,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,p>]ga ,,et ,,p>alipom5a ,,aphorismes ,,sur ,,la ,,sagesse ,,dans ,,la ,,vie ,,ar?ur ,,s*op5hau] ,,traduit ,,en ,,fran,,ais ,,p\r ,,la ,,premi,,re ,,fois ,p> ,j4-,a4 ,,cantacuz,,ne ,le bonheur n'e/ pas *ose aise3 il e/ trs difficile de le tr\v] en n\s1 et impossible de le tr\v] ailleurs4 ,,*am=t4 ,,troisi,,me ,,dition ,,p>is ,f,,lix ,,alcan1 ,,diteur #ahhg ,,table ,,des ,,mati,,res ,,introduction ,,*apitre ,i]4--,division fondam5tale4 ,,*apitre ,,ii4--,de ce que l'on e/4 ,i4--,la sant de l'esprit et du corps4 ,,ii4--,la beaut4 ,,iii4--,la d\leur et l'ennui4--,l'intellig5ce4 ,,*apitre ,,iii4--,de ce que l'on a4 ,,*apitre ,,iv4--,de ce que l'on reprs5te4 ,i4--,de l'op9ion d'autrui4 ,,ii4--,le rang4 ,,iii4--,l'honneur4 ,,iv4--,la gloire4 ,,*apitre ,v4--,p>nses et maximes4 ,i4--,maximes gnrales4 ,,ii4--,conc]nant notre conduite env]s n\s mme4 ,,iii4--,conc]nant notre conduite env]s les autres4 ,,iv4--,conc]nant notre conduite en face de la m>*e du monde et en face du sort4 ,,*apitre ,,vi4--,de la diffr5ce des ges de la vie4 ,,introduction ,je pr5ds ici la notion de la sagesse dans la vie dans son acception imman5te1 c'e/--dire que j'ent5ds p> l l'art de r5dre la vie aussi agrable et aussi heureuse que possible4 ,cette tude p\rrait s'appel] galem5t l',eudmonologie2 ce s]ait donc un trait de la vie heureuse4 ,celle-ci p\rrait son t\r tre df9ie une exi/5ce qui1 considre au po9t de vue purem5t extrieur ou plutt 7comme il s'agit ici d'une apprciation subjective7 qui1 aprs froide et mre rflexion1 e/ prfrable la non-exi/5ce4 ,la vie heureuse1 a9si df9ie1 n\s atta*]ait elle p> elle-mme et pas seulem5t p> la cra9te de la mort2 il en rsult]ait en outre que n\s dsir]ions la voir dur] indf9im5t4 ,si la vie huma9e correspond ou peut seulem5t correspondre la notion d'une p>eille exi/5ce1 c'e/ l une "q laquelle on sait que j'ai rpondu p> la ngative dans ma ,philosophie2 l'eudmonologie1 au contraire1 prsuppose une rponse affirmative4 ,celle-ci1 en effet1 repose sur cette erreur inne que j'ai combattue au comm5cem5t du *apitre ,,xlix1 vol4 ,,ii1 de mon gr& ouvrage#a4 ,p> consqu5t1 p\r p\voir nanmo9s trait] la "q1 j'ai d m'loign] entirem5t du po9t de vue lev1 mtaphysique et moral auquel conduit ma vritable philosophie4 ,t\s les dveloppem5ts qui vont suivre sont donc fonds1 dans une c]ta9e mesure1 sur un accommodem5t1 en ce s5s qu'ils se plac5t au po9t de vue habituel1 empirique et en cons]v5t l'erreur4 ,leur valeur aussi ne peut tre que conditionnelle1 du mom5t que le mot d'eudmonologie n'e/ lui-mme qu'un euphmisme4 ,ils n'ont en outre aucune prt5tion tre complets1 soit p>ce que le ?me e/ 9puisable1 soit p>ce que j'aurais d rpt] ce que d'autres ont dj dit4 ,je ne me rappelle que le livre de ,c>dan3 ,de utilitate ex adv]sis capi5da1 ouvrage digne d'tre lu1 qui traite de la mme matire que les prs5ts aphorismes2 il p\rra s]vir complt] ce que j'(fre ici4 ,ari/ote1 il e/ vrai1 a int]cal une c\rte eudmonologie dans le *apitre ,v du livre ,i de sa ,rhtorique2 mais il n'a produit qu'une uvre bi5 maigre4 ,je n'ai pas eu rec\rs ces devanci]s2 compil] n'e/ pas mon fait2 d'autant mo9s l'ai-je fait que l'on p]d p> l cette unit de vue qui e/ l'me des uvres de cette espce4 ,en somme1 c]ta9em5t les sages de t\s les temps ont t\j\rs dit la mme *ose1 et les sots1 c'e/--dire l'incomm5surable majorit de t\s les temps1 ont t\j\rs fait la mme *ose1 savoir le contraire1 et il en s]a t\j\rs a9si4 ,aussi ,voltaire dit-il3 ,n\s laiss]ons ce monde-ci aussi sot et aussi m*ant que n\s l'avons tr\v en y arrivant4 ,,aphorismes ,,sur ,,la ,,sagesse ,,dans ,,la ,,vie ,,*apitre ,,premi] ,,division ,,fondam5tale ,ari/ote 7,morale ,nicomaque1 ,i1 #h7 a divis les bi5s de la vie huma9e en trois classes1 les bi5s extrieurs1 ceux de l'me et ceux du corps4 ,ne cons]vant que la division en trois1 je dis que ce qui diffr5cie le sort des mortels peut tre ram5 trois conditions fondam5tales4 ,ce sont3 #a ,ce qu'on e/3 donc la p]sonnalit1 dans son s5s le plus t5du4 ,p> consqu5t1 on compr5d ici la sant1 la =ce1 la beaut1 le tempram5t1 le c>actre moral1 l'intellig5ce et son dveloppem5t4 #b ,ce qu'on a3 donc proprit et avoir de t\te nature4 #c ,ce qu'on reprs5te3 on sait que p> cette expression l'on ent5d la manire dont les autres se reprs5t5t un individu1 p> consqu5t ce qu'il e/ dans leur reprs5tation4 ,cela consi/e donc dans leur op9ion son g>d et se divise en honneur1 rang et gloire4 ,les diffr5ces de la premire catgorie dont n\s avons n\s occup] sont celles que la nature elle-mme a tablies entre les hommes2 d'o l'on peut dj infr] que leur influ5ce sur le bonheur ou le malheur s]a plus ess5tielle et plus pntrante que celle des diffr5ces prov5ant des rgles huma9es et que n\s avons m5tionnes s\s les deux rubriques suivantes4 ,les vrais avantages p]sonnels1 tels qu'un gr& esprit ou un gr& cur1 sont p> rapport t\s les avantages du rang1 de la naissance1 mme royale1 de la ri*esse et autres1 ce que les rois vritables sont aux rois de ?tre4 ,dj ,mtrodore1 le premi] lve d'picure1 avait intitul un *apitre3 #8 7,les causes qui vi5n5t de n\s contribu5t plus au bonheur que celles qui naiss5t des *oses4--,cf4 ,clm5t d',alex41 ,/rom41 ,,ii1 #ba1 p4 #cfb dans l'dition de ,wurtzb\rg des ,opp4 polem47 ,et1 sans contr$it1 p\r le bi5-tre de l'individu1 mme p\r t\te sa manire d'tre1 le pr9cipal e/ videmm5t ce qui se tr\ve ou se produit en lui4 ,c'e/ l1 en effet1 que rside immdiatem5t son bi5-tre ou son malaise2 c'e/ s\s cette =me1 en df9itive1 que se manife/e t\t d'abord le rsultat de sa s5sibilit1 de sa volont et de sa p5se2 t\t ce qui se tr\ve en dehors n'a qu'une influ5ce indirecte4 ,aussi les mmes circon/ances1 les mmes vnem5ts extrieurs1 affect5t-ils *aque individu t\t diffremm5t1 et1 quoique placs dans un mme milieu1 *acun vit dans un monde diffr5t4 ,c> il n'a directem5t affaire que de ses propres p]ceptions1 de ses propres s5sations et des m\vem5ts de sa propre volont3 les *oses extrieures n'ont d'influ5ce sur lui qu'en tant qu'elles dt]m95t ces phnomnes intrieurs4 ,le monde dans lequel *acun vit dp5d de la faon de le concevoir1 laquelle diffre p\r *aque tte2 selon la nature des intellig5ces1 il p>atra pauvre1 insipide et plat1 ou ri*e1 intressant et important4 ,p5dant que tel1 p> exemple1 porte envie tel autre p\r les av5tures intressantes qui lui sont arrives p5dant sa vie1 il devrait plutt lui envi] le don de conception qui a prt ces vnem5ts l'importance qu'ils ont dans sa description1 c> le mme vnem5t qui se prs5te d'une faon si intressante dans la tte d'un homme d'esprit1 n'(frirait plus1 conu p> un c]veau plat et banal1 qu'une scne insipide de la vie de t\s les j\rs4 ,ceci se manife/e au plus haut degr dans plusieurs posies de ,g! et de ,byron1 dont le fond repose videmm5t sur une donne relle2 un sot1 en les lisant1 e/ capable d'envi] au pote l'agrable av5ture1 au lieu de lui envi] la puissante imag9ation qui1 d'un vnem5t passablem5t ord9aire1 a su faire quelque *ose d'aussi gr& et d'aussi beau4 ,p>eillem5t1 le mlancolique v]ra une scne de tragdie l o le sangu9 ne voit qu'un conflit intressant1 et le flegmatique un fait insignifiant4 ,t\t cela vi5t de ce que t\te ralit1 c'e/--dire t\te actualit remplie se compose de deux moitis1 le sujet et l'objet1 mais aussi ncessairem5t et aussi troitem5t unies que l'oxygne et l'hydrogne dans l'eau4 moiti objective id5tique1 la subjective tant diffr5te1 ou rciproquem5t1 la ralit actuelle s]a t\t autre2 la plus belle et la meilleure moiti objective1 qu& la subjective e/ obtuse1 de mauvaise qualit1 ne f\rnira jamais qu'une m*ante ralit et actualit1 semblable une belle contre vue p> un mauvais temps ou rfl*ie p> une mauvaise *ambre obscure4 ,p\r p>l] plus vulgairem5t1 *acun e/ f\rr dans sa consci5ce comme dans sa peau et ne vit immdiatem5t qu'en elle2 aussi y a-t-il peu de sec\rs lui apport] du dehors4 la scne1 tel j\e les pr9ces1 tel les conseill]s1 tel autre les laquais1 ou les soldats ou les gnraux1 et a9si de suite4 ,mais ces diffr5ces n'exi/5t qu' l'extrieur2 l'intrieur1 comme noyau du p]sonnage1 le mme tre e/ f\rr *ez t\s1 savoir un pauvre comdi5 avec ses misres et ses s\cis4 ,dans la vie1 il en e/ de mme4 ,les diffr5ces de rang et de ri*esses donn5t *acun son rle j\]1 auquel ne correspond nullem5t une diffr5ce intrieure de bonheur et de bi5-tre2 ici aussi e/ log dans *acun le mme pauvre hre1 avec ses s\cis et ses misres1 qui peuv5t diffr] *ez *acun p\r ce qui e/ du fond1 mais qui1 p\r ce qui e/ de la =me1 c'e/--dire p> rapport l'tre propre1 sont peu prs les mmes *ez t\s2 il y a c]tes des diffr5ces de degr1 mais elles ne dp5d5t pas du t\t de la condition ou de la ri*esse1 c'e/--dire du rle4 ,comme t\t ce qui se passe1 t\t ce qui exi/e p\r l'homme ne se passe et n'exi/e immdiatem5t que dans sa consci5ce2 c'e/ videmm5t la qualit de la consci5ce qui s]a le pro*a9em5t ess5tiel1 et dans la plup>t des cas t\t dp5dra de celle-l bi5 plus que des images qui s'y reprs5t5t4 ,t\te spl5deur1 t\tes j\issances sont pauvres1 rfl*ies dans la consci5ce t]ne d'un b5t1 en reg>d de la consci5ce d'un ,c]vants1 lorsque1 dans une prison incommode1 il crivait son ,don ,quijote4 ,la moiti objective de l'actualit et de la ralit e/ entre les ma9s du sort et1 p> suite1 *angeante2 la moiti subjective1 c'e/ n\s-mmes1 elle e/ p> consqu5t immuable dans sa p>tie ess5tielle4 ,aussi1 malgr t\s les *angem5ts extrieurs1 la vie de *aque homme porte-t-elle d'un b\t l'autre le mme c>actre2 on peut la comp>] une suite de v>iations sur un mme ?me4 ,p]sonne ne peut sortir de son individualit4 ,il en e/ de l'homme comme de l'animal2 celui-ci1 quelles que soi5t les conditions dans lesquelles on le place1 demeure conf9 dans le c]cle troit que la nature a irrvocablem5t trac aut\r de son tre1 ce qui explique p\rquoi1 p> exemple1 t\s nos ef=ts p\r faire le bonheur d'un animal que n\s aimons doiv5t se ma9t5ir =cm5t dans des limites trs re/re9tes1 prcism5t cause de ces bornes de son tre et de sa consci5ce2 p>eillem5t1 l'individualit de l'homme a fix p> avance la mesure de son bonheur possible4 ,ce sont spcialem5t les limites de ses =ces intellectuelles qui ont dt]m9 une fois p\r t\tes son aptitude aux j\issances leves4 ,si elles sont troites1 t\s les ef=ts extrieurs1 t\t ce que les hommes ou la =tune f]ont p\r lui1 t\t cela s]a impuissant le transport] p> del la mesure du bonheur et du bi5-tre huma9 ord9aire1 demi animal3 il devra se cont5t] des j\issances s5suelles1 d'une vie intime et gaie dans sa famille1 d'une socit de bas aloi ou de passe-temps vulgaires4 ,l'in/ruction mme1 quoiqu'elle ait une c]ta9e action1 ne saurait en somme l>gir de beauc\p ce c]cle1 c> les j\issances les plus leves1 les plus v>ies et les plus durables sont celles de l'esprit1 quelque fausse que puisse tre p5dant la jeunesse notre op9ion cet g>d2 et ces j\issances dp5d5t surt\t de la =ce intellectuelle4 ,il e/ donc facile de voir clairem5t combi5 notre bonheur dp5d de ce que n\s sommes1 de notre individualit1 t&is qu'on ne ti5t compte le plus s\v5t que de ce que n\s avons ou de ce que n\s reprs5tons4 ,mais le sort peut s'amlior]2 en outre1 celui qui possde la ri*esse intrieure ne lui dem&]a pas gr&'*ose2 mais un b5t re/]a b5t1 un l\rdaud re/]a l\rdaud1 jusqu' sa f91 ft-il en p>adis et ent\r de h\ris4 ,g! dit3 ,volk und ,kne*t und ,ueb]w9d]1 ,sie ge/ehn1 zu j$] ,zeit1 ,h*/es ,glck d] ,erd5k9d] ,sei nur die ,p]snli*keit4 7,peuple et laquais et conqurant1--en t\t temps reconnaiss5t--que le suprme bi5 des fils de la t]re--e/ seulem5t la p]sonnalit4 ,g!1 ,divan ,or4 ,occ41 ,,zulecka74 ,que le subjectif soit incomp>ablem5t plus ess5tiel notre bonheur et nos j\issances que l'objectif1 cela se confirme en t\t1 p> la faim1 qui e/ le meilleur cuis9i]1 jusqu'au vieill>d reg>dant avec indiffr5ce la desse que le jeune homme idoltre1 et t\t au sommet1 n\s tr\vons la vie de l'homme de gnie et du sa9t4 ,la sant p>-dessus t\t l'emporte tellem5t sur les bi5s extrieurs qu'en vrit un m5diant bi5 portant e/ plus heureux qu'un roi malade4 ,un tempram5t calme et enj\1 prov5ant d'une sant p>faite et d'une heureuse organisation1 une raison lucide1 vive1 pntrante et concevant ju/e1 une volont modre et d\ce1 et comme rsultat une bonne consci5ce1 voil des avantages que nul rang1 nulle ri*esse ne saurai5t remplac]4 ,ce qu'un homme e/ en soi-mme1 ce qui l'accompagne dans la solitude et ce que nul ne saurait lui donn] ni lui pr5dre1 e/ videmm5t plus ess5tiel p\r lui que t\t ce qu'il peut possd] ou ce qu'il peut tre aux yeux d'autrui4 ,un homme d'esprit1 dans la solitude la plus absolue1 tr\ve dans ses propres p5ses et dans sa propre fantaisie de quoi se div]tir agrablem5t1 t&is que l'tre born aura beau v>i] sans cesse les ftes1 les spectacles1 les prom5ades et les amusem5ts1 il ne p>vi5dra pas c>t] l'ennui qui le torture4 ,un bon c>actre1 modr et d\x1 p\rra tre cont5t dans l'indig5ce1 p5dant que t\tes les ri*esses ne saurai5t satisfaire un c>actre avide1 envieux et m*ant4 ,quant l'homme d\ en p]man5ce d'une individualit extraord9aire1 intellectuellem5t suprieure1 celui-l alors peut se pass] de la plup>t de ces j\issances auxquelles le monde aspire gnralem5t2 bi5 plus1 elles ne sont p\r lui qu'un drangem5t et un f>deau4 ,horace dit en p>lant de lui-mme3 ,gemmas1 m>mor1 ebur1 ,tyrrh5a sigilla1 tabellas1 ,arg5tum1 ve/es ,gaetulo murice t9ctas1 ,sunt qui habeant1 e/ qui non curat hab]e4 7,il en e/ qui n'ont ni pi]res prcieuses1 ni m>bre1 ni ivoire1 ni /atuettes tyrrhni5nes1 ni tableaux1 ni arg5t1 ni robes te9tes de p\rpre gatuli5ne2 il en e/ un qui ne se s\cie pas d'en avoir4--,horace1 ,ep4 ,,ii1 ,l4 ,,ii1 v]s #ahj et suiv47 ,et ,socrate1 la vue d'objets de luxe exposs p\r la v5te1 s'criait3 ,combi5 il y a de *oses dont je n'ai pas beso96 ,a9si1 la condition premire et la plus ess5tielle p\r le bonheur de la vie1 c'e/ ce que n\s sommes1 c'e/ notre p]sonnalit2 qu& ce ne s]ait dj que p>ce qu'elle agit con/amm5t et en t\tes circon/ances1 cela suffirait l'expliqu]1 mais en outre1 elle n'e/ pas s\mise la *ance comme les bi5s des deux autres catgories1 et ne peut pas n\s tre ravie4 ,en ce s5s1 sa valeur peut pass] p\r absolue1 p> opposition la valeur seulem5t relative des deux autres4 ,il en rsulte que l'homme e/ bi5 mo9s susceptible d'tre modifi p> le monde extrieur qu'on ne le suppose volonti]s4 ,seul le temps1 dans son p\voir s\v]a91 ex]ce galem5t ici son droit2 les qualits physiques et intellectuelles succomb5t ins5siblem5t s\s ses atte9tes2 le c>actre moral seul lui demeure inaccessible4 ,s\s ce rapport1 les bi5s des deux d]nires catgories aurai5t un avantage sur ceux de la premire1 comme tant de ceux que le temps n'emporte pas directem5t4 ,un second avantage s]ait que1 tant placs en dehors de n\s1 ils sont accessibles de leur nature1 et que *acun a p\r le mo9s la possibilit de les acqurir1 t&is que ce qui e/ en n\s1 le subjectif1 e/ s\/rait notre p\voir tabli jure div9o1 il se ma9ti5t inv>iable p5dant t\te la vie4 ,aussi les v]s suivants conti5n5t-ils une inexorable vrit3 ,wie an dem ,tag1 d] di* d] ,welt v]lieh51 ,die ,sonne /& zum ,grusze d] ,planet51 ,bi/ alsobald und =t und =t g$i*51 ,na* dem ,gesetz1 wona* du angetret54 ,s muszt du seyn1 dir kann/ du ni*t entflieh51 ,s sagt5 s*on ,svbill51 s ,prophet52 ,und ke9e ,zeit und ke9e ,ma*t z]/ckelt ,geprgte ,=m1 die leb5d si5 entwickelt4 7,g!47 7,comme1 dans le j\r qui t'a donn au monde1 le soleil tait l p\r salu] les plantes1 tu z aussi gr&i sans cesse1 d'aprs la loi selon laquelle tu z comm5c4 ,telle e/ ta de/9e2 tu ne peux t'*app] toi-mme2 a9si p>lai5t dj les sibylles2 a9si les prophtes2 aucun temps1 aucune puissance ne brise la =me empre9te qui se dveloppe dans le c\rs de la vie4--,posies1 trad4 ,por*at1 vol4 ,i1 p4 #cab47 ,t\t ce que n\s p\vons faire cet g>d1 c'e/ d'employ] cette p]sonnalit1 telle qu'elle n\s a t donne1 notre plus gr& pr(it2 p> suite1 ne p\rsuivre que les aspirations qui lui correspond5t1 ne re*]*] que le dveloppem5t qui lui e/ appropri en vitant t\t autre1 ne *oisir1 p> consqu5t1 que l'tat1 l'occupation1 le g5re de vie qui lui convi5n5t4 ,un homme h]culen1 d\ d'une =ce musculaire extraord9aire1 a/re9t p> des circon/ances extrieures s'adonn] une occupation sd5taire1 un travail manuel1 mticuleux et pnible1 ou bi5 encore l'tude et des travaux de tte1 occupations rclamant des =ces t\tes diffr5tes1 non dveloppes *ez lui et laissant prcism5t sans emploi les =ces p> lesquelles il se di/+ue1 un tel homme se s5tira malheureux t\te sa vie2 bi5 plus malheureux encore s]a celui *ez lequel les =ces intellectuelles l'emport5t de beauc\p et qui e/ oblig de les laiss] sans dveloppem5t et sans emploi p\r s'occup] d'une affaire vulgaire qui n'en rclame pas1 ou bi5 encore et surt\t d'un travail corporel p\r lequel sa =ce physique n'e/ pas suffisante4 ,ici t\tefois1 pr9cipalem5t p5dant la jeunesse1 il faut vit] recueil de la prsomption et ne pas s'attribu] un excs de =ces que l'on n'a pas4 ,de la prpondrance bi5 tablie de notre premire catgorie sur les deux autres1 il rsulte encore qu'il e/ plus sage de travaill] cons]v] sa sant et dvelopp] ses facults qu' acqurir des ri*esses1 ce qu'il ne faut pas int]prt] en ce s5s qu'il faille nglig] l'acquisition du ncessaire et du conv5able4 ,mais la ri*esse proprem5t dite1 c'e/--dire un gr& sup]flu1 contribue peu notre bonheur2 aussi beauc\p de ri*es se s5t5t-ils malheureux1 p>ce qu'ils sont dp\rvus de culture relle de l'esprit1 de connaissances et1 p> suite1 de t\t intrt objectif qui p\rrait les r5dre aptes une occupation intellectuelle4 ,c> ce que la ri*esse peut f\rnir au del1 de la satisfaction des beso9s rels et naturels a une m9ime influ5ce sur notre vritable bi5-tre2 celui-ci e/ plutt tr\bl p> les nombreux et 9vitables s\cis qu'amne aprs soi la cons]vation d'une gr&e =tune4 ,cep5dant les hommes sont mille fois plus occups acqurir la ri*esse que la culture intellectuelle1 quoique c]ta9em5t ce qu'on e/ contribue bi5 plus notre bonheur que ce qu'on a4 ,combi5 n'en voyons-n\s pas1 dilig5ts comme des f\rmis et occups du mat9 au soir accrotre une ri*esse dj acquise6 ,ils ne connaiss5t ri5 p> del l'troit horizon qui r5f]me les moy5s d'y p>v5ir2 leur esprit e/ vide et p> suite inaccessible t\te autre occupation4 ,les j\issances les plus leves1 les j\issances intellectuelles sont inabordables p\r eux2 c'e/ en va9 qu'ils *]*5t les remplac] p> des j\issances fugitives1 s5suelles1 promptes1 mais coteuses acqurir1 qu'ils se p]mett5t entre temps4 ,au t]me de leur vie1 ils se tr\v5t avoir comme rsultat1 qu& la =tune leur a t favorable1 un gros monceau d'arg5t devant eux1 qu'ils laiss5t alors leurs hriti]s le so9 d'augm5t] ou aussi de dissip]4 ,une p>eille exi/5ce1 bi5 que m5e avec app>5ce trs srieuse et trs importante1 e/ donc t\t aussi ins5se que telle autre qui arbor]ait c>rm5t p\r symbole une m>otte4 ,a9si1 l'ess5tiel p\r le bonheur de la vie1 c'e/ ce que l'on a en soi-mme4 ,c'e/ uniquem5t p>ce que la dose en e/ d'ord9aire si petite que la plup>t de ceux qui sont sortis dj victorieux de la lutte contre le beso9 se s5t5t au fond t\t aussi malheureux que ceux qui sont encore dans la mle4 ,le vide de leur intrieur1 l'insipidit de leur intellig5ce1 la pauvret de leur esprit les p\ss5t re*]*] la compagnie1 mais une compagnie compose de leurs p>eils1 c> similis simili gaudet4 ,alors comm5ce en commun la *asse au passe-temps et l'amusem5t1 qu'ils *]*5t d'abord dans les j\issances s5suelles1 dans les plaisirs de t\te espce et f9alem5t dans la dbau*e4 ,la s\rce de cette fune/e dissipation1 qui1 en un temps s\v5t incroyablem5t c\rt1 fait dp5s] de gros hritages tant de fils de famille entrs ri*es dans la vie1 n'e/ autre en vrit que l'ennui rsultant de cette pauvret et de ce vide de l'esprit que n\s v5ons de dpe9dre4 ,un jeune homme a9si lanc dans le monde1 ri*e en dehors1 mais pauvre en d$ans1 s'ef=ce va9em5t de remplac] la ri*esse intrieure p> l'extrieure2 il veut t\t recevoir du dehors1 semblable ces vieill>ds qui *]*5t puis] de n\velles =ces dans l'hale9e des jeunes filles4 ,de cette faon1 la pauvret intrieure a f9i p> am5] aussi la pauvret extrieure4 ,je n'ai pas beso9 de relev] l'importance des deux autres catgories de bi5s de la vie huma9e1 c> la =tune e/ auj\rd'hui trop univ]sellem5t apprcie p\r avoir beso9 d'tre recomm&e4 ,la troisime catgorie e/ mme d'une nature trs ?re1 comp>e la seconde1 vu qu'elle ne consi/e que dans l'op9ion des autres4 ,t\tefois *acun e/ t5u d'aspir] l'honneur1 c'e/--dire un bon r5om2 un rang1 ne peuv5t y aspir]1 uniquem5t1 que ceux qui s]v5t l'tat1 et1 p\r ce qui e/ de la gloire1 il n'y en a qu'inf9im5t peu qui puiss5t y prt5dre4 ,l'honneur e/ considr comme un bi5 inapprciable1 et la gloire comme la *ose la plus exquise que l'homme puisse acqurir2 c'e/ la ,toison d'or des lus2 p> contre1 les sots seuls prfr]ont le rang la ri*esse4 ,la seconde et la troisime catgorie ont en outre l'une sur l'autre ce qu'on appelle une action rciproque2 aussi l'adage de ,ptrone3 ,habes1 habeb]is e/-il vrai1 et1 en s5s inv]se1 la bonne op9ion d'autrui1 s\s t\tes ses =mes1 n\s aide s\v5t acqurir la ri*esse4 ,,*apitre ,,ii ,,de ,,ce ,,que ,l',,on ,,e/ ,n\s avons dj reconnu d'une manire gnrale que ce que l'on e/ contribue plus au bonheur que ce que l'on a ou ce que l'on reprs5te4 ,le pr9cipal e/ t\j\rs ce qu'un homme e/1 p> consqu5t ce qu'il possde en lui-mme2 c> son individualit l'accompagne en t\t temps et en t\t lieu et te9te de sa nuance t\s les vnem5ts de sa vie4 ,en t\te *ose et t\te occasion1 ce qui l'affecte t\t d'abord1 c'e/ lui-mme4 ,ceci e/ vrai dj p\r les j\issances matrielles1 et1 plus =te raison1 p\r celles de l'me4 ,aussi l'expression anglaise3 ,to enjoy "o's self1 e/-elle trs bi5 tr\ve2 on ne dit pas en anglais3 ,p>is lui plat1 on dit3 ,il se plat ,p>is 7,he enjoys himself at ,p>is74 ,i4--,la sant de l'esprit et du corps4 ,mais1 si l'individualit e/ de mauvaise qualit1 t\tes les j\issances s]ont comme un v9 exquis dans une b\*e imprgne de fiel4 ,a9si donc1 dans la bonne comme dans la mauvaise =tune1 et sauf l'v5tualit de quelque gr& malheur1 ce qui arrive un homme dans sa vie e/ de mo9dre importance que la manire dont il le s5t1 c'e/--dire la nature et le degr de sa s5sibilit s\s t\s les rapports4 ,ce que n\s avons en n\s-mmes et p> n\s-mmes1 en un mot la p]sonnalit et sa valeur1 voil le seul facteur immdiat de notre bonheur et de notre bi5-tre4 ,t\s les autres agiss5t indirectem5t2 aussi leur action peut-elle tre annule1 mais celle de la p]sonnalit jamais4 ,de l vi5t que l'envie la plus irrconciliable et en mme temps la plus soigneusem5t dissimule e/ celle qui a p\r objet les avantages p]sonnels4 ,en outre1 la qualit de la consci5ce e/ la seule *ose p]man5te et p]si/ante2 l'individualit agit con/amm5t1 cont9uellem5t1 et1 plus ou mo9s1 t\t in/ant2 t\tes les autres conditions n'influ5t que temporairem5t1 occasionnellem5t1 passagrem5t1 et peuv5t aussi *ang] ou disp>atre4 ,ari/ote dit3 1 7,la nature e/ t]nelle1 non les *oses4 ,mor4 ,eudme1 ,,vii1 #b74 ,c'e/ p\rquoi n\s supportons avec plus de rsignation un malheur dont la cause e/ t\t extrieure que celui dont n\s sommes n\s-mmes c\pables2 c> le de/9 peut *ang]1 mais notre propre qualit e/ immuable4 ,p> suite1 les bi5s subjectifs1 tels qu'un c>actre noble1 une tte capable1 une humeur gaie1 un corps bi5 organis et en p>faite sant1 ou1 d'une manire gnrale1 m5s sana 9 corpore sano 7,juvnal1 sat4 ,x1 #cef71 voil les bi5s suprmes et les plus importants p\r notre bonheur2 aussi devrions-n\s n\s appliqu] bi5 plus leur dveloppem5t et leur cons]vation qu' la possession des bi5s extrieurs et de l'honneur extrieur4 ,mais ce qui1 p>-dessus t\t1 contribue le plus directem5t notre bonheur1 c'e/ une humeur enj\e1 c> cette bonne qualit tr\ve t\t de suite sa rcomp5se en elle-mme4 ,en effet1 celui qui e/ gai a t\j\rs motif de l'tre p> cela mme qu'il l'e/4 ,ri5 ne peut remplac] aussi compltem5t t\s les autres bi5s que cette qualit1 p5dant qu'elle-mme ne peut tre remplace p> ri54 ,qu'un homme soit jeune1 beau1 ri*e et considr2 p\r p\voir jug] de son bonheur1 la "q s]a de savoir si1 en outre1 il e/ gai2 en revan*e1 e/-il gai1 alors peu importe qu'il soit jeune ou vieux1 bi5 fait ou bossu1 pauvre ou ri*e2 il e/ heureux4 ,dans ma premire jeunesse1 j'ai lu un j\r dans un vieux livre la phrase suivante3 ,qui rit beauc\p e/ heureux et qui pleure beauc\p e/ malheureux2 la rem>que e/ bi5 niaise2 mais1 cause de sa vrit si simple1 je n'ai pu l'oubli]1 quoiqu'elle soit le sup]latif d'un truism 7en anglais1 vrit triviale74 ,aussi devons-n\s1 t\tes les fois qu'elle se prs5te1 ouvrir la gaiet portes et f5tres1 c> elle n'arrive jamais contre-temps1 au lieu d'hsit]1 comme n\s le faisons s\v5t1 l'admettre1 v\lant n\s r5dre compte d'abord si n\s avons bi51 t\s g>ds1 sujet d'tre cont5ts1 ou encore de peur qu'elle ne n\s drange de mditations srieuses ou de graves proccupations2 et cep5dant il e/ bi5 inc]ta9 que celles-ci puiss5t amlior] notre condition1 t&is que la gaiet e/ un bnfice immdiat4 ,elle seule e/1 p\r a9si dire1 l'arg5t comptant du bonheur2 t\t le re/e n'en e/ que le billet de banque2 c> seule elle n\s donne le bonheur dans un prs5t immdiat2 aussi e/-elle le bi5 suprme p\r des tres dont la ralit a la =me d'une actualit indivisible entre deux temps inf9is4 ,n\s devrions donc aspir] avant t\t acqurir et cons]v] ce bi54 ,il e/ c]ta9 d'ailleurs que ri5 ne contribue mo9s la gaiet que la ri*esse et que ri5 n'y contribue davantage que la sant3 c'e/ dans les classes infrieures1 p>mi les travailleurs et p>ticulirem5t p>mi les travailleurs de la t]re1 que l'on tr\ve les visages gais et cont5ts2 *ez les ri*es et les gr&s dom95t les figures *agr9es4 ,n\s devrions1 p> consqu5t1 n\s atta*] avant t\t cons]v] cet tat p>fait de sant dont la gaiet app>at comme la floraison4 ,p\r cela1 on sait qu'il faut fuir t\s excs et t\tes dbau*es1 vit] t\te motion viol5te et pnible1 a9si que t\te cont5tion d'esprit excessive ou trop prolonge2 il faut encore pr5dre1 *aque j\r1 deux heures au mo9s d'ex]cice rapide au gr& air1 des ba9s frqu5ts d'eau froide1 et d'autres mesures dittiques de mme g5re4 ,po9t de sant si l'on ne se donne t\s les j\rs suffisamm5t de m\vem5t2 t\tes les fonctions de la vie1 p\r s'effectu] conv5ablem5t1 dem&5t le m\vem5t des organes dans lesquels elles s'accompliss5t et de l'ensemble du corps4 ,ari/ote a dit avec raison3 7,la vie e/ dans le m\vem5t74 ,la vie consi/e ess5tiellem5t dans le m\vem5t4 l'intrieur de t\t l'organisme rgne un m\vem5t incessant et rapide3 le cur1 dans son d\ble m\vem5t si compliqu de sy/ole et de dia/ole1 bat imptueusem5t et infatigablem5t2 #bh pulsations lui suffis5t p\r envoy] la masse entire du sang dans le torr5t de la gr&e et de la petite circulation2 le p\mon pompe sans discont9u] comme une ma*9e vapeur2 les entrailles se contract5t sans cesse d'un m\vem5t pri/altique2 t\tes les gl&es absorb5t et scrt5t sans int]ruption2 le c]veau lui-mme a un d\ble m\vem5t p\r *aque battem5t du cur et p\r *aque aspiration du p\mon4 ,si1 comme il arrive dans le g5re de vie entirem5t sd5taire de tant d'individus1 le m\vem5t extrieur manque presque totalem5t1 il en rsulte une disproportion criante et p]nicieuse entre le repos ext]ne et le tumulte int]ne4 ,c> ce p]ptuel m\vem5t l'intrieur dem&e mme tre aid quelque peu p> celui de l'extrieur2 cet tat disproportionn e/ analogue celui o n\s sommes t5us de ne ri5 laiss] p>atre au dehors p5dant qu'une motion quelconque n\s1 fait b\illonn] intrieurem5t4 ,les arbres mme1 p\r prospr]1 ont beso9 d'tre agits p> le v5t4 ,c'e/ l une rgle absolue que l'on peut nonc] de la manire la plus concise en lat93 ,omnis motus1 quo cel]ior1 eo magis motus 7,plus il e/ acclr1 plus t\t m\vem5t e/ m\vem5t74 ,p\r bi5 n\s r5dre compte combi5 notre bonheur dp5d d'une disposition gaie et celle-ci de l'tat de sant1 n\s n'avons qu' comp>] l'impression que produis5t sur n\s les mmes circon/ances extrieures ou les mmes vnem5ts p5dant les j\rs de sant et de vigueur1 avec celle qui e/ produite lorsqu'un tat de maladie n\s dispose tre maussade et inquiet4 ,ce n'e/ pas ce que sont objectivem5t et en ralit les *oses1 c'e/ ce qu'elles sont p\r n\s1 dans notre p]ception1 qui n\s r5d heureux ou malheureux4 ,c'e/ ce qu'nonce bi5 cette s5t5ce d'pictte3 1 4 7,ce qui meut les hommes1 ce ne sont pas les *oses1 mais l'op9ion sur les *oses74 ,en ?se gnrale1 les neuf diximes de notre bonheur repos5t exclusivem5t sur la sant4 ,avec elle1 t\t devi5t s\rce de plaisir2 sans elle1 au contraire1 n\s ne saurions gt] un bi5 extrieur1 de quelque nature qu'il soit2 mme les autres bi5s subjectifs1 tels que les qualits de l'intellig5ce1 du cur1 du c>actre1 sont amo9dris et gts p> l'tat de maladie4 ,aussi n'e/-ce pas sans raison que n\s n\s in=mons mutuellem5t de l'tat de notre sant et que n\s n\s s\haitons rciproquem5t de n\s bi5 port]1 c> c'e/ bi5 l en ralit ce qu'il y a de plus ess5tiellem5t important p\r le bonheur huma94 ,il s'ensuit donc qu'il e/ de la plus insigne folie de sacrifi] sa sant quoi que ce soit1 ri*esse1 c>rire1 tudes1 gloire1 et surt\t la volupt et aux j\issances fugitives4 ,au contraire1 t\t doit cd] le pas la sant4 ,quelque gr&e que soit l'influ5ce de la sant sur cette gaiet si ess5tielle notre bonheur1 nanmo9s celle-ci ne dp5d pas uniquem5t de la premire1 c>1 avec une sant p>faite1 on peut avoir un tempram5t mlancolique et une disposition prdom9ante la tri/esse4 ,la cause en rside c]ta9em5t dans la con/itution orig9aire1 p> consqu5t immuable de l'organisme1 et plus spcialem5t dans le rapport plus ou mo9s normal de la s5sibilit l'irritabilit et la reproductivit4 ,une prpondrance anormale de la s5sibilit produira l'9galit d'humeur1 une gaiet priodiquem5t exagre et une prdom9ance de la mlancolie4 ,comme le gnie e/ dt]m9 p> un excs de la =ce n]veuse1 c'e/--dire de la s5sibilit1 ,ari/ote a obs]v avec raison que t\s les hommes illu/res et m95ts sont mlancoliques3 1 1 1 1 1 4 7,probl4 #cj1 #a47 ,c'e/ ce passage que ,cicron a eu sans d\te en vue dans ce rapport tant cit3 ,ari/oteles ait1 omnes +5iosos melan*olicos esse4 7,tusc4 ,i1 #cc7 ,%akspe>e a trs plaisamm5t dpe9t cette gr&e div]sit du tempram5t gnral3 ,nature has fram'd /range fell[s 9 h] "t3 ,"s t w ev]more peep ?r\gh _! eyes1 ,& laugh1 l p>rots1 at a bag-pip]2 ,& o!rs ( su* v9eg> aspect1 ,t !y'll n %[ _! tee? 9 way ( smile1 ,t\gh ,ne/or swe> ! je/ he laughable4 7,m]*4 ( ,v54 ,scne ,i47 7,la nature s'amuse p>fois =m] de drles de corps4 ,il y en a qui sont p]ptuellem5t faire leurs petits yeux et qui vont rire comme un p]roquet devant un simple j\eur de cornemuse2 et d'autres qui ont une telle physionomie de v9aigre qu'ils ne dc\vrirai5t pas leurs d5ts1 mme p\r s\rire1 qu& bi5 mme le grave ,ne/or jur]ait qu'il vi5t d'ent5dre une plaisant]ie dsopilante74--7,trad4 franaise de ,montgut47 ,c'e/ cette mme div]sit que ,platon dsigne p> les mots de 7d'humeur difficile7 et 7d'humeur facile74 ,elle peut se ram5] la susceptibilit1 trs diffr5te *ez les individus diffr5ts1 p\r les impressions agrables ou dsagrables1 p> suite de laquelle tel rit encore de ce qui met tel autre presque au dsespoir4 ,et mme la susceptibilit p\r les impressions agrables e/ d'ord9aire d'autant mo9dre que celle p\r les impressions dsagrables e/ plus =te1 et vice v]sa4 *ances gales de russite ou d'insuccs p\r une affaire1 le se f*]a ou se *agr9]a de l'insuccs et ne se rj\ira pas de la russite2 l' au contraire ne s]a ni f* ni *agr9 p> le mauvais succs1 et se rj\ira du bon4 ,si1 neuf fois sur dix1 le russit dans ses projets1 il ne se rj\ira pas au sujet des neuf fois o il a russi1 mais il se f*]a p\r le dixime qui a *\2 dans le cas inv]se1 l' s]a consol et rj\i p> cet unique succs4 ,mais il n'e/ pas facile de tr\v] un mal sans comp5sation aucune2 aussi arrive-t-il que les 1 c'e/--dire les c>actres sombres et inquiets1 auront1 la vrit1 support] en somme plus de malheurs et de s\ffrances imag9aires1 mais1 en revan*e1 mo9s de rels que les c>actres gais et ins\ciants1 c> celui qui voit t\t en noir1 qui apprh5de t\j\rs le pire et qui1 p> suite1 pr5d ses mesures en consqu5ce1 n'aura pas des mcomptes aussi frqu5ts que celui qui prte t\tes *oses des c\leurs et des p]spectives riantes4--,nanmo9s1 qu& une affection morbide du sy/me n]veux ou de l'app>eil dige/if vi5t prt] la ma9 une inne1 alors celle-ci peut atte9dre ce haut degr o un malaise p]man5t produit le dgt de la vie1 d'o rsulte le p5*ant au suicide4 ,celui-ci peut alors tre provoqu p> les plus m9imes contr>its2 un degr suprieur du mal1 il n'e/ mme plus beso9 de motif1 la seule p]man5ce du malaise suffit p\r y dt]m9]4 ,le suicide s'accomplit alors avec une rflexion si froide et une si inflexible rsolution que le malade ce /ade1 plac dj d'ord9aire s\s surveillance1 l'esprit con/amm5t fix sur cette ide1 pr(ite du premi] mom5t o la surveillance se s]a rel*e p\r rec\rir1 sans hsitation1 sans lutte et sans effroi1 ce moy5 de s\lagem5t p\r lui si naturel en ce mom5t et si bi5 veau4 ,esquirol a dcrit trs au long cet tat dans son ,trait des maladies m5tales4 ,il e/ c]ta9 que l'homme le mieux portant1 peut-tre mme le plus gai1 p\rra aussi1 le cas *ant1 se dt]m9] au suicide2 cela arriv]a qu& l'int5sit des s\ffrances ou d'un malheur pro*a9 et 9vitable s]a plus =te que les t]reurs de la mort4 ,il n'y a de diffr5ce que dans la puissance plus ou mo9s gr&e du motif dt]m9ant1 laquelle e/ en rapport inv]se avec la 4 ,plus celle-ci e/ gr&e1 plus le motif p\rra tre petit1 jusqu' dev5ir mme nul2 plus1 au contraire1 l'1 a9si que la sant qui en e/ la base1 e/ gr&e1 plus il devra tre grave4 ,il y aura donc des degrs innombrables entre ces deux cas extrmes de suicide1 entre celui provoqu purem5t p> une recrudesc5ce maladive de la inne1 et celui de l'homme bi5 portant et gai prov5ant de causes t\t objectives4 ,,ii4--,la beaut4 ,la beaut e/ analogue en p>tie la sant4 ,cette qualit subjective1 bi5 que ne contribuant qu'indirectem5t au bonheur p> l'impression qu'elle produit sur les autres1 a nanmo9s une gr&e importance1 mme p\r le sexe mascul94 ,la beaut e/ une lettre ouv]te de recomm&ation1 qui n\s gagne les curs l'avance2 c'e/ elle surt\t que s'appliqu5t ces v]s d',homre3 ' 1 ' 1 ' 4 7,il4 ,,iii1 #fe47 7,il ne faut pas ddaign] les dons glorieux des immortels1 que seuls ils peuv5t donn] et que p]sonne ne peut accept] ou refus] son gr74 ,,iii4--,la d\leur et l'ennui4--,l'intellig5ce4 ,un simple c\p d'il n\s fait dc\vrir deux ennemis du bonheur huma93 ce sont la d\leur et l'ennui4 ,en outre1 n\s p\vons obs]v] que1 dans la mesure o n\s russissons n\s loign] de l'un1 n\s n\s rappro*ons de l'autre1 et rciproquem5t2 de faon que notre vie reprs5te en ralit une oscillation plus ou mo9s =te entre les deux4 ,cela provi5t du d\ble antagonisme dans lequel *acun des deux se tr\ve env]s l'autre1 un antagonisme extrieur ou objectif et un antagonisme intrieur ou subjectif4 ,en effet1 extrieurem5t1 le beso9 et la privation eng5dr5t la d\leur2 en revan*e1 l'aise et l'abondance font natre l'ennui4 ,c'e/ p\rquoi n\s voyons la classe infrieure du peuple luttant incessamm5t contre le beso91 donc contre la d\leur1 et p> contre la classe ri*e et leve dans une lutte p]man5te1 s\v5t dsespre1 contre l'ennui4 ,intrieurem5t1 ou subjectivem5t1 l'antagonisme se fonde sur ce que dans t\t individu la facilit tre impressionn p> l'un de ces maux e/ en rapport inv]se avec celle d'tre impressionn p> l'autre2 c> cette susceptibilit e/ dt]m9e p> la mesure des =ces intellectuelles4 ,en effet1 un esprit obtus e/ t\j\rs accompagn d'impressions obtuses et d'un manque d'irritabilit1 ce qui r5d l'individu peu accessible aux d\leurs et aux *agr9s de t\te espce et de t\t degr2 mais cette mme qualit obtuse de l'intellig5ce produit1 d'autre "p1 ce vide intrieur qui se pe9t sur tant de visages et qui se trahit p> une att5tion t\j\rs en veil sur t\s les vnem5ts1 mme les plus insignifiants1 du monde extrieur2 c'e/ ce vide qui e/ la vritable s\rce de l'ennui et celui qui en s\ffre aspire avec avidit des excitations extrieures1 af9 de p>v5ir mettre en m\vem5t son esprit et son cur p> n'importe quel moy54 ,aussi n'e/-il pas difficile dans le *oix des moy5s2 on le voit assez la piteuse mesqu9]ie des di/ractions auxquelles se livr5t les hommes1 au g5re de socits et de conv]sations qu'ils re*]*5t1 non mo9s qu'au gr& nombre de flneurs et de badauds qui c\r5t le monde4 ,c'e/ pr9cipalem5t ce vide intrieur qui les p\sse la p\rsuite de t\te espce de runions1 de div]tissem5ts1 de plaisirs et de luxe1 p\rsuite qui conduit tant de g5s la dissipation et f9alem5t la misre4 ,ri5 ne met plus srem5t en g>de contre ces g>em5ts que la ri*esse intrieure1 la ri*esse de l'esprit c> celui-ci laisse d'autant mo9s de place l'ennui qu'il appro*e davantage de la supriorit4 ,l'activit incessante des p5ses1 leur jeu t\j\rs r5\vel en prs5ce des manife/ations div]ses du monde int]ne et ext]ne1 la puissance et la capacit de comb9aisons t\j\rs v>ies1 plac5t une tte m95te1 sauf les mom5ts de fatigue1 t\t fait en dehors de la porte de l'ennui4 ,mais1 d'autre "p1 une intellig5ce suprieure a p\r condition immdiate une s5sibilit plus vive1 et p\r rac9e une plus gr&e imptuosit de la volont et1 p> suite1 de la passion2 de l'union de ces deux conditions rsulte alors une int5sit plus considrable de t\tes les motions et une s5sibilit exagre p\r les d\leurs morales et mme p\r les d\leurs physiques1 comme aussi une plus gr&e impati5ce en face de t\t ob/acle1 d'un simple drangem5t mme4 ,ce qui contribue encore puissamm5t t\s ces effets1 c'e/ la vivacit produite p> la =ce de l'imag9ation4 ,ce que n\s v5ons de dire s'applique1 t\te proportion g>de1 t\s les degrs int]mdiaires qui combl5t le va/e int]valle compris entre l'imbcile le plus obtus et le plus gr& gnie4 ,p> suite1 objectivem5t aussi bi5 que subjectivem5t1 t\t tre se tr\ve d'autant plus rappro* de l'une des s\rces de malheurs huma9s qu'il e/ plus loign de l'autre4 ,son p5*ant naturel le port]a donc1 s\s ce rapport1 accommod] aussi bi5 que possible l'objectif avec le subjectif1 c'e/--dire se prmunir du mieux qu'il p\rra contre celle des s\rces de s\ffrances qui l'affecte le plus facilem5t4 ,l'homme intellig5t aspir]a avant t\t fuir t\te d\leur1 t\te tracass]ie et tr\v] le repos et les loisirs2 il re*]*]a donc une vie tranquille1 mode/e1 abrite autant que possible contre les importuns2 aprs avoir entret5u p5dant quelque temps des relations avec ce que l'on appelle les hommes1 il prfr]a une exi/5ce retire1 et1 si c'e/ un esprit t\t fait suprieur1 il *oisira la solitude4 ,c> plus un homme possde en lui-mme1 mo9s il a beso9 du monde extrieur et mo9s les autres peuv5t lui tre utiles4 ,aussi la supriorit de l'intellig5ce conduit-elle l'insociabilit4 ,ah6 si la qualit de la socit p\vait tre remplace p> la quantit1 cela vaudrait alors la pe9e de vivre mme dans le gr& monde3 mais1 hlas6 c5t f\s mis en un tas ne font pas encore un homme raisonnable4--,l'individu plac l'extrme oppos1 ds que le beso9 lui donne le temps de repr5dre hale9e1 *]*]a t\t prix des passe-temps et de la socit2 il s'accommod]a de t\t1 ne fuyant ri5 que lui-mme4 ,c'e/ dans la solitude1 l o *acun e/ rduit ses propres ress\rces1 que se montre ce qu'il a p> lui-mme2 l1 l'imbcile1 s\s la p\rpre1 s\pire cras p> le f>deau t]nel de sa misrable individualit1 p5dant que l'homme hautem5t d\1 peuple et anime de ses p5ses la contre la plus ds]te4 ,snque 7p4 #i7 a dit avec raison3 omnis /ultitia laborat fa/idio sui 7,la sottise se dplat elle-mme72 de mme ,jsus1 fils de ,sira*3 ,la vie du f\ e/ pire que la mort4 ,aussi voit-on en somme que t\t individu e/ d'autant plus sociable qu'il e/ plus pauvre d'esprit et1 en gnral1 plus vulgaire4 ,c> dans le monde on n'a gure le *oix qu'entre l'isolem5t et la communaut4 ,on prt5d que les ngres sont de t\s les hommes les plus sociables1 comme ils en sont aussi sans contr$it les plus arrirs intellectuellem5t2 des rapports envoys de l',amrique du ,nord et publis p> des j\rnaux franais 7,le ,comm]ce1 #ai oct4 #ahcg7 racont5t que les ngres1 sans di/9ction de libres ou d'esclaves1 se runiss5t en gr& nombre dans le local le plus troit1 c> ils ne saurai5t voir leurs faces noires et cam>des assez s\v5t rptes4 ,de mme que le c]veau app>at comme tant le p>asite ou le p5sionnaire de l'organisme enti]1 de mme les loisirs acquis p> *acun1 en lui donnant la libre j\issance de sa consci5ce et de son individualit1 sont ce titre le fruit et le rev5u de t\te son exi/5ce1 qui1 p\r le re/e1 n'e/ que pe9e et labeur4 ,mais voyons un peu ce que produis5t les loisirs de la plup>t des hommes6 ,ennui et maussad]ie1 t\tes les fois qu'il ne se tr\ve pas des j\issances s5suelles ou des niais]ies p\r les remplir4 ,ce qui dmontre bi5 que ces loisirs-l n'ont aucune valeur1 c'e/ la manire dont on les occupe2 ils ne sont la lettre que le ozio lungo d'uom9i ignoranti dont p>le l',ario/e4 ,l'homme ord9aire ne se proccupe que de pass] le temps1 l'homme de tal5t que de l'employ]4 ,la raison p\r laquelle les ttes bornes sont tellem5t exposes l'ennui1 c'e/ que leur intellect n'e/ absolum5t pas autre *ose que l'int]mdiaire des motifs p\r leur volont4 ,si1 un mom5t donn1 il n'y a pas de motifs saisir1 alors la volont se repose et l'intellect *me1 c> la premire1 pas plus que l'autre1 ne peut entr] en activit p> sa propre impulsion2 le rsultat e/ une effroyable /agnation de t\tes les =ces dans l'individu enti]1--l'ennui4 ,p\r le combattre1 on ins9ue s\rnoisem5t la volont des motifs petits1 provisoires1 *oisis indiffremm5t1 af9 de la /imul] et de mettre p> l galem5t en activit l'intellect qui doit les saisir3 ces motifs sont donc p> rapport aux motifs rels et naturels ce que le papi]-monnaie e/ p> rapport l'arg5t1 puisque leur valeur n'e/ que conv5tionnelle4 ,de tels motifs sont les jeux de c>tes ou autres1 inv5ts prcism5t dans le b que n\s v5ons d'indiqu]4 leur dfaut1 l'homme born se mettra tamb\r9] sur les vitres ou tapot] avec t\t ce qui lui tombe s\s la ma94 ,le cig>e lui aussi f\rnit volonti]s de quoi suppler aux p5ses4 ,c'e/ p\rquoi dans t\s les pays les jeux de c>tes sont arrivs tre l'occupation pr9cipale dans t\te socit2 ceci donne la mesure de ce que val5t ces runions et con/itue la banqu]\te dcl>e de t\te p5se4 ,n'ayant pas d'ides *ang]1 on *ange des c>tes et l'on *]*e se s\tir] mutuellem5t des flor9s4 pitoyable espce6 ,t\tefois1 p\r ne pas tre inju/e mme ici1 je ne veux pas omettre l'argum5t qu'on peut invoqu] p\r ju/ifi] le jeu de c>tes3 on peut dire qu'il e/ une prp>ation la vie du monde et des affaires1 en ce s5s que l'on y appr5d pr(it] avec sagesse des circon/ances immuables1 tablies p> le has>d 7les c>tes71 p\r en tir] t\t le p>ti possible2 dans ce b1 l'on s'habitue g>d] sa cont5ance en faisant bonne m9e en mauvais jeu4 ,mais1 p> l mme1 d'autre "p les jeux de c>tes ex]c5t une influ5ce dmoralisatrice4 ,en effet1 l'esprit du jeu consi/e s\tir] autrui ce qu'il possde1 p> n'importe quel t\r ou n'importe quelle ruse4 ,mais l'habitude de procd] a9si1 contracte au jeu1 s'enrac9e1 empite sur la vie pratique1 et l'on arrive ins5siblem5t procd] de mme qu& il s'agit du ti5 et du mi51 et considr] comme p]mis t\t avantage que l'on a actuellem5t en ma91 ds qu'on peut le faire lgalem5t1 ,la vie ord9aire en f\rnit des preuves *aque j\r4 ,puisque les loisirs sont1 a9si que n\s l'avons dit1 la fleur ou plutt le fruit de l'exi/5ce de *acun1 en ce que1 seuls1 ils le mett5t en possession de son moi propre1 n\s devons e/im] heureux ceux-l qui1 en se gagnant1 gagn5t quelque *ose qui ait du prix1 p5dant que les loisirs ne rapport5t la plup>t des hommes qu'un drle dont il n'y a ri5 faire1 qui s'ennuie prir et qui e/ *>ge lui-mme4 ,flicitons-n\s donc1 mes frres1 d'tre des enfants non d'esclaves1 mais de mres libres4 7p4 aux ,gala?41 #d1 #ca47 ,en outre1 de mme que ce pays-l e/ le plus heureux qui a le mo9s1 ou n'a pas du t\t beso9 d'importation1 de mme e/ heureux l'homme qui suffit sa ri*esse intrieure et qui p\r son amusem5t ne dem&e que peu1 ou mme ri51 au monde extrieur1 att5du que p>eille importation e/ *re1 assujettissante1 dang]euse2 elle expose des dsagrm5ts et1 en df9itive1 n'e/ t\j\rs qu'un mauvais succdan p\r les productions du sol propre4 ,c> n\s ne devons1 aucun g>d1 att5dre gr&'*ose d'autrui1 et du dehors en gnral4 ,ce qu'un individu peut tre p\r un autre e/ *ose trs troitem5t limite2 *acun f9it p> re/] seul1 et qui e/ seul8 devi5t alors la gr&e "q4 ,g! a dit ce sujet1 p>lant d'une manire gnrale1 qu'en t\tes *oses *acun en df9itive e/ rduit soi-mme 7,posie et vrit1 vol4 ,,iii74 ,oliv] ,goldsmi? dit galem5t3 ,/ill to ourselves 9 ev'ry place consign'd1 ,our own felicity we make or f9d4 7,! travell]1 v4 #dca et suiv47 7,cep5dant1 en t\t lieu1 rduits n\s-mmes1 c'e/ n\s qui faisons ou tr\vons notre propre bonheur47 ,*acun doit donc tre et f\rnir soi-mme ce qu'il y a de meilleur et de plus important4 ,plus il en s]a a9si1 plus1 p> suite1 l'individu tr\v]a en lui-mme les s\rces de ses plaisirs1 et plus il s]a heureux4 ,c'e/ donc avec raison qu',ari/ote a dit3 7,mor4 ,eud41 ,,vii1 #b7 7,le bonheur app>ti5t ceux qui se suffis5t eux-mmes74 ,en effet1 t\tes les s\rces extrieures du bonheur et du plaisir sont1 de leur nature1 m9emm5t inc]ta9es1 quivoques1 fugitives1 alatoires1 p>tant sujettes s'arrt] facilem5t mme dans les circon/ances les plus favorables1 et c'e/ mme 9vitable1 att5du que n\s ne p\vons pas les avoir t\j\rs s\s la ma94 ,bi5 plus1 avec l'ge1 presque t\tes t>iss5t fatalem5t2 c> alors am\r1 bad9age1 plaisir des voyages et de l'quitation1 aptitude figur] dans le monde1 t\t cela n\s ab&onne2 la mort n\s enlve jusqu'aux amis et p>5ts4 ,c'e/ ce mom5t1 plus que jamais1 qu'il e/ important de savoir ce qu'on a p> soi-mme4 ,il n'y a que cela1 on effet1 qui rsi/]a le plus longtemps4 ,cep5dant1 t\t ge1 sans di/9ction1 cela e/ et demeure la s\rce vraie et la seule p]man5te du bonheur4 ,c> il n'y a pas beauc\p gagn] dans ce monde3 la misre et la d\leur le rempliss5t1 et1 quant ceux qui leur ont *app1 l'ennui e/ l qui les guette de t\s les co9s4 ,en outre1 c'e/ d'ord9aire la p]v]sit qui y g\v]ne et la sottise qui y p>le haut4 ,le de/9 e/ cruel1 et les hommes sont pitoyables4 ,dans un monde a9si fait1 celui qui a beauc\p en lui-mme e/ p>eil une *ambre d'arbre de ,nol1 claire1 *aude1 gaie1 au milieu des neiges et des glaces d'une nuit de dcembre4 ,p> consqu5t1 avoir une individualit ri*e et suprieure et surt\t beauc\p d'intellig5ce con/itue indubitablem5t sur t]re le sort le plus heureux1 quelque diffr5t qu'il puisse tre du sort le plus brillant4 ,aussi que de sagesse dans cette op9ion mise sur ,desc>tes p> la re9e ,*ri/9e de ,sude1 ge alors de dix-neuf ans pe9e3 ,m4 ,desc>tes e/ le plus heureux de t\s les mortels1 et sa condition me semble digne d'envie 7,vie de ,desc41 p> ,baillet1 l4 ,,vii1 *4 #aj74 ,desc>tes vivait cette poque depuis v+t ans en ,holl&e1 dans la plus pr(onde solitude1 et la re9e ne le connaissait que p> ce qu'on lui en avait racont et p\r avoir lu un seul de ses ouvrages4 ,il faut seulem5t1 et c'tait prcism5t le cas *ez ,desc>tes1 que les circon/ances extrieures soi5t assez favorables p\r p]mettre de se possd] et d'tre cont5t de soi-mme2 c'e/ p\rquoi l',ecclsia/e 7#g1 #ab7 disait dj3 ,la sagesse e/ bonne avec un patrimo9e et n\s aide n\s rj\ir de la vue du soleil4 ,l'homme qui1 p> une faveur de la nature et du de/91 ce sort a t accord1 veill]a avec un so9 jal\x ce que la s\rce intrieure de son bonheur lui demeure t\j\rs accessible2 il faut p\r cela indp5dance et loisirs4 ,il les acqu]ra donc volonti]s p> la modration et l'p>gne2 et d'autant plus facilem5t qu'il n'en e/ pas rduit1 comme les autres hommes1 aux s\rces extrieures des j\issances4 ,c'e/ p\rquoi la p]spective des fonctions1 de l'or1 de la faveur1 et l'approbation du monde ne l'induiront pas r5onc] lui-mme p\r s'accommod] aux vues mesqu9es ou au mauvais gt des hommes4 ,le cas *ant1 il f]a comme ,horace dans son ptre ,mcne 7livre ,i1 p4 #g74 ,c'e/ une gr&e folie que de p]dre l'intrieur p\r gagn] l'extrieur1 en d'autres t]mes1 de livr]1 en totalit ou en p>tie1 son repos1 son loisir et son indp5dance contre l'clat1 le sang1 la pompe1 les titres et les honneurs4 ,g! l'a fait cep5dant4 ,quant moi1 mon gnie m'a entran n]giquem5t dans la voie oppose4 ,cette vrit1 exam9e ici1 que la s\rce pr9cipale du bonheur huma9 vi5t de l'intrieur1 se tr\ve confirme p> la ju/e rem>que d',ari/ote dans sa ,morale ,nicomaque 7,i1 #g2 et ,,vii1 #ac1 #ad72 il dit que t\te j\issance suppose une activit1 p> consqu5t l'emploi d'une =ce1 et ne peut exi/] sans elle4 ,cette doctr9e ari/otlici5ne de faire consi/] le bonheur de l'homme dans le libre ex]cice de ses facults saillantes e/ reproduite galem5t p> ,/obe dans son ,expos de la morale pripattici5ne 7,ecl4 ?4 ,,ii1 *4 #g72 en voici un passage3 ' 1 ' 7,le bonheur consi/e ex]c] ses facults p> des travaux capables de rsultat72 il explique aussi que dsigne t\te facult hors ligne4 ,or la de/9ation primitive des =ces dont la nature a muni l'homme1 c'e/ la lutte contre la ncessit qui l'opprime de t\tes p>ts4 ,qu& la lutte fait trve un mom5t1 les =ces sans emploi devi5n5t un f>deau p\r lui2 il doit alors j\] avec elles1 c'e/--dire les employ] sans b2 s9on il s'expose l'autre s\rce des malheurs huma9s1 l'ennui4 ,aussi e/-ce l'ennui qui torture les gr&s et les ri*es avant t\s autres1 et ,lucrce a fait de leur misre un tableau dont on a *aque j\r1 dans les gr&es villes1 l'occasion de reconnatre la frappante vrit3 ,exit spe =as magnis ex dibus ille1 ,esse domi quem p]tsum e/1 subitaque rev5tat2 ,quippe =is nihilo melius qui s5tiat esse ,currit1 ag5s mannos1 ad villam prcipitant]1 ,auxilium tectis quasi f]re ard5tibus in/ans3 ,oscitat exemplo1 tetigit quum lim9a vill2 ,aut abit 9 somnum gravis1 atque oblivia qurit2 ,aut etiam prop]ana urbem petit1 atque revisit4 7,l4 ,,iii1 v4 #ajgc et suiv474 7,celui-ci quitte son ri*e palais p\r se drob] l'ennui2 mais il y r5tre un mom5t aprs1 ne se tr\vant pas plus heureux ailleurs4 ,cet autre se sauve t\te bride dans ses t]res1 on dirait qu'il c\rt te9dre un inc5die2 mais1 pe9e en a-t-il t\* les limites1 qu'il y tr\ve l'ennui2 il succombe au sommeil et *]*e s'oubli] lui-mme3 dans un mom5t1 v\s allez le voir regagn] la ville avec la mme promptitude47 7,traduction de ,la ,grange1 #ahba47 ,*ez ces messieurs1 tant qu'ils sont jeunes1 les =ces musculaires et gnitales doiv5t faire les frais4 ,mais plus t>d il ne re/e plus que les =ces intellectuelles2 en leur abs5ce ou dfaut de dveloppem5t ou de matriaux approvisionns p\r s]vir leur activit1 la misre e/ gr&e4 ,la volont tant la seule =ce 9puisable1 on *]*e alors la /imul] en excitant les passions2 on rec\rt1 p> exemple1 aux gros jeux de has>d1 ce vice dgradant en vrit4--,du re/e1 t\t individu dsuvr *oisira1 selon la nature des =ces prdom9antes en lui1 un amusem5t qui les occupe1 tel que le jeu de b\le ou d'*ecs1 la *asse ou la pe9ture1 les c\rses de *evaux ou la musique1 les jeux de c>tes ou la posie1 l'hraldique ou la philosophie1 etc4 ,n\s p\vons mme trait] cette matire avec m?ode1 en n\s reportant la rac9e des trois =ces physiologiques fondam5tales3 n\s avons donc les tudi] ici dans leur jeu sans b2 elles se prs5t5t alors n\s comme la s\rce de trois espces de j\issances possibles1 p>mi lesquelles *aque homme *oisira celles1 qui lui sont proportionnes selon que l'une ou l'autre de ces =ces prdom9e en lui4 ,a9si n\s tr\vons1 premirem5t1 les j\issances de la =ce reproductive3 elles consi/5t dans le mang]1 le boire1 la dige/ion1 le repos et le sommeil4 ,il exi/e des peuples enti]s qui l'on attribue de faire glorieusem5t de ces j\issances des plaisirs nationaux4 ,secondem5t1 les j\issances de l'irritabilit3 ce sont les voyages1 la lutte1 le saut1 la danse1 l'escrime1 l'quitation et les jeux a?ltiques de t\te espce1 comme aussi la *asse1 voire mme les combats et la gu]re4 ,troisimem5t1 les j\issances de la s5sibilit3 telles que contempl]1 p5s]1 s5tir1 faire de la posie1 de l'art pla/ique1 de la musique1 tudi]1 lire1 mdit]1 inv5t]1 philosoph]1 etc4 ,il y aurait faire bi5 des obs]vations sur la valeur1 le degr et la dure de ces diffr5tes espces de j\issances2 n\s en ab&onnons le so9 au lecteur4 ,mais t\t le monde compr5dra que notre plaisir1 motiv con/amm5t p> l'emploi de nos =ces propres1 comme aussi notre bonheur1 rsultat du ret\r frqu5t de ce plaisir1 s]ont d'autant plus gr&s que la =ce productrice e/ de plus noble espce4 ,p]sonne ne p\rra ni] non plus que le premi] rang1 s\s ce rapport1 revi5t la s5sibilit1 dont la prdom9ance dcide tablit la di/9ction entre l'homme et les autres espces animales2 les deux autres =ces physiologiques fondam5tales1 qui exi/5t dans l'animal au mme degr ou un degr plus n]gique mme que *ez l'homme1 ne vi5n5t qu'en seconde ligne4 la s5sibilit app>ti5n5t nos =ces intellectuelles4 ,c'e/ p\rquoi sa prdom9ance n\s r5d aptes gt] les j\issances qui rsid5t dans l'ent5dem5t1 ce qu'on appelle les plaisirs de l'esprit2 ces plaisirs sont d'autant plus gr&s que la prdom9ance e/ plus acc5tue#b4 ,l'homme normal1 l'homme ord9aire ne peut pr5dre un vif intrt une *ose que si elle excite sa volont1 donc si elle lui (fre un intrt p]sonnel4 ,or t\te excitation p]si/ante de la volont e/1 p\r le mo9s1 d'une nature mixte1 p> consqu5t comb9e avec de la-d\leur4 ,les jeux de c>tes1 cette occupation habituelle de la bonne socit dans t\s les pays#c1 sont un moy5 d'excit] int5tionnellem5t la volont1 et cela p> des intrts tellem5t m9imes qu'ils ne peuv5t occasionn] que des d\leurs mom5tanes et lgres1 non pas de ces d\leurs p]man5tes et srieuses2 tellem5t qu'on peut les considr] comme de simples *at\illem5ts de la volont4 ,l'homme d\ des =ces intellectuelles prdom9antes1 au contraire1 e/ capable de s'intress] vivem5t aux *oses p> la voie de l'intellig5ce pure1 sans immixtion aucune du v\loir2 il en pr\ve le beso9 mme4 ,cet intrt le transporte alors dans une rgion laquelle la d\leur e/ ess5tiellem5t trangre1 p\r a9si dire1 dans l'atmosphre des dieux la vie facile1 4 ,p5dant qu'a9si l'exi/5ce du re/e des hommes s'c\le dans l'eng\rdissem5t1 et que leurs rves et leurs aspirations sont dirigs v]s les intrts mesqu9s du bi5-tre p]sonnel avec leurs misres de t\te sorte2 p5dant qu'un ennui insupportable les saisit ds qu'ils ne sont plus occups p\rsuivre ces projets et qu'ils re/5t rduits eux-mmes2 p5dant que l'ardeur sauvage de la passion peut seule remu] cette masse in]te2 l'homme1 au contraire1 dot de facults intellectuelles prpondrantes1 possde une exi/5ce ri*e en p5ses1 t\j\rs anime et t\j\rs importante2 des objets dignes et intressants l'occup5t ds qu'il a le loisir de s'y adonn]1 et il porte en lui une s\rce des plus nobles j\issances4 ,l'impulsion extrieure lui e/ f\rnie p> les uvres de la nature et p> l'aspect de l'activit huma9e1 et1 en outre1 p> les productions si v>ies des esprits m95ts de t\s les temps et de t\s les pays1 productions que lui seul peut rellem5t gt] en enti]1 c> lui seul e/ capable de les compr5dre et de les s5tir entirem5t4 ,c'e/ donc p\r lui1 en ralit1 que ceux-ci ont vcu2 c'e/ donc lui1 en fait1 qu'ils se sont adresss2 t&is que les autres1 comme des auditeurs d'occasion1 ne compr5n5t que p>-ci p>-l et demi seulem5t4 ,il e/ c]ta9 que p> l mme l'homme suprieur acqui]t un beso9 de plus que les autres hommes1 le beso9 d'appr5dre1 de voir1 d'tudi]1 de mdit]1 d'ex]c]2 le beso9 aussi1 p> consqu5t1 d'avoir des loisirs disponibles4 ,or1 a9si que ,voltaire l'a obs]v ju/em5t1 comme il n'e/ de vrais plaisirs qu'avec de vrais beso9s1 ce beso9 de l'homme intellig5t e/ prcism5t la condition qui met sa porte des j\issances dont l'accs demeure jamais int]dit aux autres2 p\r ceux-ci1 les beauts de la nature et de l'art1 les uvres intellectuelles de t\te espce1 mme lorsqu'ils s'en ent\r5t1 ne sont au fond que ce que sont des c\rtisanes p\r un vieill>d4 ,un tre a9si privilgi1 ct de sa vie p]sonnelle1 vit d'une seconde exi/5ce1 d'une exi/5ce intellectuelle qui arrive p> degrs tre son vritable b1 l'autre n'tant plus considre que comme moy52 p\r le re/e des hommes1 c'e/ leur exi/5ce mme1 insipide1 creuse et dsole1 qui doit leur s]vir de b4 ,la vie intellectuelle s]a l'occupation pr9cipale de l'homme suprieur2 augm5tant sans cesse son trsor de jugem5t et de connaissance1 elle acqui]t aussi con/amm5t une liaison et une gradation1 une unit et une p]fection de plus en plus prononces1 comme une uvre d'art envoie de =mation4 ,en revan*e1 quel pnible contra/e fait avec celle-ci la vie des autres1 purem5t pratique1 dirige uniquem5t v]s le bi5-tre p]sonnel1 n'ayant d'accroissem5t possible qu'en longueur1 sans p\voir gagn] en pr(ondeur1 et de/9e nanmo9s leur s]vir de b p\r elle-mme1 p5dant que p\r l'autre elle e/ un simple moy54 ,notre vie pratique1 relle1 ds que les passions ne l'agit5t pas1 e/ ennuyeuse et fade2 qu& elles l'agit5t1 elle devi5t bi5tt d\l\reuse2 c'e/ p\rquoi ceux-l seuls sont heureux qui ont reu en p>tage une somme d'intellect excdant la mesure que rclam le s]vice de leur volont4 ,c'e/ a9si que1 ct de leur vie effective1 ils peuv5t vivre d'une vie intellectuelle qui les occupe et les div]tit sans d\leur et cep5dant avec vivacit4 ,le simple loisir1 c'e/--dire un intellect non occup au s]vice de la volont1 ne suffit pas2 il faut p\r cela un excdant positif de =ce qui seul n\s r5d apte une occupation purem5t spirituelle et non atta*e au s]vice de la volont4 ,au contraire1 otium s9e litt]is mors e/ et hom9is vivi sepultura 7,snque1 ,ep4 #hb7 7,le repos sans l'tude e/ une espce de mort qui met un homme t\t vivant au tombeau74 ,dans la mesure de cet excdant1 la vie intellectuelle exi/ant ct de la vie relle prs5t]a d'innombrables gradations1 depuis les travaux du collectionneur dcrivant les insectes1 les oiseaux1 les m9raux1 les monnaies1 etc41 jusqu'aux plus hautes productions de la posie et de la philosophie4 ,cette vie intellectuelle protge non seulem5t contre l'ennui1 mais encore contre ses p]nicieuses consqu5ces4 ,elle abrite en effet contre la mauvaise compagnie et contre les nombreux dang]s1 les malheurs1 les p]tes et les dissipations auxquels on s'expose en *]*ant son bonheur t\t enti] dans la vie relle4 ,p\r p>l] de moi1 p> exemple1 ma philosophie ne m'a ri5 rapport1 mais elle m'a beauc\p p>gn4 ,l'homme normal au contraire e/ limit1 p\r les plaisirs de la vie1 aux *oses extrieures1 telles que la ri*esse1 le rang1 la famille1 les amis1 la socit1 etc42 c'e/ l-dessus qu'il fonde le bonheur de sa vie2 aussi ce bonheur s'cr\le-t-il qu& il les p]d ou qu'il y r5contre des dceptions4 ,p\r dsign] cet tat de l'individu1 n\s p\vons dire que son c5tre de gravit tombe en dehors de lui4 ,c'e/ p\r cela que ses s\haits et ses caprices sont t\j\rs *angeants3 qu& ses moy5s le lui p]mett5t1 il a*t]a tantt des villas1 tantt des *evaux1 ou bi5 il donn]a des ftes1 puis il entrepr5dra des voyages1 mais surt\t il mn]a un tra9 fa/ueux1 t\t cela prcism5t p>ce qu'il *]*e n'importe o une satisfaction v5ant du dehors2 tel l'homme puis espre tr\v] dans des consomms et dans des drogues de ph>macie la sant et la vigueur dont la vraie s\rce e/ la =ce vitale propre4 ,p\r ne pas pass] immdiatem5t l'extrme oppos1 pr5ons ma9t5ant un homme d\ d'une puissance intellectuelle qui1 sans tre m95te1 dpasse t\tefois la mesure ord9aire et /rictem5t suffisante4 ,n\s v]rons cet homme1 qu& les s\rces extrieures de plaisirs vi5n5t t>ir ou ne le satisfont plus1 cultiv] en amateur quelque bran*e des beaux-arts1 ou bi5 quelque sci5ce1 telle que la botanique1 la m9ralogie1 la physique1 l'a/ronomie1 l'hi/oire1 etc41 et y tr\v] un gr& fonds de j\issance et de rcration4 ce titre1 n\s p\vons dire que son c5tre de gravit tombe dj en p>tie en lui4 ,mais le simple dilettantisme dans l'art e/ encore bi5 loign de la facult cratrice2 d'autre "p1 les sci5ces ne dpass5t pas les rapports des phnomnes entre eux1 elles ne peuv5t pas absorb] l'homme t\t enti]1 combl] t\t son tre1 ni p> consqu5t s'entrelac] si troitem5t dans le tissu de son exi/5ce qu'il en devi5ne incapable de pr5dre intrt t\t le re/e4 ,ceci demeure rs]v exclusivem5t la suprme m95ce intellectuelle1 celle qu'on appelle communm5t le gnie2 elle seule pr5d p\r ?me1 entirem5t et absolum5t1 l'exi/5ce et l'ess5ce des *oses2 aprs quoi elle t5d1 selon sa direction individuelle1 exprim] ses pr(ondes conceptions1 p> l'art1 la posie ou la philosophie4 ,ce n'e/ que p\r un homme de cette trempe que l'occupation p]man5te avec soi-mme1 avec ses p5ses et1 ses uvres e/ un beso9 irrsi/ible2 p\r lui1 la solitude e/ la bi5v5ue1 le loisir e/ le bi5 suprme2 p\r le re/e1 il peut s'en pass]1 et1 qu& il le possde1 il lui e/ mme s\v5t *>ge4 ,de cet homme-l seul n\s p\vons dire que son c5tre de gravit tombe t\t enti] en d$ans de lui-mme4 ,ceci n\s explique en mme temps comm5t il se fait que ces hommes d'une espce aussi r>e ne port5t pas leurs amis1 leur famille1 au bi5 public1 cet intrt intime et sans borne dont beauc\p d'entre les autres sont capables1 c> ils peuv5t en df9itive se pass] de t\t1 p\rvu qu'ils se possd5t eux-mmes4 ,il exi/e donc en eux un lm5t isolant en plus1 dont l'action e/ d'autant plus n]gique que les autres hommes ne peuv5t pas les satisfaire ple9em5t2 aussi ne saurai5t-ils voir dans ces autres t\t fait des gaux1 et mme1 s5tant con/amm5t la dissemblance de leur nature en t\t et p>t\t1 ils s'habitu5t ins5siblem5t err] p>mi les autres huma9s comme des tres d'une espce diffr5te1 et se s]vir1 qu& leurs mditations se port5t sur eux1 de la troisime au lieu de la premire p]sonne du pluriel4 ,considr ce po9t de vue1 l'homme le plus heureux s]a donc celui que la nature a ri*em5t dot s\s le rapport intellectuel1 tellem5t ce qui e/ en n\s a plus d'importance que ce qui e/ en dehors2 ceci1 c'e/--dire l'objectif1 de quelque faon qu'il agisse1 n'agit jamais que p> l'int]mdiaire de l'autre1 c'e/--dire du subjectif2 l'action de l'objectif e/ donc secondaire4 ,c'e/ ce qu'exprim5t les beaux v]s suivants3 1 ' ' 4 7,luci51 ,an?ol41 ,i1 #fg47 7,la ri*esse de l'me e/ la seule ri*esse2 les autres bi5s sont fconds en d\leurs74--7,trad4 ,e4 ,talbot4 #ab;e pigr47 ,un homme ri*e a9si l'intrieur ne dem&e au monde extrieur qu'un don ngatif1 savoir du loisir p\r p\voir p]fectionn] et dvelopp] les facults de son esprit et p\r p\voir j\ir de ses ri*esses intrieures2 il rclame donc uniquem5t la lib]t de p\voir1 p5dant t\te sa vie1 t\s les j\rs et t\te heure1 tre lui-mme4 ,p\r l'homme appel imprim] la trace de son esprit sur l'humanit entire1 il n'exi/e qu'un seul bonheur et un seul malheur2 c'e/ de p\voir p]fectionn] ses tal5ts1 et complt] ses uvres1--ou bi5 d'en tre emp*4 ,t\t le re/e p\r lui e/ insignifiant4 ,c'e/ p\rquoi n\s voyons les gr&s esprits de t\s les temps atta*] le plus gr& prix au loisir2 c>1 tant vaut l'homme1 tant vaut le loisir4 7,le bonheur e/ dans le loisir71 dit ,ari/ote 7,mor4 ,nic41 ,x1 #g74 ,diogne ,larce 7,,ii1 #e1 #ca7 rapporte aussi que 1 7,socrate vantait le loisir comme tant la plus belle des ri*esses74 ,c'e/ encore ce qu'ent5d ,ari/ote 7,mor4 ,nic41 ,x1 #g1 #h1 #i7 qu& il dcl>e que la vie la plus belle e/ celle du philosophe4 ,il dit p>eillem5t dans la ,politique 7,,iv1 #aa73 ' 7ex]c] librem5t son tal5t1 voil le vrai bonheur74 ,g! aussi dit dans ,wilhelm ,mei/]3 ,w] mit e9em ,tal5t1 zu e9em ,tal5t gebor5 i/1 f9det 9 dem selb5 se9 s*o5/es ,daseyn 7,celui qui e/ n avec un tal5t1 p\r un tal5t1 tr\ve en celui-l la plus belle exi/5ce74 ,mais possd] du loisir n'e/ pas seulem5t en dehors de la de/9e ord9aire mais aussi de la nature ord9aire de l'homme1 c> sa de/9ation naturelle e/ d'employ] son temps acqurir le ncessaire p\r son exi/5ce et p\r celle de sa famille4 ,il e/ l'enfant de la misre2 il n'e/ pas une intellig5ce libre4 ,aussi le loisir arrive bi5tt tre un f>deau1 puis une torture1 p\r l'homme ord9aire1 ds qu'il ne peut pas le remplir p> des moy5s artificiels et fictifs de t\te espce1 p> le jeu1 p> des passe-temps ou p> des dadas de t\te =me4 ,p> l mme1 le loisir entrane aussi p\r lui des dang]s1 c> on a dit avec raison3 difficilis 9 otio quies4 ,d'autre "p1 cep5dant1 une intellig5ce dpassant de beauc\p la mesure normale e/ galem5t un phnomne anormal1 p> suite contre nature4 ,lorsque t\tefois elle e/ donne1 l'homme qui en e/ d\1 p\r tr\v] le bonheur1 a prcism5t beso9 de ce loisir qui1 p\r les autres1 e/ tantt importun et tantt fune/e2 quant lui1 sans loisir1 il ne s]a qu'un ,pgase s\s le j\g2 en un mot1 il s]a malheureux4 ,si cep5dant ces deux anomalies1 l'une extrieure et l'autre intrieure1 se r5contr5t runies1 leur union produit un cas de suprme bonheur1 c> l'homme a9si favoris mn]a alors une vie d'un ordre suprieur1 la vie d'un tre s\/rait aux deux s\rces opposes de la s\ffrance huma9e3 le beso9 et l'ennui2 il e/ affran*i galem5t et du so9 pnible de se dm5] p\r subv5ir son exi/5ce et de l'incapacit support] le loisir 7c'e/--dire l'exi/5ce libre proprem5t dite72 autrem5t1 l'homme ne peut *app] ces deux maux que p> le fait qu'ils se neutralis5t et s'annul5t rciproquem5t4 l'encontre de t\t ce qui prcde1 il n\s faut considr] d'autre "p que1 p> suite d'une activit prpondrante des n]fs1 les gr&es facults intellectuelles produis5t une surexcitation de la facult de s5tir la d\leur s\s t\tes ses =mes2 qu'en outre le tempram5t passionn qui en e/ la condition1 a9si que la vivacit et la p]fection plus gr&es de t\te p]ception1 qui en sont insp>ables1 donn5t aux motions produites p> l une viol5ce incomp>ablem5t plus =te2 or l'on sait qu'il y a bi5 plus d'motions d\l\reuses qu'il n'y en a d'agrables2 enf91 il faut aussi n\s rappel] que les hautes facults intellectuelles font de celui qui les possde un homme trang] aux autres hommes et leurs agitations1 vu que plus il possde en lui-mme1 mo9s il peut tr\v] en eux4 ,mille objets auxquels ceux-ci pr5n5t un plaisir inf9i lui sembl5t insipides et rpugnants4 ,peut-tre1 de cette faon1 la loi de comp5sation qui rgne p>t\t dom9e-t-elle galem5t ici4 ,n'a-t-on pas prt5du bi5 s\v5t et non sans quelque app>5ce de raison1 qu'au fond l'homme le plus born d'esprit tait le plus heureux8 ,quoi qu'il en soit1 p]sonne ne lui envi]a ce bonheur4 ,je ne veux pas anticip] sur le lecteur p\r la solution df9itive de cette controv]se1 d'autant plus que ,sophocle mme a mis l-dessus deux jugem5ts diamtralem5t opposs3 4 7,le savoir e/ de beauc\p la portion la plus considrable du bonheur47--7,antig41 #acbh47 ,une autre fois1 il dit3 4 7,la vie du sage n'e/ pas la plus agrable74--7,ajax1 #eej47 ,les philosophes de l',anci5 ,te/am5t ne s'ent5d5t pas davantage entre eux2 ,jsus1 fils de ,sirah1 a dit3 4 7,la vie du f\ e/ pire que la mort71 7#bb1ab74 ,l',ecclsia/e au contraire 7#a1 #ah73 1 4 7,o il y beauc\p de sagesse1 il y a beauc\p de d\leurs47 ,en att5dant1 je ti5s m5tionn] ici que ce que l'on dsigne plus p>ticulirem5t p> un mot exclusivem5t propre la langue allem&e1 celui de ,phili/] 7b\rgeois1 pici]1 phili/971 c'e/ prcism5t l'homme qui1 p> suite de la mesure troite et /rictem5t suffisante de ses =ces intellectuelles1 n'a pas de beso9s spirituels3 cette expression app>ti5t la vie d'tudiants et a t employe plus t>d dans une acception plus leve1 mais analogue encore son s5s primitif1 p\r qualifi] celui qui e/ l'oppos d'un fils des ,muses 7c'e/--dire un homme qui e/ prosaque74 ,celui-ci1 en effet1 e/ et demeure le 7l'homme vulgaire74 ,me plaant un po9t de vue encore plus lev1 je v\drais df9ir les phili/9s en disant que ce sont des g5s con/amm5t occups1 et cela le plus srieusem5t du monde1 d'une ralit qui n'en e/ pas une4 ,mais cette df9ition d'une nature dj transc5dantale ne s]ait pas en h>monie avec le po9t de vue populaire auquel je me suis plac1 dans cette diss]tation2 elle p\rrait1 p> consqu5t1 ne pas tre comprise p> t\s les lecteurs4 ,la premire1 au contraire1 admet plus facilem5t un comm5taire spcifique et dsigne suffisamm5t l'ess5ce et la rac9e de t\tes les proprits c>actri/iques du phili/94 ,c'e/ donc1 a9si que n\s l'avons dit1 un homme sans beso9s spirituels4 ,de l dc\l5t plusieurs consqu5ces3 la premire1 p> rapport lui-mme1 c'e/ qu'il n'aura jamais de j\issances spirituelles1 d'aprs la maxime dj cite qu'il n'e/ de vrais plaisirs qu'avec de vrais beso9s4 ,aucune aspiration acqurir des connaissances et du jugem5t p\r ces *oses en elles-mmes n'anime son exi/5ce2 aucune aspiration non plus aux plaisirs e/htiques1 c> ces deux aspirations sont troitem5t unies4 ,qu& la mode ou quelque autre contra9te lui impose de ces j\issances1 il s'en acquitte aussi brivem5t que possible1 comme un galri5 s'acquitte de son travail =c4 ,les seuls plaisirs p\r lui sont les s5suels2 c'e/ sur eux qu'il se rattrape4 ,mang] des hutres1 aval] du v9 de ,*ampagne1 voil p\r lui le suprme de l'exi/5ce2 se procur] t\t ce qui contribue au bi5-tre matriel1 voil le b de sa vie4 ,trop heureux qu& ce b l'occupe suffisamm5t6 ,c>1 si ces bi5s lui ont dj t octroys p> avance1 il devi5t immdiatem5t la proie de l'ennui2 p\r le *ass]1 il essaye de t\t ce qu'on peut imag9]3 bals1 ?tres1 socits1 jeux de c>tes1 jeux de has>d1 *evaux1 femmes1 v91 voyages1 etc4 ,et cep5dant t\t cela ne suffit pas qu& l'abs5ce de beso9s intellectuels r5d impossibles les plaisirs intellectuels4 ,aussi un srieux morne et sec1 appro*ant celui de l'animal1 e/-il propre au phili/9 et le c>actrise-t-il4 ,ri5 ne le rj\it1 ri5 ne l'meut1 ri5 n'veille son intrt4 ,les j\issances matrielles sont vite puises2 la socit1 compose de phili/9s comme lui1 devi5t bi5tt ennuyeuse2 le jeu de c>tes f9it p> le fatigu]4 ,il lui re/e la rigueur les j\issances de la vanit sa faon3 elles consi/]ont surpass] les autres en ri*esse1 en rang1 en influ5ce ou en p\voir1 ce qui lui vaut alors leur e/ime2 ou bi5 encore il *]*]a fray] au mo9s avec ceux qui brill5t p> ces avantages et se *auff] au reflet de leur clat 7en anglais1 cela s'appelle un snob74 ,la deuxime consqu5ce rsultant de la proprit fondam5tale que n\s avons reconnue au phili/91 c'e/ que1 p> rapport aux autres1 comme il e/ priv de beso9s intellectuels1 et comme il e/ born aux beso9s matriels1 il re*]*]a les hommes qui p\rront satisfaire ces d]ni]s et non pas ceux qui p\rrai5t subv5ir aux premi]s4 ,aussi n'e/-ce ri5 mo9s que de hautes qualits intellectuelles qu'il leur dem&e2 bi5 au contraire1 qu& il les r5contre1 elles excit5t son antipa?ie1 voire mme sa ha9e1 c> il n'pr\ve en leur prs5ce qu'un s5tim5t importun d'infriorit et une envie s\rde1 secrte1 qu'il ca*e avec le plus gr& so91 qu'il *]*e se dissimul] lui-mme1 mais qui p> l ju/em5t gr&it p>fois jusqu' une rage muette4 ,ce n'e/ pas sur les facults de l'esprit qu'il songe jamais mesur] son e/ime ou sa considration2 il les rs]ve exclusivem5t au rang et la ri*esse1 au p\voir et l'influ5ce1 qui pass5t ses yeux p\r les seules qualits vraies1 les seules o il aspir]ait excell]4 ,t\t cela drive de ce que le phili/9 e/ un homme priv de beso9s intellectuels4 ,son extrme s\ffrance vi5t de ce que les idalits ne lui apport5t aucune rcration et que1 p\r *app] l'ennui1 il doit t\j\rs rec\rir aux ralits4 ,or celles-ci1 d'une "p1 sont bi5tt puises1 et alors1 au lieu de div]tir1 elles fatigu5t2 d'autre "p1 elles entran5t aprs elles des dsa/res de t\te espce1 t&is que les idalits sont 9puisables et1 en elles-mmes1 innoc5tes4 ,dans t\te cette diss]tation sur les conditions p]sonnelles qui contribu5t notre bonheur1 j'ai eu en vue les qualits physiques et pr9cipalem5t les qualits intellectuelles4 ,c'e/ dans mon ,mmoire sur le fondem5t de la morale 7 #bb7 que j'ai expos comm5t la p]fection morale1 son t\r1 influe directem5t sur le bonheur3 c'e/ cet ouvrage que je r5voie le lecteur#d4 ,,*apitre ,,iii ,,de ,,ce ,,que ,l',,on ,a picure1 le gr& docteur en flicit1 a admirablem5t et judicieusem5t divis les beso9s huma9s en trois classes4 ,premirem5t1 les beso9s naturels et ncessaires3 ce sont ceux qui1 non satisfaits1 produis5t la d\leur2 ils ne compr5n5t donc que le victus et l'amictus 7n\rriture et vtem5t74 ,ils sont faciles satisfaire4--,secondem5t1 les beso9s naturels mais non ncessaires3 c'e/ le beso9 de la satisfaction sexuelle1 quoique picure ne l'nonce pas dans le rapport de ,larce 7du re/e1 je reproduis ici1 en gnral1 t\te cette doctr9e lgrem5t modifie et corrige74 ,ce beso9 e/ dj plus difficile satisfaire4--,troisimem5t1 ceux qui ne sont ni naturels ni ncessaires3 ce sont les beso9s du luxe1 de l'abondance1 du fa/e et de l'clat2 leur nombre e/ inf9i et leur satisfaction trs difficile 7voy4 ,diog4 ,larce1 l4 ,x1 *4 #bg1 #adi et #abg2--;,cicron1 ,de f941 ,i1#ac74 ,la limite de nos dsirs raisonnables se rapportant la =tune e/ difficile1 s9on impossible dt]m9]4 ,c> le cont5tem5t de *acun cet g>d ne repose pas sur une quantit absolue1 mais relative1 savoir sur le rapport entre ses s\haits et sa =tune2 aussi cette d]nire1 considre en elle-mme1 e/-elle aussi dp\rvue de s5s que le numrateur d'une fraction sans dnom9ateur4 ,l'abs5ce des bi5s auxquels un homme n'a jamais song aspir] ne peut nullem5t le priv]1 il s]a p>faitem5t satisfait sans ces bi5s1 t&is que tel autre qui possde c5t fois plus que le premi] se s5tira malheureux1 p>ce qu'il lui manque un seul objet qu'il convoite4 ,*acun a aussi1 l'g>d des bi5s qu'il lui e/ p]mis d'atte9dre1 un horizon propre1 et ses prt5tions ne vont que jusqu'aux limites de cet horizon4 ,lorsqu'un objet1 situ en d$ans de ces limites1 se prs5te lui de telle faon qu'il puisse tre c]ta9 de l'atte9dre1 il se s5tira heureux2 il se s5tira malheureux1 au contraire1 si1 des ob/acles surv5ant1 cette p]spective lui e/ enleve4 ,ce qui e/ plac au del n'a aucune action sur lui4 ,c'e/ p\rquoi la gr&e =tune du ri*e ne tr\ble pas le pauvre1 et c'e/ p\r cela aussi1 d'autre "p1 que t\tes les ri*esses qu'il possde dj ne consol5t pas le ri*e qu& il e/ du dans une att5te 7,la ri*esse e/ comme l'eau sale3 plus on en boit1 plus elle altre2 il en e/ de mme aussi de la gloire74 ,ce fait qu'aprs la p]te de la ri*esse ou de l'aisance1 et aussitt la premire d\leur surmonte1 notre humeur habituelle ne diffr]a pas beauc\p de celle qui n\s tait propre aup>avant1 s'explique p> l que1 le facteur de notre avoir ayant t dim9u p> le sort1 n\s rduisons aussitt aprs1 de n\s-mmes1 considrablem5t le facteur de nos prt5tions4 ,c'e/ l ce qu'il y a de proprem5t d\l\reux dans un malheur2 cette opration une fois accomplie1 la d\leur devi5t de mo9s en mo9s s5sible et f9it p> disp>atre2 la blessure se cicatrise4 ,dans l'ordre inv]se1 en prs5ce d'un vnem5t heureux1 la *>ge qui comprime nos prt5tions remonte et leur p]met de se dilat]3 c'e/ en cela que consi/e le plaisir4 ,mais celui-ci galem5t ne dure que le temps ncessaire p\r que cette opration s'a*ve2 n\s n\s habituons l'*elle a9si augm5te des prt5tions1 et n\s dev5ons indiffr5ts la possession correspondante de ri*esses4 ,c'e/ l ce qu'exprime un passage d',homre 7,od41 ,,xviii1 #acj-acg7 dont voici les deux d]ni]s v]s3 3 ' 1 4 7,tel e/ l'esprit des hommes t]re/res1 semblables aux j\rs *angeants qu'amne le ,pre des hommes et des dieux47--7,tr4 ,leconte de ,lisle47 ,la s\rce de nos mcont5tem5ts e/ dans nos ef=ts t\j\rs r5\vels p\r lev] le facteur des prt5tions p5dant que l'autre facteur s'y oppose p> son immobilit4 ,il ne faut pas s'tonn] de voir1 dans l'espce huma9e pauvre et remplie de beso9s1 la ri*esse plus hautem5t et plus s9crem5t prise1 vnre mme1 que t\te autre *ose2 le p\voir lui-mme n'e/ considr que p>ce qu'il conduit la =tune2 il ne faut pas tre surpris non plus de voir les hommes pass] ct ou p>-dessus t\te autre considration qu& il s'agit d'acqurir des ri*esses1 de voir p> exemple les pr(esseurs de philosophie faire bon m>* de la philosophie p\r gagn] de l'arg5t4 ,on repro*e frquemm5t aux hommes de t\rn] leurs vux pr9cipalem5t v]s l'arg5t et de l'aim] plus que t\t au monde4 ,p\rtant il e/ bi5 naturel1 presque 9vitable d'aim] ce qui1 p>eil un prote infatigable1 e/ prt t\t in/ant pr5dre la =me de l'objet actuel de nos s\haits si mobiles ou de nos beso9s si div]s4 ,t\t autre bi51 en effet1 ne peut satisfaire qu'un seul dsir1 qu'un seul beso93 les alim5ts ne val5t que p\r celui qui a faim1 le v9 p\r le bi5 portant1 les mdicam5ts p\r le malade1 une f\rrure p5dant l'hiv]1 les femmes p\r la jeunesse1 etc4 ,t\tes ces *oses ne sont donc que 1 c'e/--dire relativem5t bonnes4 ,l'arg5t seul e/ le bon absolu1 c> il ne p\rvoit pas uniquem5t un seul beso9 9 concreto1 mais au beso9 en gnral1 9 ab/racto4 ,la =tune dont on dispose doit tre considre comme un remp>t contre le gr& nombre des maux et des malheurs possibles1 et non comme une p]mission et encore mo9s comme une obligation d'avoir se procur] les plaisirs du monde4 ,les g5s qui1 sans avoir de =tune patrimoniale1 arriv5t p> leurs tal5ts1 quels qu'ils soi5t1 en position de gagn] beauc\p d'arg5t1 tomb5t presque t\j\rs dans cette illusion de croire que leur tal5t e/ un capital /able et que l'arg5t que leur rapporte ce tal5t e/ p> consqu5t l'intrt dudit capital4 ,aussi ne rs]v5t-ils ri5 de ce qu'ils gagn5t p\r en con/itu] un capital demeure1 mais ils dp5s5t dans la mme mesure qu'ils acquir5t4 ,il s'ensuit qu'ils tomb5t d'ord9aire dans la pauvret1 lorsque leurs ga9s s'arrt5t ou cess5t compltem5t2 en effet1 leur tal5t lui-mme1 passag] de sa nature comme l'e/ p> exemple le tal5t p\r presque t\s les beaux-arts1 s'puise1 ou bi5 encore les circon/ances spciales ou les conjonctures qui le r5dai5t productif ont disp>u4 ,des artisans peuv5t la rigueur m5] cette exi/5ce1 c> les capacits exiges p\r leur mti] ne se p]d5t pas facilem5t ou peuv5t tre supples p> le travail de leurs ouvri]s2 de plus1 leurs produits sont des objets de ncessit dont l'c\lem5t e/ t\j\rs assur2 un prov]be allem& dit avec raison3 ,e9 ,h&w]k hat e95 gold55 ,bod51 c'e/--dire un bon mti] vaut de l'or4 ,il n'en e/ pas de mme des arti/es et des virtuosi de t\te espce4 ,c'e/ ju/em5t p\r cela qu'on les paye si *]1 mais aussi et p> la mme raison devrai5t-ils plac] en capital l'arg5t qu'ils gagn5t2 dans leur prsomption1 ils le considr5t comme n'en tant que les intrts et c\r5t a9si leur p]te4 ,en revan*e1 les g5s qui possd5t une =tune patrimoniale sav5t trs bi51 ds le pr9cipe1 di/+u] entre un capital et des intrts4 ,aussi la plup>t *]*]ont plac] srem5t leur capital1 ne l'entam]ont en aucun cas et rs]v]ont mme1 si possible1 un huitime au mo9s sur les intrts1 p\r obvi] une crise v5tuelle4 ,ils se ma9ti5n5t a9si le plus s\v5t dans l'aisance4 ,ri5 de t\t ce que n\s v5ons de dire ne s'applique aux comm]ants2 p\r eux1 l'arg5t e/ en lui-mme l'in/rum5t du ga91 l'outil pr(essionnel p\r a9si dire3 d'o il suit que1 mme alors qu'ils l'ont acquis p> leur propre travail1 ils *]*]ont dans son emploi les moy5s de le cons]v] ou de l'augm5t]4 ,aussi la ri*esse e/ habituelle dans cette classe plus que dans aucune autre4 ,en gnral1 on tr\v]a que1 d'ord9aire1 ceux qui se sont dj collets avec la vraie misre et le beso91 les r$\t5t incomp>ablem5t mo9s et sont plus encl9s la dissipation que ceux qui ne connaiss5t ces maux que p> ou-dire4 la premire catgorie app>ti5n5t t\s ceux qui1 p> n'importe quel c\p de =tune ou p> des tal5ts spciaux quelconques1 ont pass rapidem5t de la pauvret l'aisance2 l'autre1 ceux qui sont ns avec de la =tune et qui l'ont cons]ve4 ,t\s ceux-ci s'inquit5t plus de l'av5ir que les premi]s et sont plus conomes4 ,on p\rrait en conclure que le beso9 n'e/ pas une aussi mauvaise *ose qu'il p>at l'tre1 vu de lo94 ,cep5dant la vritable raison doit tre plutt la suivante3 c'e/ que p\r l'homme n avec une =tune patrimoniale la ri*esse app>at comme quelque *ose d'indisp5sable1 comme l'lm5t de la seule exi/5ce possible1 au mme titre que l'air2 aussi la soign]a-t-il comme sa propre vie et s]a-t-il gnralem5t rang1 prvoyant et conome4 ,au contraire1 p\r celui qui ds sa naissance a vcu dans la pauvret1 c'e/ celle-ci qui sembl]a la condition naturelle2 la ri*esse1 qui1 p> n'importe quelle voie1 p\rra lui *oir plus t>d1 lui p>atra un sup]flu1 bon seulem5t p\r en j\ir et la gaspill]2 il se dit que1 lorsqu'elle aura disp>u de n\veau1 il saura se tir] d'affaire sans elle t\t comme aup>avant1 et que1 de plus1 il s]a dlivr d'un s\ci4 ,c'e/ le cas de dire avec ,%akespe>e3 ,! adage mu/ be v]ifi$1 ,t begg>s m\nt$ run _! horse to dea?4 7,h5ry ,,vi1 ,p4 #c1 ,a4 #a47 7,il faut que le prov]be se vrifie3 ,le m5diant *eval fait galop] sa bte mort47 ,aj\tons encore que ces g5s-l possd5t non pas tant dans leur tte que dans le cur une f]me et excessive confiance d'une "p dans leur *ance et d'autre "p dans leurs propres ress\rces1 qui les ont dj aids se tir] du beso9 et de l'indig5ce2 ils ne considr5t pas la misre1 a9si que le font les ri*es de naissance1 comme un abme sans fond1 mais comme un bas-fond qu'il leur suffit de frapp] du pi$ p\r remont] la surface4 ,c'e/ p> cette mme p>ticul>it huma9e qu'on peut expliqu] comm5t des femmes1 pauvres avant leur m>iage1 sont trs s\v5t plus exigeantes et plus dp5sires que celles qui ont f\rni une grosse dot2 en effet1 la plup>t du temps1 les filles ri*es n'apport5t pas seulem5t de la =tune1 mais aussi plus de zle1 p\r a9si dire plus d'in/9ct hrditaire la cons]v] que les pauvres4 ,t\tefois ceux qui v\drai5t s\t5ir la ?se contraire tr\v]ont une autorit dans la premire satire de l',ario/e2 en revan*e1 le docteur ,johnson se range mon avis3 ,a woman ( =tune be+ us$ to ! h&l+ ( money1 sp5ds x judici\sly3 b a woman :o gets ! comm& ( money = ! fir/ "t ^u h] m>riage1 has su* a gu/ 9 sp5d+ x1 t %e ?r[s x away ) great pr(usion 7voir ,boswell1 ,life ( ,johnson1 vol4 ,,iii1 p4 #aii1 dit4 #ahba7 7,une femme ri*e1 tant habitue mani] de l'arg5t1 le dp5se judicieusem5t2 mais celle qui p> son m>iage se tr\ve place p\r la premire fois la tte d'une =tune1 tr\ve tant de gt dp5s] qu'elle jette l'arg5t avec une gr&e pr(usion74 ,je conseill]ais1 en t\t cas1 qui p\se une fille pauvre1 de lui lgu] non pas un capital1 mais une simple r5te1 et surt\t de veill] ce que la =tune des enfants ne tombe pas entre ses ma9s4 ,je ne crois nullem5t faire quelque *ose qui soit indigne de ma plume en recomm&ant ici le so9 de cons]v] sa =tune1 gagne ou hrite2 c> c'e/ un avantage inapprciable de possd] t\t acquise une =tune1 qu& elle ne suffirait mme qu' p]mettre de vivre aism5t1 seul et sans famille1 dans une vritable indp5dance1 c'e/--dire sans avoir beso9 de travaill]2 c'e/ l ce qui con/itue l'immunit qui exempte des misres et des t\rm5ts atta*s la vie huma9e2 c'e/ l'mancipation de la corve gnrale qui e/ le de/9 propre des enfants de la t]re4 ,ce n'e/ que p> cette faveur du sort que n\s sommes vraim5t homme n libre2 cette seule condition1 on e/ rellem5t sui juris1 matre de son temps et de ses =ces1 et l'on dira *aque mat93 ,la j\rne m'app>ti5t4 ,aussi1 entre celui qui a mille cus de r5te et celui qui en a c5t mille1 la diffr5ce e/-elle inf9im5t mo9dre qu'entre le premi] et celui qui n'a ri54 ,mais la =tune patrimoniale atte9t sa plus haute valeur lorsqu'elle *oit celui qui1 d\ de =ces intellectuelles suprieures1 p\rsuit des dess9s dont la ralisation ne s'accommode pas un travail p\r vivre3 plac dans ces conditions1 cet homme e/ d\blem5t dot p> le sort2 il peut ma9t5ant vivre t\t son gnie1 et il pay]a au c5tuple sa dette env]s l'humanit en produisant ce que nul autre ne p\rrait produire et en crant ce qui con/itu]a le bi5 et en mme temps l'honneur de la communaut huma9e4 ,tel autre1 plac dans une situation aussi favorise1 mrit]a bi5 de l'humanit p> ses uvres philan?ropiques4 ,quant celui qui1 possdant un patrimo9e1 ne produit ri5 de semblable1 dans quelque mesure que ce soit1 ft-ce titre d'essai1 ou qui p> des tudes srieuses ne se cre pas au mo9s la possibilit de faire progress] une sci5ce1 celui-l n'e/ qu'un fa9ant mprisable4 ,il ne s]a pas heureux non plus1 c> le fait d'tre affran*i du beso9 le transporte l'autre ple de la misre huma9e1 l'ennui1 qui le torture tellem5t qu'il s]ait bi5 plus heureux si le beso9 lui avait impos une occupation4 ,cet ennui le f]a se jet] facilem5t dans des extravagances qui lui raviront cette =tune dont il n'tait pas digne4 ,en ralit1 une f\le de g5s ne sont dans l'indig5ce que p\r avoir dp5s leur arg5t p5dant qu'ils en avai5t1 af9 de procur] un s\lagem5t mom5tan l'ennui qui les oppressait4 ,les *oses se pass5t t\t autrem5t qu& le b qu'on p\rsuit e/ de s'lev] haut dans le s]vice de l'tat2 qu& il s'agit1 p> consqu5t1 d'acqurir de la faveur1 des amis1 des relations1 au moy5 desquels on puisse mont] de degr en degr et arriv] peut-tre un j\r aux po/es les plus levs3 en p>eil cas1 il vaut mieux1 au fond1 tre v5u au monde sans la mo9dre =tune4 ,p\r un individu surt\t qui n'e/ pas de la noblesse et qui a quelque tal5t1 tre un pauvre gueux con/itue un avantage rel et une recomm&ation4 ,c> ce que *acun re*]*e et aime avant t\t1 non seulem5t dans la simple conv]sation1 mais encore1 a =tiori dans le s]vice public1 c'e/ l'infriorit de l'autre4 ,or il n'y a qu'un gueux qui soit conva9cu et pntr de son infriorit pr(onde1 entire1 indiscutable1 omnilatrale1 de sa totale insignifiance et de sa nullit1 au degr v\lu p> la circon/ance4 ,un gueux seul s'incl9e assez s\v5t et assez longtemps1 et sait c\rb] son *9e en rvr5ces de #ij degrs bi5 compts3 lui seul endure t\t avec le s\rire aux lvres1 seul il reconnat que les mrites n'ont aucune valeur2 seul il vante comme *efs-d'uvre1 publiquem5t1 haute voix ou en gros c>actres d'impression1 les inepties littraires de ses suprieurs ou des hommes influ5ts en gnral2 seul il s'ent5d m5di]2 p> suite1 lui seul peut tre initi temps1 c'e/--dire ds sa jeunesse1 cette vrit ca*e que ,g! n\s a dvoile en ces t]mes3 ,ueb]'s ,ni$]tr*lige ,niem& si* beklage3 ,deim es i/ das ,m*tige1 ,wos raan dir au* sage4 7,w4 ,o41 ,divan47 7,que nul ne se plaigne de la bassesse1 c> c'e/ la puissance1 quoi que l'on v\s dise47--7,trad4 ,por*at47 ,celui-l1 au contraire1 qui ti5t de ses p>5ts une =tune suffisante p\r vivre s]a d'ord9aire rcalcitrant2 il e/ habitu m>*] tte leve2 il n'a pas appris t\s ces t\rs de s\plesse2 peut-tre mme s'avise-t-il de se prvaloir de c]ta9s tal5ts qu'il possde et dont il devrait plutt compr5dre l'insuffisance en lace de ce qui se passe avec le mdiocre et rampant#e2 il e/ capable aussi de rem>qu] l'infriorit de ceux qui sont placs au-dessus de lui1 et enf91 qu& les *oses en arriv5t tre indignes1 il devi5t rtif et ombrageux4 ,on ne se p\sse pas avec cela dans le monde1 et il p\rra lui arriv] f9alem5t de dire avec cet impud5t ,voltaire3 ,n\s n'avons que deux j\rs vivre2 ce n'e/ pas la pe9e de les pass] ramp] s\s des coqu9s mprisables4 ,malheureusem5t1 soit dit en passant1 coqu9 mprisable e/ un attribut p\r lequel il exi/e diantrem5t de sujets dans ce monde4 ,n\s p\vons donc voir que ce que dit ,juvnal3 ,haud facile em]gunt1 quorum virtutibus ob/at ,res angu/a domi4 7,sat4 ,,ii1 v4 #afd47 7,difficilem5t le mrite se fait j\r1 qu& il e/ aux prises avec le beso947--7,trad4 d4 ,dubo*et47 s'applique plutt la c>rire des g5s m95ts qu' celle des g5s du monde4 ,p>mi les *oses que l'on possde1 je n'ai pas compt femme et enfants1 c> on e/ plutt possd p> eux4 ,on p\rrait avec plus de raison y compr5dre les amis2 mais ici galem5t le propritaire doit1 dans la mme mesure1 tre aussi la proprit de l'autre4 ,,*apitre ,,iv ,,de ,,ce ,,que ,l',,on ,,repr,,s5te ,i4--,de l'op9ion d'autrui4 ,ce que n\s reprs5tons1 ou1 en d'autres t]mes1 notre exi/5ce dans l'op9ion d'autrui1 e/1 p> suite d'une faiblesse p>ticulire de notre nature1 gnralem5t beauc\p trop pris1 bi5 que la mo9dre rflexion puisse n\s appr5dre qu'en soi cela e/ de nulle importance p\r notre bonheur4 ,aussi a-t-on pe9e s'expliqu] la gr&e satisfaction intrieure qu'pr\ve t\t homme des qu'il ap]oit une m>que de l'op9ion favorable des autres et ds qu'on flatte sa vanit1 n'importe comm5t4 ,aussi infailliblem5t que le *at se met fil] qu& on lui c>esse le dos1 aussi srem5t on voit une d\ce extase se pe9dre sur la figure de l'homme qu'on l\e1 surt\t qu& la l\ange porte sur le doma9e de ses prt5tions1 et qu& mme elle s]ait un m5songe palpable4 ,les m>ques de l'approbation des autres le consol5t s\v5t d'un malheur rel ou de la p>cimonie avec laquelle c\l5t p\r lui les deux s\rces pr9cipales de bonheur dont n\s avons trait jusqu'ici4 ,rciproquem5t1 il e/ tonnant de voir combi5 il e/ infailliblem5t *agr91 et bi5 des fois d\l\reusem5t affect p> t\te lsion de son ambition1 en quelque s5s1 quelque degr ou s\s quelque rapport que ce soit1 p> t\t dda91 p> t\te nglig5ce1 p> le mo9dre manque d'g>ds4 ,en tant que s]vant de base au s5tim5t de l'honneur1 cette proprit peut avoir une influ5ce salutaire sur la bonne conduite de beauc\p de g5s1 en guise de succdan de leur moralit2 mais quant son action sur le bonheur rel de l'homme et surt\t sur le repos de l'me et sur l'indp5dance1 ces deux conditions si ncessaires au bonheur1 elle e/ plutt p]turbatrice et nuisible que favorable4 ,c'e/ p\rquoi1 notre po9t de vue1 il e/ prud5t de lui pos] des limites et1 p> de sages rflexions et une ju/e apprciation de la valeur des bi5s1 de modr] cette gr&e susceptibilit l'g>d de l'op9ion d'autrui1 aussi bi5 p\r le cas o on la c>esse que p\r celui o on la froisse1 c> les deux ti5n5t au mme fil4 ,autrem5t1 n\s re/ons esclaves de l'op9ion et du s5tim5t des autres3 ,sic leve1 sic p>vum e/1 animum quod laudis av>um ,subruit ac reficit4 7,tellem5t ce qui abat ou rcon=te une me avide de l\ange peut tre frivole et petit47 ,p> consqu5t1 une ju/e apprciation de la valeur de ce que l'on e/ en soi-mme et p> soi-mme1 comp>e ce qu'on e/ seulem5t aux yeux d'autrui1 contribu]a beauc\p notre bonheur4 ,le premi] t]me de la comp>aison compr5d t\t ce qui remplit le temps de notre propre exi/5ce1 le cont5u intime de celle-ci et1 p>tant1 t\s les bi5s que n\s avons exam9s dans les *apitres intituls ,de ce que l'on e/ et ,de ce que l'on a4 ,c> le lieu o se tr\ve la sphre d'action de t\t cela1 c'e/ la propre consci5ce de l'homme4 ,au contraire1 le lieu de t\t ce que n\s sommes p\r les autres1 c'e/ la consci5ce d'autrui2 c'e/ la figure s\s laquelle n\s y app>aissons1 a9si que les notions qui s'y rfr5t#f4 ,or ce sont l des *oses qui1 directem5t1 n'exi/5t pas du t\t p\r n\s2 t\t cela n'exi/e qu'indirectem5t1 c'e/--dire qu'autant qu'il dt]m9e la conduite des autres env]s n\s4 ,et ceci mme n'entre rellem5t en considration qu'autant que cela influe sur ce qui p\rrait modifi] ce que n\s sommes en et p> n\s-mmes4 "p cela1 ce qui se passe dans une consci5ce trangre n\s e/1 ce titre1 p>faitem5t indiffr5t1 et1 notre t\r1 n\s y devi5drons indiffr5t mesure que n\s connatrons suffisamm5t la sup]ficialit et la futilit des p5ses1 les bornes troites des notions1 la petitesse des s5tim5ts1 l'absurdit des op9ions et le nombre considrable d'erreurs que l'on r5contre dans la plup>t des c]velles2 mesure aussi que n\s appr5drons p> expri5ce avec quel mpris l'on p>le1 l'occasion1 de *acun de n\s1 ds qu'on ne n\s cra9t pas ou qu& on croit que n\s ne le saurons pas2 mais surt\t qu& n\s aurons ent5du une fois avec quel dda9 une demi-d\za9e d'imbciles p>l5t de l'homme le plus di/+u4 ,n\s compr5drons alors qu'attribu] une haute valeur l'op9ion des hommes1 c'e/ leur faire trop d'honneur4 ,en t\t cas1 c'e/ tre rduit une misrable ress\rce que de ne pas tr\v] le bonheur dans les classes de bi5s dont n\s avons dj p>l et de devoir le *]*] dans cette troisime1 autrem5t dit1 dans ce qu'on e/ non dans la ralit1 mais dans l'imag9ation d'autrui4 ,en ?se gnrale1 c'e/ notre nature animale qui e/ la base de notre tre1 et p> consqu5t aussi de notre bonheur4 ,l'ess5tiel p\r le bi5-tre1 c'e/ donc la sant et ensuite les moy5s ncessaires notre entreti51 et p> consqu5t une exi/5ce libre de s\cis4 ,l'honneur1 l'clat1 la gr&eur1 la gloire1 quelque valeur qu'on leur attribue1 ne peuv5t entr] en concurr5ce avec ces bi5s ess5tiels ni les remplac]2 bi5 au contraire1 le cas *ant1 on n'hsit]ait pas un in/ant les *ang] contre les autres4 ,il s]a donc trs utile p\r notre bonheur1 de connatre temps ce fait si simple que *acun vit d'abord et effectivem5t dans sa propre peau et non dans l'op9ion des autres1 et qu'alors naturellem5t notre condition relle et p]sonnelle1 telle qu'elle e/ dt]m9e p> la sant1 le tempram5t1 les facults intellectuelles1 le rev5u1 la femme1 les enfants1 le logem5t1 etc41 e/ c5t fois plus importante p\r notre bonheur que ce qu'il plat aux autres de faire de n\s4 ,l'illusion contraire r5d malheureux4 ,s'cri] avec emphase3 ,l'honneur passe avant la vie1 c'e/ dire en ralit3 ,la vie et la sant ne sont ri52 ce que les autres p5s5t de n\s1 voil l'affaire4 ,t\t au plus cette maxime peut-elle tre considre comme une hyp]bole au fond de laquelle se tr\ve cette prosaque vrit que1 p\r avanc] et se ma9t5ir p>mi les hommes1 l'honneur1 c'e/--dire leur op9ion notre g>d1 e/ s\v5t d'une utilit indisp5sable3 je revi5drai plus lo9 sur ce sujet4 ,lorsqu'on voit1 au contraire1 comm5t presque t\t ce que les hommes p\rsuiv5t p5dant leur vie entire1 au prix d'ef=ts incessants1 de mille dang]s et de mille am]tumes1 a p\r d]ni] objet de les lev] dans l'op9ion1 c> non seulem5t les emplois1 les titres et les cordons1 mais encore la ri*esse et mme la sci5ce#g et les arts sont1 au fond1 re*]*s pr9cipalem5t dans ce seul b1 lorsqu'on voit que le rsultat df9itif auquel on travaille arriv] e/ d'obt5ir plus de respect de la "p des autres1 t\t cela ne pr\ve1 hlas6 que la gr&eur de la folie huma9e4 ,atta*] beauc\p trop de valeur l'op9ion e/ une sup]/ition univ]sellem5t dom9ante2 qu'elle ait ses rac9es dans notre nature mme1 ou qu'elle ait suivi la naissance des socits et de la civilisation1 il e/ c]ta9 qu'elle ex]ce en t\t cas sur t\te notre conduite une influ5ce dmesure et ho/ile notre bonheur4 ,cette influ5ce1 n\s p\vons la p\rsuivre depuis le po9t o elle se montre s\s la =me d'une dfr5ce anxieuse et s]vile p\r le qu'en-dira-t-on jusqu' celui o elle plonge le poign>d de ,virg9ius dans le se9 de sa fille1 ou bi5 o elle entrane l'homme sacrifi] sa gloire po/hume son repos1 sa =tune1 sa sant et jusqu' sa vie4 ,ce prjug (fre1 il e/ vrai1 celui qui e/ appel rgn] sur les hommes ou en gnral les guid]1 une ress\rce commode2 aussi le prcepte d'avoir t5ir en veil ou /imul] le s5tim5t de l'honneur occupe-t-il une place pr9cipale dans t\tes les bran*es de l'art de dress] les hommes2 mais1 l'g>d du bonheur propre de l'individu1 et c'e/ l ce qui n\s occupe ici1 il en e/ t\t autrem5t1 et n\s devons au contraire le dissuad] d'atta*] trop de prix l'op9ion des autres4 ,si1 nanmo9s1 a9si que n\s l'appr5d l'expri5ce1 le fait se prs5te *aque j\r2 si ce que la plup>t des g5s e/im5t le plus e/ prcism5t l'op9ion d'autrui leur g>d1 et s'ils s'en proccup5t plus que de ce qui1 se passant dans leur propre consci5ce1 exi/e immdiatem5t p\r eux2 si donc1 p> un r5v]sem5t de l'ordre naturel1 c'e/ l'op9ion qui leur semble tre la p>tie relle de leur exi/5ce1 l'autre ne leur p>aissant en tre que la p>tie idale2 s'ils font de ce qui e/ driv et secondaire l'objet pr9cipal1 et si l'image de leur tre dans la tte des autres leur ti5t plus cur que leur tre lui-mme2 cette apprciation directe de ce qui1 directem5t1 n'exi/e p\r p]sonne1 con/itue cette folie laquelle on a donn le nom de vanit1 vanitas1 p\r indiqu] p> l le vide et le *imrique de cette t5dance4 ,on peut facilem5t compr5dre aussi1 p> ce que n\s avons dit plus haut1 qu'elle app>ti5t cette catgorie d'erreurs qui consi/5t oubli] le b p\r les moy5s1 comme l'av>ice4 ,en effet1 le prix que n\s mettons l'op9ion et notre con/ante proccupation cet g>d dpass5t presque t\te porte raisonnable1 tellem5t que cette proccupation peut tre considre comme une espce de manie rp&ue gnralem5t1 ou plutt inne4 ,dans t\t ce que n\s faisons comme dans t\t ce que n\s n\s ab/5ons de faire1 n\s considrons l'op9ion des autres avant t\te *ose presque1 et c'e/ de ce s\ci qu'aprs un exam5 plus appr(ondi n\s v]rons natre environ la moiti des t\rm5ts et des angoisses que n\s ayons jamais pr\vs4 ,c> c'e/ cette proccupation que n\s retr\vons au fond de t\t notre am\r-propre1 si s\v5t ls1 p>ce qu'il e/ si maladivem5t susceptible1 au fond de t\tes nos vanits et de t\tes nos prt5tions1 comme au fond de notre somptuosit et de notre o/5tation4 ,sans cette proccupation1 sans cette rage1 le luxe ne s]ait pas le dixime de ce qu'il e/4 ,sur elle repose t\t notre orgueil1 po9t d'honneur et puntiglio1 de quelque espce qu'il soit et quelque sphre qu'il app>ti5ne1--et que de victimes ne rclame-t-elle pas s\v5t6 ,elle se montre dj dans l'enfant1 puis *aque ge de la vie2 mais elle atte9t t\te sa =ce dans l'ge avanc1 p>ce qu' ce mom5t l'aptitude aux j\issances s5suelles ayant t>i1 vanit et orgueil n'ont plus p>tag] l'empire qu'avec l'av>ice4 ,cette fureur s'obs]ve le plus di/9ctem5t dans les ,franais1 *ez lesquels elle rgne endmiquem5t et se manife/e s\v5t p> l'ambition la plus sotte1 p> la vanit nationale la plus ridicule et la fanf>onnade la plus honte2 mais leurs prt5tions s'annul5t p> l mme1 c> elles les livr5t la rise des autres nations et ont fait un sobriquet du nom de gr&e nation#h4 ,p\r expliqu] plus clairem5t t\t ce que n\s avons expos jusqu'ici sur la dm5ce qu'il y a se proccup] dmesurm5t de l'op9ion d'autrui1 je veux rapport] un exemple bi5 frappant de cette folie enrac9e dans la nature huma9e2 cet exemple e/ favoris d'un effet de lumire rsultant de la r5contre de circon/ances propices et d'un c>actre appropri2 cela n\s p]mettra de bi5 valu] la =ce de ce biz>re moteur des actions huma9es4 ,c'e/ le passage suivant du rapport dtaill publi p> le ,times du #ca m>s #ahdf1 sur l'excution rc5te du nomm ,?omas ,wix1 un ouvri] qui avait assass9 son patron p> v5geance3 ,dans la mat9e du j\r fix p\r l'excution1 le rvr5d *apela9 de la prison se r5dit auprs de lui4 ,mais ,wix1 quoique trs calme1 n'c\tait pas ses exhortations2 sa seule proccupation tait de russir montr] un c\rage extrme en prs5ce de la f\le qui allait assi/] sa honteuse f94 ,et il y e/ p>v5u4 ,arriv dans le prau qu'il avait trav]s] p\r atte9dre le gibet lev t\t contre la prison1 il s'cria3 ,eh bi51 comme disait le ,dr ,dodd1 je vais connatre bi5tt le gr& my/re6--,quoique ayant les bras atta*s1 il monta sans aide l'*elle de la pot5ce2 arriv au sommet1 il fit droite et gau*e des sa9ts aux spectateurs1 et la multitude rassemble y rpondit1 en rcomp5se1 p> des acclamations =midables1 etc4 ,avoir la mort1 s\s sa =me la plus effrayante1 devant les yeux avec l't]nit d]rire elle1 et ne se proccup] uniquem5t que de l'effet que l'on produira sur la masse des badauds acc\rus et de l'op9ion qu'on laiss]a aprs soi dans leurs ttes1 n'e/-ce pas l un *antillon unique d'ambition8 ,lecomte qui1 dans la mme anne1 fut guillot9 ,p>is p\r t5tative de rgicide1 regrettait pr9cipalem5t1 p5dant son procs1 de ne p\voir se prs5t] vtu conv5ablem5t devant la ,*ambre des pairs1 et mme1 au mom5t de l'excution1 son gr& *agr9 tait qu'on ne lui et pas p]mis de se ras] avant4 ,il en tait de mme jadis2 c'e/ ce que n\s p\vons voir dans l'introduction 7dcl>ation7 dont ,mateo ,aleman fait prcd] son clbre roman ,guzman d',alf>a*e1 o il rapporte que beauc\p de crim9els g>s drob5t leurs d]nires heures au so9 du salut de leur me1 auquel ils devrai5t les employ] exclusivem5t1 p\r t]m9] et appr5dre p> cur un petit s]mon qu'ils v\drai5t dbit] du haut du gibet4 ,n\s p\vons retr\v] notre propre image dans des traits p>eils2 c> ce sont les exemples de taille colossale qui f\rniss5t les explications les plus vid5tes en t\te matire4 ,p\r n\s t\s1 le plus s\v5t1 nos proccupations1 nos *agr9s1 les s\cis rongeurs1 nos colres1 nos inquitudes1 nos ef=ts1 etc41 ont en vue presque entirem5t l'op9ion des autres et sont aussi1 absurdes que ceux des pauvres diables cits plus haut4 ,l'envie et la ha9e p>t5t galem5t1 en gr&e p>tie1 de la mme rac9e4 ,ri5 videmm5t ne contribu]ait davantage notre bonheur1 compos pr9cipalem5t de calme d'esprit et de cont5tem5t1 que de limit] la puissance de ce mobile1 de l'abaiss]a un degr que la raison puisse ju/ifi] 7au #a_/ej p> exemple7 et d'arra*] a9si de nos *airs cette p9e qui les d*ire4 ,nanmo9s la *ose e/ bi5 difficile2 n\s avons affaire ici un trav]s naturel et inn3 ,etiam sapi5tibus cupido glori novissima exuitur1 dit ,tacite 7,hi/4 ,,iv1 #f7 7,la passion de la gloire e/ la d]nire dont les sages mmes se dp\ill5t2 trad4 dition ,dubo*et1 ,p>is2 #ahej74 ,le seul moy5 de n\s dlivr] de cette folie univ]selle1 s]ait de la reconnatre di/9ctem5t p\r une folie1 et1 cet effet1 de n\s r5dre bi5 clairem5t compte quel po9t la plup>t des op9ions1 dans les ttes des hommes1 sont le plus s\v5t fausses1 de trav]s1 errones et absurdes2 combi5 l'op9ion des autres a peu d'influ5ce relle sur n\s dans la plup>t des cas et des *oses2 combi5 en gnral elle e/ m*ante1 tellem5t qu'il n'e/ p]sonne qui ne tombt malade de colre s'il ent5dait sur quel ton on p>le et t\t ce qu'on dit de lui2 combi5 enf9 l'honneur lui-mme n'a1 proprem5t p>l]1 qu'une valeur indirecte et non immdiate1 etc4 ,si n\s p\vions russir opr] la gurison de cette folie gnrale1 n\s gagn]ions inf9im5t en calme d'esprit et en cont5tem5t1 et n\s acqu]rions en mme temps une cont5ance plus f]me et plus sre1 une allure beauc\p plus dgage et plus naturelle4 ,l'influ5ce t\te bi5faisante d'une vie retire sur notre tranquillit d'me et sur notre satisfaction1 provi5t en gr&e p>tie de ce qu'elle n\s s\/rait l'obligation de vivre con/amm5t s\s les reg>ds des autres et1 p> suite1 n\s enlve la proccupation incessante de leur op9ion possible3 ce qui a p\r effet de n\s r5dre n\s-mmes4 ,de cette faon1 n\s *app]ons galem5t beauc\p de malheurs rels dont la cause unique e/ cette aspiration purem5t idale ou1 plus correctem5t dit1 cette dplorable folie2 il n\s re/]a aussi la facult de donn] plus de so9 aux bi5s rels que n\s p\rrons gt] alors sans en tre di/rait4 ,mais1 1 n\s l'avons dj dit4 ,cette folie de notre nature1 que n\s v5ons de dcrire1 p\sse trois rejetons pr9cipaux3 l'ambition1 la vanit et l'orgueil4 ,entre ces deux d]ni]s1 la diffr5ce consi/e en ce que l'orgueil e/ la conviction dj f]mem5t acquise de notre propre haute valeur s\s t\s les rapports2 la vanit1 au contraire1 e/ le dsir de faire natre cette conviction *ez les autres et1 d'ord9aire1 avec le secret espoir de p\voir p> la suite n\s l'appropri] aussi4 ,a9si l'orgueil e/ la haute e/ime de soi-mme1 procdant de l'intrieur1 donc directe2 la vanit1 au contraire1 e/ la t5dance l'acqurir du dehors1 donc indirectem5t4 ,c'e/ p\rquoi la vanit r5d causeur2 l'orgueil1 taciturne4 ,mais le vaniteux devrait savoir que la haute op9ion d'autrui1 laquelle il aspire1 s'obti5t beauc\p plus vite et plus srem5t en g>dant un sil5ce cont9u qu'en p>lant1 qu& on aurait les plus belles *oses du monde dire4 ,n'e/ pas orgueilleux qui veut2 t\t au plus peut affect] l'orgueil qui veut2 mais ce d]ni] sortira bi5tt de son rle1 comme de t\t rle emprunt4 ,c> ce qui r5d rellem5t orgueilleux1 c'e/ uniquem5t la f]me1 l'intime1 l'9branlable conviction de mrites suprieurs et d'une valeur "p4 ,cette conviction peut tre errone1 ou bi5 repos] sur des mrites simplem5t extrieurs et conv5tionnels2 peu importe l'orgueil1 p\rvu qu'elle soit relle et srieuse4 ,puisque l'orgueil a sa rac9e dans la conviction1 il s]a1 comme t\te notion1 en dehors de notre volont libre4 ,son pire ennemi1 je veux dire son plus gr& ob/acle1 e/ la vanit qui brigue l'approbation d'autrui p\r fond] ensuite sur celle-ci la propre haute op9ion de soi-mme1 t&is que l'orgueil suppose une op9ion dj f]mem5t assise4 ,quoique l'orgueil soit gnralem5t blm et dcri1 je suis nanmo9s t5t1 de croire que cela vi5t pr9cipalem5t de ceux qui n'ont ri5 dont ils puiss5t s'enorgueillir4 ,vu l'impud5ce et la /upide arrogance de la plup>t des hommes1 t\t tre qui possde des mrites quelconques f]a trs bi5 de les mettre en vue lui-mme1 af9 de ne pas les laiss] tomb] dans un oubli complet2 c> celui qui1 bnvolem5t1 ne *]*e pas s'en prvaloir et se conduit avec les g5s comme s'il tait en t\t leur semblable1 ne t>d]a pas tre en t\te s9crit considr p> eux comme de leurs gaux4 ,je v\drais recomm&] d'en agir a9si ceux-l surt\t dont les mrites sont de l'ordre le plus lev1 des mrites rels1 p> consqu5t purem5t p]sonnels1 att5du que ceux-ci ne peuv5t pas1 comme les dcorations et les titres1 tre rappels t\t in/ant la mmoire p> une impression des s5s2 autrem5t1 ils v]ront trop s\v5t se ralis] le sus ,m9]vam 7le p\rceau qui en remontre ,m9]ve74 ,un excell5t prov]be arabe dit3 ,plaisante avec l'esclave1 il te montr]a bi5tt le d]rire4 ,la maxime d',horace3 ,sume sup]biam qusitam m]itis 7,cons]ve le noble orgueil qui revi5t au mrite7 n'e/ pas non plus ddaign]4 ,la mode/ie e/ bi5 une v]tu inv5te pr9cipalem5t l'usage des coqu9s1 c> elle exige que *acun p>le de soi comme s'il en tait un3 cela tablit une galit de niveau admirable et produit la mme app>5ce que s'il n'y avait en gnral que des coqu9s4 ,cep5dant l'orgueil au meilleur m>*1 c'e/ l'orgueil national4 ,il trahit *ez celui qui en e/ atte9t l'abs5ce de qualits individuelles dont il puisse tre fi]1 c>1 sans cela1 il n'aurait pas rec\rs celles qu'il p>tage avec tant de millions d'individus4 ,quiconque possde des mrites p]sonnels di/+us reconnatra1 au contraire1 plus clairem5t les dfauts de sa propre nation1 puisqu'il l'a t\j\rs prs5te la vue4 ,mais t\t piteux imbcile1 qui n'a ri5 au monde dont il puisse s'enorgueillir1 se rejette sur cette d]nire ress\rce1 d'tre fi] de la nation laquelle il se tr\ve app>t5ir p> has>d2 c'e/ l-dessus qu'il se rattrape1 et1 dans sa gratitude1 il e/ prt df5dre 7du po+ et du pi$7 t\s les dfauts et t\tes les sottises propres cette nation4 ,a9si1 sur c9quante ,anglais1 p> exemple1 on en tr\v]a pe9e un seul qui lve la voix p\r v\s appr\v] qu& v\s p>l]ez avec un ju/e mpris du bigotisme /upide et dgradant de sa nation2 mais ce seul individu s]a c]ta9em5t un homme de tte4 ,les ,allem&s n'ont pas l'orgueil national#i et pr\v5t a9si cette honntet dont ils ont la rputation2 en revan*e1 c'e/ t\t le contraire que pr\v5t ceux d'entre les ,allem&s qui pr(ess5t et affect5t ridiculem5t cet orgueil1 comme le font pr9cipalem5t les deuts*5 ,brd] et les dmocrates1 qui flatt5t le peuple af9 de le sduire4 ,on prt5d bi5 que les ,allem&s aurai5t inv5t la p\dre2 mais je ne suis pas de cet avis4 ,li*t5b]g pose aussi la "q suivante3 ,p\rquoi un homme qui n'e/ pas un ,allem& se f]a-t-il r>em5t pass] p\r tel8 et p\rquoi1 qu& il veut se faire pass] p\r quelque *ose1 se f]a-t-il pass] d'ord9aire p\r ,franais ou ,anglais8 ,au re/e1 l'individualit1 dans t\t homme1 e/ *ose autrem5t importante que la nationalit et mrite mille fois plus que cette d]nire d'tre prise en considration4 ,honntem5t1 on ne p\rra jamais dire gr& bi5 d'un c>actre national1 puisque national veut dire qu'il app>ti5t une f\le4 ,c'e/ plutt la petitesse d'esprit1 la draison et la p]v]sit de l'espce huma9e qui seules ressort5t dans *aque pays1 s\s une =me diffr5te1 et c'e/ celle-ci que l'on appelle le c>actre national4 ,dgt de l'un1 n\s en l\ons un autre1 jusqu'au mom5t o celui-ci n\s inspire le mme s5tim5t4 ,*aque nation se moque de l'autre1 et t\tes ont raison4 ,la matire de ce *apitre peut tre classe1 n\s l'avons dit1 en honneur1 rang et gloire4 ,,ii4--,le rang4 ,quant au rang1 quelque important qu'il p>aisse aux yeux de la f\le et des phili/9s1 et quelque gr&e que puisse tre son utilit comme r\age dans la ma*9e de l'tat1 n\s en aurons f9i avec lui en peu de mots1 p\r atte9dre notre b4 ,c'e/ une valeur de conv5tion1 ou1 plus correctem5t1 une valeur simule2 son action a p\r rsultat une considration simule1 et le t\t e/ une comdie p\r la f\le4 ,les dcorations sont des lettres de *ange tires sur l'op9ion publique2 leur valeur repose sur le crdit du tireur4 ,en att5dant1 et sans p>l] de t\t l'arg5t qu'elles p>gn5t l'tat en remplaant les rcomp5ses pcuniaires1 elles n'en sont pas mo9s une in/itution des plus heureuses1 suppos que leur di/ribution se fasse avec disc]nem5t et quit4 ,en effet1 la f\le a des yeux et des oreilles1 mais elle n'a gure davantage2 elle a surt\t inf9im5t peu de jugem5t1 et sa mmoire mme e/ c\rte4 ,c]ta9s mrites sont t\t fait hors de la porte de sa comprh5sion2 il y en a d'autres qu'elle compr5d et acclame leur app>ition1 mais qu'elle a bi5 vite fait d'oubli]4 ,cela tant1 je tr\ve t\t fait conv5able1 p>t\t et t\j\rs1 de cri] la f\le1 p> l'organe d'une croix ou d'une toile3 ,cet homme que v\s voyez n'e/ pas de vos p>eils2 il a des mrites6 ,cep5dant1 p> une di/ribution inju/e1 draisonnable ou excessive1 les dcorations p]d5t leur prix2 aussi un pr9ce devrait-il apport] autant de circonspection en accord] qu'un comm]ant sign] des lettres de *ange4 ,l'inscription3 ,p\r le mrite1 sur une croix1 e/ un plonasme2 t\te dcoration devrait tre p\r le mrite1 a va sans dire#aj4 ,,iii4--,l'honneur4 ,la discussion de l'honneur s]a beauc\p plus difficile et plus longue que celle du rang4 ,avant t\t1 n\s aurons le df9ir4 ,si cet effet je disais3 ,l'honneur e/ la consci5ce extrieure1 et la consci5ce e/ l'honneur intrieur1 cette df9ition p\rrait peut-tre plaire quelques-uns2 mais ce s]ait l une explication brillante plutt que nette et bi5 fonde4 ,aussi dirai-je3 ,l'honneur e/1 objectivem5t1 l'op9ion qu'ont les autres de notre valeur1 et1 subjectivem5t1 la cra9te que n\s inspire cette op9ion4 ,en cette d]nire qualit1 il a s\v5t une action trs salutaire1 quoique nullem5t fonde en morale pure1 sur l'homme d'honneur4 ,la rac9e et l'orig9e de ce s5tim5t de l'honneur et de la honte1 inhr5t t\t homme qui n'e/ pas encore entirem5t corrompu1 et le motif de la haute valeur attribue l'honneur1 vont tre exposs dans les considrations qui suiv5t4 ,l'homme ne peut1 lui seul1 que trs peu de *ose3 il e/ un ,rob9son ab&onn2 ce n'e/ qu'en communaut avec les autres qu'il e/ et peut beauc\p4 ,il se r5d compte de cette condition ds l'in/ant o sa consci5ce comm5ce tant soit peu se dvelopp]1 et aussitt s'veille en lui le dsir d'tre compt comme un membre utile de la socit1 capable de conc\rir pro p>te virili l'action commune1 et ayant droit a9si p>ticip] aux avantages de la communaut huma9e4 ,il y russit en s'acquittant d'abord de ce qu'on exige et att5d de t\t homme en t\te position1 et ensuite de ce qu'on exige et att5d de lui dans la position spciale qu'il occupe4 ,mais il reconnat t\t aussi vite que ce qui importe1 ce n'e/ pas d'tre un homme de cette trempe dans sa propre op9ion1 mais dans celle des autres4 ,voil l'orig9e de l'ardeur avec laquelle il brigue l'op9ion favorable d'autrui et du prix lev qu'il y atta*e4 ,ces deux t5dances se manife/5t avec la spontanx d'un s5tim5t inn1 que l'on appelle le s5tim5t de l'honneur et1 dans c]ta9es circon/ances1 le s5tim5t de la pudeur 7v]ecundia74 ,c'e/ l le s5tim5t qui lui *asse le sang aux j\es ds qu'il se croit m5ac de p]dre dans l'op9ion des autres1 bi5 qu'il se sa*e innoc5t1 et alors mme que la faute dvoile n'e/ qu'une infraction relative1 c'e/--dire ne conc]ne qu'une obligation bnvolem5t assume4 ,d'autre "p1 ri5 ne =tifie davantage en lui le c\rage de vivre que la c]titude acquise ou r5\vele de la bonne op9ion des hommes1 c> elle lui assure la protection et le sec\rs des =ces runies de l'ensemble qui con/itue un remp>t inf9im5t plus puissant contre les maux de la vie que ses seules =ces4 ,des relations div]ses1 dans lesquelles un homme peut se tr\v] avec d'autres individus et qui mett5t ceux-ci dans le cas de lui accord] de la confiance1 p> consqu5t d'avoir1 comme on dit1 bonne op9ion de lui1 naiss5t plusieurs espces d'honneur4 ,les pr9cipales de ces relations sont le mi5 et le ti51 les devoirs auxquels on s'oblige1 enf9 le rapport sexuel1 auxquelles correspond5t l'honneur b\rgeois1 l'honneur de la fonction et l'honneur sexuel1 dont *acun prs5te encore des s\s-g5res4 ,l'honneur b\rgeois#aa possde la sphre la plus t5due3 il consi/e dans la prsupposition que n\s respect]ons absolum5t les droits de *acun et que1 p> consqu5t1 n\s n'emploi]ons jamais1 notre avantage1 des moy5s inju/es ou illicites4 ,il e/ la condition de la p>ticipation t\t comm]ce pacifique avec les hommes4 ,il suffit1 p\r le p]dre1 d'une seule action qui lui soit =tem5t et manife/em5t contraire2 comme consqu5ce1 t\te pe9e crim9elle n\s le ravit galem5t1 la seule condition que la pe9e ait t ju/e4 ,l'honneur repose cep5dant t\j\rs1 en d]nire analyse1 sur la conviction de l'immutabilit du c>actre moral1 en v]tu de laquelle une seule mauvaise action g>antit une qualit id5tique de moralit p\r t\tes les actions ultrieures1 ds que des circon/ances semblables se prs5t]ont encore3 c'e/ ce qu'indique aussi l'expression anglaise "*1 qui signifie r5om1 rputation1 honneur4 ,voil p\rquoi aussi la p]te de l'honneur e/ irrp>able1 mo9s qu'elle ne soit due une calomnie ou de fausses app>5ces4 ,aussi y a-t-il des lois contre la calomnie1 les libelles et contre les injures galem5t2 c> l'injure1 la simple insulte1 e/ une calomnie sommaire1 sans indication de motifs3 en grec1 on p\rrait trs bi5 r5dre cette p5se a9si3 ,e 7,l'injure e/ une calomnie abrge72 cette maxime ne se tr\ve cep5dant exprime nulle "p4 ,il e/ de fait que celui qui injurie n'a ri5 de rel ni de vrai produire contre l'autre1 sans quoi il l'nonc]ait comme prmisses et ab&onn]ait tranquillem5t1 ceux qui l'c\t5t1 le so9 de tir] la conclusion2 mais au contraire1 il donne la conclusion et re/e devoir les prmisses2 il compte sur la supposition dans l'esprit des auditeurs qu'il procde a9si p\r abrg] seulem5t4 ,l'honneur b\rgeois tire1 il e/ vrai1 son nom de la classe b\rgeoise1 mais son autorit s't5d sur t\tes les classes indi/9ctem5t1 sans en except] mme les plus leves3 nul ne peut s'en pass]2 c'e/ une affaire des plus srieuses1 que l'on doit bi5 se g>d] de pr5dre la lgre4 ,quiconque viole la foi et la loi demeure jamais un homme sans foi ni loi1 quoi qu'il fasse et quoi qu'il puisse tre2 les fruits am]s que la p]te de l'honneur apporte avec soi ne t>d]ont pas se produire4 ,l'honneur a1 dans un c]ta9 s5s1 un c>actre ngatif1 p> opposition la gloire dont le c>actre e/ positif1 c> l'honneur n'e/ pas cette op9ion qui porte sur c]ta9es qualits spciales1 n'app>t5ant qu' un seul individu2 mais c'e/ celle qui porte sur des qualits d'ord9aire prsupposes1 que cet individu e/ t5u de possd] galem5t4 ,l'honneur se cont5te donc d'atte/] que ce sujet ne fait pas exception1 tant que la gloire affirme qu'il en e/ une4 ,la gloire doit donc s'acqurir2 l'honneur au contraire n'a beso9 que de ne pas se p]dre4 ,p> consqu5t abs5ce de gloire1 c'e/ de l'obscurit1 du ngatif2 abs5ce d'honneur1 c'e/ de la honte1 du positif4 ,mais il ne faut pas confondre cette condition ngative avec la passivit2 t\t au contraire1 l'honneur a un c>actre t\t actif4 ,en effet1 il procde uniquem5t de son sujet3 il e/ fond sur la propre conduite de celui-ci et non sur les actions d'autrui ou sur des faits extrieurs2 il e/ donc ' 7une qualit intrieure74 ,n\s v]rons bi5tt que c'e/ l une m>que di/9ctive entre le vritable honneur et l'honneur *eval]esque ou faux honneur4 ,du dehors1 il n'y a d'attaque possible contre l'honneur que p> la calomnie2 le seul moy5 de df5se1 c'e/ une rfutation accompagne de la publicit ncessaire p\r dmasqu] le calomniateur4 ,le respect que l'on accorde l'ge semble repos] sur ce que l'honneur des jeunes g5s1 quoique admis p> supposition1 n'e/ pas encore mis l'preuve et p> consqu5t n'exi/e proprem5t p>l] qu' crdit1 t&is que p\r les hommes plus gs on a pu con/at] dans le c\rs de leur vie si p> leur conduite ils ont su g>d] leur honneur4 ,c> ni les annes p> elles-mmes1--les animaux atteignant eux aussi un ge avanc et s\v5t plus avanc que l'homme1--ni l'expri5ce non plus comme simple connaissance plus intime de la m>*e de ce monde1 ne ju/ifi5t suffisamm5t le respect des plus jeunes p\r les plus gs1 respect que l'on exige p\rtant univ]sellem5t2 la simple faiblesse snile donn]ait droit au mnagem5t plutt qu' la considration4 ,il e/ rem>quable nanmo9s qu'il y a dans l'homme un c]ta9 respect inn1 rellem5t in/9ctif1 p\r les *eveux blancs4 ,les rides1 signe bi5 plus c]ta9 de la vieillesse1 ne l'inspir5t nullem5t4 ,on n'a jamais fait m5tion de rides respectables2 l'on dit t\j\rs3 de vnrables *eveux blancs4 ,l'honneur n'a qu'une valeur indirecte4 ,c>1 a9si que je l'ai dvelopp au comm5cem5t de ce *apitre1 l'op9ion des autres notre g>d ne peut avoir de valeur p\r n\s qu'en tant qu'elle dt]m9e ou peut dt]m9] v5tuellem5t leur conduite env]s n\s4 ,il e/ vrai que c'e/ ce qui arrive t\j\rs aussi longtemps que n\s vivons avec les hommes ou p>mi eux4 ,en effet1 comme dans l'tat de civilisation c'e/ la socit seule que n\s devons notre sret et notre avoir1 comme en outre n\s avons1 dans t\te entreprise1 beso9 des autres1 et qu'il n\s faut avoir leur confiance p\r qu'ils entr5t en relation avec n\s1 leur op9ion s]a d'un gr& prix nos yeux2 mais ce prix s]a t\j\rs indirect1 et je ne saurais admettre qu'elle puisse avoir une valeur directe4 ,c'e/ aussi l'avis de ,cicron 7,f941 ,,iii1 #ag73 ,de bona autem fama ,*rysippus quidem et ,diog5es1 detracta utilitate1 ne digitum quidem1 ejus causa1 porrig5dum esse dicebant4 ,quibus ego vehem5t] ass5tior 7,quant la bonne r5omme1 ,*rysippe et ,diogne disai5t que1 si l'on retran*ait l'utilit qui en revi5t1 elle ne vaudrait pas la pe9e qu'on remut p\r elle le b\t du doigt1 et p\r moi je suis =t de leur s5tim5t74 ,helvetius aussi1 dans son *ef-d'uvre ,de l'esprit 7disc4 ,,iii1 *ap4 #ac71 dveloppe longuem5t cette vrit et arrive la conclusion suivante3 ,n\s n'aimons pas l'e/ime p\r l'e/ime1 mais uniquem5t p\r les avantages qu'elle procure4 ,or1 le moy5 ne p\vant valoir plus que la f91 cette maxime pompeuse3 ,l'honneur avant la vie1 ne s]a jamais1 comme n\s l'avons dj dit1 qu'une hyp]bole4 ,voil p\r ce qui conc]ne l'honneur b\rgeois4 99 99 99 99 99 ,l'honneur de la fonction1 c'e/ l'op9ion gnrale qu'un homme revtu d'un emploi possde effectivem5t t\tes les qualits requises et s'acquitte ponctuellem5t et en t\tes circon/ances des obligations de sa *>ge4 ,plus1 dans l'tat1 la sphre d'action d'un homme e/ importante et t5due1 plus le po/e qu'il occupe e/ lev et influ5t1 et plus gr&e doit tre aussi l'op9ion que l'on a des qualits intellectuelles et morales qui l'en r5d5t digne2 p> consqu5t1 le degr d'honneur qu'on lui accorde et qui se manife/e p> des titres1 p> des dcorations1 etc41 devra s'lev]1 et l'humilit dans la conduite des autres env]s lui s'acc5tu] progressivem5t4 ,c'e/ la position d'un homme qui dt]m9e con/amm5t1 mesur la mme *elle1 le degr p>ticuli] d'honneur qui lui e/ d2 ce degr peut nanmo9s tre modifi p> la facilit plus ou mo9s gr&e des masses compr5dre l'importance de cette position4 ,mais on attribu]a t\j\rs plus d'honneur celui qui a des obligations t\tes spciales remplir1 comme celles d'une fonction1 p> exemple1 qu'au simple b\rgeois dont l'honneur repose pr9cipalem5t sur des qualits ngatives4 ,l'honneur de la fonction exige1 en outre1 que celui qui occupe une *>ge la fasse respect]1 cause de ses collgues et de ses successeurs2 p\r y p>v5ir1 il doit1 comme n\s l'avons dit1 s'acquitt] ponctuellem5t de ses devoirs2 mais1 de plus1 il ne doit laiss] impunie aucune attaque contre le po/e ou contre lui-mme1 en tant que fonctionnaire3 il ne p]mettra donc jamais qu'on vi5ne dire qu'il ne remplit pas scrupuleusem5t les devoirs de sa fonction1 ou que celle-ci n'e/ d'aucune utilit p\r le pays2 il devra1 au contraire1 en faisant *ti] le c\pable p> les tribunaux1 pr\v] que ces attaques tai5t inju/es4 ,comme s\s-ordres de cet honneur1 n\s tr\vons celui de l'employ1 du mdec91 de l'avocat1 de t\t pr(esseur public1 de t\t gradu mme1 bref1 de quiconque1 en v]tu d'une dcl>ation (ficielle1 a t proclam capable de quelque travail intellectuel et qui1 p> l mme1 s'e/ oblig l'excut]2 en un mot1 l'honneur en cette qualit mme de t\s ceux que l'on peut compr5dre s\s la dsignation d'engags publics4 ,dans cette catgorie il faut donc mettre aussi le vritable honneur militaire1 qui consi/e en ce que t\t homme qui s'e/ engag df5dre la patrie commune possde rellem5t les qualits v\lues1 a9si avant t\t le c\rage1 la brav\re et la =ce1 et qu'il e/ rsolum5t prt la df5dre jusqu' la mort et n'ab&onn] aucun prix le drapeau auquel il a prt s]m5t4 ,j'ai donn ici l'honneur de la fonction une signification trs l>ge1 c>1 dans l'acception ord9aire1 cette expression dsigne le respect d p> les citoy5s la fonction elle-mme4 99 99 99 99 99 ,l'honneur sexuel me semble dem&] tre exam9 de plus prs1 et les pr9cipes en doiv5t tre re*]*s jusqu' sa rac9e2 cela vi5dra confirm] en mme temps que t\t honneur repose1 en df9itive1 sur des considrations d'utilit4 ,envisag dans sa nature1 l'honneur sexuel se divise en honneur des femmes et honneur des hommes1 et con/itue1 des deux p>ts1 un esprit de corps bi5 ent5du4 ,le premi] e/ de beauc\p le plus important des deux1 c>1 dans la vie des femmes1 le rapport sexuel e/ l'affaire pr9cipale4 ,a9si donc1 l'honneur fm99 e/1 qu& on p>le d'une fille1 l'op9ion gnrale qu'elle ne s'e/ donne aucun homme1 et1 p\r une femme m>ie1 qu'elle ne s'e/ donne qu' celui auquel elle e/ unie p> m>iage4 ,l'importance de cette op9ion se fonde sur les considrations suivantes4 ,le sexe fm99 rclame et att5d du sexe mascul9 absolum5t t\t1 t\t ce qu'il dsire et t\t ce qui lui e/ ncessaire2 le sexe mascul9 ne dem&e l'autre1 avant t\t et directem5t1 qu'une unique *ose4 ,il a donc fallu s'arrang] de telle faon que le sexe mascul9 ne pt obt5ir cette unique *ose qu' la *>ge de pr5dre so9 de t\t1 et p>-dessus le m>* aussi des enfants natre2 c'e/ sur cet arrangem5t que repose le bi5-tre de t\t le sexe fm994 ,p\r que l'arrangem5t puisse s'excut]1 il faut ncessairem5t que t\tes les femmes ti5n5t f]me ensemble et montr5t de l'esprit de corps4 ,elles se prs5t5t alors comme un seul t\t1 en rangs s]rs1 devant la masse entire du sexe mascul91 comme devant un ennemi commun qui1 ayant1 de p> la nature et en v]tu de la prpondrance de ses =ces physiques et intellectuelles1 la possession de t\s les bi5s t]re/res1 doit tre va9cu et conquis1 af9 d'arriv]1 p> sa possession1 possd] en mme temps les bi5s t]re/res4 ,dans ce b1 la maxime d'honneur de t\t le sexe fm99 e/ que t\te cohabitation en dehors du m>iage s]a absolum5t int]dite aux hommes1 af9 que *acun de ceux-ci soit contra9t au m>iage comme une espce de capitulation et qu'a9si t\tes les femmes soi5t p\rvues4 ,ce rsultat ne peut tre obt5u en enti] que p> l'obs]vation rig\reuse de la maxime ci-dessus2 aussi le sexe fm99 t\t enti] veille-t-il avec un vritable esprit de corps ce que t\s ses membres l'excut5t fidlem5t4 ,en consqu5ce1 t\te fille qui1 p> le concub9age1 se r5d c\pable de trahison env]s son sexe1 e/ rep\sse p> le corps enti] et ne d'infamie1 c> le bi5-tre de la communaut priclit]ait si le procd se gnralisait2 on dit alors3 ,elle a p]du son honneur4 ,aucune femme ne doit plus la frqu5t]2 on l'vite comme une pe/ifre4 ,le mme sort att5d la femme adultre1 p>ce qu'elle a viol la capitulation cons5tie p> le m>i1 et qu'un tel exemple rebute les hommes de conclure de ces conv5tions1 alors que cep5dant le salut de t\tes les femmes en dp5d4 ,mais1 de plus1 comme une p>eille action compr5d une tromp]ie et un grossi] manquem5t de p>ole1 la femme adultre p]d non seulem5t l'honneur sexuel1 mais encore l'honneur b\rgeois4 ,c'e/ p\rquoi l'on peut bi5 dire1 comme p\r l'excus]3 une fille tombe2 on ne dira jamais3 une femme tombe2 le sducteur peut r5dre l'honneur la premire p> le m>iage1 mais jamais l'adultre sa complice1 aprs divorce4 ,aprs cet expos si clair1 on reconnatra que la base du pr9cipe de l'honneur fm99 e/ un esprit de corps salutaire1 ncessaire mme1 mais nanmo9s bi5 calcul et fond sur l'intrt2 on p\rra bi5 lui attribu] la plus haute importance dans la vie de la femme1 on p\rra lui accord] une gr&e valeur relative1 mais jamais une valeur absolue1 dpassant celle de la vie avec ses de/9es2 on n'admettra jamais1 non plus1 que cette valeur aille jusqu' devoir tre paye au prix mme de l'exi/5ce4 ,on ne p\rra donc appr\v] ni ,lucrce ni ,virg9ius1 avec leur exaltation dgnrant en f>ces tragiques4 ,la priptie1 dans le drame d',emilia ,galotti#ab1 p\r la mme raison a quelque *ose de tellem5t rvoltant que l'on sort du spectacle1 t\t fait mal dispos4 ,en revan*e1 et en dpit de l'honneur sexuel1 on ne peut s'emp*] de sympa?is] avec la ,clr*5 dans ,egmont4 ,cette faon de p\ss] l'extrme le pr9cipe de l'honneur fm99 app>ti5t1 comme tant d'autres1 l'oubli de la f9 p\r les moy5s2 on attribue l'honneur sexuel1 p> de telles exagrations1 une valeur absolue1 alors que1 plus que t\t autre honneur1 il n'en a qu'une relative2 on e/ mme port dire qu'elle e/ purem5t conv5tionnelle qu& on lit ,?omasius1 ,de concub9atu2 on y voit que1 jusqu' la r=mation de ,lu!r1 dans presque t\s les pays et de t\t temps1 le concub9age a t un tat p]mis et reconnu p> la loi1 et o la concub9e ne cessait pas d'tre honorable3 sans p>l] de la ,mylitta de ,babylone 7voy4 ,hrodote1 ,i1 #aii71 etc4 ,il e/ aussi telles conv5ances sociales qui r5d5t impossible la =malit extrieure du m>iage1 surt\t dans les pays ca?oliques o le divorce n'exi/e pas2 mais1 dans t\s les pays1 cet ob/acle exi/e p\r les s\v]a9s2 mon avis cep5dant1 entret5ir une matresse e/1 de leur "p1 une action bi5 plus morale qu'un m>iage morganatique2 les enfants issus de semblables unions peuv5t lev] des prt5tions dans le cas o la desc5dance lgitime vi5drait s'te9dre1 d'o rsulte la possibilit1 bi5 que trs loigne1 d'une gu]re civile4 ,au surplus1 le m>iage morganatique1 c'e/--dire conclu en dpit de t\tes les conv5ances extrieures1 e/1 en df9itive1 une concession faite aux femmes et aux prtres1 deux classes auxquelles il faut se g>d]1 autant qu'on le peut1 de concd] quelque *ose4 ,considrons encore que t\t homme1 dans son pays1 peut p\s] la femme de son *oix2 il en e/ un seul qui ce droit naturel e/ ravi2 ce pauvre homme1 c'e/ le s\v]a94 ,sa ma9 app>ti5t au pays2 on ne l'accorde qu'en vue de la raison d'tat1 c'e/--dire de l'intrt de la nation4 ,et cep5dant ce pr9ce e/ homme2 il aim]ait aussi suivre une fois le p5*ant de son cur4 ,il e/ inju/e et +rat autant que b\rgeoisem5t vulgaire de df5dre ou de repro*] au s\v]a9 de vivre avec sa matresse1 bi5 ent5du aussi longtemps qu'il ne lui accorde aucune influ5ce sur les affaires4 ,de son ct aussi1 cette matresse1 p> rapport l'honneur sexuel1 e/ p\r a9si dire une femme exceptionnelle1 en dehors de la rgle commune2 elle ne s'e/ donne qu' un seul homme2 elle l'aime1 elle en e/ aime1 et il ne p\rra jamais la pr5dre p\r femme4 ,ce qui pr\ve surt\t que le pr9cipe de l'honneur fm99 n'a pas une orig9e purem5t naturelle1 ce sont les nombreux et sanglants sacrifices qu'on lui apporte p> l'infanticide et p> le suicide des mres4 ,une fille qui se donne illgitimem5t viole1 il e/ vrai1 sa foi env]s son sexe enti]2 mais cette foi n'a t qu'accepte tacitem5t1 elle n'a pas t jure4 ,et comme1 dans la plup>t des cas1 c'e/ son propre intrt qui en s\ffre le plus directem5t1 sa folie e/ alors inf9im5t plus gr&e que sa dpravation4 ,l'honneur sexuel des hommes e/ provoqu p> celui des femmes1 titre d'esprit de corps oppos2 t\t homme qui se s\met au m>iage1 c'e/--dire cette capitulation si avantageuse p\r la p>tie adv]se1 contracte l'obligation de veill] dsormais ce qu'on respecte la capitulation1 af9 que ce pacte lui-mme ne vi5ne p]dre de sa solidit si l'on pr5ait l'habitude de ne le g>d] que ngligemm5t2 il ne faut pas que les hommes1 aprs avoir t\t livr1 arriv5t ne pas mme tre assurs de l'unique *ose qu'ils ont /ipule en ret\r2 savoir la possession exclusive de l'p\se4 ,l'honneur du m>i exige alors qu'il v5ge l'adultre de sa femme1 et le punisse au mo9s p> la sp>ation4 ,s'il le supporte1 bi5 qu'il en ait connaissance1 la communaut mascul9e le c\vre de honte2 mais celle-ci n'e/1 beauc\p prs1 pas aussi pntrante que celle de la femme qui a p]du son honneur sexuel4 ,elle e/1 t\t au plus1 une levioris n macula 7une s\illure de mo9dre importance71 c> les relations sexuelles sont une affaire secondaire p\r l'homme1 vu la multiplicit et l'importance de ses autres relations4 ,les deux gr&s potes dramatiques des temps mod]nes ont *acun pris deux fois p\r sujet cet honneur mascul93 ,%akespe>e dans ,o!llo et le ,conte d'une nuit d'hiv] et ,cald]on dans ,el m$ico de su honora 7,le mdec9 de son honneur7 et dans ,a secreto agravio secreta v5ganza 7 outrage secret1 secrte v5geance74 ,du re/e1 cet honneur ne dem&e que le *tim5t de la femme et non celui de l'amant2 la punition de ce d]ni] n'e/ que opus sup]]ogationis 7p>-dessus le m>*7 ce qui confirme bi5 que son orig9e e/ dans l'esprit de corps des m>is4 ,l'honneur1 tel que je l'ai considr jusqu'ici dans ses g5res et dans ses pr9cipes1 se tr\ve rgn] gnralem5t *ez t\s les peuples et t\tes les poques1 quoiqu'on puisse dc\vrir quelques modifications locales et temporaires des pr9cipes de l'honneur fm994 ,mais il exi/e un g5re d'honneur entirem5t diffr5t de celui qui a c\rs gnralem5t et p>t\t1 dont ni les ,grecs ni les ,roma9s n'avai5t la mo9dre ide1 pas plus que les ,*9ois1 les ,h9d\s ni les mahomtans jusqu'auj\rd'hui encore4 ,en effet1 il e/ n au moy5 ge et ne s'e/ acclimat que dans l',europe *rti5ne2 ici mme1 il n'a pntr que dans une fraction m9ime de la population1 savoir1 p>mi les classes suprieures de la socit et p>mi leurs mules4 ,c'e/ l'honneur *eval]esque ou le po9t d'honneur4 ,sa base diffre totalem5t de celle de l'honneur dont n\s avons trait jusqu'ici2 sur quelques po9ts1 elle en e/ mme l'oppos1 puisque l'un fait l'homme honorable1 et l'autre1 p> contre1 l'homme d'honneur4 ,je vais donc expos] ici1 sp>m5t1 leurs pr9cipes1 s\s =me de code ou miroir de l'honneur *eval]esque4 #a ,l'honneur ne consi/e pas dans l'op9ion d'autrui sur notre mrite1 mais uniquem5t dans les manife/ations de cette op9ion2 peu importe que l'op9ion manife/e exi/e rellem5t ou non1 et encore mo9s qu'elle soit1 ou non1 fonde4 ,p> consqu5t1 le monde peut avoir la pire op9ion sur notre compte cause de notre conduite2 il peut n\s mpris] tant que bon lui semble2 cela ne nuit en ri5 notre honneur1 aussi longtemps que p]sonne ne se p]met de le dire haute voix4 ,mais1 l'inv]se1 si mme nos qualits et nos actions =ai5t t\t le monde n\s e/im] hautem5t 7c> cela ne dp5d pas de son libre arbitre71 il suffira d'un seul individu--ft-ce le plus m*ant ou le plus bte--qui nonce son dda9 notre g>d1 et voil du c\p notre honneur endommag1 p]du mme jamais1 si n\s ne le rp>ons4 ,un fait qui dmontre surabondamm5t qu'il ne s'agit nullem5t de l'op9ion elle-mme1 mais uniquem5t de sa manife/ation extrieure1 c'e/ que les p>oles (f5santes peuv5t tre retires1 qu'au beso9 on peut en dem&] le p>don1 et alors elles sont comme si elles n'avai5t jamais t prononces2 la "q de savoir si l'op9ion qui les avait provoques a *ang en mme temps et p\rquoi elle se s]ait modifie ne fait ri5 l'affaire2 on n'annule que la manife/ation1 et alors t\t e/ en rgle4 ,le rsultat que l'on a en vue n'e/ donc pas de mrit] le respect1 mais de l'extorqu]4 #b ,l'honneur d'un homme ne dp5d pas de ce qu'il fait1 mais de ce qu'on lui fait1 de ce qui lui arrive4 ,n\s avons tudi plus haut l'honneur qui rgne p>t\t2 ses pr9cipes n\s ont dmontr qu'il dp5d exclusivem5t de ce qu'un homme dit ou fait lui-mme2 en revan*e1 l'honneur *eval]esque rsulte de ce qu'un autre dit ou fait4 ,il e/ donc plac dans la ma91 ou simplem5t susp5du au b\t de la langue du premi] v5u3 p\r peu que celui-ci y porte la ma91 l'honneur e/1 t\t in/ant1 en dang] de se p]dre p\r t\j\rs1 mo9s que l'(f5s ne le repr5ne p> la viol5ce4 ,n\s p>l]ons t\t l'heure des =malits accomplir p\r le remettre en place4 ,t\tefois cette procdure ne peut tre suivie qu'au pril de la vie1 de la lib]t1 de la =tune et du repos de l'me4 ,la conduite d'un homme ft-elle la plus honorable et la plus noble1 son me la plus pure et sa tte la plus m95te1 t\t cela n'emp*]a pas que son honneur ne puisse tre p]du1 sitt qu'il plaira un individu quelconque de l'injuri]2 et1 s\s la seule rs]ve de n'avoir pas encore viol les prceptes de l'honneur en "q1 cet individu p\rra tre le plus vil coqu91 la brute la plus /upide1 un fa9ant1 un j\eur1 un homme p]du de dettes1 bref un tre qui n'e/ pas digne que l'autre le reg>de4 ,c'e/ mme d'ord9aire une crature de cette espce qu'il plaira d'insult]1 c> ,snque 7,de con/antia1 #aa7 aju/em5t obs]v que ut quisque contemptissimus et ludibrio e/1 ita solutissim l+u e/ 7,plus un homme e/ mpris1 plus il s]t de j\et1 plus sa langue e/ sans fre972 et c'e/ contre l'homme m95t que n\s avons dcrit plus haut qu'un tre vil s'a*>n]a de prfr5ce1 p>ce que les contraires se hass5t et que l'aspect de qualits suprieures veille habituellem5t une s\rde rage dans l'me des misrables2 c'e/ p\rquoi ,g! dit3 ,0 ,klag/ du b] ,fe9de8 ,sollt5 ,sol*e je word5 ,freunde1 ,d55 das ,wes51 wie du bi/1 ,im ,/ill5 e9 ewig] ,vorwurf i/8 7,p\rquoi te pla9dre de tes ennemis8 ,p\rrai5t-ils jamais tre tes amis1 des hommes p\r lesquels une nature comme la ti5ne e/1 en secret1 un repro*e t]nel87--7,trad4 ,por*at1 vol4 ,i1 p4 #efd47 ,on voit combi5 les g5s de cette espce doiv5t de reconnaissance au pr9cipe de l'honneur qui les met de niveau avec ceux qui leur sont suprieurs t\s g>ds4 ,qu'un p>eil individu lance une injure1 c'e/--dire attribue l'autre quelque vila9e qualit2 si celui-ci n'efface pas bi5 vite l'insulte avec du sang1 elle pass]a1 provisoirem5t1 p\r un jugem5t objectivem5t vrai et fond1 p\r un dcret ayant =ce de loi2 l'affirmation p\rra mme re/] jamais vraie et valable4 ,en d'autres t]mes1 l'insult re/e 7aux yeux de t\s les hommes d'honneur7 ce que l'insulteur 7ft-il le d]ni] des hommes7 a dit qu'il tait1 c> il a empo* l'affront 7c'e/ l le t]m9us te*nicus74 ,ds lors1 les hommes d'honneur le mpris]ont pr(ondm5t2 ils le fuiront comme s'il avait la pe/e2 ils refus]ont1 p> exemple1 hautem5t et publiquem5t d'all] dans une socit o on le reoit1 etc4 ,je crois p\voir avec c]titude faire remont] au moy5 ge l'orig9e de ce l\able s5tim5t4 ,en effet1 ,c4 ,w4 de ,wa*t] 7vid4 ,beitrge zur deuts*5 ,ges*i*te1 besond]s des deuts*5 ,/rafre*ts1 #ahde7 n\s appr5d que jusqu'au ,x,ve sicle1 dans les procs crim9els1 ce n'tait pas au dnonciateur pr\v] la culpabilit1 c'tait au dnonc pr\v] son innoc5ce4 ,cette preuve p\vait se faire p> le s]m5t de purgation1 p\r lequel il lui fallait des assi/ants 7consacram5tales7 qui jurass5t tre conva9cus qu'il tait incapable d'un p>jure4 ,s'il ne p\vait pas tr\v] d'assi/ants1 ou si l'accusateur les rcusait1 alors int]v5ait le jugem5t de ,dieu1 qui consi/ait d'ord9aire dans le duel4 ,c> le dnonc dev5ait alors un insult et devait se purg] de l'insulte4 ,voil donc l'orig9e de cette notion de l'insulte et de t\te cette procdure telle qu'elle e/ pratique encore auj\rd'hui p>mi les hommes d'honneur1 sauf le s]m5t4 ,cela n\s explique aussi la pr(onde indignation oblige qui saisit les hommes d'honneur qu& ils s'ent5d5t accus] de m5songe1 a9si que la v5geance sanglante qu'ils en tir5t2 ce qui semble d'autant plus trange que le m5songe e/ une *ose de t\s les j\rs4 ,en ,anglet]re surt\t1 le fait s'e/ lev la hauteur d'une sup]/ition pr(ondm5t enrac9e 7quiconque m5ace de mort celui qui l'accuse de m5songe devrait1 en ralit1 n'avoir jamais m5ti de sa vie74 ,dans ces procs crim9els du moy5 ge1 il y avait une procdure plus sommaire encore2 elle consi/ait en ce que l'accus rpliquait l'accusateur3 ,tu en z m5ti2 aprs quoi1 on en appelait immdiatem5t au jugem5t de ,dieu3 de l drive1 dans le code de l'honneur *eval]esque1 l'obligation d'avoir sur l'heure en appel] aux armes1 qu& on v\s a adress le repro*e d'avoir m5ti4 ,voil p\r ce qui conc]ne l'injure4 ,mais il exi/e quelque *ose de pire que l'injure1 quelque *ose de tellem5t horrible que je dois dem&] p>don aux hommes d'honneur d'os] seulem5t le m5tionn] dans ce code de l'honneur *eval]esque2 je n'ignore pas que1 ri5 que d'y p5s]1 ils auront la *air de p\le1 et que leurs *eveux se dress]ont sur leurs ttes1 c> cette *ose e/ le ,summum malum1 de t\s les maux le plus gr& sur t]re1 plus r$\table que la mort et la damnation4 ,il peut arriv]1 en effet1 horribile dictu1 il peut arriv] qu'un individu applique un autre une claque ou un c\p4 ,c'e/ l une p\vantable cata/rophe2 elle amne une mort si complte de l'honneur que1 si l'on peut la rigueur gurir p> de simples saignes t\tes les autres lsions de l'honneur1 celle-ci1 p\r sa gurison radicale1 exige que l'on tue compltem5t4 #c ,l'honneur ne s'inquite pas de ce que peut tre l'homme en soi et p> soi1 ni de la "q de savoir si la condition morale d'un tre ne peut pas se modifi] quelque j\r1 et autres semblables pdant]ies d'cole4 ,lorsque l'honneur a t endommag ou p]du p\r un mom5t1 il peut tre promptem5t et entirem5t rtabli1 mais la condition qu'on s'y pr5ne au plus vite2 cette unique panace1 c'e/ le duel4 ,si1 t\tefois1 l'auteur du dommage n'app>ti5t pas aux classes sociales qui pr(ess5t le code de l'honneur *eval]esque1 ou s'il a viol ce code en quelque occasion1 il y a1 surt\t qu& le dommage a t caus p> des voies de fait1 mais alors mme qu'il ne l'a t que p> des p>oles1 il y a1 disons-n\s1 une opration infaillible entrepr5dre3 c'e/1 si l'on e/ arm1 de lui pass] sur-le-*amp ou encore1 la rigueur1 une heure aprs1 son arme au trav]s du corps2 de cette faon1 l'honneur e/ rtabli4 ,mais p>fois l'on veut vit] cette opration1 p>ce que l'on apprh5de les dsagrm5ts qui en p\rrai5t rsult]2 alors si l'on n'e/ pas bi5 sr que l'(f5seur se s\mette aux lois de l'honneur *eval]esque1 on a rec\rs un remde palliatif qui s'appelle l'avantage4 ,celui-ci consi/e1 lorsque l'adv]saire a t grossi]1 l'tre notablem5t plus que lui2 si p\r cela les injures ne suffis5t pas1 on a rec\rs aux c\ps3 et mme ici il y a encore un climax1 une gradation dans le traitem5t de l'honneur3 on gurit les s\fflets p> des c\ps de bton1 ceux-ci p> des c\ps de f\et de *asse2 contre ces d]ni]s mmes1 il y a des g5s qui recomm&5t1 comme d'une efficacit pr\ve1 de cra*] au visage4 ,mais1 dans le cas o l'on n'arrive pas temps avec ces remdes-l1 il faut sans faute procd] aux oprations sanglantes4 ,cette m?ode de traitem5t palliatif se base1 au fond1 sur la maxime suivante3 #d ,de mme qu'tre insult e/ une honte1 de mme insult] e/ un honneur4 ,a9si1 que la vrit1 le droit et la raison soi5t du ct de mon adv]saire1 mais que je l'injurie2 aussitt il n'a plus qu' all] au diable avec t\s ses mrites2 le droit et l'honneur sont de mon ct1 et lui1 p> contre1 a provisoirem5t p]du l'honneur1 jusqu' ce qu'il le rtablisse2 p> le droit et la raison1 croyez-v\s8 non pas1 p> le pi/olet ou l'pe4 ,donc1 au po9t de vue de l'honneur1 la grossiret e/ une qualit qui supple ou dom9e t\tes les autres2 le plus grossi] a t\j\rs raison3 quid multa8 ,quelque btise1 quelque inconv5ance1 quelque infamie qu'on ait pu commettre1 une grossiret leur enlve ce c>actre et les lgitime sance t5ante4 ,que dans une discussion1 ou dans une simple conv]sation1 un autre dploie une connaissance plus exacte de la "q1 un am\r plus svre de la vrit1 un jugem5t plus sa91 plus de raison1 en un mot qu'il mette en lumire des mrites intellectuels qui n\s mett5t dans l'ombre1 n\s n'en p\vons pas mo9s effac] d'un c\p t\tes ces supriorits1 voil] notre indig5ce d'esprit et tre suprieur notre t\r en dev5ant grossi] et (f5sant4 ,c> une grossiret t]rasse t\t argum5t et clipse t\t esprit4 ,si donc notre adv]saire ne se met pas aussi de la p>tie et ne rplique pas p> une grossiret encore plus gr&e1 auquel cas n\s en arrivons au noble assaut p\r l'avantage1 c'e/ n\s qui sommes victorieux1 et l'honneur e/ de notre ct3 vrit1 in/ruction1 jugem5t1 intellig5ce1 esprit1 t\t cela doit pli] bagage et fuir devant la div9e grossiret4 ,aussi les hommes d'honneur1 ds que quelqu'un met une op9ion diffr5te de la leur ou dploie plus de raison qu'ils n'en peuv5t mettre en campagne1 f]ont-ils m9e immdiatem5t d'enf\r*] ce *eval de combat2 lorsque1 dans une controv]se1 ils manqu5t d'argum5ts v\s oppos]1 ils *]*]ont quelque grossiret1 ce qui fait le mme (fice et e/ plus facile tr\v]3 aprs quoi ils s'en vont triomphants4 ,aprs ce que n\s v5ons d'expos]1 n'a-t-on pas raison de dire que le pr9cipe de l'honneur ennoblit le ton de la socit8 ,la maxime dont n\s v5ons de n\s occup] repose son t\r sur la suivante1 qui e/ proprem5t dire le fondem5t et l'me du prs5t code4 #e ,la c\r suprme de ju/ice1 celle devant laquelle1 dans t\s les diffr5ds t\*ant l'honneur1 on peut en appel] de t\te autre in/ance1 c'e/ la =ce physique1 c'e/--dire l'animalit4 ,c> t\te grossiret e/ vrai dire un appel l'animalit1 en ce s5s qu'elle prononce l'incompt5ce de la lutte des =ces intellectuelles ou du droit moral1 et qu'elle la remplace p> celle des =ces physiques2 dans l'espce homme1 que ,frankl9 df9it a toolmak+ animal 7un animal qui confectionne des outils71 cette lutte s'effectue p> le duel1 au moy5 d'armes spcialem5t confectionnes dans ce b1 et elle amne une dcision sans appel4 ,cette maxime fondam5tale e/ dsigne1 comme on sait1 p> l'expression droit de la =ce1 qui implique une ironie1 comme en allem& le mot ,ab]witz 7absurdit71 qui indique une espce de ,witz 7esprit7 qui e/ lo9 d'tre du ,witz2 dans ce mme ordre d'ides1 l'honneur *eval]esque devrait s'appel] l'honneur de la =ce4 #f ,en traitant de l'honneur b\rgeois1 n\s l'avons tr\v trs scrupuleux sur les *apitres du ti5 et du mi51 des obligations contractes et de la p>ole donne2 en revan*e1 le prs5t code pr(esse sur t\s ces po9ts les pr9cipes les plus noblem5t libraux4 ,en effet1 il e/ une seule p>ole laquelle on ne doit pas manqu]3 c'e/ la p>ole d'honneur1 c'e/--dire la p>ole aprs laquelle on a dit3 sur l'honneur1 d'o rsulte la prsomption que l'on peut manqu] t\te autre p>ole4 ,mais dans le cas mme o l'on aurait viol sa p>ole d'honneur1 l'honneur peut au beso9 tre sauv au moy5 de la panace en "q1 le duel3 n\s sommes t5us de n\s battre avec ceux qui s\ti5n5t que n\s avons donn notre p>ole d'honneur4 ,en outre1 il n'exi/e qu'une seule dette qu'il faille pay] sans faute3 c'e/ la dette de jeu1 qui1 p\r ce motif1 s'appelle une dette d'honneur4 ,quant aux autres dettes1 on en fl\]ait juifs et *rti5s1 que cela ne nuirait en ri5 l'honneur *eval]esque#ac4 ,t\t esprit de bonne foi reconnatra premire vue que ce code trange1 b>b>e et ridicule de l'honneur ne saurait avoir sa s\rce dans l'ess5ce de la nature huma9e ou dans une manire s5se d'envisag] les rapports des hommes entre eux4 ,c'e/ ce que confirme aussi le doma9e trs limit de son autorit3 ce doma9e1 qui ne date que du moy5 ge1 se borne l',europe1 et ici mme il n'embrasse que la noblesse1 la classe militaire et leurs mules4 ,c> ni les ,grecs1 ni les ,roma9s1 ni les populations m9emm5t civilises de l',asie1 dans l'antiquit pas plus que dans les temps mod]nes1 n'ont su et ne sav5t le premi] mot de cet honneur-l et de ses pr9cipes4 ,t\s ces peuples ne connaiss5t que ce que n\s avons appel l'honneur b\rgeois4 ,*ez eux1 l'homme n'a d'autre valeur que celle que lui donne sa conduite entire1 et non celle que lui donne ce qu'il plat une mauvaise langue de dire sur son compte4 ,*ez t\s ces peuples1 ce que dit ou fait un individu peut bi5 anantir son propre honneur1 mais jamais celui d'un autre4 ,un c\p1 *ez t\s ces peuples1 n'e/ pas autre *ose qu'un c\p1 tel que t\t *eval ou t\t ne en peut appliqu]1 et de plus dang]eux encore3 un c\p p\rra1 l'occasion1 veill] la colre ou port] s'en v5g] sur l'heure1 mais il n'a ri5 de commun arec l'honneur4 ,ces nations ne ti5n5t pas des livres o l'on passe en compte les c\ps ou les injures1 a9si que les satisfactions que l'on a eu so91 ou qu'on a nglig d'en tir]4 ,p\r la brav\re et le mpris de la vie1 elles ne le cd5t en ri5 celles de l',europe *rti5ne4 ,les ,grecs et les ,roma9s tai5t c]tes des hros accomplis1 mais ils ignorai5t entirem5t le po9t d'honneur4 ,le duel n'tait pas *ez eux l'affaire des classes nobles1 mais celle de vils gladiateurs1 d'esclaves ab&onns et de crim9els condamns1 que l'on excitait se battre1 en les faisant alt]n] avec des btes froces1 p\r l'amusem5t du peuple4 l'introduction du *ri/ianisme1 les jeux de gladiateurs fur5t abolis1 mais leur place et en ple9 *ri/ianisme on a in/itu le duel p> l'int]mdiaire du jugem5t de ,dieu4 ,si les premi]s tai5t un sacrifice cruel (f]t la curiosit publique1 le duel en e/ un t\t aussi cruel1 au prjug gnral1 sacrifice o l'on n'immole pas des crim9els1 des esclaves ou des prisonni]s1 mais des hommes libres et des nobles4 ,une f\le de traits que l'hi/oire n\s a cons]vs pr\v5t que les anci5s ignorai5t absolum5t ce prjug4 ,lorsque1 p> exemple1 un *ef teuton provoqua ,m>ius en duel1 ce hros lui fit rpondre que1 s'il tait las de la vie1 il n'avait qu' se p5dre1 lui proposant t\tefois un gladiateur mrite avec lequel il p\rrait bataill] son aise 7,fre9%41 ,suppl4 9 ,liv41 l4 ,,lxviii1 c4 #ab74 ,n\s lisons dans ,plut>que 7,?m41 #aa7 qu',eurybiade1 comm&ant de la flotte1 dans une discussion avec ,?mi/ocle1 aurait lev la canne p\r le frapp]2 n\s ne voyons pas que celui-ci ait tir son pe1 mais qu'il dit3 1 7,frappe1 mais c\te74 ,quelle indignation le lecteur homme d'honneur ne doit-il pas pr\v] en ne tr\vant pas dans ,plut>que la m5tion que le corps des (fici]s a?ni5s aurait immdiatem5t dcl> ne plus v\loir s]vir s\s ce ,?mi/ocle6 ,aussi un criva9 franais de nos j\rs dit-il avec raison3 ,si quelqu'un s'avisait de dire que ,dmo/hne fut un homme d'honneur1 on s\rirait de piti444 ,cicron n'tait pas un homme d'honneur non plus 7,soires littraires1 p> ,c4 ,dur&1 ,r\51 #ahbh1 vol4 ,,ii1 p4 #cjj74 ,de plus1 le passage de ,platon 7,de leg41 ,,ix1 les #f d]nires pages1 a9si que ,,xi1 p4 #aca1 dit4 ,bipont7 sur les 1 c'e/--dire les voies de fait1 pr\ve assez qu'en cette matire les anci5s ne s\ponnai5t mme pas ce s5tim5t du po9t d'honneur *eval]esque4 ,socrate1 la suite de ses nombreuses disputes1 a t s\v5t en butte des c\ps1 ce qu'il supportait avec calme2 un j\r1 ayant reu un c\p de pi$1 il l'accepta sans se f*] et dit quelqu'un qui s'en tonnait3 ,si un ne m'avait frapp1 irais-je port] pla9te8 7,diog4 ,larce1 ,,ii1 #ba47 ,une autre fois1 comme quelqu'un lui disait3 ,cet homme v\s invective2 ne v\s injurie-t-il pas8 il lui rpondit3 ,non1 c> ce qu'il dit ne s'applique pas moi4 7,ibid41 #cf47--,/obe 7,florileg41 d4 ,gais=d1 vol4 ,i1 p4 #cbg-ccj7 n\s a cons]v un long passage de ,musonius qui p]met de se r5dre compte de la manire dont les anci5s envisageai5t les injures3 ils ne connaissai5t d'autre satisfaction obt5ir que p> la voie des tribunaux1 et les sages ddaignai5t mme celle-ci4 ,on peut voir dans le ,gorgias de ,platon 7p4 #hf1 d4 ,bip47 qu'en effet c'tait l l'unique rp>ation exige p\r un s\fflet2 n\s y tr\vons aussi 7p4 #acc7 rapporte l'op9ion de ,socrate4 ,cela ressort encore de ce que raconte ,aulu-,gelle 7,,xx1 #a7 d'un c]ta9 ,lucius ,v]atius qui s'amusait1 p> espigl]ie et sans motif aucun1 donn] un s\fflet aux citoy5s roma9s qu'il r5contrait dans la rue2 p\r vit] de longues =malits1 il se faisait accompagn]1 cet effet1 d'un esclave porteur d'un sac de monnaie de cuivre et *>g de pay]1 sance t5ante1 au passant tonn l'am5de lgale de #be z4 ,crats1 le clbre philosophe cynique1 avait reu du musici5 ,nicodrome un si vig\reux s\fflet que son visage en tait tumfi et ec*ymos2 alors il s'atta*a au front une plan*ette avec cette inscription3 7,nicodrome a fait cela71 ce qui c\vrit ce j\eur de flte d'une honte extrme p\r s'tre livr une p>eille brutalit 7,d4 ,larce1 ,,vi1 #hi7 contre un homme que t\t ,a?nes rvrait l'gal d'un dieu-l>e 7,apul41 ,flor41 p4 #abf1 d4 ,bip474 ,n\s avons1 ce sujet1 une lettre de ,diogne de ,s9ope1 adresse ,mlesippe1 dans laquelle1 aprs lui avoir racont qu'il a t battu p> des ,a?ni5s ivres1 il aj\te que cela ne lui fait absolum5t ri5 7,nota ,casaub4 ad ,d4 ,larte1 ,,vi1 #cc74 ,snque1 dans le livre ,de con/antia sapi5tis1 depuis le *apitre ,x et jusqu' la f91 traite en dtail de contumelia 7de l'outrage71 p\r tablir que le sage le mprise4 ,au *apitre ,,xiv1 il dit3 ,at sapi5s colaphis p]cussus1 quid faciet8 ,quod ,cato1 cum illi os p]cussum esset3 non exc&uit1 non v9dicavit injuriam3 nec remisit quidem1 s$ factam negavit 7,mais le sage qui reoit un s\fflet1 que f]a-t-il8 ,ce que fit ,caton qu& il fut frapp au visage2 il ne prit pas feu1 il ne v5gea pas son injure1 il ne la p>donna mme pas1 mais il nia qu'elle et t commise74 ,oui1 v\s criez-v\s1 mais c'tai5t des sages6 ,et v\s1 v\s tes des f\s8--,d'accord4 ,n\s voyons donc que t\t ce pr9cipe de l'honneur *eval]esque tait inconnu aux anci5s prcism5t p>ce qu'ils envisageai5t1 de t\t po9t1 les *oses s\s leur aspect naturel1 sans prv5tions et sans se laiss] b]n] p> de s9i/res et impies sornettes de ce g5re4 ,aussi1 dans un c\p au visage1 ne voyai5t-ils ri5 autre que ce qu'il e/ en ralit1 un petit prjudice physique1 t&is que p\r les mod]nes il e/ une cata/rophe et un ?me tragdies1 comme1 p> exemple1 dans le ,cid de ,corneille et dans un drame allem& plus rc5t1 intitul ,la =ce des circon/ances1 mais qui devrait s'appel] plutt ,la =ce du prjug4 ,mais si1 un j\r1 un s\fflet e/ donn dans l',assemble nationale ,p>is1 alors l',europe entire en ret5tit4 ,les rm9isc5ces classiques a9si que les exemples de l'antiquit1 rapports plus haut1 doiv5t avoir t\t fait mal dispos les hommes d'honneur2 n\s leur recomm&ons1 comme antidote1 de lire dans ,jacques le ,fatali/e1 ce *ef-d'uvre de ,did]ot1 l'hi/oire de ,monsieur ,desgl&s#ad2 ils y tr\v]ont un type hors ligne d'honneur *eval]esque mod]ne qui p\rra les dlect] et les difi] plaisir4 ,de t\t ce qui prcde1 il rsulte des preuves suffisantes que le pr9cipe de l'honneur *eval]esque n'e/ pas un pr9cipe primitif1 bas sur la nature propre de l'homme2 il e/ artificiel1 et son orig9e e/ facile dc\vrir4 ,c'e/ l'enfant de ces sicles o les po+s tai5t plus ex]cs que les ttes1 et o les prtres t5ai5t la raison en*ane1 de ce moy5 ge enf9 tant vant1 et de sa *eval]ie4 ,en ce temps1 en effet1 le bon ,dieu n'avait pas la seule mission de veill] sur n\s2 il devait aussi jug] p\r n\s4 ,aussi les causes judiciaires dlicates se dcidai5t p> ,ordalies ou jugem5ts de ,dieu1 qui consi/ai5t1 peu d'exceptions prs1 dans les combats s+uli]s1 non seulem5t entre *evali]s1 mais mme entre b\rgeois1 a9si que le pr\ve un joli passage dans le ,h5ry ,,vi de ,%akespe>e 7#b;e p>tie1 acte #b1 sc4 #c74 ,le combat s+uli] ou jugem5t de ,dieu tait une in/ance suprieure laquelle on p\vait en appel] de t\te s5t5ce judiciaire4 ,de cette faon1 au lieu de la raison1 c'tait la =ce et l'adresse physiques1 autrem5t dit la nature animale1 que l'on rigeait en tribunal1 et ce n'tait pas ce qu'un homme avait fait1 mais ce qui lui tait arriv1 qui dcidait s'il avait tort ou raison1 exactem5t comme procde le pr9cipe d'honneur *eval]esque auj\rd'hui encore en vigueur4 ,si l'on cons]vait encore des d\tes sur cette orig9e du duel et de ses =malits1 on n'aurait1 p\r les lev] entirem5t1 qu' lire l'excell5t ouvrage de ,j4-,g4 ,mell+51 ,! hi/ory ( duell+1 #ahdi4 ,de nos j\rs encore1 p>mi les g5s qui rgl5t leur vie sur ces prceptes1--on sait que1 d'ord9aire1 ce ne sont prcism5t ni les plus in/ruits ni les plus raisonnables1--il en e/ p\r qui l'issue du duel reprs5te effectivem5t la s5t5ce div9e dans le diffr5d qui a am5 le combat2 c'e/ l videmm5t une op9ion ne d'une longue transmission hrditaire et traditionnelle4 ,ab/raction faite de son orig9e1 le pr9cipe d'honneur *eval]esque a p\r b immdiat de se faire accord]1 p> la m5ace de la =ce physique1 les tmoignages extrieurs de l'e/ime que l'on croit trop difficile ou sup]flu d'acqurir rellem5t4 ,c'e/ peu prs comme si quelqu'un *auffait avec sa ma9 la b\le d'un !rmomtre et v\lait pr\v]1 p> l'asc5sion de la colonne de m]cure1 que sa *ambre e/ bi5 *auffe4 considr] la *ose de plus prs1 en voici le pr9cipe3 de mme que l'honneur b\rgeois1 ayant en vue les rapports pacifiques des hommes entre eux1 consi/e dans l'op9ion que n\s mritons ple9e confiance1 p>ce que n\s respectons scrupuleusem5t les droits de *acun1 de mme l'honneur *eval]esque consi/e dans l'op9ion que n\s sommes cra9dre1 comme tant dcid df5dre nos propres droits outrance4 ,la maxime qu'il vaut mieux inspir] la cra9te que la confiance ne s]ait pas si fausse1 vu le peu de fond que l'on peut faire de la ju/ice des hommes1 si n\s vivions dans l'tat de nature o *acun doit p> soi-mme g>d] sa p]sonne et df5dre ses droits4 ,mais elle ne tr\ve plus d'application dans notre poque de civilisation1 o l'tat a pris sur lui la protection de la p]sonne et de la proprit2 elle n'e/ plus l que comme ces *teaux et ces donjons de l'poque du droit manuaire1 inutiles et ab&onns1 au milieu de campagnes bi5 cultives1 de *ausses animes1 voire mme de voies f]res4 ,l'honneur *eval]esque1 p> l mme qu'il pr(esse la maxime prcd5te1 s'e/ rejet ncessairem5t sur ces prjudices la p]sonne que l'tat ne punit que lgrem5t1 ou ne punit pas du t\t1 en v]tu du pr9cipe3 ,de m9imis lex non curat1 ces dlits ne causant qu'un dommage insignifiant1 et n'tant mme p>fois que de simples taqu9]ies4 ,p\r ma9t5ir son doma9e dans une sphre trs leve1 il a attribu la p]sonne une valeur dont l'exagration e/ hors de t\te proportion avec la nature1 la condition et la de/9e de l'homme2 il p\sse cette valeur jusqu' faire de l'individu quelque *ose de sacr1 et1 tr\vant t\t fait insuffisantes les pe9es prononces p> l'tat contre les petites (f5ses la p]sonne1 il pr5d sur lui de les punir lui-mme1 p> des punitions t\j\rs corporelles et mme p> la mort de l'(f5seur4 ,il y a videmm5t1 au fond1 l'orgueil le plus dmesur et l'outrecuidance la plus rvoltante oubli] la nature relle de l'homme et prt5dre le revtir d'une inviolabilit et d'une irrpro*abilit absolues4 ,mais t\t homme dcide ma9t5ir de semblables pr9cipes p> la viol5ce et qui pr(esse la maxime3 ,qui m'insulte ou me frappe doit prir1 mrite p\r cela seul d'tre expuls de t\t pays#ae4 ,il e/ vrai qu'on met en avant t\te sorte de prtextes p\r f>d] cet orgueil incomm5surable4 ,de deux hommes intrpides1 dit-on1 aucun ne cd]a2 dans la plus lgre collision1 ils en vi5drai5t aux injures1 puis aux c\ps et enf9 au meurtre3 il e/ donc prfrable1 p> g>d p\r les conv5ances1 de fran*ir les degrs int]mdiaires et de rec\rir immdiatem5t aux armes4 ,les dtails de la procdure ont t =muls alors en un sy/me d'un pdantisme rigide1 ayant ses lois et ses rgles et qui e/ bi5 la =ce la plus lugubre du monde2 on peut y voir1 sans contr$it1 le pan?on glorieux de la folie4 ,mais le po9t de d"p mme e/ faux2 dans les *oses de m9ime importance 7les affaires graves re/ant t\j\rs dfres la dcision des tribunaux71 de deux hommes intrpides il y en a t\j\rs un qui cde1 savoir le plus sage3 qu& il ne s'agit que d'op9ions1 on ne s'en occup]a mme pas4 ,n\s en tr\vons la preuve dans le peuple1 ou1 p\r mieux dire1 dans t\tes les nombreuses classes sociales qui n'admett5t pas le pr9cipe de l'honneur *eval]esque2 ici1 les diffr5ds suiv5t leur c\rs naturel1 et cep5dant l'homicide y e/ c5t fois mo9s frqu5t que dans la fraction m9ime1 #a_/ajjj pe9e1 qui s'y s\met3 les rixes mmes sont r>es4 ,on prt5d1 en outre1 que ce pr9cipe1 avec ses duels1 e/ un pili] qui ma9ti5t le bon ton et les belles manires dans la socit2 qu'il e/ un remp>t qui met l'abri des clats de la brutalit et de la grossiret4 ,cep5dant1 ,a?nes1 ,cor9!1 ,rome1 il y avait de la bonne et mme de la trs bonne socit1 des manires lgantes et du bon ton1 sans qu'il et t ncessaire d'y implant] l'honneur *eval]esque en guise de croquemita9e4 ,il e/ vrai de dire aussi que les femmes ne rgnai5t pas dans la socit antique comme *ez n\s4 ,outre le c>actre frivole et puril que pr5d a9si l'entreti51 puisqu'on en bannit t\t sujet de conv]sation n\rrie et srieuse1 la prs5ce des femmes dans notre socit contribue c]ta9em5t p\r une gr&e "p encore accord] au c\rage p]sonnel le pas sur t\te autre qualit1 t&is qu'en ralit il n'e/ qu'un mrite2 trs subordonn1 une simple v]tu de s\s-lieut5ant1 dans laquelle les animaux mmes n\s sont suprieurs2 en effet1 ne dit-on pas3 c\rageux comme un lion8 ,mais il y a plus3 au reb\rs de l'ass]tion prcdemm5t rapporte1 le pr9cipe de l'honneur *eval]esque e/ s\v5t le refuge assur de la malhonntet et de la m*ancet dans les affaires graves1 et en mme temps1 dans les petites1 un asile de l'insol5ce1 de l'impud5ce et de la grossiret1 p\r la bonne raison que p]sonne ne se s\cie de risqu] sa vie en v\lant les *ti]4 ,en tmoignage1 n\s voyons le duel dans t\te sa fleuraison et pratiqu avec le srieux le plus sangu9aire *ez cette nation prcism5t qui1 dans ses relations politiques et f9ancires1 a montr un manque d'honntet relle3 c'e/ ceux qui en ont fait l'preuve qu'il faut dem&] de quelle nature sont les relations prives avec les individus de cette nation2 et1 p\r ce qui e/ de leur urbanit et de leur culture sociale1 elles ont de longue date une clbrit comme modles ngatifs4 ,t\s ces motifs qu'on allgue sont donc mal fonds4 ,on p\rrait affirm] avec plus de raison que1 de mme que le *i5 gronde qu& on le gronde et c>esse qu& on le c>esse1 de mme il e/ dans la nature de l'homme de r5dre ho/ilit p\r ho/ilit et d'tre exaspr et irrit p> les manife/ations du dda9 ou de la ha9e4 ,cicron l'a dj dit3 ,habet quemdam aculeum contumelia1 quem pali prud5tes ac viri boni difficillime possunt 7,t\te injure a un aiguillon dont les prud5ts et les sages mme support5t difficilem5t la piqre71 et en effet nulle "p au monde 7si n\s en exceptons quelques sectes pieuses7 on ne supporte avec calme des injures1 ou1 plus =te raison1 des c\ps4 ,nanmo9s1 la nature ne n\s enseigne ri5 qui aille au del d'une reprsaille quival5te l'(f5se2 elle ne n\s appr5d pas punir de mort celui qui n\s accus]ait de m5songe1 de btise ou de l*et4 ,la vieille maxime g]manique3 un s\fflet p> un /ylet1 e/ une sup]/ition *eval]esque rvoltante4 ,en t\t cas1 c'e/ la colre qu'il app>ti5t de r5dre ou de v5g] les (f5ses1 et non pas l'honneur ou au devoir1 auxquels le pr9cipe de l'honneur *eval]esque en impose l'obligation4 ,il e/ trs c]ta9 plutt qu'un repro*e n'(f5se que dans la mesure o il porte2 ce qui le pr\ve1 c'e/ que la mo9dre allusion1 frappant ju/e1 blesse beauc\p plus pr(ondm5t que l'accusation la plus grave qu& elle n'e/ pas fonde4 ,p> consqu5t1 quiconque a la consci5ce assure de n'avoir pas mrit un repro*e peut le ddaign] et le ddaign]a4 ,le pr9cipe de l'honneur lui dem&e1 au contraire1 de montr] une susceptibilit qu'il n'pr\ve pas et de v5g] dans le sang des (f5ses qui ne le bless5t nullem5t4 ,c'e/ t\t de mme avoir une bi5 m9ce op9ion de sa propre valeur que de *]*] t\ff] t\te p>ole qui t5drait la mettre en d\te4 ,la vritable e/ime de soi donn]a le calme et le mpris rel des injures2 son dfaut1 la prud5ce et la bonne ducation n\s comm&5t de sauv] l'app>5ce et de dissimul] notre colre4 ,si en outre n\s p>v5ons n\s dp\ill] de cette sup]/ition du pr9cipe d'honneur *eval]esque1 si p]sonne n'admettait plus qu'une insulte fut capable d'enlev] ou de re/itu] quoi que ce soit l'honneur2 si l'on tait conva9cu qu'un tort1 une brutalit ou une grossiret ne saurai5t tre ju/ifis l'in/ant p> l'empressem5t qu'on mettrait en donn] satisfaction1 c'e/--dire se battre1 alors t\t le monde arriv]ait bi5tt compr5dre que1 lorsqu'il s'agit d'invectives et d'injures1 c'e/ le va9cu qui sort va9queur d'un tel combat1 et que1 comme dit ,v9c5zo ,monti1 il en e/ des injures comme des processions d'glise qui revi5n5t t\j\rs leur po9t de d"p4 ,il ne suffirait plus alors1 comme actuellem5t1 de dbit] une grossiret p\r mettre le droit de son ct2 le jugem5t et la raison aurai5t alors une bi5 autre autorit1 p5dant qu'auj\rd'hui ils doiv5t1 avant de p>l]1 voir s'ils ne heurt5t pas en quoi que ce soit l'op9ion des esprits borns et des imbciles qu'irrite et al>me dj leur seule app>ition2 sans quoi l'intellig5ce peut se tr\v] dans le cas de j\]1 sur un c\p de ds1 la tte o elle rside contre le c]veau plat o loge la /upidit4 ,alors la supriorit intellectuelle occup]ait rellem5t dans la socit la primaut qui lui e/ due et que l'on donne auj\rd'hui1 bi5 que d'une manire dguise1 la supriorit physique et au c\rage la huss>de2 il y aurait aussi1 p\r les hommes m95ts1 un motif de mo9s p\r fuir la socit1 comme ils le font actuellem5t4 ,un tel revirem5t donn]ait naissance au vritable bon ton et fond]ait la vritable bonne socit1 dans la =me o1 sans d\te1 elle a exi/ ,a?nes1 ,cor9! et ,rome4 qui v\drait en connatre un *antillon1 je recomm&e de lire le ,banquet de ,xnophon4 ,le d]ni] argum5t la df5se du code *eval]esque s]a indubitablem5t a9si conu3 ,allons donc6 mais alors un homme p\rrait bi51 ,dieu n\s g>de6 donn] un c\p un autre homme6 quoi je p\rrais rpondre1 sans phrases1 que le cas s'e/ prs5t bi5 assez s\v5t dans ces #iii_/ajjj de la socit *ez qui ce code n'e/ pas admis1 sans qu'un seul individu en soit mort1 t&is que1 *ez ceux qui en suiv5t les prceptes1 *aque c\p1 dans la rgle1 devi5t une affaire mortelle4 ,mais je veux exam9] la "q plus en dtail4 ,je me suis bi5 s\v5t donn de la pe9e p\r tr\v] dans la nature animale ou intellectuelle de l'homme quelque raison valable ou seulem5t plausible1 fonde non sur de simples faons de p>l]1 mais sur des notions di/9ctes1 qui puisse ju/ifi] cette conviction1 enrac9e dans une portion de l'espce huma9e1 qu'un c\p e/ une *ose horrible3 t\tes mes re*]*es ont t va9es4 ,un c\p n'e/ et ne s]a jamais qu'un petit mal physique que t\t homme peut occasionn] un autre1 sans ri5 pr\v] p> l1 s9on qu'il e/ plus =t ou plus adroit1 ou que l'autre n'tait pas sur ses g>des4 ,l'analyse ne f\rnit ri5 au del4 ,en outre1 je vois ce mme *evali] p\r qui un c\p reu de la ma9 d'un homme semble de t\s les maux le plus gr&1 recevoir un c\p dix fois plus viol5t de son *eval et assur]1 en tranant la jambe et dissimulant sa d\leur1 que ce n'e/ ri54 ,alors j'ai suppos que cela t5ait la ma9 de l'homme4 ,cep5dant je vois notre *evali]1 dans un combat1 recevoir de la ma9 d'un homme des c\ps d'e/oc et de taille et assur] encore que ce sont des bagatelles qui ne val5t pas la pe9e d'en p>l]4 ,plus t>d1 j'appr5ds mme que des c\ps de plat de lame ne sont beauc\p prs pas aussi t]ribles que des c\ps de bton1 tellem5t que t\t rcemm5t encore les lves des coles militaires tai5t passibles des premi]s et jamais des autres4 ,mais il y a plus3 une rception de *evali]1 le c\p de plat de lame e/ un trs gr& honneur4 ,et voil que j'ai puis t\s mes motifs psy*ologiques et moraux1 et il ne me re/e plus considr] la *ose que comme une anci5ne sup]/ition1 pr(ondm5t enrac9e1 comme un n\vel exemple1 cte de tant d'autres1 de t\t ce qu'on peut en faire accroire aux hommes4 ,c'e/ ce que pr\ve encore ce fait bi5 connu1 qu'en ,*9e les c\ps de canne sont une punition civile1 trs frquemm5t employe mme l'g>d des fonctionnaires de t\s les degrs2 ce qui dmontre que1 l-bas1 la nature huma9e1 mme *ez les g5s les plus civiliss1 ne p>le pas comme *ez n\s#af4 ,en outre1 un exam5 imp>tial de la nature huma9e n\s appr5d que frapp] e/ aussi naturel l'homme que mordre l'e/ aux animaux c>nassi]s et donn] des c\ps de tte aux btes cornes2 l'homme e/ proprem5t p>l] un animal frappeur4 ,aussi sommes-n\s rvolts qu& p>fois n\s appr5ons qu'un homme en a mordu un autre2 p> contre1 donn] ou recevoir des c\ps e/ *ez l'homme un effet aussi naturel que frqu5t4 ,on compr5d facilem5t que les g5s d'une ducation suprieure *]*5t se s\/raire de p>eils effets1 en dom9ant rciproquem5t leur p5*ant naturel4 ,mais il y a vraim5t de la cruaut faire accroire une nation entire1 ou mme seulem5t une classe d'individus1 que recevoir un c\p e/ un malheur p\vantable1 qui doit tre suivi de meurtre et d'homicide4 ,il y a trop de maux rels en ce monde p\r qu'il soit p]mis d'augm5t] leur nombre et d'en crer d'imag9aires qui en amn5t de trop rels leur suite2 c'e/ ce que fait cep5dant ce sot et m*ant prjug4 ,comme consqu5ce1 je ne puis que dsappr\v] les g\v]nem5ts et les corps lgislatifs qui lui vi5n5t en aide en travaillant avec ardeur faire abolir1 p\r le civil comme p\r le militaire1 les punitions corporelles4 ,ils croi5t agir en cela dans l'intrt de l'humanit1 qu&1 t\t au contraire1 ils travaill5t a9si consolid] cet g>em5t dnatur et fune/e auquel tant de victimes ont dj t sacrifies4 ,p\r t\tes fautes1 sauf les plus graves1 inflig] des c\ps e/ la punition qui1 *ez l'homme1 se prs5te la premire l'esprit2 c'e/ donc la plus naturelle2 qui ne se s\met pas la raison se s\mettra aux c\ps4 ,punir p> une ba/onnade modre celui qu'on ne peut atte9dre dans sa =tune1 qu& il n'en1 a pas1 ni dans sa lib]t1 qu& on a beso9 de ses s]vices1 e/ un acte aussi ju/e que naturel4 ,aussi n'apporte-t-on aucune bonne raison r5contre2 on se cont5te d'invoqu] la dignit de l'homme1 faon de p>l] qui ne s'appuie pas sur quelque notion claire1 mais t\j\rs et encore sur le fatal prjug dont n\s p>lions plus haut4 ,un fait rc5t des plus comiques vi5t confirm] cet tat de *oses3 plusieurs tats vi5n5t de remplac]1 dans l'arme1 les c\ps de canne p> les c\ps de latte2 ces d]ni]s1 t\t comme les autres1 produis5t indubitablem5t une d\leur physique et sont c5ss nanmo9s n'tre ni infamants ni d%onorants4 ,en /imulant a9si le prjug qui n\s occupe1 on enc\rage en mme temps le pr9cipe de l'honneur *eval]esque et du mme c\p le duel1 p5dant que d'autre "p on s'ef=ce ou plutt on prt5d s'ef=c] d'abolir le duel p> des lois#ah4 ,aussi voyons-n\s ce fragm5t du droit du plus =t1 transport trav]s les temps1 du moy5 ge jusque dans le ,x,i,xe sicle1 s'tal] auj\rd'hui encore sc&aleusem5t au gr& j\r2 il e/ temps enf9 de l'en expuls] honteusem5t4 ,auj\rd'hui1 qu& il e/ int]dit d'excit] m?odiquem5t des *i5s ou des coqs se battre les uns contre les autres 7en ,anglet]re1 au mo9s1 ces combats sont punis71 il n\s e/ donn de voir des cratures huma9es1 excites contre leur gr1 des combats mort3 c'e/ ce ridicule prjug1 ce pr9cipe absurde de l'honneur *eval]esque1 ce sont ses /upides reprs5tants et ses *ampions qui1 p\r la premire misre v5ue1 impos5t aux hommes l'obligation de se battre entre eux comme des gladiateurs4 ,je propose nos puri/es allem&s de remplac] le mot ,durll1 driv probablem5t1 non pas du lat9 duellum1 mais de l'espagnol duelo1 pe9e1 pla9te1 grief1 p> le mot de ,ritt]setze 7combat de *evali]s1 comme on dit3 combats de coqs ou de bull-dogs74 ,on a1 c]tes1 ample matire rire de voir les allures pdantes avec lesquelles on accomplit t\tes ces folies4 ,il n'en e/ pas mo9s rvoltant que ce pr9cipe1 avec son code absurde1 con/itue un tat dans l'tat1 qui1 ne reconnaissant d'autre droit que celui du plus =t1 tyrannise les classes sociales qui sont s\s sa dom9ation1 en tablissant un tribunal p]man5t de la ,sa9te-,wehme2 *acun peut tre cit p> *acun comp>atre2 les motifs de la citation1 faciles tr\v]1 font l'(fice de sbires du tribunal1 et la s5t5ce prononce la pe9e de mort contre les deux p>ties4 ,c'e/1 naturellem5t1 le repaire du fond duquel l'tre le plus mprisable1 la seule condition d'app>t5ir aux classes s\mises aux lois de l'honneur *eval]esque1 p\rra m5ac]1 voire mme tu] les hommes les plus nobles et les meilleurs1 qui sont prcism5t ceux qu'il hait ncessairem5t4 ,puisqu'auj\rd'hui la ju/ice et la police ont gagn peu prs assez d'autorit p\r qu'un coqu9 ne puisse plus n\s arrt] sur les gr&s *em9s p\r n\s cri]3 ,la b\rse ou la vie6 il s]ait temps que le bon s5s prt assez d'autorit1 lui aussi1 p\r que le premi] coqu9 v5u ne puisse plus1 au milieu de notre exi/5ce la plus paisible1 n\s tr\bl] en n\s criant3 ,l'honneur ou la vie6 ,il faut enf9 dlivr] les classes suprieures du poids qui les accable2 il faut n\s affran*ir t\s de cette angoisse de savoir que n\s p\vons1 t\t in/ant1 tre appels pay] de notre vie la brutalit1 la grossiret1 la btise ou la m*ancet de tel individu qui il aura plu de les d*an] contre n\s4 ,il e/ criant1 il e/ honteux de voir deux jeunes c]vels sans expri5ce1 t5us d'expi] dans leur sang leur mo9dre qu]elle4 ,voici un fait qui pr\ve quelle hauteur s'e/ leve la tyrannie de cet tat dans l'tat et o en e/ arriv le p\voir de ce prjug3 on a vu s\v5t des g5s se tu] de dsespoir p\r n'avoir pu rtablir leur honneur *eval]esque (f5s1 soit p>ce que l'(f5seur tait de trop haute ou de trop basse condition1 soit p\r t\te autre cause de disproportion qui r5dait le duel impossible2 une telle mort n'e/-elle pas tragi-comique8 ,t\t ce qui e/ faux et absurde se rvle f9alem5t p> l que1 arriv son dveloppem5t p>fait1 il porte comme fleur une contradiction2 p>eillem5t1 dans le cas prs5t1 la contradiction s'pan\it s\s la =me de la plus criante ant9omie2 en effet1 le duel e/ df5du l'(fici]1 et nanmo9s celui-ci e/ puni de de/itution lorsque1 le cas *ant1 il refuse de se battre4 ,puisque j'y suis1 je veux all] plus lo9 avec mon franc-p>l]4 ,exam9e avec so9 et sans prt5tion1 cette gr&e diffr5ce1 que l'on fait sonn] si haut1 entre tu] son adv]saire dans un combat au gr& j\r et armes gales ou p> emb*e1 e/ fonde simplem5t sur ce que1 comme n\s l'avons dit1 cet tat dans l'tat ne reconnat d'autre droit que celui du plus =t et en a fait la base de son code aprs l'avoir lev la hauteur d'un jugem5t de ,dieu4 ,ce qu'on appelle en effet un combat loyal ne pr\ve pas autre *ose1 si ce n'e/ qu'on e/ le plus =t ou le plus adroit4 ,la ju/ification que l'on *]*e dans la publicit du duel prsuppose donc que le droit du plus =t e/ rellem5t un droit4 ,mais1 en ralit1 la circon/ance que mon adv]saire sait mal se df5dre me donne bi5 la possibilit1 mais non le droit de le tu]2 ce droit1 ou autrem5t dit ma ju/ification morale1 ne peut dc\l] que des motifs que j'ai de lui arra*] la vie4 ,admettons ma9t5ant que ces motifs exi/5t et soi5t suffisants2 alors il n'y a plus aucune raison de se proccup] qui de n\s deux manie le mieux le pi/olet ou l'pe1 alors il e/ indiffr5t que je le tue de telle ou telle faon1 p> devant ou p> d]rire4 ,c>1 moralem5t p>lant1 le droit du plus =t n'a pas plus de poids que le droit du plus rus1 et c'e/ ce d]ni] dont on fait usage qu& on tue dans un guet-ap5s3 ici1 le droit du po+ vaut exactem5t le droit de la tte4 ,rem>quons1 en outre1 que dans le duel mme on pratique les deux droits1 c> t\te fe9te1 dans l'escrime1 e/ une ruse4 ,si je me ti5s p\r moralem5t autoris arra*] la vie un homme1 c'e/ une sottise de m'en rapport] encore la *ance s'il sait mani] les armes mieux que moi1 c>1 dans ce cas1 c'e/ lui au contraire qui1 aprs m'avoir (f5s1 me tu]a p>-dessus le m>*4 ,r\sseau e/ d'avis qu'il faut v5g] une (f5se non p> un duel1 mais p> l'assass9at2 il met cette op9ion1 avec beauc\p de prcautions1 dans la #ba;e note1 si my/rieusem5t conue1 du ,i,ve livre de l'mile#ai4 ,mais il e/ encore si =tem5t imbu du prjug *eval]esque1 qu'il considre le repro*e de m5songe comme ju/ifiant dj l'assass9at1 t&is qu'il devrait savoir que t\t homme a mrit ce repro*e d'innombrables fois1 et lui t\t le premi] et au plus haut degr4 ,il e/ vid5t que ce prjug1 qui autorise tu] l'(f5seur la condition que le combat se fasse au gr& j\r et armes gales1 considre le droit de la =ce comme tant rellem5t un droit1 et le duel comme un jugem5t de ,dieu4 ,l',itali51 au mo9s1 qui1 enflamm de colre1 fond sans faons c\ps de c\teau sur l'homme qui l'a (f5s1 agit d'une manire logique et naturelle3 il e/ plus rus1 mais pas plus m*ant que le duelli/e4 ,si l'on v\lait m'oppos] que ce qui me ju/ifie de tu] mon adv]saire en duel1 c'e/ que de son ct il s'ef=ce d'en faire autant1 je rpondrais qu'en le provoquant je l'ai mis dans le cas de lgitime df5se4 ,se mettre a9si mutuellem5t et int5tionnellem5t dans le cas de lgitime df5se ne signifie ri5 autre1 au fond1 que *]*] un prtexte plausible p\r le meurtre4 ,on p\rrait tr\v] plutt une ju/ification dans la maxime3 ,vol5ti non fit injuria 7,on ne fait pas tort qui cons5t71 puisque c'e/ d'un commun accord que l'on risque sa vie2 mais cela on peut rpliqu] que vol5s n'e/ pas exact2 c> la tyrannie du pr9cipe d'honneur *eval]esque et de son code absurde e/ l'alguazil qui a tran les deux *ampions1 ou l'un des deux au mo9s1 jusque devant ce tribunal sangu9aire de la ,sa9te-,wehme4 99 99 99 99 99 ,je me suis t5du longuem5t sur l'honneur *eval]esque2 mais je l'ai fait dans une bonne int5tion et p>ce que la philosophie e/ l',h]cule qui seul peut combattre les mon/res moraux et intellectuels sur t]re4 ,deux *oses pr9cipalem5t di/+u5t l'tat de la socit mod]ne de celui de la socit antique1 et cela au dtrim5t de la premire1 qui elles prt5t une te9te srieuse1 sombre1 s9i/re1 qui ne voilait pas l'antiquit1 ce qui fait que celle-ci app>at1 c&ide et s]e9e1 comme le mat9 de la vie4 ,ce sont3 le pr9cipe de l'honneur *eval]esque et le mal vnri51 p> nobile fratrum6 eux deux ils ont empoisonn de la vie4 ,de fait1 l'influ5ce de la maladie vnri5ne e/ beauc\p plus t5due qu'il ne semble au premi] abord1 en ce que cette influ5ce n'e/ pas seulem5t physique1 mais aussi morale4 ,depuis que le c>quois de l'am\r porte a9si des fl*es empoisonnes1 il s'e/ introduit dans la relation mutuelle des sexes un lm5t htrogne1 ho/ile1 je dirais diabolique1 qui fait qu'elle e/ imprgne d'une sombre et cra9tive mfiance2 les effets indirects d'une telle altration dans le fondem5t de t\te communaut huma9e se font s5tir galem5t1 des degrs div]s1 dans t\tes les autres relations sociales2 mais leur analyse dtaille m'entran]ait trop lo94 ,analogue1 bi5 que d'une t\te autre nature1 e/ l'influ5ce du pr9cipe de l'honneur *eval]esque1 cette =ce srieuse qui r5d la socit mod]ne raide1 morne et inquite1 puisque t\te p>ole fugitive y e/ scrute et rum9e4 ,mais ce n'e/ pas t\t6 ,ce pr9cipe e/ un m9otaure univ]sel auquel il faut sacrifi] annuellem5t un gr& nombre de fils de nobles maisons1 pris non dans un seul tat1 comme p\r le mon/re antique1 mais dans t\s les pays de l',europe4 ,aussi e/-il temps enf9 d'attaqu] c\rageusem5t la ,*imre corps corps1 comme je vi5s de le faire4 ,puisse le ,x,i,xe sicle ext]m9] ces deux mon/res des temps mod]nes6 ,n\s ne dsesprons pas de voir les mdec9s y arriv]1 p\r l'un1 au moy5 de la prophylactique4 ,mais c'e/ la philosophie qu'il app>ti5t d'anantir la ,*imre en r$ressant les ides2 les g\v]nem5ts n'ont pu y russir p> le maniem5t des lois1 et du re/e le raisonnem5t philosophique seul peut attaqu] le mal dans sa rac9e4 ,jusque-l1 si les g\v]nem5ts veul5t srieusem5t abolir le duel et si le m9ce succs de leurs ef=ts ne ti5t qu' leur impuissance1 je vi5s leur propos] une loi dont je g>antis l'efficacit et qui ne rclame ni oprations sanglantes1 ni *afauds1 ni pot5ces1 ni prisons p]ptuelles4 ,c'e/ au contraire un petit1 t\t petit remde homopa?ique des plus faciles2 le voici3 ,quiconque env]ra ou accept]a un c>tel recevra la *9oise1 en ple9 j\r1 devant le corps de g>de1 d\ze c\ps de bton de la ma9 du caporal2 les porteurs du c>tel a9si que les seconds en recevront *acun six4 ,p\r les suites v5tuelles des duels accomplis1 on suivra la procdure crim9elle ord9aire4 ,quelque *evali] m'object]a peut-tre qu'aprs avoir subi une p>eille punition ma9t homme d'honneur s]a capable de se brl] la c]velle2 cela je rponds3 ,il vaut mieux qu'un tel f\ se tue lui-mme que de tu] un autre homme4 ,mais je sais trs bi5 qu'au fond les g\v]nem5ts ne p\rsuiv5t pas srieusem5t l'abolition des duels4 ,les appo9tem5ts des employs civils1 mais surt\t ceux des (fici]s 7sauf les grades levs71 sont bi5 infrieurs la valeur1 de ce qu'ils produis5t4 ,on leur solde la diffr5ce en honneur4 ,celui-ci e/ reprs5t p> des titres et des dcorations1 et1 dans une acception plus l>ge1 p> l'honneur de la fonction en gnral4 ,or1 p\r cet honneur1 le duel e/ un excell5t *eval de ma9 dont le dressage comm5ce dj dans les univ]sits4 ,c'e/ de leur sang que les victimes pay5t le dficit des appo9tem5ts4 ,p\r ne ri5 omettre1 m5tionnons encore ici l'honneur national4 ,c'e/ l'honneur de t\t un peuple considr comme membre de la communaut des peuples4 ,cette communaut ne reconnaissant d'autre =um que celui de la =ce1 et *aque membre ayant p> consqu5t sauveg>d] soi-mme ses droits1 l'honneur d'une nation ne consi/e pas seulem5t dans l'op9ion bi5 tablie qu'elle mrite confiance 7le crdit71 mais encore qu'elle e/ assez =te p\r qu'on la craigne2 aussi une nation ne doit-elle laiss] impunie aucune atte9te ses droits4 ,l'honneur national comb9e donc le po9t d'honneur b\rgeois avec celui de l'honneur *eval]esque4 ,,iv4--,la gloire4 ,dans ce qu'on reprs5te1 il n\s re/e exam9] en d]ni] lieu la gloire4 ,honneur et gloire sont jumeaux1 mais la faon des ,dioscures dont l'un1 ,pollux1 tait immortel1 et dont l'autre1 ,ca/or1 tait mortel3 l'honneur e/ le frre mortel de l'immortelle gloire4 ,il e/ vid5t que ceci ne doit s'ent5dre que de la gloire la plus haute1 de la gloire vraie et de bon aloi1 c> il y a c]tes ma9tes espces phmres de gloire4 ,en outre1 l'honneur ne s'applique qu' des qualits que le monde exige de t\s ceux qui se tr\v5t dans des conditions p>eilles1 la gloire qu' des qualits qu'on ne peut exig] de p]sonne2 l'honneur ne se rapporte qu' des mrites que *acun peut s'attribu] publiquem5t1 la gloire qu' des mrites que nul ne peut s'attribu] soi-mme4 ,p5dant que l'honneur ne va pas au del des limites o n\s sommes p]sonnellem5t connus1 la gloire1 l'inv]se1 prcde dans son vol la connaissance de l'individu et la porte sa suite aussi lo9 qu'elle p>vi5dra elle-mme4 ,*acun peut prt5dre l'honneur2 la gloire1 les exceptions seules1 c> elle ne s'acqui]t que p> des productions exceptionnelles4 ,ces productions peuv5t tre des actes ou des uvres3 de l deux r\tes p\r all] la gloire4 ,une gr&e me p>-dessus t\t n\s ouvre la voie des actes2 un gr& esprit n\s r5d capable de suivre celle des uvres4 ,*acune des deux a ses avantages et ses inconvni5ts propres4 ,la diffr5ce capitale1 c'e/ que les actions pass5t1 les uvres demeur5t4 ,l'action la plus noble n'a t\j\rs qu'une influ5ce temporaire2 l'uvre de gnie p> contre subsi/e et agit1 bi5faisante et levant l'me1 trav]s t\s les ges4 ,des actions1 il ne re/e que le s\v5ir qui devi5t t\j\rs de plus en plus faible1 dfigur et indiffr5t2 il e/ mme de/9 s'effac] graduellem5t en enti]1 si l'hi/oire ne le recueille p\r le transmettre1 ptrifi1 la po/rit4 ,les uvres1 en revan*e1 sont immortelles p> elles-mmes1 et les ouvrages crits surt\t peuv5t vivre trav]s t\s les temps4 ,le nom et le s\v5ir d',alex&re le ,gr& sont seuls vivants auj\rd'hui2 mais ,platon et ,ari/ote1 ,homre et ,horace sont eux-mmes prs5ts2 ils viv5t et agiss5t directem5t4 ,les ,vdas1 avec leurs ,upanis*ades1 sont l devant n\s2 mais1 de t\tes les actions accomplies de leur temps1 pas la mo9dre notion n'e/ p>v5ue jusqu' n\s#bj4 ,un autre dsavantage des actions1 c'e/ qu'elles dp5d5t de l'occasion qui1 avant t\t1 doit leur donn] la possibilit de se produire3 d'o il rsulte que leur gloire ne se rgle pas uniquem5t sur leur valeur intr9sque1 mais encore sur les circon/ances qui leur prt5t l'importance et l'clat4 ,elle dp5d1 en outre1 lorsque1 comme la gu]re1 les actions sont purem5t p]sonnelles1 du tmoignage d'un petit nombre de tmo9s oculaires2 or il peut se faire qu'il n'y ait pas eu de tmo9s1 ou que ceux-ci p>fois soi5t inju/es ou prv5us4 ,d'autre "p1 les actions1 tant quelque *ose de pratique1 ont l'avantage d'tre la porte de la facult de jugem5t de t\s les hommes2 aussi leur r5d-on immdiatem5t ju/ice ds que les donnes sont exactem5t f\rnies1 mo9s t\tefois que les motifs n'en puiss5t tre nettem5t connus ou ju/em5t apprcis que plus t>d1 c>1 p\r bi5 compr5dre une action1 il faut en connatre le motif4 ,p\r les uvres1 c'e/ l'inv]se2 leur production ne dp5d pas de l'occasion1 mais uniquem5t de leur auteur1 et elles re/5t ce qu'elles sont en elles-mmes et p> elles-mmes1 aussi longtemps qu'elles dur5t4 ,ici1 en revan*e1 la difficult consi/e dans la facult de les jug]1 et la difficult e/ d'autant plus gr&e que les uvres1 sont d'une qualit plus leve3 s\v5t1 il y a manque de juges compt5ts2 s\v5t aussi1 ce sont les juges imp>tiaux et honntes qui font dfaut4 ,de plus1 ce n'e/ pas une unique in/ance qui dcide de leur gloire2 il y a t\j\rs lieu appel4 ,en effet1 si1 comme n\s l'avons dit1 la mmoire des actions arrive seule la po/rit et telle que les contempora9s l'ont transmise1 les uvres au contraire y arriv5t elles-mmes et telles qu'elles sont1 sauf les fragm5ts disp>us3 ici donc1 plus de possibilit de dnatur] les donnes1 et1 si mme leur app>ition le milieu a pu ex]c] quelque influ5ce nuisible1 celle-ci disp>at plus t>d4 ,p\r mieux dire mme1 c'e/ le temps qui produit1 un un1 le petit nombre de juges vraim5t compt5ts1 appels1 comme des tres exceptionnels qu'ils sont1 en jug] de plus exceptionnels encore3 ils dpos5t successivem5t dans l'urne leurs votes significatifs1 et p> l s'tablit1 aprs des sicles p>fois1 un jugem5t ple9em5t fond et que la suite des temps ne peut plus infirm]4 ,on le voit1 la gloire des uvres e/ assure1 infaillible4 ,il faut un conc\rs de circon/ances extrieures et un has>d p\r que l'auteur arrive1 de son vivant1 la gloire2 le cas s]a d'autant plus r>e que le g5re des uvres e/ plus lev et plus difficile4 ,aussi ,snque a-t-il dit 7,ep4 #gi71 dans un langage incomp>able1 que la gloire suit aussi infailliblem5t le mrite que l'ombre suit le corps1 bi5 qu'elle m>*e1 comme l'ombre1 tantt devant1 tantt d]rire4 ,aprs avoir dvelopp cette p5se1 il aj\te3 ,etiamsi omnibus tecum viv5tibus sil5tium livor indix]it1 v5i5t qui s9e (f5sa1 s9e gratia1 judic5t 7,qu& nos contempora9s se tairai5t de n\s p> envie1 il en vi5dra d'autres qui1 sans faveur et sans passions1 n\s r5dront ju/ice72 ce passage n\s montre en mme temps que l'art d't\ff] m*amm5t les mrites p> le sil5ce et p> une fe9te ignorance1 dans le b de ca*] au public ce qui e/ bon1 au pr(it de ce qui e/ mauvais1 tait dj pratiqu p> la canaille de l'poque o vivait ,snque1 comme il l'e/ p> la canaille de la ntre1 et qu'aux uns1 comme aux autres1 c'e/ l'envie qui leur clt la b\*e4 ,d'ord9aire1 la gloire e/ d'autant plus t>dive qu'elle s]a plus durable1 c> t\t ce qui e/ exquis mrit l5tem5t4 ,la gloire appele dev5ir t]nelle e/ comme le *ne qui crot l5tem5t de sa sem5ce2 la gloire facile1 phmre1 ressemble aux plantes annuelles1 htives2 quant la fausse gloire1 elle e/ comme ces mauvaises h]bes qui p\ss5t vue d'il et qu'on se hte d'extirp]4 ,cela ti5t ce que plus un homme app>ti5t la po/rit1 autrem5t dit l'humanit entire en gnral1 plus il e/ trang] son poque2 c> ce qu'il cre n'e/ pas de/9 spcialem5t celle-ci comme telle1 mais comme tant une p>tie de l'humanit collective2 aussi1 de p>eilles uvres n'tant pas te9tes de la c\leur locale de leur temps1 il arrive s\v5t que l'poque contempora9e les laisse pass] inap]ues4 ,ce que celle-ci apprcie1 ce sont plutt ces uvres qui trait5t des *oses fugitives du j\r ou qui s]v5t le caprice du mom5t2 celles-l lui app>ti5n5t en enti]1 elles viv5t et meur5t avec elle4 ,aussi l'hi/oire de l'art et de la littrature n\s appr5d gnralem5t que les plus hautes productions de l'esprit huma9 ont1 de rgle1 t accueillies avec dfaveur et sont re/es ddaignes jusqu'au j\r o des esprits levs1 attirs p> elles1 ont reconnu leur valeur et leur ont assign une considration qu'elles ont cons]ve ds lors4 ,en d]nire analyse1 t\t cela repose sur ce que *acun ne peut rellem5t compr5dre et apprci] que ce qui lui e/ homogne4 ,or l'homogne p\r l'homme born1 c'e/ ce qui e/ born2 p\r le trivial1 c'e/ le trivial2 p\r l'esprit diffus1 c'e/ le diffus1 et p\r l'ins5s l'absurde2 ce que *acun prfre1 ce sont ses propres uvres1 comme tant entirem5t de la mme nature4 ,dj le vieil ,epi*>me1 le pote fabuleux1 *antait a9si3 1 1 1 1 1 1 4 ,ce qu'il faut traduire1 af9 que cela ne soit p]du p\r p]sonne#ba3 ,il n'e/ pas tonnant que je p>le dans mon s5s1 et ceux qui se plais5t eux-mmes croi5t qu'ils sont remplis de mrites l\ables2 de mme ri5 ne semble plus beau au *i5 que le *i51 au buf que le buf1 l'ne que l'ne et au co*on que le co*on4 ,le bras le plus vig\reux lui-mme1 qu& il lance un corps lg]1 ne peut lui communiqu] assez de m\vem5t p\r vol] lo9 et frapp] =t2 le corps retomb]a in]te et t\t prs1 p>ce que l'objet1 manquant de masse matrielle propre1 ne peut admettre la =ce extrieure2 tel s]a aussi le sort des gr&es et belles p5ses1 des *efs-d'uvre du gnie1 qu&1 p\r les admettre1 il ne se r5contre que de petits c]veaux1 des ttes faibles ou de trav]s4 ,c'e/ l ce que les sages de t\s les temps ont sans cesse dplor t\t d'une voix4 ,jsus1 fils de ,sira*1 p> exemple1 dit3 ,qui p>le un f\ p>le un endormi4 ,qu& il a f9i de p>l]1 l'autre dem&e3 ,qu'e/-ce qu'il y a8--,dans ,hamlet3 ,a knavi% spee* sleeps 9 a fools e> 7,un disc\rs fripon dort dans l'oreille d'un sot74--,g!1 son t\r3 ,das glckli*/e ,wort es wird v]bhnt1 ,w5n d] ,hr] e9 ,s*iefohr i/4 7,le mot le plus heureux e/ dprci qu& l'auditeur a l'oreille de trav]s47 ,et le mme3 ,du wirke/ ni*t1 ,alles bleibt s /umpf1 ,sei gut] ,d+e6 ,d] ,/e9 im ,sumpf ,ma*t ke9e ,r+e4 7,tu ne peux agir1 t\t demeure in]te3 ne te dsole pas6 ,le caill\ jet dans un b\rbi] ne fait pas de ronds47 ,voici ma9t5ant ,li*t5b]g3 ,qu& une tte et un livre en se heurtant r5d5t un son creux1 cela vi5t-il t\j\rs du livre8 ,le mme dit ailleurs3 ,de tels ouvrages sont des miroirs2 qu& un s+e s'y mire1 ils ne peuv5t rfl*ir les traits d'un aptre4 ,rapportons encore la belle et t\*ante pla9te du vieux papa ,gell]t2 elle le mrite bi53 ,dass (t die all]be/5 ,gab5 ,die w5ig/5 ,bewundr] hab51 ,und dass d] grs/e ,!il d] ,welt ,das ,s*le*te fr das ,gute hlt2 ,dies ,uebel sieht man alle ,tage4 ,i$o*1 wie wehrt man dies] ,pe/8 ,i* zweifle1 dass si* diese ,plage ,aus unsr] ,welt v]drng5 ls/4 ,e9 e9zig ,mittel i/ auf ,erd51 ,alle9 es i/ un5dli* s*w]3 ,die ,n>r5 mss5 weise w]d52 ,und seht6 sie w]d5's nimm]mehr4 ,nie k5n5 sie d5 ,w]? d] ,d+e4 ,ihr ,auge s*lies/1 ni*t ihr ,v]/&3 ,sie lob5 ewig das ,g]+e1 ,weil sie das ,gute nie gekannt4 7,que de fois les meilleures qualits tr\v5t le mo9s d'admirateurs1 et que de fois la plup>t du monde pr5d le mauvais p\r le bon6 ,c'e/ l un mal que l'on voit t\s les j\rs4 ,mais comm5t vit] cette pe/e8 ,je d\te que cette calamit puisse tre *asse de ce monde4 ,il n'e/ qu'un seul moy5 sur t]re1 mais il e/ inf9im5t difficile3 c'e/ que les f\s devi5n5t sages4 ,mais quoi6 ils ne le devi5dront jamais4 ,ils ne connaiss5t pas la valeur des *oses2 c'e/ p> la vue1 ce n'e/ pas p> la raison qu'ils jug5t4 ,ils l\5t con/amm5t ce qui e/ petit1 c> ils n'ont jamais connu ce qui e/ bon47 cette incapacit intellectuelle des hommes qui fait1 comme le dit ,g!1 qu'il e/ mo9s r>e de voir natre une uvre m95te que de la voir reconnue et apprcie1 vi5t s'aj\t] encore leur p]v]sit morale se manife/ant p> l'envie4 ,c> p> la gloire qu'on acqui]t1 il y a un homme de plus qui s'lve au-dessus de ceux de son espce2 ceux-ci sont donc rabaisss d'autant1 de manire que t\t mrite extraord9aire obti5t sa gloire aux dp5s de ceux qui n'ont pas de mrites3 ,w5n wir ,&]n ,ehre geh51 ,mss5 wir uns selb/ entadeln4 7,g!1 ,divan1 ,o4 ,o47 7,qu& n\s r5dons honneur aux autres1 n\s devons n\s dprci] n\s-mmes47 ,voil qui explique p\rquoi1 ds qu'app>at une uvre suprieure dans n'importe quel g5re1 t\tes les nombreuses mdiocrits s'alli5t et se conjur5t p\r l'emp*] de se faire connatre1 et p\r l't\ff] si c'e/ possible4 ,leur mot d'ordre tacite e/3 ,a bas le mrite4 ,ceux-l mmes qui ont eux aussi des mrites et qui sont dj en possession de la gloire qui leur en revi5t ne voi5t pas volonti]s po9dre une gloire n\velle dont l'clat dim9u]ait d'autant l'clat de la leur4 ,g! lui-mme a dit3 ,htt' i* gez&]t zu w]d51 ,bis man mir's ,leb5 gegnnt1 ,i* wre no* ni5t auf ,erd51 ,wie ihr begreif5 ,knnt1 ,w5n ihr s5t wie sie si* geb]d51 ,die1 um etwas zu s*e951 ,mi* g]ne n*t5 v]ne954 7,si j'avais att5du p\r natre que l'on m'accordt la vie1 je ne s]ais pas encore de ce monde1 comme v\s p\vez le compr5dre en voyant comm5t se dmn5t ceux-l qui1 p\r p>atre quelque *ose1 me r5i]ai5t volonti]s47 ,a9si donc1 p5dant que l'honneur tr\ve le plus s\v5t des juges quitables1 p5dant que l'envie ne l'attaque pas et qu'on l'accorde mme t\t homme p> avance1 crdit1 la gloire1 d'autre "p1 doit tre conquise de haute lutte1 en dpit de l'envie1 et c'e/ un tribunal de juges dcidm5t dfavorables qui dc]ne la palme4 ,n\s p\vons et n\s v\lons p>tag] l'honneur avec *acun1 mais la gloire acquise p> un autre dim9ue la ntre ou n\s en r5d la conqute plus pnible4 ,en outre1 la difficult d'arriv] la gloire p> des uvres e/ en raison inv]se du nombre d'individus dont se compose le public de ces uvres1 et cela p\r des motifs faciles saisir4 ,aussi la pe9e e/-elle plus gr&e p\r les uvres dont le b e/ d'in/ruire que p\r celles qui ne se propos5t que d'amus]4 ,c'e/ p\r les ouvrages de philosophie que la difficult e/ la plus gr&e1 p>ce que l'enseignem5t qu'ils promett5t1 d\teux d'une "p1 sans pr(it matriel de l'autre1 s'adresse1 p\r comm5c]1 un public compos exclusivem5t de concurr5ts4 ,il ressort de ce que n\s v5ons de dire sur les difficults p\r arriv] la gloire1 que le monde v]rait natre peu ou po9t d'uvres immortelles1 si ceux qui en peuv5t produire ne le faisai5t pas p\r l'am\r mme de ces uvres1 p\r leur propre satisfaction1 et s'ils avai5t beso9 p\r cela du /imulant de la gloire4 ,bi5 plus1 quiconque doit produire le bon et le vrai et fuir le mauvais brav]a l'op9ion des masses et de leurs organes2 donc il les mpris]a4 ,aussi a-t-on trs ju/em5t fait obs]v]1 ,osorio 7,de gloria7 entre autres1 que la gloire fuit devant ceux qui la *]*5t et suit ceux qui la nglig5t1 p>ce que les premi]s s'accommod5t au gt de leurs contempora9s1 t&is que les autres l'affront5t4 ,autant il e/ difficile d'acqurir la gloire1 autant e/-il facile de la cons]v]4 ,en cela aussi elle e/ en opposition avec l'honneur4 ,celui-ci s'accorde *acun1 mme crdit1 et l'on n'a plus qu' le g>d]4 ,mais l e/ la t*e1 c> une seule action indigne le fait p]dre irrvocablem5t4 ,au contraire1 la gloire ne peut rellem5t jamais tre p]due1 c> l'action ou l'uvre qui l'ont am5e demeure jamais accomplie1 et la gloire en re/e l'auteur1 qu& mme l'anci5ne il n'en aj\t]ait plus de n\velle4 ,si nanmo9s elle s'te9t1 si l'auteur lui survit1 c'e/ qu'elle tait fausse1 c'e/--dire qu'il ne l'avait pas mrite2 elle v5ait d'une valuation exagre et mom5tane du mrite2 c'tait une gloire dans le g5re de celle de ,hegel et que ,li*t5b]g dcrit en disant qu'elle avait t proclame son de trompette p> une cot]ie d'amis et de disciples et rp]cute p> l'*o des c]veaux creux2 mais comme la po/rit s\rira qu&1 un j\r1 frappant la porte de ces cages mots b>iols1 de ces *>mants nids d'une mode envole1 de ces demeures de conv5tions expires1 elle tr\v]a t\t1 t\t absolum5t vide1 et pas une p5se p\r rpondre avec confiance3 ,,entrez6 ,en df9itive1 la gloire se fonde sur ce qu'un homme e/ en comp>aison des autres4 ,elle e/ donc p> ess5ce quelque *ose de relatif et ne peut avoir aussi qu'une valeur relative4 ,elle disp>atrait totalem5t si les autres dev5ai5t ce que l'homme clbre e/ dj4 ,une *ose ne peut avoir de valeur absolue que si elle g>de son prix en t\te circon/ance2 dans le cas prs5t1 ce qui aura une valeur absolue1 ce s]a donc ce qu'un homme e/ directem5t et p> lui-mme3 c'e/ l p> consqu5t ce qui con/itu]a ncessairem5t la valeur et la flicit d'un gr& cur et d'un gr& esprit4 ,ce qu'il y a de prcieux1 ce n'e/ donc pas la gloire1 mais c'e/ de la mrit]4 ,les conditions qui en r5d5t digne sont1 p\r a9si dire1 la sub/ance2 la gloire n'e/ que l'accid5t2 cette d]nire agit sur l'homme clbre comme symptme extrieur qui vi5t confirm] ses yeux la haute op9ion qu'il a de lui-mme2 on p\rrait dire que1 semblable la lumire qui ne devi5t visible que rfl*ie p> un corps1 t\te supriorit n'acqui]t la ple9e consci5ce d'elle-mme que p> la gloire4 ,mais le symptme mme n'e/ pas infaillible1 vu qu'il exi/e de la gloire sans mrite et du mrite sans gloire4 ,less+ dit ce sujet d'une faon *>mante3 ,il y a des hommes clbres1 il y en a qui mrit5t de l'tre4 ,ce s]ait en vrit une bi5 misrable exi/5ce que celle dont la valeur ou la dprciation dp5drai5t de ce qu'elle p>at aux yeux des autres1 et telle s]ait la vie du hros et du gnie si le prix de leur exi/5ce consi/ait dans la gloire1 c'e/--dire dans l'approbation d'autrui4 ,t\t tre vit et exi/e avant t\t p\r son propre compte1 p> consqu5t pr9cipalem5t en soi et p> soi4 ,ce qu'un homme e/1 n'importe comm5t1 il l'e/ t\t d'abord et p>-dessus t\t en soi2 si1 considre a9si1 la valeur en e/ m9ime1 c'e/ qu'elle l'e/ aussi1 considre en gnral4 ,l'image au contraire de notre tre1 tel qu'il se rfl*it dans les ttes des autres hommes1 e/ quelque *ose de secondaire1 de driv1 d'v5tuel1 ne se rapportant que =t indirectem5t l'orig9al4 ,en outre1 les ttes des masses sont un local trop misrable p\r que notre vrai bonheur y puisse tr\v] sa place4 ,on ne peut y r5contr] qu'un bonheur *imrique4 ,quelle socit mlange ne voit-on pas runie dans ce temple de la gloire univ]selle6 ,capita9es1 m9i/res1 *>latans1 escamoteurs1 danseurs1 *anteurs1 millionnaires et juifs3 oui1 les mrites de t\s ces g5s-l y sont bi5 plus s9crem5t apprcis1 y tr\v5t bi5 plus d'e/ime s5tie que les mrites intellectuels1 surt\t ceux d'ordre suprieur1 qui n'obti5n5t de la gr&e majorit qu'une e/ime sur p>ole4 ,au po9t de vue eudmonologique1 la gloire n'e/ donc que le morceau le plus r>e et le plus sav\reux s]vi notre orgueil et notre vanit4 ,mais on tr\ve surabondamm5t d'orgueil et de vanit *ez la plup>t des hommes1 bi5 qu'on les dissimule2 peut-tre mme r5contre-t-on ces deux conditions au plus haut degr *ez ceux qui possd5t n'importe quel titre des droits la gloire et qui le plus s\v5t doiv5t port] bi5 longtemps dans leur me la consci5ce inc]ta9e de leur haute valeur1 avant d'avoir l'occasion de la mettre l'preuve et ensuite de la faire reconnatre3 jusqu'alors1 ils ont le s5tim5t de subir une secrte inju/ice#bb4 ,en gnral1 et comme n\s l'avons dit au comm5cem5t de ce *apitre1 le prix atta* l'op9ion e/ t\t fait disproportionn et draisonnable1 ce po9t que ,hobbes a pu dire1 en t]mes trs n]giques1 mais trs ju/em5t3 ,t\te j\issance de l'me1 t\te satisfaction vi5t de l que1 se comp>ant aux autres1 on puisse avoir une haute op9ion de soi-mme4 7,de cive1 ,i1 #e47 ,a9si s'explique le gr& prix que l'on atta*e la gloire1 et les sacrifices que l'on fait dans le seul espoir d'y arriv] un j\r3 ,fame is ! spur1 t ! cle> _s do? raise 7,t lu/ infirmity ( noble m9ds7 ,to scorn delights & live labori\s days4 7,la r5omme e/ l'p]on qui p\sse les esprits m95ts d]nire faiblesse des nobles mes ddaign] les plaisirs et consacr] leur vie au travail47 ,et ailleurs il dit3 h[ h>d x is to climb ,! hights 7 ,fame's pr\d temple %9es1 af> 7,qu'il e/ dur de grimp] aux sommets o brille au lo9 le temple de la ,r5omme47 ,c'e/ p\rquoi aussi la plus vaniteuse de t\tes les calions a t\j\rs la b\*e le mot gloire et considre celle-ci comme le mobile pr9cipal des gr&es actions et des gr&es uvres4 ,seulem5t1 comme la gloire n'e/ inconte/ablem5t que le simple *o1 l'image1 l'ombre1 le symptme du mrite1 et comme en t\t cas ce qu'on admire doit avoir plus de valeur que l'admiration1 il s'ensuit que ce qui r5d vraim5t heureux ne rside pas dans la gloire1 mais dans ce qui n\s l'attire1 dans le mrite mme1 ou1 p\r p>l] plus exactem5t1 dans le c>actre et les facults qui fond5t le mrite soit dans l'ordre moral soit dans l'ordre intellectuel4 ,c> ce qu'un homme peut tre de meilleur1 c'e/ ncessairem5t p\r lui-mme qu'il doit l'tre2 ce qui se rfl*it de son tre dans la tte des autres1 ce qu'il vaut dans leur op9ion n'e/ qu'accessoire et d'un intrt subordonn p\r lui4 ,p> consqu5t1 celui qui ne fait que mrit] la gloire1 qu& mme il ne l'obti5t pas1 possde amplem5t la *ose pr9cipale et a de quoi se consol] de ce qui lui manque4 ,ce qui r5d un homme digne d'envie1 ce n'e/ pas d'tre t5u p\r gr& p> ce public si incapable de jug] et s\v5t si aveugle1 c'e/ d'tre gr&2 le suprme bonheur non plus n'e/ pas de voir son nom all] la po/rit1 mais de produire des p5ses qui mrit5t d'tre recueillies et mdites dans t\s les sicles4 ,c'e/ l ce qui ne peut lui tre enlev1 ' 2 le re/e e/ ' 4 ,qu&1 au contraire1 l'admiration mme e/ l'objet pr9cipal1 c'e/ que le sujet n'en e/ pas digne4 ,tel e/ en effet le cas p\r la fausse gloire1 c'e/--dire la gloire non mrite4 ,celui qui la possde doit s'en cont5t] p\r t\t alim5t1 puisqu'il n'a pas les qualits dont cette gloire ne doit tre que le symptme1 le simple reflet4 ,mais il se dgt]a s\v5t de cette gloire mme3 il arrive un mom5t o1 en dpit de l'illusion sur son propre compte que la vanit lui procure1 il s]a pris de v]tige sur ces hauteurs qu'il n'e/ pas fait p\r habit]1 ou bi5 il s'veille en lui un vague s\pon de n'tre que du cuivre dor2 il e/ saisi de la cra9te d'tre dvoil et humili comme il le mrite1 surt\t alors qu'il peut lire dj sur le front des sages le jugem5t de la po/rit4 ,il ressemble un homme possdant un hritage en v]tu d'un faux te/am5t4 ,le ret5tissem5t de la gloire vraie1 de celle qui vivra trav]s les ges futurs1 n'arrive jamais aux oreilles de celui qui en e/ l'objet1 et p\rtant on le ti5t p\r heureux4 ,c'e/ que ce sont les hautes facults auxquelles il doit sa gloire1 c'e/ le loisir de les dvelopp]1 c'e/--dire d'agir en con=mit de sa nature1 c'e/ d'avoir pu ne s'occup] que des sujets qu'il aimait ou qui l'amusai5t1 c'e/ l ce qui l'a r5du heureux2 ce n'e/ aussi que dans ces conditions que se produis5t les uvres qui iront la gloire4 ,c'e/ donc sa gr&e me1 c'e/ la ri*esse de son intellig5ce1 dont l'empre9te dans ses uvres =ce l'admiration des temps v5ir1 qui sont la base de son bonheur2 ce sont encore ses p5ses dont la mditation f]a l'tude et les dlices des plus nobles esprits trav]s d'innombrables sicles4 ,avoir mrit la gloire1 voil ce qui en fait la valeur comme aussi la propre rcomp5se4 ,que des travaux appels la gloire t]nelle l'ai5t p>fois obt5ue dj des contempora9s1 c'e/ l un fait d des circon/ances =tuites et qui n'a pas gr&e importance4 ,c> les hommes manqu5t d'ord9aire de jugem5t propre1 et surt\t ils n'ont pas les facults v\lues p\r apprci] les productions d'un ordre lev et difficile2 aussi suiv5t-ils t\j\rs sur ces matires l'autorit d'autrui1 et la gloire suprme e/ accorde de pure confiance p> quatre-v+t-dix-neuf admirateurs sur c5t4 ,c'e/ p\rquoi l'approbation des contempora9s1 quelque nombreuses que soi5t leurs voix1 n'a que peu de prix p\r le p5seur2 il n'y di/+ue t\j\rs que l'*o de quelques voix peu nombreuses qui ne sont elles-mmes p>fois qu'un effet du mom5t4 ,un virtuose se s5tirait-il bi5 flatt p> les applaudissem5ts approbatifs de son public s'il appr5ait que1 sauf un ou deux individus1 l'auditoire e/ compos en enti] de s\rds qui1 p\r dissimul] mutuellem5t leur infirmit1 applaudiss5t bruyamm5t ds qu'ils voi5t remu] les ma9s du seul qui ent5d8 ,que s]ait-ce donc s'il appr5ait aussi que ces *efs de claque ont s\v5t t a*ets p\r procur] le plus clatant succs au plus misrable racleur6 ,ceci n\s explique p\rquoi la gloire contempora9e subit si r>em5t la mtamorphose en gloire immortelle2 d',alemb]t r5d la mme p5se dans sa magnifique description du temple de la gloire littraire3 ,l'intrieur du temple n'e/ habit que p> des morts qui n'y tai5t pas de leur vivant1 et p> quelques vivants que l'on met la porte1 p\r la plup>t1 ds qu'ils sont morts4 ,p\r le dire en passant1 lev] un monum5t un homme de son vivant1 c'e/ dcl>] que p\r ce qui le conc]ne on ne se fie pas la po/rit4 ,qu& malgr t\t un homme arrive p5dant sa vie une gloire que les gnrations futures confirm]ont1 ce ne s]a jamais que dans un ge avanc3 il y a bi5 quelques exceptions cette rgle p\r les arti/es et les potes1 mais il y en a beauc\p mo9s p\r les philosophes4 ,les portraits d'hommes clbres p\r leurs uvres1 pe9ts gnralem5t une poque o leur clbrit tait dj tablie1 confirm5t la rgle prcd5te2 ils n\s les reprs5t5t d'ord9aire vieux et t\t blancs1 les philosophes nommm5t4 ,au po9t de vue eudmonologique1 t\tefois1 la *ose e/ p>faitem5t ju/ifie4 ,avoir gloire et jeunesse la fois1 c'e/ trop p\r un mortel4 ,notre exi/5ce e/ si pauvre que ses bi5s doiv5t tre rp>tis avec plus de mnagem5t4 ,la jeunesse a bi5 assez de ri*esse propre2 elle peut s'en cont5t]4 ,c'e/ dans la vieillesse1 qu& j\issances et plaisirs sont morts1 comme les arbres p5dant l'hiv]1 que l'arbre de la gloire vi5t b\rgeonn] propos1 comme une v]dure d'hiv]2 on peut encore comp>] la gloire ces poires t>dives qui se dvelopp5t p5dant l't1 mais qu'on ne mange qu'en hiv]4 ,il n'y a pas de plus belle consolation p\r le vieill>d que de voir t\te la =ce de ses jeunes annes s'incorpor] dans des uvres qui ne vieilliront pas comme sa jeunesse4 ,exam9ons ma9t5ant de plus prs la r\te qui conduit la gloire p> les sci5ces1 celles-ci tant la bran*e le plus notre porte2 n\s p\rrons tablir leur g>d la rgle suivante4 ,la supriorit intellectuelle dont tmoigne la gloire sci5tifique se manife/e t\j\rs p> une comb9aison neuve de c]ta9es donnes4 ,ces d]nires peuv5t tre d'espces trs div]ses1 mais la gloire atta*e leur comb9aison s]a d'autant plus gr&e et plus t5due qu'elles-mmes s]ont plus gnralem5t connues et plus accessibles *acun4 ,si ces donnes sont1 p> exemple1 des *iffres1 des c\rbes1 une "q spciale de physique1 de zoologie1 de botanique ou d'anatomie1 des passages corrompus d'auteurs anci5s1 des inscriptions demi effaces ou dont l'alphabet n\s manque1 ou des po9ts obscurs d'hi/oire1 dans t\s ces cas la gloire qu'on acqu]ra les comb9] judicieusem5t ne s't5dra gure plus lo9 que la connaissance mme de ces donnes et p> consqu5t ne dpass]a pas le c]cle d'un petit nombre d'hommes qui viv5t d'ord9aire dans la retraite et sont jal\x de la gloire dans leur pr(ession spciale4 ,si1 au contraire1 les donnes sont de celles que t\t le monde connat1 si ce sont p> exemple des facults ess5tielles et univ]selles de l'esprit ou du cur huma91 ou bi5 des =ces naturelles dont l'action se passe con/amm5t s\s nos yeux1 ou bi5 encore la m>*e1 familire t\s1 de la nature en gnral1 alors la gloire de les avoir mises on plus gr&e lumire p> une comb9aison neuve1 importante et vid5te1 se rp&ra avec le temps dans le se9 de l'humanit civilise presque t\t entire4 ,c>1 si les donnes sont accessibles *acun1 leur comb9aison gnralem5t le s]a aussi4 ,nanmo9s la gloire s]a t\j\rs en rapport avec la difficult surmont]4 ,en effet1 plus les hommes qui les donnes sont connues s]ont nombreux1 plus il s]a difficile de les comb9] d'une manire neuve et ju/e la fois1 puisqu'une inf9it d'esprits s'y s]ont dj essays et auront puis les comb9aisons possibles4 ,en revan*e1 les donnes inaccessibles au gr& public1 et dont la connaissance ne s'acqui]t que p> des voies longues et laborieuses1 admettront encore le plus s\v5t des comb9aisons n\velles2 qu& on les aborde avec une raison droite et un jugem5t sa91 on peut aism5t avoir la *ance d'arriv] une comb9aison neuve et ju/e4 ,mais la gloire a9si obt5ue aura1 peu de *ose prs1 p\r limite le c]cle mme de la connaissance de ces donnes4 ,c> la solution des problmes de cette nature exige1 la vrit1 beauc\p de travail et d'tude2 d'autre "p1 les donnes p\r les problmes de la premire espce1 o la gloire acqurir e/ prcism5t la plus leve et la plus va/e1 sont connues de t\t le monde et sans ef=t2 mais1 s'il faut peu de travail p\r les connatre1 il faudra d'autant plus de tal5t1 de gnie mme p\r les comb9]4 ,or il n'y a pas de travail qui1 p\r la valeur propre ou p\r celle qu'on lui attribue1 puisse s\t5ir la comp>aison avec le tal5t ou le gnie4 ,il rsulte de l que ceux qui se sav5t d\s d'une raison solide et d'un jugem5t droit1 sans avoir p\rtant le s5tim5t de possd] une intellig5ce hors ligne1 ne doiv5t pas recul] devant les longues tudes et les re*]*es laborieuses2 ils p\rront s'lev] p> l au-dessus des hommes la porte desquels se tr\v5t les donnes univ]sellem5t connues1 et atte9dre des rgions c>tes1 accessibles seulem5t l'activit du savant4 ,c> ici le nombre des concurr5ts e/ inf9im5t mo9dre1 et un esprit quelque peu suprieur tr\v]a bi5tt l'occasion d'une comb9aison neuve et ju/e2 le mrite de sa dc\v]te p\rra mme s'appuy] en mme temps sur la difficult d'arriv] la connaissance des donnes4 ,mais la multitude ne p]cevra que de lo9 le bruit des applaudissem5ts que ces travaux vaudront leur auteur de la "p de ses confrres en sci5ce1 seuls connaisseurs en la matire4 ,en p\rsuivant jusqu' son t]me la r\te ici indique1 on peut mme dt]m9] le po9t o les donnes1 p> leur extrme difficult d'acquisition1 suffis5t elles seules1 en dehors de t\te comb9aison1 p\r fond] une gloire4 ,tels sont les voyages dans les pays trs loigns et peu visits2 on devi5t clbre p> ce qu'on a vu1 non p> ce qu'on a p5s4 ,ce sy/me a encore ce gr& avantage qu'il e/ plus facile de communiqu] aux autres les *oses qu'on a vues que celles qu'on a p5ses1 de mme que le public compr5d plus aism5t les premires que les secondes2 on tr\ve aussi de cette faon plus de lecteurs4 ,c>1 a9si qu',asmus l'a dj dit3 ,w5n jem& e9e ,reise ?ut1 ,s kann er 0 erzhl54 7,aprs un gr& voyage1 on a bi5 des *oses racont]47 ,mais il en rsulte aussi que1 lorsqu'on fait la connaissance p]sonnelle d'hommes clbres de cette espce1 on se rappelle s\v5t l'obs]vation d',horace3 ,clum1 non animum1 mutant1 qui trans m>e currunt4 7,ep4 ,i1 #aa1 t4 #bg47 7,c'e/ *ang] de climat1 ce n'e/ pas *ang] d'humeur1 que de c\rir au del des m]s47 ,en ce qui conc]ne ma9t5ant l'homme d\ de hautes facults1 celui qui seul peut os] abord] la solution de ces gr&s et difficiles problmes traitant des *oses gnrales et univ]selles1 celui-l f]a bi5 d'une "p d'l>gir le plus possible son horizon1 mais d'autre "p il devra l't5dre galem5t dans t\tes les directions1 sans s'g>] trop pr(ondm5t dans quelqu'une de ces rgions plus spciales1 connues seulem5t de peu d'individus2 en d'autres mots1 sans pntr] trop avant dans les dtails spciaux d'une seule sci5ce1 et bi5 mo9s encore faire de la micrologie1 dans quelque bran*e que ce soit4 ,c> il n'a pas beso9 de s'adonn] aux *oses difficilem5t accessibles p\r *app] la f\le des concurr5ts2 ce qui e/ la porte de t\s lui f\rnira prcism5t matire des comb9aisons neuves1 importantes et vraies4 ,mais1 p> l mme1 son mrite p\rra tre apprci p> t\s ceux qui connaiss5t les donnes1 et c'e/ la plus gr&e p>tie du g5re huma94 ,voil la raison de l'imm5se diffr5ce entre la gloire rs]ve aux potes et aux philosophes et celle accessible aux physici5s1 *imi/es1 anatomi/es1 m9ralogues1 zoologues1 philologues1 hi/ori5s et autres4 ,,*apitre ,v ,,p>,n,,ses ,,et ,,maximes ,ici mo9s que p>t\t j'ai la prt5tion d'tre complet2 sans quoi j'aurais rpt] les nombreuses1 et en p>tie excell5tes1 rgles de la vie donnes p> les p5seurs de t\s les temps1 depuis ,!ognis et le pseudo-,salomon#bc jusqu' ,la ,ro*ef\cauld2 je ne p\rrais pas vit] non plus beauc\p de lieux communs des plus rebattus4 ,j'ai r5onc aussi presque entirem5t t\t ordre sy/matique4 ,que le lecteur s'en console1 c> en p>eilles matires un trait complet et sy/matique et t infailliblem5t ennuyeux4 ,je n'ai consign que ce qui m'e/ v5u t\t d'abord l'esprit1 ce qui m'a sembl digne d'tre communiqu et ce qui1 autant que je me le rappelais1 n'avait pas encore t dit1 pas aussi compltem5t du mo9s et pas s\s cette mme =me2 je ne fais donc que glan] dans ce va/e *amp o d'autres ont rcolt avant moi4 ,t\tefois p\r apport] un peu de suite dans cette gr&e v>it d'op9ions et de conseils relatifs mon sujet1 je les class]ai en maximes gnrales et en maximes conc]nant notre conduite env]s n\s-mmes1 puis env]s les autres et enf9 en face de la m>*e des *oses et du sort en ce monde4 ,i4--,maximes gnrales4 #a ,je considre comme la rgle suprme de t\te sagesse dans la vie la proposition nonce p> ,ari/ote dans sa ,morale ,nicomaque 7,,vii1 #ab73 1 ce qui peut se traduire a9si3 ,le sage p\rsuit l'abs5ce de d\leur et non le plaisir4 ,la vrit de cette s5t5ce repose sur ce que t\t plaisir et t\t bonheur sont de nature ngative1 la d\leur p> contre de nature positive4 ,j'ai dvelopp et pr\v cette ?se dans mon ouvrage pr9cipal1 vol4 ,i1 #eh4 ,je veux cep5dant l'expliqu] encore p> un fait d'obs]vation j\rnalire4 ,qu& notre corps t\t enti] e/ sa9 et intact1 sauf une petite place blesse ou d\l\reuse1 la consci5ce cesse de p]cevoir la sant du t\t2 l'att5tion se dirige t\t entire sur la d\leur de la p>tie lse1 et le plaisir1 dt]m9 p> le s5tim5t total de l'exi/5ce1 s'efface4 ,de mme1 qu& t\tes nos affaires m>*5t notre gr1 sauf une seule qui va r5contre1 c'e/ celle-ci1 ft-elle de m9ime importance1 qui n\s trotte con/amm5t p> la c]velle1 c'e/ sur elle que se reporte t\j\rs notre p5se et r>em5t sur les autres *oses1 plus importantes1 qui m>*5t notre s\hait4 ,dans les deux cas1 c'e/ la volont qui e/ lse1 la premire fois telle qu'elle s'objective dans l'organisme1 la seconde fois dans les ef=ts de l'homme2 n\s voyons1 dans les deux cas1 que sa satisfaction n'agit jamais que ngativem5t1 et que1 p> consqu5t1 elle n'e/ pas pr\ve directem5t du t\t2 c'e/ t\t au plus p> voie rflexe qu'elle arrive la consci5ce4 ,ce qu'il y a de positif au contraire1 c'e/ l'emp*em5t de la volont1 lequel se manife/e directem5t aussi4 ,t\t plaisir consi/e supprim] cet emp*em5t1 s'en affran*ir1 et ne saurait tre1 p> consqu5t1 que de c\rte dure4 ,voil donc sur quoi repose l'excell5te rgle d',ari/ote rapporte ci-dessus1 d'avoir dirig] notre att5tion non sur les j\issances et les agrm5ts de la vie1 mais sur les moy5s d'*app] autant qu'il e/ possible aux maux innombrables dont elle e/ seme4 ,si cette voie n'tait pas la vraie1 l'aphorisme de ,voltaire3 ,le bonheur n'e/ qu'un rve et la d\leur e/ relle1 s]ait aussi faux qu'il e/ ju/e en ralit4 ,aussi1 qu& on veut arrt] le bilan de sa vie au po9t de vue eudmonologique1 il ne faut pas tablir son compte d'aprs les plaisirs qu'on a gts1 mais d'aprs les maux auxquels on s'en s\/rait4 ,bi5 plus1 l'eudmonologie1 c'e/--dire un trait de la vie heureuse1 doit comm5c] p> n\s enseign] que son nom mme e/ un euphmisme1 et que p> vivre heureux il faut ent5dre seulem5t mo9s malheureux1 en un mot1 supportablem5t4 ,et1 de fait1 la vie n'e/ pas l p\r qu'on en j\isse1 mais p\r qu'on subisse1 p\r qu'on s'en acquitte2 c'e/ ce qu'indiqu5t aussi bi5 des expressions telles que1 en lat93 deg]e vitam1 vitam defungi2 en itali53 si scampa cori2 en allem&3 man muss su*51 dur* zukomm51 er wird s*on dur* die ,welt komm51 et autres semblables4 ,oui1 c'e/ une consolation1 dans la vieillesse1 que d'avoir d]rire soi le labeur de la vie4 ,l'homme le plus heureux e/ donc celui qui p>c\rt sa vie sans d\leurs trop gr&es1 soit au moral soit au physique1 et non pas celui qui a eu p\r sa "p les joies les plus1 vives ou les j\issances les plus =tes4 ,v\loir mesur] sur celles-ci le bonheur d'une exi/5ce1 c'e/ rec\rir une fausse *elle4 ,c> les plaisirs sont et re/5t ngatifs2 croire qu'ils r5d5t heureux e/ une illusion que l'envie entreti5t et p> laquelle elle se punit elle-mme4 ,les d\leurs au contraire sont s5ties positivem5t1 c'e/ leur abs5ce qui e/ l'*elle du bonheur de la vie4 ,si1 un tat libre de d\leur vi5t s'aj\t] encore l'abs5ce de l'ennui1 alors on atte9t le bonheur sur t]re dans ce qu'il a d'ess5tiel1 c> le re/e n'e/ plus que *imre4 ,il suit de l qu'il ne faut jamais a*et] de plaisirs au prix de d\leurs1 ni mme de leur m5ace seule1 vu que ce s]ait pay] du ngatif et du *imrique avec du positif et du rel4 ,en revan*e1 il y a bnfice sacrifi] des plaisirs p\r vit] des d\leurs4 ,dans l'un et l'autre cas1 il e/ indiffr5t que les d\leurs suiv5t ou prcd5t les plaisirs4 ,il n'y a vraim5t pas de folie plus gr&e que de v\loir trans=m] ce ?tre de misres en un lieu de plaisance1 et de p\rsuivre des j\issances et des joies au lieu de *]*] vit] la plus gr&e somme possible de d\leurs4 ,que de g5s cep5dant tomb5t dans cette folie6 ,l'erreur e/ inf9im5t mo9dre *ez celui qui1 d'un il trop sombre1 considre ce monde comme une espce d'enf] et n'e/ occup qu' s'y procur] un logis l'preuve des flammes4 ,le f\ c\rt aprs les plaisirs de la vie et tr\ve la dception2 le sage vite les maux4 ,si malgr ces ef=ts il n'y p>vi5t pas1 la faute en e/ alors au de/9 et non sa folie4 ,mais p\r peu qu'il y russisse1 il ne s]a pas du1 c> les maux qu'il aura c>ts sont des plus rels4 ,dans le cas mme o le dt\r fait p\r leur *app] et t trop gr& et o il aurait sacrifi inutilem5t des plaisirs1 il n'a ri5 p]du en ralit3 c> ces d]ni]s sont *imriques1 et se dsol] de leur p]te s]ait petit ou plutt ridicule4 ,p\r avoir mconnu cette vrit la faveur de l'optimisme1 on a ouv]t la s\rce de bi5 des calamits4 ,en effet1 dans les mom5ts o n\s sommes libres de s\ffrances1 des dsirs inquiets font brill] nos yeux les *imres d'un bonheur qui n'a pas d'exi/5ce relle et n\s induis5t les p\rsuivre3 p> l n\s attirons la d\leur qui e/ inconte/ablem5t relle4 ,alors n\s n\s lam5tons sur cet tat exempt de d\leurs que n\s avons p]du et qui se tr\ve ma9t5ant d]rire n\s comme un ,p>adis que n\s avons laiss *app] plaisir1 et n\s v\drions va9em5t r5dre non-av5u ce qui e/ av5u4 ,il semble a9si qu'un m*ant dmon soit con/amm5t occup1 p> les mirages trompeurs de nos dsirs1 n\s arra*] cet tat exempt de s\ffrances1 qui e/ le bonheur suprme et rel4 ,le jeune homme s'imag9e que ce monde qu'il n'a pas encore vu e/ l p\r tre gt1 qu'il e/ le sige d'un bonheur positif qui n'*appe qu' ceux qui n'ont pas l'adresse de s'en emp>]4 ,il e/ =tifi dans sa croyance p> les romans et les posies1 et p> cette hypocrisie qui mne le monde1 p>t\t et t\j\rs1 p> les app>5ces extrieures4 ,je revi5drai t\t l'heure l-dessus4 ,dsormais1 sa vie e/ une *asse au bonheur positif1 m5e avec plus ou mo9s de prud5ce2 et ce bonheur positif e/1 ce titre1 c5s compos de plaisirs positifs4 ,quant aux dang]s auxquels on s'expose1 eh bi51 il faut en pr5dre son p>ti4 ,cette *asse entrane la p\rsuite d'un gibi] qui n'exi/e en aucune faon1 et f9it d'ord9aire p> conduire au malheur bi5 rel et bi5 positif4 ,d\leurs1 s\ffrances1 maladies1 p]tes1 s\cis1 pauvret1 d%onneur et mille autres pe9es1 voil s\s quelles =mes se prs5te le rsultat4 ,le dsabusem5t arrive trop t>d4 ,si au contraire on obx la rgle ici expose1 si l'on tablit le plan de sa vie en vue d'vit] les s\ffrances1 c'e/--dire d'c>t] le beso91 la maladie et t\te autre pe9e1 alors le b e/ rel2 on p\rra obt5ir quelque *ose1 et d'autant plus que le plan aura t mo9s drang p> la p\rsuite de cette *imre du bonheur positif4 ,ceci s'accorde avec ce que ,g!1 dans les aff9its lectives1 fait dire ,mittl]1 qui e/ t\j\rs occup du bonheur des autres3 ,celui qui veut s'affran*ir d'un mal sait t\j\rs ce qu'il veut2 celui qui *]*e mieux qu'il n'a e/ aussi aveugle qu'un cat>act4 ,ce qui rappelle ce bel adage franais3 le mieux e/ l'ennemi du bi54 ,c'e/ de l galem5t que l'on peut dduire l'ide fondam5tale du cynisme1 tel que je l'ai expose dans mon gr& ouvrage1 tome ,,ii1 *ap4 #af4 ,qu'e/-ce en effet qui portait les cyniques rejet] t\tes j\issances1 si ce n'e/ la p5se des d\leurs dont elles s'accompagn5t de prs ou de lo98 vit] celles-ci leur semblait autrem5t important que se procur] les premires4 ,pr(ondm5t pntrs et conva9cus de la condition ngative de t\t plaisir et positive de t\te s\ffrance1 ils faisai5t t\t p\r *app] aux maux1 et p\r cela jugeai5t ncessaire de rep\ss] entirem5t et int5tionnellem5t les j\issances qu'ils considrai5t comme des piges t5dus p\r n\s livr] la d\leur4 ,c]tes n\s naissons t\s en ,arcadie1 comme dit ,s*ill]1 c'e/--dire n\s abordons la vie ple9s de prt5tions au bonheur1 au plaisir1 et n\s entret5ons le fol espoir d'y arriv]4 ,mais1 rgle gnrale1 arrive bi5tt le de/91 qui n\s empoigne rudem5t et n\s appr5d que ri5 n'e/ n\s1 que t\t e/ lui1 en ce qu'il a un droit inconte/ non seulem5t sur t\t ce que n\s possdons et acqurons1 sur femme et enfants1 mais mme sur nos bras et nos jambes1 sur nos yeux et nos oreilles1 et jusque sur ce nez que n\s portons au milieu du visage4 ,en t\t cas1 il ne se passe pas longtemps1 et l'expri5ce vi5t n\s faire compr5dre que bonheur et plaisir sont une ,fata ,morgana qui1 visible de lo9 seulem5t1 disp>at qu& on s'en appro*e1 mais qu'en revan*e s\ffrance et d\leur ont de la ralit1 qu'elles se prs5t5t immdiatem5t et p> elles-mmes1 sans prt] l'illusion ni l'att5te4 ,si la leon porte ses fruits1 alors n\s cessons de c\rir aprs le bonheur et le plaisir1 et n\s n\s atta*ons plutt f]m]1 autant que possible1 t\t accs la d\leur et la s\ffrance4 ,n\s reconnaissons aussi que ce que le monde peut n\s (frir de mieux1 c'e/ une exi/5ce sans pe9e1 tranquille1 supportable1 et c'e/ une telle vie que n\s bornons nos exig5ces1 af9 d'en p\voir j\ir plus srem5t4 ,c>1 p\r ne pas dev5ir trs malheureux1 le moy5 le plus c]ta9 e/ de ne pas dem&] tre trs heureux4 ,c'e/ ce qu'a reconnu ,m]ck1 l'ami de jeunesse de ,g!1 qu& il a crit3 ,cette vila9e prt5tion la flicit1 surt\t dans la mesure o n\s la rvons1 gte t\t ici-bas4 ,celui qui peut s'en affran*ir et ne dem&e que ce qu'il a devant soi1 celui-l p\rra se faire j\r trav]s la mle4 7,corresp4 de ,m]ck47 ,il e/ donc prud5t d'abaiss] une *elle trs mode/e ses prt5tions aux plaisirs1 aux ri*esses1 au rang1 aux honneurs1 etc41 c> ce sont elles qui n\s attir5t les plus gr&es in=tunes2 c'e/ cette lutte p\r le bonheur1 p\r la spl5deur et les j\issances4 ,mais une telle conduite e/ dj sage et avise p> l seul qu'il e/ trs facile d'tre extrmem5t malheureux et qu'il e/1 non pas difficile1 mais t\t fait impossible1 d'tre trs heureux4 ,le *antre de la sagesse a dit avec raison3 ,auream quisquis m$iocritatem ,diligit1 tutus c>et obsoleti ,sordibus tecti1 c>et invid5da ,sobrius aula4 ,svius v5tis agitatur +5s ,p9us3 et cels graviore casu ,decidunt turres3 f]iuntque summos ,fulgura montes4 7,horace1 l4 ,,ii1 od4 #aj47 7,celui qui aime la mdiocrit1 plus prcieuse que l'or1 ne *]*e pas le repos s\s le misrable toit d'une *aumire1 et1 sobre en ses dsirs1 fuit les palais que l'on envie4 ,le *ne alti] e/ plus s\v5t battu p> l'orage2 les hautes t\rs s'cr\l5t avec plus de fracas1 et c'e/ la cime des monts que va frapp] la f\dre47 ,quiconque1 s'tant pntr des enseignem5ts de ma philosophie1 sait que t\te notre exi/5ce e/ une *ose qui devrait plutt ne pas tre et que la suprme sagesse consi/e la ni] et la rep\ss]1 celui-l ne fond]a de gr&es esprances sur aucune *ose ni sur aucune situation1 ne p\rsuivra avec emportem5t ri5 au monde et n'lv]a de gr&es pla9tes au sujet d'aucun mcompte1 mais il reconnatra la vrit de ce que dit ,platon 7,rp41 ,x1 #fjd73 7,ri5 des *oses huma9es n'e/ digne d'un gr& empressem5t71 et cette autre vrit du pote p]san3 ,z-tu p]du l'empire du monde8 ,ne t'en afflige po9t2 ce n'e/ ri54 ,z-tu conquis l'empire du monde8 ,ne t'en3 rj\is pas2 ce n'e/ ri54 ,d\leurs et flicits1 t\t passe1 ,passe ct du monde1 ce n'e/ ri54 7,anw>i ,soheili47 7,voir l'pigraphe du ,guli/an de ,s>di1 traduit en allem& p> ,graf47 ,ce qui augm5te p>ticulirem5t la difficult de se pntr] de vues aussi sages1 c'e/ cette hypocrisie du monde dont j'ai p>l plus haut1 et ri5 ne s]ait utile comme de la dvoil] de bonne heure la jeunesse4 ,les magnific5ces sont p\r la plup>t de pures app>5ces1 comme des dcors de ?tre1 et l'ess5ce de la *ose manque4 ,a9si des vaisseaux pavoises et fleuris1 des c\ps de canon1 des illum9ations1 des timbales et des trompettes1 des cris d'allgresse1 etc41 t\t cela e/ l'enseigne1 l'indication1 l'hiroglyphe de la joie2 mais le plus s\v5t la joie n'y e/ pas3 elle seule s'e/ excuse de v5ir la fte4 ,l o rellem5t elle se prs5te1 l elle arrive d'ord9aire sans se faire invit] ni annonc]1 elle vi5t d'elle-mme et sans faons1 s'introduisant en sil5ce1 s\v5t p\r les motifs les plus insignifiants et les plus futiles1 dans les occasions les plus j\rnalires1 p>fois mme dans des circon/ances qui ne sont ri5 mo9s que brillantes ou glorieuses4 ,comme l'or en ,au/ralie1 elle se tr\ve p>pille1 et l1 selon le caprice du has>d1 sans rgle ni loi1 le plus s\v5t en p\dre f9e1 trs r>em5t en grosses masses4 ,mais aussi1 dans t\tes ces manife/ations dont n\s avons p>l1 le seul b e/ de faire accroire aux autres que la joie e/ de la fte2 l'int5tion1 c'e/ de produire l'illusion dans la tte d'autrui4 ,comme de la joie1 a9si de la tri/esse4 ,de quelle allure mlancolique s'avance ce long et l5t convoi6 ,la file des voitures e/ int]m9able4 ,mais reg>dez un peu l'intrieur3 elles sont t\tes vides1 et le dfunt n'e/1 en ralit1 conduit au cimetire que p> t\s les co*]s de la ville4 ,p>lante image de l'amiti et de la considration en ce monde6 ,voil ce que j'appelle la fausset1 l'inanit et l'hypocrisie de la conduite huma9e4 ,n\s en avons encore un exemple dans les rceptions sol5nelles avec les nombreux invits en habits de fte2 ceux-ci sont l'enseigne de la noble et haute socit3 mais1 sa place1 c'e/ la pe9e1 la contra9te et l'ennui qui sont v5us3 c> o il y a beauc\p de convives il y a beauc\p de racaille1 euss5t-ils t\s des cra*ats sur la poitr9e4 ,en effet1 la vritable bonne socit e/ p>t\t et ncessairem5t trs re/re9te4 ,en gnral1 ces ftes et ces rj\issances port5t t\j\rs en elles quelque *ose qui sonne creux ou1 p\r mieux dire1 qui sonne faux1 prcism5t p>ce qu'elles contra/5t avec la misre et l'indig5ce de notre exi/5ce1 et que t\te opposition fait mieux ressortir la vrit4 ,mais1 vu du dehors1 t\t a fait de l'effet2 et c'e/ l le b4 ,*am=t dit d'une manire *>mante3 ,la socit1 les c]cles1 les salons1 ce qu'on appelle le monde e/ une pice misrable1 un mauvais opra1 sans intrt1 qui se s\ti5t un peu p> les ma*9es1 les co/umes et les dcorations4 ,les acadmies et les *aires de philosophie sont galem5t l'enseigne1 le simulacre extrieur de la sagesse2 mais elle aussi s'ab/i5t le plus s\v5t d'tre de la fte1 et c'e/ ailleurs qu'on la tr\v]ait4 ,les sonn]ies de clo*es1 les vtem5ts sac]dotaux1 le ma9ti5 pieux1 les simagres1 sont l'enseigne1 le faux semblant de la dvotion1 et a9si de suite4 ,c'e/ a9si que presque t\tes *oses en ce monde peuv5t tre dites des noisettes creuses2 le noyau e/ r>e p> lui-mme1 et plus r>em5t encore e/-il log dans la coque4 ,il faut le *]*] t\te autre "p1 et on ne le r5contre d'ord9aire que p> un has>d4 #b ,qu& on veut valu] la condition d'un homme au po9t de vue de sa flicit1 ce n'e/ pas de ce qui le div]tit1 mais de ce qui l'attri/e qu'on doit s'in=m]2 c>1 plus ce qui l'afflige s]a insignifiant en soi1 plus l'homme s]a heureux2 il faut un c]ta9 tat de bi5-tre p\r tre s5sible des bagatelles2 dans le malheur1 on ne les s5t pas du t\t4 #c ,il faut se g>d] d'asseoir la flicit de sa vie sur une base l>ge en levant de nombreuses prt5tions au bonheur3 tabli sur un tel fondem5t1 il cr\le plus facilem5t1 c> il donne infailliblem5t alors naissance plus de dsa/res4 ,l'difice du bonheur se comporte donc s\s ce rapport au reb\rs de t\s les autres1 qui sont d'autant plus solides que leur base e/ plus l>ge4 ,plac] ses prt5tions le plus bas possible1 en proportion de ses ress\rces de t\te espce1 voil la voie la plus sre p\r vit] de gr&s malheurs4 ,c'e/ en gnral une folie des plus gr&es et des plus rp&ues que de pr5dre1 de quelque faon que ce soit1 de va/es dispositions p\r sa vie4 ,c> d'abord1 p\r le faire1 on compte sur une vie d'homme ple9e et entire1 laquelle cep5dant arriv5t peu de g5s4 ,en outre1 qu& mme on vivrait une exi/5ce aussi longue1 elle ne se tr\v]ait pas mo9s tre trop c\rte p\r les plans conu2 leur excution rclame t\j\rs plus de temps qu'on ne supposait2 ils sont de plus exposs1 comme t\tes *oses huma9es1 tant d'*ecs et tant d'ob/acles de t\te nature1 qu'on peut r>em5t les m5] jusqu' leur t]me4 ,f9alem5t1 alors mme qu'on a russi t\t obt5ir1 on s'ap]oit qu'on a nglig de t5ir compte des modifications que le temps produit en n\s-mmes2 on n'a pas rfl*i que1 ni p\r crer ni p\r j\ir1 nos facults ne re/5t inv>iables dans la vie entire4 ,il en rsulte que n\s travaillons s\v5t acqurir des *oses qui1 une fois obt5ues1 ne se tr\v5t plus tre notre taille2 il arrive encore que n\s employons aux travaux prp>atoires d'un ouvrage1 des annes qui1 dans l'entre-temps1 n\s enlv5t ins5siblem5t les =ces ncessaires son a*vem5t4 ,de mme1 des ri*esses acquises au prix de longues fatigues et de nombreux dang]s ne peuv5t s\v5t plus n\s s]vir1 et n\s n\s tr\vons avoir travaill p\r les autres2 il en rsulte encore que n\s ne sommes plus en tat d'occup] un po/e enf9 obt5u aprs l'avoir p\rsuivi et ambitionn p5dant de longues annes4 ,les *oses sont arrives trop t>d p\r n\s1 ou1 l'inv]se1 c'e/ n\s qui arrivons trop t>d p\r les *oses1 alors surt\t qu'il s'agit d'uvres ou de productions2 le gt de l'poque a *ang2 une n\velle gnration a gr&i qui ne pr5d aucun intrt ces matires2 ou bi5 d'autres n\s ont devancs p> des *em9s plus c\rts1 et a9si de suite4 ,t\t ce que n\s avons expos dans ce p>agraphe #c1 ,horace l'a eu en vue dans les v]s suivants3 ,quid t]nis m9orem ,consiliis animum fatigas8 7,l4 ,,ii1 ,ode #aa1 v4 #aa et #ab47 7,p\rquoi fatigu] d't]nels projets un esprit dbile87 ,cette mprise si commune e/ dt]m9e p> l'9vitable illusion d'optique des yeux de l'esprit1 qui n\s fait app>atre la vie comme inf9ie ou comme trs c\rte1 selon que n\s la voyons de l'entre ou du t]me de notre c>rire4 ,cette illusion a cep5dant son bon ct2 sans elle1 n\s produirions difficilem5t quelque *ose de gr&4 ,mais il n\s arrive en gnral dans la vie ce qui arrive au voyageur3 mesure qu'il avance1 les objets pr5n5t des =mes diffr5tes de celles qu'ils montrai5t de lo9 et ils se modifi5t p\r a9si dire mesure qu'on s'en rappro*e4 ,il en advi5t a9si pr9cipalem5t de nos dsirs4 ,n\s tr\vons s\v5t autre *ose1 p>fois mme mieux que ce que n\s *]*ions2 s\v5t aussi ce que n\s *]*ons1 n\s le tr\vons p> une t\te autre voie que celle va9em5t suivie jusque-l4 ,d'autres fois1 l o n\s p5sions tr\v] un plaisir1 un bonheur1 une joie1 c'e/1 leur place1 un enseignem5t1 une explication1 une connaissance1 c'e/--dire un bi5 durable et rel en place d'un bi5 passag] et trompeur1 qui s'(fre n\s4 ,c'e/ cette p5se qui c\rt1 comme une base fondam5tale1 trav]s t\t le livre de ,wilhelm ,mei/]2 c'e/ un roman intellectuel et p> cela mme d'une qualit suprieure t\s les autres1 mme ceux de ,walt] ,scott1 qui ne sont t\s que des uvres morales1 c'e/--dire qui n'envisag5t la nature huma9e que p> le ct de la volont6 ,dans ,la flte en*ante1 hiroglyphe grotesque1 mais expressif et significatif1 n\s tr\vons galem5t cette mme p5se fondam5tale symbolise en gr&s et gros traits comme ceux des dcorations de ?tre2 la symbolisation s]ait mme p>faite si1 au dn\em5t1 ,tam9o1 ram5 p> le dsir de possd] ,tam9a1 au lieu de celle-ci1 ne dem&ait et n'obt5ait que l'initiation dans le temple de la ,sagesse2 en revan*e1 ,papagno1 l'oppos ncessaire de ,tam9o1 obti5dra sa ,papagna4 ,les hommes suprieurs et nobles saisiss5t vite cet enseignem5t du de/9 et s'y prt5t avec s\mission et reconnaissance3 ils compr5n5t que dans ce monde on peut bi5 tr\v] l'in/ruction1 mais non le bonheur2 ils s'habitu5t *ang] des esprances contre des connaissances2 ils s'en cont5t5t et dis5t f9alem5t avec ,ptr>que3 ,altro diletto1 *e'mp>> non provo4 ,ils peuv5t mme en arriv] ne plus suivre leurs dsirs et leurs aspirations qu'en app>5ce p\r a9si dire et comme un bad9age1 t&is qu'en ralit et dans le srieux de leur = intrieur ils n'att5d5t que de l'in/ruction2 ce qui les revt alors d'une te9te mditative1 gniale et leve4 ,dans ce s5s1 on peut dire1 aussi qu'il en e/ de n\s comme des al*imi/es1 qui1 p5dant qu'ils ne *]*ai5t que de l'or1 ont tr\v la p\dre canon1 la porcela9e1 des mdicam5ts et jusqu' des lois naturelles4 ,,ii4--,conc]nant notre conduite env]s n\s-mmes4 #d ,le manuvre qui aide lev] un difice1 n'en connat pas le plan d'ensemble1 ou ne l'a pas t\j\rs s\s les yeux2 telle e/ aussi la position de l'homme1 p5dant qu'il e/ occup dvid] un un les j\rs et les heures de son exi/5ce1 p> rapport l'ensemble de sa vie et au c>actre total de celle-ci4 ,plus ce c>actre e/ digne1 considrable1 significatif et individuel1 plus il e/ ncessaire et bi5faisant p\r l'individu de jet] de temps en temps un reg>d sur le plan rduit de sa vie4 ,il e/ vrai que p\r cela il lui faut avoir fait dj un premi] pas dans le 7connais-toi toi-mme73 il doit donc savoir ce qu'il veut rellem5t1 pr9cipalem5t et avant t\t2 il doit connatre ce qui e/ ess5tiel son bonheur1 et ce qui ne vi5t qu'en seconde1 puis en troisime ligne2 il faut qu'il se r5de compte1 en gros1 de sa vocation1 de son rle et de ses rapports avec le monde4 ,si t\t cela e/ important et lev1 alors l'aspect du plan rduit de sa vie le =tifi]a1 le s\ti5dra1 relv]a plus que t\te autre *ose2 cet exam5 l'enc\rag]a au travail et le dt\rn]a des s5ti]s qui p\rrai5t l'g>]4 ,le voyageur1 alors seulem5t qu'il arrive sur une m95ce1 embrasse d'un c\p d'il et reconnat l'ensemble du *em9 p>c\ru1 avec ses dt\rs et ses c\rbes2 de mme aussi1 ce n'e/ qu'au t]me d'une priode de notre exi/5ce1 p>fois de la vie entire1 que n\s reconnaissons la vritable connexion de nos actions1 de nos uvres et de nos productions1 leur liaison prcise1 leur en*anem5t et leur valeur4 ,en effet tant que n\s sommes plongs dans notre activit1 n\s n'agissons que selon les proprits 9branlables de notre c>actre1 s\s l'influ5ce des motifs et dans la mesure de nos facults1 c'e/--dire p> une ncessit absolue2 n\s ne faisons un mom5t donn que ce qui ce mom5t-l n\s semble ju/e et conv5able4 ,la suite seule n\s p]met d'apprci] le rsultat1 et le reg>d jet en arrire sur l'ensemble n\s montre seul le comm5t et le p> quoi4 ,aussi1 au mom5t o n\s accomplissons les plus gr&es actions1 o n\s crons des uvres immortelles1 n\s n'avons pas la consci5ce de leur vraie nature3 elles ne n\s sembl5t que ce qu'il y a de plus appropri notre b prs5t et de mieux correspondant nos int5tions2 n\s n'avons d'autre impression que d'avoir fait prcism5t ce qu'il fallait faire actuellem5t2 ce n'e/ que plus t>d1 de l'ensemble et de son en*anem5t1 que notre c>actre et nos facults ressort5t en ple9e lumire2 p> les dtails1 n\s voyons alors comm5t n\s avons pris la seule r\te vraie p>mi tant de *em9s dt\rns1 comme p> inspiration et guids p> notre gnie4 ,t\t ce que n\s v5ons de dire e/ vrai en ?orie comme en pratique et s'applique galem5t aux faits inv]ses1 c'e/--dire au mauvais et au faux4 #e ,un po9t important p\r la sagesse dans la vie1 c'e/ la proportion dans laquelle n\s consacrons une "p de notre att5tion au prs5t et l'autre l'av5ir1 af9 que l'un ne n\s gte pas l'autre4 ,il y a beauc\p de g5s qui viv5t trop dans le prs5t3 ce sont les frivoles2 d'autres1 trop dans l'av5ir3 ce sont les cra9tifs et les inquiets4 ,on g>de r>em5t la ju/e mesure4 ,ces hommes qui1 mus p> leurs dsirs et leurs esprances1 viv5t uniquem5t dans l'av5ir1 les yeux t\j\rs dirigs en avant1 qui c\r5t avec impati5ce au-devant des *oses futures1 c>1 p5s5t-ils1 celles-l vont leur apport] t\t l'heure le vrai bonheur1 mais qui1 en att5dant1 laiss5t fuir le prs5t qu'ils nglig5t sans en j\ir1 ressembl5t ces nes1 en ,italie1 qui l'on fait press] le pas au moy5 d'une botte de fo9 atta*e p> un bton devant leur tte3 ils voi5t la botte t\j\rs t\t prs devant eux et ont t\j\rs l'espoir de l'atte9dre4 ,de tels hommes en effet s'abus5t eux-mmes sur t\te leur exi/5ce en ne vivant p]ptuellem5t qu'ad int]im1 jusqu' leur mort4 ,aussi1 au lieu de n\s occup] sans cesse exclusivem5t de plans et de so9s d'av5ir1 ou de n\s livr]1 l'inv]se1 aux regrets du pass1 n\s devrions ne jamais oubli] que le prs5t seul e/ rel1 que seul il e/ c]ta91 et qu'au contraire l'av5ir se prs5te presque t\j\rs autre que n\s ne le p5sions et que le pass lui aussi a t diffr5t2 ce qui fait que1 en somme1 av5ir et pass ont t\s deux bi5 mo9s d'importance qu'il ne n\s semble4 ,c> le lo9ta91 qui rapetisse les objets p\r l'il1 les surgrossit p\r la p5se4 ,le prs5t seul e/ vrai et effectif2 il e/ le temps rellem5t rempli1 et c'e/ sur lui que repose exclusivem5t notre exi/5ce4 ,aussi doit-il t\j\rs mrit] nos yeux un accueil de bi5v5ue2 n\s devrions gt]1 avec la ple9e consci5ce de sa valeur1 t\te heure supportable et libre de contr>its ou de d\leurs actuelles1 c'e/--dire ne pas la tr\bl] p> des visages qu'attri/5t des esprances dues dans le pass ou des apprh5sions p\r l'av5ir4 ,quoi de plus ins5s que de rep\ss] une bonne heure prs5te ou de se la gt] m*amm5t p> inquitude de l'av5ir ou p> *agr9 du pass6 ,donnons son temps au s\ci1 voire mme au rep5tir2 ensuite1 quant aux faits accomplis1 il faut se dire3 1 4 7,donnons1 bi5 qu' regret1 t\t ce qui e/ pass l'oubli2 il e/ ncessaire d't\ff] la colre dans notre se947 ,quant l'av5ir3 3 4 7,t\t cela repose sur les g5\x des dieux47 ,en revan*e1 quant au prs5t1 il faut p5s] comme ,snque3 ,s+ulas dies1 s+ulas vitas puta 7,*aque j\r sp>m5t e/ une vie sp>e71 et se r5dre ce seul temps rel aussi agrable que possible4 ,les seuls maux futurs qui doiv5t avec raison n\s al>m] sont ceux dont l'arrive et le mom5t d'arrive sont c]ta9s4 ,mais il y en a bi5 peu qui soi5t dans ce cas1 c> les maux sont ou simplem5t possibles1 t\t au plus vraisemblables1 ou bi5 ils sont c]ta9s1 mais c'e/ l'poque de leur arrive qui e/ d\teuse4 ,si l'on se proccupe des deux espces de malheurs1 on n'a plus un seul mom5t de repos4 ,p> consqu5t1 af9 de ne pas p]dre la tranquillit de notre vie p\r des maux dont l'exi/5ce ou l'poque sont indcises1 il faut n\s habitu] envisag] les uns comme ne devant jamais arriv]1 les autres comme ne devant srem5t pas arriv] de sitt4 ,mais plus la peur n\s laisse de repos1 plus n\s sommes agiles p> les dsirs1 les convoitises et les prt5tions4 ,la *anson si connue de ,g!3 ,i* hab' me9 ,sa* auf ni*ts ge/ellt 7,j'ai plac mon s\hait dans ri571 signifie1 au fond1 qu'alors seulem5t qu'il a t v9c de t\tes ses prt5tions et rduit l'exi/5ce telle qu'elle e/1 nue et dp\ille1 l'homme peut acqurir ce calme de l'esprit qui e/ la base du bonheur huma91 c> ce calme e/ indisp5sable p\r j\ir du prs5t et p> suite de la vie entire4 ,c'e/ cet effet galem5t que n\s devrions t\j\rs n\s rappel] que le j\r d'auj\rd'hui ne vi5t qu'une seule fois et plus jamais4 ,mais n\s n\s imag9ons qu'il revi5dra dema93 cep5dant dema9 e/ un autre j\r qui lui aussi n'arrive qu'une fois4 ,n\s oublions que *aque j\r e/ une portion intgrante1 donc irrp>able1 de la vie1 et n\s le considrons comme cont5u dans la vie de la mme manire que les individus sont cont5us dans la notion de l'ensemble ,n\s apprci]ions et n\s gt]ions aussi bi5 mieux le prs5t1 si1 dans les j\rs de bi5-tre et de sant1 n\s reconnaissions quel po9t1 p5dant la maladie ou l'affliction1 le s\v5ir n\s reprs5te comme inf9im5t enviable *aque heure libre de d\leurs ou de privations2 c'e/ comme un p>adis p]du1 comme un ami mconnu4 ,mais1 au contraire1 n\s vivons nos beaux j\rs sans leur accord] d'att5tion1 et alors seulem5t que les mauvais arriv5t1 n\s v\drions rappel] les autres4 ,n\s laissons pass] ct de n\s1 sans en j\ir et sans leur accord] un s\rire1 mille heures s]e9es et agrables1 et plus t>d1 aux temps sombres1 n\s reportons v]s elles nos va9es aspirations4 ,au lieu d'agir a9si1 n\s devrions r5dre hommage t\te actualit supportable1 mme la plus banale1 que n\s laissons fuir avec tant d'indiffr5ce1 que n\s rep\ssons mme impatiemm5t2 n\s devrions t\j\rs n\s rappel] que ce prs5t se prcipite en ce mme in/ant dans cette apo?ose du pass1 o dsormais1 rayonnant de la lumire de l'imprissabilit1 il e/ cons]v p> la mmoire1 p\r se reprs5t] nos yeux comme l'objet de notre plus ard5te aspiration1 alors que1 surt\t aux heures mauvaises1 le s\v5ir vi5t lev] le rideau4 #f ,se re/re9dre r5d heureux4 ,plus notre c]cle de vision1 d'action et de contact e/ troit1 plus n\s sommes heureux2 plus il e/ va/e1 plus n\s n\s tr\vons t\rm5ts ou inquits4 ,c>1 en mme temps que lui1 gr&iss5t et se multipli5t les pe9es1 les dsirs et les al>mes4 ,c'e/ mme p\r ce motif que les aveugles ne sont pas aussi malheureux que n\s p\rrions le croire a priori2 on peut en jug] au calme d\x1 presque enj\ de leurs traits4 ,cette rgle n\s explique aussi en p>tie p\rquoi la seconde moiti de notre vie e/ plus tri/e que la premire4 ,en effet1 dans le c\rs de l'exi/5ce1 l'horizon de nos vues et de nos relations va s'l>gissant4 ,dans l'enfance1 il e/ born l'ent\rage le plus pro*e et aux relations les plus troites2 dans l'adolesc5ce1 il s't5d considrablem5t2 dans l'ge viril1 il embrasse t\t le c\rs de notre vie et s't5d s\v5t mme jusqu'aux relations les plus loignes1 jusqu'aux tats et aux peuples2 dans la vieillesse1 il embrasse les gnrations futures4 ,t\te limitation au contraire1 mme dans les *oses de l'esprit1 pr(ite notre bonheur4 ,c> mo9s il y a d'excitation de la volont1 mo9s il y aura de s\ffrance2 or n\s savons que la s\ffrance e/ positive et le bonheur simplem5t ngatif4 ,la limitation du c]cle d'action enlve la volont les occasions extrieures d'excitation2 la limitation de l'esprit1 les occasions intrieures4 ,cette d]nire a seulem5t l'inconvni5t d'ouvrir l'accs l'ennui qui devi5t la s\rce indirecte d'innombrables s\ffrances1 p>ce qu'on rec\rt t\s les moy5s p\r le *ass]2 on essaye des di/ractions1 des runions1 du luxe1 du jeu1 de la boisson1 et de mille autres *oses2 de l dommages1 ru9e et malheurs de t\te sorte4 ,difficilis 9 otio quies4 ,p\r montr] en revan*e combi5 la limitation extrieure e/ bi5faisante p\r le bonheur huma91 autant que quelque *ose peut l'tre1 combi5 elle lui e/ mme ncessaire1 n\s n'avons qu' rappel] que le seul g5re de pome qui entrepr5ne de pe9dre des g5s heureux1 l'idylle1 les reprs5te t\j\rs placs ess5tiellem5t dans une condition et un ent\rage des plus limits4 ,ce mme s5tim5t produit aussi le plaisir que n\s tr\vons ce qu'on appelle des tableaux de g5re4 ,en consqu5ce1 n\s tr\v]ons du bonheur dans la plus gr&e simplicit possible de nos relations et mme dans l'uni=mit du g5re de vie1 tant que cette uni=mit n'eng5dr]a pas l'ennui3 c'e/ cette condition que n\s port]ons plus lgrem5t la vie et son f>deau insp>able2 l'exi/5ce s'c\l]a1 comme un ruisseau1 sans vagues et sans t\rbillons4 #g ,ce qui importe1 en d]nire in/ance1 notre bonheur ou notre malheur1 c'e/ ce qui remplit et occupe la consci5ce4 ,t\t travail purem5t intellectuel apport]a1 au total1 plus de ress\rces l'esprit capable de s'y livr]1 que la vie relle avec ses alt]natives con/antes de russites et d'insuccs1 avec ses sec\sses et ses t\rm5ts4 ,il e/ vrai que cela exige dj des dispositions d'esprit prpondrantes4 ,il faut rem>qu] en outre que1 d'une "p1 l'activit extrieure de la vie n\s di/rait et n\s dt\rne de l'tude et enlve l'esprit la tranquillit et le recueillem5t rclams1 et que1 d'autre "p1 l'occupation cont9ue de l'esprit r5d plus ou mo9s incapable de se ml] au tra9 et au tumulte de la vie relle2 il e/ donc sage de susp5dre une telle occupation lorsque des circon/ances quelconques ncessit5t une activit pratique et n]gique4 #h ,p\r vivre avec prud5ce p>faite et p\r retir] de sa propre expri5ce t\s les enseignem5ts qu'elle conti5t1 il e/ ncessaire de se report] s\v5t en arrire p> la p5se et de rcapitul] ce qu'on a vu1 fait1 appris et s5ti en mme temps dans la vie2 il faut aussi comp>] son jugem5t d'autrefois avec son op9ion actuelle1 ses projets et ses aspirations avec leur rsultat et avec la satisfaction que ce rsultat n\s a donne4 ,l'expri5ce n\s s]t a9si de pr(esseur p>ticuli] qui vi5t n\s donn] des rptitions prives4 ,on peut aussi la considr] comme le texte1 la rflexion et les connaissances en tant le comm5taire4 ,beauc\p de rflexion et de connaissances avec peu d'expri5ce ressemble ces ditions dont les pages prs5t5t deux lignes de texte et qu>ante de comm5taire4 ,beauc\p d'expri5ce accompagne de peu de rflexion et d'in/ruction rappelle ces ditions de ,deux-,ponts qui n'ont pas de notes et laiss5t bi5 des passages incompris dans le texte4 ,c'e/ ces prceptes que se rapporte la maxime de ,py?agore1 d'avoir pass] en revue avant de s'endormir le soir1 ce qu'on a fait dans la j\rne4 ,l'homme qui s'en va vivant dans le tumulte des affaires ou des plaisirs sans jamais rum9] son pass et qui se cont5te de dvid] l'*eveau de sa vie1 p]d t\te raison claire2 son esprit devi5t un *aos1 et dans ses p5ses pntre une c]ta9e confusion dont tmoigne sa conv]sation abrupte1 fragm5taire et p\r a9si dire ha*e m5u4 ,cet tat s]a d'autant plus prononc que l'agitation extrieure1 la somme des impressions s]a plus gr&e et l'activit intrieure de l'esprit mo9dre4 ,obs]vons ici qu'aprs un laps de temps1 qu& les relations et les circon/ances qui agissai5t sur n\s ont disp>u1 n\s ne p\vons plus faire rev5ir et revivre la disposition et la s5sation produites alors en n\s2 mais ce que n\s p\vons bi5 n\s rappel]1 ce sont nos manife/ations cette occasion4 ,or celles-ci sont le rsultat1 l'expression et la mesure de celles-l4 ,aussi la mmoire ou le papi] devrai5t-ils soigneusem5t cons]v] les traces des poques importantes de notre vie4 ,t5ir son j\rnal e/ trs utile p\r cela4 #i ,se suffire soi-mme1 tre t\t en t\t p\r soi1 et p\voir dire3 ,omnia mea mecum porto1 voil c]ta9em5t p\r notre bonheur la condition la plus favorable2 aussi ne saurait-on assez rpt] la maxime d',ari/ote3 7,le bonheur e/ ceux qui se suffis5t eux-mmes4 ,mor4 ,eud41 #g1 #b47 ,c'e/ au fond la mme p5se1 r5due d'une manire *>mante1 qu'exprime la s5t5ce de ,*am=t mise en tte de ce trait4 ,c>1 d'une "p1 il ne faut compt] avec quelque assurance que sur soi-mme2 d'autre "p1 les fatigues et les inconvni5ts1 le dang] et les pe9es que la socit apporte avec elle1 sont innombrables et 9vitables4 ,il n'y a pas de voie qui n\s loigne plus du bonheur que la vie en gr&1 la vie des noces et fe/9s1 celle que les ,anglais appell5t le high life1 c>1 en *]*ant trans=m] notre misrable exi/5ce en une succession de joies1 de plaisirs et de j\issances1 l'on ne peut manqu] de tr\v] le dsabusem5t1 sans compt] les m5songes rciproques que l'on se dbite dans ce monde-l et qui en sont l'accompagnem5t oblig#bd4 ,et t\t d'abord t\te socit exige ncessairem5t un accommodem5t rciproque1 un tempram5t3 aussi1 plus elle e/ nombreuse1 plus elle devi5t fade4 ,on ne peut tre vraim5t soi qu'aussi longtemps qu'on e/ seul2 qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la lib]t1 c> on n'e/ libre qu'tant seul4 ,t\te socit a p\r compagne insp>able la contra9te et rclame des sacrifices qui cot5t d'autant plus *] que la propre individualit e/ plus m>quante4 ,p> consqu5t1 *acun fuira1 support]a ou *rira la solitude en proportion exacte de la valeur de son propre moi4 ,c> c'e/ l que le mesqu9 s5t t\te sa mesqu9]ie et le gr& esprit t\te sa gr&eur2 bref1 *acun s'y pse sa vraie valeur4 ,en outre un homme e/ d'autant plus ess5tiellem5t et ncessairem5t isol1 qu'il occupe un rang plus lev dans le nobiliaire de la nature4 ,c'e/ alors une vritable j\issance p\r un tel homme1 que l'isolem5t physique soit en rapport avec son isolem5t intellectuel3 si cela ne peut pas tre1 le frqu5t ent\rage d'tres htrognes le tr\ble2 il lui devi5t mme fune/e1 c> il lui drobe son moi et n'a ri5 lui (frir en comp5sation4 ,de plus1 p5dant que la nature a mis la plus gr&e dissemblance1 au moral comme l'intellectuel1 entre les hommes1 la socit1 n'en t5ant aucun compte1 les fait t\s gaux1 ou plutt1 cette 9galit naturelle1 elle sub/itue les di/9ctions et les degrs artificiels de la condition et du rang qui vont s\v5t diamtralem5t l'encontre de cette li/e p> rang telle que l'a tablie la nature4 ,ceux que la nature a placs bas se tr\v5t trs bi5 de cet arrangem5t social1 mais le petit nombre de ceux qu'elle a placs haut n'ont pas leur compte2 aussi se drob5t-ils d'ord9aire la socit3 d'o il rsulte que le vulgaire y dom9e ds qu'elle devi5t nombreuse4 ,ce qui dgte de la socit les gr&s esprits1 c'e/ l'galit des droits et des prt5tions qui en driv5t1 en reg>d de l'9galit des facults et des productions 7sociales7 des autres4 ,la soi-disant bonne socit apprcie les mrites de t\te espce1 sauf les mrites intellectuels2 ceux-ci y sont mme de la contreb&e4 ,elle impose le devoir de tmoign] une pati5ce sans bornes p\r t\te sottise1 t\te folie1 t\te absurdit1 p\r t\te /upidit2 les mrites p]sonnels1 au contraire1 sont t5us de m5di] leur p>don ou de se ca*]1 c> la supriorit intellectuelle1 sans aucun conc\rs de la volont1 blesse p> sa seule exi/5ce4 ,en outre1 cette prt5due bonne socit n'a pas seulem5t l'inconvni5t de n\s mettre en contact avec des g5s que n\s ne p\vons ni appr\v] ni aim]1 mais encore elle ne n\s p]met pas d'tre n\s-mmes1 d'tre tel qu'il convi5t notre nature2 elle n\s oblige plutt1 af9 de n\s mettre au diapason des autres1 n\s ratat9] p\r a9si dire1 voire mme n\s dif=m]4 ,des disc\rs spirituels ou des saillies ne sont de mise que dans une socit spirituelle2 dans la socit ord9aire1 ils sont t\t bonnem5t dte/s1 c> p\r plaire dans celle-ci il faut absolum5t tre plat et born4 ,dans de p>eilles runions1 on doit1 avec une pnible abngation de soi-mme1 ab&onn] les trois qu>ts de sa p]sonnalit p\r s'assimil] aux autres4 ,il e/ vrai qu'en ret\r on gagne ces autres2 mais plus on a de valeur propre1 plus on v]ra qu'ici le ga9 ne c\vre pas la p]te et que le m>* ab\tit notre dtrim5t1 c> les g5s sont d'ord9aire insolvables1 c'e/--dire qu'ils n'ont ri5 dans leur comm]ce qui puisse n\s indemnis] de l'ennui1 des fatigues et des dsagrm5ts qu'ils procur5t ni du sacrifice de soi-mme qu'ils impos5t3 d'o il rsulte que presque t\te socit e/ de telle qualit que celui qui la troque contre la solitude fait un bon m>*4 cela vi5t encore s'aj\t] que la socit1 en vue de suppler la supriorit vritable1 c'e/--dire l'intellectuelle qu'elle ne supporte pas et qui e/ r>e1 a adopt sans motifs une supriorit fausse1 conv5tionnelle1 base sur des lois arbitraires1 se propageant p> tradition p>mi les classes leves et1 en mme temps1 v>iant comme un mot d'ordre2 c'e/ celle que l'on appelle le bon ton1 fa%ionabl5ess4 ,t\tefois1 qu& il arrive que cette espce de supriorit entre en collision avec la vritable1 la faiblesse de la premire ne t>de pas se montr]4 ,en outre1 qu& le bon ton arrive1 le bon s5s se retire#be4 ,en ?se gnrale1 on ne peut tre l'unisson p>fait qu'avec soi-mme2 on ne peut pas l'tre avec son ami1 on ne peut pas l'tre avec la femme aime1 c> les diffr5ces de l'individualit et de l'humeur produis5t t\j\rs une dissonnance1 quelque faible qu'elle soit4 ,aussi la paix du cur vritable et pr(onde et la p>faite tranquillit de l'esprit1 ces bi5s suprmes sur t]re aprs la sant1 ne se tr\v5t que dans la solitude et1 p\r tre p]man5ts1 que dans la retraite absolue4 ,qu& alors le moi e/ gr& et ri*e1 on gte la condition la plus heureuse qui soit tr\v] en ce pauvre bas monde4 ,oui1 disons-le ouv]tem5t3 quelque troitem5t que l'amiti1 l'am\r et le m>iage uniss5t les huma9s1 on ne veut1 entirem5t et de bonne foi1 de bi5 qu' soi seul1 ou t\t au plus encore son enfant4 ,mo9s on aura beso91 p> suite de conditions objectives ou subjectives1 de se mettre en contact avec les hommes1 mieux on s'en tr\v]a4 ,la solitude1 le ds]t p]mett5t d'embrass] d'un seul reg>d t\s ses maux1 s9on de les pr\v] d'un seul c\p2 la socit1 au contraire1 e/ insidieuse2 elle ca*e des maux imm5ses1 s\v5t irrp>ables1 d]rire une app>5ce de passe-temps1 de caus]ies1 d'amusem5ts de socit et autres semblables4 ,une tude importante p\r les hommes s]ait d'appr5dre de bonne heure support] la solitude1 cette s\rce de flicit et de tranquillit intellectuelle4 ,de t\t ce que n\s v5ons d'expos] il rsulte que celui-l e/ le mieux p>tag qui n'a compt que sur lui-mme et qui peut en t\t tre t\t lui-mme4 ,cicron a dit3 ,nemo pote/ non beatissimus esse1 qui e/ totus aptus ex sese1 quique 9 se uno ponit omnia 7,p>ad4 ,,ii7 7,celui qui ne relve que de lui-mme et met en lui t\s ses bi5s doit ncessairem5t tre le plus heureux des hommes74 ,en outre1 plus l'homme a en soi1 mo9s les autres peuv5t lui tre de quelque *ose4 ,c'e/ ce c]ta9 s5tim5t1 de p\voir se suffire entirem5t1 qui emp*e l'homme de valeur et ri*e l'intrieur d'apport] la vie en commun les gr&s sacrifices qu'elle exige et bi5 mo9s encore de la re*]*] au prix d'une notable abngation de soi-mme4 ,c'e/ le s5tim5t oppos qui r5d les hommes ord9aires si sociables et si accommodants2 il leur e/1 en effet1 plus facile de support] les autres qu'eux-mmes4 ,notons encore ici que ce qui a une valeur relle n'e/ pas apprci dans le monde1 et que ce qui e/ apprci n'a pas de valeur4 ,n\s en tr\vons la preuve et le rsultat dans la vie retire de t\t homme de mrite et de di/9ction4 ,il s'ensuit que ce s]a p\r l'homme m95t faire acte positif de sagesse que de re/re9dre1 s'il le faut1 ses beso9s1 ri5 que p\r p\voir g>d] ou t5dre sa lib]t1 et de se cont5t] du mo9s possible p\r sa p]sonne1 qu& le contact avec les hommes e/ 9vitable4 ,ce qui d'autre "p r5d encore les hommes sociables1 c'e/ qu'ils sont incapables de support] la solitude et de se support] eux-mmes qu& ils sont seuls4 ,c'e/ leur vide intrieur et leur fatigue d'eux-mmes qui les p\ss5t *]*] la socit1 c\rir les pays trang]s et entrepr5dre des voyages4 ,leur esprit1 manquant du ressort ncessaire p\r s'imprim] du m\vem5t propre1 *]*e l'accrotre p> le v91 et beauc\p d'entre eux f9iss5t a9si p> dev5ir des ivrognes4 ,c'e/ dans ce mme b qu'ils ont beso9 de l'excitation cont9ue v5ant du dehors et notamm5t de celle produite p> des tres de leur espce1 c> c'e/ la plus n]gique de t\tes4 ,a dfaut de cette irritation extrieure1 leur esprit s'affaisse s\s son propre poids et tombe dans une l?>gie crasante#bf4 ,on p\rrait dire galem5t que *acun d'eux n'e/ qu'une petite fraction de l'ide de l'humanit1 ayant beso9 d'tre additionn de beauc\p de ses semblables p\r con/itu] en quelque sorte une consci5ce huma9e entire2 p> contre1 celui qui e/ un homme complet1 un homme p> excell5ce1 celui-l n'e/ pas une fraction2 il reprs5te une unit entire et se suffit p> consqu5t lui-mme4 ,on peut1 dans ce s5s1 comp>] la socit ord9aire cet or*e/re russe compos exclusivem5t de cors et dans lequel *aque in/rum5t n'a qu'une note2 ce n'e/ que p> leur concid5ce exacte que l'h>monie musicale se produit4 ,en effet1 l'esprit de la plup>t des g5s e/ monotone comme ce cor qui n'met lui aussi qu'un son3 ils sembl5t rellem5t n'avoir jamais qu'un seul et mme sujet de p5se1 et tre incapables d'en avoir un autre4 ,ceci explique donc la fois comm5t il se fait qu'ils soi5t si ennuyeux et si sociables1 et p\rquoi ils vont le plus volonti]s p> tr\peau3 ,! greg>i\sness ( mank9d4 ,c'e/ la monotonie de leur propre tre qui e/ insupportable *acun d'entre eux3 ,omnis /ultitia laborat fa/idio sui 7,t\te sottise e/ accable p> le dgt d'elle-mme74 ,ce n'e/ que runis et p> leur runion qu'ils sont quelque *ose1 t\t comme ces sonneurs de cor4 ,l'homme intellig5t au contraire e/ comp>able un virtuose qui excute son conc]t lui seul1 ou bi5 encore un piano4 ,p>eil ce d]ni]1 qui e/ lui t\t seul un petit or*e/re1 il e/ un petit monde1 et ce que les autres ne sont que p> une action d'ensemble1 lui l'(fre dans l'unit d'une seule consci5ce4 ,a9si que le piano1 il n'e/ pas une p>tie de la symphonie1 il e/ fait p\r le solo et p\r la solitude2 qu& il doit pr5dre "p au conc]t avec les autres1 cela ne peut tre que comme voix pr9cipale avec accompagnem5t1 encore comme le piano1 ou p\r donn] le ton dans la musique vocale1 t\j\rs comme le piano4 ,celui qui aime de temps en temps all] dans le monde1 p\rra tir] de la comp>aison prcd5te cette rgle que ce qui manque en qualit aux g5s avec lesquels il e/ en relation1 doit tre suppl jusqu' un c]ta9 po9t p> la quantit4 ,le comm]ce d'un seul homme intellig5t p\rrait lui suffire2 mais1 s'il ne tr\ve que de la m>*&ise de qualit ord9aire1 il s]a bon d'en avoir foison1 p\r que la v>it et l'action comb9es produis5t quelque effet1 p> analogie avec l'or*e/re de cors russes1 dj m5tionn3 et que le ,ciel lui accorde la pati5ce qu'il lui faudra6 ,c'e/ encore ce vide intrieur et cette nullit des g5s qu'il faut attribu] ce fait que1 lorsque des hommes d'une t(fe meilleure se gr\p5t en vue d'un b noble et idal1 le rsultat s]a presque t\j\rs le suivant3 il se tr\v]a quelques membres de ce plebs de l'humanit qui1 p>eil la v]m9e1 pullule et envahit t\te *ose en t\t lieu1 t\j\rs prt s'emp>] de t\t indi/9ctem5t p\r s\lag] son ennui ou d'autres fois son indig5ce1--il s'en tr\v]a1 dis-je1 qui s'ins9u]ont dans l'assemble ou s'y introduiront =ce d'importunit1 et alors ou bi5 ils dtruiront bi5tt t\te l'uvre1 ou bi5 ils la modifi]ont au po9t que l'issue en s]a peu prs l'oppos du b primitif4 ,on peut encore envisag] la sociabilit *ez les hommes comme un moy5 de se r*auff] rciproquem5t l'esprit1 analogue la manire dont ils se *auff5t mutuellem5t le corps qu&1 p> les gr&s froids1 ils s'entass5t et se press5t les uns contre les autres4 ,mais qui possde en soi-mme beauc\p de calorique intellectuel n'a pas beso9 de p>eils entassem5ts4 ,on tr\v]a dans le #b;e volume de ce recueil1 au *apitre f9al1 un apologue imag9 p> moi ce sujet#bg4 ,la consqu5ce de t\t cela c'e/ que la sociabilit de *acun e/ en raison inv]se de sa valeur intellectuelle2 dire de quelqu'un3 ,il e/ trs insociable1 signifie peu de *ose prs3 ,c'e/ un homme d\ de hautes facults4 ,la solitude (fre l'homme intellectuellem5t haut plac un d\ble avantage3 le premi]1 d'tre avec soi-mme1 et le second de n'tre pas avec les autres4 ,on apprci]a hautem5t ce d]ni] si l'on rfl*it t\t ce que le comm]ce du monde apporte avec soi de contra9te1 de pe9e et mme de dang]s4 ,t\t notre mal vi5t de ne p\voir tre seuls1 a dit ,la ,bruyre4 ,la sociabilit app>ti5t aux p5*ants dang]eux et p]nicieux1 c> elle n\s met en contact avec des tres qui en gr&e majorit sont moralem5t mauvais et intellectuellem5t borns ou dtraqus4 ,l'homme insociable e/ celui qui n'a pas beso9 de t\s ces g5s-l4 ,avoir suffisamm5t en soi p\r p\voir se pass] de socit e/ dj un gr& bonheur1 p> l mme que presque t\s nos maux driv5t du monde1 et que la tranquillit d'esprit qui1 aprs la sant1 =me l'lm5t le plus ess5tiel de notre bonheur1 y e/ mise en pril et ne peut exi/] sans de longs mom5ts de solitude4 ,les philosophes cyniques r5oncr5t aux bi5s de t\te espce p\r j\ir du bonheur que donne le calme intellectuel3 r5onc] la socit en vue d'arriv] au mme rsultat1 c'e/ *oisir le moy5 le plus sage4 ,b]n>d9 de ,sa9t-,pi]re dit avec raison et d'une faon *>mante3 ,la dite des alim5ts n\s r5d la sant du corps1 et celle des hommes la tranquillit de l'me4 ,aussi celui qui s'e/ fait de bonne heure la solitude et qui elle e/ dev5ue *re a-t-il acquis une m9e d'or4 ,mais cela n'e/ pas donn *acun4 ,c> de mme que c'e/ la misre qui1 d'abord1 rappro*e les hommes1 de mme plus t>d1 le beso9 c>t1 c'e/ l'ennui qui les rassemble4 ,sans ces deux motifs1 *acun re/]ait probablem5t l'c>t1 qu& ce ne s]ait dj que p>ce que dans la solitude seule le milieu qui n\s ent\re correspond cette importance exclusive1 cette qualit de crature unique que *acun possde ses propres yeux1 mais que le tra9 tumultueux du monde rduit ri51 vu que *aque pas lui donne un d\l\reux dm5ti4 ,en ce s5s1 la solitude e/ mme l'tat naturel de *acun2 elle le replace1 n\vel ,adam1 dans sa condition primitive de bonheur1 dans l'tat appropri sa nature4 ,oui6 mais ,adam n'avait ni pre ni mre6 ,c'e/ p\rquoi1 d'un autre ct1 la solitude n'e/ pas naturelle l'homme1 puisqu' son arrive au monde il ne se tr\ve pas seul1 mais au milieu de p>5ts1 de frres et de surs1 autrem5t dit au se9 d'une vie en commun4 ,p> consqu5t1 l'am\r de la solitude ne peut pas exi/] comme p5*ant primitif2 il doit natre comme un rsultat de l'expri5ce et de la rflexion et se produire t\j\rs en rapport avec le dveloppem5t de la =ce intellectuelle propre et en proportion des progrs de l'ge3 d'o il suit qu'en somme l'in/9ct social de *aque individu s]a dans le rapport inv]se de son ge4 ,le petit enfant p\sse des cris de frayeur et se lam5te ds qu'on le laisse seul1 ne ft-ce qu'un mom5t4 ,p\r les jeunes g>ons1 devoir re/] seuls e/ une svre pnit5ce4 ,les adolesc5ts se runiss5t volonti]s entre eux2 il n'y a que ceux d\s d'une nature plus noble et d'un esprit plus lev qui re*]*5t dj p>fois la solitude2 nanmo9s pass] t\te une j\rne seuls leur e/ encore difficile4 ,p\r l'homme fait1 c'e/ *ose facile2 il peut re/] longtemps isol1 et d'autant plus longtemps qu'il avance davantage dans la vie4 ,quant au vieill>d1 unique survivant de gnrations disp>ues1 mort d'une "p aux j\issances de la vie1 d'autre "p lev au-dessus d'elles1 la solitude e/ son vritable lm5t4 ,mais1 dans *aque individu considr sp>m5t1 les progrs du p5*ant la retraite et l'isolem5t s]ont t\j\rs en raison directe de sa valeur intellectuelle4 ,c>1 a9si que n\s l'avons dj dit1 ce n'e/ pas l un p5*ant purem5t naturel1 provoqu directem5t p> la ncessit2 c'e/ plutt seulem5t l'effet de l'expri5ce acquise et mdite2 on y arrive surt\t aprs s'tre bi5 conva9cu de la misrable condition morale et intellectuelle de la plup>t des hommes1 et ce qu'il y a de pire dans cette condition c'e/ que les imp]fections morales de l'individu conspir5t avec ses imp]fections intellectuelles et s'entr'aid5t mutuellem5t2 il se produit alors les phnomnes les plus rep\ssants qui r5d5t rpugnant1 et mme insupportable1 le comm]ce de la gr&e majorit des hommes4 ,et voil comm5t1 bi5 qu'il y ait tant de mauvaises *oses en ce monde1 la socit en e/ encore la pire3 ,voltaire lui-mme1 ,franais sociable1 a t am5 dire3 ,la t]re e/ c\v]te de g5s qui ne mrit5t pas qu'on leur p>le4 ,le t5dre ,ptr>que1 qui a si vivem5t et avec tant de con/ance aim la solitude1 en donne le mme motif3 ,c]eato ho sempre solit>ia vita 7,le rive il sanno1 e le campagne1 e i bos*i71 ,p] fuggir que/'+egni /orli e los*i ,*e la /rada del ciel' hanno sm>ita4 7,j'ai t\j\rs re*]* une vie solitaire les rivages1 et les campagnes1 et les bois le sav5t1 p\r fuir ces esprits dif=mes et myopes1 qui ont p]du la r\te du ciel74 ,il donne les mmes motifs dans son beau livre ,de vita solit>ia1 qui semble avoir s]vi de modle ,zimm]mann p\r son clbre ouvrage intitul ,de la solitude4 ,*am=t1 avec sa manire s>ca/ique1 exprime prcism5t cette orig9e secondaire et indirecte de l'insociabilit1 qu& il dit3 ,on dit quelquefois d'un homme qui vit seul3 ,il n'aime pas la socit4 ,c'e/ s\v5t comme si l'on disait d'un homme qu'il n'aime pas la prom5ade1 s\s le prtexte qu'il ne se promne pas volonti]s le soir dans ta =t de ,bondy4 ,saadi1 dans le ,guli/an1 s'exprime dans le mme s5s3 ,depuis ce mom5t1 pr5ant cong du monde1 n\s avons suivi le *em9 de l'isolem5t2 c> la scurit e/ dans la solitude4 ,anglus ,silesius1 me d\ce et *rti5ne1 dit la mme *ose dans son langage "p et t\t my/ique3 ,hrode e/ un ennemi1 ,joseph e/ la raison qui ,dieu rvle en songe 7en esprit7 le dang]3 ,le monde e/ ,be?lem1 l'gypte la solitude3 ,fuis1 mon f9ie6 fuis1 ou tu meurs de d\leur4 ,voici galem5t comm5t s'exprime ,jordan ,bruno3 ,tanli nom9i1 *e 9 t]ra hanno voluto gu/>e vita cele/e1 diss]o con una voce3 ecce elongavi fugi5s et mansi 9 solitud9e4 7,t\s ceux qui ont v\lu gt] sur t]re la vie cle/e1 ont dit d'une voix3 ,voici que je me suis loign en c\rant et je suis re/ dans la solitude74 ,saadi1 le ,p]san1 en p>lant de lui-mme1 dit encore dans le ,guli/an3 ,fatigu de mes amis ,damas1 je me retirai dans le ds]t auprs de ,jrusalem1 p\r re*]*] la socit des animaux4 ,bref1 t\s ceux que ,prom?e avait faonns de la meilleure argile ont p>l dans le mme s5s4 ,quelles j\issances peuv5t en effet tr\v] ces tres privilgis dans le comm]ce de cratures avec lesquelles ils ne peuv5t avoir de relations p\r tablir une vie en commun que p> l'int]mdiaire de la plus basse et la plus vile "p de leur propre nature1 c'e/--dire p> t\t ce qu'il y a dans celle-ci de banal1 de trivial et de vulgaire8 ,ces tres ord9aires ne peuv5t s'lev] la hauteur des premi]s1 n'ont d'autre ress\rce comme ils n'auront d'autre t*e que de les abaiss] leur propre niveau4 ce po9t de vue1 c'e/ un s5tim5t ari/ocratique qui n\rrit le p5*ant l'isolem5t et la solitude4 ,t\s les gueux sont d'un sociable faire piti3 en revan*e1 cela seul on voit qu'un homme e/ de plus noble qualit1 qu& il ne tr\ve aucun agrm5t aux autres1 qu& il prfre de plus en plus la solitude leur socit et qu'il acqui]t ins5siblem5t1 avec l'ge1 la conviction que sauf de r>es exceptions il n'y a de *oix dans le monde qu'entre la solitude et la vulg>it4 ,cette maxime1 quelque dure qu'elle semble1 a t exprime p> ,anglus ,silesius lui-mme1 malgr t\te sa *>it et sa t5dresse *rti5nes3 ,la solitude e/ pnible3 cep5dant ne sois pas vulgaire1 ,et tu p\rras p>t\t tre dans un ds]t4 ,p\r ce qui conc]ne notamm5t les esprits m95ts1 il e/ bi5 naturel que ces vritables ducateurs de t\t le g5re huma9 pr\v5t aussi peu d'incl9ation se mettre en communication frqu5te avec les autres1 qu'en peut ress5tir le pdagogue se ml] aux jeux bruyants de la tr\pe d'enfants qui l'ent\r5t4 ,c>1 ns p\r guid] les autres hommes v]s la vrit sur l'ocan de leurs erreurs1 p\r les retir] de l'abme de leur grossiret et de leur vulg>it1 p\r les lev] v]s la lumire de la civilisation et du p]fectionnem5t1 ils doiv5t1 il e/ vrai1 vivre p>mi ceux-l1 mais sans leur app>t5ir rellem5t2 ils se s5t5t1 p> consqu5t1 ds leur jeunesse1 des cratures s5siblem5t diffr5tes2 mais la conviction bi5 di/9cte cet g>d ne leur arrive qu'ins5siblem5t1 mesure qu'ils avanc5t en ge2 alors ils ont so9 d'aj\t] la di/ance physique la di/ance intellectuelle qui les sp>e du re/e des hommes1 et ils veill5t ce que p]sonne1 mo9s d'tre soi-mme plus ou mo9s un affran*i de la vulg>it gnrale1 ne les appro*e de trop prs4 ,il ressort de t\t cela que l'am\r de la solitude n'app>at pas directem5t et l'tat d'in/9ct primitif1 mais qu'il se dveloppe indirectem5t1 p>ticulirem5t dans les esprits di/+us1 et progressivem5t1 non sans avoir surmont] l'in/9ct naturel de la sociabilit1 et mme combattre1 l'occasion1 quelque sugge/ion mphi/ophlique3 ,hor' auf1 mit de9em ,gram zu spiel51 ,d]1 wie e9 ,gei]1 dir am ,leb5 fris/3 ,die s*lle*te/e ,gesella*aft ls/ di* fhl5 ,dass du e9 ,m5s* mit ,m5s*5 bi/4 7,cesse du j\] avec ton *agr91 qui1 p>eil un vaut\r1 te ronge l'exi/5ce3 la pire compagnie te fait s5tir que tu es un homme avec des hommes47 ,la solitude e/ le lot de t\s les esprits suprieurs2 il leur arriv]a p>fois de s'en attri/]1 mais ils la *oisiront t\j\rs comme le mo9dre de deux maux4 ,avec les progrs de l'ge nanmo9s1 le sap]e aude devi5t cet g>d de plus en plus facile et naturel2 v]s la soixanta9e1 le p5*ant la solitude arrive tre t\t fait naturel1 presque in/9ctif4 ,en effet1 t\t se runit alors p\r le favoris]4 ,les ressorts qui p\ss5t le plus n]giquem5t la sociabilit1 savoir l'am\r des femmes et l'in/9ct sexuel1 n'agiss5t plus ce mom5t2 la disp>ition du sexe fait mme naitre *ez le vieill>d une c]ta9e capacit de se suffire soi-mme1 qui peu peu absorbe totalem5t l'in/9ct social4 ,on e/ rev5u de mille dceptions et de mille folies2 la vie d'action a cess d'ord9aire2 on n'a plus ri5 att5dre1 plus de plans ni de projets =m]2 la gnration laquelle on app>ti5t rellem5t n'exi/e plus2 ent\r d'une race trangre1 on se tr\ve dj objectivem5t et ess5tiellem5t isol4 ,avec cela1 le vol du temps s'e/ acclr1 et l'on v\drait l'employ] encore intellectuellem5t4 ,c> ce mom5t1 p\rvu que la tte ait cons]v ses =ces1 les tudes de t\te sorte sont r5dues plus faciles et plus intressantes que jamais p> la gr&e somme de connaissances et d'expri5ce acquise1 p> la mditation progressivem5t plus appr(ondie de t\te p5se1 a9si que p> la gr&e aptitude p\r l'ex]cice de t\tes les facults intellectuelles4 ,on voit clair dans ma9tes *oses qui autrefois tai5t comme plonges dans un br\ill>d2 on obti5t des rsultats1 et l'on s5t entirem5t sa supriorit4 la suite d'une longue expri5ce1 on a cess d'att5dre gr&-*ose des hommes1 puisque1 t\t pr5dre1 ils ne gagn5t pas tre connus de plus prs2 on sait plutt que1 sauf quelques r>es bonnes *ances1 on ne r5contr]a de la nature huma9e que des exemplaires trs dfectueux et auxquels il vaut mieux ne pas t\*]4 ,on n'e/ plus expos aux illusions ord9aires1 on voit bi5 vite ce que *aque homme vaut1 et l'on n'pr\v]a que r>em5t le dsir d'entr] en rapport plus intime avec lui4 ,enf91 lorsque surt\t on reconnat dans la solitude une amie de jeunesse1 l'habitude de l'isolem5t et du comm]ce avec soi-mme s'e/ implante1 et c'e/ alors une seconde nature4 ,aussi l'am\r de la solitude1 cette qualit qu'il fallait jusque-l conqurir p> une lutte contre l'in/9ct de sociabilit1 e/ dsormais naturel et simple2 on e/ son aise dans la solitude comme le poisson dans l'eau4 ,aussi t\t homme suprieur1 ayant une individualit qui ne ressemble pas aux autres1 et qui p> consqu5t occupe une place unique1 se s5tira s\lag dans sa vieillesse p> cette position entirem5t isole1 quoiqu'il ait pu s'en tr\v] accabl p5dant sa jeunesse4 ,c]ta9em5t1 *acun ne possd]a sa "p de ce privilge rel de l'ge que dans la mesure de ses =ces intellectuelles2 c'e/ donc l'esprit m95t qui l'acqu]ra avant t\s les autres1 mais1 un degr mo9dre1 *acun y arriv]a4 ,il n'y a que les natures les plus pauvres et les plus vulgaires qui s]ont1 dans la vieillesse1 aussi sociables qu'autrefois3 elles sont alors *>ge cette socit1 avec laquelle elles ne cadr5t plus2 et t\t au plus arriv]ont-elles tre tolres1 au lieu d'tre re*]*es comme jadis4 ,on peut encore tr\v] un ct tlologique ce rapport inv]se dont n\s v5ons de p>l]1 entre le nombre des annes et le degr de sociabilit4 ,plus l'homme e/ jeune1 plus il a encore appr5dre dans t\tes les directions2 or la nature ne lui a rs]v que l'enseignem5t mutuel que *acun reoit dans le comm]ce de ses semblables et qui fait qu'on p\rrait appel] la socit huma9e une gr&e maison d'ducation bell-lanca/ri5ne1 vu que les livres et les coles sont des in/itutions artificielles1 bi5 loignes du plan de la nature4 ,il e/ donc trs utile p\r l'homme de frqu5t] l'in/itution naturelle d'ducation d'autant plus assidm5t qu'il e/ plus jeune4 ,nihil e/ ab omni p>te beatum1 dit ,horace1 et ,po9t de lotus sans tige1 dit un prov]be indi52 de mme1 la solitude1 ct de tant d'avantages1 a aussi ses lg]s inconvni5ts et ses petites incommodits1 mais qui sont m9imes en reg>d de ceux de la socit1 tel po9t que l'homme qui a une valeur propre tr\v]a t\j\rs plus facile de se pass] des autres que d'entret5ir des relations avec eux4 ,p>mi ces inconvni5ts1 il en e/ un dont on ne se r5d pas aussi facilem5t compte que des autres2 c'e/ le suivant3 de mme qu' =ce de g>d] con/amm5t la *ambre notre corps devi5t tellem5t s5sible t\te impression extrieure que le mo9dre petit air frais l'affecte maladivem5t1 de mme notre humeur devi5t tellem5t s5sible p> la solitude et l'isolem5t prolongs1 que n\s n\s s5tons inquit1 afflig ou bless p> les vnem5ts les plus insignifiants1 p> un mot1 p> une simple m9e mme1 t&is que celui qui e/ con/amm5t dans le tumulte ne fait pas seulem5t att5tion ces bagatelles4 ,il peut se tr\v] tel homme qui1 notamm5t dans sa jeunesse1 et quelque s\v5t que sa ju/e av]sion de ses semblables l'ait fait dj fuir dans la solitude1 ne saurait la longue en support] le vide2 je lui conseille de s'habitu] emport] avec soi1 dans la socit1 une p>tie de sa solitude2 qu'il appr5ne tre seul jusqu' un c]ta9 po9t mme dans le monde1 p> consqu5t ne pas communiqu] de suite aux autres ce qu'il p5se2 d'autre "p1 ne pas atta*] trop de valeur ce qu'ils dis5t1 mais plutt ne pas en att5dre gr&'*ose au moral comme l'intellectuel1 et p> suite =tifi] en soi cette indiffr5ce l'g>d de leurs op9ions qui e/ le plus sr moy5 de pratiqu] con/amm5t une l\able tolrance4 ,de cette faon1 bi5 que p>mi eux il ne soit pas entirem5t dans leur socit1 il aura vis--vis d'eux une attitude plus purem5t objective1 ce qui le protg]a contre un contact trop intime avec le monde1 et p> l contre t\te s\illure1 plus =te raison contre t\te lsion4 ,il exi/e une description dramatique rem>quable d'une p>eille socit ent\re de b>rires ou de retran*em5ts1 dans la comdie ,el cafe1 o sea la ,com$i nueva de ,morat92 on la tr\ve dans le c>actre de don ,p$ro1 surt\t aux scnes #b et #c du ,i] acte4 ,dans cet ordre d'ides1 n\s p\vons aussi comp>] la socit un feu auquel le sage se *auffe1 mais sans y port] la ma91 comme le f\ qui1 aprs s'tre brl1 fuit dans la froide solitude et gmit de ce que le feu brle4 #aj ,l'envie e/ naturelle l'homme1 et cep5dant elle e/ un vice et un malheur t\t la fois#bh4 ,n\s devons donc la considr] comme une ennemie de notre bonheur et *]*] l't\ff] comme un m*ant dmon4 ,snque n\s le comm&e p> ces belles p>oles3 ,no/ra nos s9e comp>atione delect5t3 nunquam erit felix quem torquebit felicior 7,de ira1 ,,iii1 #cj7 7,j\issons de ce que n\s avons sans faire de comp>aison2 il n'y aura jamais de bonheur p\r celui que t\rm5te un bonheur plus gr&74 ,et ailleurs3 ,quum adspex]is quot te antec$ant1 cogita quot sequantur 7,ep4 #ae7 7,au lieu de reg>d] combi5 de p]sonnes il y a au-dessus de v\s1 songez combi5 il y en a au-dess\s72 il n\s faut donc considr] plus s\v5t ceux dont la condition e/ pire que ceux dont elle semble meilleure que la ntre4 ,qu& des malheurs rels n\s frapp5t1 la consolation la plus efficace1 quoique drive de la mme s\rce que l'envie1 s]a la vue de s\ffrances plus gr&es que les ntres1 et ct de cela la frqu5tation des p]sonnes qui se tr\v5t dans notre cas1 de nos compagnons de malheur4 ,voil p\r le ct actif de l'envie4 ,p\r le ct passif1 il y a obs]v] que nulle ha9e n'e/ aussi implacable que l'envie2 aussi1 au lieu d'tre sans cesse occup avec ardeur excit] celle-ci1 f]ions-n\s mieux de n\s refus] cette j\issance1 comme bi5 d'autres plaisirs1 vu ses fune/es consqu5ces4 ,il exi/e trois ari/ocraties3 #a celle de la naissance et du rang1 #b celle de l'arg5t1 #c celle de l'esprit4 ,cette d]nire e/ en ralit la plus di/+ue et se fait aussi reconnatre p\r telle1 p\rvu qu'on lui en laisse le temps3 ,frdric le ,gr& n'a-t-il pas dit lui-mme3 ,les mes privilgies rang5t l'gal des s\v]a9s8 ,il adressait ces p>oles son m>*al de la c\r1 qui se tr\vait *oqu de ce que ,voltaire tait appel pr5dre place une table rs]ve uniquem5t aux s\v]a9s et aux pr9ces du sang1 p5dant que m9i/res et gnraux dnai5t celle du m>*al4 ,*acune de ces ari/ocraties e/ ent\re d'une arme spciale d'envieux1 secrtem5t aigris contre *acun de ses membres1 et occups1 lorsqu'ils croi5t n'avoir pas le r$\t]1 lui faire ent5dre de mille manires3 ,tu n'es ri5 de plus que n\s4 ,mais ces ef=ts trahiss5t prcism5t leur conviction du contraire4 ,la conduite t5ir p> les envis1 consi/e cons]v] di/ance t\s ceux qui compos5t ces b&es et vit] t\t contact avec eux1 de faon en re/] sp>s p> un l>ge abme2 qu& la *ose n'e/ pas faisable1 ils doiv5t support] avec un calme extrme les ef=ts de l'envie1 dont la s\rce se tr\v]a a9si t>ie4 ,c'e/ ce que n\s voyons aussi appliqu] con/amm5t4 ,en revan*e1 les membres de l'une des ari/ocraties s'ent5dront d'ord9aire =t bi5 et sans pr\v] d'envie avec les p]sonnes faisant p>tie de *acune des deux autres1 et cela p>ce que *acun met dans la balance son mrite comme quival5t de celui des autres4 #aa ,il faut mrem5t et plusieurs reprises mdit] un projet avant de le mettre en uvre1 et mme1 aprs l'avoir pes scrupuleusem5t1 faut-il encore faire la "p de l'insuffisance de t\te sci5ce huma9e2 vu les bornes de nos connaissances1 il peut t\j\rs y avoir encore des circon/ances qu'il a t impossible de scrut] ou de prvoir et qui p\rrai5t v5ir fauss] le rsultat de t\te notre spculation4 ,cette rflexion mettra t\j\rs un poids dans le plateau ngatif de la balance et n\s port]a1 dans les affaires importantes1 ne ri5 m\voir sans ncessit3 ,quieta non mov]e4 ,mais1 une fois la dcision prise et la ma9 mise l'uvre1 qu& t\t peut suivre son c\rs et que n\s n'avons plus qu' att5dre l'issue1 il ne faut plus se t\rm5t] p> des rflexions rxres sur ce qui e/ fait et p> des inquitudes t\j\rs r5aissantes sur le dang] possible3 il faut au contraire se d*>g] entirem5t l'esprit de cette affaire1 clore t\t ce comp>tim5t de la p5se et se tranquillis] p> la conviction d'avoir t\t pes mrem5t en son temps4 ,c'e/ ce que conseille aussi de faire ce prov]be itali53 ,legala p5e1 e poi lascia la &>e 7,sangle f]me1 puis laisse c\rir74 ,si1 malgr t\t1 l'issue t\rne mal1 c'e/ que t\tes *oses huma9es sont s\mises la *ance et l'erreur4 ,socrate1 le plus sage des hommes1 avait beso9 d'un dmon tutlaire p\r voir le vrai1 ou au mo9s vit] les faux pas dans ses propres affaires p]sonnelles2 cela ne pr\ve-t-il pas que la raison huma9e n'y suffit po9t8 ,aussi cette s5t5ce1 attribue un pape1 que n\s sommes n\s-mmes1 en p>tie au mo9s1 c\pables des malheurs qui n\s frapp5t1 n'e/ pas vraie sans rs]ve et t\j\rs1 quoiqu'elle le soit dans la plup>t des cas4 ,c'e/ ce s5tim5t qui semble faire que les hommes ca*5t autant que possible leur malheur et qu'ils *]*5t1 aussi bi5 qu'ils y peuv5t russir1 se compos] une m9e satisfaite4 ,ils craign5t qu'on ne conclue du malheur la culpabilit4 #ab ,en prs5ce d'un vnem5t malheureux1 dj accompli1 auquel p> consqu5t on ne peut ri5 *ang]1 il ne faut pas s'ab&onn] mme la p5se qu'il p\rrait en tre autrem5t1 et encore mo9s rfl*ir ce qui aurait pu le dt\rn]2 c> c'e/ l ce qui porte la gradation de la d\leur jusqu'au po9t o elle devi5t insupportable et fait de l'homme un 8 ,faisons plutt comme le roi ,david1 qui assigeait sans rel*e ,jhovah de ses prires et de ses supplications p5dant la maladie de son fils et qui1 ds que celui-ci fut mort1 fit une pir\ette en claquant des doigts et n'y p5sa plus du t\t4 ,celui qui n'e/ pas assez lg] d'esprit p\r se conduire de mme1 doit se rfugi] sur le t]ra9 du fatalisme et se pntr] de cette haute vrit que t\t ce qui arrive1 arrive ngligemm5t1 donc 9vitablem5t4 ,t\tefois cette rgle n'a de valeur que dans un s5s4 ,elle e/ valable p\r n\s s\lag] et n\s calm] immdiatem5t dans un cas de malheur2 mais lorsque1 a9si qu'il arrive le plus s\v5t1 la faute en e/1 au mo9s en p>tie1 notre propre nglig5ce ou notre propre tmrit1 alors la mditation rpte et d\l\reuse des moy5s qui aurai5t pu prv5ir le fune/e vnem5t e/ une mortification salutaire1 propre n\s s]vir de leon et d'am5dem5t p\r l'av5ir4 ,surt\t ne faut-il pas *]*] excus]1 color]1 ou amo9drir ses propres yeux les fautes dont on e/ videmm5t c\pable2 il faut se les av\] et se les reprs5t] dans t\te leur t5due1 af9 de p\voir pr5dre la f]me dcision de les vit] l'av5ir4 ,il e/ vrai qu'on se procure a9si le trs d\l\reux s5tim5t du mcont5tem5t de soi-mme1 mais 7l'homme non puni ne s'in/ruit pas74 #ac ,en t\t ce qui conc]ne notre bonheur ou notre malheur1 il faut t5ir la bride notre fantaisie3 a9si1 avant t\t1 ne pas btir des *teaux en l'air2 ils n\s cot5t trop *]1 c> il n\s faut1 immdiatem5t aprs1 les dmolir1 avec =ce s\pirs4 ,mais n\s devons n\s g>d] bi5 plus encore de n\s donn] des angoisses de cur en n\s reprs5tant vivem5t des malheurs qui ne sont que possibles4 ,c>1 si ceux-ci tai5t compltem5t imag9aires ou du mo9s pris dans une v5tualit trs loigne1 n\s saurions immdiatem5t1 notre rveil d'un p>eil songe1 que t\t cela n'tait qu'illusion2 p> consqu5t1 n\s n\s s5tirions d'autant plus rj\is p> la ralit qui se tr\ve tre meilleure1 et n\s en retir]ions peut-tre un av]tissem5t contre des accid5ts =t loigns1 quoique possibles4 ,seulem5t notre fantaisie ne j\e pas facilem5t avec de p>eilles images2 elle ne btit gure1 p> pur amusem5t1 que des p]spectives riantes4 ,l't(fe de ses rves sombres1 ce sont des malheurs qui1 bi5 qu'loigns1 n\s m5ac5t effectivem5t dans une c]ta9e mesure2 voil les objets qu'elle grossit1 dont elle rappro*e la possibilit en de de la vrit1 et qu'elle pe9t des c\leurs les plus effrayantes4 ,au rveil1 n\s ne p\vons pas sec\] un semblable rve comme n\s le faisons d'un songe agrable1 c> ce d]ni] e/ dm5ti sans dlai p> la ralit1 et ne laisse t\t au plus aprs soi qu'un faible espoir de ralisation4 ,en revan*e1 qu& n\s n\s ab&onnons des ides noires 7blue devils71 n\s rappro*ons des images qui ne s'loign5t plus aussi facilem5t3 c> la possibilit de l'vnem5t1 d'une manire gnrale1 e/ avre1 et n\s ne sommes pas t\j\rs en tat d'en mesur] exactem5t le degr2 elle se trans=me alors bi5 vite en probabilit1 et n\s voil a9si en proie l'anxit4 ,c'e/ p\rquoi n\s ne devons considr] ce qui intresse notre bonheur ou notre malheur qu'avec les yeux de la raison et du jugem5t2 il faut d'abord rfl*ir s*em5t et froidem5t1 puis aprs n'opr] purem5t qu'avec des notions et 9 ab/racto4 ,l'imag9ation doit re/] hors de jeu1 c> elle ne sait pas jug]2 elle ne peut que prs5t] aux yeux des images qui meuv5t l'me gratuitem5t et s\v5t trs d\l\reusem5t4 ,c'e/ le soir que cette rgle devrait tre le plus /rictem5t obs]ve4 ,c>1 si l'obscurit n\s r5d peureux et n\s fait voir p>t\t des figures effrayantes1 l'indcision des ides1 qui lui e/ analogue1 produit le mme rsultat2 en effet1 l'inc]titude eng5dre le manque de scurit3 p> l1 les objets de notre mditation1 qu& ils conc]n5t nos propres intrts1 pr5n5t facilem5t1 le soir1 une app>5ce m5aante et devi5n5t des p\vantails2 ce mom5t1 la fatigue a revtu l'esprit et le jugem5t d'une obscurit subjective1 l'intellect e/ affaiss et 7tr\bl7 et ne peut ri5 exam9] fond4 ,ceci arrive le plus s\v5t la nuit1 au lit2 l'esprit tant entirem5t dt5du1 le jugem5t n'a plus sa ple9e puissance d'action1 mais l'imag9ation e/ encore active4 ,la nuit prte alors t\t tre et t\te *ose sa te9te noire4 ,aussi nos p5ses1 au mom5t de n\s endormir ou au mom5t o n\s n\s rveillons p5dant la nuit1 n\s font-elles voir les objets aussi dfigurs et aussi dnaturs qu'en rve2 n\s les v]rons d'autant plus noirs et plus t]rifiants qu'ils t\*5t de plus prs des circon/ances p]sonnelles4 ,le mat91 ces p\vantails disp>aiss5t1 t\t comme les songes3 c'e/ ce que signifie ce prov]be espagnol3 ,no*e t9ta1 blanco el dia 7,la nuit e/ colore1 blanc e/ le j\r74 ,mais ds le soir1 sitt la b\gie allume1 la raison1 la raison aussi bi5 que l'il1 voit mo9s clair que p5dant le j\r2 aussi ce mom5t n'e/-il pas favorable aux mditations sur des sujets srieux et pr9cipalem5t sur des sujets dsagrables4 ,c'e/ le mat9 qui e/ l'heure favorable p\r cela1 comme1 en gnral1 p\r t\t travail1 sans exception1 travail d'esprit ou travail physique4 ,c> le mat91 c'e/ la jeunesse du j\r3 t\t y e/ gai1 frais et facile2 n\s n\s s5tons vig\reux et n\s disposons de t\tes nos facults4 ,il ne faut pas l'abrg] en se levant l>d1 ni le gaspill] en occupations ou en conv]sations vulgaires2 au contraire1 il faut le considr] comme la qu9tess5ce de la vie et1 p\r a9si dire1 comme quelque *ose de sacr4 ,en revan*e1 le soir e/ la vieillesse du j\r3 n\s sommes abattus1 bav>ds et t\rdis4 ,*aque j\rne e/ une petite vie1 *aque rveil et *aque lev] une petite naissance1 *aque frais mat9 une petite jeunesse1 et *aque c\*] avec sa nuit de sommeil une petite mort4 ,mais1 d'une manire gnrale1 l'tat de la sant1 le sommeil1 la n\rriture1 la temprature1 l'tat du temps1 les milieux1 et bi5 d'autres conditions extrieures influ5t considrablem5t sur notre disposition1 et celle-ci son t\r sur nos p5ses4 ,de l vi5t que notre manire d'envisag] les *oses1 de mme que notre aptitude produire quelque uvre1 e/ tel po9t subordonne au temps et mme au lieu4 ,g! dit3 ,nehmt die gute ,/immung wahr1 ,d5n sie kommt s selt54 7,saisissez la bonne disposition1 c> elle arrive si r>em5t47 ,ce n'e/ pas seulem5t p\r des conceptions objectives et p\r des p5ses orig9ales qu'il n\s faut att5dre si et qu& il leur plat de ,v5ir1 mais mme la mditation appr(ondie d'une affaire p]sonnelle ne russit jamais une heure fixe d'avance et au mom5t o n\s v\lons n\s y livr]2 elle aussi *oisit elle-mme son temps1 et ce n'e/ qu'alors que le fil conv5able d'ides se dveloppe spontanm5t1 et que n\s p\vons le suivre avec une entire efficacit4 ,p\r mieux refrn] la fantaisie1 a9si que n\s le recomm&ons1 il ne faut pas lui p]mettre d'voqu] et de color] vivem5t des torts1 des dommages1 des p]tes1 des (f5ses1 des humiliations1 des vexations1 etc41 subis dans le pass1 c> p> l n\s agitons de n\veau l'indignation1 la colre1 et tant d'autres odieuses passions1 ds longtemps ass\pies1 qui revi5n5t salir notre me4 ,suivant une belle comp>aison du no-platonici5 ,proclus1 a9si qu'on r5contre dans *aque ville1 ct des nobles et des g5s di/+us1 la populace de t\te sorte 771 a9si dans t\t homme1 mme le plus noble et le plus lev1 se tr\ve l'lm5t bas et vulgaire de la nature huma9e1 on p\rrait dire1 p> mom5ts1 de la nature be/iale4 ,cette populace ne doit pas tre excite au tumulte2 il ne faut pas lui p]mettre non plus de se montr] aux f5tres1 c> la vue en e/ =t laide4 ,or ces productions de la fantaisie1 dont n\s p>lions t\t l'heure1 ce sont les dmagogues p>mi cette populace4 ,aj\tons que la mo9dre contr>it1 qu'elle provi5ne des hommes ou des *oses1 si n\s n\s occupons con/amm5t la rum9] et n\s la dpe9dre s\s des c\leurs voyantes et une *elle grossie1 peut gr&ir jusqu' dev5ir un mon/re qui n\s mette hors de n\s4 ,il faut au contraire pr5dre trs prosaquem5t et trs froidem5t t\t ce qui e/ dsagrable1 af9 de s'en t\rm5t] le mo9s possible4 ,de mme que de petits objets1 t5us t\t prs devant l'il1 dim9u5t le *amp de la vision et ca*5t le monde1 de mme les hommes et les *oses de notre ent\rage le plus pro*a91 qu& ils s]ai5t les plus insignifiants et les plus indiffr5ts1 occup]ont s\v5t notre att5tion et nos p5ses au del de t\te conv5ance1 et c>t]ont des p5ses et des affaires importantes4 ,il faut ragir contre cette t5dance4 #ad la vue de bi5s que n\s ne possdons pas1 n\s n\s disons trs volonti]s3 ,ah6 si cela m'app>t5ait6 et c'e/ cette p5se qui n\s r5d la privation s5sible4 ,au lieu de cela1 n\s devrions s\v5t n\s dem&]3 ,comm5t s]ait-ce si cela ne m'app>t5ait pas8 ,j'ent5ds p> l que n\s devrions p>fois n\s ef=c] de n\s reprs5t] les bi5s que n\s possdons comme ils n\s app>atrai5t aprs les avoir p]dus2 et je p>le ici des bi5s de t\te espce3 ri*esse1 sant1 amis1 maitresse1 p\se1 enfant1 *eval et *i52 c> ce n'e/ le plus s\v5t que la p]te des *oses qui n\s en enseigne la valeur4 ,au contraire1 la m?ode que n\s recomm&ons ici aura p\r premi] rsultat de faire que leur possession n\s r5dra immdiatem5t plus heureux qu'aup>avant1 et en second lieu elle f]a que n\s n\s prcautionn]ons p> t\s les moy5s contre leur p]te3 a9si n\s ne risqu]ons pas notre avoir1 n\s n'irrit]ons pas nos amis1 n\s n'expos]ons pas la t5tation la fidlit de notre femme1 n\s soign]ons la sant de nos enfants1 et a9si de suite4 ,n\s *]*ons s\v5t gay] la te9te morne du prs5t p> des spculations sur des possibilits de *ances favorables1 et n\s imag9ons t\te sorte d'esprances *imriques dont *acune e/ grosse de dceptions2 aussi celles-ci ne manqu5t pas d'arriv] ds que celles-l sont v5ues se bris] contre la dure ralit4 ,il vaudrait mieux *oisir les mauvaises *ances p\r ?mes de nos spculations2 cela n\s port]ait pr5dre des dispositions l'effet de les c>t] et n\s procur]ait p>fois d'agrables surprises qu& ces *ances ne se ralis]ai5t pas4 ,n'e/-on pas bi5 plus gai au sortir de quelque transe8 ,il e/ mme salutaire de n\s reprs5t] l'esprit c]ta9s gr&s malheurs qui peuv5t v5tuellem5t v5ir n\s frapp]2 cela n\s aide support] plus facilem5t des maux mo9s graves lorsqu'ils vi5n5t effectivem5t n\s accabl]1 c> n\s n\s consolons alors p> un ret\r de p5se sur ces malheurs considrables qui ne se sont pas raliss4 ,mais il faut avoir so91 t\t en pratiquant cette rgle1 de ne pas nglig] la prcd5te4 #ae ,les vnem5ts et les affaires qui n\s conc]n5t se produis5t et se succd5t isolm5t1 sans ordre et sans rapport mutuel1 en contra/e frappant les uns avec les autres et sans autre li5 que de se rapport] n\s2 il en rsulte que les p5ses et les so9s ncessaires devront tre t\t aussi nettem5t sp>s1 af9 de correspondre aux intrts qui les ont provoqus4 ,en consqu5ce1 qu& n\s entrepr5ons une *ose1 il faut en f9ir avec elle1 en faisant ab/raction de t\te autre affaire1 af9 d'accomplir1 de gt] ou de subir *aque *ose en son temps1 sans s\ci de t\t le re/e2 n\s devons avoir1 p\r a9si dire1 des comp>tim5ts p\r nos p5ses1 et n'en ouvrir qu'un seul p5dant que t\s les autres re/5t f]ms4 ,n\s y tr\vons cet avantage de ne pas gt] t\t petit plaisir actuel et de ne pas p]dre t\t repos p> la proccupation de quelque l\rd s\ci2 n\s y gagnons encore cela qu'une p5se n'en *asse pas une autre1 que le so9 d'une affaire importante n'en fait pas nglig] beauc\p de petites1 etc4 ,mais surt\t l'homme capable de p5ses nobles et leves ne doit pas laiss] son esprit s'absorb] p> des affaires p]sonnelles et se proccup] de so9s bas au po9t de f]m] l'accs ses hautes mditations1 c> ce s]ait vraim5t propt] vitam1 viv5di p]d]e causas 7p\r vivre1 p]dre les causes de la vie74 ,il e/ indubitable que p\r faire excut] notre esprit t\tes ces manuvres et contre-manuvres1 il n\s faut1 comme en bi5 d'autres circon/ances1 ex]c] une contra9te sur n\s-mmes2 t\tefois n\s devrions en puis] la =ce dans cette rflexion que l'homme subit du monde extrieur de nombreuses et puissantes contra9tes auxquelles nulle exi/5ce ne peut se s\/raire1 mais qu'un petit ef=t ex]c sur soi-mme et appliqu au bon endroit peut obvi] s\v5t une gr&e pression extrieure2 de mme1 une petite dc\pure dans le c]cle1 vois9e du c5tre1 correspond une ouv]ture p>fois c5tuple la priphrie4 ,ri5 ne n\s s\/rait mieux la contra9te du dehors que la contra9te de n\s-mmes3 voil la signification de cette s5t5ce de ,snque3 ,si tibi vis omnia subjic]e1 te subjice rationi 7,ep4 #cg7 7,si v\s v\lez que t\tes *oses v\s soi5t s\mises1 s\mettez-v\s d'abord la raison74 ,en outre1 cette contra9te sur n\s-mmes1 n\s l'avons t\j\rs en notre puissance1 et dans un cas extrme1 ou bi5 lorsqu'elle porte sur notre po9t le plus s5sible1 n\s avons la facult de la rel*] un peu1 t&is que la pression extrieure e/ p\r n\s sans g>ds1 sans mnagem5t et sans piti4 ,c'e/ p\rquoi il e/ sage de prv5ir celle-ci p> l'autre4 #af ,born] ses dsirs1 refrn] ses convoitises1 matris] sa colre1 se rappelant sans cesse que *aque individu ne peut jamais atte9dre qu'une p>tie inf9im5t petite de ce qui e/ dsirable et qu'en revan*e des maux sans nombre doiv5t frapp] *acun2 en un mot1 7ab/9]e et su/9]e1 s'ab/5ir et se s\t5ir71 voil la rgle sans l'obs]vation de laquelle ni ri*esse ni p\voir ne p\rront n\s emp*] de s5tir notre misrable condition4 ,horace dit ce sujet3 ,int] cuncta leges1 et p]contab]e doctos ,qua ratione queas traduc]e l5it] vum2 ,ne te semp] inops agitet vexetque cupido1 ,ne pavor et v]um m$iocrit] utilium spes4 7,cep5dant1 lis et cause avec les doctes2 *]*e a9si m5] d\cem5t ta vie2 sans quoi1 le dsir t'agite et te blesse en te laissant t\j\rs pauvre1 sans cra9te et sans l'esprance des *oses mdiocrem5t utiles47--7,traduction ,l4 de ,lisle1 ,ep4 ,i1 #ah1 v]s #if-ii47 #ag 7,la vie e/ dans le m\vem5t71 a dit ,arislole avec raison3 de mme que notre vie physique consi/e uniquem5t dans et p> un m\vem5t incessant1 de mme notre vie intrieure1 intellectuelle dem&e une occupation con/ante1 une occupation avec n'importe quoi1 p> l'action ou p> la p5se2 c'e/ ce que pr\ve dj cette manie des g5s dsuvrs1 et qui ne p5s5t ri51 de se mettre immdiatem5t tamb\r9] avec leurs doigts ou avec le premi] objet v5u4 ,c'e/ que l'agitation e/ l'ess5ce de notre exi/5ce2 une inaction complte devi5t bi5 vite insupportable1 c> elle eng5dre le plus horrible ennui4 ,c'e/ en rglant cet in/9ct qu'on peut le satisfaire m?odiquem5t et avec plus de fruit4 ,l'activit e/ indisp5sable au bonheur2 il faut que l'homme agisse1 fasse quelque *ose si cela lui e/ possible ou appr5ne au mo9s quelque *ose2 ses =ces dem&5t leur emploi1 et lui-mme ne dem&e qu' leur voir produire un rsultat quelconque4 ,s\s ce rapport1 sa plus gr&e satisfaction consi/e faire1 confectionn] quelque *ose1 pani] ou livre2 mais ce qui donne du bonheur immdiat1 c'e/ de voir j\r p> j\r crotre son uvre s\s ses ma9s et de la voir arriv] sa p]fection4 ,une uvre d'art1 un crit ou mme un simple ouvrage manuel produis5t t\t cet effet2 bi5 ent5du que plus la nature du travail e/ noble1 plus la j\issance e/ leve4 ,les plus heureux cet g>d sont les hommes hautem5t d\s qui se s5t5t capables de produire les uvres les plus importantes1 les plus va/es et les plus =tem5t raisonnes4 ,cela rp& sur t\te leur exi/5ce un intrt d'ordre suprieur et lui communique un assaisonnem5t qui fait dfaut aux autres2 aussi la vie de ceux-ci e/-elle insipide auprs de la leur4 ,en effet1 p\r les hommes m95ts1 la vie et le monde1 ct de l'intrt commun1 matriel1 en ont encore un autre plus lev1 un intrt =mel1 en ce qu'ils conti5n5t l'toile de leurs uvres1 et c'e/ rassembl] ces matriaux qu'ils s'occup5t activem5t p5dant le c\rs de leur exi/5ce1 ds que leur "p des misres t]re/res leur donne un mom5t de rpit4 ,leur intellect e/ aussi1 jusqu' un c]ta9 po9t1 d\ble3 une p>tie e/ p\r les affaires ord9aires 7objets de la volont7 et ressemble celui de t\t le monde2 l'autre e/ p\r la conception purem5t objective des *oses4 ,ils viv5t a9si d'une vie d\ble1 spectateurs et acteurs la fois1 p5dant que le re/e n'e/ qu'acteurs4 ,cep5dant il faut que t\t homme s'occupe quelque *ose1 dans la mesure de ses facults4 ,on peut con/at] l'influ5ce p]nicieuse de l'abs5ce d'activit rgulire1 d'un travail quel qu'il soit1 p5dant les voyages d'agrm5t de longue dure1 o de temps en temps on se s5t assez malheureux1 p> la seule raison que1 priv de t\te occupation relle1 on se tr\ve p\r a9si dire arra* son lm5t naturel4 ,pr5dre de la pe9e et lutt] contre les rsi/ances e/ un beso9 p\r l'homme1 comme de creus] p\r la taupe4 ,l'immobilit qu'amn]ait la satisfaction complte d'une j\issance p]man5te lui s]ait insupportable4 ,va9cre des ob/acles e/ la plnitude de la j\issance dans l'exi/5ce huma9e1 que ces ob/acles soi5t d'une nature matrielle comme dans l'action et l'ex]cice1 ou d'une nature spirituelle comme dans l'tude et les re*]*es3 c'e/ la lutte et la victoire qui r5d5t l'homme heureux4 ,si l'occasion lui en manque1 il se la cre comme il peut3 selon que son individualit le comporte1 il *ass]a ou j\]a au bilboquet1 ou1 p\ss p> le p5*ant inconsci5t de sa nature1 il suscit]a des qu]elles1 ourdira des intrigues1 ma*9]a des tromp]ies ou n'importe quelle autre vil5ie1 ri5 que p\r mettre un t]me l'tat d'immobilit qu'il ne peut support]4 ,difficilis 9 otio quies 7,le calme e/ difficile dans l'inaction74 #ah ,ce ne sont pas les images de la fantaisie mais des notions nettem5t conues qu'il faut pr5dre p\r guide de ses travaux4 ,le contraire arrive le plus s\v5t4 ,en bi5 exam9ant1 on tr\ve que ce qui1 dans nos dt]m9ations1 vi5t en d]nire in/ance r5dre l'arrt dcisif1 ce ne sont pas ord9airem5t des notions et des jugem5ts1 mais c'e/ une image de la fantaisie qui les reprs5te et s'y sub/itue4 ,je ne sais plus dans quel roman de ,voltaire ou de ,did]ot la v]tu app>at t\j\rs au hros plac comme l',h]cule adolesc5t au c>ref\r de la vie1 s\s les traits de son vieux g\v]neur t5ant de la ma9 gau*e sa tabatire1 de la droite une prise de tabac et moralisant2 le vice1 en revan*e1 s\s ceux de la femme de *ambre de sa mre4 ,c'e/ p>ticulirem5t p5dant la jeunesse que le b de notre bonheur se fixe s\s la =me de c]ta9es images qui plan5t devant n\s et qui p]si/5t s\v5t p5dant la moiti1 quelquefois mme p5dant la totalit de la vie4 ,ce sont l de vrais lut9s qui n\s h>cl5t2 pe9e atte9ts1 ils s'van\iss5t1 et l'expri5ce vi5t n\s appr5dre qu'ils ne ti5n5t ri5 de ce qu'ils promettai5t4 ,de ce g5re sont les scnes p>ticulires de la vie dome/ique1 civile1 sociale ou rurale1 les images de l'habitation et de notre ent\rage1 les insignes honorifiques1 les tmoignages du respect1 etc41 etc42 *aque f\ a sa m>otte#bi2 l'image de la bi5-aime en e/ une aussi4 ,il e/ bi5 naturel qu'il en soi a9si2 c> ce que l'on voit1 tant l'immdiat1 agit aussi plus immdiatem5t sur notre volont que la notion1 la p5se ab/raite1 qui ne donne que le gnral sans le p>ticuli]2 or c'e/ ce d]ni] qui conti5t prcism5t la ralit3 la notion ne peut donc agir que mdialem5t sur la volont4 ,et cep5dant il n'y a que la notion qui ti5ne p>ole3 aussi e/-ce un tmoignage de culture intellectuelle que de mettre en elle seule t\te sa foi4 ,p> mom5ts1 le beso9 se f]a c]ta9em5t s5tir d'expliqu] ou de p>aphras] au moy5 de quelques images1 seulem5t cum granosalis4 #ai ,la rgle prcd5te r5tre dans cette autre maxime plus gnrale1 qu'il faut t\j\rs matris] l'impression de t\t ce qui e/ prs5t et visible4 ,cela1 en reg>d de la simple p5se1 de la connaissance pure1 e/ incomp>ablem5t plus n]gique1 non en v]tu de sa matire et de sa valeur1 qui sont s\v5t trs insignifiantes1 mais en v]tu de sa =me1 c'e/--dire de la visibilit et de la prs5ce directe1 qui pntre l'esprit dont elle tr\ble le repos ou branle les desse9s4 ,c> ce qui e/ prs5t1 ce qui e/ visible1 p\vant facilem5t tre embrass d'un reg>d1 agit t\j\rs d'un seul c\p et avec t\te sa puissance2 p> contre1 les p5ses et les raisons1 devant tre mdites pice pice1 dem&5t du temps et de la tranquillit et ne peuv5t donc tre t\t mom5t et entirem5t prs5tes l'esprit4 ,c'e/ p\r cela qu'une *ose agrable 4 laquelle la rflexion n\s a fait r5onc] n\s *>me encore p> sa vue2 de mme1 une op9ion dont n\s connaissons cep5dant l'entire incompt5ce n\s blesse2 une (f5se n\s irrite2 bi5 que n\s sa*ions qu'elle ne mrite que le mpris2 de mme encore1 dix raisons contre l'exi/5ce d'un dang] sont r5v]ses p> la fausse app>5ce de sa prs5ce relle1 etc4 ,dans t\tes ces circon/ances1 c'e/ la draison orig9elle de notre tre qui prvaut4 ,les femmes sont frquemm5t sujettes de p>eilles impressions1 et peu d'hommes ont une raison assez prpondrante p\r n'avoir pas s\ffrir de leurs effets4 ,lorsque n\s ne p\vons pas les matris] entirem5t p> la p5se seule1 ce que n\s avons de mieux faire alors e/ de neutralis] une impression p> l'impression contraire3 p> exemple1 l'impression d'une (f5se p> des visites *ez les g5s qui n\s e/im5t1 l'impression d'un dang] qui n\s m5ace p> la vue relle des moy5s propres l'c>t]4 ,un ,itali51 dont ,leibnitz n\s raconte l'hi/oire 7,n\v4 ,essais1 liv4 ,i1 *4 ,,ii1 #aa71 russit mme rsi/] aux d\leurs de la torture3 p\r cela1 p> une rsolution prise d'avance1 il imposa son imag9ation de ne pas p]dre de vue un seul in/ant l'image de la pot5ce laquelle l'aurait fait condamn] un aveu2 aussi criait-il de temps en temps3 ,io ti v$o1 p>oles qu'il expliqua plus t>d comme se rapportant au gibet4 ,p\r la mme raison1 qu& t\s aut\r de n\s sont d'une op9ion diffr5te de la ntre et se conduis5t en consqu5ce1 il e/ trs difficile de ne pas se laiss] branl]1 qu& mme on s]ait conva9cu qu'ils sont dans l'erreur4 ,p\r un roi fugitif1 p\rsuivi et voyageant srieusem5t incognito1 le crmonial de subord9ation que son compagnon et confid5t obs]v]a qu& ils sont entre quatre yeux doit tre un cordial presque indisp5sable p\r que l'in=tun n'arrive pas d\t] de sa propre exi/5ce4 #bj ,aprs avoir fait ressortir1 ds le #b;e *apitre1 la haute valeur de la sant comme condition premire et la plus importante de notre bonheur1 je veux indiqu] ici quelques rgles trs gnrales de conduite1 p\r la =tifi] et la cons]v]4 ,p\r s'endurcir1 il faut1 tant qu'on e/ en bonne sant1 s\mettre le corps dans son ensemble1 comme dans *acune de ses p>ties1 beauc\p d'ef=t et de fatigue1 et s'habitu] rsi/] t\t ce qui peut l'affect]1 quelque rudem5t que ce soit4 ,ds qu'il se manife/e1 au contraire1 un tat morbide soit du t\t1 soit d'une p>tie1 on devra rec\rir immdiatem5t au procd contraire1 c'e/--dire mnag] et soign] de t\te faon le corps ou sa p>tie malade3 c> ce qui e/ s\ffrant et affaibli n'e/ pas susceptible d'endurcissem5t4 ,les muscles se =tifi5t2 les n]fs1 au contraire1 s'affaibliss5t p> un =t usage4 ,il convi5t donc d'ex]c] les premi]s p> t\s les ef=ts conv5ables et d'p>gn] au contraire t\t ef=t aux seconds2 p> consqu5t1 g>dons nos yeux contre t\te lumire trop vive1 surt\t qu& elle e/ rfl*ie1 contre t\t ef=t p5dant le demi-j\r1 contre la fatigue de reg>d] longtemps de trop petits objets2 prs]vons nos oreilles galem5t des bruits trop =ts1 mais surt\t vitons notre c]veau t\te cont5tion =ce1 trop s\t5ue ou intempe/ive2 consquemm5t1 il faut le laiss] repos] p5dant la dige/ion1 c> ce mom5t cette mme =ce vitale qui1 dans le c]veau1 =me les p5ses1 travaille de t\s ses ef=ts dans l'e/omac et les inte/9s1 prp>] le *yme et le *yle2 il doit galem5t repos] p5dant et aprs un travail musculaire considrable4 ,c>1 p\r les n]fs moteurs1 comme p\r les n]fs s5sitifs1 les *oses se pass5t de la mme manire1 et1 de mme que la d\leur ress5tie dans un membre ls a son vritable sige dans le c]veau1 de mme ce ne sont pas les bras et les jambes qui se meur5t et travaill5t1 mais le c]veau1 c'e/--dire cette portion du c]veau qui1 p> l'int]mdiaire de la moelle allonge et de la moelle p9ire1 excite les n]fs de ces membres et les fait a9si se m\voir4 ,p> suite aussi1 la fatigue que n\s pr\vons dans les jambes ou les bras a son sige rel dans le c]veau2 c'e/ p\rquoi les membres dont le m\vem5t e/ s\mis la volont1 c'e/--dire "p du c]veau1 sont les seuls qui se fatigu5t1 t&is que ceux dont le travail e/ involontaire1 comme le cur1 p> exemple1 sont infatigables4 videmm5t alors1 c'e/ nuire au c]veau que d'exig] de lui de l'activit musculaire n]gique et de la t5sion d'esprit1 que ce soit simultanm5t ou mme seulem5t aprs un trop c\rt int]valle4 ,ceci n'e/ nullem5t en contradiction avec le fait qu'au db d'une prom5ade1 ou en gnral p5dant de c\rtes m>*es1 on pr\ve une activit r5=ce de l'esprit2 c> dans ce d]ni] cas il n'y a pas encore de fatigue des p>ties respectives du c]veau1 et d'autre "p cette lgre activit musculaire1 en acclrant la respiration1 porte le sang artriel1 mieux oxygn aussi1 mont] v]s le c]veau4 ,mais il faut surt\t donn] au c]veau la ple9e mesure de sommeil ncessaire sa rfection1 c> le sommeil e/ p\r l'ensemble de l'homme ce que le remontage e/ la p5dule 7,voy4 ,le monde comme ,volont et comme ,repr41 vol4 ,,ii74 ,cette mesure devra tre d'autant plus gr&e que le c]veau s]a plus dvelopp et plus actif2 cep5dant l'outrepass] s]ait un pur gaspillage de temps1 c> le sommeil p]d alors en int5sit ce qu'il gagne en ext5sion 7,voy4 ,le monde c4 ,v4 et c4 ,r41 vol4 ,,ii7#cj4 ,en gnral1 pntrons-n\s bi5 de ce fait que notre p5s] n'e/ autre *ose que la fonction organique du c]veau1 et p>tant se comporte1 p\r ce qui reg>de la fatigue et le repos1 d'une manire analogue celle de t\te autre activit organique4 ,un ef=t excessif fatigue le c]veau comme il fatigue les yeux4 ,on a dit avec raison3 ,le c]veau p5se comme l'e/omac digre4 ,l'ide d'une me immatrielle1 simple1 ess5tiellem5t et con/amm5t p5sante1 p>tant infatigable1 qui ne s]ait l que comme loge en qu>ti] dans le c]veau et n'aurait beso9 de ri5 au monde1 a c]ta9em5t p\ss plus d'un homme une conduite ins5se qui a m\ss ses =ces intellectuelles2 ,frdric le ,gr&1 p> exemple1 n'a-t-il pas essay une fois de se d%abitu] totalem5t du sommeil8 ,les pr(esseurs de philosophie devrai5t bi5 ne pas enc\rag] une p>eille illusion1 nuisible mme en pratique1 p> leur philosophie or?odoxe de vieilles femmes 7,kate*ismusg]e*tseynwoll5de ,rock5-,philosophie74 ,il faut appr5dre considr] les =ces intellectuelles comme tant absolum5t des fonctions physiologiques1 af9 de savoir les mani]1 les mnag] ou les fatigu] en consqu5ce2 on doit se rappel] que t\te s\ffrance1 t\te incommodit1 t\t dsordre dans une p>tie quelconque du corps1 affecte l'esprit4 ,p\r bi5 se pntr] de cette vrit1 il faut lire ,cabanis3 ,des rapports du physique et du moral de l'homme4 ,c'e/ p\r avoir nglig de suivre ce conseil que bi5 des gr&s esprits et bi5 des gr&s savants sont tombs1 sur leurs vieux j\rs1 dans l'imbcillit1 dans l'enfance et jusque dans la folie4 ,si1 p> exemple1 de clbres potes anglais de notre sicle1 tels que ,walt] ,scott1 ,wordswor?1 ,s\!y et plusieurs autres1 arrivs la vieillesse et mme ds leur soixanta9e sont dev5us intellectuellem5t obtus et incapables1 mme imbciles1 il faut sans d\te l'attribu] ce que1 sduits p> des honoraires levs1 ils ont t\s ex]c la littrature comme un mti]1 en crivant p\r de l'arg5t4 ,ce mti] entrane une fatigue contre nature3 quiconque attelle son ,pgase au j\g et p\sse sa ,muse du f\et aura l'expi] de la mme manire que celui qui a r5du ,vnus un culte =c4 ,je s\ponne que ,kant lui-mme1 dans un ge avanc1 dev5u dj clbre1 s'e/ livr un travail excessif et a provoqu p> l cette seconde enfance dans laquelle il a vcu ses quatre d]nires annes4 ,*aque mois de l'anne a une influ5ce spciale et directe1 c'e/--dire indp5dante des conditions mtorologiques1 sur notre sant1 sur l'tat gnral de notre corps1 et mme sur l'tat de notre esprit4 ,,iii4--,conc]nant notre conduite env]s les autres4 #ba ,p\r se p\ss] trav]s le monde1 il e/ utile d'emport] avec soi une ample provision de circonspection et d'indulg5ce2 la premire n\s g>antit contre les prjudices et les p]tes1 la seconde n\s met l'abri de disputes et de qu]elles4 ,qui e/ appel vivre p>mi les hommes ne doit rep\ss] d'une manire absolue aucune individualit1 du mom5t qu'elle e/ dj dt]m9e et donne p> la nature1 l'individualit ft-elle la plus m*ante1 la plus pitoyable ou la plus ridicule4 ,il doit plutt l'accept] comme tant quelque *ose d'immuable et qui1 en v]tu d'un pr9cipe t]nel et mtaphysique1 doit tre telle qu'elle e/2 au pis-all]1 il devra se dire3 ,il faut bi5 qu'il y en ait de cette espce-l aussi4 ,s'il pr5d la *ose autrem5t1 il commet une inju/ice et provoque l'autre un combat la vie et la mort4 ,c> nul ne peut modifi] son individualit propre1 c'e/--dire son c>actre moral1 ses facults intellectuelles1 son tempram5t1 sa physionomie1 etc4 ,si donc n\s condamnons son tre sans rs]ve1 il ne lui re/]a plus qu' combattre en n\s un ennemi mortel1 du mom5t o n\s ne v\lons lui reconnatre le droit d'exi/] qu' la condition de dev5ir un autre que celui qu'il e/ immuablem5t4 ,c'e/ p\rquoi1 qu& on veut vivre p>mi les hommes1 il faut laiss] *acun exi/] et l'accept] avec l'individualit1 quelle qu'elle soit1 qui lui a t dp>tie2 il faut se proccup] uniquem5t de l'utilis] autant que sa qualit et son organisation le p]mett5t1 mais sans espr] la modifi] et sans la condamn] purem5t et simplem5t telle qu'elle e/4 ,voil la vraie signification de ce dicton3 ,vivre et laiss] vivre4 ,t\tefois la t*e e/ mo9s facile qu'elle n'e/ quitable1 et heureux celui qui il e/ donn de p\voir jamais vit] c]ta9es individualits6 ,en att5dant1 p\r appr5dre support] les hommes1 il e/ bon d'ex]c] sa pati5ce sur les objets inanims qui1 en v]tu d'une ncessit mcanique ou de t\te autre ncessit physique1 contr>i5t ob/9m5t notre action2 n\s avons p\r cela des occasions j\rnalires4 ,on appr5d ensuite report] sur les hommes1 la pati5ce a9si acquise1 et l'on se fait cette p5se qu'eux aussi1 t\tes les fois qu'ils n\s sont un ob/acle1 le sont =cm5t1 en v]tu d'une ncessit naturelle aussi rig\reuse que celle avec laquelle agiss5t les objets inanims2 que1 p> consqu5t1 il e/ aussi ins5s de s'indign] de leur conduite que d'une pi]re qui vi5t r\l] s\s nos pi$s4 l'g>d de ma9t individu1 le plus sage e/ de se dire3 ,je ne le *ang]ai pas1 je veux donc l'utilis]4 #bb ,il e/ surpr5ant de voir quel po9t se manife/e dans la conv]sation l'homognx ou l'htrognx d'esprit et de c>actre entre les hommes2 elle devi5t s5sible la mo9dre occasion4 ,entre deux p]sonnes de natures ess5tiellem5t dissemblables qui caus]ont sur les sujets les plus indiffr5ts1 les plus trang]s1 *aque phrase de l'une dplaira plus ou mo9s l'autre1 un mot p>fois ira jusqu' la mettre en colre4 ,qu& elles se ressembl5t au contraire1 elles s5t5t de suite et en t\t un c]ta9 accord qui1 lorsque l'homognx e/ trs m>que1 se fond en une h>monie p>faite et peut all] jusqu' l'unisson4 ,a9si s'explique premirem5t p\rquoi les individus trs ord9aires sont tellem5t sociables et tr\v5t si facilem5t p>t\t de l'excell5te socit1 ce qu'ils appell5t d'aimables1 bonnes et braves g5s4 ,c'e/ l'inv]se p\r les hommes qui ne sont pas ord9aires1 et ils s]ont d'autant mo9s sociables qu'ils sont plus di/+us2 tellem5t que p>fois1 dans leur isolem5t1 ils peuv5t pr\v] une vritable joie avoir dc\v]t *ez un autre une libre quelconque1 si m9ce qu'elle puisse tre1 de la mme nature que la leur4 ,c> *acun ne peut tre un autre homme que ce que celui-ci e/ au premi]4 ,comme l'aigle1 les esprits rellem5t suprieurs err5t sur la hauteur1 solitaires4 ,cela explique1 en second lieu1 comm5t les hommes de mme disposition se tr\v5t si vite runis1 comme s'ils s'attirai5t magntiquem5t3 les mes surs se salu5t de lo94 ,on p\rra rem>qu] cela le plus frquemm5t *ez les g5s s5tim5ts bas ou de faible intellig5ce2 mais c'e/ seulem5t p>ce que ceux-ci s'appell5t lgion1 t&is que les bons et les nobles sont et s'appell5t les natures r>es4 ,c'e/ a9si qu'il se f]a1 p> exemple1 que dans quelque va/e association1 fonde en vue de rsultats effectifs1 deux fieffs coqu9s se reconnaiss5t mutuellem5t aussi vite que s'ils portai5t une coc>de et se rappro*5t aussitt p\r =g] quelque abus ou quelque trahison4 ,de mme1 supposons1 p] impossibile1 une socit nombreuse compose entirem5t d'hommes intellig5ts et spirituels1 sauf deux imbciles qui en f]ai5t p>tie aussi2 ces deux se s5tiront sympa?iquem5t attirs l'un v]s l'autre1 et bi5tt *acun des deux se rj\ira dans son cur d'avoir enf9 r5contr au mo9s un homme raisonnable4 ,il e/ vraim5t rem>quable de voir de ses yeux comm5t deux tres1 pr9cipalem5t p>mi ceux qui sont arrirs au moral et l'intellectuel1 se reconnaiss5t premire vue1 t5d5t ardemm5t se rappro*]1 se salu5t avec am\r et joie1 et c\r5t l'un au-devant de l'autre comme d'anci5nes connaissances2 cela e/ si frappant que l'on e/ t5t d'admettre1 selon la doctr9e b\ddhique de la mtempsycose1 qu'ils tai5t dj lis d'amiti dans une vie antrieure4 ,cep5dant il e/ un fait qui1 mme dans le cas de gr&e h>monie1 ma9ti5t les hommes loigns les uns des autres et qui va jusqu' faire natre entre eux une dissonnance passagre3 c'e/ la diffr5ce de la disposition du mom5t qui e/ presque t\j\rs autre *ez *acun1 selon sa situation mom5tane1 l'occupation1 le milieu1 l'tat de son corps1 le c\rant actuel de ses p5ses1 etc4 ,c'e/ l ce qui produit des dissonnances p>mi les individualits qui s'accord5t le mieux4 ,travaill] sans rel*e corrig] ce qui fait natre ces tr\bles et tablir l'galit de la temprature ambiante1 s]ait l'effet d'une suprme culture intellectuelle4 ,on aura la mesure de ce que peut produire p\r la socit l'galit de s5tim5ts1 p> ce fait que les membres d'une runion1 mme trs nombreuse1 s]ont ports se communiqu] rciproquem5t leurs ides1 pr5dre s9crem5t "p l'intrt et au s5tim5t gnral1 ds que quelque *ose d'extrieur1 un dang]1 une esprance1 une n\velle1 la vue d'une *ose extraord9aire1 un spectacle1 de la musique1 ou n'importe quoi1 vi5t les impressionn] t\s au mme in/ant et de la mme manire4 ,c> ces motifs subjugu5t t\s les intrts p>ticuli]s et font naitre de la sorte l'unit p>faite de disposition4 dfaut d'une p>eille influ5ce objective1 on a rec\rs d'ord9aire quelque ress\rce subjective1 et c'e/ alors la b\teille qui e/ appele habituellem5t procur] une disposition1 commune la compagnie4 ,le ? et le caf sont galem5t employs cet effet4 ,mais ce mme dsaccord qu'amne si facilem5t dans t\te runion la div]sit d'humeur mom5tane donne aussi l'explication p>tielle de ce phnomne que *acun app>at comme idalis1 p>fois mme transfigur dans le s\v5ir1 qu& celui-ci n'e/ plus s\s l'empire de cette influ5ce passagrem5t p]turbatrice ou de t\te autre semblable4 ,la mmoire agit la manire de la l5tille conv]g5te dans la *ambre obscure3 elle rduit t\tes les dim5sions et produit de la sorte une image bi5 plus belle que l'orig9al4 ,*aque abs5ce n\s procure p>tiellem5t l'avantage d'tre vus s\s cet aspect4 ,c> bi5 que1 p\r a*ev] son uvre1 le s\v5ir idalisateur dem&e un temps considrable1 nanmo9s son travail comm5ce immdiatem5t4 ,c'e/ p\rquoi mme il e/ sage de ne se montr] ses connaissances et ses bons amis qu' de longs int]valles2 on rem>qu]a1 en se revoyant1 que le s\v5ir a dj travaill4 #bc ,nul ne peut voir p>-dessus soi4 ,je veux dire p> l qu'on ne peut voir en autrui plus que ce qu'on e/ soi-mme1 c> *acun ne peut saisir et compr5dre un autre que dans la mesure de sa propre intellig5ce4 ,si celle-ci e/ de la plus basse espce1 t\s les dons intellectuels les plus levs ne l'impressionn]ont nullem5t1 et il n'ap]cevra dans cet homme si hautem5t d\ que ce qu'il y a de plus bas dans l'individualit1 savoir t\tes les faiblesses et t\s les dfauts de tempram5t et de c>actre4 ,voil de quoi le gr& homme s]a compos aux yeux de l'autre4 ,les facults intellectuelles m95tes de l'un exi/5t aussi peu p\r le second que les c\leurs p\r les aveugles4 ,c'e/ que t\s les esprits sont invisibles p\r qui n'a pas soi-mme d'esprit3 et t\te valuation e/ le produit de la valeur de l'e/im p> la sphre d'apprciation de l'e/imateur4 ,il rsulte de l que lorsqu'on cause avec quelqu'un on se met t\j\rs son niveau1 puisque t\t ce qu'on a au del disp>at1 et mme l'abngation de soi qu'exige ce nivellem5t re/e p>faitem5t mconnue4 ,si donc on rfl*it combi5 la plup>t des hommes ont de s5tim5ts et de facults de bas tage1 en un mot combi5 ils sont communs1 on v]ra qu'il e/ impossible de p>l] avec eux sans dev5ir soi-mme commun p5dant cet int]valle 7p> analogie avec la rp>tition de l'lectricit72 on saisira alors la signification propre et la vrit de cette expression allem&e3 si* geme9 ma*5 7se mettre de pair compagnon71 et l'on *]*]a vit] t\te compagnie avec laquelle on ne peut communiqu] que moy5nant la p>tie honteuse#cb de sa propre nature4 ,on compr5dra galem5t qu'en prs5ce d'imbciles et de f\s il n'y a qu'une seule manire de montr] qu'on a de la raison3 c'e/ de ne pas p>l] avec eux4 ,mais il e/ vrai qu'alors1 en socit1 ma9t homme p\rra se tr\v] dans la situation d'un danseur1 entrant dans un bal o il n'y aurait que des p]clus2 avec qui dans]a-t-il8 #bd ,j'accorde t\te ma considration1 comme un lu sur c5t individus1 celui qui tant inoccup1 p>ce qu'il att5d quelque *ose1 ne se met pas immdiatem5t frapp] ou tapot] en mesure avec t\t ce qui lui tombe s\s la ma91 avec sa canne1 son c\teau1 sa f\r*ette ou avec t\t autre objet4 ,il e/ probable que cet homme-l p5se quelque *ose4 ,on reconnat la m9e de la plup>t des g5s que *ez eux la vue remplace entirem5t le p5s]2 ils *]*5t s'assur] de leur exi/5ce en faisant du bruit1 mo9s qu'ils n'ai5t un cig>e s\s la ma91 ce qui leur r5d le mme s]vice4 ,c'e/ p\r la mme raison qu'ils sont con/amm5t t\t yeux1 t\t oreilles p\r t\t ce qui se passe aut\r d'eux4 #be ,la ,ro*ef\cauld a trs ju/em5t obs]v qu'il e/ difficile de beauc\p e/im] un homme et de l'aim] beauc\p la fois#cc4 ,n\s aurions donc le *oix entre brigu] l'am\r ou l'e/ime des g5s4 ,leur am\r e/ t\j\rs intress1 bi5 qu' des titres div]s4 ,de plus1 les conditions auxquelles on l'acqui]t ne sont pas t\j\rs faites p\r n\s en r5dre fi]s4 ,avant t\t1 on se f]a aim] dans la mesure dans laquelle on baiss]a ses prt5tions tr\v] de l'esprit et du cur *ez les autres1 mais cela srieusem5t1 sans dissimulation1 et non en v]tu de cette indulg5ce qui pr5d sa s\rce dans le mpris4 ,p\r complt] les prmisses qui aid]ont tir] la conclusion1 rappelons encore cette s5t5ce si vraie d',helvtius3 ,le degr d'esprit ncessaire p\r n\s plaire e/ une mesure assez exacte du degr d'esprit que n\s avons4 ,c'e/ t\t le contraire qu& il s'agit de l'e/ime des g5s3 on ne la leur arra*e qu' leur corps df5dant2 aussi la ca*5t-ils le plus s\v5t4 ,c'e/ p\rquoi elle n\s procure une bi5 plus gr&e satisfaction intrieure2 elle e/ en proportion avec notre valeur1 ce qui n'e/ pas vrai directem5t de l'am\r des g5s1 c> celui-ci e/ subjectif et l'e/ime objective4 ,mais l'am\r n\s e/ c]ta9em5t plus utile4 #bf ,la plup>t des hommes sont tellem5t p]sonnels qu'au fond ri5 n'a d'intrt leurs yeux qu'eux-mmes et exclusivem5t eux4 ,il en rsulte que1 quoi que ce soit dont on p>le1 ils p5s5t aussitt eux-mmes1 et que t\t ce qui1 p> has>d et du plus lo9 que ce soit1 se rapporte quelque *ose qui les t\*e1 attire et captive tellem5t t\te leur att5tion qu'ils n'ont plus la lib]t de saisir la p>tie objective de l'entreti52 de mme1 il n'y a pas de raisons valables p\r eux ds qu'elles contr>i5t leur intrt ou leur vanit4 ,aussi sont-ils si facilem5t di/raits1 si facilem5t blesss1 (f5ss ou affligs que1 lors mme qu'on cause avec eux1 un po9t de vue objectif1 sur n'importe quelle matire1 on ne saurait assez se g>d] de t\t ce qui p\rrait1 dans le disc\rs1 avoir un rapport possible1 peut-tre f*eux avec le prcieux et dlicat moi que l'on a devant soi2 ri5 que ce moi ne les intresse1 et1 p5dant qu'ils n'ont ni s5s ni s5tim5t p\r ce qu'il y a de vrai et de rem>quable1 ou de beau1 de t91 de spirituel dans les p>oles d'autrui1 ils possd5t la plus exquise s5sibilit p\r t\t ce qui1 du plus lo9 et le plus indirectem5t1 peut t\*] leur mesqu9e vanit ou se rapport] dsavantageusem5t1 en quelque faon que ce soit1 leur inapprciable moi4 ,ils ressembl5t1 dans leur susceptibilit1 ces roquets auxquels on e/ si facilem5t expos1 p> mg>de1 m>*] sur la patte et dont il faut subir ensuite les piaill]ies2 ou bi5 encore un malade c\v]t de plaies et de meurtrissures et qu'il faut vit] soigneusem5t de t\*]4 ,il y en a *ez qui la *ose e/ p\sse si lo91 qu'ils ress5t5t exactem5t comme une (f5se l'esprit et le jugem5t que l'on montre1 ou qu'on ne dissimule pas suffisamm5t1 en causant avec eux2 ils s'en ca*5t1 il e/ vrai1 au premi] mom5t1 mais ensuite celui qui n'a pas assez d'expri5ce rfl*ira et se creus]a va9em5t la c]velle p\r savoir p> quoi il a pu s'attir] leur rancune et leur ha9e4 ,mais il e/ t\t aussi facile de les flatt] et de les gagn]4 ,p> suite1 leur s5t5ce e/1 d'ord9aire1 a*ete3 elle n'e/ qu'un arrt en faveur de leur p>ti ou de leur classe et non un jugem5t objectif et imp>tial4 ,cela vi5t de ce que *ez eux la volont surpasse de beauc\p l'intellig5ce1 et de ce que leur faible intellect e/ entirem5t s\mis au s]vice de la volont dont il ne peut s'affran*ir un seul mom5t4 ,cette pitoyable subjectivit des hommes1 qui les fait t\t rapport] eux et rev5ir1 de t\t po9t de d"p1 immdiatem5t et en droite ligne v]s leur p]sonne1 e/ surabondamm5t pr\ve p> l'a/rologie1 qui rapporte la m>*e des gr&s corps de l'univ]s au *tif moi et qui tr\ve une corrlation entre les comtes au ciel et les qu]elles et les gueus]ies sur la t]re4 ,mais cela s'e/ t\j\rs pass a9si1 mme dans les temps les plus reculs 7voir p> exemple ,/obe4 ,eclog41 l4 ,i1 *4 #bb1 #i1 p4 #dgh74 #bg ,il ne faut pas dsespr] *aque absurdit qui se dit en public ou dans la socit1 qui s'imprime dans les livres et qui e/ bi5 accueillie ou du mo9s n'e/ pas rfute2 il ne faut pas croire non plus que cela re/]a acquis jamais4 ,sa*ons1 p\r notre consolation1 que plus t>d et ins5siblem5t la *ose s]a rum9e1 lucide1 mdite1 pese1 discute et le plus s\v5t juge ju/em5t la f91 en sorte que1 aprs un laps de temps v>iable en raison de la difficult de la matire1 presque t\t le monde f9ira p> compr5dre ce que l'esprit lucide avait vu de prime abord4 ,il e/ c]ta9 que dans l'entre-temps il faut pr5dre pati5ce4 ,c> un homme d'un jugem5t ju/e p>mi des g5s qui sont dans l'erreur ressemble celui dont la montre va ju/e dans une ville dont t\tes les horloges sont mal rgles4 ,lui seul sait l'heure exacte1 mais quoi bon8 ,t\t le monde se rgle sur les horloges publiques qui indiqu5t une heure fausse1 ceux-l mme qui sav5t que la montre du premi] donne seule l'heure vraie4 #bh ,les hommes ressembl5t aux enfants qui pr5n5t de mauvaises manires ds qu'on les gte2 aussi ne faut-il tre trop indulg5t ni trop aimable env]s p]sonne4 ,de mme qu'ord9airem5t on ne p]dra pas un ami p\r lui avoir refus un prt1 mais plutt p\r le lui avoir accord1 de mme ne le p]dra-t-on pas p> une attitude hauta9e et un peu de nglig5ce1 mais plutt p> un excs d'amabilit et de prv5ance3 il devi5t alors arrogant1 insupportable1 et la rupture ne t>de pas se produire4 ,c'e/ surt\t l'ide qu'on a beso9 d'eux que les hommes ne peuv5t absolum5t pas support]2 elle e/ t\j\rs suivie 9vitablem5t d'arrogance et de prsomption4 ,*ez quelques g5s1 cette ide nat dj p> cela seul qu'on e/ en relations ou bi5 qu'on cause s\v5t ou familirem5t avec eux3 ils s'imag95t aussitt qu'il faut bi5 leur pass] quelque *ose et ils *]*]ont t5dre les bornes de la politesse4 ,c'e/ p\rquoi il y a si peu d'individus qu'on puisse frqu5t] un peu plus intimem5t2 surt\t faut-il se g>d] de t\te famili>it avec des natures de bas tage4 ,que si1 p> malheur1 un individu de cette espce s'imag9e que j'ai beauc\p plus beso9 de lui qu'il n'a beso9 de moi1 alors il pr\v]a s\da9 un s5tim5t comme si je lui avais vol quelque *ose3 il *]*]a se v5g] et r5tr] dans sa proprit4 ,n'avoir jamais et d'aucune faon beso9 des autres et le leur faire voir1 voil absolum5t la seule manire de ma9t5ir sa supriorit dans les relations4 ,en consqu5ce1 il e/ sage de leur faire s5tir t\s1 homme ou femme1 qu'on peut trs bi5 se pass] d'eux2 cela =tifie l'amiti3 il e/ mme utile de laiss] s'introduire p>fois1 dans notre attitude l'g>d de la plup>t d'entre eux1 une p>celle de dda92 ils n'en atta*]ont que plus de prix notre amiti4 ,*i non i/ima1 vi5 /imato 7,qui n'e/ime pas e/ e/im71 dit f9em5t un prov]be itali54 ,mais1 si quelqu'un a rellem5t une gr&e valeur nos yeux1 il faut le lui dissimul] comme si c'tait un crime4 ,cela n'e/ pas prcism5t rj\issant1 mais en revan*e c'e/ vrai4 ,c'e/ pe9e si les *i5s support5t le trop de bi5veillance1 bi5 mo9s encore les hommes4 #bi ,les g5s d'une espce plus noble et d\s de facults plus leves trahiss5t1 pr9cipalem5t dans leur jeunesse1 un manque surpr5ant de connaissance des hommes et de savoir-faire2 ils se laiss5t a9si facilem5t tromp] ou g>]2 t&is que les natures infrieures sav5t bi5 mieux et bi5 plus vite se tir] d'affaire dans le monde2 cela vi5t de ce que1 dfaut d'expri5ce1 l'on doit jug] a priori et qu'en gnral aucune expri5ce ne vaut l'a priori4 ,*ez les g5s de calibre ord9aire1 cet a priori leur e/ f\rni p> leur propre moi1 t&is qu'il ne l'e/ pas ceux de nature noble et di/+ue1 c> c'e/ p> l prcism5t que ceux-ci diffr5t des autres4 ,en valuant donc les p5ses et les actes des hommes ord9aires d'aprs les leurs propres1 le calcul se tr\ve tre faux4 ,mais mme alors qu'un tel homme aura appris enf9 a po/]iori1 c'e/--dire p> les leons d'autrui et p> sa propre expri5ce1 ce qu'il y a att5dre des hommes2 mme alors qu'il aura compris que les c9q siximes d'entre eux sont a9si faits1 au moral comme l'intellectuel1 que celui qui n'e/ pas =c p> les circon/ances d'tre en relation avec eux fait mieux de les vit] ds l'abord et de se t5ir autant que possible hors de leur contact1 mme alors cet homme ne p\rra1 malgr t\t1 avoir une connaissance suffisante de leur petitesse et de leur mesqu9]ie2 il aura durant t\te sa vie t5dre et complt] cette notion2 mais jusqu'alors il f]a encore bi5 des faux calculs son dtrim5t4 ,en outre1 bi5 que pntr des enseignem5ts reu1 il lui arriv]a encore p>fois1 se tr\vant dans une socit de g5s qu'il ne connat pas encore1 d'tre m]veill en les voyant t\s p>atre1 dans leurs disc\rs et dans leurs manires1 entirem5t raisonnables1 loyaux1 s9cres1 honntes et v]tueux1 et peut-tre bi5 aussi intellig5ts et spirituels4 ,mais que cela ne l'g>e pas2 cela provi5t t\t simplem5t de ce que la nature ne fait pas comme les m*ants potes1 qui1 lorsqu'ils ont prs5t] un coqu9 ou un f\1 s'y pr5n5t si l\rdem5t et avec une int5tion si acc5tue que l'on voit p>atre p\r a9si dire d]rire *acun de ces p]sonnages l'auteur dsav\ant con/amm5t leur c>actre et leurs disc\rs et disant haute voix et en manire d'av]tissem5t3 ,celui-ci e/ un coqu91 cet autre un f\2 n'aj\tez pas foi ce qu'il dit4 ,la nature au contraire s'y pr5d la faon de ,%akespe>e et de ,g!3 dans leurs ouvrages1 *aque p]sonnage1 ft-il le diable lui-mme1 tant qu'il e/ en scne1 p>le comme il a raison de p>l]2 il e/ conu d'une manire si objectivem5t relle qu'il n\s attire et n\s =ce pr5dre "p ses intrts2 p>eil aux crations de la nature1 il e/ le dveloppem5t d'un pr9cipe intrieur en v]tu duquel ses disc\rs et ses actes app>aiss5t comme naturels et p> consqu5t comme ncessaires4 ,celui qui croit que dans le monde les diables ne vont jamais sans cornes et les f\s sans grelots s]a t\j\rs leur proie ou leur j\et4 ,aj\tons encore t\t cela que1 dans leurs relations1 les g5s font comme la lune et les bossus1 c'e/--dire qu'ils ne n\s montr5t jamais qu'une face2 ils ont mme un tal5t inn p\r trans=m] leur visage1 p> une mimique habile1 en un masque reprs5t5t trs exactem5t ce qu'ils devrai5t tre en ralit2 ce masque1 dc\p exclusivem5t la mesure de leur individualit1 s'adapte et s'aju/e si bi5 que l'illusion e/ complte4 ,*acun se l'applique t\tes les fois qu'il s'agit de se faire bi5 v5ir4 ,il ne faut pas plus s'y li] qu'a un masque de toile cire1 et rappelons-n\s cet excell5t prov]be itali53 ,non si tri/o cane1 *e non m5i la coda 7,il n'e/ si m*ant *i5 qui ne remue la queue74 ,g>dons-n\s bi51 en t\t cas1 de n\s faire une op9ion trs favorable d'un homme dont n\s v5ons de faire la connaissance2 n\s s]ions ord9airem5t du notre confusion1 peut-tre mme notre dtrim5t4 ,encore une obs]vation digne d'tre ne3 c'e/ prcism5t dans les petites *oses1 o il ne songe pas soign] sa cont5ance1 que l'homme dvoile son c>actre2 c'e/ dans des actions insignifiantes1 quelquefois dans de simples manires1 que l'on peut facilem5t obs]v] cet gsme illimit1 sans g>d p\r p]sonne1 qui ne se dm5tira pas non plus ensuite dans les gr&es *oses1 mais qui se dissimul]a4 ,que de semblables occasions ne soi5t pas p]dues p\r n\s6 ,qu& un individu se conduit sans aucune discrtion dans les petits incid5ts j\rnali]s1 dans les petites affaires de la vie1 auxquelles s'applique le3 ,de m9imis lex non curat 7,la loi ne s'occupe pas des affaires m9imes71 qu& il ne re*]*e dans ces occasions que son intrt ou ses aises au dtrim5t d'autrui1 ou s'approprie ce qui e/ l p\r s]vir t\s1 etc41 cet individu1 soyez-en bi5 conva9cu1 n'a pas dans le cur le s5tim5t du ju/e2 il s]a un gr$9 t\t aussi bi5 dans les gr&es circon/ances1 t\tes les fois que la loi ou la =ce ne lui li]ont pas les bras2 ne p]mettez pas cet homme de fran*ir votre seuil4 ,oui1 je l'affirme1 qui viole sans scrupule les rglem5ts de son club viol]a galem5t les lois de l'tat ds qu'il p\rra le faire sans dang]#cd4 ,qu& un homme avec qui n\s sommes en rapports plus ou mo9s troits n\s fait quelque *ose qui n\s dplat ou n\s f*e1 n\s n'avons qu' n\s dem&] s'il a ou non assez de prix nos yeux p\r que n\s acceptions de sa "p1 une seconde fois et reprises t\j\rs plus frqu5tes1 un traitem5t semblable1 voire mme un peu plus acc5tu 7p>donn] et oubli] signifi5t jet] p> la f5tre des expri5ces *rem5t acquises74 ,dans le cas affirmatif1 t\t e/ dit2 c> p>l] simplem5t ne s]virait de ri53 il faut alors laiss] pass] la *ose1 avec ou sans admonition2 mais n\s devrons n\s rappel] que1 de cette faon1 n\s n\s en attirons bnvolem5t la rptition4 ,dans la seconde alt]native1 il n\s faut1 sur-le-*amp et jamais1 rompre avec le *] ami1 ou1 si c'e/ un s]viteur1 le congdi]4 ,c> il f]a1 le cas *ant1 9vitablem5t et exactem5t la mme *ose1 ou quelque *ose d'entirem5t analogue1 qu& mme en ce mom5t il n\s jur]ait le contraire1 bi5 haut et bi5 s9crem5t4 ,on peut t\t oubli]1 t\t1 except soi-mme1 except son propre tre4 ,en effet1 le c>actre e/ absolum5t incorrigible1 p>ce que t\tes les actions huma9es p>t5t d'un pr9cipe intime1 en v]tu duquel un homme doit t\j\rs agir de mme dans les mmes circon/ances et ne peut pas agir autrem5t4 ,lisez mon mmoire c\ronn sur la prt5due lib]t de la volont#ce et *assez t\te illusion4 ,se rconcili] avec un ami avec lequel on avait rompu e/ donc une faiblesse que l'on aura expi] alors que celui-ci1 la premire occasion recomm5c]a faire exactem5t ce qui avait am5 la rupture1 et mme avec un peu plus d'assurance1 c> il a la secrte consci5ce de n\s tre indisp5sable4 ,ceci s'applique galem5t aux dome/iques congdis que l'on repr5d son s]vice4 ,n\s devons t\t aussi peu1 et p\r les mmes motifs1 n\s att5dre voir un homme se comport] de la mme manire qu'une fois prcd5te1 qu& les circon/ances ont *ang4 ,au contraire1 la disposition et la conduite des hommes *ang5t t\t aussi vite que leur intrt3 les int5tions qui les meuv5t mett5t leurs lettres de *ange si c\rte vue1 qu'il faudrait avoir soi-mme la vue plus c\rte encore p\r ne pas les laiss] prote/]4 ,supposons ma9t5ant que n\s v\lions savoir comm5t agira une p]sonne dans une situation o n\s avons l'int5tion de la plac]2 p\r cela1 il ne faudra pas compt] sur ses promesses et ses prote/ations4 ,c>1 en admettant mme qu'elle p>le s9crem5t1 elle n'en p>le pas mo9s d'une *ose qu'elle ignore4 ,c'e/ donc p> l'apprciation des circon/ances dans lesquelles elle va se tr\v]1 et de leur conflit avec son c>actre1 que n\s aurons n\s r5dre compte de son attitude4 ,en ?se gnrale1 p\r acqurir la comprh5sion nette1 appr(ondie et si ncessaire de la vritable et tri/e condition des hommes1 il e/ m9emm5t in/ructif d'employ]1 comme comm5taire leurs m5es et leur conduite sur le t]ra9 de la vie pratique1 leurs m5es et leur conduite dans le doma9e littraire1 et vice v]sa4 ,cela e/ trs utile p\r ne se tromp] ni sur soi ni sur eux4 ,mais1 dans le c\rs de cette tude1 aucun trait de gr&e infamie ou sottise1 que n\s r5contrions soit dans la vie soit en littrature1 ne devra n\s dev5ir matire n\s attri/] ou irrit]2 il devra s]vir uniquem5t n\s in/ruire comme n\s (frant un trait complm5taire du c>actre de l'espce huma9e1 qu'il s]a bon de ne pas oubli]4 ,de cette faon1 n\s envisag]ons la *ose comme le m9ralogi/e considre un spcim5 bi5 c>actris d'un m9ral1 qui lui s]ait tomb entre les ma9s4 ,il y a des exceptions1 il y en a mme d'incomprh5siblem5t gr&es1 et les diffr5ces entre les individualits sont imm5ses2 mais1 pris en bloc1 on l'a dit ds longtemps1 le monde e/ mauvais2 les sauvages s'entre-dvor5t et les civiliss s'entre-tromp5t1 et voil ce qu'on appelle le c\rs du monde4 ,les tats1 avec leurs +nieux mcanismes dirigs contre le dehors et le d$ans et avec leurs voies de contra9te1 que sont-ils donc1 s9on des mesures tablies p\r mettre des bornes l'iniquit illimite des hommes8 ,ne voyons-n\s pas1 dans l'hi/oire entire1 *aque roi1 ds qu'il e/ solidem5t assis et que son pays j\it de quelque prosprit1 en pr(it] p\r tomb] avec son arme1 comme avec une b&e de brig&s1 sur les tats vois9s8 ,t\tes les gu]res ne sont-elles pas1 au fond1 des actes de brig&age8 ,dans l'antiquit recule comme aussi p5dant une p>tie du moy5 ge1 les va9cus dev5ai5t les esclaves des va9queurs1 ce qui1 au fond1 revi5t dire qu'ils devai5t travaill] p\r ceux-ci2 mais ceux qui pay5t des contributions de gu]re doiv5t en faire autant1 c'e/--dire qu'ils livr5t le produit de leur travail antrieur4 ,dans t\tes les gu]res1 il ne s'agit que de vol]1 a crit ,voltaire2 et que les ,allem&s se le ti5n5t p\r dit4 #cj ,aucun c>actre n'e/ tel qu'on puisse l'ab&onn] lui-mme et le laiss] all] entirem5t2 il a beso9 d'tre guid p> des notions et des maximes4 ,mais si1 p\ssant la *ose l'extrme1 on v\lait faire du c>actre non pas le rsultat de la nature inne1 mais uniquem5t le produit d'une dlibration raisonne1 p> consqu5t un c>actre entirem5t acquis et artificiel1 on v]rait bi5tt se vrifi] la s5t5ce lat9e3 ,naturam expelles furca1 tam5 usque recurret 7,*assez le naturel1 il revi5t au galop74 ,en effet1 on p\rra trs bi5 compr5dre1 dc\vrir mme et =mul] admirablem5t une rgle de conduite env]s les autres1 et nanmo9s1 dans la vie relle1 on p*]a ds l'abord contre elle4 ,t\tefois1 il ne faut pas p\r cela p]dre c\rage et croire qu'il soit impossible de dirig] sa conduite dans la vie sociale p> des rgles et des maximes ab/raites1 et qu'il vaille mieux1 p> consqu5t1 se laiss] all] t\t bonnem5t4 ,c> il en e/ de celles-ci comme de t\tes les in/ructions et directions pratiques2 compr5dre la rgle e/ une *ose1 et appr5dre l'appliqu] une autre4 ,la premire s'acqui]t d'un seul c\p p> l'intellig5ce1 la seconde peu peu p> l'ex]cice4 ,on montre l'lve les t\*es d'un in/rum5t1 les p>ades et les attaques au fleuret2 il se trompe immdiatem5t1 malgr la meilleure volont1 et s'imag9e alors que se rappel] ces leons dans la rapidit de la lecture musicale1 ou dans l'ardeur du combat1 e/ *ose presque impossible4 ,et cep5dant1 petit petit1 =ce de trbu*]1 de tomb] et de se relev]1 l'ex]cice f9it p> les lui appr5dre2 il en e/ de mme p\r les rgles de grammaire1 qu& on appr5d lire et crire en lat94 ,ce n'e/ pas autrem5t que le ru/re devi5t c\rtisan2 le c]veau brl1 un homme du monde di/+u2 l'homme ouv]t1 taciturne2 le noble1 s>ca/ique4 ,nanmo9s cette ducation de soi-mme1 obt5ue a9si p> une longue habitude1 agira t\j\rs comme un ef=t v5ant de l'extrieur1 auquel la nature ne cesse jamais de s'oppos]1 et malgr lequel elle arrive p>fois clat] inop9m5t4 ,c> t\te conduite ayant p\r mobile des maximes ab/raites se rapporte une conduite mue p> le p5*ant primitif et inn1 comme un mcanisme fait de ma9 d'homme1 une montre1 p> exemple1 o la =me et le m\vem5t sont imposs une matire qui leur e/ trangre1 se rapporte un organisme vivant1 o =me et matire se pntr5t mutuellem5t et ne font qu'un4 ,ce rapport entre le c>actre acquis et le c>actre naturel confirme la p5se nonce p> l'emp]eur ,napolon3 ,t\t ce qui n'e/ pas naturel e/ imp>fait4 ,ceci e/ vrai en t\t et p\r t\s1 au physique comme au moral2 et la seule exception que je me rappelle cette rgle1 c'e/ l'av5tur9e naturelle1 qui ne vaut pas l'artificielle4 ,aussi1 g>dons-n\s de t\te affectation4 ,elle provoque t\j\rs le mpris3 d'abord elle e/ une tromp]ie1 et comme telle une l*et1 c> elle repose sur la peur2 ensuite elle implique condamnation de soi-mme p> soi-mme1 puisqu'on veut p>atre ce qu'on n'e/ pas et qu'on e/ime tre meilleur que ce que l'on e/4 ,le fait d'affect] une qualit1 de s'en vant]1 e/ un aveu qu'on ne la possde pas4 ,que des g5s se vant5t de quoi que ce soit1 c\rage ou in/ruction1 intellig5ce ou esprit1 succs auprs des femmes ou ri*esses1 ou noblesse1 et l'on p\rra en conclure que c'e/ prcism5t sur ce *apitre-l qu'il leur manque quelque *ose2 c> celui qui possde rellem5t et compltem5t une qualit ne songe pas l'tal] et l'affect]2 il e/ p>faitem5t tranquille s\s ce rapport4 ,c'e/ ce que veut dire ce prov]be espagnol3 ,h]radura que *acolotea clavo le falta 7,a f]rure qui sonne il manque un cl\74 ,il ne faut c]ta9em5t pas1 n\s l'avons dj dit1 l*] entirem5t les rnes et se montr] en enti] tel qu'on e/2 c> le ct mauvais et be/ial de notre nature e/ considrable et a beso9 d'tre voil2 mais cela ne lgitime que l'acte ngatif1 la dissimulation1 mais nullem5t le positif1 la simulation4 ,il faut savoir aussi que l'on reconnat l'affectation dans un individu avant mme d'ap]cevoir clairem5t ce qu'il affecte au ju/e4 ,enf91 cela ne peut pas dur] la longue1 et le masque f9ira p> tomb] un j\r4 ,nemo pote/ p]sonam diu f]re2 ficta cito 9 naturam suam recidunt 7,snque1 ,de clem41 l4 ,i1 c4 #a7 7,p]sonne ne peut longtemps port] le masque1 t\t ce qui e/ dguis repr5d bi5tt sa nature74 #ca ,de mme qu'on porte le poids de son propre corps sans le s5tir1 comme on le s5tirait de t\t corps trang] qu'on v\drait m\voir1 de mme on ne rem>que que les dfauts et les vices des autres1 et non les si5s4 ,mais en revan*e *acun possde en autrui un miroir dans lequel il peut voir di/9ctem5t ses propres vices1 ses dfauts1 ses manires grossires et rpugnantes4 ,mais il fait d'ord9aire comme le *i5 qui aboie contre le miroir1 p>ce qu'il ne sait pas que c'e/ lui-mme qu'il y ap]oit et qu'il s'imag9e voir un autre *i54 ,qui critique les autres travaille son propre am5dem5t4 ,ceux-l donc qui ont une t5dance habituelle s\mettre tacitem5t dans leur = intrieur les manires des hommes1 et en gnral t\t ce qu'ils font ou ne font pas1 une critique att5tive et svre1 ceux-l travaill5t a9si se corrig] et se p]fectionn] eux-mmes3 c> ils auront assez d'quit1 ou du mo9s assez d'orgueil et de vanit p\r vit] ce qu'ils ont tant de fois et si rig\reusem5t blm4 ,c'e/ l'inv]se qui e/ vrai p\r les tolrants1 savoir3 ,hanc v5iam damus petimusque vicissim 7,n\s accordons et rclamons le p>don t\r t\r74 ,l'vangile moralise admirablem5t sur ceux qui voi5t la paille dans l'il du vois9 et ne voi5t pas la p\tre dans le leur2 mais la nature de l'il ne lui p]met de reg>d] qu'au dehors1 il ne peut pas se voir lui-mme2 c'e/ p\rquoi rem>qu] et blm] les dfauts des autres e/ un moy5 propre n\s faire s5tir les ntres4 ,il n\s faut un miroir p\r n\s corrig]4 ,cette rgle e/ bonne galem5t qu& il s'agit du /yle et de la manire d'crire2 celui qui en ces matires admire t\te n\velle folie1 au lieu de la blm]1 f9ira p> l'imit]4 ,de l vi5t qu'en ,allemagne ces sortes de folies se propag5t si vite4 ,les ,allem&s sont trs tolrants3 on s'en ap]oit4 ,hanc v5iam damus petimusque vicissim1 voil leur devise4 #cb ,l'homme de noble espce1 p5dant sa jeunesse1 croit que les relations ess5tielles et dcisives1 celles qui crent les li5s vritables entre les hommes1 sont de nature idale1 c'e/--dire fondes sur la con=mit de c>actre1 de t\rnure d'esprit1 de gt1 d'intellig5ce1 etc42 mais il s'ap]oit plus t>d que ce sont les relles1 c'e/--dire celles qui repos5t sur quelque intrt matriel4 ,ce sont celles-ci qui =m5t la base de t\s les rapports1 et la majorit des hommes ignore totalem5t qu'il en exi/e d'autres4 ,p> consqu5t1 *acun e/ *oisi en raison de sa fonction1 de sa pr(ession1 de sa nation ou de sa famille1 en gnral donc suivant la position et le rle attribus p\r la conv5tion2 c'e/ d'aprs cela qu'on assortit les g5s et qu'on les classe comme articles de fabrique4 ,p> contre1 ce qu'un homme e/ en soi et p\r soi1 comme homme1 en v]tu de ses qualits propres1 n'e/ pris en considration que selon le bon plaisir1 p> exception2 *acun met ces *oses de ct ds que cela lui convi5t mieux1 et l'ignore sans plus de faon4 ,plus un homme a de valeur p]sonnelle1 mo9s ce classem5t p\rra lui conv5ir2 aussi *]*]a-t-il s'y s\/raire4 ,rem>quons cep5dant que cette manire de procd] e/ base sur ce que dans ce monde1 o la misre et l'indig5ce rgn5t1 les ress\rces qui s]v5t les c>t] sont la *ose ess5tielle et ncessairem5t prdom9ante4 #cc ,de mme que le papi]-monnaie circule en place d'arg5t1 de mme1 au lieu de l'e/ime et de l'amiti vritables1 ce sont leurs dmon/rations et leurs allures imites le plus naturellem5t possible qui ont c\rs dans le monde4 ,on p\rrait1 il e/ vrai1 se dem&] s'il y a vraim5t des g5s qui mrit5t l'e/ime et l'amiti s9cres4 ,quoi qu'il en soit1 j'ai plus de confiance dans un brave *i51 qu& il remue la queue1 que dans t\tes ces dmon/rations et ces faons4 ,la vraie1 la s9cre amiti prsuppose que l'un pr5d une "p n]gique1 purem5t objective et t\t fait ds9tresse au bonheur et au malheur de l'autre1 et cette p>ticipation suppose son t\r une vritable id5tification de l'ami avec son ami4 ,l'gsme de la nature huma9e e/ tellem5t oppos ce s5tim5t que l'amiti vraie fait p>tie de ces *oses dont on ignore1 comme du gr& s]p5t de m]1 si elles app>ti5n5t la fable ou si elles exi/5t en quelque lieu4 ,cep5dant il se r5contre p>fois entre les hommes c]ta9es relations qui1 bi5 que reposant ess5tiellem5t sur des motifs secrtem5t g/es et de natures diffr5tes1 sont additionnes nanmo9s d'un gra9 de cette amiti vritable et s9cre1 ce qui suffit leur donn] un tel ca*et de noblesse qu'elles peuv5t1 en ce monde des imp]fections1 port] avec quelque droit le nom d'amiti4 ,elles s'lv5t haut au-dessus des liaisons de t\s les j\rs2 celles-ci sont vrai dire de telle nature que n\s n'adress]ions plus la p>ole la plup>t de nos bonnes connaissances1 si n\s ent5dions comm5t elles p>l5t de n\s en notre abs5ce4 ct des cas o l'on a beso9 de sec\rs srieux et de sacrifices considrables1 la meilleure occasion p\r pr\v] la s9crit d'un ami1 c'e/ le mom5t o v\s lui annoncez un malheur qui vi5t de v\s frapp]4 ,v\s v]rez alors se pe9dre sur ses traits une affliction vraie1 pr(onde et sans mlange1 ou au contraire1 p> son calme imp]turbable1 p> un trait se dess9ant fugitivem5t1 il confirm]a la maxime de ,la ,ro*ef\cauld3 ,dans l'adv]sit de nos meilleurs amis1 n\s tr\vons t\j\rs#cf quelque *ose qui ne n\s dplat pas4 ,ceux qu'on appelle habituellem5t des amis peuv5t pe9e1 dans ces occasions1 rprim] le petit frmissem5t1 le lg] s\rire de la satisfaction4 ,il y a peu de *oses qui mett5t les g5s aussi srem5t en bonne humeur que le rcit de quelque calamit dont on a t rcemm5t frapp1 ou encore l'aveu s9cre qu'on leur fait de quelque faiblesse p]sonnelle4 ,c'e/ vraim5t c>actri/ique4 ,l'loignem5t et la longue abs5ce nuis5t t\te amiti1 quoiqu'on ne l'av\e pas volonti]s4 ,les g5s que n\s ne voyons pas s]ai5t-ils nos plus *]s amis1 ins5siblem5t avec la m>*e du temps s'vapor5t jusqu' l'tat de notions ab/raites1 ce qui fait que notre intrt p\r eux devi5t de plus en plus une affaire de raison1 p\r a9si dire de tradition2 le s5tim5t vif et pr(ond demeure rs]v ceux que n\s avons s\s les yeux1 mme qu& ceux-l ne s]ai5t que des animaux que n\s aimons4 ,tellem5t la nature huma9e e/ guide p> les s5s4 ,ici encore1 ,g! a raison de dire3 ,die ,geg5w>t i/ e9e m*tige ,gtt94 7,tasso1 acte #d1 sc4 #d47 7,le prs5t e/ une puissante div9it47 ,les amis de la maison sont ord9airem5t bi5 nomms de ce nom1 c> ils sont plus atta*s la maison qu'au matre2 ils ressembl5t aux *ats plus qu'aux *i5s4 ,les amis se dis5t s9cres2 ce sont les ennemis qui le sont2 aussi devrait-on1 p\r appr5dre se connatre soi-mme1 pr5dre leur blme comme on pr5drait une mdec9e amre4 ,comm5t peut-on prt5dre que les amis sont r>es1 dans le beso98 ,mais c'e/ le contraire4 pe9e a-t-on fait amiti avec un homme1 que le voil aussitt dans le beso9 et qu'il v\s emprunte de l'arg5t4 #cd ,comme il faut tre novice p\r croire que montr] de l'esprit et de la raison e/ un moy5 de se faire bi5 v5ir dans la socit6 ,bi5 au contraire1 cela veille *ez la plup>t des g5s un s5tim5t de ha9e et de rancune1 d'autant plus am] que celui qui l'pr\ve n'e/ pas autoris en dcl>] le motif2 bi5 plus1 il se le dissimule lui-mme4 ,voici en dtail comm5t cela se passe3 de deux int]locuteurs1 ds que l'un rem>que et con/ate une gr&e supriorit *ez l'autre1 il en conclut tacitem5t1 et sans en avoir la consci5ce bi5 exacte1 que cet autre rem>que et con/ate au mme degr l'infriorit et l'esprit born du premi]4 ,cette opposition excite sa ha9e1 sa rancune1 sa rage la plus amre4 ,aussi ,gracian dit-il avec raison3 ,p>a s] bi5 qui/o1 el unico m$io ve/irse la piel del mas simple de los brutos 7,p\r tre bi5 tranquille1 le seul moy5 e/ de revtir la peau du plus simple des animaux74 ,mettre au j\r de l'esprit et du jugem5t1 n'e/-ce pas une manire dt\rne de repro*] aux autres leur incapacit et leur btise8 ,une nature vulgaire se rvolte l'aspect d'une nature oppose2 le fauteur secret de la rvolte1 c'e/ l'envie4 ,c> satisfaire sa vanit e/1 a9si qu'on peut le voir t\t mom5t1 une j\issance qui1 *ez les hommes1 passe avant t\te autre1 mais qui n'e/ possible qu'en v]tu d'une comp>aison entre eux-mmes et les autres4 ,mais il n'e/ pas de mrites dont ils soi5t plus fi]s que de ceux de l'intellig5ce1 vu que c'e/ sur ceux-l que se fonde leur supriorit l'g>d des animaux4 ,il e/ donc de la plus gr&e tmrit de leur montr] une supriorit intellectuelle m>que1 surt\t devant tmo9s4 ,cela provoque leur v5geance1 et d'ord9aire ils *]*]ont l'ex]c] p> des injures1 c> ils pass5t a9si du doma9e de l'intellig5ce celui de la volont1 sur lequel n\s sommes t\s gaux4 ,si donc la position et la ri*esse peuv5t t\j\rs compt] sur la considration dans la socit1 les qualits intellectuelles ne doiv5t nullem5t s'y att5dre2 ce qui peut leur arriv] de plus heureux1 c'e/ qu'on n'y fasse pas att5tion2 mais1 autrem5t1 on les envisage comme une espce d'imp]t95ce1 ou comme un bi5 que son propritaire a acquis p> des voies illicites et dont il a l'audace de se t>gu]2 aussi *acun se propose-t-il en sil5ce de lui inflig] ultrieurem5t quelque humiliation ce sujet1 et l'on n'att5d p\r cela qu'une occasion favorable4 ,c'e/ pe9e si1 p> une attitude des plus humbles1 on russira arra*] le p>don de sa supriorit d'esprit1 comme on arra*e une aumne4 ,saadi dit dans le ,guli/an3 ,sa*ez qu'il se tr\ve *ez l'homme irraisonnable c5t fois plus d'av]sion p\r le raisonnable que celui-ci n'en ress5t p\r le premi]4 ,p> contre1 l'infriorit intellectuelle quivaut un vritable titre de recomm&ation4 ,c> le s5tim5t bi5faisant de la supriorit e/ p\r l'esprit ce que la *aleur e/ p\r le corps2 *acun se rappro*e de l'individu qui lui procure cette s5sation1 p> le mme in/9ct qui le p\sse s'appro*] du pole ou all] se mettre au soleil4 ,or il n'y a p\r cela uniquem5t que l'tre dcidm5t infrieur1 en facults intellectuelles p\r les hommes1 en beaut p\r les femmes4 ,il faut av\] que1 p\r laiss] p>atre de l'infriorit non simule1 en prs5ce de bi5 des g5s1 il faut en possd] une dose respectable4 ,en revan*e1 voyez avec quelle cordiale amabilit une jeune fille mdiocrem5t jolie va la r5contre de celle qui e/ foncirem5t laide4 ,le sexe mascul9 n'atta*e pas gr&e valeur aux avantages physiques1 bi5 que l'on prfre se tr\v] ct d'un plus petit que d'un plus gr& que soi4 ,en consqu5ce1 p>mi les hommes1 ce sont les btes et les ignorants qui sont agrs et re*]*s p>t\t2 p>mi les femmes1 les laides2 on leur fait immdiatem5t la rputation d'avoir un cur excell5t1 vu que *acun a beso9 d'un prtexte p\r ju/ifi] sa sympa?ie1 ses yeux et ceux des autres4 ,p\r la mme raison1 t\te supriorit d'esprit a la proprit d'isol]3 on la fuit1 on la hait1 et p\r avoir un prtexte on prte celui qui la possde des dfauts de t\te sorte#cg4 ,la beaut produit exactem5t le mme effet p>mi les femmes2 les jeunes filles1 qu& elles sont trs belles1 ne tr\v5t pas d'amies1 pas mme de compagnes4 ,qu'elles ne s'avis5t pas de se prs5t] quelque "p p\r une place de demoiselle de compagnie2 ds qu'elles p>atront1 le visage de la dame *ez qui elles espr5t entr] s'assombrira2 c>1 soit p\r son propre compte1 soit p\r celui de ses filles1 elle n'a nullem5t beso9 d'une jolie figure p\r d\blure4 ,il en e/ t\t autrem5t1 en revan*e1 qu& il s'agit des avantages du rang1 c> ceux-ci n'agiss5t pas1 comme les mrites p]sonnels1 p> effet de contra/e et de relief1 mais p> voie de rflexion1 comme les c\leurs environnantes qu& elles se rfl*iss5t sur le visage4 #ce ,la p>esse1 l'gsme et la vanit ont trs s\v5t la plus gr&e "p dans la confiance que n\s montrons autrui3 p>esse1 lorsque1 p\r ne pas exam9]1 soign]1 faire p> n\s-mmes1 n\s prfrons n\s confi] un autre2 gsme1 lorsque le beso9 de p>l] de nos affaires n\s porte lui en faire quelque confid5ce2 vanit1 qu& ces affaires sont de nature n\s en r5dre glorieux4 ,mais n\s n'en exigeons pas mo9s que l'on apprcie notre confiance4 ,n\s ne devrions jamais1 au contraire1 tre irrits p> la mfiance1 c> elle r5f]me un complim5t l'adresse de la probit1 et c'e/ l'aveu s9cre de son extrme r>et qui fait qu'elle app>ti5t ces *oses dont on met l'exi/5ce en d\te4 #cf ,j'ai expos dans ma ,morale l'une des bases de la politesse1 cette v]tu c>d9ale *ez les ,*9ois2 l'autre e/ la suivante4 ,la politesse repose sur une conv5tion tacite de ne pas rem>qu] les uns *ez les autres la misre morale et intellectuelle de la condition huma9e1 et de ne pas se la repro*] mutuellem5t2 d'o il rsulte1 au bnfice des deux p>ties1 qu'elle app>at mo9s facilem5t4 ,politesse e/ prud5ce2 impolitesse e/ donc niais]ie3 se faire1 p> sa grossiret1 des ennemis1 sans ncessit et de gaiet de cur1 c'e/ de la dm5ce2 c'e/ comme si l'on mettait le feu sa maison4 ,c> la politesse e/1 comme les jetons1 une monnaie notoirem5t fausse3 l'p>gn] pr\ve de la draison2 en us] avec libralit1 de la raison4 ,t\tes les nations t]m95t leurs lettres p> cette =mule3 ,votre trs humble s]viteur1 ,y\r mo/ ob$i5t s]vant1 ,suo devotissimo s]vo4 ,les ,allem&s seuls supprim5t le ,di5] 7s]viteur71 c> ce n'e/ pas vrai1 dis5t-ils4 ,celui1 au contraire1 qui p\sse la politesse jusqu'au sacrifice d'intrts rels1 ressemble un homme qui donn]ait des pices d'or en place de jetons4 ,de mme que la cire1 dure et cassante de sa nature1 devi5t moy5nant un peu de *aleur si mallable qu'elle pr5d t\tes les =mes qu'il plaira de lui donn]1 on peut1 p> un peu de politesse et d'amabilit1 r5dre s\ples et complaisants jusqu' des hommes rev*es et ho/iles4 ,la politesse e/ donc l'homme ce que la *aleur e/ la cire4 ,il e/ vrai de dire qu'elle e/ une rude t*e1 en ce s5s qu'elle n\s impose des tmoignages de considration p\r t\s1 alors que la plup>t n'en mrit5t aucune2 en outre1 elle exige que n\s feignions le plus vif intrt1 qu& n\s devons n\s s5tir heureux de ne leur en port] nullem5t4 ,alli] la politesse la dignit e/ un c\p de matre4 ,les (f5ses1 consi/ant t\j\rs au fond dans des manife/ations de manque de considration1 ne n\s mettrai5t pas si facilem5t hors de n\s si1 d'une "p1 n\s ne n\rrissions pas une op9ion trs exagre de notre haute valeur et de notre dignit1 ce qui e/ de l'orgueil dmesur1 et si1 d'autre "p1 n\s n\s tions bi5 r5du compte de ce que d'ord9aire1 au fond de son cur1 *acun croit et p5se l'g>d des autres4 ,quel criant contra/e p\rtant entre la susceptibilit de la plup>t des g5s p\r la plus lgre allusion critique dirige contre eux et ce qu'ils aurai5t ent5dre s'ils p\vai5t surpr5dre ce que dis5t d'eux leurs connaissances6 ,n\s f]ions mieux de t\j\rs n\s s\v5ir que la politesse n'e/ qu'un masque ricaneur2 de cette faon1 n\s ne n\s mettrions pas p\ss] des cris de paon1 t\tes les fois que le masque se drange un peu ou qu'il e/ dpos p\r un in/ant4 ,qu& un individu devi5t ouv]tem5t grossi]1 c'e/ comme s'il se dp\illait de ses vtem5ts et se prs5tait 9 puris naturalibus4 ,il faut av\] qu'il se montre =t laid a9si1 comme la plup>t des g5s dans cet tat4 #cg ,il ne faut jamais pr5dre modle sur un autre p\r ce qu'on veut faire ou ne pas faire1 c> les situations1 les circon/ances1 les relations ne sont jamais les mmes et p>ce que la diffr5ce de c>actre donne aussi une t\t autre te9te l'action2 c'e/ p\rquoi duo cum faciunt idem1 non e/ idem 7qu& deux hommes font la mme *ose1 ce n'e/ pas la mme *ose74 ,il faut1 aprs mre rflexion1 aprs mditation srieuse1 agir con=mm5t son propre c>actre4 ,l'orig9alit e/ donc indisp5sable mme dans la vie pratique2 sans elle1 ce qu'on fait ne s'accorde pas avec ce qu'on e/4 #ch ,ne combattez l'op9ion de p]sonne2 songez que1 si l'on v\lait dissuad] les g5s de t\tes les absurdits auxquelles ils croi5t1 on n'en aurait pas f9i1 qu& on atte9drait l'ge de ,ma?usalem4 ,ab/5ons-n\s aussi1 dans la conv]sation1 de t\te obs]vation critique1 ft-elle faite dans la meilleure int5tion1 c> bless] les g5s e/ facile1 les corrig] difficile1 s9on impossible4 ,qu& les absurdits d'une conv]sation que n\s sommes dans le cas d'c\t] comm5c5t n\s mettre en colre1 il faut n\s imag9] que n\s assi/ons une scne de comdie entre deux f\s3 ,probatum e/4 ,l'homme n p\r in/ruire le monde sur les sujets les plus importants et les plus srieux peut p>l] de sa *ance qu& il s'en tire sa9 et sauf4 #ci ,celui qui veut que son op9ion tr\ve crdit doit l'nonc] froidem5t et sans passion4 ,c> t\t emportem5t procde de la volont2 c'e/ donc celle-ci et non la connaissance1 qui e/ froide de sa nature1 que l'on attribu]ait le jugem5t mis4 ,en effet1 la volont tant le pr9cipe radical dans l'homme1 et la connaissance n'tant que secondaire et v5ue accessoirem5t1 on considr]a plutt le jugem5t comme n de la volont excite que l'excitation de la volont comme produite p> le jugem5t4 #dj ,il ne faut pas se laiss] all] se l\] soi-mme1 alors mme qu'on en aurait t\t le droit4 ,c> la vanit e/ *ose si commune1 le mrite au contraire si r>e1 que t\tes les fois que n\s semblons n\s l\]1 quelque indirectem5t que ce soit1 *acun p>i]a c5t contre un que ce qui a p>l p> notre b\*e c'e/ la vanit1 p>ce qu'elle n'a pas assez de raison p\r compr5dre le ridicule de la vant]ie4 ,nanmo9s1 ,bacon de ,v]ulam p\rrait bi5 n'avoir pas t\t fait tort qu& il prt5d que le semp] aliquid hret 7il en re/e t\j\rs quelque *ose7 n'e/ pas vrai uniquem5t de la calomnie1 mais aussi de la l\ange de soi-mme1 et qu& il la recomm&e doses modres#ch4 #da ,qu& v\s s\ponnez quelqu'un de m5tir1 feignez la crdulit2 alors il devi5t effront1 m5t plus =t1 et on le dmasque4 ,si v\s rem>quez au contraire qu'une vrit qu'il v\drait dissimul] lui *appe en p>tie1 faites l'incrdule1 af9 que1 provoqu p> la contradiction1 il fasse avanc] t\te la rs]ve4 #db ,considrons t\tes nos affaires p]sonnelles comme des secrets2 au del de ce que les bonnes connaissances voi5t de leurs propres yeux1 il faut leur re/] entirem5t inconnu4 ,c> ce qu'elles saurai5t t\*ant les *oses les plus innoc5tes peut1 en temps et lieu1 n\s tre fune/e4 ,en gnral1 il vaut mieux manife/] sa raison p> t\t ce que l'on tait que p> ce qu'on dit4 ,effet de prud5ce dans le premi] cas1 de vanit dans le second4 ,les occasions de se taire et celles de p>l] se prs5t5t en nombre gal1 mais n\s prfrons s\v5t la fugitive satisfaction que procur5t les d]nires au pr(it durable que n\s tirons des premires4 ,on devrait se refus] jusqu' ce s\lagem5t de cur que l'on pr\ve se p>l] p>fois haute voix soi-mme1 ce qui arrive facilem5t aux p]sonnes vives1 p\r n'en pas pr5dre l'habitude2 c>1 p> l1 la p5se devi5t tel po9t l'me et la sur de la p>ole1 qu'ins5siblem5t n\s arrivons p>l] aussi avec les autres comme si n\s p5sions t\t haut2 et cep5dant la prud5ce comm&e d'entret5ir un l>ge foss t\j\rs ouv]t entre la p5se et la p>ole4 ,il n\s semble p>fois que les autres ne peuv5t absolum5t pas croire une *ose qui n\s conc]ne1 t&is qu'ils ne song5t nullem5t en d\t]2 s'il n\s arrive cep5dant d'veill] ce d\te en eux1 alors en effet ils ne p\rront plus y aj\t] foi4 ,mais n\s ne n\s trahissons uniquem5t que dans l'ide qu'il e/ impossible qu'on ne le rem>que pas2 c'e/ a9si aussi que n\s n\s prcipitons en bas d'une hauteur p> l'effet d'un v]tige1 c'e/--dire de cette p5se qu'il n'e/ pas possible de re/] solidem5t cette place et que l'angoisse d'y re/] e/ si poignante qu'il vaut mieux l'abrg]3 cette illusion s'appelle v]tige4 ,d'autre "p1 il faut savoir que les g5s1 mme ceux qui ne trahiss5t d'ailleurs qu'une mdiocre p]spicacit1 sont d'excell5ts algbri/es qu& il s'agit des affaires p]sonnelles des autres2 dans ces matires1 une seule quantit tant donne1 ils rsolv5t les problmes les plus compliqus4 ,si1 p> exemple1 on leur raconte une hi/oire passe en supprimant t\s les noms et t\tes les autres indications sur les p]sonnes1 il faut se g>d] d'introduire dans la n>ration le mo9dre dtail positif et spcial1 tel que la localit1 ou la date1 ou le nom d'un p]sonnage secondaire1 ou quoi que ce soit qui aurait avec l'affaire la connexion la plus loigne1 c> ils y tr\v5t aussitt une gr&eur donne positivem5t1 l'aide de laquelle leur p]spicacit algbrique dduit t\t le re/e4 ,l'exaltation de la curiosit e/ telle dans ces cas1 qu'avec son sec\rs la volont met les p]ons aux flancs de l'intellect1 qui1 p\ss de la sorte1 arrive aux rsultats les plus lo9ta9s4 ,c>1 autant les hommes ont peu d'aptitude et de curiosit p\r les vrits gnrales1 autant ils sont avides des vrits individuelles4 ,voil p\rquoi le sil5ce a t si in/amm5t recomm& p> t\s les docteurs en sagesse avec les argum5ts les plus div]s l'appui4 ,je n'ai donc pas beso9 d'en dire davantage et me cont5t]ai de rapport] quelques maximes arabes trs n]giques et peu connues3 ,ce que ton ennemi ne doit pas appr5dre1 ne le dis pas ton ami4--,faut que je g>de mon secret1 il e/ mon prisonni]2 ds que je le l*e1 c'e/ moi qui devi5s son prisonni]4--,a l'arbre du sil5ce p5d son fruit1 la tranquillit4 #dc ,po9t d'arg5t mieux plac que celui dont n\s n\s sommes laiss vol]1 c> il n\s a immdiatem5t s]vi a*et] de la prud5ce4 #dd ,ne g>dons d'animosit contre p]sonne1 autant que possible2 cont5tons-n\s de bi5 not] les procds de *acun1 et s\v5ons-n\s-en1 p\r fix] p> l la valeur de *acun au mo9s en ce qui n\s conc]ne1 et p\r rgl] en consqu5ce notre attitude et notre conduite env]s les g5s2 soyons t\j\rs bi5 conva9cus que le c>actre ne *ange jamais3 oubli] un vila9 trait1 c'e/ jet] p> la f5tre de l'arg5t pniblem5t acquis4 ,mais1 en suivant ma recomm&ation1 on s]a protg contre la folle confiance et contre la folle amiti4 ,ni aim] ni har compr5d la moiti de t\te sagesse2 ne ri5 dire et ne ri5 croire1 voil l'autre moiti4 ,il e/ vrai qu'on t\rn]a volonti]s le dos un monde qui r5d ncessaires des rgles comme celles-l et comme les suivantes4 #de ,montr] de la colre ou de la ha9e dans ses p>oles ou dans ses traits e/ inutile1 e/ dang]eux1 imprud5t1 ridicule1 vulgaire4 ,on ne doit donc tmoign] de colre ou de ha9e que p> des actes4 ,la seconde manire russira d'autant plus srem5t qu'on se s]a mieux g>d de la premire4 ,les animaux sang froid sont les seuls v5imeux4 #df ,p>l] sans acc5t3 cette vieille rgle des g5s du monde enseigne qu'il faut laiss] l'intellig5ce des autres le so9 de dml] ce que v\s avez dit2 leur comprh5sion e/ l5te1 et1 avant qu'elle ait a*ev1 v\s tes lo94 ,au contraire1 p>l] avec acc5t signifie s'adress] au s5tim5t1 et alors t\t e/ r5v]s4 ,il e/ telles g5s qui l'on peut1 avec un ge/e poli et un ton amical1 dire en ralit des sottises sans dang] immdiat4 ,,iv4--,conc]nant notre conduite en face de la m>*e du monde et en face du sort4 #dg ,quelque =me que revte l'exi/5ce huma9e1 les lm5ts en sont t\j\rs semblables2 aussi les conditions ess5tielles en re/5t-elles les mmes1 qu'on vive dans une cabane ou la c\r1 au c\v5t1 ou l'arme4 ,malgr leur v>it1 les vnem5ts1 les av5tures1 les accid5ts heureux ou malheureux de la vie rappell5t les articles de confiseur2 les figures sont nombreuses et v>ies1 il y en a de cont\rnes et de big>res2 mais le t\t e/ ptri de la mme pte1 et les incid5ts arrivs l'un ressembl5t ceux surv5us l'autre bi5 plus que celui-ci ne s'en d\te les ent5dre racont]4 ,les vnem5ts de notre vie ressembl5t encore aux images du kalidoscope3 *aque t\r1 n\s en voyons d'autres1 t&is qu'en ralit c'e/ t\j\rs la mme *ose que n\s avons devant les yeux4 #dh ,trois puissances dom95t le monde1 a dit trs ju/em5t un anci53 1 1 prud5ce1 =ce et =tune4 ,cette d]nire1 selon moi1 e/ la plus influ5te4 ,c> le c\rs de la vie peut tre comp> la m>*e d'un navire4 ,le sort1 la 1 la secunda aut adv]sa =tuna1 remplit le rle du v5t qui rapidem5t n\s p\sse au lo9 en avant ou en arrire1 p5dant que nos propres ef=ts et nos pe9es ne sont que d'un faible sec\rs4 ,leur (fice e/ celui des rames2 qu& celles-ci1 aprs bi5 des heures d'un long travail1 n\s ont fait avanc] d'un b\t de *em91 voil subitem5t un c\p de v5t qui n\s rejette d'autant en arrire4 ,le v5t1 au contraire1 e/-il favorable1 il n\s p\sse si bi5 que n\s p\vons n\s pass] de rames4 ,un prov]be espagnol exprime avec une n]gie incomp>able cette puissance de la =tune3 ,da v5tura a tu hijo1 y e*a lo en el m> 7,donne ton fils du bonheur1 et jette-le la m]7#ci4 ,mais le has>d e/ une puissance maligne1 laquelle il faut se fi] le mo9s possible4 ,et cep5dant quel e/1 entre t\s les disp5sateurs de bi5s1 le seul qui1 lorsqu'il donne1 n\s indique en mme temps1 ne pas s'y tromp]1 que n\s n'avons nul droit de prt5dre ses dons1 que n\s devons en r5dre grces non notre mrite1 mais sa seule bont et sa faveur1 et qu' cause de cela prcism5t n\s p\vons n\rrir la rj\issante esprance de recevoir avec humilit bi5 d'autres dons encore1 t\t aussi peu mrits8 ,c'e/ le has>d3 lui1 qui ent5d cet art rgali5 de faire compr5dre que1 oppos sa faveur et sa grce1 t\t mrite e/ sans =ce et sans valeur4 ,lorsqu'on jette les yeux en arrire sur le *em9 de la vie1 et lorsque1 embrassant dans l'ensemble son c\rs tortueux et p]fide comme le labyr9!1 on ap]oit tant de bonheurs manqus1 tant de malheurs attirs1 on e/ am5 facilem5t exagr] les repro*es qu'on s'adresse soi-mme4 ,c> la m>*e de notre exi/5ce n'e/ pas uniquem5t notre propre uvre2 elle e/ le produit de deux facteurs1 savoir la srie des vnem5ts et la srie de nos dcisions1 qui sans cesse se crois5t et se modifi5t rciproquem5t4 ,en outre1 notre horizon1 p\r les deux facteurs1 e/ t\j\rs trs limit1 vu que n\s ne p\vons prdire nos rsolutions longtemps l'avance1 et1 encore mo9s1 prvoir les vnem5ts2 dans les deux sries1 il n'y a que celles du mom5t1 qui n\s soi5t bi5 connues4 ,c'e/ p\rquoi1 aussi longtemps que notre b e/ encore loign1 n\s ne p\vons mme pas g\v]n] droit sur lui2 t\t au plus p\vons-n\s n\s dirig] approximativem5t et p> des probabilits2 il n\s faut donc s\v5t l\voy]4 ,en effet1 t\t ce qui e/ en notre p\voir1 c'e/ de n\s dcid] *aque fois selon les circon/ances prs5tes1 avec l'espoir de tomb] assez ju/e p\r que cela n\s rappro*e du b pr9cipal4 ,en ce s5s1 les vnem5ts et nos rsolutions importantes sont comp>ables deux =ces agissant dans des directions diffr5tes1 et dont la diagonale reprs5te la m>*e de notre vie4 ,tr5ce a dit3 ,9 vita e/ hom9um quasi cum ludas tess]is3 si illud quod maxime opus e/ jactu1 non cadit1 illud1 quod cecidit =te1 id arte ut corrigas 7,il en e/ de la vie huma9e comme d'une p>tie de ds2 si l'on n'obti5t pas le d dont on a beso91 il faut savoir tir] p>ti de celui que le sort a am572 c'e/ une espce de trictrac que ,tr5ce doit avoir eu en vue dans ce passage4 ,n\s p\vons dire en mo9s de mots3 ,le sort mle les c>tes1 et n\s1 n\s j\ons4 ,mais1 p\r exprim] ce que j'ent5ds ici1 la meilleure comp>aison e/ la suivante4 ,les *oses se pass5t dans la vie comme au jeu d'*ecs3 n\s comb9ons un plan2 mais celui-ci re/e subordonn ce qu'il plaira de faire1 dans la p>tie d'*ecs l'adv]saire1 dans la vie au sort4 ,les modifications que notre plan subit la suite sont1 le plus s\v5t1 si considrables que c'e/ pe9e si dans l'excution il e/ encore reconnaissable quelques traits fondam5taux4 ,au re/e1 dans la m>*e de notre exi/5ce1 il y a quelque *ose qui e/ plac plus haut que t\t cela4 ,il e/1 en effet1 d'une vrit banale et trop s\v5t confirme1 que n\s sommes frquemm5t plus f\s que n\s ne le croyons2 en revan*e1 avoir t plus sage qu'on ne le supposait soi-mme1 voil une dc\v]te que font ceux-l seuls qui se sont tr\vs dans ce cas1 et1 mme alors1 longtemps aprs seulem5t4 ,il y a en n\s quelque *ose de plus avis que la tte4 ,n\s agissons1 en effet1 dans les gr&s mom5ts1 dans les pas importants de la vie1 mo9s p> une connaissance exacte de ce qu'il convi5t de faire que p> une impulsion intrieure2 on dirait un in/9ct v5ant du plus pr(ond de notre tre1 et ensuite n\s critiquons notre conduite en v]tu de notions prcises1 mais la fois mesqu9es1 acquises1 voire mme empruntes1 d'aprs des rgles gnrales1 ou selon l'exemple de ce que d'autres ont fait1 et a9si de suite1 sans pes] assez qu'une *ose ne convi5t pas t\s2 de cette manire1 n\s dev5ons facilem5t inju/es env]s n\s-mmes4 ,mais la f9 dmontre qui a eu raison1 et seule une vieillesse que l'on atte9t sans encombre autorise jug] la "q1 tant p> rapport au monde extrieur que p> rapport soi-mme4 ,peut-tre cette impulsion intrieure e/-elle guide1 sans que n\s n\s en ap]cevions1 p> des songes prophtiques1 oublis au rveil1 qui donn5t a9si prcism5t notre vie ce ton t\j\rs galem5t cad5c1 cette unit dramatique que ne p\rrait lui prt] la consci5ce crbrale si s\v5t *ancelante1 abuse et si facilem5t v>iable2 c'e/ l peut-tre ce qui fait1 p> exemple1 que l'homme appel produire de gr&es uvres dans une bran*e spciale en a1 ds sa jeunesse1 le s5tim5t intime et secret1 et travaille en vue de ce rsultat1 comme l'abeille la con/ruction de sa ru*e4 ,mais p\r *aque homme1 ce qui le p\sse1 c'e/ ce que ,bal?az> ,gracian appelle la gran s9dresis1 c'e/--dire le so9 in/9ctif et n]gique de soi-mme1 sans lequel l'tre prit4 ,agir en v]tu de pr9cipes ab/raits e/ difficile1 et ne russit qu'aprs un long appr5tissage et1 mme alors1 pas t\j\rs2 s\v5t aussi1 ces pr9cipes sont insuffisants4 ,en revan*e1 *acun possde c]ta9s pr9cipes inns et concrets1 logs dans son sang et dans sa *air1 c> ils sont le rsultat de t\t son p5s]1 de son s5tir et de son v\loir4 ,la plup>t du temps1 il ne les connat pas 9 ab/racto1 et ce n'e/ qu'en portant ses reg>ds sur sa vie passe qu'il s'ap]oit leur avoir obi sans cesse et avoir t m5 p> ces pr9cipes comme p> un fil invisible4 ,selon leur qualit1 ils le conduiront son bonheur ou son malheur4 #di ,on devrait ne jamais p]dre de vue l'action qu'ex]ce le temps ni la mobilit des *oses2 p> consqu5t1 dans t\t ce qui arrive actuellem5t1 il faudrait voqu] de suite l'image du contraire3 a9si1 dans le bonheur1 se reprs5t] vivem5t l'in=tune2 dans l'amiti1 l'inimiti2 p> le beau temps1 la mauvaise saison2 dans l'am\r1 la ha9e2 dans la confiance et l'pan*em5t1 la trahison et le rep5tir2 et l'inv]se galem5t4 ,n\s tr\v]ions l une s\rce int>issable de sagesse p\r ce monde1 c> n\s s]ions t\j\rs prud5ts et n\s ne n\s laiss]ions pas abus] si facilem5t4 ,du re/e1 dans la plup>t des cas1 n\s n'aurions fait a9si qu'anticip] sur l'action du temps4 ,il n'e/ peut-tre aucune notion p\r laquelle l'expri5ce soit aussi indisp5sable que p\r la ju/e apprciation de l'incon/ance et de la vicissitude des *oses4 ,comme *aque situation1 p\r le temps de sa dure1 exi/e ncessairem5t et p> consqu5t de ple9 droit1 il semble que *aque anne1 *aque mois1 *aque j\r va enf9 cons]v] ce ple9 droit p\r l't]nit4 ,mais ri5 ne le cons]ve1 ce droit d'actualit1 et le *angem5t seul e/ la *ose immuable4 ,l'homme prud5t e/ celui que n'abuse pas la /abilit app>5te et qui prvoit1 en outre1 la direction dans laquelle s'opr]a le pro*a9 *angem5t#dj4 ,ce qui fait que les hommes considr5t ord9airem5t l'tat prcaire des *oses ou la direction de leur c\rs comme ne devant jamais *ang]1 c'e/ que1 t\t en ayant les effets s\s les yeux1 ils ne saisiss5t pas les causes2 or ce sont celles-ci qui port5t en elles le g]me des futurs *angem5ts2 l'effet1 qui seul exi/e leurs yeux1 ne conti5t ri5 de semblable4 ,ils s'atta*5t au rsultat1 et quant ces causes qu'ils ignor5t1 ils suppos5t que1 ayant pu produire l'effet1 elles s]ont aussi capables de le ma9t5ir4 ,ils ont en cela cet avantage que1 lorsqu'ils se tromp5t1 c'e/ t\j\rs uni sono1 d'une seule voix2 aussi la calamit que cette erreur attire sur leur tte e/ t\j\rs gnrale1 t&is que le p5seur1 qu& il se trompe1 re/e1 en outre1 isol4 ,p\r le dire en passant1 ceci confirme mon ass]tion que l'erreur provi5t t\j\rs d'une conclusion d'effet cause 7voy4 ,le monde comme ,v4 et ,r41 vol4 ,i74 ,t\tefois il ne convi5t qu'en ?orie d'anticip] sur le temps en prvoyant son effet1 et non pas pratiquem5t2 ce qui veut dire qu'il ne faut pas empit] sur l'av5ir en dem&ant avant le temps ce qui ne peut v5ir qu'avec le temps4 ,quiconque s'avise de le faire pr\v]a qu'il n'e/ pas d'usuri] pire et plus intraitable que le temps1 et que1 lorsqu'on lui dem&e des avances de payem5t1 il exige de plus l\rds intrts que n'importe quel juif4 ,p> exemple1 on peut1 au moy5 de *aux vive et de *aleur1 p\ss] la vgtation d'un arbre au po9t de lui faire port] en quelques j\rs ses feuilles1 ses fleurs et ses fruits2 mais il dprit ensuite4 ,qu& l'adolesc5t veut ex]c] ds prs5t1 mme p5dant peu de j\rs1 la puissance gnitale de l'homme fait1 et accomplir dix-neuf ans ce qui lui s]a facile tr5te1 le temps lui en f]a bi5 l'avance1 mais une p>tie de la =ce de ses annes v5ir1 peut-tre une p>tie mme de sa vie1 s]vira d'intrt4 ,il e/ des maladies que l'on ne peut gurir conv5ablem5t et radicalem5t qu'en leur laissant suivre leur c\rs naturel2 elles disp>aiss5t alors d'elles-mmes1 sans laiss] de traces4 ,mais si l'on dem&e se rtablir immdiatem5t1 t\t de suite1 alors encore le temps devra faire l'avance2 la maladie s]a c>te1 mais l'intrt s]a reprs5t p> un affaiblissem5t et des maux *roniques p\r t\te la vie4 ,lorsque1 en temps de gu]re ou de tr\bles1 on veut tr\v] de l'arg5t bi5 vite1 t\t de suite1 on e/ oblig de v5dre au ti]s de leur valeur1 et peut-tre mo9s encore1 des immeubles ou des papi]s de l'tat1 dont on obti5drait le prix intgral si on laissait faire le temps1 c'e/--dire si l'on att5dait quelques annes2 mais on l'oblige des avances4 ,ou bi5 encore on a beso9 d'une c]ta9e somme p\r faire un long voyage3 on p\rrait ramass] l'arg5t ncessaire en un ou deux ans en p>gnant sur ses rev5us4 ,mais on ne veut pas att5dre3 on emprunte ou bi5 on pr5d sur son capital2 en d'autres mots1 le temps e/ appel faire une avance4 ,ici1 l'intrt s]a le dsordre faisant irruption dans les f9ances1 et un dficit p]man5t et croissant dont on ne peut plus se db>rass]4 ,c'e/ l donc l'usure pratique p> le temps1 et t\s ceux qui ne peuv5t pas att5dre s]ont ses victimes4 ,il n'e/ pas d'entreprise plus coteuse que de v\loir prcipit] le c\rs mesur du temps4 ,g>dons-n\s bi5 aussi de lui devoir des intrts4 #ej ,entre les c]veaux communs et les ttes s5ses1 il y a une diffr5ce c>actri/ique et qui se produit frquemm5t dans la vie ord9aire3 c'e/ que les premi]s1 qu& ils rfl*iss5t un dang] possible dont ils veul5t apprci] la gr&eur1 ne *]*5t et ne considr5t que ce qui peut tre arriv dj de semblable2 t&is que les secondes p5s5t p> elles-mmes ce qui p\rrait arriv]1 se rappelant le prov]be espagnol qui dit3 ,lo que no acaece en un ano1 acaece en un rato 7,ce qui n'arrive pas en un an arrive en un in/ant74 ,du re/e1 la diffr5ce dont je p>le e/ t\te naturelle2 c>1 p\r embrass] du reg>d ce qui peut arriv]1 il faut du jugem5t1 et1 p\r voir ce qui e/ arriv1 les s5s suffis5t4 ,sacrifions aux esprits mal9s6 voil quelle doit tre notre maxime4 ,ce qui veut dire qu'il ne faut pas recul] devant c]ta9s frais de so9s1 de temps1 de drangem5t1 d'emb>ras1 d'arg5t ou de privations1 qu& on peut a9si f]m] l'accs l'v5tualit d'un malheur et faire que plus l'accid5t peut tre grave1 plus la possibilit en devi5ne faible1 loigne et invraisemblable4 ,l'exemple le plus frappant l'appui de cette rgle1 c'e/ la prime d'assurance4 ,celle-ci e/ un sacrifice public et gnral sur l'autel des esprits mal9s4 #ea ,nul vnem5t ne doit n\s faire clat] en gr&s clats de joie ni de lam5tations1 en p>tie cause de la v]satilit de t\tes *oses qui peut t\t mom5t modifi] la situation1 et en p>tie cause de la facilit de notre jugem5t se tromp] sur ce qui n\s e/ salutaire ou prjudiciable2 a9si il e/ arriv *acun1 au mo9s une fois dans sa vie1 de gmir sur ce qui s'e/ tr\v plus t>d tre t\t ce qu'il y avait de plus heureux p\r lui1 ou d'tre ravi de ce qui e/ dev5u la s\rce de ses plus gr&es s\ffrances4 ,le s5tim5t que n\s recomm&ons ici1 ,%akespe>e l'a exprim dans les beaux v]s suivants3 ,i h felt s _m quirks ( joy & grief ,t ! fir/ face ( nei!r1 on ! />t1 ,c woman me unto x4 7,j'ai pr\v tant de sec\sses de joie et de d\leur que le premi] aspect et le *oc imprvu de l'une ou de l'autre ne peuv5t plus me faire desc5dre la faiblesse d'une femme47--7,t\t e/ bi5444 ,acte #c1 sc4 #b47 ,l'homme1 surt\t1 qui re/e calme dans les rev]s1 pr\ve qu'il sait combi5 les maux possibles dans la vie sont imm5ses et multiples1 et qu'il ne considre le malheur qui survi5t en ce mom5t que comme une petite p>tie de ce qui p\rrait arriv]3 c'e/ l le s5tim5t /oque1 qui porte ne jamais tre conditionis human oblitus 7oublieux de la condition huma9e71 mais se rappel] sans cesse la tri/e et dplorable de/9e gnrale de l'exi/5ce huma9e1 a9si que le nombre inf9i de s\ffrances auxquelles elle e/ expose4 ,p\r aviv] ce s5tim5t1 il n'y a qu' jet] p>t\t un reg>d aut\r de soi3 en t\t lieu1 on aura bi5tt s\s les yeux cette lutte1 ces trpignem5ts1 ces t\rm5ts p\r une misrable exi/5ce1 nue et insignifiante4 ,alors on rabattra de ses prt5tions1 on saura s'accommod] l'imp]fection de t\tes *oses et de t\tes conditions1 et l'on v]ra v5ir les dsa/res p\r appr5dre les vit] ou les support]4 ,c> les rev]s1 gr&s ou petits1 sont l'lm5t de notre vie4 ,voil ce qu'on devrait t\j\rs avoir prs5t l'esprit1 sans p\r cela1 en vrai 1 se lam5t] et se contorsionn] avec ,b]es=d cause des mis]ies ( human life1 et encore mo9s 9 pulicis morsu ,deum invoc>e 7invoqu] ,dieu p\r une morsure de puce72 il faut1 en 1 p\ss] si lo9 la prud5ce prv5ir et c>t] les malheurs1 qu'ils vi5n5t des hommes ou des *oses1 et se p]fectionn] si bi5 dans cet art1 que1 p>eil un f9 r5>d1 on vite bi5 g5tim5t t\t accid5t 7il n'e/ le plus s\v5t qu'une maladresse dguise71 petit ou gr&4 ,la raison pr9cipale p\r laquelle un vnem5t malheureux e/ mo9s l\rd port] qu& n\s l'avons considr l'avance comme possible et que n\s en avons pris notre p>ti1 comme on dit1 cette raison doit tre la suivante3 lorsque n\s p5sons avec calme un malheur avant qu'il se produise1 comme une simple possibilit1 n\s en ap]cevons l't5due clairem5t et de t\s les cts1 et n\s en avons alors la notion comme de quelque *ose de f9i et de facile embrass] d'un reg>d2 de faon que1 lorsqu'il arrive effectivem5t1 il ne peut pas agir avec plus de poids qu'il n'en a en ralit4 ,si1 au contraire1 n\s n'avons pas pris ces prcautions1 si n\s sommes frapps sans prp>ation1 l'esprit effray ne peut1 au premi] abord1 mesur] exactem5t son t5due1 et1 ne p\vant le voir d'un seul reg>d1 il e/ port le considr] comme incomm5surable1 ou1 au mo9s1 comme beauc\p plus gr& qu'il ne l'e/ vraim5t4 ,c'e/ a9si que l'obscurit et l'inc]titude grossiss5t t\t dang]4 ,aj\tons que c]ta9em5t1 en considrant a9si l'avance un malheur comme possible1 n\s avons mdit en mme temps sur les motifs que n\s aurons de n\s en consol] et sur les moy5s d'y remdi]1 ou p\r le mo9s n\s n\s sommes famili>iss avec sa vue4 ,mais ri5 ne n\s f]a support] avec plus de calme les malheurs1 que de bi5 n\s conva9cre de la vrit que j'ai f]mem5t tablie1 en remontant leurs pr9cipes premi]s1 dans mon ouvrage c\ronn sur le ,libre arbitre2 je l'ai nonce en ces t]mes3 ,t\t ce qui arrive1 du plus gr& au plus petit1 arrive ncessairem5t4 ,c> l'homme sait bi5 vite se rsign] ce qui e/ 9vitablem5t ncessaire1 et la connaissance du prcepte ci-dessus lui fait envisag] t\s les vnem5ts1 mme ceux qu'amn5t les has>ds les plus tranges1 comme aussi ncessaires que ceux qui driv5t des lois les mieux connues et se con=m5t aux prvisions les plus exactes4 ,je r5voie donc le lecteur ce que j'ai dit 7voyez ,le monde comme volont et comme reprs5tation7 sur l'influ5ce calmante qu'ex]ce la notion de l'9vitable et du ncessaire4 ,t\t homme qui s'en s]a pntr comm5c]a p> faire bravem5t ce qu'il peut faire1 puis s\ffrira bravem5t ce qu'il doit s\ffrir4 ,n\s p\vons considr] les petits accid5ts qui vi5n5t n\s vex] t\te heure1 comme de/9s n\s t5ir en hale9e1 af9 que la =ce ncessaire p\r support] les gr&s malheurs ne se rel*e pas dans les j\rs heureux4 ,quant aux tracass]ies j\rnalires1 aux petits frottem5ts dans les rapports entre les hommes1 aux *ocs insignifiants1 aux inconv5ances1 aux caquets et autres *oses semblables1 il faut tre cuirass leur g>d1 c'e/--dire non seulem5t ne pas les pr5dre cur et les rum9]1 mais ne pus mme les ress5tir2 ne n\s laissons pas t\*] p> t\t cela1 rep\ssons-le du pi$ comme les caill\x qui gis5t sur la r\te1 et n'en faisons jamais un objet intime de rflexion et de mditation4 #eb ,le plus s\v5t1 ce sont simplem5t leurs propres sottises que les g5s appell5t communm5t le sort4 ,on ne peut donc assez se pntr] de ce beau passage d',homre 7,il41 ,,xxiii1 #cac et suiv47 o il recomm&e la 1 c'e/--dire une sage circonspection4 ,c>1 si l'on n'expie ses fautes que dans l'autre monde1 c'e/ dj dans celui-ci qu'on paye ses sottises1 bi5 que de temps autre celles-ci tr\v5t grce1 l'occasion4 ,ce n'e/ pas le tempram5t viol5t1 c'e/ la prud5ce qui fait p>atre t]rible et m5aant3 tellem5t le c]veau de l'homme e/ une arme plus r$\table que la griffe du lion4 ,l'homme du monde p>fait s]ait celui que l'indcision ne f]ait jamais re/] c\rt et que ri5 non plus ne f]ait se press]4 #ec ,le c\rage e/1 aprs la prud5ce1 une condition ess5tielle notre bonheur4 ,c]ta9em5t on ne peut se donn] ni l'une ni l'autre de ces qualits2 on hrite la premire de son pre et la seconde de sa mre2 cep5dant1 p> une rsolution bi5 prise et p> de l'ex]cice1 on p>vi5t augm5t] la "p qu'on en possde4 ,dans ce monde o le sort e/ d'aira91 il faut avoir un c>actre d'aira91 cuirass contre la de/9e et arm contre les hommes4 ,c> t\te cette vie n'e/ qu'un combat2 *aque pas n\s e/ disput1 et ,voltaire dit avec raison3 ,on ne russit dans ce monde qu' la po9te de l'pe1 et on meurt les armes la ma94 ,aussi e/-ce d'une me l*e1 ds que les nuages s'amoncell5t ou se montr5t seulem5t l'horizon1 de se laiss] abattre1 de p]dre c\rage et de gmir4 ,que notre devise soit plutt3 ,tu ne c$e malis s$ contra aud5tior ito4 7,ne cde pas l'adv]sit1 mais m>*e h>dim5t contre elle47 ,tant qu'il n'y a encore que du d\te sur l'issue d'une *ose dang]euse1 tant qu'il re/e une possibilit p\r que le rsultat soit favorable1 ne faiblissez pas1 ne songez qu' la rsi/ance2 de mme qu'il ne faut pas dsespr] du beau temps1 aussi longtemps qu'il re/e encore au ciel un petit co9 bleu4 ,il faut mme en arriv] p\voir dire3 ,si fractus illabatur orbis ,impavidum f]i5t ru94 7,si le monde s'cr\lait bris1 ses ru9es le frapp]ai5t sans l'effray]47 ,ni l'exi/5ce t\t entire1 ni plus =te raison ses bi5s1 ne mrit5t en df9itive tant de l*e t]reur et tant d'angoisses3 ,quocirca vivite =tes1 ,=tiaque adv]sis opponite pectora rebus4 7,c'e/ p\rquoi vivez v]tueux et opposez un cur f]me l'adv]sit74 ,cep5dant un excs e/ possible3 le c\rage peut dgnr] en tmrit4 ,p\rtant la poltronn]ie1 dans une c]ta9e mesure1 e/ mme ncessaire la cons]vation de notre exi/5ce sur la t]re2 la l*et n'e/ que l'excs de cette mesure4 ,c'e/ ce que ,bacon de ,v]ulam a si bi5 expos dans son explication tymologique du t]ror ,panicus1 explication qui laisse lo9 d]rire elle celle qui n\s a t cons]ve1 due ,plut>que 7,de ,iside et ,osir41 *4 #ad74 ,bacon la fait driv] de ,pan1 p]sonnifiant la nature2 puis il aj\te3 ,la nature a mis le s5tim5t de la cra9te et de la t]reur dans t\t ce qui e/ vivant p\r g>d] la vie et son ess5ce1 et p\r vit] et *ass] les dang]s4 ,cep5dant cette mme nature ne sait pas g>d] la mesure3 aux cra9tes salutaires elle en mle t\j\rs de va9es et de sup]flues3 tellem5t que n\s tr\v]ions 7si n\s p\vions voir l'intrieur7 t\s les tres1 surt\t les cratures huma9es1 remplis de t]reurs paniques4 ,au re/e1 ce qui c>actrise la t]reur panique1 c'e/ qu'elle ne se r5d pas compte di/9ctem5t de ses motifs2 elle les prsuppose plus qu'elle ne les connat1 et1 au beso91 elle donne la peur elle-mme p\r motif la peur4 ,,*apitre ,,vi ,,de ,,la ,,diff,,r5ce ,,des ,,ges ,,de ,,la ,,vie ,voltaire a dit admirablem5t3 ,qui n'a pas l'esprit de son ge ,de son ge a t\t le malheur4 ,il n\s faut donc1 p\r clore ces considrations eudmonologiques1 jet] un c\p d'il sur les modifications que l'ge apporte en n\s4 ,dans t\t le c\rs de notre vie1 n\s ne possdons que le prs5t et ri5 au del4 ,la seule diffr5ce1 c'e/1 en premi] lieu1 qu'au comm5cem5t n\s voyons un long av5ir devant n\s1 et v]s la f9 un long pass d]rire n\s2 en second lieu1 que notre tempram5t1 mais jamais notre c>actre1 p>c\rt une srie de modifications connues1 qui donn5t *acune une te9te diffr5te au prs5t4 ,j'ai expos dans mon gr& ouvrage 7vol4 ,,ii1 *4 #ca7 comm5t et p\rquoi1 dans l'enfance1 n\s sommes beauc\p plus ports v]s la connaissance que v]s la volont4 ,c'e/ l-dessus prcism5t que repose cette flicit du premi] qu>t de la vie qui n\s le fait app>atre ensuite d]rire n\s comme un p>adis p]du4 ,n\s n'avons1 p5dant l'enfance1 que des relations peu nombreuses et des beso9s limits1 p> suite1 peu d'excitation de la volont3 la plus gr&e "p de notre tre e/ employe connatre4 ,l'intellect1 comme le c]veau1 qui sept ans atte9t t\te sa grosseur1 se dveloppe de bonne heure1 bi5 qu'il ne mrisse que plus t>d1 et tudie cette exi/5ce encore n\velle o t\t1 absolum5t t\t e/ revtu du v]nis brillant que lui prte le *>me de la n\veaut4 ,de l vi5t que nos annes d'enfance sont une posie non int]rompue4 ,c> l'ess5ce de la posie1 comme de t\s les arts1 e/ de p]cevoir dans *aque *ose isole l'ide platonique1 c'e/--dire l'ess5tiel1 ce qui e/ commun t\te l'espce2 *aque objet n\s app>at a9si comme reprs5tant t\t son g5re1 et un cas en vaut mille4 ,quoiqu'il semble que dans les scnes de notre jeune ge n\s ne soyons occups que de l'objet ou de l'vnem5t actuel et encore en tant seulem5t que notre volont du mom5t y e/ intresse1 au fond cep5dant il n'en e/ pas a9si4 ,en effet1 la vie1 avec t\te son importance1 s'(fre n\s si neuve encore1 si fra*e1 avec des impressions si peu m\sses p> leur ret\r frqu5t1 que1 avec t\tes nos allures enfant9es1 n\s n\s occupons1 en sil5ce et sans int5tion di/9cte1 saisir dans les scnes et les vnem5ts isols1 l'ess5ce mme de la vie1 les types fondam5taux de ses =mes et de ses images4 ,n\s voyons1 comme l'exprime ,sp9oza1 t\s les objets et t\tes les p]sonnes sub specie t]nitatis4 ,plus n\s sommes jeunes1 plus *aque *ose isolm5t reprs5te p\r n\s son g5re t\t enti]4 ,cet effet va dim9uant graduellem5t1 d'anne en anne3 et c'e/ l ce qui dt]m9e la diffr5ce si considrable d'impression que produis5t sur n\s les objets dans la jeunesse ou dans l'ge avanc4 ,les expri5ces et les connaissances acquises p5dant l'enfance et la premire jeunesse devi5n5t ensuite les types con/ants et les rubriques de t\tes les expri5ces et connaissances ultrieures1 p\r a9si dire les catgories s\s lesquelles n\s aj\tons1 sans en avoir t\j\rs la consci5ce exacte1 t\t ce que n\s r5controns plus t>d4 ,a9si se =me1 ds nos annes d'enfance1 le fondem5t solide de notre manire1 sup]ficielle ou pr(onde1 d'envisag] le monde2 elle se dveloppe et se complte p> la suite1 mais ne *ange plus dans ses po9ts pr9cipaux4 ,c'e/ donc en v]tu de cette manire de voir1 purem5t objective1 p> consqu5t potique1 ess5tielle l'enfance1 o elle e/ s\t5ue p> le fait que la volont e/ encore bi5 lo9 de se manife/] avec t\te son n]gie1 que l'enfant s'occupe beauc\p plus connatre qu' v\loir4 ,de l ce reg>d srieux1 contemplatif de c]ta9s enfants1 dont ,raphal a tir si heureusem5t p>ti p\r ses anges1 surt\t dans sa ,madone sixt9e4 ,c'e/ p\rquoi galem5t les annes d'enfance sont si heureuses que leur s\v5ir e/ t\j\rs ml d'un d\l\reux regret4 ,p5dant que d'une "p n\s n\s consacrons a9si1 avec t\t notre srieux1 la connaissance intuitive des *oses1 d'autre "p l'ducation s'occupe n\s procur] des notions4 ,mais les notions ne n\s donn5t pas l'ess5ce propre des *oses2 celle-ci1 qui con/itue le fond et le vritable cont5u de t\tes nos connaissances1 repose pr9cipalem5t sur la comprh5sion intuitive du monde4 ,mais cette d]nire ne peut tre acquise que p> n\s-mmes et ne saurait d'aucune manire n\s tre enseigne4 ,d'o il rsulte que notre valeur intellectuelle1 t\t comme notre valeur morale1 n'entre pas du dehors dans n\s1 mais sort du plus pr(ond de notre propre tre1 et t\te la sci5ce pdagogique d'un ,pe/alozzi ne p>vi5dra jamais faire d'un imbcile n un p5seur3 non1 mille fois non6 imbcile il e/ n1 il doit m\rir imbcile4 ,cette comprh5sion contemplative du monde extrieur n\vellem5t (f]t notre vue explique aussi p\rquoi t\t ce qu'on a vu et appris p5dant l'enfance se grave si =tem5t dans la mmoire4 ,en effet1 n\s n\s y sommes occups exclusivem5t1 ri5 ne n\s en a di/raits1 et n\s avons considr les *oses que n\s voyions comme uniques de leur espce1 bi5 plus1 comme les seules exi/antes4 ,plus t>d1 le nombre considrable des *oses alors connues n\s enlve le c\rage et la pati5ce4 ,si l'on veut bi5 se rappel] ici ce que j'ai expos dans le deuxime volume de mon gr& ouvrage1 savoir3 que l'exi/5ce objective de t\tes *oses1 c'e/--dire dans la reprs5tation pure1 e/ t\j\rs agrable1 taudis que leur exi/5ce subjective1 e/ dans le v\loir1 e/ =tem5t mlange de d\leur et de *agr91 alors on admettra bi51 comme expression rsume de la *ose1 la proposition suivante3 ,t\tes les *oses sont belles la vue et affreuses dans leur tre 7h]rli* zu seh'n1 ab] s*reckli* zu seyn74 ,il rsulte de t\t ce qui prcde que1 p5dant l'enfance1 les objets n\s sont connus bi5 plus p> le ct de la vue1 c'e/--dire de la reprs5tation1 de l'objectivit1 que p> celui de l'tre1 qui e/ en mme temps celui de la volont4 ,comme le premi] e/ le ct rj\issant des *oses et que leur ct subjectif et effrayant n\s e/ encore inconnu1 le jeune intellect pr5d t\tes les images que la ralit et l'art lui prs5t5t p\r autant d'tres heureux3 il s'imag9e qu'autant elles sont belles voir1 autant et plus elles le sont tre4 ,aussi la vie lui app>at comme un d53 c'e/ l cette ,arcadie o t\s n\s sommes ns4 ,il en rsulte1 un peu plus t>d1 la soif de la vie relle1 le beso9 pressant d'agir et de s\ffrir1 n\s p\ssant irrsi/iblem5t dans le tumulte du monde4 ,ici1 n\s appr5ons connatre l'autre face des *oses1 celle de l'tre1 c'e/--dire de la volont1 que t\t vi5t crois] *aque pas4 ,alors s'appro*e peu peu la gr&e dsillusion2 qu& elle e/ arrive1 on dit3 ,l'ge des illusions e/ pass#da1 et t\t de mme elle avance t\j\rs davantage et devi5t de plus en plus complte4 ,a9si1 n\s p\vons dire que p5dant l'enfance la vie se prs5te comme une dcoration de ?tre vue de lo91 p5dant la vieillesse1 comme la mme1 vue de prs4 ,voici encore un s5tim5t1 qui vi5t contribu] au bonheur de l'enfance3 a9si qu'au comm5cem5t du pr9temps t\t feuillage a la mme c\leur et presque la mme =me1 a9si1 dans la premire enfance1 n\s n\s ressemblons t\s1 et n\s n\s accordons p>faitem5t4 ,ce n'e/ qu'avec la pub]t que comm5ce la div]g5ce qui va t\j\rs augm5tant1 comme celle des rayons d'un c]cle4 ,ce qui tr\ble1 ce qui r5d malheureuses les annes de jeunesse1 le re/e de cette premire moiti de la vie si prfrable la seconde1 c'e/ la *asse au bonheur1 entreprise dans la f]me supposition qu'on peut le r5contr] dans l'exi/5ce4 ,c'e/ l la s\rce de l'esprance t\j\rs due1 qui eng5dre son t\r le mcont5tem5t4 ,les images trompeuses d'un vague rve de bonheur flott5t devant nos yeux s\s des =mes capricieusem5t *oisies1 et n\s *]*ons va9em5t leur type orig9al4 ,aussi sommes-n\s p5dant la jeunesse presque t\j\rs mcont5ts de notre tat et de notre ent\rage1 quels qu'ils soi5t1 c> c'e/ eux que n\s attribuons ce qui revi5t p>t\t l'inanit et la misre de la vie huma9e1 avec lesquelles n\s faisons connaissance p\r la premire fois en ce mom5t1 aprs n\s tre att5dus bi5 autre *ose4 ,on gagn]ait beauc\p enlev] de bonne heure1 p> des enseignem5ts conv5ables1 cette illusion propre la jeunesse qu'il y a gr&'*ose tr\v] dans le monde4 ,mais au contraire il arrive que la vie se fait connatre n\s p> la posie avant de se rvl] p> la ralit4 l'aurore de notre jeunesse1 les scnes que l'art n\s dpe9t s'tal5t brillantes nos yeux1 et n\s voil t\rm5ts du dsir de les voir ralises1 de saisir l'arc-en-ciel4 ,le jeune homme att5d sa vie s\s la =me d'un roman intressant4 ,a9si nat cette illusion que j'ai dcrite dans le deuxime volume de mon ouvrage dj cit4 ,c> ce qui prte leur *>me t\tes ces images1 c'e/ que prcism5t elles ne sont que des images et non des ralits1 et qu'en les contemplant n\s n\s tr\vons dans l'tat de calme et de cont5tem5t p>fait de la connaissance pure4 ,se ralis] signifie tre rempli p> le v\loir1 et celui-ci amne infailliblem5t des d\leurs4 ,ici encore1 je dois r5voy] le lecteur que le sujet intresse au deuxime volume de mon livre4 ,si donc le c>actre de la premire moiti de la vie e/ une aspiration inass\vie au bonheur1 celui de la seconde moiti e/ l'apprh5sion du malheur4 ,c> ce mom5t on a reconnu plus ou mo9s nettem5t que t\t bonheur e/ *imrique1 t\te s\ffrance1 au contraire1 relle4 ,alors les hommes1 ceux-l du mo9s dont le jugem5t e/ s5s1 au lieu d'aspir] aux j\issances1 ne *]*5t plus qu'une condition affran*ie de d\leur et de tr\ble#db4 ,lorsque1 dans mes annes de jeunesse1 j'ent5dais sonn] ma porte1 j'tais t\t joyeux1 c> je me disais3 ,ah6 enf96 ,plus t>d1 dans la mme situation1 mon impression tait plutt vois9e de la frayeur2 je p5sais3 ,hlas6 dj6 ,les tres di/+us et bi5 d\s1 ceux qui1 p> l mme1 n'app>ti5n5t pas entirem5t au re/e des hommes et se tr\v5t plus ou mo9s isols1 en proportion de leurs mrites1 pr\v5t aussi l'g>d de la socit huma9e ces deux s5tim5ts opposs3 dans leur jeunesse1 c'e/ frquemm5t celui d'en tre dlaisss2 dans l'ge mr1 celui d'en tre dlivrs4 ,le premi]1 qui e/ pnible1 provi5t de leur ignorance2 le second1 agrable1 de leur connaissance du monde4 ,cela fait que la seconde moiti de la vie1 comme la seconde p>tie d'une priode musicale1 a mo9s de f\gue et plus de tranquillit que la premire2 ce qui vi5t de ce que la jeunesse s'imag9e monts et m]veilles au sujet du bonheur et des j\issances que l'on peut r5contr] sur t]re1 la seule difficult consi/ant les atte9dre1 t&is que la vieillesse sait qu'il n'y a ri5 y tr\v]3 calme cet g>d1 elle gte t\t prs5t supportable et pr5d plaisir mme aux petites *oses4 ,ce que l'homme mr a gagn p> l'expri5ce de la vie1 ce qui fait qu'il voit le monde autrem5t que l'adolesc5t et le jeune homme1 c'e/ avant t\t l'abs5ce de prv5tion4 ,lui1 le premi]1 comm5ce voir les *oses simplem5t et les pr5dre p\r ce qu'elles sont2 t&is que1 aux yeux du jeune homme et de l'adolesc5t1 une illusion compose de rv]ies cres d'elles-mmes1 de prjugs transmis et de fantaisies tranges1 voilait ou d=mait le monde vritable4 ,la premire t*e que l'expri5ce tr\ve accomplir e/ de n\s dlivr] des *imres et des notions fausses accumules p5dant la jeunesse4 ,en g>antir les jeunes g5s s]ait c]ta9em5t la meilleure ducation leur donn]1 bi5 qu'elle soit simplem5t ngative2 mais c'e/ l une bi5 difficile affaire4 ,il faudrait1 dans ce b1 comm5c] p> ma9t5ir l'horizon de l'enfant aussi troit que possible1 ne lui procur] dans ses limites que des notions claires et ju/es et ne l'l>gir que graduellem5t1 aprs qu'il aurait la connaissance bi5 exacte de t\t ce qui y e/ situ1 et ayant t\j\rs so9 qu'il n'y re/e ri5 d'obscur1 ri5 qu'il n'aurait compris qu' demi ou de trav]s4 ,il en rsult]ait que ses notions sur les *oses et sur les relations huma9es1 bi5 que re/re9tes encore et trs simples1 s]ai5t nanmo9s di/9ctes et vraies1 de manire n'avoir plus beso9 que d'ext5sion et non de r$ressem5t2 on cont9u]ait a9si jusqu' ce que l'enfant ft dev5u jeune homme4 ,cette m?ode exige surt\t qu'on ne p]mette pas la lecture de romans2 on les remplac]a p> des biographies conv5ablem5t *oisies1 comme p> exemple celle de ,frankl91 ou l'hi/oire d',anto9e ,reis] p> ,moritz1 et autres semblables4 ,tant que n\s sommes jeunes1 n\s n\s imag9ons que les vnem5ts et les p]sonnages importants et de consqu5ce f]ont leur app>ition dans notre exi/5ce avec tamb\r et trompette2 dans l'ge mr1 un reg>d rtrospectif n\s montre qu'ils s'y sont t\s glisss sans bruit1 p> la porte drobe et presque inap]u4 ,on peut aussi1 au po9t de vue qui n\s occupe1 comp>] la vie une t(fe brode dont *acun ne v]rait1 dans la premire moiti de son exi/5ce1 que l'endroit1 et1 dans la seconde1 que l'env]s2 ce d]ni] ct e/ mo9s beau1 mais plus in/ructif1 c> il p]met de reconnatre l'en*anem5t des fils4 ,la supriorit intellectuelle mme la plus gr&e ne f]a valoir ple9em5t son autorit dans la conv]sation qu'aprs la qu>antime anne4 ,c> la maturit propre l'ge et les fruits de l'expri5ce peuv5t bi5 tre surpasss de beauc\p1 mais jamais remplacs p> l'intellig5ce2 ces conditions f\rniss5t1 mme l'homme le plus ord9aire1 un contrepoids oppos] la =ce du plus gr& esprit1 tant que celui-ci e/ encore jeune4 ,je ne p>le ici que de la p]sonnalit1 non des uvres4 ,aucun homme quelque peu suprieur1 aucun de ceux qui n'app>ti5n5t pas cette majorit des c9q-siximes des huma9s si /rictem5t dote p> la nature1 ne p\rra s'affran*ir d'une c]ta9e te9te de mlancolie qu& il a dpass la qu>anta9e4 ,c>1 a9si qu'il tait naturel1 il avait jug les autres d'aprs lui et a t dsabus2 il a compris qu'ils sont bi5 arrirs p> rapport lui soit p> la tte1 soit p> le cur1 le plus s\v5t mme p> les deux1 et qu'ils ne p\rront jamais balanc] leur compte2 aussi vite-t-il volonti]s t\t comm]ce avec eux1 comme1 du re/e1 t\t homme aim]a ou hara la solitude1 c'e/--dire sa propre socit1 en proportion de sa valeur intrieure4 ,kant traite aussi de ce g5re de misan?ropie dans sa ,critique de la raison1 v]s la f9 de la note gnrale1 au #bi de la premire p>tie4 ,c'e/ un mauvais symptme1 au moral comme l'intellectuel1 p\r un jeune homme1 de se retr\v] facilem5t au milieu des m5es huma9es1 d'y tre bi5tt son aise et d'y pntr] comme prp> l'avance2 cela annonce de la vulg>it4 ,p> contre1 une attitude dcont5ance1 hsitante1 maladroite et contre-s5s e/1 en p>eille circon/ance1 l'indice d'une nature de noble espce4 ,la srnit et le c\rage que l'on apporte vivre p5dant la jeunesse ti5n5t aussi en p>tie ce que1 gravissant la coll9e1 n\s ne voyons pas la mort1 situe au pi$ de l'autre v]sant4 ,le sommet une fois fran*i1 n\s voyons de nos yeux la mort1 que n\s ne connaissions jusque-l que p> ou-dire1 et1 comme ce mom5t les =ces vitales comm5c5t baiss]1 notre c\rage faiblit en mme temps2 un srieux morne *asse alors la ptulance juvnile et s'imprime sur nos traits4 ,tant que n\s sommes jeunes1 n\s croyons la vie sans f91 quoi qu'on n\s puisse dire1 et n\s usons du temps l'av5ant4 ,plus n\s vieillissons1 plus n\s en dev5ons conomes4 ,c>1 dans l'ge avanc1 *aque j\r de la vie qui s'c\le produit en n\s le s5tim5t qu'pr\ve un condamn *aque pas qui le rappro*e de l'*afaud4 ,considre du po9t de vue de la jeunesse1 la vie e/ un av5ir inf9im5t long2 de celui de la vieillesse1 un pass trs c\rt1 tellem5t qu'au db elle s'(fre nos yeux comme les objets vus p> le petit b\t de la lunette1 et la f9 comme vus p> le gros b\t4 ,il faut avoir vieilli1 c'e/--dire avoir vcu longuem5t1 p\r reconnatre combi5 la vie e/ c\rte4 ,plus on avance en ge1 plus les *oses huma9es1 t\tes tant qu'elles sont1 n\s p>aiss5t m9imes2 la vie1 qui p5dant la jeunesse tait l1 devant n\s1 f]me et comme immobile1 n\s semble ma9t5ant une fuite rapide d'app>itions phmres1 et le nant de t\t ici-bas app>at4 ,le temps lui-mme1 p5dant la jeunesse1 m>*e d'un pas plus l5t2 aussi le premi] qu>t de notre vie e/ non seulem5t le plus heureux1 mais aussi le plus long2 il laisse donc beauc\p plus de s\v5irs1 et *aque homme p\rrait1 l'occasion1 racont] de ce premi] qu>t plus d'vnem5ts que des deux suivants4 ,au pr9temps de la vie1 comme au pr9temps de l'anne1 les j\rnes f9iss5t mme p> dev5ir d'une longueur accablante4 l'automne de la vie comme l'automne de l'anne1 elles sont c\rtes1 mais s]e9es et plus con/antes4 ,p\rquoi1 dans la vieillesse1 la vie qu'on a d]rire soi p>at-elle si brve8 ,c'e/ p>ce que n\s la t5ons p\r aussi c\rte que le s\v5ir que n\s en avons4 ,en effet1 t\t ce qu'il y a eu d'insignifiant et une gr&e p>tie de ce qu'il y a eu de pnible ont *app notre mmoire2 il y e/ donc re/ bi5 peu de *ose4 ,c>1 de mme que notre intellect en gnral e/ trs imp>fait1 de mme notre mmoire l'e/ aussi3 il faut que n\s ex]cions nos connaissances1 et que n\s rum9ions notre pass2 sans quoi les deux disp>aiss5t dans l'abme de l'oubli4 ,mais n\s ne rev5ons pas volonti]s p> la p5se sur les *oses insignifiantes1 ni d'ord9aire sur les *oses dsagrables1 ce qui s]ait p\rtant indisp5sable p\r les g>d] dans la mmoire4 ,or les *oses insignifiantes devi5n5t t\j\rs plus nombreuses2 c> bi5 des faits qui au premi] abord n\s semblai5t importants p]d5t t\t intrt mesure qu'ils se rpt5t2 les ret\rs1 au comm5cem5t1 ne sont que frqu5ts1 mais p> la suite ils devi5n5t innombrables4 ,aussi n\s rappelons-n\s mieux nos jeunes annes que celles qui ont suivi4 ,plus n\s vivons longtemps1 mo9s il y a d'vnem5ts qui v\s sembl5t assez graves ou assez significatifs p\r mrit] d'tre rum9s1 ce qui e/ l'unique moy5 d'en g>d] le s\v5ir2 pe9e ont-ils pass1 n\s les oublions4 ,et voil p\rquoi le temps fuit1 laissant de mo9s en mo9s de traces d]rire soi4 ,mais n\s ne rev5ons pas volonti]s non plus sur les *oses dsagrables1 alors surt\t qu'elles bless5t notre vanit2 et c'e/ le cas le plus frqu5t1 c> peu de dsagrm5ts n\s arriv5t sans notre faute4 ,n\s oublions donc galem5t beauc\p de *oses pnibles4 ,c'e/ p> l'lim9ation de ces deux catgories d'vnem5ts que notre mmoire devi5t si c\rte1 et elle le devi5t1 proportion1 d'autant plus que l't(fe en e/ plus longue4 ,de mme que les objets situs sur le rivage devi5n5t de plus en plus petits1 vagues et indi/9cts mesure que notre b>que s'en loigne1 a9si s'effac5t les annes c\les1 avec nos av5tures et nos actions4 ,il arrive aussi que la mmoire et l'imag9ation n\s retrac5t une scne de notre vie1 ds longtemps disp>ue1 avec tant de vivacit qu'elle n\s semble dat] de la veille et n\s app>at t\t pro*e de n\s4 ,cet effet rsulte de ce qu'il n\s e/ impossible de n\s reprs5t] en mme temps le long espace de temps qui s'e/ c\l entre alors et prs5t1 et que n\s ne p\vons pas l'embrass] du reg>d en un seul tableau2 de plus1 les vnem5ts accomplis dans cet int]valle sont oublis en gr&e p>tie1 et il ne n\s en re/e plus qu'une connaissance gnrale1 9 ab/racto1 une simple notion et non une image4 ,alors ce pass lo9ta9 et isol se prs5te si rappro* qu'il semble que c'tait hi]2 le temps int]mdiaire a disp>u1 et notre vie entire n\s p>at d'une brivet incomprh5sible4 ,p>fois mme1 dans la vieillesse1 ce long pass que n\s avons d]rire n\s1 et p> suite notre ge mme1 peut un c]ta9 mom5t n\s sembl] fabuleux3 ce qui rsulte pr9cipalem5t de ce que n\s voyons t\j\rs devant n\s le mme prs5t immobile4 ,en df9itive1 t\s ces phnomnes intrieurs sont fonds sur ce que ce n'e/ pas notre tre p> lui-mme1 mais seulem5t son image visible1 qui exi/e s\s la =me du temps1 et sur ce que le prs5t e/ le po9t de contact entre le monde extrieur et n\s1 entre l'objet et le sujet4 ,on peut encore se dem&] p\rquoi1 dans la jeunesse1 la vie p>at s't5dre devant n\s p]te de vue4 ,c'e/ d'abord p>ce qu'il n\s faut la place p\r y log] les esprances illimites dont n\s la peuplons et p\r la ralisation desquelles ,ma?usalem s]ait mort trop jeune2 ensuite1 p>ce que n\s pr5ons p\r *elle de sa mesure le petit nombre d'annes que n\s avons dj d]rire n\s2 mais leur s\v5ir e/ ri*e en matriaux et long1 p> consqu5t1 c> la n\veaut a donn de l'importance t\s les vnem5ts2 aussi n\s y rev5ons volonti]s p> la p5se1 n\s les voquons s\v5t dans notre mmoire et f9issons p> les y fix]4 ,il n\s semble p>fois que n\s dsirons ardemm5t n\s retr\v] dans tel lieu loign1 t&is que n\s ne regrettons1 en ralit1 que le temps que n\s y avons pass qu& n\s tions plus jeunes et plus frais4 ,et voil comm5t le temps n\s abuse s\s le masque de l'espace4 ,allons l'endroit tant dsir1 et n\s n\s r5drons compte de l'illusion4 ,il exi/e deux voies p\r atte9dre un ge trs avanc1 t\tefois la condition s9e qua non de possd] une con/itution intacte2 p\r l'expliqu]1 pr5ons l'exemple de deux lampes qui brl5t3 l'une brl]a longtemps1 p>ce que1 avec peu d'huile1 elle a une m*e trs m9ce2 l'autre1 p>ce que1 avec une =te m*e1 elle a aussi beauc\p d'huile3 l'huile1 c'e/ la =ce vitale1 la m*e en e/ l'emploi appliqu n'importe quel usage4 ,s\s le rapport de la =ce vitale1 n\s p\vons n\s comp>]1 jusqu' notre tr5te-sixime anne1 ceux qui viv5t des intrts d'un capital2 ce qu'on dp5se auj\rd'hui se tr\ve remplac dema94 p>tir de l1 n\s sommes semblables un r5ti] qui comm5ce entam] son capital4 ,au db1 la *ose n'e/ pas s5sible3 la plus gr&e p>tie de la dp5se se remplace encore d'elle-mme1 et le m9ime dficit qui en rsulte passe inap]u4 ,peu peu1 il grossit1 il devi5t app>5t1 et son accroissem5t lui-mme s'accrot *aque j\r2 il n\s envahit t\j\rs davantage2 *aque auj\rd'hui e/ plus pauvre que *aque hi]2 et nul espoir d'arrt4 ,comme la *ute des corps1 la p]te s'acclre rapidem5t1 jusqu' disp>ition totale4 ,le cas le plus tri/e e/ celui o t\s deux1 =ces vitales et =tune1 celle-ci non plus comme t]me de comp>aison1 mais en ralit1 sont en voie de fondre simultanm5t2 aussi l'am\r de la ri*esse augm5te avec l'ge4 ,en revan*e1 dans nos premires annes1 jusqu' notre majorit et un peu au del1 n\s sommes1 s\s le rapport de la =ce vitale1 semblables ceux qui1 sur les intrts1 aj\t5t encore quelque *ose au capital3 non seulem5t ce qu'on dp5se se r5\velle t\t seul1 mais le capital lui-mme augm5te4 ,ceci arrive aussi p>fois p\r l'arg5t1 grce aux so9s prvoyants d'un tuteur1 honnte homme4 ,o jeunesse =tune6 ,o tri/e vieillesse6 ,il faut1 malgr t\t cela1 mnag] les =ces de la jeunesse4 ,ari/ote obs]ve 7,politique1 liv4 d]41 *4 #e7dc que1 p>mi les va9queurs aux jeux ,olympiques1 il ne s'en e/ tr\v que deux ou trois qui1 va9queurs une premire fois comme jeunes g5s1 ai5t triomph encore comme hommes faits1 p>ce que les ef=ts prmaturs qu'exig5t les ex]cices prp>atoires puis5t tellem5t les =ces1 qu'elles font dfaut plus t>d1 dans l'ge viril4 ,ce qui e/ vrai de la =ce musculaire l'e/ encore davantage de la =ce n]veuse dont les productions intellectuelles ne sont t\tes que les manife/ations3 voil p\rquoi les +5ia prcocia1 les enfants prodiges1 ces fruits d'une ducation en s]re *aude1 qui tonn5t dans leur bas ge1 devi5n5t plus t>d des ttes p>faitem5t ord9aires4 ,il e/ mme =t possible qu'un excs d'application prcoce et =ce l'tude des langues anci5nes soit la cause qui a fait tomb] plus t>d tant de savants dans un tat de p>alysie et d'enfance intellectuelle4 ,j'ai rem>qu que le c>actre *ez la plup>t des hommes semble tre plus p>ticulirem5t adapt un des ges de la vie1 de manire que c'e/ cet ge-l qu'ils se prs5t5t s\s leur j\r le plus favorable4 ,les uns sont d'aimables jeunes g5s1 et puis c'e/ f9i2 d'autres1 dans leur maturit1 sont des hommes n]giques et actifs auxquels l'ge1 en avanant1 enlve t\te valeur2 d'autres enf9 se prs5t5t le plus avantageusem5t dans la vieillesse1 p5dant laquelle ils sont plus d\x1 p>ce qu'ils ont plus d'expri5ce et plus de calme3 c'e/ le cas le plus frqu5t *ez les ,franais4 ,cela doit prov5ir de ce que le c>actre lui-mme a quelque *ose de juvnile1 de viril ou de snile1 en h>monie avec l'ge correspondant1 ou am5d p> cet ge4 ,de mme1 que sur un navire n\s ne n\s r5dons compte de sa m>*e que p>ce que n\s voyons les objets situs sur la rive s'loign] l'arrire et p> suite dev5ir plus petits1 de mme n\s ne n\s ap]cevons que n\s dev5ons vieux1 et t\j\rs plus vieux1 qu' ce que des g5s d'un ge t\j\rs plus avanc n\s sembl5t jeunes4 ,n\s avons dj exam9 plus haut comm5t et p\rquoi1 mesure qu'on vieillit1 t\t ce qu'on a vu1 t\tes les actions et t\s les vnem5ts de la vie laiss5t dans l'esprit des traces de mo9s en mo9s nombreuses4 ,a9si considre1 la jeunesse e/ le seul ge o n\s vivions avec entire consci5ce2 la vieillesse n'a qu'une demi-consci5ce de la vie4 ,avec les progrs de l'ge1 cette consci5ce dim9ue graduellem5t2 les objets pass5t rapidem5t devant n\s sans l'aire d'impression1 semblables ces produits de l'art qui ne n\s frapp5t plus qu& n\s les avons s\v5t vus2 on fait la besogne que l'on a faire1 et l'on ne sait mme plus ensuite si on l'a faite4 ,p5dant que la vie devi5t de plus en plus inconsci5te1 p5dant qu'elle m>*e gr&s pas v]s l'inconsci5ce complte1 p> l mme la fuite du temps s'acclre4 ,durant l'enfance1 la n\veaut des *oses et des vnem5ts fait que t\t s'imprime dans notre consci5ce2 aussi les j\rs sont-ils d'une longueur p]te de vue4 ,il n\s en arrive de mme1 et p\r la mme cause1 en voyage1 o un mois n\s p>at plus long que quatre la maison4 ,malgr cette n\veaut1 le temps1 qui n\s semble plus long1 n\s devi5t1 dans l'enfance comme en voyage1 en ralit s\v5t plus long que dans la vieillesse ou la maison4 ,mais ins5siblem5t l'intellect s'm\sse tellem5t p> la longue habitude des mmes p]ceptions1 que de plus en plus t\t f9it p> gliss] sur lui sans l'impressionn]1 ce qui fait que les j\rs devi5n5t t\j\rs plus insignifiants et consquemm5t t\j\rs plus c\rts2 les heures de l'enfant sont plus longues que les j\rnes du vieill>d4 ,n\s voyons donc que le temps de la vie a un m\vem5t acclr comme celui d'une sphre r\lant sur un plan incl92 et1 de mme que sur un disque t\rnant *aque po9t c\rt d'autant plus vite qu'il e/ plus loign du c5tre1 de mme1 p\r *acun et proportionnellem5t sa di/ance du comm5cem5t de sa vie1 le temps s'c\le plus vite et t\j\rs plus vite4 ,on peut donc admettre que la longueur de l'anne1 telle que l'value notre disposition du mom5t1 e/ en rapport inv]se du quoti5t de l'anne divis p> l'ge2 qu&1 p> exemple1 l'anne e/ le c9quime de l'ge1 elle p>at dix fois plus longue que lorsqu'elle n'en e/ que le c9quantime4 ,cette diffr5ce dans la rapidit du temps a l'influ5ce la plus dcisive sur t\te notre manire d'tre *aque ge de la vie4 ,elle fait d'abord que l'enfance1 quoique n'embrassant que qu9ze ans pe9e1 e/ p\rtant la priode la plus longue de l'exi/5ce1 et p> consqu5t aussi la plus ri*e en s\v5irs2 ensuite elle fait que1 dans t\t le c\rs de la vie1 n\s sommes s\mis l'ennui dans le rapport inv]se de notre ge4 ,les enfants ont con/amm5t beso9 de pass] le temps1 que ce soit p> les jeux ou p> le travail2 si le passe-temps s'arrte1 ils sont aussitt pris d'un =midable ennui4 ,les adolesc5ts y sont encore =tem5t exposs et r$\t5t beauc\p les heures inoccupes4 ,dans l'ge viril1 l'ennui disp>at de plus en plus3 et p\r les vieill>ds le temps e/ t\j\rs trop c\rt et les j\rs vol5t avec la rapidit de la fl*e4 ,bi5 ent5du1 je p>le d'hommes et non de brutes vieillies4 ,l'acclration dans la m>*e du temps supprime donc le plus s\v5t l'ennui dans un ge plus avanc2 d'autre "p1 les passions1 avec leurs t\rm5ts1 comm5c5t se taire2 il en rsulte qu'en somme1 et p\rvu que la sant soit en bon tat1 le f>deau de la vie e/1 en ralit1 plus lg] que p5dant la jeunesse3 aussi appelle-t-on l'int]valle qui prcde l'app>ition de la dbilit et des infirmits de la vieillesse3 les meilleures annes4 ,peut tre le sont-elles en effet au po9t de vue de notre agrm5t2 mais en revan*e les annes de jeunesse1 o t\t fait impression1 o *aque *ose entre dans la consci5ce1 cons]v5t l'avantage d'tre la saison f]tilisante de l'esprit1 le pr9temps qui dt]m9e les b\rgeons4 ,les vrits pr(ondes1 en effet1 ne s'acquir5t que p> l'intuition et non p> la spculation1 c'e/--dire que leur premire p]ception e/ immdiate et provoque p> l'impression mom5tane3 elle ne peut donc se produire que tant que l'impression e/ =te1 vive et pr(onde4 ,t\t dp5d donc1 s\s ce rapport1 de l'emploi des jeunes annes4 ,plus t>d1 n\s p\vons agir davantage sur les autres1 mme sur le monde enti]1 c> n\s sommes n\s-mmes a*evs et complets1 et n\s n'app>t5ons plus l'impression2 mais le monde agit mo9s sur n\s4 ,ces annes-ci sont donc l'poque de l'action et de la production2 les premires sont celles de la comprh5sion et de la connaissance intuitives4 ,dans la jeunesse1 c'e/ la contemplation2 dans l'ge mr1 la rflexion qui dom9e2 l'une e/ le temps de la posie1 l'autre plutt celui de la philosophie4 ,dans la pratique galem5t1 c'e/ p> la p]ception et son impression que l'on se dt]m9e p5dant la jeunesse2 plus t>d1 c'e/ p> la rflexion4 ,cela ti5t en p>tie ce que dans l'ge mr les images se sont prs5tes et gr\pes aut\r des notions en nombre suffisant p\r leur donn] de l'importance1 du poids et de la valeur1 a9si que p\r modr] en mme temps1 p> l'habitude1 l'impression des p]ceptions4 ,p> contre1 l'impression de t\t ce qui e/ visible1 donc du ct extrieur des *oses1 e/ tellem5t prpondrante p5dant la jeunesse1 surt\t dans les ttes vives et ri*es d'imag9ation1 que les jeunes g5s considr5t le monde comme un tableau2 ils se proccup5t pr9cipalem5t de la figure et de l'effet qu'ils y font1 bi5 plus que de la disposition intrieure qu'il veille en eux4 ,cela se voit dj la vanit de leur p]sonne et leur coquett]ie4 ,la plus gr&e n]gie et la plus haute t5sion des =ces intellectuelles se manife/5t indubitablem5t p5dant la jeunesse et jusqu' la tr5te-c9quime anne au plus t>d3 p>tir de l1 elles dcroiss5t1 quoique ins5siblem5t4 ,nanmo9s l'ge suivant et mme la vieillesse ne sont pas sans comp5sations intellectuelles4 ,c'e/ ce mom5t que l'expri5ce et l'in/ruction ont acquis t\te leur ri*esse3 on a eu le temps et l'occasion de considr] les *oses s\s t\tes leurs faces et de les mdit]2 on les a rappro*es les unes des autres1 et l'on a dc\v]t les po9ts p> o elles se t\*5t1 les p>ties p> o elles se joign5t2 c'e/ ma9t5ant1 p> consqu5t1 qu'on les saisit bi5 et dans leur en*anem5t complet4 ,t\t s'e/ clairci4 ,c'e/ p\rquoi l'on sait plus fond les *oses mme que l'on savait dj dans la jeunesse1 c> p\r *aque notion on a plus de donnes4 ,ce que l'on croyait savoir qu& on tait jeune1 on le sait rellem5t dans l'ge mr2 en outre1 on sait effectivem5t davantage et l'on possde des connaissances raisonnes dans t\tes les directions et1 p> l mme1 solidem5t en*anes1 t&is que dans la jeunesse notre savoir e/ dfectueux et fragm5taire4 ,l'homme p>v5u un ge bi5 avanc aura seul une ide complte et ju/e de la vie1 p>ce qu'il l'embrasse du reg>d dans son ensemble et dans son c\rs naturel1 et surt\t p>ce qu'il ne la voit plus1 comme les autres1 uniquem5t du ct de r5tre1 mais aussi du ct de la sortie2 a9si plac1 il on reconnat ple9em5t le nant1 p5dant que les autres sont encore le j\et de cette illusion con/ante que c'e/ ma9t5ant que ce qu'il y a de vraim5t bon va arriv]4 ,en revan*e1 p5dant la jeunesse1 il y a plus de conception2 il s'ensuit que l'on e/ en tat de produire davantage avec le peu que l'on connat2 dans l'ge mr1 il y a plus de jugem5t1 de pntration et de fond4 ,c'e/ dj p5dant la jeunesse que l'on recueille les matriaux de ses notions propres1 de ses vues orig9ales et fondam5tales1 c'e/--dire de t\t ce qu'un esprit privilgi e/ de/9 donn] en cadeau au monde2 mais ce n'e/ que bi5 des annes plus l>d qu'il devi5t matre de son sujet4 ,on tr\v]a1 la plup>t du temps1 que les gr&s criva9s n'ont livr leurs *efs-d'uvre que v]s leur c9quantime anne4 ,mais la jeunesse n'en re/e pas mo9s la rac9e de l'arbre de la connaissance1 bi5 que ce soit la c\ronne de l'arbre qui porte les fruits4 ,mais de mme que *aque poque1 mme la plus pitoyable1 se croit plus sage que t\tes celles qui l'ont prcde1 de mme *aque ge l'homme se croit suprieure ce qu'il tait aup>avant2 t\s les deux font s\v5t erreur4 ,p5dant les annes de la croissance physique1 o n\s gr&issons galem5t en =ces intellectuelles et en connaissances1 l'auj\rd'hui s'habitue reg>d] l'hi] avec dda94 ,cette habitude s'enrac9e et p]svre mme alors que le dcl9 des =ces intellectuelles a comm5c et que l'auj\rd'hui devrait plutt reg>d] l'hi] avec considration3 on dprcie trop ce mom5t les productions et les jugem5ts de ses jeunes annes4 ,il e/ rem>qu] surt\t que1 quoique la tte1 l'intellect soit t\t aussi inn1 quant ses proprits fondam5tales1 que le c>actre ou le cur1 nanmo9s l'intellig5ce ne demeure pas aussi inv>iable que le c>actre3 elle e/ s\mise bi5 des modifications qui1 en bloc1 se produis5t mme rgulirem5t1 c> elles provi5n5t de ce que d'une "p sa base e/ physique et d'autre "p son t(fe empirique4 ,cela tant1 sa =ce propre a une croissance cont9ue jusqu' son po9t culm9ant1 et ensuite sa dcroissance cont9ue jusqu' l'imbcillit4 ,mais1 d'autre "p1 l't(fe aussi sur laquelle s'ex]ce t\te cette =ce et qui l'entreti5t en activit1 c'e/--dire le cont5u des p5ses et du savoir1 l'expri5ce1 les connaissances1 l'ex]cice du jugem5t et sa p]fection qui en rsulte1 t\te cette matire e/ une quantit qui crot con/amm5t jusqu'au mom5t o1 la faiblesse df9itive surv5ant1 l'intellect laisse t\t *app]4 ,cette condition de l'homme d'tre compos d'une p>tie absolum5t v>iable 7le c>actre7 et d'une autre 7l'intellect7 qui v>ie rgulirem5t et dans deux directions opposes1 explique la div]sit de l'aspect s\s lequel il se manife/e et de sa valeur aux diffr5ts ges de sa vie4 ,dans un s5s plus l>ge1 on peut dire aussi que les qu>ante premires annes de l'exi/5ce f\rniss5t le texte1 et les tr5te suivantes le comm5taire1 qui seul n\s en fait alors bi5 compr5dre le s5s vrai et la suite1 la morale1 et t\tes les subtilits4 ,mais1 p>ticulirem5t v]s son t]me1 la vie rappelle la f9 d'un bal masqu1 qu& on retire les masques4 ,on voit ce mom5t quels tai5t rellem5t ceux avec lesquels on a t en contact p5dant sa vie4 ,en effet1 les c>actres se sont montrs au j\r1 les actions ont port leurs fruits1 les uvres ont tr\v leur ju/e apprciation1 et t\tes les fantasmagories se sont van\ies4 ,c> il a fallu le temps p\r t\t cela4 ,mais ce qu'il y a de plus trange1 c'e/ qu'on ne connat et compr5d bi5 et soi-mme1 et son b1 et ses aspirations1 surt\t en ce qui conc]ne les rapports avec le monde et les hommes1 que v]s la f9 de la vie4 ,s\v5t1 mais pas t\j\rs1 on aura se class] plus bas que ce qu'on supposait nagure2 mais p>fois aussi on s'accord]a une place suprieure3 en ce d]ni] cas1 cela provi5t de ce que l'on n'avait pas une connaissance suffisante de la bassesse du monde1 et le b de la vie se tr\vait a9si plac trop haut4 ,on appr5d connatre1 peu de *ose prs1 t\t ce que *acun vaut4 ,on a c\tume d'appel] la jeunesse le temps heureux1 et la vieillesse le temps tri/e de la vie4 ,cela s]ait vrai si les passions r5dai5t heureux4 ,mais ce sont elles qui ballott5t la jeunesse de et de l1 t\t en lui donnant peu de joies et beauc\p de prfr5ces4 ,elles n'agit5t plus l'ge froid1 qui revt bi5tt une te9te contemplative3 c> la connaissance devi5t libre et pr5d la haute ma94 ,or la connaissance e/1 p> elle-mme1 exempte de d\leur2 p> consqu5t1 plus elle prdom9]a dans la consci5ce1 plus celle-ci s]a heureuse4 ,on n'a qu' rfl*ir que t\te j\issance e/ de nature ngative et la d\leur positive1 p\r compr5dre que les passions ne saurai5t r5dre heureux et que l'ge n'e/ pas pla9dre p>ce que quelques j\issances lui sont int]dites2 t\te j\issance n'e/ que l'apaisem5t d'un beso91 et l'on n'e/ pas plus malheureux de p]dre la j\issance en mme temps que le beso91 qu'on n l'e/ de ne p\voir plus mang] aprs avoir dn1 ou de devoir veill] aprs une ple9e nuit de sommeil4 ,platon 7dans son introduction la ,rpublique7 a bi5 autrem5t raison d'e/im] la vieillesse heureuse d'tre dlivre de l'in/9ct sexuel qui jusque-l n\s tr\blait sans rel*e4 ,on p\rrait presque s\t5ir que les fantaisies div]ses et incessantes qu'eng5dre l'in/9ct sexuel1 a9si que les motions qui en rsult5t1 entreti5n5t dans l'homme une bnigne et con/ante dm5ce1 aussi longtemps qu'il e/ s\s l'influ5ce de cet in/9ct ou de ce diable dont il e/ sans cesse possd1 au po9t de ne dev5ir entirem5t raisonnable qu'aprs s'en tre dlivr4 ,t\tefois il e/ positif que1 en gnral et ab/raction faite de t\tes les circon/ances et conditions individuelles1 un air de mlancolie et de tri/esse e/ propre la jeunesse1 et une c]ta9e srnit la vieillesse2 et cela seulem5t p>ce que le jeune homme e/ encore le s]viteur1 non le corvable de ce dmon qui lui accorde difficilem5t une heure de lib]t et qui e/ aussi l'auteur1 direct ou indirect1 de presque t\tes les calamits qui frapp5t ou m5ac5t l'homme4 ,l'ge mr a la srnit de celui qui1 dlivr de f]s longtemps ports1 j\it dsormais de la lib]t de ses m\vem5ts4 ,d'autre "p cep5dant1 on p\rrait dire que1 le p5*ant sexuel une fois te9t1 le vritable noyau de la vie e/ consum1 et qu'il ne re/e plus que l'enveloppe1 ou que la vie ressemble une comdie dont la reprs5tation1 comm5ce p> des hommes vivants1 s'a*v]ait p> des automates revtus des mmes co/umes4 ,quoi qu'il en soit1 la jeunesse e/ le mom5t de l'agitation1 l'ge mr celui du repos3 cela suffit p\r jug] de leurs plaisirs respectifs4 ,l'enfant t5d avidem5t les ma9s dans l'espace1 aprs t\s ces objets1 si b>iols et si div]s1 qu'il voit devant lui2 t\t cela l'excite1 c> son s5sorium e/ encore si frais et si jeune4 ,il en e/ de mme1 mais avec plus d'n]gie1 p\r le jeune homme4 ,lui aussi e/ excit p> le monde aux c\leurs voyantes et aux figures multiples3 et son imag9ation lui atta*e aussitt plus de valeur que le monde s'en peut (frir4 ,aussi la jeunesse e/-elle ple9e d'exig5ces et d'aspirations dans le vague1 qui lui enlv5t ce repos sans lequel il n'e/ pas de bonheur4 ,avec l'ge1 t\t cela se calme1 soit p>ce que le sang s'e/ refroidi et que l'excitabilit du s5sorium a dim9u1 soit p>ce que l'expri5ce1 en n\s difiant sur la valeur des *oses et sur le cont5u des j\issances1 n\s a affran*is peu peu des illusions1 des *imres et des prjugs qui voilai5t et d=mai5t jusque-l l'aspect libre et net des *oses1 de faon que n\s les connaissons ma9t5ant t\tes plus ju/em5t et plus clairem5t2 n\s les pr5ons p\r ce qu'elles sont1 et n\s acqurons plus ou mo9s la conviction du nant de t\t sur t]re4 ,c'e/ mme ce qui donne presque t\s les vieill>ds1 mme ceux d'une intellig5ce =t ord9aire1 une c]ta9e te9te de sagesse qui les di/+ue des plus jeunes qu'eux4 ,mais t\t cela produit pr9cipalem5t le calme intellectuel qui e/ un lm5t important1 je dirais mme la condition et l'ess5ce du bonheur4 ,t&is que le jeune homme croit qu'il p\rrait conqurir en ce monde ,dieu sait quelles m]veilles s'il savait seulem5t o les tr\v]1 le vieill>d e/ pntr de la maxime de l',ecclsia/e3 ,t\t e/ vanit1 et il sait bi5 ma9t5ant que t\tes les noix sont creuses1 quelque dores qu'elles puiss5t tre4 ,ce n'e/ que dans un ge avanc que l'homme arrive entirem5t au nil admir>i d',horace1 c'e/--dire la conviction directe1 s9cre et f]me1 de la vanit de t\tes *oses et de l'inanit de t\tes pompes en ce monde4 ,plus de *imres6 ,il ne se b]ce plus de l'illusion qu'il rside quelque "p1 palais ou *aumire1 une flicit spciale1 plus gr&e que celle dont il j\it lui-mme p>t\t1 et en ce qu'il y a d'ess5tiel t\tes les fois qu'il e/ libre de t\te d\leur physique ou morale4 ,il n'y a plus de di/9ction ses yeux entre le gr& et le petit1 entre le noble et le vil1 mesurs l'*elle d'ici-bas4 ,cela donne au vieill>d un calme d'esprit p>ticuli] qui lui p]met de reg>d] en s\riant les va9s pre/iges de ce monde4 ,il e/ compltem5t dsabus2 il sait que la vie huma9e1 quoi qu'on fasse p\r l'acc\tr] et l'attif]1 ne t>de pas se montr]1 dans t\te sa misre1 trav]s ces oripeaux de foire2 il sait que1 quoi qu'on fasse p\r la pe9dre et l'orn]1 elle e/1 en somme1 t\j\rs la mme *ose1 c'e/--dire une exi/5ce dont il faut e/im] la valeur relle p> l'abs5ce des d\leurs et non p> la prs5ce des plaisirs et encore mo9s du fa/e 7,horace1 l4 ,i1 p4 #ab1 v4 #a-d74 ,le trait fondam5tal et c>actri/ique de la vieillesse e/ le dsabusem5t2 plus de ces illusions qui donnai5t la vie son *>me et l'activit leur aiguillon2 on a reconnu le nant et la vanit de t\tes les magnific5ces de ce monde1 surt\t de la pompe1 de la spl5deur et de l'clat des gr&eurs2 on a pr\v l'infimit de ce qu'il y a au fond de presque t\tes ces *oses que l'on dsire et de ces j\issances auxquelles on aspire1 et l'on e/ arriv a9si peu peu se conva9cre de la pauvret et du vide de l'exi/5ce4 ,ce n'e/ qu' soixante ans que l'on compr5d bi5 le premi] v]set de l',ecclsia/e4 ,mais c'e/ l ce qui donne aussi la vieillesse une c]ta9e te9te morose4 ,on croit communm5t que la maladie et l'ennui sont le lot de l'ge4 ,la premire ne lui e/ pas ess5tielle1 surt\t qu& on a la p]spective d'atte9dre une vieillesse trs avance1 c> cresc5te vita1 crescit sanitas et morbus4 ,et1 quant l'ennui1 j'ai dmontr plus haut p\rquoi la vieillesse a mo9s la r$\t] que la jeunesse3 l'ennui n'e/ pas non plus le compagnon oblig de la solitude1 v]s laquelle effectivem5t l'ge n\s p\sse1 p\r des motifs faciles saisir3 il n'accompagne que ceux qui n'ont connu que les j\issances des s5s et les plaisirs de la socit1 et qui ont laiss leur esprit sans l'enri*ir et leurs facults sans les dvelopp]4 ,il e/ vrai que dans un ge avanc les =ces intellectuelles dcl95t aussi2 mais1 l o il y en a eu beauc\p1 il en re/]a t\j\rs assez p\r combattre l'ennui4 ,en outre1 a9si que n\s l'avons montr1 la raison gagne en vigueur p> l'expri5ce1 les connaissances1 l'ex]cice et la rflexion2 le jugem5t devi5t plus pntrant1 et l'en*anem5t des ides devi5t clair2 on acqui]t de plus en plus en t\tes matires des vues d'ensemble sur les *oses3 la comb9aison t\j\rs v>ie des connaissances que l'on possde dj1 les acquisitions n\velles qui vi5n5t l'occasion s'y aj\t]1 favoris5t dans t\tes les directions les progrs cont9us de notre dveloppem5t intellectuel1 dans lequel l'esprit tr\ve la fois son occupation1 son apaisem5t et sa rcomp5se4 ,t\t cela comp5se jusqu' un c]ta9 po9t l'affaiblissem5t intellectuel dont n\s p>lions4 ,n\s savons de plus que dans la vieillesse le temps c\rt plus rapidem5t2 il neutralise a9si l'ennui4 ,quant l'affaiblissem5t des =ces physiques1 il n'e/ pas trs nuisible1 sauf le cas o l'on a beso9 de ces =ces p\r la pr(ession que l'on ex]ce4 ,la pauvret p5dant la vieillesse e/ un gr& malheur4 ,si on l'a c>te et si l'on a cons]v sa sant1 la vieillesse peut tre une p>tie trs supportable de la vie4 ,l'aisance et la scurit sont ses pr9cipaux beso9s3 c'e/ p\rquoi l'on aime alors l'arg5t plus que jamais1 c> il supple les =ces qui manqu5t4 ,ab&onn de ,vnus1 on *]*]a volonti]s s'gay] *ez ,bac*us4 ,le beso9 de voir1 de voyag]1 d'appr5dre e/ remplac p> celui d'enseign] et de p>l]4 ,c'e/ un bonheur p\r le vieill>d d'avoir cons]v l'am\r de l'tude1 ou de la musique1 ou du ?tre et en gnral la facult d'tre impressionn jusqu' un c]ta9 degr p> les *oses extrieures2 cela arrive p\r quelques-uns jusque dans l'ge le plus avanc4 ,ce que l'homme a p> soi-moi ne lui pr(ite jamais mieux que dans la vieillesse4 ,mais il e/ vrai de dire que la plup>t des individus1 ayant t de t\t temps obtus d'esprit1 devi5n5t de plus en plus des automates mesure qu'ils avanc5t dans la vie3 ils p5s5t1 ils dis5t1 ils font t\j\rs la mme *ose1 et aucune impression extrieure ne peut *ang] le c\rs de leurs ides ou leur faire produire quelque *ose de n\veau4 ,p>l] de semblables vieill>ds1 c'e/ crire sur le sable3 l'impression s'efface presque in/antanm5t4 ,une vieillesse de cette nature n'e/ plus alors sans d\te que le caput mortuum de la vie4 ,la nature semble avoir v\lu symbolis] l'avnem5t de cette seconde enfance p> une troisime d5tition qui se dcl>e dans quelques r>es cas *ez des vieill>ds4 ,l'affaissem5t progressif de t\tes les =ces mesure qu'on vieillit e/ c]tes une bi5 tri/e *ose1 mais ncessaire et mme bi5faisante2 autrem5t1 la mort1 dont il e/ le prlude1 devi5drait trop pnible4 ,aussi l'avantage pr9cipal que procure un ge trs avanc e/ l'eu?anasie#dd1 c'e/--dire la mort m9emm5t facile1 sans maladie qui la prcde1 sans convulsions qui l'accompagn5t1 une mort o l'on ne se s5t pas m\rir4 ,j'en ai donn une description dans le deuxime volume de mon ouvrage1 au *apitre #da4 ,c>1 quelque longtemps que l'on vive1 l'on ne possde ri5 au del du prs5t indivisible2 mais le s\v5ir p]d1 *aque j\r1 p> l'oubli plus qu'il ne s'enri*it p> l'accroissem5t#de4 ,la diffr5ce fondam5tale entre la jeunesse et la vieillesse re/e t\j\rs celle-ci3 que la premire a la vie1 la seconde la mort en p]spective2 que1 p> consqu5t1 l'une possde un pass c\rt avec un long av5ir1 et l'autre l'inv]se4 ,sans d\te1 le vieill>d n'a plus que la mort devant soi2 mais le jeune a la vie2 et il s'agit ma9t5ant de savoir laquelle des deux p]spectives (fre le plus d'inconvni5ts1 et si1 t\t pr5dre1 la vie n'e/ pas prfrable avoir d]rire que devant soi2 l',ecclsia/e n'a-t-il pas dj dit3 ,le j\r de la mort e/ meilleur que le j\r de la naissance 7#g1 #b78 ,en t\t cas1 dem&] vivre longtemps e/ un s\hait tmraire4 ,c> qui5 l>ga vida vive mu*o mal vide 7qui vit longtemps voit beauc\p de mal71 dit un prov]be espagnol4 ,ce n'e/ pas1 comme le prt5dait l'a/rologie1 les exi/5ces individuelles1 mais bi5 la m>*e de la vie de l'homme en gnral1 qui se tr\ve inscrite dans les plantes2 en ce s5s que1 dans leur ordre1 elles correspond5t *acune un ge1 et que la vie e/ g\v]ne t\r de rle p> *acune d'entre elles4--,,m]cure rgit la dixime anne4 ,comme cette plante1 l'homme se meut avec rapidit et facilit dans une orbite trs re/re9te2 la mo9dre vtille e/ p\r lui une cause de p]turbation2 mais il appr5d beauc\p et aism5t1 s\s la direction du dieu de la ruse et de l'loqu5ce4--,avec la v+time anne comm5ce le rgne de ,v,,nus3 l'am\r et les femmes le possd5t entirem5t4--,dans la tr5time anne1 c'e/ ,,m>s qui dom9e3 cet ge1 l'homme e/ viol5t1 =t1 audacieux1 belliqueux et fi]4--,a qu>ante ans1 ce sont les quatre petites plantes qui g\v]n5t3 le *amp de sa vie augm5te3 il e/ frugi1 c'e/--dire qu'il se consacre l'utile1 de p> la v]tu de ,c,r,s2 il a son foy] dome/ique1 de p> ,,ve/a2 il a appris ce qu'il a beso9 de savoir1 p> l'influ5ce de ,,pallas1 et1 p>eille ,,junon1 l'p\se rgne en matresse dans la maison#df4--;,dans la c9quantime anne dom9e ,,jupit]3 l'homme a dj survcu la plup>t de ses contempora9s1 et il se s5t suprieur la gnration actuelle4 ,t\t en possdant la ple9e j\issance de ses =ces1 il e/ ri*e d'expri5ce et de connaissances3 il a 7dans la mesure de son individualit et de sa position7 de l'autorit sur t\s ceux qui l'ent\r5t4 ,il n'ent5d plus se laiss] ordonn]1 il veut comm&] son t\r4 ,c'e/ ma9t5ant que1 dans sa sphre1 il e/ le plus apte tre guide et dom9ateur4 ,a9si culm9e ,,jupit] et1 comme lui1 l'homme de c9quante ans4--,mais ensuite1 dans la soixantime anne1 arrive ,,saturne et1 avec lui1 la l\rdeur1 la l5teur et la tnacit du ,,plomb3 ,b old folks1 _m feign z !y 7 dead2 ,unwieldy1 sl[1 heavy & pale z lead4 7,mais beauc\p de vieill>ds ont l'air d'tre dj morts2 ils sont ples1 l5ts1 l\rds et in]tes comme le plomb47--7,%akespe>e1 ,romo et ,juliette1 acte #b1 sc4 #e47 --,enf9 vi5t ,,uranus3 c'e/ le mom5t d'all] au ciel1 comme on dit4--,je ne puis t5ir compte ici de ,,neptune 7a9si l'a-t-on nomm p> irrflexion71 du mom5t que je ne puis pas l'appel] de son vrai nom1 qui e/ ,,ros4 ,sans quoi j'aurais v\lu montr] comm5t le comm5cem5t se relie la f91 et de quelle manire nommm5t ,,ros e/ en connexion my/rieuse avec la ,mort1 connexion en v]tu de laquelle l',,orcus ou l',,am5?,s des gypti5s 7d'aprs ,plut>que1 de ,iside et ,osir41 *4 #bi7 e/ le 1 p> consqu5t non seulem5t ,,celui ,,qui ,,pr5d1 mais aussi ,,celui ,,qui ,,donne2 j'aurais montr comm5t la ,mort e/ le gr& rs]voir de la vie4 ,c'e/ bi5 de l1 oui de l1 c'e/ de l',orcus que t\t vi5t1 et c'e/ l qu'a dj t t\t ce qui a vie en ce mom5t3 si seulem5t n\s tions capables de compr5dre le t\r de passe-passe p> lequel cela se pratique6 alors t\t s]ait clair4 ,,notes #a3 ,s*op5hau] ent5d p> son gr& ouvrage son trait intitul3 ,die ,welt als ,wille und ,vor/ellung 7,le monde comme volont et reprs5tation74 #b3 ,la nature va s'levant con/amm5t1 depuis l'action mcanique et *imique du rgne inorganique jusqu'au rgne vgtal avec ses s\rdes j\issances de soi-mme2 d'ici au rgne animal avec lequel se lve l'aurore de l'intellig5ce et de la consci5ce2 puis1 p>tir de ces faibles comm5cem5ts1 montant degr degr1 t\j\rs plus haut1 p\r arriv] enf91 p> un d]ni] et suprme ef=t1 l'homme1 dans l'intellect duquel elle atte9t alors le po9t culm9ant et le b de ses crations1 donnant a9si ce qu'elle peut produire de plus p>fait et de plus difficile4 ,t\tefois1 mme dans l'espce huma9e1 l'ent5dem5t prs5te encore des gradations nombreuses et s5sibles1 et il p>vi5t trs r>em5t jusqu'au degr le plus lev1 jusqu' l'intellig5ce rellem5t m95te4 ,celle-ci e/ donc1 dans son s5s le plus troit et le plus rig\reux1 le produit le plus difficile1 le produit suprme de la nature2 et1 p> suite1 elle e/ ce que le monde peut (frir de plus r>e et de plus prcieux4 ,c'e/ dans une telle intellig5ce qu'app>at la connaissance la plus lucide et que le monde se reflte1 p> consqu5t1 plus clairem5t et plus compltem5t que p>t\t ailleurs4 ,aussi l'tre qui en e/ d\ possde-t-il ce qu'il y a de plus noble et de plus exquis sur t]re1 une s\rce de j\issances auprs desquelles t\tes les autres sont m9imes1 tellem5t qu'il n'a ri5 dem&] au monde extrieur que du loisir af9 de j\ir sans tr\ble de son bi51 et d'a*ev] la taille de son diamant4 ,c> t\s les autres plaisirs non intellectuels sont de basse nature2 ils ont t\s en vue des m\vem5ts de la volont tels que des s\haits1 des esprances1 des cra9tes1 des dsirs raliss1 quelle qu'en soit la nature2 t\t cela ne peut s'accomplir sans d\leurs1 et1 en outre1 le b une fois atte9t1 on r5contre d'ord9aire plus ou mo9s de dceptions2 t&is que p> les j\issances intellectuelles1 la vrit devi5t de plus en plus claire4 ,dans le doma9e de l'intellig5ce ne rgne aucune d\leur6 t\t y e/ connaissance4 ,mais les plaisirs intellectuels ne sont accessibles l'homme que p> la voie et dans la mesure de sa propre intellig5ce4 ,c> t\t l'esprit1 qui e/ au monde1 e/ inutile celui qui n'en a po9t4 ,t\tefois il y a un dsavantage qui ne manque jamais d'accompagn] ce privilge3 c'e/ que1 dans t\te la nature1 la facilit tre impressionn p> la d\leur augm5te en mme temps que s'lve le degr d'intellig5ce et que1 p> consqu5t1 elle arriv]a son sommet dans l'intellig5ce la plus leve4 7,note de ,s*op5hau]47 #c3 ,la vulg>it consi/e au fond en ceci que le v\loir l'emporte totalem5t1 dans la consci5ce1 sur l'ent5dem5t2 p> quoi les *oses en arriv5t un tel degr que l'ent5dem5t n'app>at que p\r le s]vice de la volont3 qu& ce s]vice ne rclame pas d'intellig5ce1 qu& il n'exi/e de motifs ni petits ni gr&s1 l'ent5dem5t cesse compltem5t et il survi5t une vacuit absolue de p5ses4 ,or le v\loir dp\rvu d'ent5dem5t e/ ce qu'il y a de plus bas2 t\te s\*e le possde et le manife/e qu& ce ne s]ait que lorsqu'elle tombe4 ,c'e/ donc cet tat qui con/itue la vulg>it4 ,ici1 les organes des s5s et la m9ime activit intellectuelle1 ncessaires l'apprh5sion de leurs donnes1 re/5t seuls en action2 il en rsulte que l'homme vulgaire re/e t\j\rs ouv]t t\tes les impressions et p]oit in/antanm5t t\t ce qui se passe aut\r de lui1 au po9t que le son le plus lg]1 t\te circon/ance quelque insignifiante qu'elle soit1 veille aussitt son att5tion1 t\t comme *ez les animaux4 ,t\t cela devi5t app>5t sur son visage et dans t\t son extrieur1 et c'e/ de l que vi5t l'app>5ce vulgaire1 app>5ce dont l'impression e/ d'autant plus rep\ssante que1 comme c'e/ le cas le plus frqu5t1 la volont1 qui occupe elle seule alors la consci5ce1 e/ basse1 g/e et m*ante4 7,note de ,s*op5hau]47 #d3 ,le fondem5t de la morale1 traduit p> ,m4 ,burdeau1 9 #ah 7,biblio?que de philosophie contempora9e74 #e3 ,en franais dans l'orig9al4 #f3 ,les classes les plus leves1 dans leur clat1 leur spl5deur et leur fa/e1 dans leur magnific5ce et leur o/5tation de t\te nature1 peuv5t se dire3 ,notre bonheur e/ plac entirem5t en dehors de n\s2 son lieu1 ce sont les ttes des autres4 7,note de ,s*op5hau]47 #g3 ,scire tuum nihil e/1 nisi te scire hoc sciat alt] 7,ton savoir n'e/ ri51 si tu ne sais pas que les autres le sav5t47 7,note de l'auteur47 #h3 ,en franais1 dans l'orig9al4 #i3 ,je tr\ve dans la traduction r\ma9e des ,aphorismes p> ,t4 ,maioresco 7voy4 ,convorbirile ,lit]>e1 #aj;e anne1 page #acj2 ,jassy1 #ahgf7 une note relative ce passage et rappelant que ,s*op5hau] a publi ses ,aphorismes en #ahea4 ,j'ai cru de mon devoir de la m5tionn] ici1 c> cette date a une haute importance3 elle dgage l'imp>tialit du philosophe allem& que les passages conc]nant la vanit franaise et le bigotisme anglais aurai5t pu compromettre quelque peu aux yeux des lecteurs4 ,c'e/ ce titre que j'ai v\lu donn] aussi la date dont il e/ "q1 rappele1 avec une int5tion si manife/e1 p> ,m4 ,maioresco4 7,note du trad47 #aj3 ,en franais dans l'orig9al4 #aa3 ,s*op5hau] va ju/ifi] cette qualification quelques lignes plus bas4 7,note du trad47 #ab3 ,de ,w4 ,less+4 7,note du trad47 #ac3 ,un manuscrit de ,s*op5hau]1 intitul ,adv]s>ia1 conti5t le premi] projet de cette diss]tation1 s\s le titre3 ,esquisse d'une diss]tation sur l'honneur4 ,l'loqu5ce et l'lvation de p5ses et de s5tim5t m'ont engag donn] ici la traduction de ce passage3 ,voil donc ce code6 ,et voil l'effet trange et grotesque que produis5t1 qu& on les ramne des notions prcises et qu'on les nonce clairem5t1 ces pr9cipes auxquels obiss5t auj\rd'hui encore1 dans l',europe *rti5ne1 t\s ceux qui app>ti5n5t la soi-disant bonne socit et au soi-disant bon ton4 ,il en e/ mme beauc\p de ceux qui ces pr9cipes ont t inoculs ds leur t5dre jeunesse1 p> la p>ole et p> l'exemple1 qui y croi5t plus f]mem5t encore qu' leur cat*isme2 qui leur port5t la vnration la plus pr(onde et la plus s9cre2 qui sont prts1 t\t mom5t1 leur sacrifi] leur bonheur1 leur repos1 leur sant et leur vie2 qui sont conva9cus que leur rac9e e/ dans la nature huma9e1 qu'ils sont inns1 qu'ils exi/5t a priori et sont placs au-dessus de t\t exam54 ,je suis lo9 de v\loir port] atte9te leur cur2 mais je dois dcl>] que cela ne tmoigne pas en faveur de leur intellig5ce4 ,a9si ces pr9cipes devrai5t-ils1 mo9s qu' t\te autre1 conv5ir cette classe sociale de/9e reprs5t] l'intellig5ce1 dev5ir le sel de la t]re1 et qui se prp>e en consqu5ce p\r cette haute mission2 je veux p>l] de la jeunesse acadmique1 qui1 en ,allemagne1 hlas6 obx ces prceptes plus que t\te autre classe4 ,je ne vi5s pas appel] ici l'att5tion des jeunes tudiants sur les consqu5ces fune/es ou immorales de ces maximes2 on doit l'avoir dj s\v5t fait4 ,je me born]ai donc leur dire ce qui suit3 ,v\s1 dont la jeunesse a t n\rrie de la langue et de la sagesse de l',hellade et du ,latium1 v\s1 dont on a eu le so9 inapprciable d'clair] de bonne heure la jeune intellig5ce des rayons lum9eux mans des sages et des nobles de la belle antiquit1 quoi1 c'e/ v\s qui v\lez dbut] dans la vie en pr5ant p\r rgle de conduite ce code de la draison et de la brutalit8 ,voyez-le1 ce code1 qu& on le ramne1 a9si que je l'ai fait ici1 des notions claires1 comme il e/ t5du1 l1 vos yeux1 dans sa pitoyable nullit2 faites-en la pi]re de t\*e1 non de votre cur1 mais de votre raison4 ,si celle-ci ne le rejette pas1 alors votre tte n'en pas apte cultiv] un *amp o les qualits indisp5sables sont une =ce n]gique de jugem5t qui rompe facilem5t les li5s du prjug1 et une raison clairvoyante qui sa*e di/+u] nettem5t le vrai du faux l mme o la diffr5ce e/ pr(ondm5t ca*e et non pas1 comme ici1 o elle e/ palpable2 s'il en e/ a9si1 mes bons amis1 *]*ez quelque autre moy5 honnte de v\s tir] d'affaire dans le monde1 faites-v\s soldats1 ou appr5ez quelque mti]1 c> t\t mti] e/ d'or4 #ad3 ,voici comm5t ,s*op5hau] rsume cette hi/oire3 ,deux hommes d'honneur1 dont l'un s'appelait ,desgl&s1 c\rtisai5t la mme femme3 ils sont assis table ct l'un de l'autre et vis--vis de la dame1 dont ,desgl&s *]*e fix] l'att5tion p> les disc\rs les plus anims2 p5dant ce temps1 les yeux de la p]sonne aime *]*5t con/amm5t le rival de ,desgl&s1 et elle ne lui prte lui-mme qu'une oreille di/raite4 ,la jal\sie provoque *ez ,desgl&s1 qui ti5t la ma9 un uf la coque1 une contraction spasmodique2 l'uf clate1 et son cont5u jaillit au visage du rival4 ,celui-ci fait un ge/e de la ma92 mais ,desgl&s la saisit et lui dit l'oreille3 ,je le ti5s p\r reu4 ,il se fait un pr(ond sil5ce4 ,le l5dema9 ,desgl&s p>at la j\e droite c\v]te d'un gr& rond de taffetas noir4 ,le duel eut lieu1 et le rival de ,desgl&s fut grivem5t1 mais non mortellem5t bless4 ,desgl&s dim9ua alors son taffetas noir de quelques lignes4 ,aprs gurison du rivai1 second duel2 ,desgl&s le saigna de n\veau et rtrcit encore son empltre4 ,a9si c9q six fois de suite3 aprs *aque duel1 ,desgl&s dim9uait le rond de taffetas1 jusqu' la mort du rival4 #ae3 ,l'honneur *eval]esque e/ l'enfant de l'orgueil et de la folie 7la vrit oppose ces prceptes se tr\ve nettem5t exprime dans la comdie ,el pr9cipe con/ante p> ces mots3 ,esa es la h]5cia de ,adan#af74 ,il e/ frappant que cet extrme orgueil ne se r5contre qu'au se9 de cette religion qui impose ses adhr5ts l'extrme humilit2 ni les poques antrieures2 ni les autres p>ties du monde ne connaiss5t ce pr9cipe de l'honneur *eval]esque4 ,cep5dant ce n'e/ pas la religion qu'il faut en attribu] la cause1 mais au rgime fodal s\s l'empire duquel t\t noble se considrait comme un petit s\v]a92 il ne reconnaissait aucun juge p>mi les hommes1 qui ft plac au-dessus de lui2 il appr5ait attribu] sa p]sonne une inviolabilit et une sa9tet absolues2 c'e/ p\rquoi t\t att5tat contre cette p]sonne1 un c\p1 une injure1 lui semblait un crime mritant la mort4 ,aussi le pr9cipe de l'honneur et le duel n'tai5t-ils l'orig9e qu'une affaire conc]nant les nobles2 elle s't5dit plus t>d aux (fici]s1 auxquels s'adjoignir5t ensuite p>fois1 mais jamais d'une manire con/ante1 les autres classes plus leves1 dans le b de ne pas tre dprcies4 ,les ordalies1 quoiqu'elles ai5t donn naissance aux duels1 ne sont pas l'orig9e du pr9cipe de l'honneur2 elles n'en sont que la consqu5ce et l'application3 quiconque ne reconnat aucun homme le droit de le jug] en appelle au ,juge div94--,les ordalies elles-mmes n'app>ti5n5t pas exclusivem5t au *ri/ianisme2 on les retr\ve frquemm5t dans le brahmanisme1 bi5 que le plus s\v5t aux poques recules2 cep5dant il en exi/e encore des ve/iges auj\rd'hui4 7,note de l'auteur47 #af3 ,le s5s propre de ces mots e/ que la misre e/ le lot des fils d',adam4 7,trad47 #ag3 ,v+t ou tr5te c\ps de canne sur le d]rire1 c'e/1 p\r a9si dire1 le pa9 quotidi5 des ,*9ois4 ,c'e/ une correction pat]nelle du m&>91 laquelle n'a ri5 d'infamant1 et qu'ils reoiv5t avec actions de grces4 7,lettres difiantes et curieuses1 d4 #ahai1 vol4 ,,xi1 p4 #ded47 7,citation de l'auteur74 #ah3 ,voici1 selon moi1 quel e/ le vritable motif p\r lequel les g\v]nem5ts ne s'ef=c5t qu'en app>5ce de proscrire les duels1 *ose bi5 facile1 surt\t dans les univ]sits1 et d'o vi5t qu'ils prt5d5t ne p\voir russir3 l'tat n'e/ pas en mesure de pay] les s]vices de ses (fici]s et de ses employs civils leur valeur entire en arg5t2 aussi fait-il consi/] l'autre moiti de leurs molum5ts en honneur1 reprs5t p> des titres1 des uni=mes et des dcorations4 ,p\r ma9t5ir ce prix idal de leurs s]vices un c\rs lev1 il faut1 pur t\s les moy5s1 entret5ir1 aviv] et mme exalt] quelque peu le s5tim5t de l'honneur2 comme cet effet l'honneur b\rgeois ne suffit pas1 p\r la simple raison qu'il e/ la proprit commune de t\t le monde1 on appelle au sec\rs l'honneur *eval]esque que l'on /imule1 comme n\s l'avons montr4 ,en ,anglet]re1 o les gages des militaires et des civils sont beauc\p plus =ts que sur le cont95t1 on n'a pus beso9 d'un p>eil expdi5t2 aussi1 depuis une v+ta9e d'annes surt\t1 le duel y e/-il presque compltem5t aboli2 et1 dans les r>es occasions o il s'en produit encore1 on s'en moque comme d'une folie1 ,il e/ c]ta9 que la gr&e ,anti-duell+ ,society1 qui compte p>mi ses membres1 une f\le de lords1 d'amiraux et de gnraux1 a beauc\p contribu ce rsultat1 et le ,molo* doit se pass] de victimes4--7,note de l'auteur47 #ai3 ,voici cette fameuse note1 laquelle ,s*op5hau] fait allusion3 ,un s\fflet et un dm5ti reu et endurs ont des effets civils que nul sage ne peut prv5ir et dont nul tribunal ne peut v5g] l'(f5s4 ,l'insuffisance des lois lui r5d donc en cela son indp5dance2 il e/ alors seul magi/rat1 seul juge entre l'(f5seur et lui3 il e/ seul int]prte et m9i/re de la loi naturelle2 il se doit ju/ice et peut seul se la r5dre1 et il n'y a sur la t]re nul g\v]nem5t assez ins5s p\r le punir de se l'tre faite en p>eil cas4 ,je ne dis pas qu'il doive s'all] battre1 c'e/ une extravagance2 je dis qu'il se doit ju/ice et qu'il en e/ le seul disp5sateur4 ,sans tant de va9s dits contre les duels1 si j'tais s\v]a91 je rponds qu'il n'y aurait jamais ni s\fflet ni dm5ti donn dans mes tats1 et cela p> un moy5 =t simple dont les tribunaux ne se ml]ont po9t4 ,quoi qu'il en soit1 mile sait en p>eil cas la ju/ice qu'il se doit lui-mme1 et l'exemple qu'il doit la sret des g5s d'honneur4 ,il ne dp5d pas de l'homme le plus f]me d'emp*] qu'on ne l'insulte1 mais il dp5d de lui d'emp*] qu'on ne se vante longtemps de l'avoir insult4 #bj3 ,aussi e/-ce faire un mauvais complim5t lorsque1 a9si qu'il e/ de mode auj\rd'hui1 croyant faire honneur des uvres1 on les intitule des actes4 ,c> les uvres sont1 p> leur ess5ce1 d'une espce suprieure4 ,un acte n'e/ t\j\rs qu'une action base sur un motif1 p> consqu5t1 quelque *ose d'isol1 de transitoire1 et app>t5ant cet lm5t gnral et primitif du monde1 la volont4 ,une gr&e et belle uvre e/ une *ose durable1 c> son importance e/ univ]selle1 et elle procde de l'intellig5ce1 de cette intellig5ce innoc5te1 pure1 qui s'lve comme un p>fum au-dessus de ce bas monde de la volont4 ,p>mi les avantages de la gloire des actions1 il y a aussi celui de se produire ord9airem5t d'un c\p avec un gr& clat1 si gr& p>fois que l',europe entire en ret5tit1 t&is que la gloire des uvres n'arrive que l5tem5t et ins5siblem5t faible1 d'abord1 puis de plus en plus =te1 et n'atte9t s\v5t t\te sa puissance qu'aprs un sicle2 mais alors elle re/e p5dant des milli]s d'annes1 p>ce que les uvres re/5t aussi4 ,l'autre gloire1 la premire explosion passe1 s'affaiblit graduellem5t1 e/ de mo9s en mo9s connue et f9it p> ne plus exi/] que dans l'hi/oire l'tat de fantme4--7,note de l'auteur47 #ba3 ,p\r compr5dre le s5s de ces mots de ,s*op5hau]1 le lecteur franais a beso9 de savoir que le philosophe pessimi/e1 dans son pr(ond dda9 des ignorants1 ne traduit jamais les citations lat9es1 et ne traduit les grecques qu'en lat92 c'e/ donc une exception qu'il fait ici p\r le fabuleux ,epi*>me4--7,trad47 #bb3 ,comme notre plus gr& plaisir consi/e en ce qu'on n\s admire1 mais comme les autres ne cons5t5t que trs difficilem5t n\s admir] mme alors que l'admiration s]ait ple9em5t ju/ifie1 il en rsulte que celui-l e/ le plus heureux qui1 n'importe comm5t1 e/ arriv s'admir] s9crem5t soi-mme4 ,seulem5t il ne doit pas se laiss] g>] p> les autres4--7,note de l'auteur47 #bc3 ,l',ecclsia/e2 trad4 #bd3 ,a9si que notre corps e/ envelopp dans ses vtem5ts1 a9si notre esprit e/ revtu de m5songes4 ,nos p>oles1 nos actions1 t\t notre tre e/ m5teur1 et ce n'e/ qu' trav]s cette enveloppe que l'on peut dev9] p>fois notre p5se vraie1 comme trav]s les vtem5ts les =mes du corps4 7,note de l'auteur47 #be3 ,en franais dans le texte4 7,note du traducteur47 #bf3 ,t\t le monde sait qu'on allge les maux en les supportant en commun3 p>mi ces maux1 les hommes sembl5t compt] l'ennui1 et c'e/ p\rquoi ils se gr\p5t1 af9 de s'ennuy] en commun4 ,de mme que l'am\r de la vie n'e/ au fond que la peur de la mort1 de mme l'in/9ct social des hommes n'e/ pas un s5tim5t direct1 c'e/--dire ne repose pas sur l'am\r de la socit1 mais sur la cra9te de la solitude1 c> ce n'e/ pas tant la bi5heureuse prs5ce des autres que l'on *]*e2 on fuit plutt l'aridit et la dsolation de l'isolem5t1 a9si que la monotonie de la propre consci5ce2 p\r *app] la solitude1 t\te compagnie e/ bonne1 mme la mauvaise1 et l'on se s\met volonti]s la fatigue et la contra9te que t\te socit apporte ncessairem5t avec soi4--,mais qu& le dgt de t\t cela a pris le dessus1 qu&1 comme consqu5ce1 on s'e/ fait la solitude et l'on s'e/ endurci contre l'impression premire qu'elle produit1 de manire ne plus en pr\v] ces effets que n\s avons retracs plus haut1 alors on peut1 t\t l'aise1 re/] t\j\rs seul2 on ne s\pir]a plus aprs le monde1 prcism5t p>ce que ce n'e/ pas l un beso9 direct et p>ce qu'on s'e/ acc\tum dsormais aux proprits bi5faisantes de la solitude4 7,note de ,s*op5hau]47 #bg3 ,voici l'apologue m5tionn ci-dessus3 ,p> une froide j\rne d'hiv]1 un tr\peau de porcs-pics s'tait mis en gr\pe s]r p\r se g>antir mutuellem5t contre la gele p> leur propre *aleur4 ,mais t\t aussitt ils ress5tir5t les atte9tes de leurs piquants1 ce qui les fit s'loign] les uns des autres4 ,qu& le beso9 de se *auff] les eut rappro*s de n\veau1 le mme inconvni5t se r5\vela1 de faon qu'ils tai5t ballotts de et de l entre les deux s\ffrances1 jusqu' ce qu'ils euss5t f9i p> tr\v] une di/ance moy5ne qui leur r5dit la situation supportable4 ,a9si1 le beso9 de socit1 n du vide et de la monotonie de leur propre intrieur1 p\sse les hommes les uns v]s les autres2 mais leurs nombreuses qualits rep\ssantes et leurs insupportables dfauts les disp]s5t de n\veau4 ,la di/ance moy5ne qu'ils f9iss5t p> dc\vrir et laquelle la vie en commun devi5t possible1 c'e/ la politesse et les belles manires4 ,en ,anglet]re1 on crie celui qui ne se ti5t pas cette di/ance3 ,keep y\r di/ance6--,p> ce moy51 le beso9 de *auffage mutuel n'e/1 la vrit1 satisfait qu' moiti1 mais en revan*e on ne ress5t pas la blessure des piquants4--,celui-l cep5dant qui possde beauc\p de calorique propre prfre re/] en dehors de la socit p\r n'pr\v] ni ne caus] de pe9e4 7,note du traducteur47 #bh3 ,envie1 dans les hommes1 montre combi5 ils se s5t5t malheureux1 et la con/ante att5tion qu'ils port5t t\t ce que font ou ne font pas les autres montre combi5 ils s'ennui5t4--7,note de l'auteur74 #bi3 ,en franais dans le texte4 #cj3 ,le sommeil e/ une petite portion de mort que n\s empruntons anticip&o et p> le moy5 de laquelle n\s regagnons et r5\velons la vie puise dans l'espace d'un j\r4 ,le sommeil e/ un emprunt fait la mort#ca4 ,le sommeil emprunte la mort p\r entret5ir la vie4 ,ou bi51 il e/ l'intrt pay provisoirem5t la mort1 qui elle-mme e/ le payem5t intgrai du capital4 ,le remb\rsem5t total e/ exig dans un dlai d'autant plus long que l'intrt e/ plus lev et se paye plus rgulirem5t4 7,note de l'auteur47 #ca3 ,en franais dans le texte #cb3 ,en franais dans le texte4 #cc3 ,voici le texte de la maxime laquelle ,s*op5hau] fait allusion3 ,il e/ difficile d'aim] ceux que n\s n'e/imons po9t2 mais il ne l'e/ pas mo9s d'aim] ceux que n\s e/imons beauc\p plus que n\s4 7,la ,ro*41 dit4 de la ,bibl4 nationale1 p4 #ga1 #cjc47 #cd3 ,si dans les hommes1 tels qu'ils sont p\r la plup>t1 le bon dpassait le mauvais1 il s]ait plus sage de se fi] leur ju/ice1 leur quit1 leur fidlit1 leur affection ou leur *>it qu' leur cra9te2 mats1 comme c'e/ t\t l'inv]se1 c'e/ l'inv]se qui e/ le plus sage4 7,note de l'auteur47 #ce3 ,ce mmoire1 traduit en franais1 a reu p\r titre3 ,essai sur le libre arbitre4 #a vol4 9-#ah4 ,g]m] ,baillire et ,cie4 ,p>is4 #cf3 ,s*op5hau] =ce la note2 c> ,la ,ro*ef\cauld a dit3 n\s tr\vons s\v5t444 7,note du traducteur47 #cg3 ,p\r faire son *em9 dans le monde1 amitis et cam>ad]ie sont1 entre t\s1 le moy5 le plus puissant4 ,or les gr&es capacits donn5t de la fi]t2 on e/ peu fait alors flatt] ceux qui n'en ont gure et devant lesquels1 cause de cela mme1 il faut dissimul] et r5i] ses hautes qualits4 ,la consci5ce de n'avoir que des moy5s borns agit l'inv]se2 elle s'accorde p>faitem5t avec l'humilit1 l'affabilit1 la complaisance1 et le respect de ce qui e/ mauvais2 elle aide1 p> consqu5t1 se faire des amis et des protecteurs4 ,ceci ne s'applique pas seulem5t aux fonctions de l'tat1 mais aussi aux places honorifiques1 aux dignits1 et mme la gloire dans le monde savant2 ce qui fait que1 p> exemple1 dans les acadmies1 la bonne et brave mdiocrit occupe t\j\rs la haute place1 et que les g5s de mrite n'y entr5t que t>d ou pas du t\t3 il en e/ de mme en t\te *ose4 #ch3 ,voy4 ,de augm5tis sci5ti>um1 ,lud4 ,batav41 #afde1 l4 ,,viii1 *4 #b1 p4 #fdd et suiv4 #ci3 ,je ne puis rsi/] la t5tation de cit] le prov]be analogue1 populaire en ,r\manie3 ,fa-me1 mam1 cu noroc 7,donne-moi1 mre1 du bonheur71 ,si arunc-me 9 foc 7,et jette-moi au feu74 7,le trad47 #dj3 ,le has>d a un si gr& rle dans t\tes les *oses huma9es1 que lorsque n\s *]*ons obvi] p> des sacrifices immdiats quelque dang] qui n\s m5ace de lo91 celui-ci disp>at s\v5t p> un t\r imprvu que pr5n5t les vnem5ts1 et non seulem5t les sacrifices faits re/5t p]dus1 mais le *angem5t qu'ils ont am5 devi5t lui-mme dsavantageux en prs5ce du n\vel tat des *oses4 ,aussi avec nos mesures ne devons-n\s pas pntr] trop avant dans l'av5ir2 il faut compt] aussi sur les has>d et affront] h>dim5t plus d'un dang]1 en se fondant sur l'espoir de le voir s'loign]1 comme tant de sombres nues d'orage4 #da3 ,en franais dans le texte4 #db3 ,dans l'ge mr1 on s'ent5d mieux se g>d] contre le malheur1 dans la jeunesse le support]4 7,note de l'auteur47 #dc3 ,il y a erreur3 ce n'e/ pas au *apitre #e1 mais au *apitre #h1 que se tr\ve l'obs]vation cite p> ,s*op5hau]4 7,le trad47 #dd3 ,la vie huma9e1 proprem5t p>l]1 ne peut tre dite ni longue ni c\rte1 c>1 au fond1 elle e/ l'*elle avec laquelle n\s mesurons t\tes les autres longueurs de temps4--,l',oupanis*ad du ,vda 7vol4 #b7 donne #ajj ans p\r la dure naturelle de la vie1 et avec raison1 mon avis2 c> j'ai rem>qu que ceux-l seulem5t qui dpass5t #ij ans f9iss5t p> l'eu?anasie1 c'e/--dire qu'ils meur5t sans maladie1 sans apoplexie1 sans convulsion1 sans rle1 quelquefois mme sans plir1 le plus s\v5t assis1 pr9cipalem5t aprs leur repas3 il s]ait plus exact de dire qu'ils ne meur5t pas1 ils cess5t de vivre seulem5t4 t\t autre ge antrieur celui-l1 on ne meurt que de maladie1 donc prmaturm5t4--,dans l',anci5 ,te/am5t 7,ps4 #ij1 #aj71 la dure de la vie huma9e e/ value #gj1 au plus #hj ans2 et1 *ose plus importante1 ,hrodote 7,i1 #cb1 et ,,iii1 #bb7 en dit autant4 ,mais c'e/ faux et ce n'e/ que le rsultat d'une manire grossire et sup]ficielle d'int]prt] l'expri5ce j\rnalire4 ,c>1 si la dure naturelle de la vie tait de #gj-hj ans1 les hommes entre #gj et #hj ans devrai5t m\rir de vieillesse2 ce qui n'e/ pas du t\t3 ils meur5t de maladies1 comme leurs cadets2 or la maladie1 tant ess5tiellem5t une anomalie1 n'e/ pas la f9 naturelle4 ,ce n'e/ qu'entre #ij et #ajj ans qu'il devi5t normal de m\rir de vieillesse1 sans maladie1 sans lutte1 sans rle1 sans convulsions1 p>fois sans plir1 en un mot d'eu?anasie4--,sur ce po9t aussi1 l',oupanis*ad a donc raison en fixant #ajj ans la dure naturelle de la vie4 7,note de ,s*op5hau]47 #de3 ,j'ai cru devoir mettre en italiques et entre cro*ets ces quelques lignes1 p>ce qu'elles ne se rapport5t en aucune faon ce qui prcde immdiatem5t2 le lecteur a pu rem>qu] que le mme cas s'e/ prs5t plusieurs fois dj dans le c\rs du volume1 notamm5t au *apitre #e4 ,cela s'explique trs facilem5t si l'on admet que ce sont l des int]calations plus ou mo9s heureusem5t pratiques p> ,m4 ,frau5/a$t 7diteur des ditions po/rieures la #are71 qui ,s*op5hau] a lgu ses manuscrits et ses nombreuses notices4 ,je suis1 d'autant plus port croire mon explication la vraie1 que des p]sonnes autorises1 entre autres ,m4 de ,gr444*1 m'ont affirm que la #are dition ne conti5t aucune de ces incohr5ces ni de ces trop frqu5tes r$ites1 dans des t]mes presque id5tiques1 que l'on peut galem5t con/at]4 ,p\r ma "p1 malheureusem5t1 je n'ai eu s\s les yeux1 comme texte p\r la traduction1 que les #b;e et #c;e ditions4 7,note du traducteur47 #df3 ,environ #fb plantes tlescopiques ont encore t dc\v]tes depuis2 mais c'e/ l une innovation dont je ne veux pas ent5dre p>l]4 ,aussi j'en use leur g>d comme les pr(esseurs de philosophie en ont u vis--vis de moi3 je n'en veux ri5 savoir1 c> elles discrdit5t la m>*&ise que j'ai en b\tique4 7,note de l'auteur47