de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,notes au lecteur de ce fi*i] digital3 ,seules les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,,c\rs ,,famili] ,,de ,,litt,,rature ,,un ,,entreti5 ,,p> ,,mois ,,p> ,m4 ,a4 ,,de ,,lam>t9e ,,tome ,,qu9zi,,me4 ,,p>is ,,on ,s',,abonne ,,*ez ,l',,auteur1 ,,rue ,,de ,,la ,,ville ,l',v,,que1 #dc4 #ahfc ,l'auteur se rs]ve le droit de traduction et de reproduction l'trang]4 ,,c\rs ,,famili] ,,de ,,litt,,rature ,,revue ,,m5suelle4 ,,xv ,p>is4--,typographie3 ,firm9 ,didot frres1 imprimeurs de l',in/itut et de la ,m>9e1 rue ,jacob1 #ef4 ,l,x,x,x,ve ,,entreti54 ,premi] de la huitime anne4 ,,consid,,rations ,,sur ,,un ,,*ef-,d',,oeuvre1 ,,ou ,,le ,,dang] ,,du ,g,,nie4 ,les ,misrables1 p> ,victor ,hugo4 ,,troisi,,me ,,p>tie4 ,i4 ,suivons en effet le rcit3 ,qu& ,valjean1 qui se p]met de rv] l'assass9at de sa provid5ce dans le bon vque de ,digne1 son sauveur1 s'e/ enfui p> la f5tre1 les g5d>mes le ramn5t4 ,l'vque1 p> un m5songe de *>it1 le plus petit des m5songes1 mais enf9 un m5songe1 dit aux g5d>mes qu'il ne lui a ri5 vol1 que c'e/ lui-mme1 l'vque1 qui lui a fait don de son arg5t]ie4 ,il va plus lo93 il pr5d les deux flambeaux d'arg5t aussi sur la *em9e du salon1 et les lui donne encore en lui repro*ant d'avoir nglig de les emport]1 p> di/raction sans d\te4 ,valjean les emporte2 v\s croyez qu'il e/ corrig p> tant de v]tu de l'homme ju/e8 ,pas du t\t2 lisez3 ,jean ,valjean sortit de la ville1 comme s'il s'*appait4 ,il se mit m>*] en t\te hte dans les *amps1 pr5ant les *em9s et les s5ti]s qui se prs5tai5t1 sans s'ap]cevoir qu'il rev5ait *aque in/ant sur ses pas4 ,il erra a9si t\te la mat9e1 n'ayant pas mang1 et n'ayant pas faim4 ,il tait en proie une f\le de s5sations n\velles4 ,il se s5tait une sorte de colre2 il ne savait contre qui4 ,il n'et pu dire s'il tait t\* ou humili4 ,il lui v5ait p> mom5ts un att5drissem5t trange qu'il combattait et auquel il opposait l'endurcissem5t de ses v+t d]nires annes4 ,cet tat le fatiguait4 ,il voyait avec inquitude s'branl] au d$ans de lui l'espce de calme affreux que l'inju/ice de son malheur lui avait donn4 ,il se dem&ait qu'e/-ce qui remplac]ait cela4 ,p>fois il et vraim5t mieux aim tre en prison avec les g5d>mes1 et que les *oses ne se fuss5t po9t passes a9si2 cela l'et mo9s agit4 ,bi5 que la saison ft assez avance1 il y avait encore et l dans les haies quelques fleurs t>dives1 dont l'odeur1 qu'il trav]sait en m>*ant1 lui rappelait des s\v5irs d'enfance4 ,ces s\v5irs lui tai5t presque insupportables1 tant il y avait longtemps qu'ils ne lui tai5t app>us4 ,des p5ses inexprimables s'amoncelr5t a9si en lui t\te la j\rne4 ,comme le soleil dcl9ait au c\*ant1 allongeant sur le sol l'ombre du mo9dre caill\1 ,jean ,valjean tait assis d]rire un buisson dans une gr&e pla9e r\sse absolum5t ds]te4 ,il n'y avait l'horizon que les ,alpes4 ,pas mme le clo*] d'un village lo9ta94 ,jean ,valjean p\vait tre trois lieues de ,d4 ,un s5ti] qui c\pait la pla9e passait quelques pas du buisson4 ,au milieu de cette mditation qui n'et pas peu contribu r5dre ses haillons effrayants p\r quelqu'un qui l'et r5contr1 il ent5dit un bruit joyeux4 ,il t\rna la tte1 et vit v5ir p> le s5ti] un petit ,savoy>d d'une diza9e d'annes qui *antait1 sa vielle au flanc et sa bote m>motte sur le dos4 ,un de ces d\x et gais enfants qui vont de pays en pays1 laissant voir leurs g5\x p> les tr\s de leur pantalon4 ,t\t en *antant1 l'enfant int]rompait de temps en temps sa m>*e et j\ait aux osselets avec quelques pices de monnaie qu'il avait dans sa ma91 t\te sa =tune probablem5t4 ,p>mi cette monnaie1 il y avait une pice de qu>ante s\s4 ,l'enfant s'arrta ct du buisson1 sans voir ,jean ,valjean1 et fit saut] sa poigne de s\s1 que jusque-l il avait reue avec assez d'adresse t\t entire sur le dos de sa ma94 ,cette fois la pice de qu>ante s\s lui *appa1 et v9t r\l] v]s la br\ssaille jusqu' ,jean ,valjean4 ,jean ,valjean posa le pi$ dessus4 ,cep5dant l'enfant avait suivi sa pice du reg>d1 et l'avait vu4 ,il ne s'tonna po9t1 et m>*a droit l'homme4 ,c'tait un lieu absolum5t solitaire4 ,aussi lo9 que le reg>d p\vait s't5dre1 il n'y avait p]sonne dans la pla9e ni dans le s5ti]4 ,on n'ent5dait que les petits cris faibles d'une nue d'oiseaux de passage qui trav]sai5t le ciel une hauteur imm5se4 ,l'enfant t\rnait le dos au soleil1 qui lui mettait des fils d'or dans les *eveux et qui emp\rprait d'une lueur sanglante la face sauvage de ,jean ,valjean4 --,monsieur1 dit le petit ,savoy>d1 avec cette confiance de l'enfance qui se compose d'ignorance et d'innoc5ce1--ma pice8 --,comm5t t'appelles-tu8 dit ,jean ,valjean4 --,petit-,g]vais1 monsieur4 --,va-t'en1 dit ,jean ,valjean4 --,monsieur1 reprit l'enfant1 r5dez-moi ma pice4 ,jean ,valjean baissa la tte et ne rpondit pas4 ,l'enfant recomm5a3 --,ma pice1 monsieur6 ,l'oeil de ,jean ,valjean re/a fix t]re4 --,ma pice6 cria l'enfant1 ma pice blan*e6 mon arg5t6 ,il semblait que ,jean ,valjean n'ent5dt po9t4 ,l'enfant le prit au collet de sa bl\se et le sec\a4 ,et en mme temps il faisait ef=t p\r drang] le gros s\li] f]r pos sur son trsor4 --,je veux ma pice6 ma pice de qu>ante s\s6 ,l'enfant pleurait4 ,la tte de ,jean ,valjean se releva4 ,il tait t\j\rs assis4 ,ses yeux tai5t tr\bles4 ,il considra l'enfant avec une sorte d'tonnem5t1 puis il t5dit la ma9 v]s son bton et cria d'une voix t]rible3--,qui e/ l8 --,moi1 monsieur1 rpondit l'enfant4 ,petit-,g]vais6 moi6 moi6 r5dez-moi mes qu>ante s\s1 s'il v\s plat6 tez votre pi$1 monsieur1 s'il v\s plat6 ,puis1 irrit1 quoique t\t petit1 et dev5ant presque m5aant3 --,ah 1 t]ez-v\s votre pi$8 tez donc votre pi$1 voyons6 --,ah6 c'e/ encore toi8 dit ,jean ,valjean1 et1 se dressant brusquem5t t\t deb\t1 le pi$ t\j\rs sur la pice d'arg5t1 il aj\ta3--,veux-tu bi5 te sauv]6 ,l'enfant eff> le reg>da1 puis comm5a trembl] de la tte aux pi$s1 et1 aprs quelques secondes de /upeur1 il se mit fuir en c\rant de t\tes ses =ces sans os] t\rn] le c\ ni jet] un cri4 ,il faut av\] que l'vque avait bi5 plac son trsor4 ,un mot de plus du pauvre enfant1 et il tait assomm sur place4 ,,ii4 ,et voil l'honnte brig& devant qui la socit c\pable doit confess] ses prcautions contre la rcidive6 ,voil le type qui va pos] p\r l'honnte homme p> excell5ce jusqu'au b\t du roman6 ,qu'en p5sez-v\s8 ,e/-ce de ce bloc de vices incorrigibles1 d'in/9cts ignobles et de brutalits froces que le romanci] philosophe doit jamais faire sortir le sa9t philan?rope1 ptri de t\tes les dlicatesses de l'intellig5ce et de t\tes les sa9tets de la v]tu8 ,l'invraisemblance t\*e ici au p>adoxe1 et1 si l'criva9 tait mo9s consomm dans son art1 le livre ici tomb]ait des ma9s de t\t le monde comme il e/ tomb des mi5nes4 ,on dirait3 ,non1 je n'irai pas plus lo92 ce n'e/ pas l l'homme1 c'e/ le cau*em> du sclrat1 et1 puisque l'auteur veut en faire le type de la v]tu populaire1 qu'il aille t\t seul1 je ne le suivrai pas dans ces prcipices du p>adoxe4 ,et cep5dant on relve le livre jet t]re1 p>ce que l'criva9 y e/ encore avec t\t son /yle1 et on va plus lo94 ,on ouvre un autre tiroir2 qu'y tr\ve-t-on8 ,,ce ,,que ,l',,on ,,faisait ,,p>is ,,en #ahag4 ,on pr\ve un c]ta9 dplaisir voir un lionceau1 dev5u plus t>d un lion1 jet] gratuitem5t le s>casme et le rire malsants sur les malheurs et les vieillesses des pr9ces qui protgr5t son enfance4 quoi bon ces ridicules po/humes jets en pture au peuple imprial de #ahfb p> l'enfant sublime baptis p> les ,b\rbons d'un autre temps8 quoi bon une page de ,paul-,l\is ,c\ri]1 relie p> mg>de dans un volume de ,hugo8 ,s'il daignait m'c\t]1 je lui dirais3 ,d*irez ce *apitre1 il retombe un peu de cette p\ssire sur votre b]ceau6 ,ne flattez pas ce peuple vos dp5s4 ,v\s avez aim les ,b\rbons qu& ils r5trai5t1 trs-innoc5ts de la campagne d',espagne1 de la dr\te de ,russie1 de l'invasion du monde coalis en #ahad1 p\r disput] la ,france au p>tage de la ,pologne2 n'en r\gissez pas plus que moi6 ,*aque anne du sicle porte ses ncessits avec sa date3 ,l\is ,,xviii et la *>te valai5t un peu mieux que le comit de salut public et la guillot9e en p]man5ce6 ,si le ridicule mordait sur l'aci]1 il fallait en g>d] un peu p\r le #ic de l'vque et du t]rori/e6 ,,iii4 ,de l un autre tiroir s'ouvre1 et celui-l n\s ramne plus directem5t l'action trs-complaisamm5t tudie des romans populaires4 ,victor ,hugo y *\e1 comme il convi5t un gr& tragique d'*\] dans le burlesque4 ,on ne desc5d pas du troisime ciel dans la gu+uette sans y faire un faux pas4 ,e/-ce v\s1 gr& pote lyrique1 d'crire l'pope grotesque de quatre tudiants et de quatre grisettes8 ,laissez faire cela des plumes qui v\s sont mille fois infrieures en scnes de *amp de bataille et de palais1 mais suprieures en scnes de cab>et et de b>rire6 ,balzac1 ce romanci] de c>actre qui surpr5d s\s sa l\pe puissante les ge/es et les dialogues des inf9im5t petits comme des inf9im5t gr&s1 qui n\e des milli]s d'intrigues en une seule intrigue1 qui les dn\e p> un fil qui se casse dans son tissu1 et qui s]ait c5t fois plus comique que ,molire s'il avait ce que v\s avez1 le /yle6 ,laissez cela notre anci5 ami ,eugne ,sue1 qui a tudi les trivialits de la populace t\te sa vie p5dant que v\s tudiiez les mondes dans les toiles6 ,laissez cela ,paul de ,kock et ces criva9s de l'cole des ,bohmes1 qui ont plus de gaiet et d'esprit que v\s1 bi5 qu'ils n'ai5t pas une plume des ailes transc5dantes de votre gnie6--,et flicitez-v\s de n'avoir pas su desc5dre3 ne desc5d pas qui veut6 ,c'e/ la punition des hommes sublimes et qui vol5t1 de ne pas m>*]6--,je me trompe1 un seul homme l'a su dans ,fal/aff4--,mais cet homme tait ,%akspe>e4 ,le ramassis de quolibets1 de calemb\rs1 de vulg>its saugr5ues de cette p>tie c>re qui occupe un ti]s de volume dans les ,misrables1 ne mrite pas qu'on s'y arrte4--,une seule rem>que encore1 c'e/ que ces huit convives1 mles et femelles 7c> on ne peut pas les appel] hommes et femmes71 ont t\s les huit des vices inc>ns dans la dbau*e et dans l'gsme le plus rvoltant4 ,les quatre tudiants se j\5t des quatre sultanes qu'ils ont sduites p>mi les plus jolies filles du peuple1 comme de quatre in/rum5ts de plaisir qu'ils bris5t aprs les avoir corrompues et r5dues mres1 sans se s\ci] seulem5t de leur innoc5ce passe et de leur malheur v5ir4 ,leurs tudes f9ies1 ils complot5t1 comme un t\r de gaiet trs-spirituel1 de leur crire un adieu collectif1 de les laiss] peu prs ivres *ez le re/aurateur de b>rire1 et de p>tir ensemble p\r leurs prov9ces respectives1 sans leur donn] leur adresse4 ,le t\r s'excute2 les quatre jeunes filles1 /upfaites1 re/5t en gage et devi5n5t ce que veut la provid5ce des p>ties c>res1 le has>d s]vi p> la dbau*e4 ,et je v\s donne en quatre aussi dev9] ce que cela pr\ve contre cette socit qui va en pay] les frais dans le roman philosophique de ,victor ,hugo4 ,cela pr\ve que le peuple ne veille pas assez sur ses jolies filles1 et la b\rgeoisie sur ses fils3 c> il e/ vid5t que1 si *acune de ces grisettes avait une g\v]nante1 et *acun de ces jeunes dbau*s un g\v]neur1 comme le veut ,j4-,j4 ,r\sseau dans l'mile1 la socit s]ait inf9im5t mieux compose1 qu'on n'irait pas en p>tie c>re dn] la b>rire1 et que votre fille ne s]ait pas muette6 ,,iv4 ,au second volume1 une scne d'enfant1 ce privilge du tal5t de l'criva91 e/ dess9e avec am\r4 ,sur le seuil d'une aub]ge de campagne1 deux petites filles1 l'une de deux ans1 l'autre de dix-huit mois1 se balanc5t aux rayons du soleil c\*ant sur une esc>polette d'anneaux de f] placs s\s une *>rette2 l'aub]gi/e1 assis sur sa porte1 les b]ce avec une ficelle atta*e sa ma91 et les fait cri] de joie *aque gmissem5t mtallique de l'esc>polette improvise4 ,de la *air fra*e et du f] r\ill1 voil encore une anti?se4 ,c'e/ une de ces scnes faites de ri51 mais dcrites avec la m9utie savante de ,meissonni]1 et vues avec l'oeil d'une mre1 scnes l'aide desquelles ,hugo grave p\r l't]nit dans l'oeil et dans la mmoire de son lecteur une r5contre dont il veut qu'on se s\vi5ne4 ,heureux qui sait pe9dre6 ,cela pr\ve qu'il a s5ti4 ,s\v5ez-v\s de ces v]s dlicieux de d\leur1 dans lesquels le gr& pote p5se sa fille et son g5dre noys dans la ,se9e en se baignant prs de ,r\52 l'une p> imprud5ce1 l'autre p\r ne pas survivre son am\r6--,qui peut oubli] ces c\leurs trempes et dlayes dans des l>mes *audes8 ,a9si e/ en prose la scne de devant l'aub]ge4 ,les deux enfants tai5t l'aub]gi/e4 ,une autre femme1 t\te jeune encore1 s'avanait ce spectacle1 portant un sac de nuit et un autre enfant4 ,v4 ,victor ,hugo1 sr de son p9ceau1 comme ,raphal qu& il r5contre une mre virg9ale et un enfant-,dieu1 ne manque pas de les dcrire4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,l'enfant de cette femme tait un des plus div9s tres qu'on pt voir4 ,c'tait une fille de deux trois ans4 ,elle et pu j\t] avec les deux autres petites p\r la coquett]ie de l'aju/em5t2 elle avait un bavolet de l+e f91 des rubans sa brassire et de la val5ci5nes son bonnet4 ,le pli de sa jupe releve laissait voir sa cuisse blan*e1 potele et f]me4 ,elle tait admirablem5t rose et bi5 portante4 ,la belle petite donnait envie de mordre dans les pommes de ses j\es4 ,on ne p\vait ri5 dire de ses yeux1 s9on qu'ils devai5t tre trs-gr&s et qu'ils avai5t des cils magnifiques4 ,elle dormait4 ,elle dormait de ce sommeil d'absolue confiance propre son ge4 ,les bras des mres sont faits de t5dresse2 les enfants y dorm5t pr(ondm5t4 ,quant la mre1 l'aspect en tait pauvre et tri/e4 ,elle avait la mise d'une ouvrire qui t5d r$ev5ir paysanne4 ,elle tait jeune4 tait-elle belle8 peut-tre2 mais avec cette mise il n'y p>aissait pas4 ,ses *eveux1 d'o s'*appait une m*e blonde1 semblai5t =t pais1 mais disp>aissai5t svrem5t s\s une coiffe de bgu9e1 laide1 s]re1 troite1 et n\e au m5ton4 ,le rire montre les belles d5ts qu& on en a2 mais elle ne riait po9t4 ,ses yeux ne semblai5t pas tre secs depuis trs-longtemps4 ,elle tait ple2 elle avait l'air trs-lasse et un peu malade2 elle reg>dait sa fille endormie dans ses bras avec cet air p>ticuli] d'une mre qui a n\rri son enfant4 ,un l>ge m\*oir bleu comme ceux o se m\*5t les invalides1 pli en fi*u1 masquait l\rdem5t sa taille4 ,elle avait les ma9s hles et t\tes piques de ta*es de r\sseur1 l'index durci et d*iquet p> l'aiguille1 une mante brune de la9e b\rrue1 une robe de toile et de gros s\li]s4 ,c'tait ,fant9e4 ,c'tait ,fant9e1 difficile reconnatre4 ,p\rtant1 l'exam9] att5tivem5t1 elle avait t\j\rs sa beaut4 ,un pli tri/e1 qui ressemblait un comm5cem5t d'ironie1 ridait sa j\e droite4 ,quant sa toilette1 cette ari5ne toilette de m\ssel9e et de rubans qui semblait faite avec de la gaiet1 de la folie et de la musique1 ple9e de grelots et p>fume de lilas1 elle s'tait van\ie comme ces beaux givres clatants qu'on pr5d p\r des diamants au soleil2 ils fond5t et laiss5t la bran*e t\te noire4 ,dix mois s'tai5t c\ls depuis la bonne f>ce4 ,que s'tait-il pass p5dant ces dix mois8 ,on le dev9e4 ,aprs l'ab&on1 la gne4 ,fant9e avait t\t de suite p]du de vue ,fav\rite1 ,zph9e et ,dahlia2 le li5 bris du ct des hommes s'tait dfait du ct des femmes2 on les et bi5 tonnes1 qu9ze j\rs aprs1 si on leur et dit qu'elles tai5t amies2 cela n'avait plus de raison d'tre4 ,fant9e tait re/e seule4 ,le pre de son enfant p>ti1--hlas6 ces ruptures-l sont irrvocables1--elle se tr\va absolum5t isole1 avec l'habitude du travail de mo9s et le gt du plaisir de plus4 ,entrane p> sa liaison avec ,?olomys ddaign] le petit mti] qu'elle savait1 elle avait nglig ses db\*s3 ils s'tai5t f]ms4 ,nulle ress\rce4 ,fant9e savait pe9e lire et ne savait pas crire2 on lui avait seulem5t appris dans son enfance sign] son nom2 elle avait fait crire p> un criva9 public une lettre ,?olomys1 puis une seconde1 puis une troisime4 ,?olomys n'avait pas rpondu4 ,de l misre1 ncessit d'ab&onn] son enfant1 ret\rs de sa p5se v]s son pays natal1 o cep5dant elle n'avait d'autre famille que les noms du pays1 les rues et les portes des maisons4 ,elle emportait son enfant1 sa fille1 esprant la n\rrir1 l'lev] de ses so9s1 de ses l>mes4 ,l'aub]gi/e veut bi5 g>d] l'enfant de ,fant9e en sevrage un prix modr2 l'enfant se nomme ,cosette4 ,fant9e la laisse en pleurant1 s'engage pay] sa p5sion1 s'tablit seule dans sa ville natale1 et y *]*e de l'ouvrage4 ,hlas6 en va94--,voil la premire vritable misre du roman4 ,mais la pe9ture en e/ *>ge de c\leurs mlodramatiques fausses1 p>ce que le mlodrame n'a ri5 de commun avec la nature4 ,au b\t de quelques mois1 on dem&e la p5sion de ,cosette2 la mre c\pe ses *eveux et les v5d p\r pay] un t]me1 puis un autre t]me4 ,elle n'a v5dre que ses deux d5ts de devant1 elle les fait arra*] et re/e enlaidie p\r re/] mre1 etc41 etc43 t\t cela entreml de misre mal motive ou mal am5e4 ,le roman t\rne l'invraisemblance p> l'atroce4 ,l'imag9ation se dfie de l'criva91 elle se dt\rne de ces misres procd et sy/me1 et p> dgt elle ne veut pas croire4 ,la socit1 mme actuelle1 ne r5voie pas l'arra*eur de d5ts une jeune et jolie fille qui porte son enfant au seuil d'un hospice1 et qui1 en acceptant la honte p\r elle1 m5die auprs des lois p\r l'innoc5te crature4 ,il faut l'accus]1 oui1 mais non la calomni]4 ,nul ne le sait mieux que moi1 qui ai tant prote/1 p> mes crits et mes disc\rs1 contre la suppression b>b>e des t\rs1 cette in/itution admirable de dlicatesse1 qui sauve la honte1 au mo9s la vie aux enfants4 ,la publicit du dpt e/ un att5tat la pudeur1 le dsespoir inscrit p]ptuit sur l'enfant1 oui2 mais enf9 le dpt exi/e1 la loi ne l'a pas encore os supprim]4 ,,vi4 ,fant9e se trane dans la misre et *\e la pro/itution la plus abjecte1 corrompue p> la faim dans sa petite ville natale de ,m444 sur ,m444 ,mais ,valjean se retr\ve l s\s un nom qui ca*e son pass3 il a pass dix-neuf ans au bagne1 il s'e/ vad c9q ou six fois1 enf9 il a f9i p> t5t] =tune et p> la gagn] en inv5tant je ne sais quel procd n\veau p\r conomis] la faon sur le noir de jais4 ,il y a recueilli d'normes bnfices4 ,le pays1 qui y gagne aussi1 ne lui m>*&e pas la considration montaire qui suit le succs comm]cial4 ,le roi l'a nomm maire de son pays et *evali] de la ,lgion d'honneur2 il a six c5t mille francs de rs]ve dposs *ez le banqui] libral1 ,m4 ,laffitte4 ,c'tait un impitoyable honnte homme1 dit ,m4 ,hugo2 il dem&ait aux hommes de la bonne volont1 aux femmes des moeurs pures1 t\s de la probit4 ,il avait divis les ateli]s af9 de sp>] les sexes1 et que les filles et les femmes puss5t re/] sages4 ,sur ce po9t il tait inflexible4 ,il s'appelait ma9t5ant le pre ,madele9e2 il employait t\t le monde2 il n'exigeait qu'une *ose3 ,soyez honnte homme6 soyez honnte fille6 ,vritable ,gr&isson du comm]ce et de l'indu/rie1 il tait irrpro*able1 monotone1 pdant et rogue comme lui3 le type des manufacturi]s p>v5us et v]tueux4 ,dans un autre temps1 ,victor ,hugo lui aurait fait reconqurir un haut rang dans la socit p> l'hrosme3 ,valjean se s]ait vad1 aurait pris les armes1 s]ait mont de grade en grade dans un rgim5t ou sur un vaisseau1 aurait fait tant d'exploits qu'il s]ait dev5u un gr& gnral comme ,g>ibaldi1 un av5turi] de lib]t1 un dictateur de peuple1 r5v]sant1 p\r son *ef-d'oeuvre1 le sige d'une religion1 et1 p\r se di/raire1 une demi-d\za9e de trnes6 ,mais1 il faut ici le reconnatre ,m4 ,hugo va *]*] p\r son hros du bagne1 en #ahah1 la considration publique o elle e/1 dans une addition bi5 faite1 dans une =tune acquise s\ p> s\1 en faisant1 p> *>it1 travaill] une multitude d'ouvri]s *a/es et probes1 condition que la j\rne de *acun et de *acune lui rapport]ait lui-mme un bon bnfice6 ,voil la v]tu du manufacturi] ,j4 ,valjean1 la v]tu e/imable et utile de #ahah6 ,,vii4 ,mais voyons p> quel procd de morale trs-peu sociale le digne galri5 tait arriv cet otium cum dignitate de maire de sa commune et de ,petit ,manteau bleu de ,m444 sur ,m444 ,c'e/ ici que la socit e/ v]tem5t semonce p> cet audacieux b&it avant qu'il ait conc\ru p\r le prix ,montyon de son poque1 avant qu'il ait acquis cette v]tu d%onore qui n'a de prix que p>ce qu'elle se ca*e1 et qui n'a de c\ronne que p>ce qu'elle se montre3 ,et fugit ad salices et se cupit ante vid]i6 ,lisez3 ,il faut bi5 que la socit reg>de ces *oses1 puisque c'e/ elle qui les fait6 ,jean ,valjean tait au bagne un ignorant1 mais ce n'tait pas un imbcile4 ,la lumire naturelle tait allume en lui4 ,le malheur1 qui a aussi sa cl>t1 augm5ta le peu de j\r qu'il y avait dans cet esprit4 ,s\s le bton1 s\s la *ane1 au ca*ot1 la fatigue1 s\s l'ard5t soleil du bagne1 sur le lit de plan*es des =ats1 il se replia en sa consci5ce et rfl*it4 ,il se con/itua tribunal4 ,il comm5a p> se jug] lui-mme4 ,il reconnut qu'il n'tait pas un innoc5t inju/em5t puni4 ,il s'av\a qu'il avait commis une action extrme et blmable2 qu'on ne lui et peut-tre pas refus ce pa91 s'il l'avait dem&2 que dans t\s les cas il et mieux valu l'att5dre1 soit de la piti1 soit du travail2 que ce n'e/ pas t\t fait une raison sans rplique de dire3 ,peut-on att5dre qu& on a faim8 ,que d'abord il e/ trs-r>e qu'on meure littralem5t de faim2 ensuite que1 malheureusem5t ou heureusem5t1 l'homme e/ a9si fait qu'il peut s\ffrir longtemps et beauc\p1 moralem5t et physiquem5t1 sans m\rir2 qu'il fallait donc de la pati5ce2 que cela et mieux valu mme p\r ces pauvres petits enfants2 que c'tait un acte de folie1 lui1 malheureux homme *tif1 de pr5dre violemm5t au collet la socit t\t entire et de se figur] qu'on sort de la misre p> le vol2 que c'tait1 dans t\s les cas1 une mauvaise porte p\r sortir de la misre que celle p> o l'on entre dans l'infamie2 enf9 qu'il avait eu tort4 ,puis il se dem&a3 ,s'il tait le seul qui avait eu tort dans sa fatale hi/oire2 si d'abord ce n'tait pas une *ose grave qu'il et1 lui travailleur1 manqu de travail1 lui laborieux1 manqu de pa92 si1 ensuite1 la faute commise et av\e1 le *tim5t n'avait pas t froce et outr2 s'il n'y avait pas plus d'abus de la "p de la loi dans la pe9e qu'il n'y avait eu d'abus de la "p du c\pable dans sa faute2 s'il n'y avait pas excs de poids dans un des plateaux de la balance1 celui o e/ l'expiation2 si la sur*>ge de la pe9e n'tait po9t l'effacem5t du dlit1 et n'arrivait pas ce rsultat de ret\rn] la situation1 de remplac] la faute du dl9quant p> la faute de la rpression1 de faire du c\pable la victime et du dbiteur le cranci]1 et de mettre df9itivem5t le droit du ct de celui-l mme qui l'avait viol2 si cette pe9e1 complique des aggravations successives p\r les t5tatives d'vasion1 ne f9issait pas p> tre une sorte d'att5tat du plus =t sur le plus faible1 un crime de la socit sur l'individu1 un crime qui recomm5ait t\s les j\rs1 un crime qui durait dix-neuf ans4 ,il se dem&a si la socit huma9e p\vait avoir le droit de faire galem5t subir ses membres1 dans un cas son imprvoyance draisonnable1 et dans l'autre cas sa prvoyance impitoyable2 et de saisir jamais un pauvre homme entre un dfaut et un excs1 dfaut de travail1 excs de *tim5t2 ,s'il n'tait pas exorbitant que la socit traitt a9si prcism5t ses membres les plus mal dots dans la rp>tition des bi5s que fait le has>d1 et p> consqu5t les plus dignes de mnagem5ts4 ,ces que/ions faites et rsolues1 il jugea la socit et la condamna4 ,il la condamna sa ha9e4 ,il la fit responsable du sort qu'il subissait1 et se dit qu'il n'hsit]ait peut tre pas lui en dem&] compte un j\r4 ,il se dcl>a lui-mme qu'il n'y avait pas quilibre entre le dommage qu'il avait caus et le dommage qu'on lui causait2 il conclut enf9 que son *tim5t n'tait pas1 la vrit1 une inju/ice1 mais qu' c\p sr c'tait une iniquit4 ,la colre peut tre folle et absurde2 on peut tre irrit tort2 on n'e/ indign que lorsqu'on a raison au fond p> quelque ct4 ,jean ,valjean se s5tait indign4 ,et puis1 la socit huma9e ne lui avait fait que du mal2 jamais il n'avait vu d'elle que ce visage c\rr\c1 qu'elle appelle sa ,ju/ice et qu'elle montre ceux qu'elle frappe4 ,les hommes ne l'avai5t t\* que p\r le meurtrir4 ,t\t contact avec eux lui avait t un c\p4 ,jamais1 depuis son enfance1 depuis sa mre1 depuis sa soeur1 jamais il n'avait r5contr une p>ole amie1 un reg>d bi5veillant4 ,de s\ffrance en s\ffrance il arriva peu peu cette conviction que la vie tait une gu]re1 que dans cette gu]re il tait le va9cu4 ,il n'avait d'autre arme que sa ha9e4 ,il rsolut de l'aiguis] au bagne et de l'emport] en s'en allant4 ,il y avait ,t\lon une cole p\r la *i\rme1 t5ue p> les frres ignorant9s1 o l'on enseignait le plus ncessaire ceux de ces malheureux qui avai5t la bonne volont4 ,il fut du nombre des hommes de bonne volont4 ,il alla l'cole qu>ante ans1 et apprit lire1 crire1 compt]4 ,il s5tit que =tifi] son intellig5ce1 c'tait =tifi] sa ha9e4 ,dans de c]ta9s cas1 l'in/ruction et la lumire peuv5t s]vir de rallonge au mal4 ,cela e/ tri/e dire3 aprs avoir jug la socit qui avait fait son malheur1 il jugea la provid5ce qui avait fait la socit1 et il la condamna aussi4 ,a9si1 p5dant ces dix-neuf ans de torture et d'esclavage1 cette me monta et tomba en mme temps4 ,il y entra de la lumire d'un ct et des tnbres de l'autre4 ,,viii4 ,jean ,valjean n'tait pas1 on l'a vu1 d'une nature mauvaise4 ,il tait encore bon qu& il arriva au bagne4 ,il y condamna la socit et s5tit qu'il dev5ait m*ant2 il y condamna la provid5ce et s5tit qu'il dev5ait impie4 ,ici il e/ difficile de ne pas mdit] un in/ant4 ,la nature huma9e se trans=me-t-elle a9si de fond en comble et t\t fait8 ,l'homme cr bon p> ,dieu peut-il tre fait m*ant p> l'homme8 ,l'me peut-elle tre refaite t\t d'une pice p> la de/9e1 et dev5ir mauvaise1 la de/9e tant mauvaise8 ,le coeur peut-il dev5ir dif=me et contract] des laideurs et des infirmits incurables s\s la pression d'un malheur disproportionn1 comme la colonne v]tbrale s\s une vote trop basse8 ,n'y a-t-il pas dans t\te me huma9e1 n'y avait-il pas dans l'me de ,jean ,valjean en p>ticuli]1 une premire t9celle1 un lm5t div91 incorruptible dans ce monde1 immortel dans l'autre1 que le bi5 peut dvelopp]1 attis]1 allum] et faire rayonn] spl5didem5t1 et que le mal ne peut jamais entirem5t te9dre8 ,que/ions graves et obscures1 la d]nire desquelles t\t physiologi/e et probablem5t rpondu non1 et sans hsit]1 s'il et vu ,t\lon1 aux heures de repos qui tai5t p\r ,jean ,valjean des heures de rv]ie1 assis1 les bras croiss1 sur la b>re de quelque cabe/an1 le b\t de sa *ane enfonc dans sa po*e p\r l'emp*] de tran]1 ce galri5 morne1 srieux1 sil5cieux et p5sif1 p>ia des lois qui reg>dait l'homme avec colre1 damn de la civilisation qui reg>dait le ciel avec svrit4 ,c]tes1 et n\s ne v\lons pas le dissimul]1 le physiologi/e obs]vateur et vu l une misre irrmdiable2 il et pla9t peut-tre ce malade du fait de la loi1 mais il n'et pas mme essay de traitem5t2 il et dt\rn le reg>d des cav]nes qu'il aurait entrevues dans cette me2 et1 comme ,dante de la porte de l'enf]1 il et effac de cette exi/5ce le mot que le doigt de ,dieu a p\rtant crit sur le front de t\t homme3 ,esprance6 ,cet tat de son me que n\s avons t5t d'analys] tait-il aussi p>faitem5t clair p\r ,jean ,valjean que n\s avons essay de le r5dre p\r ceux qui n\s lis5t8 ,jean ,valjean voyait-il di/9ctem5t aprs leur =mation1 et avait-il vu di/9ctem5t mesure qu'ils se =mai5t1 t\s les lm5ts dont se composait sa misre morale8 ,cet homme rude et illettr s'tait-il bi5 nettem5t r5du compte de la succession d'ides p> laquelle il tait1 degr degr1 mont et desc5du jusqu'aux lugubres aspects qui tai5t depuis tant d'annes dj l'horizon intrieur de son esprit8 ,avait-il bi5 consci5ce de t\t ce qui s'tait pass en lui et de t\t ce qui s'y remuait8 ,c'e/ ce que n\s n'os]ions dire2 c'e/ mme ce que n\s ne croyons pas4 ,il y avait trop d'ignorance dans ce ,jean ,valjean p\r que1 mme aprs tant de ce malheur1 il n'y re/t pas beauc\p de vague4 ,p> mom5ts il ne savait pas mme bi5 au ju/e ce qu'il pr\vait4 ,jean ,valjean tait dans les tnbres2 il s\ffrait dans les tnbres2 il hassait dans les tnbres2 on et pu dire qu'il naissait devant lui4 ,il vivait habituellem5t dans cette ombre1 ttonnant comme un aveugle et comme un rveur4 ,seulem5t1 p> int]valles1 il lui v5ait t\t c\p1 de lui-mme et du dehors1 une sec\sse de colre1 un surcrot de s\ffrance1 un ple et rapide clair qui illum9ait t\te son me1 et faisait brusquem5t app>atre p>t\t aut\r de lui1 en avant et en arrire1 aux lueurs d'une lumire affreuse1 les hideux prcipices et les sombres p]spectives de sa de/9e4 ,l'clair pass1 la nuit retombait1 et o tait-il8 ,il ne le savait plus4 ,le propre des pe9es de cette nature1 dans lesquelles dom9e ce qui e/ impitoyable1 c'e/--dire ce qui e/ abrutissant1 c'e/ de trans=m] peu peu1 p> une sorte de transfiguration /upide1 un homme en bte fauve1 quelquefois en bte froce4 ,les t5tatives d'vasion de ,jean ,valjean1 successives et ob/9es1 suffirai5t pr\v] cet trange travail fait p> la loi sur l'me huma9e4 ,jean ,valjean et r5\vel ces t5tatives1 si p>faitem5t inutiles et folles1 autant de fois que l'occasion s'en ft prs5te1 sans song] un in/ant au rsultat1 ni aux expri5ces dj faites4 ,il s'*appait imptueusem5t comme le l\p qui tr\ve la cage ouv]te4 ,l'in/9ct lui disait3 ,sauve-toi6 ,le raisonnem5t lui et dit3 ,re/e6 ,mais1 devant une t5tation si viol5te1 le raisonnem5t avait disp>u2 il n'y avait plus que l'in/9ct4 ,la bte seule agissait4 ,qu& il tait repris1 les n\velles svrits qu'on lui infligeait ne s]vai5t qu' l'eff>] davantage4 ,,ix4 ,un dtail que n\s ne devons pas omettre1 c'e/ qu'il tait d'une =ce physique dont n'appro*ait pas un des habitants du bagne4 la fatigue1 p\r fil] un cble1 p\r tir] un cabe/an1 ,jean ,valjean valait quatre hommes4 ,il s\levait et s\t5ait p>fois d'normes poids sur son dos1 et remplaait dans l'occasion cet in/rum5t qu'on appelle cric et qu'on appelait jadis orgueil1 d'o a pris nom1 soit dit en passant1 la rue ,montorgueil prs des halles de ,p>is4 ,ses cam>ades l'avai5t surnomm ,jean-le-,cric4 ,une fois1 comme on rp>ait le balcon de l'htel de ville de ,t\lon1 une des admirables c>iatides de ,puget qui s\ti5n5t ce balcon se descella et faillit tomb]4 ,jean ,valjean1 qui se tr\vait l1 s\t9t de l'paule la c>iatide et donna le temps aux ouvri]s d'arriv]4 ,sa s\plesse dpassait encore sa vigueur4 ,c]ta9s =ats1 rveurs p]ptuels d'vasions1 f9iss5t p> faire de la =ce et de l'adresse comb9es une vritable sci5ce4 ,c'e/ la sci5ce des muscles1 t\te une /atique my/rieuse et quotidi5nem5t pratique p> les prisonni]s1 ces t]nels envieux des m\*es et des oiseaux4 ,gravir une v]ticale1 et tr\v] des po9ts d'appui l o l'on voit pe9e une saillie1 tait un jeu p\r ,jean ,valjean4 tant donn un angle de mur1 avec la t5sion de son dos et de ses j>rets1 avec ses c\des et ses talons embots dans les asprits de la pi]re1 il se hissait comme magiquem5t un troisime tage4 ,quelquefois il montait a9si jusqu'au toit du bagne4 ,il p>lait peu4 ,il ne riait pas4 ,il fallait quelque motion extrme p\r lui arra*]1 une ou deux fois l'an1 ce lugubre rire du =at qui e/ comme un *o du rire du dmon4 le voir1 il semblait occup reg>d] cont9uellem5t quelque *ose de t]rible4 ,x4 ,il tait absorb1 en effet4 trav]s les p]ceptions maladives d'une nature incomplte et d'une intellig5ce accable1 il s5tait confusm5t qu'une *ose mon/rueuse tait sur lui4 ,dans cette pnombre obscure et blaf>de o il rampait1 *aque fois qu'il t\rnait le c\ et qu'il essayait d'lev] son reg>d1 il voyait avec une t]reur mle de rage s'*afaud]1 s'tag] et mont] p]te de vue au-dessus de lui1 avec ses esc>pem5ts horribles1 une sorte d'entassem5t effrayant de *oses1 de lois1 de prjugs1 d'hommes et de faits1 dont les cont\rs lui *appai5t1 dont la masse l'p\vantait1 et qui n'tait autre *ose que cette prodigieuse pyramide que n\s appelons la civilisation4 ,il di/+uait et l dans cet ensemble f\rmillant et dif=me1 tantt prs de lui1 tantt lo9 et sur des plateaux inaccessibles1 quelque gr\pe1 quelque dtail vivem5t clair3 ici l'arg\s9 avec son bton1 ici le g5d>me et son sabre1 l-bas l'ar*evque mitr1 t\t en haut1 dans une sorte de soleil1 l'emp]eur c\ronn et bl\issant4 ,il lui semblait que ces spl5deurs lo9ta9es1 lo9 de dissip] sa nuit1 la r5dai5t plus funbre et plus noire4 ,t\t cela1 lois1 prjugs1 faits1 hommes1 *oses1 allait et v5ait au-dessus de lui1 selon le m\vem5t compliqu et my/rieux que ,dieu imprime la civilisation1 m>*ant sur lui et l'crasant avec je ne sais quoi de paisible dans la cruaut et d'inexorable dans l'indiffr5ce4 mes tombes au fond de l'in=tune possible1 malheureux hommes p]dus au plus bas de ces limbes o l'on ne reg>de plus1 les rpr\vs de la loi s5t5t pes] de t\t son poids sur leur tte cette socit huma9e1 si =midable p\r qui e/ dehors1 si effroyable p\r qui e/ dess\s4 ,dans cette situation1 ,jean ,valjean songeait1 et quelle p\vait tre la nature de sa rv]ie8 ,si le gra9 de mil s\s la meule avait des p5ses1 il p5s]ait sans d\te ce que p5sait ,jean ,valjean4 ,t\tes ces *oses1 ralits ple9es de spectres1 fantasmagories ple9es de ralits1 avai5t f9i p> lui crer une sorte d'tat intrieur presque inexprimable4 ,,xi4 ,p> mom5ts1 au milieu de son travail du bagne1 il s'arrtait4 ,il se mettait p5s]4 ,sa raison1 la fois plus mre et plus tr\ble qu'autrefois1 se rvoltait4 ,t\t ce qui lui tait arriv lui p>aissait absurde2 t\t ce qui l'ent\rait lui p>aissait impossible4 ,il se disait3 ,c'e/ un rve4 ,il reg>dait l'arg\s9 deb\t quelques pas de lui2 l'arg\s9 lui semblait un fantme2 t\t c\p le fantme lui donnait un c\p de bton4 ,la nature visible exi/ait pe9e p\r lui4 ,il s]ait presque vrai de dire qu'il n'y avait po9t p\r ,jean ,valjean de soleil1 ni de beaux j\rs d't1 ni de ciel rayonnant1 ni de fra*es aubes d'avril4 ,je ne sais quel j\r de s\pirail clairait habituellem5t son me4 ,p\r rsum] en t]m9ant ce qui peut tre rsum et traduit en rsultats positifs dans t\t ce que n\s v5ons d'indiqu]1 n\s n\s born]ons con/at] qu'en dix-neuf ans1 ,jean ,valjean1 l'in(f5sif mondeur de ,fav]olles1 le r$\table galri5 de ,t\lon1 tait dev5u capable1 grce la manire dont le bagne l'avait faonn1 de deux espces de mauvaises actions3 premirem5t1 d'une mauvaise action rapide1 irrfl*ie1 ple9e d't\rdissem5t1 t\te d'in/9ct1 sorte de reprsailles p\r le mal s\ff]t2 deuximem5t1 d'une mauvaise action grave1 srieuse1 dbattue en consci5ce et mdite avec les ides fausses que peut donn] un p>eil malheur4 ,ses prmditations passai5t p> les trois phases successives que les natures d'une c]ta9e trempe peuv5t seules p>c\rir1 raisonnem5t1 volont1 ob/9ation4 ,il avait p\r mobile l'indignation habituelle1 l'am]tume de l'me1 le pr(ond s5tim5t des iniquits subies1 la raction1 mme contre les bons1 les innoc5ts et les ju/es1 s'il y en a4 ,le po9t de d"p comme le po9t d'arrive de t\tes ses p5ses tait la ha9e de la loi huma9e2 cette ha9e qui1 si elle n'e/ arrte dans son dveloppem5t p> quelque incid5t provid5tiel1 devi5t1 dans un temps donn1 la ha9e de la socit1 puis la ha9e du g5re huma91 puis la ha9e de la cration1 et se traduit p> un vague et incessant et brutal dsir de nuire1 n'importe qui1 un tre vivant quelconque4--,comme on voit1 ce n'tait pas sans raison que le passe-port qualifiait ,jean ,valjean d'homme trs-dang]eux4 ,d'anne en anne1 cette me s'tait dess*e de plus en plus1 l5tem5t1 mais fatalem5t4 coeur sec1 oeil sec4 sa sortie du bagne1 il y avait dix-neuf ans qu'il n'avait v]s une l>me4 ,,xii4 ,l',,onde ,,et ,l',,ombre4 ,un homme la m]6 ,qu'importe6 le navire ne s'arrte pas4 ,le v5t s\ffle1 ce sombre navire-l a une r\te qu'il e/ =c de cont9u]4 ,il passe4 ,l'homme disp>at1 puis rep>at1 il plonge et remonte la surface1 il appelle1 il t5d les bras1 on ne l'ent5d pas2 le navire frissonnant s\s l'ouragan et t\t la manoeuvre1 les matelots et les passag]s ne voi5t mme plus l'homme subm]g2 sa misrable tte n'e/ qu'un po9t dans l'normit des vagues4 ,il jette des cris dsesprs dans les pr(ondeurs4 ,quel spectre que cette voile qui s'en va6 ,il la reg>de1 il la reg>de frntiquem5t4 ,elle s'loigne1 elle blmit1 elle dcrot4 ,il tait l t\t l'heure1 il tait de l'quipage1 il allait et v5ait sur le pont avec les autres1 il avait sa "p de respiration et de soleil1 il tait un vivant4 ,ma9t5ant1 que s'e/-il donc pass8 ,il a gliss1 il e/ tomb1 c'e/ f9i4 ,il e/ dans l'eau mon/rueuse4 ,il n'a plus s\s les pi$s que de la fuite et de l'cr\lem5t4 ,les flots d*irs et d*iquets p> le v5t l'environn5t hideusem5t1 les r\lis de l'abme l'emport5t1 t\s les haillons de l'eau s'agit5t aut\r de sa tte1 une populace de vagues cra*e sur lui1 de confuses ouv]tures le dvor5t demi2 *aque fois qu'il enfonce1 il entrevoit des prcipices ple9s de nuit2 d'affreuses vgtations inconnues le saisiss5t1 lui n\5t les pi$s1 le tir5t elles2 il s5t qu'il devi5t abme1 il fait p>tie de l'cume1 les flots se le jett5t de l'un l'autre1 il boit l'am]tume1 l'ocan l*e s'a*>ne le noy]1 l'normit j\e avec son agonie4 ,il semble que t\te cette eau soit de la ha9e4 ,il lutte p\rtant4 ,il essaye de se df5dre1 il essaye de se s\t5ir1 il fait ef=t1 il nage4 ,lui1 cette pauvre =ce t\t de suite puise1 il combat l'9puisable4 ,o donc e/ le navire8 ,l-bas4 pe9e visible dans les ples tnbres de l'horizon4 ,les rafales s\ffl5t2 t\tes les cumes l'accabl5t4 ,il lve les yeux et ne voit que les lividits des nuages4 ,il assi/e1 agonisant1 l'imm5se dm5ce de la m]4 ,il e/ supplici p> cette folie4 ,il ent5d des bruits trang]s l'homme qui sembl5t v5ir d'au-del de la t]re et d'on ne sait quel dehors effrayant4 ,il y a des oiseaux dans les nues1 de mme qu'il y a des anges au-dessus des dtresses huma9es1 mais que peuv5t-ils p\r lui8 ,cela vole1 *ante et plane1 et lui1 il rle4 ,il se s5t enseveli la fois p> ces deux inf9is1 l'ocan et le ciel2 l'un e/ une tombe1 l'autre e/ un l9ceul4 ,la nuit desc5d1 voil des heures qu'il nage1 ses =ces sont b\t2 le navire1 cette *ose lo9ta9e o il y avait des hommes1 s'e/ effac2 il e/ seul dans le =midable g\ffre crpusculaire1 il enfonce1 il se roidit1 il se tord2 il s5t au-dess\s de lui les vagues mon/res de l'invisible2 il appelle4 ,il n'y a plus d'hommes4 ,o e/ ,dieu8 ,il appelle4 ,quelqu'un6 quelqu'un6 ,il appelle t\j\rs4 ,ri5 l'horizon4 ,ri5 au ciel4 ,il implore l't5due1 la vague1 l'algue1 l'cueil2 cela e/ s\rd4 ,il supplie la tempte2 la tempte imp]turbable n'obx qu' l'inf9i4 ,aut\r de lui l'obscurit1 la brume1 la solitude1 le tumulte orageux et inconsci5t1 le plissem5t indf9i des eaux f>\*es4 ,en lui l'horreur de la fatigue4 ,s\s lui la *ute4 ,pas de po9t d'appui4 ,il songe aux av5tures tnbreuses du cadavre dans l'ombre illimite4 ,le froid sans fond le p>alyse4 ,ses ma9s se crisp5t et se f]m5t et pr5n5t du nant4 ,v5ts1 nues1 t\rbillons1 s\ffles1 toiles inutiles6 ,que faire8 ,le dsespr s'ab&onne1 qui e/ las pr5d le p>ti de m\rir1 il se laisse faire1 il se laisse all]1 il l*e prise1 et le voil qui r\le jamais dans les pr(ondeurs lugubres de l'engl\tissem5t4 ,,xiii4 m>*e implacable des socits huma9es6 ,p]tes d'hommes et d'mes *em9 faisant6 ,ocan o tombe t\t ce que laisse tomb] la loi6 ,disp>ition s9i/re du sec\rs6 mort morale6 ,la m]1 c'e/ l'inexorable nuit sociale o la pnalit jette ses damns4 ,la m]1 c'e/ l'imm5se misre4 ,l'me1 vau-l'eau dans ce g\ffre1 peut dev5ir un cadavre4 ,qui la ressuscit]a8 7,une des plus belles pages de la langue que n\s p>lons67 ,,xiv4 ,ai-je beso9 de not] le sophisme au milieu de ce ple-mle bl\issant de vrits et d'erreurs1 o l'homme c\pable se croit le droit de conclure la condamnation de cette pauvre socit1 et le droit de har l'homme social p>ce qu'il ne se s5t pas capable d'tre assez libre si la socit ne lui fait pas place p\r le droit qu'il rve et p\r l'indp5dance qu'il convoite8 ,il y aurait un *apitre p> mot crire p\r rfut] le =at2 ,m4 ,hugo l'a rfut1 mais en l'excutant4 ,l'objection re/e dans sa =ce et surt\t dans sa sduction p> le tal5t du raisonnem5t4 ,la socit baisse la tte devant l'audacieux =at4 ,mais ai-je beso9 de not] surt\t cette admirable page qui rsume t\t dans ce *apitre3 ,un homme la m]8 ,ni ,j4-,j4 ,r\sseau1 ni ,lam5nais1 n'ont jamais crit de ce /yle4 ,cette longue image de quatre pages vaut t\t un livre4 ,c'e/ la voix de l'abme6 ,c'e/ l'agonie du dsespoir sur qui pse un monde1 et qui un pote sublime a donn une langue semblable celle de ,job lui-mme3 la langue du gra9 de sable p5sant p]du dans le monceau des hommes1 des ds]ts et des eaux4 ,il faut tre pote p\r s5tir ce *apitre1 mais il faut tre plus que pote p\r l'avoir crit4 ,ici et ailleurs1 lorsque ,victor ,hugo dpe9t l'homme1 il inv5te une langue surhuma9e p\r hurl] les lam5tations de l'humanit4 ,,xv4 ,rev5ons ,valjean1 bon citoy51 bon comm]ant1 bon magi/rat1 et qui comm5ce s5tir le prix d'une socit qui lui g>antit les fruits du travail1 la lib]t et la concurr5ce1 l'inviolabilit des banques1 ces rs]voirs et ces dpts du capital2 t\tes ces v]tus qui la compos5t t\t entire aux yeux de l'indu/riel enri*i4 ,p> une srie de cata/rophes et de vicissitudes facilem5t comb9es1 ,valjean v]tueux f9it p> connatre1 pla9dre et protg] ,fant9e4 ,elle meurt dans ses bras1 elle lui lgue ,cosette1 cette enfant ab&onne p> =ce dans l'aub]ge des ,?n>di]4 ,ceux-ci refus5t longtemps de la r5dre1 ds qu'ils sav5t que ,jean ,valjean ou ,m4 ,madele9e dsire la ra*et] d'eux3 faire *ant] la nature1 c'e/ le *ef-d'oeuvre des av>es et des sclrats1 c'e/ la "q donne aux coeurs d'une mre et d'un pre4 ,ces ,?n>di] sont des demi-coqu9s1 introduits comme ma*9e drame dans le roman4 ,ils suiv5t les armes de l',empire1 comme des corbeaux1 p\r dp\ill] les morts4 ,wat]loo1 ils ont fait une ri*e moisson2 ils ont recrut un vieux colonel de l',empire van\i1 en lui enlevant ses habits4 ,le colonel s'imag9e qu'il leur doit la vie4 ,il le dit son fils plus t>d1 et lui fait promettre de sauv] un j\r ses sauveurs1 s'il vi5t les dc\vrir jamais4 ,notez ceci dans votre mmoire1 c> c'e/ le deus ex ma*9a de la pice4 ,cela donne lieu des scnes peu vraisemblables1 tires p> les *eveux1 mais dramatiques et dignes d'un gr& matre de l>mes1 p> le pa?tique des situations et p> la navet des am\rs qui en sont la suite4 ,passez l'invraisemblable ,j4-,j4 ,r\sseau ou ,victor ,hugo1 v\s n'avez plus que des *efs-d'oeuvre4 ,,xvi4 ,en att5dant1 l'envie1 curieuse de sa nature1 comm5ce suspect] la s\rce des ri*esses de ce philan?rope inconnu et maladroit1 qui1 en effet1 e/ lo9 d'tre pure2 c> l'arg5t]ie drobe l'vque de gr ou de =ce1 et la pice de qu>ante s\s arra*e p> viol5ce au pauvre enfant1 sont deux mauvaises pi]res angulaires de cette =tune quivoque4 ,on peut purifi] un fleuve son emb\*ure1 on ne le sanctifie pas sa s\rce4 ,le doigt de la ,provid5ce comm5ce se montr] dans l'ombre s\s les traits d'un has>d4 ,un p]sonnage t\t fait fanta/ique1 un ag5t de la police1 nomm ,jav]t1 homme droit comme l'clair dans son b1 s]p5tant comme lui dans ses moy5s1 f]me dans son devoir comme la consci5ce1 anci5 g>de-*i\rme1 *asseur de btes fauves p\r en df5dre la socit1 a cru reconnatre dans ,valjean1 qu'on lui a signal1 un anci5 =at de sa connaissance ,t\lon2 il le dnonce ,p>is1 l'autorit protectrice des honntes g5s4 ,mais1 au mom5t o ,jav]t vi5t p\r s'claircir et s'assur] de lui1 il croit reconnatre son erreur1 et la confesse honntem5t et fran*em5t au maire ,madele9e1 en lui dem&ant p>don4 ,ce qui lui fait croire qu'il se trompe et qu'il doit rp>ation ce brave philan?rope enri*i1 c'e/ l'arre/ation inop9e d'un autre =at1 vieux gibi] abruti de c\r d'assises1 un nomm ,*ampma?ieu1 qui a vol des pommes dans le pays4 ,ce ,*ampma?ieu1 victime d'inexplicables ressemblances de nom et de de/9es avec ,jean ,valjean1 ne sait se df5dre qu'en rptant satit qu'il e/ ,*ampma?ieu4 ,cette ob/9ation le fait p>atre d'autant plus c\pable4 ,on va le jug] le surl5dema94 ,fant9e meurt dans la nuit2 cette mort jette plus de dsordre encore dans la tte de ,m4 ,madele9e4 ,,xvii4 ,ici s'ouvre une des plus belles angoisses de consci5ce qu'il ait jamais t donn l'homme de concevoir et d'crire4 ,un criva9 digne d'tre le secrtaire de la consci5ce p\vait seul l'inv5t] et l'crire4 ,c'e/ vritablem5t l'hrosme de la v]tu1 le m>tyre ncessaire1 mais mortel1 de t\t ce qui e/ huma9 dans l'homme1 contre t\t ce qui e/ div91 la vrit1 aux dp5s de la vie4 ,la "q sacre donne l'homme p> lui-mme1 l'aveu cote que cote arra* la nature huma9e p> l'homme lui-mme1 le triomphe de la confession devant ,dieu1 avec la pnit5ce devant les hommes6 ,c'e/ sublime6 ,mais comm5t ce *ef-d'oeuvre de v]tu huma9e e/-il rs]v un aussi vil sclrat que ce ,valjean8 ,o aurait-il pris cette lumire intrieure p>faite1 cette ju/esse infaillible1 cette dlicatesse de sa9tet qui surgiss5t t\t c\p en lui1 comme la fleur surgit du fumi]1 p\r se f\droy] lui-mme1 s'(frir en holocau/e p\r un misrable fltri d'avance1 et p\r s'cri] de sang-froid devant le jury1 et devant ,dieu1 et devant ses concitoy5s1 dont la considration se *ange en excration3 ,c'e/ moi qui suis le =at6 ce =at hauta91 ce =at rcidivi/e6 ,rel*ez cet homme et en*anez-moi4 ,suicide de son honneur1 ,m4 ,madele9e a fait plus difficile et plus beau que le suicide de ,brutus6 ,mais il faut lire cette scne1 crite comme elle e/ p5se1 dans le roman1 ici trois fois v]tueux1 de ,victor ,hugo4 ,encore une fois1 lisez4 ,valjean se hte v]s la pe9e comme un autre se hte p\r fuir l'*afaud3 il arrive au mom5t o l'in=tun ,*ampma?ieu e/ conva9cu p> son idiotisme d'tre ,jean ,valjean4 ,il hsite entr] dans le prtoire1 il reg>de le loquet et la porte d]rire laquelle e/ son t]nelle infamie2 il recule1 prs de faiblir4 ,qu'e/-ce qui m'y oblige8 se dit-il1 mot sublime de c>actre1 rpondu dans sa consci5ce p> un mot plus sublime encore3 ,,dieu6 il entre1 il e/ accueilli p> les g>ds et le respect du prsid5t1 des jurs1 de l'auditoire4 ,,xviii4 ,lisez1 lisez t\tes ces pages1 et surt\t celles de son voyage p\r arriv] temps3 *em9 de croix des ju/es6 ,mais1 encore une fois1 p\rquoi cette sa9tet dans ce sclrat de nature et dans ce s\rnois de v]tu1 ce ,jean ,valjean8 ,e/-ce que v\s ne p\viez pas rs]v] un homme clair d'en haut et fran*em5t v]tueux ce rle impossible dans un b&it1 qui ne sait pas mme le nom de consci5ce2 qui ne fait que rum9]1 assass9]1 vol]1 p>ad]1 gagn] de l'arg5t et affi*] l'hypocrisie de la probit utile8 ,e/-ce qu'un p>adoxe de plus tait indisp5sable p\r donn] l'app>5ce du sophisme la v]tu mme8 ,comme cela et t plus beau1 si cela p\vait tre plus vrai6 ,mais l'incrdulit p\rsuit le lecteur comme un remords1 mme en admirant6 ,et cep5dant lisez1 encore une fois lisez6 ,c'e/ un *apitre de la mort de ,socrate1 quelque *ose d'hroque4 ,,xix4 ,c'tait lui1 en effet4 ,la lampe du greffi] clairait son visage4 ,il t5ait son *apeau la ma91 il n'y avait aucun dsordre dans ses vtem5ts1 sa r$+ote tait b\tonne avec so94 ,il tait trs-ple1 et il tremblait lgrem5t4 ,ses *eveux1 gris encore au mom5t de son arrive ,arras1 tait ma9t5ant t\t fait blancs4 ,ils avai5t blan*i depuis une heure qu'il tait l4 ,t\tes les ttes se dressr5t4 ,la s5sation fut indescriptible4 ,il y eut dans l'auditoire un in/ant d'hsitation4 ,la voix avait t si poignante1 l'homme qui tait l p>aissait si calme1 qu'au premi] abord on ne comprit pas4 ,on se dem&a qui avait cri4 ,on ne p\vait croire que ce ft cet homme qui et jet ce cri effrayant4 ,cette indcision ne dura que quelques secondes4 ,avant mme que le prsid5t et l'avocat gnral euss5t pu dire un mot1 avant que les g5d>mes et les huissi]s euss5t pu faire un ge/e1 l'homme que t\s appelai5t encore en ce mom5t ,m4 ,madele9e s'tait avanc v]s les tmo9s ,co*epaille1 ,brevet et ,*5ildieu4 --,v\s ne me reconnaissez pas8 dit-il4 ,t\s trois demeurr5t int]dits et indiqur5t p> un signe de tte qu'ils ne le connaissai5t po9t4 ,co*epaille intimid fit le salut militaire4 ,m4 ,madele9e se t\rna v]s les jurs et v]s la c\r1 et dit d'une voix d\ce3 --,messieurs les jurs1 faites rel*] l'accus4 ,monsieur le prsid5t1 faites-moi arrt]4 ,l'homme que v\s *]*ez1 ce n'e/ pas lui1 c'e/ moi4 ,je suis ,jean ,valjean4 ,pas une b\*e ne respirait4 la premire commotion de l'tonnem5t avait succd un sil5ce de spulcre4 ,on s5tait dans la salle cette espce de t]reur religieuse qui saisit la f\le lorsque quelque *ose de gr& s'accomplit4 ,cep5dant le visage du prsid5t s'tait empre9t de sympa?ie et de tri/esse2 il avait *ang un signe rapide avec l'avocat gnral et quelques p>oles voix basse avec les conseill]s assesseurs4 ,il s'adressa au public et dem&a avec un acc5t qui fut compris de t\s3 --,y a-t-il un mdec9 ici8 ,l'avocat gnral prit la p>ole3 ,messieurs les jurs1 l'incid5t si trange et si inatt5du qui tr\ble l'audi5ce ne n\s inspire1 a9si qu' v\s1 qu'un s5tim5t que n\s n'avons pas beso9 d'exprim]4 ,v\s connaissez t\s1 au mo9s de rputation1 l'honorable ,m4 ,madele9e1 maire de ,m4-sur-,m4 ,s'il y a un mdec9 dans l'auditoire1 n\s n\s joignons ,m4 le prsid5t p\r le pri] de v\loir bi5 assi/] monsieur ,madele9e et le reconduire sa demeure4 ,m4 ,madele9e ne laissa po9t a*ev] l'avocat gnral4 ,il l'int]rompit d'un acc5t ple9 de mansutude et d'autorit4 ,voici les p>oles qu'il pronona2 les voici littralem5t1 telles qu'elles fur5t crites immdiatem5t aprs l'audi5ce p> un des tmo9s de cette scne1 telles qu'elles sont encore dans l'oreille de ceux qui les ont ent5dues1 il y a prs de qu>ante ans auj\rd'hui3 --,je v\s rem]cie1 monsieur l'avocat gnral1 mais je ne suis pas f\4 ,v\s allez voir4 ,v\s tiez sur le po9t de commettre une gr&e erreur2 l*ez cet homme2 j'accomplis un devoir1 je suis ce malheureux condamn4 ,je suis le seul qui voie clair ici1 et je v\s dis la vrit4 ,ce que je fais en ce mom5t1 ,dieu1 qui e/ l-haut1 le reg>de1 et cela suffit4 ,v\s p\vez me pr5dre1 puisque me voil4 ,j'avais p\rtant fait de mon mieux4 ,je me suis ca* s\s un nom2 je suis dev5u ri*e1 je suis dev5u maire2 j'ai v\lu r5tr] p>mi les honntes g5s4 ,il p>at que cela ne se peut pas4 ,enf91 il y a bi5 des *oses que je ne puis pas dire1 je ne vais pas v\s racont] ma vie1 un j\r on saura4 ,j'ai vol monseigneur l'vque1 cela e/ vrai2 j'ai vol ,petit-,g]vais1 cela e/ vrai4 ,on a eu raison de v\s dire que ,jean ,valjean tait un malheureux trs-m*ant3 t\te la faute n'e/ peut-tre pas lui4 c\tez1 messieurs les juges1 un homme aussi abaiss que moi n'a pas de remontrance faire la ,provid5ce ni de conseils donn] la socit2 mais1 voyez-v\s1 l'infamie d'o j'avais essay de sortir e/ une *ose nuisible4 ,les galres font le galri54 ,recueillez cela1 si v\s v\lez4 ,avant le bagne1 j'tais un pauvre paysan1 trs-peu intellig5t1 un espce d'idiot2 le bagne m'a *ang4 ,j'tais /upide1 je suis dev5u m*ant2 j'tais b*e1 je suis dev5u tison4 ,plus t>d l'indulg5ce et la bont m'ont sauv1 comme la svrit m'avait p]du4 ,mais1 p>don1 v\s ne p\vez pas compr5dre ce que je dis l4 ,v\s tr\v]ez *ez moi1 dans les c5dres de la *em9e1 la pice de qu>ante s\s que j'ai vole il y a sept ans ,petit-,g]vais4 ,je n'ai plus ri5 aj\t]4 ,pr5ez-moi4 ,mon ,dieu6 monsieur l'avocat gnral remue la tte1 v\s dites3 ,m4 ,madele9e e/ dev5u f\2 v\s ne me croyez pas6 ,voil qui e/ affligeant4 ,n'allez po9t condamn] cet homme1 au mo9s6 ,quoi6 ceux-ci ne me reconnaiss5t pas6 ,je v\drais que ,jav]t ft ici2 il me reconnatrait1 lui6 ,ri5 ne p\rrait r5dre ce qu'il y avait de mlancolie bi5veillante et sombre dans l'acc5t qui accompagnait ces p>oles4 ,il se t\rna v]s les trois =ats3 --,eh bi51 je v\s reconnais1 moi6 ,brevet6 v\s rappelez-v\s8444 ,il s'int]rompit1 hsita un mom5t1 et dit3 --,te rappelles-tu ces bretelles en tricot dami] que tu avais au bagne8 ,brevet eut comme une sec\sse de surprise et le reg>da de la tte aux pi$s d'un air effray4 ,lui cont9ua3 --,*5ildieu1 qui te surnommais toi-mme ,je-nie-,dieu1 tu z t\te l'paule droite brle pr(ondm5t1 p>ce que tu t'es c\* un j\r l'paule sur un r*aud ple9 de braise1 p\r effac] les trois lettres ,t4 ,f4 ,p41 qu'on y voit t\j\rs cep5dant4 ,rponds1 e/-ce vrai8 --,c'e/ vrai1 dit ,*5ildieu4 ,il s'adressa ,co*epaille3 --,co*epaille1 tu z prs de la saigne du bras gau*e une date grave en lettres bleues avec de la p\dre brle4 ,cette date1 c'e/ celle du db>quem5t de l'emp]eur ,cannes1 #a;er m>s #ahae4 ,relve ta man*e4 ,co*epaille releva sa man*e1 t\s les reg>ds se p5*r5t aut\r de lui sur son bras nu4 ,un g5d>me appro*a une lampe2 la date y tait4 ,le malheureux homme se t\rna v]s l'auditoire et v]s les juges avec un s\rire dont ceux qui l'ont vu sont encore navrs lorsqu'ils y song5t4 ,c'tait le s\rire du triomphe1 c'tait aussi le s\rire du dsespoir4 --,v\s voyez bi51 dit-il1 que je suis ,jean ,valjean4 ,il n'y avait plus dans cette ence9te ni juges1 ni accusateur1 ni g5d>mes2 il n'y avait que des yeux fixes et des coeurs mus4 ,p]sonne ne se rappelait le rle que *acun p\vait avoir j\]2 l'avocat gnral oubliait qu'il tait l p\r requrir1 le prsid5t qu'il tait l p\r prsid]1 le df5seur qu'il tait l p\r df5dre4 ,*ose frappante1 aucune "q ne fut faite1 aucune autorit n'int]v9t4 ,le propre des spectacles sublimes1 c'e/ de pr5dre t\tes les mes et de faire de t\s les tmo9s des spectateurs4 ,aucun peut-tre ne se r5dait compte de ce qu'il pr\vait2 aucun1 sans d\te1 ne se disait qu'il voyait respl5dir l une gr&e lumire2 t\s intrieurem5t se s5tai5t bl\is4 ,il tait vid5t qu'on avait s\s les yeux ,jean ,valjean4 ,cela rayonnait4 ,l'app>ition de cet homme avait suffi p\r remplir de cl>t cette av5ture si obscure le mom5t d'aup>avant4 ,sans qu'il ft beso9 d'aucune explication dsormais1 t\te cette f\le1 comme p> une sorte de rvlation lectrique1 comprit t\t de suite et d'un seul c\p d'oeil cette simple et magnifique hi/oire d'un homme qui se livrait p\r qu'un autre homme ne ft pas condamn sa place4 ,les dtails1 les hsitations1 les petites rsi/ances possibles1 se p]dir5t dans ce va/e fait lum9eux4 ,impression qui passa vite1 mais qui dans l'in/ant fut irrsi/ible4 --,je ne veux pas drang] davantage l'audi5ce1 reprit ,jean ,valjean4 ,je m'en vais1 puisqu'on ne m'arrte pas4 ,j'ai plusieurs *oses faire4 ,monsieur l'avocat gnral sait qui je suis1 il sait o je vais1 il me f]a arrt] qu& il v\dra4 ,il se dirigea v]s la porte de sortie4 ,pas une voix ne s'leva1 pas un bras ne s't5dit p\r l'emp*]4 ,t\s s'c>tr5t4 ,il avait en ce mom5t ce je ne sais quoi de div9 qui fait que les multitudes recul5t et se rang5t devant un homme4 ,il trav]sa la f\le pas l5ts4 ,on n'a jamais su qui ouvrit la porte1 mais il e/ c]ta9 que la porte se tr\va ouv]te lorsqu'il y p>v9t4 ,arriv l1 il se ret\rna et dit3 --,monsieur l'avocat gnral1 je re/e votre disposition4 ,puis il s'adressa l'auditoire3 --,v\s t\s1 t\s ceux qui sont ici1 v\s me tr\vez digne de piti1 n'e/-ce pas8 ,mon ,dieu6 qu& je p5se ce que j'ai t sur le po9t de faire1 je me tr\ve digne d'envie4 ,cep5dant j'aurais mieux aim que t\t ceci n'arrivt pas4 ,il sortit1 et la porte se ref]ma comme elle avait t ouv]te1 c> ceux qui font de c]ta9es *oses s\v]a9es sont t\j\rs srs d'tre s]vis p> quelqu'un dans la f\le4 ,mo9s d'une heure aprs1 le v]dict du jury d*>geait de t\te accusation le nomm ,*ampma?ieu2 et ,*ampma?ieu1 mis en lib]t immdiatem5t1 s'en allait /upfait1 croyant t\s les hommes f\s et ne compr5ant ri5 cette vision4 ,jav]t ressaisit ,valjean au *evet du lit de ,fant9e2 elle meurt d'tonnem5t et d'effroi1 on la jette la fosse commune4 ,,xx4 ,et la socit e/ responsable de cette cata/rophe du =at et de la fille publique3 d\ble matire indignation prs5te au peuple2 ,d\ble erreur4 ,c>1 premirem5t1 comm5t suppos] qu'un brave homme1 condamn p\r une vtille1 dev5u un manufacturi] opul5t1 le bi5faiteur d'une prov9ce entire1 magi/rat ador de sa ville adoptive1 soit r5voy p\r sa vie aux galres1 sans disc]nem5t1 sans ju/ice et sans grce1 p> la socit du dix-neuvime sicle8 ,et1 secondem5t1 o p\vait m\rir une fille publique1 ne sans pre ni mre1 dbau*e de moeurs d'abord1 de misre ensuite2 o p\vait-elle mieux m\rir que dans un hospice1 provid5tiellem5t recueillie p> la bi5faisance1 et dans la c\*e prp>e p> de sa9tes filles s\s les ailes de la religion8 ,,xxi4 ,ces deux indignations amres auxquelles le gr& criva9 fait appel sont donc absolum5t sans motif4 ,s'il s'agit de ,valjean le ri*e1 sa9t indu/riel1 le monde n'e/ pas fait a9si4 ,on l'aurait rhabilit avec l'honneur1 ou bi5 il aurait t t\*] loisir ses #gjj1jjj fr4 *ez ,m4 ,laffitte1 et se s]ait abrit l'trang] dans un vallon du ,mexique ou dans un canton de la ,suisse4 ,s'il s'agit de ,fant9e1 quel tait donc l'asile plus misricordieux et plus appropri la situation o la socit pt prp>] une meilleure mort une fille sans asile8 ,p\rquoi fanatis] le peuple1 en /yle admirable1 p\r des misres ou 9vitables ou impossibles1 qu& il n'y a malheureusem5t que trop de fautes et de misres relles (frir la piti des lecteurs8 ,dbau*e de l>mes qu'on v]se p> la magie de l'criva91 et qu'on se repro*e d'avoir v]ses en r5trant de sang-froid dans le rel6 ,,xxii4 ,ici v\s f]mez le troisime tiroir1 et l'auteur en ouvre un autre propos d'une c]ta9e famille ,?n>di] dont il a beso9 p\r *ang] les dcorations de son drame4 ,c'e/ le tiroir pique1 c'e/ la bataille de ,wat]loo3 qu'a-t-elle faire dans cette pope de petites misres d'un =at et de quatre filles dans le b\rbi] du bagne ou des mauvais lieux de ,p>is3 mo9s que ce ne soit p\r excit] la piti sur ces quatre-v+t mille malheureux soldats de v+t ans1 hi] heureux lab\reurs1 arra*s leur famille p> un conqurant1 p\r les p\ss] sur quatre lieues de c>nage8 ,mais alors ce n'e/ pas le conqurant qu'il faut pla9dre1 ce sont les peuples6 ,ce n'e/ pas sur le hros c\pable de la seconde invasion qu'il faut appel] l'intrt au nom de la gloire d'un homme1 c'e/ sur la nation dont il creuse la fosse arrose de sang innoc5t dans cette pla9e s9i/re de ,wat]loo4 ,le prtexte ce rcit hi/orique et pique de ,wat]loo e/ t\t bonnem5t ce ,?n>di]1 le rdeur nocturne du cimetire d'arme qui dp\ille de ses bagues1 de sa montre d'or et de sa b\rse un (fici] de cuirassi]s bless1 et qui1 l'ayant a9si rveill de sa l?>gie1 se fait pass] p\r un s]g5t de l'arme ramassant les blesss1 et se sauve en laissant l'(fici] pntr d'une aveugle reconnaissance4 ,de ce dtail de la =tune de ,?n>di]1 ,hugo s'lve vol d'aigle dans le *amp de bataille imprial du sicle1 et il crit une bataille de ,wat]loo qui efface1 selon moi1 t\t ce qu'on a1 jusqu'ici1 crit de lyrique sur ce *amp de mort4 ,,xxiii4 ,il e/ impossible ici de ri5 cit]1 il faut t\t lire1 ou plutt s'ab&onn] ces accs de v]ve hi/orique1 pique1 tragique1 qu'il plat l'auteur de se donn] propos de ,wat]loo1 et le suivre bon gr mal gr trav]s les pripties de ces innombrables pe9tures de combat4 ,depuis ,jules ,roma9 dans les batailles de ,con/ant91 jusqu' ,lebrun dans les batailles d',alex&re1 aucun pe9tre de batailles n'gale ici le pote des batailles de ,napolon4 ,les batailles d',a*ille1 dans ,homre1 n'ont pas plus de v]ve4 ,c'e/ le triomphe de la langue franaise m5e au feu3 infant]ie1 caval]ie1 artill]ie1 inc5die1 assauts1 c>nage1 t\t r\le1 t\t avance1 t\t recule1 t\t t\rbillonne1 t\t s'abat1 comme dans ces trombes t]re/res o les nues1 entre*oques p> des v5ts contraires1 f9iss5t p> vomir la grle qui c\*e t]re les maisons1 et qui emporte avec les feuilles les membres des arbres4 ,on sort de cette lecture ivre et ananti comme un enfant qui s'ess\ffle suivre un gant4 ,c'e/ sup]be6 ,mais qu'e/-ce que ce cadre mesqu9 p\r ce tableau8 ,qu'e/-ce que ce =at et cette grisette ct de ce pan du monde qui s'cr\le8 ,ni plan1 ni conv5ances1 ni proportions1 dans ce hors-d'oeuvre qui emporte le roman t\t enti]1 comme un c\p de canon emporte la b\rre4 ,et puis1 il faut le dire1 t\t cela f9it p> un p>adoxe de gt qui fait faire une m\e de rpugnance cette salet de /yle1 comme si l'on avait m>* sur une immondice6 ,l'ide s\ffre le p>adoxe1 le gt ne le s\ffre pas4 ,p\rquoi8 ,p>ce que t\t homme tr\ve en lui le disc]nem5t prompt et sr qui fait admettre ou rejet] une p5se fausse1 surt\t en matire sociale1 et que t\t homme porte en lui le gt qui fait disc]n] le propre et le sale dans la langue comme dans la nature4 ,les mots ont leur odeur2 or voici comm5t ,victor ,hugo1 tromp lui-mme p> son en?\siasme p\r le neuf1 s'g>e jusqu' pr5dre l'ignoble p\r le sublime4 ,,xxiv4 la f9 de la bataille de ,wat]loo1 un brave gnral =me un d]ni] c>r rsi/ant de la g>de impriale p\r b>r] le *em9 aux ,anglais et donn] l'arme et l'emp]eur le temps d'atte9dre ,*>l]oi4 ,les ,anglais1 srs de la victoire1 ent\r5t ce c>r d'artill]ie et sont prts y faire br*e c\ps de canon1 s'il s'ob/9e encore4 ,mais1 avant de f\droy] ces hros1 ils leur (fr5t les conditions honorables des *amps de bataille civiliss4 ,un (fici] anglais1 p>lem5taire1 s'avance et crie au bataillon3 --,braves ,franais1 v\s avez assez fait p\r la gloire1 la =tune a dcid2 r5dez-v\s p\r sauv] l'humanit un meurtre inutile6 ,le gnral1 c'tait ,cambronne1 ne rpond pas1 et son ge/e dit3 ,tirez6 ,les ,anglais insi/5t4 ,po9t de rponse4 ,la m*e e/ sur les pices2 les ,anglais hsit5t encore4 --,r5dez-v\s6 lui crie-t-on de n\veau4 --,la g>de meurt et ne se r5d pas6 rpond le gnral4 ,qu'il l'ait dit ou non dans cette =me1 peu importe4 ,c'e/ le mot de l'hrosme dans une telle circon/ance2 il ne peut pas ne l'avoir pas dit1 puisque son attitude mme et celle de t\t ce bataillon des morituri le dis5t avec lui1 avant lui1 comme lui6 ,il n'y a pas deux mots p\r exprim] cela3 c'e/ le mot du capita9e de vaisseau cl\ant au mt son pavillon qu'il ne veut po9t am5]2 c'e/ le mot le plus sublime de t\te une gu]re franaise1 l'hritage que l'arme m\rante lgue l'arme qui r5atra de son sang4 ,eh bi56 p>ce que le mot e/ digne1 noble1 mmorable1 p>ce qu'il exprime hroquem5t1 quoique simplem5t1 le qu'il m\rt de ,corneille1 p>ce qu'il mrite d'tre inscrit en lettres d'or sur les t5d>ds de la patrie1 ,victor ,hugo1 qui croit avoir tr\v mieux dans la langue canaille du peuple1 sub/itue cette belle langue militaire un mot de faub\rg1 un mot plus abject1 et plus qu'un mot de faub\rg1 un mot de latr9es qui rpond p> une brutalit laconique1 p> une be/iale rplique1 une proposition gnreuse faite en bons t]mes ces braves m\rants1 et il en fait le plus beau mot 7textuel7 qu'un ,franais ait jamais dit1 et il s'extasie sur le gnie populaire de ce mot4 ,dire ce mot et m\rir ensuite1 s'crie-t-il1 quoi de plus beau8 ,m\rir sans l'avoir dit1 disons-n\s notre t\r1 m\rir en montrant la dignit de la mort1 et en se g>dant bi5 de s\ill] la sublimit de son coeur p> la turpitude de son expression4 ,,xxv4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,l'homme qui a gagn la bataille de ,wat]loo1 ce n'e/ pas ,napolon en dr\te1 ce n'e/ pas ,well+ton pliant quatre heures1 dsespr c9q1 ce n'e/ pas ,bl*]1 qui ne s'e/ po9t battu2 l'homme qui a gagn la bataille de ,wat]loo1 c'e/ ,cambronne4 ,f\droy] d'un tel mot le tonn]re qui v\s tue1 c'e/ va9cre4 ,faire cette rponse la cata/rophe1 dire cela au de/91 donn] cette base au lion futur1 jet] cette rplique la pluie de la nuit1 au mur tratre de ,h\g\mont1 au *em9 creux d',oha91 au ret>d de ,gr\*y1 l'arrive de ,bl*]1 tre l'ironie dans le spulcre1 faire en sorte de re/] deb\t aprs qu'on s]a tomb1 noy] dans deux syllabes la coalition europenne1 (frir aux rois ces latr9es dj connues des ,cs>s1 faire du d]ni] des mots le premi] en y mlant l'clair de la ,france1 clore insolemm5t ,wat]loo p> le m>di gras1 complt] ,lonidas p> ,rabelais1 rsum] cette victoire dans une p>ole suprme impossible prononc]1 p]dre le t]ra9 et g>d] l'hi/oire1 aprs ce c>nage avoir p\r soi les rieurs1 c'e/ imm5se4 ,c'e/ l'insulte la f\dre4 ,cela atte9t la gr&eur es*yli5ne4 ,le mot de ,cambronne fait l'effet d'une fracture4 ,c'e/ la fracture d'une poitr9e p> le dda92 c'e/ le trop-ple9 de l'agonie qui fait explosion4 ,qui a va9cu8 e/-ce ,well+ton8 ,non4 ,sans ,bl*] il tait p]du4 ,e/-ce ,bl*]8 ,non4 ,si ,well+ton n'et pas comm5c1 ,bl*] n'aurait pu f9ir4 ,ce ,cambronne1 ce passant de la d]nire heure1 ce soldat ignor1 cet inf9im5t petit de la gu]re1 s5t qu'il y a l un m5songe dans une cata/rophe1 r$\blem5t poignant2 et1 au mom5t o il en clate de rage1 on lui (fre cette drision1 la vie6 ,comm5t ne pas bondir6 ,ils sont l1 t\s les rois de l',europe1 les gnraux heureux1 les ,jupit]s tonnants1 ils ont c5t mille soldats victorieux1 et1 d]rire les c5t mille1 un million2 leurs canons1 m*es allumes1 sont bants2 ils ont s\s leurs talons la g>de impriale et la gr&e arme2 ils vi5n5t d'cras] ,napolon1 et il ne re/e plus que ,cambronne2 il n'y a plus p\r prote/] que ce v] de t]re4 ,il prote/]a4 ,alors il *]*e un mot comme on *]*e une pe4 ,il lui vi5t de l'cume1 et cette cume1 c'e/ le mot4 ,devant cette victoire prodigieuse et mdiocre1 devant cette victoire sans victorieux1 ce dsespr se r$resse2 il en subit l'normit1 mais il en con/ate le nant2 et il fait plus que cra*] sur elle2 et1 s\s l'accablem5t du nombre1 de la =ce et de la matire1 il tr\ve l'me une expression1 l'excrm5t4 ,n\s le rptons1 dire cela1 faire cela1 tr\v] cela1 c'e/ tre le va9queur4 ,l'esprit des gr&s j\rs entra dans cet homme inconnu cette m9ute fatale4 ,cambronne tr\ve le mot de ,wat]loo comme ,r\get de l',isle tr\ve la ,m>seillaise1 p> visitation du s\ffle d'en haut4 ,un effluve de l'ouragan div9 se dta*e et vi5t pass] trav]s les hommes1 et ils tressaill5t1 et l'un *ante le *ant suprme1 et l'autre p\sse le cri t]rible4 ,cette p>ole du dda9 titanique1 ,cambronne ne la jette pas seulem5t l',europe au nom de l'empire1 ce s]ait peu2 il la jette au pass au nom de la rvolution4 ,on l'ent5d1 et l'on reconnat dans ,cambronne la vieille me des gants4 ,il semble que c'e/ ,danton qui p>le ou ,klb] qui rugit4 ,,xxvi4 ,ce n'e/ pas l de la critique littraire seulem5t2 n\s n'en faisons pas3 ce livre a bi5 une autre porte que des phrases4 ,c'e/ de la critique philosophique1 sociale1 morale1 hi/orique2 c'e/ le s\lvem5t du coeur franais contre l'ignobilit du mot qu'on lui prte4 ,ce mot e/ une adulation la trivialit de la multitude hbte de rage1 qui1 faute de tr\v] une p>ole1 jette l'excrm5t au visage du de/92 c'e/ de la dmagogie grammaticale qui1 v\lant que t\t lui ressemble1 enlve au soldat et au peuple une rplique immortelle1 p\r lui sub/itu] ce qui n'a de nom dans aucune langue1 une be/ialit muette *]*ant une injure sur ses lvres1 et n'y tr\vant qu'un sale idiotisme dans le coeur de tant de hros6 ,mieux valait m\rir en sil5ce6 ,n\s n'aimons pas davantage ces *icanes la victoire1 qui rapetiss5t les va9queurs en rapetissant les va9cus4 ,il s]ait temps d'en f9ir1 ou bi5 de *ang] rsolum5t l'hi/oire1 et d'crire1 l'exemple du pre ,loriquet ou des libraux de #ahae3 ,wat]loo1 gr&e victoire gagne p> ,napolon sur les ,anglais et sur les ,prussi5s dans les pla9es de ,belgique4 ,cela s]ait plus simple1 et t\t aussi vrai que ces hymnes au gnie fatigu de ,napolon2 et1 comme l'hi/oire n'e/ s\v5t qu'une vrit conv5ue1 cela f9irait t\t1 et t\t s]ait dit6 ,,xxvii4 ,quant n\s1 n\s p]si/ons croire que #ahae fut le dsa/re immrit d'une arme vaillante et sublime1 que ,napolon comm&a mal ce j\r-l des manoeuvres t>dives1 et ab&onna au has>d du re/e de la j\rne sa =tune1 c'e/--dire la moiti du gnie d'un conqurant4 ,n\s laissons ,m4 ,hugo1 ,m4 ,?i]s1 ,m4 ,qu9et1 ,m4 ,*>ras1 m*] et rem*] cette j\rne1 revan*e des va9cus au jeu des batailles1 et n\s disons3 ,il e/ plus beau d'accept] une dfaite et de s'en relev]1 que de se rvolt] sans cesse contre la tri/e vrit1 surt\t devant sa capitale conquise1 son emp]eur ,sa9te-,hlne1 son pays ranonn1 et de s\t5ir au monde qu'on a m>* de victoire en victoire1 de ,madrid ,t\lon1 de ,mosc\ au ,rh91 de ,leipsik ,may5ce1 de ,wat]loo ,p>is1 la suite d'un homme infaillible qui n'a pas fait un faux pas dans sa vie4 ,la fran*ise a sa noblesse1 et l'hi/oire a ses leons4 ,,lam>t9e4 7,la suite au mois pro*a947 ,l,x,x,x,v,ie ,,entreti54 ,,consid,,rations ,,sur ,,un ,,*ef-,d',,oeuvre1 ,,ou ,,le ,,dang] ,,du ,g,,nie4 ,les ,misrables1 p> ,victor ,hugo4 ,,quatri,,me ,,p>tie4 ,i4 ,rev5ons ,jean ,valjean4 ,il avait ca* vite dans la =t de ,montf]meil les #gjj1jjj francs dposs *ez ,m4 ,laffitte2 puis il tait rev5u se laiss] arrt] p> l'ag5t de police ,jav]t1 et condamn] mort4 mort6 ent5dez-v\s bi58 ,d'abord c9q ans p\r un morceau de pa91 condamnation impossible1 p\r un morceau de pa9 orig9e de t\t1 vol bonne int5tion *ez le b\lang] de son village2 ensuite mort aprs dix-neuf ans de sa pe9e accomplie6 ,quelle socit6 et combi5 il e/ ais l'auteur d'avoir raison contre elle6 ,heureusem5t1 le roi commue la pe9e sanglante contre une condamnation p]ptuit au bagne4 ,jean ,valjean ne veut pas s'y s\/raire1 app>emm5t1 sans accumul] l'indignation du peuple contre une telle ju/ice4 ,quoi qu'il en soit1 il s'vade encore en accomplissant un acte de sauvetage sur un vaisseau de gu]re2 puis1 se laissant en app>5ce tomb] la m] et nageant entre deux eaux1 il disp>at de n\veau4 ,on le croit noy6 pas du t\t2 il n'e/ que dguis1 et rep>at1 p\r t5ir p>ole ,fant9e1 l'aub]ge des ,?n>di]1 ,montf]meil4 ,il comm5ce p> all] visit] son trsor enf\i s\s l'arbre1 et p> lui emprunt] un bon viatique1 jusqu'au mom5t de lui faire une visite df9itive4 ,en rev5ant1 il tr\ve la pauvre petite ,cosette1 fille de ,fant9e1 que l'htesse impitoyable1 la ,?n>di]1 a envoye *]*] de l'eau dans un seau plus gr& qu'elle1 la fonta9e du bois1 dans la nuit4 ,la pauvre petite enfant plie et succombe4 ,valjean se montre propos1 porte le seau de l'enfant1 et r5tre l'aub]ge des ,?n>di]4 ,c'e/ un *ef-d'oeuvre de compassion enfant9e4 ,il contemple ,cosette2 la description de l'enfant s\ffreteuse et grelottante e/ d'une vrit et d'une s5sibilit qui n'app>ti5n5t qu'au gr& pote des petits enfants1 ,victor ,hugo4 ,c'e/ l sa note de prdilection2 pote t\j\rs1 pre avant t\t1 c'e/ sa nature4 ,valjean contemple avec une piti quivoque les tortures de celle-l1 ,c5drillon battue en cet infme foy]1 ct des c>esses des deux enfants *ris de l'htesse4 ,il risque plusieurs fois de se trahir en montrant plus de ri*esses qu'il ne convi5t une r$+ote rpe comme la si5ne4 ,n'importe1 il a*te la petite1 qu9ze c5ts francs1 des ma9s de ses htes2 s'enfuit v]s ,p>is avec l'enfant1 et va se ca*] dans une maison rpr\ve1 dans les t]ra9s vagues d'un faub\rg1 prs du m>* aux *evaux4 ,il s'y atta*e de plus en plus cette pauvre enfant4 ,une vieille femme1 faonne t\te s]vitude1 faisait le mnage et allumait le feu4 ,cosette se dveloppait de corps et d'me1 s\s les yeux de ce pre inconnu1 mais aussi t5dre qu'une femme4 ,victor ,hugo lui prte sa t5dresse p\r les enfants4 ,ici le romanesque du roman comm5ce4 ,ce romanesque1 qui sort des vnem5ts arbitrairem5t inv5ts p\r les beso9s du drame1 e/ la p>tie faible du roman4 ,t\tes les fois que l'auteur a beso9 d'un p]sonnage1 il l'appelle du fond du nant1 comme dans les contes de fes ou comme dans les contes de ,voltaire1 et le p]sonnage obx contre t\te vraisemblance au signe de l'criva94 ,ces fantasmagories s'anim5t1 disp>aiss5t1 rep>aiss5t1 comme si le monde n'tait peupl que des sept huit comp>ses de ,valjean4 ,cela dtruirait l'intrt comme cela dtruit la vraisemblance1 si l'admirable don de pe9dre du pote ne ressaisissait pas l'in/ant son lecteur p> l'admiration et l'en?\siasme1 et ne lui faisait en quelques pages oubli] le *em9 p\r le b4 ,,ii4 ,les p\rsuites pati5tes1 con/antes1 consci5cieuses de l'honnte ag5t de police ,jav]t ne discont9uai5t pas4 ,valjean y *appe avec sa pupille p> des prodiges d'adresse et de =ce musculaire1 dignes d'un =at de ,m4 d',arl9c\rt4 ,je dem&e p>don du rappro*em5t4 ,du ridicule au sublime il n'y a qu'un pas1 dit ,napolon2 ,victor ,hugo ne le fran*it jamais1 mais dans cette p>tie du drame il le ctoie sans cesse4 ,glissons vite ici4 ,valjean1 prs d'tre atte9t1 fran*it de hautes murailles avec ,cosette atta*e p> une corde1 et tombe dans le j>d9 d'un c\v5t de femmes4 ,un vieux j>d9i] qui le r5contre1 un de ses amis1 le ca*e avec ,cosette dans sa hutte2 puis ,valjean inv5te une hi/oire p\r faire recevoir et lev] ,cosette p> ces nonnes2 puis il se fait sortir du c\v5t dans une bire p\r tromp] la police1 enf9 ent]r] sur la foi d'un ivrogne *>g de le rveill]4 ,t\t cela s'excute s\hait1 comme des t\rs de funambule *ez ,franconi4 ,mais cela n'e/ pas digne du tal5t si lev de l'auteur4 ,contes et veilles p\r amus] le peuple4 ,vi5t ensuite une diss]tation savante1 avec dates et notes1 sur la nature1 l'orig9e d'un c\v5t de filles1 diss]tation tantt difiante1 tantt burlesque1 intitule ,picpus4 ,cet talage de sci5ce sur des ri5s ressemble trop au v]biage des faiseurs de t\rs de gobelets *]*ant di/raire le public p5dant qu'ils prp>5t l'escamotage4 ,ce rcit de c\v5t ne conti5t gure mo9s d'un demi-volume4 ,,iii4 ,p5dant ce temps1 ,cosette enf]me gr&it et embellit l'ombre du c\v5t1 et ,valjean j>d9e avec son ami4 ,il sort enf9 de cet asile qu& ,cosette a f9i son ducation1 et il dt]re une maison isole de la rue de ,babylone1 au fond d'un j>d94 ,il pr5d une g\v]nante p\r ,cosette2 il va t\s les j\rs1 la mme heure1 s\s un co/ume de militaire retir1 se prom5] ou s'asseoir dans la mme alle du ,luxemb\rg1 comme s'il et *]* se faire rem>qu]4 ,on ne fait pas att5tion au bonhomme2 mais un tudiant1 nomm ,m>ius1 et qui n'e/1 dit-on1 que ,m4 ,victor ,hugo adolesc5t lui-mme1 ne voit pas brill] impunm5t ce diamant de fille dans ce ds]t4 ,les deux enfants se voi5t1 se p]d5t1 se retr\v5t1 s'pr5n5t de la plus c&ide et de la plus pure incl9ation muette l'un p\r l'autre4 ,on voit g]m] le vrai roman de ,daphnis et ,*lo qui se r5contr5t sur le b\lev>d des ,invalides1 ,p>is4 ,que s'ensuivra-t-il8 ,n\s allons voir4 ,mais1 en att5dant encore1 l'auteur fait une digression politique de quelques c5ta9es de pages1 trs-loqu5tes1 mais trs-oiseuses1 sur la rvolution de #ahcj1 sur ,l\is-,philippe d',orlans1 roi de re*ange1 sur la ,fayette qui v\drait all] plus lo91 mais qui n'ose pas1 sur les jeunes tudiants1 enfants de ,brang]1 qui v\drai5t *ant] la ,m>seillaise1 mais qui ,casimir ,delavigne a mis dans la b\*e la ,p>isi5ne4 ,puis un trs-bel loge du roi1 qui a le mrite au mo9s de ne pas illgitim] ,l\is-,philippe4 ,m4 ,victor ,hugo1 qui a reu de lui la pairie1 veut pay] noblem5t sa mmoire le prix de sa reconnaissance4 ,cela e/ bi54 ,en rsum1 dit-il1 mlant en lui une vraie facult cratrice de civilisation on ne sait quel esprit de procdure et de *icane1 fondateur et procureur d'une dyna/ie1 quelque *ose de ,*>lemagne et quelque *ose d'un av\4 ,n\s l'avons connu aussi2 n\s l'avons beauc\p e/im1 peu aim2 n\s ne lui devons ri52 n\s p\rrions le pe9dre imp>tialem5t1 la ju/ice ne manqu]ait pas au portrait4 ,mais n\s avons t tmo9 de sa *ute1 *ute qui fut la fois sa faute et celle de son p>lem5t4 ,on p\rrait n\s suppos] la joie maligne de la rpublique surgissant contre un trne cr\l4 ,cela s]ait faux1 quoique vraisemblable2 n\s avions prvu son cr\lem5t1 mais avec plus d'effroi que de dsir4 ,la base tait mauvaise1 un j\r p\vait sap] ce qu'un j\r avait fond2 ce j\r tait v5u1 n\s ne l'avons po9t ht4 ,qu& n\s avons prononc le premi] le mot rpublique1 il n'y avait plus un roi sur le trne aux ,tuil]ies4 ,la rpublique1 seule1 tait assez =te p\r imprim] la rvolution cette halte aprs la victoire1 qu'on appelle sang-froid1 modration1 droit de t\s4 ,les rvolutions qui n'ont pas de halte s'appell5t an>*ie1 an>*ie spoliatrice et sangu9aire4 ,plutt c5t rois6 plutt c5t rpubliques6 ,la premire ncessit de l'homme en socit1 c'e/ l'ordre cons]v ou rtabli2 l'idal ne vi5t qu'aprs4 ,*ez ,victor ,hugo1 l'idal m>*e avant t\t2 voil p\rquoi n\s sommes1 en politique1 mo9s h>di et mo9s pote que lui4 ,,iv4 ,il y a l de belles pages admirablem5t =mules sur le socialisme *aos et sur le socialisme organis2 qu'on n\s p]mette de les cit]4 ,t\s les problmes que les sociali/es se propos5t peuv5t tre ram5s deux problmes pr9cipaux3 ,premi] problme3 ,produire la ri*esse4 ,deuxime problme3 ,la rp>tir4 ,le premi] problme conti5t la "q du travail2 ,le deuxime conti5t la "q du salaire4 ,dans le premi] problme il s'agit de l'emploi des =ces2 ,dans le second1 de la di/ribution des j\issances4 ,du bon emploi des =ces rsulte la puissance publique2 ,de la bonne di/ribution des j\issances rsulte le bonheur individuel4 ,p> bonne di/ribution1 il faut ent5dre non di/ribution gale1 mais di/ribution quitable4 ,la premire galit1 c'e/ l'quit4 ,de ces deux *oses comb9es1 puissance publique au dehors1 bonheur individuel au d$ans1 rsulte la prosprit sociale4 ,prosprit sociale1 cela veut dire l'homme heureux1 le citoy5 libre1 la nation gr&e4 ,v4 ,l',anglet]re rs\t le premi] de ces deux problmes4 ,elle cre admirablem5t la ri*esse2 elle la rp>tit mal4 ,cette solution qui n'e/ complte que d'un ct la mne fatalem5t ces deux extrmes3 opul5ce mon/rueuse1 misre mon/rueuse4 ,t\tes les j\issances quelques-uns1 t\tes les privations aux autres1 c'e/--dire au peuple2 le privilge1 l'exception1 le monopole1 la fodalit1 naissant du travail mme4 ,situation fausse et dang]euse qui assoit la puissance publique sur la misre prive1 qui enrac9e la gr&eur de l'tat dans les s\ffrances de l'individu4 ,gr&eur mal compose o se comb95t t\s les lm5ts matriels et dans laquelle n'entre aucun lm5t moral4 ,le communisme et la loi agraire croi5t rs\dre le deuxime problme4 ,ils se tromp5t4 ,leur rp>tition tue la production4 ,le p>tage gal abolit l'mulation et p> consqu5t le travail4 ,c'e/ une rp>tition faite p> le b\*]1 qui tue ce qu'il p>tage4 ,il e/ donc impossible de s'arrt] ces prt5dues solutions4 ,tu] la ri*esse1 ce n'e/ pas la rp>tir4 ,les deux problmes veul5t tre rsolus ensemble p\r tre bi5 rsolus4 ,les deux solutions veul5t tre comb9es et n'en faire qu'une4 ,ne rsolvez que le premi] des deux problmes1 v\s s]ez ,v5ise1 v\s s]ez l',anglet]re4 ,v\s aurez comme ,v5ise une puissance artificielle1 ou comme l',anglet]re une puissance matrielle2 v\s s]ez le mauvais ri*e4 ,v\s prirez p> une voie de fait1 comme e/ morte ,v5ise1 ou p> une banqu]\te1 comme tomb]a l',anglet]re4 ,et le monde v\s laiss]a m\rir et tomb]1 p>ce que le monde laisse tomb] et m\rir t\t ce qui n'e/ que l'gsme1 t\t ce qui ne reprs5te pas p\r le g5re huma9 une v]tu ou une ide4 ,il e/ bi5 ent5du ici que p> ces mots1 ,v5ise1 l',anglet]re1 n\s dsignons non des peuples1 mais des con/ructions sociales2 les olig>*ies sup]poses aux nations1 et non les nations elles-mmes4 ,les nations ont t\j\rs notre respect et notre sympa?ie4 ,v5ise1 peuple1 r5atra4 ,l',anglet]re1 ari/ocratie1 tomb]a2 mais l',anglet]re1 nation1 e/ immortelle4 ,cela dit1 n\s p\rsuivons4 ,,vi4 ,rsolvez les deux problmes1 enc\ragez le ri*e et protgez le pauvre1 supprimez la misre1 mettez un t]me l'exploitation inju/e du faible p> le =t1 mettez un fre9 la jal\sie inique de celui qui e/ en r\te contre celui qui e/ arriv1 aju/ez ma?matiquem5t et frat]nellem5t le salaire au travail1 mlez l'enseignem5t gratuit et obligatoire la croissance de l'enfance et faites de la sci5ce la base de la virilit1 dveloppez les intellig5ces t\t en occupant les bras1 soyez la fois un peuple puissant et une famille d'hommes heureux1 dmocratisez la proprit1 non en l'abolissant1 mais en l'univ]salisant1 de faon que t\t citoy5 sans exception soit propritaire1 *ose plus facile qu'on ne croit2 en deux mots1 sa*ez produire la ri*esse et sa*ez la rp>tir1 et v\s aurez t\t ensemble la gr&eur matrielle et la gr&eur morale2 et v\s s]ez dignes de v\s appel] la ,france4 ,voil1 en dehors et au-dessus de quelques sectes qui s'g>ai5t1 ce que disait le socialisme2 voil ce qu'il *]*ait dans les faits1 voil ce qu'il *]*ait dans les esprits4 ,,vii4 ,jusque-l t\t e/ bi51 et plus lo9 c'e/ l'hymne de l'idal1 c'e/--dire un *aos qui recomm5ce6 ,voyez ce que devi5t le roi c\pable du trne de #ahcj s\s le p9ceau mme de son pangyri/e2 ce ,trajan de la b\rgeoisie e/ prs5t en tyran l'idal de la jeunesse franaise4 ,de tnbreux amoncellem5ts c\vrai5t l'horizon4 ,une ombre trange1 gagnant de pro*e en pro*e1 s't5dait peu peu sur les hommes1 sur les *oses1 sur les ides2 ombre qui v5ait des colres et des sy/mes4 ,t\t ce qui avait t htivem5t t\ff remuait et f]m5tait4 ,p>fois la consci5ce de l'honnte homme repr5ait sa respiration1 tant il y avait de malaise dans cet air o les sophismes se mlai5t aux vrits4 ,les esprits tremblai5t dans l'anxit sociale comme les feuilles l'appro*e de l'orage4 ,la t5sion lectrique tait telle qu' de c]ta9s in/ants le premi] v5u1 un inconnu1 clairait4 ,puis l'obscurit crpusculaire retombait4 ,p> int]valles1 de pr(onds et s\rds grondem5ts p\vai5t faire jug] de la quantit de f\dre qu'il y avait dans la nue4 ,v+t mois pe9e s'tai5t c\ls depuis la rvolution de juillet1 l'anne #ahcb s'tait ouv]te avec un aspect d'imm95ce et de m5ace4 ,la dtresse du peuple1 les travailleurs sans pa91 le d]ni] des ,conds disp>u dans les tnbres1 ,bruxelles *assant les ,nassau comme ,p>is les ,b\rbons1 la ,belgique s'(frant un pr9ce franais et donne un pr9ce anglais1 la ha9e russe de ,nicolas1 d]rire n\s deux dmons du midi1 ,f]d9& en ,espagne1 ,miguel en ,portugal1 la t]re tremblant en ,italie1 ,mett]ni* t5dant la ma9 sur ,bologne1 la ,france brusquant l',autri*e ,ancne1 au nord on ne sait quel s9i/re bruit de m>teau recl\ant la ,pologne dans son c]cueil1 dans t\te l',europe des reg>ds irrits guettant la ,france2 l',anglet]re1 allie suspecte1 prte p\ss] ce qui p5*]ait et se jet] sur ce qui tomb]ait2 la pairie s'abritant d]rire ,becc>ia p\r refus] quatre ttes la loi1 les fleurs de lis ratures sur la voiture du roi1 la croix arra*e de ,notre-,dame1 la ,fayette amo9dri1 ,laffitte ru91 ,b5jam9 ,con/ant mort dans l'indig5ce1 ,casimir ,pri] mort dans l'puisem5t du p\voir2 la maladie politique et la maladie sociale se dcl>ant la fois dans les deux capitales du royaume1 l'une la ville de la p5se1 l'autre la ville du travail2 ,p>is la gu]re civile1 ,lyon la gu]re s]vile2 dans les deux cits la mme lueur de f\rnaise2 une p\rpre de cratre au front du peuple2 le midi fanatis1 l'oue/ tr\bl1 la du*esse de ,b]ry dans la ,v5de1 les complots1 les conspirations1 les s\lvem5ts1 le *olra1 aj\tai5t la sombre rumeur des ides le sombre tumulte des vnem5ts4 ,,viii4 ,t\t cela mne ce que l'auteur nomme l'pope de la rue ,sa9t-,d5is1 c'e/--dire aux b>ricades4 ,ces jeunes rveurs sont ses hros3 quels hros1 gr& ,dieu6 ni ide arrte1 ni moy5s praticables1 ni b av\ et av\able1 ni g\v]nem5t fond]6 ,une fantaisie hroque d'tudiants dsoeuvrs qui embau*5t des vagabonds p\r faire des cadavres dans la rue4 ,des enfants qui s'amus5t avec des fusils p\r j\ets1 et qui s'(fr5t eux-mmes p\r victimes1 victimes ennuyes de v91 au ,teutats de l'idal6 ,on complote table1 une fille gau*e1 un espion droite1 le v]re la ma94 ,voil4 ,,ix4 ,le beau et d\x ,m>ius1 qui a p]du son idal lui1 l'idal de son coeur1 ,cosette1 depuis quelques j\rs1 p>ce que le jal\x tuteur ,valjean l'a enf\ie dans la maison de la rue ,plumet1 et qui conspire aussi sans savoir p\rquoi1 p>ce que le temps lui dure1 comme dit la romance2 le beau ,m>ius r5contre la petite pon9e1 une des deux filles des ,?n>di]1 tombe de l'opprobre dans la misre1 mais qui le guette1 le suit et l'aime son insu4 ,il leva les yeux1 et reconnut cette malheureuse enfant qui tait v5ue un mat9 *ez lui1 l'ane des filles ,?n>di]1 pon9e2 il savait ma9t5ant comm5t elle se nommait4 ,*ose trange1 elle tait appauvrie et embellie1 deux pas qu'il ne semblait po9t qu'elle pt faire4 ,elle avait accompli un d\ble progrs1 v]s la lumire et v]s la dtresse4 ,elle tait pi$s nus et en haillons comme le j\r o elle tait entre si rsolum5t dans sa *ambre2 seulem5t ses haillons avai5t deux mois de plus2 les tr\s tai5t plus l>ges1 les gu5illes plus sordides4 ,c'tait cette mme voix enr\e1 ce mme front t]ni et rid p> le hle1 ce mme reg>d libre1 g> et vacillant4 ,elle avait de plus qu'autrefois dans la physionomie ce je ne sais quoi d'effray et de lam5table que la prison trav]se aj\te la misre4 ,elle avait des br9s de paille et de fo9 dans les *eveux1 non comme ,ophlia p\r tre dev5ue folle la contagion de la folie d',hamlet1 mais p>ce qu'elle avait c\* dans quelque gr5i] d'curie4 ,et avec t\t cela elle tait belle4 ,quel a/re v\s tes1 jeunesse6 ,que v\s tes heureux en r5contre1 ,hugo6 votre place1 j'ador]ais le has>d3 il v\s s]t bi56 ,qui donc att5dait l cette petite vagabonde1 cette crevisse de ruisseau8 ,elle dc\vre ,m>ius1 p\r lui faire plaisir et mrit] quelque *ose de lui en le s]vant contre elle-mme 7*>mante et dlicate inconsqu5ce du coeur71 elle lui dc\vre la maison ca*e de la rue ,plumet qu'habite ,cosette4 ,arrive l1 pon9e1 qui s'att5d un bais]1 s'arrte4 ,m>ius f\ille dans sa po*e4 ,il ne possdait au monde que ses c9q francs3 il les pr5d et les met dans la ma9 d'pon9e4 ,elle ouvre les doigts et laisse tomb] la pice t]re1 et1 le reg>dant d'un air sombre3 ,je ne veux pas de votre arg5t6 dit-elle4 ,j'ai oubli un refus p>eil en crivant un j\r ,graziella4 ,ce n'e/ pas de l'art1 c'e/ de la nature2 mais *oisir ce trait e/ d'un suprme arti/e4 ,x4 ,ici1 hlas6 trop t>d1 comm5ce p\r moi le vrai pome de cette oeuvre1 pome s\v5t loqu5t1 s\v5t p>adoxal1 mais qui devi5t innocemm5t passionn et descriptif la f9 de ce quatrime volume4 ,n\s ne connaissons ri5 de plus p>fait et de plus rel dans aucune langue anci5ne ou mod]ne4 ,il semble que les annes de solitude ont apport au pote1 dans son le1 la seule note qui manquait ses conc]ts avant cette heure1 la note paisible1 am\reuse1 sympa?ique1 celle qui fait r5dre au coeur huma9 les vibrations les plus intimes1 celle de ,*>lotte s\s la ma9 de ,goe!1 celle de ,b]n>d9 de ,sa9t-,pi]re dans ,paul et ,virg9ie1 celle de ,r5 dans ,*ateaubri&4 ,mais ,goe! a exagr la note2 ,*ateaubri& y mle trop de lam5tations mlancoliques2 ,b]n>d9 de ,sa9t-,pi]re1 quoique p>fait et mode/e1 a t oblig d'all] *]*] la s\rce des l>mes dans les les de l'ocan ,indi51 et d'emprunt] leur motion aux plus gr&es tragdies de la nature3 les tonn]res1 les temptes1 les naufrages1 ag5ts de ce drame qui n'avait eu jusqu' lui aucun modle dans l'antiquit4 ,victor ,hugo1 au contraire1 n'a eu beso9 que de son me1 d'ouvrir les yeux aut\r de lui1 au milieu de n\s1 de dcrire une maison ds]te et un j>d9et inculte dans un de nos faub\rgs les plus reculs1 et d'y plac] deux tres qui se sont entrevus1 deux innoc5ts1 deux sauvages de la gr&e ville1 ,cosette et ,m>ius2 et1 avec ces simples p]sonnages1 il a fait1 en racontant leurs entrevues et leurs entreti5s1 le plus ravissant tableau d'am\r qu'il ait jamais crit4 ,ici1 il faudrait t\t cit]1 ou plutt t\t lire4 ,relisez seulem5t la description du j>d9 au clair de la lune4 ,,xi4 ,,la ,,maison ,,secret4 ,v]s le milieu du sicle d]ni]1 un prsid5t morti] au p>lem5t de ,p>is1 ayant une matresse et s'en ca*ant1 c> cette poque les gr&s seigneurs montrai5t leurs matresses et les b\rgeois les ca*ai5t1 fit con/ruire une petite maison faub\rg ,sa9t-,g]ma91 dans la rue ds]te de ,blomet1 qu'on nomme auj\rd'hui rue ,plumet1 non lo9 de l'endroit qu'on appelait alors le ,combat des ,animaux4 ,cette maison se composait d'un pavillon un seul tage2 deux salles au rez-de-*ausse1 deux *ambres au premi]1 en bas une cuis9e1 en haut un b\doir1 s\s le toit un gr5i]1 le t\t prcd d'un j>d9 avec l>ge grille donnant sur la rue4 ,ce j>d9 avait environ un arp5t4 ,c'tait l t\t ce que les passants p\vai5t entrevoir2 mais en arrire du pavillon il y avait une c\r troite et au fond de la c\r un logis bas de deux pices sur caves1 espce d'en-cas de/9 dissimul] au beso9 un enfant et une n\rrice4 ,ce logis communiquait1 p> d]rire1 p> une porte masque et ouvrant secret1 avec un long c\loir troit1 pav1 s9ueux1 ciel ouv]t1 bord de deux hautes murailles1 lequel1 ca* avec un art prodigieux et comme p]du entre les cltures des j>d9s et les cultures dont il suivait t\s les angles et t\s les dt\rs1 allait ab\tir une autre porte galem5t secret1 qui s'ouvrait un demi-qu>t de lieue de l1 presque dans un autre qu>ti]1 l'extrmit solitaire de la rue de ,babylone4 ,m4 le prsid5t s'introduisait p> l1 si bi5 que ceux-l mme qui l'euss5t pi et suivi et qui euss5t obs]v que ,m4 le prsid5t se r5dait t\s les j\rs my/rieusem5t quelque "p1 n'euss5t pu se d\t] qu'all] rue de ,babylone1 c'tait all] rue ,blomet4 ,grce d'habiles a*ats de t]ra9s1 l'+nieux magi/rat avait pu faire faire ce travail de voirie secrte *ez lui1 sur sa propre t]re1 et p> consqu5t sans contrle4 ,plus t>d il avait rev5du p> petites p>celles p\r j>d9s et cultures les lots de t]re riv]a9s du corridor1 et les propritaires de ces lots de t]re croyai5t des deux cts avoir devant les yeux un mur mitoy51 et ne s\ponnai5t pas mme l'exi/5ce de ce long ruban de pav s]p5tant entre deux murailles p>mi leurs plates-b&es et leurs v]g]s4 ,les oiseaux seuls voyai5t cette curiosit4 ,il e/ probable que les fauvettes et les msanges du sicle d]ni] avai5t =t jas sur le compte de ,m4 le prsid5t4 ,le pavillon1 bti en pi]re dans le gt ,mans>d1 lambriss et meubl dans le gt ,watteau1 rocaille au d$ans1 p]ruque au dehors1 mur d'une triple haie de fleurs1 avait quelque *ose de discret1 de coquet et de sol5nel comme il si$ un caprice de l'am\r et de la magi/rature4 ,cette maison et ce c\loir1 qui ont disp>u auj\rd'hui1 exi/ai5t encore il y a une qu9za9e d'annes4 ,en #ic1 un *audronni] avait a*et la maison p\r la dmolir2 mais n'ayant pu en pay] le prix1 la nation le mit en faillite4 ,de sorte que ce fut la maison qui dmolit le *audronni]4 ,depuis1 la maison re/a inhabite1 et tomba l5tem5t en ru9e1 comme t\te demeure laquelle la prs5ce de l'homme ne communique plus la vie4 ,elle tait re/e meuble de ses vieux meubles et t\j\rs v5dre ou l\]1 et les dix ou d\ze p]sonnes qui pass5t p> an rue ,plumet en tai5t av]ties p> un criteau jaune et illisible accro* la grille du j>d9 depuis #ahaj4 ,v]s la f9 de la re/auration1 ces mmes passants pur5t rem>qu] que l'criteau avait disp>u1 et que1 mme1 les volets du premi] tage tai5t ouv]ts4 ,la maison en effet tait occupe4 ,les f5tres avai5t de petits rideaux1 signe qu'il y avait une femme4 ,au mois d'octobre #ahbi1 un homme d'un c]ta9 ge s'tait prs5t et avait l\ la maison telle qu'elle tait1 y compris1 bi5 ent5du1 l'arrire-corps de logis et le c\loir qui allait ab\tir la rue de ,babylone4 ,il avait fait rtablir les ouv]tures secret des deux portes de ce passage4 ,la maison1 n\s v5ons de le dire1 tait encore peu prs meuble des vieux ameublem5ts du prsid5t2 le n\veau locataire avait ordonn quelques rp>ations1 aj\t et l ce qui manquait1 remis des pavs la c\r1 des briques aux c>relages1 des m>*es l'escali]1 des feuilles aux p>quets et des vitres aux croises1 et enf9 tait v5u s'in/all] avec une jeune fille et une s]vante ge1 sans bruit1 plutt comme quelqu'un qui se glisse que comme quelqu'un qui entre *ez soi4 ,les vois9s n'en jasr5t po9t1 p> la raison qu'il n'y avait pas de vois9s4 ,ce locataire peu effet tait ,jean ,valjean1 la jeune fille tait ,cosette4 ,la s]vante tait une fille appele ,t\ssa9t que ,jean ,valjean avait sauve de l'hpital et de la misre et qui tait vieille1 prov9ciale et bgue1 trois qualits qui avai5t dt]m9 ,jean ,valjean la pr5dre avec lui4 ,il avait l\ la maison s\s le nom de ,m4 ,fau*elev5t1 r5ti]4 ,dans t\t ce qui a t racont plus haut1 le lecteur a sans d\te mo9s t>d encore que ,?n>di] reconnatre ,jean ,valjean4 ,p\rquoi ,jean ,valjean avait-il quitt le c\v5t du ,petit-,picpus8 ,que s'tait-il pass8 ,il ne s'tait ri5 pass4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,il dc\vrit la maison de la rue ,plumet et s'y blottit4 ,il tait dsormais en possession du nom d',ultime ,fau*elev5t444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,,xii4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,du re/e1 proprem5t p>l]1 il vivait rue ,plumet et il y avait arrang son exi/5ce de la faon que voici3 ,cosette avec la s]vante occupait le pavillon2 elle avait la gr&e *ambre c\*] aux trumeaux pe9ts1 le b\doir aux baguettes dores1 le salon du prsid5t meubl de tapiss]ies et de va/es fauteuils2 elle avait le j>d94 ,jean ,valjean avait fait mettre dans la *ambre de ,cosette un lit baldaqu9 d'anci5 damas trois c\leurs1 et un vieux et beau tapis de ,p]se a*et rue du ,figui]-,sa9t-,paul *ez la mre ,gau*]1 et1 p\r corrig] la svrit de ces vieill]ies magnifiques1 il avait amalgam ce bric--brac t\s les petits meubles gais et gracieux des jeunes filles1 l'tagre1 la biblio?que et les livres dors1 la papet]ie1 le buv>d1 la table ouvrage incru/e de nacre1 le ncessaire de v]meil1 la toilette en porcela9e du ,japon4 ,de longs rideaux de damas fond r\ge trois c\leurs1 p>eils au lit1 p5dai5t aux f5tres du premi] tage4 ,au rez-de-*ausse1 des rideaux de tapiss]ie4 ,t\t l'hiv] la petite maison de ,cosette tait *auffe du haut en bas4 ,lui1 il habitait l'espce de loge de porti] qui tait dans la c\r du fond1 avec un matelas sur un lit de sangle1 une table de bois blanc1 deux *aises de paille1 un pot l'eau de faence1 quelques b\qu9s sur une plan*e1 sa *re valise dans un co91 jamais de feu4 ,il dnait avec ,cosette1 et il y avait un pa9 bis p\r lui sur la table4 ,il avait dit ,t\ssa9t lorsqu'elle tait entre3--,c'e/ mademoiselle qui e/ la matresse de la maison4--,et v\s1 mo-onsieur8 avait rpliqu ,t\ssa9t /upfaite4--,moi1 je suis bi5 mieux que le matre1 je suis le pre4 ,cosette au c\v5t avait t dresse au mnage et rglait la dp5se1 qui tait =t mode/e4 ,t\s les j\rs ,jean ,valjean pr5ait le bras de ,cosette et la m5ait prom5]4 ,il la conduisait au ,luxemb\rg1 dans l'alle la mo9s frqu5te1 et t\s les diman*es la messe1 t\j\rs ,sa9t-,jacques-du-,haut-,pas1 p>ce que c'tait =t lo94 ,comme c'e/ un qu>ti] trs-pauvre1 il y faisait beauc\p l'aumne1 et les malheureux l'ent\rai5t dans l'glise1 ce qui lui avait valu l'ptre des ,?n>di]3 ,au monsieur bi5faisant de l'glise ,sa9t-,jacques-du-,haut-,pas4 ,il m5ait volonti]s ,cosette visit] les indig5ts et les malades4 ,aucun trang] n'entrait dans la maison de la rue ,plumet4 ,t\ssa9t apportait les provisions1 et ,jean ,valjean allait lui-mme *]*] l'eau une prise d'eau qui tait t\t pro*e sur le b\lev>d4 ,on mettait le bois et le v9 dans une espce de r5foncem5t demi-s\t]ra9 tapiss de rocailles qui avois9ait la porte de la rue de ,babylone et qui autrefois avait s]vi de grotte ,m4 le prsid5t2 c>1 au temps des ,folies et des ,petites-,maisons1 il n'y avait pas d'am\r sans grotte444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,ni ,jean ,valjean1 ni ,cosette1 ni ,t\ssa9t1 n'entrai5t et ne sortai5t jamais que p> la porte de la rue de ,babylone4 mo9s de les ap]cevoir p> la grille du j>d91 il tait difficile de dev9] qu'ils demeurai5t rue ,plumet4 ,cette grille re/ait t\j\rs f]me4 ,jean ,valjean avait laiss le j>d9 inculte1 af9 qu'il n'attirt pas l'att5tion4 ,en cela il se trompait peut-tre4 ,,xiii4 ,ce j>d9 a9si livr lui-mme depuis plus d'un demi-sicle tait dev5u extraord9aire et *>mant4 ,les passants d'il y a qu>ante ans s'arrtai5t dans cette rue p\r le contempl]1 sans se d\t] des secrets qu'il drobait d]rire ses paisseurs fra*es et v]tes4 ,plus d'un songeur cette poque a laiss bi5 des fois ses yeux et sa p5se pntr] indiscrtem5t trav]s les b>reaux de l'antique grille cad5asse1 tordue1 branlante1 scelle deux pili]s v]dis et m\ssus1 biz>rem5t c\ronne d'un fronton d'arabesques ind*iffrables4 ,il y avait un banc de pi]re dans un co91 une ou deux /atues moisies1 quelques treillages dcl\s p> le temps p\rrissant sur le mur2 du re/e plus d'alles ni de gazon2 du *i5d5t p>t\t4 ,le j>d9age tait p>ti1 et la nature tait rev5ue4 ,les mauvaises h]bes abondai5t1 av5ture admirable p\r un pauvre co9 de t]re4 ,la fte des gir(les y tait spl5dide4 ,,xiv4 ,ri5 dans ce j>d9 ne contr>iait l'ef=t sacr des *oses v]s la vie2 la croissance vnrable tait l *ez elle4 ,les arbres s'tai5t baisss v]s les ronces1 les ronces tai5t montes v]s les arbres1 la plante avait grimp1 la bran*e avait fl*i1 ce qui rampe sur la t]re avait t tr\v] ce qui s'pan\it dans l'air1 ce qui flotte au v5t s'tait p5* v]s ce qui trane dans la m\sse2 troncs1 rameaux1 feuilles1 fibres1 t\ffes1 vrilles1 s>m5ts1 p9es1 s'tai5t mls1 trav]ss1 m>is1 confondus2 la vgtation1 dans un embrassem5t troit et pr(ond1 avait clbr et accompli l1 s\s l'oeil satisfait du ,crateur1 en cet enclos de trois c5ts pi$s c>rs1 le sa9t my/re de la frat]nit huma9e4 ,ce j>d9 n'tait plus un j>d91 c'tait une br\ssaille colossale2 c'e/--dire quelque *ose qui e/ impntrable comme une =t1 peupl comme une ville1 frissonnant comme un nid1 sombre comme une ca?drale1 odorant comme un b\quet1 solitaire comme une tombe1 vivant comme une f\le4 ,,xv4 ,en floral1 cet norme buisson1 libre d]rire sa grille et dans ses quatre murs1 entrait en rut dans le s\rd travail de la g]m9ation univ]selle1 tressaillait au soleil levant presque comme une bte qui aspire les effluves de l'am\r cosmique et qui s5t la sve d'avril mont] et b\illir dans ses ve9es1 et1 sec\ant au v5t sa prodigieuse *evelure v]te1 semait sur la t]re humide1 sur les /atues fru/es1 sur le p]ron cr\lant du pavillon et jusque sur le pav de la rue ds]te1 les fleurs en toiles1 la rose en p]les1 la fcondit1 la beaut1 la vie1 la joie1 les p>fums4 midi mille papillons blancs s'y rfugiai5t1 et c'tait un spectacle div9 de voir l t\rbillonn] en flocons dans l'ombre cette neige vivante de l't4 ,l1 dans ces gaies tnbres de la v]dure1 une f\le de voix innoc5tes p>lai5t d\cem5t l'me1 et ce que les gaz\illem5ts avai5t oubli de dire1 les b\rdonnem5ts le compltai5t4 ,le soir une vapeur de rv]ie se dgageait du j>d9 et l'enveloppait2 un l9ceul de brume1 une tri/esse cle/e et calme1 le c\vrai5t2 l'odeur si enivrante des *vrefeuilles et des lis]ons en sortait de t\te "p comme un poison exquis et subtil2 on ent5dait les d]ni]s appels des grimp]eaux et des b]g]onnettes s'ass\pissant s\s les bran*ages2 on y s5tait cette intimit sacre de l'oiseau et de l'arbre4 ,le j\r1 les ailes rj\iss5t les feuilles2 la nuit1 les feuilles protg5t les ailes4 ,,xvi4 ,l'hiv]1 la br\ssaille tait noire1 m\ille1 hrisse1 grelottante1 et laissait un peu voir la maison4 ,on ap]cevait1 au lieu de fleurs dans les rameaux et de rose dans les fleurs1 les longs rubans d'arg5t des limaces sur le froid et pais tapis des feuilles jaunes2 mais de t\te faon1 s\s t\t aspect1 en t\te saison1 pr9temps1 hiv]1 t1 automne1 ce petit enclos respirait la mlancolie1 la contemplation1 la solitude1 la lib]t1 l'abs5ce de l'homme1 la prs5ce de ,dieu2 et la vieille grille r\ille avait l'air de dire3--,ce j>d9 e/ moi6 ,le pav de ,p>is avait beau tre l t\t aut\r1 les htels classiques et spl5dides de la rue de ,v>5ne deux pas1 le dme des ,invalides t\t prs1 la ,*ambre des dputs pas lo92 les c>rosses de la rue de ,b\rgogne et de la rue ,sa9t-,dom9ique avai5t beau r\l] fa/ueusem5t dans le vois9age2 les omnibus jaunes1 bruns1 blancs1 r\ges1 avai5t beau se crois] dans le c>ref\r pro*a93 le ds]t tait rue ,plumet2 et la mort des anci5s propritaires1 une rvolution qui avait pass1 l'cr\lem5t des antiques =tunes1 l'abs5ce1 l'oubli1 qu>ante ans d'ab&on et de viduit1 avai5t suffi p\r ram5] dans ce lieu privilgi les f\gres1 les b\illons-blancs1 les cigus1 les a*illes1 les hautes h]bes1 les gr&es plantes gaufres aux l>ges feuilles de drap v]t ple1 les lz>ds1 les sc>abes1 les insectes inquiets et rapides2 p\r faire sortir des pr(ondeurs de la t]re et rep>atre entre ces quatre murs je ne sais quelle gr&eur sauvage et f>\*e2 et p\r que la nature1 qui dconc]te les arrangem5ts mesqu9s de l'homme et qui se rp& t\j\rs t\t entire l o elle se rp&1 aussi bi5 dans la f\rmi que dans l'aigle1 en vnt s'pan\ir dans un m*ant petit j>d9 p>isi5 avec autant de rudesse et de maje/ que dans une =t vi]ge du n\veau monde4 ,,xvii4 ,ri5 n'e/ petit en effet2 quiconque e/ sujet aux pntrations pr(ondes de la nature le sait4 ,bi5 qu'aucune satisfaction absolue ne soit donne la philosophie1 pas plus de circonscrire la cause que de limit] l'effet1 le contemplateur tombe dans des extases sans fond cause de t\tes ces dcompositions de =ces ab\tissant l'unit4 ,t\t travaille t\t4 ,l'algbre s'applique aux nuages2 l'irradiation de l'a/re pr(ite la rose2 aucun p5seur n'os]ait dire que le p>fum de l'aubp9e e/ inutile aux con/ellations4 ,qui donc peut calcul] le trajet d'une molcule8 que savons-n\s si des crations de mondes ne sont po9t dt]m9es p> des *utes de gra9s de sable8 qui donc connat les flux et les reflux de l'inf9im5t gr& et de l'inf9im5t petit1 le ret5tissem5t des causes dans les prcipices de l'tre1 et les avalan*es de la cration8 ,un ciron importe2 le petit e/ gr&1 le gr& e/ petit2 t\t e/ en quilibre dans la ncessit2 effrayante vision p\r l'esprit4 ,il y a entre les tres et les *oses des relations de prodige2 dans cet 9puisable ensemble1 de soleil puc]on1 on ne se mprise pas2 on a beso9 les uns des autres4 ,la lumire n'emporte pas dans l'azur les p>fums t]re/res sans savoir ce qu'elle en fait2 la nuit fait des di/ributions d'ess5ce /ellaire aux fleurs endormies4 ,t\s les oiseaux qui vol5t ont la patte le fil de l'inf9i4 ,la g]m9ation se complique de l'closion d'un mtore1 du c\p de bec de l'hirondelle brisant l'oeuf1 et elle mne de front la naissance d'un v] de t]re et l'avnem5t de ,socrate4 ,o f9it le tlescope1 le microscope comm5ce4 ,lequel des deux a la vue plus gr&e8 ,*oisissez4 ,une moisissure e/ une pliade de fleurs2 une nbuleuse e/ une f\rmilire d'toiles4 ,mme promiscuit1 et plus in\e encore1 des *oses de l'intellig5ce et des faits de la sub/ance4 ,les lm5ts et les pr9cipes se ml5t1 se comb95t1 s'p\s5t1 se multipli5t les uns p> les autres1 au po9t de faire ab\tir le monde matriel et le monde moral la mme cl>t4 ,le phnomne e/ en p]ptuel repli sur lui-mme4 ,dans les va/es *anges cosmiques1 la vie univ]selle va et vi5t en quantits inconnues1 r\lant t\t dans l'invisible my/re des effluves1 employant t\t1 ne p]dant pas un rve de pas un sommeil1 semant un animalcule ici1 miettant un a/re l1 oscillant et s]p5tant1 faisant de la lumire une =ce et de la p5se un lm5t1 dissm9e et indivisible1 dissolvant t\t1 except ce po9t gomtrique1 le moi2 ram5ant t\t l'me atome2 pan\issant t\t en ,dieu2 en*evtrant1 depuis la plus haute jusqu' la plus basse1 t\tes les activits dans l'obscurit d'un mcanisme v]tig9eux1 ratta*ant le vol d'un insecte au m\vem5t de la t]re1 subordonnant1 qui sait8 ne ft-ce que p> l'id5tit de la loi1 l'volution de la comte dans le firmam5t au t\rnoiem5t de l'infusoire dans la g\tte d'eau4 ,ma*9e faite d'esprit4 ,engr5age norme dont le premi] moteur e/ le m\*]on et dont la d]nire r\e e/ le zodiaque4 ,,xviii4 ,m>ius passe et repasse devant le grillage de la maisonnette indique p> pon9e3 ,cosette le reg>de4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,on a tant abus du reg>d dans les romans d'am\r qu'on a f9i p> le dconsidr]4 ,c'e/ pe9e si l'on ose dire ma9t5ant que deux tres se sont aims p>ce qu'ils se sont reg>ds4 ,c'e/ p\rtant comme cela qu'on s'aime et uniquem5t comme cela4 ,le re/e n'e/ que le re/e1 et vi5t aprs4 ,ri5 n'e/ plus rel que ces gr&es sec\sses que deux mes se donn5t en *angeant cette t9celle4 cette c]ta9e heure o ,cosette eut sans le savoir ce reg>d qui tr\bla ,m>ius1 ,m>ius ne se d\ta pas que lui aussi eut un reg>d qui tr\bla ,cosette6 ,il lui fit le mme mal ou le mme bi54 ,depuis longtemps dj elle le voyait et elle l'exam9ait comme les filles exam95t et voi5t1 en reg>dant ailleurs4 ,m>ius tr\vait encore ,cosette laide que dj ,cosette tr\vait ,m>ius beau4 ,mais1 comme il ne pr5ait po9t g>de elle1 ce jeune homme lui tait bi5 gal4 ,cep5dant elle ne p\vait s'emp*] de se dire qu'il avait de beaux *eveux1 de beaux yeux1 de belles d5ts1 un *>mant son de voix1 qu& elle l'ent5dait caus] avec ses cam>ades1 qu'il m>*ait en se t5ant mal1 si l'on veut1 mais avec une grce lui1 qui ne p>aissait pas bte du t\t1 que t\te sa p]sonne tait noble1 d\ce1 simple et fire1 et qu'enf9 il avait l'air pauvre1 mais qu'il avait bon air4 ,le j\r o leurs yeux se r5contrr5t et se dir5t enf9 brusquem5t ces premires *oses obscures et ineffables que le reg>d balbutie1 ,cosette ne comprit pas d'abord4 ,elle r5tra p5sive la maison de la rue de l',oue/ o ,jean ,valjean1 selon son habitude1 tait v5u pass] six sema9es4 ,le l5dema91 en s'veillant1 elle songea ce jeune homme inconnu1 si longtemps indiffr5t et glac1 qui semblait ma9t5ant faire att5tion elle1 et il ne lui sembla pas le mo9s du monde que cette att5tion lui ft agrable4 ,elle avait plutt un peu de colre contre ce beau ddaigneux4 ,un fond de gu]re remua en elle4 ,il lui sembla1 et elle en pr\vait une joie encore t\t enfant9e1 qu'elle allait enf9 se v5g]4 ,,xix4 ,se sa*ant belle1 elle s5tait bi51 quoique d'une faon indi/9cte1 qu'elle avait une arme4 ,les femmes j\5t avec leur beaut comme les enfants avec leur c\teau4 ,elles s'y bless5t4 ,on se rappelle les hsitations de ,m>ius1 ses palpitations1 ses t]reurs4 ,il re/ait sur son banc et n'appro*ait pas4 ,ce qui dpitait ,cosette4 ,un j\r elle dit ,jean ,valjean3 --,pre1 prom5ons-n\s donc un peu de ce ct-l4 ,voyant que ,m>ius ne v5ait po9t elle1 elle alla lui4 ,en p>eil cas1 t\te femme ressemble ,mahomet4 ,et puis1 *ose biz>re1 le premi] symptme de l'am\r vrai *ez un jeune homme1 c'e/ la timidit3 *ez une jeune fille1 c'e/ la h>diesse4 ,ceci tonne1 et ri5 n'e/ plus simple p\rtant4 ,ce sont les deux sexes qui t5d5t se rappro*] et qui pr5n5t les qualits l'un de l'autre4 ,ce j\r-l1 le reg>d de ,cosette r5dit ,m>ius f\1 le reg>d de ,m>ius r5dit ,cosette tremblante4 ,m>ius s'en alla confiant1 et ,cosette inquite4 p>tir de ce j\r1 ils s'adorr5t4 ,,xx4 ,la premire *ose que ,cosette pr\va1 ce fut une tri/esse confuse et pr(onde4 ,il lui sembla que1 du j\r au l5dema91 son me tait dev5ue noire4 ,elle ne la reconnaissait plus4 ,la blan*eur de l'me des jeunes filles1 qui se compose de froideur et de gaiet1 ressemble la neige4 ,elle fond l'am\r1 qui e/ son soleil4 ,cosette ne savait pas ce que c'tait que l'am\r4 ,elle n'avait jamais ent5du prononc] ce mot dans le s5s t]re/re44444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,elle aimait avec d'autant plus de passion qu'elle aimait avec ignorance4 ,elle ne savait pas si cela e/ bon ou mauvais1 utile ou dang]eux1 ncessaire ou mortel1 t]nel ou passag]1 p]mis ou prohib2 elle aimait4 ,on l'et bi5 tonne si on lui et dit3 ,v\s ne dormez pas8 mais c'e/ df5du6 ,v\s ne mangez pas8 mais c'e/ =t mal6 ,v\s avez des oppressions et des battem5ts de coeur8 mais cela ne se fait pas6 ,v\s r\gissez et v\s plissez qu& un c]ta9 tre vtu de noir p>at au b\t d'une c]ta9e alle v]te8 mais c'e/ abom9able6 ,elle n'et pas compris1 et et rpondu3 ,comm5t peut-il y avoir de ma faute dans une *ose o je ne puis ri5 et o je ne sais ri58 ,,xxi4 ,il se tr\va que l'am\r qui se prs5ta tait prcism5t celui qui conv5ait le mieux l'tat de son me4 ,c'tait une sorte d'adoration di/ance1 une contemplation muette1 la dification d'un inconnu4 ,c'tait l'app>ition de l'adolesc5ce l'adolesc5ce1 le rve dev5u roman et re/ rve1 le fantme s\hait enf9 ralis et fait *air1 mais n'ayant pas encore de nom1 ni de tort1 ni de ta*e1 ni d'exig5ce1 ni de dfaut2 en un mot1 l'amant lo9ta9 et demeur dans l'idal1 une *imre ayant une =me4 ,t\te r5contre plus palpable et plus pro*e et cette premire poque eff>\* ,cosette1 encore demi plonge dans la brume grossissante du clotre4 ,elle avait t\tes les peurs des enfants et t\tes les peurs des religieuses mles4 ,l'esprit du c\v5t1 dont elle s'tait pntre p5dant c9q ans1 s'vaporait encore l5tem5t de t\te sa p]sonne et faisait t\t trembl] aut\r d'elle4 ,dans cette situation1 ce n'tait pas un amant qu'il lui fallait1 ce n'tait pas mme un am\reux1 c'tait une vision4 ,elle se mit ador] ,m>ius comme quelque *ose de *>mant1 de lum9eux et d'impossible4 ,comme l'extrme navet t\*e l'extrme coquett]ie1 elle lui s\riait1 t\t fran*em5t4 ,elle att5dait t\s les j\rs l'heure de la prom5ade avec impati5ce1 elle y tr\vait ,m>ius1 se s5tait indiciblem5t heureuse1 et croyait s9crem5t exprim] t\te sa p5se en disant ,jean ,valjean3 --,quel dlicieux j>d9 que le ,luxemb\rg6 ,m>ius et ,cosette tai5t dans la nuit l'un p\r l'autre4 ,ils ne se p>lai5t pas1 ils ne se saluai5t pas1 ils ne se connaissai5t pas2 ils se voyai5t2 et1 comme les a/res dans le ciel que des millions de lieues sp>5t1 ils vivai5t de se reg>d]4 ,c'e/ a9si que ,cosette dev5ait peu peu une femme et se dveloppait1 belle et am\reuse1 avec la consci5ce de sa beaut et l'ignorance de son am\r4444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,,xxii4 ,ce bonheur sans consci5ce de lui-mme e/ int]rompu p> la jal\sie pat]nelle de ,jean ,valjean1 qui cra9t une emb*e de lib]t9age p\r sa fille2 il *ange de domicile et de prom5ade4 ,une horrible app>ition de la *ane des galri5s1 sur la r\te des ,gobel9s1 le ramne au s\v5ir de sa condition et p\vante ,cosette4 ,cette app>ition1 trs-habile comme comp>aison1 e/ trs-mlodramatique et trs-exagre comme tableau4 ,la socit y j\e un rle gratuitem5t odieux4 ,on dirait une horde de sauvages va9queurs1 m5ant une autre horde au b*]4 ,on dtruit l'effet de ce qu'on exagre3 c'e/ le fleuve qui rejette son cume sur ses bords1 p\r que l'eau ne soit pas tr\ble2 qui peut accus] le fleuve de purifi] l'cume8 ,n\s surt\t1 qui v\lons supprim] la pe9e irrp>able de mort en matire civile1 et qui avons eu l'audace de la supprim] mme en politique1 n\s n'aimons pas la pe9e corruptrice des bagnes1 et n\s avons1 dans nos nombreux disc\rs sur ce sujet1 rclam un pnit5tiaire colonial avec une lgislation spciale1 et des prisons lo9ta9es et gradues1 p\r donn] la scurit la socit innoc5te1 contre les btes froces de la mnag]ie huma9e2 mais1 la prison pnit5tiaire coloniale n'exi/ant pas encore1 il faut bi5 reconnatre la socit le droit sacr de se df5dre en att5dant et de se sp>] de ce qui la m5ace en la s\illant4 ,,xxiii4 ,int]ruption encore de plusieurs pisodes qui doiv5t conv]g] plus t>d dans le dnom5t4 ,il y en a un vritablem5t t\*ant1 comme une lg5de de ,juif-,errant de la sci5ce1 c'e/ celui du vieil homme de lettres1 amant passionn des livres1 et dvor p> eux1 qui mange s\ s\ son m9ce patrimo9e p\r s'en procur]1 qui f9it p> les v5dre un un p\r vivre1 et qui1 lorsqu'il a v5du le d]ni]1 meurt lui-mme dsespr de sa passion du livre1 d'abord rsigne1 puis *ange en fureur6 ,c'e/ l en effet une de ces misres innommes dont la socit n'e/ nullem5t c\pable4 ,peut-elle extirp] les manies individuelles1 elle qui ne peut extirp] les passions8 ,,xxiv4 ,cosette revi5t la maison de la rue ,plumet4 ,cosette dc\vre dans un pavillon ab&onn du j>d91 s\s une pi]re apporte p> l'inconnu1 un cahi] de p5ses crites p> une ma9 anonyme1 dont quelques-unes sont div9es4 ,c'e/ l'alphabet de l'am\r1 qu'on lui fait pel] p\r la premire fois4 ,dieu1 c'e/ la plnitude du ciel2 l'am\r1 c'e/ la plnitude de l'homme6 ,v\s reg>dez une toile p\r deux motifs3 p>ce qu'elle e/ lum9euse et p>ce qu'elle e/ impntrable4 ,v\s avez auprs de v\s un plus d\x rayonnem5t et un plus gr& my/re3 la femme6 ,ce que l'am\r comm5ce ici-bas ne peut tre a*ev que p> ,dieu6 ,si l'am\r s'teignait1 le soleil s'te9drait6 ,oh6 aim]6 avoir p]du la trace de ce qu'on aime6 ,ne pas savoir l'adresse de son me6 etc4 ,,xxv4 ,ce livret de sa9te ,?rse de l'am\r pr(ane respire le feu et le communique l'me de ,cosette4 ,elle vi5t au j>d9 le l5dema9 l'heure tnbreuse1 pas muets1 sans savoir qu'elle y vi5t2 elle c>esse de la ma9 la grosse pi]re1 comme p\r la rem]ci]4 ,une ombre app>at d]rire elle1 ombre l'a/re am\reux des am\reux1 la lune4 ,elle tressaille3 c'e/ lui6 c'e/ ,m>ius6 ,,xxvi4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,cosette1 en reculant1 r5contra un arbre et s'y adossa4 ,sans cet arbre1 elle ft tombe4 ,alors elle ent5dit sa voix1 cette voix qu'elle n'avait vraim5t jamais ent5due1 qui s'levait pe9e au-dessus du frmissem5t des feuilles et qui murmurait3 --,p>donnez-moi1 je suis l4 ,j'ai le coeur gonfl1 je ne p\vais pas vivre comme j'tais1 je suis v5u4 ,avez-v\s lu ce que j'avais mis l1 sur ce banc8 me reconnaissez-v\s un peu8 n'ayez pas peur de moi4 ,voil du temps dj1 v\s rappelez-v\s le j\r o v\s m'avez reg>d8 c'tait dans le ,luxemb\rg1 prs du ,gladiateur4 ,et le j\r o v\s avez pass devant moi8 c'tait le #af ju9 et le #b juillet4 ,il va y avoir un an4 ,depuis bi5 longtemps je ne v\s ai plus vue4 ,j'ai dem& la l\euse de *aises1 elle m'a dit qu'elle ne v\s voyait plus4 ,v\s demeuriez rue de l',oue/1 au troisime sur le devant1 dans une maison neuve2 v\s voyez que je sais6 ,je v\s suivais1 moi4 ,qu'e/-ce que j'avais faire8 ,et puis v\s avez disp>u4 ,j'ai cru v\s voir pass] une fois que je lisais les j\rnaux s\s les arcades de l',odon4 ,j'ai c\ru4 ,mais non4 ,c'tait une p]sonne qui avait un *apeau comme v\s4 ,la nuit1 je vi5s ici4 ,ne craignez pas1 p]sonne ne me voit4 ,je vi5s reg>d] vos f5tres de prs4 ,je m>*e bi5 d\cem5t p\r que v\s n'ent5diez pas1 c> v\s auriez peut-tre peur4 ,l'autre soir j'tais d]rire v\s1 v\s v\s tes ret\rne1 je me suis enfui4 ,une fois je v\s ai ent5due *ant]4 ,j'tais heureux4 ,e/-ce que cela v\s fait quelque *ose que je v\s ent5de *ant] trav]s le volet8 cela ne peut ri5 v\s faire4 ,non1 n'e/-ce pas8 ,voyez-v\s1 v\s tes mon ange1 laissez-moi v5ir un peu2 je crois que je vais m\rir4 ,si v\s saviez6 je v\s adore1 moi6 ,p>donnez-moi1 je v\s p>le1 je ne sais pas ce que je v\s dis1 je v\s f*e peut-tre1 e/-ce que je v\s f*e8 -- ma mre6 dit-elle4 ,et elle s'affaissa sur elle-mme comme si elle se m\rait4 ,il la prit1 elle tombait1 il la prit dans ses bras1 il la s]ra troitem5t sans avoir consci5ce de ce qu'il faisait4 ,il la s\t5ait t\t *ancelant4 ,il tait comme s'il avait la tte ple9e de fume2 des clairs lui passai5t entre les cils2 ses ides s'van\issai5t2 il lui semblait qu'il accomplissait un acte religieux et qu'il commettait une pr(anation4 ,du re/e1 il n'avait pas le mo9dre dsir de cette femme ravissante dont il s5tait la =me contre sa poitr9e4 ,il tait p]du d'am\r4 ,elle lui prit la ma9 et la posa sur son coeur4 ,il s5tit le papi] qui y tait1 il balbutia3 --,v\s m'aimez donc8 ,elle rpondit d'une voix si basse que ce n'tait plus qu'un s\ffle qu'on ent5dait pe9e3 --,tais-toi6 tu le sais6 ,et elle ca*a sa tte r\ge dans le se9 du jeune homme sup]be et enivr4 ,il tomba sur le banc1 elle prs de lui4 ,ils n'avai5t plus de p>oles4 ,les toiles comm5ai5t rayonn]4 ,comm5t se fit-il que leurs lvres se r5contrr5t8 ,comm5t se fait-il que l'oiseau *ante1 que la neige fonde1 que la rose s'ouvre1 que mai s'pan\isse1 que l'aube blan*isse d]rire les arbres noirs au sommet frissonnant des coll9es8 ,un bais]1 et ce fut t\t4 ,t\s deux tressaillir5t1 et ils se reg>dr5t dans l'ombre avec des yeux clatants4 ,ils ne s5tai5t ni la nuit fra*e1 ni la pi]re froide1 ni la t]re humide1 ni l'h]be m\ille2 ils se reg>dai5t et ils avai5t le coeur ple9 de p5ses4 ,ils s'tai5t pris les ma9s sans savoir4 ,elle ne lui dem&ait pas1 elle n'y songeait pas mme1 p> o il tait entr et comm5t il avait pntr dans le j>d94 ,cela lui p>aissait si simple qu'il ft l6 ,,xxvii4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,p> int]valles1 ,cosette bgayait une p>ole4 ,son me tremblait ses lvres comme une g\tte de rose une fleur4 ,peu peu ils se p>lr5t4 ,l'pan*em5t succda au sil5ce1 qui e/ la plnitude4 ,la nuit tait s]e9e et spl5dide au-dessus de leur tte4 ,ces deux tres1 purs comme des esprits1 se dir5t t\t1 leurs songes1 leurs ivresses1 leurs extases1 leurs *imres1 leurs dfaillances1 comme ils s'tai5t adors de lo91 comme ils s'tai5t s\haits1 leur dsespoir qu& ils avai5t cess de s'ap]cevoir4 ,ils se confir5t dans une intimit idale1 que ri5 dj ne p\vait plus accrotre1 ce qu'ils avai5t de plus ca* et de plus my/rieux4 ,ils se racontr5t1 avec une foi c&ide dans leurs illusions1 t\t ce que l'am\r1 la jeunesse et ce re/e d'enfance qu'ils avai5t1 leur mettai5t dans la p5se4 ,ces deux coeurs se v]sr5t l'un dans l'autre1 de sorte qu'au b\t d'une heure c'tait le jeune homme qui avait l'me de la jeune fille et la jeune fille qui avait l'me du jeune homme4 ,ils se pntrr5t1 ils s'en*antr5t1 ils s'bl\ir5t4 ,,xxviii4 ,qu& ils eur5t f9i1 qu& ils se fur5t t\t dit1 elle posa sa tte sur son paule et lui dem&a3 --,comm5t v\s appelez-v\s8 --,je m'appelle ,m>ius1 dit-il4 ,et v\s8 --,je m'appelle ,cosette4 ,,xxix4 ,autre int]ruption qui n\s ramne aux ,?n>di]1 ma9t5ant tablis ,p>is s\s le faux nom de ,jondrette1 et dont les nombreux enfants1 *angs1 prts1 r5dus1 ne sav5t plus gure qui ils app>ti5n5t4 ,la mre a quelques scrupules4--,mais c'e/ mal1 dit-elle son m>i1 de v5dre a9si ses enfants4 --,jean-,jacques ,r\sseau a fait mieux1 rpond ,?n>di]4 pigramme amre du philosophe pre de l'le de ,gu]nesey1 contre la philosophie sans me de ,jean-,jacques ,r\sseau4 ,le premi] quelquefois e/ un sophi/e d'esprit2 mais le second e/ un sophi/e de coeur6 ,on arrte dans son repaire la femme qui a a*et les deux d]ni]s petits enfants de la ,?n>di]4 ,un petit vagabond1 nomm ,gavro*e1 les recueille1 les c\*e dans le v5tre de t]re cuite de l'lphant de la ,ba/ille2 c'e/ une l>me dans la b\e1 mais la l>me e/ *aude4 ,,xxx4 ,l'hi/oire des enfants p]dus1 soit dans la =t1 mangeant des mres1 soit dans les rues d'une gr&e capitale1 et recueillis p> la piti d'un vagabond dans son nid d'un soir1 dans un monum5t en *>p5te d'gypte ou de ,p>is1 e/ t\j\rs une des misres les plus apitoyantes de l'humanit4 ,ce petit protecteur indiffr5t et gai des pauvres enfants e/ le type de la lgret /oque de l'enfant de ,p>is1 dont ,m4 ,hugo fait un idal1 idal froce1 ou compatissant p> ins\ciance1 qui c>esse ou qui mord sans rflexion1 cume lgre flottant sur la m] agite des capitales1 qui n'a ni famille1 ni coles1 ni pr(ession1 ni respect1 et dont t\te la moralit consi/e dans quelques *ansons obscnes ou av9es4 ,c'e/ un pauvre idal de peuple prs5t] l'admiration de nos artisans1 la moelle peut-tre de la population franaise4 ,,xxxi4 ,le gam9 de ,p>is n'eut qu'un beau j\r3 celui o1 du balcon de l',htel-de-,ville1 au milieu de la tempte qui t\rbillonnait mes pi$s1 m5aant de t\t engl\tir1 je l'voquai du fond du dsordre et j'en fis la g>de mobile de #ahdh1 une arme de hros1 les ,m>seillais de l'ordre6 ,hros qui sauvr5t ,p>is et l',europe gratuitem5t1 p> l'in/9ct de la brav\re et de la socit1 et que la socit sauve a rcomp5ss p> un indigne oubli de leurs s]vices6 ,voil l'enfant de ,p>is1 qu& on sait faire appel son feu ca* dans la fange4 ,quant celui que n\s pe9t le roman des ,misrables1 ce n'e/ que le lazz>one spirituel d'une populace hbte1 riant de t\t et de lui-mme2 c'e/ le petit ,gavro*e1 ca*ant les petits ,?n>di] dans le v5tre de l'lphant1 sa demeure4 ,mais1 malgr l'tranget de cette inv5tion du pote1 cela t\*e1 p>ce que cela e/ bon3 ces pauvres enfants de la ,?n>di]1 sans feu1 sans pa9 et sans asile1 rappell5t ces c\ves de petits *i5s qu'on voit dans la cage des lions1 r*auffs p> la gueule du mon/re4 ,,xxxii4 ,un dixime tiroir conti5t une diss]tation sur l'argot et presque un loge de cette langue infme4 ,passons1 c'e/ un trange caprice4 ,que peut-il y avoir l\] dans ce patois du crime1 qui n'a t inv5t que comme un masque p\r ca*] le visage des sclrats1 de mme que le masque des assass9s ca*e leurs visages1 et qu'on ne peut appr5dre que p\r p>l] bas1 devant l'honnte homme1 des =faits commettre ou ca*]8 ,dbau*e de sci5ce qu'il faut p>donn] l'rudition capricieuse de ,balzac1 d',eugne ,sue1 de ,victor ,hugo4 ,seulem5t un bel hymne l'av5ir t]m9e ce *apitre4 ,on y reconnat le gnie du bi5 idalisant son type4 ,il n'a d'autre dfaut que d'tre indf9i1 et p> consqu5t vague et enivrant4 ,,xxxiii4 ,en matire de lgislation1 on ne *ante pas le progrs1 on le calcule4 ,c'e/ la mcanique cle/e de ,laplace1 mais la mcanique applique4 ,une aspiration suffit au coeur2 mais l'conomie politique1 cette a/ronomie des =ces huma9es1 il faut le *iffre4 ,les aspirations de mille passag]s sur le vaisseau social ne conduiront pas le navire au port2 il faut qu'un seul monte sur le pont et presse l'auteur p\r donn] la r\te4 ,victor ,hugo ne la donne pas6 ,,lam>t9e4 7,la suite au mois pro*a947 ,l,x,x,x,v,i,ie ,,entreti54 ,,consid,,rations ,,sur ,,un ,,*ef-,d',,oeuvre1 ,,ou ,,le ,,dang] ,,du ,g,,nie4 ,les ,misrables1 p> ,victor ,hugo4 ,,c9qui,,me ,,p>tie4 ,i4 ,le onzime tiroir1 ple9 la fois de *oses prcieuses et de rebuts1 n\s ramne l'idylle de la rue ,plumet1 ce *ef-d'oeuvre que dsormais les yeux ne quitt5t plus qu'avec regret4 ,aim] remplace presque p5s]4 ,l'am\r e/ un ard5t oubli de t\t le re/e2 ils vivai5t dans une m9ute d'or4 ,c'e/ pe9e si ,m>ius songeait que ,cosette avait un pre4 ,il y avait dans sa tte l'effacem5t et l'bl\issem5t4 ,de quoi donc p>lai5t-ils1 ces amants8 ,on l'a vu3 des fleurs1 des hirondelles1 du soleil c\*ant1 du lev] de la lune1 de t\tes les *oses importantes4 ,ils s'tai5t dit t\t1 except t\t4 ,le t\t des am\reux1 c'e/ le ri54 ,mais le pre1 les ralits1 ce b\ge1 ces b&its1 cette av5ture1 quoi bon8 et tait-il bi5 sr que ce cau*em> et exi/8 ,on tait deux1 on s'adorait1 il n'y avait que cela4 ,t\te autre *ose n'tait pas4 ,il e/ probable que cet van\issem5t de l'enf] d]rire n\s e/ inhr5t l'arrive au p>adis4 ,e/-ce qu'on a vu des dmons8 e/-ce qu'il y en a8 e/-ce qu'on a trembl8 e/-ce qu'on a s\ff]t8 ,on n'en sait plus ri54 ,une nue rose e/ l-dessus4 ,donc ces deux tres vivai5t a9si1 trs-haut1 avec t\te l'invraisemblance qui e/ dans la nature2 ni au nadir1 ni au zni?1 entre l'homme et le sraph91 au-dessus de la fange1 au-dess\s de l'!r1 dans le nuage2 pe9e os et *air1 me et extase de la tte aux pi$s2 dj trop sublims p\r m>*] t]re1 encore trop *>gs d'humanit p\r disp>atre dans le bleu1 en susp5sion comme des atomes qui att5d5t le prcipit2 en app>5ce hors du de/92 ignorant cette ornire1 hi]1 auj\rd'hui1 dema92 m]veills1 pms1 flottants2 p> mom5ts1 assez allgs p\r la fuite dans l'inf9i2 presque prts l'envolem5t t]nel4 ,ils dormai5t veills dans ce b]cem5t4 l?>gie spl5dide du rel accabl d'idal6 ,quelquefois1 si belle que ft ,cosette1 ,m>ius f]mait les yeux devant elle4 ,les yeux f]ms1 c'e/ la meilleure manire de reg>d] l'me4 ,m>ius et ,cosette ne se dem&ai5t pas o cela les conduirait4 ,ils se reg>dai5t comme arrivs4 ,c'e/ une trange prt5tion des hommes de v\loir que l'am\r conduise quelque "p44444444 ,,ii4 ,une autre digression1 mais qui ti5t au sujet1 n\s entrane *ez le gr&-pre de ,m>ius1 anci5 migr de quatre-v+ts ans1 dont l'intrieur e/ bi5 pe9t1 mais un peu trop en c>icature4 ,c'e/ le dfaut de l'criva91 de trop rire du pass et de se moqu] des aeux4 ,cela fait pe9e4 ,hlas6 *aque sicle vit de ses ides3 ils avai5t les leurs1 n\s avons les ntres2 dans c9quante ans ne s]ons-n\s pas des aeux8 ,celui-l avait rpudi et *ass impitoyablem5t1 en app>5ce1 ,m>ius1 son petit-fils1 de *ez lui1 p>ce que ,m>ius tait de son ge et f>ci du libralisme bonap>ti/e du ,con/itutionnel de #ahae4 ,un beau j\r ,m>ius1 sans prp>ation1 va9cu p> l'am\r1 vi5t brusquem5t dem&] au vieill>d de p]mettre son m>iage avec ,cosette4 ,le vieill>d croit que son petit-fils rve1 et le r5voie avec sa maldiction et son rve4 ,le dsespoir le prcipite dans les b>ricades de je ne sais plus quelle anne du rgne de #ahcj4 ,il se s\vi5t qu'il a l une d\za9e d'tudiants1 ses amis1 qui ont fantaisie de se battre p\r quoi que ce soit1 qui n'e/ ni la mon>*ie lgitime1 ni la royaut d'occasion de #ahcj1 ni la rpublique proprem5t dite1 =me df9ie de g\v]nem5t1 mais un je ne sais quoi1 qui s'appelle tantt la dmocratie1 tantt l'idal1 en ralit le drapeau r\ge4 ,une voix l'appelle dans la nuit1 c'e/ celle d'pon9e2 elle lui dit que ses amis l'att5d5t la b>ricade4 ,il y va m\rir3 puisqu'il ne peut vivre avec ,cosette1 autant m\rir p\r le drapeau r\ge6 ,cet pisode e/ intitul l'pope de la rue ,sa9t-,d5is4 pope tragi-burlesque o il se dp5se autant d'hrosme qu'au sige de ,troie1 et o l'auteur ramne la porte d'un cab>et d\ze ou qu9ze p]sonnages tombs des nues dans ce tr\ de six pi$s1 p>mi lesquels ,valjean1 qui ne sait non plus que faire et qui tire quelques c\ps de fusil1 s'amusant tu] des hommes2 d\ze ou qu9ze gam9s de ,p>is et autant d'tudiants buvant dans une salle basse1 prorant et se battant t\r t\r1 ,m>ius en tte1 p\r l'honneur du drapeau r\ge4 ,,iii4 ,cette longue pice tiroir e/ trop m9utieusem5t tudie p\r le roman et mme p\r l'hi/oire4 ,gavro*e assaisonne de calemb\rs les c\ps de feu4 ,il y a beauc\p de ,don ,qui*ote dans ces hros1 quelques ba*eli]s de ,salamanque1 et pas mal de ,gil ,blas4 ,m>ius1 dev5u t\t c\p philosophe radical1 j\e d'inspiration un hymne la gu]re civile4 ,on ne peut pas discut] avec ,m>ius3 il a un t\rbillon dans la tte1 une amante p]due dans le coeur1 un b>il de p\dre s\s la ma9 dans la b>ricade1 la m*e au po+ p\r faire saut] va9queurs et va9cus si la victoire hsite4 pon9e reoit un c\p de feu qui tait de/9 ,m>ius4 ,elle meurt en lui av\ant son am\r4 ,gavro*e1 le gam9 de ,p>is1 meurt en brave et en *antant un refra9 contre les g5d>mes4 ,un billet de ,cosette1 retr\v sur la poitr9e d'pon9e1 appr5d ,m>ius qu'elle loge avec son pre deux pas de l1 rue de l',homme-,arm1 n #g4 ,t\t ce ple-mle de grisettes1 de filles p]dues1 de vieill>ds dsesprs1 d'tudiants gogu5>ds1 de philosophes radicaux1 de braves rveurs1 de hros sans cause1 e/ d'un m\vem5t dsordonn qui pe9t bi5 l'imag9ation populaire un j\r de rvolution4 ,m>ius succombe la f91 le d]ni]1 dans son foss de feu2 on l'emporte au cab>et4 ,valjean le reconnat et le fait disp>atre1 p> un tr\ dans le pav1 s\s les solitudes des g\ts de ,p>is4 ,en mme temps il sauve la vie ,jav]t1 son p]scuteur et son prisonni]4 ,,iv4 ,ici un tiroir1 bi5 plus va/e et bi5 plus trang] au roman ou l'pope que les autres1 =me s\s les pas du lecteur comme une trappe et le conduit1 p5dant je ne sais combi5 de pages1 jusqu' la ,se9e4 ,l'ar*itecte des g\ts de ,p>is n'en f]ait pas un plan plus dtaill1 et on peut dire plus hors d'oeuvre4 ,c'e/ un voyage trav]s la b\e1 o le lecteur s'emb\rbe avec l'ar*itecte4 ,cela dure1 p5dant des pages et des pages1 la manire de ,m]ci]1 dans son ,tableau de ,p>is4 ,valjean tr\ve l'emb\*ure t\s les p]sonnages dont le roman a beso9 p\r se dn\]3 ,jav]t1 qui l'a suivi1 invisible1 et qui croit t5ir en lui un assass9 emportant un cadavre accusateur la rivire2 ,?n>di]1 qui erre aussi dans ces p>ages et qui lui en donne la clef2 ,m>ius1 van\i sur ses paules1 qu'il c\*e sur la plage et qu'il rapporte ensuite son gr&-pre1 sans se faire connatre4 ,l'honnte ag5t de police ,jav]t1 combattu entre sa reconnaissance p\r ,valjean1 p> qui il a t sauv1 et le remords de son mti] qui crie en lui1 se db>rasse de lui-mme en se jetant dans la ,se9e et en se noyant p\r se tir] d'emb>ras4 ,cet g\t1 ces r5contres1 ces complications1 ces dnom5ts1 ressembl5t inf9im5t trop au b\lev>d du ,crime4 ,le roman f9it en mlodrame s\t]ra94 ,c'e/ du ,pix]c\rt1 mais t\j\rs crit p> le gnie du gr& criva9 qui1 comme sa lant]ne s\rde1 le suit p>t\t4 ,enf9 le gr&-pre p>donne ,m>ius expirant1 le fait soign]1 le m>ie inop9m5t ce qu'il aime1 dbite l'pi?alame table avec ,valjean1 tonn de ce j>gon dmocratique dans une b\*e de bonne compagnie4 ,on s'p\se1 on reoit les #gcj1jjj francs de ,valjean p\r dot1 on e/ heureux2 mais ,valjean1 honnte homme un peu t>d1 f9it p> confess] t\t bas son g5dre ,m>ius qu'il n'e/ qu'un =at et qu'il lui a fait p\s] une av5turire4 ,il meurt ensuite dans son b\ge de solitaire1 et l'on e/ p>faitem5t heureux *ez ,m>ius4 ,v4 ,voil t\te l'hi/oire1 mais ce n'e/ pas t\t le livre4 ,si c'tait v\s ou moi qui eussions crit cette hi/oire1 on n'en dirait ri51 ou bi5 on en dirait peu de *ose4 ,p\rquoi8 ,p>ce que cette hi/oire1 avec ses situations biz>res et ses tiroirs plus longs que le bras1 ne s]ait pas releve p> ce qui relve t\t3 la magie unique du /yle1 la v]ve adolesc5te de l'criva91 l'incroyable s\plesse de ce gnie infatigable qui va1 de trapze en trapze1 tantt c5t pi$s au-dessus de notre tte1 tantt c5t pi$s au-dess\s du pav1 sans donn] un mom5t signe de lassitude1 et n\s entranant t\j\rs o il veut1 mme dans l'incroyable4 ,mais c'e/ ,hugo qui crit3 il y a plus1 c'e/ ,hugo qui p5se2 il y a plus encore1 c'e/ ,hugo qui songe4 ,*ez lui1 le cau*em> mme a du gnie6 ,et de temps en temps1 comme dans l',idylle de la rue ,plumet1 c'e/ ,hugo qui p5se et qui aime2 la rue ,plumet e/ un d5 aussi dlicieux que celui de ,milton4 ,,vi4 ,,aurore4 ,en ce mom5t-l1 ,cosette se rveillait4 ,sa *ambre tait troite1 propre1 discrte1 avec une longue croise au levant sur l'arrire-c\r de la maison4 ,cosette ne savait ri5 de ce qui se passait dans ,p>is4 ,elle n'tait po9t l la veille et elle tait dj r5tre dans sa *ambre qu& ,t\ssa9t avait dit3--,il p>at qu'il y a du tra94 ,cosette avait dormi peu d'heures1 mais bi54 ,elle avait eu de d\x rves1 ce qui t5ait peut-tre un peu ce que son petit lit tait trs-blanc4 ,quelqu'un qui tait ,m>ius lui tait app>u dans de la lumire4 ,elle se rveilla avec du soleil dans les yeux1 ce qui d'abord lui fit l'effet de la cont9uation du songe4 ,sa premire p5se sortant de ce rve fut riante4 ,cosette se s5tit t\te rassure4 ,elle trav]sait1 comme ,jean ,valjean quelques heures aup>avant1 cette raction de l'me qui ne veut absolum5t pas du malheur4 ,elle se mit espr] de t\tes ses =ces sans savoir p\rquoi4 ,puis un s]rem5t de coeur lui v9t3--,voil trois j\rs qu'elle n'avait vu ,m>ius4 ,mais elle se dit qu'il devait avoir reu sa lettre1 qu'il savait o elle tait1 et qu'il avait tant d'esprit1 qu'il tr\v]ait moy5 d'arriv] jusqu' elle4--,et cela c]ta9em5t auj\rd'hui1 et peut-tre ce mat9 mme4--,il faisait gr& j\r1 mais le rayon de lumire tait trs-horizontal2 elle p5sa qu'il tait de trs-bonne heure1 qu'il fallait se lev] p\rtant p\r recevoir ,m>ius4 ,elle s5tait qu'elle ne p\vait vivre sans ,m>ius1 et que p> consqu5t cela suffisait1 et que ,m>ius vi5drait4 ,aucune objection n'tait recevable4 ,t\t cela tait c]ta94 ,c'tait dj assez mon/rueux d'avoir s\ff]t trois j\rs4 ,m>ius abs5t trois j\rs1 c'tait horrible au bon ,dieu4 ,ma9t5ant cette cruelle taqu9]ie d'en haut tait une preuve trav]se3 ,m>ius allait arriv]1 et apport]ait une bonne n\velle4 ,a9si e/ faite la jeunesse2 elle essuie vite ses yeux2 elle tr\ve la d\leur inutile et ne l'accepte pas4 ,la jeunesse e/ le s\rire de l'av5ir devant un inconnu qui e/ lui-mme4 ,il lui e/ naturel d'tre heureuse4 ,il semble que sa respiration soit faite d'esprance4 ,du re/e1 ,cosette ne p\vait p>v5ir se rappel] ce que ,m>ius lui avait dit au sujet de cette abs5ce qui ne devait dur] qu'un j\r1 et quelle explication il lui en avait donne4 ,t\t le monde a rem>qu avec quelle adresse une monnaie qu'on laisse tomb] t]re c\rt se ca*]1 et quel art elle a de se r5dre intr\vable4 ,il y a des p5ses qui n\s j\5t le mme t\r2 elles se blottiss5t dans un co9 de notre c]veau2 c'e/ f9i2 elles sont p]dues2 impossible de remettre la mmoire dessus4 ,cosette se dpitait quelque peu du petit ef=t inutile que faisait son s\v5ir4 ,elle se disait que c'tait bi5 mal elle et bi5 c\pable d'avoir oubli des p>oles prononces p> ,m>ius4 ,elle sortit du lit et fit les deux ablutions de l'me et du corps1 sa prire et sa toilette4 ,on peut la rigueur introduire le lecteur dans une *ambre nuptiale1 non dans une *ambre virg9ale4 ,le v]s l'os]ait pe9e1 la prose ne le doit pas4 ,,vii4 ,c'e/ l'intrieur d'une fleur encore close1 c'e/ une blan*eur dans l'ombre1 c'e/ la cellule intime d'un lis f]m qui ne doit pas tre reg>d p> l'homme tant qu'il n'a pas t reg>d p> le soleil4 ,la femme en b\ton e/ sacre4 ,ce lit innoc5t qui se dc\vre1 cette adorable demi-nudit qui a peur d'elle-mme1 ce pi$ blanc qui se rfugie dans une pant\fle1 cette gorge qui se voile devant un miroir comme si ce miroir tait une prunelle1 cette *emise qui se hte de remont] et de ca*] l'paule p\r un meuble qui craque ou p\r une voiture qui passe1 ces cordons n\s1 ces agrafes accro*es1 ces lacets tirs1 ces tressaillem5ts1 ces frissons de froid et de pudeur1 cet eff>\*em5t exquis de t\s les m\vem5ts1 cette inquitude presque aile l o ri5 n'e/ cra9dre1 les phases successives du vtem5t aussi *>mantes que les nuages de l'aurore1 il ne si$ pas que t\t cela soit racont1 et c'e/ dj trop de l'indiqu]4 ,l'oeil de l'homme doit tre plus religieux encore devant le lev] d'une jeune fille que devant le lev] d'une toile4 ,la possibilit d'atte9dre doit t\rn] en augm5tation de respect4 ,le duvet de la p*e1 la c5dre de la prune1 le cri/al radi de la neige1 l'aile du papillon p\dre de plumes1 sont des *oses grossires auprs de cette *a/et qui ne sait pas mme qu'elle e/ *a/e4 ,la jeune fille n'e/ qu'une lueur de rve et n'e/ pas encore une /atue4 ,son alcve e/ ca*e dans la p>tie sombre de l'idal2 l'indiscret t\*] du reg>d brutalise cette vague pnombre4 ,ici1 contempl]1 c'e/ pr(an]4 ,n\s ne montr]ons donc ri5 de t\t ce suave petit remue-mnage du rveil de ,cosette4 ,un conte d',ori5t dit que la rose avait t faite p> ,dieu blan*e1 mais qu',adam l'ayant reg>de au mom5t o elle s'entr\vrait1 elle eut honte et dev9t rose4 ,n\s sommes de ceux qui se s5t5t int]dits devant les jeunes filles et les fleurs1 les tr\vant vnrables4 ,,viii4 ,cosette s'habilla bi5 vite1 se peigna1 se coiffa1 ce qui tait =t simple en ce temps-l1 o les femmes n'enflai5t pas leurs b\cles et leurs b&eaux avec des c\ss9ets et des tonnelets1 et ne mettai5t po9t de cr9ol9es dans leurs *eveux4 ,puis elle ouvrit la f5tre et prom5a ses yeux p>t\t aut\r d'elle1 esprant dc\vrir quelque peu de la rue1 un angle de maison1 un co9 de pav1 et p\voir guett] l ,m>ius4 ,mais on ne voyait ri5 du dehors4 ,l'arrire-c\r tait enveloppe de murs assez hauts1 et n'avait p\r *appe que quelques j>d9s4 ,cosette dcl>a ces j>d9s hideux2 p\r la premire fois de sa vie elle tr\va des fleurs laides4 ,le mo9dre b\t de ruisseau du c>ref\r et t bi5 mieux son affaire4 ,elle prit le p>ti de reg>d] le ciel1 comme si elle p5sait que ,m>ius p\vait aussi v5ir de l4 ,subitem5t1 elle fondit en l>mes4 ,non que ce ft mobilit d'me2 mais des esprances c\pes d'accablem5t1 c'tait sa situation4 ,elle s5tit confusm5t on ne sait quoi d'horrible4 ,les *oses pass5t dans l'air en effet4 ,elle se dit qu'elle n'tait sre de ri51 que se p]dre de vue1 c'tait se p]dre2 et l'ide que ,m>ius p\rrait bi5 lui rev5ir du ciel1 lui app>ut1 non plus *>mante1 mais lugubre4 ,puis1 tels sont ces nuages3 le calme lui rev9t1 et l'espoir1 et une sorte de s\rire inconsci5t1 mais confiant en ,dieu4 ,t\t le monde tait encore c\* dans la maison4 ,un sil5ce prov9cial rgnait4 ,aucun volet n'tait p\ss4 ,la loge du porti] tait f]me4 ,t\ssa9t n'tait pas leve1 et ,cosette p5sa t\t naturellem5t que son pre dormait4 ,il fallait qu'elle et bi5 s\ff]t1 et qu'elle s\ffrt bi5 encore1 c> elle se disait que son pre avait t m*ant2 mais elle comptait sur ,m>ius4 ,l'clipse d'une telle lumire tait dcidm5t impossible4 ,p> in/ants elle ent5dait une c]ta9e di/ance des espces de sec\sses s\rdes1 et elle disait3--,c'e/ s+uli] qu'on ouvre et qu'on f]me les portes co*res de si bonne heure6--,c'tai5t les c\ps de canon qui battai5t la b>ricade4 ,,ix4 ,il y avait1 quelques pi$s au-dess\s de la croise de ,cosette1 dans la vieille corni*e t\te noire du mur1 un nid de m>t9ets2 l'encorbellem5t de ce nid faisait un peu saillie au-del de la corni*e1 si bi5 que d'en haut on p\vait voir le d$ans de ce petit p>adis4 ,la mre y tait1 ouvrant ses ailes en v5tail sur sa c\ve2 le pre voletait1 s'en allait1 puis rev5ait1 rapportant dans son bec de la n\rriture et des bais]s4 ,le j\r levant dorait cette *ose heureuse1 la gr&e loi ,multipliez tait l s\riante et augu/e1 et ce d\x my/re s'pan\issait dans la gloire du mat94 ,cosette1 les *eveux dans le soleil1 l'me dans les *imres1 claire p> l'am\r au d$ans et p> l'aurore au dehors1 se p5*a comme ma*9alem5t1 et1 sans presque os] s'av\] qu'elle p5sait en mme temps ,m>ius1 se mit reg>d] ces oiseaux1 cette famille1 ce mle et cette femelle1 cette mre et ces petits1 avec le pr(ond tr\ble qu'un nid donne une vi]ge4 ,x4 ,mais ce qui fait de ce livre un livre s\v5t dang]eux p\r le peuple1 dont il aspire videmm5t tre le code1 c'e/ la p>tie dogmatique1 c'e/ l'erreur de l'conomi/e ct de la *>it du philosophe2 en un mot1 c'e/ l'excs d'idal1 ou soi-disant tel1 v]s p>t\t ple9 bord1 et v]s qui8 la misre immrite et quelquefois trs-mrite des classes infrieures1 ngliges1 oublies1 suspectes1 s\v5t c\pables1 la misre de la p>tie s\ffrante de la socit2 idal faux1 qui1 en se prs5tant ces misres dplorables1 immrites ou mrites1 de l'humanit manuellem5t laborieuse1 prs5te ses yeux la socit comme une m>tre sans entrailles1 qu'il faut har et logiquem5t dtruire de fond en comble p\r faire place la socit de ,dieu4 ,voil le mon/re 7n\s disons ce mot mon/re dans son s5s antique1 c'e/--dire prodige71 voil le livre que n\s avons essay d'analys] ici1 en le condamnant quelquefois et en l'admirant presque t\j\rs4 ,c'e/ le romantisme introduit dans la politique4 ,p\r un criva9 rali/e p> excell5ce1 le rel y manque s\v5t4 ,or1 bi5 que l'idal doive plan] t\j\rs un peu plus haut que la ligne de l'horizon au-dessus du rel1 dans les oeuvres des esprits suprieurs qui veul5t faire avanc] le monde social1 af9 qu'il y ait t\j\rs un mieux moral pos devant les hommes p\r les faire m>*] ,dieu2 cet idal ne doit jamais tre tellem5t sp> du rel1 c'e/--dire des conditions bornes de la nature dans l'imp>faite humanit1 qu'il sorte entirem5t de l'ordre rel et qu'il devi5ne rve au lieu de re/] p5se4 ,,xi4 ,lisez le *>mant rcit des deux enfants dlivrs du v5tre de l'lphant1 et1 aprs la mort de leur protecteur1 le petit ,gavro*e1 retr\vant la ,provid5ce au bord d'un bass9 du ,luxemb\rg4 ,l'auteur n'oublie p]sonne4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,il y avait en ce mom5t-l mme dans le j>d9 du ,luxemb\rg1--c> le reg>d du drame doit tre prs5t p>t\t1--deux enfants qui se t5ai5t p> la ma94 ,l'un p\vait avoir sept ans1 l'autre c9q4 ,la pluie les ayant m\ills1 ils m>*ai5t dans les alles du ct du soleil2 l'an conduisait le petit2 ils tai5t en haillons et ples2 ils avai5t un air d'oiseaux fauves4 ,le plus petit disait3--,j'ai bi5 faim6 ,l'an1 dj un peu protecteur1 conduisait son frre de la ma9 gau*e et avait une baguette dans sa ma9 droite4 ,ils tai5t seuls dans le j>d92 le j>d9 tait ds]t1 les grilles tant f]mes p> mesure de police cause de l'insurrection4 ,les tr\pes qui y avai5t biv\aqu en tai5t sorties p\r le beso9 du combat4 ,comm5t ces enfants tai5t-ils l8 ,peut-tre s'tai5t-ils vads de quelque corps de g>de entre-bill2 peut-tre aux environs1 la b>rire d',enf]1 ou sur l'esplanade de l',obs]vatoire1 ou dans le c>ref\r vois9 dom9 p> le fronton o on lit3 ,inv5]unt p>vulum pannis involutum1 y avait-il quelque b>aque de saltimbanques dont ils s'tai5t enfuis2 peut-tre avai5t-ils1 la veille au soir1 tromp l'oeil des inspecteurs du j>d9 l'heure de la clture1 et avai5t-ils pass la nuit dans quelqu'une de ces gurites o on lit les j\rnaux4 ,le fait e/ qu'ils tai5t errants et qu'ils semblai5t libres4 tre errant et sembl] libre1 c'e/ tre p]du4 ,ces pauvres petits tai5t p]dus en effet4 ,ces deux enfants tai5t ceux-l mme dont ,gavro*e avait t en pe9e1 et que le lecteur se rappelle4 ,enfants des ,?n>di]1 en location *ez la ,magnon1 attribus ,m4 ,gill5orm&1 et ma9t5ant feuilles tombes de t\tes ces bran*es sans rac9es1 et r\les sur la t]re p> le v5t4 ,leurs vtem5ts1 propres du temps de la ,magnon et qui lui s]vai5t de prospectus vis--vis de ,m4 ,gill5orm&1 tai5t dev5us gu5illes4 ,ces tres app>t5ai5t dsormais la /ati/ique des enfants ab&onns que la police con/ate1 ramasse1 g>e et retr\ve sur le pav de ,p>is4 ,il fallait le tr\ble d'un tel j\r p\r que ces petits misrables fuss5t dans ce j>d94 ,si les surveillants les euss5t ap]u1 ils euss5t *ass ces haillons4 ,les petits pauvres n'entr5t pas dans les j>d9s publics2 p\rtant on devrait song] que1 comme enfants1 ils ont droit aux fleurs4 ,ceux-ci tai5t l1 grce aux grilles f]mes4 ,ils tai5t en contrav5tion4 ,ils s'tai5t glisss dans le j>d91 et ils y tai5t re/s4 ,les grilles f]mes ne donn5t pas cong aux inspecteurs1 la surveillance e/ c5se cont9u]1 mais elle s'amollit et se repose2 et les inspecteurs1 mus1 eux aussi1 p> l'anxit publique1 et plus occups du dehors que du d$ans1 ne reg>dai5t plus le j>d91 et n'avai5t pas vu les deux dl9quants4 ,,xii4 ,il avait plu la veille1 et mme un peu le mat94 ,mais en ju9 les ondes ne compt5t pas4 ,c'e/ pe9e si l'on s'ap]oit1 une heure aprs un orage1 que cette belle j\rne blonde a pleur4 ,la t]re en t e/ aussi vite s*e que la j\e d'un enfant4 cet in/ant du sol/ice1 la lumire du ple9 midi e/1 p\r a9si dire1 poignante4 ,elle pr5d t\t4 ,elle s'applique et se sup]pose la t]re avec une sorte de succion4 ,on dirait que le soleil a soif4 ,une av]se e/ un v]re d'eau2 une pluie e/ t\t de suite bue4 ,le mat9 t\t ruisselait1 l'aprs-midi t\t p\droie4 ,ri5 n'e/ admirable comme une v]dure db>b\ille p> la pluie et essuye p> le rayon2 c'e/ de la fra*eur *aude4 ,les j>d9s et les prairies1 ayant de l'eau dans leurs rac9es et du soleil dans leurs fleurs1 devi5n5t des cassolettes d'enc5s et fum5t de t\s leurs p>fums la fois4 ,t\t rit1 *ante et s'(fre4 ,on se s5t d\cem5t ivre4 ,le pr9temps e/ un p>adis provisoire2 le soleil aide faire pati5t] l'homme4 ,,xiii4 ,il y a des tres qui n'en dem&5t pas davantage2 vivants qui1 ayant l'azur du ciel1 dis5t3 ,c'e/ assez6 songeurs absorbs dans le prodige1 puisant dans l'idoltrie de la nature l'indiffr5ce du bi5 et du mal1 contemplateurs du cosmos radieusem5t di/raits de l'homme1 qui ne compr5n5t pas qu'on s'occupe de la faim de ceux-ci1 de la soif de ceux-l1 de la nudit du pauvre en hiv]1 de la c\rbure lymphatique d'une petite p9e dorsale1 du grabat1 du gr5i]1 du ca*ot1 et des haillons des jeunes filles grelottantes1 qu& on peut rv] s\s les arbres2 esprits paisibles et t]ribles1 impitoyablem5t satisfaits4 ,*ose trange1 l'inf9i leur suffit4 ,ce gr& beso9 de l'homme1 le f9i1 qui admet l'embrassem5t1 ils l'ignor5t4 ,le f9i1 qui admet le progrs1 le travail sublime1 ils n'y song5t pas4 ,l'indf9i1 qui nat de la comb9aison huma9e et div9e de l'inf9i et du f9i1 leur *appe4 ,p\rvu qu'ils soi5t face face avec l'imm5sit1 ils s\ri5t4 ,jamais la joie1 t\j\rs l'extase4 ,s'abm]1 voil leur vie4 ,l'hi/oire de l'humanit p\r eux n'e/ qu'un plan p>cellaire2 ,t\t n'y e/ pas2 le vrai ,t\t re/e en dehors2 quoi bon s'occup] de ce dtail1 l'homme8 ,l'homme s\ffre1 c'e/ possible2 mais reg>dez donc ,aldb>an qui se lve6 ,la mre n'a plus de lait1 le n\veau-n se meurt1 je n'en sais ri51 mais considrez donc cette rosace m]veilleuse que fait une rondelle de l'aubi] du sap9 exam9e au microscope6 comp>ez-moi la plus belle mal9e cela6 ,ces p5seurs oubli5t d'aim]4 ,le zodiaque russit sur eux au po9t de les emp*] de voir l'enfant qui pleure4 ,dieu leur clipse l'me4 ,c'e/ l une famille d'esprits1 la fois petits et gr&s4 ,horace en tait1 ,goe! en tait1 la ,fonta9e peut-tre2 magnifiques g/es de l'inf9i1 spectateurs tranquilles de la d\leur1 qui ne voi5t pas ,nron s'il fait beau1 auxquels le soleil ca*e le b*]1 qui reg>d]ai5t guillot9] en y *]*ant un effet de lumire1 qui n'ent5d5t ni le cri1 ni le sanglot1 ni le rle1 ni le tocs91 p\r qui t\t e/ bi51 puisqu'il y a le mois de mai2 qui1 tant qu'il y aura des nuages de p\rpre et d'or au-dessus de leur tte1 se dcl>5t cont5ts1 et qui sont dt]m9s tre heureux jusqu' puisem5t du rayonnem5t des a/res et du *ant des oiseaux4 ,ce sont de radieux tnbreux4 ,ils ne se d\t5t pas qu'ils sont pla9dre4 ,c]tes ils le sont4 ,qui ne pleure pas ne voit pas4 ,il faut les admir] et les pla9dre1 comme on pla9drait et comme on admir]ait un tre la fois nuit et j\r qui n'aurait pas d'yeux s\s les s\rcils et qui aurait un a/re au milieu du front4 ,,xiv4 ,l'indiffr5ce de ces p5seurs1 c'e/ l1 selon quelques-uns1 une philosophie suprieure4 ,soit2 mais dans cette supriorit il y a de l'infirmit4 ,on peut tre immortel et boiteux2 tmo9 ,vulca94 ,on peut tre plus qu'homme et mo9s qu'homme4 ,l'incomplet imm5se e/ dans la nature4 ,qui sait si le soleil n'e/ pas un aveugle8 ,mais alors1 quoi6 qui se fi]8 ,solem quis dic]e falsum audeat8 ,a9si de c]ta9s gnies eux-mmes1 de c]ta9s ,trs-,hauts huma9s1 des hommes-a/res1 p\rrai5t se tromp]8 ,ce qui e/ l-haut1 au fate1 au sommet1 au zni?1 ce qui envoie sur la t]re tant de cl>t1 v]rait peu1 v]rait mal1 ne v]rait pas8 ,cela n'e/-il pas dsesprant8 ,mais qu'y a-t-il donc au-dessus du soleil8 ,le dieu4 ,,xv4 ,le #f ju9 #ahcb1 v]s onze heures du mat91 le ,luxemb\rg1 solitaire et dpeupl1 tait *>mant4 ,les qu9conces et les p>t]res s'envoyai5t dans la lumire des baumes et des bl\issem5ts4 ,les bran*es1 folles la cl>t de midi1 semblai5t *]*] s'embrass]4 ,il y avait dans les sycomores un t9tam>re de fauvettes1 les pass]eaux triomphai5t1 les pique-bois grimpai5t le long des m>ronni]s en donnant de petits c\ps de bec dans les tr\s de l'corce4 ,les plates-b&es acceptai5t la royaut lgitime des lis2 le plus augu/e des p>fums1 c'e/ celui qui sort de la blan*eur4 ,on respirait l'odeur poivre des oeillets4 ,les vieilles corneilles de ,m>ie de ,mdicis tai5t am\reuses dans les gr&s arbres4 ,le soleil dorait1 emp\rprait et allumait les tulipes1 qui ne sont autre *ose que t\tes les v>its de la flamme1 faites fleurs4 ,t\t aut\r des bancs de tulipes t\rbillonnai5t les abeilles1 t9celles de ces fleurs-flammes4 ,t\t tait grce et gaiet1 mme la pluie pro*a9e2 cette rcidive1 dont les muguets et les *vrefeuilles devai5t pr(it]1 n'avait ri5 d'inquitant2 les hirondelles faisai5t la *>mante m5ace de vol] bas4 ,qui tait l aspirait bonheur2 la vie s5tait bon2 t\te cette nature exhalait la c&eur1 le sec\rs1 l'assi/ance1 la pat]nit1 la c>esse1 l'aurore4 ,les p5ses qui tombai5t du ciel tai5t d\ces comme une petite ma9 d'enfant qu'on baise4 ,les /atues s\s les arbres1 nues et blan*es1 avai5t des robes d'ombre tr\es de lumire2 ces desses tai5t t\tes dgu5illes de soleil1 il leur p5dait des rayons de t\s les cts4 ,aut\r du gr& bass91 la t]re tait dj s*e au po9t d'tre brle4 ,il faisait assez de v5t p\r s\lev] et l de petites meutes de p\ssire4 ,quelques feuilles jaunes1 re/es du d]ni] automne1 se p\rsuivai5t joyeusem5t1 et semblai5t gam9]4 ,l'abondance de la cl>t avait on ne sait quoi de rassurant4 ,vie1 sve1 *aleur1 effluves1 dbordai5t2 on s5tait s\s la cration l'normit de la s\rce2 dans t\s ces s\ffles pntrs d'am\r1 dans ce va-et-vi5t de rv]brations et de reflets1 dans cette prodigieuse dp5se de rayons1 dans ce v]sem5t indf9i d'or fluide1 on s5tait la prodigalit de l'9puisable2 et d]rire cette spl5deur comme d]rire un rideau de flamme1 on entrevoyait ,dieu1 ce millionnaire d'toiles4 ,grce au sable1 il n'y avait pas une ta*e de b\e2 grce la pluie1 il n'y avait pas un gra9 de c5dre4 ,les b\quets v5ai5t de se lav]2 t\s les vel\rs1 t\s les sat9s1 t\s les v]nis1 t\s les ors1 qui sort5t de la t]re s\s =me de fleurs1 tai5t irrpro*ables4 ,cette magnific5ce tait propre4 ,le gr& sil5ce de la nature heureuse emplissait le j>d94 ,sil5ce cle/e compatible avec mille musiques1 r\c\lem5ts de nids1 b\rdonnem5ts d'essaims1 palpitations du v5t4 ,t\te l'h>monie de la saison s'accomplissait dans un gracieux ensemble2 les entres et les sorties du pr9temps avai5t lieu dans l'ordre v\lu2 les lilas f9issai5t1 les jasm9s comm5ai5t2 quelques fleurs tai5t att>des1 quelques insectes en avance2 l'avant-g>de des papillons r\ges de ju9 frat]nisait avec l'arrire-g>de des papillons blancs de mai4 ,les platanes faisai5t peau neuve4 ,la brise creusait des ondulations dans l'normit magnifique des m>ronni]s4 ,c'tait spl5dide4 ,un vtran de la cas]ne vois9e qui reg>dait trav]s la grille disait3--,voil le pr9temps au port d'armes et en gr&e t5ue4 ,t\te la nature djeunait2 la cration tait table2 c'tait l'heure2 la gr&e nappe bleue tait mise au ciel et la gr&e nappe v]te sur la t]re2 le soleil clairait giorno4 ,dieu s]vait le repas univ]sel4 ,*aque tre avait sa pture ou sa pte4 ,le rami] tr\vait du *nevis1 le p9son tr\vait du millet1 le *>donn]et tr\vait du m\ron1 le r\ge-gorge tr\vait des v]s1 l'abeille tr\vait des fleurs1 la m\*e tr\vait des infusoires1 les v]di]s tr\vai5t des m\*es4 ,on se mangeait bi5 un peu les uns les autres1 ce qui e/ le my/re du mal ml au bi52 mais pas une bte n'avait l'e/omac vide4 ,,xvi4 ,les deux petits ab&onns tai5t p>v5us prs du gr& bass91 et1 un peu tr\bls p> cette gr&e lumire1 ils t*ai5t de se ca*]1 in/9ct du pauvre et du faible devant la magnific5ce1 mme imp]sonnelle2 et ils se t5ai5t d]rire la b>aque des cygnes4 et l1 p> int]valles1 qu& le v5t donnait1 on ent5dait confusm5t des cris1 une rumeur1 des espces de rles tumultueux1 qui tai5t des fusillades1 et des frappem5ts s\rds1 qui tai5t des c\ps de canon4 ,il y avait de la fume au-dessus des toits du ct des halles4 ,une clo*e1 qui avait l'air d'appel]1 sonnait au lo94 ,ces enfants ne semblai5t pas p]cevoir ces bruits4 ,le petit rptait de temps en temps demi-voix3--,j'ai faim4 ,,xvii4 ,presque au mme in/ant que les deux enfants1 un autre c\ple s'appro*ait du gr& bass94 ,c'tait un bonhomme de c9quante ans qui m5ait p> la ma9 un bonhomme de six ans4 ,sans d\te le pre avec son fils4 ,le bonhomme de six ans t5ait une grosse brio*e4 cette poque1 de c]ta9es maisons riv]a9es1 rue ,madame et rue d',enf]1 avai5t une clef du ,luxemb\rg dont j\issai5t les locataires qu& les grilles tai5t f]mes1 tolrance supprime depuis4 ,ce pre et ce fils sortai5t sans d\te d'une de ces maisons-l4 ,les deux petits pauvres reg>dr5t v5ir ce monsieur1 et se ca*r5t un peu plus4 ,celui-ci tait un b\rgeois2 le mme peut-tre qu'un j\r ,m>ius1 trav]s sa fivre d'am\r1 avait ent5du1 prs de ce mme gr& bass91 conseillant son fils d'vit] les excs4 ,il avait l'air affable et alti]1 et une b\*e qui1 ne se f]mant pas1 s\riait t\j\rs4 ,ce s\rire mcanique1 produit p> trop de m*oire et trop peu de peau1 montre les d5ts plutt que l'me4 ,l'enfant1 avec sa brio*e mordue qu'il n'a*evait pas1 semblait grav4 ,l'enfant tait vtu en g>de national cause de l'meute1 et le pre tait re/ habill en b\rgeois cause de la prud5ce4 ,,xviii4 ,le pre et le fils s'tai5t arrts prs du bass9 o s'battai5t les deux cygnes4 ,ce b\rgeois p>aissait avoir p\r les cygnes une admiration spciale4 ,il leur ressemblait en ce s5s qu'il m>*ait comme eux4 ,p\r l'in/ant les cygnes nageai5t1 ce qui e/ leur tal5t pr9cipal1 et ils tai5t sup]bes4 ,si les deux petits pauvres euss5t c\t1 et euss5t t d'ge compr5dre1 ils euss5t pu recueillir les p>oles d'un homme grave4 ,le pre disait au fils3 --,le sage vit cont5t de peu4 ,reg>de-moi1 mon fils4 ,je n'aime pas le fa/e4 ,jamais on ne me voit avec des habits *am>rs d'or et de pi]r]ies2 je laisse ce faux clat aux mes mal organises4 ,ici les cris pr(onds qui v5ai5t du ct des halles clatr5t avec un r$\blem5t de clo*e et de rumeurs4 --,qu'e/-ce que c'e/ que cela8 dem&a l'enfant4 ,le pre rpondit3 --,ce sont des saturnales4 ,t\t c\p1 il ap]ut les deux petits dgu5ills1 immobiles d]rire la maisonnette v]te des cygnes4 --,voil le comm5cem5t1 dit-il4 ,et aprs un sil5ce il aj\ta3 --,l'an>*ie entre dans ce j>d94 ,cep5dant le fils mordit la brio*e1 la recra*a1 et brusquem5t se mit pleur]4 --,p\rquoi pleures-tu8 dem&a le pre4 --,je n'ai plus faim1 dit l'enfant4 ,le s\rire du pre s'acc5tua4 --,on n'a pas beso9 de faim p\r mang] un gteau4 --,mon gteau m'ennuie4 ,il e/ rassis4 --,tu n'en veux plus8 --,non4 ,le pre lui montra les cygnes4 --,jette-le ces palmipdes4 ,l'enfant hsita4 ,on ne veut plus de son gteau2 ce n'e/ pas une raison p\r le donn]4 ,le pre p\rsuivit3 --,sois huma94 ,il faut avoir piti des animaux4 ,et1 pr5ant son fils le gteau1 il le jeta dans le bass94 ,le gteau tomba assez prs du bord4 ,les cygnes tai5t lo91 au c5tre du bass91 et occups quelque proie4 ,ils n'avai5t vu ni le b\rgeois ni la brio*e4 ,le b\rgeois1 s5tant que le gteau risquait de se p]dre1 et mu de ce naufrage inutile1 se livra une agitation tlgraphique qui f9it p> attir] l'att5tion des cygnes4 ,ils ap]ur5t quelque *ose qui surnageait1 virr5t de bord comme des navires qu'ils sont1 et se dirigr5t v]s la brio*e l5tem5t1 avec la maje/ bate qui convi5t des btes blan*es4 --,les cygnes compr5n5t les signes1 dit le b\rgeois1 heureux d'avoir de l'esprit4 ,,xix4 ,en ce mom5t le tumulte lo9ta9 de la ville eut encore un grossissem5t subit4 ,cette fois ce fut s9i/re4 ,il y a des b\ffes de v5t qui p>l5t plus di/9ctem5t que d'autres4 ,celle qui s\fflait en cet in/ant-l apporta nettem5t des r\lem5ts de tamb\r1 des clameurs1 des feux de peloton1 et les rpliques lugubres du tocs9 et du canon4 ,ceci concida avec un nuage noir qui ca*a brusquem5t le soleil4 ,les cygnes n'tai5t pas encore arrivs la brio*e4 --,r5trons1 dit le pre1 on attaque les ,tuil]ies4 ,il ressaisit la ma9 de son fils4 ,puis il cont9ua3 --,des ,tuil]ies au ,luxemb\rg1 il n'y a que la di/ance qui sp>e la royaut de la pairie2 ce n'e/ pas lo94 ,les c\ps de fusil vont pleuvoir4 ,il reg>da le nuage4 --,et peut-tre aussi la pluie elle-mme va pleuvoir2 le ciel s'en mle2 la bran*e cadette e/ condamne4 ,r5trons vite6 --,je v\drais voir les cygnes mang] la brio*e1 dit l'enfant4 ,le pre rpondit3 --,ce s]ait une imprud5ce4 ,et il emm5a son petit b\rgeois4 ,le fils1 regrettant les cygnes1 t\rna la tte v]s le bass9 jusqu' ce qu'un c\de des qu9conces le lui et ca*4 ,,xx4 ,cep5dant1 en mme temps que les cygnes1 les deux petits errants s'tai5t appro*s de la brio*e4 ,elle flottait sur l'eau4 ,le plus petit reg>dait le gteau1 le plus gr& reg>dait le b\rgeois qui s'en allait4 ,le pre et le fils entrr5t dans le labyr9! d'alles qui mne au gr& escali] du massif d'arbres du ct de la rue ,madame4 ,ds qu'ils ne fur5t plus en vue1 l'an se c\*a vivem5t plat v5tre sur le rebord arrondi du bass91 et1 s'y cramponnant de la ma9 gau*e1 p5* sur l'eau1 presque prt y tomb]1 t5dit avec sa ma9 droite sa baguette v]s le gteau4 ,les cygnes1 voyant l'ennemi1 se htr5t et en se htant fir5t un effet de poitrail utile au petit p*eur2 l'eau devant les cygnes reflua1 et l'une de ces molles ondulations conc5triques p\ssa d\cem5t la brio*e v]s la baguette de l'enfant4 ,comme les cygnes arrivai5t1 la baguette t\*a le gteau4 ,l'enfant donna un c\p vif1 ram5a la brio*e1 effraya les cygnes1 saisit le gteau1 et se r$ressa4 ,le gteau tait m\ill2 mais ils avai5t faim et soif4 ,l'an fit deux p>ts de la brio*e1 une grosse et une petite1 prit la petite p\r lui1 donna la grosse son petit frre1 et lui dit3 --,colle-toi a dans le fusil4 ,n\s ngligeons ici quelques dfauts de conception et de gt dans l'oeuvre d'art de ,victor ,hugo1 et n\s disons en n\s rsumant3 ,le livre e/ dang]eux1 p>ce que le dang] suprme en fait de sociabilit1 l'excs sduisant l'idal1 le p]v]tit4 ,il passionne l'homme peu intellig5t p\r l'impossible3 la plus t]rible et la plus meurtrire des passions donn] aux masses1 c'e/ la passion de l'impossible6 ,presque t\t e/ impossible dans les aspirations des ,misrables1 et la premire de ces impossibilits1 c'e/ l'ext9ction de t\tes nos misres4 ,ne trompez pas l'homme1 v\s le r5driez f\2 et qu&1 de la folie sacre de votre idal1 v\s le laiss]iez retomb] sur l'aridit et la nudit de ses misres1 v\s le r5driez f\ furieux4 ,v\s l'avez s5ti v\s-mme en excusant et en exaltant d'avance1 dans l'loge de la ,t]reur1 la frnsie de ses mcomptes en #agic4 ,votre conv5tionnel1 ,m>at1 ,danton1 ,robespi]re1 les hommes du ,comit de salut public1 ne sont plus vos yeux que des aptres t\t prix de l'idal6 ,v\s tes dans l'erreur3 ils ont t des rvolts contre la nature4 ,furieux de tr\v] la nature en opposition avec leur sy/me platonique de socit1 ils ont p]du la tte et ils ont fait le c\p d'tat contre la nature4 ,p\r avoir v\lu tre des dieux ils sont dev5us des radicaux1 et p\r avoir v\lu tre des radicaux ils sont dev5us des ext]m9ateurs4 ,enfants des ext]m9s1 brlez donc votre enc5s l'ange ext]m9ateur6 ,le faux idal devi5t facilem5t froce4 ,c'e/ la p5te de cette critique radicale contre la socit4 ,qui e/-ce qui cause les plus t]ribles temptes sur l',ocan8 ce sont ses limites2 il veut les fran*ir1 son poids s'y oppose1 et il se fond en cume en t5tant follem5t de drac9] l'cueil4 ,,xxi4 ,il y a une puissance div9e contre laquelle l'humanit1 dans la p]sonne de ses plus gr&s hommes1 s'e/ insurge dans t\s les sicles1 p\r fran*ir aussi les limites prescrites sa de/9e mortelle p> son ,crateur1 et qui1 comme l',ocan1 l'a t\j\rs fait retomb] en p\ssires et en cumes ret5tissantes dans son lit4 ,niez cette puissance1 c'e/ la folie2 reconnaissez-la en l'adorant1 c'e/ la sagesse4 ,cette puissance my/rieuse1 inv9cible1 s\v]a9e1 que les hommes refus5t orgueilleusem5t d'av\]1 v\lez-v\s que je la rvle mon t\r8 ,elle n'a qu'un nom1 my/rieux et sans rplique comme elle3 ,c',,e/ ,,la ,,=ce ,,des ,,*oses4 ,,xxii4 ,qu'e/-ce que la =ce des *oses8 ,c'e/ l'ensemble1 c'e/ le compos de t\tes les lois absolues dont le ,crateur de ce pauvre embryon de ,dieu1 nomm l'homme1 a =m sa c\rte et imp>faite crature1 en le jetant1 on ne sait p\r quelle f9 7*tim5t1 expiation1 g]m9ation1 mais1 en t\t cas1 misre71 sur ce petit globe misrable lui-mme1 compos d'un clair de temps1 d'un atome d'espace1 d'un nombre inf9itsimal de j\rs1 d'un clair de vie et d'une nuit de mort6 ,tr\vez-moi donc la place1 la dure1 les lm5ts d'une humanit p>faite dans cet abrg de brivet1 d'imp]fections et de s\ffrances inhr5tes notre condition fatale6 ,rvez donc l'd5 de vos songes avec ce *aos d'infirmits organiques6 ,faites donc des dieux avec cette p>celle d'intellig5ce emprisonne dans cette p9ce de b\e1 comme l't9celle de la lampe du m9eur dans son ca*ot qu'il n'agr&it que p\r voir plus de nuit aut\r de son tre6 ,voil la ,,=ce ,,des ,,*oses de notre organisation4 ,humanit1 ton vrai nom e/ ,misre6 ,n'e/-ce pas misre que de natre l'heure et dans les conditions qu'on n'a ni dlibres1 ni *oisies1 p\r subir t\s les maux inhr5ts l'organisation imp>faite et prissable de cette crature appele l'homme8 sans que t\tes les utopies1 rvolutions1 progrs1 puiss5t retran*] un n]f ou aj\t] un *eveu ce mcanisme de notre corps8 ,n'e/-ce pas misre que d'y natre et d'y vgt] =cm5t1 dp5dant de t\s p> l'enfance et p> la vieillesse1 ces deux maladies organiques de l'homme1 qui lui pr5n5t les deux ti]s de sa vie8 ,n'e/-ce pas misre que v\loir et ne pas p\voir8 ,n'e/-ce pas misre que de natre =cm5t dans telle patrie ou dans telle autre1 s\mis des lois qu'on n'a pas faites et contre lesquelles on ne peut que prote/]8 ,n'e/-ce pas misre que d'tre class d'avance dans telle ou telle catgorie suprieure1 moy5ne ou subalt]ne1 p>mi cette horde huma9e jete dans un monde t\t fait1 o les uns s'appell5t gr&s1 les autres petits1 sans qu'aucune galit y soit possible1 si ce n'e/ l'galit du c]cueil qui n'a que six pi$s p\r les uns comme p\r les autres8 ,n'e/-ce pas misre que d'aspir] follem5t une galit impossible des conditions1 galit tellem5t impraticable que1 si l'utopi/e la crait un in/ant1 t\t m\vem5t1 et p> consqu5t t\t ce que l'auteur appelle le progrs1 s'arrt]ait l'in/ant1 c> le gr& ressort de l'horloge huma9e1 le dsir1 s]ait l'in/ant bris8 ,n'e/-ce pas misre que la brivet o mne la longue dure de l'exi/5ce 7c> t\t ce qui f9it p> la mort e/ c\rt1 la mort n'a po9t d'ge2 la p5se de celui qui meurt1 c'e/ un songe78 ,n'e/-ce pas misre que ces infirmits1 ces maladies 9vitables qui n\s priv5t1 n\s vivants1 d'un de ces s5s si borns dont la nature n\s a si p>cimonieusem5t d\s en naissant1 comme conditions ncessaires notre exi/5ce8 ,dem&ez aux grabats de nos hpitaux le secret de la panace univ]selle6 ,dem&ez l'impot5t de m>*]1 l'aveugle de voir1 au muet de p>l]1 au vieill>d de rajeunir6 ,et les misres morales1 dem&ez-en le t]me ces myriades de d\leurs qui poign5t l'homme depuis qu'il a la puissance de s5tir1 c'e/--dire de s\ffrir6 ,misre de l'tre aimant qui s'atta*e et se d*ire en emportant un morceau de son coeur *aque d*irem5t d'un autre coeur6 ,misre de la femme qui adhre l'homme comme la *air aux os6 ,misre de l'p\x qui voit s*] sur son se9 la compagne dans laquelle il a mis t\tes ses complaisances6 ,misre de la mre qui voit son fruit d'am\r se fltrir s\s sa mamelle ple9e de lait qu'elle rp& t]re p>ce que la b\*e m\rante se dt\rne de la c\pe d'am\r6 ,misre des fils qui se voi5t enlev]1 comme la rac9e n\rricire de l'arbre1 le pre =t1 la mre jeune1 qui les ont eng5drs6 ,misres du corps qui ont plus de noms que l'anne n'a de j\rs6 ,misres de la condition sociale1 qui n'ont de remdes p\r l'un qu'en les dplaant p\r l'autre6 ,misres d'un mti] horrible1 et cep5dant ncessaire1 p\r ces milli]s d'hommes m\rant de faim1 de froid1 de nudit1 de dfaillance1 si le m9eur1 p\r gagn] sa vie et celle de ses petits1 ne s'enf]mait pas1 son pic la ma91 dans ces labyr9!s s\t]ra9s de la m9e p\r en rapport] le soir le morceau de pa9 p\r sa famille1 le calorique ptrifi p\r les autres6 ,misres du lab\reur qui amollit le sol de ses sueurs1 qui le sme p> la pluie1 qui le moissonne s\s les feux de la canicule6 ,misres du pa/eur qui engraisse l'agneau et qui le dp\ille de sa la9e1 qui y atta*e son coeur et qui v5d au b\*] la gnisse qui a donn son lait sa famille6 ,misres du b\*] qui l'assomme sans ha9e et qui en dpce les *airs palpitantes p\r en v5dre le coeur ce c>nivore univ]sel qui ne peut vivre sans dvor]1 et que la nature condamne p> talion tre dvor son t\r p> le plus vil des reptiles6 ,misres de l'esprit condamn au d\te et qui ne peut vivre que de foi6 ,misres du crime qui se frappe lui-mme1 dont le remords e/ le b\rreau1 et qui peut tu] des milli]s de victimes1 mais qui ne peut tu] son propre supplice1 le remords6 ,misre du vice qui se punit lui-mme en se satisfaisant6 ,misre de la v]tu qui se s5t honnie1 p]scute sur la t]re1 et qui n'a p\r rcomp5se que la calomnie1 et p\r consolation que la voix faible et lo9ta9e de la consci5ce1 qui lui p>le bas1 comme une voix qu'on disc]ne pe9e1 et qui lui dit les secrets de ,dieu6 ,misre de l'me1 qui vit d'esprances et qui e/ oblige de pass] p> les tnbres de l'exi/5ce et p> l'ombre du tombeau1 entre l'inc]titude et le dsespoir6 ,misre de l'esprance elle-mme1 qui se btit1 comme ,victor ,hugo1 des palais de dlices et de ju/ice p\r l'humanit1 et qui1 en avanant dans la vie1 voit s'cr\l]1 comme la pi]re du c]cueil1 ses propres rves6 ,enf91 tant et tant de misres1 que la seule et la plus df9itive v]tu que l'homme ait pu inv5t] p\r l'homme ici-bas1 c'e/ la compassion rciproque1 l'assi/ance mutuelle1 la piti active1 la *>it de ma9 et de coeur1 et que1 sans cette v]tu1 p]sonnifie dans une femme d'abngation1 appele soeur de ceux qui n'ont pas de frres1 ce monde inf]nal s]ait inhabitable p\r tant de misres6 ,,xxiii4 ,on a relgu un enf] ailleurs3 c'e/ une des plus inutiles sup]fluits2 n'y en avait-il pas assez aut\r de n\s et en n\s8 ,disons la vrit crm5t ceux qui1 avec un p>eil monde et p\r un p>eil monde1 ont cr une potique fantasmagorie d'un progrs indf9i o ils font m>*] l'homme1 comme dans une aube t]nelle1 de p]fection en p]fection1 jusqu' des flicits et des immortalits t]re/res videmm5t incompatibles avec sa nature4 ,p]fection e/ le mot d'un autre monde2 vicissitude e/ le nom de celui-ci4 ,ils ne le sav5t pas1 mais ils l'atte/5t p> la frnsie mme de ces illusions qu'ils donn5t aux masses en les pr\vant d'abord4 ,le matrialisme1 cette maladie du d]ni] sicle1 e/1 leur insu1 au fond de t\tes ces illusions de la *air1 except *ez ,victor ,hugo1 trop div9 p\r se matrialis]4 ,lisez ses doctr9es lyriques sur le progrs4 ,,xxiv4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,le progrs e/ le mode de l'homme4 ,la vie gnrale du g5re huma9 s'appelle le ,progrs2 le pas collectif du g5re huma9 s'appelle le ,progrs4 ,le ,progrs m>*e2 il fait le gr& voyage huma9 et t]re/re v]s le cle/e et le div92 il a ses haltes o il rallie le tr\peau att>d2 il a ses /ations o il mdite1 en prs5ce de quelque ,*anaan spl5dide dvoilant t\t c\p son horizon2 il a ses nuits o il dort1 et c'e/ une des poignantes anxits du p5seur de voir l'ombre sur l'me huma9e1 et de tt] dans les tnbres1 sans p\voir le rveill]1 le ,progrs endormi4 --,dieu e/ peut-tre mort1 disait un j\r celui qui crit ces lignes ,gr>d de ,n]val1 confondant le ,progrs avec ,dieu1 et pr5ant l'int]ruption du m\vem5t p\r la mort de l'tre4 ,qui dsespre a tort4 ,le ,progrs se rveille infailliblem5t1 et1 en somme1 on p\rrait dire qu'il m>*e1 mme endormi1 c> il a gr&i4 ,qu& on le revoit deb\t1 on le retr\ve plus haut4 tre t\j\rs paisible1 cela ne dp5d pas plus du ,progrs que du fleuve2 n'y levez po9t de b>rage1 n'y jetez po9t de ro*]2 l'ob/acle fait cum] l'eau et b\illonn] l'humanit4 ,de l des tr\bles2 mais1 aprs ces tr\bles1 on reconnat qu'il y a du *em9 de fait4 ,jusqu' ce que l'ordre1 qui n'e/ autre *ose que la paix univ]selle1 soit tabli1 jusqu' ce que l'h>monie et l'unit rgn5t1 le ,progrs aura p\r tapes les rvolutions4 ,qu'e/-ce donc que le ,progrs8 ,n\s v5ons de le dire4 ,la vie p]man5te des peuples4 ,or il arrive quelquefois que la vie mom5tane des individus fait rsi/ance la vie t]nelle du g5re huma94 ,av\ons-le sans am]tume1 l'individu a son intrt di/9ct1 et peut sans =faiture /ipul] p\r cet intrt et le df5dre2 le prs5t a sa quantit excusable d'gsme2 la vie mom5tane a son droit1 et n'e/ pas t5ue de se sacrifi] sans cesse l'av5ir4 ,la gnration qui a actuellem5t son t\r de passage sur la t]re n'e/ pas =ce de l'abrg] p\r les gnrations1 ses gales aprs t\t1 qui auront leur t\r plus t>d4--,j'exi/e1 murmure ce quelqu'un qui se nomme ,t\s4 ,je suis jeune et je suis am\reux1 je suis vieux et je veux me repos]1 je suis pre de famille1 je travaille1 je prospre1 je fais de bonnes affaires1 j'ai des maisons l\]1 j'ai de l'arg5t sur l'tat1 je suis heureux1 j'ai femme et enfants1 j'aime t\t cela1 je dsire vivre1 laissez-moi tranquille4--,de l1 de c]ta9es heures1 un froid pr(ond sur les magnanimes avant-g>des du g5re huma94 ,l'utopie d'ailleurs1 conv5ons-en1 sort de sa sphre radieuse en faisant la gu]re4 ,elle1 la vrit de dema91 elle emprunte son procd1 la bataille1 au m5songe d'hi]4 ,elle1 l'av5ir1 elle agit comme le pass4 ,elle1 l'ide pure1 elle devi5t voie de fait4 ,elle complique son hrosme d'une viol5ce dont il e/ ju/e qu'elle rponde1 viol5ce d'occasion et d'expdi5t1 contraire aux pr9cipes1 et dont elle e/ fatalem5t punie4 ,l'utopie insurrection combat1 le vieux code militaire au po+2 elle fusille les espions2 elle excute les tratres1 elle supprime des tres vivants et les jette dans les tnbres inconnues4 ,elle se s]t de la mort1 *ose grave4 ,il semble que l'utopie n'ait plus de foi dans le rayonnem5t1 sa =ce irrsi/ible et incorruptible4 ,elle frappe avec le glaive4 ,or aucun glaive n'e/ simple4 ,t\te pe a deux tran*ants2 qui blesse avec l'un se blesse l'autre4 ,,xxv4 ,cette rs]ve faite1 et faite en t\te svrit1 il n\s e/ impossible de ne pas admir]1 qu'ils russiss5t ou non1 les glorieux combattants de l'av5ir1 les confesseurs de l'utopie4 ,mme qu& ils avort5t1 ils sont vnrables1 et c'e/ peut-tre dans l'insuccs qu'ils ont le plus de maje/4 ,la victoire1 qu& elle e/ selon le progrs1 mrite l'applaudissem5t des peuples2 mais une dfaite hroque mrite leur att5drissem5t4 ,l'une e/ magnifique1 l'autre e/ sublime4 ,p\r n\s1 qui prfrons le m>tyre au succs1 ,john ,br[n e/ plus gr& que ,wa%+ton1 et ,piascane e/ plus gr& que ,g>ibaldi4 ,il faut bi5 que quelqu'un soit p\r les va9cus4 ,on e/ inju/e p\r ces gr&s essayeurs de l'av5ir qu& ils avort5t4 ,on accuse les rvolutionnaires de sem] l'effroi4 ,t\te b>ricade semble att5tat4 ,on incrim9e leurs ?ories1 on suspecte leur b1 on r$\te leur arrire-p5se1 on dnonce leur consci5ce4 ,on leur repro*e d'lev]1 d'*afaud] et d'entass] contre le fait social rgnant un monceau de misres1 de d\leurs1 d'iniquits1 de griefs1 de dsespoirs1 et d'arra*] des bas-fonds des blocs de tnbres p\r s'y crnel] et y combattre4 ,on leur crie3 ,v\s dpavez l'enf]6 ,ils p\rrai5t rpondre3 ,c'e/ p\r cela que notre b>ricade e/ faite de bonnes int5tions4 ,le mieux1 c]tes1 c'e/ la solution pacifique4 ,en somme1 conv5ons-en1 lorsqu'on voit le pav1 on songe l'ours1 et c'e/ une bonne volont dont la socit s'inquite4 ,mais il dp5d de la socit de se sauv] elle-mme2 c'e/ sa propre bonne volont que n\s faisons appel4 ,aucun remde viol5t n'e/ ncessaire4 tudi] le mal l'amiable1 le con/at]1 puis le gurir3 c'e/ cela que n\s la convions4 ,quoiqu'il en soit1 mme tombs1 surt\t tombs1 ils sont augu/es1 ces hommes qui1 sur t\s les po9ts de l'univ]s1 l'oeil fix sur la ,france1 lutt5t p\r la gr&e oeuvre avec la logique inflexible de l'idal2 ils donn5t leur vie en pur don p\r le ,progrs2 ils accompliss5t la volont de la ,provid5ce2 ils font un acte religieux4 l'heure dite1 avec autant de ds9tressem5t qu'un acteur qui arrive sa rplique1 obissant au scn>io div91 ils entr5t dans le tombeau4 ,et ce combat sans esprance1 et cette disp>ition /oque1 ils l'accept5t p\r am5] ses spl5dides et suprmes consqu5ces univ]selles le magnifique m\vem5t huma9 irrsi/iblem5t comm5c le #ad juillet #aghi2 ces soldats sont des prtres4 ,la rvolution franaise e/ un ge/e de ,dieu4 ,,xxvi4 ,du re/e1 il y a1 et il convi5t d'aj\t] cette di/9ction aux di/9ctions dj indiques dans un autre *apitre1 il y a les insurrections acceptes qui s'appell5t rvolutions2 il y a les rvolutions refuses qui s'appell5t meutes4 ,une insurrection qui clate1 c'e/ une ide qui passe son exam5 devant le peuple4 ,si le peuple laisse tomb] sa b\le noire1 l'ide e/ fruit sec2 l'insurrection e/ *auff\re4 ,l'entre en gu]re t\te sommation et *aque fois que l'utopie le dsire n'e/ pas le fait des peuples4 ,les nations n'ont pas t\j\rs et t\te heure le tempram5t des hros et des m>tyrs4 ,elles sont positives4 priori1 l'insurrection leur rpugne3 premirem5t1 p>ce qu'elle a s\v5t p\r rsultat une cata/rophe2 deuximem5t1 p>ce qu'elle a t\j\rs p\r po9t de d"p une ab/raction4 ,c>1 et ceci e/ beau1 c'e/ t\j\rs p\r l'idal1 et p\r l'idal seul1 que se dv\5t ceux qui se dv\5t4 ,une insurrection e/ un en?\siasme4 ,l'en?\siasme peut se mettre en colre2 de l les prises d'armes4 ,mais t\te insurrection qui c\*e en j\e un g\v]nem5t ou un rgime vise plus haut4 ,a9si1 p> exemple1 insi/ons-y1 ce que combattai5t les *efs de l'insurrection de #ahcb1 et en p>ticuli] les jeunes en?\sia/es de la rue de la ,*anvr]ie1 ce n'tait pas prcism5t ,l\is-,philippe4 ,la plup>t1 causant coeur ouv]t1 r5dai5t ju/ice aux qualits de ce roi mitoy5 la mon>*ie et la rvolution2 aucun ne le hassait4 ,mais ils attaquai5t la bran*e cadette du droit div9 dans ,l\is-,philippe comme ils en avai5t attaqu la bran*e ane dans ,*>les ,x2 et ce qu'ils v\lai5t r5v]s] en r5v]sant la royaut en ,france1 n\s l'avons expliqu1 c'tait l'usurpation de l'homme sur l'homme et du privilge sur le droit dans l'univ]s enti]4 ,p>is sans roi a p\r contre-c\p le monde sans despotes4 ,ils raisonnai5t de la sorte4 ,leur b tait lo9ta9 sans d\te1 vague peut-tre et reculant devant l'ef=t2 mais gr&4 ,,xxvii4 ,cela e/ a9si4 ,et l'on se sacrifie p\r ces visions1 qui1 p\r les sacrifis1 sont des illusions presque t\j\rs1 mais des illusions auxquelles1 en somme1 t\te la c]titude huma9e e/ mle4 ,l'insurg potise et dore l'insurrection4 ,on se jette dans ces *oses tragiques en se grisant de ce que l'on va faire4 ,qui sait8 on russira peut-tre4 ,on e/ le petit nombre1 on a contre soi t\te une arme2 mais on df5d le droit1 la loi naturelle1 la s\v]a9et de *acun sur soi-mme qui n'a pas d'abdication possible1 la ju/ice1 la vrit1 et au beso9 on meurt comme les trois c5ts ,sp>tiates4 ,on ne songe pas ,don ,qui*ote1 mais ,lonidas4 ,et l'on va devant soi1 et1 une fois engag1 on ne recule plus1 et l'on se prcipite tte baisse1 ayant p\r esprance une victoire in\e1 la rvolution complte1 le progrs remis en lib]t1 l'agr&issem5t du g5re huma91 la dlivrance univ]selle1 et p\r pis all] les ,!rmopyles4 ,ces passes d'armes p\r le progrs *\5t s\v5t1 et n\s v5ons de dire p\rquoi4 ,la f\le e/ rtive l'entranem5t des palad9s4 ,les l\rdes masses1 les multitudes1 fragiles cause de leur pesanteur mme1 craign5t les av5tures2 et il y a de l'av5ture dans l'idal4 ,d'ailleurs1 qu'on ne l'oublie pas1 les intrts sont l1 peu amis de l'idal et du s5tim5tal4 ,quelquefois l'e/omac p>alyse le coeur4 ,la gr&eur et la beaut de la ,france1 c'e/ qu'elle pr5d mo9s de v5tre que les autres peuples2 elle se n\e plus aism5t la corde aux re9s4 ,elle e/ la premire veille1 la d]nire endormie4 ,elle va en avant4 ,elle e/ *]*euse4 ,cela ti5t ce qu'elle e/ arti/e4 ,l'idal n'e/ autre *ose que le po9t culm9ant de la logique1 de mme que le beau n'e/ autre *ose que la cime du vrai4 ,les peuples arti/es sont aussi les peuples consqu5ts4 ,aim] la beaut1 c'e/ voir la lumire4 ,c'e/ ce qui fait que le flambeau de l',europe1 c'e/--dire de la civilisation1 a t port d'abord p> la ,grce1 qui l'a pass l',italie1 qui l'a pass la ,france4 ,div9s peuples claireurs6 ,vita lampada tradunt4 ,*ose admirable1 la posie d'un peuple e/ l'lm5t de son progrs4 ,la quantit de civilisation se mesure la quantit d'imag9ation4 ,seulem5t un peuple civilisateur doit re/] un peuple mle4 ,cor9!1 oui2 ,syb>is1 non4 ,qui s'effm9e s'abt>dit4 ,il ne faut tre ni dilettante ni virtuose1 mais il faut tre arti/e4 ,en matire de civilisation1 il ne faut pas raff9]1 mais il faut sublim]4 cette condition1 on donne au g5re huma9 le patron de l'idal4 ,l'idal mod]ne a son type dans l'art1 et son moy5 dans la sci5ce4 ,c'e/ p> la sci5ce qu'on ralis]a cette vision augu/e des potes3 le beau social4 ,on ref]a l'd5 p> ,a ,b4 ,au po9t o la civilisation e/ p>v5ue1 l'exact e/ un lm5t ncessaire du spl5dide1 et le s5tim5t arti/e e/ non-seulem5t s]vi1 mais complt p> l'organe sci5tifique2 le rve doit calcul]4 ,l'art1 qui e/ le conqurant1 doit avoir p\r po9t d'appui la sci5ce1 qui e/ le m>*eur4 ,la solidit de la monture importe4 ,l'esprit mod]ne1 c'e/ le gnie de la ,grce ayant p\r vhicule le gnie de l',inde3 ,alex&re sur l'lphant4 ,les races ptrifies dans le dogme ou dmoralises p> le lucre sont impropres la conduite de la civilisation4 ,la gnuflexion devant l'idole ou devant l'cu atrophie le muscle qui m>*e et la volont qui va4 ,l'absorption hiratique ou m>*&e amo9drit le rayonnem5t d'un peuple1 abaisse son horizon en abaissant son niveau1 et lui retire cette intellig5ce la fois huma9e et div9e du b univ]sel1 qui fait les nations missionnaires4 ,babylone n'a pas d'idal2 ,c>?age n'a pas d'idal4 ,a?nes et ,rome ont et g>d5t1 mme trav]s t\te l'paisseur nocturne des sicles1 des auroles de civilisation4 ,,xxviii4 ,la ,france e/ de la mme qualit de peuple que la ,grce et l',italie4 ,elle e/ a?ni5ne p> le beau et roma9e p> le gr&4 ,en outre elle e/ bonne4 ,elle se donne4 ,elle e/ plus s\v5t que les autres peuples en humeur de dv\em5t et de sacrifice4 ,seulem5t cette humeur la pr5d et la quitte4 ,et c'e/ l le gr& pril p\r ceux qui c\r5t qu& elle ne veut que m>*]1 ou qui m>*5t qu& elle veut s'arrt]4 ,la ,france a ses re*utes de matrialisme1 et1 de c]ta9s in/ants1 les ides qui ob/ru5t ce c]veau sublime n'ont plus ri5 qui rappelle la gr&eur franaise et sont de la dim5sion d'un ,miss\ri ou d'une ,c>ol9e du ,sud4 ,qu'y faire8 ,la gante j\e la na9e2 l'imm5se ,france a ses fantaisies de petitesse4 ,voil t\t4 cela ri5 dire4 ,les peuples comme les a/res ont le droit d'clipse4 ,et t\t e/ bi51 p\rvu que la lumire revi5ne et que l'clipse ne dgnre pas en nuit4 ,aube et rsurrection sont synonymes4 ,la rapp>ition de la lumire e/ id5tique la p]si/ance du moi4 ,con/atons ces faits avec calme4 ,la mort sur la b>ricade1 ou la tombe dans l'exil1 c'e/ p\r le dv\em5t un en-cas acceptable4 ,le vrai nom de dv\em5t1 c'e/ ds9tressem5t4 ,que les ab&onns se laiss5t ab&onn]1 que les exils se laiss5t exil]1 et bornons-n\s suppli] les gr&s peuples de ne pas recul] trop lo91 qu& ils recul5t4 ,il ne faut pas1 s\s prtexte de ret\r la raison1 all] trop avant dans la desc5te4 ,la matire exi/e1 la m9ute exi/e1 les intrts exi/5t1 le v5tre exi/e2 mais il ne faut pas que le v5tre soit la seule sagesse4 ,la vie mom5tane a son droit1 n\s l'admettons1 mais la vie p]man5te a le si54 ,hlas6 tre mont1 cela n'emp*e pas de tomb]4 ,on voit ceci dans l'hi/oire plus s\v5t qu'on ne v\drait3 une nation e/ illu/re2 elle gte l'idal1 puis elle mord dans la fange1 et elle tr\ve cela bon2 et si on lui dem&e d'o vi5t qu'elle ab&onne ,socrate p\r ,fal/aff1 elle rpond3 ,c'e/ que j'aime les hommes d'tat4 ,un mot encore avant de r5tr] dans la mle4 ,,xxix4 ,une bataille comme celle que n\s racontons en ce mom5t n'e/ autre *ose qu'une convulsion v]s l'idal4 ,le progrs entrav e/ maladif1 et il a de ces tragiques pilepsies4 ,cette maladie du progrs1 la gu]re civile1 n\s avons d la r5contr] sur notre passage4 ,c'e/ l une des phases fatales1 la fois acte et entr'acte1 de ce drame dont le pivot e/ un damn social1 et dont le titre vritable e/3 le ,progrs4 ,le ,progrs6 ,ce cri que n\s jetons s\v5t e/ t\te notre p5se2 et1 au po9t de ce drame o n\s sommes1 l'ide qu'il conti5t ayant encore plus d'une preuve subir1 il n\s e/ p]mis peut-tre1 s9on d'en s\lev] le voile1 du mo9s d'en laiss] transp>atre nettem5t la lueur4 ,le livre que le lecteur a s\s les yeux en ce mom5t1 c'e/ d'un b\t l'autre1 dans son ensemble et dans ses dtails1 quelles que soi5t les int]mitt5ces1 les exceptions ou les dfaillances1 la m>*e du mal au bi51 de l'inju/e au ju/e1 du faux au vrai1 de la nuit au j\r1 de l'apptit la consci5ce1 de la p\rriture la vie1 de la be/ialit au devoir1 de l'enf] au ciel1 du nant ,dieu4 ,po9t de d"p3 la matire2 po9t d'arrive3 l'me4 ,l'hydre au comm5cem5t1 l'ange la f94 ,,xxx4 ,ces pages sont trs-belles1 mais1 de quelque mot qu'on se s]ve1 de quelques phrases qu'on les p>e1 il n'y a1 il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais que deux philosophies sociales ici-bas3 ,la philosophie sociale des j\issances matrielles multipli] et faire convoit] de bonne foi t\s les hommes2 ,la philosophie sociale du spiritualisme et de la rsignation pieuse l'ordre d\l\reux de la nature1 ce dcret absolu du ,crateur1 ce fait accompli1 et tri/em5t accompli1 du de/92 l'imp]fection1 la d\leur1 le travail et la mort1 p\r mrit] un autre sort dans le monde asc5dant et invisible dont la t]re e/ la tnbreuse av5ue4 ,l'preuve ici1 la rcomp5se ailleurs4 ,entre ces deux philosophies sociales1 il n'y a pas de milieu3 ou il faut rv] avec les utopi/es actuels1 ces ,titans de l'absurde1 des rves tels que j'aim]ais mieux croire la quadrature du c]cle et aux halluc9ations apocalyptiques de ,patmos qu' la rhabilitation de la *air p> ,sa9t-,simon1 ou la m] de lait sucr1 ou l'accroissem5t physique de l'homme p> l'allongem5t de la colonne v]tbrale1 c'e/--dire p> l'ignoble p>tie innommable du bu/e huma92 ou bi51 faut-il le dire1 l'imm5se et univ]selle flicit de l'tre deux pi$s sans plumes1 de mon sublime ami ,victor ,hugo1 qui1 lui du mo9s1 e/ h>dim5t spirituali/e et philosophiquem5t *rti54 ,non1 quel e/ le b de t\t cela8 ,la j\issance3 un peu plus de *air1 un peu plus d'apptits1 un peu plus de moy5s d'y satisfaire2 un peu plus de vie1 on ne sait pas comm5t3 c>1 si n\s vivions indf9im5t sans maladie et sans mort1 que devi5drai5t les innombrables gnrations qui dem&5t ,dieu de natre leur t\r1 et qui1 tr\vant la place prise1 r5tr]ai5t dans le nant avant d'tre nes8 ,et o s]ait la ju/ice1 p\r ceux qui1 tant ns et tant morts avant l're de nos utopi/es immortels1 n'aurai5t pas bnfici de notre p]fectibilit indf9ie8 victimes innombrables aussi du fait accompli6 arrivs trop t>d6 irrmdiables ,tant pis du banquet t]nel6 ,quelle ju/ice du ,crateur ou de la nature p\r les gnrations1 plus nombreuses que le sable de la m]1 qui sont nes1 qui ont br\t1 qui sont mortes entre soixante-dix et quatre-v+ts ans1 temps lgal accord aux hommes favoriss du temps1 comme dit ,job1 qui s'y connaissait dj3 ,l'homme vit peu1 et sa vie e/ remplie de beauc\p de misres6 ,et quelle t]nit que ce nombre indf9i d'annes aj\t nos c\rtes annes p> ces philosophes de la *air et de la vie1 occups se p>tag] quitablem5t et dvor] en commun cette ration exactem5t gale de nect> 9puisable ou d'ambroisie n\rrissante6 ,j\issance purem5t matrielle1 et p> consqu5t bi5tt sav\re1 fond de cette philosophie la ,condorcet1 qui m'ennuie seulem5t d'y p5s]1 et qui ennui]ait de sa fa/idieuse monotonie ses propres inv5teurs4 ,c> la j\issance matrielle e/ borne comme la matire4 ,ils n'y ont pas p5s2 les morceaux ont le mme gt leur banquet de ,platon1 de ,j4-,j4 ,r\sseau1 de ,condorcet1 de ,valjean1 etc4 ,rve p\r rve1 j'aime mieux rv] l'inconnu que de gt] la s\pe de ces bi5heureux du monde p]fectible jusqu' satit du repas de l'av5ir6 ,,xxxi4 ,l'autre philosophie sociale e/ celle qui1 reconnaissant aussi dans la cration nigmatique telle quelle1 un my/rieux fait accompli1 s'y rsigne comme une ju/ice inexplique1 puisqu'elle e/ fatale1 ce qui veut dire div9e3 semblable1 j'en convi5s1 au prisonni] des tnbres1 qui1 aprs avoir fait le t\r de son troit ca*ot1 et conva9cu qu'il n'y a aucune issue que p> le suicide1 vasion de la de/9e huma9e1 s'y assoit la place assigne p> la ,provid5ce1 y livre son corps sa condition de s\ffrance et de corruption1 sans murmure et sans regret1 et y *]*e la n\rriture de son me1 qu'il s5t immortelle1 dans la con=mit du desse9 de ,dieu son matre1 dans le sacrifice de son bonheur celui de ses semblables1 dans la v]tu1 ce supplm5t de bonheur qui vaut mieux que lui1 et dans la sa9te c]titude d'un de/9 suprieur qu& cette vote de son ca*ot s'cr\l]a sur son corps mortel p\r lui laiss] voir du fond du c]cueil le vrai j\r de ,dieu6 ,,xxxii4 ,entre ces deux philosophies1 qui peut hsit]8 ,ce n'e/ ni v\s1 ni moi1 ni ,victor ,hugo lui-mme2 c>1 il faut tre ju/e1 il e/ presque p>t\t1 dans ce livre1 spirituali/e comme le gnie1 cette transc5dance de l'esprit4 ,entre ces deux philosophies qui jur5t et se font anti?se comme l'onde opaque et l'aube t]nelle1 il y a un conciliateur cep5dant3 c'e/ le bon s5s6 ,c'e/ le bon s5s qui dit3 ,si la nature ou si la ,,=ce ,,des ,,*oses1 ce qui e/ le mme mot1 condamne t\t le g5re huma91 ri*es et pauvres1 puissants ou impuissants1 exploitateurs ou exploits1 travailleurs de la ma9 ou travailleurs de l'esprit 7c> t\t le monde travaille ou s\ffre selon ses facults71 si la =ce des *oses1 ce ,,fait ,,accompli1 les condamne t\s p> leur nature borne1 p> l'imp]fection de leurs organes1 p> leurs conditions ncessairem5t div]ses1 p> leurs misres peu prs gales1 les condamne1 dis-je1 un ttonnem5t t]nel1 des s\ffrances modres *ez les heureux1 intolrables *ez les mal p>tags du sort1 vivre en commun sur le mme globe1 aspirant une meilleure rp>tition de ce qu'on appelle mal et de ce qu'on appelle bi52 il faut1 de t\te ncessit1 ou qu'ils s'entretu5t ou qu'ils s'entr'aid5t4 ,s'ils s'entretu5t1 la mme dose de mal1 multiplie au c5tuple p\r les survivants p> le mal de la ha9e et p> l'impossibilit de la rp>tition1 se retr\v]a entre eux le l5dema9 du cataclysme4 ,s'ils s'entr'aid5t1 ils s]ont t\j\rs misrables p> la =ce des *oses naturelles1 mais ils apport]ont leurs misres t\s les ad\cissem5ts que leur tri/e organisation comporte1 et que l'assi/ance mutuelle n\s comm&e au nom de la consci5ce et de ,dieu4 ,,xxxiii4 ,la socit1 t\t imp>faite qu'elle e/1 p>ce qu'elle e/ l'expression d'un tre imp>fait1 e/ le gr& fait accompli des sicles4 ,il faut le reconnatre ou s'appel] ,titan2 t\t remettre en "q1 comme les utopi/es2 se con/itu] en tat de rvolte radicale contre la =me de l'humanit t\t entire1 c'e/--dire en tat de dm5ce et de frnsie contre la ,,=ce ,,des ,,*oses1 cette s\v]a9et absolue de ,dieu4 ,que la socit1 sans cesse pntre de l'esprit div91 qui e/ un esprit de paix et non de gu]re1 s'int]roge sans cesse elle-mme p\r savoir ce qu'elle peut introduire d'amliorations pratiques dans ses =mes et dans ses lois sans faire cr\l] l'difice1 qu'elle s'appelle t\r t\r olig>*ie1 ari/ocratie1 mon>*ie1 dmocratie1 rpublique1 selon que la =ce des *oses1 la tradition1 l'innovation1 lui indique dans quelle rgion de la hir>*ie huma9e se tr\ve le plus de droit1 de =ce cons]vatrice1 d'autorit ncessaire1 de lumire lgislative1 de responsabilit et de passion du bi5 gnral4 ,c'e/ l'acte mme de la vie sociale2 c'e/ la pulsation du p\ls1 c'e/ le battem5t du coeur de l'humanit2 ce sont quelquefois les *angem5ts d'attitude1 deb\t ou assis1 des peuples en rvolution2 c'e/ la ,,=ce ,,des ,,*oses en lgislation4 ,mais qu'on fasse espr] aux peuples1 fanatiss d'esprances1 le r5v]sem5t leur pr(it des 9galits organiques cres p> la ,,=ce ,,des ,,*oses1 et ma9t5ues p> la nature elle-mme s\s pe9e de mort2 qu'on leur p]suade que les deux bases fondam5tales de t\te socit non b>b>e1 la proprit et la famille1 ces deux con/itutions de ,dieu et non de l'homme1 peuv5t tre dplaces p> le radicalisme sans que t\t s'cr\le la fois sur la tte des radicaux comme des cons]vateurs1 c'e/ l le rve1 c'e/ l la dm5ce1 c'e/ l le sacrilge1 c'e/ le drapeau r\ge ou le drapeau noir de la philosophie sociale6 ,t\t ce qu'il y a de raison1 de bon s5s1 de lumire dans l'intellig5ce huma9e1 doit se ralli] et prote/] contre ces doctr9es qui s]ai5t le suicide de l'humanit4 ,on peut y p\ss] son sicle de deux manires3 soit p> la viol5ce et p> le levi] de la loi agraire1 comme ,catil9a ,rome et ,babeuf ,p>is2 soit p> l'excs des t5dances galitaires et p> la magie sductrice d'un idal plus beau que nature1 comme ,victor ,hugo et les utopi/es4 ,malgr ses prote/ations s9cres et c\rageuses contre t\te co]cition viol5te ses f9s1 la seule magie de son loqu5ce1 les seuls mirages de ses promesses1 la seule sduction de ses songes dors1 font de son livre un livre malsa9 de fait4 ,il e/ trop beau p\r tre innoc5t4 ,il ne sait pas dire la socit huma9e d'assez rudes vrits2 il lui masque la face impassible de la ,,=ce ,,des ,,*oses2 il la s\lve contre le fait accompli2 il la flatte plus qu'il ne l'claire2 il donne tort p>t\t la socit contre la misre1 contre la ncessit1 contre le crime2 il lui repro*e ses impuissances4 ,les utopi/es sont s\v5t plus cra9dre que les sclrats eux-mmes1 p>ce qu'on ne s'en dfie pas et qu'on aime ses flatteurs4 ,platon1 ,fnelon1 ,morus1 ont peut-tre fait v]s] autant de sang que ,catil9a4 ,que ,victor ,hugo pr5ne g>de ce ct de son gnie6 et qu'avant d'nonc] sa ?orie du progrs sans limites1 il tudie pr(ondm5t la ,,=ce ,,des ,,*oses1 la loi de la nature1 incommutable comme la nature elle-mme4 ,n\s sommes t\s des misrables1 et n\s ne s]ons jamais des dieux6 ,mais1 p\r tempr] nos misres et p\r ds>m] l'utopie1 le ciel n\s a laiss un div9 int]mdiaire1 l'assi/ance mutuelle1 cette *>it de t\s p\r t\s4 ,que la socit l'introduise en plus =te dose dans ses lois1 *aque misre sociale qui se rvle4 ,la *>it lgale e/ le trait de paix entre n\s4 ,,xxxiv4 ,on me dem&ait un j\r1 en #ahdh1 au mom5t o les ?ories de p>tage galitaire jetai5t le plus de tr\ble dans les imag9ations3 --,comm5t cela f9ira-t-il8 --,cela f9ira1 rpondis-je mes int]locuteurs al>ms1 p> quatre lois que le temps comporte et que la raison publique av\e3 ,une loi qui donne son droit politique *acune des classes sociales p> une "p proportionnelle au suffrage2 ,une loi qui assure1 non le droit au travail1 mais le droit de vivre t\t homme que le ciel envoie sur la t]re p\r y vivre4 ,le d]ni] mot d'une socit bi5 faite ne peut pas tre la mort6 ,une loi qui supprime la pe9e de mort1 qu& la socit aura r5du cette suppression sans dang] p\r elle1 p> un sy/me organis de colonisation pnale qui sp>e l'cume de l'eau sur un cueil de l',ocan lo9ta91 qui sp>e le crim9el de la socit autant que le tran*ant de la ha*e sp>e la tte du tronc sur l'*afaud2 ,enf9 une loi qui con/itue srieusem5t la lib]t d'ador] ,dieu selon sa raison ou sa tradition1 c'e/--dire la lib]t du ciel4 ,ces quatre lois accomplies1 t\t r5tr]a de soi-mme dans l'ordre1 jusqu' ce que de n\veaux beso9s physiques1 intellectuels ou moraux1 con/ats1 dem&5t la socit de n\velles satisfactions lgitimes4 ,*aque rvolution e/ un pas v]s le vrai2 si elle veut en faire dix1 elle tombe dans la fausse utopie et dans l'impossible4 ,il lui faut att5dre une autre occasion p5dant des annes ou des sicles2 c'e/ recomm5c]6 ,mais on ne tr\ve pas t\j\rs des occasions aussi innoc5tes et des populations aussi raisonnables qu'en #ahdh4 ,la rvolution de #ahdh fut en majorit la rvolution des hommes d'tat1 et la ralit accepte1 s]vie et df5due p> l',assemble con/ituante1 la raison et le c\rage de la ,france4 ,l'autre rvolution1 celle de #ahdi1 fut la rvolution des utopi/es1 m5aant la proprit de subv]sion et la ,france de la t]reur4 ,pr5ez g>de aux colres de la proprit et l'effroi lgitime de la t]reur4 ,votre conv5tionnel e/ une mauvaise enseigne sur vos bonnes p5ses4 ,effacez l'enseigne du sang1 et *antez ,cosette1 cette idylle1 la plus accomplie de la langue1 qui fait oubli] la tragdie6 ,en rsum1 les ,misrables sont un sublime tal5t1 une honnte int5tion1 et un livre trs-dang]eux de deux manires3 ,non-seulem5t p>ce qu'il fait trop cra9dre aux heureux1 mais p>ce qu'il fait trop espr] aux malheureux4 ,,lam>t9e4 ,l,x,x,x,v,i,i,ie ,,entreti54 ,,de ,,la ,,litt,,rature ,,de ,l',,me4 ,,j\rnal ,,intime ,d',,une ,,jeune ,,p]sonne4 ,mlle de ,gur94 ,i4 ,t\te me e/ une scne1 sur laquelle la vie1 obscure ou publique1 j\e des drames qui arra*5t le s\rire ou les l>mes aux spectateurs ou aux acteurs des vnem5ts dont se compose notre exi/5ce4 ,l'vnem5t n'e/ ri53 l'impression e/ t\t4 ,que l'vnem5t soit une *ute d'un trne dans le ca*ot1 ou qu'il soit une p5se de jeune fille1 close sur son oreill] l'heure de son rveil1 dans la solitude d'une *ambre haute la campagne1 et se rsumant en un s\pir ou en une prire ruisselante de pleurs au pi$ de son lit1 peu importe3 l'motion e/ la mme dans le coeur qui l'pr\ve et dans le coeur de celui qui s'associe p> la lecture la =ce de ce s5tim5t4 ,,ii4 ,int]rogez-v\s bi54 ,de t\s les livres que v\s avez lus dans votre vie3 ,imitation de ,jsus-,*ri/1 ,confessions de sa9t ,augu/91 ,confessions de ,j4-,j4 ,r\sseau1 correspondances des mes effeuilles page page et recomposes la f9 de la vie1 confid5ces p> confid5ces1 sans song] que la ma9 du public les dca*t]a un j\r2 ,lettres de ,cicron1 ,lettres de ,pl9e le ,jeune1 ,lettres de ,svign1 ce gr& sicle crit j\r j\r p> ses reflets intimes sur l'esprit d'une femme2 ,lettres de ,voltaire lui-mme1 ces lambeaux d'une passion a*>ne la de/ruction d'une ide2 ,lettres de ,mirabeau1 ces flammes *appes du volcan d'un coeur p\r en inc5di] un autre1 etc41 etc42 dem&ez-v\s s9crem5t lequel de t\s ces livres a pntr le plus pr(ondm5t dans votre coeur1 lequel cohabite le plus habituellem5t avec v\s dans la solitude de vos j\rs avancs1 lequel e/ dev5u votre ami le plus quotidi5 dans vos angoisses1 avec lequel v\s aimez le mieux vivre1 avec lequel v\s aimez le mieux m\rir4 ,les plus t\*antes cata/rophes de l'hi/oire3 le meurtre de ,cs>1 le supplice de ,*>les ,i]1 le ca*ot du ,temple1 la mort si calme de ,l\is ,,xvi1 priant p\r son peuple g>2 aucune de ces scnes a-t-elle jamais ret5ti plus pr(ondm5t dans votre coeur que la *ute d'une l>me secrte d'une pauvre me inconnue qui dit ,dieu ses d\leurs intimes1 sans dire au monde son nom8 ,la confid5ce e/ le sceau de la vrit3 et que l'on confie ,dieu1 soi-mme1 quelque amiti obscure1 sans p5s] qu'aucun reg>d1 aucune oreille int]pose n'en drob]a ri5 p\r le r$ire au monde1 a un c>actre d'intimit et de s9crit qui en c5tuple le prix4 ,on n'a pas mme beso9 de connatre le nom de ce my/rieux confid5t4 ,voyez le plus beau des livres *rti5s1 l',imitation3 on n'a pas su encore le nom de l'criva91 on ne le saura jamais2 c'e/ l'homme sans nom causant avec lui-mme et avec ce p]sonnage div9 qu'il appelle la ,grce4 ,l'anonyme1 ici1 e/ la contre-preuve de la s9crit3 s'il croyait mo9s ,dieu1 il song]ait aux hommes1 et il aurait laiss lire son nom1 comme le pe9tre1 s\s quelque pi]re ou sur quelque feuille du premi] plan4 ,le lecteur1 indp5damm5t de ce qu'on lui dit1 aime tre pris p\r confid5t p> l'ami qui *ante ou qui p>le3 avoir un secret en commun avec cette me1 c'e/ vivre deux1 c'e/ une espce d'am\r qui s'enivre de ce qu'on lui dit l'oreille et de ce qu'il rpond confid5tiellem5t lui-mme la confid5ce connue ou inconnue4 ,un livre qui e/ en mme temps un secret1 une intimit de l'me1 a donc deux mrites qui le r5d5t d\blem5t *] ceux qui le lis5t3 premirem5t1 il e/ un beau livre2 secondem5t1 il e/ un secret4 ,le livre admirable dont n\s allons v\s p>l] e/ du nombre inf9im5t petit de ces secrets de la littrature qui ont t *u*ots bi5 bas entre le b]ceau1 le lit et l'autel2 il e/ ple9 de my/re et de l>mes1 il en fait c\l]4 ,c'e/ la littrature de l'me1 c\tez-la s\pir]4 ,,iii4 ,mais1 d'abord1 tudions la scne o cette me d'lite fut jete en naissant1 et le site obscur qui s]vit de cadre sa c\rte vie4 ,dans cette rgion de la vieille ,france situe entre le midi et l'oue/1 d]rire le ,prigord1 prs de la ,*>5te1 non lo9 de l',ocan1 s't5d un pays d'habitudes1 de traditions1 de pauvres cultures1 de familles incru/es comme le grs dans la t]re1 nobles p> cons5tem5t commun1 p>ce que le *teau n'e/ que la premire masure du village1 et que t\t le monde y vi5t1 comme *ez soi1 *]*] ce qui lui manque3 bonne amiti1 vieilles ides1 semailles1 alim5ts1 so9s1 outils1 conseils1 mdicam5ts4 ,l s'lve le *teau du ,cayla1 capitale d'un doma9e de deux ou trois mille livres de r5te4 ,c'e/ l'opul5ce de la contre2 cela suffit p\r vivre dans l'aisance relative1 en y suraj\tant le produit en nature du petit j>d91 du *amp rs]v1 de la vigne1 du m\l91 du v]g] en p5te1 qui donn5t le bl de l'anne1 les pommes de t]re1 le mas1 les *taignes cons]ves1 les noix casses p> les matres et les s]viteurs p5dant les veilles d'hiv]1 sur la table solide de la cuis9e2 le v91 les lgumes1 les fruits1 cueillis p> la s]vante et les enfants1 et soigneusem5t encaisss et visits dans le fruiti]2 t\t ce qui e/ /rictem5t ncessaire1 en un mot1 p\r vivre l>gem5t et p\r donn] libralem5t aux malades1 aux infirmes1 aux pauvres du village1 aux m5diants errants et rguli]s des villages vois9s4 ,,iv4 ,le *teau du ,cayla tait de pre en fils possd et habit p> la famille de ,m4 de ,gur91 dont la jeune femme tait ne dans le b\rg de ,cahuzac4 ,mademoiselle de ,cahuzac1 d'une maison assez ri*e p\r le pays1 avait apport en dot ,m4 de ,gur9 quelques petites t]res1 et1 aprs la mort de ses gr&s-p>5ts1 une assez gr&e maison meuble dans la petite ville de ,cahuzac4 ,cette alliance donnait aux ,gur9 une aisance et une p>5t plus l>ges dans le rayon du ,cayla4 ,le *teau du ,cayla se composait d'une c\r1 autrefois pave1 et dont les eaux des curies avai5t dfonc les l>ges dalles4 ,les fumi]s des *evaux1 des va*es et des m\tons1 entasss immmorialem5t aux portes1 tapissai5t les murailles de ces btim5ts1 et s]vai5t p>t\t de clture4 ,les cuis9es ouvrai5t1 p> un p]ron lev de quelques m>*es1 sur ce va/e cloaque2 quelques sureaux et quelques h\x1 dont la =te rac9e ne cra9t pas le sol des b]g]ies1 croissai5t dans les angles des murs4 ,les portes1 ou les b>rires claire-voie1 tai5t sans cesse ouv]tes1 et p]mettai5t nuit et j\r aux passants de mont] les degrs de pi]re p\r v5ir dem&] le morceau de pa91 le c\p d'eau puis] au seau susp5du d]rire la porte1 et aux paysans du hameau d',&illac de vivre p\r a9si dire en commun avec les habitants de la maison4 ,v4 ,une *em9e c9tre trs-lev1 l>ge tuyau1 au sommet duquel on voyait le j\r1 *anes noircies p> la fume et la suie1 *5et unique1 qui portait j\r et nuit un arbre t\t enti]1 brlant p> un b\t1 =mait son sommet une c\ronne ou plutt une corbeille d'aci]1 polie p> les ma9s des b]g]s4 ,deux bancs en pi]re1 incru/s demi dans la muraille1 s]vai5t de siges aux dome/iques et aux htes4 ,quelques grosses *aises et fauteuils de noy]1 entre la table de cuis9e et la *em9e1 se prtai5t aux matres de la maison1 qu& ils v5ai5t s'asseoir en commun avec les g5s1 soit p\r pr5dre le repas banal dans l'cuelle de l\rde faence1 soit p\r leur faire la prire1 soit p\r caus] des travaux du j\r ou du l5dema94 ,une batt]ie de cuis9e1 compose de bass9s de cuivre luisant comme l'or1 de va/es s\pires grossirem5t pe9tes1 et de gr&s plateaux mettre le poisson qu& on p*ait t\s les trois ans l'tang du m\l91 compltai5t cet ameublem5t1 objet d'admiration et d'envie p\r t\tes les mnagres du village4 ,,vi4 ,on sortait de la cuis9e p> un long corridor enfum qui conduisait la salle mang]1 o la nappe n'tait gure mise que les j\rs de crmonie et qu& on avait des htes la maison2 les autres j\rs1 on pr5ait les repas avec les dome/iques1 qui dnai5t deb\t ou l'extrmit de la nappe crue4 ,au-del de la salle mang]1 on montait p> un escali] t\rnant de quelques m>*es dans la *ambre qui s]vait de salon la famille1 et dont une gr&e f5tre c9tre ouvrait sur les j>d9s1 en ple9 midi1 un peu plus leve que le ct des cuis9es4 ,du salon on passait dans la *ambre conjugale1 o c\*ait ,m4 de ,gur9 le pre1 ouvrant aussi sur le j>d94 ,on reconnaissait un papi] encore propre sur les murs1 quelques meubles lgants et aux rideaux du va/e lit colonnes1 les rp>ations que le matre de la maison avait fait faire l'poque de son m>iage p\r y recevoir sa *>mante femme2 hlas6 elle y tait morte jeune encore1 son quatrime enfant1 et entre le lit et la *em9e un portrait d'un pe9tre ambulant y avait laiss sa d\ce et mlancolique image4 ,le pre et les enfants1 *aque anniv]saire du m>iage ou de la mort1 ornai5t ce cadre unique1 et p\r a9si dire vivant1 de bran*es de myrte1 d'immortelles1 et de quelques grappes de h\x tresses en c\ronnes4 ,m4 de ,gur9 habitait seul cette *ambre sanctifie p> son s\v5ir2 un prie-,dieu en noy]1 rec\v]t de tapiss]ie s\s les g5\x et s\s les c\des p> madame de ,gur91 gisait devant son portrait et s]vait ma9t5ant ,m4 de ,gur9 et aux enfants p\r pri] en se remmorant leur p\se et leur mre4 ,une table c\v]te de p\ssire1 et des fauteuils sur*>gs de livres et de papi]s1 ent\rai5t la *ambre4 ,on voyait que le pre de famille ne s'tablissait pas d'une manire p]man5te dans le domicile o la mort tait v5ue lui ravir la meilleure moiti de lui-mme1 mais qu'il se t5ait prt p>tir aussitt qu'il plairait ,dieu1 et que ses enfants1 dont il tait t\t la fois le pre et la mre1 p\rrai5t se pass] de lui2 son vrai sj\r tait au cimetire d',&illac1 o il allait ent5dre la messe t\s les mat9s1 les g5\x sur la pi]re de sa femme4 ,,vii4 ,le salon dans lequel il passait la soire avec ses enfants1 et quelquefois avec ses htes1 ses p>5ts1 ou ceux de sa femme1 et le vieux cur d',&illac1 cons]vait aussi quelques traces d'lgance de l'anci5ne c\r3 une *em9e antique1 une glace1 une p5dule1 un canap1 des fauteuils et des *aises de tapiss]ie4 ,une l>ge f5tre1 presque t\j\rs ouv]te sur les j>d9s1 le soleil qui y entrait p> les beaux j\rs1 la vue assez t5due des c>rs de lgumes enc]cls d'arbres fruits1 plus lo9 les cimes grles1 mais v]tes1 des v]g]s1 puis les prs en p5te1 puis le ruisseau1 l'cluse1 le m\l91 puis enf9 les coll9es1 qui f]mai5t la valle d'un rideau de cultures1 de *amps et de *taigni]s1 y rp&ai5t plus de j\r1 de lo9ta9 et de gaiet que dans le re/e de la demeure2 la famille y passait une p>tie du j\r4 ,il y avait des livres sur la *em9e et sur la table jeu du milieu3 on n'y j\ait jamais1 mais on y lisait beauc\p4 ,la nature des ouvrages rappelait les occupations srieuses du pre1 du fils1 et surt\t de la fille ane1 mademoiselle ,eugnie de ,gur91 qui remplaait la mre p> ncessit1 p> v]tu et p> gt1 auprs de son frre ,maurice et de sa plus jeune soeur4 ,c'tai5t presque t\s des livres de dvotion ou d'hi/oire1 et et l quelques romans *oisis de ,walt] ,scott1 le b>de po/hume des ,/u>ts1 auteur ju/em5t ador des lgitimi/es franais4 ,,viii4 ,m4 de ,gur91 migr ds son enfance et r5tr t\t jeune de l'migration1 en avait rapport au ,cayla cette foi antique et robu/e de ca/e et de famille1 qui tait plus enfonce dans son coeur que les fondem5ts de son anci5 manoir dans le ro*] d',&illac4 ,en cont9uant de mont] l'escali] sombre et spirale du ,cayla1 on r5contrait et l de petits pali]s de quelques m>*es dta*es du gr& escali]1 qui =mai5t un angle r5trant s\s une porte en rosace1 donnant entre quelques sries de petits app>tem5ts1 et enf91 trs-haut1 aux *ambres des dome/iques4 ,le premi] de ces repos ouvrait sur trois *ambres1 au-dessus du salon1 qu'habitai5t mademoiselle ,eugnie de ,gur9 et sa petite soeur4 ,la *ambre de mademoiselle de ,gur9 tait un peu plus orne que celle d'une s]vante2 le lit tait sans rideaux1 cep5dant une petite table sans tapis tait entre les deux f5tres2 des livres p>eils ceux du salon1 et quelques feuilles de papi] moiti crites d'une f9e criture1 tai5t p>s et l sur la table et sur les fauteuils4 ,deux ou trois petits cadres de portraits1 cl\s contre les murailles1 atte/ai5t ses amitis ou ses prfr5ces en hommes ou en femmes4 ,des ouvrages de contemplation et le livre des livres p\r les mes qui aim5t s'entret5ir avec ,dieu1 le livre qui s'appelle d'abord ,consolations1 l',imitation1 tait en p]man5ce sur la table de nuit1 comme une fleur s*e et effeuille dont on a respir mille fois t\s les p>fums1 mais qu'on g>de p\r les respir] encore4 ,un crucifix en ivoire1 hritage de sa mre1 reposait sur la *em9e2 un *apelet1 r>em5t oisif1 tait enr\l aut\r du c\ et p5dait jusqu'aux pi$s du ,*ri/4 ,on voyait qu'en r5trant de la petite glise d',&illac on l'avait dpos l le mat9 p\r le repr5dre le soir1 l'heure o le soleil baissant fait s5tir le beso9 de pri]4 ,,ix4 ,voil ,je *teau p\r le d$ans4 ,quant son aspect contempl du dehors1 ri5 n'annonait ni prt5tion ni orgueil dans le /yle ou dans la con/ruction du ,cayla2 il ne se di/+uait des grosses f]mes du pays que p> un por*e moiti dmoli avanant sur le p]ron1 p> les deux ra9ures d'un pont-levis sur le milieu desquelles le m>teau symbolique de #agic avait effac les vieilles armoiries de la famille des ,gur91 et p> un l>ge pan de toit qui rec\vrait le pr9cipal corps de btim5t entre les con/ructions 9gales et successives des d]ni]s sicles4 ,x4 ,tel app>aissait le *teau du ,cayla1 vieux nid dmantel1 qu'habitai5t encore les jeunes rejetons de l'anci5ne famille1 heureux et ri*es tant qu'ils ne le quittai5t pas1 pauvres et rduits aux d]nires conditions de la socit aussitt qu'ils en sortai5t p\r *]*] dans le monde leur anci5ne place4 ,ce monde n'tait plus fait leur mesure4 ,les filles n'avai5t po9t de dot2 le fils1 aucun moy5 d'ducation ni d'avancem5t4 ,il fallait vivre l1 ou s'abaiss] aux plus vulgaires occupations de la vie p\r vgt] ailleurs4 ,on conoit quelle mlancolie incurable devait tre le fond des p5ses de ces quatre ou c9q solitaires1 ri*es de pass1 dnus d'av5ir2 condamns languir dans ce petit doma9e1 ou tre subm]gs p> la loi de la socit en sortant4 ,les filles p\vai5t att5dre un has>d heureux de m>iage sans dot1 avec quelque g5tilhomme veuf ou surann des environs1 ou se v\] gnreusem5t au clibat p\r laiss] leur frre leur petite =tune aprs la mort de leurs p>5ts4 ,c'e/ le p>ti que mademoiselle ,eugnie de ,gur9 prit de bonne heure1 m>tyre obscure de deux abngations volontaires1 l'une p\r remplac] l'p\se morte dans la maison et dans le coeur de son pre1 l'autre p\r remplac] la mre abs5te auprs de son frre enfant4 ,voil quelle tait la vie habituelle des habitants du ,cayla1 avec les modifications que l'ge1 les circon/ances1 les petits vnem5ts intrieurs apportai5t dans ces habitudes4 ,,xi4 ,le pre de ,m4 de ,gur9 avait migr t\t jeune1 mais son extrme jeunesse mme avait emp* que la petite =tune de la famille ne ft confisque4 ,il tait r5tr inap]u1 et non dnonc p> les bons paysans d',&illac1 peu de temps avant son m>iage4 ,il avait rapport dans le doma9e pat]nel les s5tim5ts d'affection p\r les ,b\rbons1 et surt\t les s5tim5ts religieux dont il avait tr\v le g]me dans sa famille et les habitudes p>mi ses cam>ades d'migration4 ,*ez lui1 ces affections et ces habitudes tai5t s9cres2 il en avait cons]v l'ex]cice pratique s\s l'influ5ce de sa famille son ret\r4 ,cette religion pratique1 son seul refuge aprs la mort prcoce de sa femme1 avait r$\bl en lui p> l'isolem5t de son coeur4 ,ses enfants ici-bas1 et ,dieu au ciel avec l'ombre de sa femme comme rayonnem5t attractif aut\r de l'tre inf9i1 tai5t dev5us sa seule p5se4 ,d'un c>actre t5dre1 d'une humeur trs-d\ce1 d'une abngation complte en ce qui ne conc]nait que lui1 il s'tait consacr exclusivem5t1 p> devoir et p> affection1 l'ducation de ses *]s enfants4 ,sa fille ane1 ,eugnie de ,gur91 avait t naturellem5t sa premire lve2 il lui avait appris t\t ce qu'il savait3 l'adoration de sa mre abs5te1 le culte quotidi5 de sa mmoire l'glise et au cimetire d',&illac1 les so9s assidus des pauvres1 des vieill>ds1 des enfants orphel9s dans les maisons du vois9age4 ,la lecture1 l'criture1 un peu de lat9 p\r qu'elle pt suivre plus t>d les tudes dome/iques de son jeune frre1 l'intellig5ce et le gt des livres classiques franais qui tai5t le fond de la biblio?que de la vieille maison1 quelques-uns des mod]nes1 tels que ,*ateaubri& et ,lam5nais1 qui v5ai5t de rev]nir le ca?olicisme1 enf9 un petit nombre de livres t\t fait n\veaux1 v5us de ,p>is p> des amis qui les prtai5t au ,cayla3 voil l'ducation de mademoiselle de ,gur91 ducation t\te passe d'abord p> l'me du pre1 comme l'eau suspecte filtre p> le crible4 ,qu& le pre tr\vait dans ces volumes c]ta9s passages qui p\vai5t tre dang]eux l'imag9ation d'une jeune p]sonne1 il lui suffisait d'y mettre une m>que p\r en int]dire la lecture2 l'pe de l'ange ext]m9ateur n'aurait pas t plus sre d'tre obie2 la jeune fille s'arrtait et passait aux pages non int]dites4 ,mais cette ducation1 dont le pre remettait avec confiance les rnes dans les ma9s de sa fille1 f9it p> produire dans mademoiselle de ,gur9 une puissance de rflexion et de puret qui l'gala son insu aux plus hautes p]sonnalits littraires de son sicle4 ,ne d'elle-mme1 elle gr&it la hauteur d'elle-mme et elle dev9t ins5siblem5t1 comme n\s allons la voir1 une femme phnomnale1 qui ne se mesurait plus qu' sa propre taille1 et s\s l'oeil de son pre1 et s\s la mesure de ,dieu4 ,et1 *ose tonnante1 son /yle1 ab&onn lui-mme1 et qui n'avait de juge et de critique que son me1 ne re/a comme =me au-dess\s de ri51 p5dant que1 comme fond1 ce /yle tait au niveau de t\t4 ,,xii4 ,laissons-la p>l] t\t haut et t\te seule ma9t5ant1 dans cette petite *ambre d'une campagne obscure o elle avait conc5tr sa vie2 laissons-la caus] avec elle-mme1 avec son pauvre pre1 pre si digne d'elle1 avec son frre dev5u son fils1 sur qui t\tes ses p5ses avai5t f9i p> conv]g] comme sur le b unique de sa vie4 ,le bonheur a v\lu que1 p> une srie de heureux has>ds et de fidle affection 7celle de ,m4 d',aurevilly1 un criva9 qui ne peut tre c>actris que p> lui-mme1 p>ce qu'il ne ressemble p]sonne71 le has>d et le bonheur ont v\lu que ce j\rnal et ces lettres n'ai5t pas pri dans les c5dres du ,cayla2 mais que des ma9s pieuses les ai5t recueillies le l5dema9 de sa mort p\r difi] t\t un sicle1 et1 aprs ,m4 de ,sa9te-,beuve1 moi1 qui vais essay] d'inspir] mes lecteurs la passion de les lire comme une ,imitation de ,jsus-,*ri/ en action1 le plus beau des livres mod]nes dans la plus t5dre des mes et dans le plus confid5tiel des /yles4 ,/yle1 non1 c> qui dit /yle dit travail3 ici ce n'e/ po9t travail1 c'e/ closion naturelle de la p5se4 ,,xiii4 ,cela comm5ce le #ae novembre #ahae p> une lettre son frre1 que les tudes classiques ont enlev enf9 au toit du ,cayla1 et qui a*ve ses tudes au sm9aire de ,cahuzac4 ,puisque tu le veux1 mon *] ,maurice1 je vais donc cont9u] ce petit j\rnal que tu aimais tant2 mais1 comme le papi] me manque1 je me s]s d'un papi] c\su4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,pauvre fille6 qui n'a pas mme les feuilles blan*es ncessaires l'expansion de son coeur p\r elle et p\r un enfant de quatorze ans6 ,elle lui annonce la mort d'un bon ami de la famille ,gaillac4 ,de pauvres femmes disai5t1 en allant son agonie3--,celui-l n'aurait pas d m\rir4--,et elles priai5t en pleurant p\r sa bonne mort4 ,voil qui donne espr] p\r son me3 des v]tus qui n\s font pleur] des hommes doiv5t n\s faire aim] de ,dieu6 ,,xiv4 ,le #ag novembre4 ,mimi#a m'a crit4 ,cette *re ,mimi me dit de *>mantes et d\ces *oses sur notre sp>ation1 sur son ret\r1 sur son ennui1 c> elle s'ennuie lo9 de moi comme je m'ennuie sans elle4 t\t mom5t1 je vois1 je s5s qu'elle me manque1 surt\t la nuit o j'ai l'habitude de l'ent5dre respir] mon oreille4 ,ce petit bruit me porte sommeil4 ,ne pas l'ent5dre me fait p5s] tri/em5t4 ,je p5se la mort1 qui fait aussi t\t taire aut\r de n\s1 qui s]a aussi une abs5ce4 ,note #a3 ,on appelait quelquefois a9si dans la famille l'autre soeur1 ,mimi1 ,mim9 ou ,m>ie4 ,ces ides de la nuit me vi5n5t un peu de celles du j\r4 ,on ne p>le que de maladies1 que de morts2 la clo*e d',&illac n'a sonn que des glas ces j\rs-ci4 ,c'e/ la fivre maligne qui fait ses ravages comme t\s les ans4 ,n\s pleurons t\s une jeune femme de mon ge1 la plus belle1 la plus v]tueuse de la p>oisse1 enleve en quelques j\rs4 ,elle laisse un t\t petit enfant qui ttait4 ,pauvre petit6 ,c'tait ,m>ianne de ,gaill>d4 ,diman*e d]ni] j'allai encore s]r] la ma9 une agonisante de dix-huit ans4 ,elle me reconnut1 la pauvre jeune fille1 me dit un mot et se remit pri] ,dieu4 ,je v\lais lui p>l]1 je ne sus que lui dire2 les m\rants p>l5t mieux que n\s4 ,on l'ent]rait lundi4 ,que de rflexions faire sur ces tombes fra*es6 ,oh6 mon ,dieu6 que l'on s'en va vite de ce monde6 ,le soir1 qu& je suis seule1 t\tes ces figures de mort me revi5n5t4 ,je n'ai pas peur1 mais mes p5ses pr5n5t t\tes le deuil1 et le monde me p>at aussi tri/e qu'un tombeau4 ,je t'ai dit cep5dant que tes lettres m'avai5t fait plaisir4 ,oh6 c'e/ bi5 vrai2 mon coeur n'e/ pas muet au milieu de ces agonies1 et ne s5t que plus vivem5t t\t ce qui lui porte vie4 ,ta lettre donc m'a donn une lueur de joie1 je me trompe1 un vritable bonheur1 p> les bonnes *oses dont elle e/ remplie4 ,enf9 ton av5ir comm5ce po9dre2 je te vois un tat1 une position sociale1 un po9t d'appui la vie matrielle4 ,dieu soit l\6 c'e/ ce que je dsirais le plus en ce monde et p\r toi et p\r moi1 c> mon av5ir s'atta*e au ti51 ils sont frres4 ,j'ai fait de beaux rves ce sujet1 je te les dirai peut-tre4 ,p\r le mom5t1 adieu2 il faut que j'crive ,mimi4 ,,xv4 ,le #ah novembre4 ,je suis furieuse contre la *atte grise4 ,cette m*ante bte vi5t de m'enlev] un petit pigeon que je r*auffais au co9 du feu4 ,il comm5ait revivre1 le pauvre animal2 je v\lais le priv]1 il m'aurait aime1 et voil t\t cela croqu p> un *at6 ,que de mcomptes dans la vie6 ,cet vnem5t et t\s ceux du j\r se sont passs la cuis9e2 c'e/ l que je fais demeure t\te la mat9e et une p>tie du soir depuis que je suis sans ,mimi4 ,il faut surveill] la cuis9ire2 papa quelquefois desc5d1 et je lui lis prs du f\rneau ou au co9 du feu quelques morceaux des ,antiquits de l'glise anglo-saxonne4 ,ce gros livre tonnait ,pi]ril4 ,qu de m\ts aqui dd9s6#b ,cet enfant e/ t\t fait drle4 ,un soir il me dem&a si l'me tait immortelle2 puis aprs1 ce que c'tait qu'un philosophe4 ,n\s tions aux gr&es que/ions1 comme tu vois4 ,sur ma rponse que c'tait quelqu'un de sage et de savant3 ,donc1 ,mademoiselle1 v\s tes philosophe4 ,ce fut dit avec un air de navet et de fran*ise qui aurait pu flatt] ,socrate1 mais qui me fit tant rire que mon srieux de cat*i/e s'en alla p\r la soire4 ,note #b3 ,en patois du pays3 ,que de mots l-d$ans6 ,cet enfant n\s a quitts un de ces j\rs1 son gr& regret2 il tait t]me le j\r de la ,sa9t-,brice4 ,le voil avec son petit co*on *]*ant des truffes4 ,s'il vi5t p> ici1 j'irai le jo9dre p\r lui dem&] s'il me tr\ve t\j\rs l'air philosophe4 ,avec qui croirais-tu que j'tais ce mat9 au co9 du feu de la cuis9e8 ,avec ,platon3 je n'osais pas le dire1 mais il m'e/ tomb s\s les yeux1 et j'ai v\lu faire sa connaissance4 ,je n'en suis qu'aux premires pages4 ,il me semble admirable1 ce ,platon3 mais je lui tr\ve une s+ulire ide1 c'e/ de plac] la sant avant la beaut dans la nom5clature des bi5s que ,dieu n\s fait4 ,s'il et consult une femme1 ,platon n'aurait pas crit cela3 tu le p5ses bi58 ,je le p5se aussi1 et cep5dant1 me s\v5ant que je suis philosophe1 je suis un peu de son avis4 ,qu& on e/ au lit bi5 malade1 on f]ait volonti]s le sacrifice de son te9t ou de ses beaux yeux p\r rattrap] la sant et j\ir du soleil4 ,il suffit d'ailleurs d'un peu de pit dans le coeur1 d'un peu d'am\r de ,dieu p\r r5onc] bi5 vite ces idoltries1 c> une jolie femme s'adore4 ,qu& j'tais enfant1 j'aurais v\lu tre belle3 je ne rvais que beaut1 p>ce que1 me disais-je1 maman m'aurait aime davantage4 ,grce ,dieu1 cet enfantillage a pass1 et je n'envie d'autre beaut que celle de l'me4 ,peut-tre mme en cela suis-je enfant comme autrefois3 je v\drais ressembl] aux anges4 ,cela peut dplaire ,dieu3 c'e/ aussi p\r en tre aime davantage4 ,que de *oses me vi5n5t1 s'il ne fallait pas te quitt]6 ,mais mon *apelet1 il faut que je le dise1 la nuit e/ l3 j'aime f9ir le j\r en prires4 ,le #bj novembre4 ,j'aime la neige3 cette blan*e vue a quelque *ose de cle/e4 ,la b\e1 la t]re nue1 me dplais5t1 m'attri/5t2 auj\rd'hui je n'ap]ois que la trace des *em9s et les pi$s des petits oiseaux4 ,t\t lgrem5t qu'ils se pos5t1 ils laiss5t leurs petites traces qui font mille figures sur la neige4 ,c'e/ joli voir1 ces petites pattes r\ges comme des crayons de corail qui les dess95t4 ,l'hiv] a donc aussi ses jolies *oses1 ses agrm5ts4 ,on en tr\ve p>t\t qu& on y sait voir4 ,dieu rp&it p>t\t la grce et la beaut4 ,il faut que j'aille voir ce qu'il y a d'aimable au co9 du feu de la cuis9e1 des bluettes si je veux4 ,ceci n'e/ qu'un petit bonj\r que je dis la neige et toi1 au saut du lit4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,,xvi4 ,elle repr5d deux j\rs aprs3 sa petite soeur ,mimi e/ t\j\rs abs5te4 ,je n'ai ri5 mis ici hi]2 mieux vaut du blanc que des nullits4 ,j'tais lasse1 j'avais sommeil2 auj\rd'hui c'e/ mieux4 ,j'ai vu tomb] et disp>atre la neige2 du temps que je faisais moi-mme mon dn]1 un beau soleil s'e/ lev2 plus de neige prs5t2 le noir1 le laid1 rep>aiss5t4 ,que v]rai-je dema9 mat98 ,qui sait8 ,la face du monde *ange si promptem5t6 ,j'ai pass ma soire la cuis9e444 ,walt] ,scott a t nglig auj\rd'hui4 ,il e/ dix heures1 je vais dormir4 ,,xvii4 ,le l5dema91 le pre et la petite soeur t\j\rs abs5ts1 elle crit p\r elle seule4 ,le #ba novembre4 ,la j\rne a comm5c radieuse3 un soleil d't1 un air d\x qui invitait la prom5ade4 ,t\t me disait d'y all]1 mais je n'ai fait que deux pas dehors et me suis arrte l'curie des m\tons p\r voir un agneau blanc qui v5ait de natre4 ,j'aime voir ces petites btes qui font rem]ci] ,dieu de tant de d\ces cratures dont il n\s environne4 ,puis ,pi]ril e/ v5u2 je l'ai fait djeun] et ai caus quelque temps avec lui1 sans m'ennuy] du t\t de cette conv]sation4 ,de combi5 d'assembles on n'en dit pas autant6 ,le v5t s\ffle1 t\tes nos portes et f5tres gmiss5t2 c'e/ quasi tri/e l'heure qu'il e/ dans ma solitude3 t\te la maison e/ endormie2 on s'e/ lev de bonne heure p\r faire du pa94 ,aussi ai-je t =t occupe t\te la mat9e aux deux dn]s4 ,ensuite1 du repos2 j'ai crit ,anto9ette4 ,c'e/ bi5 insignifiant1 t\t cela3 autant vaudrait du papi] blanc que ce que j'cris2 mais1 qu& ce ne s]ait qu'une g\tte d'encre d'ici1 tu aurais plaisir de la voir2 voil p\rquoi j'en fais des mots4 ,je ne sais p\rquoi1 la nuit d]nire1 je n'ai vu en songe dfil] que des c]cueils4 ,je v\drais cette nuit un sommeil mo9s sombre4 ,je vais pri] ,dieu de me le donn]4 ,le #bd novembre1 elle repr5d son rcit4 ,on voit combi5 la p5se de son frre la possde4 ,trois j\rs de lacune1 mon *] ami4 ,c'e/ bi5 long p\r moi1 qui aime si peu le vide2 mais le temps m'a manqu p\r m'asseoir4 ,je n'ai fait que pass] dans ma *ambrette depuis sam$i2 prs5t seulem5t je m'arrte1 et c'e/ p\r crire ,mimi bi5 au long et deux mots ici4 ,peut-tre ce soir aj\t]ai-je quelque *ose1 s'il en survi5t4 ,p\r le mom5t t\t e/ au calme1 le dehors et le d$ans1 l'me et la maison3 tat heureux1 mais qui laisse peu dire1 comme les rgnes pacifiques4 ,une lettre de ,paul a comm5c ma j\rne4 ,il m'invite all] ,alby1 je ne lui promets pas2 il faudrait sortir p\r cela1 et je devi5s sd5taire4 ,volonti]s1 je f]ais voeu de clture au ,cayla4 ,nul lieu au monde ne me plat comme le *ez moi4 ,oh6 le dlicieux *ez moi6 ,que je te pla9s1 pauvre exil1 d'en tre si lo91 de ne voir les ti5s qu'en p5se1 de ne p\voir n\s dire ni bonj\r ni bonsoir1 de vivre trang]1 sans demeure toi dans ce monde1 ayant pre1 frre1 soeurs1 en un endroit6 ,t\t cela e/ tri/e1 et cep5dant je ne puis pas dsir] autre *ose p\r toi4 ,n\s ne p\vons pas t'avoir2 mais j'espre te revoir1 et cela me console4 ,mille fois je p5se cette arrive1 et je prvois d'avance combi5 n\s s]ons heureux4 ,,xviii4 ,le #be1 la nuit e/ sup]be2 c'e/ un des vnem5ts de cette solitude4 ,voyez comme elle en j\it3 ,je reg>de p> ma f5tre avant de me c\*]1 p\r voir quel temps il fait et p\r en j\ir un mom5t1 s'il e/ beau4 ,ce soir1 j'ai reg>d plus qu' l'ord9aire1 tant c'tait ravissant1 cette belle nuit6 ,sans la cra9te du rhume1 j'y s]ais encore4 ,je p5sais ,dieu qui a fait notre prison si radieuse2 je p5sais aux sa9ts qui ont t\tes ces belles toiles s\s leurs pi$s2 je p5sais toi qui les reg>dais peut-tre comme moi4 ,cela me ti5drait aism5t t\te la nuit2 cep5dant il faut f]m] la f5tre ce beau dehors et clign] les yeux s\s des rideaux6 ran m'a apport ce soir deux lettres de ,l\ise4 ,elles sont *>mantes1 ravissantes d'esprit1 d'me1 de coeur1 et t\t cela p\r moi6 ,je ne sais p\rquoi je ne suis pas transporte1 ivre d'amiti4 ,dieu sait p\rtant si je l'aime4 ,voil ma j\rne jusqu' la d]nire heure4 ,il ne me re/e que la prire du soir et le sommeil att5dre4 ,je ne sais s'il vi5dra1 il e/ lo94 ,il e/ possible que ,mimi vi5ne dema94 p>eille heure1 je l'aurai2 elle s]a l1 ou plutt n\s repos]ons sur le mme oreill]1 elle me p>lant de ,gaillac1 et moi du ,cayla4 ,,xix4 ,le #bh1 sa soeur retr\ve1 elle va avec elle l'glise du village faire ses dvotions4 ,avant le j\r1 crit-elle1 j'avais les doigts dans les c5dres1 *]*ant du feu p\r allum] la *&elle4 ,je n'en tr\vais pas et allais retr\v] mon lit1 lorsqu'un petit *>bon que j'ai r5contr du b\t du doigt m'a fait voir du feu3 voil ma lampe allume4 ,vite la toilette1 la prire1 et n\s voil avec ,mimi dans le *em9 de ,cahuzac4 ,ce pauvre *em91 je l'ai fait longtemps seule1 et que j'tais aise de le faire quatre pi$s auj\rd'hui6 ,le temps n'tait pas beau4 ,puis une rflexion nave et digne de ,tibulle ou de ,virgile4 ,suave m>i magno444 ,oh6 qu'il e/ d\x1 lorsque la pluie petit bruit tombe des cieux1 d'tre au co9 de son feu1 t5ir des p9cettes1 faire des bluettes6 ,c'tait mon passe-temps t\t l'heure2 je l'aime =t3 les bluettes sont si jolies6 ce sont les fleurs de *em9e4 ,vraim5t il se passe de *>mantes *oses sur la c5dre1 et1 qu& je ne suis pas occupe1 je m'amuse voir la fantasmagorie du foy]4 ,ce sont mille petites figures de braise qui vont1 qui vi5n5t1 gr&iss5t1 *ang5t1 disp>aiss5t1 tantt anges1 dmons cornus1 enfants1 vieilles1 papillons1 *i5s1 mo9eaux3 on voit de t\t s\s les tisons4 ,je me s\vi5s d'une figure portant un air de s\ffrance cle/e qui me peignait une me en purgatoire4 ,j'en fus frappe1 et aurais v\lu avoir un pe9tre auprs de moi4 ,jamais vision plus p>faite4 ,rem>que les tisons1 et tu convi5dras qu'il y a de belles *oses1 et qu' mo9s d'tre aveugle1 on ne peut pas s'ennuy] auprs du feu4 c\te surt\t ce petit sifflem5t qui sort p>fois de dess\s la braise comme une voix qui *ante4 ,ri5 n'e/ plus d\x et plus pur1 on dirait que c'e/ quelque t\t petit esprit de feu qui *ante4 ,voil1 mon ami1 mes soires et leurs agrm5ts2 aj\te le sommeil1 qui n'e/ pas le mo9dre4 ,quelle mlancolie dans ce d]ni] mot d'appel au sommeil1 qui comble t\s les vides et qui calme t\tes les d\leurs6 ,,xx4 ,le #a;er dcembre1 elle crit son frre3 ,c'e/ de la mme encre dont je vi5s de t'crire que je t'cris encore2 la mme g\tte tombant moiti ,p>is1 moiti ici1 te vi5t m>qu] div]ses *oses1 ici des t5dresses1 l-bas des f*]ies2 c> je t'envoie t\j\rs t\t ce qui me trav]se l'me4 ,qu& tu liras t\t cela1 mon ami1 s\vi5s-toi que c'e/ crit le #a;er dcembre1 j\r de pluie1 d'obscurit1 d'ennui1 o le soleil ne s'e/ pas montr1 o je n'ai vu que des corbeaux4 ,le #c dcembre1 un seul mot4444 ,il e/ sept heures1 j'ent5ds le ruisseau et j'ap]ois une belle toile qui se lve sur ,mr93 tu n'z pas oubli ce hameau8 ,le #e dcembre4 ,papa e/ p>ti ce mat9 p\r ,gaillac2 n\s voil seules *tela9es1 ,mimi et moi1 jusqu' dema9 et matresses absolues4 ,cette rg5ce ne me va pas mal et me plat assez p\r un j\r1 mais pas davantage4 ,les longs rgnes sont ennuyeux4 ,c'e/ assez p\r moi de comm&] ,trilby et d'obt5ir qu'elle vi5ne qu& je l'appelle ou que je lui dem&e la patte4 ,hi]1 f*eux accid5t p\r ,trilbette4 ,comme elle dormait tranquille s\s la *em9e de la cuis9e1 une c\rge qui s*ait lui e/ tombe dessus4 ,le c\p l'a t\rdie1 la pauvre bte e/ v5ue n\s au plus vite n\s port] ses d\leurs4 ,une c>esse l'a gurie4 ,il tait nuit4 ,un c\p de m>teau se fait ent5dre1 t\t le monde acc\rt la porte4 ,qui e/ l8 ,c'tait ,jean de ,p]sac1 notre anci5 mtay]1 et que je n'avais pas vu depuis longtemps4 ,il a t le bi5v5u et a eu en entrant place au plat et la b\teille4 ,puis n\s l'avons fait jas] sur son pays d' prs5t1 sur ses enfants et sa femme4 ,j'aime =t ces conv]sations et ces revoirs4 ,ces figures d'autrefois font plaisir1 il semble qu'elles ramn5t la jeunesse4 ,le #f dcembre4 ,je fis promettre ,jean de repass] ici ce soir2 je le rev]rai1 et puis je veux lui donn] une lettre p\r ,gabrielle3 c'e/ un de leurs mtay]s4 ,bri ne s]a pas f*e de ce s\v5ir inatt5du2 je lui aurais crit p> la po/e1 et lui p>gne a9si huit s\s qu'elle donn]a de plus aux pauvres4 ,voil donc une bonne oeuvre que je fais faire4 ,au re/e1 c'e/ un j\r de bonnes actions auj\rd'hui2 je vi5s de ,cahuzac et1 comme *aque fois1 m]veilleusem5t dispose bi5 faire2 faire mal ce j\r-l me semble impossible4 ,puis1 c'e/ un calme trange6 ,rem>que comme ces j\rs-l mon me a l'air tranquille4 ,elle l'e/ en effet1 c> je ne dissimule pas avec toi et laisse tomb] sur le papi] t\t ce qui me vi5t1 mme des l>mes4 ,qu& mon bullet9 se prolonge1 c'e/ m>que que je suis au mieux4 ,gr&e abondance alors d'affection et de *oses dire1 de celles qui se font dans l'me4 ,celles du dehors1 s\v5t ce n'e/ pas la pe9e d'en p>l]1 mo9s qu'elles n'aill5t ret5tir au d$ans comme le m>teau qui frappe la porte4 ,alors on en p>le1 t\te petite que soit la *ose4 ,une n\velle1 un bruit de v5t1 un oiseau1 un ri51 me vont au coeur p> mom5ts et me f]ai5t crire des pages4 ,si je v\lais p>l] de ce que je dois faire dema96 ,mais il vaut mieux en ceci des prires que des p>oles4 ,en p>lant ,dieu1 il vi5dra1 et toi1 tu es si lo96 ,tu ne m'ent5ds pas1 d'ailleurs1 et le temps que je te donne n'ira pas au ciel4 ,presque t\t ce qu'on fait p\r la crature e/ p]du1 mo9s que la *>it ne s'y mle4 ,c'e/ comme le sel qui prs]ve affections et actions de la corruption de la vie4 ,voici papa4 ,le #g dcembre4 ,la soire s'e/ passe hi] caus] de ,gaillac1 des uns1 des autres1 de mille *oses de la petite ville4 ,j'aime peu les n\velles1 mais celles des amis font t\j\rs plaisir1 et on les c\te avec plus d'intrt que celles du monde et de l'ennuyeuse politique4 ,ri5 ne me fait aussi tt bill] qu'un j\rnal4 ,il n'en tait pas de mme autrefois1 mais les gts *ang5t et le coeur se dpr5d *aque j\r de quelque *ose4 ,le temps1 l'expri5ce aussi1 dsabus5t4 ,en avanant dans la vie1 on se place enf9 comme il faut p\r jug] de ses affections et les connatre s\s leur vritable po9t de vue4 ,j'ai t\tes les mi5nes s\s les yeux4 ,je vois d'abord des p\pes1 des j\j\x1 des oiseaux1 des papillons que j'aimais1 belles et innoc5tes affections d'enfance4 ,puis la lecture1 les conv]sations1 un peu la p>ure1 les rves1 les beaux rves6444 ,mais je ne veux pas me confess]4 ,il e/ diman*e1 je suis seule de ret\r de la premire messe de ,l5t91 et je j\is dans ma *ambrette du plus d\x calme du monde1 en union avec ,dieu4 ,le bonheur de la mat9e me pntre1 s'c\le en mon me et me trans=me en quelque *ose que je ne puis dire4 ,je te laisse1 il faut me taire4 ,le #h dcembre4 ,je ne lis jamais aucun livre de pit que je n'y tr\ve des *oses admirables et comme faites p\r moi4 ,en voici3 ,ceux qui espr5t au ,seigneur v]ront leurs =ces se r5\vel] de j\r en j\r4 ,qu& ils croiront tre b\t et n'en p\voir plus1 t\t d'un c\p ils p\ss]ont des ailes semblables celles d'un aigle2 ils c\rront et ne se lass]ont po9t1 ils m>*]ont et ils s]ont infatigables4 ,m>*ez donc1 me pieuse1 m>*ez1 et1 qu& v\s croirez n'en p\voir plus1 r$\blez votre ardeur et votre c\rage1 c> le ,seigneur v\s s\ti5dra4 ,que de fois on a beso9 de ce s\ti56 ,dis1 me faible1 *ancelante1 dfaillante1 que devi5drions-n\s sans le sec\rs div98 ,c'e/ de ,bossuet1 ces p>oles4 ,je n'ai gure ouv]t d'autre livre auj\rd'hui2 le temps s'e/ pass t\t autres *oses qu' la lecture1 de ces *oses qui ne sont ri51 qui n'ont pas de nom et qui p\rtant v\s pr5n5t t\s les mom5ts4 ,bonsoir1 mon ami4 ,le #e1 elle raconte des visites faites avec sa soeurs aux malades du pays4 ,,xxi4 ,le #aj dcembre4 ,givre1 br\ill>ds1 air glac1 c'e/ t\t ce que je vois auj\rd'hui4 ,aussi je ne sortirai pas et vais me recoquill] au co9 du feu avec mon ouvrage et mon livre4 ,c'e/ tantt l'un1 tantt l'autre2 cette v>iation me di/rait4 ,cep5dant j'aim]ais lire t\te la j\rne2 mais il me faut faire autre *ose1 et le devoir passe avant le plaisir4 ,j'appelle plaisir la lecture1 qui n'e/ nullem5t ess5tielle p\r moi4 ,voil une puce1 une puce en hiv]6 ,c'e/ un cadeau de ,trilby4 ,c'e/ aussi de t\te saison les insectes qui n\s dvor5t morts et vivants4 ,les mo9s nombreux encore sont-ils ceux que l'on voit2 nos d5ts1 notre peau1 t\t notre corps1 dit-on1 en e/ ple94 ,pauvre corps huma91 faut-il que notre me soit l-d$ans6 ,aussi ne s'y plat-elle gure1 ds qu'elle vi5t considr] o elle e/4 ,oh6 le beau mom5t o elle en sort1 o elle j\it de la vie1 du ciel1 de ,dieu1 de l'autre monde6 ,son tonnem5t1 je p5se1 e/ semblable celui du p\ss9 sortant de sa coquille1 s'il avait une me4 ,un pauvre auj\rd'hui e/ pass1 puis un t\t petit enfant4--,e/-ce la pe9e d'en p>l]8 ,,xxii4 ,le #be dcembre4 ,voil ,nol1 belle fte1 celle que j'aime le plus1 qui me porte autant de joie qu'aux b]g]s de ,be?lhem4 ,vraim5t1 t\te l'me *ante la belle v5ue de ,dieu1 qui s'annonce de t\s cts p> des cantiques et p> le joli c>illon4 ,ri5 ,p>is ne donne l'ide de ce que c'e/ que ,nol4 ,v\s n'avez mme pas la messe de m9uit4 ,n\s y allmes t\s1 papa en tte1 p> une nuit ravissante4 ,jamais plus beau ciel que celui de m9uit1 si bi5 que papa sortait de temps en temps la tte de dess\s son manteau p\r reg>d] en haut4 ,la t]re tait blan*e de givre1 mais n\s n'avions pas froid2 l'air d'ailleurs tait r*auff devant n\s p> des fagots d'allumettes que nos dome/iques portai5t p\r n\s clair]4 ,c'tait *>mant1 je t'assure1 et je t'aurais v\lu voir l *em9ant comme n\s v]s l'glise1 dans ces *em9s bords de petits buissons blancs comme s'ils tai5t fleuris4 ,le givre fait de belles fleurs4 ,n\s en vmes un br9 si joli que n\s en v\lions faire un b\quet au sa9t ,sacrem5t1 mais il fondit dans nos ma9s3 t\te fleur dure peu4 ,je regrettai =t mon b\quet3 c'tait tri/e de le voir fondre et dim9u] g\tte g\tte4 ,je c\*ai au presbytre2 la bonne soeur du cur me ret9t1 me prp>a un excell5t rveillon de lait *aud4 ,papa et ,mimi v9r5t se *auff] ici1 au gr& feu de la b*e de ,nol4 ,depuis il e/ v5u du froid1 du br\ill>d1 t\tes *oses qui assombriss5t le ciel et l'me4 ,auj\rd'hui que voil le soleil1 je repr5ds vie et m'pan\is comme la pimpr5elle1 cette jolie petite fleur qui ne s'ouvre qu'au soleil4 ,voil donc mes d]nires p5ses1 c> je n'crirai plus ri5 de cette anne2 dans quelques heures c'en s]a fait1 n\s comm5c]ons l'an pro*a94 ,oh6 que le temps passe vite6 ,hlas6 hlas6 ne dirait-on pas que je le regrette8 ,mon ,dieu6 non1 je ne regrette pas le temps1 ni ri5 de ce qu'il n\s emporte2 ce n'e/ pas la pe9e de jet] ses affections au torr5t4 ,mais les j\rs vides1 inutiles1 p]dus p\r le ciel1 voil ce qui fait regrett] et ret\rn] l'oeil sur la vie4 ,mon *] ami1 o s]ai-je p>eil j\r1 p>eille heure1 p>eil in/ant l'an pro*a98 ,s]a-ce ici1 ailleurs1 l-bas ou l-haut8 ,dieu le sait1 et je suis l la porte de l'av5ir1 me rsignant t\t ce qui peut en sortir4 ,dema9 je pri]ai p\r que tu sois heureux1 p\r papa1 p\r ,mimi1 p\r ran1 p\r t\s ceux que j'aime4 ,c'e/ le j\r des tr5nes1 je vais pr5dre les mi5nes au ciel4 ,je tire t\t de l1 c> vraim5t1 sur la t]re1 je tr\ve bi5 peu de *oses mon gt4 ,plus j'y demeure1 mo9s je m'y plais2 aussi je vois sans pe9e v5ir les ans1 qui sont autant de pas v]s l'autre monde4 ,ce n'e/ aucune pe9e ni *agr9 qui me fait p5s] de la sorte1 ne le crois pas1 je te le dirais2 c'e/ le mal du pays qui pr5d t\te me qui se met p5s] au ciel4 ,l'heure sonne1 c'e/ la d]nire que j'ent5drai en t'crivant2 je la v\drais sans f9 comme t\t ce qui fait plaisir4 ,que d'heures sont sorties de cette vieille p5dule1 ce *] meuble qui a vu pass] tant de n\s sans s'en all] jamais1 comme une sorte d't]nit6 ,je l'aime1 p>ce qu'elle a sonn t\tes les heures de ma vie1 les plus belles qu& je ne l'c\tais pas4 ,je me rappelle qu& j'avais mon b]ceau ses pi$s1 et que je m'amusais voir c\rir cette aiguille4 ,le temps amuse alors1 j'avais quatre ans4 ,on lit de jolies *oses la *ambre2 ma lampe s'te9t1 je te quitte4 ,a9si f9it mon anne auprs d'une lampe m\rante4 ,quelle inimitable mlancolie6 et combi5 e/ ple la tri/esse artificielle des criva9s de pr(ession ct de ce reflet t\*ant de l'me s\ffrante qui se replie en gmissant sur elle-mme1 qui se voit vivre inutile1 et qui se s5t m\rir sans avoir aim6 ,,xxiii4 ,mais cont9uons4 ,nol passe1 le j\r de l'an r5\velle t\t1 except le coeur3 le c>naval m>*e1 f9it2 voil le m>di gras1 avec ses grelots de folie1 qui passe aussi en *antant4 ,voyez la jeune et sa9te solitaire4 ,le #b m>s4 ,ce n'e/ pas la pe9e de p>l] d'auj\rd'hui3 ri5 n'e/ v5u1 ri5 n'a b\g1 ri5 ne s'e/ fait dans notre solitude4 ,mon petit oiseau seul sautillait dans sa cage en gaz\illant au soleil2 je l'ai reg>d s\v5t1 n'ayant ri5 de plus joli voir dans ma *ambre4 ,je n'en suis pas sortie2 t\t mon temps s'e/ pass c\dre un peu1 lire1 puis rfl*ir4 ,la belle *ose que la p5se6 et quels plaisirs elle n\s donne qu& elle s'lve en haut6 ,c'e/ sa direction naturelle qu'elle repr5d sitt qu'elle e/ dgage des objets t]re/res4 ,entre le ciel et n\s il y a une my/rieuse attraction3 ,dieu n\s veut et n\s v\lons ,dieu4 ,je ne sais quel oiseau vole sur ma tte1 je l'ent5ds sans presque le voir1 il e/ nuit4 ,ce n'e/ pas le temps des oiseaux nocturnes4 ,voil qui me dt\rne et br\ille le fil que je dvidais4 ,comme il faut peu6 ,cette petite app>ition me fait quitt] ma *ambre1 non pas de peur2 je vais dire ,mimi de v5ir voir cet oiseau4 ,le #c m>s4 ,qu'tait-ce que cet oiseau d'hi] au soir8 ,il a disp>u comme une vision ds que j'ai apport la *&elle4 ,on m'a ri au nez1 disant que je l'avais vu dans ma tte4 ,cep5dant c'tait bi5 de mes yeux que je l'avais vu2 je l'ai reg>d plus de c9q m9utes4 ,le #e m>s4 ,t\t *antait ce mat9 p5dant que je faisais la prire1 mon p9son1 mon pauvre l9ot4 ,c'tait comme au pr9temps1 et ce soir voil des nuages1 du froid1 du sombre1 l'hiv] encore1 le tri/e hiv]4 ,je ne l'aime gure2 mais t\te saison e/ bonne1 puisque ,dieu les a faites4 ,que le givre1 le v5t1 la neige1 le br\ill>d1 le sombre1 que t\t temps soit donc le bi5v5u6 ,n'y a-t-il pas du mal se pla9dre qu& on e/ *audem5t prs de son feu1 t&is que tant de pauvres g5s sont transis dehors8 ,un m5diant a tr\v midi ses dlices dans une assiette de s\pe *aude qu'on lui a s]vie sur la porte1 se passant =t bi5 de soleil4 ,je puis donc bi5 m'en pass]4 ,c'e/ qu'il faut quelque *ose d'agrable auj\rd'hui que p>t\t on s'amuse1 et n\s v\lions faire notre m>di gras au soleil en ple9 air1 en prom5ades4 ,il a fallu se born] celle du hameau1 o t\t le monde v\lait n\s ft]4 ,n\s avons dit m]ci sans ri5 pr5dre4 ,,xxiv4 ,puis voyez ce qu'e/ p\r la vieille maison sculaire la position d'un de ces pauvres u/5siles que n\s ne connaissons pas mme dans nos villes3 une plaque de foy] au fond de la *em9e de cuis9e6 ,que c'e/ t\*ant p\r t\s ceux qui en viv5t et qui s'y r*auff5t1 et qui espr5t s'y r*auff] jusqu' leur d]ni] j\r4 ,lisez ceci3 c'e/ homrique ou biblique comme le trpi$ de ,nausicaa ou comme le foy] de ,jacob6 ,le #g m>s4 ,auj\rd'hui on a plac un tre n\veau la cuis9e4 ,je vi5s d'y pos] les pi$s1 et je m>que ici cette sorte de conscration du foy] dont la pi]re ne g>d]a po9t de trace4 ,c'e/ un vnem5t ici que ce foy]1 comme peu prs un n\vel autel dans une glise4 ,*acun va le voir et se promet de pass] de d\ces heures et une longue vie devant ce foy] de la maison 7c> il e/ t\s1 matres et valets71 mais qui sait8444 ,moi peut-tre1 je le quitt]ai la premire3 ma mre s'en alla bi5tt6 ,on dit que je lui ressemble4 ,le #h m>s4 ,j'ai fait cette nuit un gr& songe4 ,l',ocan passait s\s nos f5tres4 ,je le voyais1 j'ent5dais ses vagues r\lant comme des tonn]res1 c> c'tait p5dant une tempte que j'avais la vue de la m]1 et j'avais peur4 ,un ormeau qui s'e/ lev avec un oiseau *antant dessus m'a dt\rne de la frayeur4 ,j'ai c\t l'oiseau3 plus d',ocan et plus de songe4 ,,xxv4 ,le pr9temps appro*e1 l'me tri/e se rassrne2 pluie ou v5t1 *aud ou froid1 voil la temprature de ces mes qui n'ont pas d'autre vnem5t que l'influ5ce du ciel sur elles4 ,le #i m>s4 ,la j\rne a comm5c d\ce et belle2 po9t de pluie ni de v5t4 ,mon oiseau *antait t\te la mat9e1 et moi aussi1 c> j'tais cont5te et je press5tais quelque bonheur p\r auj\rd'hui4 ,le voil1 mon ami1 c'e/ une de tes lettres4 ,oh6 s'il m'en v5ait a9si t\s les j\rs6 ,il faut que j'crive ,l\ise4 ,du temps que j'crivais1 les nuages1 le v5t1 sont rev5us4 ,ri5 n'e/ plus v>iable que le ciel et notre me4 ,bonsoir4 ,le #aj m>s4 ,oh6 le beau rayon de lune qui vi5t de tomb] sur l'vangile que je lisais6 ,,xxvi4 ,le #aa m>s4 ,auj\rd'hui1 c9q heures du mat91 il y a eu c9quante-sept ans que notre pre v9t au monde4 ,n\s sommes alls1 lui1 ,mimi et moi1 l'glise en n\s levant1 clbr] cet anniv]saire et ent5dre la messe4 ,pri] ,dieu1 c'e/ la seule faon de clbr] t\te *ose en ce monde4 ,aussi ai-je beauc\p pri en ce j\r o v9t au monde le plus t5dre1 le plus aimant1 le meilleur des pres4 ,que ,dieu n\s le cons]ve et aj\te ses annes tant d'annes que je ne les voie pas f9ir6 ,mon ,dieu6 non1 je ne v\drais pas m\rir la d]nire2 all] au ciel avant t\s s]ait mon bonheur4 ,p\rquoi p>l] de mort un j\r de naissance8 c'e/ que la vie et la mort sont soeurs et naiss5t ensemble comme deux jumelles4 ,dema9 je ne s]ai pas ici4 ,je t'aurai quitte1 ma *re *ambrette2 papa m'emmne ,caylus4 ,ce voyage m'amuse peu2 je n'aime pas m'en all]1 *ang] de lieu1 ni de ciel1 ni de vie1 et t\t cela *ange en voyage4 ,adieu1 mon confid5t1 tu vas m'att5dre dans mon bureau4 ,qui sait qu& n\s n\s rev]rons8 je dis dans huit j\rs1 mais qui compte au sr dans ce monde8 ,il y a neuf ans que je demeurai un mois ,caylus4 ,ce n'e/ pas sans quelque plaisir que je rev]rai cet endroit1 ma c\s9e1 sa fille1 et le bon *evali] qui m'aimait tant6 ,on prt5d qu'il m'aime encore4 ,je vais le savoir4 ,c'e/ possible qu'il soit le mme2 lui me tr\v]a bi5 *ange depuis dix ans4 ,dix ans1 c'e/ un sicle p\r une femme4 ,alors n\s aurons mme ge1 c> le brave homme a ses quatre-v+ts ans passs4 ,,xxvii4 ,le #ab m>s4 ,c'tait p\r moi une vritable pe9e de m'en all]2 papa l'a su et m'a laisse4 ,il me dit hi] au soir3 ,fais comme tu v\dras4 ,je v\lais demeur] et me s5tais t\te tri/e en p5sant que ce soir je s]ais lo9 d'ici1 lo9 de ,mimi1 lo9 de mon feu1 lo9 de ma *ambrette1 lo9 de mes livres1 lo9 de ,trilby1 lo9 de mon oiseau3 t\t1 jusqu'aux mo9dres *oses1 se prs5te qu& on s'en va1 et v\s ent\re si bi5 qu'on n'en peut sortir4 ,voil ce qui m'arrive *aque fois qu'il e/ "q de voyage3 j'appelle voyage une sortie de huit j\rs4 ,comme la colombe1 j'aime *aque soir rev5ir mon nid4 ,nul endroit ne me fait envie4 ,,xxviii4 ,le #ag1 elle ent5d siffl] dans la valle au milieu du j\r4 ,j'c\te le b]g] qui siffle dans le vallon4 ,c'e/ l'expression la plus gaie qui puisse pass] sur les lvres de l'homme4 ,ce sifflem5t m>que un sans-s\ci1 un bi5-tre1 un je suis cont5t qui fait plaisir4 ,ces pauvres g5s6 il leur faut bi5 quelque *ose3 ils ont la gaiet4 ,deux petits enfants font aussi en *antant leur fagot de bran*es p>mi les m\tons4 ,ils s'int]romp5t de temps en temps p\r rire ou p\r j\]1 c> t\t cela leur *appe4 ,j'aim]ais les voir faire et c\t] le m]le qui *ante dans la haie du ruisseau2 mais je veux lire4 ,c'e/ ,massillon que je lis depuis que n\s sommes en c>me4 ,j'admire son disc\rs de v5dr$i sur la ,prire1 qui e/ vraim5t un cantique4 ,le #ah m>s4 ,le b]g] m'a annonc ce mat9 l'arrive des b]g]onnettes4 ,une a suivi le tr\peau t\te la j\rne3 c'e/ de bon augure1 n\s aurons bi5tt des fleurs4 ,on croit aussi que ces oiseaux port5t bonheur aux tr\peaux4 ,les b]g]s les vnr5t comme une sorte de gnie et se g>d5t d'en tu] aucune4 ,si ce malheur arrivait1 le plus beau m\ton du tr\peau prirait4 ,je v\drais que cette nave crdulit prs]vt de mme tant d'autres petits oiseaux que nos paysans font prir inhuma9em5t4 ,,xxix4 ,le pr9temps e/ t\t fait rev5u4 ,la pauvre fille s'en rj\it comme le br9 d'h]be1 sans savoir p\rquoi1 si ce n'e/ que la lumire e/ pure1 et le v5t tide4 ,lisez3 ,j'ai failli avoir un *agr9 auj\rd'hui4 ,comme j'entrais dans ma *ambre1 je vis mon petit l9ot s\s la griffe de la *atte4 ,je l'ai sauv en effrayant la *atte qui a l* prise4 ,l'oiseau n'a eu que peur1 puis il s'e/ tr\v si cont5t qu'il s'e/ mis *ant] de t\tes ses =ces1 comme p\r me rem]ci] et m'assur] que la frayeur ne lui avait pas t la voix4 ,un b\vi] qui passe dans le *em9 des ,cordes *ante aussi1 m5ant sa *>rette1 mais un air si ins\ciant1 si m\1 que j'aime mieux le gaz\illem5t du l9ot4 ,qu& je suis seule ici1 je me plais c\t] ce qui remue au dehors1 j'ouvre l'oreille t\t bruit3 un *ant de p\le1 les bran*es tombant1 un b\rdonnem5t de m\*e1 quoi que ce soit m'intresse et me donne p5s]4 ,que de fois je me pr5ds considr]1 suivre des yeux de t\t petits insectes que j'ap]ois dans les feuillets d'un livre1 ou sur les briques1 ou sur la table6 ,je ne sais pas leur nom1 mais n\s sommes en connaissance comme des passants qui se considr5t le long du *em94 ,n\s n\s p]dons de vue1 puis n\s n\s r5controns p> has>d1 et la r5contre me fait plaisir2 mais les petites btes me fui5t1 c> elles ont peur de moi1 quoique je ne leur aie jamais fait mal4 ,c'e/ qu'app>emm5t je suis bi5 effrayante p\r elles4 ,en s]ait-il de mme au p>adis8 ,il n'e/ pas dit qu've y fit jamais peur ri54 ,ce n'e/ qu'aprs le p* que la frayeur s'e/ mise entre les cratures4 ,il faut que j'crive ,philib]t4 ,,xxx4 ,le comm5cem5t d'avril recomm5ce les *oses1 mais la vie morale e/ si ple9e qu'elle n'ennuie jamais4 ,voyez4 ,le #a;er avril4 ,voil donc un mois de pass1 moiti tri/e1 moiti beau1 comme peu prs t\te la vie4 ,ce mois de m>s a quelques lueurs de pr9temps qui sont bi5 d\ces1 c'e/ le premi] qui voit des fleurs1 quelques pimpr5elles qui s'ouvr5t un peu au soleil1 des violettes dans les bois s\s les feuilles mortes1 qui les prs]v5t des geles blan*es4 ,les petits enfants s'en amus5t et les appell5t fleurs de m>s4 ,ce nom e/ trs-bi5 donn4 ,on en fait s*] p\r faire de la tisane4 ,cette fleur e/ bonne et d\ce p\r les rhumes1 et1 comme la v]tu ca*e1 son p>fum la dcle4 ,on a vu auj\rd'hui des hirondelles1 joyeuse annonce du pr9temps4 ,,xxxi4 ,le #b avril4 ,mon me s'en va t\t auj\rd'hui du ciel sur une tombe1 c> il y a seize ans que ma mre m\rut m9uit4 ,ce tri/e anniv]saire e/ consacr au deuil et la prire4 ,je l'ai pass devant ,dieu en regrets et en esprances2 t\t en pleurant1 je lve les yeux et vois le ciel o ma mre e/ heureuse sans d\te1 c> elle a tant s\ff]t6 ,sa maladie fut longue et son me pati5te4 ,je ne me s\vi5s pas qu'il lui soit *app une pla9te1 qu'elle ait cri tant soit peu s\s la d\leur qui la d*irait3 nulle *rti5ne n'a mieux s\ff]t4 ,on voyait qu'elle l'avait appris devant la croix4 ,il lui s]ait v5u de s\rire sur son lit de mort comme un m>tyr sur son *evalet4 ,son visage ne p]dit jamais sa srnit1 et jusque dans son agonie elle semblait p5s] une fte4 ,cela m'tonnait1 moi qui la voyais tant s\ffrir1 moi qui pleurais au mo9dre mal1 et qui ne savais pas ce que c'e/ que la rsignation dans les pe9es4 ,aussi1 qu& on me disait qu'elle s'en allait m\rir1 je la reg>dais1 et son air cont5t me faisait croire qu'elle ne m\rrait pas4 ,elle m\rut cep5dant le #b avril m9uit1 l'heure o je m'tais endormie au pi$ de son lit4 ,sa d\ce mort ne m'veilla pas2 jamais me ne sortit plus tranquillem5t de ce monde4 ,ce fut mon pre444 ,mon ,dieu6 j'ent5ds le prtre1 je vois les ci]ges allums1 une figure ple1 en pleurs2 je fus emm5e dans une autre *ambre4 ,le #c avril4 neuf heures du mat9 ma mre fut mise au tombeau4 ,,xxxii4 ,et plus lo93 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,je dem&e mon me ce qu'elle a vu auj\rd'hui1 ce qu'elle a appris1 ce qu'elle a aim1 c> *aque j\r elle aime quelque *ose4 ,ce mat9 j'ai vu un beau ciel1 le m>ronni] v]doyant1 et ent5du *ant] les petits oiseaux4 ,je les c\tais s\s le gr& *ne1 prs du ,toul dont on nettoyait le bass94 ,ces jolis *ants et ce lavage de fonta9e me donnai5t p5s] div]sem5t3 les oiseaux me faisai5t plaisir1 et1 en voyant s'en all] t\te b\rbeuse cette eau si pure aup>avant1 je regrettais qu'on l'et tr\ble1 et me figurais notre me qu& quelque *ose la remue2 la plus belle mme se d*>me qu& on en t\*e le fond1 c> au fond de t\te me huma9e il y a un peu de limon4 ,voil bi5 la pe9e de pr5dre de l'encre p\r crire de ces inutilits6 ,cette me aimante pie t\te *ose p\r l'aim]4 ,le #ae1 elle ent5d le premi] rossignol4 ,le #ae avril4 mon rveil1 j'ai ent5du le rossignol1 mais ri5 qu'un s\pir1 un signe de voix4 ,j'ai c\t longtemps sans jamais ent5dre autre *ose4 ,le *>mant musici5 arrivait pe9e et n'a fait que s'annonc]4 ,c'tait comme le premi] c\p d'ar*et d'un gr& conc]t4 ,t\t *ante ou va *ant]4 ,et quelques pages plus lo91 propos d'un enfant de deux ans1 qui la mort a enlev sa mre3 ,le coeur appr5d s'afflig] comme il appr5d aim]1 en gr&issant4 ,,xxxiii4 ,les plus m9utieux dtails du mnage lui sont posie et s5tim5t4 ,n\s avons dit que le repas au ,cayla se pr5ait s\v5t la cuis9e4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,il faut que je note en passant un excell5t s\p] que n\s v5ons de faire1 papa1 ,mimi et moi1 au co9 du feu de la cuis9e1 avec de la s\pe des dome/iques1 des pommes de t]re b\illies et un gteau que je fis hi] au f\r du pa92 n\s n'avions p\r s]viteurs que nos *i5s1 ,lion1 ,wolf et ,trilby1 qui l*ai5t les miettes4 ,t\s nos g5s sont l'glise4 ,ce repas au co9 du feu1 p>mi *i5s et *ats1 ce c\v]t mis sur les b*es1 e/ *ose *>mante4 ,il n'y manquait que le *ant du grillon et toi1 p\r complt] le *>me4 ,e/-ce assez bav>d auj\rd'hui8 ,ma9t5ant je vais c\t] la ,vial>ette1 qui revi5t de ,cordes3 encore un plaisir4 ,le #be avril4 ,me voici devant un *>mant b\quet de lilas que je vi5s de pr5dre sur la t]rasse4 ,ma *ambrette en e/ embaume2 j'y suis comme dans un b\queti]1 tant je respire de p>fums6 ,le #bf avril4 ,je ne sais quoi m'ta de sur les fleurs hi] mat92 depuis j'en ai vu d'autres dans le *em9 de ,cahuzac1 t\t bord d'aubp9es4 ,c'e/ plaisir de trott] dans ces p>fums1 et d'ent5dre les petits oiseaux qui *ant5t p> ci p> l dans les haies4 ,ri5 n'e/ *>mant comme ces c\rses du mat9 au pr9temps1 et je ne regrette pas de me lev] de bonne heure p\r me donn] ce plaisir4 ,bi5tt je me lv]ai c9q heures4 ,je me rgle sur le soleil1 et n\s n\s levons ensemble4 ,l'hiv]1 il e/ p>esseux3 je le suis et ne sors du lit qu' sept heures4 ,encore p>fois le j\r me semble long4 ,cela m'arrive lorsque le ciel e/ nbuleux1 que je suis tri/e et que j'att5ds un peu de soleil ou quelque *ose de rayonnant dans mon me2 alors le temps e/ long4 ,mon ,dieu6 tr\v] un j\r long1 t&is que la vie t\t entire n'e/ ri56 ,c'e/ que l'ennui s'e/ pos sur moi1 qu'il y demeure1 et que t\t ce qui pr5d de la dure met de l't]nit dans le temps4 ,l'ennui du pr9temps dans une me de jeune fille clate aussi dans les lignes suivantes3 ,le #bh avril4 ,qu& t\t le monde e/ occup et que je ne suis pas ncessaire1 je fais retraite et vi5s ici t\te heure p\r crire1 lire ou pri]4 ,j'y mets aussi ce qui se passe dans l'me et dans la maison1 et de la sorte n\s retr\v]ons j\r p> j\r t\t le pass4 ,p\r moi ce n'e/ ri51 ce qui passe1 et je ne l'crirais pas2 mais je me dis3--,maurice s]a bi5 aise de voir ce que n\s faisions p5dant qu'il tait lo9 et de r5tr] a9si dans la vie de famille1--et je le m>que p\r toi4 ,,xxxiv4 ,exam9ons les causes ca*es de cet ennui1 que la rsignation pieuse de la jeune fille emp*ait seule de se conv]tir en dsespoir3 le malheur a sa paix et sa gaiet dans l'me qui s'e/ jete t\t entire au ,dieu des pe9es et des esprances t]nelles4 ,mademoiselle de ,gur9 avait v+t-huit ans2 elle n'tait pas jolie1 selon le vulgaire1 bi5 que les yeux1 o se reflte le gnie1 la b\*e1 o s'pan\it la bont1 le cont\r h>monieux et dlicat du visage1 qui encadre le c>actre1 les *eveux1 grce de la figure1 la taille svelte et s\ple1 qui fait ressortir les =mes du corps1 la vivacit de la dm>*e1 qui transporte la p]sonne avec la rapidit de la p5se1 fiss5t de cet ensemble un aspect trs-agrable1 plus que suffisant au bonheur d'un p\x4 ,mais l'abs5ce complte et volontaire de =tune ne lui laissait pas l'illusion d'tre re*]*e1 et l'espce de langueur ds9tresse d'am\r qui suit ces circon/ances l'avait dta*e de t\tes ces esprances1 s9on de t\s ces dsirs4 ,elle p\vait aim]2 il p>at mme que la prfr5ce qui l'entranait son insu v]s un jeune ami de son frre se s]ait facilem5t *ange en un s5tim5t dont cet ami tait bi5 digne4 ,ce gt avait mu son coeur1 mais le doigt sur la b\*e du sil5ce et de la puret virg9ale de cette me n'avait ri5 laiss clat]1 mme en elle-mme4 ,l'am\r1 p5sait-elle1 n'e/ pas fait p\r moi2 je ne dois pas mme y song]4 ,ce songe f]ait le malheur de deux tres2 jetons t\s mes songes ,dieu4 ,elle avait p\r son pre un am\r filial ple9 de confiance1 de piti p\r son isolem5t1 de reconnaissance p\r t\s les sacrifices qu'il s'imposait en faveur de ses enfants2 p\r sa soeur ,mimi une affection vraim5t mat]nelle qui aimait se tromp] soi-mme1 en lui p]suadant que cette jeune soeur tait sa fille4 ,,xxxv4 ,mais le plus =t atta*em5t1 aprs son atta*em5t p\r son pre1 tait le s5tim5t passionn qui liait son me son frre an1 ,maurice de ,gur94 ,elle l'avait lev1 elle avait t tmo9 de ses progrs dans ses premires tudes2 elle avait conu de lui une de ces gr&es ides qui montr5t un gr& homme dans un enfant des p>5ts trop prv5us en faveur de leur sang4 ,ces illusions tai5t dev5ues des esprances4 ,elle ne tr\vait ri5 sur la t]re de suprieur ce qu'il mritait4 ,elle avait transvas t\te son ambition dans la si5ne1 son gnie dans celui qu'elle lui supposait4 ,,xxxvi4 ,elle se trompait2 n\s avons lu avec att5tion et intrt les deux volumes d'essais et de correspondance de ce frre mort jeune1 et dont ses amis ont imprim les oeuvres1 sans d\te p> respect p\r sa soeur4 ,il n'y a1 selon n\s1 ri5 de suprieur1 ri5 mme de digne d'une srieuse att5tion dans t\t cela4 ,quelques lettres o l'on retr\ve un peu de l'me de sa soeur1 et un ,essai intitul le ,c5taure1 dclamation de rhtorique qui ne mrite pas le bruit qu'on en a fait1 et qui e/ tombe vite de ce pide/al de complaisance dans le ju/e oubli qui lui tait d3 voil t\t1 quant au prodigieux tal5t qu'on attribuait ce jeune homme4 ,n\s ne savons pas ce qu'il s]ait dev5u si ,dieu l'avait laiss vivre jusqu' ple9e maturit d'esprit4 ,il a t fau* dans sa v]deur4 ,mais sa jeunesse avait t trs-intressante p> ce contra/e entre sa naissance et sa condition ,p>is4 ,,xxxvii4 pe9e tait-il sorti du sm9aire de ,cahuzac qu'il fut lanc ,p>is1 sans =tune1 sans protecteur1 p\r faire ce qu'on appelle son *em9 trav]s la vie4 ,ce *em9 fut hriss d'ob/acles et de ronces4 ,il fut oblig1 p\r vivre1 de donn] des leons vulgaires des enfants plus jeunes que lui2 puis1 les lves manquant1 il fut contra9t de brigu] un emploi de rptiteur mal rtribu dans un collge1 et il y vgta a9si quelques annes1 lui1 l'idole de son pre1 et le favori ador de sa soeur1 dans un *teau de g5tilhomme1 app>5t avec t\t ce que sa prov9ce comptait de familles nobles ou di/+ues6 ,on conoit combi5 d'am]tume devait faire b\illonn] dans cette me le s\v5ir de cette premire condition et le contra/e avec cet humble mti] de rptiteur de collge dont le salaire tait pe9e une *ambre haute dans un qu>ti] de ,p>is1 et un morceau de pa9 tremp de fiel4 ,sa soeur ne le p]dait pas de vue2 elle s\ffrait t\t ce qu'il s\ffrait1 elle esprait qu& il dsesprait1 elle rvait p\r lui l'impossible4 ,ces esprances le sauvr5t p\rtant4 ,les ,gur9 avai5t l'le de ,france une p>5t coloniale avec laquelle ils entret5ai5t une correspondance4 ,cette famille v9t en ,france4 ,une jeune fille1 belle comme une crole et d'une dot suffisante1 l'y suivit2 mademoiselle de ,gur9 rva la rhabilitation de son frre p> un m>iage4 ,ce m>iage fut conclu2 il fit quelque temps le bonheur de son frre4 ,mais ce temps fut c\rt2 le malheur lui avait abrg la vie2 la poitr9e tait atte9te4 ,on le fit v5ir au ,cayla1 il y arriva m\rant2 il s'y teignit dans les bras de son pre1 de sa soeur et de sa jeune femme4 ,ds lors t\te la t]re s'van\it1 p\r mademoiselle de ,gur94 ,,xxxviii4 ,c'e/ l que n\s la retr\vons1 vieillie seulem5t de deux annes1 mais en ralit vieillie de mille esprances ensevelies avant elle4 ,il ne lui re/ait que son pre consol]1 un t\t jeune frre bon1 aimable1 un peu t\rdi1 et sa soeur ,mimi cultiv]4 ,quant elle1 elle tait morte ce bas monde2 mais le monde suprieur1 le monde cle/e1 celui o t\t e/ t]nel1 lui app>aissait plus visible que jamais4 ,elle vivait davantage d'immortalit6 ,,xxxix4 ,ma9t5ant donc que n\s la connaissons fond et que les murs du vieux donjon de son *] ,cayla sont transp>5ts p\r n\s1 relisons ses notes1 ses reliques pi/olaires1 avant et aprs l'vnem5t qui l'a prive de ce frre1 et introduisons-n\s le soir1 au co9 du feu1 entre son pre et elle4 ,les confid5ces de l'esprance et de la jeunesse1 ple9es d'illusions1 sont mo9s t\*antes que celles de la d]nire heure4 ,la moiti de ces confid5ces s't5d sur la t]re1 l'autre moiti reg>de dj le ciel4 ,,xl4 ,sans date4 ,m'y revoici ce *] ,cayla6 ,oh6 que ce fut un beau mom5t que le revoir de la famille1 de papa1 de ,mimi1 d'remb]t 7ran71 qui m'embrassai5t si t5drem5t et me faisai5t s5tir si pr(ond t\t le bonheur d'tre a9si aime6 ,le #ag1 elle a repris sa vie dc\rage1 mais s5sible t\j\rs au bonheur d'autrui4 ,le #ah avril4 ,qui aurait dev9 ce qui vi5t de m'arriv] auj\rd'hui8 ,j'en suis surprise1 occupe1 bi5 aise4 ,je rem]cie1 et reg>de c5t fois ma belle =tune3 les posies croles1 moi adresses p> un pote de l'le de ,france4 ,dema9 j'en p>l]ai4 ,il e/ trop t>d prs5t1 mais je n'ai pu dormir sans m>qu] ici cet vnem5t de ma j\rne et de ma vie4 ,le #ai avril4 ,me voici la f5tre1 c\tant un *oeur de rossignols qui *ant5t dans la ,m\l9asse d'une faon ravissante4 ,oh6 le beau tableau6 ,oh6 le beau conc]t1 que je quitte p\r all] port] l'aumne ,annette la boiteuse6 ,,xli4 ,le #bb avril4 ,mimi m'a quitte p\r qu9ze j\rs2 elle e/ 9999991 et je la pla9s au milieu de cette paenn]ie1 elle si sa9te et bonne *rti5ne6 ,comme me disait ,l\ise une fois1 elle me fait l'effet d'une bonne me dans l'enf]2 mais n\s l'en sortirons ds que le temps donn aux conv5ances s]a pass4 ,de mon ct1 il me t>de2 je m'ennuie de ma solitude1 tant j'ai l'habitude d'tre deux4 ,papa e/ aux *amps presque t\t le j\r1 ran la *asse3 p\r t\te compagnie1 il me re/e ,trilby et mes p\lets qui font du bruit comme des lut9s2 ils m'occup5t sans me ds5nuy]1 p>ce que l'ennui e/ le fond et le c5tre de mon me auj\rd'hui4 ,ce que j'aime le plus e/ peu capable de me di/raire4 ,j'ai v\lu lire1 crire1 pri]1 t\t cela n'a dur qu'un mom5t2 la prire mme me lasse4 ,c'e/ tri/e1 mon ,dieu6 ,p> bonheur1 je me suis s\v5ue de ce mot de ,fnelon3 ,si ,dieu v\s ennuie1 dites-lui qu'il v\s ennuie4 ,le #bc avril4 ,je vi5s de pass] la nuit t'crire4 ,le j\r a remplac la *&elle1 ce n'e/ pas la pe9e d'all] au lit4 ,oh6 si papa le savait6 ,le #bd avril4 ,comme elle a pass vite1 cette nuit passe t'crire6 l'aurore a p>u que je me croyais m9uit2 il tait trois heures p\rtant1 et j'avais vu pass] bi5 des toiles1 c> de ma table je vois le ciel1 et de temps en temps je le reg>de et le consulte2 et il me semble qu'un ange me dicte4 ,d'o me peuv5t v5ir1 en effet1 que d'en haut tant de *oses t5dres1 leves1 d\ces1 vraies1 pures1 dont mon coeur s'emplit qu& je te p>le6 ,oui1 ,dieu me les donne1 et je te les envoie4 ,puisse ma lettre te faire du bi56 ,elle t'arriv]a m>di2 je l'ai crite la nuit p\r la faire jet] la po/e le mat91 et gagn] un j\r4 ,j'tais si presse de te v5ir di/raire et =tifi] dans cet tat de faiblesse et d'ennui o je te vois6 ,mais je ne le vois pas1 je l'augure d'aprs tes lettres1 et quelques mots de ,flicit4 ,plt ,dieu que je pusse le voir et savoir ce qui te t\rm5te6 alors je saurais sur quoi mettre le baume1 t&is que je le pose au has>d4 ,oh6 que je v\drais de tes lettres6 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,quelquefois je p5se que ce n'e/ ri5 que ma tri/esse1 qu'un peu de cette humeur noire que n\s avons dans la famille1 et qui r5d si tri/e qu& il s'en rp& dans le coeur6 ,mon me e/ naturellem5t aimante1 et la prire1 qu'e/-ce autre *ose que l'am\r1 un am\r qui se rp& de l'me au dehors comme l'eau sort de la fonta9e8444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,au mom5t o j'cris1 tonn]re1 v5ts1 clairs1 tremblem5t du *teau1 torr5ts de pluie comme un dluge4 ,j'c\te t\t cela de ma f5tre inonde1 et je n'y puis crire comme *aque soir4 ,c'e/ bi5 dommage1 c> c'e/ un *>mant pupitre1 sur ce t]tre du j>d9 si v]t1 si joli1 si frais1 t\t p>fum d'acacias4 ,,xlii4 ,le #bh mai4 ,notre ciel d'auj\rd'hui e/ ple et languissant comme un beau visage aprs la fivre4 ,cet tat de langueur a bi5 des *>mes1 et ce mlange de v]dure et de dbris1 de fleurs qui s'ouvr5t sur des fleurs tombes1 d'oiseaux qui *ant5t et de petits torr5ts qui c\l5t1 cet air d'orage et cet air de mai1 font quelque *ose de *iffonn1 de tri/e1 de riant que j'aime4 ,mais c'e/ l',asc5sion auj\rd'hui2 laissons la t]re et le ciel de la t]re1 montons plus haut que notre demeure1 et suivons ,jsus-,*ri/ o il e/ entr4 ,cette fte e/ bi5 belle2 c'e/ la fte des mes dta*es1 libres1 cle/es1 qui se plais5t1 au-del du visible1 o ,dieu les attire4 ,le #bi mai4 ,jamais orage plus long1 il dure encore1 depuis trois j\rs le tonn]re et la pluie vont leur tra94 ,t\s les arbres s'incl95t s\s ce dluge2 c'e/ piti de leur voir cet air languissant et dfait dans le beau triomphe de mai4 ,n\s disions cela ce soir1 la f5tre de la salle1 en voyant les peupli]s du ,pontet p5*ant leur tte t\t tri/em5t1 comme quelqu'un qui plie s\s l'adv]sit4 ,je les plaignais ou peu s'en faut2 il me semble que t\t ce qui p>at s\ffrir a une me4 ,le #cj mai4 ,t\j\rs1 t\j\rs la pluie4 ,c'e/ un temps faire de la musique ou de la posie4 ,t\t le monde bille en comptant les heures qui jamais ne f9iss5t4 ,c'e/ un j\r t]nel p\r papa surt\t qui aime tant le dehors et ses di/ractions4 ,le voil comme en prison1 feuilletant de temps en temps une vieille hi/oire de l',acadmie de ,b]l91 porte-sommeil1 ass\pissante lecture6 ,juge6 je suis tombe sur la ?ologie de l'tre6 ,vite1 j'ai f]m le livre1 et j'ai cru voir un puits sans eau4 ,le vide obscur m'a t\j\rs fait peur4 ,,xliii4 ,les d\leurs1 ce *apelet de la vie1 cont9u5t s'gr5] sur le ,cayla4 ,le #ab ju91 meurt la bonne gr&'mre1 v5ue l p\r y m\rir4 ,j\r de deuil1 crit ,eugnie4 ,le #ag ju94 ,j\r de deuil4 ,n\s avons p]du ma gr&'mre4 ,ce mat91 papa e/ v5u de bonne heure dans ma *ambre1 s'e/ appro* de mon lit et m'a pris la ma9 qu'il a s]re en me disant3 --,lve-toi4 --,p\rquoi8 ,il m'a s]r la ma9 encore4 --,lve-toi4 --,il y a quelque *ose1 dites8 --,ma mre444 ,j'ai compris2 je l'avais laisse m\rante4 ,,xliv4 ,le #a;er aot4 ,ce soir ma t\rt]elle e/ morte1 je ne sais de quoi1 c> elle *antait encore ces j\rs-ci4 ,pauvre petite bte6 voil des regrets qu'elle me donne4 ,je l'aimais1 elle tait blan*e1 et *aque mat9 c'tait la premire voix que j'ent5dais s\s ma f5tre1 tant l'hiv] que l't4 tait-ce pla9te ou joie8 je ne sais1 mais ces *ants me faisai5t plaisir ent5dre2 voil un plaisir de mo9s4 ,a9si1 *aque j\r1 p]dons-n\s quelque j\issance4 ,je veux mettre ma colombe s\s un rosi] de la t]rasse2 il me semble qu'elle s]a bi5 l1 et que son me 7si me il y a7 repos]a d\cem5t dans ce nid s\s les fleurs4 ,je crois assez l'me des btes1 et je v\drais mme qu'il y et un petit p>adis p\r les bonnes et les d\ces1 comme les t\rt]elles1 les *i5s1 les agneaux4 ,mais que faire des l\ps et autres m*antes espces8 ,les damn]8 cela m'emb>rasse4 ,l'enf] ne punit que l'inju/ice1 et quelle inju/ice commet le l\p qui mange l'agneau8 ,il en a beso92 ce beso91 qui ne ju/ifie pas l'homme1 ju/ifie la bte1 qui n'a pas reu de loi suprieure l'in/9ct4 ,en suivant son in/9ct1 elle e/ bonne ou mauvaise p> rapport n\s seulem5t2 il n'y a pas v\loir1 c'e/--dire *oix1 dans les actions animales1 et p> consqu5t ni bi5 ni mal1 ni p>adis ni enf]4 ,je regrette cep5dant le p>adis1 et qu'il n'y ait pas des colombes au ciel4 ,mon ,dieu6 qu'e/-ce que je dis l8 aurons-n\s beso9 de ri5 d'ici-bas1 l-haut1 p\r tre heureux8 ,,xlv4 ,le temps *ange1 mais pas le coeur2 lisez son voyage ,cahuzac4 ,le #bi ju94 ,beau ciel1 beau soleil1 beau j\r4 ,c'e/ de quoi se rj\ir1 c> le beau temps e/ r>e prs5t1 et je le s5s comme un bi5fait4 ,c'en e/ bi5 un1 qu'une belle nature1 un air pur1 un ciel radieux1 petites images du sj\r cle/e1 et qui font p5s] ,dieu4 ,j'irai ce soir ,cahuzac1 mon *] pl]9age4 ,en att5dant1 je vais m'occup] de mon me et voir o elle en e/ dans ses rapports avec ,dieu depuis huit j\rs4 ,cette revue claire1 in/ruit et avance m]veilleusem5t le coeur dans la connaissance de ,dieu et de soi-mme4 ,n'y avait-il pas un philosophe qui ordonnait cet ex]cice trois fois le j\r ses disciples8 ,et ses disciples le faisai5t4 ,je le veux faire aussi1 l'cole de ,jsus1 p\r appr5dre dev5ir sage1 d'une sagesse *rti5ne4 ,le #cj ju94 ,je passai la j\rne d'hi] ,cahuzac1 et quelques heures seule dans la maison de notre gr&'mre4 ,je me mis d'abord g5\x sur un prie-,dieu o elle priait1 puis je p>c\rus sa *ambre1 je reg>dai ses *aises1 son fauteuil1 ses meubles drangs comme qu& on dloge2 je vis son lit vide2 je passai p>t\t o elle avait pass1 et je me s\v9s de ces lignes de ,bossuet3 ,dans un mom5t on pass]a o j'tais1 et l'on ne m'y tr\v]a plus4 ,voil sa *ambre1 voil son lit1 dira-t-on1 et de t\t cela il ne re/]a plus que mon tombeau o l'on dira que je suis1 et je n'y s]ai pas4 ,oh6 quelle ide de notre nant dans cette abs5ce mme de la tombe1 dans la disp]sion si prompte de notre p\ssire dans les s\t]ra9s de la mort6 ,dema91 je *ange et vais ,cahuzac p\r des rp>ations la maison qui me ti5dront quelques j\rs4 ,ce s]ont des j\rs uniques2 aussi je veux les m>qu] et pr5dre mon j\rnal4 ,je vais crire ,anto9ette1 mon amie l'ange4 ,,xlvi4 ,le #a;er septembre elle y e/1 ,cahuzac1 p\r dmeubl] la maison vide de sa gr&'mre4 c\tons-la respir] t\te seule4 ,le #a;er septembre4 ,m'y voici1 ,cahuzac1 dans une autre *ambrette1 acc\de sur une petite table o j'cris4 ,il me faut p>t\t des tables et du papi]1 p>ce que p>t\t mes p5ses me suiv5t et se veul5t rp&re en un endroit1 p\r toi1 mon ami4 ,j'ai p>fois l'ide que tu y tr\v]as quelque *>me1 et cette ide me s\rit et me fait cont9u]4 ,papa me vi5dra voir cette aprs-midi2 cela me rj\it4 ,,xlvii4 ,le #a;er dcembre4 ,je p5se la tombe qui s'ouvre ce mat9 ,gaillac p\r engl\tir ces re/es huma9s jusqu' ce que ,dieu les ravive4 ,c'e/ notre sort t\s1 il faut tre jet en t]re et p\rrir dans les sillons de la mort avant d'arriv] la floraison2 mais1 alors1 que n\s s]ons heureux de vivre et mme d'avoir vcu6 ,l'immortalit n\s f]a s5tir le prix de la vie et t\t ce que n\s devons ,dieu p\r n\s avoir tirs du nant4 ,c'e/ un bi5fait auquel n\s ne p5sons gure et dont n\s j\issons sans presque n\s en s\ci]1 c> la vie s\v5t ne fait aucun plaisir4 ,mais qu'importe p\r le *rti58 trav]s l>mes ou ftes1 il m>*e t\j\rs v]s le ciel2 son b e/ l1 ce qu'il r5contre ne peut gure l'en dt\rn]4 ,crois-tu que1 si je c\rais v]s toi1 une fleur sur mon *em9 ou une p9e au pi$ m'arrtass5t8 ,me voici au soir d'une j\rne remplie de mille p5ses et *oses div]ses dont je me r5ds compte au co9 du feu de ma *ambre1 la cl>t d'une petite lampe1 ma seule compagne de nuit4 ,sans le malheur arriv ,gaillac1 j'aurais ,mimi ct de moi1 et n\s caus]ions1 et je lui dirais1 elle1 ce que je dis mal ici ce confid5t muet4 ,le #b dcembre4 ,ri5 d'intressant1 que la v5ue d'un petit *i5 qui doit remplac] ,lion au tr\peau4 ,il e/ beau et =t c>essant1 je l'aime2 et je lui *]*e un nom4 ,ce s]ait ,polydore1 en s\v5ir du *i5 de ,la ,*naie2 mais1 p\r un *i5 de b]g]1 c'e/ un nom de luxe3 mieux vaut ,bataille1 p\r le combattant du tr\peau4 ,l'air e/ d\x ce mat91 les oiseaux *ant5t comme au pr9temps1 et un peu de soleil visite ma *ambrette4 ,je l'aime a9si et m'y plais comme aux plus beaux endroits du monde1 t\te solitaire qu'elle e/4 ,c'e/ que j'en fais ce que je veux1 un salon1 une glise1 une acadmie4 ,j'y suis qu& je veux avec ,lam>t9e1 ,*ateaubri&1 ,fnelon3 une f\le d'esprits m'ent\re2 ensuite ce sont des sa9ts1 sa9te ,?rse1 sa9t ,l\is1 patron de mon amie ,l\ise1 et une petite image de l',annonciation o je contemple un d\x my/re et les plus pures cratures de ,dieu1 l'ange et la ,vi]ge4 ,voil de quoi me plaire ici et mur] ma porte t\t ce qui se voit ailleurs4444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,,xlviii4 ,arrtons-n\s un mom5t ici1 o ses d]nires joies f9iss5t1 et dem&ons nos lecteurs s'ils ont tr\v ailleurs ces ouv]tures sur l'me huma9e qui laiss5t mieux voir au fond d'un coeur4 ,et quel coeur6 et quelle admirable imag9ation6 et quelle beaut dans la simplicit des vnem5ts1 t\j\rs les mmes6 et quelle v>it dans la monotonie6 ,mais e/-ce que l'vnem5t1 quelque semblable qu'il soit lui-mme1 e/ jamais monotone8 ,e/-ce que l'eau du fleuve pur1 qui c\le la mme en se r5\velant t\j\rs1 ennuie jamais l'oeil qui la voit c\l] en refltant les scnes de son rivage8 ,la monotonie n'e/ pas dans la nature1 elle e/ un nom2 l'me d\e d'une vie t]nelle donne la vie t\t ce qui l'impressionne2 sa c&eur n'e/ pas le nant1 sa c&eur e/ sa s9crit2 plus elle s'obs]ve1 plus elle se pe9t elle-mme2 plus elle se passionne et plus elle n\s intresse4 ,allons encore quelques pas dans cette belle vie1 et voyons-la f9ir comme elle a comm5c3 dans la d\ce c&eur de la d\leur confiante1 comme dans la nave joie de la fleur qui vi5t d'clore p\r j\ir1 aim]1 s\ffrir1 et embaum] ce qui la f\le aux pi$s sans la cueillir et sans la voir4 ,,xlix4 ,il n\s re/e de bi5 belles pages feuillet] encore dans cette ,imitation familire de l'ange solitaire du foy]4 ,cette littrature de l'me a des pages qu'aucune autre littrature n'gal]a jamais4 ,,lam>t9e4 ,l,x,x,x,i,xe ,,entreti54 ,,de ,,la ,,litt,,rature ,,de ,l',,me4 ,,j\rnal ,,intime ,d',,une ,,jeune ,,p]sonne4 ,mlle de ,gur94 7,deuxime p>tie47 ,i4 ,il y a une littrature extrieure et publique1 il y a une littrature intrieure et prive4 ,celle-l e/ aussi suprieure l'autre que l'me e/ au-dessus du corps4 ,c'e/ d'elle que n\s cont9uons de v\s entret5ir auj\rd'hui en feuilletant jusqu' la f9 cette correspondance et ce j\rnal intime de cet ange t]re/re qu'on appelait ,eugnie de ,gur91 ce sa9t ,augu/9 des femmes1 seulem5t un sa9t ,augu/9 sans p*1 dont les l>mes ne fur5t po9t de l'expiation1 mais des effusions du coeur1 effusions tantt d'en?\siasme p\r ,dieu1 tantt de piti p\r ses cratures1 tantt d'admiration p\r la nature1 et qui ne vcut comme la fleur de l'h]be des *amps que p\r v]s] sa d\ce odeur s\s les pi$s de son pre1 de son frre et de ses amis4 ,,ii4 ,qu& son premi] am\r de famille ici-bas1 son frre ,maurice1 fut mort entre ses bras au ,cayla1 et qu'elle-mme fut morte aprs son pre1 on retr\va dans ses papi]s ces d]nires notes de son j\rnal adresses ce *] mort ,maurice1 et on les recueillit p\r notre dification intellectuelle comme des reliques que la flamme aurait pr(anes4 ,en voici2 lisez encore4 ,elle e/ retire dans sa petite *ambre3 elle s\rit1 et elle lui dit ou plutt elle se dit elle-mme3 ,le #ab m>s #ahcf4 ,j'admirais t\t l'heure un petit paysage de ma *ambrette qu'enlum9ait le soleil levant4 ,que c'tait joli6 ,jamais je n'ai vu de plus bel effet de lumire sur le papi]1 trav]s des arbres en pe9ture4 ,c'tait diaphane1 transp>5t2 c'tait dommage p\r mes yeux1 ce devait tre vu p> un pe9tre4 ,mais ,dieu ne fait-il pas le beau p\r t\t le monde8 ,t\s nos oiseaux *antai5t ce mat91 p5dant que je faisais ma prire4 ,cet accompagnem5t me plat1 quoiqu'il me di/raie un peu4 ,je m'arrte p\r c\t]2 puis je repr5ds1 p5sant que les oiseaux et moi n\s faisons nos cantiques ,dieu1 et que ces petites cratures *ant5t peut-tre mieux que moi4 ,mais le *>me de la prire1 le *>me de l'entreti5 avec ,dieu1 ils ne le gt5t pas1 il faut avoir une me p\r le s5tir4 ,j'ai ce bonheur que n'ont pas les oiseaux4 ,il n'e/ que neuf heures et j'ai dj pass p> l'heureux et p> le tri/e4 ,comme il faut peu de temps p\r cela6 ,l'heureux1 c'e/ le soleil1 l'air d\x1 le *ant des oiseaux1 bonheurs moi2 puis une lettre de ,mimi1 qui e/ ,gaillac1 o elle me p>le de ,mme ,vial>1 qui t'a vu1 et d'autres *oses riantes4 ,mais voil que j'appr5ds p>mi t\t cela le d"p de ,m4 ,bories1 de ce bon et excell5t pre de mon me4 ,oh6 que je le regrette6 quelle p]te je vais faire en p]dant ce bon guide de ma consci5ce1 de mon coeur1 de mon esprit1 de t\t moi-mme que ,dieu lui avait confi et que je lui laissais avec tant d'ab&on6 ,je suis tri/e d'une tri/esse intrieure qui fait pleur] l'me4 ,mon ,dieu1 dans mon ds]t1 qui avoir rec\rs8 qui me s\ti5dra dans mes dfaillances spirituelles8 qui me mn]a au gr& sacrifice8 ,c'e/ en ceci surt\t que je regrette ,m4 ,bories4 ,il connat ce que ,dieu m'a mis au coeur1 j'avais beso9 de sa =ce p\r le suivre4 ,toi1 tu me compr5dras6 ,,iii4 ,elle quitte cette d\ce contemplation p\r une pe9e utile4 c\tez3 ,en allant ,cahuzac1 j'ai v\lu voir une pauvre femme malade qui demeure au-del de la ,vre4 ,c'e/ la femme de la compla9te du ,rosi] que je t'ai conte1 je crois4 ,mon ,dieu1 quelle misre6 ,en entrant1 j'ai vu un grabat d'o s'e/ leve une tte de mort ou peu prs4 ,cep5dant elle m'a connue4 ,j'ai v\lu m'appro*] p\r lui p>l]1 et j'ai vu de l'eau1 une b\rbe auprs de ce lit1 des ordures dlayes p> la pluie qui tombe de ce pauvre toit1 et p> une fonta9e qui filtre s\s ce pauvre lit4 ,c'tait une infection1 une misre1 des haillons p\rris1 des p\x3 vivre l6 pauvre crature6 ,elle tait sans feu1 sans pa91 sans eau p\r boire1 c\*e sur du *anvre et des pommes de t]re qu'elle t5ait l p\r les prs]v] de la gele4 ,une femme1 qui n\s suivait1 l'a dloge du fumi]1 une autre a apport des fagots2 n\s avons fait du feu1 n\s l'avons assise sur un sl\1 et1 comme j'tais fatigue1 je me suis mise auprs d'elle sur le fagot qui re/ait4 ,je lui p>lais du bon ,dieu2 ri5 n'e/ plus ais que d'tre ent5du des pauvres1 des malheureux1 des dlaisss du monde1 qu& on leur p>le du ciel4 ,c'e/ que leur coeur n'a ri5 qui les emp*e d'ent5dre4 ,aussi1 qu'il e/ ais de les consol]1 de les rsign] la mort6 ,l'ineffable paix de leur me fait envie4 ,notre malade e/ heureuse1 et ri5 n'e/ plus tonnant que de tr\v] le bonheur *ez une telle crature1 dans une p>eille demeure4 ,c'e/ pire c5t fois qu'une table co*on4 ,je ne vis pas o pos] mon *le sans le salir1 et1 comme il m'emb>rassait sur les paules1 je le jetai sur les bran*es d'un saule qui se tr\ve devant la porte4 ,,iv4 ,le #ad m>s4 ,un joli enfant vi5t la visit]4 ,aprs avoir donn au petit ,anto9e t\t ce qu'il a v\lu1 je lui ai dem& une b\cle de ses *eveux1 lui (frant une des mi5nes4 ,il m'a reg>de1 un peu surpris3 ,non1 m'a-t-il dit1 les mi5nes sont plus jolies4 ,il avait raison2 des *eveux de tr5te ans sont bi5 laids auprs de ses b\cles blondes4 ,je n'ai donc ri5 obt5u qu'un bais]4 ,ils sont d\x1 les bais]s d'enfant3 il me semble qu'un lis s'e/ pos sur ma j\e4444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,v4 ,auj\rd'hui t\t mon temps s'e/ pass en occupations1 en affairages2 ni lecture1 ni criture2 j\rne matrielle4 prs5t1 seule1 en repos dans ma *ambrette1 je lirais1 j'crirais beauc\p1 je ne sais sur quoi1 mais j'crirais4 ,je me s5s la ve9e ouv]te4 ,ce s]ait un beau mom5t de posie1 et je regrette de n'en avoir aucune en tra94 ,en comm5c]8 ,non1 c'e/ trop t>d1 la nuit e/ faite p\r dormir1 mo9s qu'on ne soit ,philomle2 et puis1 qu& je comm5c]ais quelque *ose1 dema9 peut-tre je le laiss]ais aux rats4 ,la rflexion me plonge vite au fond de t\te *ose1 et je vois le nant dans t\t1 si ,dieu ne s'y tr\ve pas4 ,,vi4 ,le #bj m>s4 ,une petite lacune4 ,je saute du #ad au #bj4 ,je tr\ve si peu de *ose dire de mes j\rs1 qui se ressembl5t s\v5t comme des g\ttes d'eau1 que je n'en dis ri54 ,ce n'e/ pas vraim5t la pe9e d'employ] l'encre et le temps cela1 et je f]ais mieux peut-tre de m'occup] d'autre *ose4 ,mais aussi j'ai beso9 d'crire et d'un confid5t t\te heure4 ,je p>le qu& je veux ce petit cahi]2 je lui dis t\t1 p5ses1 pe9es1 plaisirs1 motions1 t\t enf91 hormis ce qui ne peut se dire qu' ,dieu1 et encore j'ai regret de ce que je laisse au fond du coeur4 ,mais cela1 je f]ais mal1 je crois1 de le produire1 et la consci5ce se met entre la plume et mon papi]4 ,alors je me tais4 ,si ceci t'tonne1 mon ami1 avec la vie que tu me connais1 s\vi5s-toi que ,m>ie l'gypti5ne tait =t t\rm5te dans la solitude4 ,il y a des esprits mal9s rp&us dans l'air4 ,auj\rd'hui1 et depuis mme assez longtemps1 je suis calme1 paix de tte et de coeur1 tat de grce dont je bnis ,dieu4 ,ma f5tre e/ ouv]te2 comme il fait calme6 t\s les petits bruits du dehors me vi5n5t2 j'aime celui du ruisseau4 ,adieu1 j'ent5ds une horloge prs5t1 et la p5dule qui lui rpond4 ,ce t9tem5t des heures dans le lo9ta9 et dans la salle pr5d dans la nuit quelque *ose de my/rieux4 ,je p5se aux trappi/es qui se rveill5t p\r pri]1 aux malades qui compt5t en s\ffrant t\tes les heures1 aux affligs qui pleur5t1 aux morts qui dorm5t glacs dans leur lit4 ,oh6 que la nuit fait v5ir des p5ses graves6 ,,vii4 ,les s\cis actifs de sa maison la subm]g5t en l'abs5ce de son pre2 elle emploie et n\rrit qu>ante ouvri]s des *amps4 ,le #bb m>s4 ,hi] s'e/ pass sans que j'aie pu te ri5 dire1 =ce d'occupations1 de ces tra9s de mnage1 de ces c\rants d'affaires qui emport5t t\s mes mom5ts et t\t moi-mme1 hormis le coeur qui monte dessus et s'en va du ct qu'il aime4 ,c'e/ tantt ici1 tantt l1 ,p>is1 ,alby o e/ ,mimi1 aux montagnes1 au ciel quelquefois1 ou dans une glise1 enf9 o je veux2 c> je suis libre p>mi mes entraves et je s5s la vrit de ce que dit l',imitation1 qu'on peut pass] comme sans so9s trav]s les so9s de la vie4 ,mais ces so9s-l ps5t l'me1 ils la fatigu5t1 l'ennui5t s\v5t1 et c'e/ alors qu'elle aspire la solitude4 ,oh6 le bi5heureux tat o l'on peut s'occup] uniquem5t de la seule *ose ncessaire1 o1 du mo9s1 les so9s matriels n'occup5t que lgrem5t et ne pr5n5t pas la gr&e p>tie du j\r6 ,voil que p\r qu>ante b*eurs1 ou m5uisi]s1 ou je ne sais quoi1 il m'a fallu re/] t\t le long du j\r la cuis9e1 les ma9s aux f\rneaux et dans les oulos4 ,oh6 que j'aurais bi5 mieux aim tre ici1 avec un livre ou une plume6 ,je t'aurais crit1 je t'aurais dit combi5 tes envois me sont agrables1 et je ne sais quoi ensuite2 ce s]ait plus joli que des plats de s\pe4 ,mais p\rquoi se pla9dre et p]dre a9si le mrite d'une contr>it8 ,faisons ma s\pe de bonne grce2 les sa9ts s\riai5t t\t1 et l'on dit que sa9te ,ca!r9e de ,si5ne faisait avec gr&e joie la cuis9e4 ,le #aa avril4 ,je suis mille *oses qui rempliss5t t\s mes mom5ts de devoirs ou d'occupations4 ,ceci n'e/ qu'un dlassem5t1 un temps de re/e que je te donne qu& je puis1 la nuit1 le mat91 t\te heure1 c> t\te heure on peut caus] qu& c'e/ avec le coeur que l'on p>le4 ,une m\*e1 un bruit de porte1 une p5se qui vi5t1 que sais-je8 tant de *oses qu'on voit1 qu'on t\*e1 qu'on s5t1 f]ai5t crire des volumes4 ,je lisais hi] au soir ,b]n>d91 au premi] volume des tudes1 qu'il comm5ce p> un fraisi]1 ce fraisi] qu'il dcrit avec tant de *>me1 tant d'esprit1 tant de coeur1 qui f]ait1 dit-il1 crire des volumes sans f91 dont l'tude suffirait p\r remplir la vie du plus savant naturali/e p> les rapports de cette plante avec t\s les rgnes de la nature4 ,mon ami1 je suis ce fraisi] en rapport avec la t]re1 avec l'air1 avec le ciel1 avec les oiseaux1 avec tant de *oses visibles et invisibles que je n'aurais jamais f9i si je me mettais me dcrire1 sans compt] ce qui vit aux replis du coeur1 comme ces insectes qui log5t dans l'paisseur d'une feuille4 ,de t\t cela1 mon ami1 quel volume6 ,voil s\s ma plume une petite bte qui *em9e1 pas plus grosse qu'un po9t sur un i4 ,qui sait o elle va8 de quoi elle vit8 et si elle n'a pas quelque *agr9 au coeur8 qui sait si elle ne *]*e pas quelque ,p>is o elle a un frre8 elle va bi5 vite4 ,je m'arrte sur son *em93 la voil hors de la page2 comme elle e/ lo96 je la vois pe9e1 je ne la vois plus4 ,bon voyage1 petite crature1 que ,dieu te conduise o tu veux all]6 ,n\s rev]rons-n\s8 ,t'ai-je fait peur8 ,je suis si gr&e tes yeux sans d\te6 mais peut-tre p> cela mme je t'*appe comme une imm5sit4 ,ma petite bte me mn]ait lo91 je m'arrte cette p5se3 qu'a9si je suis1 aux yeux de ,dieu1 petite et inf9im5t petite crature qu'il aime4 ,t\s les soirs je lis quelque ,h>monie de ,lam>t9e2 j'en appr5ds des morceaux p> coeur1 et cette tude me *>me et fait jaillir je ne sais quoi de mon me1 qui me transporte lo9 du livre qui tombe1 lo9 de ceux qui p>l5t auprs de moi2 je me tr\ve o sont ces esprits qui balanc5t les a/res sur nos ttes1 et qui viv5t de feu comme n\s vivons d'air444 ,,viii4 ,son pre l'int]roge quelquefois sur ses occupations solitaires dans sa *ambre3 elle lui lit p\r le cont5t] quelques passages insignifiants de ses notes1 mais elle lui drobe t\t ce qui p\rrait l'afflig]4 ,elle l'av\e son frre qui n'e/ pas responsable de ce qui lui manque dans la vie4 ,voyez3 ,sans date4 ,le rossignol *ante1 le ciel e/ beau1 *oses t\tes neuves dans ce pr9temps t>dif4 ,j'ai rfl*i aprs avoir c\t le rossignol2 j'ai calcul le nombre des m9utes de mon exi/5ce4 ,c'e/ effrayant1 #afh millions et quelques mille6 ,dj tant de temps dans ma vie6 ,j'en compr5ds mieux t\te la rapidit1 ma9t5ant que je la mesure p> p>celles4 ,le ,t>n n'accumule pas plus vite les gra9s de sable sur ses bords4 ,mon ,dieu1 qu'avons-n\s fait de ces in/ants que v\s devez aussi compt] un j\r8 ,s'en tr\v]a-t-il qui compt5t p\r la vie t]nelle8 s'en tr\v]a-t-il beauc\p1 s'en tr\v]a-t-il un seul8 ,si obs]vav]is1 ,dom9e1 ,dom9e1 quis su/9ebit8 ,elle av\e une seconde fois qu'elle ca*e des pages l'oeil de son pre de peur de l'afflig]4 ,il n'e/ pas bon qu'il les voie et qu'il connaisse autre *ose de moi que le ct calme et s]e94 ,une fille doit tre si d\ce son pre6 ,n\s devons leur tre peu prs ce que les anges sont ,dieu6 ,un j\r aprs1 elle crit3 ,le #e mai #ahcg4 ,pluie1 v5t froid1 ciel d'hiv]1 le rossignol1 qui de temps en temps *ante s\s des feuilles mortes1 c'e/ tri/e au mois de mai4 ,aussi suis-je tri/e en moi1 malgr moi4 ,je ne v\drais pas que mon me prt tant de "p l'tat de l'air et des saisons1 que1 comme une fleur1 elle s'pan\isse ou se f]me au froid ou au soleil4 ,je ne le compr5ds pas1 mais il en e/ a9si tant qu'elle e/ enf]me dans ce pauvre vase du corps4 ,p\r me di/raire1 j'ai feuillet ,lam>t9e1 le *] pote4 ,j'aime l'hymne au rossignol et bi5 d'autres de ces ,h>monies1 mais que c'e/ lo9 de l'effet que me faisai5t ses ,mditations6 ,c'tai5t des ravissem5ts1 des extases2 j'avais seize ans3 que c'tait beau6 ,le temps *ange bi5 des *oses4 ,le gr& pote ne me fait plus vibr] le coeur1 il ne m'a pas mme pu di/raire auj\rd'hui4 ,hlas1 c'tai5t les seize ans qui tai5t beaux6 ,,ix4 ,ailleurs1 elle raconte l'ameublem5t de sa *ambre1 ses livres1 son *ri/1 son *apelet1 ses gravures1 ses tableaux4 ,p\rquoi ,m4 de ,rud]1 cet mule my/ique du my/ique ,s*eff]1 n'avait-il pas alors conu1 dess9 et pe9t cette ard5te et t\*ante image du ,*ri/ priant sa d]nire prire p\r les hommes dans le bois des ,olivi]s8 ,c]tes1 ,m4 de ,rud] et t son ,lam>t9e en pe9ture2 un habile bur9 lui aurait r5du cette figure qui n'a beso9 ni de c\leurs1 ni de tons1 ni de nuances p\r passionn] le reg>d4 ,la p5se e/ t\t dans le dess96 ,le coloris n'e/ que le vtem5t de l'ide4 ,la f\dre e/ dans la ma92 c'e/ elle qui frappe6 ici elle a incru/ du premi] c\p le ,sauveur des hommes dans l'me et dans les yeux de l'humanit6 ,il e/ nuit1 mais une de ces nuits lum9euses sur les coll9es de ,jude2 les disciples de ce sage1 qui voit sa mort p\r le l5dema9 dans la colre des gr&s et dans l'indiffr5ce du peuple de ,jrusalem1 repos5t endormis et pe9e visibles1 t5dus sur les rac9es des noirs olivi]s2 le ,*ri/ les fuit comme des compagnons qui comm5c5t d\t] et dans l'esprit de qui la trahison s'ins9ue p\r branl] la foi *ancelante4 ,il t\rne les paules la =t sacre p\r *]*] du reg>d le ciel du ct o la lune en illum9e l'av5ue4 ,ses rayons1 qui attir5t et qui enflamm5t les vapeurs humides de la nuit1 =m5t un nimbe orageux1 confus1 clatant1 au-dessus des olivi]s1 aut\r de la tte de l'agonisant4 ,il tombe g5\x devant un gros fragm5t de ro*] qui supporte ses c\des et ses deux ma9s jo9tes p\r suppli] son ,pre cle/e4 ,ses ma9s jo9tes sont tellem5t loqu5tes p> la pression des doigts contre les doigts et p> les ve9es trav]s lesquelles on voit circul] le sang brlant de se rp&re p\r l'homme1 son frre1 que1 lors mme qu'on ne v]rait ni le corps1 ni les jambes1 ni le bu/e1 ni la tte div9e1 mais que ces ma9s seules sortirai5t de l'ombre1 le tableau aurait suffisamm5t p>l au coeur2 on aurait pleur1 on aurait compris que ces deux ma9s t5dues p> l'en?\siasme de l'agonie triomphante tai5t assez =tes p\r arra*] l'aiguillon la mort et le salut de l'humanit au ciel4--,la passion de ces ma9s e/ gale l'objet4 ,mais la tte r5v]se en arrire les dpasse encore6 ,c'e/ une tte de ,*ri/ que la pe9ture n'avait pas encore inv5te1 mme s\s le p9ceau de ,s*eff]2 un ,guido ,r5i son bon temps1 mais un ,guido ,r5i avec l'n]gie de ,mi*el-,ange6 ,les traits sont beaux comme l'homme qu'on a rv1 mais jamais vu1--l',ant9os my/ique4--,son reg>d p]ce la nuit et porte son ,pre t\tes les supplications de la t]re2 le v5t de la misricorde1 qui s\ffle lui1 fait ondul] sa b>be et ses *eveux comme la sa9te f]veur de l'invocation2 le corps s'affaisse s\s la =ce dp5se de la prire1 ses pi$s crisps pri5t comme ses ma9s1 ses g5\x demi r5v]ss *]*5t en va9 leur aplomb p>mi les dalles concasses1 effondres1 s\leves sur le sol p> le rc5t tremblem5t de t]re2 t\te la nature1 quoique ma9t5ant s]e9e et att5tive1 e/ dans l'expectative de sa pro*a9e convulsion4 ,le spectateur ne sait pas ce qu'il pr\ve1 mais il pr\ve quelque *ose qu'il n'a jamais pr\v1--la sp>ation de lui-mme en deux p>ts3 l'une qui s'unit la prire div9e1 l'autre qui v\drait s\ffrir avec son gr& prtre et qui ne peut que l'admir]4 ,voil le tableau du pe9tre1 qui cette fois n'a pas t un pe9tre1 mais un transfigurateur religieux4 ,t\tes les fois que je me retr\ve en face de ce tableau1 je p5se ,mlle de ,gur9 qui a transfigur aussi la p>ole intime1 le ,v]be intrieur de l'homme1 et je me dis3--,oh6 si elle l'avait vu6--,c'e/ l le ,*ri/ qu'elle et inspir6 ,n'en p>lons plus1 elle n'e/ plus l2 mais sa *re me y e/ t\t entire4 ,x4 ,repr5ons ses confid5ces1 elle4 ,il ne n\s manque au ,cayla que toi1 crit-elle ce frre *ri dans ces notes qu'il n'a jamais lues1 *] membre que le corps rclame4 ,qu& t'aurons n\s8 ,ri5 ne p>at s'arrang] p\r cela4 ,a9si1 n\s pass]ons la vie sans n\s voir4 ,c'e/ tri/e1 mais rsignons-n\s t\t ce que ,dieu veut ou p]met4 ,j'aime beauc\p la ,provid5ce qui mne si bi5 t\tes *oses et n\s disp5se de n\s inquit] des vnem5ts de ce monde4 ,un j\r n\s saurons t\t2 un j\r je saurai p\rquoi n\s sommes sp>s1 n\s deux qui v\drions tre ensemble4 ,rappro*ons-n\s1 mon ami1 rappro*ons-n\s de coeur et de p5se en n\s crivant l'un l'autre4 ,cette communication e/ bi5 d\ce1 ces pan*em5ts s\lag5t1 purifi5t mme l'me comme une eau c\rante emporte son limon4 ,,xi4 ,le #i mai4 ,une j\rne passe t5dre une lessive laisse peu dire4 ,c'e/ cep5dant assez joli que d't5dre du l+e blanc sur l'h]be ou de le voir flott] sur des cordes4 ,on e/1 si l'on veut1 la ,nausicaa d',homre ou une de ces pr9cesses de la ,bible qui lavai5t les tuniques de leurs frres4 ,n\s avons un lavoir1 que tu n'z pas vu1 la ,m\l9asse1 assez gr& et ple9 d'eau1 qui embellit cet enfoncem5t et attire les oiseaux qui aim5t le frais p\r *ant]4 ,notre ,cayla e/ bi5 *ang et *ange t\s les j\rs4 ,tu ne v]ras plus le blanc pigeonni] de la cte1 ni la petite porte de la t]rasse1 ni le corridor et le f5e/r\n o n\s mesurions notre taille qu& n\s tions petits4 ,t\t cela e/ disp>u et fait place de gr&es croises1 de gr&s salons4 ,c'e/ plus joli1 ces *oses n\velles1 mais p\rquoi e/-ce que je regrette les vieilles et replace de coeur les portes tes1 les pi]res tombes8 ,mes pi$s mme ne se font pas ces m>*es neuves1 ils vont suivant leur c\tume et font des faux pas o ils n'ont pas pass t\t petits4 ,quel s]a le premi] c]cueil qui sortira p> ces portes neuves8 ,soit n\velles ou anci5nes1 t\tes ont leurs dim5sions p\r cela1 comme t\t nid a son ouv]ture4 ,voil qui ds5*ante cette demeure d'un j\r et fait lev] les yeux v]s cette habitation qui n'e/ pas btie de ma9 d'homme4 ,et un peu plus bas3 ,un *agr93 n\s avons ,trilby malade1 si malade que la pauvre bte en m\rra4 ,je l'aime1 ma petite *i5ne1 si g5tille4 ,je me s\vi5s aussi que tu l'aimais et la c>essais1 l'appelant coqu9e4 ,t\t ple9 de s\v5irs s'atta*5t ,trilbette et me la font regrett]4 ,petites et gr&es affections1 t\t n\s quitte et meurt son t\r4 ,notre coeur e/ comme un arbre ent\r de feuilles mortes4 ,ce frre tombe malade ,p>is2--elle l'appr5d2 elle lui crit sans os] lui envoy] la lettre1 de cra9te de froiss] la n\velle p\se4 ,le #bh mai4 ,voil ma j\rne3 ce mat9 la messe1 crire ,l\ise1 lire un peu1 et puis dans ma *ambrette4 ,oh6 je ne dis pas t\t ce que j'y fais4 ,j'ai des fleurs dans un gobelet2 j'en ai longtemps reg>d deux dont l'une p5*ait sur l'autre qui lui ouvrait son calice4 ,c'tait d\x considr]1 et se reprs5t] l'pan*em5t de l'amiti dans ces deux petites fleurettes4 ,ce sont des /ellaires1 petites fleurs blan*es longue tige1 des plus gracieuses de nos *amps4 ,on les tr\ve le long des haies1 p>mi le gazon4 ,il y en a dans le *em9 du m\l91 l'abri d'un t]tre t\t p>sem de leurs petites ttes blan*es4 ,c'e/ ma fleur de prdilection4 ,j'en ai mis devant notre image de la ,vi]ge4 ,je v\drais qu'elles y fuss5t qu& tu vi5dras1 et te faire voir les deux fleurs amies4 ,d\ce image1 qui des deux cts e/ *>mante1 qu& je p5se qu'une soeur e/ fleur de dess\s6 ,je crois1 mon ami1 que tu ne diras pas non4 ,*] ,maurice1 n\s allons n\s voir1 n\s ent5dre6 ,ces c9q ans d'abs5ce vont se retr\v] dans nos entreti5s1 nos caus]ies1 nos dires de t\t in/ant4 ,,xii4 ,de sombres press5tim5ts l'obsd5t2 elle ne les confie qu'au papi]4 ,aprs un trop c\rt sj\r au ,cayla1 ,maurice e/ rep>ti1 mieux1 mais pas guri4 ,le j\rnal repr5d3 ,le #bf janvi] #ahch4 ,je r5tre p\r la premire fois dans cette *ambrette o tu tais encore ce mat94 ,que la *ambre d'un abs5t e/ tri/e6 ,on le voit p>t\t sans le tr\v] nulle "p4 ,voil tes s\li]s s\s le lit1 ta table t\te g>nie1 le miroir susp5du au cl\1 les livres que tu lisais hi] au soir avant de t'endormir1 et moi qui t'embrassais1 te t\*ais1 te voyais4 ,qu'e/-ce que ce monde o t\t disp>at8 ,maurice1 mon *] ,maurice1 oh6 que j'ai beso9 de toi et de ,dieu6 ,aussi1 en te quittant1 suis-je alle l'glise o l'on peut pri] et pleur] son aise4 ,comm5t fais-tu1 toi qui ne pries pas1 qu& tu es tri/e1 qu& tu z le coeur bris8 ,p\r moi1 je s5s que j'ai beso9 d'une consolation surhuma9e1 qu'il faut ,dieu p\r ami qu& ce qu'on aime fait s\ffrir4 ,que s'e/-il pass auj\rd'hui p\r l'crire8 ,ri5 que ton d"p2 je n'ai vu que toi s'en allant1 que cette croix o n\s n\s sommes quitts4 ,qu& le roi s]ait v5u1 je ne m'en s\ci]ais pas4 ,,xiii4 ,le #c fvri]4 ,j'ai comm5c ma j\rne p> me g>nir une qu5\ille bi5 ronde1 bi5 bombe1 bi5 coquette avec son noeud de ruban4 ,l1 je vais fil] avec un petit fuseau4 ,il faut v>i] travail et di/ractions2 lasse du bas1 je pr5ds l'aiguille1 puis la qu5\ille1 puis un livre4 ,a9si le temps passe et n\s emporte sur sa cr\pe4 ran vi5t d'arriv]4 ,il me t>dait de le voir1 de savoir quel j\r tu tais p>ti de ,gaillac4 ,c'e/ donc v5dr$i1 le mme j\r que d'ici4 ,ce fut un v5dr$i aussi que tu p>tis p\r la ,bretagne4 ,ce j\r n'e/ pas heureux2 maman m\rut un v5dr$i1 et d'autres vnem5ts tri/es que j'ai rem>qus4 ,je ne sais si l'on doit croire cette fatalit des j\rs4 ,,xiv4 ,un passage de ,bossuet1 qui atteignait la mlancolie p> la gr&eur1 surt\t dans ses vieux j\rs1 la frappe et se grave dans sa mmoire3 ,en effet1 ne p>at-il pas un c]ta9 rapport entre les langes et les draps de la spulture8 ,on enveloppe presque de mme faon ceux qui naiss5t et ceux qui sont morts3 un b]ceau a quelque ide d'un spulcre1 et c'e/ la m>que de notre mortalit qu'on n\s ensevelisse en naissant4 ,,xv4 ,le #ad fvri]4 ,papa e/ mieux3 il a eu la fivre1 peu dormi4 ,n\s lui avons cd notre *ambre qui e/ plus *aude1 et j'ai pris ton lit4 ,il y a bi5 longtemps que je n'avais dormi l2 depuis1 je crois que j'emportai de la tapiss]ie la ma9 de l'homme qui allait dfaire un nid qui s'y tr\ve pe9t4 ,je lui prtais du mo9s cette mauvaise int5tion qui me mettait en colre *aque rveil1 et que je punis enf9 p> un acte de rigueur dont je fus punie mon t\r4 ,on me gronda d'avoir d*ir le pauvre homme1 sans c\t] qu'il tait m*ant4 ,qui le voyait que moi8 ,p\r bi5 se conduire avec les enfants1 il faut pr5dre leurs yeux et leur coeur1 voir et s5tir leur porte et les jug] l-dessus4 ,on p>gn]ait bi5 des l>mes qui c\l5t p\r de fausses leons4 ,pauvres petits enfants1 comme je s\ffre qu& je les vois malheureux1 tracasss1 contr>is6 ,te s\vi5s-tu du ,pat] que je disais dans mon coeur p\r que papa ne te grondt pas la leon8 ,la mme compassion me re/e1 avec cette diffr5ce que je prie ,dieu de faire que les p>5ts soi5t raisonnables4 ,si j'avais un enfant lev]1 comme je le f]ais d\cem5t1 gaiem5t1 avec t\s les so9s qu'on donne une dlicate petite fleur6 ,puis je leur p>l]ais du bon ,dieu avec des mots d'am\r2 je leur dirais qu'il les aime encore plus que moi1 qu'il me donne t\t ce que je leur donne1 et1 de plus1 l'air1 le soleil et les fleurs2 qu'il a fait le ciel et tant de belles toiles4 ,ces toiles1 je me s\vi5s comme elles me donnai5t une belle ide de ,dieu1 comme je me levais s\v5t qu& on m'avait c\*e1 p\r les reg>d] la petite f5tre donnant aux pi$s de mon lit1 *ez nos c\s9es1 ,gaillac4 ,on m'y surprit1 et plus ne vis les beaux lum9aires4 ,la f5tre fut cl\e1 c> je l'ouvrais et m'y susp5dais1 au risque de me jet] dans la rue4 ,cela pr\ve que les enfants ont le s5tim5t du beau1 et que p> les oeuvres de ,dieu il e/ facile de leur inspir] la foi et l'am\r4 prs5t1 je te dirai qu'en ouvrant la f5tre1 ce mat91 j'ai ent5du *ant] un m]le qui *antait l-haut sur ,golse ple9 gosi]4 ,cela fait plaisir1 ce *ant de pr9temps p>mi les corbeaux1 comme une rose dans la neige4 ,mimi e/ au hameau1 papa sa *ambre1 ran ,gaillac1 et moi avec toi4 ,cela se fait s\v5t4 ,,xvi4 ,la saison *ange4 ,le #a;er m>s4 ,je me s5s porte aux l>mes2 cep5dant je ne suis pas malheureuse4 ,d'o cela vi5t-il donc8 ,de ce que1 app>emm5t1 notre me s'ennuie sur la t]re1 pauvre exile6444 ,voil ,mimi en prire2 je vais faire comme elle et dire ,dieu que je m'ennuie4 ,oh6 moi1 que devi5drais-je sans la prire1 sans la foi1 la p5se du ciel1 sans cette piti de la femme qui se t\rne en am\r1 en am\r div98 ,j'tais p]due et sans bonheur sur la t]re4 ,tu peux m'en croire1 je n'en ai tr\v encore en ri51 en aucune *ose huma9e1 pas mme en toi4 ,le #ae m>s4 ,une lettre1 mais pas de toi6 ,c'e/ d',euphrasie qui me donne des n\velles de ,lili1 tri/es n\velles qui me font cra9dre de p]dre cette pauvre amie4 ,je vais ,cahuzac en faire "p ma tante4 ,,xvii4 ,la ,vial>ette1 une bonne s]vante volontaire du hameau1 vi5t m\rir4 c\tez3 ,le #af m>s4 ,la ,vial>ette ne te port]a plus des m>rons et des *auds de ,cordes2 la pauvre fille6 elle e/ morte la nuit d]nire4 ,je la regrette p\r ses qualits1 sa fidlit1 son atta*em5t p\r n\s4 tions-n\s malades8 elle tait l2 fallait-il un s]vice8 elle tait prte1 et puis d'une discrtion1 d'une sret6 du petit nombre de p]sonnes qui l'on peut confi] un secret4 ,c'tait le sublime de sa condition1 ce me semble1 que cette religion du secret que l'ducation ne lui avait pas apprise4 ,je lui aurais t\t confi4 ,l'ent]rem5t tait pnible voir2 mais j'ai v\lu accompagn] jusque-l celle qui n'a ni frre ni soeur1 celle qui a suivi sur ce cimetire t\s ceux des ntres qu'elle a vus m\rir1 celle qui a fait tant de pas p\r n\s1 hlas6 p>eil j\r1 sam$i4 ,enf9 j'ai v\lu lui donn] cette m>que d'affection et l'accompagn] de mes prires jusqu'au bord de l'autre monde4 ,j'ai ent5du la messe ct de son c]cueil4 ,il fut un temps o cela m'aurait effraye2 prs5t1 je ne sais pas comm5t je tr\ve t\t naturel de m\rir2 c]cueils1 morts1 tombes1 cimetires1 ne me donn5t que des s5tim5ts de foi1 ne font que report] mon me l-haut4 ,la *ose qui m'a le plus frappe1 'a t d'ent5dre la bire tombant dans la fosse3 s\rd et lugubre bruit1 le d]ni] de l'homme4 ,oh6 qu'il e/ pntrant1 comme il va lo9 dans l'me qui l'c\te6 ,mais t\s ne l'c\t5t pas2 les fossoyeurs avai5t l'air de voir cela comme un arbre qui tombe2 le petit ,cotive et d'autres enfants reg>dai5t l-d$ans comme dans un foss o il y aurait des fleurs1 l'air curieux et tonn4 ,mon ,dieu6 mon ,dieu6 quelle indiffr5ce ent\re la tombe6 ,que les sa9ts ont raison de m\rir avant l'heure1 de faire leurs propres obsques en se retirant du monde6 ,e/-ce la pe9e d'y demeur]8 ,non1 ce n'e/ pas la pe9e1 si ce n'tait quelques mes *res qui ,dieu veut qu'on ti5ne compagnie dans la vie4 ,voil papa qui vi5t de me visit] dans ma *ambre et m'a laiss en s'en allant deux bais]s sur le front4 ,comm5t laiss] ces t5dres pres8 ,,xviii4 ,elle raconte qu'elle va se *auff] au soleil1 p5dant l'(fice des morts1 dans le cimetire du hameau4 ,le #g avril4 ,d'o diriez-v\s que je vi5s1 ma *re ,m>ie8 ,oh6 v\s ne dev9]iez pas2 de me *auff] au soleil dans un cimetire4 ,lugubre foy] si l'on veut1 mais o l'on se tr\ve au milieu de sa p>5t4 ,l1 j'tais avec mon gr&-pre1 des oncles1 des aeux1 une f\le de morts aims4 ,il n'y manquait que ma mre qui1 hlas6 repose un peu lo9 d'ici4 ,mais p\rquoi me tr\vais-je l8 ,me croyez-v\s amante des tombeaux8 ,pas plus qu'une autre1 ma *re4 ,c'e/ que je suis alle me confess] ce mat93 et comme il y avait du monde1 et que j'avais froid l'glise1 je suis sortie et me suis assise au soleil dans le cimetire2 et l les rflexions sont v5ues1 et les p5ses v]s l'autre monde1 et le compte qu'on r5d ,dieu4 ,le bon livre d'exam5 qu'une tombe6 ,comme on y lit des vrits1 comme on y tr\ve des lumires1 comme les illusions1 les rves de la vie s'y dissip5t1 et t\s les en*antem5ts6 ,au sortir de l1 le monde e/ jug1 on y ti5t mo9s4 ,le pi$ sur une tombe1 on ti5t mo9s la t]re4 7,,lam>t9e7 ,il n'e/ pas de danseuse qui ne quittt sa robe de bal et sa guirl&e de fleurs1 pas de jeune fille qui n'oublit sa beaut1 p]sonne qui ne revnt meilleur de cette t]re des morts4 ,,xix4 ,a9si cela se p\rsuit p>mi t\s les vnem5ts de la vie1 petits ou gr&s1 tri/es ou gais2 c'e/ la vicissitude t]nelle1 mais la vicissitude int]prte1 s5tie1 comprise p> une me intellig5te de ce qu'elle s\ffre et joyeuse de ce qu'elle cueille en passant sur le bord du *em94 ,lisez cette note d'un de ses beaux j\rs o elle se promne avec son pre et son petit *i5 lgu p> ,lili1 une de ses amies qu'elle a rcemm5t ensevelie3 ,le #c mai4 ,depuis ce mat91 ri5 de joli que la naissance d'un agneau et ce cahi] qui comm5ce au *ant du rossignol1 devant deux vases de fleurs qui embaum5t ma *ambrette4 ,c'e/ un *>me d'crire dans ces p>fums1 d'y pri]1 d'y p5s]1 d'y laiss] all] l'me4 ,je suis fatigue d'criture1 deux gr&es lettres m'ont bris la ma94 ,aussi ne mettrai-je pas gr&'*ose ici2 mais je veux m>qu] un beau j\r1 calme1 d\x et frais1 une vraie mat9e de pr9temps4 ,t\t *ante et fleurit4 ,n\s v5ons de la prom5ade1 papa1 moi et mon *i51 le joli *i5 de ,lili3 *re petite bte6 il ne me quitte jamais3 qu& je m'assi$s1 il vi5t sur mes g5\x2 si je m>*e1 il suit mes pas4 ,on dirait qu'il me compr5d1 qu'il sait que je remplace sa matresse4 ,n\s avons rapport des fleurs blan*es1 violettes1 bleues1 qui n\s font un b\quet *>mant4 ,j'en ai dta* deux p\r envoy] ,e9999991 dans une lettre3 ce sont des dames de onze heures2 app>emm5t ce nom leur vi5t de ce qu'elles s'ouvr5t alors1 comme font d'autres d'autres heures1 *>mantes horloges des *amps1 horloges de fleurs qui m>qu5t de si belles heures4 ,qui sait si les oiseaux les consult5t1 s'ils ne rgl5t pas sur des fleurs leur c\*]1 leur repas1 leurs r5dez-v\s8 ,p\rquoi pas8 t\t s'h>monise dans la nature2 des rapports secrets uniss5t l'aigle et le br9 d'h]be1 les anges et n\s dans l'ordre de l'intellig5ce4 ,j'aurai un nid s\s ma f5tre2 une t\rt]elle vi5t de *ant] sur l'acacia o il y avait un nid l'an d]ni]4 ,c'e/ peut-tre la mme4 ,cet endroit lui a conv5u1 et1 en bonne mre1 elle y replace son b]ceau4 ,ri5 ne me fait du bi5 comme d'crire1 p>ce qu'alors je m'oublie4 ,la prire me fait le mme effet de calme1 et mme mieux1 en ce qu'il entre quelque *ose de suave dans l'me4 ,,xx4 ,le #ab mai4 ,depuis c9q j\rs je n'ai pas crit ici2 dans ce temps il e/ v5u des feuilles1 des fleurs1 des roses4 ,en voil une s\s mon front1 qui m'embaume1 la premire du pr9temps4 ,j'aime m>qu] le j\r de cette belle v5ue4 ,qui sait les pr9temps que je retr\ve a9si dans des livres1 sur une feuille de rose o je date le j\r et l'an8 ,une de ces feuilles s'en fut l'le de ,france1 o elle fit bi5 plaisir ce pauvre ,philib]t4 ,hlas6 elle aura disp>u comme lui6 ,quoique je le regrette1 ce n'e/ pas cela1 mais je ne sais quoi qui m'attri/e1 me ti5t dans la langueur auj\rd'hui4 ,pauvre me1 pauvre me1 qu'z-tu donc8 que te faut-il8 ,o e/ ton remde8 ,t\t v]dit1 t\t fleurit1 t\t *ante1 t\t l'air e/ embaum comme s'il sortait d'une fleur4 ,oh6 c'e/ si beau6 allons dehors4 ,non1 je s]ais seule et la belle solitude ne vaut ri54 ve le fit voir dans d54 ,que faire donc8 ,lire1 crire1 pri]1 pr5dre une corbeille de sable sur la tte1 comme ce solitaire1 et m>*]4 ,oui1 le travail1 le travail6 occup] le corps qui nuit l'me4 ,je suis demeure trop tranquille auj\rd'hui1 ce qui fait mal1 ce qui donne le temps de cr\pir un c]ta9 ennui qui e/ en moi4 ,p\rquoi e/-ce que je m'ennuie8 ,e/-ce que je n'ai pas t\t ce qu'il me faut1 t\t ce que j'aime1 hormis toi8 ,quelquefois je p5se que c'e/ la p5se du c\v5t qui fait cela1 qui m'attire et m'attri/e4 ,j'envie le bonheur d'une sa9te ,?rse1 de sa9te ,paule ,be?lem4 ,si je p\vais me tr\v] dans quelque sa9te solitude6444 ,le monde n'e/ pas mon endroit2 mon av5ir s]ait fait alors1 et je ne sais ce qu'il s]a4 ,,xxi4 ,on l'invite dans les environs assi/] la fonte d'une clo*e4 ,les rflexions que cela lui suggre se rappro*5t du di?yrambe de ,s*ill]4 ,cela f9it p> une rflexion tri/e et vraie comme t\t ce qui e/ tri/e4 ,je ne suis pas en tra9 d'crire2 il fait un v5t qui s\ffle t\t emport]1 mme les ides4 ,sans cela1 je dirais t\t ce qui m'e/ v5u prs de ce f\rneau1 en p5ses religieuses1 gaies1 tri/es2 ce que j'ai c\l d'annes1 de sicles1 de baptmes1 de glas1 de noces1 d'inc5dies1 avec cette clo*e4 ,qu& elle f9ira1 qui sait t\t ce qui aura f9i dans ,&illac et dans le monde8 ,l'ge des clo*es pr5d des sicles1 du temps sans f91 mo9s d'un malheur ou d'une rvolution4 ,a9si1 t\s tant que n\s tions l1 n\s ne la v]rons pas refondre4 ,cela seul e/ sol5nel3 ne plus voir ce qu'on voit4 ,il y a l quelque *ose qui fait qu'on y atta*e =t les yeux1 qu& ce ne s]ait qu'un br9 d'h]be4 ,quel in/9ct de notre immortalit dans ces p>oles6 ,,xxii4 ,elle aime les fleurs et v\drait appr5dre la botanique p\r avoir une langue de plus1 af9 de mieux ador] et l\] le crateur du cdre et de l'hysope6--,maurice1 tu me l'appr5dras2 ce s]ait bi5 facile avec une ,flore4 ,mais qu& s]as-tu ici au pr9temps8 ,tu n'y vi5s que t>d2 ce n'e/ pas lorsque l'hiv] a fau* t\te la beaut de la nature 7suivant l'expression de notre ami1 sa9t ,franois de ,sales7 qu'on peut se mettre botanis]3 plus de fleurs alors1 et ce sont les fleurs qui m'intress5t p>ce qu'elles sont si jolies sur ces tapis v]ts4 ,j'aim]ais de connatre leur famille1 leurs gts1 quels papillons elles aim5t1 les g\ttes de rose qu'il leur faut1 leurs proprits p\r m'en s]vir au beso94 ,les fleurs s]v5t aux malades4 ,dieu fait ses dons tant de f9s6 ,t\t e/ ple9 p\r n\s d'une m]veilleuse bont2 vois la rose qui1 aprs avoir donn du miel l'abeille1 un baume l'air1 n\s (fre encore une eau si d\ce p\r les yeux malades4 ,je me s\vi5s de t'en avoir mis des compresses qu& tu tais petit4 ,n\s faisons t\s les ans des fioles de cette eau qu'on vi5t n\s dem&]4 ,,xxiii4 ,un autre j\r la gaiet des *amps la saisit4 ,le #d ju94 ,flageolet1 hautbois1 grosse caisse1 rossignols1 t\rt]elles1 loriots1 m]les1 p9sons1 belle et grotesque symphonie du mom5t4 ,c'e/1 en l'honneur de la fte votive1 la bruyante musique d',&illac qui ret5tit jusqu'ici et se mle celle des oiseaux4 ,au mo9s ne manquons-n\s pas de conc]ts dans nos *amps2 tu aimes ceux de ,p>is sans p\voir y all] t\j\rs1 et moi1 sans y all]1 je m'y tr\ve4 ,c'e/ de t\s cts1 de t\s les arbres1 des voix d'oiseaux1 et mon *>mant musici51 le rossignol de l'autre soir1 *antant encore prs du noy] du j>d94 ,ce sont p\r moi des *>mes1 des plaisirs que je ne puis dire4 ,aussi quelqu'un me disait3 ,v\s tes heureusem5t ne p\r habit] la campagne4 ,c'e/ vrai1 je le s5s1 et que mon tre s'h>monise avec les fleurs1 les oiseaux1 les bois1 l'air1 le ciel1 t\t ce qui vit dehors1 gr&es ou gracieuses oeuvres de ,dieu4 ,,xxiv4 ,et voyez ma9t5ant comme elle aime les btes6 ,ins5s qui ne les compr5d pas6 ,lisez les lignes suivantes1 et jugez combi5 la pit bi5 ent5due et bi5 s5tie s't5d t\t1 depuis l'toile incomm5surable jusqu'au pauvre petit *i5 qui n'a que ses deux pattes laiss] sa matresse4 ,j'ai t\j\rs repro* au *ri/ianisme son ins5sibilit p\r les animaux1 comme si ce qui aime tant n'avait po9t de coeur1 comme si ce qui p5se1 calcule et comb9e1 n'avait po9t sa "p d'intellig5ce4 ,encore une fois lisez ceci4 ,v\s avez raison de dire que je suis heureusem5t ne p\r habit] la campagne4 ,c'e/ mon endroit2 je s\ffrirais bi5 plus ailleurs2 je reconnais en ceci un so9 de la ,provid5ce1 qui fait t\t avec am\r p\r ses cratures1 qui ne fait pas natre la violette dans les rues4 ,v\s me voyez bi5 appuye sur ma f5tre1 contemplant t\t ce vallon de v]dure o *ante le rossignol2 puis je vais soign] mes p\lets1 c\dre1 fil]1 brod] dans la gr&e salle avec ,m>ie4 ,a9si1 d'une *ose l'autre1 le j\r passe1 et n\s arrivons au soir sans ennui4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,un *agr94 ,mon *] petit *i51 mon joli ,bij\ e/ malade1 si malade que je cra9s qu'il n'en meure4 ,pauvre bte6 comme il e/ oppress1 comme il gmit1 me l*e les ma9s et me dit3 ,s\lagez-moi6 ,je ne sais que lui faire1 il ne pr5d ri5 que quelques g\ttes de sirop de gomme qu'il l*e sur mes doigts2 c'e/ a9si que je le n\rris1 moiti sucre1 moiti c>esses4 ,hlas6 que s]t d'aim]8 je ne le sauv]ai pas4 ,cela me f]ait pleur]1 si je ne r5voyais mes l>mes4 ,pleur] une bte1 c'e/ bte1 mais le coeur n'a pas d'esprit ni trop d'am\r-propre s\v5t4 ,puis mon ,bij\ e/ si joli1 si gracieux1 si g5til1 si prcieux1 me v5ant de ,lili6 ,un *i51 c'e/ si riant1 si c>essant1 si t5dre1 si n\s6 ,je crois que je pleur]ai1 mais ce s]a ici dans ma *ambrette o se pass5t mes secrets4 ,une de mes amies dem&ait une fois des prires p\r son *i5 malade2 je me moquai d'elle et tr\vai sa dvotion mal place4 ,auj\rd'hui j'en f]ais comme elle1 je ne tr\ve pas cette prire si trange3 tant le coeur *ange l'esprit6 ,je n'aimais pas ,bij\ alors2 ma consci5ce ne s'(fusque pas d'intress] le bon ,dieu la cons]vation d'une bte4 ,y a-t-il ri5 d'indigne dans ses cratures1 et ne peut-on pas lui dem&] la vie de celles que n\s aimons8 ,je suis porte le croire et qu'on peut1 except le mal1 t\t dem&] ,dieu1 au bon ,dieu4 ,ce nom famili]1 ce nom populaire de la ,div9it m'inspire t\te sorte de confiance4 ,qu'att5dre d'un tre inaccessible1 si lo91 si lo9 de l'homme qu'on ne peut pas l'aim] en l'adorant8 et le coeur1 cep5dant1 veut aim] ce qu'il adore et ador] ce qu'il aime2 ce qui s'e/ fait qu& ,dieu s'e/ fait *air1 qu& il a habit p>mi n\s4 ,de cette condesc5dance inf9ie n\s e/ v5ue notre foi confiante4 ,il faut que je ret\rne auprs de mon pauvre ,bij\ qui1 c]tes1 m'a m5e assez lo94 ,le #a;er juillet4 ,il e/ mort1 mon *] petit *i54 ,je suis tri/e et n'ai gure envie d'crire4 ,le #b juillet4 ,je vi5s de faire mettre ,bij\ dans la g>5ne des buis1 p>mi les fleurs et les oiseaux4 ,l je plant]ai un rosi] qui s'appell]a le rosi] du ,*i54 ,j'ai g>d les deux petites pattes de devant si s\v5t poses sur ma ma91 sur mes pi$s1 sur mes g5\x4 ,qu'il tait g5til1 gracieux dans ses poses de repos ou de c>esses6 ,le mat91 il v5ait au pi$ du lit me l*] les pi$s en me levant1 puis il allait en faire autant papa4 ,n\s tions ses deux prfrs4 ,t\t cela me revi5t prs5t4 ,les objets passs vont au coeur2 papa le regrette autant que moi4 ,il aurait donn1 disait-il1 dix m\tons p\r ce *] joli petit *i54 ,hlas6 il faut que t\t n\s quitte1 ou t\t quitt]4 ,,xxv4 ,et comme elle dcrit les scnes de la vie ru/ique6 ,je ret\rne la salle lo9 de papa2 j'crivais ceci au *ant des jeunes p\lets qui piqu5t l'h]be s\s ma f5tre1 au bruit joyeux des moissonneurs qui sont dans les *nevires4 ,heureuses g5s qui su5t et qui *ant5t6 ,les gracieuses *oses qui se voi5t dans les *amps et que je vi5s de voir6 ,un beau *amp de bl ple9 de moissonneurs et de g]bes1 et1 p>mi ces g]bes1 une seule deb\t faisant ombre deux petits enfants1 et leur gr&'mre les faisant djeun] avec du lait6 ,ri5 ne monte ma *ambre ce soir que le *ant des cigales4 ,ce soir1 au crpuscule1 j'cris d'une ma9 fra*e1 rev5ant de lav] ma robe au ruisseau6 ,c'e/ joli de lav]1 de voir pass] des poissons1 des flots1 des br9s d'h]be1 des feuilles1 des fleurs tombes1 de suivre cela et je ne sais quoi au fil de l'eau4 ,il vi5t tant de *oses la laveuse qui sait voir dans le c\rant de ce ruisseau6 ,c'e/ la baignoire des oiseaux1 le miroir du ciel1 l'image de la vie1 un *em9 c\rant6 etc41 etc4 ,,xxvi4 4444444444444444444444444444444444444444 44444444444444444444444444 ,que survi5t-il donc8 ri5 que le bruit des flaux tombant en cad5ce sur l'aire4 ,cette cad5ce1 accompagne du *ant des coqs et des cigales1 fait quelque *ose d'inf9im5t ru/ique que j'aime6444 ,et plus lo9444 ,en entrant dans ma *ambrette ce soir dix heures1 je suis frappe de la blan*e lumire de la lune qui se lve ronde d]rire un gr\pe de *nes aux ,mrix2 la voil plus haut1 plus haut1 t\j\rs plus haut1 *aque fois que je reg>de4 ,elle va plus vite dans le ciel que ma plume sur ce papi]1 mais je puis la suivre des yeux2 m]veilleuse facult de voir1 si leve1 si t5due1 si j\issante6 ,on j\it du ciel qu& on veut2 la nuit mme1 de sur mon *evet1 j'ap]ois1 p> la f5te d'un contrev5t1 une petite toile qui s'encadre l v]s les onze heures et me rayonne assez longtemps p\r que je m'endorme avant qu'elle soit passe2 je l'appelle aussi l'toile du sommeil1 et je l'aime4 ,la p\rrai-je voir ,p>is8 ,je p5se que mes nuits et mes j\rs s]ont *angs1 et je n'y puis p5s] sans pe9e4 ,me tir] d'ici1 c'e/ tir] ,paule de sa grotte2 il faut bi5 que ce soit p\r toi que je quitte mon ds]t1 toi p\r qui ,dieu sait que j'irais au b\t du monde4 ,adieu au clair de la lune1 au *ant des grillons1 au gl\gl\ du ruisseau2 j'avais de plus le rossignol nagure2 mais t\j\rs quelque *>me manque nos *>mes4 prs5t1 plus ri5 qu' ,dieu1 ma prire et le sommeil4 ,le #i aot4 ,dirais-tu ce qui me fait s\ffrir prs5t en moi8 ,c'e/ cette petite re9e ,jeanne ,gray1 dcapite si jeune1 si d\ce1 si *>mante1 qui je p5se4 ,le #aj aot4 ,une compagne dans ma *ambrette1 une p]drix blesse l'aile1 mais bi5 le/e encore1 bi5 vive1 bi5 g5tille2 elle se c\le comme un rat dans t\s les co9s de sa prison et se prive1 s'acc\tume me voir1 si bi5 qu'elle mange et boit mes cts4 ,je v\drais la port] ,*>les4 ,un peu de malaise m'a fait jet] sur ton lit1 ce lit o tu z c\* six mois dans la fivre1 o je t'ai vu si ple1 dfait1 m\rant1 d'o le bon ,dieu t'a tir p> prodige4 ,t\t cela s'e/ mis avec moi sur ce lit2 j'ai vu1 revu1 p5s1 bni2 puis un petit sommeil et un rve444 ,,xxvii4 ,qu'on ne s'tonne pas me voir tant cit]2 je suis sans cesse t5t de laiss] all] ma plume1 mais qu'crirait-elle qui valt ce que n\s lisons a9si ensemble8 ,si on me disait3 ,p>lez sur l',imitation1 je pr5drais ce livre presque div9 et le lirais1 c> ri5 de ce que je p\rrais dire ne vaudrait un de ces v]sets ple9s de suc4--,il en e/ a9si des pages de mademoiselle de ,gur92 tez quelques sup]/itions fm99es et quelques petitesses enfant9es de dvotion qui ne sc&alis5t pas1 mais qui humili5t l'intellig5ce et qui ti5n5t l'ducation1 l'habitude1 au sj\r1 la frqu5tation de quelques ecclsia/iques1 tels que l'abb de ,lam5nais et ses disciples1 t\t e/ naf1 sublime1 div9 s\s sa plume2 on ne peut ri5 dire d'elle qui ne soit mille fois dpass p> les jaculations solitaires de cette me4 ,excusez-moi donc3 le modle que j'ai s\s les yeux tue le comm5taire1 cont5tez-v\s d'admir]4 ,,xxviii4 ,il faut lire1 qu& ,maurice se m>ie1 son extase de reconnaissance sur les cadeaux de noces v5us des ,indes1 que sa belle-soeur lui envoie4--,voil p\rtant ce qui n\s arrive de ,gaillac p> le messag]2 j'aj\te encore que ton frre me rapporte une p]drix qu'il a tue et deux pauvres cailles blesses444 ,les s\ffrants sont p\r moi et l'ont t\j\rs t2 tant enfant1 je m'emp>ais de t\s les petits p\lets blesss2 faire du bi51 s\lag]1 e/ la moelle du coeur d'une femme4 ,suivons cette ve9e de gaiet au m>iage de son frre4 ,le #bj aot1 #aj heures du soir4 ,c'e/ trop joli1 ce que je vois1 p\r ne pas te le dire3 nos demoiselles1 l-bas1 le long du ruisseau1 *antant1 riant1 se montrant et l s\s des t\ffes d'arbres comme des nymphes de nuit1 la cl>t d'un feu d'allumettes que fait ,jeannot1 leur fanal c\rant3 c'e/ la p*e aux crevisses1 plaisir qu'remb]t a v\lu donn] ces jeunes filles que t\t amuse4 ,j'ai mieux aim tre ici les voir faire et te le dire4 ,je les ent5ds rire et t\j\rs rire2 cet ge e/ une joie p]man5te4 ,p\r moi1 j'ai beso9 de repos1 de me c\*] au lieu d'err] sur le frais gazon d'un ruisseau4 ,adieu1 ,maurice2 n\s avons bi5 p>l de toi en montrant les cadeaux de noce4 ,je ne v\drais pas te quitt]1 mais de =ce4 ,il y aurait de quoi pass] la nuit ici dcrire ce qui se voit1 s'ent5d1 dans ma dlicieuse *ambrette1 ce qui vi5t m'y visit]1 de petits insectes1 noirs comme la nuit1 de petits papillons m\*ets1 taillads1 volant comme des f\s aut\r de ma lampe4 ,en voil un qui brle1 en voil un qui "p1 en voil un qui vi5t1 qui revi5t1 et sur la table quelque *ose comme un gra9 de p\ssire qui m>*e4 ,que d'habitants dans ce peu d'espace6 ,un mot1 un reg>d *acun1 une "q sur leur famille1 leur vie1 leur contre1 n\s mn]ait l'inf9i2 il vaut mieux faire ma prire ici devant ma f5tre1 devant l'inf9it du ciel4 ,,xxix4 ,le #bb aot4 ,mme et ,m4 de ,f>amond1 une lettre de ,l\ise1 hi] une d',anto9ette1 plaisir et bonheur4 ,dema91 je p>s avec ces demoiselles4 ,adieu1 cahi]2 mais je le pr5drai peut-tre p\r me tr\v] avec toi4 ,le #be aot4 ,oh6 les vieux *teaux1 avec leurs gr&es salles1 leurs meubles antiques1 leurs l>ges f5tres d'o l'on voit t\t le ciel1 les portraits de belles dames et de gr&s seigneurs1 cela fait je ne sais quel plaisir voir1 s'y voir errant de *ambre en *ambre4 ,oh6 j'aime les vieux *teaux1 et je me complais depuis un j\r dans cette j\issance4 ,c'e/ de ,montels que je t'cris1 dans une *ambre c>te o j'ai1 p> bonheur1 tr\v de l'encre2 j'avais oubli d'en pr5dre1 et c'tait gr&e privation de ne p\voir ri5 trac] de t\t ce qui se pe9t en moi dans cette demeure de mon gt4 ,je m'y plairais t\j\rs1 d'autant qu' *aque endroit ce sont des s\v5irs d'enfance1 et tu sais comme ce pass fait plaisir4 ,j'avais neuf ans qu& je v9s ,montels4 ,en arrivant j'ai reconnu l'glise s\s son gr& ormeau o j'allais saut] l'ombre1 puis la gr&e c\r et puis la petite avec son puits1 la porte vitres du salon1 et1 dans ce salon1 les gr&es belles dames que j'aimais tant voir2 une ct d'un capuc9 en mditation qui fait contra/e1 *ose que je n'avais pas tant rem>que qu' prs5t4 ,dans l'enfance1 les effets de rflexion t\*5t peu4 ,n\s sortons1 n\s c\rons4 ,,xxx4 ,elle va ,p>is2 elle assi/e t\t2 elle s\lage t\t4--,avant de ret\rn] au ,cayla rejo9dre son pre1 elle va pass] quelques sema9es en ,niv]nais *ez une *>mante amie digne d'elle1 jeune1 belle1 lettre1 ,mme de ,mai/re4 ,elle se lie d'amiti avec cette compagne dont l'me aimante et my/ique a de l'analogie avec la si5ne4 ,description de j\rnes de joie et d'ennui dans son vieux *teau du ,b]ry et de quelques c\rses jusqu'aux neiges de l',auv]gne4 ,effusions intimes p>-ci p>-l1 qui rappell5t l'me son nid comme le *alumeau du b]g] rappelle au b]cail le tr\peau disp]s4 cette poque p]c5t et l quelques mots qui font entrevoir un gt naissant1 mais ca*1 p\r un ami de son frre1 ,m4 d',aurevilly1 homme de mme race1 qui lui donne de temps en temps des n\velles de son frre et qu'elle semble aim] p> reconnaissance4 ,mais la piti1 t\t aimable qu'elle e/1 n'e/ pas de l'am\r6 ,il semble que ,m4 d',aurevilly avait le coeur engag ailleurs4 ,on ne sait ri5 cet g>d1 t\t flotte dans la pnombre1 t\t s'van\it dans le sil5ce et peut-tre dans les l>mes4--,pauvre coeur1 n'auras-tu pas trop de poids8--,oh6 le mot6 encore un mot de sa9te ,?rse4 ,ou s\ffrir ou m\rir6 ,xavi] de ,mai/re e/ ,p>is1 je l'ai vu1 je lui cris1 je l'aime4 ,qui n'et pas aim le vieill>d de quatre-v+t-c9q ans1 dont l'me avait la nave jeunesse de v+t-c9q ans8 ,,xxxi4 ,le #bg avril #ahci4 ,il fut un temps1 il y a quelques armes1 o la p5se d'crire un pote1 un gr& nom1 m'aurait ravie4 ,si1 qu& je lisais ,prascovie ou le ,lpreux1 l'espoir d'en voir l'auteur ou de lui p>l] m'tait v5u1 j'en aurais eu des en?\siasmes de bonheur4 jeunesse6 ,et ma9t5ant j'ai vu1 crit et p>l sans motion1 de sang-froid et sans plaisir1 ou que bi5 peu1 celui de la curiosit#c1 le mo9dre1 le d]ni] dans l'*elle des s5sations4 ,curiosit encore1 il faut le dire1 un peu d*>me1 tonne seulem5t de ne voir ri5 d'tonnant4 ,un gr& homme ressemble tant aux autres hommes6 ,aurais-je cru cela1 et qu'un ,lam>t9e1 un de ,mai/re1 n'euss5t pas quelque *ose de plus qu'huma94 ,j'avais cru a9si dans ma navet au ,cayla1 mais ,p>is m'a t cette illusion et bi5 d'autres4 ,voil le mal de voir et de vivre1 c'e/ de laiss] t\tes les plus jolies *oses d]rire4 ,note #c3 ,erreur 7,ms47 ,,xxxii4 ,la p5se de l'tat de son frre dev5u sa propre p5se la suit t\j\rs4 ,on assi/e p> ce j\rnal cette p]man5ce du s5tim5t4 ,le #bb mai4 ,si jamais tu lis ceci1 mon ami1 tu auras l'ide d'une affection p]man5te1 ce quelque *ose p\r quelqu'un qui v\s occupe au c\*]1 au lev]1 dans le j\r et t\j\rs1 qui fait tri/esse ou joie1 mobile et c5tre de l'me4--,en lisant un livre de gologie1 j'ai r5contr un lphant fossile dc\v]t dans la ,laponie1 et une pirogue dt]re dans l'le des ,cygnes1 en creusant les fondations du pont des ,invalides4 ,me voil sur l'lphant1 me voil dans la pirogue1 faisant le t\r des m]s du ,nord et de l'le des ,cygnes1 voyant ces lieux du temps de ces *oses3 la ,laponie *aude1 v]doyante et peuple1 non de na9s1 mais d'hommes beaux et gr&s1 de femmes s'en allant en prom5ade sur un lphant1 dans ces =ts1 s\s ces monts ptrifis auj\rd'hui2 et l'le des ,cygnes1 blan*e de fleurs1 et de leur duvet1 oh6 que je la tr\ve belle6 ,et ses habitants1 qui sont-ils8 que font-ils dans ce co9 du globe8 ,desc5dant comme n\s de l'exil d'd51 connaiss5t-ils sa naissance1 sa vie1 sa *ute1 sa lam5table et m]veilleuse hi/oire2 cette ve p\r laquelle il a p]du le ciel1 tant de malheur et de bonheur ensemble1 tant d'esprances dans la foi1 tant de l>mes sur leurs enfants1 tant et tant de *oses que n\s savons1 que savait peut-tre avant n\s ce peuple dont il ne re/e qu'une plan*e8 ,naufrages de l'humanit que ,dieu seul connat1 dont il a ca* les dbris dans les pr(ondeurs de la t]re1 comme p\r les drob] notre curiosit6 ,s'il en laisse voir quelque *ose1 c'e/ p\r n\s appr5dre que ce globe e/ un abme de malheurs1 et que ce qu'on gagne remu] ses entrailles1 c'e/ d'y dc\vrir plus de cimetires4 ,la mort e/ au fond de t\t1 et on creuse t\j\rs comme qui *]*e l'immortalit6 ,,lam>t9e4 7,la suite au pro*a9 entreti547 ,x,ce ,,entreti54 ,,de ,,la ,,litt,,rature ,,de ,l',,me4 ,,j\rnal ,,intime ,d',,une ,,jeune ,,p]sonne ,mlle de ,gur94 7,,troisi,,me ,,p>tie47 ,i4 ,et son frre m\rut1 en effet1 quelques sema9es aprs ces lignes1 au ,cayla1 le v5dr$i #ai juillet #ahci4 ,elle cont9ue lui crire dans l'autre vie4 ,c>1 dit-elle1 en m'empruntant ces deux v]s3 444,o l't]nit rside ,on retr\ve jusqu'au pass6 ,oh6 que n\s avons pri ce mat9 sur ta tombe6 moi1 ta femme1 ton pre et tes soeurs6 ,s\v5ir de l'enfance du mort4 ,le #d aot4 p>eil j\r v9t au monde un frre que je devais bi5 aim]1 bi5 pleur]1 hlas6 ce qui va s\v5t ensemble4 ,j'ai vu son c]cueil dans la mme *ambre1 la mme place o1 t\te petite1 je me s\vi5s d'avoir vu son b]ceau1 qu& on m'am5a de ,gaillac1 o j'tais1 p\r son baptme4 ,ce baptme fut pompeux1 ple9 de fte1 plus qu'aucun autre de n\s1 m>qu de di/9ction4 ,je j\ai beauc\p et je rep>tis le l5dema91 aimant =t ce petit enfant qui v5ait de natre4 ,j'avais c9q ans4 ,deux ans aprs je rev9s1 lui portant une robe que je lui avais faite4 ,je lui mis sa robe et le m5ai p> la ma9 le long de la g>5ne du nord1 o il fit quelques pas t\t seul1 les premi]s1 ce que j'allai annonc] en gr&e joie ma mre3 ,maurice1 ,maurice a m>* seul6 ,s\v5ir qui me vi5t t\t m\ill de l>mes4 ,le #f aot4 ,j\rne de prires et de pieuse consolation3 pl]9age de ton ami1 le sa9t abb de ,rivires1 ,&illac1 o il a dit la messe1 o il e/ v5u pri] avec tes soeurs prs de ta tombe4 ,oh6 que cela m'a t\*e2 que j'ai bni dans mon coeur ce pieux ami ag5\ill sur tes re/es1 dont l'me1 p>-del ce monde1 s\lageait la ti5ne s\ffrante1 si elle s\ffre6 ,maurice1 je te crois au ciel4 ,oh6 j'ai cette confiance1 que tes s5tim5ts religieux me donn5t1 que la misricorde de ,dieu m'inspire4 ,dieu si bon1 si compatissant1 si aimant1 si ,pre1 n'aurait-il pas eu piti et t5dresse p\r un fils rev5u lui8 ,oh6 il y a trois ans qui m'afflig5t2 je v\drais les effac] de mes l>mes4 ,mon ,dieu1 tant de supplications ont t faites6 ,mon ,dieu1 v\s les avez ent5dues1 v\s les aurez exauces4 mon me1 p\rquoi es-tu tri/e et p\rquoi me tr\bles-tu8 ,le #ac aot4 ,beso9 d'crire1 beso9 de p5s]1 beso9 d'tre seule1 non pas seule1 avec ,dieu et toi4 ,je me tr\ve isole au milieu de t\s4 solitude vivante1 que tu s]as longue6 ,le #ag aot4 ,comm5c lire les ,sa9ts ,dsirs de la mort1 lecture de mon gt4 ,mon me vit dans un c]cueil4 ,oh6 oui1 ent]re1 ensevelie en toi1 mon ami2 de mme que je vivais en ta vie1 je suis morte en ta mort4 ,morte t\t bonheur1 t\te esprance ici-bas4 ,j'avais t\t mis en toi1 comme une mre en son fils2 j'tais mo9s soeur que mre4 ,te s\vi5s-tu que je me comp>ais ,monique pleurant sur ,augu/91 qu& n\s p>lions de mes afflictions p\r ton me1 cette *re me dans l'erreur8 ,que j'ai dem& ,dieu son salut1 pri1 suppli6 ,un sa9t prtre me dit3 ,votre frre revi5dra4 ,oh6 il e/ rev5u1 et puis il m'a quitte p\r le ciel1 p\r le ciel1 j'espre4 ,il y a eu des signes vid5ts de grce1 de misricorde dans cette mort4 ,mon ,dieu1 j'ai plus v\s bnir qu' me pla9dre4 ,v\s en avez fait un lu p> les s\ffrances qui ra*t5t1 p> l'acceptation et la rsignation qui mrit5t1 p> la foi qui sanctifie4 ,oh6 oui1 cette foi lui tait rev5ue vive et pr(onde2 cela s'e/ vu dans des actes religieux1 des prires1 des lectures1 et dans ce bais] la croix fait avec tant d'me et d'am\r un peu avant de m\rir6 ,oh6 moi qui le voyais faire1 qui le reg>dais tant dans ses d]nires actions1 j'ai dit1 mon ,dieu1 j'ai dit qu'il s'en allait en p>adis4 ,a9si f9iss5t ceux qui s'en vont dans la vie meilleure4 ,maurice1 mon ami1 qu'e/ ce que le ciel1 ce lieu des amis8 ,jamais ne me donn]as-tu signe de l8 ,ne t'ent5drai-je pas1 comme on dit que quelquefois on ent5d les morts8 ,oh6 si tu le p\vais1 s'il exi/e quelque communication entre ce monde et l'autre1 revi5s6 ,je n'aurai pas peur un soir de voir une app>ition1 quelque *ose de toi moi qui tions si unis4 ,toi au ciel et moi sur la t]re1 oh6 que la mort n\s sp>e6 ,j'cris ceci la *ambrette1 cette *ambrette tant aime o n\s avons tant caus ensemble1 ri5 que n\s deux4 ,voil ta place et l la mi5ne4 ,ici tait ton portefeuille si ple9 de secrets de coeur et d'intellig5ce1 si ple9 de toi et de *oses qui ont dcid de ta vie4 ,je le crois1 je crois que les vnem5ts ont influ sur ton exi/5ce4 ,si tu tais demeur ici1 tu ne s]ais pas mort4 ,mort6 t]rible et unique p5se de ta soeur4 ,le #bj aot4 ,hi] alle ,cahuzac ent5dre la messe p\r toi en union de celle que le pr9ce de ,hoh5lohe (frait en ,allemagne p\r dem&] ,dieu ta gurison1 hlas6 dem&e trop t>d4 ,qu9ze j\rs aprs ta mort1 la rponse e/ v5ue m'apport] d\leurs au lieu d'esprance4 ,que de regrets de n'avoir pas p5s plus tt ce moy5 de salut1 qui en a sauv tant d'autres6 ,c'e/ sur des faits bi5 tablis que j'avais eu rec\rs au sa9t ?aumaturge1 et je croyais tant au miracle6 ,mon ,dieu1 j'y crois encore1 j'y crois en pleurant4 ,maurice1 un torr5t de tri/esse m'a pass sur l'me auj\rd'hui4 ,*aque j\r agr&it ta p]te1 agr&it mon coeur p\r les regrets4 ,seule dans le bois avec mon pre1 n\s n\s sommes assis l'ombre1 p>lant de toi4 ,je reg>dais l'endroit o tu v9s t'asseoir il y a deux ans1 le premi] j\r1 je crois1 o tu fis quelques pas dehors4 ,oh6 quel s\v5ir de maladie et de gurison6 ,je suis tri/e la mort4 ,je v\drais te voir4 ,je prie ,dieu t\t mom5t de me faire cette grce4 ,ce ciel1 ce ciel des mes1 e/-il si lo9 de n\s1 le ciel du temps de celui de l't]nit8 pr(ondeur6 my/res de l'autre vie qui n\s sp>e6 ,moi qui tais si en pe9e sur lui1 qui *]*ais tant t\t savoir1 o qu'il soit ma9t5ant1 c'e/ f9i4 ,je le suis dans les trois demeures1 je m'arrte aux dlices1 je passe aux s\ffrances1 aux g\ffres de feu4 ,mon ,dieu1 mon ,dieu1 non6 ,que mon frre ne soit pas l1 qu'il n'y soit pas6 ,il n'y e/ pas2 son me1 l'me de ,maurice p>mi les rpr\vs6444 ,horrible cra9te1 non6 ,mais au purgatoire o l'on s\ffre1 o s'expi5t les faiblesses du coeur1 les d\tes de l'me1 les demi-volonts au mal4 ,peut-tre mon frre e/ l qui s\ffre et n\s appelle dans les gmissem5ts comme il faisait dans les s\ffrances du corps3 ,s\lagez-moi1 v\s qui m'aimez4 ,oui1 mon ami1 p> la prire4 ,je vais pri]2 je l'ai tant fait et le f]ai t\j\rs4 ,des prires1 oh6 des prires p\r les morts1 c'e/ la rose du purgatoire4 ,sophie m'a crit1 cette ,sophie1 amie de ,m>ie1 qui m'aime en elle et vi5t me consol]4 ,mais ri5 d'huma9 ne console4 ,je v\drais all] en ,afrique port] ma vie quelqu'un1 m'employ] au salut des ,arabes dans l'tablissem5t de ,mme ,vial>4 ,mes j\rs ne me sembl]ai5t pas vides1 inutiles comme ils sont4 ,cette ide de clotre qui s'en tait alle1 qui s'tait retire devant toi1 me revi5t4 ,le rosi]1 le petit rosi] des ,coques1 a fleuri4 ,que de tri/esses1 de cra9tes1 de s\v5irs pan\is avec ces fleurs1 r5f]ms dans ce vase donn p> ,m>ie1 emport dans notre voyage1 avec n\s dans la voiture de ,t\rs ,bordeaux1 de l ici6 ,ce rosi] te faisait plaisir2 tu te plaisais le voir1 p5s] d'o il v5ait4 ,je voyais cela et comme tai5t jolis ces petits b\tons et cette petite v]dure4 ,le #bb aot4 ,mis au doigt la bague antique que tu avais prise et mise ici il y a deux ans1 cette bague qui n\s avait tant de fois fait rire qu& je te disais3 ,et la bague8 ,oh6 qu'elle m'e/ tri/e voir et que je l'aime6 ,mon ami1 t\t m'e/ relique de toi4 ,la mort n\s revtira de t\te *ose4 ,consolante p>ole que je vi5s de mdit]1 qui me revt le coeur d'esprance1 ce pauvre coeur dp\ill4 ,comme j'aime ses lettres1 ces lettres qui ne vi5n5t pas6 ,mon ,dieu1 recevez ce que j'en s\ffre et t\tes les d\leurs de cette affection4 ,voil que cette me m'attri/e1 que son salut m'inquite1 que je s\ffrirais le m>tyre p\r lui mrit] le ciel4 ,exaucez1 mon ,dieu1 mes prires3 clairez1 attirez1 t\*ez cette me si faite p\r v\s connatre et v\s s]vir6 ,oh6 quelle d\leur de voir s'g>] de si belles intellig5ces1 de si nobles cratures1 des tres =ms avec tant de faveur1 o ,dieu semble avoir mis t\tes ses complaisances comme en des fils bi5-aims1 les mieux faits son image6 ,ah6 qu'ils sont pla9dre6 que mon me s\v5t les pleure avec ,jsus v5u p\r les sauv]6 ,je v\drais le salut de t\s1 que t\s pr(it5t de la rdemption qui s't5d t\t le g5re huma94 ,mais le coeur a ses lus1 et p\r ceux-l on a c5t fois plus de dsirs et de cra9te4 ,cela n'e/ pas df5du4 ,jsus1 n'aviez-v\s pas votre ,jean bi5-aim1 dont les aptres disai5t que1 p> am\r1 v\s f]iez qu'il ne m\rrait pas8 ,faites qu'ils viv5t t\j\rs1 ceux que j'aime1 qu'ils viv5t de la vie t]nelle6 ,oh6 c'e/ p\r cela1 pas p\r ici que je les aime4 pe9e1 hlas6 si l'on s'y voit4 ,je n'ai fait que l'ap]cevoir2 mais l'me re/e dans l'me4 ,le #be aot4 ,tri/esse et communion2 pleur en ,dieu2 crit ton ami2 lu ,pascal1 l'tonnant p5seur4 ,j'ai recueilli cette p5se sur l'am\r de ,dieu1 qu'on aime sans le connatre3 ,le coeur a ses raisons que la raison ne compr5d pas4 ,bi5 s\v5t j'ai s5ti cela4 ,,ii4 ,et comme elle dsire que t\te la nature en convulsion s'associe p> un m\vem5t dsordonn la convulsion de sa d\leur6 ,le #bf aot4 ,quelques g\ttes de pluie sur la t]re ard5te4 ,peut-tre orage ce soir1 ramass p> ces vapeurs4 ,qu'il tonne1 qu'il passe des torr5ts d'eau et de v5t6 je v\drais du bruit1 des sec\sses1 t\t ce qui n'e/ pas ce calme affaissant4--,si j'crivais sa vie1 cette vie si jeune1 si ri*e1 si r>e1 si ratta*e tant d'vnem5ts1 tant d'intrts1 tant de coeurs6 peu de vies semblables4 ,le #bg aot4 ,je ne sais1 sans mon pre1 j'irais peut-tre jo9dre les soeurs de ,sa9t-,joseph1 ,alg]4 ,au mo9s ma vie s]ait utile4 ,qu'en faire prs5t8 ,je l'avais mise en toi1 pauvre frre6 ,tu me disais de ne pas te quitt]4 ,en effet1 je suis bi5 demeure prs de toi p\r te voir m\rir4 ,un ecce homo1 l'homme de d\leur1 t\s les autres d]rire celui-l4 ,s\ffrances de ,jsus1 sa9ts dsirs de la mort1 uniques p5ses et mditations4 crit ,l\ise comme ,m>ie2 il fait bon crire celle-l4 ,et lui1 p\rquoi ne pas crire1 ton frre8 ,s]ait-il mort aussi8 ,mon ,dieu1 que le sil5ce m'effraye prs5t6 p>donnez-moi t\t ce qui me fait peur4 ,l'me qui v\s e/ unie1 qu'a-t-elle cra9dre8 ,ne v\s aim]ais-je pas1 mon ,dieu1 unique et vritable et t]nel am\r8 ,il me semble que je v\s aime1 comme disait le timide ,pi]re1 mais pas comme ,jean1 qui s'endormait sur votre coeur4 ,div9 repos qui me manque6 ,que vais-je *]*] dans les cratures8 ,me faire un oreill] d'une poitr9e huma9e1 hlas6 j'ai vu comme la mort n\s l'te4 ,plutt m'appuy]1 ,jsus1 sur votre c\ronne d'p9es4 ,le #bh aot4 ,sa9t ,augu/9 auj\rd'hui1 ce sa9t qui pleurait si t5drem5t son ami et d'avoir aim ,dieu si t>d4 ,que je n'aie pas ces deux regrets3 oh6 que je n'aie pas cette d\leur deux tran*ants1 qui me f5drait l'me la mort6 ,m\rir sans am\r1 c'e/ m\rir en enf]4 ,am\r div91 seul vritable4 ,les autres ne sont que des ombres4 ,accablem5t1 poids de d\leurs2 essayons de s\lev] ce mont de tri/esse4 ,que faire8 ,oh6 que l'me e/ ignorante6 ,il faut s'atta*] ,dieu1 celui qui s\lve et le vaisseau et la m]4 ,pauvre nacelle que je suis sur un ocan de l>mes6 ,,iii4 ,la srnit revi5t avec la lumire et revi5t seule4 ,le #cj aot4 ,qu'il faisait bon ce mat9 dans la vigne1 cette vigne aux rais9s *asselas que tu aimais6 ,en m'y voyant1 en mettant le pi$ o tu l'avais mis1 la tri/esse m'a rempli l'me4 ,je me suis assise l'ombre d'un c]isi]1 et l1 p5sant au pass1 j'ai pleur4 ,t\t tait v]t1 frais1 dor de soleil1 admirable voir4 ,ces appro*es d'automne sont belles1 la temprature ad\cie1 le ciel plus nuag1 des te9tes de deuil qui comm5c5t4 ,t\t cela1 je l'aime1 je m'en sav\re l'oeil1 m'en pntre jusqu'au coeur1 qui t\rne aux l>mes4 ,vu seule1 c'e/ si tri/e6 ,toi1 tu vois le ciel6 ,oh6 je ne te pla9s pas4 ,l'me doit gt] d'ineffables ravissem5ts444 ,le plus gr& malheur de la vie1 c'e/ d'en rompre les relations4 ,je v\lais envoy] mon ami les deux gr5ades du gr5adi] dont il a travaill le pi$ quelques j\rs avant sa mort4 ,ce fut son d]ni] m\vem5t sur la t]re6 ,,iv4 ,le #f octobre4 l'heure qu'il e/1 midi1 premi] diman*e d'octobre1 j'tais ,p>is1 j'tais dans ses bras1 place ,notre-,dame-des-,victoires4 ,un an pass1 mon ,dieu6--,que je fus frappe de sa maigreur1 de sa t\x1 moi qui l'avais rv mort dans la r\te6--,n\s allmes ensemble ,sa9t-,sulpice la messe1 une heure4 ,auj\rd'hui ,l5t91 dans la pluie1 les poignants s\v5irs et la solitude444 ,mais1 mon me1 apaise-toi avec ton ,dieu que tu z reu dans cette petite glise4 ,c'e/ ton frre1 ton ami1 le bi5-aim s\v]a9 que tu ne v]ras pas m\rir1 qui ne te manqu]a jamais ni en cette vie ni en l'autre4 ,consolons-n\s dans cette esprance1 et qu'en ,dieu on retr\ve t\t ce qu'on a p]du4 ,si je p\vais m'en all] en haut2 si je tr\vais dans ma poitr9e ce s\ffle qui vi5t le d]ni]1 ce s\ffle des m\rants qui porte l'me au ciel1 oh6 je n'aurais pas beauc\p de regrets la vie4 ,mais la vie1 c'e/ une preuve1 et la mi5ne e/-elle assez longue2 ai-je assez s\ff]t8 ,qu& on se porte au ,calvaire1 on voit ce que cote le ciel4 ,oh6 bi5 des l>mes1 des d*irem5ts1 des p9es1 du fiel et du v9aigre4 ,ai-je gt de t\t cela8 ,mon ,dieu1 tez-moi la pla9te1 s\t5ez-moi dans le sil5ce et la rsignation au pi$ de la ,croix1 avec ,m>ie et les femmes qui v\s aimr5t4 ,le #ai octobre4 ,trois mois auj\rd'hui de cette mort1 de cette sp>ation4 ,oh6 la d\l\reuse date1 que nanmo9s je veux crire *aque fois qu'elle revi5dra4 ,il y a p\r moi une si atta*ante tri/esse dans ce ret\r du #ai1 que je ne puis le voir sans le m>qu] dans ma vie1 puisque je note ma vie4 ,eh6 qu'y mettrais-je ma9t5ant1 si je n'y mettais mes l>mes1 mes s\v5irs1 mes regrets de ce que j'ai le plus aim8 ,c'e/ t\t ce qui v\s vi5dra1 v\s qui v\lez que je cont9ue ces cahi]s1 mon t\s les j\rs au ,cayla4 ,j'allais cess] de le faire1 il y avait trop d'am]tume lui p>l] dans la tombe2 mais puisque v\s tes l1 frre vivant1 et avez plaisir de m'ent5dre1 je cont9ue ma caus]ie intime2 je ratta*e v\s ce qui re/ait l1 tomb bris p> la mort4 ,j'crirai p\r v\s comme j'crivais p\r lui4 ,v\s tes mon frre d'adoption1 mon frre de coeur4 ,il y a l-d$ans illusion et ralit1 consolation et tri/esse3 ,maurice p>t\t4 ,c'e/ donc auj\rd'hui #ai octobre que je date p\r v\s et que je m>que ce j\r comme une poque dans ma vie1 ma vie d'isolem5t1 de solitude1 d'inconnue qui s'en va v]s quelqu'un du monde1 v]s v\s ,p>is1 comme peu prs1 je v\s l'ai dit1 je crois1 si ,eu/oquie1 de son ds]t de ,be?lem1 et crit quelque lgant *evali] roma94 ,le contra/e e/ piquant1 mais ne m'tonne pas4 ,quelqu'un1 une femme1 me disait qu' ma place elle s]ait bi5 emb>rasse p\r v\s crire4 ,moi1 je ne compr5ds pas p\rquoi je le s]ais4 ,ri5 ne me gne avec v\s1 en vrit1 pas plus qu'avec ,maurice2 v\s m'tes lui au coeur et l'intellig5ce4 ,c'e/ ce po9t de vue que se met notre intimit4 ,v4 ,elle cont9ue d'crire ,m4 d',aurevilly qu'aimait son frre et dont elle a fait son frre d'adoption4 videmm5t elle l'et aim1 elle l'aima peut-tre en mmoire de celui qu'elle avait p]du4 ,l'am\r e/ comme t\tes les passions1 il a des ret\rs inatt5dus4 ,le #bj octobre4 ,la belle mat9e d'automne6 ,un air transp>5t1 un lev] du j\r radieusem5t calme1 des nuages en monceaux1 du nord au midi1 des nuages d'un clat1 d'une c\leur molle et vive1 du coton d'or sur un ciel bleu4 ,c'tait beau1 c'tait beau6 ,je regrettais d'tre seule le voir4 ,j'ai p5s notre pe9tre et ami1 ,m4 ,augi]1 lui qui s5t si bi5 et pr5d sitt le beau dans son me d'arti/e4 ,et puis ,maurice1 et puis v\s1 je v\s aurais v\lu voir t\s s\s mon ciel du ,cayla2 mais devons-n\s n\s r5contr] jamais plus sur la t]re8 ,en allant au ,posad\1 j'ai v\lu pr5dre une fleur trs-jolie4 ,je l'ai laisse p\r le ret\r1 et j'ai pass p> un autre *em94 ,adieu ma fleur4 ,qu& j'y revi5drais1 o s]ait-elle8 ,une autre fois je ne laiss]ai pas mes fleurs en *em94 ,que de fois cep5dant cela n'arrive-t-il pas dans la vie8 ,diman*e auj\rd'hui4 ,revu ,&illac cette tombe t\te v]doyante d'h]be4 ,comme c'e/ v5u vite1 ces plantes6 ,comme la vie se hte sur la mort1 et que c'e/ tri/e notre vue6 ,que ce s]ait dsolant1 sans la foi qui n\s dit que n\s devons r5atre1 sortir de ces cimetires o n\s semblons disp>us6 ,le #ba octobre4 ,tonn]re1 orage1 tempte au dehors1 mais calme au d$ans1 ce calme d'une m] morte1 qui a sa s\ffrance aussi bi5 que l'agitation4 ,le repos n'e/ bon qu'en ,dieu1 ce repos des mes sa9tes qui1 avant la mort1 sont sorties de la vie4 ,heureux dgagem5t6 ,je meurs d'envie de t\t ce qui e/ cle/e3 c'e/ qu'ici-bas t\t e/ vil et porte un poids de t]re4 ,le #a;er novembre4 ,quel anniv]saire6 ,j'tais ,p>is1 assise seule dans le salon devant une table1 p5sant1 comme prs5t1 cette fte des sa9ts4 ,il v9t1 ,maurice1 me tr\v]1 caus] un peu d'me et de coeur1 et me donna un cahi] de papi] avec un ,je veux que tu m'crives l ton t\s les j\rs ,p>is4 ,oh6 pauvre ami6 je l'ai bi5 crit1 mais il ne l'a pas lu6 ,il a t enlev si subitem5t1 si rapidem5t1 avant d'avoir le temps de ri5 faire1 ce jeune homme n p\r tant de *oses1 ce semblait4 ,mais ,dieu en a dispos autrem5t que n\s ne p5sions4 ,il e/ de belles mes dont n\s ne devons voir ici que les app>5ces1 et dont l'entire ralisation s'a*ve ailleurs1 dans l'autre vie4 ,ce monde n'e/ qu'un lieu de transition1 comme les sa9ts l'ont cru1 comme l'me qui press5t le quelque autre "p le croit aussi4 ,eh6 quel bonheur que t\t ne soit pas ici6 ,impossible1 impossible6 ,si n\s f9issions la tombe1 le bon ,dieu s]ait m*ant1 oui1 m*ant1 de crer p\r quelques j\rs des cratures malheureuses3 horrible p5s]4 ,ri5 que les l>mes font croire l'immortalit4 ,maurice a f9i son temps de s\ffrance1 j'espre1 et auj\rd'hui je le vois t\t mom5t p>mi les bi5heureux2 je me dis qu'il doit y tre1 qu'il pla9t ceux qu'il voit sur la t]re1 qu'il me dsire o il e/1 comme il me dsirait ,p>is4 ,ah6 mon ,dieu1 ceci me rappelle que n\s tions ensemble p>eil j\r l'an d]ni]2 que j'avais un frre1 un ami que je ne puis plus ni voir ni ent5dre4 ,plus de rapports aprs tant d'intimit6 ,c'e/ en ceci que la mort e/ dsolante4 ,p\r le retr\v]1 cet tre aim et tant uni au coeur1 il faut plong] dans la tombe et dans l't]nit4 ,qui n'a pas ,dieu avec soi en cet effroi1 que dev5ir8 ,que dev5ez-v\s1 v\s1 ami tant att]r p> sa mort1 qu& votre d\leur se t\rne v]s l'autre monde8 ,oh6 la foi ne v\s manque pas1 sans d\te3 mais avez-v\s une foi consolante1 la foi pieuse8 ,p5sant que trop que v\s ne l'avez pas1 je me pr5ds v\s pla9dre amrem5t4 ,les sollicitudes que j'avais cet g>d p\r son me de frre1 se sont t\tes portes sur la vtre1 presque aussi *re4 ,je ne puis pas dire quel degr je l'aimais1 ni auquel je l'aime3 c'e/ quelque *ose qui monte v]s l'inf9i1 v]s ,dieu4 ,l je m'arrte2 cette p5se s'atta*e un million de p5ses mortes et vives1 mais surt\t mortes2 mon mmor&um1 comm5c p\r lui1 cont9u p\r v\s au mme j\r1 dat de quelque joie l'an d]ni] et ma9t5ant t\t de l>mes4 ,mon pauvre ,maurice1 j'ai t dlaisse en une t]re o il y a l>mes cont9uelles et cont9uelles angoisses4 ,le j\r des ,morts4 ,voil les feuilles sans sve ,qui tomb5t sur le gazon2 ,voil le v5t qui s'lve ,et gmit dans le vallon4 444444444444444444444444 ,c'e/ la saison o t\t tombe1 ,aux c\ps r$\bls des v5ts3 ,un v5t qui vi5t de la tombe ,moissonne aussi les vivants4 7,,lam>t9e47 ,il y a peu d'annes n\s disions cela2 n\s rcitions ces v]s1 ,maurice et moi1 errant sur des feuilles s*es1 le j\r des ,morts4 ,mon ,dieu1 le voil tomb lui aussi1 lui si jeune1 le d]ni] n de la famille1 que je comptais bi5 laiss] en ce monde1 ent\r d'enfants qui m'aurai5t pleure comme leur mre6 ,au lieu de cela1 c'e/ moi qui pleure2 c'e/ moi qui vois une tombe1 o e/ r5f]m t\t ce que j'ai eu d'esprance1 de bonheur en affection huma9e4 ,oh6 que cela dp5d de t\tes *oses et porte l'me afflige lo9 de cette vie1 v]s le lieu o n'e/ pas la mort6 ,pri1 pleur1 crit1 ri5 autre *ose auj\rd'hui4 t]rible fte des morts6 ,,vi4 ,son amiti ambigu p\r ,m4 d',aurevilly se rvle en t\te occasion et en t\te circon/ance4 ,le #f novembre4 ,je n'ai pas crit hi] et n'crirai pas de suite4 ,que f]iez-v\s de trois c5t soixante-six de mes j\rs presque uni=mes1 voir1 un an durant1 pass] des flots p>eils8 ,la div]sion fait l'intrt des yeux et de l'esprit1 c> n\s ne n\s plaisons qu'en curiosit4 ,o il n'y a pas de n\veau1 on s'ennuie4 ,il y a eu tels j\rs d'immobilit o j'ai s\hait la f\dre4 ,que s]ait donc p\r v\s mon calme p]ptuel8 c>1 except ce qui me vi5t du coeur ou monte la tte1 ri5 ne fait m\vem5t dans ma vie4 ,dans ce mom5t1 je r5tre d'une petite prom5ade au soleil1 et ri5 ne b\ge aut\r de moi1 que quelques m\*es qui b\rdonn5t l'air *aud4 ,seule au gr& mona/re ds]t4 ,ce pr(ond et complet isolem5t me fait vivre une heure comme ont vcu des annes les ermites1 hommes et femmes1 ces mes retires du monde4 ,sans so9s matriels1 sans p>ole qu'intrieure1 sans s5tim5ts que d'intellig5ce1 sans vie que celle de l'me3 il y a dans ce dgagem5t une lib]t ple9e de j\issances1 un bonheur inconnu1 que je crois bi5 que p\r faire dur] on puisse all] ca*] c5t lieues du ds]t4 ,aussi en tait-il qui quittai5t la c\r p\r cela1 comme sa9t ,arsne et tant d'autres qui1 ayant gt des deux1 ne v\lur5t pas ret\rn] au monde4 ,c'e/ que le monde occupe encore la vie1 mais ne la remplit pas4 ,le #ab novembre4 ,il fut un temps o je dcrivais avec *>me les mo9dres petites *oses4 ,quatre pas dehors1 une c\rse au soleil trav]s *amps ou dans les bois1 me laissai5t beauc\p dire4 ,e/-ce p>ce que je disais ,lui1 et que le coeur f\rnit abondamm5t8 ,je ne sais1 mais1 n'ayant plus le plaisir de lui faire plaisir1 ce que je vois n'(fre pas l'intrt que j'y tr\vais jadis4 ,cep5dant ri5 au dehors n'e/ *ang1 c'e/ donc moi au d$ans4 ,t\t me devi5t d'une mme c\leur tri/e1 t\tes mes p5ses t\rn5t la mort4 ,ni envie ni p\voir d'crire4 ,qu'crirais-je d'ailleurs qui v\s ft bon1 v\s qui je v\drais tant de bi51 qui il e/ difficile d'en faire8 ,tr\v dans un livre une feuille de rose fltrie1 qui sait depuis qu&8 ,je me le dem&e en rev5ant sur les pr9temps passs1 sur les j\rs et les lieux o cette rose a fleuri2 mais ri5 ne revi5t de ces *oses p]dues4 ,ce n'e/ pas un malheur d'tre une fleur sans date4 ,t\t ce qui pr5d my/re a du *>me4 ,cette feuille dans ce livre m'intresse plus qu'elle n'et pu faire sur sa rose et son rosi]4 ,j'en ai quitt de lire4 ,p\r peu qu'on ait l'me rfl*issante1 il y a de quoi s'arrt] *aque in/ant et se mettre p5s] sur ce qui se prs5te dans la vie4 ,le #ad novembre4 ,rev5ue encore ma solitude complte4 ,mon pre e/ all *]*] quelques livres dans une biblio?que vois9e4 ,je ne sais ce qu'il apport]a4 ,j'ai dem& ,notre-,dame de ,p>is1 que jusqu'ici je n'avais pas v\lu lire4 ,p\rquoi le lirai-je prs5t8 ,c'e/ que je me s5s le coeur assez mort p\r que ri5 ne lui puisse nuire2 qu'on dit qu'il y a des beauts l-d$ans que j'ai envie de connatre1 et qu'un homme de ,dieu qui a du crdit sur moi m'a dit que je p\vais faire cette lecture1 et que le mal e/ annul p> la faon de le voir4 ,le diable mme1 qu& il dplat1 que peut-il8 ,le r5contr] n'e/ pas le pr5dre4 ,peut-tre s]ait-il mieux de re/] dans l'ignorance de t\t livre et de t\te *ose2 mais je ne me s\cie pas non plus de savoir4 ,ce n'e/ pas p\r m'in/ruire1 c'e/ p\r m'lev] que je lis2 t\t m'e/ *elle p\r le ciel1 mme ce petit cahi] que j'atta*e une p5se cle/e4 ,dieu le connat4 ,qu& ,dieu ne v]rait pas t\t1 je lui f]ais t\t voir4 ,je ne saurais me pass] de l'approbation div9e en ma vie et mes affections1 mais peu m'enqui]s de celle des hommes1 encore mo9s des femmes4 ,le #ae novembre4 ,mon ,dieu1 mon ,dieu1 quel j\r6 le j\r de son m>iage4 p>eille heure1 un an pass1 n\s tions l',abbaye-aux-,bois1 lui1 v\s1 moi1 moi ct de lui4 ,je vi5s d'une glise aussi1 et d'auprs de lui sur sa tombe4 ,le #af novembre4 ,plus ri5 mis hi] aprs ces lignes4 ,il e/ des s5tim5ts qui dpass5t t\te expression4 ,dieu sait dans quel abme j'tais plonge et accable des s\v5ances de noces4 ,c'tait lui et sa belle fiance ag5\ills devant l'autel1 le ,pre ,buquet les bnissant et leur p>lant d'av5ir1 la f\le assi/ante1 le *ant de l'orgue1 cette qute p\r les pauvres o j'avais quelque emb>ras1 la signature la sacri/ie1 tant de tmo9s de ce brillant contrat avec la mort4--,la r5contre dehors d'un *> funbre2 le djeun] ct de v\s o v\s me disiez3 ,que votre frre e/ beau6 o n\s p>lmes tant de sa vie2--la soire1 le bal o je dansai p\r la premire et d]nire fois4 ,je dois ,maurice des *oses uniques4 ,le plaisir de lui voir l'air cont5t1 d'tre sa fte1 et au fond de cette joie des s]rem5ts de coeur1 et cette horrible vision des c]cueils aut\r du salon1--poss sur ces tab\rets longs et draps franges d'arg5t4 ,oh6 que je fus glace au sortir de leur *ambre1 en toilette avec des fleurs p\r le bal1 que cela me vnt6 ,j'en f]mai les yeux4 ,j\rne1 soire si div]sem5t mmorables1 date de tant de d\leurs1 je n'en puis t] mon me4 ,je m'enfonce en t\tes ces *oses1 et qu& je songe t\t ce que j'avais mis de bonheur dans un tre qui n'e/ plus ma9t5ant qu'en s\v5ir1 j'en pr\ve une 9n>rable tri/esse1 et j'en appr5ds ne faire fond sur aucune vie ni sur ri54 ,il y a un c]cueil entre le monde et moi2 c'e/ f9i du peu qui m'y p\vait plaire4 ,j'ai des li5s de coeur1 plus aucun de bonheur1 de fte4 ,maurice et moi n\s n\s t5ions intrieurem5t p> des rubans roses4 ,t\t m'tait riant en lui1 t\t me plaisait1 jusqu'aux pe9es3 mon ,dieu6 mon ,dieu6 avoir p]du cela6 que v\lez-v\s que j'aime prs5t8 ,le #ag novembre4 ,belle j\rne radieuse1 *aleureuse1 un ple9 air de soleil4 ,cela ravive1 fait du bi51 tant s5tir qu' j\ir1 qu' admir]4 ,quoiqu' prs5t je m'in=me beauc\p mo9s de l'tat du ciel qu'hlas6 il y a quelques mois1 du temps du malade1 je vois avec plaisir un beau j\r1 la seule jolie *ose voir la campagne en novembre4 ,ah6 hi] au soir1 belle surprise aussi de votre lettre4 ,je ne l'att5dais pas sitt1 ni presque si aimable1 quoique ce ne soit pas surpr5ant2 mais t\te di/9ction qui me t\*e me surpr5d t\j\rs un peu4 ,je ne sais quoi cela ti5t4 ,puis j'ai tr\v dans cette lettre des *oses qui m'ont afflige1 de ces *agr9s *rti5s de l'me p\r une pauvre me de frre1 p\r quelqu'un qui dit3 ,je ne prie pas4 ,dieu sait l-dessus ce que je p5se1 ce que je s\ffre4 ,j'ai l'intrt de la vie future de ceux que j'aime1 et qui n'y croi5t pas1 tant en croyance et tant coeur1 que1 p\r le leur procur]1 je s\ffrirais avec joie le m>tyre4 ,ceci n'e/ pas une exagration1 mais bi5 pris dans t\te la raison et le s5tim5t de la foi4--remb]t1 ,m>ie qui arriv5t6 ,le #bh novembre4 ,laiss enf]m depuis qu9ze j\rs4 ,que de *oses dans cette lacune qui ne s]ont nulle "p1 pas mme ici6444 ,repris p\r not] une lettre de ,m>ie1 ma belle amie1 qui tremble de me croire malade4 ,hlas6 non1 je ne s\ffre pas dans mon corps4 ,oh6 que je tr\ve inutile d'crire6 ,,vii4 ,mille ret\rs de s5tim5ts consols1 graves1 dc\rags1 rev5ant en arrire1 c\rant en avant1 emports1 /agnants1 s\levs1 affaisss t\r t\r1 signal5t cette priode de sa vie4 ,le #aj dcembre4 ,enf9 p\rrai-je crire8 ,que de fois j'ai pris la plume depuis huit j\rs1 et la plume m'e/ tombe des doigts sans ri5 faire6 ,il y a eu tant de tri/esse dans mon me1 tant de sec\sses dans mon tre6 ,dieu6 je semblais t\*] ma f91 une sorte d'anantissem5t moral4 ,que cet tat e/ t]rible6 ,ri5 n'apaise1 ri5 ne s\ti5t3 travail1 repos1 livres1 hommes1 t\t e/ dgt4 ,on v\drait m\rir4 ,dans cette lutte1 l'me sans foi s]ait p]due1 oh6 p]due1 si ,dieu ne se montre2 mais il ne manque pas1 mais quelque *ose d'inatt5du vi5t d'en haut4 ,,viii4 #ahdj sonne et la rembrunit encore1 les ,notes c\r5t comme des pas de la vie entrans sur une p5te incl9e4 ,ce monde n'a ri5 p\r elle1 elle s'habitue en sortir4 ,je tr\ve une lettre de ma *re ,m>ie 7,mme de ,mai/re7 sur mon *evet1 mon rveil ce mat94 ,aurore d'un beau j\r1 tant en moi qu'au dehors2 soleil au ciel et dans mon me3 ,dieu soit bni de ces d\ces lueurs qui raviv5t p>mi les angoisses6 ,je sais bi5 que c'e/ recomm5c]1 mais on s'e/ repos un mom5t et on m>*e avec plus de =ce ensuite4 ,la vie e/ longue1 il faut de temps en temps quelques cordiaux p\r la c\rse3 il m'en vi5t du ciel1 il m'en vi5t de la t]re1 je les pr5ds t\s1 t\s me sont bons1 c'e/ ,dieu qui les donne1 qui donne la vie la rose6 ,les lectures pieuses1 la prire1 la mditation =tifi5t2 les p>oles d'amiti aussi s\ti5n5t4 ,j'en ai beso93 n\s avons un ct du coeur qui s'appuie sur ce qu'on aime2 l'amiti1 c'e/ quelque *ose qui se ti5t bras bras4 ,comme ,m>ie me donne le si5 t5drem5t1 et que je me tr\ve bi5 l6 ,a9si n\s irons jusqu' la mort3 ,dieu n\s a unies4 ,,ix4 ,vi5t ensuite un long rcit de l'agonie et de la mort de son frre1 t\*ant comme une passion de l'amiti2 n\s le retran*ons1 c> il faudrait le lire t\t enti]4 ,c'e/ l'am\r qui grave les s5tim5ts p> les plus m5us dtails4 ,elle s'int]rompt p\r c\t] au mois d'avril *ant] une grive3 ,tri/e date du #b avril6 ,la vie e/ t\te c\pe de d\leurs4 ,les oiseaux n'ont pas de *agr9 sans d\te1 du mo9s la grive qui *ante t\t auj\rd'hui s\s ma f5tre4 ,joyeuse petite bte6 ,je me suis mise l'c\t] bi5 des fois1 pr5dre plaisir ces sifflem5ts1 gaz\illem5ts et salutations au pr9temps4 ,ces *ants d\x et rj\issants s\s un g5vri]1 montant avec l'air dans ma *ambrette1 sont d'un effet que je ne puis dire4 ,val5t9o n'en appro*e pas p\r le *>me3 ,val5t9o o j'ent5dais p\rtant quatre-v+ts musici5s et du ,bee?ov54 ,prfr] cela une pauvre petite grive1 dcidm5t je suis une sauvage6 ,x4 ,un ret\r sur elle-mme3 ,mon me p\rtant n'a ri5 qui lui pse1 ri5 qui lui donne un remords4 ,j'ai vcu heureusem5t lo9 du monde1 dans l'ignorance de presque t\t ce qui porte au mal ou le dveloppe en n\s4 l'ge o les impressions sont si vives1 je n'en ai eu que de pieuses4 ,j'ai vcu comme dans un mona/re2 aussi ma vie doit tre incomplte du ct du monde4 ,ce que je sais s\s ce rapport me vi5t presque d'in/9ct1 d'inspiration1 comme la posie1 et m'a suffi p\r p>atre conv5ablem5t p>t\t4 ,un c]ta9 tact m'av]tit1 me donne le s5s des *oses et des airs d'habitude l o je me tr\ve le plus s\v5t trangre444 ,le #bj avril1 ret\r de jeunesse aussi3 son oiseau favori e/ rev5u *ant] sur le g5vri]1 s\s sa f5tre4 ,oh6 c'tait bi5 un rossignol que j'ai ent5du ce mat94 ,c'tait v]s l'aurore et sur un rveil1 en sorte que j'ai cru avoir rv2 mais je vi5s d'ent5dre encore1 mon musici5 e/ arriv4 ,je note cela t\s les ans1 la v5ue du rossignol et de la premire fleur4 ,ce sont des poques la campagne et dans ma vie4 ,l'ouv]ture du pr9temps si admirablem5t belle e/ a9si m>que1 et le ret>d ou l'avancem5t des saisons4 ,mes *>mants cal5dri]s ne s'y tromp5t pas1 ils annonc5t au ju/e les beaux j\rs1 le soleil1 la v]dure4 ,qu& j'ent5ds le rossignol ou que je vois une hirondelle1 je me dis3 ,l'hiv] a pris f91 avec un plaisir indicible4 ,il y a p\r moi r5aissance hors de la froidure1 des br\ill>ds1 du ciel t]ne1 de t\te cette nature morte4 ,je rev]dis comme un br9 d'h]be1 mme moralem5t4 ,la p5se rep>at et t\tes ses fleurs4 ,puis le *agr9 revi5t accumul sur lui-mme3 on press5t la mort4 ,plusieurs j\rs depuis cette nuit de *ants et d'orages4 ,comme le temps occupe peu d'espace6 ,une fois pass1 ce n'e/ ri54 ,dans ce peu d'espace on p\rrait faire entr] un sicle4 ,je n'y vois ri51 quoi qu'il soit v5u dans l'hi/oire de ma vie1 p>ce que t\t re/e au d$ans1 que je n'ai plus d'intrt ri5 racont]1 ni moi ni autre *ose4 ,t\t meurt1 je meurs t\t4 ,je meurs d'une l5te agonie morale1 tat d'indicible s\ffrance4--,va1 pauvre cahi]1 dans l'oubli avec ces objets qui s'van\iss5t6 ,je n'crirai plus ici que je ne repr5ne vie1 que ,dieu ne me ressuscite de ce tombeau o j'ai l'me ensevelie4 ,maurice1 mon ami6 il n'en tait pas a9si de moi qu& je l'avais4 ,p5s] lui me relevait au plus =t d'un abattem5t2 l'avoir en ce monde me suffisait4 ,avec ,maurice1 je ne me s]ais pas ennuye entre deux montagnes4 ,la nature immortelle prvaut encore un mom5t4 ,entre autres beaux effets du v5t la campagne1 il n'en e/ pas qui soi5t beaux comme la vue d'un *amp de bl t\t agit1 b\illonnant1 ondulant s\s ces gr&s s\ffles qui pass5t en abaissant et s\levant si vite les pis p> monceaux4 ,il s'en fait1 p> le m\vem5t1 comme de grosses b\les v]tes r\lant p> milli]s l'une sur l'autre avec une grce inf9ie4 ,j'ai pass une demi-heure contempl] cela et me figur] la m]1 surface v]te et bondissante4 ,oh6 que je v\drais rellem5t voir la m]1 ce gr& miroir de ,dieu1 o se reflt5t tant de m]veilles6 ,,xi4 ,le #a;er juillet4 ,j'ent5ds la premire cigale2 quel plaisir6 ,je reois un *>mant billet de ,m4 de ,sa9te-,beuve1 cet homme exquis dont je reois l'criture vivante4 ,m4 de ,sa9te-,beuve avait r5du son frre ,maurice une ju/ice qui et t bi5 plus ju/e si elle s'tait adresse la soeur6 ,le frre1 trop l\1 ne faisait que dclam] ce que la soeur s5tait et s\pirait demi-voix4 ,,xii4 ,la *ambre s'gaye de deux n\veaux htes4 ,le #bh juillet4 ,deux petits oiseaux1 deux compagnons de ma *ambrette1 les bi5v5us1 qui *ant]ont qu& j'crirai1 me f]ont musique et accompagnem5t comme les pianos qui j\ai5t ct de ,mme de ,/al qu& elle crivait4 ,le son e/ inspirateur2 je le compr5ds p> ceux de la campagne1 si lg]s1 si ari5s1 si vagues1 si au has>d1 et d'un si gr& effet sur l'me4 ,que doit-ce tre d'une h>monie de sci5ce et de gnie1 sur qui compr5d cela1 sur qui a reu une organisation musicale1 dveloppe p> l'tude et la connaissance de l'art8 ,ri5 au monde n'e/ plus puissant sur l'me1 plus pntrant4 ,je le compr5ds1 mais ne le s5s pas4 ,dans ma pr(onde ignorance1 j'c\t]ais avec autant de plaisir un grillon qu'un violon4 ,les in/rum5ts n'agiss5t pas sur moi ou bi5 peu4 ,il faut que j'y compr5ne comme un air simple2 mais les gr&s conc]ts1 mais les opras1 mais les morceaux tant vants1 langue inconnue6 ,qu& je dis opras1 je n'en ai jamais ou1 seulem5t ent5du des ouv]tures sur les pianos4 ,p>mi les fruits df5dus de ce p>adis de ,p>is1 il e/ deux *oses dont j'ai eu envie de gt]3 l',opra et ,mlle ,ra*el1 surt\t ,mlle ,ra*el1 qui dit si bi5 ,rac9e1 dit-on4 ,ce doit tre si beau6 ,,xiii4 mesure que le *agr9 lui retire sa vie1 elle *]*e videmm5t la ret5ir in/9ctivem5t p> quelques riantes images1 rm9isc5ces impuissantes de la jeunesse4 ,la prire me dsaccable1 une conv]sation1 le gr& air1 les prom5ades dans les bois et les *amps4 ,ce soir1 je me suis bi5 tr\ve d'un repos sur la paille1 au v5t frais1 reg>d] les batteurs de bl1 joyeuses g5s qui t\j\rs *ant5t4 ,c'tait joli de voir tomb] les flaux en cad5ce et les pis qui dans5t1 des femmes1 des enfants1 sp>ant la paille en monceaux1 et le van qui t\rne et vanne le gra9 qui se trie et tombe pur comme le from5t de ,dieu4 ,ces paisibles et riantes scnes font plaisir et plus de bi5 l'me que t\s les livres de ,m4 ,hugo1 quoique ,m4 ,hugo soit un puissant criva91 mais il ne me plat pas t\j\rs4 ,je n'ai pas lu encore sa ,notre-,dame1 avec l'envie de la lire4 ,il e/ de ces dsirs qu'on g>de en soi4 ,le l5dema91 autre scne4 ,sans date4 ,huit j\rs de visites1 de monde1 de bruit1 quelques conv]sations aimables1 un pisode en ma solitude4 ,c'e/ la saison o l'on vi5t n\s voir1 cette fois-ci c'tait en f\le des allons la campagne1 et la campagne e/ envahie1 le ,cayla peupl1 bruyant1 gai de jeunesse1 la table ent\re de convives inatt5dus1 l'improvis disp5se de crmonie4 ,mais n\s n'en faisons pas1 et qui vi5t n\s voir ne doit s'att5dre qu'au gracieux accueil1 le meilleur qu'il n\s soit possible dans la plus simple expression de =me4 ,a9si nos salons t\t blancs1 sans glace ni trace de luxe aucun2 la salle mang] avec un buffet et des *aises1 deux f5tres donnant sur le bois du nord2 l'autre salon ct avec un gr& et l>ge canap2 au milieu une table ronde1 des *aises de paille1 un vieux fauteuil en tapiss]ie o s'asseyait mon frre1 deux portes vitres sur la t]rasse2 cette t]rasse sur un vallon v]t o c\le le ruisseau6 ,quel mobili] du ,cayla6 ,,xiv4 ,un autre devoir de famille la rappelle ,p>is3 lisez ses apprts de voyage4 ,le #aa novembre4 ,la lune se lve l'horizon o j'ai si s\v5t reg>d3 le v5t s\ffle ma f5tre comme je l'ai si s\v5t ent5du2 je vois ma *ambrette1 ma table1 mes livres1 mes critures1 la tapiss]ie et les sa9tes images1 t\t ce que j'ai vu si s\v5t et que je ne v]rai plus bi5tt4 ,je p>s4 ,oh6 que je regrette t\t ce que je laisse ici1 et surt\t mon pre1 et ma soeur1 et mon frre6 ,qui sait qu& je les rev]rai8 qui sait si je les rev]rai jamais8 ,on c\rt tant de dang]s en voyage6 ,cette r\te de ,p>is e/ si tri/e p\r moi6 ,il me semble que le malheur e/ au b\t4 ,lequel ma9t5ant8 ,je l'ignore4 ,elle confie son pre1 sa cage d'oiseaux1 son *i5 sa soeur3 ri5 n'e/ oubli4 ,elle "p enf94 ,tableau de sa dsolation extrme qu& elle se tr\ve seule dans une aub]ge sur la r\te1 remplie d'indiffr5ts4 ,oh6 que les solitaires ont le coeur vulnrable1 acc\tums qu'ils sont peu de rapports avec le monde1 mais des relations qu'ils aim5t et dont ils sont aims6 ,les vraies d\leurs1 comme le vrai atta*em5t1 sont au ds]t4 ,,xv4 ,elle passe quelques heureux j\rs en ,b]ry1 au *teau de ,sa9t-,m>t91 *ez son amie1 ,mme de ,mai/re4 ,sa9t-,m>t94 ,lire1 crire1 que faire dans ma *ambre si bi5 dispose p\r t\tes *oses de mon gt8 ,un bon feu1 des livres1 une table avec encre1 plume et papi]1 moy5s et attraits4 crivons4 ,mais quoi8 ,eh6 ce petit ,j\rnal qui cont9u]a ma p5se et ma vie1 cette vie ma9t5ant hors de son c\rs ord9aire1 comme si notre ruisseau se tr\vait transport sur les bords de la ,loire1 cette ,loire1 ce pays que je ne devais jamais voir1 tant j'en tais ne lo94 ,mais ,dieu m'a porte ici4 ,je ne puis m'emp*] de voir la ,provid5ce claire comme un ple9 j\r dans c]ta9 vnem5ts de la vie1 non qu'elle ne soit en t\s1 mais plus ou mo9s manife/e4 ,avec un peu plus de gt p\r crire j'aurais pu laiss] ici un long mmor&um de mon sj\r ,sa9t-,m>t91 si beau1 si gr& dans son p>c et ses belles eaux4 ,j'ai vu peu de lieux aussi di/+us1 aussi rem>quables de nature et d'art4 ,on voit que ,l5tre a pass p> l4 ,je vais p>tir avec les s\v5irs les plus agrables et les plus d\x1 tant du d$ans que du dehors3 famille *>mante o je suis adopte1 o j'ai reu les tmoignages les plus t\*ants d'affection1 affection si vraie puisqu'elle e/ ds9tresse4 ,que leur revi5t-il de m'aim]8 ,ri5 que d'tre aims leur t\r et de se faire bnir devant ,dieu4 ,oh6 que cela me s]ait d\x si je ne p5sais pas ,maurice1 qui je dois ce bonheur dont je j\is aprs sa mort6 ,j'ai v\lu voir sa *ambre2 je ne fais pas un pas1 la *apelle1 dans le j>d91 au salon1 qu'il n'ait fait aussi4 ,hlas6 n\s ne faisons que pass] sur le pas des morts4 ,d]ni] dcembre4 ,mon ,dieu1 que le temps e/ quelque *ose de tri/e1 soit qu'il s'en aille ou qu'il vi5ne6 et que le sa9t a raison qui a dit3 ,jetons nos coeurs l't]nit6 ,,xvi4 ,elle r5tra au ,cayla1 vit m\rir son pre1 et1 n'tant plus ret5ue p> un am\r ni p> un devoir1 elle m\rut4 ,ses amis recueillir5t ce ,j\rnal et une p>tie de sa correspondance2 c'tait peu prs t\te sa vie4 ,ri5 n'tait mort d'elle que son app>5ce4 ,t\te sa vie morale tait sauve avec ces reliques crites4 ,et ma9t5ant1 on v\s les a donnes1 les voil1 qu'en p5sez-v\s8 ,quant moi1 j'en p5se ce que les pieux cnobites du quatorzime sicle p5sr5t de l',imitation1 c'e/ qu'il y a des secrets dont ,dieu e/ le confid5t2 j'en p5se ce que les femmes du dix-septime sicle p5sr5t de la correspondance de ,mme de ,svign1 ce livre des c\rs1 je veux dire que ce volume du ,j\rnal de ,mlle de ,gur9 m'a p>u une des plus t\*antes rvlations de l'me huma9e dans nos deux sicles3 le dix-huitime1 avec ses exi/5ces calmes1 puissantes1 recueillies dans la solitude de leurs *teaux1 moiti rurales1 moiti ari/ocratiques1 au fond de leurs prov9ces2 le dix-neuvime1 avec ses orages1 ses r5v]sem5ts1 ses dp\illem5ts1 ses honorables et glorieuses misres1 dem&ant aux lettres ce que la fodalit ne lui donnait plus3 le g5tilhomme sans pe et sans p]ons enseignant les petits enfants p\r un morceau de pa9 dans les mans>des d'un collge de la capitale1 et m\rant jeune de misre aprs avoir cot au dv\em5t d'une soeur accomplie sa dot1 son m>iage1 son bonheur2 et cette soeur1 la fois s\ffrante et heureuse de ce sacrifice1 vivant isole dans les ru9es du *teau pat]nel1 dveloppant son gnie natal et confid5tiel dans des soliloques avec elle-mme ou avec son ,dieu1 et m\rant de tri/esse qu& son frre et son pre lui manqu5t3 ,walt] ,scott seul aurait pu pe9dre une exi/5ce aussi romanesque dans quelque masure d'cosse1 qu& les fidles adorateurs des ,/u>ts sont va9cus1 mais non rallis la rvolution triomphante4 ,,xvii4 ,mais il y a dans l'me de ,mlle de ,gur9 un pr9cipe de vie et d'immortalit qui n'exi/e pas dans les hrones de ,walt] ,scott3 c'e/ le my/icisme ca?olique exalt1 qui donne la vie1 la sa9tet1 l'motion sacre du m>tyre la jeune *tela9e du ,cayla1 et la posie pr(onde du coeur1 qui lve ses confid5ces la hauteur des criva9s asctiques les plus loqu5ts2 c'e/ l'huile onctueuse de cette lampe que le dieu du pass s'e/ allume lui-mme dans les ru9es de son sanctuaire dmoli4 ,que l'on croie ou que l'on ne croie pas la lettre les symboles de sa foi1 on doit reconnatre qu'ils imprim5t t\t ce qu'elle s5t1 t\t ce qu'elle p5se1 t\t ce qu'elle crit1 un c>actre de surnaturel et de s9crit qui en fait le *>me4 ,sans d\te il y a l1 comme dans le livre de l',imitation qui t\*e exclusivem5t au cnobitisme monacal1 quelques signes de sup]/ition qu'on regrette d'y voir2 c'e/ trop puril ou trop pre4 ,on v\drait que la raison huma9e temprt davantage ces pieuses crdulits du c\v5t2 mais1 mesure qu'elle avance dans la vie1 cette foi1 au lieu de s'isol] et de s'aigrir1 s'ad\cit visiblem5t4 ,le contact avec le monde1 qui pntre dans sa solitude avec son frre et les amis de son frre1 leur d\te1 leur *angem5t d'op9ion1 mme qu& ils habit5t avec ce froce esprit1 l'abb de ,lam5nais1 qui avait des fanatismes loqu5ts p\r t\tes les causes et qui ne p]mettait le d\te p]sonne1 p>ce qu'il ne p]mettait de d\t] de ri5 p5dant qu'il affirmait lui-mme1 gnie de l'expression1 n p\r tre le prophte de t\tes les p]scutions comme sa9t ,paul1 ou p\r le *ri/ianisme ou contre lui2 t\t cela avait videmm5t agi sur ,mlle de ,gur94 ,son imag9ation tait re/e pieuse1 sa raison tait dev5ue tolrante2 elle n'avait g>d de ses premires doctr9es que l'am\r qui les sanctifie t\tes4 ,c'tait l'imag9ation de sa9t ,jean qui ne savait qu'un mot1 aim]6 ,,xviii4 ,et comme elle aimait6 ,d'abord sa mre1 puis son pre1 puis ce frre ,maurice1 dans l'me duquel elle se transvase1 puis les amis de ce frre1 dans lesquels elle voit encore et t\j\rs lui1 puis enf91 si l'on en croit des signes non quivoques de sa plume1 cet admirateur de son frre1 ce jeune homme orig9al1 d'un autre temps1 ce *eval]esque palad9 de /yle qui confond la plume avec l'pe1 et qui aime le combat contre son sicle1 p>ce que le sicle e/ nombreux comme une f\le et que lui e/ seul comme l'antagonisme c\rageux1 ,m4 d',aurevilly6 ,son s5tim5t innom p\r ,m4 d',aurevilly e/ un reflet prolong de son s5tim5t p\r son frre1 une aurore borale de l'amiti frat]nelle qui se confond avec l'aurore d'un second am\r4 ,mais il p>at que cet am\r tait n trop t>d et que l'objet n'tait pas libre de l'accept]4 ,elle m\rut donc de deux s5tim5ts tromps1 l'un p> la mort1 l'autre p> la mort du coeur dans lequel elle et aim v]s] le si54 ,fatale de/9e de femme6 ,,xix4 ,mais comme sa belle imag9ation s'enri*it de t\tes ces misres de sa vie6 ,y en eut-il jamais une plus belle et plus pittoresque1 et surt\t plus s5sible8 ,sa9t ,augu/91 ce bel esprit du *ri/ianisme1 except dans les passages qui peign5t sa conv]sion1 ce drame intrieur de sa vie1 vise plus brill] qu' conva9cre2 il veut bl\ir plus qu'm\voir2 d'ailleurs son livre e/ crit p\r le public4 ,montaigne e/ un *>mant gnie1 mais il crit p\r s'amus] lui-mme et p\r amus] ses lecteurs4 ,sa9te ,?rse *ante plus qu'elle n'crit3 c'e/ le ,p9d>e des femmes2 elle e/ s9cre1 mais elle e/ illum9e2 c'e/ le mtore de l'am\r p\r l'idal *rti53 un ,dieu-homme expirant sur la croix6 ,j4-,j4 ,r\sseau a des pages m]veilleuses de description1 d'rotisme et de contemplation de la nature dans ses ,confessions2 mais ce sont des pages d'imag9ation *auffe1 ce n'e/ pas un livre fait p\r n\rrir des mes4 ,on doit en boire une gorge et ca*] la c\pe ses enfants1 de peur qu'ils n'en boiv5t le poison4 ,il y a de l'intimit *>mante dans les scnes des ,*>mettes1 de ,*ambry1 mais c'e/ de l'intimit suspecte3 on ne laisse pas le livre s\s la ma9 des innoc5ts4 ,il en sort du plaisir1 mais aucune v]tu4 ,,xx4 ,mais v\s qui vivez la campagne1 soit dans le *teau dmantel de vos pres1 non lo9 de l'glise du village et des pauvres du hameau1 soit dans la maison mode/e1 *teau nivel de l'honnte b\rgeoisie du dix-neuvime sicle1 levant l des fils1 des filles1 des soeurs tages p> rang d'ge dans la vie1 qui v\s dem&5t des livres la fois intressants et sa9s1 o respir5t dans un /yle en*anteur t\tes les v]tus que v\s *]*ez n\rrir dans votre jeune tribu2 v\s qui1 aprs une exi/5ce laborieuse1 v\s tes retirs moiti de la vie active dans le v]g] de vos pres p\r y soign] les plantes naissantes de/9es v\s remplac] sur la t]re1 et qui v\lez les satur] de bonne heure de ce bon air vital ple9 des dlicieuses s5teurs de l'air2 enf9 v\s qui1 dj vieillis et ds9tresss de votre propre exi/5ce prte f9ir1 v\lez cep5dant jet] un d]ni] reg>d consolant sur les pripties intrieures de ceux qui trav]s5t les s5ti]s que v\s avez trav]ss1 af9 d'y retr\v] vos propres traces et de v\s dire3 ,voil ce que j'ai pr\v1 p5s1 s5ti1 pri dans mes mom5ts de tri/esse ou de consolation ici-bas2 voil la moisson en g]bes odorantes que j'emporte l'autre vie2 mettez "p1 ou plutt g>dez j\r et nuit sur votre *em9e1 comme un cal5dri] du coeur1 non pas ce livre confus o l'on a entass ple-mle les oeuvres du frre et de la soeur p\r que le gnie de l'une fit pass] sur la mdiocrit de l'autre1 mais le volume de ,mlle de ,gur91 cette sa9te ,?rse de la famille1 qui n'a crit que p\r elle seule1 et dont une amiti longtemps di/raite n'a recueilli que bi5 t>d les *efs-d'oeuvre involontaires qu'elle oublia de brl] au d]ni] mom5t4 ,t\t y e/ de cette vie et t\t y e/ de la vie future2 deux mondes enti]s1 le monde naturel et le monde surnaturel s'y dr\l5t p> pages1 notes1 lettres1 effusions secrtes1 dans ce /yle qui n'e/ pas du tal5t1 mais qui e/ la nature6 ,,xxi4 ,v\lez-v\s connatre1 trav]s les murs1 la vie recueillie de ces pauvres manoirs qui ont g>d lo9 du monde les oublis du n\veau sicle1 comme les coquillages des m]s de l',oue/ g>d5t entre leurs cailles1 concasses p> le flux et reflux de l'lm5t des temptes1 les animalcules rejets p> les flots et endormis sur quelques grves isoles de vos rivages8 ,lisez d'un b\t l'autre ,mlle de ,gur93 c'e/ un ,walt] ,scott sd5taire qui fait p>tie du monum5t et qui v\s le dcrit sans y p5s]4 ,elle n'en a pas seulem5t la vue1 elle en a l'intellig5ce et le gt1 elle en fait p>tie1 elle en e/ le c5tre4 ,nulle "p1 pas mme dans ,*ateaubri&1 ce prophte du pass1 la noblesse indig5te de ces manoirs nobles n'e/ si clairem5t dcrite4 ,on y voit le paysage extrieur1 les coll9es lo9ta9es1 le ruisseau au bas1 le m\l9 au bruit monotone1 les *amps v]ts ou jaunes de la moisson1 remontant v]s la maison1 les v]g]s plus haut1 le j>d9 avec ses arbres grles et ses c>rs de lgumes ent\rs de bordures de buis on d'oeillets1 le p]ron enf91 o quelques figui]s empaills l'hiv] et quelques gr5adi]s en caisse tal5t contre les murs leurs l>ges feuilles lapidaires ou fleuriss5t p\r embaum] le seuil4 ,lisez encore ,mlle de ,gur91 si v\s v\lez connatre les habitants de ces antiques demeures4 ,voil le pre rev5ant de ses *amps p\r l'heure des repas1 et embrassant ses enfants qui l'att5d5t p\r pr5dre avec lui le dn] frugal sur la table de la cuis9e1 au milieu de c9q ou six s]viteurs respectueux quoique famili]s4 ,on bnit le pa9 haute voix1 p\r que la reconnaissance prcde le bi5fait4 ,le cidre ou le v9 du pays c\le modrm5t dans le v]re des hommes2 les femmes ou les filles ne boiv5t que l'eau puise dans une tasse de cuivre au seau de la porte4 ,aprs le repas1 on cause un mom5t1 puis le pre r5tre dans sa *ambre1 les filles au salon1 les fils c\r5t leurs jeux dans les prairies ou dans le ruisseau du m\l9 avec les petits paysans de leur ge1 et revi5n5t le soir *>gs du poisson de l'tang ou de la tonte des peupli]s4 ,la plus ge des jeunes p]sonnes s'enf]me seule dans sa petite *ambre p\r lire1 tudi]1 crire1 pri] solitaire4 ,mais qui crira-t-elle8 elle-mme2 elle note simplem5t ses impressions de la j\rne sans p5s] qu'un autre oeil que le si5 sond]a jamais ces d\x my/res4 ,les notes se multipli5t1 les morts survi5n5t1 les d\leurs enseign5t les rsignations1 la religion console1 les t5dresses de famille s'exalt5t et se conc5tr5t dans l'excell5t et malheureux pre1 puis t\t se dcolore except la pit1 et t\t meurt4 ,,xxii4 ,mais d'o vi5t ce /yle simple1 pur et expressif comme l'motion elle-mme8 il vi5t comme il e/ v5u ,mme de ,svign1 ,g]son2 il vi5t1 sans art1 du coeur c\t seul p> la jeune fille qui s'crit elle-mme devant le miroir de ses p5ses4 ,n\s avons vu s\v5t de gr&s pe9tres faire leur propre portrait en se contemplant devant une glace3 mais la pe9ture ne peut r5dre l'image du pe9tre que dans une seule expression1 une seule attitude1 t&is que la plume pe9t la nature morale dans t\te sa mobilit1 dans les mille motions secrtes que la vie donne ceux qui p5s5t1 qui s5t5t1 qui j\iss5t1 qui s\ffr5t1 qui pleur5t ou qui pri5t4 ,quelle diffr5ce6 ,le portrait p> la pe9ture1 c'e/ un seul j\r2 le portrait p> la plume1 c'e/ la vie entire6 ,mlle de ,gur91 c'e/ l'enfance et la maturit1 la solitude et le monde1 la vitalit et la mort1 et aprs la mort l'esprance immortelle qui ressuscite t\t6 ,son livre e/ le voile pudique de l'me1 lev en prs5ce de son ,crateur p> la sa9te impudeur de la confession4 ,cela devait tre brl3 un heureux oubli de la m\rante a t\t laiss1 l'amiti difie a t\t trahi4 ,prtez l'oreille et c\tez ces my/res de l'me4 ,ri5 ne v\s sc&alis]a2 c'tait une femme1 mais c'tait une sa9te6 ,v\s v\s sanctifi]ez en la lisant4 ,quant au /yle1 aprs ce que n\s v\s avons si abondamm5t cit1 n\s n'avons ri5 v\s dire4 ,c'e/ la nature elle-mme6 ,figurez-v\s t\t ce qu'il y a de naf dans l'enfant1 d'aimant dans la jeune vi]ge1 de t5dre dans la fille1 de dv\ dans la soeur1 d'affectueux dans l'amie1 de religieux dans le s5tim5t1 de pittoresque dans le c\p d'oeil1 de dlicat dans la p]ception1 de n\veau dans le s5s des *oses morales et des paysages1 sortant sans prt5tion1 sans tude et sans ef=t1 p5dant v+t ans1 d'une me qui s'oublie elle-mme p\r se rvl] son ,dieu1 et qui tr\ve des acc5ts1 des images1 des s\pirs1 des hymnes1 comme l'clair tr\ve son *em9 dans les nuages1 et comme l'abeille tr\ve son p>fum dans les b\quets du pr9temps sur l'ocan de fleurs de la prairie3 voil ce /yle6 ,ce n'e/ pas une =me de l'art1 c'e/ une manation de la vie qui monte l'me et qui l'enivre de *>me et de sa9tet1 d'un *>me et d'une sa9tet tellem5t fondus ensemble qu'on ne peut pas disc]n] ce qui e/ am\r div9 de ce qui s]ait am\r t]re/re1 ce qui s]ait dlire de ce qui e/ dification1 et qu'en f]mant un mom5t le livre p\r le r\vrir bi5tt aprs une autre note1 on ne peut en dta*] ni son coeur ni son imag9ation3 oui1 voil ce /yle6 ,mille fois au-dessus de l'admiration1 ce qu'il provoque1 c'e/ l'tonnem5t d'abord1 puis c'e/ l'amiti4 ,il e/ impossible de lire ,mlle de ,gur9 sans se dire soi-mme3 ,c'e/ mon amie6 ,son me e/ de mme famille que la mi5ne1 et1 puisque ,dieu m'a p]mis de la connatre dans cette confid5ce1 cette me ne me quitt]a plus jusqu' mon d]ni] j\r4 ,,lam>t9e4