by ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,note de transcription3 ,les erreurs clairem5t introduites p> le typographe ont t corriges4 ,les notes de bas de page sont regr\pes la f9 de *aque *apitre4 ,,isis ,cet ouvrage a t tir dix exemplaires sur papi] de ,holl&e4 ,comte ,a4 de ,villi]s de l',isle-,adam ,,isis ,eritis sicut ,dii4444 ,,le ,,seph]4 ,illu/ration ,,librairie ,,int]nationale ,,p>is1 ,,place ,,/-,,mi*el1 #d ,,bruxelles1 ,,rue ,,royale1 #ae ,a ,monsieur ,hyac9! du ,pontavice de ,heussey1 ,p]mettez-moi1 ,monsieur et bi5 *] ami1 de v\s (frir cette tude en s\v5ir des s5tim5ts de sympa?ie et d'admiration que v\s m'avez inspirs4 ,isis e/ le titre d'un ensemble d'ouvrages qui p>atront1 si je dois l'espr]1 de c\rts int]valles3 c'e/ la =mule collective d'une srie de romans philosophiques2 c'e/ l',x d'un problme et d'un idal2 c'e/ le gr& inconnu4 ,l'oeuvre se df9ira d'elle-mme1 une fois a*eve4 ,croyez1 en att5dant1 que je suis heureux d'inscrire votre nom sur sa premire page4 ,a4 de ,villi]s de l',isle-,adam4 ,p>is1 #b juillet #ahfb4 ,,prol,,gom,,nes ,i4 ,,tullia ,,fabriana ,t\t semble annonc] que le sicle actuel e/ appel voir les luttes les plus ard5tes et les plus dcisives qui se soi5t jamais livres sur les plus gr&s intrts dont l'homme ait droit de se proccup] ici-bas4 ,dom ,,gu,,rang]4 ,,*apitre ,,premi]4 ,italie4 ,il y avait eu soire au palais ,pitti4 ,la du*esse d',esp]ia1 belle dame de la plus gracieuse di/9ction1 avait prs5t t\t ,flor5ce le comte de ,/rally-d',an?as4 ,il annonait de dix-huit v+t ans au plus4 ,il voyageait et v5ait d',allemagne4 ,sa mre tait de l'une des plus illu/res maisons d',italie2 on le savait4 ,il se tr\vait donc alli aux plus hautes noblesses du pays2 la du*esse tait mme un peu sa c\s9e2 qu'il ft prs5t p> elle1 ne s\ffrait aucune difficult4 ,le pr9ce ,=siani1 nomm1 depuis la veille1 ambassadeur de ,toscane en ,sicile1 avait p>u s'intress] lui4 ,c'tait un vieux c\rtisan1 f9 et froid1 mais solidem5t e/im de t\s4 ,dans la mesure de l'indiffr5ce du monde1 il tait assez aim4 ,le jeune homme1 aprs les respectueuses =mules d'usage1 s'tait assis devant une table d'*ecs1 vis--vis de "l ,seym\r1 et le c]cle d'amateurs et d'ennuys m>quants avait environn cette p>tie4 ,on dansait dans les autres salons4 ,des demi-p>oles fur5t *anges t\*ant la conduite de ce jeune ,allem&1 qui j\ait1 au lieu de dans]1 selon son ge4 ,div]s c\rants d'ides remur5t bi5tt1 dans le vague1 aut\r du pr9ce ,=siani1 de la du*esse et de ,m4 de ,/rally1 dont la belle physionomie fut comm5te4 ,ce qui fit s5sation1 ce fut la prs5tation du jeune homme au nonce-lgat 7qui daigna surv5ir v]s les onze heures7 p> le duc d',esp]ia lui-mme4 ,son m95ce avait t =t gracieuse durant cette crmonie3 on tait recomm&1 cela se dev9ait4--,mais p\rquoi l'empressem5t du duc d',esp]ia8 ,n'tait-il pas sur l'ge8--,une vieille dame1 petit comit1 s'avisa d'ins9u]1 entre un s\rire et une glace1 que l'ambassadeur avait div9em5t connu la comtesse de ,/rally1 du temps qu'elle habitait ,flor5ce1 autrefois1--avant son m>iage avec le m>grave d',an?as4 ,cela se dit1 en itali54 ,une deuxime dame1 galem5t sur le ret\r1 jugea naf d'obs]v] que le pr9ce n'tait po9t m>i4 ,ces p>oles comportai5t une somme d'hsitations si pr(onde1 que nul ne p\rsuivit4 ,quant au jeune homme1 il cont9ua la p>tie1 simplem5t4 ,ri5 de significatif ne fut avanc1 comme de raison1 aprs ce peu de mots4 ,dans la soire1 il y eut encore deux fragm5ts d'entreti51 assez dignes de rem>que1 p\r ce qu'ils devai5t s\s-ent5dre4 ,le nonce et la du*esse d',esp]ia causai5t seuls1 d'une voix polie1 depuis une m9ute3 --,et ,votre m95ce y e/ alle8 disait la du*esse4 --,oh6 je suis sr qu',elle n'tait pas au palais1 rpondit le nonce4 ,t\tefois1 comme il s]ait trs utile d'obt5ir un auxiliaire de cette valeur1 je laiss]ai peut-tre un billet1 sam$i1 dans le cas d'une n\velle abs5ce4 --,c'e/ bi5 excessif1 monseigneur4 ,un s\rire itali5 glissa faiblem5t sur les lvres de ,son m95ce1 qui s'loigna dans un lg] salut4 ,le pr9ce ,=siani rev5ait4 ,sur un reg>d indiffr5t de la du*esse d',esp]ia3 --,je p>s p\r ,naples dema9 dans la nuit1 rpondit-il d'un air affable1 mais d'une voix presse et trs basse4 ,je pr5drai ,wilhelm aux ,cas9es1 v]s neuf heures du soir4 ,l'entrevue e/ fixe dix heures4 --,fixe6444 ,v\s l'avez donc vue1 cette belle invisible8 --,dans le salon ducal1 il y a dix m9utes4 ,elle tait seule avec ,son ,altesse royale et l'envoy p]san4 ,peu de secondes aprs1 elle accepta ma ma9 jusqu' sa voiture4--,quelques mots ont suffi4 ,plusieurs cavali]s1 de belles p]sonnes brillantes et satisfaites int]v9r5t4 ,on en re/a l1 sur le my/rieux sujet4 ,il y eut de crmonieuses flicitations1 et v]s deux heures et demie du mat9 l'on se sp>a4 ,le bruit des voitures dim9ua1 la nuit r$ev9t sil5cieuse sur ,flor5ce4 ,,*apitre ,,ii4 ,celui qui devait v5ir4 ,le l5dema91 v]s neuf heures du soir1 le pr9ce ,=siani m>*ait dans une alle des ,cas9es4 ,auj\rd'hui1 les ,cas9es sont les ,*amps-lyses de ,flor5ce4 ,on y r5contre des /atues ca*es dans de va/es murailles de v]dure1 des animaux r>es1 de gr&s arbres taills et des trang]s de t\s les pays4 ,le *teau des gr&s-ducs de ,toscane ne date que de #aghg4 ,en #aghh1 poque o n\s sommes1 il y avait des dcombres1 des veilleurs arms1 des /atues clair-semes1 et des fanaux b>iols de r\ge et de bleu dans le gt vniti51 allums de di/ance en di/ance dans les massifs4 ,d'ailleurs1 gr& isolem5t4 ,le pr9ce ,=siani m>*ait dans l'ombre3 une b\ffe de brise passa dans les feuilles2 il jeta un reg>d aut\r de lui2 c]tes1 il tait bi5 seul4 --,enf96 dit-il avec un s\pir1 laissons cela4 ,dans le c>ref\r de la gr&e alle1 une lant]ne pose sur un amas de pi]res claira sa figure4 ,peu d'in/ants aprs1 un n\vel arrivant1 dont le gr& manteau de vel\rs noir se lu/rait aux reflets des fallots1 s'appro*ait de lui4 ,qu& l'inconnu fut devant le pr9ce1 il ta sa toque et le salua d'un ge/e gracieux4 --,bonsoir1 mon *] ,wilhelm6 fit le pr9ce en lui t5dant la ma94 ,et son manteau c>t laissa voir de ri*es vtem5ts et les belles proportions d'une haute /ature4 ,des cordons brillai5t sur sa poitr9e et se ratta*ai5t au ce9turon de son pe4 ,son visage noble et fi]1 que les symptmes de la vieillesse pro*a9e rehaussai5t de gravit1 p>aissait empre9t de mlancolie4 ,p\r ,wilhelm1 c'tait un spl5dide jeune homme1 ayant de longs *eveux b\cls et noirs1 un air de d\ceur et d'ins\ciance1 un te9t ple et de beaux yeux4 --,bonsoir1 monseigneur6 dit-il1 p>donnez-moi de ne pas tre le premi] au r5dez-v\s1 je devais ma qualit d'trang] de m'g>] en *em94 --,votre bras4 ,ils prir5t le milieu de l'alle4 --,notre belle ,gemma v\s a-t-elle p>l de cette p]sonne laquelle je dois v\s prs5t] dans une heure8 cont9ua ,=siani4 --,la du*esse d',esp]ia m'a dit que ,votre ,altesse p\vait seule444 --,bi54 ,mais voyons6 ,d'aprs ce que v\s en avez ent5du1 quelle ide v\s faites-v\s ce sujet8 --,de la m>quise ,tullia ,fabriana8 --,oui1 dit le pr9ce4 ,le jeune homme hsita1 et rpondit3 --,je me reprs5te une femme dont les actions et les p>oles comm&5t le respect1 et qui1 cep5dant1 laisse une arrire-p5se qui ne satisfait pas4 --,ah6 fit le pr9ce4 ,et il reg>da quelque temps ,wilhelm d'un air songeur4 ,il faisait une demi-obscurit1 des tnbres bleues2 les deux prom5eurs se voyai5t p>faitem5t s\s les arbres4 --,mon *] enfant1 dit-il1 v\s arrivez de votre manoir d',allemagne2 v\s avez dix-sept ans2 v\s savez beauc\p1 et le vieux ,walt] e/ un prcepteur de gnie4 ,v\s tes seul au monde4 ,v\s v\s nommez le comte ,k>l-,wilhelm-,e!lb]t de ,/rally-d',an?as3 v\s desc5dez des ,/rally-d',an?as de ,hongrie p> votre pre1 et des ,tiepoli de ,v5ise p> votre mre2 deux pr9ces et un doge3 c'e/ au mieux4 ,v\s tes ri*e du majorat de votre aeul2 v\s tes brave2 v\s tes =t2 v\s tes beau comme un de ces soirs itali5s1 p> lesquels de belles dames ne ddaign5t pas de commettre un joli rve2 v\s arrivez en ple9e ,italie1 ,flor5ce1 t5t] une =tune de puissance et de gloire2 v\s avez le bonheur d'tre le c\s91 bi5 plus1 le protg de la du*esse d',esp]ia4 ,v\s m'tes recomm& p> le s\v5ir de votre bonne et sa9te mre2 enf91 v\s n'avez qu' v\s montr] p\r rsum] un ge1 o le commun des hommes n'e/ pas visible1 ce que c9quante ans de luttes et de labeurs accablants ne peuv5t donn]4 ,v\s avez la jeunesse6 ,v\s p\vez t\t dem&]1 t\t obt5ir1 peut-tre4 ,v\s v\s y pr5ez d'assez bonne heure p\r mont] vite au sommet d'une ambition ju/ifie4 ,eh bi51 moi qui suis pr9ce1 et qui ne p>ais pas avoir trop me pla9dre de ce monde o v\s entrez1 je v\s eusse dit1 si1 d'aprs une v+ta9e de p>oles1 je n'avais pas tr\v dans votre nature quelque *ose de solide et d'inn1 je v\s eusse dit3 ,ret\rnez dans votre manoir1 p\sez quelque jeune fille v]tueuse et simple1 bnissez le ,dieu qui v\s a fait ce loisir2 aimez1 rvez1 *antez1 *assez1 dormez1 faites un peu de bi5 aut\r de v\s1 et surt\t n'oubliez pas de sec\] la p\ssire de vos bottes1 sur la frontire1 de cra9te d'en empoisonn] vos =ts1 vos montagnes et votre vie4 ,compr5ez-v\s8 --,ne v\lez-v\s pas m'effray]1 monseigneur8 dit ,wilhelm1 assez int]dit de cette conclusion4 ,en admettant que je risque la vie1 je suis seul au monde4 ,il y eut un mom5t de sil5ce4 --,et puis1 on ne meurt qu'une fois6 aj\ta le jeune homme avec ins\ciance4 --,v\s croyez8 dit le pr9ce4 ,a votre ge les mots n'ont qu'un s5s vague1 et plus t>d1 lorsqu'on en voit la pr(ondeur1 le coeur se s]re de /upeur et de dgt4 ,v\s ignorez les froides et cruelles bassesses1 les trahisons env5imes et leurs milli]s de complications ab\tissant l'ennui quotidi52 les amitis envieuses1 ha9euses et s\riantes2 les trames p]fides o l'on p]d l'am\r et la foi1 s\v5t l'honneur et la dignit1 sans qu'on sa*e p\rquoi ni comm5t cela se fait4 ,ah6 v\s tes heureux6 ,laissez aux passions le temps de v5ir1 et v\s compr5drez4 ,v\s croyez1 v\s dont le coeur s'pan\it de bi5veillance et de bont1 v\s p5sez qu'on va s'intress] v\s8 ,dans le monde1 on ne s'intresse qu' ceux que l'on r$\te1 et v\s tr\v]ez1 s\s les dehors les plus attrayants1 l'indiffr5ce et la m*ancet4 ,songez que v\s allez nuire beauc\p de p]sonnes1 p> cela mme que v\s tes ri*e1 que v\s tes jeune1 que v\s tes noble1 c'e/--dire p> t\tes les qualits qui sembl5t devoir v\s faire aim]4 ,au lieu de soleil1 n\s avons des lu/res2 au lieu de visages1 des masques2 au lieu de s5tim5ts1 des s5sations4 ,v\s v\s att5dez des hommes1 des femmes1 des jeunes g5s8 ,ceux qui ni5t les spectres ne connaiss5t pas le monde4 ,mais passons4 ,v\s tes d't(fe rsi/]2 cela suffit4 ,le vieux c\rtisan p>lait d'une manire si naturelle1 que le jeune homme en tressaillit lgrem5t4 --,votre ,altesse daign]a l'av\]1 du mo9s3 les deux premi]s visages que j'ai r5contrs dm5t5t passablem5t le tableau qu'elle vi5t de me faire des autres2 n'e/-ce pas de bon augure p\r l'av5ir8 --,ne me rem]ciez pas1 ,wilhelm6 cont9ua ,=siani4 ,j'ai connu votre mre autrefois1--je v\s le dis encore1--et1 ne fut-ce p\r votre di/9ction et votre *>mant c\rage1 je v\s aim]ais p\r elle4 ,v\s allez tre mis1 aj\ta le pr9ce1 en prs5ce d'une femme d'un esprit hors ligne et d'une influ5ce exceptionnelle4 ,peu de g5s la connaiss5t2 on en p>le peu3 c'e/ cep5dant1 j'en suis p]suad1 la femme la plus puissante de l',italie1 cette heure4 ,on essaie de la circonv5ir1 mais elle ca*e son me et sa p5se avec un inviolable tal5t4 ,comme elle possde l'intuition des physionomies un degr1 voyez-v\s1 mon enfant1 que l'on n'atte9t pas1 elle v\s df9ira ju/e et vite4 ,soyez devant elle ce que v\s tes2 soyez naf1 soyez simple3 elle e/ au-dessus des autres3 donc1 elle peut pr\v] encore un s5tim5t huma94 ,si v\s avez le bonheur d'veill] en elle un m\vem5t de sympa?ie1 amiti1 bi5veillance1 am\r1 n'importe1 v\s n'aurez qu' v\s laiss] un peu conduire les yeux b&s1 v\s arriv]ez o bon v\s sembl]a4 ,je lui ai p>l de v\s4 --,ah6 dit le comte4 ,=siani le reg>da4 --,ce qui m'a surpris1 cont9ua-t-il1 c'e/ le reg>d clair et inacc\tum dont elle accompagna sa phrase3 ,am5ez-le moi1 et l'att5tion inusite qu'elle p>ut pr5dre ce fait de votre rc5te arrive ,flor5ce4 ,elle avait quelque *ose de *ang dans le son de sa voix4 ,je ne lui connaissais pas cette manire1 et je fus assez tonn de ce brusque intrt p\r une *ose d'importance secondaire4 ,enf91 je crois qu'elle dsire v\s voir1 et c'e/ un r>e mrite qu'elle v\s donne l4 --,e/-il possible6 s'cria radieusem5t ,wilhelm4 ,il avait une "q sur les lvres1 mais il n'osa pas int]rompre le pr9ce1 qui le dev9a4 --,elle p>at v+t-quatre ans1 aj\ta ,=siani2 elle en a de v+t-six v+t-sept4 ,il e/ difficile de se figur] une femme plus belle4 ,c'e/ une blonde1 avec un te9t blanc comme cette /atue2 des yeux noirs1 d'une expression admirable6 ,v\s s]ez *>m de la m]veilleuse di/9ction de ses traits et de la d\ceur extraord9aire de sa voix4 ,la simplicit de ses p>oles v\s sembl]a d'abord trs naturelle et d'un gr& laiss]-all]2 puis1 en y reg>dant de prs1 v\s v]rez quelle exactitude mesure1 quelle sret d'elle-mme elle g>de au plus =t de cet app>5t laiss]-all]4 ,c'e/ la plus haute supriorit huma9e1 mon *] enfant2 l'esprit1 con/amm5t matre de lui1 re/e t\j\rs matre des autres4 ,on ne lui a jamais connu ni s\ponn d'amants4 ,une *ose rem>qu]1 c'e/ que1 malgr les passions qu'elle doit excit]1 malgr sa rputation intacte1 son me suprieure1 sa gr&e =tune1 sa noblesse et sa beaut1 nul ne l'a dem&e en m>iage1 je le crois1-- l'exception d'un seul 7qui a t =t polim5t loign1 il e/ vrai72--v\s le connaissez1 c'e/ le g5tilhomme anglais qui t5ait contre v\s hi] au soir4 --,"l ,seym\r8444 s'cria ,wilhelm4 --,plus bas1 *] ,wilhelm2 il e/ inutile qu'on n\s ent5de4 ,oui1 "l ,h5ri ,seym\r4 ,que p5sez-v\s de ce g5tilhomme8 --,je me s5s mo9s attir v]s lui que v]s t\t le monde1 je l'av\e1 dit navem5t le comte4 --,et c'e/ lui que v\s v\s tes adress d'abord1 cont9ua le pr9ce444 ,oui1 je crois de c]ta9es fatalits444--,si v\s tes le bi5v5u *ez la m>quise ,fabriana1 pr5ez g>de "l ,h5ri2 c'e/ un homme projets f9s et viol5ts1 malgr sa froideur4 ,il a div]ses faons cont5ues qui m'ont appris du n\veau sur son c>actre4 ,je regrette de ne p\voir ab&onn]1 p\r veill] sur v\s1 la mission dont je suis *>g1 c> je v\s aime comme mon enfant1 et je cra9s qu'il v\s arrive malheur4 ,il e/ heureux que la du*esse ,gemma v\s ait donn ses bonnes grces444 c'e/ une femme d'expri5ce qui m'av]tirait444 ,voici1 dans t\s les cas1 l'adresse d'un homme assez inconnu1 qui p\rra v\s r5seign] sur la valeur d'une pe bi5 manie4 ,v\s v\s prs5t]ez de ma "p4 ,ils s'arrtr5t s\s les feuillages1 clairs p> un fallot4 ,le pr9ce traa deux lignes ttons sur son g5\4 ,wilhelm s]ra le b\t de papi] dans son p\rpo9t4 ,s'il et t donn quelqu'un de p\voir lire dans son me en ce mom5t1 il y aurait vu l'tonnem5t le plus pr(ond des p>oles et des manires de ,=siani4 --,ah6 c'e/ que v\s me tr\vez dmasqu1 mon *] comte1 dit en riant le pr9ce1 qui le compr5ait4 ,m>*ons un peu de ce ct1 aj\ta-t-il2 voil neuf heures et demie1 et il me re/e beauc\p v\s dire encore4 --,monseigneur1 que v\s tes bon p\r moi6 comme je v\s aime6 --,allons1 m]ci6 fit le pr9ce4 ,je v\s av\e1 *] enfant1 que je ne s]ais pas f* de tr\v] un peu d'amiti s9cre avant de m\rir4 ,et ils reprir5t leur prom5ade s\s les gr&s arbres4 ,,*apitre ,,iii4 ,prom5ade nocturne4 --,voici en peu de mots l'hi/oire de la noblesse assez trange de ,fabriana1 cont9ua le pr9ce4 ,il e/ bon que v\s la connaissiez4 ,tullia ,fabriana desc5d1 p> les femmes1 des ,fabriani vniti5s1 dont sa famille a pris le nom1 et1 p> les hommes1 des ,visconti de ,pise1 lesquels ne sont lis d'aucune p>5t avec ceux de ,milan4 ,les *efs pr9cipaux de cette haute maison fur5t deux jeunes av5turi]s1 ,lamb]to et ,ubaldo ,visconti1 qui1 p> une belle j\rne de l'an de grce #aaib1 je crois1 s'ennuyant de vivre inconnus1 v9r5t1 avec une poigne de paysans1 conqurir peu prs t\t le sud de la ,s>daigne4 ,ce n'e/ gure plus difficile que cela p\r les hommes d'n]gie de t\s les sicles4 ,il y a mme ce sujet une petite hi/oire3 le pape ,innoc5t ,,iii1 prtextant des droits dlgus p> on ne sait trop qui1 ou rev5diquant la conqute et l'autorit de deux sujets dont il se proccupait beauc\p mo9s la veille1 ou faisant purem5t et simplem5t de cet admirable fait d'armes une "q de scribes et de d\anes1 rclama d'eux la rmission des villes conquises4 ,il y eut hsitation4 ,bref1 les ,visconti refusr5t4 ,ce f\gueux pontife les excommunia4 ,devant ce fait1 p>eille poque1 ils n'avai5t que deux p>tis pr5dre3 se s\mettre1 ou fe9dre une s\mission1 et1 dans ce d]ni] cas1 rev5ir en ,italie en tranant leurs petites tr\pes1 db>qu] sur diffr5ts po9ts1 m>*] la nuit1 c]n] le ,trs ,sa9t ,pre1 l'enlev] p> surprise1 inc5di] le ,vatican et en f9ir en s'in/ituant et s'affirmant1 de leur *ef1 plnipot5tiaires des droits de l'glise et s\v]a9s d',italie4 ,ils ne risquai5t ri51 tant dj mis au ban de la dignit huma9e p> la bulle qui pesait sur eux4 ,enc\rir la captivit1 la torture et la mort8 ,de tels soldats ne ti5n5t pas se laiss] pr5dre vivants6 ,s\lev] contre eux une demi-d\za9e de rois et le cl]g d',europe8 ,peut-tre4 ,en reg>dant de prs l'hi/oire de ce temps-l1 on se dem&e s'ils n'aurai5t pas r5contr plus de p>tisans que d'ennemis4 ,mais c'e/ difficile os]1 mme p\r les ,h5ri ,,iv d',allemagne4--,lamb]to ,visconti se s\mit 7ces hommes d'pe672 ce fut seulem5t ,grgoire ,,vi qui leva l'excommunication4 ,un +nieux contrat fut /ipul4 ,lamb]to p\sa une c]ta9e ,gh]>desca1 pro*e p>5te du pape4 ,ubaldo1 rebelle1 cra le judicat des sept villes1 l-bas1 en ,s>daigne1 et g\v]na4 ,cela causa deux p>tis1 dont le foy] v9t se c5tralis] ,flor5ce1 et voil l'orig9e peu connue de cette lutte des ,gibel9s et des ,guelfes4 ,je v\s ai racont cette hi/oire non seulem5t p\r v\s faire apprci] l'excell5ce de la noblesse de ,tullia ,fabriana1 mais aussi p\r v\s indiqu]1 en passant1 comm5t les c\ps de ma91 en app>5ce les plus dv]gonds1 devi5n5t des c\ps d'tat1 et f9iss5t p> s'accept]1 s'en*an] et se ml] d'une manire la fois simple et biz>re1 avec la fluctuation gnrale4--,je v\s prie1 mon *] enfant1 de ne po9t conclure de ceci que je ne suis pas *rti54 ,ces circon/ances ne t\*5t le dogme t]nel en aucune manire1 et1 sans v\loir mme s\s-ent5dre les ,alex&re ,,vi1 les ,urba9 ,v1 les ,jules ,,ii et le re/e1 il y en a1 v\s le savez1 de beauc\p mo9s tolrables dans l'hi/oire univ]selle3 une croyance qui1 malgr tant de sc&ales1 subsi/e depuis tant de sicles1 et tr\ve t\s les j\rs des m>tyrs1 pr\ve p> cela qu'elle signifie quelque *ose2 et cette b&e d'escrocs1 lo9 de s]vir d'argum5ts contre elle1 dmontre la solidit de son trne4 ,je racontais avec imp>tialit2 voil t\t4 --,m]ci1 monseigneur1 dit ,wilhelm4 ,n'tait-ce pas encore un s+uli] *rti5 que ,m4 l'ambassadeur8 --,outre ces deux hommes de gu]re1 cont9ua le pr9ce ,=siani1 notre m>quise compte un bon nombre de noms illu/res1 inscrits au livre d'or de ,v5ise et sur les annales d',italie4 ,elle mne une vie de solitude1 reoit peu et voyage quelquefois4 ,elle e/ seule au monde1 comme v\s1 mais depuis sept ou huit ans4 ,sa mre tait une femme trs simple4 ,de son vivant1 je les ai vues sympa?is]4 ,la m>quise n'en p>le jamais1 non plus que de sa famille3 elle semble1 *ose assez surpr5ante1 avoir oubli l'une et l'autre4 ,je sais qu'elle donne une gr&e "p de sa =tune en aumnes3 c'e/ de la bont2 mais il y a dans sa vie1 peut-tre1 des secrets mo9s ord9aires4 ,je ne la crois pas incapable de gr&es actions4 ,puisse-t-elle1 comme je l'espre1 v\s pr5dre en amiti6 ,dix heures mo9s un qu>t sonnr5t au palais ,pitti4 --,ma9t5ant1 ,wilhelm1 je vais v\s donn] quelques conseils pratiques2 v\s les pr5drez comme p>oles d'un homme qui v\s aime1 et en qui bi5 des *oses se sont f9ies4 ,je p>s dans c9q ou six heures3 je suis d'un ge o l'on peut d\t] de revoir ceux que l'on quitte444 ,il e/ de ncessit que je v\s mette un peu sur vos g>des contre l'exi/5ce4 ,en deux mots1 voici la manire suivre1 si v\s v\lez arriv] haut et vite1 quoiqu'il advi5ne1 et si v\s v\lez re/] digne de votre ambition4 ,v\s ne ressemblez pas la plup>t des jeunes g5s de votre ge1 sans cela j'eusse comm5c p> v\s dire3 ,mon *] comte1 je n'ai pas de conseils v\s donn]4 ,s'il v\s re/e assez de sant et de consci5ce1 dans un an d'ici1 p\r rfl*ir sur v\s-mme et que j'aie le plaisir de v\s retr\v] encore1 j'aurai peu de *ose v\s appr5dre4 ,v\s aurez acquis1 dans cette anne d't\rdissem5ts1 le reg>d ?orique de l'exi/5ce2 mais comme le s5s de la vrit s]a totalem5t branl dans votre coeur1 je v\s s\hait]ai du c\rage4 ,quant prs5t1 bi5 du bonheur et adieu4 ,j'eusse p>l de la sorte4 ,v\s1 mon enfant1 je puis v\s conseill]4 ,oh6 je compr5ds la jeunesse et je ne puis tr\v] f*eux de se dlass] quelquefois1 de se laiss] all] j\ir de ses v+t ans4 ,on n'a v+t ans que peu de j\rs2 mais la vie importante e/ celle dont les actions ne tr\bl5t pas notre dignit1 r5=c5t le s5tim5t sublime de notre esprance1 n\s donn5t la srnit intrieure et n\s autoris5t1 p> cela mme1 pr5dre confiance dans la mort4 ,c'e/ de cette exi/5ce aux luttes difficiles que je dsire v\s p>l]4 ,v\s allez avoir affaire des hommes qui s'e/im5t presque t\s capables de *ang] la face du monde et dont *acun se p5se plus que le vois91 ce qui1 vu de prs1 con/itue le plus clair de l'app>5te galit univ]selle4--,si l'on v\s tr\ve jeune1 ne dites ri52 mais pesez le rsultat social et pratique de l'homme qui v\s tr\v]a jeune1 v\s s]ez tonn de voir comme c'e/1 presque t\j\rs1 nul ou infime4 ,n'c\tez pas t\s ces g5s qui voi5t les *oses de haut2 ils les voi5t de si haut1 qu'ils f9iss5t p> ne plus ri5 di/+u]4 ,ne v\s laissez jamais bl\ir p> leurs affirmations4 ,dcomposez1 en p5se1 *acun des t]mes qui les nonc5t1 et la plup>t du temps v\s tr\v]ez l'ensemble niais ou naf4 ,s\v5t v\s ent5drez un homme dire cep5dant une *ose pr(onde1 et v\s le v]rez divagu] une m9ute aprs4 ,le d]ni] v5u peut dire des *oses pr(ondes6 ,c'e/ de les unir entre elles qui e/ difficile4 ,celui qui le fait1 p> exemple1 e/ un homme4 ,si v\s avez intrt dans une discussion suites srieuses 7n'en faites jamais d'autres7 ce qu'un tel ou un tel ne p>le pas longtemps contre vos ides1 pr5ez-le p> un petit dtail dsagrable de sa conduite ou de sa vie prive3 ne craignez pas d'entr] l-d$ans1 sans faon1 en matre2 et faites voir des spectacles inatt5dus en dilatant cet ennuyeux dtail3 on t]rasse des lions avec des ri5s p>eils4 ,je regrette de ne pas faire cette expri5ce devant v\s1 p\r v\s montr] ce qui en rsulte2 mais ceci n'tant qu'une "q de tact1 v\s devez compr5dre les mille manires gracieuses dont cela s'ent\re4 ,si v\s t5ez ce que votre avis soit accept1 sa*ez ceci3 qu'avoir raison1 c'e/ avoir plus raison4 ,quel b v\s proposez-v\s8 ,am5] vos vues8 ,ne comm5cez donc jamais p> bless] autrui d'une dngation absolue de son avis4 ,dites ce qu'il dit1 et si v\s avez l'au-del1 faites-le lui voir4 ,il y vi5dra de lui-mme2 mais il m\rra sur la br*e plutt que de dmordre que v\s avez tort1 si v\s comm5cez p> ni] ce qu'il dit4 ,ne v\s emportez donc jamais6 dans aucune circon/ance6 ,si v\s n'tes plus matre de vos p>oles1 comm5t le s]ez-v\s des p>oles d'autrui8 ,wilhelm c\tait t\tes ces *oses simples avec une gr&e att5tion4 ,la nuit s'avanait dans le ciel4 ,le pr9ce cont9ua paisiblem5t3 --,et puis1 comte1 il faut avoir de la *>it1 voyez-v\s2 la *>it1 c'e/ le respect du pro*a94 ,en respectant l'homme1 mme le plus tomb1 v\s en f]ez votre *i51 si v\s v\lez1 tant le s5tim5t de sa noblesse e/ lev *ez l'homme4 ,p\r arriv] respect] t\t homme ayant agi d'une manire rvoltante1 il n'y a qu' se faire ce dilemme3 ou cet homme avait une raison p\r commettre tel acte misrable1 ou il n'en avait pas4 ,s'il n'en avait pas1 c'e/ un f\ qu'il faut pla9dre et non jug]1 ni mpris]2--s'il en avait une1 il e/ bi5 vid5t que moi1 d\ de raison comme lui1 galem5t homme1 si j'avais t plac dans les mmes conditions et circon/ances que lui1 si j'avais t p\ss p> les mmes mobiles que lui1 j'aurais fait comme lui1 puisqu'il a fait cela d'aprs une raison4 ,ne jugez donc jamais l'homme et respectez-le t\j\rs1 quoi qu'il ait fait4 ,jugez seulem5t l'action1 p>ce qu'il faut bi5 /atu] sur quelque *ose p\r vivre sociable1 et passez outre4 ,essay] de retr\v] les mobiles n'e/ pas possible2 d'ailleurs1 c'e/ inutile et insondable2 c'e/ d'un autre monde que le ntre4 ,il faut respect] l'homme p>ce qu'on e/ homme et qu'on doit respect] son humanit dans celle d'autrui4 ,quant aux ides d'autrui1 c'e/ une autre affaire4 ,il ne faut pas t5ir l'admiration ou l'indiffr5ce de ces g5s1 dont le blme et l'e/ime obiss5t aux mmes mobiles que le flot qui va et vi5t4 ,e/-ce que cela compte8 ,e/-ce qu'on s'en occupe8 ,c'e/ la p\ssire de la r\te2 c'e/ le v5t qui passe4 ,laissez dire ces p]sonnes qui ne font que rcit] des peu prs t\te leur vie1 en s'imag9ant qu'on ne peut pas y avoir song comme elles4 ,si v\s saviez comme c'e/ peu de *ose1 en rsultat6 ,si v\s saviez comme ce qu'elles font e/ ridicule1 pitoyable et m*ant6 ,t5ez1 la soire d'hi] v\s a sembl t\te agrable2 votre prs5tation au nonce1 t\te simple2 les bonts de la du*esse d',esp]ia1 mon amiti1 t\tes naturelles8 ,v\s ignorez ce que ces faits ont suscit de p5ses viles1 de raisonnem5ts abjects1 de demi-mots infmes6444 ,s\s le masque de srnit1 v\s ne v\s figurez pas ce que je lisais de traductions dans ces petits s\rires rampant comme des vipres sur les lvres de ces beaux jeunes g5s et de ces *>mantes femmes6 ,il m'et suffi de prononc] deux ou trois p>oles lgantes et mesures p\r faire frmir bi5 des v5tails et p\r am5] le sil5ce et la pleur sur l'ins\ciante niais]ie de bi5 de ces figures1 sa*ant ce que pse leur ins\ciance2 mais il faut p>donn] ceux qui ne sav5t ce qu'ils font4 ,v\s v]rez ces galants qui se p]mett5t de raill] une noble action1 en croyant se la df9ir1 p>ce qu'ils en ap]oiv5t un ct leur taille6 ,ils sont prv5ants avec les femmes1 ils ont du coeur devant le dang]1 et po9t d'me en face du ciel1 de la consci5ce et de la cration4--,belles manires1 gants p>fums et m\/a*es f9es6--,tas d'ossem5ts que t\t cela6 ,pr5ez deux mois de pauvret froide p\r m'valu] ces belles dignits6 ,comme v\s les v]riez calcul] et commettre de ces bassesses incroyables1 sans nom1--p\r vivre8 ,pas du t\t6 ,ils agirai5t p> ennui1 fa9antise et l*et1 p\r se procur] le plus petit plaisir4 ,j'ai vu cela tant de fois6444 ,un homme de bon s5s1 qui e/ seul avec deux bons bras et du coeur1 ne peut manqu] exactem5t de vivre p>t\t2 mais ces philosophes e/im5t que le travail e/ une faiblesse4 ,gr& bi5 leur fasse6 ,croyez-v\s qu'une c5ta9e de ces hommes de gt fass5t la monnaie d'un paysan1 qui aime une brave femme1 la bat de temps autre1 lve sa famille1 travaille la t]re1 et daigne pri] ,dieu8444 ,voil cep5dant le monde dans t\te sa spl5deur1 mon *] ,wilhelm6 eh bi56 ne le mprisez pas4 ,v\s ne p\vez compr5dre les =ces d'impulsions gradues v]s l'infamie1 les r\ages de la bassesse et du crime1 les p\ssades ins5sibles qui conduis5t l4 ,ce sont des abmes6 ,plaignez et respectez1 malgr t\t1 si v\s v\lez voir dans la vie quelque *ose444 de plus que la vie6444 ,en un mot1 ayez cette *>it dont je v\s p>lais t\t l'heure4 ,v\s m'avez compris1 n'e/-ce pas8 --,oh6 *] pr9ce6 ,cela met de la glace sur le coeur6 --,oui1 c'e/ assez froid2 mais on s'y habitue4 ,voici des conseils p\r v\s1 ma9t5ant4 ,je v\s sais mode/e1 je suis sr que v\s le s]ez t\j\rs1 en p>oles1 au mo9s1 p> cela seul que la mode/ie e/ l'orgueil logique4 ,v\s tes ri*e1 tant mieux2 mais ne faites jamais de dettes1 qu& mme il s'agirait d'un trne1 p> la simple raison que v\s p\rriez m\rir sans v\s tre acquitt1 que cela s'oublie1 et que si v\s v\lez tre sr de v\s-mme1 il importe que v\s soyez prt m\rir t\te heure1 tel que le sort v\s a fait1 sans ri5 devoir de plus p]sonne4 ,c'e/ de la vraie dignit1 cela4-- ,n'hsitez jamais2 agissez t\j\rs devant l'occasion2 faites n'importe quoi1 mais faites quelque *ose3 t\s les vnem5ts s'entre-val5t1 peu prs1 p\r celui qui en sait tr\v] le jo9t et en extraire la valeur relle3 c'e/--dire1 p\r celui qui sait dc\vrir le plus gr& nombre de rapports possibles de tel vnem5t avec le b absolu de son exi/5ce3 les natures ttonnem5ts n'arriv5t ri5 de solide2 agissez donc t\j\rs devant l'occasion en dployant sur elle t\tes les ress\rces de votre prs5ce d'esprit4--,ne v\s liez jamais avec p]sonne au po9t de v\s livr] en p>oles2 jamais6 cela ne mne ri5 qui vaille1 et cela dim9ue la volont et le respect de son b1 qu& bi5 mme votre ami s]ait l'idal des amis4 ,croyez1 mon *] enfant1 qu'il m'a fallu bi5 s\v5t l'exprim5t]1 p\r le croire6 ,p>lez de *oses indiffr5tes1 laissez dire1 et ne craignez pas de r5dre s]vice au premi] v5u1 eussiez-v\s t afflig v+t fois de l'avoir fait4--,si v\s recevez des avances1 et l'on v\s en f]a1 du c\rage6 ,contraignez votre bon coeur6 ,recevez-les froidem5t2 pas de confid5ces ni d'expansion d'aucun g5re1 ou v\s s]ez mo9s e/im dema94 ,ah6 cela e/ dur1 votre ge2 je le sais2 mais il faut *oisir entre une de/9e obscure ou glorieuse1 et1 le *oix fait1 g>d] une volont de f] sur laquelle un in/ant d'oubli ne puisse mordre4 ,un homme qui risque un av5ir p\r le div]tissem5t de p>l] une m9ute1 d\te de lui-mme cette m9ute et p> consqu5t ne mrite pas de russir4 ,le monde e/ l'homme assez conc5tr1 assez matre de sa volont et de sa p5se1 p\r agir sans rpondre aux autres hommes autre *ose que oui ou non indiffremm5t1 t\te sa vie4 ,ne craignez pas de v\s faire des ennemis1 s'il le faut2--n'a pas d'ennemis qui veut6 ,ils s]v5t beauc\p plus que les amis4 ,les amis ont bi5 assez de s'occup] d'eux-mmes3 les ennemis s'occup5t de v\s et v\s prp>5t de quoi ex]c] votre facult de va9cre les ob/acles4 ,les ob/acles sont aussi ncessaires que le pa94 ,ne faut-il pas des ennemis celui qui veut va9cre8--,qu& v\s p>l]ez1 cont9uez ne pas s\rire ni hauss] les s\rcils1 enf9 g>d] un visage sans mobilit autant que possible444 7,si je v\s dis t\t cela1 c'e/ que je v\s v\drais p>fait1 mon *] enfant47 ,soyez grave et indiffr5t4 ,prononc]ait-on les p>oles les plus =tes1 les plus huma9es1 les plus pr(ondes1 que sembl] t5ir les impos] s]ait s'alin] maladroitem5t l'esprit du monde3 on p>atrait v\loir p>atre1 ce qui tue4 ,wilhelm tait muet d'att5tion4 --,ce que je v\s dis l v\s semble prs5t d'une gr&e simplicit1 n'e/-ce pas8 v\s ne p\vez savoir ce que me cot5t ces conseils4 ,seulem5t1 ,wilhelm1 sa*ez que les sages les plus en r5om1 prophtes ou demi-dieux1 n'ont b\lev]s l'univ]s qu'avec des simplicits de ce g5re1 p>ce que ce sont peu prs les seules exactitudes de la vie et qu'on n'y revi5t 7*ose rellem5t my/rieuse7 qu'aprs avoir fait le t\r de l'exi/5ce4 ,ouvrez les quelques livres laisss p> les gr&s hommes1 comme ces ,bibles1 ces ,koran1 etc41 v\s y tr\v]ez des +nuits surpr5antes1 des *oses que v\s v\s s]iez dites c5t fois de v\s-mme3 ,aimez-v\s les uns les autres6 ,ne faites pas autrui4441 etc4 ,il n'e/ d'autre ,dieu que ,dieu6 etc4 et mille v>iantes4 ,v\s v\s dem&]ez alors comm5t1 avec des phrases de cette navet1 des phrases crites dans le fond de t\tes les consci5ces1 on a pu transfigur] les socits huma9es et s'rig] en prophte ou en ,dieu4 ,le p5seur ne s'arrte pas ces p>oles2 il les tr\ve trop simples2 il oublie s\v5t que la foi n'e/ pas une conviction1 mais un acte3 l'acte de s'assimil] le plus d'vid5ces div9es possible1 *acun dans le mom5t et suivant la sphre o il se tr\ve4 ,ah6 si v\s saviez comme une p>ole1 en app>5ce banale1 conti5t de puissances t]ribles et m>*e vite6 ,voyez3 c9q p>ties compos5t la t]re4 ,il y a l d$ans plus d'un milli>d d'hommes1 t\s trs ent5dus dans leur mti]1 dans leur dtail2 p> qui e/-ce mani1 remu1 g\v]n8 ,p> une c5ta9e de p]sonnages d'une intellig5ce presque t\j\rs bi5 ord9aire4 ,la plup>t d'entre eux se div]tiss5t trs royalem5t1 je v\s assure3 ce sont leurs seuls milieux de gr&eur qui les lv5t2 ils le sav5t1 du re/e1 et en font bon m>* intrieurem5t4 ,t5ez3 l'un deux 7c'e/ de l'hi/oire mod]ne71 aprs avoir eu plus de c5t quatre-v+ts millions d'hommes1--ent5dez-v\s ce *iffre8--en p>tage1 dix-neuf ans2 aprs avoir t le suz]a9 d'une d\za9e de rois1 aprs avoir gagn victoires sur victoires2 aprs avoir t plus gr& que ,cs>1 et avoir possd p\rpre1 h]m9es1 sceptres et triples c\ronnes impriales1 s'en alla t\rn] la s\pe de trois ou quatre mo9es en qualit de frre conv]s1 et lav] leurs div]s u/5siles de mnage1 p> humilit4 ,voyez-v\s ce gu]ri]1 ce gr& politique1 ce f9 lgislateur1 ce matre de l',europe1 enf91 le voyez-v\s ret5ant son froc de bure et accomplissant gravem5t son travail8 ,p5sez-v\s qu'il ne lui fallait pas autant d'intellig5ce1 alors1 qu'autrefois p\r gagn] ,tlemc51 ,rome1 ,pavie1 ,mhlb]g1 etc48 et que cela ne valait pas bi5 ce que faisai5t les d\ze ennuys de ,sutone8 --,oh6 murmura ,wilhelm1 c'e/ vrai64444 ,c'e/ effrayant6 --,p>ce que v\s voyez le mot ,,*>les et le mot ,,qu9t1 et que v\s p]dez l'homme de vue s\s ces deux mots pre/igieux4 ,cela v\s pass]a4 ,il ne faut jamais oubli] le cadavre4 ,cet individu1 comme les autres emp]eurs ou rois1 ne reprs5te cep5dant que la consqu5ce d'une p>ole prononce depuis des sicles4 ,v\s voyez ce qu'un mot peut produire4 ,un tel ouvre la b\*e et articule une ide quelconque p\vant s'appliqu] un fait gnral2 cette ide se dcompose1 s'absorbe et s'assimile d'un milli>d de diffr5tes faons p> le milli>d de diffr5ts c]veaux qui ont un milli>d de manires diffr5tes d'ent5dre les mots et de voir les *oses4 ,*acun l'admire en raison de ce que *acun voit dans son ide 7mise au has>d s\v5t7 et de ce que *acun peut s'en appliqu] d'utile suivant son degr d'intellig5ce1 relativem5t aux fonctions qu'il ex]ce4 ,bref1 d'un commun accord1 l'homme et son ide f9iss5t p> dev5ir miraculeux1 simplem5t p>ce que ouvrir la b\*e1 pr9cipe de l'vnem5t gnral1 e/ dj un miracle4 ,plus l'ide e/ simple1 plus on peut y dp5s] de l'intellig5ce2 plus1 p> consqu5t1 elle provoque de mditations et plus on tr\v]a de p]sonnes v5ir sculairem5t y tass] leur somme d'+nuits4 ,voil t\te l'hi/oire1 ni plus ni mo9s1 mon *] comte1 croyez bi5 cela4 ,cep5dant1 v\s av\]ez que s'il n'y avait pas de raison ce que ce gr& rve s'accomplt1 s'il n'avait ni loi ni b1 s'il n'y avait ri5 au fond de t\tes *oses1 enf91 ce s]ait d'une niais]ie bi5 my/rieuse6444 ,n'en concluez donc pas au mpris de l'humanit1 mais la puissance de la p>ole huma9e4 ,la lune brillait sur les arbres4 ,ses rayons1 trav]s le feuillage1 clairai5t les deux prom5eurs4 ,wilhelm p\vait se croire en ,allemagne4 ,il se taisait2 il c\tait4 --,quant aux femmes1 aj\ta le pr9ce ,=siani1 je crois inutile de v\s faire donn] le soleil de ple9 midi sur une femme du soir1 sur une gracieuse p]sonne sortie dix-huit ans du dortoir1 et qui compte huit ou dix ans de s]vices3 g>dez vos rves6 ,ils val5t mieux que la ralit4 ,seulem5t1 comme je ne ti5s pas1 en df9itive1 v\s laiss] surpr5dre1 je veux v\s mettre en prs5ce d'une femme p\r t\t de bon1 d'une femme que j'e/ime et que j'admire4 ,oui1 je v\s av\e que si je ne vivais pas avec le s\v5ir d'une autre1 s\v5ir qui remplit mon me--et qui me suffit1--la m>quise ,tullia me p>atrait la seule femme possible p\r un homme suprieur4 ,plus je p5se1 plus je tr\ve qu'il y a en elle quelque *ose de trs lev2 et si v\s la t\*ez1 si elle v\s admet dans son intimit1 elle v\s f]a vivre1 dans la haute acception du mot4 ,je l'ai t\j\rs vue ce qu'elle e/3 je la connais depuis une diza9e d'annes1 ayant t trs li avec son pre1 le duc ,blial ,fabriano 7lequel e/ mort empoisonn *ez l'un de ses amis1 cause de ha9es datant de lo9 dans la famille74 ,a cette poque1 elle tait peu de *ose prs ce qu'elle e/ ma9t5ant4 ,au premi] abord1 c'e/ une femme du monde1 p>faitem5t lgante4 ,en y reg>dant de prs1 en faisant bi5 att5tion1 c> elle ne se livre jamais1 et il faut saisir une nuance p\r press5tir cela1 t\s ses *>mants avantages se d=m5t jusqu' des proportions tellem5t indf9issables1 que je veux m'ab/5ir de qualifi] la valeur de son intellig5ce4 ,v\s s]ez probablem5t surpris de ce naturel1 et d'un phnomne assez frappant que prs5te sa conv]sation1 c'e/ le *angem5t d'aspect dont les actions les plus ord9aires sembl5t se revtir lorsqu'elle en p>le4 ,ce que je vais v\s dire e/ peut-tre has>d =ce d'tre grave et anormal1 mais elle a p>fois des p>oles qui veill5t dans l'esprit on ne sait quelles impressions inconnues4441 je ne veux pas dire oublies4 ,au surplus1 v\s v]rez4 ,les s5tim5ts huma9s1 p\r cette trange p]sonne1 mon *] enfant1 sont rduits un mcanisme sr et pr(ond qu'elle fait j\]1 en s\riant1 avec autant de prcision et de fatalit1 que les c\ps d'une comb9aison d'*ecs4 ,une fois elle m'a propos un conseil1 je l'ai suivi2 il a vit une gu]re4 ,il tait positivem5t d'une habilet rem>quable1 et j'en suis encore me dem&] comm5t elle p\vait tre mme de me l'(frir4 ,somme t\te1 je n'ai jamais mieux compris que ce soir que je ne savais ri5 de trs prcis au sujet de ,tullia ,fabriana444 ,vraim5t1 lorsqu'on songe1 il y a du tnbreux dans cette femme6444 aj\ta le pr9ce1 comme se p>lant lui-mme4--7,il y eut un mom5t de sil5ce sur ce mot47--,mais voil dix heures qui sonn5t1 v5ez4 ,ne la jugez pas sur ce qu'elle v\s dira ce soir3 le masque1 v\s savez4--,avez-v\s des *evaux ici prs8 --,oui1 monseigneur1 dit ,wilhelm1 de l'air d'un homme veill en sursaut4 --,bi51 sans quoi je v\s eusse am5 dans ma voiture4 ,donnez-moi votre ma91--encore6--,s\v5ez-v\s en temps et lieu de ce que je v\s ai dit1 et passez-moi ce qu'il y a d'un peu444 suprme444 dans mes petits conseils1 en faveur de ma t5dresse p\r v\s4 --,monseigneur1 je n'oubli]ai jamais cette soire1 dit le jeune homme2 je suis tellem5t mu que je ne sais comm5t p>l] et v\s rem]ci] de t\t mon coeur4 --,*] enfant6444 dit le pr9ce1 avec un long reg>d p5sif1 et il murmura bi5 bas1 dans l'ombre3 ,ah6 belles toiles des nuits de la jeunesse6444 ,am\rs6444 ,en?\siasmes p]dus6 ,voici le pr9temps1 cep5dant les feuilles tomb5t aut\r de n\s autres444 ,pauvre esprance huma9e6--,allons6 *eval6444 dit-il t\t haut4 --,*ri/ian6 appela le comte de ,/rally4 --,monsieur le comte8 dit un n\veau p]sonnage en acc\rant auprs des deux prom5eurs4 ,c'tait un vieux dome/ique4 ,le pr9ce ,=siani le dvisagea d'un c\p d'oeil et p>ut cont5t de son ensemble4 --,nos *evaux6 bi5 vite6 dit le comte4 ,quelques m9utes aprs1 ils s'arrtai5t devant un de ces gr&s palais prs de l',arno2 les portes s'ouvrir5t comme devant des g5s att5dus1 et ils montr5t les degrs de l'imm5se escali] de m>bre444 ,,*apitre ,,iv4 ,premi] aspect de ,tullia ,fabriana4 ,le solitaire e/ ent\r de t\t ce qui agr&it sa raison1 l'lve au-dessus de lui-mme et lui donne le s5tim5t de l'immortalit1 t&is que l'homme du monde ne vit que d'une vie phmre4 ,le solitaire tr\ve dans sa retraite une comp5sation t\s les va9s plaisirs dont il se prive1 t&is que l'homme du monde croit t\t p]du s'il manque de p>atre une assemble1 nglige un spectacle4 7,,zimm]mann1 la ,solitude47 ,en supposant que la femme dont les allures proccupai5t le pr9ce ,=siani ft morte au mom5t o il en p>lait au comte d',an?as1 voici ce qu'il aurait t possible un obs]vateur de rsum] au sujet de l'exi/5ce de cette p]sonne1 s'il et dsir lui consacr] une notice biographique l'usage univ]sel3 ,tullia ,fabriana tait du nombre de ces gr&s esprits1 types suprieurs1 con/itus p> la prcoce expri5ce des vnem5ts1 de la mditation et du monde4 ,ceux-l1 de bonne heure1 avant d'tre ap]u1 avant d'tre entrans dans le c\rant1 se r5d5t compte de l'exi/5ce et1 p> consqu5t1 ont le temps de repli] en eux-mmes leurs gr&es ailes p\r n'en po9t port] ombrage aux autres4 ,a =ce de recon/ruire et de sond] les faits1 elle s'tait dgte de l'action4 ,c]tes1 le r5om des femmes glorieuses avait d rembrunir son beau front plus d'une fois2 mais1 la rflexion1 satisfaite de l'tat peu dp5dant o sa naissance l'avait place1 elle avait pris le p>ti de vivre dans une conc5tration g/e4 ,l'isolem5t lui suffisait4 ,elle tait p>v5ue1 peu peu1 sans app>5te rsolution1 voil] sa vie vritable le plus h]mtiquem5t possible4 ,l'isolem5t6444 ,faveur spciale du de/96 ,privilge dont la prescription e/ dsormais sans appel6--,a qui e/-il donn de p\voir s'isol] auj\rd'hui8 ,les p]sonnes d'une position ri*e ou d'un rang lev acquir5t d'autant plus difficilem5t ce suprme avantage que p> les rapports quotidi5s de leur exi/5ce elles se tr\v5t tre le pr9cipe1 le po9t de mire et le pivot des milli]s de convoitises et d'intrts individuels qui vont se gr\pant1 s'en*anant et s'attnuant jusqu'aux d]ni]s degrs de la hir>*ie sociale4 ,l'humanit se reprs5te en p>tie aut\r d'un seul et le c]ne avec une vigilance et une op9itret motives p> l'ordre des *oses4 ,en considrant ces filires d'indu/ries1 de t\s les sicles et de t\s les pays1 qui vont s'tiquet] et se subdivis] les unes dans les autres jusqu'au po9t o le relatif ne se di/+ue plus1 o le dnm5t1 l'tat p>fait et normal1 se dresse de p>t\t avec son cortge de tri/esses1 on s'tonne mo9s de ce que la p>ole ou le m\vem5t d'un seul dt]m9e cette incalculable srie de pr(its et de prjudices4 ,comme1 d'autre "p1 ces pr(its et ces prjudices sont d'une importance p>fois vitale p\r ceux qu'ils intress5t1 les hommes de recueillem5t1 de travail et de sil5ce pr\v5t de gr&es difficults vit] les insignifiantes dissipations de p>oles et les diffusions de soi-mme que le contact d'autrui ne manque jamais d'entran]4 ,grce au miraculeux quilibre de presque t\tes les socits d',occid5t1 quilibre comb9 sur la rsultante d'un nombre gal de =ces organisantes et de =ces contraires1 le m\vem5t de *acun1 depuis le m5diant jusqu'au pr9ce et depuis le b]ceau jusqu' la tombe1 peut demeur] prvu1 df9i et rgl p> les diffr5ts codes europens4 ,une p>eille rflexion suffirait p\r dmontr] l'impossibilit d'un isolem5t durable dans n'importe quelle ville d',europe4 ,il faut vivre avec ses semblables2 et cette imm5se loi1 comme un filet de rtiaire1 s'enr\le aut\r des p]sonnes prcism5t en raison des ef=ts t5ts p> elles p\r s'en dgag]4 ,nul ne peut s'ab/raire de cette liaison inf9ie4 ,elle va jusqu' r5dre les individus solidaires1 leur insu1 les uns des autres2 et ce qui s]ait de nature tonn] mme le *rti51--si le *rti5 ne g>dait pas t\j\rs1 au fond de sa p5se1 des press5tim5ts de solution p\r t\s les problmes1--c'e/ qu'on ne bron*e pas plus s\v5t1 ne ft-ce qu' cause des m\vem5ts du pro*a91 et qu'on ne tombe pas1 *aque m9ute1--de p> les 9vitables consqu5ces des mo9dres actions1 et grce l'imp]fection des codes1--s\s le c\p d'une fltrissante juridiction correctionnelle4 ,il e/ rem>qu]1 du re/e1 que peu d'hommes *app5t t\te leur vie une atte9te quelconque de la loi4 ,cette affirmation peut surpr5dre2 mais dans l'exi/5ce la plus retire et la plus pure1 il ne s]ait peut-tre pas impossible1 l'aide d'un m9utieux exam51 de dc\vrir au mo9s une petite ta*e lgale1 une trace de dml judiciaire4 ,on n'e/ pas libre de s'loign] des intrts univ]sels1 si indiffr5t qu'on puisse tre1 t\t simplem5t p>ce qu'on fait p>tie des intrts univ]sels4 ,la v]tu1 la dignit1 le bonheur dome/ique de *aque p>ticuli] ne dp5d5t-ils pas d'un ri51 d'un dtail1 d'un ge/e8 ,quel s]ait l'honnte citad9 assez sr de son tempram5t p\r os] affirm] que1 p> exemple1 l'excs d'un v]re de v91 risqu dans les conditions les plus attnuantes1 ne le conduira pas aux bagnes p> ses consqu5ces8444 ,le *rti5 peut dire que cela t5drait pr\v] que notre lib]t1 notre dignit et notre bonheur rels1 ne sont pas de ce monde2--en att5dant1 il n'e/ de rellem5t libres et de rellem5t seuls que ceux auxquels il a t donn de fran*ir1 de sommets en sommets1 la hir>*ie des ides1 p>ce que ceux-l n'(fr5t gure de prise aux s\haits viol5ts et s'inquit5t peu des maux ou des joies que leur prs5te la t]re4 ,ils ne se proccup5t pas outre mesure de vivre ou de m\rir3 t\t se df9it tranquillem5t leurs yeux2 ils font le bi51 selon la plus simple acception du t]me1 autant qu'il leur e/ donn de p\voir le faire1 et ne sav5t ni har ni condamn]4 ,les yeux fixs sur l'idal1 il leur e/ p]mis de jug]1 p>ce qu'ils aim5t et qu'ils p>donn5t4 ,ceux-l puis5t1 dans l'inf9i de cette expansion intrieure1 le pr9cipe de l'immortalit4 ,s'ils daign5t pr5dre "p l'agitation univ]selle1 soldats ou p5seurs1 aux premi]s1 le trne d'or de la loi1 pr9cipe des =ces brutales de la t]re2 aux seconds1 le sceptre de diamant de la p>ole1 pr9cipe des =ces motrices du monde4 ,mais1 aussi1 quelques pr(ondes blessures ca*5t les rayons de leur gloire6 ,sisyphe se conoit-il sans le ro*]8444 ,socrate1 sans la cigu8444 ,prom?e1 sans le vaut\r8444 ,l'g/e dgt et la p]man5te indiffr5ce des autres hommes absorbs p> le dtail n'e/ au fond qu'une s\rde envie dirige contre eux3 en creusant les mobiles de ce s5tim5t on f9it p> le compr5dre et lui faire misricorde3 en e/-il mo9s tri/e8 et ses consqu5ces p\r l'homme hroque en sont-elles mo9s fune/es8444 ,heureux donc1 bi5heureux ceux qui peuv5t1 t\t en planant1 ca*] leur gr&eur6 ,on ne les crucifie pas4 ,tullia ,fabriana se t5ait di/ance1 ayant t\t donn] et peu de *ose recevoir dans l'assez banal comm]ce du monde4 ,ne p\vant rompre t\t fait avec lui1 p> sa position ess5tiellem5t monda9e1 elle ne lui laissait voir que ce qu'il e/ /rictem5t impossible de lui ca*]4 ,le re/e du temps elle vivait d'elle-mme et de sa p5se4 ,dans un entreti51 c'tait une nature pneumatique p> laquelle l'esprit des autres p]sonnes tait rapidem5t ret\rn1 compris et valu leur insu1 en v]tu d'un presque infaillible calcul de ri5s sy/matiss4 ,comme elle savait t\t dire1 elle savait gn] lorsqu'on essayait de s'av5tur] un peu dans sa consci5ce4 ,le secret de cette habilet consi/ait dans l'insaisissable difficult de transitions qu'elle laissait pr\v] entre un po9t de d"p donn et un c\rant d'ides plus expansif4 ,sre m?ode p\r n'tre jamais oblig de froiss] p]sonne et de g>d] les dehors de l'urbanit en cons]vant1 en soi-mme1 l'indiffr5ce solitaire4 ,son ge la secondait un peu1 du re/e1 dans ces sortes de russites4 ,l'abs5ce d'indcision dans le reg>d et dans la t5ue1 qualit qui gnralem5t spcialise les femmes de cette saison1 se press5tait si magntiquem5t dans sa beaut1 que sa vue seule glaait les fadeurs sur les lvres4 ,elle en tait mme arrive un tel po9t de =ce intrieure1 que le s\rire demi-railleur1 semi-pat]nel1 que se p]mett5t d\cem5t1 p> exemple1 les vieux g5til%ommes vis--vis des femmes1--et dont le *>me et la grce clair5t subitem5t leurs visages1--s'tait t\j\rs tr\bl devant la t\te simple et t\te virile dignit de cette my/rieuse p]sonne4 ,quelques tres sont d\s d'un fluide fasc9ateur dont les esprits dis]ts et froids ne peuv5t se r5dre compte et que1 cep5dant1 ils subiss5t d'une manire insurmontable1 inexplicable et s\da9e4 ,le vulgaire1 qui rit et qui passe1 ne croit pas cette supriorit3 peu lui suffit4 ,il ne relve de cet empire que dans les r>es secondes o il se tr\ve en contact avec l'un des tres qui l'ex]c5t4 ,le vulgaire e/ alors semblable ces campagn>ds n>quois qui se moqu5t d'une pile lectrique et *ang5t de visage ds qu'ils ont t\* le fil4 ,il e/ vrai que leur tonnem5t ne dure qu'une heure et se t]m9e p> quelque mot sceptique ou indiffr5t4 ,le vulgaire ne connaissait de ,tullia ,fabriana que son nom et ce nom s'ent\rait d'une aurole de dignit et de respect4 ,il s'manait d'elle un s5tim5t de considration et de sympa?ie pr(ondes qui1 s'imposant naturellem5t t\s ceux qui l'appro*ai5t1 tait accept sans sec\sse ni discussion4 ,la vie e/ un *oix faire3 il ne s'agit que de v\loir gr&ir en soi-mme p\r se s5tir vivre4 ,t\t e/ dans la volont1 p\r n\s6 ,c]ta9es g5s1 s\s prtexte qu'on doit m\rir1 que t\t e/ vanit1 que leurs classiques illusions sont p]dues et autres romances1 s'en ti5n5t ces ap]u d'elles-mmes et1 se refusant aux impressions leves1 tran5t le b\let d'une exi/5ce sans idal4 ,ce sont les premires dupes de leur imprvoyance4 ,un p>eil positivisme rappro*e de l'in/9ct4 ,on devi5t insignifiant p\r soi-mme1 et ces armures de salon ne ti5n5t pas contre deux heures de lutte pratique4 ,il ne faudrait s'tonn] de ri51 d'aprs leur devise3 ,celui qui ne s'tonne de ri5 doit comm5c] p> se tr\v] bi5 tonnant lui-mme4 ,encore s'ils tai5t s9cres1 ces philosophes6 mais le premi] milieu v5u suffit p\r les di/raire et les frapp] de contradiction4 ,encore s'ils en dev5ai5t meilleurs6444 ,mais1 impuissants s\ffrir seuls1 ils ne se plais5t qu' refroidir la paisible esprance des autres4 ,t\te p>ole conti5t une =ce1 et comme ils p>l5t en pr5ant peu de s\ci du sc&ale cont5u dans leurs p>oles1 ce sc&ale1 tant quelque *ose1 m>*e trav]s les f\les et les sicles4 ,a9si le disc\rs d'un malheureux conviction int]mitt5te1 a9si la phrase d'un homme qui et peut-tre admir le l5dema91 selon l'humeur du mom5t1 ce qu'il *>geait la veille de drision1 s'en va dtruire le recueillem5t d'un bon nombre des condamns mort qui l'ent5d5t1 et qui1 se pr5ant au srieux1 pr5n5t la p>ole de ce faux-frre au srieux4 ,et alors la propag&e recomm5ce de plus belle6444 ,tri/e orig9e du d\te4 ,en somme1 la contraction des rictus vnrables d'un million de braves hil>es qui1 s\s prtexte d'illusions p]dues1 pass5t exprs la dure majeure de leur c>rire ne ri5 voir nulle "p1 con/itue-t-elle un acte de prs5ce suffisant p\r qu'il leur soit dc]n un valable droit de dcision dans les que/ions pr(ondes8 ,ont-ils bi5 rellem5t =mul1 p> cette grimace arbitraire1 la d]nire expression de la philosophie8 ,c'e/ au mo9s d\teux1 puisque la philosophie les compr5d1 au fond de ses dductions infrieures1 et que1 d'aprs eux-mmes1 ils tir5t prcism5t leur bonne grosse gloire de ce qu'ils ne la compr5n5t pas4 ,donc1 puisqu'ils sont comme s'ils n'tai5t pas1--faute d'un peu d'me et de bonne volont1--le p5seur ne doit pas en t5ir compte4 ,ils sont p>eils ces lacs maudits1 ces eaux mortes1 dont les vapeurs tu5t les oiseaux du ciel1 si leurs ailes ne sont pas assez puissantes p\r les fran*ir d'un trait4 ,il e/ assez pnible de s'en ap]cevoir2 gnralem5t les cyniques rassis et mrs se r5contr5t dans les ca/es leves qui1-- tort ou raison1--mn5t joyeuse vie un peu aux dp5s du labeur univ]sel4 ,cela cess]a qu& la sape de la ju/ice s]a p>v5ue jusqu' eux2 mais cela e/1 quant prs5t1 et cela fut presque t\j\rs4 ,ces hommes n'ont d'autre valeur que l'impulsion mme qu'ils donn5t de p> la disp5sation de leur =tune4 ,il faut donc leur montr] une c]ta9e dfr5ce1 cause de cette =ce dont l'organisation sociale les inve/it gratuitem5t1 et avec laquelle ils peuv5t nuire4 ,les relations 9vitables de *aque j\r oblig5t les mes leves fray] avec ces mes re/es en *em91 s\s pe9e de voir leurs plus simples actions en butte t\te sorte d'impud5ts comm5taires 7le monde1 prtant ses petitesses ses gr&eurs1 ne croit pas au ds9tressem5t du gnie74 ,c'e/ sans d\te p\r ce motif que ,tullia ,fabriana recevait p>fois le flux brillant de cette socit dont elle ne p\vait df5dre sa vue1 mais dont la consci5ce collective s'arrtait devant la si5ne1 comme la m] devant le ro*]4 ,a9si1 dans les salons de son palais1 sur l',arno1 se r5contrai5t des pr9ces toscans1 de vieux diplomates au front t\j\rs voil d'une conv5able inquitude1 de beaux cavali]s flor5t9s1 atta*s aux div]ses lgations1 et dont les co/umes sombres tai5t rehausss de cordons1 de pi]r]ies ou de div]ses autres m>ques de di/9ction2 de jeunes femmes hritires des plus illu/res maisons d',italie et les gr&s arti/es du temps4 ,le palais sortait de son ombre sur les quais illum9s2 les flots1 diaprs de lueurs1 bruissai5t aux s\ffles embaums de la nuit2 les j>d9s qui bordai5t les pri/yles extrieurs t9celai5t dans leurs feuillages1 et des c\ples ins\cieux et spl5dides m>*ai5t sur les pel\ses et s\s les pais orang]s4--,ces soirs-l1 la belle s\v]a9e s'humanisait et se transfigurait3 elle tr\vait une p>ole d'accueil p\r *acun de ses htes2 sa beaut ori5tale s'encadrait dans cet ent\rage respl5dissant et avait cela de p>ticulirem5t sympa?ique1 mme p\r les femmes1 qu'elle n'excitait aucune mauvaise arrire-p5se d'envie ou de ha9e4 ,la fte passe1 on p>lait d'elle dans t\t ,flor5ce1 quelque temps1--mais seulem5t comme d'une patrici5ne libre et paisible1 dcide g>d] noblem5t sa paisible lib]t4 ,,*apitre ,v4 ,transfiguration4 ,elle m>*e dans sa beaut1 p>eille la nuit des climats sans nuages et des cieux toils4 7,,"l ,,byron1 ,mlodies hbraques47 ,un physionomi/e ord9aire ft p>v5u1 sans d\te1 runir ces donnes au sujet de la m>quise ,tullia ,fabriana1 et il et t malais de la df9ir d'une manire plus prcise4 ,sans tre de vole suprieure s\s ce rapport1 l'on peut saisir avec facilit les prdispositions et les in/9cts d'une me d'aprs les lignes au repos de sa =me visible1 dans le son de la voix1 les manires1 les expressions1 etc42--mais lire une ,ide fixe trav]s les replis de l'extrieur1 connatre la vritable nature et la dom9ante impulsion d'une ,intellig5ce1 dev9]1 positivem5t1 le gr& mobile ca* dans t\tes les prcautions du gnie1 cela n'e/ plus du ressort de l'intuition1 cela dp5d de la =ce de volont du sujet4 ,de quelle valeur tai5t les obs]vations de ,znon t\*ant le masque dprim de ,socrate8 ,d'aucune1 en fait4 ,la clairvoyance du physionomi/e ne peut ri51 pass telle limite que lui impose la fatalit faciale4 ,le plus puissant analyseur ayant affaire1 p> exemple1 une exception huma9e1 peut tomb] faux sur un dtail et le pr5dre p\r base de l'ensemble1 lorsqu'il ne s]a que le rsultat passag] de l'influ5ce du milieu s\s lequel il l'tudi]a4 ,ces sortes d'coles ne sont po9t r>es *ez les plus exp]ts4 ,la sci5ce de la face huma9e tant t\te de press5tim5t dans ses pr9cipes1 recon/ruire la vie d'une p]sonne d'aprs la rapide inspection de ses traits1 voir1 l'une aprs l'autre1 ses aptitudes1 ses passions prfres1 dt]m9] ses possibilits d'av5ir1 d'aprs la rsultante probable de tels plis de la b\*e dans le s\rire1 de telle acc5tuation des rides1 de telle apprciation de deux *oses donnes1 *acun peut faire cela plus ou mo9s exactem5t1 son insu4--,p\r les obs]vateurs1 il y a des nuances que d'autres1 mo9s s5sibles1 n'ap]oiv5t pas2 ceux-l se r5d5t compte du pro*a9 d'une faon peu prs sre4 ,aux hommes d\s de l'inc>nation intuitive1 ri5 n'*appe4 ,ils se mett5t dans autrui et s'y reg>d5t comme dans un miroir2 ils y c\t5t imp]sonnellem5t tomb] leurs p>oles et t\*5t ju/e1 p> consqu5t1 lorsqu'ils p>l5t4 ,un d]ni] mot ce sujet4 ,le simple obs]vateur peut savoir tir] p\r lui-mme un excell5t p>ti de l'occasion lorsqu'elle se prs5te3 c'e/ ce que la plbe des respectables mortels1 ne voyant jamais qu'un rsultat1 sans en apprci] les causes1 appelle3 j\] de bonheur6 7comme si l'on p\vait longtemps et impunm5t j\] de bonheur au milieu d'un gr\pe de socits rgi p> tr5te-deux ,codes674 ,saisir avec sang-froid l'occasion et lui faire r5dre ce qu'elle peut donn]1 c'e/ dj m>*] con=mm5t la logique du sort1 et c'e/ rem>quable4 ,mais les hommes dont n\s v\lons p>l]1 les hommes d\s de l'inc>nation intuitive1 s]ai5t capables de crer l'occasion1 de faire natre le milieu dont ils v\drai5t pr(it]4 ,les =ces runies de l'or et de l'am\r tomb]ai5t positivem5t devant ces individus r$\tables et r>es1 s'ils t5ai5t russir dans quelque projet2 mais1 l'ord9aire1 ils ne se s\ci5t vraim5t de ri54 ,cette puissance entrane le dgt4 ,si le de/9 ne leur a po9t fait d'avances1 ils f9iss5t1 p\r la plup>t1 dans la gne et dans la tri/esse de leur gr&eur4 ,ils att5d5t la mort navem5t1 ces pr9ces de la race huma9e6 ,bi5 plus1 leur =ce mme leur e/ nuisible1 pr9cipalem5t lorsque le ncessaire e/ en "q p\r eux4 ,alors1 leur calme faiblit quelquefois1 et ils opr5t de tels prodiges de recon/ruction1 qu'ils dpass5t c5t fois le b1 s'emptr5t dans leurs ailes sublimes et1 de fait1 sont dr\ts p> la niais]ie des vivants4 ,si donc1 l'un d'entre eux se ft tr\v sur le *em9 de ,tullia ,fabriana1 c'et t d'un assez vif tonnem5t p\r lui de se s5tir dans l'incapacit de la compr5dre4 ,pas une contradiction sur ce visage6 ,un reg>d d\x1 gal et assur1 une h>monie de lignes dlicieusem5t pures2 enf91 ri5 de p>ticuli] n'aurait ju/ifi p\r lui le tr\ble d'intuition1 le s\rd av]tissem5t de l'inconnu1 qu'il et pr\v devant elle4 ,ri54--,les =mes de la femme se sculptai5t d'elles-mmes sur le m>bre de ce corps de vi]ge3 la grce ondoyait dans ses m\vem5ts1 la =ce c\rait dans ses membres sa9s et purs1 la beaut l'enveloppait t\t entire de son manteau royal1 mais nulle porte ouv]te sur la p5se1 nuls ve/iges de l'exi/5ce444 ,cep5dant1 s'il et t donn cet homme de considr] plusieurs fois1 et en y dployant sa plus gr&e att5tion1 ces yeux calmes et noirs o la volont brillait de sa lueur t]nelle1 ils lui aurai5t t\t c\p sembl aussi pr(onds que le ciel6 ,aut\r d'elle1 quelque *ose d'attirant1 d'insolite et de grave et de suite vibr p\r lui4 ,une sympa?ie imprieuse sortait de cette femme1 et ce n'tait po9t p>ce qu'elle tait belle6 ,mais ce qui doit re/] invisible1 demeure invisible4 ,et qu& ,tullia ,fabriana n'et pas refus t\t indice de sa vritable nature1 comm5t reconnatre en une femme place dans un milieu de ri*esse et de tranquillit1 comm5t reconnatre un ,gnie aux conceptions v]tig9euses1 d\ de l'n]gie d'un ,prom?e ou d'un ,lucif]1 clair1 dans t\tes ses pr(ondeurs1 p> une sci5ce dont l'orig9e et sembl inexplicable1 arm d'un sang-froid et d'une puissance de dissimulation t\te preuve1 muni d'une prcision de c\p d'oeil et d'une logique d'action magi/rales1 et1 bref1 ayant sans cesse en vue l'accomplissem5t d'une t*e d'un saisissant et univ]sel intrt2 ayant rsolu enf9 quelque *ose de t]rible1 d'imm5se et d'inconnu8 ,comm5t admettre une p>eille tranget du ,sort1 mme en face de la plus s\v]a9e vid5ce8 ,am5] p> surprise une comb9aison de p>oles devant la plong] dans tel c]cle d'ides1 s\s le j\r desquelles on et dsir la s\mettre l'exam52 savoir ce qu'elle signifiait et la pntr]8444 vraim5t1 l'excution d'un tel projet n'aurait pas t p\rsuivie durant c9q m9utes vis--vis d'elle4 ,ds le premi] in/9ct d'une inquisition srieuse1 et sans que son *>mant laiss]-all] en et p>u le mo9drem5t *ang1 un reg>d naf et p]ant1 comme un c\p d'pe1 et suffi p\r ds>onn] l'espoir *imrique d'un amateur4 ,il tait int]dit de pratiqu] les tnbres de cette intellig5ce1 c> l'action et la p5se p>aissai5t avoir en elle une mme valeur4 ,le scepticisme le plus enj\ se s]ait m\ss contre sa volont de diamant4 ,sa caus]ie n'et pas cess1 p\r cela1 d'tre railleuse1 lgre et d\ce2 mais1 se trahir8444 ,non pas4 ,elle e/imait son me comme quelque *ose de trop prfrable l'univ]s enti]1 p\r la laiss] entrevoir de p]sonne1 et ses p5ses comme trop immuables1 p\r tre livres en proie et la discrtion de la v]satilit banale du premi] v5u4 ,son secret sublime tait ca* en elle comme l'ar*e dans le sanctuaire du temple4 ,vaguem5t flamboyants1 des glaives de lvites l'environnai5t sans cesse dans l'ombre des j\rs et des nuits4 ,malheur celui qui s'en ft appro* de trop prs1 mme p\r la s]vir ou la prs]v]3 et-il t pontife ou roi1 son coeur et dfailli dans sa poitr9e2 et nul n'aurait connu la ma9 qui et frapp4 ,,*apitre ,,vi4 tude d'enfance4 ,cette sci5ce1 laquelle n\s consacrons notre vie1 vaudra-t-elle ce que n\s lui sacrifions8444 ,arriv]a-t-on une vue plus c]ta9e des de/9es de l'homme et de ses rapports avec l'inf9i8444 ,saurons-n\s plus clairem5t la loi de l'orig9e des tres1 la nature de la consci5ce1 ce qu'e/ la vie1 ce qu'e/ la p]sonnalit8 ,,r5an4 ,le #ac dcembre #agfa1 v]s m9uit1 la comtesse ,anglia-,m>ia de ,albornozzo ,bruzati1 pr9cesse de ,visconti1 du*esse de ,fabriano1 mit au monde une fille qui reut le nom de ,tullia4 ,le duc ,blial ,fabriano p\vait avoir c9quante-huit ans lorsqu'il p\sa la comtesse ,anglia4 ,celle-ci entrait dans sa v+time anne4 ,le duc tait d'une beaut vniti5ne4 ,il avait gr& so9 de lui-mme et se t5ait avec une nettet exemplaire4 ,ses *eveux tai5t longs et arg5ts2 sa figure1 d'une expression habituellem5t grave1 n'allait po9t mal sa /ature d'h]cule4 ,sa haute lgance de manires1 la spirituelle affabilit de ses att5tions1 avai5t apprivois la belle colombe1 et c'tait bi5 rellem5t plutt sa compagne que sa fille4 ,leur union s'tait df9ie =ce de dignit et de nuances1 d'une faon trangem5t belle4 ,le duc tait homme du monde4 ,une p>tie de sa vie s'tait passe en voyages2 les dang]s1 les av5tures1 les heures difficiles avai5t tremp son expri5ce1 en sorte que la d\ce ,anglia l'avait accept mo9s p> devoir que p> cont5tem5t1 avec une indiffr5ce amicale et t\te *rti5ne4 ,c'tait1 en somme1 un c\p d'oeil satisfaisant que de la voir appuye son bras4 ,mais ils vivai5t un peu dans la solitude et voyai5t r>em5t le monde4 ,le soir o la du*esse enfanta sa petite fille1 t\tes les demi-aspirations ref\les1 t\tes les tri/esses des rves jamais te9ts dans son me1 le peu de comp5sations obt5ues p> les pratiques religieuses et p> une dvotion *ancelante1 elle oublia t\t6444 ,la belle petite fille1 aussi1 que ,tullia6 ,bi5 qu'elle eut les yeux f]ms1 elle avait dj comme un s\rire s\s les d\x embrassem5ts de la du*esse ,anglia4 ,enf91 elle ouvrit ses beaux yeux noirs et les mira dans les yeux t\t p>eils de sa mre4 ,extases1 s\v5irs1 joies cle/es d'une mre6 on ne peut v\s analys]4 ,l't]nelle nature e/ ca*e dans le s\rire d'une jeune femme qui contemple paisiblem5t deux molles petites lvres press] sa mamelle et en accept] la vie6 ,plusieurs mois se passr5t4 ,dj le s\ffle de la beaut c>essait et imprgnait d'idal les purs l9am5ts de sa =me2 elle tait c&ide1 et la lueur de l'me transp>aissait en elle comme la lumire au trav]s d'une lampe d'albtre4 ,ses *eveux tai5t aussi tnus que ces fils de la ,vi]ge qui brill5t l't dans la campagne1 et aussi soyeusem5t v]meils que des rayons d'toiles tisss p> les fes de la nuit4 ,elle m>*ait seule dj4 ,et elle dev5ait plus gr&e4 ,les j>d9s du palais1 ab&onns depuis longtemps1 tai5t va/es comme des solitudes3 elle m>*ait dans les pr(ondes alles1 et elle se p]dait sans effroi dans les f\rrs de fleurs sauvages1 dans les taillis ombrags de vieux arbres4 ,son enfance fut sil5cieuse comme le rve1 et elle s'leva dans l'ombre4 ,la p>ticul>it d'organisation de ,tullia ,fabriana1 n\s v\lons p>l] de l'extraord9aire t5due de ses aptitudes intellectuelles1 se dveloppa dans cette privation et dans cette lib]t4 ,le c>actre de son esprit se dt]m9a seul1 et ce fut p> d'obscures transitions qu'il atteignit les proportions imman5tes o le moi s'affirme p\r ce qu'il e/4 ,l'heure sans nom1 l'heure t]nelle o les enfants cess5t de reg>d] vaguem5t le ciel et la t]re1 sonna p\r elle dans sa neuvime anne4 ,ce qui rvait confusm5t dans les yeux de cette petite fille demeura1 ds ce mom5t1 d'une lueur plus fixe3 on et dit qu'elle pr\vait le s5s d'elle-mme en s'veillant dans nos tnbres4 ,ce fut v]s cet ge qu'elle dev9t p5sive4 ,une int5se fivre d'tude v9t l'tre9dre spontanm5t1 et1 s\s la froide assiduit1 s\s le calme de sa con/ance virile et rgulire1 se manife/a la lum9euse orig9alit de son naturel4 ,elle comm5a de lire1 d'crire1 de song]444 ,l'univ]s p>aissait revtu p\r elle d'un aspect plus inquitant que p\r les autres filles de son ge2 mais ses p>oles tai5t r>es1 et elle n'adressait po9t de que/ions4 ,de sauvages in/9cts la faisai5t fuir les compagnes d'amusem5ts que lui prs5tait sa mre4 ,t\tefois1 elle se retirait avec des manires si d\ces et de telles prv5ances qu'elle ne blessait jamais4 ,le vieux duc rem>quait le reg>d froid1 le ma9ti5 peu bruyant et les prdispositions surpr5antes de sa fille4 ,il ne tr\va pas propos d'int]v]tir une p>eille nature2 il s5tait qu'il l'et tue et que c'et t f9i p> l6 ,comme c'tait un homme ju/e devant la p5se1 et comme elle ne devait pas m\rir de cette manire1 ce qu'il p>at1 il ne se refusa pas favoris] le dveloppem5t de cet esprit4 ,la p5se tr\vait en elle des organes de prh5sions si va/es et si solides1 sa mmoire tait d'une puissance si m]veilleuse1 qu'elle p>v9t1 sans se fatigu]1 v]s sa d\zime anne1 m5] de front plusieurs sci5ces et plusieurs langages4 ,le dess91 la sculpture et surt\t la gr&e musique1 tai5t ses di/ractions1 et1 bi5 qu'elle leur donnt peu de temps1 elle s'y montrait de j\r en j\r d'un tal5t rem>quable4 ,son enfance1 "p les facults pntrantes de son gnie1 n'eut pas de ces dtails saillants qui font l'orgueil des familles4 ,sa beaut seule frappait le reg>d et ncessitait l'att5tion4 ,mais aucune p>ole ne rvlait aux p]sonnes la porte de son intellig5ce1 et si elle s'ap]cevait de l'admiration que lui attirait son extrieur1 elle en p>aissait t\j\rs attri/e et assombrie4 ,p>fois1 le soir1 lorsqu'elle tr\vait sa mre dans la tri/esse1 elle s'appro*ait sans dire un mot1 s'asseyait l'embrasure d'une croise1 et1 voyant le duc se prom5] sil5cieusem5t dans les j>d9s1 elle pr5ait une h>pe et *antait des /rophes du ,dante4 ,aux premires notes1 magi/ralem5t enveloppes d'une pr(onde ri*esse d'accords1 la du*esse ,anglia dev5ait att5tive et grave2 le duc s'arrtait4 ,une magie tait cont5ue dans les vibrations de cette voix o les p5ses inf]nales et cle/es se peignai5t avec la viol5ce et le relief des ralits4 ,cep5dant le visage de la jeune fille semblait impassible1 et ses yeux n't9celai5t pas4 ,et puis1 lorsqu'ils tai5t encore s\s le *>me1 elle leur adressait1 avec une s\mission naturelle et humble1 un bonsoir et un bais]4 ,l'aumne e/ une des di/ractions de la =tune4 ,l'aumne va bi5 aux enfants ri*es4 ,cela flatte l'am\r-propre des p>5ts et donne du pittoresque aux prom5ades4 ,p\r elle1 lorsque ce my/rieux phnomne de l'aumne lui arrivait1 elle envisageait le pauvre longuem5t4 ,les in/9cts de la dpravation sont crits s\v5t sur les fronts endoloris p> la misre2 cep5dant l'enfant baissait sa belle figure et donnait avec humilit4 ,on et dit qu'elle s'c\tait dans la =me huma9e injurie recevoir elle-mme l'aumne qu'elle faisait et qu'elle se dem&ait1 vaguem5t1 au fond de sa consci5ce3 ,de quel droit m'e/-il donn de faire c\rb] la tte de cet homme ou de cette femme8444 ,p\rquoi m'e/-il p]mis de dispos] de ce qui leur e/ ncessaire8444 ,sa prire du mat9 et du soir en faisait un ange44444 et cep5dant1 lorsqu'elle tait seule dans l'oratoire1 lorsque sa mre ne priait pas ses cts1 il lui arrivait de s'int]rompre t\t c\p1 de relev] le front et de reg>d] fixem5t la vnrable image de la madone1 de ,celle qui donne la bonne mort4 ,une fois1--elle avait alors qu9ze ans1--au milieu de la prire qu'elle prolongeait t\s les soirs depuis une anne1 elle s'arrta1 p>ut tr\ble444 et s'avana l5tem5t prs d'un crucifix plac auprs de la madone4 ,elle demeura devant lui dans le sil5ce d'un recueillem5t indf9issable3 puis1 deux l>mes1 les deux premires qu'elle v]sait dans la vie1 c\lr5t le long de son visage4 ,une gr&e pleur1 qu'elle cons]va t\j\rs depuis1 fut le seul indice du v]tige qu'elle pr\vait3 quelque temps aprs1 elle quitta l'oratoire et n'y rev9t plus4 ,sa puissance d'att5tion se conc5trait dans les soires o le duc recevait de vieux amis4 ,elle notait dans sa mmoire les rem>ques de ces vieux c\rtisans de l'anci5 rgne1 qui avai5t grisonn dans la diplomatie europenne1 et qui tai5t lo9 d'avoir p]du le fil des div]s cab9ets politiques o leurs noms avai5t figur4 ,bi5 des vnem5ts fur5t comm5ts dans ces soires s\s la =me de spirituelles caus]ies2 elle prit de l'intrt1 dans une c]ta9e mesure1 ces c\rs d'anatomie de l'hi/oire1 et elle apprit la sci5ce des hommes et des femmes l'ge o1 d'ord9aire1 les jeunes filles se livr5t des occupations presque puriles4 ,cette soif de s'assimil] le plus possible1 mme les *oses d'une app>5ce trangre son utilit p]sonnelle1 allait si lo91 qu'un soir1 ayant ent5du vant] son pre comme la premire lame de l',italie1 elle leva les yeux de dessus la brod]ie qu'elle t5ait p> cont5ance1 et p>ut le considr] avec att5tion4 ,le l5dema91 d'un air plaisant et moqueur1 elle lui dem&a s'il v\lait bi5 lui montr] ce qu'il savait1 p\r la dfatigu] de ses matres si ennuyeux4 ,c'tait p> un motif de respect filial qu'elle feignait de s'ennuy] d'tudes1 af9 que ses travaux et ses veilles cont9uelles ne v9ss5t pas afflig] son pre et sa mre1 ou1 t\t au mo9s1 les /upfi]4 ,aprs quelques bons mots *angs sur la belliqueuse fantaisie1 le duc accepta4 ,elle e/ de race1 murmura dans sa royale le vieux g5tilhomme1--7p> plaisant]ie1 c> il se p]suadait que ,tullia1 v]s la troisime leon1 se s\ci]ait peu de la *ose74 ,a son gr& tonnem5t1 il n'en fut ri51 et il eut bi5tt l'occasion de s'm]veill] de son lve4 ,ils g>dai5t le secret sur ces combats3 une tor*e fixe la muraille1 dans l'un des s\t]ra9s du palais1 clairait leurs passes d'armes du mat9 et du soir4 ,c'et t positivem5t un c\p d'oeil fanta/ique que cette amazone1 m9ce et n]veuse1 vtue d'un s>reau de vel\rs noir ouat et cuirass comme un pla/ron de salle et s]r p> une b\cle de diamants la ce9ture1 en haut-de-*ausses et en s&ales1 ses torr5ts de *eveux d'or emprisonns dans une rsille1 et le treillis d'aci] sur le visage1 alors qu'elle se mettait gracieusem5t en g>de1 et saluait1 l'aise1 d'un fleuret l\rde poigne d'bne4 ,aprs quatre ans d'ex]cices1 d'assauts s]rs et savants1 sa vitesse avait acquis les allures de la f\dre1 et la jolie re9e ,m>gu]ite de ,nav>re1 peut-tre1 et apprci les brillantes pr(ondeurs du jeu de cette ,clor9de4 ,ces ex]cices avai5t aff]mi ses =mes s\ples1 et prs]vr5t sa sant de l'accablem5t du travail4 ,comme les vi]ges antiques de ,?bes et de ,sp>te1 elle avait la mode/ie1 la beaut et la =ce4 ,la ,sci5ce l'avait baise au front comme une immortelle4 ,un *>me de gr&eur aimable c\rait dans ses mo9dres p>oles4 ,jamais elle ne disait que des *oses simples1 et les g5s dev5ai5t comme nafs devant sa sympa?ique navet4 ,seulem5t1 lorsqu'elle fran*issait le portail de l'imm5se app>tem5t que n\s allons dcrire1--o1 depuis plus de six annes1 elle s'enf]mait huit et dix heures *aque j\r1 sans p>l] des nuits1--l'amnit +nue de son visage tombait comme un masque3 la my/rieuse et sombre spl5deur de sa vraie physionomie app>aissait4 ,elle entrait1 p\ssait les d\bles v]r\s1 v5ait l5tem5t s'acc\d] sur une gr&e table noire *>ge de livres1 de manuscrits anci5s1 de c>tes et d'in/rum5ts sci5tifiques et demeurait immobile4 ,l comm5ait la vritable vie et le vritable aspect de ,tullia ,fabriana2 l'autre1 c'tait ce que t\t le monde en p\vait voir et oubli]4 ,,*apitre ,,vii4 ,la biblio?que inconnue4 ,a *aque pas du temps1 l'intellig5ce huma9e ,ouvre1 en l'illum9ant1 la nuit du phnomne1 ,saisit plus de rapports1 ,et pr5ant sur le fait les =ces de la vie1 ,ravit la matire1 son j\g ass]vie1 ,des lois et des trsors4 ,l'homme explique le sph9x et la pi]re ?ba9e2 ,il dvoile demi l',afrique au se9 d'bne ,s\s l'oeil de ses lions2 ,l'aveugle ,de/9 voit p> son expri5ce3 ,il gr\pe1 dans les cieux1 aut\r de sa sci5ce1 ,les con/ellations6444 ,,pontavice ,,de ,,heussey 7,sillons et ,dbris47 ,cette trange biblio?que tait un trsor de livres r>es et curieux1 de manuscrits extraord9aires et de docum5ts inconnus4 ,bon nombre d'entre eux portai5t des anneaux d'armoiries religieuses3 ils prov5ai5t de clotres d',italie1 de ,s>daigne et d',allemagne4 ,r*apps de l'inc5die ou du pillage des c\v5ts1 ils avai5t t collectionns1 un un1 avec tude et pati5ce1 p> deux savants *apela9s morts depuis un sicle4 ,ces deux savants avai5t t atta*s l'un des anctres du duc ,fabriano3 celui-l s'tait occup t\te sa vie de sci5ces occultes1 de philologie1 de cabale et de toxicologie4 ,il y avait dp5s des sommes fabuleuses et y avait fait1 de conc]t avec les deux *apela9s1 de pr(ondes et magnifiques dc\v]tes4 ,les crits ignors de ces trois hommes1 disposs et empils avec une scrupuleuse m?ode1 remplissai5t une gr&e case d'bne s]rure d'or et ressorts secrets4 ,quelques-uns des livres tai5t annots1 en m>ge1 p> d'obscurs mo9es du moy5-ge1 et c'tait1 p\r la plup>t1 des rflexions rem>quables p> leur prcision rudite4 ,qu9ze v+t mille volumes aux reliures antiques et ri*es se pressai5t sur les rayons4 ,presque t\s rvlai5t1 de la "p des trois p5seurs1 des connaissances t5dues en mdec9e et en *imie4 ,t\tes sortes de curiosits1 de fossiles et d'objets quivoques1 rapports de voyages trav]s de lo9ta9es contres et rangs a et l1 tmoignai5t du so9 qu'ils dployai5t dans leurs re*]*es sci5tifiques4 ,l se r5contrai5t des ditions presque intr\vables4 ,comme antiquits1 il y avait d'abord1 p> exemple1 des textes au!ntiques1 transcrits de l'hbreu sam>ita9 et dont le s5s1 re/ sans int]prtes depuis les mages qui seuls en possdr5t la vritable clef1 avait t propos de plusieurs faons dans les rem>ques crites p> les religieux4 ,il y avait aussi des comm5taires sur les sci5ces disp>ues de l'gypte et sur le culte des idoles1 import d'abord p> les races noires1 filles de ,*am1 et remani depuis p> les ,ari5s v5us de la ,bactriane4 ,il y avait encore des mmoires t\*ant les peuplades convultionnaires du nord de l',afrique d'autrefois1 et des traits de diffr5ts indiani/es sur les rvlations des tres app>us dans les crmonies s\t]ra9es de l',inde antique1 avec des citations o se tr\vai5t relats1 p> la ma9 des anci5s brahmanes1 des passages en z5d et en pelhvi1 tirs d'oeuvres totalem5t disp>ues4 ,de p\dreux 9-folios1 c]cls de f]1 cont5ai5t1 d'aprs leurs titres inquitants1 les plus pr(ondes et les plus anci5nes hypo?ses au sujet de la rc5te app>ition de l'humanit sur le globe4 ,ces ar*ives tai5t inapprciables et cont5ai5t des secrets t\t p>ticuli]s4 ,il e/ de notorit que n\s ignorons encore1 auj\rd'hui1 les dtails qui ont trait cette "q4 ,les peuples dont n\s eussions pu tir] des r5seignem5ts tai5t dj dans l'oubli lorsqu'on s'e/ proccup1 p\r la premire fois1 de l'claircir4 ,la *ute des nations primitives1 ou1 si l'on prfre1 leur disp>ition1 suivit de tellem5t prs leur avnem5t1 qu'elles n'ont pas eu le temps de n\s laiss] quelque *ose de positif cet g>d1 comme on peut s'en conva9cre en relisant les hi/oires de l'esprit huma9 dans l'antiquit4--,d'autre "p1 les lg5des syriaques1 importes p> les druides v5us d',asie1 les pomes des littratures sc&9aves1 ocani5nes et ori5tales1 ne s\lv5t videmm5t pas1 d'une manire suffisante1 l'espce de gr& suaire qui c\vre les *oses dans leur tat primordial4 ,on sait p> quels accid5ts presque t\tes les biblio?ques des vieux mondes fur5t p]dues4 ,il y avait aussi des recueils de s5t5ces euty*ennes1 crites en anci5 cophte1 et d'inscriptions collationnes sur des ru9es2 des reliquats1 en noirs c>actres ?iopi5s1 aussi anci5s que le dluge2 enf9 les /ances prophtiques des sibylles d'ry?re1 de ,cumes et de l',hellespont1 inspires dans le grec de ,p9d>e1 aussi h>monieux que celui d',homre1 prcdai5t les gr&s volumes de magie4 ,les livres plus rc5ts tai5t sp>s des autres p> des in/rum5ts de *imie1 d'a/rologie et de mdec9e4 ,on y et rem>qu de nombreux traits de presque t\tes les sci5ces1 les meilleurs volumes d'hi/oire et de mtaphysique1 a9si que le rsum de leurs progrs jusqu'aux ges mod]nes1 les livres sacrs des dix-huit gr&es sectes du globe avec des comm5taires prcieux2 les traditions des peuples slaves sur l'orig9e des gr&es nationalits europennes1 et ct des mmoires de l',acadmie des sci5ces physiques de ,flor5ce1 fonde1 comme on sait1 p> le c>d9al de ,mdicis 7il p>atrait que les c>d9aux aim5t fond] les ,acadmies71 les oeuvres des ,pres de l'glise lat9e et grecque2 puis1 s]rs p> des p>*em9s sculaires1 de ligneux manuscrits en langue *aldenne1 les annales des a/res1 l'hi/oire de la disp>ition de telles toiles d'autrefois1 des div]ses cata/rophes cle/es a9si que de leurs signes et de leur influ5ce sur la p5se huma9e et les de/9s univ]sels4 ,un mod]ne1 l'aspect de p>eils ve/iges1 se dirait simplem5t1 presque malgr lui3--,n\s avons dpass cela4--,le s\rire et la plaisant]ie semi-respectueux dont il p\rrait accompagn] sa rflexion1 la nuance de hauteur polie et froide qui p]c]ait dans son allure et son dbit1 trahirai5t la conviction de sa supriorit4 ,cela s'explique4 ,les esprits anci5s tai5t1 p\r la plup>t1 des esprits sy/mes fixes3 ils avai5t la f]veur de leur ide4 ,or1 l'irrsolution e/ l'ess5ce mme de l'air que respire notre poque4 ,les hommes de croyance immuable font l'effet1 vis--vis de la majorit1 de ,risibles et d',insociables4 ,on les vite avec so94 ,le s5tim5t du t]me exact e/ inn auj\rd'hui ce po9t que le nom de ,dieu1 p> exemple1 semble tacitem5t ray des conv]sations et de la philosophie4 ,on le relgue dans les lexiques1 les prnes et les livres de pit4 ,il e/ mme dev5u de mauvais gt de le risqu] t\t propos comme le faisai5t les m\squetaires et les g5til%ommes trs *rti5s du gr& sicle en ,france4 ,on le laisse tranquille et on ne s'en s]t presque plus1--si ce n'e/ dans le mom5t d'un dang]1 o l'on juge propos de s'en s\v5ir2--hors de l1 le nom de ,dieu ne s'emploie gure que p\r clore avec dignit une diss]tation quelconque1--ce qui e/ dire p\r dissimul] une gambade d'indiffr5ce4 ,ah6 c'e/ le rgne d'un d\te suc avec le lait d'une mamelle artificielle4 ,l'tonnem5t de vivre saute aux yeux si cont9uellem5t1 que la plup>t des hommes ne s'en inquit5t plus et que les trois qu>ts des p5seurs europens ne sav5t plus quoi s'en t5ir4 ,il s'inc>ne1 de j\r en j\r plus avant1 et comme avec un rire sil5cieux1 dans le drame huma94 ,une espce p>ticulire d'indiffr5ce1 dont les annales de l'hi/oire ne font pas m5tion1 glace1 dans le coeur des individus1 le s5tim5t du devoir2 cet inexpugnable dgt qui plane au-dessus des fronts1 reti5t les lans du philosophe1 du savant et de l'arti/e d'une telle sorte que1-- "p quelques intellig5ces d'lite1 quelques d]ni]s promoteurs de l'esprit huma91--on n'a plus gure de coeur l'ouvrage4 ,le manque d'humilit et d'esprance a donn p\r rsultat l'ennui g/e et dvorant4 ,le progrs e/ dev5u d'une vid5ce et d'une ncessit d\teuses3 d'ailleurs1 l'conomie politique1 mise en demeure de =mul] une possibilit d'av5ir1 s9on satisfaisant1 du mo9s en rapport avec les in/9cts de notre consci5ce1 n'ab\tit1 aprs les plus sublimes ef=ts1 qu' de ridicules tnbres4 ,on n'e/ plus religieux1 on e/ timor4 ,plus de jeunesse et plus d'idal4 ,l'inquitude s'in/alle dans la famille1 dans la ju/ice et dans l'av5ir4 ,comme les dieux et comme les rois1 l',art1 l',inspiration et l',am\r s'en vont6444 ,les pays se dv]s5t les uns dans les autres et les socits se crois5t sans se compr5dre et sans t5ir se compr5dre4 ,ri*es et pauvres1 travailleurs et dsoeuvrs1 n\s sommes emports dans la tri/esse p> un v5t de spulcre1 d'eff>em5t et de malaise4--,la "q de ce que la ,mort n\s rs]ve dans la pr(ondeur e/ passe1 p\r la plup>t des g5s1 l'tat d'oiseuse et d'insignifiante2 la drisoire /rilit d'analyse que prs5te ou p>at prs5t] t\te hypo?se ce sujet1 semble si intuitivem5t dmontre auj\rd'hui1 que les my/iques eux-mmes1 en gr& nombre1 se laiss5t gagn] p\r la tideur gnrale4 ,en philosophie1 cep5dant1--bi5 que l'on maugre en soi de l'impuissance o l'on s'e/ime1 assez gratuitem5t peut-tre1 d'acqurir1 de faon ou d'autre 7aprs tant d'*ecs671 une c]titude quelconque de quoi que ce soit1--on ne cesse de rfl*ir la ,mort1 *acun suivant sa sphre d'ides1 et de s'intress] ce phnomne4 ,on dirait que la ,mort a jet son ombre sur ce sicle4 ,les heures d'en?\siasme p\r les div]ses bran*es de l'arbre de la vie1 p\r les di/ractions1 les que/ions secondaires1 les arts1 les dc\v]tes sci5tifiques1 etc41 sont sonnes4 ,on ne s'meut plus4--,la prvoyance de la nature e/ gr&e3 elle prp>e ses effets de longue date2 on dirait que l'humanit va t\t c\p ress5tir une totale1 une df9itive surprise de quelque *ose1 et que1 d'in/9ct1 elle rs]ve ses =ces p\r la ress5tir4 ,cep5dant1--p5s]ait le mod]ne1--de quoi ne s]ait-il pas improbable1 d'avance1 que n\s puissions tre srieusem5t mus8 ,t\t ce que la posie et la my?ologie des anci5s ont pu rv] de colossal et d'trange e/ dpass p> notre ralit4 ,les dieux ne sont plus de notre puissance2 leur tonn]re e/ dev5u notre j\et1 notre c\reur et notre esclave4 ,les ailes de l'aigle8 l'empire des nuages8 ,n'avons-n\s pas le gaz hydrogne p\r n\s prom5] dans les cieux8 ,quel ,pgase p\rrait suivre un tra9-express et j\t] d'hale9e avec lui8 ,quel ,m]cure obirait avec la promptitude d'un tlgraphe lectrique8 ,que devi5t la ,r5omme aux c5t trompettes devant les millions de voix infatigables de la presse8 ,quelle figure ,neptune jug]ait-il conv5able de pr5dre en face de nos ,lvia?ans1 de nos mles et de nos *anes s\s-m>9es8444 ,que dirait le rigide ,rhadamante l'aspect de nos gr&es villes si bi5 polices8--,phbus-,apollon8 mais n\s l'avons rduit pr5dre nos ressemblances6 n\s l'avons rig notre pe9tre favori4--,h]cule et ses d\ze travaux n\s f]ai5t s\rire3 p> exemple1 il tua le lion de ,nme1 lui seul2 n'avons-n\s pas des p]sonnes qui tu5t1 p> gt1 des c9quanta9es de lions1 elles seules8--,quel tonnem5t m>qu]ait la physionomie d',esculape s'il daignait jet] les yeux sur nos traits d'anatomie1 de physiologie1 de mdec9e pratique et de *irurgie8444 ,les muses8--,mais n'avons-n\s pas des femmes de lettres1 des cantatrices1 des danseuses et des tragdi5nes vis--vis desquelles la comp>aison ne s]ait peut-tre pas leur avantage8--,p>l]ons-n\s d'ros1 de l'anacrontique ros8 ,le pa?ologi/e mod]ne se tr\ve en mesure d'accord] m5suellem5t aux vieill>ds dissolus la p]mission de dpos] leur modique (fr&e sur l'htel de ,vnus4 ,et1 quant ,vnus1 n\s la croyons s9on vieillie1 du mo9s surfaite3 la t]re a plus de ,vnus relles que l',olympe n'en peut f\rnir4 ,celui auquel il a t donn de voir1 de plus ou de mo9s prs1 c]ta9es femmes d',anglet]re1 de ,circassie1 d',italie et de ,pologne1--voire mme de ,france1--n'admet gure la supriorit de ,vnus4 ,quant l',empyre1 une feuille de *anvre arabe dans un cig>e1 trois pa/illes de has*i* gypti5 sur la langue ou quelques g\ttes d'opium brun dans la c>afe d'un n>guilh1 et n\s le voyons aussi bi5 que les dieux1--mieux peut-tre4 ,d'ailleurs1 qu'avons-n\s beso9 de n\s crer des mirages de mondes illusoires8 ,en avons-n\s envie8444 ,n\s allons les *]*] et n\s les dc\vrons en ralit1--tmo9s les deux ,amriques1 l',au/ralie et les c5ta9es de mondes de l',ocanie4--,le ,p9de et le ,p>nasse inaccessibles support]ont dema9 les rails de f]1 et l',hippocrne1 fonta9e sacre1 f\rnira d'excell5te vapeur4 ,la sagesse de ,m9]ve battrait passablem5t la campagne devant la dialectique allem&e4 ,p\r ce qui e/ du dieu ,m>s1 n\s ne v\lons pas humili] sa glorieuse massue1 mais n\s croyons p\voir affirm] une *ose2 *oisissons l',iliade p\r sujet1 p> exemple3 les ,grecs1 munis de dix ou de d\ze rois1 de c9quante ou de soixante mille hommes et du sec\rs des dieux1 mir5t dix ans pr5dre ,troie1 encore1 fut-ce n\s ne savons quelle ruse alatoire1 b>oque et inav\able1 qu'ils dur5t leur succs2 eh bi56 qu& mme ,a*ille1 ,agamemnon1 ,ulysse1 ,ajax1 fils de ,tlamon ou d'un autre1 peu importe1 se s]ai5t jo9ts1 p\r la df5dre1 ,pris1 ,hector1 ,priam1 etc41 et qu& mme ils y euss5t t comm&s p> t\s les dieux1 le dieu ,m>s en tte1--un dta*em5t d'artill]ie db>qu p> les paquebots vapeur de la ,mdit]rane1 muni d'une d\za9e de fuses la congrve qui port5t prs de deux lieues et batt5t en br*e cette di/ance1 d'autant de morti]s bombes et de canons rays1 l'aurait prise en dix m9utes4--,positivem5t1 les dieux ne sont plus de =ce avec n\s sur aucune espce de t]ra94 ,les ,titans comm5c5t pr5dre le dessus2 les *anes du vieux ,prom?e1 ptrifi sur son ro*] de ,scy?ie1 se sont r\illes et le bec de l'aigle s'e/ rec\rb de vieillesse4 ,ne s]ait-il pas p]mis1 d'aprs t\t ceci1 d'infr] que1 si peu que soi5t les hommes1 les dieux val5t mo9s encore8444--,que ,jupit]1 p> exemple1 s'avise de rev5ir j\] ,amphitryon ou de faire des miracles1 on le traduira simplem5t l'une des polices correctionnelles de l',europe1 et1 s'il prt5dait n\s *app]1 il y aurait extradition in/antane sur t\t le globe1 que n\s manions comme une pomme dsormais4 ,n\s sommes un peu matres *ez n\s1 auj\rd'hui2 et n\s avons des ha*es et des tonn]res que doiv5t cra9dre les div9its1 sans que cela p>aisse4 ,voil1 c]tes1 le raisonnem5t qui et sommeill dans le s\rire et dans la plaisant]ie du mod]ne dont n\s avons p>l et les raisons de supriorit qu'il et t en son p\voir d'allgu] p\r lgitim] son dda9 ou son indiffr5ce vis--vis des ouvrages des anci5s4 ,le fait e/ que ces raisons1 malgr le ton affect1 p>aiss5t prs5t]1 au premi] abord1 un front si imposant et si sombre1 qu'elles s'emp>5t de l'esprit avec l'autorit de l'vid5ce4--,elles peuv5t m5] lo96444 ,d'o vi5t1 cep5dant1 l'impossibilit que n\s pr\vons de ne pas hsit] devant notre gloire1 nos travaux et notre div9it de fra*e date8 ,n\s la tr\vons l\rde1 cette div9it6 ,suivant l'expression consacre p> le vulgaire1 n\s devons avoir l'air de p>v5us1 p\r les dieux1 tant n\s n\s t5ons gau*em5t4 ,bref1 c'e/ peut-tre le manque d'habitude1 mais il n\s s]ait dur d'tre des dieux4 ,on ne sait quel in/9ct vi5t n\s raill] au plus =t de notre confiance dans l'av5ir4 ,les prodiges qui n\s environn5t1 les dc\v]tes#a de notre labeur p]ptuel1 t\t en n\s donnant un s5tim5t t]rible et inconte/able 7p> qui n\s s]ait-il conte/84447 de notre valeur1 veill5t en n\s on ne sait quelle conviction dsespre444 une tri/esse irrmdiable1 inf9ie6 ,le vide n\s enveloppe ob/9m5t3 n\s ne p\vons1 en mtaphysique1 en n'acceptant que la ,raison1 mettre la ma9 sur le troisime t]me de la dualit 7si tant e/ qu'il y ait logiquem5t dualit71 pas plus que sur l'activit vivante1 en mdec9e4 ,cela n\s *appe et la "q p>at devoir se recul] t\j\rs1 sans tre jamais rsolue1 comme ces mirages dans les ds]ts4 ,la n\velle mtaphysique matrielle1--n\s p>lons des plus rc5tes donnes v5ues d',allemagne1--s'annonce de manire cont9u] l'tat de d\te o n\s sommes plongs2--un s5tim5t pr(ond1 et qui p>at inde/ructible1 de la vanit de notre condition lutte sans cesse1 en n\s1 contre l'e/ime de notre t*e2 ce n'e/ plus3 que sommes-n\s8 qu'il faut dire2 c'e/3 qui sommes-n\s8 ,t\tefois1 propos de cette "q de l'tre et du nant1 disp>us et =muls t\s deux la fois dans on ne sait quel t]nel dev5ir1 la ?orie de l'idalisme hgli5 semble sans appel2 l',ant9omie qui affirme l'id5tit de l'opposition la plus ab/raite et la dmontre1 dans son en-soi1 en recon/ruisant logiquem5t la ,nature1 l',humanit1 la ,p5se1--en =ant1 p\r a9si dire1 l',app>atre expliqu] le motif de son explosion1--en mettant la ,raison huma9e de pair avec l',esprit du monde1 enf91 cette ant9omie n'a pas t suffisamm5t branle4 ,hlas6 e/-ce que n\s s]ions le ,dev5ir de ,dieu8 ,quelle fatigue6 ,oh6 p\rquoi l'ide de notre insuffisance intrieure dom9e-t-elle le press5tim5t de notre imm5se de/9e6444 ,p\rquoi ne saurions-n\s1 qu& n\s osons n\s reg>d] en face1 n\s rsign] n'tre que plus que des dieux6444 ,si le progrs1 le processus indf9i1 donne le bi5-tre1 et1 tr\vant sa ju/ification dans la ncessit1 e/ l'unique raison de l'exi/5ce1 d'o vi5t cette lassitude 7n\s ne disons pas cette ngation71 ce malaise presque univ]sel1 ce peu d'en?\siasme p\r lui8444 ,l'on n'avanc]a pas que ce m\vem5t correspond son ab/raction et conti5t le premi] t]me d'une dt]m9ation ultrieure3--cette ncessit ne n\s p>at pas ncessaire4 ,d'o vi5t cette raction in/9ctive de notre consci5ce1 qui fait que1 t\t en reconnaissant demi l'vid5ce du ,progrs#b1 t\t en n\s laissant all] quelquefois l'admiration devant l'ide de ses pr(ondeurs futures1 n\s le dplorons s\v5t et n\s reg>dons les faits spontans de la consci5ce passe1 les croyances1 rputes auj\rd'hui absurdes1 avec tri/esse et sympa?ie8444--,d'o vi5t1 disons-n\s1 cet tat mixte1 extraord9aire1 que n\s s5tons pes] aut\r de n\s depuis longtemps et dont la =mule1 en ab/raction1 s]ait capable de faire d\t] de la ,raison huma9e1 de sanctionn] logiquem5t le quia absurdum des my/iques8 ,il e/ difficile de rpondre cela d'une manire satisfaisante2 d'ailleurs1 ne s]ait-il pas p]mis d'aj\t] qu'un s\lvem5t1 une oscillation aux ples1 une saccade volcanique1 un de ces tremblem5ts qui sont les accid5ts priodiques du globe1 la condition s9e qua non et le rgime de la plante 7rvolutions que la gologie dc\vre p> milli]s71 qu'un accid5t de cette nature1 enf91 sans p>l] de l'hypo?se dsormais trs prs5table d'un *oc1 suffirait p\r que t\t notre progrs c\rt gr& risque d'all] rejo9dre1 son rang1 les civilisations assyri5nes1 les empires des vieux mondes et la sci5ce des mages hiroglyphytes1 dans la suprme nuit de l't]nit8 ,note #a3 ,p> exemple1 il s]ait p]mis de rappel]1 entre tant d'autres1 la dc\v]te de la =ce vitale c5tralise dans tel noeud de notre molle1 tel mode d'activit de la p5se localis dans telle c\*e de pulpe crbrale de manire que l'on te ou que l'on remet1 volont1 la facult de disc]n]1 de v\loir1 de s\ffrir1 etc41 dans le c]veau d'un animal en enlevant ou en replaant telle tran*e de sa c]velle1 comme cela se pratique auj\rd'hui dans nos ,acadmies de mdec9e2 la dc\v]te plus anci5ne de l'indp5dance de l'irritabilit2--la dc\v]te de l'id5tit des mtaux solli5s et des ntres dc\v]te obt5ue1 comme on le sait1 p> l'analyse *imique des rayons saisis dans la *ambre obscure2--la dc\v]te de la s5sibilit de l'aimant p> laquelle le ge/e de l'tre vivant se tr\ve en contact immdiat1 cette fois1 avec la physique2 la dc\v]te de la reproduction des espces p> les =ces cratrices de la nature c'e/--dire p> les pr9cipes mtalliques et anims cont5us dans un globule de sang1 lequel1 jet dans un vase rempli d'eau prp>e1 y fait g]m] des c5ta9es d'animaux qui s'y dvelopp5t1 devi5n5t propres notre alim5tation et sont p\rvus d'organes aussi p>faitem5t embots que ceux obt5us p> la gnration ov>i5ne2 la dc\v]te de ,neptune dans le ciel dc\v]te qui e/ v5ue confirm] jamais l'a/ronomie1 comme la dc\v]te de l',amrique v9t confirm] la sci5ce physique2 la dc\v]te de la fusion des os d'un organisme dans un autre grce laquelle1 en *irurgie1 on peut sub/itu]1 ma9t5ant1 l'os d'un animal l'os huma9 d'une si p>faite manire1 que1 au b\t de quelque temps1 le premi] remplace absolum5t le second2--etc41 etc4 ,note #b3 ,si l'on v\lait analys] att5tivem5t *aque bran*e sci5tifique du progrs1 l'ide de son importance et son aspect gnral se modifi]ai5t peut-tre beauc\p dans les esprits1 et mme dans les esprits de ses plus dt]m9s p>tisans4 ,sans tablir une ?orie de comp5sations 7laquelle1 d'ailleurs1 ne saurait jamais tre rig\reusem5t exacte1 c> p\r connatre une poque1 il faudrait n'tre que de cette poque71 il s]ait facile1 en s'en t5ant son sicle1 de tr\v] des contradictions dans la plup>t des dc\v]tes qu'il prs5te4 ,soit une sci5ce3 pr5ons celle qui lutte contre la s\ffrance physique et contre la mort1 et qui s\v5t surseoit l'une et l'autre1--la mdec9e4 ,il e/ c]ta9 que dans les temps mod]nes les dc\v]tes physiologiques pr5n5t1 l'insu du vulgaire1 des proportions inatt5dues et capables1 au plus haut po9t1 de surpr5dre l'intrt des p5seurs4 ,jamais la prcision dans l'art de gurir ne fut mieux obt5ue et ne fut plus gnralise1 et p]sonne n'ignore que nos ph>macies sont ri*em5t dotes de t\t ce qui peut allg] le f>deau de nos maladies4 ,en rsultat1 l'on affirme que la dure de la vie moy5ne augm5te dans plusieurs pays et l'on va jusqu' f\rnir des *iffres de c9q1 six et sept annes444 ,cep5dant1 ce pr9cipe tant pos que les /ati/ici5s ne peuv5t (frir de *iffres exacts que depuis un sicle1 sur quelle base solide ou mme acceptable peut se fond] une c]titude quelconque de cette hausse app>5te d'exi/5ce1--surt\t lorsqu'on m5tionne des int]valles d'oscillations durant ce sicle8444--,comm5t concili] ces *iffres avec les totaux obt5us p> les /ati/iques de la misre en ,europe1 totaux dont la progression annuelle s'lve d'une manire s5sible8--,comm5t1 enf91 accord] cette amlioration de la dure moy5ne de l'exi/5ce1 dans nos pays1 avec les imm5ses quantits d'alcools1 de boissons et d'alim5ts falsifis1 avec les habitations exigus et mal ares1 avec la gr&e nglig5ce de l'hygine1 etc41 etc48444 ,mais n\s devons c>t] ces objections qui ne port5t pas sur la ralit du problme pos dans t\tes les consci5ces4 ,la philosophie1 n'ayant po9t de raisons d'tat1 n'e/ que s9cre dans ce qu'elle affirme et n'admet gure ces faons d'apprci] ou plutt de jaug] la vie huma9e4 ,la dure1 ce n'e/ pas la vie2 c'en e/ une qualit4 ,s\s ce mot1 la vie huma9e1 n\s avons l'ide d'action et de p5se4 ,ce qui fait vivre l'homme1 ce sont les li5s et les rapports qui l'uniss5t ce qui l'ent\re2 plus ces li5s se =tifi5t1 plus la vie se ralise dans l'homme4 ,or1 quels sont les affections1 les rapports spontans et naturels qui lui app>ti5n5t8 ,rves ou ralits1 n\s ne voyons pas plus de quatre lm5ts de la vie1 lm5ts d'o les plaisirs1 les passions1 les devoirs1 drivai5t depuis six mille ans2 ce fur5t la famille1 l'am\r1 la consci5ce et l'idal4 ,puisque ce sont les lm5ts naturels de la vie1 re/e savoir s'ils se r5=c5t dans les pays civiliss3 dans le cas d'affirmative1 n\s p\rrons avanc] que la vie moy5ne e/ en progrs4 ,mais n\s voyons d'ici le s\rire du lecteur1 tant le rsultat de l'analyse lui e/ connu p> avance4 ,il e/ inutile de l'crire4 ,les types de la famille sont suffisamm5t baf\s1 *aque soir1 dans un milli] de ?tres1 devant une c5ta9e de millions d'mes1 en ,europe1 p\r qu'on soit difi sur la valeur attribue cette p>ole p> la majorit4--,l'am\r e/ dev5u quelque peu la posie de l'hygine2 l'idal se df9irait1 p\r le plus gr& nombre1 la foi dans le prs5t4 ,p\r ce qui conc]ne la consci5ce et la morale publiques1 il suffit d'ouvrir l'un des ,codes4 ,pr5ons celui de ,france1 p> exemple4 ,il compte environ quatre-v+t mille lois4 ,n\s dem&ons simplem5t ce que p\rrai5t bi5 tre la consci5ce et la morale publiques dans un pays de tr5te-huit qu>ante millions d'mes1 lorsqu'il faut quatre-v+t mille lois1 un milli] de tribunaux t\j\rs exubrants d'affaires1 c9q ou six c5t mille baonnettes et qu>ante ou c9quante mille hommes de police p\r les y ma9t5ir8444 ,la dure de la vie moy5ne augm5te8444 ,en le supposant1 il faut av\] que cette augm5tation cote *]4 ,l'homme a v\lu s'affran*ir de vieux prjugs2 il dsirait pur] son idal1 dev5ir libre1 enf91--suivant son indf9issable expression4--,le voil s]vi s\hait3 il n'y a plus que l'artificiel4 ,les crimes aussi dim9u5t2--mais les vices augm5t5t et l'homme arrive t\j\rs p]dre en pr(ondeur ce qu'il gagne en surface4 ,rev5ons la mdec9e4 ,en face d'une "q dcisive1--soit celle du sang huma91 p> exemple1--la sci5ce p>at se tr\bl]4 ,or1 en df9issant les div]s modes de manife/ation1 les nombreuses v>its de symptmes s\s lesquels app>at son affaiblissem5t1 p> le t]me vague et gnral1 la *lorose1 on tr\ve1--suivant l'e/imation de pratici5s clairs et d'aprs le rec5sem5t des maladies mod]nes1--on tr\ve que c'e/ p> millions que les *loroses se compt5t en ,europe2 ce qui induirait p5s]1 quoi qu'en puiss5t dire les zlateurs d'une /ati/ique errone et embryonnaire1 que les =ces de con/itution dcroiss5t dans les gnrations huma9es en raison du dveloppem5t intellectuel des socits4 ,l'on object]a que le remde suit le mal6 ,on m5tionn]a1 p> exemple1 la dc\v]te du traitem5t des *loroses p> le f]4 ,les docteurs ds9tresss rpondront au sujet de l'efficacit du f]4 ,sur deux sujets *oisis et traits dans des conditions id5tiques p> le f] 7prs5t s\s t\te =mule1 lactate1 iodure1 citrate1 etc41 peu importe71 le rsultat s]a la mort de l'un et la gurison de l'autre1 sans qu'il soit huma9em5t possible de dt]m9] la raison de cette diffr5ce4 ,ce qui *appe dans l'exprim5tation mdicale e/ de mme nature que ce qui *appe en mtaphysique1 et ce qu'on appelle lm5ts1 =ces1 pr9cipes1 ne rpond pas ce titre2 mots inexacts1 et ri5 de plus6 ,des lm5ts8444 ,d'o vi5t1 alors1 qu'ayant t\s les lm5ts du sang huma91 on n'en puisse di/ill] une g\tte8444 ,d'o vi5t qu'il soit p]mis de mlang] indf9im5t de l'acide nitrique1 du graphite1 de l'eau1 etc41 sans obt5ir de la *air avec cette composition8444 ,d'o vi5t qu'on puisse mani] les phosphates de magnsie1 de *aux et de s\de en les comb9ant avec le re/e des lm5ts laisss p> la dcomposition de t\tes les p>ties du squelette sans arriv] fabriqu] de l'os avec ces moy5s8 ,qu'e/-ce que des pr9cipes impuissants qui ont beso9 d'autre *ose que d'eux-mmes1 ce qu'il p>at1 p\r produire leurs consqu5ces8 ,t\t cela n\s rappelle une p>ole bi5 connue de l'un des plus illu/res et des plus pr(onds docteurs de ces d]ni]s temps2 sur le lit de mort1 il =mulait a9si sa conclusion triviale et suprme3 ,t5ez-v\s la tte fra*e1 les pi$s *auds1 le v5tre libre1 et moquez-v\s des mdec9s4 ,plaisant]ie de moribond1 d'accord2 mais y a-t-il beauc\p de mdec9s qui n'en dirai5t pas autant8 ,il e/ rem>qu] d'ailleurs que ceux qui d\t5t d'une sci5ce sont presque t\j\rs ceux qui p>aiss5t avoir fait de cette sci5ce le b de leur c>rire4 ,au total1 ce que la mdec9e aurait dc\v]t de plus n\veau et de plus clair1 c'e/ qu'un rgime sobre et rgl1 des alim5ts sa9s1 de l'ex]cice1 un air pur1 le calme des moeurs et un bon tempram5t peuv5t conduire la c5ta9e4 ,malheureusem5t1 cette excell5te maxime1--que nos premi]s p>5ts ont cru devoir n\s lgu]1--t\t en demeurant l'axiome fondam5tal et la conclusion df9itive de la sci5ce1 e/ dev5ue trs difficile mettre en pratique p\r les c9q siximes des individus4 ,les populations croissantes1 les difficults conomiques1 l'organisation trange des mti]s1 des moy5s d'exi/5ce et le g5re de vie mod]ne exclu5t et mett5t hors de porte p\r des millions d'mes jusqu' la possibilit de pratiqu] une hygine sortable4 ,condamns subir plus frquemm5t que les anci5s les plus tri/es maladies1 n\s arrivons peu peu un sy/me univ]sel de gurisons et de drogues qui r5dra les gnrations dbiles1 appauvrira la vitalit huma9e et enf9 ht]a l'app>ition d'un second t]me dans la progression de la dure4 ,qui peut dire1 en effet1 que la /ati/ique de la vie ne se balance pas sur deux t]mes8 ,sur une progression asc5dante et desc5dante1 comme t\te *ose1 et que n\s ne m>*ons pas v]s ce premi] t]me d'une priode de dim9ution8 ,il e/ videmm5t c]ta9 7p\r ceux qui1 rduisant d'un c\p d'oeil t\tes les petites ab]rations arbitraires leur dnom9ateur commun1 sav5t que d'un mot dvoy de son acception relle1 peut p>tir une irradiation indf9ie de sottises71 il e/1 disons-n\s1 c]ta9 que1 tant t5u compte de la hausse naturelle des populations1 la mortalit suit avec sa fidlit ord9aire et ponctuelle la progression des dnombrem5ts1 t\t comme autrefois4 ,le nombre et la v>it des maladies augm5t5t en g]mes ca*s1 l'homme se crant des habitudes1 consqu5ces des autres bran*es du progrs1 et l'explosion d'une dbcle imm95te ne doit1 c]tes1 pas tre considre comme absolum5t impossible4 ,non seulem5t les anci5s n\s surpassr5t1 de l'aveu des mod]nes1 dans leurs ?ories hyginiques et dans leurs applications de ces ?ories1 mais1 dans l'art de gurir leurs maladies1 l'expri5ce p>at dmontr] qu'ils russissai5t dans la mme proportion que n\s4 ,il ne faut pas omettre1 d'ailleurs1 que mme de nos j\rs les ana*ortes p]dus dans les ,?bades1 les empiriques et les jongleurs de l',ori5t1 les d]vi*es de la ,haute-gypte1 etc41 ont aussi leurs manires extra-sci5tifiques de gurir les plus horribles maux qui ai5t jamais afflig notre espce1 et cela d'une faon bi5 autrem5t rapide et radicale que ne guriss5t les mdec9s d',europe4 ,il va sans dire que n\s ne p\vons entr] ici dans les mo9dres dveloppem5ts1 et qu'il ne n\s e/ mme pas p]mis d'indiqu] d'une faon sommaire l'tat d'une seule "q actuelle4 ,n\s avons le regret d'tre oblig de pass] vite1 et n\s n'avons d'autre prt5tion1 dans ces notes1 que celle de =mul] gr&s traits un po9t de vue possible4 ,la mdec9e e/ lie la *imie d'une telle sorte qu'on p\rrait avanc] que l'une e/ en face de l'autre4 ,pr5ons un dtail de cette n\velle sci5ce3 n\s sommes arrivs en *imie rsum] le my/re1--ou du mo9s l'une de ses p>ties les plus ab/raites1 sur l'hydrogne3 on e/ peu prs c]ta91 auj\rd'hui1 que le poids atomique de t\s les corps n'e/ qu'un multiple exact du si54 ,or1 qu'e/-ce que l'hydrogne8444 ,une qualit6--,t\j\rs des qualits2 jamais de pr9cipes6 ,c'e/ la devise et la ju/ification du progrs indf9i6444 s'cri5t les c5t ou deux c5ts millions d'hommes qui peupl5t *aque j\r1 du mat9 au soir1 les trois c5t mille cafs de l',europe et qui ont la bont1 aprs avoir rum9 syn?tiquem5t une masse indige/e de gazettes1 de donn] humblem5t le ton l',esprit huma94--,il suffit d'affirm] ce qu'ils dis5t p\r en voir l'inc]titude4 ,dans t\t cela1 c]tes1 il y a une *ose =t belle et =t my/rieuse3 c'e/ le srieux de l'humanit crant une logique en t\te *ose1 sans savoir p\rquoi1 ni comm5t2 mais1 comme le disai5t d]nirem5t des a/ronomes en proie au saisissem5t de n\s ne savons plus quelle al]te cle/e3 ,e/-ce bi5 avoir raison que de n'avoir pas le temps d'avoir raison8 ,ah6 n\s n\s amusons dans les tnbres recul] d'insignifiantes dcimales2 n\s croyons compr5dre un phnomne p>ce que n\s le nommons suivant telle condition de notre langage1 comme si c'tait l son vrai nom6 ,les *oses re/5t aussi ca*es qu'autrefois et l'on n'y voit rellem5t clair nulle "p dans ce sicle de lumires2 tmo9 ces deux savants qui1 /upfaits d'une "q de physique1 se disai5t l'un l'autre 7et quelques-uns peuv5t avoir ent5du cit] le fait en #ahfa1 p> un m95t rationali/e1 aux c\rs de *imie du ,collge de ,france1--au front de la plante et de l'humanit sci5tifique73--,l'absurde lui-mme n'e/ peut-tre pas impossible4 ,voil donc le cri suprme que la raison e/ contra9te1 *aque in/ant1 de p\ss] auj\rd'hui1 aprs six mille ans de labeurs et de rves1 ce qui ne laisse pas que d'eng5dr] c]ta9es rflexions au sujet de l'au!nticit du progrs4 ,aj\tons1 en passant1 que n\s avons bi5 peu de spectacles capables de lutt] en spl5deur avec ,babylone1 ,memphis1 ,tyr1 ,jrusalem1 ,n9ive1 ,s>des1 ,?bes1 ,ecbatane1 etc41 etc41 et que1 s\s le rapport de l'e/htique1 les mod]nes le cd5t aux anci5s4 ,d'autre "p1 la massue du vieux ,can se dguise1 mais la fl*e1 l'pe ou le canon s'entre-val5t2 les eng9s de meurtre s'univ]salisant1 la supriorit disp>at3 le progrs devi5t comp5sation4 ,n\s m>*ons l'abolition des gu]res6 dis5t les agr&isseurs de l'horizon intellectuel4--,il faut av\] qu'on ne s'en ap]oit pas beauc\p jusqu' prs5t4 ,l'homme ne se n\rrit pas seulem5t de pa93 qu'e/ dev5u l'idal8 ,n\s ne le tr\vons plus nulle "p1 mme dans les cieux4 ,p>eils au ,jupit] olympi51 les p5seurs ne daign5t ri5 voir4--,eh6 lo9 de n\s l'ide absurde de ni] l\rdem5t le progrs3 ,l'homme qui mit un pi$ devant l'autre cra le progrs4 ,mais que le progrs puisse sortir d'un c]cle excessivem5t re/re9t1 ou dmontr] autre *ose que notre dp5dance indf9ie et notre ignorance f9ale1 c'e/ ce qu'il e/ p]mis de rvoqu] en d\te4 ,on fait trop bon m>* de la sci5ce des anci5s2 on s'imag9e volonti]s une gr&e diffr5ce entre leur niveau philosophique et le ntre4 ,re/e savoir si le calme au sujet de l'ide de ,dieu e/ un progrs1 ce que p]sonne ne p\rrait dmontr] d'une manire trs nette4 ,l'imm5sit leur tait aussi bi5 inconnue qu'elle e/ inconnue p\r n\s autres6 et1 en se rappelant le mo9dre dtail d'a/ronomie1 on s'ap]oit qu'ils s'occupai5t1 avec m?ode et f]veur1 de la gr&e "q4--,p> exemple1 il y a deux mille ans1--p\r cit] un fait entre mille1--l'obs]vateur d',alex&rie1 ayant inv5t la sphre armillaire mod]ne et fix1 p> peu prs1 l'obliquit de l'cliptique1 obt5ait p\r l'arc du mridi5 compris entre les tropiques une expression o la sci5ce actuelle prcise pe9e une inexactitude peu prs insignifiante4 ,en vrit1 les pas que n\s avons faits dans presque t\tes les sci5ces p\rrai5t se reprs5t] p> les deux petites virgules de diffr5ce entre un calcul de v+t sicles et le ntre4 ,il y a quatre mille deux c5ts ans1 les ,*aldens tr\vai5t leur triple z>os lunaire aprs des calculs ncessairem5t assez compliqus4 ,les ,juifs tai5t =t au c\rant de la priode de nos annes1 qu'on prt5d avoir t dc\v]te p> n\s ne savons plus quel mo9e scy! ou lapon en l'an #ejj de notre re3 il suffit de jet] les yeux sur leurs livres p\r le voir4--,il y a trois mille ans1 les ,*9ois rem>quai5t la mobilit de l'cliptique en obs]vant l'aiguille d'un cadran solaire1 et l'inv5tion de ce cadran se p]d dans la nuit de l'hi/oire4 ,il y a deux mille deux c5ts ans1 les ,babyloni5s en dc\vrai5t encore d'+nieuses v>its4 ,la dc\v]te des prcessions qu9oxiales date de deux mille trois c5ts ans2 sans le prt5du has>d qui n\s a fait dc\vrir l'optique1 il y a c9q sicles 7laquelle remonte trois mille ans d'aprs les traits d'optique de ,ptolme71 et1 p> suite1 la sci5ce des rfractions de la lumire1 n\s ne saurions pas gr&'*ose de plus que les anci5s en a/ronomie4 ,et que savons-n\s1 malgr cela8 ,n\s connaissons quelques millions d'toiles a9si qu'une p>tie des phnomnes de leurs volutions v>ies3 les enfants d'auj\rd'hui1 plus analy/es que les petits ptres *aldens1 peuv5t1 en divisant une seconde au degr sur le p>c\rs d'un rayon1 savoir la di/ance qui n\s sp>e de *acune d'elles1 et pes] la sub/ance dont elles sont composes en calculant la =ce d'attraction les unes des autres4--,cette affirmation que t\t le sy/me solaire1--que l',univ]s1 comme on dit1--ne pse pas seulem5t un sextillion de livres 7s'il e/ vrai que deux et deux fass5t quatre71 p\rrait mme1 selon n\s1 veill] un s\rire dont le scepticisme conv5u ne s]ait pas t\t fait exempt d'horreur4 ,oui6 n\s avons analys le faisceau d'angles lum9eux qu'un rayon p>c\rant prs de c5t mille lieues p> seconde vi5t projet] sur notre oeil aprs avoir fran*i1 durant au mo9s dix ans1 les va/es abmes de l'!r et les dix mille kilogs d'atmosphre dont l'oeil huma9 supporte la pression1 et n\s avons p]fectionn nos l5tilles1 inv5t les pol>iscopes1 rappro* un peu le ciel3 ce qui revi5t dire1 au fond1 que n\s j\issons1 grce nos puissants in/rum5ts obt5us p> tant de travaux1 de sang et de veilles1 d'une vue un peu meilleure que celle de ces ,allem&s qui1 au dire de la sci5ce1 di/+uai5t l'oeil un des satellites de ,jupit]1 les anneaux de ,saturne1 et qui m>quai5t1 un crayon la ma91 des di/ances de nbuleuses4 ,le tlescope e/ peut-tre comme la bquille de nos yeux affaiblis et malades6 ,qui sait jusqu'o les premi]s hommes voyai5t naturellem5t8 ,que le monde soit g de six mille ans1 ou d'autant de milli>ds de sicles1 t\t cela se vaut s\s la rflexion3 il faut t\j\rs en v5ir au comm5cem5t1 c'e/--dire au non-s5s1 au my/re1 l'immmorial1 l'absurde4 ,les donnes que n\s avons auj\rd'hui dans le dtail du ciel1 ou dans ses lois gnrales1 s]ont r5v]ses dema91 peut-tre1 p> d'autres donnes et d'autres lois1--et voil t\t notre sub/ratum4 ,dj des critiques s'lv5t et d'une manire trs suffisamm5t spcieuse p\r tre digne d'att5tion4 ,cep5dant1 bi5 que la plup>t des a/ronomes reg>d5t le firmam5t comme l'anatomi/e reg>de un cadavre1 il n'en e/ pas mo9s re/ sup]bem5t inconnu4 ,mais on dirait que le public n'a plus le temps de p5s] lui6 ,a pe9e ress5tons-n\s quelquefois son v]tige div96 ,les ,*aldens concevai5t la gr&eur des rapports qui peuv5t n\s unir son sil5ce4 ,imag9ations de pa/eurs grossi]s6 dit-on4 ,mais t\te ralit suppose une imag9ation antrieure qui l'a p5se4--,o comm5ce1 o f9it l'imag9ation8 ,ce qu'elle voit1 e/ ou n'e/ pas3 si ce n'e/ pas1 comm5t se fait-il qu'elle puisse le voir8444 ,si c'e/ au contraire1 qu'e/-ce que la ralit d'un corps peut aj\t] de plus la si5ne1 p\r n\s1 puisque t\t f9it p> disp>atre p\r n\s8 ,ah6 les enfants de la ,*alde1 errant sur les montagnes au milieu du v5t nocturne1 la ress5tai5t bi51 cette posie qui e/ la consci5ce de la nature1 et ils avai5t bi5 raison d'atta*]1 d'un reg>d de foi dpassant les progrs futurs1 leurs obscures de/9es au c\rs lum9eux d'une toile1 et de crer a9si1 dans t\t l'inf9i de leur p5se1 un rapport irrvocable de leur humilit sa sublimit4 ,,*apitre ,,viii4 ,isis4 ,*]*ez1 et v\s tr\v]ez4 ,en vrit1 en vrit1 je v\s le dis3 ,celui qui veut cons]v] sa vie la p]dra2 celui qui veut la donn] la retr\v]a4 7,j,,sus-,,*ri/47 ,a v+t ans et demi1 ,tullia ,fabriana se tr\va seule au monde4 ,cette t5dance de son esprit aux pr(onds recueillem5ts1 t5dance qui1 au dire des physiologi/es1 accompagne presque t\j\rs1 *ez la femme1 une complexion dispose la /rilit1 s'tait dj si aggrave en elle1 que ses s5s1 re/s neufs1 ne la sollicitr5t pas4 ,les plus attrayantes di/ractions lui p>ur5t d'assez peu de valeur1 ses travaux ayant suffi p\r la blas] d'avance des plaisirs1 des triomphes et des am\rs4 ,le plus sombre dda9 comm5a d'emplir son coeur2 malgr son indiffr5ce1 elle p5sa que1 tant belle1 il p\vait lui arriv] d'tre aime2 et comme elle ne t5ait pas plus ress5tir les bonheurs de l'am\r p>tag qu' caus] les tri/esses de l'am\r solitaire1 elle se tr\va une exception huma9e4 ,alors1 elle se dcida p\r un loignem5t1 elle s'isola1 sans se retir] t\t fait1 sans cess] de faire le plus de bi5 possible aut\r d'elle avec la plus l>ge "p de son imm5se =tune1 et n'accepta du dehors que le respect de son nom4 ,dans le recueillem5t de sa retraite1 elle rva magnifiquem5t sur elle-mme et sur le monde et s'ab&onna t\t entire aux sublimes attirances de la ,p5se4 ,jet] un c\p d'oeil dsillusionn et rapide au fond de son effrayante sci5ce1 la rsum] au po9t de vue de la nature et de l'hi/oire1 arriv] li]1 p> sries de rapports1 les p]spectives et les f9s p>ticulires de t\tes ces obs]vations jusqu' la "q philosophique1 cela fut l'oeuvre de quelques mois p\r sa r$\table intellig5ce4 ,un soir1 dt]m9e p5s] p> elle-mme1 elle f]ma ses l\rds volumes de mtaphysique et s'acc\da1 comme t\j\rs1 sur sa table d'tudes4--,sph9x6444 toi1 le plus anci5 des dieux6444 murmura la belle vi]ge prom?enne1 je sais que ton royaume e/ semblable des /eppes arides et qu'il faut longtemps m>*] dans le ds]t p\r arriv] jusqu' toi4 ,l'ard5te ab/raction ne saurait m'effray]2 j'essai]ai4 ,les prtres1 dans les temples d'gypte1 plaai5t1 auprs de ton image1 la /atue voile d',isis1 la figure de la ,cration2 sur le socle1 ils avai5t inscrit ces p>oles3 ,je suis ce qui e/1 ce qui fut1 ce qui s]a3 p]sonne n'a s\lev le voile qui me c\vre4 ,s\s la transp>5ce du voile1 dont les c\leurs clatantes suffisai5t aux yeux de la f\le1 les initis p\vai5t seuls press5tir la =me de l'nigme de pi]re1 et1 p> int]valles1 ils le sur*>geai5t encore de plis diaprs et my/rieux p\r mettre de plus en plus le reg>d des hommes dans l'impuissance de la pr(an]4 ,mais les sicles ont pass sur le voile tomb en p\ssire2 je fran*irai l'ence9te sacre et j'essai]ai de reg>d] le problme fixem5t4 ,au mom5t d'entr] dans le royaume de la mditation solitaire1 la jeune femme se surprit dt\rn] la tte et jet]1 p\r la premire fois1 sur le rve de la vie1 des reg>ds de d\ceur4 ,oui1 p\r la premire fois1 elle aurait v\lu croire1 aim]1 oubli]6444--,bi5tt1 ddaigneuse et grave1 elle rsi/a f]mem5t et t5dit t\tes les puissances de son esprit v]s les plus v]tig9eux sommets de l',idal4 ,les j\rs et les nuits se passr5t4 ,satan1 d'aprs le pome symbolique1 ayant =c les portes de l'enf]1 reg>da les tnbres et s'lana dans leurs pr(ondeurs la re*]*e de l'd54 ,ses ailes battai5t dans le vide que ses reg>ds explorai5t4 ,a9si l'me qui1 v5ant d'*app] son ca*ot#c p> la consci5ce de l'id5tit#d1 se prcipite dans le my/re de l'tre#e p\r y tr\v] la cause et la raison des dt]m9ations ultrieures1 ralise cette conception4 ,que de sy/mes1 anantis sitt que p>us1 flamboyr5t devant cet esprit6 ,les j\rs et les nuits se passr5t4 ,*ose bi5 rem>quable6 ,des considrations rsultant d'un po9t de vue assez loign de celui o se plac5t1 d'habitude1 la plup>t des femmes1 l'induisir5t ne pas oubli] l'extriorit de sa p]sonne1 malgr ses t]ribles tudes1--enf9 ne pas se nglig] physiquem5t4 ,elle se dcida p\r un g5re de vie s\t5u p> une m?ode dont elle avait tudi les secrets et qui lui cons]va sa magnifique pleur de roses blan*es et la fra*eur de son beau sang4 ,l'on sait que les climats itali5s et1 en gnral1 presque t\s ceux des contres mridionales1 favoris5t et mme impos5t hyginiquem5t l'ab/95ce2 a9si la sobrit avec laquelle viv5t les g5s du peuple1 en ,italie1 et leur privation con/ante d'alim5ts =tifiants ne nuis5t pas leur nature2 grce la n\rrissante atmosphre qu'ils respir5t1 ils se port5t aussi bi5 que ceux du ,nord4 ,comme ,fabriana t5ait ma9t5ir son esprit dans le m]veilleux tat de sant lucide o il tait1 non seulem5t l'ide de plaisirs ga/rosophiques l'et modrm5t transporte1 mais1 seconde p> le climat de ,flor5ce1 elle devait adopt] un rgime d'une svrit dont sa con/itution de m>bre ne p\vait se tr\v] que =t bi54 ,elle ne buvait jamais que de l'eau froide et dore p> quelques g\ttes d'lixir2 la nuit1 lorsqu'elle avait bi5 faim1 elle se suffisait avec un peu de pa92 quelquefois des glaces1 des oranges et du ?2 r>em5t elle dsirait des *oses plus succul5tes4 ,cet asctisme lui vita les temps p]dus et les ennuis de la maladie2 et elle se tr\vait t\j\rs repose4 ,elle se levait1 se baignait aux j>d9s1 s'enveloppait d'un peplum1 vtem5t dans lequel elle se tr\vait plus l'aise et plus rapidem5t habille2 elle v5ait ensuite dans la biblio?que1 s't5dait sur un s(a1 p5sait de longues heures sans quitt] son attitude acc\de sur les c\ss9s1--except p\r feuillet] de temps autre un livre de philosophie ou de ma?matiques et p>c\rir un passage4 ,elle ne prononait jamais une p>ole3 ses yeux demi f]ms ne brillai5t pas2 un signe d'admiration1 de cra9te ou d'esprance ne la fit jamais tressaillir2--seulem5t des g\ttes de sueur p]lai5t sur ses tempes1 r\lai5t jusque p>fois sur ses cils1 comme des pleurs sublimes1 et1 p>eille la gr&e ,isis1 elle s'essuyait alors avec le voile4 ,les j\rs et les nuits se passr5t4 ,cep5dant le soleil tait radieux sur les campagnes2 les enfants s'aimai5t dans les =ts1 la nature tait paisible2 le pr9temps de sa jeunesse lui disait1 dans la voix de ses brises v5ues du ciel1 dans le p>fum de ses fleurs gonfles de sve1 le *ant mlancolique des anci5s3 ,c9?ie1 les j\rs et les nuits s'c\l5t2 tu oublies de vivre2 ne veux-tu pas faire comme les enfants1 puisque tu es jeune et que tu es belle8 ,ses veilles se prolongeai5t quelquefois jusqu'au mat9 et t\j\rs dans ce pr(ond mutisme1 dans cette int5sit d'ab/raction que ne v5ait trahir nul signe extrieur1 et qui1 depuis deux annes d'id5tit1 tait dev5u quelque *ose d'effrayant2 ses sommeils devai5t tre videmm5t une cont9uation de fatigue4 ,jusqu'o cette femme avait-elle plong8 tait-il possible d'admettre1 vis--vis d'une p>eille n]gie1 qu'elle rvait au has>d en se laissant bl\ir p> t\s les mirages de l'objectivit8 ,non6 non6 la gr&e solitaire1 la p5se brve et robu/e1 devait savoir ce qu'elle faisait4 ,l'immmorial my/re qui fait1 selon n\s1 le fond du monde1 ne p\vait pas avoir *app sa consci5ce ni son esprit2 peut-tre que1 p>v5ue sa hauteur1 elle *]*ait un po9t de d"p plus satisfaisant que la ,ncessit#f4 ,un incid5t qui p\vait dev5ir trs grave et trs malheureux p\r son exi/5ce1 et que n\s ne devons rapport] qu' cause du c>actre purem5t potique dont il s'enveloppa1 surv9t dans son exi/5ce v]s la f9 de la troisime anne4 ,une nuit1 ,tullia ,fabriana1 r5f]me et isole dans sa p5se1 comme t\j\rs1 tait assise devant sa table3 la lampe de f]1 place auprs d'elle1 laissait dans l'obscurit les pr(ondeurs de l'app>tem5t1 mais clairait en ple9 cette physionomie tranquille dont les reg>ds t\t intrieurs p>aissai5t contempl] des firmam5ts inconnus4 ,oh6 le monde visible6 la *ose qui tr\ble1 malgr sa cont+5ce insignifiante6 ,il faisait une nuit malsa9e1 l\rde et gonfle d'orage4 ,p>eils de lo9ta9s hurlem5ts p\sss de ce ct p> la plante1 les convulsions de l'lectricit se prolongeai5t dans les montagnes4 ,le ciel avait des te9tes d'or1 de jais et de bi/re2 des nuages imm5ses arrivai5t en t\te hte2 la jeune femme p\vait ent5dre ces c\ps s\rds1 loigns et confus dont le murmure1 emport p> le v5t pluvieux et tide1 entrait p> les croises ouv]tes4 ,on et dit que la nature extrieure v\lait la prv5ir l'oreille de l'att5tion fixe sur elle quelque "p4 ,elle se leva t\t c\p4 ,c'tait le premi] ge/e de sa mditation6 ,ses yeux pr(onds et noirs brillr5t comme deux flammes4 ,son visage tait ple comme la mort4 ,il y avait dans la gr&e biblio?que une sphre cle/e de dim5sions colossales2 elle se tr\vait place en face d'une va/e f5tre vitraux t\te gr&e ouv]te4 ,la nuit inc5die p> les clats de la f\dre faisait1 avec une vie m]veilleuse1 t9cel] comme des a/res vritables les innombrables toiles d'or et d'arg5t incru/es sur l'norme b\le bleue4 ,une spirale aux degrs de vel\rs ent\rait cette sphre2 au sommet1 sur une plate-=me troite1 tai5t jets deux ou trois c\ss9s et des in/rum5ts d'a/ronomie tai5t p>s sur ces c\ss9s4 ,la lampe brlait sur la table4 ,tullia ,fabriana1--sans d\te l'orage l'avait indispose un mom5t1--porta la ma9 son front4 ,a voir l'expression fixe de ses reg>ds1 il dev5ait prsumable que le ciel1 la t]re et la nuit tai5t lo9 de sa p5se1 et qu'elle ne savait ni n'ent5dait ri5 de ce qui se passait aut\r d'elle4 ,elle s'appro*a de la sphre pas l5ts1 monta les degrs1 et jetant les compas sur le tapis1 elle *ancela4 ,sa tunique1 dsagrafe comme un manteau1 glissa le long de son corps2 ses *eveux dr\ls aut\r d'elle l'enveloppr5t1 et1 aux lueurs de la nuit1 ils ressemblai5t des rayons4 ,elle app>ut1 blan*e et lum9euse1 sans rem>qu] la pr(ondeur de l'orage et des tnbres1 sans pr5dre g>de l'espace brutal et noir6444 ,elle app>ut1 comme la desse de ces nuits d'horreur1 o ceux qui *]*5t ne tr\v5t pas4 ,mais quoi songeait-elle8 ,a quels tonnem5ts son esprit p\vait-il s'ab&onn] p\r la premire fois8 ,la f\dre entra1 comme p> has>d1 avec un hideux clair1 p> la f5tre ouv]te1 dans l'app>tem5t1 l'in/ant mme4 ,le fluide la jeta van\ie sur la sphre de porphyre4 ,elle re/a r5v]se sur le dos1 les membres t5dus1 les *eveux flottants1 les yeux f]ms1 au milieu de la mon/rueuse commotion du tonn]re4 ,p> un de ces effets1 un de ces absurdes et heureux prodiges que la f\dre commet quelquefois1 elle ne fut pas blesse4 ,aucun mal4 ,la sec\sse ayant t seulem5t d'une gr&e viol5ce1 elle re/a plusieurs heures sans m\vem5t1 comme accable4 ,a "p cette fatigue1 l'lectricit ne lui laissa aucun s\v5ir de sa visite4 ,lorsqu'elle rev9t elle1 il faisait gr& j\r2 le temps tait sup]be2 la bonne odeur de l'h]be aprs l'orage embaumait les airs2 elle s'acc\da1 rva quelques in/ants1 puis se leva et desc5dit sur le tapis4 ,une fois vtue1 elle alla v]s la f5tre1 reg>da les arbres1 le ciel1 les fleurs1 l'espace imm5se4 --,c9q heures de p]dues6444 dit-elle avec beauc\p de d\ceur4 ,ce fut t\t1 et quelques m9utes aprs1 elle p>ut avoir oubli le t]rible incid5t qui tait v5u la tr\bl] cause de l'imprud5ce qu'elle avait faite de laiss] les f5tres ouv]tes p5dant les nuits d'orage4 ,quelques j\rs aprs1 elle *angea t\t d'un c\p sa manire de vivre4 ,elle passa les j\rnes seule1 *eval1 c\rir dans les valles1 et ne s'en ret\rnant au palais que le soir4 ,depuis cette nuit extraord9aire1 ses traits avai5t pris l'expression d'une tranquillit de /atue3 on et dit que ce n'tait po9t la fatigue qui l'avait fait se lev] en sursaut1 et que ce n'tait pas l'orage qui l'avait plie6444 ,elle p>aissait simplem5t suivre1 depuis son rveil1 les imm5ses en*anem5ts d'une p5se unique4 ,un j\r1 elle rev9t dans la biblio?que4 ,elle ouvrit l'un des volumes de magie1 et aprs de longues heures1 ayant align quelques *iffres sur la m>ge avec son crayon3--,c'e/ bi56--dit-elle voix basse1 et elle aj\ta s\rdem5t3--,j'att5drai4 ,les j\rs et les nuits se passr5t4 ,elle ne p]dait pas de vue le monde2 le monde ne p\vait la tr\bl]4 ,elle assi/ait assez volonti]s aux soires et aux bals4 ,elle y t5ait son rang sup]be4 ,elle causait1 sans ennui1 de *oses et de dtails usuels et s\riait gracieusem5t au milieu de rp>ties enj\es4 ,c]tes ses brillantes amies et ses danseurs ne se d\tai5t gure que leurs complim5ts et leurs p>oles tombai5t dans son me pr(onde1 comme en hiv] les sons de clo*e des hameaux tomb5t1 emports p> les rafales nocturnes et lo9ta9es1 dans la dsolation de l'espace444 ,a cette s\da9e vellx de di/ractions1 il et t possible de p5s] que1 dfaillante comme les autres devant le ,problme1 elle avait intrieurem5t r5onc fran*ir le passage4 ,mais elle avait un d\ble aspect3 son reg>d fixe1 son immobilit dans la solitude1 et1 dans le monde1 cette simplicit1 cette ins\cieuse lgance de p>oles1 tmoignai5t p> leur ensemble qu'elle avait une raison p\r agir de la sorte et que son ide tait passe dans la sphre de l'action4 ,le gnie ne se paye pas d'un dc\ragem5t1 et c'e/ p\r cette raison qu'il e/ le gnie4 ,il e/ p>eil au soldat frapp dans l'emportem5t de la mle1 qui1 ne s'ap]cevant pas de son sang p]du1 cont9ue m>*] sur l'ennemi et ne s'arrte qu'au mom5t o il rem>que la mort1 c'e/--dire son devoir t]m94 ,la p5se de ,tullia ,fabriana ne devait pas avoir bron* dans les abmes2 il tait clair que1 p>eille au plongeur de la ballade1 elle rapportait la c\pe d'or quelque roi inconnu4--,ma9t5ant1 c'tait pass6444 ,la lutte tait f9ie2 l'ange tait va9cu4 ,les sueurs mortuaires de l'angoisse1 la va/e p\vante du dsespoir1 la sublime extase de la vie t]nelle1 t\t cela =mait1 au fond de son me1 un sombre amas de s\v5irs4 ,elle tait comme un voyageur qui revi5t des pays inconnus4 ,son front grave avait la beaut de la nuit3 c'tait la re9e du v]tige et des tnbres4 ,la t]re1 ses climats et ses races devai5t lui app>atre comme sur une toile aux rapides et fanta/iques visions4 ,peut-tre avait-elle dc\v]t1 au sommet de quelque loi /upfiante1 le vivant panorama des =mes du ,dev5ir2 peut-tre que l'ab/raction1 =ce de spl5deurs1 avait pris p\r elle les proportions de la suprme posie4 ,en t\te c]titude1 une p>eille me ne devait pas tre dupe de son ombre1 et si elle avait pos quelque po9t1 si elle s'en tait t5ue quelque *ose1 c'e/ qu'il l'avait fallu4 ,ce ne p\vait pas tre p\r le seul plaisir de suivre des ides au vol qu'elle s'tait dt]m9e ctoy]1 *aque heure du j\r et de la nuit depuis trois annes1 la folie1 le delirium trem5s1 les fivres d'halluc9ation1 etc41 et t\t le cortge de la ,p5se4 ,elle tait p>v5ue cette hauteur o les s5sations se prolong5t intrieurem5t jusqu' s'van\ir d'elles-mmes2 c'tai5t comme des rappro*em5ts famili]s de ses actions prs5tes avec des s\v5irs confus444 ,des av]tissem5ts lui v5ai5t de t\te "p1 de l',imp]sonnel1 sil5cieusem5t4 ,ces phnomnes se posai5t devant sa p5se comme devant un miroir impassible3 une obscurit imprvue pesait sur ses mo9dres actions2 il lui semblait qu'elle di/+uait1 sans ef=ts1 le po9t o les pr(ondeurs de la vie banale vont s'en*an] aux rves d'un monde invisible1 de sorte que les dtails de *aque j\r1 dev5us df9is1 avai5t une signification lo9ta9e p\r son me44444 ,elle avait v+t-quatre ans4 ,elle avait voyag1 comp>1 mdit sur les lois sociales1 appris les dtails des gr&es causes2 dat] du j\r o elle avait p>l seule1 sa volont p>ut avoir pris possession d'une ide fixe4 ,elle se remit voir le monde1 le voir d'une manire suivie et calcule3 trois annes se passr5t1 et ces trois ans aprs1 v+t-sept ans1 celui qui et pntr dans sa vie intime1 et t surpris d'y reconnatre un ct n\veau et =t s+uli]4--,une fois1 dans le temps1 une circon/ance dont l'orig9e obscure semblait se ratta*] des que/ions peu importantes p\r elle1 l'avait implique au milieu d'une va/e et royale intrigue dont elle avait accept le rle le plus difficile et qu'elle avait m5e bi54 ,elle en avait pr(it1 p> prs5ce d'esprit1 p\r s'appropri] d'ine/imables secrets4 ,outre sa =tune dont l'orig9e tait suffisamm5t reconnue et df9ie1 elle avait dans sa mmoire une autre =tune et un gr& p\voir4 ,en sondant plus lo91 on et dc\v]t une *ose m]veilleuse3 c'e/ que1 =ce d'habilet pratique1 de relations leves et de sci5ce du dtail1 elle avait f9i trs rapidem5t1 sans tre rem>que1 p> dom9]1 sans bruit et comme en se j\ant1 presque t\s les hommes de valeur disposant d'une =ce matrielle en ,italie4 ,cette puissance ca*e s't5dait jusqu'aux tats roma9s4 ,du fond de son palais1 elle ex]ait sur les div]s actes des g\v]nem5ts la suprmatie qu'elle s'tait acquise en vue d'un b indf9issable4 ,elle s'tait dt]m9 elle-mme1 sans aucun d\te1 des rsultats v5ir1--mais la pr(ondeur en *appait ses plus subtiles cratures4 ,ceux qui la s]vai5t en v]tu d'obligations tacites ou d'esprances intresses tai5t lo9 de se d\t] de leur nombre4 ,bi5 plus6 en politique1 elle passait1 aux yeux les plus clairvoyants1 p\r une femme indiffr5te ou de porte ord9aire2 c>1 p> un trait de dissimulation magi/rale1 elle p>v5ait laiss] croire qu'on agissait de soi-mme4 ,elle crivait peu cep5dant1 et voici p\rquoi ses lettres tai5t plus compromettantes p\r celui qui les recevait que p\r elle4 ,elle rptait mot p\r mot d'abord la dem&e qu'on lui faisait1 ce qui spcifiait clairem5t et sans ambiguts possibles1 le s5s exact de la rponse2 ma9t5ant1 #a si la "q n'tait po9t pose dans des t]mes suffisamm5t prcis p\r p\voir1 au beso91 dev5ir une arme entre des ma9s exp]tes1 elle rpondait d'une faon vague et brve2 #b si elle jugeait qu'on s'tait livr elle1 elle r5voyait purem5t et simplem5t la lettre1 avec un oui ou un non au v]so1 de telle sorte qu'on ne p\vait montr] la rponse sans la dem&e4 ,elle re/ait a9si t\j\rs libre et sre d'elle-mme4 ,cette m?ode avait ceci de rellem5t trs =t1 qu'elle dconc]tait les s\pons de ceux qui p\vai5t la croire d'une c]ta9e env]gure de desse9s1 puisqu'elle leur r5dait leurs armes2 mais on ne songeait pas cette consqu5ce3 ,elle vitait p> l ces div]s comm5taires auxquels e/ expose la conduite d'une femme dont on r$\te l'influ5ce1 p>ce que1 n'ayant qu' se l\] d'elle1 on n'tait pas press d'en faire p>ade1 cela supposant infriorit4 ,peu de bruit se faisait donc en diplomatie aut\r de son nom4 ,les mailles solidem5t tnues de ce rseau dont elle enveloppait1 dans l'obscurit1 une bonne p>tie des arrts de la politique impriale ou roma9e1 ab\tissai5t son doigt p> un suprme anneau qu'elle m\vait de temps autre4 ,bi5 que1 dans ses voyages1 elle ne p>t qu' de longs int]valles aux gr&es rceptions des nonciatures1 aux soires (ficielles des consulats ou plutt des prfectures d',autri*e et aux bals flamboyants des ambassades de ,france1 d',anglet]re et d',espagne2 bi5 que l'accueil dont on l'y acceptt n'et jamais donn lieu de s\ponn] des li5s de plus intime dfr5ce que celle due son rang ou ses pre/iges p]sonnels1 elle aurait presque infailliblem5t prdit le j\r o tel dcret s]ait sign p> un pontife1 un p>lem5t1 une re9e ou un emp]eur4 ,que se proposait-elle d'atte9dre8444 ,que v\lait-elle am5]8444 ,que lui importai5t ces manoeuvres1 elle1 dont les habitudes et les gts tranges mettai5t l'exi/5ce en dehors de t\te lutte sociale8444 ,a elle qui ne ress5tait aucun dsir d'augm5t] sa position ni d'tre utile celui-ci ou celui-l8444 ,aucune patriotique illusion8444 ,a quoi bon cette trame p]man5te1 s\t]ra9e1 qu'elle tissait froidem5t depuis trois ou quatre annes8444 ,c'tait impntrable4 ,t\j\rs e/-il que son plan1 quel qu'il ft1 re/ait1 cause de ces manires d'agir1 envelopp de tnbres et d'inatt5tion4 ,c'tait donc *ez cette femme extraord9aire qu'tai5t v5us ce soir-l le pr9ce ,=siani et son jeune ami le comte ,wilhelm4 ,ils att5dai5t dans un salon4 ,note #c3 ,le moi4--,voyez ,,fi*te1 la ,logique4--,voir aussi ,trait des ,s5sations1 p> l'abb ,,de ,,condillac1 et ,l,,lut1 ,physiologie de la ,p5se4 ,note #d3 ,voir ,,s*ell+1 ,idalisme transc5dantal1 et ne pas t5ir compte de ses notes 7dans l',apprciation des ,o,euvres de ,m4 ,c\s97 au sujet de ,h,,gel1 notes dans lesquelles se tr\ve cette proposition3 ,ce qui e/ e/ le primitif2 son tre n'e/ que l'ultrieur1 etc41--att5du que ceci n'e/ d'aucune ncessit1 ne se pr\ve po9t et ne se p5se pas plus que la proposition de ,h,,gel4 ,note #e3 ,voir ,h,,gel1 logique1 la ,sci5ce de l'tre4 ,l'id5tit de l'tre et du nant1 considrs dans leur en soi vide et indt]m94 ,les p]sonnes qui ne saurai5t pas l'allem& peuv5t consult] la belle traduction de ,m4 ,v,,ra1 l'un des monum5ts philosophiques de ce sicle4 ,note #f3 ,ceci soit dit s\s le critrium hgli51 et avec une rs]ve dont l'explication devra tre donne dans le second volume de cet ouvrage4 ,,*apitre ,,ix4 ,la prs5tation4 ,almanzor1 voiturez-n\s ici les commodits de la conv]sation4 7,,moli,,re1 les ,prcieuses47 ,la m>quise entra4 ,le salon donnait sur les j>d9s4 ,devant les gr&es croises entr'ouv]tes1 les drap]ies remuai5t lgrem5t4 ,des dalles blan*es t5ai5t lieu de tapis ou de p>quet4 ,les h\sses de gaze arg5te n\es au b\t des torsades enveloppai5t les lu/res du plafond4 et l de l\rdes *aises d'bne sculpt1 t5dues en vel\rs noir1 et un s(a p>eil1 prs d'une f5tre4 ,sur les bois]ies de c\leur sombre se dta*ai5t1 dans leurs cadres d'or1 de magnifiques pe9tures du ,guide et du ,titi54 ,une tor*re ple9e de b\gies1 place d]rire une vasque de m>bre d'o s'*appai5t de grosses g]bes de fleurs naturelles1 clairait l'app>tem5t4 ,la haute *em9e aux c&labres te9ts1 supportait une gr&e p5dule en bronze de ,flor5ce3 des panneaux armoris indiquai5t des portes sur d'autres salons du palais4 ,les deux g5til%ommes tai5t deb\t vis--vis d'un tableau4 ,tullia ,fabriana les salua d'un m\vem5t de tte1 demi-s\riante4 ,le pr9ce1 avec une nglig5ce amicale1 d'un tact et d'un gt p>faitem5t mesurs1 s'incl9a2 ,wilhelm s'incl9a aussi1 mais tr\bl comme p> un bl\issem5t4 ,la m>quise1 avec un signe d'appro*]1 v9t auprs de la f5tre4 ,le pr9ce ,=siani prit le jeune homme p> la ma93 --,madame la m>quise1 dit-il1 j'ai l'honneur de v\s prs5t] le comte de ,/rally-d',an?as4 ,t\s deux prir5t place devant la jeune femme4 ,elle s'tait appuye1 en s'adossant1 les ma9s moiti jo9tes3 son c\de reposait sur l'un des bras du s(a4 --,monseigneur1 ne me disiez-v\s pas1 hi] au soir1 que v\s deviez n\s quitt] cette nuit mme8 dem&a-t-elle4 --,oui1 madame3 et1 si quelques so9s v\s inquitai5t prs de la c\r de ,naples1 s]ais-je assez heureux d'y veill] votre place8 --,la re9e m'a fait l'honneur de m'crire la sema9e passe1 et deux lignes1 aj\tes p> "l ,acton1 exprimai5t d'assez vives in/ances au sujet d'une rponse immdiate4 ,plusieurs difficults ne m'ont po9t p]mis de le satisfaire avant ce soir4 ,je dsire simplem5t (frir ,sa ,maje/ mes regrets de ne p\voir lui tre utile dans les circon/ances dont elle me p>le1--et1 puisque v\s me laissez dispos] de votre complaisance444 ,le pr9ce ,=siani s'incl9a4 --,mon abs5ce ne s]a pas longue1 je l'espre1 aj\ta-t-il4 ,p5dant que ,fabriana p>lait1 ,wilhelm tait dev5u la proie d'un phnomne d'une froide horreur4 ,cette voix1 ce timbre de contralto vel\t ne lui tait pas inconnu1 cela tait c]ta94 ,mais--et l'int5sit du s5tim5t avait pris en lui les proportions d'une ralit vid5te--il lui semblait que 'avait t bi5 lo91 dans l'impalpable pass1 au milieu de pays frapps d'un sil5ce sans *os1 sil5ce t]rible1 dans des ges oublis dont il ne p\vait concevoir la date1 que 'avait t dans ce nant qu'il avait ent5du la voix4 ,il se rappela les s+ulires confid5ces du pr9ce dans les ,cas9es et il eut assez d'empire sur lui-mme p\r demeur] d'un visage gal4 ,cette halluc9ation ne dura qu'un in/ant4 ,j'ai rv1 p5sa-t-il2 et il ne s'en inquita pas davantage4 ,on causa de *oses de has>d p5dant quelques m9utes1 puis cela fut ram5 aux affaires du temps4 ,sur une allusion que p>ut avanc] le pr9ce ,=siani au sujet de la paix ou de la gu]re1 la m>quise le reg>da3 --,votre ,excell5ce me p>donn]a1 dit-elle3 je ne dsire connatre aucun dtail1 mais je p5sais que l'ambassade avait en vue des motifs d'un ordre diffr5t4 --,ces motifs t\*5t aux intrts les plus graves1 rpliqua ,=siani4 ,la "q des f9ances de ,naples e/ trs obscure3 les valeurs1 sans d\te cause des excessives dp5ses de la c\r1 sont tombes dans un discrdit si f*eux auj\rd'hui1 que1--un juif ais1 p> exemple1 s'il savait a*et] d'une c]ta9e faon1 p\rrait s'in/all]1 dema9 peut-tre1 sur le trne de ,gonzalve de ,cord\e4 ,cela ralis]ait une m9iature assez tri/e de ces banqui]s de l'anci5ne ,rome qui trafiquai5t de la puissance impriale4 ,voil cep5dant le rsultat v]s lequel n\s allons4 --,ah8 dit ,tullia ,fabriana1 t\j\rs impassible4 --,je le crois1 aj\ta le pr9ce4 ,en vrit1 ces que/ions f9iss5t p> dom9] t\tes les autres2 les peuples m5ac5t1 l'av5ir s'assombrit4 --,c'e/ vrai1 dit la m>quise1 et il me vi5t une amusante ide4 ,si1 p> miracle1 et t\te pavoise1 une flotte lui arrivait du ciel1--un peu comme cette manne suprme que les ,hbreux avai5t si gr& so9 de recueillir autrefois1--p5sez-v\s que le roi ,f]d9& la refus]ait8 ,ce fut le t\r du pr9ce ,=siani de reg>d] ,fabriana4 --,la rsignation aux c\ps du ciel e/ une v]tu royale1 belle dame1 rpondit-il4 --,la rsignation6444 ,d'aprs vos p>oles1 s]ait-il bi5 surpr5ant que ,sa ,maje/ sicili5ne ft mise mme1 bi5tt peut-tre1 de la pratiqu] =t srieusem5t8 ,e/-il df5du de suppos] l'exi/5ce de ceux qui sav5t a*et] les *oses avec de l'aci]1 du f] et du plomb1 dfaut de mtal plus prcieux8 ,et elle se mit rire4 --,les ,lamb]to ,visconti se font r>es1 ,madame3 de tels exemples sont dev5us si difficiles suivre6444 ,j\] sur un c\p de ds son exi/5ce contre l'avantage d'tre roi1 n'e/ plus une *ose si attrayante4 --,croyez-v\s1 ,monsieur de ,/rally8444 dem&a la m>quise en s\riant4 --,madame1 rpondit ,wilhelm1 j'e/ime que se tr\v] seulem5t mme de risqu] cette p>tie e/ une prcieuse faveur du de/94 --,e/-ce que v\s s]iez attri/ de votre sort si1 l'ayant essaye1 v\s aviez p]du8 --,non1 madame4 --,que v\s disais-je1 pr9ce8 ,la voix d\ce de ,wilhelm1 le naturel de sa t5ue accomplie1 excluai5t de ses rponses t\te ide d'o/5tation4 ,c'tait un gr& seigneur2 il p>lait simplem5t4 ,le tr\ble et l'motion ard5te qu'il comprimait ne p\vai5t transp>atre1 et p\r ,fabriana seule1 que d'une manire intuitive et voile4 ,le diplomate1 connaissant le monde1 se dem&ait avec inquitude3 ,lui s]ait-il absolum5t indiffr5t8 ,mais il ne s'arrta pas cette ide4 ,a ce mom5t1 une *>mante jeune fille1 vtue d'un co/ume grec1 entra1 posa sur une table un plateau de v]meil *>g de liqueurs la neige et se retira sans bruit4 --,acceptez-v\s8444 dit gracieusem5t ,fabriana4 ,on refusa p> un m\vem5t de la ma94 --,a9si1 cont9ua-t-elle1 v\s p5sez1 ,monseigneur1 que1 p> exemple1 notre *] tyran1 ,m4 de ,habsb\rg1 int]vi5drait si le juif dont v\s p>liez se tr\vait bi5 lev8 --,les rois ne sont-ils pas t5us de pr5dre de l'intrt les uns p\r les autres8 rpondit le pr9ce1 assez surpris de cette insi/ance4 --,oh6 je suis de l'avis de t\t le monde l-dessus6444 --,p]mettez1 c'e/ n'en pas avoir1 m>quise4 --,mais c'e/ avoir celui de t\t le monde1 dit-elle4 ,=siani reg>da ,wilhelm1 auquel *appa1 comme il tait un peu jeune et qu'il ne faisait qu'admir] en ce mom5t1 une p>tie de cette puissante rponse4 --,madame1 il y aurait encore1 sans aucun d\te1 bon nombre de ,maje/s *oques du sans-gne de cet habile homme1 fit-il1 ne sa*ant pas o elle v\lait en v5ir4 --,supposons1 si cela v\s e/ gal1 quelqu'un de mo9s hbraque1 je crois p\voir v\s affirm] que les bi5-aims c\s9s du roi s]ai5t alors di/raits1 comme le roi de ,france ,l\is ,,xiv et son m9i/re fur5t di/raits qu& le seigneur ,olivi] se mit protg] l',anglet]re et le roi ,*>les de ,/u>t4 ,combi5 y et-il de ,maje/s *oques du sans-gne de ce brillant p]sonnage8444 ,v\s voyez1 il suffit de pr5dre son temps4 ,supposons mieux3 voici ,m4 d',an?as2 l'ide lui vi5t t\t naturellem5t d'tre roi de ,naples4 ,qui s'oppos]ait la russite d'un p>eil projet m5 d'une manire conv5able8 ,le pr9ce ,=siani fut un in/ant sans rpondre4 --,m4 de ,/rally-d',an?as e/ un peu jeune1 dit-il enf91 comme en acceptant la plaisant]ie4 --,v\lez-v\s1 dit-elle en s'adossant et avec une nglig5ce enj\e1 v\lez-v\s que je v\s conte une petite hi/oire8--,un pr9ce 7un pr9ce comme ,m4 de ,/rally p\rrait facilem5t le dev5ir3 une t]re en ,italie suffirait71 le pr9ce ,c>los1 en ,espagne1 avait dix-sept ans1 ju/e l'ge de ,m4 le comte1 et peu prs l'ge d',alex&re qu& celui-ci se mettait1 p> =me de di/ractions1 dfaire les armes des gr&s rois de l',asie et conqurir le monde4 ,v\s ne me direz pas1 je le p5se1 que le pr9ce tait infant8 ,sa mre1 une ,f>nse1 lui avait donn ,p>me1 qu9ze ans1 p\r l'habitu]4 ,un mat91 il s'veille avec la p5se dont n\s p>lons3 tre roi des ,deux-,siciles4 ,il en fait "p ,m4 le duc de ,mortem>t1 l'un de ses amis4 ,m4 le duc lui rpond1 naturellem5t1 que son pre en s]a trs en*ant4 ,de fil en aiguille1 on arrive se tr\v] dans les ve9es du sang des ,capti5s et des ,b\rbons1 etc41 etc42-- pla9dre le sort de ce malheureux tat de ,naples1 en butte aux factions qui le divis5t4442-- v\loir relev] ce gr& peuple444 ,enf91 il "p1 emm5ant quelques c5ta9es d'hommes sa suite4 ,il db>que1 bat les ,impriaux ,bitonte comme un ange2 se saisit1 l'improvi/e1 du sceptre et du trne1 se fait c\ronn] roi p> le pape ,clm5t ,,xii1 et reoit l'inve/iture du royaume p> le congrs d',aix1 avant que p]sonne ait eu le temps de se remettre4 ,v\s avez vu cela1 pr9ce4 ,v\s tiez atta* l'ambassade roma9e1 je crois1 et v\s connaissiez intimem5t son futur m9i/re1 ,tannuci4 ,et lorsque l',autri*e v\lut repr5dre son bi5 de la veille1 v\s v\s s\v5ez de la dfaite essuye ,velletri8 ,quel en?\siasme p\r le jeune roi6 ,femmes1 petits paysans1 que sais-je6 t\t cela pr5ait les armes et se faisait tu]4 ,ce sont des faits4 ,voil comm5t le pr9ce ,c>los de ,p>me dev9t ,*>les ,,iii de ,sicile4 ,cep5dant1 l',anglet]re avait1 ce qu'elle a t\j\rs1 un intrt s'in/all] dans le golfe napolita91 position militaire et indu/rielle qu'elle occup]a1 c]tes1 avant peu d'annes2--cep5dant le cl]g itali51 le g\v]nem5t du ,sa9t-,pre1 avait des raisons passablem5t solides p\r ngoci] avec le peuple une de ces transactions dlicates qui ont p\r consqu5ces d'augm5t] le ,livre de plusieurs millions 7dception dont je ne p5se pas que ,*>les ,,iii l'ait ddommag suffisamm5t p> la suite72--et cep5dant ,naples app>t5ait1 depuis ,*>les-,qu9t1 la maison d',autri*e4 ,il y avait donc1 il me semble1 d'assez graves intrts1 reprs5ts p> trois des cab9ets diplomatiques les plus exp]ts de l',europe1 p\r s'oppos] ce rapt m]veilleux4 ,eh bi51 non3 un enfant se dit3 ,voil une petite c\ronne qui m'irait bi51 et v\s voyez le f9i1 la nettet et la p]fection de la dr\te de ces trois puissances3 ,rome1 l',autri*e et l',anglet]re4 ,je tr\v]ais de tels faits d'armes1 excuts p> de t\t jeunes g5s1 *aque feuillet de l'hi/oire4 ,t5ez1 v\s p>liez t\t l'heure de ,gonzalve de ,cord\e1 le plus gr& capita9e des armes espagnoles1 un vice-roi1 un vtran de ruse et de gloire1 un gu]ri] des ,croisades1 un gnral inv9cible6444 ,on lui dp*e un enfant de dix-neuf v+t ans1 et ce petit jeune homme1--sans expri5ce1 comme on dit1--remporte1 en fait1 sur le vieux matre1 trois accablantes victoires c\p sur c\p4 ,v\s voyez que la jeunesse n'e/ pas impossible en ces occasions1 pr9ce4 ,je suis donc autorise p5s] que1 devant cet empire d',autri*e fait de morceaux1 un tel1 d'une c]ta9e naissance et d'une c]ta9e valeur dans la mesure de l'ambition1 p\rrait1 du soir au l5dema91--mon ,dieu6444 faire valoir ses droits1 comme on dit en t]mes honntes1 ou comme peuv5t le dire les *efs de t\tes les dyna/ies444 ,mais quoi bon p>l] de cela8444 dit ,tullia ,fabriana *angeant de ton subitem5t3 les rois sont des enfants t]ribles trs occups de t\*] t\t3 voyez comme ,m4 de ,/rally e/ un jeune homme sil5cieux et sage6 --,cela pr\ve1 rpondit le pr9ce1 qu'un duc de ,mortem>t e/ quelque *ose aussi4444 ,selon v\s1 m>quise1 l'usurpation ple9e et entire du royaume de ,naples s]ait donc *ose srieusem5t p]mise et faisable8 --,t\t e/ faisable1 et v\s savez bi51 *] pr9ce1 que1 en politique1 bi5 des *oses sont p]mises1 except de ne pas russir4 ,mais arrtons-n\s1 je v\s en prie1 n\s aurions l'air de conspir]1 ce qui f9irait p> assombrir la conv]sation1 aj\ta la belle s\riante4 ,dix heures sonnr5t cette glise qui date du temps de ,*>lemagne1 ,santa-,m>ia della ,tr9ita4 --,*re m>quise1 au revoir6 dit le pr9ce en se levant4 --,v\s me quittez8 --,une visite =ce au g\v]neur du ,vec*io444 ,d'aprs nos d]nires p>oles1 ne faut-il pas que je prvi5ne la =t]esse de se bi5 t5ir8 --,ah6 si c'e/ p\r le bi5 de l'tat1 je v\s p>donne1 rpondit ,fabriana4 ,bonsoir et bon voyage4 ,on se leva4 --,qui sait8444 cont9ua-t-elle1 v\s me rev]rez peut-tre ,naples bi5tt2 l'air y e/ trs pur4--,au revoir donc1 *] pr9ce4 ,et elle lui t5dit la ma94 ,le pr9ce1 amicalem5t1 lui baisa le b\t des doigts4 --,je reois dema91 dit-elle en se ret\rnant t\t aimable v]s ,wilhelm4 ,j'espre v\s voir dans la soire1 monsieur le ,comte4 --,votre ,grce e/ mille fois bonne p\r moi1 rpondit le jeune homme en s'incl9ant4 ,fabriana re/e seule rev9t s'asseoir sa place4 ,son visage avait pris une expression s\cieuse et sombre3 on n'et pas reconnu la femme de t\t l'heure en face de cette s\da9e trans=mation4 ,au b\t d'une m9ute1 elle murmura s\rdem5t quelques mots sans suite4441 puis elle se leva et sortit du salon4 ,le pr9ce et ,wilhelm desc5dir5t4 ,une fois en selle3 --,v\s p\vez cont9u] de v\s t5ir a9si dema91 dit ,=siani2 mais soyez matre de v\s comme ce soir4 ,pas de folies1 mon *] enfant6444--pas encore1 du mo9s1 aj\ta-t-il avec un s\rire4 --,soyez tranquille1 monseigneur1 rpondit ,wilhelm4 ,ils prir5t un temps de galop4 ,arrivs au quai de la ,tr9it3 --,au revoir1 ,wilhelm1 dit l'ambassadeur2 si v\s avez beso9 de votre vieil ami1 v\s m'crirez ,naples4 ,le jeune homme se p5*a v]s le pr9ce et l'embrassa d'un m\vem5t spontan4 --,allons1 c\rage6 aj\ta le pr9ce ,=siani d'une voix un peu mue2 sans v\s en d\t]1 le plus difficile e/ fait4 ,c\rage et au revoir6444 ,v\s voil dans la vie6 ,m>*ez4 ,il lui pressa =tem5t la ma9 et p>tit v]s la via ,l>ga4 ,le jeune homme demeura seul1 une m9ute1 rveur et immobile4 ,le ciel tait bleu1 les toiles brillai5t1 les orang]s embaumai5t1 la nuit tait s]e9e et tide4 --,je suis jeune1 dit-il2 et il passa la ma9 sur son front4 ,une srnade lo9ta9e p>v9t jusqu' lui4 --,o mon ,dieu6 dit-il avec l'acc5t d'une tri/esse nave et pr(onde1 p\rquoi n'aim]ais-je pas1 moi qui suis seul sur la t]re8444 ,oh6 comme cette femme e/ belle6 ,comme je l'aime dj1 comme je l'aime en m\rir6444 ,quelques in/ants aprs1 il piqua des deux et prit la r\te oppose1 v]s ,san-,lor5zo4 ,,*apitre ,x4 ,le palais en*ant4 ,le palais ,fabriani tait un labyr9! sup]be dont les m&res ca*ai5t un ordre savant4 ,les gr&s ar*itectes flor5t9s du ,x,ve sicle y avai5t dp5s un so9 et une magnific5ce de plans extrmes4 ,la m>quise n'y avait ri5 *ang1--ou que =t peu de *oses4 ,les secrets intrieurs de ce palais datai5t de deux c5ts ans et1 seule1 dans ce monde1 elle en t5ait le fil d',ariane4 ,comme il tait situ sur des t]ra9s levs1 lo9 des autres palais1 on ne p\vait1 d'aucun difice1 plong] la vue p> dessus les murs du p>c et des j>d9s4 ,ces murs avai5t de tr5te tr5te-c9q pi$s de hauteur1 et trois ou trois et demi d'paisseur4 ,des li]res normes1 des fleurs et de la m\sse les c\vrai5t presque entirem5t4 ,la grille de la longue av5ue se f]mait p> des battants en f] massif4 ,les gr&s arbres tai5t bi5 t\ffus et s]rs dans les alles4 ,il y avait des /atues antiques1 une fonta9e au m9ce filet d'arg5t reu dans une urne d'albtre2 des cygnes dans un bass9 ent\r de cyprs et bord de m>*es en m>bre blanc2 des buissons de roses d'gypte1 des milli]s de fleurs d',asie et d',europe1 de l>ges feuilles tombes sur le gazon1 des lvri]s t5dus et gracieux4 ,et puis le gr& sil5ce4 ,le p>c1 au milieu1 tait comme une va/e nappe d'h]be maille o j\ai5t des *evreuils et des gazelles4 ,on ne sait quoi d'ori5tal manait1 au soleil1 de ces p>fums et de ces ombrages2 un *>me my/rieux et pr(ond c\rait dans l'air de cette solitude4 ,les j>d9s de ,circ devai5t tre p>eils4 ,ce sil5ce de gr&eur enveloppait le palais depuis bi5 des annes4 ,il n'en sortait jamais1 "p ses nuits de ftes2 nuits r>es4--,la porte intrieure de ces j>d9s tait condamne2 on n'y p\vait desc5dre que p> le balcon de ,tullia4 ,le p]sonnel occupait l'autre faade1 celle qui1 situe au del des c\rs intrieures1 donnait sur ,flor5ce4 ,la m>quise s'tait rs]v exclusivem5t t\te la faade qui avait vue sur les j>d9s2 except les j\rs de rception1 les dome/iques n'entrai5t pas dans cette p>tie du palais2 ,xoryl suffisait ,fabriana4 ,xoryl tait cette jolie enfant au co/ume grec1 entrevue dans la soire4 ,c'tait une fille d',a?nes autrefois ab&onne1 d\ze ou treize ans1 p> une famille inconnue et tri/e1 aux has>ds des rues4 ,tullia l'avait ap]ue un j\r1 en voyage1 sur le gr& *em93 l'enfant j\ait au milieu des ru9es4 ,la m>quise p>ut exam9] avec une att5tion s\da9e et s+ulire les traits de cette petite fille1 et1 la pr5ant dans sa voiture1 elle l'avait simplem5t ram5e avec elle en ,italie4 ,laissant crotre dans son palais cette fleur de misre1 celle-ci tait dev5ue *>mante4 ,p5dant les fivres gagnes au *angem5t de climats et d'exi/5ce1 ,fabriana l'avait veille elle-mme avec mille so9s1 et si la belle ,xoryl n'tait pas s\s t]re1 elle le devait sa matresse4 ,on la faisait lev] et in/ruire durant les premires annes3 jamais la m>quise ne lui avait adress une p>ole de repro*e ou d'impati5ce3--et l'enfant se tr\vait heureuse dans son esclavage tranquille6 ,elle se laissait vivre sans ri5 aim] que ,fabriana et se s]ait sacrifie de bon coeur s'il l'et fallu4 ,ce n'tait po9t son amie1 ce n'tait pas sa s]vante3 c'tait sa protge4 ,a pe9e avait-elle s'occup] d'une t*e lgre que la d\ceur de sa matresse lui r5dait facile et aimable4 ,n'tait-ce pas un plaisir de lui tre de quelque utilit8444 ,prdispose1 p> les traits de sa figure1 aux habitudes solitaires1 ,xoryl tait sil5cieuse et avait le gt de l'isolem5t4 ,elle se plaisait rv] dans sa *ambre1 t5due sur le tapis1 acc\de sur un c\ss91 et suivant du reg>d1 trav]s les longs cils noirs de ses paupires1 la fume d'un n>guilh1 comme les sultanes des srails4 ,elle aimait rv] aux golfes de la ,grce1 aux temples des dieux des vieux ges1 et ses v]doyantes montagnes paennes4 ,humble1 elle se s\v5ait encore de son pays1 bi5 que son pays n'et eu p\r son enfance qu'une amre hospitalit1 et comme sa p5se1 cause de l'air o respirait ,tullia ,fabriana1 s'tait leve aussi1 tranquillem5t1 elle ne se rappelait son pays que p\r se s\v5ir de la beaut de son ciel1 de sa pauvret fire1 des ru9es qui avai5t accueilli son enfance1 de la gloire des gu]ri]s morts dans les temps anci5s et de la lib]t p]due4 ,a9si vivait ,xoryl1 fidle et taciturne4 ,p>fois on lui donnait des p]les1 des diamants ou des bracelets de sequ9s1 en lui disant dans le d\x langage d',a?nes et aprs un bais] sur le front3 --,tu es libre de me quitt]1 ,xoryl2 te s\vi5dras-tu de moi qu& tu s]as dans ton pays8 ,ce quoi ,xoryl s\riait1 sans rpondre1 en la reg>dant navem5t avec des yeux humides4 ,le fez de ca*emire noir dont le gl& d'or ondulait sur son paule jetait1 avec le re/e du co/ume d',ori5t1 comme un *>me natal sur sa jolie physionomie4 ,elle p>aissait recevoir l'ombre et la lumire de la beaut de ,fabriana lorsqu'elle se t5ait devant elle2 et puis elle s'en allait avec ce qu'on lui avait donn4 ,cette jeune fille suffisait donc ,fabriana qu& elle v\lait se ma9t5ir dans une pr(onde et absolue retraite2 et voici p> quels simples dtails elle tait p>v5ue dom9] compltem5t cette retraite et se reconnatre dans l'imm5se palais4 ,les gr&s escali]s d'honneur qui m5ai5t aux trois diffr5ts tages du palais se sc9dai5t sur le pali] du premi] tage1 grce une cloison c\lisses c]cle de lames de bronze qui se dployait volont et se b>rait en d$ans4 ,les autres escali]s de s]vice1 conduisant aux tages de cette faade des j>d9s1 avai5t t murs4 ,les colonnades du rez-de-*ausse qui bordait les j>d9s tai5t combles1 dans leurs int]valles1 p> des caisses d'orang]s1 d]rire lesquels il n'y avait qu'une paisse muraille rec\v]te en m>bre et sans f5tres4 ,le d]ni] tage p>aissait tre compos de *ambres p\r les g5s4 ,il n'en tait ri54 ,ses croises tai5t celles d'un troit corridor sans issues4 ,d]rire le mur du corridor se tr\vai5t les *ambres relles donnant sur les c\rs intrieures4 ,p]sonne n'habitait ces *ambres4 ,impossible de p>v5ir sur les toits de cette faade4 ,une longue solution de cont9uit les sp>ait des autres t]rasses4 ,ils tai5t =ms de tuiles disposes en angles et sans aucune espce de bords ni de po9t d'appui4 ,a9si1 la cloison des escali]s une fois tire1 la faade entire1 avec ses trois tages donnant sur les j>d9s1 tait isole de l'extrieur et de l'intrieur4 ,c'tait comme une ?bade s\da9e4 ,a mo9s de pntr] dans une des *ambres ou dans l'un des salons du premi] tage1 en enfonant les c]cles d'aira9 de la cloison1 il et t radicalem5t *imrique de prt5dre savoir ce qui s'y passait1 puisqu'on ne p\vait pntr] dans les tages suprieurs sans pass] p> le premi]4 ,mais dans l't5due entire de ce premi] tage t\tes les portes des app>tem5ts t5dai5t un cordon en fil d'aci]1 ca* dans la bois]ie1 de telle sorte que la porte la plus loigne1 ouv]te subitem5t p> un visiteur1 et fait tomb] s\rdem5t un c\p de timbre dans la *ambre de ,xoryl4 ,cette *ambre se tr\vait deux pices de di/ance de la *ambre c\*] de la m>*esa4 ,si1 aprs df5se expresse d'entr] dans ces app>tem5ts1 et les t>gettes dans leurs cr\s1 un laquais1 un int5dant1 un majordome1 ou n'importe quel p]sonnage diurne ou nocturne1 se ft curieusem5t avis d'y surv5ir et de =c] les portes 7soit p\r vol]1 pi]1 enlev]1 viol5t] ou assass9]1--quel autre desse9 possible871 la jolie enfant et t5du la ma9 v]s deux b\lons d'aci] ca*s dans la muraille1 et1 sans se drang] autrem5t1 et prcipit l'intrus dans une oubliette de soixante pi$s 7oubliette qui tait prcism5t1 en p>tie1 le cont5u des murs sans f5tres du rez-de-*ausse71 et-il t l'autre extrmit de la faade4 ,une b&e d'une d\za9e d'individus n'aurait pas ncessit plus de frais1 c> le p>quet s'entr'ouvrait t\t c\p dans une t5due de plusieurs mtres s\s t\tes les portes la fois4 ,les ameublem5ts tai5t rangs exprs d'une c]ta9e manire p\r vit] un dsordre4 ,la *ose1 en soi1 jetait une ombre de mort et de saisissem5t sur l'asiatique spl5deur de ces longues drap]ies lames1 des dorures1 des glaces et des tableaux1 des lu/res et des /atues qui dcorai5t les gr&es pices somptueuses4 ,les con/ructions sur triple rang de solives s\des de f] app>aissai5t brusquem5t1 s\s les lu/res1 dans les p>ois de l'ouv]ture2 une fois tomb l1 c'tait f9i1 ,tullia ne t5ant pas ce que le secret ft connu4 ,oblige de *oisir entre un c\p de haute et basse ju/ice1 et l'imprud5te v5tualit d'un manque de russite dans ce qu'elle avait rsolu d'accomplir 7ce qu'elle et effectivem5t risqu1 outre sa scurit p]sonnelle1 en laissant p>tir vivants les curieux7 elle s'en tait remise la fatalit3 ,tu frapp]as et tu rempliras comme ceci ma volont1 avait-elle dit ,xoryl un c]ta9 soir4 ,et1 la pr5ant p> la ma91 elle l'avait guide1 aux lueurs d'un flambeau1 dans les dt\rs de ces ca*ots p]dus2 elle l'avait fait desc5dre au plus pr(ond des s\t]ra9s1 et l1 sombre et attri/e1 lui avait appris ce qu'elle aurait faire dans l'occasion4 ,c'tait simple4 ,des fl*es trempes dans des poisons f\droyants444 la nuit444 une porte masque444 les j>d9s444 l'une des caisses de *aux dont il y avait une gr&e rs]ve s\s les dalles4441 etc41 euss5t fait disp>atre t\t jamais les traces de celui ou de ceux qui se s]ai5t prs5ts4 ,xoryl avait incl9 son aimable tte brune en murmurant d'une voix excessivem5t s\rde la =mule d',ori5t3 ,ent5dre1 c'e/ obir4 ,c'e/ bi51 lui avait dit ,tullia ,fabriana1 non sans un reg>d qui tait all lire les p5ses dans l'me de l'enfant1 et qui en tait rev5u satisfait4 ,xoryl et donc p>a*ev consci5cieusem5t ce travail sans mme rveill] ,tullia si elle se ft tr\ve endormie en ce mom5t4 ,le meurtre a9si que l'anantissem5t des victimes n'et pas dur le *ant du rossignol dans les feuilles4 ,les phases du drame tai5t prvues une m9ute prs4 ,l'*o n'en et mme pas pntr au trav]s de ces t5tures de vel\rs noir bro*es d'or1 dont les pans t(fs se massai5t de *aque ct des portes intrieures4 ,l'excution t]m9e1 l'enfant et fait j\] de n\veau les ressorts puissants1 et les p>quets relevs fuss5t v5us rejo9dre les incisions des dalles ou des tapis1 et s'y adapt] d'une manire invisible4 ,d'ailleurs1 si le surv5ant et p>u d'une c]ta9e ca/e1 on p\vait le laiss] mort dans les j>d9s4 ,la hauteur des f5tres aurait ju/ifi les fractures occasionnes p> sa *ute dans l'oubliette1 etc4 ,un accid5t que p]sonne n'avait le droit d'appr(ondir rpondait t\te "q4 ,a l'autre extrmit du p>c se tr\vait un pavillon adoss la gr&e muraille1 et l'on p\vait1 p> ce pavillon1 entr] ou sortir l'insu gnral4 ,il donnait sur la campagne des bords de l',arno1 presque t\j\rs ds]te en cet endroit4 ,une lunette p]mettait d'en explor] les environs et de pr5dre son temps si l'on n'e/imait pas comme t\t fait indisp5sable que ces entres ou sorties fuss5t rem>ques4 ,tullia ,fabriana1 =ce1 non p\r elle seulem5t 7s'il ne ce ft agi que d'elle1 sans d\te n'et-elle pas pris tant de mesures71 de lutt] contre les in/9cts de t\te espce de p]sonnes1 pr5ait trs au srieux les prcautions qui devai5t la df5dre et assur] le succs de ce qu'elle avait *>g sa volont de ralis] tt ou t>d4 ,les passants n'ont d'autre joie dans cette vie1 peu d'exceptions prs1 que d'essay] de nuire aux tres suprieurs et que d'outrag] indiffremm5t dans leurs disc\rs ceux dont ils croi5t rem>qu] les imp]fections4 ,aussi1 p> respect p\r la =me huma9e1 elle t*ait1 le plus possible1 de leur p>gn] la pe9e de cette m*ancet son endroit4 ,ses procds lui con/ituai5t un talisman plus sr que l'anneau du mage lydi54 ,ils atteignai5t dans la m9utie1 comme on va le voir1 des proportions v]tig9euses de lucidit et de pr(ondeur4 ,c'tait =t et clair comme de l'algbre4 ,il n'y a de vraies mesures que celles qui sont totalem5t prises1 c'e/--dire que celles qui sont ju/e la hauteur de ceux contre qui elles sont prises4 ,fabriana1 sa*ant les consqu5ces et les dsa/res virtuellem5t cont5us dans le s\rire d'un valet qui croit voir quelque *ose de l\*e1 et qui e/ aux aguets p\r pr(it] d'un oubli1 concevait trs bi5 la faiblesse huma9e1 la p>donnait et lui tr\vait mille motifs excusables1 mais ne *]*ait pas en tre la victime4 ,un escali] de pi]re conduisait intrieurem5t la plate-=me des murs qui ent\rai5t les j>d9s4 ,la nuit1 deux normes *i5s de montagne1 deux molosses dresss ce mange1 rdai5t sur cette plate-=me et euss5t dgt ceux qui1 d'av5ture1 p\r tel ou tel motif1 aurai5t jug conv5able d'y appliqu] des *elles4 ,leurs aboiem5ts euss5t prv5u1 d'ailleurs1 de la t5tative3 sur un c\p de clo*e de ,xoryl1 une demi-d\za9e de ngres gigantesques1 arms jusqu'aux d5ts1 se fuss5t rus1 sans bruit1 dans les al5t\rs4 ,et puis1 de la f5tre de ,xoryl1 le reg>d embrassait le sommet des murailles4 ,la *>mante sauvage avait le reg>d d'un aigle et tirait div9em5t ju/e2 sans avoir beso9 d'appel] les ngres1 elle et dmasqu une lampe aux reflets projets qui1 en t\rnant sur son support1 et illum9 circulairem5t la plate-=me comme un clair4 ,saisissant alors une petite c>ab9e 7une arme bij\1 crosse d'bne incru/e d'ornem5ts et d'arabesques prcieuses1 un miracle de prcision1 dont la m>quise lui avait fait prs5t671 elle et immdiatem5t fait feu sur la premire tte malveillante qui et p>u4 ,le c\v]t1 la c\pe et la vaisselle p>ticulires de ,fabriana tai5t d'or1 et ,xoryl les essuyait avec att5tion1 avec des l+es trs f9s1 aprs les dome/iques4 ,les deux cuis9i]s tai5t depuis de longues annes dans le palais1 et ils a*etai5t eux-mmes avec le plus gr& disc]nem5t ce qui tait ncessaire4 ,aucun aide1 except les j\rs de rception4 ,il n'y avait qu'un seul matre d'htel1 vieill>d =t tranquille et trs atta* au palais2 il avait s]vi le duc ,fabriano1 pre de la m>*esa1 lequel tait mort empoisonn1 comme on le sait4 ,le vieill>d avait la *>ge du sommeli]1 mort depuis peu de temps4 ,seul1 avec l'un de ses ngres1 il avait le droit de p>l] ,xoryl1 et l'av]tissait de t\t ce qui v5ait de l'extrieur4 ,il dressait le mat9 et le soir une magnifique table incru/e de lames d'ivoire et de nacre1 dans un ve/ibule du rez-de-*ausse des c\rs intrieures4 ,les cuis9i]s lui apportai5t1 l'un aprs l'autre1 ce qu'il fallait1 et il avait ordre de ne jamais quitt] le ve/ibule qu& il avait comm5c sa besogne et de ne laiss] entr] aucun dome/ique1 s\s quelque prtexte que ce ft4 ,une fois la table dispose1 il att5dait la sonnette de ,xoryl1 et1 pressant alors un ressort adapt quatre *anons de bronze1 la table s'enlevait d'elle-mme sans bruit1 dans les ra9ures2 le p>quet du salon suprieur s'c>tait et laissait pass]4 ,a l'aide de ces prcautions1 il et t =t difficile de ml] de l'opium ou d'autres poisons dans le v9 ou les alim5ts4 ,xoryl avait c\tume1 p> surcrot de prud5ce1 d'pr\v] l'apptit des deux molosses avant que ,tullia se ft mise table2 on le savait1 et cela tait un avantage de plus4 ,il faut se s\v5ir qu'il ne saurait y avoir ri5 de petit dans l'ensemble d'un plan sublime2 que *aque dtail tire sa valeur de la conception gnrale et qu'un esprit rellem5t pr(ond revt les *oses de mo9dre app>5ce de leur vritable po9t de vue4 ,en lisant l'hi/oire des conspirations tombes avec les ttes des conspirateurs1 on se s5t tonn de voir1 non pas comm5t elles sont tombes 7cela n'e/ d'aucune importance1 si ce n'e/ dans les coles p\r ex]c] la mmoire des jeunes et aimables enfants71 mais p\rquoi elles sont tombes4 ,en dc\vrant le vritable motif de leur cr\lem5t dans le vide1 un esprit p5seur en re/e positivem5t int]dit4 ,c'e/ dans l'oubli d'un misrable dtail que la gr&e ,fatalit#g va prcism5t se rfugi] t\t entire6444 ,e/-il donc possible que les plus intrpides gnies de la rvolte1 dont le reg>d embrassait1 sans se tr\bl]1 les dveloppem5ts d'une ma*9ation =midable1 se rsignai5t relev] de cet odieux dicton du vulgaire3 ,on ne peut pas t\t prvoir8 ,c'e/ p\r cela que ,tullia ,fabriana t5ait compte des ri5s1 cause de la gr&e ,fatalit4 ,p\r elle1 comme elle ne s'tait ass]vie aucune habitude1 comme elle avait pli1 de bonne heure1 son corps la faim1 aux veilles1 au froid et la fatigue1 les privations lui tai5t naturelles1 et ces *oses p\sses mme des proportions effrayantes1 se s]ai5t m\sses contre sa beaut1 comme cela glissait sur la con/itution de f] d'un ,s]gius4 ,elle ne t5ait1 sans d\te1 cette beaut1 rellem5t m]veilleuse du re/e1 que comme une arme de plus2--et l'on sait qu'en ,italie1 et p>ticulirem5t en ,toscane1 la beaut des femmes dure communm5t beauc\p plus d'annes que dans les autres pays4 ,*ose reconnue1 ce qu'il p>at1 mais assez biz>re6 les plus belles femmes de la ,toscane ne sont pas celles qui ont v+t ans1 mais celles qui ont s\v5t dpass le d\ble4 ,cette circon/ance1 soit dit en passant1 ne p\vait pas tre dfavorable ses projets4 ,les notes concises et les =mules ignores que les trois *]*eurs d'al*imie avai5t laisses dans le laboratoire1 lui avai5t aplani les difficults de la sci5ce des poisons4 ,elle tait consomme1 comme ,locu/a1 dans l'art des prp>ations qui f\droi5t1 mais sans laiss] de traces4 ,les plus tranges poisons flor5t9s et indi5s lui tai5t d'un maniem5t famili]1 et s\v5t elle avait consacr de longues heures les tudi] et en appr(ondir la puissance4 ,retr\v] les compositions subtiles et pntrantes l'aide desquelles la seule manation d'un papi] e/ mortelle1 ne lui avait pas t difficile4 ,elle en avait dont les effets tai5t assez l5ts p\r que le s\pon ne vnt pas1 et qui ne devai5t frapp] qu' trois ou quatre sommeils d'int]valle1 p> exemple4 ,l'emploi des lettres comme moy5 ne laisse pas que d'tre ess5tiellem5t difficile1 cause des so9s et de l'exactitude qu'exige la prp>ation d'abord1 ensuite cause des prcautions prises p> les s\v]a9s et les pontifes p\r *app] ces sortes d'att5tats4 ,cep5dant n'y a-t-il pas t\j\rs de ces lettres que les pr9ces pr5n5t s\ci de lire6444 ,il ne s'agirait que de tr\v] deux premires lignes les saisissant dans l'-propos de leur plus intime s\hait du mom5t1 *ose que l'habitude des c\rs1 la sci5ce du monde1 l'obs]vation1 etc41 facilite beauc\p dans un c]ta9 rang social4 ,il ne lui et t gure malais de dess9] les armoiries de telle ambassade ou de tel consulat1 de fondre un ca*et1 bref1 de faire p>v5ir une lettre de telle manire qu'en supposant mme1 p> impossible1 la non-russite de la *ose1 il aurait t impntrable de savoir d'o elle v5ait444 ,ma9t5ant1 p> exemple1 en supposant deux ou trois mots dans un passage d'importance1 crits d'une manire difficile lire1 ncessitant l'appro*e des yeux2 une phrase dont le s5s s]ait d\teux et d'un gr& intrt4441 de telle sorte que celui qui c\te soit port saisir1 dans une inadv]tance1 le papi] entre les ma9s du secrtaire1 p\r contrl] lui-mme la "q et ju/ifi] de la supriorit de ses propres yeux4441 etc41 etc42 une lettre1 enf91 cont5ant des p>oles meilleures p\r le foy] allum que p\r les ar*ives4441--n\s disons lettre1 n\s p\rrions aussi bi5 song] une fleur1 un v5tail1 un m\*oir4--,on se s\vi5t de la d]nire p>tie du moy5 ge en ,italie4 ,il tait donc possible d'affirm] que1 grce sa position exceptionnelle1 ,tullia ,fabriana t5ait1 s\s mille =mes1 la vie et la mort de presque t\tes les ttes c\ronnes de l',europe dans le creux de sa belle ma94 ,la mort1 s\s un l\p de vel\rs blanc ou s\s un l\p de sat9 rose1 n'e/-elle pas t\j\rs la mort6 ,cela ne faisait pas p\r elle l'ombre d'un d\te4 ,il y avait1 dans la *ambre c\*] de la m>quise1 quelque *ose de spcial4 ,une porte admirablem5t s\de t\rnait sur elle-mme avec un pan de mur et laissait dc\v]t des m>*es de pi]re4 ,cela conduisait un pr(ond s\t]ra94 ,ce s\t]ra9 n'avait p> lui-mme aucune issue4 ,il pntrait s\s le palais dans t\te l't5due de la faade4 ,il n'y avait l que des tonneaux de f]1 pe9ts en c\leur de bois et rangs les uns ct des autres4 ,cela ressemblait une gr&e cave4 ,seulem5t un tube de plomb reliait ces tonneaux les uns avec les autres et remontait1 en spirales de s]p5t1 trav]s les pi]res4 ,fabriana seule p\vait savoir o sa t]rifiante extrmit se retr\vait4 ,a l'entre de ce s\t]ra91 la troisime m>*e1 il y avait une autre porte invisible f]me galem5t d'un pan de mur qui se m\vait lorsqu'on pesait sur un b\ton d'aci] c\leur de pi]re et ca* p>mi la m\sse4 ,dans ce second s\t]ra9 se tr\vai5t une tor*e1 un miroir1 une caisse de dguisem5ts et leurs papi]s de sret1 d'excell5ts pi/olets d\bles1 accompagns de deux pes de voyage et de deux yatagans empoisonns4 ,deux b\rses d'or ml de diamants tai5t jetes sur la caisse4 ,dans le cas d'une surprise1 d'une arre/ation p> une escorte 7*ose qui p>aissait situe au del des prvisions normales1 mais qu'elle tait prte recevoir71 elle et pris ,xoryl entre ses bras1 de peur que1 ne connaissant pas les rampes dang]euses1 la petite ft tombe l comme dans un prcipice et se ft tue4 ,une fois desc5dues1 le mur en se ref]mant sur elles tait assez pais et assez p>faitem5t jo9t p\r que le son ou t\t autre indice ne ft pas v5u les trahir4 ,d'ailleurs1 il y avait la premire porte tr\v] avant que de p>v5ir celle-l4 ,les pr(ondeurs du s\t]ra9 s'enr\lai5t sur elles-mmes2 c'tait d'un abord aussi difficile que les hypoges ou les srapums de l'gypte4 ,elles se fuss5t dguises en att5dant la nuit4 ,cela s'ouvrait1 p> une porte ca*e et p>eille aux autres1 sur l',arno2 une b>que susp5due l'entre1 au-dessus du fleuve1 n'avait beso9 que d'un balancem5t accompagn d'un c\p de yatagan dans les cordages p\r tre mise flot4 ,elles fuss5t p>ties =ce de rames4 ,fabriana savait o tr\v]1 une lieue de l1 des *evaux africa9s4 ,une fois en selle1 elles euss5t gagn ,v5ise ou ,gnes2 la m>quise y avait deux villas de plaisance1 et de sret4 ,l'ess5tiel avait t d'atte9dre ce b1 d'tre inabordable1 invisible et impr5able1 bon ou malgr t\t le monde1 elle et sa conduite1 qu& elle l'et v\lu1 en ple9e ,flor5ce et au gr& soleil4 ,cep5dant le palais ressemblait aux autres palais2 "p la gr&eur et la beaut de l'ar*itecture1 il ne prs5tait ri5 de p>ticuli]4 ,les laquais affairs et les int5dants circulai5t dans les c\rs et dans les app>tem5ts extrieurs4 ,seulem5t1 il y avait peu de bruit4 ,le palais avait p\r c>actre di/9ctif un c]ta9 sil5ce4 ,les visites tai5t trs s\v5t et trs agrablem5t reues2 la conv]sation y tait d'une lib]t engageante2 on et dit que les portes s'ouvrai5t t\tes seules et que la nglig5ce tait mme p\sse l'excs4 ,a la mo9dre inquitude1 cep5dant1 le tra9 des *oses y et in/antanm5t *ang d'aspect et se ft d=m jusqu'au t]rible4 ,en trois secondes1 il et pris l'allure d'un tat de sige avec une prcision et une int5sit de dploiem5t de t\tes ses =ces la fois qui euss5t broy1 sans tumulte ni dsordre1 ceux qui se fuss5t tr\vs1 avec une f*euse int5tion1 dans les r\ages de ces pi]res vivantes4 ,la ,fatalit y et obi mcaniquem5t1 d'une trs horrible manire4 ,c'et t comme dans les contes arabes3 disp>ition6 ,l'clat de rire y et t ananti avec les rieurs dans des tnbres subites1 si1 p> has>d1 il y et eu de bons vivants p>mi les victimes dans cette sombre m9ute6 ,aprs l'clair t\t fut r5tr dans la tranquillit habituelle1 t\t1 jusqu'au s\rire de la ple en*ant]esse4 ,de cet tat de *oses1 il rsultait donc ceci3 que la m>quise ,fabriana p\vait faire peu prs ce qu'elle v\lait *ez elle1 sans tre ni vue1 ni pie1 ni s\ponne1 ni comm5te2 qu'elle n'tait1 autant qu'il e/ possible1 la m]ci de p]sonne1 et qu'elle p\vait s'e/im] l'abri de ces inc]titudes p]ptuelles d'tre tr\ble dans sa solitude4 ,n\s aj\t]ons que ces prcautions1 les et-on rem>ques en p>tie1 n'euss5t jamais sembl que t\tes naturelles de la "p de deux femmes vivant seules1 retires et exposes4 ,la situation isole du palais aurait suffi p\r les ju/ifi]4 ,note #g3 ,fatalit e/ pris ici dans le s5s de concordance f*euse1 de =ces de circon/ances1 et non s\s un autre po9t de vue4 ,,*apitre ,,xi4 ,av5tures *eval]esques4 ,v\s les reconnatrez p> leurs fruits4 ,c'tait p> cette petite porte du pavillon que ,tullia ,fabriana sortait s\v5t1 de nuit1 vtue en cavali]1 l'pe la han*e et le masque sur le front4 ,t\j\rs seule4 ,s\s ses vtem5ts elle portait une cuirasse d'aci] d'une lgret sans p>eille3 c'tait l'ouvrage de l'un des vieux arti/es du ,x,v,ie sicle qui russissai5t une fois un *ef-d'oeuvre d'armur]ie et de ciselure4 ,l'un de ces inconnus1 qui trempai5t des d5telles damasqu9es1 avait galem5t travaill la f9e et puissante cotte de mailles qui l'emprisonnait depuis les pi$s jusqu' la gorge4 ,ses gantelets tai5t trams avec un dur filet d'aira9 m]veilleusem5t ca* s\s la soie4 ,son feutre1 d'o s'*appai5t de fausses b\cles de *eveux noirs1 avait1 l'intrieur1 une visire en treillis d'aci] qui se relevait et s'abaissait suivant son bon plaisir4 ,elle ne semblait nullem5t gne dans ce co/ume2 elle m>*ait vite1 le manteau rejet sur l'paule1 comme un *evali]4 ,les r>es passants1 malgr son allure mode/e1 s'c>tai5t presque t\j\rs de son *em91 sans savoir p\rquoi4 ,que signifiai5t ces aju/em5ts8 tait-ce l'am\r des av5tures8 ,mais non3 elle n'tait po9t femme commettre de ces folies4 ,les cris famili]s des oiseaux de la ,mort lui disai5t3 ,belle dame1 voici le glas de m9uit4 ,c'e/ l'heure o n\s avons heurt nos ailes contre vos vitraux2 n\s connaissons votre lampe4 ,les rues se font ds]tes1 l'pe se brise dans l'embuscade3 c'e/ le noir dang] qui guette1 avec nos yeux1 dans la solitude endormie4 ,femme1 tu devi5s tmraire1 toi si prud5te1 si pr(onde et si sage t\j\rs4 ,ret\rne6 et c'e/ un conseil de vieill>d2 n\s n\s intressons toi4 ,elle m>*ait et s'avanait1 tranquille1 au milieu des ruelles1 dans les faub\rgs quivoques et tnbreux4 ,ah6 c'e/ qu'elle pr\vait p>fois le gr& v]tige d'elle-mme2 elle le s5tait bi53 ce qui lui re/ait d'huma9 p\vait la quitt] *aque in/ant2 elle ne t5ait presque plus la t]re1 et elle n'exi/ait pas en vrit4 ,or il fallait qu'elle se s\vnt de son corps1 puisqu'elle avait dit3 ,j'att5drai4 ,c'e/ p\rquoi1 p> une raction ncessaire1 elle v5ait se retremp] dans le spectacle de quelques s\ffrances1 p\r ne pas oubli] qu'elle exi/ait4 ,le co/ume lui avait p>u plus commode mascul9 que fm99 dans cette circon/ance1 motif qui l'avait dt]m9e le *oisir4 ,elle montait bi5 des rampes dgtantes1 elle tr\vait bon nombre d'horribles tableaux2 pe9e son m\*oir imprgn de sels odorants la prs]vait-il des atmosphres suffocantes et pe/ifres4 ,elle donnait son or et sa sci5ce1 non po9t p>ce que c'tait une bonne action1 mais p>ce que autant faire cela que le re/e1 et qu'elle en avait l'occasion4 ,elle connaissait trop1 sans aucun d\te1 l'irrmdiable imm5sit des d\leurs1 p\r p5s] une m9ute que1 ft-elle app>ue des millions d'tres dans la seule ,europe1 cela et signifi gr&'*ose4 ,aussi la "q du bi5 qu'elle faisait n'tait que trs accessoire p\r elle4 ,de p>eilles fantaisies aurai5t t dplaces probablem5t1 si elles euss5t t dictes p> ce seul mobile d'un ordre infrieur4 ,l'imm5se oubli de t\t1 de son rang1 de sa position1 des conv5tions du vtem5t fm991 des caus]ies et des salutations auxquelles se livr5t avec dignit les p]sonnes de di/9ction1 p\r tu] le temps1 enveloppait ces dm>*es4 ,une aurole d't]nit l'clairait dans t\tes ces faons tranges4 ,s\v5t elle passait la nuit comme cela1 au risque d'tre assass9e1 et s'en rev5ait au po9t du j\r sans avoir t son masque1 sans avoir dit son nom1 sans avoir laiss m\ill] ses gants4 ,la compr5dra qui p\rra6 --,c'e/ bi56 disait-elle1 et elle sortait4 ,la femme de ,can l'et comprise4--,elle manquait de cette s5sibilit que les p]sonnes aux p>oles *>itables aim5t tr\v] dans la femme4 ,froide1 elle p\vait tre d'une tri/esse inf9ie en elle-mme2 mais ces enfants malades1--p> exemple1--qui lui t5dai5t leurs petits bras1 avec des inflexions de voix suppliantes1 n'm\vai5t pas beauc\p ce sombre coeur inaccessible4 ,les p]sonnes m5tionnes se s]ai5t mues1 quitte disc\rir deux heures aprs sur la nature huma9e1 en voyant les pauvres enfants guris soit m>tyris] quelque animal1 soit injuri] quelque malheureux1 soit faire acte de m*ancet foncire1 l*e1 op9itre1 sans b ni motif2--bref manqu] de *>it p\r t\t ce qui s\ffre comme ils s\ffrai5t4 ,le disc\rs et dur quelques demi-heures1 p]te de temps qu'elle vitait en n'tant pas /rilem5t impressionne4 ,elle agissait dans la mesure des =ces dont elle disposait3 si peu que ce ft1 c'tait ce qui lui tait bi5 p]mis de faire4 tait-ce donc sa faute si les d\leurs mmes ne p\vai5t tr\bl] son me8 ,elle avait accept de remplir ce mti] my/rieux dans ,flor5ce1 malgr les deux asiles qu'elle avait encore tablis en ,toscane s\s un autre nom que le si54 ,elle semblait s'tre cr le passe-temps orig9al de supprim] quelque *ose1 ne ft-ce qu'un ri51 dans l'univ]sel malheur6 ,sa con/ance1 ce sujet1 ne se dc\rageait et ne se dgtait jamais dans l'occasion4 ,c'tait une faon d'att5dre ce qu'elle att5dait4 ,sa ma9 ne tremblait pas plus en t5ant le scalpel que le livre ou que l'pe1 et il lui p>aissait sans d\te aussi naturel d'crire1 auprs d'un grabat1 la =mule des drogues tranges qui s\lag5t les t\rm5ts et ret>d5t l'agonie1 que d'crire une ode en v]s saphiques sur l'incon/ance des passions4 ,en ceci1 ,tullia ,fabriana ne cessait pas d'tre gr&e et impassible4 ,il ne lui avait fallu qu'une rflexion p\r la dcid] ces risques et prils de dguisem5ts2 c'e/ qu'elle devait faire ce que bon lui semblait1 sans relev] de p]sonne4 ,la premire fois que1 devant la glace1 en s'habillant1 les mailles d'aci] avai5t brill sur ses membres blancs et s\ples1 elle avait eu un s\rire de tri/esse4 ,la seconde fois1 elle n'y avait pas mme fait att5tion4 ,elle s'tait vue =ce d'agir elle-mme sans d\te p>ce qu'elle ne t5ait pas tre connue1 et que1 lorsqu'elle cons5tait l'action1 elle devait aim] faire t\te *ose1 si peu que ce ft1 aussi exactem5t bi5 qu'il lui tait p]mis4 ,la sci5ce colossale1 t\rdissante1 extra-t]re/re1 l'intuitive habilet de sa ma9 et son froid reg>d de gnie ne p\vai5t se remplac]3 quelques lignes crites la hte sur ses g5\x1 des plaies ref]mes et des membres sauvs1 la fltrissure et la dsolation de beauc\p d'exi/5ces conjures p> un mom5t de sa bonne volont et de son c\rage1 tai5t prfrables l'insuffisance de quelque arg5t et valai5t une autre occupation4 ,d'ailleurs la conc5tration p]ptuelle de ses p5ses en elle-mme lui p]mettait de travaill] n'importe o1 en faisant n'importe quoi1 t\t aussi bi5 que dans son palais4 ,une ou deux p>oles dites avec sa voix absolue et tranquille1 donnai5t plus de =ce et calmai5t davantage1 t\*ai5t plus ju/e enf9 7vu sa scurit d'valuation intellectuelle de ceux qu'elle appro*ait71 que n'euss5t fait1 p> exemple1 les exhortations de ceux qui ont t\j\rs la manie d'tre dans le vrai4 ,soit dit en passant1 les coeurs s5sibles1 les coeurs simples et sans dt\rs1 ne sont s\v5t bons qu' faire s\ffrir ceux auxquels ils s'intress5t2 avec le meilleur v\loir1 ils sont gnralem5t la cause des plus gr&s emb>ras4 ,au total1 elle p\vait1 en tant que femme1 e/im] que son action tait une espce de devoir1 et elle remplissait ce devoir /oquem5t4 ,s\v5t1 lorsqu'elle r5trait le mat91 l'heure o la cl>t des lampes se t]nit1 o le ciel se c\vre de te9tes mortuaires1 o les lassitudes de l'esprit et les dgts du coeur ne laiss5t que le vide1 le vide imm5se et pesant dans le dc\ragem5t de la p5se1 cette heure o la plup>t des p]sonnes1 enf91 compr5n5t la possibilit de l't]nel nant1--oui1 s\v5t1 il lui arrivait d'ent5dre les d]nires mesures des danses f9ales qui bruissai5t1 t\ffes1 trav]s les /ores et les gr&s orang]s des autres palais4 ,mais elle ne p]dait pas le temps se rappel]1 alors1 ces heures de rves noirs et de /upeurs pr(ondes qu'elle v5ait de quitt]4 ,elle ne t5ait pas comp>] les agonies affoles et les cris sans nom1 les hurlem5ts et les soifs puriles de v5geance1 enf9 les conc]ts v>is que prs5te aux amateurs la rpugnante ,misre1 qu& elle n'e/ pas sil5cieuse1 c'e/--dire plus lugubre encore1 elle ne t5ait pas comp>]1 disons-n\s1 t\tes ces pla9tes avec les b\ffes de joie h>monieuse et ins\ciante4 ,elle ne jugeait pas1 ayant d'autres p5ses4 ,elle prodiguait ses =ces et ses sec\rs1 p>ce que cela lui conv5ait4 ,ce que faisai5t les brillants lus des ftes nocturnes et ce qu'elle avait pass la nuit accomplir s'entre-valait p\r elle6 ,*acun avait rempli son devoir et son temps d'une manire quelconque et selon sa prfr5ce4 ,trois fois1 depuis c9q ou six ans qu'elle risquait cette prom5ade1 lorsqu'elle tait ,flor5ce1 dans les int]valles de ses voyages lo9ta9s1 trois fois on avait attaqu ,tullia ,fabriana4 ,la premire fois1 elle avait t5u1 sans appel]1 contre de pauvres g5s1 et grce sa flamboyante manire de t5ir une pe1 on s'tait enfui aprs quelques c\ps de po9te dont trois assaillants tai5t re/s sur le pav4 ,la seconde1 elle jeta une poigne de flor9s et leur dit de sa voix calme3 --,c'e/ p>ce que je ne me s\cie pas de v\s tu]4 ,et1 entr'ouvrant son manteau1 la m>quise laissa voir les pi/olets1 t\t arms1 de son ce9turon4 ,la troisime1 elle se vit c]ne subitem5t4 ,il tait deux heures de la nuit4 ,c'tait au sortir d'un b\ge o elle v5ait de sauv] de la maladie et de la faim deux familles moribondes4 ,elle abaissa prcipitamm5t sa visire1 fit feu deux fois et mit l'pe la ma94 ,comme elle avait affaire une meute d'ivrognes pauvres1 qui se ruai5t en aveugles sur elle1 t\te df5se tait p>alyse et impossible4 ,on sauta sur ses bras4 ,elle se dgagea une seconde fois p> un m\vem5t t]rible2 mais1 se voyant ds>me1 elle eut un s\rire am] s\s son casque4 ,un /ylet v9t se bris] la po9te sur sa cuirasse2 un autre l'et aveugle sans sa visire3 malgr les c\ps de po+ d'une prcision et d'une =ce tranges dont elle dfona1 p5dant quelques secondes1 un c]ta9 nombre de trognes et de poitr9es1 elle comprit de suite qu'on allait f9ir p> l't\ff] ou l'trangl]4 ,dans le =t de cette lutte1 et voyant luire les gr&s c\teaux1 elle portait dj une bague empoisonne ses lvres p\r ne pas tomb] vivante leur m]ci1 lorsqu'un des p]sonnages cria un nom inconnu et qu'elle n'ent5dit mme pas4 ,a ce seul mot1 t\s s'c>tr5t4 ,on *angea quelques p>oles voix basse3 leur effet fut tonnant4 ,ceux qui l'ent\rai5t s'ag5\illr5t devant elle et lui dem&r5t p>don4 ,elle ne rpondit ri52 mais1 deb\t au milieu des gr\pes hideux clairs p> la lant]ne d'un ex-voto1 elle remit son pe dans sa gane et s'en alla l5tem5t4 ,depuis1 on ne l'inquita plus4 ,dans les ruelles les plus ds]tes et les plus sombres1 un appel de sa voix et suffi p\r la df5dre2 mais elle n'aurait pas appel4 ,tacitem5t les pauvres s'ent5dai5t p\r le reconnatre et ne pas lui faire de mal4 ,ils se df5dai5t de la suivre p> respect2 d'ailleurs un *eval t\t sell l'att5dait au po9t du j\r un tel endroit1 et un temps de galop et di/anc les espions de t\t g5re3 on ne la que/ionnait jamais444 ,,*apitre ,,xii4 ,fiat nox4 ,heureux qui vit et meurt sans femme et sans enfants6444 7,cs>-,augu/e74 ,le l5dema9 de la prs5tation du comte de ,/rally1 v]s huit heures du soir1 ,tullia ,fabriana tait dans son palais1 dans un app>tem5t spacieux et retir4 ,c'tait celui qu'elle prfrait2 elle y passait la plus gr&e p>tie de son temps ,flor5ce2 jamais autre crature que ,xoryl n'y avait pntr4 ,ce salon circulaire prs5tait un aspect d'extraord9aires spl5deurs4 ,huit gr&es /atues en basalte noir1 arra*es aux valles tumulaires d'?iopie1 et dont les ttes navem5t sculptes1 exprimai5t un supplice intrieur1 supportai5t ensemble1 avec leurs seize bras t5dus et crisps1 la fresque du plafond reprs5tant ,isis voile dans la nuit ple9e d'toiles4 ,les t5tures tai5t remplaces p> des sur*>ges de drap]ies en vel\rs fauve1 aux reflets dors4 ,une pr(usion de peaux de lions et de tigres du ,levant ca*ai5t compltem5t le p>quet4 ,une croise unique1 vitrail prcieux1 tait ouv]te sur les j>d9s4 ,des cordons1 tresss de ganses et de filigranes d'or1 y ret5ai5t1 demi-t5due1 une natte en paille brune devant prs]v] du soleil sans trop d'obscurit4 ,prs de la balu/rade il y avait deux caisses de nacre remplies de t\tes les fleurs r>es des climats les plus lo9ta9s4 ,des faisceaux d'armes anci5nes tai5t appliqus dans les drap]ies4 ,au milieu de la *ambre1 sur une table d'bne1 respl5dissai5t un vase flor5t9 en or1 une aiguire ple9e de fruits et deux c\pes d'mail d'une haute antiquit4 ,un sph9x1 de longueur colossale1 galem5t en lave durcie et noire et faisant comme le p5dant de ces c>iatides1 tait plac dans une scante tire gau*e de la croise2 son dos norme tait creus et combl de peaux de m>tre et d'h]m9e4 ,sur ce magnifique lit de repos1 ,fabriana s'tait indolemm5t t5due ce soir-l4 ,prs d'elle1 une veilleuse bleue1 leve sur un trpi$ d'or et allume nuit et j\r dans une petite urne de cri/al1 brlait une huile odorante4 ,autant qu'il tait p]mis d'en jug]1 la m>quise tait d'une taille gr&e et svelte4 ,elle tait vtue1 cause de la *aleur t\ffante1 d'un nuage de bati/e en =me de peignoir *ancr de la poitr9e et dc\vrant ses paules quelque peu4 ,des g\ttelettes de sueur se diamantai5t sur sa *air f]me et neigeuse4 ,cette trame transp>5te et molle qui enveloppait son corps laissait dev9] les plnitudes de la /atue de ,clomnes4 ,sa tte1 sur laquelle tombait le rayon de la veilleuse1 tait d'une c>nation trs blan*e4 ,les masses l\rdes et dores de ses *eveux se p>tageai5t sur son beau front mat et retombai5t en flocons de b\cles radieuses d]rire sa tte1 inondant son col et son dos4 ,ses yeux1 dont les prunelles aux lueurs noyes t9celai5t comme deux pi]r]ies noires1 reg>dai5t vaguem5t le gr\pe effroyable en*an aut\r d'elle4 ,elle avait des s\rcils d'une impassibilit intellig5te4 ,le nez trac avec une svre f9esse de dess91 tait droit2 l'air de son visage tait sduisant3 ses n>9es dlies b\geai5t1 roses et diaphanes1 *aque s\lvem5t de sa poitr9e4 ,la vie circulait avec une sa9e volupt dans cette belle dame t5due4 ,sa b\*e1 p>faite1 tait d'un r\ge vif1 p\rpre1 et comme vel\t p> les plis de sa belle peau3 ses d5ts lactes mordai5t lgrem5t sa lvre infrieure4 ,hi]1 le s\rire temprait l'expression royalem5t ddaigneuse de cette b\*e1 auj\rd'hui ri5 ne s\riait dans sa physionomie4 ,l'un de ses bras tait rec\rb sur son front dans une attitude ab&onne2 entre deux doigts de la ma9 qui p5dait sur ce front1 elle t5ait une b\ture de fleur indi5ne1 sorte de brunelle aux p>fums excessifs1 qu'elle remuait1 et dont elle t\*ait gracieusem5t son visage de temps autre4 ,son autre bras1 m\l p> quelque div9 /atuaire1 tombait de la man*e aux d5telles flottantes et p5dait jusque sur les f\rrures4 ,a l'un des doigts m5us de cette ma91 elle avait un anneau d'or con/ell de grosses m]audes3 cet anneau =mait sa seule p>ure2 elle ne le quittait jamais1 mme le long du sommeil1 p\r des raisons p>ticulires4 ,ses pi$s nus j\ai5t dans de blan*es mules de vel\rs fe/onnes de brod]ies moresques4 ,elle rvait a9si1 p]due au milieu de sa beaut1 ressortant1 t\te suavem5t c\*e1 du fond sombre qui l'ent\rait1 et1 c]tes1 la voir si presque positivem5t exempte des s\cis possibles1 on n'et pas dev9 de quelle nature tait l'effrayant rve1 le rve in\6 qui vivait dans son me inexplore4 ,elle reg>dait depuis longtemps les torses dmesurs sur lesquels miroitait la lumire de la veilleuse4 ,la soire au dehors1 s'obscurcissait4 ,s\v5t1 dans la campagne1 un rayon de lune treignant des ru9es e/ une vocation4 ,les pi]res vtues de m\sses et de s\v5irs1 p>aiss5t avoir vu tant d'hi/oires et d'vnem5ts oublis6 ,les lg5des s'veill5t1 les bois et les bruyres se peupl5t de visions et de murmures444 des =mes se promn5t dans le sil5ce4 ,p>eille au savant qui recon/ruisait les fossiles de la nuit du monde avec un fragm5t de leurs df5ses1 l'me recre alors les temples1 les manoirs et les palais avec les dbris d'une colonne1 et la mditation t\*ant le va/e songe de l'exi/5ce1 la gr&e mlancolie du ,dev5ir enveloppe inv9ciblem5t l'esprit4 ,ici1 dans ce salon1 l'ent\rage des c>iatides semblait en exclure la sauvage maje/4 ,il leur manquait l'imm5sit1 le spectacle de l'espace embras p> le sim\n4 ,ils p>aissai5t n'tre plus environns de la solitude des sicles444 mais ils portai5t avec eux t\t cela p\r ,fabriana4 ,son me supplait aux ds]ts p\r ces ru9es4 ,a sa volont1 la *ambre dev5ait pr(onde2 s\s son reg>d1 les murailles se reculai5t et se faisai5t lo9ta9es4 ,ces colosses noirs1 arra*s aux tombeaux des rois d',abyss9ie et d'gypte1 rveillai5t en elle des faits anci5s4 ,on et dit s\v5t que leurs yeux avai5t l'air d'*ang] avec ses yeux une p5se sans nom1 sans limites1 sans esprance1 glace comme eux1 tri/e de leur tri/esse4 ,longtemps ils n'avai5t eu que le pl]9 des bords du ,nil qui jet] de lo9 en lo9 une de ces rflexions que g>dait leur sil5ce et que leur aspect inspirait4 ,a quels s\v]a9s les aeux de ,fabriana les avai5t-ils a*ets8444 ,elle ne savait pas4 ,seulem5t elle aimait ces fronts d\l\reux p>ce qu'ils symbolisai5t sans d\te quelque *ose p\r elle4 ,elle abaissa ses paupires et1 comme en proie aux conc5trations de l'esprit sur un seul po9t de vue1 elle murmura ce seul mot3 --,j'essai]ai4 ,quelques in/ants se passr5t4 --,au re/e1 aj\ta la sup]be songeuse1 n'e/-ce pas la seule ralit qui vaille la pe9e que je vive p\r elle1 ma9t5ant8444 ,son reg>d se s\leva de n\veau v]s les vieilles pi]res noires figure huma9e qui semblai5t tre p\r quelque *ose dans le fond de sa p5se1 et elle cont9ua de se p>l] d'une voix calme et pure1 bi5 que trs basse et pe9e di/9cte3 --,essayons de rappel] les *oses et les fantmes1 puisque je vais vivre6444--,oui1 le soir1 lorsque dans les flots plombs du ,nil s'ass\rdissait le bruit des rames de la b>que impriale1 qu& l'air s'imprgnait des s5teurs exhales p> les imm5ses floraisons que les esclaves nubi5s plantai5t aut\r de la valle des tombeaux1--et que sur les hautes pyramides arg5tes p> les nuits ori5tales brillai5t1 comme des ph>es du ds]t1 les inscriptions des mages d',osiris2--lorsque les c>avanes *>ges de myrrhe1 de gomme1 de camphre et d'or1 et v5ues de la ,bactriane ou de la ,p]se1 passai5t confusm5t1 au lo91 dans l't5due1 avec leurs tor*es1 leurs lphants1 leurs ri*esses et leurs esclaves2 lorsque1-- trav]s un mirage de sables1 de v]dures et d'toiles1--le v5t s'embaumait dans le feuillage des cdres et des palmi]s2 qu& les phnix immortels volai5t sur les spulcres des ph>aons2 enf91 lorsque le monde fut ri*e une fois dans sa vie1 s\v5t1 ds la tombe de la nuit1 s\v5t la belle re9e de l',heptanomide antique aimait s'att>d] sur le fleuve4 ,alors depuis les pili]s d',h]cule jusqu'aux /eppes borales1 le monde1 avec ses peuples1 ses rois et son my/re1 en v5ait cette femme6444 ,son nom =mulait t\tes ces images4 ,elle re/a une m9ute sans p>l] et s'acc\da sur le sph9x4 --,c'tait1 je crois1 la d]nire enfant de cette dyna/ie trois fois sculaire des ,ptolmes ,lagides4 ,elle desc5dait du soldat macdoni5 jet l p> la funbre indiffr5ce d',alex&re4 ,les excs avai5t attnu en elle la puret des lignes de cette beaut grecque transmise sa race p> le soldat4 ,cep5dant1 grce aux philtres balsamiques et aux ess5ces dang]euses que lui di/illai5t les prtres1 elle cons]vait sa pleur ambre et solaire4 ,ah6 c'tait la gr&e ins5sible4 ,elle s'acc\dait au fond de la cange sur sa pan?re favorite2 les roseaux bruissai5t1 ob/rus p> les alligators et les hippopotames4 ,elle reposait1 vtue de son a/rale nudit1 sur des t(fes dont les secrets du tissu n'ont pas t retr\vs1 et qui tai5t les prs5ts des satrapes d',asie ,m9eure4 ,comme le mon>que assyri51 elle devait pr\v]1 huit c5ts ans d'int]valle1 que la mort n'tait p\r elle qu'une esclave comme les autres4 ,le triumvir d',actium ne devait pas orn] son triomphe de cette vivante6 ,t\te lasse d'avoir lascivem5t tudi dans les salles s\t]ra9es de ses palais ce que ses esclaves p\vai5t support] de t\rm5ts sans m\rir1 elle rfl*issait4 ,a ses pi$s1 j\ait l'une de ses filles naves leves p\r la s]vir d'une c]ta9e faon et dont elle s'accommodait4 ,les v]tiges des bl\issantes et pr(ondes nuits ent\rai5t cette re9e1 fille des t]reurs1 du sil5ce et de la volupt6 ,elle se p]dait1 9bl\ie de sa propre maje/1 dans quelque rve que nul ne sond]a jamais444 ,c'tait sublime4 ,tullia ,fabriana c\rba la tte1 et aprs une seconde3 --,o pass6444 dit-elle comme un murmure4 ,ces p>oles avai5t r5du la *ambre fanta/ique4 --,v\s tes fidles et v\s g>dez les secrets malgr les annes sans nombre1 /atues aux b\*es de pi]re6444 ,mais lorsque v\s s\t5iez les traves o les re/es de ces rois des vieux mondes reposai5t embaums prs du ,nil1 sans d\te l'avez-v\s vue pass] a9si1 la gr&e re9e6 ,elle les reg>da et reprit sa rv]ie4 --,o belle et sombre amie1 je ne connaissais pas ton hi/oire1 et cep5dant1 lorsque j'ent5dis prononc] ton nom p\r la premire fois1 je me s\vi5s d'avoir tressailli1 moi qui ne sais plus tressaillir4 ,mon me tait dj rvolte d'tre =ce de vivre dans ces sicles d'humiliation6 ,ds ma jeunesse1 en considrant l'humanit1 je compris les l>mes de ,x]cs et1 comme les vieill>ds1 je ne vivais dj que du pass1 ce spectacle ayant creus dans mon coeur les rides que l'ge seul refusait mon front4 ,mon me n'e/ pas de ces temps am]s6 ,v\s le savez1 ,esprits1 v\s qui tes att5tifs ceux qui v\s p>l5t sans tonnem5t1 v\s savez qu'aux rcits de t\te cette hi/oire il m'a sembl--plus d'une fois--que ma mmoire1 abme t\t c\p dans les doma9es pr(onds du rve1 pr\vait d'inconcevables s\v5irs4 ,depuis cette heure1 cont9ua-t-elle aprs un sil5ce1 depuis cette heure o j'ai fix mon av5ir1 je ti5s compte1 malgr moi1 de la s\rde hsitation de ma consci5ce1 et j'essaie va9em5t de combl] de longs int]valles4 ,mes j\rs se s\d5t mes j\rs comme les anneaux d'une *ane que je suis oblige de port] et qui m'accable s\s son poids4 ,il me semble que depuis longtemps mon me s'e/ brusquem5t arrte au milieu de je ne sais quelle r\te imm5se1 et la t]re me p>at lugubre comme une prison4 ,ah6 c'e/ cela1 c'e/ cela surt\t qui m'int]dit6 ,je s\ffre de vivre1 n'ayant plus ri5 tir] de la t]re444 et ne p\vant cep5dant pas m'en dta*]4 ,elle f]ma les yeux p5dant un mom5t de sil5ce4 ,,*apitre ,,xiii4 ,tnbres4 ,le flambeau n'claire pas sa base4 7,prov]be arabe47 ,sombre1 elle cont9ua3 --,je p\rrais m'en dta*]6 ,n'ai-je pas ce talisman de lib]t1 cet anneau qui conti5t p\r moi la nuit o p]sonne ne travaille plus6 ,et1 s'int]rompant1 elle fit b\g] un ressort de sa bague3 une m]aude se drangea1 laissant voir quelques gra9s d'une p\dre brune dans le *aton4 --,mais les spectacles les plus contraires ne peuv5t ni me di/raire ni me tr\bl]2 je n'ai pas beso9 de l'anneau2 je suis p>v5ue1 =ce de lutte1 l'id5tit de moi-mme4 ,p\r l'empire du ciel1 je ne saurais oubli] la suprme tri/esse de vivre ni desc5dre de la sphre o j'ai atte9t4 ,les sympa?ies et les av]sions des g5s pass5t1 indiffr5tes1 devant ma solitude4 ,j'ai comm5c m\rir depuis longtemps2 l'horizon e/ assombri2 mon coeur e/ une gr&e mlancolie glace3 il me semble que je ne *ange plus4 ,je ne frmis pas de ce que je n'aime ri51 et c'e/ p>ce que je ne ti5s ri5 que je suis au-dessus de la plup>t des s\ffrances4 ,je ne sais pas me satisfaire de ce qui dure peu2 je n'ai po9t d'en?\siasme p\r ce qui f9it2 je n'aime pas le bruit du v5t dans les =ts2 je n'aime pas l',ocan ni les a/res de la nuit2 je ne ti5s gure une beaut qui doit s'annul] d'elle-mme et qui e/ la m]ci du mom5t qui passe2 ri51 dsormais1 de t]re/re1 ne me captiv]a4 ,en prononant ces p>oles1 ,tullia ,fabriana s'tait leve et avait allum un c&labre4 ,elle m>*a v]s un angle de la *ambre1 en face d'elle1 et s\leva la t5ture qui masquait cet angle4 ,une des lames de cdre glissa dans la bois]ie2 la m>quise prit un livre dans cette case1 et1 posant le c&labre sur la table1 elle v9t repr5dre son attitude sur le sph9x4 ,elle ouvrit le volume et feuilleta les pages4 ,c'tai5t environ c5t feuilles de p>*em9 relies entre deux plaques d'un mtal noir et solide2 l'agrafe des f]moirs tait enri*ie de pi]res prcieuses2 c'tait un manuscrit1 bi5 que l'galit des c>actres semblt d'une p]fection typographique4 ,l'criture tait prcise1 f9e et s]re2 pas une rature4 ,les deux ti]s seulem5t du livre tai5t remplis4 --,cep5dant1 cont9ua-t-elle1 malgr le peu d'intrt que je leur accorde1 il faut que je me s\vi5ne de bi5 des *oses1 c> si le secret des comm5cem5ts ne m'e/ pas inconnu1 si je suis au fait du my/re1 si la ,ncessit s'e/ rvle elle-mme en moi1 je n'en re/e pas mo9s la victime et je dois lutt] contre elle jusqu' mon d]ni] s\pir4 ,elle comm5a de lire sil5cieusem5t4 ,voici ce qui tait crit sur la page3 ,note #aab;e3 ,ret\r de cette exploration en ,bess>abie4 ,je v5ais de ,kilia4 ,je rapportais s\s ma cuirasse la b&e de *iffres /ellaires classe au rayon de l',h]mtique entre les signes cabires et les tables d'leusis1 titre #ba4 ,en r\te1 les bohmi5s1 s\s la t5te desquels j'avais dormi1 m'expliqur5t des secrets de leur sci5ce augurale4 ,une des filles de cette tribu me fit prs5t de l'amulette d'asbe/e qui claire les prcipices et les cav]nes1 sans tre enflamme4 ,le m9ce r\leau de mon ce9turon r5f]mait un ri*e h]bi]4 ,ces femmes1 qui p>l5t voix basse dans le ds]t1 en avai5t cueilli1 elles-mmes1 et dess* les fleurs prcieuses2 je connaissais la v]tu de *acune de ces plantes4 ,un soir1 le troisime depuis cette r5contre1 comme je les quittais1 l'enfant qui s'tait dfaite p\r moi de sa pi]re magique et laquelle j'avais donn un colli] d'or1 m'accompagna quelques in/ants4 ,elle conduisait mon *eval2 il faisait sombre4 --,tu es sil5cieux comme le sable1 me dit-elle avec un son de voix famili]2 moi1 je lis l'av5ir1 comme t\tes celles qui m>*5t sans avoir de pays3 donne-moi ta ma91 tu v]ras4 ,cette phrase me fit s\rire2 j'tai l'un de mes gants1 et1 cause de l'obscurit1 je t9s1 au-dessus de la ma9 ouv]te que je lui prs5tai1 l'amulette qui claire les abmes4 ,au premi] symptme de saisissem5t qui p>ut sur ses traits--7sans d\te la vue du signe d',isis au sommet du mont de ,saturne a9si que des puissances con/elles qui c\vr5t le doigt d',h]ms et t\te la p]cussion de ma ma971--j't5dis cette ma9 v]s elle4 ,les paupires de l'enfant battir5t2 elle r\la endormie sur l'h]be2 je r5dis les rnes et je disp>us dans les tnbres4 ,tullia ,fabriana s'arrta2 puis elle murmura vaguem5t3 --,ce voyage m'a fait connatre une pla9e de bataille dont j'aurai peut-tre me s\v5ir un j\r4 ,elle reprit sa lecture4 ,quelque temps aprs 7j'ignore s\s quels p>allles des frontires d',asie je me tr\vais lorsque ceci m'arriva71 j'avais pass les montagnes et j'tais1 p> une claire nuit d',ori5t1 dans une pr(onde et sil5cieuse =t4 ,a trav]s les bran*es1 je reg>dais p> mom5ts la ,croix du ,sud1 af9 de cont9u] mon *em9 v]s la ,p]se ou la ,syrie4 ,et1 p]due dans la p5se1 j'obs]vais un po9t fixe de la ,notion laquelle j'tais dj p>v5ue4 ,je mditais sur la correspondance de l',univ]sel1 du ,p>ticuli] et de l',individuel avec l',id5tit1 la ,diffr5ce et la ,raison d'tre1 antrieurem5t prsupposes et recon/itues en moi p> l',esprit4 ,j'tais plonge dans l',ab/raction visionnaire1 et1 saisie p> l',imm5sit1 je ne m'ap]u pas de ce qui me m5aait4 ,le *eval1 effray brusquem5t soit p> la voix lo9ta9e d'un tigre1 soit d'un bruissem5t d'cailles s\s l'h]be1 s'tait emport1 et1 tte baisse1 dans les v]tiges de son lan1 il m'entranait avec sa c\rse furieuse au milieu de dang]s invisibles1 je ne sais quelle mort imm95te4 ,un in/ant1 la nuit me t5ta4 ,la d5t des btes fauves ou les noeuds des s]p5ts me sduisai5t aussi bi5 que telle autre maladie4 ,la mort ne me surpr5ait pas2 ici ou ailleurs1 peu m'importait4 ,a cette heure-ci plutt qu' celle-l1 s\s l'ocan1 s\s les feuilles ou s\s t]re1 cela m'tait dev5u indiffr5t4 ,s'il me re/ait un dsir1 c'tait de recon/ruire t\t fait les *oses avant de les quitt]1 mais je n'y t5ais mme pas1 sa*ant que je cont5ais dj virtuellem5t leur explication absolue4 ,cep5dant j'avais dit aux ,esprits que j'att5drais1 je ne v\lus pas accept] la mort4 ,je me recueillis immdiatem5t dans la ,sci5ce du ,feu1 et je calculai mes =ces d'en*antem5t4 ,ayant aut\r de moi1 dans l'!r1 les v]tus de la *a/et1 ayant les six j\rs de jene d]rire mes p>oles1 ayant endur la soif p5dant ces six j\rs et m'tant baigne la nuit prcd5te1 ma ma9 traa dans l'air1 t\t has>d1 les signes conv5us1 depuis les temps1 entre les vivants et les morts4 ,le *eval s'arrta1 dcrivit un c]cle et s'abattit au milieu d'une clairire imm5se et lum9euse4 ,je me croisai les bras1 deb\t et les yeux fixs sur la nuit2 je prononai1 en *antant1 les gr&es p>oles de l',incantation1 c]ta9e que j'allais tre tire de pril p> quelque *ose d'inatt5du4 ,en effet1 au-devant de moi1 dans le lo9ta91 je vis app>atre un va/e lphant2 il acc\rait4 ,qu& il fut arriv t\t prs de moi1 je lui montrai le ,sud4 ,il me prit p> le milieu de mon corps1 m'enleva du sol et me posa d\cem5t sur son dos4 ,des lianes et des feuilles paisses y tai5t assujetties1 c'tait un lit de repos4 ,p5dant que j'exam9ais cela1 je s5tis qu'on me t\*ait l'paule2 c'tait mon cimet]re qu'il avait ramass et qu'il me t5dait4 ,je me c\*ai et m'aju/ai1 p\r ne pas tomb]1 avec les longues lianes qui p5dai5t sur ses flancs3 une fois bi5 atta*e1 je m'endormis1 tant fatigue1 aprs avoir m>qu dans ma mmoire le po9t de la ,notion o j'tais re/e avant cet incid5t4 ,a mon rveil1 le soleil tait au zni?2 des palmi]s1 une ville d',ori5t s'levai5t dans la solitude1 l'horizon4 ,j'tais en ,turquie d',asie1 c'tait ,bagdad4 ,je dn\ai les lianes aut\r de mes membres et de mes re9s2 il me reprit comme la veille 7je dis la veille1 mais je ne sais pas le temps que dura mon sommeil3 deux ou trois j\rs peut-tre7 et me posa d\cem5t t]re4 ,je lui fis signe qu'il p\vait me quitt]2 il disp>ut1 me laissant aux portes de ,bagdad4 ,le %imiel s\fflait ardemm5t2 je fis quelques pas1 et je m't5dis auprs d'une fonta9e2 une femme d',armnie me donna boire4 ,le soir mme1 je me retr\vai dans le palais du s*eik ,ismal1 prs des baz>s2 n\s causmes de cette s\v]a9et du pa*alik de ,bagdad1 qui e/ dj presque indp5dante du g\v]nem5t de la ,porte-,sublime4 ,je lui p>lai aussi de l',europe3 ,b5-,ismal fut ple9 de di/9ction et d'amabilit4 ,tullia ,fabriana f]ma le livre4 --,a quoi bon8 dit-elle2 e/-ce que je puis m'oubli]8444 ,elle se leva1 replaa le sombre j\rnal dans la case secrte1 la t5ture retomba4 ,la m>quise rev9t v]s le sph9x2 elle re/a deb\t cette fois1 la tte p5*e1 les paupires baisses4 videmm5t1 bi5 que sa figure n'exprimt ri51 son me s'tait rembrunie jusqu'au t]rible3 elle songeait4 ,,*apitre ,,xiv4 ,l't]nel fm994 ,l'eau qui danse1 la pomme qui *ante et le petit oiseau qui dit t\t4 ,,p]rault4 --,ma9t5ant1 dit-elle1 v]s quel b prcis et absolu doiv5t t5dre le dploiem5t de ma volont1 l'expansion de mes =ces et les dt]m9ations de mon esprit8 ,je sais que le triomphe des va/es desse9s ne dp5d pas de ce qu'ils peuv5t prs5t] de /able et d'lev2 le rve doit s'inc>n] dans l'excution1 dans le mcanisme froid de l'accomplissem5t1 et ce sont les rsultats qui lui assign5t sa valeur2 l'idal n'a d'autre juge que lui-mme4 ,*acun reg>de un idal2 *acun doit t\t faire1 t\t brav]1 t\t sacrifi] p\r l'accomplir2 mais1 en soi-mme1 il ne faut pas t5ir l'accomplir4 ,t\s les rves s'entre-val5t2 la russite pose la diffr5ce extrieure2 mais si le pass n'e/ ri51 qu'e/-ce donc que ce qui se passe8 ,c'e/ tre dans l'incapacit que de se df9ir sur une seule p5se4 ,je sais le b1 et1 quant l'excution1 je ne dois pas1 jusqu' prs5t1 me repro*] de nglig5ces4 ,j'ai m>*1 suivant les lois de la ncessit1 v]s sa complte ralisation4 ,qu'e/-ce que j'espre8444 ,qui me jug]a p>mi ceux qui respir5t8 ,quelle b\*e peut1 s\s le soleil1 pr(r] contre moi un ana?me t]rible8 ,ah6 le convive nocturne n'e/ pas v5u s\p] avec moi dans ,emmas2 il n'a po9t laiss tomb] sur mon front ses =mules de misricorde2 il ne s'e/ pas transfigur devant mes yeux sur les coll9es de ,sion6 ,et cep5dant1 ,fils de l',homme1 et moi aussi j'ai bu l'eau du torr5t6 ,les vivants ont jet leurs ombres sur celle qui p>le t\te seule dans les tnbres4 ,comme v\s1 j'ai reg>d d\cem5t les s\ffrants et les faibles2 comme v\s1 ,emmanuel1 je fus t5te sur la montagne4 ,v\s savez p> quels actes et quels recueillem5ts j'ai sanctifi1 moi aussi1 le j\r du ,sabbat2 v\s savez si1 comme v\s1 j'ai prvu t\tes *oses1 autant qu'il m'a t possible1 p\r que t\t ft accompli4 ,sa voix tait comme un s\ffle guttural d'une limpide et h>monieuse galit3 elle mlait plusieurs langages sans y faire att5tion4 ,elle p>lait si bas qu'il et t impossible de di/+u] un mot quelques pas du sph9x4 ,elle ne p>aissait pas mue1 seulem5t l'clat de ses yeux s'tait p]du en d$ans jusqu' r5dre leur expression atone4 --,ce n'tait pas un homme1--un homme ayant c9q six mille ans de croyances dans les ve9es et qui1 se supposant p5s] seul1 n'accept]ait la ,=ce que p\r se di/raire8444--,inutile4 ,cela me fatigu]ait de le faire massacr] dans les s\t]ra9s c\ps de ha*e p> mes ,faces de plomb1 le soir d'un ,c\ronnem5t4 ,c'tait un enfant que je dsirais3 des yeux fi]s1 un sang ri*e1 un front pur1 une consci5ce1 oui1 c'tait cela4 ,esprits1 dit-elle1 v\s le savez4 ,lorsque cette p5se me v9t que je p\vais tre utile1 j'allais devanc] l',heure et quitt] ce monde o jusqu'alors m'avait seulem5t ret5ue l'esprance de m'intress] quelque *ose4 ,j'avais press la sphre des rves extrieurs1 et ses deux ples1 glacs ou torrides1 me semblai5t /riles4 ,nul aimant ne m'attirait2 la tranquillit de ceux dont le m\vem5t passe inap]u d'eux-mmes et qui1 remplissant le mti] qui leur donne le pa91 demeur5t peu prs satisfaits d'tre v5us1--ah6 cette tranquillit1 je ne p\vais la ress5tir4 ,mes reg>ds ne s'arrtai5t que p> int]valles1 et refroidis1 sur les =mes d'une nature qui ne me t\*ait plus4 ,la p5se unique et fixe du suicide s'tait r\le et enlace aut\r de moi1 comme un s]p5t aut\r d'un m>bre4 ,ri5 ne me semblait valoir la pe9e d'une palpitation2 je ne voyais que l'impassible ,dev5ir4 ,les insectes que j'crasais1 sans le savoir1 en m>*ant1 les sueurs funbres et les s\ffrances de mes p>eils1 que cotait la condition o je suis lie1 les tres dont la mort1 les privations ou les travaux tai5t fatalem5t ncessaires mon s\ffle inutile1 excitai5t en moi trop peu d'en?\siasme p\r que je ne dusse pas me faire ju/ice en les quittant4 ,cep5dant1 v\s le savez1 p> une concession suprme1 je ne dsesprais pas d'une s5sation en rapport avec mon esprit et p\vant l'intress] dans la pr(ondeur de son s\v]a9 ds5*antem5t4 ,esprits6 je v\s l'avais dem&e2 mais comme ce p\vait tre une faveur444 ,une drap]ie fut c>te p> un bras blanc3 c'tait ,xoryl4 ,elle s'appro*a de ,tullia ,fabriana et lui t5dit une patre d'mail4 --,voici deux lettres1 dit-elle4 ,l'armoirie violette e/ apporte p> le secrtaire du nonce-lgat3 7,regrets et contr>its de son m95ce1 etc47 ,le billet scell d'un ca*et noir1 p> un laquais en livre de deuil4 ,la m>quise prit les deux lettres4 ,l'enfant se retira4 ,tullia ,fabriana reg>da le ca*et noir avec une c]ta9e att5tion4 ,elle p>c\rut l'autre lettre1 qu'elle laissa tomb]1 et elle cont9ua3 --444 dang]euse1 p\r moi-mme1 puisque ce devait tre une limite d'un in/ant1 je m'tais ab/5ue d'employ]1 de ma propre autorit1 les signes qui gn5t la ,nature et dont les effets ne se susp5d5t plus4 ,je v\s avais s\mis ce vague1 cet unique et d]ni] dsir en v\s assignant un t]me p>tir duquel je devais cess] d'att5dre son accomplissem5t4 ,si1 dans le dlai m>qu1 cette s5sation ne m'tait pas accorde1 je devais p5s] qu'il importait peu que ce d]ni] pan du voile ft arra* p\r moi1 ici4 ,v\s le savez3 en tant que revtue de l'organisme de la srie huma9e1 je relve de t\tes ces lois qui1 p>ties des rapports inf9is1 vi5n5t s'entrecrois] aut\r de ma volont1 et j'avais fix un j\r p\r en f9ir avec elles absolum5t4 ,donc1 ce soir1 seule1 r5f]me dans le tonnant inc5die de ce palais1 j'allais boire la p\ssire de mon anneau4 ,que le v5t disp]st les atomes insaisissables de mon corps1 que l'ombre reut les lignes de ma =me1 que mon esprit r5trt dans l'anantissem5t div9 de son unit1 telles tai5t1 p\r moi1 les dcisions dictes p> la vritable sagesse4 ,mais1 ,esprits1 v\s avez bi5 v\lu satisfaire le dsir de celle qui v\s p>le1 et v\s avez envoy celui qu'elle att5dait4 ,je ne le *]*ais pas1 je ne v\lais pas le *]*]6 ,ne devait-il pas v5ir de lui-mme et son heure6 ,ah6 l',enfant6444 je me suis plue p>sem] son *em91 d'avance1 des *oses les plus attrayantes p\r les enfants1 tant sre qu'il vi5drait tt ou t>d1 selon les press5tim5ts anci5s6 ,je v\s rem]cie1 ,esprits sublimes1 qui prsidez aux dt]m9ations de t\te virtualit1 je v\s rem]cie de m'avoir *oisi v\s-mmes et am5 cette aimable crature la veille du j\r prescrit6 ,je v\s flicite et je suis bi5 aise de sa beaut2 mais son me e/ neuve et pr(onde2 elle ne dem&e que de s'emplir et que de vivre6 ,quels trsors d'+nuits cle/es doit possd] cette intellig5ce t\te gracieuse6 ,t\t ce qu'elle voit se c\vre d'un prisme de rayons et d'ins\ciance2 elle e/ p>eille l'une de ces =ts vi]ges de l',idal1 o le premi] voyageur1 ds son premi] pas et sa premire *anson1 e/ accueilli p> les conc]ts en*ants de ses brises1 de ses fleurs et de ses oiseaux1 sortis des mille *os de ses taillis1 de ses fleuves et de ses pr(ondeurs h>monieuses4 ,que va-t-il arriv] ma9t5ant8 ,puissances qui v\s intressez au m\vem5t de ce sy/me dt]m9 du ciel1 cause des s\ffrances qu'il signifie6 ,je ne p5se pas l'ignor]4 ,il arriv]a d'abord que cet enfant me v]ra p> ses yeux et selon lui2 je ne s]ai en ralit que l'occasion du dploiem5t de sa p5se2 il se crera un tre ineffable et indicible mon sujet1 et ce fantme p> de t\tes les notions vives qui lui sont propres1 de la beaut absolue1 s]a le mdiateur qu'il pr5dra p\r moi4 ,ce qu'il aim]a ce ne s]a po9t moi1 telle que je suis1 mais cette p]sonne de sa p5se que je lui p>atrai4 ,sans d\te1 il m'accord]a mille qualits et mille *>mes trang]s dont je s]ais peu satisfaite si je les avais2 de sorte que1 en croyant me possd]1 il ne me t\*]a mme pas rellem5t4 ,a9si e/ la loi des tres dont le reg>d m5tal ne dpasse pas la sphre des possibilits1 des =mes et des esprances2 ils ne peuv5t sortir d'eux-mmes dans leurs am\rs my/rieux4 ,effac] ce rapport de manire ce que n\s puissions n\s jo9dre tels que n\s sommes1 dans l',esprit1 voil quelle e/ la solution de la premire face du problme4 ,p\r cela1 je dois dev5ir rellem5t sa vision2 il aim]a mon reflet2 il faudra que j'anime ce reflet en m'y ralisant imp]sonnellem5t1 en brisant les b>reaux de sa prison1 en remplissant de n\veau son sabli] avec le mi54 ,je dois tre morte p\r lui d'abord1 et me survivre selon lui4 ,si j'essayais de lui dvoil] la vrit1 je pass]ais p>alllem5t ct de lui jamais1 p>ce que cette vrit1 modifie l'in/ant p> son esprit1 ne s]ait plus ce qu'elle doit tre4 ,il ne la compr5drait que selon tel c]cle1 et alors il aurait raison de ne pas l'aim]4 ,elle l'attri/]ait1 p>ce qu'elle ne lui p>atrait pas en rapport avec la vision qu'il conoit1 avec l'idal qu'il nomme de mon nom6 ,il faut donc que je veille p\r d=m]1 p> des transitions obscures1 cette vision jusqu' la ralit4 ,il faut que son idal soit agr&i p> un ensemble de rflexions n\velles p\r se tr\v] au po9t de vue o je suis4 ,alors il lui s]a donn de voir celle qui l'attire4 ,si j'avais eu du temps p]dre1 j'eusse presque regrett de ne p\voir aim]4 ,n'e/-ce ri51 d'ailleurs1 que de prs]v] le plus longtemps possible cette belle vie1 t\te jeune1 des ennuis amo9drissants8 ,n'e/-ce ri5 que de considr] la plus noble *ose de ce monde s'm\voir1 admir]1 s'tonn]1 rv]1 palpit]1 p\r une image1 p\r un en*antem5t1 p\r une *ose qui brille et qui ravit ceux qui ne voi5t pas encore8 ,c'e/ dit4 ,je m'ef=c]ai de vivre un in/ant4 ,p>donnez1 v\s qui ne daignez pas vivre1 si j'ose faire d'avance en lui la preuve de la mission que je me suis assigne4 ,qu'ai-je prfr] si ce n'e/ de r5dre cet enfant le plus idalem5t satisfait de t\s ceux qui sont et s]ont sur ce gra9 de b\e te9te8 ,a lui1 donc1 sceptres1 ho*ets et c\ronnes glorieuses6 ,a lui puissance1 am\r1 jeunesse et tressaillem5ts p]dus6 ,a lui la plus l>ge "p au soleil des vivants6 ,a moi la contemplation paisible de t\tes les beauts qu'il v]ra1--qu'il se crera1 dans ces *oses1 puisque je cons5s reg>d] la vie p> ses yeux p5dant quelques mom5ts6 ,alors1 qu& ce premi] et 9vitable c]cle de la ,=me s]a pass1 qu& je s]ai sre de l'avoir fait mont] les degrs du monde surnaturel et que les p>oles que je prononc]ai1 n'ayant p\r lui d'autre s5s que le s5s de leur expression1 ne se *ang]ont pas de mille manires dans son esprit1 alors1--les temps s]ont v5us de l',action6--,son trne1 assis sur la lutte s\t]ra9e que je s\ti5drai1 c\vrira l',italie1 et1 de l444 ce ne s]a po9t la premire fois que l',italie s't5dra sur le globe4 ,un j\r peut-tre1 grce cette femme qui pass]a inconnue444--,e/-ce que la nature n'e/ pas qui veut la pr5dre8444 ,qu'e/-ce que l'impossible8 ,oui1 s\v5t mes reg>ds ont pntr les sicles1 les climats et les ges2 j'ai vu les pages de l',av5ir2 j'ai compris les temps fatidiques1 entrevus p> les ,scaldes inspirs qui *antai5t dans les montagnes de la ,sc&9avie2 leurs *ants1 inscrits et cons]vs en runes1 dans les sagas du ,nord1 p>l5t de gu]ri]s assis p>mi les ,ases1 dans le ,valhalla div94 ,ne sont-ce pas les hommes se baignant dans la gloire et dans la sve du monde1 au milieu des torr5ts qui reflt5t les soleils1 et rafra*issant leurs fronts immortels durant les fauves nuits o *ante la tempte1 aux s\ffles de l',,in=me ,,dieu8 ,elle baissa la tte et rva pr(ondm5t4 ,neuf heures sonnr5t dans le lo9ta94 --,je n'hsite pas1 dit-elle4 ,et elle aj\ta3 --,v\s1 rappelez-v\s4 ,elle att5dait1 sil5cieuse et conc5tre depuis quelques m9utes2 ses paupires tai5t closes1 mais elle ne dormait pas4 --,il vi5t4441 dit-elle encore4 ,et1 aprs un sil5ce1 elle murmura des lvres seulem5t3 --,le voici4 ,,*apitre ,,xv4 ,cras +5s it]abimus quor4 --,monsieur le comte de ,/rally-d',an?as6 v9t annonc] ,xoryl demi-voix4 ,la veilleuse te9te1 elle posa une lampe sur la table4 ,wilhelm se prs5ta sur le seuil3 elle sortit1 la drap]ie retomba4 ,l'lgance e/ une =ce4 ,il portait1 suivant les modes admirables de ce temps1 un co/ume de vel\rs noir brod la ce9ture de f9es passem5t]ies d'or et une pe *oisie4 ,la plume blan*e de sa toque tait fixe p> une pi]re prcieuse2 ses gants et ses bott9es laissai5t dev9] des ma9s et des pi$s de race4 ,ses *eveux noirs se disposai5t bi5 sur son front4 ,il avait des yeux expressifs1 d'un bleu fonc1 t\t brillants de vie2 une me s'y peignait dj leve et un esprit pntrant4 ,son nez droit lui donnait l'angle facial des types roma9s2 ses d5ts et la blan*eur de sa peau ressortai5t p> le duvet noir qui luisait sur sa lvre suprieure4 ,il avait les s\rcils noirs et bi5 arqus4 ,il tait bi5 fait2 sa haute taille1 la s\plesse de ses m\vem5ts annonai5t une vigueur dveloppe et des muscles d'a?lte4 ,comme p\r ad\cir la svre beaut de son visage1 son s\rire tait d'une mode/ie et d'une timidit d'enfant4 ,ceci tait une *ose augu/e3 les hommes d'une gr&e valeur se voil5t quelquefois de ce s\rire *>itable2 alors c'e/ d'une =ce accablante1 et cette humilit con/ate mieux1 p\r les esprits clairvoyants1 ce que n\s appell]ions volonti]s la puissance d'horizon1 que les arrogances possibles4 ,enf9 le comte ,wilhelm semblait n'avoir aucune p5se qui ne ft bonne et +nue4 ,autrefois un p>eil enfant reprs5tait la plus haute affirmation de la dignit huma9e4 ,il fallait des sicles p\r arriv] produire son individualit4 ,c'tait une rsultante des hauts faits et de l'intgre probit d'une srie d'aeux dont la glorieuse hi/oire et les v]tus dome/iques s'voquai5t son nom4 ,c'tait un enc\ragem5t vivant la p]svrance1 une mulation donne aux familles4 ,auj\rd'hui les organisations f9ancires s\s lesquelles app>at t\j\rs le phnomne provid5tiel du premi] occupant1 phnomne incontrlable1 malgr son illgalit1 puisqu'il se pose de =ce comme pr9cipe de t\t droit jusqu' prs5t2 auj\rd'hui1 disons-n\s1 le dclassem5t des p]sonnes et le culte de l'excell5ce progressive ont dtruit1 dans la plup>t des endroits1 et f9iront p> dtruire compltem5t cette gr&eur sociale4 ,mais n\s avons mieux4 ,il n\s e/ p]mis de salu]1 dans ce sicle1 une jeunesse reconnue presque univ]sellem5t p\r la droiture de ses moeurs1 la fran*ise de sa t5ue1 la noblesse de ses oeuvres4 ,quel triomphe p\r les familles qu'une gnration de si haute esprance6 ,dieu en soit l\1 la sant qui rgne dans les am\rs d'auj\rd'hui promet des virilits admirables2 ce s]a sans d\te comme les p\sses de ces vgtations luxuriantes des tropiques4 ,le jeune homme1 un peu dconc]t du demi-j\r rp&u p> la lampe et de l'ameublem5t du salon1 fit quelques pas v]s ,tullia ,fabriana4 --,madame la m>quise1 dit-il1 je me suis con/amm5t rappel1 depuis hi]1 la p]mission que v\s avez daign m'accord]444 ,et il s'incl9a4 ,elle lui t5dit trs gracieusem5t1 du b\t des doigts1 la fleur bais]4 --,asseyez-v\s1 comte2 v\s voyez1 je suis seule4 ,il s'avana l'un des c\ss9s d\bles1 de =me et d'ornem5ts arabes1 puis il la reg>da4 --,le pr9ce a d p>tir cette nuit1 cont9ua la m>quise1 mais il v\s re/e une belle amie1 la du*esse d',esp]ia4 ,c'e/ une bi5 aimable p]sonne1 n'e/-ce pas1 monsieur8 ,son attitude ab&onne et son acc5t tranquille avai5t mu le jeune homme1 mais il v\lut p>atre froid1 de peur de dplaire4 --,ne lui dois-je pas de v\s voir1 madame8 rpondit-il4 ,elle abaissa l5tem5t son reg>d sur lui2 ce fut une dcision4 ,la nuit d]nire a compt p\r des annes1 p5sa-t-elle2 ce n'e/ pas seulem5t la fivre qui anime ces yeux plus calmes3 voici la trace dj laisse p> les premi]s rves de la passion qui ne peut s'te9dre que s\s un religieux mpris2--c'e/ bi54 ,son me planait au milieu de ses p5ses comme un aigle dans les tnbres2 mais1 sre d'am5] d'une faon bi5sante l'in/ant qu'elle dsirait1 elle jugea trs inutile de le diffr]4 --,on donnait ce soir un opra de ,cim>osa2 v\s m'avez sacrifi cette m]veilleuse musique8 --,je v\s ent5ds p>l]1 madame1 dit-il d'une voix un peu tremblante4 ,les aff9its de la voix et de la p5se dont elle savait di/+u] les transitions p> un magntisme intuitif lui rvlai5t la fivreuse et nave comdie o s'ef=ait le comte1 et1 ne s'en affligeant pas1 elle lui p>donna p> sympa?ie cette innoc5ce de complim5ts et leur transp>5te politesse4 ,le jeune homme p>aissait1 en /yle du monde1 lui faire la c\r2 mais sa voix1 son insu1 exprimait la pr(onde motion qu'il pr\vait4 --tes-v\s musici51 monsieur le comte8444 dit-elle4 --,s\v5t1 rpondit ,wilhelm avec un s5tim5t de mlancolie1 s\v5t1 aprs une j\rne de *asse et de fatigue1 lorsque je m'en rev5ais t>d et que j'tais seul dans les montagnes1 je *antais p\r abrg] le *em94 ,le jeune homme ne s'ap]ut pas de la biz>r]ie de sa rponse4 --,eh bi51 dit ,tullia ,fabriana1 lorsque v\s tes entr1 je reg>dais cette h>pe444 7,il se ret\rna et ap]ut t\t prs de lui une gr&e h>pe noire qu'il s'tonna de ne pas avoir rem>que en s'asseyant47--,c'e/ un in/rum5t admirable2 mais je suis un peu fatigue2 *antez une petite *ose allem&e1 v\lez-v\s8 ,ces quelques mots dtaills p> des inflexions d'une froideur en*ant]esse produisir5t sur ,wilhelm un effet qui se traduisit p> un bl\issem5t et une pleur4 ,la m>quise se leva2 elle s'appro*a de la f5tre dans ses vtem5ts blancs et s\t5ant d'un bras les flocons de bati/e sur sa poitr9e4 ,les belles b\cles de *eveux dors se s\levai5t pe9e au v5t tide2 on ent5dait le murmure des feuilles paisses et p>fumes2 pas un *ant de rossignol4 ,un c\p de clo*e1 annonant la prire et le sommeil1 t9ta1 dans le lo9ta91 au mona/re de ,san-,m>co4 --,quelle tranquillit dans le ciel6444 dit-elle d\cem5t2 et1 aprs un in/ant de sil5ce3 ,une nuit de pr9temps6444 ,savez-v\s quelque *ose sur la nuit1 monsieur le comte8 --,en voici une1 madame4 ,et il *anta3 ,la nuit au brillant my/re ,entr'ouvre ses cr9s bleus3 ,autant de fleurs sur la t]re ,que d'toiles dans les cieux4 ,on voit ses ombres dormantes ,s'clair] t\s mom5ts ,autant p> les fleurs *>mantes ,que p> les a/res *>mants4 ,moi1 ma nuit au sombre voile ,n'a p\r *>me et p\r cl>t1 ,qu'une fleur et qu'une toile3 ,mon am\r et ta beaut6 ,c'tait une mlodie l5te et d\ce2 mais quelque *ose de t\t fait inatt5du en altra la simplicit4 ,aux premi]s acc5ts1 un pr(ond murmure c\rut aut\r des cordes de la h>pe2 elle s'm\vait en vibrations ins5sibles1 et1 t\t c\p1 le s5s de la romance lui sembla se d=m] en une signification inconnue2 son *ant creusait un t\rbillon aut\r de lui4 ,les s+ulires p>oles qu'ils v5ai5t d'*ang]1 la sombre ri*esse qui les ent\rait1 les =mes noires que ,wilhelm di/+uait vaguem5t au plafond sans p\voir s'expliqu] ce que c'tait1 la lividit que sa ma9 dgante avait prise en s'appuyant au bord de la table d'bne1 la tte norme du sph9x1 encadre de b&elettes de pi]re et dont les yeux immobiles s'atta*ai5t sur lui1 les attraits de cette femme qui le transportait d'am\r1 et qui1 avec les seules et pr(ondes h>monies de sa voix1 lui b\lev]sait frntiquem5t le coeur1 t\t cela ne =mait-il pas l'ensemble de quelque magnifique rve ori5tal comme l'une de ces fictions cres p> la lecture des s\rates du ,koran1 o le prophte p>le de pavillons et de pris my/rieuses8444 ,il frmit1 et ses yeux se f]mr5t la d]nire /rophe4 ,quelques mom5ts aprs1 en r\vrant les yeux1 ses reg>ds tombr5t sur la lampe4 ,ils se fixr5t sur sa lumire reflte p> les vases d'or avec un pnible s5tim5t de solitude4 ,que s'tait-il donc pass8 ,p>eil ce ,simbad des lg5des de l',asie1 le jeune homme tait transport dans les pays du pre/ige1 des rves1 des m]veilles et des press5tim5ts4 ,l'imm5se *ambre ressemblait celle o la re9e ,cloptre laissait entr] ceux qu'elle rem>quait2 d]rire la porte veillait peut-tre sil5cieusem5t le gr& b\rreau nubi5 aux muscles de bronze et la ha*e dang]euse4 ,les p>fums des *>m]esses antiques1 un arome ri*e et subtil1 une s5teur de baumes1 de /yrax et de roses1 l't\rdissai5t4 ,et une ,vision1 fulgurante de relief et de pr(ondeur1 s'leva devant ses yeux3 ,il lui sembla que le palais tait dev5u trs anci52 des li]res c\vrai5t son front f\droy2 ses faades en ru9es tai5t ca*es p> la m\sse2 cep5dant le vieil tre de pi]re rappelait encore sa =me2 il avait celle d'un homme c\*1 les membres t5dus1 sur une montagne4 ,en proie aux dsolations lo9ta9es1 la ,nuit se *>geait ma9t5ant de l'ensevelir dans son l9ceul2 le ,ciel1 drap mortuaire1 p>sem des gr&s pleurs de feu qui r\l5t incessamm5t sur sa face1 tait jet sur sa solitude2 p\r lui aussi1 le ,nant btissait1 dans l'imprative t]nit1 son vague mausole d'oubli4 ,et le vieux palais ressemblait l'un de ces gants dont la b>be et les *eveux p\ssai5t dans le tombeau4 ,mais s'il se dressait sombre et dva/1 les j>d9s respl5dissai5t au clair de lune6 ,les arbres et les fleurs tai5t d'une ferique beaut2 au lo91 dans l'tang pr(ond1 ,tullia ,fabriana se baignait au milieu des eaux de cri/al4 ,c'tait bi5 elle2 ses longs *eveux tai5t dr\ls sur son dos nacr1 les rayons filtrs trav]s les cyprs miroitai5t sur elle t\te2 et elle semblait1 de temps autre1 syrne fa/ueuse des heures noires1 se ploy]1 avec des m\vem5ts dlicieux1 dans une vapeur de diamants4 ,les cygnes1 attirs p> sa blan*eur1 v5ai5t polir leurs ailes contre ses flancs et ses bras2 il se vit1 lui-mme1 ple et les yeux f]ms1 nageant auprs de la m>quise1 et mettant le pi$ sur les m>*es de m>bre1 p\r sortir avec elle de l'tang4 ,et la ,vision cont9ua4 ,ils m>*ai5t ma9t5ant ensemble dans les alles4 ,les imm5ses lilas balanai5t1 au-dessus de leurs ttes1 leurs grosses t\ffes humides et assombries2 l'air tait embaum p> les va/es ombrages des *>milles4 ,ils m>*ai5t1 entrelacs1 s\s les reg>ds dors des toiles2 les lvri]s et les *evreuils rveills v5ai5t j\] aut\r d'eux leurs pi$s2 leur nudit se dta*ait s\s les feuilles comme celle d'un c\ple de m>bres antiques4--,on et dit que deux /atues du j>d9 pr(itai5t des tnbres p\r revivre4--,leurs lvres se t\*ai5t p>fois sans bruit1 dans l'ombre1 et sans p>l] ils s'ent5dai5t4 ,et en effeuillant des roses blan*es sur les paules de la gr&e en*ant]esse1 il lui disait3 --,ton am\r e/ un ciel dont je ne d\te pas3 un bais] de toi1 c'e/ l'inf9i6444 ,et elle ne rpondait pas1 mais elle lui faisait l5tem5t signe de reg>d] ce qui se passait4 ,et leurs corps s'attnuai5t jusqu'au fantme2 une s\rde oscillation agitait les pr(ondeurs mtalliques de la nature2 le relief de t\tes *oses s'effaait graduellem5t1 comme lorsqu'on meurt2 la ,vision dev9t ombre et fluide1 et t\t disp>ut dans l'empire du ,nirvanah4 ,le comte ,wilhelm passa la ma9 sur son front et se ret\rna v]s la croise4 ,l'obscurit de la nuit s'tait appr(ondie au dehors2 pas un bruissem5t de feuilles dans les j>d9s1 pas un s\ffle d'air ne v5ait dans l'app>tem5t p> la croise t\te gr&e ouv]te4 ,il essaya1 sans se r5dre compte de son m\vem5t1 de reg>d] le ciel2 il n'y en avait plus4 ,la nuit s'tait faite noire1 et c'tait un sil5ce extraord9aire1 un sil5ce d'ab/raction1 dans lequel les d]nires vibrations de la h>pe se m\rai5t faiblem5t1 h>monieusem5t444 ,ce fut alors qu'il oublia un peu d'aim] p\r rfl*ir son insu1 et qu'il osa reg>d] en face de lui4 ,depuis la vote leve de l'app>tem5t jusqu' ses pi$s1 l'atmosphre s'tait p>tage en deux zones absolum5t disp>ates4 ,la lumire de la lampe l'clairait lui et t\te la p>tie o il se tr\vait2 et il app>aissait comme dans une effusion rayonnante4 ,la p>tie o devait tre ,tullia ,fabriana r\lait des reflux d'ombres2 c'tai5t des vagues d'obscurit1 l\rdes et surt\t comme lo9ta9es4 ,il ne voyait ni le sph9x ni la femme4 ,il fit un pas2 il ap]ut les c>iatides1 et il lui sembla voir remu] leurs yeux t]ribles6 ,malgr son front lisible et son s\rire jeune1 il lui sembla que ce n'tait pas d'hi] qu'il pr\vait le s5tim5t v]tig9eux de la vie1 et qu'il avait magnifiquem5t s\ff]t autrefois1 dans un pass4 ,alors1 avec un ge/e p]du et comme c>tant une drap]ie de tnbres1 il entra1 *ancelant1 dans les va/es ombres4 ,et il vit s'lev]1 avec l5teur1 devant lui1 dans ces mmes ombres1 comme un autre ge/e envelopp de voiles2 il eut l'impression de deux bras qui se joignai5t1--oh6 d\l\reusem5t6--aut\r de son c\4 ,une =me aux blan*eurs radieuses attirait son front v]s elle4441 et ce fut l'essaim des ples joies inf9ies1 le tremblem5t des rves div9s1 le supplice444 ,ce soir-l le comte de ,/rally-d',an?as s'anuita *ez la m>quise ,tullia ,fabriana4 ,,table ,pages4 ,italie #aa ,celui qui devait v5ir #ag ,prom5ade nocturne #ca ,premi] aspect de ,tullia ,fabriana #eg ,transfiguration #gc tude d'enfance #ha ,la biblio?que inconnue #ie ,isis #abi ,la prs5tation #aec ,le palais en*ant #aga ,av5tures *eval]esques #aii ,fiat nox #bac ,tnbres #bbg ,l't]nel fm99 #bcg ,cras +5s it]abimus quor #bea ,,des ,,presses ,,de ,,ma?4 ,,?one1 ,,imprimeur-,,diteur1 #ac1 ,,rue ,,/-,,jean-,,bapti/e1 ,,li,,ge4