,,la ,,vie ,,des ,,abeilles p> ,,maurice ,,maet]l9ck ,,p>is ,,biblio?,,que-,,*>p5ti] ,,eug,,ne ,,fasquelle1 ,,diteur #aa1 ,,rue ,,de ,,gr5elle1 #aa #aija i,a ,,mon ,,ami_/i ,,alfr$ ,,sutro ,,livre ,,premi] ,,au ,,seuil ,,de ,,la ,,ru*e ,i ,je n'ai pas l'int5tion d'crire un trait d'apiculture ou de l'levage des abeilles4 ,t\s les pays civiliss en possd5t d'excell5ts qu'il e/ inutile de refaire4 ,la ,france a ceux de ,dadant1 de ,georges de ,lay5s et ,bonni]1 de ,b]tr&1 de ,hamet1 de ,web]1 de ,clm5t1 de l'abb ,coll91 etc4 ,les pays de langue anglaise ont ,lang/ro?1 ,bevan1 ,cook1 ,*e%ire1 ,c[an1 ,root et leurs disciples4 ,l',allemagne a ,dzi]zon1 ,van ,b]leps*1 ,pollmann1 ,vogel et bi5 d'autres4 ,il ne s'agit pas davantage d'une monographie sci5tifique de l'apis mellifica1 ligu/ica1 fasciata1 etc41 ni d'un recueil d'obs]vations ou d'tudes n\velles4 ,je ne dirai presque ri5 qui ne soit connu de t\s ceux qui ont quelque peu pratiqu les abeilles4 ,af9 de ne pas al\rdir ce travail1 j'ai rs]v p\r un ouvrage plus te*nique un c]ta9 nombre d'expri5ces et d'obs]vations que j'ai faites durant mes v+t annes d'apiculture et qui sont d'un intrt trop limit et trop spcial4 ,je veux p>l] simplem5t des blondes avettes de ,rons>d1 comme on p>le1 ceux qui ne le connaiss5t po9t1 d'un objet qu'on connat et qu'on aime4 ,je ne compte pas orn] la vrit ni sub/itu]1 selon le ju/e repro*e que ,raumur a fait t\s ceux qui se sont occups avant lui de nos m\*es miel1 un m]veilleux complaisant et imag9aire au m]veilleux rel4 ,il y a beauc\p de m]veilleux dans la ru*e1 ce n'e/ pas une raison p\r y en aj\t]4 ,du re/e1 voici longtemps que j'ai r5onc *]*] en ce monde une m]veille plus intressante et plus belle que la vrit ou du mo9s que l'ef=t de l'homme p\r la connatre4 ,ne n\s v]tuons po9t tr\v] la gr&eur de la vie dans les *oses inc]ta9es4 ,t\tes les *oses trs c]ta9es sont trs gr&es et n\s n'avons jusqu'ici fait le t\r d'aucune d'elles4 ,je n'avanc]ai donc ri5 que je n'aie vrifi moi-mme1 ou qui ne soit tellem5t admis p> les classiques de l'apidologie que t\te vrification en dev5ait oiseuse4 ,ma "p se born]a prs5t] les faits d'une manire aussi exacte1 mais un peu plus vive1 les ml] de quelques rflexions plus dveloppes et plus libres1 les gr\p] d'une faon un peu plus h>monieuse qu'on ne le peut faire dans un guide1 dans un manuel pratique ou dans une monographie sci5tifique4 ,qui aura lu ce livre ne s]a pas en tat de conduire une ru*e1 mais connatra peu prs t\t ce qu'on sait de c]ta91 de curieux1 de pr(ond et d'intime sur ses habitants4 ,ce n'e/ gure1 au prix de ce qui re/e appr5dre4 ,je pass]ai s\s sil5ce t\tes les traditions errones qui =m5t encore la campagne et dans beauc\p d'ouvrages la fable de l'api]4 ,qu& il y aura d\te1 dsaccord1 hypo?se1 qu& j'arriv]ai l'inconnu1 je le dcl>]ai loyalem5t4 ,v\s v]rez que n\s n\s arrt]ons s\v5t devant l'inconnu4 ,hors les gr&s actes s5sibles de leur police et de leur activit1 on ne sait ri5 de bi5 prcis sur les fabuleuses filles d',ari/e4 ,a mesure qu'on les cultive1 on appr5d ignor] davantage les pr(ondeurs de leur exi/5ce relle1 mais c'e/ une faon d'ignor] dj meilleure que l'ignorance inconsci5te et satisfaite qui fait le fond de notre sci5ce de la vie2 et c'e/ probablem5t t\t ce que l'homme peut se flatt] d'appr5dre en ce monde4 ,exi/ait-il un travail analogue sur l'abeille8 ,p\r moi1 bi5 que je croie avoir lu peu prs t\t ce qu'on a crit sur elle1 je ne connais gure dans ce g5re que le *apitre que lui rs]ve ,mi*elet la f9 de l',insecte1 et l'essai que lui consacre ,ludwig ,b*n]1 le clbre auteur de ,=ce et ,matire1 dans son ,gei/es ,leb5 d] ,?i]e#a4 ,mi*elet a pe9e effleur le sujet2 quant ,b*n]1 son tude e/ assez complte1 mais1 lire les affirmations has>deuses1 les traits lg5daires1 les on-dit ds longtemps rejets qu'il rapporte1 je le s\ponne de n'tre pas sorti de sa biblio?que p\r int]rog] ses hrones1 et de n'avoir jamais ouv]t une seule des c5ta9es de ru*es bruissantes et comme enflammes d'ailes qu'il faut viol] avant que notre in/9ct s'accorde leur secret1 avant d'tre imprgn de l'atmosphre1 du p>fum1 de l'esprit1 du my/re des vi]ges laborieuses4 ,cela ne s5t ni le miel ni l'abeille1 et cela a le dfaut de beauc\p de nos livres savants1 dont les conclusions sont s\v5t prconues et dont l'app>eil sci5tifique e/ =m d'une accumulation norme d'anecdotes inc]ta9es et prises de t\tes ma9s4 ,du re/e1 je le r5contr]ai r>em5t dans mon travail1 c> nos po9ts de d"p1 nos po9ts de vue et nos buts sont =t diffr5ts4 #a ,on p\rrait cit] encore la monographie de ,kirby et ,sp5ce dans leur ,introduction to ,entomology1 mais elle e/ presque exclusivem5t te*nique4 ,,ii ,la bibliographie de l'abeille4 7,comm5ons p> les livres p\r n\s en db>rass] plus vite et all] la s\rce mme de ces livres7 e/ des plus t5dues4 ,ds l'orig9e1 ce petit tre trange1 vivant en socit1 s\s des lois compliques1 et excutant dans l'ombre des ouvrages prodigieux1 attira la curiosit de l'homme4 ,ari/ote1 ,caton1 ,v>ron1 ,pl9e1 ,collumelle1 ,palladius1 s'en sont occups1 sans p>l] du philosophe ,ari/oma*us qui1 au dire de ,pl9e1 les obs]va durant c9quante-huit ans1 et de ,phyliscus de ,?asos1 qui vcut dans les lieux ds]ts p\r ne plus voir qu'elles1 et fut surnomm le ,sauvage4 ,mais c'e/ l plutt la lg5de de l'abeille1 et t\t ce qu'on en peut tir]1 c'e/--dire presque ri51 se tr\ve rsum dans le quatrime *ant des ,gorgiques de ,virgile4 ,son hi/oire ne comm5ce qu'au ,x,v,i,ie sicle avec les dc\v]tes du gr& savant holl&ais ,swamm]dam4 ,il convi5t cep5dant d'aj\t] ce dtail peu connu2 c'e/ qu'avant ,swamm]dam un naturali/e flam&1 ,clutius1 avait affirm c]ta9es vrits importantes1 entre autres que la re9e e/ la mre unique de t\t son peuple et qu'elle possde les attributs des deux sexes2 mais il ne les avait pas pr\ves4 ,swamm]dam inv5ta les vritables m?odes d'obs]vation sci5tifique1 cra le microscope1 imag9a les injections cons]vatrices1 dissqua le premi] les abeilles1 prcisa df9itivem5t1 p> la dc\v]te des ovaires et de l'oviducte1 le sexe de la re9e qu'on avait crue roi jusqu'alors1 et du c\p1 claira d'un rayon inatt5du t\te la politique de la ru*e en la fondant sur la mat]nit4 ,il traa enf9 des c\pes et dess9a des plan*es si p>faites qu'elles s]v5t encore auj\rd'hui illu/r] plus d'un trait d'apiculture4 ,il vivait dans le gr\illant et tr\ble ,am/]dam d'alors1 y regrettant la d\ce vie de la campagne et m\rut qu>ante-trois ans1 puis de travail4 ,en un /yle pieux et prcis1 o de beaux lans simples d'une foi qui cra9t de *ancel] rapport5t t\t la gloire du ,crateur1 il consigna ses obs]vations dans son gr& ouvrage ,bybel d] ,natuure1 que le docteur ,bo]have1 un sicle plus t>d1 fit traduire du nerl&ais en lat91 s\s le titre de ,biblia natur 7,leyde1 #agcg74 ,v9t ensuite ,raumur1 qui1 fidle aux mmes m?odes1 fit une f\le d'expri5ces et d'obs]vations curieuses dans ses j>d9s de ,*>5ton1 et rs]va aux abeilles un volume enti] de ses ,mmoires p\r s]vir l'hi/oire des insectes4 ,on peut le lire avec fruit et sans ennui4 ,il e/ clair1 direct1 s9cre1 et non dnu d'un c]ta9 *>me un peu b\rru et un peu sec1 il s'atta*a surt\t dtruire nombre d'erreurs anci5nes1 en rp&it quelques n\velles1 dmla en p>tie la =mation des essaims1 le rgime politique des re9es1 en un mot tr\va plusieurs vrits difficiles1 et mit sur la trace de beauc\p d'autres4 ,il consacra notamm5t de sa sci5ce1 les m]veilles de l'ar*itecture de la ru*e1 et t\t ce qu'il en dit n'a pas t mieux dit4 ,on lui doit aussi l'ide des ru*es vitres1 qui1 p]fectionnes depuis1 ont mis nu t\te la vie prive de ces f>\*es ouvrires qui comm5c5t leur oeuvre dans la lumire bl\issante du soleil1 mais ne la c\ronn5t que dans les tnbres4 ,p\r tre complet1 je devrais encore cit] les re*]*es et les travaux1 un peu po/rieurs1 de ,*>les ,bonnet et de ,s*ira* 7qui rsolut l'nigme de de l'uf royal72 mais je me borne aux gr&es lignes et j'arrive ,franois ,hub]1 le matre et le classique de la sci5ce apicole d'auj\rd'hui4 ,hub]1 n ,g5ve en #agej1 dev9t aveugle dans sa premire jeunesse4 ,intress d'abord p> les expri5ces de ,raumur1 qu'il v\lait contrl]1 il se passionne bi5tt p\r ces re*]*es et1 avec l'aide d'un dome/ique intellig5t et dv\1 ,franois ,burn5s1 il v\e sa vie entire l'tude de l'abeille4 ,dans les annales de la s\ffrance et des victoires huma9es1 ri5 n'e/ t\*ant et ple9 de bons conseils comme l'hi/oire de cette pati5te collaboration o l'un1 qui ne p]cevait qu'une lueur immatrielle1 guidait1 p> l'esprit1 les ma9s et les reg>ds de l'autre qui j\issait de la lumire relle1 o celui qui1 ce qu'on assure1 n'avait jamais vu de ses propres yeux un rayon de miel1 trav]s le voile de ces yeux morts qui d\blait p\r lui l'autre voile dont la nature enveloppe t\te *ose1 surpr5ait les secrets les plus pr(onds du gnie qui =mait ce rayon de miel invisible1 comme p\r n\s appr5dre qu'il n'e/ po9t d'tat o n\s devions r5onc] espr] et *]*] la vrit4 ,je n'numr]ai pas ce que la sci5ce apicole doit ,hub]1 j'aurai plus tt fait de dire ce qu'elle ne lui doit po9t4 ,ses ,n\velles obs]vations sur les abeilles1 dont le premi] volume fut crit en #aghi s\s =me de lettres ,*>les ,bonnet1 et dont le second ne p>ut que v+t ans plus t>d1 sont re/es le trsor abondant et sr o vont puis] t\s les apidologues4 ,c]tes1 on y tr\ve quelques erreurs1 quelques vrits imp>faites2 depuis son livre on a beauc\p aj\t la micrographie1 la culture pratique des abeilles1 au maniem5t des re9es1 etc41 mais on n'a pu dm5tir ou pr5dre en dfaut une seule de ses obs]vations pr9cipales qui demeur5t intactes dans notre expri5ce actuelle1 et sa base4 ,,iii ,aprs les rvlations de ,hub]1 il y a quelques annes de sil5ce2 mais bi5tt ,dzi]zon1 cur de ,c>lsm>k 7en ,silsie71 dc\vre la p>?nog5se1 c'e/--dire la p>turition virg9ale des re9es1 et imag9e la premire ru*e rayons mobiles1 grce laquelle l'apiculteur p\rra dornavant prlev] sa "p sur la rcolte de miel1 sans mettre mort ses meilleures colonies et sans anantir en un in/ant le travail de t\te une anne4 ,cette ru*e1 encore trs imp>faite1 e/ magi/ralem5t p]fectionne p> ,lang/ro?1 qui inv5te le cadre mobile proprem5t dit1 propag en ,amrique avec un succs extraord9aire4 ,root1 ,qu9by1 ,dadant1 ,*e%ire1 de ,lay5s1 ,c[an1 ,h$don1 ,h[>d1 etc41 y apport5t encore quelques amliorations prcieuses4 ,mehr+1 p\r p>gn] aux abeilles l'laboration de la cire et la con/ruction de magas9s qui leur cot5t beauc\p de miel et le meilleur de leur temps1 a l'ide de leur (frir des rayons de cire mcaniquem5t gaufrs1 qu'elles accept5t aussitt et appropri5t leurs beso9s4 ,de ,hrus*ka tr\ve le ,smlatore1 qui1 p> l'emploi de la =ce c5trifuge1 p]met d'extraire le miel sans bris] les rayons1 etc4 ,en peu d'annes1 la r\t9e de l'apiculture e/ rompue4 ,la capacit et la fcondit des ru*es sont triples4 ,de va/es et productifs ru*]s se fond5t de t\s cts4 ,a p>tir de ce mom5t pr5n5t f9 l'inutile massacre des cits les plus laborieuses et l'odieuse slection reb\rs qui en tait la consqu5ce4 ,l'homme devi5t vritablem5t le matre des abeilles1 matre furtif et ignor1 dirigeant t\t sans donn] d'ordre1 et obi sans tre reconnu4 ,il se sub/itue aux de/9s des saisons4 ,il rp>e les inju/ices de l'anne4 ,il runit les rpubliques ennemies4 ,il galise les ri*esses4 ,il augm5te ou re/re9t les naissances4 ,il rgle la fcondit de la re9e4 ,il la dtrne et la remplace aprs un cons5tem5t difficile que son habilet extorque d'un peuple qui s'affole au s\pon d'une int]v5tion inconcevable4 ,il viole pacifiquem5t1 qu& il le juge utile1 le secret des *ambres sacres et t\te la politique retorse et prvoyante du gynce royal4 ,il dp\ille c9q ou six fois de suite du fruit de leur travail les surs du bon c\v5t infatigable1 sans les bless]1 sans les dc\rag] et sans les appauvrir4 ,il proportionne les entrepts et les gr5i]s de leurs demeures la moisson de fleurs que le pr9temps rp&1 dans sa hte 9gale1 au p5*ant des coll9es4 ,il les oblige de rduire le nombre fa/ueux des amants qui att5d5t la naissance des pr9cesses4 ,en un mot1 il en fait ce qu'il veut et en obti5t ce qu'il dem&e1 p\rvu que sa dem&e se s\mette leurs v]tus et leurs lois c>1 trav]s les volonts du dieu inatt5du qui s'e/ emp> d'elles1--trop va/e p\r tre disc]n et trop trang] p\r tre compris1--elles reg>d5t plus lo9 que ne reg>de ce dieu mme1 et ne song5t qu' accomplir1 dans une abngation 9branle1 le devoir my/rieux de leur race4 ,,iv ,ma9t5ant que les livres n\s ont dit ce qu'ils avai5t d'ess5tiel n\s dire1 sur une hi/oire =t anci5ne1 quittons la sci5ce acquise p> les autres p\r all] voir de nos propres yeux les abeilles4 ,une heure au milieu du ru*] n\s montr]a des *oses peut-tre mo9s prcises mais inf9im5t plus vivantes et plus fcondes4 ,je n'ai pas encore oubli le premi] ru*] que je vis1 o j'appris aim] les abeilles4 ,c'tait1 voil des annes1 dans un gros village de cette ,fl&re ,zl&aise1 si nette et si gracieuse1 qui1 plus que la ,zl&e mme1 miroir concave de la ,holl&e1 a conc5tr le gt des c\leurs vives1 et c>esse des yeux1 comme de jolis et graves j\ets1 ses pignons1 ses t\rs et ses *>iots enlum9s1 ses armoires et ses horloges qui reluis5t au fond des corridors1 ses petits arbres aligns le long des quais et des canaux1 dans l'att5te1 semble-t-il1 d'une crmonie bi5faisante et nave1 ses b>ques et ses co*es d'eau aux p\pes ouvrages2 ses portes et ses f5tres p>eilles des fleurs1 ses cluses irrpro*ables1 ses ponts-levis m9utieux et v]sicolores1 ses maisonnettes v]nisses comme des pot]ies h>monieuses et clatantes d'o sort5t des femmes en =me de sonnettes et p>es d'or et d'arg5t p\r all] traire les va*es en des prs ent\rs de b>rires blan*es1 ou t5dre le l+e sur le tapis dc\p en ovales et en losanges et mticuleusem5t v]t1 de pel\ses fleuries4 ,une sorte de vieux sage1 assez semblable au vieill>d de ,virgile1 ,homme galant les rois1 homme appro*ant des dieux1 ,et comme ces d]ni]s satisfait et tranquille1 aurait dit ,la ,fonta9e1 s'tait retir l1 o la vie sembl]ait plus troite qu'ailleurs1 s'il tait possible de rtrcir rellem5t la vie4 ,il y avait lev son refuge1 non dgt1--c> le sage ne connat po9t les gr&s dgts1--mais un peu las d'int]rog] les hommes qui rpond5t mo9s simplem5t que les animaux et les plantes aux seules que/ions intressantes que l'on puisse pos] la nature et aux lois vritables4 ,t\t son bonheur1 de mme que celui du philosophe scy!1 consi/ait aux beauts d'un j>d91 et p>mi ces beauts la mieux aime et la plus visite tait un ru*]1 compos de d\ze clo*es de paille qu'il avait pe9tes1 les unes de rose vif1 les autres de jaune clair1 la plup>t d'un bleu t5dre1 c> il avait obs]v1 bi5 avant les expri5ces de sir ,john ,lubbock1 que le bleu e/ la c\leur prfre des abeilles4 ,il avait in/all ce ru*] contre le mur blan*i de la maison1 dans l'angle que =mait une de ces sav\reuses et fra*es cuis9es holl&aises aux dressoirs de faence o t9celai5t les ta9s et les cuivres1 qui1 p> la porte ouv]te1 se refltai5t dans un canal paisible4 ,et l'eau1 *>ge d'images familires1 s\s un rideau de peupli]s1 guidait les reg>ds jusqu'au repos d'un horizon de m\l9s et de prs4 ,en ce lieu1 comme p>t\t o on les pose1 les ru*es avai5t donn aux fleurs1 au sil5ce1 la d\ceur de l'air1 aux rayons du soleil1 une signification n\velle4 ,on y t\*ait en quelque sorte au b en fte de l't4 ,on s'y reposait au c>ref\r t9celant o conv]g5t et d'o rayonn5t les r\tes ari5nes que p>c\r5t de l'aube au crpuscule1 affairs et sonores1 t\s les p>fums de la campagne4 ,on y v5ait ent5dre l'me heureuse et visible1 la voix intellig5te et musicale1 le foy] d'allgresse des belles heures du j>d94 ,on y v5ait appr5dre1 l'cole des abeilles1 les proccupations de la nature t\te-puissante1 les rapports lum9eux des trois rgnes1 l'organisation 9puisable de la vie1 la morale du travail ard5t et ds9tress1 et1 ce qui e/ aussi bon que la morale du travail1 les hroques ouvrires y enseignai5t encore gt] la saveur un peu confuse du loisir1 en s\lignant1 p\r a9si dire1 des traits de feu de leurs mille petites ailes1 les dlices presque insaisissables de ces j\rnes immacules qui t\rn5t sur elles-mmes dans les *amps de l'espace1 sans n\s apport] ri5 qu'un globe transp>5t1 vide de s\v5irs comme un bonheur trop pur4 ,v ,af9 de suivre aussi simplem5t que possible l'hi/oire annuelle de la ru*e1 n\s en pr5drons une qui se rveille au pr9temps et se remet au travail1 et n\s v]rons se dr\l] dans leur ordre naturel les gr&s pisodes de la vie de l'abeille1 savoir3 la =mation et le d"p de l'essaim1 la fondation de la cit n\velle1 la naissance1 les combats et le vol nuptial des jeunes re9es1 le massacre des mles et le ret\r du sommeil de l'hiv]4 ,*acun de ces pisodes apport]a de lui-mme t\s les claircissem5ts ncessaires sur les lois1 les p>ticul>its1 les habitudes1 les vnem5ts qui le provoqu5t ou l'accompagn5t1 en sorte qu'au b\t de l'anne apicole1 qui e/ brve et dont l'activit ne s't5d gure que d'avril la f9 de septembre1 n\s aurons r5contr t\s les my/res de la maison du miel4 ,p\r l'in/ant1 avant que de l'ouvrir et d'y jet] un c\p d'il gnral1 il suffit de savoir qu'elle se compose d'une re9e1 mre de t\t son peuple2 de milli]s d'ouvrires ou neutres1 femelles incompltes et /riles1 et enf9 de quelques c5ta9es de mles1 p>mi lesquels s]a *oisi l'p\x unique et malheureux de la s\v]a9e future que les ouvrires liront aprs le d"p plus ou mo9s volontaire de la mre rgnante4 ,,vi ,la premire fois qu'on ouvre une ru*e1 on pr\ve un peu de l'motion qu'on aurait viol] un objet inconnu et peut-tre ple9 de surprises r$\tables1 un tombeau p> exemple4 ,il y a aut\r des abeilles une lg5de de m5aces et de prils4 ,il y a le s\v5ir n]v de ces piqres qui provoqu5t une d\leur si spciale qu'on ne sait trop quoi la comp>]1 une aridit fulgurante1 dirait-on1 une sorte de flamme du ds]t qui se rp& dans le membre bless2 comme si nos filles du soleil avai5t extrait des rayons irrits de leur pre1 un v59 clatant p\r df5dre plus efficacem5t les trsors de d\ceur qu'elles tir5t de ses heures bi5faisantes4 ,il e/ vrai qu'ouv]te sans prcaution p> quelqu'un qui ne connat ni ne respecte le c>actre et les murs de ses habitantes1 la ru*e se trans=me l'in/ant en un buisson ard5t de colre et d'hrosme4 ,mais ri5 ne s'acqui]t plus vite que la petite habilet ncessaire p\r la mani] impunm5t4 ,il suffit d'un peu de fume projete propos1 de beauc\p de sang-froid et de d\ceur1 et les ouvrires bi5 armes se laiss5t dp\ill] sans p5s] tir] l'aiguillon4 ,elles ne reconnaiss5t pas leur matre1 comme on l'a s\t5u1 elles ne craign5t pas l'homme1 mais l'odeur de la fume1 aux ge/es l5ts qui p>c\r5t leur demeure sans les m5ac]1 elles s'imag95t que ce n'e/ pas d'une attaque ou d'un gr& ennemi contre lequel il soit possible de se df5dre1 qu'il s'agit1 mais d'une =ce ou d'une cata/rophe naturelle laquelle il convi5t de se s\mettre4 ,au lieu de lutt] va9em5t1 et ple9es d'une prvoyance qui se trompe p>ce qu'elle reg>de trop lo91 elles veul5t du mo9s sauv] l'av5ir et se jett5t sur les rs]ves de miel p\r y puis] et p\r ca*] en elles-mmes de quoi fond] ailleurs1 n'importe o et aussitt1 une cit n\velle1 si l'anci5ne e/ dtruite1 ou qu'elles soi5t =ces de l'ab&onn]4 ,,vii ,le pr(ane devant qui l'on ouvre une ru*e d'obs]vation#a1 e/ d'abord assez du4 ,on lui avait affirm que ce c(fret de v]re r5f]mait une activit sans exemple1 un nombre inf9i de lois sages1 une somme tonnante de gnie1 de my/res1 d'expri5ce1 de calculs1 de sci5ces1 d'indu/ries div]ses1 de prvisions1 de c]titudes1 d'habitudes intellig5tes1 de s5tim5ts et de v]tus tranges4 ,il n'y dc\vre qu'un amas confus de petites baies r\sstres1 assez semblables des gra9s de caf torrfi1 ou des rais9s secs agglomrs contre les vitres4 ,ces pauvres baies sont plus mortes que vives1 branles de m\vem5ts l5ts1 incohr5ts et incomprh5sibles4 ,il ne reconnat pas les admirables g\ttes de lumire1 qui t\t l'heure se dv]sai5t et rejaillissai5t sans rel*e dans l'hale9e anime1 ple9e de p]les et d'or1 de mille calices pan\is4 ,elles grelott5t dans les tnbres4 ,elles t\ff5t dans une f\le transie2 on dirait des prisonnires malades ou des re9es d*ues qui n'eur5t qu'une seconde d'clat p>mi les fleurs illum9es du j>d91 p\r r5tr] bi5tt dans la misre honteuse de leur morne demeure encombre4 ,il en e/ d'elles comme de t\tes les ralits pr(ondes4 ,il faut appr5dre les obs]v]4 ,un habitant d'une autre plante1 qui v]rait les hommes all] et v5ir presque ins5siblem5t p> les rues1 se tass] aut\r de c]ta9s difices ou sur c]ta9es places1 att5dre on ne sait quoi1 sans m\vem5t app>5t1 au fond de leurs demeures1 en conclurait aussi qu'ils sont in]tes et misrables4 ,ce n'e/ qu' la longue qu'on dmle l'activit multiple de cette in]tie4 ,en vrit1 *acune de ces petites baies peu prs immobiles travaille sans rpit et ex]ce un mti] diffr5t4 ,aucune ne connat le repos1 et celles1 p> exemple1 qui sembl5t les plus endormies et p5d5t contre les vitres en grappes mortes1 ont la t*e la plus my/rieuse et la plus fatigante2 elles =m5t et scrt5t la cire4 ,mais n\s r5contr]ons bi5tt le dtail de cette activit unanime4 ,p\r l'in/ant1 il suffit d'appel] l'att5tion sur le trait ess5tiel de la nature de l'abeille qui explique l'entassem5t extraord9aire de ce travail confus4 ,l'abeille e/ avant t\t1 et encore plus que la f\rmi1 un tre de f\le4 ,elle ne peut vivre qu'en tas4 ,qu& elle sort de la ru*e si encombre qu'elle doit se fray] c\ps de tte un passage trav]s les murailles vivantes qui l'ens]r5t1 elle sort de sont lm5t propre4 ,elle plonge un mom5t dans l'espace ple9 de fleurs1 comme le nageur plonge dans l'ocan ple9 de p]les1 mais s\s pe9e de mort il faut qu' int]valles rguli]s elle revi5ne respir] la multitude1 de mme que le nageur revi5t respir] l'air4 ,isole1 p\rvue de vivres abondants et dans la temprature la plus favorable1 elle expire au b\t de quelques j\rs1 non de faim ou de froid1 mais de solitude4 ,l'accumulation1 la cit1 dgage p\r elle un alim5t invisible aussi indisp5sable que le miel4 ,c'e/ ce beso9 qu'il faut remont] p\r fix] l'esprit des lois de la ru*e4 ,dans la ru*e1 l'individu n'e/ ri51 il n'a qu'une exi/5ce conditionnelle1 il n'e/ qu'un mom5t indiffr5t1 un organe ail de l'espce4 ,t\te sa vie e/ un sacrifice total l'tre innombrable et p]ptuel dont il fait p>tie4 ,il e/ curieux de con/at] qu'il n'en fut pas t\j\rs a9si4 ,on retr\ve encore auj\rd'hui p>mi les hymnoptres mellifres1 t\s les tats de la civilisation progressive de notre abeille dome/ique4 ,au bas de l'*elle1 elle travaille seule1 dans la misre2 s\v5t elle ne voit mme pas sa desc5dance 7les ,prosopis1 les ,colltes1 etc471 p>fois elle vit au milieu de l'troite famille annuelle qu'elle cre 7les ,b\rdons74 ,elle =me ensuite des associations temporaires 7les ,panurgues1 les ,dasypodes1 les ,halictes1 etc471 p\r arriv] enf91 de degrs en degrs1 la socit peu prs p>faite mais impitoyable de nos ru*es1 o l'individu e/ entirem5t absorb p> la rpublique1 et o la rpublique son t\r e/ rgulirem5t sacrifie la cit ab/raite et immortelle de l'av5ir4 #a ,on appelle ru*e d'obs]vation1 une ru*e vitre munie de rideaux noirs ou de volets4 ,les meilleures ne r5f]m5t qu'un seul rayon1 ce qui p]met de l'obs]v] sur ses deux faces4 ,ou peut1 sans dang] et sans inconvni5t1 in/all] ces ru*es1 p\rvues d'une issue extrieure1 dans un salon1 une biblio?que1 etc4 ,les abeilles qui habit5t celle qui se tr\ve ,p>is1 dans mon cab9et de travail1 rcolt5t dans le ds]t de pi]re de la gr&e ville1 de quoi vivre et prospr]4 ,,viii ,ne n\s htons pas de tir] de ces faits des conclusions applicables l'homme4 ,l'homme a la facult de ne pas se s\mettre aux lois de la nature2 et1 de savoir s'il a tort ou raison d'us] de cette facult1 c'e/ le po9t le plus grave et le mo9s clairci de sa morale4 ,mais il n'en e/ pas mo9s intressant de surpr5dre la volont de la nature dans un monde diffr5t4 ,or1 dans l'volution des hymnoptres1 qui sont immdiatem5t aprs l'homme les habitants de ce globe les plus favoriss s\s le rapport de l'intellig5ce1 cette volont p>at trs nette4 ,elle t5d visiblem5t l'amlioration de l'espce1 mais elle montre en mme temps qu'elle ne la dsire ou ne peut l'obt5ir qu'au dtrim5t de la lib]t1 des droits et du bonheur propres de l'individu4 ,a mesure que la socit s'organise et s'lve1 la vie p>ticulire de *acun de ses membres voit dcrotre son c]cle4 ,ds qu'il y a progrs quelque "p1 il ne rsulte que du sacrifice de plus en plus complet de l'intrt p]sonnel1 au gnral4 ,il faut d'abord que *acun r5once des vices1 qui sont des actes d'indp5dance4 ,a9si1 l'avant-d]ni] degr de la civilisation apique se tr\v5t les b\rdons1 qui sont encore semblables nos an?ropophages4 ,les ouvrires adultes rd5t sans cesse aut\r des ufs p\r les dvor]1 et la mre e/ oblige de les df5dre avec a*>nem5t1 il faut ensuite que *acun1 aprs s'tre db>rass des vices les plus dang]eux1 acquire un c]ta9 nombre de v]tus de plus en plus pnibles4 ,les ouvrires des b\rdons p> exemple ne song5t pas r5onc] l'am\r1 au lieu que notre abeille dome/ique vit dans une *a/et p]ptuelle4 ,bi5tt1 du re/e1 n\s v]rons t\t ce qu'elle ab&onne en *ange du bi5-tre1 de la scurit1 de la p]fection ar*itecturale1 conomique et politique de la ru*e1 et n\s revi5drons sur l'tonnante volution des hymnoptres1 dans le *apitre consacr au progrs de l'espce4 ,,livre ,,ii ,l',,essaim ,i ,les abeilles de la ru*e que n\s avons *oisie ont donc sec\ la torpeur de l'hiv]4 ,la re9e s'e/ remise pondre ds les premi]s j\rs de fvri]4 ,les ouvrires ont visit les anmones1 les pulmonaires1 les ajoncs1 les violettes1 les saules1 les noiseti]s4 ,puis le pr9temps a envahi la t]re2 les gr5i]s et les caves dbord5t de miel et de poll51 des milli]s d'abeilles naiss5t *aque j\r4 ,les mles1 gros et l\rds1 sort5t de leurs va/es cellules1 p>c\r5t les rayons1 et l'encombrem5t de la cit trop prospre devi5t tel que1 le soir1 leur ret\r des fleurs1 des c5ta9es de travailleuses att>des ne tr\v5t plus se log] et sont obliges de pass] la nuit sur le seuil1 o le froid les dcime4 ,une inquitude branle t\t le peuple1 et la vieille re9e s'agite4 ,elle s5t qu'un de/9 n\veau se prp>e4 ,elle a fait religieusem5t son devoir de bonne cratrice1 et ma9t5ant1 du devoir accompli sort5t la tri/esse et la tribulation4 ,une =ce inv9cible m5ace son repos2 il va falloir bi5tt quitt] la ville o elle rgne4 ,et p\rtant cette ville1 c'e/ son uvre1 et c'e/ elle t\t entire4--,elle n'en e/ pas la re9e au s5s o n\s l'ent5drions p>mi les hommes4 ,elle n'y donne po9t d'ordres1 et s'y tr\ve s\mise1 comme le d]ni] de ses sujets1 cette puissance masque et s\v]a9em5t sage que n\s appell]ons1 en att5dant que n\s essayions de dc\vrir o elle rside1 l'esprit de la ru*e4 ,mais elle en e/ la mre et l'unique organe de l'am\r4 ,elle l'a fonde dans l'inc]titude et la pauvret4 ,sans cesse elle l'a repeuple de sa sub/ance1 et t\s ceux qui l'anim5t1 ouvrires1 mles1 l>ves1 nymphes1 et les jeunes pr9cesses dont la naissance pro*a9e va prcipit] son d"p et dont l'une lui succde dj dans la p5se immortelle de l',espce1 sont sortis de ses flancs4 ,,ii ,l'esprit de la ru*e1 o e/-il1 en qui s'inc>ne-t-il8 ,il n'e/ pas semblable l'in/9ct p>ticuli] de l'oiseau1 qui sait btir son nid avec adresse et *]*] d'autres cieux qu& le j\r de l'migration rep>at4 ,il n'e/ pas davantage une sorte d'habitude ma*9ale de l'espce1 qui ne dem&e aveuglm5t qu' vivre et se heurte t\s les angles du has>d sitt qu'une circon/ance imprvue drange la srie des phnomnes acc\tums4 ,au contraire1 il suit pas pas les circon/ances t\tes-puissantes1 comme un esclave intellig5t et pre/e1 qui sait tir] p>ti des ordres les plus dang]eux de son matre4 ,il dispose impitoyablem5t1 mais avec discrtion1 et comme s\mis quelque gr& devoir1 des ri*esses1 du bonheur1 de la lib]t1 de la vie de t\t un peuple ail4 ,il rgle j\r p> j\r le nombre des naissances et le met /rictem5t en rapport avec celui des fleurs qui illum95t la campagne4 ,il annonce la re9e sa d*ance ou la ncessit de son d"p1 la =ce de mettre au monde ses rivales1 lve royalem5t celles-ci1 les protge contre la ha9e politique de leur mre1 p]met ou df5d1 selon la gnrosit des calices multicolores1 l'ge du pr9temps et les dang]s probables du vol nuptial1 que la premire ne d'entre les pr9cesses vi]ges aille tu] dans leur b]ceau ses jeunes surs qui *ant5t le *ant des re9es4 ,d'autres fois1 qu& la saison s'avance1 que les heures fleuries sont mo9s longues1 p\r clore l're des rvolutions et ht] la reprise du travail1 il ordonne aux ouvrires mmes de mettre mort t\te la desc5dance impriale4 ,cet esprit e/ prud5t et conome1 mais non pas av>e4 ,il connat1 app>emm5t1 les lois fa/ueuses et un peu folles de la nature en t\t ce qui t\*e l'am\r4 ,aussi1 durant les j\rs abondants de l't1 tolre-t-il--c> c'e/ p>mi eux que la re9e qui va natre *oisira son amant--la prs5ce encombrante de trois ou quatre c5ts mles t\rdis1 maladroits1 inutilem5t affairs1 prt5tieux1 totalem5t et sc&aleusem5t oisifs1 bruyants1 gl\tons1 grossi]s1 malpropres1 insatiables1 normes4 ,mais la re9e fconde1 les fleur s'ouvrant plus t>d et se f]mant plus tt1 un mat91 froidem5t1 il dcrte leur massacre gnral et simultan4 ,il rgle le travail de *acune des ouvrires4 ,selon leur ge1 il di/ribue leur besogne aux n\rrices qui soign5t les l>ves et les nymphes1 aux dames d'honneur qui p\rvoi5t l'entreti5 de la re9e et ne la p]d5t pas de vue1 aux v5tileuses qui du battem5t de leurs ailes ar5t1 rafra*iss5t ou r*auff5t la ru*e1 et ht5t l'vaporation du miel trop *>g d'eau1 aux ar*itectes1 aux maons1 aux cirires1 aux sculpteuses qui font la *ane et btiss5t les rayons1 aux bul9euses qui vont *]*] dans la campagne le nect> des fleurs qui devi5dra le miel1 le poll5 qui e/ la n\rriture des l>ves et des nymphes1 la propolis qui s]t calfeutr] et consolid] les difices de la cit1 l'eau et le sel ncessaires la jeunesse de la nation4 ,il impose leur t*e aux *imi/es1 qui assur5t la cons]vation du miel en y in/illant l'aide de leur d>d une g\tte d'acide =mique1 aux op]culeuses qui scell5t les alvoles dont le trsor e/ mr1 aux balayeuses qui ma9ti5n5t la propret mticuleuse des rues et des places publiques1 aux ncrophores qui emport5t au lo9 les cadavres aux amazones du corps de g>de qui veill5t nuit et j\r la scurit du seuil1 int]rog5t les allants et v5ants1 reconnaiss5t les adolesc5tes leur premire sortie1 eff>\*5t les vagabonds1 les rdeurs1 les pill>ds1 expuls5t les intrus1 attaqu5t en masse les ennemis r$\tables1 et s'il le faut1 b>ricad5t l'entre4 ,enf91 c'e/ l'esprit de la ru*e qui fixe l'heure du gr& sacrifice annuel au gnie de l'espce1--je veux dire l'essaimage1--o un peuple enti]1 arriv au fate de sa prosprit et de sa puissance1 ab&onne s\da9 la gnration future t\tes ses ri*esses1 ses palais1 ses demeures et le fruit de ses pe9es1 p\r all] *]*] au lo9 l'inc]titude et le dnuem5t d'une patrie n\velle4 ,voil un acte qui1 consci5t ou non1 passe c]ta9em5t la morale huma9e4 ,il ru9e p>fois1 il appauvrit t\j\rs1 il disp]se c\p sr la ville bi5heureuse p\r obir une loi plus haute que le bonheur de la cit4 ,o se =mule-t-elle1 cette loi1 qui1 n\s le v]rons t\t l'heure1 e/ lo9 d'tre fatale et aveugle comme on le croit8 ,o1 dans quelle assemble1 dans quel conseil1 dans quelle sphre commune1 sige-t-il1 cet esprit auquel t\s se s\mett5t1 et crut e/ lui-mme s\mis un devoir hroique et une raison t\j\rs t\rne v]s l'av5ir8 ,il en e/ de nos abeilles comme de la plup>t des *oses de ce monde2 n\s obs]vons quelques-unes de leurs habitudes1 n\s disons3 elles font ceci1 travaill5t de cette faon1 leurs re9es naiss5t a9si1 leurs ouvrires re/5t vi]ges1 elles essaim5t telle poque4 ,n\s croyons les connatre et n'en dem&ons pas davantage4 ,n\s les reg>dons se ht] de fleurs en fleurs2 n\s obs]vons le va-et-vi5t frmissant de la ru*e2 cette exi/5ce n\s semble bi5 simple1 et borne comme les autres aux s\cis in/9ctifs de la n\rriture et de la reproduction4 ,mais que l'il s'appro*e et t*e de se r5dre compte1 et voil la complexit effroyable des phnomnes les plus naturels1 l'nigme de l'intellig5ce1 de la volont1 des de/9es1 du b1 des moy5s et des causes1 l'organisation incomprh5sible du mo9dre acte de vie4 ,,iii ,donc1 dans notre ru*e1 l'essaimage1 la gr&e immolation aux dieux exigeants de la race1 se prp>e4 ,obissant l'ordre de l'esprit qui n\s semble assez peu1 explicable1 att5du qu'il e/ exactem5t contraire t\s les in/9cts et t\s les s5tim5ts de notre espce1 soixante soixante-dix-mille abeilles sur les quatre-v+ts ou quatre-v+t-dix mille de la population totale1 vont ab&onn] l'heure prescrite la cit mat]nelle4 ,elles ne p>tiront po9t dans un mom5t d'angoisse1 elles ne fuiront pas1 dans une rsolution subite et eff>e1 une patrie dva/e p> la fam9e1 la gu]re ou la maladie4 ,non1 l'exil e/ longuem5t mdit et l'heure favorable patiemm5t att5due4 ,si la ru*e e/ pauvre1 pr\ve p> les malheurs de la famille royale1 les intempries1 le pillage1 elles ne l'ab&onn5t po9t4 ,elles ne la quitt5t qu' l'apoge de son bonheur1 lorsque1 aprs le travail =c5 du pr9temps1 l'imm5se palais de cire aux c5t v+t mille cellules bi5 ranges regorge de miel n\veau et de cette f>9e d'arc-en-ciel qu'on appelle le pa9 des abeilles et qui s]t n\rrir les l>ves et les nymphes4 ,jamais la ru*e n'e/ plus belle qu' la veille de la r5onciation hroque4 ,c'e/ p\r elle l'heure sans gale1 anime1 un peu fbrile1 et cep5dant s]e9e1 de l'abondance et de l'allgresse plnires4 ,essayons de n\s la reprs5t]1 non pas telle que la voi5t les abeilles1 c> n\s ne p\vons n\s imag9] de quelle faon magique se reflt5t les phnomnes dans les six ou sept mille facettes de leurs yeux latraux et dans le triple il cyclopen de leur front1 mais telle que n\s la v]rions si n\s avions leur taille4 ,du haut d'un dme plus colossal que celui de ,sa9t-,pi]re de ,rome1 desc5d5t jusqu'au sol1 v]ticales1 multiples et p>allles1 de gigantesques murailles de cire1 con/ructions gomtriques1 susp5dues dans les tnbres et le vide1 et qu'on ne saurait1 t\tes proportions g>des1 p\r la prcision1 la h>diesse et l'normit1 comp>] aucune con/ruction huma9e4 ,*acune de ces murailles1 dont la sub/ance e/ encore t\te fra*e1 virg9ale1 arg5te1 immacule1 odorante1 e/ =me de milli]s de cellules et conti5t des vivres suffisants p\r n\rrir le peuple enti] durant plusieurs sema9es4 ,ici1 ce sont les ta*es clatantes1 r\ges1 jaunes1 mauves et noires du poll51 f]m5ts d'am\r de t\tes les fleurs du pr9temps1 accumuls dans les alvoles transp>5ts4 ,t\t aut\r1 en longues et fa/ueuses drap]ies d'or aux plis rigides et immobiles1 le miel d'avril1 le plus limpide et le plus p>fum1 repose dj dans ses v+t mille rs]voirs f]ms d'un sceau qu'on ne viol]a qu'aux j\rs de suprme dtresse4 ,plus haut1 le miel de mai mrit encore dans ses cuves gr&es ouv]tes au bord desquelles des cohortes vigilantes entreti5n5t un c\rant d'air incessant4 ,au c5tre1 et lo9 de la lumire dont les jets de diamants pntr5t p> l'unique ouv]ture1 dans la p>tie la plus *aude de la ru*e1 sommeille et s'veille l'av5ir4 ,c'e/ le doma9e royal du c\va9 rs]v la re9e et ses acolytes3 environ dix mille demeures o repos5t les ufs1 qu9ze ou seize mille *ambres occupes p> les l>ves1 qu>ante mille maisons habites p> des nymphes blan*es que soign5t des milli]s de n\rrices#a4 ,enf91 au sa9t des sa9ts de ces limbes1 les trois1 quatre1 six ou d\ze palais clos1 proportionnellem5t trs va/es1 des pr9cesses adolesc5tes1 qui att5d5t leur heure1 enveloppes d'une sorte de suaire1 immobiles et ples1 tant n\rries dans les tnbres4 #a ,les *iffres que n\s donnons ici sont rig\reusem5t exacts4 ,ce sont ceux d'une =te ru*e en ple9e prosprit4 ,,iv ,or1 au j\r prescrit p> l'esprit de la ru*e une p>tie du peuple1 /rictem5t dt]m9e suivant des lois immuables et sres1 cde la place ces esprances qui sont encore sans =me4 ,on laisse dans la ville endormie les mles p>mi lesquels s]a *oisi l'amant royal1 de trs jeunes abeilles qui soign5t le c\va9 et quelques milli]s d'ouvrires qui cont9u]ont de but9] au lo91 g>d]ont le trsor accumul1 et ma9ti5dront les traditions morales de la ru*e4 ,c> *aque ru*e a sa morale p>ticulire4 ,on en r5contre de trs v]tueuses et de trs p]v]ties1 et l'apiculteur imprud5t peut corrompre tel peuple1 lui faire p]dre le respect de la proprit d'autrui1 l'incit] au pillage1 lui donn] des habitudes de conqute et d'oisivet qui le r5dront r$\table t\tes les petites rpubliques d'al5t\r4 ,il suffit que l'abeille ait eu l'occasion d'pr\v] que le travail1 au lo91 p>mi les fleurs de la campagne dont il faut visit] des c5ta9es p\r =m] une g\tte de miel1 n'e/ pas le seul ni le plus prompt moy5 de s'enri*ir1 et qu'il e/ plus facile de s'introduire en fraude dans les villes mal g>des1 ou de =ce dans celles qui sont trop faibles p\r se df5dre4 ,elle p]d bi5tt la notion du devoir bl\issant mais impitoyable qui fait d'elle l'esclave aile des corolles dans l'h>monie nuptiale de la nature1 et il e/ s\v5t malais de ram5] au bi5 une ru*e a9si dprave4 ,v ,t\t indique que ce n'e/ pas la re9e1 mais l'esprit de la ru*e qui dcide l'essaimage4 ,il en e/ de cette re9e comme des *efs p>mi les hommes2 ils ont l'air de comm&]1 mais eux-mmes obiss5t des ordres plus imprieux et plus inexplicables que ceux qu'ils donn5t qui leur e/ s\mis4--,qu& cet esprit a fix le mom5t1 il faut que ds l'aurore1 peut-tre ds la veille ou l'avant-veille1 il ait fait connatre sa rsolution1 c>1 pe9e le soleil a-t-il bu les premires g\ttes de rose1 qu'on rem>que t\t aut\r de la ville b\rdonnante une agitation inacc\tume1 laquelle l'apiculteur se trompe r>em5t4 ,p>fois mme on dirait qu'il y a lutte1 hsitation1 recul4 ,il arrive en effet que plusieurs j\rs de suite l'moi dor et transp>5t s'lve et s'apaise sans raison app>5te4 ,un nuage1 que n\s ne voyons pas1 se =me-t-il1 cet in/ant1 dans le ciel que les abeilles voi5t1 ou un regret dans leur intellig5ce8 ,discute-t-on dans un conseil bruissant la ncessit du d"p8 ,n\s n'en savons ri51 pas plus que n\s ne savons de quelle faon l'esprit de la ru*e appr5d sa rsolution la f\le4 ,s'il e/ c]ta9 que les abeilles communiqu5t entre elles1 on ignore si elles le font la manire des hommes4 ,ce b\rdonnem5t p>fum de miel1 ce frmissem5t enivr des belles j\rnes d't1 qui e/ un des plus d\x plaisirs de l'leveur d'abeilles1 ce *ant de fte du travail qui monte et qui desc5d t\t aut\r du ru*] dans le cri/al de l'heure1 et qui semble le murmure d'allgresse des fleurs pan\ies1 l'hymne de leur bonheur1 l'*o de leurs odeurs suaves1 la voix des illets blancs1 du ?ym1 des m>jola9es1 il n'e/ pas c]ta9 qu'elles l'ent5d5t4 ,elles ont cep5dant t\te une gamme de sons que n\s-mmes disc]nons et qui va de la flicit pr(onde la m5ace1 la colre1 la dtresse2 elles ont l'ode de la re9e1 les refra9s de l'abondance1 les psaumes de la d\leur2 elles ont enf9 les longs et my/rieux cris de gu]re des pr9cesses adolesc5tes dans les combats et les massacres qui prcd5t le vol nuptial4 ,e/-ce une musique de has>d qui n'effleure pas leur sil5ce intrieur8 ,t\j\rs e/-il qu'elles ne s'meuv5t pas des bruits que n\s produisons aut\r de la ru*e1 mais elles jug5t peut-tre que ces bruits ne sont pas de leur monde et n'ont aucun intrt p\r elles4 ,il e/ vraisemblable que1 de notre ct1 n\s n'ent5dons qu'une m9ime p>tie de ce qu'elles dis5t1 et qu'elles mett5t une f\le d'h>monies que nos organes ne sont pas faits p\r p]cevoir4 ,en t\t cas1 n\s v]rons plus lo9 qu'elles sav5t s'ent5dre et se conc]t] avec une rapidit p>fois prodigieuse1 et qu&1 p> exemple1 le gr& pilleur de miel1 l'norme ,sph9x ,atropos1 le papillon s9i/re qui porte sur le dos une tte de mort1 pntre dans la ru*e au murmure d'une sorte d'incantation irrsi/ible qui lui e/ propre1 de pro*e en pro*e la n\velle circule et1 des g>des de l'entre aux d]nires ouvrires qui travaill5t1 l-bas1 sur les d]ni]s rayons1 t\t le peuple tressaille4 ,,vi ,on a cru longtemps qu'en ab&onnant les trsors de leur royaume1 p\r s'lanc] a9si dans la vie inc]ta9e1 les sages m\*es miel1 si conomes1 si sobres1 si prvoyantes d'habitude1 obissai5t une sorte de folie fatale1 une impulsion ma*9ale1 une loi de l'espce1 un dcret de la nature1 cette =ce qui p\r t\s les tres e/ ca*e dans le temps qui s'c\le4 ,s'agit-il de l'abeille ou de n\s-mmes1 n\s appelons fatal t\t ce que n\s ne compr5ons pas encore4 ,mais auj\rd'hui1 la ru*e a livr deux ou trois de ses secrets matriels1 et on a con/at que cet exode n'e/ ni in/9ctif1 ni 9vitable4 ,ce n'e/ pas une migration aveugle1 mais un sacrifice qui p>at raisonn1 de la gnration prs5te la gnration future4 ,il suffit que l'apiculteur dtruise en leurs cellules les jeunes re9es encore in]tes1 et qu'en mme temps1 si les l>ves et les nymphes sont nombreuses1 il agr&isse les entrepts et les dortoirs de la nation3 sur l'heure1 t\t le tumulte improductif s'abat comme les g\ttes d'or d'une pluie obissante1 le travail habituel se rp& sur les fleurs1 et1 dev5ue indisp5sable1 n'esprant ou ne r$\tant plus de successeur1 rassure sur l'av5ir de l'activit qui va natre1 la vieille re9e r5once revoir cette anne la lumire du soleil4 ,elle repr5d paisiblem5t1 dans les tnbres1 sa t*e mat]nelle qui consi/e pondre1 en suivant une spirale m?odique1 de cellule en cellule1 sans en omettre une seule1 sans s'arrt] jamais1 deux ou trois mille ufs *aque j\r4 ,qu'y a-t-il de fatal en t\t ceci que l'am\r de la race d'auj\rd'hui p\r la race de dema98 ,cette fatalit exi/e aussi dans l'espce huma9e1 mais sa puissance et son t5due y sont mo9dres4 ,elle n'y produit jamais de ces gr&s sacrifices totaux et unanimes4 ,a quelle fatalit prvoyante obissons-n\s qui remplace celle-ci8 ,n\s l'ignorons et ne connaissons po9t l'tre qui n\s reg>de comme n\s reg>dons les abeilles4 ,,vii ,mais l'homme ne tr\ble po9t l'hi/oire de la ru*e que n\s avons *oisie1 et l'ardeur encore t\te m\ille d'une belle j\rne qui s'avance pas tranquilles et dj rayonnants s\s les arbres1 hte l'heure du d"p4 ,du haut en bas des corridors dors qui sp>5t les murailles p>allles1 les ouvrires a*v5t les prp>atifs du voyage4 ,et d'abord1 *acune d'elles se *>ge d'une provision de miel suffisante p\r c9q ou six j\rs4 ,de ce miel qu'elles emport5t1 elles tir]ont1 p> une *imie qu'on n'a pas encore clairem5t explique1 la cire ncessaire p\r comm5c] immdiatem5t la con/ruction des difices4 ,elles se muniss5t en outre d'une c]ta9e quantit de propolis1 qui e/ une sorte de rs9e de/9e ma/iqu] les f5tes de la n\velle demeure1 y fix] t\t ce qui branle1 en v]nir t\tes les p>ois1 en exclure t\te lumire1 c> elles aim5t travaill] dans une obscurit presque complte1 o elles se dirig5t l'aide de leurs yeux facettes ou peut-tre de leurs ant5nes1 qu'on suppose le sige d'un s5s inconnu qui palpe et mesure les tnbres4 ,,viii ,elles sav5t donc prvoir les av5tures de la j\rne la plus dang]euse de leur exi/5ce4 ,auj\rd'hui1 en effet1 t\t entires aux s\cis et aux has>ds peut-tre prodigieux du gr& acte1 elles n'auront pas le temps de visit] les j>d9s et les prs1 et dema91 aprs-dema91 il e/ possible qu'il v5te1 qu'il pleuve1 que leurs ailes se glac5t et que les fleurs ne s'ouvr5t po9t4 ,a dfaut de cette prvoyance1 ce s]ait la fam9e et la mort4 ,nul ne vi5drait leur sec\rs et elles n'implor]ai5t le sec\rs de p]sonne4 ,de cit cit elles ne se connaiss5t po9t et ne s'aid5t jamais4 ,il arrive mme que l'apiculteur in/alle la ru*e o il a recueilli la vieille re9e et la grappe d'abeilles qui l'ent\re t\t ct de la demeure qu'elles vi5n5t de quitt]4 ,quel que soit le dsa/re qui les frappe1 on dirait qu'elles en ont irrvocablem5t oubli la paix1 la flicit laborieuse1 les normes ri*esses et la scurit1 et t\tes1 une une1 et jusqu' la d]nire1 m\rront de froid et de faim aut\r de leur malheureuse s\v]a9e1 plutt que de r5tr] dans la maison natale1 dont la bonne odeur d'abondance1 qui n'e/ que le p>fum de leur travail pass1 pntre jusqu' leur dtresse4 ,,ix ,voil1 dira-t-on1 ce que ne f]ai5t pas les hommes1 un de ces faits qui pr\v5t que1 malgr les m]veilles de cette organisation1 il il n'y a l ni intellig5ce ni consci5ce vritables4 ,qu'en savons-n\s8 ,outre qu'il e/ =t admissible qu'il y ait en d'autres tres une intellig5ce d'une autre nature que la ntre1 et qui produise des effets trs diffr5ts sans tre infrieurs1 sommes-n\s1 t\t en ne sortant pas de notre petite p>oisse huma9e1 si bons juges des *oses de l'esprit8 ,il suffit que n\s voyions deux ou trois p]sonnes caus] et s'agit] d]rire une f5tre1 sans ent5dre ce qu'elles dis5t1 et dj il n\s e/ bi5 difficile de dev9] la p5se qui les mne4 ,croyez-v\s qu'un habitant de ,m>s ou de ,vnus1 qui1 du haut d'une montagne1 v]rait all] et v5ir p> les rues et les places publiques de nos villes1 les petits po9ts noirs que n\s sommes dans l'espace1 se =m]ait au spectacle de nos m\vem5ts1 de nos difices1 de nos canaux1 de nos ma*9es1 une ide exacte de notre intellig5ce1 de notre morale1 de notre manire d'aim]1 de p5s]1 d'espr]1 en un mot1 de l'tre intime et rel que n\s sommes8 ,il se born]ait con/at] quelques faits assez surpr5ants1 comme n\s le faisons dans la ru*e1 et en tir]ait probablem5t des conclusions aussi inc]ta9es1 aussi errones que les ntres4 ,en t\t cas1 il aurait bi5 du mal dc\vrir dans nos petits po9ts noirs la gr&e direction morale1 l'admirable s5tim5t unanime qui clate dans la ru*e1 ,o vont-ils8 se dem&]ait-il1 aprs n\s avoir obs]vs durant des annes ou des sicles2 que font-ils8 quel e/ le lieu c5tral et le b de leur vie8 obiss5t-ils quelque dieu8 ,je ne vois ri5 qui conduise leurs pas4 ,un j\r ils sembl5t difi] et amass] de petites *oses1 et le l5dema9 les dtruis5t et les p>pill5t4 ,ils s'en vont et revi5n5t1 ils s'assembl5t et se disp]s5t1 mais on ne sait ce qu'ils dsir5t4 ,ils (fr5t une f\le de spectacles inexplicables4 ,on en voit1 p> exemple1 qui ne font p\r a9si dire aucun m\vem5t4 ,on les reconnat leur pelage plus lu/r2 s\v5t aussi ils sont plus volum9eux que les autres4 ,ils occup5t des demeures dix ou v+t fois plus va/es1 plus +nieusem5t ordonnes et plus ri*es que les demeures ord9aires4 ,ils y font t\s les j\rs des repas qui se prolong5t durant des heures et p>fois =t avant dans la nuit4 ,t\s ceux qui les appro*5t p>aiss5t les honor]1 et des porteurs de vivres sort5t des maisons vois9es et vi5n5t mme du fond de la campagne p\r leur faire des prs5ts4 ,il faut croire qu'ils sont indisp5sables et r5d5t l'espce des s]vices ess5tiels1 bi5 que nos moy5s d'inve/igation ne n\s ai5t po9t encore p]mis de reconnatre avec exactitude la nature de ces s]vices4 ,on en voit d'autres1 au contraire1 qui dans de gr&es cases encombres de r\es qui t\rbillonn5t1 dans des rduits obscurs1 aut\r des ports et sur de petits c>rs de t]re qu'ils f\ill5t de l'aurore au c\*] du soleil1 ne cess5t de s'agit] pniblem5t4 ,t\t n\s fait suppos] que cette agitation e/ punissable4 ,on les loge1 en effet1 dans d'troites huttes1 malpropres et dlabres4 ,ils sont c\v]ts d'une sub/ance incolore4 ,telle p>at tre leur ardeur leur uvre nuisible1 ou t\t au mo9s inutile1 qu'ils pr5n5t pe9e le temps de dormir et de mang]4 ,leur nombre e/ aux premi]s comme mille e/ un4 ,il e/ rem>quable que l'espce ait pu se ma9t5ir jusqu' nos j\rs dans des conditions aussi dfavorables son dveloppem5t4 ,du re/e1 il convi5t d'aj\t] que1 hormis cette ob/9ation c>actri/ique leurs agitations pnibles1 ils ont l'air in(f5sif et docile et s'accommod5t des re/es de ceux qui sont videmm5t les g>di5s et peut-tre les sauveurs de la race4 ,x ,n'e/-il pas tonnant que la ru*e que n\s voyons a9si confusm5t1 du haut d'un autre monde1 n\s fasse1 au premi] reg>d que n\s y jetons1 une rponse sre et pr(onde8 ,n'e/-il pas admirable que ses difices ple9s de c]titude1 ses usages1 ses lois1 son organisation conomique et politique1 ses v]tus et ses cruauts mmes1 n\s montr5t immdiatem5t la p5se ou le dieu que les abeilles s]v5t1 et qui n'e/ pas le dieu le mo9s lgitime ni le mo9s raisonnable qu'on puisse concevoir1 bi5 que le seul peut-tre que n\s n'ayons pas encore srieusem5t ador1 je veux dire l'av5ir8 ,n\s *]*ons p>fois1 dans notre hi/oire huma9e1 valu] la =ce et la gr&eur morale d'un peuple ou d'une race1 et n\s ne tr\vons pas d'autre mesure que la p]si/ance et l'ampleur de l'idal qu'ils p\rsuiv5t et l'abngation avec laquelle ils s'y dv\5t4 ,avons-n\s r5contr frquemm5t un idal plus con=me aux dsirs de l',univ]s1 plus f]me1 plus augu/e1 plus ds9tress1 plus manife/e1 et une abngation plus totale et plus hroque8 ,,xi trange petite rpublique si logique et si grave1 si positive1 si m9utieuse1 si conome et cep5dant victime d'un rve si va/e et si prcaire6 ,petit peuple si dcid et si pr(ond1 n\rri de *aleur et de lumire et de ce qu'il y a de plus pur dans la nature1 l'me des fleurs1 c'e/--dire le s\rire le plus vid5t de la matire et son ef=t le plus t\*ant v]s le bonheur et la beaut1 qui n\s dira les problmes que v\s avez rsolus et qui n\s re/5t rs\dre1 les c]titudes que v\s avez acquises et qui n\s re/5t acqurir8 ,et s'il e/ vrai que v\s ayez rsolu ces problmes1 acquis ces c]titudes1 non pas l'aide de l'intellig5ce1 mais en v]tu de quelque impulsion primitive et aveugle1 quelle nigme plus insoluble encore ne n\s p\ssez-v\s po9t8 ,petite cit ple9e de foi1 d'esprances1 de my/res1 p\rquoi vos c5t mille vi]ges accept5t-elles une t*e qu'aucun esclave huma9 n'a jamais accepte8 ,mnagres de leurs =ces1 un peu mo9s oublieuses d'elles-mmes1 un peu mo9s ard5tes la pe9e1 elles rev]rai5t un autre pr9temps et un second t2 mais dans le mom5t magnifique o t\tes les fleurs les appell5t1 elles sembl5t frappes de l'ivresse mortelle du travail1 et1 les ailes brises1 le corps rduit ri5 et c\v]t de blessures1 elles priss5t presque t\tes en mo9s de c9q sema9es4 ,tantus amor florum1 et g5]&i gloria mellis1 s'crie ,virgile1 qui n\s a transmis dans le quatrime livre des ,gorgiques1 consacr aux abeilles1 les erreurs *>mantes des anci5s1 qui obs]vai5t la nature d'un il encore t\t bl\i de la prs5ce de dieux imag9aires4 ,,xii ,p\rquoi r5onc5t-elles au sommeil1 aux dlices du miel1 l'am\r1 aux loisirs adorables que connat1 p> exemple1 leur frre ail1 le papillon8 ,ne p\rrai5t-elles pas vivre comme lui8 ,ce n'e/ pas la faim qui les presse4 ,deux ou trois fleurs suffis5t les n\rrir et elles en visit5t deux ou trois c5ts p> heure p\r accumul] un trsor dont elles ne gt]ont pas la d\ceur4 ,a quoi bon se donn] tant de mal1 d'o vi5t tant d'assurance8 ,il e/ donc bi5 c]ta9 que la gnration p\r laquelle v\s m\rez mrite ce sacrifice1 qu'elle s]a plus belle et plus heureuse1 qu'elle f]a quelque *ose que v\s n'ayez pas fait8 ,n\s voyons votre b1 il e/ aussi clair que le ntre3 v\s v\lez vivre en votre desc5dance aussi longtemps que la t]re elle-mme2 mais quel e/ donc le b de ce gr& b et la mission de cette exi/5ce t]nellem5t r5\vele8 ,mais n'e/-ce pas plutt n\s qui n\s t\rm5tons dans l'hsitation et l'erreur1 qui sommes des rveurs purils et qui v\s posons des que/ions inutiles8 ,v\s s]iez1 d'volutions en volutions1 dev5ues t\tes-puissantes et bi5 heureuses1 v\s s]iez arrives aux d]nires hauteurs d'o v\s dom9]iez les lois de la nature1 v\s s]iez enf9 des desses immortelles1 que n\s v\s int]rog]ions encore et v\s dem&]ions ce que v\s esprez1 o v\s v\lez all]1 o v\s comptez v\s arrt] et v\s dcl>] sans dsir4 ,n\s sommes a9si faits que ri5 ne n\s cont5te1 que ri5 ne n\s semble avoir son b en d$ans de soi1 que ri5 ne n\s p>at exi/] simplem5t1 sans arrire-p5se4 ,avons-n\s pu jusqu' ce j\r imag9] un seul de nos dieux1 depuis le plus grossi] jusqu'au plus raisonnable1 sans le faire immdiatem5t s'agit]1 sans l'oblig] de crer une f\le d'tres et de *oses1 de *]*] mille f9s p> del lui-mme1 et n\s rsign]ons-n\s jamais reprs5t] tranquillem5t et durant quelques heures une =me intressante de l'activit de la matire1 p\r repr5dre bi5tt1 sans regrets et sans tonnem5t1 l'autre =me qui e/ l'inconsci5te1 l'inconnue1 l'endormie1 l't]nelle8 ,,xiii ,mais n'oublions pas notre ru*e o l'essaim p]d pati5ce1 notre ru*e qui b\illonne et dborde dj de flots noirs et vibrants1 tels qu'un vase sonore s\s l'ardeur du soleil4 ,il e/ midi1 et l'on dirait qu'aut\r de la *aleur qui rgne1 les arbres assembls reti5n5t t\tes leurs feuilles1 comme on reti5t son s\ffle en prs5ce d'une *ose trs d\ce1 mais trs grave4 ,les abeilles donn5t le miel et la cire odorante l'homme qui les soigne2 mais1 ce qui vaut peut-tre mieux que le miel et la cire1 c'e/ qu'elles appell5t son att5tion sur l'allgresse de ju91 c'e/ qu'elles lui font gt] l'h>monie des beaux mois1 c'e/ que t\s les vnem5ts o elles se ml5t sont lis aux ciels purs1 la fte des fleurs1 aux heures les plus heureuses de l'anne4 ,elles sont l'me de l't1 l'horloge des m9utes d'abondance1 l'aile dilig5te des p>fums qui s'lanc5t1 l'intellig5ce des rayons qui plan5t1 le murmure des cl>ts qui tressaill5t1 le *ant de l'atmosphre qui s'tire et se repose1 et leur vol e/ le signe visible1 la note conva9cue et musicale des petites joies innombrables qui naiss5t de la *aleur et viv5t dans la lumire4 ,elles font compr5dre la voix la plus intime des bonnes heures naturelles4 ,a qui les a connues1 qui les a aimes1 un t sans abeilles semble aussi malheureux et aussi imp>fait que s'il tait sans oiseaux et sans fleurs4 ,,xiv ,celui qui assi/e p\r la premire fois cet pisode ass\rdissant et dsordonn qu'e/ l'essaimage d'une ru*e bi5 peuple e/ assez dconc]t et n'appro*e qu'avec cra9te4 ,il ne reconnat plus les srieuses et paisibles abeilles des heures laborieuses4 ,il les avait vues quelques in/ants aup>avant arriv] de t\s les co9s de la campagne1 proccupes comme de petites b\rgeoises que ri5 ne saurait di/raire des affaires du mnage4 ,elles entrai5t presque inap]ues1 puises1 ess\ffles1 empresses1 agites1 mais discrtes1 salues au passage d'un lg] signe des ant5nes p> les jeunes amazones du portail4 ,t\t au plus1 *angeai5t-elles les trois ou quatre mots1 probablem5t indisp5sables1 en remettant en hte leur rcolte de miel l'une des porteuses adolesc5tes qui /ationn5t t\j\rs dans la c\r intrieure de l'us9e2--ou bi5 elles allai5t dpos] elles-mmes1 dans les va/es gr5i]s qui ent\r5t le c\va91 les deux l\rdes corbeilles de poll5 accro*es leurs cuisses1 p\r rep>tir immdiatem5t aprs1 sans s'inquit] de ce qui se passait dans les ateli]s1 dans le dortoir des nymphes ou le palais royal1 sans se ml]1 ne ft-ce qu'un in/ant1 au br\haha de la place publique qui s't5d devant le seuil1 et qu'encombr5t1 aux heures de grosse *aleur1 les bav>dages des v5tileuses qui1 suivant l'expression pittoresque des apiculteurs1 font la b>be4 ,,xv ,auj\rd'hui1 t\t e/ *ang4 ,il e/ vrai qu'un c]ta9 nombre d'ouvrires1 paisiblem5t1 comme si ri5 n'allait se pass]1 vont aux *amps1 en revi5n5t1 nettoi5t la ru*e1 mont5t aux *ambres du c\va91 sans se laiss] gagn] p> l'ivresse gnrale4 ,ce sont celles qui n'accompagn]ont pas la re9e et re/]ont dans la vieille demeure p\r la g>d]1 p\r soign] et n\rrir les neuf ou dix mille ufs1 les dix-huit mille l>ves1 les tr5te-six mille nymphes et les sept ou huit pr9cesses qu'on ab&onne4 ,elles sont *oisies p\r ce devoir au/re1 sans qu'on sa*e en v]tu quelles rgles1 ni p> qui1 ni comm5t4 ,elles y sont tranquillem5t et inflexiblem5t fidles1 et bi5 que j'aie r5\vel ma9tes fois l'expri5ce1 en p\drant d'une matire colorante quelques-unes de ces c5drillons rsignes1 qu'on reconnat assez facilem5t leur allure srieuse et un peu l\rde p>mi le peuple en fte1 il e/ bi5 r>e que j'en aie retr\v une dans la f\le enivre de l'essaim4 ,,xvi ,et cep5dant1 l'attrait p>at irrsi/ible4 ,c'e/ le dlire du sacrifice1 peut-tre inconsci5t1 ordonn p> le dieu1 c'e/ la fte du miel1 la victoire de la race et de l'av5ir1 c'e/ le seul j\r de joie1 d'oubli et de folie1 c'e/ l'unique diman*e des abeilles4 ,c'e/ aussi1 croirait-on1 le seul j\r o elles mang5t leur faim et connaiss5t ple9em5t la d\ceur du trsor qu'elles amass5t4 ,elles ont l'air de prisonnires dlivres et subitem5t transportes dans un pays d'exubrance et de dlassem5ts4 ,elles exult5t1 ne se possd5t plus4 ,elles qui ne font jamais un m\vem5t imprcis ou inutile1 elles vont1 elles vi5n5t1 sort5t1 r5tr5t1 ressort5t p\r excit] leurs surs1 voir si la re9e e/ prte1 t\rdir leur att5te4 ,elles vol5t beauc\p plus haut que de c\tume et font vibr] t\t aut\r du ru*] les feuillages des gr&s arbres4 ,elles n'ont plus ni cra9tes ni s\cis4 ,elles ne sont plus f>\*es1 tatillonnes1 s\ponneuses1 irritables1 agressives1 indomptables4 ,l'homme1 le matre ignor qu'elles ne reconnaiss5t jamais et qui ne p>vi5t les ass]vir qu'en se pliant t\tes leurs habitudes de travail1 en respectant t\tes leurs lois1 en suivant pas pas le sillon que trace dans la vie leur intellig5ce t\j\rs dirige v]s le bi5 de dema9 et que ri5 ne dconc]te ni ne dt\rne de son b1 l'homme peut les appro*]1 d*ir] le rideau blond et tide que =m5t aut\r de lui leurs t\rbillons ret5tissants1 les pr5dre dans la ma91 les cueillir1 comme une grappe de fruits1 elles sont aussi d\ces1 aussi in(f5sives qu'une nue de libellules ou de phalnes et1 ce j\r-l1 heureuses1 ne possdant plus ri51 confiantes en l'av5ir1 p\rvu qu'on ne les sp>e pas de leur re9e qui porte en elle cet av5ir1 elles se s\mett5t t\t et ne bless5t p]sonne4 ,,xvii ,mais le vritable signal n'e/ pas encore donn4 ,dans la ru*e1 c'e/ une agitation inconcevable et un dsordre dont on ne peut dc\vrir la p5se4 ,en temps ord9aire1 r5tres *ez elles1 les abeilles oubli5t qu'elles ont des ailes1 et *acune se ti5t peu prs immobile1 mais non pas inactive1 sur les rayons1 la place qui lui e/ assigne p> son g5re de travail4 ,ma9t5ant1 affoles1 elles se meuv5t en c]cles compacts du haut en bas des p>ois v]ticales1 comme une pte vibrante remue p> une ma9 invisible4 ,la temprature intrieure s'lve rapidem5t1 tel po9t1 p>fois1 que la cire des difices s'amollit et se d=me4 ,la re9e1 qui d'habitude ne quitte jamais les rayons du c5tre1 p>c\rt p]due1 haletante1 la surface de la f\le vhm5te qui t\rne et ret\rne sur soi4 ,e/-ce p\r ht] le d"p ou p\r le ret>d]8 ,ordonne-t-elle ou bi5 implore-t-elle8 ,propage-t-elle l'motion prodigieuse ou si elle la subit8 ,il p>at assez vid5t1 d'aprs ce que n\s savons de la psy*ologie gnrale de l'abeille1 que l'essaimage se fait t\j\rs contre le gr de la vieille s\v]a9e4 ,au fond1 la re9e e/1 aux yeux des asctiques ouvrires que sont ses filles1 l'organe de l'am\r1 indisp5sable et sacr1 mais un peu inconsci5t et s\v5t puril4 ,aussi la trait5t-elles comme une mre en tutelle4 ,elles ont p\r elle un respect1 une t5dresse hroque et sans bornes4 ,a elle e/ rs]v le miel le plus pur1 spcialem5t di/ill et presque entirem5t assimilable4 ,elle a une escorte de satellites ou de licteurs1 selon l'expression de ,pl9e1 qui veille sur elle nuit et j\r1 facilite son travail mat]nel1 prp>e les cellules o elle doit pondre1 la *oie1 la c>esse1 la n\rrit1 la nettoie1 absorbe mme ses excrm5ts4 ,au mo9dre accid5t qui lui arrive1 la n\velle se rp& de pro*e en pro*e1 et le peuple se b\scule et se lam5te4 ,si on l'enlve la ru*e1 et que les abeilles ne puiss5t espr] de la remplac]1 soit qu'elle n'ait pas laiss de desc5dance prde/9e1 soit qu'il n'y ait pas de l>ves d'ouvrires ges de mo9s de trois j\rs 7c> t\te l>ve d'ouvrire qui a mo9s de trois j\rs peut1 grce une n\rriture p>ticulire1 tre trans=me en nymphe royale1 c'e/ le gr& pr9cipe dmocratique de la ru*e qui comp5se les prrogatives de la prde/9ation mat]nelle71 si1 dans ces circon/ances1 on la saisit1 on l'emprisonne1 et qu'on la porte lo9 de sa demeure1 sa p]te con/ate1--il s'c\le p>fois deux ou trois heures avant qu'elle soit connue de t\t le monde1 tant la cit e/ va/e1--le travail cesse peu prs p>t\t4 ,on ab&onne les petits1 une p>tie de la population erre et l en qute de sa mre1 une autre sort sa re*]*e1 les guirl&es d'ouvrires occupes btir les rayons se romp5t et se dsagrg5t1 les but9euses ne visit5t plus les fleurs1 les g>des de l'entre ds]t5t leur po/e1 et les pill>des trangres1 t\s les p>asites du miel1 p]ptuellem5t l'afft d'une auba9e1 entr5t et sort5t librem5t sans que p]sonne songe df5dre le trsor prem5t amass4 ,peu peu1 la cit s'appauvrit et se dpeuple1 et ses habitantes1 dc\rages1 ne t>d5t pas m\rir de tri/esse et de misre1 bi5 que t\tes les fleurs de l't clat5t devant elles4 ,mais qu'on leur re/itue leur s\v]a9e avant que sa p]te soit passe en =ce de *ose accomplie et irrmdiable1 avant que la dmoralisation soit trop pr(onde 7les abeilles sont comme les hommes1 un malheur et un dsespoir prolong rompt leur intellig5ce et dgrade leur c>actre71 qu'on la leur re/itue quelques heures aprs1 et l'accueil qu'elles lui font e/ extraord9aire et t\*ant4 ,t\tes s'empress5t aut\r d'elle1 s'attr\p5t1 grimp5t les unes sur les autres1 la c>ess5t1 au passage1 de leurs longues ant5nes qui conti5n5t tant d'organes encore inexpliqus1 lui prs5t5t du miel1 l'escort5t en tumulte jusqu'aux *ambres royales4 ,aussitt l'ordre se rtablit1 le travail repr5d1 des rayons c5traux du c\va9 jusqu'aux plus lo9ta9es annexes o s'entasse le surplus de la rcolte1 les but9euses sort5t en files noires et r5tr5t p>fois mo9s de trois m9utes aprs dj *>ges de nect> et de poll51 les pill>ds et les p>asites sont expulss ou massacrs1 les rues sont balayes1 et la ru*e ret5tit d\cem5t et monotonem5t de ce *ant bi5heureux et si p>ticuli] qui e/ le *ant intime de la prs5ce royale4 ,,xviii ,on a mille exemples de cet atta*em5t1 de ce dv\em5t absolu des ouvrires leur s\v]a9e4 ,dans t\tes les cata/rophes de la petite rpublique1 la *ute de la ru*e ou des rayons1 la brutalit ou l'ignorance de l'homme1 le froid1 la fam9e1 la maladie mme1 si le peuple prit en f\le1 presque t\j\rs la re9e e/ sauve et on la retr\ve vivante s\s les cadavres de ses filles fidles4 ,c'e/ que t\tes la protg5t1 facilit5t sa fuite1 lui font de leur corps un remp>t et un abri1 lui rs]v5t la n\rriture la plus sa9e et les d]nires g\ttes de miel4 ,et tant qu'elle e/ en vie1 quel que soit le dsa/re1 le dc\ragem5t n'entre pas dans la cit des *a/es buveuses de rose4 ,brisez v+t fois de suite leurs rayons1 enlevez-leur v+t fois leurs enfants et leurs vivres1 v\s n'arriv]ez pas les faire d\t] de l'av5ir2 et dcimes1 affames1 rduites une petite tr\pe qui peut pe9e dissimul] leur mre aux yeux de l'ennemi1 elles rorganis]ont les rglem5ts de la colonie1 p\rvoiront au plus press1 se p>tag]ont n\veau la besogne selon les ncessits anormales du mom5t malheureux1 et repr5dront immdiatem5t le travail avec une pati5ce1 une ardeur1 une intellig5ce1 une tnacit qu'on ne retr\ve pas s\v5t ce degr dans la nature1 bi5 que la plup>t des tres y montr5t plus de c\rage et de confiance que l'homme4 ,p\r c>t] le dc\ragem5t et entret5ir leur am\r1 il ne faut mme pas que la re9e soit prs5te1 il suffit qu'elle ait laiss l'heure de sa mort ou de son d"p le plus fragile espoir de desc5dance4 ,n\s avons vu1 dit le vnrable ,lang/ro?1 l'un des pres de l'apiculture mod]ne1 n\s avons vu une colonie qui n'avait pas assez d'abeilles p\r c\vrir un rayon de dix c5timtres c>rs essay] d'lev] une re9e4 ,p5dant deux sema9es entires elles en cons]vr5t l'espoir2 la f91 lorsque leur nombre tait rduit de moiti1 leur re9e naquit1 mais ses ailes tai5t si imp>faites qu'elle ne put vol]4 ,quoiqu'elle ft impot5te1 ses abeilles ne la traitr5t pas avec mo9s de respect4 ,une sema9e plus t>d1 il ne re/ait gure plus d'une d\za9e d'abeilles2 enf91 quelques j\rs aprs1 la re9e avait disp>u1 laissant sur les rayons quelques malheureuses inconsolables4 ,,xix ,voici1 entre autres1 une circon/ance1 ne des preuves in\es que notre int]v5tion rc5te et tyrannique fait subir aux in=tunes mais 9branlables hrones1 o l'on saisit au vif le d]ni] ge/e de l'am\r filial et de l'abngation4 ,j'ai plus d'une fois1 comme t\t amateur d'abeilles1 fait v5ir d',italie des re9es fcondes1 c> la race itali5ne e/ meilleure1 plus robu/e1 plus prolifique1 plus active et plus d\ce que la ntre4 ,ces envois se font dans de petites botes p]ces de tr\s4 ,on y met quelques vivres et on y r5f]me la re9e accompagne d'un c]ta9 nombre d'ouvrires1 *oisies autant que possible p>mi les plus ges 7l'ge des abeilles se reconnat assez facilem5t leur corps plus poli1 amaigri1 presque *auve1 et surt\t leurs ailes ues et d*ires p> le travail71 p\r la n\rrir1 la soign] et veill] sur elle durant le voyage4 ,bi5 s\v5t1 l'arrive1 la plup>t des ouvrires avai5t succomb4 ,une fois mme1 t\tes tai5t mortes de faim2 mais1 cette fois comme les autres1 la re9e tait intacte et vig\reuse1 et la d]nire de ses compagnes avait probablem5t pri en (frant sa s\v]a9e1 symbole d'une vie plus prcieuse et plus va/e que la si5ne1 la d]nire g\tte de miel qu'elle t5ait en rs]ve au fond de son jabot4 ,,xx ,l'homme ayant obs]v cette affection si con/ante a su t\rn] son avantage l'admirable s5s politique1 l'ardeur au travail1 la p]svrance1 la magnanimit1 la passion de l'av5ir qui en dc\l5t ou s'y tr\v5t r5f]ms4 ,c'e/ grce elle que depuis quelques annes il e/ p>v5u dome/iqu] jusqu' un c]ta9 po9t1 et leur insu1 les f>\*es gu]rires1 c> elles ne cd5t aucune =ce trangre1 et dans leur inconsci5te s]vitude elles ne s]v5t encore que leurs propres lois ass]vies4 ,il peut croire qu'en t5ant la re9e1 il ti5t dans sa ma9 l'me et les de/9es de la ru*e4 ,selon la manire dont il en use1 dont il en j\e1 p\r a9si dire1 il provoque1 p> exemple1 et multiplie1 il emp*e ou re/re9t l'essaimage1 il runit ou divise les colonies1 il dirige l'migration des royaumes4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai que la re9e n'e/ au fond qu'une sorte de vivant symbole1 qui1 comme t\s les symboles1 reprs5te un pr9cipe mo9s visible et plus va/e1 dont il e/ bon que l'apiculteur ti5ne compte s'il ne veut pas s'expos] plus d'une dconv5ue4 ,au re/e1 les abeilles ne s'y tromp5t po9t et ne p]d5t pas de vue1 trav]s leur re9e visible et phmre1 leur vritable s\v]a9e immatrielle et p]man5te1 qui e/ leur ide fixe4 ,que cette ide soit consci5te ou non1 cela n'importe que si n\s v\lons plus spcialem5t admir] les abeilles qui l'ont ou la nature qui l'a mise en elles4 ,en quelque po9t qu'elle se tr\ve1 dans ces petits corps si frles1 ou dans le gr& corps inconnaissable1 elle e/ digne de notre att5tion4 ,et1 p\r le dire en passant1 si n\s pr5ions g>de ne pas subordonn] notre admiration tant de circon/ances de lieu ou d'orig9e1 n\s ne p]drions pas si s\v5t l'occasion d'ouvrir nos yeux avec tonnem5t1 et ri5 n'e/ plus salutaire que de les ouvrir a9si4 ,,xxi ,on se dira que ce sont l des conjectures bi5 has>deuses et trop huma9es1 que les abeilles n'ont probablem5t aucune ide de ce g5re1 et que la notion de l'av5ir1 de l'am\r de la race1 et tant d'autres que n\s leur attribuons1 ne sont au fond que les =mes que pr5n5t p\r elles la ncessit de vivre1 la cra9te de la s\ffrance et de la mort et l'attrait du plaisir4 ,j'en convi5s2 t\t cela1 si l'on veut1 n'e/ qu'une manire de p>l]1 aussi n'y atta*-je pas gr&e importance4 ,la seule *ose c]ta9e ici1 comme elle e/ la seule *ose c]ta9e dans t\t ce que n\s savons1 c'e/ que l'on con/ate que dans telle et telle circon/ance1 les abeilles se conduis5t env]s leur re9e de telle ou telle faon4 ,le re/e e/ un my/re aut\r duquel on ne peut faire que des conjectures plus ou mo9s agrables1 plus ou mo9s +nieuses4 ,mais si n\s p>lions des hommes1 comme il s]ait peut-tre sage de p>l] des abeilles1 aurions-n\s le droit d'en dire beauc\p davantage8 ,n\s aussi n\s n'obissons qu'aux ncessits1 l'attrait du plaisir ou l'horreur de la s\ffrance1 et ce que n\s appelons notre intellig5ce a la mme orig9e et la mme mission que ce que n\s appelons in/9ct *ez les animaux4 ,n\s accomplissons c]ta9s actes1 dont n\s croyons connatre les effets1 n\s en subissons1 dont n\s n\s flattons de pntr] les causes mieux qu'ils ne font2 mais outre que cette supposition ne repose sur ri5 d'9branlable1 ces actes sont m9imes et r>es1 comp>s la f\le norme des autres1 et t\s1 les mieux connus et les plus ignors1 les plus petits et les plus gr&ioses1 les plus pro*es et les plus loigns1 s'accompliss5t dans une nuit pr(onde o il e/ probable que n\s sommes peu prs aussi aveugles que n\s supposons que le sont les abeilles4 ,,xxii ,on convi5dra1 dit quelque "p ,buffon1 qui a contre les abeilles une rancune assez plaisante1 on convi5dra qu' pr5dre ces m\*es une une1 elles ont mo9s de gnie que le *i51 le s+e et la plup>t des animaux2 on convi5dra qu'elles ont mo9s de docilit1 mo9s d'atta*em5t1 mo9s de s5tim5t1 mo9s1 en un mot1 de qualits relatives aux ntres2 ds lors on doit conv5ir que leur intellig5ce app>5te ne vi5t que de leur multitude runie2 cep5dant cette runion mme ne suppose aucune intellig5ce1 c> ce n'e/ po9t p> des vues morales qu'elles se runiss5t1 c'e/ sans leur cons5tem5t qu'elles se tr\v5t ensemble4 ,cette socit n'e/ donc qu'un assemblage physique1 ordonn p> la nature1 et indp5dant de t\te connaissance1 de t\t raisonnem5t4 ,la mre abeille produit dix mille individus t\t la fois1 et dans le mme lieu2 ces dix mille individus1 fuss5t-ils encore mille fois plus /upides que je ne le suppose1 s]ont obligs1 p\r cont9u] seulem5t d'exi/]1 de s'arrang] de quelque faon2 comme ils agiss5t t\s les uns comme les autres avec des =ces gales1 euss5t-ils comm5c p> se nuire1 =ce de se nuire ils arriv]ont bi5tt se nuire le mo9s possible1 c'e/--dire s'aid]2 ils auront donc l'air de s'ent5dre et de conc\rir au mme b2 l'obs]vateur leur prt]a bi5tt des vues et t\t l'esprit qui leur manque1 il v\dra r5dre raison de *aque action1 *aque m\vem5t aura bi5tt son motif1 et de l sortiront des m]veilles ou des mon/res de raisonnem5ts sans nombre2 c> ces dix mille individus qui ont t\s t produits la fois1 qui ont habit ensemble1 qui se sont t\s mtamorphoss peu prs dans le mme temps1 ne peuv5t manqu] de faire t\s la mme *ose1 et1 p\r peu qu'ils ai5t de s5tim5t1 de pr5dre les habitudes communes1 de s'arrang]1 de se tr\v] bi5 ensemble1 de s'occup] de leur demeure1 d'y rev5ir aprs s'en tre loigns1 etc41 et de l l'ar*itecture1 la gomtrie1 l'ordre1 la prvoyance1 l'am\r de la patrie1 la rpublique en un mot1 le t\t fond1 comme l'on voit1 sur l'admiration de l'obs]vateur4 ,voil une manire t\te contraire d'expliqu] nos abeilles4 ,elle peut sembl] d'abord plus naturelle2 mais ne s]ait-ce pas1 au fond1 p> la raison bi5 simple qu'elle n'explique presque ri58 ,je passe sur les erreurs matrielles de cette page2 mais s'accommod] a9si1 en se nuisant le mo9s possible1 des ncessits de la vie commune1 cela ne suppose-t-il pas une c]ta9e intellig5ce1 qui p>atra d'autant plus rem>quable qu'on exam9]a de plus prs de quelle faon ces dix mille individus vit5t de se nuire et arriv5t s'aid]8 ,aussi bi5 n'e/-ce pas notre propre hi/oire2 et que dit le vieux naturali/e irrit qui ne s'applique exactem5t t\tes nos socits huma9es8 ,notre sagesse1 nos v]tus1 notre politique1 pres fruits de la ncessit que notre imag9ation a dors1 n'ont d'autre b que d'utilis] notre gsme et de t\rn] au bi5 commun l'activit naturellem5t nuisible de *aque individu4 ,et puis1 encore une fois1 si l'on veut que les abeilles n'ai5t aucune des ides1 aucun des s5tim5ts que n\s leur attribuons1 que n\s importe le lieu de notre tonnem5t8 ,si l'on croit qu'il soit imprud5t d'admir] les abeilles1 n\s admir]ons la nature1 il arriv]a t\j\rs un mom5t o l'on ne p\rra plus n\s arra*] notre admiration et n\s ne p]drons ri5 p\r avoir recul et att5du4 ,,xxiii ,quoi qu'il en soit1 et p\r ne pas ab&onn] notre conjecture qui a du mo9s l'avantage de reli] dans notre esprit c]ta9s actes qui sont videmm5t lis dans la ralit1 c'e/ beauc\p plus l'av5ir inf9i de leur race que les abeilles ador5t en leur re9e que leur re9e elle-mme4 ,les abeilles ne sont gure s5tim5tales1 et qu& une des leurs revi5t du travail si grivem5t blesse qu'elles e/im5t qu'elle ne p\rra plus r5dre aucun s]vice1 elles l'expuls5t impitoyablem5t4 ,et cep5dant1 on ne peut dire qu'elles soi5t t\t fait incapables d'une sorte d'atta*em5t p]sonnel p\r leur mre4 ,elles la reconnaiss5t entre t\tes4 ,alors mme qu'elle e/ vieille1 misrable1 e/ropie1 les g>des de la porte ne p]mettront jamais une re9e inconnue1 si jeune1 si belle1 si fconde qu'elle p>aisse1 de pntr] dans la ru*e4 ,il e/ vrai que c'e/ l un des pr9cipes fondam5taux de leur police1 auquel on ne droge p>fois aux poques de gr&e mielle1 qu'en faveur de quelque ouvrire trangre bi5 *>ge de vivres4 ,lorsque la re9e e/ dev5ue compltem5t /rile elles la remplac5t en levant un c]ta9 nombre de pr9cesses royales4 ,mais que font elles de la vieille s\v]a9e8 ,on ne le sait pas exactem5t1 mais il e/ arriv p>fois aux leveurs d'abeilles de tr\v] sur les rayons d'une ru*e une re9e magnifique et dans la fleur de l'ge1 et1 t\t au fond1 en un rduit obscur1 l'anci5ne matresse1 comme on l'appelle en ,norm&ie1 amaigrie et p]cluse4 ,il semble que dans ce cas elles ai5t d pr5dre so9 de la protg] jusqu'au b\t contre la ha9e de sa vig\reuse rivale qui ne rve que sa mort1 c> les re9es ont entre elles une horreur inv9cible qui les fait se prcipit] l'une sur l'autre ds qu'il s'en tr\ve deux s\s le mme toit4 ,on croirait volonti]s qu'elles assur5t a9si la plus vieille une sorte de retraite humble et paisible p\r y f9ir ses j\rs dans un co9 recul de la ville4 ,ici encore n\s t\*ons l'une des mille nigmes du royaume de cire1 et n\s avons l'occasion de con/at]1 une fois de plus1 que la politique et les habitudes des abeilles ne sont nullem5t fatales et troites1 et qu'elles obiss5t bi5 des mobiles plus compliqus que ceux que n\s croyons connatre4 ,,xxiv ,mais n\s tr\blons *aque in/ant les lois de la nature qui doiv5t leur sembl] le plus 9branlables4 ,n\s les mettons t\s les j\rs dans la situation o n\s n\s tr\v]ions n\s-mmes si quelqu'un supprimait brusquem5t aut\r de n\s les lois de la pesanteur1 de l'espace1 de la lumire ou de la mort4 ,que f]ont-elles donc si on introduit de =ce ou frauduleusem5t une seconde re9e dans la cit8 l'tat de nature1 ce cas1 grce aux s5t9elles de l'entre1 ne s'e/ peut-tre jamais prs5t depuis qu'elles habit5t ce monde4 ,elles ne s'affol5t po9t et sav5t concili] du mieux qu'il e/ possible1 dans une conjoncture aussi prodigieuse1 deux pr9cipes qu'elles respect5t comme des ordres div9s4 ,le premi] e/ celui de la mat]nit unique qui ne fl*it jamais1 hors le cas 7et t\t fait exceptionnellem5t dans ce cas7 de /rilit de la re9e rgnante4 ,le second e/ plus curieux encore1 mais1 s'il ne peut tre outrepass1 du mo9s admet-il qu'on le t\rne p\r a9si dire judaquem5t ,ce pr9cipe e/ celui qui revt d'une sorte d'inviolabilit la p]sonne de t\te re9e1 quelle qu'elle soit4 ,il s]ait facile aux abeilles de p]c] l'intruse de mille d>ds empoisonns2 elle prirait sur l'heure et elles n'aurai5t plus qu' tran] son cadavre hors de la ru*e4 ,mais bi5 qu'elles ai5t l'aiguillon t\j\rs prt1 qu'elles s'en s]v5t t\t mom5t p\r se combattre entre elles1 p\r mettre mort les mles1 les ennemis ou les p>asites1 elles ne le tir5t jamais contre une re9e1 de mme qu'une re9e ne tire jamais le si5 contre l'homme1 ni contre un animal1 ni contre une abeille ord9aire2 et son arme royale1 qui1 au lieu d'tre droite comme celle des ouvrires e/ rec\rbe en =me de cimet]re1 elle ne la dga9e que lorsqu'elle combat une gale1 c'e/--dire une autre re9e4 ,aucune abeille n'osant1 vraisemblablem5t1 assum] l'horreur d'un rgicide direct et sanglant1 dans t\tes les circon/ances o il importe au bon ordre et la prosprit de la rpublique qu'une re9e prisse1 elles s'ef=c5t de donn] sa mort l'app>5ce de la mort naturelle2 elles subdivis5t le crime l'inf9i1 de manire qu'il devi5ne anonyme4 ,elles emball5t alors la s\v]a9e trangre1 p\r me s]vir de l'expression te*nique des apiculteurs1 ce qui signifie qu'elles l'envelopp5t t\t entire de leurs corps innombrables et entrelacs4 ,elles =m5t a9si une espce de prison vivante o la captive ne peut plus se m\voir1 et qu'elles ma9ti5n5t aut\r d'elle durant v+t-quatre heures s'il le faut1 jusqu' ce qu elle y meure de faim ou t\ffe4 ,si la re9e lgitime s'appro*e ce mom5t et que1 flairant une rivale1 elle p>aisse dispose l'attaqu]1 les p>ois m\vantes de la prison s'ouvriront aussitt devant elle4 ,les abeilles f]ont c]cle aut\r des deux ennemies1 et sans y pr5dre "p1 att5tives mais imp>tiales1 elles assi/]ont au combat s+uli]1 c> seule une mre peut tir] l'aiguillon contre une mre1 seule celle qui porte dans ses flancs prs d'un million de vies1 p>at avoir le droit de donn] d'un seul c\p prs d'un million de morts4 ,mais si le *oc se prolonge sans rsultat1 si les deux aiguillons rec\rbs gliss5t inutilem5t sur les l\rdes cuirasses de *it9e1 la re9e qui fait m9e de fuir1 la lgitime aussi bi5 que l'trangre1 s]a saisie1 arrte et rec\v]te de la prison frmissante1 jusqu' ce qu'elle manife/e l'int5tion de repr5dre la lutte4 ,il convi5t d'aj\t] que dans les nombreuses expri5ces qu'on a faites ce sujet1 on a vu presque inv>iablem5t la re9e rgnante remport] la victoire1 soit que1 se s5tant *ez elle1 au milieu des si5s1 elle ait plus d'audace et d'ardeur que l'autre1 soit que les abeilles1 si elles sont imp>tiales au mom5t du combat1 le soi5t mo9s dans la manire dont elles emprisonn5t les deux rivales1 c> leur mre ne p>at gure s\ffrir de cet emprisonnem5t1 au lieu que l'trangre en sort presque t\j\rs visiblem5t froisse et alanguie4 ,,xxv ,une expri5ce facile montre mieux que t\te autre que les abeilles reconnaiss5t leur re9e et ont p\r elle un vritable atta*em5t4 ,enlevez la re9e d'une ru*e et v\s v]rez bi5tt se produire t\s les phnomnes d'angoisse et de dtresse que j'ai dcrits dans un *apitre prcd5t4 ,r5dez-lui1 quelques heures aprs1 la mme re9e1 t\tes ses filles vi5dront sa r5contre en lui (frant du miel4 ,les unes f]ont la haie sur son passage2 les autres1 se mettant la tte en bas et l'abdom5 en l'air1 =m]ont devant elle de gr&s demi-c]cles immobiles mais sonores1 o elles *ant5t sans d\te l'hymne du bon ret\r et qui m>qu5t1 dirait-on1 dans leurs rites royaux1 le respect sol5nel ou le bonheur suprme4 ,mais n'esprez pas de les tromp] en sub/ituant la re9e lgitime une mre trangre4 ,a pe9e aura-t-elle fait quelques pas dans la place1 que les ouvrires indignes acc\rront de t\tes p>ts4 ,elle s]a immdiatem5t saisie1 enveloppe et ma9t5ue dans la t]rible prison tumultueuse dont les murs ob/9s se relay]ont1 si l'on peut dire1 jusqu' sa mort1 c>1 dans ce cas p>ticuli]1 il n'arrive presque jamais qu'elle en sorte vivante4 ,aussi e/-ce une des gr&es difficults de l'apiculture1 que l'introduction et le remplacem5t des re9es4 ,il e/ curieux de voir quelle diplomatie1 quelles ruses compliques1 l'homme doit avoir rec\rs p\r impos] son dsir et donn] le *ange ces petits insectes si p]spicaces1 mais t\j\rs de bonne foi1 qui accept5t avec un c\rage t\*ant les vnem5ts les plus inatt5dus1 et n'y voi5t1 app>emm5t1 qu'un caprice n\veau1 mais fatal de la nature4 ,en somme1 dans t\te cette diplomatie et dans le ds>roi dsesprant qu'amn5t assez s\v5t ces ruses has>des1 c'e/ t\j\rs sur l'admirable s5s pratique des abeilles que l'homme compte presque empiriquem5t1 sur le trsor 9puisable de leurs lois et de leurs habitudes m]veilleuses1 sur leur am\r de l'ordre1 de la paix et du bi5 public1 sur leur fidlit l'av5ir1 sur la f]met si habile et le ds9tressem5t si srieux de leur c>actre1 et surt\t sur une con/ance remplir leurs devoirs que ri5 ne p>vi5t lass]4 ,mais le dtail de ces procds app>ti5t aux traits d'apiculture proprem5t dits et n\s entran]ait trop lo9#a4 #a ,on introduit d'ord9aire la re9e trangre en l'enf]mant dans une petite cage de fils de f] que l'on susp5d entre deux rayons4 ,la cage e/ munie d'une porte de cire et de miel que rong5t les ouvrires lorsque leur colre e/ passe1 dlivrant a9si la prisonnire1 qu'elles accueill5t assez s\v5t sans malveillance4 ,m4,s4 ,simm9s1 directeur du gr& ru*] de ,rott+dean1 a tr\v rcemm5t un autre mode d'introduction1 extrmem5t simple1 qui russit presque t\j\rs et qui se gnralise p>mi les apiculteurs s\cieux de leur art4 ,ce qui r5d d'habitude l'introduction si difficile1 c'e/ l'attitude de la re9e4 ,elle s'affole1 fuit1 se ca*e1 se conduit comme une intruse1 veille des s\pons que l'exam5 des ouvrires ne t>de pas confirm]4 ,m4 ,simm9s isole d'abord compltem5t et fait jen] p5dant une demi-heure la re9e a introduire4 ,il s\lve ensuite un co9 de la c\v]ture intrieure de la ru*e orphel9e et dpose la re9e trangre au sommet de l'un des rayons4 ,dsespre p> son isolem5t antrieur1 elle e/ heureuse de se retr\v] p>mi des abeilles et1 affame1 elle accepte avidem5t les alim5ts qu'on lui (fre4 ,les ouvrires1 trompes p> cette assurance1 ne font pas d'enqute1 s'imag95t probablem5t que leur anci5ne re9e e/ rev5ue1 et l'accueill5t avec joie4 ,il semble rsult] de cette expri5ce que1 contrairem5t l'op9ion de ,hub] et de t\s les obs]vateurs1 elles ne soi5t pas capables de reconnatre leur re9e4 ,quoi qu'il en puisse tre1 les deux explications galem5t plausibles--bi5 que la vrit se tr\ve peut-tre dans une troisime qui ne n\s e/ pas encore connue --montr5t une fois de plus combi5 la psy*ologie de l'abeille e/ complexe et obscure4 ,et de ceci1 comme de t\tes les que/ions de la vie1 il n'y a qu'une conclusion tir]1 c'e/ qu'il faut1 en att5dant mieux1 que la curiosit rgne dans notre cur4 ,,xxvi ,quant l'affection p]sonnelle dont n\s p>lions1 et p\r en f9ir avec elle1 s'il e/ probable qu'elle exi/e1 il e/ c]ta9 aussi que sa mmoire e/ c\rte1 et si v\s prt5dez rtablir dans son royaume une mre exile quelques j\rs1 elle y s]a reue de telle faon p> ses filles outres qu'il faudra v\s ht] de l'arra*] l'inc>cration mortelle qui e/ le *tim5t des re9es inconnues4 ,c'e/ qu'elles ont eu le temps de trans=m] en cellules royales une diza9e d'habitations d'ouvrires et que l'av5ir de la race ne c\rt plus aucun dang]4 ,leur atta*em5t crot ou dcrot selon la manire dont la re9e reprs5te cet av5ir4 ,a9si on voit frquemm5t1 lorsqu'une re9e vi]ge accomplit la crmonie prilleuse du vol nuptial1 ses sujettes tel po9t inquites de la p]dre que t\tes l'accompagn5t dans cette tragique et lo9ta9e re*]*e de l'am\r dont je p>l]ai t\t l'heure1 ce qu'elles ne font jamais qu& on a pris so9 le leur donn] un fragm5t de rayon cont5ant des cellules de jeune c\va91 o elles tr\v5t l'espoir d'lev] d'autres mres4 ,l'atta*em5t peut mme se t\rn] en fureur et en ha9e si leur s\v]a9e ne remplit pas t\s ses devoirs env]s la div9it ab/raite que n\s appell]ions la socit future et qu'elles conoiv5t plus vivem5t que n\s4 ,il e/ arriv1 p> exemple1 que des apiculteurs1 p\r div]ses raisons1 ont emp* la re9e de se jo9dre l'essaim en la ret5ant dans la ru*e l'aide d'un treillis au trav]s duquel les f9es et agiles ouvrires passai5t sans s'en d\t]1 mais que la pauvre esclave de l'am\r1 notablem5t plus l\rde et plus corpul5te que ses filles1 ne p>v5ait pas fran*ir4 ,a la premire sortie1 les abeilles1 con/atant qu'elle ne les avait pas suivies1 rev5ai5t la ru*e et g\rm&ai5t1 b\sculai5t et malm5ai5t trs manife/em5t la malheureuse prisonnire1 qu'elles accusai5t sans d\te de p>esse1 ou supposai5t un peu faible d'esprit4 ,a la deuxime sortie1 sa mauvaise volont p>aissant vid5te1 la colre augm5tait et les svices dev5ai5t plus srieux4 ,enf91 la troisime1 la jugeant irrmdiablem5t infidle sa de/9e et l'av5ir de la race1 presque t\j\rs elles la condamnai5t et la mettai5t mort dans la prison royale4 ,,xxvii ,comme on le voit1 t\t e/ subordonn cet av5ir avec une prvoyance1 un conc]t1 une inflexibilit1 une habilet int]prt] les circon/ances1 en tir] p>ti1 qui confond5t l'admiration qu& on ti5t compte de t\t l'imprvu1 de t\t le surnaturel que notre int]v5tion rc5te rp& sans cesse dans leurs demeures4 ,on dira peut-tre que1 dans le d]ni] cas1 elles int]prt5t bi5 mal l'impuissance de la re9e les suivre4 ,s]ions-n\s beauc\p plus p]spicaces1 si une intellig5ce d'un ordre diffr5t et s]vie p> un corps si colossal que ses m\vem5ts sont peu prs aussi insaisissables que ceux d'un phnomne naturel1 s'amusait n\s t5dre des piges du mme g5re8 ,n'avons-n\s pas mis quelques milli]s d'annes inv5t] une int]prtation de la f\dre suffisamm5t plausible8 ,t\te intellig5ce e/ frappe de l5teur qu& elle sort de sa sphre qui e/ t\j\rs petite1 et qu'elle se tr\ve en prs5ce d'vnem5ts qu'elle n'a pas mis en branle4 ,il n'e/ pas c]ta91 au surplus1 si l'preuve du treillis se gnralisait et se prolongeait1 que les abeilles ne f9iss5t po9t p> la compr5dre et obvi] ses inconvni5ts4 ,elles ont dj compris bi5 d'autres preuves et en ont tir le p>ti le plus +nieux4 ,l'preuve des rayons mobiles ou celle des sections1 p> exemple1 o on les oblige d'emmagas9] leur miel de rs]ve dans de petites botes symtriquem5t empiles1 ou bi5 encore l'preuve extraord9aire de la cire gaufre1 o les alvoles ne sont esquisss que p> un m9ce cont\r de cire1 dont elles saisiss5t immdiatem5t l'utilit et qu'elles tir5t avec so91 de manire =m]1 sans p]te de sub/ance ni de travail1 des cellules p>faites4 ,ne dc\vr5t-elles pas1 dans t\tes les circon/ances qui ne se prs5t5t pas s\s la =me d'un pige t5du p> une sorte de dieu mal9 et n>quois1 la meilleure et la seule solution huma9e8 ,p\r cit] une de ces circon/ances naturelles1 mais t\t fait anormales1 qu'une limace ou une s\ris se gliss5t dans la ru*e et y soi5t mises mort1 que f]ont-elles p\r se db>rass] du cadavre qui bi5tt empoisonn]ait l'atmosphre8 ,s'il leur e/ impossible de l'expuls] ou de le dpec]1 elles l'enf]m5t m?odiquem5t et h]mtiquem5t dans un vritable spulcre de cire et de propolis1 qui se dresse biz>rem5t p>mi les monum5ts ord9aires la cit4 ,j'ai r5contr1 l'an d]ni]1 dans une de mes ru*es1 une agglomration de trois de ces tombes1 sp>es comme les alvoles des rayons p> des p>ois mitoy5nes1 de faon conomis] le plus de cire possible4 ,les prud5tes ensevelisseuses les avai5t leves sur les re/es de trois petits esc>gots qu'un enfant avait introduits dans leur phalan/re4 ,d'habitude1 qu& il s'agit d'esc>gots1 elles se cont5t5t de rec\vrir de cire l'orifice de la coquille4 ,mais ici1 les coquilles ayant t plus ou mo9s brises ou lz>des1 elles avai5t jug plus simple d'ensevelir le t\t2 et p\r ne pas gn] le va-et-vi5t de l'entre1 elles avai5t mnag dans cette masse encombrante un c]ta9 nombre de gal]ies exactem5t proportionnes1 non pas leur taille1 mais celle des mles1 qui sont environ deux fois plus gros qu'elles4 ,ceci1 et le fait suivant1 ne p]mett5t-ils pas de croire qu'elles arriv]ai5t un j\r dml] la raison p\rquoi la re9e ne peut les suivre trav]s le treillis8 ,elles ont un s5s trs sr des proportions et de l'espace ncessaire un corps p\r se m\voir4 ,dans les rgions o pullule le hideux sph9x tte-de-mort1 l',a*]ontia ,atropos1 elles con/ruis5t l'entre de leurs ru*es des colonnettes de cire entre lesquelles le pilleur nocturne ne peut introduire son norme abdom54 ,,xxviii ,en voil assez sur ce po9t2 je n'en f9irais po9t s'il fallait puis] t\s les exemples4 ,p\r rsum] le rle et la situation de la re9e1 on peut dire qu'elle e/ le cur-esclave de la cit dont l'intellig5ce l'environne4 ,elle e/ la s\v]a9e unique1 mais aussi la s]vante royale1 la dpositaire captive et la dlgue responsable de l'am\r4 ,son peuple la s]t et la vnre1 t\t en n'oubliant po9t que ce n'e/ pas sa p]sonne qu'il se s\met1 mais la mission qu'elle remplit et aux de/9es qu'elle reprs5te4 ,on aurait bi5 du mal tr\v] une rpublique huma9e dont le plan embrasse une portion aussi considrable des dsirs de notre plante2 une dmocratie o l'indp5dance soit en mme temps plus p>faite et plus raisonnable1 et l'assujettissem5t plus total et mieux raisonn4 ,mais on n'en tr\v]ait pas non plus o les sacrifices soi5t plus durs et plus absolus4 ,n'allez pas croire que j'admire ces sacrifices autant que leurs rsultats4 ,il s]ait videmm5t s\haitable que ces rsultats puss5t s'obt5ir avec mo9s de s\ffrance1 mo9s de r5oncem5ts4 ,mais le pr9cipe accept1--et peut-tre e/-il ncessaire dans la p5se de notre globe1--son organisation e/ admirable4 ,quelle que soit sur ce po9t la vrit huma9e1 dans la ru*e1 la vie n'e/ pas envisage comme une srie d'heures plus ou mo9s agrables dont il e/ sage de n'assombrir et de n'aigrir que les m9utes indisp5sables son ma9ti51 mais comme un gr& devoir commun et svrem5t divis env]s un av5ir qui recule sans cesse depuis le comm5cem5t du monde4 ,*acun y r5once plus de la moiti de son bonheur et de ses droits4 ,la re9e dit adieu la lumire du j\r1 au calice des fleurs et la lib]t2 les ouvrires l'am\r1 quatre ou c9q annes de vie et la d\ceur d'tre mres4 ,la re9e voit son c]veau rduit ri5 au pr(it des organes de la reproduction1 et les travailleuses1 ces mmes organes s'atrophi] au bnfice de leur intellig5ce4 ,il ne s]ait pas ju/e de s\t5ir que la volont ne pr5ne aucune "p ces r5oncem5ts4 ,il e/ vrai que l'ouvrire ne peut *ang] sa propre de/9e1 mais elle dispose de celle de t\tes les nymphes qui l'ent\r5t et qui sont ses filles indirectes4 ,n\s avons vu que *aque l>ve d'ouvrire1 si elle tait n\rrie et loge selon le rgime royal1 p\rrait dev5ir re9e2 et p>eillem5t1 *aque l>ve royale1 si l'on *angeait sa n\rriture et qu'on rduisit sa cellule1 s]ait trans=me en ouvrire4 ,ces prodigieuses lections s'opr5t t\s les j\rs dans l'ombre dore de la ru*e4 ,elles ne s'effectu5t pas au has>d1 mais une sagesse dont l'homme seul peut abus] la loyaut1 la gravit pr(ondes1 une sagesse t\j\rs en veil1 les fait ou les dfait1 en t5ant compte de t\t ce qui se passe hors de la cit comme de t\t ce qui a lieu dans ses murs4 ,si des fleurs imprvues abond5t t\t c\p1 si la coll9e ou les bords de la rivire respl5diss5t d'une moisson n\velle1 si la re9e e/ vieille ou mo9s fconde1 si la population s'accumule et se s5t l'troit1 v\s v]rez s'lev] des cellules royales4 ,ces mmes cellules p\rront tre dtruites si la rcolte vi5t manqu] ou si la ru*e e/ agr&ie4 ,elles s]ont s\v5t ma9t5ues tant que la jeune re9e n'aura pas accompli ou russi son vol nuptial1 p\r tre ananties lorsqu'elle r5tr]a dans la ru*e en tranant d]rire elle1 comme un trophe1 le signe irrcusable de sa fcondation4 ,o e/-elle1 cette sagesse qui pse a9si le prs5t et l'av5ir et p\r laquelle ce qui n'e/ pas encore visible a plus de poids que t\t ce que l'on voit8 ,o sige-t-elle1 cette prud5ce anonyme qui r5once et *oisit1 qui lve et rabaisse1 qui de tant d'ouvrires p\rrait faire tant de re9es et qui de tant de mres fait un peuple de vi]ges8 ,n\s avons dit ailleurs qu'elle se tr\ve dans l',esprit de la ru*e2 mais l',esprit de la ru*e o le *]*] enf91 s9on dans l'assemble des ouvrires8 ,peut-tre1 p\r se conva9cre que c'e/ l qu'il rside1 n'tait-il pas ncessaire d'obs]v] si att5tivem5t les habitudes de la rpublique royale4 ,il suffisait1 comme l'ont fait ,duj>d91 ,br&t1 ,gir>d1 ,vogel et d'autres entomologi/es1 de plac] s\s le microscope1 ct du crne un peu vide de la re9e et du *] magnifique des mles o respl5diss5t v+t-six mille yeux1 la petite tte +rate et s\cieuse de la vi]ge ouvrire4 ,n\s aurions vu que dans cette petite tte se dr\l5t les circonvolutions du c]veau le plus va/e et le plus +nieux de la ru*e4 ,il e/ mme le plus beau1 le plus compliqu1 le plus dlicat1 le plus p>fait1 dans un autre ordre et avec une organisation diffr5te1 qui soit dans la nature aprs celui de l'homme#a4 ,ici encore1 comme p>t\t dans le rgime du monde que n\s connaissons1 l o se tr\ve le c]veau1 se tr\ve l'autorit1 la =ce vritable1 la sagesse et la victoire4 ,ici encore1 c'e/ un atome presque invisible de cette sub/ance my/rieuse qui ass]vit et organise la matire1 et qui sait se crer une petite place triomphante et durable au milieu des puissances normes et in]tes du nant et de la mort4 #a ,le c]veau de l'abeille1 selon les calculs de ,duj>d91 =me la #agd;e p>tie du poids total de l'insecte2 celui de la f\rmi la #bif;e4 ,en revan*e1 les corps pdonculs qui p>aiss5t se dvelopp] proportion des triomphes que l'intellig5ce remporte sur l'in/9ct1 sont un peu mo9s importants *ez l'abeille que *ez la f\rmi4 ,ceci comp5sant cela1 il semble rsult] de ces e/imations1 en y respectant la "p de l'hypo?se1 et en t5ant compte de l'obscurit de la matire1 que la valeur intellectuelle de la f\rmi et de l'abeille doive tre peu prs gale4 ,,xxix ,ma9t5ant1 rev5ons notre ru*e qui essaime et o l'on n'a pas att5du la f9 de ces rflexions p\r donn] le signal du d"p4 ,a l'in/ant que ce signal se donne1 on dirait que t\tes les portes de la ville s'ouvr5t en mme temps d'une p\sse subite et ins5se1 et la f\le noire s'en vade ou plutt en jaillit1 selon le nombre des ouv]tures1 en un d\ble1 triple ou quadruple jet direct1 t5du1 vibrant et in9t]rompu qui fuse et s'vase aussitt dans l'espace en un rseau sonore tissu de c5t mille ailes exaspres et transp>5tes4 ,p5dant quelques m9utes1 le rseau flotte a9si au-dessus du ru*] dans un prodigieux murmure de soi]ies diaphanes que mille et mille doigts lectriss d*ir]ai5t et rec\drai5t sans cesse4 ,il ondule1 il hsite1 il palpite comme un voile d'allgresse que des ma9s invisibles s\ti5drai5t dans le ciel o l'on dirait qu'elles le ploi5t et le dploi5t depuis les fleurs jusqu' l'azur2 en att5dant une arrive ou un d"p augu/e4 ,enf91 l'un des pans se rabat1 un autre se relve1 les quatre co9s ple9s de soleil du radieux manteau qui *ante1 se rejoign5t1 et1 p>eil l'une de ces nappes intellig5tes qui p\r accomplir un s\hait trav]s5t l'horizon dans les contes de fes1 il se dirige t\t enti] et dj repli1 af9 de rec\vrir la prs5ce sacre de l'av5ir1 v]s le tilleul1 le poiri] ou le saule o la re9e vi5t de se fix] comme un cl\ d'or auquel il accro*e une une ses ondes musicales1 et aut\r duquel il enr\le son t(fe de p]les t\t illum9e d'ailes4 ,ensuite le sil5ce r5at2 et ce va/e tumulte et ce voile r$\table qui p>aissait ourdi d'innombrables m5aces1 d'innombrables colres1 et cette ass\rdissante grle d'or qui t\j\rs en susp5s ret5tissait sans rpit sur t\s les objets d'al5t\r1 t\t cela se rduit l m9ute d'aprs une grosse grappe in(f5sive et pacifique susp5due une bran*e d'arbre et =me de milli]s de petites baies vivantes1 mais immobiles1 qui att5d5t patiemm5t le ret\r des claireurs p>tis la re*]*e d'un abri4 ,,xxx ,c'e/ la premire tape de l'essaim qu'on appelle l'essaim primaire1 la tte duquel se tr\ve t\j\rs la vieille re9e4 ,il se pose d'habitude sur l'arbre ou l'arbu/e le plus pro*e du ru*]1 c> la re9e1 al\rdie de ses ufs et n'ayant pas revu la lumire depuis son vol nuptial ou depuis l'essaimage de l'anne prcd5te1 hsite encore se lanc] dans l'espace et p>ait avoir oubli l'usage de ses ailes4 ,l'apiculteur att5d que la masse se soit bi5 agglomre1 puis1 la tte c\v]te d'un l>ge *apeau de paille 7c> l'abeille la plus in(f5sive tire 9vitablem5t l'aiguillon lorsqu'elle s'g>e dans les *eveux1 o elle se croit prise au pige71 mais sans masque et sans voile1 s'il a de l'expri5ce1 et aprs avoir plong dans l'eau froide ses bras nus jusqu'au c\de1 il recueille l'essaim en sec\ant vig\reusem5t au-dessus d'une ru*e r5v]se la bran*e qui le porte4 ,la grappe y tombe l\rdem5t comme un fruit mr4 ,ou bi51 si la bran*e e/ trop =te1 il puise mme le tas1 l'aide d'une cuill] et rp& ensuite o il veut les cuill]es vivantes1 comme il f]ait du bl4 ,il n'a pas cra9dre les abeilles qui b\rdonn5t aut\r de lui et qui c\vr5t en f\le ses ma9s et son visage4 ,il c\te leur *ant d'ivresse qui ne ressemble pas leur *ant de colre4 ,il n'a pas cra9dre que l'essaim se divise1 s'irrite1 se dissipe ou s'*appe4 ,je l'ai dit3 ce j\r-l1 les my/rieuses ouvrires ont un esprit de fte et de confiance que ri5 ne saurait altr]4 ,elles se sont dta*es des bi5s qu'elles avai5t df5dre1 et ne reconnaiss5t plusieurs ennemis4 ,elles sont in(f5sives =ce d'tre heureuses1 et elles sont heureuses sans qu'on sa*e p\rquoi3 elles accompliss5t la loi4 ,t\s les tres ont a9si un mom5t de bonheur aveugle que la nature leur mnage lorsqu'elle veut arriv] ses f9s4 ,ne n\s tonnons po9t que les abeilles en soi5t dupes2 n\s-mmes1 depuis tant de sicles que n\s l'obs]vons avec l'aide d'un c]veau plus p>fait que le leur1 n\s en sommes dupes aussi et ignorons encore si elle e/ bi5veillante1 indiffr5te ou bassem5t cruelle4 ,l'essaim demeur]a o la re9e e/ tombe1 et ft-elle tombe seule dans la ru*e1 sa prs5ce signale t\tes les abeilles1 en longues files noires1 dirig]ont leurs pas v]s la retraite mat]nelle2 et t&is que la plup>t y pntr5t en hte1 une multitude d'autres1 s'arrtant un in/ant sur le seuil des portes inconnues1 y =m]ont les c]cles d'allgresse sol5nelle dont elles ont c\tume de salu] les vnem5ts heureux4 ,elles batt5t le rappel1 dis5t les paysans4 ,a l'in/ant mme1 l'abri inespr e/ accept et explor dans ses mo9dres reco9s2 sa position dans le ru*]1 sa =me1 sa c\leur sont reconnus et inscrits dans des milli]s de petites mmoires prud5tes et fidles4 ,les po9ts de repre des al5t\rs sont soigneusem5t relevs1 la cit n\velle exi/e dj t\t entire au fond de leurs imag9ations c\rageuses1 et sa place e/ m>que dans l'esprit et le cur de t\s ses habitants2 on ent5d ret5tir en ses murs l'hymne d'am\r de la prs5ce royale1 et le travail comm5ce4 ,,xxxi ,si l'homme ne le recueille po9t1 l'hi/oire de l'essaim ne f9it pas ici4 ,il re/e susp5du la bran*e jusqu'au ret\r des ouvrires qui font l'(fice d'claireurs ou de f\rri]s ails et qui1 ds les premires m9utes de l'essaimage1 se sont disp]ses dans t\tes les directions p\r all] la re*]*e d'un logis4 ,une une elles revi5n5t et r5d5t compte de leur mission1 et1 puisqu'il n\s e/ impossible de pntr] la p5se des abeilles1 il faut bi5 que n\s int]prtions huma9em5t le spectacle auquel n\s assi/ons4 ,il e/ donc probable qu'on c\te att5tivem5t leurs rapports4 ,l'une prconise app>emm5t un arbre creux1 une autre vante les avantages d'une f5te dans un vieux mur1 d'une cavit dans une grotte ou d'un t]ri] ab&onn4 ,il arrive s\v5t que l'assemble hsite et dlibre jusqu'au l5dema9 mat94 ,enf9 le *oix se fait et l'accord s'tablit4 ,a un mom5t donn1 t\te la grappe s'agite1 f\rmille1 se dsagrge1 s'p>pille et1 d'un vol imptueux et s\t5u qui cette fois ne connat plus d'ob/acle1 p>-dessus les haies1 les *amps de bl1 les *amps de l91 les meules1 les tangs1 les villages et les fleuves1 le nuage vibrant se dirige en droite ligne v]s un b dt]m9 et t\j\rs trs lo9ta94 ,il e/ r>e que l'homme le puisse suivre dans cette seconde tape4 ,il ret\rne la nature1 et n\s p]dons la trace de sa de/9e4 ,,livre ,,iii ,,la ,,fondation ,,de ,,la ,,cit ,i ,voyons plutt ce que fait dans la ru*e (f]te p> l'apiculteur l'essaim qu'il y a recueilli4 ,et d'abord rappelons-n\s le sacrifice qu'ont accompli les c9quante mille vi]ges qui selon1 le mot de ,rons>d3 ,port5t un g5til cur d$ans un petit corps et admirons encore le c\rage qu'il leur faut p\r recomm5c] la vie dans le ds]t o les voil tombes4 ,elles ont donc oubli la cit opul5te et magnifique o elles sont nes1 o l'exi/5ce tait si sre1 si admirablem5t organise1 o le suc de t\tes les fleurs qui se s\vi5n5t du soleil p]mettait de s\rire aux m5aces de l'hiv]4 ,elles y ont laiss1 endormies au fond de leurs b]ceaux1 des milli]s et des milli]s de filles qu'elles ne rev]ront pas4 ,elles y ont ab&onn1 outre l'norme trsor de cire1 de propolis et de poll5 accumul p> elles1 plus de c5t v+t livres de miel1 c'e/--dire d\ze fois le poids du peuple enti]1 prs de six c5t mille fois le poids de *aque abeille1 ce qui reprs5t]ait p\r l'homme qu>ante-deux mille tonnes de vivres1 t\te une flottille de gros navires *>gs d'alim5ts plus prcieux et plus p>faits qu'aucun de ceux que n\s connaissions1 c> le miel e/ aux abeilles une sorte de vie liquide1 une espce de *yle immdiatem5t assimilable et presque sans d*et4 ,ici1 dans la demeure n\velle1 il n'y a ri51 pas une g\tte de miel1 pas un jalon de cire1 pas un po9t de repre et pas un po9t d'appui4 ,c'e/ la nudit dsole d'un monum5t imm5se qui n'aurait que le toit et les murs4 ,les p>ois1 circulaires et lisses1 ne r5f]m5t que l'ombre1 et l-haut la vote mon/rueuse s'arrondit sur le vide4 ,mais l'abeille ne connat pas les regrets inutiles2 en t\t cas elle ne s'y arrte po9t4 ,son ardeur1 lo9 d'tre abattue p> une preuve qui surpass]ait t\t autre c\rage1 e/ plus gr&e que jamais4 ,a pe9e la ru*e e/-elle r$resse et mise en place1 pe9e le ds>roi de la *ute tumultueuse comm5ce-t-il s'apais]1 qu'on voit s'opr] dans la multitude emmle une division trs nette et t\t fait inatt5due4 ,la plus gr&e p>tie des abeilles1 comme une arme qui obirait un ordre prcis1 se met grimp] en colonnes paisses le long des p>ois v]ticales du monum5t4 ,arrives dans la c\pole1 les premires qui l'atteign5t s'y cramponn5t p> les ongles de leurs pattes antrieures2 celles qui vi5n5t aprs s'accro*5t aux premires et a9si de suite1 jusqu' ce que soi5t =mes de longues *anes qui s]v5t de pont la f\le qui s'lve t\j\rs4 ,peu peu1 ces *anes se multipliant1 se r5=ant et s'enlaant l'inf9i1 devi5n5t des guirl&es qui1 s\s l'asc5sion innombrable et in9t]rompue1 se trans=m5t leur t\r en un rideau pais et triangulaire1 ou plutt en une sorte de cne compact et r5v]s dont la po9te s'atta*e au sommet de la c\pole et dont la base desc5d en s'vasant jusque la moiti ou les deux ti]s de la hauteur totale de la ru*e4 ,alors1 la d]nire abeille qui se s5t appele p> une voix intrieure faire p>tie de ce gr\pe1 ayant rejo9t le rideau susp5du dans les tnbres1 l'asc5sion pr5d f91 t\t m\vem5t s'te9t peu peu dans le dme1 et l'trange cne r5v]s att5d durant de longues heures1 dans un sil5ce qu'on p\rrait croire religieux et dans une immobilit qui p>at effrayante1 l'arrive du my/re de la cire4 ,p5dant ce temps1 sans se proccup] de la =mation du m]veilleux rideau aux plis duquel un don magique va desc5dre1 sans p>atre t5t de s'y jo9dre1 le re/e des abeilles1 c'e/--dire t\tes celles qui sont demeures dans le bas de la ru*e1 exam9e l'difice et entrepr5d les travaux ncessaires4 ,le sol e/ soigneusem5t balay1 et les feuilles mortes1 les br9dilles1 les gra9s de sable sont ports au lo91 un un1 une une1 c> la propret des abeilles va jusqu' la manie1 et1 lorsqu'au cur de l'hiv] les gr&s froids les emp*5t trop longtemps d'effectu] ce qu'on appelle en apiculture leur vol de propret1 plutt que de s\ill] la ru*e elles priss5t en masse1 victimes d'affreuses maladies d'entrailles4 ,seuls1 les mles sont incorrigiblem5t ins\cieux1 et c\vr5t impudemm5t d'ordures les rayons qu'ils frqu5t5t et que les ouvrires sont obliges de nettoy] sans cesse d]rire eux4 ,aprs le balayage1 les abeilles du mme gr\pe pr(ane1 du gr\pe qui ne se mle pas au cne susp5du dans une sorte d'extase1 se mett5t lut] m9utieusem5t le p\rt\r infrieur de la demeure commune4 ,ensuite1 t\tes les lz>des sont passes en revue1 remplies et rec\v]tes de propolis1 et l'on comm5ce1 du haut en bas de l'difice1 le v]nissage des p>ois4 ,la g>de de l'entre e/ rorganise1 et bi5tt un c]ta9 nombre d'ouvrires vont aux *amps et en revi5n5t *>ges de nect> et de poll54 ,,ii ,avant de s\lev] les plis du rideau my/rieux l'abri duquel se pos5t les fondem5ts de la vritable demeure1 essayons de n\s r5dre compte de l'intellig5ce que devra dploy] notre petit peuple d'migres1 de la ju/esse du c\p d'il1 des calculs et de l'indu/rie ncessaires p\r appropri] l'asile1 p\r trac] dans le vide les plans de la cit1 y m>qu] logiquem5t la place des difices qu'il s'agit d'lev] le plus conomiquem5t et le plus rapidem5t possible1 c> la re9e1 presse de pondre1 rp& dj ses ufs sur le sol4 ,il faut1 en outre1 dans ce ddale de con/ructions div]ses1 encore imag9aires et dont la =me e/ =cm5t inusite1 ne pas p]dre de vue les lois de la v5tilation1 de la /abilit1 de la solidit1 considr] la rsi/ance de la cire1 la nature des vivres emmagas9]1 l'aisance des accs1 les habitudes de la s\v]a9e1 la di/ribution en quelque sorte prtablie1 p>ce qu'elle e/ organiquem5t la meilleure1 des entrepts1 des maisons1 des rues et des passages1 et bi5 d'autres problmes qu'il s]ait trop long d'numr]4 ,or1 la =me des ru*es que l'homme (fre aux abeilles v>ie l'inf9i1 depuis l'arbre creux ou le man*on de pot]ie encore en usage en ,afrique et en ,asie1 en passant p> la classique clo*e de paille que l'on tr\ve au milieu d'une t\ffe de t\rnesols1 de phlox et de passe-roses1 s\s les f5tres ou dans le potag] de la plup>t de nos f]mes1 jusqu'aux vritables us9es de l'apiculture mobili/e d'auj\rd'hui1 o s'accumul5t p>fois plus de c5t c9quante kilogrammes de miel cont5us en trois ou quatre tages de rayons sup]poss et ent\rs d'un cadre qui p]met de les enlev]1 de les mani]1 d'en extraire la rcolte p> la =ce c5trifuge l'aide d'une turb9e1 et de les remettre leur place1 comme on f]ait d'un livre dans une biblio?que bi5 range4 ,le caprice ou l'indu/rie de l'homme introduit un beau j\r l'essaim docile dans l'une ou l'autre de ces habitations dr\tantes4 ,a la petite m\*e de s'y retr\v]1 de s'ori5t]1 de modifi] des plans que la =ce des *oses veut p\r a9si dire immuables1 de dt]m9] dans cet espace insolite la position des magas9s d'hiv] qui ne peuv5t dpass] la zone de *aleur dgage la peuplade demi eng\rdie2 elle enf9 de prvoir le po9t o se conc5tr]ont les rayons du c\va91 dont l'emplacem5t1 s\s pe9e de dsa/re1 doit tre peu prs inv>iable1 ni trop haut1 ni trop bas1 ni trop prs1 ni trop lo9 de la porte4 ,elle sort1 p> exemple1 du tronc d'un arbre r5v]s qui ne =mait qu'une longue gal]ie horizontale1 troite et crase1 et la voil dans un difice lev comme une t\r et dont le toit se p]d dans les tnbres4 ,ou bi51 p\r n\s rappro*] davantage de son tonnem5t ord9aire1 elle s'tait acc\tume depuis des sicles vivre s\s le dme de paille de nos ru*es villageoises1 et voici qu'on l'in/alle dans une espce de gr&e armoire1 ou de gr& c(fre1 trois ou quatre fois plus va/e que sa maison natale1 et au milieu d'un en*evtrem5t de cadres susp5dus les uns au-dessus des autres1 tantt p>allles1 tantt p]p5diculaires l'entre1 et =mant un rseau d'*afaudage qui br\ill5t t\tes les surfaces de sa demeure4 ,,iii ,n'importe1 on na pas d'exemple qu'un essaim ait refus de se mettre la besogne1 se soit laiss dc\rag] ou dconc]t] p> la biz>r]ie des circon/ances1 p\rvu que l'habitation qu'on lui (frait ne ft pas imprgne de mauvaises odeurs1 ou rellem5t inhabitable4 ,mme dans ce cas il n'e/ pas "q de dc\ragem5t1 d'affolem5t ou de r5onciation au devoir4 ,il ab&onne simplem5t la retraite inhospitalire p\r all] *]*] meilleure =tune un peu plus lo94 ,on ne peut dire1 non plus1 que l'on soit jamais p>v5u lui faire excut] un travail puril ou illogique4 ,on n'a jamais con/at que les abeilles ai5t p]du la tte1 ni que1 ne sa*ant quel p>ti s'arrt]1 elles ai5t entrepris au has>d1 des con/ructions hag>des et htroclites4 ,v]sez-les dans une sphre1 dans un cube1 dans une pyramide1 dans un pani] ovale ou polygonal1 dans un cyl9dre ou dans une spirale1 visitez-les quelques j\rs aprs1 si elles ont accept la demeure1 et v\s v]rez que cette trange multitude de petites intellig5ces indp5dantes a su se mettre immdiatem5t d'accord p\r *oisir sans hsit]1 avec une m?ode dont les pr9cipes p>aiss5t inflexibles1 mais dont les consqu5ces sont vivantes1 le po9t le plus propice et s\v5t le seul endroit utilisable de l'habitacle absurde4 ,qu& on les in/alle dans l'une de ces gr&es us9es cadres dont n\s p>lions tantt1 elles ne ti5n5t compte de ces cadres qu'autant qu'ils leur f\rniss5t un po9t de d"p ou des po9ts d'appui commodes p\r leurs rayons1 et il e/ bi5 naturel qu'elles ne se s\ci5t ni des dsirs1 ni des int5tions de l'homme4 ,mais si l'apiculteur a eu so9 de g>nir d'une troite b&e de cire la plan*ette suprieure de quelques-uns d'entre eux1 elles saisiront t\t de suite les avantages que leur (fre ce travail amorc1 elles tir]ont soigneusem5t la b&elette1 et1 y s\dant leur propre cire1 prolong]ont m?odiquem5t le rayon dans le plan indiqu4 ,de mme1--et le cas e/ frqu5t dans l'apiculture int5sive d'auj\rd'hui1--si t\s les cadres de la ru*e o l'on a recueilli l'essaim1 sont g>nis du haut en bas de feuilles de cire gaufre1 elles ne p]dront pas leur temps con/ruire ct ou en trav]s1 produire de la cire inutile1 mais1 tr\vant la besogne moiti faite1 elles se cont5t]ont d'appr(ondir et d'allong] *acun des alvoles esquisss dans la feuille1 en rectifiant mesure les endroits o celle-ci s'c>te de la v]ticale la plus rig\reuse1 et1 de cette faon elles possd]ont en mo9s d'une sema9e une cit aussi luxueuse et aussi bi5 btie que celle qu'elles vi5n5t de quitt]1 alors que livres leurs seules ress\rces il leur aurait fallu deux ou trois mois p\r difi] la mme pr(usion de magas9s et de maisons de cire blan*e4 ,,iv ,il semble bi5 que cet esprit d'appropriation excde s+ulirem5t les bornes de l'in/9ct4 ,au re/e1 ri5 n'e/ plus arbitraire que ces di/9ctions entre l'in/9ct et l'intellig5ce proprem5t dite4 ,sir ,john ,lubbock1 qui a fait sur les f\rmis1 les gupes et les abeilles des obs]vations si p]sonnelles et si curieuses1 e/ trs port1 peut-tre p> une prdilection inconsci5te et un peu inju/e p\r les f\rmis1 qu'il a plus spcialem5t obs]ves1--c> *aque obs]vateur veut que l'insecte qu'il tudie soit plus intellig5t ou plus rem>quable que les autres1 et il e/ bon de se g>d] de ce petit trav]s de l'am\r-propre1--sir ,john ,lubbock1 dis-je1 e/ trs port refus] l'abeille t\t disc]nem5t et t\te facult raisonnante ds qu'elle sort de la r\t9e de ses travaux habituels4 ,il en donne p\r preuve une expri5ce que *acun peut facilem5t rpt]4 ,introduisez dans une c>afe une demi-d\za9e de m\*es et une demi-d\za9e d'abeilles1 puis1 la c>afe horizontalem5t c\*e1 t\rnez-en le fond v]s la f5tre de l'app>tem5t4 ,les abeilles s'a*>n]ont1 durant des heures1 jusqu' ce qu'elles meur5t de fatigue ou d'inanition1 *]*] une issue trav]s le fond de cri/al1 t&is que les m\*es1 en mo9s de deux m9uts1 s]ont t\tes sorties du ct oppos p> le g\lot4 ,sir ,john ,lubbock en conclut que l'intellig5ce de l'abeille e/ extrmem5t limite et que la m\*e e/ bi5 plus habile se tir] d'affaire et retr\v] son *em94 ,cette conclusion ne p>at pas irrpro*able4 ,t\rnez alt]nativem5t v]s la cl>t1 v+t fois de suite si v\s v\lez1 tantt le fond1 tantt le g\lot de la sphre transp>5te1 et v+t fois de suite les abeilles se ret\rn]ont en mme temps p\r faire face au j\r4 ,ce qui les p]d dans l'expri5ce du savant anglais1 c'e/ leur am\r de la lumire1 et c'e/ leur raison mme4 ,elles s'imag95t videmm5t que1 dans t\te prison1 la dlivrance e/ du ct de la cl>t la plus vive1 elles agiss5t en consqu5ce et s'ob/95t agir trop logiquem5t4 ,elles n'ont jamais eu connaissance de ce my/re surnaturel qu'e/ p\r elles le v]re1 cette atmosphre subitem5t impntrable1 qui n'exi/e pas dans la nature1 et l'ob/acle et le my/re doiv5t leur tre d'autant plus inadmissibles1 d'autant plus incomprh5sibles qu'elles sont plus intellig5tes4 ,au lieu que les m\*es c]veles1 sans se s\ci] de la logique1 de l'appel de la lumire1 de l'nigme du cri/al1 t\rbillonn5t au has>d dans le globe et1 r5contrant ici la bonne =tune des simples1 qui p>fois se sauv5t l o priss5t les plus sages1 f9iss5t ncessairem5t p> tr\v] sur leur passage le bon g\lot qui les dlivre4 ,v ,le mme naturali/e donne une autre preuve de leur manque d'intellig5ce1 et la tr\ve dans la page que voici du gr& apiculteur amrica9 le vnrable et pat]nel ,lang/ro?4 ,comme la m\*e1 dit ,lang/ro?1 n'a pas t appele vivre sur les fleurs mais sur des sub/ances dans lesquelles elle p\rrait aism5t se noy]1 elle se pose avec prcaution sur le bord des vases qui conti5n5t une n\rriture liquide et y puise prudemm5t1 t&is que la pauvre abeille s'y jette tte baisse et y prit bi5tt4 ,le fune/e de/9 de leurs surs n'arrte pas un in/ant les autres qu& elles s'appro*5t leur t\r de l'amorce1 c> elles se pos5t comme des folles sur les cadavres et sur les m\rantes1 p\r p>tag] leur tri/e sort4 ,p]sonne ne peut s'imag9] l't5due de leur folie s'il n'a vu la b\tique d'un confiseur assaillie p> des myriades d'abeilles famliques4 ,j'en ai vu des milli]s retires des sirops o elles s'tai5t noyes1 des milli]s se pos] sur le sucre en bullition1 le sol c\v]t et les f5tres obscurcies p> les abeilles1 les unes se tranant1 les autres volant1 d'autres enf9 si compltem5t englues qu'elles ne p\vai5t ni ramp] ni vol]2 pas une sur dix n'tait capable de rapport] la maison le but9 mal acquis1 et cep5dant l'air tait rempli de lgions n\velles d'arrivantes aussi ins5ses4 ,ceci n'e/ pas plus dcisif que ne s]ait p\r un obs]vateur surhuma9 qui v\drait fix] les limites de notre intellig5ce1 la vue des ravages de l'alcoolisme1 ou d'un *amp de bataille4 ,mo9s1 peut-tre4 ,la situation de l'abeille1 si on la comp>e la ntre1 e/ trange en ce monde4 ,elle y a t mise p\r y vivre dans la nature indiffr5te et inconsci5te1 et non pas ct d'un tre extraord9aire qui b\lev]se aut\r d'elle les lois les plus con/antes et cre des phnomnes gr&ioses et incomprh5sibles4 ,dans l'ordre naturel1 dans l'exi/5ce monotone de la =t natale1 l'affolem5t dcrit p> ,lang/ro? ne s]ait possible que si quelque accid5t brisait une ru*e ple9e de miel4 ,mais alors il n'y aurait l ni f5tres mortelles1 ni sucre b\illant1 ni sirop trop pais1 p> consqu5t gure de morts et pas d'autres dang]s que ceux que c\rt t\t animal en p\rsuivant sa proie4 ,g>d]ions-n\s mieux qu'elles notre sang-froid si une puissance insolite t5tait *aque pas notre raison8 ,il n\s e/ donc bi5 difficile de jug] les abeilles que n\s-mmes r5dons folles et dont l'intellig5ce n'a pas t arme p\r p]c] nos emb*es1 de mme que la ntre ne semble pas arme p\r dj\] celles d'un tre suprieur auj\rd'hui inconnu mais nanmo9s possible4 ,ne connaissant ri5 qui n\s dom9e1 n\s en concluons que n\s occupons le sommet de la vie sur notre f]re2 mais1 aprs t\t1 cela n'e/ pas indiscutable4 ,je ne dem&e pas croire que lorsque n\s faisons des *oses dsordonnes ou misrables1 n\s tombons dans les piges d'un gnie suprieur1 mais il n'e/ pas invraisemblable que cela p>aisse vrai quelque j\r4 ,d'autre "p1 on ne peut raisonnablem5t s\t5ir que les abeilles soi5t dnues d'intellig5ce p>ce qu'elles ne sont pas encore p>v5ues n\s di/+u] du gr& s+e ou de l'ours1 et n\s trait5t comme elles trait]ai5t ces htes +nus de la =t primitive4 ,il e/ c]ta9 qu'il y a en n\s et aut\r de n\s des influ5ces et des puissances aussi dissemblables1 que n\s ne disc]nons pas davantage4 ,enf91 p\r t]m9] cette apologie o je tombe un peu dans le trav]s que je repro*ais sir ,john ,lubbock1 ne faut-il pas tre intellig5t1 p\r tre capable d'aussi gr&es folies8 ,il en va t\j\rs a9si dans ce doma9e inc]ta9 de l'intellig5ce1 qui e/ l'tat le plus prcaire et le plus vacillant de la matire4 ,dans la mme cl>t que l'intellig5ce1 il y a la passion1 dont on ne saurait dire au ju/e si elle e/ la fume ou la m*e de la flamme4 ,et ici la passion des abeilles e/ assez noble p\r excus] les vacillem5ts de l'intellig5ce4 ,ce qui les p\sse cette imprud5ce1 ce n'e/ pas l'ardeur animale se gorg] de miel4 ,elles le p\rrai5t faire loisir dans les celli]s de leur demeure4 ,obs]vez-les1 suivez-les dans une circon/ance analogue1 v\s les v]rez1 sitt leur jabot ple91 ret\rn] la ru*e1 y v]s] leur but91 p\r rejo9dre et quitt] tr5te fois en une heure les v5danges m]veilleuses4 ,c'e/ donc le mme dsir qui accomplit tant d'uvres admirables3 le zle rapport] le plus de bi5s qu'elles peuv5t la maison de leurs surs et de l'av5ir4 ,qu& les folies des hommes ont une cause aussi ds9tresse1 n\s leur donnons s\v5t un autre nom4 ,,vi ,p\rtant1 il faut dire t\te la vrit4 ,au milieu des prodiges de leur indu/rie1 de leur police et de leurs r5oncem5ts1 une *ose n\s surpr5dra t\j\rs et int]rompra notre admiration3 c'e/ leur indiffr5ce la mort et au malheur de leurs compagnes4 ,il y a dans le c>actre de l'abeille un dd\blem5t bi5 trange4 ,au se9 de la ru*e1 t\tes s'aim5t et s'entr'aid5t4 ,elles sont aussi unies que les bonnes p5ses d'une mme me4 ,si v\s en blessez une1 mille se sacrifi]ont p\r v5g] son injure4 ,hors de la ru*e elles ne se connaiss5t plus4 ,mutilez1 crasez1--ou plutt g>dez-v\s d'en ri5 faire1 ce s]ait une cruaut inutile1 c> le fait e/ con/ant1--mais enf9 supposons que v\s mutiliez1 que v\s crasiez sur un rayon pos quelques pas de leur demeure1 dix1 v+t ou tr5te abeilles sorties de la mme ru*e1 celles que v\s n'aurez pas t\*es ne t\rn]ont pas la tte et cont9u]ont de puis] au moy5 de leur langue1 fanta/ique comme une arme *9oise1 le liquide qui leur e/ plus prcieux que la vie1 inatt5tives aux agonies dont les d]ni]s ge/es les frl5t et aux cris de dtresse que l'on p\sse aut\r d'elles4 ,et qu& le rayon s]a vide1 p\r que ri5 ne se p]de1 p\r recueillir le miel qui s'atta*e aux victimes1 elles mont]ont tranquillem5t sur les mortes et sur les blesses1 sans s'm\voir de la prs5ce des unes et sans song] sec\rir les autres4 ,elles n'ont donc1 dans ce cas1 ni la notion du dang] qu'elles c\r5t1 puisque la mort qui se rp& aut\r d'elles ne les tr\ble po9t1 ni le mo9dre s5tim5t de solid>it ou de piti4 ,p\r le dang]1 cela s'explique1 l'abeille ne connat pas la cra9te1 et ri5 au monde ne l'p\vante1 except la fume4 ,au sortir de la ru*e elle aspire en mme temps que l'azur1 la longanimit et de condesc5dance4 ,elle s'c>te devant qui la drange1 elle affecte d'ignor] l'exi/5ce de qui ne la s]re pas de trop prs4 ,on dirait qu'elle se sait dans un univ]s qui app>ti5t t\s1 o *acun a droit sa place1 o il convi5t d'tre discret et pacifique4 ,mais s\s cette indulg5ce se ca*e paisiblem5t un cur si sr de soi qu'il ne songe pas s'affirm]4 ,elle fait un dt\r si quelqu'un la m5ace1 mais elle ne fuit jamais4 ,d'autre "p dans la ru*e1 elle ne se borne pas cette passive ignorance du pril4 ,elle fond avec une imptuosit in\e sur t\t tre vivant3 f\rmi1 lion ou homme qui ose effleur] l'ar*e sa9te4 ,appelons cela1 selon notre disposition d'esprit1 colre1 a*>nem5t /upide ou hrosme4 ,mais sur son manque de solid>it hors de la ru*e et mme de sympa?ie dans la ru*e1 il n'y a ri5 dire4 ,faut-il croire qu'il y ait de ces limites imprvues dans t\te espce d'intellig5ce et que la petite flamme qui mane gr&'pe9e d'un c]veau1 trav]s la combu/ion difficile de tant de matires in]tes1 soit t\j\rs si inc]ta9e qu'elle n'claire mieux un po9t qu'au dtrim5t de beauc\p d'autres8 ,on peut e/im] que l'abeille1 ou que la nature dans l'abeille a organis d'une manire plus p>faite que nulle autre "p1 le travail en commun1 le culte et l'am\r de l'av5ir4 ,e/-ce p\r cette raison qu'elles p]d5t de vue t\t le re/e8 ,elles aim5t en avant d'elles et n\s aimons surt\t aut\r de n\s4 ,peut-tre suffit-il d'aim] ici p\r n'avoir plus d'am\r dp5s] l-bas4 ,ri5 n'e/ plus v>iable que la direction de la *>it ou de la piti4 ,n\s-mmes1 autrefois1 n\s aurions t mo9s *oqus qu'auj\rd'hui de cette ins5sibilit des abeilles1 et bi5 des anci5s n'euss5t gure song la leur repro*]4 ,d'ailleurs1 p\vons-n\s prvoir t\s les tonnem5ts d'un tre qui n\s obs]v]ait comme n\s les obs]vons8 ,,vii ,il re/]ait exam9]1 p\r n\s faire une ide plus nette de leur intellig5ce1 de quelle faon elles communiqu5t entre elles4 ,il e/ manife/e qu'elles s'ent5d5t1 et qu'une rpublique si nombreuse et dont les travaux sont si v>is et si m]veilleusem5t conc]ts1 ne saurait subsi/] dans le sil5ce et l'isolem5t spirituel de tant de milli]s d'tres4 ,elles doiv5t donc avoir la facult d'exprim] leurs p5ses ou leur s5tim5ts1 soit au moy5 d'un vocabulaire phontique1 soit plus probablem5t l'aide d'une sorte de langage tactile ou d'une intuition magntique1 qui rpond peut-tre des s5s ou des proprits de la matire qui n\s sont totalem5t inconnus1 intuition dont le sige p\rrait se tr\v] dans ces my/rieuses ant5nes qui palp5t et compr5n5t les tnbres et qui1 d'aprs les calculs de ,*e%ire1 sont =ms *ez les ouvrires de d\ze mille poils tactiles et de c9q mille cavits olfactives4 ,ce qui pr\ve qu'elles ne s'ent5d5t pas seulem5t sur leurs travaux habituels1 mais que l'extraord9aire a galem5t un nom et une place dans leur langue1 c'e/ la manire dont une n\velle1 bonne ou f*euse1 c\tumire ou surnaturelle1 se rp& dans la ru*e2 la p]te ou le ret\r de la mre1 la *ute d'un rayon1 l'entre d'un ennemi1 l'intrusion d'une re9e trangre1 l'appro*e d'une tr\pe de pill>des1 la dc\v]te d'un trsor1 etc4 ,a *acun de ces vnem5ts1 l'attitude et le murmure des abeilles sont si diffr5ts1 si c>actri/iques1 que l'apiculteur exprim5t dev9e assez aism5t ce qui se passe dans l'ombre en moi de la f\le4 ,si v\s v\lez une preuve plus prcise1 obs]vez une abeille qui vi5t de tr\v] quelques g\ttes de miel rp&ues sur le seuil de votre f5tre ou sur un co9 de votre table4 ,d'abord elle s'en gorg]a si avidem5t que v\s p\rrez t\t loisir et sans cra9te de la di/raire1 lui m>qu] le corselet d'une petite ta*e de pe9ture4 ,mais cette gl\tonn]ie n'e/ qu'app>5te4 ,ce miel ne passe pas dans l'e/omac proprem5t dit1 dans ce qu'il faudrait appel] son e/omac p]sonnel2 il re/e dans le jabot1 le premi] e/omac1 qui e/1 si l'on peut a9si p>l]1 l'e/omac de la communaut4 ,sitt que ce rs]voir e/ rempli1 l'abeille s'loign]a1 mais non pas directem5t et t\rdim5t comme f]ait un papillon ou une m\*e4 ,au contraire1 v\s la v]rez vol] quelques in/ants reculons1 en un va-et-vi5t att5tif1 dans l'embrasure de la f5tre ou aut\r de vtre table1 la face t\rne v]s l'app>tem5t4 ,elle reconnat les lieux et fixe en sa mmoire l position exacte du trsor4 ,ensuite elle se r5d la ru*e1 y dgorge son but9 dans l'une des cellules du gr5i]1 p\r rev5ir trois ou quatre m9utes aprs1 repr5dre une n\velle *>ge sur le seuil de la f5tre provid5tielle4 ,de c9q en c9q m9utes1 tant qu'il y aura du miel1 jusqu'au soir s'il le faut1 sans s'int]rompre1 sans pr5dre de repos1 elle f]a a9si des voyages rguli]s de la f5tre la ru*e et de la ru*e la f5tre4 ,,viii ,je ne veux pas orn] la vrit1 comme beauc\p l'ont fait1 qui ont crit sur les abeilles4 ,des obs]vations de ce g5re n'(fr5t quelque intrt que si elles sont absolum5t s9cres4 ,j'aurais reconnu que les abeilles sont incapables de se faire "p d'un vnem5t extrieur1 que j'aurais pu tr\v]1 ce me semble1 en reg>d de la petite dception pr\ve1 quelque plaisir con/at] une fois de plus que l'homme e/1 aprs t\t1 le seul tre rellem5t intellig5t qui habite notre globe4 ,et puis1 arriv un c]ta9 po9t de la vie1 on ress5t plus de joie dire des *oses vraies que des *oses frappantes4 ,il convi5t ici comme en t\te circon/ance1 de se t5ir ce pr9cipe3 que si la vrit t\te nue p>at sur le mom5t mo9s gr&e1 mo9s noble ou mo9s intressante que l'ornem5t imag9aire qu'on lui p\rrait donn]1 la faute en e/ n\s qui ne savons pas encore di/+u] le rapport t\j\rs tonnant qu'elle doit avoir notre tre encore ignor et aux lois de l'univ]s1 et dans ce cas1 ce n'e/ pas la vrit qui a beso9 d'tre agr&ie et ennoblie1 mais notre intellig5ce4 ,j'av\]ai donc que s\v5t les abeilles m>ques revi5n5t seules4 ,il faut croire qu'il y a *ez elles les mmes diffr5ces de c>actre que *ez les hommes1 qu'on en tr\ve qui sont sil5cieuses et d'autres bav>des4 ,quelqu'un qui assi/ait mes expri5ces1 s\t5ait que c'tait videmm5t p> gsme ou p> vanit que beauc\p n'aim5t pas rvl] la s\rce de leur ri*esse ou p>tag] avec une de leurs amies la gloire d'un travail1 que la ru*e doit tr\v] miraculeux4 ,voil de bi5 vila9s vices qui n'exhal5t pas la bonne odeur1 loyale et fra*e1 de la maison des mille surs4 ,quoi qu'il en soit1 il arrive s\v5t aussi que l'abeille favorise p> le sort revi5ne au miel accompagne de deux ou trois collaboratrices4 ,je sais que sir ,john ,lubbock dans l'app5dice de son ouvrage1 ,ants1 ,bees & ,wasps1 dresse de longs et m9utieux tableaux d'obs]vations1 d'o l'on peut conclure que presque jamais une autre abeille ne suit l'indicatrice4 ,j'ignore quelle espce d'abeilles avait affaire le savant naturali/e1 ou si les circon/ances tai5t p>ticulirem5t dfavorables4 ,p\r moi1 en consultant mes propres tables1 faites avec so91 et aprs avoir pris t\tes les prcautions possibles p\r que les abeilles ne fuss5t pas directem5t attires p> l'odeur du miel1 j'y vois qu'en moy5ne quatre fois sur dix une abeille en am5ait d'autres4 ,j'ai mme r5contr un j\r une extraord9aire petite abeille itali5ne1 dont j'avais m>qu le corselet d'une ta*e de c\leur bleue4 ,ds son second voyage elle arriva avec deux de ses surs4 ,j'emprisonnai celles-ci sans la tr\bl]4 ,elle rep>tit1 puis rep>ut avec trois associes que j'emprisonnai encore1 et a9si de suite jusqu' la f9 de l'aprs-midi1 o1 comptant mes captives1 je con/atai qu'elle avait communiqu la n\velle dix-huit abeilles4 ,au rsum1 si v\s faites les mmes expri5ces1 v\s reconnatrez que la communication1 si elle n'e/ pas rgulire1 e/ t\t la mo9s frqu5te4 ,cette facult e/ tellem5t connue des *asseurs d'abeilles en ,amrique1 qu'ils l'exploit5t qu& il s'agit de dc\vrir un nid4 ,ils *oisiss5t1 dit ,m4 ,josiah ,em]y 7cit p> ,romanes dans l',intellig5ce des animaux1 t4 ,i1 p4 #aag7 ils *oisiss5t1 p\r comm5c] leurs oprations1 un *amp ou un bois lo9 de t\te colonie d'abeilles apprivoises4 ,arrivs sur le t]ra91 ils avis5t quelques abeilles qui sont but9] sur les fleurs1 les attrap5t et les enf]m5t dans une bote miel1 puis1 lors-qu'elles se sont repues1 ils les l*5t4 ,vi5t alors un mom5t d'att5te dont la longueur dp5d de la di/ance laquelle se tr\ve l'arbre aux abeilles2 enf91 avec de la pati5ce1 le *asseur f9it t\j\rs p> ap]cevoir ses abeilles qui s'en revi5n5t escortes de plusieurs compagnes4 ,il s'en emp>e comme avant1 leur f\rnit un rgal et les l*e *acune en un po9t diffr5t1 en ayant so9 d'obs]v] la direction qu'elles pr5n5t2 le po9t v]s lequel elles p>aiss5t conv]g] lui dsigne approximativem5t la position du nid4 ,,ix ,v\s obs]v]ez aussi dans vos expri5ces1 que les amies1 qui p>aiss5t obir au mot d'ordre de la bonne =tune1 ne vol5t pas t\j\rs de cons]ve et qu'il y a s\v5t un int]valle de plusieurs secondes entre les div]ses arrives4 ,il faudrait donc1 au sujet de ces communications1 se pos] la "q que sir ,john ,lubbock a rsolue p\r celles des f\rmis4 ,les compagnes qui vi5n5t au trsor dc\v]t p> la premire abeille1 ne font-elles que la suivre ou bi5 y peuv5t-elles tre envoyes p> celle-ci et le tr\v] p> elles-mmes en suivant ses indications et la description des lieux qu'elle aurait faite8 ,il y a l1 on le conoit1 au po9t de vue de l't5due et du travail de l'intellig5ce1 une diffr5ce norme4 ,le savant anglais1 l'aide d'un app>eil compliqu et +nieux1 de pass]elles1 de c\loirs1 de fosss ple9s d'eau et de ponts volants1 e/ p>v5u tablir que dans ces cas1 les f\rmis suivai5t simplem5t la pi/e de l'insecte indicateur4 ,ces expri5ces tai5t praticables avec les f\rmis que l'on peut oblig] de pass] p> o l'on veut1 mais l'abeille1 qui a des ailes1 t\tes les voies sont ouv]tes4 ,il faudrait donc imag9] quelque autre expdi5t4 ,en voici un dont j'ai u1 qui ne m'a pas donn de rsultats dcisifs1 mais qui1 mieux organis et dans des circon/ances plus favorables1 entran]ait1 je p5se1 des c]titudes satisfaisantes4 ,mon cab9et de travail la campagne1 se tr\ve au premi] tage1 au-dessus d'un rez-de-*ausse assez lev4 ,hors le temps que fleuriss5t les tilleuls et les *taigni]s1 les abeilles ont si peu c\tume de vol] cette hauteur1 que durant plus d'une sema9e avant l'obs]vation1 j'avais laiss sur la table un rayon de miel dsop]cul 7c'e/--dire dont les cellules tai5t ouv]tes71 sans qu'une seule ft attire p> son p>fum et le vnt visit]4 ,je pris alors dans une ru*e vitre1 place non lo9 de la maison1 une abeille itali5ne4 ,je l'emportai dans mon cab9et1 la mis sur le rayon de miel et la m>quai t&is qu'elle se rgalait4 ,repue1 elle prit son vol1 ret\rna la ru*e1 et1 l'ayant suivie1 je l'y vis se ht] la surface de la f\le1 plong] la tte dans une cellule vide1 dgorg] son miel et se dispos] sortir4 ,je la guettai et m'en saisis lorsqu'elle rep>ut sur le seuil4 ,je rptai v+t fois de suite l'expri5ce1 pr5ant des sujets diffr5ts et supprimant *aque fois l'abeille amorce1 af9 que les autres ne puss5t la suivre la pi/e4 ,p\r le faire plus commodm5t j'avais plac la porte de la ru*e une bote vitre divise1 p> une trappe1 en deux comp>tim5ts4 ,si l'abeille m>que sortait seule1 je l'emprisonnais simplem5t1 comme j'avais fait de la premire1 et j'allais att5dre dans mon cab9et l'arrive des but9euses auxquelles elle aurait pu communiqu] la n\velle4 ,si elle sortait accompagne d'une ou deux abeilles1 je la ret5ais prisonnire dans le premi] comp>tim5t de la bote1 la sp>ant a9si de ses amies1 et aprs avoir m>qu celles-ci d'une autre c\leur1 je leur donnais la lib]t en les suivant des yeux4 ,il e/ vid5t que si une communication v]bale ou magntique et t faite1 compr5ant une description des lieux1 une m?ode d'ori5tation1 etc41 j'aurais d retr\v] dans mon cab9et un c]ta9 nombre de ces abeilles a9si r5seignes4 ,je dois reconnatre que je n'en vis v5ir qu'une4 ,suivit-elle les indications reues dans la ru*e1 tait-ce pur has>d8 ,l'obs]vation tait insuffisante1 mais les circon/ances ne me p]mir5t pas de la cont9u]4 ,je dlivrai les abeilles amorces1 et bi5tt mon cab9et de travail fut envahi p> la f\le b\rdonnante laquelle elles avai5t enseign1 selon leur m?ode habituelle1 le *em9 du trsor#a4 #a ,j'ai recomm5c l'expri5ce aux premi]s soleils de ce pr9temps +rat4 ,elle m'a donn le mme rsultat ngatif4 ,d'autre "p1 un apiculteur de mes amis1 obs]vateur trs habile et trs s9cre1 qui j'avais s\mis le problme1 m'crit qu'il vi5t d'obt5ir1 en usant du mme procd1 quatre communications irrcusables4 ,le fait dem&e tre vrifi et la "q n'e/ pas rsolue4 ,mais je suis conva9cu que mon ami s'e/ laiss induire en erreur p> son dsir1 trs naturel1 de voir russir l'expri5ce4 ,x ,sans ri5 conclure de cette expri5ce incomplte1 bi5 d'autres traits curieux n\s oblig5t d'admettre qu'elles ont entre elles des rapports spirituels qui dpass5t la porte d'un oui ou d'un non ou de ces relations lm5taires qu'un ge/e ou l'exemple dt]m95t4 ,on p\rrait cit]1 entre autres1 la m\vante h>monie du travail dans la ru*e1 la surpr5ante division de la besogne1 le r\lem5t rguli] qu'on y tr\ve4 ,p> exemple1 j'ai s\v5t con/at que les but9euses que j'avais m>ques le mat91 s'occupai5t l'aprs-midi1-- mo9s que les fleurs ne fuss5t trs abondantes1-- r*auff] ou v5t] le c\va91 ou bi5 je les dc\vrais p>mi la f\le qui =me ces my/rieuses *anes endormies au milieu desquelles travaill5t les cirires et les sculpteuses4 ,j'ai obs]v aussi que les ouvrires que je voyais recueillir le poll5 durant un j\r ou deux1 n'en rapportai5t po9t le l5dema9 et sortai5t la re*]*e exclusive du nect>1 et rciproquem5t4 ,on p\rrait cit] encore1 au po9t de vue de l division du travail1 ce que le clbre apiculteur franais ,georges de ,lay5s appelle la rp>tition des abeilles sur les plantes mellifres4 ,*aque j\r1 ds la premire heure de soleil1 ds la r5tre des exploratrices de l'aurore1 la ru*e qui s'veille appr5d les bonnes n\velles de la t]re3 ,auj\rd'hui fleuriss5t les tilleuls qui bord5t le canal1--le trfle blanc claire l'h]be des r\tes1--le mlilot et la sauge des prs vont s'ouvrir1--les lys1 les rsdas ruissell5t de poll54 ,vite1 il faut s'organis]1 pr5dre des mesures1 rp>tir la besogne4 ,c9q mille des plus robu/es iront jusqu'aux tilleuls1 trois mille des plus jeunes anim]ont le trfle blanc4 ,celles-ci aspirai5t hi] le nect> des corolles1 auj\rd'hui1 p\r repos] leur langue et les gl&es de leur jabot1 elles iront recueillir le poll5 r\ge du rsda1 celles-l le poll5 jaune des gr&s lys1 c> v\s ne v]rez jamais une abeille rcolt] ou ml] des poll5s de c\leur ou d'espce diffr5tes2 et l'assortim5t m?odique dans les gr5i]s1 suivant les nuances et l'orig9e1 de la belle f>9e p>fume e/ une des gr&es proccupations de la ru*e4 ,a9si sont di/ribus les ordres p> le gnie ca*4 ,aussitt1 les travailleuses sort5t en longues files et *acune d'elles vole droit sa t*e4 ,il semble1 dit de ,lay5s1 que les abeilles soi5t p>faitem5t r5seignes sur la localit1 la valeur mellifre relative et la di/ance de t\tes les plantes qui sont dans un c]ta9 rayon aut\r de la ru*e4 ,si on note avec so9 les div]ses directions que pr5n5t les but9euses1 et si l'on va obs]v] en dtail la rcolte des abeilles sur les div]ses plantes d'al5t\r1 on con/ate que les ouvrires se di/ribu5t sur les fleurs proportionnellem5t la fois au nombre des plantes d'une mme espce et leur ri*esse mellifre4 ,il y a plus3 elles e/im5t *aque j\r la valeur du meilleur liquide sucr qu'elles peuv5t rcolt]4 ,si p> exemple1 au pr9temps1 aprs la floraison des saules1 au mom5t o ri5 n'e/ encore fleuri dans les *amps1 les abeilles n'ont gure p\r ress\rce que les premires fleurs des bois1 on peut les voir visit] activem5t les anmones1 les pulmonaires1 les ajoncs et les violettes4 ,quelques j\rs plus t>d1 des *amps de *\ ou de colza vi5n5t-ils fleurir en assez gr& nombre1 on v]ra les abeilles ab&onn] presque compltem5t la visite des plantes des bois encore en ple9e floraison1 p\r se consacr] la visite des fleurs de *\ ou de colza4 ,*aque j\r1 elles rgl5t a9si leur di/ribution sur les plantes1 de manire rcolt] le meilleur liquide sucr dans le mo9s de temps possible4 ,on peut donc dire que la colonie d'abeilles1 aussi bi5 dans ses travaux de rcolte que dans l'intrieur de la ru*e1 sait tablir une di/ribution rationnelle du nombre d'ouvrires1 t\t en appliquant le pr9cipe de la division du travail4 ,,xi ,mais1 dira-t-on1 que n\s importe que les abeilles soi5t plus ou mo9s intellig5tes8 ,p\rquoi pes] a9si1 avec tant de so91 une petite trace de matire presque invisible1 comme s'il s'agissait d'un fluide dont dp5diss5t les de/9es de l'homme8 ,sans ri5 exagr]1 je crois que l'intrt que n\s y avons e/ des plus apprciables4 ,a tr\v]1 hors de n\s une m>que relle d'intellig5ce1 n\s pr\vons un peu de l'motion de ,rob9son dc\vrant l'empre9te d'un pi$ huma9 sur la grve de son le4 ,il semble que n\s soyons mo9s seuls que n\s ne croyions l'tre4 ,qu& n\s essayons de n\s r5dre compte de l'intellig5ce des abeilles1 c'e/ en df9itive le plus prcieux de notre sub/ance que n\s tudions en elles1 c'e/ un atome de cette matire extraord9aire qui1 p>t\t o elle s'atta*e1 a la proprit magnifique de transfigur] les ncessits aveugles1 d'organis]1 d'embellir et de multipli] la vie1 de t5ir en susp5s1 d'une manire plus frappante1 la =ce ob/9e de la mort et le gr& flot inconsidr qui r\le presque t\t ce qui exi/e dans une inconsci5ce t]nelle4 ,si n\s tions seuls possd] et ma9t5ir une p>celle de matire en cet tat p>ticuli] de floraison ou d'inc&esc5ce que n\s nommons l'intellig5ce1 n\s aurions quelque droit de n\s croire privilgis1 de n\s imag9] que la nature atte9t en n\s une sorte de b2 mais voil t\te une catgorie d'tres1 les hymnoptres1 o elle atte9t un b peu prs id5tique4 ,cela ne dcide ri5 si l'on veut1 mais le fait n'en occupe p> mo9s un rang honorable p>mi la f\le des petits faits qui contribu5t clair] notre situation sur cette t]re4 ,il y a l1 d'un c]ta9 po9t de vue1 une contre-preuve de la p>tie la plus ind*iffrable de notre tre1 il y a l des sup]positions de de/9es que n\s dom9ons d'un lieu plus lev qu'aucun de ceux que n\s atte9drons p\r contempl] les de/9es de l'homme4 ,il y a l1 en racc\rci1 de gr&es et simples lignes que n\s n'avons jamais l'occasion de dml] ni de suivre jusqu'au b\t dans notre sphre dmesure4 ,il y a l l'esprit et la matire1 l'espce et l'individu1 l'volution et la p]man5ce1 le pass et l'av5ir1 la vie et la mort1 accumuls dans un rduit que notre ma9 s\lve et que n\s embrassons d'un c\p d'il2 et l'on peut se dem&] si la puissance des corps et la place qu'ils occup5t dans le temps et l'espace modifi5t autant que n\s le croyons l'ide secrte de la nature1 que n\s n\s ef=ons de saisir dans la petite hi/oire de la ru*e1 sculaire en quelques j\rs1 comme dans la gr&e hi/oire des hommes dont trois gnrations dbord5t un long sicle4 ,,xii ,repr5ons donc1 o n\s l'avions laisse l'hi/oire de notre ru*e1 p\r c>t]1 autant que possible1 un des plis du rideau de guirl&es au milieu duquel l'essaim comm5ce pr\v] cette trange sueur presque aussi blan*e que la neige et plus lgre que le duvet d'une aile4 ,c> la cire qui nat ne ressemble pas celle que n\s connaissons t\s3 elle e/ immacule1 impondrable1 elle p>at vraim5t l'me du miel1 qui e/ lui-mme l'esprit des fleurs1 voque dans une incantation immobile1 p\r dev5ir plus t>d entre nos ma9s1 en s\v5ir1 sans d\te1 de son orig9e o il y a tant d'azur1 de p>fums1 d'espace cri/allis1 de rayons sublims1 de puret et de magnific5ce1 la lumire odorante de nos d]ni]s autels4 ,,xiii ,il e/ =t difficile de suivre les div]ses phases de la scrtion et de l'emploi de la cire dans un essaim qui comm5ce btir4 ,t\t se passe au pr(ond de la f\le1 dont l'agglomration de plus en plus d5se1 doit produire la temprature favorable cette exsudation qu e/ le privilge des plus jeunes abeilles4 ,hub]1 qui les tudia le premi] avec une pati5ce incroyable et au prix de dang]s p>fois srieux1 consacre ces phnomnes plus de deux c5t c9quante pages intressantes1 mais =cm5t confuses4 ,p\r moi1 qui ne fais pas un ouvrage te*nique1 je me born]ai1 en m'aidant au beso9 de ce qu'il a si bi5 obs]v1 rapport] ce que *acun peut voir1 qui recueille un essaim dans une ru*e vitre4 ,av\ons d'abord qu'on ne sait pas encore p> quelle al*imie le miel se trans=me en cire dans le corps ple9 d'nigmes de nos m\*es susp5dues4 ,on con/ate seulem5t qu'au b\t de dix-huit v+t-quatre heures d'att5te1 dans une temprature si leve qu'on croirait qu'une flamme c\ve au creux de la ru*e1 des cailles blan*es et transp>5tes app>aiss5t l'ouv]ture de quatre petites po*es situes de *aque ct de l'abdom5 de l'abeille4 ,qu& la plup>t de celles qui =m5t le cne r5v]s ont a9si le v5tre galonn de lamelles d'ivoire1 on voit t\t c\p l'une d'elles1 comme prise d'une inspiration subite1 se dta*] de la f\le1 grimp] rapidem5t le long de la multitude passive1 jusqu'au fate intrieur de la c\pole1 o elle s'atta*e solidem5t t\t en c>tant c\ps de tte les vois9es qui gn5t ses m\vem5ts4 ,elle saisit alors avec les pattes et la b\*e l'une des huit plaques de son v5tre1 la rogne1 la rabote1 la ductilise1 la ptrit dans sa salive1 la ploie et la r$resse1 l'crase et la re=me avec l'habilet d'un m5uisi] qui mani]ait un panneau mallable4 ,enf91 lorsque la sub/ance malaxe de la sorte lui p>at avoir les dim5sions et la consi/ance v\lues1 elle l'applique au sommet du dme1 posant a9si la premire pi]re ou plutt la clef de vote de la cit n\velle1 c> il s'agit ici d'une ville l'env]s qui desc5d du ciel et ne s'lve pas du se9 de la t]re comme une ville huma9e4 ,cela fait1 elle aju/e cette clef de vote susp5due dans le vide d'autres fragm5ts de cire qu'elle pr5d mesure s\s ses anneaux de corne2 elle donne l'ensemble un d]ni] c\p de langue1 un d]ni] c\p d'ant5nes2 puis1 aussi brusquem5t qu'elle e/ v5ue1 elle se retire et se p]d dans la f\le4 ,immdiatem5t1 une autre la remplace1 repr5d le travail au po9t o elle l'avait laiss1 y aj\te le si51 r$resse ce qui ne p>at pas con=me au plan idal de la tribu1 disp>at son t\r1 t&is qu'une troisime1 une quatrime1 une c9quime lui succd5t1 en une srie d'app>itions inspires et subites1 aucune n'a*evant l'uvre1 t\tes apportant leur "p au labeur unanime4 ,,xiv ,un petit bloc de cire encore in=me p5d alors au sommet de la vote4 ,qu& il p>ait de grosseur suffisante1 on voit surgir de la grappe une autre abeille dont l'aspect diffre s5siblem5t de celle des fondatrices qui l'ont prcde4 ,on p\rrait croire1 voir la c]titude de sa dt]m9ation et l'att5te de celles qui l'ent\r5t1 que c'e/ une sorte d'+nieur illum91 qui t\t c\p dsigne dans le vide la place que doit occup] la premire cellule1 dont dp5dront ma?matiquem5t celles de t\tes les autres4 ,en t\t cas1 cette abeille app>ti5t la classe des ouvrires sculpteuses ou ciseleuses qui ne produis5t pas de cire et se cont5t5t de mettre en uvre les matriaux qu'on leur f\rnit4 ,elle *oisit donc l'emplacem5t de la premire cellule1 creuse un mom5t dans le bloc en ram5ant v]s les bords qui s'lv5t aut\r de la cavit1 la cire qu'elle te dans le fond4 ,ensuite1 comme l'avai5t fait les fondatrices1 elle ab&onne s\da9 son bau*e1 une ouvrire impati5te la remplace et repr5d son uvre qu'une troisime a*v]a1 p5dant que d'autres entam5t aut\r d'elles1 selon la mme m?ode de travail int]rompu et successif1 le re/e de la surface et le ct oppos de la p>oi de cire4 ,on dirait qu'une loi ess5tielle de la ru*e y divise l'orgueil de la besogne et que t\te uvre y doive tre commune et anonyme p\r qu'elle soit plus frat]nelle4 ,,xv ,bi5tt le rayon naissant se dev9e4 ,il e/ encore l5ticulaire1 c> les petits tubes prismatiques qui le compos5t1 9galem5t prolongs1 s'acc\rciss5t en une dgradation rgulire du c5tre aux extrmits4 ce mom5t1 il a peu prs l'app>5ce et l'paisseur d'une langue huma9e =me sur ses deux faces de cellules hexagones juxtaposes et adosses4 ,ds que les premires cellules sont con/ruites1 les fondatrices fix5t la vote un deuxime1 puis mesure1 un troisime et un quatrime bloc de cire4 ,ces blocs s'*elonn5t int]valles rguli]s et calculs de telle sorte que lorsque les rayons auront acquis t\te leur =ce1 ce qui n'a lieu que beauc\p plus t>d1 les abeilles auront t\j\rs l'espace ncessaire p\r circul] entre les p>ois p>allles4 ,il faut donc que1 dans leur plan1 elles prvoi5t l'paisseur df9itive de *aque rayon1 qui e/ de v+t-deux ou v+t-trois millimtres1 et en mme temps la l>geur des rues qui les sp>5t et qui doiv5t avoir environ onze millimtres de l>ge1 c'e/--dire le d\ble de la hauteur d'une abeille1 puisque1 entre les rayons1 elles auront pass] dos dos4 ,d'ailleurs elles ne sont pas infaillibles et leur c]titude ne p>at pas ma*9ale4 ,dans des circon/ances difficiles elles commett5t p>fois d'assez grosses erreurs4 ,il y a s\v5t trop d'espace entre les rayons ou trop peu4 ,elles y remdi5t alors du mieux qu'elles peuv5t1 soit en faisant obliqu] le rayon trop rappro*1 soit en int]calant dans la vide trop gr& un rayon irrguli]4 ,il leur arrive p>fois de se tromp]1 dit ce propos ,raumur1 et c'e/ encore un des faits qui sembl5t pr\v] qu'elles jug5t4 ,,xvi ,on sait que les abeilles con/ruis5t quatre espces de cellules4 ,d'abord les cellules royales1 qui sont exceptionnelles et ressembl5t un gl& de *ne1 ensuite les gr&es cellules rs]ves l'levage des mles et l'emmagas9age des provisions qu& les fleurs surabond5t1 puis les petites cellules qui s]v5t de b]ceau aux ouvrires et de magas9s ord9aires1 et1 normalem5t1 occup5t peu prs les huit diximes de la surface btie de la ru*e4 ,enf91 p\r reli] sans dsordre les gr&es aux petites1 elles difi5t un c]ta9 nombre de cellules de transition4 ,a "p l'9vitable irrgul>it de ces d]nires1 les dim5sions du deuxime et du troisime type sont si bi5 calcules1 qu'au mom5t de l'tablissem5t du sy/me dcimal1 lorsqu'on *]*a dans la nature une mesure fixe qui pt s]vir de po9t de d"p et d'talon inconte/able1 ,raumur proposa l'alvole de l'abeille#a4 ,*acun de ces alvoles e/ un tuyau hexagone pos sur une base pyramidale1 et *aque rayon e/ =m de deux c\*es de ces tuyaux opposs p> la base1 de telle manire que *acun des trois rhombes ou losanges qui con/itu5t la base pyramidale d'une cellule de l'av]s =me en mme temps la base galem5t pyramidale de trois cellules du rev]s4 ,c'e/ dans ces tubes prismatiques qu'e/ emmagas9 le miel4 ,p\r vit] que ce miel s'en *appe p5dant le temps de sa maturation1 ce qui arriv]ait 9vitablem5t s'ils tai5t /rictem5t horizontaux comme ils p>aiss5t l'tre1 les abeilles les relv5t lgrem5t selon un angle de quatre ou c9q degrs4 ,outre l'p>gne de cire1 dit ,raumur en considrant l'ensemble de cette m]veilleuse con/ruction1 outre l'p>gne de cire1 qui rsulte de la disposition des cellules1 outre qu'au moy5 de cet arrangem5t les abeilles rempliss5t le gteau sans qu'il y re/e aucun vide1 il en revi5t encore des avantages p> rapport la solidit de l'ouvrage4 ,l'angle du fond de *aque cellule1 le sommet de la cavit pyramidale1 e/ arc-b\t p> l'arte que font ensemble deux pans de l'hexagone d'une autre cellule4 ,les deux triangles ou prolongem5ts des pans hexagones qui rempliss5t un des angles r5trants de la cavit r5f]me p> les trois rhombes =m5t ensemble un angle plan p> le ct o ils se t\*5t2 *acun de ces angles1 qui e/ concave en d$ans de la cellule1 s\ti5t du ct de sa convexit une des lames employes =m] l'hexagone d'une autre cellule1 et cette lame1 qui s'appuie sur cet angle1 ti5t contre la =ce qui t5drait les p\ss] en dehors2 c'e/ a9si que les angles se tr\v5t =tifis4 ,t\s les avantages que l'on p\vait dem&] p> rapport la solidit de *aque cellule lui sont procurs p> sa propre figure et p> la manire dont elles sont disposes les unes p> rapport aux autres4 #a ,on rejeta1 non sans motifs1 cet talon4 ,le diamtre des alvoles e/ d'une rgul>it admirable1 mais1 comme t\t ce qui e/ produit p> un organisme vivant1 il n'e/ pas ma?matiquem5t inv>iable dans la mme ru*e4 ,en outre1 comme le fait rem>qu] ,m4 ,maurice ,gir>d1 les div]ses espces d'abeilles ont un apo?me d'alvole di/9ct1 de sorte que l'talon s]ait diffr5t d'une ru*e l'autre1 suivant l'espce d'abeilles qui s'y tr\ve4 ,,xvii ,les gomtres sav5t1 dit le ,dr ,reid1 qu'il n'y a que trois sortes de figures que l'on puisse adopt] p\r divis] une surface en petits espaces semblables1 de =me rgulire et de mme gr&eur sans int]/ices4 ,ce sont le triangle quilatral1 le c>r et l'hexagone rguli] qui1 en ce qui conc]ne la con/ruction des cellules1 l'emporte sur les deux autres figures1 au po9t de vue de la commodit et de la rsi/ance4 ,or1 c'e/ ju/em5t la =me hexagone que les abeilles adopt5t1 comme si elles en connaissai5t les avantages4 ,de mme1 le fond des cellules se compose de trois plans qui se r5contr5t en un po9t1 et il a t dmontr que ce sy/me de con/ruction p]met de ralis] une conomie considrable en fait de travail et de matriaux4 ,encore la "q tait-elle de savoir quel angle d'incl9aison des plans correspond l'conomie la plus gr&e1 problme de hautes ma?matiques qui a t rsolu p> quelques savants1 entre autres ,maclaur9 dont on tr\v]a la solution dans le compte r5du de la ,socit royale de ,londres#a4 ,or1 l'angle a9si dt]m9 p> le calcul correspond celui que l'on mesure au fond des cellules4 #a ,raumur avait propos au clbre ma?matici5 ,knig le problme suivant3 ,entre t\tes les cellules hexagonales fond pyramidal compos de trois rhombes semblables et gaux1 dt]m9] celle qui peut tre con/ruite avec le mo9s de matire8--,knig tr\va qu'une telle cellule avait son fond fait de trois rhombes dont *aque gr& angle tait de #aji degrs #bf m9utes et *aque petit de #gj degrs #cd m9utes4 ,or1 un autre savant4 ,m>aldi1 ayant mesur aussi exactem5t que possible les angles des rhombes con/ruits p> les abeilles1 fixa les gr&s #aji degrs #bh m9utes et les petits #gj degrs #cb m9utes4 ,il n'y avait donc entre les deux solutions qu'une diffr5ce de #b m9utes4 ,il e/ probable que l'erreur1 s'il y en a une1 doit tre impute ,m>aldi plutt qu'aux abeilles1 c> aucun in/rum5t ne p]met de mesur] avec une prcision infaillible les angles des cellules qui ne sont pas assez nettem5t df9is4 ,un autre ma?matici51 ,cram]1 qui l'on avait s\mis le mme problme1 donna d'ailleurs une solution qui se rappro*e encore davantage de celle des abeilles1 soit #aji degrs #bh m9utes et demie1 p\r les gr&s1 et #gj degrs #ca m9utes et demie p\r les petits4 ,maclaur91 rectifiant ,knig1 donne #gj degrs #cb m9utes et #aji degrs #bh m9utes4 ,m4 ,lon ,lalanne1 #aji degrs #bh m9utes #af secondes et #gj degrs #ha m9utes #dd secondes4 ,voir sur cette "q discute3 ,maclaur91 ,philos4 ,trans4 ( ,london #agdc4 ,br\gham1 ,re*4 anal1 et exp]4 sur les alv4 des ab4 ,l4 ,lalanne1 ,note sur l',ar*4 des abeilles1 etc4 ,,xviii ,c]tes1 je ne crois pas que les abeilles se livr5t ces calculs compliqus1 mais je ne crois pas davantage que le has>d ou la seule =ce des *oses produise ces rsultats tonnants4 ,p\r les gupes1 p> exemple1 qui con/ruis5t comme les abeilles des gteaux cellules hexagones1 le problme tait le mme et elles l'ont rsolu d'une manire bi5 mo9s +nieuse4 ,leurs rayons n'ont qu'une c\*e de cellules et ne possd5t pas le fond commun qui s]t la fois aux deux c\*es opposes du gteau de l'abeille4 ,de l1 mo9s de solidit1 plus d'irrgul>it et une p]te de temps1 de matire et d'espace que l'on peut e/im] au qu>t de l'ef=t et au ti]s de l'espace ncessaires4 ,p>eillem5t1 les ,trigones et les ,mlipones1 qui sont de vritables abeilles dome/iques1 mais d'une civilisation mo9s avance1 ne con/ruis5t leurs cellules d'levage que sur un rang1 et appuy5t leurs gteaux horizontaux et sup]poss sur d'in=mes et disp5dieuses colonnes de cire4 ,quant leurs cellules provisions1 ce sont de gr&es outres assembles sans ordre1 et l o elles p\rrai5t s'int]sect]1 p> consqu5t ralis] l'conomie de sub/ance et d'espace dont pr(it5t les abeilles1 les ,mlipones1 sans s'avis] de cette conomie possible1 insr5t maladroitem5t entre les sphres des cellules p>ois planes4 ,aussi1 qu& on comp>e un de leurs nids la cit ma?matique de nos m\*es miel1 on croirait voir une b\rgade de huttes primitives ct d'une de ces villes implacablem5t rgulires1 qui sont le rsultat peut-tre sans *>mes1 mais logique1 du gnie de l'homme qui lutte plus prem5t qu'autrefois contre le temps1 l'espace et la matire4 ,,xix ,la ?orie c\rante1 d'ailleurs r5\vele de ,buffon1 s\ti5t que les abeilles n'ont p> du t\t l'int5tion de faire des hexagones base pyramidale1 qu'elles veul5t simplem5t creus] dans la cire des alvoles ronds1 mais que leurs vois9es et celles qui travaill5t sur l'autre face du gteau1 creusant en mme temps1 avec les mmes int5tions1 les po9ts o les alvoles se r5contr5t pr5n5t =cm5t une =me hexagonale4 ,c'e/1 aj\te-t-on1 ce qui arrive p\r les cri/aux1 p\r les cailles de c]ta9s poissons1 p\r les bulles de savon1 etc41 c'e/ encore ce qui arrive dans l'expri5ce suivante que propose ,buffon4 ,qu'on remplisse1 dit-il1 un vaisseau de pois ou de quelque autre gra9e cyl9drique et qu'on le f]me exactem5t aprs y avoir v]s autant d'eau que les int]valles1 entre les gra9es1 peuv5t en recevoir1 qu'on fasse b\illir cette eau1 t\s ces cyl9dres devi5dront des colonnes six pans4 ,on en voit clairem5t la raison qui e/ purem5t mcanique3 *aque gra9e dont la figure e/ cyl9drique t5d1 p> son r5flem5t1 occup] le plus d'espace possible dans un espace donn2 elles devi5n5t donc t\tes ncessairem5t hexagones p> la compression rciproque4 ,*aque abeille *]*e occup] de mme le plus d'espace possible dans un espace donn2 il e/ donc ncessaire aussi1 puisque le corps des abeilles e/ cyl9drique1 que leurs cellules soi5t hexagones p> la mme raison des ob/acles rciproques4 ,,xx ,voil des ob/acles rciproques qui produis5t une m]veille1 comme les vices des hommes1 p> la mme raison1 produis5t une v]tu gnrale1 qui e/ suffisante p\r que l'espce huma9e1 s\v5t odieuse dans ses individus1 ne le soit pas dans son ensemble4 ,on p\rrait d'abord object]1 comme l'ont fait ,br\ghman1 ,kirby et ,sp5ce1 et d'autres savants1 que l'expri5ce des bulles de savon et des pois ne pr\ve ri51 c> dans l'un et l'autre cas1 l'effet de la pression n'ab\tit qu' des =mes trs irrgulires et n'explique pas la raison d'tre du fond prismatique des cellules4 ,on p\rrait surt\t rpondre qu'il y a plus d'une manire de tir] p>ti des ncessits aveugles1 que la gupe c>tonnire1 le b\rdon velu1 les mlipones et les trigones du ,mexique et du ,brsil1 bi5 que les circon/ances et le b soi5t p>eils1 arriv5t des rsultats =t diffr5ts et manife/em5t infrieurs4 ,on p\rrait dire encore que si les cellules de l'abeille obiss5t la loi des cri/aux1 de la neige1 des bulles de savon ou des pois b\illis de ,buffon1 elles obiss5t en mme temps1 p> leur symtrie gnrale1 p> leur disposition sur deux c\*es opposes1 p> leur incl9aison calcule1 etc41 bi5 d'autres lois qui ne se tr\v5t pas dans la matire4 ,on p\rrait aj\t] que t\t le gnie de l'homme e/ aussi dans la faon dont il tire p>ti de ncessits analogues1 et que si cette faon n\s semble la meilleure possible1 c'e/ qu'il n'y a pas de juge au-dessus de n\s4 ,mais il e/ bon que les raisonnem5ts s'effac5t devant les faits1 et p\r c>t] une objection tire d'une expri5ces ri5 ne vaut une autre expri5ce4 ,af9 de m'assur] que l'ar*itecture hexagonale tait rellem5t inscrite dans l'esprit de l'abeille1 j'ai dc\p et enlev un j\r1 au c5tre d'un rayon1 un endroit o il y avait la fois du c\va9 et des cellules ple9es de miel1 un disque de la gr&eur d'une pice de c5t s\s4 ,c\pant ensuite le disque p> le milieu de sa tran*e ou de l'paisseur de sa circonfr5ce1 au po9t o se joignai5t les bases pyramidales des cellules1 j'appliquai sur les bases de l'une des deux sections a9si obt5ues1 une rondelle d'ta9 de mme dim5sion et assez rsi/ante p\r que les abeilles ne puss5t la d=m] ni la faire fl*ir4 ,puis je remis o je l'avais prise la section munie de la rondelle4 ,l'une des faces du rayon n'(frait donc ri5 d'anormal puisque le dommage tait a9si rp>1 mais sur l'autre se voyait une sorte de gr& tr\ dont le fond tait =m p> la rondelle d'ta9 et qui t5ait la place d'une tr5ta9e de cellules4 ,les abeilles fur5t d'abord dconc]tes1 elles v9r5t en f\le exam9] et tudi] l'abme invraisemblable et1 plusieurs j\rs durant1 s'agitr5t t\t aut\r et dlibrr5t sans pr5dre de dcision4 ,mais comme je les n\rrissais abondamm5t *aque soir1 il v9t un mom5t o elles n'eur5t plus de cellules disponibles p\r emmagas9] leurs provisions4 ,il e/ probable qu'alors les gr&s +nieurs1 les sculpteurs et les cirires d'lite recur5t l'ordre de tir] p>ti du g\ffre inutile4 ,une l\rde guirl&e de cirires l'enveloppa p\r entret5ir la *aleur ncessaire1 d'autres abeilles desc5dir5t dans le tr\ et comm5cr5t p> fix] solidem5t la rondelle de mtal l'aide de petites griffes de cire rgulirem5t *elonnes sur son p\rt\r et qui s'atta*ai5t aux artes des cellules environnantes4 ,elles entreprir5t alors1 en les reliant ces griffes1 la con/ruction de trois ou quatre cellules1 dans le demi-c]cle suprieur de la rondelle4 ,*acune de ces cellules de transition ou de rp>ation avait son dessus plus ou mo9s d=m p\r se s\d] l'alvole contigu du rayon1 mais sa moiti infrieure dess9ait t\j\rs sur rta9 trois angles trs nets d'o sortai5t dj trois petites lignes droites qui bau*ai5t rgulirem5t la premire moiti de la cellule suivante4 ,au b\t de qu>ante-huit heures1 et bi5 que trois ou quatre abeilles au plus puss5t travaill] en mme temps dans l'ouv]ture1 t\te la surface de l'ta9 tait c\v]te d'alvoles esquisss4 ,ces alvoles tai5t c]tes mo9s rguli]s que ceux d'un rayon ord9aire2 c'e/ p\rquoi la re9e1 les ayant p>c\rus1 sagem5t refusa d'y pondre1 c> il n'en s]ait sorti qu'une gnration atrophie4 ,mais t\s tai5t p>faitem5t hexagonaux2 on n'y tr\vait pas une ligne c\rbe1 pas une =me1 pas un angle arrondi4 ,p\rtant1 t\tes les conditions habituelles tai5t *anges1 les cellules n'tai5t pas creuses dans un bloc selon l'obs]vation de ,hub]1 ou dans un capu*on de cire1 selon celle de ,d>w91 circulaires d'abord et ensuite hexagonises p> la pression de leurs vois9es4 ,il ne p\vait tre "q d'ob/acles rciproques att5du qu'elles naissai5t une une et projetai5t librem5t sur une sorte de table rase les petites lignes d'amorage4 ,il p>ait donc bi5 c]ta9 que l'hexagone n'e/ pas le rsultat de ncessits mcaniques1 mais qu'il se tr\ve vritablem5t dans le plan1 dans l'expri5ce1 dans l'intellig5ce et la volont de l'abeille4 ,un autre trait curieux de leur sagacit que je note la r5contre1 c'e/ que les godets qu'elles btir5t sur la rondelle n'avai5t pas d'autre fond que le mtal mme4 ,les +nieurs de l'esc\ade prsumai5t videmm5t que l'ta9 suffirait ret5ir les liquides et avai5t jug inutile de l'enduire de cire4 ,mais1 peu aprs1 quelques g\ttes de miel ayant t dposes dans deux de ces godets1 ils rem>qur5t probablem5t qu'il s'altrait plus ou mo9s au contact du mtal4 ,ils se ravisr5t alors et rec\vrir5t d'une sorte de v]nis diaphane t\te la surface de l'ta94 ,,xxi ,si n\s v\lions clair] t\s les secrets de cette ar*itecture gomtrique1 n\s aurions encore exam9] plus d'une "q intressante1 p> exemple la =me des premires cellules qui s'atta*5t au toit de la ru*e1 et qui e/ modifie de manire t\*] ce toit p> le plus gr& nombre de po9ts possible4 ,il faudrait rem>qu] aussi1 non pas tant l'ori5tation des gr&es rues1 dt]m9e p> le p>alllisme des rayons1 que la disposition des ruelles et passages mnags et l au trav]s ou aut\r des gteaux p\r assur] le trafic et la circulation de l'air1 et qui sont habilem5t di/ribus de manire vit] de trop longs dt\rs ou un encombrem5t probable4 ,il faudrait enf9 tudi] la con/ruction des cellules de transition1 l'in/9ct unanime qui p\sse les abeilles augm5t]1 un mom5t donn1 les dim5sions de leurs demeures1 soit que la rcolte extraord9aire dem&e de plus gr&s vases1 soit qu'elles jug5t la population assez =te ou que la naissance des mles devi5ne ncessaire4 ,il faudrait admir] en mme temps l'conomie +nieuse et l'h>monieuse c]titude avec laquelle elles pass5t1 dans ces cas1 du petit au gr& ou du gr& au petit1 de la symtrie p>faite une asymtrie 9vitable1 p\r rev5ir1 ds que le p]mett5t les lois d'une gomtrie anime1 la rgul>it idale1 sans qu'une cellule soit p]due1 sans qu'il y ait dans la suite de leurs difices un qu>ti] sacrifi1 enfant91 hsitant et b>b>e1 ou une zone inutilisable4 ,mais dj je cra9s de m'tre g> dans bi5 des dtails dnus d'intrt p\r un lecteur qui n'a peut-tre jamais suivi des yeux un vol d'abeilles ou qui ne s'y e/ intress qu'en passant1 comme n\s n\s intressons t\s en passant une fleur1 un oiseau1 une pi]re prcieuse1 sans dem&] autre *ose qu'une di/raite c]titude sup]ficielle1 et sans n\s dire assez que le mo9dre secret d'un objet que n\s voyons dans la nature qui n'e/ pas huma9e1 p>ticipe peut-tre plus directem5t l'nigme pr(onde de nos f9s et de nos orig9es1 que le secret de nos passions les plus passionnantes et le plus complaisamm5t tudies4 ,,xxi ,p\r ne pas al\rdir cette tude1 je passe galem5t sur l'in/9ct assez surpr5ant qui les fait p>fois am9cir et dmolir l'extrmit de leurs rayons qu& elles veul5t prolong] ou l>gir ceux-ci2 et1 cep5dant1 on convi5dra que dmolir p\r recon/ruire1 dfaire ce qu'on a fait p\r le refaire plus rgulirem5t1 suppose un s+uli] dd\blem5t de l'aveugle in/9ct de btir4 ,je passe encore sur des expri5ces rem>quables que l'on peut faire p\r les =c] de con/ruire des rayons circulaires1 ovales1 tubulaires ou biz>rem5t cont\rns1 et sur la manire +nieuse dont elles p>vi5n5t faire correspondre les cellules l>gies des p>ties convexes aux cellules rtrcies des p>ties concaves du gteau4 ,mais avant de quitt] ce sujet1 arrtons-n\s1 ne s]ait-ce qu'une m9ute1 considr] la faon my/rieuse dont elles conc]t5t leur travail et pr5n5t leurs mesures lorsqu'elles sculpt5t en mme temps1 et sans se voir1 les deux faces opposes d'un rayon4 ,reg>dez p> transp>5ce un de ces rayons1 et v\s ap]cevrez1 dess9s p> des ombres aigus dans la cire diaphane1 t\t un rseau de prismes1 aux artes si nettes1 t\t un sy/me de concordances si infaillibles1 qu'on les croirait e/ampes dans l'aci]4 ,je ne sais si ceux qui n'ont jamais vu l'intrieur d'une ru*e se reprs5t5t suffisamm5t la disposition et l'aspect des rayons4 ,qu'ils se figur5t1 p\r pr5dre la ru*e de nos paysans1 o l'abeille e/ livre elle-mme1 qu'ils se figur5t une clo*e de paille ou d'osi]2 cette clo*e e/ divise de haut en bas p> c9q1 six1 huit et p>fois dix tran*es de cire p>faitem5t p>allles et assez semblables de gr&es tran*es de pa9 qui desc5d5t du sommet de la clo*e et p\s5t /rictem5t la =me ovode de ses p>ois4 ,entre *acune de ces tran*es e/ mnag un int]valle d'environ onze millimtres dans lequel se ti5n5t et circul5t les abeilles4 ,au mom5t o comm5ce dans le haut de la ru*e la con/ruction d'une de ces tran*es1 le mur de cire qui en e/ l'bau*e1 et qui s]a plus t>d am9ci et tir1 e/ encore =t pais et isole compltem5t les c9quante ou soixante abeilles qui travaill5t sur la face antrieure1 des c9quante ou soixante qui cisl5t en mme temps sa face po/rieure1 en sorte qu'il e/ impossible qu'elles se voi5t mutuellem5t1 mo9s que leurs yeux n'ai5t le don de p]c] les corps les plus opaques4 ,nanmo9s1 une abeille de la face antrieure ne creuse pas un tr\1 n'aj\te pas un fragm5t de cire qui ne corresponde exactem5t une saillie ou une cavit de la face po/rieure et rciproquem5t4 ,comm5t s'y pr5n5t-elles8 ,comm5t se fait-il que l'une ne creuse pas trop avant et l'autre pas assez8 ,comm5t t\s les angles des losanges concid5t-ils t\j\rs si magiquem5t8 ,qu'e/-ce qui leur dit de comm5c] ici et de s'arrt] l8 ,il faut n\s cont5t] une fois de plus de la rponse qui ne rpond pas3 ,c'e/ un des my/res de la ru*e4 ,hub] a essay d'expliqu] ce my/re en disant qu' c]ta9s int]valles1 p> la pression de leurs pattes ou de leurs d5ts1 elle provoquai5t peut-tre une lgre saillie sur la face oppose du rayon1 ou qu'elles se r5dai5t compte de l'paisseur plus ou mo9s gr&e du bloc1 p> la flexibilit1 l'la/icit ou quelque autre proprit physique de la cire1 ou encore que leurs ant5nes sembl5t se prt] l'exam5 des p>ties les plus dlies et les plus cont\rnes des objets et leur s]v5t de compas dans l'invisible1 ou enf9 que le rapport de t\tes les cellules drive ma?matiquem5t de la disposition et des dim5sions de celles du premi] rang sans qu'il y ait beso9 d'autres mesures4 ,mais on voit que ces explications ne sont pas suffisantes3 les premires sont des hypo?ses invrifiables2 les autres dplac5t simplem5t le my/re4 ,et s'il e/ bon de dplac] le plus s\v5t possible les my/res1 encore faut-il ne pas se flatt] qu'un *angem5t de place suffise les dtruire4 ,,xxiii ,quittons enf9 les plateaux monotones et le ds]t gomtrique des cellules4 ,voil donc les rayons comm5cs et qui devi5n5t habitables4 ,bi5 que l'inf9im5t petit s'aj\te1 sans espoir app>5t1 l'inf9im5t petit1 et que notre il1 qui voit si peu de *ose1 reg>de sans ri5 voir1 l'uvre de cire qui ne s'arrte ni de j\r ni de nuit s't5d avec une rapidit extraord9aire4 ,la re9e impati5te a dj p>c\ru plus d'une fois les *anti]s qui blan*iss5t dans l'obscurit1 et1 ma9t5ant que les premires lignes des demeures sont a*eves1 elle en pr5d possession avec son cortge de g>di5nes1 de conseillres ou de s]vantes1 c> on ne saurait dire si elle e/ conduite ou suivie1 vnre ou surveille4 ,arrive l'endroit qu'elle juge favorable ou que ses conseillres lui impos5t1 elle bombe le dos1 se rec\rbe et introduit l'extrmit de son long abdom5 fusel dans l'un des godets vi]ges1 p5dant que t\tes les petites ttes att5tives1 les petites ttes aux normes yeux noirs des g>des de son escorte1 l'ens]r5t d'un c]cle passionn1 lui s\ti5n5t les pattes1 lui c>ess5t les ailes et agit5t sur elle leurs fbriles ant5nes1 comme p\r l'enc\rag]1 la press] et la flicit]4 ,on reconnat aism5t l'endroit o elle se tr\ve cette espce de coc>de toile1 ou plutt cette bro*e ovale dont elle e/ la topaze c5trale et qui ressemble assez aux imposantes bro*es que portai5t nos gr&'-mres4 ,il e/ d'ailleurs rem>quable1 puisque s'(fre l'occasion de le rem>qu]1 que les ouvrires vit5t t\j\rs de t\rn] le dos la re9e4 ,sitt qu'elle s'appro*e d'un gr\pe1 t\tes s'arrang5t de faon lui prs5t] inv>iablem5t les yeux et les ant5nes et m>*5t devant elle reculons4 ,c'e/ un signe de respect ou plutt de sollicitude qui1 p\r invraisemblable qu'il p>aisse1 n'en e/ pas mo9s con/ant et t\t fait gnral4 ,mais rev5ons notre s\v]a9e4 ,s\v5t1 p5dant le lg] spasme qui accompagne visiblem5t l'mission de l'uf1 une de ses filles la saisit dans ses bras1 et front contre front1 b\*e contre b\*e1 semble lui p>l] bas4 ,elle1 assez indiffr5te ces tmoignages un peu effrns1 pr5d son temps1 ne s'meut gure1 t\t sa mission qui p>at tre p\r elle une volupt am\reuse plutt qu'un travail4 ,enf9 au b\t de quelques secondes1 elle se r$resse avec calme1 se dplace d'un pas1 fait un qu>t de t\r sur elle-mme1 et1 avant d'y introduire la po9te de son v5tre1 plonge la tte dans la cellule vois9e af9 de s'assur] que t\t y e/ en ordre1 et qu'elle ne pond pas deux fois dans le mme alvole1 t&is que deux ou trois abeilles de l'escorte empresse culbut5t successivem5t dans la cellule ab&onne1 p\r voir si l'uvre e/ accomplie1 et ent\r] de leurs so9s ou mettre en bonne place le petit uf bleutre qu'elle vi5t d'y dpos]4 p>tir de ce mom5t jusqu'aux premi]s froids de l'automne1 elle ne s'arrte plus1 pondant p5dant qu'on la n\rrit et dormant--si tant e/ qu'elle dorme--en pondant4 ,elle reprs5te ds lors la puissance dvorante de l'av5ir qui envahit t\s les co9s du royaume4 ,elle suit pas pas les malheureuses ouvrires qui s'puis5t con/ruire les b]ceaux que sa fcondit rclame4 ,on assi/e a9si un conc\rs de deux in/9cts puissants dont les pripties clair5t p\r les montr]1 s9on p\r les rs\dre1 plusieurs nigmes de la ru*e4 ,il arrive1 p> exemple1 que les ouvrires gagn5t une c]ta9e avance4 ,obissant leurs s\cis de bonnes mnagres qui song5t aux provisions des mauvais j\rs1 elles s'empress5t de remplir de miel les cellules conquises sur l'avidit de l'espce4 ,mais la re9e s'appro*e2 il faut que les bi5s matriels recul5t devant l'ide de la nature1 et les ouvrires affoles dmnag5t en hte le trsor importun4 ,il arrive aussi que leur avance soit d'un rayon enti]3 alors1 n'ayant plus s\s les yeux celle qui reprs5te la tyrannie des j\rs que p]sonne ne v]ra1 elles en pr(it5t p\r btir aussi vite que possible une zone de gr&es cellules1 de cellules mles1 dont la con/ruction e/ beauc\p plus facile et plus rapide4 ,arrive cette zone +rate1 la re9e y dpose regret quelques ufs1 la fran*it1 et vi5t sur ses bords exig] de n\velles cellules d'ouvrires4 ,les travailleuses obiss5t1 rtrciss5t graduellem5t les alvoles1 et la p\rsuite recomm5ce1 jusqu' ce que l'insatiable mre1 flau fcond et ador1 soit ram5e des extrmits de la ru*e aux cellules du db1 ab&onnes dans l'entre-temps p> la premire gnration qui vi5t d'clore1 et qui bi5tt1 de ce co9 d'ombre o elle e/ ne1 va se rp&re sur les fleurs des environs1 peupl] les rayons du soleil et anim] les heures bi5veillantes1 p\r se sacrifi] son t\r la gnration qui dj la remplace dans les b]ceaux4 ,,xxiv ,et la re9e abeille1 qui obx-elle8 ,a la n\rriture qu'on lui donne2 c> elle ne pr5d pas elle-mme ses alim5ts2 elle e/ n\rrie comme un enfant p> les ouvrires mmes que sa fcondit h>asse4 ,et cette n\rriture son t\r1 que lui mesur5t les ouvrires1 e/ proportionne l'abondance des fleurs et au but9 que rapport5t les visiteuses des calices4--,ici donc1 comme p>t\t en ce monde1 une portion du c]cle plonge dans les tnbres2 ici donc1 comme p>t\t1 c'e/ du dehors1 d'une puissance inconnue que vi5t l'ordre suprme1 et les abeilles se s\mett5t comme n\s au matre anonyme de la r\e qui t\rne sur elle-mme en crasant les volonts qui la font m\voir4 ,quelqu'un qui je montrais d]nirem5t1 dans une de mes ru*es de v]re6 le m\vem5t de cette r\e aussi visible que la gr&e r\e d'une horloge1 quelqu'un qui voyait nu l'agitation innombrable des rayons1 le trm\ssem5t p]ptuel1 nigmatique et f\ des n\rrices sur la *ambre c\va91 les pass]elles et les *elles animes que =m5t les cirires1 les spirales envahissantes de la re9e1 l'activit div]se et incessante de la f\le1 l'ef=t impitoyable et inutile1 les alles et v5ues accables d'ardeur1 le sommeil ignor hormis dans des b]ceaux que dj guette le travail de dema91 le repos mme de la mort loign d'un sj\r qui n'admet ni malades ni tombeaux1 quelqu'un qui reg>dait ces *oses1 l'tonnem5t pass1 ne t>dait pas dt\rn] ses yeux o se lisait je ne sais quel effroi attri/4 ,il y a en effet dans la ru*e1 s\s l'allgresse du premi] abord1 s\s les s\v5irs clatants des beaux j\rs qui l'empliss5t et en font la cassette des joyaux de l't1 s\s le va-et-vi5t enivr qui la relie aux fleurs1 aux eaux vives1 l'azur1 l'abondance si paisible de t\t ce qui reprs5te la beaut et le bonheur1 il y a en effet1 s\s t\tes ces dlices extrieures1 un spectacle qui e/ un des plus tri/es qu'on puisse voir4 ,et n\s autres aveugles qui n'ouvrons que des yeux obscurcis1 qu& n\s reg>dons ces innoc5tes condamnes1 n\s savons bi5 que ce n'e/ pas elles seules que n\s sommes prs de pla9dre1 que ce n'e/ pas elles seules que n\s ne compr5ons po9t1 mais une =me pitoyable de la gr&e =ce qui n\s anime et n\s dvore aussi4 ,oui1 si l'on veut1 cela e/ tri/e1 comme t\t e/ tri/e dans la nature qu& on la reg>de de prs4 ,il en s]a a9si tant que n\s ne saurons pas son secret1 ou si elle en a un4 ,et si n\s appr5ons un j\r qu'elle n'en ait po9t ou que ce secret soit horrible1 alors natront d'autres devoirs qui peut-tre n'ont pas encore de nom4 ,en att5dant1 que notre cur rpte s'il le dsire3 ,cela e/ tri/e1 mais que notre raison se cont5te de dire3 ,cela e/ a9si4 ,notre devoir de l'heure e/ de *]*] s'il n'y a ri5 d]rire ces tri/esses1 et p\r cela il ne faut pas en dt\rn] les yeux1 mais les reg>d] fixem5t et les tudi] avec autant d'intrt et de c\rage que si c'tai5t des joies4--,il e/ ju/e qu'avant de n\s pla9dre1 qu'avant de jug] la nature1 n\s a*evions de l'int]rog]4 ,,xxv ,n\s avons vu que les ouvrires1 ds qu'elles ne se s5t5t plus s]res de prs p> la m5aante fcondit de la mre1 se ht5t de btir des cellules provisions dont la con/ruction e/ plus conomique et la capacit plus gr&e4 ,n\s avons vu1 d'autre "p1 que la mre prfre pondre dans les petites cellules et qu'elle en rclame sans cesse4 ,nanmo9s1 leur dfaut1 et en att5dant qu'on lui en f\rnisse1 elle se rsigne dpos] ses ufs dans les l>ges cellules qu'elle tr\ve sur son passage4 ,les abeilles qui en natront s]ont des mles ou faux-b\rdons1 bi5 que les ufs soi5t en t\t p>eils ceux dont naiss5t les ouvrires4 ,or1 au reb\rs de ce qui a lieu dans la trans=mation d'une ouvrire en re9e1 ce n'e/ pas la =me ou la capacit de l'alvole qui dt]m9e ici le *angem5t1 c> d'un uf pondu dans une gr&e cellule et transport ensuite dans une cellule d'ouvrire sortira 7j'ai russi opr] quatre ou c9q fois ce transf]t qui e/ assez difficile cause de la petitesse microscopique et de l'extrme fragilit de l'uf7 un mle plus ou mo9s atrophi1 mais inconte/able4 ,il faut donc que la re9e en pondant ait la facult de reconnatre ou de dt]m9] le sexe de l'uf qu'elle dpose1 et de l'appropri] l'alvole sur lequel elle s'accr\pit4 ,il e/ r>e qu'elle se trompe4 ,comm5t fait-elle8 comm5t1 p>mi des myriades d'ufs que conti5n5t ses deux ovaires1 sp>e-t-elle les mles des femelles1 et comm5t desc5d5t-ils son gr dans l'oviducte unique8 ,n\s voici encore en prs5ce d'une des nigmes de la ru*e1 et d'une des plus impntrables4 ,on n'ignore pas que la re9e vi]ge n'e/ po9t /rile1 mais qu'elle ne peut pondre que des ufs de mles4 ,ce n'e/ qu'aprs la fcondation du vol nuptial qu'elle produit son *oix des ouvrires ou des faux-b\rdons4 ,a la suite du vol nuptial1 elle e/ df9itivem5t en possession1 jusqu' sa mort1 des sp]matozoaires arra*s son malheureux amant4 ,ces sp]matozoaires1 dont le docteur ,leuck>t e/ime le nombre v+t-c9q millions1 sont cons]vs vivants dans une gl&e spciale situe s\s les ovaires1 l'entre de l'oviducte commun1 et appele sp]ma?que4 ,on suppose donc que l'troitesse de l'orifice des petites cellules et la manire dont la =me de cet orifice oblige la re9e de se c\rb] et de s'accr\pir ex]ce sur la sp]ma?que une c]ta9e pression1 la suite de laquelle les sp]matozoaires en jailliss5t et fcond5t l'uf au passage4 ,cette pression n'aurait pas lieu sur les gr&es cellules1 et la sp]ma?que ne s'entr'ouvrirait po9t4 ,d'autres1 au contraire1 sont d'avis que la re9e comm&e rellem5t aux muscles qui ouvr5t ou f]m5t la sp]ma?que sur le vag91 et1 de fait1 ces muscles sont extrmem5t nombreux1 puissants et compliqus4 ,sans v\loir dcid] laquelle de ces deux hypo?ses e/ la meilleure1 c> plus on va plus on obs]ve1 mieux on voit que l'on n'e/ qu'un naufrag sur l'ocan jusqu'ici trs inconnu de la nature1 mieux on appr5d qu'un fait e/ t\j\rs prt surgir du se9 d'une vague subitem5t plus transp>5te1 qui dtruit en un in/ant t\t ce que l'on croyait savoir1 j'av\]ai cep5dant que je p5*e p\r la seconde4 ,d'abord1 les expri5ces d'un apiculteur bordelais1 ,m4 ,drory1 montr5t que si t\tes les gr&es cellules ont t enleves de la ru*e1 la mre1 le mom5t v5u de pondre des ufs de mles1 n'hsite pas les dpos] dans des cellules d'ouvrires2 et inv]sem5t elle pondra des ufs d'ouvrires dans des cellules de mles1 si l'on n'en a pas laiss d'autres sa disposition4 ,ensuite1 les belles obs]vations de ,m4 ,fabre sur les ,osmies1 qui sont des abeilles sauvages et solitaires de la famille des ,ga/rilgides1 pr\v5t l'vid5ce que non seulem5t l',osmie connat d'avance le sexe de l'uf qu'elle pondra1 mais que ce sexe e/ facultatif p\r la mre qui le dt]m9e suivant l'espace dont elle dispose1 espace frquemm5t =tuit et non modifiable1 tablissant ici un mle1 l une femelle4 ,je n'entr]ai pas dans le dtail des expri5ces du gr& entomologi/e franais4 ,elles sont extrmem5t m9utieuses et n\s entran]ai5t trop lo94 ,mais quelle que soit l'hypo?se accepte1 l'une ou l'autre expliqu]ait =t bi51 en dehors de t\te intellig5ce de l'av5ir1 la prop5sion de la re9e pondre dans des cellules d'ouvrires4 ,il e/ probable que cette mre-esclave que n\s sommes ports pla9dre1 mais qui e/ peut-tre une gr&e am\reuse1 une gr&e voluptueuse1 pr\ve dans l'union du pr9cipe mle et femelle qui s'opre dans son tre1 une c]ta9e j\issance1 et comme un arrire-gt de l'ivresse du vol nuptial unique dans sa vie4 ,ici encore1 la nature1 qui n'e/ jamais si +nieuse ni si s\rnoisem5t prvoyante et div]se que lorsqu'il s'agit des piges de l'am\r1 aurait eu so9 d'tay] d'un plaisir l'intrt de l'espce4 ,au re/e1 ent5dons-n\s et ne soyons pas dupe de notre explication4 ,attribu] a9si une ide la nature et croire que cela suffit1 c'e/ jet] une pi]re dans un de ces g\ffres inexplorables que l'on tr\ve au fond de c]ta9es grottes1 et s'imag9] que le bruit qu'elle produira en y tombant rpondra t\tes nos que/ions et n\s rvl]a autre *ose que l'imm5sit de l'abme4 ,qu& on rpte3 la nature veut ceci1 organise cette m]veille1 s'atta*e cette f91 cela revi5t dire qu'une petite manife/ation de vie russit se ma9t5ir1 t&is que n\s n\s en occupons1 sur l'norme surface de la matire qui n\s semble inactive et que n\s appelons1 videmm5t tort1 le nant ou la mort4 ,un conc\rs de circon/ances qui n'avait ri5 de ncessaire a ma9t5u cette manife/ation entre mille autres1 peut-tre aussi intressantes1 aussi intellig5tes1 mais qui n'eur5t pas la mme *ance et disp>ur5t jamais sans avoir eu l'occasion de n\s m]veill]4 ,il s]ait tmraire d'affirm] autre *ose1 et t\t le re/e nos rflexions1 notre tlologie ob/9e1 nos espoirs et nos admirations1 c'e/ au fond de l'inconnu1 que n\s *oquons contre du mo9s connu encore1 p\r faire un petit bruit qui n\s donne consci5ce du plus haut degr de l'exi/5ce p>ticulire que n\s puissions atte9dre sur cette mme surface muette et impntrable1 comme le *ant du rossignol et le vol du condor leur rvl5t aussi le plus haut degr d'exi/5ce propre leur espce4 ,il n'en re/e pas mo9s1 qu'un de nos devoirs les plus c]ta9s e/ de produire ce petit bruit *aque fois que l'occasion s'en prs5te1 sans n\s dc\rag] p>ce qu'il e/ vraisemblablem5t inutile4 ,,livre ,,iv ,,les ,,jeunes ,,re9es ,i ,f]mons ici notre jeune ru*e o la vie repr5ant son m\vem5t circulaire s'tale et se multiplie1 p\r se divis] son t\r ds qu'elle atte9dra la plnitude de la =ce et du bonheur1 et r\vrons une d]nire fois la cit-mre af9 de voir ce qui s'y passe aprs la sortie de l'essaim4 ,le tumulte du d"p apais1 et les deux ti]s de ses enfants l'ayant ab&onne sans esprit de ret\r1 la malheureuse ville e/ comme un corps qui a p]du son sang3 elle e/ lasse1 ds]te1 presque morte4 ,p\rtant1 quelques milli]s d'abeilles y sont re/es1 qui1 9branles1 mais un peu alanguies1 repr5n5t le travail1 remplac5t de leur mieux les abs5tes1 effac5t les traces de l'orgie1 ress]r5t les provisions mises au pillage1 vont aux fleurs1 veill5t sur le dpt de l'av5ir1 consci5tes de la mission et fidles au devoir qu'un de/9 prcis leur impose4 ,mais si le prs5t p>at morne1 t\t ce que l'il r5contre e/ peupl d'esprances4 ,n\s sommes dans un de ces *teaux des lg5des allem&es o les murs sont =ms de milli]s de fioles qui conti5n5t les mes des hommes qui vont natre4 ,n\s sommes dans le sj\r de la vie qui prcde la vie4 ,il y a l1 de t\tes p>ts en susp5s dans les b]ceaux bi5 clos1 dans la sup]position inf9ie des m]veilleux alvoles six pans1 des myriades de nymphes1 plus blan*es que le lait1 qui1 les bras replis et la tte incl9e sur la poitr9e1 att5d5t l'heure du rveil4 ,a les voir dans leurs spultures uni=mes1 innombrables et presque transp>5tes1 on dirait des gnomes *5us qui mdit5t1 ou des lgions de vi]ges d=mes p> les plis du suaire1 et ensevelies en des prismes hexagones multiplis jusqu'au dlire p> un gomtre inflexible4 ,sur t\te l't5due de ces murs p]p5diculaires qui r5f]m5t un monde qui gr&it1 se trans=me1 t\rne sur lui-mme1 *ange quatre ou c9q fois de vtem5ts et file son l9ceul dans l'ombre1 batt5t des ailes et dans5t des c5ta9es d'ouvrires1 p\r entret5ir la *aleur ncessaire et aussi p\r une f9 plus obscure1 c> leur danse a des trm\ssem5ts extraord9aires et m?odiques qui doiv5t rpondre quelque b qu'aucun obs]vateur n'a1 je crois1 dml4 ,au b\t de quelques j\rs1 les c\v]cles de ces myriades d'urnes 7on en compte1 dans une =te ru*e1 de soixante quatre-v+t mille71 se lz>d5t1 et deux gr&s yeux noirs et graves app>aiss5t1 surmonts d'ant5nes qui palp5t dj l'exi/5ce aut\r d'elles1 t&is que d'actives m*oires a*v5t d'l>gir l'ouv]ture4 ,aussitt1 les n\rrices acc\r5t1 aid5t la jeune abeille sortir de sa prison1 la s\ti5n5t1 la bross5t1 la nettoi5t et lui (fr5t au b\t de leur langue le premi] miel de sa n\velle vie4 ,elle1 qui arrive d'un autre monde1 e/ encore t\rdie1 un peu ple1 vacillante4 ,elle a l'air dbile d'un petit vieill>d *app de la tombe4 ,on dirait d'une voyageuse c\v]te de la p\ssire duveteuse des *em9s inconnus qui mn5t la naissance4 ,du re/e1 elle e/ p>faite des pi$s la tte1 sait immdiatem5t t\t ce qu'il faut savoir1 et1 p>eille ces enfants du peuple qui appr5n5t p\r a9si dire en naissant qu'ils n'auront gure le temps de j\] ni de rire1 elle se dirige v]s les cellules closes et se met battre des ailes et s'agit] en cad5ce p\r r*auff] son t\r ses surs ensevelies1 sans s'att>d] d*iffr] l'tonnante nigme de son de/9 et de sa race4 ,,ii ,p\rtant1 les plus fatigantes besognes lui sont d'abord p>gnes4 ,elle ne sort de la ru*e que huit j\rs aprs sa naissance1 p\r accomplir son premi] vol de propret et remplir d'air ses sacs tra*ens qui se gonfl5t1 pan\issant t\t son corps et la font1 p>tir de cette heure1 l'p\se de l'espace4 ,elle r5tre ensuite1 att5d encore une sema9e1 et alors s'organise1 en compagnie de ses surs du mme ge1 sa premire sortie de but9euse1 au milieu d'un moi trs spcial que les apiculteurs appell5t le soleil d'artifice4 ,il faudrait plutt dire le soleil d inquitude4 ,on voit en effet qu'elles ont peur1 elles qui sont filles de l'ombre troite et de la f\le1 on voit qu'elles ont peur de l'abme azur et de la solitude inf9ie de la lumire1 et leur joie ttonnante e/ tissue de t]reurs4 ,elles se promn5t sur le seuil1 elles hsit5t1 elles p>t5t et revi5n5t v+t fois4 ,elles se balanc5t dans les airs1 la tte ob/9m5t t\rne v]s la maison natale1 elles dcriv5t de gr&s c]cles qui s'lv5t et qui1 s\da91 retomb5t s\s le poids d'un regret1 et leurs treize mille yeux int]rog5t1 reflt5t et reti5n5t la fois t\s les arbres1 la fonta9e1 la grille1 l'espali]1 les toitures et les f5tres des environs2 jusqu' ce que la r\te ari5ne sur laquelle elles gliss]ont au ret\r soit aussi inflexiblem5t trace dans leur mmoire que si deux traits d'aci] la m>quai5t dans l'!r4 ,voici un n\veau my/re4 ,int]rogeons-le comme les autres1 et s'il se tait comme eux son sil5ce agr&ira du mo9s de quelques arp5ts nbuleux1 mais ensem5cs de bonne volont1 le *amp de notre ignorance consci5te1 qui e/ le plus f]tile que notre activit possde4 ,comm5t les abeilles retr\v5t-elles leur demeure1 que1 p>fois1 il e/ impossible qu'elles voi5t1 qui s\v5t e/ ca*e s\s les arbres et dont l'entre o elles abord5t1 n'e/1 en t\t cas1 qu'un po9t imp]ceptible dans l't5due sans bornes8 ,comm5t se fait-il que transportes dans une bote deux ou trois kilomtres de la ru*e1 il e/ extrmem5t r>e qu'elles s'g>5t8 ,la di/+u5t-elles trav]s les ob/acles8 ,e/-ce l'aide de po9ts de repre qu'elles s'ori5t5t1 ou bi5 possd5t-elles ce s5s p>ticuli] et mal connu que n\s attribuons c]ta9s animaux1 aux hirondelles et aux pigeons1 p> exemple1 et qu'on appelle le s5s de la direction8 ,les expri5ces de ,j4-,h4 ,fabre1 de ,lubbock et surt\t celles de ,m4 ,romanes 7,nature1#bi octobre #ahhf7 sembl5t tablir qu'elles ne sont pas guides p> cet in/9ct trange4 ,d'autre "p1 j'ai plus d'une fois con/at qu'elles ne font gure att5tion la =me ou la c\leur de la ru*e4 ,elles p>aiss5t s'atta*] davantage l'aspect c\tumi] du plateau sur lequel repose leur maison1 la disposition de l'entre et de la plan*ette d'abordage#a4 ,mais cela mme e/ accessoire1 et si1 p5dant l'abs5ce des but9euses1 on modifie de fond en comble la faade de leur demeure1 elles n'y revi5dront pas mo9s directem5t des pr(ondeurs de l'horizon1 et ne manife/]ont quelque hsitation qu'au mom5t de fran*ir le seuil mconnaissable4 ,leur m?ode d'ori5tation1 autant que nos expri5ces p]mett5t d'en jug]1 p>at plutt base sur un reprage extraord9airem5t m9utieux et prcis4 ,ce n'e/ pas la ru*e qu'elles reconnaiss5t1 c'e/1 trois ou quatre millimtres prs1 sa position p> rapport aux objets d'al5t\r4 ,et ce reprage e/ si m]veilleux1 si ma?matiquem5t sr et si pr(ondm5t inscrit en leur mmoire1 qu'aprs c9q mois d'hiv]nage dans une cave obscure1 si l'on remet la ru*e sur son plateau1 mais un peu plus droite ou gau*e qu'elle n'tait1 t\tes les ouvrires1 leur ret\r des premires fleurs1 abord]ont d'un vol imp]turbable et rectiligne au po9t prcis qu'elle occupait l'anne prcd5te1 et ce ne s]a qu'en ttonnant qu'elles retr\v]ont enf9 la porte dplace4 ,on croirait que l'espace a prcieusem5t cons]v t\t l'hiv] la trace indlbile de leurs trajectoires1 et que leur petit s5ti] laborieux e/ re/ grav dans le ciel4 ,aussi1 qu& on dplace une ru*e1 beauc\p d'abeilles se p]d5t-elles1 mo9s qu'il ne s'agisse d'un gr& voyage et que t\t le paysage qu'elles connaiss5t p>faitem5t jusqu' trois ou quatre kilomtres la ronde ne soit trans=m1 mo9s encore qu'on n'ait so9 de mettre une plan*ette1 un dbris de tuile1 un ob/acle quelconque devant le tr\ de vol1 qui les av]tisse que quelque *ose e/ *ang1 et leur p]mette de s'ori5t] n\veau et de refaire leur po9t4 #a ,la plan*ette d'abordage1 qui n'e/ s\v5t que le prolongem5t du tabli] ou plateau sur lequel e/ pose la ru*e1 =me une sorte de p]ron1 de pali] ou de repos1 devant l'entre pr9cipale ou tr\ de vol4 ,,iii ,cela dit1 r5trons dans la cit qui se repeuple1 o la multitude des b]ceaux ne cesse de s'ouvrir1 o la sub/ance mme des murs se met en m\vem5t4 ,t\tefois cette cit n'a pas encore de re9e4 ,sur les bords d'un des rayons du c5tre1 s'lv5t sept ou huit difices biz>res qui font song]1 p>mi la pla9e raboteuse des cellules ord9aires1 aux protubrances et aux cirques qui r5d5t si tranges les photographies de la ,lune4 ,ce sont des espces de capsules de cire rugueuse ou de gl&s incl9s et p>faitem5t clos1 qui occup5t la place de trois ou quatre alvoles d'ouvrires4 ,ils sont habituellem5t gr\ps sur un mme po9t1 et une g>de nombreuse et s+ulirem5t inquite et att5tive1 veille sur la rgion o flotte on ne sait quel pre/ige4 ,c'e/ l que se =m5t les mres4 ,dans *acune de ces capsules1 avant le d"p de l'essaim1 un uf1 en t\t p>eil ceux dont sort5t les travailleuses a t dpos1 soit p> la mre elle-mme1 soit plus probablem5t1 bi5 qu'on n'ait pu s'en assur]1 p> les n\rrices qui l'y transport5t de quelque b]ceau vois94 ,trois j\rs aprs1 se dgage de l'uf une petite l>ve laquelle on prodigue une n\rriture p>ticulire et aussi abondante que possible2 et voici que n\s p\vons saisir un un les m\vem5ts d'une de ces m?odes magnifiquem5t vulgaires de la nature1 que n\s c\vririons1 s'il s'agissait des hommes1 du nom augu/e de la ,fatalit4 ,la petite l>ve1 grce ce rgime1 pr5d un dveloppem5t exceptionnel1 et ses ides1 en mme temps que son corps1 se modifi5t au po9t que l'abeille qui en nat semble app>t5ir une race d'insectes entirem5t diffr5te4 ,elle vivra quatre ou c9q ans au lieu de six ou sept sema9es4 ,son abdom5 s]a deux fois plus long1 sa c\leur plus dore et plus claire1 et son aiguillon rec\rb4 ,ses yeux ne compt]ont que huit ou neuf mille facettes au lieu de d\ze ou treize mille4 ,son c]veau s]a plus troit1 mais ses ovaires devi5dront normes et elle possd]a un organe spcial1 la sp]ma?que1 qui la r5dra p\r a9si dire h]maphrodite4 ,elle n'aura aucun des outils d'une vie laborieuse3 ni po*ettes scrt] la cire1 ni brosses1 ni corbeilles p\r rcolt] le poll54 ,elle n'aura aucune des habitudes1 aucune des passions que n\s croyons inhr5tes l'abeille4 ,elle n'pr\v]a ni le dsir du soleil1 ni le beso9 de l'espace1 et m\rra sans avoir visit une fleur4 ,elle pass]a son exi/5ce dans l'ombre et l'agitation de la f\le1 la re*]*e infatigable de b]ceaux peupl]4 ,en revan*e1 elle connatra seule l'inquitude de l'am\r4 ,elle n'e/ pas sre d'avoir deux mom5ts de lumire dans sa vie--c> la sortie de l'essaim n'e/ pas 9vitable1--peut-tre ne f]a-t-elle qu'une fois usage de ses ailes1 mais ce s]a p\r vol] la r5contre de l'amant4 ,il e/ curieux de voir que tant de *oses1 des organes1 des ides1 des dsirs1 des habitudes1 t\te une de/9e1 se tr\v5t a9si en susp5s1 non pas dans une sem5ce--ce s]ait le miracle ord9aire de la plante1 de l'animal et de l'homme1--mais dans une sub/ance trangre et in]te3 dans une g\tte de miel#a4 #a ,c]ta9s apidologues s\ti5n5t qu'ouvrires et re9es1 aprs l'closion de l'uf1 reoiv5t la mme n\rriture1 une sorte de lait trs ri*e en azote1 que scrte une gl&e spciale dont e/ p\rvue la tte des n\rrices4 ,mais au b\t de quelques j\rs les l>ves d'ouvrires sont sevres et mises au rgime plus grossi] du miel et du poll51 au lieu que la future re9e e/ gorge jusqu' son complet dveloppem5t1 du lait prcieux qu'on a appel b\illie royale4 ,quoi qu'il en soit1 le rsultat et le miracle sont p>eils4 ,,iv ,environ une sema9e s'e/ c\le depuis le d"p de la vieille re9e4 ,les nymphes pr9cires qui dorm5t dans les capsules ne sont pas t\tes du mme ge1 c> il e/ de l'intrt des abeilles que les naissances royales se succd5t mesure qu'elles dcid]ont qu'un deuxime1 qu'un troisime ou mme qu'un quatrime essaim sortira de la ru*e4 ,depuis quelques heures elles ont graduellem5t am9ci les p>ois de la capsule la plus mre1 et bi5tt la jeune re9e1 qui de l'intrieur rongeait eu mme temps le c\v]cle arrondi1 montre la tte1 sort demi1 et1 aide des g>di5nes qui acc\r5t1 qui la bross5t1 la nettoi5t1 la c>ess5t1 elle se dgage et fait ses premi]s pas sur le rayon4 ,comme les ouvrires qui vi5n5t de natre1 elle e/ ple et *ancelante1 mais au b\t d'une diza9e de m9utes ses jambes s'aff]miss5t1 et inquite1 s5tant qu'elle n'e/ pas seule1 qu'il lui faut conqurir son royaume1 que des prt5dantes sont ca*es quelque "p1 elle p>c\rt les murailles de cire1 la re*]*e de ses rivales4 ,ici1 la sagesse1 les dcisions my/rieuses de l'in/9ct1 de l'esprit de la ru*e1 ou de l'assemble des ouvrires int]vi5n5t4 ,le plus surpr5ant1 qu& on suit de l'il1 dans une ru*e vitre1 la m>*e de ces vnem5ts1 c'e/ qu'on n'obs]ve jamais la mo9dre hsitation1 la mo9dre division4 ,on ne tr\ve aucun signe de discorde ou de discussion4 ,une unanimit prtablie rgne seule1 c'e/ l'atmosphre de la ville1 et *acune des abeilles p>at savoir d'avance ce que t\tes les autres p5s]ont4 ,cep5dant le mom5t e/ p\r elles des plus graves3 c'e/1 proprem5t p>l]1 la m9ute vitale de la cit4 ,elles ont *oisir entre trois ou quatre p>tis qui auront des consqu5ces lo9ta9es1 totalem5t diffr5tes et qu'un ri5 peut r5dre fune/es4 ,elles ont concili] la passion ou le devoir inn de la multiplication de l'espce avec la cons]vation de la s\*e et de ses rejetons4 ,quelquefois elles se tromp5t1 elles jett5t successivem5t trois ou quatre essaims qui puis5t compltem5t la cit-mre et qui1 trop faibles eux-mmes p\r s'organis] assez vite1 surpris p> notre climat qui n'e/ pas leur climat d'orig9e dont les abeilles g>d5t malgr t\t la mmoire1 succomb5t l'entre de l'hiv]4 ,elles sont alors victimes de ce qu'on nomme1 la fivre d'essaimage qui e/1 comme la fivre ord9aire1 une sorte de raction trop ard5te de la vie1 raction qui dpasse le b1 f]me le c]cle et retr\ve la mort4 ,v ,aucune des dcisions qu'elles vont pr5dre ne p>at s'impos]1 et l'homme1 s'il re/e simplem5t spectateur1 ne peut prvoir celle qu'elles *oisiront4 ,mais ce qui m>que que ce *oix e/ t\j\rs raisonn1 c'e/ qu'il peut l'influ5c]1 le dt]m9] mme1 en modifiant c]ta9es circon/ances1 en rtrcissant ou agr&issant p> exemple l'espace qu'il accorde1 en enlevant des rayons ple9s de miel p\r y sub/itu] des rayons vides1 mais g>nis de cellules d'ouvrires4 ,il s'agit donc qu'elles sa*5t non pas si elles jett]ont t\t de suite un deuxime et un troisime essaim--il n'y aurait l1 p\rrait-on dire1 qu'une dcision aveugle qui obirait aux caprices ou aux sollicitations t\rdies d'une heure favorable1--il s'agit qu'elles pr5n5t ds l'in/ant et l'unanimit1 des mesures qui leur p]mettront de jet] un deuxime essaim trois ou quatre j\rs aprs la naissance de la premire re9e1 et un troisime trois j\rs aprs la sortie de la jeune re9e la tte du deuxime essaim4 ,on ne saurait ni] qu'on r5contre ici t\t un sy/me1 t\te une comb9aison de prvisions1 qui embrass5t un temps considrable1 surt\t si on le comp>e la brivet de leur vie4 ,,vi ,ces mesures conc]n5t la g>de des jeunes re9es encore ensevelies dans leurs prisons de cire4 ,je suppose que les abeilles jug5t plus sage ne pas jet] un second essaim4 ,ici encore1 deux p>tis sont possibles4 ,p]mettront-elles la premire ne des vi]ges royales1 celle que n\s avons vue clore1 de dtruire ses surs ennemies1 ou bi5 att5dront-elles qu'elle ait accompli la dang]euse crmonie du vol nuptial dont peut dp5dre l'av5ir de la nation8 ,s\v5t elles autoris5t le massacre immdiat2 s\v5t aussi elles s'y oppos5t1 mais on compr5d qu'il e/ difficile de dml] si c'e/ en prvision d'un deuxime essaimage1 ou des prils du vol nuptial1 c> on a plus d'une fois obs]v qu'aprs avoir dcrt le deuxime essaimage1 elles y r5onai5t brusquem5t1 et dtruisai5t t\te la desc5dance prde/9e1 soit que le temps ft dev5u mo9s propice1 soit p\r t\te autre cause que n\s ne p\vons pntr]4 ,mais pr5ons qu'elles ai5t jug bon de r5onc] l'essaimage et d'accept] les risques du vol nuptial4 ,qu& notre jeune re9e1 p\sse p> son dsir1 s'appro*e de la rgion des gr&s b]ceaux1 la g>de s'ouvre son passage4 ,elle1 en proie sa jal\sie furieuse1 se prcipite sur la premire capsule qu'elle r5contre1 et des pattes1 et des d5ts1 s'v]tue d*ir] la cire4 ,elle y p>vi5t1 arra*e violemm5t le cocon qui tapisse la demeure1 dnude la pr9cesse endormie1 et1 si sa rivale e/ dj reconnaissable1 elle se ret\rne1 introduit son aiguillon dans le godet1 et frntiquem5t le d>de jusqu' ce que la captive succombe s\s les c\ps de l'arme v5imeuse4 ,alors elle s'apaise1 satisfaite p> la mort qui met une borne my/rieuse la ha9e de t\s les tres1 r5tre son aiguillon1 s'attaque une autre capsule1 l'ouvre1 p\r pass] outre si elle n'y tr\ve qu'une l>ve ou une nymphe imp>faite1 et ne s'arrte qu'au mom5t o haletante1 extnue1 ses ongles et ses d5ts gliss5t sans =ce sur les p>ois de cire4 ,les abeilles aut\r d'elle1 reg>d5t sa colre sans y pr5dre "p1 s'c>t5t p\r lui laiss] le *amp libre2 mais1 mesure qu'une cellule e/ p]=e et dva/e1 elles acc\r5t1 en retir5t et jett5t hors de la ru*e le cadavre1 la l>ve encore vivante ou la nymphe viole1 et se gorg5t avidem5t de la prcieuse b\illie royale qui remplit le fond de l'alvole4 ,puis1 qu& leur re9e puise ab&onne sa fureur1 elles a*v5t elles-mmes le massacre des innoc5tes1 et la race et les maisons s\v]a9es disp>aiss5t4 ,c'e/1 avec l'excution des mles1 qui d'ailleurs e/ plus excusable1 l'heure affreuse de la ru*e1 la seule o les ouvrires p]mett5t la discorde et la mort d'envahir leurs demeures4 ,et1 comme il arrive s\v5t dans la nature1 ce sont les privilgies de l'am\r qui attir5t sur elles les traits extraord9aires de la mort viol5te4 ,p>fois1 mais le cas e/ r>e1 c> les abeilles pr5n5t des prcautions p\r l'vit]1 p>fois deux re9es clos5t simultanm5t4 ,alors1 c'e/ au sortir du b]ceau le combat immdiat et mortel dont ,hub] a le premi] signal une p>ticul>it assez trange3 *aque fois que1 dans leurs passes1 les deux vi]ges aux cuirasses de *it9e se mett5t dans une position telle qu'en tirant leur aiguillon elles se p]c]ai5t rciproquem5t1--comme dans les combats de l',iliade on dirait qu'un dieu ou une desse1 qui e/ peut-tre le dieu ou la desse de la race1 s'int]pose1 et les deux gu]rires1 prises d'p\vantes qui s'accord5t1 se sp>5t et se fui5t1 p]dues1 p\r se rejo9dre peu aprs1 se fuir encore si le d\ble dsa/re m5ace de n\veau l'av5ir de leur peuple1 jusqu' ce que l'une d'elles russisse surpr5dre sa rivale imprud5te ou maladroite1 et la tu] sans dang]1 c> la loi de l'espce n'exige qu'un sacrifice4 ,,vii ,lorsque la jeune s\v]a9e a a9si dtruit les b]ceaux ou tu sa rivale1 elle e/ accepte p> le peuple1 et il ne lui re/e plus1 p\r rgn] vritablem5t et se voir traite comme l'tait sa mre1 qu' accomplir son vol nuptial1 c> les abeilles ne s'en occup5t gure et lui r5d5t peu d'hommages tant qu'elle e/ infconde4 ,mais s\v5t son hi/oire e/ mo9s simple1 et les ouvrires r5onc5t r>em5t au dsir d'essaim] une seconde fois4 ,dans ce cas1 comme dans l'autre1 porte d'un mme desse91 elle s'appro*e des cellules royales1 mais1 au lieu d'y tr\v] des s]vantes s\mises et des enc\ragem5ts1 elle se heurte une g>de nombreuse et ho/ile qui lui b>re la r\te4 ,irrite1 et m5e p> son ide fixe1 elle veut =c] ou t\rn] le passage1 mais r5contre p>t\t les s5t9elles1 qui veill5t sur les pr9cesses endormies4 ,elle s'ob/9e1 elle revi5t la *>ge1 on la rep\sse de plus en plus prem5t1 on la maltraite mme1 jusqu' ce qu'elle compr5ne d'une manire in=me que ces petites ouvrires inflexibles reprs5t5t une loi laquelle l'autre loi qui l'anime doit cd]4 ,elle s'loigne enf91 et sa colre inass\vie se promne de rayon en rayon1 y faisant ret5tir ce *ant de gu]re ou cette pla9te m5aante que t\t apiculteur connat1 qui ressemble au son d'une trompette arg5t9e et lo9ta9e1 et qui e/ si puissant dans sa faiblesse c\rr\ce qu'on l'ent5d1 surt\t le soir1 trois ou quatre mtres de di/ance1 trav]s les d\bles p>ois de la ru*e la mieux close4 ,ce cri royal a sur les ouvrires une influ5ce magique4 ,il les plonge dans une sorte de t]reur ou de /upeur respectueuse1 et qu& la re9e le p\sse sur les cellules df5dues1 les g>di5nes qui l'ent\r5t et la tiraill5t s'arrt5t brusquem5t1 baiss5t la tte1 et att5d5t1 immobiles1 qu'il cesse de ret5tir4 ,on croit d'ailleurs que c'e/ grce au pre/ige de ce cri qu'il imite1 que le ,sph9x ,atropos pntre dans les ru*es et s'y gorge de miel1 sans que les abeilles song5t l'attaqu]4 ,deux ou trois j\rs durant1 p>fois c9q1 ce gmissem5t outrag erre a9si et appelle au combat les prt5dantes protges4 ,cep5dant celles-ci se dvelopp5t1 veul5t voir leur t\r la lumire et se mett5t rong] les c\v]cles de leurs cellules4 ,un gr& dsordre m5ace la rpublique4 ,mais le gnie de la ru*e1 en pr5ant sa dcision en a prvu t\tes les consqu5ces1 et les g>di5nes bi5 in/ruites sav5t heure p> heure ce qu'il faut faire p\r p>] aux surprises d'un in/9ct contr>i et p\r m5] au b deux =ces opposes4 ,elles n'ignor5t po9t que si les jeunes re9es qui dem&5t natre p>v5ai5t s'*app]1 elles tomb]ai5t aux ma9s de leur ane dj inv9cible1 qui les dtruirait une une4 ,aussi1 mesure qu'une des emmures am9cit intrieurem5t les portes de sa t\r1 elles les rec\vr5t en dehors d'une n\velle c\*e de cire1 et l'impati5te s'a*>ne son travail sans se d\t] qu'elle ronge un ob/acle en*ant qui r5at de sa ru9e4 ,elle ent5d en mme temps les provocations de sa rivale1 et1 connaissant sa de/9e et son devoir royal avant mme qu'elle ait pu jet] un reg>d sur la vie et savoir ce que c'e/ qu'une ru*e1 elle y rpond hroquem5t du fond de sa prison4 ,mais comme son cri doit p]c] les p>ois d'une tombe1 il e/ trs diffr5t1 t\ffa1 cav]neux1 et l'leveur d'abeilles qui s'en vi5t v]s le soir1 lorsque les bruits se c\*5t dans la campagne1 et que s'lve le sil5ce des toiles1 int]rog] l'entre des cits m]veilleuses1 reconnat et compr5d ce qu'annonce le dialogue de la vi]ge qui erre et des vi]ges captives4 ,,viii ,cette rclusion prolonge e/ d'ailleurs favorable aux jeunes vi]ges1 qui en sort5t mries1 dj vig\reuses et prtes pr5dre l'essor4 ,d'autre "p1 l'att5te a raff]mi la re9e libre et l'a mise mme d'affront] les prils du voyage4 ,le second essaim ou essaim secondaire quitte alors la demeure1 ayant sa tte la premire ne des re9es4 ,immdiatem5t aprs son d"p1 les ouvrires re/es dans la ru*e dlivr5t une des prisonnires qui recomm5ce les mmes t5tatives meurtrires1 p\sse les mmes cris de colre1 p\r quitt] la ru*e son t\r1 trois j\rs aprs1 la tte du troisime essaim1 et a9si de suite1 en cas de fivre d'essaimage1 jusqu' l'puisem5t complet de la cit-mre4 ,swamm]dam cite une ru*e qui1 p> ses essaims et les essaims de ses essaims1 produisit a9si tr5te colonies en une seule saison4 ,cette multiplication extraord9aire s'obs]ve surt\t aprs les hiv]s dsa/reux1 comme si les abeilles1 t\j\rs en contact avec les volonts secrtes de la nature1 avai5t consci5ce du dang] qui m5ace l'espce4 ,mais1 en temps normal1 cette fivre e/ assez r>e dans les ru*es =tes et bi5 g\v]nes4 ,beauc\p n'essaim5t qu'une fois1 plusieurs mme n'essaim5t pas du t\t4 ,d'habitude1 aprs le deuxime essaim1 les abeilles r5onc5t se divis] davantage1 soit qu'elles rem>qu5t l'affaiblissem5t excessif de la s\*e1 soit qu'un tr\ble du ciel leur dicte la prud5ce4 ,elles p]mett5t alors la troisime re9e de massacr] les captives1 et la vie ord9aire repr5d et se rorganise avec d'autant plus d'ardeur que presque t\tes les ouvrires sont trs jeunes1 que la ru*e e/ appauvrie et dpeuple1 et qu'il y a de gr&s vides remplir avant l'hiv]4 ,,ix ,la sortie du deuxime et du troisime essaim ressemble celle du premi]1 et t\tes les circon/ances sont p>eilles1 cela prs que les abeilles y sont mo9s nombreuses1 que la tr\pe e/ mo9s circonspecte et n'a pas d'claireurs1 et que la jeune re9e1 vi]ge1 ard5te et lgre1 vole beauc\p plus lo9 et ds la premire tape entrane t\t son monde une gr&e di/ance de la ru*e4 ,joignez-y que cette deuxime et cette troisime migration sont bi5 plus tmraires et que le sort de ces colonies errantes e/ assez has>deux4 ,elles n'ont leur tte1 p\r reprs5t] l'av5ir1 qu'une re9e infconde4 ,t\t leur de/9 dp5d du vol nuptial qui va s'accomplir4 ,un oiseau qui passe1 quelques g\ttes de pluie1 un v5t froid1 une erreur1 et le dsa/re e/ sans remde4 ,les abeilles le sav5t si bi5 que1 l'abri tr\v1 malgr leur atta*em5t dj solide leur demeure d'un j\r1 malgr les travaux comm5cs1 s\v5t elles ab&onn5t t\t p\r accompagn] leur jeune s\v]a9e dans sa re*]*e de l'amant1 p\r ne pas la quitt] des yeux1 p\r l'envelopp] et la voil] de milli]s d'ailes dv\es1 ou se p]dre avec elle qu& l'am\r l'g> si lo9 de la ru*e n\velle1 que la r\te encore inacc\tume du ret\r vacille et se disp]se1 dans t\tes les mmoires4 ,x ,mais la loi de l'av5ir e/ si =te qu'aucune abeille n'hsite devant ces inc]titudes et ces prils de mort4 ,l'en?\siasme des essaims secondaires et t]tiaires e/ gal celui du premi]4 ,lorsque la cit-mre a pris sa dcision1 *acune des jeunes re9es dang]euses tr\ve une b&e d'ouvrires p\r suivre sa =tune et l'accompagn] dans ce voyage1 o beauc\p e/ p]dre et ri5 gagn] que l'esprance d'un in/9ct satisfait4 ,qui leur donne cette n]gie1 que n\s n'avons jamais1 rompre avec le pass comme avec un ennemi8 ,qui *oisit dans la f\le celles qui doiv5t p>tir1 et qui m>que celles qui re/]ont8 ,ce n'e/ pas telle ou telle classe qui s'en va ou demeure1--p> ici les plus jeunes1 p> l les plus ges2--aut\r de *aque re9e qui ne revi5dra plus1 se press5t de trs vieilles but9euses1 en mme temps que de petites ouvrires qui affront5t p\r la premire fois le v]tige de l'azur4 ,ce n'e/ pas davantage le has>d1 l'occasion1 l'lan ou l'affaissem5t passag] d'une p5se1 d'un in/9ct ou d'un s5tim5t qui augm5te ou rduit la =ce proportionnelle de l'essaim4 ,je me suis1 ma9tes reprises1 appliqu valu] le rapport du nombre des abeilles qui le compos5t celui des abeilles qui demeur5t2 et bi5 que les difficults de l'expri5ce ne p]mett5t gure d'arriv] une prcision ma?matique1 j'ai pu con/at] que ce rapport1 si l'on ti5t compte du c\va91 c'e/--dire des naissances pro*a9es1 tait assez con/ant p\r qu'il suppose un vritable et my/rieux calcul de la "p du gnie de la ru*e4 ,,xi ,n\s ne suivrons pas les av5tures de ces essaims4 ,elles sont nombreuses et s\v5t compliques4 ,quelquefois1 deux essaims se ml5t2 d'autrefois1 dans le branle-bas du d"p1 deux ou trois des re9es prisonnires *app5t la surveillance des g>di5nes et rejoign5t la grappe qui se =me4 ,p>fois encore1 une des jeunes re9es1 environne de mles1 pr(ite du vol d'essaimage p\r se faire fcond]1 et entrane alors t\t son peuple une hauteur et une di/ance extraord9aires4 ,dans la pratique de l'apiculture1 on r5d t\j\rs la s\*e ces essaims secondaires et t]tiaires4 ,les re9es se retr\v5t dans la ru*e1 les ouvrires se rang5t aut\r de leurs combats1 et1 lorsque la meilleure a triomph1 ennemies du dsordre1 avides de travail1 elles expuls5t les cadavres1 f]m5t la porte aux viol5ces de l'av5ir1 oubli5t le pass1 remont5t aux cellules1 et repr5n5t le paisible s5ti] des fleurs qui les att5d5t4 ,,xii ,af9 de simplifi] notre rcit1 r5\ons o n\s l'avions c\pe l'hi/oire de la re9e qui les abeilles p]mir5t de massacr] ses surs dans leurs b]ceaux4 ,ce massacre1 je l'ai dit1 elles s'y oppos5t s\v5t1 alors mme qu'elles ne sembl5t pas n\rrir l'int5tion de jet] un second essaim4 ,s\v5t aussi elles l'autoris5t1 c> l'esprit politique des ru*es d'un mme ru*] e/ aussi div]s que celui des nations huma9es d'un mme cont95t4 ,mais il e/ c]ta9 qu'en l'autorisant elles commett5t une imprud5ce4 ,si la re9e prit ou s'g>e dans son vol nuptial1 il ne re/e p]sonne p\r la remplac]1 et les l>ves d'ouvrires ont pass l'ge de la trans=mation royale4 ,mais enf91 l'imprud5ce e/ faite1 et voil notre premire close1 s\v]a9e unique et reconnue dans la p5se du peuple4 ,cep5dant elle e/ encore vi]ge4 ,p\r dev5ir semblable la mre qu'elle remplace1 il faut qu'elle r5contre le mle dans les v+t premi]s j\rs qui suiv5t sa naissance4 ,si1 p\r une cause quelconque1 cette r5contre e/ ret>de1 sa virg9it devi5t irrvocable4 ,nanmo9s1 n\s l'avons vu1 quoique vi]ge elle n'e/ pas /rile4 ,n\s r5controns ici cette gr&e anomalie1 cette prcaution ou ce caprice tonnant de la nature qu'on nomme la p>?nog5se1 et qui e/ commun un c]ta9 nombre d'insectes1 les ,puc]ons1 les ,lpidoptres du g5re ,psy*1 les ,hymnoptres de la tribu des ,cynipides1 etc4 ,la re9e-vi]ge e/ donc capable de pondre comme si elle avait t fconde1 mais de t\s les ufs qu'elle pondra1 dans les cellules gr&es ou petites1 ne natront que des mles1 et comme les mles ne travaill5t jamais1 qu'ils viv5t aux dp5s des femelles1 qu'ils ne vont mme pas but9] p\r leur propre compte et ne peuv5t p\rvoir leur subsi/ance1 c'e/ au b\t de quelques sema9es1 aprs la mort des d]nires ouvrires extnues1 la ru9e et l'anantissem5t total de la colonie4 ,de la vi]ge sortiront des milli]s de mles1 et *acun de ces mles possd]a des millions de ces sp]matozoaires dont pas un n'a pu pntr] dans son organisme4 ,cela n'e/ pas plus surpr5ant1 si l'on veut1 que mille autres phnomnes analogues1 c> au b\t de peu de temps1 qu& on se p5*e sur ces problmes1 notamm5t sur ceux de la gnration o le m]veilleux et l'inatt5du jailliss5t de t\tes p>ts et bi5 plus abondamm5t1 bi5 mo9s huma9em5t surt\t que dans les contes de fes les plus miraculeux1 la surprise e/ si habituelle qu'on en p]d assez vite la notion4 ,mais le fait n'en tait pas mo9s curieux signal]4 ,d'autre "p1 comm5t tir] au clair le b de la nature qui favorise a9si les mles1 si fune/es1 au dtrim5t des ouvrires1 si ncessaires8 ,cra9t-elle que l'intellig5ce des femelles ne les porte rduire outre mesure le nombre de ces p>asites ru9eux1 mais indisp5sables au ma9ti5 de l'espce8 ,e/-ce p> une raction exagre contre le malheur de la re9e infconde8 ,e/-ce une de ces prcautions trop viol5tes et aveugles qui ne voi5t pas la cause du mal1 dpass5t le remde1 et p\r prv5ir un accid5t f*eux amn5t une cata/rophe8--,dans la ralit--mais n'oublions pas que cette ralit n'e/ pas t\t fait la ralit naturelle et primitive1 c> dans la =t orig9elle les colonies devai5t tre bi5 plus disp]ses qu'elles ne le sont auj\rd'hui1--dans la ralit1 qu& une re9e n'e/ pas fconde1 ce n'e/ presque jamais faute de mles1 qui sont t\j\rs nombreux et vi5n5t de =t lo94 ,c'e/ plutt le froid ou la pluie qui la reti5n5t trop longtemps dans la ru*e1 et plus s\v5t encore ses ailes imp>faites qui l'emp*5t d'accompagn] le gr& essor que dem&e l'organe du faux-b\rdon4 ,nanmo9s1 la nature1 sans t5ir compte de ces causes plus relles1 se proccupe passionnm5t de la multiplication des mles4 ,elle br\ille encore d'autres lois af9 d'en obt5ir1 et l'on tr\ve p>fois dans les ni*es orphel9es deux ou trois ouvrires presses d'un tel dsir de ma9t5ir l'espce1 que1 malgr leurs ovaires atrophis1 elles s'ef=c5t de pondre1 voi5t leurs organes s'pan\ir un peu s\s l'empire d'un s5tim5t exaspr1 p>vi5n5t dpos] quelques ufs2 mais de ces ufs1 comme de ceux de la vi]ge-mre1 ne sort5t que des mles4 ,,xiii ,n\s pr5ons ici sur le fait1 dans son int]v5tion1 une volont suprieure1 mais peut-tre imprud5te1 qui contr>ie irrsi/iblem5t la volont intellig5te d'une vie4 ,de p>eilles int]v5tions sont assez frqu5tes dans le monde des insectes4 ,il e/ curieux de les y tudi]4 ,ce monde tant plus peupl1 plus complexe que les autres1 s\v5t on y saisit mieux c]ta9s dsirs de la nature1 et on l'y surpr5d au milieu d'expri5ces qu'on p\rrait croire ina*eves4 ,elle a1 p> exemple1 un gr& dsir gnral1 qu'elle manife/e p>t\t1-- savoir3 l'amlioration de *aque espce p> le triomphe du plus =t4 ,d'habitude la lutte e/ bi5 organise4 ,l'hcatombe des faibles e/ norme1 cela importe peu p\rvu que la rcomp5se du va9queur soit efficace et sre4 ,mais il e/ des cas o l'on dirait qu'elle n'a pas encore eu le temps de dbr\ill] ses comb9aisons1 o la rcomp5se e/ impossible1 o le sort du va9queur e/ aussi fune/e que celui des va9cus4 ,et p\r ne pas quitt] nos abeilles1 je ne sa*e ri5 de plus frappant s\s ce rapport que l'hi/oire des triongul9s du ,sit>is ,colletis4 ,on v]ra du re/e que plusieurs dtails de cette hi/oire ne sont pas aussi trang]s celle de l'homme1 qu'on s]ait t5t de le croire4 ,ces triongul9s sont les l>ves primaires d'un p>asite propre une abeille sauvage1 obtusil+ue et solitaire1 la ,collte ou ,collts1 qui btit son nid en des gal]ies s\t]ra9es4 ,ils guett5t l'abeille l'entre de ces gal]ies1 et au nombre de trois1 quatre1 c9q1 et s\v5t davantage1 s'accro*5t ses poils1 et s'in/all5t sur son dos4 ,si la lutte des =ts contre les faibles avait lieu ce mom5t1 il n'y aurait ri5 dire et t\t se pass]ait selon la loi univ]selle4 ,mais1 on ne sait p\rquoi1 leur in/9ct veut1 et p> consqu5t la nature ordonne qu'ils se ti5n5t tranquilles tant qu'ils sont sur le dos de l'abeille4 ,p5dant qu'elle visite les fleurs1 qu'elle maonne et approvisionne ses cellules1 ils att5d5t patiemm5t leur heure4--,mais sitt qu'un uf e/ pondu t\s saut5t dessus1 et l'innoc5te ,collte ref]me soigneusem5t la cellule bi5 p\rvue de vivres1 sans se d\t] qu'elle y emprisonne en mme temps la mort de sa progniture4 ,la cellule close1 l'9vitable et salutaire combat de la slection naturelle comm5ce aussitt entre les triongul9s aut\r de l'uf unique4 ,le plus =t1 le plus habile1 saisit son adv]saire au dfaut de la cuirasse1 releva au-dessus de sa tte et le ma9ti5t a9si dans ses m&ibules des heures entires1 jusqu' ce qu'il expire4 ,mais p5dant la bataille un autre triongul9 re/ seul ou dj va9queur de son rival1 s'e/ emp> de l'uf et l'a entam4 ,il faut alors que le d]ni] va9queur vi5ne b\t de ce n\vel ennemi1 ce qui lui e/ facile1 c> le triongul9 qui ass\vit une faim prnatale1 s'atta*e si ob/9m5t son uf1 qu'il ne songe pas se df5dre4 ,enf9 le voil massacr et l'autre se tr\ve seul en prs5ce de l'uf si prcieux et si bi5 gagn4 ,il plonge avidem5t la tte dans l'ouv]ture pratique p> son prdcesseur et entrepr5d le long repas qui doit le trans=m] en insecte p>fait1 et lui f\rnir les outils ncessaires p\r sortir de la cellule o il e/ sque/r4 ,mais la nature1 qui veut cette preuve de la lutte1 a1 d'autre "p1 calcul le prix de son triomphe avec une prcision si av>e1 qu'un uf suffit t\t ju/e la n\rriture d'un seul triongul94 ,de sorte1 dit ,m4 ,mayet1 qui n\s devons le rcit de ces dconc]tantes msav5tures1 de sorte qu' notre va9queur manque t\te la n\rriture que son d]ni] ennemi a absorbe avant de m\rir1 et1 incapable de subir1 la premire mue1 il meurt son t\r1 re/e susp5du la peau de l'uf1 ou va augm5t] dans le liquide sucr le nombre des noys4 ,,xiv ,ce cas1 bi5 qu'il soit r>em5t aussi clair1 n'e/ pas unique dans l'hi/oire naturelle4 ,on y voit nu la lutte entre la volont consci5te du triongul9 qui ent5d vivre et la volont obscure et gnrale de la nature1 qui dsire galem5t qu'il vive et mme qu'il =tifie et amliore sa vie plus que sa volont propre ne le p\ss]ait le faire4 ,mais1 p> une inadv]tance trange1 l'amlioration impose supprime la vie mme du meilleur1 et le ,sit>is ,colletis aurait depuis longtemps disp>u1 si des individus1 isols p> un has>d contraire aux int5tions de la nature1 n'*appai5t a9si l'excell5te et prvoyante loi qui exige p>t\t le triomphe des plus =ts4 ,il arrive donc que la gr&e puissance qui n\s semble inconsci5te1 mais ncessairem5t sage1 puisque la vie qu'elle organise et qu'elle ma9ti5t lui donne t\j\rs raison1 il arrive donc qu'elle tombe dans l'erreur8 ,sa raison suprme1 que n\s invoquons qu& n\s atteignons les limites de la ntre1 aurait donc des dfaillances8 ,et si elle en a1 qui les r$resse8 ,mais rev5ons son int]v5tion irrsi/ible qui pr5d la =me de la p>?nog5se4 ,ne l'oublions po9t1 ces problmes que n\s r5controns dans un monde qui p>at trs loign du ntre1 n\s t\*5t de =t prs4 ,d'abord1 il e/ probable qu'en notre propre corps qui n\s r5d si va9s1 t\t se passe de la mme faon4 ,la volont ou l'esprit de la nature oprant en notre e/omac1 en notre cur et dans la p>tie inconsci5te de notre c]veau1 ne doit gure diffr] de l'esprit ou de la volont qu'elle a mis dans les animaux les plus rudim5taires1 les plantes et les m9raux mmes4 ,ensuite1 qui os]ait affirm] que des int]v5tions plus secrtes mais non mo9s dang]euses ne se produis5t jamais dans la sphre consci5te de l'homme8 ,dans le cas qui n\s occupe1 qui a raison1 en f9 de compte1 de la nature ou de l'abeille8 ,qu'arriv]ait-il si celle-ci1 plus docile ou plus intellig5te1 compr5ant trop p>faitem5t le dsir de la nature1 le suivait l'extrme1 et puisqu'elle dem&e imprieusem5t des mles1 les multipliait l'inf9i8 ,ne risqu]ait-elle pas de dtruire son espce8 ,faut-il croire qu'il y ait des int5tions de la nature qu'il soit dang]eux de saisir et fune/e de suivre avec trop d'ardeur1 et qu'un de ses dsirs s\haite qu'on ne pntre et qu'on ne suive pas t\s ses dsirs8 ,n'e/-ce po9t l1 peut-tre1 un des prils que c\rt la race huma9e8 ,n\s aussi n\s s5tons en n\s des =ces inconsci5tes1 qui veul5t t\t le contraire de ce que notre intellig5ce rclame4 ,e/-il bon que cette intellig5ce1 qui p\r l'ord9aire1 aprs avoir fait le t\r d'elle-mme1 ne sait plus o all]1 e/-il bon qu'elle rejoigne ces =ces et y aj\te son poids inatt5du8 ,,xv ,avons-n\s le droit de conclure du dang] de la p>?nog5se que la nature ne sait pas t\j\rs proportionn] les moy5s la f91 que ce qu'elle ent5d ma9t5ir se ma9ti5t p>fois grce d'autres prcautions qu'elle a prises contre ces prcautions mmes1 et s\v5t aussi p> des circon/ances trangres qu'elle n'a po9t prvues8 ,mais prvoit-elle1 ent5d-elle ma9t5ir quelque *ose8 ,la nature1 dira-t-on1 c'e/ un mot dont n\s c\vrons l'inconnaissable1 et peu de faits dcisifs autoris5t lui attribu] un b ou une intellig5ce4 ,il e/ vrai4 ,n\s manions ici les vases h]mtiquem5t clos qui meubl5t notre conception de l'univ]s4 ,p\r n'y pas mettre inv>iablem5t l'inscription ,inconnu qui dc\rage et impose le sil5ce1 n\s y gravons1 selon la =me et la gr&eur1 les mots3 ,nature1 ,vie1 ,mort1 ,inf9i1 ,slection1 ,gnie de l',espce1 et bi5 d'autres1 comme ceux qui n\s prcdr5t y fixr5t les noms de3 ,dieu1 de ,provid5ce1 de ,de/91 de ,rcomp5se1 etc4 ,c'e/ cela si l'on veut1 et ri5 davantage4 ,mais si le d$ans demeure obscur1 du mo9s y avons-n\s gagn que les inscriptions tant mo9s m5aantes n\s p\vons appro*] des vases1 les t\*] et y appliqu] l'oreille avec une curiosit salutaire4 ,mais quelque nom qu'on y atta*e1 il e/ c]ta9 qu' t\t le mo9s l'un de ces vases1 le plus gr&1 celui qui porte sur ses flancs le mot3 ,nature1 r5f]me une =ce trs relle1 la plus relle de t\tes1 et qui sait ma9t5ir sur notre globe une quantit et une qualit de vie1 norme et m]veilleuse1 p> des moy5s si +nieux que l'on peut dire sans exagration qu'ils pass5t t\t ce que le gnie de l'homme e/ capable d'organis]4 ,celte qualit et cette quantit se ma9ti5drai5t-elles p> d'autres moy5s8 ,e/-ce n\s qui n\s trompons en croyant voir des prcautions l o il n'y a peut-tre qu'un has>d =tun qui survit un million de has>ds malheureux8 ,,xvi ,il se peut2 mais ces has>ds =tuns n\s donn5t p\r lors des leons d'admiration1 qui gal5t celles que n\s tr\v]ions au-dessus du has>d4 ,ne reg>dons pas seulem5t les tres qui ont une lueur d'intellig5ce ou de consci5ce et qui peuv5t lutt] contre les lois aveugles1 ne n\s p5*ons mme pas sur les premi]s reprs5tants nbuleux du rgne animal qui comm5ce3 les ,protozoaires4 ,les expri5ces du clbre microscopi/e ,m4,h4,j4 ,c>t]1 ,f4,r4,s41 montr5t1 en effet1 qu'une volont1 des dsirs1 des prfr5ces se manife/5t dj dans des embryons aussi intimes que les myxomyctes1 qu'il y a des m\vem5ts de ruse dans des infusoires privs de t\t organisme app>5t1 tels que l',amba qui guette avec une s\rnoise pati5ce les jeunes ,ac9tes la sortie de l'ovaire mat]nel1 p>ce qu'elle sait qu' ce mom5t elles n'ont pas encore de t5tacules vnneuses4 ,or1 l',amba ne possde ni sy/me n]veux1 ni organe d'aucune espce que l'on puisse obs]v]4 ,allons directem5t aux vgtaux qui sont immobiles et sembl5t s\mis t\tes les fatalits1 et sans n\s arrt] aux plantes c>nivores1 aux ,dros]as p> exemple1 qui agiss5t rellem5t comme les animaux1 tudions plutt le gnie dploy p> telles de nos fleurs les plus simples p\r que la visite d'une abeille entrane 9vitablem5t la fcondation croise qui leur e/ ncessaire4 ,voyons le jeu miraculeusem5t comb9 du ro/ellum1 des rt9acles1 de l'adhr5ce et de l'incl9aison ma?matique et automatique des poll9ies dans l',or*is ,morio1 l'humble or*ide de nos contres#a2 dmontons la d\ble bascule infaillible1 des an?res de la sauge1 qui vi5n5t t\*] tel endroit le corps de l'insecte visiteur1 p\r qu' son t\r il t\*e tel endroit prcis le /igmate d'une fleur vois9e2 suivons aussi les dcl5*em5ts successifs et les calculs du /igmate du ,p$icul>is ,sylvatica2 voyons l'entre de l'abeille t\s les organes de ces trois fleurs se mettre en m\vem5t la manire de ces mcaniques compliques que l'on tr\ve dans nos foires villageoises1 et qui entr5t en branle qu& un tireur habile a t\* le po9t noir de la cible4 ,n\s p\rrions desc5dre plus bas encore1 montr] comme l'a fait ,rusk91 dans ses ,e?ics ( ! ,du/1 les habitudes1 le c>actre et les ruses des cri/aux1 leurs qu]elles1 ce qu'ils font qu& un corps trang] vi5t tr\bl] leurs plans1 qui sont plus anci5s que t\t ce que notre imag9ation peut concevoir1 la manire dont ils admett5t ou rejett5t l'ennemi2 la victoire possible du plus faible sur le plus =t1 p> exemple le ,qu>tz t\t-puissant qui cde c\rtoisem5t l'humble et s\rnois pidote et lui p]met de le surmont]1 la lutte tantt effroyable1 tantt magnifique du cri/al de ro*e avec le f]1 l'expansion rgulire1 immacule1 et la puret intransigeante de tel bloc hyal9 qui rep\sse d'avance t\tes les s\illures1 et la croissance maladive1 l'immoralit vid5te de son frre1 qui les accepte et se tord misrablem5t dans le vide2 n\s p\rrions invoqu] les tranges phnomnes de cicatrisation et de rintgration cri/all9e dont p>le ,claude ,b]n>d1 etc4444 ,mais1 ici1 le my/re n\s e/ trop trang]4 ,t5ons-n\s nos fleurs1 qui sont les d]nires figures d'une vie qui a encore quelque rapport la ntre4 ,il ne s'agit plus d'animaux ou d'insectes auxquels n\s attribuons une volont intellig5te et p>ticulire1 grce laquelle ils surviv5t4 ,a tort ou raison1 n\s ne leur en accordons aucune4 ,en t\t cas1 n\s ne p\vons tr\v] en elles la mo9dre trace de ces organes o naiss5t et sig5t d'habitude la volont1 l'intellig5ce1 l'initiative d'une action4 ,p> consqu5t1 ce qui agit en elles d'une manire si admirable1 vi5t directem5t de ce qu'ailleurs n\s appelons3 la ,nature4 ,ce n'e/ plus l'intellig5ce de l'individu1 mais la =ce inconsci5te et indivise1 qui t5d des piges d'autres =mes d'elle-mme4 ,en induirons-n\s que ces piges soi5t autre *ose que de purs accid5ts fixs p> une r\t9e accid5telle aussi8 ,n\s n'en avons pas encore le droit4 ,on peut dire qu'au dfaut de ces comb9aisons miraculeuses1 ces fleurs n'euss5t pas survcu1 mais que d'autres1 qui n'aurai5t pas eu beso9 de la fcondation croise1 les euss5t remplaces1 sans que p]sonne se ft ap]u de l'inexi/5ce des premires1 sans que la vie qui ondule sur la t]re n\s et p>u mo9s incomprh5sible1 mo9s div]se ni mo9s tonnante4 #a ,il e/ impossible de donn] ici le dtail de ce pige m]veilleux dcrit p> ,d>w94 ,en voici le s*me grossi]3 le poll51 dans l',or*is ,morio1 n'e/ pas pulvrul5t1 mais agglomr en =me de petites massues appeles ,poll9ies4 ,*acune de ces massues 7elles sont deux7 se t]m9e son extrmit infrieure p> une rondelle visqueuse 7le ,rt9acle7 r5f]me dans une sorte de sac membraneux 7le ,ro/ellum7 que le mo9dre contact fait clat]4 ,qu& une abeille se pose sur la fleur1 sa tte1 en s'avanant p\r pomp] le nect>1 effleure le sac membraneux qui se d*ire et met nu les deux rondelles visqueuses4 ,les ,poll9ies1 grce la glu des rondelles1 s'atta*5t la tte de l'insecte qui1 en quittant la fleur1 les emporte comme deux cornes bulbeuses4 ,si ces deux cornes *>ges de poll5 demeurai5t droites et rigides1 au mom5t o l'abeille pntre dans une or*ide vois9e1 elles t\*]ai5t et f]ai5t simplem5t clat] le sac membraneux de la seconde fleur1 mais elles n'atte9drai5t pas le /igmate ou organe femelle qu'il s'agit de fcond]1 et qui e/ situ au-dess\s du sac membraneux4 ,le gnie de l',or*is ,morio a prvu la difficult1 et1 au b\t de tr5te secondes1 c'e/--dire dans le peu de temps ncessaire l'insecte p\r a*ev] de pomp] le nect> et se transport] sur une autre fleur1 la tige de la petite massue se dess*e et se rtracte1 t\j\rs du mme ct et dans le mme s5s2 le bulbe qui conti5t le poll5 s'incl9e1 et son degr d'incl9aison e/ calcul de telle sorte qu'au mom5t o l'abeille entr]a dans la fleur vois9e il se tr\v]a t\t ju/e au niveau du /igmate sur lequel il doit rp&re sa p\ssire fcondante 7,voir1 p\r t\s les dtails de ce drame intime du monde inconsci5t des fleurs1 l'admirable tude de ,*4 ,d>w93 ,de la fcondation des ,or*ides p> les insectes1 et des bons effets du croisem5t1 #ahfb47 ,,xvii ,et p\rtant1 il s]ait difficile de ne pas reconnatre que des actes qui ont t\t l'aspect d'actes de prud5ce et d'intellig5ce1 provoqu5t et s\ti5n5t les has>ds =tuns4 ,d'o man5t-ils8 ,du sujet mme ou de la =ce o il puise la vie8 ,je ne dirai pas peu importe1 au contraire3 il n\s import]ait normm5t de le savoir4 ,mais en att5dant que n\s l'appr5ions1 que ce soit la fleur qui s'ef=ce d'entret5ir et de p]fectionn] la vie que la nature a mise en elle1 ou la nature qui fasse ef=t p\r entret5ir et amlior] la "p d'exi/5ce que la fleur a prise1 que ce soit enf9 le has>d qui f9isse p> rgl] le has>d2 une multitude d'app>5ces n\s invit5t croire que quelque *ose d'gal nos p5ses les plus hautes sort p> mom5ts d'un fonds commun que n\s avons admir] sans p\voir dire o il se tr\ve4 ,il n\s semble p>fois qu'une erreur sorte de ce fonds commun4 ,mais bi5 que n\s sa*ions =t peu de *oses1 n\s avons ma9tes fois l'occasion de reconnatre que l'erreur e/ un acte de prud5ce qui passait la porte de nos premi]s reg>ds4 ,mme dans le petit c]cle que nos yeux embrass5t1 n\s p\vons dc\vrir que si la nature p>at se tromp] ici1 c'e/ qu'elle juge utile de r$ress] l-bas son inadv]tance prsume4 ,elle a mis les trois fleurs dont n\s p>lons1 dans des conditions si difficiles1 qu'elles ne peuv5t se fcond] elles-mmes1 mais c'e/ qu'elle juge pr(itable1 sans que n\s pntrions p\rquoi1 que ces trois fleurs se fass5t fcond] p> leurs vois9es2 et le gnie qu'elle n'a pas montr notre droite1 elle le manife/e notre gau*e1 en activant l'intellig5ce de ses victimes4 ,les dt\rs de ce gnie n\s demeur5t inexplicables1 mais son niveau re/e t\j\rs le mme4 ,il p>ait desc5dre dans une erreur1 en admettant qu'une erreur soit possible1 mais il remonte immdiatem5t dans l'organe *>g de la rp>]4 ,de quelque ct que n\s n\s t\rnions1 il dom9e nos ttes4 ,il e/ l'ocan circulaire1 l'imm5se nappe d'eau sans tiage sur laquelle nos p5ses les plus audacieuses1 les plus indp5dantes1 ne s]ont jamais que des bulles s\mises4 ,n\s l'appelons auj\rd'hui la nature1 et dema9 n\s lui tr\v]ons peut-tre un autre nom1 plus t]rible ou plus d\x4 ,en att5dant1 il rgne la fois et d'un esprit gal sur la vie et la mort1 et f\rnit aux deux surs irrconciliables les armes magnifiques ou familires qui b\lev]s5t et qui orn5t son se94 ,,xviii ,quant savoir s'il pr5d des prcautions p\r ma9t5ir ce qui s'agite sa surface1 ou s'il faut f]m] le plus trange des c]cles en disant que ce qui s'agite sa surface pr5d des prcautions contre le gnie mme qui le fait vivre1 voil des que/ions rs]ves4 ,il n\s e/ impossible de connatre si une espce a survcu malgr les so9s dang]eux de la volont suprieure1 indp5damm5t de ceux-ci1 ou enf9 grce eux seuls4 ,t\t ce que n\s p\vons con/at]1 c'e/ que telle espce subsi/e1 et que p> consqu5t la nature semble avoir raison sur ce po9t4 ,mais qui n\s appr5dra combi5 d'autres1 que n\s n'avons pas connues1 sont tombes victimes de son intellig5ce oublieuse ou inquite8 ,t\t ce qu'il n\s e/ donn de con/at] encore1 ce sont les =mes surpr5antes et p>fois ennemies que pr5d1 tantt dans l'inconsci5ce1 le fluide extraord9aire qu'on nomme la vie1 qui n\s anime en mme temps que t\t le re/e1 et qui e/ cela mme qui produit nos p5ses qui le jug5t et notre petite voix qui s'ef=ce d'en p>l]4 ,,livre ,v ,,le ,,vol ,,nuptial ,i ,voyons ma9t5ant de quelle manire a lieu la fcondation de la re9e-abeille4 ,ici encore1 la nature a pris des mesures extraord9aires p\r favoris] l'union des mles et des femelles issus de s\*es diffr5tes2 loi trange1 que ri5 ne l'obligeait de dcrt]1 caprice1 ou peut-tre inadv]tance initiale dont la rp>ation use les =ces les plus m]veilleuses de son activit4 ,il e/ probable que si elle avait employ assur] la vie1 attnu] la s\ffrance1 ad\cir la mort1 c>t] les has>ds affreux1 la moiti du gnie qu'elle prodigue aut\r de la fcondation croise et de quelques autres dsirs arbitraires1 l'univ]s n\s et (f]t une nigme mo9s incomprh5sible1 mo9s pitoyable que celle que n\s t*ons de pntr]4 ,mais ce n'e/ pas dans ce qui aurait pu tre1 c'e/ dans ce qui e/ qu'il convi5t de puis] notre consci5ce1 et l'intrt que n\s pr5ons l'exi/5ce4 ,aut\r de la re9e virg9ale1 et vivant avec elle dans la f\le de la ru*e1 s'agit5t des c5ta9es de mles exubrants1 t\j\rs ivres de miel1 dont la seule raison d'tre e/ un acte d'am\r4 ,mais malgr le contact incessant de deux inquitudes qui p>t\t ailleurs r5v]s5t t\s les ob/acles1 jamais l'union ne s'opre dans la ru*e1 et l'on n'a jamais russi r5dre fconde une re9e captive#a4 ,les amants qui l'ent\r5t ignor5t ce qu'elle e/1 tant qu'elle demeure au milieu d'eux4 ,sans se d\t] qu'ils vi5n5t de la quitt]1 qu'ils dormai5t avec elle sur les mmes rayons1 qu'ils l'ont peut-tre b\scule dans leur sortie imptueuse1 ils vont la dem&] l'espace1 aux creux les plus ca*s de l'horizon4 ,on dirait que leurs yeux admirables1 qui coiff5t t\te leur tte d'un casque fulgurant1 ne la reconnaiss5t et ne la dsir5t que lorsqu'elle plane dans l'azur4 ,*aque j\r1 de onze heures trois heures1 qu& la lumire e/ dans t\t son clat1 et surt\t lorsque midi dploie jusqu'aux conf9s du ciel ses gr&es ailes bleues p\r attis] les flammes du soleil1 leur horde empana*e se prcipite la re*]*e de l'p\se plus royale et plus inespre qu'en aucune lg5de de pr9cesse inaccessible1 puisque v+t ou tr5te tribus l'environn5t1 acc\rues de t\tes les cits d'al5t\r1 p\r lui faire un cortge de plus de dix mille prt5dants1 et que p>mi ces mille1 un seul s]a *oisi1 p\r un bais] unique d'une seule m9ute1 qui le m>i]a la mort en mme temps qu'au bonheur1 t&is que t\s les autres vol]ont inutiles aut\r du c\ple enlac1 et priront bi5tt sans revoir l'app>ition pre/igieuse et fatale4 #a ,le pr(esseur ,mc ,la9 e/ rcemm5t p>v5u fcond] artificiellem5t quelques re9es1 mais la suite d'une vritable opration *irurgicale1 dlicate et complique4 ,du re/e1 la fcondit de ces re9es fut re/re9te1 et phmre4 ,,ii ,je n'exagre pas cette surpr5ante et folle prodigalit de la nature4 ,dans les meilleures ru*es on compte d'habitude quatre ou c9q c5ts mles4 ,dans les ru*es dgnres ou plus faibles1 on en tr\ve s\v5t quatre ou c9q mille1 c> plus une ru*e p5*e sa ru9e1 plus elle produit de mles4 ,on peut dire qu'en moy5ne1 un ru*] compos de dix colonies1 p>pille dans l'air1 un mom5t donn1 un peuple de dix mille mles1 dont dix ou qu9ze au plus auront *ance d'accomplir l'acte unique p\r lequel ils sont ns4 ,en att5dant1 ils puis5t les provisions de la cit1 et le travail incessant de c9q ou six ouvrires suffit pe9e n\rrir l'oisivet vorace et plantureuse de *acun de ces p>asites qui n'ont d'infatigable que la b\*e4 ,mais t\j\rs la nature e/ magnifique1 qu& il s'agit des fonctions et des privilges de l'am\r4 ,elle ne ls9e que les organes et les in/rum5ts du travail4 ,elle e/ p>ticulirem5t pre t\t ce que les hommes ont appel v]tu4 ,en revan*e1 elle ne compte ni les joyaux1 ni les faveurs qu'elle rp& sur la r\te des amants les mo9s intressants4 ,elle crie de t\tes p>ts3 ,unissez-v\s1 multipliez1 il n'e/ d'autre loi1 d'autre b que l'am\r1--quitte aj\t] mi-voix3--,et durez aprs si v\s le p\vez1 cela ne me reg>de plus4 ,on a beau faire1 on a beau v\loir autre *ose1 on retr\ve p>t\t cette morale si diffr5te de la ntre4 ,voyez encore1 dans les mmes petits tres1 son av>ice inju/e et son fa/e ins5s4 ,de sa naissance sa mort1 l'au/re but9euse doit all] au lo91 dans les f\rrs les plus pais1 la re*]*e d'une f\le de fleurs qui se dissimul5t4 ,elle doit dc\vrir aux labyr9!s des nectaires1 aux alles secrtes des an?res1 le miel et le poll5 ca*s4 ,p\rtant ses yeux1 ses organes olfactifs1 sont comme des yeux1 des organes d'infirme1 au prix de ceux des mles4 ,ceux-ci s]ai5t peu prs aveugles et privs d'odorat qu'ils n'en ptirai5t gure1 qu'ils le saurai5t pe9e4 ,ils n'ont ri5 faire1 aucune proie p\rsuivre4 ,on leur apporte leurs alim5ts t\t prp>s et leur exi/5ce se passe hum] le miel mme les rayons1 dans l'obscurit de la ru*e4 ,mais ils sont les ag5ts de l'am\r1 et les dons les plus normes et les plus inutiles sont jets ple9es ma9s dans l'abme de l'av5ir4 ,un sur mille1 p>mi eux1 aura dc\vrir1 une fois dans sa vie1 au pr(ond de l'azur1 la prs5ce de la vi]ge royale4 ,un sur mille devra suivre1 un in/ant dans l'espace1 la pi/e de la femelle qui ne *]*e pas fuir4 ,il suffit4 ,la puissance p>tiale a ouv]t l'extrme et jusqu'au dlire1 ses trsors in\s4 ,a *acun de ses amants improbables1 dont neuf c5t quatre-v+t-dix-neuf s]ont massacrs quelques j\rs aprs les noces mortelles du millime1 elle a donn treize mille yeux de *aque ct de la tte1 alors que l'ouvrire en a six mille4 ,elle a p\rvu leurs ant5nes1 selon les calculs de ,*e%ire1 de tr5te-sept mille huit c5ts cavits olfactives1 alors que l'ouvrire n'en possde pas c9q mille4 ,voil un exemple de la disproportion qu'on obs]ve peu prs p>t\t entre les dons qu'elle accorde l'am\r1 et ceux quelle m>*&e au travail1 entre la faveur qu'elle rp& sur ce qui donne essor la vie dans un plaisir1 et l'indiffr5ce o elle ab&onne ce qui se ma9ti5t patiemm5t dans la pe9e4 ,qui v\drait pe9dre au vrai le c>actre de la nature1 d'aprs les traits que l'on r5contre a9si1 il en f]ait une figure extraord9aire qui n'aurait aucun rapport notre idal1 qui doit cep5dant prov5ir d'elle aussi4 ,mais l'homme ignore trop de *oses p\r entrepr5dre ce portrait o il ne saurait mettre qu'une gr&e ombre avec deux ou trois po9ts d'une lumire inc]ta9e4 ,,iii ,bi5 peu1 je p5se1 ont viol le secret des noces de la re9e-abeille1 qui s'accompliss5t aux replis inf9is et bl\issants d'un beau ciel4 ,mais il e/ possible de surpr5dre le d"p hsitant de la fiance1 et le ret\r meurtri] de l'p\se4 ,malgr son impati5ce1 elle *oisit son j\r et son heure1 et att5d l'ombre des portes qu'une mat9e m]veilleuse s'pan*e dans l'espace nuptial1 du fond des gr&es urnes azures4 ,elle aime le mom5t o un peu de rose m\ille d'un s\v5ir les feuilles et les fleurs1 o la d]nire fra*eur de l'aube dfaillante lutte dans sa dfaite avec l'ardeur du j\r1 comme une vi]ge nue aux bras d'un l\rd gu]ri]1 o le sil5ce et les roses de midi qui s'appro*e1 laiss5t encore p]c] et l quelque p>fum des violettes du mat91 quelque cri transp>5t de l'aurore4 ,elle p>at alors sur le seuil1 au milieu de l'indiffr5ce des but9euses qui vaqu5t leurs affaires1 ou environne d'ouvrires affoles1 selon qu'elle laisse des surs dans la ru*e ou qu'il n'e/ plus possible de la remplac]4 ,elle pr5d son vol reculons1 revi5t deux ou trois fois sur la tablette d'abordage1 et qu& elle a m>qu dans son esprit l'aspect et la situation exacte de son royaume qu'elle n'a jamais vu du dehors1 elle "p comme un trait au zni? de l'azur4 ,elle gagne a9si des hauteurs et une zone lum9euse que les autres abeilles n'affront5t aucune poque de leur vie4 ,au lo91 aut\r des fleurs o flotte leur p>esse1 les mles ont ap]u l'app>ition et respir le p>fum magntique qui se rp& de pro*e en pro*e jusqu'aux ru*]s vois9s4 ,aussitt les hordes se rassembl5t et plong5t sa suite dans la m] d'allgresse dont les bornes limpides se dplac5t4 ,elle1 ivre de ses ailes1 et obissant la magnifique loi de l'espce qui *oisit p\r elle son amant et veut que le plus =t l'atteigne seul dans la solitude de l'!r1 elle monte t\j\rs1 et l'air bleu du mat9 s'eng\ffre p\r la premire fois dans ses /igmates abdom9aux et *ante comme le sang du ciel dans les mille radicelles relies aux deux sacs tra*ens qui occup5t la moiti de son corps et se n\rriss5t de l'espace4 ,elle monte t\j\rs4 ,il faut qu'elle atteigne une rgion ds]te que ne hant5t plus les oiseaux qui p\rrai5t tr\bl] le my/re4 ,elle s'lve encore1 et dj la tr\pe 9gale dim9ue et s'grne s\s elle4 ,les faibles1 les infirmes1 les vieill>ds1 les mal v5us1 les mal n\rris des cits inactives ou misrables1 r5onc5t la p\rsuite et disp>aiss5t dans le vide4 ,il ne re/e plus en susp5s1 dans l'opale inf9ie1 qu'un petit gr\pe infatigable4 ,elle dem&e un d]ni] ef=t ses ailes1 et voici que l'lu des =ces incomprh5sibles la rejo9t1 la saisit1 la pntre et1 qu'emporte d'un d\ble lan1 la spirale asc5dante de leur vol enlac t\rbillonne une seconde dans le dlire ho/ile de l'am\r4 ,,iv ,la plup>t des tres ont le s5tim5t confus qu'un has>d trs prcaire1 une sorte de membrane transp>5te1 sp>e la mort de l'am\r1 et que l'ide pr(onde de la nature veut que l'on meure dans le mom5t o l'on transmet la vie4 ,c'e/ probablem5t cette cra9te hrditaire qui donne tant d'importance l'am\r4 ,ici du mo9s se ralise dans sa simplicit primitive cette ide dont le s\v5ir plane encore sur le bais] des hommes4 ,aussitt l'union accomplie1 le v5tre du mle s'entr'ouvre1 l'organe se dta*e1 entranant la masse des entrailles1 les ailes se dt5d5t et1 f\droy p> l'clair nuptial1 le corps vid t\rnoie et tombe dans l'abme4 ,la mme p5se qui tantt1 dans la p>?nog5se1 sacrifiait l'av5ir de la ru*e la multiplication insolite des mles1 sacrifie ici le mle l'av5ir de la ru*e4 ,elle tonne t\j\rs cette p5se2 plus on l'int]roge1 plus les c]titudes dim9u5t1 et ,d>w9 p> exemple1 p\r cit] celui qui de t\s les hommes l'a le plus passionnm5t et le plus m?odiquem5t tudie1 ,d>w9 sans trop se l'av\]1 p]d cont5ance *aque pas et rebr\sse *em9 devant l'inatt5du et l'inconciliable4 ,voyez-le1 si v\s v\lez assi/] au spectacle noblem5t humiliant du gnie huma9 aux prises avec la puissance inf9ie1 voyez-le qui essaie de dml] les lois biz>res1 incroyablem5t my/rieuses et incohr5tes de la /rilit et de la fcondit des hybrides1 ou celles de la v>iabilit des c>actres spcifiques et gnriques4 ,a pe9e a-t-il =mul un pr9cipe que des exceptions sans nombre l'assaill5t1 et bi5tt le pr9cipe accabl e/ heureux de tr\v] asile dans un co9 et de g>d]1 titre d'exception1 un re/e d'exi/5ce4 ,c'e/ que dans l'hybridit1 dans la v>iabilit 7notamm5t dans les v>iations simultanes1 appeles corrlation de croissance71 dans l'in/9ct1 dans les procds de la concurr5ce vitale1 dans la slection1 dans la succession gologique et dans la di/ribution gographique des tres organiss1 dans les aff9its mutuelles1 comme p>t\t ailleurs1 la p5se de la nature e/ tatillonne et nglig5te1 conome et g*euse1 prvoyante et inatt5tive1 incon/ante et 9branlable1 agite et immobile1 une et innombrable1 gr&iose et mesqu9e dans le mme mom5t et le mme phnomne4 ,alors qu'elle avait devant elle le *amps imm5se et vi]ge de la simplicit1 elle le peuple de petites erreurs1 de petites lois contradictoires1 de petits problmes difficiles qui s'g>5t dans l'exi/5ce comme des tr\peaux aveugles4 ,il e/ vrai que t\t cela se passe dans notre il qui ne reflte qu'une ralit approprie notre taille et nos beso9s1 et que ri5 ne n\s autorise croire que ta nature p]de de vue ses causes et ses rsultats g>s4 ,en t\t cas1 il e/ r>e qu'elle leur p]mette d'all] trop lo91 de s'appro*] de rgions illogiques ou dang]euses4 ,elle dispose de deux =ces qui ont t\j\rs raison1 et qu& les phnomnes dpass5t c]ta9es bornes1 elle fait signe la vie ou la mort qui vi5n5t rtablir l'ordre et retrac] la r\te avec indiffr5ce4 ,v ,elle n\s *appe de t\tes p>ts1 elle mconnat la plup>t de nos rgles1 et brise t\tes nos mesures4--,a notre droite1 elle e/ bi5 au-dess\s de notre p5se1 mais voil qu' notre gau*e1 elle la dom9e brusquem5t comme une montagne4 ,a t\t mom5t1 il semble qu'elle se trompe1 aussi bi5 dans le monde de ses premires expri5ces que dans celui des d]nires1 je veux dire dans le monde de l'homme4 ,elle y sanctionne l'in/9ct de la masse obscure1 l'inju/ice inconsci5te du nombre1 la dfaite de l'intellig5ce et de la v]tu1 la morale sans hauteur qui guide le gr& flot de l'espce et qui e/ manife/em5t infrieure la morale que peut concevoir et s\hait] l'esprit qui s'aj\te au petit flot plus clair qui remonte le fleuve4 ,p\rtant1 e/-ce tort que ce mme esprit se dem&e auj\rd'hui si son devoir n'e/ pas de *]*] t\te vrit1 p> consqu5t les vrits morales aussi bi5 que les autres1 dans ce *aos plutt qu'en lui-mme1 o elles p>aiss5t relativem5t si claires et si prcises8 ,il ne songe pas r5i] la raison et la v]tu de son idal consacr p> tant de hros et de sages1 mais p>fois il se dit que peut-tre cet idal s'e/ =m trop "p de la masse norme dont il prt5d reprs5t] la beaut diffuse4 ,a bon droit1 il a pu cra9dre jusqu'ici qu'en adaptant sa morale celle de la nature1 il n'et ananti ce qui lui p>at tre le *ef-d'uvre de cette nature mme4 ,mais prs5t qu'il connat un peu mieux celle-ci1 et que quelques rponses encore obscures1 mais d'une ampleur imprvue1 lui ont fait entrevoir un plan et une intellig5ce plus va/es que t\t ce qu'il p\vait imag9] en se r5f]mant en lui-mme1 il a mo9s peur1 il n'a plus aussi imprieusem5t beso9 de son refuge de v]tu et de raison p>ticulires4 ,il juge que ce qui e/ si gr& ne saurait enseign] se dim9u]4 ,il v\drait savoir si le mom5t n'e/ pas v5u de s\mettre un exam5 plus judicieux ses pr9cipes1 ses c]titudes et ses rves4 ,je le rpte1 il ne songe pas ab&onn] son idal huma94 ,cela mme qui d'abord dissuade de cet idal appr5d y rev5ir4 ,la nature ne saurait donn] de mauvais conseils un esprit qui t\te vrit1 qui n'e/ pas au mo9s aussi haute que la vrit de son propre dsir1 ne p>at pas assez leve p\r tre df9itive et digne du gr& plan qu'il s'ef=ce d'embrass]4 ,ri5 ne *ange de place dans sa vie1 s9on p\r mont] avec lui1 et longtemps encore il se dira qu'il monte qu& il se rappro*e de l'anci5ne image du bi54 ,mais dans sa p5se t\t se trans=me avec une lib]t plus gr&e1 et il peut desc5dre impunm5t dans sa contemplation passionne1 jusqu' *rir autant que des v]tus1 les contradictions les plus cruelles et les plus immorales de la vie1 c> il a le press5tim5t qu'une f\le de valles successives conduis5t au plateau qu'il espre4 ,cette contemplation et cet am\r n'emp*5t pas qu'en *]*ant la c]titude1 et alors mme que ses re*]*es le mn5t l'oppos de ce qu'il aime1 il ne rgle sa conduite sur la vrit la plus huma9em5t belle et se ti5ne au provisoire le plus haut4 ,t\t ce qui augm5te la v]tu bi5faisante entre immdiatem5t dans sa vie2 t\t ce qui l'amo9drirait y demeure en susp5s1 comme ces sels insolubles qui ne s'branl]ont qu' l'heure de l'expri5ce dcisive4 ,il peut accept] une vrit infrieure1 mais1 p\r agir selon cette vrit1 il att5dra1--durant des sicles1 s'il e/ ncessaire1--qu'il ap]oive le rapport que cette vrit doit avoir des vrits assez inf9ies p\r envelopp] et surpass] t\tes les autres4 ,en un mot1 il sp>e l'ordre moral de l'ordre intellectuel1 et n'admet dans le premi] que ce qui e/ plus gr& et plus beau qu'autrefois4 ,et s'il e/ blmable de sp>] ces deux ordres1 comme on le fait trop s\v5t dans la vie1 p\r agir mo9s bi5 qu'on ne p5se2 voir le pire et suivre le meilleur1 t5dre son action au-dessus de son ide1 e/ t\j\rs salutaire et raisonnable1 c> l'expri5ce huma9e n\s p]met d'espr] plus clairem5t de j\r en j\r1 que la p5se la plus haute que n\s puissions atte9dre s]a longtemps encore au-dess\s de la my/rieuse vrit que n\s *]*ons4 ,au surplus1 qu& ri5 ne s]ait vrai de t\t ce qui prcde1 il lui re/]ait une raison simple et naturelle p\r ne pas encore ab&onn] son idal huma94 ,plus il accorde de =ce aux lois qui sembl5t propos] l'exemple de l'gsme2 de l'inju/ice et de la cruaut1 plus1 du mme c\p1 il en apporte aux autres qui conseill5t la gnrosit1 la piti1 la ju/ice1 c> ds l'in/ant qu'il comm5ce d'galis] et de proportionn] plus m?odiquem5t les p>ts qu'il fait l'univ]s et lui-mme1 il tr\ve ces d]nires lois quelque *ose d'aussi pr(ondm5t naturel qu'aux premires1 puisqu'elles sont inscrites aussi pr(ondm5t en lui que les autres le sont dans t\t ce qui l'ent\re4 ,,vi ,remontons aux noces tragiques de la re9e4 ,dans l'exemple qui n\s occupe1 la nature veut donc1 en vue de la fcondation croise1 que l'acc\plem5t du faux-b\rdon et de la re9e abeille ne soit possible qu'en ple9 ciel4 ,mais ses dsirs se ml5t comme un rseau et ses lois les plus *res ont pass] sans cesse trav]s les mailles d'autres lois1 qui l'in/ant d'aprs pass]ont leur t\r trav]s celles des premires4 ,ayant peupl ce mme ciel de dang]s innombrables1 de v5ts froids1 de c\rants1 d'orages1 de v]tiges1 d'oiseaux1 d'insectes1 de g\ttes d'eau qui obiss5t aussi des lois inv9cibles1 il faut qu'elle pr5ne des mesures p\r que cet acc\plem5t soit aussi bref que possible4 ,il l'e/1 grce la mort f\droyante du mle4 ,une tre9te y suffit1 et la suite de l'hym5 s'accomplit aux flancs mmes de l'p\se4 ,celle-ci1 des hauteurs bleuissantes1 r$esc5d la ru*e t&is que frmiss5t d]rire elle1 comme des oriflammes1 les entrailles dr\les de l'amant4 ,quelques apidologues prt5d5t qu' ce ret\r gros de promesses1 les ouvrires manife/5t une gr&e joie4 ,b*n]1 entre autres1 en trace un tableau dtaill4 ,j'ai guett bi5 des fois ces r5tres nuptiales et j'av\e n'avoir gure con/at d'agitation insolite1 hors les cas o il s'agissait d'une jeune re9e sortie la tte d'un essaim et qui reprs5tait l'unique espoir d'une cit rcemm5t fonde et encore ds]te4 ,alors t\tes les travailleuses sont affoles et se prcipit5t sa r5contre4 ,mais p\r l'ord9aire1 et bi5 que le dang] que c\rt l'av5ir de la cit soit s\v5t aussi gr&1 il semble qu'elles l'oubli5t4 ,elles ont t\t prvu jusqu'au mom5t o elles p]mir5t le massacre des re9es rivales4 ,mais arriv l1 leur in/9ct s'arrte2 il y a comme un tr\ dans leur prud5ce4 ,elles p>aiss5t donc assez indiffr5tes4 ,elles lv5t la tte1 reconnaiss5t peut-tre le tmoignage meurtri] de la fcondation1 mais encore mfiantes1 ne manife/5t pas l'allgresse que notre imag9ation att5dait4 ,positives et l5tes l'illusion1 avant de se rj\ir1 elles att5d5t probablem5t d'autres preuves4 ,on a tort de v\loir r5dre logiques et humanis] l'extrme t\s les s5tim5ts de petits tres si diffr5ts de n\s4 ,avec les abeilles1 comme avec t\s les animaux qui port5t en eux un reflet de notre intellig5ce1 on arrive r>em5t des rsultats aussi prcis que ceux qu'on dcrit dans les livres4 ,trop de circon/ances n\s demeur5t inconnues4 ,p\rquoi les montr] plus p>faites qu'elles ne sont1 en disant ce qui n'e/ pas8 ,si quelques-uns jug5t qu'elles s]ai5t plus intressantes si elles tai5t p>eilles n\s-mmes1 c'e/ qu'ils n'ont pas encore une ide ju/e de ce qui doit veill] l'intrt d'un esprit s9cre4 ,le b de l'obs]vateur n'e/ pas d'tonn]1 mais de compr5dre1 et il e/ aussi curieux de m>qu] simplem5t les lacunes d'une intellig5ce et t\s les indices d'un rgime crbral qui diffre du ntre1 que d'en rapport] des m]veilles4 ,p\rtant1 l'indiffr5ce n'e/ pas unanime1 et lorsque la re9e haletante arrive sur la plan*ette d'abordage1 quelques gr\pes se =m5t et l'accompagn5t s\s les votes1 o le soleil1 hros de t\tes les ftes de la ru*e1 pntre petits pas cra9tifs et trempe d'ombre et d'azur les murailles de cire et les rideaux de miel4 ,du re/e1 la n\velle p\se ne se tr\ble pas plus que son peuple1 et il n'y a po9t place p\r de nombreuses motions dans son troit c]veau de re9e pratique et b>b>e4 ,elle n'a qu'une proccupation1 c'e/ de se db>rass] au plus vite des s\v5irs importuns de l'p\x qui entrav5t sa dm>*e4 ,elle s'assi$ sur le seuil1 et arra*e avec so9 les organes inutiles1 que des ouvrires emport5t mesure et vont jet] au lo92 c> le mle lui a donn t\t ce qu'il possdait et beauc\p plus qu'il n'tait ncessaire4 ,elle ne g>de1 dans sa sp]ma?que1 que le liquide sm9al o nag5t les millions de g]mes qui1 jusqu' son d]ni] j\r1 vi5dront un un1 au passage des ufs1 accomplir dans l'ombre de son corps l'union my/rieuse de l'lm5t mle et femelle dont natront les ouvrires4 ,p> un *ange curieux1 c'e/ elle qui f\rnit le pr9cipe mle1 et le mle le pr9cipe femelle4 ,deux j\rs aprs l'acc\plem5t1 elle dpose ses premi]s ufs1 et aussitt le peuple l'ent\re de so9s m9utieux4 ,ds lors1 d\e d'un d\ble sexe1 r5f]mant en elle un mle 9puisable1 elle comm5ce sa vritable vie1 elle ne quitte plus la ru*e1 ne revoit plus la lumire1 si ce n'e/ p\r accompagn] un essaim2 et sa fcondit ne s'arrte qu'aux appro*es de la mort4 ,,vii ,voil de prodigieuses noces1 les plus feriques que n\s puissions rv]1 azures et tragiques1 emportes p> l'lan du dsir au-dessus de la vie1 f\droyantes et imprissables1 uniques et bl\issantes1 solitaires et inf9ies4 ,voil d'admirables ivresses o la mort1 surv5ue dans ce qu'il y a de plus limpide et de plus beau aut\r de cette sphre3 l'espace virg9al et sans bornes1 fixe dans la transp>5ce augu/e du gr& ciel la seconde du bonheur1 purifie dans la lumire immacule ce que l'am\r a t\j\rs d'un peu misrable1 r5d in\bliable le bais]1 et se cont5tant cette fois d'une dme indulg5te1 de ses ma9s dev5ues mat]nelles1 pr5d elle-mme le so9 d'introduire et d'unir p\r un long av5ir insp>able1 dans un seul et mme corps1 deux petites vies fragiles4 ,la vrit pr(onde n'a pas cette posie1 elle en possde une autre que n\s sommes mo9s aptes saisir2 mais que n\s f9irons peut-tre p> compr5dre et aim]4 ,la nature ne s'e/ pas s\cie de procur] ces deux racc\rcis d'atme1 comme les appell]ait ,pascal1 un m>iage respl5dissant1 une idale m9ute d'am\r4 ,elle n'a eu en vue1 n\s l'avons dj dit1 que l'amlioration de l'espce p> la fcondation croise4 ,p\r l'assur]1 elle a dispos l'organe du mle d'une faon si p>ticulire qu'il lui e/ impossible d'en faire usage ailleurs que dans l'espace4 ,il faut d'abord que p> un vol prolong il dilate compltem5t ses deux gr&s sacs tra*ens4 ,ces normes amp\les qui se gorg5t d'azur1 ref\l5t alors les p>ties basses de l'abdom5 et p]mett5t l'exs]tion de l'organe4 ,c'e/ l t\t le secret physiologique1 assez vulgaire diront les uns1 presque f*eux affirm]ont les autres1 de l'essor admirable des amants1 de l'bl\issante p\rsuite de ces noces magnifiques4 ,,viii ,et n\s1 se dem&e un pote1 devrons-n\s donc t\j\rs n\s rj\ir au-dessus de la vrit8 ,oui1 t\t propos1 t\t mom5t1 en t\tes *oses1 rj\issons-n\s1 non pas au-dessus de la vrit1 ce qui e/ impossible puisque n\s ignorons o elle se tr\ve1 mais au-dessus des petites vrits que n\s entrevoyons4 ,si quelque has>d1 quelque s\v5ir1 quelque illusion1 quelque passion1 n'importe quel motif en un mot1 fait qu'un objet se montre n\s plus beau qu'il ne se montre aux autres1 que d'abord ce motif n\s soit *]4 ,peut-tre n'e/-il qu'erreur3 l'erreur n'emp*e po9t que le mom5t o l'objet n\s p>at le plus admirable e/ celui o n\s avons le plus de *ance d'ap]cevoir sa vrit4 ,la beaut que n\s lui prtons dirige notre att5tion sur sa beaut et sa gr&eur relles1 qui ne sont po9t faciles dc\vrir1 et se tr\v5t dans les rapports que t\t objet a ncessairem5t avec des lois1 avec des =ces gnrales et t]nelles4 ,la facult d'admir] que n\s aurons fait natre propos d'une illusion ne s]a pas p]due p\r la vrit qui vi5dra tt ou t>d4 ,c'e/ avec des mots1 avec des s5tim5ts1 c'e/ dans la *aleur dveloppe p> d'anci5nes beauts imag9aires1 que l'humanit accueille auj\rd'hui des vrits qui peut-tre ne s]ai5t pas nes1 et n'aurai5t pu tr\v] un milieu favorable1 si ces illusions sacrifies n'avai5t d'abord habit et r*auff le cur et la raison o les vrits vont desc5dre4 ,heureux les yeux qui n'ont pas beso9 d'illusion p\r voir que le spectacle e/ gr&6 ,p\r les autres1 c'e/ l'illusion qui leur appr5d reg>d]1 admir] et se rj\ir4 ,et si haut qu'ils reg>d5t1 ils ne reg>d]ont pas trop haut4 ,ds qu'on s'en appro*e1 la vrit s'lve2 ds qu'on l'admire on s'en rappro*e4 ,et si haut qu'ils se rj\iss5t1 ils ne se rj\iront jamais dans le vide ni au-dessus de la vrit inconnue et t]nelle qui e/ sur t\te *ose comme de la beaut en susp5s4 ,,ix ,e/-ce dire que n\s n\s atta*]ons aux m5songes1 une posie volontaire et irrelle1 et que faute de mieux n\s ne n\s rj\irons qu'en eux8 ,e/-ce dire que dans l'exemple que n\s avons s\s les yeux1--il n'e/ ri5 en soi1 mais n\s n\s y arrtons p>ce qu'il en reprs5te mille autres et t\te notre attitude en face de div]s ordres de vrits1--e/-ce dire que dans cet exemple n\s nglig]ons l'explication physiologique p\r ne ret5ir et ne gt] que l'motion de ce vol nuptial1 qui1 quelle qu'en soit la cause1 n'en e/ pas mo9s l'un des plus beaux actes lyriques de cette =ce t\t c\p ds9tresse et irrsi/ible laquelle obiss5t t\s les tres vivants et qu'on nomme l'am\r8 ,ri5 ne s]ait plus puril1 ri5 ne s]ait plus impossible1 grce aux excell5tes habitudes qu'ont prises auj\rd'hui t\s les esprits de bonne foi4 ,ce m5u fait de l'exs]tion de l'organe de l'abeille mle1 qui ne peut avoir lieu qu' la suite du gonflem5t des vsicules tra*ennes1 n\s l'admettrons videmm5t puisqu'il e/ inconte/able4 ,mais si n\s n\s en cont5tions1 si n\s ne reg>dions plus ri5 p> de l1 si n\s en induisions que t\te p5se qui va trop lo9 ou trop haut a ncessairem5t tort et que la vrit se tr\ve t\j\rs dans le dtail matriel1 si n\s ne *]*ions pas1 n'importe o1 dans des inc]titudes s\v5t plus t5dues que celles que la petite explication n\s a =c d'ab&onn]1 p> exemple dans l'trange my/re de la fcondation croise1 dans la p]ptuit de l'espce et de la vie1 dans le plan de la nature1 si n\s n'y *]*ions pas une suite cette explication1 un prolongem5t de beaut et de gr&eur dans l'inconnu1 j'ose presque assur] que n\s pass]ions notre exi/5ce une plus gr&e di/ance de la vrit que ceux-l mmes qui s'ob/95t aveuglm5t dans l'int]prtation potique et t\t imag9aire de ces noces m]veilleuses4 ,ils se tromp5t videmm5t sur la =me ou la nuance de la vrit1 mais beauc\p mieux que ceux qui se flatt5t de la t5ir t\t entire dans la ma91 ils viv5t s\s son impression et dans son atmosphre4 ,ils sont prp>s la recevoir1 il y a en eux un espace plus hospitali]1 et s'ils ne la voi5t pas1 ils t5d5t du mo9s les yeux v]s le lieu de beaut et de gr&eur o il e/ salutaire de croire qu'elle se tr\ve4 ,n\s ignorons la f9 de la nature qui e/ p\r n\s la vrit qui dom9e t\tes les autres4 ,mais1 p\r l'am\r mme de cette vrit1 p\r entret5ir en notre me l'ardeur de sa re*]*e1 il e/ ncessaire que n\s la croyions gr&e4 ,et si1 un j\r n\s reconnaissons que n\s avons fait fausse r\te1 qu'elle e/ petite et incohr5te1 ce s]a grce l'animation que n\s avait donne sa gr&eur prsume que n\s dc\vrirons sa petitesse1 et cette petitesse1 qu& elle s]a c]ta9e1 n\s enseign]a ce qu'il faut faire4 ,en att5dant1 ce n'e/ pas trop1 p\r all] sa re*]*e1 que de mettre en m\vem5t t\t ce que notre raison et notre cur possd5t de plus puissant et de plus audacieux4 ,et qu& le d]ni] mot de t\t ceci s]ait misrable1 ce ne s]a p\rtant pas une petite *ose que d'avoir mis nu la petitesse ou l'inanit du b de la nature4 ,x ,il n'y a pas encore de vrit p\r n\s1 me disait un j\r un des gr&s physiologi/es de ce temps1 t&is que je me prom5ais avec lui dans la campagne1 il n'y a pas encore de vrit1 mais il y a p>t\t trois bonnes app>5ces de vrit4 ,*acun fait son *oix ou plutt le subit1 et ce *oix qu'il subit ou qu'il fait s\v5t sans rfl*ir et auquel il se ti5t1 dt]m9e la =me et la conduite de t\t ce qui pntre en lui4 ,l'ami que n\s r5controns1 la femme qui s'avance en s\riant1 l'am\r qui ouvre notre cur1 la mort ou la tri/esse qui le ref]m5t1 ce ciel de septembre que n\s reg>dons1 ce j>d9 sup]be et *>mant1 o l'on voit1 comme dans la ,psy* de ,corneille1 des b]ceaux de v]dure s\t5us p> des t]mes dors1 le tr\peau qui pat et le b]g] qui dort1 les d]nires maisons du village2 l'ocan entre les arbres1 t\t s'abaisse ou se r$resse1 t\t s'orne ou se dp\ille avant d'entr] en n\s1 selon le petit signe que lui fait notre *oix4 ,appr5ons *oisir l'app>5ce4 ,au dcl9 d'une vie o j'ai tant *]* la m5ue vrit et la cause physique1 je comm5ce *rir1 non pas ce qui loigne d'elles1 mais ce qui les prcde1 et surt\t ce qui les dpasse un peu4 ,n\s tions arrivs au sommet d'un plateau de ce pays de ,caux1 en ,norm&ie1 qui e/ s\ple comme un p>c anglais1 mais un p>c naturel et sans limites4 ,c'e/ l'un des r>es po9ts du globe o la campagne se montre compltem5t sa9e1 d'un v]t sans dfaillance4 ,un peu plus au nord1 l'pret la m5ace2 un peu plus au sud1 le soleil la fatigue et la hle4 ,au b\t d'une pla9e qui s't5dait jusqu' la m]1 des paysans difiai5t une meule4 ,reg>dez1 me dit-il3 vus d'ici1 ils sont beaux4 ,ils con/ruis5t cette *ose si simple et si importante1 qui e/ p> excell5ce le monum5t heureux et presque inv>iable de la vie huma9e qui se fixe3 une meule de bl4 ,la di/ance1 l'air du soir1 font de leurs cris de joie une sorte de *ant sans p>oles qui rpond au noble *ant des feuilles qui p>l5t sur nos ttes4 ,au-dessus d'eux1 le ciel e/ magnifique1 comme si des esprits bi5veillants1 munis de palmes de feu1 avai5t balay t\te la lumire du ct de la meule p\r clair] plus longtemps le travail4 ,et la trace des palmes e/ re/e dans l'azur4 ,voyez l'humble glise qui les dom9e et les surveille1 mi-cte1 p>mi les tilleuls arrondis et le gazon du cimetire famili] qui reg>de l'ocan natal4 ,ils lv5t h>monieusem5t leur monum5t de vie s\s les monum5ts de leurs morts qui fir5t les mmes ge/es et ne sont pas abs5ts4 ,embrassez l'ensemble3 aucun dtail trop p>ticuli]1 trop c>actri/ique1 comme on en tr\v]ait en ,anglet]re1 en ,prov5ce ou en ,holl&e4 ,c'e/ le tableau l>ge1 et assez banal p\r tre symbolique1 d'une vie naturelle et heureuse4 ,voyez donc l'eury?mie de l'exi/5ce huma9e dans ses m\vem5ts utiles4 ,reg>dez l'homme qui mne les *evaux1 t\t le corps de celui qui t5d la g]be sur la f\r*e1 les femmes p5*es sur le bl et les enfants qui j\5t4444 ,ils n'ont pas dplac une pi]re1 remu une pellete de t]re p\r embellir le paysage2 ils ne font pas un pas1 ne plant5t pas un arbre1 ne sm5t pas une fleur qui ne soi5t ncessaires4 ,t\t ce tableau n'e/ que le rsultat involontaire de l'ef=t de l'homme p\r subsi/] un mom5t dans la nature2 et cep5dant1 ceux d'entre n\s qui n'ont d'autre s\ci que d'imag9] ou de crer des spectacles de paix1 de grce ou de p5se pr(onde1 n'ont ri5 tr\v de plus p>fait1 et vi5n5t simplem5t pe9dre ou dcrire ceci qu& ils veul5t n\s reprs5t] de la beaut ou du bonheur4 ,voil la premire app>5ce que quelques-uns appell5t la vrit4 ,,xi ,appro*ons4 ,saisissez-v\s le *ant qui rpondait si bi5 au feuillage des gr&s arbres8 ,il e/ =m de gros mots et d'injures2 et qu& le rire clate c'e/ qu'un homme1 qu'une femme lance une ordure ou qu'on se moque du plus faible1 du bossu qui ne peut s\lev] son f>deau1 du boiteux qu'on r5v]se1 de l'idiot qu'on h\spille4 ,je les obs]ve depuis bi5 des annes4 ,n\s sommes en ,norm&ie1 la t]re e/ grasse et facile4 ,il y a aut\r de cette meule un peu plus de bi5-tre que n'en suppose ailleurs une scne de ce g5re4 ,p> consqu5t1 la plup>t des hommes sont alcooliques1 beauc\p de femmes le sont aussi4 ,un autre poison que je n'ai pas beso9 de nomm]1 corrode encore la race4 ,on lui doit1 a9si qu' l'alcool1 ces enfants que v\s voyez l4 ,ce nabot1 ce scr(uleux1 ce cagneux1 ce bec-de-livre et cet hydrocphale4 ,t\s1 hommes et femmes1 jeunes et vieux1 ont les vices ord9aires du paysan4 ,ils sont brutaux1 hypocrites1 m5teurs1 rapaces1 mdisants1 mfiants1 envieux1 t\rns aux petits pr(its illicites1 aux int]prtations basses1 l'adulation du plus =t4 ,la ncessit les rassemble et les contra9t de s'entr'aid]1 mais le vu secret de t\s e/ de s'entre-nuire ds qu'ils peuv5t le faire sans dang]4 ,le malheur d'autrui e/ le seul plaisir srieux du village4 ,une gr&e in=tune y e/ l'objet1 longuem5t c>ess1 de dlectations s\rnoises4 ,ils s'pi5t1 se jal\s5t1 se mpris5t1 se dte/5t4 ,tant qu'ils sont pauvres1 ils n\rriss5t contre la duret et l'av>ice de leurs matres une ha9e recuite et r5f]me1 et1 s'ils ont leur t\r des valets1 ils pr(it5t de l'expri5ce de la s]vitude p\r surpass] la duret et l'av>ice dont ils ont s\ff]t4 ,je p\rrais v\s faire le dtail des mesqu9]ies1 des f\rb]ies1 des tyrannies1 des inju/ices1 des rancunes qui anim5t ce travail baign d'espace et de paix4 ,ne croyez pas que la vue de ce ciel admirable1 de la m] qui tale d]rire l'glise un autre ciel plus s5sible qui c\le sur la t]re comme un gr& miroir de consci5ce et de sagesse1 ne croyez pas que cela les t5de ou les lve4 ,ils ne l'ont jamais reg>d4 ,ri5 ne remue et ne mne leurs p5ses1 s9on trois ou quatre cra9tes circonscrites3 cra9te de la faim1 cra9te de la =ce1 de l'op9ion et de la loi1 et l'heure de la mort1 la t]reur de l'enf]4 ,p\r montr] ce qu'ils sont1 il faudrait les pr5dre un un4 ,t5ez1 ce gr& gau*e qui a l'air jovial et lance de si belles g]bes4 ,l't d]ni]1 ses amis lui cassr5t le bras droit dans une rixe d'aub]ge4 ,j'ai rduit la fracture qui tait mauvaise et complique4 ,je l'ai soign longtemps1 je lui ai donn de quoi vivre en att5dant qu'il pt se remettre au travail4 ,il v5ait *ez moi t\s les j\rs4 ,il en a pr(it p\r rp&re au village qu'il m'avait surpris dans les bras de ma belle-sur et que ma mre s'enivrait4 ,il n'e/ pas m*ant1 il ne m'en veut pas2 au contraire1 rem>quez1 son visage s'claire d'un bon s\rire s9cre en me voyant4 ,ce n'tait pas la ha9e sociale qui le p\ssait4 ,le paysan ne hait pas le ri*e2 il respecte trop la ri*esse4 ,mais je p5se que mon bon porte-f\r*e ne compr5ait po9t p\rquoi je le soignais sans en tir] pr(it4 ,il s\ponne quelque manigance et n'ent5d pas tre dupe4 ,plus d'un1 plus ri*e ou plus pauvre1 avait fait de mme avant lui1 ou pis4 ,il ne croyait pas m5tir en rp&ant ses inv5tions1 il obissait un ordre confus de la moralit environnante4 ,il rpondait sans le savoir1 et p\r a9si dire malgr lui1 au dsir t\t-puissant de la malveillance gnrale4444 ,mais p\rquoi a*ev] un tableau connu de t\s ceux qui ont vcu quelques annes la campagne4 ,voil la seconde app>5ce que la plup>t appell5t la vrit4 ,c'e/ la vrit de la vie ncessaire4 ,il e/ c]ta9 qu'elle repose sur les faits les plus prcis1 sur les seuls que t\t homme puisse obs]v] et pr\v]4 ,,xii ,asseyons-n\s sur ces g]bes1 p\rsuivit-il1 et reg>dons encore4 ,ne rejetons aucun des petits faits qui =m5t la ralit que j'ai dite4 ,laissons-les s'loign] d'eux-mmes dans l'espace4 ,ils encombr5t le premi] plan1 mais il faut reconnatre qu'il y a d]rire eux une gr&e =ce bi5 admirable qui ma9ti5t t\t l'ensemble4 ,le ma9ti5t-elle seulem5t1 ne l'lve-t-elle pas8 ,ces hommes que n\s voyons ne sont plus t\t fait les animaux f>\*es de ,la ,bruyre qui avai5t comme une voix articule1 et se retirai5t la nuit dans des tanires1 o ils vivai5t de pa9 noir1 d'eau et de rac9es4444 ,la race me direz-v\s1 e/ mo9s =te et mo9s sa9e1 c'e/ possible2 l'alcool et l'autre flau sont des accid5ts que l'humanit doit dpass]1 peut-tre des preuves dont tels de nos organes1 les organes n]veux p> exemple1 tir]ont bnfice1 c> rgulirem5t n\s voyons la vie pr(it] des maux qu'elle surmonte4 ,au surplus1 un ri51 qu'on peut tr\v] dema91 suffira les r5dre in(f5sifs4 ,ce n'e/ donc pas cela qui n\s oblige re/re9dre notre reg>d4 ,ces hommes ont des p5ses1 des s5tim5ts que n'avai5t pas encore ceux de ,la ,bruyre4--,j'aime mieux la bte simple et t\te nue1 que l'odieuse demi-bte1 murmurai-je4-- ,v\s p>lez a9si selon la premire app>5ce1 celle des potes1 que n\s avons vue1 reprit-il2 ne la mlons pas celle que n\s exam9ons4 ,ces p5ses et ces s5tim5ts sont petits et bas1 si v\s v\lez1 mais ce qui e/ petit et bas e/ dj meilleur que ce qui n'e/ pas4 ,ils n'en us5t gure que p\r se nuire et p]si/] dans la mdiocrit o ils sont2 mais il en va s\v5t a9si dans la nature4 ,les dons qu'elle accorde1 on ne s'en s]t d'abord que p\r le mal1 p\r empir] ce qu'elle semblait v\loir amlior]2 mais1 au b\t du compte1 de t\t ce mal rsulte t\j\rs un c]ta9 bi54 ,du re/e1 je ne ti5s nullem5t pr\v] le progrs2 selon l'endroit d'o on le considre1 c'e/ une *ose trs petite ou trs gr&e4 ,r5dre un peu mo9s s]vile1 un peu mo9s pnible la condition huma9e1 c'e/ un po9t norme1 c'e/ peut-tre l'idal le plus sr2 mais1 value p> l'esprit un in/ant dta* des consqu5ces matrielles1 la di/ance entre l'homme qui m>*e la tte du progrs et celui qui se trane aveuglm5t sa suite1 n'e/ pas considrable4 ,p>mi ces jeunes ru/res dont le c]veau n'e/ hant que d'ides in=mes1 il en e/ plusieurs o se tr\ve la possibilit d'atte9dre en peu de temps le degr de consci5ce o n\s vivons t\s deux4 ,on e/ s\v5t frapp de l'int]valle insignifiant qui sp>e l'inconsci5ce de ces g5s1 que l'on s'imag9e complte1 de la consci5ce que l'on croit le plus leve4 ,d'ailleurs1 de quoi e/-elle faite cette consci5ce dont n\s sommes si fi]s8 ,de beauc\p plus d'ombre que de lumire1 de beauc\p plus d'ignorance acquise que de sci5ce1 de beauc\p plus de *oses dont n\s savons qu'il faut r5onc] les connatre que de *oses que n\s connaissons4 ,p\rtant1 elle e/ t\te notre dignit1 notre plus relle gr&eur1 et probablem5t le phnomne le plus surpr5ant de ce monde4 ,c'e/ elle qui n\s p]met de lev] le front en face du pr9cipe inconnu et de lui dire3 ,je v\s ignore1 mais quelque *ose en moi v\s embrasse dj4 ,v\s me dtruirez peut-tre1 mais1 si ce n'e/ p\r =m] de mes dbris un organisme meilleur que le mi51 v\s v\s montr]ez infrieur ce que je suis1 et le sil5ce qui suivra la mort de l'espce laquelle j'app>ti5s v\s appr5dra que v\s avez t jug4 ,et si v\s n'tes mme pas capable de v\s s\ci] d'tre jug ju/em5t1 qu'importe votre secret8 ,n\s ne t5ons plus le pntr]4 ,il doit tre /upide et hideux4 ,v\s avez produit1 p> has>d1 un tre que v\s n'aviez pas qualit p\r produire4 ,il e/ heureux p\r lui que v\s l'ayez supprim p> un has>d contraire1 avant qu'il ait mesur le fond de votre inconsci5ce1 plus heureux encore qu'il ne survive pas la srie inf9ie de vos expri5ces affreuses4 ,il n'avait ri5 faire dans un monde o son intellig5ce ne rpondait aucune intellig5ce t]nelle1 o son dsir du mieux ne p\vait arriv] aucun bi5 rel4 ,encore une fois1 le progrs n'e/ pas ncessaire p\r que le spectacle n\s passionne4 ,l'nigme suffit1 et cette nigme e/ aussi gr&e1 a autant d'clat my/rieux en ces paysans qu'en n\s-mmes4 ,on la tr\ve p>t\t lorsqu'on suit la vie jusqu'en son pr9cipe t\t-puissant4 ,ce pr9cipe1 de sicle en sicle1 n\s modifions son pi?te4 ,il en a eu qui tai5t prcises et consolantes4 ,on a reconnu que ces consolations et cette prcision tai5t illusoires4 ,mais que n\s l'appellions ,dieu1 ,provid5ce1 ,nature1 ,has>d1 ,vie1 ,de/91 le my/re re/e le mme1 et t\t ce que n\s ont enseign des milli]s d'annes d'expri5ce1 c'e/ lui donn] un nom plus va/e1 plus pro*e de n\s1 plus flexible1 plus docile l'att5te et l'imprvu4 ,c'e/ celui qu'il porte auj\rd'hui2 et c'e/ p\rquoi il ne p>ut jamais plus gr&4 ,voil l'un des nombreux aspects de la troisime app>5ce1 et c'e/ la d]nire vrit4 ,,livre ,,vi ,,le ,,massacre ,,des ,,males ,i ,aprs la fcondation des re9es1 si le ciel re/e clair et l'air *aud1 si le poll5 et le nect> abond5t dans les fleurs1 les ouvrires1 p> une sorte d'indulg5ce oublieuse1 ou peut-tre p> une prvoyance excessive1 tolr5t quelque temps encore la prs5ce importune et ru9euse des mles4--,ceux-ci se conduis5t dans la ru*e comme les prt5dants de ,pnlope dans la maison d',ulysse4 ,il y mn5t1 en faisant c>r\sse et *re lie1 une oisive exi/5ce d'amants honoraires1 prodigues et indlicats3 satisfaits1 v5trus1 encombrant les alles1 ob/ruant les passages1 emb>rassant le travail1 b\sculant1 b\sculs1 ahuris1 importants1 t\t gonfls d'un mpris t\rdi et sans malice1 mais mpriss avec intellig5ce et arrire-p5se1 inconsci5ts de l'exaspration qui s'accumule et du de/9 qui les att5d4 ,ils *oisiss5t p\r y sommeill] l'aise le co9 le plus tide de la demeure1 se lv5t non*alamm5t p\r all] hum] mme les cellules ouv]tes le miel le plus p>fum1 et s\ill5t de leurs excrm5ts les rayons qu'ils frqu5t5t4 ,les pati5tes ouvrires reg>d5t l'av5ir et rp>5t les dgts1 en sil5ce4 ,de midi trois heures1 qu& la campagne bleuie tremble de lassitude heureuse s\s le reg>d inv9cible d'un soleil de juillet ou d'aot1 ils p>aiss5t sur le seuil4 ,ils ont un casque fait d'normes p]les noires1 deux hauts pana*es anims1 un p\rpo9t de vel\rs fauve et frott de lumire1 une toison hroque1 un quadruple manteau rigide et translucide4 ,ils font un bruit t]rible1 c>t5t les s5t9elles1 r5v]s5t les v5tileuses1 culbut5t les ouvrires qui revi5n5t *>ges de leur humble but94 ,ils ont l'allure affaire1 extravagante et intolrante de dieux indisp5sables qui sort5t en tumulte v]s quelque gr& desse9 ignor du vulgaire4 ,un un1 ils affront5t l'espace1 glorieux1 irrsi/ibles1 et vont tranquillem5t se pos] sur les fleurs les plus vois9es o ils s'endorm5t jusqu' ce que la fra*eur de l'aprs-midi les rveille4 ,alors ils regagn5t la ru*e dans le mme t\rbillon imprieux1 et1 t\j\rs dbordant du mme gr& desse9 intransigeant1 ils c\r5t aux celli]s1 plong5t la tte jusqu'au c\ dans les cuves miel1 s'enfl5t comme des amphores p\r rp>] leurs =ces puises1 et regagn5t pas al\rdis le bon sommeil sans rve et sans s\cis qui les recueille jusqu'au pro*a9 repas4 ,,ii ,mais la pati5ce des abeilles n'e/ pas gale celle des hommes4 ,un mat91 un mot d'ordre att5du circule p> la ru*e1 et les paisibles ouvrires se trans=m5t en juges et en b\rreaux4 ,on ne sait qui le donne2 il mane t\t c\p de l'indignation froide et raisonne des travailleuses1 et selon le gnie de la rpublique unanime1 aussitt prononc1 il emplit t\s les curs4 ,une p>tie du peuple r5once au but9age p\r se consacr] auj\rd'hui l'uvre de ju/ice4 ,les gros oisifs endormis en grappes ins\cieuses sur les murailles mellifres sont brusquem5t tirs de leur sommeil p> une arme de vi]ges irrites4 ,ils se rveill5t1 bats et inc]ta9s1 ils n'en croi5t pas leurs yeux1 et leur tonnem5t a pe9e se faire j\r trav]s leur p>esse comme un rayon de lune trav]s l'eau d'un m>cage4 ,ils s'imag95t qu'ils sont victimes d'une erreur1 reg>d5t aut\r d'eux avec /upfaction1 et1 l'ide-mre de leur vie se ranimant d'abord en leurs c]veaux pais1 ils font un pas v]s les cuves miel p\r s'y rcon=t]4 ,mais il n'e/ plus1 le temps du miel de mai1 du v9-fleur des tilleuls1 de la fran*e ambroisie de la sauge1 du s]polet1 du trfle blanc1 des m>jola9es4 ,au lieu du libre accs aux bons rs]voirs ple9s qui ouvrai5t s\s leur b\*e leurs m>gelles de cire complaisantes et sucres1 ils tr\v5t t\t aut\r une ard5te br\ssaille de d>ds empoisonns qui se hriss5t4 ,l'atmosphre de la ville e/ *ange4 ,le p>fum amical du nect> a fait place l'cre odeur du v59 dont les mille g\ttelettes sc9till5t au b\t des aiguillons et propag5t la rancune et la ha9e4 ,avant qu'il se soit r5du compte de l'effondrem5t in\ de t\t son de/9 plantureux1 dans le b\lev]sem5t des lois heureuses de la cit1 *acun des p>asites eff>s e/ assailli p> trois ou quatre ju/icires qui s'v]tu5t lui c\p] les ailes1 sci] le ptiole qui relie l'abdom5 au ?orax1 amput] les ant5nes fbriles1 disloqu] les pattes1 tr\v] une fissure aux anneaux de la cuirasse p\r y plong] leur glaive4 normes1 mais sans armes1 dp\rvus d'aiguillon1 ils ne song5t pas se df5dre1 *]*5t s'esquiv] ou n'oppos5t que leur masse obtuse aux c\ps qui les accabl5t4 ,r5v]ss sur le dos1 ils agit5t gau*em5t1 au b\t de leurs puissantes pattes1 leurs ennemies qui ne l*5t po9t prise1 ou1 t\rnant sur eux-mmes1 ils entran5t t\t la gr\pe dans un t\rbillon f\1 mais bi5tt puis4 ,au b\t de peu de temps1 ils sont si pitoyables1 que la piti1 qui n'e/ jamais bi5 lo9 de la ju/ice au fond de notre cur1 revi5t en t\te hte et dem&]ait grce1--mais inutilem5t--aux dures ouvrires qui ne connaiss5t que la loi pr(onde et s*e de la nature4 ,les ailes des malheureux sont lacres1 leurs t>ses arra*s1 leurs ant5nes ronges1 et leurs magnifiques yeux noirs1 miroirs des fleurs exubrantes1 rv]bres de l'azur et de l'innoc5te arrogance de l't1 ma9t5ant ad\cis p> la s\ffrance1 ne reflt5t plus que la dtresse et l'angoisse de la f94 ,les uns succomb5t leurs blessures et sont immdiatem5t emports p> deux ou trois de leurs b\rreaux aux cimetires lo9ta9s4 ,d'autres1 mo9s atte9ts1 p>vi5n5t se rfugi] dans un co9 o ils s'entass5t et o une g>de inexorable les bloque jusqu' ce qu'ils y meur5t de misre4 ,beauc\p russiss5t gagn] la porte et s'*app] dans l'espace en entranant leurs adv]saires1 mais1 v]s le soir1 presss p> la faim et le froid1 ils revi5n5t en f\le l'entre de la ru*e implor] un abri4 ,ils y r5contr5t une autre g>de inflexible4 ,le l5dema91 leur premire sortie1 les ouvrires dblay5t le seuil o s'annoncell5t les cadavres des gants inutiles1 et le s\v5ir de la race oisive s'te9t dans la cit jusqu'au pr9temps suivant4 ,,iii ,s\v5t le massacre a lieu le mme j\r dans un gr& nombre de colonies du ru*]4 ,les plus ri*es1 les mieux g\v]nes1 en donn5t le signal4 ,quelques j\rs aprs1 les petites rpubliques mo9s prospres les imit5t4 ,seules1 les peuplades les plus pauvres1 les plus *tives1 celles dont la mre e/ trs vieille et presque /rile1 p\r ne pas ab&onn] l'espoir de voir fcond] la re9e vi]ge qu'elles att5d5t et qui peut natre encore1 entreti5n5t leurs mles jusqu' l'entre de l'hiv]4 ,alors vi5t la misre 9vitable1 et t\te la tribu1 mre1 p>asites1 ouvrires1 se ramasse en un gr\pe affam et troitem5t enlac qui prit en sil5ce1 dans l'ombre de la ru*e1 avant les premires neiges4 ,aprs l'excution des oisifs dans les cits populeuses et opul5tes1 le travail repr5d1 mais avec une ardeur dcroissante c> le nect> se fait dj plus r>e4 ,les gr&es ftes et les gr&s drames sont passs4 ,le corps miraculeux enguirl& de myriades d'mes1 le noble mon/re sans sommeil1 n\rri de fleurs et de rose1 la glorieuse ru*e des beaux j\rs de juillet1 graduellem5t s'endort1 et son hale9e *aude1 accable de p>fums1 s'al5tit et se glace4 ,le miel d'automne1 p\r complt] les provisions indisp5sables1 s'accumule cep5dant dans les murailles n\rricires1 et les d]ni]s rs]voirs sont scells du sceau de cire blan*e incorruptible4--,on cesse de btir1 les naissances dim9u5t1 les morts se multipli5t1 les nuits s'allong5t et les j\rs s'acc\rciss5t4 ,la pluie et les v5ts inclm5ts1 les brumes du mat91 les emb*es de l'ombre trop prompte1 emport5t des c5ta9es de travailleuses qui ne revi5n5t plus1 et t\t le petit peuple1 aussi avide de soleil que les cigales de l',attique1 s5t s't5dre sur lui la m5ace froide de l'hiv]4 ,l'homme a prlev sa "p de la rcolte4 ,*acune des bonnes ru*es lui a (f]t quatre-v+ts ou c5t livres de miel1 et les plus m]veilleuses en donn5t p>fois deux c5ts1 qui reprs5t5t d'normes nappes de lumire liqufie1 d'imm5ses *amps de fleurs visites1 une une1 mille fois *aque j\r4 ,ma9t5ant il jette un d]ni] c\p d'il aux colonies qui s'eng\rdiss5t4 ,il enlve aux plus ri*es leurs trsors sup]flus p\r les di/ribu] celles qu'ont appauvries des in=tunes1 t\j\rs immrites1 dans ce monde laborieux4 ,il c\vre *audem5t les demeures1 f]me demi les portes1 enlve les cadres inutiles et livre les abeilles leur gr& sommeil hiv]nal4 ,elles se rassembl5t alors au c5tre de la ru*e1 se contract5t et se susp5d5t aux rayons qui r5f]m5t les urnes fidles1 d'o sortira1 p5dant les j\rs glacs1 la sub/ance trans=me de l't4 ,la re9e e/ au milieu1 ent\re de sa g>de4 ,le premi] rang des ouvrires se cramponne aux cellules scelles1 un second rang les rec\vre1 rec\v]t son t\r d'un troisime1 et a9si de suite jusqu'au d]ni] qui =me l'enveloppe4 ,lorsque les abeilles de cette enveloppe s5t5t le froid les gagn]1 elles r5tr5t dans la masse et d'autres les remplac5t t\r de rle4 ,la grappe susp5due e/ comme une sphre tide et fauve1 que sc9d5t les murailles de miel1 et qui monte ou desc5d1 avance ou recule d'une manire ins5sible mesure que s'puis5t les cellules o elle s'atta*e4 ,c>1 au contraire de ce que l'on croit gnralem5t1 la vie himale des abeilles e/ all5tie mais non pas arrte#a4 ,p> le bruissem5t conc]t de leurs ailes1 petites surs survivantes des flammes ensoleilles1 qui s'activ5t ou s'apais5t selon les fluctuations de la temprature du dehors1 elles entreti5n5t dans leur sphre une *aleur inv>iable et gale celle d'une j\rne de pr9temps4 ,ce pr9temps secret mane du beau miel qui n'e/ qu'un rayon de *aleur autrefois transmu1 qui ma9t5ant revi5t sa =me premire4 ,il circule dans la sphre comme un sang gnreux4 ,les abeilles qui se ti5n5t sur les alvoles dbordants l'(fr5t leurs vois9es1 qui le transmett5t leur t\r4 ,il passe a9si de griffes en griffes1 de b\*e en b\*e1 et gagne les extrmits du gr\pe1 qui n'a qu'une p5se et une de/9e p>se et runie en des milli]s de curs4 ,il ti5t lieu de soleil et de fleurs1 jusqu' ce que son frre an1 le soleil vritable du gr& pr9temps rel1 glissant p> la porte entr'ouv]te ses premi]s reg>ds attidis o r5aiss5t les violettes et les anmones1 rveille d\cem5t les ouvrires p\r leur montr] que l'azur a repris sa place sur le monde1 et que le c]cle in9t]rompu qui jo9t la mort la vie1 vi5t de faire un t\r sur lui-mme et de se ranim]4 #a ,une =te ru*e1 p5dant l'hiv]nage1 qui dans nos contres dure environ six mois1 c'e/--dire d'octobre au comm5cem5t d'avril1 consomme p\r l'ord9aire v+t tr5te livres de miel4 ,,livre ,,vii ,,le ,,progr,s ,,de ,l',,esp,,ce ,i ,avant de clore ce livre1 comme n\s avons clos la ru*e sur le sil5ce eng\rdi de l'hiv]1 je veux relev] une objection que manqu5t r>em5t de faire ceux qui l'on dc\vre la police et l'indu/rie surpr5ante des abeilles4 ,oui1 murmur5t-ils1 t\t cela e/ prodigieux mais immuable4 ,voil des milli]s d'annes qu'elles viv5t s\s des lois rem>quables1 mais voil des milli]s d'annes que ces lois sont les mmes4 ,voil des milli]s d'annes qu'elles con/ruis5t ces rayons tonnants auxquels on ne peut ri5 aj\t] ni retran*]1 et o s'unit1 dans une p]fection gale1 la sci5ce du *imi/e1 celle du gomtre1 de l'ar*itecte et de l'+nieur1 mais ces rayons sont exactem5t p>eils ceux qu'on retr\ve dans les s>cophages ou qui sont reprs5ts sur les pi]res et les papyrus gypti5s4 ,citez-n\s un seul fait qui m>que le mo9dre progrs1 prs5tez-n\s un dtail o elles ai5t innov1 un po9t o elles ai5t modifi leur r\t9e sculaire3 n\s n\s incl9]ons et n\s reconnatrons qu'il n'y a pas seulem5t en elles un in/9ct admirable1 mais une intellig5ce qui a droit de se rappro*] de celle de l'homme2 et d'espr] avec elle on ne sait quelle de/9e plus haute que celle de la matire inconsci5te et s\mise4 ,ce n'e/ pas seulem5t le pr(ane qui p>le a9si1 mais des entomologi/es de la valeur de ,kirby et ,sp5ce ont u du mme argum5t p\r dni] aux abeilles t\te autre intellig5ce que celle qui s'agite vaguem5t dans l'troite prison d'un in/9ct surpr5ant mais inv>iable4 ,montrez-n\s1 dis5t-ils1 un seul cas o1 presses p> les circon/ances1 elles ai5t eu l'ide de sub/itu] l'argile1 p> exemple1 ou le morti] la cire et la propolis1 et n\s convi5drons qu'elles sont capables de raisonn]4 ,cet argum5t1 que ,romanes appelle ,! "q begg+ argum5t1 et qu'on p\rrait encore nomm] l'argum5t insatiable1 e/ des plus dang]eux1 et1 appliqu l'homme1 n\s mn]ait =t lo94 ,a le bi5 considr]1 il mane de ce simple bon s5s qui fait s\v5t beauc\p de mal et qui rpondait ,galile3 ,ce n'e/ pas la t]re qui t\rne puisque je vois le soleil m>*] dans les cieux1 remont] le mat9 et desc5dre le soir1 et que ri5 ne peut prvaloir sur le tmoignage de mes yeux4 ,le bon s5s e/ excell5t et ncessaire au fond de notre esprit1 mais la condition qu'une inquitude leve le surveille et lui rappelle au beso9 l'inf9i de son ignorance2 s9on il n'e/ que la r\t9e des p>ties basses de notre intellig5ce4 ,mais les abeilles ont rpondu elles-mmes l'objection de ,kirby et ,sp5ce4 ,elle tait pe9e =mule qu'un autre naturali/e1 ,&rew ,knight1 ayant enduit d'une espce de cim5t fait de cire et de trb5?9e l'corce malade de c]ta9s arbres1 obs]va que ses abeilles avai5t compltem5t r5onc rcolt] la propolis et n'usai5t plus que de cette matire inconnue1 mais bi5tt pr\ve et adopte1 qu'elles tr\vai5t t\te prp>e et en abondance aux environs de leur logis4 ,du re/e1 la moiti de la sci5ce et de la pratique apicole e/ l'art de donn] c>rire l'esprit d'initiative de l'abeille1 de f\rnir son intellig5ce entrepr5ante l'occasion de s'ex]c] et de faire de vritables dc\v]tes1 de vritables inv5tions4 ,a9si1 lorsque le poll5 e/ r>e dans les fleurs1 les apiculteurs1 af9 d'aid] l'levage des l>ves et des nymphes1 qui en consomm5t normm5t1 rp&5t une c]ta9e quantit de f>9e proximit du ru*]4 ,il e/ vid5t qu' l'tat de nature1 au se9 de leurs =ts natales ou des valles asiatiques o elles vir5t probablem5t le j\r l'poque t]tiaire1 elles n'ont jamais r5contr une sub/ance de ce g5re4 ,nanmo9s1 si l'on a so9 d'en amorc] quelques-unes1 en les posant sur la f>9e rp&ue1 elles la tt5t1 la gt5t1 reconnaiss5t ses qualits peu prs quival5tes celles de la p\ssire des an?res1 ret\rn5t la ru*e1 annonc5t la n\velle leurs surs1 et voil que t\tes les but9euses acc\r5t cet alim5t inatt5du et incomprh5sible qui1 dans leur mmoire hrditaire1 doit tre insp>able du calice des fleurs o1 depuis tant de sicles1 leur vol e/ si voluptueusem5t et si somptueusem5t accueilli4 ,,ii ,voici c5t ans pe9e1 c'e/--dire depuis les travaux de ,hub]1 qu'on a comm5c d'tudi] srieusem5t les abeilles et de dc\vrir les premires vrits importantes qui p]mett5t de les obs]v] avec fruit4 ,voici un peu plus de c9quante ans que1 grce aux rayons et aux cadres mobiles de ,dzi]zon et de ,lang/ro?1 se fonde l'apiculture rationnelle et pratique et que la ru*e cesse d'tre l'inviolable maison o t\t se passait dans un my/re que n\s ne p\vions pntr] qu'aprs que la mort l'avait mis en ru9es4 ,enf91 voici mo9s de c9quante ans que les p]fectionnem5ts du microscope et du laboratoire de l'entomologi/e ont rvl le secret prcis des pr9cipaux organes de l'ouvrire1 de la mre et des mles4 ,e/-il tonnant que notre sci5ce soit aussi c\rte que notre expri5ce8 ,les abeilles viv5t depuis des milli]s d'annes et n\s les obs]vons depuis dix ou d\ze lu/res4 ,alors mme qu'il s]ait pr\v que ri5 n'ait *ang dans la ru*e depuis que n\s l'avons ouv]te1 aurions-n\s le droit d'en conclure que jamais ri5 ne s'y soit modifi avant que n\s l'eussions int]roge8 ,ne savons-n\s pas que dans l'volution d'une espce1 un sicle se p]d comme une g\tte de pluie aux t\rbillons d'un fleuve1 et que1 sur la vie de la matire univ]selle1 les millnaires pass5t aussi vite que les annes sur l'hi/oire d'un peuple8 ,,iii ,mais il n'e/ pas tabli que ri5 n'ait *ang dans les habitudes de l'abeille4 les exam9] sans p>ti pris1 et sans sortir du petit *amp clair p> notre expri5ce actuelle1 on tr\v]a1 au contraire1 des v>iations trs s5sibles4 ,et qui dira celles qui n\s *app5t8 ,un obs]vateur qui aurait environ c5t c9quante fois notre hauteur et peu prs sept c5t mille fois notre importance 7ce sont les rapports de notre taille et de notre poids ceux de l'humble m\*e miel71 qui n'ent5drait pas notre langage et s]ait d\ de s5s t\t diffr5ts des ntres1 se r5drait compte que d'assez curieuses trans=mations matrielles ont eu lieu dans les deux d]ni]s ti]s de ce sicle1 mais comm5t p\rrait-il se faire une ide de notre volution morale1 sociale1 religieuse1 politique et conomique8 ,t\t l'heure1 la plus vraisemblable des hypo?ses sci5tifiques n\s p]mettra de ratta*] notre abeille dome/ique la gr&e tribu des ,api5s o se tr\v5t probablem5t ses anctres et qui compr5d t\tes les abeilles sauvages#a4 ,n\s assi/]ons alors des trans=mations physiologiques1 sociales1 conomiques1 indu/rielles et ar*itecturales plus extraord9aires que celles de notre volution huma9e4 ,p\r l'in/ant1 n\s n\s en ti5drons notre abeille dome/ique proprem5t dite4 ,on en compte environ seize espces suffisamm5t di/9ctes2 mais au fond1 qu'il s'agisse de l',apis ,dorsata1 la plus gr&e1 ou de l',apis ,florea1 la plus petite que l'on connaisse1 c'e/ exactem5t le mme insecte plus ou mo9s modifi p> le climat et les circon/ances auxquelles il lui a fallu s'adapt]4 ,t\tes ces espces ne diffr5t pas beauc\p plus entre elles qu'un ,anglais ne diffre d'un ,espagnol ou un ,japonais d'un ,europen4 ,en bornant a9si son premires rem>ques1 n\s ne con/at]ons ici que ce que voi5t nos propres yeux1 et dans ce mom5t mme1 sans le sec\rs d'aucune hypo?se1 quelque vraisemblable et imprieuse qu'elle soit4 ,n\s ne pass]ons pas en revue t\s les faits qu'on p\rrait invoqu]4 ,rapidem5t numrs1 quelques-uns des plus significatifs suffiront4 #a ,voici la place qu'occupe l'abeille dome/ique dans la classification sci5tifique3 ,classe -- ,insectes4 ,ordre -- ,hymnoptres4 ,famille -- ,apides4 ,g5re -- ,apis4 ,espce -- ,mellifica4 ,le t]me ,mellifica e/ celui de la classification l9nenne4 ,il n'e/ pas des plus heureux1 t\tes les ,apides1 sauf peut-tre c]ta9es espces p>asites1 tant mellifiques4 ,scopoli dit3 c]if]a2 ,raumur1 dome/ica2 ,ge(froy1 greg>ia4 ,l',apis ligu/ica1 l'abeille itali5ne1 e/ une v>it de l',apis ,mellifica4 ,,iv ,et d'abord1 l'amlioration la plus importante et la plus radicale1 qui correspondrait *ez l'homme d'imm5ses travaux2 la protection extrieure de la communaut4 ,les abeilles n'habit5t pas comme n\s des villes ciel ouv]t et livres aux caprices du v5t et de l'orage1 mais des cits rec\v]tes t\t entires d'une enveloppe protectrice4 ,or1 l'tat de nature et s\s un climat idal1 il n'en va pas a9si4 ,si elles n'c\tai5t que le fond de leur in/9ct elles btirai5t leurs rayons en ple9 air4 ,aux ,indes1 l',apis dorsata ne re*]*e pas avidemm5t les arbres creux ou les cavits des ro*]s4 ,l'essaim se susp5d l'aisselle d'une bran*e1 et le rayon s'allonge1 la re9e pond1 les provisions s'accumul5t1 sans autre abri que les corps mmes des ouvrires4 ,on a vu quelquefois notre abeille sept5trionale1 trompe p> un t trop d\x1 rev5ir cet in/9ct1 et on a tr\v des essaims qui vivai5t a9si l'air libre au milieu d'un buisson#a4 ,mais1 mme aux ,indes1 cette habitude qui semble inne1 a des suites f*euses4 ,elle immobilise un tel nombre d'ouvrires1 uniquem5t occupes ma9t5ir la *aleur ncessaire aut\r de celles qui travaill5t la cire et lv5t le c\va91 que l',apis dorsata susp5due aux bran*es1 ne con/ruit qu'un seul rayon4 ,p> contre1 le mo9dre abri lui p]met d'en difi] quatre ou c9q et davantage1 et r5=ce d'autant la population et la prosprit de la colonie4 ,aussi1 t\tes les races d'abeilles des rgions froides et tempres1 ont-elles presque compltem5t ab&onn cette m?ode primitive4 ,il e/ vid5t que la slection naturelle a sanctionn l'initiative intellig5te de l'insecte1 en ne laissant survivre nos hiv]s que les tribus les plus nombreuses et les mieux protges4 ,ce qui n'avait t qu'une ide contraire l'in/9ct1 e/ dev5u peu peu une habitude in/9ctive4 ,mais il n'e/ pas mo9s vrai que ce fut d'abord une ide audacieuse et probablem5t ple9e d'obs]vations1 d'expri5ces et de raisonnem5ts1 que de r5onc] a9si la va/e lumire naturelle et adore p\r se fix] aux creux obscurs d'une s\*e ou d'une cav]ne4 ,on p\rrait presque dire qu'elle fut aussi importante aux de/9es de l'abeille dome/ique1 que l'inv5tion du feu celles du g5re huma94 #a ,le cas e/ mme assez frqu5t p>mi les essaims secondaires et t]tiaires1 c> ils sont mo9s exprim5ts et mo9s prud5ts que l'essaim primaire4 ,ils ont leur tte une re9e vi]ge et volage et sont presque entirem5t composs de trs jeunes abeilles en qui l'in/9ct primitif p>le d'autant plus haut qu'elles ignor5t encore la rigueur et les caprices de notre ciel b>b>e4 ,du re/e aucun de ces essaims ne survit aux premires bises de l'automne1 et ils vont rejo9dre les innombrables victimes des l5tes et obscures expri5ces de la nature4 ,v ,aprs ce gr& progrs1 qui t\t en tant anci5 et hrditaire demeure nanmo9s actuel1 n\s tr\vons une f\le de dtails inf9im5t v>iables1 qui n\s pr\v5t que l'indu/rie et la politique mme de la ru*e ne sont pas fixes en des =mules infrangibles4 ,n\s v5ons de p>l] de la sub/itution intellig5te de la f>9e au poll51 et d'un cim5t artificiel la propolis4 ,n\s avons vu avec quelle habilet elles sav5t appropri] leurs beso9s les demeures p>fois dconc]tantes o on les introduit4 ,n\s avons vu aussi avec quelle adresse immdiate et surpr5ante elles ont tir p>ti des rayons de cire gaufre qu'on imag9a de leur (frir4 ,ici1 l'utilisation +nieuse d'un phnomne miraculeusem5t heureux1 mais incomplet1 e/ t\t fait extraord9aire4 ,elles ont rellem5t compris l'homme demi-mot4 ,figurez-v\s que depuis des sicles n\s btissions nos villes1 non pas avec des pi]res1 de la *aux et des briques1 mais au moy5 d'une sub/ance mallable1 pniblem5t scrte p> des organes spciaux de notre corps4 ,un j\r1 un tre t\t-puissant n\s dpose au se9 d'une cit fabuleuse4 ,n\s reconnaissons qu'elle e/ faite d'une sub/ance p>eille celle que n\s scrtons1 mais p\r t\t le re/e1 c'e/ un rve1 dont la logique mme1 une logique d=me et comme rduite et conc5tre1 e/ plus dr\tante que ne s]ait l'incohr5ce4 ,notre plan ord9aire s'y retr\ve1 t\t y e/ selon notre att5te1 mais n'y e/ qu'en puissance et p\r a9si dire cras p> une =ce prnatale qui l'a arrt dans l'bau*e et emp* de s'pan\ir4 ,les maisons qui doiv5t compt] quatre ou c9q mtres de hauteur =m5t de petits r5flem5ts que nos deux ma9s peuv5t rec\vrir4 ,des milli]s de murailles sont m>ques p> un trait qui r5f]me la fois leur cont\r et la matire dont elles s]ont bties4 ,ailleurs1 il y a de gr&es irrgul>its qu'il faudra rectifi]1 des g\ffres qu'il faudra combl] et raccord] h>monieusem5t l'ensemble1 de va/es surfaces branlantes qu'il s]a ncessaire d'tay]4 ,c> l'uvre e/ inespre1 mais fru/e et dang]euse4 ,elle a t conue p> une intellig5ce s\v]a9e qui a dev9 la plup>t de nos dsirs1 mais qui1 gne p> son normit mme1 n'a pu les ralis] que =t grossirem5t4 ,il s'agit donc de dml] t\t cela1 de tir] pr(it des mo9dres int5tions du surnaturel donateur1 d'difi] en quelques j\rs ce qui pr5d d'ord9aire des annes1 de r5onc] des habitudes organiques1 de b\lev]s] de fond en comble les m?odes de travail4 ,il e/ c]ta9 que l'homme n'aurait pas trop de t\te son att5tion p\r rs\dre les problmes qui surgirai5t1 et ne ri5 p]dre de l'aide a9si (f]te p> une provid5ce magnifique4 ,p\rtant1 c'e/ peu prs ce que font les abeilles dans nos ru*es mod]nes#a4 #a ,puisque n\s n\s occupons une d]nire fois des con/ructions de l'abeille1 signalons en passant une p>ticul>it curieuse de l',apis florea4 ,c]ta9es p>ois de ses cellules mles sont cyl9driques au lieu d'tre hexagonales4 ,il semble qu elle n'ait pas encore a*ev de pass] de l'une l'autre =me et d'adopt] df9itivem5t la meilleure4 ,,vi ,la politique mme des abeilles1 ai-je dit1 n'e/ probablem5t pas immobile4 ,c'e/ le po9t le plus obscur et le plus difficile con/at]4 ,je ne m'arrt]ai pas la manire v>iable dont elles trait5t leurs re9es1 aux lois de l'essaimage propres *aque ru*e et qui p>aiss5t se transmettre de gnrations en gnrations1 etc4 ,mais ct de ces faits qui ne sont pas assez dt]m9s1 il en e/ d'autres1 con/ants et prcis1 qui montr5t que t\tes les races de l'abeille dome/ique ne sont pas arrives au mme degr de civilisation politique1 qu'on en tr\ve o l'esprit public ttonne encore et *]*e peut-tre une autre solution au problme royal4 ,l'abeille syri5ne1 p> exemple1 lve d'ord9aire c5t v+t re9es et s\v5t davantage4 ,au lieu que notre ,apis mellifica1 en lve1 au plus1 dix ou d\ze4 ,*e%ire n\s p>le d'une ru*e syri5ne1 nullem5t anormale1 o l'on dc\vrit v+t et une re9es-mres mortes et quatre-v+t-dix re9es vivantes et libres4 ,voil le po9t de d"p ou d'arrive d'une volution sociale assez trange et qu'il s]ait intressant d'tudi] fond4 ,aj\tons que s\s le rapport de l'levage des re9es1 l'abeille *ypriote se rappro*e beauc\p de la syri5ne4 ,e/-ce un ret\r1 encore inc]ta91 l'olig>*ie aprs l'expri5ce mon>*ique1 la mat]nit multiple aprs l'unique8 ,t\j\rs e/-il que l'abeille syri5ne et *ypriote1 trs pro*es p>5tes de l'gypti5ne et de l'itali5ne1 sont probablem5t les premires que l'homme ait dome/iques4 ,enf91 une d]nire obs]vation n\s fait voir plus clairem5t encore1 que les murs1 l'organisation prvoyante de la ru*e1 ne sont pas le rsultat d'une impulsion primitive1 mcaniquem5t suivie trav]s les ges et les climats div]s1 mais que l'esprit qui dirige la petite rpublique sait rem>qu] les circon/ances n\velles1 s'y pli] et en tir] p>ti1 comme il avait appris p>] aux dang]s des anci5nes4 ,transporte en ,au/ralie ou en ,cali=nie1 notre abeille noire *ange compltem5t ses habitudes4 ,ds la seconde ou la troisime anne1 ayant con/at que l't e/ p]ptuel1 que les fleurs ne font jamais dfaut1 elle vit au j\r le j\r1 se cont5te de rcolt] le miel et le poll5 ncessaires la consommation quotidi5ne1 et son obs]vation rc5te et raisonne1 l'emportant sur son expri5ce hrditaire1 elle ne fait plus de provisions p\r l'hiv]#a4 ,on ne p>vi5t mme entret5ir son activit qu'en lui enlevant mesure le fruit de son travail4 #a ,fait analogue signal p> ,b*n]1 et pr\vant l'adaptation aux circon/ances1 non pas l5te1 sculaire1 inconsci5te et fatale1 mais immdiate et intellig5te3 la ,b>bade1 au milieu des raff9]ies o durant t\te l'anne elles tr\v5t le sucre en abondance1 elles cess5t compltem5t de visit] les fleurs4 ,,vii ,voil ce que n\s p\vons voir de nos yeux4 ,on convi5dra qu'il y a l quelques faits topiques et propres branl] l'op9ion de ceux qui se p]suad5t que t\te intellig5ce e/ immobile et t\t av5ir immuable1 hormis l'intellig5ce et l'av5ir de l'homme4 ,mais si n\s acceptons un in/ant l'hypo?se du trans=misme1 le spectacle s't5d et sa lueur d\teuse et gr&iose atte9t bi5tt nos propres de/9es4 ,il n'e/ pas vid5t1 mais qui l'obs]ve att5tivem5t1 il e/ difficile de ne pas reconnatre qu'il y a dans la nature une volont qui t5d lev] une portion de la matire un tat plus subtil et peut-tre meilleur1 pntr] peu peu sa surface d'un fluide ple9 de my/re que n\s appelons d'abord la vie1 ensuite l'in/9ct1 et peu aprs l'intellig5ce2 assur]1 organis]1 facilit] l'exi/5ce de t\t ce qui s'anime p\r un b inconnu4 ,il n'e/ pas c]ta91 mais beauc\p d'exemples que n\s voyons aut\r de n\s n\s invit5t suppos] que1 si l'on p\vait valu] la quantit de matire qui depuis l'orig9e s'e/ a9si leve1 on tr\v]ait qu'elle n'a cess d'accrotre4 ,je le rpte1 la rem>que e/ fragile1 mais c'e/ la seule que n\s ayons pu faire sur la =ce ca*e qui n\s mne2 et c'e/ beauc\p1 dans un monde o notre premi] devoir e/ la confiance la vie1 alors mme qu'on n'y dc\vrirait aucune cl>t enc\rageante1 et tant qu'il n'y aura pas de c]titude contraire4 ,je sais t\t ce que l'on peut dire contre la ?orie du trans=misme4 ,elle a des preuves nombreuses et des argum5ts trs puissants1 mais qui1 la rigueur1 ne port5t pas conviction4 ,il ne faut jamais se livr] sans arrire-p5se aux vrits de l'poque o l'on vit4 ,peut-tre que dans c5t ans bi5 des *apitres de nos livres qui sont imprgns de celle-ci1 en p>atront vieillis comme le sont auj\rd'hui les uvres des philosophes du sicle pass1 ple9es d'un homme trop p>fait et qui n'exi/e pas1 et tant de pages du ,x,v,i,ie sicle qu'amo9drit la p5se du dieu pre et mesqu9 de la tradition ca?olique1 d=me p> tant de vanits et de m5songes4 ,nanmo9s1 lorsqu'on ne peut savoir la vrit d'une *ose1 il e/ bon qu'on accepte l'hypo?se qui1 dans le mom5t o le has>d n\s fait natre1 s'impose le plus imprieusem5t la raison4 ,il y a p>i] qu'elle e/ fausse1 mais tant qu'on la croit vraie elle e/ utile1 elle ranime les c\rages1 et p\sse les re*]*es dans une direction n\velle4 ,a premire vue1 p\r remplac] ces suppositions +nieuses1 il sembl]ait plus sage de dire simplem5t la vrit pr(onde1 qui e/ qu'on ne sait pas4 ,mais cette vrit ne s]ait salutaire que s'il tait pr\v qu'on ne saura jamais4 ,en att5dant1 elle n\s ma9ti5drait dans une immobilit plus fune/e que les plus f*euses illusions4 ,n\s sommes a9si faits que ri5 ne n\s entrane plus lo9 ni plus haut que les bonds de nos erreurs4 ,au fond1 le peu que n\s avons appris1 n\s le devons des hypo?ses t\j\rs has>deuses1 s\v5t absurdes1 et p\r la plup>t mo9s circonspectes que celle d'auj\rd'hui4 ,elles tai5t peut-tre ins5ses mais elles ont entret5u l'ardeur de la re*]*e4 ,que celui qui veille au foy] de l'htell]ie huma9e soit aveugle ou trs vieux1 qu'importe au voyageur qui a froid et vi5t s'asseoir ses cts8 ,si le feu ne s'e/ pas te9t s\s sa g>de1 il a fait ce qu'aurait pu faire le meilleur4 ,transmettons cette ardeur1 non pas intacte1 mais accrue1 et ri5 ne peut l'accrotre davantage que cette hypo?se du trans=misme qui n\s =ce int]rog] avec une m?ode plus svre et une passion plus con/ante t\t ce qui exi/e sur la t]re1 dans ses entrailles1 dans les pr(ondeurs de la m] et l't5due des cieux4 ,que lui oppose-t-on et qu'avons n\s mettre sa place si n\s la rejetons8 ,le gr& aveu de l'ignorance savante qui se connat1 mais qui p\r l'ord9aire e/ inactive et dc\rage la curiosit1 plus ncessaire l'homme que la sagesse mme1 ou bi5 l'hypo?se de la fixit des espces et de la cration div9e qui e/ mo9s dmontre que la ntre1 qui loigne jamais les p>ties vives du problme et se db>rasse de l'inexplicable en s'int]disant de l'int]rog]4 ,,viii ,ce mat9 d'avril1 au milieu du j>d9 qui r5at s\s une div9e rose v]te1 devant des plates-b&es de roses et tremblantes primules bordes de ?laspi blanc1 qu'on nomme encore alysse ou corbeille d'arg5t1 j'ai revu les abeilles sauvages1 aeules de celle qui s'e/ s\mise nos dsirs1 et je me suis rappel les leons du vieil amateur des ru*es de ,zl&e4 ,plus d'une fois1 il me prom5a p>mi ses p>t]res multicolores1 dess9s et entret5us comme au temps du pre ,cats1 le bon pole holl&ais1 prosaque et int>issable1 ils =mai5t des rosaces1 des toiles1 des guirl&es1 des p5deloques et des gir&oles au pi$ d'une aubp9e ou d'un arbre fruiti] taill en b\le1 en pyramide ou en qu5\ille1 et le buis1 vigilant comme un *i5 de b]g]1 c\rait le long des bords p\r emp*] les fleurs d'envahir les alles4 ,j'y appris les noms et les habitudes des indp5dantes but9euses que n\s ne reg>dons jamais1 les pr5ant p\r des m\*es vulgaires1 des gupes malfaisantes ou les coloptres /upides4 ,et p\rtant *acune d'elles porte s\s la d\ble paire d'ailes qui la c>actrise au pays des insectes1 un plan de vie1 les outils et l'ide d'un de/9 diffr5t et s\v5t m]veilleux4 ,voici d'abord les plus pro*es p>5ts de nos abeilles dome/iques1 les ,b\rdons hirsutes et trapus1 p>fois m9uscules1 presque t\j\rs normes et c\v]ts1 comme les hommes primitifs1 d'un in=me sayon que c]cl5t des anneaux de cuivre ou de c9abre4 ,ils sont encore demi b>b>es1 viol5t5t les calices1 les d*ir5t s'ils rsi/5t1 et pntr5t s\s les voiles sat9s des corolles comme l'ours des cav]nes entr]ait s\s la t5te1 t\te de soie et de p]les1 d'une pr9cesse byzant9e4 ,a ct1 plus gr& que le plus gr& d'entre eux1 passe un mon/re vtu de tnbres4 ,il brle d'un feu sombre1 v]t et violac3 c'e/ la ,xylocope ronge-bois1 la gante du monde mellifique4 ,a sa suite1 p> rang de taille1 vi5n5t les funbres ,*alicodomes ou abeilles-maonnes qui sont habilles de drap noir et con/ruis5t1 avec de l'argile et des gravi]s1 des demeures aussi dures que la pi]re4 ,puis1 ple-mle1 vol5t les ,dasypodes et les ,halictes qui ressembl5t aux gupes1 les ,&rnes1 s\v5t en proie un p>asite fanta/ique1 le ,/ylops1 qui trans=me compltem5t l'aspect de la victime qu'il a *oisie1 les ,panurgues1 presque na9s1 et t\j\rs accabls de l\rdes *>ges de poll51 les ,osmies multi=mes qui ont c5t indu/ries p>ticulires4 ,l'une d'elles1 l',osmia papav]is1 ne se cont5te pas de dem&] aux fleurs le pa9 et le v9 ncessaires2 elle taille mme les corolles du pavot et du coquelicot de gr&s lambeaux de p\rpre1 p\r en tapiss] royalem5t le palais de ses filles4 ,une autre abeille1 la plus petite de t\tes1 un gra9 de p\dre qui plane sur quatre ailes lectriques1 la ,mga*ile c5tunculaire1 dc\pe dans les feuilles du rosi] des demi-c]cles p>faits qu'on croirait enlevs l'emporte-pice1 les ploie1 les aju/e et en =me un tui compos d'une suite de petits ds c\dre admirablem5t rguli]s1 dont *acun e/ la cellule d'une l>ve4 ,mais un livre enti] suffirait pe9e numr] les habitudes et les tal5ts div]s de la f\le altre de miel qui s'agite en t\s s5s sur les fleurs avides et passives1 fiances en*anes qui att5d5t le message d'am\r que des htes di/raits leur apport5t4 ,,ix ,on connat environ quatre mille c9q c5ts espces d'abeilles sauvages4 ,il va de soi que n\s ne les pass]ons pas en revue4 ,peut-tre qu'un j\r1 une tude appr(ondie1 des obs]vations et des expri5ces qu'on n'a pas faites jusqu'ici et qui dem&]ai5t plus d'une vie d'homme1 clair]ont d'une lumire dcisive l'hi/oire de l'volution de l'abeille4 ,cette hi/oire1 n'a pas encore1 que je sa*e1 t m?odiquem5t entreprise4 ,il e/ s\hait] qu'elle le soit1 c> elle t\*]ait plus d'un problme aussi gr& que ceux de bi5 des hi/oires huma9es4 ,p\r n\s1 sans plus ri5 affirm] puisque n\s entrons dans la rgion voile des suppositions1 n\s n\s cont5t]ons de suivre dans sa m>*e v]s une exi/5ce plus intellig5te1 v]s un peu de bi5-tre et de scurit1 une tribu d'hymnoptres1 et n\s m>qu]ons d'un simple trait les po9ts saillants de cette asc5sion plusieurs fois millnaire4 ,la tribu en "q e/1 n\s le savons dj1 celle des ,api5s#a1 dont les traits ess5tiels sont si bi5 fixs et si di/9cts qu'il n'e/ pas df5du de croire que t\s ses membres desc5d5t d'un anctre unique4 ,les disciples de ,d>w91 ,h]mann ,mll] entre autres1 considr5t une petite abeille sauvage1 rp&ue p> t\t l'univ]s1 et appele ,prosopis1 comme la reprs5tante actuelle de l'abeille primitive dont s]ai5t nes t\tes les abeilles que n\s connaissons auj\rd'hui4 ,l'in=tune ,prosopis e/ peu prs l'habitante de nos ru*es ce que s]ait l'homme des cav]nes aux heureux de nos gr&es villes4 ,peut-tre1 sans y pr5dre g>de1 et sans v\s d\t] que v\s aviez devant v\s la vnrable aeule laquelle n\s devons probablem5t la plup>t de nos fleurs et de nos fruits4--7,on e/ime en effet que plus de c5t mille espces de plantes disp>atrai5t si les abeilles ne les visitai5t po9t17 et qui sait8 notre civilisation mme1 c> t\t s'en*ane dans ces my/res1 peut-tre l'avez-v\s vue plus d'une fois dans un co9 ab&onn de votre j>d9 o elle s'agitait aut\r des br\ssailles4 ,elle e/ jolie et vive2 la plus abondante en ,france e/ lgamm5t ta*ete de blanc sur fond noir4 ,mais cette lgance ca*e un dnm5t incroyable4 ,elle mne une vie famlique4 ,elle e/ presque nue alors que t\tes ses surs sont vtues de toisons *audes et somptueuses4 ,elle ne possde aucun in/rum5t de travail4 ,elle n'a pas de corbeilles p\r rcolt] le poll5 comme les ,apides1 ou1 leur dfaut1 la h\ppe coxale des ,&rnes1 ou la brosse v5trale des ,ga/rilgides4 ,il faut qu'elle ramasse pniblem5t1 l'aide de ses petites griffes1 la p\dre des calices et qu'elle l'avale p\r la port] dans sa tanire4 ,elle n'a d'autre outil que sa langue1 sa b\*e et ses pattes1 mais sa langue e/ trop c\rte1 ses pattes sont dbiles et ses m&ibules sans =ce4 ,ne p\vant produire la cire1 ni creus] le bois1 ni f\ir le sol1 elle pratique de maladroites gal]ies dans la moelle t5dre des ronces s*es1 y in/alle quelques cellules grossirem5t ag5ces1 les p\rvoit d'un peu de n\rriture de/9e des enfants qu'elle ne v]ra jamais1 puis1 sa pauvre t*e accomplie p\r une f9 qu'elle ne connat po9t et que n\s ne connaissons pas davantage1 elle s'en va m\rir dans un co91 seule au monde1 comme elle avait vcu4 #a ,il importe de ne pas confondre les trois t]mes3 api5s1 apides et apites que n\s emploi]ons t\r t\r et que n\s empruntons la classification de ,m4 mile ,blan*>d4 ,la tribu api5ne compr5d t\tes les familles d'abeilles4 ,les apides =m5t la premire de ces familles et se subdivis5t en trois gr\pes3 ,les ,mliponites1 les ,apittes et les ,bombites 7,b\rdons74 ,enf9 les ,apites r5f]m5t les div]ses v>its de nos abeilles dome/iques4 ,x ,n\s pass]ons sur bi5 des espces int]mdiaires o n\s p\rrions voir peu peu la langue s'allong] p\r puis] le nect> au creux d'un plus gr& nombre de corolles1 l'app>eil collecteur de poll51 poils1 h\ppes1 brosses tibiales1 t>si5nes et v5trales1 po9dre et se dvelopp]1 les pattes et les m&ibules se =tifi]1 des scrtions utiles se =m]1 et le gnie qui prside la con/ruction des demeures *]*] et tr\v] en t\s s5s des amliorations surpr5antes4 ,une telle tude exig]ait un livre4 ,je n'en veux esquiss] qu'un *apitre1 mo9s qu'un *apitre1 une page1 qui n\s montre trav]s les t5tatives hsitantes de la volont de vivre et d'tre plus heureux1 la naissance1 l'pan\issem5t et l'aff]missem5t de l'intellig5ce sociale4 ,n\s avons vu volet] la malheureuse ,prosopis1 qui porte en sil5ce dans ce va/e univ]s ple9 de =ces effrayantes son petit de/9 solitaire4 ,un c]ta9 nombre de ses surs1 app>t5ant des races dj mieux outilles et plus habiles1 p> exemple les ,colltes bi5 vtues1 ou la m]veilleuse c\peuse des feuilles du rosi]1 la ,mga*ile c5tunculaire1 viv5t dans un isolem5t aussi pr(ond1 et si1 p> has>d1 quelqu'un s'atta*e elles et vi5t p>tag] leur demeure1 c'e/ un ennemi ou plus s\v5t un p>asite4 ,c> le monde des abeilles e/ peupl de fantmes plus tranges que les ntres1 et ma9te espce a a9si une sorte de d\ble my/rieux et inactif1 exactem5t p>eil la victime qu'il *oisit1 cela prs que sa p>esse immmoriale lui a fait p]dre un un t\s ses in/rum5ts de travail et qu'il ne peut plus subsi/] qu'aux dp5s du type laborieux de sa race#a4 ,cep5dant1 p>mi les abeilles qu'on a appeles d'un nom un peu trop catgorique les ,apides solitaires1 p>eil une flamme crase s\s l'amas de matire qui t\ffe t\te vie primitive1 c\ve dj l'in/9ct social4 et l1 dans des directions inatt5dues1 p> clats timides et p>fois biz>res1 comme p\r le reconnatre1 il p>vi5t p]c] le b*] qui l'opprime et qui1 un j\r1 n\rrira son triomphe4 ,si t\t e/ matire en ce monde1 on surpr5d ici le m\vem5t le plus immatriel de la matire4 ,il s'agit de pass] de la vie g/e1 prcaire et incomplte la vie frat]nelle1 un peu plus sre et un peu plus heureuse4 ,il s'agit d'unir idalem5t p> l'esprit ce qui e/ rellem5t sp> p> le corps1 d'obt5ir que l'individu se sacrifie l'espce et de sub/itu] ce qui ne se voit pas aux *oses qui se voi5t4 ,e/-il tonnant que les abeilles ne ralis5t pas du premi] c\p ce que n\s1 qui n\s tr\vons au po9t privilgi d'o l'in/9ct rayonne de t\tes p>ts dans la consci5ce1 n'avons pas encore dml8 ,aussi e/-il curieux1 presque t\*ant1 de voir comme l'ide n\velle ttonne d'abord dans les tnbres qui envelopp5t t\t ce qui nat sur cette t]re4 ,elle sort de la matire1 elle e/ encore t\te matrielle4 ,elle n'e/ que du froid1 de la faim1 de la peur trans=ms en une *ose qui n'a pas encore de figure4 ,elle rampe confusm5t aut\r des gr&s dang]s1 aut\r des longues nuits1 de l'appro*e de l'hiv]1 d'un sommeil quivoque qui e/ presque la mort4 #a ,exemples4--,les ,b\rdons1 qui ont p\r p>asites les ,psi?yres1 les ,/lides qui viv5t au dtrim5t des ,an?idies4 ,on e/ oblig d'admettre1 dit =t ju/em5t ,j4 ,p]ez 7,les ,abeilles7 propos de l'id5tit frqu5te du p>asite et de sa victime1 on e/ oblig d'admettre que les deux g5res ne sont que deux =mes d'un mme type1 et sont unis entre eux p> la plus troite aff9it4 ,p\r les naturali/es qui adhr5t la doctr9e du trans=misme1 cette p>5t n'e/ pas purem5t idale1 elle e/ relle4 ,le g5re p>asite ne s]ait qu'une ligne issue du g5re rcoltant1 et ayant p]du les organes de rcolte p> suite de son adaptation la vie p>asitique4 ,,xi ,les ,xylocopes1 n\s l'avons vu1 sont de puissantes abeilles qui t>aud5t leur nid dans le bois sec4 ,elles viv5t t\j\rs solitaires4 ,p\rtant1 v]s la f9 de l't1 il arrive qu'on tr\ve quelques individus d'une espce p>ticulire1 7,xylocopa ,cyanesc5s71 gr\ps frileusem5t dans une tige d',asphodle1 p\r pass] l'hiv] en commun4 ,cette frat]nit t>dive e/ exceptionnelle *ez les ,xylocopes1 mais1 *ez leurs plus pro*es p>5tes1 les ,crat9es1 l'habitude e/ dj inv>iable4 ,voil l'ide qui po9t4 ,elle s'arrte aussitt1 et jusqu'ici1 *ez les ,xylocopides1 elle n'a pu dpass] cette premire ligne obscure de l'am\r4 ,*ez d'autres ,api5s1 l'ide qui se *]*e pr5d d'autres =mes4 ,les ,*alicodomes des hang>s1 qui sont des abeilles maonnes1 les ,dasypodes et les ,halictes1 qui creus5t des t]ri]s1 se runiss5t en colonies nombreuses p\r con/ruire leurs nids4 ,mais c'e/ une f\le illusoire =me de solitaires4 ,nulle ent5te1 nulle action commune4 ,*acun1 pr(ondm5t isol dans la multitude1 btit sa demeure p\r soi seul1 sans s'occup] de son vois94 ,c'e/1 dit ,m4,j4 ,p]ez1 un simple conc\rs d'individus que les mmes gts1 les mmes aptitudes rassembl5t au mme endroit1 o la maxime de *acun p\r soi se pratique dans t\te sa rigueur2 enf9 une cohue de travailleurs rappelant l'essaim d'une ru*e uniquem5t p> le nombre et l'ardeur4 ,de telles runions sont donc la simple consqu5ce du gr& nombre d'individus habitant la mme localit4 ,mais *ez les ,panurgues1 c\s9es des ,dasypodes1 un petit trait de lumire jaillit s\da91 et claire la naissance d'un s5tim5t n\veau dans l'agglomration =tuite4 ,elles se runiss5t la manire des prcd5tes et *acune f\it p\r son compte sa *ambre s\t]ra9e2 mais l'entre1 le c\loir qui de la surface du sol conduit aux t]ri]s sp>s1 e/ commun4 ,a9si1 dit encore ,m4 ,p]ez1 p\r ce qui e/ du travail des cellules1 *acune se comporte comme si elle tait seule2 mais t\tes utilis5t la gal]ie d'accs2 t\tes1 en ceci1 pr(it5t du travail d'une seule et s'p>gn5t a9si le temps et la pe9e d'tablir *acune une gal]ie p>ticulire4 ,il y aurait intrt s'assur] si ce travail prlim9aire lui-mme ne s'excut]ait pas en commun1 et si plusieurs femelles ne se relay]ai5t pas p\r y pr5dre "p t\r de rle4 ,quoi qu'il en soit1 l'ide frat]nelle vi5t de p]c] la p>oi qui sp>ait deux mondes4 ,ce n'e/ plus l'hiv]1 la faim ou l'horreur de la mort qui l'arra*e l'in/9ct1 affole et mconnaissable2 c'e/ la vie active qui la suggre4 ,mais cette fois encore1 elle s'arrte c\rt1 elle ne p>vi5t pas s't5dre davantage dans cette direction4 ,n'importe1 elle ne p]d pas c\rage1 elle t5te d'autres *em9s4 ,et voici qu'elle pntre *ez les ,b\rdons1 y mrit1 y pr5d corps dans une atmosphre diffr5te et opre les premi]s miracles dcisifs4 ,,xii ,les ,b\rdons1 ces grosses abeilles velues1 sonores1 effrayantes mais pacifiques et que n\s connaissons t\s1 sont d'abord solitaires4 ,ds les premi]s j\rs de m>s1 la femelle fconde qui a survcu l'hiv] comm5ce la con/ruction de son nid1 soit s\s t]re1 soit dans un buisson1 selon l'espce laquelle elle app>ti5t4 ,elle e/ seule au monde dans le pr9temps qui s'veille4 ,elle dblaie1 creuse1 tapisse le lieu *oisi4 ,elle faonne ensuite d'assez in=mes cellules de cire1 les g>nit de miel et de poll51 pond1 c\ve les ufs1 soigne et n\rrit les l>ves qui clos5t1 et bi5tt elle e/ ent\re d'une tr\pe de filles qui l'assi/5t dans t\s ses travaux du d$ans et du dehors1 et dont quelques-unes se mett5t pondre leur t\r4 ,le bi5-tre augm5te1 la con/ruction des cellules s'amliore1 la colonie s'accrot4 ,la fondatrice en demeure l'me et la mre pr9cipale1 et se tr\ve la tte d'un royaume qui e/ comme l'bau*e de celui de notre abeille mellifique4 ,ebau*e d'ailleurs assez grossire4 ,la prosprit y e/ t\j\rs limite1 les lois sont mal df9ies et mal obies1 le cannibalisme1 l'infanticide primitifs rep>aiss5t p> int]valles1 l'ar*itecture e/ in=me et disp5dieuse1 mais ce qui1 plus que t\t1 diffr5cie les deux cits1 c'e/ que l'une e/ p]man5te et l'autre phmre4 ,en effet1 celle des ,b\rdons prira t\t entire l'automne1 ses trois ou quatre c5ts habitants m\rront sans laiss] trace de leur passage1 t\t cet ef=t s]a disp]s1 et il n'y survivra qu'une seule femelle qui1 au pr9temps pro*a91 recomm5c]a dans la mme solitude et le mme dnuem5t que sa mre1 le mme travail inutile4 ,il n'en re/e pas mo9s que cette fois l'ide a pris consci5ce de sa =ce4--,n\s ne la voyons pas excd] cette borne *ez les b\rdons1 mais l'in/ant1 fidle sa c\tume1 p> une sorte de mtempsycose infatigable1 elle va s'inc>n]1 t\te frmissante encore de son d]ni] triomphe1 t\te-puissante et presque p>faite1 dans un autre gr\pe1 l'avant-d]ni] de la race1 celui qui prcde immdiatem5t notre abeille dome/ique qui la c\ronne1 j'ent5ds le gr\pe des ,mliponites1 qui compr5d les ,mlipones et les ,trigones tropicaux4 ,,xiii ,ici t\t e/ organis comme dans nos ru*es ,il y a une mre probablem5t unique#a1 des ouvrires /riles et des mles4 ,mme1 c]ta9s dtails y sont mieux rgls4 ,les mles1 p> exemple1 ne sont pas compltem5t oisifs1 ils scrt5t de la cire4 ,l'entre de la cit e/ plus soigneusem5t df5due3 durant les nuits froides une porte la f]me2 dans les nuits *audes1 une sorte de rideau qui laisse pass] l'air4 ,mais la rpublique e/ mo9s =te1 la vie gnrale mo9s assure1 la prosprit plus borne que *ez nos abeilles1 et p>t\t o l'on introduit celles-ci1 les ,mliponites t5d5t disp>atre devant elles4 ,l'ide frat]nelle s'e/ galem5t et magnifiquem5t pan\ie dans les deux races1 except sur un po9t1 o *ez l'une elle n'a gure dpass ce qu'elle avait dj ralis dans l'troite famille des ,b\rdons4 ,ce po9t1 c'e/ l'organisation mcanique du travail en commun1 l'conomie prcise de l'ef=t1 en un mot l'ar*itecture de la cit qui e/ manife/em5t infrieure4 ,il suffira de rappel] ce que j'en ai dit au ,livre ,,iii1 *ap4 ,,xviii de ce volume1 en y aj\tant que1 dans les ru*es de nos ,apites1 t\tes les cellules sont indiffremm5t propres l'levage du c\va9 et l'emmagas9age des provisions et dur5t aussi longtemps que la cit mme1 au lieu que *ez les ,mliponites1 elles ne peuv5t s]vir qu' une f91 et celles qui =m5t les b]ceaux des jeunes nymphes sont dtruites aprs l'closion de celles-ci4 ,c'e/ donc *ez nos abeilles dome/iques que l'ide a pris sa =me la plus p>faite2 et voil un tableau rapide et incomplet des m\vem5ts de cette ide4 ,ces m\vem5ts sont-ils fixs une fois p\r t\tes dans *aque espce1 et la ligne qui les relie n'exi/e-t-elle que dans notre imag9ation8 ,ne btissons pas encore de sy/me dans cette rgion mal explore4 ,n'allons qu' des conclusions provisoires1 et1 si n\s le v\lons1 p5*ons plutt v]s les plus ple9es d'esprance1 c>1 s'il fallait absolum5t *oisir1 quelques lueurs n\s indiqu5t1 dj que les plus dsires s]ont les plus c]ta9es4 ,du re/e1 reconnaissons encore que notre ignorance e/ pr(onde4 ,n\s appr5ons ouvrir les yeux4 ,mille expri5ces qu'on p\rrait faire n'ont pas t t5tes4 ,p> exemple1 les ,prosopis1 prisonnires et =ces de cohabit] avec leurs semblables1 p\rrai5t-elles la longue fran*ir le seuil de f] de la solitude absolue1 pr5dre plaisir se runir comme les ,dasypodes1 et faire un ef=t frat]nel p>eil celui des ,panurgues8 ,les ,panurgues1 leur t\r1 dans des circon/ances imposes et anormales1 pass]ai5t-ils du c\loir commun1 la *ambre commune8 ,les mres des ,b\rdons1 hiv]nes ensemble1 leves et n\rries en captivit1 arriv]ai5t-elles s'ent5dre et divis] le travail8 ,et les ,mliponites1 leur a-t-on donn des rayons de cire gaufre8 ,leur a-t-on (f]t des amphores artificielles p\r remplac] leurs curieuses amphores miel8 ,les accept]ai5t-elles2 en tir]ai5t-elles p>ti1 et comm5t adapt]ai5t-elles leurs habitudes cette ar*itecture insolite8 ,que/ions qui s'adress5t de bi5s petits tres1 et qui p\rtant r5f]m5t le gr& mot de nos plus gr&s secrets4 ,n\s n'y p\vons rpondre1 c> notre expri5ce date d'hi]4 ,en comptant depuis ,raumur1 voici peu prs un sicle et demi qu'on obs]ve les murs de c]ta9es abeilles sauvages4 ,raumur n'en connaissait que quelques-unes1 n\s en avons tudi quelques autres2 mais des c5ta9es1 des milli]s peut-tre1 n'ont t int]roges jusqu'ici que p> des voyageurs ignorants ou presss4 ,celles que n\s connaissons depuis les beaux travaux de l'auteur des ,mmoires n'ont ri5 *ang leurs habitudes1 et les b\rdons qui1 v]s #agcj1 se p\drai5t d'or1 vibrai5t comme le dlectable murmure du soleil1 et se gorgeai5t de miel dans les j>d9s de ,*>5ton1 tai5t t\t p>eils ceux qui1 l'avril rev5u1 b\rdonn]ont dema9 quelques pas de l1 dans le bois de ,v9c5nes4 ,mais de ,raumur nos j\rs1 c'e/ un cl9 d'il du temps que n\s exam9ons1 et plusieurs vies d'homme b\t b\t ne =m5t qu'une seconde dans l'hi/oire d'une p5se de la nature4 #a ,il n'e/ pas c]ta9 que le pr9cipe de la royaut ou de la mat]nit unique soit rig\reusem5t respect *ez les ,mliponites4 ,blan*>d p5se avec raison que1 tant dp\rvues d'aiguillon et ne p\vant p> consqu5t s'entre-tu] aussi facilem5t que les re9es-abeilles1 plusieurs femelles viv5t probablem5t dans la mme ru*e4 ,mais le fait n'a pu tre vrifi jusqu'ici cause de la gr&e ressemblance entre femelles et ouvrires et de l'impossibilit d'lev] les ,mlipones s\s notre climat4 ,,xiv ,si l'ide que n\s avons suivie des yeux a pris sa =me suprme *ez nos abeilles dome/iques1 ce n'e/ pas dire que t\t soit irrpro*able dans la ru*e4 ,un *ef-d'uvre1 la cellule hexagonale1 y atte9t t\s les po9ts de vue la p]fection absolue1 et il s]ait impossible t\s les gnies assembls d'y amlior] ri54 ,aucun tre vivant1 pas mme l'homme1 n'a ralis au c5tre de sa sphre ce que l'abeille a ralis dans la si5ne2 et si une intellig5ce trangre notre globe v5ait dem&] la t]re l'objet le plus p>fait de la logique de la vie1 il faudrait lui prs5t] l'humble rayon de miel4 ,mais t\t n'e/ pas gal ce *ef-d'uvre4 ,dj1 n\s avons n la r5contre quelques fautes et quelques erreurs1 p>fois vid5tes1 p>fois my/rieuses3 la surabondance et l'oisivet ru9euses des mles1 la p>?nog5se1 les risques du vol nuptial1 l'essaimage excessif1 le manque de piti1 le sacrifice presque mon/rueux de l'individu la socit4 ,aj\tons-y une prop5sion trange emmaganis] d'normes masses de poll51 qui1 inutilises1 ne t>d5t pas rancir1 durcir1 et encombr] les gteaux1 le long int]rgne /rile qui va du premi] essaimage la fcondation de la seconde re9e1 etc41 etc4 ,de ces fautes1 la plus grave1 la seule qui s\s nos climats soit presque t\j\rs fatale1 c'e/ l'essaimage rpt4 ,mais n'oublions pas que s\s ce rapport la slection naturelle de l'abeille dome/ique e/1 depuis des milli]s d'annes1 contr>ie p> l'homme4 ,de l',egypti5 du temps des ,ph>aons nos paysans d'auj\rd'hui1 l'leveur a t\j\rs agi contre-biais des dsirs et des avantages de l'espce4 ,les ru*es les plus prospres sont celles qui ne jett5t qu'un essaim ds le comm5cem5t de l't4 ,elles rempliss5t a9si leur dsir mat]nel1 assur5t le ma9ti5 de la s\*e1 le r5\vellem5t ncessaire des re9es1 et l'av5ir de l'essaim1 qui1 nombreux et prcoce1 a le temps de btir des demeures solides et bi5 approvisionnes avant la v5ue de l'automme4 ,il e/ c]ta9 que livres elles-mmes1 ces ru*es et leurs rejetons survivant seuls aux preuves de l'hiv] qui euss5t presque rgulirem5t ananti les colonies animes d'in/9cts diffr5ts1 la rgle de l'essaimage re/re9t se ft peu peu fixe dans nos races sept5trionales4 ,mais ce sont prcism5t ces ru*es prud5tes1 opul5tes et acclimates que l'homme a t\j\rs dtruites p\r s'emp>] de leur trsor4 ,il ne laissait et ne laisse encore1 dans la pratique r\t9ire1 survivre que les colonies1 s\*es puises1 essaims secondaires ou t]tiaires1 qui ont peu prs de quoi pass] l'hiv] ou auxquelles il donne quelques d*ets de miel p\r complt] leurs misrables provisions4 ,il en e/ rsult que l'espce s'e/ probablem5t affaiblie1 que la t5dance l'essaimage excessif s'e/ hrditairem5t dveloppe et qu'auj\rd'hui presque t\tes nos abeilles1 surt\t nos abeilles noires1 essaim5t trop4 ,depuis quelques annes1 les m?odes n\velles de l'apiculture mobili/e sont v5ues combattre cette habitude dang]euse1 et qu& on voit avec quelle rapidit la slection artificielle agit sur la plup>t de nos animaux dome/iques1 sur les bufs1 les *i5s les m\tons1 les *evaux1 les pigeons1 p\r ne les pas cit] t\s1 il e/ p]mis de croire qu'avant peu n\s aurons une race d'abeilles qui r5onc]a presque entirem5t l'essaimage naturel et t\rn]a t\te son activit la rcolte du miel et du poll54 ,,xv ,mais les autres fautes1 une intellig5ce qui pr5drait plus clairem5t consci5ce du b de la vie commune ne p\rrait-elle s'en affran*ir8 ,il y aurait beauc\p dire sur ces fautes1 qui tantt man5t de l'inconnu de la ru*e1 tantt ne sont qu'une suite de l'essaimage et de ses erreurs o n\s avons pris "p4 ,mais d'aprs ce qu'il a vu jusqu'ici1 *acun peut son gr accord] ou dni] t\te intellig5ce aux abeilles4 ,je ne ti5s pas les df5dre4 ,il me semble qu'en ma9tes circon/ances elles montr5t de l'ent5dem5t1 mais elles f]ai5t aveuglm5t t\t ce qu'elles font que ma curiosit n'en s]ait pas amo9drie4 ,il e/ intressant de voir un c]veau tr\v] en soi des ress\rces extrord9aires p\r lutt] contre le froid1 la faim1 la mort1 le temps1 l'espace1 la solitude1 t\s les ennemis de la matire qui s'anime2 mais qu'un tre p>vi5ne ma9t5ir sa petite vie complique et pr(onde sans excd] l'in/9ct1 sans ri5 faire que de trs ord9aire1 cela e/ bi5 intressant et bi5 extraord9aire aussi4 ,l'ord9aire et le m]veilleux se confond5t et se val5t qu& on les met leur place vritable au se9 de la nature4 ,ce n'e/ plus eux1 qui port5t des noms usurps1 c'e/ l'incompris et l'inexpliqu qui doiv5t arrt] nos reg>ds1 rj\ir notre activit1 et donn] une =me n\velle et plus ju/e nos p5ses1 nos s5tim5ts et nos p>oles4 ,il y a sagesse ne po9t s'atta*] autre *ose4 ,,xvi ,au surplus1 n\s n'avons gure qualit p\r jug]1 au nom de notre intellig5ce1 les fautes des abeilles4 ,ne voyons-n\s po9t p>mi n\s la consci5ce et l'intellig5ce vivre longtemps au milieu des erreurs et des fautes1 sans les ap]cevoir1 plus longtemps encore sans y port] remde8 ,s'il exi/e un tre que sa de/9e appelle spcialem5t1 presque organiquem5t1 pr5dre consci5ce1 vivre et organis] la vie commune selon la raison pure1 c'e/ bi5 l'homme4 ,p\rtant1 voyez ce qu'il en fait1 et comp>ez les fautes de la ru*e celles de notre socit4 ,si n\s tions des abeilles qui obs]vass5t des hommes1 notre tonnem5t s]ait gr& exam9]1 p> exemple1 l'illogique et inju/e organisation du travail dans une tribu d'tres qui1 p> ailleurs1 n\s sembl]ai5t d\s d'une raison m95te4 ,n\s v]rions la surface de la t]re1 unique s\rce de t\te la vie commune1 pniblem5t et insuffisamm5t cultive p> deux ou trois diximes de la population totale2 un autre dixime1 absolum5t oisif1 absorb] la meilleure "p des produits de ce premi] travail2 les sept d]ni]s diximes1 condamns une demi-faim p]ptuelle1 s'puis] sans rel*e en ef=ts tranges et /riles dont ils ne pr(it5t jamais et qui ne p>aiss5t s]vir qu' r5dre plus complique et plus inexplicable l'exi/5ce des oisifs4 ,n\s en induirions que la raison et le s5s moral de ces tres app>ti5n5t un monde t\t diffr5t du ntre et qu'ils obiss5t des pr9cipes que n\s ne devons pas espr] de compr5dre4 ,mais ne p\ssons pas plus lo9 cette revue de nos fautes4 ,aussi bi5 sont-elles t\j\rs prs5tes notre esprit4 ,il e/ vrai que1 prs5tes1 elles y font peu de *ose4 ,ce n'e/ gure que de sicle en sicle que l'une d'elles se lve1 sec\e un in/ant son sommeil1 p\sse un cri de /upeur1 tire le bras endolori qui s\t5ait sa tte1 *ange de position1 se rec\*e1 se r5dort1 jusqu' ce qu'une n\velle d\leur1 ne des mornes fatigues du repos1 la rveille4 ,,xvii ,l'volution des ,api5s1 ou t\t au mo9s des ,apites1 tant admise1 puisqu'elle e/ plus vraisemblable que leur fixit1 quelle e/ donc la direction con/ante et gnrale de cette volution8 ,elle p>at suivre la mme c\rbe que la ntre4 ,elle t5d visiblem5t amo9drir l'ef=t1 l'inscurit1 la misre1 augm5t] le bi5-tre1 les *ances favorables et l'autorit de l'espce4 ,a cette f91 elle n'hsite pas sacrifi] l'individu1 en comp5sant p> la =ce et le bonheur communs l'indp5dance1 d'ailleurs illusoire et malheureuse1 de la solitude4 ,on dirait que la nature e/ime1 comme ,pricls dans ,?ucydide1 que les individus1 alors mme qu'ils y s\ffr5t1 sont plus heureux au se9 d'une ville dont l'ensemble prospre1 que si l'individu prospre et l',etat dprit4 ,elle protge l'esclave laborieux dans la cit puissante1 et ab&onne aux ennemis sans =me et sans nom1 qui habit5t t\tes les m9utes du temps1 t\s les m\vem5ts de l'univ]s1 t\tes les anfractuosits de l'espace1 le passant sans devoirs dans l'association prcaire4 ,ce n'e/ pas le mom5t de discut] cette p5se de la nature1 ni de se dem&] s'il convi5t que l'homme la suive1 mais il e/ c]ta9 que p>t\t o la masse inf9ie n\s p]met de saisir l'app>5ce d'une ide1 l'app>5ce pr5d ce *em9 dont on ne connat pas le t]me4 ,p\r ce qui n\s reg>de1 il suffira de con/at] le so9 avec lequel la nature s'atta*e cons]v] et fix] dans la race qui volue1 t\t ce qui a t conquis sur l'in]tie ho/ile de la matire4 ,elle m>que un po9t *aque ef=t heureux1 et met en trav]s du recul qui s]ait 9vitable aprs l'ef=t1 on ne sait quelles lois spciales et bi5veillantes4 ,ce progrs1 qu'il s]ait difficile de ni] dans les espces les plus intellig5tes1 n'a peut-tre d'autre b que son m\vem5t mme et ignore o il va4 ,en t\t cas1 dans un monde o ri51 s9on quelques faits de ce g5re1 n'indique une volont prcise1 il e/ assez significatif de voir c]ta9s tres s'lev] a9si graduellem5t et cont9m5t1 depuis le j\r o n\s avons ouv]t les yeux2 et qu& les abeilles ne n\s aurai5t rvl autre *ose que cette my/rieuse spirale de lueurs dans la nuit t\te-puissante1 c'en s]ait assez p\r ne pas regrett] le temps consacr l'tude de leurs petits ge/es et de leurs humbles habitudes1 si loignes et p\rtant si pro*es de nos gr&es passions et de nos de/9s orgueilleux4 ,,xviii ,il se peut que t\t cela soit va9 et que notre spirale de lueurs1 aussi bi5 que celle des abeilles1 ne s'claire que p\r amus] les tnbres4 ,il se peut encore qu'un norme incid5t1 prov5u du dehors1 d'un autre monde1 ou d'un phnomne n\veau1 donne t\t c\p un s5s df9itif cet ef=t ou df9itivem5t le dtruise4 ,cep5dant suivons notre r\te comme si ri5 d'anormal ne devait surv5ir4 ,n\s saurions que dema9 une rvlation1 p> exemple une communication avec une plante plus anci5ne et plus lum9euse1 dt b\lev]s] notre nature1 supprim] les passions1 les lois et les vrits radicales de notre tre1 le plus sage s]ait de consacr] t\t cet auj\rd'hui s'intress] ces passions1 ces lois et ces vrits1 les accord] en notre esprit1 demeur] fidle notre de/9e1 qui e/ d'ass]vir et d'lev] de quelques degrs en n\s-mmes et aut\r de n\s les =ces obscures de la vie4 ,il e/ possible que ri5 n'en subsi/e dans la rvlation n\velle1 mais il e/ impossible que ceux qui auront accompli jusqu'au b\t la mission qui e/ p> excell5ce la mission huma9e1 ne se tr\v5t pas au premi] rang p\r accueillir cette rvlation3 et alors mme qu'elle leur appr5drait que le seul devoir vritable ft l'incuriosit et la rsignation l'inconnaissable1 mieux que les autres1 ils sauront compr5dre cette incuriosit et cette rsignation df9itives et en tir] p>ti4 ,,xix ,et puis1 ne p\ssons pas nos rves de ce ct4 ,que la possibilit d'un anantissem5t gnral n'entre po9t dans le calcul de nos besognes1 non plus que l'assi/ance miraculeuse d'un has>d4 ,jusqu'ici1 malgr les promesses de notre imag9ation1 n\s avons t\j\rs t livrs n\s-mmes et nos seules ress\rces4 ,c'e/ p> nos ef=ts les plus humbles que n\s avons ralis t\t ce qui a t fait d'utile et de durable sur cette t]re4 ,libre n\s d'att5dre le mieux ou le pire de quelque accid5t trang]2 mais la condition que cette att5te ne se mle pas notre t*e huma9e4 ,ici encore les abeilles n\s donn5t une leon excell5te1 comme t\te leon de la nature4 ,p\r elles1 il y eut vraim5t une int]v5tion prodigieuse4 ,elles sont livres1 plus manife/em5t que n\s1 aux ma9s d'une volont qui peut anantir ou modifi] leur race et trans=m] leurs de/9es4 ,elles n'en suiv5t pas mo9s leur devoir primitif et pr(ond4 ,et ce sont prcism5t celles d'entre elles qui obiss5t le mieux ce devoir qui se tr\v5t le mieux prp>es pr(it] de l'int]v5tion surnaturelle qui lve auj\rd'hui le sort de leur espce4 ,or1 il e/ mo9s difficile qu'on ne croit de dc\vrir le devoir inv9cible d'un tre4 ,on peut t\j\rs le lire dans l'organe qui le di/+ue et auquel sont subordonns t\s les autres4 ,et de mme qu'il e/ inscrit sur la langue1 dans la b\*e et dans l'e/omac des abeilles qu'elles doiv5t produire le miel1 il e/ inscrit dans nos yeux1 dans nos oreilles1 dans nos moelles1 dans t\s les lobes de notre tte1 dans t\t le sy/me n]veux de notre corps1 que n\s sommes crs p\r trans=m] ce que n\s absorbons des *oses de la t]re1 en une n]gie p>ticulire et d'une qualit unique sur ce globe4 ,nul tre1 que je sa*e1 n'a t ag5c p\r produire comme n\s ce fluide trange1 que n\s appelons p5se1 intellig5ce1 ent5dem5t1 raison1 me1 esprit1 puissance crbrale1 v]tu1 bont1 ju/ice1 savoir2 c> il possde mille noms1 bi5 qu'il n'ait qu'une ess5ce4 ,t\t en n\s lui fut sacrifi4 ,nos muscles1 notre sant1 l'agilit de nos membres1 l'quilibre de nos fonctions animales1 la quitude de notre vie1 port5t la pe9e gr&issante de sa prpondrance4 ,il e/ l'tat le plus prcieux et le plus difficile o l'on puisse lev] la matire4 ,la flamme1 la *aleur1 la lumire1 la vie mme1 puis l'in/9ct plus subtil que la vie et la plup>t des =ces insaisissables qui c\ronnai5t le monde avant notre v5ue1 ont pli au contact de l'effluve n\veau4 ,n\s ne savons o il n\s mne1 ce qu'il f]a de n\s1 ce que n\s en f]ons4 ,ce s]a lui de n\s l'appr5dre qu& il rgn]a dans la plnitude de sa =ce4 ,en att5dant1 ne p5sons qu' lui donn] t\t ce qu'il n\s dem&e1 lui sacrifi] t\t ce qui p\rrait ret>d] son pan\issem5t4 ,il n'e/ pas d\teux que ce ne soit l1 p\r l'in/ant1 le premi] et le plus clair de nos devoirs4 ,il n\s enseign]a les autres p> surcrot4 ,il les n\rrira et les prolong]a selon qu'il e/ n\rri lui-mme1 comme l'eau des hauteurs n\rrit et prolonge les ruisseaux de la pla9e selon l'alim5t my/rieux de sa cime4 ,ne n\s t\rm5tons pas de connatre qui tir]a p>ti de la =ce qui s'accumule a9si nos dp5s4 ,les abeilles ignor5t si elles mang]ont le miel qu'elles rcolt5t4 ,n\s ignorons galem5t qui pr(it]a de la puissance spirituelle que n\s introduisons dans l'univ]s4 ,comme elles vont de fleurs en fleurs recueillir plus de miel qu'ils n'en faut elles-mmes et leurs enfants1 allons aussi de ralits en ralits *]*] t\t ce qui peut f\rnir un alim5t cette flamme incomprh5sible1 af9 d'tre prts t\t vnem5t dans la c]titude du devoir organique accompli4 ,n\rrissons-la de nos s5tim5ts1 de nos passions1 de t\t ce qui se voit1 se s5t1 s'ent5d1 se t\*e1 et de sa propre ess5ce qui e/ l'ide qu'elle tire des dc\v]tes1 des expri5ces1 des obs]vations qu'elle rapporte de t\t ce qu'elle visite4 ,il arrive alors un mom5t o t\t se t\rne si naturellem5t bi5 p\r un esprit qui s'e/ s\mis la bonne volont du devoir rellem5t huma91 que le s\pon mme que les ef=ts o il s'v]tue sont peut-tre sans b1 r5d encore plus claire1 plus pure1 plus ds9tresse1 plus indp5dante et plus noble1 l'ardeur de sa re*]*e4 ,,bibliographie ,une bibliographie complte de l'abeille dpass]ait les limites que n\s n\s sommes assignes4 ,n\s n\s cont5t]ons de signal] les ouvrages les plus intressants3 #a ,d,,veloppem5t ,,hi/orique ,,de ,,la ,,connaissance ,,de ,l',,abeille a7 ,,les ,,anci5s ,ari/ote4--,hi/oire des animaux 7trad4 ,b>?lmy ,sa9t-,hilaire7 passim4 ,v>ron 7,t474--,de ,agricultura1 l4 ,,iii1 xvi4 ,virgile4--,georg41 l4 ,,iv4 ,pl9e4--,hi/4 nat41 l4 ,,xi4 ,columelle4--,de re ru/ica4 ,palladius4--,de re ru/ica1 l4 ,i1 xxxvii1 etc4 b7 ,,les ,,mod]nes ,swamm]dam4--,biblia natur1 #agcg4 ,m>aldi4--,obs]vations sur les abeilles 7,mm4 ,acad des sci5ces71 #agab4 ,raumur4--,mmoires p\r s]vir l'hi/oire des insectes1 #agdj4 ,bonnet 7,*474--uvres d'hi/oire naturelle1 #aggi-aghc4 ,s*ira* 7,a4,g474--,physikalis*e unt]su*ung d] bi%] unbekannt5 ab] na*] entdeckt5 ,erzeugung d] ,bi55mutt]1 #agfg4 ,jans*a 7,a474--,h9t]lass5e ,voll/ndige ,lehre von d] ,bi55zu*t1 #aggc4 ,hant] 7,j474--,on bees1 philosophical transactions1 #agcb4 ,hub] 7,franois74--,n\velles obs]vations sur les abeilles1 #agid1 etc4 #b ,,apiculture ,,pratique ,dzi]zon4--,?orie und praxis des neu5 ,bi55 freundes4 ,lang/ro?4--,! honey bee 7traduit en franais1 p> ,*4 ,dadant 7,l'abeille et la ru*e71 qui corrige et complte l'orig9al74 ,lay5s 7,georges de7 et ,bonni]4--,c\rs complet d'apiculture4 ,*e%ire 7,frank74--,bees & bee-keep+1 vol4 ,,ii1 ,practical4 ,bevan 7,dr ,e474--,! honey bee4 ,c[an 7,t4,w474--,briti% bee-keep]'s guide book4 ,cook 7,a4,j474--,bee-keep]'s guide book4 ,root 7,a474--,! ,a ,b ,c ( ,bee culture4 ,alley 7,h5ry74--,! ,bee-keep]'s ,h&y book4 ,coll9 7,abb74--,guide du propritaire d'abeilles4 ,dadant 7,*474--,petit c\rs d'apiculture pratique4 ,b]tr& 7,ed474--,conduite du ru*]4 ,web]4--,manuel pratique d'apiculture4 ,hamet4--,c\rs complet d'apiculture4 ,bauvoys 7de74--,guide de l'apiculteur4 ,pollmann4--,die ,bi5e und ihre ,zu*t4 ,simm9s 7,s474--,a mod]n bee f>m4 ,vogel 7,f4,w474--,die ,honigbi5e und die ,v]mehrung d] ,bi5n5vlk]4 ,von ,b]leps* 7,b>on ,a474--,die ,bi5e und ihre ,zu*t4 ,jek]1 ,kram] und ,!il]4--,d] ,s*weiz]is*e ,bi55 ,vat]1 etc41 etc4 #c ,,monographies ,g,n,,rales ,*e%ire 7,f474--,bees & ,bee-keep+1 vol4 ,i ,sci5tific4 ,c[an 7,t4,w474--,! ,honey bee4 ,p]ez 7,j474--,les abeilles4 ,gir>d4--,manuel d'apiculture 7,les abeilles1 organes et fonctions74 ,%uck>d4--,briti% bees4 ,kirby & ,sp5ce4--,introduction to ,entomology4 ,girdwoyn4--,anatomie et physiologie de l'abeille4 ,*e%ire 7,f474--,diagrams on ! anatomy ( ! ,honey bee4 ,gundela*4--,die ,naturges*i*te d] ,honigbi5e4 ,b*n] 7,l474--,gei/es ,leb5 d] ,?i]e4 ,bts*li 7,o474--,zur ,entwicklungsges*i*te d] ,bi5e4 ,havil& 7,j4,d474--,! social in/9cts ( bees1 _! orig9 & natural selection4 #d ,,monographies ,,p>ticuli,,res ,,organes1 ,,fonctions1 ,,travaux1 ,,etc4 ,ed4 ,br&t4--,re*]*es anatomiques et morphologiques sur le sy/me n]veux des insectes hymnoptres4 7,comptes r5dus de l',acadmie des sci5ces1 #ahgf1 t4 ,,lxvxiii1 p4 #fac47 ,duj>d9 7,f474--,mmoires sur le sy/me n]veux des insectes4 ,dumas et ,milne-,edw>ds4--,sur la production de la cire des abeilles4 ,blan*>d 7,e474--,re*]*es anatomiques sur le sy/me n]veux des insectes4 ,br\gham 7,l4,r4,d474--,obs]vations1 demon/rations & exp]i5ces ^u ! /ructure ( ! cells ( bees 7,natural !ology1 #ahef74 ,cam]on 7,p474--,on p>!nog5esis 9 ! ,hym5opt]a 7,trans4 nat4 soc4 ( ,glasg[1 #ahhh74 ,eri*son4--,de fabrica et usu ant5n>um 9 insectis4 ,l[ne 7,b4,t474--,on ! simple & comp\nd eyes ( insects 7,phil4 trans41 #ahgi74 ,wat]h\se 7,g4,k474--,on ! =mation ( ! cells ( ,bees & ,wasps4 ,von ,siebold 7,dr ,c4,t4,e474--,on a true ,p>!nog5esis 9 ,mo?s & ,bees4 ,leydig 7,f474--,das ,auge d] ,gli$]?i]e4 ,s*onfeld 7,pa/or74--,bi55 ,zeitung1 #ahed-ahhc4 ,illu/ri]te1 #ahhe-ahij4 ,assmuss4--,die ,p>asit5 d] ,honigbi5e4 #e ,,obs]vations ,,div]ses ,,sur ,,les ,,hym,,nopt,,res ,,mellif,,res ,blan*>d 7,e474--,mtamorphoses1 murs et in/9cts des insectes4 --,hi/oire naturelle des insectes4 ,d>w94--,orig9 ( species4 ,fabre4--,s\v5irs entomologiqnes 7#c sries74 ,romanes4--,m5tal evolution 9 animals4 --,animal intellig5ce4 ,lepeleti] ,sa9t-,f>geau4--,hi/oire naturelle des ,hymnoptres4 ,mayet 7,v474--,mmoire sur les murs et les mtamorphoses d'une n\velle espce de la famille des ,vsicants 7,ann4 ,soc4 entom4 de ,france1#ahge74 ,mll] 7,h474--,e9 ,beitrag zur ,leb5sges*i*te d] ,dasypoda hirtipes4 ,h(f] 7,e474--,biologis*e ,beoba*tung5 an ,hummeln und ,s*m>otz]hummeln4 ,jesse4--,glean+ 9 natural hi/ory4 ,lubbock 7,sir ,j474--,ants1 bees1 & wasps4 --,! s5ses1 in/9cts & intellig5ce ( animals4 ,walk5a]4--,les ,halictes4 ,we/wood4--,introd4 to ! /udy ( insects4 ,r5du 7,v474--,de l'intellig5ce des animaux4 ,esp9as4--,animal communities4 ,gir>d 7,m474--,trait lm5taire d'entomologie1 etc4 ,,table ,,livre ,,premi] ,,au ,,seuil ,,de ,,la ,,ru*e ,,livre ,,ii ,l',,essaim ,,livre ,,iii ,,la ,,fondation ,,de ,,la ,,cit ,,livre ,,iv ,,les ,,jeunes ,,re9es ,,livre ,v ,,le ,,vol ,,nuptial ,,livre ,,vi ,,le ,,massacre ,,des ,m,,les ,,livre ,,vii ,,le ,,progr,s ,,de ,l',,esp,,ce ,,bibliographie