,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,note sur la transcription3 ,les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges4 ,l'orthographe d'origine a t conserve et n'a pas t harmonise4 ,les mots et phrases imprims en gras dans le texte d'origine sont marqus ainsi4 ,les mots ou phrases espacs dans le text d'origine sont marqus ainsi4 ,le traducteur utilise le mot convicts dans la section sur ,la lutte pour la civilisation4 ,il s'agit selon toute vraisemblance d'une erreur de comprhension du terme allemand ,konvikte1 dont la traduction est sminaire dans le sens o il est employ ici4 ,,les ,,enigmes ,,de ,l',,univers par ,,ernest ,,haeckel ,,professeur ,,de ,,zoologie ,a ,l',,universit ,d',i,,na ,traduit de l'allemand ,,par ,,camille ,,bos ,,paris ,,librairie ,c4 ,,reinwald ,,schleicher ,,fr,,res1 ,,diteurs #ae1 ,,rue ,,des ,,saints-,p,,res1 #ae #aijb ,,les ,,nigmes ,,de ,l',,univers ,,les ,,nigmes ,,de ,l',,univers ,,par ,,ernest ,,haeckel ,,professeur ,,de ,,zoologie ,a ,l',,universit ,d',i,,na ,traduit de l'allemand ,,par ,,camille ,,bos ,,paris ,,librairie ,c4 ,,reinwald ,,schleicher ,,fr,,res1 ,,diteurs #ae1 ,,rue ,,des ,,saints-,p,,res1 #ae #aijb ,,pr,,face ,les ,etudes de philosophie moniste qui vont suivre sont destines aux personnes cultives de toutes conditions qui pensent et cherchent sincrement la vrit4 ,un des traits les plus saillants du ,x,i,xe sicle qui finit est l'effort croissant et vivace vers la connaissance de la vrit qui1 de proche en proche1 a gagn les cercles les plus tendus4 ,ce qui l'explique c'est1 d'une part1 les progrs inous de la connaissance relle de la nature accomplis dans ce chapitre1 merveilleux entre tous1 de l'histoire de l'humanit2 d'autre part1 la contradiction manifeste o s'est trouve cette connaissance de la nature par rapport ce qu'enseigne la tradition comme tant rvl2 c'est1 enfin1 le besoin sans cesse plus gnral et plus pressant de la raison qui lui fait dsirer comprendre les innombrables faits rcemment dcouverts et connatre clairement leurs causes4 ,a ces progrs normes des connaissances empiriques dans notre sicle de la science1 ne rpondent gure ceux accomplis dans leur interprtation thorique et dans cette connaissance suprme de l'enchanement causal de tous les phnomnes que nous appelons la philosophie4 ,nous voyons1 au contraire1 que la science abstraite et surtout mtaphysique enseigne depuis des sicles dans nos ,universits1 sous le nom de philosophie1 reste bien loigne d'accueillir dans son sein les trsors que lui a rcemment acquis la science exprimentale4 ,et nous devons1 d'autre part1 constater avec le mme regret que les reprsentants de la science exacte se contentent1 pour la plupart de travailler dans l'troit domaine de leur champ d'observation1 tenant pour superflue la connaissance plus profonde de l'enchanement gnral des phnomnes observs1 c'est--dire prcisment la philosophie6 ,tandis que ces purs empiristes ne voient pas la fort1 empchs qu'ils sont par les arbres qui la composent--les mtaphysiciens dont nous parlions tout l'heure se contentent du simple terme de fort sans voir les arbres qui la constituent4 ,le mot de philosophie de la nature vers lequel convergent tout naturellement les deux voies de recherche de la vrit1 la mthode empirique et la spculative1 est encore bien souvent aujourd'hui1 de part et d'autre1 repouss avec effroi4 ,cette opposition fcheuse et anti-naturelle entre la science de la nature et la philosophie1 entre les conqutes de l'exprience et celles de la pense est incontestablement ressentie1 dans tous les milieux cultivs1 d'une manire sans cesse plus vive et plus douloureuse4 ,c'est ce dont tmoigne dj l'extension croissante de cette littrature populaire philosophico-scientifique qui est apparue dans la seconde moiti de ce sicle4 ,c'est ce que prouve aussi ce fait consolant que1 malgr l'aversion rciproque qu'ont les uns pour les autres les observateurs de la nature et les penseurs philosophes1 cependant1 des deux camps1 des hommes illustres dans la science se tendent la main et s'unissent pour rsoudre ce problme suprme de la science que nous avons dsign d'un mot3 les ,enigmes de l',univers4 ,les recherches relatives aux nigmes de l',univers1 que je publie ici1 ne peuvent raisonnablement pas prtendre les rsoudre tout entires2 elles sont plutt destines jeter sur ces nigmes les lumires de la critique1 lguant la tche aux savants venir2 et surtout elles s'efforcent de rpondre cette question3 dans quelle mesure nous sommes-nous actuellement rapprochs de la solution des nigmes8 ,a quel point sommes-nous rellement parvenus dans la connaissance de la vrit1 la fin du ,x,i,xe sicle8 et quels progrs vers ce but indfiniment loign avons-nous rellement accomplis au cours du sicle qui s'achve8 ,la rponse que je donne ici ces graves questions ne peut naturellement tre que subjective et partiellement exacte2 car la connaissance que j'ai de la ,nature et la raison avec laquelle je juge de son essence objective sont limites comme celles de tous les autres hommes4 ,la seule chose que je revendique et l'aveu que j'ai le droit d'exiger de mes adversaires mme les plus acharns1 c'est que ma philosophie moniste est loyale d'un bout l'autre1 c'est--dire qu'elle est l'expression complte des convictions que m'ont acquises l'tude passionne de la nature1 poursuivie pendant de nombreuses annes et une mditation continuelle sur le fondement vritable des phnomnes naturels4 ,ce travail de rflexion sur la philosophie de la nature s'tend maintenant une dure d'un demi-sicle et il m'est bien permis de penser1 dans ma soixante-sixime anne1 qu'il a acquis toute la maturit possible2 je suis galement certain que ce fruit mr de l'arbre de la science ne subira plus de changement important ni de perfectionnement essentiel durant le peu d'annes que j'ai encore vivre4 ,j'ai dj expos toutes les ides essentielles et dcisives de ma philosophie moniste et gntique1 il y a de cela trente-trois ans1 dans ma ,morphologie gnrale des organismes1 ouvrage prolixe1 crit dans un style lourd et qui n'a trouv que trs peu de lecteurs4 ,c'tait le premier essai en vue d'tendre la thorie de l'volution1 tablie depuis peu1 au domaine entier de la science des formes organiques4 ,afin d'assurer du moins le triomphe d'une partie des ides nouvelles1 contenues dans ce premier ouvrage et afin1 galement1 d'intresser un plus grand nombre de personnes cultives aux progrs les plus importants de la science en notre sicle1 je publiai deux ans aprs 7#ahfh7 mon ,histoire naturelle de la cration4 ,cet ouvrage1 d'une forme plus aise1 ayant eu1 malgr de grandes lacunes1 la fortune de trouver neuf ditions et douze traductions en langues diffrentes1 n'a pas peu contribu rpandre le systme moniste4 ,on en peut dire de mme de l'anthropognie 7#ahgd71 moins lue1 dans laquelle j'ai essay de rsoudre la tche difficile de rendre accessibles et comprhensibles un plus grand nombre de personnes instruites les faits essentiels de l'histoire de l'volution humaine2 la quatrime dition de cet ouvrage1 remanie1 a paru en #ahia4 ,quelques-uns des progrs importants et surtout prcieux que cette partie essentielle de l'anthropologie a vu se raliser en ces derniers temps1 ont t mis en lumire dans la ,confrence que j'ai faite en #ahih1 au quatrime ,congrs international de ,zoologie ,cambridge1 sur l'tat actuel de nos connaissances en ce qui regarde l'origine de l'homme 7septime dition #ahii74 ,quelques questions spciales relatives la philosophie de la nature dans son tat actuel et qui offraient un intrt particulier1 ont t abordes dans mon ,recueil de ,confrences populaires concernant la thorie de l'volution 7#ahgh74 ,enfin j'ai rsum les principes les plus gnraux de ma philosophie moniste et ses rapports plus spciaux avec les principales doctrines religieuses1 dans ma ,profession de foi d'un naturaliste3 le ,monisme1 trait d'union entre la religion et la science 7#ahib1 huitime dition #ahii74 ,le livre que l'on va lire sur les ,enigmes de l',univers est un complment1 une confirmation1 un dveloppement des convictions exposes dans les ouvrages ci-dessus1 indiques et dfendues par moi depuis un nombre d'annes qui reprsente dj la dure d'une gnration4 ,je me propose de terminer par l mes tudes de philosophie moniste4 ,un vieux projet nourri pendant bien des annes1 celui d'difier tout un systme de philosophie moniste sur la base de la doctrine volutionniste1 ne sera jamais mis excution4 ,mes forces ne suffisent plus la tche et bien des symptmes de la vieillesse qui s'approche me poussent terminer mon oeuvre4 ,d'ailleurs je suis1 sous tous les rapports1 un enfant du ,x,i,xe sicle et je veux1 le jour o il se terminera1 apposer mon travail le trait final4 ,l'incalculable tendue qu'a atteint en notre sicle la science humaine par suite de la division croissante du travail1 nous laisse dj pressentir l'impossibilit d'en possder toutes les parties aussi fond et d'en exposer la synthse avec unit4 ,mme un gnie de premier ordre1 7 supposer qu'il possdt fond toutes les parties de la science et qu'il et le don d'en faire l'expos synthtique71 ne serait cependant pas en tat de fournir1 dans les limites d'un volume de grosseur moyenne1 un tableau total du ,cosmos4 ,quant moi dont les connaissances1 dans les diverses branches du savoir humain1 sont trs ingales et comportent beaucoup de lacunes1 je ne pouvais songer entreprendre qu'une tche3 esquisser le plan gnral de ce tableau de l',univers et indiquer l'unit persistante travers les parties1 en dpit de la faon trs ingale dont j'ai trait ces diverses parties4 ,c'est pourquoi ce livre sur les nigmes de l',univers n'offre gure que le caractre d'un essai dans lequel des tudes de valeurs trs diverses ont t runies en un tout4 ,quant la rdaction1 comme je l'ai commence en partie il y a de cela bien des annes1 tandis que je ne l'ai termine qu'en ces derniers temps1 la forme en est malheureusement ingale2 en outre1 maintes rptitions ont t invitables3 je prie qu'on veuille bien m'en excuser4 ,chacun des vingt chapitres qui composent ce livre est prcd d'une page dont le recto donne le titre tandis que le verso donne un court sommaire du chapitre4 ,les notes qui suivent relatives la bibliographie n'ont pas la prtention d'puiser la matire4 ,elles sont simplement destines1 d'une part1 mettre en relief1 pour chaque question1 les oeuvres capitales s'y rapportant1 d'autre part1 renvoyer le lecteur aux travaux rcents qui semblent surtout propres faciliter une tude plus approfondie de la question et combler les lacunes de mon livre4 ,en prenant ainsi cong de mes lecteurs j'exprime un dsir3 puiss-je1 par mon travail honnte et consciencieux et malgr toutes les lacunes dont j'ai conscience1 avoir contribu par mon obole la solution des nigmes de l',univers6--et puiss-je avoir montr quelques lecteurs consciencieux s'efforant au milieu du conflit des systmes vers la science rationnelle1 ce chemin qui seul1 d'aprs ma profonde conviction1 conduit la vrit1 le chemin de l'tude empirique de la nature et de la philosophie dont elle est le fondement3 la philosophie moniste4 ,ina1 #b avril #ahii4 ,,ernest ,,haeckel4 ,,chapitre ,,premier ,comment se posent les nigmes de l',univers4 ,,tableau ,g,n,,ral ,,de ,,la ,,culture ,,intellectuelle ,,au ,x,i,xe ,,si,,cle ,,le ,,conflit ,,des ,,syst,,mes4--,,monisme ,,et ,,dualisme ,joyeux depuis bien des annes1 ,et zl1 l'esprit s'efforait ,de scruter1 de saisir1 ,comment la ,nature vit en crant4 ,c'est la mme1 c'est l'ternelle ,unit1 ,qui1 diversement1 se manifeste2 ,le petit se confond avec le grand1 le grand avec le petit1 ,chacun conformment sa propre nature4 ,toujours changeant1 se maintenant invariable4 ,prs comme loin1 loin comme prs2 ,ainsi crant des formes1 les dformant1 ,c'est pour veiller l'tonnement que j'existe4 ,,goethe4 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,premier ,etat des connaissances humaines et de la conception de l',univers la fin du ,x,i,xe sicle4--,progrs accomplis dans la connaissance de la nature1 organique et inorganique4--,la loi de la substance et la loi d'volution4--,progrs accomplis dans la technique et la chimie applique4--,etat stationnaire des autres domaines de la civilisation3 administration de la ,justice1 organisation de l',etat1 l'cole1 l'glise4--,conflit entre la raison et le dogme4--,anthropisme4--,perspective cosmologique4--,principes cosmologiques4--,rfutation du dlire anthropiste des grandeurs4--,nombre des nigmes de l',univers4--,critique des sept nigmes de l',univers4--,voie qui mne leur solution4--,activit des sens et du cerveau4--,induction et dduction4--,la raison1 le sentiment et la rvlation4--,la philosophie et la science4--,l'empirisme et la spculation4--,dualisme et monisme4 ,,litt,,rature ,,ch4 ,,darwin4--,de l'origine des espces par la slection naturelle dans les rgnes animal et vgtal4 ,trad4 ,e4 ,barbier4 ,g4 ,,lamarck4--,philosophie zoologique4 #ahji4 ,,ernest ,,haeckel4--,die ,entwickelungsgeschichte der ,organismen in ihrer ,bedeutung fr die ,anthropologie und ,kosmologie4 #ahff1 #gtes und #hts ,buch der ,gener4 ,morphol4 ,c4 ,g4 ,,reuschle4--,philosophie und ,naturwissenschaft4 #ahgd4 ,k4 ,,dieterich4--,philosophie und ,naturwissenschaft1 ihr neuestes ,bndniss und die monistische ,weltanschauung4 #ahge4 ,,herbert ,,spencer4--,systme de ,philosophie ,synthtique4 #ahge4 ,,fr4 ,,ueberweg4--,grundriss der ,geschichte der ,philosophie 7#h;e dition revue et corrige par ,max ,heinze74 #ahig4 ,,fr4 ,,paulsen4--,einleitung in die ,philosophie 7#e;e dition74 #ahib4 ,,ernest ,,haeckel4--,histoire de la cration naturelle4 ,confrences scientifiques populaires sur la doctrine de l'volution4 ,trad4 ,letourneau4 ,a la fin du ,x,i,xe sicle1 date laquelle nous sommes arrivs1 le spectacle qui s'offre tout observateur rflchi est des plus remarquables4 ,toutes les personnes instruites s'accordent reconnatre que1 sous bien des rapports1 ce sicle a dpass infiniment ceux qui l'avaient prcd et qu'il a rsolu des problmes qui1 son aurore1 semblaient insolubles4 ,non seulement les progrs ont t tonnants dans la science thorique1 dans la connaissance relle de la nature1 mais en outre1 leur merveilleuse application pratique dans la technique1 l'industrie1 le commerce1 etc4--si fconde en rsultats admirables--a imprim notre vie intellectuelle moderne1 tout entire1 un caractre absolument nouveau4 ,mais1 d'autre part1 il est d'importants domaines de la vie morale et des relations sociales1 sur lesquels nous ne pouvons revendiquer qu'un faible progrs par rapport aux sicles prcdents--souvent1 hlas6 nous avons constater un recul4 ,ce conflit manifeste amne non seulement un sentiment de malaise1 celui d'une scission interne1 d'un mensonge1 mais en outre il nous expose au danger de graves catastrophes sur le terrain politique et social4 ,c'est1 ds lors1 non seulement un droit strict mais aussi un devoir sacr pour tout chercheur consciencieux qu'anime l'amour de l'humanit1 de contribuer en toute conscience rsoudre ce conflit et viter les dangers qui en rsultent4 ,ce but ne peut tre atteint1 d'aprs notre conviction1 que par un effort courageux vers la connaissance de la vrit et1 solidement appuye sur celle-ci1 par l'acquisition d'une philosophie claire et naturelle4 ,progrs dans la connaissance de la nature4--,si nous essayons de nous reprsenter l'tat imparfait de la connaissance de la nature au dbut du ,x,i,xe sicle et si nous le comparons avec l'clatante hauteur qu'il a atteinte la fin de ce mme sicle1 le progrs accompli doit paratre1 tout homme capable d'en juger1 merveilleusement grand4 ,chaque branche particulire de la science peut se vanter d'avoir ralis en ce sicle--surtout pendant la seconde moiti--des conqutes extensives et intensives1 de la plus haute porte4 ,le microscope pour la science des infiniment petits1 le tlescope pour l'tude des infiniment grands1 nous ont acquis des donnes inapprciables auxquelles1 il y a cent ans1 il aurait paru impossible de songer4 ,les mthodes perfectionnes de recherches microscopiques et biologiques nous ont non seulement rvl partout1 dans le royaume des protistes unicellulaires1 un monde dvies invisibles1 d'une infinie richesse de formes1--elles nous ont encore fait connatre1 avec la plus minuscule des cellules1 l'organisme lmentaire qui constitue1 par ses associations de cellules1 les tissus dont est compos le corps de toutes les plantes et de tous les animaux pluricellulaires1 tout comme le corps de l'homme4 ,ces connaissances anatomiques sont de la plus grande importance2 elles sont compltes par la preuve embryologique que tout organisme suprieur1 pluricellulaire1 se dveloppe aux dpens d'une cellule simple1 unique1 l'ovule fcond4 ,l'importante thorie cellulaire1 fonde l-dessus1 nous a enfin livr le vrai sens des processus physiques et chimiques1 aussi bien que des phnomnes de la vie psychologique1 phnomnes mystrieux pour l'explication desquels on invoquait auparavant une force vitale surnaturelle ou une me1 essence immortelle4 ,en mme temps1 la vraie nature des maladies1 par la pathologie cellulaire qui se rattache troitement la thorie cellulaire1 est devenue claire et comprhensible pour le mdecin4 ,non moins remarquables sont les dcouvertes du ,x,i,xe sicle dans le domaine de la nature inorganique4 ,toutes les parties de la physique ont fait les progrs les plus tonnants3 l'optique et l'acoustique1 la thorie du magntisme et de l'lectricit1 la mcanique et la thorie de la chaleur2 et1 ce qui est plus important1 cette science a dmontr l'unit des forces de la nature dans l',univers tout entier4 ,la thorie mcanique de la chaleur a montr les rapports troits qui existent entre ces forces et comment1 dans des conditions prcises1 elles peuvent se transformer l'une en l'autre4 ,l'analyse spectrale nous a appris que les mmes matriaux qui constituent notre corps et les tres vivants qui l'habitent1 sont aussi ceux qui constituent la masse des autres plantes1 du soleil et des astres les plus lointains4 ,la physique astrale a largi1 dans une grande mesure1 notre conception de l',univers1 en nous montrant dans l'espace infini des millions de corps tourbillonnant1 plus grands que notre terre et1 comme elle1 se transformant continuellement1 alternant jamais entre devenir et disparatre4 ,la chimie nous a fait connatre une quantit de substances autrefois inconnues1 constitues toutes par un agrgat de quelques lments irrductibles 7environ soixante-dix7 et dont certaines ont pris1 dans tous les domaines de la vie1 la plus grande importance pratique4 ,elle nous a montr dans l'un de ces lments1 le carbone1 le corps merveilleux qui dtermine la formation de l'infinie varit des agrgats organiques et qui1 par suite1 reprsente la base chimique de la vie4 ,mais tous les progrs particuliers de la physique et de la chimie1 quant leur importance thorique1 sont infiniment dpasss par la dcouverte de la grande loi o ils viennent converger comme en un foyer3 la loi de substance4 ,cette loi cosmologique fondamentale1 qui dmontre la permanence de la force et celle de la matire dans l',univers1 est devenue le guide le plus sr pour conduire notre philosophie moniste1 travers le labyrinthe compliqu de l'nigme de l',univers1 vers la solution de cette nigme4 ,comme nous nous efforcerons1 dans les chapitres suivants1 d'atteindre une vue d'ensemble sur l'tat actuel de la science de la nature et sur ses progrs en notre sicle1 nous ne nous arrterons pas davantage ici sur chacune des branches particulires de cette science4 ,nous voulons seulement signaler un progrs immense1 aussi important que la loi de substance et qui la complte3 la thorie de l'volution4 ,sans doute1 quelques penseurs1 chercheurs isols1 avaient parl depuis des sicles de l'volution des choses2 mais l'ide que cette loi gouverne tout l',univers et que le monde lui-mme n'est rien autre qu'une ternelle volution de la substance1 cette ide puissante est fille de notre ,x,i,xe sicle4 ,et c'est seulement dans la seconde moiti de ce sicle qu'elle a atteint une entire clart et une universelle application4 ,l'immortelle gloire d'avoir donn cette haute ide philosophique un fondement empirique et une valeur gnrale1 revient au grand naturaliste anglais ,,charles ,,darwin2 il a donn1 en #ahei1 une base solide cette thorie de la descendance dont le gnial ,franais ,,lamarck1 philosophe et naturaliste1 avait dj pos en #ahji les traits principaux et que le plus grand de nos potes et de nos penseurs allemands1 ,,goethe1 avait dj prophtiquement entrevue en #agii4 ,par l nous tait donne la clef qui devait nous aider rsoudre le problme des problmes1 la grande nigme de l',univers1 savoir la place de l'homme dans la ,nature et la question de son origine naturelle4 ,si1 en cette anne #ahii1 nous sommes mme de reconnatre clairement l'extension universelle de la loi d'volution--et de la ,gense moniste6--et de l'appliquer conjointement la loi de substance1 l'explication moniste des phnomnes de la ,nature1 nous en sommes redevables en premire ligne aux trois philosophes naturalistes de gnie dont nous avons parl2 aussi brillent-ils nos yeux1 parmi tous les autres grands hommes de notre sicle1 pareils trois toiles de premire grandeur#a4 #a ,cf4 ,e4 ,,haeckel1 ,die ,naturanschauung von ,darwin1 ,goethe und ,lamarck4 7,confrence faite ,eisenach1 ,ina #ahhb47 ,a ces extraordinaires progrs de notre connaissance thorique de la nature correspondent leurs applications varies tous les domaines de la vie civilise4 ,si nous sommes aujourd'hui l'poque du commerce1 si les changes internationaux et les voyages ont pris une importance insouponne jusqu'alors1 si nous avons triomph des limites de l'espace et du temps au moyen du tlgraphe et du tlphone--nous devons tout cela en premire ligne aux progrs techniques de la physique1 en particulier ceux accomplis dans l'application de la vapeur et de l'lectricit4 ,et si1 par la photographie1 nous nous rendons matres de la lumire solaire avec la plus grande facilit1 nous procurant1 en un instant1 des tableaux fidles de tel objet qu'il nous plat2 si la mdecine1 par le chloroforme et la morphine1 par l'antiseptie et l'emploi du srum1 a adouci infiniment les souffrances humaines1 nous devons tout cela la chimie applique4 ,a quelle distance1 par ces dcouvertes techniques et par tant d'autres1 nous avons laiss derrire nous les sicles prcdents1 c'est un fait trop connu pour que nous ayons ici besoin de nous y tendre davantage4 ,progrs des institutions sociales4--,tandis que nous contemplons avec un lgitime orgueil les progrs immenses accomplis par le ,x,i,xe sicle dans la science et ses applications pratiques1 un spectacle malheureusement tout autre et beaucoup moins rjouissant s'offre nous si nous considrons maintenant d'autres aspects1 non moins importants1 de la vie moderne4 ,a regret1 il nous faut souscrire ici cette phrase d',,alfred ,,wallace3 ,compars nos tonnants progrs dans les sciences physiques et leurs applications pratiques1 notre systme de gouvernement1 notre justice administrative1 notre ducation nationale et toute notre organisation sociale et morale1 sont rests l'tat de barbarie4 ,pour nous convaincre de la justesse de ces graves reproches1 nous n'avons qu' jeter un regard impartial au milieu de notre vie publique1 ou bien encore dans ce miroir que nous tend chaque jour notre journal1 en tant qu'organe de l'opinion publique4 ,administration de la justice4--,commenons notre revue par la justice1 le fundamentum regnorum3 ,personne ne prtendra que son tat actuel soit en harmonie avec notre connaissance avance de l'homme et du monde4 ,pas une semaine ne s'coule sans que nous ne lisions des jugements judiciaires qui provoquent de la part du bon sens humain1 un hochement de tte significatif2 nombre de dcisions manes de nos tribunaux suprieurs ou ordinaires semblent presque incroyables4 ,nous faisons abstraction1 en traitant des nigmes de l',univers1 du fait que dans beaucoup d'tats modernes1 en dpit de la constitution crite sur papier1 c'est encore l'absolutisme qui rgne en ralit1 et que beaucoup d'hommes de droit jugent1 non d'aprs la conviction de leur conscience1 mais conformment au voeu plus essentiel d'un poste proportionn4 ,nous prfrons admettre que la plupart des juges et des fonctionnaires jugent en toute conscience et ne se trompent qu'en qualit d'tres humains4 ,alors la plupart des erreurs s'expliqueront par une insuffisante prparation4 ,sans doute1 l'opinion courante est que les juristes sont prcisment les hommes ayant la plus haute culture2 et c'est mme prcisment pour cela qu'ils sont choisis pour occuper les plus hauts emplois4 ,mais cette culture juridique tant vante est presque toute formelle1 aucunement relle4 ,nos juristes n'apprennent connatre que superficiellement l'objet propre et essentiel de leur activit3 l'organisme humain et sa fonction la plus importante1 l'me4 ,c'est ce dont tmoignent1 par exemple1 les ides surprenantes que nous rencontrons chaque jour sur le libre arbitre1 la responsabilit etc4 ,comme j'assurais un jour un jurisconsulte minent que la minuscule cellule sphrique aux dpens de laquelle tout homme se dveloppe tait doue de vie tout comme l'embryon de deux1 de sept et mme de neuf mois1 il ne me rpondit que par un sourire d'incrdulit4 ,la plupart de ceux qui tudient la jurisprudence ne songent pas s'occuper d'anthropologie1 de psychologie et d'embryologie1 qui sont cependant les conditions pralables de toute juste conception sur la nature de l'homme4 ,il est vrai que pour ces tudes1 il ne reste pas de temps2 ce temps1 malheureusement n'est que trop pris par l'tude approfondie de la bire et du vin ainsi que par l'annoblissant exercice qui consiste prendre ses mesures#b4 ,le reste de ce prcieux temps d'tude est ncessaire pour apprendre les centaines de paragraphes des codes1 science qui met aujourd'hui le juriste mme d'occuper toutes les situations4 #b ,l'auteur fait allusion ici1 par cette expression d'escrime1 l'habitude des duels si rpandue parmi les tudiants allemands1 qui se font une gloire de leurs balafres4 ,organisation de l',etat4--,nous ne ferons ici qu'effleurer en passant le triste chapitre de la politique1 car l'organisation dplorable de la vie sociale moderne est connue de tous et chacun peut chaque jour en ressentir les effets4 ,les imperfections s'expliquent en partie par ce fait que la plupart des fonctionnaires sont prcisment des juristes1 des hommes d'une culture toute de forme1 mais dnus de cette connaissance approfondie de la nature humaine qu'on ne puise que dans l'anthropologie compare et la psychologie moniste1 dnus de cette connaissance des rapports sociaux1 dont les modles nous sont fournis par la zoologie et l'embryologie compares1 la thorie cellulaire et l'tude des protistes4 ,nous ne pouvons comprendre vritablement la ,structure et la ,vie du corps social1 c'est--dire de l',etat1 que lorsque nous possdons la connaissance scientifique de la ,structure et de la ,vie des individus dont l'ensemble constitue l',etat et des cellules dont l'ensemble constitue l'individu#c4 ,si nos chefs d',etat et nos reprsentants du peuple1 leurs collaborateurs1 possdaient ces inapprciables connaissances prliminaires en biologie et anthropologie1 nous ne trouverions pas chaque jour dans les journaux cette effrayante quantit d'erreurs sociologiques et de propos politiques de cabaret qui caractrisent1 d'une faon regrettable1 nos compte rendus parlementaires et plus d'un dcret officiel4 ,le pis1 c'est de voir l',etat1 dans un pays civilis1 se jeter dans les bras de l',eglise1 cette ennemie de la civilisation1 et de voir aussi l'gosme mesquin des partis1 l'aveuglement des chefs la vue borne1 soutenir la hirarchie4 ,c'est alors que se produisent les tristes scnes que le ,reichstag allemand nous met malheureusement sous les yeux1 aujourd'hui1 la fin du ,x,i,xe sicle6 les destines de la nation allemande1 nation civilise1 entre les mains du ,centre ultramontain1 diriges par le papisme romain1 qui est son plus acharn et son plus dangereux ennemi4 ,au lieu du droit et de la raison rgnent la superstition et l'abtissement4 ,l'organisation de l',etat ne pourra devenir meilleure que lorsqu'elle sera affranchie des chanes de l',eglise et lorsqu'elle aura amen un niveau plus lev1 par une culture scientifique universellement rpandue1 les connaissances des citoyens1 en ce qui touche au monde et l'homme4 ,d'ailleurs1 la forme de gouvernement n'a ici aucune importance4 ,que la constitution soit monarchique ou rpublicaine1 aristocratique ou dmocratique1 ce sont l des questions secondaires ct de cette grande question capitale3 ,l',etat moderne1 dans un pays civilis1 doit-il tre ecclsiastique ou laque8 doit-il tre thocratique1 rgi par des articles de foi anti-rationnels1 par l'arbitraire clricalisme1 ou bien doit-il tre nomocratique1 rgi par une loi raisonnable et un droit civil8 ,notre devoir essentiel est de former la jeunesse la raison1 d'lever des citoyens affranchis de la superstition et cela n'est possible que par une rforme opportune de l',ecole4 #c ,cf4 ,,sh,,ffle2 ,bau und ,leben des socialen krpers #ahge4 ,l',ecole4--,ainsi que nous venons de le voir pour l'administration de la ,justice et l'organisation de l',etat1 l'ducation de la jeunesse est bien loin de rpondre aux exigences que les progrs scientifiques du ,x,i,xe sicle imposent la culture moderne4 ,les sciences naturelles qui l'emportent tellement sur toutes les autres sciences et qui1 y regarder de prs1 ont absorb en elles toutes les branches de la culture intellectuelle1 ne sont encore considres dans nos coles que comme une tude secondaire ou relgues dans un coin comme ,cendrillon4 ,par contre1 la plupart de nos professeurs regardent encore comme leur premier devoir d'acqurir une rudition suranne1 emprunte aux clotres du moyen ge2 au premier plan figurent le sport grammatical et cette connaissance approfondie des langues classiques qui absorbe tant de temps1 enfin l'histoire extrieure des peuples4 ,la morale1 l'objet le plus important de la philosophie pratique1 est nglige et remplace par la confession de l',eglise4 ,la foi doit avoir le pas sur la science2 non pas cette foi scientifique qui nous conduit une religion moniste1 mais cette superstition antirationnelle qui fait le fond d'un christianisme dfigur4 ,tandis que1 dans nos coles suprieures1 les grandes conqutes de la cosmologie et de l'anthropologie modernes1 de la biologie et de l'embryologie contemporaines1 ne sont que peu ou pas exposes1 la mmoire des lves est surcharge d'une masse de faits philologiques et historiques qui n'ont d'utilit ni pour la culture thorique1 ni pour la vie pratique4 ,mais1 d'autre part1 les institutions vieillies et l'organisation des facults1 dans nos universits1 rpondent aussi peu que le mode d'enseignement dans les gymnases et les coles primaires au degr d'volution o est parvenue aujourd'hui la philosophie moniste4 ,l',eglise4--,l',eglise nous offre1 sans contredit1 le summum du contraste avec la culture moderne et ce qui en fait la base1 c'est--dire la connaissance approfondie de la nature4 ,nous ne parlerons pas ici du papisme ultramontain ou des sectes vangliques orthodoxes qui ne le cdent en rien au premier pour l'ignorance de la ralit et renseignement de la plus inique superstition4 ,considrons plutt le sermon d'un pasteur libral1 lequel possderait une bonne culture moyenne et ferait la raison sa place ct de la foi4 ,nous y relverons1 ct d'excellentes maximes morales parfaitement en harmonie avec notre ,ethique moniste 7voy4 notre chap4 ,,xix7 et ct de vues humanitaires--auxquelles nous souscrivons pleinement1--des vues sur la nature de ,dieu et du monde1 de l'homme et de la vie1 qui sont en contradiction absolue avec les expriences des naturalistes4 ,rien d'tonnant ce que les techniciens et les chimistes1 les mdecins et les philosophes qui ont tudi fond la nature et rflchi profondment sur ce qu'ils avaient observ1 refusent absolument d'aller entendre de pareils sermons4 ,il manque nos ,thologiens comme nos philologues1 nos politiciens comme nos juristes1 cette connaissance indispensable de la ,nature1 fonde sur la doctrine moniste de l'volution et qui a dj pris possession de notre science moderne4 ,conflit entre la raison et le dogme4--,de ces conflits regrettables1 trop sommairement indiqus ici1 il rsulte1 dans notre vie intellectuelle moderne1 de graves problmes qui1 par le danger qu'ils prsentent1 demandent tre carts sans retard4 ,notre culture moderne1 rsultat des progrs immenses de la science1 revendique ses droits dans tous les domaines de la vie publique et prive2 elle veut voir l'humanit1 grce la raison1 parvenue ce haut degr de science et1 par suite1 d'approximation du bonheur1 dont nous sommes redevables au grand dveloppement des sciences naturelles4 ,mais contre elle se dressent tout puissants1 ces partis influents qui veulent maintenir notre culture intellectuelle1 en ce qui concerne les problmes les plus importants1 au stade reprsent par le moyen ge et de si loin dpass2 ces partis s'enttent demeurer sous le joug des dogmes traditionnels et demandent la raison de se courber devant cette rvlation plus haute4 ,c'est le cas dans le monde des thologiens1 des philologues1 des sociologues et des juristes4 ,les mobiles de ceux-ci reposent1 en grande partie1 non pas sur un complet gosme ou sur des tendances intresses1 mais tant sur l'ignorance des faits rels que sur l'habitude commode de la tradition4 ,des trois grandes ennemies de la raison et de la science1 la plus dangereuse n'est pas la mchancet mais l'ignorance et peut-tre plus encore la paresse4 ,contre ces deux dernires puissances les dieux eux-mmes luttent en vain1 aprs qu'ils ont heureusement combattu la premire4 ,anthropisme4--,cette philosophie arrire puise sa plus grande force dans l'anthropisme ou anthropomorphisme4 ,par ce terme1 j'entends ce puissant et vaste complexus de notions errones qui tendent mettre l'organisme humain en opposition avec tout le reste de la nature1 en font la fin assigne d'avance la cration organique1 le tiennent pour radicalement diffrent de celle-ci et d'essence divine4 ,une critique plus approfondie de cet ensemble de notions nous montre qu'elles reposent1 en ralit1 sur trois dogmes que nous distinguerons sous les noms d'erreurs anthropocentrique1 anthropomorphique et anthropolatrique#d4 #d ,e4 ,,haeckel3 ,systematische ,phylognie1 #ahie1 ,bd4 ,,iii1 ,s4 #fdf bis #fej3 ,anthropogenie und ,anthropismus 7,anthropoltrie signifie culte divin de l'tre humain47 ,i4--,le dogme anthropocentrique a pour point culminant cette assertion que l'homme est le centre1 le but final pralablement assign toute la vie terrestre1 ou1 en largissant cette conception1 tout l',univers4 ,comme cette erreur sert souhait l'gosme humain et comme elle est intimement mle aux mythes des trois grandes religions mditerranennes relatives la ,cration3 aux dogmes des doctrines mosaque1 chrtienne et mahomtane1 elle domine encore aujourd'hui dans la plus grande partie du monde civilis4 ,,ii4--,le dogme anthropomorphique se rattache de mme aux mythes relatifs la ,cration et qu'on trouve non seulement dans les trois religions dj nommes1 mais dans beaucoup d'autres encore4 ,il compare la cration de l',univers et le gouvernement du monde par ,dieu aux crations artistiques d'un technicien habile ou d'un ingnieur machiniste et l'administration d'un sage chef d',etat4 ,dieu le ,seigneur1 crateur1 conservateur et administrateur de l',univers est ainsi conu1 de tous points dans son mode de penser et d'agir1 sur le modle humain4 ,d'o il rsulte1 rciproquement1 que l'homme est conu semblable ,dieu4 ,dieu cra l'homme son image4 ,la nave mythologie primitive est un pur homothisme et confre ses dieux la forme humaine1 leur donne de la chair et du sang4 ,la rcente thosophie mystique est plus difficile imaginer lorsqu'elle adore le dieu personnel comme invisible--en ralit sous la forme gazeuse6--et le fait1 cependant1 en mme temps penser1 parler et agir la faon humaine2 elle aboutit ainsi au concept paradoxal de vertbr gazeux4 ,,iii4--,le dogme anthropoltrique rsulte tout naturellement de cette comparaison des activits humaine et divine1 il aboutit au culte religieux de l'organisme humain1 au dlire anthropiste des grandeurs d'o rsulte1 cette fois encore1 la si prcieuse croyance l'immortalit personnelle de l'me1 ainsi que le dogme dualiste de la double nature de l'homme1 dont l'me immortelle n'habite que temporairement le corps4 ,ces trois dogmes anthropistes1 dvelopps diversement et adapts aux formes variables des diffrentes religions1 ont pris1 au cours des ans1 une importance extraordinaire et sont devenus la source des plus dangereuses erreurs4 ,la philosophie anthropiste qui en est issue est irrconciliablement en opposition avec notre connaissance moniste de la nature3 celle-ci1 par sa perspective cosmologique1 en fournit la rfutation4 ,perspective cosmologique4--,non seulement les trois dogmes anthropistes1 mais encore bien d'autres thses de la philosophie dualiste et de la religion orthodoxe deviennent inadmissibles1 sitt qu'on les considre du point de vue critique de notre perspective cosmologique moniste4 ,nous entendons par l l'observation si comprhensive de l',univers telle que nous la pouvons faire en nous levant au point le plus haut o soit parvenue notre connaissance moniste de la nature4 ,l nous pouvons nous convaincre des principes cosmologiques suivants1 principes importants et1 notre avis1 dmontrs aujourd'hui pour la plus grande partie3 ,i4 ,le monde 7,univers ou ,cosmos7 est ternel1 infini et illimit4--,,ii4 ,la substance qui le compose avec ses deux attributs 7matire et nergie7 remplit l'espace infini et se trouve en tat de mouvement perptuel4--,,iii4 ,ce mouvement se produit dans un temps infini sous la forme d'une volution continue1 avec des alternances priodiques de dveloppements et de disparitions1 de progressions et de rgressions4--,,iv4 ,les innombrables corps clestes disperss dans l'ther qui remplit l'espace sont tous soumis la loi de la substance2 tandis que dans une partie de l',univers1 les corps en rotation vont lentement au devant de leur rgression et de leur disparition1 des progressions et des noformations ont lieu dans une autre partie de l'espace cosmique4--,v4 ,notre soleil est un de ces innombrables corps clestes passagers et notre terre est une des innombrables plantes passagres qui l'entourent4--,,vi4 ,notre plante a travers une longue priode de refroidissement avant que l'eau n'ait pu s'y former en gouttes liquides et qu'ainsi n'ait t ralise la condition premire de toute vie organique4--,,vii4 ,le processus biogntique qui a suivi la lente formation et dcomposition d'innombrables formes organiques a exig plusieurs millions d'annes 7plus de cent millions67#e4--,,viii4 ,parmi les diffrents groupes d'animaux qui se sont dvelopps sur notre terre au cours du processus biogntique1 le groupe des ,vertbrs a finalement1 dans la lutte pour l'volution1 dpass de beaucoup tous les autres4--,,ix4 ,au sein du groupe des ,vertbrs et une poque tardive seulement 7pendant la priode triasique71 descendant des ,reptiles primitifs et des ,amphibies1 la classe des ,mammifres a pris le premier rang en importance4--,x4 ,au sein de cette classe1 le groupe le plus parfait1 parvenu au degr le plus lev de dveloppement1 est l'ordre des ,primates1 apparu seulement au dbut de la priode tertiaire 7il y a au moins trois millions d'annes7 et issu par transformation des ,placentariens infrieurs 7,prochoriatids74--,,xi4 ,au sein du groupe des ,primates1 l'espce la dernire venue et la plus parfaite est reprsente par l'homme1 apparu seulement vers la fin de l'poque tertiaire et issu d'une srie de singes anthropodes4--,,xii4 ,d'o l'on voit que la soi-disant histoire du monde--c'est--dire le court espace de quelques milliers d'annes travers lesquelles se reflte l'histoire de la civilisation humaine1--n'est qu'un court pisode phmre1 au milieu du long processus de l'histoire organique de la terre1 de mme que celle-ci n'est qu'une petite partie de l'histoire de notre systme plantaire4 ,et de mme que notre mre1 la terre1 n'est qu'une passagre poussire du soleil1 ainsi tout homme considr individuellement n'est qu'un minuscule grain de plasma1 au sein de la nature organique passagre4 #e ,dure de l'histoire organique de la terre1 cf4 ma confrence de ,cambridge4 ,de l'tat actuel de nos connaissances relativement l'origine de l'homme4 #ahih4 ,rien ne me semble plus propre que cette grandiose perspective cosmologique nous fournir1 ds le dbut1 la juste mesure et le point de vue le plus large que nous devons toujours garder lorsque nous essayons de rsoudre la grande nigme de l',univers qui nous entoure4 ,car par l il est non seulement dmontr clairement quelle est l'exacte place de l'homme dans la nature1 mais1 en outre1 le dlire anthropiste des grandeurs1 si puissant1 se trouve rfut2 par l il est fait justice de la prtention avec laquelle l'homme s'oppose l',univers infini et se rend hommage comme l'lment le plus important du ,cosmos4 ,ce grossissement illimit de sa propre signification a conduit l'homme1 dans sa vanit1 se considrer comme l'image de ,dieu1 revendiquer pour sa passagre personne une vie ternelle et s'imaginer qu'il possdait un entier libre arbitre4 ,le ridicule dlire de ,csar1 dont ,caligula tait atteint1 n'est qu'une forme spciale de cette orgueilleuse dification de l'homme par lui-mme4 ,c'est seulement lorsque nous aurons renonc cet inadmissible dlire des grandeurs et lorsque nous aurons adopt la perspective cosmologique naturelle1 que nous pourrons parvenir rsoudre les nigmes de l',univers4 ,nombre des nigmes de l',univers4--,l'homme moderne1 sans culture1 tout comme l'homme primitif et grossier1 se heurte chaque pas un nombre incalculable d'nigmes de l',univers4 ,a mesure que la culture augmente et que la science progresse1 ce nombre se rduit4 ,la philosophie moniste ne reconnat1 finalement1 qu'une seule nigme1 comprenant tout3 le problme de la substance4 ,cependant il peut paratre utile de dsigner encore de ce nom un certain nombre des problmes les plus difficiles4 ,dans le discours clbre1 prononc par lui en #ahhj l',acadmie des sciences de ,berlin1 au cours d'une sance en l'honneur de ,leibnitz1 ,emile du ,bois-,reymond distinguait sept nigmes de l',univers et les numrait dans l'ordre suivant3 #a ,nature de la matire et de la force2 #b ,origine du mouvement2 #c ,premire apparition de la vie2 #d ,finalit 7en apparence prconue7 de la nature2 #e ,apparition de la simple sensation et de la conscience2 #f ,la raison et la pense avec l'origine du langage1 qui s'y rattache troitement2 #g ,la question du libre arbitre4 ,de ces sept nigmes1 le prsident de l',acadmie de ,berlin en tient trois pour tout fait transcendantes et insolubles 7la #are1 la #b;e et la #e;e72 il en considre trois autres comme difficiles1 sans doute1 mais comme pouvant tre rsolues 7la #c;e1 la #d;e et la #f;e72 au sujet de la septime et dernire nigme de l',univers1 pratiquement la plus importante 7 savoir le libre arbitre71 l'auteur semble incertain4 ,comme mon ,monisme diffre essentiellement de celui du prsident berlinois1 comme1 d'autre part1 la faon dont celui-ci conoit les sept nigmes de l',univers a trouv le plus grand succs et s'est propage dans tous les milieux1 je considre comme opportun de prendre de suite et nettement position vis--vis de mon adversaire4 ,a mon avis1 les trois nigmes transcendantes 7#a1 #b1 #e7 sont supprimes par notre conception de la substance 7chapitre ,,xii72 les trois autres problmes1 difficiles mais solubles 7#c1 #d1 #f7 sont dfinitivement rsolus par notre moderne thorie de l'volution2 quant la septime et dernire nigme1 le libre arbitre1 elle n'est pas l'objet d'une explication critique et scientifique car1 en tant que dogme pur1 elle ne repose que sur une illusion et1 en vrit1 n'existe pas du tout4 ,solution des nigmes de l',univers4--,les moyens qui nous sont offerts1 les voies que nous avons suivre pour rsoudre la grande nigme de l',univers ne sont point autres que ceux dont se sert la science pure1 en gnral1 c'est--dire l'exprience d'abord1 le raisonnement ensuite4 ,l'exprience scientifique s'acquiert par l'observation et l'exprimentation1 dans lesquelles interviennent en premire ligne l'activit de nos organes des sens1 en second lieu1 celle des foyers internes des sens situs dans l'corce crbrale4 ,les organes lmentaires microscopiques sont1 pour les premiers1 les cellules sensorielles1 pour les seconds des groupes de cellules ganglionnaires4 ,les expriences que nous avons faites du monde extrieur1 grce ces inapprciables organes de notre vie intellectuelle1 sont ensuite transformes par d'autres parties du cerveau en reprsentations et celles-ci1 leur tour1 associes pour former des raisonnements4 ,la formation de ces raisonnements a lieu par deux voies diffrentes1 qui ont1 selon moi1 une gale valeur et sont au mme degr indispensables3 l'induction et la dduction4 ,les autres oprations crbrales1 plus compliques3 enchanement d'une suite de raisonnements2 abstraction et formation des concepts2 le complment fourni l'entendement1 facult de connatre1 par l'activit plastique de la fantaisie2 enfin la conscience1 la pense et le pouvoir de philosopher--tout cela ce sont encore autant de fonctions des cellules ganglionnaires corticales1 ni plus ni moins que les fonctions prcdentes1 plus lmentaires4 ,nous les runissons toutes sous le terme suprieur de raison#f4 #f ,sur l'induction et la dduction1 cf4 mon ,histoire de la cration naturelle 7neuvime dition1 #ahih74 ,raison1 sentiment et rvlation4--,nous pouvons1 par la seule raison1 parvenir la vritable connaissance de la nature et la solution des nigmes de l',univers4 ,la raison est le bien suprme de l'homme et la seule prrogative qui le distingue essentiellement des animaux4 ,il est vrai1 il n'a acquis cette haute valeur que grce aux progrs de la culture intellectuelle1 au dveloppement de la science4 ,l'homme civilis avant d'tre instruit et l'homme primitif1 grossier1 sont aussi peu 7ou tout autant7 raisonnables que les ,mammifres les plus voisins de l'homme 7les singes1 les chiens1 les lphants1 etc47 ,cependant1 c'est une opinion encore trs rpandue1 qu'en dehors de la divine raison il y a en outre deux autres modes de connaissance 7plus importants mme1 va-t-on jusqu' dire673 le sentiment et la rvlation4 ,nous devons1 ds le dbut1 rfuter nergiquement cette dangereuse erreur4 ,le sentiment n'a rien dmler avec la connaissance de la vrit4 ,ce que nous appelons sentiment et dont nous faisons si grand cas1 est une activit complique du cerveau1 constitue par des motions de plaisir et de peine1 par des reprsentations d'attraction et de rpulsion1 par des aspirations du dsir passager4 ,a cela peuvent s'adjoindre les activits les plus diverses de l'organisme3 besoins des sens et des muscles1 de l'estomac et des organes gnitaux1 etc4 ,la connaissance de la vrit n'est en aucune manire ce que rclament ces complexus qui constituent la statique et la dynamique sentimentales2 au contraire1 ils troublent souvent la raison1 seule capable d'y atteindre et ils lui nuisent un degr souvent sensible4 ,aucune des nigmes de l',univers n'a encore t rsolue ni mme sa solution rclame1 par la fonction crbrale du sentiment4 ,nous en pouvons dire autant de la soi-disant rvlation et des prtendues vrits de la foi qu'elle nous fait connatre2 tout cela repose sur une illusion1 consciente on inconsciente1 ainsi que nous le montrerons au chapitre ,,xvi4 ,philosophie et ,sciences ,naturelles4--,nous devons nous rjouir comme d'un des plus grands pas accomplis vers la solution des nigmes de l',univers1 de constater qu'en ces derniers temps on a de plus en plus reconnu pour les deux uniques routes conduisant cette solution3 l'exprience et la pense--ou l'empirisme et la spculation--enfin considrs comme ayant des droits gaux et comme des mthodes scientifiques se compltant rciproquement4 ,les philosophes ont graduellement reconnu que la spculation pure1 telle1 par exemple1 que ,,platon et ,,hegel l'employaient la construction idaliste de l',univers1 ne suffit pas la connaissance vritable4 ,et de mme1 les naturalistes se sont convaincus1 d'autre part1 que la seule exprience1 telle1 par exemple1 que ,,bacon et ,,mill la donnaient pour base leur philosophie raliste1 est insuffisante elle seule pour l'achvement mme de cette philosophie4 ,car les deux grands moyens de connaissance3 l'exprience sensible et la pense appliquant la raison1 sont deux fonctions diffrentes du cerveau2 la premire s'effectue par les organes des sens et les foyers sensoriels centraux1 la seconde s'effectue grce aux foyers de pense interposs au milieu des prcdents1 ces grands centres d'association de l'corce crbrale 7cf4 chap4 ,,vii et ,x74 ,c'est seulement de l'action combine des deux que peut rsulter la vraie connaissance4 ,je sais bien qu'il existe encore aujourd'hui maints philosophes qui veulent construire le monde en puisant dans leur seule tte et qui mprisent la connaissance empirique de la nature pour cette premire raison qu'ils ne connaissent pas l',univers vritable4 ,d'autre part1 aujourd'hui encore1 maint naturaliste affirme que l'unique devoir de la science est la connaissance des faits1 l'tude objective des phnomnes naturels considrs isolment2 ils affirment que l'poque de la philosophie est passe et qu' sa place s'est installe la science#g4 ,cette suprmatie exclusive accorde l'empirisme est une erreur non moins dangereuse que l'erreur oppose1 qui confre cette suprmatie la spculation4 ,les deux moyens de connaissance sont rciproquement indispensables l'un l'autre4 ,les plus grands triomphes de l'tude moderne de la nature3 la thorie cellulaire et la thorie de la chaleur1 la doctrine de l'volution et la loi de la substance1 sont des faits philosophiques1 non pas1 cependant1 des rsultats de la pure spculation1 mais bien d'une exprience pralable1 la plus tendue et la plus approfondie possible4 #g ,r4 ,,virchow3 ,die ,grndung der ,berliner ,universitaet und der ,uebergang aus dem philosophischen in das naturwissenschaftliche ,zeitalter1 ,berlin1 #ahic4 ,au dbut du ,x,i,xe sicle1 le plus grand de nos potes idalistes1 ,,schiller1 s'adressant aux deux partis en lutte1 celui des philosophes et celui des naturalistes1 leur criait3 ,la guerre soit entre vous6 l'union viendra trop tt encore6 ,c'est la seule condition que vous restiez dsunis dans la recherche1 que la vrit se fera connatre6 ,depuis lors1 par bonheur1 la situation s'est profondment modifie2 comme les deux partis1 par des chemins diffrents1 tendaient au mme terme1 ils se sont rencontrs sur ce point et1 unis par la communaut du but1 ils se rapprochent sans cesse de la connaissance de la vrit4 ,nous sommes revenus cette heure1 la fin du ,x,i,xe sicle1 cette mthode scientifique moniste que le plus grand de nos potes ralistes1 ,,goethe1 au dbut mme du sicle1 avait reconnue tre la seule conforme la nature#h4 #h ,cf4 l-dessus le chapitre ,,iv de ma ,morphologie gnrale1 #ahff3 ,critique des mthodes employes dans les sciences naturelles4 ,dualisme et ,monisme4--,les directions diverses de la philosophie1 envisages du point de vue actuel des sciences naturelles1 se sparent en deux groupes opposs3 d'une part1 la conception dualiste o rgne la scission1 d'autre part1 la conception moniste o rgne l'unit4 ,a la premire se rattachent gnralement les dogmes tlologiques et idalistes2 la seconde1 les principes ralistes et mcaniques4 ,le ,dualisme 7au sens le plus large67 spare1 dans l',univers1 deux substances absolument diffrentes1 un monde matriel et un ,dieu immatriel qui se pose en face de lui comme son crateur1 son conservateur et son rgisseur4 ,le ,monisme1 par contre 7entendu galement au sens le plus large du mot67 ne reconnat dans l',univers qu'une substance unique1 la fois ,dieu et ,nature2 pour lui1 le corps et l'esprit 7ou la matire et l'nergie7 sont troitement unis4 ,le ,dieu supra terrestre du dualisme nous conduit ncessairement au thisme2 le dieu intracosmique du monisme1 par contre1 au panthisme4 ,matrialisme et ,spiritualisme4--,trs souvent1 aujourd'hui encore1 on confond les expressions diffrentes de monisme et matrialisme1 ainsi que les tendances essentiellement diffrentes du matrialisme thorique et du pratique4 ,comme ces confusions de termes et d'autres analogues ont des consquences trs fcheuses et amnent d'innombrables erreurs1 nous ferons encore1 afin d'viter tout malentendu1 les brves remarques suivantes3 ,i4 ,notre pur monisme n'est identique1 ni avec le matrialisme thorique qui nie l'esprit et ramne le monde une somme d'atomes morts1 ni avec le spiritualisme thorique 7rcemment dsign par ,,ostwald du nom d'nergtique#i7 qui nie la matire et considre le monde comme un simple groupement d'nergies ou de forces naturelles immatrielles1 ordonnes dans l'espace4 ,,ii4 ,nous sommes bien plutt convaincus avec ,,goethe que la matire n'existe jamais1 ne peut jamais agir sans l'esprit et l'esprit jamais sans la matire4 ,nous nous en tenons fermement au monisme pur1 sans ambigut1 de ,,spinoza3 la matire 7en tant que substance indfiniment tendue7 et l'esprit ou nergie 7en tant que substance sentante et pensante7 sont les deux attributs fondamentaux1 les deux proprits essentielles de l',etre cosmique divin1 qui embrasse tout1 de l'universelle substance1 7cf4 ,chapitre ,,xii74 #i ,,wilhelm ,,ostwald3 ,die ,ueberwindung des wissenschaftlichen ,materialismus1 #ahie4 ,,chapitre ,,ii ,comment est construit notre corps4 ,,tudes ,,monistes ,d',,anatomie ,,humaine ,,et ,,compar,e4 ,,conformit ,d',,ensemble ,,et ,,de ,d,,tail ,,entre ,l',,organisation ,,de ,l',,homme ,,et ,,celle ,,des ,,mammif,,res4 ,nous pouvons considrer tel systme d'organes que nous voudrons1 la comparaison des modifications qu'il subit travers la srie simiesque1 nous conduira toujours cette mme conclusion3 ,que les diffrences anatomiques qui sparent l'homme du gorille et du chimpanz1 ne sont pas si grandes que celles qui distinguent le gorille d'entre les autres singes4 ,,thomas ,,huxley 7#ahfc74 ,,sommaire ,,du ,,deuxi,,me ,,chapitre ,importance fondamentale de l'anatomie4--,anatomie humaine4--,hippocrate4 ,aristote4 ,galien4 ,vsale4--,anatomie compare4--,george ,cuvier4 ,jean ,mller4 ,charles ,gegenbaur4--,histologie4--,thorie cellulaire4--,schleiden et ,schwann4 ,klliker4 ,virchow4--,les caractres d'un animal vertbr se retrouvent chez l'homme4--,les caractres d'un animal ttrapode se retrouvent chez l'homme4--,les caractres des ,mammifres se retrouvent chez l'homme4--,les caractres des ,placentaliens se retrouvent chez l'homme4--,les caractres des ,primates se retrouvent chez l'homme4--,prosimiens et ,simiens4--,catarrhiniens4--,papiomorphe s et ,anthropomorphes4--,conformit essentielle dans la structure du corps1 entre l'homme et le singe anthropode4 ,,litt,,rature ,c4 ,,gegenbaur4--,lehrbuch der ,anatomie des ,menschen4 #ahhc4 ,r4 ,,virchow4--,gesammelte ,abhandlungen1 z4 wissenschaftl4 ,medizin4 ,i4 ,die ,einheits-,bestrebungen4 #ahef4 ,j4 ,,ranke4--,der ,mensch4 #ahhg4 ,r4 ,,wiedersheim4--,der ,bau des ,menschen als ,zeugniss fr seine ,vergangenheit4 #ahic4 ,r4 ,,hartmann4--,die menschenaehnlichen ,affen und ihre ,organisation im ,vergleich z4 menschlichen4 #ahhc4 ,e4 ,,haeckel4--,anthropogenie oder ,entwickelungsgeschichte des ,menschen ,,ix1 ,die ,wirbelthier-,natur des ,menschen4 #ahgd4 ,,th4 ,,schwann4--,mikroskopische ,untersuchungen ber die ,uebereinstimmung in der ,struktur und dem ,wachsthum der ,thiere und ,pflanzen4 #ahci4 ,a4 ,k,,lliker4--,handbuch der gewebelehre des ,menschen4 #ahhi4 ,,ph4 ,,st,,hr4--,lehrbuch der ,histologie und der mikroskopischen ,anatomie des ,menschen4 #ahih4 ,o4 ,,hertwig4--,die ,zelle und die ,gewebe4 ,grundzge der allgem4 ,anatomie und ,physiologie4 #ahif4 ,toutes les recherches biologiques1 toutes les tudes sur la forme et le fonctionnement des organismes1 doivent avant tout s'arrter la considration du corps visible1 sur lequel nous pouvons prcisment observer ces phnomnes morphologiques et physiologiques4 ,ce principe vaut pour l'homme aussi bien que pour tous les autres corps anims de la nature4 ,cependant1 les recherches ne doivent pas se borner la considration de la forme extrieure1 mais1 pntrant l'intrieur de celle-ci1 faire l'tude macroscopique et microscopique des lments qui la constituent4 ,la science qui a pour objet cette recherche fondamentale dans toute son tendue est l'anatomie4 ,anatomie humaine4--,la premire incitation l'tude de la structure du corps humain vint1 comme c'tait naturel1 de la mdecine4 ,celle-ci1 chez les plus anciens peuples civiliss1 tant d'ordinaire exerce par les prtres1 nous avons tout lieu de croire que ds le second sicle avant ,j4-,c4 ou plus tt encore1 ces reprsentants de la culture d'alors possdaient dj des connaissances anatomiques4 ,mais quant des connaissances plus prcises1 acquises par la dissection des mammifres et appliques ensuite l'homme1--nous n'en trouvons que chez les philosophes-naturalistes grecs des ,v,ie et ,v,i,ie sicles avant ,j4-,c41 chez ,,emp,,docle 7d',agrigente7 et ,d,,mocrite 7d',abdre71 mais avant tout chez le plus clbre mdecin de l'antiquit classique1 chez ,,hippocrate 7de ,cos74 ,c'est dans leurs crits et dans d'autres1 que puisa1 au ,i,ve sicle avant ,j4-,c4 le grand ,,aristote1 le si fameux ,pre de l'histoire naturelle1 aussi vaste gnie dans la science que dans la philosophie4 ,aprs lui1 nous ne trouvons plus qu'un anatomiste important dans l'antiquit1 le mdecin grec1 ,,claude ,,galien 7de ,pergame72 il eut1 au ,i,ie sicle aprs ,j4-,c41 ,rome1 sous ,marc-,aurle1 une clientle des plus tendues4 ,tous ces anatomistes anciens acquraient la plus grande partie de leurs connaissances1 non par l'tude du corps humain lui-mme--qui tait encore cette poque svrement interdite6--mais par celle des ,mammifres les plus voisins de l'homme1 surtout des singes2 ils faisaient ainsi tous1 proprement parler1 de l'anatomie compare4 ,le triomphe du ,christianisme avec les doctrines mystiques qui s'y rattachent1 fut1 pour l'anatomie comme pour les autres sciences1 le signal d'une priode de dcadence4 ,les papes romains1 les plus grands charlatans de l'histoire universelle1 cherchaient avant tout entretenir l'humanit dans l'ignorance et regardaient avec raison la connaissance de l'organisme humain comme un dangereux moyen d'information sur notre vritable nature4 ,pendant le long espace de temps de treize sicles1 les crits de ,,galien demeurrent presque l'unique source pour l'anatomie humaine1 comme ceux d',aristote l'taient pour l'ensemble de l'histoire naturelle4 ,c'est seulement lorsqu'au ,x,i,ve sicle la ,rforme vint renverser la suprmatie intellectuelle du papisme1--tandis que le systme du monde de ,,copernic renversait la conception gocentrique troitement lie avec lui1--que commena1 pour la connaissance du corps humain1 une nouvelle priode de relvement4 ,les grands anatomistes1 ,v,,sale 7de ,bruxelles71 ,,eustache et ,,fallope 7de ,modne71 par leurs propres et savantes recherches1 firent faire de tels progrs la science exacte du corps humain1 qu'ils ne laissrent leurs nombreux successeurs 7en ce qui concerne les points essentiels7 que des dtails ajouter leur oeuvre4 ,le hardi autant que sagace et infatigable ,,andr ,v,,sale 7dont la famille1 comme le nom l'indique1 tait originaire de ,wesel71 ouvrant aux autres la voie1 les devana tous2 ds l'ge de #bh ans il terminait sa grande oeuvre1 pleine d'unit1 ,de humani corporis fabrica 7#aedc72 il donna l'anatomie humaine tout entire une direction nouvelle1 originale et une base certaine4 ,c'est pourquoi1 plus tard1 ,madrid--o ,v,,sale fut mdecin de ,charles-,quint et de ,philippe ,,ii--il fut poursuivi par l',inquisition comme sorcier et condamn mort4 ,il n'chappa au supplice qu'en partant pour ,jrusalem2 au retour1 il fit naufrage dans l'le de ,zante et il y mourut misrable1 malade et dnu de toute espce de ressource4 ,anatomie compare4--,les mrites que notre ,x,i,xe sicle s'est acquis dans la connaissance de la structure du corps consistent surtout dans l'extension qu'ont prise deux tudes nouvelles1 essentiellement importantes1 l'anatomie compare et l'histologie ou anatomie microscopique4 ,en ce qui concerne la premire1 elle a t1 ds le dbut1 en rapport troit avec l'anatomie humaine1 elle a mme suppl celle-ci tant que la dissection des cadavres a t tenue pour un crime punissable de mort--et c'tait encore le cas au ,x,ve sicle6 ,mais les nombreux anatomistes des trois sicles suivants se contentrent presque exclusivement d'une observation exacte de l'organisme humain4 ,cette discipline si dveloppe1 que nous appelons aujourd'hui anatomie compare1 n'est ne qu'en #ahjc1 lorsque le grand zoologiste franais #a 7originaire de ,montbliard7 publia ses remarquables ,leons sur l'anatomie compare1 essayant par l1 pour la premire fois1 de poser des lois prcises relativement la structure du corps humain et animal4 ,tandis que ses prdcesseurs--parmi lesquels ,,goethe en #agij--s'taient surtout attachs la comparaison du squelette de l'homme avec celui des autres ,mammifres1 ,,cuvier1 d'un regard plus ample1 embrassa l'ensemble de l'organisation animale2 il y distingua quatre formes principales ou ,types1 indpendants l'un de l'autre3 les ,vertbrs1 les ,articuls1 les ,mollusques et les ,radis4 ,par rapport la question des questions1 ce progrs faisait poque en ce sens qu'il ressortait clairement de l que l'homme appartenait au type des ,vertbrs--et1 de mme1 qu'il diffrait essentiellement de tous les autres types4 ,il est vrai que le pntrant ,,linn1 dans son premier ,systema ,naturae 7#agce7 avait dj fait faire la science un progrs important en assignant d'une manire dfinitive l'homme sa place dans la classe des mammifres2 il runissait mme dans l'ordre des ,primates les #c groupes des ,prosimiens1 ,singes et ,homme4 ,mais il manquait encore cette conqute hardie de la systmatique1 ce fondement empirique1 plus profond1 que ,,cuvier devait lui fournir par l'anatomie compare4 ,celle-ci a achev de se dvelopper avec les grands anatomistes de notre sicle3 ,f4 ,,meckel 7de ,halle71 ,j4 ,,muller 7de ,berlin71 ,r4 ,,owen ,,et ,,th4 ,,huxley 7en ,angleterre71 ,c4 ,,gegenbaur 7d',ina1 plus tard ,heidelberg74 ,ce dernier1 dans ses ,principes d'anatomie compare 7#ahgj7 ayant pour la premire fois appliqu cette science la thorie de la descendance1 pose peu avant par ,,darwin l'a leve au premier rang des disciplines biologiques4 ,les nombreux travaux d'anatomie compare de ,,gegenbaur1 de mme que son ,manuel d'anatomie humaine partout rpandu1 se distinguent par une profonde connaissance empirique tendue un nombre inou de faits1 ainsi que par l'interprtation philosophique1 dans le sens de la doctrine de l'volution1 que l'auteur a su en tirer4 ,son ,anatomie compare des ,vertbrs parue rcemment 7#ahih7 pose le fondement inbranlable sur lequel se peut appuyer notre certitude de l'identit absolue de nature entre l'homme et les ,vertbrs4 ,histologie et ,cytologie4--,suivant une tout autre direction que celle prise par l'anatomie compare1 notre sicle a vu se dvelopper galement l'anatomie microscopique4 ,dj en #ahjb1 un mdecin franais1 ,,bichat1 avait essay au moyen du microscope1 de dissocier1 dans les organes du corps humain1 les lments les plus tnus et de dterminer les rapports de ces divers tissus 7hista ou tela74 ,mais ce premier essai n'aboutit pas grand'chose1 car l'lment commun aux nombreuses espces de tissus diffrents demeurait inconnu4 ,il ne fut dcouvert qu'en #ahch pour les plantes dans la cellule1 par ,,schleiden et aussitt aprs galement pour les animaux par ,,schwann1 l'lve et le prparateur de ,,jean ,,muller4 ,deux autres clbres lves de ce grand matre1 encore vivants cette heure3 ,a4 ,,koelliker et ,r4 ,,virchow1 poursuivirent alors dans le dtail1 entre #ahfj et #ahgj ,wrzbourg1 la thorie cellulaire et1 fonde sur elle1 l'histologie de l'organisme humain l'tat normal et dans les tats pathologiques4 ,ils dmontrrent que1 chez l'homme comme chez tous les autres animaux1 tous les tissus se composent d'lments microscopiques identiques1 les cellules et que ces organismes lmentaires sont les vrais citoyens autonomes qui1 assembls par milliards1 constituent notre corps1 la rpublique cellulaire4 ,toutes ces cellules proviennent de la division rpte d'une cellule simple1 unique1 la cellule souche ou ovule fcond 7,cytula74 ,la structure et la composition gnrale des tissus est la mme chez l'homme que chez les autres ,vertbrs4 ,parmi ceux-ci1 les ,mammifres1 classe la dernire parue et parvenue au plus haut degr de perfectionnement1 se distinguent par certaines particularits acquises tardivement4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que la formation microscopique des poils1 des glandes cutanes1 des glandes lactes1 des globules sanguins1 leur est tout fait particulire et diffrente de ce qu'elle est chez les autres ,vertbrs2 l'homme1 sous le rapport de toutes ces particularits histologiques1 est un pur ,mammifre4 ,les recherches microscopiques d',a4 ,,koelliker et de ,f4 ,,leydig 7 ,wurzbourg7 ont non seulement largi en tous sens notre connaissance de la structure du corps humain et animal1 mais en outre elles ont pris une importance particulire en s'alliant l'histoire du dveloppement de la cellule et des tissus2 elles ont1 entre autres1 confirm l'importante thorie de ,,theodore ,,siebold 7#ahde7 selon laquelle les animaux infrieurs1 les ,infusoires et les ,rhizopodes taient considrs comme des organismes monocellulaires4 ,caractres des ,vertbrs chez l'homme4--,notre corps tout entier prsente1 aussi bien dans l'ensemble que dans les particularits de sa constitution1 le type caractristique des ,vertbrs4 ,ce groupe1 le plus important et le plus perfectionn du rgne animal1 n'a t reconnu dans son unit naturelle qu'en #ahja parle grand ,,lamarck2 celui-ci runit sous ce terme les quatre classes suprieures de ,,linn3 ,mammifres1 ,oiseaux1 ,amphibies et ,poissons4 ,il leur opposa comme ,invertbrs les deux classes infrieures3 ,insectes et ,vers4 ,,cuvier 7#ahab7 confirma l'unit du type ,vertbr et lui donna une base plus solide encore par son anatomie compare4 ,de fait1 tous les caractres essentiels se retrouvent1 identiques1 chez tous les vertbrs depuis les poissons jusqu' l'homme2 ils possdent tous un squelette interne solide1 cartilagineux et osseux1 compos partout d'une colonne vertbrale et d'un crne2 la complexit de celui-ci est1 sans doute1 trs diffrente suivant les individus1 mais elle se ramne toujours la mme forme primitive4 ,de plus1 chez tous les ,vertbrs se trouve1 du ct dorsal de ce squelette axial1 l'organe de l'me1 le systme nerveux central1 reprsent par une moelle pinire et un cerveau2 et nous pouvons dire de cet important cerveau--instrument de la conscience et de toutes les fonctions psychiques suprieures6--ce que nous avons dit de la capsule osseuse qui l'entoure1 du crne3 suivant les individus1 son dveloppement et sa taille prsentent les degrs les plus divers1 mais1 en somme1 sa composition caractristique reste la mme4 ,il en va de mme si nous comparons les autres organes de notre corps avec ceux des autres ,vertbrs3 partout1 par suite de l'hrdit1 la disposition primitive et la position relative des organes restent les mmes1 bien que la taille et le dveloppement de chaque partie diffrent au plus haut degr en raison de l'adaptation des conditions de vie trs variables4 ,c'est ainsi que nous voyons partout le sang circuler par deux vaisseaux principaux1 dont l'un 7l'aorte7 passe au-dessus de l'intestin1 l'autre 7la veine principale7 au-dessous1 et que celui-ci1 en se dilatant un endroit prcis1 constitue le coeur2 ce coeur ventral est aussi caractristique des ,vertbrs qu'inversement le coeur dorsal est typique chez les ,articuls et les ,mollusques4 ,un autre trait non moins spcial tous les ,vertbrs1 c'est la prcoce subdivision du tube digestif en un pharynx 7ou intestin branchial7 servant la respiration1 et un intestin auquel se rattache le foie1 7d'o le nom d'intestin hpatique72 enfin la segmentation du systme musculaire1 la constitution spciale des organes urinaires et gnitaux1 etc4 ,sous tous ces rapports anatomiques1 l'homme est un vritable ,vertbr4 ,caractres des ,ttrapodes chez l'homme4--,sous le nom de ,quadrupdes 7,ttrapodes71 ,,aristote dsignait dj tous les animaux suprieurs1 sang chaud1 caractriss par la possession de deux paires de pattes4 ,ce terme prit1 plus tard1 plus d'extension et fit place au mot latin ,quadrupdes aprs que ,,cuvier et montr que les oiseaux et les hommes1 qui ont deux jambes1 taient de vritables ,ttrapodes4 ,il dmontra que le squelette interne osseux des quatre jambes chez tous les ,vertbrs terrestres suprieurs1 depuis les ,amphibies jusqu' l'homme1 tait constitu originairement de la mme faon1 par un nombre fixe de segments4 ,de mme1 les bras de l'homme1 les ailes de la chauve-souris et des oiseaux nous prsentent le mme squelette typique que les membres antrieurs des animaux coureurs1 des ,ttrapodes4 ,l'unit anatomique du squelette si compliqu1 dans les quatre membres des ,ttrapodes1 est un fait trs important4 ,pour s'en convaincre1 il suffit de comparer attentivement le squelette d'une salamandre ou d'une grenouille avec celui d'un singe ou d'un homme4 ,on s'apercevra aussitt que la ceinture scapulaire1 en avant et la ceinture iliaque1 en arrire1 sont composes par les mmes pices principales qu'on retrouve chez les autres ,ttrapodes4 ,partout1 nous voyons que le premier segment de la jambe proprement dite ne renferme qu'un gros os long 7en avant1 l'os du bras1 humerus2 en arrire1 l'os de la cuisse1 fmur72 par contre1 le deuxime segment est originairement soutenu par deux os 7en avant1 ulna et radius2 en arrire1 fibula et tibia74 ,considrons maintenant la structure complexe du pied proprement dit3 nous serons surpris de voir que les nombreux petits os qui le constituent sont partout disposs dans le mme ordre et partout en mme nombre2 dans toutes les classes de ,ttrapodes1 il y a homologie1 en avant1 entre les trois groupes d'os du pied antrieur 7ou de la main73 ,i4 ,carpus2 ,,ii4 ,metacarpus et ,,iii4 ,digiti anteriores2 de mme1 en arrire1 entre les trois groupes d'os du pied postrieur3 ,i4 ,tarsus2 ,,ii4 ,metatarsus et ,,iii4 ,digiti posteriores4 ,c'tait une tche trs difficile que de ramener la mme forme primitive tous ces nombreux petits os1 dont chacun peut prsenter des aspects si divers1 subir des transformations si varies1 qui peuvent s'tre en partie souds ou avoir en partie disparu--et il n'tait pas moins difficile d'tablir partout l'quivalence 7ou homologie7 des diverses parties4 ,cette tche n'a t pleinement rsolue que par le plus grand des anatomistes contemporains1 par ,c4 ,,gegenbaur4 ,dans ses ,etudes d'anatomie compare chez les ,vertbrs 7#ahfd71 il a montr comment cette jambe cinq doigts1 caractristique des ,ttrapodes terrestres1 drivait originairement 7fait qui ne remonte pas au del de la priode carbonifre7 de la nageoire aux nombreux rayons 7nageoire pectorale ou ventrale7 des anciens poissons marins4 ,le mme auteur1 dans ses clbres ,etudes sur le squelette cphalique des vertbrs1 #ahgb1 avait montr que le crne des ,ttrapodes actuels drivait de la plus ancienne forme de crne des poissons1 celle des requins 7,slaciens74 ,il est encore bien digne de remarque que le nombre primitif de cinq doigts chacune des quatre pattes1 la pentadactylie qui apparat pour la premire fois chez les ,amphibies de l'poque carbonifre1 se soit transmise1 par suite d'une rigoureuse hrdit1 jusqu' l'homme actuel4 ,en consquence et tout naturellement1 la disposition typique des articulations et des ligaments1 des muscles et des nerfs1 est reste dans ses grands traits1 la mme chez l'homme que chez les autres ,ttrapodes2 sous ces rapports importants1 encore1 l'homme est un vritable ,ttrapode4 ,caractres des ,mammifres chez l'homme4--,les ,mammifres constituent la classe la plus rcente et celle ayant atteint le plus haut degr de perfectionnement parmi les ,vertbrs4 ,ils drivent1 sans doute1 comme les ,oiseaux et les ,reptiles1 de la classe plus ancienne des ,amphibies2 mais ils se distinguent de tous les autres ,ttrapodes par un certain nombre de caractres anatomiques trs frappants4 ,les plus saillants sont1 extrieurement1 le revtement de poils qui couvre la peau ainsi que la prsence de deux sortes de glandes cutanes3 des glandes sudoripares et des glandes sbaces4 ,par une transformation locale de ces glandes dans l'piderme abdominal1 s'est constitu 7pendant la priode triasique87 l'organe qui est spcialement caractristique de la classe et lui a valu son nom1 la mammelle4 ,ce facteur important de l'levage des jeunes1 comprend les glandes mammaires et les poches mammaires 7replis de la peau dans la rgion abdominale7 dont le dveloppement ultrieur donnera les mamelons1 par o le jeune mammifre ttera le lait de sa mre4 ,dans l'organisation interne1 un trait surtout caractristique c'est la prsence d'un diaphragme complet1 cloison musculeuse qui1 chez tous les ,mammifres--et chez eux seuls6--spare compltement la cavit thoracique de la cavit abdominale2 chez tous les autres ,vertbrs1 cette sparation fait dfaut4 ,le crne des ,mammifres se distingue aussi par un certain nombre de transformations curieuses1 principalement en ce qui concerne la constitution de l'appareil maxillaire 7mchoires suprieure et infrieure1 osselets de l'oreille74 ,mais on trouve1 en outre1 des particularits spciales1 d'ensemble et de dtail1 dans le cerveau1 l'organe olfactif1 le coeur1 les poumons1 les organes gnitaux externes et internes1 les reins et autres parties du corps des mammifres4 ,tout cela runi tmoigne indubitablement d'une sparation entre ces animaux et les groupes ancestraux plus anciens des ,reptiles et des ,amphibies1 sparation qui se serait effectue de bonne heure1 au plus tard pendant la priode triasique--il y a au moins douze millions d'annes de cela6--,sous tous ces rapports importants1 l'homme est un vritable ,mammifre4 ,caractres des ,placentaliens chez l'homme4--,les nombreux ordres 7de #ab #cc71 que la zoologie systmatique moderne distingue dans la classe des ,mammifres1 ont t rpartis ds #ahaf1 par ,,blainville1 en trois grands groupes naturels qu'on regarde comme ayant la valeur de sous-classes3 ,i4 ,monotrmes2 ,,ii4 ,marsupiaux2 ,,iii4 ,placentaliens4 ,ces trois sous-classes1 non seulement se distinguent l'une de l'autre par des caractres importants de structure et de dveloppement1 mais correspondent en outre trois ,stades historiques diffrents de l'volution de la classe1 ainsi que nous le verrons4 ,au groupe le plus ancien1 celui des ,monotrmes de la priode triasique1 a fait suite celui des ,marsupiaux de la priode jurassique1 suivi lui-mme1 dans la priode calcaire seulement1 par l'apparition des ,placentaliens4 ,a cette sous-classe la plus rcente1 appartient l'homme lui-mme1 car il prsente dans son organisation toutes les particularits qui distinguent les ,placentaliens en gnral1 des ,marsupiaux et des ,monotrmes1 plus anciens encore4 ,au nombre de ces particularits il faut citer en premire ligne l'organe caractristique qui a valu aux ,placentaliens leur nom1 le gteau maternel ou ,placenta4 ,celui-ci sert pendant longtemps nourrir le jeune embryon encore enferm dans le corps de la mre2 il est constitu par des villosits qui conduiront le sang et qui1 produites par le chorion de l'enveloppe embryonnaire1 pntrent dans des replis correspondants1 dpendant de la muqueuse de l'utrus maternel2 cet endroit1 la peau qui spare les deux formations s'amincit tel point que les matriaux nutritifs peuvent passer immdiatement travers elle1 du sang maternel dans le sang foetal4 ,cet excellent mode de nutrition1 qui n'est apparu que tardivement1 permet au jeune de sjourner plus longtemps dans la matrice protectrice et d'y atteindre un degr plus complet de dveloppement2 il fait encore dfaut chez les ,implacentaliens1 c'est--dire chez les deux sous-classes plus primitives des ,marsupiaux et des ,monotrmes4 ,mais les ,placentaliens dpassent encore leurs anctres implacentaliens par d'autres caractres anatomiques1 en particulier par le dveloppement plus grand du cerveau et la disparition de l'os marsupial4 ,sous tous ces rapports importants1 l'homme est un vritable ,placentalien4 ,caractres des ,primates chez l'homme4--,la sous-classe des placentaliens prsente une telle richesse de formes qu'elle se divise son tour en un grand nombre d'ordres2 on en admet gnralement de #aj #af2 mais lorsqu'on considre1 ainsi qu'il convient1 les importantes formes disparues1 dcouvertes en ces derniers temps1 ce nombre s'lve au moins #bj ou #bf4 ,pour mieux passer en revue ces nombreux ordres et pour pntrer plus avant dans leurs connexions1 il importe de les runir en grands groupes naturels dont j'ai fait des lgions4 ,dans l'essai le plus rcent#aj que j'ai propos pour le classement phylogntique du systme placentalien1 si compliqu1 j'ai rparti les #bf ordres en #f lgions et montr que celles-ci se ramenaient #d groupes-souches4 ,ces derniers1 leur tour1 se ramnent un groupe ancestral commun tous les ,placentaliens1 au ,prochoriatids de la priode calcaire4 #aj ,systematische ,phylogenie1 #ahhf1 ,theil ,,iii1 ,o4 #dij4 ,ceux-ci se rattachent immdiatement aux anctres marsupiaux de la priode jurassique4 ,comme reprsentants les plus importants de ces quatre groupes principaux1 nous nous contenterons de citer1 parmi les formes actuelles1 les ,rongeurs1 les ,onguls1 les ,carnassiers et les ,primates4 ,la lgion des ,primates comprend les trois ordres des prosimiens1 simiens et des hommes4 ,tous les individus compris dans ces trois ordres ont en commun beaucoup de particularits importantes par o ils se distinguent des #bc autres ordres de ,placentaliens4 ,ils sont caractriss1 surtout1 par de longues jambes1 primitivement adaptes au mode de vie qui consistait grimper4 ,les mains et les pieds ont cinq doigts et ces longs doigts sont admirablement faonns pour saisir et embrasser les branches d'arbres2 ils portent1 soit quelques-uns1 soit tous1 des ongles 7jamais de griffes74 ,la dentition est complte1 comprend les quatre groupes de dents 7incisives1 canines1 prmolaires et molaires74 ,par des particularits importantes1 spcialement par la constitution du crne et du cerveau1 les ,primates se distinguent des autres ,placentaliens--et cela d'une faon d'autant plus frappante qu'ils atteignent un plus haut degr de dveloppement et sont apparus tard sur la terre4 ,sous tous ces rapports anatomiques importants1 notre organisme humain est identique celui des autres ,primates3 ,l'homme est un vritable ,primate4 ,caractres simiesques chez l'homme4--,une comparaison approfondie et impartiale de la structure du corps chez les diffrents primates1 permet de distinguer de suite deux ordres dans cette lgion de ,mammifres parvenus un haut degr de perfectionnement3 les ,prosimiens 7ou ,hmipitheci7 et les singes 7,simiens ou ,pitheci74 ,les premiers apparaissent1 sous tous les rapports1 comme infrieurs et plus anciens1 les seconds comme constituant l'ordre suprieur et le dernier paru4 ,l'utrus des ,prosimiens est encore double ou bicorne1 comme chez tous les autres ,mammifres2 chez les singes1 au contraire1 la corne droite et la gauche sont compltement fusionnes1 elles forment un utrus piriforme comme celui que l'homme seul1 en dehors du singe1 nous prsente4 ,de mme que chez celui-ci1 le crne des singes possde une cloison osseuse qui spare compltement la capsule optique de la fosse temporale2 chez les ,prosimiens1 cette cloison n'est pas du tout ou trs imparfaitement dveloppe4 ,enfin1 chez les ,prosimiens les hmisphres sont encore lisses ou n'ont que peu de circonvolutions et ils sont relativement peu dvelopps2 chez les singes ils le sont beaucoup plus1 surtout l'corce grise1 l'organe des fonctions psychiques suprieures2 sa surface prsente les circonvolutions et les scissures caractristiques1 lesquelles sont d'autant plus nettes qu'on se rapproche davantage de l'homme4 ,sous ces rapports importants et sous d'autres encore1 entr'autres dans la formation du visage et des mains1 l'homme prsente tous les caractres anatomiques du vritable singe4 ,caractres des ,catarrhiniens chez l'homme4--,l'ordre des singes1 si riche en formes varies1 a t1 ds #ahab1 subdivis par ,,geoffroy en deux sous ordres naturels1 division aujourd'hui encore gnralement admise dans la zoologie systmatique3 les ,singes de l',occident 7,platyrrhiniens7 et ceux de l',orient 7,catarrhiniens72 les premiers habitent exclusivement le nouveau ,continent1 les seconds l'ancien4 ,les singes d',amrique sont appels ,platyrrhiniens 7 nez plat7 parce que leur nez est aplati1 les narines diriges latralement et spares par une large cloison4 ,par contre1 les singes de l',ancien ,continent ont tous le nez mince 7,catarrhiniens72 leurs narines sont1 comme chez l'homme1 diriges vers le bas1 la cloison qui les spare tant mince4 ,une autre diffrence entre les deux groupes consiste en ce que le tympan chez les ,platyrrhiniens est situ superficiellement1 tandis que chez les ,catarrhiniens il est situ plus profondment dans l'os du rocher4 ,dans cette rgion s'est dvelopp un conduit auditif osseux1 long et troit1 tandis qu'il est encore court et large chez les singes d',amrique1 quand il ne fait pas compltement dfaut4 ,enfin1 ce qui constitue un contraste trs frappant et trs important entre les deux groupes1 c'est que tous les ,catarrhiniens ont la dentition de l'homme1 savoir #bj dents de lait et #cb dents dfinitives 7pour chaque moiti de mchoire #b incisives1 #a canine1 #b prmolaires et #c molaires7#aa4 ,les ,platyrrhiniens1 au contraire1 ont une prmolaire de plus chaque moiti de mchoire1 soit en tout #cf dents4 #aa ,ces chiffres fournissent ce qu'on appelle la formule dentaire2 celle #b #a #b #c de l'homme s'crit d'ordinaire ainsi------- soit #h dents chaque moiti de #b'a'b'c' mchoire1 soit en tout #cb dents 7,n4 du ,tr474 ,ces diffrences anatomiques entre les deux groupes de singes tant absolument gnrales et tranches1 et correspondant la rpartition gographique dans deux hmisphres spars1 nous sommes autoriss poser entre elles une division systmatique trs nette et en tirer cette consquence phylogntique que depuis fort longtemps 7plus d'un million d'annes7 les deux sous-ordres se sont dvelopps indpendamment l'un de l'autre1 l'un dans l'hmisphre oriental1 l'autre dans l'hmisphre occidental4 ,cela est essentiellement important pour la gense de notre race1 car l'homme possde tous les caractres des vritables catarrhiniens2 il descend de formes trs anciennes et disparues de ,catarrhiniens1 lesquelles ont volu dans l'ancien continent4 ,groupe des ,anthropomorphes4--,les nombreuses formes de ,catarrhiniens1 encore aujourd'hui existantes en ,asie et en ,afrique1 ont t depuis longtemps groupes en deux sections naturelles3 les singes queue 7,cynopitheca7 et les singes sans queue 7,anthropomorpha74 ,ces derniers se rapprochent beaucoup plus de l'homme que les premiers1 non seulement par le manque de queue et la forme gnrale du corps 7surtout de la tte71 mais encore par certains caractres particuliers qui1 insignifiants en eux-mmes1 sont importants par leur constance4 ,le sacrum1 chez les singes anthropodes comme chez l'homme1 est compos de cinq vertbres soudes1 tandis que chez les ,cynopithques il n'en comprend que trois1 rarement quatre4 ,quant la dentition1 les prmolaires des ,cynopithques sont plus longues que larges1 celles des ,anthropomorphes1 au contraire1 plus larges que longues2 en outre la premire molaire prsente chez ceux-l quatre1 chez ceux-ci cinq crochets4 ,enfin la mchoire infrieure1 de chaque ct1 chez les singes anthropodes comme chez l'homme1 l'incisive externe est plus large que l'interne1 tandis que c'est l'inverse qui a lieu chez les ,cynopithques4 ,ajoutons ce fait1 qui a une importance toute spciale et n'a t tabli qu'en #ahij par ,,selenka1 savoir que les singes anthropodes nous prsentent les mmes particularits de conformation que l'homme en ce qui concerne le placenta discode1 la ,decidin reflexe et le cordon ombilical 7cf4 chap4 ,,iv7#ab4 ,d'ailleurs1 un examen superficiel de la forme du corps chez les ,anthropomorphes encore existants suffit dj faire voir que les reprsentants asiatiques de ce groupe 7orang-outan et gibbon7 aussi bien que les africains 7gorille et chimpanz7 sont plus voisins de l'homme1 par l'ensemble de leur structure1 que tous les ,cynopithques en gnral4 ,parmi ceux-ci1 les ,papiomorphes tte de chien1 en particulier les papious et les chats de mer1 n'atteignent qu' un degr trs infrieur de dveloppement4 ,les diffrences anatomiques entre ces grossiers papious et les singes anthropodes parvenus un si haut degr de perfectionnement1 sont plus grandes sous tous les rapports--et quelqu'organe que l'on compare6--que celles qui existent entre les singes suprieurs et l'homme4 ,ce fait instructif a t dmontr tout au long en #ahhc par l'anatomiste ,,robert ,,hartmann1 dans son travail sur ,les singes anthropodes et leur organisation compare celle de l'homme4 ,ce savant a propos1 par suite1 de subdiviser autrement l'ordre des singes1 savoir en deux groupes principaux3 celui des ,primaires 7,singes et ,anthropodes7 et celui des ,simiens proprement dits ou ,pithques 7les autres ,catarrhiniens et tous les ,platyrrhiniens74 ,en tous cas1 des considrations prcdentes nous pouvons conclure la plus intime parent entre l'homme et les singes anthropomorphes4 #ab ,e4 ,,haeckel1 ,anthropogenie4 #ahia1 ,,iv ,aufl41 ,s4 #eii4 ,l'anatomie compare amne ainsi le chercheur impartial1 qui fait oeuvre de critique1 en face de ce fait important3 savoir que le corps de l'homme et celui des singes anthropodes non seulement se ressemblent au plus haut degr mais que1 sur tous les points essentiels1 la conformation est la mme4 ,ce sont les mmes #bjj os1 disposs dans le mme ordre et associs de la mme faon1 qui composent notre squelette interne2 les mmes #cjj muscles prsident nos mouvements2 les mmes poils couvrent notre peau2 les mmes groupes de cellules ganglionnaires constituent le chef-d'oeuvre artistique qu'est notre cerveau1 le mme coeur quatre cavits sert de pompe centrale la circulation de notre sang2 les mmes #cb dents1 disposes suivant le mme ordre1 composent notre dentition2 les mmes glandes salivaires1 hpatiques et intestinales servent notre digestion2 les mmes organes de reproduction rendent possible la conservation de notre espce4 ,il est vrai1 un examen plus minutieux1 nous dcouvrons quelques petites diffrences de grandeur et de forme dans la plupart des organes entre l'homme et les ,anthropodes1 mais les mmes diffrences1 ou d'autres analogues ressortent galement d'une comparaison attentive entre les races humaines les plus leves ou les plus infrieures2 on les constate mme en comparant trs exactement entr'eux tous les individus de notre propre race4 ,nous n'y trouvons pas deux personnes qui aient tout fait la mme forme et la mme grandeur de nez1 d'oreilles ou d'yeux4 ,il suffit1 dans une assemble nombreuse1 de porter son attention sur ces diffrentes parties du visage1 pour se convaincre de l'tonnante varit des formes1 de la trs grande variabilit de l'espce4 ,tout le monde sait que mme des frres et soeurs sont souvent conforms si diffremment qu'on a peine les croire issus d'un mme couple4 ,toutes ces diffrences individuelles ne restreignent cependant pas la porte de la loi d'identit fondamentale de conformation corporelle1 car elles proviennent de petites divergences dans le dveloppement individuel des parties4 ,,chapitre ,,iii ,notre vie4 ,,tudes ,,monistes ,,de ,,physiologie ,,humaine ,,et ,,compar,e4--,,identit1 ,,dans ,,toutes ,,les ,,fonctions ,,de ,,la ,,vie1 ,,entre ,l',,homme ,,et ,,les ,,mammif,,res4 ,jamais la physiologie ne nous conduit1 en tudiant les phnomnes vitaux des corps naturels1 un autre principe d'explication que ceux qu'admettent la physique et la chimie par rapport la nature inanime4 ,l'hypothse d'une force vitale spciale sous toutes ses formes est non seulement tout fait superflue1 mais en outre inadmissible4 ,le foyer de tous les processus vitaux et de l'lment constitutif de toute substance vivante est la cellule4 ,par suite1 si la physiologie veut expliquer les phnomnes vitaux lmentaires et gnraux1 elle ne le pourra qu'en tant que ,physiologie cellulaire4 ,,max ,,verworn 7#ahid74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,iii volution de la physiologie travers l'antiquit et le moyen ge3 ,galien4--,exprimentation et vivisection4--,dcouverte de la circulation du sang par ,harvey4--,force vitale 7vitalisme74 ,haller4--,conceptions tlologiste et vitaliste de la vie4 ,examen des processus physiologiques du point de vue mcaniste et moniste4--,physiologie compare au ,x,i,xe sicle3 ,jean ,mller4--,physiologie cellulaire3 ,max ,verworn4--,pathologie cellulaire3 ,virchow4--,physiologie de ,mammifres4--,identit dans toutes les fonctions de la vie1 entre l'homme et le singe4 ,,litt,,rature ,m,,ller4--,handbuch der ,physiologie des ,menschen4 #c ,bd4 ,,iv ,aufl4 #ahdd4 ,traduit en franais4 ,r4 ,,virchow4--,die ,cellular-,pathologie in ihrer ,begrndung auf physiologische und pathologische ,gewebelehre4 ,,iv ,aufl4 #ahga4 ,j4 ,,moleschott4--,kreislauf des ,lebens4 ,physiologische ,antworten auf ,liebig's chemische ,briefe4 ,v ,aufl4 #ahhf4 ,,carl ,,vogt4--,physiologische ,briefe fr ,gebildete aller ,staende4 ,,iv ,aufl4 #ahgd4 ,,ludwig ,b,,chner4--,physiologische ,bilder4 ,,iii ,aufl4 #ahhf4 ,c4 ,,radenhausen4--,isis3 ,der ,mensch und die ,welt4 #d ,bd4 #ahgd4 ,a4 ,,dodel4--,aus ,leben und ,wissenschaft 7,i4 ,leben und ,tod4 ,,ii4 ,natur-,verachtung und ,betrachtung4 ,,iii4 ,moses oder ,darwin7 ,stuttgart4 #ahif4 ,,max ,,verworn4--,allgemeine ,physiologie4 ,ein grundriss der ,lehre vom ,leben4 7,iena4 #ahid1 #b ,bd4 ,aufl4 #ahig74 ,nos connaissances relativement la vie humaine ne se sont leves au rang de science relle et indpendante qu'au cours du ,x,i,xe sicle2 elle y est devenue une des branches du savoir humain les plus leves1 les plus importantes et les plus intressantes4 ,de bonne heure1 il est vrai1 on avait senti que la ,science des fonctions de la vie1 la physiologie1 constituait pour la mdecine un avantageux prambule1 bien plus mme1 la condition ncessaire de la russite pratique pour ceux qui faisaient profession de gurir1 en rapport troit avec l'anatomie1 science de la structure du corps4 ,mais la physiologie ne pouvait tre tudie fond que bien aprs l'anatomie et bien plus lentement qu'elle1 car elle se heurtait des difficults bien plus grandes4 ,la notion de vie en tant que contraire de la mort a naturellement t1 de trs bonne heure1 un sujet de rflexion4 ,on observait chez l'homme vivant ainsi que chez les autres animaux galement vivants1 un certain nombre de changements caractristiques1 des mouvements surtout1 qui taient absents chez les corps morts3 le changement volontaire de lieu1 par exemple1 les battements du coeur1 le souffle1 la parole1 etc4 ,mais la distinction entre ces mouvements organiques et les phnomnes analogues chez les corps inorganiques n'tait pas facile et on y chouait souvent2 l'eau courante1 la flamme vacillante1 le vent qui soufflait1 le rocher qui s'croulait1 offraient l'homme des changements tout fait analogues et il tait tout naturel que l'homme primitif attribut aussi ces corps morts une vie indpendante4 ,et d'ailleurs on ne pouvait pas fournir1 quant aux causes efficientes1 une explication plus satisfaisante dans un cas que dans l'autre4 ,physiologie humaine4--,nous rencontrons les premires considrations scientifiques sur la nature des fonctions vitales de l'homme 7comme dj celles relatives la structure du corps7 chez les mdecins et les philosophes naturalistes grecs des ,v,ie et ,ve sicles avant ,j4-,c4 ,la plus riche encyclopdie des faits alors connus1 se rapportant notre sujet1 se trouve dans l'histoire naturelle d',,aristote2 une grande partie de ses donnes lui vient probablement dj de ,d,,mocrite et d',,hippocrate4 ,l'cole de celui-ci avait dj tent des explications2 elle admettait comme cause premire de la vie chez l'homme et les animaux un esprit de vie fluide 7,pneuma72 et dj ,,erasistrate 7#bhj avant ,j4-,c417 distinguait un esprit de vie infrieur et un suprieur3 le pneuma zoticon1 dans le coeur et le pneuma psychicon1 dans le cerveau4 ,la gloire d'avoir rassembl toutes ces connaissances parses et d'avoir tent le premier essai en vue de constituer la physiologie en systme1--revient au grand mdecin grec1 ,,galien1 que nous connaissons dj comme le premier grand anatomiste de l'antiquit4 ,dans ses recherches sur les organes du corps humain1 il s'interrogeait constamment au sujet des fonctions de ces organes1 procdant ici encore par comparaison1 tudiant avant tout les animaux les plus voisins de l'homme1 les singes4 ,les rsultats acquis en exprimentant sur eux taient directement tendus l'homme4 ,galien avait dj reconnu la haute valeur de l'exprimentation en physiologie2 dans ses vivisections de singes1 de chiens1 de porcs1 il avait fait divers essais intressants4 ,les vivisections ont t dernirement l'objet des plus violentes attaques non seulement de la part des gens ignorants et borns1 mais encore de la part des thologiens ennemis de la science1 et de personnes l'me tendre2 mais ce procd fait partie des mthodes indispensables l'tude de la vie et il nous a dj fourni des notions inapprciables sur les questions les plus importantes3 ce fait avait dj t reconnu par ,,galien1 il y a de cela #agjj ans4 ,toutes les diverses fonctions du corps taient par lui ramenes trois groupes principaux1 correspondant aux trois formes de pneuma1 de l'esprit de vie ou spiritus4 ,le pneuma psychicon--l'me--a son sige dans le cerveau et les nerfs1 il est l'instrument de la pense1 de la sensibilit et de la volont 7mouvement volontaire72 le pneuma zoticon--le coeur--accomplit les fonctions sphygmiques1 le battement du coeur1 le pouls et la production de chaleur2 le pneuma physicon1 enfin1 log dans le foie1 est la cause des fonctions appeles vgtatives1 de la nutrition et des changes de matriaux1 de la croissance et de la reproduction4 ,l'auteur insistait1 en outre1 spcialement sur le renouvellement du sang dans les poumons et exprimait l'espoir qu'on parviendrait un jour extraire de l'air atmosphrique l'lment qui1 par la respiration1 pntre comme pneuma dans le sang4 ,plus de quinze sicles s'coulrent avant que ce pneuma respiratoire1--l'acide carbonique--ft dcouvert par ,,lavoisier4 ,pour la physiologie de l'homme1 comme pour son anatomie1 le grandiose systme de ,,galien demeura1 pendant le long espace de temps de treize sicles1 le codex aureus1 la source inattaquable de toute connaissance4 ,l'influence du christianisme1 hostile toute culture1 amena ici1 comme dans toutes les autres branches des sciences naturelles1 d'insurmontables obstacles4 ,du ,i,i,ie au ,x,v,ie sicle1 on ne rencontre pas un seul chercheur qui ait os tudier de nouveau par lui-mme les fonctions de l'organisme humain et sortir des limites du systme de ,galien4 ,ce n'est qu'au ,x,v,ie sicle que de modestes essais furent faits dans cette voie1 par des mdecins et des anatomistes minents3 ,,paracelse1 ,,servet1 ,v,,sale1 etc4 ,mais ce n'est qu'en #afbh que le mdecin anglais ,,harvey publia sa grande dcouverte de la circulation du sang1 dmontrant que le coeur est une pompe foulante qui1 par la contraction inconsciente et rgulire de ses muscles1 pousse sans cesse le flot sanguin dans le systme clos des vaisseaux veines et capillaires4 ,non moins importantes furent les recherches d',harvey sur la gnration animale1 la suite desquelles il posa le principe clbre3 ,tout individu vivant se dveloppe aux dpens d'un oeuf 7omne vivum ex ovo47 ,l'impulsion puissante qu',harvey avait donne aux observations et aux recherches physiologiques amena1 aux ,x,v,ie et ,x,v,i,ie sicles1 un grand nombre de dcouvertes4 ,elles furent runies pour la premire fois au milieu du sicle dernier par le savant ,a4 ,,haller2 dans son grand ouvrage1 ,elementa physiologiae1 il tablit la valeur propre de cette science1 indpendamment de ses rapports avec la mdecine pratique4 ,mais par le fait qu'il admettait comme cause de l'activit nerveuse une force d'impressionnabilit ou sensibilit spciale et pour cause du mouvement musculaire une excitabilit ou irritabilit spciale1 ,haller prparait le terrain la doctrine errone d'une force vitale spciale 7vis vitalis74 ,force vitale 7vitalisme74--,pendant plus d'un sicle1 du milieu du ,x,v,i,i,ie au milieu du ,x,i,xe sicle1 cette ide rgna dans la mdecine 7et spcialement dans la physiologie7 que1 si une partie des phnomnes vitaux se ramenaient des processus physiques et chimiques1 les autres taient produits par une force spciale1 indpendante de ces processus3 la force vitale 7vis vitalis74 ,si diffrentes que fussent les thories relatives la nature de cette force et en particulier son rapport avec l'me1 elles taient cependant toutes d'accord pour reconnatre que la force vitale est indpendante des forces physico-chimiques de la matire ordinaire1 et en diffre essentiellement2 en tant que force premire 7archeus7 indpendante1 manquant la nature inorganique1 la force vitale devait1 au contraire1 prendre celle-ci son service4 ,non seulement l'activit de l'me elle-mme1 la sensibilit des nerfs et l'irritabilit des muscles1 mais encore le fonctionnement des sens1 les phnomnes de reproduction et de dveloppement semblaient si merveilleux1 leur cause si nigmatique1 qu'on trouvait impossible de les ramener de simples processus naturels1 physiques et chimiques4 ,l'activit de la force vitale tant libre1 agissant consciemment et en vue du but1 elle aboutit1 en philosophie1 une parfaite tlologie2 celle-ci parut surtout incontestable aprs que le grand philosophe critique lui-mme1 ,,kant1 dans sa clbre critique du jugement tlologique1 et avou que1 sans doute1 la comptence de la raison humaine tait illimite quand il s'agissait de l'explication mcanique des phnomnes1 mais que les pouvoirs de cette raison expiraient devant les phnomnes de la vie organique2 ici1 la ncessit s'imposait de recourir un principe agissant avec finalit1 ainsi surnaturel4 ,il va de soi que1 le contraste entre les phnomnes vitaux et les fonctions organiques mcaniques se faisait plus frappant mesure que progressait pour celles-ci l'explication physico-chimique4 ,la circulation du sang et une partie des phnomnes moteurs pouvaient tre ramens des processus mcaniques2 la respiration et la digestion des actes chimiques analogues ceux qui ont lieu dans la nature inorganique2 mais la mme chose semblait impossible lorsqu'il s'agissait de l'activit merveilleuse des nerfs ou des muscles1 comme1 en gnral1 de la vie de l'me proprement dite2 et d'ailleurs le concours de toutes ces diffrentes forces1 dans la vie de l'individu1 ne semblait pas non plus explicable par l4 ,ainsi se dveloppa un dualisme physiologique complet1 une opposition radicale entre la nature inorganique et l'organique1 entre les processus vitaux et les mcaniques1 entre la force matrielle et la force vitale1 entre le corps et l'me4 ,au dbut du ,x,i,xe sicle1 ce vitalisme a t tabli avec de nombreux arguments l'appui1 en ,france par ,l4 ,,dumas1 par ,,reil en ,allemagne4 ,un joli expos potique en avait t donn1 ds #agie1 par ,,alex4 ,,de ,,humboldt dans son rcit du ,gnie de ,rhodes 7reproduit avec des remarques critiques dans les ,vues de la nature74 ,le mcanisme de la vie 7physiologie moniste74--,ds la premire moiti du ,x,v,i,ie sicle1 le clbre philosophe ,,descartes1 sous l'influence de ,,harvey qui venait de dcouvrir la circulation du sang1 avait exprim l'ide que le corps de l'homme1 comme celui des animaux1 n'tait qu'une machine complique1 dont les mouvements se produisaient en vertu des mmes lois mcaniques auxquelles obissaient les machines artificielles construites par l'homme dans un but dtermin4 ,il est vrai1 ,,descartes revendiquait pour l'homme seul la complte indpendance de son me immatrielle et il posait mme la sensation subjective1 la pense1 comme l'unique chose au monde dont nous ayons immdiatement une connaissance certaine 7,cogito1 ergo sum67 ,pourtant1 ce dualisme ne l'empcha pas de stimuler dans diverses directions la science mcanique des phnomnes vitaux considrs en eux-mmes4 ,a sa suite1 ,,borelli 7#affj7 expliqua les mouvements du corps1 chez les animaux1 par des lois toutes mcaniques1 tandis que ,,sylvius essayait de ramener les phnomnes de la digestion et de la respiration des processus purement chimiques2 le premier fonda1 en mdecine1 une cole iatromcanique1 le second1 une cole iatrochimique4 ,mais ces lans de la raison vers une explication naturelle mcanique des phnomnes vitaux1 ne trouvrent pas d'application universelle1 et1 au cours du ,x,v,i,i,ie sicle1 ils furent compltement rprims mesure que se dveloppait le vitalisme tlologique4 ,la rputation dfinitive de celui-ci et le retour au point de vue prcdent ne furent accomplis qu'en ce sicle1 lorsque1 vers #ahdj1 la physiologie compare moderne s'leva au rang de science fconde4 ,physiologie compare4--,nos connaissances relatives aux fonctions du corps humain1 pas plus que celles relatives la structure de ce corps1 ne furent acquises1 l'origine1 par l'observation directe de l'organisme humain mais1 en grande partie1 par celle des ,vertbrs suprieurs les plus proches de lui1 surtout des ,mammifres4 ,en ce sens les dbuts les plus reculs des deux sciences mritent dj d'tre appels anatomie et physiologie compares4 ,mais la physiologie compare proprement dite1 qui embrasse tout le domaine des phnomnes vitaux depuis les animaux infrieurs jusqu' l'homme1 ne date que de ce sicle dont elle a t une difficile conqute2 son grand fondateur fut ,,jean ,m,,ller 7n en #ahja ,berlin1 fils d'un cordonnier74 ,de #ahcc #aheh1 vingt-cinq annes durant1 ce biologiste 7le plus rudit de notre temps et celui dont les aptitudes furent les plus diverses7 dploya l',universit de ,berlin1 tant comme professeur que dans ses recherches de savant1 une activit qui n'est comparable qu' celles runies de ,,haller et de ,,cuvier4 ,presque tous les grands biologistes qui ont enseign en ,allemagne ou exerc quelque influence sur la science pendant ces #fj dernires annes1 ont t directement ou indirectement les lves de ,j4 ,mller4 ,parti d'abord de l'anatomie et de la physiologie humaines1 celui-ci tendit bientt ses tudes comparatives tous les grands groupes d'animaux suprieurs et infrieurs4 ,et comme il comparait1 en mme temps1 la structure des animaux disparus avec celle des animaux actuels1 les conditions de l'organisme sain avec celles du malade1 comme il faisait un effort vraiment philosophique pour synthtiser tous les phnomnes de la vie organique1 ,mller leva les sciences biologiques une hauteur qu'elles n'avaient jamais encore atteinte4 ,le fruit le plus prcieux de ces tudes si tendues de ,jean ,mller1 ce fut son ,manuel de ,physiologie humaine2 cet ouvrage classique donnait beaucoup plus que ne promettait son titre3 c'est l'bauche d'une vaste ,biologie compare4 ,au point de vue de la valeur de ce qu'il renferme et de la quantit de problmes qu'il embrasse1 ce livre1 aujourd'hui encore1 est sans rival4 ,en particulier1 les mthodes d'observation et d'exprimentation y sont appliques de faon aussi magistrale que les mthodes d'induction et de dduction4 ,m,,ller1 il est vrai1 fut1 au dbut1 comme tous les physiologistes de son poque1 vitaliste4 ,seulement1 la doctrine rgnante de la force vitale prit chez lui une forme spciale et se transforma graduellement en son exact oppos4 ,car1 dans toutes les branches de la physiologie1 ,mller s'efforait d'expliquer les phnomnes vitaux mcaniquement2 sa force vitale rforme ne rgne pas au-dessus des lois physico-chimiques auxquelles est soumis tout le reste de la nature3 elle est troitement lie ces lois mmes2 ce n'est rien d'autre1 en somme1 que la vie elle-mme1 c'est--dire la somme de tous les phnomnes moteurs que nous observons chez les organismes vivants4 ,ces phnomnes1 ,mller s'efforait partout de les expliquer mcaniquement1 dans la vie sensorielle1 comme dans la vie de l'me1 qu'il s'agt de l'activit musculaire1 des phnomnes de la circulation1 de la respiration ou de la digestion1--ou qu'il s'agt des phnomnes de reproduction et de dveloppement4 ,mller provoqua les plus grands progrs en ce que1 partout1 partant des phnomnes vitaux les plus simples1 observables chez les animaux infrieurs1 il en suivait pas pas l'volution graduelle jusqu'aux formes les plus leves1 jusqu' l'homme4 ,ici1 sa mthode de comparaison critique1 aussi bien en physiologie qu'en anatomie1 se trouvait confirme4 ,,jean ,m,,ller est1 en outre1 le seul des grands naturalistes qui ait attach une gale importance aux diverses branches de la science et s'en soit constitu le reprsentant collectif4 ,aussitt aprs sa mort1 le vaste domaine de son enseignement se morcela en quatre provinces1 presque toujours rattaches aujourd'hui quatre chaires diffrentes 7sinon davantage71 savoir3 ,anatomie humaine et compare1 ,anatomie pathologique1 ,physiologie et ,embryologie4 ,on a compar la division du travail qui s'est effectue subitement 7#aheh7 au sein de cet immense rudition1 au morcellement de l'empire autrefois constitu par ,alexandre le ,grand4 ,physiologie cellulaire4--,parmi les nombreux lves de ,,jean ,m,,ller qui1 en partie de son vivant dj1 en partie aprs sa mort1 contriburent puissamment aux progrs des diverses branches de la biologie1 il faut citer comme l'un des plus heureux 7sinon1 peut-tre1 comme le plus important67 ,,th,,odore ,,schwann4 ,lorsqu'en #ahch le botaniste de gnie1 ,,schleiden1 reconnut dans la cellule l'organe lmentaire commun toutes les plantes et dmontra que tous les tissus du corps des vgtaux taient composs de cellules1 ,j4 ,m,,ller entrevit de suite l'immense porte de cette importante dcouverte2 il essaya lui-mme de retrouver la mme composition dans diffrents tissus du corps animal1 par exemple dans la corde dorsale des ,vertbrs1 provoquant ainsi son lve ,,schwann tendre cette vrification tous les tissus animaux4 ,celui-ci rsolut heureusement cette tche difficile dans ses ,recherches microscopiques sur l'identit de structure et de dveloppement chez les animaux et les plantes 7#ahci74 ,ainsi tait pose la pierre angulaire de la thorie cellulaire dont l'importance fondamentale1 tant pour la physiologie que pour l'anatomie1 s'est accrue d'anne en anne1 trouvant toujours une confirmation plus gnrale4 ,que l'activit fonctionnelle de tous les organismes se rament celle de leurs lments histologiques1 aux cellules microscopiques1 c'est ce que montrrent surtout deux autres lves de ,j4 ,mller1 le pntrant physiologiste ,e4 ,,br,,cke1 de ,vienne1 et le clbre histologiste de ,wrzbourg1 ,,albert ,k,,lliker4 ,le premier dsigna trs justement la cellule du nom d'organisme lmentaire et montra en elle1 aussi bien dans le corps de l'homme que dans celui des animaux1 le seul facteur actuel spontanment productif de la vie4 ,k,,lliker s'illustra1 non seulement par le progrs qu'il fit faire l'histologie en gnral1 mais principalement par la preuve qu'il donna que l'oeuf des animaux1 ainsi que les sphres de segmentation qui en proviennent1 sont de simples cellules4 ,bien que la haute importance de la thorie cellulaire pour tous les problmes biologiques ft universellement reconnue1 cependant la physiologie cellulaire1 qui s'est fonde sur elle1 ne s'est constitue d'une manire indpendante qu'en ces derniers temps4 ,ici1 il faut reconnatre ,,max ,,verworn1 principalement1 un double mrite4 ,dans ses tudes psychophysiologiques sur les ,protistes 7#ahhi71 s'appuyant sur d'ingnieuses recherches exprimentales1 il a montr que la ,thorie de l'me cellulaire#ac1 propose par moi en #ahhf1 trouve une entire justification dans l'tude exacte des ,protozoaires unicellulaires et que les processus psychiques observables dans le groupe des ,protistes forment le pont qui relie les phnomnes chimiques de la nature inorganique la vie de l'me1 chez les animaux suprieurs4 ,verworn a dvelopp ces vues et les a appuyes sur l'embryologie moderne dans sa ,physiologie gnrale 7#b;e dition1 #ahig74 #ac ,e4 ,,haeckel3 ,zellseelen und ,seelenzellen4 ,gesammelte populaere ,vortraege4 ,i ,heft #ahgh4 ,cet ouvrage remarquable nous ramne pour la premire fois au point de vue si comprhensif de ,,jean ,m,,ller1 au contraire des mthodes troites et exclusives de ces physiologistes modernes qui croient pouvoir tablir la nature des phnomnes vitaux exclusivement au moyen d'expriences physiques et chimiques4 ,,verworn a montr que c'est seulement par la mthode comparative de ,m,,ller et par une tude plus approfondie de la physiologie cellulaire1 qu'on peut s'lever jusqu'au point de vue qui nous permet d'embrasser d'un regard d'ensemble tout le domaine merveilleux des phnomnes vitaux2 par l seulement nous nous convaincrons que les fonctions vitales de l'homme1 toutes tant qu'elles sont1 obissent aux mmes lois physiques et chimiques que celles des autres animaux4 ,pathologie cellulaire4--,l'importance fondamentale de la thorie cellulaire pour toutes les branches de la biologie a trouv une confirmation nouvelle dans la seconde moiti du ,x,i,xe sicle4 ,non seulement1 en effet1 la morphologie et la physiologie ont fait de grandioses progrs1 mais encore et surtout nous avons assist la complte rforme de cette science biologique qui eut de tous temps la plus grande importance par ses rapports avec la mdecine pratique3 la ,pathologie4 ,l'ide que les maladies de l'homme1 comme celles de tous les tres vivants1 sont des phnomnes naturels qui doivent1 partant1 tre tudis scientifiquement au mme titre que les autres fonctions vitales1 tait dj une conviction profonde chez beaucoup d'anciens mdecins4 ,au ,x,v,i,ie sicle mme1 quelques coles mdicales1 celles des ,iatrophysiciens et des ,iatrochimistes1 avaient dj essay de ramener les causes des maladies certaines transformations physiques ou chimiques4 ,mais le degr trs infrieur de dveloppement de la science d'alors empchait le succs durable de ces lgitimes efforts4 ,c'est pourquoi1 jusqu'au milieu du ,x,i,xe sicle1 quelques thories anciennes qui cherchaient l'essence de la maladie dans des causes surnaturelles ou mystiques1 furent-elles presque universellement admises4 ,c'est seulement cette poque que ,,rudolf ,,virchow1 galement l'lve de ,,jean ,m,,ller1 eut l'heureuse pense d'appliquer l'organisme malade la thorie cellulaire qui valait pour l'homme sain2 il chercha dans des transformations imperceptibles des cellules malades et des tissus constitus par leur ensemble1 la vritable cause de ces transformations plus apparentes qui1 sous l'aspect de maladies1 menacent l'organisme vivant de danger et de mort4 ,pendant les sept annes1 surtout1 qu'il fut professeur ,wrzbourg 7#ahdi-ahef71 ,,virchow s'acquitta avec un tel succs de la tche qu'il s'tait propose1 que sa ,pathologie cellulaire 7publie en #aheh7 ouvrit brusquement1 devant la pathologie tout entire et devant la mdecine pratique appuye sur elle1 des voies nouvelles1 hautement fcondes4 ,quant nous et la tche que nous nous sommes propose1 l'importance capitale qu'offre pour nous cette rforme de la mdecine vient de ce qu'elle nous conduit une conception purement scientifique et moniste de la maladie4 ,l'homme malade1 aussi bien que l'homme sain1 sont donc soumis aux mmes ternelles lois d'airain de la physique et de la chimie1 que tout le reste du monde organique4 ,physiologie des ,mammifres4--,parmi les nombreuses classes d'animaux 7#ej #hj7 que distingue la zoologie moderne1 les ,mammifres1 non seulement au point de vue morphologique1 mais encore au point de vue physiologique1 occupent une place tout fait part4 ,et puisque l'homme1 par la structure tout entire de son corps1 appartient la classe des ,mammifres1 nous pouvons nous attendre l'avance ce que le caractre spcial de ses fonctions lui soit commun avec les autres ,mammifres4 ,et de fait1 il en va bien ainsi4 ,la circulation et la respiration s'accomplissent chez l'homme absolument en vertu des mmes lois et sous la mme forme particulire que chez tous les autres ,mammifres--et chez eux seuls--2 elle rsulte de la structure spciale et trs complexe de leur coeur et de leurs poumons4 ,c'est chez les ,mammifres seulement que tout le sang artriel est emport du ventricule gauche et conduit dans le corps par un seul arc aortique--situ1 partout1 gauche--tandis que chez les ,oiseaux il est situ droite et que chez les ,reptiles1 les deux arcs fonctionnent4 ,le sang des ,mammifres diffre de celui de tous les autres ,vertbrs par ce fait que le noyau des globules rouges a disparu 7par rgression74 ,les mouvements respiratoires1 dans cette classe seulement1 s'effectuent surtout grce au diaphragme1 parce que celui-ci ne forme que chez les ,mammifres une cloison complte entre les cavits thoracique et abdominale4 ,mais le caractre le plus important de cette classe parvenue un si haut degr de dveloppement1 c'est la production de lait dans les glandes mammaires et le mode spcial d'levage des jeunes1 consquence du fait qu'ils sont nourris par le lait maternel4 ,et comme cet allaitement exerce une influence capitale sur d'autres fonctions1 comme l'amour maternel des ,mammifres a racine dans ce mode de rapports si troits entre la mre et le jeune1 le nom donn la classe nous rappelle juste titre la haute importance de l'allaitement chez les ,mammifres4 ,des millions de tableaux1 dus la plupart des artistes de premier rang1 glorifient la ,madone avec l'enfant ,jsus1 comme l'image la plus pure et la plus sublime de l'amour maternel1 de ce mme instinct dont la forme extrme est la tendresse exagre des mres-singes4 ,physiologie des singes4--,puisqu'entre tous les ,mammifres les singes se rapprochent le plus de l'homme par l'ensemble de leur conformation1 on peut prvoir l'avance qu'il en ira de mme en ce qui regarde les fonctions physiologiques2 et1 de fait1 il en va bien ainsi4 ,chacun sait combien les habitudes1 les mouvements1 les fonctions sensorielles1 la vie psychique1 les soins donns aux jeunes sont les mmes chez les singes et chez l'homme4 ,mais la physiologie scientifique dmontre la mme identit capitale galement sur des points moins remarqus3 le fonctionnement du coeur1 la scrtion glandulaire et la vie sexuelle4 ,a cet gard1 un dtail surtout curieux1 c'est que chez beaucoup d'espces de singes les femelles1 parvenues l'ge adulte1 sont rgulirement exposes un coulement de sang provenant de l'utrus et qui correspond la menstruation 7ou rgles mensuelles7 de la femme4 ,la scrtion du lait par la glande mammaire et la faon dont le jeune tte1 se font encore absolument de la mme manire chez la femelle du singe et chez la femme4 ,enfin1 un fait particulirement intressant1 c'est que la langue des sons chez les singes apparat l'examen de la physiologie compare1 comme l'tape pralable vers la langue articule de l'homme4 ,parmi les singes anthropodes encore existants1 il y en a dans l',inde une espce qui est musicienne3 l'hylobates syndactilus chante et sa gamme de sons1 parfaitement purs et mlodieux1 progressant par demi-tons1 s'tend sur un octave4 ,pour un linguiste impartial1 il n'y a plus moyen de douter aujourd'hui que notre langue des concepts1 si perfectionne1 ne se soit dveloppe lentement et progressivement partir de la langue des sons imparfaite de nos anctres1 les singes du pliocne4 ,,chapitre ,,iv ,notre ,embryologie ,,tudes ,,monistes ,d',,ontog,,nie ,,humaine ,,et ,,compar,e4--,,identit ,,de ,d,,veloppement ,,de ,l',,embryon ,,et ,,de ,l',,adulte1 ,,chez ,l',,homme ,,et ,,chez ,,les ,,vert,,br,s4 ,l'homme est-il un tre spcial8 ,est-il produit par un autre procd qu'un chien1 un oiseau1 une grenouille ou un poisson8 ,donne-t-il ainsi raison ceux qui affirment qu'il n'a pas place dans la ,nature et n'a aucune parent relle avec le monde infrieur de la vie animale8 ,ou bien ne sort-il pas d'un germe identique1 ne parcourt-il pas lentement et progressivement les mmes modifications que les autres tres8 ,la rponse n'est pas un instant douteuse et n'a pas t l'objet du moindre doute pendant les trente dernires annes4 ,il n'y a pas non plus moyen d'en douter3 le mode de formation et les premiers stades de dveloppement sont identiques chez l'homme et chez les animaux situs immdiatement au-dessous de lui dans l'chelle des tres3 il n'y a pas moyen d'en douter1 sous ces rapports1 il est plus prs du singe que le singe du chien4 ,,th4 ,,huxley 7#ahfc74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,iv ,l'embryologie ses dbuts4--,thorie de la prformation4--,thorie de l'embotement4 ,haller et ,leibniz4--,thorie de l'pigense4 ,c4 ,f4 ,wolff4--,thorie des feuillets germinatifs4--,c4 ,e4 ,baer4--,dcouverte de l'oeuf humain4 ,remak4 ,klliker4--,l'ovule et l'embryon4--,thorie gastrenne4--,protozoaires et ,mtazoaires4--,l'ovule et le spermatozode humains4--,oscar ,hertwig4--,conception4--,fcondation4--, ebauche de l'embryon humain4--,identit entre les embryons de tous les ,vertbrs4--,les enveloppes embryonnaires chez l'homme4--,amnion1 ,serolemme et ,allantode4--,formation du placenta et arrire-faix4--,membrane crible et cordon ombilical4--,le placenta discode des singes et de l'homme4 ,,litt,,rature ,c4 ,e4 ,,baer4--,ueber ,entwickelungsgeschichte der ,thiere4 ,beobachtung und ,reflexion4 #ahbh4 ,a4 ,,koelliker4--,grundriss der ,entwickelungsgeschichte des ,menschen und der hheren ,thiere 7#bte ,aufl4 #ahhd74 ,e4 ,,haeckel4--,studien zur ,gastra ,theorie4 ,ina1 #ahgc-ahhd4 ,o4 ,,hertwig4--,lehrbuch der ,entwickelungsgeschichte des ,menschen und der ,wirbelthiere 7,vte ,aufl4 #ahif74 ,j4 ,,kollmann4--,lehrbuch der ,entwickelungsgeschichte des ,menschen 7#ahih74 ,h4 ,,locher-,,wild4--,ueber ,familien-,anlage und ,erblichkeit4 ,eine wissenschaftliche ,razzia 7,zurich1 #ahgd74 ,,ch4 ,,darwin4--,de la variabilit chez les animaux et les plantes l'tat de domestication 7trad4 fran4 de ,e4 ,barbier74 ,e4 ,,haeckel4--,anthropogenie4 ,gemeinverstndliche wissenschaftliche ,vortrge ueber ,entwickelungsgeschichte des ,menschen1 ,i,vte ,aufl4 #ahia4 ,plus encore que l'anatomie et la physiologie compares1 l'ontognie1 l'histoire du dveloppement de l'individu est la cration de notre ,x,i,xe sicle4 ,comment l'homme se dveloppe-t-il dans la matrice8 ,et comment se dveloppent les animaux en sortant de l'oeuf8 ,comment se dveloppe la plante en sortant de la graine8 ,cette question1 grosse de consquences1 a sans doute fait rflchir l'esprit humain depuis des milliers d'annes2 mais ce n'est que trs tard1--il y a seulement #gj ans de cela--que l'embryologiste ,,baer nous a montr les vrais moyens de pntrer plus avant dans la connaissance des faits mystrieux de l'embryologie4 ,et c'est plus tard encore1--il y a seulement #dj ans--que ,,darwin1 par sa thorie de la descendance rforme1 nous a fourni la clef capable d'ouvrir la porte ferme1 derrire laquelle l'embryologie abrite ses secrets et les moyens d'en pntrer les causes4 ,ayant donn de ces faits1--du plus haut intrt mais d'une interprtation difficile1--un expos la porte de tous et dvelopp1 dans mon ,embryologie de l'homme 7#are partie de l'anthropognie1 #d;e d41 #ahia71 je me bornerai ici rsumer et interprter brivement les phnomnes principaux4 ,jetons d'abord un regard en arrire afin d'avoir un aperu historique de ce que furent1 dans le pass1 l',ontognie et1 s'y rattachant1 la thorie de la prformation4 ,thorie de la prformation4--,l'embryologie ses dbuts 7cf4 la leon ,,ii de mon ,anthropognie74 ,de mme que1 pour l'anatomie compare1 les oeuvres classiques d',,aristote1 du ,pre de l'histoire naturelle1 dans toutes ses branches1 sont encore pour l'embryologie la source scientifique la plus ancienne que nous connaissions 7,i,ve sicle avant ,j4-,c474 ,non seulement dans sa grande ,histoire des animaux1 mais encore dans un trait spcial et plus petit1 ,cinq livres sur la gnration et le dveloppement des animaux1 le grand philosophe nous rapporte une masse de faits intressants et il y joint des considrations relatives leur interprtation2 beaucoup d'entre elles n'ont t apprcies leur juste valeur qu'en ces derniers temps et mme on peut dire qu'on les a dcouvertes nouveau4 ,naturellement il s'y trouve aussi beaucoup de fables et d'erreurs1 et quant au dveloppement cach de l'embryon humain1 on ne savait rien de prcis cette poque4 ,mais pendant la longue priode suivante1 pendant un espace de temps de deux mille ans1 la science sommeilla sans faire aucun progrs4 ,c'est seulement au dbut du ,x,v,i,ie sicle qu'on recommena s'occuper de ces questions2 l'anatomiste italien1 ,,fabrice ,d',,aquapendente 7de ,padoue7 publia en #afjj les plus anciennes figures et descriptions que nous ayons d'embryons humains et d'animaux suprieurs2 tandis que le clbre ,,malpighi 7de ,bologne71 novateur en zoologie comme en botanique1 donna en #afhg le premier expos complet de la formation du jeune poulet dans l'oeuf1 aprs l'incubation4 ,tous ces anciens observateurs taient domins par cette ide que dans l'oeuf des animaux1 comme dans la semence des plantes suprieures1 le corps tout entier1 avec toutes ses parties existait dj prform1 mais si tnu et si transparent qu'on ne pouvait le reconnatre2 le dveloppement tout entier n'tait1 par suite1 rien d'autre que la croissance ou l'volution 7evolutio7 des parties enveloppes 7partes involut74 ,le meilleur nom qui convienne cette thorie errone1 qui a t presque universellement admise jusqu'au commencement de notre sicle1 c'est celui de thorie de la prformation2 on l'appelle souvent aussi thorie de l'volution1 mais par ce terme beaucoup d'auteurs modernes entendent galement la thorie1 tout autre1 de la transformation4 ,thorie de l'embotement4 7,thorie de la scatulation74--,en rapport troit avec la thorie de la prformation et comme sa consquence lgitime1 nous rencontrons au sicle dernier une thorie plus vaste qui occupa vivement les biologistes capables de penser3 c'est l'trange thorie de l'embotement4 ,puisqu'on admettait que dans l'oeuf1 l'bauche de l'organisme entier avec toutes ses parties existait dj1 il fallait que l'ovaire du jeune foetus avec les oeufs de la gnration suivante y ft prform et que ceux-ci1 leur tour1 continssent les oeufs de la gnration d'aprs1 et ainsi de suite l'infini6 ,l-dessus1 le clbre physiologiste ,,haller calcula qu'il y a #f4jjj ans1 le sixime jour de la cration1 le bon ,dieu avait produit en mme temps les germes de #bjj4jjj millions d'hommes et les avait habilement embots l'un dans l'autre dans l'ovaire de notre respectable mre ve4 ,un philosophe1 qui n'tait rien moins que le grand ,,leibniz1 adopta ces vues et en tira parti pour sa thorie des ,monades2 et comme en vertu de celle-ci le corps et l'me sont ternellement et indissolublement unis1 ,leibniz appliqua sa thorie du corps l'me4 ,les mes des hommes ont toujours exist sous la forme de corps organiss en la personne de leurs anctres jusqu' ,adam1 c'est--dire depuis le commencement des choses666 ,thorie de l'pigense4--,en novembre #ageh1 ,halle1 un jeune mdecin de #bf ans1 ,g4 ,,fr4 ,,wolff 7le fils d'un cordonnier de ,berlin71 soutenait sa thse de doctorat1 laquelle avait pour titre ,theoria generationis4 ,appuyant sa dmonstration sur une srie d'expriences aussi laborieuses que soigneusement faites1 il tablissait que toute la thorie rgnante de la prformation et de la scatulation tait fausse4 ,dans l'oeuf de poule1 aprs l'incubation1 il n'y a1 au dbut1 aucune trace de ce qui sera plus tard le corps de l'oiseau avec ses diffrentes parties2 mais au lieu de cela nous trouvons en haut1 sur la sphre jaune de vitellus1 un petit disque circulaire1 blanc4 ,ce mince disque germinatif devient ovale et se subdivise alors en quatre couches situes l'une au-dessus de l'autre et qui sont les bauches des quatre systmes les plus importants d'organes3 d'abord1 le plus superficiel1 le systme nerveux2 au-dessous1 la masse charnue 7systme musculaire72 puis le systme vasculaire 7avec le coeur7 et enfin le canal intestinal4 ,ainsi1 disait ,,wolff avec raison1 la formation du foetus consiste1 non pas dans le dveloppement d'organes prforms1 mais dans une chane de noformations1 dans une vraie pigense2 les parties apparaissent l'une aprs l'autre et toutes sous une forme simple1 absolument diffrente de celle qui se dveloppera plus tard3 celle-ci ne se produit que par une srie de transformations merveilleuses4 ,cette grande dcouverte--une des plus importantes du ,x,v,i,i,ie sicle--bien qu'elle ait pu tre confirme immdiatement par la seule vrification des faits observs1 et bien que la ,thorie de la gnration fonde sur elle ne ft pas proprement parler une thorie mais un simple fait1 demeura compltement mconnue pendant un demi-sicle4 ,la principale entrave lui venait de la puissante autorit de ,,haller qui la combattait avec obstination1 lui opposant ce dogme3 ,il n'y a pas de devenir6 aucune partie du corps n'est forme avant l'autre1 toutes se produisent en mme temps4 ,,wolff1 qui avait d partir pour ,ptersbourg1 tait mort depuis longtemps lorsque ses dcouvertes1 oublies depuis1 furent reproduites par ,,lorenz ,,oken1 ,ina 7#ahjf74 ,thorie des feuillets germinatifs4--,aprs que la thorie de l'pigense de ,,wolff et t confirme par ,,oken et par ,,meckel 7#ahab7 et que l'important travail de celui-ci sur le dveloppement du tube intestinal et t traduit du latin en allemand1 beaucoup de jeunes naturalistes1 en ,allemagne1 se mirent avec le plus grand zle l'tude prcise de l'embryologie4 ,le plus clbre et le plus heureux d'entre eux fut ,c4 ,e4 ,,baer2 son fameux ouvrage parut en #ahbh sous ce titre3 ,embryologie des animaux4 ,observation et rflexion4 ,non seulement le processus de dveloppement du germe y est dcrit d'une faon complte et remarquablement claire1 mais on trouve1 en outre1 dans ce livre nombre de rflexions profondes au sujet des faits observs4 ,c'est dcrire la formation de l'embryon chez l'homme et les ,vertbrs1 que l'auteur s'est surtout attach1 mais il examine1 en outre1 l'ontognie toute diffrente des animaux infrieurs1 invertbrs4 ,les deux assises en forme de feuillets qui apparaissent les premires dans le disque rond germinatif des ,vertbrs suprieurs1 se subdivisent d'abord chacune1 selon ,,baer1 en deux feuillets et les quatre feuillets germinatifs se transforment en quatre tubes qui donnent les organes fondamentaux3 couche pidermique1 couche musculaire1 couche vasculaire et couche muqueuse4 ,a la suite de processus d'pigense trs compliqus1 les organes dfinitifs se constituent et cela de la mme manire chez l'homme et chez tous les ,vertbrs4 ,il en va tout autrement dans les trois groupes principaux d',invertbrs1 qui d'ailleurs diffrent encore ce point de vue les uns des autres4 ,parmi les nombreuses dcouvertes particulires de ,,baer1 l'une des plus importantes fut l'oeuf humain4 ,jusqu'alors1 chez l'homme comme chez tous les ,mammifres1 on avait considr comme des ovules certaines petites vsicules1 abondantes dans l'ovaire4 ,,baer1 le premier1 montra en #ahbg que les vritables ovules sont enferms dans ces vsicules1 les follicules de ,graaf1 qu'ils sont beaucoup plus petits qu'elles1 que ce sont de petites sphres n'ayant que #j1b millimtres de diamtre1 visibles l'oeil nu dans des circonstances favorables4 ,le premier1 ,baer s'aperut encore que1 chez tous les ,mammifres1 ces petits ovules fconds1 en se dveloppant1 donnent d'abord naissance une vsicule germinative caractristique1 une ,sphre creuse contenant un liquide1 dont la paroi est forme par la mince enveloppe embryonnaire3 le blastoderme4 ,ovule et spermatozode4--,dix ans aprs que ,baer et donn un solide fondement l'embryologie par sa thorie des feuillets germinatifs1 une nouvelle tche1 trs importante1 fut impose cette science par la thorie cellulaire 7#ahch74 ,quel est le rapport de l'oeuf animal et des feuillets germinatifs qui en proviennent1 aux tissus et aux cellules qui composent le corps adulte8 ,la rponse cette question capitale fut donne au milieu de notre sicle par deux des lves les plus distingus de ,j4 ,mller3 ,,remak 7 ,berlin7 et ,,koelliker 7 ,wrzbourg74 ,ils dmontrrent que l'oeuf n'est pas autre chose l'origine qu'une cellule et que1 de mme1 les nombreuses sphres de segmentation qui en proviennent1 par divisions successives1 ne sont que de simples cellules4 ,ces sphres de segmentation servent d'abord former les feuillets germinatifs1 puis1 par suite de la division du travail et de la diffrenciation qui se produisent au sein de ceux-ci1 les divers organes se constituent4 ,,koelliker eut1 en outre1 le grand mrite de dmontrer que le liquide spermatique muqueux des animaux mles n'tait pas autre chose qu'un amas de cellules microscopiques4 ,les animalcules spermatiques toujours en mouvement et en forme d'pingles1 qui s'y trouvent1 les spermatozodes1 ne sont autre chose que des cellules flagelles spciales1 ainsi que je l'ai dmontr pour la premire fois1 en #ahff1 sur les filaments spermatiques des ponges4 ,ainsi1 on avait dmontr que les deux lments reproducteurs essentiels1 le sperme du mle et l'ovule de la femelle1 rentraient1 eux aussi1 dans la thorie cellulaire2 dcouverte dont la haute porte philosophique ne fut reconnue que plus tard1 par l'tude approfondie des phnomnes de fcondation 7#ahge74 ,thorie gastrenne4--,toutes les recherches1 faites jusqu'alors1 sur la formation de l'embryon1 concernaient l'homme et les ,vertbrs suprieurs1 mais surtout l'oeuf d'oiseau3 car pour l'exprimentation1 l'oeuf de poule est le plus gros1 le plus commode et on l'a toujours en grande quantit1 sa disposition4 ,on peut trs aisment faire couver l'oeuf jusqu' closion dans la couveuse--aussi bien que si la poule couvait elle-mme--puis suivre d'heure en heure la srie de transformations qui s'effectuent en trois semaines1 depuis la simple cellule oeuf jusqu' l'oiseau complet4 ,,baer lui-mme n'avait pu dmontrer l'identit dans le mode de formation caractristique de l'embryon et dans l'apparition des divers organes1 que pour les diffrentes classes de ,vertbrs4 ,par contre1 pour les nombreuses classes d',invertbrs--c'est--dire la plus grande majorit des animaux--la formation du jeune semblait s'effectuer de tout autre faon et chez la plupart1 les feuillets germinatifs semblaient faire dfaut4 ,c'est seulement au milieu de ce sicle que leur existence fut dmontre chez les ,invertbrs2 par ,,huxley 7#ahdi7 pour les ,mduses1 par ,,koelliker 7#ahdd7 pour les ,cphalopodes4 ,les dcouvertes de ,,kowalewsky 7#ahff7 prirent ensuite une importance spciale3 ce savant montra que le plus infrieur des ,vertbrs1 la lancette ou ,amphioxus se dveloppe exactement de la mme manire--manire vrai dire trs primitive--qu'un ,tunicier1 ,invertbr d'apparence trs diffrent1 l'tui de mer ou ascidie4 ,le mme observateur montra1 en outre1 une formation analogue aux feuillets germinatifs chez diffrents vers1 chez les ,echinodermes et chez les ,articuls4 ,je m'occupais alors moi-mme1 depuis #ahff1 du dveloppement des ponges1 des coraux1 des mduses et des siphonophores et comme1 dans ces classes infrieures d'organismes pluricellulaires1 j'observais partout la mme formation de deux feuillets primaires1 j'acquis la conviction que ce processus important de germination tait le mme travers toute la srie animale4 ,ce fait me parut surtout important que chez les ponges et les ,coelentrs infrieurs 7polypes1 mduses7 le corps n'est constitu longtemps1 sinon toute la vie1 que de deux simples assises cellulaires2 ,,huxley 7#ahdi71 les avait dj compares1 en ce qui concerne les mduses1 aux deux feuillets primaires des ,vertbrs4 ,m'appuyant sur ces observations et ces comparaisons1 je posai alors en #ahgb1 dans ma ,philosophie des ponges calcaires1 la thorie gastrenne dont les points essentiels sont les suivants3 ,i4 ,le rgne animal tout entier se divise en deux grands groupes radicalement diffrents1 les animaux monocellulaires 7,protozoaires7 et les animaux pluricellulaires 7,mtazoaires72 l'organisme tout entier des ,protozoaires 7,rhizopodes et ,infusoires71 demeure1 la vie durant1 l'tat de simple cellule 7plus rarement on trouve un rseau lche de cellules qui ne forment pas encore un tissu1 le coenobium72 l'organisme des ,mtazoaires1 par contre1 n'est unicellulaire qu'au dbut1 plus tard il est compos de nombreuses cellules qui forment des tissus4 ,,ii4 ,il s'ensuit que la reproduction et le mode de dveloppement diffrent aussi essentiellement dans les deux groupes2 la reproduction1 chez les ,protozoaires1 est gnralement asexue1 elle se fait par division1 bourgeonnement ou sporulation2 ces animaux ne possdent1 proprement parler1 ni oeuf ni sperme4 ,chez les ,mtazoaires1 au contraire1 les sexes masculin et fminin diffrent1 la reproduction est presque toujours sexue1 elle a lieu au moyen d'oeufs qui sont fconds par le sperme du mle4 ,,iii4 ,il s'ensuit que c'est chez les seuls ,mtazoaires que se forment des feuillets germinatifs et leur suite des tissus1 lesquels manquent encore totalement chez les ,protozoaires4 ,,iv4 ,chez les ,mtazoaires n'apparaissent d'abord que deux feuillets germinatifs primaires1 qui ont partout la mme signification essentielle3 le feuillet pidermique1 externe1 donnera le revtement cutan externe et le systme nerveux2 le feuillet intestinal1 interne1 au contraire1 sera l'origine du tube intestinal et de tous les autres organes4 ,v4 ,au stade qui1 partout1 suit celui de l'oeuf fcond et o l'on ne rencontre que les deux feuillets primitifs1 j'ai donn le nom de larve intestinale ou de germe en gobelet 7gastrula72 le corps deux assises en forme de gobelet1 dlimite originairement une simple cavit digestive1 l'intestin primitif 7progaster ou archenteron7 dont l'unique ouverture est la bouche primitive 7prostoma ou blastopore74 ,tels sont les premiers organes du corps1 chez les animaux pluricellulaires1 et les deux assises cellulaires de la paroi1 simples pithliums1 sont les premiers tissus2 tous les autres organes et tissus n'apparaissent que plus tard 7formations secondaires7 et proviennent des premiers4 ,,vi4 ,de cette identit1 de cette homologie de la gastrula dans toutes les classes et toutes les subdivisions du groupe des ,mtazoaires1 je tirai1 en vertu de la grande loi biogntique 7cf4 chap4 ,v7 la conclusion suivante3 tous les ,mtazoaires drivent primitivement d'une forme ancestrale commune1 la gastra2 de plus1 cette forme ancestrale1 qui remonte une poque trs recule 7priode laurentienne7 et a disparu depuis longtemps1 possdait1 dans ses traits essentiels1 la forme et la composition qui se sont conserves par hrdit chez la gastrula actuelle4 ,,vii4 ,cette conclusion phylogntique1 tire de la comparaison des faits de l'ontognie1 est en outre confirme par ce fait qu'il existe encore aujourd'hui des individus appartenant au groupe des ,gastrads 7,gastrmaries1 ,cyemaries1 ,physemaries7 ainsi que des formes ancestrales dans d'autres groupes1 dont l'organisation n'est que trs peu suprieure celle des gastrads prcdents 7l'olynthus chez les ,spongiaires2 l'hydre1 le polype commun d'eau douce1 chez les ,coelentrs2 la convolute et autres ,cryptocles1 les plus simples des ,turbellaris1 chez les ,plathelminthes74 ,,viii4 ,la suite du dveloppement1 partir du stade gastrula1 permet de diviser les ,mtazoaires en deux grands groupes trs diffrents3 les plus anciens1 animaux infrieurs 7,coelentrs ou ,aclomiens7 ne prsentent pas encore de cavit du corps et ne possdent ni sang1 ni anus2 c'est le cas des ,gastrads1 des ,spongiaires1 des ,coelentrs et des ,plathelminthes4 ,les plus rcents1 au contraire1 les animaux suprieurs 7,clomiens ou ,artiozoaires7 possdent une vritable cavit du corps et1 la plupart du moins1 du sang et un anus2 ils comprennent les vers 7,vermalia7 et les groupes typiques suprieurs auxquels les vers ont donn naissance3 chinodermes1 ,mollusques1 ,arthropodes1 ,tuniciers et ,vertbrs4 ,tels sont les points essentiels de ma thorie gastrenne dont la premire bauche date de #ahgb mais que j'ai reprise plus tard et dveloppe plus longuement1 m'efforant1 dans une srie d',etudes sur la thorie gastrenne1 de lui donner une base plus solide encore 7#ahgc-ahhd74 ,quoiqu'au dbut cette thorie ait t presque universellement repousse et qu'elle ait t violemment combattue pendant dix ans par de nombreuses autorits1 elle est aujourd'hui 7depuis prs de quinze ans7 admise par tous les savants comptents4 ,voyons maintenant l'tendue des consquences que nous pouvons tirer de la thorie gastrenne et de l'embryologie en gnral1 par rapport au problme principal que nous nous sommes pos3 la place de l'homme dans la nature4 ,ovule et spermatozode de l'homme4--,l'oeuf de l'homme1 comme celuide tous les autres ,mtazoaires1 est une simple cellule et cette petite cellule sphrique 7qui n'a que #j1b millimtres de diamtre7 a la mme structure caractristique que chez tous les autres mammifres vivipares4 ,la petite masse protoplasmique1 en effet1 est entoure d'une paisse membrane transparente1 prsentant de fines stries radiales3 la zone pellucide1 la petite vsicule germinative1 elle aussi 7le noyau cellulaire71 incluse l'intrieur du protoplasma 7corps cellulaire7 prsente la mme grandeur et la mme structure que chez les autres ,mammifres4 ,on en peut dire autant des spermatozodes ou filaments spermatiques1 anims de mouvements1 du mle1 de ces minuscules cellules flagelles en forme de filaments et qu'on trouve par millions dans chaque gouttelette du sperme muqueux du mle2 on les avait pris autrefois1 cause de leurs mouvements rapides1 pour des animalcules spermatiques spciaux3 les spermatozaires4 ,l'apparition de ces deux importantes cellules sexuelles dans la glande sexuelle 7gonade71 se fait1 elle aussi de la mme faon chez l'homme et chez les autres ,mammifres2 les oeufs dans l'ovaire de la femme 7ovarium7 aussi bien que les spermatozodes dans le testicule de l'homme 7spermarium7 se produisent partout de la mme faon3 ils drivent de cellules1 provenant originairement de l'pithlium coelomique1 de cette assise cellulaire qui revt la cavit du corps4 ,conception4 ,fcondation4--,le moment le plus important dans la vie de tout homme 7comme de tout autre ,mtazoaire7 c'est celui o commence son existence individuelle2 c'est l'instant o les deux cellules sexuelles des parents se rencontrent et se fusionnent pour former une cellule unique4 ,cette nouvelle cellule1 l'ovule fcond1 est la cellule souche individuelle 7cytula7 dont proviendront1 par des divisions successives1 les cellules des feuillets germinatifs1 et la gastrula4 ,c'est seulement avec la formation de cette cytula1 c'est--dire avec le processus de la fcondation lui-mme1 que commence l'existence de la personne1 de l'individualit indpendante4 ,ce fait ontogntique est essentiellement important1 car de lui seul1 dj1 on peut tirer des consquences d'une porte immense4 ,et d'abord il s'en suit1 ainsi qu'on le voit clairement1 que l'homme1 ainsi que tous les autres ,mtazoaires1 tient toutes ses qualits personnelles1 corporelles et intellectuelles1 de ses deux parents qui les lui ont transmises en vertu de l'hrdit2 il s'ensuit1 en outre1 qu'une certitude s'impose nous1 grosse de consquences3 c'est que la nouvelle personne1 qui doit son origine ces phnomnes1 ne peut absolument pas prtendre tre immortelle4 ,les dtails du processus de fcondation et de reproduction sexue1 en gnral1 prennent par suite une importance capitale2 ils ne nous sont connus1 avec toutes leurs particularits1 que depuis #ahge1 depuis qu',,oscar ,,hertwig 7alors mon lve et mon compagnon de voyage ,ajaccio7 ouvrit la voie aux recherches ultrieures par celles qu'il fit sur la fcondation des oeufs d'oursins4 ,la belle capitale de l'le des romarins1 o ,napolon naquit en #agfi1 est en mme temps l'endroit o furent observs pour la premire fois avec exactitude1 et dans leurs moindres dtails1 les secrets de la fcondation animale4 ,,hertwig trouva que le seul phnomne essentiel tait la fusion des deux cellules sexuelles et de leurs noyaux4 ,parmi les millions de cellules flagelles mles qui se pressent en essaim autour de l'ovule femelle1 un seul pntre dans le corps protoplasmique4 ,les noyaux des deux cellules 7noyau du spermatozode et noyau de l'ovule71 sont attirs l'un vers l'autre par une force mystrieuse considre comme une activit sensorielle chimique1 analogue l'odorat3 les deux noyaux s'approchent ainsi l'un de l'autre et se fusionnent4 ,ainsi1 grce une impression sensible des deux noyaux sexuels et par suite d'un chimiotropisme rotique1 il se produit une nouvelle cellule qui runit en elle les qualits hrditaires des deux parents2 le noyau du spermatozode transmet les caractres paternels1 celui de l'ovule les caractres maternels la cellule souche aux dpens de laquelle le germe se dveloppe2 cette transmission vaut aussi bien pour les qualits corporelles que pour ce qu'on appelle les qualits de l'me4 ,ebauche de l'embryon humain4--,la formation des feuillets germinatifs par division rpte de la cellule souche1 l'apparition de la gastrula et des formes embryonnaires issues d'elle1 tout cela se produit chez l'homme absolument de la mme manire que chez les ,mammifres suprieurs1 avec les mmes dtails caractristiques qui diffrencient ce groupe de celui des ,vertbrs infrieurs4 ,dans les premires priodes du dveloppement embryologique1 ces caractres propres des ,placentaliens ne se distinguent pas encore4 ,la forme trs importante de la chordula ou larve chordale1 qui suit immdiatement le stade gastrula1 prsente chez tous les ,vertbrs les mmes traits essentiels3 une simple baguette axiale1 la chorda1 s'tend tout droit suivant le grand axe du corps qui est ovale1 en forme de bouclier 7bouclier germinatif72 au-dessus de la chorda se dveloppe1 aux dpens du feuillet externe1 la moelle pinire2 au-dessous de la chorda le tube digestif4 ,c'est alors seulement qu'apparaissent des deux cts1 droite et gauche de la baguette axiale1 la chane des vertbres primitives1 et l'bauche des plaques musculaires avec lesquelles commence la segmentation du corps4 ,devant1 sur la face intestinale1 apparaissent de chaque ct les fentes branchiales1 ouvertures du pharynx par lesquelles l'origine1 chez nos anctres les poissons1 l'eau ncessaire la respiration et avale par la bouche ressortait ainsi sur les cts4 ,par suite de la tnacit de l'hrdit1 ces fentes branchiales1 qui n'avaient d'importance que chez les formes ancestrales aquatiques1 c'est--dire chez les animaux voisins des poissons1 apparaissent aujourd'hui encore chez l'homme1 comme chez tous les autres ,vertbrs2 elles disparaissent par la suite4 ,mme aprs l'apparition1 dans la rgion de la tte1 des cinq vsicules crbrales1 aprs que1 sur les cts1 les yeux et les oreilles se sont bauchs1 aprs que1 dans la rgion du tronc1 les rudiments des deux paires de membres ont fait saillie sous forme de bourgeons ronds un peu aplatis1 mme alors1 l'embryon humain1 en forme de poisson1 est encore si semblable celui de tous les ,vertbrs1 qu'on ne peut pas l'en distinguer4 ,identit entre les embryons de tous les ,vertbrs4--,l'identit sur tous les points essentiels entre l'embryon humain et celui des autres ,vertbrs1 ces premiers stades de la formation et tant en ce qui concerne la forme extrieure du corps que la structure interne--est un fait embryologique de premire importance2 on en peut dduire1 en vertu de la grande loi biogntique1 des consquences capitales4 ,car on ne peut pas l'expliquer autrement qu'en admettant qu'il y a eu hrdit partir d'une forme ancestrale commune4 ,lorsque nous constatons qu' un certain stade1 l'embryon de l'homme et celui du singe1 celui du chien et celui du lapin1 celui du porc et celui du mouton1 quoiqu'on les puisse reconnatre appartenir des ,vertbrs suprieurs1 ne peuvent cependant pas tre distingus l'un de l'autre1 le fait ne nous semble pouvoir tre expliqu que par une origine commune4 ,et cette explication se confirme si nous observons les diffrences1 les divergences qui surviennent ensuite entre ces formes embryonnaires4 ,plus deux formes animales sont voisines dans l'ensemble de leur conformation et par suite dans la classification naturelle1 plus aussi leurs embryons se ressemblent longtemps1 plus aussi dpendent troitement l'un de l'autre les deux groupes de l'arbre gnalogique auxquels se rattachent ces deux formes3 plus est proche leur parent phylogntique4 ,c'est pourquoi les embryons de l'homme et des singes anthropodes restent encore trs semblables par la suite1 un degr trs avanc de dveloppement o les diffrences qui les distinguent des embryons des autres ,mammifres sont immdiatement reconnaissables4 ,j'ai expos ce fait essentiel1 tant dans mon ,histoire de la ,cration naturelle 7#ahih1 tabl4 #b et #c7 que dans mon ,anthropognie 7#ahia1 tabl4 #f #i7 en rapprochant1 pour un certain nombre de ,vertbrs1 les stades correspondants du dveloppement4 ,les enveloppes embryonnaires chez l'homme4--,la haute importance phylogntique de la ressemblance dont nous venons de parler ressort non seulement de la comparaison des embryons de ,vertbrs en eux-mmes1 mais aussi de celle de leurs enveloppes4 ,les trois classes suprieures de ,vertbrs1 en effet 7,reptiles1 ,oiseaux et ,mammifres7 se distinguent des classes infrieures par la formation d'enveloppes embryonnaires caractristiques3 l'amnion 7peau aqueuse7 et le srolemme 7peau sreuse74 ,l'embryon est inclus l'intrieur de ces sacs pleins d'eau et il est ainsi protg contre les chocs et les pressions4 ,cet appareil protecteur1 qui a sa raison d'tre dans l'utilit1 n'est probablement apparu que pendant la priode permique1 alors que les premiers ,reptiles1 7les ,proreptiles71 formes originaires des ,amniotes1 se sont compltement adapts la vie terrestre4 ,chez leurs anctres directs1 les ,amphibies1 comme chez les ,poissons1 cet appareil protecteur fait encore dfaut3 il tait superflu chez ces animaux aquatiques4 ,a l'acquisition de ces enveloppes se rattachent1 chez tous les ,amniotes1 deux changements3 premirement1 la disparition complte des branchies 7tandis que les arcs branchiaux et les fentes qui les sparaient se transmettent sous forme d'organes rudimentaires7 et deuximement la formation de l'allantode4 ,ce sac plein d'eau1 en forme de vsicule1 se dveloppe chez l'embryon de tous les ,amniotes aux dpens de l'intestin postrieur et n'est pas autre chose que la vessie urinaire agrandie des ,amphibies ancestraux4 ,ses parties interne et infrieure formeront plus tard la vessie dfinitive des ,amniotes1 tandis que la partie externe1 la plus grande1 entre en rgression4 ,d'ordinaire l'allantode joue1 pendant quelque temps1 un rle important dans la respiration de l'embryon par ce fait que d'importants vaisseaux s'talent sur sa paroi4 ,la formation des enveloppes embryonnaires 7amnion et srolemme71 aussi bien que celle de l'allantode1 a lieu chez l'homme absolument de la mme manire que chez tous les autres ,amniotes et par les mmes processus compliqus de dveloppement3 l'homme est un vritable ,amniote4 ,le placenta de l'homme4--,la nutrition de l'embryon humain dans la matrice a lieu1 on le sait1 au moyen d'un organe spcial1 extrmement vascularis1 qu'on appelle placenta ou gteau vasculaire4 ,cet important organe de nutrition forme un disque orbiculaire spongieux1 de #af #bj centimtres de diamtre1 #c #d centimtres d'paisseur1 et pse de #a #b livres2 aprs la naissance de l'enfant il se dtache et il est expuls sous le nom d'arrire-faix4 ,le placenta comprend deux parties toutes diffrentes3 le gteau foetal ou placenta de l'enfant 7,pl4 foetalis7 et le gteau maternel ou gteau vasculaire maternel 7,pl4 uterina74 ,ce dernier contient des sinus sanguins bien dvelopps qui reoivent le sang amen par les vaisseaux utrins4 ,le gteau foetal1 au contraire1 est form de nombreuses villosits ramifies qui se dveloppent la surface de l'allantode de l'enfant et tirent leur sang de ses vaisseaux ombilicaux4 ,les villosits creuses1 remplies par le sang du gteau foetal1 pntrent dans les sinus sanguins du gteau maternel et la mince cloison qui les spare l'un de l'autre s'amincit tellement qu'un change direct des matriaux nutritifs du sang peut avoir lieu 7par osmose7 travers elle4 ,dans les groupes primitifs les plus infrieurs de ,placentaliens1 la superficie tout entire de l'enveloppe externe de l'embryon est couverte de nombreuses petites villosits2 ces villosits du chorion pntrent dans des excavations de la muqueuse utrine et s'en dtachent aisment lors de la naissance4 ,c'est le cas chez la plupart des ,onguls 7par exemple1 le porc1 le chameau1 le cheval72 chez la plupart des ,ctacs et des ,prosimiens3 on a dsign ces ,malloplacentaliens du nom d',indcidus 7 placenta diffus1 malloplacenta74 ,chez les autres ,placentaliens et chez l'homme1 la mme disposition s'observe au dbut4 ,elle change cependant bientt1 les villosits venant disparatre sur une partie du chorion1 mais elles ne se dveloppent que davantage sur la partie restante et se soudent trs intimement la muqueuse utrine4 ,une partie de celle-ci1 par suite de cette soudure intime1 se dchire la naissance et son expulsion amne un flux sanguin4 ,cette membrane caduque ou membrane crible 7,dcidue7 est une formation caractristique des ,placentaliens suprieurs qu'on a runis cause de cela sous le nom de ,dcidus2 ce groupe appartiennent principalement les ,carnivores1 les ,onguiculs1 les singes et l'homme2 chez les ,carnivores et chez quelques ,onguls 7par exemple l'lphant7 le placenta prsente la forme d'une ceinture 7,zonoplacentaliens72 par contre1 chez les ,onguiculs1 chez les ,insectivores 7la taupe1 le hrisson7 chez les singes et l'homme il a la forme d'un disque 7,discoplacentaliens74 ,il n'y a pas plus de dix ans1 la plupart des embryologistes croyaient encore que l'homme se distinguait1 dans la formation de son placenta1 par certaines particularits1 surtout par l'existence de ce qu'on appelle la dcidue reflexe et par celle du cordon ombilical qui relie cette dcidue au foetus2 on pensait que ces organes embryonnaires spciaux manquaient aux autres placentaliens et en particulier aux singes4 ,le cordon ombilical 7funiculus umbilicalis71 organe important1 est un cordon cylindrique et mou1 de #dj #fj cm4 de long et de l'paisseur du petit doigt 7#aa #ac mm474 ,il sert de lien entre l'embryon et le gteau maternel en ce qu'il conduit les vaisseaux sanguins1 porteurs des matriaux nutritifs du corps de l'embryon dans le gteau foetal2 de plus il renferme aussi l'extrmit de l'allantode et du sac vitellin4 ,mais tandis que ce sac1 chez le foetus humain de trois semaines1 reprsente encore la plus grande moiti de la vsicule embryonnaire1 il se rsorbe bientt aprs1 si bien qu'on n'en trouve plus trace chez le foetus parvenu maturit2 cependant il persiste l'tat rudimentaire et on le retrouve1 mme aprs la naissance1 sous forme de minuscule vsicule ombilicale4 ,l'bauche de l'allantode1 en forme de vsicule1 entre elle-mme de bonne heure en rgression chez l'homme et ce fait est en rapport avec la formation1 par l'amnion1 d'un organe un peu diffrent1 ce qu'on appelle le pdicule ventral4 ,nous ne pouvons pas1 d'ailleurs1 insister ici sur les relations anatomiques et embryologiques compliques de ces organes3 je les ai d'ailleurs dcrites en y joignant des illustrations1 dans mon ,anthropognie 7,leon #bc74 ,les adversaires de la thorie de l'volution invoquaient encore il y a dix ans ces particularits tout fait caractristiques de la fcondation chez l'homme1 lesquelles devaient le distinguer de tous les autres ,mammifres4 ,mais en #ahij1 ,,mile ,,selenka dmontra que les mmes particularits se prsentent chez les singes anthropodes1 et notamment chez l'orang 7satyrus71 tandis qu'elles font dfaut chez les singes infrieurs4 ,ainsi se justifiait1 ici encore1 le principe pithecomtrique de ,,huxley3 ,les diffrences entre l'homme et les singes anthropodes sont moindres que celles qui existent entre ces derniers et les singes infrieurs4 ,les prtendues preuves contre l'troite parent de l'homme et du singe se rvlaient1 ici encore1 un examen plus minutieux des donnes relles1 comme constituant1 au contraire1 d'importants arguments en faveur de cette parent4 ,tout naturaliste qui voudra pntrer1 les yeux ouverts1 plus avant dans cet obscur mais si intressant labyrinthe de notre embryologie1 s'il est en tat d'en faire la comparaison critique avec celle des autres ,mammifres1 y trouvera les fanaux les plus importants pour la comprhension de notre phylognie4 ,car les divers stades du dveloppement embryonnaire1 en vertu de la grande loi biogntique1 jettent comme phnomnes d'hrdit palingntiques1 une vive lumire sur les stades correspondants de notre srie ancestrale4 ,mais1 de leur ct1 les phnomnes d'adaptation cinogntiques1 la formation d'organes embryonnaires passagers--les enveloppes caractristiques et avant tout le placenta--nous donnent des aperus trs prcis sur notre troite parent originelle avec les ,primates4 ,,chapitre ,v ,notre gnalogie4 ,,tudes ,,monistes ,,sur ,l',,origine ,,et ,,la ,,descendance ,,de ,l',,homme1 ,,tendant ,a ,,montrer ,,qu',,il ,,descend ,,des ,,vert,,br,s ,,et ,,directement ,,des ,,primates4 ,l'esquisse gnrale de l'arbre gnalogique des ,primates1 depuis les plus anciens ,prosimiens de l'ocne jusqu' l'homme1 est renferme tout entire dans la priode tertiaire3 il n'y a plus l de membre manquant important4 ,la descendance de l'homme d'une ligne de ,primates de la priode tertiaire1 formes aujourd'hui disparues1 n'est plus une vague hypothse mais un fait historique4 ,l'importance incommensurable qu'offre cette connaissance certaine de l'origine de l'homme s'impose tout penseur impartial et consquent4 7,confrence faite ,cambridge sur l'tat actuel de nos connaissances relativement l'origine de l'homme1 #ahih47 ,,sommaire ,,du ,,cinqui,,me ,,chapitre ,origine de l'homme4--,histoire mythique de la cration4 ,mose et ,linn4--,cration des espces constantes4--,thorie des cataclysmes1 ,cuvier4--,transformisme1 ,goethe 7#agij74--,thorie de la descendance1 ,lamarck 7#ahji74--,thorie de la slection1 ,darwin 7#ahei74--;,histoire gnalogique 7phylognie7 7#ahff74--;,arbres gnalogiques4--,morphologie gnrale4--,histoire de la cration naturelle4--,phylognie systmatique4--,grande loi fondamentale biogntique4--,anthropognie4--,l'homme descendant du singe4--,thorie pithcode4--,le pithcanthrope fossile de ,dubois 7#ahid74 ,,litt,,rature ,,ch4 ,,darwin4--,l'origine de l'homme et la slection sexuelle4 ,,th4 ,,huxley4--,des faits qui tmoignent de la place de l'homme dans la nature4 ,e4 ,,haeckel4--,anthropognie4 7#b ter ,theil ,stammesgeschichte oder ,phylogenie7 ,i,ve ,aufl4 #ahia4 ,c4 ,,gegenbaur4--,vergleichende ,anatomie der ,wirbelthiere mit ,bercksichtigung der ,wirbellosen 7#b ,bde1 ,leipzig1 #ahih74 ,c4 ,,zittel4--,grundzge der ,palaeontologie 7#ahie74 ,e4 ,,haeckel4--,systematische ,stammesgeschichte des ,menschen 7#g4 ,kapitel der ,systematischen ,phylogenie der ,wirbelthiere71 ,berlin #ahie4 ,l4 ,,buchner4--,der ,mensch und eine ,stellung in der ,natur1 in ,vergangenheit1 ,gegenwart und ,zukunft 7#c;e ,aufl4 #ahhi74 ,j4-,g4 ,,vogt4--,die ,menschwerdung4 ,die ,entwickelung des ,menschen aus der ,hauptreihe der ,primaten 7,leipzig1 #ahib74 ,e4 ,,haeckel4--,ueber unsere gegenwaertige ,kenntniss vom ,ursprung des ,menschen 7,vertrag in ,cambridge71 trad4 fr4 du ,dr ,laloy4 #b;e tirage #aijj4 ,la plus jeune1 parmi les grandes branches de l'arbre vivant de la biologie1 c'est cette science naturelle que nous appelons ,gnalogie ou ,phylognie4 ,elle s'est dveloppe bien plus tard encore et malgr des difficults bien plus grandes1 que sa soeur naturelle1 l'embryognie ou ontognie4 ,celle-ci avait pour objet la connaissance des processus mystrieux par suite desquels les individus organiss1 animaux ou plantes1 se dveloppent aux dpens de l'oeuf4 ,la gnalogie1 par contre1 doit rpondre cette question beaucoup plus difficile et obscure3 ,comment sont apparues les espces organiques1 les diffrents phylums d'animaux ou de plantes8 ,l'ontognie 7aussi bien l'embryologie1 que l'tude des mtamorphoses71 pouvait adopter1 pour rsoudre sa tche1 sise tout proche1 la voie immdiate de l'observation empirique2 elle n'avait qu' suivre jour par jour et heure par heure les transformations visibles que l'embryon organis1 dans l'espace de peu de temps1 subit mesure qu'il se dveloppe aux dpens de l'oeuf4 ,bien plus difficile tait1 ds l'origine1 la tche lointaine de la phylognie2 car les lents processus de transformation graduelle qui dterminent l'apparition des espces vgtales et animales1 s'accomplissent insensiblement au cours de milliers et de millions de sicles2 leur observation immdiate n'est possible que dans des limites trs restreintes et la plus grande partie de ces processus historiques ne peut tre connue qu'indirectement3 par la rflexion critique1 en utilisant pour les comparer des donnes empiriques appartenant aux domaines trs diffrents de la palontologie1 de l'ontognie et de la morphologie4 ,a cela se joignait l'important obstacle que constituait pour la gnalogie naturelle1 en gnral1 son rapport intime avec l'histoire de la cration1 avec les mythes surnaturels et les dogmes religieux2 on conoit ds lors aisment que ce ne soit qu'au cours de ces quarante dernires annes que l'existence1 en tant que science1 de la vritable phylognie ait pu tre conquise et assure1 aprs de difficiles combats4 ,histoire mythique de la cration4--,tous les essais srieux entrepris jusqu'au commencement de notre ,x,i,xe sicle pour rsoudre le problme de l'apparition des organismes1 sont venus chouer dans le labyrinthe des lgendes surnaturelles de la cration4 ,les efforts individuels de quelques penseurs minents pour s'manciper1 atteindre une explication naturelle1 demeurrent infructueux4 ,les mythes divers1 relatifs la cration se sont dvelopps1 chez tous les peuples civiliss de l'antiquit1 en mme temps que la religion2 et pendant le moyen ge1 ce fut naturellement le christianisme1 parvenu la toute-puissance1 qui revendiqua le droit de rsoudre le problme de la cration4 ,or comme la ,bible tait la base inbranlable de l'difice religieux chrtien1 on emprunta toute l'histoire de la cration au premier livre de ,mose4 ,c'est encore l-dessus que s'appuya le grand naturaliste sudois1 ,,linn1 lorsqu'en #agce1 le premier1 dans son ,systema natur1 point de dpart de la science postrieure1--il entreprit de trouver1 pour les innombrables corps de la nature1 une ordonnance1 une terminologie et une classification systmatiques4 ,il inaugura1 comme tant le meilleur auxiliaire pratique1 la double dnomination bien connue1 ou nomenclature binaire2 il donna chaque espce ou phylum un nom d'espce particulier qu'il fit prcder d'un nom plus gnral de genre4 ,dans un mme genre 7genus7 furent runies les espces 7species7 voisines2 c'est ainsi1 par exemple1 que ,linn runit dans le genre chien 7canis71 comme des espces diffrentes le chien domestique 7canis familiaris71 le chacal 7canis aureus71 le loup 7canis lupus71 le renard 7canis vulpes71 etc4 ,cette nomenclature parut bientt si pratique qu'elle fut partout adopte et qu'elle est applique aujourd'hui encore dans la systmatique1 tant en botanique qu'en zoologie4 ,mais la science se heurta un dogme thorique des plus dangereux1 celui-l mme auquel ,,linn avait rattach sa notion pratique d'espce4 ,la premire question qui devait se poser ce savant penseur1 c'tait naturellement de savoir ce qui constitue proprement le concept d'espce1 quelles en sont la comprhension et l'extension4 ,a cette question fondamentale1 ,linn faisait la plus nave rponse1 s'appuyant sur le mythe mosaque de la cration1 universellement admis3 ,species tot sunt divers1 quot diversas formas ab initio creavit infinitum eus4 7,il y a autant d'espces diffrentes que l'tre infini a cr au dbut de formes diffrentes74 ,ce dogme thosophique coupait court toute explication naturelle de l'apparition des espces4 ,,linn ne connaissait que les espces actuelles vgtales et animales3 il ne souponnait rien des formes disparues1 infiniment plus nombreuses1 qui avaient peupl notre globe1 sous des aspects divers1 pendant les priodes antrieures de son histoire4 ,c'est seulement au dbut de notre sicle que ces fossiles furent mieux connus par ,,cuvier4 ,dans son ouvrage clbre sur les os fossiles des ,vertbrs quadrupdes 7#ahab71 il donna1 le premier1 une description exacte et une juste interprtation de nombreux fossiles4 ,il dmontra en mme temps qu'aux diffrentes priodes de l'histoire de la terre1 une srie de faunes trs diffrentes s'taient succd4 ,comme ,,cuvier s'obstinait maintenir la thorie de ,,linn de l'indpendance absolue des espces1 il crut ne pouvoir expliquer leur apparition qu'en disant qu'une srie de grands cataclysmes et de crations successives s'taient succd sur la terre2 toutes les cratures vivantes auraient t ananties au commencement de chaque grande rvolution terrestre1 tandis qu' la fin1 une nouvelle faune aurait t cre4 ,bien que cette thorie des cataclysmes de ,,cuvier conduist aux consquences les plus absurdes et conclt au pur miracle1 elle fut bientt universellement adopte et rgna jusqu' ,,darwin 7#ahei74 ,transformisme 7,goethe74--,on entrevoit aisment que les ides courantes sur l'absolue indpendance des espces organiques et leur cration surnaturelle1 ne pouvaient pas satisfaire les penseurs plus profonds4 ,aussi trouvons-nous1 ds la seconde moiti du ,x,v,i,i,ie sicle1 quelques esprits minents proccups de trouver une solution naturelle au grand problme de la cration4 ,devanant tous les autres1 le plus minent de nos potes et de nos penseurs1 ,,goethe1 par ses tudes morphologiques prolonges et assidues1 avait dj clairement reconnu1 il y a plus de cent ans1 le rapport intime de toutes les formes organiques et il tait dj parvenu la ferme conviction d'une origine naturelle commune4 ,dans sa clbre ,mtamorphose des plantes 7#agij71 il faisait driver les diverses formes de plantes d'une plante originelle et les divers organes d'une mme plante d'un organe originel1 la feuille4 ,dans sa thorie vertbrale du crne1 il essayait de montrer que le crne de tous les ,vertbrs--y compris l'homme6--tait constitu de la mme manire par certains groupes d'os1 disposs selon un ordre fixe1 et qui n'taient autre chose que des vertbres transformes4 ,c'tait prcisment ses tudes approfondies d'ostologie compare qui avaient conduit ,,goethe la ferme certitude de l'unit d'organisation2 il avait reconnu que le squelette de l'homme est constitu d'aprs le mme type que celui de tous les autres ,vertbrs1 form d'aprs un modle qui ne s'efface un peu que dans ses parties trs constantes et qui1 chaque jour1 grce la reproduction1 se dveloppe et se transforme4 ,goethe tient cette transformation pour la rsultante de l'action rciproque de deux forces plastiques3 une force interne centripte de l'organisme1 la tendance la spcification et une force externe1 centrifuge1 la tendance la variation ou l',ide de mtamorphose2 la premire correspond ce que nous appelons aujourd'hui l'hrdit1 la seconde l'adaptation4 ,combien ,,goethe1 par ces tudes de philosophie scientifique sur la formation et la transformation des corps organiss de la nature1 avait pntr profondment dans leur essence et combien par suite1 on peut le considrer comme le prcurseur le plus important de ,darwin et de ,lamarck1 c'est ce qui ressort des passages intressants de ses oeuvres que j'ai rassembls dans la #d;e leon de mon ,histoire de la ,cration ,naturelle#ad1 7#i;e dition1 p4 #fe #fh74 ,cependant1 ces ides d'volution naturelle exprimes par ,,goethe1 comme aussi les vues analogues 7cf4 op4 cit47 de ,,kant1 ,,oken1 ,,treviranus et autres philosophes naturalistes du commencement de ce sicle1 ne s'tendaient pas au-del de certaines notions gnrales4 ,il y manquait le puissant levier1 ncessaire l'histoire de la cration naturelle pour se fonder dfinitivement par la critique du dogme d'espce1 et ce levier nous le devons ,,lamarck4 #ad ,e4 ,,haeckel4 ,die ,naturanschauung von ,darwin1 ,goethe und ,lamarck4 7,confrence faite ,eisenach1 #ahhb74 ,thorie de la descendance 7,lamarck #ahji74--,le premier essai vigoureux en vue de fonder scientifiquement le transformisme1 fut fait au dbut du ,x,i,xe sicle par le grand philosophe naturaliste franais1 ,,lamarck1 l'adversaire le plus redoutable de son collgue ,,cuvier1 ,paris4 ,dj1 en #ahjb1 il avait exprim dans ses ,considrations sur les corps vivants1 les ides toutes nouvelles sur l'instabilit et la transformation des espces1 d'ides qu'il a traites fond1 en #ahji1 dans les deux volumes de son ouvrage profond1 la ,philosophie zoologique4 ,,lamarck dveloppait l1 pour la premire fois1--en opposition avec le dogme rgnant de l'espce--l'ide juste que l'espce organique tait une abstraction artificielle1 un terme valeur relative1 aussi bien que les termes plus gnraux de genre1 de famille1 d'ordre et de classe4 ,il prtendait1 en outre1 que toutes les espces taient variables et provenaient d'espces plus anciennes1 par des transformations opres au cours de longues priodes4 ,les formes ancestrales communes1 desquelles proviennent les espces ultrieures1 taient l'origine des organismes trs simples et trs infrieurs2 les premires et les plus anciennes s'tant produites par parthnognse4 ,tandis que par l'hrdit1 le type se maintient constant travers la srie des gnrations1 les espces se transforment insensiblement par l'adaptation1 l'habitude et l'exercice des organes4 ,notre organisme humain1 lui aussi1 provient1 de la mme manire1 des transformations naturelles effectues travers une srie de mammifres voisins des singes4 ,pour tous ces processus1 comme en gnral pour tous les phnomnes de la vie de l'esprit aussi bien que de la nature1 ,,lamarck n'admet exclusivement que des processus mcaniques1 physiques et chimiques3 il ne tient pour vraies que les causes efficientes4 ,sa profonde ,philosophie zoologique contient les lments d'un systme de la nature purement moniste1 fond sur la thorie de l'volution4 ,j'ai expos en dtail les mrites de ,,lamarck dans la #d;e leon de mon ,anthropognie 7#d;e dition1 p4 #fc7 et dans la #e;e leon de ma ,cration naturelle 7#i;e dition1 p4 #hi74 ,on aurait pu s'attendre ce que ce grandiose essai1 en vue de fonder scientifiquement la thorie de la descendance1 ait aussitt branl le mythe rgnant de la cration des espces et fray la voie une thorie naturelle de l'volution4 ,mais1 au contraire1 ,,lamarck fut aussi impuissant contre l'autorit conservatrice de son grand rival ,,cuvier1 que devait l'tre1 vingt ans plus tard1 son collgue et mule ,,geoffroy ,,saint-,,hilaire4 ,les combats clbres que ce philosophe naturaliste eut soutenir en #ahcj1 au sein de l',acadmie franaise1 contre ,,cuvier se terminrent par le complet triomphe de ce dernier4 ,j'ai dj parl trs longuement de ces combats auxquels ,,goethe prit un si vif intrt 7,h4 de la ,cr41 p4 #gg #hj74 ,le puissant dveloppement que prit cette poque l'tude empirique de la biologie1 la quantit d'intressantes dcouvertes faites1 tant sur le domaine de l'anatomie que sur celui de la physiologie compare1 l'tablissement dfinitif de la thorie cellulaire et les progrs de l'ontognie1 tout cela fournissait aux zoologistes et aux botanistes un tel surcrot de matriaux de travail productif1 qu' ct de cela la difficile et obscure question de l'origine des espces fut compltement oublie4 ,on se contenta du vieux dogme traditionnel de la cration4 ,mme aprs que le grand naturaliste anglais #a 7#ahcj71 dans ses ,principes de ,gologie eut rfut la thorie miraculeuse des cataclysmes de ,cuvier et eut dmontr que la nature inorganique de notre plante avait suivi une volution naturelle et continue--mme alors1 on refusa au principe de continuit si simple de ,,lyell1 toute application la nature organique4 ,les germes d'une phylognie naturelle1 enfouis dans les oeuvres de ,,lamarck1 furent oublis autant que l'bauche d'ontognie naturelle qu'avait trace1 cinquante ans plutt 7#agei71 ,g4 ,f4 ,,wolff dans sa thorie de la gnration4 ,dans les deux cas1 il fallut un demi-sicle tout entier avant que les ides essentielles sur le dveloppement naturel1 parvinssent se faire admettre4 ,ce fut seulement aprs que ,,darwin 7#ahei7 eut abord la solution du problme de la cration par un tout autre ct1 s'aidant avec succs du trsor de connaissances empiriques acquises depuis1 que l'on commena s'occuper de ,,lamarck comme du plus grand parmi les devanciers de ,,darwin4 ,thorie de la slection 7,darwin #ahei74--,le succs sans exemple que remporta ,,darwin est connu de tous2 ce savant apparat ainsi1 la fin du ,x,i,xe sicle1 sinon comme le plus grand des naturalistes qu'on y compte1 du moins comme celui qui y a exerc le plus d'influence4 ,car1 parmi les grands et nombreux hros de la pense notre poque1 aucun1 au moyen d'un seul ouvrage classique1 n'a remport une victoire aussi colossale1 aussi dcisive et aussi grosse de consquences1 que ,,darwin avec son clbre ouvrage principal3 ,de l'origine des espces au moyen de la slection naturelle dans les rgnes animal et vgtal ou de la survivance des races les mieux organises dans la lutte pour la vie#ae4 ,sans doute1 la rforme de l'anatomie et la physiologie compares1 par ,j4 ,,muller1 a marqu pour la biologie tout entire une poque nouvelle et fconde4 ,sans doute1 l'tablissement de la thorie cellulaire par ,,schleiden et ,,schwann1 la rforme de l'ontognie par ,,baer1 l'tablissement de la loi de substance par ,,robert ,,mayer et ,,helmholtz ont t des hauts faits scientifiques de premier ordre3 aucun1 cependant1 quant l'tendue et la profondeur des consquences1 n'a exerc une action aussi puissante1 transform au mme point la science humaine tout entire que ne l'a fait la thorie de ,,darwin1 sur l'origine naturelle des espces4 ,car par l tait rsolu le problme mythique de la ,cration et avec lui la grave question des questions1 le problme de la vraie nature et de l'origine de l'homme lui-mme4 #ae ,trad4 ,ed4 ,barbier4 7,schleicher47 ,si nous comparons entre eux les deux grands fondateurs du transformisme1 nous trouvons chez ,,lamarck une tendance prpondrante la dduction1 baucher l'esquisse d'un systme moniste complet1--chez ,,darwin1 au contraire1 prdominent l'emploi de l'induction1 les efforts prudents pour tablir1 avec le plus de certitude possible sur l'observation et l'exprience1 les diverses parties de la thorie de la descendance4 ,tandis que le philosophe naturaliste franais dpasse de beaucoup le cercle des connaissances empiriques d'alors et esquisse1 en somme1 le programme des recherches venir--l'exprimentateur anglais1 au contraire1 a le grand avantage de poser le principe d'explication qui sera le principe d'unification1 permettant de synthtiser une masse de connaissances empiriques accumules jusqu'alors sans pouvoir tre comprises4 ,ainsi s'explique que le succs de ,,darwin ait t aussi triomphant que celui de ,,lamarck a t phmre4 ,,darwin n'a pas eu seulement le grand mrite de faire converger les rsultats gnraux des diffrentes disciplines biologiques au foyer du principe de la descendance et de les expliquer tous par l2 il a1 en outre1 dcouvert dans le principe de slection1 la cause directe du transformisme qui avait chapp ,lamarck4 ,,darwin praticien1 leveur1 ayant appliqu aux organismes l'tat de nature les conclusions tires de ses expriences de slection artificielle et ayant dcouvert dans la lutte pour la vie le principe qui ralise la slection naturelle1 posa son importante thorie de la slection1 ce qu'on appelle proprement le darwinisme#af4 #af ,,arnold ,,lang3 ,zur ,charakteristik der ,forschungswege von ,lamarck und ,darwin1 ,ina #ahhi4 ,gnalogie 7,phylognie #ahff74--,parmi les tches nombreuses et importantes que ,,darwin traa la biologie moderne1 l'une des plus pressantes sembla la rforme du systme1 en zoologie comme en botanique4 ,puisque les innombrables espces animale et vgtale n'taient pas cres par un miracle surnaturel mais avaient volu par transformation naturelle1 leur systme naturel apparaissait comme leur arbre gnalogique4 ,la premire tentative en vue de transformer en ce sens la systmatique est celle que j'ai faite moi-mme dans ma ,morphologie gnrale des organismes 7#ahff74 ,le premier livre de cet ouvrage 7,anatomie gnrale7 traitait de la science mcanique des formes constitues1 le second volume 7,embryologie gnrale71 des formes se constituant4 ,une ,revue gnalogique du systme naturel des organismes servait d'introduction systmatique ce dernier volume4 ,jusqu'alors1 sous le nom d'embryologie1 tant en botanique qu'en zoologie1 on avait entendu exclusivement celle des individus organiss 7embryologie et tude des mtamorphoses74 ,je soutins1 par contre1 l'ide qu'en face de l'embryologie 7ontognie7 se posait1 aussi lgitime1 une seconde branche troitement lie la premire1 la gnalogie 7phylognie74 ,ces deux branches de l'histoire du dveloppement des tres sont entre elles1 mon avis1 dans le rapport causal le plus troit1 ce qui repose sur la rciprocit d'action des lois d'hrdit et d'adaptation et quoi j'ai donn une expression prcise et gnrale dans ma loi fondamentale biogntique4 ,histoire de la cration naturelle 7#ahfh74--,les vues nouvelles que j'avais poses dans ma ,morphologie gnrale1 en dpit de la faon rigoureusement scientifique dont je les exposais1 n'ayant veill que peu l'attention des gens comptents et moins encore trouv de succs prs d'eux1 j'essayai d'en reproduire la partie la plus importante dans un ouvrage plus petit1 d'allure plus populaire1 qui ft accessible un plus grand cercle de lecteurs cultivs4 ,c'est ce que je fis en #ahfh dans mon ,histoire de la cration naturelle 7,confrences scientifiques populaires sur la thorie de l'volution en gnral et celles de ,darwin1 ,goethe et ,lamarck en particulier74 ,si le succs de la ,morphologie gnrale tait rest bien au-dessous de ce que j'tais en droit d'esprer1 par contre celui de la ,cration naturelle dpassa de beaucoup mon attente4 ,dans l'espace de trente ans1 il en parut neuf ditions remanies et douze traductions diffrentes4 ,malgr ses nombreuses lacunes1 ce livre a beaucoup contribu faire pntrer dans tous les milieux les grandes ides directrices de la thorie de l'volution4 ,je ne pouvais1 bien entendu1 indiquer l que dans ses traits gnraux1 la transformation phylogntique du systme naturel1 ce qui tait mon but principal4 ,je me suis rattrap plus tard en tablissant tout au long ce que je n'avais pu faire ici1 le systme phylogntique et cela dans un ouvrage plus important1 la ,phylognie systmatique 7,esquisse d'un systme naturel des organismes fond sur leur gnalogie74 ,le premier volume 7#ahid7 traite des ,protistes et des plantes2 le second 7#ahif7 des ,invertbrs2 le troisime 7#ahie7 des ,vertbrs4 ,les arbres gnalogiques des groupes1 petits et grands1 sont tendus aussi loin que me l'ont permis mes connaissances dans les trois grandes chartes d'origine3 palontologie1 ontognie et morphologie4 ,loi fondamentale biogntique4--,le rapport causal troit qui1 mon avis1 unit les deux branches de l'histoire organique du dveloppement des tres1 avait dj t soulign par moi dans ma ,morphologie gnrale 7 la fin du ,ve livre71 comme l'une des notions les plus importantes du transformisme et j'avais donn ce fait une expression prcise dans plusieurs ,thses sur le lien causal entre le dveloppement ontognique et le phyltique3 ,l'ontognie est une rcapitulation abrge et acclre de la phylognie1 conditionne par les fonctions physiologiques de l'hrdit 7reproduction7 et de l'adaptation 7nutrition74 ,dj ,,darwin 7#ahei7 avait insist sur la grande importance de sa thorie pour expliquer l'embryologie1 et ,,fritz ,,muller avait essay 7#ahfd7 d'en donner la preuve en prenant pour exemple une classe prcise d'animaux1 les ,crustacs1 dans son ingnieux petit travail intitul3 ,pour ,darwin4 ,j'ai cherch1 mon tour1 dmontrer la valeur gnrale et la porte fondamentale de cette grande loi biogntique1 dans une srie de travaux1 en particulier dans ,la biologie des ponges calcaires 7#ahgb7 et dans les ,etudes sur la thorie gastrenne 7#ahgc-ahhd74 ,les principes que j'y posais de l'homologie des feuillets germinatifs1 et des rapports entre la palingnie 7histoire de l'abrviation7 et la cnognie 7histoire des altrations7 ont t confirms depuis par les nombreux travaux d'autres zoologistes2 par eux il est devenu possible de dmontrer l'unit des lois naturelles travers la diversit de l'embryologie animale2 on en conclut1 quant l'histoire gnalogique des animaux1 leur commune descendance d'une forme ancestrale des plus simples4 ,anthropognie 7#ahgd74--,le fondateur de la thorie de la descendance1 ,,lamarck1 dont le regard portait si loin1 avait trs justement reconnu1 ds #ahji1 que sa thorie valait universellement et que1 par suite1 l'homme1 en tant que ,mammifre le plus perfectionn1 provenait de la mme souche que tous les autres et ceux-ci1 leur tour1 de la mme branche plus ancienne de l'arbre gnalogique1 que les autres ,vertbrs4 ,il avait mme dj indiqu par quels processus pouvait tre expliqu scientifiquement le fait que l'homme descend du singe1 en tant que ,mammifre le plus voisin de lui4 ,,darwin1 arriv naturellement aux mmes convictions1 laissa avec intention de ct1 dans son ouvrage capital 7#ahei71 cette consquence de sa doctrine1 qui soulevait tant de rvoltes et il ne l'a dveloppe1 avec esprit1 que plus tard 7#ahga7 dans un ouvrage en deux volumes sur ,les anctres directs de l'homme et la slection sexuelle4 ,mais1 dans l'intervalle1 son ami ,,huxley 7#ahfc7 avait dj discut avec beaucoup de pntration cette consquence1 la plus importante de la thorie de la descendance1 dans son clbre petit ouvrage sur ,les faits qui tmoignent de la place de l'homme dans la nature4 ,disposant de l'anatomie et de l'ontognie compares et s'appuyant sur les faits de la palontologie1 ,,huxley montra dans cette proposition que l'homme descend du singe1 consquence ncessaire du darwinisme--et qu'on ne pouvait donner aucune autre explication scientifique de l'origine de la race humaine4 ,cette conviction tait1 alors dj1 partage par ,c4 ,,gegenbaur1 le reprsentant le plus minent de l'anatomie compare1 qui a fait faire cette science importante d'immenses progrs par l'application consquente et judicieuse qu'il y a faite de la thorie de la descendance4 ,toujours par suite de cette thorie pithcode 7ou origine simiesque de l'homme7 une tche plus difficile s'imposait3 c'tait de rechercher non seulement les anctres de l'homme les plus directs1 parmi les ,mammifres de la priode tertiaire1 mais aussi la longue srie de formes animales qui avaient vcu des poques antrieures de l'histoire de la ,terre et qui s'taient dveloppes travers un nombre incalculable de millions d'annes4 ,j'avais dj commenc chercher une solution hypothtique ce grand problme historique1 en #ahff1 dans ma ,morphologie gnrale2 j'ai continu la dvelopper en #ahgd dans mon ,anthropognie 7,ire partie3 ,embryologie2 ,i,ie partie3 ,gnalogie74 ,la quatrime dition remanie de ce livre 7#ahia7 contient1 mon avis1 l'expos de l'volution de la race humaine qui1 dans l'tat actuel de nos connaissances des sources1 se rapproche le plus du but lointain de la vrit2 je me suis constamment efforc de recourir galement et en les accordant entre elles aux trois sources empiriques de la palontologie1 de l'ontognie et de la morphologie 7anatomie compare74 ,sans doute1 les hypothses sur la descendance1 donnes ici1 seront plus tard confirmes et compltes1 chacune en particulier1 par les recherches phylogntiques venir2 mais je suis tout aussi convaincu que la hirarchie que j'ai trace des anctres de l'homme rpond en gros la vrit4 ,car la srie historique des fossiles de ,vertbrs correspond absolument la srie volutive morphologique1 que nous font connatre l'anatomie et l'ontognie compares3 aux ,poissons siluriens succdent les ,poissons amphibies du dvonien#ag1 les ,amphibies du carbonifre1 les ,reptiles permiques et les ,mzozoques mammifres2 parmi eux apparaissent d'abord1 pendant la priode du trias1 les formes infrieures1 les ,monotrmes1 puis pendant la priode jurassique les ,marsupiaux1 enfin pendant la priode calcaire1 les plus anciens ,placentaliens4 ,parmi ceux-ci apparaissent d'abord1 au dbut de la priode tertiaire 7ocne7 les plus anciens des ,primates ancestraux1 les ,prosimiens1 puis1 pendant le miocne les ,singes vritables et parmi les ,catarrhiniens tout d'abord les ,cynopithques1 ensuite les ,anthropomorphes2 un rameau de ces derniers a donn naissance1 pendant le pliocne1 l'homme singe encore muet 7,pithecanthropus alalus7 et de celui-ci descend enfin l'homme dou de la parole4 #ag ,les dipneustes 7,n4 du ,t474 ,on rencontre bien plus de difficult et d'incertitude en cherchant reconstruire la srie des anctres invertbrs qui ont prcd nos anctres vertbrs2 car nous n'avons pas de restes ptrifis de leurs corps mous et sans squelette2 la palontologie ne peut nous fournir aucune preuve certaine4 ,d'autant plus prcieuses deviennent les sources de l'anatomie et de l'ontognie compares4 ,comme l'embryon humain passe par le mme stade chordula que l'embryon de tous les autres ,vertbrs1 comme il se dveloppe aux dpens des deux feuillets d'une gastrula1 nous en concluons1 d'aprs la grande loi biogntique1 l'existence passe de formes ancestrales correspondantes 7,vermalis1 ,gastrads74 ,mais ce qui est surtout important1 c'est ce fait fondamental1 que l'embryon de l'homme1 comme celui de tous les autres animaux1 se dveloppe primitivement aux dpens d'une simple cellule2 car cette cellule-souche 7cytula7--ovule fcond--tmoigne indiscutablement d'une forme ancestrale correspondante monocellulaire1 d'un antique anctre 7priode laurentienne7 ,protozoaire4 ,pour notre philosophie moniste il importe d'ailleurs assez peu de savoir comment on tablira avec plus de certitude encore1 dans le dtail1 la srie de nos anctres animaux4 ,il n'en reste pas moins ce fait historique certain1 cette donne grosse de consquences1 que l'homme descend directement du singe et par del1 d'une longue srie de ,vertbrs infrieurs4 ,j'ai dj insist en #ahff1 au septime livre de ma ,morphologie gnrale sur le fondement logique de ce principe pithcomtrique3 ,cette proposition que l'homme descend de ,vertbrs infrieurs et directement des singes est un cas particulier de syllogisme dductif qui rsulte avec une absolue ncessit1 en vertu de la loi gnrale d'induction1 de la thorie de la descendance4 ,pour l'tablissement dfinitif et le triomphe de ce fondamental principe pithcomtrique1 les dcouvertes palontologiques de ces trente dernires annes sont d'une plus grande importance2 en particulier la surprenante trouvaille de nombreux ,mammifres disparus1 de l'poque tertiaire1 nous a mis mme d'tablir clairement1 dans ses grands traits1 l'histoire ancestrale de cette classe la plus importante d'animaux et cela depuis les infrieurs ,monotrmes ovipares jusqu' l'homme4 ,les quatre grands groupes de ,placentaliens1 les lgions si riches en formes des ,carnivores1 ,rongeurs1 ,onguls et ,primates1 semblent spars par un profond abme lorsque nous ne considrons que les pigones encore vivants qui les reprsentent aujourd'hui4 ,mais ces abmes profonds se comblent entirement et les diffrences entre les quatre lgions s'effacent totalement lorsque nous comparons les anctres tertiaires disparus et lorsque nous remontons jusqu' l'aube de l'histoire1 jusqu' l'ocne1 au dbut de la priode tertiaire 7au moins trois millions d'annes en arrire67 ,la grande sous-classe des ,placentaliens1 qui compte aujourd'hui plus de #b4ejj espces n'est alors reprsente que par un petit nombre de ,proplacentaliens2 et chez ces ,prochoriatids1 les caractres des quatre lgions divergentes sont si mls et si effacs1 qu'il est plus sage de ne les regarder que comme des anctres communs4 ,les premiers ,carnivores 7ictopsales71 les premiers ,rongeurs 7esthonycales71 les premiers ,onguls 7condylarthrales7 et les premiers ,primates 7lemurales7 possdent dans leurs grands traits la mme conformation du squelette et la mme dentition typique que les ,placentaliens primitifs1 soit #dd dents 7 chaque moiti de mchoire1 #c incisives1 #a canine1 #d prmolaires et #c molaires7#ah1 ils sont tous caractriss par la petite taille et le dveloppement imparfait du cerveau 7principalement de la partie la plus importante1 les hmisphres1 qui ne sont constitus en organe de la pense que plus tard1 chez les pigones du miocne et du pliocne72 ils ont tous les jambes courtes1 cinq orteils aux pieds et marchent sur la plante du pied 7plantigrada74 ,pour certains de ces ,placentaliens primitifs de l'ocne on a d'abord hsit avant de les classer parmi les ,carnivores ou les ,rongeurs1 les ,onguls ou les ,primates2 ainsi ces quatre grandes lgions de ,placentaliens qui devaient tellement diffrer ensuite1 se rapprochaient alors jusqu' se confondre6 ,on en conclut indubitablement une communaut d'origine dans un groupe unique2 ces ,prochoriatids vivaient dj dans la priode antrieure1 calcaire 7il y a plus de trois millions d'annes67 et sont probablement apparus pendant la priode jurassique1 descendant d'un groupe de ,didelphes insectivores 7amphiteria7 et prsentant un placenta diffus1 forme primitive1 la plus simple4 #ah #c #a #d #c ,formule dentaire qui s'crit3 -----------4 #c' #a' #d' #c' ,mais les plus importantes de toutes les dcouvertes palontologiques rcentes1 qui ont jet un jour nouveau sur l'histoire gnalogique des placentaliens1 sont relatives notre propre ligne1 la lgion des ,primates4 ,autrefois1 les fossiles en taient trs rares4 ,,cuvier lui-mme1 le grand fondateur de la palontologie1 affirma jusqu' sa mort 7#ahcb71 qu'il n'existait pas de fossiles de ,primates2 il avait1 il est vrai1 dj dcrit le crne d'un ,prosimien de l'ocne 7,adapis71 mais il l'avait pris tort pour un ,ongul4 ,dans ces vingt dernires annes1 on a dcouvert un assez grand nombre de squelettes ptrifis de ,prosimiens et de ,simiens1 bien conservs2 parmi eux se trouvent les intermdiaires importants qui permettent de reconstituer la chane continue des anctres1 depuis le plus primitif ,prosimien jusqu' l'homme4 ,le plus clbre et le plus intressant de ces fossiles est l',homme singe ptrifi de ,java1 le ,pithecanthropus erectus dont on a tant parl et qui a t dcouvert en #ahid par le mdecin militaire hollandais1 ,,eug,,ne ,,dubois4 ,c'est vraiment le missing link tant cherch1 le prtendu membre manquant dans la srie des ,primates qui1 s'tend maintenant1 ininterrompue1 depuis les singes catarrhiniens infrieurs jusqu' l'homme le plus lev en organisation4 ,j'ai expos longuement la haute porte de cette trouvaille merveilleuse dans la confrence que j'ai faite le #bf aot #ahih1 au quatrime ,congrs international de ,zoologie1 ,cambridge3 ,de l'tat actuel de nos connaissances relativement l'origine de l'homme4 ,le palontologiste qui connat les conditions requises pour la formation et la conservation des fossiles1 considrera la dcouverte du ,pithcanthrope comme un hasard tout spcialement heureux4 ,car les singes1 en tant qu'ils habitent sur les arbres 7lorsqu'ils ne tombent pas par hasard dans l'eau71 se trouvent rarement leur mort dans des conditions qui permettent la conservation et la ptrification de leur squelette4 ,par cette trouvaille de l'homme-singe fossile1 de ,java1 la ,palontologie1 son tour1 nous dmontre que l'homme descend du singe aussi clairement et srement que l'avaient dj fait avant elle les disciples de l',anatomie et de l',ontognie compares3 nous possdons maintenant tous les documents essentiels pour notre histoire gnalogique4 ,,chapitre ,,vi ,de la nature de l'me ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,le ,,concept ,d',,ame4--,,devoirs ,,et ,m,,thodes ,,de ,,la ,,psychologie ,,scientifique4--,m,,tamorphoses ,,psychologiques4 ,les diffrences psychologiques entre l'homme et le singe anthropode sont moindres que les diffrences correspondantes entre le singe anthropode et le singe le plus infrieur4 ,et ce fait psychologique correspond exactement ce que nous prsente l'anatomie quant aux diffrences dans l'corce crbrale1 le plus important ,organe de l',ame4 ,si1 cependant1 aujourd'hui encore1 presque dans tous les milieux1 l'me de l'homme est considre comme une substance spciale et mise en avant comme la preuve la plus importante contre l'affirmation maudite que l',homme descend du singe1 cela s'explique1 d'une part1 par l'tat si arrir de la soi-disant psychologie1 de l'autre1 par la superstition si rpandue de l'immortalit de l'me4 7,confrence de ,cambridge sur l'origine de l'homme1 #ahih74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,vi ,signification fondamentale de la psychologie4--,comment on la doit concevoir1 quelles mthodes on doit lui appliquer4--,conflit des opinions sur ce point4--,psychologie dualiste et psychologie moniste4--,rapport de celle-ci la loi de substance4--,confusion de termes4--,mtamorphoses psychologiques3 ,kant1 ,virchow1 ,du ,bois-,reymond4--,moyens de parvenir la connaissance des faits de l'me4--,mthode introspective 7auto-observation74--,mthode exacte 7psycho-physique74--,mthode comparative 7psychologie animale74--,changement de principes psychologiques1 ,wundt4--,psychologie des peuples et ethnographie1 ,bastian4--,psychologie ontognique1 ,preyer4--,psychologie phylogntique1 ,darwin1 ,romanes4 ,,litt,,rature ,j4 ,,lamettrie4--,histoire naturelle de l'me4 ,h4 ,,spencer4--,principes de psychologie 7trad4 fran474 ,w4 ,,wundt4--,grundriss der ,psychologie4 ,leipzig1 #ahih4 ,,th4 ,,zeihen4--,leitfaden der physiologischen ,psychologie4 ,ina1 #ahia4 ,,ii ,aufl41 #ahih4 ,h4 ,,munsterberg4--,ueber ,aufgaben und ,methoden der ,psychologie4 ,leipzig1 #ahia4 ,l4 ,,besser4--,was ist ,empfindung8 ,bonn1 #ahia4 ,a4 ,,rau4--,empfinden und ,denken4 ,eine physiologische ,untersuchung ber die ,natur des menschlichen ,verstandes4 ,giessen1 #ahif4 ,p4 ,,carus4--,the soul of man4 ,an investigation of the facts of physiological and experimental ,psychology4 ,chicago1 #ahia4 ,a4 ,,forel4--,gehirn und ,seele 7,vortrag in ,wien74 ,,iv ,aufl41 ,bonn1 #ahid4 ,a4 ,,svoboda4--,der ,seelenwahn4 ,geschichtliches und ,philosophisches4 ,leipzig1 #ahhf4 ,les phnomnes dont l'ensemble constitue ce qu'on appelle d'ordinaire la ,vie de l'me ou l'activit psychique1 sont1 entre tous ceux que nous connaissons1 d'une part1 les plus importants et les plus intressants1 de l'autre1 les plus compliqus et les plus nigmatiques4 ,la connaissance de la nature elle-mme1 qui a fait l'objet de nos prcdentes tudes philosophiques1 tant une partie de la vie de l'me1 et1 d'autre part1 l'anthropologie exigeant aussi bien que la cosmologie une exacte connaissance de l'me1 on peut considrer la psychologie1 la vritable science de l'me1 comme le fondement et la condition pralable de toutes les autres sciences4 ,envisage d'un autre point de vue1 elle est1 de plus1 une partie de la philosophie ou de l'anthropologie4 ,la grande difficult de son fondement naturel provient de ceci1 qu' son tour1 la psychologie prsuppose la connaissance exacte de l'organisme humain et avant tout du cerveau1 l'organe le plus important de la vie de l'me4 ,la grande majorit des prtendus psychologues1 ignorent cependant absolument ces bases anatomiques de l'me1 ou n'en ont qu'une connaissance trs imparfaite2 et ainsi s'explique ce fait regrettable que dans aucune science nous ne trouvons des ides aussi contradictoires et inadmissibles relativement sa propre nature et son objet essentiel1 que nous n'en rencontrons en psychologie4 ,cette confusion est devenue d'autant plus sensible en ces trente dernires annes que les progrs immenses de l'anatomie et de la physiologie ont ajout notre connaissance de la structure et des fonctions de l'organe le plus important de l'me4 ,mthode pour tudier l'me4--,selon moi1 ce qu'on appelle me est1 la vrit1 un phnomne de la nature4 ,je considre1 par consquent1 la psychologie comme une branche des sciences naturelles et en particulier de la physiologie4 ,et par suite1 j'insiste ds le dbut sur ce point que nous ne pourrons admettre1 pour la psychologie1 d'autres voies de recherches que pour toutes les autres sciences naturelles1 c'est--dire1 en premire ligne1 l'observation et l'exprimentation1 en seconde ligne1 l'histoire du dveloppement et en troisime ligne1 la spculation mtaphysique1 laquelle1 cherche se rapprocher1 autant que possible1 par des raisonnements inductifs et dductifs de l'essence inconnue du phnomne4 ,quant l'examen selon les principes de ce dernier point1 il faut tout d'abord1 et prcisment ici1 tudier de prs l'opposition entre les conceptions dualiste et moniste4 ,psychologie dualiste4--,la conception gnralement rgnante du psychique et que nous combattons1 considre le corps et l'me comme deux essences diffrentes4 ,ces deux essences peuvent exister indpendamment l'une de l'autre et ne sont pas forcment lies l'une l'autre4 ,le corps organique est une essence mortelle1 matrielle1 chimiquement constitue par du plasma vivant et des composs engendrs par lui 7produits protoplasmiques74 ,l'me1 par contre1 est une essence immortelle1 immatrielle1 un agent spirituel dont l'activit nigmatique nous est compltement inconnue4 ,cette plate conception est1 comme telle1 spiritualiste et son contraire1 en principe1 est en un certain sens matrialiste4 ,la premire est1 en mme temps1 transcendante et supranaturelle1 car elle affirme l'existence de forces existant et agissant sans base matrielle2 elle repose sur l'hypothse qu'en dehors et au-dessus de la nature1 il existe encore un monde spirituel1 monde immatriel dont1 par l'exprience1 nous ne savons rien1 et par suite de notre nature1 ne pouvons rien savoir4 ,cette hypothse1 monde spirituel1 qui serait compltement indpendant du monde matriel des corps et sur lequel repose tout l'difice artificiel de la philosophie dualiste1 est un pur produit de la fantaisie potique2 nous en pouvons dire autant de la croyance mystique en l'immortalit de l'me1 qui s'y rattache troitement et que nous montrerons plus tard1 en traitant spcialement de la question1 tre inadmissible pour la science 7cf4 chap4 ,,xi74 ,si les croyances qui animent ces mythes taient vraiment fondes1 les phnomnes dont il s'agit devraient n'tre pas soumis la loi de substance4 ,cette exception unique la loi suprme et fondamentale du cosmos n'aurait d survenir que trs tard au cours de l'histoire de la terre1 puisqu'elle ne porte que sur l'me des hommes et des animaux suprieurs4 ,le dogme du libre arbitre1 lui aussi1 autre pice essentielle de la psychologie dualiste1 est inconciliable avec la loi universelle de substance4 ,psychologie moniste4--,la conception naturelle du psychique que nous dfendons1 voit au contraire dans la vie de l'me une somme de phnomnes vitaux qui sont lis1 comme tous les autres1 un substratum matriel prcis4 ,nous dsignerons provisoirement cette base matrielle de toute activit psychique1 sans laquelle cette activit n'est pas concevable1--sous le nom de psychoplasma et cela parce que l'analyse chimique nous la montre partout comme un corps du groupe des corps protoplasmiques1 c'est--dire un de ces composs du carbone1 de ces albuminodes qui sont la base de tous les processus vitaux4 ,chez les animaux suprieurs1 qui possdent un systme nerveux et des organes des sens1 le psychoplasma1 en se diffrenciant1 a donn un neuroplasma3 la substance nerveuse4 ,c'est en ce sens que notre conception est matrialiste4 ,elle est1 d'ailleurs1 en mme temps1 empiriste et naturaliste1 car notre exprience scientifique ne nous a encore appris connatre aucune force qui soit dpourvue de base matrielle1 ni aucun monde spirituel sis en dehors et au-dessus de la nature4 ,ainsi que tous les autres phnomnes de la nature1 ceux de la vie de l'me sont soumis la loi suprme qui gouverne tout3 la loi de substance2 dans ce domaine il n'y a pas plus que dans les autres une seule exception cette loi cosmologique fondamentale 7cf4 chap4 ,,xii74 ,les processus de la vie psychique infrieure1 chez les ,plantes et chez les ,protistes monocellulaires1--mais galement chez les animaux infrieurs--leur irritabilit1 leurs mouvements rflexes1 leur sensibilit et leur effort pour persvrer dans l'tre3 tout cela a pour condition immdiate des processus psychologiques se passant dans le plasma cellulaire1 des changements physiques et chimiques qui s'expliquent en partie par l'hrdit1 en partie par l'adaptation4 ,mais il en faut dire tout autant de l'activit psychique suprieure1 des animaux suprieurs et de l'homme1 de la formation des reprsentations et des ides1 des phnomnes merveilleux de la raison et de la conscience4 ,car ceux-ci proviennent1 par dveloppement phylogntique1 de ceux-l et ce qui les porte cette hauteur1 c'est seulement le degr suprieur d'intgration ou de centralisation1 d'association ou de synthse de fonctions jusqu'alors spares4 ,conception de l'me4--,on considre avec raison comme le premier devoir de chaque science la dfinition de l'objet qu'elle se propose d'tudier4 ,mais pour aucune science la solution de ce premier devoir n'est si difficile que pour la psychologie et le fait est d'autant plus remarquable que la logique1 la science des dfinitions1 n'est elle-mme qu'une partie de la psychologie4 ,si nous rapprochons tout ce qui a t dit sur les notions essentielles de cette science par les philosophes et les naturalistes les plus remarquables de tous les temps1 nous nous trouvons enserrs dans un chaos des vues les plus contradictoires4 ,qu'est-ce donc1 en somme1 que l'me8 ,quel rapport a-t-elle avec l'esprit8 ,qu'entend-on proprement par conscience8 ,qu'est-ce qui diffrencie l'impression du sentiment8 ,qu'est-ce que l'instinct8 ,quel est son rapport avec le libre arbitre8 ,qu'est-ce qu'une reprsentation8 ,quelle diffrence y a-t-il entre l'entendement et la raison8 ,et qu'est-ce au fond que le sentiment#ai8 ,quelles sont les relations de tous ces phnomnes psychiques avec le corps8 #ai ,nous traduisons ,gemth par sentiment1 le mme mot qui nous a servi un peu plus haut traduire ,gefhl4 ,la traduction n'est cette fois qu'approximative1 le mot ,gemth tant un idiotisme4 ,les rponses ces questions et d'autres qui s'y rattachent sont aussi diffrentes que possible2 non seulement les plus grandes autorits ont l-dessus des manires de voir opposes1 mais encore1 pour une seule et mme de ces autorits scientifiques1 il n'est pas rare de trouver au cours de l'volution psychologique les manires de voir compltement changes4 ,certes1 cette mtamorphose psychologique de beaucoup de penseurs n'a pas peu contribu amener cette confusion colossale des ides qui rgne en psychologie plus que dans tout autre domaine de la connaissance humaine4 ,mtamorphose psychologique4--,l'exemple le plus intressant d'un changement aussi total des vues psychologiques aussi bien objectives que subjectives1 c'est celui que nous fournit le guide le plus influent de la philosophie allemande1 ,kant4 ,le ,kant de la jeunesse1 le vrai ,kant critique1 tait arriv cette conviction que les trois puissances du mysticisme--,dieu1 la libert et l'immortalit--taient inadmissibles pour la raison pure2 ,kant vieilli1 le ,kant dogmatique1 trouva que ces trois fantmes capitaux taient des postulats de la raison pratique et comme tels indispensables4 ,et plus1 de nos jours1 l'cole si considre des ,nokantiens prche le retour ,kant comme l'unique salut devant l'pouvantable charivari de la mtaphysique moderne2 plus clairement se rvle l'indniable et dsastreuse contradiction entre les ides essentielles du jeune et du vieux ,kant2 nous reviendrons sur ce dualisme4 ,un intressant exemple d'une variation analogue nous est fourni par deux des plus clbres naturalistes de notre temps3 ,r4 ,,virchow et ,,du ,,bois-,,reymond2 la mtamorphose de leurs ides psychologiques doit d'autant moins tre nglige que les deux biologistes berlinois1 depuis plus de #dj ans1 jouent un rle des plus importants dans la plus grande des universits allemandes et exercent1 tant directement qu'indirectement1 une influence profonde sur la pense moderne4 ,,virchow1 qui nous devons tant titre de fondateur de la pathologie cellulaire1 tait1 au meilleur temps de son activit scientifique1 vers le milieu du sicle 7et surtout pendant son sjour ,wrzbourg1 #ahdi-ahef7 un pur moniste2 il passait alors pour l'un des reprsentants les plus minents de ce matrialisme naissant qui s'tait introduit vers #ahee1 par deux oeuvres clbres parues presque en mme temps3 ,la matire et la force1 de ,l4 ,,bucuner et ,la foi du charbonnier et la science1 de ,c4 ,,vogt4 ,,virchow exposait alors ses ides gnrales sur la biologie et les processus vitaux de l'homme--conus tout comme des phnomnes mcaniques naturels--dans une srie d'articles remarquables parus dans les ,archives d'anatomie pathologique qu'il dirigeait4 ,le plus important1 sans contredit1 de ses travaux et celui dans lequel ,,virchow a expos le plus clairement ses ides monistes d'alors1 c'est son crit sur ,les tendances vers l'unit dans la mdecine scientifique 7#ahdi74 ,ce fut certainement aprs mre rflexion et parce qu'il tait convaincu de la valeur philosophique de cet ouvrage1 que ,,virchow1 en #ahef1 plaa cette profession de foi mdicale en tte de ses ,etudes runies de mdecine scientifique4 ,il y soutient les principes fondamentaux de notre monisme actuel1 avec autant de clart et de prcision que je le fais ici en ce qui concerne la solution de l'nigme de l'univers2 il dfend la lgitimit exclusive de la science exprimentale1 dont les seules sources dignes de foi sont l'activit des sens et le fonctionnement du cerveau2 il combat non moins nettement le dualisme anthropologique1 toute prtendue rvlation et toute transcendance1 ainsi que ses deux avenues3 la foi et l'anthropomorphisme4 ,il fait ressortir avant tout le caractre moniste de l'anthropologie1 le lien indissoluble entre l'esprit et le corps1 la force et la matire2 la fin de sa prface1 il s'exprime ainsi 7p4 #d73 ,je suis convaincu que je ne serai jamais amen nier le principe de l'unit de la nature humaine et ses consquences4 ,malheureusement cette conviction tait une grave erreur2 car1 #bh ans aprs1 ,,virchow soutenait des ides1 en principe tout opposes1 cela dans le discours dont on a tant parl1 sur ,la libert de la science dans l',etat moderne qu'il pronona en #ahgg l',assemble des naturalistes1 ,mnich et dont j'ai repouss les attaques dans mon crit3 ,la science libre et l'enseignement libre 7#ahgh74 ,des contradictions analogues1 en ce qui concerne les principes philosophiques les plus importants se rencontrent aussi chez ,,du ,,bois-,,reymond1 qui a remport ainsi un bruyant succs auprs des coles dualistes et surtout prs de l',ecclesia militans4 ,plus ce clbre rhteur de l',acadmie de ,berlin avait dfendu brillamment les principes gnraux de notre monisme1 plus il avait contribu rfuter le vitalisme et la conception transcendantale de la vie1 d'autant plus bruyant fut le cri de triomphe des adversaires lorsqu'en #ahgb1 dans son discours sensationnel de l'ignorabimus1 ,,du ,,bois-,,reymond rtablit la conscience comme une nigme insoluble1 l'opposant comme un phnomne surnaturel aux autres fonctions du cerveau4 ,je reviendrai plus loin l-dessus 7ch4 ,x74 ,psychologie objective et ,psychologie subjective4--,la nature spciale d'un grand nombre de phnomnes de l'me et surtout de la conscience1 nous oblige apporter certaines modifications nos mthodes de recherche scientifique4 ,une circonstance surtout importante ici1 c'est qu' ct de l'observation ordinaire1 objective1 extrieure1 il faut faire place la mthode introspective1 l'observation subjective1 intrieure qui rsulte du fait que notre moi se rflchit dans la conscience4 ,la plupart des psychologues partent de cette certitude immdiate du moi3 ,cogito ergo sum6 ,je pense donc je suis4 ,nous jetterons donc tout d'abord un regard sur ce moyen de connaissance et ensuite seulement sur les autres mthodes1 complmentaires de celle-ci4 ,psychologie introspective4 7,auto-observation de l'me74 ,la plus grande partie des documents sur l'me humaine1 consigns depuis des milliers d'annes dans d'innombrables crits1 provient de l'tude introspective de l'me1 c'est--dire de l'auto-observation1 puis des conclusions que nous tirons de l'association et de la critique de ces expriences internes subjectives4 ,pour une grande partie de l'tude de l'me cette voie subjective est en gnral la seule possible1 surtout pour l'tude de la conscience2 cette fonction crbrale occupe ainsi une place toute particulire et elle est devenue1 plus que toute autre1 la source d'innombrables erreurs philosophiques 7cf4 chap4 ,x74 ,mais c'est un point de vue trop troit et qui conduit des notions trs imparfaites1 fausses mme1 que celui qui nous fait considrer cette auto-observation de notre esprit comme la source principale1 sinon unique1 o puiser pour le connatre1 ainsi que le font de nombreux et distingus philosophes4 ,car une grande partie des phnomnes les plus importants de la vie de l'me1 surtout les fonctions des sens 7vue1 oue1 odorat1 etc471 puis le langage1 ne peuvent tre tudis que par les mmes mthodes que toute autre fonction de l'organisme1 savoir d'abord par une recherche anatomique approfondie de leurs organes et1 secondement1 par une exacte analyse physiologique des fonctions qui en dpendent4 ,mais pour pouvoir faire cette observation extrieure de l'activit de l'me et complter par l les rsultats de l'observation intrieure1 il faut une connaissance profonde de l'anatomie et de l'histologie1 de l'ontognie et de la physiologie humaines4 ,ces donnes fondamentales1 indispensables1 de l'anthropologie n'en font pas moins dfaut chez la plupart des prtendus psychologues1 ou sont trs insuffisantes2 aussi ceux-ci ne sont-ils pas en tat de se faire mme de leur me1 une ide suffisante4 ,a cela s'ajoute la circonstance dfavorable que cette me1 si vnre par son possesseur1 est souvent chez le psychologue une me dveloppe dans une direction unique 7quelque haut perfectionnement qu'atteigne cette ,psych dans son sport spculatif671 c'est en outre l'me d'un homme civilis1 appartenant une race suprieure1 c'est--dire le dernier terme d'une longue srie phyltique volutive1 pour l'exacte comprhension duquel la connaissance de prcurseurs nombreux et infrieurs serait indispensable4 ,ainsi s'explique que la plus grande partie de la puissante littrature psychologique soit aujourd'hui une maculature sans valeur4 ,la mthode introspective a certainement une immense valeur1 elle est indispensable1 mais elle a absolument besoin de la collaboration et du complment que lui apportent les autres mthodes4 ,psychologie exacte4--,plus s'enrichissait1 au cours de ce sicle1 le dveloppement des diverses branches de l'arbre de la connaissance humaine1 plus se perfectionnaient les diverses mthodes des sciences particulires1 plus grandissait le dsir d'y apporter l'exactitude1 c'est--dire de faire un examen empirique des phnomnes1 aussi exact que possible et de donner aux lois qui s'en pourraient dduire une formule aussi nette que possible1 mathmatique quand il se pourrait4 ,mais ceci n'est ralisable que pour une petite partie de la science humaine1 avant tout dans les sciences dont la tche principale est la dtermination de grandeurs mesurables2 en premire ligne les mathmatiques1 puis l'astronomie1 la mcanique1 et en somme une grande partie de la physique et de la chimie4 ,aussi dsigne-t-on ces sciences du nom de sciences exactes1 au sens propre du mot4 ,par contre1 on a tort 7et c'est souvent une cause d'erreur7 de considrer1 ainsi qu'on le fait volontiers1 toutes les sciences naturelles comme exactes1 pour les opposer d'autres1 en particulier aux sciences historiques et psychologiques4 ,car1 pas plus que celles-ci1 la plus grande partie des sciences naturelles ne sont susceptibles d'un traitement exact au sens propre2 ceci vaut surtout pour la biologie et1 parmi ses branches1 pour la psychologie4 ,celle-ci n'tant qu'une partie de la physiologie doit1 en gnral1 participer des mthodes de la premire4 ,elle doit1 par l'observation et l'exprimentation1 donner un fondement empirique1 aussi exact que possible1 aux phnomnes de la vie de l'me2 aprs quoi elle en doit tirer les lois de l'me par des raisonnements inductifs et dductifs1 et leur donner une formule aussi nette que possible4 ,mais1 pour des raisons faciles comprendre1 une formule mathmatique ne sera que trs rarement possible2 on n'a pu en donner avec succs que pour une partie de la physiologie des sens2 par contre1 ces formules sont inapplicables la plus grande partie de la physiologie du cerveau4 ,psycho-physique4--,une petite province de la psychologie qui semble accessible aux recherches exactes que l'on poursuit1 a t1 depuis vingt ans1 tudie avec grand soin et leve au rang de discipline spciale sous le nom de psychophysique4 ,ses fondateurs1 les physiologistes ,,fechner et ,,weber de ,leipzig1 tudirent d'abord avec exactitude la dpendance de la sensation par rapport l'excitant externe1 agissant sur l'organe sensoriel et1 en particulier1 le rapport quantitatif entre l'intensit de l'excitation et celle de la sensation4 ,ils trouvrent que pour produire une sensation1 un certain quantum prcis et minimum d'excitation est ncessaire1 seuil de l'excitation1 et qu'une excitation donne doit toujours varier d'un surcrot prcis3 seuil de la diffrence1 avant que la sensation ne se modifie d'une manire sensible4 ,pour les sens les plus importants 7la vue1 l'oue1 le sens de la pression7 on peut poser cette loi que les variations des sensations sont proportionnelles l'intensit des excitations4 ,de cette loi de ,,weber1 empirique1 ,,fechner dduisit1 par des oprations mathmatiques1 sa loi fondamentale psycho-physique1 en vertu de laquelle l'intensit de la sensation crot selon une progression arithmtique2 celle de l'excitation1 par contre1 selon une progression gomtrique4 ,nanmoins1 cette loi de ,,fechner1 ainsi que d'autres lois psycho-physiques1 a t attaque de divers cts et son exactitude conteste4 ,malgr tout1 la psycho-physique moderne n'est pas loin d'avoir satisfait tout ce qu'on attendait d'elle1 tous les voeux de ceux qui l'acclamaient il y a vingt ans2 seulement le domaine de son application possible est trs restreint4 ,et elle a une haute porte thorique en ce qu'elle nous dmontre la valeur absolue des lois physiques sur une partie1 restreinte il est vrai1 du domaine de la prtendue vie de l'me1 valeur revendique depuis longtemps par la psychologie matrialiste pour le domaine tout entier de la vie de l'me4 ,la mthode exacte s'est montre1 ici comme dans beaucoup d'autres branches de la physiologie1 insuffisante et peu productive2 en principe elle est sans doute partout dsirable1 mais malheureusement inapplicable dans la plupart des cas4 ,bien plus fcondes sont les mthodes comparative et gntique4 ,psychologie compare4--,la ressemblance frappante qui existe entre la vie psychique de l'homme et celle des animaux suprieurs est un fait depuis longtemps connu4 ,la plupart des peuples primitifs1 aujourd'hui encore1 ne font aucune diffrence entre les deux sries de phnomnes psychiques1 ainsi qu'en font foi les fables partout rpandues1 les vieilles lgendes et les ides relatives la mtempsychose4 ,la plupart des philosophes de l'antiquit classique taient convaincus1 eux aussi1 de cette parent1 et entre les mes humaine et animale1 ils ne dcouvraient aucune diffrence essentielle qualitative1 mais une simple diffrence quantitative4 ,,platon lui-mme1 qui affirma le premier la distinction fondamentale de l'me et du corps1 faisait traverser successivement une seule et mme me 7,ide71 par sa thorie de la mtempsychose1 divers corps animaux et humains4 ,c'est seulement le christianisme qui1 rattachant troitement la foi en l'immortalit la foi en ,dieu1 posa la distinction fondamentale entre l'me humaine immortelle et l'me animale mortelle4 ,dans la philosophie dualiste1 c'est avant tout sous l'influence de ,,descartes 7#afdc7 que cette ide s'implanta2 il affirmait que l'homme seul a une me vritable et avec elle la sensibilit et le libre arbitre2 qu'au contraire1 les btes sont des automates1 des machines sans volont ni sensibilit4 ,depuis1 la plupart des psychologues--et ,,kant en particulier1--ngligrent compltement l'me des animaux et rduisirent l'homme l'objet des tudes psychologiques2 la psychologie humaine1 presque exclusivement introspective1 fut prive de la comparaison fconde avec la psychologie animale et resta1 pour cette raison1 au mme niveau infrieur qu'occupait la morphologie avant que ,,cuvier1 en fondant l'anatomie compare1 ne l'levt la hauteur d'une science naturelle philosophique4 ,psychologie animale4--,l'intrt scientifique ne se rveilla en faveur de l'me animale que dans la seconde moiti du sicle dernier1 paralllement aux progrs de la zoologie et de la physiologie systmatiques4 ,l'intrt fut stimul surtout par l'crit de ,,reimarus3 ,considrations gnrales sur les instincts animaux 7,hambourg1 #agfj74 ,nanmoins1 une tude scientifique plus srieuse ne devint possible qu'avec la rforme fondamentale de la physiologie1 dont nous sommes redevables au grand naturaliste berlinois1 ,m,,ller4 ,ce biologiste de gnie1 embrassant le domaine entier de la nature organique1 tout ensemble la morphologie et la physiologie1 introduisit pour la premire fois les mthodes exactes de l'observation et de l'exprimentation dans la physiologie tout entire et y rattacha en mme temps1 d'une manire gnrale1 les mthodes de comparaison2 il les appliqua aussi bien la vie psychique1 au sens le plus large 7langage1 organes des sens1 fonctions du cerveau71 qu' tous les autres phnomnes vitaux4 ,le sixime livre de son ,manuel de physiologie humaine 7#ahdj7 traite spcialement de la vie de l'me et contient1 en #hj pages1 une quantit de considrations psychologiques des plus importantes4 ,en ces quarante dernires annes1 il a paru un grand nombre d'crits sur la psychologie compare des animaux1 provoqus en partie par l'impulsion puissante donne en #ahei par ,,darwin dans son ouvrage sur l'origine des espces1 et aussi par l'introduction de la ,thorie de l'volution dans le domaine psychologique4 ,quelques-uns de ces crits les plus importants sont dus ,,romanes et ,g4 ,,lubbock1 pour l',angleterre2 ,,wundt1 ,b,,chner1 ,g4 ,,schneider1 ,,fritz ,,schultze et ,,charles ,,groos1 pour l',allemagne2 ,,espinas et ,,jourdan1 pour la ,france2 ,,tito ,,vignoli1 pour l',italie4 7,j'ai donn les titres de quelques-uns des ouvrages les plus importants1 au dbut de ce chapitre47 ,en ,allemagne1 ,,wundt passe actuellement pour l'un des plus grands psychologues2 il possde1 sur la plupart des philosophes1 l'avantage inapprciable de connatre fond la zoologie1 l'anatomie et la physiologie4 ,autrefois prparateur et lve d',,helmholz1 ,,wundt s'est de bonne heure habitu appliquer les lois fondamentales de la physique et de la chimie au domaine tout entier de la physiologie et1 par suite1 dans l'esprit de ,m,,ller1 la psychologie en tant que faisant partie de la physiologie4 ,plac ce point de vue1 ,,wundt publia1 en #ahfc1 ses prcieuses ,leons sur l'me chez l'homme et chez l'animal4 ,l'auteur y donne1 comme il le dit lui-mme dans la prface1 la preuve que le thtre des principaux phnomnes psychiques est l'me inconsciente et il laisse notre regard pntrer dans ce mcanisme de l'arrire-plan inconscient de l'me qui labore les incitations venues des impressions extrieures4 ,mais ce qui me parat surtout important dans l'ouvrage de ,,wundt et en faire surtout la valeur1 c'est qu'on y trouve1 pour la premire fois1 la loi de la conservation de la force tendue au domaine psychique et1 en outre1 une srie de faits emprunts l'lectro-physiologie utiliss pour la dmonstration4 ,trente ans plus tard 7#ahib71 ,,wundt publia une seconde dition1 mais sensiblement abrge et compltement remanie1 de ses ,leons sur l'me chez l'homme et chez l'animal4 ,les principes les plus importants de la premire dition sont compltement abandonns dans la seconde et le point de vue moniste y fait place une conception purement dualiste4 ,,wundt lui-mme dit1 dans la prface de la seconde dition1 qu'il ne s'est dlivr que peu peu des erreurs fondamentales de la premire et que depuis des annes1 il a appris considrer ce travail comme un pch de jeunesse2 son premier ouvrage pesait sur lui comme une faute1 qu'il aspirait expier1 si bien que les choses parussent tourner pour lui4 ,de fait1 les vues essentielles de ,,wundt1 en psychologie1 sont compltement opposes dans les deux ditions de ses ,leons1 si rpandues2 elles sont1 dans la premire1 toutes monistes et matrialistes1 dans la seconde1 toutes dualistes et spiritualistes4 ,la premire fois1 la psychologie est traite comme une science naturelle1 les mmes principes lui sont appliqus qu' la physiologie tout entire1 dont elle n'est qu'une partie2 trente ans plus tard1 l'tude de l'me est devenue pour lui une pure science de l'esprit1 dont l'objet et les principes diffrent compltement de ceux des sciences naturelles4 ,cette conversion trouve son expression la plus nette dans le principe du paralllisme psycho-physique1 en vertu duquel1 sans doute1 chaque vnement psychique correspond un vnement physique quelconque1 mais tous les deux sont compltement indpendants l'un de l'autre et il n'existe pas entre eux de lien causal naturel4 ,ce parfait dualisme du corps et de l'me1 de la nature et de l'esprit1 a naturellement trouv le plus vif succs prs de la philosophie d'cole alors rgnante1 qui y applaudit comme un progrs important1 d'autant plus que ce dualisme est profess par un naturaliste remarquable1 qui a soutenu jadis les vues opposes4 ,comme je soutiens moi-mme ces opinions troites depuis plus de #dj ans et comme1 en dpit des efforts les mieux intentionns1 je n'ai pas pu m'en dpartir1 je considre naturellement les pchs de jeunesse du jeune physiologiste ,,wundt comme des ides justes sur la nature et je les dfends nergiquement contre les opinions opposes du vieux philosophe ,,wundt4 ,il est trs intressant de constater le total changement de principes philosophiques dont ,,wundt nous offre ici l'exemple1 comme autrefois ,,kant1 ,,wirchow1 ,,du ,,bois-,,reymond1 ainsi que ,,baer et d'autres4 ,dans leur jeunesse1 ces naturalistes1 intelligents et hardis1 embrassent le domaine tout entier de leurs recherches biologiques d'un vaste regard1 s'efforant ardemment d'asseoir la connaissance dans sa totalit sur une base naturelle et une2 dans leur vieillesse ils ont reconnu que ce n'tait pas pleinement ralisable1 aussi prfrent-ils renoncer tout fait leur but4 ,pour excuser cette mtamorphose psychologique1 ils pourront naturellement prtendre que dans leur jeunesse ils n'ont pas vu toutes les difficults de la grande tche entreprise et qu'ils se sont tromps sur le vrai but2 que c'est seulement aprs que leur esprit a mri avec l'ge et qu'ils ont accumul les expriences1 qu'ils se sont convaincus de leurs erreurs et ont trouv le vrai chemin qui conduit la source de la vrit4 ,mais on peut aussi affirmer1 inversement1 que les grands savants1 dans leur jeune ge1 abordaient avec plus de courage et d'impartialit leur tche difficile1 que leur regard tait plus libre et leur jugement plus pur2 les expriences des annes postrieures n'amnent pas seulement un enrichissement1 mais un trouble de la vue et avec la vieillesse survient une dgnrescence graduelle1 dans le cerveau comme dans les autres organes4 ,en tout cas1 cette mtamorphose1 quant la thorie de la connaissance1 est en elle-mme un fait psychologique instructif2 car elle montre1 ainsi que tant d'autres formes de changement d'opinions1 que les plus hautes fonctions de l'me sont soumises1 au cours de la vie1 d'aussi importantes modifications individuelles que toutes les autres fonctions vitales4 ,psychologie des peuples4--,il importe beaucoup1 si l'on veut tudier avec fruit la psychologie compare1 de ne pas borner la comparaison critique l'animal et l'homme en gnral1 mais aussi de placer l'un ct de l'autre les divers chelons de la vie psychique de chacun d'eux4 ,c'est seulement ainsi que nous parviendrons apercevoir clairement la longue chelle d'volution psychique qui va1 sans interruption1 des formes vivantes les plus infrieures1 monocellulaires1 jusqu'aux ,mammifres et1 leur tte1 jusqu' l'homme4 ,mais au sein de la race humaine1 elle-mme1 ces chelons sont trs nombreux et les rameaux de l'arbre gnalogique de l'me infiniment varis4 ,la diffrence psychique entre le plus grossier des hommes incultes1 au plus bas degr1 et l'homme civilis le plus accompli1 au plus haut degr de l'chelle est colossale1 bien plus grande qu'on ne l'admet gnralement4 ,l'importance de ce fait exactement mesure a imprim1 surtout dans la seconde moiti du ,x,i,xe sicle1 un vif lan l',anthropologie des peuples primitifs 7,,waitz71 et donn l'ethnographie compare une haute importance pour la psychologie4 ,malheureusement1 les matriaux bruts1 en quantit norme1 runis pour la constitution de cette science1 n'ont pas encore subi une laboration critique suffisante4 ,on peut juger des ides confuses et mystiques qui rgnent encore l1 d'aprs la soi-disant ,pense des peuples du voyageur connu1 ,,adolphe ,,bastian1 lequel s'est rendu clbre par la fondation1 ,berlin1 du ,muse d'ethnographie1 mais qui1 crivain prolixe1 nous prsente une vritable monstruosit de compilation sans critique et de spculation confuse4 ,psychologie ontogntique4--,la plus nglige1 la moins employe de toutes les mthodes1 dans l'tude de l'me1 a t jusqu' prsent l'ontogntique2 et pourtant ce sentier peu frquent est prcisment celui qui nous mne le plus vite et le plus srement parmi la sombre fort des prjugs1 des dogmes et des erreurs psychologiques1 jusqu'au point d'o nous pouvons voir clair dans beaucoup des plus importants problmes de l'me4 ,de mme que dans tout autre domaine de l'embryologie organique1 je commence par poser ici l'une en face de l'autre ses deux grandes branches1 que j'ai distingues ds #ahff3 l'embryologie 7ontognie7 et la gnalogie 7phylognie74 ,l'embryologie de l'me1 la psychognie individuelle ou biontique1 tudie le dveloppement graduel et progressif de l'me chez l'individu et cherche dterminer les lois qui le conditionnent4 ,pour une portion importante de la psychologie humaine1 il y a beaucoup de fait depuis des milliers d'annes2 car la pdagogie rationnelle a dj d1 de bonne heure1 s'imposer la tche de connatre thoriquement le progrs graduel et la capacit d'ducation de l'me de l'enfant1 dont elle avait1 en pratique1 raliser l'harmonieux dveloppement et qu'elle devait diriger4 ,seulement1 la plupart des pdagogues taient des philosophes spiritualistes et dualistes qui1 par suite1 se mettaient l'oeuvre en y apportant d'avance les prjugs traditionnels de la psychologie spiritualiste4 ,depuis quelques dizaines d'annes seulement1 la mthode des sciences naturelles a gagn du terrain1 mme dans les coles1 sur cette direction dogmatique2 on s'efforce aujourd'hui davantage1 mme quand on traite l'me de l'enfant d'appliquer les principes de la doctrine volutionniste4 ,les matriaux bruts contenus dans chaque me individuelle d'enfant1 sont dj qualitativement donns priori1 hrits qu'ils sont des parents et des anctres2 l'ducation a pour tche de les amener maturit1 de les faire s'panouir par l'instruction intellectuelle et l'ducation morale1 c'est--dire par l'adaptation4 ,pour la science de notre premier dveloppement psychique1 c'est ,w4 ,,preyer 7#ahhb7 qui en a pos les fondements dans son intressant ouvrage3 ,l'me de l'enfant1 observations relatives au dveloppement intellectuel de l'homme dans les premires annes de sa vie4 ,en ce qui concerne les stades et les mtamorphoses ultrieures de l'me individuelle1 il reste encore beaucoup faire3 l'application lgitime et pratique de la grande loi biogntique commence apparatre1 ici aussi1 comme le fanal lumineux de la comprhension scientifique4 ,psychologie phylogntique4--,une poque nouvelle et fconde1 une re de dveloppement plus grand commena1 pour la psychologie comme pour toutes les sciences biologiques1 lorsqu'il y a quarante ans ,,ch4 ,,darwin y appliqua les principes de la thorie de l'volution4 ,le septime chapitre de son ouvrage sur l',origine des espces 7#ahei71 ouvrage qui fit poque1 est consacr l'instinct2 il contient la dmonstration prcieuse que les instincts des animaux sont soumis1 comme toutes les autres fonctions vitales1 aux autres lois gnrales du dveloppement historique4 ,les instincts spciaux des espces animales distinctes sont transforms par l'adaptation et ces changements acquis sont transmis par l'hrdit aux descendants4 ,dans leur conservation et leur dveloppement1 la slection naturelle1 au moyen de la lutte pour la vie1 joue le mme rle disciplinateur que la transformation de n'importe quelle fonction physiologique4 ,plus tard1 dans plusieurs ouvrages1 ,,darwin a dvelopp cette ide et montr que les mmes lois de dveloppement intellectuel rgnent dans tout le monde organique1 qu'elles valent pour l'homme comme pour les animaux et pour ceux-ci comme pour les plantes4 ,l'unit du monde organique1 explicable par sa commune origine1 s'tend ainsi au domaine tout entier de la vie de l'me1 depuis le plus simple organisme monocellulaire jusqu' l'homme4 ,le dveloppement ultrieur de la psychologie de ,,darwin et son application aux divers domaines de la vie psychique sont dus un remarquable naturaliste anglais1 ,g4 ,,romanes4 ,malheureusement1 sa mort rcente1 si prmature1 l'a empch d'achever son grand ouvrage dans lequel toutes les parties de la psychologie compare devaient tre galement constitues dans le sens de la doctrine moniste de l'volution4 ,les deux parties de cet ouvrage qui ont paru comptent parmi les productions les plus prcieuses de la littrature psychologique tout entire4 ,en effet1 conformment aux principes monistes des sciences naturelles modernes1 ces ouvrages nous offrent premirement1 runis et ordonns1 les faits les plus importants qui1 depuis des milliers d'annes1 ont t tablis empiriquement1 par l'observation et l'exprience1 sur le domaine de la psychologie compare4 ,secondement1 ces faits sont ensuite examins et groups en vue d'une fin1 par la critique objective2 et troisimement1 il en dcoule en ce qui concerne les problmes gnraux les plus importants de la psychologie1 ces raisonnements qui seuls1 sont conciliables avec les principes de notre moderne doctrine moniste4 ,le premier volume composant l'oeuvre de ,,romanes1 porte ce titre1 ,l'volution mentale chez les animaux 7#ahhe7 et nous retrace toute la longue hirarchie des stades de l'volution psychique dans la srie animale1 depuis les impressions et les instincts les plus simples des animaux infrieurs jusqu'aux phnomnes les plus parfaits de la conscience et de la raison1 chez les animaux suprieurs1 tout cela s'enchanant par des liens naturels4 ,on trouve aussi dans ce volume de nombreuses notes tires des manuscrits posthumes de ,,darwin sur l'instinct en mme temps qu'une collection complte de tout ce que celui-ci a crit sur la psychologie4 ,la seconde et la plus importante partie de l'oeuvre de ,,romanes1 traite de l',evolution mentale chez l'homme et de l'origine des facults humaines#bj 7#ahic74 ,le pntrant psychologue y dmontre d'une manire convaincante que la barrire psychologique entre l'homme et l'animal est vaincue6 ,la pense l'aide des mots1 le pouvoir d'abstraction de l'homme1 se sont graduellement dvelopps1 sortis de degrs infrieurs o la pense et la reprsentation ne s'aidaient pas encore de mots1 degrs raliss chez les ,mammifres les plus proches de l'homme4 ,les plus hautes fonctions intellectuelles de l'homme1 la raison1 le langage et la conscience ne sont que les perfectionnements des mmes fonctions aux degrs infrieurs o elles sont ralises dans la srie des anctres primates 7,simiens et ,prosimiens74 ,l'homme ne possde pas une seule fonction intellectuelle qui soit sa proprit exclusive4 ,sa vie psychique tout entire ne diffre de celles des ,mammifres1 ses proches1 qu'en degr1 non en nature1 quantitativement1 non qualitativement4 #bj ,traduction franaise par ,h4 de ,varigny4 ,je renvoie les lecteurs qui s'intressent cette capitale question de l'me1 l'ouvrage fondamental de ,,romanes4 ,je suis d'accord1 sur presque tous les points et toutes les affirmations1 avec lui et avec ,,darwin2 lorsqu'il semble y avoir des diffrences entre l'opinion de ces auteurs et les vues que j'ai exposes prcdemment1 elles proviennent soit d'une expression imparfaite chez moi ou d'une diffrence insignifiante dans l'application des termes fondamentaux4 ,d'ailleurs1 c'est une des caractristiques de cette science des termes qu'en ce qui concerne les termes fondamentaux les plus importants1 les philosophes les plus marquants aient des manires de voir toutes diffrentes4 ,place de la psychologie dans le systme des sciences biologiques4 ,biologie ,science de l'organisme 7,anthropologie1 ,zoologie et ,botanique7 ---------------------------------------- ------------------ ,morphologie ,biognie ,science des formes ,histoire du dveloppement ----------------------- ----------------------------- ,anatomie ,histologie ,ontognie ,phylognie ,science ,science ,histoire ,histoire des organes des tissus de l'embryon de la race ,physiologie ,science des fonctions ---------------------------------------- ------------------- ,physiologie des ,physiologie des fonctions animales fonctions vgtatives 7,sensation et ,mouvement7 7,nutrition et ,reproduction7 -------------------------- ---------------------------- ,esthmatique ,phoronomie ,trophonomie ,gonimatique ,science ,science ,science ,science de la sensation du mouvement des changes de la de matriaux gnration ,psychologie ,science de l'me ,,chapitre ,,vii ,degrs dans la hirarchie de l'me4 ,,tudes ,,monistes ,,de ,,psychologie ,,compar,e4--,l',,chelle ,,psychologique4--,,psychoplasma ,,et ,,syst,,me ,,nerveux4--,,instinct ,,et ,,raison4 ,le plus merveilleux des phnomnes naturels1 celui que nous appelons d'un nom lgu par la tradition esprit ou me1 est une proprit absolument gnrale de tout ce qui vit4 ,dans toute matire vivante1 dans tout protoplasma1 il faut bien reconnatre l'existence des premiers lments de la vie psychique1 la forme rudimentaire de sensibilit au plaisir et la douleur1 la forme rudimentaire de l'attraction et de la rpulsion4 ,mais les divers degrs de dveloppement et de composition de cette me varient avec les divers tres vivants2 ils nous acheminent1 depuis la muette me cellulaire1 travers une longue srie d'intermdiaires de plus en plus levs1 jusqu' l'me humaine1 consciente et raisonnable4 ,ame cellulaire et cellule psychique 7#ahgh74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,vii ,unit psychologique de la nature organique4--,base matrielle de l'me3 le psychoplasma4--,echelle des sensations4--,echelle des mouvements4--,echelle des rflexes4--,rflexes simples et rflexes complexes4--,l'acte rflexe et la conscience4--,echelle des reprsentations4--,reprsentations inconscientes et reprsentations conscientes4--,echelle de la mmoire4--,mmoire inconsciente et mmoire consciente4--,association des reprsentations4--,instincts4--,instincts primaires et instincts secondaires4--,echelle de la raison4--,langage4--,mouvements motifs et passions4--,volont--,libre arbitre4 ,,litt,,rature ,,ch4 ,,darwin4--,de l'expression des motions chez l'homme et chez les animaux4 ,trad fran4 ,w4 ,,wundt4--,vorlesungen ber die ,menschen und ,thierseele4 #bte ,auflage1 ,leipzig1 #ahib4 ,,fritz ,,schultze4--,vergleichende ,seelenkunde4 ,leipzig1 #ahig4 ,l4 ,,buchner4--,aus dem ,geistesleben der ,thiere1 oder ,staaten und ,thaten der ,kleinen4 #dte ,aufl41 ,berlin1 #ahig4 ,a4 ,,espinas4--,les socits animales4 ,etudes de psychologie compare4 ,,tito ,,vignoli4--,de la loi fondamentale de l'intelligence dans le rgne animal4 ,trad4 allem4 ,c4 ,,lloyd ,,morgan4--,animal life and intelligence4 ,london1 #ahij4 ,w4 ,,bolsche4--,das ,liebesleben in der ,natur4 7,etude sur l'volution de l'amour74 ,leipzig1 #ahih4 ,g4 ,,romanes4--,l'volution mentale dans le rgne animal et chez l'homme4 ,trad4 fran4 ,les progrs immenses que la psychologie1 avec l'aide de la thorie volutionniste1 a accomplis dans la seconde moiti du ,x,i,xe sicle1 ont abouti ceci3 que nous reconnaissons l'unit psychologique du monde organique4 ,la psychologie compare1 conjointement l'ontognie et la phylognie de l'me1 nous ont convaincus que la vie organique tous ses degrs1 depuis les plus simples protistes monocellulaires jusqu' l'homme1 est le produit des mmes forces naturelles lmentaires1 des mmes fonctions physiologiques de sensation et de mouvement4 ,la tche fondamentale pour la psychologie scientifique de l'avenir ne sera donc pas1 comme elle l'a t jusqu' prsent1 l'analyse exclusivement subjective et introspective de l'me son plus haut degr de perfectionnement--de l'me au sens o l'entendent les philosophes--mais l'tude objective et comparative de la longue srie d'chelons1 de la longue suite de stades infrieurs et animaux qu'a d parcourir en se dveloppant l'esprit humain4 ,distinguer les divers degrs de cette chelle psychologique et dmontrer leur enchanement phylogntique ininterrompu1 telle est la belle tche laquelle on ne s'est srieusement appliqu que depuis quelques dizaines d'annes et qui a surtout t aborde dans l'ouvrage remarquable de ,,romanes4 ,nous nous contenterons ici de traiter trs brivement quelques-unes des questions les plus gnrales auxquelles nous conduit la connaissance de cette suite d'tapes4 ,base matrielle de l'me4--,tous les phnomnes de la vie de l'me sans exception sont lis des processus matriels ayant lieu dans la substance vivante du corps1 dans le plasma ou protoplasma4 ,nous avons dsign la partie de celui-ci qui apparat comme le support indispensable de l'me1 du nom de psychoplasma 7substance de l'me1 au sens moniste7 c'est--dire que nous n'entendons par l aucune essence particulire1 mais nous considrons l'me comme un concept collectif dsignant l'ensemble des fonctions psychiques du plasma4 ,l'me1 en ce sens1 est aussi bien une abstraction physiologique que les termes change des matriaux ou gnration4 ,chez l'homme et les animaux suprieurs1 par suite de l'extrme division du travail dans les organes et les tissus1 le psychoplasma est un lment diffrenci du systme nerveux le neuroplasma des cellules ganglionnaires et de leurs prolongements centrifuges1 les fibres nerveuses4 ,chez les animaux infrieurs1 par contre1 qui ne possdent pas encore de nerfs ni d'organes des sens distincts1 le psychoplasma n'est pas encore parvenu se diffrencier pour exister d'une manire indpendante1 pas plus que chez les plantes4 ,chez les protistes monocellulaires1 enfin1 le psychoplasma est1 soit identique au protoplasma vivant tout entier qui constitue la simple cellule1 soit une partie de celui-ci4 ,en tous cas1 aussi bien ces degrs infrieurs qu'aux degrs suprieurs de l'chelle psychologique1 une certaine composition chimique du psychoplasma et une certaine manire d'tre physique en lui sont indispensables ds que l'me doit fonctionner ou travailler4 ,cela vaut aussi bien pour l'activit psychique lmentaire 7sensation et mouvement plasmatiques7 chez les ,protozoaires1 que pour les fonctions complexes des organes sensoriels et du cerveau chez les animaux suprieurs et1 leur tte1 chez l'homme4 ,le travail du psychoplasma1 que nous nommons me est toujours li des changes de matriaux4 ,echelle des sensations4--,tous les organismes vivants1 sans exception1 sont sensibles2 ils distinguent les conditions du milieu extrieur environnant et ragissent sur lui par certains changements produits en eux-mmes4 ,la lumire et la chaleur1 la pesanteur et l'lectricit1 les processus mcaniques et les phnomnes chimiques du milieu environnant agissent comme excitants sur le psychoplasma sensible et provoquent des changements dans sa composition molculaire4 ,comme stades principaux de sa sensibilit1 nous distinguerons les #e degrs suivants3 ,i4 ,aux stades les plus infrieurs de l'organisation1 le psychoplasma tout entier1 comme tel1 est sensible et ragit l'action des excitants3 c'est le cas des protistes les plus primitifs1 de beaucoup de plantes et d'une partie des animaux suprieurs4--,,ii4 ,au second stade commencent se dvelopper1 la surface du corps1 de simples instruments sensoriels non diffrencis1 sous forme de poils protoplasmiques et de taches pigmentaires1 prcurseurs des organes du tact et des yeux2 c'est le cas d'une partie des protistes suprieurs1 mais aussi de beaucoup d'animaux et de plantes infrieurs4--,,iii4 ,au troisime stade1 de ces lments simples vont se dvelopper1 par diffrenciation1 des organes sensoriels spcifiques1 ayant chacun une adaptation propre2 instruments chimiques de l'odorat et du got1 organes physiques du tact et du sens de la temprature1 de l'oue et de la vue4 ,l'nergie spcifique de ces organes sensibles suprieurs n'est pas chez eux une qualit originelle1 mais une proprit acquise graduellement par une adaptation fonctionnelle et une hrdit progressive4--,,iv4 ,au quatrime stade apparat la centralisation1 ou intgration du systme nerveux et par l1 en mme temps1 celle de la sensation2 par l'association des sensations auparavant isoles ou localises1 se forment les reprsentations qui1 tout d'abord1 restent encore inconscientes3 c'est le cas chez beaucoup d'animaux infrieurs et suprieurs4--,v4 ,au cinquime stade1 par la rflexion des sensations dans une partie centrale du systme nerveux1 se dveloppe la plus haute fonction psychique1 la sensation consciente1 c'est le cas chez l'homme et les ,vertbrs suprieurs1 probablement aussi chez une partie des ,invertbrs suprieurs1 surtout des ,articuls4 ,echelle des mouvements4--,tous les corps vivants de la nature1 sans exception1 se meuvent spontanment1 l'inverse de ce qui a lieu chez les corps inorganiss1 fixs et immobiles 7les cristaux1 par exemple72 c'est--dire qu'il se passe dans le psychoplasma vivant des changements de position des parties1 par suite de causes internes1 lesquelles s'expliquent par la constitution chimique de ce psychoplasma lui-mme4 ,ces mouvements vitaux actifs peuvent tre en partie perus directement1 par l'observation1 tandis qu'en partie ils ne sont connus qu'indirectement1 par leurs effets4 ,nous en distinguerons #e degrs3 ,i4 ,au degr le plus infrieur de la vie organique 7chez les ,chromaces1 beaucoup de protophytes1 et chez les mtaphytes infrieurs71 nous ne constatons que ces mouvements de croissance qui sont communs tous les organismes4 ,ils se produisent d'ordinaire si lentement qu'on ne peut pas les observer immdiatement1 mais par un procd indirect1 en induisant de leurs rsultats1 du changement de grandeur et de forme du corps en voie de dveloppement4--,,ii4 ,beaucoup de protistes1 en particulier les algues monocellulaires du groupe des ,diatomes et des ,desmidiaces1 se meuvent en rampant ou en nageant1 grce une secrtion1 par la simple excrtion d'une masse muqueuse4--,,iii4 ,d'autres organismes1 flottant dans l'eau 7par exemple1 beaucoup de radiolaires1 de ,siphonophores1 de ,ctnophores1 etc47 s'lvent ou s'enfoncent dans l'eau en modifiant leur poids spcifique1 tantt par osmose1 tantt en expulsant ou emmagasinant de l'air4--,,iv4 ,beaucoup de plantes1 en particulier les impressionnables sensitives 7mimosa7 et autres ,papilionaces1 excutent1 avec leurs feuilles ou d'autres parties1 des mouvements au moyen d'un changement de turgescence1 c'est--dire qu'elles modifient la tension du protoplasma et par suite sa pression sur la paroi cellulaire lastique qui l'enveloppe4--,v4 ,les plus importants de tous les mouvements organiques sont les phnomnes de contraction1 c'est--dire les changements de forme de la superficie du corps qui sont lis des modifications rciproques de position dans ses parties2 ils se produisent toujours en traversant deux tats diffrents ou phases du mouvement3 la phase de contraction et celle d'expansion4 ,on distingue comme quatre formes diffrentes de concentration du protoplasma3 a4 les mouvements amibodes 7chez les ,rhizopodes1 les globules du sang1 les cellules pigmentaires1 etc472 b4 les courants plasmiques1 analogues1 l'intrieur de cellules entoures d'une membrane2 c4 les mouvements vibratiles 7mouvement d'un flagellum ou de cils chez les ,infusoires1 les ,spermatozodes1 les cellules de l'pithlium cils vibratiles72 et enfin d4 le mouvement musculaire 7chez la plupart des animaux74 ,echelle des rflexes 7phnomnes rflexes1 mouvements rflexes1 etc474--,l'activit lmentaire de l'me1 produite par la liaison d'une sensation un mouvement1 est dsigne par nous du nom de rflexe 7au sens le plus large71 ou de fonction rflexe1 ou mieux encore d'action rflexe4 ,le mouvement 7n'importe de quelle sorte7 apparat ici comme la suite immdiate de l'excitation provoque par l'impression2 c'est pourquoi1 dans le cas le plus simple 7chez les protistes7 on l'a dsign du simple nom de mouvement d'excitation4 ,tout protoplasma vivant est irritable4 ,tout changement physique ou chimique du milieu extrieur environnant peut1 dans certaines circonstances1 agir comme excitant sur le psychoplasma et produire ou contrebalancer un mouvement4 ,nous verrons1 plus tard1 comment l'importante notion physique d'quilibre rattache immdiatement les plus simples rflexes organiques aux mouvements mcaniques analogues dans la nature inorganique 7par exemple1 l'explosion de la poudre par une tincelle1 de la dynamite par un choc74 ,nous distinguons dans l'chelle des rflexes les sept degrs suivants3 ,i4--,au stade le plus bas de l'organisation1 chez les protistes infrieurs1 les excitations du monde extrieur 7lumire1 chaleur1 lectricit1 etc471 ne provoquent dans le protoplasma non diffrenci1 que ces indispensables mouvements internes de croissance et d'change qui sont communs tous les organismes et indispensables leur conservation4 ,il en va de mme pour la plupart des plantes4 ,,ii4--,chez beaucoup de ,protistes qui se meuvent librement 7surtout chez les ,amibes1 les ,hliozoaires et surtout les ,rhizopodes7 les excitations extrieures provoquent sur tous les points de la superficie du corps monocellulaire1 des mouvements qui se traduisent par des changements de lieu 7mouvements amibodes1 formation de pseudopodes1 contraction et extension des pseudopodes72 ces prolongements mal dtermins et modifiables du protoplasma ne sont pas encore des organes constants4 ,l'excitabilit organique gnrale se traduit de la mme faon1 par un rflexe non diffrenci1 chez les impressionnables sensitives et chez les ,mtazoaires infrieurs2 chez ces organismes pluricellulaires1 les excitations peuvent tre transmises d'une cellule l'autre1 puisque toutes les cellules1 par leurs prolongements1 sont en rapport de contigut4 ,,iii4--,chez beaucoup de ,protistes1 et en particulier chez les ,protozoaires ayant atteint un haut degr de dveloppement1 le corps monocellulaire se diffrencie dj en deux sortes d'organes des plus rudimentaires3 organes sensibles du tact et organes moteurs du mouvement2 les deux instruments sont des prolongements directs et externes du protoplasma2 l'excitation qui atteint le premier de ces organes est transmise immdiatement au second par le psychoplasma du corps monocellulaire et en provoque la contraction4 ,ce phnomne s'observe surtout clairement 7ou se dmontre exprimentalement7 chez beaucoup d',infusoires fixs 7par exemple chez le poteriodendron parmi les ,flagells1 chez la vorticelle parmi les ,cilis74 ,la plus faible excitation qui atteint les prolongements vibratiles trs impressionnables 7flagellum ou cils7 situs l'extrmit libre de la cellule1 produit aussitt une contraction de l'un des bouts en forme de fil1 l'autre bout fix4 ,on dsigne ce phnomne du nom d'arc rflexe simple#ba4 #ba ,,max ,,verworn4 ,allgemeine ,physiologie1 #bte ,aufl41 #ahig4 ,,iv4--,a ces processus qui se passent dans l'organisme monocellulaire des ,infusoires1 se rattache immdiatement le mcanisme intressant des cellules neuromusculaires1 que nous trouvons dans le corps pluricellulaire de beaucoup de ,mtazoaires infrieurs1 en particulier chez les ,cnidis 7polypes1 coraux74 ,chaque cellule neuro-musculaire1 prise individuellement1 est organe rflexe isol2 elle possde1 la surface de son corps1 une partie sensible1 au bout oppos et interne un filament musculaire mobile3 celui-ci se contracte aussitt que l'autre est excit4 ,v4--,chez d'autres ,cnidis1 en particulier chez les ,mduses qui nagent librement 7et qui sont proches parentes des polypes fixs71--la cellule neuro-musculaire simple se subdivise en deux cellules diffrentes mais encore runies par un filament3 une cellule sensorielle externe 7dans l'piderme7 et une cellule musculaire interne 7sous la peau72 dans cet organe rflexe bicellulaire1 la premire cellule est l'organe lmentaire de la sensation1 la seconde celui du mouvement2 le filament de psychoplasma qui les relie est un pont qui permet l'excitation de passer de la premire la seconde4 ,,vi4--,le progrs le plus important dans le dveloppement progressif du mcanisme rflexe1 c'est la diffrenciation de trois cellules2 la place du simple pont dont nous venons de parler apparat une troisime cellule indpendante1 la cellule psychique ou cellule ganglionnaire2 en mme temps survient une nouvelle fonction psychique1 la reprsentation inconsciente qui a son sige prcisment dans cette cellule centrale4 ,l'excitation est transmise1 de la cellule sensorielle sensible tout d'abord cette cellule reprsentative intermdiaire 7cellule psychique7 et de celle-ci1 elle passe sous forme de commandement au mouvement1 la cellule musculaire motrice4 ,ces organes rflexes tricellulaires prdominent chez la grande majorit des ,invertbrs4 ,,vii4--,a la place de cette combinaison1 on trouve chez la plupart des ,vertbrs l'organe rflexe quadricellulaire consistant en ceci qu'entre la cellule sensorielle sensible et la cellule musculaire motrice1 non plus une1 mais deux cellules psychiques diffrentes sont intercales4 ,l'excitation externe passe ici de la cellule sensorielle1 par voie centripte1 la cellule sensitive 7cellule psychique sensible71 puis de celle-ci la cellule de la volition 7cellule psychique motrice7 et c'est seulement cette dernire qui la transmet la cellule musculaire contractile4 ,par le fait que de nombreux organes rflexes analogues s'associent1 et que de nouvelles cellules psychiques sont intercales1 se constitue le mcanisme compliqu rflexe de l'homme et des ,vertbrs suprieurs4 ,rflexes simples et rflexes complexes4--,la diffrence importante que nous avons tablie aux points de vue morphologique et physiologique entre les organismes monocellulaires 7,protistes7 et les pluricellulaires 7,histones7 existe de mme quand il s'agit de l'activit psychique lmentaire1 de l'action rflexe4 ,chez les ,protistes monocellulaires 7aussi bien chez les plantes primitives plasmodomes1 les ,protophytes1 que chez les animaux primitifs plasmophages1 les ,protozoaires7 le processus physique du rflexe tout entier se passe l'intrieur du protoplasma d'une cellule unique2 leur me cellulaire apparat encore comme une fonction unique du psychoplasma1 ses diverses phases ne commenant se diffrencier qu'au cours de la diffrenciation d'organes distincts4 ,dj chez les ,protistes cnobiontes1 dans les colonies cellulaires 7par exemple le volvox1 le carchesium7 apparat le deuxime stade d'activit cellulaire1 l'action rflexe compose4 ,les nombreuses cellules sociales qui composent ces colonies cellulaires ou cnobies1 sont toujours en rapport plus ou moins troit1 souvent relies directement les unes aux autres par des filaments1 vritables ponts de plasma4 ,une excitation qui atteint une ou plusieurs des cellules de cette association est communique aux autres par les ponts de runion et peut provoquer chez toutes1 une contraction collective4 ,cette association existe aussi dans les tissus des plantes et des animaux pluricellulaires4 ,tandis qu'on admettait autrefois1 tort1 que les cellules des tissus vgtaux existaient contigus mais isoles les unes des autres1 aujourd'hui on dmontre partout l'existence de fins filaments protoplasmiques qui traversent les paisses membranes cellulaires et maintiennent partout des rapports matriels et psychologiques entre leurs protoplasmas vivants4 ,ainsi s'explique que l'branlement de l'impressionnable racine du mimosa1 provoqu par les pas du promeneur sur le sol1 transmette aussitt l'excitation toutes les cellules de la plante1 amenant toutes les feuilles dlicates se reployer1 tous les ptioles tomber4 ,action rflexe et conscience4--,un caractre important commun tous les phnomnes rflexes1 c'est le manque de conscience4 ,pour des raisons que nous exposons au chapitre ,x1 nous n'admettons une conscience relle que chez l'homme et les animaux suprieurs1 et nous la refusons aux plantes1 aux animaux infrieurs et aux ,protistes2 chez ces derniers1 par consquent1 tous les mouvements d'excitation doivent tre considrs comme des rflexes1 c'est--dire que tels sont tous les mouvements en gnral1 en tant qu'ils ne sont pas produits spontanment ou par des causes internes 7mouvements impulsifs ou automatiques7#bb4 ,il en va autrement chez les animaux suprieurs qui prsentent un systme nerveux centralis et des organes des sens parfaits4 ,ici1 l'activit psychique rflexe a graduellement donn lieu la conscience et l'on voit apparatre les actes volontaires conscients s'opposant aux rflexes1 qui subsistent ct d'eux4 ,mais nous devons ici1 comme pour les instincts1 distinguer deux phnomnes essentiellement diffrents3 les rflexes primaires et les secondaires4 ,les rflexes primaires sont ceux qui1 phylogntiquement1 n'ont jamais t conscients1 c'est--dire qui ont conserv leur nature originelle 7hrite d'anctres animaux infrieurs74 ,les rflexes secondaires1 au contraire1 sont ceux qui furent1 chez les anctres1 des actes volontaires conscients mais qui1 plus tard1 par l'habitude ou la disparition de la conscience1 sont devenus inconscients4 ,on ne peut ici--pas plus qu'ailleurs--tracer une ligne de dmarcation prcise entre les fonctions psychiques conscientes et les inconscientes4 #bb ,,max ,,verworn4 ,psychophysiologische ,protisten-,studien 7#ahhi74 ,s4 #ace4 ,echelle des reprsentations4 7,dokses74--,les psychologues d'autrefois 7,,herbart1 par exemple71 ont considr la reprsentation comme le phnomne psychique essentiel d'o tous les autres drivaient4 ,la psychologie compare moderne accepte cette ide en tant qu'il s'agit de la reprsentation inconsciente2 elle tient1 au contraire1 la reprsentation consciente pour un phnomne secondaire de la vie psychique qui fait encore entirement dfaut chez les plantes et les animaux infrieurs et ne se dveloppe que chez les animaux suprieurs4 ,parmi les nombreuses dfinitions contradictoires qu'ont donnes les psychologues du terme de reprsentation1 7,,dokesis7 la plus juste nous semble celle qui entend par l l'image interne de l'objet externe1 lequel se transmet nous par l'impression 7ide en un sens particulier74 ,nous distinguerons1 dans l'chelle croissante de la fonction de reprsentation1 quatre degrs principaux qui sont les suivants3 ,i4--,reprsentation cellulaire4--,aux stades les plus infrieurs1 la reprsentation nous apparat comme une fonction physiologique gnrale du psychoplasma2 dj chez les plus simples ,protistes monocellulaires1 les impressions laissent dans ce psychoplasma des traces durables qui peuvent tre reproduites par la mmoire4 ,parmi plus de quatre mille espces de ,radiolaires que j'ai dcrites1 chaque espce particulire est caractrise par une forme de squelette spciale1 qui s'est transmise elle par l'hrdit4 ,la production de ce squelette spcifique1 d'une structure souvent des plus compliques1 par une cellule des plus simples 7presque toujours sphrique71 ne peut s'expliquer que si nous attribuons au plasma1 matire composante1 la proprit de reprsentation et1 de fait1 celle toute spciale de sentiment plastique de la distance1 ainsi que je l'ai montr dans ma ,psychologie des ,radiolaires#bc4 #bc ,e4 ,,haeckel4 ,allg4 ,naturgesch4 der ,radiolaren1 #ahhg4 ,s4 #abb4 ,,ii4--,reprsentation histonale4--,dj chez les ,cnobies ou colonies cellulaires de ,protistes associs1 mais plus encore dans les tissus des plantes et des animaux infrieurs1 sans systme nerveux 7ponges1 polypes71 nous trouvons ralis le second degr de reprsentation inconsciente1 fond sur une communaut de vie psychique entre de nombreuses cellules1 troitement lies4 ,si des excitations1 qui se sont produites une seule fois1 produisent non seulement un rflexe passager dans un organe 7par exemple d'une feuille ou d'un bras de polype7 mais laissent une impression durable qui sera reproduite spontanment plus tard1 il faut bien admettre1 pour expliquer ce phnomne1 une reprsentation histonale1 lie au psychoplasma des cellules associes en tissu4 ,,iii4--,reprsentation inconsciente des cellules ganglionnaires4--,ce troisime degr1 plus lev1 de reprsentation est la forme la plus frquente de cette fonction dans le rgne animal2 elle apparat comme une localisation de la reprsentation en certaines cellules psychiques4 ,dans le cas le plus simple1 on ne la trouve1 par consquent1 dans l'action rflexe1 qu'au sixime degr de dveloppement1 lorsqu'est constitu l'organe rflexe tricellulaire2 le sige de la reprsentation est alors la cellule psychique moyenne1 intercale entre la cellule sensorielle et la cellule musculaire motrice4 ,avec le dveloppement croissant du systme nerveux dans le rgne animal1 avec son intgration et sa diffrenciation croissantes1 le dveloppement de ces reprsentations inconscientes va1 lui aussi1 toujours croissant4 ,,iv4--,reprsentation consciente des cellules crbrales4--,c'est seulement aux degrs suprieurs de l'organisation animale que se dveloppe la conscience1 comme fonction spciale d'un organe central dtermin du systme nerveux4 ,par le fait que les reprsentations deviennent conscientes et que certaines parties du cerveau prennent un dveloppement considrable tendant l'association des reprsentations conscientes1 l'organisme devient capable de ces fonctions psychiques suprieures dsignes du nom de pense1 rflexion1 entendement et raison4 ,bien que la limite phylogntique soit des plus difficiles tracer entre les reprsentations primitives1 inconscientes et les secondaires1 conscientes1 on peut cependant admettre comme probable que celles-ci drivent de celles-l polyphyltiquement4 ,car nous trouvons la pense consciente et raisonnable1 non seulement dans les formes suprieures de l'embranchement des ,vertbrs 7chez l'homme1 les ,mammifres1 les ,oiseaux1 une partie des ,vertbrs infrieurs7--mais encore chez les reprsentants les plus parfaits des autres groupes animaux 7chez les fourmis et d'autres ,insectes1 les araignes et les ,crustacs suprieurs parmi les ,arthropodes1 chez les ,cphalopodes parmi les ,mollusques74 ,echelle de la mmoire4--,elle prsente un rapport troit avec celle du dveloppement des reprsentations2 cette fonction capitale du psychoplasma--condition de tout dveloppement psychique progressif--n'est au fond qu'une reproduction de reprsentations4 ,les empreintes que l'excitation avait produites en tant qu'impression sur le bioplasma et qui taient devenues des reprsentations durables sont ranimes par la mmoire2 elles passent de l'tat potentiel l'tat actuel4 ,la force de tension latente dans le psychoplasma se transforme en force vive active4 ,correspondant aux quatre stades de la reprsentation1 nous pouvons distinguer dans la mmoire quatre stades de dveloppement progressif4 ,i4--,mmoire cellulaire4--,il y a dj trente ans qu'#a1 dans un travail plein de profondeur1 a dsign la mmoire comme une fonction gnrale de la matire organise1 soulignant la haute importance de cette fonction psychique laquelle nous devons presque tout ce que nous sommes et ce que nous possdons 7#ahgj74 ,j'ai repris plus tard cette pense 7#ahgf7 et j'ai cherch l'tablir en lui appliquant avec fruit la thorie de l'volution 7voir ma ,prigense des plastidules1 essai d'explication mcaniste des processus lmentaires de l'volution#bd74 ,j'ai cherch prouver dans cette tude que la mmoire inconsciente tait une fonction gnrale essentiellement importante1 commune tous les plastidules1 c'est--dire ces molcules ou groupes de molcules hypothtiques1 que ,,naegeli appelle micelles1 d'autres bioplastes1 etc4 ,seuls les plastidules vivants1 molcules individuelles du plasma actif1 se reproduisent et possdent ainsi la mmoire3 c'est l la diffrence essentielle entre la nature organique et l'inorganique4 ,on peut dire3 ,l'hrdit est la mmoire des plastidules1 par contre la variabilit est l'intelligence des plastidules4 ,la mmoire lmentaire des protistes monocellulaires1 se constitue l'aide des mmoires molculaires des plastidules ou micelles dont l'ensemble forme leur corps cellulaire vivant4 ,les effets les plus surprenants de cette mmoire inconsciente chez les ,protistes monocellulaires sont surtout mis en lumire par l'infinie diversit et rgularit de leur appareil protecteur si compliqu1 le test et le squelette2 une quantit d'exemples intressants nous sont fournis1 en particulier1 par les ,diatomes et les ,cosmaries parmi les ,protophytes1 par les ,radiolaires et les ,thalamophores1 parmi les ,protozoaires4 ,dans des milliers d'espces de ces ,protistes1 la forme spcifique du squelette se transmet avec une relative constance1 tmoignant ainsi de la fidlit de la mmoire inconsciente cellulaire4 #bd ,e4 ,,haeckel4 ,gesammelte populaere ,vortraege #btes ,heft1 #ahgi4 ,,ii4--,mmoire histonale4--,quant au second degr de la mmoire1 des preuves non moins intressantes du souvenir inconscient des tissus nous sont fournies par l'hrdit des organes et des tissus divers dans le corps des plantes et des animaux infrieurs invertbrs 7,spongiaires1 etc474 ,ce second degr nous apparat comme une reproduction des reprsentations histonales de cette association de reprsentations cellulaires qui commence ds la formation des ,cnobies chez les ,protistes sociaux4 ,,iii4--,de mme on peut considrer le troisime degr1 la mmoire inconsciente de ces animaux qui possdent dj un systme nerveux1 comme une reproduction des reprsentations inconscientes correspondantes1 emmagasines dans certaines cellules ganglionnaires4 ,chez la plupart des animaux infrieurs1 toute la mmoire est sans doute inconsciente4 ,mais mme chez l'homme et les animaux suprieurs auxquels nous sommes bien obligs d'attribuer de la conscience1 les fonctions quotidiennes de la mmoire inconsciente sont incomparablement plus nombreuses et varies que celles de la mmoire consciente2 nous nous en convaincrons facilement par l'examen impartial de mille actions inconscientes que nous accomplissons journellement quand nous marchons1 parlons1 crivons1 mangeons1 etc4 ,,iv4--,la mmoire consciente1 qui s'effectue chez l'homme et les animaux suprieurs au moyen de cellules crbrales spciales1 n'apparat par suite que comme une rflexion intrieure1 survenue trs tard1 comme l'panouissement dernier des mmes reproductions de reprsentations psychiques1 qui se rflchissaient dj chez nos anctres animaux infrieurs1 en tant que phnomnes inconscients dans les cellules ganglionnaires4 ,association des reprsentations4--,l'enchanement des reprsentations1 qu'on dsigne d'ordinaire du nom d'association des ides--ou1 plus brivement1 d'association--prsente galement une longue chelle de degrs1 des plus infrieurs aux plus suprieurs4 ,cette association1 elle aussi1 est encore l'origine et de beaucoup le plus frquemment inconsciente1 instinct2 ce n'est que dans les groupes animaux les plus levs qu'elle devient graduellement consciente1 raison4 ,les consquences psychiques de cette association des ides sont des plus diverses2 cependant1 une trs longue chelle gradue conduit sans interruption des plus simples associations inconscientes1 ralises chez les ,protistes infrieurs1 aux plus parfaites liaisons d'ides conscientes1 ralises chez l'homme civilis4 ,l'unit de la conscience chez celui-ci n'est regarde que comme le rsultat suprme de cette association 7,,hume1 ,,condillac74 ,toute la vie psychique suprieure devient d'autant plus parfaite que l'association normale s'tend des reprsentations indfiniment plus nombreuses et que celles-ci s'ordonnent plus naturellement1 conformment la critique de la raison pure4 ,dans le rve1 o cette critique fait dfaut1 l'association des reprsentations reproduites se fait souvent de la manire la plus confuse4 ,mais galement dans les crations de la fantaisie potique1 laquelle par des liaisons varies entre les reprsentations prsentes en produit des groupes tout nouveaux1 de mme dans les hallucinations1 etc41 ces reprsentations s'ordonnent d'une manire antinaturelle et apparaissent ainsi1 qui les considre avec sang-froid1 compltement draisonnables4 ,ceci vaut tout particulirement pour les formes surnaturelles de la croyance1 les esprits du spiritisme et les images fantaisistes de la philosophie transcendantale et dualiste2 mais prcisment ces associations anormales dont tmoignent la croyance et la prtendue rvlation sont diversement prises et considres comme les biens intellectuels les plus prcieux de l'homme#be4 7,cf4 ch4 ,,xvi47 #be ,,adalbert ,,svoboda4 ,gestalten des ,glaubens1 #ahig4 ,instincts4--,la psychologie suranne du moyen ge1 qui nanmoins trouve encore aujourd'hui beaucoup de partisans1 considrait la vie psychique chez l'homme et chez l'animal comme deux choses radicalement diffrentes2 elle faisait driver la premire de la raison1 la seconde de l'instinct4 ,conformment l'histoire traditionnelle de la cration1 on admettait qu' chaque espce animale tait inculque1 l'instant de sa cration et par son crateur1 une qualit d'me dtermine et inconsciente1 et que ce penchant naturel 7instinct7 propre chaque espce tait aussi invariable que son organisation corporelle4 ,aprs que dj ,,lamarck 7#ahji7 en fondant sa thorie de la descendance1 et montr l'inadmissibilit de cette erreur1 ,,darwin 7#ahei7 la rfuta compltement4 ,il tablit1 s'appuyant sur sa thorie de la slection1 les principes essentiels suivants3 ,i4 ,les instincts de chaque espce sont variables suivant les individus et1 par l'adaptation1 ils sont soumis au changement aussi bien que les caractres morphologiques de l'organisation corporelle4 ,,ii4 ,ces variations 7provenant pour la plupart d'habitudes modifies71 sont en partie transmises aux descendants par l'hrdit1 et au cours des gnrations elles s'accumulent et se fixent4 ,,iii4 ,la slection 7naturelle ou artificielle7 ralise un choix parmi ces modifications hrditaires de l'activit psychique3 elle conserve celles qui sont utiles et carte celles qui le sont moins4 ,,iv4 ,la divergence de caractre psychique qui s'ensuit1 amne ainsi1 au cours des gnrations1 l'apparition de nouveaux instincts1 tout comme la divergence de caractre morphologique amne l'apparition de nouvelles espces4 ,cette thorie de l'instinct de ,,darwin est aujourd'hui admise par la plupart des biologistes2 ,g4 ,,romanes1 dans son remarquable ouvrage sur l',evolution mentale dans le rgne animal 7#ahhe7 a trait la question si fond et en a si notablement tendu la porte1 que je ne peux ici que renvoyer cet auteur4 ,je remarquerai seulement que1 selon moi1 des instincts existent chez tous les organismes1 chez tous les ,protistes et toutes les plantes1 aussi bien que chez tous les animaux et tous les hommes2 mais chez ces derniers ils entrent d'autant plus en rgression que la raison se dveloppe leurs dpens4 ,parmi les innombrables formes d'instincts1 on en peut distinguer deux grandes classes3 les primaires et les secondaires4 ,les instincts primaires sont les tendances gnrales infrieures inhrentes au psychoplasma et inconscientes chez lui depuis le commencement de la vie organique1 par dessus tout la tendance la conservation de l'individu 7protection et nutrition7 et celle la conservation de l'espce 7reproduction et soin des jeunes74 ,ces deux tendances fondamentales de la vie organique1 la faim et l'amour1 sont l'origine partout inconscientes1 dveloppes sans le concours de l'entendement ou de la raison2 chez les animaux suprieurs1 comme chez l'homme1 elles sont devenues plus tard des objets de conscience4 ,il en va tout au contraire des instincts secondaires2 ceux-ci se sont dvelopps l'origine par une adaptation intelligente1 par des rflexions et des raisonnements de la part de l'entendement1 ainsi que par des actes conscients en vue d'une fin2 peu peu ils sont devenus habituels au point que cette altera natura agit inconsciemment et1 se transmettant aux descendants par l'hrdit1 apparat comme inne4 ,la conscience et la rflexion1 lies l'origine ces instincts particuliers des animaux suprieurs1 se sont perdues au cours du temps et ont chapp aux plastidules 7comme dans les cas d'hrdit abrge74 ,les actes inconscients accomplis par les animaux suprieurs en vue d'une fin 7par exemple les tendances artistiques7 paraissent aujourd'hui des instincts inns4 ,ainsi se doit expliquer chez l'homme l'apparition des connaissances a priori innes1 qui1 l'origine1 chez ses anctres1 se sont dveloppes a posteriori et empiriquement#bf4 #bf ,e4 ,,haeckel4 ,histoire de la cration naturelle1 #i;e d41 #ahih4 ,echelle de la raison4--,d'aprs les opinions psychologiques tout fait superficielles trahissant une complte ignorance de la psychologie animale et qui ne reconnaissent qu' l'homme une me vritable1 c'est lui seul aussi que peuvent tre attribues1 comme bien suprme1 la conscience et la raison4 ,cette grossire erreur1 qui d'ailleurs se rencontre actuellement encore dans beaucoup de manuels a t absolument rfute par la psychologie compare de ces quarante dernires annes4 ,les ,vertbrs suprieurs 7surtout les ,mammifres voisins de l'homme7 possdent une raison aussi bien que l'homme lui-mme et travers la srie animale on peut tout aussi bien suivre la longue volution progressive de la raison1 qu' travers la srie humaine4 ,la diffrence entre la raison d'hommes tels que ,,goethe1 ,,lamarck1 ,,kant1 ,,darwin et celle de l'homme inculte le plus infrieur1 d'un ,wedda1 d'un ,akka1 d'un ngre de l',australie ou d'un ,patagonien1 est bien plus grande que la diffrence gradue entre la raison de ces derniers et celle des ,mammifres les plus raisonnables1 des singes anthropodes et mme des ,papiomorphes1 des chiens et des lphants4 ,cette proposition importante1 elle aussi1 a t dmontre d'une manire absolument convaincante1 l'aide d'une comparaison critique approfondie1 par ,,romanes et d'autres4 ,nous n'y insisterons donc pas davantage1 pas plus que sur la diffrence entre la raison 7ratio7 et l'entendement 7intellectus72 de ces termes et de leurs limites1 comme de beaucoup d'autres termes essentiels la psychologie1 les philosophes les plus remarquables donnent les dfinitions les plus contradictoires4 ,d'une manire gnrale1 on peut dire que la facult de former des concepts1 commune aux deux fonctions crbrales1 s'applique avec l'entendement au cercle plus troit des associations concrtes et toutes proches1 avec la raison1 au contraire1 au cercle plus vaste des groupes d'associations abstraites et plus tendues4 ,dans la longue chelle qui conduit des actes rflexes et des instincts raliss chez les animaux infrieurs la raison1 ralise chez les animaux suprieurs1 l'entendement devance la raison4 ,le fait surtout important1 pour nos recherches de psychologie gnrale1 c'est que ces fonctions psychiques suprieures1 elles aussi1 sont soumises aux lois de l'hrdit et de l'adaptation1 tout comme leurs organes2 ces organes de la pense chez l'homme et les ,mammifres suprieurs1 rsident1 ainsi que l'ont dmontr les recherches de ,,flechsig 7#ahid7 dans ces parties de l'corce crbrale situes entre les quatre foyers sensoriels internes 7cf4 chap4 ,x et ,,xi74 ,le langage4--,le haut degr de dveloppement des concepts1 de l'entendement et de la raison1 qui met l'homme tellement au-dessus de l'animal1 est troitement li au dveloppement du langage4 ,mais ici comme l on peut dmontrer l'existence d'une longue srie ininterrompue de stades progressifs1 conduisant des degrs les plus infrieurs aux suprieurs4 ,le langage est aussi peu que la raison l'apanage exclusif de l'homme4 ,c'est plutt au sens large un avantage commun tous les animaux sociaux suprieurs1 au moins tous les ,arthropodes et ,vertbrs qui vivent en socits et en troupes2 il leur est ncessaire pour s'entendre1 pour se communiquer leurs reprsentations4 ,ceci ne peut se faire que par contact1 ou par signes1 ou par sons dsignant des concepts4 ,le chant des oiseaux et celui des singes anthropodes chantants 7hylobates7 rentrent1 eux aussi1 dans le langage des sons de mme que l'aboiement du chien et le hennissement du cheval1 de mme enfin que le chant du grillon et le cri de la cigale4 ,mais chez l'homme seul s'est dvelopp ce langage articul1 par concepts1 qui permet sa raison d'atteindre de si hautes conqutes4 ,la philologie compare1 une des sciences les plus intressantes qui soient nes en ce sicle1 a montr comment les nombreuses langues1 si perfectionnes1 parles par les diffrents peuples1 se sont dveloppes graduellement1 lentement1 partir de quelques langues originelles trs simples 7,g4 ,,de ,,humboldt1 ,,bopp1 ,,schleicher1 ,,steinthal1 etc471 ,,auguste ,,schleicher#bg1 d',ina1 en particulier1 a montr que le dveloppement historique des langues s'effectue suivant les mmes lois phylogntiques que celui des autres fonctions physiologiques et de leurs organes4 ,,romanes 7#ahic7 a repris cette dmonstration et montr d'une manire convaincante que le langage de l'homme ne diffre que par le degr de dveloppement1 non en essence et par sa nature1 de celui des animaux suprieurs4 #bg ,a4 ,,schleicher3 ,die ,darwin'sche ,theorie und die ,sprachwissenschaft 7,weimar1 #ahfc72 ,ueber die ,bedeutung der ,sprache fr die ,naturgeschichte des ,menschen 7,weimar1 #ahfe74 ,echelle des motions4--,l'important groupe de fonctions psychiques1 dsign par le terme collectif de sentiment#bh1 joue un grand rle dans la thorie de la raison1 tant thorique que pratique4 ,pour notre manire de voir1 ces phnomnes prennent une importance particulire parce qu'ici apparat immdiatement le rapport direct de la fonction crbrale avec d'autres fonctions physiologiques 7battements du coeur1 activit sensorielle1 mouvement musculaire72 c'est par l qu'apparat avec la plus grande clart ce qu'a d'anti naturel et d'inadmissible la philosophie qui veut sparer radicalement la psychologie de la physiologie4 #bh ,gemth4 ,toutes les nombreuses manifestations de la vie motive que nous trouvons chez l'homme s'observent aussi chez les animaux suprieurs 7surtout chez les singes anthropomorphes et chez les chiens72 si divers que soient leurs degrs de dveloppement1 ils peuvent se ramener tous aux deux fonctions lmentaires de l'me1 la sensation et le mouvement et leur association dans le rflexe ou la reprsentation4 ,c'est au domaine de la sensation1 au sens large1 que se rattache le sentiment de plaisir et de peine1 qui dtermine toute la manire d'tre sentimentale1--et de mme1 c'est1 d'autre part1 au domaine du mouvement que se rattachent l'attraction et la rpulsion correspondantes 7amour et haine71 l'effort pour obtenir le plaisir et viter la peine4 ,l'attraction et la rpulsion apparaissent comme la source primitive de la volont1 cet lment de l'me d'une importance capitale1 qui dtermine le caractre de l'individu4 ,les passions1 qui jouent un si grand rle dans la vie psychique suprieure1 ne sont que des grossissements des motions4 ,et celles-ci sont communes l'homme et aux animaux1 ainsi que ,,romanes l'a montr rcemment d'une manire clatante4 ,au degr le plus primitif de la vie organique1 nous trouvons dj1 chez tous les ,protistes1 ces sentiments lmentaires de plaisir et de peine1 qui se manifestent par ce qu'on appelle leurs tropismes1 dans leur recherche de la lumire ou de l'obscurit1 de la chaleur ou du froid1 dans leur attitude variable l'gard de l'lectricit positive et ngative4 ,au degr suprieur de la vie psychique1 nous trouvons1 par contre1 chez l'homme civilis1 ces infimes nuances de sentiment1 ces tons dgrads du ravissement et de l'horreur1 de l'amour et de la haine1 qui sont les ressorts de l'histoire et la mine inpuisable de la posie4 ,et pourtant ces tats lmentaires les plus primitifs du sentiment1 raliss dans le psychoplasma des ,protistes monocellulaires1 sont relis par une chane continue1 faite de tous les intermdiaires imaginables1 aux formes suprieures de la passion humaine1 dont le sige est dans les cellules ganglionnaires de l'corce crbrale4 ,que ces formes elles-mmes soient soumises absolument aux lois physiques1 c'est ce qu'a dj expos le grand ,,spinoza dans sa clbre ,statique des passions4 ,echelle de la volont4--,le terme de volont est soumis1 comme tous les termes psychologiques importants 7ceux de reprsentation1 d'me1 d'esprit1 etc471 aux interprtations et dfinitions les plus varies4 ,tantt la volont1 au sens le plus large1 est considre comme un attribut cosmologique3 le monde comme volont et reprsentation 7,,schopenhauer72 tantt1 au sens le plus troit1 elle est considre comme un attribut anthropologique1 comme la proprit exclusive de l'homme2 c'est le cas de ,,descartes pour qui les animaux sont des machines sans sensations ni volont4 ,dans le langage courant1 l'existence de la volont se dduit du phnomne de mouvement volontaire et on la tient ainsi comme une forme d'activit psychique commune la plupart des animaux4 ,si nous analysons la volont la lumire de la physiologie et de l'embryologie compares1 nous nous convaincrons--comme dans le cas de la sensation--qu'il s'agit d'une proprit commune tout psychoplasma vivant4 ,les mouvements automatiques1 aussi bien que les rflexes1 dj observs chez les ,protistes monocellulaires1 nous sont apparus comme la consquence d'aspirations lies indissolublement la notion de vie4 ,chez les plantes et les animaux infrieurs1 eux aussi1 les aspirations ou tropismes nous sont apparus comme la rsultante des aspirations de toutes les cellules runies4 ,c'est seulement lorsque se dveloppe l'organe rflexe tricellulaire1 lorsqu'entre la cellule sensorielle sensible et la cellule musculaire motrice1 la troisime cellule indpendante s'intercale1 cellule psychique ou ganglionnaire1--que nous pouvons reconnatre en celle-ci un organe lmentaire indpendant de la volont4 ,mais la volont1 chez les animaux infrieurs o ceci est ralis1 reste encore presque toute inconsciente4 ,c'est seulement lorsque1 chez les animaux suprieurs1 se dveloppe la conscience1 comme une rflexion subjective des processus internes objectifs dans le neuroplasma des cellules psychiques1 que la volont atteint ce degr suprme o elle ne diffre plus qualitativement de la volont humaine et pour lequel le langage courant revendique le prdicat de ,libert4 ,son libre dploiement et ses effets apparaissent d'autant plus imposants que se dveloppent davantage1 avec le mouvement libre et rapide1 le systme musculaire et les organes des sens et1 en corrlation avec eux1 les organes de la pense1 le cerveau4 ,libre arbitre4--,le problme de la libert de la volont humaine est1 de toutes les nigmes de l'univers1 celle qui1 de tous temps1 a le plus proccup l'homme pensant et cela parce qu'au haut intrt philosophique de la question s'ajoutent les consquences les plus importantes pour la philosophie pratique1 pour la morale1 la pdagogie1 la jurisprudence1 etc4 ,e4 ,,du ,,bois-,,reymond qui traite de la question en tant que septime et dernire de ses sept nigmes de l'univers nous dit avec raison1 en parlant du problme du libre arbitre3 ,il concerne chacun1 il semble abordable chacun1 il est troitement li aux conditions vitales de la socit humaine1 il exerce une action profonde sur les croyances religieuses1 aussi le problme a-t-il jou dans l'histoire de la civilisation et de la pense humaine un rle d'une importance capitale et les diverses solutions qu'il a reues refltent-elles nettement les stades d'volution de la pense humaine4 ,peut-tre n'est-il pas un objet de la mditation humaine qui ait suscit une plus longue collection d'in-folios jamais ouverts et destins moisir dans la poussire des bibliothques4 ,l'importance de la question ressort clairement aussi de ce fait que ,,kant plaait la croyance au libre arbitre immdiatement ct de celles en l'immortalit de l'me et en l'existence de ,dieu4 ,il regardait ces trois grandes questions comme les trois indispensables postulats de la raison pratique1 aprs avoir clairement montr que leur ralit ne pouvait se dmontrer la lumire de la raison pure6 ,ce qu'il y a de plus remarquable dans les dbats si grandioses et si obscurs auxquels a donn lieu le problme du libre arbitre1 c'est peut-tre que1 thoriquement1 l'existence de ce libre arbitre a t nie non seulement par les plus grands philosophes critiques1 mais encore par les partis les plus opposs1 tandis qu'en fait1 pratiquement1 elle est admise comme une chose toute naturelle1 aujourd'hui encore1 par la plupart des hommes4 ,des docteurs minents de l',eglise chrtienne1 des ,pres de l',eglise comme ,,augustin1 des rformateurs comme ,,calvin nient le libre arbitre aussi rsolument que les chefs les plus clbres du matrialisme pur1 qu'un d',,holbach au ,x,v,i,i,ie ou qu'un ,,buchner au ,x,i,xe sicle4 ,les thologiens chrtiens le nient parce qu'il est inconciliable avec leur profonde croyance en la toute-puissance de ,dieu et en la prdestination3 ,dieu1 tout-puissant et omniscient1 a tout prvu et tout voulu de toute ternit1 aussi a-t-il dtermin1 comme le reste1 les actions des hommes4 ,si l'homme1 avec sa volont libre1 agissait autrement que ,dieu ne l'a1 par avance1 dtermin agir1 alors ,dieu n'aurait pas t tout-puissant et omniscient4 ,dans le mme sens1 ,,leibniz fut1 lui aussi1 un absolu dterministe4 ,les naturalistes monistes du sicle dernier1 mais par-dessus tous ,,laplace1 dfendirent leur tour le dterminisme en s'appuyant sur leur philosophie gnrale moniste et mcaniste4 ,la lutte ardente entre les dterministes et les indterministes1 entre les adversaires et les partisans du libre arbitre1 est aujourd'hui1 aprs plus de deux mille ans1 dfinitivement rsolue en faveur des premiers4 ,la volont humaine1 est aussi peu libre que celle des animaux suprieurs dont elle ne diffre que par le degr1 non par la nature4 ,tandis qu'au sicle dernier encore on combattait le dogme du libre arbitre avec des arguments gnraux1 philosophiques et cosmologiques1 notre ,x,i,xe sicle1 au contraire1 nous a fourni1 pour sa rfutation dfinitive1 de toutes autres armes1 savoir ces armes puissantes dont nous sommes redevables l'arsenal de la physiologie et de l'embryologie compares4 ,nous savons aujourd'hui que tout acte de volont est dtermin par l'organisation de l'individu voulant et sous la dpendance des conditions variables du milieu extrieur1 au mme titre que toute autre fonction psychique4 ,le caractre de l'effort est dtermin l'avance par l'hrdit1 il vient des parents et des anctres2 la dcision1 dans chaque acte nouveau1 vient de l'adaptation aux circonstances momentanes1 en vertu de quoi le motif le plus fort donne l'impulsion1 conformment aux lois qui rgissent la statistique des passions4 ,l'ontognie nous apprend comprendre le dveloppement individuel de la volont chez l'enfant1 la phylognie1 le dveloppement historique de la volont travers la srie de nos anctres vertbrs4 ,coup d'oeil rtrospectif sur les stades principaux du dveloppement de la vie psychique4 ,les cinq groupes psychologiques ,les cinq stades de dveloppement du monde organique4 des organes de l'me4 ,v4--,l'homme1 les ,vertbrs ,v4--,systme nerveux avec suprieurs1 ,arthropodes et un organe central trs dvelopp3 ,mollusques4 neuropsyche avec conscience4 ,,iv4--,vertbrs infrieurs1 la ,,iv4--,systme nerveux avec plupart des ,invertbrs4 un organe central simple3 neuropsyche sans conscience4 ,,iii4--,invertbrs tout fait ,,iii4--,le systme nerveux infrieurs 7polypes1 ponges72 manque2 me d'un tissu la plupart des plantes4 pluricellulaire2 histopsyche sans conscience4 ,,ii4--,cnobies de protistes3 ,,ii4--,psychoplasma compos2 colonies cellulaires de me cellulaire sociale2 cytopsyche ,protozoaires 7carchesium7 et socialis4 de ,protophytes 7volvox74 ,i4--,protistes mous cellulaires3 ,i4--,psychoplasma simple2 ,protozoaires et ,protophytes me cellulaire isole1 cytopsyche solitaires4 solitaria4 ,,chapitre ,,viii ,embryologie de l'me4 ,,tudes ,,monistes ,,de ,,psychologie ,,ontog,n,,tique4 ,d,,veloppement ,,de ,,la ,,vie ,,psychique ,,au ,,cours ,,de ,,la ,,vie ,,individuelle ,,de ,,la ,,personne4 ,les faits merveilleux de la fcondation sont du plus haut intrt pour la psychologie1 en particulier pour la thorie de l'me cellulaire1 dont ils sont le fondement naturel4 ,car les processus importants de la conception 7par lesquels le spermatozode mle se fusionne avec l'ovule femelle pour former une nouvelle cellule7 ne peuvent se comprendre et s'expliquer que si nous attribuons ces deux cellules sexuelles une sorte d'activit psychique infrieure4 ,toutes deux1 elles sentent rciproquement leur voisinage2 toutes deux1 elles sont attires l'une vers l'autre par une impulsion sensible 7probablement quelque chose d'analogue une sensation d'odeur72 toutes deux1 elles se meuvent l'une vers l'autre et ne se reposent qu'aprs s'tre fusionnes4 ,le mlange particulier des deux noyaux cellulaires1 parents1 dtermine en chaque enfant son caractre individuel1 psychique4 ,anthropognie 7#ahia74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,viii ,importance de l'ontognie pour la psychologie4--,dveloppement de l'me de l'enfant4--,commencement d'existence de l'me individuelle4--,embotement de l'me4--,mythologie de l'origine de l'me4--,physiologie de l'origine de l'me4--,processus lmentaires de la fcondation4--,copulation entre l'ovule femelle et le spermatozode mle4--,l'amour cellulaire4--,transmission hrditaire de l'me des parents et des anctres4--,leur nature physiologique1 mcanique du plasma4--,fusion des mes 7amphigonie psychique74--,rpercussion1 atavisme psychologique4--,la loi fondamentale biogntique en psychologie4--,rptition palingntique et modification cnogntique4--,psychognie embryonnaire et post-embryonnaire4 ,,litt,,rature ,j4 ,,romanes4--,l'volution mentale chez l'homme4 ,origine des facults humaines4 ,trad4 franaise4 ,w4 ,,preyer4--,l'me de l'enfant4 ,observations sur l'volution mentale de l'homme durant les premires annes de sa vie4 ,trad4 franaise4 ,e4 ,,haeckel4--,bildungsgeschichte unseres ,nervensystems4 ,anthropognie #dte ,aufl41 #ahia4 ,j4 ,,lamettrie4--,l'homme-machine4 ,,th4 ,,ribot4--,l'hrdit psychologique4 ,les maladies de la mmoire4 ,a4 ,,forel4--,das ,gedaechtniss und seine ,abnorlitaeten4 ,zurich1 #ahhe4 ,w4 ,,preyer4--,specielle physiologie des ,embryo4 ,untersuchungen ber die ,lebenserscheinungen vor der ,geburt4 ,leipzig1 #ahhd4 ,e4 ,,haeckel4--,zellseelen und ,seelenzellen4 ,ursprung und ,entwickelung der ,sinneswerkzeuge 7,gesammelte populaere ,vortraege aus dem ,gebiete der ,entwickelungslehre4 ,i und ,,ii ,heft74 ,bonn1 #ahgh4 ,l'me humaine--quelqu'ide qu'on se fasse de son essence subit au cours de notre vie individuelle une volution continue4 ,cette donne ontogntique est d'une importance fondamentale pour notre psychologie moniste1 bien que la plupart des psychologues de profession ne lui accordent que peu ou pas d'attention4 ,l'embryologie individuelle tant1 d'aprs l'expression de ,,baer--et conformment la conviction gnrale des biologistes1--le vrai fanal pour toutes les recherches relatives aux corps organiques1 cette science seule pourra aussi clairer d'un vrai jour les secrets les plus importants de la vie psychique de ces corps4 ,quoique l'embryologie de l'me humaine soit des plus importantes et des plus intressantes1 elle n'a trouv jusqu'ici que dans une mesure restreinte l'attention qu'elle mrite4 ,ce sont presque exclusivement les pdagogues qui1 jusqu'ici1 se sont occups de cette embryologie1 et partiellement2 appels par leur profession surveiller et diriger le dveloppement de l'activit de l'me chez l'enfant1 ils en sont venus trouver un intrt thorique aux faits psychogntiques qu'ils observaient4 ,cependant ces pdagogues--en tant du moins qu'ils rflchissaient6--aujourd'hui comme dans l'antiquit1 demeuraient presque tous sous le joug de la psychologie dualiste rgnante2 mais1 par contre1 ils ignoraient pour la plupart les faits les plus importants de la psychologie compare1 ainsi que l'organisation et les fonctions du cerveau4 ,leurs observations1 d'ailleurs1 concernaient presque toujours les enfants l'ge o ils vont en classe ou dans les annes immdiatement prcdentes4 ,les phnomnes merveilleux que prsente la psychognie individuelle de l'enfant1 prcisment durant ses premires annes1 et que les parents intelligents admirent avec joie1 n'avaient presque jamais t l'objet d'tudes scientifiques approfondies4 ,c'est ,g4 ,,preyer 7#ahha7 qui a fray la voie par son intressant ouvrage sur l',ame de l'enfant4 ,observations sur l'volution mentale de l'homme durant les premires annes de sa vie4 ,au surplus1 pour comprendre les choses avec une absolue clart1 il nous faut remonter plus loin encore1 jusqu' la premire apparition de l'me dans l'oeuf fcond4 ,apparition de l'me individuelle4--,l'origine et la premire apparition de l'individu humain--tant le corps que l'me--passaient encore1 au dbut du ,x,i,xe sicle1 pour tre des secrets absolus4 ,sans doute le grand ,c4-,f4 ,,wolff1 ds #agei avait rvl1 dans sa ,theoria generationis la vraie nature du dveloppement embryonnaire et montr1 s'appuyant sur l'observation critique1 que dans le dveloppement du germe aux dpens d'une simple cellule oeuf1 il se produisait une vritable pignse1 c'est--dire une srie de processus de noformations des plus remarquables#bi4 ,mais la physiologie d'alors1 ayant sa tte le clbre ,,haller1 cartait carrment ces donnes empiriques1 qui se pouvaient immdiatement dmontrer l'aide du microscope--et s'en tenait fermement au dogme traditionnel de la prformation embryonnaire4 ,conformment ce dogme1 on admettait que dans l'oeuf humain--comme dans l'oeuf de tous les animaux--l'organisme avec toutes ses parties prexistait dj1 tait dj prform2 le dveloppement du germe ne consistait proprement qu'en une expansion 7evolutio7 des parties incluses4 ,la consquence ncessaire de cette erreur1 c'tait la thorie de l'embotement1 mentionne plus haut2 comme dans l'embryon fminin l'ovaire tait dj prsent1 on devait admettre que dans ses oeufs dj les germes de la gnration suivante taient embots et ainsi de suite1 in infinitum6 ,a ce dogme de l'cole des ovulistes1 s'en opposait un autre1 non moins erron1 celui des ,animalculistes2 ceux-ci croyaient que le germe proprement dit rsidait1 non pas dans l'ovule fminin de la mre1 mais dans le spermatozode mle du pre1 et qu'il fallait chercher dans cet animalcule spermatique 7spermatozoon7 la srie embote des suites de gnrations4 #bi ,e4 ,,haeckel4 ,anthropologie 7#dte ,aufl41 #ahia71 ,s4 #bc-ch4 ,,leibnitz appliqua trs logiquement cette thorie de l'embotement l'me humaine2 il lui dnia un dveloppement vritable 7,epigenesis71 ainsi qu'il le dniait au corps et dclara dans sa ,thodice3 ,ainsi je prtends que les mes1 qui deviendront un jour des mes humaines1 taient prsentes dans le sperme1 ainsi que celles des autres espces2 qu'elles ont toujours exist1 sous la forme de corps organiss1 chez les anctres jusqu' ,adam1 c'est--dire depuis le commencement des choses4 ,des ides analogues ont persist1 tant dans la biologie que dans la philosophie1 jusque vers #ahcj1 poque o la rforme de l'embryologie par ,,baer leur a port le coup mortel4 ,mais dans le domaine de la psychologie elles ont su se maintenir1 mme jusqu' nos jours2 elles ne reprsentent qu'un groupe de ces nombreuses et tranges ides mystiques qu'on rencontre aujourd'hui encore dans l'ontognie de l'me4 ,mythologie de l'origine de l'me4--,les informations prcises que nous avons acquises en ces derniers temps par l'ethnologie compare1 relativement la manire dont les divers mythes se sont forms chez les anciens peuples civiliss et chez les peuples primitifs actuels1 sont aussi d'un grand intrt pour la psychognie2 mais nous serions entrans trop loin si nous voulions entrer ici dans des dveloppements1 nous renvoyons l'ouvrage excellent de ,a4 ,,svoboda3 ,les formes de la croyance 7#ahig74 ,du point de vue de leur contenu scientifique ou potique1 les mythes psychogntiques considrs peuvent tre classs1 de la manire suivante1 en cinq groupes3 ,i4 ,mythe de la mtempsychose3 l'me existait auparavant dans le corps d'un autre animal et n'a fait que passer de celui-ci dans le corps de l'homme2 les prtres gyptiens1 par exemple1 affirmaient que l'me humaine1 aprs la mort du corps1 errait travers toutes les espces animales et1 aprs trois mille ans1 rentrait dans un corps humain4 ,,ii4 ,mythe de l'implantation3 l'me existait indpendante en un autre lieu1 dans une chambre de rserve psychogntique 7dans une sorte de sommeil embryonnaire ou de vie latente72 un oiseau vient la chercher 7parfois reprsent comme un aigle1 gnralement comme une cigogne sonnettes71 et il la transporte dans un corps humain4 ,,iii4 ,mythe de la cration3 le ,crateur divin1 conu comme ,dieu-,pre cre les mes et les tient en rserve1 tantt dans un tang mes 7o elles sont conues comme formant un ,plankton vivant71 tantt sur un arbre mes 7elles sont alors comme les fruits d'une plante phanrogame72 le ,crateur les prend et les transporte 7pendant l'acte de la gnration71 dans un germe humain4 ,,iv4 ,mythe de l'embotement des mes 7celui de ,leibniz1 mentionn plus haut74 ,v4 ,mythe de la division des mes 7celui de ,r4 ,,wagner 7#ahee71 admis aussi par d'autres physiologistes#cj72 pendant l'acte de la gnration1 une partie des deux mes 7immatrielles67 qui habitent le corps des deux parents1 se dtache2 le morceau d'me maternelle chevauche sur l'ovule1 le morceau d'me paternelle sur le spermatozode mobile3 ces deux cellules venant se fusionner1 les deux fragments d'me qui les accompagnaient se mlent galement pour former une nouvelle me immatrielle4 #cj ,cf4 ,g4 ,,vogt1 ,koehlerglaube und ,wissenschaft 7#ahee74 ,physiologie de l'origine de l'me4--,bien que ces fantaisies potiques sur l'origine des mes humaines individuelles soient encore rpandues et admises aujourd'hui1 leur caractre purement mythologique est cependant dmontr comme certain cette heure4 ,les recherches d'un si haut intrt et si dignes d'admiration1 entreprises pendant ces vingt-cinq dernires annes1 pour connatre en dtail les processus de la fcondation et de la germination de l'oeuf1 ont montr que ces phnomnes mystrieux rentrent tous dans le domaine de la ,physiologie cellulaire4 ,le germe fminin1 l'ovule1 et le corpuscule fcondant masculin1 le spermatozode1 sont de simples cellules4 ,ces cellules vivantes possdent une somme de proprits physiologiques que nous runissons sous le terme d'me cellulaire1 absolument comme chez les protistes qui demeurent toujours monocellulaires4 ,les deux sortes de cellules sexuelles possdent la proprit de sentir et de se mouvoir4 ,le jeune ovule1 ou oeuf primitif1 se meut la faon d'une amibe2 les minuscules spermatozodes1 dont chaque goutte de sperme muqueux renferme des millions1 sont des cellules flagelles qui se meuvent au moyen de leur flagellum vibratile et nagent au milieu du sperme aussi vite que les ,infusoires flagells ordinaires 7flagellates74 ,lorsque les deux sortes de cellules1 par suite de la copulation1 viennent se rencontrer1 ou lorsqu'elles sont mises en contact par une fcondation artificielle 7par exemple chez les poissons71 elles s'attirent rciproquement et s'accolent troitement4 ,la cause de cette attraction cellulaire est de nature chimique1 c'est un mode d'activit sensorielle du plasma1 quelque chose d'analogue l'odorat ou au got1 quoi nous donnons le nom de ,chimiotropisme rotique2 on peut trs bien aussi 7et cela aussi bien au sens de la chimie qu'au sens de l'amour romanesque7 appeler cela une affinit lective cellulaire ou un amour cellulaire sexuel4 ,de nombreuses cellules flagelles1 incluses dans le sperme1 nagent rapidement vers l'immobile ovule et cherchent pntrer dans son corps4 ,mais1 ainsi que l'a montr ,,hertwig 7#ahge71 il n'y a normalement qu'un seul prtendant qui soit favoris et qui atteigne rellement le but souhait4 ,aussitt que cet animalcule spermatique favoris s'est fray avec sa tte 7c'est--dire son noyau cellulaire7 un chemin travers le corps de l'ovule1 celui-ci secrte une mince membrane muqueuse qui le protge contre la pntration d'autres cellules mles4 ,ce n'est qu'au moyen d'une temprature basse1 en stupfiant l'ovule par le froid ou en l'insensibilisant par des narcotiques 7chloroforme1 morphine1 nicotine71 que ,,hertwig a pu empcher la formation de cette membrane protectrice2 alors survenait la surfcondation ou polyspermie et de nombreux filaments spermatiques pntraient dans le corps de l'inconsciente cellule 7,cf4 mon ,anthropognie1 p4 #adg74 ,ce fait merveilleux prouvait un faible degr d'instinct cellulaire 7ou du moins de sensation vive1 spcifique7 dans les deux sortes de cellules sexuelles1 non moins clairement que les processus importants appels se jouer aussitt aprs dans les deux cellules4 ,les deux sortes de noyaux cellulaires1 en effet1 celui de l'ovule femelle et celui du spermatozode mle1 s'attirent rciproquement1 se rapprochent et se fusionnent compltement lorsqu'ils arrivent au contact l'un de l'autre4 ,c'est ainsi que provient1 de l'ovule fcond1 cette importante cellule nouvelle que nous appelons cellule souche 7,cytula7 laquelle engendre1 par des divisions rptes1 l'organisme pluricellulaire tout entier4 ,les consquences psychologiques qui ressortent de ces faits merveilleux de la fcondation1 lesquels n'ont t bien constats que pendant ces #be dernires annes1 sont d'une importance capitale et n'ont pas t jusqu'ici1 beaucoup prs1 apprcies en raison de leur porte gnrale4 ,nous rsumerons les conclusions essentielles dans les cinq propositions suivantes3 ,i4 ,tout tre humain1 comme tout autre animal suprieur1 est1 au dbut de son existence1 une cellule simple4 ,,ii4 ,cette cellule souche 7,cytula7 se produit partout de la mme manire1 par la fusion ou copulation de deux cellules spares1 d'origine diffrente1 l'ovule femelle 7ovulum7 et le spermatozode mle 7spermium74 ,,iii4 ,les deux cellules sexuelles possdent chacune une me cellulaire diffrente1 c'est--dire que chacune est caractrise par une forme spciale de sensation et de mouvement4 ,,iv4 ,au moment de la fcondation ou de la conception1 il y a fusion non seulement entre les corps protoplasmiques des deux cellules sexuelles et leurs noyaux1 mais aussi entre leurs mes1 c'est--dire que les forces de tension contenues dans chacune des deux et lies indissolublement la matire du plasma1 s'unissent pour fournir une nouvelle force de tension1 l'embryon d'me de la cellule souche qui vient d tre ainsi forme4 ,v4 ,ainsi chaque personne possde des qualits de corps et d'esprit1 qu'elle tient de ses deux parents2 en vertu de l'hrdit1 le noyau de l'ovule transmet une partie des qualits maternelles2 celui du spermatozode1 une partie des qualits paternelles4 ,ces phnomnes de la conception1 constats empiriquement1 fondent en outre la certitude de ce fait des plus importants1 savoir que pour tout homme1 comme pour tout animal1 l'existence individuelle a un commencement2 la complte copulation des deux noyaux cellulaires sexuels dtermine1 avec une prcision mathmatique1 l'instant o se produit non seulement le corps de la nouvelle cellule souche1 mais aussi son me4 ,dj par ce seul fait le vieux mythe de l'immortalit de l'me est rfut1 mais nous y reviendrons plus loin4 ,une superstition encore trs rpandue se trouve encore rfute par l3 c'est celle qui nous fait croire que l'homme doit son existence individuelle la grce du bon ,dieu4 ,la cause de cette existence est bien plutt et uniquement l',eros de ses deux parents1 ce puissant instinct sexuel commun toutes les plantes et tous les animaux pluricellulaires et qui les conduit s'accoupler4 ,mais l'essentiel1 dans ce processus physiologique1 n'est pas1 comme on l'admettait jadis1 l'treinte ou les jeux de l'amour qui s'y rattachent1 mais uniquement l'introduction du sperme mle dans les conduits sexuels fminins4 ,c'est seulement ainsi que1 chez les animaux terrestres1 la semence fcondante et l'ovule dtach peuvent se rencontrer 7ce qui a gnralement lieu chez l'homme1 l'intrieur de l'utrus47 ,chez les animaux infrieurs1 aquatiques 7par exemple les poissons1 les coquillages1 les mduses71 les produits sexuels1 parvenus maturit1 tombent simplement dans l'eau et l leur rencontre est abandonne au hasard2 il n'y a pas d'accouplement au sens propre et par suite on ne trouve plus ces fonctions psychiques complexes de la vie de l'amour qui jouent un si grand rle chez les animaux suprieurs4 ,c'est pourquoi manquent1 chez tous ces animaux infrieurs1 o la copulation n'existe pas1 ces organes intressants1 que ,,darwin a dsigns du nom de caractres sexuels secondaires et qui sont des produits de la slection sexuelle3 la barbe de l'homme1 les bois du cerf1 le superbe plumage des oiseaux de paradis et de beaucoup de ,gallinacs ainsi que bien d'autres signes distinctifs des mles qui manquent aux femelles4 ,hrdit de l'me4--,parmi les consquences de la physiologie de la conception que nous venons d'numrer1 celle qui importe surtout pour la psychologie1 c'est l'hrdit des qualits de l'me transmises par les deux parents4 ,chaque enfant reoit en hritage de ses deux parents certaines particularits de caractre1 de temprament1 de talent1 d'acuit sensorielle1 d'nergie de la volont3 ce sont des faits connus de tous4 ,il en est de mme de ce fait que souvent 7ou mme gnralement7 les qualits psychiques des grands-parents se transmettent par l'hrdit2 bien plus1 l'homme ressemble trs souvent plus1 sous certains rapports1 ses grands-parents qu' ses parents et cela est vrai des particularits mentales aussi bien que des corporelles4 ,toutes ces merveilleuses lois de l'hrdit que j'ai nonces1 d'abord dans la ,morphologie gnrale 7#ahff7 et que j'ai traites sous une forme populaire dans l',histoire de la ,cration ,naturelle1 valent d'une manire gnrale et aussi bien pour les phnomnes de l'activit psychique que pour les dtails de structure du corps2 que dis-je8 elles nous apparaissent bien souvent d'une manire plus surprenante et avec plus de clart quand il s'agit du psychique que quand il s'agit du physique4 ,cependant1 pris en soi1 le grand domaine de l'hrdit1 dont ,,darwin le premier 7#ahei7 nous a fait entrevoir l'incomparable porte et qu'il nous a1 le premier1 appris tudier scientifiquement1 abonde en nigmes obscures et en difficults physiologiques2 nous ne pouvons pas prtendre que1 ds maintenant1 au bout de #dj ans1 tous les aspects du problme nous soient clairs4 ,mais ce que nous avons dj acquis dfinitivement c'est que l'hrdit est par nous considre comme une fonction physiologique de l'organisme1 indissolublement lie sa fonction de reproduction et il nous faut finalement ramener celle-ci1 comme toutes les autres fonctions vitales1 des processus physico-chimiques1 une mcanique du plasma4 ,mais nous connaissons maintenant avec exactitude le processus de la fcondation lui-mme2 nous savons que le noyau du spermatozode apporte la cellule souche1 qui vient d'tre forme1 les qualits paternelles1 tandis que le noyau de l'ovule lui apporte les qualits maternelles4 ,la fusion des deux noyaux cellulaires est proprement le fait essentiel de l'hrdit2 par l1 les qualits individuelles de l'me comme celles du corps passent l'individu qui vient d'tre form4 ,a ces faits ontogntiques1 la psychologie dualiste et mystique1 qui rgne aujourd'hui encore dans les coles1 s'oppose en vain1 tandis que notre psychognie moniste les explique avec la plus grande simplicit4 ,fusion des mes 7amphigonie psychique74--,le fait physiologique qui importe avant tout pour l'exacte apprciation de la psychognie individuelle1 c'est la continuit de l'me dans la suite des gnrations4 ,si1 en fait1 au moment de la conception1 un nouvel individu est produit1 il ne constitue cependant pas une formation nouvelle1 ni au point de vue des qualits intellectuelles ni celui des qualits corporelles1 mais c'est le simple produit de la fusion des deux facteurs reprsents par les parents1 l'ovule maternel et le spermatozode paternel4 ,les mes cellulaires de ces deux cellules sexuelles se fusionnent aussi compltement dans l'acte de la fcondation1 pour former une nouvelle me cellulaire1 que le font les deux noyaux1 porteurs matriels de ces forces de tension psychique1 pour former un nouveau noyau cellulaire4 ,puisque nous voyons des individus de la mme espce--mme des frre et soeur issus d'un mme couple de parents--prsenter toujours quelques diffrences1 quoique peu importantes1 il nous faut bien admettre que ces diffrences existent dj dans la composition chimique du plasma des deux cellules germes unies dans la copulation4 7,loi de la variation individuelle4 ,histoire de la ,cration ,naturelle1 p4 #bae47 ,ces faits dj nous permettent de comprendre l'infinie diversit des formes physiques et psychiques dans la nature organique4 ,une consquence extrme1 mais trop exclusive1 est celle que ,,weisman a tire de ce qui prcde1 considrant l'amphimixis1 la fusion des plasmas germinatifs dans la gnration sexue1 comme la cause gnrale et unique de la variabilit individuelle4 ,cette conception exclusive1 qui se rattache sa thorie de la continuit du plasma germinatif1 est1 mon avis1 exagre2 je suis bien plutt convaincu que les lois importantes de l'hrdit progressive et de l'adaptation fonctionnelle qui s'y rattache1 valent pour l'me exactement comme pour le corps4 ,les qualits nouvelles que l'individu s'est acquises pendant sa vie peuvent avoir un contre-coup partiel sur la composition molculaire du plasma germinatif1 dans l'ovule et le spermatozode et peuvent ainsi1 dans certaines conditions1 tre transmises la gnration suivante 7naturellement1 en tant que simple force de tension latente74 ,atavisme psychologique4--,dans la fusion des mes qui se produit au moment de la conception1 ce qui se transmet surtout1 hrditairement1 par la fusion des deux noyaux cellulaires1 c'est1 sans doute1 la force de tension des deux mes des parents2 mais1 en outre1 il peut s'y joindre une influence psychique hrditaire1 remontant souvent en arrire jusqu' des gnrations loignes1 car les lois de l'hrdit latente ou atavisme valent pour l'me comme pour l'organisation anatomique4 ,les phnomnes merveilleux que produit ce recul nous apparaissent1 sous une forme bien simple et bien instructive1 dans les gnrations alternantes des polypes et des mduses4 ,nous voyons l deux gnrations trs diffrentes alterner rgulirement1 de telle sorte que la premire reproduit la troisime1 la cinquime1 etc41 tandis que la seconde se rpte dans la quatrime1 la sixime1 etc44 7,histoire ,naturelle1 p4 #ahe47 ,chez l'homme1 comme chez les animaux et les plantes suprieures1 o1 par suite d'une hrdit continue1 chaque gnration ressemble l'autre1 cette alternance rgulire des gnrations fait dfaut1 mais nanmoins nous observons1 ici encore1 divers phnomnes de recul ou d'atavisme qu'il faut ramener la mme loi d'hrdit latente4 ,c'est prcisment dans les traits de dtail de leur vie psychique1 dans le fait qu'ils possdent certaines dispositions ou talents artistiques1 par l'nergie de leur caractre ou leur temprament passionn1 que des hommes minents ressemblent souvent plus leurs grands-parents qu' leurs parents2 parfois aussi apparat tel trait frappant de caractre que ne possdaient ni les uns ni les autres1 mais qui s'tait manifest chez quelque membre loign de la srie des anctres1 longtemps auparavant4 ,dans ces merveilleux traits d'atavisme1 les mmes lois d'hrdit applicables l'me valent aussi pour la physionomie1 pour la qualit individuelle des organes des sens1 les muscles1 le squelette et autres parties du corps4 ,nous pouvons suivre cela dans un cas o le phnomne est surtout frappant3 dans les dynasties rgnantes et les familles d'ancienne noblesse qui1 par le rle marquant qu'elles ont jou dans l',etat nous ont valu une exacte peinture historique des individus formant la chane de gnrations1 ainsi par exemple chez les ,hohenzollern1 ,hohenstaufen1 la famille d',orange1 les ,bourbons1 etc41 et mieux encore dans l'antiquit1 chez les ,csars4 ,la loi fondamentale biogntique en psychologie 7#ahff74--,le lien causal entre l'volution biontique 7individuelle7 et la phyltique 7historique71 que1 dans ma ,morphologie gnrale1 j'avais dj plac1 comme la loi suprme1 en tte de toutes les recherches biogntiques1 a la mme valeur gnrale pour la psychologie que pour la morphologie4 ,j'ai insist sur son importance toute spciale pour l'homme sous ce double rapport 7#ahgd7 dans la premire leon de mon ,anthropognie1 intitule3 ,la loi fondamentale de l'volution organique4 ,chez l'homme comme chez tous les autres organismes1 l'embryognie est une rcapitulation de la phylognie4 ,cette rcapitulation acclre et abrge est d'autant plus complte que1 grce une hrdit constante1 la rptition volutive originelle 7palingenesis7 est mieux conserve2 au contraire1 elle est d'autant plus incomplte que1 grce une adaptation varie1 la modification volutive ultrieure 7cenogenesis7 a t introduite 7,anthropognie1 p4 #aa74 ,en appliquant cette loi fondamentale l'volution de l'me1 nous ne devons surtout pas oublier de tenir toujours nos regards fixs sur les deux aspects de cette loi4 ,car chez l'homme1 comme chez toutes les plantes et les animaux suprieurs1 au cours des millions d'annes de l'volution phyltique1 des modifications si importantes 7cnognses7 se sont produites que1 par suite1 l'image originelle et pure de la palingnse 7ou rptition historique71 s'est trouve trs altre et modifie4 ,tandis que1 d'une part1 en vertu des lois de l'hrdit dans le mme temps et dans le mme lieu1 la rcapitulation palingntique est conserve1 d'autre part1 en vertu des lois de l'hrdit simplifie et abrge1 la rcapitulation cnogntique est sensiblement modifie 7,histoire de la cration ,naturelle1 p4 #aij74 ,cela est surtout nettement visible dans l'histoire du dveloppement des organes psychiques1 du systme nerveux1 des muscles et des organes des sens4 ,mais il en va exactement de mme de l'activit de l'me1 indissolublement lie au dveloppement normal de ces organes4 ,l'histoire de leur dveloppement chez l'homme comme chez tous les autres animaux vivipares1 subit dj une profonde modification cnogntique par ce fait que le dveloppement du germe a lieu ici1 pendant un temps assez long1 l'intrieur du corps de la mre4 ,nous devons donc distinguer l'une de l'autre1 comme deux grandes priodes de la psychognie individuelle3 #a l'histoire du dveloppement embryonnaire et #b celle du dveloppement post-embryonnaire de l'me4 ,psychognie embryonnaire4--,le germe humain ou embryon1 dans les conditions normales1 se dveloppe dans le corps maternel pendant une dure de neuf mois 7ou #bgj jours74 ,pendant cet espace de temps1 il est compltement spar du monde extrieur1 protg non seulement par l'paisse paroi musculaire de l'utrus maternel1 mais encore par les enveloppes embryonnaires spciales 7embryolemmes7 caractristiques des trois classes suprieures de ,vertbrs3 ,reptiles1 ,oiseaux et ,mammifres4 ,dans les trois classes d',amniotes1 ces enveloppes embryonnaires 7amnion ou membrane aqueuse1 serolemme ou membrane sreuse7 se dveloppent exactement de la mme manire4 ,ce sont des organes de protection que les premiers reptiles 7proreptiles71 formes ancestrales communes tous les ,amniotes1 ont acquis pendant la priode permique 7vers la fin de l'poque palozoque71--alors que ces ,vertbrs suprieurs s'adaptaient la vie exclusivement terrestre et la respiration arienne4 ,leurs anctres immdiats1 les ,amphibies de la priode houillre1 vivaient et respiraient encore dans l'eau1 comme leurs anctres plus lointains1 les ,poissons4 ,chez ces ,vertbrs primitifs1 infrieurs et aquatiques1 l'embryologie prsentait encore un haut degr le caractre palingntique1 ainsi que c'est encore le cas chez la plupart des ,poissons et des ,amphibies actuels4 ,les ttards bien connus1 les larves de salamandres et de grenouilles possdent1 aujourd'hui encore dans les premiers temps de leur libre vie aquatique1 un corps dont la forme rappelle celui de leurs anctres les ,poissons2 ils leur ressemblent aussi par leur mode de vie1 leur respiration branchiale1 le fonctionnement de leurs organes sensoriels et de leurs autres organes psychiques4 ,c'est seulement lorsque survient l'intressante mtamorphose des ttards nageurs et alors qu'ils s'adaptent la vie terrestre1 que leur corps1 pareil celui des ,poissons se transforme en celui d'un ,amphibie rampant et quadrupde2 la place de la respiration branchiale aquatique1 apparat la respiration arienne1 au moyen de poumons et1 avec le genre de vie modifi1 l'appareil psychique 7systme nerveux et organes des sens7 acquiert un plus haut degr de dveloppement4 ,si nous pouvions suivre compltement1 depuis le commencement jusqu' la fin1 la psychognie des ttards1 nous pourrions bien des reprises1 appliquer la loi fondamentale biogntique1 au dveloppement de leur me4 ,car ils se dveloppent immdiatement dans les circonstances les plus varies du monde extrieur et doivent de bonne heure y adapter leur sensation et leur mouvement4 ,le ttard nageur ne possde pas seulement l'organisation1 mais aussi le mode de vie des ,poissons et ce n'est que par la transformation de l'un et de l'autre qu'il arrive possder ceux de la grenouille4 ,chez l'homme1 pas plus que chez les autres ,amniotes1 ce n'est le cas2 les embryons1 du fait de leur inclusion dans les membranes protectrices1 sont compltement soustraits l'influence directe du monde extrieur et dsaccoutums de la rciprocit d'action entre ce monde et eux4 ,mais1 en outre1 le soin des jeunes1 si particulier chez les ,amniotes1 fournit aux embryons des conditions bien plus favorables l'abrviation cnogntique de l'volution palingntique4 ,avant tout1 ce point de vue1 il convient de signaler l'excellent mode de nutrition de l'embryon2 elle se fait chez les ,reptiles1 ,oiseaux et ,monotrmes 7les ,mammifres ovipares7 par le vitellus nutritif1 le grand jaune de l'oeuf qui lui adhre2 chez les autres ,mammifres1 par contre 7,marsupiaux et ,placentaliens71 elle se fait par le sang de la mre qui est conduit l'embryon par les vaisseaux sanguins du sac vitellin et de l'allantode4 ,chez les placentaliens les plus levs1 ce mode utile de nutrition atteint1 par la formation d'un placenta maternel1 le plus haut degr de perfection2 aussi l'embryon est-il ici compltement dvelopp avant la naissance4 ,son me1 cependant1 demeure pendant toute cette priode dans un tat de sommeil embryonnaire1 tat de repos que ,,preyer a compar avec raison au sommeil hibernal des animaux4 ,nous trouvons un sommeil analogue1 long et prolong1 dans l'tat larvaire des insectes qui traversent une mtamorphose complte 7papillons1 mouches1 cafards1 abeilles1 etc474 ,ici1 le sommeil larvaire1 pendant lequel s'effectuent les transformations les plus importantes dans les organes et les tissus1 est d'autant plus intressant que1 pendant la priode prcdente1 o la larve vit libre 7chenille1 larve de hanneton ou ver71 l'animai possde une vie psychique trs dveloppe1 de beaucoup infrieure1 pourtant1 ce que sera le stade ultrieur 7aprs le sommeil larvaire7 alors que l'insecte sera complet1 ail et aura atteint sa maturit sexuelle4 ,psychognie post-embryonnaire4--,l'activit psychique de l'homme traverse1 pendant sa vie individuelle1 ainsi que cela a lieu chez la plupart des animaux suprieurs1 une srie de stades volutifs2 nous distinguerons1 comme les plus importants d'entre eux1 les cinq degrs suivants3 #a l'me du nouveau-n1 jusqu' l'veil de la conscience personnelle et l'acquisition du langage2 #b l'me du petit garon ou de la petite fille jusqu' la pubert 7 l'veil de l'instinct sexuel72 #c l'me du jeune homme ou de la jeune fille jusqu' ce que survienne la liaison sexuelle 7priode de l'idal72 #d l'me de l'homme fait et de la femme mre 7priode de maturit complte71 o se fonde la famille3 s'tendant1 en gnral chez l'homme jusque vers la soixantaine1 chez la femme jusque vers la cinquantaine1 jusqu' ce que survienne l'involution2 #e l'me du vieillard ou de la vieille femme 7priode de rgression74 ,la vie psychique de l'homme parcourt ainsi les mmes stades volutifs de dveloppement progressif1 de pleine maturit et de rgression1 que toutes les autres fonctions de l'organisme4 ,,chapitre ,,ix ,phylognie de l',ame4 ,,tudes ,,monistes ,,de ,,psychologie ,,phylog,n,,tique4 ,,volution ,,de ,,la ,,vie ,,psychique ,,dans ,,la ,s,,rie ,,animale ,,des ,,anc,,tres ,,de ,l',,homme4 ,les fonctions physiologiques de l'organisme1 runies sous le terme d'activit psychique1 ou plus brivement d'me1 ont pour instrument chez l'homme les mmes processus mcaniques 7physiques ou chimiques7 que chez les autres ,vertbrs4 ,les organes de ces fonctions psychiques1 eux aussi1 sont les mmes chez les uns et les autres3 cerveau et moelle pinire comme organes centraux1 nerfs priphriques et organes sensoriels4 ,de mme que ces organes psychiques se dveloppent chez l'homme lentement et progressivement partir des degrs infrieurs raliss chez les anctres vertbrs1 de mme il en va1 naturellement de leurs fonctions c'est--dire de l'me elle-mme4 7,phylognie systmatique des ,vertbrs1 #ahie47 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,ix ,evolution historique progressive de l'me humaine1 partir de l'me animale4--,mthodes de la psychologie phylogntique4--,quatre tapes principales dans la phylognie de l'me3 ,i4 ,ame cellulaire 7cytopsyche7 des ,protistes 7,infusoires1 ovule1 psychologie cellulaire72 ,,ii4 ,ame d'une colonie cellulaire 7cnopsyche71 psychologie de la ,morula et de la ,blastula2 ,,iii4 ,ame des tissus 7histopsyche72 sa duplicit4 ,ame des plantes4 ,ame des animaux infrieurs dpourvus de systme nerveux4 ,ame double des ,siphonophores 7me personnelle et me cormale72 ,,iv4 ,ame du systme nerveux 7neuropsyche7 des animaux suprieurs4--,trois parties dans l'appareil psychique3 organes sensoriels1 muscles et nerfs4--,formation typique du centre nerveux dans les divers groupes animaux4--,organe de l'me chez les ,vertbrs3 ,canal mdullaire 7cerveau et moelle pinire74--,histoire de l'me chez les ,mammifres4 ,,litt,,rature ,j4 ,,romanes4--,l'volution mentale dans le rgne animal4 ,trad4 fr4 par de ,varigny4 ,c4 ,,lloyd ,,morgan4--,the law of psychogenesis 7,london #ahib74 ,g4 ,h4 ,,schneider4--,der ,thierische ,wille 7,leipzig #ahhj74 ,der menschliche ,wille 7,berlin #ahhb74 ,,th4 ,,ribot4--,psychologie contemporaine1 #ahgj-gi4 ,,fritz ,,schulze4--,stammbaum der ,philosophie4 ,tabellarisch-schematischer ,grundriss der ,geschichte der ,philosophie 7,ina #ahij74 ,w4 ,,wurm4--,thier und ,menschenseele 7,frankf4 #ahif74 ,f4 ,,hanspaul4--,die ,seelentheorie und die ,gesetze des natrlichen ,egosmus und der ,anpassung1 ,berlin #ahii4 ,j4 ,,lubbock4--,les dbuts de la civilisation et l'tat primitif de l'espce humaine4 ,m4 ,,verworn4--,psychophysiologische ,protisten-,studien 7experimentelle ,untersuchungen71 ,ina #ahhi4 ,e4 ,,haeckel4--,systematische ,phylogenie 7#cter ,teil71 ,berlin #ahie4 ,la thorie de la descendance1 appuye sur l'anthropologie1 nous a fourni la conviction que l'organisme humain provient d'une longue srie d'anctres animaux et qu'il s'est dvelopp par des transformations progressives1 effectues lentement au cours de plusieurs millions d'annes4 ,comme1 en outre1 nous ne pouvons pas sparer la vie psychique de l'homme de ses autres fonctions vitales1 mais qu'au contraire nous nous sommes convaincus de l'volution uniforme du corps et de l'esprit1 la tche s'impose notre moderne ,psychologie moniste de suivre l'volution historique de l'me humaine partir de l'me animale4 ,c'est la solution de cette tche que nous entreprenons dans notre ,phylognie de l'me2 on peut la dsigner aussi1 en tant que rameau de la science gnrale de l'me1 du nom de psychologie phylogntique ou encore--par opposition la biontique 7individuelle7--du nom de psychognie phyltique4 ,bien que cette science nouvelle vienne peine d'tre aborde srieusement1 bien que son droit l'existence soit mme contest par la plupart des psychologues de profession1 nous devons nanmoins revendiquer pour elle une importance de premier rang et le plus grand intrt4 ,car1 d'aprs notre ferme conviction1 elle est appele plus que tout autre rsoudre la grande nigme de l',univers1 relative son essence et son apparition4 ,mthodes de la psychognie phyltique4--,les voies et les moyens qui nous doivent conduire au but1 encore si lointain1 de la psychologie phylogntique1 peine discernables pour beaucoup d'yeux dans le brouillard de l'avenir1 ne diffrent pas des voies et des moyens utiliss dans les autres recherches phylogntiques4 ,c'est1 avant tout1 ici encore1 l'anatomie compare1 la physiologie et l'ontognie qui sont du plus grand prix4 ,mais la palontologie1 elle aussi1 nous fournit un certain nombre de points d'appui solides2 car l'ordre dans lequel se succdent les dbris fossiles des classes de ,vertbrs appartenant aux diverses priodes de l'histoire organique de la terre1 nous rvle en partie1 en mme temps que leur enchanement phyltique1 le dveloppement progressif de leur activit psychique4 ,sans doute1 nous sommes forcs ici1 comme dans toutes les recherches phylogntiques1 de construire de nombreuses hypothses destines combler les notables lacunes de nos donnes empiriques2 mais celles-ci jettent un jour si lumineux et d'une telle importance1 sur les stades principaux de rvolution historique1 que nous sommes mme d'en suivre assez clairement le cours gnral4 ,principaux stades de la psychognie phyltique4--,la psychologie compare de l'homme et des animaux suprieurs nous permet1 ds l'abord1 de reconnatre dans les groupes les plus levs des ,mammifres placentaliens1 chez les ,primates1 les progrs importants qui ont marqu le passage de l'me du singe anthropode l'me de l'homme4 ,la phylognie des ,mammifres et1 en remontant encore1 celle des ,vertbrs infrieurs1 nous montre la longue suite d'anctres loigns des ,primates ayant volu1 au sein de ce groupe1 depuis l'poque silurienne4 ,tous ces ,vertbrs se ressemblent quant la structure et au dveloppement de leur organe psychique caractristique1 le canal mdullaire4 ,que ce canal mdullaire provienne d'un acroganglion dorsal ou ganglion crbrode des anctres invertbrs1 c'est ce que nous apprend l'anatomie compare des ,vers4 ,remontant plus loin encore1 nous dcouvrons1 par l'ontognie compare1 que cet organe psychique trs simple drive de la couche cellulaire du feuillet germinatif externe de l'ectoderme des ,platodaris2 chez ces ,plathelminthes primitifs1 qui ne possdaient pas encore de systme nerveux spcial1 le revtement cutan externe fonctionnait comme organe universel1 la fois sensoriel et psychique4 ,enfin1 par l'embryologie compare nous nous convaincrons que ces ,mtazoaires1 les plus simples1 proviennent par gastrulation des ,blastads1 c'est--dire de sphres creuses dont la paroi tait forme par une simple couche cellulaire1 le blastoderme2 et cette science nous apprend en mme temps1 comprendre1 avec l'aide de la loi fondamentale biogntique1 comment ces cnobies de ,protozoaires proviennent d'animaux primitifs monocellulaires1 des plus simples4 ,l'interprtation critique de ces diverses formes embryonnaires1 dont on peut suivre la filiation immdiate par l'observation microscopique1 nous fournit1 au moyen de la loi fondamentale biogntique1 les aperus les plus importants sur les stades principaux de la phylognie de notre vie psychique2 nous en pouvons distinguer huit3 #a4 ,protozoaires monocellulaires avec une simple me cellulaire3 ,infusoires2 #b4 ,protozoaires pluricellulaires avec une me cnobiale3 ,catallactes2 #c4 ,premiers ,mtazoaires avec une me pithliale3 ,platodaris2 #d4 ,anctres invertbrs avec un simple ganglion crbrode3 ,vers2 #e4 ,vertbrs acrniens avec un simple canal mdullaire sans cerveau3 ,acraniotes2 #f4 ,crniotes avec un cerveau 7form par cinq vsicules crbrales73 ,crniotes2 #g4 ,mammifres avec dveloppement prominent de l'corce crbrale des hmisphres3 ,placentaliens2 #h4 ,singes anthropodes suprieurs et homme1 avec des organes de la pense 7dans le cerveau proprement dit73 ,anthropomorphes4 ,dans ces huit groupes historiques de la phylognie de l'me humaine1 on peut encore distinguer1 avec plus ou moins de clart1 un certain nombre de stades volutifs secondaires4 ,bien entendu1 quand il s'agit de leur reconstruction1 nous sommes rduits aux tmoignages trs incomplets de la psychologie empirique1 que nous fournissent l'anatomie et la physiologie compares de la faune actuelle4 ,comme des ,crniotes du sixime stade1 et mme des vrais ,poissons se trouvent dj l'tat fossile dans le systme silurien1 nous sommes bien forcs d'admettre que les anctres des cinq stades prcdents 7qui n'ont pu parvenir se fossiliser67 ont volu une poque antrieure1 pendant la priode prsilurienne4 ,i4 ,l'me cellulaire 7,cytopsyche72 premier des stades principaux de la psychognse phyltique4--,les premiers anctres de l'homme1 comme de tous les autres animaux1 taient des animaux primitifs monocellulaires 7,protozoaires74 ,cette hypothse fondamentale de la phylognie rationnelle se dduit1 en vertu de la grande loi biogntique1 de ce fait embryologique bien connu1 que tout homme1 comme tout autre ,mtazoaire 7tout animal tissus1 pluricellulaire71 est1 au dbut de son existence individuelle1 une simple cellule1 la cellule souche 7cytula7 ou ovule fcond4 ,comme celle-ci1 depuis le premier moment1 a t anime1 ainsi faut-il admettre qu'il en a t pour cette forme ancestrale monocellulaire qui1 dans la srie des premiers anctres de l'homme1 a t reprsente par toute une suite de ,protozoaires diffrents4 ,nous sommes renseigns sur l'activit psychique de ces organismes monocellulaires par la physiologie compare des ,protistes encore vivants aujourd'hui2 tant1 d'une part1 l'observation exacte1 que de l'autre1 l'exprimentation bien conduite1 nous ont ouvert1 durant la seconde moiti du ,x,i,xe sicle1 un nouveau domaine fcond en phnomnes du plus haut intrt4 ,le meilleur expos en a t donn en #ahhi par #a1 dans ses profondes ,etudes1 appuyes sur des expriences personnelles1 tudes sur la ,psychophysiologie des ,protistes4 ,les quelques observations antrieures sur la vie psychique des ,protistes sont runies ces tudes4 ,,verworn a acquis la ferme conviction que1 chez tous les ,protistes1 les processus psychiques sont encore inconscients1 que ceux de la sensation et du mouvement se confondent encore ici avec les processus vitaux molculaires du plasma lui-mme1 et que les causes premires en doivent tre cherches dans les proprits des molcules de plasma 7des plastidules74 ,les processus psychiques1 chez les ,protistes1 forment ainsi le pont qui runit les processus chimiques de la nature inorganique la vie psychique des animaux suprieurs2 ils reprsentent l'embryon des phnomnes psychiques les plus levs1 qu'on observe chez les ,mtazoaires et chez l'homme4 ,les observations soigneuses et les nombreuses expriences de ,,verworn1 jointes celles de ,w4 ,,engelmann1 ,w4 ,,preyer1 ,r4 ,,hertwig et autres savants adonns l'tude des ,protistes1 fournissent une preuve concluante ma thorie moniste de l'me cellulaire 7#ahff74 ,m'appuyant sur des recherches poursuivies pendant de longues annes sur divers ,protistes1 surtout des ,rhizopodes et des ,infusoires1 j'avais dj1 il y a #cc ans1 formul cette affirmation que toute cellule vivante possde des proprits psychiques et que1 par suite1 la vie psychique des plantes et des animaux pluricellulaires n'est que le rsultat des fonctions psychiques des cellules composant leur corps4 ,dans les groupes infrieurs 7par exemple les algues et les ponges7 toutes les cellules du corps y contribuent pour une part gale 7ou avec de trs petites diffrences72 au contraire1 dans les groupes suprieurs1 en vertu de la loi de la division du travail1 ce rle n'incombe qu' une partie des cellules1 les lues1 les cellules psychiques4 ,les consquences de cette psychologie cellulaire1 de la plus haute importance1 ont t exposes en partie 7#ahgf7 dans mon travail sur la ,prigense des plastidules1 en partie enfin 7#ahgg7 dans mon discours de ,mnich sur la ,thorie de l'volution actuelle dans son rapport avec l'ensemble de la science4 ,on en trouvera un expos plus populaire dans mes deux confrences de ,vienne 7#ahgh71 sur l',origine et l'volution des instruments sensoriels et sur l',ame cellulaire et la cellule psychique#ca4 #ca ,e4 ,,haeckel1 ,gesammelte populaere ,vortraege aus dem ,gebiete der ,entwickelungslehre4 ,bonn1 #ahgh4 ,la simple me cellulaire prsente dj1 d'ailleurs1 au sein du groupe des ,protistes1 une longue suite de stades volutifs1 depuis des tats d'me primitifs1 trs simples jusqu' d'autres trs parfaits et levs4 ,chez les plus anciens et les plus simples des ,protistes1 la sensation et le mouvement sont rpartis galement sur le plasma tout entier du corpuscule homogne2 dans les formes suprieures1 par contre1 des instruments sensoriels spciaux se diffrencient en organes physiologiques3 ce sont des ,organelles4 ,comme parties cellulaires motrices analogues1 nous citerons les pseudopodes des ,rhizopodes1 les cils vibratiles1 les flagellums et les cils des ,infusoires4 ,on considre1 dans la vie cellulaire1 comme un organe central interne le noyau1 qui fait encore dfaut chez les plus anciens et les plus infrieurs des ,protistes4 ,au point de vue physiologico-chimique1 ce qu'il faut surtout signaler1 c'est que les ,protistes originels les plus anciens taient des ,plasmodomes qui changeaient des matriaux nutritifs avec les plantes1 par suite que c'tait des ,protophytes ou plantes originelles2 c'est d'elles que proviennent1 secondairement1 par mtasitisme1 les premiers plasmophages1 qui changeaient des matriaux nutritifs avec les animaux1 par suite taient des ,protozoaires ou animaux originels#cb4 ,ce mtasitisme1 l'inversion des matriaux nutritifs marque un important progrs psychologique1 car c'est le point de dpart de l'volution des traits caractristiques de l'me animale qui font encore dfaut l'me vgtale4 #cb ,e4 ,,haeckel3 ,systematische ,phylognie1 ,bd4 #a 7#ahid71 #ch4 ,le plus haut degr de dveloppement de l'me cellulaire animale est ralis dans la classe des ,cilis ou ,infusoires cilis4 ,lorsque nous comparons ce que nous observons chez eux avec les fonctions psychiques correspondantes d'animaux pluricellulaires1 plus levs1 il ne semble presque pas y avoir de diffrence psychologique2 les organelles sensibles et moteurs de ces ,protozoaires paraissent accomplir les mmes fonctions que les organes sensoriels1 les nerfs et les muscles des ,mtazoaires4 ,on a mme regard le gros noyau cellulaire 7meganucleus7 des ,infusoires comme un organe central d'activit psychique1 qui jouerait1 dans leur organisme monocellulaire1 un rle analogue celui du cerveau dans la vie psychique des animaux suprieurs4 ,au reste1 il est trs difficile de dcider dans quelle mesure ces comparaisons sont lgitimes2 les opinions des savants qui ont tudi d'une manire spciale les infusoires diffrent beaucoup sur ce point4 ,les uns considrent1 chez ces animaux1 tous les mouvements spontans du corps comme automatiques ou impulsifs1 tous les mouvements d'excitation comme des rflexes2 les autres voient l en partie des mouvements volontaires et intentionnels4 ,tandis que ces derniers auteurs attribuent dj aux ,infusoires une certaine conscience1 une reprsentation d'un moi synthtique--les premiers se refusent les leur reconnatre4 ,de quelque faon qu'on rsolve cette difficile question1 ce qui est en tous cas certain1 c'est que ces ,protozoaires monocellulaires nous prsentent une me cellulaire des plus dveloppes qui est du plus haut intrt pour l'apprciation exacte de ce qu'tait l'me chez nos premiers anctres monocellulaires4 ,,ii4 ,ame d'une colonie cellulaire ou me cnobiale 7,cenopsyche72 deuxime des stades principaux de la psychognse phyltique4 --,l'volution individuelle commence chez l'homme1 comme chez tous les autres animaux pluricellulaires1 par des divisions rptes chez une simple cellule4 ,la cellule souche 7,cytula7 ou ovule fcond se divise1 d'aprs le processus de la division indirecte ordinaire1 tout d'abord en deux cellules filles2 ce processus venant se rpter1 il se produit 7par des sillons quatoriaux71 successivement #d1 #h1 #af1 #cb1 #fd cellules par sillonnement1 ou blastomres identiques4 ,d'ordinaire1 chez la plupart des animaux1 survient1 plus ou moins tard1 la place de cette division primitive rgulire1 un accroissement irrgulier4 ,mais dans tous les cas le rsultat est le mme3 formation d'une masse 7le plus souvent sphrique71 d'un ballot de cellules non diffrencies1 toutes identiques au dbut4 ,nous appelons ce stade ,morula 7cf4 ,anthropognie1 p4 #aei74 ,d'ordinaire s'amasse alors l'intrieur de cet agrgat cellulaire1 en forme de petite mre1 un liquide1 par suite de quoi la morula se transforme en une petite vsicule sphrique2 toutes les cellules se portent la surface et s'ordonnent en une simple couche cellulaire1 le blastoderme4 ,la sphre creuse ainsi constitue est le stade le plus important de la blastula ou blastosphre 7,anthropognie1 p4 #aej74 ,les phnomnes psychologiques que nous pouvons constater immdiatement1 dans la formation de la blastula1 sont en partie des mouvements1 en partie des sensations de cette colonie cellulaire4 ,les mouvements se rpartissent en deux groupes3 ,i4 ,mouvements internes1 qui se rptent partout suivant un mode essentiellement analogue1 dans le phnomne de la division cellulaire ordinaire 7indirecte73 formation du fuseau nuclaire1 mytose1 caryokinse1 etc42 ,,ii4 mouvements externes1 qui apparaissent dans le changement normal de position des cellules assembles et dans leur groupement pour former le blastoderme4 ,nous tenons ces mouvements pour hrditaires et inconscients1 parce qu'ils sont partout conditionns de la mme manire1 grce l'hrdit transmise eux par les premires sries ancestrales de ,protistes4 ,quant aux sensations1 on en peut distinguer galement deux groupes3 ,i4 ,sensations des cellules isoles1 qu'elles expriment par l'affirmation de leur indpendance individuelle et par leur attitude l'gard des cellules voisines 7avec lesquelles elles sont en contact1 relies mme en partie directement par des ponts de plasma74 ,,ii4 ,la sensation synthtique de la colonie cellulaire ou cnobium tout entier1 qui se manifeste par la formation individuelle de la blastula en sphre creuse 7,anthropognie1 p4 #dia74 ,la comprhension de la cause de la formation de la blastula nous est facilite par la loi fondamentale biogntique1 qui en explique les phnomnes immdiatement observables par l'hrdit1 et les ramne des processus historiques analogues qui se seraient accomplis l'origine1 lors de l'apparition des premires cnobies de ,protistes1 des ,blastads 7,pylog4 ,syst41 ,,iii1 #bb-bf74 ,mais ces processus physiologiques et psychologiques importants ayant eu leur sige dans les premires associations cellulaires1 nous deviennent clairs par l'observation et l'exprimentation faites sur les cnobies encore aujourd'hui vivantes4 ,ces colonies cellulaires stables ou hordes cellulaires 7dsignes encore des noms de communauts cellulaires1 pied de cellules17 sont aujourd'hui encore trs rpandues1 tant parmi les plantes originelles plasmodomes 7paulotomes1 diatomes1 volvocines7 que parmi les animaux originels plasmophages 7,infusoires et ,rhizopodes74 ,dans toutes ces cnobies nous pouvons dj distinguer1 ct l'un de l'autre1 deux stades divers d'activit psychique3 ,i4 ,l'me cellulaire des individus cellulaires isols 7en tant qu'organismes lmentaires7 et ,,ii4 l'me cnobiale de la colonie cellulaire tout entire4 ,,iii4 ,ame des tissus 7,histopsyche72 troisime des stades principaux de la psychognse phyltique4--,chez toutes les plantes pluricellulaires possdant des tissus 7mtaphytes ou plantes tissus71 de mme que chez les animaux tissus 7,mtazoaires7 infrieurs1 dpourvus de systme nerveux1 nous pouvons distinguer de suite deux formes diffrentes d'activit psychique1 savoir3 ,a4 l'me des cellules isoles qui composent les tissus1 et ,b4 l'me des tissus eux-mmes ou de la rpublique cellulaire constitue par les cellules4 ,cette me des tissus est partout la fonction psychologique la plus leve1 celle qui nous rvle dans l'organisme pluricellulaire complexe1 un bion synthtique1 un individu physiologique1 une vritable rpublique cellulaire4 ,elle gouverne toutes les mes cellulaires isoles des cellules sociales qui1 en tant que citoyens indpendants1 constituent la rpublique cellulaire unifie4 ,cette duplicit fondamentale de la psyche chez les ,mtaphytes et chez les ,mtazoaires infrieurs1 dpourvus de systme nerveux1 est chose trs importante2 on en dmontre l'existence immdiatement par une observation impartiale et des expriences bien conduites3 tout d'abord1 chaque cellule isole possde sa sensation et son mouvement et ensuite chaque tissu et chaque organe1 compos d'un certain nombre de cellules identiques1 tmoigne d'une excitabilit spciale et d'une unit psychique 7par exemple1 le pollen et les tamines74 ,,iii4 ,a4 ,l'me des plantes 7phytopsyche74--,c'est pour nous le terme qui rsume toute l'activit psychique des plantes pluricellulaires1 possdant des tissus 7,mtaphytes1 l'exclusion des ,protophytes monocellulaires72 elle a t l'objet des opinions les plus diverses jusqu' ce jour4 ,on trouvait autrefois une diffrence fondamentale entre les plantes et les animaux en ce qu'on attribuait d'ordinaire ceux-ci une me qu'on refusait celles-l4 ,cependant1 une comparaison impartiale de l'excitabilit et des mouvements1 chez diverses plantes suprieures et chez des animaux infrieurs1 avait convaincu1 ds le commencement du sicle1 quelques chercheurs isols1 que les uns et les autres devaient tre pareillement anims4 ,plus tard1 ,,fechner1 ,,leitgeb entre autres1 dfendirent vivement l'hypothse d'une ,ame des plantes4 ,on n'en comprit mieux la nature qu'aprs que la thorie cellulaire 7#ahch7 et dmontr1 dans les plantes et les animaux1 l'identit de structure lmentaire1 et surtout depuis que la thorie du plasma de ,,max ,,schulze 7#ahei7 et reconnu1 chez les uns et les autres1 la mme attitude du plasma actif et vivant4 ,la physiologie compare rcente 7en ces #cj dernires annes7 a montr1 en outre1 que l'attitude physiologique1 en raction aux diverses excitations 7lumire1 lectricit1 chaleur1 pesanteur1 frottement1 influences chimiques7 tait absolument la mme dans les parties sensibles du corps de beaucoup de plantes et d'animaux1--que les mouvements rflexes1 enfin1 provoqus par les excitations1 se produisaient absolument de la mme manire4 ,si donc on attribue ces modes d'activit chez les ,mtazoaires infrieurs1 dpourvus de systme nerveux 7ponges1 polypes71 une me particulire1 on est autoris admettre la prsence de cette mme me chez beaucoup de ,mtaphytes 7mme chez tous71 au moins chez les trs sensibles plantes impressionnables 7mimosa71 chez les attrape-mouches 7dionaea1 drosera7 et chez les nombreuses plantes grimpantes4 ,il est vrai1 la physiologie vgtale rcente a donn de ces mouvements d'excitation ou tropismes une explication toute physique1 les ramenant des rapports particuliers de croissance1 des oscillations de tension1 etc4 ,mais ces causes mcaniques ne sont ni plus ni moins psychophysiques que les mouvements rflexes analogues chez les ponges1 les polypes et autres ,mtazoaires dpourvus de systme nerveux1 mme si le mcanisme tait ici tout diffrent4 ,le caractre de l'histopsyche ou me cellulaire se manifeste galement dans les deux cas par ce fait que les cellules du tissu 7de l'association cellulaire rgulirement ordonne7 conduisent les excitations reues en un point et provoquent ainsi des mouvements en d'autres points ou dans tout l'organe4 ,cette conduction de l'excitation peut aussi bien tre regarde comme une activit psychique1 que la forme plus parfaite qu'elle prsente chez les animaux pourvus de systme nerveux2 elle s'explique anatomiquement parce que les cellules sociales du tissu 7ou association cellulaire71 loin d'tre1 comme on le supposait autrefois1 spares les unes des autres1 sont partout relies entre elles par de fins filaments ou ponts de plasma4 ,lorsque les plantes impressionnables nuisibles 7mimosa71 qu'on vient toucher ou branler1 replient leurs feuilles tales et laissent pencher leurs ptioles--lorsque les excitables attrape-mouches 7dionaea7 au contact imprim leurs feuilles1 les referment vivement et attrapent la mouche1--la sensation semble1 certes1 plus vive1 la conduction de l'excitation plus rapide et le mouvement plus nergique que la raction rflexe d'une ponge officinale 7ou d'autres ponges7 excite4 ,,iii4 ,b4 ,ame des ,mtazoaires dpourvus de systme nerveux4--,l'activit psychique de ces ,mtazoaires infrieurs qui possdent1 il est vrai1 des tissus et souvent mme des organes diffrencis1 mais ni nerfs ni organes des sens spciaux1 est d'un intrt tout particulier pour la psychologie compare en gnral1 et pour la phylognie de l'me animale en particulier4 ,on distingue1 parmi eux1 quatre groupes diffrents de ,coelentrs primitifs1 savoir3 #a4 ,les ,gastrads2 #b4 les ,platodaris2 #c4 les ,eponges2 #d4 les ,hydropolypes1 formes infrieures des ,cnidis4 ,les ,gastrads ou animaux intestin primitif forment ce petit groupe des ,coelentrs les plus infrieurs qui prsente une haute importance1 comme tant le groupe originel commun de tous les ,mtazoaires4 ,le corps de ces petits animaux nageurs a la forme d'une vsicule 7le plus souvent ovode7 contenant une simple cavit avec une ouverture 7intestin primitif et bouche primitive74 ,la paroi de la cavit digestive est constitue par deux assises cellulaires simples1 dont l'interne 7feuillet intestinal7 remplit les fonctions vgtatives de nutrition et l'externe 7feuillet pidermique71 les fonctions animales de sensation et de mouvement4 ,les cellules sensibles1 toutes pareilles1 de ce feuillet pidermique1 portent de fins flagellums1 de longs cils dont les vibrations effectuent le mouvement volontaire de natation4 ,les quelques seules formes encore vivantes de ,gastrads1 les ,gastrmaris 7trichoplacides7 et les ,cymaris 7orthonectides7 sont trs intressantes par ce fait qu'elles restent1 leur vie durant1 ce stade de dveloppement que traversent1 au dbut de leur volution embryonnaire1 les germes de tous les autres ,mtazoaires1 depuis les ponges jusqu' l'homme4 ,ainsi que je l'ai montr dans ma ,thorie gastrenne 7#ahgb71 chez tous les animaux tissus1 la blastula1 dont nous avons dj parl1 donne naissance tout d'abord une forme embryonnaire des plus caractristiques1 la gastrula4 ,le blastoderme1 reprsent par la paroi de la sphre creuse1 forme d'un ct une excavation en forme de fosse qui devient bientt une invagination si profonde que la cavit interne de la vsicule disparat4 ,la moiti invagine 7interne7 du blastoderme s'accole troitement la moiti non invagine 7externe72 celle-ci forme le feuillet pidermique ou feuillet germinatif externe 7ectoderme1 piblaste71 la premire1 par contre1 forme le feuillet intestinal ou feuillet germinatif interne 7entoderme1 hypoblaste74 ,l'espace vide ainsi constitu dans le corps en forme de gobelet est la cavit digestive1 l'intestin primitif 7progaster71 son ouverture1 la bouche primitive 7prostoma7#cc4 ,le feuillet pidermique ou ectoderme est1 chez tous les ,mtazoaires1 le premier organe de l'me2 car il donne naissance1 chez tous les animaux pourvus de systme nerveux1 non seulement au revtement cutan externe et aux organes des sens1 mais aussi au systme nerveux4 ,chez les ,gastrads1 o ce dernier n'existe pas encore1 toutes les cellules qui composent l'assise pithliale simple de l'ectoderme sont la fois des organes de sensation et de mouvement3 l'me des tissus se manifeste ici sous sa forme la plus simple4 #cc ,cf4 ,anthropogenie1 p4 #afa1 #dig2 ,nat4 ,schopf-,gesch41 p4 #cjj4 ,la mme formation primitive semble aussi exister chez les ,platodaris1 formes les plus anciennes et les plus simples des ,platodes4 ,quelques-uns de ces ,cryptocles 7convoluta1 etc471 n'ont pas encore de systme nerveux distinct1 tandis que chez leurs proches pigones1 les ,turbellaris1 le systme nerveux se distingue dj de l'piderme et un ganglion crbrode apparat4 ,les ,spongiaires reprsentent un groupe indpendant du rgne animal qui diffre de tous les autres ,mtazoaires par son organisation caractristique2 les trs nombreuses espces de cette classe vivent presque toutes fixes au fond de la mer4 ,la forme la plus simple1 l'olynthus1 n'est en somme qu'une ,gastrea dont la paroi du corps est perce1 la faon d'une passoire1 de petits pores qui laissent entrer le courant d'eau1 porteur des matriaux nutritifs4 ,chez la plupart des ponges 7entre autres chez la plus connue1 l'ponge officinale71 le corps1 en forme de bosse1 forme un pied compos de milliers de ces ,gastrads 7corbeilles vibratiles7 et travers par un systme de canaux nutritifs4 ,la sensation et le mouvement n'existent qu' un trs faible degr chez les ,spongiaires2 les nerfs1 les organes sensoriels et les muscles n'y existent pas4 ,il est donc trs naturel que l'on ait autrefois considr ces animaux fixs1 informes et insensibles1 comme des plantes4 ,leur vie psychique 7pour laquelle il n'y a pas d'organe spcial diffrenci71 est bien infrieure celle des mimosas et des autres plantes sensibles4 ,l'me des ,cnidis prsente une importance tout fait capitale pour la psychologie compare et phylogntique4 ,car c'est au sein de ce groupe1 aux formes si riches1 que s'accomplit1 sous nos yeux1 le passage de l'me des tissus l'me du systme nerveux4 ,a ce groupe appartiennent les classes si varies des ,polypes et des ,coraux fixs1 des ,mduses et des ,siphonophores libres4 ,on peut regarder en toute certitude comme la forme originelle commune tous les ,cnidis1 un hypothtique ,polype des plus simples1 rappelant1 dans ses traits essentiels1 le ,polype vulgaire d'eau douce actuelle1 l'hydre4 ,mais ces hydres1 de mme que les ,hydropolypes fixs qui s'en rapprochent beaucoup1 ne possdent ni nerfs ni organes des sens suprieurs1 bien qu'elles soient trs sensibles4 ,au contraire1 les ,mduses qui nagent librement et qui drivent des animaux prcdents 7auxquels elles restent lies aujourd'hui encore par le fait des gnrations alternantes71 ces ,mduses possdent dj un systme nerveux indpendant et des organes des sens distincts4 ,nous pouvons donc constater ici l'origine historique de l'me du systme nerveux 7neuropsyche71 provenant immdiatement par ontognse de l'me des tissus 7histopsyche71 en mme temps que nous apprenons en comprendre la phylognse4 ,ces connaissances sont d'autant plus intressantes que ces processus fort importants sont polyphyltiques1 c'est--dire qu'ils se sont accomplis plusieurs fois 7au moins deux7 indpendamment l'un de l'autre4 ,ainsi que je l'ai dmontr1 les ,hydromduses 7craspdotes7 drivent des ,hydropolypes selon un autre mode que les ,skyphomduses 7ou acraspdotes7 des ,skyphopolypes2 le mode de bourgeonnement est terminal chez ceux-ci1 latral chez les autres4 ,les deux groupes prsentent1 en outre1 des diffrences hrditaires caractristiques dans la structure microscopique de leurs organes psychiques4 ,une classe trs intressante aussi pour la psychologie est celle des ,siphonophores4 ,dans ces magnifiques colonies animales1 nageant librement1 drives des ,hydromduses1 nous pouvons observer une double me3 l'me individuelle 7me personnelle7 des nombreuses personnes qui la constituent et l'me commune synthtique et active de la colonie tout entire 7me cormale74 ,,iv4 ,ame du systme nerveux 7neuropsyche72 quatrime des stades principaux de la psychognse phyltique4--,la vie psychique de tous les animaux suprieurs1 comme celle de l'homme1 s'effectue au moyen d'un appareil psychique plus ou moins compliqu et celui-ci comprend toujours trois parties principales3 les organes des sens qui rendent possibles les diverses sensations2 les muscles qui permettent les mouvements2 les nerfs qui tablissent une communication entre les premiers et les seconds l'aide d'un organe central spcial1 cerveau ou ganglion 7noeud de nerfs74 ,on compare d'ordinaire la disposition et le fonctionnement de cet appareil psychique un tlgraphe lectrique2 les nerfs sont les fils de fer conducteurs1 le cerveau la station centrale1 les muscles et les organes des sens les stations locales secondaires4 ,les fibres nerveuses motrices conduisent les ordres de la volont ou impulsions1 suivant une direction centrifuge1 de ce centre nerveux aux muscles et1 par la contraction de ceux-ci1 produisent des mouvements2 les fibres nerveuses sensibles1 au contraire1 conduisent les diverses impressions1 suivant une direction centripte1 des organes sensoriels priphriques au cerveau et y rendent compte des impressions reues du monde extrieur4 ,les cellules ganglionnaires ou cellules psychiques1 qui constituent l'organe nerveux central1 sont les plus parfaites de toutes les parties lmentaires organiques1 car elles rendent possibles1 non seulement les rapports entre les muscles et les organes des sens1 mais aussi les plus hautes fonctions de l'me animale1 la formation de reprsentations et de penses et1 au-dessus de tout1 la conscience4 ,les grands progrs de l'anatomie et de la physiologie1 de l'histologie et de l'ontognie en ces derniers temps1 ont enrichi nos connaissances relatives l'appareil psychique d'une foule de dcouvertes intressantes4 ,si la philosophie spculative s'tait empare1 ne ft-ce que des principales de ces importantes conqutes de la biologie empirique1 elle prsenterait ds aujourd'hui une tout autre physionomie qu'elle ne le fait malheureusement4 ,aborder ce sujet d'une manire approfondie nous entranerait trop loin1 aussi me contenterai-je de souligner seulement les faits essentiels4 ,chacun des groupes animaux suprieurs possde son organe psychique propre2 chez chacun1 le systme nerveux central est caractris par une forme1 une situation et une constitution spciales4 ,parmi les ,cnidis rayonns1 les ,mduses prsentent un anneau nerveux1 au bord de l'ombrelle1 pourvu le plus souvent de quatre ou huit ganglions4 ,chez les ,echinodermes cinq rayons1 la bouche est entoure d'un anneau nerveux duquel partent cinq troncs nerveux4 ,les ,platodes symtrie bilatrale et les ,vers possdent un ganglion crbrode ou acroganglion1 compos d'une paire de ganglions situs dorsalement1 au-dessus de la bouche2 de ces ganglions sus-oesophagiens partent latralement deux troncs nerveux qui se rendent la peau et aux muscles4 ,chez une partie des ,vers et chez les ,mollusques s'ajoutent cela une paire de ganglions sous-oesophagiens ventraux relis aux autres par un anneau qui entoure l'oesophage4 ,cet anneau oesophagien reparat chez les ,arthropodes 7,articulata71 mais se continue ici du ct ventral du corps allong par une moelle ventrale1 un double cordon en forme d'chelle1 qui se renfle chaque segment en un double ganglion4 ,les ,vertbrs nous prsentent une disposition toute contraire de l'organe psychique2 chez eux1 on trouve toujours1 du ct dorsal du corps1 dont la segmentation n'est plus qu'interne1 une moelle dorsale2 c'est un renflement de sa partie antrieure qui formera plus tard le cerveau caractristique1 en forme de vsicule#cd4 #cd ,cf4 mon ,hist4 de la ,crat4 ,nat41 #i;e d4 7#ahih71 tabl4 #ah et #ai1 p4 #eab4 ,bien que les organes psychiques1 ainsi qu'on le voit1 prsentent1 dans les groupes animaux suprieurs1 des diffrences trs caractristiques de situation1 de forme et de constitution--cependant l'anatomie compare est mme de dmontrer1 dans la plupart des cas1 une origine commune qu'il faut chercher dans le ganglion crbrode des ,platodes et des ,vers2 et tous ces organes divers ont cela de commun qu'ils drivent de la couche cellulaire la plus externe de l'embryon1 du feuillet pidermo-sensoriel 7ectoderme74 ,de mme nous retrouvons1 dans toutes les formes d'organes nerveux centraux1 la mme structure essentielle3 un mlange de cellules ganglionnaires ou cellules psychiques 7organes lmentaires proprement actifs1 de la psyche et de fibres nerveuses71 qui tablissent des connexions et sont les instruments de l'action4 ,organe de l'me chez les ,vertbrs4--,la premire chose qui nous frappe1 dans la psychologie compare des ,vertbrs et qui devrait tre le point de dpart empirique de toute tude scientifique de l'me humaine1 c'est la structure caractristique de leur systme nerveux central4 ,de mme que cet organe psychique central prsente1 dans chacun des groupes animaux suprieurs1 une position1 une forme et une constitution spciales1 propres ce groupe1 de mme il en va chez les ,vertbrs4 ,partout1 ici1 nous trouvons une moelle dorsale1 un gros cordon nerveux cylindrique1 situ sur la ligne mdiane du dos1 au-dessus de la colonne vertbrale 7ou de la corde dorsale qui y supple74 ,partout nous voyons partir1 de cette moelle dorsale1 de nombreux troncs nerveux qui se distribuent d'une faon rgulire et segmentaire1 toujours une paire par segment4 ,partout nous voyons ce canal mdullaire se produire chez l'embryon suivant le mme mode3 sur la ligne mdiane de l'piderme dorsal se forme un fin sillon1 une gouttire2 les deux bords parallles de cette gouttire mdullaire se soulvent1 se courbent l'un vers l'autre et s'accolent sur la ligne mdiane pour former un canal4 ,le long canal mdullaire dorsal et cylindrique1 ainsi form1 est tout fait caractristique des ,vertbrs2 il est partout le mme au dbut1 chez l'embryon1 et il est le point de dpart commun de toutes les diffrentes formes d'organes psychiques auxquels il donnera naissance par la suite4 ,un petit groupe d',invertbrs prsente seul une disposition analogue2 ce sont les tranges ,tuniciers marins1 les ,coplates1 les ,ascidies et les ,thalidies4 ,ils prsentent1 en outre1 par d'autres particularits importantes de leurs corps 7en particulier par la prsence de la chorda et de l'intestin branchial71 des diffrences frappantes avec les autres ,invertbrs et des analogies avec les ,vertbrs4 ,nous admettons donc que ces deux groupes animaux1 les ,vertbrs et les ,tuniciers1 proviennent d'un groupe ancestral commun et plus ancien qu'il faut chercher parmi les ,vers3 les ,prochordoniens#ce4 ,une diffrence importante entre les deux groupes1 c'est que le corps des ,tuniciers ne se segmente pas et conserve une organisation trs simple 7la plupart se fixent plus tard au fond de la mer et entrent en rgression74 ,chez les ,vertbrs1 au contraire1 survient de bonne heure une segmentation interne du corps1 trs caractristique1 la premire formation des ,vertbrs 7,vertebratio74 ,celle-ci permet le dveloppement morphologique et physiologique beaucoup plus lev de l'organisme1 qui finit par atteindre chez l'homme le degr suprme de perfection4 ,elle se rvle1 de trs bonne heure dj1 dans la structure plus fine du canal mdullaire1 dans le dveloppement d'un plus grand nombre de paires segmentaires de nerfs qui1 sous le nom de nerfs de la moelle dorsale ou de nerfs spinaux1 se rendent chacun des segments du corps4 #ce ,,haeckel4 ,anthropogenie1 #dte ,aufl4 #ahia1 ,vortrag #af und #ag 7,korperbau und keimesgesch4 der ,amphioxus und der ,ascidie74 ,stades de dveloppement phyltique du canal mdullaire4--,la longue histoire phylogntique de notre me des ,vertbrs commence avec le dveloppement du simple canal mdullaire chez les premiers ,acraniotes2 elle nous conduit1 lentement et graduellement1 travers un espace de temps de plusieurs millions d'annes jusqu' cette merveille complique qu'est le cerveau humain1 merveille qui semble autoriser la forme la plus perfectionne des ,primates revendiquer dans la ,nature une place tout fait exceptionnelle4 ,une ide claire de cette marche lente et continue de notre psychognie phyltique tant la premire condition d'une psychologie conforme la nature1 il nous a paru utile de subdiviser ce vaste espace de temps en un certain nombre de grandes phases2 dans chacune de celles-ci1 en mme temps que la structure du systme nerveux central1 sa fonction1 la psyche est alle se perfectionnant4 ,je distingue donc huit priodes dans la phylognie du canal mdullaire1 caractrises par huit groupes principaux de ,vertbrs2 ce sont3 ,i4 les ,acraniotes2 ,,ii4 les ,cyclostomes2 ,,iii4 les ,poissons2 ,,iv4 les ,amphibies2 ,v4 les ,mammifres implacentaliens 7,monotrmes et ,marsupiaux72 ,,vi4 les premiers ,mammifres placentaliens1 en particulier les ,prosimiens2 ,,vii4 les ,primates plus rcents1 les vrais ,singes ou ,simiens2 ,,viii4 les ,singes anthropodes et l'homme 7,anthropomorphes74 ,i4 ,premier stade3 les ,acrniens1 reprsents aujourd'hui encore par l'amphioxus2 l'organe psychique reste au stade de simple canal mdullaire1 nous trouvons une moelle pinire rgulirement segmente1 sans cerveau4--,,ii4 ,deuxime stade3 les ,cyclostomes1 le groupe le plus ancien des ,crniotes1 reprsent aujourd'hui encore par les petromyzontes et les myxinodes2 l'extrmit antrieure de la moelle pinire se renfle en une vsicule qui se diffrencie en cinq vsicules crbrales situes l'une derrire l'autre 7cerveau antrieur1 cerveau intermdiaire1 cerveau moyen1 cervelet et arrire-cerveau72 ces cinq vsicules sont le point de dpart commun d'o sortira le cerveau de tous les ,crniotes1 depuis le ptromyzonte jusqu' l'homme4--,,iii4 ,troisime stade3 ,poissons primitifs 7,slaciens7 analogues aux requins actuels2 chez ces poissons primitifs1 desquels drivent tous les ,gnathostoma1 commence s'accentuer la diffrenciation des cinq vsicules crbrales d'abord pareilles4--,,iv4 ,quatrime stade3 ,amphibies4 ,dans cette classe des plus anciens ,vertbrs terrestres1 apparus pour la premire fois pendant la priode houillre1 commence apparatre la forme du corps caractristique des ,ttrapodes1 en mme temps que se transforme le cerveau hrit des ,poissons2 les modifications se poursuivent chez les ,epigones de la priode permique1 les ,reptiles dont les plus anciens reprsentants1 les ,tocosauriens1 sont les formes ancestrales communes tous les ,amniotes 7les ,reptiles et les ,oiseaux1 d'une part2 les ,mammifres de l'autre74--,v ,,viii4 du cinquime au huitime stade2 les ,mammifres4 ,l'histoire de la formation de notre systme nerveux et la phylognie de notre me1 qui s'y rattache1 ont t exposes en dtail dans mon ,anthropognie et rendues plus claires par de nombreuses figures#cf4 ,je dois donc y renvoyer1 ainsi qu'aux notes dans lesquelles j'ai insist particulirement sur quelques-uns des faits les plus importants4 ,cependant1 j'ajouterai1 ici encore1 quelques remarques relatives la dernire et la plus intressante partie de ces faits1 au dveloppement de l'me et de ses organes au sein de la ,classe des ,mammifres3 je rappellerai surtout que l'origine monophyltique de cette classe1 le fait que tous les ,mammifres descendent d'une forme ancestrale commune 7de la priode triasique7 est maintenant bien tabli4 #cf ,anthropognie1 #d;e d41 #ahia1 p4 #fba-fhh4 ,histoire de l'me chez les ,mammifres4--,la consquence la plus importante qui ressorte de l'origine monophyltique des ,mammifres1 c'est que l'me de l'homme drive forcment d'une longue srie volutive d'autres mes de ,mammifres4 ,un profond abme spare anatomiquement et physiologiquement la structure du cerveau et la vie psychique qui en dcoule1 chez les ,mammifres suprieurs1 de ce qu'elles sont chez les ,mammifres infrieurs et pourtant ce profond abme est combl par une longue srie de stades intermdiaires4 ,car un espace de temps d'au moins quatorze millions d'annes 7selon d'autres calculs plus de cent millions67 qui se sont coules depuis le commencement de l'poque triasique1 suffit compltement rendre possibles les plus grands progrs psychologiques4 ,les rsultats gnraux des recherches approfondies faites en ces derniers temps sur ce sujet sont les suivants3 ,i4 ,le cerveau des ,mammifres se distingue de celui des autres ,vertbrs par certaines particularits1 communes tous les membres de la classe1 surtout par le dveloppement prominent de la premire et de la quatrime vsicule du cerveau antrieur et du cervelet1 tandis que la troisime1 le cerveau moyen1 entre en rgression4--,,ii4 ,cependant il y a un lien troit entre la forme du cerveau chez les ,mammifres infrieurs les plus anciens 7,monotrmes1 ,marsupiaux1 ,prochoriates7 et chez leurs anctres palozoques1 les ,amphibies du carbonifre 7,stegocphales7 et les ,reptiles du permique 7,tocosauriens74--,,iii4 ,c'est seulement l'poque tertiaire que s'accomplit la complte et typique transformation du cerveau antrieur1 qui distingue si nettement les ,mammifres rcents des plus anciens4--,,iv4 ,le dveloppement spcial du cerveau antrieur 7quantitatif et qualitatif7 qui caractrise l'homme et auquel celui-ci doit l'apanage de ses facults psychiques1 ne se retrouve que chez une partie des ,mammifres les plus perfectionns de la fin de l'poque tertiaire1 surtout chez les singes anthropodes4--,v4 ,les diffrences qui existent dans la constitution du cerveau et dans la vie psychique entre l'homme et les singes anthropodes sont moindres que les diffrences correspondantes entre ceux-ci et les ,primates infrieurs 7les ,singes les plus anciens et les ,prosimiens74--,,vi4 ,par suite1 il nous faut considrer1 comme un fait scientifiquement dmontr1 que l'me humaine provient1 par une volution historique progressive1 d'une longue chane d'mes de ,mammifres1 d'abord grossires puis plus perfectionnes--et cela en vertu des lois phyltiques partout valables1 de la ,thorie de la ,descendance4 ,,chapitre ,x ,conscience de l'me4 ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,la ,,vie ,,psychique ,,consciente ,,et ,,inconsciente4--,,embryologie ,,et ,,th,,orie ,,de ,,la ,,conscience4 ,c'est seulement chez les animaux suprieurs et chez l'homme1 que la conscience s'lve jusqu' prendre une importance qui en rend possible un examen particulier1 en tant que d'une facult spciale de l'me4 ,mais cela n'a pas lieu tout d'un coup3 bien au contraire1 trs lentement et progressivement1 en raison d'une meilleure organisation du cerveau et du systme nerveux1 en raison aussi d'une richesse croissante des impressions et des reprsentations suscites leur suite4--,la conscience est prcisment1 plus que toute autre qualit intellectuelle1 sous la dpendance de conditions ou de circonstances matrielles4 ,elle vient1 va1 s'vanouit et revient en raison directe d'un grand nombre d'influences matrielles agissant sur l'organe de l'esprit4 ,l4 ,b,,chner 7#ahih74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,x ,la ,conscience1 phnomne de la nature4 ,cette notion4--,difficults de l'apprciation4--,rapport de la conscience la vie psychique4--,la conscience humaine4--,thories diverses3 ,i4 ,thorie anthropistique 7,descartes74--,,ii4 ,thorie neurologique 7,darwin74--,,iii4 ,thorie animale 7,schopenhauer74--,,iv4 ,thorie biologique 7,fechner74--,v4 ,thorie cellulaire 7,fritz ,schulze74--,,vi4 ,thorie atomistique4--,thories moniste et dualiste4--,transcendance de la conscience4--,ignorabimus 7,du ,bois ,reymond74--,physiologie de la conscience4--,dcouverte de l'organe de la pense 7,flechsig74--,pathologie4--,conscience double et intermittente4--,ontognie de la conscience4--,changements aux diffrents ges de la vie4--,phylognie de la conscience4--,formation de ce terme4 ,,litt,,rature ,p4 ,,flechsig4--,gehirn und ,seele 7,leipzig #ahid74--,localisation des processus crbraux1 en particulier des sensations de l'homme 7#ahif7 trad4 franaise4 ,a4 ,,mayer4--,die ,lehre von der ,erkenntniss1 ,leipzig #ahge4 ,m4 ,l4 ,,stern4--,philosophischer und ,naturwissenschaftlicher ,monismus4 ,ein ,beitrag zur ,seelenfrage4 ,leipzig #ahhe4 ,,ed4 ,,hartmann4--,philosophie de l',inconscient 7trad4 fr474 ,,fr4 ,,lange4--,histoire du matrialisme 7trad4 fr474 ,b4 ,,carneri4--,gefhl1 ,bewusstsein1 ,wille4 ,eine psychologische ,studie 7,wien1 #ahgf74 ,g4 ,c4 ,,fischer4--,das ,bewusstsein1 ,leipzig #ahgd4 ,l4 ,b,,chner4--,force et matire ou principes de l'ordre naturel de l'univers mis la porte de tous 7trad4 fr4 par ,a4 ,regnard74 ,parmi toutes les manifestations de la vie psychique1 il n'en est aucune qui semble si merveilleuse et soit si diversement juge que la conscience4 ,les opinions les plus contradictoires sont encore aux prises1 aujourd'hui comme il y a des milliers d'annes1 non seulement sur la question de la nature propre de cette fonction psychique et de son rapport avec le corps1 mais aussi quant son extension dans le monde organique1 quant son apparition et son volution4 ,plus que tout autre fonction psychique1 la conscience a donn lieu l'ide errone d'une me immatrielle et1 s'y rattachant1 la superstition d'une immortalit personnelle2 beaucoup des grossires erreurs qui dominent encore aujourd'hui notre vie intellectuelle ont l leur origine4 ,c'est pourquoi j'ai dj appel autrefois la conscience1 le mystre central psychologique2 c'est la rsistante citadelle de toutes les erreurs dualistes et mystiques contre les remparts de laquelle les assauts de la plus solide raison sont en danger d'chouer4 ,ces faits1 eux seuls1 nous autorisent dj consacrer la conscience un examen critique spcial du point de vue de notre monisme4 ,nous verrons que la conscience est un phnomne naturel ni plus ni moins que toute autre fonction psychique et qu'elle est soumise1 comme tous les autres phnomnes naturels1 la loi de substance4 ,notion de conscience4--,dj1 quand il s'agit de dfinir le terme lmentaire de cette fonction psychique1 son extension et sa comprhension1 les opinions des philosophes et des naturalistes les plus minents divergent compltement4 ,la meilleure dfinition1 peut-tre1 qu'on puisse donner de la conscience c'est de l'appeler une intuition interne et de la comparer une rflexion4 ,on y peut distinguer deux domaines principaux3 la conscience objective et la subjective1 la conscience de l'univers et la conscience du moi4 ,la plus grande partie de l'activit psychique consciente1 de beaucoup1 se rapporte1 ainsi que ,,schopenhauer l'a trs justement reconnu1 la conscience du monde extrieur1 des autres choses4 ,cette conscience de l',univers comprend tous les phnomnes possibles du monde extrieur1 que notre connaissance peut atteindre4 ,beaucoup plus restreinte est notre conscience du ,moi1 la rflexion interne de notre propre activit psychique tout entire1 de toutes nos reprsentations1 sensations et efforts volontaires4 ,conscience et vie psychique4--,beaucoup de penseurs et des plus minents1 surtout des physiologistes 7,,wundt et ,,ziehen7 regardent les termes de conscience et de fonctions psychiques comme identiques3 ,toute activit psychique est consciente2 le domaine de la vie psychique n'excde pas celui de la conscience4 ,a notre avis1 cette dfinition accrot illgalement l'importance de celle-ci et donne lieu des erreurs et des malentendus nombreux4 ,nous sommes bien plutt de l'avis d'autres philosophes 7,,romanes1 ,,fritz ,,schulze1 ,,paulsen7 qui pensent qu' la vie psychique appartiennent1 en outre1 les reprsentations1 sensations et efforts volontaires inconscients2 de fait1 le domaine de ces actions psychiques inconscientes 7rflexes1 etc47 est mme beaucoup plus tendu que celui des actions conscientes4 ,les deux domaines sont d'ailleurs troitement associs et ne sont spars par aucune frontire nette2 tout instant1 une reprsentation inconsciente peut nous devenir consciente2 si l'attention que nous lui portions est attire par un autre objet1 elle peut aussi rapidement s'vanouir pour notre conscience4 ,conscience de l'homme4--,notre unique source1 quand il s'agit de connatre la conscience1 est celle-ci elle-mme et c'est l1 en premire ligne1 ce qui fait l'extraordinaire difficult de son tude et de son interprtation scientifiques4 ,sujet et objet se confondent ici en une mme unit2 le sujet connaissant se rflchit dans son propre tre intrieur1 qui doit devenir objet de connaissance4 ,relativement la conscience d'autres individus1 nous ne pouvons donc jamais rien conclure avec une entire certitude objective1 nous sommes toujours rduits comparer leurs tats d'me avec les ntres4 ,tant que cette comparaison ne porte que sur des individus normaux1 nous pouvons1 sans doute1 relativement leur conscience1 tirer quelques conclusions dont nul ne contestera la validit4 ,mais dj quand il s'agit de personnes anormales 7gnies ou excentriques1 idiots ou dments7 ces raisonnements par analogie sont1 ou incertains ou faux4 ,c'est encore bien pis quand nous comparons la conscience de l'homme avec celle des animaux 7d'abord des animaux suprieurs1 puis des infrieurs74 ,nous rencontrons l des difficults matrielles si grandes que les opinions des physiologistes et des philosophes les plus minents se trouvent sur ce point aux antipodes4 ,nous nous contenterons ici de mettre1 en regard les unes des autres1 les opinions les plus importantes mises sur ce sujet4 ,i4 ,thorie anthropistique de la conscience4--,elle est le propre de l'homme4 ,cette ide trs rpandue que la conscience et la pense sont exclusivement propres l'homme et que lui seul possde en mme temps une me immortelle1 remonte ,,descartes 7#afdc74 ,ce profond philosophe et mathmaticien franais 7lev dans un collge de ,jsuites67 posa une sparation complte entre l'activit psychique de l'homme et celle de l'animal4 ,l'me de l'homme1 substance pensante et immatrielle1 est1 selon lui1 compltement distincte de son corps1 substance tendue et matrielle4 ,cependant1 il faut qu'elle soit unie au corps en un point du cerveau 7la glande pinale67 pour y recueillir les impressions venues du monde extrieur et1 son tour1 agir sur le corps4 ,les animaux1 par contre1 n'tant pas des substances pensantes1 ne doivent pas possder d'me1 mais tre de purs automates1 des machines construites avec infiniment d'art dont les sensations1 reprsentations et volitions se produisent tout mcaniquement et obissent aux lois physiques4 ,pour la psychologie de l'homme1 ,,descartes soutenait donc le pur dualisme1 pour celle des animaux le pur monisme4 ,cette contradiction manifeste1 chez un penseur si clair et si pntrant1 doit paratre bien extraordinaire2 pour l'expliquer1 on est en droit d'admettre que ,,descartes a tu sa propre pense1 laissant aux penseurs indpendants le soin de la deviner4 ,comme lve des ,jsuites1 ,,descartes avait t lev de bonne heure taire la vrit1 quand il la voyait plus clairement que d'autres2 peut-tre craignait-il aussi la puissance de l',eglise et ses bchers4 ,d'autre part dj1 son principe sceptique que tout effort vers la connaissance vraie doit partir d'un doute au sujet du dogme traditionnel1 lui avait attir de fanatiques accusations de scepticisme et d'athisme4 ,la profonde action que ,,descartes exera sur la philosophie ultrieure fut trs remarquable et conforme sa tenue de livres en partie double4 ,les ,matrialistes des ,x,v,i,ie et ,x,v,i,i,ie sicles1 pour poser leur psychologie moniste1 se rclamrent de la thorie cartsienne de l'me des btes et de leur activit toute mcanique de machines4 ,les ,spiritualistes1 au contraire1 affirmrent que leur dogme de l'immortalit de l'me et de son indpendance l'gard du corps avait t irrfutablement fond par la thorie cartsienne de l'me humaine4 ,cette opinion est encore aujourd'hui celle qui prvaut dans le camp des thologiens et des mtaphysiciens dualistes4 ,la conception scientifique du ,x,i,xe sicle a compltement triomph de la prcdente1 avec l'aide des progrs empiriques accomplis dans le domaine de la psychologie physiologiste et compare4 ,,ii4 ,thorie neurologique de la conscience4--,elle n'existe que chez l'homme et les animaux suprieurs qui possdent un systme nerveux centralis et des organes des sens4 ,la conviction qu'une grande partie des animaux--au moins les ,mammifres suprieurs1--possdent une me pensante et une conscience1 tout comme l'homme1 a conquis toute la zoologie exacte et la psychologie moniste4 ,les progrs grandioses accomplis en ces derniers temps dans divers domaines de la biologie ont tous converg pour nous amener reconnatre cette importante vrit4 ,nous nous bornerons1 pour l'apprcier1 l'examen des ,vertbrs suprieurs et1 avant tout1 des ,mammifres4 ,que les reprsentants les plus intelligents de ces ,vertbrs plus perfectionns1--les singes et les chiens surtout--se rapprochent normment de l'homme dans toute leur activit psychique1 c'est un fait qui1 depuis des milliers d'annes est bien connu et a excit l'admiration4 ,leur mode de reprsentation1 d'activit sensorielle1 leurs sensations et leurs dsirs se rapprochent tant de ceux de l'homme que nous n'avons pas besoin de prouver ce que nous avanons4 ,mais la fonction suprieure d'activit crbrale1 la formation de jugements1 leur enchanement en raisonnements1 la pense et la conscience au sens propre1 sont dvelopps chez les animaux tout comme chez l'homme--la diffrence n'est que dans le degr1 non dans la nature4 ,en outre1 l'anatomie compare et l'histologie nous apprennent que la structure si complte du cerveau 7aussi bien macroscopique que microscopique7 est au fond la mme chez les ,mammifres suprieurs et chez l'homme4 ,l'ontognie compare nous montre la mme chose quant l'apparition de ces organes de l'me4 ,la physiologie compare nous enseigne que les divers tats de conscience se comportent1 chez les plus levs des ,placentaliens1 de la mme manire que chez l'homme et l'exprience dmontre qu'ils ragissent de la mme manire aux actions externes4 ,on peut anesthsier les animaux suprieurs par l'alcool1 le chloroforme1 l'ther1 etc42 on peut1 en s'y prenant comme il faut1 les hypnotiser tout comme l'homme4 ,mais1 par contre1 il n'est pas possible de prciser nettement la limite laquelle1 aux degrs infrieurs de la vie animale1 la conscience apparat pour la premire fois comme telle4 ,certains zoologistes la font remonter trs haut dans la srie animale1 d'autres tout la fin4 ,,darwin1 qui distingue trs exactement les divers stades de la conscience1 de l'intelligence et du sentiment chez les animaux suprieurs et les explique par une volution croissante1 remarque en mme temps qu'il est trs difficile et mme impossible de fixer les dbuts de ces fonctions psychiques suprieures chez les animaux infrieurs4 ,pour moi1 entre les diverses thories contradictoires1 celle qui me semble la plus vraisemblable est celle qui rattache la formation de la conscience la centralisation du systme nerveux1 laquelle fait encore dfaut chez les animaux infrieurs4 ,la prsence d'un organe nerveux central1 d'organes des sens trs dvelopps et d'une association trs tendue entre les groupes de reprsentations1 me semblent les conditions ncessaires pour rendre possible la conscience synthtique4 ,,iii4 ,thorie animale de la conscience4--,elle existe chez tous les animaux et chez eux seuls4 ,d'aprs cela1 il y aurait une diffrence profonde entre la vie psychique des animaux et celle des plantes2 c'est ce qui a t admis par beaucoup d'auteurs anciens et nettement formul par ,,linn dans son capital ,systema ,natur 7#agce72 les deux grands rgnes de la nature organique se distinguent1 selon lui1 par cela que les animaux ont la sensation et la conscience1 les plantes pas4 ,plus tard1 ,,schopenhauer1 en particulier1 a beaucoup insist sur cette diffrence3 ,la conscience ne nous est absolument connue que comme la proprit des tres animaux4 ,quand mme elle s'lve et progresse travers toute la srie animale pour atteindre jusqu' l'homme et sa raison1 l'inconscience de la plante1 d'o la conscience est sortie1 reste toujours le point de dpart fondamental4 ,l'inadmissibilit de cette opinion est apparue ds le milieu du sicle1 alors qu'on a tudi de plus prs la vie psychique chez les animaux infrieurs1 surtout chez les ,clentrs 7,spongiaires et ,cnidis73 animaux vritables1 qui pourtant prsentent aussi peu de traces d'une conscience claire que la plupart des plantes4 ,la ligne de dmarcation entre les deux rgnes s'est encore plus efface mesure qu'on examinait plus soigneusement1 dans chacun d'eux1 les formes vitales monocellulaires4 ,les animaux primitifs plasmophages 7,protozoaires7 et les plantes primitives plasmodomes 7,prosophytes7 ne prsentent pas de diffrences psychologiques1 pas plus au point de vue de la conscience qu' d'autres4 ,,iv4 ,thorie biologique de la conscience4--,elle est commune tous les organismes1 elle existe chez tous les animaux et toutes les plantes1 tandis qu'elle fait dfaut chez tous les corps inorganiques 7cristaux1 etc474 ,cette opinion va d'ordinaire de pair avec celle qui regarde tous les organismes 7par opposition aux corps inorganiques7 comme anims2 les trois termes3 vie1 me1 conscience marchent d'ordinaire de front4 ,selon une modification de cette manire de voir1 les trois phnomnes de la vie organique1 sans doute seraient lis indissolublement1 mais la conscience ne serait qu'une partie de l'activit psychique1 de mme que celle-ci n'est qu'une partie de l'activit vitale4 ,que les plantes possdent une me au mme sens que les animaux1 c'est ce que ,,fechner en particulier s'est efforc de montrer et beaucoup d'auteurs attribuent l'me vgtale une conscience de mme nature que celle de l'me animale4 ,de fait1 on trouve chez les sensitives trs impressionnables 7mimosa1 drosera1 dionaea7 d'tonnants mouvements d'excitation des feuilles2 chez d'autres plantes 7trfle1 pain de coucou1 mais surtout l'hedysarum7 des mouvements autonomes2 chez les plantes dormeuses 7et aussi chez quelques ,papilionaces7 des mouvements pendant le sommeil1 qui ressemblent trangement ceux des animaux infrieurs2 celui qui attribue ces derniers la conscience ne peut la refuser aux autres4 ,v4 ,thorie cellulaire de la conscience4--,c'est une proprit vitale de toute cellule4 ,l'application de la thorie cellulaire toutes les branches de la biologie exige aussi qu'on la rattache la psychologie4 ,aussi lgitimement qu'en anatomie et en physiologie on considre la cellule vivante comme l' organisme lmentaire d'o l'on drivera la connaissance du corps pluricellulaire des plantes et des animaux suprieurs--de mme et aussi lgitimement on peut considrer l'me cellulaire comme l'lment psychologique et l'activit psychique complexe des organismes suprieurs1 comme le rsultat de la runion des vies psychiques cellulaires constituantes de l'organisme4 ,j'ai dj esquiss cette psychologie cellulaire en #ahff dans ma ,morphologie gnrale et j'ai repris la question plus en dtails1 par la suite1 dans mon travail sur les ,ames cellulaires et cellules psychiques#cg4 ,j'ai t conduit par mes longues recherches sur les organismes monocellulaires1 pntrer plus avant dans cette psychologie lmentaire4 ,beaucoup de ces petits ,protistes 7la plupart microscopiques7 donnent des marques de sensation et de volont1 trahissent des instincts et des mouvements semblables ceux qu'on observe chez les animaux suprieurs2 cela est vrai en particulier des impressionnables et remuants ,infusoires4 ,tant dans l'attitude de ces minuscules et excitables cellules l'gard du monde extrieur1 que dans beaucoup d'autres manifestations de vie de leur part 7par exemple la merveilleuse formation de l'habitacle chez les ,rhizopodes1 les ,thalamophores et les ,infusoires7 on pourrait croire discerner des marques nettes d'activit psychique consciente4 ,si maintenant on accepte la thorie biologique de la conscience 7no #d7 et si l'on tient chaque fonction psychique pour accompagne d'un peu de conscience1 on devra alors attribuer aussi la conscience chaque cellule protiste1 considre individuellement4 ,le principe matriel de la conscience serait1 en ce cas1 ou le plasma tout entier de la cellule1 ou son noyau1 ou une partie de celui-ci4 ,dans la ,thorie des ,psychades de ,,fritz ,,schulze1 la conscience lmentaire de la psychade se comporte vis--vis de la cellule individuelle de la mme manire que1 chez les animaux suprieurs et chez l'homme1 la conscience personnelle vis--vis de l'organisme pluricellulaire de la personne4 ,cette hypothse1 que j'ai dfendue autrefois1 ne se peut rfuter dfinitivement4 ,aujourd'hui1 je me range l'avis de ,,max ,,verworn qui admet1 dans ses remarquables ,etudes psychophysiologiques sur les ,protistes qu'il leur manque probablement tous la conscience du moi dveloppe et que leurs sensations1 comme leurs mouvements1 ont un caractre d'inconscience4 #cg ,e4 ,,haeckel4 ,gesammelte populre ,vortraege1 ,bonn1 #ahgh4 ,,vi4 ,thorie atomistique de la conscience4--,c'est une proprit lmentaire de tout atome4 ,parmi toutes les diffrentes manires de voir relatives l'extension de la conscience1 c'est cette hypothse atomistique qui pousse les choses le plus loin4 ,elle est sans doute ne principalement de la difficult qu'ont rencontre beaucoup de philosophes et de biologistes en abordant la question de la premire apparition de la conscience4 ,ce phnomne1 en effet1 prsente un caractre si particulier1 qu'il parat des plus douteux qu'on le puisse driver d'autres fonctions psychiques2 on a cru par suite que le moyen le plus ais de surmonter la difficult tait d'admettre que la conscience tait une proprit lmentaire de la matire analogue l'attraction de la masse ou aux affinits chimiques4 ,il y aurait ds lors1 autant de formes de conscience lmentaire qu'il y a d'lments chimiques2 chaque atome d'hydrogne aurait sa conscience d'hydrogne1 chaque atome de carbone sa conscience de carbone1 etc4 ,beaucoup de philosophes ont attribu aussi la conscience aux quatre anciens lments d',,emp,,docle1 dont le mlange1 sous l'influence de l'amour et de la haine1 engendrait le devenir des choses4 ,pour ma part1 je n'ai jamais adopt cette hypothse d'une conscience des atomes2 je suis oblig de le dclarer ici1 parce que ,,du ,,bois ,,reymond m'attribue faussement cette opinion4 ,dans la vive polmique que celui-ci a engage avec moi 7#ahhj7 par son discours sur les ,sept nigmes de l',univers1 il combat violemment ma ,philosophie de la nature1 fausse et corruptrice et il affirme que j'ai pos1 comme un axiome mtaphysique1 dans mon travail sur la ,prigense des plastidules1 cette hypothse que les atomes ont une conscience individuelle4 ,j'ai1 au contraire1 dclar expressment que je me reprsentais comme inconscientes les fonctions psychiques lmentaires de sensation et de volont qu'on peut attribuer aux atomes1 aussi inconscientes que la mmoire lmentaire1 qu' l'exemple du distingu physiologiste #a 7#ahgj71 je considre comme une fonction gnrale de la matire organise 7ou mieux de la substance vivante74 ,,du ,,bois ,,reymond confond ici trs videmment ,ame et ,conscience2 je laisserai en suspens la question de savoir s'il ne commet cette confusion que par mgarde4 ,puisqu'il considre lui-mme la conscience comme un phnomne transcendant 7ainsi que nous allons le voir7 tandis qu'une partie des autres fonctions de l'me 7par exemple l'activit sensorielle7 ne le serait pas1--je dois admettre qu'il tient les deux termes pour diffrents4 ,le contraire1 il est vrai1 semble ressortir d'autres passages de ses lgants discours1 mais ce clbre rhteur1 prcisment en ce qui touche aux importantes questions de principes1 se contredit souvent de la faon la plus manifeste4 ,je rpte ici encore une fois que pour moi la conscience ne constitue qu'une partie des phnomnes psychiques1 observables chez l'homme et les animaux suprieurs1 tandis que de beaucoup la plus grande partie de ces phnomnes sont inconscients4 ,thories moniste et dualiste de la conscience4--,si divergentes que soient les diverses opinions relatives la nature et l'apparition de la conscience1 elles se laissent pourtant ramener toutes1 en fin de compte--si l'on traite la question clairement et logiquement-- deux conceptions fondamentales opposes3 la transcendante 7dualiste7 et la physiologique 7moniste74 ,j'ai toujours1 quant moi1 soutenu cette dernire1 clair par la thorie de l'volution et cette manire de voir est aujourd'hui partage par un grand nombre de naturalistes minents1 bien qu'il s'en faille de beaucoup qu'elle le soit par tous4 ,la premire conception est la plus ancienne et de beaucoup la plus rpandue2 elle s'est acquis de nouveau1 en ces derniers temps un grand renom1 grce ,,du ,,bois-,,reymond et son clbre ,discours de l',ignorabimus lequel a fait de cette question une de celles dont on parle le plus de nos jours dans les ,discussions sur les nigmes de l',univers4 ,vu l'extraordinaire importance de cette capitale question1 nous ne pouvons faire autrement que de revenir ici sur ce qui en constitue le coeur4 ,transcendance de la conscience4--,dans le clbre discours sur les limites de la connaissance de la ,nature1 que ,,du ,,bois-,,reymond fit le #ad aot #ahgb au ,congrs des naturalistes ,leipzig1 il posa deux limites absolues notre connaissance de la nature1 limites que l'esprit humain1 au degr le plus avanc de sa connaissance de la nature1 ne peut jamais franchir--jamais1 selon le mot final souvent cit de ce discours1 concluant emphatiquement sur notre impuissance3 ,ignorabimus6 ,l'une de ces absolues et insolubles nigmes de l',univers1 c'est le lien entre la matire et la force et l'essence propre de ces phnomnes fondamentaux de la nature2 nous traiterons fond de ce problme de la substance au chapitre ,,xii du prsent ouvrage4 ,le second obstacle insurmontable la philosophie1 serait le problme de la conscience1 cette question3 comment notre activit intellectuelle peut-elle s'expliquer par des conditions matrielles1 par des mouvements8 ,comment la substance 7qui fait le fond commun de la matire et de la force7 dans certaines conditions1 sent-elle1 dsire-t-elle et pense-t-elle8 ,pour tre bref et en mme temps pour caractriser d'un mot dcisif la nature du discours de ,leipzig1 je l'ai dsign du nom de ,discours de l',ignorabimus4 ,cela m'est d'autant mieux permis que ,,du ,,bois-,,reymond lui-mme1 huit ans plus tard 7#ahhj1 dans le ,discours sur les sept nigmes du monde7 se louant avec un lgitime orgueil du succs extraordinaire qu'il avait remport1 ajoutait3 ,la critique a fait entendre tous les sons1 depuis le joyeux loge approbateur jusqu'au blme qui rejette tout et le mot ,ignorabimus qui couronnait mes recherches1 est devenu une sorte de parole symbolique pour la philosophie naturelle4 ,il est vrai de dire que les sons retentissants des joyeux loges approbateurs partaient des amphithtres de la philosophie spiritualiste et moniste1 surtout du camp retranch de l',ecclesia militans 7de l',internationale noire72 mais tous les spiritistes1 galement1 toutes les natures crdules1 qui pensrent que l',ignorabimus sauverait l'immortalit de leur chre me furent ravis du discours4 ,le blme qui rejette tout ne vint1 par contre1 au brillant discours de l',ignorabimus que de la part de quelques naturalistes et philosophes 7au dbut du moins72 de la part des quelques esprits possdant la fois une connaissance suffisante de la philosophie naturelle et le courage moral exig pour tenir tte aux arrts sans appel du dogmatique et tout puissant secrtaire et dictateur de l',acadmie des ,sciences de ,berlin4 ,le remarquable succs du discours de l',ignorabimus 7que l'orateur lui-mme a plus tard justifi d'illgitime et d'exagr7 s'explique par deux raisons1 l'une externe1 l'autre interne4 ,considr extrieurement1 ce discours tait incontestablement un remarquable chef-d'oeuvre de rhtorique1 un joli sermon1 d'une haute perfection de forme et offrant une varit surprenante d'images empruntes la philosophie naturelle4 ,c'est un fait connu1 que la majorit--et surtout le beau sexe6--jugent un joli sermon non pas d'aprs sa richesse relle en ides1 mais d'aprs la valeur esthtique de l'entretien4 7,monisme1 p4 #dd74 ,analys au point de vue interne1 par contre1 le discours de l',ignorabimus contient trs net1 le programme du dualisme mtaphysique2 le monde est doublement incomprhensible3 d'abord en tant que monde matriel dans lequel la matire et la force dploient leur essence--et ensuite1 en regard et tout fait spar du prcdent1 le monde en tant que monde immatriel de l'esprit dans lequel la pense et la conscience sont inexplicables par des conditions matrielles ainsi que l'taient les phnomnes du premier monde4 ,il tait tout naturel que le dualisme et le mysticisme rgnants se saisissent ardemment de cet aveu qu'il existait deux mondes diffrents1 car cela leur permettait de dmontrer la double nature de l'homme et l'immortalit de l'me4 ,le ravissement des spiritualistes tait d'autant plus pur et plus lgitime que ,,du ,,bois-,,reymond avait pass jusqu'alors pour un des dfenseurs redouts du matrialisme scientifique le plus absolu2 et cela il l'avait1 en effet1 t et l'est encore rest 7malgr ses beaux discours87 tout comme les autres naturalistes contemporains1 comme tous ceux qui sont verss dans leur science1 dont la pense est nette et qui restent consquents avec eux-mmes4 ,d'ailleurs1 l'auteur du ,discours de l',ignorabimus soulevait en terminant1 la question de savoir si les deux nigmes de l',univers1 opposes l'une l'autre3 le problme gnral de la substance et le problme particulier de la conscience ne se confondaient pas4 ,il dit en effet3 ,sans doute cette ide est la plus simple et doit tre prfre celle qui nous ferait apparatre le monde comme double et incomprhensible4 ,mais il est inhrent la nature des choses que nous ne parvenions pas sur ce point la clart1 et tout autre discours ci-dessus reste vain4--,c'est cette dernire opinion que je me suis1 ds le dbut1 oppos nergiquement1 m'efforant de montrer que les deux grandes questions indiques plus haut ne constituaient pas deux nigmes de l',univers diffrentes4 ,le problme neurologique de la conscience n'est qu'un cas particulier du problme cosmologique universel1 celui de la substance 7,monisme1 #ahib1 p4 #bc74 ,ce n'est pas ici le lieu de revenir sur la polmique engage ce sujet ni sur la littrature trs riche qui en est rsulte4 ,j'ai dj1 il y a vingt-cinq ans1 dans la prface de la premire dition de mon ,anthropognie1 protest nergiquement contre le ,discours de l',ignorabimus1 ses principes dualistes et ses sophismes mtaphysiques et j'ai justifi explicitement mon attitude dans mon crit sur3 ,la science libre et l'enseignement libre4 7,stuttgart1 #ahgh74 ,j'ai effleur de nouveau le sujet dans le ,monisme 7p4 #bc #dd74 ,,du ,,bois-,,reymond1 touch l son point sensible1 rpondit par divers discours o perait l'irritation#ch2 ceux-ci1 comme la plupart de ses ,discours si rpandus1 sont blouissants par leur style1 d'une lgance toute franaise et captivants par la richesse des images et les surprenantes tournures de phrases4 ,mais la faon superficielle dont les choses sont envisages ne fait point faire de progrs essentiel notre connaissance de l',univers4 ,il en est ainsi1 du moins1 pour le ,darwinisme1 dont le physiologiste de ,berlin s'est dclar plus tard conditionnellement l'adhrent1 quoiqu'il n'ait jamais fait la moindre chose pour en tendre les conqutes2 les remarques par lesquelles il conteste la valeur de la loi fondamentale biogntique1 le fait qu'il rejette la phylognie1 etc41 montrent assez que notre auteur n'est ni assez familier avec les faits empiriques de la morphologie et de l'embryologie compares1 ni capable d'apprcier philosophiquement leur importance thorique4 #ch ,,du ,,bois-,,reymond4 ,darwin ,versus ,galiani #ahgf4 ,die sieben ,weltraetsel4 ,physiologie de la conscience4--,la nature particulire du phnomne naturel qu'est la conscience n'est pas1 comme l'affirment ,,du ,,bois ,,reymond et la philosophie dualiste1 un problme compltement et absolument transcendant2 mais elle constitue1 ainsi que je l'ai dj montr il y a trente ans1 un problme physiologique1 ramenable1 comme tel1 aux phnomnes qui ressortissent la physique et la chimie4 ,je l'ai dsign plus tard1 d'une manire encore plus prcise1 du nom de problme neurologique1 parce que je suis d'avis que la vraie conscience 7la pense et la raison7 ne se trouve que chez les animaux suprieurs qui possdent un systme nerveux centralis et des organes des sens ayant atteint un certain degr de perfectionnement4 ,cette proposition peut s'affirmer avec une absolue certitude en ce qui concerne les ,vertbrs suprieurs et par-dessus tout les ,mammifres ,placentaliens1 tronc dont est issue la race humaine elle-mme4 ,la conscience chez les plus perfectionns d'entre les singes1 les chiens1 les lphants1 etc41 ne diffre de celle de l'homme qu'en degr1 non en nature et les diffrences graduelles de conscience entre ces ,placentaliens raisonnables et les plus infrieures des races humaines 7,weddas1 ngres de l',australie7 sont moindres que les diffrences correspondantes entre celles-ci et ce qui existe chez les hommes raisonnables les plus suprieurs 7,,spinoza1 ,,goethe1 ,,lamarck1 ,,darwin1 etc474 ,la conscience n'est ainsi qu'une partie de l'activit psychique suprieure et comme telle elle dpend de la structure normale de l'organe de l'me auquel elle est lie1 du cerveau4 ,l'observation physiologique et l'exprience nous ont1 depuis vingt ans1 fourni la preuve certaine que l'troite rgion du cerveau des ,mammifres1 que l'on dsigne en ce sens comme le sige 7ou mieux l'organe7 de la conscience1 est une partie des hmisphres1 savoir cette corce grise ou corce crbrale1 qui se dveloppe trs tardivement et aux dpens de la partie dorsale convexe de la premire vsicule primaire1 du cerveau antrieur4 ,mais la preuve morphologique de ces faits physiologiques a pu tre tablie grce aux progrs merveilleux de l'anatomie microscopique du cerveau1 dont nous sommes redevables aux mthodes de recherches perfectionnes de ces derniers temps 7,k,,lliker1 ,,flechsig1 ,,golgi1 ,,edinger1 ,,weigert74 ,le plus important de ces faits et de beaucoup c'est1 sans contredit1 la dcouverte qu'a faite ,p4 ,,flechsig des organes de la pense2 il a dmontr l'existence1 dans l'corce grise du cerveau1 de quatre rgions d'organes sensoriels centraux--de quatre sphres internes de sensation3 sphre de sensation du corps dans le lobe parital1 sphre olfactive dans le lobe frontal1 sphre visuelle dans le lobe occipital1 sphre auditive dans le lobe temporal4 ,entre ces quatre foyers sensoriels sont les quatre grands foyers de la pense ou centres d'association1 organes rels de la vie de l'esprit2 ce sont ces instruments les plus parfaits de l'activit psychique qui sont les instruments de la pense et de la conscience3 en avant1 le cerveau frontal ou centre d'association frontal1 en arrire et au-dessus de lui1 le cerveau parital ou centre d'association parital1 en arrire et au-dessous1 le cerveau principal ou grand centre d'association occipito-temporal 7le plus important de tous67 et enfin1 tout fait en bas1 cach l'intrieur1 le cerveau insulaire ou lot de ,reil1 centre d'association insulaire4 ,ces quatre foyers de la pense qui se distinguent par une structure nerveuse particulire et des plus compliques1 des foyers sensoriels intercals entre eux sont les vritables organes de la pense1 les seuls organes de notre conscience4 ,tout dernirement1 ,,flechsig a dmontr qu'une partie de ces organes prsentent1 chez l'homme1 une structure tout particulirement complique1 qu'on ne rencontre pas chez les autres ,mammifres et qui explique la supriorit de la conscience humaine4 ,pathologie de la conscience4--,cette dcouverte capitale de la physiologie moderne que les hmisphres sont1 chez l'homme et les ,mammifres suprieurs1 l'organe de la vie psychique et de la conscience1 est confirme d'une manire lumineuse par la ,pathologie1 par l'tude des maladies de cet organe4 ,quand les parties en question des hmisphres sont dtruites1 leur fonction disparat et l'on peut mme ainsi obtenir une dmonstration partielle de la localisation des fonctions crbrales2 lorsque des points isols de cette rgion sont malades1 on constate la suppression des lments de la pense et de la conscience qui taient lis aux parties concernes4 ,l'exprimentation pathologique donne les mmes rsultats3 la destruction de tel point connu 7par exemple le centre du langage7 dtruit la fonction 7le langage74 ,d'ailleurs1 il suffit de rappeler les phnomnes bien connus qui se produisent journellement dans le domaine de la conscience1 pour acqurir la preuve qu'ils sont sous la dpendance absolue des changements chimiques de la substance crbrale4 ,beaucoup d'aliments de luxe 7caf1 th7 stimulent notre pense2 d'autres 7le vin1 la bire7 nous mettent d'humeur gaie2 le musc et le camphre1 en tant qu'excitants raniment la conscience faiblissante2 l'ther et le chloroforme la suspendent1 etc4 ,comment tout cela serait-il possible si la conscience tait une essence immatrielle1 indpendante des organes anatomiques dont nous avons parl8 ,et o rsidera la conscience de l'me immortelle quand elle ne possdera plus ces organes8 ,tous ces faits et d'autres bien connus dmontrent que la conscience chez l'homme 7et absolument de mme chez les ,mammifres proches de lui7 est changeante et que son activit peut tre modifie tout instant par des causes internes 7changes nutritifs1 circulation sanguine7 et des causes externes 7blessure du cerveau1 excitation74 ,trs instructifs sont aussi ces phnomnes merveilleux de conscience double ou alternante1 qui rappellent les gnrations alternantes de reprsentations2 le mme homme manifeste1 des jours diffrents1 dans des circonstances varies1 une conscience toute diffrente2 il ne sait plus aujourd'hui ce qu'il a fait hier2 hier il pouvait dire3 je suis moi2--aujourd'hui il est oblig de dire3 je suis un autre4 ,ces intermittences de la conscience peuvent durer non seulement des jours1 mais des mois et des annes2 ils peuvent mme devenir dfinitifs#ci4 #ci ,l4 ,b,,chner4 ,force et ,matire et ,physiologische ,bilder 7#bter ,band74 ,ontognie de la conscience4--,ainsi que chacun sait1 l'enfant nouveau-n n'a encore aucune conscience et1 ainsi que ,,preyer l'a montr1 celle-ci ne se dveloppe que tardivement1 aprs que le petit enfant a commenc parler2 longtemps il parle de lui-mme la troisime personne4 ,c'est seulement au moment trs important o il dit pour la premire fois ,moi1 o le ,sentiment du ,moi lui devient clair1 que commence germer sa conscience personnelle en mme temps que son opposition au monde extrieur4 ,les progrs rapides et profonds que fait l'enfant en connaissance1 grce l'instruction qu'il reoit de ses parents et l'cole pendant ses dix premires annes1 se rattachent troitement aux innombrables progrs que fait en croissance et en dveloppement sa conscience et ceux du cerveau1 organe de celle-ci4 ,et mme lorsque l'colier a obtenu son ,certificat de maturit1 il s'en faut1 la vrit1 de beaucoup que sa conscience soit mre1 et c'est seulement alors que1 grce la diversit des rapports avec le monde extrieur1 la ,conscience de l',univers commence vraiment se dvelopper4 ,c'est seulement alors1 dans les annes qui prcdent la trentaine1 que s'accomplit dans toute sa maturit le complet dploiement de la pense raisonnable et de la conscience1 qui donneront ensuite1 dans les conditions normales1 pendant les trente annes suivantes1 des fruits rellement mrs4 ,et c'est alors1 aprs la soixantaine 7tantt avant1 tantt aprs71 que commence d'ordinaire cette lente et graduelle rgression des facults psychiques suprieures qui caractrise la vieillesse4 ,la mmoire1 les facults rceptives1 celle de s'intresser des sujets spciaux dcroissent de plus en plus2 par contre1 les facults productrices1 la conscience mre et l'intrt philosophique pour les sujets gnraux se conservent souvent longtemps encore4 ,l'volution individuelle de la conscience dans la premire jeunesse confirme la valeur gnrale de la loi fondamentale biogntique2 mais dans les dernires annes1 on en trouve encore bien des marques4 ,en tous cas1 l'ontognse de la conscience nous convainc clairement de ce fait qu'elle n'est point une essence immatrielle1 mais une fonction physiologique du cerveau et qu'elle ne constitue pas1 par consquent1 une exception la loi de substance4 ,phylognie de la conscience4--,le fait que la conscience1 comme toutes les autres fonctions psychiques1 est lie au dveloppement normal d'organes dtermins et que1 chez l'enfant1 cette conscience se dveloppe graduellement1 paralllement ces organes crbraux--nous permet dj de conclure qu'elle s'est dveloppe historiquement pas pas travers la srie animale4 ,pour certaine que soit1 en principe1 cette phylognie naturelle de la conscience1 nous ne sommes malheureusement pas en tat1 nanmoins1 de la poursuivre fort avant ni d'difier sur elle des hypothses prcises4 ,pourtant1 la palontologie nous fournit d'intressants points de repre qui ne sont pas sans importance4 ,un fait trs frappant1 par exemple1 c'est l'norme dveloppement 7quantitatif et qualitatif7 du cerveau chez les ,mammifres placentaliens1 pendant l'poque tertiaire4 ,la cavit crnienne de beaucoup de crnes fossiles de cette poque1 nous est exactement connue et nous fournit de prcieux documents sur la grandeur1 et en partie aussi sur la structure du cerveau qui y tait renferm4 ,on constate l1 dans une seule et mme lgion 7par exemple celle des ,onguls1 celle des ,carnivores1 celle des ,primates7 un important progrs entre les reprsentants d'un mme groupe1 au dbut1 pendant la priode de l'ocne et de l'oligocne1 et plus tard pendant la priode du miocne et du pliocne2 chez ces derniers1 le cerveau 7par rapport la grandeur du corps7 est de six huit fois plus grand que chez les premiers4 ,et ce point culminant de l'volution de la conscience1 qu'atteint seul l'homme civilis1 ne rsulte1 lui aussi1 que d'un dveloppement graduel--accompli grce aux progrs de la culture elle-mme-- partir d'tats infrieurs que nous trouvons raliss1 aujourd'hui encore1 chez les peuples primitifs4 ,c'est ce que nous montre dj la comparaison de leurs langues1 lie troitement celle de leurs ides4 ,plus se dveloppe1 chez l'homme civilis qui pense1 la formation des ides1 plus il devient capable d'abstraire les caractres communs plusieurs objets divers pour les exprimer par un terme gnral1 et plus1 en mme temps1 sa conscience devient claire et intense4 ,,chapitre ,,xi ,immortalit de l'me ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,le ,,thanatisme ,,et ,l',,athanisme4--,,immortalit ,,cosmique ,,et ,,immortalit ,,personnelle4--,,agr,,gation ,,qui ,,constitue ,,la ,,substance ,,de ,l',,ame4 ,une des accusations perptuelles de l',eglise contre la science1 c'est que celle-ci est matrialiste4 ,je voudrais faire remarquer1 en passant1 que la conception ecclsiastique de la vie future a toujours t1 et est encore1 le matrialisme le plus pur4 ,le corps matriel doit ressusciter et habiter un ciel matriel4 ,m4 ,j4 ,,savage4 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xi ,la citadelle de la superstition4--,athanisme et ,thanatisme4--,caractre individuel de la mort4--,immortalit des ,protozoaires 7,protistes74--,immortalit cosmique et immortalit personnelle4--,thanatisme primitif 7chez les peuples sauvages74--,thanatisme secondaire 7chez les philosophes de l'antiquit et des temps modernes74--,athanisme et religion4--,comment est ne la croyance en l'immortalit4--,athanisme chrtien4--,la vie ternelle4--,le jugement dernier4--,athanisme mtaphysique4--,l'me-substance4--,l'me-th er4--,l'me-air4--,ames liquides et mes solides4--,immortalit de l'me animale4--,preuves pour et contre l'athanisme4--,illusions athanistiques4 ,,litt,,rature ,d4 ,,strauss4--,gesammelte ,schriften4 ,auswahl in sechs ,baenden 7herausg4 von ,ed4 ,zeller71 #ahij4 ,l4 ,,feuerbach4--,gottheit ,freiheit und ,unsterblichkeit vom ,standpunkt der ,anthropologie1 #bte ,aufl4 #ahij4 ,l4 ,,buchner4--,das knflige ,leben und die moderne ,wissenschaft--,zehn ,briefe an eine ,freundin1 ,leipzig1 #ahhi4 ,c4 ,,vogt4--,koehlerglaube und ,wissenschaft4 #ahee4 ,g4 ,,kuhn4--,naturphilosophische ,studien1 frei von ,mysticismus4 #ahie4 ,p4 ,,carus ,,et ,,hegeler4--,the ,monist4 ,a quarterly magazine4 ,vol4 ,i-,,ix1 ,chicago1 #ahij-ahii4 ,m4 ,j4 ,,savage4--,die ,unsterblichkeit 7,kap4 ,,xii in ,die ,religion im ,licht der ,darwinschen ,lehre71 #ahhf4 ,,ad4 ,,svoboda4--,gestalten des ,glaubens1 #b ,bde1 ,leipzig1 #ahig4 ,en passant de l'tude gntique de l'me la grande question de son immortalit1 nous abordons ce suprme domaine de la superstition qui constitue en quelque sorte la citadelle indestructible de toutes les ides dualistes et mystiques4 ,car lorsqu'il s'agit de cette question cardinale1 plus que dans tout autre problme1 se joint l'intrt purement philosophique l'intrt goste de la personne qui veut tout prix se voir garantie l'immortalit individuelle au del de la mort4 ,ce suprme besoin de l'me est si puissant qu'il rejette par dessus bord tous les raisonnements logiques de la raison critique4 ,consciemment1 ou inconsciemment chez la plupart des hommes1 toutes les autres ides gnrales et toute la conception de la vie elle-mme sont influences par le dogme de l'immortalit personnelle et cette erreur thorique se rattachent des consquences pratiques dont la porte est immense4 ,nous nous proposons donc d'examiner1 du point de vue critique1 tous les aspects de ce dogme important et de dmontrer qu'il est inadmissible en face des donnes empiriques de la biologie moderne4 ,athanisme et ,thanatisme4--,afin d'avoir une expression courte et commode pour dsigner les deux attitudes opposes dans la question de l'immortalit1 nous appellerons la croyance en l'immortalit personnelle de l'homme l',athanisme 7de ,athanes ou ,athanatos3 immortel74 ,par contre1 nous appellerons ,thanatisme 7de ,thanatos3 mort7 la conviction qu'avec la mort de l'homme1 non seulement toutes les autres fonctions vitales physiologiques s'teignent1 mais que l'me1 elle aussi1 disparat--en entendant par l cette somme de fonctions crbrales que le dualisme psychique considre comme une essence spciale1 indpendante des autres manifestations vitales du corps vivant4 ,puisque nous abordons ici le problme physiologique de la mort1 faisons remarquer une fois de plus le caractre individuel de ce phnomne de la nature organique4 ,nous entendons par mort exclusivement la cessation dfinitive des fonctions vitales chez l'individu organique1 n'importe quelle catgorie l'individu considr appartient ou quel degr d'individualit il s'est lev4 ,l'homme est mort quand sa personne meurt1 qu'importe qu'il ne laisse pas de postrit ou qu'il ait donn le jour des enfants dont les descendants se succderont pendant plusieurs gnrations4 ,on dit1 il est vrai1 en un certain sens que l'esprit des grands hommes 7par exemple dans une dynastie de souverains minents1 dans une famille d'artistes pleins de talent7 se perptue travers plusieurs gnrations2 on dit1 de mme1 que l'me des femmes suprieures se survit en leurs enfants et petits-enfants4 ,mais dans ces cas il s'agit toujours de phnomnes complexes d'hrdit1 en vertu desquels une cellule microscopique dtache du corps 7spermatozode du pre1 ovule de la mre71 transmet aux descendants certaines proprits de la substance4 ,les personnes elles-mmes qui produisent ces cellules sexuelles par milliers1 demeurent nanmoins mortelles et avec leur mort cesse leur activit psychique individuelle1 de mme que tout autre fonction physiologique4 ,immortalit des ,protozoaires4--,il s'est trouv1 en ces dernires annes1 plusieurs zoologistes minents--surtout ,,weismann 7#ahhb7--pour soutenir cette opinion que seuls les plus infrieurs des organismes1 les ,protistes monocellulaires1 taient immortels1 l'inverse de tous les autres animaux et plantes pluricellulaires1 dont le corps tait constitu par des tissus4 ,a l'appui de cette trange ide1 on invoquait surtout cet argument que la plupart des ,protistes se reproduisent presque exclusivement par gnration asexue1 par division ou sporulation4 ,le corps tout entier de l'tre monocellulaire se subdivise en deux parties 7ou plus7 ayant mme valeur 7cellules filles71 puis chacune de ces parties se complte par la croissance jusqu' ce qu'elle soit redevenue semblable1 en grandeur et en forme1 la cellule mre4 ,mais par le processus de division lui-mme1 l'individualit de l'organisme monocellulaire est dj anantie1 il a perdu aussi bien l'unit physiologique que la morphologique4 ,le terme d'individu lui-mme1 d'indivisible est la rfutation logique de la conception de ,,weismann2 car ce mot signifie une unit que l'on ne peut diviser sans supprimer son essence4 ,en ce sens1 les plantes primitives monocellulaires 7,protophytes7 et les animaux primitifs monocellulaires 7,protozoaires7 sont1 leur vie durant1 des biontes ou individus physiologiques au mme titre que les plantes et les animaux pluricellulaires1 dont le corps est constitu par des tissus4 ,chez ceux-ci aussi existe la reproduction asexue1 par simple division 7par exemple chez beaucoup de ,cnidis1 chez les ,coraux1 les ,mduses72 l'animal-mre1 dont les deux animaux-filles proviendront par division1 cesse ici aussi d'exister par le fait qu'il se spare en deux4 ,,weismann dclare3 ,il n'existe pas chez les ,protozoaires d'individus ni de gnrations au sens qu'ont ces mots chez les ,mtazoaires4 ,voil une affirmation laquelle je m'oppose nettement4 ,ayant moi-mme1 le premier1 donn la dfinition des ,mtazoaires et oppos ces animaux pluricellulaires1 dont le corps est constitu par des tissus1 aux ,protozoaires monocellulaires 7,infusoires1 ,rhizopodes71 ayant1 en outre1 moi-mme montr le premier la diffrence radicale qui existait dans le mode de dveloppement de ces deux groupes 7aux dpens de feuillets germinatifs pour les premiers1 pas pour les seconds71--je dois dclarer d'autant plus nettement que je considre les ,protozoaires pour tout aussi mortels au sens physiologique 7c'est--dire aussi au sens psychologique7 que les ,mtazoaires2 dans ces deux groupes1 ni le corps ni l'me ne sont immortels4 ,les autres conclusions errones de ,,weismann ont dj t rfutes 7#ahhd7 par ,,moebius1 qui fait remarquer avec raison que tous les vnements du monde sont priodiques et qu'il n'existe pas de source d'o des individus organiques immortels aient pu jaillir4 ,immortalit cosmique et immortalit personnelle4--,si l'on prend le terme d'immortalit en un sens tout fait gnral et qu'on l'tende l'ensemble de la nature connaissable1 il prend une valeur scientifique2 il apparat alors1 pour la philosophie moniste1 non seulement acceptable1 mais tout naturel et clair par lui-mme4 ,car la thse de l'indestructibilit et de l'ternelle dure de tout ce qui est concide alors avec notre suprme loi naturelle1 la loi de substance 7chapitre ,,xii74 ,comme nous aurons plus tard1 quand nous chercherons tablir la doctrine de la conservation de la force et de la matire1 discuter longuement cette immortalit cosmique1 nous ne nous y arrterons pas plus longtemps pour l'instant4 ,abordons plutt de suite la critique de cette croyance en l'immortalit1 la seule qu'on entende d'ordinaire par ce mot1 celle en l'immortalit de l'me personnelle4 ,etudions d'abord la faon dont s'est forme et propage cette ide mystique et dualiste et insistons ensuite et surtout sur la propagation de son contraire1 de l'ide moniste1 du thanatisme fond empiriquement4 ,je distinguerai1 comme deux formes absolument diffrentes de celui-ci1 le thanatisme primitif et le secondaire2 dans le premier1 l'absence du dogme de l'immortalit est un phnomne originel 7chez les peuples sauvages72 le thanatisme secondaire1 par contre1 est le rsultat tardif d'une connaissance de la nature conformment la raison1 il existe chez les peuples ayant atteint un haut degr de civilisation4 ,thanatisme primitif 7absence originelle de l'ide d'immortalit74--,dans beaucoup d'ouvrages philosophiques et surtout thologiques1 nous lisons aujourd'hui encore l'affirmation que la croyance en l'immortalit personnelle de l'me humaine est commune1 l'origine1 tous les hommes ou du moins tous les hommes raisonnables4 ,cela est faux4 ,ce dogme n'est pas une ide originelle de la raison humaine et jamais il n'a t universellement admis4 ,sous ce rapport1 un fait surtout important1 aujourd'hui certain mais qui n'a t tabli qu'en ces derniers temps par l'ethnologie compare1 c'est celui-ci1 savoir que plusieurs peuples primitifs1 au degr de culture le plus rudimentaire1 ont aussi peu l'ide d'une immortalit que celle d'un ,dieu4 ,c'est le cas1 en particulier1 de ces ,weddas de ,ceylan1 de ces ,pygmes primitifs que nous pouvons considrer1 en nous appuyant sur les remarquables recherches des messieurs ,,sarasin1 comme un reste des premiers hommes primitifs de l',inde4#dj ,c'est encore le cas de diverses branches des plus anciennes parmi les ,dravidas1 trs proches parents des ,weddas1--enfin des ,seelongs indiens et de quelques branches parmi les ngres de l',australie4 ,de mme1 plusieurs peuples primitifs de race amricaine 7dans l'intrieur du ,brsil1 dans le haut cours du fleuve1 etc471 ne connaissent ni dieux ni immortalit4 ,cette absence originelle de la croyance en ,dieu et en l'immortalit est un fait des plus importants2 il convient naturellement de le distinguer de l'absence secondaire des mmes croyances acquises par l'homme parvenu un haut degr de civilisation1 tardivement et avec peine1 la suite d'tudes faites dans l'esprit de la philosophie critique4 #dj ,e4 ,,haeckel1 ,lettres d'un voyageur dans l',inde4 ,trad4 fr4 du ,dr ,letourneau4 ,thanatisme secondaire4 7,absence acquise de l'ide d'immortalit47--,a l'inverse du thanatisme primaire1 qui existait srement ds l'origine chez les tout premiers hommes et fut toujours trs rpandu1 l'absence secondaire de croyance en l'immortalit n'est apparue que tard2 c'est le fruit mr d'une rflexion profonde sur la vie et la mort1 par consquent le produit d'une rflexion philosophique pure et indpendante4 ,comme telle1 elle nous apparat ds le ,v,ie sicle avant ,jsus-,christ1 chez une partie des philosophes naturalistes ioniens1 plus tard chez les fondateurs de la vieille philosophie matrialiste1 chez ,d,,mocrite et ,,emp,,docle1 mais aussi chez ,,simonide et ,,epicure1 chez ,s,n,,que et ,,pline et le plus compltement dveloppe chez ,,lucr,,ce4 ,alors1 lorsqu'aprs la chute de l'antiquit classique1 le christianisme se fut propag et qu'avec lui l',athanisme1 comme un de ses plus importants articles de foi1 et conquis la suprmatie1--alors1 en mme temps que d'autres superstitions1 celle relative l'immortalit personnelle prit la plus grande importance4 ,durant la longue nuit intellectuelle que fut le moyen-ge chrtien1 il tait naturellement rare qu'un penseur hardi ost exprimer des convictions s'cartant de l'orthodoxie2 les exemples de ,,galil,e1 de ,,giordano ,,bruno et autres philosophes indpendants qui furent livrs la torture et au bcher par les successeurs du ,christ terrifiaient suffisamment ceux qui eussent t tents de s'exprimer librement4 ,cela ne redevint possible qu'aprs que la ,rforme et la ,renaissance eurent bris la toute-puissance du papisme4 ,l'histoire de la philosophie moderne nous montre les diverses voies par lesquelles la raison humaine1 parvenue maturit1 a cherch chapper la superstition de l'immortalit4 ,nanmoins1 le lien troit qui unissait celle-ci au dogme chrtien lui confrait une telle puissance jusque dans les milieux protestants1 plus libres1 que mme la plupart des libres penseurs convaincus1 gardaient pour eux leur manire de voir sans en rien dire4 ,il tait rare que quelques hommes minents1 isols1 se risquassent confesser librement leur conviction de l'impossibilit pour l'me de continuer exister par del la mort4 ,cela s'est surtout produit dans la seconde moiti du ,x,v,i,i,ie sicle1 en ,france1 avec ,,voltaire1 ,,danton1 ,,mirabeau et d'autres1 puis avec les chefs du matrialisme d'alors1 ,,holbach1 ,,lamettrie4 ,ces convictions taient partages par le spirituel ami de ,,voltaire1 le plus grand prince de la maison des ,hohenzollern1 le philosophe de ,sans-,souci1 moniste lui aussi4 ,que dirait ,,fr,d,,ric ,,le ,,grand1 ce thanatiste et athiste couronn1 s'il pouvait aujourd'hui comparer ses convictions monistes avec celles de ses successeurs8 ,parmi les mdecins penseurs1 la conviction qu'avec la mort de l'homme cesse aussi l'existence de son me est trs rpandue depuis des sicles1 mais eux aussi se sont gard le plus souvent de l'exprimer4 ,d'ailleurs1 mme au sicle dernier1 la connaissance empirique du cerveau tait encore si imparfaite1 que l'me1 pareille un habitant mystrieux1 pouvait continuer d'y poursuivre son existence indpendante4 ,elle n'a t dfinitivement carte que par les progrs gigantesques qu'a faits la biologie en notre sicle1 particulirement dans la dernire moiti4 ,la thorie de la descendance et la thorie cellulaire jamais tablies1 les surprenantes dcouvertes de l'ontognie et de la physiologie exprimentale1 mais avant tout les merveilleux progrs de l'anatomie microscopique du cerveau ont graduellement sap tous les fondements de l',athanisme1 si bien qu'aujourd'hui il est rare qu'un biologiste vers dans sa science et loyal soutienne encore l'immortalit de l'me4 ,les philosophes monistes du ,x,i,xe sicle 7,,strauss1 ,,feuerbach1 ,,buchner1 ,,spencer1 etc47 sont tous ,thanatistes4 ,athanisme et religion4--,le dogme de l'immortalit personnelle ne s'est tant propag et n'a pris une telle importance que par suite de son rapport troit avec les articles de foi du christianisme2 et c'est celui-ci galement qui a donn lieu cette ide errone1 encore aujourd'hui trs rpandue1 que cette croyance l'immortalit constituait un des lments essentiels de toute religion pure4 ,ce n'est aucunement le cas6 ,la croyance en l'immortalit de l'me fait compltement dfaut dans la plupart des religions les plus leves de l',orient2 elle est inconnue au ,bouddhisme1 qui est1 encore aujourd'hui1 la religion que professent les #cj de la population de la terre2 elle est aussi inconnue la vieille religion populaire des ,chinois qu' cette religion rforme par ,,confucius et qui a pris plus tard la place de la premire1 et ce qui est plus important que tout le reste1 elle est inconnue la religion primitive et pure des juifs2 ni dans les cinq livres de ,mose1 ni dans les crits antrieurs du ,nouveau-,testament1 crits avant l'exil de ,babylone1 on ne trouve ce dogme d'une immortalit individuelle aprs la mort4 ,comment s'est forme la croyance l'immortalit4--,l'ide mystique que l'me de l'homme survit la mort1 pour vivre ensuite ternellement1 a certainement une origine polyphyltique2 elle n'existait pas chez le premier homme dou dj du langage1 chez l'homme primitif 7homo primigenius hypothtique de l',asie7 pas plus que chez ses anctres1 le pithecanthropus et le prothylobates1 pas plus que chez ses descendants actuels1 moins perfectionns que lui1 les ,weddas de ,ceylan1 les ,seelongs de l',inde et autres peuples sauvages vivant au loin4 ,c'est seulement avec les progrs de la raison1 la suite des rflexions plus profondes sur la vie et la mort1 le sommeil et le rve1 que se dvelopprent1 chez diverses races humaines--indpendamment les unes des autres--des ides mystiques sur la composition dualiste de notre organisme4 ,des motifs trs divers doivent avoir concouru amener cet vnement polyphyltique3 culte des anctres1 amour des proches1 joie de vivre et dsir de prolonger la vie1 espoir d'une situation meilleure dans l'au-del1 espoir que les bons seront rcompenss et les mchants punis1 etc4 ,la psychologie compare nous a fait connatre1 en ces derniers temps1 un grand nombre de ces pomes relatifs aux croyances#da2 ils se rattachent troitement1 pour la plus grande partie1 aux formes les plus anciennes de la croyance en ,dieu et de la religion en gnral4 ,dans la plupart des religions modernes1 l',athanisme est intimement li au thisme1 et la conception mystique que la plupart des croyants se font de leur ,dieu personnel1 est tendue par eux leur me immortelle4 ,cela vient surtout de la religion qui domine le monde civilis moderne1 du christianisme4 #da ,cf4 ,,ad4 ,,svoboda ,gestalten des ,glaubens #ahig4 ,croyance chrtienne en l'immortalit4--,ainsi que chacun sait1 le dogme de l'immortalit de l'me a pris1 depuis longtemps1 dans la religion chrtienne1 cette forme prcise exprime ainsi dans l'article de foi3 ,je crois la rsurrection de la chair1 la vie ternelle4 ,le ,christ lui-mme ressuscit d'entre les morts1 le jour de ,pques pour tre dsormais dans l',eternit1 fils de ,dieu assis la droite du ,pre1 ce sont l des ides que nous ont rendues sensibles d'innombrables tableaux et lgendes4 ,de mme1 l'homme lui aussi1 ressuscitera au jour du jugement et recevra la rcompense qu'il aura mrite par sa vie terrestre4 ,toute cette conception chrtienne est d'un bout l'autre matrialiste et anthropistique2 elle ne s'lve pas beaucoup au-dessus des ides grossires que bon nombre de peuples infrieurs et incultes peuvent se faire sur les mmes sujets4 ,que la rsurrection de la chair soit impossible1 c'est ce que savent tous ceux qui ont la moindre connaissance de l'anatomie et de la physiologie4 ,la rsurrection du ,christ1 que des millions de chrtiens croyants clbrent chaque ,pques1 est un pur mythe1 exactement comme la ,rsurrection des morts1 que le ,christ est cens avoir accompli plusieurs fois4 ,pour la raison pure1 ces articles de foi mystiques sont aussi inadmissibles que l'hypothse d'une vie ternelle qui s'y rattache4 ,la vie ternelle4--,les notions fantaisistes que l',eglise chrtienne nous enseigne relativement la vie ternelle de l'me immortelle aprs la mort du corps sont aussi purement matrialistes que le dogme de la rsurrection de la chair qui s'y rattache4 ,,savage1 dans son intressant ouvrage3 ,la religion tudie la lumire de la doctrine darwiniste 7#ahhf71 fait ce sujet la trs juste remarque suivante3 ,une des accusations perptuelles de l',eglise contre la science1 c'est que celle-ci est matrialiste4 ,je voudrais faire remarquer en passant que la conception ecclsiastique de la vie future a toujours t et est encore le matrialisme le plus pur4 ,le corps matriel doit ressusciter et habiter un ciel matriel4 ,pour s'en convaincre1 il suffit de lire avec impartialit un de ces innombrables sermons ou un de ces discours si pleins de belles phrases et si gots en ces derniers temps1 dans lesquels sont vantes la splendeur de la vie ternelle1 bien suprme des chrtiens1 et la croyance en elle1 fondement de la morale4 ,ce qui attend les pieux croyants spiritualistes dans le ,paradis1 ce sont toutes les joies de la vie civilise1 avec tous les raffinements d'une culture avance--tandis que les matrialistes athes sont martyriss ternellement dans les tortures de l',enfer1 par leur ,pre au coeur aimant4 ,croyance mtaphysique en l'immortalit4--,en face de l'athanisme matrialiste1 qui domine le christianisme et le mahomtanisme1 il semble que l'athanisme mtaphysique1 tel que l'ont enseign la plupart des philosophes dualistes et spiritualistes1 reprsente une forme de croyance plus pure et plus leve4 ,le plus marquant parmi ceux qui ont contribu la fonder est ,,platon2 il enseignait dj1 au ,i,ve sicle avant ,jsus-,christ1 ce complet dualisme entre le corps et l'me1 qui est devenu ensuite1 dans la croyance chrtienne1 un des articles les plus importants en thorie et les plus gros de consquences pratiques4 ,le corps est mortel1 matriel1 physique2 l'me est immortelle1 immatrielle1 mtaphysique4 ,tous deux ne sont associs que passagrement1 pendant la vie individuelle4 ,comme ,,platon admettait une vie ternelle de l'me autonome aussi bien avant qu'aprs cette alliance temporaire1 ce fut aussi un adepte de la mtempsychose2 les mes existent en tant que telles1 en tant qu'ides ternelles1 avant qu'elles ne passent dans un corps humain4 ,aprs avoir quitt celui-ci1 elles se mettent en qute d'un autre corps habiter1 lequel soit aussi appropri que possible leur nature2 les mes des tyrans terribles passent dans les corps des loups et des vautours1 celles des travailleurs vertueux dans les corps des abeilles et des fourmis1 et ainsi de suite4 ,ce qu'il y a d'enfantin et de naf dans ces thories de l'me saute aux yeux2 un examen plus approfondi nous montre qu'elles sont compltement inconciliables avec les connaissances psychologiques1 autrement certaines1 que nous devons l'anatomie et la physiologie modernes1 aux progrs de l'histologie et de l'ontognie4 ,nous les mentionnons seulement ici parce que1 malgr leur absurdit1 elles ont exerc la plus grande influence sur l'histoire de la pense4 ,car1 d'une part1 la thorie de l'me platonicienne1 se rattache la mystique des ,noplatoniciens1 qui pntra dans le ,christianisme2 d'autre part1 elle devint plus tard un des piliers principaux de la philosophie spiritualiste4 ,l'ide platonicienne se transforma par la suite en la notion de substance de l'me1 vrai dire aussi mtaphysique et impossible saisir1 mais qui gagna revtir parfois un aspect physique4 ,ame-substance4--,la conception de l'me en tant que substance est1 chez beaucoup de psychologues1 fort peu claire2 tantt elle est considre1 au sens abstrait et idal1 comme un tre immatriel d'une espce toute particulire1 tantt au sens concret et raliste1 tantt1 enfin1 comme une chose peu claire1 hybride tenant des deux4 ,si nous nous arrtons la notion moniste de substance1 telle que nous la prendrons 7chap4 ,,xii7 comme la base la plus simple sur laquelle s'difiera notre philosophie tout entire1 l'nergie et la matire nous y apparatront indissolublement unies4 ,il nous faudra alors distinguer dans l'me substance1 l'nergie psychique proprement dite 7sensation1 reprsentation1 volition7 qui nous est seule connue--et la matire psychique1 au seul moyen de laquelle la premire peut se produire1 c'est--dire le plasma vivant4 ,chez les animaux suprieurs1 la matire-me est ainsi constitue par une partie du systme nerveux2 chez les animaux infrieurs et les plantes1 dpourvus de systme nerveux1 par une partie de leur corps pluricellulaire2 chez les ,protistes monocellulaires1 par une partie de leur corps cellulaire4 ,nous revenons ainsi aux organes de l'me et nous sommes conduits cette conclusion1 conforme la nature1 que ces organes matriels de l'me sont indispensables l'activit psychique2 quant l'me elle-mme1 elle est actuelle1 c'est la somme de ses fonctions physiologiques4 ,le concept de l'me substance spcifique prend un tout autre sens chez les philosophes dualistes qui en admettent l'existence4 ,l'me immortelle est matrielle1 sans doute1 mais cependant invisible et toute diffrente du corps visible dans lequel elle habite4 ,l'invisibilit de l'me est ainsi considre comme un de ses attributs essentiels4 ,quelques-uns1 par suite1 comparent l'me avec l'ther et pensent qu'elle est comme lui1 une matire essentiellement mobile1 des plus subtiles et lgres ou bien encore un agent impondrable qui circule partout entre les particules pondrables de l'organisme vivant4 ,d'autres1 par contre1 comparent l'me au vent et lui attribuent par suite un tat gazeux2 et c'est cette comparaison1 faite d'abord par les peuples primitifs1 qui a conduit plus tard la conception dualiste1 devenue si gnrale4 ,quand l'homme mourait1 son corps demeurait1 dpouille morte1 mais l'me immortelle s'envolait avec le dernier souffle4 ,ame-ther4--,la comparaison de l'me humaine avec l'ther physique1 comme tant qualitativement de mme nature1 a pris en ces derniers temps une forme plus concrte1 grce aux progrs immenses de l'optique et de l'lectricit 7accomplis surtout en ces dix dernires annes72 car ceux-ci nous ont appris connatre l'nergie de l'ther et par l nous ont fourni certains aperus sur la nature matrielle de cette substance qui remplit l'espace4 ,devant parler plus longuement de ces importants rapports 7chap4 ,,xii7 je ne m'y arrterai pas plus longuement ici1 je ferai seulement remarquer en deux mots que l'hypothse d'une me-ther est devenue1 par suite1 absolument inadmissible4 ,une telle me thre1 c'est--dire une substance-me qui serait pareille l'ther physique et circulerait1 ainsi que lui1 entre les parties pondrables du plasma vivant ou des molcules crbrales1 serait jamais incapable de produire une vie psychique individuelle4 ,ni les conceptions mystiques qui ont fait1 ce sujet1 l'objet de vives discussions vers le milieu du sicle1 ni les tentatives du ,novitalisme moderne pour tablir un lien entre la mystique force vitale et l'ther physique--ne mritent plus aujourd'hui d'tre rfutes4 ,ame air4--,une conception bien plus rpandue et encore aujourd'hui en haute estime1 c'est celle qui attribue la substance-me une nature gazeuse4 ,de toute antiquit on a compar le souffle de la respiration humaine celui du vent2 les deux furent1 l'origine1 tenus pour identiques et dsigns par un mme nom4 ,anemos et ,psyche chez les ,grecs1 ,anima et ,spiritus chez les ,romains dsignent originairement le souffle du vent2 de l ces termes ont t appliqus ensuite au souffle de l'homme4 ,plus tard ce souffle vivant fut identifi avec la force vitale et finalement considr comme l'essence mme de l'me1 ou1 en un sens plus restreint1 comme celle de sa suprme manifestation1 l'esprit4 ,de l1 la fantaisie driva ensuite la conception mystique des esprits individuels1 fantmes 7,spirits72 ceux-ci sont encore conus aujourd'hui1 la plupart du temps1 comme des tres de forme arienne--mais dous des fonctions physiologiques de l'organisme6--dans maint cercle spirite clbre1 les esprits sont nanmoins photographis6 ,ames liquides et mes solides4--,la physique exprimentale est parvenue1 dans les dix dernires annes de notre ,x,i,xe sicle1 faire passer tous les corps gazeux l'tat liquide--et mme la plupart l'tat d'agrgat solide4 ,il ne faut pour cela rien d'autre que des appareils appropris qui compriment fortement les gaz1 sous une trs forte pression et avec une temprature trs basse4 ,non seulement des lments analogues l'air 7oxygne1 hydrogne1 azote7 ont pu ainsi passer de l'tat gazeux l'tat liquide1 mais en outre des gaz composs 7acide carbonique7 et des mlanges de gaz 7air atmosphrique74 ,mais par l ces corps invisibles sont devenus pour tous visibles et1 en un certain sens1 il est possible de les toucher du doigt4 ,avec ce changement de densit s'est vanoui le nimbe mystique qui enveloppait autrefois1 dans l'opinion courante1 la nature des gaz tenus pour des corps invisibles produisant cependant des effets visibles4 ,si la substance-me tait rellement1 comme beaucoup de savants le croient aujourd'hui encore1 de la mme nature que les gaz1 on devrait tre en tat1 en employant une haute pression et une temprature trs basse1 de la recueillir dans un flacon1 sous le titre de liquide d'immortalit 7fluidum anim immortale74 ,en poursuivant le refroidissement et la condensation on devrait aussi parvenir faire passer l'me liquide l'tat solide 7neige d'me74 ,jusqu'ici l'exprience n'a pas encore russi4 ,immortalit de l'me animale4--,si l'athanisme tait vrai1 si rellement l'me de l'homme devait ternellement subsister1 on devrait soutenir absolument la mme chose relativement l'me des animaux suprieurs1 au moins des ,mammifres les plus proches de l'homme 7,singes1 ,chiens74 ,car l'homme ne se distingue pas d'eux par une nouvelle sorte de fonction psychique spciale1 n'appartenant qu' lui1--mais uniquement par un degr suprieur d'activit psychique1 par le plus grand perfectionnement du stade d'volution atteint4 ,ce qui est surtout plus perfectionn chez beaucoup d'hommes 7mais pas chez tous671 c'est la conscience1 la facult d'associer des ides1 la pense et la raison4 ,d'ailleurs1 la diffrence n'est1 beaucoup prs1 pas aussi grande qu'on se l'imagine et elle est1 sous tous les rapports1 bien moindre que la diffrence correspondante entre l'me des animaux suprieurs et celles des animaux infrieurs1 ou mme que la diffrence entre le plus haut et le plus bas degr de l'me humaine4 ,si donc on accorde celle-ci une immortalit personnelle1 il faut l'attribuer aussi l'me des animaux suprieurs4 ,cette conviction de l'immortalit individuelle des animaux se rencontre1 ainsi qu'il tait naturel1 chez beaucoup de peuples anciens et modernes2 mme aujourd'hui encore elle est soutenue par beaucoup de penseurs qui revendiquent pour eux-mmes une vie ternelle et1 d'autre part1 possdent une connaissance empirique trs approfondie de la vie psychique des animaux4 ,j'ai connu un vieil inspecteur des forts qui1 veuf et sans enfants1 avait vcu plus de trente ans absolument seul1 dans une splendide fort de la ,prusse orientale4 ,il n'avait de rapports qu'avec quelques domestiques1 avec lesquels il n'changeait que les paroles indispensables1 et avec une nombreuse meute de chiens de toute espce1 avec lesquels il vivait dans la plus grande communaut d'mes4 ,aprs plusieurs annes d'ducation et de dressage1 ce fin observateur et ami de la ,nature avait su pntrer profondment dans l'me individuelle de ses chiens et il tait aussi persuad de leur immortalit personnelle que de la sienne propre et quelques-uns1 parmi les plus intelligents de ses chiens1 lui semblaient1 d'aprs une comparaison objective1 parvenus un stade psychique plus lev que sa vieille et stupide servante ou que son grossier domestique l'esprit born4 ,tout observateur impartial qui tudiera pendant des annes la vie psychique consciente et intelligente de chiens suprieurs1 qui suivra attentivement les processus physiologiques de leur pense1 de leur jugement1 de leur raisonnement1 devra reconnatre que ces chiens peuvent revendiquer l'immortalit avec autant de droit que l'homme4 ,preuves en faveur de l',athanisme4--,les motifs que l'on invoque depuis deux mille ans en faveur de l'immortalit de l'me et que l'on fait encore valoir aujourd'hui1 proviennent en grande partie1 non de l'effort pour connatre la vrit1 mais bien plutt du soi-disant besoin de l'me1 c'est--dire de la fantaisie et de l'invention4 ,pour parler comme ,,kant1 l'immortalit de l'me n'est pas un objet de connaissance de la raison pure1 mais un postulat de la raison pratique4 ,mais celle-ci et les besoins de l'me1 de l'ducation morale1 etc41 qui s'y rattachent1 doivent tre laisss absolument de ct si nous voulons sincrement et sans parti pris parvenir la pure connaissance de la vrit2 car celle-ci n'est exclusivement possible qu'au moyen des raisonnements logiques et clairs1 fonds empiriquement1 de la raison pure4 ,nous pouvons donc redire ici de l',athanisme ce que nous avons dit du thisme3 ce ne sont tous deux que des objets de fantaisie mystique1 de croyance transcendante1 non de science1 laquelle procde de la raison4 ,si nous analysions l'une aprs l'autre toutes les raisons qu'on a fait valoir en faveur de la croyance l'immortalit1 il en ressortirait que pas une seule n'est vraiment scientifique2 il n'en est pas une seule qui se puisse concilier avec les notions claires que nous avons acquises1 depuis quelques dizaines d'annes1 par la psychologie physiologique et la thorie de l'volution4 ,l'argument thologique selon lequel un crateur personnel aurait mis en l'homme une me immortelle 7le plus souvent conue comme une partie de sa propre me divine7 est un pur mythe4 ,l'argument cosmologique selon lequel l'ordre moral du monde exigerait l'ternelle dure de l'me humaine1 est un dogme qui ne s'appuie sur rien4 ,l'argument tlologique1 selon lequel la destine suprme de l'homme exigerait un complet dveloppement dans l'au-del de son me si incomplte pendant la vie terrestre1 repose sur un anthropisme erron4 ,l'argument moral selon lequel les privations1 les souhaits insatisfaits durant la vie terrestre devraient tre satisfaits dans l'au del par une justice distributive1 est un pieux souhait1 mais rien de plus4 ,l'argument ethnologique selon lequel la croyance en l'immortalit1 comme celle en ,dieu1 serait une vrit inne1 commune tous les hommes1 est nettement une erreur4 ,l'argument ontologique1 selon lequel l'me1 substance simple1 immatrielle et indivisible ne saurait disparatre avec la mort1 repose sur une conception absolument fausse des phnomnes psychiques3 c'est une erreur spiritualiste4 ,tous ces arguments en faveur de l'athanisme et d'autres analogues sont suranns2 ils ont t dfinitivement rfuts par la critique scientifique de cette fin de sicle4 ,preuves contraires l',athanisme4--,en regard des arguments cits1 tous inadmissibles1 en faveur de l'immortalit de l'me1 il convient1 vu la haute importance de cette question1 de rsumer brivement ici les arguments scientifiques1 bien fonds1 contraires cette croyance4 ,l'argument physiologique nous enseigne que l'me humaine1 pas plus que celle des animaux suprieurs1 n'est une substance immatrielle1 indpendante1 mais un terme collectif dsignant une somme de fonctions crbrales2 celles-ci sont conditionnes1 comme toutes les autres fonctions vitales1 par des processus physiques et chimiques1 par suite soumis1 eux aussi1 la loi de substance4 ,l'argument histologique s'appuie sur la structure microscopique si complique du cerveau et nous apprend chercher dans les cellules ganglionnaires de celui-ci les vritables organes lmentaires de l'me4 ,l'argument exprimental nous fournit la conviction que les diverses fonctions de l'me sont lies des territoires dtermins du cerveau et sont impossibles sans l'tat normal de ceux-ci2 si ces territoires sont dtruits1 la fonction qui y tait attache disparat en mme temps2 cette loi vaut1 en particulier1 pour les organes de la pense1 uniques instruments centraux de la vie de l'esprit4 ,l'argument pathologique complte le physiologique2 lorsque des rgions crbrales dtermines 7centre du langage1 sphre visuelle1 sphre auditive7 sont dtruites par la maladie1 leur travail n'est plus effectu1 le langage1 la vue1 l'oue disparaissent2 la nature ralise ici l'exprience physiologique la plus dcisive4 ,l'argument ontogntique nous met immdiatement sous les yeux les faits de l'volution individuelle de l'me2 nous voyons comment1 dans l'me de l'enfant1 les diverses facults se dveloppent peu peu2 elles atteignent leur pleine maturit chez le jeune homme1 elles portent leurs fruits chez l'homme2 dans la vieillesse se produit une graduelle rgression de l'me1 correspondant la dgnrescence snile du cerveau4 ,l'argument phylogntique s'appuie sur la palontologie1 l'anatomie compare et la physiologie du cerveau2 se compltant rciproquement1 ces sciences runies nous fournissent la certitude que le cerveau de l'homme 7et en mme temps sa fonction1 l'me7 s'est dvelopp graduellement et par tapes partir de celui des ,mammifres1 et1 en remontant plus loin1 des vertbrs infrieurs4 ,illusions athanistiques4--,les recherches prcdentes1 qui pourraient tre compltes par beaucoup d'autres rsultats de la science moderne1 ont dmontr l'absolue inadmissibilit du vieux dogme de l'immortalit de l'me4 ,celui-ci ne peut plus1 au ,x,i,xe sicle1 faire l'objet d'une tude scientifique1 srieuse1 mais seulement celui de la croyance transcendante4 ,mais la critique de la raison pure a dmontr que cette croyance1 dont on fait tant de cas1 envisage au grand jour1 est une pure superstition1 tout comme la croyance qu'on y rattache si souvent1 en un ,dieu personnel4 ,et cependant1 aujourd'hui encore1 des millions de croyants--non seulement dans les basses classes1 dans le peuple sans culture1 mais aussi dans les milieux les plus levs--tiennent cette superstition pour leur bien le plus cher1 pour leur plus prcieux trsor4 ,il est donc ncessaire de pntrer un peu plus avant dans le cercle d'ides auquel celle-l se rattache et--en la supposant vraie--de soumettre sa valeur relle un examen critique4 ,la critique objective dcouvrira alors que cette valeur repose en grande partie sur l'imagination1 sur l'absence de jugement clair et de pense consquente4 ,la renonciation dfinitive ces illusions athanistiques1 j'en ai la profonde et sincre conviction1 non seulement ne serait pas pour l'humanit une perte douloureuse1 mais constituerait un inapprciable gain positif4 ,le besoin de l'me humaine s'attache la croyance en l'immortalit surtout pour deux motifs3 premirement1 l'espoir d'une vie meilleure dans l'au-del1 secondement l'espoir d'y revoir nos amis et tous ceux qui nous sont chers1 et que la mort nous a enlevs ici-bas4 ,en ce qui concerne la premire esprance1 elle provient d'un sentiment naturel de rmunration1 lgitime il est vrai subjectivement1 mais objectivement sans fondement4 ,nous prtendons tre ddommags d'innombrables dceptions1 des tristes expriences de cette vie terrestre1 sans y tre autoriss par aucune perspective relle ou aucune garantie4 ,nous rclamons la dure illimite d'une vie ternelle dans laquelle nous ne voulons prouver que plaisir et joie1 ni dplaisir ni douleur4 ,la faon dont la plupart des hommes se reprsentent cette vie bienheureuse dans l',au del est des plus surprenantes1 et d'autant plus tonnante que d'aprs cela1 l'me immatrielle goterait des jouissances on ne peut plus matrielles4 ,la fantaisie de chaque croyant1 faonne cette flicit permanente conformment ses dsirs personnels4 ,l',indien d',amrique1 dont ,,schiller nous a si vivement dpeint l',athanisme dans sa plainte funbre espre trouver dans son ,paradis les plus superbes chasses avec une quantit norme de buffles et d'ours2 l',esquimeau1 s'attend y voir des nappes de glaces claires par le soleil avec une quantit norme d'ours polaires1 de phoques et autres animaux polaires2 le doux ,singhalais conoit son ,paradis d'aprs la merveilleuse le paradisiaque de ,ceylan1 avec ses jardins et ses forts splendides2 mais il admet tacitement qu'il y trouvera toujours profusion le riz et le curry1 les noix de coco et autres fruits2 l',arabe mahomtan est convaincu que son ,paradis sera couvert de jardins ombrags1 pleins de fleurs1 o bruiront partout de fraches sources et qu'habiteront les plus belles filles2 le pcheur catholique1 en ,sicile1 s'attend avoir chaque jour une profusion des plus fins poissons et du meilleur macaroni et une indulgence ternelle1 pour tous les pchs que1 mme dans la vie ternelle1 il pourra commettre chaque jour2 le chrtien du ,nord de l',europe espre une cathdrale gothique dont on ne pourra pas mesurer la hauteur et dans laquelle retentiront des louanges ternelles au ,dieu des armes4 ,bref1 chaque croyant attend en somme de la vie ternelle qu'elle soit un prolongement direct de son existence terrestre individuelle1 mais qu'elle en soit une dition considrablement revue et augmente4 ,il nous faut faire ressortir1 ici encore1 le caractre d'absolu matrialisme que prsente l',athanisme chrtien1 li troitement au dogme absurde de la rsurrection de la chair4 ,d'aprs ce que nous montrent des milliers de toiles de ,matres clbres1 les corps ressuscits avec leurs mes nes nouveau vont se promener l-haut dans le ciel tout comme ici-bas dans la valle de misres terrestres2 ils voient ,dieu avec leurs yeux1 ils entendent sa voix avec leurs oreilles1 ils chantent en son honneur des cantiques avec leur larynx1 etc4 ,bref1 les modernes habitants du ,paradis chrtien sont aussi bien des tres doubles1 composs d'un corps et d'une me1 ils sont aussi bien en possession de tous les organes du corps terrestre1 que nos vieux devanciers au ,walhalla1 dans la salle d',odin1 que les immortels turcs et arabes dans les plaisants jardins du ,paradis de ,mahomet1 que les demi-dieux et les hros de l'ancienne ,grce dans l',olympe1 la table de ,zeus1 se dlectant avec le nectar et l'ambroisie4 ,quelque merveilleuse peinture qu'on se fasse de cette vie ternelle au ,paradis1 la longue elle doit devenir infiniment ennuyeuse4 ,et penser que c'est pour l'ternit6 ,sans interruption poursuivre cette ternelle existence individuelle6 ,le mythe profond du ,juif errant1 l'infortun ,ahasverus cherchant en vain le repos1 devrait nous clairer sur la valeur d'une pareille vie ternelle4 ,la meilleure chose que nous puissions souhaiter1 aprs une vie bien remplie o nous avons fait de notre mieux1 en toute conscience1 c'est la paix ternelle du tombeau2 ,seigneur donnez-leur le repos ternel6 ,toute personne instruite1 raisonnable1 qui connat le systme chronologique de la gologie et qui a rflchi sur la longue suite de millions d'annes que compte l'histoire organique de la terre1 devra avouer1 si son jugement est impartial1 que la banale pense de la vie ternelle1 loin d'tre mme pour le meilleur homme une admirable consolation1 est plutt une terrible menace4 ,pour contester cela il faut manquer d'un jugement clair et d'une pense consquente4 ,le meilleur motif et le plus lgitime qu'invoque l',athanisme1 c'est l'esprance de revoir dans la vie ternelle nos amis et tous ceux qui nous sont chers et dont un sort cruel nous a trop tt spars ici-bas4 ,mais ce bonheur qu'on se promet1 si l'on y regarde de plus prs1 apparatra encore illusoire2 et en tous cas il serait fortement troubl par la perspective de retrouver en mme temps l-haut tant de personnes peu sympathiques et mme les ennemis odieux qui ont empoisonn notre vie ici-bas4 ,sans compter que les rapports de famille seraient encore la source de bien des difficults6 ,beaucoup d'hommes renonceraient srement toutes les splendeurs du ,paradis1 s'ils avaient la certitude de s'y retrouver ternellement ct de leur meilleure moiti ou de leur belle-mre6 ,il est douteux1 galement1 que le roi ,henri ,,viii d',angleterre s'y plairait ternellement entre ses six femmes2 c'est douteux aussi pour le roi de ,pologne1 ,auguste le ,fort1 qui aima cent femmes et en eut #ceb enfants6 ,celui-ci1 ayant t au mieux avec le pape1 vicaire de ,dieu1 devrait habiter le ,paradis1 malgr toutes ses fautes et bien que ses guerres aventureuses et folles aient cot la vie plus de cent mille ,saxons4 ,d'insolubles difficults attendent aussi les athanistes croyants sur le point de savoir quel stade de leur volution individuelle l'me vivra sa vie ternelle8 ,les nouveau-ns dvelopperont-ils leur me au ciel1 aux prises avec la mme lutte pour la vie qui faonne1 par un traitement si dur1 l'homme ici-bas8 ,le jeune homme plein de talent qui tombe1 victime du meurtre en masse de la guerre1 va-t-il dvelopper au ,walhalla les riches dons inemploys de son esprit8 ,le vieillard affaibli par les ans1 tomb en enfance1 mais qui1 dans la force de l'ge1 avait rempli le monde du bruit de ses exploits1 vivra-t-il ternellement en vieillard gteux8 ou bien reviendra-t-il en arrire un tat de maturit antrieure8 ,mais si les mes immortelles doivent vivre dans l',olympe1 rajeunies et comme des tres parfaits1 le charme et l'intrt de la personnalit sont compltement perdus pour eux4 ,tout aussi inadmissible nous apparat aujourd'hui1 la lumire de la raison pure1 le mythe anthropistique du ,jugement dernier1 de la sparation des mes humaines en deux grands tas1 l'un contenant celles destines aux ternelles joies du ,paradis1 l'autre celles destines aux tortures ternelles de l',enfer et cela par un ,dieu personnel qui serait le ,pre de l',amour6 ,c'est cependant ce ,pre tout amour qui a cr lui-mme les conditions d'hrdit et d'adaptation dans lesquelles devaient fatalement voluer1 d'une part1 les lus favoriss pour devenir des ,bienheureux innocents1 d'autre part1 non moins fatalement1 les pauvres malheureux pour devenir de coupables damns4 ,une comparaison critique des innombrables tableaux varis1 fantaisistes1 engendrs depuis des milliers d'annes suivant les divers peuples et les diverses religions1 par la croyance en l'immortalit1 nous fournit un spectacle des plus curieux2 une description des plus intressantes1 tmoignant de recherches puises des sources nombreuses1 nous en a t donne par ,,ad4 ,,svoboda dans ses remarquables ouvrages3 ,les dlires de l'me 7#ahhf7 et les ,formes de la croyance 7#ahig74 ,si absurdes que la plupart de ces mythes puissent nous sembler1 si inconciliables qu'ils soient tous avec les progrs de la science moderne1 ils n'en jouent pas moins1 aujourd'hui encore1 un rle important1 et comme postulat de la raison pratique1 ils exercent la plus grande influence sur la conception que se font de la vie les individus et sur les destines des peuples4 ,la philosophie idaliste et spiritualiste du prsent1 il est vrai1 conviendra que ces formes matrialistes de la croyance en l'immortalit sont insoutenables et qu'elles doivent faire place l'ide pure d'une essence immatrielle de l'me1 une ide platonicienne ou une substance transcendante4 ,mais la conception naturaliste idaliste du prsent ne peut absolument pas admettre ces notions insaisissables2 elles ne satisfont ni le besoin de causalit de notre entendement ni les dsirs de notre me4 ,si nous runissons tout ce que les progrs de l'anthropologie1 de la psychologie et de la cosmologie modernes ont lucid relativement l',athanisme1 nous en viendrons cette conclusion prcise3 ,la croyance l'immortalit de l'me humaine est un dogme1 qui se trouve en contradiction insoluble avec les donnes exprimentales les plus certaines de la science moderne4 ,,chapitre ,,xii ,la loi de substance4 ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,la ,,loi ,,fondamentale ,,cosmologique4 ,,conservation ,,de ,,la ,,mati,,re ,,et ,,de ,l',,nergie4 ,,concepts ,,de ,,substance ,,kyn,,tique ,,et ,,de ,,substance ,,pyknotique4 ,la loi de la conservation de la force montre que l'nergie rpandue dans l',univers reprsente une grandeur fixe et constante4 ,la loi de la conservation de la matire prouve de mme que la matire du ,cosmos reprsente une grandeur fixe et constante4 ,ces deux grandes lois3 la loi fondamentale physique de la conservation de l'nergie et la loi fondamentale chimique de la conservation de la matire peuvent tre runies et dsignes par un seul terme philosophique1 sous le nom de loi de la conservation de la substance2 car1 d'aprs notre conception moniste1 la force et la matire sont insparables1 ce ne sont que des formes diverses1 inalinables1 d'une seule et mme essence cosmique1 la substance4 ,le monisme1 lien entre la ,religion et la ,science 7#ahii74 ,trad4 fran4 de ,,vacher ,,de ,,lapouge4 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xii ,la loi fondamentale chimique de la conservation de la matire 7constance de la matire74--,la loi fondamentale physique de la conservation de la force 7constance de l'nergie74--,union des deux lois fondamentales dans la loi de substance4--,notions de substance kintique1 pyknotique et dualiste4--,monisme de la matire4--,masse ou matire corporelle 7matire pondrable74--,atomes et lments4--,affinits lectives des lments4--,atome-,ame 7,sensation et tendance de la masse74--,existence et essence de l'ther4--,ether et masse4--,force et nergie4--,force de tension et force vive4--,unit des forces naturelles4--,toute-puissance de la loi de substance4 ,,litt,,rature ,,spinoza4--,ethica2 ,tractatus theologico politicus4 ,m4 ,,grunwald4--,spinoza in ,deutschland 7ouvrage couronn4 ,berlin1 #ahig74 ,a4 ,,lavoisier4--,principes de chimie 7#aghi74 ,g4 ,,dalton4--,nouveau systme de philosophie chimique4 ,g4 ,,wendt4--,die ,entwickelung der ,elemente 7#ahia74 ,,fr4 ,,mohr4--,allgemeine ,theorie der ,bewegung und ,kraft als ,grundlage der ,physik und ,chemie 7#ahfi74 ,r4 ,,mayer4--,die ,mechanik der ,waerme 7#ahdb74 ,h4 ,,helmholz4--,ueber die ,erhaltung der ,kraft 7,berlin1 #ahdg74 ,h4 ,,hertz4--,ueber die ,beziehungen zwischen ,licht und ,elektrizitat 7#iter ,aufl41 #ahie74 ,j4-,g4 ,,vogt4--,das ,wesen der ,elektrizitat und der ,magnetismus auf ,grund eines einheitlichen ,substanz ,begriffs 7,leipzig1 #ahig74 ,je considre comme la suprme1 la plus gnrale des lois de la nature1 la vritable et unique loi fondamentale cosmologique1 la loi de substance2 le fait de l'avoir dcouverte et dfinitivement tablie est le plus grand vnement intellectuel du ,x,i,xe sicle1 en ce sens que toutes les autres lois naturelles connues s'y subordonnent4 ,par le terme de loi de substance1 nous entendons la fois deux lois extrmement gnrales1 d'origine et d'ge trs diffrents3 la plus ancienne est la loi chimique de la conservation de la matire1 la plus rcente1 la loi physique de la conservation de la force#db4 ,ces deux lois fondamentales des sciences exactes sont insparables dans leur essence1 ainsi que cela apparatra de soi-mme beaucoup de lecteurs et que cela a t reconnu par la plupart des naturalistes modernes4 ,cependant cet axiome fondamental est trs combattu d'autre part1 aujourd'hui encore et on doit avant tout le dmontrer4 ,il nous faut donc commencer par jeter un regard rapide sur chacune de ces deux lois en particulier4 #db ,e4 ,,haeckel1 ,monisme 7#ahib71 #h;e d4 7trad4 fran474 ,loi de la conservation de la matire 7ou de la constance de la matire7 ,,lavoisier 7#aghi74--,la somme de matire qui remplit l'espace infini est constante4 ,quand un corps semble disparatre1 il ne fait que changer de forme4 ,quand le carbone brle1 il se transforme1 en se mlangeant l'oxygne de l'air1 en acide carbonique gazeux3 lorsqu'un morceau de sucre se dissout dans l'eau1 il passe de la forme solide la forme liquide4 ,de mme1 la matire ne fait que changer de forme lorsqu'un nouveau corps semble se produire2 lorsqu'il pleut1 la vapeur d'eau de l'air tombe sous forme de gouttes de pluie2 quand le fer se rouille1 la couche superficielle du mtal s'allie l'eau et l'oxygne de l'air pour former ainsi la rouille ou oxyde de fer hydrat4 ,nulle part dans la nature nous ne voyons de la matire nouvelle se produire ou tre cre2 nulle part nous ne voyons que la matire existante vienne disparatre ou tre anantie4 ,ce principe exprimental est aujourd'hui le premier et inbranlable axiome fondamental de la chimie et peut tre tout instant immdiatement dmontr l'aide d'une balance4 ,mais c'est l l'immortel service qu'a rendu le grand chimiste franais ,,lavoisier1 d'avoir le premier fourni cette preuve au moyen de la balance4 ,aujourd'hui1 tous les naturalistes qui1 pendant de longues annes1 se sont occups de l'tude des phnomnes naturels et qui ont rflchi1 sont si profondment convaincus de l'absolue constance de la matire1 qu'ils ne peuvent plus mme concevoir le contraire4 ,loi de la conservation de la force 7ou de la constance de l'nergie71 ,,robert ,,mayer1 7#ahdb74--,la somme de force qui agit dans l'espace infini et produit tous les phnomnes est constante4 ,quand la locomotive entrane le train1 la force de tension de la vapeur d'eau chauffe se transforme en la force vive du mouvement mcanique2 lorsque nous entendons le sifflet de la locomotive1 les ondes sonores de l'air branl sont recueillies par notre tympan et conduites1 par la chane des osselets1 au labyrinthe de l'oreille interne1 puis1 de l1 par le nerf auditif aux cellules ganglionnaires acoustiques qui constituent la sphre auditive dans le lobe temporal de l'corce crbrale4 ,l'innombrable profusion de formes merveilleuses qui animent le globe terrestre ne sont1 en dernire instance1 que de la lumire solaire transforme4 ,chacun sait comment les progrs merveilleux de la technique actuelle nous ont permis de transformer l'une en l'autre les diverses forces de la nature3 la chaleur devient mouvement1 celle-ci lumire ou son1 celle-ci lectricit ou inversement4 ,la mesure exacte de la somme de force qui agit lors de cette transformation a montr que cette force1 elle aussi1 demeure constante4 ,il n'y a pas dans l',univers une particule de force motrice qui se perde2 aucune particule nouvelle ne s'ajoute ce qui existait4 ,dj1 en #ahcg1 ,f4 ,,mohr1 ,bonn1 s'tait beaucoup approch de cette dcouverte fondamentale2 elle a t faite en #ahdb1 par le remarquable mdecin souabe1 ,,robert ,,mayer2 indpendamment de lui et presque en mme temps1 le clbre physiologiste ,h4 ,,helmholz arrivait poser le mme principe2 il en dmontrait1 cinq ans plus tard1 l'applicabilit gnrale et les consquences fcondes dans tous les domaines de la physique4 ,nous devrions pouvoir dire aujourd'hui que le mme principe domine aussi le domaine entier de la physiologie--c'est--dire de la physique organique6--si nous n'tions pas contredits par les biologistes vitalistes et par les philosophes dualistes et spiritualistes4 ,ceux-ci voient dans les forces intellectuelles de l'homme un groupe particulier de libres manifestations de la force non soumises la loi de l'nergie2 cette conception dualiste puise surtout sa force dans le dogme du libre arbitre4 ,nous avons dj vu1 en parlant de celui-ci1 qu'il tait inadmissible4 ,en ces derniers temps la physique a distingu la notion de force de celle d'nergie4 ,pour les considrations gnrales que nous nous sommes proposes1 cette distinction est ngligeable4 ,unit de la loi de substance4--,ce qui importe bien davantage1 pour notre conception moniste1 c'est de nous convaincre que les deux grandes doctrines cosmologiques3 la loi chimique de la conservation de la matire et la loi physique de la conservation de la force1 forment un tout indissoluble2 les deux thories sont aussi troitement lies l'une l'autre que les deux objets1 la matire et la force 7ou nergie74 ,a beaucoup de philosophes et de naturalistes monistes1 cette unit fondamentale des deux lois apparatra d'elle-mme1 puisqu'elles ne sont que deux aspects diffrents d'un seul et mme objet1 le ,cosmos2 nanmoins cette conviction toute naturelle est bien loin de jouir de l'adhsion universelle4 ,elle est1 au contraire1 nergiquement combattue par toute la philosophie dualiste1 par la biologie vitaliste1 par la psychologie parallliste2--et mme par beaucoup de monistes 7inconsquents67 qui croient trouver une preuve du contraire dans la conscience1 ou dans l'activit intellectuelle suprieure de l'homme1 ou encore dans d'autres phnomnes de la libre vie de l'esprit4 ,j'insiste donc tout particulirement sur l'importance fondamentale d'une loi de substance unique1 comme expression du lien indissoluble entre ces deux lois que semblent sparer deux noms distincts4 ,qu' l'origine1 les deux n'aient pas t conues ensemble et qu'on n'ait pas reconnu leur unit1 c'est ce qui ressort dj du seul fait que les deux lois ont t dcouvertes des poques diffrentes4 ,la plus ancienne1 plus aisment constatable1 la loi fondamentale chimique de la constance de la matire1 fut pose ds #aghi1 par ,,lavoisier et grce l'emploi gnral de la balance elle s'leva au rang de base de la chimie exacte4 ,par contre1 la plus rcente1 beaucoup plus cache1 la loi fondamentale de la constance de l'nergie1 ne fut dcouverte qu'en #ahcb1 par ,,robert ,,mayer et ne devint qu'avec ,,helmholz la base de la physique exacte4 ,l'unit des deux lois fondamentales1 encore souvent conteste aujourd'hui1 est exprime par beaucoup de naturalistes convaincus1 sous cette dnomination de ,loi de la conservation de la force et de la matire4 ,j'ai depuis longtemps propos d'exprimer cette loi fondamentale par la formule plus courte et plus commode de loi de substance ou de loi fondamentale cosmologique2 on pourrait l'appeler aussi loi universelle ou loi de constance ou encore axiome de constance de l'univers2 au fond1 elle drive ncessairement du principe de causalit#dc4 #dc ,e4 ,,haeckel1 ,monisme 7#ahib72 ,ursprung des ,menschen 7#ahih74 ,notion de substance4--,le premier penseur qui introduisit dans la science la notion de substance1 terme tout moniste et qui en reconnut la partie fondamentale1 ce fut le grand philosophe ,,spinoza2 son ouvrage principal parut peu aprs sa mort prcoce en #afgg1 juste cent ans avant que ,,lavoisier1 au moyen du grand instrument chimique1 la balance1 dmontrt exprimentalement la constance de la matire4 ,dans la grandiose conception panthiste de ,spinoza la notion du ,monde 7universum1 ,cosmos7 s'identifie avec la notion totale de ,dieu2 cette conception est en mme temps le plus pur et le plus raisonnable monisme1 et le plus intellectuel1 le plus abstrait monothisme4 ,cette universelle substance ou ce divin tre cosmique nous montre deux aspects de sa vritable essence1 deux attributs fondamentaux3 la matire 7la substance-matire est infinie et tendue7 et l'esprit 7la substance-nergie comprenant tout et pensante74 ,toutes les fluctuations qu'a subies plus tard la notion de substance1 proviennent1 par une analyse logique1 de cette suprme notion fondamentale de ,,spinoza que je considre1 d'accord avec ,,goethe1 comme une des penses les plus hautes1 les plus profondes et les plus vraies de tous les temps4 ,tous les objets divers de l',univers1 que nous pouvons connatre1 toutes les formes individuelles d'existence ne sont que des formes spciales et passagres de la substance1 des accidents ou des modes4 ,ces modes sont des objets corporels1 des corps matriels1 lorsque nous les considrons sous l'attribut de l'tendue 7comme remplissant l'espace72 au contraire1 ce sont des forces ou des ides lorsque nous les considrons sous l'attribut de la pense 7de l'nergie74 ,c'est cette conception fondamentale de ,,spinoza que notre monisme pur revient aprs deux cents ans2 pour nous aussi la matire 7ce qui remplit l'espace7 et l'nergie 7la force motrice7 ne sont que deux attributs insparables d'une seule et mme substance4 ,la notion de substance kintique 7principe originel de la vibration74--,parmi les diverses modifications que la notion fondamentale de substance1 par son alliance avec l'atomistique rgnante1 a traverse1 dans la physique moderne1 indiquons seulement brivement deux thories qui divergent l'extrme3 la kintique et la pyknotique4 ,ces deux thories de la substance s'accordent reconnatre que toutes les diverses forces de la nature peuvent tre ramenes une force primitive commune3 pesanteur et chimisme1 lectricit et magntisme1 lumire et chaleur1 etc41 ne sont que divers modes de manifestations1 divers modes de force ou dynamodes d'une force primitive unique 7prodynamis74 ,cette unique force primitive gnrale est la plupart du temps conue comme un mouvement oscillatoire des plus petites parties de la masse1 comme une vibration des atomes4 ,les atomes eux-mmes1 d'aprs la notion de substance kintique courante1 sont des particules corporelles1 mortes1 discrtes1 qui vibrent dans l'espace vide et agissent distance4 ,le vritable et illustre fondateur de cette thorie kintique de la substance est le grand mathmaticien ,,newton1 qui l'on doit la dcouverte de la loi de gravitation4 ,dans son principal ouvrage1 ,philosophiae naturalis principia mathematica 7#afhg71 il dmontra que l',univers tout entier tait rgi par une seule et mme loi fondamentale1 celle de l'attraction de la masse1 d'o il suit que la gravitation reste constante2 l'attraction des deux particules de matire est toujours en rapport direct de leur masse et en rapport inverse du carr de leur distance4 ,cette force de pesanteur gnrale provoque aussi bien la chute de la pomme et le flux de la mer que la rotation des plantes autour du soleil et les mouvements cosmiques de tous les corps de l'univers4 ,l'immortel mrite de ,,newton c'est d'avoir tabli dfinitivement cette loi de gravitation et d'en avoir trouv une formule mathmatique inattaquable4 ,mais cette formule mathmatique morte laquelle les naturalistes1 ici comme dans beaucoup d'autres cas1 s'attachent par dessus tout1 nous donne simplement la dmonstration quantitative de la thorie2 elle ne nous fait pas entrevoir le moins du monde la nature qualitative des phnomnes4 ,l'immdiate action distance que ,,newton dduisit de sa loi de gravitation et qui est devenue un des dogmes les plus importants et les plus dangereux de la physique ultrieure1 ne nous fournit pas le moindre aperu sur les vraies causes de l'attraction des masses2 bien plus1 elle nous barre le chemin qui pourrait nous conduire vers ces causes4 ,je prsume que les spculations de ,,newton sur sa mystrieuse action distance n'ont pas peu contribu entraner le pntrant mathmaticien anglais dans l'obscur labyrinthe de rverie mystique et de superstition thiste1 dans lequel il a pass les #cd dernires annes de sa vie2 il a mme fini par construire des hypothses mtaphysiques sur les prophties de ,daniel et sur les stupides fantaisies de la rvlation de saint ,jean4 ,la notion de substance pyknotique 7,principe originel de condensation ou pyknose74--,la thorie moderne de la densation ou thorie de la substance pyknotique est en contradiction radicale avec la thorie courante de la vibration ou thorie de la substance kintique4 ,la premire a t expose le plus explicitement par ,j4 ,g4 ,,vogt1 dans son ouvrage fcond en aperus1 sur ,la nature de l'lectricit et du magntisme fonde sur la notion d'une substance unique 7#ahia74 ,,vogt admet comme force originelle gnrale du ,cosmos1 comme prodynamie universelle1 non pas la vibration des particules de matire1 se mouvant dans l'espace vide1 mais la condensation ou densation individuelle d'une substance unique qui remplit continuellement tout l'espace infini1 c'est--dire ininterrompu et sans intervalles vides2 la seule forme d'action mcanique 7agens7 inhrente cette substance consiste en ce que1 par l'effort de condensation 7ou contraction71 il se produit d'infiniment petits centres de condensation1 qui peuvent1 il est vrai1 varier de densit et par suite de volume1 mais qui1 en eux-mmes1 demeurent constants4 ,ces minuscules parties individuelles de l'universelle substance1 ces centres de condensation qu'on pourrait appeler pyknatomes correspondent1 d'une faon gnrale1 aux atomes primitifs ou dernires particules1 discrtes1 de la matire dans la notion de substance kintique1 mais ils s'en distinguent essentiellement en ce qu'ils possdent sensation et tendance 7ou mouvement volontaire sous sa forme la plus primitive71 c'est--dire qu'en un certain sens ils ont une me--souvenir de la doctrine du vieil ,,emp,,docle sur l'amour et la haine des lments4 ,de plus1 ces atomes anims n'errent pas dans l'espace vide1 mais dans cette substance intermdiaire1 continue1 infiniment subtile qui constitue la partie non condense de la substance primitive4 ,grce certaines constellations1 centres de troubles ou systmes dformateurs1 des masses de centres de condensation marchent rapidement les uns vers les autres pour constituer une grande tendue et arrivent l'emporter en poids sur les masses environnantes4 ,par l1 la substance qui1 l'tat de repos primitif1 possdait partout la mme densit moyenne1 se spare ou se diffrencie en deux lments principaux3 les centres de dformation qui dpassent la densit moyenne positivement1 par la pyknose1 constituent les masses pondrables des corps cosmiques 7ce qu'on appelle la matire pondrable72 la substance intermdiaire plus subtile1 son tour1 qui en dehors des centres remplit l'espace et la densit moyenne ngativement1 constitue l'ther 7matire impondrable74 ,la consquence de cette sparation entre la masse et l'ther est une lutte sans trve entre ces deux partis antagonistes de la substance et cette lutte est la cause de tous les processus physiques4 ,la masse positive1 vhicule du sentiment de plaisir1 s'efforce toujours davantage de complter le processus de condensation commenc et runit les plus hautes valeurs d'nergie potentielle2 l'ther ngatif1 au contraire1 s'oppose dans la mme proportion1 toute lvation de sa tension et du sentiment de dplaisir qui y est attach2 il runit les plus hautes valeurs d'nergie actuelle4 ,nous serions entrans trop loin si nous voulions exposer plus fond la profonde thorie de la condensation de #a2 le lecteur que la question intresserait devra chercher comprendre les groupes d'ides dont la difficult tient au sujet lui-mme1 dans l'extrait populaire1 crit avec clart1 qui rsume le second volume de l'ouvrage cit4 ,je suis1 quant moi1 trop peu familier avec la physique et les mathmatiques pour pouvoir sparer leurs bons et leurs mauvais cts2 je crois pourtant que cette notion de la substance pyknotique1 pour tous les biologistes convaincus de l'unit de la nature1 pourra paratre maints gards plus acceptable que la notion de substance kintique actuellement rgnante4 ,un malentendu pourra aisment rsulter de ceci3 que ,,vogt pose son processus cosmique de condensation1 en contradiction radicale avec le phnomne gnral du mouvement1 entendant par l la vibration au sens de la physique moderne4 ,mais son hypothtique condensation 7pyknosis71 implique aussi bien le mouvement de la substance que l'hypothtique vibration2 seulement le mode de mouvement et l'attitude des particules de substance qui se meuvent1 sont tout autres dans la premire hypothse que dans la seconde4 ,d'ailleurs1 la thorie de la condensation ne supprime aucunement la thorie de la vibration dans son ensemble1 elle en carte seulement une importante partie4 ,la physique moderne1 l'heure qu'il est1 s'en tient encore presque toute1 timidement1 l'ancienne thorie de la vibration1 la notion de l'action immdiate distance et de l'ternelle vibration des atomes morts dans l'espace vide2 elle rejette1 par suite1 la thorie pyknotique4 ,quand mme cette dernire serait encore trs imparfaite et quand bien mme les spculations originales de ,,vogt seraient souvent des erreurs1 je regarderais cependant comme un grand mrite de la part de ce philosophe naturaliste1 qu'il ait limin les principes inadmissibles de la thorie de la substance kintique4 ,d'aprs ma manire de voir personnelle1 et d'aprs celle aussi de beaucoup d'autres naturalistes penseurs1 je voudrais maintenir1 dans la thorie de la substance pyknotique de ,,vogt1 les principes suivants qui y sont contenus et que je tiens pour indispensables toute conception de la substance vraiment moniste1 comprenant vraiment tout le domaine de la nature organique et inorganique3 ,i4 ,les deux lments principaux de la substance1 la masse et l'ther1 ne sont pas morts et mus seulement par des forces extrieures1 mais ils possdent la sensation et la volont 7naturellement au plus bas degr672 ils prouvent du plaisir dans la condensation1 du dplaisir dans la tension2 ils tendent vers la premire et luttent contre la seconde4 ,,ii4 ,il n'y a pas d'espace vide2 la partie de l'espace infini que n'occupent pas les atomes-masses est remplie par l'ther4 ,,iii4 ,il n'y a pas d'action immdiate distance travers l'espace vide2 toute action des masses corporelles l'une sur l'autre rsulte soit d'un contact immdiat1 par rapprochement des masses1 soit d'une transmission par l'ther4 ,la notion dualiste de substance4--,les deux thories de la substance que nous venons d'opposer l'une l'autre1 sont1 en principe1 toutes deux monistes1 puisque la diffrence entre les deux lments principaux de la substance 7masse et ther7 n'est pas primitive2 il faut en outre admettre un contact et une rciprocit d'action directs et permanents entre les deux substances4 ,il en est tout autrement dans les thories dualistes de la substance qui prvalent1 aujourd'hui encore1 dans la philosophie idaliste et spiritualiste2 elles sont d'ailleurs soutenues par l'influente thologie1 en tant du moins que celle-ci intervient dans ces spculations mtaphysiques4 ,d'aprs ces thories1 il faudrait distinguer dans la substance deux lments principaux tout fait diffrents3 l'un matriel1 l'autre immatriel4 ,la substance matrielle constitue le monde des corps1 dont l'tude est l'objet de la physique et de la chimie3 c'est pour elle seule que vaut la loi de la conservation de la matire et de l'nergie 7en tant1 du moins1 qu'on ne la croit pas tire du nant ou qu'on n'invoque pas de miracle quelconque674 ,la substance immatrielle1 au contraire1 constitue le monde des esprits dans lequel cette loi n'a pas cours2 ici1 les lois de la physique et de la chimie1 ou bien sont sans valeur ou bien sont subordonnes la force vitale1 ou la volont libre1 la toute-puissance divine ou autres fantmes qui n'ont rien voir avec la science critique4 ,a vrai dire1 ces erreurs absolues n'ont plus besoin aujourd'hui d'tre rfutes2 car jusqu' ce jour l'exprience ne nous a appris connatre aucune substance immatrielle1 aucune force qui ne soit pas lie une matire1 aucune forme d'nergie qui ne s'effectue pas au moyen de mouvements de la matire1 soit de la masse1 soit de l'ther1 soit des deux lments la fois4 ,mme les formes d'nergie les plus compliques et les plus parfaites que nous connaissions1 la vie psychique des animaux suprieurs1 la pense et la raison humaines1 reposent sur des processus matriels1 sur des changements dans le neuroplasma des cellules ganglionnaires2 on ne peut pas les concevoir sans cela4 ,j'ai dj dmontr 7chap4 ,,xi7 que l'hypothse physiologique d'une substance me spciale1 immatrielle1 tait inadmissible4 ,masse ou matire corporelle 7matire pondrable74--,la science de cette partie pondrable de la matire fait avant tout l'objet de la chimie4 ,les extraordinaires progrs thoriques accomplis par cette science au cours du ,x,i,xe sicle1 et l'influence inoue qu'ils ont exerce dans tous les domaines de la vie pratique1--sont connus de tous4 ,nous nous contenterons donc de quelques remarques propos des plus importantes questions thoriques touchant la nature de la masse4 ,la chimie analytique est parvenue1 on le sait1 ramener les innombrables corps de la nature1 en les dissociant1 un petit nombre de substances premires ou lments1 c'est--dire de corps simples qu'on ne peut plus dissocier4 ,le nombre de ces lments s'lve environ soixante-dix4 ,il n'y en a qu'une petite fraction 7en somme1 quatorze71 qui soient rpandus sur toute la terre et qui sont d'une grande importance2 la majeure partie consiste en lments rares et peu importants 7c'est le cas pour la plupart des mtaux74 ,la parent entre certains de ces lments qui constituent des groupes et les rapports remarquables qui existent entre leurs poids atomiques 7ainsi que l'ont dmontr ,l4 ,,meyer et ,,mendelejeff1 dans leur systme priodique des lments71 rendent trs vraisemblable que ces lments ne sont pas des espces absolument fixes de la matire1 qu'ils ne sont pas des grandeurs ternellement constantes4 ,dans ce systme1 on a rparti les soixante-dix lments en huit groupes principaux et on les a ordonns1 l'intrieur de ceux-ci1 d'aprs la grandeur de leurs poids atomiques1 de sorte que les lments chimiques analogues forment des sries de familles4 ,les rapports entre corps d'un mme groupe dans le systme naturel des lments rappellent1 d'une part1 les phnomnes analogues que prsentent les divers composs du carbone2 d'autre part1 les rapports entre groupes parallles que nous observons dans le systme naturel des espces vgtales et animales4 ,de mme que1 dans ce dernier cas1 la parent entre formes analogues provient de la descendance commune de formes ancestrales plus simples--de mme1 il est trs probable que la mme explication vaut pour les familles et les ordres d'lments4 ,nous pouvons donc admettre que les lments empiriques actuels ne sont pas vritablement des espces fixes de la matire1 simples et constantes1 mais qu'elles sont1 ds l'origine1 composes d'atomes primitifs simples1 tous identiques1 dont le nombre et la position varient seuls4 ,les spculations de ,g4 ,,wendt1 ,w4 ,,preyer1 ,w4 ,,crookes et d'autres1 ont montr de quelle manire on pouvait concevoir que tous les lments se soient diffrencis partir d'une seule et unique matire premire1 le prothyl4 ,atomes et lments4--,il faut bien distinguer la thorie des atomes actuelle1 telle qu'elle apparat la chimie comme un auxiliaire indispensable1 de l'ancien atomisme philosophique1 tel que l'enseignaient dj1 il y a plus de deux mille ans1 les philosophes monistes minents de l'antiquit3 ,,leucippe1 ,d,,mocrite et ,,lucr,,ce3 cet atomisme se complta et prit plus tard une nouvelle direction1 grce ,,descartes1 ,,hobbes1 ,,leibnitz et autres philosophes minents4 ,il n'a t donn de l'empirisme moderne une conception prcise et acceptable1 un fondement empirique qu'en #ahjh1 par le chimiste anglais ,,dalton qui posa la loi des proportions simples et multiples dans la formation des combinaisons chimiques4 ,il dtermina d'abord les poids atomiques des divers lments1 posant ainsi la base exacte1 inbranlable1 sur laquelle reposent les nouvelles thories chimiques2 celles-ci sont toutes atomistes en tant qu'elles admettent que les lments sont composs de particules identiques1 minuscules1 discrtes1 qu'on ne peut dissocier4 ,le problme de la nature propre des atomes1 de leur forme1 de leur grandeur1 la question de savoir s'ils sont anims restent d'ailleurs hors de cause2 car ces qualits sont hypothtiques2 au contraire1 le chimisme des atomes ou leurs affinits chimiques1 c'est--dire la proportion constante dans laquelle ils se combinent avec les atomes d'autres lments#dd1--;est tout empirique4 #dd ,e4 ,,haeckel4 ,le ,monisme1 #ahib1 traduction franaise4 ,affinits lectives des lments4--,l'attitude variable des lments isols l'gard les uns des autres1 ce que la chimie dsigne du nom d'affinit1 est une des proprits les plus importantes de la masse et se manifeste par les divers rapports de quantit ou proportions dans lesquelles s'effectue leur combinaison1 et dans l'intensit avec laquelle elle se produit4 ,tous les degrs d'inclination1 depuis la plus complte indiffrence1 jusqu' la plus violente passion1 s'observent dans l'attitude chimique des divers lments l'gard les uns des autres1 de mme que dans la psychologie de l'homme et en particulier dans l'inclination des deux sexes l'un pour l'autre1 le mme phnomne joue un grand rle4 ,,goethe a rapproch1 comme on sait1 dans son roman classique les ,affinits lectives1 les rapports entre deux amoureux des phnomnes de mme nature1 qui interviennent dans les combinaisons chimiques4 ,l'irrsistible passion qui entrane ,edouard vers la sympathique ,ottilie1 ,pris vers ,hlne1 et qui triomphe de tous les obstacles de la raison et de la morale est la mme puissante force d'attraction inconsciente qui1 lors de la fcondation des oeufs animaux ou vgtaux1 pousse le spermatozode vivant pntrer dans l'ovule2 c'est encore le mme mouvement violent par lequel deux atomes d'hydrogne et un atome d'oxygne s'unissent pour former une molcule d'eau4 ,cette foncire ,unit des affinits lectives dans toute la nature1 depuis le processus chimique le plus simple1 jusqu'au plus compliqu des romans d'amour1 a t reconnue ds le ,ve sicle avant ,jsus-,christ1 par le grand philosophe naturaliste grec1 ,,emp,,docle1 dans sa doctrine de l'amour et de la haine des lments4 ,elle est confirme par les intressants progrs de la psychologie cellulaire1 dont la haute importance n'a t entrevue qu'en ces trente dernires annes4 ,nous appuyons l-dessus notre conviction que les atomes1 dj1 possdent sous leur forme la plus simple1 la sensation et la volont--ou plutt3 le sentiment 7,aesthesis7 et l'effort 7tropesis7--c'est--dire une me universelle sous sa forme la plus primitive4 ,mais on en peut dire autant des molcules ou particules de matire constitues par la runion de deux ou plusieurs atomes4 ,par la combinaison1 enfin1 de diverses de ces molcules se produisent d'abord les combinaisons chimiques simples1 puis les plus complexes1 dans lesquelles le mme jeu se rpte sous une forme plus complique4 ,ether 7,matire impondrable74--,l'tude de cette partie impondrable de la matire est avant tout l'objet de la physique4 ,aprs avoir depuis longtemps admis l'existence d'un mdium infiniment subtil1 remplissant l'espace en dehors de la matire et avoir invoqu cet ther pour expliquer divers phnomnes 7la lumire surtout7--ce n'est qu'en la seconde moiti du ,x,i,xe sicle qu'on est parvenu connatre plus exactement cette merveilleuse substance et ce progrs se rattache aux surprenantes dcouvertes empiriques faites dans le domaine de l'lectricit1 leur connaissance exprimentale1 leur comprhension thorique et leur application pratique4 ,signalons en premier lieu ici1 comme ayant fray les voies1 les recherches clbres d',,henri ,,hertz1 ,bonn 7#ahhh72 on ne saurait trop dplorer la mort prcoce de ce jeune physicien de gnie qui donnait les plus grandes esprances2 c'est l1 comme la mort trop prmature de ,,spinoza1 de ,,rapha,l1 de ,,schubert et de tant d'autres jeunes gens de gnie1 un de ces faits brutaux dans l'histoire de l'humanit qui1 par eux-mmes1 suffisent dj compltement rfuter le mythe inadmissible d'une ,sage ,providence et d'un ,pre cleste qui ne serait qu'amour4 ,l'existence de l'ther ou de l'ther cosmique1 comme matire relle1 est aujourd'hui 7depuis douze ans7 un fait positif4 ,on peut1 il est vrai1 lire aujourd'hui encore que l'ther est une pure hypothse2 cette affirmation errone est rpte1 non seulement par des philosophes et des crivains populaires qui ne sont pas au courant des faits1 mais encore par quelques prudents physiciens exacts4 ,mais on devrait1 tout aussi lgitimement1 nier l'existence de la matire pondrable1 de la masse4 ,sans doute1 il y a aujourd'hui encore des mtaphysiciens qui en viennent l et dont la suprme sagesse consiste nier 7ou du moins rvoquer en doute7 la ralit du monde extrieur2 d'aprs eux1 il n'existe1 en somme1 qu'un seul tre rel1 savoir leur chre personne ou plutt l'me immortelle qu'elle renferme4 ,quelques physiologistes minents ont mme1 en ces derniers temps1 accept ce point de vue ultra idaliste qui avait dj t dvelopp dans la mtaphysique de ,,descartes1 ,,berkeley1 ,,fichte et autres2 ils affirment dans leur psychomonisme3 ,il n'existe qu'une chose et c'est mon me4 ,cette affirmation spiritualiste hardie nous semble reposer sur une dduction fausse tire de la remarque trs juste de ,,kant3 savoir que nous ne pouvons connatre du monde extrieur que les phnomnes rendus possibles par nos organes humains de connaissance1 le cerveau et les organes des sens4 ,mais si1 par leur fonctionnement1 nous ne pouvons atteindre qu' une connaissance imparfaite et limite du monde des corps1 cela ne nous donne pas le droit d'en nier l'existence4 ,pour moi du moins1 l'ther existe aussi certainement que la masse1 aussi certainement que moi-mme lorsque je rflchis et que j'cris sur ces questions4 ,si nous nous convainquons de la ralit de la matire pondrable1 par la mesure et le poids1 par des expriences mcaniques et chimiques1 nous pouvons tout aussi bien nous convaincre de l'existence de l'ther impondrable1 par les expriences d'optique et d'lectricit4 ,nature de l'ther4--,bien qu'aujourd'hui presque tous les physiciens considrent l'existence relle de l'ther comme un fait positif1 et bien que nous connaissions trs exactement1 grce d'innombrables expriences 7surtout d'optique et d'lectricit7 les nombreux effets de cette matire merveilleuse1--cependant nous ne sommes pas encore parvenus connatre avec clart et certitude sa vraie nature4 ,au contraire1 aujourd'hui encore1 les opinions des physiciens les plus minents1 qui ont spcialement tudi la question1 divergent profondment2 elles se contredisent mme sur les points les plus importants4 ,chacun est donc libre d'adopter1 parmi les hypothses contradictoires1 celle qui sera le plus conforme son degr de connaissance et la force de son jugement 7qui tous deux resteront toujours trs imparfaits74 ,l'opinion laquelle j'en suis venu aprs avoir mrement rflchi 7et bien que je ne sois qu'un dilettante sur ce terrain71 peut tre rsume dans les huit propositions suivantes3 ,i4 ,l'ther remplit1 sous forme de matire continue1 tout l'espace cosmique1 en tant que celui-ci n'est pas occup par la masse 7ou matire pondrable72 il comble en outre tous les intervalles laisss entre les atomes de celle-ci2 ,,ii4 ,l'ther ne possde probablement encore aucun chimisme et n'est pas encore compos d'atomes1 comme la masse2 si l'on admet qu'il est compos d'atomes identiques1 infiniment petits 7par exemple de petites sphres d'ther de mme grandeur71 on doit alors admettre aussi qu'entre celles-ci1 il existe encore quelque chose d'autre1 soit l'espace vide1 soit un troisime mdium tout fait inconnu1 un ,interther tout hypothtique2 le problme de son essence soulverait les mmes difficults que lorsqu'il s'agissait de l'ther 7in infinitum72 ,,iii4 ,l'hypothse d'un espace vide et d'une action distance immdiate1 n'tant plus gure possible dans l'tat actuel de la science 7ou du moins1 ne conduisant aucune claire conception moniste71 j'admets une structure particulire de l'ther qui ne serait pas atomistique comme celle de la masse pondrable et qu'on pourrait provisoirement concevoir 7sans dfinition plus prcise71 comme une structure thrique ou dynamique4 ,,iv4 ,l'tat d'agrgat de l'ther1 par suite de cette hypothse1 serait galement particulier et diffrent de celui de la masse2 il ne serait ni gazeux1 ni solide1 comme le soutiennent certains physiciens2 la meilleure faon de se le reprsenter1 c'est peut-tre de le comparer une gele infiniment tnue1 lastique et lgre4 ,v4 ,l'ther est une matire impondrable1 en ce sens que nous ne possdons aucun moyen de dterminer exprimentalement son poids2 s'il en a rellement un1 ce qui est trs vraisemblable1 ce poids est infiniment petit et chappe la mesure de nos plus fines balances4 ,quelques physiciens ont essay de calculer le poids de l'ther d'aprs l'nergie des ondes lumineuses2 ils ont trouv qu'il tait quinze trillions de fois plus petit que celui de l'air atmosphrique2 en tous cas1 une sphre d'ther du mme volume que la terre pserait au moins #bej livres 7874 ,,vi4 ,l'tat d'agrgat de l'ther peut probablement 7en vertu de la thorie pyknotique71 dans des conditions dtermines par une condensation croissante1 passer l'tat gazeux de la masse1 de mme que celui-ci1 par un refroidissement croissant1 pourra redevenir liquide et ensuite solide4 ,,vii4 ,ces tats d'agrgat de la matire s'ordonnent par consquent 7ce qui est trs important pour la ,cosmognie moniste71 suivant une srie gntique continue1 nous en distinguerons cinq moments3 #a ,l'tat thrique2 #b le gazeux2 #c le liquide2 #d le liquide-solide 7dans le plasma vivant72 #e l'tat solide4 ,,viii4 ,l'ther est infini et incommensurable tout comme l'espace qu'il remplit2 il est ternellement en mouvement4 ,ce motus propre de l'ther 7qu'on le conoive comme une vibration1 une tension1 une condensation1 etc471 en rciprocit d'action avec les mouvements de la masse 7gravitation71 est la cause dernire de tous les phnomnes4 ,ether et masse4--,la colossale question de la nature de l'ther ainsi qu',,hertz la nomme avec raison1 comprend celle de ses rapports avec la masse2 car ces deux lments principaux de la matire sont non seulement partout en contact extrieur trs intime1 mais encore en continuelle rciprocit d'action dynamique4 ,on peut rpartir les phnomnes naturels les plus gnraux1 dsigns par la physique sous le nom de forces naturelles ou de fonctions de la matire1 en deux groupes1 dont l'un comprend surtout 7mais pas exclusivement7 les fonctions de l'ther1 l'autre celles de la masse2 on obtient alors le schma suivant que j'ai donn 7#ahib7 dans le ,monisme3 ,univers 7 ,nature ,substance ,cosmos7 ,i4 ther 7,,imponderabile ,,ii4 ,masse 7,,ponderable1 ,,substance ,a ,l',,tat ,,de ,,tension7 ,a ,l',,tat ,,de ,,condensation7 #a4 ,etat d'agrgat3 thrique 7ni #a4 ,etat d'agrgat3 pas thrique gazeux1 ni liquide1 ni solide74 7mais gazeux1 liquide ou solide74 #b4 ,structure3 pas atomique1 #b4 ,structure3 atomique1 continue1 compose de particules discontinue1 compose d'infiniment discrtes 7atomes74 petites particules 7atomes7 discrtes4 #c4 ,fonctions principales3 #c4 ,fonctions principales3 lumire1 chaleur rayonnante1 pesanteur1 inertie1 chaleur lectricit1 magntisme4 latente1 chimisme4 ,les deux groupes de fonctions de la matire1 opposs l'un l'autre dans ce schma1 peuvent en quelque mesure tre regards comme rsultant de la premire division du travail de la matire1 comme l'ergonomie primaire de la matire4 ,mais cette distinction ne marque pas une sparation absolue entre les deux groupes opposs2 au contraire1 tous deux restent unis1 conservent un lien et demeurent partout en constante rciprocit d'action4 ,les processus optiques et lectriques de l'ther sont1 comme on sait1 troitement lis aux changements mcaniques et chimiques de la masse2 la chaleur rayonnante de celui-l passe directement l'tat de chaleur latente ou chaleur mcanique de celle-ci2 la gravitation ne peut agir sans que l'ther ne serve d'intermdiaire l'attraction des atomes spars1 puisque nous ne saurions admettre d'action distance4 ,la transformation d'une des formes de l'nergie en l'autre1 dmontre par la loi de la conservation de la force confirme en mme temps la constante rciprocit d'action entre les deux parties essentielles de la substance1 l'ther et la masse4 ,force et nergie4--,la grande loi fondamentale de la nature1 que nous plaons sous le nom de loi de substance en tte de toutes les considrations d'ordre physique1 a t dsigne originellement1 par ,r4 ,,meyer qui la formula 7#ahdb7 et par ,,helmholz qui la dveloppa 7#ahdg71 sous le nom de loi de la conservation de la force4 ,dix ans auparavant1 dj1 un autre naturaliste allemand1 ,,fr4 ,,mohr1 de ,bonn1 en avait clairement expos l'essentiel 7#ahcg74 ,plus tard1 la physique moderne spara l'ancienne notion de force de celle d'nergie1 dont elle ne se sparait pas l'origine4 ,aussi cette mme loi est-elle ordinairement dsigne aujourd'hui du nom de loi de la constance de l'nergie4 ,pour l'tude gnrale1 dont je dois me contenter ici et pour le grand principe de la conservation de la substance1 cette distinction subtile n'entre pas en ligne de compte4 ,le lecteur que cette question intresserait en trouverait une explication trs claire1 par exemple1 dans le travail remarquable du physicien anglais ,,tyndall1 sur la loi fondamentale de la nature#de4 ,la porte universelle de cette grande loi cosmologique y est bien mise en lumire1 de mme que son application aux problmes les plus importants1 dans les domaines les plus diffrents4 ,nous nous contenterons de relever ici le fait important qu'aujourd'hui le principe de l'nergie et la certitude de l'unit des forces naturelles qui s'y rattache1 ainsi que leur origine commune1 sont reconnus par tous les physiciens comptents et considrs comme le progrs le plus important de la physique au ,x,i,xe sicle4 ,nous savons aujourd'hui que la chaleur est une forme de mouvement au mme titre que le son1 l'lectricit au mme titre que la lumire et le chimisme au mme titre que le magntisme4 ,nous pouvons1 par des procds appropris1 transformer une de ces forces en l'autre et nous convaincre ainsi1 en mesurant avec exactitude1 que jamais il ne se perd la plus petite particule de leur somme totale4 #de ,,john ,,tyndall3 ,fragments d'histoire naturelle4 ,force de tension et force vive 7nergie potentielle et nergie actuelle74--,la somme totale de la force ou nergie dans l'univers reste constante1 quels que soient les phnomnes qui nous frappent2 elle est ternelle et infinie comme la matire1 laquelle elle est lie indissolublement4 ,tout le jeu de la nature consiste en l'alternance du repos apparent avec le mouvement2 mais les corps immobiles possdent une quantit indestructible de force1 tout comme les corps en mouvement4 ,dans le mouvement lui-mme1 la force de tension des premiers se transforme en la force vive des seconds4 ,le principe de la conservation de la force concernant aussi bien la rpulsion que l'attraction1 nonce l'affirmation que la valeur mcanique des forces de tension et des forces vives dans le monde matriel1 est une quantit constante4 ,en un mot1 le capital de force de l'univers se compose de deux parties qui1 d'aprs un rapport de valeur dtermin1 peuvent se transformer l'une en l'autre4 ,la diminution de l'une entrane l'augmentation de l'autre2 la valeur totale de la somme reste cependant immuable4 ,la force de tension ou nergie potentielle et la force vive ou nergie actuelle se transforment continuellement l'une en l'autre1 sans que la somme totale infinie de force1 dans l'univers infini1 prouve jamais la moindre perte4 ,unit des forces de la nature4--,aprs que la physique moderne et pos la loi de substance propos des rapports trs simples des corps inorganiques1 la physiologie en dmontra la valeur gnrale dans le domaine tout entier de la nature organique4 ,elle montra que toutes les fonctions vitales de l'organisme--sans exception6--reposent sur un continuel change de forces et sur l'change de matriaux qui s'y rattache1 aussi bien que les processus les plus simples de ce qu'on appelle la nature inanime4 ,non seulement la croissance et la nutrition des plantes et des animaux1 mais encore leurs fonctions de sensation et de mouvement1 leur activit sensorielle et leur vie psychique1--ont pour base la transformation de la force de tension en force vive et inversement4 ,cette loi suprme rgit encore les phnomnes les plus parfaits du systme nerveux qu'on dsigne1 chez les animaux suprieurs et chez l'homme1 sous le nom de vie intellectuelle4 ,toute-puissance de la loi de substance4--,notre ferme conviction moniste1 que la loi fondamentale cosmologique vaut universellement dans la nature entire1 est de la plus haute importance4 ,car non seulement elle dmontre positivement l'unit foncire du ,cosmos et l'enchanement causal de tous les phnomnes que nous pouvons connatre1 mais elle ralise1 en outre1 ngativement1 le suprme progrs intellectuel1 la chute dfinitive des trois dogmes centraux de la mtaphysique3 ,dieu1 la libert et l'immortalit4 ,en tant que la loi de substance nous dmontre que partout les phnomnes ont des causes mcaniques1 elle se rattache la loi gnrale de causalit4 ,la loi de substance ou loi nouvelle ,a ,,la ,,lumi,,re ,,de ,,la ,,philosophie ,,dualiste ,,et ,,de ,,la ,,philosophie ,,moniste ,dualisme ,monisme 7,,conception ,t,l,,ologique7 7,,conception ,m,,caniste7 #a4 ,le monde 7,cosmos7 comprend #a4 ,le monde 7,cosmos7 ne comprend deux domaines distincts1 celui qu'un seul et unique de la nature 7des corps matriels7 domaine3 le royaume de la et celui de l'esprit 7du substance2 ses deux attributs monde psychique immatriel74 insparables sont la matire 7substance tendue7 et l'nergie 7la force efficiente74 #b4 ,par suite1 le royaume de la #b4 ,par suite1 le royaume tout science se divise en deux domaines entier de la science1 forme un distincts3 sciences naturelles domaine1 unique2 les sciences 7thorie empirique des dites de l'esprit ne sont que processus mcaniques7 et sciences certaines parties des sciences de l'esprit 7thorie transcendentale naturelles universelles2 toute des processus psychiques74 vritable science repose sur l'empirisme1 non sur la transcendance4 #c4 ,la connaissance des phnomnes #c4 ,la connaissance de tous les naturels s'acquiert par phnomnes 7aussi bien de la la mthode empirique1 par nature que de la vie de l'observation1 l'exprience et l'esprit7 s'acquiert l'association des reprsentations4 exclusivement par la mthode ,la connaissance des phnomnes empirique 7par le de l'esprit1 au contraire1 travail de nos organes des sens n'est possible que par et de notre cerveau74 ,toute des procds surnaturels1 par prtendue rvlation ou la rvlation4 transcendance repose sur une illusion1 consciente ou inconsciente4 #d4 ,la loi de substance avec ses #d4 ,la loi de substance a une deux parties 7,conservation de valeur absolument universelle1 la matire et de l'nergie7 n'a aussi bien dans le domaine de de valeur que dans le domaine la nature que dans celui de de la nature2 c'est ici seulement l'esprit--sans exception6--,mme que la matire et la force dans les plus hautes fonctions sont indissolublement lies4 intellectuelles 7reprsentation ,dans le domaine de l'esprit1 et pense7 le travail des par contre1 l'activit de l'me cellules nerveuses efficientes est libre et n'est pas lie des est aussi ncessairement changements physico-chimiques li aux changements matriels dans la substance de ses de leur substance 7plasma organes4 nerveux71 que dans tout autre processus naturel la force et la matire sont lies l'une l'autre4 ,,chapitre ,,xiii ,histoire du dveloppement de l',univers4 ,,tudes ,,monistes ,,sur ,l',,ternelle ,,volution ,,de ,l',,univers4--,,cr,,ation1 ,,commencement ,,et ,,fin ,,du ,,monde4--,,cosmog,,nie ,,cr,,atiste ,,et ,,cosmog,,nie ,g,n,,tique4 ,la dernire nigme de l',univers ne sera certes pas rsolue par les libres esprits de la philosophie moniste venir4 ,mais ils ne se contenteront plus de prendre l'apparence pour la ralit1 et l'illusion pour la vrit4 ,la grande loi de l'volution prendra la place de l'hypothse de la cration1 la croyance un ordre naturel du monde1 la place du miracle1 la vive et gaie ralit1 celle de la phrase et de l'imagination1 le monisme conforme la nature1 celle du faux dualisme1 l'idal positif 7pratique71 celle du fol idal 7thorique74 ,l4 ,b,,chner 7#ahih74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xiii ,notion de cration4--,miracle4--,cration de l',univers en gnral et des choses particulires4--,cration de la substance 7cratisme cosmologique74--,disme3 ,un jour de la cration4--,cration des choses particulires4--,cinq formes du cratisme ontologique4--,notion d'volution 7genesis1 evolutio74--,i4 ,cosmognie moniste4--,commencement et fin du monde4--,infinit et ternit de l',univers4 ,espace et temps4--,universum perpetuum mobile4 ,entropie de l',univers4--,,ii4 ,gognie moniste4--,histoire de la terre inorganique et histoire organique4--,,iii4 ,biognie moniste4 ,transformisme et thorie de la descendance4 ,lamarck et ,darwin4--,,iv4 ,anthropognie moniste4--,descendance de l'homme4 ,,litt,,rature ,,kant4--,allgemeine ,naturgeschichte und ,theorie des ,himmels4 #agee4 ,,alex4 ,,humboldt4--,kosmos4 ,entwurf einer physischen ,weltbeschreibung4 #d ,bd4 #ahde-ahed4 ,w4 ,b,,lsche4--,entwicklungsgeschichte der ,natur4 #ahif4 ,,carus ,,sterne 7,e4 ,,krause74--,werden und ,vergehen4 ,eine ,entwicklungsgesch4 des ,naturganzen in gemeinverst4 ,fassung 7#dte ,aufl47 ,berlin1 #ahii4 ,h4 ,,wolff4--,kosmos4 ,die ,weltentwickl4 nach monistisch4 psychol4 ,prinzipien auf ,grundlage der exacten ,naturforsch4 dargestellt 7#b ,bd47 ,leipzig1 #ahij4 ,k4 ,a4 ,,specht4--,populre ,entwicklungsgeschichte der ,welt4 ,l4 ,,zehnder4--,die ,mechanik des ,weltalls4 #ahig4 ,m4 ,,neumayr4--,erdgeschichte 7#bte ,aufl4 von ,v4 ,uhlig74 #ahie4 ,j4 ,,walther4--,einleit4 ,in die ,geologie als historische ,wissenschaft4 ,c4 ,,radenhausen4--,osiris4 ,weltgesetze in der ,erdgeschichte4 ,l4 ,,noire4--,die ,welt als ,entwickl4 des ,geistes4 ,bausteine zu einer monistichen ,weltanschauung4 #ahgd4 ,entre toutes les nigmes de l',univers1 la plus grande1 la plus difficile rsoudre1 celle qui embrasse le plus de problmes1 c'est celle de l'apparition et du dveloppement de l',univers1 appele d'ordinaire d'un mot la question de la cration4 ,a la solution de cette nigme1 difficile entre toutes1 notre ,x,i,xe sicle1 une fois encore1 a plus contribu que tous ses prdcesseurs2 il a mme1 jusqu' un certain point1 russi la donner4 ,du moins voyons-nous que toutes les diverses questions particulires1 relatives la cration sont lies entre elles insparablement1 qu'elles ne forment toutes qu'un unique et total problme cosmique universel--et que la clef qui donne la solution de cette question cosmique nous est fournie par un seul mot magique3 volution6 ,les grandes questions de la cration de l'homme1 de celle des animaux et des plantes1 de celle de la terre et du soleil1 etc41 ne sont toutes que des parties de cette question universelle3 ,comment l',univers tout entier est-il apparu8 ,a-t-il t cr par des procds surnaturels1 ou bien s'est-il graduellement produit par des procds naturels8 ,de quelle nature sont les causes et les procds de cette volution8 ,si nous parvenons trouver une rponse certaine ces questions en ce qui concerne l'un de ces problmes partiels1 nous aurons alors1 d'aprs notre conception moniste de la nature1 trouv en mme temps un flambeau qui nous clairera et nous montrera la rponse ces questions en ce qui concerne le problme cosmique tout entier4 ,cration 7creatio74--,l'opinion presque partout admise1 aux sicles passs1 relativement l'origine du monde1 c'tait la croyance sa cration4 ,cette croyance a trouv des expressions diffrentes dans des milliers de lgendes et de pomes intressants1 plus ou moins fabuleux1 dans les cosmogonies et dans les mythes relatifs la cration4 ,seuls1 quelques grands philosophes restrent rfractaires cette croyance1 surtout ces admirables libres penseurs de l'antiquit classique qui1 les premiers1 conurent l'ide d'une volution naturelle4 ,a l'inverse1 tous les mythes relatifs la cration portaient le caractre du surnaturel1 du merveilleux ou du transcendant4 ,incapable de saisir l'essence du monde en elle-mme et d'expliquer l'apparition de ce monde par des causes naturelles1 la raison encore peu dveloppe devait naturellement recourir au miracle4 ,dans la plupart des lgendes relatives la cration1 le miracle s'allie l'anthropisme4 ,de mme que l'homme cre ses oeuvres avec une intention et en faisant preuve d'art1 de mme le ,dieu crateur devait avoir produit le monde conformment un plan2 l'ide de ce ,dieu tait presque toujours tout anthropomorphique2 il s'agissait manifestement d'un cratisme anthropistique4 ,le tout-puissant crateur du ciel et de la terre1 d'aprs le premier livre de ,mose et d'aprs le catchisme encore aujourd'hui admis1 est conu crant d'une faon aussi purement humaine que le crateur moderne d',,agassiz ou de ,,reinke ou que l'intelligent ingnieur machiniste d'autres biologistes contemporains4 ,cration de l',univers en gnral et des choses particulires 7,cration de la substance et de ses accidents74--,pntrant plus avant dans la notion merveilleuse de cration1 nous y pouvons distinguer comme deux actes essentiellement diffrents1 la cration totale de l',univers en gnral et la cration partielle des choses particulires1 correspondant la notion1 chez ,,spinoza1 de la substance 7,universum7 et des accidents 7ou modes1 formes phnomnales isoles de la substance74 ,cette distinction est foncirement importante2 car il y a eu beaucoup de philosophes et des plus distingus 7et il en est encore aujourd'hui7 qui admettent la premire cration1 mais qui rejettent la seconde4 ,cration de la substance 7,cratisme cosmologique74--,d'aprs cette thorie de la cration1 ,dieu a cr le monde en le tirant du nant4 ,on se reprsente le ,dieu ternel 7tre raisonnable mais immatriel7 comme ayant seul exist1 de toute ternit 7dans l'espace7 sans monde1 jusqu' ce qu'un beau jour il lui soit venu l'ide de crer le monde4 ,quelques partisans de cette croyance restreignent l'extrme cette activit cratrice de ,dieu1 la limitant un acte unique1 ils admettent que le ,dieu extra mondain 7dont l'activit1 en dehors de cela1 reste une nigme67 a cr1 un instant donn1 la substance1 qu'il lui a confr la capacit de se dvelopper l'extrme et puis qu'il ne s'est plus jamais occup d'elle4 ,cette ide trs rpandue a t1 en particulier1 reprise sous diverses formes par le disme anglais2 elle se rapproche1 jusqu' y toucher1 de notre thorie moniste de l'volution et ne l'abandonne que dans ce seul instant 7celui de l'ternit67 o est venu ,dieu la pense de crer4 ,d'autres partisans du cratisme cosmologique admettent1 au contraire1 que le ,seigneur ,dieu1 non seulement a cr une fois la substance1 mais en tant que conservateur et rgisseur du monde1 continue d'agir sur ses destines4 ,plusieurs variations de cette croyance se rapprochent tantt du ,panthisme1 tantt du thisme consquent4 ,toutes ces formes 7et autres semblables7 de la croyance la cration sont inconciliables avec la loi de la conservation de la force et de la matire2 celle-ci ne connat pas de commencement du monde4 ,il est particulirement intressant de voir que ,e4 ,,du ,,bois-,,reymond1 dans son dernier discours 7sur le ,novitalisme1 #ahid71 a embrass ce cratisme cosmologique 7comme solution de la grande nigme de l',univers72 il dit3 ,la seule conception digne de la toute-puissance divine1 c'est celle qui consiste penser qu'elle a1 de temps immmorial1 cr1 par un seul acte de cration1 toute la matire1 de telle sorte qu'en vertu des lois inviolables qui lui sont inhrentes1 partout o les conditions d'apparition et de dure de la vie seraient prsentes1 par exemple ici-bas sur terre1 les tres les plus simples apparatraient1 desquels1 sans autre intervention1 sortirait la nature actuelle1 depuis le bacille primitif jusqu' la fort de palmes1 depuis le micrococcus originel jusqu'aux gracieuses attitudes d'une ,suleima1 jusqu'au cerveau d'un ,newton6 ,ainsi nous sortirions de toutes les difficults par un jour de cration767 et laissant de ct l'ancien et le nouveau vitalisme1 nous admettrions que la ,nature s'est produite mcaniquement4 ,ici1 comme lorsqu'il s'agissait de la question de la conscience1 dans le discours de l',ignorabimus1 ,,du ,,bois-,,reymond trahit1 de la faon la plus clatante1 le peu de profondeur et de logique inhrents sa conception moniste4 ,cration des choses particulires 7,cratisme ontologique74--,d'aprs cette thorie individuelle de la cration1 encore aujourd'hui prdominante1 ,dieu n'a pas seulement produit le monde tout entier 7de rien7 mais encore toutes les choses particulires qui y sont renfermes4 ,dans le monde civilis chrtien1 c'est la lgende primitive et smitique de la ,cration1 emprunte au premier livre de ,mose1 qui prvaut aujourd'hui encore2 mme parmi les naturalistes modernes1 elle trouve encore ici et l de croyants adeptes4 ,je l'ai critique en dtail dans le premier chapitre de mon ,histoire de la ,cration naturelle4 ,on pourrait relever1 comme d'intressantes modifications de ce cratisme ontologique1 les thories suivantes3 ,i4 ,cration dualiste4--,dieu s'est born deux actes de cration2 d'abord il a cr le monde inorganique1 la substance morte laquelle seule s'applique la loi de l'nergie1 aveugle et agissant sans but dans le mcanisme du monde corporel et des formations gologiques2 plus tard1 ,dieu acquit l'intelligence et la communiqua aux dominantes1 ces forces intelligentes1 s'efforant vers un but1 qui produisent et dirigent le dveloppement des organismes 7,,reinke7#df4 #df ,j4 ,,reinke1 ,die ,welt als ,that4 #ahii ,s #dea1 #dgg4 ,,ii4 ,cration trialistique4--,dieu a cr le monde en trois actes principaux3 ,a4 ,cration du ,ciel 7cas du monde supra-terrestre72 ,b4 ,cration de la terre 7comme centre du monde7 et de ses organismes2 ,c4 ,cration de l'homme 7comme image de ,dieu72 ce dogme est encore aujourd'hui trs rpandu parmi les thologiens chrtiens et autres savants2 on l'enseigne comme une vrit dans beaucoup d'coles4 ,,iii4 ,cration heptamrale4--,la ,cration en sept jours1 de ,mose4 ,bien que peu de savants1 aujourd'hui1 croient encore ce mythe mosaque1 il se grave pourtant profondment1 ds la premire jeunesse1 en mme temps que l'enseignement de la ,bible1 dans l'esprit de nos enfants4 ,les divers essais1 tents surtout en ,angleterre1 pour mettre ce mythe d'accord avec la thorie de l'volution1 ont compltement chou4 ,pour les sciences naturelles1 ce mythe a pris une grande importance en ce que ,,linn1 lorsqu'il fonda son systme de la nature1 l'adopta et l'employa pour dfinir la notion d'espce organique 7tenue par lui pour fixe73 ,il y a autant d'espces diffrentes d'animaux et de plantes1 qu'au commencement du monde l'tre infini a cr d'espces diffrentes#dg4 ,ce dogme a t admis assez gnralement jusqu' ,,darwin 7#ahei71 bien que1 ds #ahji1 ,,lamarck en ait expos l'inadmissibilit4 #dg ,e4 ,,haeckel1 ,histoire de la ,crat4 nat41 #i;e dit4 ,,iv4 ,cration priodique4--,au commencement de chaque priode gologique1 toute la population animale et vgtale est cre nouveau1 et la fin de chaque priode elle est anantie par une catastrophe gnrale2 il y a autant d'actes de cration gnrale qu'il s'est succd de priodes gologiques distinctes 7thorie des catastrophes de ,,cuvier1 #ahah et ,,agassiz1 #aheh74 ,la palontologie qui1 lors de ses dbuts1 encore trs incomplte 7dans la premire moiti du ,x,i,xe sicle71 semblait prter appui cette thorie des crations successives du monde organique1 l'a compltement rfute par la suite4 ,v4 ,cration individuelle4--,chaque homme1 en particulier--de mme que chaque animal et chaque plante en particulier--ne provient pas d'un acte naturel de reproduction1 mais est cr par la grce de ,dieu 7qui connat toutes choses et qui a compt les cheveux sur notre tte74 ,on lit souvent1 aujourd'hui encore1 cette conception chrtienne de la ,cration1 dans les journaux1 en particulier aux annonces de naissance 7,hier1 ,dieu1 dans sa bont1 nous a fait cadeau d'un fils qui se porte bien1 etc47 ,mme dans les talents individuels1 dans les avantages de nos enfants1 nous constatons souvent1 avec reconnaissance1 les dons spciaux de ,dieu 7mais nous ne le faisons pas1 d'ordinaire1 quand il s'agit des dfauts hrditaires674 ,evolution 7,genesio1 ,evolutio74--,ce qu'avaient d'inadmissible les lgendes relatives la ,cration et la croyance au miracle qui s'y rattache a d frapper de bonne heure les hommes capables de penser2 aussi trouvons-nous1 remontant plus de deux mille ans1 de nombreuses tentatives pour remplacer ces mythes par une thorie raisonnable et expliquer l'apparition du monde par des causes naturelles4 ,au premier rang1 nous retrouvons ici les grands penseurs de l'cole naturaliste ionienne1 puis ,d,,mocrite1 ,h,,raclite1 ,,emp,,docle1 ,,aristote1 ,,lucr,,ce et autres philosophes de l'antiquit4 ,leurs premiers essais1 encore imparfaits1 nous surprennent en partie par leurs intuitions lumineuses1 tant ils semblent les prcurseurs des ides modernes4 ,cependant1 il manquait l'antiquit ce terrain solide de la spculation scientifique qui n'a t conquis que par les innombrables observations et expriences des temps modernes4 ,pendant le moyen ge--et surtout sous la suprmatie du papisme--la recherche scientifique est reste stationnaire4 ,la torture et les bchers de l',inquisition veillaient ce que la foi inconditionne en la mythologie hbraque de ,mose demeurt la rponse dfinitive aux questions concernant la ,cration4 ,mme les phnomnes qui invitaient l'observation immdiate des faits embryologiques3 le dveloppement des animaux et des plantes1 l'embryologie de l'homme1 passaient inaperus ou n'excitaient et l que l'intrt de quelques observateurs ayant soif de savoir2 mais leurs dcouvertes furent ignores ou perdues4 ,d'ailleurs1 le chemin tait l'avance barr toute vraie science du dveloppement naturel1 par la thorie rgnante de la prformation1 par le dogme que la forme et la structure caractristiques de chaque espce animale ou vgtale sont dj prforms dans le germe4 ,thorie de l'volution 7,gntisme1 ,evolutisme1 ,evolutionnisme74--,la science que nous appelons aujourd'hui volutionnisme 7au sens le plus large7 est1 aussi bien dans son ensemble que dans ses diverses parties1 l'enfant du ,x,i,ie sicle2 elle est au nombre de ses crations les plus importantes et les plus brillantes4 ,de fait1 la notion d'volution1 encore presque inconnue au sicle dernier1 est dj devenue une pierre angulaire1 solide1 de notre conception de l',univers4 ,j'en ai expos explicitement les principes dans des crits antrieurs1 surtout dans ma ,morphologie gnrale 7#ahff71 puis1 sous une forme plus populaire1 dans mon ,histoire de la cration naturelle 7#ahfh71 enfin1 en ce qui concerne spcialement l'homme1 dans mon ,anthropognie 7#ahgd1 #d;e d4 #ahia74 ,je me contenterai donc ici de passer rapidement en revue les progrs les plus importants accomplis par la doctrine de l'volution au cours de notre sicle2 elle se divise1 d'aprs son objet1 en quatre parties principales3 elle tudie l'apparition naturelle3 #a du ,cosmos1 #b de la terre1 #c des organismes vivants et #d de l'homme4 ,i4 ,cosmognie moniste4 ,le premier qui ait essay d'expliquer d'une manire simple la constitution et l'origine mcanique de tout le systme cosmique1 d'aprs les principes de ,,newton--c'est--dire par des lois physiques et mathmatiques1--c'est ,,kant1 dans son oeuvre de jeunesse1 si clbre3 ,histoire naturelle gnrale et thorie du ciel 7#agee74 ,malheureusement1 cette oeuvre grandiose et hardie demeura #ij ans presque inconnue2 elle ne fut tire du tombeau qu'en #ahde par ,a4 ,,de ,,humboldt qui lui donna droit de cit dans le premier volume de son ,cosmos4 ,dans l'intervalle1 le grand mathmaticien franais1 ,,laplace1 tait arriv1 de son ct1 des thories analogues celles de ,,kant et les avait dveloppes1 les appuyant sur les mathmatiques1 dans son ,exposition du systme du monde 7#agif74 ,son oeuvre principale1 la ,mcanique cleste1 parut il y a cent ans4 ,les principes de la ,cosmognie de ,,kant et de ,,laplace1 qui sont les mmes1 reposent sur une explication mcanique du mouvement des plantes et sur l'hypothse qui en dcoule1 que tous les mondes proviennent originairement de nbuleuses qui se sont condenses4 ,l',hypothse des ,nbuleuses ou ,thorie cosmologique des gaz a t trs retouche et complte depuis1 mais elle reste inbranlable1 aujourd'hui encore1 comme la meilleure des tentatives d'explication mcaniste et moniste de tout le systme cosmique#dh4 ,elle a trouv1 en ces derniers temps1 un important complment en mme temps qu'une confirmation dans l'hypothse que ce processus cosmogonique n'aurait pas seulement eu lieu une fois1 mais se serait reproduit priodiquement4 ,tandis que1 dans certaines parties de l'espace infini1 des nbuleuses en rotation donneraient naissance de nouveaux mondes qui volueraient1 dans d'autres parties1 au contraire1 des mondes refroidis et morts venant s'entrechoquer1 se dissmineraient en poussire et retourneraient l'tat de nbuleuses diffuses4 #dh ,cf4 ,w4 ,,bolsche1 ,entwickelungsgeschichte der ,natur4 ,bd1 #ahid4 ,commencement et fin du monde4--,presque toutes les cosmognies anciennes et modernes et la plupart aussi de celles qui se rattachent ,,kant et ,,laplace1 partaient de l'opinion rgnante1 que le monde avait eu un commencement4 ,ainsi1 d'aprs une forme trs rpandue de l'hypothse des ,nbuleuses1 une norme nbuleuse1 faite d'une matire infiniment subtile et lgre1 se serait forme au commencement1 puis un moment dtermin du temps 7il y a de cela infiniment longtemps71 un mouvement de rotation aurait commenc dans cette nbuleuse4 ,le premier commencement de ce mouvement cosmogne une fois donn1 les processus ultrieurs de formation des mondes1 de diffrenciation des systmes plantaires1 etc41 se dduisent alors avec certitude des principes mcaniques et il devient alors ais de les fonder mcaniquement4 ,cette premire origine du mouvement est la seconde des nigmes de l',univers de ,,du ,,bois-,,reymond2 il la dclare transcendante4 ,beaucoup d'autres naturalistes et philosophes ne peuvent pas davantage sortir de cette difficult et se rsignent en avouant qu'il faut admettre ici une premire impulsion surnaturelle1 c'est--dire un miracle4 ,d'aprs nous1 cette seconde nigme de l',univers est rsolue par l'hypothse que le mouvement est une proprit de la substance aussi immanente et originelle que la sensation4 ,ce qui lgitime cette hypothse moniste1 c'est d'abord la loi de substance et ensuite les grands progrs que l'astronomie et la physique ont faits dans la seconde moiti du ,x,i,xe sicle4 ,par l'analyse spectrale de ,,bunsen et de ,,kirchhoff 7#ahfj71 nous avons non seulement acquis la preuve que les millions de mondes qui remplissent l'espace infini sont faits de la mme matire que notre soleil et notre terre--mais encore qu'ils se trouvent des stades diffrents d'volution2 nous avons mme1 grce l'auxiliaire de l'analyse spectrale1 acquis des connaissances sur les mouvements et les distances des astres1 que le tlescope seul tait impuissant nous fournir4 ,enfin le tlescope lui-mme a t trs perfectionn et1 avec l'aide de la photographie1 nous a permis de faire une masse de dcouvertes astronomiques1 qu'on ne pouvait mme pas souponner au dbut du sicle4 ,en particulier1 nous avons appris comprendre la grande importance des petits corps clestes sems par milliards dans l'espace entre les toiles plus grandes1 en apprenant mieux connatre les comtes et les toiles filantes1 les agglomrations d'toiles et les nbuleuses4 ,nous savons galement aujourd'hui que les orbites traces par des millions de corps clestes sont variables et en partie irrgulires1 tandis qu'on admettait1 autrefois1 que les systmes plantaires taient constants et que les sphres en rotation dcrivaient leurs courbes avec une ternelle rgularit4 ,l'astrophysique doit aussi d'importants aperus aux progrs immenses accomplis dans d'autres domaines de la physique1 surtout en optique et en lectricit1 ainsi qu' la thorie de l'ther1 amene par ces progrs4 ,enfin1 et avant tout1 rapparat ici1 comme constituant le plus grand progrs accompli vers la connaissance de la nature1 l'universelle loi de substance4 ,nous savons maintenant que partout1 dans les espaces les plus lointains1 cette loi a la mme valeur absolue que dans notre systme plantaire1 qu'elle vaut dans le plus petit coin de notre terre comme dans la plus petite cellule de notre corps4 ,nous avons le droit 7et nous sommes logiquement forcs7 d'admettre cette importante hypothse1 que la conservation de la matire et de l'nergie a exist de tous temps aussi universellement qu'elle rgit tout aujourd'hui sans exception4 ,de toute ternit1 l',univers infini a t1 est et restera soumis la loi de substance4 ,de tous ces immenses progrs de l'astronomie et de la physique qui s'clairent et se compltent l'un l'autre1 une srie de conclusions infiniment importantes dcoulent relativement la composition et l'volution du ,cosmos1 la stabilit et la variabilit de la substance4 ,nous les rsumerons brivement dans les thses suivantes3 ,i4 ,l'espace est infiniment grand et illimit2 il n'est jamais vide mais partout rempli de substance4 ,,ii4 ,le temps est de mme infini et illimit2 il n'a ni commencement ni fin1 c'est l'ternit4 ,,iii4 ,la substance se trouve partout et en tous temps dans un tat de mouvement et de changement ininterrompu2 nulle part ne rgne le repos parfait2 mais en mme temps la quantit infinie de matire demeure aussi invariable que celle de l'nergie ternellement changeante4 ,,iv4 ,le mouvement ternel de la substance dans l'espace est un cercle ternel1 avec des phases d'volution se rptant priodiquement4 ,v4 ,ces phases consistent en une alternance priodique de conditions d'agrgat1 la principale tant la diffrenciation primaire de la masse et de l'ther 7l'ergonomie de la matire pondrable et impondrable74 ,,vi4 ,cette diffrenciation est fonde sur une condensation croissante de la matire1 la formation d'innombrables petits centres de condensation dont les causes efficientes sont les proprits originelles immanentes la substance3 le sentiment et l'effort4 ,,vii4 ,tandis que dans une partie de l'espace1 par ce processus pyknotique1 de petits corps clestes1 puis de plus grands1 se produisent et que l'ther qui est entre eux augmente de tension--dans l'autre partie de l'espace1 le processus inverse se produit en mme temps3 la destruction des corps clestes qui viennent s'entrechoquer4 ,,viii4 ,les sommes inoues de chaleur produites1 dans ces processus mcaniques par le choc des corps clestes en rotation1 sont reprsentes par les nouvelles forces vives qui amnent le mouvement des masses de poussire cosmique engendres1 ainsi que la noformation de sphres en rotation3 le jeu ternel recommence nouveau4 ,notre mre1 la ,terre1 elle aussi1 issue il y a des millions de milliers d'annes d'une partie du systme solaire en rotation1--aprs que de nouveaux millions de milliers d'annes se seront couls1 se glacera son tour1 et aprs que son orbite aura toujours t se rtrcissant1 elle se prcipitera dans le soleil4 ,pour comprendre clairement l'universel processus d'volution cosmique1 ces aperus modernes sur l'alternance priodique de la disparition et de la noformation des mondes1 que nous devons aux immenses progrs de la physique et de l'astronomie moderne1--me paraissent particulirement importants1 ct de la loi de substance4 ,notre mre1 la ,terre1 se rduit alors la valeur d'une minuscule poussire de soleil1 pareille aux autres incalculables millions de ces poussires qui se pourchassent dans l'espace infini3 ,notre propre ,etre humain qui1 dans son dlire de grandeur anthropistique1 s'adore comme l'image de ,dieu1 retombe au rang de mammifre placentalien1 lequel n'a pas plus de valeur pour l',univers tout entier1 que la fourmi ou l'phmre1 que l'infusoire microscopique ou le plus infime bacille4 ,nous autres1 hommes1 nous ne sommes encore que des stades d'volution passagers de l'ternelle substance1 des formes phnomnales individuelles de la matire et de l'nergie1 dont nous comprenons le nant quand nous nous plaons en regard de l'espace infini et du temps ternel4 ,espace et ,temps4--,depuis que ,,kant a fait1 des notions d',espace et de ,temps1 de simples formes de l'intuition--de l'espace1 la forme externe1 du temps l'interne--une lutte ardente s'est leve au sujet de ces importants problmes de la connaissance1 qui dure encore aujourd'hui4 ,une grande partie des mtaphysiciens modernes se sont convaincus de cette opinion1 qu'on devait attribuer l'acte critique de ,kant1 comme point de dpart d'une thorie de la connaissance purement idaliste1 la plus grande importance et qu'elle rfutait l'opinion naturelle du bon sens humain qui croit la ralit de l'espace et du temps4 ,cette conception exclusive et ultra-idaliste des deux notions capitales est devenue la source des plus grosses erreurs2 elle ne voit pas que ,,kant1 dans sa proposition1 n'abordait qu'un ct du problme1 le ct subjectif1 mais reconnaissait l'autre1 le ct objectif comme tout aussi lgitime2 il dit3 ,l'espace et le temps possdent la ralit empirique1 mais l'idalit transcendentale4 ,notre monisme moderne peut fort bien accepter cette proposition de ,,kant1 mais non pas la prtention exclusive de certains ne relever que le ct subjectif du problme2 car la consquence logique de ceci1 c'est l'absurde idalisme qui atteint son comble avec cette proposition de ,,berkeley3 ,les corps ne sont que des reprsentations2 leur existence relle consiste tre perus4 ,cette proposition devrait s'noncer ainsi3 ,les corps ne sont1 pour ma conscience personnelle1 que des reprsentations2 leur existence est aussi relle que celle des organes de ma pense1 savoir des cellules ganglionnaires des hmisphres qui recueillent les impressions faites par les corps extrieurs sur mes organes sensoriels et en les associant1 forment les reprsentations4 ,de mme que je rvoque en doute1 ou mme que je nie la ralit de l'espace et du temps1 de mme je peux nier celle de ma propre conscience2 dans le dlire fbrile1 l'hallucination1 le rve1 les cas de double conscience1 je tiens pour vraies des reprsentations qui ne sont pas relles1 mais ne sont que des imaginations2 je prends mme ma propre personne pour une autre2 le clbre cogito ergo sum n'a plus ici de valeur4 ,par contre1 la ralit de l'espace et du temps est aujourd'hui dfinitivement prouve par le progrs mme de notre conception1 que nous devons la loi de substance et la cosmognie moniste4 ,aprs avoir heureusement dpouill l'inadmissible notion d'un espace vide1 il nous reste comme infini mdium emplissant l'espace1 la matire et cela sous ses deux formes3 l'ther et la masse4 ,et1 de mme1 nous considrons comme le devenir emplissant le temps1 le mouvement ternel ou nergie gntique1 qui s'exprime par l'volution ininterrompue de la substance1 par le perpetuum mobile de l',univers4 ,universum perpetuum mobile4--,puisque tout corps qui se meut continue de se mouvoir tant qu'il n'en est pas empch par des obstacles extrieurs1 il tait naturel que l'homme et l'ide1 depuis des milliers d'annes1 de construire des appareils qui1 une fois mis en mouvement1 continuassent se mouvoir toujours de mme4 ,on ne voyait pas que tout mouvement rencontre des obstacles extrieurs et s'teint graduellement si une nouvelle impulsion ne survient pas du dehors1 si une nouvelle force ne s'ajoute pas qui l'emporte sur les obstacles4 ,c'est ainsi1 par exemple1 qu'un pendule oscillant se mouvrait ternellement de droite gauche avec la mme vitesse1 si la rsistance de l'air et le frottement au point de suspension n'teignaient graduellement la force vive1 mcanique1 de son mouvement pour la transformer en chaleur4 ,nous devons lui imprimer une nouvelle force mcanique par une nouvelle impulsion 7ou1 s'il s'agit de l'horloge pendule1 en remontant le poids74 ,c'est pourquoi la construction d'une machine qui1 sans secours extrieur1 produirait un surplus de travail1 par lequel elle se maintiendrait d'elle-mme toujours en marche1 est chose impossible4 ,toutes les tentatives faites pour crer un pareil perpetuum mobile1 taient d'avance condamnes chouer2 la connaissance de la loi de substance dmontrait d'ailleurs1 thoriquement1 l'impossibilit de cette entreprise4 ,mais il n'en va plus de mme quand nous envisageons le cosmos comme un ,tout1 l'infini ,tout cosmique1 conu ternellement en mouvement4 ,nous nommons la matire infinie qui1 objectivement le remplit1 d'aprs notre conception subjective1 espace2 son ternel mouvement qui1 objectivement1 reprsente une volution priodique revenant sur elle-mme1 est ce que nous appelons subjectivement le temps4 ,ces deux formes de l'intuition nous convainquent de l'infinit et de l'ternit du ,cosmos4 ,mais par l nous reconnaissons en mme temps que l',univers tout entier1 lui-mme1 est un perpetuum mobile embrassant tout4 ,cette infinie et ternelle machine du ,cosmos se maintient dans un mouvement ternel et ininterrompu parce que l'infiniment grande somme d'nergie actuelle et potentielle reste ternellement la mme4 ,la loi de la conservation de la force dmontre donc que l'ide du perpetuum mobile est aussi vraie et d'une importance aussi fondamentale1 en ce qui concerne le cosmos tout entier1 qu'elle est impossible en ce qui concerne l'action isole d'une partie de celui-ci4 ,par l se trouve encore rfute la thorie de l'entropie4 ,entropie du ,cosmos4--,le pntrant fondateur de la ,thorie mcanique de la ,chaleur 7#ahej71 ,,clausius1 rsumait ce qu'il y avait de plus essentiel dans cette importante thorie dans deux propositions principales4 ,la premire est celle-ci3 ,l'nergie du ,cosmos est constante2 cette proposition forme la moiti de notre loi de substance1 le principe de l'nergie4 ,la seconde affirme3 ,l'entropie du ,cosmos tend vers un maximum2 cette seconde proposition est1 notre avis1 aussi errone que la premire tait juste4 ,d'aprs ,,clausius1 l'nergie totale du ,cosmos se compose de deux parties1 dont l'une 7en tant que chaleur une haute temprature1 nergie mcanique1 lectrique1 chimique1 etc47 est encore partiellement convertible en travail1 tandis que l'autre1 au contraire1 ne l'est pas2 celle-ci1 qui est dj de l'nergie transforme en chaleur et accumule dans des corps plus froids1 est perdue sans retour pour la production ultrieure du travail4 ,cette partie d'nergie inemploye1 qui ne peut plus tre transforme en travail mcanique1 est ce que ,,clausius appelle entropie 7c'est--dire la force employe l'intrieur72 elle crot continuellement aux dpens de l'autre partie4 ,mais comme journellement1 une partie de plus en plus grande de l'nergie mcanique du ,cosmos se transforme en chaleur et que celle-ci ne peut pas1 rciproquement1 revenir sa premire forme1--alors la quantit totale 7infinie7 de chaleur et d'nergie doit se disperser et diminuer de plus en plus4 ,toutes les diffrences de temprature devraient1 en fin de compte1 s'vanouir1 et la chaleur1 toute l'tat fix1 devrait tre rpartie galement dans un unique et inerte morceau de matire congele2 toute vie et tout mouvement organiques auraient cess lorsque serait atteint ce maximum d'entropie2 ce serait la vraie fin du monde4 ,si cette thorie de l'entropie tait exacte1 il faudrait qu' cette fin du monde qu'on admet1 correspondt aussi un commencement1 un minimum d'entropie dans lequel les diffrences de temprature des parties distinctes de l',univers eussent atteint leur maximum4 ,ces deux ides1 d'aprs notre conception moniste et rigoureusement logique du processus cosmogntique ternel1 sont aussi inadmissibles l'une que l'autre2 toutes deux sont en contradiction avec la loi de substance4 ,le monde n'a pas plus commenc qu'il ne finira4 ,de mme que l'univers est infini1 de mme il restera ternellement en mouvement2 la force vive se transforme en force de tension et inversement1 par un processus ininterrompu2 et la somme de cette nergie potentielle et actuelle reste toujours la mme4 ,la seconde proposition de la thorie mcanique de la chaleur contredit la premire et doit tre sacrifie4 ,les dfenseurs de l'entropie la soutiennent1 par contre1 juste titre1 tant qu'ils n'ont en vue que des processus particuliers dans lesquels1 dans certaines conditions1 la chaleur fixe ne peut plus tre transforme en travail4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que dans la machine vapeur1 la chaleur ne peut tre transforme en travail mcanique que lorsqu'elle passe d'un corps plus chaud 7la vapeur7 un plus froid 7l'eau frache71 mais non inversement4 ,mais dans le grand ,tout du ,cosmos1 les choses se passent bien autrement2 des conditions sont donnes1 cette fois1 qui permettent aussi la transformation inverse de la chaleur latente en travail mcanique4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que lorsque deux corps clestes viennent s'entrechoquer1 anims chacun d'une vitesse inoue1 des quantits normes de chaleur sont mises en libert1 tandis que les masses1 rduites en poussire1 sont dissmines et rpandues dans l'espace4 ,le jeu ternel des masses en rotation avec condensation des parties1 grossissement en forme de sphres de nouveaux petits mtorites1 runion de ceux-ci pour en constituer de plus grosses1 etc41 recommence alors nouveau#di4 #di ,,zehnder4 ,die ,mechanik des ,weltalls1 #ahig4 ,,ii4 ,gognie moniste4--,l'histoire de l'volution de la terre1 sur laquelle nous allons jeter ici un rapide coup d'oeil1 ne forme qu'une infiniment petite partie de celle du ,cosmos4 ,elle a t1 il est vrai1 comme cette dernire1 depuis des milliers d'annes1 l'objet des spculations philosophiques et1 plus encore1 de la fantaisie mythologique2 mais elle n'est devenue objet de science que beaucoup plus rcemment et date1 presque tout entire1 de notre ,x,i,xe sicle4 ,en principe1 la nature de la terre1 en tant que plante tournant autour du soleil1 tait dj dtermine par le systme de ,,copernic 7#aedc72 ,,galil,e1 ,,kepler et autres grands astronomes ont fix mathmatiquement sa distance du soleil1 la loi de son mouvement1 etc4 ,dj1 d'ailleurs1 la cosmognie de ,,kant et de ,,laplace s'tait engage dans la voie qui montrait comment la terre provenait de la mre-soleil4 ,mais l'histoire ultrieure de notre plante1 les transformations de sa superficie1 la formation des continents et des mers1 des montagnes et des dserts3 tout cela1 la fin du ,x,v,i,i,ie sicle et dans les vingt premires annes du ,x,i,xe1 n'avait fait que bien peu l'objet de srieuses recherches scientifiques2 on se contentait1 le plus souvent1 de suppositions assez incertaines ou bien on admettait les traditionnelles lgendes relatives la cration2 c'tait surtout1 ici encore1 la croyance en l'histoire mosaque de la cration qui barrait1 par avance1 la route qui et conduit les recherches indpendantes la connaissance de la vrit4 ,ce n'est qu'en #ahbb que parut une oeuvre importante1 dans laquelle tait employe1 pour l'tude scientifique de l'histoire de la terre1 cette mthode qu'on reconnut bientt aprs tre de beaucoup la plus fconde1 la mthode ontologique ou le principe de l'actualisme#ej4 ,elle consiste tudier minutieusement les phnomnes du prsent et s'en servir pour expliquer les processus historiques analogues du pass4 ,la ,socit des sciences de ,gttingue avait en outre 7#ahah7 promis un prix l'tude la plus approfondie et la plus comprhensive sur les changements de la surface de la terre dont on peut trouver la preuve dans l'histoire et sur l'application qu'on peut faire des donnes ainsi acquises l'tude des rvolutions terrestres qui chappent au domaine de l'histoire4 ,cette importante question de concours fut rsolue par ,k4 ,,hoff de ,gotha1 dans son excellent ouvrage3 ,histoire des changements naturels de la surface de la terre1 dmontrs par la tradition 7#d vol4 #ahbb-ahcd74 ,la mthode ontologique ou actualiste1 fonde par lui1 fut applique avec une porte plus vaste et un immense succs au domaine tout entier de la gologie par le grand gologue anglais ,c4 ,,lyell2 les ,principes de gologie 7#ahcj7 de celui-ci furent la base solide sur laquelle l'histoire ultrieure de la terre continua de construire avec un si clatant succs#ea4 ,les importantes recherches gogntiques d',,al4 ,,humboldt et ,l4 ,,buch1 de ,g4 ,,bischof et ,e4 ,,suss1 ainsi que celles de beaucoup d'autres gologues modernes1 s'appuient sur les solides bases empiriques et sur les principes spculatifs1 dont nous sommes redevables aux recherches de ,h4 ,,koff et de ,,ch4 ,,lyell qui ont fray la voie2 ils ont dgag la voie la science pure1 fonde sur la raison1 dans le domaine de l'histoire de la terre2 ils ont loign les puissants obstacles qu'ici aussi la fantaisie mythologique et la tradition religieuse avaient entasss1 surtout la ,bible et la mythologie chrtienne fonde sur elle4 ,j'ai dj parl1 dans la sixime et la quinzime leon de mon ,histoire de la ,cration naturelle1 des grands mrites de ,,ch4 ,,lyell et des rapports qui existaient entre lui et son ami ,,ch4 ,,darwin2 quant une tude plus approfondie de l'histoire de la terre et des immenses progrs que la gologie dynamique et historique a faits en notre sicle1 je renvoie aux ouvrages connus de ,,suss1 ,,neumayr1 ,,credner et ,j4 ,,walther4 #ej ,j4 ,,walther1 ,einleit4 in die ,geologie als historische ,wissenschaft1 #ahic4 ,s4 ,,xiv4 #ea ,cf4 ,m4 ,,neumayr1 ,erdgeschichte1 #bte ,aufl4 #ahie4 ,il faut avant tout distinguer deux parties principales dans l'histoire de la terre3 la gognie anorganique et l'organique2 cette dernire commence avec la premire apparition des tres vivants la surface du globe4 ,l'histoire anorganique de la terre1 priode la plus ancienne1 s'est coule pareille celle des autres plantes de notre systme solaire2 tous ils se sont dtachs de l'quateur du corps solaire en rotation1 sous forme d'anneaux nbuleux qui se condensrent graduellement en mondes indpendants4 ,de la nbuleuse gazeuse est sortie1 par refroidissement1 la terre en ignition1 aprs quoi s'est produite sa superficie1 par un progressif rayonnement de chaleur1 la mince corce solide que nous habitons4 ,c'est seulement aprs qu' la surface la temprature se ft abaisse jusqu' un certain degr1 que la premire goutte d'eau liquide put se former au milieu de l'enveloppe vaporeuse qui l'entourait3 c'tait la condition la plus importante pour l'apparition de la vie organique4 ,bien des millions d'annes se sont couls--en tous cas plus de cent--depuis que cet important processus de la formation de l'eau s'est produit1 nous conduisant ainsi la troisime partie de la cosmognie1 la biognie4 ,,iii4 ,biognie moniste4--,la troisime phase de l'volution du monde commence avec la premire apparition des organismes sur notre globe terrestre et se prolonge depuis lors1 sans interruption1 jusqu' nos jours4 ,les grandes nigmes de l',univers qui se posent nous1 dans cette intressante partie de l'histoire de la terre1 passaient encore1 au commencement du ,x,i,xe sicle1 pour insolubles1 ou du moins pour si difficiles que leur solution semblait reculer dans un lointain avenir2 la fin du sicle1 nous pouvons dire1 avec un orgueil lgitime1 qu'elles sont rsolues en principe par la biologie moderne et son transformisme2 et mme1 beaucoup de phnomnes isols de ce merveilleux royaume de la vie1 s'expliquent aujourd'hui physiquement d'une manire aussi parfaite que n'importe quel phnomne physique trs connu1 de la nature inorganique4 ,le mrite d'avoir fait le premier pas1 si gros de consquences1 sur cette route difficile et d'avoir montr la route vers la solution moniste de tous les problmes biologiques1--revient au profond naturaliste franais ,j4 ,,lamarck2 il publia en #ahji1 l'anne mme o naissait ,,ch4 ,,darwin1 sa ,philosophie zoologique si riche en aperus4 ,cette oeuvre originale est non seulement un essai grandiose d'explication de tous les phnomnes de la vie organique d'un point de vue unique et physique1 c'est1 en outre1 un chemin fray1 le seul qui puisse conduire la solution de la plus difficile nigme de ce domaine3 du problme de l'apparition naturelle des espces organiques4 ,,lamarck1 qui possdait des connaissances empiriques aussi tendues en zoologie qu'en botanique1 baucha ici1 pour la premire fois les principes de la thorie de la descendance2 il montra comment les innombrables formes des rgnes animal et vgtal proviennent1 par transformations graduelles1 de formes ancestrales communes1 des plus simples1 et comment les changements graduels de forme1 produits par l'action de l'adaptation contrebalance par celle de l'hrdit1 ont amen cette lente transmutation4 ,dans la cinquime leon de mon ,histoire de la ,cration naturelle1 j'ai apprci les mrites de ,,lamarck comme ils mritaient de l'tre1 dans la sixime et la septime1 j'en ai fait autant pour ceux de ,,ch4 ,,darwin 7#ahei74 ,grce lui1 cinquante ans plus tard1 non seulement tous les principes importants de la thorie de la descendance taient poss irrfutablement1 mais1 en outre1 grce l'introduction de la ,thorie de la slection1 les lacunes laisses par son devancier taient combles par ,darwin4 ,le succs que1 malgr tous ses mrites1 ,,lamarck n'avait pu obtenir1 chut libralement ,,darwin2 son ouvrage qui fait poque1 sur l',origine des ,espces au moyen de la slection naturelle a rvolutionn de fond en comble toute la biologie moderne en ces quarante dernires annes1 et l'a leve une hauteur qui ne le cde en rien celle des autres sciences naturelles4 ,,darwin est devenu le ,copernic du monde organique1 ainsi que je m'exprimais dj en #ahfh et ainsi que ,e4 ,,du ,,bois-,,reymond le faisait quinze ans aprs1 rptant mes paroles 7,cf4 ,monisme74 ,,iv4 ,anthropognie moniste4--,nous pouvons considrer1 nous autres hommes1 comme la quatrime et dernire priode de l'volution cosmique1 celle pendant laquelle notre propre race a volu4 ,dj ,,lamarck 7#ahji7 avait clairement reconnu que cette volution ne se pouvait raisonnablement concevoir que par une solution naturelle1 la descendance du ,singe en tant que ,mammifre le plus proche4 ,,huxley montra ensuite 7#ahfc71 dans son clbre mmoire sur ,la place de l'homme dans la nature--que cette importante hypothse tait une consquence ncessaire de la thorie de la descendance et qu'elle s'appuyait sur des faits trs probants de l'anatomie1 de l'embryologie et de la palontologie2 il tenait cette question essentielle entre toutes les questions pour rsolue en principe4 ,,darwin la traita ensuite1 de divers points de vue et de faon remarquable dans son ouvrage sur ,la descendance de l'homme et la slection sexuelle 7#ahga74 ,j'avais moi-mme1 dans ma ,morphologie gnrale1 7#ahff71 consacr un chapitre spcial cet important problme de la descendance4 ,en #ahgd je publiai mon ,anthropognie dans laquelle1 pour la premire fois1 est mene bonne fin la tentative de suivre la descendance de l'homme travers la srie entire de ses aeux1 jusqu'aux plus anciennes formes archigones de ,monres2 je me suis appuy galement sur les trois grandes branches de la phylognie3 l'anatomie compare1 l'ontognie et la palontologie 7#d;e d4 #ahia74 ,ce que nous avons encore acquis en ces dernires annes1 grce aux nombreux et importants progrs des tudes anthropogntiques1--j'ai essay de le montrer dans la confrence que j'ai faite1 en #ahih1 au ,congrs international de zoologie tenu ,cambridge1 sur l'tat actuel de nos connaissances relativement l'origine de l'homme4 7,bonn #g;e d4 #ahii1 trad4 fran1 par le ,dr ,laloy47 ,,chapitre ,,xiv ,unit de la nature4 ,,tudes ,,monistes ,,sur ,l',,unit ,,mat,,rielle ,,et ,,nerg,,tique ,,du ,,cosmos4--,m,,canisme ,,et ,,vitalisme4--,,but1 ,,fin ,,et ,,hasard4 ,tous les corps naturels connus1 anims ou inanims1 concordent dans toutes leurs proprits essentielles4 ,les diffrences qui existent entre ces deux grands groupes de corps 7les organiques et les inorganiques71 quant la forme et aux fonctions1 sont simplement la suite ncessaire de leur diffrente composition chimique4 ,les phnomnes caractristiques de mouvement et de forme de la vie organique ne sont pas la manifestation d'une force vitale spciale1 mais simplement les modes d'activit 7immdiate ou mdiate7 des corps albuminodes 7combinaisons du plasma7 et autres combinaisons plus compliques du carbone4 ,morphologie gnrale 7#ahff74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xiv ,monisme du ,cosmos4--,unit foncire de la nature organique et de l'inorganique4--,thorie carbogne4--,hypothse de la procration primitive 7archigonie74--,causes mcaniques et causes finales4--,mcanique et tlologie chez ,kant4--,la fin dans la nature organique et dans l'inorganique4--,vitalisme1 force vitale1 novitalisme1 dominantes4--,dystlologie4--,thorie des organes rudimentaires4--,absence de finalit et imperfection de la nature4--,tendance vers un but1 chez les corps organiques4--,son absence dans l'ontognse et dans la psychognse4--,ides platoniciennes4--,ordre moral du monde3 on n'en peut dmontrer l'existence ni dans l'histoire organique de la terre1 ni dans celle des ,vertbrs1 ni dans celle des peuples4--,providence4--,but1 fin et hasard4 ,,litt,,rature ,p4 ,,holbach4--,systme de la nature4 ,paris1 #aggj4 ,h4 ,,helmholz4--,populaere wissensch4 ,vortraege4 ,i-,,iii1 ,heft4 ,w4 ,r4 ,,grove4--,die ,verwandschaft der ,naturkraefte4 #ahga4 ,,ph4 ,,spiller4--,die ,entstehung der ,welt und die ,einheit der ,naturkraefte4 ,populaere ,kosmogenie4 ,berlin1 #ahgj4 ,,ph4 ,,spiller4--,die ,urkraft des ,weltalls nach ihrem ,wesen und ,wirken auf allen ,naturgebieten4 #ahgf4 ,c4 ,,naegeli4--,mechanisch-physiologische ,theorie der ,abstammungslehre4 ,mnchen1 #ahhd4 ,l4 ,,zehnder4--,die ,entstehung des ,lebens1 aus mechanischen ,grundlagen entwickelt4 #ahii4 ,e4 ,,haeckel4--,allgem4 ,untersuchungen ber die ,natur und erste ,entstehung der ,organismen1 ihr ,verhaeltniss zu den ,anorganen und ihre ,eintheilung in ,thiere und ,pflanzen4 #btes ,buch der ,generellen ,morphologie1 ,bd4 ,i4 ,s4 #aji-bch1 #ahff4 ,,kosmos4--,zeitschrift fr einheitliche ,weltanschauung auf ,grund der ,entwicklungslehre4 ,unter ,mitwirkung von ,ch4 ,darwin und ,e4 ,haeckel1 herausgegeben von ,e4 ,krause4 ,bd4 ,i-,,xix1 #ahgg-ahhf4 ,la loi de substance nous fournit avant tout la preuve de ce fait fondamental que toute la force de la nature peut tre1 mdiatement ou immdiatement transforme en une autre4 ,l'nergie mcanique et la chimique1 le son et la chaleur1 la lumire et l'lectricit1 sont convertibles l'un en l'autre et ne nous apparaissent que comme des aspects phnomnaux diffrents d'une seule et mme force originelle1 l'nergie4 ,il s'en dduit le principe important de l',unit de toutes les forces de la ,nature ou du ,monisme de l'nergie4 ,dans tout le domaine des sciences physico-chimiques1 ce principe fondamental est universellement adopt1 en tant qu'il s'applique aux corps naturels inorganiques4 ,il semble en aller autrement dans le monde organique1 dans le domaine riche et vari de la vie4 ,sans doute1 il est visible ici aussi qu'une grande partie des phnomnes vitaux sont ramenables immdiatement l'nergie mcanique ou chimique1 des effets d'lectricit ou d'optique4 ,mais pour une autre partie de ces phnomnes1 la chose est conteste aujourd'hui encore1 surtout en ce qui concerne l'nigme de la vie psychique1 en particulier de la conscience4 ,le grand mrite de la thorie moderne de l'volution1 c'est prcisment d'avoir jet un pont entre ces deux domaines1 en apparence distincts4 ,nous en sommes venus1 maintenant1 la conviction nette que tous les phnomnes de la vie organique1 eux aussi1 sont soumis la loi universelle de substance1 tout comme les phnomnes anorganiques qui se passent dans l'infini ,cosmos4 ,l',unit de la ,nature qui s'en dduit1 la dfaite du dualisme d'autrefois1 est certainement une des plus belles conqutes de notre moderne gntique4 ,j'ai dj cherch1 il y a trente-trois ans1 dmontrer trs explicitement ce ,monisme du ,cosmos1 cette foncire unit de la ,nature organique et de l'inorganique1 en soumettant un examen critique et une comparaison minutieuse1 la concordance que prsentent les deux grands rgnes quant aux matriaux premiers1 aux formes et aux forces#eb4 ,j'ai donn un court extrait des rsultats obtenus dans la quinzime leon de mon ,histoire de la ,cration naturelle4 ,tandis que les ides exposes l sont admises aujourd'hui par la plus grande majorit des philosophes1 de plusieurs cts on a voulu essayer1 en ces derniers temps1 de les combattre et de rtablir l'ancienne opposition entre deux domaines distincts de la ,nature4 ,le plus rigoureux de ces essais est l'ouvrage rcemment paru du botaniste ,,reinke3 ,le monde comme action#ec4 ,l'auteur y dfend1 avec une clart et une rigueur logique dignes d'loges1 le pur dualisme cosmologique et dmontre en mme temps lui-mme combien la conception tlologique qu'on y veut rattacher1 est insoutenable4 ,dans le domaine tout entier de la ,nature inorganique n'agiraient que des forces physiques et chimiques1 tandis que dans celui de la ,nature organique se joindraient aux prcdentes des forces intelligentes1 les forces directrices ou dominantes4 ,la loi de substance n'aurait de valeur que dans le premier groupe1 non dans le second4 ,au fond1 il s'agit encore ici de la vieille opposition entre la conception mcanique et la tlologique4 ,avant d'aborder celle-ci1 indiquons brivement deux autres thories qui sont1 mon avis1 trs prcieuses pour rsoudre ces importants problmes3 la thorie carbogne et la thorie de la procration primitive4 #eb ,,haeckel4 ,generelle ,morphologie der ,organismen4 #ahff1 #btes ,buch1 #etes ,kap4 #ec ,f4 ,,reinke4 ,die ,welt als ,that4 ,berlin #ahii4 ,thorie carbogne4--,la chimie physiologique1 par d'innombrables analyses1 a tabli au cours de ces quarante dernires annes1 les cinq faits suivants3 ,i4 ,dans les corps naturels organiques il n'entre pas d'lments qui ne soient pas inorganiques2 ,,ii4 ,les combinaisons d'lments1 particulires aux organismes et qui dterminent leurs phnomnes vitaux1 consistent toutes en composs de plasma1 du groupe des albuminodes2 ,,iii4 ,la vie organique elle-mme est un processus physico-chimique1 fond sur des changes nutritifs entre ces plasmas albuminodes2 ,,iv4 ,l'lment qui seul est capable de construire ces albuminodes complexes en se combinant d'autres lments 7oxygne1 hydrogne1 azote1 soufre71 c'est le carbone2 ,v4 ,ces combinaisons de plasma base de carbone se distinguent de la plupart des autres combinaisons chimiques par leur structure molculaire trs complexe1 par leur instabilit et par l'tat gonfl de leurs agrgats4 ,m'appuyant sur ces cinq faits fondamentaux1 j'avais pos1 il y a trente-trois ans1 la ,thorie carbogne suivante3 ,seules1 les proprits caractristiques1 physico-chimiques du carbone--et principalement son tat d'agrgat semi-liquide1 ainsi que la facilit avec laquelle se dtruisent ses combinaisons1 ses trs complexes albuminodes1--sont les causes mcaniques de ces phnomnes moteurs particuliers qui distinguent les organismes des corps inorganiss1 ensemble de phnomnes qu'on dsigne du nom de vie 7,hist4 de la ,crat4 ,nat41 p4 #ceg74 ,bien que cette thorie carbogne ait t violemment attaque par divers biologistes1 aucun cependant n'a pu jusqu'ici proposer sa place une meilleure thorie moniste4 ,aujourd'hui que nous connaissons bien mieux et plus fond les conditions physiologiques de la vie cellulaire1 la physique et la chimie du plasma vivant1 nous pouvons poser la thorie carbogne plus explicitement et plus srement qu'il ne nous tait possible de le faire il y a trente-trois ans4 ,archigonie ou procration primitive4--,le vieux concept de procration 7gnration spontane ou quivoque7 est encore employ aujourd'hui dans des sens trs diffrents2 l'obscurit de ce terme et son application contradictoire des hypothses anciennes et modernes1 toutes diffrentes1 sont prcisment causes que cet important problme compte parmi les questions les plus confuses et les plus dbattues des sciences naturelles4 ,je limite le terme de procration--archigonie ou abiognse-- la premire apparition du plasma vivant succdant aux combinaisons anorganiques du carbone desquelles il est issu et je distingue deux priodes principales dans ce ,commencement de biognse3 ,i4 ,l',autogonie1 l'apparition de corps plasmiques des plus simples dans un liquide formateur inorganique1 et ,,ii4 la ,plasmogonie1 l'individualisation en organismes primitifs1 de ces combinaisons de plasma1 sous forme de monres4 ,j'ai trait si fond ces problmes importants mais trs difficiles1 dans le chapitre ,,xv de mon ,histoire de la ,cration ,naturelle1--que je peux me contenter d'y renvoyer4 ,on en trouverait dj une discussion trs longue1 rigoureusement scientifique1 dans ma ,morphologie gnrale 7vol4 ,i4 p4 #afg-aij72 plus tard1 dans sa thorie mcanico-physiologique de la descendance1 7#ahhd7 ,,naegeli a repris tout fait dans le mme sens l'hypothse de la procration qu'il considre comme indispensable la thorie naturelle de l'volution4 ,j'approuve compltement son affirmation3 ,nier la procration c'est proclamer le miracle4 ,tlologie et mcanisme4--,l'hypothse de la procration1 ainsi que la thorie carbogne qui s'y relie troitement1 sont de la plus grande importance lorsqu'il s'agit de se prononcer dans le vieux conflit entre la conception tlologique 7dualiste7 des phnomnes et la mcanique 7moniste74 ,depuis que ,,darwin1 il y a quarante ans de cela1 nous a mis entre les mains la clef de l'explication moniste de l'organisation1 par sa thorie de la slection1 nous sommes en tat de ramener l'infinie diversit des dispositions conformes une fin1 que nous observons dans le monde des corps vivants1 des causes mcaniques1 naturelles1 absolument comme nous le faisons quand il s'agit de la nature inorganique1 pour laquelle seule la chose tait possible auparavant4 ,les causes finales surnaturelles1 auxquelles on tait oblig de recourir autrefois1 sont ainsi devenues superflues4 ,cependant la mtaphysique moderne continue les dclarer indispensables et les causes mcaniques insuffisantes4 ,causes efficientes et causes finales4--,nul n'a mieux fait ressortir que ,,kant le profond contraste entre les causes efficientes et les causes finales quand il s'agit d'expliquer la nature dans sa totalit4 ,dans son oeuvre de jeunesse1 si clbre1 l',histoire naturelle gnrale et thorie du ciel 7#agee71 il avait tent l'entreprise hardie de traiter de la composition et de l'origine mcanique de tout l'difice cosmique1 d'aprs les principes de ,,newton4 ,cette thorie cosmologique des gaz s'appuyait tout entire sur les phnomnes du mouvement mcanique de la gravitation2 elle fut reprise plus tard par le grand astronome et mathmaticien ,,laplace1 qui la fonda sur les mathmatiques4 ,lorsque ,napolon ,ier demanda ce savant1 quelle place ,dieu1 crateur et conservateur de l',univers1 occupait dans son systme1 ,laplace rpondit simplement et loyalement3 ,sire1 je n'ai pas besoin de cette hypothse4 ,c'tait reconnatre ouvertement le caractre athistique que cette cosmognie mcanique partage avec toutes les sciences inorganiques4 ,nous devons d'autant plus insister l-dessus que la thorie ,kant-,laplace a conserv jusqu' ce jour une valeur presque universelle2 toutes les tentatives faites pour la remplacer par une meilleure ont chou4 ,si l'accusation d'athisme constitue encore aujourd'hui1 dans beaucoup de milieux1 un grave reproche1 il s'applique l'ensemble des sciences naturelles modernes en tant qu'elles donnent du monde inorganique une explication toute mcanique4 ,le mcanisme lui seul 7au sens de ,,kant7 nous fournit une relle explication des phnomnes naturels en ce qu'il les ramne des causes efficientes1 des mouvements aveugles et inconscients1 provoqus par la constitution matrielle de ces corps naturels eux-mmes4 ,,kant fait remarquer que sans ce mcanisme de la nature1 il ne peut pas y avoir de science--et que les droits qu'a la raison humaine de recourir une explication mcanique de tous les phnomnes sont illimits4 ,mais lorsque1 plus tard1 dans sa critique du jugement tlologique1 il aborda l'explication des phnomnes compliqus de la nature organique1 ,,kant affirma que pour ceux-ci les causes mcaniques taient insuffisantes2 qu'il fallait recourir des causes finales4 ,sans doute1 ici encore1 la raison est en droit de recourir une explication mcanique1 mais sa puissance est limite4 ,,kant1 il est vrai1 reconnat en partie la puissance de la raison1 mais pour la plus grande partie des phnomnes vitaux 7et surtout pour l'activit psychique de l'homme7 il tient pour indispensable d'admettre les causes finales4 ,le remarquable paragraphe #gi de la ,critique du jugement porte cette pigraphe caractristique3 ,de la subordination ncessaire du principe du mcanisme au principe tlologique pour expliquer qu'une chose soit une fin naturelle4 ,les dispositions conformes une fin1 ralises dans le corps des tres organiques1 semblaient ,,kant si inexplicables sans causes finales 7c'est--dire une force cratrice se conformant un plan71 qu'il nous dit3 ,il est bien certain1 en ce qui concerne les tres organiss et leurs facults internes1 qu'au moyen des seuls principes mcaniques de la nature1 non seulement nous les connaissons insuffisamment1 mais que nous pouvons encore bien moins nous les expliquer2 cela est si certain que l'on peut affirmer hardiment ceci3 il serait absurde1 de la part de l'homme1 de concevoir seulement un tel projet et d'esprer qu'un nouveau ,,newton pourrait peut-tre surgir qui nous ferait comprendre1 ne ft-ce que la production d'un brin d'herbe1 d'aprs des lois naturelles qu'aucune pense pralable n'aurait pas ordonnes3 on doit dtourner absolument l'homme de cette pense4 ,soixante-dix ans plus tard1 cet impossible ,,newton de la nature organique est apparu en la personne de ,,darwin et a rsolu le grand problme que ,,kant avait dclar insoluble4 ,la fin dans la nature inorganique 7,tlologie anorganique74--,depuis que ,,newton a pos la loi de la gravitation 7#afhb71 que ,,kant a tabli la composition et l'origine mcanique de tout l'difice cosmique d'aprs les principes de ,,newton 7#agee71 depuis1 enfin1 que ,,laplace a fond mathmatiquement cette loi fondamentale du mcanisme cosmique1 les sciences naturelles anorganiques1 toutes ensemble1 sont devenues purement mcaniques et en mme temps purement athistes4 ,dans l'astronomie et la cosmognie1 dans la gologie et la mtorologie1 dans la physique et la chimie inorganiques1 depuis lors1 les lois mcaniques1 appuyes sur une base mathmatique1 sont considres comme absolument tablies et rgnant sans rserve4 ,depuis lors aussi1 la notion de fin a disparu de tout ce grand domaine4 ,actuellement1 la fin de notre ,x,i,xe sicle o cette conception moniste1 aprs de durs combats1 est arrive se faire accepter1 aucun naturaliste1 parlant srieusement1 ne s'inquite du but d'un phnomne quelconque dans le domaine incommensurable qu'il explore4 ,pense-t-on qu'un astronome s'informerait srieusement aujourd'hui du but des mouvements plantaires1 ou un minralogiste du but de telles formes de cristaux8 ,un physicien va-t-il se creuser la tte sur la fin des forces lectriques ou un chimiste sur celle des poids atomiques8 ,nous pouvons avec confiance rpondre3 ,non6 ,a coup sr pas en ce sens que le bon ,dieu ou quelque force naturelle tendant vers un but1 aurait un beau jour tir subitement du nant ces lois fondamentales du mcanisme cosmique1 en vue d'une fin dtermine--et qu'il les ferait agir journellement conformment sa volont raisonnable4 ,cette conception anthropomorphique d'un constructeur et rgisseur de l',univers1 agissant en vue d'une fin1 est compltement suranne2 sa place a t prise par les grandes1 ternelles lois d'airain de la nature4 ,la fin dans la nature organique 7,tlologie biologique74--,quand il s'agit de la nature organique1 la notion de finalit possde1 aujourd'hui encore1 une tout autre signification et une tout autre valeur que lorsqu'il s'agissait du monde inorganique4 ,dans la structure du corps et dans les fonctions vitales de tout organisme1 l'activit en vue d'une fin s'impose nous1 indniable4 ,chaque plante et chaque animal1 la manire dont ils sont composs de parties distinctes1 nous apparaissent organiss en vue d'une fin dtermine1 absolument comme le sont les machines artificielles1 inventes et construites par l'homme2 et tant que dure leur vie1 la fonction de leurs divers organes tend vers une fin prcise1 absolument comme le travail dans les diverses parties de la machine4 ,il tait donc tout naturel que les conceptions primitives et naves1 pour expliquer l'apparition et l'activit vitale des tres organiques1 invoquassent un crateur qui aurait ordonn toutes choses avec sagesse et lumires et aurait organis chaque plante et chaque animal1 conformment la fin spciale de sa vie4 ,on se reprsente d'ordinaire ce tout-puissant ,crateur du ,ciel et de la ,terre d'une faon tout anthropomorphique2 il cra chaque tre d'aprs son espce4 ,cependant1 tant que l'homme se figurait le crateur sous forme humaine1 pensant avec son cerveau humain1 voyant avec ses yeux1 faonnant avec ses mains1 on pouvait encore se faire une image sensible de ce divin constructeur de machines et de son oeuvre artificielle dans le grand atelier de la cration4 ,la chose devint bien plus difficile lorsque l'ide de ,dieu s'pura et que l'on envisagea dans le dieu invisible un crateur sans organes--7une crature gazeuse74 ,ces conceptions anthropistiques devinrent encore plus incomprhensibles lorsqu' la place du ,dieu construisant consciemment1 la physiologie vint mettre la force vitale crant inconsciemment--force naturelle inconnue1 agissant conformment une fin et qui1 diffrente des forces physiques et chimiques connues1 ne les prenait que temporairement son service--pendant sa vie4 ,ce vitalisme rgna jusqu'au milieu de notre sicle2 il ne fut rellement rfut que par le grand physiologiste de ,berlin1 ,j4 ,m,,ller4 ,celui-ci1 sans doute 7comme tous les autres biologistes de la premire moiti du ,x,i,xe sicle7 avait t lev dans la croyance la force vitale et la tenait pour indispensable l'explication des causes dernires de la vie1 mais il donna d'autre part1 dans son manuel classique de ,physiologie 7#ahcc7 qui1 jusqu' ce jour1 n'a pas t dpass1 la preuve apagogique1 qu'en somme on ne pouvait rien faire de cette force vitale4 ,m,,ller montra1 par une longue srie d'observations remarquables et d'expriences ingnieuses1 que la plupart des fonctions vitales de l'organisme humain1 comme de l'organisme animal1 s'excutaient d'aprs des lois physiques et chimiques1 que certaines d'entre elles pouvaient mme tre dtermines mathmatiquement4 ,et cela s'applique aussi bien aux fonctions animales des muscles et des nerfs1 des organes des sens suprieurs ou infrieurs1 qu'aux processus de la vie vgtative1 de la nutrition et des changes de matriaux1 de la digestion et de la circulation4 ,seuls1 deux domaines restaient nigmatiques et inexplicables si l'on n'admettait pas une force vitale3 celui de l'activit psychique suprieure 7la vie de l'esprit7 et celui de la reproduction 7gnration74 ,mais dans ces domaines1 leur tour1 on fit1 sitt aprs la mort de ,m,,ller1 des dcouvertes et des progrs si importants1 que l'inquitant spectre de la force vitale disparut galement de ces deux derniers recoins4 ,c'est vraiment un curieux hasard chronologique que #a soit mort en #aheh1 l'anne mme o ,,darwin publiait les premiers faits relatifs sa thorie qui fit poque4 ,la thorie de la slection de ce dernier rpondait la grande nigme devant laquelle le premier s'tait arrt3 la question de l'apparition de dispositions conformes un but et produites par des causes toutes mcaniques4 ,la fin dans la thorie de la slection 7,,darwin #ahei74--,l'immortel mrite philosophique de ,,darwin demeure1 ainsi que je l'ai souvent rpt1 double3 c'est d'abord d'avoir rform l'ancienne thorie de la descendance1 fonde en #ahji par ,,lamarck1 dfinitivement tablie par ,,darwin sur l'immense amas de faits amoncels au cours de ce demi-sicle2--c'est ensuite d'avoir pos la thorie de la slection qui1 pour la premire fois1 nous dcouvre seulement les vritables causes efficientes de la graduelle transformation des espces4 ,,darwin montra d'abord comment l'pre lutte pour la vie est le rgulateur inconsciemment efficace qui gouverne l'action rciproque de l'hrdit et de l'adaptation1 dans la graduelle transformation des espces2 c'est le grand ,dieu leveur qui1 sans intention1 produit de nouvelles formes par la slection naturelle1 tout comme un leveur humain1 avec intention1 ralise de nouvelles formes par la slection artificielle4 ,ainsi tait rsolue cette grande nigme philosophique3 ,comment des dispositions conformes une fin peuvent-elles tre produites d'une manire toute mcanique1 sans causes agissant en vue d'une fin8 ,,kant1 lui encore1 avait dclar cette difficile nigme insoluble1 bien que1 plus de deux mille ans avant lui1 le grand penseur ,,emp,,docle et indiqu le chemin de la solution4 ,grce celle-ci1 le principe de la mcanique tlologique a pris1 en ces derniers temps1 une valeur de plus en plus grande et nous a expliqu mcaniquement les dispositions les plus subtiles et les plus caches des tres organiques1 par l'autoformation fonctionnelle de la structure conforme une fin4 ,par l1 la notion transcendante de finalit propre la philosophie tlologique de l',ecole1 se trouve carte et avec elle l'obstacle le plus grand qui s'opposait une conception rationnelle et moniste de la nature4 ,novitalisme4--,en ces derniers temps1 le vieux spectre de la mystique force vitale1 qui semblait mort jamais1 s'est ranim2 divers biologistes distingus ont cherch le faire revivre sous un nouveau nom4 ,l'expos le plus clair et le plus rigoureux en a t donn rcemment1 par le botaniste de ,kiel1 ,j4 ,,reinke#ed4 ,il dfend la croyance au miracle et le thisme1 l'histoire mosaque de la ,cration et la constance des espces2 il appelle les forces vitales1 par opposition aux forces physiques1 des forces directrices1 forces suprieures ou dominantes4 ,d'autres1 au lieu de cela1 d'aprs une conception toute anthropistique1 admettent un ingnieur-machiniste1 qui aurait inculqu la substance organique une organisation conforme une fin et dirige vers un but dtermin4 #ed ,j4 ,,reinke1 ,die ,welt als ,that 7,berlin1 #ahii74 ,ces tranges hypothses tlologiques ncessitent aussi peu1 aujourd'hui1 une rfutation scientifique1 que les naves objections contre le ,darwinisme1 dont elles s'accompagnent d'ordinaire4 ,thorie des organes non conformes une fin 7,dystlogie74--,sous ce nom j'ai dj constitu1 il y a trente-trois ans1 la science des faits biologiques intressants et importants entre tous1 qui contredisent directement1 d'une manire qui saute aux yeux1 la traditionnelle conception tlologique des corps vivants organiss conformment une fin#ee4 ,cette ,science des individus rudimentaires1 avorts1 manqus1 tiols1 atrophis ou cataplastiques s'appuie sur une quantit norme de phnomnes des plus remarquables1 connus1 il est vrai1 depuis longtemps des zoologistes et des botanistes mais dont ,,darwin1 le premier1 a expliqu la cause et valu la haute porte philosophique4 #ee ,e4 ,,haeckel4 ,generelle ,morphologie #ahff4 ,bd4 ,,ii1 ,s4 #bff-bhe ,cf4 ,natrl4 ,schpf ,gesch4 ,,ix ,aufl4 #ahih4 ,s4 #ad1 #ah1 #bhh1 #gib4 ,chez toutes les plantes et tous les animaux suprieurs1 en particulier chez tous les organismes dont le corps n'est pas simple mais compos de plusieurs organes concourant une mme fin1--on constate1 un examen attentif1 un certain nombre de dispositions inutiles ou inactives1 et mme en partie dangereuses ou nuisibles4 ,dans les fleurs de la plupart des plantes1 on trouve ct des feuilles sexuelles1 actives1 par lesquelles s'effectue la reproduction1 quelques organes-feuilles1 inutiles1 sans importance 7tamines1 carpophylles1 ptales1 spales1 etc41 tiols ou manqus74 ,dans les deux grandes classes d'animaux volants1 classes si riches en formes1 les oiseaux et les insectes1 on trouve ct des animaux normaux qui se servent journellement de leurs ailes un certain nombre d'individus dont les ailes sont atrophies et qui ne peuvent pas voler4 ,presque dans toutes les classes d'animaux suprieurs dont les yeux servent la vision1 il existe des espces isoles qui vivent dans l'obscurit et ne voient pas2 cependant ils possdent encore presque tous des yeux2 mais ces yeux sont atrophis1 incapables de servir la vision4 ,notre propre corps humain prsente de pareils rudiments inutiles3 les muscles de nos oreilles1 la membrane clignotante de nos yeux1 la glande mammaire de l'homme et autres parties du corps2 bien plus1 le redoutable appendice vermiforme du coecum intestinal1 n'est pas seulement inutile1 mais dangereux car son inflammation amne chaque anne la mort d'un certain nombre de personnes#ef4 #ef ,c'est cette inflammation qui constitue l'appendicite4 ,l'explication de ces dispositions et d'autres semblables qui ne rpondent aucun but dans la constitution du corps animal ou vgtal1 ne peut nous tre fournie ni par le vieux vitalisme mystique1 ni par le moderne novitalisme1 tout aussi irrationnel2 au contraire1 elle devient trs simple par la thorie de la descendance4 ,celle-ci nous montre que les organes rudimentaires sont atrophis et cela par suite du manque d'usage4 ,de mme que les muscles1 les nerfs1 les organes sensoriels se fortifient par l'exercice et une activit rpte1 de mme1 inversement1 ils entrent plus ou moins en rgression s'ils ne fonctionnent pas et que l'usage en soit abandonn4 ,mais quoique l'exercice et l'adaptation stimulent ainsi le dveloppement des organes1 ces organes ne disparaissent cependant pas1 par suite d'inaction1 immdiatement et sans qu'on en puisse retrouver la trace2 la force de l'hrdit les maintient encore pendant plusieurs gnrations1 ils ne disparaissent qu'au bout de trs longtemps et graduellement4 ,l'aveugle lutte pour l'existence entre organes amne leur disparition hors de l'histoire1 comme elle avait1 l'origine1 amen leur apparition et leur dveloppement4 ,aucun but immanent ne joue de rle ici4 ,imperfection de la ,nature4--,ainsi que la vie de l'homme1 celle de l'animai et celle de la plante restent partout et toujours imparfaites4 ,ceci est la consquence trs simple du fait que la ,nature--l'organique comme l'inorganique--est conue dans un flux constant d'volution1 de changement et de transformation4 ,cette volution nous apparat dans son ensemble--dans la mesure1 du moins1 o nous pouvons suivre l'histoire de la nature sur notre plante--comme une transformation progressive1 comme un progrs historique du simple au complexe1 de l'infrieur au suprieur1 de l'imparfait au parfait4 ,j'ai dj dmontr dans ma ,morphologie gnrale 7#ahff7 que ce progrs historique 7progressus7--ou perfectionnement graduel 7teleosis71--tait l'effet ncessaire de la slection et non la suite d'un but conu au pralable4 ,c'est ce qui ressort aussi du fait qu'aucun organisme n'est absolument parfait2 mme s'il tait un moment donn1 parfaitement adapt aux conditions extrieures1 cet tat ne durerait pas longtemps2 car les conditions d'existence du monde extrieur sont elles-mmes soumises un continuel changement1 lequel a pour suite une adaptation ininterrompue des organismes4 ,tendance vers un but chez les corps organiques4--,sous ce titre1 le clbre embryologiste ,k4 ,e4 ,,baer publia1 en #ahgf1 un travail suivi d'un article sur ,,darwin1 qui fut trs bien accueilli des adversaires de celui-ci et qu'on invoque aujourd'hui encore1 en des sens divers1 contre la thorie de l'volution4 ,en mme temps1 il renouvela sous un nom nouveau l'ancienne conception tlologique de la ,nature2 ce dernier point demande une courte critique4 ,faisons d'abord remarquer que ,,baer1 bien que philosophe naturaliste au meilleur sens du mot et moniste l'origine1 a montr1 mesure qu'il avanait en ge1 des tendances mystiques et qu'il a abouti au pur dualisme4 ,dans son ouvrage principal sur l'embryologie des animaux 7#ahbh7 qu'il intitule lui-mme3 ,observations et rflexions1--il s'est servi1 en effet1 de deux modes de connaissance4 ,un examen minutieux de tous les faits isols du dveloppement de l'oeuf animal a permis ,,baer d'exposer1 pour la premire fois1 l'ensemble des transformations merveilleuses que subit l'oeuf1 simple petite sphre1 avant de devenir le corps d'un ,vertbr4 ,par des comparaisons prudentes et des rflexions ingnieuses1 ,,baer chercha en mme temps dcouvrir les causes de cette transformation et les ramener des lois gnrales de formation4 ,il a exprim le rsultat de celles-ci par la proposition suivante3 ,l'histoire du dveloppement de l'individu est l'histoire de l'individualit croissante1 tous points de vue4 ,en mme temps1 il insistait sur ce fait que la pense fondamentale qui rgit toutes les conditions du dveloppement animal1 est la mme qui runit en sphres les fragments de la masse et groupe ceux-ci en systmes solaires4 ,cette pense fondamentale n'est autre chose que la vie elle-mme1 tandis que les syllabes et les mots par lesquels elle s'exprime sont les diverses formes de la vie4 99 99 99 99 99 ,,baer ne pouvait pas alors parvenir une connaissance plus approfondie de cette pense fondamentale gntique1 ni la claire comprhension des vritables causes efficientes du dveloppement organique1 car ses tudes portaient exclusivement sur une moiti de l'histoire de ce dveloppement1 celle qui a rapport aux individus3 l'embryologie ou ontognie4 ,l'autre moiti1 l'histoire du dveloppement des groupes et espces1 notre histoire gnalogique ou phylognie n'existait pas encore cette poque1 bien que1 ds #ahji1 ,,lamarck avec son regard de voyant1 et montr la route qui y conduisait4 ,lorsque plus tard cette science fut fonde par ,,darwin 7#ahei71 ,,baer vieilli ne put pas la comprendre2 la lutte vaine qu'il entreprit contre la thorie de la slection montre clairement qu'il n'en reconnut ni le vrai sens ni la porte philosophique4 ,des spculations tlologiques auxquelles1 plus tard1 s'en joignirent de thosophiques1 avaient rendu le vieux ,,baer incapable d'apprcier quitablement cette grande rforme de la biologie2 les considrations tlologiques qu'il lui opposa1 dans ses ,discours et ,etudes 7#ahgf71 alors qu'il tait g de quatre-vingt-quatre ans ne sont que la rptition des erreurs analogues que la doctrine finaliste de la philosophie dualiste oppose depuis plus de deux mille ans la philosophie mcaniste ou moniste4 l'ide tendant vers un but qui1 d'aprs ,,baer1 rgit le dveloppement tout entier du corps animal partir de l'ovule1--n'est qu'une autre expression de l'ternelle ,ide de ,,platon et de l'entlchie de son lve ,,aristote4 ,notre biognie moderne1 au contraire1 explique les faits embryologiques d'une faon toute physiologique en ce qu'elle reconnat pour leurs causes efficientes et mcaniques les fonctions d'hrdit et d'adaptation4 ,la loi fondamentale biogntique que ,,baer ne pouvait pas comprendre1 nous livre le lien causal intime entre l'ontognse des individus et la phylognse de leurs anctres2 la premire nous apparat maintenant comme la rcapitulation hrditaire de la seconde4 ,or1 nulle part dans la phylognie des animaux et des plantes1 nous ne constatons une tendance vers un but1 mais uniquement le rsultat ncessaire de la terrible lutte pour la vie1 rgulateur aveugle1 non ,dieu prvoyant1 qui amne la transformation des formes organiques par l'action rciproque des lois de l'adaptation et de l'hrdit4 ,nous ne pouvons pas davantage admettre de tendance vers un but dans l'histoire du dveloppement des individus1 dans l'embryologie des plantes1 des animaux et des hommes4 ,car cette ontognie n'est qu'un court extrait de cette phylognie1 une rptition abrge et acclre de celle-ci1 par les lois physiologiques de l'hrdit4 ,,baer terminait en #ahbh la prface de sa classique ,histoire du dveloppement des animaux par ces mots3 ,celui-l se sera acquis une couronne de lauriers1 auquel il est rserv de ramener les forces qui faonnent le corps animal aux forces ou aux formes gnrales de la vie universelle4 ,l'arbre qui doit fournir le berceau de cet homme n'a pas encore germ4--,sur ce point encore1 le grand embryologiste se trompait4 ,en la mme anne #ahbh entrait l'universit de ,cambridge pour y tudier la thologie 7671 le jeune ,,ch4 ,,darwin qui1 trente ans plus tard s'acquit rellement une couronne de lauriers par sa thorie de la slection4 ,ordre moral du monde4--,dans la philosophie de l'histoire1 dans les considrations gnrales que dveloppent les historiens sur les destines des peuples et sur la marche tortueuse de l'volution des ,etats1 on admet encore aujourd'hui l'existence d'un ordre moral du monde4 ,les historiens cherchent1 dans les alternatives varies de l'histoire des peuples1 un but conducteur1 une intention idale qui aurait lu telle ou telle race1 tel ou tel ,etat pour lui procurer une flicit spciale et la suprmatie sur les autres4 ,cette conception tlologique de l'histoire s'est trouve en ces derniers temps en opposition d'autant plus radicale avec notre philosophie moniste1 que celle-ci est apparue avec plus de certitude comme la seule lgitime dans le domaine tout entier de la nature inorganique4 ,quand il s'agit de l'astronomie et de la gologie1 de la physique et de la chimie1 personne aujourd'hui ne parle plus d'un ordre moral du monde1 pas plus que d'un ,dieu personnel dont la main a ordonn toutes choses avec sagesse et lumires4 ,mais il en va de mme dans tout le domaine de la biologie1 de la composition et de l'histoire de la nature organique1 l'homme encore except4 ,,darwin ne nous a pas seulement montr1 dans sa thorie de la slection1 comment les dispositions conformes un but1 dans la vie et la structure du corps des animaux et des plantes1 ont t produites mcaniquement1 sans but prconu1 mais en outre il nous a appris reconnatre dans la lutte pour la vie1 la puissante force naturelle qui1 depuis plusieurs millions d'annes1 rgit et rgle sans interruption tout le processus volutif du monde organique4 ,on pourrait dire3 ,la lutte pour la vie est la survivance du plus apte ou le triomphe du meilleur1 mais on ne le peut que si l'on considre toujours le plus fort comme le meilleur 7au sens moral7 et d'ailleurs l'histoire tout entire du monde organique nous montre1 en tous temps1 ct du progrs vers le plus parfait1 qui prdomine1 quelques retours en arrire vers des tats infrieurs4 ,la tendance vers un but au sens de ,,baer lui-mme1 n'offre pas davantage le moindre caractre moral4 ,en irait-il peut-tre autrement dans l'histoire des peuples1 dans cette histoire que l'homme1 en proie qu'il est au dlire anthropistique des grandeurs1 se plat nommer l'histoire universelle8 ,peut-on y dcouvrir1 partout et en tous temps1 un principe moral suprme ou un sage rgent de l'univers qui dirige les destines des peuples8 ,dans l'tat avanc o sont aujourd'hui parvenues l'histoire naturelle et l'histoire des peuples1 la rponse impartiale ne peut tre qu'un3 ,non4 ,les destines des diverses branches de l'espce humaine qui1 en tant que races et nations1 luttent depuis des milliers d'annes pour conserver leur existence et poursuivre leur dveloppement--sont soumises aux mmes grandes et ternelles lois d'airain1 que l'histoire du monde organique tout entier qui1 depuis des millions d'annes1 peuple la terre4 ,les gologues distinguent dans l'histoire organique de la terre en tant qu'elle nous est connue par les documents de la palontologie1 trois grandes priodes3 les priodes primaire1 secondaire et tertiaire4 ,la dure de la premire1 d'aprs des calculs rcents1 doit s'lever au moins #cd millions d'annes1 celle de la seconde #aa et celle de la troisime #c4 ,l'histoire de l'embranchement des ,vertbrs1 dont notre propre race est issue1 est facile suivre travers ce grand espace de temps2 trois stades divers du dveloppement des ,vertbrs sont successivement apparus durant ces trois grandes priodes2 dans la primaire 7priode palozoque7 les ,poissons1 dans la secondaire 7priode msozoque7 les ,reptiles1 dans la tertiaire 7priode cnozoque7 les ,mammifres4 ,de ces trois grands groupes de ,vertbrs1 les ,poissons reprsentent le degr infrieur de perfection1 les ,reptiles le degr moyen et les ,mammifres le degr suprieur4 ,une tude plus approfondie de l'histoire de ces trois classes nous montrerait galement que les divers ordres et familles qui les composent ont volu progressivement1 pendant ces trois priodes1 vers un degr toujours suprieur de perfection4 ,peut-on maintenant considrer ce processus volutif progressif comme l'expression d'une tendance consciente vers un but ou d'un ordre moral du monde8 ,absolument pas4 ,car la thorie de la slection nous enseigne1 comme la diffrenciation organique1 que le progrs organique est une consquence ncessaire de la lutte pour la vie4 ,des milliers d'espces1 bonnes1 belles1 dignes d'admiration1 tant dans le rgne animal que dans le rgne vgtal1 ont disparu au cours de ces quarante-huit millions d'annes1 parce qu'il leur a fallu faire place d'autres plus fortes et ces vainqueurs1 dans la lutte pour la vie1 n'ont pas toujours t les formes les plus nobles ni les plus parfaites au sens moral4 ,il en va de mme exactement de l'histoire des peuples4 ,la merveilleuse culture de l'antiquit classique a disparu parce que le ,christianisme est venu fournir l'esprit humain qui se dbattait1 un puissant et nouvel essor1 par la croyance en un ,dieu aimant et par l'esprance d'une vie meilleure dans l'au-del4 ,le papisme devint bientt la caricature impudente du christianisme pur et foula impitoyablement aux pieds les trsors de science que la philosophie grecque avait dj amasss2 mais il conquit la suprmatie universelle par l'ignorance des masses aveuglment croyantes4 ,c'est la ,rforme qui brisa les chanes dans lesquelles l'esprit tait captif et qui aida la raison revendiquer ses droits4 ,mais dans cette nouvelle priode de l'histoire de la civilisation1 comme dans la prcdente1 la grande lutte pour la vie ondoie ternellement1 sans le moindre ordre moral4 ,providence4--,si un examen critique et impartial des choses ne nous permet pas de reconnatre un ordre moral dans la marche de l'histoire des peuples1 nous ne pouvons pas trouver davantage qu'une sage providence rgle la destine des individus4 ,l'une comme l'autre rsultent avec une ncessit de fer de la causalit mcanique qui fait driver chaque phnomne d'une ou de plusieurs causes antcdentes4 ,dj les anciens ,hellnes reconnaissaient comme principe suprme de l',univers l',,ananke1 l'aveugle ,,heimarmene1 le ,fatum qui domine les dieux et les hommes4 ,a sa place1 le christianisme mit la ,providence consciente1 non plus aveugle mais voyante et qui dirige le gouvernement du monde en souverain patriarcal4 ,le caractre anthropomorphique de cette conception1 troitement lie d'ordinaire celle du ,dieu personnel1 saute aux yeux4 ,la croyance en un pre aimant qui tient entre ses mains la destine des quinze cents millions d'hommes de notre plante et qui tient compte de leurs prires1 de leurs pieux dsirs se croisant en tous sens--est une croyance parfaitement inadmissible2 on s'en aperoit de suite1 sitt que la raison rflchissant l-dessus dpouille les verres teints de la croyance4 ,d'ordinaire1 chez l'homme moderne civilis--de mme que chez le sauvage inculte--la croyance en la ,providence et la confiance en un pre aimant surgissent trs vives lorsque quelque chose d'heureux survient1 soit que l'homme chappe un danger mortel1 qu'il gurisse d'une maladie grave1 qu'il gagne le gros lot une loterie1 qu'il ait un enfant depuis longtemps dsir1 etc4 ,si1 au contraire1 un malheur arrive ou qu'un dsir ardent ne soit pas ralis1 la ,providence est oublie1 le sage rgent de l',univers a alors dormi ou bien il a refus sa bndiction4 ,vu l'essor inou qu'a pris la vie sociale au ,x,i,xe sicle1 le nombre des crimes et des accidents a ncessairement augment1 dans une proportion insouponne jusqu'alors1 les journaux nous en instruisent formellement4 ,chaque anne des milliers d'hommes disparaissent dans des naufrages1 des milliers dans des accidents de chemins de fer1 des milliers dans des catastrophes de mines etc4 ,chaque anne des milliers s'entretuent par la guerre et les prparatifs ncessaires ce meurtre en masse absorbent1 chez les nations les plus civilises1 professant la charit chrtienne1 la plus grande partie de la fortune nationale4 ,et parmi ces centaines de milliers d'hommes qui tombent annuellement1 victimes de la civilisation moderne1 il s'en trouve de tout fait remarquables1 forts et travailleurs4 ,et l'on parlera encore d'ordre moral du monde6 ,but1 fin et hasard4--,si un examen impartial de l'volution universelle nous enseigne qu'on n'y peut reconnatre ni un but prcis1 ni une fin spciale 7au sens de la raison humaine71 il semble ne plus rester d'autre alternative que d'abandonner tout l'aveugle hasard4 ,et1 de fait1 ce reproche a t adress au transformisme de ,,lamarck et de ,,darwin1 comme autrefois la cosmognie de ,,kant et de ,,laplace2 beaucoup de philosophes dualistes attribuent mme cette objection une importance toute spciale4 ,elle vaut donc bien la peine que nous l'examinions encore une fois rapidement4 ,un certain groupe de philosophes affirment1 d'aprs leur conception tlologique3 l',univers tout entier est un ,cosmos bien ordonn dans lequel chaque phnomne a un but et une fin2 il n'y a pas de hasard6 ,un autre groupe1 par contre1 en vertu de sa conception mcaniste soutient que3 ,le dveloppement de l',univers entier est un processus mcanique uniforme1 dans lequel nous ne pouvons dcouvrir nulle part de but ni de fin2 ce que nous nommons ainsi1 dans la vie organique1 est une consquence spciale des conditions biologiques2 ni dans le dveloppement des corps clestes1 ni dans celui de notre corce terrestre inorganique1 on ne peut discerner de fin directrice2 tout est hasard4 ,les deux partis ont raison1 d'aprs leur dfinition du hasard4 ,la loi gnrale de causalit1 d'accord avec la loi de substance1 nous assure que tout phnomne a sa cause mcanique2 en ce sens il n'y a pas de hasard4 ,mais nous pouvons et devons conserver ce terme indispensable1 pour dsigner par l la rencontre de deux phnomnes que n'unit pas un rapport de causalit mais dont1 naturellement1 chacun a sa cause indpendante de celle de l'autre4 ,ainsi que chacun sait1 le hasard1 en ce sens moniste1 joue le plus grand rle dans la vie de l'homme comme dans celle de tous les autres corps de la nature4 ,cela n'empche pas que1 dans chaque hasard particulier1 comme dans l'volution de l',univers tout entier1 nous ne reconnaissions l'universel empire de la loi naturelle qui rgit tout1 de la loi de substance4 ,,chapitre ,,xv ,dieu et le ,monde ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,le ,,th,,isme ,,et ,,le ,,panth,,isme4--,,le ,,monoth,,isme ,,anthropistique ,,des ,,trois ,,grandes ,,religions ,m,,diterran,,ennes4--,,le ,,dieu ,,extramondain ,,et ,,le ,,dieu ,,intramondain4 ,que serait un ,dieu qui ne ferait qu'imprimer du dehors une impulsion au monde ,qui1 en le touchant du doigt1 ferait mouvoir le ,tout suivant un cercle8 ,il lui convient bien mieux de mouvoir l',univers du dedans1 ,d'enfermer la ,nature en soi1 de s'enfermer en elle ,de telle sorte que tout ce qui1 en ,lui1 vit1 s'agite et est ,ne soit jamais priv de sa force ni de son esprit4 ,,goethe4 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xv ,l'ide de ,dieu en gnral4--,contraste entre ,dieu et le monde1 le surnaturel et la nature4--,thisme et panthisme4--,formes principales du thisme4--,polythisme4--,triplothisme4-- ,amphithisme4--,monothisme4--,statistiqu e des religions4-- ,monothisme naturaliste4--,solarisme 7culte du soleil74-- ,monothisme anthropistique4--,les trois grandes religions mditerranennes4--,mosasme 7,jehovah74--,christianisme 7,trinit74--,culte de la ,madone et des saints4--,polythisme papiste4--,islamisme4--,mixothisme4--,es sence du thisme4--,le ,dieu extramondain et anthropomorphique4--,vertbr forme gazeuse4--,panthisme4--,le ,dieu intramondain 7la ,nature74--,hylozosme des ,monistes ioniens 7,anaximandre74--,conflit entre le ,panthisme et le ,christianisme4--,spinoza4--,monisme moderne4 ,athisme4 ,,litt,,rature ,w4 ,,goethe4--,dieu et le ,monde4 ,faust4 ,promthe4 ,,kuno ,,fischer4--,geschichte der neueren ,philosophie4 ,bd4 ,i ,baruch ,spinoza #bte ,aufl41 #ahfe4 ,h4 ,,brunnhofer4--,giordano ,bruno's ,weltanschauung und ,verhaengniss4 ,leipzig1 #ahhb4 ,j4 ,,draper4--,geschichte der geistigen ,entwicklung ,europa's4 ,leipzig1 #ahfe4 ,,fr4 ,,kolb4--,kulturgeschichte der ,menschheit4 #bte ,aufl41 #ahgc4 ,,th4 ,,huxley4--,discours et ,travaux1 trad4 fr4 ,w4 ,,strecker4--,welt und ,menschheit1 vom ,standpunkte des ,materialismus4 ,leipzig1 #ahib4 ,c4 ,,sterne 7,e4 ,,krause74--,die allgem4 ,weltanschauung in ihrer historischen ,entwicklung4 ,stuttgart1 #ahhi4 ,l'humanit considre1 depuis des milliers d'annes1 comme la raison dernire et suprme de tous les phnomnes1 une cause efficiente qu'elle appelle ,dieu 7,deus1 ,theos74 ,comme toutes les notions gnrales1 cette notion suprme a subi1 au cours de l'volution de la raison1 les transformations les plus importantes et les dviations les plus diverses4 ,on peut mme dire qu'aucun terme n'a subi autant de modifications et de dformations2 car aucun autre ne touche de si prs1 la fois1 aux devoirs suprmes de l'entendement s'efforant de connatre1 de la science fonde sur la raison et aux intrts les plus profonds de l'me croyante et de la fantaisie potique4 ,une comparaison critique des nombreuses formes diffrentes de l'ide de ,dieu serait des plus intressantes et instructives1 mais nous entranerait trop loin2 nous nous contenterons ici de jeter un regard rapide sur les formes les plus importantes qu'a revtues l'ide de ,dieu et sur le rapport qu'elles prsentent avec notre conception moderne1 dtermine par la seule connaissance de la nature4 ,nous renvoyons1 pour toute autre recherche qu'on voudrait faire sur cet intressant domaine1 l'ouvrage remarquable1 dj plusieurs fois cit d',,ad4 ,,svoboda3 ,les formes de la croyance 7#b vol4 ,leipzig #ahig74 ,si nous faisons abstraction des nuances trs fines et des revtements varis apposs sur l'image de ,dieu et si nous nous bornons au contenu le plus essentiel de cette notion1 nous pourrons bon droit ranger les diverses conceptions en deux grands groupes opposs3 le groupe thiste et le groupe panthiste4 ,celui-ci se rattache directement la conception moniste ou rationnelle1 celui-l la philosophie dualiste ou mystique4 ,i4 ,thisme3 ,dieu et le monde sont deux personnes distinctes4--,dieu s'oppose au monde comme son crateur1 son conservateur et son rgisseur4 ,aussi ,dieu est-il conu plus ou moins l'image de l'homme1 comme un organisme qui pense et agit la faon de l'homme 7bien que sous une forme beaucoup plus parfaite74 ,ce ,dieu anthropomorphe1 dont la conception chez les diffrents peuples est manifestement polyphyltique1 a t soumis par leur fantaisie aux formes les plus varies1 depuis le ftichisme jusqu'aux religions monothistes pures1 du prsent4 ,parmi les sous-classes les plus importantes du thisme1 nous distinguerons le polythisme1 le triplothisme1 l'amphithisme et le monothisme4 ,polythisme4--,le monde est peupl de divinits varies qui interviennent1 avec plus ou moins d'indpendance1 dans la marche des vnements4 ,le ftichisme trouve de pareils dieux subalternes dans les corps inanims les plus divers de la nature1 dans les pierres1 dans l'eau1 dans l'air1 dans les produits de toutes sortes de l'art humain 7images des dieux1 statues1 etc474 ,le dmonisme voit des dieux dans les organismes vivants les plus varis3 dans les arbres1 les animaux1 les hommes4 ,ce polythisme revt dj1 dans les formes les plus infrieures de la religion1 chez les peuples primitifs et incultes1 les formes les plus diverses4 ,il nous apparat avec son maximum de puret dans le polythisme grec1 dans ces superbes lgendes des dieux qui fournissent aujourd'hui encore notre art moderne les plus beaux modles potiques et plastiques4 ,bien infrieur est le polythisme catholique1 dans lequel de nombreux saints 7de rputation souvent fort quivoque71 sont invoqus comme des divinits subalternes ou supplis d'intercder auprs du ,dieu suprme 7ou de son amie1 la ,vierge ,marie74 ,triplothisme 7,doctrine de la ,trinit74--,la doctrine de la ,trinit de ,dieu qui forme aujourd'hui encore1 dans le ,credo des peuples chrtiens1 les trois articles de foi fondamentaux1 aboutit1 comme on sait1 l'ide que le ,dieu unique du christianisme1 se compose la vrit de trois personnes d'essence trs diffrente3 ,i4 ,dieu le ,pre est le tout-puissant crateur du ciel et de la terre 7ce mythe inadmissible est depuis longtemps rfut par la cosmognie1 l'astronomie et la gologie scientifiques74 ,,ii4 ,jsus-,christ est le fils unique de ,dieu le ,pre 7et en mme temps de la troisime personne1 le ,saint-,esprit667 conu par l'immacule conception de la ,vierge ,marie 7sur ce mythe1 cf4 chapitre ,,xvii74 ,,iii4 ,le ,saint-,esprit1 tre mystique1 dont les rapports incomprhensibles avec le fils et avec le pre font1 depuis dix-neuf cents ans1 que des millions de thologiens chrtiens se cassent inutilement la tte4 ,les vangiles1 qui sont cependant la seule source claire de ce triplothisme chrtien1 nous laissent dans une ignorance complte au sujet des rapports particuliers qu'ont entre elles ces trois personnes1 et quant la question de leur nigmatique unit1 ils ne nous donnent aucune rponse satisfaisante4 ,par contre1 nous devons insister particulirement sur la confusion que cette obscure et mystique thorie de la ,trinit amne ncessairement dans la tte de nos enfants1 ds les premires leons qu'ils entendent l-dessus l'cole4 ,le lundi matin1 pendant la premire heure de leon 7religion7 ils apprennent3 ,trois fois un font un6--et aussitt aprs1 pendant la seconde heure de leon 7calcul73 ,trois fois un font trois6 ,je me souviens encore trs bien1 pour ma part1 des hsitations que cette frappante contradiction veilla en moi ds la premire leon4--,d'ailleurs la ,trinit du christianisme n'est aucunement originale1 mais 7comme la plupart des autres dogmes7 elle est emprunte aux religions plus anciennes4 ,du culte du soleil des mages chaldens est issue la ,trinit d',ilu1 la mystrieuse source de l',univers2 ses trois manifestations sont ,anu1 le chaos originel1 ,bel1 l'ordonnateur du monde et ,ao1 la lumire divine1 la sagesse clairant tout4 ,dans la religion des ,brahmanes1 la ,trimurti1 unit divine est compose galement de trois personnes3 ,brahma 7le crateur71 ,wischnu 7le conservateur7 et ,schiwa 7le destructeur74 ,il semble que1 dans ces conceptions1 ainsi que dans d'autres relatives la ,trinit1 le saint nombre trois en tant que tel--en tant que nombre symbolique--ait jou un rle4 ,les trois premiers devoirs chrtiens1 eux aussi3 la foi1 l'esprance et la charit forment une triade analogue4 ,amphithisme4--,le monde est rgi par deux dieux diffrents1 un bon et un mauvais1 le dieu et le diable4 ,ces deux rgents de l',univers sont en lutte ternelle1 comme le roi et l'anti-roi1 le ,pape et l'anti-pape4 ,le rsultat de cette lutte est continuellement l'tat actuel du monde4 ,le bon ,dieu1 en tant qu'tre bon1 est la source du ,bon et du ,beau1 du plaisir et de la joie4 ,le monde serait parfait si son action n'tait pas continuellement contrebalance par celle de l'tre mauvais1 du ,diable2 ce mauvais ,satan est la cause de tout mal et de toute laideur1 du dplaisir et de la douleur4 ,cet amphithisme est1 sans contredit1 parmi toutes les diffrentes formes de croyance aux dieux1 la plus raisonnable1 celle dont la thorie s'accorde le mieux avec une explication scientifique de l',univers4 ,aussi la trouvons-nous dveloppe1 plusieurs milliers d'annes dj avant le ,christianisme1 chez les divers peuples civiliss de l'antiquit4 ,dans l',inde ancienne1 ,,wischnu1 le conservateur1 lutte contre ,,schiwa1 le destructeur4 ,dans l'ancienne gypte1 au bon ,,osiris s'oppose le mchant ,,typhon4 ,chez les premiers ,hbreux1 un dualisme analogue se retrouve entre ,,aschera1 la terre1 mre fconde qui engendre 7 ,keturah7 et ,,eljou 7 ,moloch ou ,sethos71 le svre pre cleste4 ,dans la religion ,zende des anciens ,perses1 fonde par ,zoroastre deux mille ans avant ,j4-,c41 rgne une guerre continuelle entre ,,ormudz1 le bon dieu de la lumire et ,,ahriman1 le mchant dieu des tnbres4 ,le diable ne joue pas un moindre rle dans la mythologie du ,christianisme1 en tant qu'adversaire du bon ,dieu1 en tant que tentateur1 prince de l',enfer et des ,tnbres4 ,en tant que ,satanas personnel il tait encore au commencement de notre sicle1 un lment essentiel dans la croyance de la plupart des chrtiens2 c'est seulement vers le milieu du sicle qu'avec le progrs des lumires il fut peu peu dpossd ou qu'il dut se contenter du rle subalterne que ,,goethe dans le ,faust1 le plus grand de tous les pomes dramatiques1 assigne ,mphistophls4 ,actuellement1 dans les milieux les plus cultivs1 la croyance en un ,diable personnel passe pour une superstition du moyen ge1 qu'on a dpasse1 tandis qu'en mme temps la croyance en ,dieu 7c'est--dire en un ,dieu personnel1 bon et aimant7 est conserve comme un lment indispensable de la religion4 ,et pourtant la premire croyance est aussi pleinement lgitime 7et aussi peu fonde7 que la seconde4 ,en tous cas1 l'imperfection de la vie terrestre dont on se plaint tant1 la lutte pour la vie et tout ce qui s'y rattache1 s'expliquent bien plus simplement et plus naturellement par cette lutte entre le dieu bon et le dieu mchant1 que par n'importe quelle autre forme de croyance en ,dieu4 ,monothisme4--,la doctrine de l'unit de ,dieu peut passer1 sous plus d'un rapport1 pour la forme la plus simple et la plus naturelle du culte rendu ,dieu2 d'aprs l'opinion courante1 c'est le fondement le plus rpandu de la religion et qui domine en particulier la croyance de l',eglise chez les peuples cultivs4 ,cependant1 en fait1 ce n'est pas le cas2 car le prtendu monothisme1 si l'on y regarde de plus prs1 apparat le plus souvent comme une des formes prcdemment examines du thisme1 en ce sens qu' ct du ,dieu principal1 suprme1 un ou plusieurs dieux secondaires s'introduisent4 ,en outre1 la plupart des religions qui ont eu un point de dpart purement monothiste1 sont devenues1 au cours du temps1 plus ou moins polythistes4 ,il est vrai et la statistique moderne l'affirme1 parmi les quinze cents millions d'hommes qui habitent notre terre1 la plus grande majorit sont monothistes2 il y aurait soi-disant1 parmi eux1 environ #fjj millions de brahmano-bouddhistes1 #ejj millions de ,chrtiens 7prtendus71 #bjj millions de paens 7de diverses sortes71 #ahj millions de ,mahomtans1 #aj millions d',isralites et #aj millions qui seraient sans religion aucune4 ,mais la grande majorit des prtendus monothistes se fait de ,dieu l'ide la plus obscure1 ou bien croit1 ct du ,dieu principal unique1 beaucoup de dieux accessoires1 comme par exemple3 aux anges1 au diable1 aux dmons1 etc4 ,les diverses formes sous lesquelles le monothisme s'est dvelopp polyphyltiquement peuvent tre ramenes deux grands groupes3 le monothisme naturaliste et le naturalisme anthropistique4 ,monothisme naturaliste4--,cette ancienne forme de religion voit l'incarnation de ,dieu dans quelque phnomne naturel lev1 dominant tout4 ,comme tel1 depuis plusieurs milliers d'annes1 ce qui a frapp l'homme avant tout c'est le soleil1 la divinit clairant et rchauffant qui tient visiblement1 sous sa dpendance immdiate1 toute la vie organique4 ,le culte du soleil 7solarisme ou hliothisme7 apparat au naturaliste moderne1 entre toutes les formes de croyances thistes1 comme la plus estimable et celle qui se fusionne le plus aisment avec la philosophie naturelle moniste du prsent4 ,car notre astrophysique et notre gognie modernes nous ont convaincus que notre terre est une partie dtache du soleil et qu'elle retournera plus tard se perdre dans son sein4 ,la physiologie moderne nous enseigne que la source premire de toute vie organique1 sur la terre1 est la formation du plasma ou plasmodomie et que cette synthse de combinaisons inorganiques simples 7eau1 acide carbonique et ammoniaque ou acide azotique7 ne peut se produire que sous l'influence de la lumire solaire4 ,le dveloppement primaire des plantes plasmodomes n'a t suivi que tardivement1 secondairement par celui des animaux plasmophages qui1 directement ou indirectement1 se nourrissent des premires et l'apparition de l'espce humaine elle-mme n'est1 son tour1 qu'un fait tardif dans l'histoire gnalogique du rgne animal4 ,notre vie humaine tout entire1 corporelle et intellectuelle1 se ramne en dernire analyse1 comme toute autre vie organique1 au rayonnement du soleil dispensateur de lumire et de chaleur4 ,du point de vue de la raison pure1 le culte du soleil apparat donc comme un monothisme naturaliste1 beaucoup plus fond que le culte anthropistique des chrtiens et autres peuples civiliss1 qui se reprsentent ,dieu sous la forme humaine4 ,de fait1 les adorateurs du soleil taient dj parvenus1 il y a des milliers d'annes1 un degr de culture intellectuelle et morale plus lev que la plupart des autres thistes4 ,me trouvant en #ahha ,bombay1 j'y ai suivi avec la plus grande sympathie les difiants exercices de pit des fidles parsis qui1 debout au bord de la mer ou agenouills sur des tapis tendus1 lors du lever et du coucher du soleil exprimaient l'astre leur adoration#eg4--,le culte de la lune1 lunarisme ou ,slnothisme est moins important que le solarisme2 s'il y a quelques peuples primitifs qui adorent la lune seule1 la plupart cependant professent en mme temps le culte du soleil et des toiles4 #eg ,e4 ,,haeckel1 ,lettres d'un voyageur dans l',inde 7trad4 franaise74 ,monothisme anthropistique4--,l'identification de ,dieu l'homme1 l'ide que l',etre suprme pense1 sent et agit comme l'homme 7quoique sous une forme plus leve7 joue le plus grand rle dans l'histoire de la civilisation1 en tant que monothisme anthropomorphique4 ,il faut mettre ici au premier plan les trois grandes religions de la race mditerranenne3 la religion mosaque ancienne1 la religion chrtienne intermdiaire et la religion mahomtane1 dernire venue4 ,ces trois grandes religions mditerranennes1 apparues toutes trois sur les rivages favoriss de la plus intressante des mers1 fondes toutes trois d'une manire analogue par un enthousiaste de race smitique1 l'imagination enflamme--ont entre elles les rapports les plus troits1 non seulement extrieurement1 par cette origine commune1 mais encore intrieurement1 par de nombreux traits communs leurs articles de foi4 ,de mme que le ,christianisme a emprunt directement une grande partie de sa mythologie l'ancien ,judasme1 de mme l',islamisme1 dernier venu1 a conserv beaucoup de l'hritage des deux autres religions4 ,les religions mditerranennes taient toutes les trois1 l'origine1 purement monothistes2 toutes les trois1 elles ont subi plus tard les transformations polythistes les plus varies1 mesure qu'elles se rpandaient sur les ctes dcoupes et si diversement habites de la ,mditerrane et de l sur les autres points du globe4 ,le ,mosasme4--,le monothisme juif1 tel que ,mose le fonda 7#afjj av4 ,j4-,c47 passe d'ordinaire pour la forme de croyance religieuse qui1 dans l'antiquit1 a exerc la plus grande influence sur le dveloppement ultrieur1 thique et religieux1 de l'humanit4 ,il est incontestable que cette haute valeur historique lui incombe dj pour cette raison que les deux autres religions mditerranennes qui partagent avec lui l'empire du monde sont issues de lui2 le ,christ est port sur les paules de ,mose comme plus tard ,mahomet sur celles du ,christ4 ,de mme1 le ,nouveau ,testament qui1 dans le court espace de dix-neuf cents ans1 est devenu le fondement de la foi de tous les peuples civiliss1 repose sur la base vnrable de l',ancien ,testament4 ,tous deux runis1 sous le nom de ,bible1 ont pris une influence et une extension qu'on ne peut comparer celles d'aucun livre au monde4 ,de fait1 la ,bible est aujourd'hui encore sous certains rapports--et malgr le mlange trange du bon et du mauvais--le livre des livres4 ,mais si nous examinons impartialement et sans prjug1 cette remarquable source historique1 bien des points importants se prsenteront sous un tout autre jour qu'on ne l'enseigne partout4 ,ici aussi1 la critique moderne et l'histoire de la civilisation pntrant plus avant1 nous ont fourni des renseignements prcieux qui branlent dans ses fondements la tradition admise4 ,le monothisme1 tel que ,mose chercha l'tablir dans le culte de ,jhovah et tel qu'il fut plus tard dvelopp avec grand succs par les prophtes--les philosophes des ,hbreux--eut l'origine de longs et durs combats soutenir avec l'ancien polythisme1 alors tout puissant4 ,jhovah ou ,japheh fut d'abord driv de ce ,dieu cleste qui1 sous le nom de ,moloch ou ,baal tait une des divinits les plus honores de l',orient4 7,sethos ou ,typhon des ,egyptiens1 ,saturne ou ,chronos des ,grecs74 ,mais ct1 d'autres dieux demeuraient en haute estime1 et la lutte contre l'idoltrie ne cessa jamais chez le peuple juif4 ,cependant1 en principe1 ,jhovah demeura le seul ,dieu1 celui qui1 dans le premier des dix commandements de ,mose1 dit expressment3 ,je suis le ,seigneur ton ,dieu1 tu n'auras pas d'autre ,dieu que moi4 ,le ,christianisme4--,le monothisme chrtien partagea le sort de son pre1 le mosasme1 il ne resta monothisme vrai que thoriquement1 en principe1 tandis que pratiquement il revtait les formes les plus diverses du polythisme4 ,a vrai dire1 dj par la doctrine de la ,trinit1 qui passait pourtant pour un des lments indispensables de la religion chrtienne1 le monothisme tait logiquement supprim4 ,les trois personnes distingues comme ,pre1 ,fils et ,saint-,esprit1 sont et restent trois individus diffrents 7et mme des personnages anthropomorphes7 au mme titre que les trois divinits hindoues de la ,trimurti 7,brahma1 ,wischnou1 ,schiwa7 ou que celles de la ,trinit des anciens ,hbreux 7,anu1 ,bel1 ,ao74 ,ajoutons que dans les sectes les plus rpandues du ,christianisme1 la ,vierge ,marie1 comme ,mre immacule du ,christ1 joue un grand rle titre de quatrime divinit2 dans beaucoup de cercles catholiques1 elle passe mme pour plus importante et plus influente que les trois personnages masculins du ,cleste royaume4 ,le culte de la ,madone a pris l une telle importance qu'on pourrait l'opposer comme un monothisme fminin la forme ordinaire de monothisme masculin4 ,l'auguste reine des ,cieux occupe si bien le premier plan 7ainsi que d'innombrables portraits de la madone et d'innombrables lgendes en font preuve71 que les trois personnages masculins sont compltement effacs4 ,en dehors de cela1 la fantaisie des ,chrtiens croyants a de bonne heure joint une nombreuse socit de ,saints de toutes espces au chef suprme du gouvernement cleste et des anges musiciens veillent ce que1 dans la vie ternelle on ne manque pas de jouissances musicales4 ,les papes romains--les plus grands charlatans que jamais religion ait produits--s'empressent continuellement d'augmenter par des canonisations nouvelles le nombre de ces clestes trabans anthropomorphes4 ,cette tonnante socit du ,paradis a reu une augmentation de population1 la fois plus considrable et plus intressante que toutes les autres1 le #ac juillet #ahgj1 lorsque le ,concile du ,vatican a dclar les papes1 en tant que reprsentants du ,christ1 infaillibles1 les levant ainsi1 de lui-mme1 au rang de dieux4 ,si nous ajoutons cela le diable personnel et les mauvais anges qui composent sa cour1 personnages reconnus par les papes1 le papisme nous prsentera encore aujourd'hui la forme la plus rpandue du ,christianisme moderne1 et le tableau vari d'un polythisme si riche1 que l',olympe hellnique nous paratra1 ct de lui1 petit et misrable4 ,l',islamisme 7ou ,monothisme mahomtan7 est la forme la plus rcente et en mme temps la plus pure du ,monothisme4 ,lorsque le jeune ,mahomet 7n en #egj71 de bonne heure en vint mpriser le culte polythiste de ses concitoyens arabes et apprit connatre le ,christianisme des ,nestoriens1 il s'appropria1 il est vrai1 les doctrines fondamentales de ceux-ci1 mais il ne put se rsoudre voir dans le ,christ autre chose qu'un ,prophte1 comme ,mose4 ,dans le dogme de la ,trinit1 il ne trouva que ce qu'y doit forcment trouver tout homme sans prjug aprs une rflexion impartiale3 un article de foi absurde qui n'est ni conciliable avec les principes de notre raison1 ni du moindre prix pour notre dification religieuse4 ,mahomet considrait avec raison l'adoration de l'immacule ,vierge ,marie ,mre de ,dieu comme une idoltrie aussi vaine que le culte rendu aux images et aux statues4 ,plus il y rflchissait1 plus il aspirait vers une plus pure conception de ,dieu1 plus clairement lui apparaissait la certitude de son grand principe3 ,dieu est le seul ,dieu2 il n'y a pas ct de lui d'autres dieux4 ,sans doute1 ,mahomet ne pouvait pas non plus s'affranchir de tout anthropomorphisme dans sa conception de ,dieu4 ,son ,dieu unique restait1 lui aussi1 un homme tout-puissant1 idalis1 tout comme le svre ,dieu vengeur de ,mose1 tout comme le ,dieu doux et aimant du ,christ4 ,mais nous devons cependant reconnatre la religion mahomtane cette supriorit qu' travers son volution historique et ses invitables dviations1 elle a conserv bien plus rigoureusement que les religions mosaque et chrtienne le caractre du pur monothisme4 ,cela se voit encore aujourd'hui1 extrieurement1 dans les formules de prires1 la faon de prcher inhrentes au culte mahomtan1 de mme que dans l'architecture et la dcoration de ses temples4 ,lorsqu'en #ahgc1 je visitai pour la premire fois l',orient1 que j'admirai les splendides mosques du ,caire et de ,smyrne1 de ,brousse et de ,constantinople1 je fus rempli d'une pit sincre par la dcoration simple et pleine de got de l'intrieur1 par l'ornementation architectonique d'un style si lev et en mme temps si riche de l'extrieur4 ,comme ces mosques paraissent nobles et d'un style lev1 compares la plupart des glises catholiques qui1 l'intrieur1 sont surcharges de tableaux de toutes sortes et d'oripeaux dors1 tandis qu' l'extrieur elles sont dfigures par une profusion de figures humaines et animales6 ,le mme caractre d'lvation se retrouve dans les prires silencieuses et les simples exercices de pit du ,coran1 compars au bruyant et incomprhensible bredouillage de mots des messes catholiques ou la musique tapageuse des processions thtrales4 ,mixothisme4--,on peut bon droit runir sous ce terme toutes les formes de croyance aux dieux qui renferment des mlanges de conceptions religieuses diffrentes et en partie mme contradictoires4 ,en thorie1 cette forme de religion1 des plus rpandues1 n'a jamais t reconnue jusqu'ici4 ,en pratique1 nanmoins1 c'est la plus importante et la plus remarquable de toutes4 ,car la grande majorit des hommes qui se sont forms des ides religieuses ont t de tous temps et sont aujourd'hui encore mixothistes2 leur notion de ,dieu est un mlange des principes religieux de telle confession spciale1 qu'on leur a inculqus ds l'enfance et de beaucoup d'impressions diverses prouves plus tard au contact d'autres formes de croyance et qui ont modifi les premires4 ,pour beaucoup de savants il faut ajouter cela l'influence transformatrice des tudes philosophiques de l'ge mr et surtout l'tude impartiale des phnomnes de la nature qui montre le nant des croyances thistes4 ,la lutte entre ces notions contradictoires1 infiniment douloureuse pour les mes sensibles et qui parfois se prolonge sans solution pendant la vie entire1--montre clairement la puissance inoue de l'hrdit des vieux principes religieux d'une part et de l'adaptation prcoce des principes errons1 d'autre part4 ,la confession spciale qui1 ds sa plus tendre enfance1 a t inculque de force l'enfant par ses parents1 reste le plus souvent et pour la plus grande part1 prdominante1 au cas o plus tard l'influence plus forte d'une autre confession n'amne pas une conversion4 ,mais mme dans ce passage d'une forme de croyance l'autre1 le nouveau nom1 comme dj celui qu'on vient de quitter1 n'est souvent qu'une tiquette extrieure sous laquelle s'abritent les croyances et les erreurs les plus diverses1 formant le mlange le plus bariol4 ,la grande majorit des prtendus chrtiens ne sont pas monothistes 7comme ils le croient71 mais amphithistes1 triplothistes ou polythistes4 ,on en peut dire autant des adeptes de l'islamisme et du mosasme1 ainsi que de ceux de toutes les religions monothistes4 ,partout viennent s'adjoindre la notion originelle du ,dieu unique ou du dieu triple1 des croyances1 acquises plus tard1 des divinits subalternes3 anges1 diables1 saints et autres dmons1 mlange bariol des formes les plus diverses du thisme4 ,essence du thisme4--,toutes les formes que nous venons de passer en revue1 du thisme au sens propre--peu importe que cette croyance en ,dieu revte une forme naturaliste ou anthropistique--ont en commun la conception de ,dieu comme d'un tre extrieur au monde 7extra mundanum7 ou surnaturel 7supranaturale74 ,toujours ,dieu s'oppose1 comme un ,etre indpendant1 au monde ou la nature1 le plus souvent comme leur ,crateur1 leur ,conservateur et leur ,rgisseur4 ,dans la plupart des religions s'ajoute encore cela le caractre de personnalit et l'ide1 plus prcise encore1 que ,dieu en tant que personne est semblable l'homme4 ,l'homme se peint dans ses dieux4 ,cet anthropomorphisme de ,dieu ou conception anthropistique d'un ,etre qui pense1 sent et agit comme l'homme1 prdomine chez la majorit de ceux qui croient en ,dieu1 tantt sous une forme plus nave et plus grossire1 tantt sous une forme plus abstraite et plus raffine4 ,sans doute1 la thosophie la plus leve affirme que ,dieu1 en tant qu',etre suprme1 est absolument parfait et par suite compltement diffrent de l',etre imparfait qu'est l'homme4 ,mais un examen plus minutieux on s'aperoit toujours que ce qui est commun aux deux c'est l'activit psychique ou intellectuelle4 ,dieu sent1 pense et agit comme l'homme1 quoique sous une forme infiniment plus parfaite4 ,l'anthropisme personnel de ,dieu est devenu pour la plupart des croyants une ide si naturelle qu'ils ne sont pas choqus de voir ,dieu personnifi sous la forme humaine dans les tableaux et les statues1 ni de lui voir revtir cette forme humaine dans les diverses crations potiques de l'imagination1 o ,dieu se transforme ainsi en un ,vertbr4 ,dans beaucoup de mythes1 ,dieu apparat encore sous la forme d'autres ,mammifres 7singes1 lions1 taureaux1 etc471 plus rarement sous celle d',oiseaux 7aigle1 colombe1 cigogne7 ou sous celle de ,vertbrs infrieurs 7serpents1 crocodiles1 dragons74 ,dans les religions les plus leves et les plus abstraites1 cette forme corporelle disparat et ,dieu n'est ador que comme pur esprit sans corps4 ,dieu est esprit et celui qui l'adore doit l'adorer en esprit et en vrit4 ,mais nanmoins l'activit psychique de ce pur esprit est absolument la mme que celle des dieux anthropomorphes4 ,a la vrit1 ce ,dieu immatriel n'est pas incorporel1 mais invisible1 conu sous la forme d'un gaz4 ,nous aboutissons ainsi la notion paradoxale d'un ,dieu1 ,vertbr gazeux 7cf4 ,morphol4 gn41 #ahff74 ,,ii4 ,panthisme 7,doctrine de l',un-,tout71 ,dieu et le monde sont un seul et mme tre4 ,l'ide de ,dieu s'identifie avec celle de la nature ou de la substance4 ,cette conception panthiste est en opposition radicale1 en principe du moins1 avec toutes les formes prcdentes et autres possibles du thisme1 bien qu'on se soit efforc1 par des concessions rciproques1 de combler le profond abme qui spare les deux doctrines4 ,entre elles persiste toujours cette opposition fondamentale que1 dans le thisme1 ,dieu1 tre extramondain1 s'oppose la nature qu'il cre et conserve1 agissant sur elle du dehors1 tandis que dans le panthisme1 ,dieu1 ,etre intramondain1 est partout la nature elle-mme et agit l'intrieur de la substance1 en tant que force ou nergie4 ,ce dernier point de vue est seul conciliable avec la loi naturelle suprme qu'un des plus grands triomphes du ,x,i,xe sicle est d'avoir pose3 la loi de substance4 ,le panthisme est donc ncessairement le point de vue des sciences naturelles modernes4 ,sans doute1 les naturalistes1 aujourd'hui encore1 sont nombreux qui contestent cette affirmation et pensent pouvoir concilier l'ancienne doctrine thiste avec les ides fondamentales du panthisme exprimes par la loi de substance4 ,mais ces vains efforts ne reposent tous que sur l'obscurit ou sur l'inconsquence de la pense1 dans le cas toutefois o ils sont sincres et tents avec loyaut4 ,le panthisme ne pouvant provenir que de l'observation de la nature1 rectifie et interprte par la pense de l'homme civilis1 on comprend qu'il soit apparu bien plus tard que le thisme qui1 sous sa forme la plus grossire1 tait dj constitu il y a plus de dix mille ans1 chez les peuples primitifs et avec les variations les plus diverses4 ,si des germes de panthisme se trouvent dj pars dans les diverses religions ds le dbut de la philosophie 7chez les plus anciens des peuples civiliss dans l',inde et en ,egypte1 en ,chine et au ,japon71 bien des milliers de sicles avant ,jsus-,christ1 cependant1 le panthisme1 comme philosophie prcise et constitue1 n'apparat qu'avec l'hylozosme des philosophes naturalistes ioniens dans la premire moiti du ,v,ie sicle avant ,jsus-,christ4 ,a cette poque de splendeur pour l'esprit grec1 tous les grands penseurs sont dpasss par ,,anaximandre de ,milet1 lequel conut l'unit fondamentale du ,tout infini 7,apeiron7 avec plus de profondeur et de clart que son matre ,,thal,s ou son lve ,,anaxim,,ne4 ,non seulement ,,anaximandre avait dj exprim la grande pense de l'unit originelle du ,cosmos1 de l'volution de tous les phnomnes provenant de la matire premire qui pntre tout1 mais aussi la conception hardie d'une alternance priodique et indfinie de mondes apparaissant et disparaissant4 ,beaucoup d'autres grands philosophes ultrieurs1 dans l'antiquit classique1 surtout ,d,,mocrite1 ,h,,raclite et ,,emp,,docle ont t amens par leurs rflexions profondes concevoir dans le mme sens ou d'une manire analogue1 cette unit de la ,nature et de ,dieu1 du corps et de l'esprit qui a trouv son expression la plus prcise dans la loi de substance de notre monisme actuel4 ,le grand pote romain et philosophe naturaliste1 ,,lucr,,ce1 a expos ce monisme sous une forme hautement potique dans son clbre pome didactique ,de rerum ,natura4 ,mais ce monisme panthiste et conforme la ,nature fut bientt repouss par le dualisme mystique de ,,platon et surtout par la puissante influence que conquit sa philosophie idaliste en se fusionnant avec les doctrines chrtiennes4 ,lorsqu'ensuite leur plus puissant reprsentant1 le pape1 eut acquis l'empire intellectuel du monde1 le panthisme fut violemment comprim1 #a1 son reprsentant le plus remarquable1 fut brl vif le #ag fvrier #afjj1 sur le ,campo ,fiori de ,rome1 par le reprsentant de ,dieu4 ,ce n'est que dans la seconde moiti du ,x,v,i,ie sicle que le systme panthiste fut constitu sous sa forme la plus pure par le grand ,,spinoza2 il cra pour dsigner la totalit des choses le pur concept de substance dans lequel ,dieu et le ,monde sont insparables4 ,nous devons d'autant plus admirer aujourd'hui la clart1 l'exactitude et la logique du systme moniste de ,,spinoza1 qu'il y a deux cent cinquante ans1 ce puissant penseur manquait encore de toutes les donnes empiriques certaines que nous n'avons acquises que dans la seconde moiti du ,x,i,xe sicle4 ,quant aux rapports entre le panthisme de ,,spinoza1 le matrialisme ultrieur du ,x,v,i,i,ie sicle et notre monisme actuel1 nous en avons dj parl au premier chapitre de ce livre4 ,rien n'a tant contribu le propager1 surtout en ,allemagne1 que les oeuvres immortelles du plus grand de nos potes et penseurs1 de ,,goethe4 ,ses admirables pomes ,dieu et le ,monde1 ,promthe1 ,faust1 etc41 contiennent1 enveloppes sous la forme potique la plus parfaite1 les penses fondamentales du panthisme4 ,athisme 7,conception de l',univers dpouill de ,dieu74--,il n'y a pas de ,dieu ni de dieux1 si l'on dsigne par ce terme des tres personnels existant en dehors de la ,nature4 ,cette conception athiste concide1 quant aux points essentiels1 avec le monisme ou panthisme des sciences naturelles2 elle en donne seulement une autre expression1 en ce qu'elle en fait ressortir le ct ngatif1 la non-existence de la divinit extramondaine ou surnaturelle4 ,en ce sens1 ,,schopenhauer dit trs justement3 ,le panthisme n'est qu'un athisme poli4 ,la vrit du panthisme consiste dans la suppression de l'opposition dualiste entre ,dieu et le monde1 dans la constatation que le monde existe en vertu de sa force interne et par lui-mme4 ,la proposition panthiste3 ,dieu et le monde ne font qu'un1 est un dtour poli pour signifier au seigneur ,dieu son cong4 ,pendant tout le moyen ge1 sous la tyrannie sanglante du papisme1 l',athisme a t poursuivi par le fer et par le feu comme la forme la plus pouvantable de conception de l',univers4 ,comme dans l',evangile l'athe est compltement identifi au mchant et qu'il est menac dans la vie ternelle--pour un simple manque de foi--des peines de l',enfer et de la damnation ternelle1 on conoit que tout bon chrtien ait vit soigneusement le moindre soupon d'athisme4 ,malheureusement c'est l une opinion accrdite aujourd'hui encore1 dans beaucoup de milieux4 ,le naturaliste athe1 qui consacre ses forces et sa vie la recherche de la vrit1 est tenu d'avance pour capable de tout ce qui est mal2 le dvot thiste qui assiste sans pense toutes les crmonies vides du culte papiste1 passe dj1 rien qu' cause de cela1 pour un bon citoyen1 mme si1 sous sa croyance il ne pense rien du tout et qu'il pratique ct de cela la morale la plus rprhensible4 ,cette erreur ne s'expliquera qu'au ,x,xe sicle lorsque la superstition cdera davantage le pas la connaissance de la nature par la raison et la conviction moniste de l'unit de ,dieu et du monde4 ,,chapitre ,,xvi ,science et ,croyance ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,la ,,connaissance ,,de ,,la ,v,,rit4--,,activit ,,des ,,sens ,,et ,,activit ,,de ,,la ,,raison4--,,croyance ,,et ,,superstition4--,,exp,,rience ,,et ,r,v,,lation4 ,la recherche scientifique ne connat qu'un but3 la connaissance de la ralit4 ,aucun sanctuaire ne peut lui tre plus sacr que celui de la ,vrit4 ,il faut qu'elle pntre tout2 elle ne doit reculer devant aucun examen1 devant aucune analyse1 si fort que tienne au coeur du chercheur ce qu'il lui faut examiner1 soit que le respect1 l'amour1 le sentiment de la loyaut1 la religion1 les opinions viennent se mettre la traverse de sa tche4 ,il lui faut dclarer les rsultats de l'examen sans mnagement1 sans souci de son avantage ou de son dsavantage1 sans chercher l'loge et sans craindre le blme4 ,l4 ,,brentano4 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xvi ,connaissance de la ,vrit et ses sources3 activit sensorielle et association des reprsentations4--,organes des sens 7,esthtes7 et organes de la pense 7phrontes74--,organes des sens et leur nergie spcifique4--,dveloppement de celle-ci4--,philosophie de la sensibilit4--,valeur inapprciable des sens4--,limites de la connaissance sensible4--,hypothse et croyance4--,thorie et croyance4--,opposition radicale entre les croyances scientifiques 7naturelles7 et les croyances religieuses 7surnaturelles74--,superstition des peuples primitifs et des peuples civiliss4--,confessions diverses4--,ecoles sans confession4--,la croyance de nos pres4--,spiritisme4--,rvlation4 ,,litt,,rature ,a4 ,,svoboda4--,gestalten des ,glaubens4 ,leipzig1 #ahig4 ,d4 ,,strauss4--,gesammelte ,schriften1 #ab ,bnder1 ,bonn1 #ahgg4 ,j4 ,w4 ,,draper4--,geschichte der ,konflikte ,zwischen ,religion und ,wissenschaft1 ,leipzig1 #ahfe4 ,l4 ,,buchner4--ber religioese und wissenschaftliche ,weltanschauung1 #ahhg4 ,o4 ,m,,llinger4--,die ,gott-,idee der neuen ,zeit und der nothwendige ,ausbau des ,christenthums #bte ,aufl41 ,zurich #ahgj4 ,a4 ,,rau4--,empfinden und ,denken4 ,giessen #ahif4 ,f4 ,,zollner4--,ueber die ,natur der ,kometen4 ,beitraege zur ,gesch4 und ,theorie der ,erkenntniss1 ,leipzig1 #ahgb4 ,a4 ,,lehmann4--,aberglaube und ,zauberei von den aeltesten ,zeiten an bis in die ,gegenwart4 trad4 allem4 de #ahii4 ,f4 ,,bacon4--,novum ,organon ,scientiarum4 ,tout travail vritablement scientifique tend la connaissance de la vrit4 ,notre vrai savoir1 celui qui a du prix1 se rapporte au rel et consiste en reprsentations auxquelles correspondent des choses rellement existantes4 ,nous sommes incapables1 il est vrai1 de connatre l'essence intime de ce monde rel1--la chose en soi--mais une observation impartiale et une comparaison critique des choses nous convainquent que1 dans l'tat normal du cerveau et des organes des sens1 les impressions du monde extrieur sur ceux-ci sont les mmes chez tous les hommes raisonnables--et que1 lorsque les organes de la pense fonctionnent normalement1 certaines reprsentations se forment1 qui sont partout les mmes2 nous les disons vraies et sommes convaincus par l que leur contenu correspond la partie des choses qu'il nous est donn de connatre4 ,nous savons que ces faits ne sont point imaginaires mais rels4 ,sources de connaissance4--,toute connaissance de la vrit a pour fondement deux groupes de fonctions physiologiques distincts mais ayant entre eux d'troits rapports3 d'abord la sensation des objets1 au moyen de l'activit sensorielle et ensuite la liaison des impressions ainsi recueillies1 en reprsentation1 grce l'association4 ,les instruments de la sensation sont les organes des sens 7sensibles ou ,aesthtes72 les instruments l'aide desquels se forment et s'enchanent les reprsentations1 sont les organes de la pense 7phrontes74 ,ceux-ci font partie du systme nerveux central2 les autres1 au contraire1 du systme nerveux priphrique1 systme si important et si dvelopp chez les animaux suprieurs pour lesquels il est le seul et unique facteur de l'activit psychique4 ,organes des sens 7sensilles ou aesthtes74--,l'activit sensorielle de l'homme1 point de dpart de toute connaissance1 s'est dveloppe lentement et progressivement1 comme un perfectionnement de celle des ,mammifres les plus proches1 les ,primates4 ,les organes1 chez tous les reprsentants de cette classe trs leve1 prsentent partout la mme structure essentielle et leurs fonctions sont partout soumises aux mmes lois physico-chimiques4 ,elles se sont partout constitues historiquement de la mme manire4 ,de mme que chez tous les autres animaux1 les sensilles1 chez les ,mammifres1 sont l'origine des parties du revtement cutan et les cellules sensibles de l'piderme sont les anctres des diffrents organes sensoriels1 lesquels ont acquis leur nergie spcifique en s'adaptant des excitations diffrentes 7lumire1 chaleur1 son1 chimiopathie74 ,aussi bien les btonnets de la rtine que les cellules auditives du limaon de l'oreille1 que les cellules olfactives et les cellules gustatives1 proviennent originairement de ces simples cellules non diffrencies de l'piderme1 qui revtent toute la surface de notre corps4 ,ce fait trs important peut tre directement dmontr par l'observation immdiate de l'embryon humain ou de tout autre embryon animal4 ,de ce fait ontogntique se dduit avec certitude1 d'aprs la loi fondamentale biogntique1 cette conclusion phylogntique grosse elle-mme de consquences1 savoir3 que dans la longue histoire gnalogique de nos anctres1 les organes sensoriels suprieurs1 avec leur nergie spcifique1 drivent originairement1 eux aussi1 de l'piderme d'animaux infrieurs1 d'une assise cellulaire simple qui ne contenait pas encore de pareilles sensilles diffrencies4 nergie spcifique des sensilles4--,c'est un fait de la plus haute importance pour l'tude de l'homme1 que diffrents nerfs de notre corps puissent percevoir des qualits trs diffrentes du monde extrieur et ne puissent percevoir que celles-l4 ,le nerf visuel ne transmet que les impressions lumineuses1 le nerf auditif que les impressions de son1 le nerf olfactif que des impressions olfactives1 etc4 ,de quelque nature que soit l'excitation qui stimule un de ces nerfs dtermins1 la raction1 par contre1 est toujours qualitativement la mme4 ,de cette nergie spcifique des nerfs sensoriels1 dont toute la porte a t expose pour la premire fois par le grand physiologiste ,j4 ,m,,ller1 on a tir des consquences trs inexactes1 surtout au profit d'une thorie de la connaissance dualiste et a prioriste4 ,on a prtendu que le cerveau ou l'me ne percevait qu'un certain tat du nerf excit et qu'on ne pouvait rien conclure de l1 quant l'existence ou la nature du monde extrieur d'o provenait l'excitation4 ,la philosophie sceptique en tirait cette conclusion que l'existence mme de ce monde tait douteuse et l'extrme idalisme1 non seulement mettait en doute cette ralit1 mais la niait simplement2 il prtendait que le monde n'existait que dans notre reprsentation4 ,en face de ces erreurs1 nous devons rappeler que l'nergie spcifique n'est pas originairement une qualit inne de certains nerfs1 mais qu'elle provient de leur adaptation l'activit particulire des cellules pidermiques dans lesquelles ils se terminent4 ,en vertu des grandes lois de la division du travail1 les cellules sensorielles pidermiques1 l'origine non diffrencies1 se sont attribues des tches diverses1 en ce sens que les uns ont recueilli l'excitation des rayons lumineux1 les autres l'impression des ondes sonores1 un troisime groupe l'action chimique des substances odorantes1 etc4 ,au cours des sicles1 ces excitations sensorielles externes ont amen une modification graduelle des proprits physiologiques et morphologiques de ces rgions pidermiques1 tandis qu'en mme temps se modifiaient aussi les nerfs sensibles1 chargs de conduire au cerveau les impressions recueillies la priphrie4 ,la slection amliora pas pas celles d'entre les transformations de ces nerfs qui se montrrent utiles et cra enfin au cours de millions d'annes1 ces merveilleux instruments qui1 comme l'oeil et l'oreille1 constituent nos biens les plus prcieux2 leur disposition est si admirablement conforme un but d'utilit qu'ils ont pu nous induire l'hypothse errone d'une cration d'aprs un plan prconu4 ,ainsi la proprit caractristique de tout organe sensoriel et de son nerf spcifique ne s'est dveloppe que graduellement par l'habitude et l'exercice--c'est--dire par l'adaptation--et s'est transmise ensuite par l'hrdit de gnration en gnration4 ,a4 ,,rau a tabli explicitement cette conception dans son excellent ouvrage3 ,sensation et pense1 tude physiologique sur la nature de l'entendement humain 7#ahif74 ,on y trouve ct de la juste interprtation de la loi de ,m,,ller sur l'nergie sensorielle spcifique1 des discussions pntrantes sur le rapport de ces nergies avec le cerveau et1 dans le dernier chapitre en particulier1 appuye sur celle de ,l4 ,,feuerbach1 une remarquable philosophie de la sensibilit2 je me range compltement du ct de ce convainquant expos4 ,limites de la perception sensorielle4--,d'une comparaison critique entre l'activit sensorielle de l'homme et celle des autres vertbrs1 il ressort un certain nombre de faits de la plus haute importance1 dont nous sommes redevables aux recherches approfondies faites au ,x,i,xe sicle1 surtout dans la seconde moiti4 ,cela est vrai1 particulirement1 des deux organes sensoriels les plus perfectionns1 des organes esthtiques1 l'oeil et l'oreille4 ,ils prsentent1 dans l'embranchement des ,vertbrs1 une structure diffrente de ce qu'elle est chez les autres animaux1 structure plus complexe1--et ils se dveloppent en outre1 dans l'embryon des ,vertbrs1 d'une manire toute spciale4 ,cette ontognse et cette structure typique des sensilles1 chez tous les ,vertbrs1 s'explique par l'hrdit remontant jusqu' une forme ancestrale commune4 ,mais au sein du groupe1 on observe une grande varit de dtail dans le dveloppement1 laquelle rsulte de l'adaptation des conditions de vie variant avec les espces1 ainsi que de l'exercice plus frquent ou plus rare des diverses parties de l'organisme4 ,l'homme1 sous le rapport du dveloppement des sens1 est bien loin de nous apparatre comme le ,vertbr le plus perfectionn4 ,l'oiseau a la vue bien plus pntrante et distingue les petits objets une grande distance1 bien plus distinctement que l'homme4 ,l'oreille de nombreux ,mammifres1 en particulier des ,carnivores1 ,onguls1 ,rongeurs vivant dans les dserts1 est beaucoup plus sensible que celle de l'homme et peroit les bruits lgers des distances bien plus grandes2 c'est ce qu'indique dj le pavillon de leur oreille1 trs grand et trs mobile4 ,les oiseaux chanteurs prsentent1 mme au point de vue des sons musicaux1 une organisation bien suprieure celle de l'homme4 ,le sens olfactif1 chez la plupart des ,mammifres1 en particulier chez les ,carnivores et les ,onguls1 est beaucoup plus dvelopp que chez l'homme4 ,si le chien pouvait comparer son flair1 si fin1 avec celui de l'homme1 il regarderait celui-ci avec une piti ddaigneuse4 ,de mme1 quant aux sens infrieurs 7sens du got1 sens sexuel1 sens du contact et de la temprature71 l'homme est bien loin de pouvoir prtendre au plus haut degr de perfectionnement4 ,nous autres hommes ne pouvons naturellement juger que des sensations que nous possdons4 ,mais l'anatomie nous dmontre l'existence1 dans le corps de beaucoup d'animaux1 d'organes sensoriels autres que ceux que nous connaissons4 ,c'est ainsi que les poissons et d'autres ,vertbrs aquatiques infrieurs possdent1 dans la peau1 des sensilles caractristiques en communication avec des nerfs sensoriels spciaux4 ,sur les cts du corps des poissons1 droite et gauche1 court un long canal qui1 en avant1 dans la rgion de la tte1 se prolonge par plusieurs canaux ramifis4 ,dans ces canaux muqueux sont des nerfs pourvus de branches nombreuses dont les terminaisons sont en rapport avec des minences nerveuses caractristiques4 ,il est probable que cet organe sensoriel pidermique tendu sert percevoir les diffrences1 soit dans la pression1 soit dans les autres qualits de l'eau4 ,d'autres groupes d'animaux se distinguent encore par la possession d'autres sensilles caractristiques dont le rle nous est inconnu4 ,ces faits nous montrent dj que l'activit sensorielle de l'homme est limite et cela aussi bien quantitativement que qualitativement4 ,a l'aide de nos sens1 mme de celui de la vue et de celui du tact1 nous ne pouvons donc jamais connatre qu'une partie des qualits que possdent les objets du monde extrieur4 ,mais cette perception partielle est elle-mme incomplte1 car nos organes sensoriels sont imparfaits et les nerfs sensoriels sont des interprtes qui ne transmettent au cerveau que la traduction des impressions reues4 ,cette imperfection reconnue de notre activit sensorielle ne doit pourtant pas nous empcher de considrer ces instruments et l'oeil avant tout1 comme les plus nobles des organes2 ils constituent1 avec les organes de la pense localiss dans le cerveau1 le cadeau le plus prcieux que la ,nature ait fait l'homme4 ,a4 ,,rau dit trs justement3 ,toute science est en dernire analyse une connaissance sensible2 les donnes des sens ne sont pas nies mais interprtes par elle2 les sens sont nos premiers et nos meilleurs amis2 bien avant que l'entendement ne se dveloppe1 les sens disent l'homme ce qu'il doit faire et ce dont il doit s'abstenir4 ,celui qui renierait la sensibilit pour chapper ses dangers1 agirait avec autant d'irrflexion et de sottise que celui qui s'arracherait les yeux parce que ces organes pourraient un jour voir des choses honteuses2 ou celui qui s'corcherait la peau de la main1 de crainte que cette main ne se saisisse un jour du bien d'autrui4 ,aussi ,,feuerbach a-t-il pleinement raison de traiter toutes les philosophies1 les religions1 les institutions qui sont en contradiction avec le principe de la sensibilit1 non seulement d'errones1 mais de foncirement pernicieuses4 ,sans sens pas de connaissance6 ,nihil est in intellectu1 quod non fuerit in sensu4 7,,locke74 ,l'immense mrite que s'est acquis en ces derniers temps le ,darwinisme1 en nous faisant connatre plus fond et apprcier plus hautement l'activit sensorielle1 a dj fait1 il y a vingt ans1 le sujet de ma confrence sur l'origine et le dveloppement des organes des sens#eh4 #eh ,e4 ,,haeckel1 ,gesammelte populaere ,vortraege 7,bonn1 #ahgh74 ,hypothse et croyance4--,le besoin de connatre de l'homme civilis1 parvenu un haut degr de culture1 n'est pas satisfait par la connaissance1 pleine de lacunes1 du monde extrieur que cet homme acquiert au moyen de ses organes des sens1 si imparfaits4 ,il s'efforce de transformer les impressions sensibles qui lui ont t ainsi fournies1 en valeurs de connaissance2 il les labore1 dans les centres sensoriels de l'corce crbrale1 en sensations spcifiques et par l'association1 dans le centre propre cette opration1 il assemble ces sensations de manire former des reprsentations2 par l'enchanement des groupes de reprsentations1 l'homme parvient ensuite constituer une science d'ensemble4 ,mais cette science reste toujours pleine de lacunes et insatisfaisante1 si la fantaisie ne vient pas complter la force de combinaison insuffisante de l'entendement et si elle ne rassemble pas1 par l'association des images1 des connaissances anciennes1 de manire en constituer un tout4 ,de l rsultent de nouvelles formations de reprsentations qui1 seules1 permettront d'expliquer les faits perus et satisferont le besoin de causalit de la raison4 ,les reprsentations qui comblent les lacunes de la science et prennent sa place peuvent tre dsignes1 d'une manire gnrale1 du nom de croyance4 ,et c'est ainsi qu'il en va constamment dans la vie journalire4 ,lorsque nous ne sommes pas srs d'une chose1 nous disons que nous la croyons4 ,en ce sens1 dans la science elle-mme1 nous sommes forcs de croire2 nous prsumons ou admettons qu'il existe un certain rapport entre deux phnomnes1 quoique nous ne le sachions pas d'une faon certaine4 ,dans le cas o il s'agit de la connaissance des causes1 nous construisons des hypothses4 ,d'ailleurs on ne peut admettre1 en science1 que les hypothses comprises dans les limites des facults humaines et qui ne contredisent pas des faits connus4 ,telles sont1 par exemple1 en physique1 la thorie des vibrations de l'ther2 en chimie1 l'existence des atomes avec leurs affinits2 en biologie1 la thorie de la structure molculaire du plasma vivant4 ,thorie et croyance4--,l'explication d'un grand nombre de phnomnes se rattachant les uns aux autres1 par une cause qu'on admet leur tre commune1 constitue ce qu'on appelle une thorie4 ,pour la thorie1 comme pour l'hypothse1 la croyance 7au sens scientifique7 est indispensable2 car1 ici aussi1 la fantaisie cratrice comble les lacunes que l'entendement laisse quand il tche de connatre les rapports entre les choses4 ,la thorie1 par suite1 ne peut jamais tre considre que comme une approximation de la vrit2 on doit avouer qu'elle pourra1 plus tard1 tre supplante par une autre mieux fonde4 ,malgr l'aveu de cette incertitude1 la thorie reste indispensable toute vraie science2 car1 seule1 elle explique les faits en supposant admises leurs causes4 ,celui qui renoncerait absolument la thorie et ne voudrait construire la science pure qu'avec des faits certains 7ce qui est le cas des esprits borns1 dans les prtendues sciences naturelles exactes de nos jours7--celui-l renoncerait du mme coup la connaissance des causes en gnral et par l la satisfaction du besoin de causalit inhrent la raison4 ,la thorie de la gravitation en astronomie 7,,newton71 la thorie cosmologique des gaz en cosmognie 7,,kant et ,,laplace71 le principe de l'nergie en physique 7,,mayer et ,,helmholtz71 la thorie atomique en chimie 7,,dalton71 la thorie des vibrations en optique 7,,huyghens71 la thorie cellulaire en histologie 7,,schleiden et ,,schwann71 la thorie de la descendance en biologie 7,,lamarck et ,,darwin73 autant d'exemples grandioses de thories de premier ordre4 ,elles expliquent tout un monde de grands phnomnes naturels par l'hypothse d'une cause qui soit commune tous les faits isols de leurs domaines respectifs et par la dmonstration qu'elles donnent que tous les phnomnes font bien partie d'un mme domaine et qu'ils sont rgis par des lois fixes1 dcoulant de cette cause unique4 ,d'ailleurs1 cette cause elle-mme peut tre inconnue dans son essence ou peut n'tre qu'une hypothse provisoire4 ,la pesanteur1 dans la thorie de la gravitation et la cosmognie1 l'nergie elle-mme1 dans son rapport avec la matire1 l'ther en optique et en lectricit1 l'atome en chimie1 le plasma vivant dans la thorie cellulaire1 l'hrdit dans la thorie de la descendance--tous ces concepts1 et autres semblables1 dont usent les grandes thories1 peuvent tre considrs par la philosophie sceptique comme de pures hypothses1 comme les produits de la croyance scientifique1 mais ils nous demeurent1 comme tels1 indispensables aussi longtemps qu'ils n'auront pas t remplacs par une hypothse meilleure4 ,croyance et ,superstition4--,d'une toute autre nature que ces formes de croyance scientifique sont ces conceptions qui1 dans les diverses religions1 servent expliquer les phnomnes et qu'on dsigne simplement du nom de croyance1 au sens restreint du mot4 ,comme ces deux formes de croyance1 la croyance naturelle de la science et la croyance surnaturelle de la religion1 sont souvent confondues et qu'une certaine obscurit s'ensuit2 il est utile1 ncessaire mme de bien mettre en relief leur opposition radicale4 ,la croyance religieuse est toujours une croyance au miracle et1 comme telle1 est en contradiction irrmdiable avec la croyance naturelle de la raison4 ,par opposition celle-ci1 elle affirme l'existence de faits surnaturels et peut ainsi tre dsigne du nom de surcroyance1 hypercroyance1 forme originelle du mot ,superstition#ei4 ,la diffrence essentielle entre cette superstition et la croyance raisonnable consiste en ceci que la premire admet des forces et des phnomnes surnaturels1 que la science ne connat pas et qu'elle n'admet pas1 auxquels ont donn naissance des perceptions fausses et des inventions errones de la fantaisie potique2 la superstition est ainsi en contradiction avec les lois naturelles clairement reconnues et1 partant1 elle est draisonnable4 #ei ,la parent des trois mots n'apparat qu'en allemand o tous trois sont des composs du mot croyance3 berglaube1 ,oberglaube et ,aberglaube 7,n4 du ,tr474 ,superstition des peuples primitifs4--,grce aux grands progrs de l'ethnologie au ,x,i,xe sicle1 nous connaissons une quantit norme de formes et de produits de la superstition tels qu'on les trouve aujourd'hui encore chez les grossiers peuples primitifs4 ,si on les compare entre eux1 puis avec les conceptions mythologiques correspondantes des ges antrieurs1 on constate une analogie sur bien des points1 souvent une origine commune et1 finalement1 une source primitive trs simple d'o tous dcoulent4 ,nous trouvons celle-ci dans le besoin naturel de causalit de la raison1 dans la recherche de l'explication des phnomnes inconnus qui pousse trouver leur cause4 ,c'est le cas1 en particulier1 pour ces phnomnes moteurs qui veillent la crainte par la menace d'un danger3 comme l'clair et le tonnerre1 les tremblements de terre1 les clipses1 etc4 ,le besoin d'une explication causale de ces phnomnes naturels existe dj chez les peuples primitifs les plus infrieurs qui le tiennent eux-mmes1 par l'hrdit1 de leurs anctres primates4 ,il existe galement chez beaucoup d'autres ,vertbrs4 ,quand un chien aboie devant la pleine lune1 ou en entendant sonner une cloche dont il voit le battant se mouvoir1 ou en voyant un drapeau flotter au vent1 il n'exprime pas seulement par l sa crainte mais aussi le vague besoin de connatre la cause de ce phnomne inconnu4 ,les germes grossiers de religion1 chez les peuples primitifs1 ont leurs racines en partie dans cette superstition hrditaire de leurs anctres primates1--en partie dans le culte des aeux1 dans divers besoins de l'me et dans des habitudes devenues traditionnelles4 ,superstition des peuples civiliss4--,les croyances religieuses des peuples civiliss modernes1 qu'ils considrent comme leur bien spirituel le plus prcieux1 sont places par eux bien au-dessus des grossires superstitions des peuples primitifs2 on loue le grand progrs qu'a amen la marche de la civilisation1 en dpassant ces superstitions4 ,c'est l une grande erreur6 ,un examen critique et une comparaison impartiale nous montreraient que les deux croyances ne diffrent que par la forme spciale et par l'enveloppe externe de la confession4 ,a la claire lumire de la raison1 la croyance au miracle1 croyance distille des religions les plus librales--en tant qu'elle contredit les lois naturelles solidement tablies1--nous parat une superstition aussi draisonnable et au mme titre que la grossire croyance aux fantmes des religions primitives1 ftichistes1 que les premires regardent avec un orgueilleux ddain4 ,de ce point de vue impartial1 si nous jetons un regard critique sur les croyances religieuses encore aujourd'hui rgnantes1 parmi les peuples civiliss1 nous les trouverons partout pntres de superstitions traditionnelles4 ,la croyance chrtienne la ,cration1 la ,trinit divine1 l',immacule ,conception de ,marie1 la ,rdemption1 la ,rsurrection et l',ascension du ,christ1 etc41 tout cela est de la fantaisie pure et ne peut pas plus s'accorder avec la connaissance rationnelle de la ,nature que les diffrents dogmes des religions mahomtane1 mosiaque1 bouddhiste et brahmanique4 ,chacune de ces religions est1 pour le vrai croyant1 une vrit incontestable et chacune d'elles considre toute autre croyance comme une hrsie et une dangereuse erreur4 ,plus une religion donne se considre comme la seule qui sauve--comme tant la religion catholique1--et plus cette conviction est chaleureusement dfendue comme tant ce que cette religion a le plus coeur1 plus1 naturellement1 elle doit mettre de zle combattre les autres et plus deviennent fanatiques ces terribles guerres religieuses qui remplissent les pages les plus tristes du livre d'histoire de la civilisation4 ,et pourtant1 l'impartiale ,critique de la raison mre nous convainc que toutes ces diffrentes formes de croyance sont au mme titre fausses et draisonnables1 produits1 toutes1 de l'imagination potique et de la tradition accepte sans critique4 ,la science fonde sur la raison doit les rejeter toutes tant qu'elles sont1 comme des crations de la superstition4 ,professions de foi 7,confessions74--,l'incommensurable dommage que la superstition1 contraire la raison1 cause depuis des milliers d'annes dans l'humanit croyante1 ne se manifeste nulle part dune manire aussi frappante que dans l'ternel ,combat des confessions4 ,entre toutes les guerres que les peuples ont entreprises les uns contre les autres1 par le fer et par le feu1 les guerres de religion ont t entre toutes les plus sanglantes2 entre toutes les formes de discorde qui ont troubl le bonheur des familles et des individus1 celles d'origine religieuse1 provenant de diffrences de croyance sont1 encore aujourd'hui1 les plus haineuses4 ,qu'on songe aux nombreux millions d'hommes qui ont perdu la vie lors des conversions au ,christianisme1 des perscutions des chrtiens1 dans les guerres de religion de l',islamisme et de la ,rforme1 pendant l',inquisition ou les procs de sorcellerie6 ,ou bien qu'on pense au nombre encore plus grand de malheureux qui1 cause de diffrences de croyance1 ont eu souffrir des dissensions de famille1 ont perdu l'estime de leurs concitoyens croyants1 leur position dans l',etat--ou qui ont d migrer hors de leur patrie4 ,la confession officielle exerce l'action la plus nuisible lorsqu'elle s'allie aux buts politiques de l',etat civilis et que l'enseignement en est impos dans les coles1 sous le nom de leon de religion confessionnelle4 ,la raison des enfants est par l dtourne de bonne heure de la connaissance de la vrit et achemine vers la superstition4 ,tout philanthrope devrait donc1 par tous les moyens possibles1 pousser la fondation d'coles sans confession1 comme l'une des institutions les plus prcieuses de l',etat moderne o rgne la raison4 ,la croyance de nos pres4--,la haute valeur dont jouit1 encore aujourd'hui1 dans beaucoup de milieux1 l'enseignement de la religion confessionnelle1 ne rsulte pas seulement du joug confessionnel impos par un ,etat arrir ni de sa dpendance vis--vis de l'autorit clricale--elle s'explique aussi par la pression d'anciennes traditions et de besoins de l'me de diffrentes sortes4 ,parmi ceux-ci le plus puissant est le culte pieux1 rendu dans beaucoup de milieux1 la confession traditionnelle1 la sainte croyance de nos pres4 ,dans des milliers de rcits et de pomes1 la fidlit ces croyances est clbre comme un trsor spirituel et un devoir sacr4 ,et pourtant il suffit de rflchir avec impartialit sur l'histoire de la croyance pour se convaincre de l'absolue absurdit de cette ide si puissamment influente4 ,la croyance dominante1 celle de l'glise vanglique1 est essentiellement diffrente dans la seconde moiti du ,x,i,xe sicle si clair1 de ce qu'elle tait dans la premire moiti et celle qui rgnait alors est son tour tout autre que celle du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,cette dernire s'carte beaucoup de ce qui tait la croyance de nos pres au ,x,v,i,ie sicle et encore plus au ,x,v,ie4 ,la ,rforme qui a dlivr la raison asservie de la tyrannie du papisme est naturellement poursuivie par celui-ci comme la pire des hrsies2 mais la croyance au papisme elle-mme avait compltement chang au cours d'un millier d'annes4 ,et combien la croyance des chrtiens baptiss diffre de celle de leurs pres paens6 ,chaque homme1 capable de penser d'une faon indpendante1 se forme une croyance propre1 plus ou moins personnelle1 qui diffre toujours de celle de ses pres1 car elle dpend de l'tat de culture gnrale du temps4 ,plus nous remontons dans l'histoire de la civilisation1 plus nous apparat comme une superstition inadmissible1 la croyance de nos pres tant vante1 dont les formes se renouvellent incessamment4 ,spiritisme4--,une des formes les plus remarquables de la superstition est celle qui1 aujourd'hui encore dans notre socit civilise1 joue un rle tonnant3 le spiritisme ou croyance aux esprits sous sa forme moderne4 ,c'est une chose aussi tonnante qu'affligeante de voir que1 de nos jours1 des millions d'hommes civiliss sont encore compltement sous le joug de cette sombre superstition2 bien plus1 on compte quelques naturalistes clbres qui n'ont pas pu s'en affranchir4 ,de nombreuses revues spirites rpandent cette croyance aux esprits dans tous les milieux et dans nos salons les plus distingus1 on n'a pas honte de faire apparatre des esprits qui frappent1 crivent1 apportent des nouvelles de l'au-del1 etc4 ,on fait valoir1 dans les cercles spirites1 que des naturalistes minents eux-mmes partagent cette superstition4 ,on invoque comme exemple1 en ,allemagne1 ,,zoellner et ,,fechner ,leipzig1 en ,angleterre ,,wallace et ,,crookes4 ,le fait regrettable que des physiciens et des biologistes aussi distingus aient pu tomber dans cette erreur s'explique en partie par l'excs chez eux de l'imagination1 par le manque de critique1 en partie aussi par la puissante influence de dogmes inflexibles implants dans le cerveau de l'enfant1 ds la premire jeunesse1 par l'instruction religieuse4 ,d'ailleurs1 propos des clbres croyances spirites rpandues ,leipzig et dans l'erreur desquelles les physiciens ,,zoellner1 ,,fechner et ,w4 ,,weber sont tombs grce au rus escamoteur ,,slade1 la supercherie de celui-ci a t mise au jour bien que tardivement2 ,,slade lui-mme a t reconnu pour un escroc vulgaire et dmasqu4 ,dans tous les autres cas o l'on a examin fond les prtendus miracles du spiritisme1 on a reconnu qu'ils avaient tous pour origine une supercherie plus ou moins grossire et quant aux prtendus mdiums 7la plupart sont des femmes7 les uns ont t dmasqus comme de russ escamoteurs1 tandis que dans les autres on a reconnu des personnes nerveuses d'une excitabilit anormale1 leur soi-disant tlpathie 7ou action distance de la pense sans intermdiaire matriel71 existe aussi peu que les voix des esprits1 les soupirs des fantmes1 etc4 ,les descriptions animes que ,,carl ,,du ,,prel de ,mnich et autres spirites donnent de ces apparitions des esprits1 s'expliquent par l'excitation de leur imagination active1 jointe au manque de critique et de connaissances physiologiques4 ,rvlation4--,la plupart des religions1 en dpit de leurs varits1 ont un trait fondamental commun qui constitue en mme temps1 dans beaucoup de milieux1 un de leurs plus puissants supports2 elles affirment pouvoir donner1 de l'nigme de l'existence1 dont la solution n'est pas possible par la voie naturelle de la raison1 la solution par la voie surnaturelle de la rvlation2 on en dduit en mme temps la valeur des dogmes ou articles de foi qui1 en tant que lois divines1 doivent rgler les moeurs et la vie pratique4 ,de telles inspirations divines sont au fond de nombreux mythes et lgendes dont l'origine anthropistique saute aux yeux4 ,le ,dieu qui se rvle1 il est vrai1 n'apparat pas directement sous forme humaine1 mais au milieu du tonnerre et des clairs1 des orages et des tremblements de terre1 des buissons en feu ou des nuages menaants4 ,mais la rvlation elle-mme qu'il donne ceux des enfants des hommes qui ont la foi1 est toujours conue sous une forme anthropistique3 c'est toujours une communication d'ides ou d'ordres formuls et exprims selon le mode normal de fonctionnement des hmisphres crbraux et du larynx humains4 ,dans les religions de l',inde et de l'gypte1 dans les mythologies grecque et romaine1 dans le ,talmud comme dans le ,coran1 dans l',ancien comme dans le ,nouveau ,testament--les dieux pensent1 parlent et agissent absolument comme les hommes et les rvlations par lesquelles ils nous dvoilent les secrets de la vie et prtendent en rsoudre les sombres nigmes1--sont des inventions potiques de la fantaisie humaine4 ,la vrit que le croyant y trouve est une invention humaine et la croyance enfantine ces rvlations contraires la raison n'est que superstition4 ,la vritable rvlation1 c'est--dire la vritable source de connaissance fonde sur la raison1 ne se trouve que dans la nature4 ,le riche trsor de savoir vritable1 qui constitue l'lment le plus prcieux de la civilisation humaine1 jaillit de la seule et unique exprience que s'est acquise l'entendement en cherchant connatre la nature et des raisonnements qu'il a construits en associant les reprsentations empiriques ainsi acquises4 ,tout homme raisonnable dont le cerveau et les sens sont normaux puise dans l'observation impartiale de la nature cette vritable rvlation et se libre ainsi des superstitions que lui ont imposes les rvlations de la religion4 ,,chapitre ,,xvii ,science et ,christianisme ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,le ,,conflit ,,entre ,l',,exp,,rience ,,scientifique ,,et ,,la ,r,v,,lation ,,chr,,tienne4--,,quatre ,p,,riodes ,,dans ,,la ,m,,tamorphose ,,historique ,,de ,,la ,,religion ,,chr,,tienne4--,,raison ,,et ,,dogme4 ,entre les principes fondamentaux du ,christianisme et la culture moderne le conflit est irrmdiable et ce conflit se terminera ncessairement1 soit par une raction victorieuse du ,christianisme1 soit par sa complte dfaite par la culture moderne2 soit par l'enchanement de la libert des peuples sous le flot montant de l'ultramontanisme1 soit par la disparition du ,christianisme1 sinon de nom1 du moins de fait4 ,,ed4 ,,hartmann4 ,affirmer que le ,christianisme a introduit dans le monde des vrits morales inconnues auparavant1 tmoignerait soit d'une grossire ignorance1 soit d'une imposture voulue4 ,,th4 ,,buckle4 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xvii ,opposition croissante entre la connaissance de la nature chez les modernes1 et la conception chrtienne4--,l'ancienne et la nouvelle croyance4--,dfense de la science fonde sur la raison contre les attaques de la superstition chrtienne1 surtout du papisme4--,quatre priodes dans l'volution du ,christianisme4--,i4 ,le ,christianisme primitif 7trois sicles74--,les quatre vangiles canoniques4--,les ptres de ,paul4--,,ii4 ,le papisme 7le christianisme ultramontain74--tat arrir de la culture au ,moyen ,age4--,falsification de l'histoire par l'ultramontanisme4--,papisme et ,science4--,papisme et ,christianisme4--,,iii4 ,la ,rforme4--,luther et ,calvin4--,le sicle des lumires 7,aufklrung74--,,iv4 ,le ,christianisme du ,x,i,xe sicle4--,dclaration de guerre du pape la raison et la science3--#a ,infaillibilit4--#b ,l'encyclique4--#c ,immacule ,conception4 ,,litt,,rature ,,saladin 7,,stewart ,,ross74--,jehovas ,gesammelte ,werke4 ,eine kritische ,untersuch4 des jdisch-christ4 ,religions ,gebudes auf ,grund der ,bibelforsch4 7,zurich #ahif74 ,s4 ,e4 ,,verus4--,vergl4 ,uebersicht der vier ,evangelien in unverkrztem ,wortlaut 7,leipzig #ahig74 ,d4 ,,strauss4--,das ,leben ,jesus fr das deutsche ,volk 7#aate ,aufl4 #ahij74 ,l4 ,,feuerbach4--,das ,wesen des ,christentums 7#dte ,aufl4 #ahhc74 ,p4 ,,de ,,regla 7,p4 ,,desjardin74--,jesus von ,nazareth vom wissenschaftlich4 geschichtl4 und gesellschaftlich4 ,standpunkt aus ,dargestellt 7#ahia74 ,,th4 ,,buckle4--,geschichte der ,civilisation in ,england 7trad4 all474 ,m4 ,j4 ,,savage4--,die ,religion im ,lichte der darwin'schen ,lehre 7trad4 all474 ,,ed4 ,,hartmann4--,die ,selbstzersetzung des ,christenthums 7,berlin #ahgd74 ,parmi les traits caractristiques les plus saillants du ,x,i,xe sicle finissant1 il faut signaler la vivacit croissante du contraste entre la science et le christianisme4 ,c'est parfaitement naturel et ncessaire2 car dans la mesure mme o les progrs victorieux de la ,science de la nature moderne ont laiss loin derrire eux les conqutes scientifiques des sicles prcdents1 l'inadmissibilit de toutes ces conceptions mystiques qui essaient de courber la raison sous le joug de la prtendue ,rvlation devenait manifeste1 et la religion chrtienne est du nombre4 ,plus l'astronomie1 la physique et la chimie modernes dmontraient avec certitude que des lois naturelles inflexibles rgnent seules dans l',univers1 plus la botanique1 la zoologie et l'anthropologie dmontraient leur tour la valeur des mmes lois dans le domaine tout entier de la nature organique--plus la religion chrtienne1 d'accord avec la mtaphysique dualiste1 se refuse nergiquement reconnatre la valeur de ces lois naturelles dans le domaine de la prtendue vie de l'esprit1 c'est--dire dans un dpartement de la physiologie crbrale4 ,nul n'a montr plus clairement1 avec plus de courage et plus irrfutablement1 le conflit manifeste et irrmdiable de la science moderne et de la tradition chrtienne--que le plus grand thologien du ,x,i,xe sicle1 ,,david ,,fr,d,,ric ,,strauss4 ,sa dernire confession3 l',ancienne et la nouvelle croyance 7#i;e d4 #ahgg7 est l'expression universelle des convictions sincres de tous les savants modernes qui discernent le conflit irrmdiable entre les doctrines courantes du christianisme dont on nous imprgne et les rvlations lumineuses1 conformes la raison1 des sciences naturelles actuelles2 ce livre exprime les convictions de tous ceux qui ont le courage de dfendre les droits de la raison contre les prtentions de la superstition et qui prouvent le besoin philosophique de se faire de la nature une conception moniste4 ,,strauss1 libre penseur loyal et courageux1 a expos1 beaucoup mieux que je ne l'aurais cru1 les contradictions les plus importantes entre l'ancienne et la nouvelle croyance4 ,l'absolue impossibilit de rsoudre la contradiction1 l'invitabilit d'un combat dcisif entre les deux croyances--question de vie ou de mort--ont t dmontres au point de vue philosophique1 en particulier par ,,ed4 ,,hartmann dans son intressant ouvrage sur l',auto-dissolution du christianisme 7#ahgd74 ,aprs avoir lu les oeuvres de ,,strauss et de ,,feuerbach ainsi que l',histoire des conflits entre la religion et la science de ,g4 ,w4 ,,draper 7#ahge71 il pourrait paratre superflu de consacrer ce sujet un chapitre spcial4 ,il est cependant utile1 ncessaire mme1 de jeter ici un regard critique sur l'volution historique de ce grand conflit et cela pour cette raison que les attaques de l',eglise militante contre la science en gnral et contre la thorie de l'volution en particulier1 sont devenues1 en ces derniers temps1 particulirement vives et menaantes4 ,de plus1 malheureusement1 le relchement intellectuel qui svit actuellement1 de mme que le flot montant de la raction sur le terrain politique1 social et religieux1 ne sont que trop propres augmenter encore ces dangers4 ,si quelqu'un en doutait1 il n'aurait qu' lire les dbats des synodes chrtiens et du ,reichstag allemand1 en ces dernires annes4 ,c'est dans le mme sens que beaucoup de gouvernements s'efforcent de faire aussi bon mnage que possible avec le rgiment ecclsiastique1 leur ennemi mortel1 c'est--dire de se soumettre son joug2 les deux allis entrevoient comme but commun l'oppression de la libre pense et de la libre recherche scientifique1 dans le but de s'assurer ainsi1 par le procd le plus facile1 l'absolue domination4 ,nous devons faire remarquer expressment qu'il s'agit ici d'un cas de lgitime dfense de la part de la science et de la raison1 contre les vives attaques de l'glise chrtienne et de ses puissantes lgions--et non pas du tout d'un cas d'attaque injustifie des premires contre la seconde4 ,en premire ligne1 nous devons parer au coup du papisme ou de l'ultramontanisme2 car cette glise catholique qui seule sauve et offre le salut tous1 est non seulement plus nombreuse et plus puissante que les autres confessions chrtiennes1 mais elle a surtout l'avantage d'une organisation admirablement centralise et d'une politique ruse1 sans gale4 ,on entend souvent des naturalistes et autres savants soutenir cette opinion que la superstition catholique n'est pas pire que les autres formes de croyance au surnaturel et que ces trompeuses formes de la croyance sont toutes au mme titre les ennemies naturelles de la raison et de la science4 ,en thorie1 comme principe gnral1 cette affirmation est exacte1 mais quant aux consquences pratiques1 elle est fausse2 car les attaques faites avec un but prcis et que rien n'arrte1 comme celles que dirige contre la science l'glise ultramontaine1 soutenue par l'inertie et la btise des masses1 sont infiniment plus graves et plus dangereuses1 cause de leur organisation puissante1 que celles de toutes les autres religions4 ,evolution du ,christianisme4--,pour apprcier exactement l'importance inoue du ,christianisme dans toute l'histoire de la civilisation1 mais surtout son antagonisme radical avec la religion et la science1 il faut jeter un regard rapide sur les phases principales de son volution historique4 ,nous y distinguerons quatre priodes3 ,i4 ,le ,christianisme primitif 7les trois premiers sicles72 ,,ii4 ,le ,papisme 7douze sicles1 du ,i,ve au ,x,ve72 ,,iii4 ,,la ,r,,forme 7trois sicles1 du ,x,v,ie au ,x,v,i,i,ie72 ,,iv4 ,le moderne ,pseudo-christianisme 7au ,x,i,xe sicle74 ,i4 ,le christianisme primitif embrasse les trois premiers sicles4 ,le ,christ lui-mme1 ce prophte noble et illumin1 tout rempli de l'amour des hommes1 tait bien au-dessous du niveau de culture de l'antiquit classique2 il ne connaissait que la tradition juive2 il n'a laiss aucune ligne de sa main4 ,il n'avait1 d'ailleurs1 aucun soupon du degr avanc1 auquel la philosophie et la science grecques s'taient leves cinq cents ans dj avant lui4 ,ce que nous savons du ,christ et de la doctrine primitive1 nous le puisons donc dans les principaux crits du ,nouveau ,testament3 d'abord dans les quatre vangiles et ensuite dans les lettres de ,,paul4 ,quant aux quatre ,evangiles canoniques1 nous savons maintenant qu'ils ont t choisis en #cbe1 au concile de ,nice1 par #cah vques assembls1 parmi un tas de manuscrits contradictoires et falsifis1 datant des trois premiers sicles4 ,sur la premire liste d'lection1 figuraient quarante vangiles1 sur la seconde1 restreinte1 quatre restrent4 ,comme les vques1 se disputant1 s'injuriant mchamment1 ne pouvaient pas s'entendre sur le choix dfinitif1 on dcida 7aprs le ,synodikon de ,,pappus7 de laisser un miracle divin dcider de ce choix3 on posa tous les livres sous l'autel et l'on pria le ,ciel de faire que les crits apocryphes d'origine humaine1 restassent sous l'autel tandis que les crits vridiques1 mans de ,dieu lui-mme1 sautassent au contraire sur l'autel4 ,et il en fut ainsi6 ,les trois vangiles synoptiques 7de ,matthieu1 ,marc et ,lucas1 tous trois rdigs non par ces hommes1 mais d'aprs eux1 au commencement du deuxime sicle7--ainsi que le quatrime vangile1 tout diffrent 7probablement compos d'aprs ,jean1 au milieu du ,i,ie sicle7--tous ensemble1 ces quatre vangiles sautrent sur la table et devinrent ds lors les bases authentiques 7se contredisant en mille endroits67--de la doctrine chrtienne 7cf4 ,saladin74 ,si quelque incrdule moderne trouvait incroyable ce ,saut des livres nous lui rappellerions que le tout aussi incroyable remuement des tables et les coups frapps par les esprits trouvent encore aujourd'hui1 parmi les spirites cultivs1 des millions de croyants2 et des centaines de millions de croyants chrtiens ne sont pas moins convaincus1 cette heure encore1 de leur propre immortalit1 de la rsurrection aprs la mort et de la ,trinit de ,dieu--dogmes qui ne sont ni plus ni moins en contradiction avec la raison pure que ce merveilleux saut des vangiles manuscrits4 ,a ct des ,evangiles1 on sait que les sources principales sont les quatorze ptres diffrentes 7en grande partie falsifies67 de l'aptre ,,paul4 ,les lettres authentiques de ,paul 7qui d'aprs la critique moderne ne sont qu'au nombre de trois3 celles aux ,romains1 aux ,galates et aux ,corinthiens7--ont toutes t crites antrieurement aux quatre vangiles canoniques et contiennent moins de lgendes miraculeuses incroyables que ceux-ci2 on y dmle aussi1 plus que dans ces derniers1 un effort pour se concilier avec une conception rationnelle4 ,aussi la thologie moderne claire1 construit-elle1 en partie1 son ,christianisme idal en s'appuyant plus sur les lettres de ,paul que sur les ,evangiles1 ce qui a fait dsigner cette thologie du nom de ,paulinisme4 ,la personnalit marquante de l'aptre ,,paul1 qui tait beaucoup plus instruit et dou d'un sens pratique beaucoup plus grand que le ,christ1 est intressante1 en outre1 au point de vue anthropologique en ce que les races originelles des deux grands fondateurs de la religion chrtienne1 sont peu prs les mmes4 ,les parents de ,,paul1 eux aussi1 7d'aprs les recherches historiques rcentes7 appartenaient1 le pre la race grecque la mre la race juive4 ,les mtis1 issus de ces deux races1 qui l'origine sont trs diffrentes 7quoique rameaux1 toutes deux1 d'une mme espce3 homo mediterraneus7 se distinguent souvent par un heureux mlange de talents et de traits de caractre1 ainsi qu'en font foi de nombreux exemples1 une poque ultrieure celle de ,paul et de nos jours encore4 ,la fantaisie orientale1 plastique1 des ,smites et la raison occidentale1 critique1 des ,ariens1 se compltent souvent d'une faon avantageuse4 ,c'est ce dont tmoigne la doctrine paulinienne qui acquit bientt une plus grande influence que la conception primitive du christianisme originel4 ,aussi a-t-on voulu voir avec raison dans le ,paulinisme une apparition nouvelle dont le pre serait la philosophie grecque et la mre1 la religion juive2 un mlange analogue tait dj apparu dans le ,noplatonisme4 ,en ce qui concerne la doctrine originelle et le but que se proposait le ,christ--de mme qu'en ce qui touche beaucoup de points importants de sa vie--les opinions des thologiens en conflit ont diverg de plus en plus mesure que la critique historique 7,,strauss1 ,,feuerbach1 ,,baur1 ,,renan1 etc47 a remis dans leur vrai jour les faits qu'il lui tait donn de connatre et en a tir des conclusions impartiales4 ,ce qui demeure comme certain1 c'est le noble principe de l'amour universel du prochain et le principe suprme de la morale1 qui s'en dduit3 la rgle d'or--tous deux d'ailleurs connus et pratiqus plusieurs sicles avant ,j4-,c4 7cf4 chap4 ,,xix47 ,au reste1 les premiers chrtiens1 ceux des premiers sicles1 taient en grande partie de simples communistes1 en partie des dmocrates-socialistes qui1 d'aprs les principes aujourd'hui en vigueur en ,allemagne1 auraient ds tre extermins par le feu et par le fer4 ,,ii4 ,le papisme4--,le ,christianisme latin ou papisme1 l'glise catholique romaine1 appele souvent aussi ,ultramontanisme1 ou1 d'aprs la rsidence de son chef1 vaticanisme ou plus brivement papisme1 est1 entre tous les phnomnes de l'histoire de la civilisation humaine1 l'un des plus grandioses et des plus remarquables1 une grandeur de l'histoire universelle1 de premier ordre2 en dpit des assauts du temps1 elle jouit aujourd'hui encore d'une immense influence4 ,sur les #daj millions de chrtiens rpandus actuellement sur la terre1 la plus grande moiti1 savoir #bbe millions1 professent le catholicisme romain1 #ge millions seulement le catholicisme grec et #aaj millions sont protestants4 ,pendant une dure de douze cents ans1 du ,i,ve au ,x,v,ie sicle1 le papisme a presque entirement domin et empoisonn la vie intellectuelle de l',europe2 par contre1 il n'a gagn que trs peu de terrain sur les grands systmes religieux anciens de l',asie et de l',afrique4 ,en ,asie1 le bouddhisme compte1 aujourd'hui encore1 #ejc millions d'adhrents1 la religion de ,brahma1 #ach millions1 l'islamisme #abj millions4 ,c'est surtout la suprmatie du papisme qui a imprim au moyen ge son caractre sombre2 son vrai sens1 c'est la mort de toute libre vie intellectuelle1 le recul de toute vraie science1 la ruine de toute pure moralit4 ,de la brillante splendeur o s'tait leve la vie intellectuelle dans l'antiquit classique1 pendant le premier sicle avant ,j4-,c4 et durant les premiers sicles du christianisme1 elle tombe bientt1 sous le rgne du papisme1 jusqu' un niveau qu'on ne peut caractriser autrement1 en ce qui concerne la connaissance de la vrit1 que du nom de barbarie4 ,on fait bien valoir qu'au moyen ge1 d'autres cts de la vie intellectuelle trouvrent un riche dploiement3 la posie et les arts plastiques1 l'rudition scholastique et la philosophie patristique4 ,mais cette production intellectuelle tait au service de l'glise rgnante et elle tait employe1 non comme un levier1 mais comme un instrument d'oppression vis--vis de la libre recherche4 ,le souci exclusif de se prparer une vie ternelle dans l'au-del inconnu1 le mpris de la nature1 l'aversion pour son tude1 inhrents au principe de la religion chrtienne1 devinrent des devoirs sacrs pour la hirarchie romaine4 ,une transformation en mieux n'eut lieu qu'au commencement du ,x,v,ie sicle1 grce la ,rforme4 tat arrir de la culture au moyen ge4--,nous serions entrans trop loin si nous voulions dcrire ici le dplorable recul qui s'opra dans la culture et dans les moeurs1 pendant douze sicles1 sous la domination intellectuelle du papisme4 ,l'illustration la plus frappante nous en sera fournie par une phrase du plus grand et du plus spirituel des ,,hohenzollern3 ,,fr,d,,ric ,,le ,,grand rsumait sa pense en disant que l'tude de l'histoire conduisait cette conclusion que depuis ,constantin jusqu' l'poque de la ,rforme1 l',univers entier avait t en proie au dlire4 ,une courte mais excellente peinture de cette priode de dlire nous a t donne en #ahhg par ,,buchner dans son trait sur les conceptions religieuses et scientifiques4 ,nous renvoyons celui qui voudrait approfondir ces questions aux ouvrages historiques de ,,ranke1 ,,draper1 ,,kolb1 ,,svoboda1 etc4 ,la peinture conforme la vrit1 que nous donnent ces historiens et d'autres non moins impartiaux1 en ce qui concerne l'horrible tat de choses du moyen ge chrtien1 est continue par toutes les sources d'information vridiques et par les monuments historiques que cette priode1 la plus triste de toutes1 a laisss partout derrire elle4 ,les catholiques instruits qui cherchent loyalement la vrit ne sauraient trop tre renvoys l'tude de ces sources4 ,nous devons d'autant plus insister l-dessus qu'actuellement encore la littrature ultramontaine exerce une grande influence2 le vieil artifice qui consiste dnaturer impudemment les faits et inventer des histoires miraculeuses pour duper le peuple croyant1 est employ aujourd'hui encore avec succs par l'ultramontanisme3 qu'il nous suffise de rappeler ,lourdes et la roche sainte de ,trves 7#ahih74 ,jusqu'o la dformation de la vrit peut aller1 mme dans les ouvrages scientifiques1 c'est ce dont le professeur ultramontain1 ,j4 ,,janssen de ,francfort1 nous fournit un exemple frappant2 ses ouvrages trs rpandus 7surtout l',histoire du peuple allemand depuis la fin du moyen ge1 qui a de nombreuses ditions7 poussent un degr incroyable l'impudente falsification de l'histoire#fj4 ,le mensonge de ces falsifications jsuitiques marche de pair avec la crdulit et l'absence de sens critique du simple peuple allemand qui les accepte comme de l'argent comptant4 #fj ,lenz1 ,janssen's ,geschichte des deutschen ,volks1 #ahhc4 ,papisme et science4--,parmi les faits historiques qui dmontrent de la manire la plus clatante l'odieux de la tyrannie intellectuelle exerce par l'ultramontanisme1 ce qui nous intresse avant tout c'est la lutte nergique et mthodiquement mene contre la science comme telle4 ,cette lutte1 il est vrai1 ds son point de dpart1 tait dtermine par ceci1 que le ,christianisme plaait la foi au-dessus de la raison et exigeait l'aveugle soumission de celle-ci devant la premire2 et non moins par cette autre raison que le ,christianisme considrait toute la vie terrestre comme une simple prparation l'au-del imaginaire et dniait par consquent toute valeur la recherche scientifique en soi-mme4 ,mais la lutte victorieuse1 mene conformment un plan1 ne commena contre la science qu'au dbut du ,i,ve sicle1 surtout la suite du clbre ,concile de ,nice 7#cbg71 prsid par l'empereur ,,constantin--nomm le grand parce qu'il fit du ,christianisme la religion d',etat et fonda la ville de ,constantinople1 ce qui ne l'empcha pas d'tre un caractre sans valeur1 un faux hypocrite et plusieurs fois assassin4 ,les succs du papisme dans la lutte contre toute pense et toute recherche scientifique indpendantes sont bien mis en lumire par l'tat dplorable de la connaissance de la nature et de la littrature s'y rapportant1 au moyen ge4 ,non seulement les riches trsors intellectuels lgus par l'antiquit classique furent en grande partie dtruits ou soustraits la publicit1 mais1 en outre1 des bourreaux et des bchers veillaient ce que chaque hrtique1 c'est--dire tout penseur indpendant1 gardt pour soi ses penses raisonnables4 ,s'il ne le faisait pas1 il devait s'attendre tre brl vif1 ce qui fut le sort du grand philosophe moniste ,,giordano ,,bruno1 du rformateur #a et de plus de cent mille autres tmoins de la vrit4 ,l'histoire des sciences au moyen ge nous apprend1 de quelque ct que nous nous tournions1 que la pense indpendante et la recherche scientifique1 empirique1 sont restes pendant douze tristes sicles1 rellement enterres sous l'oppression du tout-puissant papisme4 ,papisme et ,christianisme4--,tout ce que nous tenons en haute estime dans le vritable christianisme1 selon l'esprit de son fondateur et des successeurs les plus levs de celui-ci et ce que1 dans la ruine invitable de cette religion universelle1 nous cherchons sauver en le transportant dans notre religion moniste1--tout cela appartient au ct thique et social du ,christianisme4 ,les principes de la vritable humanit1 de la rgle d'or1 de la tolrance1 de l'amour du prochain au sens le meilleur et le plus lev du mot3 tous ces beaux cts du ,christianisme n'ont sans doute pas t invents ni poss pour la premire fois par lui1 mais ils ont t mis en pratique avec succs lors de cette priode critique pendant laquelle l'antiquit classique marchait sa dissolution4 ,pourtant le papisme a su trouver le moyen de transformer toutes ces vertus en leur contraire direct1 tout en conservant l'ancienne enseigne4 ,a la place de la charit chrtienne s'installa la haine fanatique contre tous ceux dont les croyances taient diffrentes2 le feu et le fer furent employs exterminer non seulement les paens1 mais aussi ces sectes chrtiennes qui puisaient dans une meilleure instruction des objections qu'elles osaient lever contre les dogmes de la superstition ultramontaine qui leur taient imposs4 ,partout en ,europe florissaient les tribunaux de l',inquisition rclamant d'innombrables victimes dont les tortures procuraient un plaisir particulier ces pieux bourreaux tout pntrs d'un fraternel amour chrtien4 ,la puissance papale son apoge fit rage pendant des sicles1 sans piti pour tout ce qui tait un obstacle sa suprmatie4 ,sous le clbre ,grand ,inquisiteur ,torquemada 7#adha #adih71 rien qu'en ,espagne1 huit mille hrtiques furent brls vifs1 quatre-vingt-dix mille eurent leurs biens confisqus et furent condamns aux pnitences publiques les plus irritantes1--tandis qu'aux ,pays-,bas1 sous le rgne de ,charles-,quint1 cinquante mille hommes au moins tombaient1 victimes de la soif sanguinaire du clerg4 ,et pendant que les hurlements des martyrs emplissaient l'air1 ,rome1 dont le monde chrtien tout entier tait tributaire1 les richesses de la moiti de l'univers venaient affluer et les prtendus reprsentants de ,dieu sur terre1 ainsi que leurs suppts 7eux-mmes1 souvent poussant l'athisme ses derniers degrs7 se vautraient dans les dbauches et les crimes de toutes sortes4 ,quels avantages1 disait ironiquement le frivole et syphilitique pape ,lon ,x1 nous a pourtant valus cette fable de ,jsus-,christ6 ,en dpit de la dvotion l',eglise et de la dvotion ,dieu1 la condition de la socit en ,europe tait dplorable4 ,le fodalisme1 le servage1 les ordres mendiants et le monarchisme rgnaient par tout le pays et les pauvres hilotes taient heureux lorsqu'il leur tait permis d'lever leurs misrables huttes sur les terres appartenant aux chteaux ou aux clotres de leurs oppresseurs et exploiteurs laques et ecclsiastiques4 ,nous souffrons aujourd'hui encore des restes et des suites douloureuses du triste tat de choses d'alors1 de cette poque o il ne pouvait tre question qu'exceptionnellement et en cachette de l'intrt de la science et d'une haute culture intellectuelle4 ,l'ignorance1 la pauvret et la superstition se joignaient au dplorable effet du clibat1 introduit au ,x,ie sicle1 pour fortifier toujours davantage la puissance absolue de la papaut 7,b,,chner74 ,on a calcul que pendant cette priode d'clat du papisme1 plus de dix millions d'hommes avaient t victimes des fanatiques haines de religion de la charit chrtienne2 et combien de millions a d s'lever le nombre des victimes humaines qu'ont faites le clibat1 la confession auriculaire1 l'oppression des consciences1 ces institutions prjudiciables et maudites entre toutes1 de l'absolutisme papiste6 ,les philosophes incrdules qui ont runi les preuves contre l'existence de ,dieu en ont oubli une des plus fortes3 le fait que les reprsentants du ,christ ,rome ont pu impunment1 pendant douze sicles1 exercer les pires crimes et commettre les pires infamies au nom de ,dieu4 ,,ii4 ,la ,rforme4--,l'histoire des peuples civiliss que nous appelons d'ordinaire histoire universelle1 fait commencer sa troisime priode1 les temps modernes1 avec la ,rforme de l',eglise chrtienne1 comme elle fait commencer le moyen ge avec la fondation du ,christianisme3 elle a en cela raison1 car avec la ,rforme commence la renaissance de la raison enchane1 le rveil de la science1 que la poigne de fer du papisme chrtien avait comprime pendant douze cents ans4 ,la propagation gnrale de la culture avait dj commenc1 il est vrai1 vers le milieu du ,x,ve sicle1 grce l'imprimerie et vers la fin du mme sicle1 plusieurs grands vnements1 surtout la dcouverte de l',amrique 7#adib71 vinrent se joindre la ,renaissance des arts pour prparer aussi la ,renaissance des sciences4 ,en outre1 de la premire moiti du seizime sicle1 datent des progrs infiniment importants1 dans la connaissance de la ,nature1 qui sont venus branler dans ses fondements la conception rgnante3 tels la premire navigation autour de la terre par ,,magellan1 qui fournit la preuve empirique de la forme sphrique de notre plante 7#aebb71 puis la fondation du nouveau systme cosmique par ,,copernic 7#aedc74 ,mais le #ca octobre #aeag1 jour o ,,martin ,,luther cloua ses #ie thses sur la porte de bois de l'glise du chteau de ,wittenberg1 n'en reste pas moins un jour marquant dans l'histoire universelle2 car ,luther brisait la porte de fer du cachot dans lequel l'absolutisme papiste avait tenu pendant douze cents ans la raison enchane4 ,les mrites du grand rformateur qui traduisit la ,bible la ,wartburg ont t en partie exagrs1 en partie mconnus2 on a d'ailleurs fait ressortir avec raison combien ,,luther1 pareil en cela aux autres rformateurs1 tait encore rest captif de la superstition4 ,c'est ainsi que1 de toute sa vie il ne put s'affranchir d'une croyance fige la lettre de la ,bible2 il dfendit chaleureusement les dogmes de la rsurrection1 du pch originel et de la prdestination1 le salut par la foi1 etc4 ,il rejeta comme une sottise la puissante dcouverte de ,,copernic parce que dans la ,bible ,josu ordonne au ,soleil de s'arrter et non la ,terre4 ,il ne prenait aucun intrt aux grandes rvolutions politiques de son temps1 le grandiose et si lgitime mouvement des paysans1 en particulier1 le laissa compltement indiffrent4 ,le fanatique rformateur de ,genve1 ,,calvin1 fit pis encore en faisant brler vif le remarquable mdecin espagnol ,,serveto 7#aeec7 parce qu'il avait attaqu la croyance inique en la ,trinit4 ,d'ailleurs1 les orthodoxes fanatiques de l',eglise rforme ne s'engagrent que trop souvent dans les sentiers ensanglants tracs par leurs ennemis mortels1 les papistes1 ainsi qu'ils le font encore aujourd'hui4 ,malheureusement aussi la ,rforme entrana bientt sa suite des cruauts inoues3 la nuit de la ,saint-,barthlemy et la perscution des ,huguenots en ,france1 les sanglantes chasses aux hrtiques en ,italie1 de longues guerres civiles en ,angleterre1 la guerre de ,trente ans en ,allemagne4 ,mais les ,x,v,ie et ,x,v,i,ie sicles gardent malgr tout la gloire d'avoir les premiers rouvert librement la route la pense humaine et d'avoir dlivr la raison de l'oppression touffante de la domination papiste4 ,c'est seulement grce cela que redevint possible le riche dploiement1 en des directions diverses1 de la critique philosophique et de l'tude de la nature1 qui a valu au sicle suivant le glorieux nom de sicle des lumires4 ,,iv4 ,le pseudo-christianisme du ,x,i,xe sicle4--,dans une quatrime et dernire priode de l'histoire du ,christianisme1 notre ,x,i,xe sicle vient s'opposer aux prcdents4 ,si pendant ceux-ci dj1 les lumires venues de toutes les directions avaient fait avancer la philosophie critique et si les sciences naturelles florissantes avaient dj fourni cette philosophie les armes empiriques les plus redoutables1 cependant1 dans les deux directions1 le progrs accompli durant notre ,x,i,xe sicle nous parat encore colossal4 ,avec ce sicle recommence une priode toute nouvelle de l'histoire de l'esprit humain1 caractrise par le dveloppement de la philosophie naturelle moniste4 ,ds le dbut du sicle furent poss les fondements d'une anthropologie nouvelle 7par l'anatomie compare de ,,cuvier7 et d'une nouvelle biologie 7par la philosophie zoologique de ,,lamarck74 ,ces deux grands ,franais furent bientt suivis par deux de leurs pairs allemands1 ,,baer1 le fondateur de l'embryologie 7#ahbh7 et ,j4 ,m,,ller 7#ahcd71 le fondateur de la morphologie et de la physiologie compares4 ,un lve de celui-ci1 ,,th4 ,,schwann1 posa en #ahch1 avec ,m4 ,,schleiden la thorie cellulaire1 fondamentale4 ,auparavant dj 7#ahcj71 ,,lyell avait ramen l'histoire de l'volution de la terre des causes mcaniques et confirm par l1 en ce qui concerne nos plantes1 la valeur de cette cosmognie mcanique que ,,kant1 en #agee1 avait dj bauche d'une main hardie4 ,enfin1 ,r4 ,,mayer et ,,helmholz 7#ahdb7 tablirent le principe de l'nergie qui compltait1 comme sa seconde moiti1 la grande loi de substance dont la premire moiti1 la constance de la matire1 avait dj t dcouverte par ,,lavoisier4 ,tous ces aperus profonds sur l'essence intime de la ,nature reurent leur couronnement1 il y a quarante ans1 par la nouvelle thorie de l'volution de ,,ch4 ,,darwin1 le plus grand vnement du sicle pour la philosophie de la ,nature 7#ahei74 ,comment se comporte maintenant1 en face de ces immenses progrs dans la connaissance de la nature1 dpassant de si loin tout ce qui avait t fait jusqu'alors1 le ,christianisme moderne8 ,d'abord1 et c'tait naturel1 l'abme s'est creus de plus en plus profond entre ses deux directions principales1 entre le papisme conservateur et le protestantisme progressiste4 ,le clerg ultramontain et1 d'accord avec lui1 l',alliance ,evanglique orthodoxe1 devaient naturellement opposer la rsistance la plus vive ces grandes conqutes du libre esprit2 ils s'enttaient1 indemnes1 dans leur rigoureuse croyance littrale et rclamaient la soumission absolue de la raison leur dogme4 ,le protestantisme libral1 par contre1 se rfugiait de plus en plus dans un panthisme moniste et s'efforait de rconcilier les deux principes opposs2 il cherchait allier l'invitable ralit des lois naturelles dmontres empiriquement1 avec une forme de religion pure dans laquelle1 il est vrai1 ne restait presque plus rien d'une doctrine proprement dite4 ,entre les deux extrmes1 de nombreux essais de compromis s'intercalaient2 mais au-dessus d'eux pntrait toujours plus avant cette conviction que le christianisme dogmatique1 en gnral1 avait perdu toutes ses racines et qu'il n'y avait plus qu' sauver sa grande valeur thique en la transportant dans la nouvelle religion moniste du ,x,xe sicle4 ,mais comme1 en mme temps1 les formes extrieures de la religion chrtienne rgnante survivaient1 comme elles taient mme1 en dpit des progrs de rvolution politique1 rattaches de plus en plus troitement aux besoins pratiques de l',etat1--il se dveloppa cette forme de conception religieuse1 si rpandue dans les milieux instruits1 que nous ne pouvons dsigner autrement que du nom de ,pseudo-christianisme--mensonge religieux1 au fond1 de la nature la plus douteuse4 ,les grands dangers qu'entrane sa suite ce profond conflit entre les convictions vritables et les fausses manifestations des modernes ,pseudo-chrtiens ont t excellemment dcrits par ,m4 ,,nordau dans son intressant ouvrage3 ,les mensonges conventionnels de l'humanit civilise 7#ab;e dition #ahhf74 ,au milieu de l'insincrit manifeste du ,pseudo-christianisme rgnant1 c'est un fait apprciable pour le progrs de la connaissance de la nature fonde sur la raison1 que son adversaire le plus dcid et le plus puissant1 le papisme1 ait rejet1 vers le milieu du sicle1 le vieux masque d'une prtendue haute culture intellectuelle pour dclarer la science indpendante1 un combat question de vie ou de mort4 ,il y eut ainsi trois importantes dclarations de guerre faites la raison1 pour lesquelles la science et la culture modernes ne peuvent qu'tre reconnaissantes envers le reprsentant du ,christ ,rome1 car ces attaques ont t aussi dcisives que peu ambigus3 ,i4 ,en dcembre #ahed1 le pape proclama le dogme de l',immacule conception de ,marie4 ,,ii4 ,dix ans plus tard1 en dcembre #ahfd1 le ,saint ,pre pronona dans l'encyclique clbre1 un jugement de damnation plnire sur toute la civilisation et toute la culture intellectuelle modernes2 dans le syllabus qui accompagnait l'encyclique1 le pape numrait et anathmisait l'une aprs l'autre les affirmations de la raison et les principes philosophiques que la science moderne tient pour des vrits claires comme le jour4 ,,iii4 ,enfin six ans plus tard1 le #ac juillet #ahgj1 le belliqueux prince de l',eglise mettait le comble son extravagance1 en prononant pour lui et pour tous ceux qui l'avaient prcd dans ses fonctions papales l'infaillibilit4 ,ce triomphe de la curie romaine fut annonce au monde stupfait1 cinq jours plus tard1 le #ah juillet #ahgj1 en ce jour mmorable o la ,france dclarait la guerre l',allemagne6 ,deux mois aprs1 la suite de cette guerre1 le pouvoir temporel du pape tait supprim4 ,infaillibilit du pape4--,ces trois actes1 essentiels entre tous1 de la part du papisme au ,x,i,xe sicle1 taient si manifestement des coups de poing donns en plein visage la raison qu'ils ont1 ds le dbut1 soulev les plus grandes hsitations dans le sein mme du catholicisme orthodoxe4 ,lorsque le ,concile du ,vatican se runit le #ac juillet #ahgj pour voter1 au sujet du dogme de l'infaillibilit1 les trois quarts seulement des princes de l',eglise se prononcrent en faveur de ce dogme1 savoir #dea votants sur #fja2 il manquait1 en outre1 beaucoup d'autres vques qui avaient voulu se soustraire ce vote dangereux4 ,pourtant on s'aperut bientt que le pape1 rus connaisseur des hommes1 avait calcul plus juste que les catholiques rflchis et timors2 car1 dans la masse ignorante et crdule1 ce dogme monstrueux fut accueilli aveuglment4 ,l'histoire de la papaut tout entire1 telle qu'elle ressort nettement trace de milliers de sources dignes de foi et de documents historiques d'une vidence palpable1 apparat tout juge impartial comme un tissu de mensonges et d'impudences1 comme un effort sans scrupule pour conqurir l'absolue domination intellectuelle avec la puissance temporelle1 comme la dngation frivole de tous les commandements moraux levs1 prescrits par le vritable christianisme3 ,amour du prochain et patience1 vracit et chastet1 pauvret et renoncement4 ,si l'on applique la longue srie des papes et des princes de l',eglise romaine parmi lesquels on les choisissait1 la mesure de la pure morale chrtienne1 il ressort clairement que la plupart de ces hommes taient d'impudents et fourbes charlatans1 et beaucoup d'entre eux des criminels mprisables4 ,ces faits historiques bien connus n'empchent pourtant pas qu'aujourd'hui encore1 des millions de catholiques croyants et instruits ne croient l'infaillibilit que ce saint pre s'est octroye lui-mme2 cela n'empche pas1 aujourd'hui encore1 des princes protestants d'aller ,rome tmoigner leur vnration au ,saint ,pre 7leur ennemi le plus dangereux72 cela n'empche pas aujourd'hui encore1 dans l'empire allemand1 les valets et les suppts de ce ,saint ,charlatan de dcider des destines du peuple allemand--grce son incroyable incapacit politique et sa crdulit sans critique6 ,encyclique et ,syllabus4--,des trois grands actes d'autorit par lesquels nous avons vu le papisme moderne1 en la seconde moiti du ,x,i,xe sicle1 essayer de sauver et d'affermir son autorit absolue1 le plus intressant pour nous est la proclamation de l'encyclique et du ,syllabus 7dcembre #ahfd72 car dans ces pices mmorables1 la raison et la science se voient refuser toute activit indpendante et l'on exige leur absolue soumission la foi qui seule sauve c'est--dire aux dcrets du pape infaillible4 ,l'incroyable agitation provoque par cette impudence sans borne dans tous les milieux cultivs o l'on pense avec indpendance1 correspondait bien au contenu inou de l'encyclique2 une excellente discussion nous a t donne de sa porte politique et intellectuelle par ,,draper1 dans son ,histoire des conflits entre la religion et la science 7#ahge74 ,immacule conception de la ,vierge ,marie4--,ce dogme parat peut-tre de moindre consquence et moins effrontment hardi que celui de l'infaillibilit du pape4 ,cependant la plus grande importance est attache cet article de foi1 non seulement par la hirarchie romaine1 mais aussi par une partie du protestantisme orthodoxe 7par exemple l'alliance vanglique74 ,ce qu'on appelle le ,serment d'immaculation c'est--dire l'affirmation par serment de la foi en l'immacule conception de ,marie est encore un devoir sacr pour des millions de chrtiens6 ,beaucoup de croyants runissent sur ce point deux ides3 ils prtendent que la mre de la ,vierge ,marie a t fconde par le ,saint ,esprit comme ,marie elle-mme4 ,par suite1 cet trange ,dieu aurait vcu la fois avec la mre et avec la fille dans les rapports les plus intimes2 il devrait1 par suite1 tre son propre beau-pre 7,,saladin74 ,la thologie critique et compare a rcemment dmontr que ce mythe1 comme la plupart des autres lgendes de la mythologie chrtienne1 n'tait aucunement original1 mais avait t emprunt des religions plus anciennes1 en particulier au bouddhisme4 ,des fables analogues taient dj trs rpandues plusieurs sicles avant la naissance du ,christ1 dans l',inde1 en ,perse1 en ,asie ,mineure et en ,grce4 ,lorsque des filles de roi ou autres jeunes filles de haute condition1 sans tre lgitimement maries1 donnaient le jour un enfant1 on dsignait comme le pre de ce rejeton illgitime un ,dieu ou un demi-,dieu1 qui tait en ce cas le mystrieux ,saint ,esprit4 ,les dons tout particuliers de l'esprit ou du corps qui distinguaient souvent ces enfants de l'amour des enfants des hommes ordinaires1 taient en mme temps expliqus partialement par l'hrdit4 ,ces minents fils des dieux jouissaient1 tant dans l'antiquit qu'au moyen ge1 d'une haute considration1 tandis que le code moral de la civilisation moderne leur impute1 comme une fltrissure1 le manque de parents lgitimes4 ,cela s'applique encore bien davantage aux filles des dieux1 quoique ces pauvres jeunes filles soient tout aussi innocentes du fait qu'il manquait un titre leur pre4 ,d'ailleurs1 tous ceux qui se sont dlects des beauts de la mythologie de l'antiquit classique savent que ce sont prcisment les prtendus fils et filles des dieux grecs et romains1 qui se sont le plus rapprochs de l'idal suprme du pur type humain2 qu'on pense la nombreuse famille lgitime et la famille illgitime plus nombreuse encore de ,zeus1 pre des dieux 7,cf4 ,,shakespeare76 ,en ce qui concerne spcialement la fcondation de la ,vierge ,marie par le ,saint-,esprit1 nous sommes renseigns par le tmoignage des vangiles eux-mmes4 ,les deux vanglistes qui seuls nous en parlent1 ,,matthieu et ,,lucas s'accordent pour nous raconter que ,marie1 la ,vierge juive1 tait fiance au charpentier ,joseph1 mais devint enceinte sans qu'il y ft pour rien et par l'opration du ,saint-,esprit4 ,,matthieu dit expressment 7,chap4 ,i41 vers4 #ai73 ,cependant ,joseph1 son poux1 tait pieux et ne voulait pas la perdre de rputation1 mais il songeait la quitter secrtement2 il ne fut apais que lorsque l'ange du ,seigneur lui annona3 ,ce qui a t conu en elle1 l'a t par le ,saint-,esprit4 ,,lucas est plus explicite 7,chap4 ,i1 vers4 #bf-ch72 il nous raconte l'annonciation faite ,marie par l'archange ,gabriel ,l'esprit saint descendra sur toi et la force du ,trs ,haut te couvrira de son ombre-- quoi ,marie rpond3 ,voici1 je suis la servante du ,seigneur1 qu'il soit fait selon ce que tu dis4 ,ainsi qu'on sait1 cette visite de l'ange ,gabriel et son ,annonciation ont fourni beaucoup de peintres le sujet d'intressants tableaux4 ,,svoboda nous dit3 ,l'archange parle ici avec une exactitude que la peinture1 par bonheur1 ne pouvait pas reproduire4 ,nous avons un cas nouveau d'anoblissement d'un sujet prosaque tir de la ,bible1 par les arts plastiques4 ,il s'est1 d'ailleurs trouv des peintres dont les toiles ont rendu facile la comprhension des considrations embryologiques de l'archange ,gabriel4 ,ainsi que nous l'avons dit1 les quatre ,evangiles canoniques qui1 seuls1 ont t reconnus pour authentiques par l',eglise chrtienne et qui ont t levs au rang de fondements de la foi1 ont t choisis arbitrairement parmi un nombre beaucoup plus grand d',evangiles dont les donnes prcises ne se contredisent pas moins entre elles que les lgendes des quatre autres4 ,les ,pres de l'glise eux-mmes ne comptent pas moins de #dj #ej de ces vangiles inauthentiques ou apocryphes2 quelques-uns existent encore en grec et en latin1 tels l'vangile de ,jacob1 celui de ,thomas1 de ,nicodme1 etc4 ,les rcits que font ces vangiles apocryphes sur la vie de ,jsus1 en particulier sur sa naissance et sur son enfance1 peuvent prtendre tout autant 7ou plutt tout aussi peu7 la vracit historique1 que ceux que nous fournissent les quatre vangiles canoniques1 prtendus authentiques4 ,or il se trouve dans un de ces vangiles apocryphes un rcit historique1 confirm d'ailleurs par le ,sepher ,toldoth ,jeschua et qui nous donne1 probablement1 une solution toute naturelle de l'nigme de la conception surnaturelle et de la naissance du ,christ4 ,cet historien raconte1 trs franchement1 en une phrase1 l'anecdote singulire qui contient cette solution3 ,,josephus ,,pandera1 chef romain d'une lgion calabrienne tablie en ,jude1 sduisit ,mirjam de ,bethlem1 une jeune fille hbraque1 et devint le pre de ,jsus4 ,d'autres rcits du mme auteur sur ,mirjam 7le nom hbraque de ,marie7 rendent bien quivoque la rputation de la pure reine du ,ciel6 ,naturellement ces rcits historiques sont soigneusement passs sous silence par les thologiens officiels1 car ils s'accorderaient mal avec le mythe traditionnel et lveraient le voile qui recouvre le secret de ce mythe1 d'une faon trop simple et trop naturelle4 ,la recherche objective de la vrit n'en a que d'autant plus le droit1 et la raison pure le devoir sacr1 de faire de ces rcits importants un examen critique4 ,il en rsulte qu'ils peuvent1 beaucoup plus juste titre que les autres rcits1 prtendre la vracit en ce qui concerne les origines du ,christ4 ,ne pouvant1 au nom des principes scientifiques connus1 que repousser la conception surnaturelle par l'ombre protectrice du ,trs ,haut1 comme un pur mythe1 il ne reste plus que l'opinion trs rpandue de la thologie rationnelle moderne1 savoir que le charpentier juif1 ,joseph1 aurait t le pre rel du ,christ4 ,mais cette opinion est expressment contredite par plusieurs passages de l'vangile2 le ,christ lui-mme tait persuad d'tre le ,fils de ,dieu et n'a jamais reconnu son pre adoptif1 ,joseph1 comme l'ayant engendr4 ,quant ,joseph1 il songea quitter sa fiance ,marie lorsqu'il s'aperut qu'elle tait enceinte sans qu'il y ft pour rien4 ,il ne renona ce projet qu'aprs qu'en rve un ange du ,seigneur lui ft apparu et l'et tranquillis4 ,ainsi que ,matthieu le fait remarquer expressment 7,chap4 ,i1 vers4 #bd1 #be7 l'union sexuelle de ,joseph et de ,marie eut lieu pour la premire fois aprs que ,jsus fut n4 ,le rcit des ,evangiles apocryphes d'aprs lequel le chef romain ,,pandera aurait t le vrai pre du ,christ1 parat d'autant plus vraisemblable1 quand on examine la personne du ,christ du point de vue strictement anthropologique4 ,on le considre1 d'ordinaire1 comme un pur juif4 ,mais prcisment les traits de son caractre qui font sa personnalit si haute et si noble et qui impriment son sceau sa religion de l'amour1 ne sont srement pas smites2 ils semblent tre bien plutt les traits distinctifs de la race arienne1 plus leve et en particulier de son rameau le plus noble1 de l'hellnisme4 ,de plus1 le nom du vritable pre du ,christ3 ,,pandera1 indique indubitablement une origine grecque2 dans le manuscrit1 il est mme crit ,,pandora4 ,or ,,pandora tait1 comme on sait1 d'aprs la lgende grecque1 la premire femme ne de l'union de ,vulcain avec la ,terre1 dote par les dieux de tous les charmes1 qui pousa ,epimthe et que ,dieu le pre envoya vers les hommes avec la terrible bote de ,pandore o tous les maux taient contenus1 en punition de ce que ,,prom,,th,e1 porteur de lumire1 avait ravi du ciel le feu divin 7la raison74 ,il est intressant1 d'ailleurs1 de comparer la manire diffrente dont a t conu et apprci le roman d'amour de ,mirjam1 par les quatre grandes nations cultives et chrtiennes de l',europe4 ,conformment aux austres ides morales de la race germanique1 celle-ci le rejette entirement2 l'honnte ,allemand et le prude ,anglais croient plus volontiers l'impossible lgende de la conception par le ,saint-,esprit4 ,ainsi qu'on sait1 l'austre pruderie de la socit distingue1 soigneusement tale 7surtout en ,angleterre67 ne correspond aucunement ce qu'est1 en ralit1 la moralit au point de vue sexuel1 dans le ,high life d',outre-,manche4 ,les rvlations1 par exemple1 que nous a faites l-dessus1 il y a une douzaine d'annes1 le ,pall ,mall ,gazette nous rappellent fort les moeurs de ,babylone4 ,les races romanes qui se rient de cette pruderie et jugent avec plus de lgret les rapports sexuels1 trouvent ce roman de ,marie trs charmant et le culte spcial1 dont jouit justement en ,france et en ,italie notre chre ,madone1 se rattache souvent1 avec une navet remarquable1 cette histoire d'amour4 ,c'est ainsi1 par exemple que ,p4 ,,de ,,regla 7,dr ,,desjardin71 qui nous a donn 7#ahid7 un ,jsus de ,nazareth1 du point de vue scientifique1 historique et social1 trouve prcisment dans la naissance illgitime du ,christ un droit spcial l'apparence de saintet qui se dgage de sa sublime figure6 ,il m'a sembl ncessaire de mettre ici dans tout leur jour1 franchement et dans le sens de la science historique objective1 cette importante question des origines du ,christ1 parce que l'glise belliqueuse attache elle-mme la plus grande importance cette question et parce qu'elle emploie la croyance au miracle1 qu'elle appuie l-dessus1 comme l'arme la plus redoutable contre la conception moderne de l'univers4 ,la haute valeur thique du pur christianisme originel1 l'influence anoblissante que cette religion de l'amour a exerce sur la civilisation1 sont choses indpendantes de ce dogme mythologique2 les prtendues rvlations sur lesquelles s'appuient ces mythes sont inconciliables avec les rsultats les plus certains de notre moderne science de la nature4 ,,chapitre ,,xviii ,notre religion moniste4 ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,la ,,religion ,,de ,,la ,,raison ,,et ,,son ,,harmonie ,,avec ,,la ,,science4--,,le ,,triple ,,id,,al ,,du ,,culte3 ,,le ,,vrai1 ,,le ,,beau1 ,,le ,,bien4 ,celui qui possde la science et l'art ,celui-l possde aussi la religion6 ,celui qui ne possde pas ces deux biens1 ,que celui-l ait la religion4 ,,goethe4 ,quelle religion je professe8 ,aucune d'elles6 ,et pourquoi aucune8--,par religion6 ,,schiller4 ,si le monde dure encore un nombre incalculable d'annes1 la religion universelle sera le ,spinozisme pur4 ,la raison laisse elle-mme ne conduit rien d'autre et il est impossible qu'elle conduise rien d'autre4 ,,lichtenberg4 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xviii ,le monisme1 lien entre la religion et la science4--,la lutte pour la civilisation4--,rapports de l'glise et de l'tat4--,principes de la religion moniste4 ,son triple idal du culte3 le vrai1 le beau et le bien4--,opposition entre la vrit naturelle et la vrit chrtienne4--,harmonie entre l'ide moniste de vertu et l'ide chrtienne4--,opposition entre l'art moniste et l'art chrtien4--,conception moderne enrichie et agrandie de la scne de l',univers4--,peinture de paysage et amour moderne de la nature4--,beauts de la nature4--,vie prsente et vie future4--glises monistes4 ,,litt,,rature ,d4 ,,strauss4--,der alte und der neue ,glaube4 ,ein ,bekenntnis1 #ahgb1 #adte ,aufl4 #ahib4 ,c4 ,,radenhausen4--,zum neuen ,glauben4 ,einleit4 und ,ubersicht zum ,osiris 7#ahgg74 ,,ed4 ,,hartmann4--,die ,selbstzersetzung des ,christentums und die ,religion der ,zukunft 7#ahgd74 ,j4 ,,toland4--,pantheistikon4 ,kosmopolis1 #agbj4 ,p4 ,,carus ,,and ,e4 ,c4 ,,hegeler4--,the open ,court1 ,a monthly magazine4 ,chicago1 vol4 ,i-,,xiii 7#ahij-ahii74 --,the ,monist4 ,a quarterly magazine devoted to the philosophy of ,science4 ,chicago1 vol4 ,i-,,ix4 ,,morison4--,menschheitsdienst4 ,versuch einer ,zukunftsreligion 7,leipzig1 #ahij74 ,m4 ,j4 ,,savage4--,die ,religion im ,lichte der ,darwins'chen ,lehre4 7trad4 all47 ,l4 ,,besser4--,die ,religion der ,naturwissenschaft 7#ahij47 ,b4 ,,better4--,die moderne ,weltanschauung und der ,mensch 7#ahif74 ,e4 ,,haeckel1 ,le ,monisme1 lien entre la religion et la science1 trad4 franaise de ,v4 de ,lapouge4 ,beaucoup de naturalistes et de philosophes actuels des plus distingus et qui partagent nos ides monistes tiennent la religion1 en gnral1 pour une chose finie4 ,ils pensent que la connaissance claire de l'volution de l'univers1 due aux immenses progrs accomplis par le ,x,i,xe sicle1 non seulement satisfait entirement le besoin de causalit qu'prouve notre raison1 mais aussi les besoins les plus levs du sentiment qu'prouve notre coeur4 ,cette opinion est juste en partie1 en ce sens que1 dans une conception parfaitement claire et consquente du monisme1 les deux notions de religion et de science se confondent de fait en une seule4 ,d'ailleurs peu de penseurs rsolus s'lvent jusqu' cette conception1 la plus haute et la plus pure1 qui fut celle de ,,spinoza et de ,,goethe2 la plupart des savants de notre temps1 au contraire1 sans parler des masses ignorantes1 s'en tiennent la conviction que la religion constitue un domaine propre de la vie intellectuelle1 indpendant de celui de la science1 non moins prcieux ni indispensable que ce dernier4 ,si nous nous plaons ce point de vue1 nous pourrons trouver une conciliation entre ces deux grands domaines1 en apparence spars1 dans la thorie que j'ai expose en #ahib1 dans ma confrence d',altenbourg3 ,le monisme1 lien entre la religion et la science4 ,dans la prface de cette ,profession de foi d'un naturaliste1 je me suis exprim ainsi qu'il suit1 sur le double but poursuivi par moi3 ,je voudrais d'abord donner une ide de la conception rationnelle du monde1 qui nous est impose comme une ncessit logique par les rcents progrs de la science unitaire de la nature2 elle se trouve1 au fond1 chez tous les naturalistes indpendants et qui pensent1 bien qu'un petit nombre seulement ait le courage ou prouve le besoin de la confesser4 ,je voudrais ensuite tablir par l un lien entre la religion et la science et contribuer ainsi faire disparatre l'opposition que l'on a tablie tort et sans ncessit2 le besoin moral de notre sentiment sera satisfait par le monisme1 autant que le besoin logique de causalit de notre jugement4 ,le grand effet qu'a produit cette confrence d',altenbourg montre que1 par cette profession de foi moniste1 j'ai exprim celle non seulement de beaucoup de naturalistes1 mais encore de beaucoup d'hommes et de femmes instruits1 de toutes conditions4 ,j'ai t rcompens non seulement par des centaines de lettres d'approbation1 mais encore par le grand succs de presse de cette confrence dont1 en six mois1 parurent six ditions4 ,ce succs inattendu a pour moi d'autant plus de valeur que cette profession de foi a t tout d'abord un discours d'occasion1 improvis1 que j'ai prononc sans m'y tre prpar1 le #i octobre #ahib1 ,altenbourg1 durant le jubil d'anniversaire de la ,socit des naturalistes des ,osterlandes4 ,naturellement1 la raction invitable surgit bientt d'autre part2 j'ai subi les attaques les plus vives1 non seulement de la presse ultramontaine1 du papisme1 des dfenseurs jurs de la superstition1 mais aussi de la part des lutteurs libraux du christianisme vanglique qui prtendent dfendre la fois la vrit scientifique et la croyance pure4 ,cependant1 durant les sept annes qui se sont coules depuis1 la grande lutte entre la science moderne et le christianisme orthodoxe s'est faite de plus en plus menaante2 elle est devenue d'autant plus dangereuse pour la premire que le second tait plus soutenu par la croissante raction intellectuelle et politique4 ,cette raction est dj si avance dans certains pays1 que la libert de pense et de conscience1 garantie par la loi1 est fort compromise en pratique 7ainsi1 par exemple1 en ,bavire actuellement74 ,en somme1 le grand combat intellectuel1 que ,j4 ,,draper a si excellemment dpeint dans son ,histoire des conflits entre la religion et la science1 a atteint aujourd'hui une ardeur et une importance qu'il n'avait jamais eues jusqu'ici2 aussi l'appelle-t-on avec raison1 depuis vingt-sept ans1 la ,lutte pour la civilisation4 ,la lutte pour la civilisation4--,la clbre encyclique suivie du syllabus que le belliqueux pape ,pie ,,ix avait lance en #ahfd1 dans le monde entier1 dclarait la guerre1 sur tous les points essentiels1 la science moderne2 elle exigeait la soumission aveugle de la raison aux dogmes de l'infaillible reprsentant du ,christ4 ,ce brutal attentat contre les biens suprmes de l'humanit civilise tait si monstrueux et si inou que beaucoup de natures molles et indolentes1 elles-mmes1 furent tires du sommeil de leur foi4 ,jointe la dclaration d'infaillibilit du pape1 qui la suivit en #ahgj1 l'encyclique provoqua une immense excitation et un mouvement de dfense nergique1 qui rendirent lgitimes les plus belles esprances4 ,dans l'empire allemand1 de formation rcente1 qui1 dans les guerres de #ahff et #ahga1 avait acquis son indispensable unit nationale au prix de lourds sacrifices1 les attentats imprudents du papisme eurent des suites particulirement pnibles2 car1 d'une part1 l',allemagne est le berceau de la ,rforme et de l'affranchissement de l'esprit moderne1 d'autre part1 malheureusement1 elle possde1 parmi ses #ah millions de catholiques1 une puissante arme de croyants belliqueux qui l'emportent sur tous les autres peuples civiliss en fait d'obissance aveugle aux ordres de son pasteur suprme#fa4 ,les dangers qui rsultaient de l furent bien vus du grand homme d',etat au regard pntrant1 qui a rsolu l'nigme politique de la dissension nationale allemande et qui1 par une diplomatie remarquable1 nous a conduits au but dsir de l'unit et de la puissance nationales4 ,le prince de ,,bismarck commena1 en #ahgb1 cette mmorable lutte pour la civilisation1 suscite par le ,vatican1 conduite avec autant d'intelligence que d'nergie par le remarquable ministre des cultes ,,falk1 au moyen des ordonnances de mai 7#ahgc74 ,la lutte1 malheureusement1 dut tre abandonne six ans aprs4 ,quoique notre grand homme d',etat ft un remarquable connaisseur de la nature humaine et un habile politicien pratique1 il avait cependant estim trop bas la puissance de trois redoutables obstacles3 premirement1 la ruse sans gale et la perfidie sans scrupule de la curie romaine2 secondement l'incapacit de penser et la crdulit de la masse catholique ignorante1 conditions bien faites pour s'adapter la premire et sur lesquelles celle-ci s'appuyait2 enfin1 troisimement1 la force d'inertie1 de persvrance dans la draison1 simplement parce que cette draison est l4 ,c'est pourquoi ds #ahgh1 aprs que le pape ,lon ,,xiii1 plus avis1 et inaugur son rgne1 la dure visite ,canossa dut recommencer4 ,la puissance du ,vatican1 rcemment accrue1 augmenta ds lors rapidement1 d'une part grce aux manoeuvres sans scrupule1 aux artifices de serpent de la politique d'anguille1 d'autre part grce la politique religieuse errone du gouvernement allemand et la merveilleuse incapacit politique du peuple allemand4 ,ainsi1 la fin du ,x,i,xe sicle1 il nous faut assister au honteux spectacle qui nous montre que l'atout est le centre du ,reichstag et que les destines de notre patrie humilie sont diriges par un parti papiste qui ne reprsente pas encore le tiers de la population totale4 #fa ,le ,christ dit ,pierre3 fais patre mes brebis6 ,les successeurs de ,pierre ont traduit fais patre par tonds4 ,lorsque commena1 en #ahgb1 la lutte pour la civilisation1 elle fut salue1 juste titre1 par tous les hommes pensants avec indpendance1 comme une reproduction politique de la ,rforme1 comme une tentative nergique pour dlivrer la civilisation moderne du joug de la tyrannie intellectuelle papiste2 la presse librale tout entire clbrait dans le ,prince de ,bismarck le ,luther politique1 le puissant hros qui avait conquis non seulement l'unit nationale1 mais encore l'affranchissement intellectuel de l',allemagne4 ,dix ans plus tard1 aprs la victoire du papisme1 la mme presse librale affirmait le contraire et dclarait la lutte pour la civilisation1 une grande faute2 c'est ce qu'elle fait encore aujourd'hui4 ,ce fait prouve simplement combien la mmoire de nos journalistes est courte1 combien est dfectueuse leur connaissance de l'histoire et combien imparfaite leur ducation philosophique4 ,le prtendu ,trait de paix entre l'glise et l'tat n'est toujours qu'un armistice4 ,le papisme moderne1 fidle aux principes absolutistes suivis depuis #afjj ans1 peut et doit vouloir exercer l'aristocratie universelle sur les mes crdules2 il doit exiger l'absolue soumission de l'tat qui reprsente les droits de la raison et de la science4 ,la paix relle ne pourra s'tablir que lorsqu'un des deux combattants1 vaincu1 gisera sur le sol4 ,ou bien la victoire sera l'glise qui seule sauve1 et alors c'en sera fait dfinitivement de la ,science libre et de l'enseignement libre1 les ,universits se transformeront en convicts1 les gymnases en clotres4 ,ou bien la victoire sera l'tat moderne appuy sur la raison et alors le ,x,xe sicle verra se dvelopper la culture moderne1 la libert et le bien-tre dans une bien plus large mesure encore que ce ne fut le cas au ,x,i,xe sicle 7cf4 plus haut1 ,,ed4 ,,hartmann74 ,pour hter1 prcisment1 la ralisation de ce but1 il nous semble importer surtout1 non seulement que les sciences naturelles modernes dtruisent le faux difice de la superstition et dblaient le chemin de ses vils dcombres1 mais encore qu'elles difient1 sur le terrain libre1 un nouvel difice habitable pour l'me humaine1 un palais de la raison dans lequel1 au sein de notre conception moniste nouvellement conquise1 nous adorerons pieusement la vraie ,trinit du ,x,i,xe sicle1 la ,trinit du ,vrai1 du ,beau et du ,bien4 ,pour rendre palpable le culte de ce triple idal divin1 il nous parat avant tout ncessaire de rgler nos comptes avec les formes rgnantes du ,christianisme et d'envisager les changements qu'il faudrait effectuer en les remplaant par le culte nouveau4 ,car le ,christianisme possde 7dans sa forme pure1 originelle7 malgr toutes ses lacunes et toutes ses erreurs1 une si haute valeur morale1 il est surtout ml si troitement depuis quinze cents ans1 toutes les institutions politiques et sociales de notre vie civilise1--qu'en fondant notre religion moniste nous devrons nous appuyer autant que possible sur les institutions existantes4 ,nous ne voulons pas de ,rvolution brutale1 mais une ,rforme raisonnable de notre vie intellectuelle et religieuse4 ,et de mme qu'il y a deux mille ans la posie classique des anciens ,hellnes incarnait1 sous la forme des dieux1 la vertu idale1 de mme nous pouvons prter notre triple idal de la raison1 la forme de sublimes desses2 nous allons examiner ce que deviennent1 dans notre monisme1 les trois desses de la ,vrit1 de la ,beaut et de la ,vertu2 et nous examinerons1 en outre1 leurs rapports avec les dieux correspondants du ,christianisme1 qu'elles sont destines remplacer4 ,i4 ,l',idal de la ,vrit4--,les considrations prcdentes nous ont convaincus que la ,vrit pure ne se peut trouver que dans le temple de la connaissance de la ,nature et que les seules routes qui puissent servir nous y conduire sont l'observation et la rflexion1 l'tude empirique des faits et la connaissance1 conforme la raison1 de leurs causes efficientes4 ,c'est ainsi que nous arriverons1 au moyen de la raison pure1 la science vritable1 trsor le plus prcieux de l'humanit civilise4 ,par contre1 et pour les raisons importantes exposes au chapitre ,,xvi1 nous devons carter toute prtendue rvlation1 toute croyance fantaisiste qui affirme connatre1 par des procds surnaturels1 des vrits que notre raison ne suffit pas dcouvrir4 ,et comme tout l'difice des croyances de la religion judo-chrtienne1 ainsi que de l'islamisme et du bouddhisme1 repose sur de pareilles rvlations prtendues1--comme1 en outre1 ces produits de la fantaisie mystique sont en contradiction directe avec la connaissance empirique et claire de la ,nature1--il est donc certain que nous ne pouvons trouver la vrit qu'au moyen de la raison travaillant construire la vritable science1 non au moyen de l'imagination fantaisiste aide de la croyance mystique4 ,sous ce rapport1 il est absolument certain que la conception chrtienne doit tre remplace par la philosophie moniste4 ,la desse de la ,vrit habite le temple de la ,nature1 les vertes forts1 la mer bleue1 les monts couverts de neige2--elle n'habite pas les sombres galeries des clotres1 ni les troits cachots des coles de convicts1 ni les glises chrtiennes1 parfumes d'encens4 ,les chemins par lesquels nous nous rapprocherons de cette sublime desse de la ,vrit et de la ,science1 sont l'tude1 faite avec amour1 de la nature et de ses lois1 l'observation du monde infiniment grand des toiles au moyen du tlescope1 du monde cellulaire infiniment petit1 au moyen du microscope2 mais ce n'est ni par d'ineptes exercices de pit ou prires murmures sans penser1 ni par les deniers de ,saint-,pierre ou les pnitences en vue d'obtenir des indulgences4 ,les dons prcieux dont nous favorise la desse de la ,vrit sont les splendides fruits de l'arbre de la connaissance et le gain inapprciable d'une claire conception unitaire de l',univers1--mais ce n'est ni la croyance au miracle surnaturel1 ni le songe creux d'une vie ternelle4 ,,ii4 ,l',idal de la ,vertu4--,il n'en va pas1 pour le divin idal du ,bien ternel1 de mme que pour celui du ,vrai ternel4 ,tandis que1 lorsqu'il s'agit de connatre la vrit1 il faut exclure compltement la rvlation que nous propose l',eglise et interroger la seule tude de la nature1 la notion du ,bien1 au contraire1 ce que nous appelons vertu1 concide1 dans notre religion moniste1 presque entirement avec la vertu chrtienne2 il ne s'agit1 naturellement1 que du christianisme originel1 le pur ,christianisme des trois premiers sicles dont la thorie de la vertu est expose dans les vangiles et les lettres de ,paul2 il ne s'agit pas1 naturellement1 de la caricature de cette pure doctrine1 faite au ,vatican1 et qui a dirig la civilisation europenne pour son plus grand dommage1 pendant douze sicles4 ,la meilleure partie de la morale chrtienne1 celle laquelle nous nous en tenons1 consiste dans les prceptes d'humanit1 d'amour et d'endurance1 de compassion et de fraternit4 ,seulement ces nobles commandements1 qu'on runit d'ordinaire sous le nom de morale chrtienne 7au meilleur sens7 ne sont pas une invention nouvelle du ,christianisme1 mais ont t emprunts par lui des formes de religion plus anciennes4 ,de fait1 la ,rgle d'or1 qui rsume ces commandements en une seule proposition1 est antrieure de plusieurs sicles au ,christianisme4 ,dans la pratique de la vie1 d'ailleurs1 cette loi morale naturelle a t aussi souvent suivie par des athes et des hrtiques qu'elle a t laisse de ct par de pieux croyants chrtiens4 ,au surplus1 la doctrine de la vertu chrtienne a commis une grande faute en ne faisant un commandement que de l'altruisme seul et en rejetant l'gosme4 ,notre thique moniste accorde tous deux la mme valeur et fait consister la vertu parfaite dans un juste quilibre entre l'amour du prochain et l'amour de soi 7,cf4 chap4 ,,xix3 la loi fondamentale thique74 ,,iii4 ,l',idal de la ,beaut4--,c'est sur le domaine du ,beau que notre monisme offre la plus grande contradiction avec le ,christianisme4 ,le christianisme pur1 originel1 prchait le nant de la vie terrestre et ne la considrait que comme une prparation la vie ternelle dans l',au del4 ,il s'ensuit immdiatement que tout ce que nous offre la vie humaine dans le prsent1 tout ce qu'il peut y avoir de beau dans l'art et dans la science1 dans la vie publique ou la vie prive1 n'a aucune valeur4 ,le vrai chrtien doit s'en dtourner et ne penser qu' se prparer convenablement la vie future4 ,le mpris de la nature1 l'loignement pour tous ses charmes inpuisables1 l'abstention de toute forme d'art3 ce sont l les purs devoirs chrtiens2 le meilleur moyen de remplir ces devoirs1 pour l'homme1 c'est de se sparer de ses semblables1 de se mortifier et de ne s'occuper1 dans les clotres ou les ermitages1 exclusivement qu' adorer ,dieu4 ,l'histoire de la civilisation nous apprend1 il est vrai1 que cette morale chrtienne asctique1 qui insultait la nature1 eut pour consquence naturelle de produire le contraire4 ,les clotres1 asiles de la chastet et de la discipline1 devinrent bientt les repaires des pires orgies1 les rapports sexuels des moines et des nonnes donnrent matire quantit de romans1 que la littrature de la ,renaissance a reproduits avec une vrit conforme la nature4 ,le culte de la ,beaut1 tel qu'on le pratiquait alors1 tait en contradiction absolue avec le renoncement au monde tel qu'on le prchait et on en peut dire autant du luxe et de la richesse1 qui prirent bientt une telle extension dans la vie prive dissolue du haut clerg catholique et dans la dcoration artistique des glises et des clotres chrtiens4 ,l'art chrtien4--,on nous objectera que notre opinion se trouve rfute par le dploiement de beaut de l'art chrtien qui a produit1 la belle poque du moyen ge1 des oeuvres imprissables4 ,les splendides cathdrales gothiques1 les basiliques byzantines1 les centaines de chapelles somptueuses1 les milliers de statues de marbre des saints et des martyrs chrtiens1 les millions de beaux portraits de saints1 les peintures du ,christ et de la ,madone jaillies d'un sentiment profond1 tout cela tmoigne d'un panouissement de l'art au moyen ge qui1 en son genre1 est unique4 ,tous ces splendides monuments des arts plastiques1 de mme que ceux de la posie1 conservent leur haute valeur esthtique1 quelque jugement que nous portions sur le mlange de ,vrit et ,posie qu'ils nous prsentent4 ,mais qu'est-ce que tout cela a voir avec la pure doctrine chrtienne8 avec cette religion du renoncement1 qui se dtournait de toute splendeur terrestre1 de toute beaut matrielle et de toute forme d'art1 qui faisait peu de cas de la vie de famille et de l'amour1 qui prchait exclusivement le souci des biens immatriels de la vie ternelle8 ,la notion de l'art chrtien est1 proprement parler1 une contradiction en soi1 une contradictio in adjecto4 ,les riches princes de l',eglise qui cultivaient cet art poursuivaient par l1 il est vrai1 des buts tout autres et les atteignaient d'ailleurs pleinement4 ,en dirigeant tout l'intrt et tout l'effort de l'esprit humain vers l',eglise chrtienne et son art propre1 on le dtournait de la nature et de la connaissance des trsors qu'elle recelait et qui auraient pu conduire une science indpendante4 ,en outre1 le spectacle quotidien des images de saints1 abondamment exposes partout1 des scnes tires de l'histoire sainte1 rappelaient sans cesse aux chrtiens croyants le riche trsor de lgendes que la fantaisie de l',eglise avait accumules4 ,ces lgendes taient donnes pour des rcits vridiques1 les histoires miraculeuses pour des vnements rels et les uns comme les autres taient crus4 ,il est incontestable que1 sous ce rapport1 l'art chrtien a exerc une influence inoue sur la culture en gnral et sur la croyance1 en particulier1 pour la fortifier1 influence qui1 dans tout le monde civilis1 s'est fait sentir jusqu' ce jour4 ,art moniste4--,l'antipode de cet art chrtien prdominant1 c'est la nouvelle forme plastique qui n'a commenc se dvelopper qu'en notre sicle1 corrlativement la science de la nature4 ,la surprenante extension de notre connaissance de l',univers1 la dcouverte d'innombrables et belles formes de vie qui s'en est suivie1 ont fait natre1 notre poque1 un got esthtique tout autre et imprim en mme temps aux arts plastiques une direction toute nouvelle4 ,de nombreux voyages scientifiques1 de grandes expditions la recherche de pays et de mers inconnus1 ont mis au jour1 dj au sicle dernier mais bien plus encore en celui-ci1 une profusion insouponne de formes organiques nouvelles4 ,le nombre des espces animales et vgtales s'est bientt accru l'infini et parmi ces espces 7surtout dans les groupes infrieurs1 dont l'tude a d'abord t nglige71 il s'est trouv des milliers de formes belles et intressantes1 des motifs tout nouveaux pour la peinture et la sculpture1 pour l'architecture et les arts industriels4 ,un nouveau monde1 dans cet ordre d'ides1 nous a surtout t ouvert par l'extension de l'tude microscopique1 dans la seconde moiti du sicle1 et en particulier par la dcouverte des fabuleux habitants des profondeurs de la mer1 sur lesquels la lumire ne s'est faite qu' la suite de la clbre expdition ,challenger 7#ahgb-ahgf7fb4 ,des milliers d'lgantes radiolaires et de ,thalamophores1 de ,mduses et de ,coraux superbes1 de ,mollusques et de ,crustacs singuliers1 nous ont rvl tout d'un coup une profusion insouponne de formes caches1 dont la diversit et la beaut caractristiques dpassent infiniment tous les produits artistiques engendrs par la fantaisie humaine4 ,rien que dans les cinquante gros volumes qui constituent l'oeuvre de la mission ,challenger1 nous trouvons sur trois mille planches des reproductions d'une masse de ces jolies formes2 mais1 d'ailleurs1 dans beaucoup d'autres ouvrages de luxe qui1 depuis quelques dizaines d'annes1 sont venues enrichir la littrature botanique et zoologique1 toujours grandissante1 on trouve ces formes charmantes reproduites par millions4 ,j'ai rcemment essay1 dans mes ,formes artistiques de la ,nature 7#ahii71 de faire connatre au grand public un choix de ces formes charmantes4 ,d'ailleurs1 il n'est pas besoin de voyages lointains ni d'oeuvres coteuses pour rvler tous les splendeurs de ce monde4 ,il suffit d'avoir les yeux ouverts et les sens exercs4 ,la nature qui nous environne nous prsente partout une profusion surabondante de beaux et intressants objets de toutes sortes4 ,dans chaque mousse ou chaque brin d'herbe1 dans un hanneton ou un papillon1 un examen minutieux nous fera dcouvrir des beauts devant lesquelles1 d'ordinaire1 l'homme passe sans prendre garde4 ,et si nous les observons avec une loupe1 au faible grossissement1 ou mieux encore1 si nous employons le grossissement plus fort d'un bon microscope1 nous dcouvrirons plus compltement encore1 partout dans la nature inorganique1 un monde nouveau plein de beauts inpuisables4 #fb ,cf4 ,e4 ,,haeckel ,das ,challenger ,werk 7,deutsche ,rundschau1 ,feb4 #ahif47 ,mais notre ,x,i,xe sicle est le premier nous avoir ouvert les yeux1 non seulement cette considration esthtique des infiniment petits1 mais encore celle des infiniment grands de la nature4 ,au commencement du sicle1 c'tait encore une opinion rpandue que les hauts sommets1 grandioses sans doute1 n'en taient pas moins repoussants par l'effroi qu'ils causaient et que la mer1 superbe sans doute1 n'en tait pas moins terrible4 ,aujourd'hui1 la fin du mme sicle1 la plupart des gens instruits 7et surtout les habitants des grandes villes7 sont heureux de pouvoir1 chaque anne1 jouir pendant quelques semaines des beauts des ,alpes et de l'clat cristallique des glaciers1 ou de pouvoir admirer la majest de la mer bleue1 du bord de ses ctes charmantes4 ,toutes ces sources de jouissances les plus nobles1 tires de la nature1 ne nous ont t rvles dans toute leur splendeur et rendues comprhensibles que tout rcemment et les progrs surprenants de la facilit et de la rapidit des communications ont mis mme de les connatre1 ceux dont les moyens pcuniaires sont le plus restreints4 ,tous ces progrs dans la jouissance esthtique tire de la nature--et en mme temps dans la comprhension scientifique de cette nature--sont autant de progrs dans la culture intellectuelle suprieure de l'humanit et par suite dans notre religion moniste4 ,peinture de paysage et oeuvres illustres4--,le contraste qui existe entre notre sicle naturaliste et les prcdents1 anthropistiques1 s'exprime surtout par la diffrence dans l'apprciation et l'extension que les divers objets de la nature ont trouves autrefois et aujourd'hui4 ,un vif intrt pour les reprsentations figures de ces objets s'est veill de nos jours1 intrt qu'on ne connaissait pas auparavant2 il est favoris par les tonnants progrs de la technique et du commerce qui lui permettent de se rpandre dans tous les milieux4 ,de nombreuses revues illustres propagent1 en mme temps que la culture gnrale1 le sens de la beaut infinie de la nature4 ,c'est surtout la peinture de paysage qui a pris1 ce point de vue1 une importance insouponne jusqu'ici4 ,dj dans la premire moiti du sicle1 un de nos naturalistes les plus minents et les plus cultivs1 ,a4 ,,de ,,humboldt avait fait remarquer que le dveloppement de la peinture de paysage1 notre poque1 n'tait pas seulement un stimulant l'tude de la nature ou une reprsentation gographique de haute importance1 mais encore qu'il avait une haute valeur1 un autre point de vue et en tant qu'instrument de culture intellectuelle4 ,depuis1 le got pour cette forme de peinture s'est encore considrablement accru4 ,on devrait s'appliquer1 dans chaque cole1 donner de bonne heure aux enfants le got du paysage et de l'art auquel nous devons que1 par le dessin et l'aquarelle1 les paysages se gravent dans notre mmoire4 ,amour moderne de la nature4--,l'infinie richesse de la nature en choses belles et sublimes rserve tout homme ayant les yeux ouverts et dou du sens esthtique une source inpuisable de jouissances des plus rares4 ,si prcieuse et agrable que soit la puissance immdiate de chacune en particulier1 leur valeur s'accrot pourtant lorsqu'on reconnat leur sens et leurs rapports avec le reste de la nature4 ,quand #a1 dans son grandiose ,cosmos donnait1 il y a cinquante ans1 un projet de description physique de l',univers1 lorsqu'il alliait si heureusement1 dans ses ,vues sur la nature qui restent un modle1 les considrations esthtiques aux scientifiques1 il insistait avec raison sur le rapport troit qui unit le got pur de la nature au fondement scientifique des lois cosmiques et il faisait remarquer combien tous deux runis contribuent lever l'tre humain un plus haut degr de perfection4 ,l'tonnement ml de stupeur avec lequel nous considrons le ciel toil et la vie microscopique dans une goutte d'eau1 la crainte qui nous saisit lorsque nous tudions les effets merveilleux de l'nergie dans la matire en mouvement1 le respect que nous inspire la valeur universelle de la loi de substance--tout cela constitue autant d'lments de notre vie de l'me qui sont compris sous le nom de religion naturelle4 ,vie prsente et vie future4--,les progrs auxquels nous venons de faire allusion1 accomplis de notre temps dans la connaissance du vrai et l'amour du beau1 constituent1 d'une part1 le contenu essentiel et prcieux de notre religion moniste et1 de l'autre1 prennent une position hostile vis--vis du christianisme4 ,car l'esprit humain vit1 dans le premier cas1 dans la vie prsente et connue1 dans le second1 dans une vie future inconnue4 ,notre monisme nous enseigne que nous sommes des enfants de la terre1 des mortels qui n'auront que pendant une1 deux1 au plus trois gnrations1 le bonheur de jouir en cette vie des splendeurs de notre plante1 de contempler l'inpuisable richesse de ses beauts et de reconnatre le jeu merveilleux de ses forces4 ,le christianisme1 au contraire1 nous enseigne que la terre est une sombre valle de larmes dans laquelle nous n'avons que peu de temps passer1 pour nous y macrer et torturer1 afin de jouir ensuite dans l'au del1 d'une vie ternelle pleine de dlices4 ,o se trouve cet au del et en quoi consistera la splendeur de cette vie ternelle1 voil ce qu'aucune rvlation ne nous a dit encore4 ,tant que le ciel tait pour l'homme une vote bleue1 tendue au dessus du disque terrestre et claire par la lumire tincelante de plusieurs milliers d'toiles1 la fantaisie humaine pouvait la rigueur se reprsenter l-haut1 dans cette salle cleste1 le repas ambrosique des dieux olympiens1 ou la table joyeuse des habitants du ,walhalla4 ,mais prsent1 toutes ces divinits et les mes immortelles attables avec elles1 se trouvent dans le cas manifeste de manque de logement1 dcrit par ,d4 ,,strauss2 car nous savons aujourd'hui1 grce l'astrophysique1 que l'espace infini est rempli d'un ther irrespirable et que des millions de corps clestes s'y meuvent1 conformment des lois d'airain1 ternelles1 sans trve et en tous sens1 soumis tous l'ternel grand rythme de l'apparition et de la disparition4 ,eglises monistes4--,les lieux de recueillement1 dans lesquels l'homme satisfait son besoin religieux et rend hommage aux objets de son culte1 sont considrs par lui comme ses ,eglises sacres4 ,les pagodes de l',asie bouddhiste1 les temples grecs de l'antiquit classique1 les synagogues de la ,palestine1 les mosques d',egypte1 les cathdrales catholiques du sud de l',europe et les temples protestants du ,nord--toutes ces maisons de ,dieu doivent servir lever l'homme au dessus des misres et de la prose de la vie relle quotidienne2 elles doivent le transporter dans la saintet et la posie d'un monde idal suprieur4 ,elles remplissent ce but de mille manires diffrentes1 correspondantes aux diverses formes du culte et aux diffrences entre les poques4 ,l'homme moderne1 en possession de la science et de l'art--et par suite1 en mme temps de la religion--n'a besoin d'aucune ,eglise spciale1 d'aucun lieu troit et ferm4 ,car partout o1 dans la libre nature1 il dirige ses regards sur l',univers infini ou sur quelqu'une de ses parties1 partout il observe sans doute la dure lutte pour la vie1 mais ct aussi le vrai1 le beau et le bien2 il trouve partout son ,eglise dans la splendide nature elle-mme4 ,mais il faut en outre1 pour rpondre aux besoins particuliers de bien des hommes1 de beaux temples bien orns1 ou des ,eglises1 ou quelque lieu clos de recueillement dans lesquels ces hommes puissent se retirer4 ,de mme que1 depuis le ,x,v,ie sicle1 le papisme a d cder de nombreuses ,eglises la ,rforme1 de mme1 au ,x,xe sicle1 un grand nombre passeront aux libres communauts du monisme4 ,,chapitre ,,xix ,notre morale moniste ,,tudes ,,monistes ,,sur ,,la ,,loi ,,fondamentale ,,thique4--,,quilibre ,,entre ,l',,amour ,,de ,,soi ,,et ,l',,amour ,,du ,,prochain4--,,gale ,l,,gitimit ,,de ,l',,go,,sme ,,et ,,de ,l',,altruisme4--,,faute ,,de ,,la ,,morale ,,chr,,tienne4--,,tat1 ,,cole ,,et ,,glise4_/sc ,aucun arbre ne tombe du premier coup4 ,le coup que je porte d'ailleurs ici une trs vieille habitude de penser1 est loin d'tre le premier3 jamais il ne pourra me venir l'esprit de le considrer comme le dernier et de penser que je pourrai voir l'arbre abattu4 ,si je pouvais parvenir imprimer la mme direction d'autres branches et de plus importantes1 mon souhait le plus hardi serait ralis4 ,je ne doute pas un seul instant qu'un jour l'arbre ne tombe et que la moralit ne trouve dans l'unification de la nature humaine un abri plus sr que celui qui lui a t offert jusqu'ici par la conception d'une double nature4 ,,carneri 7#ahia74 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xix ,ethique moniste et thique dualiste4--,contradiction entre la raison pure et la raison pratique de ,kant4--,son impratif catgorique4--,les ,nokantiens4--,herbert ,spencer4--,egosme et altruisme 7amour de soi et amour du prochain74 ,equivalence entre ces deux penchants de la nature4--,la loi fondamentale thique3 la rgle d'or4--,son anciennet4--,morale chrtienne4--,mpris de l'individu1 du corps1 de la nature1 de la civilisation1 de la famille1 de la femme4--,morale papiste4--,suites immorales du clibat4--,ncessit de l'abolition du clibat1 de la confession auriculaire et du trafic des indulgences4--,etat et ,eglise4--,la religion est une chose prive4--,eglise et cole4--,etat et cole4--,ncessit de la rforme scolaire4 ,,litt,,rature ,h4 ,,spencer4--,principes de ,sociologie et de ,morale4 7,trad4 fran474 ,,lester ,f4 ,,ward4--,dynamic ,sociology1 or applied social science 7#b vol4 ,new-,york #ahhc74 ,b4 ,,carneri4--,der moderne ,mensch4 ,versuche einer ,lebensfhrung 7,bonn1 #ahia47--,sittlichkeit und ,darwinismus4 ,drei ,bcher ,ethik 7,wien #ahga74--;,grundlegung der ,ethik 7,wien #ahha74--;,entwickelung und ,glckseligkeit 7,stuttgart1 #ahhf47 ,b4 ,,vetter4--,die moderne ,weltanschauung und der ,mensch 7#f ,vortrge7 #bte ,aufl4 #ahif4 ,h4 ,e4 ,,ziegler4--,die ,naturwissenschaft und die ,socialdemokratische ,theorie 7#ahid74 ,,otto ,,ammon4--,die ,gesellschaftsordnung und ihre natrlichen ,grundlagen4 ,entwurf einer ,social ,anthropologie 7#ahie74 ,p4 ,,lilienfed4--,socialwissenschaft der ,zukunft4 #e theile 7#ahgc74 ,e4 ,,grosse4--,die ,formen der ,familie und die ,formen der ,wirthschaft 7#ahif74 ,f4 ,,hanspaul4--,die ,seelentheorie und die ,gesetze des natrlichen ,egosmus und der ,anpassung 7#ahhi74 ,,max ,,nordau4--,les mensonges conventionnels de l'humanit civilise4 7,trad4 fran47 ,la vie pratique impose l'homme une srie d'obligations morales1 prcises1 qui ne peuvent tre bien remplies et conformment la nature1 que lorsqu'elles s'harmonisent avec la conception rationnelle que l'homme se fait de l',univers4 ,il suit de ce principe fondamental de notre philosophie moniste1 que notre morale doit se trouver d'accord1 au point de vue de la raison1 avec la conception unitaire du ,cosmos que nous avons acquise par la connaissance progressive des lois de la nature4 ,l'univers infini ne constituant pour notre ,monisme qu'un seul grand ,tout1 la vie intellectuelle et morale de l'homme ne forme qu'une partie de ce ,cosmos et le rglement conforme la nature que nous lui appliquerons ne pourra tre qu'unitaire4 ,il n'y a pas deux mondes distincts et spars3 l'un physique1 matriel et l'autre moral1 immatriel4 ,la plupart des philosophes et des thologiens1 aujourd'hui encore1 sont d'un tout autre avis2 ils affirment avec ,,kant que le monde moral est compltement indpendant du monde physique et soumis de tout autres lois2 par suite1 la conscience morale de l'homme1 en tant que base de la vie morale1 serait compltement indpendante de la connaissance scientifique de l',univers et devrait1 au contraire1 s'appuyer sur les croyances religieuses4 ,la connaissance du monde moral doit donc s'effectuer par la raison pratique1 laquelle croira1 tandis que la connaissance de la ,nature ou du monde physique s'effectuera par la raison thorique pure4 ,cet indniable dualisme1 dont il eut d'ailleurs conscience1 fut la plus grande et la plus grave faute de ,,kant2 elle a eu1 l'infini1 des suites fcheuses1 suites dont nous nous ressentons encore aujourd'hui4 ,tout d'abord1 le ,kant critique avait difi le grandiose et merveilleux palais de la raison pure et montr d'une faon lumineuse que les trois grands dogmes centraux de la ,mtaphysique1 le dieu personnel1 le libre arbitre et l'me immortelle n'y pouvaient trouver place nulle part et mme qu'on ne pouvait pas trouver de preuve rationnelle de leur ralit4 ,mais1 plus tard1 le ,kant dogmatique construisit1 ct de ce palais de cristal rel de la raison pure1 le chteau de cartes idal de la raison pratique1 brillant d'un clat trompeur1 dans lequel on fit trois nefs imposantes pour abriter ces trois puissantes desses mystiques4 ,aprs avoir t chasses par la grande porte1 par la science rationnelle1 elles sont revenues par la petite porte1 introduites par la croyance antirationnelle4 ,,kant couronna la coupole de sa grande cathdrale de foi par une trange idole1 le clbre impratif catgorique1 par l1 l'obligation de la loi morale en gnral est absolument inconditionne1 indpendante de toute considration de ralit ou de possibilit2 elle s nonce ainsi3 ,agis toujours de telle sorte que la maxime de ta conduite 7ou le principe subjectif de ta volont7 puisse tre rige en principe d'une lgislation universelle4 ,tout homme normal devrait1 par suite1 avoir le mme sentiment du devoir qu'un autre4 ,l'anthropologie moderne a cruellement dissip ce beau rve2 elle a montr que1 parmi les peuples primitifs1 les devoirs taient encore bien plus diffrents que parmi les peuples civiliss4 ,toutes les moeurs1 tous les usages que nous considrons comme des fautes rprhensibles ou comme des crimes pouvantables 7le vol1 la fraude1 le meurtre1 l'adultre1 etc47 passent chez d'autres peuples1 dans certaines circonstances1 pour des vertus ou mme pour des devoirs4 ,quoique la contradiction manifeste des deux ,raisons de ,,kant1 l'antagonisme radical entre la raison pure et la raison pratique ait t reconnue et rfute ds le commencement du sicle elle a prvalu jusqu' ce jour dans de nombreux milieux4 ,l'cole moderne des ,nokantiens prche1 aujourd'hui encore1 le retour ,kant avec insistance1 prcisment cause de ce dualisme bienvenu1 et l',eglise militante la soutient chaleureusement sur ce point1 parce que cela concorde trs bien avec sa propre foi mystique4 ,une importante dfaite n'a commenc pour celle-ci qu'en la seconde moiti du ,x,i,xe sicle1 prpare par la science moderne de la nature2 les prmisses de la doctrine de la raison pratique ont t1 par suite1 renverses4 ,la cosmologie moniste a dmontr1 s'appuyant sur la loi de substance1 qu'il n'y a pas de ,dieu personnel2 la psychologie compare et gntique a montr qu'une me immortelle ne peut pas exister et la physiologie moniste a prouv que l'hypothse du libre arbitre repose sur une illusion4 ,enfin la thorie de l'volution nous a fait voir que les ternelles lois d'airain de la nature qui rgissent le monde inorganique1 valent encore dans le monde organique et dans le monde moral4 ,notre moderne connaissance de la ,nature1 cependant1 n'agit pas seulement sur la philosophie et la morale d'une manire ngative1 en dtruisant le dualisme kantien1 elle agit aussi en un sens positif1 mettant sa place le nouvel difice du ,monisme thique4 ,elle montre que le sentiment du devoir chez l'homme1 ne repose pas sur un impratif catgorique illusoire1 mais sur le terrain rel des instincts sociaux1 que nous trouvons chez tous les animaux suprieurs vivant en socits4 ,elle reconnat comme but suprme de la morale d'tablir une saine harmonie entre l'gosme et l'altruisme1 entre l'amour de soi et l'amour du prochain4 ,c'est avant tout au grand philosophe anglais1 ,,spencer1 que nous devons l'tablissement de cette morale thique1 par la doctrine de l'volution4 ,egosme et altruisme4--,l'homme fait partie du groupe des vertbrs sociables et il a1 par suite1 comme tous les animaux sociables1 deux sortes de devoirs diffrents3 premirement envers lui-mme et secondement envers la socit laquelle il appartient4 ,les premiers sont les commandements de l'amour de soi 7gosme71 les seconds ceux de l'amour du prochain 7altruisme74 ,ces deux sortes de commandements naturels sont galement lgitimes1 galement normaux et galement indispensables4 ,si l'homme veut vivre dans une socit ordonne et s'y bien trouver1 il ne doit pas seulement rechercher son propre bonheur1 mais aussi celui de la communaut laquelle il appartient et celui de ses prochains1 lesquels constituent cette association sociale4 ,il doit reconnatre que leur prosprit fait la sienne et leurs souffrances les siennes4 ,cette loi sociale fondamentale est si simple et d'une ncessit si bien impose par la nature1 qu'il est difficile de comprendre qu'on la puisse contredire1 thoriquement et pratiquement2 et cependant1 cela se produit aujourd'hui encore1 ainsi que depuis des annes cela s'est produit4 ,equivalence de l'gosme et de l'altruisme4--,l'gale lgitimit de ces deux penchants de la nature1 l'gale valeur morale de l'amour de soi et de l'amour du prochain1 est le principe fondamental le plus important de notre morale4 ,le but suprme de toute morale rationnelle est1 par suite1 trs simple3 c'est d'tablir un quilibre conforme la nature entre l'gosme et l'altruisme1 entre l'amour de soi et l'amour du prochain4 ,la rgle d'or de la loi morale nous dit3 ,fais aux autres ce que tu veux qu'ils te fassent4 ,de ce commandement suprme du ,christianisme s'ensuit de soi-mme que nous avons des devoirs aussi sacrs envers nous-mmes qu'envers notre prochain4 ,j'ai dj expos en #ahib1 dans mon ,monisme1 la faon dont je conois ce principe fondamental et j'ai insist surtout sur trois propositions importantes3 ,i4 ,les deux penchants en lutte sont des lois de la nature galement importantes et galement indispensables au maintien de la famille et de la socit2 l'gosme permet la conservation de l'individu1 l'altruisme celle de l'espce constitue par la chane des individus prissables4 ,,ii4 ,les devoirs sociaux que la constitution de la ,socit impose aux hommes associs et par lesquels celle-ci se maintient1 ne sont que des formes d'volution suprieures des instincts sociaux que nous constatons chez tous les animaux suprieurs vivant en socits 7en tant qu'habitudes devenues hrditaires74 ,,iii4 ,pour tout homme civilis1 la morale1 aussi bien pratique que thorique1 en tant que ,science des ,normes est lie la conception philosophique et1 partant1 aussi la religion4 ,la loi fondamentale thique4--7,la loi d'or de la morale74 ,notre principe fondamental de la morale tant bien reconnu1 il s'ensuit immdiatement le suprme commandement de cette morale1 ce devoir qu'on dsigne souvent aujourd'hui du nom de loi d'or de la morale ou1 plus brivement de loi d'or4 ,le ,christ l'a nonce plusieurs reprises par cette simple phrase3 ,tu aimeras ton prochain comme toi-mme 7,math41 #ai1 #ai2 #bb1 #ci1 #dj3 ,romains1 #aci1 etc472 l'vangliste ,,marc ajoutait trs justement3 ,il n'y a pas de plus grand commandement que celui-ci2 et ,,mathieu disait3 ,ces deux commandements contiennent toute la loi et les prophtes4 ,par ce commandement suprme1 notre ,ethique moniste concorde absolument avec la morale chrtienne4 ,mais nous devons mentionner tout de suite ce fait historique que le mrite d'avoir pos cette loi fondamentale ne revient pas au ,christ1 comme l'affirment la plupart des thologiens chrtiens et comme l'admettent aveuglment les croyants dpourvus de sens critique4 ,cependant cette rgle d'or remonte plus de cinq sicles avant le ,christ et elle avait t proclame par de nombreux sages de la ,grce et de l',orient comme la rgle la plus importante de la morale4 ,,pittakus de ,mytilne1 l'un des sept ,sages de la ,grce1 disait1 #fbj ans avant ,j4-,c43 ,ne fais pas ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu'il te ft4--,,confucius1 le grand philosophe et fondateur de la religion de la ,chine 7qui niait la personnalit de ,dieu et l'immortalit de l'me71 disait #ejj ans avant ,j4-,c41 ,fais chacun ce que tu voudrais qu'il te ft1 et ne fais personne ce que tu ne voudrais pas qu'il te ft4 ,tu n'as besoin que de ce seul commandement2 il est le fondement de tous les autres4 ,,aristote enseignait1 au milieu du ,i,ve sicle avant ,j4-,c4 ,nous devons nous comporter envers les autres de la manire dont nous dsirons qu'ils se comportent envers nous4 ,dans le mme sens et presque dans les mmes termes1 la rgle d'or est encore exprime par ,,thal,s1 ,,isocrate1 ,,aristippe1 le pythagoricien ,,sextus et autres philosophes de l'antiquit classique1 plusieurs sicles avant le ,christ4 ,on pourra consulter l-dessus l'ouvrage excellent de ,,saladin3 ,o,euvres compltes de ,jehovah1 dont l'tude ne saurait tre trop recommande tout thologien1 cherchant avec sincrit la vrit4 ,il ressort de ces rapprochements que la loi d'or fondamentale a une origine polyphyltique1 c'est--dire qu'elle a t pose des poques diffrentes et en diffrents lieux par plusieurs philosophes et indpendamment l'un de de l'autre4 ,d'autre part il faut admettre que ,jsus a emprunt cette loi d'autres sources orientales 7 des traditions plus anciennes1 smites1 hindoues1 chinoises et surtout aux doctrines bouddhistes7 ainsi que la chose est aujourd'hui dmontre pour la plupart des autres dogmes chrtiens4 ,,saladin rsume les rsultats de la thologie critique moderne1 en cette phrase3 ,il n'est pas un principe moral1 raisonnable et pratique1 enseign par ,jsus1 qui n'ait pas1 dj avant lui1 t enseign par d'autres4 7,thals1 ,solon1 ,socrate1 ,platon1 ,confucius1 etc474 ,morale chrtienne4--,puisque la loi thique fondamentale existe ainsi depuis deux mille cinq cents ans et puisque le christianisme en a fait expressment le prcepte suprme1 comprenant tous les autres1 qu'il a plac en tte de sa morale1 il semblerait que notre ,ethique moniste concorde absolument sur ce point le plus important1 non seulement avec les antiques doctrines morales du paganisme1 mais encore avec celles du christianisme4 ,malheureusement cette heureuse harmonie est dtruite par le fait que les vangiles et les ptres de ,paul contiennent beaucoup d'autres doctrines morales qui contredisent ouvertement ce premier et suprme prcepte4 ,les thologiens chrtiens se sont1 en vain1 efforcs de rsoudre par d'habiles interprtations ces contradictions frappantes dont ils souffraient#fc4 ,nous n'avons donc pas besoin de nous tendre l-dessus2 nous ne ferons qu'indiquer brivement ces cts regrettables de la doctrine chrtienne1 qui sont inconciliables avec la conception moderne1 en progrs sur la chrtienne et qui sont nettement nuisibles1 quant leurs consquences pratiques4 ,de ce nombre est le mpris de la morale chrtienne pour l'individu1 pour le corps1 la nature1 la civilisation1 la famille et la femme4 #fc ,cf ,d4 ,,strauss ,gesammelte ,schriften ,auswahl in ,c4 ,bnden1 ,bonn #ahgh4 ,,saladin ,jehovahs ,gesammelte ,werke1 #ahhf4 ,i4 ,le mpris de soi-mme profess par le christianisme4--,la plus importante et la suprme erreur de la morale chrtienne1 qui annule compltement la rgle d'or1 c'est l'exagration de l'amour du prochain aux dpens de l'amour de soi-mme4 ,le christianisme combat et rejette en principe l'gosme et pourtant ce penchant de la nature est absolument indispensable la conservation de l'individu2 on peut mme dire que l'altruisme1 son contraire en apparence1 n'est au fond qu'un gosme raffin4 ,rien de grand1 rien de sublime n'a jamais t accompli sans gosme et sans la passion qui nous rend capable des grands sacrifices4 ,seules les dviations de ces penchants sont rprhensibles4 ,parmi les prceptes chrtiens qui nous ont t inculqus dans la premire jeunesse comme importants entre tous et dont1 dans des millions de sermons1 on nous fait admirer la beaut1 se trouve cette phrase 7,matth4 #e1 #dd73 ,aimez vos ennemis1 bnissez ceux qui vous maudissent1 faites du bien ceux qui vous hassent1 implorez pour ceux qui vous offensent et vous poursuivent4 ,ce prcepte est d'un haut idal1 mais il est aussi contraire la nature que dnu de valeur pratique4 ,,saladin 7op4 cit4 p4 #bje7 dit excellemment3 ,faire cela est injuste1 quand bien mme ce serait possible2 et ce serait quand bien mme impossible1 au cas o ce serait juste4 ,il en va de mme de l'exhortation3 ,si quelqu'un prend ta robe1 donne lui aussi ton manteau2 c'est dire1 traduit en langage moderne3 ,si quelque coquin sans conscience te vole la moiti de ta fortune1 donne-lui encore l'autre moiti ou bien1 transpos en politique pratique3 ,allemands l'esprit simple1 si les pieux ,anglais1 l-bas en ,afrique1 vous enlvent l'une aprs l'autre vos nouvelles et prcieuses colonies1 donnez-leur1 en outre1 vos autres colonies--ou mieux encore2 donnez-leur l',allemagne par-dessus le march6 ,puisque nous touchons ici la politique toute-puissante et tant admire de l',angleterre moderne1 faisons remarquer1 en passant1 la contradiction flagrante de cette politique par rapport toutes les doctrines fondamentales de la charit chrtienne1 que cette grande nation1 plus qu'aucune autre1 a toujours la bouche4 ,d'ailleurs le contraste vident entre la morale recommande idale et altruiste1 de l'homme isol--et la morale relle1 purement goste1 des socits humaines1 et en particulier des tats chrtiens civiliss1 est un fait connu de tous4 ,il serait intressant d'tablir mathmatiquement1 partir de quel nombre d'hommes runis1 l'idal moral altruiste de toute personne prise isolment1 se transforme en son contraire1 en la politique relle purement goste des tats et des nations4 ,,ii4 ,le mpris du corps profess par le christianisme4--,la foi chrtienne envisageant l'organisme humain d'un point de vue absolument dualiste et n'assignant l'me immortelle qu'un sjour passager dans le corps mortel1 il est tout naturel que la premire se soit vu assigner une bien plus haute valeur que le second4 ,il s'ensuit cette ngligence des soins du corps1 de l'ducation physique et des soins de propret1 par o le moyen-ge chrtien se distingue1 fort son dsavantage1 de l'antiquit classique et paenne4 ,on ne rencontre pas1 dans la doctrine chrtienne1 ces prceptes svres d'ablutions quotidiennes1 de soins minutieux du corps que nous trouvons dans les religions mahomtane1 hindoue ou autres1 non seulement tablis thoriquement1 mais encore pratiquement excuts4 ,l'idal du pieux chrtien1 dans beaucoup de clotres1 c'est l'homme qui jamais ne se lave1 ni ne s'habille soigneusement1 qui ne change jamais son froc quand il sent mauvais1 et qui1 au lieu de travailler1 passe paresseusement sa vie dans des prires sans pense1 des jenes ineptes1 etc4 ,rappelons enfin comme de monstrueux excs de ce mpris du corps1 les odieux exercices de pnitence des flagellants et autres asctes4 ,,iii4 ,le mpris de la ,nature profess par le christianisme4--,une quantit innombrable d'erreurs thoriques et de fautes pratiques1 de grossirets admises et de lacunes dplorables1 prennent leur source dans le faux anthropisme du christianisme1 dans la position exclusive qu'il assigne l'homme en tant qu'image de ,dieu1 par opposition tout le reste de la ,nature4 ,ceci a contribu amener1 non seulement un loignement trs prjudiciable l'gard de notre merveilleuse mre1 la ,nature1 mais encore un regrettable mpris de notre part1 pour les autres organismes4 ,le christianisme ignore ce louable amour des animaux1 cette piti envers les mammifres1 nos proches et nos amis 7les chiens1 les chevaux1 le btail71 qui font partie des lois morales de beaucoup d'autres religions et1 avant tout1 de celle qui est le plus rpandue1 du bouddhisme4 ,ceux qui ont habit longtemps le sud de l',europe catholique1 ont t souvent tmoins de ces horribles tortures infliges aux animaux et qui veillent en nous1 leurs amis1 la plus profonde piti et le plus vif courroux2 et s'il leur est arriv de faire ces barbares chrtiens1 des reproches de leur cruaut1 on leur aura fait cette ridicule rponse3 ,quoi1 les animaux ne sont pourtant pas des chrtiens6 ,cette erreur1 malheureusement1 a t confirme par ,,descartes qui n'accordait qu' l'homme une me sentante et la refusait aux animaux4 ,le darwinisme nous enseigne que nous descendons directement des ,primates et1 si nous remontons plus loin1 d'une srie de mammifres1 qui sont nos frres2 la physiologie nous dmontre que ces animaux possdent les mmes nerfs et les mmes organes sensoriels que nous2 qu'ils prouvent du plaisir et de la douleur tout comme nous4 ,aucun naturaliste moniste1 compatissant1 ne se rendra jamais coupable envers les animaux1 de ces mauvais traitements que leur inflige tourdiment le chrtien croyant qui1 dans son dlire anthropique des grandeurs1 se considre comme l'enfant du ,dieu de l'amour4 ,en outre1 le mpris radical de la nature prive le chrtien d'une foule des joies terrestres les plus nobles et avant tout de l'amour de la ,nature1 ce sentiment si beau et si lev4 ,,iv4--,le mpris de la civilisation1 profess par le christianisme4--,la doctrine du ,christ faisant de la terre une valle de larmes1 de notre vie terrestre1 sans valeur par elle-mme1 une simple prparation la vie ternelle dans un au-del meilleur1 cette doctrine se trouvait logiquement amene exiger de l'homme qu'il renonce tout bonheur en cette vie et qu'il fasse peu de cas de tous les biens terrestres qu'on demande cette existence4 ,dans ces biens terrestres1 cependant1 rentrent pour l'homme civilis moderne1 les innombrables secours de la chimie1 de l'hygine1 des moyens de communication qui rendent1 aujourd'hui1 notre vie civilise agrable et plaisante2--dans ces biens terrestres rentrent toutes les jouissances leves des beaux-arts1 de la musique1 de la posie1 qui dj pendant le moyen ge chrtien 7et en dpit de ses principes7 avaient atteint un brillant panouissement et que nous apprcions si hautement1 en tant que biens idals2--dans ces biens terrestres rentrent enfin les inapprciables progrs de la science et surtout de la connaissance de la nature dont le dveloppement inespr permet notre ,x,i,xe sicle d'tre fier juste titre4 ,tous ces biens terrestres d'une culture raffine auxquels nous attachons la plus haute valeur dans notre conception moniste1 sont1 dans la doctrine chrtienne1 sans valeur aucune1 rprhensibles mme en grande partie1 et la morale chrtienne rigoureuse doit dsapprouver la recherche de ces biens1 juste autant que notre thique humaniste l'approuve et la recommande4 ,le christianisme se montre donc encore1 sur ce domaine pratique1 hostile la culture1 et la lutte que la civilisation et la science moderne sont obliges de soutenir contre lui1 est encore en ce sens la lutte pour la civilisation4 ,v4--,le mpris de la famille profess par le christianisme4--,un des points les plus dplorables de la morale chrtienne1 c'est le peu de cas qu'elle fait de la vie de famille1 c'est--dire de cette vie commune1 conforme la nature1 partage avec ceux qui nous sont le plus proches par le sang1 et qui est aussi indispensable l'homme normal qu' tous les animaux suprieurs sociables4 ,la famille passe bon droit chez nous pour la base de la socit et la vie de la famille honnte1 pour la premire condition d'une vie sociale florissante4 ,tout autre tait l'opinion du ,christ1 dont le regard1 dirig vers l'au-del1 faisait aussi peu de cas de la femme et de la famille que de tous les autres biens de cette vie4 ,les vangiles ne nous disent que trs peu de chose des rares points de contact du ,christ avec ses parents ou ses frres et soeurs2 ses rapports avec sa mre1 ,marie1 n'taient nullement aussi tendres et intimes que des milliers de beaux tableaux nous reprsentent les choses1 embellies par la posie2 lui-mme n'tait pas mari4 ,l'amour sexuel1 qui est pourtant le premier fondement de la constitution de la famille1 semblait plutt ,jsus un mal ncessaire4 ,son aptre le plus zl1 ,,paul1 allait plus loin encore1 quand il dclarait que ne pas se marier valait mieux que se marier3 ,il est bon pour l'homme de ne point toucher une femme 7#a ,corinth4 #g1 #a1 #bh-ch74 ,si l'humanit suivait ce bon conseil1 il est sr qu'elle serait bientt dlivre de toute souffrance et de toute douleur terrestre2 par cette cure radicale1 elle s'teindrait dans l'espace d'un sicle4 ,,vi4--,le mpris de la femme profess par le christianisme4--,le ,christ lui-mme n'ayant pas connu l'amour de la femme1 ignora toujours personnellement ce dlicat anoblissement de ce qui fait le fond de la nature humaine et qui ne jaillit que par une intime communaut de vie entre l'homme et la femme4 ,les rapports sexuels intimes1 sur lesquels seuls repose la perptuit de l'espce humaine sont aussi importants pour l'amour lev1 que la pntration intellectuelle des deux sexes et le complment rciproque que chacun des deux fournit l'autre1 tant dans les besoins pratiques de la vie quotidienne1 que dans les fonctions idales les plus leves de l'activit psychique4 ,car l'homme et la femme sont deux organismes diffrents mais d'gale valeur1 ayant chacun ses avantages et ses dfectuosits4 ,plus la culture est alle se dveloppant1 plus a t reconnue cette valeur idale de l'amour sexuel et plus est alle croissant l'estime pour la femme1 surtout dans la race germanique2 n'est-ce pas la source d'o ont jailli les plus belles fleurs de la posie et de l'art8 ,ce point de vue1 au contraire1 est rest tranger au ,christ1 comme presque toute l'antiquit2 il partageait l'opinion gnralement rpandue en ,orient1 selon laquelle la femme est infrieure l'homme et le commerce avec elle impur4 ,la nature offense s'est terriblement venge de ce mpris1 dont les tristes consquences1 principalement dans l'histoire de la civilisation du moyen-ge papiste1 sont inscrites en lettres de sang4 ,morale papiste4--,la merveilleuse hirarchie du papisme romain1 qui ne ngligeait aucun moyen pour s'assurer la domination absolue des esprits1 trouva un excellent instrument dans l'exploitation de cette ide d'impuret et dans la propagation de cette thorie asctique que l'abstention de tout commerce avec la femme constituait en soi-mme une vertu4 ,ds les premiers sicles aprs ,jsus-,christ1 beaucoup de prtres s'abstinrent volontairement du mariage et bientt la valeur prsume de ce clibat augmenta tellement qu'on le dclara obligatoire4 ,l'immoralit qui1 par suite1 se propagea1 est un fait universellement connu depuis les recherches rcentes de l'histoire de la civilisation#fd4 ,ds le ,moyen-,age1 la sduction des femmes et des filles honntes par le clerg catholique 7la confession jouait l un rle important7 tait un sujet public de mcontentement2 beaucoup de communauts insistaient pour que1 dans le but d'viter ces dsordres1 on permit aux chastes prtres1 le concubinat6 ,c'est d'ailleurs ce qui se produisit1 sous diverses formes1 souvent fort romantiques4 ,c'est ainsi1 par exemple1 que la loi canonique exigeant que la cuisinire du prtre n'et pas moins de quarante ans1 fut trs judicieusement interprte en ce sens1 que le chapelain prenait deux cuisinires1 l'une la cure1 l'autre dehors2 si l'une avait #bd ans et l'autre #ah1 cela faisait en tout #db1 c'est--dire #b ans de plus qu'il n'tait ncessaire4 ,pendant les conciles chrtiens1 o les hrtiques incroyants taient brls vifs1 les cardinaux et les vques assembls festoyaient avec toute une troupe de filles de joie4 ,les dsordres publics et privs du clerg catholique taient devenus si impudents et constituaient un danger gnral si grand1 que dj avant ,,luther l'indignation tait universelle et qu'on rclamait grands cris une ,rforme de l',eglise dans ses chefs et dans ses membres4 ,on sait d'ailleurs que ces moeurs immorales existent aujourd'hui encore 7quoique plus clandestines7 dans les pays catholiques4 ,autrefois1 on en revenait toujours1 de temps temps1 proposer la suppression dfinitive du clibat1 par exemple dans les ,chambres du ,duch de ,bade1 de la ,bavire1 du ,hesse1 de la ,saxe et d'autres pays4 ,malheureusement1 jusqu'ici1 cela a t en vain6 ,au ,reichstag allemand1 o le centre ultramontain propose aujourd'hui les moyens les plus ridicules pour viter l'immoralit sexuelle1 aucun parti ne pense encore demander l'abolition du clibat dans l'intrt de la morale publique4 ,le prtendu libralisme et la social-dmocratie utopiste briguent les faveurs de ce centre6 #fd ,,cf4 ,les histoires de la civilisation de ,kolb1 ,hellwald1 ,scheer1 etc4 ,l'tat civilis moderne1 qui ne doit pas seulement lever un degr suprieur la vie pratique du peuple1 mais aussi sa vie morale1 a le droit et le devoir de faire cesser un tat de choses si indigne et qui est nuisible tous4 ,le clibat obligatoire du clerg catholique est aussi pernicieux et immoral que la confession auriculaire et le commerce des indulgences2 ces trois institutions n'ont rien voir avec le christianisme originel2 toutes trois insultent la pure morale chrtienne2 toutes trois sont d'indignes inventions du papisme1 combines en vue de maintenir son absolue puissance sur les masses crdules et de les exploiter matriellement autant que possible4 ,la ,nmsis de l'histoire prononcera tt ou tard1 contre le papisme romain un chtiment terrible et les millions d'hommes qui cette religion dgnre aura enlev les joies de la vie1 serviront lui porter1 au ,x,xe sicle1 le coup mortel--du moins dans les vritables tats civiliss4 ,on a rcemment calcul que le nombre d'hommes ayant perdu la vie dans les perscutions papistes contre les hrtiques1 pendant l',inquisition1 les guerres de religion1 etc41 s'levait bien au-del de dix millions4 ,mais que signifie ce nombre cot de celui1 dix fois plus grand1 des malheureux qui sont devenus les victimes morales des rglements et de la domination des prtres de l',eglise chrtienne dgnre1-- ct du nombre infini de ceux dont la haute vie intellectuelle a t tue par cette religion1 dont la conscience nave a t torture1 la vie de famille brise par elle8 ,vraiment1 le mot de ,,goethe dans son superbe pome ,la fiance de ,corinthe est bien digne d'tre mdit3 ,des victimes tombent2 ni l'agneau ni le taureau ,mais des victimes humaines1 spectacle inou6 ,etat et ,eglise4--,dans la grande lutte pour la civilisation qui1 par suite de ce triste tat de choses1 doit toujours tre poursuivie1 le premier but que l'on devrait se proposer devrait tre la sparation complte de l',eglise et de l',etat4 ,l',eglise libre doit exister dans l',etat libre1 c'est--dire toute ,eglise doit tre libre dans l'exercice de son culte et de ses crmonies1 de mme que dans la construction de ses pomes fantaisistes et de ses dogmes superstitieux-- la condition1 cependant1 qu'elle ne menace pas par l l'ordre public ni la moralit4 ,et alors le mme droit doit rgner pour tous6 ,les communauts libres et les socits religieuses monistes doivent tre tolres et laisses libres de leurs actes1 tout comme les associations protestantes librales ou les communauts ultramontaines orthodoxes4 ,mais1 pour tous les croyants de ces confessions diffrentes1 la religion doit rester chose prive2 l',etat ne doit que la surveiller et empcher ses carts1 mais il ne doit ni l'opprimer ni la soutenir4 ,avant tout1 les contribuables ne devraient pas tre tenus de donner leur argent pour le maintien et la propagation d'une croyance trangre1 qui1 d'aprs leur conviction sincre1 n'est qu'une superstition funeste4 ,dans les ,etats-,unis d',amrique la sparation complte de l',eglise et de l',etat est1 en ce sens1 depuis longtemps ralise et cela la satisfaction de tous les intresss4 ,cela a entran1 dans ce pays1 la sparation non moins importante de l',eglise et de l',ecole1 raison capitale1 incontestablement1 du puissant essor que la science et la vie intellectuelle suprieure1 en gnral1 ont pris en ces derniers temps en ,amrique4 ,eglise et ,ecole4--,il va de soi que l'abstention de l',eglise dans les choses de l',ecole1 ne doit frapper que la confession1 la forme spciale de croyance que le cycle lgendaire de chaque ,eglise a constitue au cours du temps4 ,cet enseignement confessionnel est chose toute prive1 c'est un devoir qui incombe aux parents ou aux tuteurs1 ou bien aux prtres et prcepteurs en qui les premiers ont mis personnellement leur confiance4 ,mais la place de la confession limine1 il reste l'cole deux importants sujets d'enseignement3 premirement1 la morale moniste et secondement1 l'histoire compare des religions4 ,la nouvelle ,esthtique moniste1 difie sur le fondement solide de la connaissance moderne de la nature--et avant tout de la doctrine de l'volution--a fourni matire1 en ces trente dernires annes1 une littrature trs tudie#fe4 ,notre nouvelle histoire compare des religions se rattache1 naturellement1 l'enseignement lmentaire1 tel qu'il existe actuellement1 de l'histoire de la ,bible et de la mythologie de l'antiquit grecque et romaine4 ,tous deux restent1 comme jusqu' ce jour1 des lments essentiels dans l'ducation de l'esprit4 ,ce qui se comprend dj par ce seul fait1 que tout notre art plastique1 domaine principal de notre ,esthtique moniste1 est intimement ml aux mythologies chrtienne1 hellnique et romaine4 ,une diffrence essentielle sera seule introduite dans l'enseignement3 c'est que les lgendes et mythes chrtiens ne seront plus prsents comme des vrits1 mais comme des fantaisies potiques1 au mme titre que les grecs et les romains2 la haute valeur du contenu thique et esthtique qu'ils renferment ne sera pas pour cela diminue1 mais accrue4 ,quant la ,bible1 ce ,livre des livres1 elle ne devrait tre mise entre les mains des enfants que sous forme d'extraits soigneusement choisis 7sous forme de ,bible scolaire72 on viterait ainsi que l'imagination enfantine ne soit souille des nombreuses histoires impures et rcits immoraux dont l',ancien ,testament1 en particulier1 est si riche4 #fe ,cf4 les ouvrages prcdemment cits de ,spencer1 ,carneri1 ,vetter1 ,ziegler1 ,ammon1 ,nordau1 etc4 tat et cole4--,aprs que notre tat civilis moderne se sera dlivr et l'cole avec lui1 des chanes o l'glise les tenait esclaves1 il ne pourra que mieux consacrer ses forces et ses soins l'organisation de l'cole4 ,nous avons d'autant mieux pris conscience de l'inapprciable valeur d'une bonne instruction1 qu'au cours du ,x,i,xe sicle1 toutes les branches de la culture sont alles se dployant plus richement et ralisant des progrs plus grandioses4 ,mais l'volution des mthodes d'enseignement est loin d'avoir march du mme pas4 ,la ncessit d'une rforme scolaire gnrale se fait sentir nous toujours plus vive4 ,sur cette grave question galement on a beaucoup crit au cours de ces quarante dernires annes4 ,nous nous contenterons de relever quelques-uns des points de vue gnraux qui nous ont paru les plus importants3 #a dans l'enseignement tel qu'on l'a donn jusqu' nos jours1 c'est l'homme qui a jou le rle principal et en particulier l'tude grammaticale de sa langue2 l'tude de la ,nature a t compltement nglige2 #b dans l'cole moderne1 la nature deviendra l'objet principal des tudes2 l'homme devra se faire une ide juste du monde dans lequel il vit2 il ne devra pas rester en dehors de la ,nature ou en opposition avec elle1 mais il devra s'apparatre comme son produit le plus lev et le plus noble2 #c l'tude des langues classiques 7latin et grec7 qui a absorb jusqu'ici la plus grande partie du temps et du travail des lves1 demeure sans doute prcieuse mais doit tre fort restreinte et rduite aux lments 7le grec facultatif1 le latin obligatoire72 #d il n'en faudra cultiver que plus1 dans toutes les coles suprieures1 les langues modernes des peuples civiliss 7l'anglais et le franais obligatoires1 mais l'italien facultatif72 #e l'enseignement de l'histoire doit s'attacher davantage la vie intellectuelle1 la civilisation intrieure et moins l'histoire extrieure des peuples 7sort des dynasties1 guerres1 etc472 #f les grands traits de la doctrine de l'volution doivent tre enseigns conjointement avec ceux de la cosmologie1 la gologie en mme temps que la gographie1 l'anthropologie avec la biologie2 #g les grands traits de la biologie doivent tre possds par tout homme instruit2 l'enseignement de la contemplation moderne favorise l'attrayante initiation aux sciences biologiques 7anthropologie1 zoologie1 botanique74 ,au commencement1 on partira de la systmatique descriptive 7simultanment avec l'oecologie ou bionomie71 plus tard1 on y ajoutera des lments d'anatomie et de physiologie2 #h en outre tout homme instruit devra connatre les grands points de la physique et de la chimie1 de mme que leur validation exacte par les mathmatiques2 #i tout lve devra apprendre bien dessiner et le faire d'aprs nature2 si possible il peindra aussi l'aquarelle4 ,les esquisses de dessins et d'aquarelles d'aprs nature 7de fleurs1 d'animaux1 de paysages1 de nuages1 etc471 veillent non seulement l'intrt pour la ,nature et conservent le souvenir du plaisir prouv la contempler1 mais1 en outre1 ce n'est que comme cela que les lves apprennent bien voir et comprendre ce qu'ils ont vu2 #aj on devra consacrer beaucoup plus de soin et de temps qu'on ne l'a fait jusqu'ici l'ducation corporelle1 la gymnastique et la natation2 il y aura avantage faire chaque semaine1 des promenades en commun et entreprendre chaque anne1 pendant les vacances1 plusieurs voyages pied2 la leon de contemplation1 qui s'offrira dans ces circonstances1 aura la plus grande valeur4 ,le but principal de la culture suprieure donne dans les coles est rest jusqu' ce jour1 dans la plupart des tats civiliss1 la prparation la profession ultrieure1 l'acquisition d'une certaine dose de connaissances et le dressage aux devoirs de citoyen4 ,l'cole du ,x,xe sicle1 au contraire1 poursuivra comme but principal1 le dveloppement de la pense indpendante1 la claire comprhension des choses acquises et la dcouverte de l'enchanement naturel des phnomnes4 ,puisque l'tat civilis moderne reconnat tout citoyen un droit gal l'ligibilit1 il doit aussi lui fournir les moyens1 par une bonne prparation donne l'cole1 de dvelopper son intelligence afin que chacun l'emploie raisonnablement pour le plus grand bien de tous4 ,opposition des principes fondamentaux ,,dans ,,le ,,domaine ,,de ,,la ,,philosophie ,,moniste ,,et ,,dans ,,celui ,,de ,,la ,,philosophie ,,dualiste #a4 ,monisme 7,conception #a4 ,dualisme 7,conception unitaire73 ,le monde corporel dualiste73 ,le monde corporel matriel et le monde spirituel matriel et le monde spirituel immatriel forment un ,univers unique1 immatriel forment deux domaines insparable et qui comprend tout4 compltement distincts 7compltement indpendants l'un de l'autre74 #b4 ,panthisme 7et ,athisme71 #b4 ,thisme 7et ,disme71 ,deus ,deus intramundanus3 ,le monde et extramundanus3 ,dieu et le monde ,dieu sont une seule substance 7la sont deux substances distinctes matire et l'nergie sont des 7la matire et l'nergie ne sont attributs insparables74 que partiellement unies74 #c4 ,gntisme 7,evolutionnisme71 #c4 ,cratisme 7,dmiurgique71 ,thorie de l'volution3 ,le ,cosmos ,thorie de la cration3 ,le 7,univers7 est ternel et infini1 ,cosmos 7,universum7 n'est ni n'a jamais t cr et volue ternel1 ni infini1 mais a t d'aprs des lois naturelles tir une fois 7ou plusieurs fois7 ternelles4 du nant par ,dieu4 #d4 ,naturalisme 7et ,rationalisme73 #d4 ,supranaturalisme 7et ,la loi de substance 7conservation ,mysticisme73 ,la loi de de la matire et de l'nergie7 substance ne rgit qu'une partie rgit tous les phnomnes sans de la nature2 les phnomnes de exception2 tout se ramne des la vie intellectuelle en sont choses naturelles4 indpendants et sont surnaturels4 #e4 ,mcanisme 7et ,hylozosme73 #e4 ,vitalisme 7et ,thologie73 ,il n'existe pas de force vitale ,la force vitale 7vis spciale qui puisse se poser vitalis7 agit dans la nature indpendante en face des forces organique conformment un but1 physiques et chimiques4 indpendante des forces physiques et chimiques4 #f4 ,thanatisme 7,croyance en la #f4 ,athanisme 7,croyance en mortalit73 ,l'me de l'homme l'immortalit73 ,l'me de l'homme n'est pas une substance indpendante1 est une substance indpendante1 immortelle1 mais elle immortelle1 cre par une voie est issue1 par des voies naturelles1 surnaturelle1 partiellement ou de l'me animale3 c'est un complexus compltement indpendante des de fonctions crbrales4 fonctions crbrales4 ,,chapitre ,,xx ,solution des nigmes de l',univers4 ,,coup ,d',,oeil ,r,,trospectif ,,sur ,,les ,,progr,s ,,de ,,la ,,connaissance ,,scientifique ,,de ,l',,univers ,,au ,,xixe ,,si,,cle4--,r,,ponses ,,donn,,es ,,aux ,,nigmes ,,de ,l',,univers ,,par ,,la ,,philosophie ,,naturelle ,,moniste4 ,vaste ,univers et longue vie1 ,effort sincre poursuivi pendant de nombreuses annes ,toujours scrut1 toujours fond ,jamais achev1 souvent arrondi2 ,l'ancien conserv fidlement1 ,le nouveau amicalement accueilli444 ,l'esprit serein1 le but noble ,allons6 ,on avancera bien un peu6 ,,goethe4 ,,sommaire ,,du ,,chapitre ,,xx ,coup d'oeil rtrospectif sur les progrs du ,x,i,xe sicle vers la solution des nigmes de l',univers4--,i4 ,progrs de l'astronomie et de la cosmologie4 ,unit physique et chimique de l',univers4--,mtamorphose du ,cosmos4--,evolution des systmes plantaires4--,analogie des processus phylogntiques sur la ,terre et dans les autres plantes4--,habitants organiques des autres corps clestes4--,alternance priodique des formations cosmiques4--,,ii4 ,progrs de la gologie et de la palontologie4--,neptunisme et vulcanisme4--,thorie de la continuit4--,,iii4 ,progrs de la physique et de la chimie4--,,iv4 ,progrs de la biologie4--,thorie cellulaire et thorie de la descendance4--,v4 ,anthropologie4--,origine de l'homme4--,considrations gnrales finales4 ,,litt,,rature ,w4 ,,goethe4--,faust4 ,dieu et le ,monde4 ,promthe4 ,sur les ,sciences naturelles en gnral4 ,,alex4 ,,humboldt4--,kosmos4 ,entwurf einer physischen ,weltbeschreibung4 ,,carus ,,sterne 7,e4 ,,krause74--,werden und ,vergehen4 7#dte ,aufl4 ,berlin1 #ahii47 ,w4 ,b,,lsche4--,entwickelungsgeschichte der ,natur4 7#b ,bde4 #ahif47 ,g4 ,,hart4--,der neue ,gott4 ,ein ,ausblick auf das neue ,jahrhundert 7,leipzig1 #ahii74 ,g4 ,g4 ,,vogt4--,entstehen und ,vergehen der ,welt auf ,grund eines einheitlichen ,substanz-,begriffes 7#bte ,aufl4 ,leipzig1 #ahig74 ,g4 ,,spicker4--,der ,kampf zweier ,weltanschauungen4 ,eine ,kritik der alten und neuesten ,philosophie1 mit ,einschluss der christlichen ,offenbarung 7,stuttgart1 #ahih74 ,l4 ,b,,chner4--,an ,sterbelager des ,jahrhunderts4 ,blicke eines freien ,denkers aus der ,zeit in ,die ,zeit 7#ahih74 ,e4 ,,haeckel4--,histoire de la ,cration naturelle 7,trad4 ,letourneau74 ,parvenus au terme de nos tudes philosophiques sur les ,enigmes de l',univers1 nous pouvons avec confiance tenter de rpondre cette grave question3 ,dans quelle mesure nous sommes-nous approchs de leur solution8 ,que valent les progrs inous qu'a faits le ,x,i,xe sicle finissant dans la vritable connaissance de la nature8 ,et quels horizons nous entr'ouvrent-ils pour l'avenir1 pour le dveloppement ultrieur de notre conception du monde1 pendant le ,x,xe sicle au seuil duquel nous sommes parvenus8 ,tout penseur non prvenu1 qui aura pu suivre quelque peu les progrs rels de nos connaissances empiriques et l'interprtation que nous en avons donne la lumire d'une philosophie unitaire1 partagera notre opinion3 le ,x,i,xe sicle a accompli dans la connaissance de la nature et dans la comprhension de son essence1 de plus grands progrs que tous les sicles antrieurs2 il a rsolu beaucoup et d'importantes nigmes de l',univers qui1 son aurore1 passaient pour insolubles2 il nous a dvoil1 dans la ,science et dans la connaissance1 de nouveaux domaines1 dont l'homme ne souponnait pas l'existence il y a cent ans4 ,avant tout1 il a mis nettement devant nos yeux le but lev de la ,cosmologie moniste et nous a montr le chemin qui seul nous en rapprochera1 le chemin de l'tude exacte1 empirique des faits et de la connaissance gntique1 critique de leurs causes4 ,la grande loi abstraite de la causalit mcanique dont notre loi cosmologique fondamentale1 la loi de substance1 n'est qu'une autre expression concrte1 rgit maintenant l',univers aussi bien que l'esprit humain2 elle est devenue l'toile conductrice sre et fixe1 dont la claire lumire nous indique la route travers l'obscur labyrinthe des innombrables phnomnes isols4 ,pour nous en convaincre1 nous allons jeter un rapide coup d'oeil rtrospectif sur les tonnants progrs qu'ont faits1 en ce mmorable sicle1 les branches principales des ,sciences ,naturelles4 ,i4 ,progrs de l'astronomie4--,la ,science du ,ciel est la plus ancienne1 comme celle de l'homme la plus rcente des ,sciences naturelles4 ,l'homme n'a appris connatre et lui-mme et sa propre essence1 avec une entire clart que dans la seconde moiti de notre sicle1 tandis qu'il possdait dj sur le ,ciel toil1 le mouvement des plantes1 etc41 des connaissances merveilleuses1 depuis plus de quatre mille cinq cents ans4 ,les anciens ,chinois1 ,indiens1 ,egyptiens et ,chaldens1 dans leur lointain ,orient1 connaissaient ds lors mieux l'astronomie des sphres que la plupart des chrtiens cultivs de l',occident quatre mille ans plus tard4 ,dj en l'an #bfig avant ,jsus-,christ1 en ,chine1 une clipse de soleil avait t observe astronomiquement et onze cents ans avant ,jsus-,christ1 au moyen d'un gnomon1 l'inclinaison de l'cliptique dtermine1 tandis que le ,christ lui-mme 7le fils de ,dieu7 n'avait1 comme on sait1 aucune connaissance astronomique mais jugeait1 au contraire1 le ,ciel et la ,terre1 la ,nature et l'homme du point de vue gocentrique et anthropocentrique le plus troit4 ,on considre d'ordinaire1 et bon droit1 comme le plus grand des progrs accomplis en astronomie1 le systme hliocentrique du monde de ,,copernic1 dont l'ouvrage grandiose3 ,de revolutionibus orbium coelestium provoqua son tour la plus grande rvolution dans les ttes pensantes4 ,en mme temps qu'il renversait le systme gocentrique du monde1 admis depuis ,,ptol,m,e1 il supprimait tout point d'appui la pure conception chrtienne1 qui faisait de la terre le centre du monde et de l'homme un souverain semblable ,dieu4 ,il est donc logique que le clerg chrtien1 et sa tte le pape de ,rome1 aient attaqu avec la dernire violence la rcente et inapprciable dcouverte de ,,copernic4 ,cependant elle se fraya bientt un chemin1 aprs que ,,kepler et ,,galil,e eurent fond sur elle la vraie mcanique cleste et que ,,newton lui et donn1 par sa thorie de la gravitation1 une base mathmatique inbranlable 7#afhf74 ,un autre progrs immense1 embrassant tout l',univers1 fut l'introduction de l'ide d'volution en astronomie2 ce progrs fut accompli en #agee par ,,kant1 alors trs jeune encore1 et qui1 dans sa hardie ,histoire naturelle gnrale et ,thorie du ,ciel entreprit de traiter d'aprs les principes de ,,newton1 non seulement de la composition1 mais encore de l'origine mcanique du systme cosmique tout entier4 ,grce au grandiose ,systme du monde1 de ,,laplace1 qui tait arriv1 indpendamment de ,,kant1 aux mmes ides sur la formation du monde1--cette nouvelle ,mcanique cleste fut fonde en #agif et si solidement tablie qu'on et pu croire que notre ,x,i,xe sicle ne pourrait rien apporter d'essentiellement nouveau dans ce dpartement de la connaissance1 qui et une importance gale4 ,et pourtant il reste notre sicle la gloire d'avoir1 ici aussi1 fray des voies toutes nouvelles et d'avoir tendu infiniment1 dans l',univers1 la porte de nos regards4 ,par la dcouverte de la photographie et de la photomtrie1 mais surtout de l'analyse spectrale 7par ,,bunsen et ,,kirchhoff1 #ahfj7 la physique et la chimie ont pntr dans l'astronomie et par l nous avons acquis des donnes cosmologiques d'une immense porte4 ,il en ressort cette fois1 avec certitude1 que la matire est la mme dans tout l',univers et que ses proprits physiques et chimiques ne sont pas diffrentes1 dans les toiles les plus loignes1 de ce qu'elles sont sur notre terre4 ,la conviction moniste de l'unit physique et chimique du ,cosmos infini1 que nous avons acquise ainsi1 est certainement une des connaissances gnrales les plus prcieuses dont nous soyons redevables l',astrophysique1 cette branche rcente de l'astronomie dans laquelle s'est illustr1 en particulier1 ,f4 ,,zollner#ff4 ,une autre connaissance1 non moins importante et acquise l'aide de la prcdente1 c'est celle de ce fait que les mmes lois d'volution mcanique qui gouvernent notre terre valent encore partout dans l',univers infini4 ,une puissante mtamorphose du ,cosmos embrassant tout s'accomplit sans interruption dans toutes les parties de l',univers aussi bien dans l'histoire gologique de notre terre1 aussi bien dans l'histoire gnalogique de ses habitants que dans l'histoire des peuples et dans la vie de chaque homme en particulier4 ,dans une partie du ,cosmos1 nous dcouvrons1 avec nos tlescopes perfectionns1 d'normes nbuleuses faites de masses gazeuses1 incandescentes1 infiniment subtiles2 nous les tenons pour les germes de corps clestes loigns de milliards de milles et que nous concevons tre au premier stade de leur volution4 ,dans une partie de ces germes stellaires1 les lments chimiques ne sont probablement pas encore spars1 mais runis1 une temprature extraordinairement leve1 value plusieurs millions de degrs1 en un lment primordial 7,prothyl72 peut-tre mme la substance primordiale n'est-elle ici1 en partie1 pas encore diffrencie en masse et ther4 ,dans d'autres parties de l',univers1 nous trouvons des toiles qui sont dj1 par suite de refroidissement1 l'tat de liquide brlant1 d'autres qui sont dj congeles2 nous pouvons dterminer approximativement leurs stades respectifs d'volution d'aprs leurs diffrentes couleurs4 ,nous voyons1 en outre1 des toiles qui sont entoures d'aroles et de lunes1 comme notre ,saturne2 nous reconnaissons1 dans le brillant anneau nbuleux1 le germe d'une nouvelle lune qui s'est dtache de la plante mre1 comme celle-ci du soleil4 #ff ,f4 ,,zollner ,ueber die ,natur der ,kometen4 ,beitrage zur ,geschichte und ,theorie der ,erkenntniss4 #ahga4 ,pour beaucoup d'toiles fixes1 dont la lumire met des milliers d'annes nous parvenir1 nous pouvons admettre avec certitude1 que ce sont des soleils1 pareils notre ,pre ,soleil et qu'ils sont entours de plantes et de lunes1 pareils ceux de notre propre systme solaire4 ,nous pouvons1 en outre1 prsumer que des milliers de ces plantes se trouvent peu prs au mme degr d'volution que notre terre1 c'est--dire un ge o la temprature de la superficie varie entre le degr de conglation et le degr d'bullition de l'eau1 c'est--dire o l'eau peut exister l'tat de gouttes liquides4 ,il devient par suite possible l'acide carbonique1 ici comme sur la terre1 de former avec les autres lments des combinaisons trs complexes et parmi ces composs azots peut se dvelopper le plasma1 cette merveilleuse substance vivante1 que nous avons reconnu concentrer en elle seule toutes les proprits de la vie organique4 ,les ,monres 7par exemple les ,chromaces et les ,bactries7 constitues exclusivement par ce protoplasma primitif et qui proviennent1 par gnration spontane 7,archigonie7 de ces nitrocarbonates inorganiques1 peuvent avoir suivi1 sur beaucoup d'autres plantes1 la marche volutive qu'elles ont suivie sur la ntre2 tout d'abord se sont constitues1 par la diffrenciation de leurs corps plasmique homogne en un noyau 7,karyon7 interne et un corps cellulaire 7,cytosoma7 externe1 les plus simples des cellules vivantes4 ,mais l'analogie qui se retrouve dans la vie de toutes les cellules--aussi bien des cellules vgtales plasmodomes que des cellules animales plasmophages--nous autorise conclure que la suite de l'histoire gnalogique est encore la mme dans beaucoup d'astres que sur notre terre1--naturellement en prsupposant les mmes troites limites de temprature1 celles dans lesquelles l'eau reste l'tat de gouttes liquides2 pour les corps clestes l'tat de liquide brlant1 o l'eau est l'tat de vapeur et pour les corps congels1 o elle est l'tat de glace1 la vie organique y est chose impossible4 ,l'analogie de la phylognie1 cette analogie dans l'volution gnalogique1 que nous pouvons par suite admettre pour beaucoup d'astres parvenus au mme stade d'volution biogntique1 offre naturellement l'imagination cratrice1 un vaste champ de spculations attrayantes4 ,un de ses sujets de prdilection1 depuis longtemps1 c'est la question de savoir si des hommes ou des organismes analogues1 peut-tre suprieurs nous1 habitent d'autres plantes8 ,parmi les nombreux ouvrages qui essaient de rpondre cette question pendante1 ceux de l'astronome parisien1 ,c4 ,,flammarion1 en particulier1 ont trouv rcemment des lecteurs nombreux3 ils se distinguent par la richesse de la fantaisie et la vivacit des peintures en mme temps que par une regrettable insuffisance de critique et de connaissances biologiques4 ,dans la mesure o nous pouvons1 l'heure actuelle1 rpondre cette question1 nous pouvons nous reprsenter les choses peu prs ainsi qu'il suit3 ,i4 ,il est trs vraisemblable que sur quelques plantes de notre systme 7,mars et ,vnus7 et sur beaucoup de plantes d'autres systmes solaires1 le processus biogntique est le mme que sur notre terre2 tout d'abord se sont produites1 par archigonie1 des monres simples1 lesquelles ont donn naissance des protistes monocellulaires 7d'abord les plantes primitives plasmodomes1 plus tard les animaux primitifs1 plasmophages74 ,,ii4 ,il est trs vraisemblable qu'au cours ultrieur de l'volution1 ces protistes monocellulaires ont constitu d'abord des colonies cellulaires1 sociales 7,cnobies71 plus tard des plantes et des animaux tissus 7,mtaphytes et ,mtazoaires74 ,,iii4 ,il est encore trs vraisemblable que1 dans le rgne vgtal1 sont apparus d'abord les ,tallophytes 7algues et champignons71 puis les diaphytes 7mousses et fougres71 enfin les autophytes 7les plantes phanrogames1 gymnospermes et angiospermes74 ,,iv4 ,il est vraisemblable1 de mme1 que dans le rgne animal galement1 le processus biogntique a suivi une marche analogue1 que des ,blastads 7,catallactes7 ont volu d'abord les ,gastrads1 puis de ceux-ci1 les animaux infrieurs 7,clentrs7 et plus tard les animaux suprieurs 7,clomaris74 ,v4 ,il est trs douteux1 par contre1 que les groupes distincts d'animaux suprieurs 7comme de plantes suprieures7 parcourent1 dans d'autres plantes1 une marche volutive analogue celle qu'ils parcourent sur notre terre4 ,,vi4 ,en particulier1 il est fort peu certain que des vertbrs existent en dehors de la terre et que1 par suite de leur mtamorphose phyltique1 au cours de millions d'annes1 des mammifres soient apparus et l'homme leur tte1 comme cela a eu lieu sur la terre2 il faudrait alors que des millions de transformations se soient rptes en d'autres plantes1 exactement comme ici-bas4 ,,vii4 ,il est au contraire1 bien plus vraisemblable qu'il s'y est dvelopp d'autres types de plantes et d'animaux suprieurs1 trangers notre terre1 peut tre aussi provenant d'une souche animale suprieure aux vertbrs par sa capacit plastique1 des tres suprieurs1 dpassant de beaucoup les hommes terrestres en intelligence et en force de pense4 ,,viii4 ,la possibilit que nous entrions jamais en contact direct avec ces habitants des autres plantes semble exclue par la grande distance qui spare notre terre des autres corps clestes et par l'absence de l'air atmosphrique indispensable1 dans l'inter-espace que remplit seul l'ther4 ,tandis que beaucoup d'astres en sont1 probablement1 au mme stade d'volution biogntique que notre terre 7depuis au moins cent millions d'annes71 d'autres sont dj plus avancs et s'approchent1 dans leur vieillesse plantaire de leur fin1 de la mme fin qui attend srement notre terre4 ,grce au rayonnement de la chaleur dans le froid espace cosmique1 la temprature1 peu peu1 s'abaisse tellement que toute l'eau liquide se congle en glace2 par l cesse la possibilit de la vie organique4 ,en mme temps1 la masse des corps clestes en rotation se contracte toujours davantage2 la rapidit de leur rvolution circulaire se modifie lentement4 ,les orbites des plantes en rotation se font de plus en plus troits1 de mme que ceux des lunes qui les entourent4 ,finalement les lunes se prcipitent dans les plantes1 celles-ci dans les soleils qui les ont engendres4 ,ce choc gnral produit nouveau des quantits normes de chaleur4 ,la masse des corps clestes rduits en poussire par la collision se rpand librement dans l'espace infini et le jeu ternel des formations solaires recommence nouveau4 ,le tableau grandiose que l'astrophysique moderne droule ainsi devant les yeux de notre esprit nous rvle une ternelle apparition et disparition des innombrables corps clestes1 une alternance priodique des conditions cosmogntiques diffrentes que nous observons l'une aprs l'autre dans l',univers4 ,tandis qu'en un point de l'espace infini1 sort d'une nbuleuse diffuse un nouveau germe de monde1 un autre genre1 en un point trs loign1 s'est dj condens en une masse d'une matire liquide et brlante1 anime d'un mouvement circulaire2 de l'quateur d'un autre1 ont dj t projets des aroles qui se pelotonnent en plantes2 un quatrime est dj devenu un soleil puissant1 dont les plantes se sont entoures de trabants secondaires1 etc4 ,et au milieu de tout cela1 dans l'espace cosmique1 des milliards de corps clestes plus petits1 de mtorites et d'toiles filantes1 s'agitent en tous sens1 en apparence sans loi et pareils des vagabonds qui coupent l'orbite des plus grands et dont chaque jour une grande partie se prcipitent dans ceux-l4 ,en outre1 les temps de rvolution et les orbites des corps clestes qui se pourchassent1 se modifient lentement et continuellement4 ,les lunes refroidies se prcipitent dans leurs plantes comme celles-ci dans leurs soleils4 ,deux soleils loigns l'un de l'autre1 peut-tre dj congels1 s'entrechoquent avec une force inoue et s'parpillent en poussire1 formant une masse nbuleuse4 ,ils dgagent1 par l1 de si colossales quantits de chaleur que la nbuleuse redevient incandescente et le vieux jeu recommence nouveau4 ,dans ce perpetuum mobile1 cependant1 la substance infinie de l',univers1 la somme de sa matire et de son nergie demeure ternellement invariable et ainsi se rpte ternellement dans le temps infini l'alternance priodique des formations cosmiques1 la ,mtamorphose du ,cosmos revenant ternellement sur elle-mme4 ,toute-puissante1 la loi de substance exerce partout son empire4 ,,ii4 ,progrs de la gologie4--,la terre et le problme de son apparition ne sont devenus des objets de recherche scientifique que bien aprs le ,ciel4 ,les nombreuses cosmognies de l'antiquit et des temps modernes prtendaient1 il est vrai1 nous renseigner sur l'apparition de la terre aussi bien que sur celle du ciel2 mais le vtement mythologique dont elles s'enveloppaient1 les unes et les autres1 trahissait de suite qu'elles tiraient leur origine de l'imagination potique4 ,parmi toutes les nombreuses lgendes relatives la ,cration et que nous font connatre l'histoire des religions et celle de la civilisation1 une seule a bientt conquis la priorit sur toutes les autres3 c'est l'histoire de la cration de ,mose telle qu'elle est raconte dans le premier livre du ,pentateuque 7,gense74 ,elle n'est apparue1 sous sa forme actuelle1 que longtemps aprs la mort de ,mose 7probablement pas moins de huit cents ans aprs72 mais ses sources sont en grande partie plus anciennes et remontent aux lgendes assyriennes1 babyloniennes et indiennes4 ,cette lgende de la cration judaque prit la plus grande influence par ce fait qu'elle passa dans la profession de foi chrtienne et fut vnre comme la parole de ,dieu4 ,il est vrai que #ejj ans dj avant ,j4-,c41 les philosophes naturalistes grecs avaient expliqu la formation naturelle de la terre de la mme manire que celle des autres corps clestes4 ,ds cette poque1 galement1 ,xnophane de ,colophon avait dj reconnu la vraie nature des ptrifications1 qui prirent plus tard une si grande importance4 ,le grand peintre ,l,,onard ,,de ,,vinci avait1 de mme1 au ,x,ve sicle1 dclar que ces ptrifications taient des restes fossiles d'animaux ayant vcu des poques antrieures de l'histoire de la terre4 ,mais l'autorit de la ,bible et en particulier le ,mythe du dluge1 empchaient tout progrs dans la connaissance des faits rels et faisaient tant que les lgendes mosaques1 relatives la ,cration1 ont eu cours jusqu'au milieu du sicle dernier4 ,dans le cercle de la thologie orthodoxe1 elles sont encore admises aujourd'hui4 ,ce n'est que dans la seconde moiti du ,x,v,i,i,ie sicle que commencrent1 indpendamment de ces lgendes1 des recherches scientifiques sur la structure de l'corce terrestre et que des conclusions s'en dduisirent relativement la formation de cette plante4 ,le fondateur de la gognosie1 ,,werner de ,freiberg1 faisait provenir toutes les roches de l'eau1 tandis que ,,voigt et ,,hutton 7#aghh7 reconnaissaient trs justement que seules les roches sdimentaires1 charriant des fossiles1 avaient cette origine1 tandis que les masses montagneuses vulcaniennes et plutoniennes s'taient constitues par la conglation de masses ignes liquides4 ,la lutte ardente qui s'ensuivit entre l'cole neptunienne et la plutonienne durait encore pendant les trente premires annes du sicle2 elle ne s'apaisa qu'aprs que ,c4 ,,hoff et pos le principe de l'actualisme 7#ahbb7 et que ,,ch4 ,,lyell l'et soutenu avec le plus grand succs1 quant l'volution naturelle tout entire de la terre4 ,par ses ,principes de gologie 7#ahcj7 la thorie essentiellement importante de la ,continuit de la transformation de la terre tait dfinitivement reconnue et triomphait de la thorie oppose1 celle des catastrophes de ,,cuvier#fg4 ,la palontologie1 que ce dernier avait fonde par son ouvrage sur les ossements fossiles 7#ahab71 devint bientt l'auxiliaire important de la gologie et ds le milieu de notre sicle celle-ci tait si avance que les priodes principales de l'histoire de la terre et de ses ,habitants taient tablies4 ,on reconnaissait ds lors1 dans la mince couche qui forme l'corce terrestre1 la crote forme par la solidification de la plante en fusion1 dont le refroidissement et la contraction se continuent1 lentement1 mais sans interruption4 ,le plissement de l'corce solidifie1 la raction de l'intrieur de la terre1 l'tat de fusion1 contre la surface refroidie1 et avant tout1 l'activit gologique ininterrompue de l'eau1 sont les causes naturelles efficientes qui travaillent journellement la lente transformation de l'corce terrestre et de ses montagnes4 #fg ,cf4 ,l-dessus1 mon ,histoire de la cration naturelle4 ,leons #c1 #f1 #ae et #af4 ,trois rsultats de la plus haute importance et d'une porte gnrale sont dus aux progrs merveilleux de la gologie moderne4 ,d'abord1 grce eux1 ont t exclus de l'histoire de la terre tous les miracles1 toutes les causes surnaturelles qui venaient expliquer l'dification des montagnes et la transformation des continents4 ,en second lieu1 notre ide de la longueur des espaces de temps inous couls depuis leur formation1 s'est considrablement largie4 ,nous savons maintenant que les masses de montagnes immenses des formations palozoque1 msozoque et cnozoque ont exig pour se constituer1 non pas des milliers d'annes1 mais des millions d'annes 7bien au-del de cent74 ,en troisime lieu1 nous savons aujourd'hui que les nombreux fossiles compris dans ces formations1 ne sont pas de merveilleux jeux de la nature1 comme on le croyait encore il y a cent cinquante ans1 mais les restes ptrifis d'organismes1 ayant rellement vcu des poques antrieures de l'histoire de la terre1 rsultats eux-mmes d'une lente transformation dans la srie des anctres disparus4 ,,iii4 ,progrs de la physique et de la chimie4--,les innombrables et importantes dcouvertes que ces sciences fondamentales ont faites au ,x,i,xe sicle sont si connues et leurs applications pratiques dans toutes les branches de la civilisation humaine sont si videntes tous les yeux1 que nous n'avons pas besoin d'y insister ici en dtail4 ,avant tout1 l'emploi de la vapeur et de l'lectricit ont imprim notre sicle le sceau caractristique du machinisme4 ,mais les progrs colossaux de la chimie1 organique et inorganique1 ne sont pas moins prcieux4 ,toutes les branches de notre civilisation moderne3 la mdecine et la technologie1 l'industrie et l'agriculture1 l'exploitation des mines et des forts1 le transport par terre et par mer ont reu1 grce ces progrs1 une telle impulsion au cours du ,x,i,xe sicle1 surtout de sa seconde moiti1 que nos grands-pres du ,x,v,i,i,ie sicle ne se reconnatraient plus et seraient dpayss dans notre civilisation4 ,mais un progrs plus prcieux encore et d'une plus haute porte1 c'est l'extension inoue qu'a prise notre connaissance thorique de la nature et dont nous sommes redevables la loi de substance4 ,aprs que ,,lavoisier 7#aghi7 et pos la loi de la conservation de la matire et que ,,dalton 7#ahjh71 grce cette loi1 et renouvel la thorie atomique1 la chimie moderne trouva grande ouverte la voie dans laquelle elle prit1 par une course rapide et victorieuse1 une importance insouponne jusqu'alors4 ,on en peut dire autant de la physique1 au sujet de la loi de la conservation de l'nergie4 ,la dcouverte de cette loi par ,r4 ,,mayer 7#ahdb7 et ,h4 ,,helmholz 7#ahdg71 marque galement pour cette science une nouvelle priode de fcond dveloppement4 ,car c'est seulement partir de cette date que la physique a t en tat de saisir l'unit universelle des forces de la nature et le jeu ternel des processus innombrables par lesquels1 chaque instant1 une force peut se transformer en une autre4 ,,iv4 ,progrs de la biologie4--,les grandioses dcouvertes1 si importantes pour toute notre conception de l',univers1 qu'ont faites en notre ,x,i,xe sicle l'astronomie et la gologie1 sont encore bien surpasses par celles de la biologie2 nous pouvons mme dire que1 pour toutes les nombreuses branches dans lesquelles cette vaste science de la vie organique a pris en ces derniers temps une telle extension1 la plus grande partie des progrs n'ont t accomplis qu'au ,x,i,xe sicle4 ,ainsi que nous l'avons vu au commencement de cet ouvrage1 toutes les parties diffrentes de l'anatomie et de la physiologie1 de la botanique et de la zoologie1 de l'ontognie et de la phylognie1 se sont tellement enrichies1 grce aux innombrables dcouvertes et inventions de notre sicle1 que l'tat actuel de nos connaissances biologiques est multiple de ce qu'il tait il y a cent ans4 ,cela est vrai1 d'abord1 quantitativement1 de la croissance colossale de notre connaissance positive1 dans toutes les sciences et dans toutes leurs subdivisions4 ,mais cela est vrai aussi1 et plus encore1 qualitativement1 de la comprhension plus approfondie des phnomnes biologiques1 de la connaissance de leurs causes efficientes4 ,c'est l que ,,ch4 ,,darwin s'est conquis1 avant tout autre1 les palmes de la gloire 7#ahei72 il a rsolu1 par la thorie de la slection1 la grande nigme de la cration organique1 de l'origine naturelle des nombreuses formes de vie1 par une transformation graduelle4 ,cinquante ans auparavant1 il est vrai 7#ahji71 le grand ,,lamarck avait dj reconnu que le moyen de cette transformation tait l'influence rciproque de l'hrdit et de l'adaptation1 mais il lui manquait encore le principe de la slection et il lui manquait surtout une connaissance plus approfondie de l'essence vritable de l'organisation1 ce qui n'a t acquis que plus tard1 lorsque furent fondes l'embryologie et la thorie cellulaire4 ,en runissant les rsultats gnraux de ces disciplines et d'autres encore et aprs avoir trouv dans la phylognie des organismes la clef qui nous en fournissait une explication unitaire1 nous sommes parvenus fonder cette biologie moniste dont j'ai essay de poser les principes 7#ahff7 dans ma ,morphologie gnrale4 ,v4 ,progrs de l'anthropologie4--,au-dessus de toutes les autres sciences se place en un certain sens1 la vritable ,science de l'homme1 la vraie anthropologie rationnelle4 ,le mot du sage antique3 ,homme1 connais-toi toi-mme 7homo1 nosce te ipsum7 et cette autre parole clbre3 ,l'homme est la mesure de toutes choses1 ont t de tous temps reconnus et appliqus4 ,et pourtant cette science--prise en son acception la plus large--a langui plus longtemps que toutes les autres1 dans les chanes de la tradition et de la superstition4 ,nous avons vu1 au commencement de ce livre1 combien la connaissance de l'organisme humain s'tait dveloppe lentement et tardivement4 ,une de ses branches les plus importantes1 l'embryologie1 n'a t dfinitivement fonde qu'en #ahbh 7par ,,baer7 et une autre1 non moins importante1 la thorie cellulaire1 en #ahch seulement 7par ,,schwann74 ,et ce n'est que plus tard encore qu'a t rsolue la question des questions1 la colossale nigme de l'origine de l'homme4 ,bien que1 ds #ahji1 ,,lamarck ait montr l'unique route qui pouvait conduire rsoudre heureusement cette nigme et qu'il ait affirm que l'homme descend du singe1 ce n'est que cinquante ans plus tard que ,,darwin russit dmontrer cette affirmation1 et ce n'est qu'en #ahfc qu',,huxley1 dans ses ,preuves de la place de l' homme dans la ,nature1 en rassembla les dmonstrations les plus convaincantes4 ,j'ai moi-mme1 alors1 dans mon ,anthropognie 7#ahgd71 essay pour la premire fois de retracer1 dans son enchanement historique1 toute la srie d'anctres par lesquels1 au cours de millions d'annes1 notre race a lentement volu du rgne animal4 ,considrations finales ,le nombre des nigmes de l',univers1 grce aux progrs que nous venons de retracer et qui se sont accomplis de la connaissance de la nature au cours du ,x,i,xe sicle1--s'est considrablement rduit2 il se ramne finalement une seule nigme universelle1 embrassant tout1 au problme de la substance4 ,qu'est donc proprement1 au plus profond de son essence1 cette toute puissante merveille de l',univers que le naturaliste raliste glorifie sous le nom de ,nature ou d',univers1 le philosophe idaliste en tant que substance ou cosmos1 et le dvot croyant comme crateur ou ,dieu8 ,pouvons-nous affirmer aujourd'hui que les merveilleux progrs de notre cosmologie moderne aient rsolu cette ,enigme de la substance1 ou mme simplement1 qu'ils nous aient rapprochs beaucoup de cette solution8 ,la rponse cette question finale diffrera naturellement beaucoup d'aprs le point de vue du philosophe qui la posera et d'aprs les connaissances empiriques qu'il possdera du monde rel4 ,nous accordons tout de suite que1 quant l'essence intime de la nature1 elle nous est aussi trangre1 nous demeure aussi incomprhensible qu'elle pouvait l'tre ,anaximandre ou ,empdocle1 il y a deux mille quatre cents ans1 ,spinoza ou ,newton il y a deux cents ans1 ,kant ou ,goethe il y a cent ans4 ,bien plus1 nous devons mme avouer que cette essence propre de la substance nous apparat de plus en plus merveilleuse et nigmatique mesure que nous pntrons plus avant dans la connaissance de ses attributs1 la matire et l'nergie1 mesure que nous apprenons connatre ses innombrables phnomnes et leur volution4 ,quelle est la chose en soi qui est cache derrire ces phnomnes connaissables1 nous ne le savons pas encore aujourd'hui4 ,mais que nous importe cette mystique chose en soi puisque nous n'avons aucun moyen de la connatre1 puisque nous ne savons pas mme au juste si elle existe8 ,laissons donc les striles mditations sur ce fantme idal aux purs mtaphysiciens et rjouissons-nous1 au contraire1 en purs physiciens1 des progrs rels et gigantesques que notre philosophie naturelle moniste a accomplis4 ,ici1 tous les autres progrs et dcouvertes de notre grand sicle sont clipss par la grandiose et universelle loi de substance1 la loi fondamentale de la conservation de la force et de la matire4 ,le fait que la substance est partout soumise un ternel mouvement et une continuelle transformation1 imprime en outre la mme loi le caractre de loi d'volution universelle4 ,cette loi suprme de la nature tant pose et toutes les autres lui tant subordonnes1 nous nous sommes convaincus de l'universelle ,unit de la nature et de l'ternelle valeur des lois naturelles4 ,de l'obscur problme de la substance est issue la claire loi de substance4 ,le ,monisme du ,cosmos1 que nous avons tabli sur cette base1 nous enseigne la porte universelle1 dans l'univers entier1 des grandes lois d'airain ternelles4 ,mais du mme coup ce monisme dmolit les trois grands dogmes centraux de la philosophie dualiste admise jusqu' ce jour3 le dieu personnel1 l'immortalit de l'me et le libre arbitre4 ,beaucoup d'entre nous assistent sans doute avec un vif regret1 peut-mme avec une profonde douleur1 la chute de ces dieux1 qui furent les biens spirituels suprmes de nos chers parents et anctres4 ,consolons-nous1 cependant1 avec les paroles du pote3 ,l'ancien succombe1 les temps se modifient ,et sur les ruines fleurit une vie nouvelle6 ,l'ancienne conception du ,dualisme idaliste1 avec ses dogmes mystiques et anthropistiques1 tombe en ruines2 mais au-dessus de cet immense champ de dcombres se lve1 auguste et splendide1 le nouveau soleil de notre ,monisme raliste1 qui nous ouvre tout grand le temple merveilleux de la nature4 ,dans le culte pur du vrai1 du beau1 du bien1 qui forme le centre de notre nouvelle religion moniste1 nous trouverons une riche compensation au triple idal anthropistique de ,dieu1 libert et immortalit que nous avons perdu4 ,dans les tudes qu'on vient de lire sur les nigmes de l'univers1 j'ai fait nettement ressortir mon point de vue moniste avec ses consquences et j'ai clairement soulign l'opposition qu'il prsente par rapport la conception dualiste1 encore aujourd'hui rgnante4 ,je m'appuie d'ailleurs sur l'adhsion de presque tous les naturalistes modernes1 ceux du moins qui ont le dsir et le courage de professer une conviction philosophique acheve et formant un tout4 ,je ne voudrais cependant pas prendre cong de mes lecteurs sans leur faire remarquer1 en signe de rconciliation1 que ce contraste brutal s'attnue jusqu' un certain degr1 quand on rflchit avec clart et logique1--que mme il peut se rsoudre en une heureuse harmonie4 ,une pense parfaitement consquente avec elle-mme1 l'application uniforme des grands principes l'ensemble tout entier du ,cosmos1-- la nature organique aussi bien qu' l'inorganique--rapprocheront l'un de l'autre les deux antipodes du thisme et du panthisme1 du vitalisme et du mcanisme1 jusqu' les faire se toucher4 ,mais il est vrai qu'une pense consquente avec elle-mme demeure un rare phnomne4 ,la grande majorit des philosophes souhaiteraient pouvoir saisir de la main droite la science pure1 fonde sur l'exprience1 mais en mme temps ne peuvent pas se passer de la foi mystique fonde sur la rvlation et qu'ils retiennent de la main gauche4 ,ce dualisme contradictoire trouve son illustration caractristique dans le conflit entre la raison pure et la raison pratique1 tel que nous le constatons dans la philosophie critique du plus minent penseur moderne1 du grand ,,kant4 ,mais le nombre des penseurs qui ont su triomph de ce dualisme pour se tourner vers le pur monisme a toujours t restreint4 ,cela est aussi vrai des idalistes et des thistes consquents avec eux-mmes1 que des ralistes et des panthistes l'esprit logique4 ,la conciliation des contraires apparents et par suite le progrs vers la solution de l'nigme fondamentale1 se rapprochent cependant de nous chaque anne1 grce l'extension continue de notre connaissance de la nature4 ,aussi nous est-il permis d'esprer que le ,x,xe sicle1 qui va s'ouvrir1 conciliera sans cesse davantage les contraires et par l'extension du pur monisme1 propagera sans cesse davantage la dsirable unification de notre conception de l'univers4 ,notre plus grand pote et penseur1 dont nous clbrerons sous peu le cent cinquantime anniversaire1 ,w4 ,,goethe1 a donn au dbut du ,x,i,xe sicle1 de cette philosophie unitaire1 la plus potique expression1 dans ses immortels pomes3 ,faust1 ,promthe4 ,dieu et le monde6 ,d'aprs d'immortelles1 de grandes ,lois d'airain ,nous devons tous ,accomplir le cercle ,de notre existence4 ,,remarques ,,et ,,claircissements #a4 ,perspective cosmologique 7p4 #ad74--,la faible latitude que nous permet notre facult d'imagination dans l'apprciation des grandes dimensions dans le temps et dans l'espace est non seulement une grande source d'illusions anthropomorphiques1 mais encore un empchement puissant la pure conception moniste de l'univers4 ,pour concevoir l'extension infinie de l'espace1 il faut considrer d'une part1 que les plus petits organismes visibles 7bactries7 sont gigantesques en comparaison des atomes et des molcules invisibles qui demeurent bien loin du domaine de la visibilit1 mme si l'on emploie les microscopes les plus puissants4 ,il faut1 d'autre part1 considrer les dimensions infinies du monde1 dans lequel notre systme solaire n'a que la valeur d'une toile fixe et o notre terre ne reprsente qu'une chtive plante du prestigieux soleil4 ,de mme1 nous ne concevrons l'extension infinie du temps qu'en nous souvenant d'une part des mouvements physiques et physiologiques qui se terminent en une seconde1 et1 d'autre part1 l'norme dure des espaces de temps que suppose le dveloppement de l'univers4 ,mme la dure relativement courte de la gologie organique 7pendant laquelle s'est dveloppe la vie organique sur notre globe7 comprend d'aprs les nouveaux calculs1 beaucoup plus de cent millions d'annes1 c'est--dire1 plus de #ajj4jjj milliers d'annes6 ,sans doute1 les faits gologiques et palontologiques1 sur lesquels ces calculs se fondent1 ne fournissent que des donnes numriques trs incertaines et trs variables1 tandis que la plupart des autorits comptentes admettent actuellement comme moyenne vraisemblable #ajj #bjj millions d'annes pour la dure de la gologie organique1 celle-ci1 d'aprs d'autres apprciations ne s'tendrait qu' #be ou #ej millions2 d'aprs une valuation gologique exacte de ces derniers temps1 elle comprendrait au moins quatorze cent millions d'annes 7,cf4 mon discours de ,cambridge sur l',origine de l'homme1 #ahih1 p4 #ea47 ,mais si nous sommes tout fait hors d'tat de dterminer d'une faon peu prs sre la dure absolue des priodes phylognitiques1 nous possdons1 par contre1 fort bien les moyens d'valuer approximativement leur dure relative4 ,si nous prenons pour chiffre minimum cent millions d'annes1 elles se rpartiront peu prs de la faon suivante dans les cinq priodes principales de la gologie organique3 ,i4 ,priode archozoque 7poque primordiale71 du dbut de la vie organique la fin de la formation cambrienne 7priode des ,invertbrs7 #eb millions4 ,,ii4 ,priode palozoque 7poque primaire71 du dbut de la formation silurienne jusqu' la fin de la formation permienne 7priode des poissons7 #cd millions4 ,,iii4 ,priode msozoque 7poque secondaire71 du dbut de la priode du trias jusqu' la fin de la priode crtace 7priode des reptiles7 #aa millions4 ,,iv4 ,priode cnozoque 7poque tertiaire71 du dbut de la priode ocne la fin de la priode pliocne1 7priode des mammifres7 #c millions4 ,v4 ,priode anthropozoque 7poque quaternaire71 du dbut de l'poque diluvienne 7 laquelle se rapporte vraisemblablement le langage humain7 jusqu' l'poque actuelle1 priode de l'homme1 au moins #ajj4jjj ans #j1a million4 ,pour rendre plus accessible au pouvoir de comprhension de l'homme l'norme dure de ces priodes phylogntiques1 pour faire sentir en particulier la brivet relative de ce qu'on appelle l'histoire universelle 7c'est--dire l'histoire des nations civilises671 un de mes lves1 ,heinrich ,schmidt 7de ,ina7 a rcemment rduit le minimum admis de cent millions d'annes un jour par une rduction chronomtrique4 ,dans cette chelle de rduction1 les #bd heures du jour de la cration se rpartissent de la faon suivante dans les cinq priodes phylogntiques1 cites plus haut3 ,i4 ,priode archozoque4 7#eb millions d'annes7 #ab h4 #cj' 7de minuit midi et demi47 ,,ii4 ,priode palozoque 7#cd millions d'annes7 #h h4 #je' 7de midi et demi #h h4 et demie du soir47 ,,iii4 ,priode msozoque 7#aa millions d'annes7 #b h4 #ch' 7de #h h4 et demie #aa h4 et quart47 ,,iv4 ,priode cnozoque 7#c millions d'annes7 #dc' 7de #aa h4 et quart minuit moins deux minutes47 ,v4 ,priode anthropozoque 7#j1a-j1b de million d'annes7 #jb'4 ,,vi4 ,priode de civilisation 7histoire universelle7 #je 7#f4jjj ans47 ,si l'on se contente donc d'admettre le minimum de #ajj millions d'annes 7et non le maximum de #a1djj7 pour la dure du dveloppement organique sur notre globe et qu'on la rduise #bd heures1 ce que l'on appelle l'histoire universelle ne compte que cinq secondes4 7,prometheus ,xe anne4 #ahii1 no #bd #dib1 p4 #cha47 #b4 ,essence de la maladie4--,la pathologie est devenue une vritable science au cours de notre ,x,i,xe sicle1 depuis que l'on a appliqu les doctrines fondamentales de la physiologie 7et surtout de la thorie cellulaire7 l'organisme humain soit en tat de sant1 soit en tat de maladie4 ,depuis cette poque la maladie n'est plus une essence spciale1 c'est une vie dans des conditions anormales1 nuisibles et dangereuses4 ,depuis cette poque galement tout mdecin instruit ne cherche plus les causes de la maladie dans les influences mystiques d'ordre surnaturel1 mais dans les conditions physiques et chimiques du monde extrieur1 et dans leurs rapports avec l'organisme4 ,les petites bactries jouent l un grand rle4 ,cependant1 maintenant encore1 dans des sphres tendues 7mme chez les gens instruits7 se maintient cette conception ancienne1 superstitieuse1 que les maladies sont appeles par de mauvais esprits ou sont les punitions infliges aux hommes par ,dieu pour leurs pchs4 ,cette opinion tait encore reprsente par exemple1 au milieu du sicle1 par un pathologue distingu1 le conseiller priv ,,ringseis1 ,munich4 #c4 ,impuissance de la psychologie introspective4--,pour se persuader que la thorie mtaphysique et traditionnelle de l'me est compltement en tat de rsoudre les grands problmes de cette science par l'activit propre de la pense1 il suffit de jeter un coup d'oeil sur les manuels les plus usits de la psychologie moderne qui servent de guide dans la plupart des cours des facults4 ,on n'y fait aucune mention de la structure anatomique des organes de l'me1 ni des rapports physiologiques de leurs fonctions1 ni de l'ontognie ni de la phylognie de la psych4 ,au lieu de le faire1 ces purs psychologues se livrent des fantaisies sur l'essence de l'me qui est immatrielle1 dont personne ne sait rien et attribuent ce fantme immortel toutes les merveilles possibles4 ,en outre1 ils injurient violemment ces mchants naturalistes matrialistes qui se permettent1 au moyen de l'exprience1 de l'observation1 de l'exprimentation1 de dmontrer le nant de leurs chimres mtaphysiques4 ,un exemple plaisant de ces invectives communes nous a t fourni rcemment par le ,dr ,a4 ,,wagner dans son ouvrage ,grundprobleme der ,naturwissenschaft1 ,briefe eines unmodernen ,naturforschers1 ,berlin #ahhg4 ,le chef rcemment dcd du matrialisme moderne1 le professeur ,l4 ,,buchner qui se trouvait trs violemment attaqu lui a rpondu comme il convenait 7,berliner ,gegenwart1 #ahig1 #dj1 p4 #bah1 et ,munchener ,algemeine ,zeitung1 supplment #bj mars #ahii no #eh4--,un ami intellectuel du ,dr ,a4 ,,wagner1 ,m4 le ,dr ,a4 ,,brodbeck1 de ,hanovre1 m'a fait dernirement l'honneur de diriger contre mon ,monisme une attaque semblable bien que plus convenable4 ,kraft und ,geist ,eine ,streitschrift gegen den unhaltbaren ,schein-,monismus ,professor ,hckel's und ,genossen4 ,leipzig1 ,strauch #ahii74 ,m4 ,,brodbeck termine sa prface par cette phrase3 ,je suis curieux de savoir ce que les matrialistes pourront me rpondre4--,la rponse est trs simple3 ,etudiez assidment pendant cinq ans les sciences naturelles1 et surtout l'anthropologie 7spcialement l'anatomie et la physiologie du cerveau67 et vous acquerrez1 ainsi1 les connaissances empiriques prliminaires indispensables des faits fondamentaux1 connaissances qui vous font encore compltement dfaut4 #d4 ,l',ide nationale4--,comme cette soi-disant ide nationale d',,adolphe ,,bastian a t souvent admire et clbre non seulement en ethnographie1 mais encore en psychologie1 et que mme son inventeur la considre comme le fruit thorique le plus important de son infatigable application1 il nous fait observer que dans aucun des nombreux et importants ouvrages de ,,bastian on ne peut trouver une dfinition claire de ce fantme mystique4 ,il est dplorable que ce voyageur et collectionneur minent ne comprenne rien la thorie moderne de l'volution4 ,les nombreuses attaques qu'il a diriges contre le darwinisme et le transformisme sont les produits les plus tranges et en partie les plus amusants de toute l'abondante littrature qui s'occupe de ce sujet4 #e4 ,novitalisme4--,bien que le darwinisme ait port un coup fatal la doctrine mystique d'une force vitale surnaturelle et en ait heureusement triomph1 il y a vingt ans dj1 cette thorie vient de reparatre et a mme1 dans ces dix dernires annes1 rencontr de nombreux adhrents4 ,le physiologue ,,bunge1 le pathologue ,,rindfleisch1 le botaniste ,,reinke et d'autres1 ont dfendu avec grand succs cette foi en la force vitale immatrielle et intellectuelle qui vient de renatre4 ,quelques-uns de mes anciens lves ont montr le plus grand zle4 ,ces naturalistes trs modernes ont acquis la conviction que la doctrine de l'volution et surtout le darwinisme constituent une thorie errone1 sans consistance et que l'histoire n'est aucunement une science4 ,l'un d'entre eux a mme port ce diagnostic que tous les darwinistes sont atteints de ramollissement crbral4 ,mais comme malgr le novitalisme1 la grande majorit des naturalistes modernes 7plus des neuf diximes7 voit dans la doctrine de l'volution le plus grand progrs qu'ait accompli la biologie dans notre sicle1 il nous faut expliquer ce fait regrettable par une effroyable pidmie crbrale4 ,toutes ces communications venant de spcialistes l'esprit confus et troit ont tout aussi peu d'effet sur notre doctrine de l'volution et sur l'histoire des sciences que les excommunications du pape 7p4 #def74 ,le novitalisme apparat dans toute son insuffisance et dans toute son inconsistance quand on l'oppose dans tout le monde organique aux faits fournis par l'histoire4 ,ces faits historiques de l'histoire de l'volution entendus au sens le plus large1 les fondements de la gologie1 de la palontologie1 de l'ontognie1 etc41 ne sont explicables dans leur liaison naturelle que grce notre doctrine moniste de l'volution1 qui ne s'accorde ni avec l'ancien1 ni avec le nouveau vitalisme4 ,cette dernire thorie prend de l'extension2 cela s'explique en partie par un fait regrettable1 par la raction gnrale dans la vie politique et individuelle qui distingue trs dsavantageusement la dernire dcade du ,x,i,xe sicle de celle du ,x,v,i,i,ie4 ,en ,allemagne1 en particulier1 ce que l'on a appel l're nouvelle 7neue ,kurs7 a fait natre un byzantinisme dprimant qui s'exerce non seulement dans la vie politique et religieuse1 mais encore dans l'art et dans la science4 ,cependant cette raction moderne ne constitue en somme qu'un pisode passager4 #f4 ,plasmodomes et plasmophages4--,la division des protistes ou tres vivants unicellulaires dans les deux groupes des plasmodomes et des plasmophages1 est la seule classification qui permette de les faire rentrer dans les deux grands rgnes de la nature organique1 le rgne animal et le rgne vgtal4 ,les plasmodomes 7dont font partie ce que l'on appelle les algues unicellulaires7 possdent l'change de matire caractristique des plantes proprement dites4 ,le plasma1 crateur de leur corps cellulaire1 jouit de la proprit chimico-physiologique de pouvoir former du nouveau plasma vivant par synthse et rduction 7assimilation de carbone7 de combinaisons anorganiques 7eau1 acide carbonique1 ammoniaque1 acide nitrique74 ,les plasmophages1 par contre 7infusoires et rhizopodes71 possdent l'change de matire des animaux proprement dits4 ,le plasma analytique de leur corps cellulaire ne possde pas cette proprit synthtique4 ,il faut que leur plasma emprunte sa nourriture ncessaire directement ou indirectement au rgne vgtal4 ,a l'origine 7au commencement de la vie organique sur la terre71 c'est d'abord par archigonie que sont ns les vgtaux primitifs plasmodomes 7phytomonres1 probiontes1 chromaces72 c'est de ces derniers que sont provenus par mtasitisme les animalcules plasmophages 7zoomonres1 bactries1 amibes74 ,j'ai expliqu le phnomne important de ce mtasitisme dans la dernire dition de mon ,histoire de la cration naturelle 7#ahih1 p4 #dbf-dci74 ,j'en ai fait une discussion complte dans le premier tome de ma ,phylognie systmatique 7#ahid1 p4 #dd-ee74 #g4 ,stades d'volution de l'me cellulaire4--,j'ai distingu quatre stades principaux dans la psychognie des protistes3 #a l'me cellulaire des archephytes2 #b des archezoaires2 #c des rhizopodes2 #d des infusoires4 ,i4 ,a4 ,ame cellulaire des archephytes ou phytomonres1 des plantes les plus simples ou protophytes4 ,de ces formes les plus primitives de la vie organique1 nous connaissons exactement la classe des chromaces ou cyanophyces1 avec les trois familles des chroocoques1 des oscillaires et des nostocaces 7,phylognie systmatique1 ,i1 #hj74 ,le corps1 dans le cas le plus simple 7procytelle1 chroocoque1 gleothque et autres coccochromales7 un petit noyau de plasma globuleux1 vert bleu ou vert brun1 sans noyau cellulaire1 sans structure reconnaissable semblable un grain de chlorophylle des cellules des plantes suprieures4 ,sa substance homogne est sensible la lumire et forme du plasma par une synthse d'eau1 d'acide carbonique et d'ammoniaque4 ,les mouvements molculaires internes qui permettent cet change de matire vgtale1 ne sont pas visibles extrieurement4 ,la reproduction se fait de la faon la plus simple1 par division4 ,chez beaucoup de chromaces ces produits de division se rangent en un certain ordre2 ils forment souvent des chanes1 et chez les oscillaires1 ils excutent des mouvements particuliers d'oscillation dont la raison et la signification sont inconnues4 ,ces chromaces sont particulirement importantes au point de vue de la psychognie phyltique parce que les plus anciennes d'entre elles 7probiontes7 sont nes par archigonie de combinaisons anorganiques4 ,c'est avec la vie organique que l'activit psychologique la plus simple a pris naissance l'origine 7,phylognie systmatique1 ,i1 #ca-cd1 #gh-hj74 ,la vie consistait uniquement en un change de matires vgtales et en une multiplication par division 7consquence de l'accroissement74 ,l'activit psychologique se bornait la sensibilit la lumire et un change chimique1 comme cela se passe dans les plaques photographiques sensibles4 ,i4 ,b4 ,ame cellulaire des archozoaires ou zoomonres1 les plus simples des animaux primitifs ou protozoaires4 ,le corpuscule est comme chez les archephytes un grain de plasma homogne1 sans structure et sans noyau2 mais l'change de matires est oppos4 ,comme le grain de plasma a perdu la qualit plasmodomique de la synthse1 il lui faut emprunter sa nourriture d'autres organismes4 ,il dcompose le plasma par analyse1 par oxydation d'albuminate et d'hydrates de carbone4 ,a l'origine ces zoomonres sont provenues de phytomonres plasmodomes par mtasitisme1 par une modification dans l'change des matires#fh4 ,nous connaissons deux classes de ces archeozoaires1 les bactries et les rhizomonres4 ,les petites bactries 7ranges la plupart du temps parmi les champignons et dsignes sous le nom de schizomyctes7 sont des cellules sans noyau1 et conservent une forme constante globuleuse chez les sphrobactries 7micrococcus1 streptococcus71 en btonnets chez les rhabdobactries 7bacillus1 eubactrium71 en spirale chez les spirobactries 7spirillum1 vibrio74 ,on sait que depuis peu ces bactries prsentent un remarquable intrt parce que1 malgr leur structure trs simple1 elles causent les modifications les plus importantes dans d'autres organismes4 ,les bactries zymognes occasionnent la fermentation1 la putrfaction1 les bactries pathognes sont les causes des maladies infectieuses les plus redoutables 7tuberculose1 typhus1 cholra1 lpre72 les bactries parasitaires vivent dans les tissus de beaucoup de plantes et d'animaux sans leur causer ni beaucoup de bien1 ni beaucoup de mal2 les bactries symbiotiques favorisent trs utilement la nutrition et l'accroissement des plantes 7essences forestires7 et des animaux chez qui elles vivent en bons mutualistes4 ,ces petits archeozoaires tmoignent d'un grand degr de sensibilit2 ils distinguent des diffrences physiques et chimiques dlicates2 beaucoup jouissent de la facult de se dplacer momentanment 7grce des cils vibratiles74 ,le puissant intrt psychologique que prsentent les bactries consiste en ce que ces diffrentes fonctions de sensibilit et de mouvement apparaissent sous la forme la plus simple comme des processus physiques et chimiques accomplis par la substance homogne du corpuscule plasmique qui n'a ni noyau ni structure4 ,l'me du plasma manifeste ici le point d'origine le plus ancien de la vie psychologique animale4 ,la mme observation s'applique aux rhizomonres les plus anciennes 7protomonas1 protomyxa1 ,vampyrella1 etc472 elles se distinguent des petites bactries par la mobilit de leur forme1 elles possdent des appendices en forme de lambeaux 7protomoeba7 ou de fils 7protomyxa74 ,ces pseudopodes sont employs diffrentes fonctions animales1 comme organes du tact1 de mobilit1 de nutrition1 et cependant ils ne constituent pas des organes constants1 mais des appendices variables de la masse homogne et demi-liquide du corpuscule qui peuvent natre et disparatre tout point de la surface comme chez les rhizopodes proprement dits4 #fh ,phylognie systmatique1 t4 ,i1 #ahid1 #cg1 #ch1 #aja1 #ajh4 ,i4 ,c4 ,ame cellulaire des rhizopodes4 ,la grande classe des rhizopodes prsente plusieurs points de vue un grand intrt pour la psychognie phyltique4 ,dans ce groupe de protozoaires formes trs varies1 nous connaissons plusieurs milliers d'espces 7vivant pour la plupart dans la mer7 et nous les distinguons principalement par la forme caractristique du squelette que le corpuscule unicellulaire scrte dans un but de protection ou de soutien4 ,ce cythecium tant chez les talamophores coquille calcaire que chez les radiolaires coquille siliceuse est d'une forme trs varie1 en gnral trs lgante et trs rgulire4 ,dans beaucoup des formes les plus grandes1 7nummulites1 phodaires7 se montre une disposition tonnamment complique2 elle se transmet dans les espces isoles avec une constance relative aussi grande que la forme spcifique typique chez les animaux suprieurs4 ,et nous savons cependant que ces tonnantes merveilles de la nature sont les produits de scrtion d'un plasma amorphe1 liquide et consistant qui projette les mmes pseudopodes variables que les rhizomonres dont nous avons parl4 ,pour expliquer ce phnomne1 il nous faut attribuer au plasma sans structure des rhizopodes unicellulaires un sentiment plastique de la distance qui leur est particulier ainsi qu'un sentiment de l'quilibre hydrostatique#fi4 #fi ,,ernst ,,haeckel1 ,monographie des radiolaires1 ,ire part4 7#ahfb71 p4 #abg-ace4 ,i,ie part4 7#ahhg7 p4 #aac-abb4 ,nous voyons de plus que la mme substance homogne est sensible aux excitations lumineuses1 caloriques1 lectriques1 la pression et aux ractifs chimiques4 ,de mme l'observation microscopique la plus scrupuleuse nous convainc que cette masse albumineuse1 muqueuse1 liquide1 ne possde pas de structure anatomique apprciable1 bien que nous devions admettre l'hypothse d'une structure molculaire trs dveloppe1 invisible pour nous et hrditaire4 ,nous voyons que le nombre et la forme des mailles du rseau muqueux que forment en s'unissant les milliers de pseudopodes rayonnant dans leurs rencontres fortuites changent constamment et quand nous les excitons violemment ils rentrent tous dans le plasma commun des corpuscules globuleux4 ,nous observons le mme fait sur une grande chelle chez les mycelozoaires ou mycomyctes1 par exemple chez l'aethalium septicum qui recouvre d'un mucus jaune gigantesque les couches de tan4 ,en une plus faible mesure et sous une forme plus simple1 nous observons la mme me des rhizopodes chez les amibes ordinaires4 ,ces cellules nues projetant des lambeaux sont particulirement intressantes par ce fait que leur constitution primitive se retrouve partout dans les tissus d'animaux unicellulaires plus levs4 ,le jeune oeuf dont l'homme provient1 les millions de leucocytes ou globules blancs qui circulent dans notre sang1 beaucoup de cellules muqueuses1 etc41 sont amibodes4 ,quand ces cellules voyagent 7planocytes7 ou mangent 7phagocytes71 elles manifestent les mmes phnomnes vitaux propres aux animaux1 les mmes faits de mouvement et de sensibilit que les amibes isoles4 ,tout dernirement ,,rhumbler a montr1 dans une excellente tude1 que beaucoup de ces mouvements amibodes donnent l'impression d'une activit psychique1 mais peuvent tre crs exprimentalement et dans la mme forme dans des corps inorganiques4 ,i4 ,d4 ,ame cellulaire des infusoires4 ,c'est chez les infusoires proprement dits1 tant chez les flagells que chez les cilis et chez les acinetes que l'activit psychique animale des organismes unicellulaires atteint son degr le plus lev4 ,ces animalcules dlicats dont le corps tendre revt ordinairement une forme trs simple1 arrondie et allonge1 se meuvent d'une faon particulirement vive dans l'eau1 nageant1 courant1 grimpant4 ,ils utilisent1 comme organes moteurs1 les fins petits poils qui sortent de la pellicule4 ,des organes moteurs d'une autre espce sont constitus par les fibres musculaires contractiles 7myophnes7 qui se trouvent sous la pellicule et modifient la forme du corps d'aprs leur combinaison4 ,ces myophnes se dveloppent sur des points isols du corpuscule pour former les organes moteurs spciaux4 ,les vorticelles se caractrisent par un muscle ptiol contractile et beaucoup d'hypotriques1 par un muscle obturateur de l'orifice cellulaire4 ,des organes de sensibilit spciaux se sont galement dvelopps chez eux4 ,en particulier certains cils phosphorescents se sont transforms en organes olfactifs et gustatifs4 ,chez les infusoires qui se reproduisent par la copulation de deux cellules1 il faut admettre une sensibilit chimique semblable l'odorat des animaux plus levs4 ,et si les deux cellules qui copulent prsentent dj une diffrenciation sexuelle1 ce chmotropisme prend un caractre rotique4 ,on peut alors distinguer dans la cellule la plus grande1 la cellule femelle une tache de conception et dans la cellule la plus petite un cne de fcondation4 #h4 ,formes principales des cnobies4--,les nombreuses formes d'unions cellulaires qui sont trs importantes puisqu'elles forment le passage entre les protozoaires et les mtazoaires n'ont pas jusqu' prsent t suffisamment apprcies4 ,beaucoup de chromaces1 de paulotomies1 de diatomes1 de desmidiaces1 de mastigotes et de melethaelies constituent des cnobies de protophytes4 ,des cnobies de protozoaires se rencontrent dans plusieurs groupes de rhizopodes 7polycyttaria7 et d'infusoires 7chez les flagells et chez les cilis1 cf4 ,phylognie systmatique1 l41 p4 #eh74 ,toutes ces cnobies proviennent d'une division rpte 7la division a lieu1 dans la plupart des cas1 le bourgeonnement est plus rare7 d'une cellule-mre simple4 ,d'aprs la forme particulire de cette division et en suivant la disposition spciale des gnrations cellulaires sociales qui en sont provenues1 on peut distinguer quatre formes principales de cnobies3 #a ,cnobies grgales1 masses glatineuses de forme globuleuse1 cylindrique1 plate1 d'un volume indtermin1 dans lesquelles de nombreuses cellules de mme espce 7la plupart du temps sans ordre fixe7 sont rparties 7la masse glatineuse1 dpourvue de structure qui les runit est scrte par les cellules mmes74 ,la morula appartient ce groupe2 #b ,cnobies sphrales1 globules glatineux la surface desquels les cellules sociales sont disposes les unes ct des autres en une simple range4 ,les colonies globuleuses des volvocines et des halosphres1 des catallactes et des polycyttaires4 ,cette forme est particulirement intressante parce que sa disposition rappelle la blastula des mtazoaires4 ,comme dans le blastoderme de ces derniers1 souvent les nombreuses cellules des cnobies sphrales se trouvent serres les unes contre les autres et constituent un pithlium trs simple 7forme la plus ancienne du tissu74 ,il en est ainsi chez les magosphres et les halosphres4 ,dans d'autres cas1 par contre1 les cellules sociales sont spares par des intervalles et ne sont rattaches entre elles que par des ponts de plasma comme si elles se donnaient la main4 ,c'est ce que l'on rencontre chez les volvocines et les phylocyttaires 7sphrozoaires1 collosphres1 etc472 #c ,cnobies arborales4 ,tout le btonnet cellulaire est ramifi et ressemble une tige de fleurs4 ,comme le fond1 les fleurs et les feuilles1 dans ce dernier cas1 les cellules sociales se trouvent sur les branches d'un tronc glatineux ramifi1 ou bien encore dans leur multiplication elles se disposent de telle faon que toute la colonie ressemble un arbrisseau1 un polypier4 ,il en est ainsi chez beaucoup de diatomes et de mastigotes1 de flagells et de rhizopodes4 #d ,cnobies catenales4 ,les cellules se divisant plusieurs reprises 7transversalement7 et les produits de cette division tant rangs les uns ct des autres1 il se produit des filets ou chanes de cellules4 ,parmi les protophytes1 elles sont trs rpandues chez les chromaces1 desmidiaces1 diatomes1 et parmi les protozoaires chez les bactries et les rhizopodes1 plus rarement chez les infusoires4 ,dans toutes ces diffrentes formes de cnobies interviennent deux degrs diffrents d'individualits ainsi que d'activit psychique3 #a l'me cellulaire de chaque cellule individuelle1 #b l'me cnobiale de toute la colonie cellulaire4 #i4 ,psychologie des cuidaires4--,l'hydre1 polype d'eau douce ordinaire possde un corps ovale d'une constitution trs simple1 de deux ranges de cellules1 ressemblant une gastrula qui se serait fixe4 ,autour de la bouche se trouve une couronne de tentacules4 ,les deux ranges de cellules qui constituent la paroi du corps 7et mme la paroi des tentacules7 sont les mmes que chez les prdcesseurs immdiats des polypes1 chez les gastrades4 ,une diffrence s'est pourtant tablie dans l'ectoderme1 la division du travail existe parmi les cellules4 ,entre les cellules ordinaires indiffrentes se trouvent des cellules urticantes1 des cellules sexuelles et des cellules neuromusculaires4 ,ces dernires sont particulirement intressantes4 ,du corps cellulaire part un long appendice en forme de filet qui se dirige vers l'intrieur1 il est contractile un haut degr et rend possibles les vives contractions du corps4 ,on le considre comme l'origine de la constitution musculaire1 aussi le nomme-t-on myophne ou myonme4 ,comme la partie extrieure des mmes cellules est sensible1 on les dsigne sous le nom de cellules neuromusculaires ou encore cellules musculaires pithliales4 ,comme les cellules voisines sont relies par de fins prolongements et qu'elles sont peut-tre unies en un plexus nerveux par les prolongements des cellules ganglionnaires parses1 toutes ces fibres musculaires peuvent se contracter en mme temps1 mais un organe nerveux central1 un ganglion vritable n'existe pas encore1 pas plus que n'existent d'organes des sens diffrencis4 ,les nombreuses formes des hydropolypes marins 7tubularies1 campanaries7 possdent la mme structure pithliale que l'hydre4 ,la plupart des espces portent des bourgeons et forment des pieds4 ,les nombreux individus qui composent ces pieds sont entre eux en relation directe4 ,une forte excitation venant atteindre une partie de le socit peut se transmettre tous ses membres et causer la contraction de beaucoup d'entre eux ou mme de tous4 ,de plus faibles excitations n'amnent de contraction que chez le seul individu atteint4 ,nous pouvons donc distinguer dj chez les polypiers une double me2 l'me personnelle du polype isol1 et l'me cormale et commune de tout le pied4 ,ame des mduses4--,les mduses qui sont fort prs des petits polypes fixes et nagent librement1 possdent une organisation bien suprieure surtout les grandes et belles discomduses4 ,leur corps tendre1 glatineux ressemble un parapluie ouvert1 s'appuyant sur #d ou #h rayons4 ,au manche du parapluie 7umbrella7 correspond le canal stomacal qui descend au milieu4 ,a son extrmit infrieure se trouve la bouche1 forme de #d lambeaux1 trs sensible et trs mobile4 ,a la surface infrieure de l'ombrelle se trouve une couche de muscles annulaires dont la contraction rgulire maintient plus solidement arque l'ombrelle et expulsent vers la partie infrieure l'eau de mer contenue dans les cavits4 ,sur le bord libre et circulaire de l'ombrelle sigent1 rpartis en gnral intervalles gaux1 #d ou #h organes sensoriels ainsi que de longs tentacules1 trs mobiles et trs sensibles4 ,les organes sensoriels 7sensilla7 sont tantt de simples yeux ou des ampoules auditives1 tantt des massues sensorielles composes 7rhopalia7 dont chacune contient un oeil1 une ampoule auditive et un organe gustatif4 ,le long du bord de l'ombrelle court un anneau nerveux qui met en communication les petits ganglions nerveux situs la base des tentacules4 ,ces derniers envoient des nerfs sensitifs aux organes des sens et des nerfs moteurs aux muscles4 ,a cette structure diffrencie de l'appareil psychique correspond chez les mduses une activit psychique vive et compltement dveloppe4 ,elles meuvent comme il leur plat les diffrentes parties de leur corps1 ragissent contre la lumire1 la chaleur1 l'lectricit1 les excitations chimiques comme les animaux suprieurs4 ,l'anneau nerveux du bord de l'ombrelle avec ses #d ou #h ganglions constitue un organe central et celui-ci permet qu'il y ait relation entre les diffrents organes sensibles et moteurs4 ,mais de plus chacune des #d ou #h parties radiales qui contient un ganglion a son me et peut indpendamment des autres manifester de la sensibilit et de la motilit4 ,l'me des mduses possde donc dj le vritable caractre de l'me nerveuse1 mais elle fournit en mme temps un trs intressant exemple du fait que cette me peut se diviser en plusieurs parties d'gale valeur4 ,mtagense de l'me4--,les petits polypes fixes et les grandes mduses qui nagent librement apparaissent tous les points de vue comme des animaux si diffrents qu'autrefois on en faisait universellement deux classes totalement distinctes4 ,le polype1 de structure simple1 n'a ni nerfs1 ni muscles1 ni organes sensoriels diffrencis2 son me est mise en action par la range de cellules de l'ectoderme4 ,la mduse1 de structure plus complique1 jouit de nerfs et de muscles indpendants1 de ganglions et d'organes sensoriels diffrencis4 ,son me nerveuse a besoin pour son activit de cet appareil complexe4 ,tandis que l'organe de nutrition des polypes se rduit la simple ouverture stomacale ou l'intestin primitif des anciens gastrades1 on trouve souvent sa place1 chez les mduses1 un systme de gastrocanal fort compliqu avec des poches ou canaux de nutrition1 bien ordonns en rayons et partant de l'estomac central4 ,dans sa paroi se dveloppent #d ou #h glandes sexuelles indpendantes ou gonades qui manquent encore aux polypes2 ici naissent de la faon la plus simple des cellules sexuelles isoles au milieu des cellules ordinaires et indiffrentes4 ,la diffrence dans la structure1 dans la vie psychique de ces deux classes d'animaux est donc trs importante1 bien plus grande que la diffrence correspondante qui existe entre un homme et un poisson1 ou entre une fourmi et un ver de terre4 ,grande fut donc la surprise des zoologues quand en #ahda1 l'minent naturaliste ,,saro 7d'abord pasteur protestant1 puis zoologue moniste7 fit la dcouverte que ces deux formes animales appartenaient une seule et mme sphre de gnration4 ,des oeufs fconds des mduses naissent de simples polypes et ces derniers produisent par la voie insexue du bourgeonnement de nouvelles mduses4 ,,steenstrup1 ,copenhague1 avait dj fait de semblables observations sur les vers intestinaux et il runit en #ahdb toutes les observations sous le terme de mtagense4 ,on dcouvrit plus tard que le mme phnomne remarquable est trs rpandu aussi bien chez des animaux infrieurs que chez des plantes 7mousses1 fougres74 ,ordinairement deux gnrations trs diffrentes alternent de telle faon que l'une est sexue1 produit oeuf et sperme1 tandis que l'autre reste insexue et se reproduit par bourgeonnement4 ,au point de vue de la psychologie phylogntique cette mtagense des polypes et des mduses prsente le plus vif intrt parce que les deux reprsentants d'une mme espce animale qui alternent rgulirement apparaissent comme si loigns1 non seulement dans leur structure1 mais encore dans leur activit psychique4 ,nous pouvons suivre ici par l'observation directe1 en une certaine mesure1 in statu nascendi1 la naissance de l'me nerveuse de forme suprieure d'une me de forme infrieure2 et ce qui est surtout important1 nous pouvons l'expliquer en montrant les causes qui se produisent4 ,origine de l'me nerveuse4 ,la premire origine du systme nerveux1 des muscles et organes des sens1 sa provenance de l'ectoderme peut ontogntiquement s'observer directement chez l'homme et chez les animaux suprieurs1 mais l'explication phylogntique de ces phnomnes remarquables ne peut tre atteinte qu'indirectement4 ,par contre nous en trouvons l'explication directe dans la mtagense des polypes et des mduses dont nous venons de parler4 ,la cause efficiente de cette mtagense se trouve dans les modes d'existence compltement diffrents de ces deux formes animales4 ,les polypes1 antrieurs1 fixs comme des plantes sur le sol de la mer n'avaient besoin dans leurs simples prtentions ni d'organes sensoriels suprieurs ni de muscles et de nerfs distincts4 ,pour nourrir leurs petits corps vsiculeux il leur suffisait de l'ectoderme1 de mme que le simple pithlium de leur membrane externe avec ses lgers commencements de diffrenciation histologique suffisait pour recevoir leurs sensations et accomplir leurs mouvements toujours identiques4 ,il en est tout autrement chez les grandes mduses qui nagent librement1 comme je l'ai montr dans ma monographie de ces beaux animaux18 si intressants 7#ahfd-ahhb72 grce leur adaptation aux conditions d'existence particulires la mer1 leurs organes sensoriels1 leurs muscles et leurs nerfs ne doivent pas tre moins parfaits et distincts que chez beaucoup d'animaux suprieurs4 ,pour les nourrir il a fallu que se dveloppt un gastro-canal compliqu4 ,la structure plus fine de leurs organes psychiques que ,,richard ,,hertwig nous a fait connatre1 en #ahhb1 correspond des prtentions plus leves que le mode d'existence de ces animaux de proie nageant librement impose3 yeux1 organes auditifs1 organes permettant galement de prendre conscience de l'quilibre1 organes chimiques 7gustatifs et olfactifs7 sont ns la suite de la distinction et de la conscience des diffrentes excitations2 les mouvements arbitraires dans la nage1 la capture de la proie1 dans l'ingestion de la nourriture1 dans la lutte contre les ennemis ont conduit la distinction de groupes de muscles4 ,la liaison rgulire tablie entre les organes moteurs et ces organes sensibles a caus le dveloppement des #d #h ganglions radis situs sur le bord de l'ombrelle ainsi que de l'anneau nerveux qui les unit4 ,mais si les oeufs fconds de ces mduses se dveloppent de nouveau sous formes de polypes libres1 ce retour s'explique par les lois de l'hrdit latente4 #aj4 ,psychologie des singes4--,comme les singes et surtout les singes anthropodes sont trs rapprochs des hommes non seulement relativement la structure et au mode d'volution1 mais encore sous tous les rapports pour la vie psychique1 l'tude comparative de la psychologie des singes ne saurait tre recommande d'une faon assez pressante nos psychologues de profession4 ,la visite des jardins zoologiques1 des thtres o paraissent les singes est en particulier aussi instructive que rcrative4 ,mais la frquentation du cirque et des thtres o paraissent des chiens1 n'est pas moins riche en enseignements4 ,les rsultats tonnants qu'a atteint le dressage moderne non seulement dans l'instruction des chiens1 des chevaux et des lphants1 mais encore dans l'ducation des rapaces rongeurs et autres mammifres infrieurs doivent fournir ces psychologues impartiaux1 s'ils les tudient avec soin1 une source de connaissances psychologiques des plus importantes au point de vue moniste4 ,indpendamment de cela1 la frquentation de semblables expositions est plus rcrative et largit bien davantage l'horizon anthropologique que l'tude ennuyeuse et relativement abrutissante des fantaisies mtaphysiques que ce que l'on appelle la psychologie introspective pure a couch dans des milliers de volumes et d'articles4 #aa4 ,tlologie de ,kant4--,les progrs tonnants de la biologie moderne ont compltement rfut l'explication tlologique de la nature due ,kant4 ,la physiologie a prouv entre autres choses que tous les phnomnes biologiques se ramnent des procs chimiques et physiques et que leur explication n'exige ni un crateur personnel agissant en chef d'entreprise1 ni une force vitale nigmatique construisant en vue d'une fin4 ,la thorie cellulaire nous a montr que toutes les activits biologiques complexes des animaux et des plantes suprieurs doivent tre drives des procs physico-chimiques simples qui se produisent dans l'organisme lmentaire des cellules microscopiques et que la base matrielle de ces procs est le plasma du corps cellulaire4 ,cette observation s'applique tant aux phnomnes d'accroissement et de la nutrition qu' ceux de la reproduction1 de la sensibilit et du mouvement4 ,la loi biologique fondamentale nous enseigne que les phnomnes nigmatiques de l'embryologie 7le dveloppement des embryons et la modification rsultant de la pubert7 reposent sur la transmission hrditaire de processus correspondants qui se sont produits dans la ligne des anctres4 ,la thorie de la descendance a rsolu l'nigme1 elle a expliqu comment ces processus1 ces activits physiologiques de l'hrdit et de l'adaptation1 ont1 au cours de longs espaces de temps1 caus un changement constant des formes spcifiques1 une lente transformation des espces4 ,la thorie de la slection1 enfin1 prouve clairement que1 dans ces procs phylogntiques1 les dispositions les plus opportunes se produisent d'une faon purement mcanique1 par slection du plus utile4 ,,darwin a donc fait prvaloir un principe d'explication mcanique de l'utilit organique que1 dj plus de #b4jjj ans auparavant1 ,,emp,,docle avait souponn4 ,il est devenu ainsi le ,newton de la vie organique ce dont ,kant avait compltement contest la possibilit4 ,ces circonstances historiques que j'ai dj releves il y a plus de trente ans 7dans le cinquime chapitre de l',histoire de la cration naturelle71 sont si intressantes et si importantes que je tiens insister sur elles ici4 ,ce n'est pas seulement opportun parce que la philosophie moderne demande avec une insistance particulire un retour ,kant1 mais aussi parce qu'il en dcoule que les mtaphysisiens les plus grands tombent tte baisse dans les plus graves erreurs en jugeant les questions les plus importantes4 ,,kant1 le fondateur subtil et clair de la philosophie critique1 dclare avec la plus grande prcision qu'il est absurde d'esprer une dcouverte qui #gj ans plus tard est faite rellement par ,darwin et il refuse pour tous les temps1 l'esprit humain une notion importante que ce dernier acquiert rellement par la thorie de la slection4 ,on voit combien est dangereux l'ignorabimus catgorique4 ,en ce qui touche l'honneur exagr que l'on rend ,,kant dans la nouvelle philosophie allemande et qui se transforme chez beaucoup de ,no-,kantiens en une adoration idoltre et indtermine1 il nous sera permis de mettre en lumire les imperfections humaines du grand philosophe de ,knigsberg et les faiblesses nfastes de sa sagesse critique4 ,sa tendance dualiste vers une mtaphysique transcendentale1 qui ne fit qu'accrotre avec les annes1 avait pour cause l'instruction prparatoire1 pleine de lacunes incompltes qu'il reut l'cole et l'universit4 ,cette instruction ainsi obtenue tait surtout philologique1 thologique et mathmatique4 ,dans les sciences naturelles1 il n'apprit fond que l'astronomie et la physique et en partie galement la chimie et la minralogie4 ,par contre1 le vaste domaine de la biologie1 si peu tendu qu'il ft l'poque1 lui reste inconnu pour la plus grande partie4 ,parmi les sciences naturelles organiques1 il n'a tudi ni la zoologie1 ni la botanique1 ni l'anatomie1 ni la physiologie2 son anthropologie dont il s'occupa pendant longtemps resta fort imparfaite4 ,si ,,kant1 au lieu d'tudier la philologie et la mdecine avait approfondi la mdecine1 il aurait puis dans les cours d'anatomie et de physiologie une connaissance approfondie de l'organisme humain1 si dans les cliniques il s'tait acquis une apprciation vivante de ces modifications pathologiques1 non seulement son anthropologie mais encore toute la conception de l'univers du philosophe critique aurait pris une tout autre forme4 ,,kant alors n'aurait pas aussi lgrement pass sur les phnomnes biologiques les plus importants comme il le fit dans ses crits postrieurs 7 dater de #agfi74 ,aprs avoir accompli ses tudes universitaires1 ,,kant dut pendant neuf ans gagner son pain en donnant des leons domicile1 de #bb #ca ans1 prcisment dans la priode la plus importante de sa vie de jeunesse1 quand la suite de l'enseignement pris l',universit1 le libre dveloppement du caractre personnel et scientifique se dcide4 ,si ,,kant1 qui pendant la plus grande partie de son existence resta fix ,knigsberg et ne franchit presque jamais les frontires de la province de ,prusse avait accompli des voyages plus importants1 s'il avait donn au vif intrt qu'il portait la gographie et l'anthropologie un aliment vivant par des apprciations relles1 l'extension de son horizon aurait eu une action raliste trs heureuse sur la forme de sa conception idale de l'univers4 ,puis le fait que ,,kant ne se maria pas peut1 chez lui comme chez d'autres vieux garons philosophes excuser ses lacunes et son exclusivisme4 ,l'homme et la femme constituent1 en effet1 deux organismes essentiellement diffrents qui n'arrivent rendre parfaitement la notion gnrique normale d'hommes qu'en se compltant mutuellement4 #ab4 ,critique des vangiles4 7,s4 ,e4 ,,verus1 ,tableau synoptique des vangiles dans leur texte complet47 ,leipzig #ahig4--;,conclusion3 ,toute oeuvre doit tre comprise et juge d'aprs l'esprit de son temps4 ,les fictions vangliques naissent une poque trs peu scientifique et dans des sphres pleines de grossires superstitions2 elles ont t crites pour leur temps1 et non pour le temps prsent ni pour tous les temps1 mais non comme oeuvres historiques1 ce sont des oeuvres d'dification et en partie des pamphlets ecclsiastiques4 ,seul l'intrt de l'glise et de ses prtres ainsi que des institutions sociales qui y sont lies pouvait demander que l'on rapportt l'origine de chaque oeuvre aux aptres 7,matthieu1 ,jean7 ou aux disciples des aptres 7,marc1 ,luc72 cela suffit pour expliquer trs simplement et trs naturellement leur crdit persistant pendant des sicles et que l'on a coutume de ramener des influences surnaturelles4 ,la forme primitive de ces fictions a subi dans les premiers sicles des modifications varies et ne peut plus tre tablie prsentement4 ,le recueil des crits du ,nouveau ,testament ne s'est form que trs lentement et sa reconnaissance n'a t unanimement accepte qu'aprs des sicles1 pour une partie du moins4 ,tout ce que l'on tire comme article de foi des crits de cette poque sans critique ne repose que sur l'arbitraire1 l'erreur1 si ce n'est sur la falsification consciente4 ,a toute poque de grande oppression1 les ,isralites ont attendu un sauveur 7,messie74 ,c'est ainsi qu',isae #de1 ,i1 aprs la captivit de ,babylone 7#eig-ech7 salue du titre de ,messie le roi des ,perses1 ,cyrus 7qui n'tait pas ,juif7 parce qu'il a rendu la libert au peuple4 ,un grand prtre1 ,josu1 fait rentrer les ,juifs dans leur patrie et la lgende cra un ,josu antrieur qui1 comme successeur de ,mose aurait ramen son peuple ,chanaan4 ,aprs la ruine de ,jrusalem 7#gj de notre re71 le savant ,josphe dclare qu'il restait encore l'humanit un temple plus vaste qui ne serait pas bti par la main des hommes1 et voyait dans l'empereur ,vespasien un ,messie qui apporterait la libert tout l'univers4 ,mais dans le vaste empire romain1 plus d'un pote1 plus d'un penseur1 rvaient d'un sauveur du monde1 et en quelques dizaines d'annes se produisit toute une srie de ,messies4 ,l'esprit potique du peuple cra un troisime ,josu 7en grec ,jsus74 ,la vie d'un semblable ami des pauvres1 d'un faiseur de miracles1 d'un sauveur du monde n'tait pas trop difficile crire3 des aventures1 des vnements1 des discours taient fournis par les modles de l'ancien testament 7abstraction faite des lgendes de ,krishna et de ,bouddha qui depuis des sicles taient rpandues dans tout l',orient74 ,un ,mose1 un lie1 un lise auxquels il ne fallait pas que le hros reste infrieur1 des expressions des psaumes et des prophtes4 ,souvent les auteurs prenaient la lettre des images4 ,les ptres de l'glise tenaient encore beaucoup de contes merveilleux pour des allgories1 alors que maintenant l'glise veut que tout1 mme ce qui est le plus tonnant1 soit pris la lettre4 ,la figure du ,messie se cra donc peu peu4 ,dans les ptres de ,paul qui sont prouves avoir t composes avant les fictions vangliques1 il n'est rien dit de la mort ni de la rsurrection4 ,de certains passages des prophtes1 littralement interprts1 on dduisit la doctrine du salut4 ,on se demanda enfin1 o1 comment1 de qui est-il n8 ,combien de temps a-t-il vcu8 etc4 ,ds que l'exemple d'une semblable fiction eut t donn1 un flot d'oeuvres semblables se rpandit1 caricatures grossires pour une partie1 pour une autre1 tableaux de la vie se renfermant dans les limites du possible jusqu' un certain point4 ,chaque rgion1 chaque commune importante a son vangile et souvent on le nommait d'un nom devenu clbre4 ,on tenait pour parfaitement permis d'crire ainsi sous un faux nom4 ,ces fictions vangliques placent leur hros dans la premire moiti du premier sicle de notre re4 ,mais ni les crivains juifs 7,philon1 ,josphe7 ni les crivains romains ou grecs 7comme ,tacite1 ,sutone1 ,pline1 ,dion1 ,cassius7 de cette poque et de la suivante1 ne connaissent ni ce ,jsus de ,nazareth1 ni les vnements de sa vie que l'on raconte2 la ville de ,nazareth est mme tout fait inconnue4 #ac4 ,christ et ,bouddha4--,a l'excellent ouvrage de ,s4 ,e4 ,,verus3 ,vergleichende ,uebersicht der vier ,evangelien 7source unique pour une vie de ,jsus7 j'emprunte la communication suivante3 ,le professeur #a a compar les biographies indiennes et chinoises de ,bouddha qui sont nombreuses et sont certainement antrieures notre re dans plusieurs travaux consciencieux estims par d'minents thologiens1 tels que le professeur ,,pfleiderer4 ,il a tabli indubitablement les faits suivants3 ,le fonds de la vie des deux fondateurs de religion est une vie nomade1 apostolique et salvatrice1 la plupart du temps en compagnie de disciples1 interrompue parfois par des repos 7banquets1 solitude au dsert72 en outre on y rencontre des sermons sur des montagnes et un sjour dans la capitale aprs une entre triomphale4 ,mais dans tous les dtails et dans leur suite se montre un surprenant accord4 ,bouddha est un ,dieu fait homme2 comme homme il est de race royale4 ,il est engendr et mis au monde de faon surnaturelle1 sa naissance est annonce l'avance d'une faon merveilleuse4 ,dieux et rois saluent le nouveau-n et lui apportent des prsents4 ,un vieux brahmane le reconnat aussitt pour le rdempteur de tous les maux4 ,il ramne la paix et la joie sur la terre4 ,le jeune ,bouddha est poursuivi et miraculeusement sauv1 install solennellement dans le temple1 enfant de #ab ans1 il est recherch par ses parents et retrouv au milieu des prtres4 ,il est prcoce1 dpasse ses matres et grandit en ge et en sagesse4 ,il prend le baptme de conscration dans le fleuve sacr4 ,quelques disciples d'un sage brahmane viennent lui4 ,le mot de ralliement est suis-moi4 ,il consacre un disciple d'aprs l'usage indien sous un figuier4 ,parmi les douze1 trois des disciples sont de vrais modles et il se trouve aussi un tratre4 ,les anciens noms des disciples sont changs4 ,non loin se trouve un cercle plus nombreux de #ah lves4 ,bouddha envoie ses disciples par deux et par trois aprs les avoir munis d'instructions4 ,une fille du peuple clbre sa mre comme bienheureuse4 ,un riche brahmane veut le suivre mais ne peut se sparer de ses biens4 ,un autre lui rend visite la nuit4 ,il n'tait pas apprci par sa famille1 mais trouva des sympathies chez les notables et chez les femmes4 ,bouddha enseigne en promettant le bonheur comme prix4 ,il parle volontiers par parabole4 ,ses enseignements montrent 7souvent dans le choix mme des mots7 une ressemblance1 il dtourne des prodiges1 recommande l'humilit1 l'humeur pacifique1 l'amour des ennemis1 l'humilit1 la victoire sur soi-mme et mme l'abstinence de rapports charnels4 ,il enseigne aussi sa destine4 ,au cours des pressentiments de sa mort prochaine1 il insiste sur le fait qu'il rentre au ciel1 dans ses adieux1 il exhorte ses disciples1 leur dsigne un mdiateur 7consolateur7 et annonce un bouleversement gnral de l'univers4 ,sans patrie et pauvre1 il voyage en qualit de mdecin1 de sauveur1 de rdempteur4 ,ses adversaires lui opposent qu'il prfre la socit des pcheurs4 ,peu de temps avant sa mort il est invit dner chez une pcheresse4 ,un disciple convertit une fille d'une classe mprise1 prs d'un puits4 ,de nombreux miracles attestent sa divinit 7il marche sur l'eau1 etc474 ,il entre triomphalement dans la capitale et meurt au milieu de signes merveilleux3 la terre tremble1 les extrmits de la terre sont en flamme1 le soleil s'teint1 un mtore tombe du ciel4 ,bouddha lui aussi va en enfer et au ciel4 #ad4 ,la gnalogie du ,christ4--,,paul ,,de ,,regla dit dans son intressant ouvrage 7#ahia73 ,heureusement ce fils de ,marie qui1 au sens de notre langue juridique actuelle tait un fils naturel1 possde d'autres titres de gloire que son obscure extraction4 ,qu'il soit le fils d'un amour secret ou la suite d'un acte que notre socit actuelle dclare tre un crime1 quelle importance cela pouvait-il avoir pour sa glorieuse existence3 est-ce que la dignit de sa conduite ne lui donne pas un droit l'aurole qui illumine sa noble physionomie8 ,dans le sud de l',italie et de l',espagne1 o beaucoup de notions trs relches ont cours sur la saintet du mariage le prtre catholique s'est adapt ces conceptions habituelles dans le pays4 ,les enfants naturels qui sont engendrs en quantit1 tous les ans1 par les prtres et chapelains 7suite naturelle du saint clibat7 sont souvent considrs comme les produits d'une immacule conception et jouissent d'une considration particulire4 ,par contre le nom de baptme ,joseph 7,beppo71 qui rappelle le bon charpentier tromp de ,galile1 n'est souvent pas trs bien vu4 ,ayant t en #ahei1 ,messine1 le tmoin oculaire d'une rixe violente entre mon pcheur ,vincenzo et son collgue ,giuseppe1 le premier cria brusquement1 en faisant les cornes au dernier1 le seul mot de ,beppo1 ce qui le jeta dans une grande fureur4 ,comme je demandais ce que cela signifiait ,vincenzo rpondit en riant2 ,eh6 il s'appelle ,beppo et sa femme ,marie et1 de mme1 que pour notre sainte madone le premier fils n'est pas de lui2 mais d'un prtre6 ,c'est trs caractristique4 ,la doctrine vaticane pour qui de semblables dbats sont trs dsagrables cherche naturellement passer lgrement sur la conception douteuse et la naissance illgitime du ,christ et cependant elle ne peut viter de glorifier par des images et des posies cet vnement important de sa vie humaine ainsi que d'autres d'ailleurs1 et elle le fait parfois d'une faon remarquablement matrialiste4 ,dans l'influence extraordinaire que les reprsentations par images de l'histoire sainte ont exerce sur la fantaisie du peuple croyant et qui aujourd'hui encore est un des soutiens les plus forts de l'ecclesia militans1 il est intressant de voir combien l',eglise tient au maintien invariable du modle fix1 et usit depuis plus de mille ans4 ,tout homme instruit sait que les millions d'images rpandues partout et consacres l'criture sainte ne reprsentent ni les scnes ni leurs personnages1 dans les vtements de l'poque 7comme le croit la masse ignorante71 mais suivant une conception idalise qui rpond au got d'artistes postrieurs4 ,les coles de peintres italiennes ont exerc l'influence prpondrante2 cela vient de ce qu'au moyen ge l',italie tait non seulement le sige du papisme qui gouvernait le monde1 mais de ce qu'elle produisait aussi les plus grands peintres1 sculpteurs1 architectes qui se mettaient son service4 ,il y a quelques dizaines d'annes toute une srie de peintures consacres l'histoire sainte1 excita une grande sensation4 ,elle tait due au gnial peintre russe ,,wereschtchagin4 ,elles reprsentaient les scnes importantes de la vie du ,christ d'aprs une conception originale1 naturaliste et ethnographique3 la sainte famille1 ,jsus prs de ,jean au bord du ,jourdain1 ,jsus dans le dsert1 ,jsus sur le lac de ,tibriade1 la prophtie1 etc4 ,le peintre avait1 au cours de son voyage en ,palestine 7en #ahhd71 tudi soigneusement non seulement toute la scne du pays saint1 mais encore sa population1 le costume1 les habitations et les avait reproduits trs fidlement4 ,nous savons que le pays ainsi que les ornements en ,palestine se sont trs peu modifis depuis #b4jjj ans4 ,aussi les peintures de ,,wereschtchagin les reprsentaient-elles d'une faon beaucoup plus vraie et plus naturelle que tous les millions d'images qui traitent l'criture sainte d'aprs les patrons traditionnels des ,italiens4 ,mais c'est prcisment ce caractre raliste des peintures qui choquait particulirement le prtre catholique et il n'eut de repos que quand l'exposition fut interdite par ordre de la police 7en ,autriche1 par exemple74 #ae4 ,le christianisme et la famille4--,l'attitude hostile que prit le christianisme primitif ds le dbut contre la vie de famille et l'amour de la femme qui en est la raison est prouve irrfutablement par les vangiles ainsi que par les ptres de ,paul4 ,quand ,marie s'inquitait du ,christ1 il la repoussa par ces mots indignes d'un fils3 ,femme qu'ai-je de commun avec toi8 ,quand sa mre et ses frres voulaient converser avec lui1 il rpondait3 ,qui est ma mre et qui sont mes frres8 ,puis1 montrant ses disciples assis autour de lui3 ,voyez1 voici ma mre et voici mes frres1 etc4 7,mathieu #ab1 #df-ej2 ,marc #c1 #ca-ce2 ,luc1 #h1 #ai-ba74 ,et mme le ,christ faisait du revirement complet de sa propre famille et de la haine contre elle1 la condition de la vertu3 ,quiconque vient moi et ne hait point son pre1 sa mre1 sa femme1 ses frres1 ses soeurs et mme sa propre vie ne peut pas tre mon disciple4 7,luc1 #ad1 #bf47 #af4 ,anathme du pape contre la science4--,dans la lutte difficile que la science moderne doit mener contre la superstition rgnante de l'glise chrtienne1 la dclaration de guerre publique que le puissant reprsentant de cette dernire1 le pape de ,rome1 a lance contre la premire en #ahgj est excessivement importante4 ,parmi les propositions canoniques que le concile oecumnique de ,rome en #ahgj a dclar tre des commandements de ,dieu se trouvent les anathmes suivants1 soit anathme1 quiconque nie le seul vrai ,dieu1 crateur et seigneur de toutes choses1 visibles et invisibles4--,qui n'a pas honte de prtendre qu' ct de la matire il n'y a rien d'autre4--,qui dit que l'essence de ,dieu et de toute chose est une seule et mme4--,qui dit que les objets finis1 corporels et spirituels1 ou au moins les spirituels1 sont des manations de la substance divine1 ou que l'essence divine produit toute chose par manifestation ou extriorisation4--,qui ne reconnat pas que tout l'univers et tous les objets qui y sont contenus ont t tirs par ,dieu du nant4--,qui dit que par son propre effort et grce un constant progrs l'homme pourrait et devrait arriver possder toute vrit et toute bont4--,qui ne veut pas reconnatre pour saints et canoniques les livres de la sainte ,ecriture dans leur totalit et dans toutes leurs parties1 tels qu'ils ont t dsigns par le saint concile de ,trente ou qui met en doute leur inspiration divine4--,qui dit que la raison humaine possde une indpendance telle que ,dieu ne peut lui demander la foi4--,qui prtend que la rvlation divine ne pourrait gagner en autorit par des preuves extrieures4--,qui prtend qu'il n'y a pas de miracle ou que ceux-ci ne doivent jamais tre reconnus srement1 ou que l'origine divine du christianisme ne peut tre prouve par des miracles4--,qui prtend qu'aucun mystre ne fait partie de la rvlation et que tous les articles de foi doivent tre comprhensibles pour la raison convenablement dveloppe4--,qui prtend que les sciences humaines devraient tre traites assez libralement pour que l'on pt considrer leurs propositions pour fondes en vrit1 mme si elles contredisent la doctrine de la rvlation4--,qui prtend que par les progrs de la science on pourrait arriver ce que les doctrines tablies par l',eglise puissent tre entendues en un sens diffrent qu'en celui o l',eglise les a toujours entendues et les entend encore4 ,l'glise vanglique orthodoxe ne reste pas en arrire de la catholique dans cet anathme port contre la science4 ,on pouvait lire dernirement dans le ,mecklemburgisches ,schulblatt l'avertissement suivant3 ,prenez garde au premier pas4 ,vous vous trouvez encore peut-tre touchs par le faux dieu de la science4 ,avez-vous donn ,satan le petit doigt1 il prend peu peu toute la main jusqu' ce que vous tombiez avec lui2 il vous entoure d'un charme mystrieux et vous conduit jusqu' l'arbre de la science1 et si vous en avez got une seule fois1 il vous ramne vers cet arbre grce une force magique pour vous faire compltement connatre le vrai du faux1 le bien du mal4 ,que votre innocence scientifique nous conserve votre paradis4 #ag4 ,thologie et zoologie4--,le rapport troit dans lequel se trouvent chez la plupart des hommes la conception philosophique du monde et leur conviction religieuse m'a contraint ici insister davantage sur les croyances rgnantes du christianisme et affirmer publiquement leur opposition fondamentale avec les doctrines essentielles de notre philosophie moniste4 ,mais mes adversaires chrtiens m'ont autrefois dj fait le reproche de ne connatre nullement la religion chrtienne4 ,il y a peu de temps encore le pieux docteur ,,dannert 7pour recommander un travail de psychologie animale du parfait jsuite et zoologue ,,erich ,,wasmann7 a exprim cette opinion sous cette forme polie3 ,on sait qu',ernest ,hckel connat autant le christianisme qu'un ne les logarithmes4 7,konservative ,monatschrift1 juillet #ahih1 p4 #ggd47 ,cette opinion souvent exprime est une erreur de fait4 ,non seulement l'cole--par suite de ma pieuse ducation--par un zle et une ardeur particulire aux classes d'instruction religieuse1 j'ai appris connatre la religion1 mais j'ai encore dfendu l'ge de #ba ans de la faon la plus chaleureuse les doctrines chrtiennes contre mes futurs compagnons d'armes en libre-pense1 et cependant l'tude de l'anatomie et de la physiologie humaines1 leur comparaison avec celles des autres vertbrs avaient dj profondment branl ma foi4 ,je n'arrivai l'abandonner compltement--en proie aux combats intrieurs les plus amers--qu' la suite de l'tude complte de la mdecine et de ma pratique mdicale4 ,j'appris alors comprendre le mot de ,faust3 ,toute la douleur de l'humanit me saisit6 ,c'est alors que je ne reconnus pas la souveraine bont du ,pre aimant la dure cole de la vie quand j'essayais de dcouvrir la sage providence dans la lutte pour la vie4 ,quand plus tard j'appris connatre dans mes nombreux voyages scientifiques tous les pays et les peuples d',europe1 quand dans mes visites nombreuses en ,europe et en ,asie1 je pus observer d'une part les honorables religions des anciens peuples civiliss1 et d'autre part les commencements des religions des peuplades naturelles les plus basses1 alors s'labora en moi1 grce une critique comparative des religions1 cette conception du christianisme que j'ai exprime dans le chap4 ,,xvii4 ,il va d'ailleurs de soi que1 comme zoologue1 je suis autoris faire entrer les conceptions thologiques du monde les plus opposes dans la sphre de ma critique philosophique puisque je considre toute l'anthropologie comme une partie de la zoologie et que je ne puis donc en exclure la psychologie4 #ah4 ,l',eglise moniste4--,le besoin pratique de la vie sentimentale et de l'ordre politique conduira un jour ou l'autre donner notre religion moniste une forme de culte comme ce fut le cas pour toutes les autres religions des peuples civiliss4 ,ce sera une belle oeuvre rserve aux honorables thologiens du ,x,xe sicle que de constituer ce culte moniste et de l'adapter aux diffrents besoins de chacune des nations civilises4 ,comme sur ce terrain important galement nous ne dsirons pas de rvolution violente1 mais une rforme rationnelle1 il nous parat trs exact de se rattacher aux institutions existantes de l',eglise chrtienne rgnante d'autant plus qu'elles aussi sont unies le plus intimement possible aux institutions politiques et sociales4 ,de mme que l',eglise chrtienne a transport ses grandes ftes annuelles aux anciens jours des ftes des paens1 l'glise moniste leur rendra leur destination primitive dcoulant du culte de la nature4 ,nol sera de nouveau la fte solsticiale d'hiver1 la ,saint-,jean1 la fte du solstice d't4 ,a ,pques1 nous ne fterons pas la rsurrection surnaturelle et impossible d'un crucifi mystique1 mais la noble renaissance de la vie organique1 la rsurrection de la nature printanire aprs le long sommeil de l'hiver4 ,a la fte d'automne1 la ,saint-,michel1 nous clbrerons la clture de la joyeuse saison de l't et l'entre dans la svre et laborieuse priode de l'hiver4 ,de la mme faon1 d'autres institutions de l',eglise chrtienne dominante et mme certaines crmonies particulires peuvent tre utilises pour tablir le culte moniste4 ,le service divin du dimanche1 qui toujours1 titre de jour primitif de repos de l'dification et du dlassement1 a suivi les six jours de la semaine de travail subira dans l'glise moniste un perfectionnement essentiel4 ,au lieu de la foi mystique en des miracles surnaturels interviendra la science claire des vritables merveilles de la nature4 ,les glises considres comme lieu de dvotion ne seront pas ornes d'images des saints et de crucifix1 mais de reprsentations artistiques tires de l'inpuisable trsor de beauts que fournit la vie de l'homme et celle de la nature4 ,entre les hautes colonnes des dmes gothiques qui sont entoures de lianes1 les sveltes palmiers et les fougres arborescentes1 les gracieux bananiers et les bambous rappelleront la force cratrice des tropiques4 ,dans de grands aquariums1 au-dessous des fentres1 les gracieuses mduses et les siphonophores1 les coraux et les astries enseigneront les formes artistiques de la vie marine4 ,au lieu du matre autel sera une uranie qui montre dans les mouvements des corps clestes la toute puissance de la loi de substance4 ,en fait1 maintenant1 beaucoup de gens instruits trouvent leur dification non dans l'audition de prcheurs riches en phrases et pauvres en pense1 mais en assistant des confrences publiques sur la science et sur l'art1 dans la jouissance des beauts infinies qui sortent du sein de notre mre nature en un fleuve intarissable4 #ai4 ,egosme et altruisme4--,les deux piliers de la vaine morale et de la sociologie sont constitus par l'gosme et l'altruisme en quilibre exact4 ,cela est vrai de l'homme comme de tous les autres animaux sociaux4 ,de mme que la prosprit de la socit est lie celle des personnes qui la composent2 d'autre part1 le plein dveloppement de l'essence individuelle de l'homme n'est possible que dans la vie en commun avec ses semblables4 ,la morale chrtienne clbre la valeur exclusive de l'altruisme et ne veut accorder aucun droit l'gosme4 ,tout contrairement se conduit la morale aristocratique moderne 7de ,,max ,,stirner ,,fr4 ,,nietzsche74 ,les deux extrmes sont galement faux et contredisent galement aux exigences sacres de la nature sociale4 7,cf4 ,,hermann ,,turck1 ,,fr4 ,,nietzsche und seine philosophischen ,irrewege1 7,ina #ahia74 ,l4 ,,buchner1 ,die ,philosophie des ,egoismus1 ,internationale ,literatur ,berichte47 ,,iv4 ,i 7#g ,janvier #ahhg74 #bj4 ,coup d'oeil sur le ,x,xe sicle4--,la ferme conviction en la vrit de la philosophie moniste qui perce dans tout mon livre sur les nigmes de l'univers1 du commencement la fin1 se fonde tout d'abord sur les progrs merveilleux accomplis par la science naturelle au cours du ,x,i,xe sicle4 ,mais elle nous invite galement jeter encore un regard plein d'espoir sur le ,x,xe sicle qui commence poser cette question4 ,nous sentons-nous mus par l'essor d'un esprit nouveau et portons-nous en nous-mmes le pressentiment sr et le sentiment certain de quelque chose de suprieur et de meilleur8 ,,julius ,,hart dont l',histoire de la littrature universelle 7#b vol4 ,berlin #ahid71 a contribu beaucoup clairer en tous sens cette question importante1 l'a rcemment rsolue avec esprit dans un nouvel ouvrage3 ,zukunftsland4 ,im ,kampf um eine ,weltanschauung1 #a;er vol4 ,der ,neue ,gott4 ,ein ,anblick auf das kommende ,jahrhundert4 ,pour moi1 je rponds la question incontestablement par l'affirmative1 parce que je considre comme le plus grand progrs pouvant amener enfin la solution des nigmes de l'univers l'tablissement sr de la loi de substance et de la doctrine volutionniste qui y est insparablement lie4 ,je ne mconnais pas le lourd fardeau que nous impose la perte douleureuse dont souffre l'humanit moderne en voyant disparatre les croyances rgnantes et les esprances d'un avenir meilleur qui s'y rattachent4 ,mais je trouve une grande compensation dans le trsor inpuisable ouvert nous par la conception unitaire du monde4 ,je suis fermement convaincu que le ,x,xe sicle nous permettra pour la premire fois de jouir prochainement de ces trsors intellectuels et nous conduira ainsi la religion du vrai1 du bien et du beau que ,goethe a si noblement conue4 ,,table ,,des ,,matieres ,,chapitre ,,premier4--,comment se posent les nigmes de l'univers4 ,tableau gnral de la culture intellectuelle au ,x,i,xe sicle4 ,le conflit des systmes4 ,monisme et dualisme4 #a ,,chapitre ,,ii4--,comment est construit notre corps4 tudes monistes d'anatomie humaine et compare4 ,conformit d'ensemble et de dtail entre l'organisation de l'homme et celle des mammifres4 #be ,,chapitre ,,iii4--,notre vie4 tudes monistes de physiologie humaine et compare4 ,identit1 dans toutes les fonctions de la vie1 entre l'homme et les mammifres4 #de ,,chapitre ,,iv4--,notre embryologie4 tudes monistes d'ontognie humaine et compare4 ,identit du dveloppement de l'embryon et de l'adulte1 chez l'homme et chez les vertbrs4 #fa ,,chapitre ,v4--,notre gnalogie4 tudes monistes sur l'origine et la descendance de l'homme1 tendant montrer qu'il descend des vertbrs et directement des primates4 #ha ,,chapitre ,,vi4--,de la nature de l'me4 tudes monistes sur le concept d'me4 ,devoirs et mthodes de la psychologie scientifique4 ,mtamorphoses psychologiques4 #aja ,,chapitre ,,vii4--,degrs dans la hirarchie de l'me4 tudes monistes de psychologie compare4 ,l'chelle psychologique4 ,psychoplasma et systme nerveux4 ,instinct et raison4 #abe ,,chapitre ,,viii4--,embryologie de l'me4 tudes monistes de psychologie ontogntique4 ,dveloppement de la vie psychique au cours de la vie individuelle de la personne4 #aec ,,chapitre ,,ix4--,phylognie de l'me4 tudes monistes de psychologie phylogntique4 ,evolution de la vie psychique dans la srie animale des anctres de l'homme4 #aga ,,chapitre ,x4--,conscience de l'me4 tudes monistes sur la vie psychique consciente et inconsciente4 ,embryologie et thorie de la conscience4 #aie ,,chapitre ,,xi4--,immortalit de l'me4 tudes monistes sur le thanatisme et l'athanisme4 ,immortalit cosmique et immortalit personnelle4 ,agrgation qui constitue la substance de l'me4 #bag ,,chapitre ,,xii4--,la loi de substance4 tudes monistes sur la loi fondamentale cosmologique4 ,conservation de la matire et de l'nergie4 ,concepts de substance kyntique et de substance pyknotique4 #bdc ,,chapitre ,,xiii4--,histoire du dveloppement de l',univers4 tudes monistes sur l'ternelle volution de l'univers4 ,cration1 commencement et fin du monde4 ,cosmognie cratiste et cosmognie gntique4 #bfg ,,chapitre ,,xiv4--,unit de la nature4 tudes monistes sur l'unit matrielle et nergtique du ,cosmos4 ,mcanisme et vitalisme4 ,but1 fin et hasard4 #bia ,,chapitre ,,xv4--,dieu et le monde4 tudes monistes sur le thisme et le panthisme4 ,le monothisme anthropistique des trois grandes religions mditerranennes4 ,le ,dieu extramondain et le ,dieu intramondain4 #cae ,,chapitre ,,xvi4--,science et croyance4 tudes monistes sur la connaissance de la vrit4 ,activit des sens et activit de la raison4 ,croyance et superstition4 ,exprience et rvlation4 #cce ,,chapitre ,,xvii4--,science et christianisme4 tudes monistes sur le conflit entre l'exprience scientifique et la rvlation chrtienne4 ,quatre priodes dans la mtamorphose historique de la religion chrtienne4 ,raison et dogme4 #cec ,,chapitre ,,xviii4--,notre religion moniste4 tudes monistes sur la religion de la raison et son harmonie avec la science4 ,le triple idal du culte3 le vrai1 le beau1 le bien4 #cgg ,,chapitre ,,xix4--,notre morale moniste4 tudes monistes sur la loi fondamentale thique4 quilibre entre l'amour de soi et l'amour du prochain4 gale lgitimit de l'gosme et de l'altruisme4 ,faute de la morale chrtienne4 tat1 cole et glise4 #cie ,,chapitre ,,xx4--,solution des nigmes de l',univers4 ,coup d'oeil rtrospectif sur les progrs de la connaissance scientifique de l'univers du ,x,i,xe sicle4 ,rponses donnes aux ,enigmes de l'univers par la philosophie naturelle moniste4 #dag ,,appendice4--,notes et claircissements4 #dcc ,paris4--,typ4 ,a4 ,,davy1 #eb rue ,madame4--,tlphone4 ,librairie ,c4 ,,reinwald4--,,schleicher ,frres1 ,editeurs ,paris4--#ae1 rue des ,saints-,pres1 #ae4--,paris ,ouvrages d',,ernest ,,haeckel ,professeur de ,zoologie l',universit d',ina ,histoire de la cration des tres organiss d'aprs les lois naturelles4 ,confrence scientifique sur la doctrine de l'volution en gnral et celle de ,darwin1 ,goethe et ,lamarck en particulier4 ,traduit de l'allemand et revu sur la septime dition allemande1 par le ,dr ,ch4 ,letourneau1 #c;e dition4 #a vol in-#ho avec #ag planches1 #bj gravures sur bois1 #ba tableaux gnalogiques et une carte chromolithographique4 ,cartonn l'anglaise4 #ab #ej ,lettres d'un voyageur dans l',inde4 ,traduit de l'allemand par le ,dr ,ch4 ,letourneau4 #a vol4 in-#ho cartonn l'anglaise4 #h ,anthropognie ou ,histoire de l'volution humaine4 ,traduit de l'allemand par le ,dr ,ch4 ,letourneau4 ,epuis ,le ,monisme1 lien entre la religion et la science4 ,profession de foi d'un naturaliste4 ,prface et traduction de ,g4 ,vacher de ,lapouge4 ,brochure grand in-#ho4 #b ,etat actuel de nos connaissances sur l'origine de l'homme4 ,mmoire prsent au #d;e ,congrs international de ,zoologie ,cambridge 7,angleterre71 le #bf aot #ahih1 augment de remarques et tables explicatives1 traduit sur la #g;e dition allemande et accompagn d'une prface par le ,dr ,l4 ,laloy4 ,brochure grand in-#ho4 ,nouveau tirage4 #b ,,buchner 7,louis74--,a l'aurore du sicle4 ,coup d'oeil d'un penseur sur le ,pass et l',avenir1 par le ,dr ,louis ,bchner4 ,traduit de l'allemand par le ,dr ,laloy4 #a vol4 in-#ho4 #d ,,royer 7,mme ,clmence74--,la ,constitution du ,monde4 ,dynamique des atomes4 ,nouveaux principes de philosophie naturelle par ,mme ,clmence ,royer4 #a vol4 in-#ho de xxii-#hjj pages avec #ib figures et #d planches #ae ,imp4 ,c4 ,,renaudie1 #ef1 rue de ,seine1 ,paris--#ddeb