est ce que dit1 en termes peu diffrents1 le ,code ,conjugal3 ,il est un point dans le mariage sur lequel on n'insiste pas assez2 c'est que l'infidlit des maris1 cette source permanente de trouble1 de querelles et de rciprocits1 est la plupart du temps le rsultat du peu de peine que les femmes prennent pour leur plaire4 ,combien de jeunes personnes1 charmantes avant le mariage1 se croient1 une fois unies celui qu'elles enviaient pour poux1 dispenses d'amabilit1 de prvenances1 de douceur mme4 ,un jeune homme1 avant de songer se marier1 a ncessairement connu le monde1 tudi les femmes2 il sait que l'on tenterait en vain1 par des plaintes1 de rformer leurs travers2 il se tait donc1 et se console de son mieux en s'loignant d'un intrieur qui lui offre trop peu d'attraits4 ,mais la femme1 dont toute l'exprience se borne des souvenirs de pension1 s'tonne d'abord1 cherche s'expliquer cette injurieuse froideur1 et bientt1 de la bouderie passe aux reproches et l'exagration4 ,une telle union sera pour les deux poux une source de peines et de maux4 ,la conduite de l'homme1 son scepticisme1 son ironie1 son ddain pour les faiblesses ou les ignorances fminines1 sa vanit souvent cruelle pour l'amour-propre et les susceptibilits de sa compagne1 peuvent amener inversement le mme effet4 ,en ce cas il est encore plus coupable1 puisque1 tant le plus fort et le plus clair1 il doit tre le plus raisonnable et le plus matre de lui4 ,sans doute1 comme le dit ,horace ,raisson1 si trouver toujours sa femme aimable n'est gure possible1 l'tre toujours soi-mme n'est gure plus ais4 ,les caractres les plus unis ont leurs ingalits1 et personne n'est l'abri des influences fcheuses qu'exerce sur la disposition de l'esprit une contrarit1 un accident1 une inquitude1 un malaise physique1 parfois mme une simple variation dans l'atmosphre4 ,mais les poux dignes de ce nom ne songeront jamais en faire vis--vis l'un de l'autre un sujet de rancune ou de reproches2 au contraire1 devant le chagrin de l'un1 l'autre redoublera de prvenances1 de tendresse et d'entrain1 pour l'en gurir4 ,et il l'en gurira srement1 car1 comme l'a si bien remarqu sir ,john ,lubbock1 un ami gai est comme un jour ensoleill qui jette son clat sur tout autour de lui4 ,ce qu'il faut viter avec le plus grand soin1 c'est que le ton morose et revche ne devienne habituel4 ,on s'accoutume gronder1 dprcier1 se plaindre1 trouver tout de travers et se mettre en travers de tout4 ,rien de plus pernicieux pour la paix commune4 ,la mauvaise humeur est l'hiver des mnages1 a-t-on dit#ae4 ,l'image est d'une vrit saisissante1 et fait passer comme un frisson4 #ae ,horace ,raisson3 ,code ,conjugal4 ,un moraliste du sicle dernier#af remarque que l'humeur est ordinairement le dfaut des mes sensibles4 ,cette sensibilit mme1 qui fait qu'on est vivement branl par les moindres choses1 donne de l'importance aux plus petites contrarits1 lesquelles1 se rptant de toute ncessit chaque instant dans la vie1 finissent par altrer le caractre1 l'assombrir ou l'aigrir4 ,les femmes1 qui sont naturellement plus sensibles que les hommes1 doivent donc tre particulirement en garde contre ces exagrations de la sensibilit qui font les personnes acerbes1 revches et acaritres4 #af ,doutes sur diffrentes opinions reues dans la ,socit4 ,le mme crivain ajoute1 toujours parlant de l'humeur3 ,elle rend le commerce difficile et fcheux4 ,lorsque le caprice s'y joint1 il n'y a plus moyen d'y tenir4 ,autant vaudroit-il vivre avec la folie4 ,un des hommes les plus distingus de l',angleterre contemporaine1 sir ,john ,lubbock1 exprime une pense analogue mais plus rconfortante1 dans son livre ,the ,pleasures of ,life 7,les ,plaisirs de la ,vie74 ,comme on pourrait le plus souvent1 s'crie-t-il1 rendre heureux le foyer domestique1 n'taient les sottes querelles ou les malentendus1 comme on les nomme si justement6 ,c'est notre faute si nous sommes grognons et de mauvaise humeur2 et mme1 bien que ceci soit moins facile1 nous ne sommes pas forcs de nous laisser rendre malheureux par l'humeur chagrine ou le mauvais caractre des autres4 ,nous n'avons1 en effet1 qu' dominer tout du haut de la srnit de notre propre esprit4 ,mais si la recette est simple1 tout le monde n'est pas en tat de l'excuter4 ,mieux vaut peut-tre souffrir de l'humeur chagrine de son compagnon ou de sa compagne1 et travailler1 avec toute l'ardeur et la force communicative de la sympathie1 lui rendre le calme et la joie4 ,mais1 quoi qu'il en soit des relations des poux entre eux1 il importe surtout de se garder d'un travers trop commun3 celui de se plaindre autrui des torts rels ou apparents de sa femme444 ,les fautes d'une femme retombent toujours sur son mari2 le moins qui puisse lui arriver1 c'est le blme d'avoir fait un mauvais choix#ag4 #ag ,horace ,raisson3 ,code ,conjugal4 ,si c'est le mari qui se plaint1 il se rend odieux ou ridicule1 et1 parvnt-il exciter la piti1 il n'en serait que plus pitoyable4 ,fuller donne ce propos un conseil que les jeunes maris oublient souvent par trop d'ardeur1 et que les vieux ngligent parce que1 d'ordinaire1 plus on est vieux et plus on aime geindre4 ,dfauts cachs sont moiti pardonns1 dit-il4 ,tout le monde sait que c'est double travail de raccommoder les choses la maison et de faire la langue des gens au dehors4 ,aussi un bon mari ne blme-t-il jamais publiquement sa femme4 ,un reproche public est comme une pnitence inflige devant tous ceux qui sont prsents2 aprs quoi1 beaucoup cherchent moins se rformer qu' se venger4 ,cela n'empche pas le tableau que trace ,m4 ,gustave ,toudouze1 dans un de ses romans#ah1 d'tre lamentablement exact4 #ah ,le ,train jaune4 ,oh6 s'crie-t-il1 cette paix menteuse de certains mnages1 qui semblent les plus unis1 les meilleurs des mnages1 et qui1 souvent1 ne sont que de petits enfers6 ,dehors1 sous les yeux du monde1 tout parat calme1 enviable2 au dedans1 tout est remu1 turbulent1 tiraill par les mille secrtes misres des tres incompatibles lis au mme anneau4 ,la surface est unie1 miroitante1 refltant la paix1 la joie2 le fond est boueux1 agit1 travers de monstres invisibles2 fond et surface d'tang1 d'eau dormante4 ,qui devinera derrire ce masque les bouderies1 les disputes1 les froids de glace succdant aux colres rouges1 les allusions mesquines et cruelles se renouvelant sans cesse1 les froissements d'amour-propre1 les souffrances morales ou physiques1 les purilits mchantes1 toute la guerre misrable et renaissante que se font deux natures qui ne se comprennent pas et que chaque jour spare davantage8 ,et que servirait-il qu'on les devint8 ,ayons la pudeur de nos plaies et ne faisons pas concurrence aux misrables qui talent le long des chemins leurs moignons rouges et leurs ulcres purulents4 ,mme pour les cas dsesprs dont le romancier parle1 s'il y a encore une chance de cure1 c'est dans la discrtion qu'elle gt4 ,toute maison divise contre elle-mme prira1 dit l'criture4 ,combien plus est-ce vrai pour les maisons dont les divisions sont proclames la face du monde6 ,quand un mari et une femme sont avertis que leur msintelligence est connue de ceux qu'ils frquentent1 il semble que le monde entier se mette entre eux pour empcher tout accommodement4 ,aucune faute n'est plus irrmissible1 aucune catastrophe plus irrparable que celle o l'on est pouss par l'amour-propre ou le respect humain4 ,le grand point1 ici comme ailleurs1 est d'aller droit devant soi1 faisant son devoir suivant les dictes de sa conscience1 sans s'inquiter des applaudissements ou des clabauderies des spectateurs4 ,la vie deux demande1 sans doute1 plus de complaisance1 d'indulgence1 de compromis et de sacrifices qu'aucune autre2 mais n'exagrons rien et1 tout en tant attentifs et dvous1 ne soyons ni timors1 ni tatillons4 ,le bonheur dans l'habitude doit tre mnag avec sagesse si l'on veut assurer l'amour sa dure1 dit ,michelet4 ,il dit aussi3 ,servons ceux que nous aimons dans les choses importantes1 mais ne nous dpensons pas en pices de quatre sous4 ,,chapitre ,,vi ,,craquements ,,et ,,ruine ,engag dans ces sables mouvants1 dont nous venons d'exposer succinctement la nature et la changeante topographie1 le navire conjugal ne tarde pas craquer de toutes parts1 jusqu' ce qu'un coup de vent ou la pousse des vagues en dtermine la dislocation finale4 ,c'est en mnage surtout que l'on doit mditer ce proverbe3 ,la discorde des matelots submerge le vaisseau#ai4 #ai ,horace ,raisson1 ,code conjugal4 ,ici1 les matelots ne sont que deux2 s'ils ne manoeuvrent pas ensemble1 le navire ncessairement prit4 ,quand on en a pris son parti avant le mariage1 qu'on n'a vu1 dans l'union contracte1 qu'une association de convenances ou d'intrts1 les consquences1 quelles qu'elles soient1 sont acceptables puisqu'elles sont prvues2 mais1 si rien ne tourne au tragique1 tout est lamentablement nausabond et plat4 ,c'est une situation plus la mode de son temps que de nos jours1 que ,chamfort dpeint en ces quelques lignes3 ,un homme de qualit se marie sans aimer sa femme1 prend une fille d'opra qu'il quitte en disant3 ,c'est comme ma femme2 prend une femme honnte pour varier1 et quitte celle-ci en disant3 ,c'est comme une telle2 ainsi de suite4 ,on dirait que ce gentilhomme ne s'est mari que pour tre plus libre4 ,sinon1 pourquoi se mariait-il8 ,la libert1 d'ailleurs1 en de semblables occurrences1 est rciproque4 ,sous leur commune raison sociale1 le mari et la femme vivent chacun de son ct1 et le mariage ainsi compris n'a rien faire avec le problme de la vie deux4 ,mais cette philosophie parfaite1 dont le bonhomme ,la ,fontaine a donn l'exemple et la formule1 n'est ni la porte ni au got de tout le monde4 ,horace ,raisson parle de ces esprits chatouilleux1 de ces caractres intraitables1 qu'un rien effraie ou rebute1 et il dclare fort sensment que c'est eux de savoir rester dans le clibat1 ou de se rsigner faire ici-bas l'apprentissage du purgatoire4 ,sans parler de ceux-l1 qui ne sont pas plus propres se marier qu'un paralytique faire un soldat1 que de maris et de femmes empoisonnent leur vie conjugale et la rendent impossible1 faute de comprendre qu'on ne reoit qu'autant qu'on donne1 et que tout autre march est pure et simple duperie4 ,je ne comprends pas1 dit ,la ,bruyre1 comment un mari qui s'abandonne son humeur et sa complexion1 qui ne cache aucun de ses dfauts1 et se montre au contraire par ses mauvais endroits1 qui est avare1 qui est trop nglig dans son ajustement1 brusque dans ses rponses1 incivil1 froid et taciturne1 peut esprer de dfendre le coeur d'une jeune femme contre les entreprises de son galant qui emploie la parure et la magnificence1 la complaisance1 les soins1 l'empressement1 les dons1 la flatterie4 ,et1 de fait1 pourquoi la femme ne rendrait-elle pas son poux ,fves pour pois1 et pain blanc pour fouace8 ,d'un autre ct1 si la femme fait au mari la vie dure1 quand mme elle resterait physiquement vertueuse et plus inapprochable qu'un dragon1 le mari sera comparable aux asctes qui se plaisent au cilice et se dlectent la fustigation1 s'il ne qute pas sur terrain prohib les douceurs et la tendresse qu'on lui refuse en ses lgitimes domaines4 ,lorsque les choses en sont arrives ce point1 il se produit d'ordinaire une rdition du fameux dbat du chasseur et du lapin4 ,le chasseur tue le lapin1 mais c'est le lapin qui avait commenc4 ,de mme1 c'est la premire victime qui presque toujours reoit les reproches et porte la responsabilit de fautes qu'elle n'a partages qu'aprs en avoir souffert4 ,dans cette lutte devant l'opinion1 la femme ne le cde en rien l'homme en ardeur1 en ruse1 en astucieuse audace1 et si elle est le plus souvent accable1 c'est que l'homme a plus de moyens qu'elle d'agir sur le mcanisme social1 aussi bien vis--vis de la justice mondaine que vis--vis de la justice des tribunaux4 ,il serait pourtant du devoir de l'homme1 prcisment parce qu'il est le plus fort1 de laisser la femme l'avantage dans un combat dont l'issue doit1 aprs tout1 les dlivrer l'un et l'autre4 ,d'ailleurs1 s'il n'a pas toujours les premiers torts1 il est bien rare qu'il n'en ait pas d'quivalents ceux de la femme1 au moins1 sans compter celui--le plus grave--de n'avoir pas su--lui1 le guide et le soutien--user de son exprience et de son autorit pour1 ds le dbut1 empcher les faux pas4 ,en somme1 la question est de dtail et presque oiseuse4 ,avant d'en venir l1 la courtoisie a d tre si souvent et si outrageusement viole de part et d'autre1 qu'on ne peut gure s'attendre1 au moment dcisif1 ce qu'elle reprenne ses droits4 ,nous n'insisterons pas et nous nous contenterons d'indiquer les trois solutions entre lesquelles les poux1 irrparablement dsunis de fait1 ont le choix3 conserver les apparences de la vie commune1 par respect pour soi-mme1 par intrt pour les enfants1 afin de ne pas donner son nom et sa personne en pture au scandale1 et de maintenir du moins le cadre de la famille pour les tres chers qui y ont reu le jour et les premiers soins2 ,la sparation de corps1 qui loigne les poux l'un de l'autre sans dissoudre l'union1 et laisse une porte ouverte au retour2 ,le divorce1 qui1 tout en sauvegardant autant que faire se peut les droits 7je ne parle pas des sentiments1 car lorsque la loi touche aux sentiments1 elle fait songer aux doigts d'un jardinier sur les ailes d'un papillon7 des enfants1 rend a chacun des poux sa libert premire1 et leur permet ou de vivre dsormais seuls ou de recommencer avec un autre1 dans des conditions prsumes meilleures1 leur exprience de la vie deux4 ,nous ne discuterons pas la valeur respective de ces trois solutions4 ,nous recherchons comment on peut le mieux et le plus heureusement vivre deux1 et non le mode prfrable de mettre fin cette vie et de trancher l'unit sociale par moitis4 ,cependant1 dans tous les cas o ce serait possible1 et il en est bien peu o ce ne le soit pas1 nous inclinerions dcidment vers la premire4 ,mieux vault deslier que couper1 lit-on dans les proverbes de ,g4 ,meurier4 ,c'est le seul moyen de maintenir aux yeux du monde la dignit de son existence1 tout en dnouant des liens trop durs porter2 c'est aussi le seul moyen1 nous le rptons1 de conserver aux enfants un milieu familial que rien ne peut remplacer1 quelque restreint et refroidi qu'il soit2 car de ce que l'amour a cess1 ou mme a fait place l'aversion entre le mari et la femme1 il ne saurait s'ensuivre que1 dans le dsastre1 l'amour du pre et de la mre pour les enfants ait galement pri4 ,enfin1 l o les apparences sont maintenues1 la ralit peut toujours reprendre corps et1 de quelques ruines qu'ait t fait le bcher1 on ne nous persuadera pas que1 semblable au phnix1 l'amour ne puisse parfois renatre de ses cendres4 ,c'est une chance qui vaut bien la peine qu'on la coure4 ,,chapitre ,,vii ,,ce ,,qui ,,lie ,,soutient ,c'est avec une sensation de soulagement rel que nous nous trouvons au bout de ce long et attristant chemin de croix1 dont la premire station est la mairie1 le jour du mariage1 et la dernire au tribunal1 le jour du divorce4 ,ce chemin de croix1 il nous fallait le faire1 la suite des couples malheureux qui expient si chrement tantt l'erreur initiale1 tantt les imprudences ou les fautes commises pendant le cours de la vie deux4 ,le meilleur moyen de bien faire voir la route1 en un terrain non fray1 c'est de marquer les obstacles qui la coupent1 les fondrires et prcipices qui la bordent4 ,la besogne est faite1 nous n'y reviendrons plus4 ,quiconque a lu des vers de mirliton connat cet lgant distique3 ,les liens du mariage1 ,sont un doux esclavage4 ,des liens1 un esclavage1--ft-il doux1--cela n'a rien de bien tentant4 ,c'est pourtant en ces termes qu'on parle communment du mariage1 soit en vers1 soit en prose4 ,noeuds1 chanes1 fardeau1 boulet1 domination1 tyrannie1 servitude1 varient l'expression1 mais ne touchent pas au fond de la mtaphore4 ,sans doute elle n'a pas surgi sans raison dans la langue des peuples1 et les mauvais plaisants seuls n'auraient pas suffi la rpandre si universellement4 ,assurment elle a rpondu un fait rel4 ,elle y rpond encore1 puisque le fait reste crit dans la loi3 la femme doit obissance au mari4 ,mais les moeurs sont plus fortes que les lois1 et1 de jour en jour1 les moeurs bannissent du mariage la notion de domination d'un ct et de soumission de l'autre1 pour y substituer l'accord raisonn et affectueux de deux volonts libres1 dont les effets tendent s'aider et se complter mutuellement4 ,au seizime sicle1 ,shakespeare pouvait crire3 ,ton mari est ton seigneur2 ta vie1 ton gardien1 ton chef1 ton souverain2 celui qui s'inquite de toi et de ton entretien2 qui livre son corps au travail pnible1 et sur mer et sur terre2 veillant la nuit dans les orages1 le jour au froid1 pendant que tu es chaudement couche la maison bien en sret2 et il ne demande de toi d'autre tribut que de l'amour1 un air aimable1 et une vritable obissance1-- paiement trop modique pour une dette si grande4 ,le mme devoir que le sujet doit au prince1 la femme le doit son mari2 et1 lorsqu'elle est volontaire1 acaritre1 maussade1 aigre1 et insoumise son honnte volont1 qu'est-elle autre chose qu'une impure et dclare rebelle1 qu'une perverse tratresse1 vis--vis de son seigneur aimant8 ,j'ai honte que les femmes soient si simples que d'offrir la guerre l o elles devraient demander genoux la paix1 ou que de rechercher la rgle1 la suprmatie et la domination1 l o elles sont tenues de servir1 d'aimer et d'obir4 ,tirade qui fait songer1 comme le remarquait nagure ,m4 ,auguste ,vitu1 dans une de ses chroniques thtrales1 la clbre boutade que ,molire mettait1 au sicle suivant1 dans la bouche d'un de ses bons bourgeois3 ,du ct de la barbe est la toute-puissance4 ,bien qu'on soit deux moitis de la socit1 ,ces deux moitis pourtant n'ont point d'galit444 ,et ce que le soldat1 dans son devoir instruit1 ,montre d'obissance au chef qui le conduit1 ,le valet son matre1 un enfant son pre1 ,a son suprieur le moindre petit frre1 ,n'approche point encor de la docilit1 ,et de l'obissance et de l'humilit1 ,et du profond respect o la femme doit tre ,pour son mari1 son chef1 son seigneur et son matre6 ,le pote laurat d',angleterre1 lord ,tennyson1 parlant1 il y a quarante ans1 de la vie deux1 disait que la femme devait tre l'homme comme une musique parfaite adapte de nobles paroles1 et ajoutait que c'est le rle de l'homme de commander1 et celui de la femme d'obir4 ,sur quoi ,miss ,wedgwood1 dans un des journaux de la maison ,cassell et ,cie1 ,le ,monde de la ,femme 7,the ,woman's ,world1 juin #ahhh71 fait cette remarque3 ,ce passage assigne sa date au pome4 ,aujourd'hui1 il y a encore des hommes qui commandent et des femmes qui obissent2 mais l'obissance a cess d'tre l'idal du mariage4 ,il n'y a qu' s'en fliciter4 ,toute sujtion implique contrainte1 et toute contrainte d'un tre libre implique bassesse1 plus encore pour la personne qui l'impose que pour celle qui doit la supporter4 ,il n'en est pas moins vrai que la vie deux cre des devoirs rciproques1 diversifis par la diffrence des aptitudes et des fonctions dans les deux moitis de l'unit conjugale1 et que l'application ces devoirs est la condition essentielle du bonheur et de la dure de l'union4 ,on a dit3 ,l'homme fait son tat1 la femme le reoit4 ,c'est en effet sur la conduite1 les manires1 le ton de son mari1 qu'une jeune pouse se rgle#bj4 #bj ,h4 ,raisson4 ,ce sont donc les devoirs du mari qu'il importe de dterminer d'abord4 ,ces devoirs1 selon la juste observation de l'auteur du ,code conjugal1 se trouvent crits en quelque sorte dans la comparaison de sa constitution et de celle de sa femme4 ,la force1 la fermet1 le courage1 la gravit en sont les principaux caractres4 ,c'est donc lui dfendre1 dlibrer1 prvoir4 ,il lui est toujours facile de communiquer de la rsolution1 de la fermet sa compagne1 d'tendre ses vues1 d'lever ses sentiments1 et de la dlivrer de ces hsitations1 de ces craintes1 auxquelles sa constitution plus faible l'assujtit4 ,c'est ce que dit1 en termes plus gnraux et plus potiques1 ,w4 ,secker3 ,la femme est le trsor du mari1 et le mari doit tre l'armure de la femme4 ,dans les tnbres1 il doit tre le soleil qui la dirige2 dans le danger1 le bouclier qui la protge4 ,a peu prs sur le mme ton1 l',anglais ,dodsley nous dit3 ,elle est la matresse de la maison2 traite-la donc avec gards1 pour que tes serviteurs puissent lui obir4 ,ne te montre pas1 sans motif1 contraire ses gots2 puisqu'elle partage tes peines1 fais-la participer tes plaisirs4 ,reprends ses fautes avec mnagement2 n'exige pas avec rigueur qu'elle te soit soumise4 ,dpose tes secrets dans son sein2 ses avis partent du coeur1 elle ne te trompera pas2 sois-lui fidlement attach1 car elle est la mre de tes enfants4 ,si les maladies et les souffrances viennent l'assaillir1 que ta tendresse soulage son affliction2 un regard de sensibilit ou d'amour adoucira sa douleur1 ou modrera sa peine1 et lui sera d'un plus grand secours que tous les mdecins4 ,considre la faiblesse de son tre2 la dlicatesse de ses formes2 n'use pas de svrit avec elle1 souviens-toi de tes imperfections4 ,hippothadie dit ,panurge1 dans le grand livre de ,franois ,rabelais3 ,vous1 de vostre cost1 l'entretiendrez en amiti conjugale1 continuerez en preud'hommie1 luy monstrerez bon exemple1 vivrez pudiquement1 chastement1 vertueusement en vostre mariage1 comme voulez qu'elle de son cost vive4 ,tous ceux qui ont envisag la question au point de vue pratique1 srieusement et sincrement1 parlent de mme4 ,vivez avec votre femme dans la plus grande union1 dit un magistrat son fils1 au lendemain de la ,rvolution2 ayez pour elle tous les gards1 tous les soins qui tablissent la confiance et font natre l'intimit4 ,ne la gnez en rien dans ses gots2 n'usez de l'autorit de mari pour la refuser que dans les cas o elle aurait des volonts dont les consquences seraient dangereuses2 et mme alors1 n'employez jamais que l'empire de la raison1 auquel elle finira ncessairement par cder4 ,un peu auparavant1 l'auteur du livre ,les ,moeurs s'exprimait ainsi3 ,qu'un mari qui veut tre aim travaille s'en rendre digne2 qu'aprs vingt ans il se montre aussi attentif ne point offenser1 qu'au temps o il rechercha sa compagne4 ,on gagne plus conserver un coeur qu' le conqurir4 ,l'amour1 l'honneur1 les soins complaisants perptuent les douceurs de l'hymen4 ,qu'il se souvienne donc que si1 dans l'accord des deux sons1 c'est toujours la basse qui domine1 de mme1 dans un mnage rgl et uni1 l'ordre et l'harmonie sont surtout l'effet des mesures sages du mari4 ,et tout cela se rsume en cette grave et vridique parole de ,william ,cobbett3 ,jamais un mauvais mari n'a t un homme heureux4 ,est-ce dire que tous les bons maris sont heureux8 ,hlas6 les dfauts se rencontrent des deux parts1 et rien ne vient d'un des poux qui n'ait son action1 agrable ou douloureuse1 sur l'autre4 ,dans les citations qui prcdent1 il a t1 et juste titre1 souvent question des gards1 des attentions1 de la politesse1 que le mari doit sa compagne1 et sans lesquels la vie commune s'enlise peu peu dans les vases sans fond de l'indiffrence et de la grossiret4 ,le ,code ,conjugal fait une distinction ingnieuse et ncessaire entre les gards dont nul galant homme ne se dpart vis--vis de toute personne du sexe1 et cette politesse du coeur que seule la tendresse peut dicter4 ,il faut se garder1 dit-il1 de confondre les gards et les politesses2 ce sont choses fort dissemblables1 et plus d'un mari1 pour n'avoir pas su tablir cette subtile distinction1 a vu la paix dserter son mnage4 ,un mari confie sa femme ses peines1 ses inquitudes2 il la consulte sur ses intrts1 et ne s'embarque pas dans une opration difficile avant d'avoir pris son avis3 voil des gards6 ,attentif1 prvenant1 un autre est constamment aux ordres de sa femme2 il l'accompagne au bal1 au spectacle1 ne va pas dans le monde sans elle1 rentre toujours avec un visage aimable1 risque mme parfois un galant compliment3 voil de la politesse6 ,m4 de ,labouisse1 le plus ferme champion du conjugalisme1 a d dire quelque part1 en parodiant un mot clbre3 ,on doit des gards toutes les femmes1 on ne doit des politesses qu' la sienne4 ,il y a toutefois une exception cette rgle gnrale4 ,dans les mariages d'argent1 qu'on appelle plus dcemment mariages de convenance1 les gards sont seuls rigoureusement ds4 ,ceci1 c'est la part du mari4 ,mais tout reste incomplet1 dans le mnage1 s'il n'y a qu'un seul des poux en jeu4 ,c'est ce que rappelle1 avec une remarquable nettet1 cette page du journal d',addison1 ,the ,spectator3 ,un homme a assez faire de vaincre ses voeux et dsirs draisonnables2 mais c'est en vain qu'il y arrive1 s'il a ceux d'une autre satisfaire4 ,qu'il mette son orgueil dans sa femme et sa famille3 qu'il leur donne toutes les commodits de la vie1 comme s'il en tirait vanit2 mais que ce soit cet orgueil innocent1 et non leurs extravagants dsirs1 qu'il consulte en cela444 ,nous rions1 et nous ne pesons pas cette soumission la femme avec la gravit qu'une chose de cette importance mrite444 ,une fois que vous lui avez cd1 vous n'tes plus son gardien et son protecteur1 comme la nature vous y destinait2 mais en vous faisant le complaisant de ses faiblesses1 vous vous tes rendu incapable d'viter les malheurs o elles vous conduiront l'un et l'autre1 et vous verrez l'heure o elle vous reprochera elle-mme votre complaisance son gard4 ,c'est1 il est vrai1 la plus difficile conqute que nous puissions arriver faire sur nous-mmes1 que de rsister au chagrin de ce qui nous charme4 ,mais que le coeur souffre1 que l'angoisse soit aussi poignante et douloureuse que possible1 c'est chose qu'il vous faut endurer et traverser1 si vous voulez vivre en gentleman1 ou vous rendre tmoignage vous-mme que vous tes un homme de probit4 ,le vieux raisonnement3 ,vous ne m'aimez pas1 si vous me refusez ceci1 dont on s'est d'abord servi pour obtenir une bagatelle1 amnera1 par son succs coutumier1 le malheureux homme qui y cde abandonner jusqu' la cause de la patrie et de l'honneur4 ,un crivain1 qui donne un journal du matin des chroniques mondaines justement remarques pour la connaissance des personnes et l'exprience des choses dont il y fait preuve1 consacrait un article1 propos des noces d'argent du prince et de la princesse de ,galles1 rechercher la part qui revient la femme dans le bonheur du mnage#ba4 ,on ne trouvera pas mauvais que je rappelle ces pages1 o le ton alerte ne nuit pas aux vues justes4 #ba ,santillane1 dans le ,gil ,blas du #aj mars #ahhh4 ,l'art d'tre heureux en mnage est beaucoup plus simple qu'un vain peuple ne pense et que la majorit des moralistes ne le prtend4 ,il consiste dans une indulgence perptuelle de la femme envers l'homme et dans la courtoisie invincible de celui-ci envers celle-l4 ,pour que le foyer conjugal soit aim1 il faut que la fille d've qui le prside le fasse aimable1 et c'est seulement au prix de concessions incessantes qu'elle atteindra ce but4 ,le mari est un grand enfant1 un grand enfant terrible1 si vous voulez1 avec les caprices duquel l'pouse doit compter1 de manire bnficier du total de l'addition4 ,vouloir heurter de front ses caprices1 s'lever de haut contre ses fantaisies1 s'riger en censeur implacable1 se dresser en justicier infaillible1 est une folie1 et j'ajouterai1 une mystification1 de la part de l'pouse1 et qui peut lui coter le bonheur de sa vie4 ,la femme1 au foyer conjugal1 doit tre un camarade facile1 agrable et de bonne composition1 et non point un pion en jupon1 pionnant de pionnerie4 ,l'homme n'est pas parfait1 chacun sait a1 et c'est composer avec ses imperfections que doit s'appliquer la femme4 ,ce n'est point la faute du mari1 comme le prtend la comdie1 qui rend la plupart du temps les mnages malheureux1 c'est la faute de l'pouse1 c'est sa fausse interprtation des situations1 son inintelligence de l'art des nuances1 sa maladresse dans la conduite de ses propres intrts4 ,ainsi1 neuf fois sur dix1 les dissensions intestines dans les mnages parisiens1 ayant d'autre part toutes les conditions de fortune1 d'ge1 d'ducation pour tre heureux1 viennent du got trop vif montr par le mari pour la vie au dehors1 la libre allure de l'existence1 le grand air respirer pleins poumons sans contrle4 ,la femme s'effraie de cette cole buissonnire qu'elle s'imagine entache de tous les attentats contre le respect conjugal2 elle jette feu et flamme1 crie la trahison1 agite les foudres vengeresses1 multiplie les scnes sur les scnes1 et finalement fait de son foyer un enfer1--ce qui est une trange faon d'y ramener l'poux mancip4 ,ah6 l'inhabile et la malavise6444 ,comme elle ferait oeuvre plus fconde pour son bonheur en n'ayant point l'air de s'apercevoir des envoles de son poux1 en ne leur faisant point l'honneur de leur attacher plus d'importance qu'elles ne comportent1 en ne leur prtant point son gard une signification offensante qu'elles ne sauraient avoir6 ,il plat monsieur de s'garer sur les plates-bandes1 c'est affaire ses pas2 il lui convient de temps autre de secouer la bride conjugale et de jouer la vie de garon1 qu'il satisfasse son humeur2 ayant bon souper1 bon gte et le reste domicile1 il veut manger la table d'hte1 courir les champs et coucher la belle toile1 qu'il s'en passe la fantaisie6 ,c'est l'histoire du pigeon de la fable4 ,vous verrez1 si vous lui laissez la route ouverte1 comme il se lassera vite de sa libert2 comme1 maudissant sa curiosit1 tirant l'aile et tranant le pied1 il saura reprendre de lui-mme le chemin du foyer et de combien de plaisirs il paiera votre peine6444 ,la femme ne se doute pas assez de la somme de bonheur qu'elle se met sur la planche en ne faisant pas de son intrieur une prison svre1 en n'invoquant pas tout propos les rglements du mariage4 ,moins elle levera de barrires devant sa porte1 moins son mari cherchera s'chapper4 ,c'est par l'atmosphre qu'ils respirent dans leur intrieur que les hommes y sont retenus1 ce n'est point par les articles du ,code ou les revendications de la morale proclames hauts cris4 ,plus une femme est irrprochable1 plus elle est respectueuse de toutes les charges du foyer1 plus elle peut se montrer facile1 conciliante1 indulgente2 car1 sre de la considration invincible de son mari1 elle sait bien qu'une heure sonnera o il lui reviendra1 tout jamais1 cette fois1 comme la seule et vritable amie1 la compagne au coeur prouv1 au dvouement infaillible4 ,l'indulgence de la femme dans la premire priode du mariage1 c'est sa flicit assure pour la dernire1 l'affection de son mari se grandissant alors du repentir de ses torts son gard et de toute la reconnaissance qu'il lui doit4 ,en faisant acte de conciliation et d'abngation1 elle a jou qui perd gagne et sauve sa mise de bonheur4 ,et ce rle lui est facile1 car les enfants sont l pour l'accaparer tout entire1 la distraire1 lui rendre les heures rapides4 ,le mari s'chappe du foyer un peu plus qu'il ne faudrait1 qu'importe6 ,les enfants y restent1 eux1 pour le remplacer1 pour l'y rappeler1 pour y plaider sa cause1 pour lui garder intact le coeur mme qu'il prouve4 ,ah6 les enfants dans le mnage1 quelle aide et quelle force1 et comme le devoir lui devient facile1 la rsignation aimable1 ds qu'on les regarde6444 ,dans la premire phase du mariage1 la mre absorbe l'pouse et il n'est point de femme1 si dvoue qu'elle soit son mari1 qui ne soit prte le sacrifier ses enfants4 ,c'est mme ce souci si intense1 si exclusif de l'enfant1 au dtriment du mari1 qui amne le refroidissement des rapports dans tant de mnages et pousse au dehors du logis le chef de la communaut4 ,il voudrait associer sa compagne ses distractions1 jouir de sa compagnie1 triompher de sa beaut dans les endroits publics1 dans les salons1 toutes les manifestations de la vie parisienne4 ,rve impossible6 ,madame a ses enfants qui la retiennent au gte1 qui l'intressent avant tout1 qui lui prennent tous ses instants comme toutes ses proccupations4 ,il faut qu'elle aille aux cours1 au collge1 au catchisme1 que sais-je8 ,elle n'a pas le loisir de s'amuser1 elle6 ,que ,monsieur ne se prive pas pour cela1 d'ailleurs1 des plaisirs auxquels il aspire2 elle en serait dsole2 chacun son rle6 ,elle s'en tient au sien et le sien1 ses yeux1 est celui de la mre4 ,monsieur profite de la permission1 prend la clef des champs et se fait une douce habitude de vivre autant qu'il peut en dehors de la maison4 ,doit-on lui en faire un crime8 ,il se sacrifie1 lui aussi1 sa faon1 aux enfants4 ,il faut bien le reconnatre1 dans la classe des honntes femmes1 des pouses impeccables1 on ne s'efforce gure1 la plupart du temps1 de retenir le mari dans les liens conjugaux en les rendant aimables et attrayants4 ,je viens de vous signaler la place absorbante tenue par l'enfant dans l'existence des femmes1 mais1 en dehors de l'enfant1 combien peu se donnent la peine de payer de leur personne en faveur du mari4 ,voyez l'indiffrence montre par la majorit des femmes sur leur propre compte1 ds qu'elles n'ont que leur mnage pour thtre de leurs exploits4 ,ds qu'elles ont mis le pied sur le seuil de leur porte1 il semble qu'elles oublient les premiers lments de cet art de plaire qu'elles pratiquaient si joliment dans le salon voisin1 quelques minutes auparavant4 ,au lieu de cet air enjou qui faisait tourner toutes les ttes1 de ces rpliques vives et fines qui faisaient ouvrir toutes les oreilles1 un visage terne1 une attitude morne1 une conversation paresseuse4 ,du ct de la toilette1 mme jeu3 la robe chatoyante et charmeuse qui tranait tous les dsirs dans ses sillons soyeux1 succde le nglig1 et quel nglig souvent6 ,les bandeaux sont dfaits1 les pantoufles banales remplacent les souliers provocants1 le molleton du ,bonheur des dames couvre les paules qui s'accommodaient si bien de la robe de la bonne faiseuse2 c'est un enterrement complet de grce et de sduction4 ,tout cela est bien assez bon pour la maison6 pense notre fille d've4 ,la fausse ide6 et la preuve1 c'est la promptitude avec laquelle le fils d',adam1 son mari1 lui annonce qu'il a affaire la ,bourse1 au cercle1 ou ailleurs4 ,les femmes doivent leurs maris1 a dit je ne sais plus qui1 leurs qualits1 leurs travers et surtout leur coquetterie6 ,cela est bien vrai4 ,il faut de l'attrayant dans le mnage1 ou gare6444 ,l'homme n'a pas plus le droit que sa compagne de se ngliger1 moralement ou physiquement dans son intrieur4 ,autrement1 il crerait les mmes inconvnients et s'exposerait aux mmes dangers4 ,ce sujet1 que je ne veux qu'effleurer1 me remet en mmoire une amusante pigramme emprunte la correspondance indite de madame ,roland4 ,en grasseyant1 la divine ,chlo ,disait un jour3 ,qu'importe un oeil1 un nez6 ,est-ce le corps8 ,c'est l'me que l'on aime4 ,l'tui n'est rien4 ,voici dans l'instant mme ,que de l'arme arrive son amant2 ,taffetas noir1 tendu sur la face1 ,y couvre un nez qui fut jadis charmant1 ,ou bien plutt n'en couvre que la place4 ,il voit ,chlo1 veut voler dans ses bras4 ,chlo recule et sent mourir sa flamme4 ,mon ,dieu6 dit-elle1 est-il possible1 hlas6 ,qu'un nez de moins change si fort une me8 ,c'est l de la morale facile1 dira-t-on4 ,et qu'importe1 si c'est de la morale pratique6 ,la vie est assez hrisse de difficults naturelles sans qu'on la traverse encore1 pour le plaisir1 de banquettes irlandaises et de serpentines artificielles4 ,je ne vois gure qu'une chose sur laquelle le journaliste passe trop lgrement3 c'est lorsqu'il parle des relations du mari et de ses enfants4 ,il semble que les enfants n'appartiennent qu' la mre1 que le pre n'ait leur donner ni sympathies ni soins4 ,cela arrive souvent1 le plus souvent mme1 malgr bien des exemples du contraire1 dans le monde pour lequel le chroniqueur crit4 ,mais comme c'est tant pis pour les pres1 dans ce monde-l6 ,ailleurs1 partout o le mari relaie1 en ce qu'il peut1 sa compagne dans les soins donner aux petits1 partout o il prend1 si je puis dire1 une part de la maternit1--et rien ne touche plus dlicieusement la mre1--l'enfant1 bien loin d'tre une cause d'loignement ou de refroidissement entre les poux1 est entre eux la plus douce et la plus irrsistible des attractions4 ,ce n'est pas des mnages semblables que s'appliquent les remarques1 les objurgations d'une femme chez laquelle les entranements politiques n'ont pu ni alourdir l'esprit1 ni refroidir le coeur4 ,la femme est mre1 elle est nourrice2 le mari se plaint d'tre rveill1 dit madame ,svrine2 on fait chambre part4 ,adieu l'amour6 ,monsieur ira ses affaires1 bientt ses plaisirs2 ,madame ne dmarre plus du logis2 l'un court et l'autre couve6 ,eh bien6 non6 ce n'est pas le rle de la femme1 cela1 et je ne saurais trop le rpter4 ,certes1 il faut aimer ses enfants1 et les protger et les dfendre1 ces chres petites cratures qui sont la chair de notre chair et le fruit de notre amour4 ,mais il faut aimer par-dessus tout--coutez bien ceci1 mes jeunes contemporaines1--il faut aimer par dessus-tout son homme1 comme disent les femmes du peuple qui ont le sens juste en ces sortes de choses1 car la vie leur est bien plus dure et bien plus enseignante qu' nous4 ,et1 par aimer1 je n'entends pas seulement la fivre des amoureuses1 mais la bonne tendresse qui rconforte1 remet le coeur en place et le cerveau point4 ,la maman6 je ne m'en ddis pas444 ,jeunes ou vieilles1 allez1 soyons des mamans dans la vie1--la maman des enfants1 la maman de notre mari1 la maman de nos amis1 la maman des pauvres1 de tout ce qui souffre et de tout ce qui se plaint4 ,nous trouverons des railleurs1 soit2 mais la petite bte que nous avons l1 dans notre corset1 gauche1 aura bon chaud et sera contente4 ,oh6 l'indulgence1 la patience1 le pardon de la femme1 jamais on n'en vantera assez la prcieuse et rconfortante vertu4 ,en soignant tendrement mes faiblesses1 dclare1 au grand honneur de sa femme1 un auteur cossais#bb1 elle m'a guri des plus nuisibles4 ,elle est devenue prudente par affection2 et bien qu'elle soit d'une nature trs gnreuse1 elle a appris l'conomie dans son amour pour moi4 ,elle m'a doucement arrach mes dissipations2 elle a donn des tuteurs un caractre faible et irrsolu2 elle a pouss mon indolence tous les efforts qui m'ont t utiles ou honorables2 et elle s'est toujours trouve l pour gourmander mon insouciance ou mon imprvoyance4 ,c'est elle que je dois ce que je suis1 elle que je dois ce que je serai4 #bb ,macintosh4 ,un prlat catholique#bc1 tout en se plaant un point de vue plus gnral et plus lev1 tenait dans la chaire un langage identique4 ,un homme1 s'criait-il1 peut avoir de grands dfauts1 de grands vices2 il peut avoir ses heures d'irritation1 o il traitera sa compagne avec des termes aussi durs qu'injustes3 n'importe1 si la femme est ce qu'elle doit tre1 il la respectera malgr lui1 il aura en elle toute sa confiance2 et malgr les paroles violentes auxquelles souvent la passion fait semblant de croire quand elle les profre1 le coeur restera fidle1 le coeur s'inclinera devant la vertu1 le coeur aura confiance2 car c'est un autre privilge de la vrit1 qu'il n'est pas permis l'homme de mpriser longtemps et srieusement une vertu que rien n'branle et qui persiste au milieu des plus dures preuves4 #bc ,landriot4 ,tel est le mariage3 ,l'cole la plus sre de l'ordre1 de la bont1 de l'humanit1 qui sont des qualits bien autrement ncessaires que l'instruction et le talent4 ,c'est ,mirabeau qui l'a dit1 et il serait difficile de le rcuser comme partial4 ,l'auteur de ,la ,sagesse1 le vieux ,charron1 a crit ce sujet quelques lignes o se sent une motion contenue1 assez rare dans son oeuvre4 ,mariage1 dit-il1 est un sage march1 un lien et une cousture sainte et inviolable1 une convention honorable2 s'il est bien faonn et bien pris1 il n'y a rien de plus beau au monde1 c'est une douce socit de vie3 pleine de constance1 de fiance1 et d'un nombre infini d'utiles et solides offices1 et obligations mutuelles4 ,j'emprunte encore cette page au ,spectator d',addison3 ,le mariage est une institution faite pour tre la scne incessante d'autant de bonheur que notre tre en est capable4 ,deux personnes qui se sont choisies entre toutes1 dans le dessein d'tre l'une l'autre un encouragement et une joie1 se sont1 par cet acte mme1 engages tre de bonne humeur1 affables1 discrtes1 indulgentes1 patientes1 gaies1 en face des fragilits et imperfections de l'une ou de l'autre d'entre elles1 et cela jusqu' la fin de leur vie444 ,lorsque cette union est ainsi garde1 les circonstances les plus indiffrentes font prouver du plaisir4 ,leur condition est une source incessante de joies4 ,l'homme mari peut dire3 ,si le monde entier me rejette1 il y a un tre que j'aime absolument1 qui me recevra avec joie et transport1 et qui se croira oblige de redoubler de tendresse et de caresses pour moi1 cause de la tristesse dans laquelle elle me voit plong4 ,je n'ai pas besoin de dissimuler les chagrins de mon coeur pour lui tre agrable2 ces chagrins mmes ravivent son affection4 ,cette passion qu'on a l'un pour l'autre1 lorsqu'elle est une fois bien fixe1 entre dans la constitution mme de l'tre1 et y coule aussi aisment et silencieusement que le sang dans les veines444 ,douce manire de traverser la vie1 appuys l'un sur l'autre1 bravant les mmes dangers1 savourant les mmes joies1 se relevant aux faux pas et se retenant aux heurts sans jamais tomber tout fait1 car le devoir1 l'estime et l'affection les entourent d'indissolubles attaches1 et ce qui lie soutient6 ,,chapitre ,,viii ,,aimer ,,et ,,croire ,il n'est pas difficile1 aprs ce qui a t dit dj1 de dgager1 comme conclusion1 cette vritable formule de la vie deux3 ,aimer et croire4 ,ne craignons pas1 cependant1 d'y insister3 c'est le point essentiel entre tous4 ,le roi ,alphonse de ,portugal prtendait que1 pour vivre en paix dans le mariage1 il faut que l'homme soit sourd1 et la femme aveugle4--,le roi ,alphonse de ,portugal parlait en cynique qui plaisante4 ,certes l'homme doit tre sourd aux calomnies1 aux mdisances1 aux insinuations perfides auxquelles la meilleure des femmes peut tre en butte et1 de mme1 la femme doit tre aveugle1 en ce sens qu'elle ne doit pas pier les pas et dmarches du mari1 l'espionnage tant chose vile1 et qu'elle doit s'en remettre aveuglment lui du soin des intrts communs au dehors4 ,ce n'tait point ce qu'entendait le roi ,alphonse de ,portugal1 ou je me trompe fort2 et c'est en quoi lui-mme se trompait4 ,l'homme1 au contraire1 n'ouvrira jamais assez l'oreille pour couter les paroles de tendresse et d'abandon de la femme qui l'aime2 et jamais la femme n'aura assez d'yeux pour regarder les attentions1 les efforts et les travaux d'un mari qui la veut heureuse4 ,croit-on qu'il tait aveugle ou sourd le couple qu',addison nous peint dans ce tableau d'une si dlicieuse puret de touche et d'une si parfaite exactitude de trait3 ,ltitia est jolie1 modeste1 tendre1 et a assez de jugement2 elle a pous ,eraste1 qui est dou d'un got gnral pour la plupart des choses de l'intelligence et de l'art4 ,partout o ,ltitia va en visite1 elle a le plaisir d'entendre rpter qu',eraste a bien dit ou bien fait telle ou telle chose4 ,depuis son mariage1 ,eraste est plus lgant dans son costume que jamais1 et1 dans le monde1 il est aussi complaisant pour ,ltitia que pour toute autre dame4 ,je l'ai vu lui donner son ventail1 qui tait tomb1 avec toute la galanterie d'un amoureux4 ,lorsqu'ils prennent l'air ensemble1 ,eraste cultive toujours son esprit1 et1 avec un tour d'imagination qui lui est particulier1 lui donne des aperus de choses dont elle n'avait aucune notion auparavant4 ,ltitia est ravie de voir un monde nouveau ouvert ainsi devant elle1 et s'attache d'autant plus l'homme qui lui donne un enseignement si agrable4 ,eraste a encore pouss plus loin2 non seulement il la fait chaque jour plus aimante pour lui1 mais il la fait infiniment plus satisfaite d'elle-mme4 ,eraste trouve1 dans tout ce qu'elle dit ou observe1 une justesse ou une beaut dont ,ltitia elle-mme ne se doutait pas1 et1 avec son aide1 elle a dcouvert chez elle cent bonnes qualits et perfections auxquelles elle n'avait jamais auparavant song4 ,eraste1 avec la complaisance la plus fertile du monde1 l'aide d'insinuations lointaines1 trouve le moyen de lui faire dire ou proposer presque tout ce qu'il dsire1 et il accueille la chose comme une dcouverte venant d'elle1 et il lui en donne tout le crdit4 ,eraste a beaucoup de got pour la peinture4 ,l'autre jour il emmena ,ltitia voir une collection de tableaux4--,je vais quelquefois faire visite cet heureux couple4 ,comme nous nous promenions1 la semaine dernire1 dans la longue galerie1 avant le dner3 ,j'ai mis de l'argent dans des peintures dernirement1 dit ,eraste4 ,j'ai achet cette ,vnus et cet ,adonis purement sur l'avis de ,ltitia4 ,cela me cote soixante guines1 et ce matin on m'en a offert cent4 ,je me tournai vers ,ltitia1 et vis ses joues briller de plaisir1 pendant qu'elle lanait ,eraste un regard1 le plus tendre et le plus aimant que j'aie jamais surpris4 ,le contraste ne se fait pas attendre2 en voici qui auraient besoin d'tre aveugles et sourds3 ,flavilla a pous ,tom ,tawdry4 ,elle a t sduite par son habit galonn et la riche dragonne de son pe4 ,mais elle a la mortification de voir ,tom mpris par toutes les personnes honorables de son sexe4 ,tom n'a rien faire aprs dner1 qu' dcider s'il se taillera les ongles dehors ou chez lui4 ,depuis qu'il est mari1 il n'a rien dit ,flavilla que celle-ci n'ait pu entendre dire aussi bien par sa femme de chambre4 ,nanmoins il prend grand soin de maintenir l'autorit arrogante et maussade d'un mari4 ,si ,flavilla se permet d'affirmer quoi que ce soit1 ,tom immdiatement la contredit1 avec un juron en guise de prface1 et un3 ,ma chre1 je dois vous dire que vous dbitez d'abominables sottises4 ,flavilla avait le coeur aussi bien dispos pour toutes les tendresses de l'amour que ,ltitia2 mais comme l'amour ne survit pas longtemps l'estime1 il est difficile de dcider actuellement si c'est la haine ou le mpris qui l'emporte dans l'esprit de la malheureuse ,flavilla pour celui avec lequel elle est oblige de mener jusqu'au bout la vie4 ,c'est toujours l qu'il en faut revenir1 l'amour1 l'estime1 la confiance rciproque4 ,quand on fait tout pour mriter ces sentiments de son compagnon1 ce n'est pas encore assez3 il faut tout faire pour les lui accorder4 ,et il est1 trs malheureusement1 des natures pour qui le second effort est incomparablement plus difficile que le premier4 ,vous1 femmes et mres1 s'crie ,lon ,tolsto1 vous savez le bonheur de l'amour pour l'poux1 ce bonheur qui n'a point de fin1 qui ne se brise point comme tous les autres1 mais qui est l'aurore d'un bonheur nouveau1 l'amour pour l'enfant4 ,et1 comme c'est une dualit qui est l'unit dans la famille1 ce bonheur1 que l'poux donne1 n'est pas moins vivement got par lui4 ,se sentir aim de celle qu'on aime1 il n'est point de flicit comparable dans la vie1 point de joie aussi pleine et dlicieuse dont soit capable notre coeur4 ,une prcieuse prdisposition cet amour qui parfume et dore tout1 c'est la bont4 ,l'homme bon1 crivait ,m4 ,guizot1 trouve presque toujours que sa femme a raison2 il n'est pas enchant quand il peut lui prouver qu'elle a tort2 il ne craint pas qu'on ait plus d'esprit que lui1 il a dans son coeur un trsor dont il fait jouir tous ceux qui l'entourent1 sans que le fond s'puise jamais4 ,de mme la douceur qui1 quand elle est sincre1 n'est que la plus aimable forme de la bont1 est l'arme la plus puissante des femmes1 et celles que le bonheur n'a pas favorises en peuvent surtout1 dans une union mal assortie1 faire chaque jour l'exprience4 ,quoi qu'il en cote1 il faut supporter avec bont1 avec patience du moins1 les dfauts ou les torts d'un mari1 lui cder sans rpugnance1 dfrer ses volonts4 ,jamais de tels sacrifices ne sont entirement perdus par celle qui les fait4 ,si un mari est raisonnable et bon1 il aime l'en ddommager2 s'il ne l'est pas1 la douceur est encore le moyen le plus efficace pour le ramener son devoir2 elle triomphe tt ou tard#bd4 #bd ,horace ,raisson3 ,code conjugal4 ,sir ,john ,lubbock n'a pas d'autres conseils donner l'un comme l'autre des poux4 ,combien cette charit1 qui supporte tout1 croit tout1 espre tout1 endure tout1 serait efficace1 dit-il1 pour adoucir et dissiper les chagrins de la vie et ajouter au bonheur du foyer domestique6 ,le foyer domestique assurment peut tre un hvre de repos contre les orages et les prils du monde4 ,mais pour le rendre tel1 il ne faut pas se contenter de le parer de bonnes intentions1 il faut le faire brillant et joyeux4 ,si notre vie est une vie de peine et de souffrance1 si le monde extrieur est froid et lugubre1 quel plaisir de revenir l'ensoleillement d'heureux visages et la chaleur de coeurs que nous aimons6 ,la puissance de l'amour1--je dis de l'amour familial1 calme1 repos1 constant et quotidien1 non point de ces grands coups de passion qui emportent comme un vent de tempte et laissent retomber plat1--n'est ici nullement exagre4 ,elle va bien plus loin et n'a d'autre terme que l'hrosme4 ,c'est cet hrosme que ,m4 ,georges ,duruy a voulu caractriser1 lorsqu'il dit dans l'avant-propos d'une de ses rcentes nouvelles1 ,victoire d'me3 ,l'amour chez une femme plus ge que son mari ou que son amant1 chez une femme qui aime avec ses sens1 tout autant qu'avec son coeur1 peut arriver se spiritualiser1 se sublimer1 prendre quelque chose de si maternel1 qu'il n'y a plus place en lui pour rien de ce qui est seulement suggestion de la chair4 ,c'est le dernier terme de l'amour1 le plus haut4 ,et en effet1 si les termes de dsintressement et d'abngation laissent encore1 quand on les creuse jusqu'au fond1 toucher le tuf de l'amour de soi1 on peut dire qu'une personne1 homme ou femme1 n'en aime entirement une autre que lorsqu'elle rapporte soi toutes les joies et tout le bonheur de celle qu'elle aime1 et qu'elle n'y rapporte que cela4 ,ne compter pour rien ses propres peines et ses propres douleurs1 ne sentir qu' travers un autre1 mettre toute sa vie dans la vie de l'tre aim1 voil l'amour dans sa plnitude et sa perfection4 ,bien peu1 il est vrai1 en sont possds ce point2 mais tout le monde peut le concevoir et y aspirer4 ,le seul bien qui nous intresse1 ,crois-m'en1 car je l'ai mdit1 ,c'est le trsor de la tendresse ,plus humain que la vrit1 a dit un pote philosophe#be4 #be ,sully-,prudhomme1 ,le ,bonheur4 ,ce trsor de la tendresse1 nous le portons tous en nous4 ,mais1 hlas6 comme un vin gnreux s'aigrit dans un vaisseau impur1 ce trsor se tourne trop souvent en flau et en maldiction4 ,qui sait aimer n'a jamais fait souffrir1 dclare un proverbe1 rigoureusement vrai4 ,mais que de gens aiment sans savoir aimer1 et font de leur amour un instrument deux tranchants avec lequel ils se dchirent eux-mmes en torturant ceux qu'ils aiment6 ,nous ne reviendrons pas sur ce triste sujet2 il suffit de s'y tre arrt pendant un chapitre#bf4 ,mais il tait indispensable de le rappeler ici3 la jalousie1 le soupon1 le reproche sont les sources les plus fcondes de dsunion2 l'indulgence aimable1 la confiance sans bornes1 rendent seuls durables les vrais attachements3 l'on n'est pas tent de courir aprs le bonheur1 lorsque1 sans efforts1 on est assur de le trouver chez soi#bg4 #bf ,chap4 ,,iv1 ,miel et ,fiel4 #bg ,horace ,raisson4 ,les mdecins ne sont pas moins explicites et affirmatifs sur ce point que les moralistes4 ,la confiance1 crit le ,dr ,debray1 est la pierre fondamentale sur laquelle repose l'difice du mariage4 ,si cette pierre manque1 l'difice s'croule et1 avec lui1 la tranquillit1 le bonheur4 ,un pote a dit3 ,aimer1 c'est la moiti de vivre4 ,il le prenait1 si je ne me trompe1 au sens mystique et religieux4 ,pour nous1 aimer et croire1 c'est tout un4 ,la jalousie1 qui vit de soupons et prend ses imaginations dtestables pour la ralit1 est une dformation de l'amour1 et le pire ennemi du bonheur dans la vie deux4 ,les retours1 les lans1 les repentirs1 les larmes de regret1 les embrassements passionns1 qui coupent d'ordinaire les accs de cette maladie noire1 procurent peut-tre de fortes et inattendues jouissances1 mais ces emportements de l'esprit ou des sens ne sont pas plus l'amour que l'intoxication de l'alcool n'est une alimentation4 ,d'ailleurs1 les plaies se cicatrisent mal sous ces caresses1 car1 la premire fantaisie1 les mains qui les ont faites et qui cherchaient les fermer1 s'acharneront1 avec je ne sais quelle cre et douloureuse volupt1 les rouvrir et les multiplier4 ,combien plus heureux ce mnage o le coeur des poux est attir par une confiance rciproque1 o la fusion des mes existe1 o elles se penchent naturellement l'une vers l'autre1 comme deux vases dont le premier renferme une liqueur qui est ncessaire au second4 ,le mari1 dans cette vie de confiance mutuelle1 verse dans l'me de la femme l'intelligence1 la lumire1 la vigueur et le conseil2 la femme1 de son ct1 ombrage la tte de son poux avec une couronne de fleurs gracieuses2 elle lui donne1 comme un arbre fcond1 la fracheur et les fruits de l'me aimante2 elle le ddommage des peines de la vie1 elle essuie ses larmes1 elle glisse dans ses veines une huile de joie et de bonheur#bh4 #bh ,landriot3 ,la ,femme forte4 ,et que l'on ne croie pas que cette source bnie se tarit avec l'ge4 ,ecoutez plutt encore le mme auteur1 s'adressant la femme marie depuis longtemps3 ,on dit que le vin est le lait des vieillards3 cette parole est encore plus vraie du vin de l'affection4 ,vous devez avoir dans votre coeur quelques gouttes de ce vieux vin2 vous devez en avoir en abondance pour peu que vous ayez conserv celui de la jeunesse et de l'ge mr4 ,donnez-en tous les jours une coupe remplie jusqu'au bord votre mari1 qui dj succombe et dont le front porte les traces de la fin de son automne et du commencement de l'hiver4 ,aimer et croire1 il n'est pas d'autre recette1 rptons-le1 pour extraire de la vie deux tout le bonheur humain4 ,,chapitre ,,ix ,,le ,,nerf ,,de ,,la ,,guerre ,le nerf de la guerre est aussi le grand ressort du mnage4 ,aprs nous tre occup des conditions morales de la vie deux1 il est temps d'aborder l'tude des conditions matrielles dans lesquelles cette vie peut le plus aisment se maintenir et se dvelopper4 ,nous n'crivons pas pour une classe de la socit plutt que pour une autre4 ,afin d'viter les redites1 les doubles emplois et les divisions qui grossiraient ce livre outre toute mesure1 c'est la moyenne que nous nous adressons d'ordinaire2 mais les plus riches comme les plus pauvres peuvent faire leur profit de nos calculs et de nos conseils4 ,c'est eux de les adapter leur position sociale3 il n'y a l qu'une affaire de proportion4 ,il faut de l'argent pour vivre1 peu ou prou4 ,strictement1 il en faut plus pour vivre deux que seul1 bien que1 dans la pratique1 l'homme clibataire dpense presque toujours autant1 si ce n'est plus1 que l'homme en mnage4 ,cet argent provient du patrimoine ou du travail4 ,tantt c'est le mari qui le possde ou le gagne2 tantt la femme l'apporte en dot2 tantt1 et c'est le cas le plus frquent1 la dot de la femme vient s'ajouter au capital ou au revenu du mari4 ,il est donc naturel1 prudent1 ncessaire mme de supputer1 avant le mariage1 les ressources qu'on peut arriver mettre en commun et de s'assurer si ces revenus sont suffisants pour faire face aux ncessits de la vie deux4 ,nous renvoyons1 pour le fond de cette question1 ce que nous en avons dit dans ,doit-on se marier8 ,constatons seulement que si l'or est une chimere dont il faut savoir se servir1 comme le chantait si bien ,scribe1 l'art de s'en servir sans danger n'est pas commun1 et qu'en tout cas cette chimre1 en dpit des facilits qu'elle apporte l'existence1 ne fait pourtant point le bonheur4 ,dans l'pope finnoise1 le ,kalevala1 ,ilmarinnen1 le forgeron divin1 forge une fiance d'or et d'argent pour ,weinamoinen4 ,celui-ci1 content d'abord d'avoir une femme si riche1 la trouve bientt intolrablement froide1 car1 malgr feux et fourrures1 chaque fois qu'il la touche1 elle le glace4 ,pour tre vieille1 l'allgorie ne manque pas encore d'actualit4 ,sous ,louis ,,xiv1 une bourgeoise de ,paris1 ayant de vingt trente mille livres de dot1 pousait un avocat4 ,avec trente-cinq quarante mille livres1 elle devenait la femme d'un trsorier de ,france4 ,si sa dot s'levait de quarante-cinq soixante-quinze mille livres1 on la mariait un conseiller au ,parlement4 ,apportait-elle de deux cent six cent mille livres1 elle pouvait prtendre un gentilhomme titr#bi4 #bi ,vicomte de ,broc1 ,la ,france pendant l'ancien rgime4 ,les chiffres ne sont plus les mmes1 non plus que les dsignations des positions sociales2 mais1 en fait de prtentions dans les alliances1 les choses n'ont gure chang1 que je sache4 ,du reste1 il ne m'est pas prouv1--au contraire--que ces trocs d'une dot contre une position ou un titre aient jamais assur des unions heureuses1 pas plus sous l'ancien rgime que sous le nouveau4 ,c'est pourquoi je partage l'avis de l',anglais ,henry ,taylor1 qui crivait dans un petit livre fort sens1 intitul3 ,notes from ,life3 ,eu gard la quantit de choses dont le concours est requis pour faire un bon mari et un heureux mnage1 le pre risque d'imposer de cruelles limites au choix de sa fille1 lorsqu'il ajoute la richesse aux qualits ncessaires au prtendant4 ,mme les mariages pauvres faits par l'imprvoyance ont moins de chances de finir mal que les mariages riches faits par la contrainte4 ,seulement cette exigence vient aussi souvent1 sinon plus1 du ct du garon que du ct de la fille1 et elle est alors encore plus blmer4 ,tout homme qui1 par son travail ou sa fortune propre1 est mme de vivre convenablement dans le milieu social o il volue1 et qui recule devant le mariage parce qu'il a peur d'imposer des privations sa femme et ses enfants1 est un goste qui ne craint1 vrai dire1 que pour la satisfaction de ses gots#cj4 #cj ,voy4 ,doit-on se marier8 ch4 ,,iv1 ,v et ,,xi4 ,l'union contracte1 que les ressources soient petites ou grandes1--c'est un point dlicat et sur lequel les avis seront longtemps partags1 que celui de savoir si1 dans un mnage bien rgl1 la bourse doit tre commune et la clef du secrtaire en double partie4 ,le ,code conjugal1 qui pose la question1 la rsout ainsi3 ,certes1 il n'appartient pas la femme de s'ingrer dans la question des revenus communs1 et il y aurait folie elle d'avoir une telle prtention2 mais il est naturel qu'elle participe tous les avantages que procure la fortune4 ,dans la plupart des mnages parisiens1 le mari alloue sa femme une somme fixe pour sa toilette et sa dpense particulire4 ,rien ne nous semble moins convenable4 ,une femme1 oblige d'attendre la fin du mois pour toucher ses appointements1 ses gages1 ne se trouve pas oblige plus d'conomie1 et se voit parfois contrainte d'ajourner le mmoire d'une couturire1 d'une modiste1 d'un bijoutier4 ,c'est en confiant sans rserve sa femme la garde entire de la fortune commune1 qu'on l'intresse n'en user qu'avec sagesse et conomie4 ,quant ces maris1 comme on en voit trop1 refusant leurs femmes les moyens de paratre ainsi qu'il convient leur tat dans le monde2 grondant1 criant misre tout propos1 nous n'en parlerons pas4 ,c'est une mauvaise conomie que celle qui met une femme aux prises entre la coquetterie et la sagesse4 ,le bonhomme ,platon crivait1 il y a quelque mille ans3 ,il semble que l'or et la vertu soient placs des deux cts d'une balance1 et qu'on ne puisse ajouter au poids du premier sans que l'autre devienne au mme instant plus lger4 ,voil qui est bien1 et nous n'allons pas contre la justesse de ces observations4 ,nous ne saurions cependant admettre comme absolu le verdict qu',horace ,raisson porte contre le systme qui consiste ouvrir la femme1 sur le budget commun1 un crdit mensuel proportionn au revenu des poux et aux besoins de la maison4 ,elle sait au juste sur quoi elle peut compter1 et c'est elle ne pas se mettre dans le cas que redoute l'auteur du ,code conjugal1 cas fcheux assurment1 mais qui l'est moins encore que la tentation de puiser les yeux ferms dans la bourse commune1 et peut-tre finalement de l'puiser4 ,cela n'implique1 d'ailleurs1 ni dfiance1 ni mauvaise volont1 ni gestion arbitraire de la part du mari4 ,c'est une simple rgle pose d'un mutuel accord1 et qui n'empche en aucune faon les deux poux d'avoir la plus parfaite unit de vues1 de bourse et d'intrts4 ,on s'engage1 aprs mre considration1 ne dpenser1 pour l'entretien courant de la maison et les articles de toilette1 qu'une somme dtermine4 ,c'est prudence et raison que d'agir ainsi4 ,femme marie doit tre simple1 ,et porter la guimpe1 dit un proverbe du quinzime sicle4 ,la guimpe change de forme et de nom avec les temps et les modes4 ,mais ce qui ne change pas1 c'est le prcepte de simplicit donn dans ces vers nafs4 ,nous ne voulons pas dire que la femme marie ne doive pas se mettre suivant sa fortune1 son rang1 les convenances et les habitudes du monde dans lequel elle vit2 mais elle doit toujours conserver cette simplicit relative qui distingue la femme d'intrieur1 la mre de famille de celles pour qui la vie n'a d'autres obligations que leurs caprices et leurs plaisirs4 ,l'conomie domestique n'est pas une vertu brillante1 disait ,mercier1 mais elle compose une vertu solide1 et une des plus belles que je connaisse4 ,elle est le fondement des maisons1 ainsi que des grands tablissements3 ce sont les racines obscures qui nourrissent les pompeux feuillages de ces arbres qui portent leur front dans la nue4 ,la misre est une source continuelle de soucis rongeurs1 d'inquitudes1 de peines d'esprit1 d'insomnies cruelles3 elle est conseillre de plusieurs actions basses et iniques4 ,l'conomie1 qui chasse tous ces tourments1 qui nous met couvert de ces pines1 est tout la fois et le soutien consolant de notre vie1 et la sauvegarde de notre vertu2 c'est un doux oreiller o nous sommeillons sans crainte de l'avenir1 toujours obscur4 ,l'conomie enfin est la vertu la plus utile la gnration qui doit succder3 elle embrasse donc deux ges la fois3 privilge qui n'appartient gure qu' elle4 ,sans s'lever des considrations si leves1 ni surtout une langue si fleurie1 un autre moraliste de la mme poque#ca s'exprime ainsi3 #ca ,ferrand4 ,l'avarice et la prodigalit sont deux extrmes1 entre lesquels se trouve une sage conomie4 ,vous sentez que cette conomie est toujours relative au rang que l'on occupe4 ,il faut toujours tenir un tat conforme son rang2 mais quand vous outrez ce qu'il demande1 vous vous ruinez1 sans que personne vous en sache gr4 ,il en est de mme de celui qui ne met aucun ordre dans sa maison2 il peut tre perptuellement tromp par ses domestiques2 et ce qu'on lui vole est perdu pour lui1 sans qu'il s'en fasse honneur4 ,ainsi1 plus la place que l'on occupe exige que l'on ait de domestiques1 plus il faut les assujettir une rgle exacte1 et les maintenir avec fermet4 ,tous ces conseils s'adressent autant l'homme qu' la femme4 ,il en est de mme de ce passage1 que nous empruntons ,henry ,taylor3 ,l'art de vivre l'aise consiste rgler son genre de vie d'un cran au dessous de ses moyens4 ,le confort et la jouissance dpendent plus de la facilit dans les dtails de la dpense que d'un degr de plus ou de moins dans le genre de vie que l'on mne2 et1 chose qui a encore une bien autre importance1 l'esprit est moins obsd de questions d'argent4 ,gardez-vous d'associer faussement dans votre esprit le plaisir avec la dpense1--de vous dire que1 puisque le plaisir peut s'acheter avec de l'argent1 l'argent ne saurait se dpenser sans procurer de plaisir4 ,le proverbe qu'on rpte encore dans certaines de nos provinces3 ,assez n'y a si trop n'y a1 ne signifie pas qu'il faut en avoir trop pour en avoir assez1 mais bien qu'on n'en aura assez qu'autant qu'on mettra1 quelle que soit d'ailleurs la chose consommer1 un surplus en rserve1 ne serait-ce que pour se convaincre soi-mme que1 si l'on peut encore dsirer au del1 ce qu'on a suffit rellement4 ,en un mot1 il faut se contenter non pas de ce qu'on a1 mais d'un peu moins qu'on a4 ,notre proverbe est donc d'un degr plus sage que celui de ,g4 ,meurier3 ,il faut prendre le pot au feu ,selon son estat et revenu1 ,et qui gures n'a despendre peu4 ,charron a trait le sujet dans une page remarquable1 que je demande la permission de rapporter4 ,les prceptes et advis de mesnagerie principaux sont ceux-cy3 #a4 ,acheter et despendre toutes choses en temps et saison1 elles sont meilleures et meilleur prix4 #b4 ,garder que les choses qui sont en la maison ne se gastent et perissent1 ou se perdent et s'emportent1 cecy est principalement la femme3 laquelle ,aristote donne par preciput ceste authorit et ce soin4 #c4 ,pourvoir premierement et principalement ces trois1 ,necessit1 ,nettet1 ,ordre3 et puis s'il y a moyen1 l'on advisera ces trois autres 7mais les ,sages ne s'en donneront pas grand peine3 non ampliter sed munditer convivium3 plus salis quam sumptus7 ,abondance1 pompe et parade1 exquise et riche faon4 ,le contraire se pratique souvent aux bonnes maisons1 o il y aura licts garnis de soye1 pourfilez d'or1 et n'y aura qu'une couverture simple en hyver1 sans aucune commodit de ce qui est le plus necessaire4 ,ainsi de tout le reste4 ,regler sa despense3 ce qui se fait en ostant la superflu1 sans faillir la necessite1 devoir et bienseance3 un ducat en la bourse fait plus d'honneur que dix mal despendus1 disait quelqu'un4 ,puis1 mais c'est l'industrie et la suflisanse1 faire mesme despense moindre frais1 et sur tout ne despendre jamais sur le gain advenir et esper4 ,avoir le soin et l'oeil sur tout3 la vigilance et prsence du maistre1 dit le proverbe1 engraisse le cheval et la terre4 ,mais pour le moins le maistre et la maistresse doivent celer leur ignorance et insuffisance aux affaires de la maison1 et encores plus leur nonchalance1 faisant mine de s'y entendre et d'y penser3 car si les officiers et valets voyent que l'on ne s'en soucie1 ils en feront de belles4 ,on le voit1 la sagesse ne vieillit point4 ,elle tait la mme au temps des ,o,economiques qu'au seizime sicle2 elle est la mme encore aujourd'hui4 ,l'administration gnrale de la fortune1 le placement des fonds1 les dpenses extrieures que l'homme est amen faire par ses affaires ou ses distractions1 ne nous occuperont pas ici4 ,ce que nous avons en dire1 et nous ne voulons en dire que peu1 trouvera place au chapitre suivant4 ,mais1 dans l'organisation intime de la vie deux1 dans le fonctionnement de cet organisme dlicat dont le coeur est au foyer1 la femme joue un si grand rle1 la faon dont elle emploie l'argent qu'elle a entre les mains a des consquences telles1 non seulement sur le bien-tre1 mais aussi sur le bonheur des deux poux1 qu'il nous faut forcment entrer dans quelques dtails4 ,nous les emprunterons un livre oubli1 oeuvre de deux dames qui y ont enseign en bons termes et avec toute la lucidit du bon sens1 le rsultat de leur exprience4 ,en voici le titre tout au long3 ,manuel complet de la ,matresse de maison et de la parfaite ,mnagre1 ou ,guide pratique pour la gestion d'une maison la ville et la campagne1 contenant les moyens d'y maintenir le bon ordre et d'y tablir l'abondance4 ,par madame ,gacon-,dufour4 ,seconde dition1 mise dans un nouvel ordre et trs augmente par madame ,celnart4 ,paris1 ,roret1 #ahbh2 #a vol4 in-#af4 ,tout1 peu prs1 est prvu dans les rflexions gnrales dont ces dames font prcder les instructions qu'elles donnent pour les divers soins du mnage1 et nous croyons ne pouvoir mieux faire1 malgr la longueur de la citation1 que de les offrir mditer4 ,ce n'est pas assez de faire le bien1 dit un livre de pit fort connu1 il faut le bien faire4 ,cette maxime toujours utile est indispensable en mnage1 o tout doit tre excut avec une mthode1 un ordre constant4 ,la premire chose faire est donc un sage calcul de ses moyens pcuniaires1 une sage distribution de leurs produits1 un invariable emploi de ses instans2 la seconde est l'observation des rgles que l'on s'est prescrites4 ,de concert avec son poux1 la matresse de maison commencera par calculer ses revenus et ses dpenses3 elle verra ce qu'il faut pour le loyer1 le mobilier et son entretien1 le chauffage1 l'clairage1 les domestiques2 elle allouera les frais des vtemens1 de la nourriture ordinaire1 et les dpenses extraordinaires qu'elle pourra avoir faire dans ce genre3 ceux du blanchissage l'occuperont ensuite4 ,il est bon de subdiviser pour viter l'erreur1 et de dire1 tant pour le mari1 tant pour la femme1 pour chaque enfant1 etc4 ,elle songera ensuite aux menues dpenses qui s'attacheront spcialement son tat dans le monde et celui de son poux1 comme voyages1 ports de lettres1 rceptions1 cadeaux1 abonnements aux journaux1 achats de livres1 frais d'ducation1 etc42 il faut toujours prvoir et mme laisser un lger compte ouvert pour les dpenses imprvues1 comme le remplacement d'objets perdus1 casss1 la rparation de divers accidens1 les soins qu'exigent de lgres indispositions et autres choses semblables4 ,par l1 on s'pargne la fois et ces lamentations1 ces regrets prolongs lorsqu'arrivent quelques-unes de ces contrarits1 et cette conomie mal entendue qui1 pour pargner le remplacement d'une vitre brise1 laisse pntrer dans les appartemens une humidit nuisible1 malsaine1 qui gte les meubles1 occasionne des rhumes fatigans1 dangereux peut-tre444 ,m4 ,say1 dans ses ,principes d'conomie politique1 cite une famille de villageois ruine pour avoir omis de mettre un loquet une porte1 qu'on se contentait de fermer au moyen d'une cheville de bois4 ,un porc1 sur lequel ils comptaient pour payer leur terme1 s'chappa par la porte mal ferme2 en courant inutilement aprs1 le fermier gagna une fluxion de poitrine2 cette maladie acheva de le mettre la misre1 et ses meubles furent saisis par les huissiers4 ,on sent comment1 dans chaque mnage1 des causes semblables peuvent produire de semblables effets4 ,ce n'est pas assez d'avoir assign pour chaque dpense1 d'avoir song mme aux frais imprvus2 il faut encore1 il faut indispensablement s'arranger de manire mettre de ct une partie de son revenu de chaque anne4 ,si l'on n'avait point d'enfans1 il serait bon de prendre cette prcaution pour se prmunir contre les pertes1 les maladies3 jugez si l'on peut s'en dispenser lorsqu'on a une nombreuse famille1 qu'il faut lever1 pourvoir selon son tat8444 ,l'obligation d'conomiser devient encore plus urgente1 si la grande partie1 si la totalit de vos revenus dpend d'une place que mille circonstances peuvent subitement vous ter444 ,il est encore une rsolution que doit prendre une matresse de maison1 sans se permettre une seule fois de l'oublier1 c'est de payer comptant tout ce qu'elle achte1 pour sa toilette surtout3 les besoins du luxe sont1 dans l'tat actuel de nos moeurs1 si bien mls aux besoins de la ncessit1 ils sont si dcevans1 si varis1 il est si facile de se laisser entraner1 qu'il faut se prmunir contre l'occasion1 contre soi-mme4 ,remet-on payer plus tard1 on achte avec facilit mesure que les circonstances1 l'attrait1 la fantaisie excitent2 on ne songe plus au paiement2 les emplettes s'accumulent1 les mmoires s'enflent1 et l'instant de les acquitter est l'instant des troubles1 des querelles1 de la gne4 ,s'acquitte-t-on1 au contraire1 mesure qu'on achte1 on sent la valeur de l'argent1 on retranche sur ce que sollicite l'occasion1 on refuse la fantaisie4 ,fait-on une dpense draisonnable1 l'aisance de son intrieur1 les besoins de son mari1 de ses enfans1 qui souffrent de cette capricieuse emplette1 donnent une forte leon dont on se souvient l'avenir4 ,du reste1 quelque frivole que l'on soit1 on voit avec regret cet change d'une forte somme contre les brillantes bagatelles de la mode2 et je suis persuade que nos plus prodigues lgantes dissiperaient une fois moins d'argent si l'habitude de payer tout de suite leur permettait de rflchir4 ,ces points convenus1 la matresse de maison aura un livre ouvert qui portera les sommes alloues pour chacune des dpenses mentionnes plus haut3 elle crira rgulirement les dtails journaliers de chacune de ces dpenses2 l'addition en sera faite chaque mois1 et la rcapitulation gnrale la fin de l'anne1 afin de juger si l'ordre adopt dans la maison excde l'allocation des fonds2 si1 au contraire1 l'allocation excde1 ou si l'un et l'autre marchent galement4 ,on sent que1 dans le premier cas1 une rforme est urgente2 que1 dans le second1 il faut attendre1 avant d'augmenter sa dpense1 que l'exprience de l'anne suivante1 de plusieurs annes mme1 ait renouvel cet excdent1 car on ne saurait trop se prcautionner contre les chances fcheuses du sort et l'entranement de la vanit444 ,l'habitude d'un surcrot de dpense se prend bien vite1 se quitte difficilement1 et de courts succs engendrent de longs revers4 ,un des chapitres les plus importants dans les fonctions de la matresse de maison est celui de la table ou de la nourriture4 ,viande et boisson perdition de maison1 dclare1 non sans quelque vrit1 un dicton populaire4 ,il faut pourtant boire et manger4 ,la manire dont on le fait a mme une grande influence sur l'agrment des rapports entre les deux poux1 outre qu'elle intresse au plus haut degr les finances du mnage4 ,voyons donc ce que disent mesdames ,gacon-,dufour et ,celnart sur un sujet o la femme est matresse absolue1 agissant sans autre contrle que la satisfaction ou le mcontentement gastronomique de son mari4 ,la matresse de maison doit considrer la nourriture sous le triple rapport de la sant1 du plaisir et de l'conomie444 ,son premier soin sera de fixer des heures invariables pour les repas1 d'aprs l'tat de son mari et les habitudes reues444 ,les heures une fois adoptes d'aprs les convenances de votre intrieur1 que rien ne puisse les dranger1 car si la domestique pense qu'on attendra1 elle retardera ensuite2 ou si elle est exacte et que vous ne le soyez pas1 les ragots seront brls1 les sauces tournes2 on emploiera beaucoup plus de combustible1 et il cotera davantage pour manger un mauvais dner4 ,que la rgle de vos repas ait donc1 en quelque sorte1 force de loi2 n'attendez jamais ni personne de la maison1 ni convives invits2 qu'on en soit bien persuad1 et que si l'on a besoin de faire avancer ou retarder l'heure des repas1 on vous en prvienne l'avance1 afin que les prparatifs soient faits en consquence et que les mets n'en souffrent pas4 ,outre l'ordre du temps du repas1 la bonne mnagre veillera l'ordre de leur composition444 ,elle profitera de la saison pour que sa table soit varie d'une manire agrable4 ,ce soin la dispensera de la recherche dans les assaisonnemens1 tmoignera de son attention pour le bien-tre de son poux1 et lui deviendra en trs peu de temps chose si facile1 qu'elle ne s'en apercevra mme pas4 ,les dtails de la nourriture sont extrmement multiplis1 et cependant il faut tous les connatre444 ,pour y parvenir1 il faut payer chaque mois le boulanger1 le boucher1 l'picier1 le charcutier1 s'il y a lieu2 porter leurs comptes sur le grand livre de dpenses1 et avoir un autre petit livre sur lequel on inscrira chaque jour tout ce qui s'achtera pour la table2 on en fera le relev chaque semaine1 et au bout du mois1 additionnant les calculs des quatre semaines1 on portera le total sur le grand livre444 ,on verra de cette faon si la dpense est gale d'un mois l'autre3 on se rendra compte des motifs1 des circonstances qui ont pu la diminuer ou l'accrotre1 et on ne dira jamais1 comme trop de femmes3 ,je ne sais pas comment cela se fait4 ,quelque fortune qu'ait la matresse de maison1 quelque confiance qu'elle ait en ses domestiques1 elle ne se contentera pas de commander les repas d'aprs ce qui a t dit prcdemment2 elle veillera ce que les provisions journalires soient faites de bonne heure1 afin de mieux choisir et de payer moins cher2 elle examinera si le poids est juste1 si les objets sont de bonne qualit2 elle les fera disposer de la manire la plus avantageuse pour la garde1 dans l'office de cuisine ou dans le garde-manger444 ,elle prendra soin qu'aucun gaspillage ne se produise1 que rien ne se perde et qu'on tire parti de tout4 ,lgres conomies1 dira-t-on4 ,j'en conviens2 mais nulle conomie rpte n'est ddaigner4 ,les grandes conomies du mnage1 dit ,m4 ,ch4 ,dupin1 portent toujours sur les objets bon march444 ,l'art de conserver les substances alimentaires procurera la bonne mnagre d'agrables et profitables conomies4 ,par l1 elle se dispensera des frais de dtail1 toujours coteux2 elle pargnera la peine et le temps de ses domestiques1 et1 tout en exigeant moins1 elle en retirera plus2 car une domestique que l'on ne charge pas d'une multitude de commissions1 de courses1 de petits achats mal entendus1 ayant beaucoup de temps de reste1 peut en donner une partie au raccommodage du linge de cuisine1 la filature1 etc444 ,survient-il dner quelques personnes que l'on n'attendait pas8 on n'est point forc de courir chez le traiteur2 les provisions sont sous la main3 que de fatigue1 d'impatience1 de frais et d'ennuis sont pargns6444 ,l'impartialit nous force dire ici que nous avons entendu des personnes fort comptentes vanter le systme contraire1 et assurer que1 malgr la surveillance la plus active1 les approvisionnements amnent forcment le gaspillage4 ,provisions1 profusion1 voil leur mot d'ordre4 ,nous ne nous sentons point en tat de prendre parti1 mais nous croyons1 sans malice1 que1 l'un et l'autre systme1 suivant les circonstances et celles qui les appliquent1 sont fort bons4 ,c'est le cas de rpter une fois de plus le proverbe anglais3 ,rien ne russit comme le succs4 ,de toutes les conomies mal entendues dont la matresse de maison doit se dfendre1 une des plus pernicieuses est celle qui aboutit au manque d'clairage4 ,faute d'y voir on perd du temps1 on casse les objets1 on se heurte souvent d'une manire dangereuse4 ,si dans la nuit on se trouve subitement rveill par quelque accident1 les secours sont lens1 et souvent mme inefficaces1 par cette raison4 ,la mnagre doit donc tablir un clairage constant1 suffisant1 appropri aux divers endroits de la maison1 aux diffrentes heures et occupations4 ,elle doit en ce genre avoir des provisions1 les distribuer avec ordre1 et surtout veiller ce que tous les ustensiles soient tenus dans la plus grande propret4 ,le chauffage1 les approvisionnements et l'amnagement des combustibles1 donnent lieu des observations analogues4 ,pour ce qui est du linge1 il faut que la matresse de maison n'en ait ni trop1 ni trop peu4 ,trop1 il jaunit sans servir1 encombre les armoires1 et c'est de l'argent inerte qui pourrait avoir un produit avantageux4 ,pas assez est peut-tre pis encore3 on n'a pas le temps de l'arranger1 de le raccommoder convenablement2 la ncessit des autres dpenses fait ajourner celle-ci2 le linge s'altre de plus en plus1 s'use bientt tout fait3 il faut des frais extraordinaires pour le renouveler4 ,si on ne le peut1 l'esprit de dsordre s'introduit dans la maison444 ,une chose indispensable1 c'est de placer le linge votre usage1 ainsi que vos vtemens1 le linge et les habits de votre mari1 de vos enfans1 porte de la chambre de chacun4 ,cette seule prcaution pargne beaucoup de perte de temps1 de confusion et d'ennui444 ,tout le linge en gnral1 et principalement les serviettes1 doit tre longtemps repris avec soin2 mais il arrive un certain point o il n'est plus susceptible d'tre raccommod2 alors le temps norme qu'on emploie sa rparation est un temps perdu4 ,quand le linge est ce que l'on appelle lim1 choisissez ce qu'il peut y avoir de bon dans les coins pour l'usage de vos enfants1 ou pour mettre des pices celui qu'on peut raccommoder encore1 et que le reste soit en rserve pour les cas de maladie444 ,chacun voit combien il est ennuyeusement onreux d'employer beaucoup de temps1 de payer de nombreuses journes d'ouvrires pour raccommoder du linge qui revient du blanchissage tout aussi mauvais qu'avant d'y aller4 ,voil1 s'il en fut jamais1 une conomie mal entendue444 ,un tat dtaill du linge1 qui en marque le nombre1 les diverses qualits1 la date1 le degr de bont et d'usage1 doit se trouver dans chaque armoire1 et se vrifier tous les trois mois4 ,grce cette habitude1 vous saurez point nomm la quantit de linge qui s'approche plus ou moins de la rforme444 ,il en est des habits comme de tout le reste2 dit madame ,pariset dans ses ,lettres sur l',economie domestique1 c'est l'arrangement et la propret qui conservent tout1 l'on a remarqu que les femmes les moins riches et qui dpensent le moins pour leur toilette sont souvent les mieux mises4 ,la ncessit de conserver ce qu'elles ne peuvent renouveler que rarement1 l'habitude de l'ordre qu'inspire et facilite en gnral une fortune mdiocre1 voil les raisons de cet avantage1 qui surprend au premier abord4 ,ajoutons-y le bon got1 que les richesses ne donnent pas4 ,attendez pour adopter quelque mode1 qu'elle se soit tablie1 et lorsqu'elle est d'une nature ridicule1 attendez que l'usage gnral en ait presque fait une loi1 car il arrive que ces modes grotesques ne durent qu'un mois1 et qu'ensuite il est impossible de se servir de choses qui ont cot fort cher4 ,au reste1 gardez-vous de la manie de faire et de refaire sans cesse vos bonnets1 vos fichus3 comme la mode et la fantaisie varient continuellement1 le temps s'use1 l'toffe disparat dans ces mutations puriles1 qui entranent beaucoup de peines1 de dpenses1 font ngliger le soin du mnage1 et1 en dplaisant avec raison au mari1 amnent souvent l'humeur et la discorde4 ,de plus1 les petites filles prennent ce got et1 femmes1 restent toujours de grandes enfants jouant la poupe444 ,quant aux emplettes des vtemens1 le temps en est peu prs fix chaque saison1 afin d'avoir des choses plus nouvelles4 ,il importe de se garder des bons marchs1 des choses passes de mode1 puisque la mise d'une femme ne vaut que par la grce et la fracheur4 ,mais il faut avant tout consulter les circonstances qui peuvent se rencontrer1 comme les frais d'une maladie1 un retard de paiement1 une perte quelconque4 ,c'est alors sur l'habillement1 et surtout sur sa toilette personnelle que la matresse de maison doit faire porter la rduction ncessaire2 son premier devoir comme son premier plaisir tant le bien-tre continuel de son intrieur4 ,alors son mari ne s'apercevra point du sacrifice1 ou s'il s'en aperoit1 ce sera pour chrir encore plus sa compagne444 ,tout le chapitre ,,xix serait citer4 ,je n'ai1 dit l'auteur1 cess jusqu'ici de prcher l'ordre1 et la rgularit en est l'me4 ,fixez le temps du sommeil pour chaque personne de votre maison2 les femmes doivent dormir un peu plus que les hommes1 et les enfants plus que les femmes4 ,que chez vous1 en t1 on se couche dix heures et qu'on se lve six1 et pendant l'hiver onze heures et sept4 ,les domestiques doivent se coucher un peu aprs et se lever avant4 ,pour viter toute discussion et tout prtexte cet gard1 mettez un rveille-matin dans leurs chambres444 ,ds que vous serez leve1 vous ferez prparer le cabinet1 l'atelier1 le laboratoire de votre mari1 en un mot la pice o il doit s'occuper2 si un emploi quelconque l'appelle bonne heure dehors1 vous veillerez ce qu'il prenne quelque chose de chaud4 ,donnez ensuite un coup d'oeil toute la maison2 voyez si la cuisine est propre2 examinez les restes et le parti qu'on en peut tirer1 ordonnez les repas du jour3 veillez faire nettoyer et prparer les chambres2 tandis qu'on fera la vtre1 occupez-vous mettre en ordre les comptes de la veille444 ,si vous avez de jeunes enfans1 l'heure dtermine pour leur lever1 passez avec la bonne dans leur chambre1 veillez ce qu'on les habille1 qu'on les peigne proprement1 ou bien occupez-vous de ces soins1 si doux pour une mre444 ,sachez toujours ce qu'ils font1 mme lorsqu'ils s'amusent4 444 ,ne laissez jamais la moindre dpense arrire1 mme celle des ports de lettres chez le portier2 fixez le temps que vous emploierez l'ducation de vos enfans1 et cela d'aprs leur ge1 leur sexe1 votre tat4 ,si vous tes seule1 tout en vous occupant d'ouvrages l'aiguille1 ncessaires au bien-tre de la maison1 cultivez votre mmoire1 exercez votre imagination sur quelque sujet littraire1 votre jugement sur quelque trait d'histoire2 tchez de pouvoir vous dire chaque jour3 ,je n'ai pas perdu un moment pour les autres et pour moi-mme4 444 ,passez vous distraire le temps qui suit immdiatement le repas1 et fixez l'emploi habituel de vos soires selon qu'il conviendra votre mari4 ,tchez d'y mettre un peu de varit2 qu'il y ait chaque semaine une soire pour aller au dehors1 une pour se runir entre amis1 ou recevoir1 si c'est votre usage2 une autre pour la lecture1 une autre pour les correspondances de politesse et d'amiti1 etc42 toutes choses que vos gots et votre position doivent ncessairement varier4 ,fixez galement les poques o vous paierez vos domestiques1 soit chaque anne1 soit tous les six ou trois mois 7ou tous les mois71 comme il leur conviendra444 ,ne manquez jamais leur donner leur argent au jour convenu1 car1 faute de cela1 ils seront ngligens et d'une arrogance outrageante444 ,parlez-leur avec bont1 mais ne les entretenez point pour vous-mme2 gardez-vous de ces moments d'panchemens1 o1 malgr soi1 on parle de ce qui intresse3 c'est le commencement de l'empire d'un domestique1 ou tout au moins d'une familiarit qui finira par devenir insupportable1 et laquelle plus tard vous ne pourrez plus vous opposer444 ,fixez le temps qu'ils peuvent donner au maintien de leurs propres affaires2 qu'ils aient le dimanche quelques heures de promenade ou de rcration4 ,a l'occasion du premier de l'an et de votre fte1 ainsi que de celle de votre mari1 qu'ils aient une gratification1 donnez-leur aussi quelques-uns des restes de vos vtemens1 mais qu'ils ne s'en fassent jamais un droit4 ,faire frquemment et sans motif des cadeaux ses domestiques1 est leur inspirer cent fois plus d'exigence que de gratitude4 ,ne souffrez point qu'ils s'arrogent le droit de punir vos enfans2 qu'ils soient pleinement convaincus qu'ils seront congdis ds qu'ils les frapperont4 ,quelque habilet qu'ait une domestique1 si vous suspectez sa fidlit1 il faut la congdier sans balancer1 parce que c'est un vrai supplice de vivre avec quelqu'un dont on se dfie4 ,vainement vous teriez vos clefs1 vous prendriez toutes les prcautions imaginables1 elle trouverait chaque instant le moyen de mettre votre vigilance en dfaut2 et1 du reste1 ces soins continuels sont bien la chose la plus ennuyeuse et la plus pnible4 ,le manque de moeurs ne doit trouver non plus aucune indulgence auprs de vous4 ,pour la malpropret1 l'humeur1 la ngligence1 vous pourrez faire plusieurs reprsentations et fixer le temps que vous accordez pour que l'on se corrige de ces dfauts2 mais au bout du temps prescrit1 s'il n'y a point d'amendement1 avertissez que vous ne pouvez plus les souffrir4 ,quant l'impertinence1 quelle que soit la douceur que l'on trouve pardonner1 vous tes force de ne la point tolrer1 car on vous ferait ensuite la loi4 ,les domestiques sont comme les enfans1 ce n'est qu'en montrant de la fermet que l'on acquiert le droit d'avoir de la douceur4 ,pour tous les autres travers1 l'oubli1 l'tourderie1 montrez-vous patiente1 indulgente2 au surplus1 qu'en toute occasion on voie qu'il vous en cote de gronder2 acquittez-vous-en le plus brivement possible4 ,si vous avez de l'humeur1 gardez-vous de la passer sur vos domestiques1 vous paieriez cet instant de pitoyable satisfaction par leur manque d'gards1 d'attachement1 d'obissance mme1 car il est avr que plus on crie1 plus on exige1 et moins on est obi444 ,ne souffrez pas que vos domestiques demeurent dans une inaction absolue1 mme en dehors de leur service2 engagez-les lire de bons livres1 raccommoder leurs effets1 soigner leurs affaires2 opposez-vous aussi aux commrages et surtout gardez-vous d'imiter la plupart des matres qui1 pour se dbarrasser du bruit des enfans1 les envoient le soir la cuisine1 c'est--dire l'cole des caquets1 de la sottise1 et c'est encore le moindre mal4 444 ,si vous connaissez le prix du temps1 que vous chrissiez la propret2 que1 juste et bonne1 vous ne vous emportiez jamais sans cause et ne le fassiez en quelque sorte que malgr vous2 si vous prenez garde tout1 et tirez parti de toutes choses1 que vous gouverniez sagement votre maison1 soyez sre que vos domestiques seront laborieux1 propres1 dociles1 conomes1 reconnaissans2 ils vieilliront chez vous1 feront partie de la famille et contribueront plus qu'on ne pense au bien-tre de votre intrieur4 ,il n'est pas besoin que j'appuie sur le dsagrment de changer souvent de domestiques1 car il faut ajourner forcment l'ordre1 l'aisance du service1 qui tiennent l'habitude1 ainsi que la confiance et l'affection4 ,que vos domestiques n'ignorent pas votre rpugnance sur ce point3 ils estimeront votre caractre2 mais qu'ils sachent aussi que cette rpugnance ne vous fera jamais tolrer un vice3 ils redouteront votre fermet4 ,arrive au bout de sa tche1--nous n'avons1 bien entendu1 rapport ici que les prceptes les plus gnraux1 l'usage de tout le monde et praticables dans tous les cas1--l'auteur dit1 sans fausse modestie1 et avec l'honnte et simple accent de la vrit3 ,je crois avoir donn tous les conseils vritablement utiles pour la conduite d'une maison3 ce sera aux mnagres suppler ce que je n'ai pu dire444 mais je suis persuade qu'une femme qui suivrait ces avis1 qui se rpterait comme des maximes constantes3 ordre et propret1 ne rien laisser perdre1 rendre tout utile ou agrable1 qui se regarderait comme l'artisan oblig du bien-tre de tous les siens1 ferait la fortune1 et1 ce qui est mieux encore1 le bonheur de sa maison4 ,on ne saurait trop y insister3 la femme doit faire rgner l'ordre1 l'conomie et la plus exquise propret dans l'intrieur de sa maison2 il existe une foule de petits dtails domestiques qui ne sont pas faits pour un mari2 et c'est pourtant la ngligence de ces riens importans qui ruine une fortune1 parce que les dpenses1 sans importance au premier coup d'oeil1 sont journalires et reviennent chaque instant#cb4 #cb ,horace ,raisson4 ,que le mari mette donc entre les mains d'une telle femme l'argent qu'il gagne ou qu'il reoit1 le nerf de la guerre1 et elle saura1 qu'il y en ait peu ou beaucoup1 le manier avec assez d'intelligence et d'nergie pour sortir victorieuse de toutes les difficults matrielles qui peuvent s'opposer la flicit conjugale1 au radieux et complet panouissement de la vie deux4 ,pour terminer par une note plus gaie ce chapitre un peu bourr de dtails techniques et spciaux1 rappelons les dix commandements de la mnagre4 ,comme les dix commandements de l'glise1 ils en supposent au moins douze autres dont le texte1 pour n'tre pas formul1 n'en a pas moins1 dans tout ce que nous disons ici1 son commentaire perptuel4 #a4 ,dans la maison n'enfermeras ,tes enfants seuls aucunement4 #b4 ,allumettes ne laisseras ,traner partout imprudemment4 #c4 ,d'un bon grillage entoureras ,foyer qu'approche ton enfant4 #d4 ,eau bouillante ne laisseras ,dans son chemin un seul instant4 #e4 ,lampe ptrole n'empliras ,sans bien l'teindre auparavant4 #f4 ,jamais ton feu n'aviveras ,par ce ptrole follement4 #g4 ,ta citerne ne quitteras ,sans la fermer soigneusement4 #h4 ,dans le cuivre ne laisseras ,refroidir aucun aliment4 #i4 ,dans le zinc ne placeras ,fruits au vinaigre inconsciemment4 #aj4 ,poisons toujours enfermeras ,pour viter triste accident4 ,,chapitre ,x ,,le ,,minist,,re ,,des ,,affaires ,,trang,,res ,la sphre d'activit de la femme1 c'est le mnage4 ,elle rayonne au dehors1 mais tout doit s'y rapporter4 ,l'homme1 au contraire1 a pour dpartement les affaires extrieures1 le maniement des fonds1 les fonctions civiles et militaires1 les intrts politiques et industriels1 les poursuites de littrature et d'art1 les questions de comptition1 d'avancement1 de succs1 de gain1 tout ce qui constitue la lutte pour la vie2 et la maison est pour lui le lieu du calme et du repos4 ,c'est une grande faute d'intervertir les rles ou d'empiter de l'un sur l'autre3 les rsultats en sont souvent funestes1 et rien ne prte rire davantage4 ,le ,jean-,jean ne vaut pas mieux que la virago2 seulement il est plus ridicule4 ,a une poque o la rudesse des moeurs faisait qu'on n'en venait gure aux gros mots sans en venir aux coups1 la ,coutume de ,senlis 7#acge71 entre autres1 dictait contre de tels maris cette punition joyeuse3 ,les maris qui se laissent battre par leurs femmes seront contrains et condemns chevaucher sur un ne1 le visaige par devers la queue du dit ne4 ,il y a1 dit ,la ,bruyre1 telle femme qui anantit ou qui enterre son mari1 au point qu'il n'en est fait dans le monde aucune mention3 vit-il encore1 ne vit-il plus8 ,on en doute4 ,il ne sert dans sa famille qu' montrer l'exemple d'un silence timide et d'une parfaite soumission4 ,il ne lui est d ni douaire1 ni conventions2 mais cela prs1 et qu'il n'accouche pas1 il est la femme1 et elle le mari444 ,monsieur paie le rtisseur et le cuisinier1 et c'est toujours chez madame qu'on a soup4 ,tout le monde peut mettre1 sous ce portrait1 le nom de quelque personne de connaissance1 car1 pour n'tre pas trs communs1 les mnages institus sur ce modle se rencontrent un peu partout4 ,on lit dans l'ouvrage anglais ,penses d'une femme sur les femmes3 ,j'entendais un jour une femme marie dire avec beaucoup de complaisance et de satisfaction3 ,oh6 monsieur m'pargne toute la peine dans l'intrieur du mnage2 il fait le menu du dner1 va chez le boucher choisir la viande1 paie toutes les notes1 tient les comptes de la semaine1 et ne me demande jamais de faire quoi que ce soit4 ,a part moi1 je pensais3 ,ma chre1 si j'tais vous1 j'aurais grand'honte et de moi-mme et de ,m4 ,x9999994 ,le fait est qu'il n'y a pas tirer vanit d'un tel renversement de devoirs1 qui n'est videmment qu'un pur dsordre4 ,d'autres s'y prennent plus habilement1 parce qu'au lieu d'tre simplement des paresseuses ou des frivoles1 elles sont ambitieuses et prtendent exercer leur gouvernement sur ce qui les regarde le moins4 ,madame de ,rmusat nous donne le signalement de cette espce4 ,combien de femmes1 dit-elle1 toujours prtes1 aux yeux du public1 satisfaire les fantaisies frivoles1 excuter les ordres de dtail1 usent l'autorit d'un mari sur une foule de minuties1 pour ressaisir la libert dans les occasions qui les intressent1 et acquirent1 par ce mlange habile de la complaisance et de la ruse1 une indpendance trs effective1 et trs dangereuse1 ajoutons-le4 ,le mari qui s'ingre dans les choses du mnage par esprit tatillon1 ou par un sentiment jaloux et dplac de son autorit1 ne fait pas de meilleure besogne4 ,il y a beaucoup d'hommes qui exercent ou prtendent exercer une surveillance minutieuse sur les dpenses du mnage3 trs certainement il vaudrait toujours mieux qu'une femme et toute l'autorit domestique4 ,nous sommes faites pour les dtails1 nous avons le got et l'intelligence des petites choses1 et nous savons mieux que les hommes nous faire obir des subalternes1 tout en commandant avec plus de douceur#cc4 #cc ,madame de ,rmusat4 ,ce sont l des raisons2 mais il y en a une autre1 celle qu'exprime trivialement1 mais nergiquement1 le proverbe3 ,chacun son mtier1 etc4 ,que fera la femme1 si vous lui prenez ses fonctions8 ,ne craignez-vous pas qu'elle n'occupe des penses ou des oeuvres qui ne sont point faites pour vous plaire1 les loisirs que vous lui crez8 ,et vous-mme1 ou vous tes un membre inutile de la socit1 n'ayant rien faire parmi vos semblables1 ou vous ngligez1 pour usurper des soins qui ne sont pas les vtres1 les travaux qui vous incombent1 les intrts que vous avez sauvegarder4 ,de son ct1 suivant la judicieuse remarque d',horace ,raisson1 la femme tire sa considration de celle dont elle sait entourer son poux2 elle doit donc toujours paratre s'en rapporter ses lumires1 surtout en prsence de tmoins4 ,j'ai eu souvent l'occasion d'observer1 dans des familles trangres1 la rserve extrme dans laquelle la femme se tient en public vis--vis du mari4 ,jamais un mot de contradiction1 d'objection1 de doute4 ,elle n'a pas d'autre avis que le chef de famille2 elle ne parle pas avant lui1 et quand il a parl1 tout est dit4 ,nous sommes loin des discussions1 du ton tranchant ou agressif1 des interventions personnelles aigre-douces1 volontaires ou mutines1 de l'talage bruyant d'importance et d'autorit dont tant de femmes1 dans nos mnages franais1 se font comme un point d'honneur4 ,eh bien1 je ne veux pas contester l'influence de la ,franaise sur les dcisions et particulirement sur l'humeur de son mari2 mais la vrit me force dire que jamais un homme ne fera rien sans avoir srieusement consult dans l'intimit cette femme qui s'efface tellement en public4 ,elles ont l'une et l'autre la satisfaction qu'elles recherchent3 la premire a l'influence effective et profonde1 le respect et l'estime de son mari2 la seconde1 dont on dit3 elle n'a pas froid aux yeux1 cette petite femme-l1 ou elle n'a pas sa langue dans sa poche1 ou c'est elle qui le fait filer doux6 et autres phrases ironiquement admiratives1 voit ce mme mari1 dont elle ferme si lestement la bouche devant la galerie1 la ddaigner1 parfois la malmener1 dans le tte tte1 et ne faire1 en somme1 que ce qu'il veut4 ,un journal littraire anglais du sicle dernier1 le ,tattler1 dit quelque part3 ,le bon mari garde sa femme dans une saine ignorance de ce qu'elle n'a pas besoin de savoir4 ,et plus loin3 ,il ne sait pas grand'chose celui qui dit sa femme tout ce qu'il sait4 ,on aurait grand tort d'en conclure que l'homme doit avoir1 en tant que mari et chef du mnage1 des secrets pour sa femme4 ,mais1 de mme qu'il lui messirait de demander celle-ci les comptes minutieux de son administration intrieure et la chronique dtaille de ses rapports quotidiens avec les fournisseurs et la cuisinire1 de mme--et bien plus forte raison1 car les intrts d'autrui y sont presque toujours engags1--ne la tiendra-t-il pas au courant1 par le menu1 de ses conversations d'affaires1 des travaux de son emploi1 des faits et gestes de ses commis1 des confidences des gens qui le consultent1 des intrigues et des potins de ses collgues ou comptiteurs4 ,il risquerait fort1 s'il le faisait1 de troubler la paix d'esprit de sa femme en mme temps que son propre jugement4 ,sans compter qu'en des cas nombreux il y a de l'indlicatesse1 de la dshonntet et quelquefois du crime rvler1 mme la moiti de soi-mme1 ce qu'on a appris dans son bureau administratif ou dans son cabinet de consultation4 ,dans des cas semblables l'oreille gauche ne doit pas mme entendre ce qui est dit la droite1 et le devoir strict est de se taire4 ,il n'est qu'un seul moyen de tenir ignor ce qu'on ne veut pas qui soit su3 c'est de ne le dire personne1 non pas mme soi1 tout bas6 ,faut-il rappeler l'apologue de ,midas8 ,bien entendu1 il y a1 suivant les circonstances1 la nature des affaires1 le caractre et la porte d'esprit de la femme1 des degrs1 des tempraments1 des nuances1 dont le mari est juge4 ,autant il est ncessaire de se taire sur ce qui regarde autrui1 autant il est toujours doux et souvent utile de parler avec confiance et sincrit de ce qui ne regarde que soi4 ,une pouse1 dit avec un grand bon sens ,madame de ,rmusat1 doit se complaire dans la conversation d'un mari occup des affaires publiques4 ,elle peut avoir d'elle lui un avis sur son opinion s'il est membre d'une assemble1 sur son livre s'il est crivain1 sur son vote s'il n'est que citoyen2 elle doit entrer dans ses projets relativement aux progrs de la science1 de l'art ou du mtier qu'il exerce4 ,eclaire et sensible1 dvoue et prudente la fois1 presque toujours la raison s'applaudira de l'avoir consulte1 et l'amour lui rapportera une part du succs4 ,a un autre point de vue1 l'homme a1 pour certaines choses laides de la vie1 une science et une exprience forcment acquises au contact des autres hommes et dans l'entranement de plaisirs et de liaisons irrgulires qui1 dans notre trange ordre social1 sont pour les jeunes gens comme la prparation ncessaire1 l'initiation obligatoire aux vertus de l'homme mari et la puret de la vie de famille4 ,il fera sagement de garder pour lui ses notions spciales1 et de conserver de son mieux sa femme cette navet dlicieuse1 qui est l'ignorance du mal4 ,elle en sera mieux garde dans son intrieur1 pendant que lui travaillera au dehors4 ,la fermentation des ides fausses ou malsaines dans une tte de femme est plus redoutable pour sa vertu que les douces et sollicitantes paroles des sducteurs4 ,si son imagination est pure1 si nulle curiosit maladive ne la met en veil1 le mari1 prsent ou absent1 suffira1 avec les devoirs et les soins de son mnage1 fconds en saines joies1 occuper son esprit4 ,si les affaires l'appellent au loin1 il pourra1 comme le dit ,horace ,raisson1 voyager sans crainte1 car il saura que chez lui1 l-bas1 la femme qu'il a laisse au foyer1 la mre de ses enfants1 dimidium anim su1 attend chaque jour avec anxit l'heure o passe le facteur4 ,qu'il est plaindre1 s'crie ,william ,cobbett1 l'homme qui ne peut pas abandonner tout chez lui1 et qui n'est pas bien sr1 bien certain que tout est aussi en sret que s'il le tenait dans sa main6 ,heureux le mari qui s'loigne de sa maison et de sa famille avec aussi peu d'inquitude que l'on quitte une auberge1 et qui1 son retour1 serait plus surpris d'avoir quelque reproche faire1 qu'il ne le serait si le soleil s'arrtait tout coup6444 ,puis1 parlant pour son compte1 il ajoute3 ,j'ai got les plaisirs inexprimables du chez-soi et de la famille1 et j'ai joui1 en mme temps1 de la parfaite indpendance du clibataire2 sans cette indpendance1 je n'aurais jamais pu accomplir tant de travaux1 car le plus petit souci domestique m'et enlev toute mon nergie4 ,telle est la force de la femme dans le monde4 ,non seulement elle cre et lve les hommes de l'avenir1 mais elle complte et arme pour la lutte1 en lui assurant la paix du foyer1 son mari1 l'homme du prsent4 ,,chapitre ,,xi ,,la ,f,e ,,du ,,foyer ,milton1 disait quelqu'un au grand pote anglais aprs son troisime mariage1 votre femme a la fracheur d'une rose4--,il se peut1 rpondit le pauvre pote1 mais je suis aveugle et je n'en sens que les pines4 ,ne recherchons pas si l'odorat manquait comme la vue l',homre des puritains4 ,il suffit de constater que sa femme n'tait pas tout fait une ,xantippe et qu'en tant que mari1 lui n'tait rien moins qu'un ,socrate4 ,l'auteur des ,doutes sur diffrentes opinions reues dans la socit pose ces deux axiomes double tranchant3 ,quelques femmes ne peuvent russir gouverner leurs maris2 mais il n'y a pas un mari peut-tre qui parvienne gouverner sa femme444 ,on voit un petit nombre de maris faire la flicit de leurs femmes2 c'est un phnomne que de rencontrer une femme qui fasse le bonheur de son mari4 ,un moraliste d'une autre envergure1 ,la ,bruyre1 avait dit dj plus finement3 ,il y a peu de femmes si parfaites qu'elles empchent leurs maris de se repentir1 au moins une fois le jour1 d'avoir une femme1 ou de trouver heureux celui qui n'en a point4 ,voil le ton sur lequel bon nombre d'hommes modrs1 senss1 quelques-uns dous d'une grande acuit d'observation et d'une remarquable sagacit de jugement1 parlent souvent des femmes4 ,d'autres y ajoutent des plaisanteries au gros sel ou des ironies de pince-sans-rire1 comme dans ces vers de ,pope3 ,grande est la bndiction d'avoir une femme prudente1 qui met un point d'arrt aux luttes domestiques4 ,l'un de nous deux doit gouverner1 et l'un obir1 et puisque1 chez l'homme1 la raison a tout pouvoir1 laissons cet tre frle1 la faible femme1 faire ses volonts4 ,les pouses1 dans toute ma famille1 ont gouvern ,leurs tendres maris et calm leurs emportements4 ,l'homme qui ne voit dans la femme que la rivale de son autorit et qui fait du foyer le thtre d'une lutte mesquine et sotte1 rptera ces railleries et y ajoutera1 de toute la bonne foi de son coeur goste et de son esprit born4 ,d'autres les rpteront et y ajouteront aussi1 tantt par fanfaronnade1 tantt par un niais respect humain et parce qu'avec les loups il faut hurler1 tantt enfin pour le seul plaisir de railler1 par amour du paradoxe ou de la satire1 sans se croire eux-mmes et sans se soucier qu'on les croie4 ,nous qui nous tenons en dehors de ces catgories1 qui n'avons d'autre proccupation que la vrit et ne poursuivons d'autre but que le bonheur du couple humain1 nous ne pouvons1 tout en constatant des exceptions douloureuses1 que sourire tous ces discours amers ou comiques1 et dire ce que nous savons et ce que nous voyons4 ,tche aise1 lorsque tant d'autres1 illustres par la puret de leur vie et l'clat de leur talent1 l'ont vu et su avant nous1 et que1 pour le bien dire1 nous n'avons qu' reproduire leurs paroles4 ,voici1 par exemple1 le portrait de la jeune femme telle que la concevait ,fnelon4 ,c'est ,m4 ,octave ,grard qui en a recueilli et rassembl les traits#cd fermes et prcis1 dans le cadre de gentilhommire provinciale o ,fnelon la place4 ,voyez-la leve de bonne heure pour ne pas se laisser gagner par le got de l'oisivet et l'habitude de la mollesse2 arrtant l'emploi de sa journe et rpartissant le travail entre ses domestiques sans familiarit ni hauteur2 consacrant ses enfants tout le temps ncessaire pour les bien connatre et leur persuader les bonnes maximes2 ayant toujours un ouvrage en train1 non de ceux qui servent simplement de contenance1 mais de ceux qui occupent de faon ne point se laisser saisir par le plaisir de jouer1 de discourir sur les modes1 de s'exercer de petites gentillesses de conversation2 s'intressant la culture de ses terres2 ne ddaignant aucune compagnie1 car les gens les moins clairs peuvent fournir1 pour peu qu'on sache les faire parler de ce qu'ils savent1 un enseignement profitable2 attentive tout ce qui touche au bonheur du nombreux peuple qui l'entoure2 fondant de petites coles pour l'instruction des pauvres et prsidant des assembles de charit pour le soulagement des malades2 menant au milieu de ces occupations solides et utiles une existence rgulire et pleine1 plus concentre qu'tendue1 mais non sans lvation morale et animant tout autour d'elle du mme sentiment de vie4 #cd ,oct4 ,grard3 ,l',education des ,femmes par les femmes2 ,fnelon4 ,dans une donne plus moderne et moins svre1 madame de ,girardin nous offre cette charmante esquisse#ce3 ,tout est gracieux dans un jeune tablissement1 tout parle d'amour1 chaque objet du mnage est un gage d'union4 ,cette joie du luxe n'est pas de l'orgueil1 c'est le premier plaisir de la proprit1 c'est la vie intime1 c'est la famille1 c'est quelquefois mme l'amour2 comme on l'aime1 cette argenterie et ce beau linge damass qui vous appartiennent en commun avec le jeune homme que vous appeliez hier monsieur1 et qui vous nommait avec respect mademoiselle6 ,comme tous ces objets grossiers du mnage deviennent potiques quand ils vous installent dans votre bonheur1 quand ils viennent chaque instant du jour vous prouver que vous tes unis pour la vie1 et que vous avez le droit de vous aimer6 #ce ,lettres du vicomte de ,launay4 ,nous n'attendrons pas qu'on nous dise que toutes les jeunes femmes ne sont pas chtelaines dans des gentilhommires et qu'il en est qui se marient sans argenterie ni linge damass4 ,si le milieu est plus humble1 les objets seront diffrents1 mais les rapports entre ces objets1 aussi bien que les ides qu'ils rveillent1 resteront les mmes4 ,le mnage de l'ouvrier est aussi riche en joies du coeur que le mnage de l'homme de finances1 s'il ne l'est pas davantage4 ,et mme lorsque la misre noire s'abat sur les dshrits et les parias1 le dernier morceau de pain dur est moins amer la bouche de l'homme qui le partage avec celle qu'il aime4 ,mais laissons ces situations extrmes4 ,si dignes d'intrt qu'elles soient--et rien ne l'est davantage1--nous ne nous les sommes point proposes pour tude en ces pages qui s'adressent la moyenne des conditions dans notre tat social4 ,il nous suffit de noter en passant la puissance de la femme pour adoucir la vie de l'homme1 mme lorsqu'elle est le plus rude1 pour l'attirer et le retenir au foyer1 mme lorsqu'il est teint et froid4 ,analysons1 s'il se peut1 ce charme souverain4 ,d'o vient-il1 et quels en sont les lments6 ,on dit d'ordinaire que la beaut1 quelque enchanteresse qu'elle soit avant le mariage1 devient une chose indiffrente aprs4 ,pourtant si la beaut est de telle nature que1 non seulement elle attire l'admiration1 mais qu'elle contribue donner cette admiration la profondeur de l'amour1 je ne suis pas de ceux qui pensent que ce qui charmait l'amant doit tre1 du jour au lendemain1 perdu pour le mari4 ,ces paroles de ,henry ,taylor nous semblent fort senses4 ,pour bien les comprendre1 toutefois1 il ne faut pas oublier que la beaut est chose essentiellement relative4 ,le sens esthtique peut tre satisfait dans les conditions les plus diverses1 quel que soit l'ge1 quelle que soit mme l'imperfection des traits ou des formes4 ,mais nier qu'il existe ou qu'il ait une influence considrable sur les sentiments1 serait nier gratuitement l'vidence4 ,il est permis de dire avec le prlat catholique#cf3 ,la beaut ne peut qu'tre nuisible1 moins qu'elle ne serve faire marier avantageusement une fille4 ,mais comment y servira-t-elle1 si elle n'est soutenue par le mrite et par la vertu8 ,elle ne peut esprer d'pouser qu'un jeune fou1 avec qui elle sera malheureuse1 moins que sa sagesse et sa modestie ne la fassent rechercher par des hommes d'un esprit rgl et sensibles aux qualits solides4 ,les personnes qui tirent toute leur gloire de leur beaut deviennent bientt ridicules3 elles arrivent1 sans s'en apercevoir1 un certain ge o leur beaut se fltrit1 et elles sont encore charmes d'elles-mmes1 quoique le monde1 bien loin de l'tre1 en soit dgot4 ,enfin il est aussi draisonnable de s'attacher uniquement la beaut1 que de vouloir mettre tout le mrite dans la force du corps1 comme font les peuples barbares et sauvages4 #cf ,fnelon1 ,de l',education des ,filles4 ,sans doute2 mais ni la force du corps1 ni la beaut ne sont quantits ngligeables4 ,et1 moins que l'on n'ait affaire aux coquettes1 la beaut ne se fltrit point si vite et ne devient pas si dgotante que ,fnelon semble le croire4 ,en tout cas1 et quoi qu'en puisse penser le monde1 le mari et la femme vieillissent ensemble1 mais leurs souvenirs restent jeunes1 et1 aussi longtemps qu'ils s'aiment1 ils se voient avec leurs yeux de fiancs4 ,elle est1 notre sens1 encore plus touchante qu'ironique1 l'aimable cration du chansonnier qui a pour refrain3 ,c'tait en dix-huit cent1 ,souvenez-vous-en444 ,nombreux sont les couples qui1 jusqu'au bout1 se souviennent et vivent dans l'enchantement des premires heures1 comme ,monsieur et ,madame ,denis4 ,le ,code conjugal a donc raison lorsqu'il dit3 ,une femme a besoin des grces pour conserver l'affection de son mari2 elle doit1 mme chez elle1 tre toujours mise avec une certaine recherche4 ,le soin1 l'lgance1 ont un charme innocent et secret1 dont un mari1 autant1 plus qu'un autre peut-tre1 ne peut mconnatre l'attrait et la puissance4 ,dans une confrence sur la vie de mnage dans l'antiquit1 l'hellniste ,egger disait1 d'aprs ,xnophon3 ,le plus grand charme d'une femme sera toujours la fracheur mme de la jeunesse et de la bonne sant2 il s'entretiendra d'une manire simple et peu de frais3 que la matresse du logis se lve de bonne heure1 qu'elle se mle au travail de ses servantes1 qu'elle mette la main l'oeuvre1 elle se portera d'autant mieux et vieillira moins vite4 ,grce1 bonne sant1 bonne humeur1 sympathie1 intelligence et amour du travail qui lui est propre1 ne sont-ce pas l les lments essentiels qui font de la femme la joie de l'homme1 la protectrice et la directrice bienfaisante du foyer8 ,a ce sujet1 une ,anglaise1 d'un grand bon sens qui n'exclut pas la finesse1 fait quelques remarques qui mritent d'tre rapportes4 ,une matresse de maison ne peut pas toujours avoir la parure des sourires1 dit-elle fort justement4 ,il lui incombe parfois de trouver reprendre1 et il arrive la faiblesse de la nature de ne pas s'en acquitter toujours avec toute la modration et toute la dignit convenables4 ,ne le faites donc jamais en prsence de votre mari4 ,ne l'ennuyez pas du dtail de vos griefs contre les domestiques et les fournisseurs1 ni de vos mthodes d'administration intrieure4 ,mais surtout que rien de ce genre n'aigrisse ses repas1 lorsqu'il vous arrive d'tre en tte tte table4 ,dans son commerce avec le monde et dans ses affaires1 il rencontrera souvent des choses qui ne peuvent manquer de blesser un esprit comme le sien1 et qui peuvent quelquefois affecter son caractre4 ,mais lorsqu'il revient la maison1 qu'il y trouve tout serein et paisible1 et que votre gaiet complaisante lui rende la bonne humeur et apaise toute inquitude et tout ennui4 ,efforcez-vous d'entrer dans ses occupations1 de prendre ses gots1 de profiter de ses connaissances2 que rien de ce qui l'intresse ne paraisse vous tre indiffrent4 ,c'est ainsi que vous vous rendrez pour lui une compagne et une amie dlicieuse1 en qui il sera toujours sr de trouver cette sympathie qui est le ciment principal de l'amiti4 ,mais si vous affectez de parler de ses occupations comme au-dessus de vos capacits ou trangres vos gots1 vous ne sauriez lui tre agrable de ce ct1 et vous n'aurez plus compter que sur vos charmes personnels1 dont1 hlas6 le temps et l'habitude diminuent chaque jour la valeur444 ,craignez1 entre toutes choses1 qu'il ne s'ennuie ou se fatigue en votre compagnie4 ,si vous pouvez l'amener lire avec vous1 faire de la musique avec vous1 vous enseigner une langue ou une science1 alors vous aurez de l'amusement pour chaque heure de loisir1 et rien ne nous rend plus chers l'un l'autre qu'une semblable communaut d'tudes4 ,les connaissances1 les perfections que vous recevrez de lui seront doublement prcieuses ses yeux1 et certainement vous ne les acquerrez jamais avec tant d'agrment que de ses lvres444 ,avec un tel matre1 vous sentirez votre intelligence s'largir et votre got se raffiner bien au del de votre attente2 et la douce rcompense de ses louanges vous inspirera assez d'ardeur et d'application pour surmonter facilement tout dfaut de dispositions naturelles que vous pourriez avoir4 ,conseils judicieux qui1 s'ils taient suivis1 pargneraient1 de part et d'autre1 bien des dboires1 et1 disons le mot1 bien des chutes6 ,ils ne s'adressent point toutes1 dira-t-on1 non sans quelque vrit4 ,mais1 encore une fois1 les circonstances changent1 et les applications d'un principe juste changent avec elles4 ,c'est aux intresss d'tre assez de bonne volont et de bonne foi pour en faire une raisonnable adaptation4 ,d'ailleurs1 un point de vue gnral et1 on peut le dire1 qui ne souffre point d'exception1 nous rpterons avec ,william ,cobbett3 ,je dfie tout homme actif de pouvoir aimer une paresseuse plus d'un mois4 ,un mois1 deux mois1 un an1 plus ou moins1 le temps1 ici encore1 ne fait rien l'affaire1 car il ne sera jamais bien long1 et le rsultat est toujours certain4 ,en effet1 les femmes n'ont-elles pas des devoirs remplir1 mais des devoirs qui sont les fondements de toute la vie humaine8 ,ne sont-ce pas les femmes qui ruinent ou qui soutiennent les maisons1 qui rglent tout le dtail des choses domestiques1 et qui1 par consquent1 dcident de ce qui touche le plus prs tout le genre humain#cg4 #cg ,fnelon4 ,ainsi parlait la vieille sagesse franaise3 ,la femme fait un mesnage ou deffait#ch4 #ch ,e4 ,meunier1 ,trsor des ,sentences4 ,ainsi disait ,charron3 ,vaquer et estudier la mesnagerie1 c'est la plus utile et honorable science et occupation de la femme1 c'est sa maistresse qualit1 et qu'on doit en mariage chercher principalement en moyenne fortune3 c'est le seul doaire1 qui sert ruyner1 ou sauver les maisons1 mais elle est rare4 ,et il ajoutait1--ce qui est mlancolique3 ,il y en a d'avaricieuses1 mais de mesnagres peu4 ,nous croyons qu'il y en a plus que n'en voyait l'lve de ,montaigne2 que beaucoup mme savent d'instinct toutes les rgles que nous exposons et s'y conforment4 ,car enfin les bons mnages1 les maisons prospres ne sont pas tellement rares2 et puisque c'est la femme qui en est la clef de vote et la cheville ouvrire1 il faut bien que1 le plus souvent1 elle connaisse et remplisse son devoir4 ,oui1 on ne saurait trop le rpter1 dans toutes les positions de la vie1 le bonheur et la prosprit du mnage reposent sur l'activit de la mnagre4 ,est-elle paresseuse1 les domestiques sont paresseux1 et ce qui est encore plus funeste1 les enfants le seront aussi3 on remettra au lendemain excuter les choses les plus pressantes1 elles seront mal faites1 et le plus souvent elles ne le seront pas du tout4 ,le dner ne sera jamais prt4 ,les courses1 les visites ne seront pas faites temps2 et il en rsultera des inconvnients de toute espce4 ,il y aura toujours un arrir effrayant de choses moiti commences1 ce qui est1 mme chez les riches1 un vritable flau#ci4 #ci ,william ,cobbett4 ,le ,code conjugal donne ce propos un conseil prcieux3 ,une pouse sage vite de se rpandre trop dans le monde1 et1 par la trop frquente exigence des petits devoirs de socit1 de contracter l'habitude du dsoeuvrement4 ,c'est dans l'intrieur de sa maison que l'on trouve surtout un bonheur solide et rel4 ,en restant d'ailleurs plus constamment dans son intrieur1 une femme habitue son mari y rester prs d'elle4 ,rien n'est ddaigner dans les soins du mnage4 ,la femme qui fait fi de certains dtails comme trop grossiers et au-dessous d'elle1 a l'esprit dplorablement fauss4 ,combien il avait un plus vif sentiment du beau et des ralits de la vie1 l'ancien qui s'criait3 ,la belle chose voir que des chaussures bien ranges de suite et selon leur espce2 la belle chose que des vtements spars selon leur usage2 la belle chose que des vases de cuivre et des ustensiles de table2 la belle chose enfin 7dt en rire quelque cervel1 car un homme grave n'en rira pas7 que de voir des marmites ranges avec intelligence et symtrie#dj4 #dj ,xnophon1 cit par ,egger4 ,c'est ce qu'avait admirablement compris la femme suprieure par la beaut et par le talent1 la grande artiste que fut ,fanny ,mendelssohn4 ,rien1 ft-ce la musique1 dit un de ses biographes1 ne rompait le parfait quilibre de sa nature4 ,toutes les jouissances du coeur et de l'esprit se partageaient ses facults1 aucune ne les absorbait4 ,fanny comprenait tout2 elle s'enthousiasmait pour les grandes choses et s'intressait aux petites2 rien ne lui tait tranger ou indiffrent4 ,autant que les beauts de la nature et de l'art1 elle sentait les charmes du foyer et la posie de la vie domestique4 ,l'artiste s'effaait avec simplicit devant la mre de famille ou la mnagre4 ,elle ne manquait aucun de ses devoirs1 mme les plus humbles4 ,dans une mme journe elle dirigeait un orchestre chez elle et faisait des confitures4 ,elle quittait son piano pour revoir un mmoire de menuisier1 et donnait dans une lettre sa soeur des dtails de musique et des recettes de cuisine2 tout cela sans fausse simplicit1 car rien n'tait plus tranger cette nature essentiellement vraie que l'affectation et ce qu'on appelle la pose4 ,ne rions pas de ces recettes de cuisine4 ,rappelons-nous plutt le plaisir que nous prouvons tous devant une table lgante et bien servie1 et la maussaderie que nous inspire un dner tardif ou manqu4 ,quoi de plus naturel1 d'ailleurs1 que nous sachions gr celle qui prend soin de nous assurer une jouissance1 et que nous nous sentions mal disposs envers celle qui1 s'tant charge de ce soin1 s'en acquitte mal ou ne s'en proccupe pas8 ,la bonne humeur1 chez beaucoup de personnes1 dpend de la bonne sant2 la bonne sant de la bonne digestion2 et la bonne digestion d'une nourriture saine1 bien prpare1 mange en paix et avec plaisir4 ,les repas mal cuisins1 malpropres1 sont une cause aussi forte de mauvaise humeur que maint ennui moral#da4 #da ,a ,woman's ,thoughts upon ,women4 99 99 99 99 99 ,michelet1 disait avec plus de charme et de sympathie3 ,les femmes1 quand elles veulent s'en donner la peine1 s'entendent merveille administrer le rgime1 le varier pour le meilleur entretien de la sant du corps et de l'me4 ,elles seules savent encore donner la table un air de fte4 ,avec quoi8 ,oh6 bien peu de chose4 ,ce n'est souvent qu'un mets mieux prsent1 une fleur sur la salade1 un fruit richement color4 ,il n'en faut pas davantage pour rjouir les yeux et vous mettre en apptit4 ,c'est pourtant de ces petites choses1 de ces niaiseries1 de ces riens1 que le gros du bonheur est fait1 et bon nombre d'hommes trouvent l leur idal de flicit domestique4 ,aussi1 sans retirer ce que nous avons dit ou rapport propos de la sympathie intellectuelle si dsirable entre la femme et le mari1 ne pouvons-nous pas ne pas souscrire ce conseil d',horace ,raisson3 ,une jeune femme fait sagement de ne se mler que des affaires du mnage1 et d'attendre que son mari lui confie les autres4 ,mais encore une fois1 lorsque le mari cherchera dans sa femme1 comme il le fera toujours pour peu qu'il espre l'y trouver1 la confidente et le soutien de ses esprances et de ses efforts1 que cet appel ce qu'il y a d'lev dans les facults de son esprit et de son coeur ne lui fasse ni ddaigner ni ngliger les fonctions de mnagre et de mre de famille qui1 pour humbles qu'elles paraissent1 sont en ralit au-dessus de tout4 ,une des lettres si reposes que madame ,roland crivait du ,clos 7#bc mars #aghe71 la montre dans toute l'activit de la vie de famille1 s'occupant1 au sortir du lit1 de son enfant et de son mari1 faisant lever l'un1 prparant djeuner tous deux1 puis les laissant ensemble au cabinet1 tandis qu'elle va elle-mme donner son coup d'oeil dans toute la maison1 de la cave au grenier#db4 #db ,oct4 ,grard4 ,l'ducation des ,femmes par les ,femmes2 ,madame ,roland4 ,et l'on sait si son mari avait des secrets pour celle-l4 ,une autre1 qui savait quoi s'en tenir1 a appel la gloire le tombeau du bonheur1 plus sincre peut-tre en ce cri que ne l'tait ,lamartine lorsqu'il crivait1 toujours en parlant de la gloire1 ces vers fameux3 ,plus j'ai sond ce mot plus je l'ai trouv vide1 ,et je l'ai rejet comme une corce aride ,que les lvres pressent en vain4 ,leur vritable gloire1 aux femmes1 un crivain inconnu la dterminait au sicle dernier dans un opuscule que n'ouvrent plus que de rares curieux3 ,par une prudence soumise1 une habilet modeste1 douce1 adroite et sans art1 elles excitent la vertu1 raniment les sentiments du bonheur et adoucissent tous les travaux de la vie humaine#dc4 #dc ,bnoit ,touzelli4 ,apologie des ,femmes4 ,turin1 #agih1 in-#ho4 ,nagure encore le grand pote du sicle1 en peignant d'un trait hroque les matrones de la cit romaine1 traait aux femmes modernes1 surtout aux femmes de ,france1 le programme de la gloire o elles doivent tendre3 ,ce qui fit la beaut des ,romaines antiques1 ,c'taient leurs humbles toits1 leurs vertus domestiques1 ,leurs doigts que l'pre laine avait faits noirs et durs1 ,leurs courts sommeils1 leur calme1 ,annibal prs des murs ,et leurs maris debout sur la porte ,colline4 ,toujours et partout1 suivant le mot de ,bacon1 les femmes1 nos pouses1 sont nos matresses1 durant la jeunesse1 nos compagnes quand vient l'ge mr1 et nos nourrices dans la vieillesse4 ,il y a longtemps que l',ecriture traait en paroles loquentes1 en mtaphores enflammes1 le portrait de cette femme idale1 de cette fe du foyer1 que sont des degrs divers toutes les mres de famille dignes de ce nom4 ,le morceau se trouve partout et nous ne le transcrirons pas une fois de plus4 ,mais on prendrait peut-tre plaisir en lire la paraphrase faite en vers nafs par une ,poitevine du seizime sicle1 ,catherine ,neveu1 demoiselle des ,roches4 ,a tout hasard1 en voici quelques fragments3 ,fuyant le doux langur du paresseux sommeil ,ell' se lve au matin1 premier que le soleil ,monstre ses beaux rayons1 et puis faict un ouvrage ,ou de laine ou de lin1 pour servir son mesnage1 ,tirant de son labeur un utile plaisir444 ,ainsi la dame sage ordonne sa famille1 ,afin que son mary et ses fils et sa fille1 ,ses servants1 ses sujects1 puissent avoir tousjours ,le pain1 le drap1 l'argent1 pour leur donner secours ,contre la faim1 le froid et maintes autres peines ,qui tourmentent souvent les penses humaines444 ,chacun la recoignoist pour ses perfections1 ,son mary est pris en tous lieux de la ville ,pour estre possesseur de femme si gentille3 ,elle a dessus sa langue un coulant fleuve d'or1 ,et tient en son esprit un prcieux trsor ,de grce et de vertus444#dd4 #dd ,la ,femme forte4 ,imitation de la mme de ,salomon1 ddie la ,royne mre du ,roy 7,les ,o,euvres de mesdames des ,roches1 de ,poictiers1 mre et fille47 ,paris1 ,langelier1 #aegi4 ,qui trouvera la femme forte8 demande l'vque ,landriot4 ,la femme forte qui rsiste aux chocs si nombreux de la vie1 aux tristesses de familles1 aux froissements d'intrieur1 et toutes ces peines intimes qui1 semblables aux lgions d'insectes en automne1 assigent continuellement le coeur de la femme2 la femme forte qui prside avec une sagesse imperturbable aux travaux de sa maison1 aux dtails du mnage1 aux soins des enfants1 la surveillance des domestiques et l'ordonnance de cette multitude de petites affaires qui se succdent dans la famille aussi rapidement que les nuages dans le ciel8 ,qui trouvera la femme forte1 plus forte que le malheur1 que les coups de la fortune1 que les calomnies1 que la malignit humaine2 et qui1 aprs le passage de toutes les vagues1 demeure comme la colonne en mer pour clairer et fortifier les pauvres naufrags6 ,heureux1 inexpressiblement heureux celui qui n'a qu' regarder son ct pour rpondre3 ,la voil6 ,c'est autant l'un qu' l'autre des deux poux qu'il appartient de faire qu'un tel bonheur ne soit pas rare4 ,,chapitre ,,xii ,,la ,,grande ,,joie ,le mythe biblique de la formation de la femme tire de l'homme1 chair de sa chair1 os de ses os et sang de son sang1 a une profonde signification4 ,l'homme sans la femme n'est pas complet1 il lui manque quelque chose de lui-mme1 et ce n'est que par son union avec la femme que se constitue vraiment l'unit de l'tre humain4 ,c'est aussi par l que s'assure physiologiquement la perptuit de la race2 et1 comme il arrive chaque fois que les conventions sociales sont d'accord avec la nature1 le but social du mariage aussi bien que la suprme joie des poux1 c'est l'enfant4 ,l'enfant1 nous lui avons consacr1 dans le cours de ces essais1 bien des chapitres et mme un volume tout entier#de4 ,nous nous garderons de notre mieux de tomber dans des redites1 n'ayant le considrer ici que comme un facteur nouveau dans les lments ordinaires et prvus de la vie deux4 #de ,comment lever nos enfants8 ,librairie illustre1 #a vol4 in-#ah4 ,un adage franais du seizime sicle1 souvent repris et comment sous diffrentes formes1 disait3 ,enfans sont richesses de pauvres gens4 ,et les commentateurs d'ajouter1 pour ceux dont l'esprit est lent1 qu'en effet les enfants des gens pauvres1 et plus particulirement des paysans1 cotent peu nourrir1 aident les parents ds leur bas ge1 remplacent les valets de ferme1 augmentent par leur travail les produits de l'exploitation1 et sont ainsi source de richesses pour les pauvres4 ,ce sont l raisonnements d'conomistes4 ,nous en apprcions la valeur1 mais nos proccupations1 pour le moment du moins1 ne se portent pas de ce ct4 ,a notre point de vue1--celui des mres1--les enfants sont richesses pour tous4 ,richesses de coeur1 trsors d'affections1 vivants rservoirs de tendresse1 sanction dfinitive de l'union des poux1 qui renouvelle et perptue leurs premiers sentiments d'amour4 ,le mariage sans enfants1 c'est le monde sans soleil1 a dit ,luther4 ,un romancier contemporain1 qui1 sans doute1 ne songeait gure au mot du fameux rformateur1 fait dire un de ses personnages3 ,le mnage sans enfants1 quelle hrsie6 ,c'est plus tard1 devant le foyer vide1 devant la glace des cendres froides1 le tte tte d'une vieille fille et d'un vieux garon1 deux vieux gostes1 tout leurs manies1 leurs rhumatismes1 leurs grincheries longuement aiguises l'une contre l'autre comme deux lames de couteaux1 tout au sentiment de leur inutilit dans la socit1 sans la douceur d'tres aimer1 d'enfants1 de petits-enfants1 de toute cette vie neuve et frache1 sortie de vous1 coule de votre sang1 et vous rappelant votre enfance1 votre jeunesse1 adoucissant votre vieillesse de la caresse de ressouvenirs8444 ,ah6 allez6 ,qu'est-ce qui peut rattacher la vie1 sans cela8444#df4 #df ,gustave ,toudouze4 ,il semble que les choses mmes s'animent1 s'illuminent la prsence de l'enfant4 ,lamartine a rendu cette impression subtile et vraie1 ce sunt gaudia rerum1 avec une motion singulirement communicative1 quand il parle du temps ,o la maison vibrait comme un grand coeur de pierre ,de tous ces coeurs joyeux qui battaient sous ses toits1 et o ,la vie apparaissait rose1 chaque fentre1 ,dans les beaux traits d'enfants nichs dans la maison4 ,un moraliste1 qui s'est srieusement occup des questions qui touchent la famille et que nous avons dj cit1 ,m4 ,armand ,hayem1 met sous nos yeux le contraste que prsente la maison sans enfants ct de la famille fconde#dg4 #dg ,arm4 ,hayem1 ,le mariage4 ,la strilit1 de quelque cause et de quelque part qu'elle vienne1 en laissant une place vide dans le mnage1 dnature le mariage et fait perdre souvent tout sens moral la femme4 ,la maternit est si bien faite pour elle1 qu'avec la maternit1 tout l'tre fminin est emport et ananti4 ,il n'est point de mari1 si aim qu'il soit1 qui puisse faire jaillir ce flot de tendresse inpuisable1 de dvouement constant1 d'amour qui tient aux entrailles2 et il n'est point de femme qui puisse contenir longtemps ce flot dans son coeur sans le briser4 ,comprend-on tout ce qu'est l'enfant et tout ce qu'il peut sur la femme8 ,qu'est-ce que le lit nuptial sans le berceau8 ,une couchette d'amour6 ,mais le berceau8 ,c'est la mre1 c'est la famille6--,on le croit vide et la femme y a dpos1 ds le premier jour1 son amour1 son esprance3 l'avenir6--,et si l'enfant ne vient pas1 c'est tout cela qui meurt pour la femme et qu'elle ensevelit dans son me4--,le pouvoir de l'enfant est immense4--,qui est-ce qui retient la femme au foyer8 ,qui est-ce qui y ramne le mari8 ,qui est-ce qui apaise toute querelle1 fait taire toute colre1 provoque tout pardon2 rapproche1 unit1 enlace1 entrane8--,qui est-ce qui absorbe tout le coeur et tout le cerveau de la mre8 ,qui est-ce qui retient la femme prs de cder au sducteur8--,l'enfant6--il est l'me du mnage1 la vie de l'intrieur1 l'attrait de l'homme1 l'ange de la paix domestique1 l'idole de la femme1 la lumire de sa conscience1 le plus sr gardien de l'honneur conjugal4 ,dans les ,instructions de ,m4 ,ferrand son fils1 le pre1 pour mettre le jeune homme en garde contre la passion du jeu et lui montrer comme elle dpouille sa victime de tout sentiment humain1 rapporte une lugubre anecdote3 ,un trs gros joueur de ,paris1 dit-il1 laissait en province1 dans une petite terre1 sa femme et trois enfans1 pendant que tous les jours il diminuait ou risquait leur fortune4 ,sa femme1 instruite des pertes normes qu'il faisait1 et n'esprant plus le ramener par ses exhortations1 lui envoya une trs belle tabatire1 sur laquelle elle avait fait peindre ses trois enfans avec cette devise3 ,souvenez-vous d'eux4 ,c'tait lui rappeler une ide qui devait l'arrter tout moment4 ,mais la passion du jeu fut plus forte que l'amour paternel2 et aprs avoir perdu tout son bien1 la tabatire fut la dernire chose qu'il joua et perdit4 ,encore l'avait-il garde pour suprme enjeu4 ,hlas6 de tout temps et en tout pays on a pu faire la remarque exprime par le grand pote dramatique anglais en des termes dont ,philarte ,chasles a su rendre la poignante nergie3 ,le tissu des vices humains est ml de vertus1 le tissu des vertus humaines est ml de crimes6 ,mais laissons de ct les ternelles victimes des passions1 ceux qui1 trop dnus de rsistance1 trop mous de volont1 tournoient sous leur souffle comme le sabot sous le fouet4 ,qu'on les plaigne ou qu'on en ait horreur1 laissons flotter la drive ces paves d'humanit4 ,il n'en est pas moins vrai que l'enfant est le couronnement de la famille1 le lien le plus fort entre les poux et leur meilleure joie1 tous les degrs de l'chelle sociale4 ,les devoirs de la maternit1 crit fort justement un journaliste#dh1 sont les meilleurs agents de la moralisation populaire4 ,les mioches font revenir le pre au foyer4 ,c'est eux que pensent les parents1 quand ils portent leurs conomies la caisse d'pargne4 #dh ,edmond ,deschaumes1 ,estafette1 #ad juin #ahhh4 ,par les beaux dimanches d't1 les mnages d'ouvriers reviennent de la banlieue4 ,c'est peu prs leur seul plaisir4 ,la femme tient dans ses bras un bb endormi4 ,l'homme porte1 sur sa robuste paule1 un gros garon aux joues roses1 tout fier d'tre si commodment perch4 ,il n'y a place1 sur ces figures satisfaites1 ni pour la haine1 ni pour l'envie4 ,j'en marie le plus que je peux6 me disait l'un des maires les plus intelligents de ,paris4 ,dveloppez donc chez l'homme et chez la femme le sentiment de la famille4 ,celui qui aime ses enfants1 qui gagne peu prs sa vie en mettant quelques sous de ct1 est bien prs du bonheur4 ,je sais des bbs qui ont mieux fait comprendre leur pre la vritable question sociale que tous nos beaux parleurs runis4 ,eh6 oui1 comme le disait ,horace ,raisson1 qui aime tendrement ses enfants aime ncessairement sa femme1 et il n'y a rien encore qui ressemble au bonheur comme l'amour4 ,c'est dans de telles conditions que l'on peut en toute scurit conclure avec le mme auteur3 ,si le mariage a ses chagrins1 ses inquitudes1 il est le seul tat aussi o l'on puisse esprer de runir les douceurs de l'amiti1 les plaisirs des sens et ceux de la raison2 o l'on jouisse enfin de toute la somme de bonheur que la nature humaine puisse thsauriser44 ,o ,hymen6 s'criait le pote ,southey1 gurison de tous les maux1 source de toutes les joies6 ,of every woe the cure1 ,of every joy the source6 ,mais1 pour lui comme pour nous1 derrire le ,dieu ,hymen1 venait toujours la desse ,lucine4 ,,chapitre ,,xiii ,,les ,h,,misph,,res ,,de ,,magdebourg ,rapproches par l'amour1 lies par la communaut des intrts1 les habitudes de la vie quotidienne1 les douleurs et les joies prouves ensemble1 encore plus que par les conventions et les lois1 cimentes par la venue d'enfants qui sont comme la prolongation de leur tre au del de lui-mme dans l'espace et dans le temps1 les deux moitis du groupe conjugal1 mari et femme1 sont dsormais indissolublement unies4 ,on peut les comparer ces hmisphres de mtal que la machine pneumatique soude tellement l'un l'autre que toute force est impuissante les sparer4 ,s'il y pntre un peu d'air1 il est vrai1 tout est dtruit3 la sphre1 parfaite tout l'heure1 se fend et retombe en deux fragments qui gisent inertes sur le sol1 lorsqu'ils ne s'y brisent pas4 ,mais pourquoi l'air1 c'est--dire les dissentiments1 les querelles1 les outrages1 la haine ou l'indiffrence1 pire que la haine1 y pntrerait-il1 si ni l'un ni l'autre des poux ne donne la secousse qui ouvrira le robinet8 ,et pourquoi le feraient-ils lorsqu'ils ont une fois got l'ineffable joie de vivre deux en un1 et de revivre en ses enfants8 ,madame ,necker qui1 suivant le dire de ,m4 ,o4 ,grard1 tait1 aux yeux de tous les contemporains1 l'expression de ce qu' la fin du dix-huitime sicle l'esprit franais offrait de plus honnte et de plus sain1 a crit des ,rflexions sur le ,divorce o elle expose les caractres qui doivent1 son sens1 offrir les meilleurs mnages1 les vritables hmisphres de ,magdebourg conjugaux4 ,nous empruntons l'auteur si fin et si autoris de l'ducation des ,femmes par les ,femmes#di1 l'analyse qu'il donne de ce morceau4 ,elle pose en principe tout d'abord que les meilleurs mnages sont ceux qui l'origine sont forms par la conformit des gots et par l'opposition des caractres2 mais elle n'admet pas que les caractres ne puissent arriver se fondre4 ,les ,zurichois1 raconte-t-elle agrablement1 enferment dans une tour1 sur leur lac1 pendant quinze jours1 absolument tte tte1 le mari et la femme qui demandent le divorce pour incompatibilit d'humeur4 ,ils n'ont qu'une seule chambre1 qu'un seul lit de repos1 qu'une seule chaise1 qu'un seul couteau1 etc41 en sorte que1 pour s'asseoir1 pour se reposer1 pour se coucher1 pour manger1 ils dpendent absolument de leur complaisance rciproque2 il est rare qu'ils ne soient pas rconcilis avant les quinze jours4 ,ce qu'elle prconise sous le couvert de cette espce de lgende1 c'est le mutuel sacrifice qui forme1 par l'habitude1 le plus solide des attachements et engendre la rciprocit d'une affection insparable2 elle compare le premier attrait de la jeunesse au lien qui soutient deux plantes nouvellement rapproches2 bientt1 ayant pris racine l'une ct de l'autre1 les deux plantes ne vivent plus que de la mme substance1 et c'est de cette communaut de vie qu'elles tirent leur force et leur clat4 #di ,m4 ,octave ,grard4 ,dans les ,avis d'un pre sa fille1 le marquis de ,halifax1 inquiet de voir se multiplier les exemples de sparation conjugale1 proposait d'instituer une cour de justice compose de femmes et charge de prononcer souverainement entre elles sur les cas de dsunion4 ,rousseau1 par sa doctrine du libre choix en dehors du mnage1 laissait l'pouse arbitre suprme de ses propres sentiments et l'autorisait se faire honneur de ses carts comme d'une vertu1 sauf lui inspirer ensuite un remords inutile4 ,madame ,necker soumet simplement le mariage la loi du devoir1 en attachant l'observation de cette loi les joies intimes qui sont1 pour l'un et l'autre sexe1 le prix du devoir fidlement accompli4 ,comme madame ,necker a raison6 ,j'en appelle tous ceux qui en ont fait l'exprience1 quelque chemin qu'ils aient pris4 ,il est tres certain1 dit le loyal gentilhomme de ,la ,hoguette1 qu'il est assez difficile d'avoir un mme toit1 un mme foyer1 une mme table1 un mme lit1 mmes intrts1 mmes enfans1 et de vivre heureux sans avoir une mme volont4 ,toutes ces circonstances fournissent de moment en moment une nouvelle matire d'amour ou de haine1 selon que les mariages sont bons ou mauvais4 ,c'est pourquoi nous ne voyons point d'affection dont l'estrainte soit plus ferme que celle d'une bonne femme et d'un bon mari2 parce qu'tant toujours ensemble ils se rendent toute heure mille petits offices l'un l'autre1 qui sont autant de liens communs qui font de nouveaux noeuds en l'ame1 dont l'un ne se relche jamais que l'autre ne se resserre4 ,et de fait1 il arrive souvent que le meilleur ami d'un homme est sa femme4 ,horace ,raisson n'est pas le seul l'avoir remarqu4 ,c'est mme ce qui devrait arriver toujours4 ,madame de ,rmusat l'indique avec non moins de noble fermet que d'ingnieuse prcision1 lorsqu'elle crit3 ,une femme qui a su dcouvrir le secret des qualits ou des faiblesses de son mari1 parviendra sans le blesser l'avertir pour le bien de tous deux4 ,dans l'occasion1 elle calmera son imptuosit ou pressera son indolence2 s'il le faut1 elle lui indiquera les vertus mmes qui ne lui manquent qu' cause d'elle2 elle saura1 par exemple1 le prserver du repentir en consacrant d'avance1 par un gnreux consentement1 le sacrifice d'une situation brillante dont la perte n'afflige souvent un mari que pour sa femme ou ses enfans4 ,un pre1 plac entre son devoir et le bien-tre de sa famille1 pourrait tre tent de transiger2 sa conscience et sa tendresse doivent tre en repos1 si l'amour maternel a accept son sacrifice4 444 ,je ne sais pas de spectacle plus touchant1 qui dcouvre mieux ce qu'il y a de beau dans le coeur humain1 que celui d'un citoyen plac entre un sentiment patriotique et les intrts d'une famille digne d'tre chrie3 prt braver le malheur ou le danger1 il hsite toutefois1 mais non cause de lui444 ,c'est alors que les paroles courageuses de sa compagne viendront terminer ses incertitudes4 ,ou le pouvoir de la vertu n'est qu'un rve1 ou dans un pareil moment elle donnera deux tres qui s'entendent des motions si suprieures1 si pntrantes1 qu'elle les placera dans une rgion o le malheur ne porte pas4 ,ces sentiments levs1 ces fiers mouvements de l'me qui font1 de la famille1 la premire assise des remparts de la patrie1 et des deux poux1 des hros1 ne sauraient trop s'exalter l'heure douteuse o nous sommes4 ,l'gosme domestique ou familial--qu'importe le nom--plus pernicieux aux nations que l'gosme individuel1 les avait nagure relgus trop loin au second plan4 ,si1 comme nous le croyons1 ce fut une cause de nos dsastres1 le chtiment a t svre et suffira4 ,les hommes savent aujourd'hui partout en ,france1 qu'on protge mieux sa femme et ses enfants en mourant pour eux qu'en tendant le front au joug de l'ennemi pour l'attendrir4 ,partout les femmes franaises sentent dans leurs entrailles de mre qu'il n'est pas de sacrifice1 si douloureux soit-il1 qui les trouve faibles lorsque le salut de la race est ce prix4 coutez cette courte histoire1 si simplement raconte par ,stendhal4 ,la plus jolie femme de ,narbonne est une jeune ,espagnole1 peine ge de vingt ans1 qui vit l fort retire avec son mari1 ,espagnol aussi et officier en demi-solde4 ,cet officier fut oblig1 il y a quelque temps1 de donner un soufflet un fat2 le lendemain1 sur le champ de bataille1 le fat voit arriver la jeune ,espagnole2 nouveau dluge de propos affects3 ,mais1 en vrit1 c'est une horreur6 ,comment avez-vous pu dire cela votre femme8 ,madame vient pour empcher notre combat6--,je viens vous enterrer6 rpond la jeune ,espagnole4 ,heureux le mari qui peut tout dire sa femme6 ,heureuse et grande la femme qui peut tout entendre de son mari6 99 99 99 99 99 ,un ,allemand#ej a dit1 avec un luxe de comparaisons un peu outr1 j'en conviens1 mais de nature faire quelque impression1 me semble-t-il1 sur l'imagination vive et tendre des femmes3 ,le mari et la femme doivent tre comme deux flambeaux brlant ensemble1 qui jettent dans la maison une plus vive lumire1 ou comme deux fleurs odorantes attaches dans le mme bouquet1 pour en augmenter le doux parfum1 ou comme deux instruments bien accords qui1 en jouant ensemble1 font une musique d'autant plus mlodieuse4 ,le mari et la femme1 qu'est-ce1 sinon deux sources qui se rencontrent et se mlent1 de faon ne former qu'un mme courant8 #ej ,w4 ,secker4 ,qu'on ne redoute pas1 d'ailleurs1 la monotonie que produit la rptition ou la persistance des sentiments1 l'ennui1 le dgot qu'amne le cours du temps travers une existence o les affections ne changent ni de nature ni d'objets4 ,il y a des redites pour l'oreille et pour l'esprit2 il n'y en a point pour le coeur4 ,si l'ironique1 le dsabus1 le pessimiste ,chamfort a dit cela1 lui qui se plaisait surtout sonder le coeur humain dans ses mauvais replis1 c'est que la vrit l'y contraignait4 ,vieilles amours et vieux tisons ,se rallument en toutes saisons4 dclare un dicton plein du bon sens de nos aeux4 ,quand on rpte1 crivait ,jules ,simon dans le ,devoir1 que l'amour est remplac1 la fin1 entre les poux1 par une solide amiti1 on veut dire seulement que les sens s'apaisent ou s'puisent3 car l'amour conjugal conserve tous les autres caractres de l'amour4 ,et il ajoutait ce que tout ce livre est destin affirmer et prouver3 ,n'en mdisons pas1 ne le ddaignons pas4 ,il n'y a sans lui ni dignit ni bonheur au foyer domestique4 ,le pote#ea le sait bien lorsqu'il esquisse ce riant et touchant tableau3 ,vois ces deux poux dont la tte tremble ,marcher cte cte1 heureux1 sans parler1 ,a force de vivre toute heure ensemble1 ,vois1 ils ont fini par se ressembler4 ,descendons comme eux la pente insensible1 ,laissons natre et fuir les brves saisons4 ,en ne nous quittant que le moins possible1 ,nous ne verrons pas que nous vieillissons4 ,c'est la rcompense2 on peut la prdire4 ,les amants constants gardent1 et trs tard1 ,sur leur lvre ple un jeune sourire1 ,dans leurs yeux fans un jeune regard4 ,au fond du foyer1 braise encor vivante1 ,toujours la tendresse en eux brle un peu4 ,l'habitude1 honnte et bonne servante1 ,ne laisse jamais s'teindre le feu4 ,leurs derniers printemps ont pour hirondelles ,les souvenirs chers de l'ancien bonheur4 ,pour ne pas vieillir1 soyons-nous fidles1 ,tendre et simple amie1 coeur de mon coeur6 #ea ,franois ,coppe4 ,nous ne troublerons pas1 par des dveloppements dsormais inutiles1 la dlicieuse impression que laissent ces vers4 ,mais peut-tre nous sera-t-il permis de rpter un mot charmant sorti du coeur mme de notre douce ,france3 ,vieil en amours1 hyver en fleurs#eb4 #eb ,g4 ,meurier4 ,,chapitre ,,xiv ,,home6 ,,sweet ,,home6 ,pour mon compte1 dit ,j4 ,michelet dans son ,journal1 je ne comprends que deux femmes3 celle qu'on peut associer ses penses1 peut-tre mme ses travaux2 ou bien1 la modeste mnagre qui1 le jour1 gouverne son petit royaume4 ,le soir1 je la vois assise prs de la table de travail4 ,elle file4 ,a deux pas1 le berceau1 qu'elle endort au doux ronflement de son rouet4 ,on a vu que ces deux femmes peuvent n'en faire qu'une1 et c'est alors surtout que la joie et le calme de l'intrieur sont assurs4 ,dans les classes o le travail de l'homme est insuffisant et doit tre augment1 pour entretenir la famille1 des fruits du travail de la femme1 on a remarqu que rien ne vaut le labeur fait la maison1 auprs des enfants1 et1 s'il se peut1 de concert avec le mari4 ,malheureusement1 les ncessits de notre tat conomique sont telles que femme et homme doivent souvent se quitter ds le matin1 aller des ateliers diffrents et ne se retrouver que le soir1 harasss et moroses1 devant un mnage en dsordre et un tre teint4 ,les enfants se sont1 pendant ce temps1 gards comme ils ont pu3 tantt la soeur ane1 fillette de sept huit ans1 veille sur ses petits frres2 tantt c'est une vieille du voisinage qui aurait grand'besoin d'une garde-malade pour elle-mme3 ou bien la mre1 en courant au travail1 s'arrte devant la crche ou l'asile du quartier et y met les plus petits1 et les plus grands vont l'cole lorsqu'ils ne s'arrtent pas en chemin recevoir l'ducation du ruisseau4 ,la maison n'est plus qu'une tanire o l'on se rfugie le soir1 et le lit conjugal qu'un grabat o s'tendent1 dans la torpeur1 les membres fatigus4 ,l'homme prend son repas la gargote1 se chauffe et se surchauffe chez le distillateur1 ne rentre plus qu'ivre et sans le sou1 bat sa femme1 bouscule ses enfants et cuve son eau-de-vie jusqu'au lendemain4 ,dix fois sur vingt la femme finit par en faire autant4 ,ce lugubre tableau a t trac bien des fois par des pinceaux plus vigoureux que le ntre4 ,mais il tait utile de le remettre sous les yeux de nos lecteurs1 pour leur faire mieux comprendre le bienfait inapprciable qu'est pour le pauvre et le travailleur un intrieur propre et bien tenu4 ,je ne crois pas qu'on triomphe de l'alcoolisme par l'augmentation des droits sur l'alcool1 dit ,jules ,simon4 ,ceux qui ont l'habitude de boire auront recours des poisons plus grossiers et on n'aura fait qu'aggraver leur maladie4 ,ils s'adonnent presque tous l'ivrognerie1 parce que leurs maisons sont des taudis abominables auprs desquels les cellules des prisonniers sont des paradis4 ,on ne videra les cabarets qu'en rendant la maison du pauvre habitable4 ,le vrai remde la plupart des maux dont nous souffrons est la reconstitution de la vie de famille4 ,tout le monde y trouverait son compte1 d'ailleurs1 et la richesse publique en augmenterait4 ,m4 ,armand ,hayem met en pleine lumire cette vrit3 ,comme la famille offre la premire image du groupe social1 dit-il1 elle offre aussi celle du groupe industriel4 ,la maison devient l'atelier le plus productif1 celui o rgne le plus grand ordre1 o le travail se divise le plus naturellement1 o tout est pargn1 mnag1 recueilli3 le temps1 la force1 la matire1 l'excdent2 o se rfugie et s'observe la morale simple et attrayante4 ,tous les conomistes conviennent que la famille est la meilleure combinaison de travail et l'atelier qui fournit la plus grande somme de produits avec le moins de frais4 ,rabelais1 le grand railleur qui1 par une ironie plus amre que tout le reste1 n'a pas voulu1 dans son livre qui comprend tout1 faire entrer l'amour1 dit pourtant quelque part avec une sorte de gravit mue venant peut-tre d'un retour sur lui-mme3 ,l o n'est femme1 j'entends mre de famille et en mariage lgitime1 le malade est en grand estrif4 ,hlas6 le malade c'est l'homme1 mme quand il se porte bien4 ,l'estrif1 l'embarras1 le danger1 l'amertume de la vie ne saurait s'amoindrir ou s'adoucir pour lui tant qu'il est seul4 ,au contraire1 il y a une telle flicit dans la vie commune de l'homme et de la femme s'aimant1 se soutenant et s'aidant travers les plus rudes preuves1 que ,william ,cobbett a pu crire sans tre tax de paradoxe3 ,quand on a vu1 comme moi1 le pauvre laboureur rentrer la nuit tombante par la petite porte de son jardin1 les paules charges d'une provision de bois pour un ou deux jours1 au moment o plusieurs jolies cratures1 qui taient depuis longtemps guetter l'approche de leur pre1 se prcipitent dans la chaumire pour annoncer la joyeuse nouvelle1 et reviennent encore plus vite pour voler sa rencontre1 grimper sur ses genoux1 ou se suspendre ses vtements2 quand on a vu des scnes comme celle-ci1 des scnes que j'ai souvent contemples avec un sentiment de bonheur toujours nouveau1 on se demande si une vie de privations n'est pas prfrable une vie d'aisance1 et si des rapports constants et directs avec ses enfants1 rapports que rien ne vient troubler1 ne sont pas prfrables ceux en travers desquels viennent se placer prcepteurs et domestiques1 ce qui ne peut que produire une diminution d'affection4 ,les ,anglais passent pour avoir ralis l'idal de la vie de famille1 de la vie du home1 comme ils disent4 ,le home n'aurait1 ce qu'on prtend1 aucun quivalent dans les autres langues1 particulirement dans la ntre4 ,on oublie que ce terme est un mot allemand 7heim72 et1 quand les ,romains combattaient pro aris et focis1 quand nous1 ,franais1 nous mettons au-dessus de tout l'honneur et la paix du foyer1 il parat qu'il reste encore dans le home de nos voisins britanniques quelque chose que ni les ,romains1 ni nous1 n'avons jamais connu4 ,j'ai beau chercher1 je ne trouve pas ce que peut tre ce quelque chose1 si ce n'est la banalit4 ,le home anglais est1 en effet1 la plupart du temps1 grand ouvert--non pas gratis-- l'tranger4 ,pour quelques shillings ou quelques livres sterling--suivant le genre de vie--par semaine1 le premier venu y trouve le vivre et le couvert1 board and lodging2 de sorte qu'on a pu dire que1 dans le ,royaume-,uni1 toute bonne mnagre se double d'une matresse d'htel4 ,quoi qu'il en soit1 la vie du foyer1 l'existence deux1 reflte et rpercute dans les enfants1 a t de tout temps chante avec enthousiasme par les potes anglais4 coutons-en quelques-uns1 parmi les moins connus4 ,doux est le sourire du foyer1 dit ,kable2 le regard qu'on se renvoie1 quand les coeurs l'un de l'autre sont srs2 douces toutes les joies qui se pressent dans le nid du mnage1 sjour de toutes les pures affections4 ,moins lyrique1 ,cotton crit une strophe qui sent le polmiste3 ,bien que les sots mprisent le doux pouvoir de l',hymen nous1 qui rendons encore meilleures ses heures dores1 nous savons1 par une aimable exprience1 que le mariage1 justement entendu1 donne ceux qui sont tendres et bons le paradis ici-bas4 ,ford reprend3 les joies du mariage sont le ciel sur la terre1 le paradis de la vie1444 le repos de l'me1 le nerf de la concorde1444 l'ternit des plaisirs4 ,voici une rafrachissante scne d'intrieur trace en cinq vers par ,j4 ,s4 ,knowles3 444 ,oui1 un monde de bien-tre gt dans ce seul mot--la femme6 ,aprs une journe de luttes1 revenir l'esprit excd1 la maison1 le soir1 et trouver le feu joyeux1 le doux repas1 o1 orn de joues et d'yeux brillants de bonheur1 l'amour s'assied et1 de son sourire1 claire toute la table6 ,quoi de plus doux1 et que rver au-del8 ,certes1 on peut le rpter avec ,moore3 ,c'est une flicit au-del de tout ce qu'a racont le pote1 lorsque deux tres1 enchans dans ce cleste lien1 le coeur jamais changeant1 et le regard jamais refroidi1 s'aiment travers toutes les preuves1 et s'aiment toujours jusqu' la mort6 ,une heure d'une passion si sainte vaut des sicles entiers de joie vagabonde1 o le coeur n'est pour rien2 et1 oh6 s'il est un tat ,elysen sur terre1 c'est celui-l1 c'est celui-l6 ,rien d'tonnant ce que les lus qui gotent ce plein bonheur terrestre soient ports s'y absorber1 s'y confiner1 oubliant le monde qui les entoure4 ,sans doute1 on n'a pas le droit de s'enfermer en gostes dans sa double flicit1 et la vie deux n'a de vertu que parce qu'elle constitue1 nous l'avons dj dit plus d'une fois1 la vritable unit sociale4 ,d'ailleurs1 ce danger d'isolement est petit1 car bien rares sont ceux qui peuvent se passer de leurs semblables1 et qui sont en mesure de profiter des services sociaux sans tre obligs1 leur tour1 de rendre personnellement et directement1 par un travail quelconque1 au moins une partie de ce qu'ils en retirent4 ,ceux-l mmes ne sont pas inutiles1 et il ne faudrait pas trop rigoureusement condamner l'gosme de leur flicit4 ,on l'a fait remarquer1 non sans raison1 un homme vertueux1 une femme estimable1 plus unis encore par le bonheur dont ils jouissent que par leurs serments1 se sparent volontiers de la socit pour tre entirement l'un l'autre1 mais ils ne sont pas perdus pour elle3 ils peuvent y servir d'exemple#ec4 #ec ,l4 ,c4 d',arc1 ,mes ,loisirs4 ,il n'en est pas moins vrai que les devoirs multiples de la vie sociale s'accordent parfaitement avec les obligations et les joies de la vie deux4 ,nous n'en voulons pour tmoignage que ce que le comte ,beugnot1 dans ses ,mmoires1 raconte de madame ,roland1 une des femmes qui1 comme on sait1 jourent le plus grand rle dans les affaires publiques de notre pays4 ,personne ne dfinissait mieux qu'elle les devoirs d'pouse et de mre1 et ne prouvait plus loquemment qu'une femme rencontre le bonheur dans l'accomplissement de ces devoirs sacrs4 ,le tableau des jouissances domestiques prenait dans sa bouche une teinte ravissante et douce2 les larmes s'chappaient de ses yeux lorsqu'elle parlait de sa fille et de son mari4 ,nous trouvons dans le ,journal de ,j4 ,michelet une scne plus humble1 mais non moins touchante1 et dont la place est naturellement marque ici4 ,il s'agit des concierges de la maison qu'il habitait alors1 et il rapporte avec motion ce dont il fut1 un soir1 le tmoin invisible et discret4 ,le mari travaille tout le jour au dehors4 ,elle1 garde la loge1 surveille le va-et-vient des locataires1 rpond aux questions des survenants1 soigne le mnage et l'enfant encore trop jeune pour aller l'cole4 ,ce soir-l donc1 le mari me prcdait de quelques pas4 ,la nuit tombait4 ,il entre dans la loge claire par un beau feu de chemine1 et jette1 avec sa casquette1 ce mot bref3 ,me voil6 ,c'est tout son salut3 ni mollesse1 ni sensiblerie1 et pourtant1 que de choses tendres pour les siens1 dans ces deux mots3 ,me voil6 ,cela voulait dire3 ,enfin1 je vous retrouve1 vous1 et ma maison6 ,cet homme1 videmment1 a connu la tristesse des repas solitaires1 ces repas1--j'en sais quelque chose1--o le miel mme garderait une saveur amre4 ,on sentait sa joie que ce temps ft pass pour ne plus revenir4 ,l'enfant s'tait empar de ses genoux1 et1 de ses petites mains1 caressait sa rude barbe4 ,elle1 bien plus affine que lui visiblement1 tait sa fte4 ,elle allait et venait de la chemine la table4 ,il y avait de la grce dans ses moindres mouvements4 ,cette jolie scne d'intrieur m'a rappel le vers d',horace3 ,mulier pudica exstrua lignis vetustis focum sacrum sub adventum viri lassi4 ,ainsi rien n'gale le contentement de la vie deux1 lorsque les poux1 par une tude qui leur doit tre chre1 par des sacrifices mutuels que l'amour rend faciles et doux1 sont arrivs laguer les causes d'aigreur et de dissentiment1 et se sont fondus l'un dans l'autre jusqu' raliser ce qu'il y a de profond dans ce mot1 si souvent dit la lgre1 tre unis4 ,un pote dlicat a donn avec une grce pntrante l'impression de ce sentiment exquis dans un sonnet qui mrite de rester ct de celui qui a seul fait jusqu'ici surnager le nom de ,flix ,arvers4 ,j'avais toujours rv le bonheur en mnage1 ,comme un port o le coeur1 trop longtemps agit1 ,vient trouver1 la fin d'un long plerinage1 ,un dernier jour de calme et de srnit4 ,une femme modeste1 peu prs de mon ge1 ,et deux petits enfants jouant son ct2 ,un cercle peu nombreux d'amis du voisinage1 ,et de joyeux propos dans les beaux soirs d't4 ,j'abandonnais l'amour la jeunesse ardente2 ,je voulais une amie1 une me confidente1 ,o cacher mes chagrins1 qu'elle seule aurait lus2 ,le ciel m'a donn plus que je n'osais prtendre2 ,l'amiti1 par le temps1 a pris un nom plus tendre1 ,et l'amour arriva qu'on ne l'attendait plus4 ,le paradis terrestre1 dit un proverbe arabe qui nous servira de conclusion1 se trouve pour l'homme dans les livres de la sagesse1 dans les oeuvres de l'art1 et dans le coeur de la femme4 ,la femme le trouvera1 sans qu'aucune autre source de joies honntes lui soit ferme d'ailleurs1 dans les oeuvres de son mnage1 dans l'amour de ses enfants et dans le coeur de son mari4 ,,fin ,,table ,i4--,deux moitis font un entier #a ,,ii4--,a la dcouverte #ai ,,iii4--,les ennemis #ca ,,iv4--,miel et fiel #eg ,v4--,sables mouvants #ga ,,vi4--,craquements et ruine #aae ,,vii4--,ce qui lie soutient #abc ,,viii4--,aimer et croire #aea ,,ix4--,le nerf de la guerre #afe ,x4--,le ministre des affaires trangres #bje ,,xi4--,la fe du foyer #bag ,,xii4--,la grande joie #bdc ,,xiii4--,les hmisphres de ,magdebourg #bec ,,xiv4--,home6 ,sweet home6 #bfe ,,mile ,,colin4--,,imprimerie ,,de ,,lagny4