available by the ,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,note sur la transcription3 ,les erreurs clairement introduites par le typographe ont t corriges4 ,l'orthographe d'origine a t conserve et n'a pas t harmonise4 ,,sais-,,tu8 ,,oui4--,,retiens ,,non4--,,apprends ,,recueil ,,de ,,po,,sies ,,simples ,,et ,,faciles ,,destin,,es ,a ,,servir ,d',,exercices ,l,,mentaires ,,de ,m,,moire ,,et ,,de ,d,,clamation ,,ouvrage ,,sp,,cialement ,,utile ,,aux ,,coles1 ,,aux ,,familles ,,aux ,,trangers ,,et ,,aux ,,soci,t,s ,d',,apprentis #e;e ,,dition ,,paris ,,grassart1 ,,libraire-,,diteur #b1 ,,rue ,,de ,,la ,,paix1 #b #ahhg ,,pr,,face ,exercer graduellement la mmoire de l'enfant et du jeune homme2 dvelopper l'important organe de la voix2 meubler l'esprit de penses justes1 d'expressions heureuses1 de tournures lgantes2 commencer l'ducation littraire de l'lve par la frquentation des bons auteurs1 tels sont entre mille les principaux avantages d'un semblable recueil4 ,comment s'tonner1 aprs cela1 qu'un but si utile ait tent un grand nombre d'auteurs attirs suffisamment d'ailleurs par la facilit apparente de l'entreprise8 tonnons-nous plutt que parmi tant de recueils qui tous ont1 avec beaucoup de qualits1 quelques dfauts1 il n'y en ait aucun qui runisse les conditions suivantes3 ,bon march et moralit4--,bonne posie et simplicit4 ,par consquent1 aucun qui puisse servir avec avantage dans les familles1 dans les classes lmentaires1 dans les socits d'apprentis1 et1 en gnral1 dans tous les cas o les conditions nonces plus haut sont d'une ncessit absolue4 ,la plupart des recueils sont trop chers et trop volumineux4 ,le ntre1 en vitant ces deux inconvnients1 devient facile acheter1 commode remplacer1 et rentre1 sous ce rapport1 dans la catgorie des livres classiques4 ,ce qui manque surtout dans beaucoup de recueils destins l'enfance1 c'est un langage sa porte4 ,longtemps on a cru que pour qu'un recueil convnt au jeune ge1 il suffisait qu'il ft moral et religieux2 il n'en est rien4 ,outre ces deux qualits indispensables1 nous en avons recherch une non moins ncessaire3 la simplicit4 ,on se met trop peu la porte des enfants2 de l vient que si souvent nous perdons notre temps les fatiguer ou les ennuyer inutilement4 ,mais la simplicit dans les termes ne doit pas exclure la beaut dans la forme1 la puret de la diction1 la correction du style4 ,aussi1 nous sommes-nous fait un devoir de ne puiser nos citations qu' bonnes sources1 et de n'admettre d'entre les productions contemporaines que celles qui sont gnralement estimes4 ,nous sommes heureux d'ajouter que nous avons reu bien des conseils et que nous les avons mis profit4 ,nous comptons que la bienveillance de nos collgues et de nos suprieurs ne nous fera pas dfaut1 qu'elle nous suggrera encore quelques bonnes ides1 et1 s'il le faut1 nous clairera par une critique affectueuse1 mais sincre4 ,,victor ,,juhlin4 ,,le ,p,,re ,,et ,l',,enfant --,pre1 apprenez-moi1 je vous prie1 ,ce qu'on trouve aprs le coteau ,qui borne mes yeux la prairie8 --,on trouve un espace nouveau3 ,comme ici1 des bois1 des campagnes1 ,des hameaux1 enfin des montagnes4 --,et plus loin8 --,d'autres monts encor4 --,aprs ces monts8 --,la mer immense4 --,aprs la mer8 --,un autre bord4 --,et puis8 ,on avance1 on avance1 ,et l'on va si loin1 mon petit1 ,si loin1 toujours faisant sa ronde1 ,qu'on trouve enfin le bout du monde444 ,au mme lieu d'o l'on partit4 ,j4-,j4 ,,porchat4 ,,une ,,bonne ,,semaine ,mon ,dieu1 pendant cette semaine1 ,dans mes leons et dans mes jeux ,garde-moi de faute et de peine2 ,car qui dit l'un1 dit tous les deux4 ,donne-moi cette humeur docile ,qui rend le devoir plus facile2 ,et si ma mre m'avertit1 ,au lieu de cet esprit frivole ,que distrait la mouche qui vole1 ,seigneur1 donne-moi ton esprit4 ,mme ,,amable ,,tastu4 ,,aux ,,jeunes ,,gens ,,sonnet ,jeunesse1 ne suis point ton caprice volage3 ,au plus beau de tes jours souviens-toi de ta fin4 ,peut-tre verras-tu ton soir dans ton matin2 ,et l'hiver de ta vie au printemps de ton ge4 ,la plus verte saison est sujette l'orage3 ,de la certaine mort le temps est incertain2 ,et de la fleur des champs le fragile destin ,exprime de ton sort la vritable image4 ,mais veux-tu dans le ciel refleurir pour toujours8 ,ne garde point ,dieu l'hiver qui des vieux jours ,tient1 sous ses dures lois1 la faiblesse asservie2 ,consacre-lui les fleurs de ton jeune printemps1 ,l'lite de tes jours1 la force de ta vie1 ,puisqu'il est et l'arbitre et l'auteur de tes ans4 ,,drelincourt4 ,,la ,,feuille ,,du ,,ch,,ne ,reposons-nous sous la feuille du chne4 ,je vous dirai l'histoire qu'autrefois1 ,en revenant de la cit prochaine1 ,mon pre1 un soir1 me conta dans les bois3 7,o mes amis1 que ,dieu vous garde un pre6 ,le mien n'est plus47--,de la terre trangre1 ,seul1 dans la nuit1 et ple de frayeur1 ,s'en revenait un riche voyageur4 ,un meurtrier sort du taillis voisin4 ,o voyageur6 ,ta perte est trop certaine2 ,ta femme est veuve et ton fils orphelin4 ,tratre1 a-t-il dit1 nous sommes seuls dans l'ombre2 ,mais1 prs de nous1 vois-tu ce chne sombre8 ,il est tmoin3 au tribunal vengeur ,il redira la mort du voyageur6 ,le meurtrier dpouilla l'inconnu2 ,il emporta dans sa maison lointaine ,cet or sanglant1 par le crime obtenu4 ,prs d'une pouse industrieuse et sage1 ,il oublia le chne et son feuillage2 ,et seulement une fois la rougeur ,couvrit ses traits1 au nom du voyageur4 ,un jour enfin1 assis tranquillement ,sous la rame1 au bord d'une fontaine1 ,il s'abreuvait d'un laitage cumant4 ,soudain le vent frachit2 avant l'automne1 ,au sein des airs la feuille tourbillonne3 ,sur le laitage elle tombe444 ,o terreur6 ,c'tait ta feuille1 arbre du voyageur6 ,le meurtrier devint ple et tremblant3 ,la verte feuille et la claire fontaine1 ,et le lait pur1 tout lui parut sanglant4 ,il se trahit2 on l'coute1 on l'enchane2 ,devant le juge en tumulte on l'entrane2 ,tout se rvle et l'chafaud vengeur ,rclame1 hlas6 le sang du voyageur4 ,reposons-nous sous la feuille du chne4 ,,millevoye4 ,,le ,s,,jour ,,dans ,,le ,,pays ,,natal ,il est un pays fortun3 ,un doux ciel rit ses campagnes2 ,et d'un beau lac son sol baign ,s'appuie de blanches montagnes3 ,vraie image du paradis1 ,c'est mon pays1 mon cher pays6 ,l mon enfance a pris l'essor1 ,de mon aeul l dort la cendre2 ,l ma mre possde encor ,un bon pre1 une mre tendre4 ,combien d'attraits tu runis1 ,o mon pays1 mon cher pays6 ,l des soins tendres1 maternels1 ,sont prodigus ma faiblesse2 ,de mes intrts ternels ,c'est l qu'on instruit ma jeunesse2 ,oh6 combien mes jours sont bnis ,dans mon pays1 mon cher pays6 ,bien loin de toi j'ai vu le jour1 ,mais mon pre1 chaque veille1 ,te vantait avec tant d'amour1 ,que je pleurais comme exile4 ,quel bonheur quand je te revis1 ,o mon pays1 mon cher pays6 ,loin de toi s'il faut me bannir1 ,je garde1 terre de mes pres1 ,dans mon coeur ton doux souvenir1 ,et ton doux nom dans mes prires4 ,oui1 je prierai pour tous tes fils1 ,o mon pays1 mon cher pays6 ,que par les soins de l'ternel1 ,ta terre soit fertilise1 ,et que la parole du ciel ,y pleuve comme une rose4 ,sois d'avance un vrai paradis1 ,o mon pays1 mon cher pays6 ,a4 ,,vinet4 ,,pri,,re ,d',,esther ,o mon souverain roi1 ,me voici donc tremblante et seule devant toi4 ,mon pre mille fois m'a dit dans mon enfance1 ,qu'avec nous tu juras une sainte alliance ,quand1 pour te faire un peuple agrable tes yeux1 ,il plut ton amour de choisir nos aeux3 ,mme tu leur promis de ta bouche sacre ,une postrit d'ternelle dure4 ,hlas6 ce peuple ingrat a mpris ta loi2 ,la nation chrie a viol sa foi2 ,elle a rpudi son poux et son pre1 ,pour rendre d'autres dieux un honneur adultre3 ,maintenant elle sert sous un matre tranger4 ,mais c'est peu d'tre esclave1 on la veut gorger3 ,nos superbes vainqueurs1 insultant nos larmes1 ,imputent leurs dieux le bonheur de leurs armes1 ,et veulent aujourd'hui qu'un mme coup mortel ,abolisse ton nom1 ton peuple et ton autel4 ,ainsi donc un perfide1 aprs tant de miracles1 ,pourrait anantir la foi de tes oracles1 ,ravirait aux mortels le plus cher de tes dons1 ,le saint que tu promets1 et que nous attendons6 ,non1 non1 ne souffre pas que ces peuples farouches1 ,ivres de notre sang1 ferment les seules bouches ,qui dans tout l'univers clbrent tes bienfaits2 ,et confonds tous ces dieux qui ne furent jamais4 ,pour moi1 que tu retiens parmi ces infidles1 ,tu sais combien je hais leurs ftes criminelles1 ,et que je mets au rang des profanations ,leur table1 leurs festins et leurs libations2 ,que mme cette pompe o je suis condamne1 ,ce bandeau dont il faut que je paraisse orne1 ,dans ces jours solennels l'orgueil ddis1 ,seule et dans le secret je les foule mes pieds2 ,qu' ces vains ornements je prfre la cendre ,et n'ai de got qu'aux pleurs que tu me vois rpandre4 ,j'attendais le moment marqu dans ton arrt ,pour oser de ton peuple embrasser l'intrt4 ,ce moment est venu3 ma prompte obissance ,va d'un roi redoutable affronter la prsence4 ,c'est pour toi que je marche3 accompagne mes pas ,devant ce fier lion qui ne te connat pas2 ,commande en me voyant que son courroux s'apaise1 ,et prte mes discours un charme qui lui plaise2 ,les orages1 les vents1 les cieux te sont soumis4 ,tourne enfin sa fureur contre nos ennemis4 ,,racine4 ,,les ,,hirondelles ,captif au rivage du ,maure1 ,un guerrier1 courb sous ses fers1 ,disait3 ,je vous revois encore ,oiseaux ennemis des hivers4 ,hirondelles que l'esprance ,suit jusqu'en ces brlants climats1 ,sans doute vous quittez la ,france4 ,de mon pays ne me parlez-vous pas8 ,depuis trois ans je vous conjure ,de m'apporter un souvenir ,du vallon o ma vie obscure ,se berait d'un doux avenir4 ,au dtour d'une eau qui chemine ,a flots purs1 sous de frais lilas1 ,vous avez vu notre chaumine4 ,de ce vallon ne me parlez-vous pas8 ,l'une de vous peut-tre est ne ,au toit o je reus le jour2 ,l1 d'une mre infortune1 ,vous avez d plaindre l'amour4 ,mourante1 elle croit toute heure ,entendre le bruit de mes pas4 ,elle coute et puis elle pleure4 ,de son amour ne me parlez-vous pas8 ,ma soeur est-elle marie8 ,avez-vous vu de nos garons ,la foule aux noces convie ,la clbrer dans leurs chansons8 ,et ces compagnons du jeune ge ,qui m'ont suivi dans les combats1 ,ont-ils tous revu le village8 ,de tant d'amis ne me parlez-vous pas8 ,sur leurs corps l'tranger peut-tre ,du vallon reprend le chemin4 ,sous mon chaume il commande en matre1 ,de ma soeur il trouble l'hymen4 ,pour moi1 plus de mre qui prie1 ,et partout des fers ici-bas6 ,hirondelles1 de ma patrie1 ,de ses malheurs ne me parlez-vous pas8 ,b,,ranger4 ,,la ,,pauvre ,,fille ,j'ai fui ce pnible sommeil ,qu'aucun songe heureux n'accompagne2 ,j'ai devanc sur la montagne ,les premiers rayons du soleil4 ,s'veillant avec la nature1 ,le jeune oiseau chantait sur l'aubpine en fleurs2 ,sa mre lui portait la douce nourriture2 ,mes yeux se sont baigns de pleurs6 ,oh6 pourquoi n'ai-je pas de mre8 ,pourquoi ne suis-je pas semblable au jeune oiseau ,dont le nid se balance aux branches de l'ormeau8 ,rien ne m'appartient sur la terre2 ,je n'ai pas mme de berceau2 ,et je suis un enfant trouv sur une pierre1 ,devant l'glise du hameau4 ,loin de mes parents exile1 ,de leurs embrassements j'ignore la douceur1 ,et les enfants de la valle ,ne m'appellent jamais leur soeur6 ,je ne partage point les jeux de la veille2 ,jamais sous un toit de feuille ,le joyeux laboureur ne m'invite m'asseoir4 ,et de loin je vois sa famille1 ,autour du sarment qui ptille ,chercher sur ses genoux les caresses du soir4 ,vers la chapelle hospitalire ,en pleurant j'adresse mes pas1 ,la seule demeure ici-bas ,o je ne sois pas trangre1 ,la seule devant moi qui ne se ferme pas6 ,souvent je contemple la pierre ,o commencrent mes douleurs3 ,je cherche la trace des pleurs ,qu'en m'y laissant peut-tre y rpandit ma mre6 ,souvent aussi mes pas errants ,parcourent des tombeaux l'asile solitaire2 ,mais pour moi les tombeaux sont tous indiffrents1 ,la pauvre fille est sans parents ,au milieu des cercueils ainsi que sur la terre4 ,j'ai pleur quatorze printemps1 ,loin des bras qui m'ont repousse2 ,reviens1 ma mre3 je t'attends ,sur la pierre o tu m'as laisse4 ,a4 ,,soumet4 ,,le ,,colporteur ,,vaudois ,oh6 regardez1 ma noble et belle dame1 ,ces chanes d'or1 ces joyaux prcieux4 ,les voyez-vous1 ces perles dont la flamme ,effacerait un clair de vos yeux8 ,voyez encor ces vtements de soie ,qui pourraient plaire plus d'un souverain4 ,quand prs de vous un heureux sort m'envoie1 ,achetez donc au pauvre plerin6 ,la noble dame1 l'ge o l'on est vaine1 ,prit les joyaux1 les quitta1 les reprit1 ,les enlaa dans ses cheveux d'bne1 ,se trouva belle1 et puis elle sourit4 --,que te faut-il1 vieillard8 des mains d'un page ,dans un instant tu vas le recevoir4 ,oh6 pense moi1 si ton plerinage ,te reconduit auprs de ce manoir4 ,mais l'tranger d'une voix plus austre1 ,lui dit3 ,ma fille1 il me reste un trsor ,plus prcieux que les biens de la terre1 ,plus clatant que les perles et l'or4 ,on voit plir aux clarts dont il brille1 ,les diamants dont les rois sont pris4 ,quels jours heureux luiraient pour vous1 ma fille1 ,si vous aviez ma perle de grand prix6 --,montre-la-moi1 vieillard1 je t'en conjure2 ,ne puis-je pas te l'acheter aussi8 ,et l'tranger1 sous son manteau de bure1 ,chercha longtemps un vieux livre noirci4 --,ce bien1 dit-il1 vaut mieux qu'une couronne2 ,nous l'appelons la ,parole de ,dieu4 ,je ne vends pas ce trsor1 je le donne2 ,il est vous3 le ,ciel vous aide6 ,adieu6 ,il s'loigna4 ,bientt la noble dame ,lut et relut le livre du ,vaudois1 ,la vrit pntra dans son me1 ,et du ,sauveur elle comprit la voix2 ,puis1 un matin1 loin des tours crneles1 ,loin des plaisirs que le monde chrit1 ,on l'aperut dans les humbles valles ,o les ,vaudois adoraient ,jsus-,christ4 ,g4 ,,de ,f,,lice4 ,,la ,,pauvre ,,veuve ,,malade ,viens1 mon enfant1 prs de ta mre4 levons nos mains vers le ciel2 ,prions que dans ta coupe amre ,le ,seigneur verse un peu de miel6 ,je n'ai plus rien1 mon fils1 pour soulager ta peine1 ,rien pour scher tes yeux qui se baignent de pleurs1 ,je suis pauvre et dbile1 et la fivre m'enchane ,sur cette couche de douleurs4 ,les amis qui nagure gayaient ma jeunesse1 ,ont dj de mon chaume oubli le chemin4 ,hlas6 le monde fuit au jour de la dtresse ,et ne vient plus le lendemain4 ,par piti1 mon enfant1 n'appelle point ton pre6 ,ton pre1 s'il vivait1 protgerait tes jours2 ,mais son me est au ciel et son corps sous la pierre2 ,il nous a quitts pour toujours6 ,mon toit des vents du nord ne sait point te dfendre2 ,tu trembles sur mon sein qui ne peut te couvrir1 ,si jeune encor1 mon fils1 te faut-il donc apprendre ,qu'ici-bas l'homme doit souffrir8 ,que dis-je6 ,ah6 loin de moi1 loin d'indignes murmures6 ,dieu n'exauce-t-il pas le cri des opprims8 ,n'est-il pas avec nous pour gurir nos blessures1 ,celui qui nous a tant aims8 ,viens1 mon enfant1 prs de ta mre1 levons nos mains vers le ciel2 ,prions que dans ta coupe amre ,le ,seigneur verse un peu de miel6 ,oui1 tu seras toujours son guide et sa dfense2 ,mon fils peut regarder l'avenir sans effroi3 ,il a deux titres saints1 le malheur et l'enfance1 ,grand ,dieu1 pour esprer en toi6 ,oui1 comme tu rpands une frache rose ,sur la fleur qui s'incline aux feux brlants du jour1 ,tu rpandras1 ,seigneur1 sur son me brise1 ,les eaux vives de ton amour4 ,mais n'attends plus6 ,dj plissante et fltrie1 ,sa tte s'est penche au souffle des revers4 ,oh6 viens1 il en est temps1 l'orphelin qui te prie ,n'a que toi seul dans l'univers4 ,rends-lui1 ,dieu juste et bon1 les plaisirs du jeune ge1 ,rends-lui le doux espoir d'un heureux avenir2 ,et1 parmi les cueils de son plerinage1 ,veille sur lui pour le bnir6 ,viens1 mon enfant1 prs de ta mre1 levons nos mains vers le ciel2 ,prions que dans ta coupe amre ,le ,seigneur verse un peu de miel6 ,ainsi parlait la veuve et son regard humide ,sollicitait encor la cleste bont4 ,quand dj sous les traits d'une vierge timide ,accourait l'humble ,charit4 ,elle connat l'asile o gmit la souffrance2 ,au foyer qu'on oublie elle sme des fleurs2 ,et prs d'elle s'assied la riante ,esprance1 ,heureuse d'essuyer des pleurs4 ,ne crains plus1 lui disait l'humble fille chrtienne1 ,dieu ne veut pas briser le fragile roseau4 ,il envoie une soeur1 pour que sa main soutienne ,une moiti de ton fardeau4 ,et la veuve1 attendrie ces douces paroles1 ,montrait du doigt son fils qui priait genoux2 ,puis elle dit3 ,c'est toi1 mon ,dieu1 qui nous consoles1 ,ton ange descend parmi nous6 ,viens1 mon enfant1 prs de ta mre1 ,bnissons le ,matre du ciel2 ,n'a-t-il pas1 dans ta coupe amre1 ,daign rpandre un peu de miel8 ,g4 ,,de ,f,,lice4 ,,le ,d,,part ,,du ,,petit ,,savoyard ,pauvre petit1 pars pour la ,france2 ,que te sert mon amour8 je ne possde rien2 ,on vit heureux ailleurs1 ici dans la souffrance3 ,pars1 mon enfant2 c'est pour ton bien4 ,tant que mon lait put te suffire1 ,tant qu'un travail utile mes bras fut permis1 ,heureuse et dlasse en te voyant sourire1 ,jamais on n'et os me dire3 ,renonce aux baisers de ton fils4 ,mais je suis veuve1 on perd la force avec la joie4 ,triste et malade1 o recourir ici1 ,o mendier pour toi8 ,chez des pauvres aussi4 ,laisse ta pauvre mre1 enfant de la ,savoie2 ,va1 mon enfant1 o ,dieu t'envoie4 ,vois-tu ce grand chne l-bas8 ,je pourrai jusque-l t'accompagner1 j'espre2 ,quatre ans dj passs1 j'y conduisis ton pre2 ,mais lui1 mon fils1 ne revint pas4 ,encor s'il tait l pour guider ton enfance1 ,il m'en coterait moins de t'loigner de moi2 ,mais tu n'as pas dix ans1 et tu pars sans dfense4 ,que je vais prier ,dieu pour toi6 ,que feras-tu1 mon fils1 si ,dieu ne te seconde1 ,seul1 parmi les mchants 7car il en est au monde71 ,sans ta mre1 du moins1 pour t'apprendre souffrir844 ,oh6 que n'ai-je du pain1 mon fils pour te nourrir6 ,mais ,dieu le veut ainsi2 nous devons nous soumettre4 ,ne pleure pas en me quittant2 ,porte au seuil des palais un visage content4 ,parfois mon souvenir t'affligera peut-tre444 ,pour distraire le riche1 il faut chanter pourtant6 ,chante1 tant que la vie est pour toi moins amre2 ,enfant1 prends ta marmotte et ton lger trousseau1 ,rpte1 en cheminant1 les chansons de ta mre1 ,quand ta mre chantait autour de ton berceau4 ,si ma force premire encor m'tait donne1 ,j'irais te conduisant moi-mme par la main6 ,mais je n'atteindrais pas la troisime journe2 ,il faudrait me laisser bientt sur ton chemin2 ,et moi je veux mourir aux lieux o je suis ne4 ,maintenant de ta mre entends le dernier voeu3 ,souviens-toi1 si tu veux que ,dieu ne t'abandonne1 ,que le seul bien du pauvre est le peu qu'on lui donne2 ,prie et demande au riche1 il donne au nom de ,dieu2 ,ton pre le disait3 sois plus heureux1 adieu4 ,mais le soleil tombait des montagnes prochaines2 ,et la mre avait dit3 ,il faut nous sparer2 ,et l'enfant s'en allait travers les grands chnes1 ,se tournant quelquefois et n'osant pas pleurer4 ,a4 ,,guiraud4 ,,le ,,petit ,,savoyard ,a ,,paris ,j'ai faim3 vous qui passez1 daignez me secourir4 ,voyez1 la neige tombe et la terre est glace2 ,j'ai froid3 le vent se lve et l'heure est avance444 ,et je n'ai rien pour me couvrir4 ,tandis qu'en vos palais tout flatte votre envie1 ,a genoux sur le seuil1 j'y pleure bien souvent2 ,donnez1 peu me suffit1 je ne suis qu'un enfant1 ,un petit sou me rend la vie4 ,on m'a dit qu' ,paris je trouverais du pain3 ,plusieurs ont racont dans nos forts lointaines1 ,qu'ici le riche aidait le pauvre dans ses peines3 ,eh bien6 moi je suis pauvre1 et je vous tends la main4 ,faites-moi gagner mon salaire3 ,o me faut-il courir8 dites1 j'y volerai2 ,ma voix tremble de froid3 eh bien6 je chanterai1 ,si mes chansons peuvent vous plaire4 ,il ne m'coute pas1 il fuit1 ,il court dans une fte 7et j'en entends le bruit7 ,finir son heureuse journe6 ,et moi je vais chercher1 pour y passer la nuit1 ,cette gurite abandonne4 ,au foyer paternel quand pourrai-je m'asseoir8 ,rendez-moi ma pauvre chaumire1 ,le laitage durci qu'on partageait le soir1 ,et1 quand la nuit tombait1 l'heure de la prire1 ,qui ne s'achevait pas sans laisser quelque espoir4 ,ma mre1 tu m'as dit1 quand j'ai fui ta demeure3 ,pars1 grandis et prospre1 et reviens prs de moi4 ,hlas6 et tout petit faudra-t-il que je meure1 ,sans avoir rien gagn pour toi8444 ,non1 l'on ne meurt pas mon ge2 ,quelque chose me dit de reprendre courage444 ,eh6 que sert d'esprer8 ,que puis-je attendre enfin8444 ,j'avais une marmotte1 elle est morte de faim4 ,et1 faible1 sur la terre il reposait sa tte2 ,et la neige1 en tombant1 le couvrait demi2 ,lorsqu'une douce voix1 travers la tempte1 ,vint rveiller l'enfant par le froid endormi4 ,qu'il vienne nous1 celui qui pleure1 ,disait la voix mle au murmure des vents2 ,l'heure du pril est notre heure2 ,les orphelins sont nos enfants4 ,et deux femmes en deuil recueillaient sa misre2 ,lui1 docile et confus1 se levait leur voix4 ,il s'tonnait d'abord6 mais il vit leurs doigts ,briller la croix d'argent1 au bout du long rosaire2 ,et l'enfant les suivit en se signant deux fois4 ,a4 ,,guiraud4 ,,le ,,retour ,,du ,,petit ,,savoyard ,avec leurs grands sommets1 leurs glaces ternelles1 ,par un soleil d't1 que les ,alpes sont belles6 ,tout1 dans leurs frais vallons1 sert nous enchanter1 ,la verdure1 les eaux1 les bois1 les fleurs nouvelles4 ,heureux qui sur ces bords peut longtemps s'arrter6 ,heureux qui les revoit1 s'il a pu les quitter6 ,quel est ce voyageur que l't leur renvoie1 ,seul1 loin de la valle1 un bton la main8 ,c'est un enfant444 il marche1 il suit le long chemin ,qui va de ,france la ,savoie4 ,bientt de la colline il prend l'troit sentier2 ,il a mis ce matin la bure du dimanche2 ,et dans un sac de toile blanche ,est un pain de froment qu'il garde tout entier4 ,pourquoi tant se hter sa course dernire8 ,c'est que le pauvre enfant veut gravir le coteau ,et ne point s'arrter qu'il n'ait vu son hameau1 ,et n'ait reconnu sa chaumire4 ,les voil444 tels encor qu'il les a vus toujours1 ,ces grands bois1 ce ruisseau qui fuit sous le feuillage2 ,il ne se souvient plus qu'il a march dix jours1 ,il est si prs de son village6 ,tout joyeux il arrive1 il regarde444 mais quoi8 ,personne ne l'attend6 ,sa chaumire est ferme6 ,pourtant du toit aigu sort un peu de fume2 ,et l'enfant plein de trouble3 ,ouvrez1 dit il1 c'est moi444 ,la porte cde1 il entre1 et sa mre attendrie1 ,sa mre qu'un long mal prs du foyer retient1 ,se relve moiti1 tend les bras et s'crie3 ,n'est-ce pas mon fils qui revient8 ,son fils est dans ses bras1 qui pleure et qui l'appelle4 --,je suis infirme1 hlas6 ,dieu m'afflige1 dit-elle1 ,et depuis quelques jours je te l'ai fait savoir2 ,car je ne voulais pas mourir sans te revoir4 ,mais lui3 ,de votre enfant vous tiez loigne2 ,le voil qui revient1 ayez des jours contents2 ,vivez1 je suis grandi1 vous serez bien soigne1 ,nous sommes riches pour longtemps4 ,et les mains de l'enfant1 des siennes dtaches1 ,jetaient sur ses genoux tout ce qu'il possdait1 ,les trois pices d'argent dans sa veste caches1 ,et le pain de froment que pour elle il gardait4 ,sa mre l'embrassait et respirait peine1 ,et son oeil se fixait1 de larmes obscurci1 ,sur un grand crucifix de chne1 ,suspendu devant elle et par le temps noirci4 ,c'est lui1 je le savais1 le ,dieu des pauvres mres ,et des petits enfants1 qui du mien a pris soin2 ,lui qui me consolait quand mes plaintes amres ,appelaient mon fils de si loin4 ,c'est le ,christ du foyer que les mres implorent1 ,qui sauve nos enfants du froid et de la faim1 ,nous gardons nos agneaux1 et les loups les dvorent1 ,nos fils s'en vont tout seuls444 et reviennent enfin4 ,toi1 mon fils1 maintenant me seras-tu fidle8 ,ta pauvre mre infirme a besoin de secours2 ,elle mourrait1 sans toi4--,l'enfant ce discours ,grave et joignant les mains1 tombe genoux prs d'elle ,disant3 ,que le bon ,dieu vous fasse de longs jours6 ,a4 ,,guiraud4 ,l',,colier ,un tout petit enfant s'en allait l'cole4 ,on avait dit3 ,allez6 ,il tchait d'obir2 ,mais son livre tait lourd2 il ne pouvait courir2 ,il pleure et suit des yeux une abeille qui vole4 --,abeille6 lui dit-il1 voulez-vous me parler8 ,moi1 je vais l'cole1 il faut apprendre lire4 ,mais le matre est tout noir et je n'ose pas rire4 ,voulez-vous rire1 abeille1 et m'apprendre voler8 ,non1 dit-elle1 j'arrive1 et je suis trs presse4 ,j'avais froid1 l'aquilon m'a longtemps oppresse1 ,enfin j'ai vu des fleurs2 je redescends du ciel1 ,et je vais commencer mon doux rayon de miel4 ,voyez6 j'en ai dj puis dans quatre roses2 ,avant une heure encor nous en aurons d'closes4 ,vite1 vite1 la ruche4 ,on ne rit pas toujours3 ,c'est pour faire le miel qu'on nous rend les beaux jours4 ,elle fuit1 et se perd sur la route embaume4 ,le frais lilas sortait d'un vieux mur entr'ouvert3 ,il saluait l'aurore1 et l'aurore charme ,se montrait sans nuage et riait de l'hiver4 ,une hirondelle passe2 elle offense la joue ,du petit nonchalant qui s'attriste et qui joue1 ,et dans l'air suspendue1 en redoublant sa voix1 ,fait tressaillir l'cho qui dort au fond des bois4 --,oh6 bonjour1 dit l'enfant qui se souvenait d'elle4 ,je t'ai vue l'automne2 oh6 bonjour1 hirondelle6 ,viens2 tu portais bonheur ma maison1 et moi ,je voudrais du bonheur3 veux-tu m'en donner1 toi8 ,jouons6--,je le voudrais1 rpond la voyageuse2 ,mais j'ai beaucoup d'amis qui doutent du printemps2 ,ils rveraient ma mort1 si je tardais longtemps4 ,oh6 je ne puis jouer4 ,pour finir leur souffrance1 ,j'emporte un brin de mousse1 en signe d'esprance4 ,nous allons relever nos palais dgarnis3 ,l'herbe crot1 c'est l'instant des amours et des nids1 ,j'ai tout vu4 ,maintenant1 fidle messagre1 ,je vais chercher mes soeurs l-bas sur le chemin4 ,ainsi que nous1 enfant1 la vie est passagre1 ,il en faut profiter4 ,je me sauve3 demain4 ,l'enfant reste muet1 et1 la tte baisse1 ,rve1 et compte ses pas pour tromper son ennui1 ,quand le livre importun1 dont sa main est lasse1 ,rompt ses fragiles noeuds1 et tombe auprs de lui4 ,un dogue l'observait du seuil de sa demeure4 ,stentor1 gardien svre et prudent la fois1 ,de peur de l'effrayer retient sa grosse voix4 ,hlas6 peut-on crier contre un enfant qui pleure8 --,bon dogue1 voulez vous que je m'approche un peu8 ,dit l'colier plaintif2 je n'aime pas mon livre4 ,voyez6 ma main est rouge3 il en est cause4 ,au jeu ,rien ne fatigue1 on rit1 et moi je voudrais vivre ,sans aller l'cole1 o l'on tremble toujours4 ,je m'en plains tous les soirs et j'y vais tous les jours1 ,j'en suis trs mcontent2 je n'aime aucune affaire2 ,le sort d'un chien me plat1 car il n'a rien faire4 --colier1 voyez-vous ce laboureur aux champs8 ,eh bien6 ce laboureur1 dit ,stentor1 c'est mon matre3 ,il est trs vigilant1 je le suis plus1 peut-tre3 ,il dort la nuit1 et moi j'carte les mchants2 ,j'veille aussi ce boeuf1 qui d'un pied lent1 mais ferme1 ,va creuser les sillons quand je garde la ferme4 ,pour vous-mme on travaille1 et grce nos brebis1 ,votre mre en chantant vous file des habits4 ,par le travail tout plat1 tout s'unit1 tout s'arrange4 ,allez donc l'cole1 allez1 mon petit ange4 ,les chiens ne lisent pas1 mais la chane est pour eux3 ,l'ignorance toujours mne la servitude2 ,l'homme est fin444 ,l'homme est sage3 il nous dfend l'tude4 ,enfant1 vous serez homme1 et vous serez heureux4 ,les chiens vous serviront4 ,l'enfant l'couta dire1 ,et mme il le baisa4 ,son livre tait moins lourd4 ,en quittant le bon dogue1 il pense1 il marche1 il court2 ,l'espoir d'tre homme un jour lui ramne un sourire4 ,a l'cole1 un peu tard1 il arrive gaiement1 ,et dans le mois des fruits il lisait couramment4 ,mme ,,desbordes-,,valmore4 ,,les ,,dix ,,francs ,d',,alfred ,alfred tait1 je pense1 ,un enfant tel que vous ayant huit neuf ans4 ,bien1 bien riche1 il avait dans sa bourse dix francs1 ,dix francs beaux et tout neufs6 ,c'tait la rcompense ,donne sa sagesse1 ses petits travaux1 ,ce qui rendait encor ces dix francs-l plus beaux4 ,mais l'ide arriva d'en chercher la dpense1 ,car c'et t vilain de les garder toujours4 ,l'argent qui ne sert pas est sans valeur aucune1 ,le point est de savoir lui donner un bon cours4 ,on avait fait ,alfred matre de sa fortune2 ,tantt il la voyait en beau cheval de bois444 ,tantt c'tait un livre444 ,un livre444 ,alors sa mre ,souriait de plaisir sans l'aider toutefois1 ,lui laissant tout l'honneur de ce qu'il allait faire4 ,sur un livre son choix la fin se fixa4 ,charmant enfant6 combien sa mre l'embrassa6 ,c'tait un jour d'hiver quand la neige et le givre ,des arbres effeuills blanchissent les rameaux1 ,quand vous1 heureux enfants1 dans de larges manteaux1 ,dans de bons gants fourrs1 du froid on vous dlivre4 ,alfred courait joyeux pour acheter son livre4 ,mais voici tout coup qu'il s'arrte surpris444 ,deux enfants taient l1 tels hlas6 qu' ,paris ,si souvent on en voit sur les ponts de la ,seine4 ,dans les bras l'un de l'autre ils taient enlacs4 ,l'un1 de son petit frre1 avec sa froide haleine1 ,cherchait rchauffer les pauvres doigts glacs4 ,ils grelottaient bien fort1 car leurs habits percs ,presque nu les laissaient tendus sur la pierre4 ,tournant vers les passants un regard de prire1 ,ensemble ils rptaient3 ,j'ai grand froid1 j'ai grand faim4 ,mais les riches passaient sans leur donner du pain2 ,et leurs yeux se gonflaient1 et puis de grosses larmes ,roulaient dans leur paupire et sillonnaient leur sein4 ,certes1 vous eussiez pris piti de leurs alarmes4 ,or1 vers le petit pauvre ,alfred porta ses pas1 ,voil des maux cuisants que vous ne saviez pas4 ,pourquoi1 dit-il1 tous deux restez-vous dans la neige8 ,vous n'avez donc pas1 vous1 de maman comme moi ,qui vous donne du pain1 du feu2 qui vous protge8 --,oh6 nous en avons une aussi1 monsieur4--,pourquoi ,vous laisse-t-elle ainsi sans elle ou votre bonne1 ,les pieds nus sur la terre8 ,elle n'est donc pas bonne1 ,votre maman vous8--,si fait1 elle avait faim1 ,elle nous a donn ce qu'elle avait de pain4 ,et voil deux grands jours1 hlas6 qu'elle est couche4 ,comme il ne restait plus chez nous une bouche1 ,elle nous embrassa1 disant3 ,pauvres petits1 ,allez et mendiez6 et nous sommes sortis3 ,et nous sommes venus nous coucher sur la pierre2 ,et personne1 mon ,dieu1 n'entend notre prire2 ,et voil que bientt mon frre va mourir1 ,car le froid1 car la faim nous ont tant fait souffrir6 --,vous n'avez donc pas1 vous1 reprit ,alfred1 un pre ,qui donne tous les jours de l'or votre mre8 ,le pauvre enfant se prit sangloter plus fort4 ,hlas6 rpondit-il1 notre pre444 il est mort444 ,il est mort et c'est lui qui nous faisait tous vivre6 ,alfred1 pleurant aussi1 ne songea plus au livre1 ,et dans la main du pauvre il glissa ses dix francs4 ,sa mre le saisit dans ses bras triomphants ,et lui dit3 ,mon ,alfred1 un livre pour apprendre1 ,c'tait dj bien beau2 mais tu m'as fait comprendre1 ,mon fils1 que mieux encore est de donner du pain ,a ceux qui vont mourir et de froid et de faim4 ,et moi1 je dis3 ,heureux est l'enfant charitable ,qui donne l'indigent le peu qu'il reoit d'or1 ,et qui1 des miettes de la table1 ,s'il ne peut rien de plus1 sait faire aumne encor4 ,a4 ,,gu,,rin4 ,,la ,,vache ,,perdue ,ah6 ah6444 de la montagne ,reviens1 ,nra1 reviens6 ,rponds-moi1 ma compagne1 ,ma vache1 mon seul bien6 ,la voix d'un si bon matre1 ,nra1 ,peux-tu la mconnatre8 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,reviens1 reviens6 c'est l'heure ,o le loup sort des bois4 ,ma chienne qui te pleure1 ,rpond seule ma voix4 ,hors l'ami qui t'appelle1 ,nra1 ,qui t'aimera comme elle8 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,dis-moi si dans la crche1 ,o tu lchais ma main1 ,tu manquas d'herbe frache1 ,quand je manquais de pain8 ,nous n'en avions qu' peine1 ,nra1 ,et ta crche tait pleine1 ,ah6 ,ah6 ,nra8 ,hlas6 c'est bien sans cause ,que tu m'as dlaiss4 ,t'ai-je dit quelque chose1 ,hors un mot1 l'an pass6 ,oui1 quand mourut ma femme1 ,nra6 ,j'avais la mort dans l'me4 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,de ta mamelle avide1 ,mon pauvre enfant criera2 ,s'il voit l'table vide1 ,qui le consolera8 ,toi1 sa chre nourrice1 ,nra1 ,veux-tu donc qu'il prisse8 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,quand les miens en famille ,tiraient les rois entre eux1 ,je te disais3 ,ma fille1 ,ma part est nous deux4 ,a la fve prochaine1 ,nra1 ,tu ne seras pas reine4 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,ingrate1 quand la fivre ,glaait mes doigts raidis1 ,otant mon poil de chvre1 ,sur vous je l'tendis4 ,faut-il que le froid vienne1 ,nra1 ,pour qu'il vous en souvienne8 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,adieu1 sous mon vieux htre ,je m'en reviens sans vous4 ,allez chercher pour matre ,un plus riche que nous6 ,allez1 mon coeur se brise1 ,nra6444 ,pourtant1 ,dieu te conduise6 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,je n'ai pas le courage ,de te vouloir du mal3 ,sur nos monts crains l'orage6 ,crains l'ombre dans le val6 ,pais longtemps l'herbe verte1 ,nra6 ,nous mourrons de ta perte1 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,un soir1 ma fentre1 ,nra1 pour t'abriter1 ,de la corne peut-tre ,tu reviendras heurter4 ,si la famille est morte1 ,nra1 ,qui t'ouvrira la porte8 ,ah6 ,ah6 ,nra6 ,,casimir ,,delavigne4 ,,athalie ,,interrogeant ,,joas ,,athalie 7 part74 ,o ciel6 plus j'examine1 et plus je le regarde444 ,c'est lui6 ,d'horreur encor tous mes sens sont saisis4 7,a ,josabet en lui montrant ,joas74 pouse de ,joad1 est-ce l votre fils8 ,,josabet4 ,qui8 lui1 madame8 ,,athalie4 ,lui4 ,,josabet4 ,je ne suis point sa mre4 7,montrant ,zacharie47 ,voil mon fils4 ,,athalie ,joas4 ,et vous1 quel est donc votre pre8 ,jeune enfant1 rpondez4 ,,josabet4 ,le ciel jusqu'aujourd'hui444 ,,athalie ,josabet4 ,pourquoi vous pressez-vous de rpondre pour lui6 ,c'est lui de parler4 ,,josabet4 ,dans un ge si tendre1 ,quel claircissement en pouvez-vous attendre8 ,,athalie4 ,cet ge est innocent2 son ingnuit ,n'altre point encor la simple vrit3 ,laissez-le s'expliquer sur tout ce qui le touche4 ,,josabet 7 part74 ,daigne mettre1 grand ,dieu6 ta sagesse en sa bouche4 ,,athalie4 ,comment vous nommez-vous8 ,,joas4 ,j'ai nom liacin4 ,,athalie4 ,votre pre8 ,,joas4 ,je suis1 dit-on1 un orphelin1 ,entre les bras de ,dieu jet ds ma naissance1 ,et qui de mes parents n'eus jamais connaissance4 ,,athalie4 ,vous tes sans parents8 ,,joas4 ,ils m'ont abandonn4 ,,athalie4 ,comment et depuis quand8 ,,joas4 ,depuis que je suis n4 ,,athalie4 ,ne sait-on pas au moins quel pays est le vtre8 ,,joas4 ,ce temple est mon pays1 je n'en connais point d'autre4 ,,athalie4 ,o dit-on que le sort vous a fait rencontrer8 ,,joas4 ,parmi des loups cruels prts me dvorer4 ,,athalie4 ,qui vous mit dans ce temple8 ,,joas4 ,une femme inconnue1 ,qui ne dit point son nom1 et qu'on n'a point revue4 ,,athalie4 ,mais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin8 ,,joas4 ,dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin8 ,aux petits des oiseaux il donne leur pture1 ,et sa bont s'tend sur toute la nature4 ,tous les jours je l'invoque1 et d'un soin paternel ,il me nourrit des dons offerts sur son autel4 ,,athalie 7 part74 ,quel prodige nouveau me trouble et m'embarrasse6 ,la douceur de sa voix1 son enfance1 sa grce1 ,font insensiblement mon inimiti ,succder444 ,je serais sensible la piti6 7,a ,joas47 44444 ,quel est tous les jours votre emploi8 ,,joas4 ,j'adore le ,seigneur2 on m'explique sa loi2 ,dans son livre divin on m'apprend la lire1 ,et dj de ma main je commence l'crire4 ,,athalie4 ,que vous dit cette loi8 ,,joas4 ,que ,dieu veut tre aim4 ,qu'il venge tt ou tard son saint nom blasphm2 ,qu'il est le dfenseur de l'orphelin timide2 ,qu'il rsiste au superbe et punit l'homicide4 ,,athalie4 ,j'entends4 ,mais tout ce peuple enferm dans ce lieu1 ,a quoi s'occupe-t-il8 ,,joas4 ,il loue et bnit ,dieu4 ,,athalie4 ,dieu veut-il qu' toute heure on prie1 on le contemple8 ,,joas4 ,tout profane exercice est banni de son temple4 ,,athalie4 ,quels sont donc vos plaisirs8 ,,joas4 ,quelquefois l'autel1 ,je prsente au grand-prtre ou l'encens ou le sel2 ,j'entends chanter de ,dieu les grandeurs infinies2 ,je vois l'ordre pompeux de ses crmonies4 ,,athalie4 ,h quoi6 vous n'avez pas de passe-temps plus doux8 ,je plains le triste sort d'un enfant tel que vous4 ,venez dans mon palais1 vous y verrez ma gloire4 ,,joas4 ,moi6 des bienfaits de ,dieu je perdrais la mmoire6 ,,athalie4 ,non1 je ne vous veux pas contraindre l'oublier4 ,,joas4 ,vous ne le priez point4 ,,athalie4 ,vous pourrez le prier4 ,,joas4 ,je verrais cependant en invoquer un autre4 ,,athalie4 ,j'ai mon ,dieu que je sers3 vous servirez le vtre3 ,ce sont deux puissants dieux4 ,,joas4 ,il faut craindre le mien3 ,lui seul est ,dieu1 madame1 et le vtre n'est rien4 ,,athalie4 ,les plaisirs prs de moi vous chercheront en foule4 ,,joas4 ,le bonheur des mchants comme un torrent s'coule4 ,,athalie4 ,ces mchants1 qui sont-ils8 ,,josabet4 ,h1 madame6 excusez ,un enfant444 ,,athalie 7 ,josabet74 ,j'aime voir comme vous l'instruisez4 7,a ,joas47 ,enfin1 liacin1 vous avez su me plaire2 ,vous n'tes point sans doute un enfant ordinaire4 ,vous voyez1 je suis reine1 et n'ai point d'hritier2 ,laissez l cet habit1 quittez ce vil mtier3 ,je veux vous faire part de toutes mes richesses4 ,essayez ds ce jour l'effet de mes promesses2 ,a ma table1 partout1 mes cts assis1 ,je prtends vous traiter comme mon propre fils4 ,,joas4 ,comme votre fils6 ,,athalie4 ,oui44 ,vous vous taisez8 ,,joas4 ,quel pre ,je quitterais6 et pour444 ,,athalie4 ,h bien8 ,,joas4 ,pour quelle mre6 7,athalie1 acte ,,ii1 scne ,,vii47 ,,racine4 ,,bonheur ,,de ,l',,enfant ,,pieux ,oh6 bienheureux mille fois ,l'enfant que le ,seigneur aime1 ,qui de bonne heure entend sa voix1 ,et que ce ,dieu daigne instruire lui-mme6 ,loin du monde lev1 de tous les dons des cieux ,il est orn ds son enfance1 ,et du mchant l'abord contagieux ,n'altre point son innocence4 ,tel en un secret vallon1 ,sur le bord d'une onde pure1 ,crot l'abri de l'aquilon ,un jeune lis1 l'amour de la nature1 ,heureux1 heureux mille fois ,l'enfant que le ,seigneur rend docile ses lois6 ,j4 ,,racine4 ,l',,enfant ,,et ,,la ,,fauvette ,si j'tais toi1 ma fauvette1 ,toi qui becquettes le pain ,que pour toi rpand ma main ,aux abords de ma chambrette2 ,si j'tais toi1 je prendrais ,mon vol bien loin de la terre3 ,adieu6 dirais-je ma mre2 ,et j'irais1 je monterais ,bien haut1 par-dessus les nues2 ,je franchirais ces sommets ,o l'homme n'atteint jamais1 ,par des routes inconnues ,j'irais au fond du ciel bleu1 ,plus haut qu'o l'astre tincelle2 ,je n'arrterais mon aile ,qu'aprs avoir trouv ,dieu4 ,mon ami1 dit la fauvette1 ,pour cela point n'est besoin ,d'aller si haut ni si loin3 ,cherche ,dieu dans ta chambrette6 ,l4 ,,tournier4 ,l',,hirondelle ,o va ce petit oiseau ,quand il quitte le hameau8 ,disait un fils sa mre4 ,va-t-il en terre trangre1 ,chercher un toit plus bni ,pour y suspendre son nid8 ,pourquoi1 dans cette saison1 ,quitte-t-il notre maison8 --,mon enfant1 reprit la mre1 ,regarde vers ces grands bois2 ,les feuilles jonchent la terre2 ,les oiseaux n'ont plus de voix4 ,dans l'air plus de doux murmure1 ,plus de chants mlodieux3 ,c'est le deuil de la nature3 ,vois1 tout est mort sous les cieux6 ,voil pourquoi l'hirondelle1 ,quand tout meurt autour de nous1 ,au loin fuit tire-d'aile1 ,pour chercher des cieux plus doux4 ,de notre vie1 enfant1 l'hirondelle est l'image3 ,nous sommes ici-bas des oiseaux de passage1 ,et quand le long sommeil vient nous fermer les yeux1 ,nous prenons notre essor vers le sjour des cieux4 ,p4-,t4 ,,gontard4 ,l,,gie ,,sur ,,une ,,jeune ,,fille ,,tomb,e ,a ,,la ,,mer ,pleurez1 doux alcyons6 vous1 oiseaux sacrs1 ,oiseaux chers ,thtis2 doux alcyons1 pleurez6 ,elle a vcu1 ,myrto1 la jeune ,tarentine6 ,un vaisseau la portait aux bords de ,camarine3 ,l1 l'hymen1 les chansons1 les fltes1 lentement ,devaient la reconduire au seuil de son amant4 ,une clef vigilante a1 pour cette journe1 ,sous le cdre enferm sa robe d'hymne1 ,et l'or dont au festin ses bras seront pars1 ,et pour ses blonds cheveux1 les parfums prpars4 ,mais seule sur la proue invoquant les toiles1 ,le vent imptueux qui soufflait dans ses voiles ,l'enveloppe3 tonne et loin des matelots1 ,elle tombe1 elle crie1 elle est au sein des flots444 ,elle est au sein des flots1 la jeune ,tarentine6 ,son beau corps a roul sous la vague marine4 ,thtis1 les yeux en pleurs1 dans le creux d'un rocher1 ,aux monstres dvorants eut soin de le cacher4 ,par son ordre bientt les belles ,nrides ,s'lvent au-dessus des demeures humides1 ,le poussent au rivage1 et dans ce monument ,l'ont au cap du ,zphyr dpos mollement2 ,et de loin grands cris appelant leurs compagnes1 ,et les ,nymphes des bois1 des sources1 des montagnes1 ,toutes1 frappant leur sein et tranant un long deuil1 ,rptrent1 hlas6 autour de son cercueil3 ,hlas6 chez ton amant tu n'es point ramene1 ,tu n'as point revtu ta robe d'hymne4 ,l'or autour de ton bras n'a point serr de noeuds1 ,et le bandeau d'hymen n'orna point tes cheveux4 ,,andr ,,ch,,nier4 ,,le ,,petit ,,enfant ,pour le bon ,dieu que puis-je faire8 ,je suis si petit1 si petit6 ,voici ce que mon coeur me dit3 ,j'aimerai bien ma bonne mre2 ,je puis l'aimer quoique petit6 ,pour ,dieu1 que puis-je faire encore8 ,puisque c'est ,dieu qui nous bnit1 ,je prierai bien1 prs de mon lit1 ,ce bon ,dieu que ma mre adore4 ,on peut prier1 quoique petit6 ,et puis-je faire davantage8 ,a l'cole o l'on me conduit1 ,attentif tout ce qu'on dit1 ,je m'efforcerai d'tre sage3 ,on peut l'tre1 quoique petit6 ,et quoi d'autre enfin8444 ,si ma mre ,me rprimande ou m'avertit1 ,j'y veillerai quoique petit1 ,pour corriger mon caractre3 ,c'est comme cela qu'on grandit6 ,l4 ,,tournier4 ,,le ,,petit ,,espi,,gle ,au loup6 au loup6 moi6 criait un jeune ptre1 ,et les bergers entre eux suspendaient leurs discours1 ,tromps par les clameurs du rustique foltre2 ,tout venait1 jusqu'au chien1 tout volait au secours4 ,ayant de tant de coeurs veill le courage1 ,tirant l'un du sommeil et l'autre de l'ouvrage1 ,il se mettait rire1 il se croyait bien fin4 ,je suis loup1 disait-il2 mais attendez la fin4 ,un jour que les bergers1 au fond de la valle1 ,appelant la gaiet sur leurs aigres pipeaux1 ,confondaient leurs repas1 leurs chansons1 leurs troupeaux ,et de leurs pieds joyeux pressaient l'herbe foule3 ,au loup6 au loup6 moi6 dit le jeune garon1 ,au loup6 rpta-t-il d'une voix lamentable3 ,pas un n'abandonna la danse ni la table4 ,il est loup1 dirent-ils1 d'autres la leon4 ,et toutefois le loup dvorait la plus belle ,de ses belles brebis2 ,et pour punir l'enfant qu'il traitait de rebelle1 ,il lui montrait les dents1 dchirait ses habits3 ,et le pauvre menteur1 levant ses prires1 ,n'attristait que l'cho3 ses cris n'amenaient rien1 ,tout riait1 tout dansait au loin sur les bruyres4 ,eh quoi6 pas un ami1 dit-il1 pas mme un chien6 ,on ajoute 7et vraiment c'est piti de le croire7 ,qu'il serrait la brebis dans ses deux bras tremblants2 ,et quand il vint en pleurs raconter son histoire1 ,on vit que ses deux bras taient nus et sanglants4 ,il ne ment pas1 dit-on2 il tremble6 il saigne6 il pleure4 ,quoi6 c'est donc vrai1 ,colas6 il s'appelait ,colas1 ,nous avons bien ri tout l'heure1 ,et la brebis est morte1 elle est mange444 hlas6 ,on le plaignit4 ,un rustre insensible ses larmes ,lui dit3 ,tu fus menteur1 tu trompas notre effroi2 ,or1 s'il m'avait tromp1 le menteur fut-il roi1 ,me crierait vainement3 ,aux armes6 ,mme ,,desbordes-,,valmore4 ,l',,enfant ,,aveugle ,quel est donc1 dites-moi1 ce qu'on nomme lumire1 ,dont je ne peux jamais esprer de jouir8 ,a votre pauvre enfant1 dites1 dites1 ma mre1 ,la vue est-ce bien doux8 quel en est le plaisir8 ,tout ce que vous voyez n'est pour moi que mystre2 ,ce soleil si brillant1 il claire vos pas2 ,je sens bien sa chaleur1 mais comment il claire1 ,quels sont le jour1 la nuit1 je ne le comprends pas4 ,je m'amuse le jour et la nuit je sommeille2 ,si je ne dormais pas1 sans cesse il serait jour4 ,oh8 dites1 du soleil est-ce l la merveille8 ,fait-il ainsi le jour et la nuit tour tour8 ,je vous entends gmir1 vous plaignez mon jeune ge3 ,mnagez des soupirs et des pleurs superflus2 ,si la vue est un bien j'en ignore l'usage3 ,on ne peut regretter que le bien qu'on n'a plus4 ,le ciel ce que j'ai borne ma jouissance2 ,ne me drobez pas ce qu'il a mis en moi3 ,je suis un pauvre enfant aveugle de naissance2 ,mais1 avec ma gaiet1 je chante1 je suis roi4 ,j4-,f4 ,,chatelain4 ,l',,enfant ,,du ,,soldat ,je n'ai plus d'appui sur la terre1 ,je suis errant1 abandonn3 ,mon seul espoir tait mon pre1 ,et les combats l'ont moissonn6 ,mais avec orgueil je m'crie3 ,il tomba fidle et vaillant6 ,ah6 secourez le pauvre enfant ,du soldat mort pour sa patrie6 ,au malheur son destin me livre ,et j'implore en vain la piti2 ,quand le brave a cess de vivre1 ,serait-il si tt oubli8 ,songez1 vous que ma voix supplie1 ,qu'il mourut en vous dfendant2 ,ah6 secourez le pauvre enfant ,du soldat mort pour sa patrie6 ,voil cette toile clatante ,que je vis briller sur son sein3 ,faudra-t-il d'une main tremblante ,la vendre pour avoir du pain8 ,garde qu'elle ne soit fltrie6 ,me disait-il en expirant444 ,ah6 secourez le pauvre enfant ,du soldat mort pour sa patrie6 ,dj mon jeune coeur tressaille1 ,quand je vois flotter nos drapeaux2 ,au seul rcit d'une bataille ,je me sens le fils d'un hros3 ,je l'espre1 ,france chrie6 ,un jour je t'offrirai mon sang444 ,ah6 secourez le pauvre enfant ,du soldat mort pour sa patrie6 ,,consolation ,compos en #affi4 ,a ,m4 du ,perrier4 ,ta douleur1 du ,perrier1 sera donc ternelle8 ,et les tristes discours ,que te met en l'esprit l'amiti paternelle ,l'augmenteront toujours8 ,le malheur de ta fille au tombeau descendue ,par un commun trpas1 ,est-ce quelque ddale o ta raison perdue ,ne se retrouve pas8 ,je sais de quels appas son enfance tait pleine1 ,et n'ai pas entrepris1 ,injurieux ami1 de soulager ta peine ,avecque son mpris4 ,mais elle tait du monde1 o les plus belles choses ,ont le pire destin2 ,et rose elle a vcu ce que vivent les roses1 ,l'espace d'un matin4 ,puis quand ainsi serait que1 selon ta prire1 ,elle aurait obtenu ,d'avoir en cheveux blancs termin sa carrire1 ,qu'en ft-il advenu8 ,penses-tu que plus vieille en sa maison cleste ,elle et eu plus d'accueil1 ,ou qu'elle et moins senti la poussire funeste ,et les vers du cercueil8 ,la mort a des rigueurs nulle autre pareilles3 ,on a beau la prier2 ,la cruelle qu'elle est se bouche les oreilles1 ,et nous laisse crier4 ,le pauvre en sa cabane o le chaume le couvre ,est sujet ses lois2 ,et la garde qui veille aux barrires du ,louvre ,n'en dfend point les rois4 ,de murmurer contre elle et perdre patience ,il est mal propos2 ,vouloir ce que ,dieu veut est la seule science ,qui nous met en repos4 ,,malherbe4 ,l',,ange ,,et ,l',,enfant ,un ange au radieux visage1 ,pench sur le bord d'un berceau1 ,semblait contempler son image ,comme dans l'onde d'un ruisseau4 ,charmant enfant qui me ressemble1 ,oh6 disait-il1 viens avec moi2 ,viens1 nous serons heureux ensemble2 ,la terre est indigne de toi4 ,l1 jamais entire allgresse2 ,l'me y souffre de ses plaisirs2 ,les cris de joie ont leur tristesse1 ,et les volupts leurs soupirs4 ,la crainte est de toutes les ftes2 ,jamais un jour calme et serein ,du choc tnbreux des temptes ,n'a garanti le lendemain4 ,eh quoi6 les chagrins1 les alarmes1 ,viendraient troubler ce front si pur1 ,et par l'amertume des larmes ,se terniraient ces yeux d'azur6 ,non1 non1 dans les champs de l'espace ,avec moi tu vas t'envoler3 ,la ,providence te fait grce ,des jours que tu devais couler4 ,que personne dans ta demeure ,n'obscurcisse ses vtements2 ,qu'on accueille ta dernire heure1 ,ainsi que tes premiers moments4 ,que les fronts y soient sans nuage1 ,que rien n'y rvle un tombeau4 ,quand on est pur comme ton ge1 ,le dernier jour est le plus beau4 ,et secouant ses blanches ailes1 ,l'ange1 ces mots1 prit son essor ,vers les demeures ternelles4 ,pauvre mre6444 ton fils est mort4 ,,reboul4 ,,la ,,fauvette ,,et ,,ses ,,petits ,aux branches d'un tilleul une jeune fauvette ,avait de ses petits suspendu le berceau4 ,d'coliers turbulents une troupe inquite1 ,cherchant quelque plaisir nouveau1 ,aperut en passant le nid de la pauvrette3 ,le voir1 tre tent1 l'assaillir l'instant1 ,chez ce peuple enclin mal faire ,ce fut l'ouvrage d'un moment4 ,tous sans piti lui dclarent la guerre1 ,le pauvre nid vingt fois pensa faire le saut1 ,il n'tait si petit marmot ,qui ne ft de son mieux pour y lancer sa pierre4 ,l'alarme cependant tait grande au logis1 ,la fauvette voyait l'instant o ses petits ,allaient prir ou subir l'esclavage4 ,un esclavage1 hlas6 pire que le trpas4 ,les gens qu'elle voyait l-bas taient assurment quelque peuple sauvage ,qui ne les pargnerait pas4 ,que faire en ce pril extrme8 ,mais que ne fait-on pas pour sauver ce qu'on aime8 ,elle vole au-devant des coups3 ,pour sa famille elle se sacrifie1 ,esprant que ces gens1 dans leur affreux courroux1 ,se contenteront de sa vie4 ,aux yeux du peuple sclrat1 ,elle va1 vient1 vole et revole1 ,s'lve tout coup1 et tout coup s'abat1 ,fait tant qu'enfin cette race frivole ,court aprs elle et laisse l le nid4 ,elle amusa longtemps cette maudite engeance1 ,les mena loin1 fatigua leur constance1 ,et pas un d'eux ne l'atteignit4 ,l'amour sauva le nid1 le ciel sauva la mre1 ,a ses petits elle en devint plus chre4 ,dieu sait la joie et tout ce qu'on lui dit1 ,a son retour1 de touchant et de tendre6 ,comme ils avaient pass tout ce temps sans rien prendre1 ,elle apaisa leur faim1 puis chacun s'endormit4 ,,aubert4 ,,adieux ,a ,,la ,,vie --#aghj-- ,j'ai rvl mon coeur au ,dieu de l'innocence1 ,il a vu mes pleurs pnitents2 ,il gurit mes remords1 il m'arme de constance2 ,les malheureux sont ses enfants4 ,mes ennemis1 riant1 ont dit dans leur colre3 ,qu'il meure et sa gloire avec lui6 ,mais mon coeur calm le ,seigneur dit en pre3 ,leur haine sera ton appui4 ,a tes plus chers amis ils ont prt leur rage2 ,tout trompe la simplicit6 ,celui que tu nourris court vendre ton image ,noire de sa mchancet4 ,mais ,dieu t'entend gmir1 ,dieu vers qui te ramne ,un vrai remords n de douleurs2 ,dieu qui pardonne enfin la nature humaine ,d'tre faible dans les malheurs4 ,j'veillerai pour toi la piti1 la justice ,de l'incorruptible avenir2 ,eux-mmes pureront1 par leur long artifice1 ,ton honneur qu'ils pensent ternir4 ,soyez bni1 mon ,dieu6 vous qui daignez me rendre ,la paix et l'espoir sans orgueil2 ,vous qui1 pour protger le repos de ma cendre1 ,veillerez prs de mon cercueil6 ,au banquet de la vie1 infortun convive1 ,j'apparus un jour et je meurs3 ,je meurs1 et sur ma tombe1 o lentement j'arrive1 ,nul ne viendra verser des pleurs4 ,salut1 champs que j'aimais1 et vous1 douce verdure1 ,et vous1 riant exil des bois6 ,ciel1 pavillon de l'homme1 admirable nature1 ,salut pour la dernire fois6 ,ah6 puissent voir longtemps votre beaut sacre ,tant d'amis sourds mes adieux6 ,qu'ils meurent pleins de jours1 que leur mort soit pleure6 ,qu'un ami leur ferme les yeux6 ,,gilbert4 ,,les ,,trois ,,jours ,,de ,,christophe ,,colomb ,en ,europe6 en ,europe6--,esprez6 ,plus d'espoir6 ,trois jours1 leur dit ,colomb1 et je vous donne un monde4 ,et son doigt le montrait1 et son oeil1 pour le voir1 ,perait de l'horizon l'immensit profonde4 ,il marche1 et des trois jours le premier jour a lui2 ,il marche1 et l'horizon recule devant lui2 ,il marche1 et le jour baisse4 ,avec l'azur de l'onde ,l'azur d'un ciel sans borne ses yeux se confond4 ,il marche1 il marche encore1 et toujours2 et la sonde ,plonge et replonge en vain dans une mer sans fond4 ,le pilote1 en silence1 appuy tristement ,sur la barre qui crie au milieu des tnbres1 coute du roulis le sourd mugissement1 ,et des mts fatigus les craquements funbres4 ,les astres de l',europe ont disparu des cieux2 ,l'ardente croix du sud pouvante ses yeux4 ,enfin l'aube attendue1 et trop lente paratre1 ,blanchit le pavillon de sa douce clart3 ,colomb6 voici le jour6 le jour vient de renatre6 --,le jour6 et que vois-tu8--,je vois l'immensit4 ,le second jour a lui4 ,que fait ,colomb8 il dort2 ,la fatigue l'accable1 et dans l'ombre on conspire4 ,prira-t-il8 ,aux voix6--,la mort6 la mort6 la mort6 --,qu'il triomphe demain1 ou1 parjure1 il expire4 ,les ingrats6 quoi6 demain1 il aura pour tombeau ,les mers o son audace ouvre un chemin nouveau6 ,et peut-tre demain leurs flots impitoyables ,le poussant vers ces bords que cherchait son regard1 ,les lui feront toucher1 en roulant sur les sables ,l'aventurier ,colomb1 grand homme un jour plus tard6 ,soudain du haut des mts descendit une voix3 ,terre6 s'cria-t-on1 terre6 terre6444 ,il s'veille3 ,il court4 ,oui1 la voil1 c'est elle1 tu la vois1 ,la terre6444 doux spectacle6 transports6 merveille6 ,o gnreux sanglots qu'il ne peut retenir6 ,que dira ,ferdinand1 l',europe1 l'avenir8 ,il la donne son roi1 cette terre fconde2 ,son roi va le payer des maux qu'il a soufferts3 ,des trsors1 des honneurs en change d'un monde1 ,un trne1 ah6 c'tait peu6444 ,que reut-il8 des fers4 ,,casimir ,,delavigne4 ,l',,aumone ,donnez1 riches6 l'aumne est soeur de la prire4 ,hlas6 quand un vieillard1 sur votre seuil de pierre1 ,tout raidi par l'hiver1 en vain tombe genoux2 ,quand les petits enfants1 les mains de froid rougies1 ,ramassent sous vos pieds les miettes des orgies1 ,la face du ,seigneur se dtourne de vous4 ,donnez6 afin que ,dieu qui dote les familles1 ,donne vos fils la force1 et la grce vos filles2 ,afin que votre vigne ait toujours un doux fruit2 ,afin qu'un bl plus mr fasse plier vos granges2 ,afin d'tre meilleurs2 afin de voir des anges ,passer dans vos rves la nuit4 ,donnez6 il vient un jour o le monde nous laisse4 ,vos aumnes l-haut vous font une richesse4 ,donnez afin qu'on dise3 ,il a piti de nous6 ,afin que l'indigent que glacent les temptes1 ,que le pauvre qui souffre ct de vos ftes1 ,au seuil de vos palais fixe un oeil moins jaloux4 ,donnez6 pour tre aims du ,dieu qui se fit homme1 ,pour que le mchant mme1 en s'inclinant1 vous nomme1 ,pour que votre foyer soit calme et fraternel2 ,donnez6 afin qu'un jour votre heure dernire1 ,contre tous vos pchs vous ayez la prire ,d'un mendiant puissant au ciel4 ,,victor ,,hugo4 ,,la ,,chute ,,des ,,feuilles ,de la dpouille de nos bois ,l'automne avait jonch la terre2 ,le bocage tait sans mystre1 ,le rossignol tait sans voix4 ,triste1 et mourant1 son aurore1 ,un jeune malade pas lents ,parcourait une fois encore ,le bois cher ses premiers ans4 ,bois que j'aime1 adieu1 je succombe3 ,votre deuil me prdit mon sort2 ,et dans chaque feuille qui tombe ,je vois un prsage de mort4 ,fatal oracle d'pidaure1 ,tu m'as dit3 ,les feuilles des bois ,a tes yeux jauniront encore1 ,mais c'est pour la dernire fois4 ,l'ternel cyprs se balance2 ,dj sur sa tte en silence ,il incline ses longs rameaux2 ,ta jeunesse sera fltrie ,avant l'herbe de la prairie1 ,avant les pampres des coteaux4 ,et je meurs444 de leur froide haleine ,m'ont touch les sombres autans2 ,et j'ai vu comme une ombre vaine ,s'vanouir mon beau printemps6 ,tombe1 tombe1 feuille phmre6 ,voile aux yeux ce triste chemin2 ,cache au dsespoir de ma mre ,la place o je serai demain4 ,mais vers la solitaire alle1 ,si mon amante dsole ,venait pleurer quand le jour fuit1 veille par ton lger bruit ,mon ombre un instant console4 ,il dit1 s'loigne1 et sans retour1 ,la dernire feuille qui tombe ,a signal son dernier jour4 ,sous le chne on creusa sa tombe444 ,mais son amante ne vint pas ,visiter la pierre isole2 ,et le ptre de la valle ,troubla seul du bruit de ses pas ,le silence du mausole4 ,,millevoye4 ,,le ,,coin ,,du ,,grand-,p,,re ,ce coin prs du foyer1 c'est le coin du grand-pre4 ,c'est l1 je m'en souviens1 qu'il aimait s'asseoir1 ,les pieds sur les chenets1 dans sa vieille bergre1 ,l qu'il lisait le jour et sommeillait le soir4 ,je crois le voir encor4 ,sa tte couronne ,de beaux cheveux blanchis par l'ge et le chagrin1 ,se penchait en avant1 doucement incline2 ,son visage tait grave la fois et serein4 ,son coeur tait ouvert tous4 ,on pouvait lire ,le calme sur son front1 la bont dans ses yeux2 ,et lorsque sur sa bouche il passait un sourire1 ,on croyait voir briller comme un rayon des cieux4 ,puis1 il tait si bon pour moi6 ,ds que dcembre1 ,neigeux1 humide et froid1 me fermait le jardin1 ,souvent ses cts1 je jouais dans la chambre3 ,vnrable grand-pre et petit-fils mutin6 ,je vous laisse penser le tapage et la fte1 ,quand le ronfle mon gr sifflait sur le plancher1 ,quand mes soldats de plomb1 rangs tambour en tte1 ,sous mon commandement semblaient prts marcher4 --,regarde donc6 regarde1 oh6 regarde1 grand-pre6 ,il souriait1 et moi1 m'excitant1 par des cris1 ,au combat1 d'un seul coup je culbutais terre ,tous ces pauvres soldats disloqus et meurtris6 ,puis1 lorsque j'tais las de jouer3--,une histoire4 ,grand-pre6--et me voil sur ses genoux assis4 ,lui1 cherchant un moment dans sa vieille mmoire1 ,et me baisant au front1 commenait ses rcits4 ,c'taient des souvenirs de l'enfance lointaine1 ,ou bien quelque beau conte1 un conte d'autrefois1 ,terrible444 et j'coutais1 ne respirant qu' peine1 ,mon oreille et mon coeur suspendus sa voix8 ,souvent1 dans la veille1 il prenait son gros livre2 --,un vieillard1 disait-il1 est l'ami du vieillard1-- ,et tandis qu'il ouvrait ses deux fermoirs de cuivre1 ,un cleste bonheur animait son regard4 ,les mains jointes1 le front recueilli1 son visage ,refltait tout son coeur1 ce coeur humble et pieux1 ,et rarement son doigt tournait la sainte page1 ,sans qu'une douce larme y tombt de ses yeux6 ,ainsi ,dieu le reprit1 lisant sa vieille ,bible8 ,un soir1 je l'appelais1 le croyant endormi444 ,il n'tait plus3 la mort1 comme un sommeil paisible1 ,l'avait couch1 serein1 auprs de son ami6 ,maintenant1 son fauteuil est vide4 ,le grand-pre ,ne viendra plus jamais s'asseoir au coin du feu6 ,mais sa place est meilleure au ciel que sur la terre3 ,il ne nous a quitts que pour aller ,dieu6 ,l4 ,,tournier4 ,,hymne ,,de ,l',,enfant ,a ,,son ,r,,veil ,o pre qu'adore mon pre6 ,toi qu'on ne nomme qu' genoux6 ,toi1 dont le nom terrible et doux ,fait courber le front de ma mre6 ,on dit que ce brillant soleil ,n'est qu'un jouet de ta puissance2 ,que sous tes pieds il se balance ,comme une lampe de vermeil4 ,on dit que c'est toi qui fais natre ,les petits oiseaux dans les champs1 ,et qui donnes aux petits enfants ,une me aussi pour te connatre4 ,on dit que c'est toi qui produis ,les fleurs dont le jardin se pare1 ,et que1 sans toi1 toujours avare1 ,le verger n'aurait point de fruits4 ,aux dons que ta bont mesure ,tout l'univers est convi3 ,nul insecte n'est oubli ,a ce festin de la nature4 ,l'agneau broute le serpolet1 ,la chvre s'attache au cytise1 ,la mouche au bord du vase puise ,les blanches gouttes de mon lait6 ,l'alouette a la graine amre ,que laisse envoler le glaneur1 ,le passereau suit le vanneur1 ,et l'enfant s'attache sa mre4 ,et pour obtenir chaque don ,que chaque jour tu fais clore1 ,a midi1 le soir1 l'aurore1 ,que faut-il8 ,prononcer ton nom6 ,o ,dieu6 ma bouche balbutie ,ce nom des anges redout2 ,un enfant mme est cout ,dans le choeur qui te glorifie6444 ,ah6 puisqu'il entend de si loin ,les voeux que notre bouche adresse1 ,je veux lui demander sans cesse ,ce dont les autres ont besoin4 ,mon ,dieu1 donne l'onde aux fontaines1 ,donne la plume aux passereaux1 ,et la laine aux petits agneaux1 ,et l'ombre et la rose aux plaines4 ,donne au malade la sant1 ,au mendiant le pain qu'il pleure1 ,a l'orphelin une demeure1 ,au prisonnier la libert4 ,donne une famille nombreuse ,au pre qui craint le ,seigneur2 ,donne moi sagesse et bonheur1 ,pour que ma mre soit heureuse6444 ,,lamartine4 ,,dernier ,,choeur ,d',,esther --#afhi-- ,dieu fait triompher l'innocence1 ,chantons1 clbrons sa puissance4 ,il a vu contre nous les mchants s'assembler1 ,et notre sang prt couler2 ,comme l'eau sur la terre ils allaient le rpandre3 ,du haut du ciel sa voix s'est fait entendre2 ,l'homme superbe est renvers1 ,ses propres flches l'ont perc4 ,j'ai vu l'impie ador sur la terre1 ,pareil au cdre1 il cachait dans les cieux ,son front audacieux2 ,il semblait son gr gouverner le tonnerre1 ,foulait aux pieds ses ennemis vaincus3 ,je n'ai fait que passer1 il n'tait dj plus4 ,comment s'est calm l'orage8 ,quelle main salutaire a chass le nuage8 ,l'aimable ,esther a fait ce grand ouvrage4 ,de l'amour de son ,dieu son coeur s'est embras4 ,au pril d'une mort funeste ,son zle ardent s'est expos2 ,elle a parl3 le ciel a fait le reste4 ,esther a triomph des filles des ,persans3 ,la nature et le ciel l'envi l'ont orne4 ,tout ressent de ses yeux les charmes innocents1 ,jamais tant de beaut fut-elle couronne8 ,les charmes de son coeur sont encor plus puissants1 ,jamais tant de vertu fut-elle couronne8 ,ton ,dieu n'est plus irrit3 ,rjouis-toi1 ,sion1 et sors de la poussire1 ,quitte les vtements de ta captivit1 ,et reprends ta splendeur premire4 ,les chemins de ,sion la fin sont ouverts3 ,rompez vos fers1 ,tribus captives2 ,troupes fugitives1 ,repassez les monts et les mers1 ,rassemblez-vous des bouts de l'univers4 ,je reverrai ces campagnes si chres1 ,j'irai pleurer au tombeau de mes pres4 ,relevez1 relevez les superbes portiques ,du temple o notre ,dieu se plat d'tre ador3 ,que de l'or le plus pur son autel soit par1 ,et que du sein des monts le marbre soit tir4 ,prtres sacrs1 prparez vos cantiques4 ,liban1 dpouille-toi de tes cdres antiques3 ,dieu descend et vient habiter parmi nous3 ,terre1 frmis d'allgresse et de crainte2 ,et vous1 sous sa majest sainte1 ,cieux1 abaissez-vous4 ,que le ,seigneur est bon6 que son joug est aimable6 ,heureux qui ds l'enfance en connat la douceur6 ,jeune peuple1 courez ce matre adorable4 ,les biens les plus charmants n'ont rien de comparable ,aux torrents de plaisirs qu'il rpand dans un coeur4 ,que le ,seigneur est bon6 que son joug est aimable6 ,heureux qui ds l'enfance en connat la douceur6 ,il s'apaise1 il pardonne2 ,du coeur ingrat qui l'abandonne ,il attend le retour2 ,il excuse notre faiblesse1 ,a nous chercher mme il s'empresse2 ,pour l'enfant qu'elle a mis au jour ,une mre a moins de tendresse4 ,ah6 qui peut avec lui partager notre amour8 ,il nous fait remporter une illustre victoire4 ,il nous a rvl sa gloire4 ,ah6 qui peut avec lui partager notre amour8 ,que son nom soit bni1 que son nom soit chant2 ,que l'on clbre ses ouvrages ,au del des temps et des ges1 ,au del de l'ternit4 ,j4 ,,racine4 ,,le ,,nid ,moins on tient de place1 plus on est couvert3 une feuille suffit au nid de l'oiseau-mouche4 ,bernardin de ,saint-,pierre4 ,de ce buisson de fleurs approchons-nous ensemble3 ,vois-tu ce nid pos sur la branche qui tremble8 ,pour le couvrir1 vois-tu les rameaux se ployer8 ,les petits sont cachs sous leur couche de mousse2 ,ils sont tous endormis6444 ,oh6 viens1 ta voix est douce3 ,ne crains pas de les effrayer4 ,de ses ailes encore la mre les recouvre2 ,son oeil appesanti se referme et s'entr'ouvre1 ,et son amour souvent lutte avec le sommeil3 ,elle s'endort enfin444 ,vois comme elle repose6 ,elle n'a rien pourtant qu'un nid sous une rose1 ,et sa part de notre soleil4 ,vois1 il n'est point de vide en son troit asile1 ,a peine s'il contient sa famille tranquille2 ,mais l le jour est pur1 l le sommeil est doux1 ,c'est assez6444 ,elle n'est ici que passagre2 ,chacun de ses petits peut rchauffer son frre1 ,et son aile les couvre tous4 ,et nous1 pourtant1 mortels1 nous passagers comme elle1 ,nous fondons des palais quand la mort nous appelle2 ,le prsent est fltri par nos voeux d'avenir2 ,nous demandons plus d'air1 plus de jour1 plus d'espace1 ,des champs1 un toit plus grand6444 ,ah6 faut-il tant de place ,pour aimer un jour444 et mourir6 ,e4 ,,souvestre4 ,,le ,,montagnard ,,migr ,combien j'ai douce souvenance ,du joli lieu de ma naissance6 ,ma soeur1 qu'ils taient beaux les jours ,de ,france6 ,o mon pays1 sois mes amours ,toujours4 ,te souvient-il que notre mre ,au foyer de notre chaumire ,nous pressait sur son sein joyeux1 ,ma chre6 ,et nous baisions ses blancs cheveux ,tous deux4 ,ma soeur1 te souvient-il encore ,du chteau que baignait la ,dore8 ,et de cette tant vieille tour ,du ,maure1 ,o l'airain sonnait le retour ,du jour8 ,te souvient-il du lac tranquille ,qu'effleurait l'hirondelle agile1 ,du vent qui courbait le roseau ,mobile1 ,et du soleil couchant sur l'eau ,si beau8 ,oh6 qui me rendra mon ,hlne ,et ma montagne et le grand chne6 ,leur souvenir fait tous les jours ,ma peine4 ,mon pays sera mes amours ,toujours6 ,,chateaubriand4 ,,le ,,retour ,,dans ,,la ,,patrie ,qu'il va lentement1 le navire ,a qui j'ai confi mon sort6 ,au rivage o mon coeur aspire ,qu'il est lent trouver un port6 ,france adore8 ,douce contre1 ,mes yeux cent fois ont cru te dcouvrir2 ,qu'un vent rapide ,soudain nous guide ,aux bords sacrs o je reviens mourir4 ,mais enfin le matelot crie3 ,terre6 terre6 l-bas1 voyez6 ,ah6 tous mes maux sont oublis3 ,salut ma patrie6 ,oui1 voil les rives de ,france2 ,oui1 voil le port vaste et sr1 ,voisin des champs o mon enfance ,s'coula sous un chaume obscur4 ,france adore6 ,douce contre6 ,aprs vingt ans1 enfin1 je te revois4 ,de mon village ,je vois la plage2 ,je vois fumer la cime de nos toits4 ,combien mon me est attendrie6 ,l furent mes premiers amours2 ,l ma mre m'attend toujours2 ,salut ma patrie6 ,loin de mon berceau1 jeune encore1 ,l'inconstance emporta mes pas ,jusqu'au sein des mers o l'aurore ,sourit aux plus riches climats4 ,france adore6 ,douce contre6 ,dieu te devait leurs fcondes chaleurs4 ,toute l'anne1 ,l1 brille orne ,de fleurs1 de fruits1 et de fruits et de fleurs4 ,mais l1 ma jeunesse fltrie ,rvait des climats plus chers3 ,l1 je regrettais nos hivers4 ,salut ma patrie6 ,pouss chez des peuples sauvages ,qui m'offraient de rgner sur eux1 ,j'ai su dfendre leurs rivages ,contre des ennemis nombreux4 ,france adore6 ,douce contre6 ,tes champs alors gmissaient envahis4 ,puissance et gloire1 ,cris de victoire1 ,rien n'touffa la voix de mon pays3 ,de tout quitter mon coeur me prie2 ,je reviens pauvre1 mais constant4 ,une bche est l qui m'attend4 ,salut ma patrie6 ,au bruit des transports d'allgresse ,enfin le navire entre au port4 ,dans cette barque o l'on se presse1 ,htons-nous d'atteindre le bord4 ,france adore6 ,douce contre6 ,puissent tes fils te revoir ainsi tous6 ,enfin j'arrive1 ,et sur la rive ,je rends au ciel1 je rends grce genoux4 ,je t'embrasse1 terre chrie6 ,dieu6 qu'un exil doit souffrir6 ,moi dsormais1 je puis mourir2 ,salut ma patrie6 ,b,,ranger4 ,,ah6 ,,si ,j',,tais ,,petit ,,oiseau6 ,c'tait le plus beau jour de tous les jours d'automne1 ,un de ces jours brillants1 jours aux mille couleurs1 ,o la terre ravie1 effeuillant sa couronne1 ,nous jette ses fruits et ses fleurs4 ,la mre travaillait la fentre assise1 ,mre au front gracieux1 au regard calme1 doux1 ,et l'enfant apprenait1 en silence et soumise1 ,une leon sur ses genoux4 ,relevant quelquefois sa tte rose et blanche1 ,pour sourire au soleil1 au splendide horizon1 ,elle coutait l'oiseau qui sautait sur la branche1 ,en chantant gaiement sa chanson4 ,la pauvre mre alors1 et bonne et gnreuse1 ,pour ne pas la gronder1 feignait de ne rien voir1 ,ou ramenait d'un mot sa chre paresseuse ,au doux sentiment du devoir4 ,que sa voix tait tendre et pleine d'indulgence6 ,allons1 chre ,marie1 allons1 tu n'apprends pas4 ,ton livre dchir trahit ta ngligence1 ,que vois-tu de si beau l-bas8 ,elle invitait encor la gentille rveuse ,a reprendre courage1 lire de nouveau1 ,quand l'enfant s'cria3 ,que je suis malheureuse6 ,ah6 si j'tais petit oiseau6 ,ah6 si j'tais l'oiseau qui toujours saute et chante2 ,qui n'a souci de rien1 qu'on voit toujours joyeux2 ,si j'tais cet oiseau1 que je serais contente1 ,et que mon sort serait heureux6 ,plus de livre ennuyeux1 plus de leon svre2 ,voltiger tout le jour1 courir et s'amuser1 ,causer avec les fleurs1 caresser la bruyre1 ,sur le gazon se reposer2 ,toujours nouveau plaisir1 toujours nouvelle fte2 ,sous les arbres touffus1 j'arrterais mon vol1 ,et m'en irais souvent appeler la fauvette1 ,pour rire avec le rossignol4 ,tu dis que c'est l-haut qu'on chante les louanges1 ,que la terre rpte en tout temps1 en tout lieu3 ,j'y volerais aussi pour entendre les anges ,chanter dans le ciel du bon ,dieu4 ,sans regrets1 sans chagrins1 toujours libre et ravie1 ,chaque jour le soleil me paratrait plus beau2 ,ainsi s'couleraient tous les jours de ma vie4 ,ah6 si j'tais petit oiseau6 --,sans doute1 chre enfant1 cette vie a des charmes1 ,mais elle compte aussi plus d'un jour douloureux4 ,l'oiseau n'est pas exempt de craintes ni d'alarmes1 ,il est souvent bien malheureux4 ,quand l'hiver couvre tout de glace et de tristesse1 ,lorsque tu dors1 enfant1 sous de lgers rideaux1 ,on n'entend plus dans l'air que les cris de dtresse ,pousss par les petits oiseaux4 ,oh6 que leur voix alors est touchante et plaintive6 ,ils vont mourir de faim1 de froid et de douleur4 ,car ils n'ont plus de mre inquite1 attentive1 ,pour les rchauffer sur son coeur4 ,plus heureux que l'oiseau1 dont la vie est amre1 ,l'enfant reoit du ciel un regard plein de feu1 ,un coeur intelligent pour comprendre sa mre1 ,une me pour adorer ,dieu4 ,regarde celui-ci qui frle de son aile ,et la branche de l'arbre et le gazon fleuri2 ,il va nous faire entendre une chanson nouvelle2 ,qu'il est mignon1 qu'il est joli6 ,il parat bien joyeux1 les airs sont sa patrie6 ,sans craindre le pril1 sans songer son sort1 ,il chante1 court1 s'envole1 et lgre est sa vie2 ,demain1 peut-tre1 il sera mort4 ,la mre encor parlait quand soudain l'clair brille4 ,bientt l'air retentit sous le grand peuplier1 ,et l'oiseau qui chantait tombe sous la charmille1 ,frapp par le plomb meurtrier4 ,on s'lance1 on accourt1 de terreur palpitantes4 ,hlas6 il est trop tard6 ,oh6 le cruel chasseur6 ,l'oiseau fermait dj ses paupires mourantes3 ,que de regrets6 que de douleur6 ,on essaya pourtant de rappeler la vie2 ,longtemps on espra qu'il rouvrirait les yeux3 ,tout en le rchauffant1 la gentille ,marie ,versa bien des pleurs douloureux4 ,elle lui dit tout bas beaucoup de douces choses 7,car l'enfant sut de ,dieu comprendre la leon71 ,puis on l'ensevelit sous des feuilles de roses ,que l'on cacha sous le gazon4 ,elle revint alors dsole et pensive1 ,le coeur gros de soupirs1 rvant au pauvre oiseau2 ,et puis1 sans dire un mot1 srieuse1 attentive1 ,elle tudia de nouveau4 ,puis1 un moment aprs1 elle dit en prire3 ,seigneur6 ,seigneur mon ,dieu6 de ton ciel triomphant1 ,oh6 conserve toujours un enfant sa mre1 ,et garde la mre l'enfant6 ,mlle ,,isabelle ,,rodier4 ,,une ,,promenade ,,de ,f,,nelon ,victime de l'intrigue et de la calomnie1 ,et par un noble exil expiant son gnie1 ,fnelon1 dans ,cambrai1 regrettant peu la cour1 ,rpandait les bienfaits et recueillait l'amour2 ,instruisait1 consolait1 donnait tous l'exemple2 ,son peuple pour l'entendre accourait dans le temple4 ,il parlait1 et les coeurs s'ouvraient tous sa voix4 ,quand du saint ministre ayant port le poids1 ,il cherchait1 vers le soir1 le repos1 la retraite1 ,alors1 aux champs aims du sage et du pote1 ,solitaire et rveur1 il allait s'garer4 ,de quel charme leur vue il se sent pntrer6 ,il mdite1 il compose1 et son me l'inspire6 ,jamais un vain orgueil ne le presse d'crire2 ,sa gloire est d'tre utile2 heureux quand il a pu ,montrer la vrit1 faire aimer la vertu6 ,ses regards1 anims d'une flamme cleste1 ,relvent de ses traits la majest modeste1 ,sa taille est haute et noble2 un bton la main1 ,seul1 sans faste et sans crainte1 il poursuit son chemin1 ,contemple la nature et jouit de ,dieu mme4 ,il visite souvent les villageois qu'il aime1 ,et chez ces bonnes gens1 de le voir tout joyeux1 ,vient sans tre attendu1 s'assied au milieu d'eux1 coute le rcit des peines qu'il soulage1 ,joue avec les enfants1 et gote le laitage4 ,un jour1 loin de la ville ayant longtemps err1 ,il arrive aux confins d'un hameau retir1 ,et sous un toit de chaume1 indigente demeure1 ,la piti le conduit2 une famille y pleure4 ,il entre1 et sur-le-champ1 faisant place au respect1 ,la douleur1 un moment1 se tait son aspect4 ,o ciel6 c'est monseigneur6444 ,on se lve1 on s'empresse2 ,il voit avec plaisir clater leur tendresse4 ,qu'avez-vous1 mes enfants8 d'o nat votre chagrin8 ,ne puis-je le calmer8 ,versez-le dans mon sein2 ,je n'abuserai point de votre confiance4 ,on s'enhardit alors et la mre commence3 ,pardonnez1 monseigneur1 mais vous n'y pouvez rien2 ,ce que nous regrettons1 c'tait tout notre bien2 ,nous n'avions qu'une vache6444 hlas6 elle est perdue2 ,depuis trois jours entiers nous ne l'avons point vue4 ,notre pauvre ,brunon644 nous l'attendons en vain2 ,les loups l'auront mange1 et nous mourrons de faim4 ,peut-il tre un malheur au ntre comparable8 --,ce malheur1 mes amis1 est-il irrparable8 ,dit le prlat1 et moi ne puis-je vous offrir1 ,touch de vos regrets1 de quoi les adoucir8 ,en place de ,brunon1 si j'en trouvais une autre8444 --,l'aimerions-nous autant que nous aimons la ntre8 ,pour oublier ,brunon il faudra bien du temps6 ,eh6 comment l'oublier8444 ,ni nous ni nos enfants ,nous ne serons ingrats4 ,c'tait notre nourrice6 ,nous l'avions achete tant encor gnisse6 ,accoutume nous1 elle nous entendait1 ,et mme sa manire elle nous rpondait2 ,son poil tait si beau1 d'une couleur si noire2 ,trois marques seulement1 plus blanches que l'ivoire1 ,ornaient son large front et ses pieds de devant2 ,avec mon petit ,claude elle jouait souvent2 ,il montait sur son dos1 elle le laissait faire2 ,je riais444 ,a prsent nous pleurons1 au contraire6 ,non1 monseigneur1 jamais1 il n'y faut pas penser1 ,une autre ne pourra chez nous la remplacer4 ,fnelon coutait cette plainte nave2 ,mais pendant l'entretien1 bientt le soir arrive4 ,quand on est occup de sujets importants1 ,on ne s'aperoit pas de la fuite du temps4 ,il promet en partant de revoir la famille444 ,ah6 monseigneur1 lui dit la plus petite fille1 ,si vous vouliez pour nous la demander ,dieu1 ,nous la retrouverions4--,ne pleurez plus2 adieu4 ,il reprend son chemin1 il reprend ses penses1 ,achve en son esprit des pages commences2 ,il marche2 mais dj l'ombre crot1 le jour fuit4 ,ce reste de clart qui devance la nuit ,guide encore ses pas travers les prairies1 ,et le calme du soir nourrit ses rveries4 ,tout coup un objet ses yeux s'est montr2 ,il regarde444 il croit voir441 il distingue en un pr1 ,seule1 errante et sans guide1 une vache444 ,c'est elle ,dont on lui fit tantt un portrait si fidle444 ,il ne peut s'y tromper2 et soudain1 empress1 ,il court dans l'herbe humide1 il franchit un foss1 ,arrive haletant2 et ,brunon complaisante1 ,loin de le fuir1 vers lui s'avance et se prsente4 ,lui-mme1 satisfait1 la flatte de la main4 ,mais que faire8 ,va-t-il poursuivre son chemin8 ,retourner sur ses pas1 ou regagner la ville8 ,dj1 pour revenir1 il a fait plus d'un mille4 ,ils l'auront ds ce soir1 dit-il1 et par mes soins ,elle leur cotera quelques larmes de moins4 ,il saisit ces mots la corde qu'elle trane1 ,et marchant lentement1 derrire lui l'emmne4 ,venez1 mortels1 si fiers d'un vain et mince clat2 ,voyez1 en ce moment1 ce digne et saint prlat1 ,que son nom1 son gnie1 et son titre dcore1 ,mais que tant de bont rvle plus encore4 ,ce qui fait votre orgueil vaut-il un trait si beau8 ,le voil fatigu1 de retour au hameau4 ,hlas6 la clart d'une faible lumire1 ,on veille1 on pleure encor dans la triste chaumire4 ,il arrive la porte3 ,ouvrez-moi1 mes enfants1 ,ouvrez-moi2 c'est ,brunon1 ,brunon que je vous rends4 ,on accourt2 surprise6 joie6 doux spectacle6 ,la fille croit que ,dieu fait pour elle un miracle3 ,ce n'est point monseigneur1 c'est un ange des cieux ,qui1 sous ses traits chris1 se prsente nos yeux1 ,pour nous faire plaisir il a pris sa figure3 ,aussi je n'ai pas peur444 ,oh6 non1 je vous assure1 ,bon ange6444 ,en ce moment1 de leurs larmes noys1 ,pre1 mre1 enfants1 tous sont tombs ses pieds4 ,levez-vous1 mes amis2 mais quelle erreur trange6 ,je suis votre archevque et ne suis point un ange2 ,j'ai retrouv ,brunon1 et pour vous consoler ,je revenais vers vous2 que n'ai-je pu voler6 ,reprenez-la2 je suis heureux de vous la rendre4 --,quoi6 tant de peine6 ciel6 avez-vous pu la prendre1 ,et vous-mme8 ,il reoit leurs respects1 leur amour2 ,mais il faut bien aussi que ,brunon ait son tour4 ,on lui parle4 ,c'est donc ainsi que tu nous laisses8 ,mais te voil6 ,je donne penser les caresses6 ,brunon semble rpondre l'accueil qu'on lui fait4 ,tel au retour d',ulysse1 son chien le reconnat4 ,il faut1 dit ,fnelon1 que je reparte encore2 ,a peine dans ,cambrai serai-je avant l'aurore2 ,je crains d'inquiter mes amis1 ma maison444 --,oui1 dit le villageois1 oui1 vous avez raison2 ,on pleurerait ailleurs quand vous schez nos larmes6 ,vous tes tant aim6444 ,prvenez leurs alarmes ,mais comment retourner8 car vous tes bien las6 ,monseigneur1 permettez444 nous vous offrons nos bras4 ,oui1 sans vous fatiguer1 vous ferez le voyage4 ,d'un peuplier voisin on abat le branchage4 ,mais au hameau dj le bruit s'est rpandu4 ,monseigneur est ici6444 ,chacun est accouru1 ,chacun veut le servir4 ,de bois et de rame ,une civire agreste aussitt est forme1 ,qu'on tapisse partout de fleurs1 d'herbages frais2 ,des branches au-dessus s'arrondissent en dais2 ,le bon prlat s'y place1 et mille cris de joie ,volent au loin2 l'cho les double et les renvoie4 ,il part3 tout le hameau l'environne1 le suit2 ,la clart des flambeaux brille travers la nuit1 ,le cortge bruyant qu'gaye un chant rustique1 ,marche444 ,honneurs innocents et gloire pacifique6 ,ainsi par leur amour ,fnelon escort1 ,jusque dans son palais en triomphe est port4 ,,andrieux4 ,,quatrains ,,moraux #a4 ,tout annonce d'un ,dieu l'ternelle existence2 ,on ne peut le comprendre1 on ne peut l'ignorer3 ,la voix de l'univers annonce sa puissance1 ,et la voix de nos coeurs dit qu'il faut l'adorer4 #b4 ,contre la conscience il n'est point de refuge3 ,elle parle en nos coeurs2 rien n'touffe sa voix1 ,et de nos actions elle est tout la fois ,la loi1 l'accusateur1 le tmoin et le juge4 #c4 ,enfants1 quelque irrit que vous paraisse un pre1 ,croyez qu'il est toujours votre ami le plus doux1 ,son coeur en vous montrant un courroux ncessaire1 ,le fait pour votre bien1 et souffre plus que vous4 #d4 ,que vous devez aimer cette maman si chre1 ,qui souffrit tant pour vous1 qui vous rend tant de soins1 ,et qui prvoit si bien vos peines1 vos besoins6 ,est-il assez d'amour pour payer une mre8 #e4 ,soyez doux1 complaisants1 d'un caractre affable3 ,on est toujours aim quand on est sans humeur2 ,l'esprit ne suffit pas1 enfants1 pour tre aimable2 ,il faut y joindre encor l'indulgente douceur4 #f4 ,offensez-vous quelqu'un1 votre orgueil vous refuse ,a demander pardon de votre emportement4 ,eh6 pourquoi donc rougir de ce beau mouvement8 ,la honte est dans l'offense1 et non pas dans l'excuse4 #g4 ,notre vie est si courte6 ,il la faut employer2 ,instruisez-vous1 enfants1 ds l'ge le plus tendre4 ,vous serez malheureux si vous cessez d'apprendre ,et c'est un jour perdu qu'un jour sans travailler4 ,,le ,,bon ,,emploi ,,du ,,temps ,comme la bienfaisante pluie ,fconde la terre en t ,dieu fit pour fconder la vie1 ,le travail et l'activit4 ,ne laissons point d'heure inutile3 ,songeons que la paille strile ,est foule aux pieds du glaneur2 ,puissent s'amasser nos journes1 ,comme les gerbes moissonnes1 ,dans le grenier du laboureur6 ,mme ,,amable ,,tastu4 ,,le ,c,,dre ,,du ,,liban ,le cdre du ,liban s'tait dit en lui-mme3 ,je rgne sur les monts2 ma tte est dans les cieux1 ,j'tends sur les forts mon vaste diadme2 ,je prte un noble asile l'aigle audacieux4 ,a mes pieds l'homme rampe444 ,et l'homme qu'il outrage ,rit1 se lve1 et d'un bras trop longtemps ddaign ,fait tomber sous la hache et la tte et l'ombrage ,de ce roi des forts1 de sa chute indign444 ,vainement il s'exhale en des plaintes amres2 ,les arbres d'alentour sont joyeux de son deuil3 ,affranchis de son ombre1 ils s'lvent en frres1 ,et du gant superbe un ver punit l'orgueil4 ,,le ,,brun4 ,,la ,,feuille ,de ta tige dtache1 ,pauvre feuille dessche1 ,o vas-tu8--,je n'en sais rien3 ,l'orage a bris le chne ,qui seul tait mon soutien4 ,de son inconstante haleine ,le zphir ou l'aquilon ,depuis ce jour me promne ,de la fort la plaine1 ,de la montagne au vallon4 ,je vais o le vent me mne1 ,sans me plaindre ou m'effrayer1 ,je vais o va toute chose1 ,o va la feuille de rose ,et la feuille de laurier4 ,,arnault4 ,,le ,,plus ,,doux ,,nom ,emmanuel444 ,dieu avec nous6 ,plus doux qu'est au printemps le parfum de la rose1 ,quand l'aube luit2 ,que le sein maternel o l'enfant se repose1 ,quand vient la nuit2 ,plus doux et plus touchant que le doux nom de pre ,pour l'orphelin2 ,plus doux qu'est nos yeux l'clat de la lumire ,a son dclin2 ,plus douce qu'est au coeur que le bruit empoisonne ,la paix du soir2 ,plus doux qu'est au mourant que la vie abandonne ,le mot d'espoir2 ,plus doux qu'est le regard du jeune enfant qui prie ,prs de son lit2 ,plus doux qu'est dans l'exil le doux nom de patrie ,pour le proscrit2 ,plus doux qu'est au rocher battu par la tempte ,l'aspect du port2 ,plus doux qu'est le duvet o l'oiseau met sa tte ,quand il s'endort2 ,plus doux qu'au plerin arrivant de la terre ,est le chant des lus1 --,plus doux est au pcheur perdu dans sa misre ,le doux nom de ,jsus6 ,,th,,ophile ,,gontard4 ,,dandolo ,venise aux ,byzantins demandait un trait4 ,auprs de l'empereur part comme dput ,un des plus nobles fils de ,venise la belle1 ,dandolo6444 ,l'empereur ordonne qu'on l'appelle4 ,il entre6444 ,le trait l'attendait tout crit3 ,lisez1 lui dit le prince1 et puis signez444 ,il lit4 ,mais soudain1 plissant de colre1 il s'crie3 ,ce trait fltrirait mon nom et ma patrie1 ,je ne signerai pas6 ,l'imptueux ,csar ,se lve6 ,dandolo l'crase d'un regard4 ,le prince veut parler de prsents1 il s'indigne6 ,de bourreaux1 il sourit2 de prtres1 il se signe6 ,alors tout cumant de honte et de fureur3 ,si tu ne consens pas1 tratre1 dit l'empereur1 ,j'appelle ici soudain quatre esclaves fidles1 ,je te fais garrotter1 et l1 dans tes prunelles1 ,un fer rouge teindra le feu vanoui2 ,ainsi1 hte-toi donc1 et rponds enfin444 oui6 ,il se tait644 ,on apporte une lame brlante6 ,il se tait644 ,on l'applique sa paupire ardente3 ,il se tait644 ,de ses yeux o le fer s'enfonait1 ,le sang coule3 il se tait6 la chair fume3 il se tait644 ,et quand de ses bourreaux l'oeuvre fut acheve1 ,tranquille et ferme il dit3 ,la patrie est sauve6 ,eh bien6 ce front d'airain1 inflexible aux douleurs1 ,ces yeux qui torturs n'ont que du sang pour pleurs1 ,cet immobile front o pas un pli ne bouge1 ,qui ne sourcille pas sous le feu d'un fer rouge1 ,ces yeux1 ce front1 ce coeur1 avaient quatre-vingts ans6 ,jeune aurait-il mieux fait8 ,vit-on ses faibles sens ,le trahir1 et son corps manqua-t-il son me8 ,va1 va1 fouille l'histoire avec des yeux de flamme1 ,jeune homme1 et trouve un trait plus beau que ce trait-l4 ,auprs de ,dandolo1 qu'est-ce que ,scevola8 ,e4 ,,legouv4 ,l',,oreiller ,d',,une ,,petite ,,fille ,cher petit oreiller1 doux et chaud sous ma tte1 ,plein de plume choisie1 et blanc1 et fait pour moi6 ,quand on a peur du vent1 des loups1 de la tempte1 ,cher petit oreiller1 que je dors bien sur toi6 ,beaucoup1 beaucoup d'enfants1 pauvres1 nus et sans mre1 ,sans maison1 n'ont jamais d'oreiller pour dormir2 ,ils ont toujours sommeil6 ,o destine amre6 ,maman1 douce maman1 cela me fait gmir1 ,et quand j'ai pri ,dieu pour tous ces petits anges ,qui n'ont pas d'oreiller1 moi1 j'embrasse le mien2 ,seule dans mon doux nid qu' tes pieds tu m'arranges1 ,je te bnis1 ma mre1 et je touche le tien4 ,je ne m'veillerai qu' la lueur premire ,de l'aube au rideau bleu2 c'est si gai de la voir6 ,je vais dire tout bas ma plus tendre prire2 ,donne encore un baiser1 bonne maman6 ,bonsoir4 ,,pri,,re ,dieu des enfants1 le coeur d'une petite fille1 ,plein de prire1 coute6 est ici sous mes mains2 ,on me parle souvent d'orphelins sans famille2 ,dans l'avenir1 mon ,dieu6 ne fais plus d'orphelins6 ,laisse descendre au soir un ange qui pardonne1 ,pour rpondre des voix que l'on entend gmir2 ,mets sous l'enfant perdu1 que la mre abandonne1 ,un petit oreiller qui le fasse dormir4 ,mme ,,desbordes-,,valmore4 ,,paraphrase ,,du ,,psaume ,,cxlvi ,n'esprons plus1 mon me1 aux promesses du monde1 ,sa lumire est un verre1 et sa faveur une onde ,que toujours quelque vent empche de calmer2 ,quittons ces vanits1 lassons-nous de les suivre3 ,c'est ,dieu qui nous fait vivre1 ,c'est ,dieu qu'il faut aimer4 ,en vain1 pour satisfaire nos lches envies1 ,nous passons prs des rois tout le temps de nos vies ,a souffrir des mpris et ployer les genoux3 ,ce qu'ils peuvent n'est rien2 ils sont1 ce que nous sommes1 ,vritablement hommes1 ,et meurent comme nous4 ,ont-ils rendu l'esprit1 ce n'est plus que poussire ,que cette majest si pompeuse et si fire ,dont l'clat orgueilleux tonnait l'univers1 ,et1 dans ces grands tombeaux o leurs mes hautaines ,font encore les vaines1 ,ils sont mangs des vers4 ,l se perdent ces noms de matres de la terre1 ,d'arbitres de la paix1 de foudres de la guerre2 ,comme ils n'ont plus de sceptre1 ils n'ont plus de flatteurs2 ,et tombent avec eux d'une chute commune ,tous ceux que leur fortune ,faisait leurs serviteurs4 ,,malherbe4 ,,le ,,bonheur ,,du ,,chr,,tien ,que ne puis-je1 mon ,dieu1 ,dieu de ma dlivrance1 ,remplir de ta louange et la terre et les cieux1 ,les prendre pour tmoins de ma reconnaissance1 ,et dire au monde entier combien je suis heureux6 ,heureux quand je t'coute et que cette parole ,qui dit3 ,lumire sois6 et la lumire fut1 ,s'abaisse jusqu' moi1 m'instruit et me console1 ,et me dit3 ,c'est ici le chemin du salut6 ,heureux quand je te parle1 et que de ma poussire1 ,je fais monter vers toi mon hommage et mon voeu1 ,avec la libert d'un fils devant son pre1 ,et le saint tremblement d'un pcheur devant ,dieu4 ,heureux lorsque ton jour1 ce jour qui vit clore ,ton oeuvre du nant et ton fils du tombeau1 ,vient m'ouvrir les parvis o ton peuple t'adore1 ,et de mon zle teint rallumer le flambeau4 ,heureux quand sous les coups de ta verge fidle1 ,avec amour battu1 je souffre avec amour3 ,pleurant1 mais sans douter de ta main paternelle1 ,pleurant1 mais sous la croix1 pleurant1 mais pour un jour4 ,heureux1 lorsque1 attaqu par l',ange de la chute1 ,prenant la ,croix pour arme et l',agneau pour ,sauveur1 ,je triomphe genoux et sors de cette lutte ,vainqueur1 mais tout meurtri1 tout meurtri1 mais vainqueur4 ,heureux1 toujours heureux6 ,j'ai le ,dieu fort pour pre1 ,pour frre ,jsus-,christ1 pour guide l',esprit-,saint6 ,que peut ter l'enfer1 que peut donner la terre ,a qui jouit du ciel et du ,dieu trois fois saint8 ,a4 ,,monod4 ,,le ,,nid ,,de ,,fauvettes ,je le tiens1 ce nid de fauvettes6 ,ils sont deux1 trois1 quatre petits6 ,depuis si longtemps je vous guette2 ,pauvres oiseaux1 vous voil pris6 ,criez1 sifflez1 petits rebelles1 ,dbattez-vous2 oh6 c'est en vain1 ,vous n'avez pas encor vos ailes1 ,comment vous sauver de ma main8 ,mais quoi6 n'entends-je pas leur mre ,qui pousse des cris douloureux8 ,oui1 je le vois1 oui1 c'est leur pre ,qui vient voltiger auprs d'eux4 ,ah6 pourrais-je causer leur peine1 ,moi qui1 l't1 dans les vallons1 ,venais m'endormir sous un chne1 ,au bruit de leurs douces chansons8 ,hlas6 si du sein de ma mre ,un mchant venait me ravir1 ,je le sens bien1 dans sa misre1 ,elle n'aurait plus qu' mourir4 ,et je serais assez barbare1 ,pour vous arracher vos enfants8 ,non1 non1 que rien ne vous spare2 ,non1 les voici1 je vous les rends4 ,apprenez-leur1 dans le bocage1 ,a voltiger auprs de vous2 ,qu'ils coutent votre ramage ,pour former des sons aussi doux4 ,et moi1 dans la saison prochaine1 ,je reviendrai dans les vallons1 ,dormir quelquefois sous un chne1 ,au bruit de leurs douces chansons4 ,,berquin4 ,a ,,mes ,,oiseaux ,oh6 que vous chantez bien1 mes petits canaris6 ,c'est que vous avez tout souhait3 belle cage1 ,grain nouveau1 gai soleil1 air pur et frais breuvage1 ,et votre joie clate en vos airs favoris6 ,mais savez-vous1 au moins1 d'o vous vient cette fte8 ,moi1 j'achte ce grain dont vous tes friands3 ,mais qui l'a fait germer et mrir dans les champs8 ,je vous verse cette eau3 mais cette eau1 qui l'a faite8 ,qui donc a fait couler le limpide ruisseau ,o1 dans mon gobelet1 pour vous je l'ai puise8 ,c'est moi qui vous ai mis tout prs de la croise2 ,quand j'ai vu ce jour pur et ce soleil si beau3 ,mais d'o vient ce beau jour1 et d'o vient l'astre mme8 ,qui l'a form8 ,qui l'a suspendu dans les airs1 ,pour tre bienfaiteur et roi de l'univers8 ,dites1 le savez-vous8--,c'est quelqu'un qui vous aime4 ,c'est ,dieu1 mes canaris6--,la graine et le ruisseau1 ,l'azur et le soleil1 et les cieux et la terre ,sont son oeuvre3 et c'est lui qui1 comme un tendre pre ,s'occupe de l'enfant et prend soin de l'oiseau6 ,c'est ,dieu qui vous a faits1 c'est ,dieu qui vous apprte ,ce repas1 cet abri2 c'est lui qui vous revt1 ,dans la saison d'hiver1 de ce moelleux duvet ,o1 pour vous endormir1 vous cachez votre tte2 ,lui qui vous a donn ces jolis petits yeux1 ,et cette douce voix aux smillants ramages6 ,a lui donc tous vos chants1 lui tous vos hommages6 ,chantez1 ds que l'aurore apparat dans les cieux2 ,chantez1 lorsqu' midi ruisselle la lumire2 ,chantez1 quand le jour baisse et meurt l'horizon6 ,ensemble1 rendons grce et gloire son saint nom2 ,au bon ,dieu votre chant1 au bon ,dieu ma prire6 ,l4 ,,tournier4 ,,le ,,vaisseau ,,le ,,vengeur ,ah6 des flots ft-on la victime1 ,ainsi que le ,vengeur il est beau de prir3 ,il est beau1 quand le sort vous plonge dans l'abme1 ,de paratre le conqurir4 ,trahi par le sort infidle1 ,comme un lion press de nombreux lopards1 ,seul au milieu de tous1 sa fureur tincelle2 ,il les combat de toutes parts4 ,l'airain lui dclare la guerre2 ,le fer1 l'onde1 la flamme entourent ses hros1 ,sans doute ils triomphaient2 mais leur dernier tonnerre ,vient de s'teindre dans les flots4 ,captifs1 la vie est un outrage3 ,ils prfrent le gouffre ce bienfait honteux1 ,l',anglais en frmissant admire leur courage2 ,albion plit devant eux4 ,plus fiers d'une mort infaillible1 ,sans peur1 sans dsespoir1 calmes dans leurs combats1 ,de ces rpublicains l'me n'est plus sensible ,qu' l'ivresse d'un beau trpas4 ,prs de se voir rduits en poudre1 ,ils dfendent leurs bords enflamms et sanglants4 ,voyez-les dfier et la vague et la foudre1 ,sous des mts rompus et brlants4 ,voyez ce drapeau tricolore1 ,qu'lve en prissant leur courage indompt2 ,sous le flot qui le couvre1 entendez-vous encore ,ce cri3 ,vive la libert6 ,ce cri444 c'est en vain qu'il expire1 touff par la mort et par les flots jaloux2 ,sans cesse il revivra rpt par ma lyre2 ,sicles1 il planera sur vous6 ,et vous1 hros de ,salamine1 ,dont ,thtis vante encor les exploits glorieux1 ,non1 vous n'galez point cette auguste ruine1 ,ce naufrage victorieux4 ,e4 ,,lebrun4 ,,la ,,mort ,,des ,,templiers ,un immense bcher dress pour leur supplice1 ,s'lve en chafaud1 et chaque chevalier ,croit mriter l'honneur d'y monter le premier2 ,mais le grand matre arrive3 il monte1 il les devance2 ,son front est rayonnant de gloire et d'esprance2 ,il lve vers les cieux un regard inspir4 ,d'une voix formidable aussitt il s'crie3 ,nul de nous n'a trahi son ,dieu1 ni sa patrie4 ,franais1 souvenez-vous de nos derniers accents3 ,nous sommes innocents1 nous mourons innocents4 ,l'arrt qui nous condamne est un arrt injuste2 ,mais il est dans le ciel un tribunal auguste ,que le faible opprim jamais n'implore en vain2 ,et j'ose t'y citer1 pontife romain6 ,encor quarante jours644 je t'y vois comparatre4 ,chacun en frmissant coutait le grand matre3 ,mais quel tonnement6 quel trouble6 quel effroi ,quand il dit3 ,o ,philippe6 mon matre6 mon roi6 ,je te pardonne en vain1 ta vie est condamne2 ,au tribunal de ,dieu je t'attends dans l'anne4 ,les nombreux spectateurs1 mus et consterns1 ,versent des pleurs sur vous1 sur ces infortuns4 ,de tous cts s'tend la terreur1 le silence3 ,il semble que du ciel descende la vengeance4 ,les bourreaux interdits n'osent plus approcher2 ,ils jettent en tremblant le feu sur le bcher1 ,et dtournent la tte444 ,une fume paisse ,entoure l'chafaud1 roule et grossit sans cesse4 ,tout coup le feu brille444 ,a l'aspect du trpas ,ces braves chevaliers ne se dmentent pas4 ,on ne les voyait plus1 mais leurs voix hroques ,chantaient de l'ternel les sublimes cantiques2 ,plus la flamme montait1 plus ce concert pieux ,s'levait avec elle et montait vers les cieux4 ,votre envoy parat1 s'crie444 ,un peuple immense1 ,proclamant avec lui votre auguste clmence1 ,aux pieds de l'chafaud soudain s'est lanc444 ,mais il n'tait plus temps444 ,les chants avaient cess4 ,,raynouard4 ,,la ,,sainte ,,alliance ,,des ,,peuples --#ahah-- ,j'ai vu la paix descendre sur la terre1 ,semant de l'or1 des fleurs et des pis4 ,l'air tait calme et du dieu de la guerre ,elle touffait les foudres assoupis4 ,ah6 disait-elle1 gaux par la vaillance1 ,franais1 ,anglais1 ,belge1 ,russe ou ,germain1 ,peuples1 formez une sainte alliance1 ,et donnez-vous la main4 ,pauvres mortels1 tant de haine vous lasse2 ,vous ne gotez qu'un pnible sommeil4 ,d'un globe troit divisez mieux l'espace2 ,chacun de vous aura place au soleil4 ,tous attels au char de la puissance1 ,du vrai bonheur vous quittez le chemin4 ,peuples1 formez une sainte alliance1 ,et donnez-vous la main4 ,chez vos voisins vous portez l'incendie2 ,l'aquilon souffle1 et vos toits sont brls2 ,et quand la terre est enfin refroidie1 ,le soc languit sous des bras mutils4 ,prs de la borne o chaque tat commence1 ,aucun pi n'est pur de sang humain4 ,peuples1 formez une sainte alliance1 ,et donnez-vous la main4 ,des potentats1 dans vos cits en flammes1 ,osent du bout de leur sceptre insolent ,marquer1 compter et recompter les mes ,que leur adjuge un triomphe sanglant4 ,faibles troupeaux1 vous passez sans dfense ,d'un joug pesant sous un joug inhumain4 ,peuples1 formez une sainte alliance1 ,et donnez-vous la main4 ,que ,mars en vain n'arrte point sa course3 ,fondez des lois dans vos pays souffrants4 ,de votre sang ne livrez plus la source ,aux rois ingrats1 aux vastes conqurants4 ,des astres faux conjurez l'influence2 ,effroi d'un jour1 ils pliront demain4 ,peuples1 formez une sainte alliance1 ,et donnez-vous la main4 ,oui1 libre enfin1 que le monde respire2 ,sur le pass jetez un voile pais2 ,semez vos champs aux accords de la lyre2 ,l'encens des arts doit brler pour la paix4 ,l'espoir riant1 au sein de l'abondance1 ,accueillera les doux fruits de l'hymen1 ,peuples1 formez une sainte alliance1 ,et donnez-vous la main4 ,ainsi parlait cette vierge adore1 ,et plus d'un roi rptait ses discours4 ,comme au printemps la terre tait pare2 ,l'automne en fleurs rappelait les amours4 ,pour l'tranger1 coulez1 bons vins de ,france2 ,de sa frontire il reprend le chemin4 ,peuples1 formons une sainte alliance1 ,et donnons-nous la main4 ,b,,ranger4 ,,mort ,,de ,,coligny ,cependant tout s'apprte et l'heure est arrive ,qu'au fatal dnouement la reine a rserve4 ,le signal est donn sans tumulte et sans bruit4 ,c'tait la faveur des ombres de la nuit4 ,de ce mois malheureux l'ingale courrire ,semblait cacher d'effroi sa tremblante lumire4 ,coligny languissait dans les bras du repos1 ,et le sommeil trompeur lui versait ses pavots4 ,soudain de mille cris le bruit pouvantable ,vient arracher ses sens ce calme agrable3 ,il se lve1 il regarde1 il voit de tous cts ,courir des assassins pas prcipits2 ,il voit briller partout les flambeaux et les armes1 ,son palais embras1 tout un peuple en alarmes1 ,ses serviteurs sanglants dans la flamme touffs1 ,les meurtriers en foule au carnage chauffs1 ,criant haute voix3 ,qu'on n'pargne personne2 ,c'est ,dieu1 c'est ,mdicis1 c'est le roi qui l'ordonne4 ,il entend retentir le nom de ,coligny2 ,il aperoit de loin le jeune ,tligni1 ,tligni dont l'amour a mrit sa fille1 ,l'espoir de son parti1 l'honneur de sa famille1 ,qui1 sanglant1 dchir1 tran par des soldats1 ,lui demandait vengeance et lui tendait les bras4 ,le hros malheureux1 sans armes1 sans dfense1 ,voyant qu'il faut prir1 et prir sans vengeance1 ,voulut mourir du moins comme il avait vcu1 ,avec toute sa gloire et toute sa vertu4 ,dj des assassins la nombreuse cohorte ,du salon qui l'enferme allait briser la porte4 ,il leur ouvre lui-mme et se montre leurs yeux ,avec cet oeil serein1 ce front majestueux1 ,tel que dans les combats1 matre de son courage1 ,tranquille il arrtait ou pressait le carnage4 ,a cet air vnrable1 cet auguste aspect1 ,les meurtriers surpris sont saisis de respect3 ,une force inconnue a suspendu leur rage4 ,compagnons1 leur dit-il1 achevez votre ouvrage1 ,et de mon sang glac souillez ces cheveux blancs ,que le sort des combats respecta quarante ans3 ,frappez1 ne craignez rien1 ,coligny vous pardonne2 ,ma vie est peu de chose1 et je vous l'abandonne444 ,j'eusse aim mieux la perdre en combattant pour vous444 ,ces tigres1 ces mots1 tombent ses genoux3 ,l'un1 saisi d'pouvante1 abandonne ses armes2 ,l'autre embrasse ses pieds qu'il trempe de ses larmes1 ,et de ses assassins ce grand homme entour ,semblait un roi puissant par son peuple ador4 ,besme1 qui dans la cour attendait sa victime1 ,monte1 accourt1 indign qu'on diffre son crime2 ,des assassins trop lents il veut hter les coups2 ,aux pieds de ce hros il les voit trembler tous4 ,a cet objet touchant lui seul est inflexible1 ,lui seul1 la piti toujours inaccessible1 ,aurait cru faire un crime et trahir ,mdicis1 ,si du moindre remords il se sentait surpris4 ,a travers les soldats il court d'un pas rapide3 ,coligny l'attendait d'un visage intrpide1 ,et bientt dans le flanc ce monstre furieux ,lui plonge son pe en dtournant les yeux1 ,de peur que d'un coup d'oeil cet auguste visage ,ne ft trembler son bras1 et glat son courage4 ,du plus grand des ,franais tel fut le triste sort4 ,on l'insulte1 on l'outrage encore aprs sa mort4 ,son corps perc de coups1 priv de spulture1 ,des oiseaux dvorants fut l'indigne pture1 ,et l'on porta sa tte aux pieds de ,mdicis1 ,conqute digne d'elle et digne de son fils4 ,mdicis la reut avec indiffrence1 ,sans paratre jouir du fruit de sa vengeance1 ,sans remords1 sans plaisir1 matresse de ses sens1 ,et comme accoutume de pareils prsents4 ,,voltaire4 ,,le ,,meunier ,,sans-,,souci ,l'homme est bien variable644 et ces malheureux rois1 ,dont on dit tant de mal1 ont du bon quelquefois1 ,j'en conviendrai sans peine1 et ferai mieux encore1 ,j'en citerai pour preuve un trait qui les honore3 ,il est de ce hros1 de ,frdric second1 ,qui1 tout roi qu'il tait1 fut un penseur profond1 ,redout de l',autriche1 envi dans ,versailles1 ,cultivant les beaux-arts au sortir des batailles1 ,d'un royaume nouveau la gloire et le soutien1 ,grand roi1 bon philosophe1 et fort mauvais chrtien4 ,il voulait se construire un agrable aile1 ,o1 loin d'une tiquette arrogante et futile1 ,il pt1 non vgter1 boire et courir les cerfs1 ,mais des faibles humains mditer les travers1 ,et1 mlant la sagesse la plaisanterie1 ,souper avec d',argens1 ,voltaire et la ,mettrie4 ,sur le riant coteau par le prince choisi ,s'levait le moulin du meunier ,sans-,souci4 ,le vendeur de farine avait pour habitude ,d'y vivre au jour le jour1 exempt d'inquitude2 ,et1 de quelque ct que vnt souffler le vent1 ,il y tournait son aile1 et s'endormait content4 ,fort bien achaland1 grce son caractre1 ,le moulin prit le nom de son propritaire2 ,et des hameaux voisins1 les filles1 les garons1 ,allaient ,sans-,souci pour danser aux chansons4 ,sans-,souci644 ce doux nom d'un favorable augure1 ,devait plaire aux amis des dogmes d'picure4 ,frdric le trouva conforme ses projets1 ,et du nom d'un moulin honora son palais4 ,hlas6 est-ce une loi1 sur notre pauvre terre1 ,que toujours deux voisins auront entre eux la guerre8 ,que la soif d'envahir et d'tendre ses droits ,tourmentera toujours les meuniers et les rois8 ,en cette occasion le roi fut le moins sage3 ,il lorgna du voisin le modeste hritage4 ,on avait fait des plans1 fort beaux sur le papier1 ,o le chtif enclos se perdait tout entier4 ,il fallait1 sans cela1 renoncer la vue1 ,rtrcir les jardins et masquer l'avenue4 ,des btiments royaux l'ordinaire intendant ,fit venir le meunier1 et d'un ton important3 ,il nous faut ton moulin2 que veux-tu qu'on t'en donne8 --,rien du tout2 car j'entends ne le vendre personne4 ,il vous faut est fort bon444 mon moulin est moi444 ,tout aussi bien au moins que la ,prusse est au roi4 --,allons1 ton dernier mot1 bonhomme1 et prends-y garde4 --,faut-il vous parler clair8 --,oui4 --,c'est que je le garde1 ,voil mon dernier mot4 ,ce refus effront ,avec un grand scandale au prince est racont4 ,il mande auprs de lui le meunier indocile1 ,presse1 flatte1 promet2 ce fut peine inutile4 ,sans-,souci s'obstinait3 ,entendez la raison1 ,sire1 je ne puis pas vous vendre ma maison3 ,mon vieux pre y mourut1 mon fils y vient de natre1 ,c'est mon ,potsdam moi4 ,je suis tranchant peut-tre3 ,ne l'tes-vous jamais8 ,tenez1 mille ducats1 ,au bout de vos discours1 ne me tenteraient pas4 ,il faut vous en passer1 je l'ai dit1 j'y persiste4 ,les rois malaisment souffrent qu'on leur rsiste4 ,frdric un moment par l'humeur emport3 ,parbleu6 de ton moulin c'est bien tre entt6 ,je suis bon de vouloir t'engager le vendre2 ,sais-tu que sans payer1 je pourrais bien le prendre8 ,je suis le matre6--,vous844 de prendre mon moulin8 ,oui1 si nous n'avions pas des juges ,berlin6 ,le monarque1 ce mot1 revint de son caprice4 ,charm que1 sous son rgne1 on crt la justice1 ,il rit1 et se tournant vers quelques courtisans3 ,ma foi1 messieurs1 je crois qu'il faut changer nos plans4 ,voisin1 garde ton bien2 j'aime fort ta rplique4 ,qu'aurait-on fait de mieux dans une rpublique8 ,le plus sr est pourtant de ne pas s'y fier4 ,ce mme ,frdric1 juste envers un meunier1 ,se permit maintes fois telle autre fantaisie3 ,tmoin ce certain jour qu'il prit la ,silsie2 ,qu' peine sur le trne1 avide de lauriers1 pris du vain renom qui sduit les guerriers1 ,il mit l',europe en feu4 ,ce sont l jeux de prince3 ,on respecte un moulin1 on vole une province4 ,,andrieux4 ,,le ,,chien ,,coupable ,mon frre1 sais-tu la nouvelle8 ,mouflard1 le bon ,mouflard1 de nos chiens le modle1 ,si redout des loups1 si soumis au berger1 ,mouflard vient1 dit-on1 de manger ,le petit agneau noir1 puis la brebis sa mre1 ,et puis sur le berger s'est jet furieux4 --,serait-il vrai8--,trs-vrai1 mon frre4 ,a qui donc se fier8 grands dieux6 ,c'est ainsi que parlaient deux moutons dans la plaine2 ,et la nouvelle tait certaine4 ,mouflard1 sur le fait mme pris1 ,n'attendait plus que le supplice2 ,et le fermier voulait qu'une prompte justice ,effrayt les chiens du pays4 ,la procdure en un jour est finie1 ,mille tmoins pour un dposent l'attentat3 ,rcols1 confronts1 aucun d'eux ne varie2 ,mouflard est convaincu du triple assassinat3 ,mouflard recevra donc deux balles dans la tte ,sur le lieu mme du dlit4 ,a son supplice qui s'apprte1 ,toute la ferme se rendit4 ,les agneaux de ,mouflard demandrent la grce2 ,elle fut refuse4 ,on leur fit prendre place3 ,les chiens se rangrent prs d'eux1 ,tristes1 humilis1 mornes1 l'oreille basse1 ,plaignant1 sans l'excuser1 leur frre malheureux4 ,tout le monde attendait dans un profond silence4 ,mouflard parat bientt1 conduit par deux pasteurs3 ,il arrive2 et1 levant au ciel ses yeux en pleurs1 ,il harangue ainsi l'assistance3 ,o vous qu'en ce moment je n'ose et je ne puis ,nommer1 comme autrefois1 mes frres1 mes amis1 ,tmoins de mon heure dernire1 ,voyez o peut conduire un coupable dsir6 ,de la vertu quinze ans j'ai suivi la carrire1 ,un faux pas m'en a fait sortir2 ,apprenez mes forfaits3 ,au lever de l'aurore1 ,seul auprs du grand bois1 je gardais le troupeau1 ,un loup vient1 emporte un agneau1 ,et tout en fuyant le dvore4 ,je cours1 j'atteins le loup1 qui1 laissant son festin1 ,vient m'attaquer2 je le terrasse1 ,et je l'trangle sur la place4 ,c'tait bien jusque-l2 mais1 press par la faim1 ,de l'agneau dvor je regarde le reste4 ,j'hsite1 je balance44444 ,a la fin cependant ,j'y porte une coupable dent3 ,voil de mes malheurs l'origine funeste4 ,la brebis vient dans cet instant1 ,elle jette des cris de mre4 ,la tte m'a tourn2 j'ai craint que la brebis ,ne m'accust d'avoir assassin son fils2 ,et1 pour la forcer se taire1 ,je l'gorge dans ma colre4 ,le berger accourait arm de son bton3 ,n'esprant plus aucun pardon1 ,je me jette sur lui2 mais bientt on m'enchane1 ,et me voici prt subir ,de mes crimes la juste peine4 ,apprenez de moi tous1 en me voyant mourir1 ,que la plus lgre injustice ,aux forfaits les plus grands peut conduire d'abord2 ,et que1 dans le chemin du vice1 ,on est au fond du prcipice1 ,ds qu'on met un pied sur le bord4 ,,florian4 ,,stances ,,de ,,racan ,le bien de la fortune est un bien prissable2 ,quand on btit sur elle1 on btit sur le sable4 ,plus on est lev plus on court de dangers2 ,les grands pins sont en butte aux coups de la tempte1 ,et la rage des vents brise plutt le fate ,des maisons de nos rois1 que les toits des bergers4 ,o bienheureux celui qui peut de sa mmoire ,effacer pour jamais ce vain espoir de gloire1 ,dont l'inutile soin traverse nos plaisirs1 ,et qui1 loin1 retir de la foule importune1 ,vivant dans sa maison content de sa fortune1 ,a selon son pouvoir mesur ses dsirs4 ,il laboure le champ que labourait son pre4 ,il ne s'informe point de ce qu'on dlibre ,dans ces graves conseils d'affaires accabls4 ,il voit sans intrt la mer grosse d'orages1 ,et n'observe des vents le sinistre prsage ,que pour le soin qu'il a du salut de ses bls4 ,roi de ses passions1 il a ce qu'il dsire1 ,son fertile domaine est son petit empire1 ,sa cabane est son ,louvre et son ,fontainebleau2 ,ses champs et ses jardins sont autant de provinces1 ,et sans porter envie la pompe des princes1 ,se contente chez lui de les voir en tableau4 ,il voit de toutes parts prosprer sa famille1 ,la javelle plein poing tomber sous sa faucille1 ,le vendangeur ployer sous le faix des paniers2 ,il semble qu' l'envi les fertiles montagnes1 ,les humides vallons et les grasses campagnes1 ,s'efforcent remplir sa cave et ses greniers4 ,il soupire en repos l'ennui de sa vieillesse ,dans ce mme foyer o sa tendre jeunesse ,a vu dans le berceau ses bras emmaillots4 ,il tient par les moissons registre des annes1 ,et voit de temps en temps leurs courses enchanes ,vieillir avecque lui les bois qu'il a plants4 ,il ne va point fouiller aux terres inconnues1 ,a la merci des vents et des ondes chenues1 ,ce que nature avare a cach de trsors2 ,et ne recherche point1 pour honorer sa vie1 ,de plus illustre mort ni plus digne d'envie ,que de mourir au lit o ses pres sont morts4 ,il ne possde point ces maisons magnifiques1 ,ces tours1 ces chapiteaux1 ces superbes portiques ,o la magnificence tale ses attraits1 ,il jouit des beauts qu'ont les saisons nouvelles2 ,il voit de la verdure et des fleurs naturelles ,qu'en ces riches lambris l'on ne voit qu'en portraits4 ,crois-moi1 retirons-nous hors de la multitude1 ,et vivons dsormais loin de la servitude ,de ces palais dors o tout le monde accourt3 ,sous un chne lev les arbrisseaux s'ennuient4 ,et devant le soleil tous les astres s'enfuient ,de peur d'tre obligs de lui faire la cour4 ,aprs qu'on a suivi sans aucune assurance ,cette vaine faveur qui nous plat d'esprance1 ,l'envie en un moment tous nos desseins dtruit2 ,ce n'est qu'une fume1 il n'est rien de si frle2 ,sa plus belle moisson est sujette la grle1 ,et souvent elle n'a que des fleurs pour du fruit4 ,agrables dserts1 sjour de l'innocence1 ,o1 loin des vanits de la magnificence1 ,commence mon repos et finit mon tourment2 ,vallon1 fleuve1 rochers1 plaisante solitude1 ,si vous ftes tmoins de mon inquitude1 ,soyez-le dsormais de mon contentement4 ,,les ,,chateaux ,,en ,,espagne ,chacun fait des chteaux en ,espagne2 ,on en fait la ville ainsi qu' la campagne2 ,on en fait en dormant1 on en fait veill4 ,le pauvre paysan sur sa bche appuy1 ,peut se croire1 un moment1 seigneur de son village4 ,le vieillard oubliant les glaces de son ge1 ,se figure aux genoux d'une jeune beaut1 ,et sourit2 son neveu sourit de son ct1 ,en songeant qu'un matin du bonhomme il hrite4 ,telle femme se croit sultane favorite2 ,un commis est ministre1 un jeune abb1 prlat2 ,le prlat444 ,il n'est pas jusqu'au simple soldat1 ,qui ne se soit un jour cru marchal de ,france2 ,et le pauvre1 lui-mme1 est riche en esprance1 ,et chacun redevient ,gros-,jean comme devant4 ,eh bien6 chacun1 du moins1 fut heureux en rvant4 ,c'est quelque chose encore que de faire un beau rve3 ,a nos chagrins rels c'est une utile trve4 ,nous en avons besoin3 nous sommes assigs ,de maux1 dont la fin nous serions surchargs ,sans ce dlire heureux qui se glisse en nos veines4 ,flatteuse illusion6 doux oubli de nos peines1 ,oh6 qui pourrait compter les heureux que tu fais6 ,l'espoir et le sommeil sont de moindres bienfaits4 ,dlicieuse erreur6 tu nous donnes d'avance ,le bonheur1 que promet seulement l'esprance4 ,le doux sommeil ne fait que suspendre nos maux1 ,et tu mets la place un plaisir3 en deux mots1 ,quand je songe1 je suis le plus heureux des hommes2 ,et ds que nous croyons tre heureux1 nous le sommes4 ,il est fou444 l444 songer qu'on est roi6 seulement6 ,on peut bien quelquefois se flatter dans la vie4 ,j'ai par exemple1 hier1 mis la loterie2 ,et mon billet enfin pourrait bien tre bon4 ,je conviens que cela n'est pas certain3 oh6 non2 ,mais la chose est possible1 et cela doit suffire4 ,puis1 en me le donnant on s'est mis sourire1 ,et l'on m'a dit3 ,prenez1 car c'est l le meilleur4 ,si je gagnais pourtant le gros lot6 quel bonheur6 ,j'achterais d'abord une ample seigneurie444 ,non1 plutt une bonne et grasse mtairie1 ,oh6 oui6 dans ce canton1 j'aime ce pays-ci2 ,et ,justine1 d'ailleurs1 me plat beaucoup aussi4 ,j'aurais donc1 mon tour1 des gens mon service6 ,dans le commandement je serai peu novice2 ,mais je ne serai point dur1 insolent1 ni fier1 ,et me rappellerai ce que j'tais hier1 ,ma foi1 j'aime dj ma ferme la folie4 ,moi1 gros fermier644 j'aurai ma basse-cour remplie ,de poules1 de poussins que je verrai courir6 ,de mes mains1 chaque jour1 je prtends les nourrir2 ,c'est un coup d'oeil charmant6 et puis cela rapporte4 ,quel plaisir1 quand le soir1 assis devant ma porte1 ,j'entendrai le retour de mes moutons blants1 ,que je verrai de loin revenir pas lents1 ,mes chevaux vigoureux et mes belles gnisses6 ,ils sont nos serviteurs1 elles sont nos nourrices4 ,et mon petit ,victor1 sur son ne mont1 ,fermant la marche avec un air de dignit6 ,je serai plus heureux que ,monsieur sur un trne4 ,je serai riche1 riche1 et je ferai l'aumne4 ,tout bas1 sur mon passage1 on se dira3 ,voil ,ce bon monsieur ,victor2 cela me touchera4 ,je puis bien m'abuser2 mais ce n'est pas sans cause3 ,mon projet est au moins fond sur quelque chose1 7,il cherche47 ,sur un billet4 ,je veux revoir ce cher444 ,eh6 mais444 ,o donc est-il8 ,tantt encore je l'avais1 ,depuis quand ce billet est-il donc invisible8 ,ah6 l'aurais-je perdu8 serait-il bien possible8 ,mon malheur est certain3 me voil confondu4 7,il crie47 ,que vais-je devenir8 hlas6 j'ai tout perdu4 ,,collin ,d',,harleville4 ,,moise ,,sauv ,,des ,,eaux ,mes soeurs1 l'onde est plus frache aux premiers feux du jour4 ,venez3 le moissonneur repose en son sjour2 ,la rive est solitaire encore2 ,memphis lve peine un murmure confus2 ,et nos chastes plaisirs1 sous ces bosquets touffus1 ,n'ont d'autre tmoin que l'aurore4 ,au palais de mon pre on voit briller les arts2 ,mais ces bords pleins de fleurs charment plus mes regards ,qu'un bassin d'or ou de porphyre2 ,ces chants ariens sont mes concerts chris2 ,je prfre aux parfums qu'on brle en nos lambris ,le souffle embaum du zphire6 ,venez3 l'onde est si calme et le ciel est si pur6 ,laissez sur ces buissons flotter les plis d'azur ,de vos ceintures transparentes2 ,dtachez ma couronne et ces voiles jaloux1 ,car je veux aujourd'hui foltrer avec vous ,au sein des vagues murmurantes4 ,htons-nous444 ,mais parmi les brouillards du matin1 ,que vois-je8 ,regardez l'horizon lointain444 ,ne craignez rien1 filles timides6 ,c'est sans doute1 par l'onde entran vers les mers1 ,le tronc d'un vieux palmier1 qui1 du fond des dserts1 ,vient visiter les pyramides4 ,que dis-je8 si j'en crois mes regards indcis1 ,c'est la barque d',herms ou la conque d',isis1 ,que pousse une brise lgre4 ,mais non2 c'est un esquif o1 dans un doux repos1 ,j'aperois un enfant qui dort au sein des flots1 ,comme on dort au sein de sa mre4 ,il sommeille1 et de loin1 voir son lit flottant1 ,on croirait voir voguer sur le fleuve inconstant ,le nid d'une blanche colombe4 ,dans sa couche enfantine il erre au gr du vent2 ,l'eau le balance1 il dort1 et le gouffre mouvant ,semble le bercer dans sa tombe6 ,il s'veille3 accourez1 vierges de ,memphis6 ,il crie444 ,ah6 quelle mre a pu livrer son fils ,au caprice des flots mobiles8 ,il tend les bras2 les eaux grondent de toute part1 ,hlas6 contre la mort il n'a d'autre rempart ,qu'un berceau de roseaux fragiles4 ,sauvons-le444 ,c'est peut-tre un enfant d',isral2 ,mon pre les proscrit1 mon pre est bien cruel ,de proscrire ainsi l'innocence6 ,faible enfant6 ses malheurs ont mu mon amour1 ,je veux tre sa mre3 il me devra le jour1 ,s'il ne me doit pas la naissance4 ,ainsi parlait ,iphis1 l'espoir d'un roi puissant1 ,alors qu'aux bords du ,nil son cortge innocent ,suivant sa course vagabonde2 ,et ces jeunes beauts1 qu'elle effaait encor1 ,quand la fille des rois quittait ses voiles d'or1 ,croyaient voir la fille de l',onde4 ,sous ses pieds dlicats dj le flot frmit2 ,tremblante1 la piti vers l'enfant qui gmit ,la guide en sa marche craintive2 ,elle a saisi l'esquif fire de ce doux poids1 ,l'orgueil sur son beau front pour la premire fois ,se mle la pudeur nave4 ,bientt1 divisant l'onde et brisant les roseaux1 ,elle apporte pas lents l'enfant sauv des eaux ,sur le bord de l'arne humide2 ,et ses soeurs tour tour au front du nouveau-n1 ,offrant leur doux sourire son oeil tonn1 ,dposaient un baiser timide4 ,accours1 toi qui1 de loin1 dans un doute cruel1 ,suivant des yeux ton fils sur qui veillait le ciel1 ,viens ici comme une trangre2 ,ne crains rien3 en prenant ,mose entre tes bras1 ,tes pleurs et tes transports ne te trahiront pas2 ,car ,iphis n'est pas encor mre6 ,alors1 tandis qu'heureuse et d'un pas triomphant1 ,la vierge au roi farouche amenait l'humble enfant1 ,baign des larmes maternelles4 ,on entendait en choeur1 dans les cieux toils1 ,des anges1 devant ,dieu1 de leurs ailes voils1 ,chanter les lyres ternelles4 ,ne gmis plus1 ,jacob1 sur la terre d'exil2 ,ne mle plus tes pleurs aux flots impurs du ,nil2 ,le ,jourdain va t'ouvrir ses rives4 ,le jour enfin approche o vers les champs promis ,gessen verra s'enfuir1 malgr leurs ennemis1 ,les tribus si longtemps captives4 ,sous les traits d'un enfant dlaiss sur les flots1 ,c'est l'lu du ,sina1 c'est le roi des flaux ,qu'une vierge sauve de l'onde4 ,mortels1 vous dont l'orgueil mconnat l'ternel1 ,flchissez3 un berceau va sauver ,isral1 ,un berceau doit sauver le monde6 ,,victor ,,hugo4 ,,jeanne ,d',,arc ,silence au camp6 la vierge est prisonnire2 ,par un injuste arrt ,bedfort croit la fltrir3 ,jeune encore elle touche son heure dernire444 ,silence au camp6 la vierge va prir4 ,des pontifes divins1 vendus la puissance1 ,sous les subtilits des dogmes tnbreux ,ont accabl son innocence2 ,les ,anglais commandaient ce sacrifice affreux3 ,un prtre en cheveux blancs ordonna le supplice2 ,et c'est au nom d'un ,dieu par lui calomni1 ,d'un ,dieu de vrit1 d'amour et de justice1 ,qu'un prtre fut perfide1 injuste et sans piti4 ,a qui rserve-t-on ces apprts meurtriers8 ,pour qui ces torches qu'on excite8 ,l'airain sacr tremble et s'agite444 ,d'o vient ce bruit lugubre8 ,o courent ces guerriers1 ,dont la foule longs flots roule et se prcipite8 ,la joie clate sur leurs traits2 ,sans doute l'honneur les enflamme2 ,ils vont pour un assaut former leurs rangs pais3 ,non1 ces guerriers sont des ,anglais ,qui vont voir mourir une femme4 ,qu'ils sont nobles dans leurs courroux6 ,qu'il est beau d'insulter au bras charg d'entraves6 ,la voyant sans dfense1 ils s'criaient1 ces braves3 ,qu'elle meure2 elle a contre nous ,des esprits infernaux suscit la magie444 ,lches6 que lui reprochez-vous8 ,d'un courage inspir la brlante nergie1 ,l'amour du nom franais1 le mpris du danger1 ,voil sa magie et ses charmes2 ,en faut-il d'autres que des armes ,pour combattre1 pour vaincre et punir l'tranger8 ,du ,christ avec ardeur ,jeanne baisait l'image2 ,ses longs cheveux pars flottaient au gr des vents2 ,au pied de l'chafaud1 sans changer de visage1 ,elle s'avanait pas lents4 ,tranquille elle y monta2 quand1 debout sur le fate1 ,elle vit ce bcher qui l'allait dvorer1 ,les bourreaux en suspens1 la flamme dj prte1 ,sentant son coeur faillir elle baisa la tte1 ,et se prit pleurer4 ,ah6 pleure1 fille infortune6 ,ta jeunesse va se fltrir1 ,dans sa fleur trop tt moissonne6 ,adieu1 beau ciel1 il faut mourir4 ,tu ne reverras plus tes riantes montagnes1 ,le temple1 le hameau1 les champs de ,vaucouleurs1 ,et ta chaumire et tes compagnes1 ,et ton pre expirant sous le poids des douleurs4 ,aprs quelques instants d'un horrible silence1 ,tout coup le feu brille2 il s'irrite1 il s'lance444 ,le coeur de la guerrire alors s'est ranim3 ,a travers les vapeurs d'une fume ardente1 ,jeanne encore menaante1 ,montre aux ,anglais son bras demi consum4 ,pourquoi reculer d'pouvante8 ,anglais1 son bras est dsarm4 ,la flamme l'environne1 et sa voix expirante ,murmure encore3 ,o ,france6 mon roi bien-aim6 ,que faisait-il1 ce roi8 ,plong dans la mollesse1 ,tandis que le malheur rclamait son appui1 ,l'ingrat1 il oubliait1 aux pieds d'une matresse1 ,la vierge qui mourait pour lui6 ,ah6 qu'une page si funeste ,de ce rgne victorieux1 ,pour n'en pas obscurcir le reste1 ,s'efface sous les pleurs qui tombent de nos yeux4 ,qu'un monument s'lve aux lieux de ta naissance1 ,o toi qui des vainqueurs renversas les projets6 ,la ,france y portera son deuil et ses regrets1 ,sa tardive reconnaissance2 ,elle y viendra gmir sous de jeunes cyprs2 ,puissent crotre avec eux sa gloire et sa puissance6 ,que sur l'airain funbre on grave des combats1 ,des tendards anglais fuyant devant tes pas1 ,dieu vengeant par tes mains la plus juste des causes4 ,venez1 jeunes beauts2 venez1 braves soldats2 ,semez sur son tombeau les lauriers et les roses6 ,qu'un jour le voyageur1 en parcourant ces bois1 ,cueille un rameau sacr1 l'y dpose et s'crie3 ,a celle qui sauva le trne et la patrie1 ,et n'obtint qu'un tombeau pour prix de ses exploits6 ,,casimir ,,delavigne4 ,,les ,,catacombes ,,de ,,rome ,sous les remparts de ,rome1 et sous ces vastes plaines1 ,sont des antres profonds1 des votes souterraines1 ,qui1 pendant deux mille ans1 creuss par les humains1 ,donnrent leurs rochers aux palais des ,romains4 ,avec ses monuments et sa magnificence1 ,rome entire sortit de cet abme immense4 ,depuis1 loin des regards et du fer des tyrans1 ,l'glise encor naissante y cacha ses enfants1 ,jusqu'au jour o1 du sein de cette nuit profonde1 ,triomphante1 elle vint donner des lois au monde1 ,et marqua de sa croix les drapeaux des ,csars4 ,jaloux de tout connatre1 un jeune amant des arts1 ,l'amour de ses parents1 l'espoir de la peinture1 ,brlait de visiter cette demeure obscure1 ,de notre antique foi vnrable berceau4 ,un fil dans une main et dans l'autre un flambeau1 ,il entre1 il se confie ces votes nombreuses1 ,qui croisent en tous sens leurs routes tnbreuses4 ,il aime voir ce lieu1 sa triste majest1 ,ce palais de la nuit1 cette sombre cit1 ,ces temples o le ,christ vit ses premiers fidles1 ,et de ces grands tombeaux les ombres ternelles4 ,dans un coin cart se prsente un rduit1 ,mystrieux asile o l'espoir le conduit4 ,il voit des vases saints et des urnes pieuses1 ,des vierges1 des martyrs dpouilles prcieuses4 ,il saisit ce trsor1 il veut poursuivre3 hlas6 ,il a perdu le fil qui conduisait ses pas4 ,il cherche1 mais en vain3 il s'gare1 il se trouble2 ,il s'loigne1 il revient1 et sa crainte redouble2 ,il prend tous les chemins que lui montre la peur4 ,enfin1 de route en route et d'erreur en erreur1 ,dans les enfoncements de cette obscure enceinte ,il trouve un vaste espace1 effrayant labyrinthe1 ,d'o vingt chemins divers conduisent l'entour4 ,lequel choisir8 lequel doit le conduire au jour8 ,il les consulte tous3 il les prend1 il les quitte2 ,l'effroi suspend ses pas1 l'effroi les prcipite2 ,il appelle3 l'cho redouble sa frayeur2 ,de sinistres pensers viennent glacer son coeur4 ,l'astre heureux qu'il regrette a mesur dix heures ,depuis qu'il est errant dans ces noires demeures4 ,ce lieu d'effroi1 ce lieu d'un silence ternel1 ,en trois lustres entiers voit peine un mortel ,et1 pour comble d'effroi1 dans cette nuit funeste ,du flambeau qui le guide il voit prir le reste4 ,craignant que chaque pas1 que chaque mouvement1 ,en agitant la flamme en use l'aliment1 ,quelquefois il s'arrte et demeure immobile4 ,vaines prcautions6 tout soin est inutile2 ,l'heure approche1 et dj son coeur pouvant ,croit de l'affreuse nuit sentir l'obscurit4 ,il marche1 il erre encor sous cette vote sombre2 ,et le flambeau mourant fume et s'teint dans l'ombre4 ,il gmit2 toutefois1 d'un souffle haletant1 ,le flambeau ranim se rallume l'instant4 ,vain espoir6 par le feu la cire consume1 ,par degrs s'abaissant sur la mche enflamme1 ,atteint sa main souffrante1 et de ses doigts vaincus ,les nerfs dcourags ne la soutiennent plus2 ,de son bras dfaillant enfin la torche tombe1 ,et ses derniers rayons ont clair sa tombe4 ,l'infortun dj voit cent spectres hideux3 ,le dlire brlant1 le dsespoir affreux1 ,la mort444 non cette mort qui plat la victoire1 ,qui vole avec la foudre1 et que pare la gloire2 ,mais lente1 mais horrible1 et tranant par la main ,la faim1 qui se dchire et se ronge le sein4 ,son sang1 ces pensers1 s'arrte dans ses veines1 ,et quels regrets touchants viennent aigrir ses peines6 ,ses parents1 ses amis qu'il ne reverra plus6 ,et ces nobles travaux qu'il laisse suspendus6 ,ces travaux qui devaient illustrer sa mmoire1 ,qui donnaient le bonheur et promettaient la gloire6 ,et celle dont l'amour1 celle dont le souris ,fut son plus doux loge et son plus digne prix6 ,quelques pleurs de ses yeux coulent cette image1 ,verss par le regret1 et schs par la rage4 ,cependant il espre2 il pense quelquefois ,entrevoir des clarts1 distinguer une voix4 ,il regarde1 il coute444 ,hlas6 dans l'ombre immense ,il ne voit que la nuit1 n'entend que le silence2 ,et le silence encore ajoute sa terreur4 ,alors1 de son destin sentant toute l'horreur1 ,son coeur tumultueux roule de rve en rve2 ,il se lve1 il retombe1 et soudain se relve1 ,se trane quelquefois sur de vieux ossements1 ,de la mort qu'il veut fuir horribles monuments6 ,quand1 tout coup1 son pied trouve un lger obstacle4 ,il y porte la main4 ,o surprise6 miracle6 ,il sent1 il reconnat le fil qu'il a perdu1 ,et de joie et d'espoir il tressaille perdu4 ,ce fil librateur1 il le baise1 il l'adore1 ,il s'en assure1 il craint qu'il ne s'chappe encore2 ,il veut le suivre1 il veut revoir l'clat du jour4 ,je ne sais quel instinct l'arrte en ce sjour4 ,a l'abri du danger1 son me encor tremblante ,veut jouir de ces lieux et de son pouvante4 ,a leur aspect lugubre1 il prouve en son coeur ,un plaisir agit d'un reste de terreur4 ,enfin tenant en main son conducteur fidle1 ,il part1 il vole aux lieux o la clart l'appelle4 ,dieux6 quel ravissement1 quand il revoit les cieux1 ,qu'il croyait pour jamais clipss ses yeux6 ,avec quel doux transport il promne sa vue ,sur leur majestueuse et brillante tendue6 ,la cit1 le hameau1 la verdure1 les bois1 ,semblent s'offrir lui pour la premire fois2 ,et1 rempli d'une joie inconnue et profonde1 ,son coeur croit assister au premier jour du monde4 ,,delille4 ,,pri,,re ,,enfantine ,notre pre des cieux1 pre de tout le monde1 ,de vos petits enfants c'est vous qui prenez soin2 ,mais tant de bont vous voulez qu'on rponde1 ,et qu'on demande aussi dans une foi profonde1 ,les choses dont on a besoin6 ,vous m'avez tout donn1 la vie et la lumire1 ,le bl qui fait le pain1 les fleurs qu'on aime voir1 ,et mon pre et ma mre1 et ma famille entire1 ,moi je n'ai rien pour vous1 mon ,dieu1 que ma prire ,que je vous dis matin et soir4 ,notre pre des cieux1 bnissez ma jeunesse2 ,pour mes parents1 pour moi1 je vous prie genoux2 ,afin qu'ils soient heureux donnez-moi la sagesse2 ,et puissent leurs enfants les contenter sans cesse1 ,pour tre aims d'eux et de vous4 ,mme ,,amable ,,tastu4 ,,la ,,cigale ,,et ,,la ,,fourmi ,la cigale ayant chant ,tout l't1 ,se trouva fort dpourvue ,quand la bise fut venue3 ,pas un seul petit morceau ,de mouche ou de vermisseau4 ,elle alla crier famine ,chez la fourmi sa voisine1 ,la priant de lui prter ,quelque grain pour subsister ,jusqu' la saison nouvelle3 ,je vous parai1 lui dit-elle1 ,avant l'aot1 foi d'animal1 ,intrt et principal4 ,la fourmi n'est pas prteuse2 ,c'est l son moindre dfaut3 ,que faisiez-vous au temps chaud8 ,dit-elle cette emprunteuse4 --,nuit et jour tout venant ,je chantais1 ne vous dplaise4 --,vous chantiez6 j'en suis fort aise4 ,h bien6 dansez maintenant4 ,,la ,,fontaine4 ,,la ,,renoncule ,,et ,l',,oeillet ,la renoncule un jour dans un bouquet ,avec l'oeillet se trouva runie3 ,elle eut le lendemain le parfum de l'oeillet4 ,on ne peut que gagner en bonne compagnie4 ,b,,ranger4 ,,le ,,rat ,,de ,,ville ,,et ,,le ,,rat ,,des ,,champs 7,voyez page #acd47 ,autrefois le rat de ville ,invita le rat des champs1 ,d'une faon fort civile1 ,a des reliefs d'ortolans4 ,sur un tapis de ,turquie ,le couvert se trouva mis4 ,je laisse penser la vie ,que firent les deux amis4 ,le rgal fut fort honnte ,rien ne manquait au festin3 ,mais quelqu'un troubla la fte ,pendant qu'ils taient en train4 ,a la porte de la salle ,ils entendirent du bruit3 ,le rat de ville dtale2 ,son camarade le suit4 ,le bruit cesse1 on se retire3 ,rats en campagne aussitt2 ,et le citadin de dire3 ,achevons tout notre rt4 --,c'est assez1 dit le rustique3 ,demain vous viendrez chez moi2 ,ce n'est pas que je me pique ,de tous vos festins de roi1 ,mais rien ne vient m'interrompre1 ,je mange tout loisir4 ,adieu donc4 ,fi du plaisir ,que la crainte peut corrompre6 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,ch,,ne ,,et ,,le ,,roseau ,le chne1 un jour1 dit au roseau3 ,vous avez bien sujet d'accuser la nature2 ,un roitelet pour vous est un pesant fardeau2 ,le moindre vent qui1 d'aventure1 ,fait rider la face de l'eau1 ,vous oblige baisser la tte2 ,cependant que mon front1 au ,caucase pareil1 ,non content d'arrter les rayons du soleil1 ,brave l'effort de la tempte1 ,tout vous est ,aquilon2 tout me semble ,zphir4 ,encor1 si vous naissiez l'abri du feuillage ,dont je couvre le voisinage1 ,vous n'auriez pas tant souffrir2 ,je vous dfendrais de l'orage3 ,mais vous naissez le plus souvent ,sur les humides bords des royaumes du vent4 ,la nature envers vous me semble bien injuste4 --,votre compassion1 lui rpondit l'arbuste1 ,part d'un bon naturel2 mais quittez ce souci3 ,les vents me sont moins qu' vous redoutables2 ,je plie1 et ne romps pas4 ,vous avez1 jusqu'ici1 ,contre leurs coups pouvantables ,rsist sans courber le dos1 ,mais attendons la fin4 ,comme il disait ces mots1 ,du bout de l'horizon accourt avec furie ,le plus terrible des enfants ,que le ,nord et ports jusque-l dans ses flancs4 ,l'arbre tient bon2 le roseau plie4 ,le vent redouble ses efforts1 ,et fait si bien qu'il dracine ,celui de qui la tte au ciel tait voisine1 ,et dont les pieds touchaient l'empire des morts4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,cheval ,s',,tant ,,voulu ,,venger ,,du ,,cerf ,de tous temps les chevaux ne sont ns pour les hommes4 ,lorsque le genre humain de glands se contentait1 ,ane1 cheval et mule1 aux forts habitait2 ,et l'on ne voyait point1 comme au sicle o nous sommes1 ,tant de selles et de bts1 ,tant de harnais pour les combats1 ,tant de chaises1 tant de carrosses2 ,comme aussi ne voyait-on pas ,tant de festins et tant de noces4 ,or1 un cheval eut alors diffrend ,avec un cerf plein de vitesse2 ,et1 ne pouvant l'attraper en courant1 ,il eut recours l'homme1 implora son adresse4 ,l'homme lui mit un frein1 lui sauta sur le dos1 ,ne lui laissa point de repos ,que le cerf ne ft pris et n'y laisst la vie4 ,et cela fait le cheval remercie ,l'homme son bienfaiteur1 disant3 ,je suis vous2 ,adieu1 je m'en retourne en mon sjour sauvage4 ,non pas cela1 dit l'homme1 il fait meilleur chez nous3 ,je vois trop quel est votre usage4 ,demeurez donc2 vous serez bien trait1 ,et jusqu'au ventre en la litire4 ,hlas6 que sert la bonne chre ,quand on n'a pas la libert8 ,le cheval s'aperut qu'il avait fait folie2 ,mais il n'tait plus temps2 dj son curie tait prte et toute btie1 ,il y mourut en tranant son lien3 ,sage s'il et remis une lgre offense4 ,quel que soit le plaisir que cause la vengeance1 ,c'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien ,sans qui les autres ne sont rien4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,li,,vre ,,et ,,la ,,perdrix ,il ne se faut jamais moquer des misrables3 ,car qui peut s'assurer d'tre toujours heureux8 ,le sage sope dans ses fables1 ,nous en donne un exemple ou deux4 ,celui qu'en ces vers je propose1 ,et les siens1 ce sont mme chose4 ,le livre et la perdrix1 concitoyens d'un champ1 ,vivaient dans un tat1 ce semble1 assez tranquille2 ,quand une meute s'approchant1 ,oblige le premier chercher un asile3 ,il s'enfuit dans son fort1 met les chiens en dfaut1 ,sans mme en excepter ,briffaut2 ,enfin il se trahit lui-mme ,par les esprits sortant de son corps chauff4 ,miraut1 sur leur odeur ayant philosoph1 ,conclut que c'est son livre1 et1 d'une ardeur extrme1 ,il le pousse2 et ,rustaut1 qui n'a jamais menti1 ,dit que le livre est reparti4 ,le pauvre malheureux vient mourir son gte4 ,la perdrix le raille et lui dit3 ,tu te vantais d'aller si vite6 ,qu'as-tu fait de tes pieds844 ,au moment qu'elle rit1 ,son tour vient2 on la trouve4 ,elle croit que ses ailes ,la sauront garantir toute extrmit2 ,mais la pauvrette avait compt ,sans l'autour aux serres cruelles4 ,,la ,,fontaine4 ,,la ,,robe ,,de ,l',,innocence ,ayant perdu sa robe1 on dit que l',innocence ,en vain pour la chercher courut chez le ,plaisir1 ,chez la ,fortune et la ,puissance4 ,qui la lui rapporta8--,ce fut le ,repentir4 ,,lachambaudie4 ,,le ,,singe ,,et ,,le ,l,,opard ,le singe avec le lopard ,gagnaient de l'argent la foire4 ,ils affichaient1 chacun part4 ,l'un d'eux disait3 ,messieurs1 ,mon mrite et ma gloire ,sont connus en bon lieu3 le roi m'a voulu voir2 ,et1 si je meurs1 il veut avoir ,un manchon de ma peau1 tant elle est bigarre1 ,pleine de taches1 marquete6 ,et vergete1 et mouchete6 ,la bigarrure plat3 partant chacun le vit4 ,mais ce fut bientt fait2 bientt chacun sortit4 ,le singe1 de sa part1 disait3 ,venez1 de grce1 ,venez1 messieurs2 je fais cent tours de passe-passe4 ,cette diversit dont on vous parle tant1 ,mon voisin lopard l'a sur soi seulement2 ,moi je l'ai dans l'esprit4 ,votre serviteur ,gille1 ,cousin et gendre de ,bertrand1 ,singe du pape1 en son vivant1 ,tout frachement1 en cette ville1 ,arrive en trois bateaux1 exprs pour vous parler2 ,car il parle2 on l'entend2 il sait danser1 baller1 ,faire des tours de toute sorte1 ,passer en des cerceaux2 et le tout1 pour six blancs844 ,non1 messieurs1 pour un sou2 si vous n'tes contents1 ,nous rendrons chacun son argent la porte4 ,le singe avait raison4 ,ce n'est pas sur l'habit ,que la diversit me plat2 c'est dans l'esprit3 ,l'une fournit toujours des choses agrables2 ,l'autre1 en moins d'un moment1 lasse les regardants4 ,oh6 que de grands seigneurs1 au lopard semblables1 ,n'ont que l'habit pour tous talents4 ,,la ,,fontaine4 ,,la ,,laiti,,re ,,et ,,le ,,pot ,,au ,,lait ,perrette1 sur sa tte ayant un pot au lait1 ,bien pos sur un coussinet1 ,prtendait arriver sans encombre la ville4 ,lgre et court vtue1 elle allait grands pas1 ,ayant mis ce jour-l1 pour tre plus agile1 ,cotillon simple et souliers plats4 ,notre laitire ainsi trousse ,comptait dj dans sa pense ,tout le prix de son lait1 en employait l'argent1 ,achetait un cent d'oeufs1 faisait triple couve3 ,la chose allait bien par son soin diligent4 ,il m'est1 disait-elle1 facile ,d'lever des poulets autour de ma maison44 ,le renard sera bien habile ,s'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon4 ,le porc s'engraisser cotera peu de son2 ,il tait1 quand je l'eus1 de grosseur raisonnable3 ,j'aurai1 le revendant1 de l'argent bel et bon4 ,et qui m'empchera de mettre en notre table1 ,vu le prix dont il est1 une vache et son veau1 ,que je verrai sauter au milieu du troupeau8 ,perrette l-dessus saute aussi1 transporte3 ,le lait tombe2 adieu veau1 vache1 cochon1 couve4 ,la dame de ces biens1 quittant d'un oeil marri ,sa fortune ainsi rpandue1 ,va s'excuser son mari1 ,en grand danger d'tre battue4 ,le rcit en farce en fut fait2 ,on l'appela le ,pot au lait4 ,,la ,,fontaine4 ,,les ,,animaux ,,malades ,,de ,,la ,,peste ,un mal qui rpand la terreur1 ,mal que le ciel en sa fureur ,inventa pour punir les crimes de la terre1 ,la peste 7puisqu'il faut l'appeler par son nom71 ,capable d'enrichir en un jour l',achron1 ,faisait aux animaux la guerre4 ,ils ne mouraient pas tous1 mais tous taient frapps2 ,on n'en voyait point d'occups ,a chercher le soutien d'une mourante vie2 ,nul mets n'excitait leur envie2 ,ni loups1 ni renards n'piaient ,la douce et l'innocente proie2 ,les tourterelles se fuyaient2 ,plus d'amour1 partant plus de joie4 ,le lion tint conseil et dit3 ,mes chers amis1 ,je crois que le ciel a permis ,pour nos pchs cette infortune2 ,que le plus coupable de nous ,se sacrifie aux traits du cleste courroux4 ,peut-tre il obtiendra la gurison commune4 ,l'histoire nous apprend qu'en de tels accidents ,on fait de pareils dvouements4 ,ne nous flattons donc point1 voyons sans indulgence ,l'tat de notre conscience4 ,pour moi1 satisfaisant mes apptits gloutons1 ,j'ai dvor force moutons4 ,que m'avaient-ils fait8 nulle offense4 ,mme il m'est arriv quelquefois de manger ,le berger4 ,je me dvouerai donc1 s'il le faut1 mais je pense ,qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi2 ,car on doit souhaiter1 selon toute justice1 ,que le plus coupable prisse4 ,sire1 dit le renard1 vous tes trop bon roi2 ,vos scrupules font voir trop de dlicatesse4 ,eh bien6 manger moutons1 canaille1 sotte espce1 ,est-ce un pch8 ,non1 non4 ,vous leur ftes1 seigneur1 ,en les croquant beaucoup d'honneur4 ,et quant au berger1 l'on peut dire ,qu'il tait digne de tous maux1 tant de ces gens-l qui sur les animaux ,se font un chimrique empire4 ,ainsi dit le renard1 et flatteurs d'applaudir4 ,on n'osa trop approfondir ,du tigre1 ni de l'ours1 ni des autres puissances ,les moins pardonnables offenses4 ,tous les gens querelleurs1 jusqu'aux simples mtins1 ,au dire de chacun1 taient de petits saints4 ,l'ne vint son tour1 et dit3 ,j'ai souvenance ,qu'en un pr de moines passant1 ,la faim1 l'occasion1 l'herbe tendre et1 je pense1 ,quelque diable aussi me poussant1 ,je tondis de ce pr la largeur de ma langue4 ,je n'en avais nul droit1 puisqu'il faut parler net4 ,a ces mots1 on cria haro sur le baudet4 ,un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue ,qu'il fallait dvouer ce maudit animal1 ,ce pel1 ce galeux1 d'o venait tout le mal4 ,sa peccadille fut juge un cas pendable4 ,manger l'herbe d'autrui6 quel crime abominable6 ,rien que la mort n'tait capable ,d'expier son forfait4 ,on le lui fit bien voir4 ,selon que vous serez puissant ou misrable1 ,les jugements de cour vous rendront blanc et noir4 ,,la ,,fontaine4 ,,les ,,deux ,,pigeons ,deux pigeons s'aimaient d'amour tendre4 ,l'un d'eux s'ennuyant au logis1 ,fut assez fou pour entreprendre ,un voyage en lointain pays4 ,l'autre lui dit3 ,qu'allez-vous faire8 ,voulez-vous quitter votre frre8 ,l'absence est le plus grand des maux3 ,non pas pour vous1 cruel6 ,au moins1 que les travaux1 ,les dangers1 les soins du voyage1 ,changent un peu votre courage3 ,encor si la saison s'avanait davantage6 ,attendez les zphyrs3 qui vous presse8 un corbeau ,tout l'heure annonait malheur quelque oiseau4 ,je ne songerai plus que rencontre funeste1 ,que faucons1 que rseaux4 ,hlas6 dirai-je1 il pleut3 ,mon frre a-t-il tout ce qu'il veut1 ,bon souper1 bon gte1 et le reste8 ,ce discours branla le coeur ,de notre imprudent voyageur3 ,mais le dsir de voir et l'humeur inquite ,l'emportrent enfin1 il dit3 ,ne pleurez point3 ,trois jours au plus rendront mon me satisfaite4 ,je reviendrai dans peu conter de point en point ,mes aventures mon frre1 ,je le dsennurai4 ,quiconque ne voit gure ,n'a gure dire aussi4 ,mon voyage dpeint ,vous sera d'un plaisir extrme4 ,je dirai3 j'tais l2 telle chose m'advint3 ,vous y croirez tre vous-mme4 ,a ces mots1 en pleurant1 ils se dirent adieu4 ,le voyageur s'loigne1 et voil qu'un nuage ,l'oblige de chercher retraite en quelque lieu4 ,un seul arbre s'offrit1 tel encor que l'orage ,maltraita le pigeon en dpit du feuillage4 ,l'air devenu serein1 il part tout morfondu1 ,sche du mieux qu'il peut son corps charg de pluie1 ,dans un champ l'cart voit du bl rpandu1 ,voit un pigeon auprs2 cela lui donne envie2 ,il y vole1 il est pris1 ce bl couvrait d'un lacs ,les menteurs et tratres appts4 ,le lacs tait us3 si bien que de son aile1 ,de ses pieds1 de son bec1 l'oiseau le rompt enfin3 ,quelque plume y prit2 et le pis du destin ,fut qu'un certain vautour la serre cruelle ,vit notre malheureux1 qui1 tranant la ficelle ,et les morceaux du lacs qui l'avait attrap1 ,semblait un forat chapp4 ,le vautour s'en allait le lier1 quand des nues ,fond son tour un aigle aux ailes tendues4 ,le pigeon profita du conflit des voleurs1 ,s'envola1 s'abattit au pied d'une masure1 ,crut pour le coup que ses malheurs ,finiraient par cette aventure4 ,mais un fripon d'enfant1 cet ge est sans piti1 ,prit sa fronde et du coup tua plus d' moiti ,la volatile malheureuse1 ,qui1 maudissant sa curiosit1 ,tranant l'aile et tirant le pied1 ,demi-morte1 demi-boiteuse1 ,droit au logis s'en retourna3 ,tant bien que mal elle arriva ,sans autre aventure fcheuse4 ,voil nos gens rejoints3 et je laisse juger ,de combien de plaisirs ils payrent leurs peines4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,coche ,,et ,,la ,,mouche ,dans un chemin montant1 sablonneux1 malais1 ,et de tous les cts au soleil expos1 ,six forts chevaux tiraient un coche4 ,femmes1 moines1 vieillards1 tout tait descendu3 ,l'attelage suait1 soufflait1 tait rendu4 ,une mouche survient et des chevaux s'approche1 ,prtend les animer par son bourdonnement1 ,pique l'un1 pique l'autre1 et pense tout moment ,qu'elle fait aller la machine1 ,s'assied sur le timon1 sur le nez du cocher4 ,aussitt que le char chemine ,et qu'elle voit les gens marcher1 ,elle s'en attribue uniquement la gloire1 ,va1 vient1 fait l'empresse2 il semble que ce soit ,un sergent de bataille1 allant en chaque endroit ,faire avancer ses gens et hter la victoire4 ,la mouche en ce commun besoin1 ,se plaint qu'elle agit seule1 et qu'elle a tout le soin1 ,qu'aucun n'aide aux chevaux se tirer d'affaire4 ,le moine disait son brviaire3 ,il prenait bien son temps6 ,une femme chantait3 ,c'tait bien de chansons qu'alors il s'agissait6 ,dame mouche s'en va chanter leurs oreilles1 ,et fait cent sottises pareilles4 ,aprs bien du travail1 le coche arrive au haut4 ,respirons maintenant1 dit la mouche aussitt3 ,j'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine4 1 messieurs les chevaux1 payez-moi de ma peine4 ,ainsi certaines gens faisant les empresss1 ,s'introduisent dans les affaires2 ,ils font partout les ncessaires1 ,et1 partout importuns1 devraient tre chasss4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,vieillard ,,et ,,les ,,trois ,,jeunes ,,hommes ,un octognaire plantait4 ,passe encor de btir2 mais planter cet ge6 ,disaient trois jouvenceaux1 enfants du voisinage3 ,assurment il radotait4 ,car1 au nom des dieux1 je vous prie1 ,quel fruit de ce labeur pouvez-vous recueillir8 ,autant qu'un patriarche il vous faudrait vieillir4 ,a quoi bon charger votre vie ,des soins d'un avenir qui n'est pas fait pour vous8 ,ne songez dsormais qu' vos erreurs passes3 ,quittez le long espoir et les vastes penses2 ,tout cela ne convient qu' nous4 ,il ne convient pas vous-mmes1 ,repartit le vieillard4 ,tout tablissement ,vient tard et dure peu4 ,la main des ,parques blmes ,de vos jours et des miens se joue galement4 ,nos termes sont pareils par leur courte dure4 ,qui de nous des clarts de la vote azure ,doit jouir le dernier8 ,est-il aucun moment ,qui vous puisse assurer d'un second seulement8 ,mes arrire-neveux me devront cet ombrage3 ,eh bien6 dfendez-vous au sage ,de se donner des soins pour le plaisir d'autrui8 ,cela mme est un fruit que je gote aujourd'hui3 ,j'en puis jouir demain et quelques jours encore1 ,je puis enfin compter l'aurore ,plus d'une fois sur vos tombeaux4 ,le vieillard eut raison3 l'un des trois jouvenceaux ,se noya ds le port1 allant l',amrique2 ,l'autre afin de monter aux grandes dignits1 ,dans les emplois de ,mars servant la rpublique1 ,par un coup imprvu vit ses jours emports2 ,le troisime tomba d'un arbre ,que lui-mme il voulut enter3 ,et1 pleurs du vieillard1 il grava sur leur marbre ,ce que je viens de raconter4 ,,la ,,fontaine4 ,,les ,,deux ,,ch,,vres ,ds que les chvres ont brout1 ,certain esprit de libert ,leur fait chercher fortune3 elles vont en voyage ,vers les endroits du pturage ,les moins frquents des humains4 ,l1 s'il est quelque lieu sans route et sans chemins1 ,un rocher1 quelque mont pendant en prcipices1 ,c'est o ces dames vont promener leurs caprices3 ,rien ne peut arrter cet animal rampant4 ,deux chvres donc s'mancipant1 ,toutes deux ayant patte blanche1 ,quittrent les bas prs3 chacune de sa part1 ,l'une vers l'autre allait pour quelque bon hasard4 ,un ruisseau se rencontre et pour pont une planche2 ,deux belettes peine auraient pass de front ,sur ce pont2 ,d'ailleurs1 l'onde rapide et le ravin profond ,devaient faire trembler de peur ces amazones4 ,malgr tant de dangers1 l'une de ces personnes ,pose un pied sur la planche1 et l'autre en fait autant4 ,je m'imagine voir1 avec ,louis le ,grand1 ,philippe quatre qui s'avance ,dans l'le de la ,confrence4 ,ainsi s'avanaient pas pas1 ,nez nez1 nos aventurires1 ,qui1 toutes deux tant fort fires1 ,vers le milieu du pont ne se voulurent pas ,l'une l'autre cder4 ,elles avaient la gloire ,de compter dans leur race1 ce que dit l'histoire1 ,l'une certaine chvre1 au mrite sans pair1 ,dont ,polyphme fit prsent ,galathe2 ,et l'autre la chvre ,amalthe ,par qui fut nourri ,jupiter4 ,faute de reculer1 leur chute fut commune3 ,toutes deux tombrent dans l'eau4 ,cet accident n'est pas nouveau ,dans le chemin de la fortune4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,corbeau ,,et ,,le ,,renard ,matre corbeau1 sur un arbre perch1 ,tenait en son bec un fromage4 ,matre ,renard1 par l'odeur allch1 ,lui tint peu prs ce langage3 ,h6 bonjour1 monsieur du ,corbeau2 ,que vous tes joli6 que vous me semblez beau6 ,sans mentir1 si votre ramage ,se rapporte votre plumage1 ,vous tes le phnix des htes de ces bois4 ,a ces mots1 le corbeau ne se sent pas de joie2 ,et1 pour montrer sa belle voix1 ,il ouvre un large bec1 laisse tomber sa proie4 ,le renard s'en saisit1 et dit3 ,mon bon ,monsieur1 ,apprenez que tout flatteur ,vit aux dpens de celui qui l'coute4 ,cette leon vaut bien un fromage1 sans doute4 ,le corbeau1 honteux et confus1 ,jura1 mais un peu tard1 qu'on ne l'y prendrait plus4 ,,la ,,fontaine4 ,l',,ane ,,et ,,le ,,chien ,il se faut entr'aider3 c'est la loi de nature4 ,l'ne un jour pourtant s'en moqua1 ,et ne sais comme il y manqua1 ,car il est bonne crature4 ,il allait par pays accompagn du chien1 ,gravement1 sans songer rien2 ,tous deux suivis d'un commun matre4 ,ce matre s'endormit4 ,l'ne se mit patre3 ,il tait alors dans un pr ,dont l'herbe tait fort son gr4 ,point de chardons pourtant2 il s'en passa pour l'heure3 ,il ne faut pas toujours tre si dlicat1 ,et1 faute de servir ce plat1 ,rarement un festin demeure4 ,notre baudet s'en sut enfin ,passer pour cette fois4 ,le chien1 mourant de faim1 ,lui dit3 ,cher compagnon1 baisse-toi1 je te prie3 ,je prendrai mon dner dans le panier au pain4 ,point de rponse2 mot3 ,le roussin d',arcadie ,craignit qu'en perdant un moment ,il ne perdt un coup de dent4 ,il fit longtemps la sourde oreille2 ,enfin il rpondit3 ,ami1 je te conseille ,d'attendre que ton matre ait fini son sommeil1 ,car il te donnera1 sans faute1 son rveil1 ,ta portion accoutume2 ,il ne saurait tarder beaucoup4 ,sur ces entrefaites1 un loup ,sort du bois1 et s'en vient1 autre bte affame4 ,l'ne appelle aussitt le chien son secours4 ,le chien ne bouge1 et dit3 ,ami1 je te conseille ,de fuir en attendant que ton matre s'veille2 ,il ne saurait tarder3 dtale vite et cours4 ,que si ce loup t'atteint1 casse-lui la mchoire3 ,on t'a ferr de neuf2 et1 si tu veux m'en croire1 ,tu l'tendras tout plat4 ,pendant ce beau discours1 ,seigneur loup trangla le baudet1 sans remde4 ,je conclus qu'il faut qu'on s'entr'aide4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,loup ,,et ,,la ,,cigogne ,les loups mangent gloutonnement4 ,un loup donc tant de frairie ,se pressa1 dit-on1 tellement1 ,qu'il en pensa perdre la vie3 ,un os lui demeura bien avant au gosier4 ,de bonheur pour ce loup1 qui ne pouvait crier1 ,prs de l passe une cigogne4 ,il lui fait signe2 elle accourt4 ,voil l'opratrice aussitt en besogne4 ,elle retira l'os2 puis1 pour un si bon tour1 ,elle demanda son salaire4 ,votre salaire6 dit le loup3 ,vous riez1 ma bonne commre6 ,quoi6 ce n'est pas encor beaucoup ,d'avoir de mon gosier retir votre cou6 ,allez1 vous tes une ingrate3 ,ne tombez jamais sous ma patte4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,laboureur ,,et ,,ses ,,enfants ,travaillez1 prenez de la peine2 ,c'est le fonds qui manque le moins4 ,un riche laboureur sentant sa mort prochaine1 ,fit venir ses enfants1 leur parla sans tmoins4 ,gardez-vous1 leur dit-il1 de vendre l'hritage ,que nous ont laiss nos parents3 ,un trsor est cach dedans4 ,je ne sais pas l'endroit1 mais un peu de courage ,vous le fera trouver3 vous en viendrez bout4 ,creusez1 bchez1 fouillez2 ne laissez nulle place ,o la main ne passe et repasse4 ,le pre mort1 les fils vous retournent le champ1 ,de a1 de l1 partout2 si bien qu'au bout de l'an1 ,il en rapporta davantage4 ,d'argent1 point de cach4 ,mais le pre fut sage ,de leur montrer avant sa mort1 ,que le travail est un trsor4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,cochet1 ,,le ,,chat ,,et ,,le ,,souriceau ,un souriceau tout jeune1 et qui n'avait rien vu1 ,fut presque pris au dpourvu4 ,voici comme il conta l'aventure sa mre3 ,j'avais franchi les monts qui bornent cet ,etat1 ,et trottais comme un jeune rat ,qui cherche se donner carrire1 ,lorsque deux animaux m'ont arrt les yeux3 ,l'un doux1 bnin et gracieux1 ,et l'autre turbulent1 et plein d'inquitude2 ,il a la voix perante et rude1 ,sur la tte un morceau de chair1 ,une sorte de bras dont il s'lve en l'air1 ,comme pour prendre sa vole1 ,la queue en panache tale4 ,or1 c'tait un cochet dont notre souriceau ,fit sa mre le tableau ,comme d'un animal venu de l',amrique4 ,il se battait1 dit-il1 les flancs avec ses bras1 ,faisant tel bruit et tel fracas1 ,que moi1 qui1 grce aux dieux1 de courage me pique1 ,en ai pris la fuite de peur1 ,le maudissant de trs bon coeur4 ,sans lui1 j'aurais fait connaissance ,avec cet animal qui m'a sembl si doux3 ,il est velout comme nous1 ,marquet1 longue queue1 une humble contenance1 ,un modeste regard1 et pourtant l'oeil luisant4 ,je le crois fort sympathisant ,avec messieurs les rats1 car il a des oreilles ,en figure aux ntres pareilles4 ,je l'allais aborder1 quand d'un son plein d'clat1 ,l'autre m'a fait prendre la fuite4 --,mon fils1 dit la souris1 ce doucet est un chat1 ,qui1 sous son minois hypocrite1 ,contre toute ta parent ,d'un malin vouloir est port4 ,l'autre animal1 tout au contraire1 ,bien loign de nous mal faire1 ,servira quelque jour peut-tre nos repas4 ,quant au chat1 c'est sur nous qu'il fonde sa cuisine4 ,garde-toi tant que tu vivras ,de juger les gens sur leur mine4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,lion ,,malade ,,et ,,le ,,renard ,de par le roi des animaux1 ,qui dans son antre tait malade1 ,fut fait savoir ses vassaux ,que chaque espce1 en ambassade1 ,envoyt gens le visiter1 ,sous promesse de bien traiter ,les dputs1 eux et leur suite1 ,foi de lion6 trs bien crite3 ,bon passeport contre la dent1 ,contre la griffe tout autant4 ,l'dit du prince s'excute3 ,de chaque espce on lui dpute4 ,les renards gardant la maison1 ,un d'eux en dit cette raison3 ,des pas empreints sur la poussire ,par ceux qui s'en vont faire au malade leur cour1 ,tous1 sans exception1 regardent sa tanire2 ,pas un ne marque le retour3 ,cela nous met en mfiance4 ,que ,sa ,majest nous dispense3 ,grand merci de son passeport4 ,je le crois bon2 mais dans cet antre ,je vois fort bien comme l'on entre1 ,et ne vois pas comme on en sort4 ,,la ,,fontaine4 ,,le ,,villageois ,,et ,,le ,,fromage ,un rustre en son buffet avais mis un fromage1 ,lorsque par une fente il aperoit un rat2 ,vite1 il y fait entrer son chat1 ,afin d'empcher le dommage3 ,mais notre ,mitis1 aux aguets1 ,mange le rat d'abord1 et le fromage aprs4 ,,le ,,bailly4 ,l',,aveugle ,,et ,,le ,,paralytique ,aidons-nous mutuellement1 ,la charge de nos maux en sera plus lgre2 ,le bien que l'on fait son frre ,pour le mal que l'on souffre est un soulagement4 ,confucius l'a dit3 suivons tous sa doctrine4 ,pour la persuader aux peuples de la ,chine1 ,il leur contait le trait suivant3 ,dans une ville de l',asie ,il existait deux malheureux1 ,l'un perclus1 l'autre aveugle1 et pauvres tous les deux4 ,ils demandaient au ciel de terminer leur vie2 ,mais leurs voeux taient superflus1 ,ils ne pouvaient mourir4 ,notre paralytique1 ,couch sur un grabat dans la place publique1 ,souffrait sans tre plaint2 il en souffrait bien plus4 ,l'aveugle qui tout pouvait nuire1 ,etait sans guide1 sans soutien1 ,sans avoir mme un pauvre chien ,pour l'aimer et pour le conduire4 ,un certain jour il arriva ,que l'aveugle ttons1 au dtour d'une rue1 ,prs du malade se trouva2 ,il entendit ses cris1 son me en fut mue4 ,il n'est tels que les malheureux ,pour se plaindre les uns aux autres4 ,j'ai mes maux1 lui dit-il1 et vous avez les vtres2 ,unissons-les1 mon frre1 ils seront moins affreux4 --,hlas6 dit le perclus1 vous ignorez1 mon frre1 ,que je ne puis faire un seul pas1 ,vous-mme vous n'y voyez pas3 ,a quoi nous servirait d'unir notre misre8 --,a quoi8 rpond l'aveugle1 coutez3 nous deux ,nous possdons le bien chacun ncessaire3 ,j'ai des jambes et vous des yeux2 ,moi1 je vais vous porter1 vous1 serez mon guide3 ,vos yeux dirigeront mes pas mal assurs2 ,mes jambes1 leur tour1 iront o vous voudrez4 ,ainsi1 sans que jamais notre amiti dcide ,qui de nous deux remplit le plus utile emploi1 ,je marcherai pour vous1 vous y verrez pour moi4 ,,florian4 ,,le ,,danseur ,,de ,,corde ,,et ,,le ,,balancier ,sur la corde tendue un jeune voltigeur ,apprenait danser2 et dj son adresse1 ,ses tours de force1 de souplesse1 ,faisaient venir maint spectateur4 ,sur son troit chemin on le voit qui s'avance1 ,le balancier en main1 l'air libre1 le corps droit1 ,hardi1 lger autant qu'adroit1 ,il s'lve1 descend1 va1 vient1 plus haut s'lance1 ,retombe1 remonte en cadence1 ,et semblable certains oiseaux ,qui rasent en volant la surface des eaux1 ,son pied touche sans qu'on le voie1 ,a la corde qui plie et dans l'air le renvoie4 ,notre jeune danseur1 tout fier de son talent1 ,dit un jour3 ,a quoi bon ce balancier pesant ,qui me fatigue et m'embarrasse8 ,si je dansais sans lui1 j'aurais bien plus de grce1 ,de force et de lgret4 ,aussitt fait que dit4 ,le balancier jet1 ,notre tourdi chancelle1 tend les bras et tombe4 ,il se casse le nez1 et tout le monde en rit4 ,jeunes gens1 jeunes gens1 ne vous a-t-on pas dit ,que sans rgle et sans frein tt ou tard on succombe8 ,la vertu1 la raison1 les lois1 l'autorit1 ,dans vos dsirs fougueux vous causent quelque peine8 ,c'est le balancier qui vous gne1 ,mais qui fait votre sret4 ,,florian4 ,,le ,,grillon ,un pauvre petit grillon1 ,cach dans l'herbe fleurie1 ,regardait un papillon ,voltigeant dans la prairie4 ,l'insecte ail brillait des plus vives couleurs1 ,l'azur1 le pourpre et l'or clataient sur ses ailes3 ,jeune1 beau1 petit matre1 il court de fleurs en fleurs1 ,prenant et quittant les plus belles4 ,ah6 disait le grillon1 que son sort et le mien ,sont diffrents6 ,dame nature ,pour lui fit tout1 et pour moi rien4 ,je n'ai point de talent1 encor moins de figure4 ,nul ne prend garde moi1 l'on m'ignore ici-bas2 ,autant vaudrait n'exister pas4 ,comme il parlait1 dans la prairie ,arrive une troupe d'enfants4 ,aussitt les voil courants ,aprs ce papillon dont ils ont tous envie4 ,chapeaux1 mouchoirs1 bonnets1 servent l'attraper4 ,l'insecte vainement cherche leur chapper1 ,il devient bientt leur conqute4 ,l'un le saisit par l'aile1 un autre par le corps2 ,un troisime survient1 et le prend par la tte4 ,il ne fallait pas tant d'efforts ,pour dchirer la pauvre bte4 ,oh6 oh6 dit le grillon1 je ne suis plus fch2 ,il en cote trop cher pour briller dans le monde4 ,combien je vais aimer ma retraite profonde6 ,pour vivre heureux vivons cach4 ,,florian4 ,,le ,,roi ,,alphonse ,certain roi qui rgnait sur les rives du ,tage1 ,et que l'on surnomma le ,sage1 ,non parce qu'il tait prudent1 ,mais parce qu'il tait savant1 ,alphonse1 fut surtout un habile astronome3 ,il connaissait le ciel bien mieux que son royaume1 ,et quittait son conseil ,pour la lune ou pour le soleil4 ,un soir qu'il retournait son observatoire1 ,entour de ses courtisans3 ,mes amis1 disait-il1 enfin j'ai lieu de croire ,qu'avec mes nouveaux instruments ,je verrai cette nuit des hommes dans la lune4 --,votre ,majest les verra1 ,rpondait-on2 la chose est mme trop commune4 ,pendant tous ces discours1 un pauvre dans la rue1 ,s'approche1 en demandant humblement chapeau bas1 ,quelques maravdis2 le roi ne l'entend pas1 ,et sans le regarder son chemin continue4 ,le pauvre suit le roi1 toujours tendant la main1 ,toujours renouvelant sa prire importune2 ,mais les yeux vers le ciel1 le roi1 pour tout refrain1 ,rptait3 ,je verrai des hommes dans la lune4 ,enfin le pauvre le saisit ,par son manteau royal1 et gravement lui dit3 ,ce n'est pas de l-haut1 c'est des lieux o nous sommes ,que ,dieu vous a fait souverain4 ,regardez vos pieds3 l vous verrez des hommes1 ,et des hommes manquant de pain4 ,,florian4 ,,le ,,hibou1 ,,le ,,chat1 ,l',,oison ,,et ,,le ,,rat ,de jeunes coliers avaient pris dans un trou ,un hibou1 ,et l'avaient lev dans la cour du collge4 ,un vieux chat1 un jeune oison1 ,nourris par le portier1 taient en liaison ,avec l'oiseau2 tous trois avaient le privilge ,d'aller et de venir par toute la maison4 ,a force d'tre en classe ,ils avaient orn leur esprit1 ,savaient par coeur ,denis d',halicarnasse1 ,et tout ce qu',hrodote et ,tite-,live ont dit4 ,un soir1 en disputant1 des docteurs c'est l'usage1 ,ils comparaient entre eux les peuples anciens4 ,ma foi1 disait le chat1 c'est aux gyptiens ,que je donne le prix3 c'tait un peuple sage1 ,un peuple ami des lois1 instruit1 discret1 pieux1 ,rempli de respect pour ses dieux2 ,cela seul mon gr lui donne l'avantage4 --,j'aime mieux les ,athniens1 ,rpondit le hibou3 que d'esprit6 que de grce6 ,et dans les combats quelle audace4 ,que d'aimables hros parmi leurs citoyens6 ,a-t-on jamais plus fait avec moins de moyens8 ,des nations c'est la premire4 --,parbleu1 dit l'oison1 en colre1 ,messieurs1 je vous trouve plaisants3 ,et les ,romains que vous en semble8 ,est-il un peuple qui rassemble ,plus de grandeur1 de gloire et de faits clatants8 ,dans les arts1 comme dans la guerre1 ,ils ont surpass vos amis4 ,pour moi ce sont mes favoris3 ,tout doit cder le pas aux vainqueurs de la terre4 ,chacun des trois pdants s'obstine en son avis1 ,quand un rat1 qui de loin entendait la dispute1 ,rat savant qui mangeait des thmes dans sa hutte1 ,leur cria3 ,je vois bien d'o viennent vos dbats3 ,l'gypte vnrait les chats1 ,athnes les hiboux1 et ,rome1 au ,capitole1 ,aux dpens de l'tat nourrissait des oisons3 ,ainsi notre intrt est souvent la boussole ,que suivent nos opinions4 ,,florian4 ,,la ,,brebis ,,et ,,le ,,chien ,la brebis et le chien1 de tous les temps amis1 ,se racontaient un jour leur vie infortune4 ,ah6 disait la brebis1 je pleure et je frmis ,quand je songe aux malheurs de notre destine4 ,toi1 l'esclave de l'homme1 adorant des ingrats1 ,toujours soumis1 tendre et fidle1 ,tu reois pour prix de ton zle ,des coups et souvent le trpas4 ,moi qui tous les ans les habille1 ,qui leur donne du lait et qui fume leurs champs1 ,je vois chaque matin quelqu'un de ma famille ,assassin par ces mchants4 ,leurs confrres1 les loups1 dvorent ce qui reste4 ,victimes de ces inhumains1 ,travailler pour eux seuls1 et mourir par leurs mains1 ,voil notre destin funeste6 ,il est vrai1 dit le chien6 mais crois-tu plus heureux ,les auteurs de notre misre8 ,va1 ma soeur1 il vaut encor mieux ,souffrir le mal que de le faire4 ,,florian4 ,,le ,,pacha ,,et ,,le ,,dervis ,un ,arabe1 ,marseille1 autrefois m'a cont ,qu'un pacha turc1 dans sa patrie1 ,vint porter certain jour un coffret cachet ,au plus sage dervis qui ft en ,arabie4 ,ce coffret1 lui dit-il1 renferme des rubis1 ,des diamants de trs grand prix3 ,c'est un prsent que je veux faire ,a l'homme que tu jugeras tre le plus fou de la terre4 ,cherche bien1 tu le trouveras4 ,muni de son coffret1 notre bon solitaire ,s'en va courir le monde4 ,avait-il donc besoin ,d'aller si loin8 ,l'embarras de choisir tait sa grande affaire3 ,des fous toujours plus fous venaient de toutes parts ,se prsenter ses regards4 ,notre pauvre dpositaire1 ,pour l'offrir chacun1 saisissait le coffret3 ,mais un pressentiment secret ,lui conseillait de n'en rien faire1 ,l'assurant qu'il trouverait mieux4 ,errant ainsi de lieux en lieux1 ,embarrass de son message1 ,enfin1 aprs un long voyage1 ,notre homme et le coffret arrivent un matin ,dans la ville de ,constantin4 ,il trouve tout le peuple en joie3 ,que s'est-il donc pass8--,rien1 lui dit un iman2 ,c'est notre grand-vizir que le sultan envoie1 ,au moyen d'un lacet de soie1 ,porter au prophte un firman4 ,le peuple rit toujours de ces sortes d'affaires2 ,et1 comme ce sont des misres1 ,notre empereur souvent lui donne ce plaisir4 --,souvent8--,oui4--,c'est fort bien4 ,votre nouveau vizir ,est-il nomm8--,sans doute1 et le voil qui passe4 ,le dervis ces mots court1 traverse la place1 ,arrive1 et reconnat le pacha son ami4 ,bon6 te voil1 dit celui-ci1 ,et le coffret8--,seigneur1 j'ai parcouru l',asie3 ,j'ai vu des fous parfaits1 mais sans oser choisir4 ,aujourd'hui ma course est finie2 ,daignez l'accepter1 grand-vizir4 ,,florian4 ,,le ,,colima,,on ,sans ami1 comme sans famille1 ,ici-bas vivre en tranger2 ,se retirer dans sa coquille ,au signal du moindre danger2 ,s'aimer d'une amiti sans bornes2 ,de soi seul emplir sa maison2 ,en sortir1 suivant la saison1 ,pour faire son prochain les cornes2 ,signaler ses pas destructeurs ,par les traces les plus impures2 ,outrager les plus belles fleurs ,par ses baisers ou ses morsures2 ,enfin1 chez soi comme en prison1 ,vieillir de jour en jour plus triste2 ,c'est l'histoire de l'goste1 ,et celle du colimaon4 ,,arnault4 ,l',,ane ,,et ,,la ,,flute ,les sots sont un peuple nombreux1 ,trouvant toutes choses faciles2 ,il faut le leur passer3 souvent ils sont heureux3 ,grand motif de se croire habiles4 ,un ne1 en broutant ses chardons1 ,regardait un pasteur jouant1 sous le feuillage1 ,d'une flte dont les doux sons ,attiraient et charmaient les bergers du bocage4 ,cet ne mcontent disait3 ,ce monde est fou6 ,les voil tous1 bouche bante1 ,admirant un grand sot qui sue et se tourmente ,a souffler dans un petit trou4 ,c'est par de tels efforts qu'on parvient leur plaire ,tandis que moi444 ,suffit444 ,allons-nous-en d'ici3 ,car je me sens trop en colre4 ,notre ne en raisonnant ainsi1 ,avance quelques pas1 lorsque sur la fougre1 ,une flte1 oublie en ces champtres lieux ,par quelque pasteur amoureux1 ,se trouve sous ses pieds4 ,notre ne se redresse1 ,sur elle de ct fixe ses deux gros yeux2 ,une oreille en avant1 lentement il se baisse1 ,applique son museau sur le pauvre instrument1 ,et souffle tant qu'il peut2 oh6 hasard incroyable6 ,il en sort un son agrable4 ,l'ne se croit un grand talent4 ,et1 tout joyeux1 s'crie1 en faisant la culbute3 ,eh6 je joue aussi de la flte4 ,,florian4 ,,les ,,deux ,,rats 7,voir page #aje47 ,certain rat de campagne1 en son modeste gte1 ,de certain rat de ville eut un jour la visite2 ,ils taient vieux amis3 quel plaisir de se voir6 ,le matre du logis veut1 selon son pouvoir1 ,rgaler l'tranger2 il vivait de mnage1 ,mais donnait de bon coeur1 comme on donne au village4 ,il va chercher1 au fond de son garde-manger1 ,du lard qu'il n'avait pas achev de ronger1 ,des noix1 des raisins secs2 le citadin1 table1 ,mange du bout des dents1 trouve tout dtestable4 ,pouvez-vous bien1 dit-il1 vgter tristement1 ,dans un trou de campagne enterr tout vivant8 ,croyez-moi1 laissez l cet ennuyeux asile2 ,venez voir de quel air nous vivons la ville4 ,hlas6 nous ne faisons que passer ici-bas2 ,les rats petits et grands marchent tous au trpas2 ,ils meurent tout entiers1 et leur philosophie ,doit tre de jouir d'une si courte vie1 ,d'y chercher le plaisir4 ,qui s'en passe est bien fou4 ,l'autre1 persuad1 saute hors de son trou4 ,vers la ville l'instant ils trottent cte cte2 ,ils arrivent la nuit2 la muraille tait haute2 ,la porte tait ferme2 heureusement nos gens ,entrent sans tre vus1 sous le seuil se glissant4 ,dans un riche logis nos voyageurs descendent2 ,a la salle manger promptement ils se rendent4 ,sur un buffet ouvert trente plats desservis ,du souper de la veille talaient les dbris4 ,l'habitant de la ville1 aimable et plein de grce1 ,introduit son ami1 fait les honneurs1 le place2 ,et puis1 pour le servir1 sur le buffet trottant1 ,apporte chaque mets1 qu'il gote en l'apportant4 ,le campagnard1 charm de sa nouvelle aisance1 ,ne songeait qu'au plaisir et qu' faire bombance1 ,lorsqu'un grand bruit de porte pouvante nos rats3 ,ils taient au buffet1 ils se jettent en bas1 ,courent1 mourant de peur1 tout autour de la salle2 ,pas un trou6444 ,de vingt chats une bande infernale ,par de longs miaulements redouble leur effroi4 ,oh6 oh6 ce n'est pas l ce qu'il me faut moi1 ,dit le rat campagnard2 mon humble solitude ,me garantit du bruit et de l'inquitude2 ,l je n'ai rien craindre1 et si j'y mange peu1 ,j'y mange en paix du moins2 et j'y retourne444 adieu4 ,,andrieux4 ,l',,horloge ,,et ,,le ,,cadran ,,solaire ,un jour la montre au cadran insultait1 ,demandant l'heure qu'il tait4 ,je n'en sais rien1 dit le greffier solaire4 --,et que fais-tu donc l si tu n'en sais pas plus8 --,j'attends1 rpondit-il1 que le soleil m'claire1 ,je ne sais rien que par ,phbus4 --,attends-le donc2 moi je n'en ai que faire1 ,dit l'horloge2 sans lui je vais toujours mon train4 ,tous les huit jours un tour de main1 ,c'est autant qu'il m'en faut pour toute ma semaine4 ,je chemine sans cesse et ce n'est point en vain ,que mon aiguille en ce rond se promne4 ,ecoute2 voil l'heure2 elle sonne l'instant3 ,une1 deux1 trois et quatre4 ,il en est tout autant1 ,dit-elle4 ,mais tandis que la montre dcide1 ,phbus1 de ses ardents regards ,chassant nuages et brouillards1 ,regarde le cadran1 qui fidle son guide1 ,marque quatre heures et trois quarts4 ,mon enfant1 dit-il l'horloge1 ,va-t'en te faire remonter4 ,tu te vantes1 sans hsiter1 ,de rpondre qui t'interroge3 ,mais qui t'en croit peut bien se mcompter4 ,je te conseillerais de suivre mon usage3 ,si je ne vois bien clair1 je dis3 je n'en sais rien4 ,je parle peu1 mais je dis bien2 ,c'est le caractre du sage4 ,,lamotte4 ,l',,abeille ,,et ,,la ,,mouche ,l'abeille1 par un beau matin1 ,picorant sur sa route et la rose et le thym1 ,s'en alla visiter sa parente la mouche4 ,celle-ci relevait de couche1 ,et1 seule dans un coin1 avait le coeur chagrin1 ,n'ayant caus depuis la veille2 ,mais elle se remit voyant venir l'abeille4 ,pattes dessus1 pattes dessous4 ,elle lui fait mille caresses4 ,h6 bonjour1 cousine2 est-ce vous8 ,quel bon vent1 dites-moi1 vous amne chez nous8 ,la faiseuse de miel lui rend ses politesses1 ,caresse pour caresse1 et caquet pour caquet1 ,ainsi qu'il se pratique entre bonnes amies4 ,ayant mis fin leurs crmonies1 ,l'abeille lui parla d'un miel qu'elle avait fait2 ,c'tait un miel exquis1 parfait1 ,a son gr prfrable celui de l',hymette4 ,il faut1 dit-elle1 il faut que je vous en remette1 ,pour vos maux de poitrine il sera souverain3 ,et d'abord1 apprenez comment je le compose3 ,de serpolet1 de romarin ,je mlange un extrait avec du suc de rose1 ,ensuite j'y joins une dose44444 ,la mouche l'interrompt enfin4 ,cousine1 parlons d'autre chose2 ,croit-on que l't sera chaud8 --,ah6 reprit l'abeille aussitt1 ,on craint bien que le miel ne manque cette anne3 ,heureusement j'en suis approvisionne1 ,et pour passer l'hiver j'aurai ce qu'il m'en faut1 ,pour peu qu' travailler mon essaim s'vertue4 --,je n'y tiens plus1 l'ennui me tue1 ,reprit l'autre3 sortons2 je reprends mes vapeurs4 --,des vapeurs6 ,ah6 ma soeur1 y seriez-vous sujette8 ,j'ai pour ce mal une recette ,excellente1 et qu'en vain vous chercheriez ailleurs2 ,et je vais d'abord vous la dire3 ,d'un extrait de mon miel avec un peu de cire44441 --,eh6 de grce1 la fin laissez l votre miel1 ,reprit la mouche impatiente3 ,je ne crois pas que sous le ciel ,jamais bavarde impertinente ,ait tenu des propos d'un ennui plus mortel4 ,adieu2 partez3 de votre vie ,ne remettez les pieds chez moi4 ,il faut en toute compagnie ,le moins qu'on peut parler de soi4 ,,grenus4 ,,le ,,laboureur ,allons boeuf1 et toi1 bouvillon1 ,aimez-vous mieux1 coeur sans courage1 ,toujours provoquer l'aiguillon ,que d'avancer ce labourage8 ,le jour s'en va2 voici le tard1 ,et ces maudits n'ont pas en somme1 ,de l'arpent sillonn le quart4 ,il faut demain qu'on les assomme4 ,dieu soit lou6 dit le plus vieux1 ,aussi bien ce travail nous tue1 ,une mort prompte nous plat mieux ,que votre ternelle charrue4 ,la maudite au pauvre animal ,attire et menace et piqre3 ,parlez-lui3 je ferais gageure ,que c'est elle ici qui va mal4 ,eh6 bien1 dit l'homme1 allez1 charrue6 ,allez donc6 ,n'entendez-vous pas8 ,devant1 derrire on s'vertue1 ,et vous ne pouvez faire un pas6 --,on se plaint de moi6 ,quelle injure6 ,rpondit-elle en gmissant1 ,je vais de mon mieux1 je vous jure4 ,voyez ce fer obissant6 ,il est poli comme une glace1 ,et brlait moins sous le marteau1 ,mais comment emporter morceau ,d'un sol si dur et si tenace8 --,ainsi1 champ fatal1 c'est donc toi ,que devrait punir ma colre6 ,dit le rustre en frappant la terre2 ,songe un peu que je suis ton roi6 ,pourquoi ces barbares caprices8 ,toujours tremp de mes sueurs1 ,tu veux l'tre encor de mes pleurs1 ,et mon sang ferait tes dlices4 ,a ces mots1 du sein des gurets1 ,une voix s'lve et lui crie3 ,mets donc un terme ta furie1 ,ou je retire mes bienfaits4 ,insens1 tes boeufs1 ta charrue1 ,ton champ1 font trs-bien leur devoir2 ,les dfauts qu'en eux tu crois voir1 ,c'est chez toi qu'ils frappent ma vue4 ,tu veux gronder8 ,apprends d'abord1 ,apprends des experts du village ,a bien guider ton attelage1 ,et tais-toi1 car toi seul as tort4 ,j-,j4 ,,porchat4 ,,la ,,souris ,,bloqu,e ,une souris de campagne ,choisit pour cantonnement ,un vaste champ de froment3 ,c'tait pays de ,cocagne4 ,dans son trou ds le matin ,par la faim sollicite ,d'un riant espoir flatte1 ,elle courait au butin4 ,du lendemain n'avait cure1 ,faisant ses quatre repas1 ,puis courant ses bats3 ,bref tout aux lois d'picure ,dans le fond de son rduit ,jamais de graine amasse2 ,un peu de paille entasse1 ,voil tout2 c'tait son lit4 ,devers son manoir tranquille ,un maudit chat vint rder2 ,elle1 habile s'vader1 ,d'un saut gagna son asile4 ,soit6 nous reviendrons demain1 ,dit-il faisant la grimace3 ,puis observant bien la place1 ,il poursuivit son chemin4 ,le matois ds l'aube arrive2 ,mais il a beau se blottir1 ,la souris prs de sortir1 ,l'aperoit1 rentre et s'esquive4 ,oh6 dit-il1 un peu confus1 ,celle-ci me fait la nique6 ,nous l'aurons1 et je m'en pique6 ,changeons le sige en blocus4 ,aussitt devant la porte ,vient se camper le matou1 ,les yeux fixs sur le trou4 ,qu'elle paraisse1 elle est morte6 ,il faudra faire une fin1 ,dit-il1 petite rebelle4 ,choisissez1 mademoiselle1 ,de ma gueule ou de la faim4 ,l'autre de terreur glace1 ,et tremblante au fond du nid1 ,de jener bientt lasse1 ,en pleurant mangea son lit4 ,vain secours1 faible ressource4 ,ah6 que n'a-t-elle amass ,tant de froment dispers ,sans profit dans mainte course6 ,dans son gte elle pourrait ,du chat braver la menace4 ,tant qu'enfin de cette place ,l'apptit le chasserait4 ,cependant l'pre famine ,ronge1 affaiblit la souris4 ,pour chapper du logis1 ,ouvrons1 dit-elle1 une mine4 ,mais vit-on jamais quelqu'un ,travailler sans nourriture6 ,hlas6 la terre est si dure1 ,quand l'estomac est jeun6 ,elle cesse1 elle succombe ,et dit3 ,je n'ai plus d'espoir1 ,c'en est fait et ds ce soir1 ,ma maison sera ma tombe4 ,ah6 plutt sortons d'ici4 ,puisqu'il faut que je prisse1 ,pour abrger mon supplice1 ,rendons-nous l'ennemi4 ,vers lui la pauvrette avance1 ,de l'oeil encor l'implorant2 ,le chat sur elle s'lance1 ,et la croque en murmurant3 ,du sage l'on compte en somme ,mille dfinitions1 ,le sage pour moi c'est l'homme ,qui fait des provisions4 ,j4-,j4 ,,porchat4 ,,table ,,pr,,face #c ,le ,pre et l',enfant ,j4-,j4 ,,porchat #e ,une bonne semaine ,mme ,,amable ,,tastu #f ,aux jeunes ,gens4--,sonnet ,,drelincourt #f ,la ,feuille du chne ,,millevoye #g ,le sjour dans le pays natal ,a4 ,,vinet #h ,prire d',esther ,,racine #i ,les ,hirondelles ,b,,ranger #aa ,la pauvre ,fille ,a4 ,,soumet #ab ,le ,colporteur vaudois ,g4 ,,de ,f,,lice #ac ,la pauvre ,veuve malade ,g4 ,,de ,f,,lice #ae ,le dpart du petit ,savoyard ,a4 ,,guiraud #ag ,le petit ,savoyard ,paris ,a4 ,,guiraud #ai ,le retour du petit ,savoyard ,a4 ,,guiraud #bj ,l'colier ,mme ,,debsordes-,,valmore #bb ,les dix francs d',alfred ,a4 ,,gu,,rin #be ,la ,vache perdue ,,casimir ,,delavigne #bg ,athalie interrogeant ,joas ,,racine #cj ,bonheur de l',enfant pieux ,j4 ,,racine #ce ,l',enfant et la ,fauvette ,l4 ,,tournier #cf ,l',hirondelle ,,th4 ,,gontard #cf ,elgie ,,andr ,,ch,,nier #cg ,le petit ,enfant ,l4 ,,tournier #ch ,le petit ,espigle ,mme ,,desbordes-,,valmore #ci ,l',enfant aveugle ,j4-,f4 ,,chatelain #dj ,l',enfant du soldat #da ,consolation ,,malherbe #db ,l',ange et l',enfant ,,reboul #dc ,la ,fauvette et ses ,petits ,,aubert #de ,adieux la vie ,,gilbert #df ,christophe ,colomb ,,casimir ,,delavigne #dg ,l',aumne ,,victor ,,hugo #di ,la ,chute des feuilles ,,millevoye #ej ,le ,coin du grand-pre ,l4 ,,tournier #ea ,hymne de l'enfant ,,lamartine #ec ,dernier choeur d',esther ,j4 ,,racine #ed ,le ,nid ,e4 ,,souvestre #eg ,le ,montagnard migr ,,chateaubriand #eh ,le ,retour dans la patrie ,b,,ranger #ei ,ah6 si j'tais petit oiseau6 ,mlle ,,isabelle ,,rodier #fa ,une ,promenade de ,fnelon ,,andrieux #fd ,quatrains moraux #fi ,le bon ,emploi du ,temps ,mme ,,amable ,,tastu #gj ,le ,cdre du ,liban ,,le ,,brun #gj ,la ,feuille ,,arnault #ga ,le plus doux nom ,,th4 ,,gontard #ga ,dandolo ,e4 ,,legouv #gb ,l',oreiller d'une petite fille4 ,mme ,,desbordes-,,valmore #gc ,paraphrase du ps4 ,,cxlvi ,,malherbe #gd ,le bonheur du chrtien ,a4 ,,monod #ge ,le ,nid de ,fauvettes ,,berquin #gf ,a mes ,oiseaux ,l4 ,,tournier #gg ,le vaisseau ,le ,vengeur ,e4 ,,le ,,brun #gh ,la ,mort des ,templiers ,,raynouard #hj ,la sainte ,alliance ,b,r,a,n,g,er #ha ,mort de ,coligny ,,voltaire #hc ,le ,meunier ,sans-,souci ,,andrieux #he ,le ,chien coupable ,,florian #hg ,stances ,,racan #ij ,les ,chteaux en ,espagne ,,colin ,d',,harleville #ib ,mose sauv des eaux ,,victor ,,hugo #id ,jeanne d',arc ,,casimir ,,delavigne #ig ,les ,catacombes de ,rome ,,delille #ajj ,prire enfantine ,mme ,,amable ,,tastu #ajc ,la ,cigale et la ,fourmi ,,la ,,fontaine #ajd ,la ,renoncule et l',o,eillet ,b,,renger #ajd ,le ,rat de ville et le ,rat des ,champs ,,la ,,fontaine #aje ,le ,chne et le ,roseau ,id #ajf ,le ,cheval s'tant voulu venger du ,cerf ,id #ajg ,le ,livre et la ,perdrix ,id #ajh ,la ,robe de l',innocence ,,lachambaudie #aji ,le ,singe et le ,lopard ,,la ,,fontaine #aji ,la ,laitire et le ,pot-au-lait4 ,id #aaj ,les ,animaux malades de la peste ,id #aaa ,les deux ,pigeons ,id #aac ,le ,coche et la ,mouche ,id #aae ,le ,vieillard et les trois ,jeunes ,hommes ,id #aaf ,les deux ,chvres ,id #aag ,le ,corbeau et le ,renard ,id #aai ,l',ane et le ,chien ,id #aai ,le ,loup et la ,cigogne ,id #aba ,le ,laboureur et ses ,enfants ,id #aba ,le ,cochet1 le ,chat et le ,souriceau ,id #abb ,le ,lion malade et le ,renard ,id #abc ,le ,villageois et le ,fromage ,,le ,,bailly #abd ,l',aveugle et le ,paralytique ,,florian #abd ,le ,danseur de ,corde et le ,balancier ,id #abf ,le ,grillon ,id #abg ,le roi ,alphonse ,id #abh ,le ,hibou1 le ,chat1 l',oison et le ,rat ,,florian #abi ,la ,brebis et le ,chien ,id #acj ,le ,pacha et le ,dervis ,id #aca ,le ,colimaon ,,arnault #acb ,l',ane et la ,flte ,,florian #acc ,les deux ,rats ,,andrieux #acd ,l',horloge et le ,cadran solaire ,,la ,,motte #ace ,l',abeille et la ,mouche ,,grenus #acf ,le ,laboureur ,j4-,j4 ,,porchat #ach ,la ,souris bloque ,id #adj ,illustration ,,coulommiers4--,typog4 ,p4 ,,brodard et ,,gallois4